{"numero_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_sha256": "07ad9bdf0deec0635a22e8b0b8bd8e92ac46c7d357d9df60740c2d1247fed975", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1903/11/01_01/bmtnabj_1903-11-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1903/11/01_01/bmtnabj_1903-11-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "589", "page_fin": "596", "image_debut": 1, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.1", "titre_corps": "SAINT-SAËNS L'HOMME ET LE MUSICIEN", "titre_sommaire": "SAINT-SAËNS L'HOMME ET LE MUSICIEN", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "590", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.2", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2994, "texte": "SAINT-SAËNS\nL'HOMME ET LE MUSICIEN\n\nLe meilleur hommage qu'on puisse rendre à un grand artiste, c'est de parler\nde lui et d essayer de le juger avec une entière sincérité. Je n'éprouve donc aucun\nembarras à confesser d'abord que mon admiration pour Saint-Saëns ne date pas\ndu jour où j'entendis une de ses œuvres pour la première fois, et que si je crois\néprouver aujourd'hui la joie de comprendre et d'aimer ce qu'un musicien tel que\nlui a pensé, je suis arrivé à cet état de sympathie par des voies un peu lentes ;\nmon cas est, en somme,celui du publiclui-même, qui n'a pu acclamer l'auteur de\nSamson et Dalita qu'après certaines épreuves. Je persiste d'ailleurs à croire que\nl'auteur de Samson est un homme extrêmement difficile à caractériser. (( Saint-\nSaëns a moins de chaleur et de vie, moins de sang et de nerfs que Massenet au\nthéâtre, mais il lui est supérieur dans la symphonie. Saint-Saëns est le premier\nmusicien français. )) Voilà qui est entendu, et que je tiens pour établi. Mais ce\nn'est pas avec l'étroitesse d'une pensée nationale, et avec des préoccupations de\npalmarès, c'est avec une âme humaine, et d'un point de vue humain, qu'il faut\naborder l'étude d'une (( personne » vraiment digne d'attention et d'étude Ce\nqu'on lui demande, c'est autre chose qu un nouveau motif de vanité, ou plutôt,\nune nouvelle limite apportée à notre esprit français ; ce qu'on cherche, sous les\napparences multiples, infiniment mobiles et complexes de son art, et sous les\nprouesses de métier, c'est le fonds permanent de l'être moral, la source cachée\nd'où le talent a jailli. S'il y a une psychologie des hommes supérieurs, c'est ainsi\nqu'elle doit comprendre sa tâche, en dédaignant le classement des (( chers maî-\ntres )), et ces apologies systématiques où l'éloge a déjà un fâcheux air d'oraison\nfunèbre. Or une telle tâche me paraît, en l'espèce, particulièrement délicate pour\nle critique de bonne foi. Galatée s'enfuit sous les saules quand on veut la saisir.\nC'est vers 1875, à un concert du lycée Louis-le-Grand, où j'étais alors élève,\nque je vis Saint-Saëns pour la première fois. Le vieux lycée ne donnait pas\nencore ses concerts dans cette grande salle de la Sorbonne où la loge du Recteur\na cent places, mais dans un local modeste, familial, presque trop étroit poul-\nies élégances parisiennes qui s'y pressaient, et où les auditeurs se sentaient plus\nprès des artistes. Saint-Saëns venait de jouer un concerto. Sans avoir très\nbien!r compris l'œuvre un peu austère, nous faisions au virtuose compositeur un\nde ces succès enthousiastes, généreux, prolongés, où les enfants manifestent leurs\nmeilleurs instincts. Son nom seul, avec sa forme exotique, évoquait en nous\nl'idée d'un homme unique, exceptionnellement fort et savant.\nJe l'entendis alors dire à notre excellent proviseur, M Girard :\nVos élèves sont très gentils de m'applaudir ainsi ; car ma musique n est pas\namusante.\n(( Amusante » î certes, cette musique ne l'est pas pour le philistin qui ne va au"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "591", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.3", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3376, "texte": "concert ou à l'opéra qu'après un excellent dîner et qui veut pouvoir dodeliner de\nla tête en écoutant des « airs » ; pour l'exécutant ou l'auditeur un peu éclairé, elle\nl'est prodigieusement. Amusante, oui, c'est-à-dire intéressante par la variété des\nstyles, par l'imprévu de certains rythmes qui ont l'air d'être une gageure, par le\nréalisme, l'esprit, la couleur jolie et hardie de certains traits, par tant de con-\ntrastes où le musicien de grande allure, après les plus belles inspirations,\névoque brusquement le souvenir de Gavroche ou de je ne sais quel génial\npince-sans-rire. La difficulté, c'est d'apercevoir et d'indiquer le lien qui réunit\ntant d'oeuvres brillantes, tour à tour fortes et légères, puissantes et gracieuses.\nLa dernière composition de Saint-Saëns porte le numéro 120 ( Valse langoureuse,\nqui ne figure pas sur le catalogue thématique et imprimé). Cela forme une très\ngrande galerie où abondent, autour d'une douzaine de toiles très importantes,\nles tableautins, les médaillons, les esquisses et les pages d'album. On est\ndéconcerté par cet éparpillement d'un talent qui semble se renouveler lui-même\nen changeant d'objet, et on hésite à reconnaître partout la même main, la même\npersonnalité. Facile relativement facile est l'étude psychologique d'un\nMozart et d'un Beethoven, d'un Schumann et d'un Liszt, d'un Berlioz, d'un\nMeyerbeer, d'un Wagner, d'un Massenet. Tout autre est la psychologie de Saint-\nSaëns. Vous vous rappelez ces vers charmants de Théophile Gautier :\nDites, la jeune belle,\nOù voulez-vous aller r\nLa voile ouvre son aile,\nLa brise va souffler...\nSaint-Saëns a l'air de parler le même langage, en nous conviant à des voyages\nd'aventure, un peu partout, sur le char de Phaéton, sur le carrosse de Mab, ou\nsur quelque Chimère de sa création. Sa fantaisie est inépuisable, et ouvre chaque\njour une perspective nouvelle. Il n a pas de formule. C'est un Protée chanteur qui\nse métamorphose pour samuser ; c'est un Oriental qui a des caprices de femme\net qui allie la profondeur allemande, la netteté latine, à l'imagination d'un poète\npersan... Où voulez-vous aller ? La question semble s'adresser au critique lui-\nmême.\nEn novembre 1888, j'allai à Berlin, où je devais rester un an et demi en\nqualité d'étudiant à l'Université ; mon premier soin fut d'assister à un des Con-\ncerts de la Philharmonie (alors dirigée par le pontife Hans de Bulow) et de\nchoisir, parmi les violoncellistes à bésicles d or de l'orchestre, celui qui me parut\navoir la tête la plus germanique. Avec le jeune Mossel j'étais tombé sur un\nhollandais!— qui fut censé me donner des leçons d'accompagnement, je jouai\navec conscience, durant un an, et jusqu'à épuisement de l'abonnement que nous\navions pris chez Bote et Bock, toutes les œuvres de Saint-Saëns qui pouvaient\nêtre jouées. Après cette expérience, je voulus me recueillir pour tirer une con-\nclusion, formuler un jugement d'ensemble, voir clair en moi-même; et comme,\ndans le pays de Hegel et de Jean Paul, on cède volontiers à la discussion des\nproblèmes les plus ardus de la psychologie et de l'esthétique, je ne laissai\npas de retourner en tous sens une question embarrassante :\nQu'est-ce que Saint-Saëns ? (Je songeais, bien entendu, à Vhomme, dont le\nmusicien n'est que l'interprète, en recherchant les indices qui révèlent sa propre\net naïve forme, et mettent à nu son vrai fond.)"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "592", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.4", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3671, "texte": "Saint-Saens est-il un très brillant éclectique, plus développé en surface qu'en\nprofondeur et faisant, comme dit Montaigne, « un peu de chaque chose, à la\nfrançaise » ? Est-ce un lettré musical, un intellectuel très cultivé, qui (( rem-\nploie )) ? Est-ce un imaginatif, et rien que cela ? Est-ce un virtuose prodigieu-\nsement adroit, à qui il n'a peut-être manqué que de se concentrer sur un vaste\net unique dessein ? Est-ce un Aristophane musicien (songez à son Carnaval des\nAnimaux) qui était admirablement doué pour la comédie lyrique, et dont la\nvocation première se trahit souvent dans beaucoup de genres à côté ? Est-ce un\nsentimental et un tendre qui ne se livre jamais tout entier? Est-ce un enthou-\nsiaste ? un passionné qui ne veut point s'étaler ?\nQuelle est sa foi, en dehors de ce qu'on met sur le papier réglé ? quelle ivresse\nest la sienne (puisqu'il est entendu, comme le veut Nietzsche, qu'à l'origine du\ngrand art il y a une (( ivresse ») ? Avec quelles Idées a-t-il fait alliance ? à quelle\nforme d'idéal a-t-il dit ce mot admirable de Beethoven écrivant à une des femmes\nqu'il aima : (( Tu es mon moi )) ? Est-ce vers le monde réel ou ailleurs que vont\nses tendances ? Est-il du cortège d'Apollon ou du cortège de Dionysos ?\nAttentif à reproduire le côté pittoresque de menues choses, fait-il de la musique\ncomme les Goncourt faisaient de la littérature, par fragments et petites touches,\nvoyant dans la vie une (( chasse de Pan )) perpétuelle, un peu nonchalante, et\nen glanant, au hasard des rencontres, des poignées de curiosités : le vertige d'un\nfumeur d'opium, la ligne gracieuse d'un cygne sur l'eau calme, un effet de loin-\ntain en vue de la côte africaine,une danse populaire, les cloches de Las Palmas ..?\nMais pourquoi, me direz-vous, poser de telles questions ? à quoi bon fati-\nguer votre sens esthétique par des recherches indiscrètes ? Tel poème musical\nvous enchante ; que vous faut-il de plus ?... A Eisa, qui veut obstinément connaî-\ntre son nom, Lohengrin a raison de répondre, quand il ouvre la fenêtre sur le\nbeau jardin nocturne : Viens respirer ces parfums enivrants ! mais ne te préoc-\ncupe pas de savoir le nom de la fleur d'où ils partent !\nTrès bien. Mais cette analyse qui ne va pas plus loin que les impressions de\nl'oreille ne me suffisait pas. Songez que l'art musical est particulièrement intéres-\nsant, non pas parce qu'il nous chatouille agréablement l'ouïe, comme tel mets\nbien cuisiné réjouit le goût, ou tel parfum l'odorat, mais parce qu'il exprime\nl'homme intérieur avec une profondeur unique, et une exactitude qui, sans lui,\nserait incomplète.\nA mon retour en France, ayant toujours cette opinion flottante, incapable\nd'aboutir à un jugement précis, j'exprimai franchement mon embarras dans un\narticle publié par le journal le Matin. (Pour le dire en passant, cet article dut\ndéplaire à quelque ami très zélé du maître, car, voulant le retrouver un peu plus\ntard, je constatai, non sans surprise, qu'il avait été enlevé de la collection de la\nBibliothèque nationale et de la collection conservée dans les bureaux du Matin...)\nAu mois d'août 1902, j'eus l'honneur de me trouvera côté de Saint-Saëns, pen-\ndant les fêtes de Béziers, à la table hospitalière de M. Castelbon de Beauxhos-\ntes. L'auteur de Botryocéphale (pièce en un acte et en vers, reprise, depuis, à\nl Odéon) nous charma par sa bonne grâce, sa verve (entre deux plats, il ne\ndédaigna pas cl'esquisser une chansonnette sur son chien), et se montra particu-\nlièrement préoccupé de certain drame littéraire qu'il venait d'écrire et dont il\ndésirait faire la lecture aux futurs interprètes.\nVous êtes, lui dis-je, l'homme des surprises !"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "593", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.5", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3353, "texte": "Je le crois bien, me répondit-il ; vous ne me connaissez pas!\nUne telle parole, on le comprend, ne pouvait dissiper mon incertitude, et ne fit\nque doubler ma curiosité. Isis ! nul ne pourra-t-il donc soulever ton voile r\nQuedevais-je faire ? Poser des questions précises au grand homme et le sou-\nmettre àla banale corvée de l'interview ? Je ne suis plus assez naïf pour croire\nque ce système a quelque valeur. Les meilleurs musiciens ne sont qu'à moitié\nconscients de ce qu'ils font et de ce qu'ils sont ; prodigieuse est la distance qui\nsépare leurs déclarations les plus sincères, de leurs œuvres réelles. Je me repliai\ndonc sur moi-même, sans relever le jugement qui m'accusait d'ignorance, et\nrésolus de changer de méthode.\nRentré à Paris et décidé à en finir, je rédigeai une circulaire que je fis tirer à\ncent exemplaires et que j'envoyai à tous les compositeurs célèbres de l'étranger.\nJe demandais à chacun des membres de cet aréopage :\ni° Quelle est votre opinion sur l'œuvre musicale de Saint-Saëns ? en quoi con-\nsiste, selon vous, l'originalité du compositeur?\n20 Quelles sont celles de ses compositions que vous préférez ?\nSur cent lettres, quarante environ obtinrent une réponse (1). Je n'avais pas\nécrit seulement en Italie et en Allemagne, mais en Russie, en Amérique, au\nJapon, dans tous les pays civilisés. A ma grande déception, mes correspondants\nne soufflaient mot des compositions les plus importantes de Saint-Saëns; ils ne\nparaissaient connaître que des œuvres de second ou troisième rang, probablement\nvulgarisées dans leur pays par des pianistes voyageurs. L'épreuve fut intéres-\nsante, mais nullement décisive.\nc Ne t'attends qu'à toi seul! ))\nAu point de vue purement musical, il conviendrait d'abord, et il serait sans\ndoute aisé de faire un classement parmi les œuvres de Saint-Saëns. La seule\ndifficulté et je ne prétends pas la résoudre ici serait de ne rien oublier. Au\npremier rang, on mettrait sa musique symphonique, laquelle fait le plus grand\nhonneur à sa haute inspiration, à son courage et à son désintéressement artistique :\nles symphonies en mi bémol et en la mineur, et cette symphonie en ut mineur\ndont on a fait le plus bel éloge que puisse ambitionner un musicien français,\nquand on a dit qu'elle faisait revivre, au moment où notre sensualisme inclinait\nvers le théâtre, l'art des Mendelssohn, des Haydn, des Mozart, et même on a\nprononcé le mot de Beethoven.. A côté de ces grandes compositions néo-clas-\nsiques, on placerait le quatuor en si bémol et le quatuor à cordes, le septuor avec\ntrompette, et les deux trios; les deux concertos et la sonate pour violon, le\ncharmant Rondo Capriccioso l'admirable sonate et les deux concertos pour\nvioloncelle...\nAu second rang, et (à mon humble avis) avant les opéras Samson excepté\non classerait ces brillants Poèmes symphoniques où Saint-Saëns a montré de façon\nspéciale et complète, avec une originalité à la fois hardie et pleine de goût, une\nscience très nette, très sobre et très française de la composition, les ressources\nétonnantes de son imagination, son adresse et son esprit : la Danse macabre (où\nil est tout entier), Phaéton, la Jeunesse d'Hercule, le Rouet d Omphale, et le\nDéluge [je les énumère ici dans l'ordre de mes préférences).\n\n(i) Ces réponses ont été publiées dans les numéros d'octobre et nov. 1901 de la Revue musicale."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "594", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.6", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "La série des opéras viendrait en troisième lieu avec Samsonet Dalilct en tête, et\nl'aimable Javotte pour finir ; entre ces extrêmes, Etienne Marcel, Henri VIII,\nProserpine, Ascanio, les Barbares, Phryné, Déjanire, Parisatis (j'en oublie quel-\nques-uns, mais je ne suis peut-être pas seul à les oublier).\nAu-dessous, le recueil des Quarante mélodies, les Mélodies persanes, où il y a\nun chef-d'oeuvre de sentiment : Au cimetière ; et enfin, au dernier rang, qui\nserait encore un rang d'honneur, les concertos pour piano (dont j'avoue ne pas\nfaire précisément mon régal) et les mille et une fantaisies, de dimensions assez\ncourtes, que je ne pourrais dénombrer qu'en faisant un catalogue de plusieurs\npages. Et je n'ai rien dit de la musique religieuse, qui pourrait être mise à\npart et sembla d'abord être le domaine où Saint-Saéns devait tenir le sceptre :\nY Oratorio de Noël, la Messe solennelle et la Messe de Requiem, les (( motets au\nSaint-Sacrement », les (( motets à la Vierge)), etc. Ce dernier groupe ressemble à\nl'édicule que certains architectes construisent à côté d'un grand monument, et\nqui, avec une affectation différente, a pourtant le même style essentiel et le même\ncachet.\nTel est, dans ses grandes lignes, le classement accompagné peut-être de\nquelques éliminations provisoires que ferait le goût musical pur. Pour la\ncuriosité du psychologue, cet ordre de préséances n'existe pas ; les œuvres de\nmoindre envergure, où se joue un fugitif caprice réaliste ou comique, sont aussi\nintéressantes, sinon plus, que les autres. La scène du Synode, dans Henri VIII,\nn'est pas un (( document )) plus instructif que cette page de Javotte où les trom-\nbones chantent avec majesté :\nBrigadier, répondit Pandore,\nBrigadier, vous avez raison !\net la symphonie en ut mineur ne mérite pas plus d'attention que cette Rhapso-\ndie bretonne qui se termine, pour parler comme l'auteur des ïambes, par une\nmanière de chahut.\nQuel est le lien de tous ces contrastes ? Il est, je crois, musical, rien que musi-\ncal, c'est-à-dire indépendant de tel caractère passionnel qui prédominerait dans\n1' (( homme )), distinct du compositeur. Ne voyez pas là, je vous prie, une\ndécouverte de la Palisse ou une contradiction ; ce n'est même qu'un demi-aveu\nd'impuissance devant le problème que je m'étais posé. Je m'explique.\nIl y a, certes, dans Saint-Saëns, tous les sentiments humains. Il connaît la mé-\nlancolie et la rêverie. Il a réalisé quelques types de grâce aussi délicats que ceux\nde Schumann (dans ses Lieder). Bien qu'il n'ait pas chanté l'amour avec fougue,\net qu'il paraisse un sage quand on songe à Esclarmonde ou à Tristan, il serait\ntrès injuste de l'accuser de sécheresse :\n\nn'est-ce pas que, dans cette modulation, il y a le « lait de 1 humaine tendresse )) ?"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "595", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.7", "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 3629, "texte": "C'est pur, racinien, digne de Praxitèle et de Raphaël, plus pénétrant que la\ncélèbre page : Mon cœur s ouvre à ta voix...\nAh ! verse-moi l'ivresse !...\nOui, Saint-Saëns est un tendre ; il l'est même avec ingénuité, et si j'osais\nrisquer ce mo ten parlant d'un membre de l'lnstitut je dirais qu'il est (( enfant ».\nj'entends par là qu'il n'a aucun effort à faire, malgré son savoir, sa grande cul-\nture et son extrême habileté technique, pour se replacer, comme le doivent tous les\nartistes, dans Y état de nature. Il joue souvent avec sa propre sensibilité, et s'a-\nmuse aux (( bagatelles », ce qui est un trait bien français et parisien, —mais le\ncœur est chez lui très humain, et complet. Il arrive ceci : c'est qu'au lieu de con-\nsidérer les passions réelles comme le modèle dont l'expression doit absorber\ntoute la puissance de l'art musical,— ainsi que le fît Berlioz, Saint-Saëns\nparaît considérer la musique elle-même, en soi, comme une fin, et s'esjouir en elle\npar une sorte de dilettantisme génial. Pour remplir le cadre d'une symphonie, il\nn'a pas besoin d'y traîner, encore tout chauds et frémissants, les épisodes de la\n(( vie d'un artiste » ; d'un élégant coup d'aile, il s'élève au-dessus des régions de\nmisère où peine l'homme banal, et il s'affranchit; ne dites pas qu'il ignore les\npassions : il en suit une qui domine toutes les autres, la passion de la musique.\nS il s'applique, d'aventure, à étudier et à rendre tel sujet défini, c'est comme\npour faire, accessoirement, l'essai piquant d'une force qui a son principe ailleurs\net plus haut que le paysage et les accidents de la route.\nLa musique a ceci de délicieux et de vraiment noble, qu'elle donne à l'esprit la\npleine conscience de sa liberté. Elle est affranchie de l'espace et de la pesanteur ;\nelle constitue un monde à part, où se joue une sorte de dynamisme intellectuel\nqui crée des réalités nouvelles. Or, dans ce monde, nul n'est plus libre, nul n'est\nplus chez soi que Saint-Saëns ; il y prend ses ébats avec la même aisance que\nle poisson dans l'eau ou qu'une abeille dans un verger. Ce plaisir de supprimer\ntoute attache et toute entrave, cl aller où l'on veut en changeant vingt fois de\nroute, de revendiquer sa personne et de supprimer les limites, est chez lui le\ntrait essentiel et caractéristique ; il le goûta d'abord comme virtuose et comme\nimprovisateur ; il l'a trouvé ensuite dans la grande composition. Il me\nsemble qu'à la lumière de cette simple idée, bien des choses s'expliquent.\nEtre parfaitement libre, c'est pouvoir tout se permettre. Saint-Saëns a donc\ntouché à tous les genres, mais sans se fixer sur aucun. Il n'imitera point la\nméthode de Wagner, qui commence par dire : (( Je donnerai un théâtre à mon\npays », et qui, avant d'écrire la Tétralogie, fait de l'hydrothérapie, se soumet à\nun régime ((pour avoir la santé parfaite » et se met enfin à sa formidable besogne\navec la patience d'un bœuf géant qui aurait à labourer un espace de trente kilo-\nmètres carrés ; agir ainsi, c'est se rendre esclave. Saint-Saëns glisse sur les\nformes de la vie au lieu de s'installer à demeure, en s'aliénant, dans l'une d'elles.\nIl lui faut de l'imprévu ; il aime les renouvellements ; il ne se pique pas plus de\nlogique et de suite, dans ses mouvements, que le Silvain de la Légende des Siècles,\nlâché en pleine Arcadie de printemps. Pour la même raison, il butine dans toutes\nles Ecoles et dans tous les styles : tour à tour, il sera Bach et Roselin, Mendels-\nsohn et Liszt, Meyerbeer, cent autres maîtres dont il devient l'égal, par diver-\ntissement. Cette indépendance qui veut être complète dans les actes comme elle"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "596", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.8", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1127, "texte": "l'est dans les aptitudes et qui ramène toutes les émotions concrètes à une maî-\ntrise spéciale de l'esprit, produit ce je ne sais quoi de vif, de léger, de jaillissant\net de charmant, qui est la grâce ; et quand on a prononcé ce mot divin de\n(( grâce )), (songez au chœur Printemps qui s avance, dans Samson,) on n'est pas\nloin d'avoir suggéré l'idée exacte de l'auteur de Proserpine qui est, ici romanti-\nque, là classique, et partout lui-même. Enfin, la liberté parfaite ne va pas sans\nun grain de folie; elle se prouve à elle-même sa propre puissance, ensachant\nsecouer, à l'occasion, le joug d'une raison un peu triste : de là la tendance\nde Saint-Saëns (constatée dans certaines séances intimes plus encore que dans\nses compositions) vers la charge et la parodie...\nMa conclusion, on le voit, n'est plus un point d'interrogation, mais, avec un\nsincère mea culpa, un hommage rendu au grand compositeur qui, à l'aide de la\nmusique, nous fait mieux apprécier que personne ce noble privilège : la liberté\ncréatrice de l'esprit, et la pleine joie éprouvée dans la conscience de cette liberté.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "589", "page_fin": "589", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.1.1", "titre_corps": "Camille SAINT-SAENS De l'Institut de France.", "titre_sommaire": "Camille SAINT-SAENS De l'Institut de France.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "589", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.1", "debut_caractere": 74, "fin_caractere_exclue": 118, "texte": "Camille SAINT-SAENS\nDe l'Institut de France."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c005", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "596", "page_fin": "599", "image_debut": 8, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.2", "titre_corps": "Soirées de gala. 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Souvenirs du séjour à Paris du Roi\net de la Reine d'Italie.\nLES ARTISTES ET LE PUBLIC OFFICIEL.\n\nC'est une très grosse affaire que ces soirées en l'honneur d'un souverain ;\nelles sont données par le Président de la République, mais effectivement organi-\nsées par le Ministère des Affaires étrangères, après entente avec l'ambassade\ndu pays dont on reçoit le représentant, et avec le concours de l'administration\ndes Beaux-Arts. Pour la rédaction des programmes, le choix des œuvres, des\ncompositeurs et des interprètes, il faut que l'accord s'établisse, comme pour\nune question internationale, entre plusieurs départements, et, en outre, avec la\ndirection et le personnel artistique des théâtres officiels. La correction du\nProtocole, la courtoisie de l'Elysée, la diplomatie du quai d'Orsay, ont à résoudre\nune multitude de questions fort délicates ; et quand le programme est établi,\néquilibré, minuté, et qu'on y a inscrit certains noms qui s'imposent, par\nexemple ceux de Saint-Saëns et de Massenet, pour la musique, les grosses\ndifficultés commencent : il ne s'agit plus, en effet, que de faire la salle, d'arrê-\nter la liste des invités, en tenant compte de toutes les situations (présentes et\nanciennes), et en ne froissant personne. Le nombre des anciens ministres à placer\nconvenablement, pour ne citer que ce fait, est, je crois, de 45.\nConsidérées au point de vue des artistes, ces soirées ne sont pas moins une\népreuve redoutable. Ce n'est pas que les meilleurs sujets de nos théâtres éprou-\nvent quelque appréhension à se produire devant deux chefs d'État, une Reine, le\npersonnel diplomatique au grand complet, chamarré d'uniformes éblouissants,\net tout ce que Paris, dans le monde des arts, des lettres et des sciences, compte\nde plus distingué. Un pareil auditoire leur donne peut-être quelque émotion\nsecrète, mais j'ose dire qu'ils en triomphent ; ce qu'il y a de vraiment ardu, c'est\nde toucher et de dérider ce public exceptionnel, de le faire sortir de sa gravité\nofficielle, de lui arracher un applaudissement, une marque d'admiration vive et\nsincère. Les meilleurs y échouent."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "597", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.9", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3261, "texte": "C'est à ce dernier point de vue que je m'étais placé, avec une sympathie très\npartiale pour les artistes, en suivant le concert qui a été donné à la Présidence\nde la République, dans la très belle salle des Fêtes du palais de l'Elysée, le 14 du\nmois dernier, devant le Président de la République et Mme Loubet, le Roi et la\nReine d'ltalie. Fugère, commence par dire deux mélodies : Plaisir d amour, de\nMartini, et Les Vieilles, deLévadé. Evidemment, l'excellent artiste a pensé qu'au\nlieu de donner de la voix et de se livrer à une mimique expressive, il valait mieux\nphraser gentiment quelques jolies et menues choses. Il chante en demi-teinte,\nd'ailleurs avec un art consommé. Il se retire sans qu'une seule marque d'appro-\nbation ait été donnée ; et, à ceux qui ont l'habitude de nos théâtres du boulevard,\nce silence donne l'impression d une lacune un peu pénible. Mme Marguerite Carré,\nla charmante femme du Directeur de l'Opéra-Comique, succède à Fugère, sans\nintervalle appréciable : elle dit, de façon exquise, la Berceuse de Jocelyn (B. Go-\ndard) et Mattinata de Paolo Tosti. Le résultat est le même. Mme Bartet vient\nréciter, avec un naturel délicieux et une grâce parfaite, la poésie de Victor\nHugo : Lorsque Venfant parait, et se retire après avoir fait une révérence royale.\nLe résultat n'est pas différent. En outre, pendant qu'elle est sur l'étroite scène\nencadrée de fleurs et de verdures, il ya, entre la salle des Fêtes et l'autre salle\noù est dressé le buffet, des diplomates, des officiers qui, étant debout et ne pou-\nvant guère entendre, s'entretiennent tranquillement et ajoutent un murmure en\nsourdine à la voix des artistes, sans que personne songe, on le devine, à leur\ndemander le silence. A Mme Carré succède M. Clément, le ténor de 1 Opéra-\nComique, dont la voix est jeune, fraîche, pleine de charme (bien que, dans les\npassages de douceur et dans le pianissimo, elle tremble un peu...). Celui qui\nl'accompagne au piano, pendant qu'il chante le (( Tournoiement )) de Saint-\nSaëns, est un musicien qui, à lui seul, suffirait à enlever, partout ailleurs, un\nbruyant succès d'enthousiasme :\nVous n'imaginez pas avec quelle légèreté de doigts et quelle précision ce rythme\nest marqué ! le pianiste n'est autre que Saint-Saëns lui-même. Il n'obtient pas\nplus de résultat extérieur et appréciable que Fugère et les autres. Même obser-\nvation pourMlle Bréval et pour Réjane, qui dans la comédie de Lolotte montre\nsa verve et son esprit parisiens. Celui qui, ostensiblement, déride l'auditoire —et\nceci demande une explication c'est Cadet, avec son monologue : Moderne.\n« Qu'est-ce que c'est qu'être moderne ?... c'est être dans le train, et empêcher les\nautres d'y monter .. c'est avoir beaucoup d'argent. Quand on n'a pas beaucoup\nd'argent, on n'existe pas... En peinture, pas de dessin, pas de choses inutiles !\ndes taches de couleur... En sculpture, vous donnez trois coups de poing dans la\nterre glaise : deux pour les yeux, un pour la bouche, et vous êtes moderne. En\nce moment, tenez, vous m'écoutez ; vous n'êtes pas modernes ! Vous devriez dire :\nc est idiot ! sansm'avoir écouté », etc. Je cite de mémoire ce morceau d'éloquence;\nil a fait rire. Est-ce à dire que le monde officiel n'apprécie pas l'art sérieux et"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "598", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.10", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3125, "texte": "n'aime que la gaudriole ? non ; le monde officiel a trop souvent l'occasion d'en-\ntendre des artistes pour n'avoir pas un goût éclairé, formé, en dehors de la\nculture générale de l'esprit, par une expérience presque journalière ; seule-\nment, il est maître de ses nerfs et de son imagination ; il est habitué à\ndominer sa sensibilité ; il obéit à des raisons de haute convenance en ne préju-\ngeant pas la valeur d'une œuvre ou de ses interprètes, et en laissant à celui qui\npréside la réunion le soin et la liberté de donner le signal des marques de\ncontentement. Or, celui qui occupe le premier fauteuil est obligé de mesu-\nrer ses paroles et ses gestes. Enfin, le monde officiel nous montre, par voie de\ncontraste, combien sont factices et suspects les bravos coutumiers du théâtre.\nDans les applaudissements qui ébranlent les salles du boulevard, un soir de\npremière, quelle part convient-il défaire à l'admiration vraie, et au zèle des\namis, à l'affreuse claque ? Quant au rire provoqué par Coquelin cadet, il est,\ncertes, très mérité, mais d'ordre physiologique : il ressemble à l'inévitable cris-\npation altérant les traits d'un visage qu'on chatouillerait avec une plume de paon.\nCes observations s'appliquent aussi à la soirée de gala qui fut donnée le len-\ndemain à l'Académie nationale de musique, avec beaucoup d'éclat. Ce fut d abord\nun beau et rare spectacle de voir la charmante Reine d'ltalie monter, au bras\ndu Président de la République française, les marches de cet incomparable esca-\nlier de l'Opéra dont la somptuosité vénitienne est un cadre si bien approprié à\nde telles solennités. Dans 1 Odyssée, Ulysse rencontrant la jeune Nausicaa, lui\nparle ainsi : «Es-tu mortelle, ou déesse ? A Délos, j'ai vu autrefois un palmier\nàla tige élancée qui ombrageait l'autel d'Apollon ; tu lui ressembles par la\ntaille... )) Ce souvenir homérique m'est revenu à l'esprit en voyant Sa très gra-\ncieuse Majesté la Reine Hélène, qui est grande, brune, et d'une grâce souriante.\nDans la salle, il y eut, pour la première partie de la représentation, une tem-\npérature un peu insolite, toutes les places étant occupées jusqu'aux gradins les\nplus élevés ; mais cet inconvénient fut bientôt corrigé, et rendit plus appréciables\nles deux buffets installés dans les couloirs.\nC'est encore Coquelin cadet et son camarade Trùffier qui, dans le Bourgeois\ngentilhomme, et pour la raison que j'ai dite, ont arraché aux auditeurs quelques\ninévitables et instinctives manifestations. Mais les autres artistes n'ont pas été\nmoins appréciés, avec, çà et là, quelques réserves.\nM.Alvarez paraissait dans Aïda (IIe acte). La dernière soirée de gala où je\nl'avais entendu est celle de Covent-Garden, lors du voyage du Président en\nAngleterre. Alvarez y chanta le deuxième acte \"de Carmen, et j'ai encore dans\nl'oreille une erreur d'interprétation, une faute de goût dont je fus franchement\nchoqué. On connaît cette scène oû Don José rappelle à Carmen combien il l'a\naimée :\nTu n'avais qu'à paraître,\nQu'à jeter un regard sur moi,\nPour t'emparer de tout mon être,\nO ma Carmen ! Et fêtais line chose à toi.\nBizet a écrit :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "599", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.11", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1737, "texte": "Mais Alvarez disait :\nIl n'y a pas eu de faute semblable à lui reprocher dans Aïda. MM. Noté et\nGresse ont fait admirer une fois de plus le pur métal de leur voix (bien qu'il y\nait eu, plus d'une fois, un peu d'hésitation). MII(3S Bréval et Flahaut ont conve-\nnablement représenté le chant français ; de M. Chambon, j'aime mieux ne\nrien dire.\nQuelques auditeurs difficiles ont souri envoyant au programme la Maladetta ;\nmais M. Gailhard n'a certainement pas cédé à un banal sentiment d'amour-\npropre en demandant la reprise d'une de ses œuvres : il a tenu à montrer à nos\nhôtes royaux deux étoiles admirables, MUes Zambelli et Sandrini, et il aeu par-\nfaitement raison. Les deux célèbres danseuses, dans les rôles de Lilia et de la\nFée des neiges, ont été un enchantement pour les yeux : et tant pis pour ceux qui\nn'apprécient pas à sa juste valeur, comme elle le mérite, la très agréable musique\nde M. Paul Vidal !\nUne dernière observation ! Il est regrettable que les chanteuses ayant à pro-\nduire leur talent dans de pareilles fêtes choisissent, d habitude, quelques pages\nd'un opéra contemporain où il y a plus de déclamation que de chant véritable,\nau lieu d'exécuter un de ces brillants morceaux où il y a des vocalises, des\npoints d'orgue, trilles, notes piquées, etc..., en un mot, tous les agréments et\ntoutes les difficultés du métier. Ces morceaux-là sont parfaitement déplacés dans\nun drame lyrique ; ils seraient tout à fait de circonstance dans une soirée de\ngala. Mais où sont, aujourd'hui, les chanteurs ou les chanteuses qui seraient\ncapables de nous donner ce régal spécial ? Si le règne de la vocalise est fini,\nce n'est pas seulement parce que notre conception présente de l'opéra le veut\nainsi.\n\nX..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c009", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "599", "page_fin": "603", "image_debut": 11, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.3", "titre_corps": "Jean Titelouze (1563-1633). — Un précurseur. — L'art primitif de la composition pour l'orgue. ALEXANDRE GUILMANT et ANDRÉ PIRRO: Archives des Maîtres de l'Orgue.", "titre_sommaire": "Jean Titelouze (1563-1633). — Un précurseur. — L'art primitif de la composition pour l'orgue. ALEXANDRE GUILMANT et ANDRÉ PIRRO: Archives des Maîtres de l'Orgue.", "signature_source": "LOUIS LALOY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "599", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.11", "debut_caractere": 1739, "fin_caractere_exclue": 2824, "texte": "Jean Titelouze (1563-1633). — Un précurseur. — L'art primitif\nde la composition pour l'orgue.\nALEXANDRE GUILMANT et ANDRÉ PIRRO: Archives des Maîtres de l'Orgue.\n\nŒuvres complètes de Jean Titelouze. Paris, 1903, Durand et fils.\nIl fut un temps où les compositeurs de musique se désintéressaient complè-\ntement de l'histoire de leur art ; où un élève du Conservatoire, en possession\nde ses diplômes et de ses recettes pour construire une bonne fugue ou un\nfinale cl'opéra, ignorait paisiblement Rameau, Couperin ou Josquin Deprès (ses\nvrais ancêtres cependant), connaissait mal Beethoven et ne voyait dans l'œuvre\nde Bach qu'un utile recueil d'exercices. Aujourd'hui le passé a repris ses droits :\non sait que nulle règle d'école ne vaut renseignement des œuvres ; et c'est le\nculte des maîtres anciens de la musique française, de Rameau en particulier,\nqui fait, en grande partie, la force et l'indépendance de la musique française\nmoderne. Il y a plus: quelques-uns de nos compositeurs, et non des moindres,\nun Vincent d'lndy, un Saint-Saëns, consacrent une partie de leur temps et de"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "600", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.12", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2960, "texte": "leur talent à relever les monuments oubliés de notre art et à les restaurer :\non peut lire, aujourd'hui, des éditions signées de ces noms illustres ; grand et\nbel exemple d'oubli de soi-même et de respect pour les chefs-d'œuvre ! Je ne crois\npas m'avancer beaucoup en affirmant qu'une telle entreprise était au-dessus des\nforces intellectuelles comme des forces morales d'un Adolphe Adam.\nParmi ces musiciens érudits et philologues qui caractérisent si heureusement\nnotre époque, il faut faire une place à part à M. Alexandre Guilmant. Les\nArchives des Maîtres de l'Orgue, publiées en fascicules depuis 1896, sont l'hom-\nmage ému d'un maître à ses obscurs devanciers, un Raison, un Gigault, un\nClérambault, à tous ces organistes français qui s'efforçaient de donner à leur\ninstrument un style qui lui fût propre. En même temps, c'est une publication\nd'une haute valeur scientifique, où les textes sont rigoureusement respectés, où\ntoute correction reconnue nécessaire est signalée par une note, où chaque\nrecueil enfin s'accompagne d'une Notice biographique qui reconstitue l'homme et\nson milieu : ces Notices sont l'œuvre de M. A. Pirro, dont nos lecteurs pouvaient\napprécier récemment le savoir et le goût délicat (1).\nJean Titelouze, dont l'œuvre paraît aujourd'hui en volume, est le plus ancien\nde ces vieux maîtres : il est né en 1563, à Saint-Omer, sur cette terre de\nFlandre à qui la France doit un si grand nombre d'excellents musiciens. Sa\ncarrière entière se passa à Rouen, où il fut organiste de Saint-Jean dès 1585,\net de la cathédrale en 1588. Il fut nommé chanoine en 1610, et devint un des\nhommes importants de la ville, fort réputé comme compositeur, lettré d'ailleurs,\nauteur de vers qui valent ceux des recueils du temps, consulté par le P. Mersenne\ncomme une autorité en la question des modes et de leurs effets moraux (2), loué\nenfin par le bel esprit Saint-Amant (3) :\nSi Pan eût su ce que tu sais,\n. Oh ! qu'en ces glorieux essais\nDes chalumeaux contre la lyre,\nApollon, ce divin sonneur,\nEût cédé bientôt au Satyre\nLe prix, le mérite et l'honneur !\nTu charmes si bien les mortels\nLorsqu'ils vont devant les Autels\nRendre leurs plus dévots hommages,\nQue sans certains tours d'yeux qu'ils font\nOn les prendrait pour des images,\nOu ces pierres pour ce qu'ils sont...\nLe recueil de M. Guilmant comprend deux œuvres distinctes : le livre des\nHymnes de VEglise, qui parut chez Pierre Ballard en 1623, et le Magnificat\n(1626) Ce sont là de vrais incunables de la musique d'orgue, puisque le premier\nlivre des Toccate e partite de Frescobaldi est de 1614, que les Recercari e\nfrancese sont de 1615, et que Samuel Scheidt n'a publié qu'en 1624, à\nHambourg, sa Tabulatura nova. Titelouze témoigne lui-même, d'ailleurs, de\nla nouveauté de sa tentative (4) :\n\n(1) Revue du ior octobre 1903.\n(2) Lettres de Titelouze à Mersenne du 2 mars et du 9 août 1622.\n(3) Préface au livre des Hymnes, p. 6.\n(4) Préface au livre des Hymnes, p. 3."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "601", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.13", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3346, "texte": "Or ce qui m'a encore davantage incité de donner ce petit ouvrage au public, a été\nde voir des volumes de tablature de toute sorte d'instruments imprimés en notre\nFrance ; et qu'il est hors de la souvenance des hommes qu'on en ait imprimé pour\nl'Orgue, instrument le plus accompli tant du genre pneumatique que des autres\ngenres... (1).\nIl s'agit donc pour lui de créer un genre de musique nouveau. Quels seront ses\nmodèles et ses principes? Léchant liturgique le guidera tout d'abord : en effet,\nl'orgue a pour mission unique, à cette époque, de dialoguer avec le chœur des\nchantres, ou de lui donner des préludes : c'est à cet usage que font allusion ces\nvers de Titelouze :\nQu'entends-je ?ô Dieu, quel motet angélique\nM'emporte l'âme en ses charmes nombreux ?\nQuoi ! ce bel orgue au ton du chœur réplique\nGomme un écho, et semble qu'un cantique\nSe donne en prix à qui chantera mieux [2).\nAussi Titelouze reste-t-il toujours fidèle aux tonalités grégoriennes ; souvent\nmême il laisse apparaître, à la basse, le thème liturgique sur lequel il construit\nson contrepoint : si bien que son œuvre nous renseigne sur les altérations que\nle plain-chant avait subies dès son époque : car il se conforme rigoureusement\nà l'usage, même lorsqu'il le désapprouve (3). Mais le thème fourni parla litur-\ngie n'est que la matière sur laquelle l'imagination du compositeur doit s'exercer.\nPour la mise en œuvre, il ne manquait pas de modèles : et les compositions\nvocales de Roland de Lassus, Guerrero, Claudin Le Jeune, du Caurroy,\nétaient encore exécutées par la maîtrise de Rouen ; et ainsi l'art naissant put s'in-\nspirer des chefs-d'œuvre d'un art arrivé au dernier degré de sa perfection\nLe principe de la polyphonie vocale est le contrepoint, c'est-à-dire la com-\nbinaison de mélodies indépendantes, dont le concours produit des accords. L'in-\ndépendance des mélodies est elle-même tempérée par le principe de l'imitation,\nselon lequel une partie doit reprendre la mélodie qu'une autre partie vient de\nquitter ; lorsque l'imitation est rigoureuse, elle prend le nom de canon ; en\npassant d'une partie à l'autre, la mélodie se trouve transposée d'une octave, ou\nd'une sixte, ou d'un intervalle quelconque ; le canon à la quinte, s'il est disposé\nde manière à éviter toute modulation, s appelle une fugue. Il existe d'autres\nprocédés d'imitation plus raffinés : *on peut prendre la mélodie à rebours, ou\nen renverser tous les intervalles, comme clans un miroir. Enfin l'imitation libre\nreproduit seulement les contours généraux d'un motif.\nLa superposition des mélodies produit l'harmonie, qui est en principe conso-\nnante ; mais les maîtres du xvie siècle avaient su varier leur trame harmonique\npar un emploi déplus en plus étendu de la dissonance. Les derniers venus, et\nles plus grands de tous, Roland de Lassus, Palestrina, Costeley, ne craignaient\nmême pas les altérations chromatiques, qui donnent un accent pathétique ou\n\n(1) Préface au livre des Hymnes, p. 4.\n(2) Cité par M. Pirro dans sa Notice, p. xm.\n(3) «J'avoue qu'il serait à désirer qu'en deux ou trois de ces hymnes les modes ou tons de l'Eglise\nfussent mieux observés, comme nous ferons en des ouvrages libres ; mais le plain-chant reçu de\nlongtemps en l'Eglise étant mon sujet, me contraint d'y conformer les fugues et contre-point. ))\nPréface au livre des Hymnes, p. 3."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "602", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.14", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1547, "texte": "mélancolique, fort recherché à cette époque où la musique tendait vers l'expres-\nsion. Mais l'emploi de ces altérations était limité par la difficulté de 1 intonna-\ntion vocale.\nCette difficulté n'existe plus pour l'orgue, ainsi que le remarque Titeiouze\nlui-même : un intervalle de triton ou de quinte augmentée, une succession\nindéfinie de demi-tons se frappent aussi aisément sur le clavier qu'une quarte\njuste ou une gamme diatonique. Il était donc à craindre que, libéré de toute\nentrave, le compositeur n'entassât sans mesure altération sur altération, ainsi\nque le firent quelques-uns cle ses successeurs, et Frescobaldi lui-même, dans sa\nToccata cromaticha per VElevaajone (1635). H n'en est rien. Titeiouze se permet les\ndissonances, comme « le Peintre use d'ombrage en son tableau pour mieux faire\nparaître les rayons du jour et de la clarté», mais il emploie sobrement les inter-\nvalles chromatiques ; et l'imitation devient le principe fondamental de son style,\nlogique avant tout.\nTantôt cette imitation est libre, et se joue dans les parties supérieures, tan-\ndis que le chant résonne à la basse ; ainsi dans cette pièce construite sur le Veni\nCreator (p. 18) :\nCe contre-sujet animé, qui sort du grave plain-chant, est d'un bel effet : avec\nune richesse d'invention et une liberté supérieures, Bach ne procédera pas autre-\nment dans ses Chorals A orgue.\nAilleurs un canon à l'octave se poursuit d'un bout à l'autre du morceau\n(p. 22) :\nOu bien le style fugué apparaît, en toute sa majesté (Ave maris Stella, p. 42) :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "603", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.15", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "Voici enfin un motif qui, déjà intéressant par son altération chromatique, est\nl'objet d'un travail des plus curieux (Magnificat, p. 105).\nSi l'on voulait répondre selon les règles de la fugue à cette phrase comprise\nentre la tonique (ré) et la dominante (la), il faudrait aller de la dominante à la\ntonique :\nMais Titelouze préfère renverser le motif : la tierce mineure, prise au-dessous\ndure, donnera: un si ; la tierce majeure, un si t> ; la quinte (toujours en dessous)\ndonnerait un sol, qui sera remplacé par un la afin de rester dans le ton :\nC'est ce thème qui va être combiné avec le premier, dans une fugue à quatre\nvoix, d'une harmonie ample et riche, où le caractère opposé du sujet et de sa\nréponse produit un dialogue fort émouvant :\nTitelouze, qui aimait son instrument, en a donc bien compris le caractère\nessentiel : la gravité volontiers un peu sombre et sévère, la dignité, la force. Il\nne s'est pas égaré en de frivoles imitations du clavecin ou du luth, il n'a pas\ncherché, au hasard, des harmonies nouvelles. Il s'est inspiré de la musique reli-\ngieuse de son temps, c'est-à-dire du plain-chant et des œuvres polyphoniques ;\net l'on comprend l'enthousiasme des contemporains devant ces savantes con-\nstructions, qui imitent la richesse des architectures vocales, avec quelque chose\nde plus solide, de plus rigoureux, de plus impersonnel, comme il convient à\nl'instrument qui tire\nD'un sourd métail une grande harmonie (i).\nPour l'excellent exemple qu'il donna par là à ses successeurs, Titelouze mérite\nd'être compté, au même rang que Frescobaldi et Scheidt, parmi les fondateurs\ndelà musique d'orgue ; et il faut louer sans réserve MM. Alexandre Guilmant et\nA. Pirro d'avoir tiré son nom de l'oubli.\n\nLOUIS LALOY.\n\n(i) Vers de Titelouze cité par M. 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I. de\nCamondo dans ces compositions très « modem style )) qui plairont aux admira-\nteurs de M. Albéric Magnard. L'auteur s'est appliqué avec un soin remarquable\nà éviter tout ce qui donne de la clarté au rythme et à la pensée, tout ce qui charme\nl'oreille commune, tout ce qui serait suspect de naïveté dans le sentiment. Son\n(( Ruisseau )) ne ressemble en rien à celui sur lequel se pencha Narcisse, et son\n(( Ile bleue )) est plutôt très grise, tout embrumée de dissonances étranges. Le\npianiste qui lit et essaye de jouer ces poèmes est parfaitement ahuri ; il ne trouve\nmême pas, çà et là, ces brèves éclaircies de vraie mélodie qui, selon le mot de\nSchumann, sont la halte sous les palmiers après la marche sur les sables. Y\na-t-il dans ces œuvres autre chose qu'une recherche un peu pénible de la singula-\nrité ? Je veux croire que M. de Camondo est sincère, et, s'il a une personnalité,\nje la respecte. Je lui reproche cependant d'aimer la tache de couleur descriptive\nplus que l'idée musicale, et la ligne torturée plus que la ligne droite, courbe,\nou brisée ; je lui reproche surtout de demander souvent au piano des effets de\ntimbres que l'orchestre seul pourrait réaliser avec quelque agrément. Tel ce\ndébut de (( l'Ile bleue )) où des accords de septième, renversés, altérés et\narpégés, représentent (?) la couleur bleue :\nJe lui reproche d'abuser des contrastes, des pp. subito, voire des p.p.p.p., des\nmodulations enharmoniques, de certaines formules emphatiques et un peu vides\n(péroraison de Fantasque), de la virtuosité pianistique, enfin des indications de\nnuances. La vraie musique n'a pas besoin de gloses intercalées entre les portées ;\nM. de Camondo les prodigue cependant et laisse ainsi apparaître c'est un\ncritérium qui trompe rarement— sa préciosité : Stridente, giocoso, deciso, ardito,\nagitando, vibrato sic),mormorendo, cillargando e vibrato, espressivo ma capriccioso,\nstrepitoso,... estinto pesante, delicato, tutta forza, etc... Ces mots se lisent\npresque à chaque page, à côté d'indications en français: plus douloureux, lourde-\nment, etc... On trouve même celle-ci : rythmé ! Pourquoi pas cette autre : musical ?\nTout ce commentaire est inutile, et rappelle certaines musiques écrites pour les\nsublimes poèmes du Sâr Peladan. Un homme du monde qui va dire un joli mot\nn'a pas besoin d'avertir, au préalable, qu'il va montrer beaucoup d'esprit ;il en\nest de même pour le compositeur ;sa musique parle pour lui :et si telle phrase\n\nI. 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L'auteur a pris un brevet pour son invention, et sa\nbrochure, précédée de certificats élogieux, a un peu les allures d'un prospectus\npromettant des merveilles : lecture immédiate de toutes les notes, —suppression de\ntoutes les clefs, transposition instantanée de toute musique, durée des études\nmusicales réduite au quart, etc., voilà quelques-uns des bienfaits que nous\nannonce M. Mouis. Sa méthode, qui ne manque pas d'ingéniosité, est d'une sim-\nplicité enfantine, et plus d'un commençant a dû la pratiquer déjà, instinctivement.\nElle consiste à enseigner les notes en prenant pour base les touches du clavier de\npiano, au lieu de la portée de cinq lignes ; elle substitue, dans la première leçon,\nun point de départconcret à un point de départ abstrait. Quant à la transposition,\nqui est l'âme du solfège et de la composition musicale, elle se fait de la manière\nsuivante : on juxtapose verticalement deux dessins sur chacun desquels est repré-\nsentéehoctavedupiano, avecses touches noires et ses touches blanches. S'agit-il de\ntransposer d'un ton la suite: do mi fa % ? on reconnaît d'abord ces trois notes sur\nle premier dessin, et, à l'aide d'un trait horizontal, on les réunit aux notes qui\nsont placées un ton au-dessus des notes correspondantes dans le second dessin.\nJe me borne à dire que ce procédé mécanique pourrait rendre des services à\nceux qui, dépourvus cle sens musical, seraient obligés de transposer de la musi-\nque par écrit ; mais que fera l'exécutant, le pianiste, lorsqu'un chanteur lui\ndemandera, ex improviso, de transposer un ton plus haut ou plus bas ? Deman-\ndera-t-il du papier, une plume et de l'encre pour se livrer à son petit travail ? En\nsecond lieu, si on adopte un système pédagogique impliquant la suppression des\nclefs, comment fera hélève pour lire les œuvres des auteurs classiques ? Après\ns'être familiarisé avec le nouveau procédé, ne sera-t-il pas obligé d'apprendre\nl'ancien système, et cette dualité peut-elle aboutir à une (( simplification )) ?\nMéfions-nous des inventions qui rendent trop faciles les parties les plus délicates\ndes études musicales, et qui ne s'adressent qu'aux yeux en laissant l'oreille\ninactive.\n\nLES RR. PP. BÉNÉDICTINS DE SOLESMES.\n\n- Kyri aie, ou les chants ordinaires\nde la messe, en notation moderne. Tournai, Desclée, Lefebvre, 1903.\nCes chants sont ceux qui ne changent point de dimanche en dimanche : le\nKyrie, le Gloria, le Credo, etc... Ils ne figurent pas dans les plus anciens manu-\nscrits liturgiques ou y sont ajoutés en supplément. 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Sans être un compositeur de grande\nenvergure, il représente d'une façon aimable l'art lyrique français dans la seconde\nmoitié du xvine siècle.\nNé près de Saint-Omer le 17 octobre 1729, il fît ses premières études chez les\nJésuites de cette ville, étudia spécialement le violon et sentit naître sa vocation\nde compositeur en entendant ( 1754) la Serva Padrona de Pergolèse (opéra écrit\nen 1733 par le célèbre musicien napolitain). D'abord livré à lui-même et aussi\npeu pourvu que le Belge Grétry de connaissances théoriques, Monsigny, après\navoir été employé à la Chambre des Comptes du Clergé, à Paris, et nommé\nintendant de la maison du duc d'Orléans, n'apprit son métier qu'assez tard,\nsous la direction d'un Italien, Pietro Gianotti, alors contrebassiste à l'orchestre\nde l'Opéra, et disciple de Rameau pour l'enseignement.\nOn doit à Monsigny : les Aveux indiscrets, représentés en 1759 au théâtre de la\nfoire Saint-Laurent ; le Maître en droit, le Cadi dupé (1760), On ne s\" avise jamais\nde tout (1761), le Roi et le Fermier (1762), Aline, reine de Golconde (1766), Vile\nsonnante (1768), le Déserteur (1769), le Faucon (1772), la Belle Arsène (1773), le\nRendez-vous bien employé (1774), et Félix (1777), qui eut un très grand succès.\nA la mort de Piccini (7 mai 1800), il fut nommé Inspecteur des études au Con-\nservatoire, mais dut abandonner cette charge en 1802, à cause de l'insuffisance\nde son savoir technique. Il entra cependant à l'Académie en 1813, comme succes-\nseur de Grétry.\nMonsigny mérite l'attention de l'historien, non pas seulement à cause de sa\nfacilité mélodique assez remarquable, mais parce qu'il est un des créateurs de\nl'Opéra-Comique. L'Orage que nous publions plus loin est un des premiers du\ngenre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "606", "page_fin": "608", "image_debut": 18, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.6", "titre_corps": "Opéra-Comique: La Tosca.", "titre_sommaire": "Opéra-Comique: La Tosca.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "606", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.18", "debut_caractere": 2406, "fin_caractere_exclue": 2804, "texte": "Opéra-Comique: La Tosca.\n\nLa Tosca fait de belles recettes à l'Opéra-Comique, et s'annonce comme un grand succès.\n(Voir aux Informations). 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Mais essayer de traduire des scènes d'action exté-\nrieure, de terreur physique, c'est chose difficile, pour ne pas dire impossible.\nAussi,pour souligner musicalement des situations théâtrales dont le tort est de\nn'être pas préparées (puisque les cinq actes du drame ont été réduits à trois\ndans l'opéra), est-il obligé de suivre la voie que ses collaborateurs lui ont tracée :\nsa musique est, si j'ose m'exprimer ainsi,de la musique de tachiste ; elle procède\npar brusques oppositions brutales. Elle recourt aussi aux moyens faciles, tels que\nles accompagnements de harpe, les successions de quintes et de sixtes. Elle a des\nempâtements subits quand l'action se corse, elle présente ensuite des unissons\nd'orchestre qui sont vraiment, aujourd'hui, un peu élémentaires.\nLe public n'y regarde pas de si près; il se laisse séduire par la mélodie, il\naime la clarté et déteste tâtonner dans l'imprécis. Et voilà pourquoi la Tosca\nest accueillie par des acclamations, par des bis qui semblaient d'abord des pro-\ntestations contre les goûts de la minorité que nous sommes.\nJe vais essayer de donner une idée de cette partition qui fait à la fois du bruit\net de la besogne, puisque les contrastes en sont violents et qu'elle souligne, sans\nen rien oublier, les grands et les menus faits de l'action.\nIl n'y ani ouverture ni introduction. Le rideau se lève sur trois accords qui\npourraient presque être un leitmotiv ; mais M. Puccini ne s'encombre pas de\nmonnaie wagnérienne. Angelotti entre sur des mesures syncopées, haletantes,\nauxquelles succèdent d'alertes petites phrases qui accompagnent l'entrée du sa-\ncristain. Quelques accords sinistres, des nuages dans cette gaieté, font présager\nles cruautés de Scarpia. Puis c'est un tourbillon de valse chantée et dansée par\nles enfants de chœur et le sacristain pour fêter la défaite de Bonaparte. J'avoue\nne pas être sensible au rythme facile de cette valse qui ne risque pas de rendre\nRodolphe Berger jaloux.\n. L'entrée de la Tosca et son duo avec Cavarodossi sont soulignés par des harpes\net un carillon ; les cordes et les bois se fondent en un unisson : « Mais quels yeux\nvalent tes yeux»... De l'orchestre monte, tutti formidable où se superposent\ndes cloches, des chœurs, l'orgue, un Te Deum, le tout formant un finale qui a\nl'air de monter à l'assaut du succès. L'effet est gros, mais l'oreille souffre de si\nlourdes sonorités !\nLe deuxième acte, très sombre, débute par des chœurs chantés dans la\nlisse, et une gavotte modulée par la flûte. Des pizzicati de contre basses nous\nindiquent que si on est gai dans la coulisse, on va voir de terribles choses sur la\nscène. Tout à coup les cuivres sévissent pour marquer l'horreur du supplice de\nGavaradossi, tandis que la flûte persifleuse module la cruauté ironique du tor-\ntionnaire Scarpia. La Tosca suppliante chante une romance d'expression très\nitalienne : D'art et ci amour je vivais toute ; et, après le meurtre de Scarpia, un\nlong mélodrame accompagne la pantomime de la Tosca. Ce mélodrame évoque\névidemment le souvenir de ritournelles entendues à l'Ambigu : il en a la tenué\net il s'adapte tout à fait à la situation."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "608", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2820, "texte": "Au troisième acte il faut noter un joli tableau : appels de cloches qui lancent\nleurs sonorités sur Rome endormie ; une suite de quintes accompagnent en un\ndoux bruissement cet habile effet de matin que M. Puccini a du reste employé\navec succès déjà dans la Bohême. Puis quatre violoncelles divisés chantent\npendant la rêverie de Mario. Voici, en si mineur, une de ces phrases mélodi-\nques : (( O doux baisers, délicieuse ivresse », qui sont le frémissement de 1 âme\nitalienne, plus même, de l'âme napolitaine. Le public bisse ces romances, et la\nphrase que chante le ténor en écrivant une lettre à la Tosca semble destinée à\nfaire le tour des ateliers où travailleront des âmes sentimentales.\nTandis que la Tosca et le peintre espèrent la liberté prochaine, un duo s'es-\nquisse sur des accords arpégés à trois temps : (( C'est pour toi que la mort m'était\ntriste », qui est long et finit mal, en un unisson sans accompagnement. Enfin la\nfusillade qui tue Mario détermine une rapide marche funèbre, et le rideau baisse.\nUne telle partition suit toutes les péripéties, toutes les phases du drame. Mais,\nà force de vouloir ainsi tout noter, elle devient touffue. Elle a un mouvement\nintense qui donne à la musique de M. Puccini comme le tremblotement d'un\ncinématographe.\nL'orchestration en est brillante. D'aucuns préféreront à cette Tosca si ouvragée\nla grâce naïve, l'ingénuité chantante de la Vie de Bohême ; ils n'auront peut-être\npas tort.\nL'interprétation n'a pas nui à l'œuvre; au contraire. Il est difficile de rêver une\nTosca plus dramatique, plus expressive que Mlle Claire Friché; la voix ade la\nchaleur, avec des caresses exquises et aussi des sonorités superbes dans le haut.\nM. Beyle (Cavaradossi) conduit avec goût sa jolie voix de ténor; il a joué\net chanté avec chaleur et émotion. M. Dufrane (Scarpia) joue ce personnage\nodieux avec la froideur voulue ; il l'a créé avec son organe de baryton si bien\ntimbré. M. Huberdeau est un Angelotti d'une effrayante conscience,et M. Delvoye\nun sacristain d'une gaieté fort avenante.\nUne mention spéciale est due aux décors de M. Jusseaume ; celui du dernier\nacte, notamment,la plate-forme du château Saint-Ange,avec,dans le fond, Sain-\nt qui graduellement sort de sa ouate de brume aux rayons du soleil levant,\nest tout à fait délicieux en sa tonalité d'abord cendrée, livide, puis rose, dorée...\nM. Albert Carré n'a rien négligé pour faire réussir la Tosca auprès du public ;\nles musiciens de toutes les écoles lui doivent de la reconnaissance pour la foi\nardente et convaincue avec laquelle il monte leurs œuvres. A l'Opéra-Comique\non pourra regarder la Tosca, alors même qu'on se lasserait d'en entendre la mu-\nsique ; encore faudra-t-il en écouter les chanteurs, qui méritent une bonne part\ndans les applaudissements du public.\n\nLOUIS SCHNEIDER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "606", "page_fin": "608", "image_debut": 18, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.6.1", "titre_corps": "La Tosca fait de belles recettes à l'Opéra-Comique, et s'annonce comme un grand succès.", "titre_sommaire": "La Tosca fait de belles recettes à l'Opéra-Comique, et s'annonce comme un grand succès.", "signature_source": "LOUIS SCHNEIDER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "606", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.18", "debut_caractere": 2432, "fin_caractere_exclue": 2804, "texte": "La Tosca fait de belles recettes à l'Opéra-Comique, et s'annonce comme un grand succès.\n(Voir aux Informations). 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C'est justice. Personne n'a plus de droits à\nêtre célébré dans notre art que le précurseur de Wagner, de Liszt et de Ri-\nchard Strauss. Et personne n'a plus de droits à le célébrer que M. Colonne, qui\na été depuis trente ans son infatigable champion, et grâce à qui l'auteur de\nla Da mnation de Faust ouit à présent, à Paris, clune étonnante popularité.-^-\n\nConcerts Colonne."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "609", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3516, "texte": "La Symphonie fantastique, qui était au programme du premier concert, est chère\naux musiciens allemands contemporains, parce qu'ils y voient sans doute le pre-\nmier exemple éclatant du genre qui fleurit maintenant chez eux :la symphonie\ndescriptive. Cette œuvre romantique, très inférieure, à mon sens, àsa célébrité,\ntrès inférieure surtout aux œuvres suivantes de Berlioz (sauf 1 ennuyeux Harold,\net Lélio, dont je ne parle pas), vaut principalement par la scène aux champs, pres-\nque digne de Beethoven, et par la scène finale, d'une énorme fantaisie burlesque\net macabre. L'exécution, un peu lourde, manquait de la verve diabolique qui\nconvient. Mais c'est qu'il est bien difficile pour ne pas dire impossible —de\nse remettre aujourd'hui dans l'état d'esprit anormal, et plus factice encore que\nmorbide, où l'oeuvre fut conçue. Le romantisme est mort, quoi qu'on fasse. Il\nn'en surnage plus que les œuvres, ou les fragments d'oeuvres, qui avaient une\nvaleur de sincérité profonde. Je doute que la Symphonie fantastique ait jamais\nété de celles-là. L'éclat deson style l'empêche toutefois de disparaître ; mais c'est\nune forme vide : l'âme n'y est plus.\nTrois jeunes artistes des concerts Colonne, premiers prix du Conservatoire\nen 1903, Mlle Jeanne Réol, MM. Ch. Arthur et A. Tourret, ont joué fortbrillam-\nment le Concerto ensof pour trois violons, de J.-S. Bach. Il est regrettable que la\npartie d'accompagnement, écrite originairement pour trois violoncelles et cem-\nbalo, ait été alourdie par l'arrangement pour orchestre.\nLa Symphonie avec chœurs a été assez bien jouée, et assez bien chantée par\nMM. Daraux, Dantu, Mlles de Nocé et Deville. Je reproche surtout à l'exécution\nde manquer de rythme et d'unité, d'être trop morcelée. Ce qui est chez Beetho-\nven le développement continu d'une pensée intérieure devient une suite d'effets\npurement extérieurs, d'oppositions de timbres, d'ombres et de lumières. Les\ntransitions entre les diverses parties de Y adagio ne sont pas assez délicates et\nmystérieuses. La fin pèche par l'insuffisance des masses chorales. Ils sont là 80\nou 100, qui chantent comme 4(4 qui ne chanteraient pas bien). Mais il faut se\nrésigner, et attendre sans doute, pour avoir des chœurs, le résultat des eflorts\nque l'on tente aujourd'hui pour former, dès l'école, une génération musicale qui\nsache enfin chanter. Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser de la traduc-\ntion de l'ode de Schiller par M. Boutarel. Elle n'a aucune exactitude, et elle n'est\npas française.\n\nROMAIN ROLLAND.\n\nDimanche 25 octobre.— L'impétueuse ouverture du Carnaval Romain de Berlioz\nest exécutée avec beaucoup de verve. Chaque fois que je l'entends, elle renou-\nvelle mon regret qu'aucun théâtre français ne songe à monter Benvenuto Cellini.\nUne œuvre si jeune, si ardente, si débordante de vie, de mouvement et d'esprit !\nDifficile à mettre en scène, sans aucun doute; mais cette difficulté même n'est-\nelle donc pas tentante pour un directeur artiste? Bien monté, l'acte du Carnaval\npourrait rivaliser d'effet avec les scènes de foule des Maîtres Chanteurs. Et\nmalgré quelques taches de mauvais goût, la partition renferme certaines des plus\npures inspirations de Berlioz. Pourquoi du moins les concerts n'en donnent-ils\npas des fragments plus importants : l'acte de la fonte, par exemple, avec l'admi-\nrable bouillonnement de 1 orchestre ?\nPelléas et Mélisande, suite d'orchestre de M. Fauré, est une tapisserie pâle,\npâle—on la voit à peine. Point désagréable, mais un peu indifférente."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "610", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "La guerre des concertos a recommencé. Une œuvre de M. Massenet en fut la\ncause. Pour cette fois, les concertophobes ont été écrasés. Non par la supériorité\nde l'œuvre, assurément. 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Mais il ne faudrait pas renouveler trop souvent\nde semblables épreuves, et l'année promet d'être chaude pour les concertos.\n\nROMAIN ROLLAND."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "608", "page_fin": "609", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.7.1", "titre_corps": "— Dimanche 18 octobre. — A l'occasion du", "titre_sommaire": "— Dimanche 18 octobre. — A l'occasion du", "signature_source": "ROMAIN ROLLAND", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "608", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.20", "debut_caractere": 2822, "fin_caractere_exclue": 3343, "texte": "— Dimanche 18 octobre. — A l'occasion du cente-\nnaire de Berlioz, les concerts du Châtelet nous promettent, pour cette saison, le\ncycle presque entier de son œuvre. C'est justice. Personne n'a plus de droits à\nêtre célébré dans notre art que le précurseur de Wagner, de Liszt et de Ri-\nchard Strauss. Et personne n'a plus de droits à le célébrer que M. Colonne, qui\na été depuis trente ans son infatigable champion, et grâce à qui l'auteur de\nla Da mnation de Faust ouit à présent, à Paris, clune étonnante popularité.-^-"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "609", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "La Symphonie fantastique, qui était au programme du premier concert, est chère\naux musiciens allemands contemporains, parce qu'ils y voient sans doute le pre-\nmier exemple éclatant du genre qui fleurit maintenant chez eux :la symphonie\ndescriptive. Cette œuvre romantique, très inférieure, à mon sens, àsa célébrité,\ntrès inférieure surtout aux œuvres suivantes de Berlioz (sauf 1 ennuyeux Harold,\net Lélio, dont je ne parle pas), vaut principalement par la scène aux champs, pres-\nque digne de Beethoven, et par la scène finale, d'une énorme fantaisie burlesque\net macabre. L'exécution, un peu lourde, manquait de la verve diabolique qui\nconvient. Mais c'est qu'il est bien difficile pour ne pas dire impossible —de\nse remettre aujourd'hui dans l'état d'esprit anormal, et plus factice encore que\nmorbide, où l'oeuvre fut conçue. Le romantisme est mort, quoi qu'on fasse. Il\nn'en surnage plus que les œuvres, ou les fragments d'oeuvres, qui avaient une\nvaleur de sincérité profonde. Je doute que la Symphonie fantastique ait jamais\nété de celles-là. L'éclat deson style l'empêche toutefois de disparaître ; mais c'est\nune forme vide : l'âme n'y est plus.\nTrois jeunes artistes des concerts Colonne, premiers prix du Conservatoire\nen 1903, Mlle Jeanne Réol, MM. Ch. Arthur et A. Tourret, ont joué fortbrillam-\nment le Concerto ensof pour trois violons, de J.-S. Bach. Il est regrettable que la\npartie d'accompagnement, écrite originairement pour trois violoncelles et cem-\nbalo, ait été alourdie par l'arrangement pour orchestre.\nLa Symphonie avec chœurs a été assez bien jouée, et assez bien chantée par\nMM. Daraux, Dantu, Mlles de Nocé et Deville. Je reproche surtout à l'exécution\nde manquer de rythme et d'unité, d'être trop morcelée. Ce qui est chez Beetho-\nven le développement continu d'une pensée intérieure devient une suite d'effets\npurement extérieurs, d'oppositions de timbres, d'ombres et de lumières. Les\ntransitions entre les diverses parties de Y adagio ne sont pas assez délicates et\nmystérieuses. La fin pèche par l'insuffisance des masses chorales. Ils sont là 80\nou 100, qui chantent comme 4(4 qui ne chanteraient pas bien). Mais il faut se\nrésigner, et attendre sans doute, pour avoir des chœurs, le résultat des eflorts\nque l'on tente aujourd'hui pour former, dès l'école, une génération musicale qui\nsache enfin chanter. Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser de la traduc-\ntion de l'ode de Schiller par M. Boutarel. Elle n'a aucune exactitude, et elle n'est\npas française.\n\nROMAIN ROLLAND."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "609", "page_fin": "610", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.7.2", "titre_corps": "Dimanche 25 octobre.— L'impétueuse ouverture du Carnaval Romain de Berlioz", "titre_sommaire": "Dimanche 25 octobre.— L'impétueuse ouverture du Carnaval Romain de Berlioz", "signature_source": "ROMAIN ROLLAND", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "609", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.21", "debut_caractere": 2534, "fin_caractere_exclue": 3516, "texte": "Dimanche 25 octobre.— L'impétueuse ouverture du Carnaval Romain de Berlioz\nest exécutée avec beaucoup de verve. Chaque fois que je l'entends, elle renou-\nvelle mon regret qu'aucun théâtre français ne songe à monter Benvenuto Cellini.\nUne œuvre si jeune, si ardente, si débordante de vie, de mouvement et d'esprit !\nDifficile à mettre en scène, sans aucun doute; mais cette difficulté même n'est-\nelle donc pas tentante pour un directeur artiste? Bien monté, l'acte du Carnaval\npourrait rivaliser d'effet avec les scènes de foule des Maîtres Chanteurs. Et\nmalgré quelques taches de mauvais goût, la partition renferme certaines des plus\npures inspirations de Berlioz. Pourquoi du moins les concerts n'en donnent-ils\npas des fragments plus importants : l'acte de la fonte, par exemple, avec l'admi-\nrable bouillonnement de 1 orchestre ?\nPelléas et Mélisande, suite d'orchestre de M. Fauré, est une tapisserie pâle,\npâle—on la voit à peine. Point désagréable, mais un peu indifférente."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "610", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "La guerre des concertos a recommencé. Une œuvre de M. Massenet en fut la\ncause. Pour cette fois, les concertophobes ont été écrasés. Non par la supériorité\nde l'œuvre, assurément. Elle est fort appliquée, et s'efforce presque à paraître\nclassique ; mais elle est bien vulgaire et surtout inutile. Heureusement pour elle,\nelle était parfaitement jouée par M. Diémer ; et comment oserait-on faire de la\npeine à cet excellent artiste ? Mais il ne faudrait pas renouveler trop souvent\nde semblables épreuves, et l'année promet d'être chaude pour les concertos.\n\nROMAIN ROLLAND."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "610", "page_fin": "610", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.8", "titre_corps": "Concerts Lamoureux.", "titre_sommaire": "Concerts Lamoureux.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "610", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.22", "debut_caractere": 589, "fin_caractere_exclue": 3049, "texte": "Concerts Lamoureux.\n\nC.\nDimanche 18 octobre. — M. Chevillard, qui\nrevient des fêtes de Berlin, organisées (ou désorganisées) en l'honneur de\nR. Wagner, a reçu le meilleur accueil de la part de son habituel public.Il a dirigé\npar cœur, avec une admirable sûreté de mémoire et de goût, la brillante\nouverture de Benvenuto Celiini et la Jeunesse d'Hercule, qui a obtenu, comme lui-\nmême, un très vif succès. M. A. Bruneau disait récemment que R. Wagner\nn'était plus, chez nous, le dieu du jour. Je crois, en effet, que sa conception du\nthéâtre n'est plus celle que suivent ou imitent quelques-uns de nos compositeurs\navancés, et que son style — d'ailleurs foncièrement classique — a été très\ndépassé à certains égards. On n'aurait pas cru, néanmoins, à un déclin de sa\nvogue, en voyant le grand nombre d'auditeurs et d'auditrices très élégantes\nqui remplissaient une salle trop étroite pour entendre le 3e acte du Crépuscule\ndes Dieux. Cet acte est d'ailleurs une merveille ; l'introduction descriptive (ruis-\nsellement du Rhin), le joli trio des nageuses et bétonnante marche funèbre\nl'imposent à l'admiration de tous. Quelle puissance et quelle couleur dans l'in-\nstrumentation de Wagner ! Son orchestre est plein sans surcharge, fort avec\naisance, prodigieusement mélodique, jamais brutal et dissonant de parti pris,\nrespectueux de la grammaire musicale, juste, discret dans la couleur, vivant\net léger; l'air et la lumière y circulent incessamment ; la dépense de force y\nest toujours réglée par l'idée à exprimer. — Les musiciens de M. Chevillard\nont été excellents, comme de coutume, sauf quelques défaillances peu impor-\ntantes. Dans la Jeunesse d'Hercule, quelques attaques ont manqué d'ensemble;\nainsi on a entendu, à deux reprises :\net, au début du Crépuscule, le corniste a manqué son si bémol :\nMais ce so,nt là de très légères fautes, rarement inévitables. —M. VanDyck a\nobtenu un très vif succès, bien que sa voix ait l'éclat clu soleil couchant plutôt\nque la fraîcheur du soleil levant.\n\nConcert du dimanche 25 octobre. • La symphonie en ré mineur\nde M. Witkowski (entendue pour la première fois en 1900 à la Société nationale)\nest une œuvre considérable où tout est digne d'estime, mais un peu diffuse et\nobscure, parfois agressive, et où l'émotion vraie est peu apparente, à travers les\nrecherches du style. On lui a fait un accueil assez bon.\nMme Kaschowska, qui soutenait le rôle difficile cle Brûnnhild, s'en est tirée avec\ntalent et autorité."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "610", "page_fin": "610", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.8.1", "titre_corps": "Dimanche 18 octobre. — M. Chevillard, qui", "titre_sommaire": "Dimanche 18 octobre. — M. 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HENRY ROUJON.\nJ. C.\n—• M. Henry Roujon va quitter dans quelques semaines la\ndirection des Beaux-Arts, et nous saisissons cette occasion de rendre hommage\nà l'éminent administrateur qui fut toujours pour nous et qui restera, nous l'es-\npérons bien ! un ami. Le jour où M. Roujon consentit à laisser poser ca can-\ndidature à l'Académie des Beaux-Arts, pour la succession de notre excellent et\nregretté ami Gustave Larroumet, il fut certain qu'on allait le perdre comme\ndirecteur ; et les faits n'ont pas démenti cette conviction : c'est ainsi que\nl'lnstitut vient de le désigner pour les fonctions de Secrétaire perpétuel. Doué\nd'une très vive intelligence, fort érudit dans la plupart des questions d'art,\nconnaissant parfaitement les artistes de son temps, excellent diplomate à\nl'occasion, plein de verve française, homme de cœur et d'esprit, de relations\ntoujours charmantes, M. Roujon s'est acquitté avec une supériorité réelle,\ndurant douze années environ, de fonctions particulièrement délicates. Il reçoit\naujourd'hui une haute récompense de son mérite, et nous l'en félicitons bien\nsincèrement, heureux de voir les honneurs aller à ceux qui les méritent.\n\nOn a prononcé, dans quelques milieux officiels, le nom de ceux qui ont fait\nacte de candidat pour succéder à M. Roujon : M. Sainsère, ancien chef de cabinet\nde M. Barthou, aujourd'hui au Conseil d'Etat (section des Travaux publics) ;\nM. Marcel, également du Conseil d'Etat (section des Finances); M. Couyba,\ndéputé, ancien rapporteur du budget des Beaux-Arts ; M. Pol Neveu, ancien atta-\nché au cabinet de M. Georges Leygues, aujourd'hui inspecteur général des Biblio-\nthèques... On nous affirme que M. Chaumié, ministre de l'lnstruction publique,\na l'intention de ne nommer le successeur de M. Roujon que quand la pension de\nretraite de ce dernier sera liquidée ; mais, dès maintenant, le choix du gouverne-\nment paraît arrêté; nous ne voulons pas avoir l'indiscrétion de le publier...\nM. Jules Combarieu, docteur ès lettres, membre du Conseil supérieur des\nBeaux-Arts, inspecteur de l'Académie de Paris et directeur de la Revue musicale,\nvient d être chargé d'inspecter les lycées de Paris au point de vue de l'enseigne-\nment de la musique. Au ministère de l'lnstruction publique, on est décidé à\n(( faire quelque chose )) pour l'enseignement du chant, et il en est grand temps.\nConseil supérieur dé Enseignement du Conservatoire national. Le Conseil\nsupérieur d'Enseignement du Conservatoire (section des études musicales) a été\nconvoqué le vendredi 30 octobre, à 5 heures, à la Direction des Beaux-Arts.\nL'ordre du jour pour la séance était ainsi fixé :\ni° Formation d'une liste de candidats pour l'emploi de professeur de chant, en\nremplacement de M. Crosti, atteint par la limite d'âge;\n20 Délibération sur les propositions du directeur du Conservatoire relatives\naux classes d'harmonie, fugue et solfège.\nSur les fonds d'un crédit spécial, le Conservatoire vient d'acquérir deux\nharpes chromatiques (système Lyon) destinées à la classe récemment créée pour\ncet instrument.\nM. le ministre de l'lnstruction publique vient d'accorder un hautbois (système\nGillet) aux succursales du Conservatoire de musique à Nantes et à Perpignan\nainsi qu'à l'Ecole nationale de musique de Bayonne.\nUne concession d'ouvrages a été accordée, sur les fonds de la Direction des\nBeaux-Arts, aux Ecoles de musique çi-après désignées •"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "612", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2023, "texte": "Aix : 20 exemplaires des petits solfèges harmoniques, en 3 volumes, de\nE. Batiste;\nAbbeville : 15 exemplaires du livre n° 1, 10 exemplaires du livre n° 2,\n10 exemplaires du livre n° 3 des solfèges de Batiste;\nCaen : Grande méthode de cornet à pistons d'Arban.\n\nCONCOURS CRUSSENT. Conformément au programme inséré au Journal\nofficiel clu 5 septembre 1902 et suivant les généreuses intentions de M. A. (Pres-\nsent qui a légué une rente annuelle de 65.000 fr. pour la fondation dun concours\ntriennal d'opéra comique, le 12e concours préalable de poèmes a été ouvert le\nler septembre 1902 pour être clos le 25 juillet 1903.\nM. le ministre vient de désigner un jury formé de 6 compositeurs et 3 littéra-\nteurs qui doit procéder à l'examen et au classement des manuscrits déposés à cet\neffet à la Direction des Beaux-Arts (Bureau des Théâtres).\n\nROUBAIX. Par arrêté préfectoral en date du 10 octobre 1903, M. Duhamel\n(Albert), ancien élève du Conservatoire national, est nommé professeur de violon\net d'alto à l'Ecole de musique succursale du Conservatoire national à Roubaix,\nen remplacement de M. Turbelin, décédé.\nPar arrêté préfectoral en date du 15 octobre 1903, M. Sablaton (Alphonse)\na été nommé professeur de violon (cours élémentaire) à l'Ecole nationale de mu-\nsique au Mans, en remplacement de M. Jacque, décédé.\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à l'Ecole de musique clas-\nsique de Boulogne-sur-Seine a été accordée au jeune Delhorme (Georges), à\nParis, par arrêté de M. le ministre des Beaux-Arts en date du 21 courant.\n\nCONSERVATOIRE. Ont été admis définitivement :\nMlles Barelly, Baryac, Baron, Bing, Blanc, Bogros, Corlis, Coulon, de Fel-\nberg, Guerras, Lantelme, Lekuyer, Laure Lucas, Montavon, Peters, Jeanne\nUgalde. MM. Bourdes, Duvernay, Grésiliat, Hervé, Lauzertes, Léguillard, de\nBelleville. Lery, Pallan-Roy.\n\n- LE BAROMÈTRE MUSICAL: I. Opéra.\nChiffre global des recettes en août: 216.313 fr. 99. En septembre: 226.164 fr. 08.\nRecettes détaillées du 20 septembre au 20 octobre 1903."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "613", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nChiffre global des recettes pendant le mois de septembre: 171.833 fr. 50.\nRecettes détaillées du 20 septembre au 20 octobre.\nMAX SCHÖNE.\nEn lisant ces tableaux (que je publierai ici régulièrement), le lecteur voudra\nbien se rappeler que le samedi à l'Opéra, et le lundi à l'Opéra-Comique, le tarif\ndes places est réduit.\n\nECOLE DE MUSIQUE DU MANS.\n\n— L'emploi de professeur de violoncelle est\nactuellement vacant à l'École nationale de musique du Mans. Les demandes\nd'admission sont immédiatement reçues, soit au secrétariat de la mairie du\nMans, soit chez M. Léon Guyon, secrétaire de l'École de musique, 15, rue\ndes Chanoines, le Mans (Sarthe). L'examen d'admission aura lieu le samedi\n28 novembre 1903, au siège de 1 École nationale de musique, 54, Grande-Rue, le\nMans. Les appointements alloués au professeur seront de 800 francs par an. En\noutre, la place de violoncelle solo au théâtre du Mans lui sera réservée."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "614", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3113, "texte": "LA MUSIQUE A ROUEN ET A ANGERS. —Voici les premières représentations qui\nont été données à Rouen depuis 1896 (1) :\nLa Mégère apprivoisée, comédie lyrique de Le Rey (1896) ;\nSuzon, comédie lyrique de J. Mulder; Gaëtana, comédie lyrique de Ed. Kann ;\nBaïka, ballet de Dardillac ; Siva, drame lyrique de Léon Honnoré, couronné au\nconcours Cressent (1898) ; •\nThi-Theu, opéra de F. Le Rey (1899) ;\nLe Menuet de Vlnfante, ballet de Léon Gastinel ; Siegfried {ire représentation\nen de R. Wagner ; Moïna, d'lsidore de Lara (1900) ;\nMessaline, drame lyrique d'lsidore de Lara ; les Guelfes, opéra posthume de\nBenjamin Godard ; Conte de mai, ballet de Gaston Paulin (1901) ;\nL'ldole aux yeux verts, ballet de F. Le Borne ; Fiamma, ballet de Bouriello-\nGigliano (1902) ;\nLa Fiancée de la mer, drame lyrique de Jean Blockx (1903).\nAu théâtre n'est pas concentrée toute l'activité musicale de Rouen. Il faut citer\nle Cercle philharmonique, dont les concerts sont très appréciés ; la Société chorale\nà voix mixtes, composée d'amateurs et de gens du monde, qui a été fondée l'an\ndernier par M. Albert Dupré, et qui s'est signalée par l'exécution du Messie de\nHasndel ; le Cercle Boïeldieu (musique orphéonique), dirigé aujourd'hui par\nM. Duvauchelle ; la Musique municipale, société instrumentale dirigée par\nM. A. Guillaume (105 exécutants) ; enfin Y Ecole nationale de musique, dirigée\npar M. Jules Cariez.\n(I) JULES CARLEZ, Rapport sur le mouvement musical (Caen, 1903, 3e session des « Assises ar-\ntistiques » fondées par Arcisse de Caumont).\n\nG. R.\n\n— ANGERS a un grand théâtre (80.000 fr. de subvention accordés par la ville)\net de nombreuses Sociétés : Y Association artistique (fondée en 1877 par MM Jules\nBordier, Alfred Michel, Louis de Romain), qui tient la tête du mouvement, et a\ndonné son 500e Concert en mars 1902 ; la Chorale Sainte-Cécile (80 chanteurs),\ndirigée par M. Fichet ; la Musique municipale (50 exécutants), et plusieurs fan-\nfares. Ces différentes Sociétés se sont formées en grande partie à l'Ecole muni-\ncipale de musique, dirigée aujourd hui par M. Maurice Mangeon. Cette école\ncomptait, l'an dernier, 380 élèves.\n\nMONTPELLIER.\nM.\n— Nous recevons le tableau de la troupe du grand théâtre cle\nMontpellier (direction André Tapponnier) avec le (( Répertoire général des six\npremiers mois )) ; dans ce dernier document, on trouve mentionnés des opéras\ncomiques qu'on a bien rarement l'occasion d'entendre à Paris : Haydée (texte de\nScribe, musique d'Auber, 1847), le Pardon de Ploërmel (Barbier et Meyerbeer,\n1859), Si j'étais Roi (Adam, 1852), la Fille du Régiment (Donizetti. 1840), Philé-\nmon et Baucis (Gounod, 1860); la Favorite (Donizetti, 1840), Hamlet (A.Tho-\nmas, 1868), le Songe d'une nuit d'été (Donizetti, 1850), le Caïd (Donizetti,\n1849), Lucie (Donizetti, 1835), Ls Mousquetaires de la Reine (Halévy, 1846)\n\nLA MUSIQUE A BRUXELLES.\n— Le théâtre de la Monnaie, tenant les promesses\nqu'il avait faites depuis longtemps, annonce qu'il prépare activement les deux\nnouveautés : Sapho et le Roi Arthus.\nCette dernière œuvre, opéra posthume de Ern. Chausson, qui promet d'être un"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "615", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3228, "texte": "véritable régal d'art, a été l'objet de soins tout particuliers, tant pour la mise\nen scène qu'au point de vue musical. Les décors sont conçus dans un grand souci\nd'art et de vérité ; quant aux costumes, il suffit de dire qu'ils sont dessinés par\nle peintre Khnoppf. En nous gâtant ainsi, la direction ne fait cependant que nous\nrécompenser de plusieurs années d'attente patiente ; enfin, triomphant d'im-\nmenses difficultés d'exécution, elle a promis l'audition de cette œuvre pour le\nmois de novembre.\nEn attendant, la série des reprises suit son cours avec calme. Les antiques\nProphète, Aïda, Rigoletto se succèdent sur l'affiche, alternant avec Lakmé,\nManon, le Barbier de Séville, etc.\nLe Prophète nous a permis de connaître le talent de notre nouveau contralto\nMme Gerville-Réache. Cette nouvelle pensionnaire de notre opéra possède une\nvoix chaude, de ressources immenses, jointe à une compréhension intelligente\net sûre. Elle a donné du rôle de Fidès une interprétation admirable. M. Dalmorés,\nen progrès, s'est fait applaudir dans le rôle de Jean de Leyde, et à ses côtés\nMM. Vallier, d'Assy, Forgeur ont vaillamment sontenu leurs rôles.\nLa reprise de Faust a fait moins bonne impression. Mlle Paquot (Marguerite\naprès Ortrude !), dénaturant le caractère du rôle, a composé une Gretchen un peu\ntrop méridionale, et bien loin de la petite Allemande tendre et rêveusement\npassionnée qu'ont imaginée les auteurs. M. P. d'Assy a fait sonner son superbe\norgane dans Méphisto ; très bons aussi M. Dalmarès (Faust) et M. Decléry\n(Valentin).\nAida, interprété par M. Imbart, toujours excellent, Mlle Strakosch, M. Declery,\nd'Assy, etc... Chœurs, ensembles remarquablement exécutés sous la direction\nde M. Dupuis.\nReprises du Barbier de Séville, de Lafcmé, Manon, etc... Dans l'opéra de Mas-\nsenet l'on a entendu Mme Bréjean-Silver, adorable miniature XVIIIC siècle. Le\npublic a rêvé d'une exquise figurine de Saxe qui s'animerait et chanterait divi-\nnement.\nLe nouveau ténor léger, M. Delmas, chantait un peu au-dessous de la note,\npar suite des fatigues, dit-on, de sa saison précédente ; mais aujourd'hui il s'est\nremis et a reconquis la faveur du public.\nEnfin Samson et Dalila, le 17 octobre, a confirmé la supériorité de la direction\nmusicale de M. Sylvain Dupuis. Les sonorités instrumentales sont admirable-\nment mises en lumière, et pourtant fondues avec art, les chœurs et les ensembles\nmis au point avec soin. Cette supériorité musicale restera comme la caractéris-\ntique de la saison.\nL'interprétation vocale, surtout quant à Mme Gerville-Réache, était àla hauteur\nde l'interprétation orchestrale. Tour à tour douce et farouche, toujours passionnée,\nnotre contralto a tenu son rôle avec une autorité superbe. M. Albers lui donnait\nmagistralement la réplique en grand prêtre, et M. Dalmorès a vaillamment chanté\nSamson.\nLe succès remporté dans cette pièce par Mme Gerville-Réache, surtout après\nl'éclatante interprétation qu'en avait donnée il y a quelques années Mme Armand,\nnous fait bien augurer d'Orphée, dont la reprise est annoncée par la direction.\nLe premier grand prix de Rome vient d'être accordé à M. Albert Dupuis,\nde Yerviers, auteur de Jean Michel, représenté l'année dernière à la Monnaie."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "616", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3043, "texte": "M. Albert Dupuis fit partie pendant quelque temps de la Schola Cantorum de\nM.Vincent d Indy à Paris.Le second grand prix a été obtenu parM. Delune, et le\n2e second prix par M. Radouy, Le texte de la cantate était écrit par M. L. Salvay\net portait pour titre : la Chanson d'Halewijn.\nLa somme allouée au grand prix de Rome est de 16.000 francs, répartis en\n4 bourses de voyage de 4.000 francs chacune.\nLes Concerts populaires annoncent leur prochaine réouverture ; une de leurs\nséances sera consacrée à Berlioz.\nLes Concerts Isaye recommenceront également en novembre ; on y entendra,\nentre autres artistes, M. Raoul Pugno et M. Gérardy.\n\n—La Nouvelle Société Philharmonique de Paris, qui vient de s'assurer le con-\ncours des plus célèbres quatuors et trios, et celui des meilleurs solistes de l'Eu-\nrope, commencera la série de ses concerts le 10 novembre. Prix de l'abonne-\nment : ioo francs (fauteuil), 75 francs (chaise) et 40 francs (ire galerie) pour 15\nconcerts.\nL'Annuaire des Artistes (18e année), 167, rue Montmartre, Paris, pré-\npare sa prochaine édition.\nLes artistes, professeurs, Sociétés musicales, etc., sont priés d'adresser leurs\nnoms, adresses ou modifications les concernant qui seront insérés gratuitement.\nMoyennant l'envoi de 5 francs, tout souscripteur recevra franco VAnnuaire\nrichement relié, contenant 1500 pages et 500 gravures.\nPassé ce délai, le prix de Y Annuaire est de 8 francs franco ; nous rappelons aux\nlecteurs que le service des souscripteurs est seul garanti.\n—La Revue musicale (51, rue de Paradis) tient àla disposition de ses lecteurs\nl'important ouvrage suivant, d'une valeur et d'un intérêt uniques :\nCongrès international d Histoire de la Musique tenu à Paris à la\nbibliothèque de l'Opéra, du 23 au 29 juillet 1900: Documents, Mémoires lus au\nCongrès, Vœux, etc. Fort et beau volume imprimé par les Bénédictins, à Soles-\nmes, et qui, avec un très grand nombre de planches relatives à l'histoire de\nla musique et delà notation, contient les mémoires suivants :\n10 [Musique grecque) : mémoires de MM. E. Ruelle, E. Poirée, Th. Reinach,\nL. Laloy, J. Tiersot, Mgr B. Grassi-Landi ;\n20[Musique byzantine ): mémoires du R. P. Thibaut, de dom Hugues Gaïsser;\n30 (Musique du moyen âge) : mémoires de MM. G. Houdard, dom H. Gaïsser,\nMgr B. Grassi-Landi, Liborio Sacchetti, Pierre Aubry, Michel Brenet ;\n40 (Musique moderne) : mémoires de MM. Camille Saint-Saëns Bourgault-\nDucoudray, Meerens, Ilmari Krohn, G. Humbert, Aclolf Lindgren, J. Carillo,\nChilesotti, Shedlock, R. Rolland, J. Combarieu, Mlle Parent, etc., etc.\nPrix de l'ouvrage (port compris) : 10 fr. Ou lieu de 15), aux bureaux de la\nRevue musicale.\n\nANVERS.\nÉDOUARD VARLEZ.\nAu Théâtre lyrique Flamand a eu lieu la création de Princess\nZonneschijn (princesse rayon de soleil), opéra de M. Paul Gilson, le talentueux,\nmais trop modeste compositeur de Frcincesca di Rimini, de la Mer, etc. Grand\nsuccès pour l'auteur et pour les interprètes, parmi lesquels il faut citer en pre-\nmière ligne M. Laurent SAVOFS jouant le rôle du prince."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "611", "page_fin": "611", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.1", "titre_corps": "M. HENRY ROUJON.", "titre_sommaire": "M. HENRY ROUJON.", "signature_source": "J. 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Doué\nd'une très vive intelligence, fort érudit dans la plupart des questions d'art,\nconnaissant parfaitement les artistes de son temps, excellent diplomate à\nl'occasion, plein de verve française, homme de cœur et d'esprit, de relations\ntoujours charmantes, M. Roujon s'est acquitté avec une supériorité réelle,\ndurant douze années environ, de fonctions particulièrement délicates. Il reçoit\naujourd'hui une haute récompense de son mérite, et nous l'en félicitons bien\nsincèrement, heureux de voir les honneurs aller à ceux qui les méritent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "611", "page_fin": "612", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.2", "titre_corps": "On a prononcé, dans quelques milieux officiels, le nom de ceux qui ont fait", "titre_sommaire": "On a prononcé, dans quelques milieux officiels, le nom de ceux qui ont fait", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "611", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.23", "debut_caractere": 1214, "fin_caractere_exclue": 3431, "texte": "On a prononcé, dans quelques milieux officiels, le nom de ceux qui ont fait\nacte de candidat pour succéder à M. Roujon : M. Sainsère, ancien chef de cabinet\nde M. Barthou, aujourd'hui au Conseil d'Etat (section des Travaux publics) ;\nM. Marcel, également du Conseil d'Etat (section des Finances); M. Couyba,\ndéputé, ancien rapporteur du budget des Beaux-Arts ; M. Pol Neveu, ancien atta-\nché au cabinet de M. Georges Leygues, aujourd'hui inspecteur général des Biblio-\nthèques... On nous affirme que M. Chaumié, ministre de l'lnstruction publique,\na l'intention de ne nommer le successeur de M. Roujon que quand la pension de\nretraite de ce dernier sera liquidée ; mais, dès maintenant, le choix du gouverne-\nment paraît arrêté; nous ne voulons pas avoir l'indiscrétion de le publier...\nM. Jules Combarieu, docteur ès lettres, membre du Conseil supérieur des\nBeaux-Arts, inspecteur de l'Académie de Paris et directeur de la Revue musicale,\nvient d être chargé d'inspecter les lycées de Paris au point de vue de l'enseigne-\nment de la musique. Au ministère de l'lnstruction publique, on est décidé à\n(( faire quelque chose )) pour l'enseignement du chant, et il en est grand temps.\nConseil supérieur dé Enseignement du Conservatoire national. Le Conseil\nsupérieur d'Enseignement du Conservatoire (section des études musicales) a été\nconvoqué le vendredi 30 octobre, à 5 heures, à la Direction des Beaux-Arts.\nL'ordre du jour pour la séance était ainsi fixé :\ni° Formation d'une liste de candidats pour l'emploi de professeur de chant, en\nremplacement de M. Crosti, atteint par la limite d'âge;\n20 Délibération sur les propositions du directeur du Conservatoire relatives\naux classes d'harmonie, fugue et solfège.\nSur les fonds d'un crédit spécial, le Conservatoire vient d'acquérir deux\nharpes chromatiques (système Lyon) destinées à la classe récemment créée pour\ncet instrument.\nM. le ministre de l'lnstruction publique vient d'accorder un hautbois (système\nGillet) aux succursales du Conservatoire de musique à Nantes et à Perpignan\nainsi qu'à l'Ecole nationale de musique de Bayonne.\nUne concession d'ouvrages a été accordée, sur les fonds de la Direction des\nBeaux-Arts, aux Ecoles de musique çi-après désignées •"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "612", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 273, "texte": "Aix : 20 exemplaires des petits solfèges harmoniques, en 3 volumes, de\nE. Batiste;\nAbbeville : 15 exemplaires du livre n° 1, 10 exemplaires du livre n° 2,\n10 exemplaires du livre n° 3 des solfèges de Batiste;\nCaen : Grande méthode de cornet à pistons d'Arban."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "612", "page_fin": "612", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.3", "titre_corps": "CONCOURS CRUSSENT. Conformément au programme inséré au Journal", "titre_sommaire": "CONCOURS CRUSSENT. 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(Pres-\nsent qui a légué une rente annuelle de 65.000 fr. pour la fondation dun concours\ntriennal d'opéra comique, le 12e concours préalable de poèmes a été ouvert le\nler septembre 1902 pour être clos le 25 juillet 1903.\nM. le ministre vient de désigner un jury formé de 6 compositeurs et 3 littéra-\nteurs qui doit procéder à l'examen et au classement des manuscrits déposés à cet\neffet à la Direction des Beaux-Arts (Bureau des Théâtres)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "612", "page_fin": "612", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.4", "titre_corps": "ROUBAIX. 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Jacque, décédé.\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à l'Ecole de musique clas-\nsique de Boulogne-sur-Seine a été accordée au jeune Delhorme (Georges), à\nParis, par arrêté de M. le ministre des Beaux-Arts en date du 21 courant."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "612", "page_fin": "612", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.5", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. Ont été admis définitivement :", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. 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Lery, Pallan-Roy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "612", "page_fin": "612", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.6", "titre_corps": "– LE BAROMÈTRE MUSICAL: I. Opéra. Chiffre global des recettes en août: 216.313 fr. 99. En septembre: 226.164 fr. 08. Recettes détaillées du 20 septembre au 20 octobre 1903.", "titre_sommaire": "– LE BAROMÈTRE MUSICAL: I. Opéra. Chiffre global des recettes en août: 216.313 fr. 99. En septembre: 226.164 fr. 08. 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Coppélia.\nVerdi? Léo Delibes.\nreprésentât, grat.\n2 1\n—\nHenri VIII.\nSaint-Saëns.\n16.200 41\n23\n—-\nPaillasse. Samson et Dalila.\nSaint-Saëns.\n19.167 76\n23\n—\nLohengrin.\nR. Wagner.\n19.432 41\nI8\n—\nF1 ans t.\nGounod.\n20 5o6 41\n3o\n___\nTannhâuser.\nR. Wagner.\n15.61 7 76\n2\nOctobre\nPaillasse. Rigoletto.\nVerdi.\n18.768 41\nO\n0\n—\nSigurd.\nReyer.\nII.O5I »\n5\n—\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n21.379\n7\n—\nLohengrin.\nR. Wagner.\n16.641 76\n9\n—•\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n18.976 41\n[ o\n—\nPaillasse. Rigoletto.\nVerdi.\n13.026 »\n[ 2\n—\nLe Prophète.\nM everbeer.\n16.846 QI\n[4\n—\nFaust.\nGounod.\n18.809 76\ni 6\n—\nSigurd.\nSigurd.\n15.561 41\n[7\n—\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n14250 «\nl9\nLohengrin.\nWagner.\n!6.979 41"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "613", "page_fin": "613", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.7", "titre_corps": "II. – Opéra-Comique. Chiffre global des recettes pendant le mois de septembre: 171.833 fr. 50. Recettes détaillées du 20 septembre au 20 octobre.", "titre_sommaire": "II. – Opéra-Comique. Chiffre global des recettes pendant le mois de septembre: 171.833 fr. 50. Recettes détaillées du 20 septembre au 20 octobre.", "signature_source": "MAX SCHÖNE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "613", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 355, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nChiffre global des recettes pendant le mois de septembre: 171.833 fr. 50.\nRecettes détaillées du 20 septembre au 20 octobre.\nMAX SCHÖNE.\nEn lisant ces tableaux (que je publierai ici régulièrement), le lecteur voudra\nbien se rappeler que le samedi à l'Opéra, et le lundi à l'Opéra-Comique, le tarif\ndes places est réduit."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "613", "page_fin": "613", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.7.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "613", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.25", "debut_caractere": 955, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "DATES\nPIÈCES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nSept. mat.\nLe Chalet Werther.\nAdam. Massenet.\n4. 048\n»\n2 0\n— soirée\nLe Domino Noir.\nAuber.\n4.136\n»\n2 I\n—\nLa Fille du Régiment. — Le\nDonizetti Gounod.\n4.421\n»\nMédecin malgré lui.\n22\n—\nCarmen.\nBizet.\n7.118\n»\n23\n—\nLe Maître de Chapelle. Lakmé.\nPaer. Delibes.\n5 297\n5o\n24\n—\nLouise.\nCharpentier.\n6.6o3\n5o\n25\n—\nWerther.\nMassenet.\n6.333\n»\n26\n—\nMireille.\nGounod.\n5.837\n»\nl7\n— matinée\nMignon.\nA. Thomas.\n3.719\n»\n27\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.177\n5o\n28\n—\nLa Basoche.\nMessager.\n4.38I\n»\n2 9\n—■\n»\n»\n»\n»\n3o\n—\nWerther.\nMassenet.\n4.882\n»\nierQctobre\nManon.\nMassenet.\n7 -164\n6 728\n8.090\n»\n2\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini\n5 0\n0\n0\n—\nLouise.\nCharpentier.\n5o\n4\n— matinée\nCarmen.\nBizet.\n5.628\n5o\n4\n— soirée\nMignon.\nA. Thomas.\n6.054\n5o\n5\n—\nMireille.\nGounod.\n4.56o\n5o\n6\n—\nManon.\nMassenet.\n7.489 5o\n7\n—\n»\n»\n»\n»\n8\n—\nLouise.\nCharpentier.\n6.702\n»\n9\n—\nCarmen.\nBizet.\n6 011\n»\n1 0\n—\nManon.\nMassenet.\n6.15 5\n»\nL I\nmatinée\nLes Noces de Jeannette. Le Do-\n6.071\n5o\nmino noir.\nMassé. Auber.\nI I\nsoirée\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n6. QQI\n5o\nI 2\n—\nMignon.\nA Thomas.\n4.542\n5o\n13\n—\nLa Tosca [première).\nPuccini.\n2.41O\n»\n•4\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.l59\n5o\n5\n—\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.o33\n»\n16\n—\nManon.\nMassenet.\n6.610\n5o\nr7\n—\nLa Tosca.\nPuccini.\n9.536\n»\n18\nmatinée\nMireille.\nGounod.\n5.269\n»\n.8\nsoirée\nMignon.\nA. Thomas.\n5.991\n5o\nl9\n—\n»\nM\n»\n»\n20\nLa Tosca.\nPuccini.\nq. 1 8 1\n5o"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c043", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "613", "page_fin": "614", "image_debut": 25, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.8", "titre_corps": "ECOLE DE MUSIQUE DU MANS.", "titre_sommaire": "ECOLE DE MUSIQUE DU MANS.", "signature_source": "G. 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En\noutre, la place de violoncelle solo au théâtre du Mans lui sera réservée."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "614", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.26", "debut_caractere": 1548, "fin_caractere_exclue": 1553, "texte": "G. 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Mulder; Gaëtana, comédie lyrique de Ed. Kann ;\nBaïka, ballet de Dardillac ; Siva, drame lyrique de Léon Honnoré, couronné au\nconcours Cressent (1898) ; •\nThi-Theu, opéra de F. Le Rey (1899) ;\nLe Menuet de Vlnfante, ballet de Léon Gastinel ; Siegfried {ire représentation\nen de R. Wagner ; Moïna, d'lsidore de Lara (1900) ;\nMessaline, drame lyrique d'lsidore de Lara ; les Guelfes, opéra posthume de\nBenjamin Godard ; Conte de mai, ballet de Gaston Paulin (1901) ;\nL'ldole aux yeux verts, ballet de F. Le Borne ; Fiamma, ballet de Bouriello-\nGigliano (1902) ;\nLa Fiancée de la mer, drame lyrique de Jean Blockx (1903).\nAu théâtre n'est pas concentrée toute l'activité musicale de Rouen. Il faut citer\nle Cercle philharmonique, dont les concerts sont très appréciés ; la Société chorale\nà voix mixtes, composée d'amateurs et de gens du monde, qui a été fondée l'an\ndernier par M. Albert Dupré, et qui s'est signalée par l'exécution du Messie de\nHasndel ; le Cercle Boïeldieu (musique orphéonique), dirigé aujourd'hui par\nM. Duvauchelle ; la Musique municipale, société instrumentale dirigée par\nM. A. Guillaume (105 exécutants) ; enfin Y Ecole nationale de musique, dirigée\npar M. Jules Cariez.\n(I) JULES CARLEZ, Rapport sur le mouvement musical (Caen, 1903, 3e session des « Assises ar-\ntistiques » fondées par Arcisse de Caumont)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "614", "page_fin": "614", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.10", "titre_corps": "— ANGERS a un grand théâtre (80.000 fr. de subvention accordés par la ville)", "titre_sommaire": "— ANGERS a un grand théâtre (80.000 fr. de subvention accordés par la ville)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "614", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.26", "debut_caractere": 1555, "fin_caractere_exclue": 2144, "texte": "— ANGERS a un grand théâtre (80.000 fr. de subvention accordés par la ville)\net de nombreuses Sociétés : Y Association artistique (fondée en 1877 par MM Jules\nBordier, Alfred Michel, Louis de Romain), qui tient la tête du mouvement, et a\ndonné son 500e Concert en mars 1902 ; la Chorale Sainte-Cécile (80 chanteurs),\ndirigée par M. Fichet ; la Musique municipale (50 exécutants), et plusieurs fan-\nfares. Ces différentes Sociétés se sont formées en grande partie à l'Ecole muni-\ncipale de musique, dirigée aujourd hui par M. Maurice Mangeon. Cette école\ncomptait, l'an dernier, 380 élèves."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c046", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "614", "page_fin": "614", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.11", "titre_corps": "MONTPELLIER.", "titre_sommaire": "MONTPELLIER.", "signature_source": "M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "614", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.26", "debut_caractere": 2146, "fin_caractere_exclue": 2847, "texte": "MONTPELLIER.\nM.\n— Nous recevons le tableau de la troupe du grand théâtre cle\nMontpellier (direction André Tapponnier) avec le (( Répertoire général des six\npremiers mois )) ; dans ce dernier document, on trouve mentionnés des opéras\ncomiques qu'on a bien rarement l'occasion d'entendre à Paris : Haydée (texte de\nScribe, musique d'Auber, 1847), le Pardon de Ploërmel (Barbier et Meyerbeer,\n1859), Si j'étais Roi (Adam, 1852), la Fille du Régiment (Donizetti. 1840), Philé-\nmon et Baucis (Gounod, 1860); la Favorite (Donizetti, 1840), Hamlet (A.Tho-\nmas, 1868), le Songe d'une nuit d'été (Donizetti, 1850), le Caïd (Donizetti,\n1849), Lucie (Donizetti, 1835), Ls Mousquetaires de la Reine (Halévy, 1846)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c047", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "614", "page_fin": "616", "image_debut": 26, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.12", "titre_corps": "LA MUSIQUE A BRUXELLES.", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE A BRUXELLES.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "614", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.26", "debut_caractere": 2849, "fin_caractere_exclue": 3113, "texte": "LA MUSIQUE A BRUXELLES.\n— Le théâtre de la Monnaie, tenant les promesses\nqu'il avait faites depuis longtemps, annonce qu'il prépare activement les deux\nnouveautés : Sapho et le Roi Arthus.\nCette dernière œuvre, opéra posthume de Ern. Chausson, qui promet d'être un"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "615", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3228, "texte": "véritable régal d'art, a été l'objet de soins tout particuliers, tant pour la mise\nen scène qu'au point de vue musical. Les décors sont conçus dans un grand souci\nd'art et de vérité ; quant aux costumes, il suffit de dire qu'ils sont dessinés par\nle peintre Khnoppf. En nous gâtant ainsi, la direction ne fait cependant que nous\nrécompenser de plusieurs années d'attente patiente ; enfin, triomphant d'im-\nmenses difficultés d'exécution, elle a promis l'audition de cette œuvre pour le\nmois de novembre.\nEn attendant, la série des reprises suit son cours avec calme. Les antiques\nProphète, Aïda, Rigoletto se succèdent sur l'affiche, alternant avec Lakmé,\nManon, le Barbier de Séville, etc.\nLe Prophète nous a permis de connaître le talent de notre nouveau contralto\nMme Gerville-Réache. Cette nouvelle pensionnaire de notre opéra possède une\nvoix chaude, de ressources immenses, jointe à une compréhension intelligente\net sûre. Elle a donné du rôle de Fidès une interprétation admirable. M. Dalmorés,\nen progrès, s'est fait applaudir dans le rôle de Jean de Leyde, et à ses côtés\nMM. Vallier, d'Assy, Forgeur ont vaillamment sontenu leurs rôles.\nLa reprise de Faust a fait moins bonne impression. Mlle Paquot (Marguerite\naprès Ortrude !), dénaturant le caractère du rôle, a composé une Gretchen un peu\ntrop méridionale, et bien loin de la petite Allemande tendre et rêveusement\npassionnée qu'ont imaginée les auteurs. M. P. d'Assy a fait sonner son superbe\norgane dans Méphisto ; très bons aussi M. Dalmarès (Faust) et M. Decléry\n(Valentin).\nAida, interprété par M. Imbart, toujours excellent, Mlle Strakosch, M. Declery,\nd'Assy, etc... Chœurs, ensembles remarquablement exécutés sous la direction\nde M. Dupuis.\nReprises du Barbier de Séville, de Lafcmé, Manon, etc... Dans l'opéra de Mas-\nsenet l'on a entendu Mme Bréjean-Silver, adorable miniature XVIIIC siècle. Le\npublic a rêvé d'une exquise figurine de Saxe qui s'animerait et chanterait divi-\nnement.\nLe nouveau ténor léger, M. Delmas, chantait un peu au-dessous de la note,\npar suite des fatigues, dit-on, de sa saison précédente ; mais aujourd'hui il s'est\nremis et a reconquis la faveur du public.\nEnfin Samson et Dalila, le 17 octobre, a confirmé la supériorité de la direction\nmusicale de M. Sylvain Dupuis. Les sonorités instrumentales sont admirable-\nment mises en lumière, et pourtant fondues avec art, les chœurs et les ensembles\nmis au point avec soin. Cette supériorité musicale restera comme la caractéris-\ntique de la saison.\nL'interprétation vocale, surtout quant à Mme Gerville-Réache, était àla hauteur\nde l'interprétation orchestrale. Tour à tour douce et farouche, toujours passionnée,\nnotre contralto a tenu son rôle avec une autorité superbe. M. Albers lui donnait\nmagistralement la réplique en grand prêtre, et M. Dalmorès a vaillamment chanté\nSamson.\nLe succès remporté dans cette pièce par Mme Gerville-Réache, surtout après\nl'éclatante interprétation qu'en avait donnée il y a quelques années Mme Armand,\nnous fait bien augurer d'Orphée, dont la reprise est annoncée par la direction.\nLe premier grand prix de Rome vient d'être accordé à M. Albert Dupuis,\nde Yerviers, auteur de Jean Michel, représenté l'année dernière à la Monnaie."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "616", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 650, "texte": "M. Albert Dupuis fit partie pendant quelque temps de la Schola Cantorum de\nM.Vincent d Indy à Paris.Le second grand prix a été obtenu parM. Delune, et le\n2e second prix par M. Radouy, Le texte de la cantate était écrit par M. L. Salvay\net portait pour titre : la Chanson d'Halewijn.\nLa somme allouée au grand prix de Rome est de 16.000 francs, répartis en\n4 bourses de voyage de 4.000 francs chacune.\nLes Concerts populaires annoncent leur prochaine réouverture ; une de leurs\nséances sera consacrée à Berlioz.\nLes Concerts Isaye recommenceront également en novembre ; on y entendra,\nentre autres artistes, M. Raoul Pugno et M. Gérardy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c048", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "616", "page_fin": "616", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.13", "titre_corps": "ANVERS.", "titre_sommaire": "ANVERS.", "signature_source": "ÉDOUARD VARLEZ", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "616", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.28", "debut_caractere": 2662, "fin_caractere_exclue": 3043, "texte": "ANVERS.\nÉDOUARD VARLEZ.\nAu Théâtre lyrique Flamand a eu lieu la création de Princess\nZonneschijn (princesse rayon de soleil), opéra de M. Paul Gilson, le talentueux,\nmais trop modeste compositeur de Frcincesca di Rimini, de la Mer, etc. Grand\nsuccès pour l'auteur et pour les interprètes, parmi lesquels il faut citer en pre-\nmière ligne M. Laurent SAVOFS jouant le rôle du prince."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c049", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "616", "page_fin": "616", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.9.14", "titre_corps": "—La Nouvelle Société Philharmonique de Paris, qui vient de s'assurer le", "titre_sommaire": "—La Nouvelle Société Philharmonique de Paris, qui vient de s'assurer le", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "616", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.28", "debut_caractere": 652, "fin_caractere_exclue": 2660, "texte": "—La Nouvelle Société Philharmonique de Paris, qui vient de s'assurer le con-\ncours des plus célèbres quatuors et trios, et celui des meilleurs solistes de l'Eu-\nrope, commencera la série de ses concerts le 10 novembre. Prix de l'abonne-\nment : ioo francs (fauteuil), 75 francs (chaise) et 40 francs (ire galerie) pour 15\nconcerts.\nL'Annuaire des Artistes (18e année), 167, rue Montmartre, Paris, pré-\npare sa prochaine édition.\nLes artistes, professeurs, Sociétés musicales, etc., sont priés d'adresser leurs\nnoms, adresses ou modifications les concernant qui seront insérés gratuitement.\nMoyennant l'envoi de 5 francs, tout souscripteur recevra franco VAnnuaire\nrichement relié, contenant 1500 pages et 500 gravures.\nPassé ce délai, le prix de Y Annuaire est de 8 francs franco ; nous rappelons aux\nlecteurs que le service des souscripteurs est seul garanti.\n—La Revue musicale (51, rue de Paradis) tient àla disposition de ses lecteurs\nl'important ouvrage suivant, d'une valeur et d'un intérêt uniques :\nCongrès international d Histoire de la Musique tenu à Paris à la\nbibliothèque de l'Opéra, du 23 au 29 juillet 1900: Documents, Mémoires lus au\nCongrès, Vœux, etc. Fort et beau volume imprimé par les Bénédictins, à Soles-\nmes, et qui, avec un très grand nombre de planches relatives à l'histoire de\nla musique et delà notation, contient les mémoires suivants :\n10 [Musique grecque) : mémoires de MM. E. Ruelle, E. Poirée, Th. Reinach,\nL. Laloy, J. Tiersot, Mgr B. Grassi-Landi ;\n20[Musique byzantine ): mémoires du R. P. Thibaut, de dom Hugues Gaïsser;\n30 (Musique du moyen âge) : mémoires de MM. G. Houdard, dom H. Gaïsser,\nMgr B. Grassi-Landi, Liborio Sacchetti, Pierre Aubry, Michel Brenet ;\n40 (Musique moderne) : mémoires de MM. Camille Saint-Saëns Bourgault-\nDucoudray, Meerens, Ilmari Krohn, G. Humbert, Aclolf Lindgren, J. Carillo,\nChilesotti, Shedlock, R. Rolland, J. Combarieu, Mlle Parent, etc., etc.\nPrix de l'ouvrage (port compris) : 10 fr. 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Le discours libre dans la musique libre, La mélopée\ncontinue et la variation infinie, Liberté de la phrase musicale, Connaissance\ndes œuvres anciennes —Musique religieuse— Culte de la nature, —La musique\npopulaire La musique française, telles sont les têtes de chapitre de ce pro-\ngramme très touffu, trop long pour être examiné ici en détail, et que hauteur,\nM. Bordes, résume ainsi : (( La Schola poursuit donc le triomphe de la musique\nnaturelle, libre et mouvante comme le discours, plastique et rythmique comme\nla danse antique, en s'appuyant sur les monuments de l'art religieux, du théâtre\nlyrique primitif et sur le culte de la nature, de la tradition populaire, en ayant\nun souci constant, un but avoué : le triomphe de la musique française et son\nculte. » Tous nos veux de succès à la vaillante phalange que dirige le maître\nVincent d'lndy !\nCOURS D'ENSEMBLE ORCHESTRAL. —Combien de jeunes gens et de jeunes filles,\ndéjà pourvus des notions élémentaires de théorie musicale et cultivant un in-\nstrument, aimeraient à jouer dans un orchestre ! Ils trouveront la réalisation cle\nleur rêve dans le (( Cours d'ensemble )) qu'a fondé notre très distingué collabora-\nteur et ami M. de Lacerda, avec la collaboration de M. Louis Laloy, Rédacteur\nen chef de là Revue musicale, et dont les séances ont lieu tous les vendredis soir,\nde 8 h. 1/2 à 11 h., 139. boulevard Montparnasse. Ce cours a pour objet l'étude\nméthodique, à la fois pratique et raisonnée, d'oeuvres symphoniques anciennes\net modernes. Chaque répétition est accompagnée de commentaires et d'éclaircis-\nsements qui permettent aux instrumentistes de bien se rendre compte de ce qu'ils\nfont ; car, avant d'être correcte, toute exécution musicale doit être une inter-\nprétation intelligente. Ce cours s'adresse- donc à tous les musiciens qui\ncomme exécutants ou auditeurs désirent se familiariser avec les exercices\nd'un ensemble orchestral et approfondir l'étude des formes symphoniques.\nD'après le règlement, le Cours est ouvert du commencement d'octobre à la fin\nde juin. Les séances ordinaires ont lieu une fois par semaine pour les instru-\nments à archet, et tous les quinze jours pour l'orchestre complet. Pourêtre admis\nà suivre, comme instrumentiste, les études de ce cours, il faut se faire entendre\nau préalable parle professeur-chef d orchestre, ou produire un diplôme délivré\npar un professeur ou par une école supérieure de musique. Les personnes qui\ndésirent suivre le cours auront le droit d'assister, avant de s'inscrire, à une\nrépétition.\nPour tous renseignements, écrire à notre Rédacteur en chef, M. Louis Laloy,\n33, avenue des Gobelins."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c051", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "617", "page_fin": "618", "image_debut": 29, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.11", "titre_corps": "Un concert magique : le Gramophone.", "titre_sommaire": "Un concert magique : le Gramophone.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "617", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.29", "debut_caractere": 2826, "fin_caractere_exclue": 3243, "texte": "Un concert magique : le Gramophone.\n\nje viens d'assister, sans déplacements coûteux, dans une salle où se trouvaient\nseulement deux personnes, à un concert international et magique; car jai\nentendu - non pas défigurés par ce nasillement de polichinelle enrhumé qui\ndéparait certains instruments antérieurs, mais avec le timbre propre et surtout\nl'admirable volume de leurs voix les plus grands chanteurs et inStrumen-"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "618", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.30", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3529, "texte": "listes de la France et de l'étranger : Noté, Delmas, Mme Emma Calvé, Pugno ;\nFelia Litvinne, dans J'ai pardonné, de Schumann ; le baryton Sammarco (de la\nScala de Milan), dans Rigoletto, Tamagno, le ténor De Lucia, non moins célè-\nbre ; Mme Figner (soprano) de Saint-Pétersbourg, dans Carmen et dans la Tosca ;\nM. Schaliapine (basse du théâtre impérial de Moscou), dans Désenchantement de\nTschaikowski ; M. Van Rooy (basse du théâtre de Bayreuth) dans la Walkyrie de\nR. Wagner ; Kubelick, le jeune et extraordinaire virtuose, qui est le Rubinstein\ndu violon, et Joachim... Comme intermèdes, des poésies dites, avec infiniment\nde grâce, par la reine de Roumanie elle-même, S. M. Carmen Sylva, - un mo-\nnologue de Coquelin cadet et, pour finir, la « Cappella Sistina », le chœur\nparticulier du Pape (32 chanteurs hommes, dont 8 soprani, 8 contraltos,\n8 ténors et 8 basses).\nC'est merveilleux, et, très sincèrement, j'estime que le gramophone est une\ndes inventions dont la science moderne doit se montrer fière. Pour le musicien,\nquel inappréciable plaisir d'avoir chez soi, dans son salon, disponible à toute\nheure du jour, le chanteur préféré, et de pouvoir lui faire recommencer indéfini-\nment le morceau dont on fut, un soir, enchanté ! Le chant n'est plus une virtuosité\nfugitive, une chose qui passe et s'évapore... Il est fixé, désormais, comme le vers\ninscrit sur le marbre ou le bronze. Il garde ses ailes, mais il est prisonnier. Quel\ndommage que le gramophone n'ait pas été inventé au temps de Rubini, de Mario,\nde Falcon, et des autres chanteurs de l'époque héroïque ! Nous aurions encore\naujourd'hui leur voix et leur âme, le son même de leur talent protégé à jamais\ncontre l'oubli.\nOn me dit que la Société du gramophone vient de faire à Paris, dans l'espace\nde quelques mois, près d'un million de bénéfices. Je n'en suis pas étonné. Le pro-\ndige, c'est d'avoir reproduit l'ampleur magnifique de certaines voix d'artistes.\nJe crois même que ce simple cornet de cuivre qui sait enregistrer et restituer tant\nde belles choses pourrait rendre de grands services à d'autres personnes que les\nchâtelains, les malades ou ïes amateurs qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas,\nse livrer à des déplacements coûteux pour entendre de la musique. Le gramo-\nphone ne serait-il pas d'abord un excellent instrument de pédagogie ? n'est-ce\npas à lui qu'on devrait avoir recours, dans les salles d'école, et même dans cer-\ntains conservatoires, pour donner aux jeunes gens un modèle autrement instruc-\ntif que la parole du maître ?Le gramophone, pour l'historien ou le folkloriste\nrecueillant des mélodies, ne va-t-il pas devenir un document de premier ordre,\npermettant les reconstitutions scientifiquement exactes ? Enfin, je voudrais que,\ngrâce à lui, on commençât à constituer les Musées du chant. Dans un palais\ncomme l'Opéra de Paris, il serait bon que l'on conservât la voix ce don si\nfragile ! des plus grands artistes.\nOn m'a montré un très curieux album d'autographes où les musiciens les plus\nillustres de notre temps ont rendu hommage au gramophone. De cet album, je\ndétache les lignes suivantes qui sont signées (( Maeterlinck », et me paraissent\naussi exactes que charmantes :\n« La voix humaine, dans les phonographes ordinaires, est une morte presque\nméconnaissable au fond de sa tombe. Dans le gramophone, dès les premiers\nfrémissements du disque mystérieux, c'est la Belle au bois dormant qui s'éveille,\naussi fraîche, aussi souple, aussi palpitante, mais plus inaltérable que la vie. >\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-11-01-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-11-01_01#c052", "volume": "bmtnabj_1903-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "619", "page_fin": "620", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.2.12", "titre_corps": "Les Concours de la «REVUE MUSICALE»", "titre_sommaire": "Les Concours de la «REVUE MUSICALE»", "signature_source": "La Revue musicale", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "619", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.31", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1952, "texte": "Les Concours de la «REVUE MUSICALE»\n\nEn vue de stimuler l'activité de ses lecteurs dans quelques-unes des\nvoies où elle travaille elle-même, et avec l'espérance qu'après avoir fait\nappel au talent et au savoir elle pourra leur être utile, la Revue musicale\nouvre, pour un délai de trois mois à compter du ier novembre, un con-\ncours sur des sujets décomposition, d'harmonie, d'histoire et de cri-\ntique.\nEn nous rattachant par un lien nouveau et plus étroit à ceux qui ont\nquelque chose à dire, mais qui sentent chaque jour combien il est diffi-\ncile d'arriver au public, nous croyons faire une œuvre de solidarité\nartistique et d'encouragement à la musique française. Les avantages\naccessoires qui accompagneront nos prix en espèces seront certainement\nappréciés. Si, notamment, notre premier concours de composition donne\nde bons résultats, nous ne négligerons rien pour que l'œuvre couron-\nnée soit publiquement et dignement exécutée à Paris, et nous lui don-\nnerons, dans la mesure de tout notre pouvoir, la suite que méritera\nson importance.\nNous ne nous adressons pas uniquement aux professionnels de la\ncomposition, mais aussi à tous ceux qui en ont l'habitude ou le goût\nsans appartenir à aucune école et sans jurer sur la parole d'aucun\nmaître.\nSujets du Concours.\ni° Composition. Line danse à cinq temps, pour piano (étendue\nminima: 4 pages de notre supplément musical). Prix offert. 500 fr.\n20 Harmonie. —Le Prélude de Tristan et , de Richard Wagner,\ndébute ainsi :\nA quelles observations donnent lieu ces trois mesures et, en particu-\nlier, les accords qui sont frappés àla2eetà la 3e mesure (au moins\n2 pages, et 6 au plus, y compris les exemples de musique intercalés dans\nle texte). Prix offert 200 fn\n3° Histoire musicale. a) Meyerbeer, que l'on déprécie parfois in»\njustement, n'a-t-il pas exercé une certaine influence sur R. Wagner ?\nL'auteur de Tannhâuseret de Lohengrin ne lui doit-il pas quelque"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "620", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.32", "debut_caractere": 118, "fin_caractere_exclue": 2769, "texte": "chose ? (au moins 8 pages de texte, et 12 au maximum ; les citations\nmusicales en plus). Prix offert 200 fr.\nb)Résumer la biographie et la carrière artistique d'un chanteur\nou d'une cantatrice célèbre ayant brillé sur la scène lyrique de iB3o à\n1870 environ. (On indiquera avec précision les rôles créés ou joués, en\ndonnant les dates. On caractérisera le talent, la méthode, le jeu, etc.\nOn laissera de côté, pour le choix du sujet, les artistes sur lesquels on\na déjà des études ou des mémoires imprimés, à moins qu'on n'ait des\nerreurs à rectifier ou des documents nouveaux à produire.) Prix\noffert 200 fr.\n40 Critique musicale. —■ Parmi les oeuvres des compositeurs français\ndu xvnh et du xixe siècle, choisir (en justifiant ce choix par des obser-\nvations critiques) les dix compositions pour piano qui vous paraîtront\nles meilleures et dignes d'être recommandées àun pianiste de moyenne\nforce. Prix 100 fr.\nLes envois seront reçus àla Revue musicale (51, rue de Paradis,\nParis) jusqu'au ier février 1904 et soumis aux conditions suivantes :\ni° Chaque concurrent voudra bien nous adresser son manuscrit très\nlisiblement établi en se bornant à inscrire, en tète, une devise de son\nchoix. D'autre part, il reproduira cette devise sur une petite enveloppe\nà l'intérieur de laquelle il aura placé son nom et son adresse, et qui,\nune fois cachetée par lui, sera envoyée, dans une autre enveloppe un\npeu plus grande, Si, rue de Paradis;\n20 Les œuvres inédites seront seules examinées ;\n3° Après l'insertion, dans notre Revu, des œuvres couronnées, chaque\nauteur gardera la propriété de son travail ;\n4° Nous rendrons compte de tous les envois sérieux, à moins qu'après\nla publication du nom des lauréats (prix, mentions, etc.), les auteurs\nnon couronnés n'expriment un désir contraire.\nTous les envois de composition seront classés par un jury spécial\nd'artistes et de professeurs, présidé par un Maître contemporain dont\nl'autorité et la conscience artistique hautement impartiale sont univer-\nsellement reconnues. Afin de ne troubler les concurrents par aucune\npréoccupation d'Ecole, nous ne ferons connaître son nom qu'au moment\noù les résultats seront publiés.\nN,B. Dans notre prochain numéro, nous , avec la nouvelle\nlaboration d'un professeur spécial, des Exercices d'harmonie et de contrepoint,\nà l'usage de tous ceux qui veulent faire, en élargissant un peu leur horizon, une re-\nvision sérieuse de leurs connaissances musicales. Ces a Exercices », qu'on nous a\ndemandés de divers côtés, répondront à un besoin d'ordre pratique, et établiront des\nliens de correspondance plus étroits entre la Revue musicale et ses lecteurs.\n\nLa Revue musicale."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "589", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN° 15 (troisième année)\nler1er Novembre\n1903.\nR. M.\n41\n\nCamille SAINT-SAENS\nDe l'Institut de France."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "590", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.2", "texte": "SAI NT—SAE X S\n\nSAINT-SAËNS\nL'HOMME ET LE MUSICIEN\n\nLe meilleur hommage qu'on puisse rendre à un grand artiste, c'est de parler\nde lui et d essayer de le juger avec une entière sincérité. Je n'éprouve donc aucun\nembarras à confesser d'abord que mon admiration pour Saint-Saëns ne date pas\ndu jour où j'entendis une de ses œuvres pour la première fois, et que si je crois\néprouver aujourd'hui la joie de comprendre et d'aimer ce qu'un musicien tel que\nlui a pensé, je suis arrivé à cet état de sympathie par des voies un peu lentes ;\nmon cas est, en somme,celui du publiclui-même, qui n'a pu acclamer l'auteur de\nSamson et Dalita qu'après certaines épreuves. Je persiste d'ailleurs à croire que\nl'auteur de Samson est un homme extrêmement difficile à caractériser. (( Saint-\nSaëns a moins de chaleur et de vie, moins de sang et de nerfs que Massenet au\nthéâtre, mais il lui est supérieur dans la symphonie. Saint-Saëns est le premier\nmusicien français. )) Voilà qui est entendu, et que je tiens pour établi. Mais ce\nn'est pas avec l'étroitesse d'une pensée nationale, et avec des préoccupations de\npalmarès, c'est avec une âme humaine, et d'un point de vue humain, qu'il faut\naborder l'étude d'une (( personne » vraiment digne d'attention et d'étude Ce\nqu'on lui demande, c'est autre chose qu un nouveau motif de vanité, ou plutôt,\nune nouvelle limite apportée à notre esprit français ; ce qu'on cherche, sous les\napparences multiples, infiniment mobiles et complexes de son art, et sous les\nprouesses de métier, c'est le fonds permanent de l'être moral, la source cachée\nd'où le talent a jailli. S'il y a une psychologie des hommes supérieurs, c'est ainsi\nqu'elle doit comprendre sa tâche, en dédaignant le classement des (( chers maî-\ntres )), et ces apologies systématiques où l'éloge a déjà un fâcheux air d'oraison\nfunèbre. Or une telle tâche me paraît, en l'espèce, particulièrement délicate pour\nle critique de bonne foi. Galatée s'enfuit sous les saules quand on veut la saisir.\nC'est vers 1875, à un concert du lycée Louis-le-Grand, où j'étais alors élève,\nque je vis Saint-Saëns pour la première fois. Le vieux lycée ne donnait pas\nencore ses concerts dans cette grande salle de la Sorbonne où la loge du Recteur\na cent places, mais dans un local modeste, familial, presque trop étroit poul-\nies élégances parisiennes qui s'y pressaient, et où les auditeurs se sentaient plus\nprès des artistes. Saint-Saëns venait de jouer un concerto. Sans avoir très\nbien!r compris l'œuvre un peu austère, nous faisions au virtuose compositeur un\nde ces succès enthousiastes, généreux, prolongés, où les enfants manifestent leurs\nmeilleurs instincts. Son nom seul, avec sa forme exotique, évoquait en nous\nl'idée d'un homme unique, exceptionnellement fort et savant.\nJe l'entendis alors dire à notre excellent proviseur, M Girard :\nVos élèves sont très gentils de m'applaudir ainsi ; car ma musique n est pas\namusante.\n(( Amusante » î certes, cette musique ne l'est pas pour le philistin qui ne va au"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "591", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.3", "texte": "SAINT-SAENS\n\nconcert ou à l'opéra qu'après un excellent dîner et qui veut pouvoir dodeliner de\nla tête en écoutant des « airs » ; pour l'exécutant ou l'auditeur un peu éclairé, elle\nl'est prodigieusement. Amusante, oui, c'est-à-dire intéressante par la variété des\nstyles, par l'imprévu de certains rythmes qui ont l'air d'être une gageure, par le\nréalisme, l'esprit, la couleur jolie et hardie de certains traits, par tant de con-\ntrastes où le musicien de grande allure, après les plus belles inspirations,\névoque brusquement le souvenir de Gavroche ou de je ne sais quel génial\npince-sans-rire. La difficulté, c'est d'apercevoir et d'indiquer le lien qui réunit\ntant d'oeuvres brillantes, tour à tour fortes et légères, puissantes et gracieuses.\nLa dernière composition de Saint-Saëns porte le numéro 120 ( Valse langoureuse,\nqui ne figure pas sur le catalogue thématique et imprimé). Cela forme une très\ngrande galerie où abondent, autour d'une douzaine de toiles très importantes,\nles tableautins, les médaillons, les esquisses et les pages d'album. On est\ndéconcerté par cet éparpillement d'un talent qui semble se renouveler lui-même\nen changeant d'objet, et on hésite à reconnaître partout la même main, la même\npersonnalité. Facile relativement facile est l'étude psychologique d'un\nMozart et d'un Beethoven, d'un Schumann et d'un Liszt, d'un Berlioz, d'un\nMeyerbeer, d'un Wagner, d'un Massenet. Tout autre est la psychologie de Saint-\nSaëns. Vous vous rappelez ces vers charmants de Théophile Gautier :\nDites, la jeune belle,\nOù voulez-vous aller r\nLa voile ouvre son aile,\nLa brise va souffler...\nSaint-Saëns a l'air de parler le même langage, en nous conviant à des voyages\nd'aventure, un peu partout, sur le char de Phaéton, sur le carrosse de Mab, ou\nsur quelque Chimère de sa création. Sa fantaisie est inépuisable, et ouvre chaque\njour une perspective nouvelle. Il n a pas de formule. C'est un Protée chanteur qui\nse métamorphose pour samuser ; c'est un Oriental qui a des caprices de femme\net qui allie la profondeur allemande, la netteté latine, à l'imagination d'un poète\npersan... Où voulez-vous aller ? La question semble s'adresser au critique lui-\nmême.\nEn novembre 1888, j'allai à Berlin, où je devais rester un an et demi en\nqualité d'étudiant à l'Université ; mon premier soin fut d'assister à un des Con-\ncerts de la Philharmonie (alors dirigée par le pontife Hans de Bulow) et de\nchoisir, parmi les violoncellistes à bésicles d or de l'orchestre, celui qui me parut\navoir la tête la plus germanique. Avec le jeune Mossel j'étais tombé sur un\nhollandais!— qui fut censé me donner des leçons d'accompagnement, je jouai\navec conscience, durant un an, et jusqu'à épuisement de l'abonnement que nous\navions pris chez Bote et Bock, toutes les œuvres de Saint-Saëns qui pouvaient\nêtre jouées. Après cette expérience, je voulus me recueillir pour tirer une con-\nclusion, formuler un jugement d'ensemble, voir clair en moi-même; et comme,\ndans le pays de Hegel et de Jean Paul, on cède volontiers à la discussion des\nproblèmes les plus ardus de la psychologie et de l'esthétique, je ne laissai\npas de retourner en tous sens une question embarrassante :\nQu'est-ce que Saint-Saëns ? (Je songeais, bien entendu, à Vhomme, dont le\nmusicien n'est que l'interprète, en recherchant les indices qui révèlent sa propre\net naïve forme, et mettent à nu son vrai fond.)"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "592", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.4", "texte": "SAINT-SAENS\n\nSaint-Saens est-il un très brillant éclectique, plus développé en surface qu'en\nprofondeur et faisant, comme dit Montaigne, « un peu de chaque chose, à la\nfrançaise » ? Est-ce un lettré musical, un intellectuel très cultivé, qui (( rem-\nploie )) ? Est-ce un imaginatif, et rien que cela ? Est-ce un virtuose prodigieu-\nsement adroit, à qui il n'a peut-être manqué que de se concentrer sur un vaste\net unique dessein ? Est-ce un Aristophane musicien (songez à son Carnaval des\nAnimaux) qui était admirablement doué pour la comédie lyrique, et dont la\nvocation première se trahit souvent dans beaucoup de genres à côté ? Est-ce un\nsentimental et un tendre qui ne se livre jamais tout entier? Est-ce un enthou-\nsiaste ? un passionné qui ne veut point s'étaler ?\nQuelle est sa foi, en dehors de ce qu'on met sur le papier réglé ? quelle ivresse\nest la sienne (puisqu'il est entendu, comme le veut Nietzsche, qu'à l'origine du\ngrand art il y a une (( ivresse ») ? Avec quelles Idées a-t-il fait alliance ? à quelle\nforme d'idéal a-t-il dit ce mot admirable de Beethoven écrivant à une des femmes\nqu'il aima : (( Tu es mon moi )) ? Est-ce vers le monde réel ou ailleurs que vont\nses tendances ? Est-il du cortège d'Apollon ou du cortège de Dionysos ?\nAttentif à reproduire le côté pittoresque de menues choses, fait-il de la musique\ncomme les Goncourt faisaient de la littérature, par fragments et petites touches,\nvoyant dans la vie une (( chasse de Pan )) perpétuelle, un peu nonchalante, et\nen glanant, au hasard des rencontres, des poignées de curiosités : le vertige d'un\nfumeur d'opium, la ligne gracieuse d'un cygne sur l'eau calme, un effet de loin-\ntain en vue de la côte africaine,une danse populaire, les cloches de Las Palmas ..?\nMais pourquoi, me direz-vous, poser de telles questions ? à quoi bon fati-\nguer votre sens esthétique par des recherches indiscrètes ? Tel poème musical\nvous enchante ; que vous faut-il de plus ?... A Eisa, qui veut obstinément connaî-\ntre son nom, Lohengrin a raison de répondre, quand il ouvre la fenêtre sur le\nbeau jardin nocturne : Viens respirer ces parfums enivrants ! mais ne te préoc-\ncupe pas de savoir le nom de la fleur d'où ils partent !\nTrès bien. Mais cette analyse qui ne va pas plus loin que les impressions de\nl'oreille ne me suffisait pas. Songez que l'art musical est particulièrement intéres-\nsant, non pas parce qu'il nous chatouille agréablement l'ouïe, comme tel mets\nbien cuisiné réjouit le goût, ou tel parfum l'odorat, mais parce qu'il exprime\nl'homme intérieur avec une profondeur unique, et une exactitude qui, sans lui,\nserait incomplète.\nA mon retour en France, ayant toujours cette opinion flottante, incapable\nd'aboutir à un jugement précis, j'exprimai franchement mon embarras dans un\narticle publié par le journal le Matin. (Pour le dire en passant, cet article dut\ndéplaire à quelque ami très zélé du maître, car, voulant le retrouver un peu plus\ntard, je constatai, non sans surprise, qu'il avait été enlevé de la collection de la\nBibliothèque nationale et de la collection conservée dans les bureaux du Matin...)\nAu mois d'août 1902, j'eus l'honneur de me trouvera côté de Saint-Saëns, pen-\ndant les fêtes de Béziers, à la table hospitalière de M. Castelbon de Beauxhos-\ntes. L'auteur de Botryocéphale (pièce en un acte et en vers, reprise, depuis, à\nl Odéon) nous charma par sa bonne grâce, sa verve (entre deux plats, il ne\ndédaigna pas cl'esquisser une chansonnette sur son chien), et se montra particu-\nlièrement préoccupé de certain drame littéraire qu'il venait d'écrire et dont il\ndésirait faire la lecture aux futurs interprètes.\nVous êtes, lui dis-je, l'homme des surprises !"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "593", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.5", "texte": "S AINT-SAEN S\n\nJe le crois bien, me répondit-il ; vous ne me connaissez pas!\nUne telle parole, on le comprend, ne pouvait dissiper mon incertitude, et ne fit\nque doubler ma curiosité. Isis ! nul ne pourra-t-il donc soulever ton voile r\nQuedevais-je faire ? Poser des questions précises au grand homme et le sou-\nmettre àla banale corvée de l'interview ? Je ne suis plus assez naïf pour croire\nque ce système a quelque valeur. Les meilleurs musiciens ne sont qu'à moitié\nconscients de ce qu'ils font et de ce qu'ils sont ; prodigieuse est la distance qui\nsépare leurs déclarations les plus sincères, de leurs œuvres réelles. Je me repliai\ndonc sur moi-même, sans relever le jugement qui m'accusait d'ignorance, et\nrésolus de changer de méthode.\nRentré à Paris et décidé à en finir, je rédigeai une circulaire que je fis tirer à\ncent exemplaires et que j'envoyai à tous les compositeurs célèbres de l'étranger.\nJe demandais à chacun des membres de cet aréopage :\ni° Quelle est votre opinion sur l'œuvre musicale de Saint-Saëns ? en quoi con-\nsiste, selon vous, l'originalité du compositeur?\n20 Quelles sont celles de ses compositions que vous préférez ?\nSur cent lettres, quarante environ obtinrent une réponse (1). Je n'avais pas\nécrit seulement en Italie et en Allemagne, mais en Russie, en Amérique, au\nJapon, dans tous les pays civilisés. A ma grande déception, mes correspondants\nne soufflaient mot des compositions les plus importantes de Saint-Saëns; ils ne\nparaissaient connaître que des œuvres de second ou troisième rang, probablement\nvulgarisées dans leur pays par des pianistes voyageurs. L'épreuve fut intéres-\nsante, mais nullement décisive.\nc Ne t'attends qu'à toi seul! ))\nAu point de vue purement musical, il conviendrait d'abord, et il serait sans\ndoute aisé de faire un classement parmi les œuvres de Saint-Saëns. La seule\ndifficulté et je ne prétends pas la résoudre ici serait de ne rien oublier. Au\npremier rang, on mettrait sa musique symphonique, laquelle fait le plus grand\nhonneur à sa haute inspiration, à son courage et à son désintéressement artistique :\nles symphonies en mi bémol et en la mineur, et cette symphonie en ut mineur\ndont on a fait le plus bel éloge que puisse ambitionner un musicien français,\nquand on a dit qu'elle faisait revivre, au moment où notre sensualisme inclinait\nvers le théâtre, l'art des Mendelssohn, des Haydn, des Mozart, et même on a\nprononcé le mot de Beethoven.. A côté de ces grandes compositions néo-clas-\nsiques, on placerait le quatuor en si bémol et le quatuor à cordes, le septuor avec\ntrompette, et les deux trios; les deux concertos et la sonate pour violon, le\ncharmant Rondo Capriccioso l'admirable sonate et les deux concertos pour\nvioloncelle...\nAu second rang, et (à mon humble avis) avant les opéras Samson excepté\non classerait ces brillants Poèmes symphoniques où Saint-Saëns a montré de façon\nspéciale et complète, avec une originalité à la fois hardie et pleine de goût, une\nscience très nette, très sobre et très française de la composition, les ressources\nétonnantes de son imagination, son adresse et son esprit : la Danse macabre (où\nil est tout entier), Phaéton, la Jeunesse d'Hercule, le Rouet d Omphale, et le\nDéluge [je les énumère ici dans l'ordre de mes préférences).\n\n(i) Ces réponses ont été publiées dans les numéros d'octobre et nov. 1901 de la Revue musicale."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "594", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.6", "texte": "SAINT-SAENS\n\nLa série des opéras viendrait en troisième lieu avec Samsonet Dalilct en tête, et\nl'aimable Javotte pour finir ; entre ces extrêmes, Etienne Marcel, Henri VIII,\nProserpine, Ascanio, les Barbares, Phryné, Déjanire, Parisatis (j'en oublie quel-\nques-uns, mais je ne suis peut-être pas seul à les oublier).\nAu-dessous, le recueil des Quarante mélodies, les Mélodies persanes, où il y a\nun chef-d'oeuvre de sentiment : Au cimetière ; et enfin, au dernier rang, qui\nserait encore un rang d'honneur, les concertos pour piano (dont j'avoue ne pas\nfaire précisément mon régal) et les mille et une fantaisies, de dimensions assez\ncourtes, que je ne pourrais dénombrer qu'en faisant un catalogue de plusieurs\npages. Et je n'ai rien dit de la musique religieuse, qui pourrait être mise à\npart et sembla d'abord être le domaine où Saint-Saéns devait tenir le sceptre :\nY Oratorio de Noël, la Messe solennelle et la Messe de Requiem, les (( motets au\nSaint-Sacrement », les (( motets à la Vierge)), etc. Ce dernier groupe ressemble à\nl'édicule que certains architectes construisent à côté d'un grand monument, et\nqui, avec une affectation différente, a pourtant le même style essentiel et le même\ncachet.\nTel est, dans ses grandes lignes, le classement accompagné peut-être de\nquelques éliminations provisoires que ferait le goût musical pur. Pour la\ncuriosité du psychologue, cet ordre de préséances n'existe pas ; les œuvres de\nmoindre envergure, où se joue un fugitif caprice réaliste ou comique, sont aussi\nintéressantes, sinon plus, que les autres. La scène du Synode, dans Henri VIII,\nn'est pas un (( document )) plus instructif que cette page de Javotte où les trom-\nbones chantent avec majesté :\nBrigadier, répondit Pandore,\nBrigadier, vous avez raison !\net la symphonie en ut mineur ne mérite pas plus d'attention que cette Rhapso-\ndie bretonne qui se termine, pour parler comme l'auteur des ïambes, par une\nmanière de chahut.\nQuel est le lien de tous ces contrastes ? Il est, je crois, musical, rien que musi-\ncal, c'est-à-dire indépendant de tel caractère passionnel qui prédominerait dans\n1' (( homme )), distinct du compositeur. Ne voyez pas là, je vous prie, une\ndécouverte de la Palisse ou une contradiction ; ce n'est même qu'un demi-aveu\nd'impuissance devant le problème que je m'étais posé. Je m'explique.\nIl y a, certes, dans Saint-Saëns, tous les sentiments humains. Il connaît la mé-\nlancolie et la rêverie. Il a réalisé quelques types de grâce aussi délicats que ceux\nde Schumann (dans ses Lieder). Bien qu'il n'ait pas chanté l'amour avec fougue,\net qu'il paraisse un sage quand on songe à Esclarmonde ou à Tristan, il serait\ntrès injuste de l'accuser de sécheresse :\n\nn'est-ce pas que, dans cette modulation, il y a le « lait de 1 humaine tendresse )) ?"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "595", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.7", "texte": "SAINT-SAENS\n\nC'est pur, racinien, digne de Praxitèle et de Raphaël, plus pénétrant que la\ncélèbre page : Mon cœur s ouvre à ta voix...\nAh ! verse-moi l'ivresse !...\nOui, Saint-Saëns est un tendre ; il l'est même avec ingénuité, et si j'osais\nrisquer ce mo ten parlant d'un membre de l'lnstitut je dirais qu'il est (( enfant ».\nj'entends par là qu'il n'a aucun effort à faire, malgré son savoir, sa grande cul-\nture et son extrême habileté technique, pour se replacer, comme le doivent tous les\nartistes, dans Y état de nature. Il joue souvent avec sa propre sensibilité, et s'a-\nmuse aux (( bagatelles », ce qui est un trait bien français et parisien, —mais le\ncœur est chez lui très humain, et complet. Il arrive ceci : c'est qu'au lieu de con-\nsidérer les passions réelles comme le modèle dont l'expression doit absorber\ntoute la puissance de l'art musical,— ainsi que le fît Berlioz, Saint-Saëns\nparaît considérer la musique elle-même, en soi, comme une fin, et s'esjouir en elle\npar une sorte de dilettantisme génial. Pour remplir le cadre d'une symphonie, il\nn'a pas besoin d'y traîner, encore tout chauds et frémissants, les épisodes de la\n(( vie d'un artiste » ; d'un élégant coup d'aile, il s'élève au-dessus des régions de\nmisère où peine l'homme banal, et il s'affranchit; ne dites pas qu'il ignore les\npassions : il en suit une qui domine toutes les autres, la passion de la musique.\nS il s'applique, d'aventure, à étudier et à rendre tel sujet défini, c'est comme\npour faire, accessoirement, l'essai piquant d'une force qui a son principe ailleurs\net plus haut que le paysage et les accidents de la route.\nLa musique a ceci de délicieux et de vraiment noble, qu'elle donne à l'esprit la\npleine conscience de sa liberté. Elle est affranchie de l'espace et de la pesanteur ;\nelle constitue un monde à part, où se joue une sorte de dynamisme intellectuel\nqui crée des réalités nouvelles. Or, dans ce monde, nul n'est plus libre, nul n'est\nplus chez soi que Saint-Saëns ; il y prend ses ébats avec la même aisance que\nle poisson dans l'eau ou qu'une abeille dans un verger. Ce plaisir de supprimer\ntoute attache et toute entrave, cl aller où l'on veut en changeant vingt fois de\nroute, de revendiquer sa personne et de supprimer les limites, est chez lui le\ntrait essentiel et caractéristique ; il le goûta d'abord comme virtuose et comme\nimprovisateur ; il l'a trouvé ensuite dans la grande composition. Il me\nsemble qu'à la lumière de cette simple idée, bien des choses s'expliquent.\nEtre parfaitement libre, c'est pouvoir tout se permettre. Saint-Saëns a donc\ntouché à tous les genres, mais sans se fixer sur aucun. Il n'imitera point la\nméthode de Wagner, qui commence par dire : (( Je donnerai un théâtre à mon\npays », et qui, avant d'écrire la Tétralogie, fait de l'hydrothérapie, se soumet à\nun régime ((pour avoir la santé parfaite » et se met enfin à sa formidable besogne\navec la patience d'un bœuf géant qui aurait à labourer un espace de trente kilo-\nmètres carrés ; agir ainsi, c'est se rendre esclave. Saint-Saëns glisse sur les\nformes de la vie au lieu de s'installer à demeure, en s'aliénant, dans l'une d'elles.\nIl lui faut de l'imprévu ; il aime les renouvellements ; il ne se pique pas plus de\nlogique et de suite, dans ses mouvements, que le Silvain de la Légende des Siècles,\nlâché en pleine Arcadie de printemps. Pour la même raison, il butine dans toutes\nles Ecoles et dans tous les styles : tour à tour, il sera Bach et Roselin, Mendels-\nsohn et Liszt, Meyerbeer, cent autres maîtres dont il devient l'égal, par diver-\ntissement. Cette indépendance qui veut être complète dans les actes comme elle"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "596", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.8", "texte": "SOIRÉES DE GALA\n\nl'est dans les aptitudes et qui ramène toutes les émotions concrètes à une maî-\ntrise spéciale de l'esprit, produit ce je ne sais quoi de vif, de léger, de jaillissant\net de charmant, qui est la grâce ; et quand on a prononcé ce mot divin de\n(( grâce )), (songez au chœur Printemps qui s avance, dans Samson,) on n'est pas\nloin d'avoir suggéré l'idée exacte de l'auteur de Proserpine qui est, ici romanti-\nque, là classique, et partout lui-même. Enfin, la liberté parfaite ne va pas sans\nun grain de folie; elle se prouve à elle-même sa propre puissance, ensachant\nsecouer, à l'occasion, le joug d'une raison un peu triste : de là la tendance\nde Saint-Saëns (constatée dans certaines séances intimes plus encore que dans\nses compositions) vers la charge et la parodie...\nMa conclusion, on le voit, n'est plus un point d'interrogation, mais, avec un\nsincère mea culpa, un hommage rendu au grand compositeur qui, à l'aide de la\nmusique, nous fait mieux apprécier que personne ce noble privilège : la liberté\ncréatrice de l'esprit, et la pleine joie éprouvée dans la conscience de cette liberté.\n\nJULES COMBARIEU.\n\nSoirées de gala. Souvenirs du séjour à Paris du Roi\net de la Reine d'Italie.\nLES ARTISTES ET LE PUBLIC OFFICIEL.\n\nC'est une très grosse affaire que ces soirées en l'honneur d'un souverain ;\nelles sont données par le Président de la République, mais effectivement organi-\nsées par le Ministère des Affaires étrangères, après entente avec l'ambassade\ndu pays dont on reçoit le représentant, et avec le concours de l'administration\ndes Beaux-Arts. Pour la rédaction des programmes, le choix des œuvres, des\ncompositeurs et des interprètes, il faut que l'accord s'établisse, comme pour\nune question internationale, entre plusieurs départements, et, en outre, avec la\ndirection et le personnel artistique des théâtres officiels. La correction du\nProtocole, la courtoisie de l'Elysée, la diplomatie du quai d'Orsay, ont à résoudre\nune multitude de questions fort délicates ; et quand le programme est établi,\néquilibré, minuté, et qu'on y a inscrit certains noms qui s'imposent, par\nexemple ceux de Saint-Saëns et de Massenet, pour la musique, les grosses\ndifficultés commencent : il ne s'agit plus, en effet, que de faire la salle, d'arrê-\nter la liste des invités, en tenant compte de toutes les situations (présentes et\nanciennes), et en ne froissant personne. Le nombre des anciens ministres à placer\nconvenablement, pour ne citer que ce fait, est, je crois, de 45.\nConsidérées au point de vue des artistes, ces soirées ne sont pas moins une\népreuve redoutable. Ce n'est pas que les meilleurs sujets de nos théâtres éprou-\nvent quelque appréhension à se produire devant deux chefs d'État, une Reine, le\npersonnel diplomatique au grand complet, chamarré d'uniformes éblouissants,\net tout ce que Paris, dans le monde des arts, des lettres et des sciences, compte\nde plus distingué. Un pareil auditoire leur donne peut-être quelque émotion\nsecrète, mais j'ose dire qu'ils en triomphent ; ce qu'il y a de vraiment ardu, c'est\nde toucher et de dérider ce public exceptionnel, de le faire sortir de sa gravité\nofficielle, de lui arracher un applaudissement, une marque d'admiration vive et\nsincère. Les meilleurs y échouent."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "597", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.9", "texte": "SOIRÉES DE GALA\n\nC'est à ce dernier point de vue que je m'étais placé, avec une sympathie très\npartiale pour les artistes, en suivant le concert qui a été donné à la Présidence\nde la République, dans la très belle salle des Fêtes du palais de l'Elysée, le 14 du\nmois dernier, devant le Président de la République et Mme Loubet, le Roi et la\nReine d'ltalie. Fugère, commence par dire deux mélodies : Plaisir d amour, de\nMartini, et Les Vieilles, deLévadé. Evidemment, l'excellent artiste a pensé qu'au\nlieu de donner de la voix et de se livrer à une mimique expressive, il valait mieux\nphraser gentiment quelques jolies et menues choses. Il chante en demi-teinte,\nd'ailleurs avec un art consommé. Il se retire sans qu'une seule marque d'appro-\nbation ait été donnée ; et, à ceux qui ont l'habitude de nos théâtres du boulevard,\nce silence donne l'impression d une lacune un peu pénible. Mme Marguerite Carré,\nla charmante femme du Directeur de l'Opéra-Comique, succède à Fugère, sans\nintervalle appréciable : elle dit, de façon exquise, la Berceuse de Jocelyn (B. Go-\ndard) et Mattinata de Paolo Tosti. Le résultat est le même. Mme Bartet vient\nréciter, avec un naturel délicieux et une grâce parfaite, la poésie de Victor\nHugo : Lorsque Venfant parait, et se retire après avoir fait une révérence royale.\nLe résultat n'est pas différent. En outre, pendant qu'elle est sur l'étroite scène\nencadrée de fleurs et de verdures, il ya, entre la salle des Fêtes et l'autre salle\noù est dressé le buffet, des diplomates, des officiers qui, étant debout et ne pou-\nvant guère entendre, s'entretiennent tranquillement et ajoutent un murmure en\nsourdine à la voix des artistes, sans que personne songe, on le devine, à leur\ndemander le silence. A Mme Carré succède M. Clément, le ténor de 1 Opéra-\nComique, dont la voix est jeune, fraîche, pleine de charme (bien que, dans les\npassages de douceur et dans le pianissimo, elle tremble un peu...). Celui qui\nl'accompagne au piano, pendant qu'il chante le (( Tournoiement )) de Saint-\nSaëns, est un musicien qui, à lui seul, suffirait à enlever, partout ailleurs, un\nbruyant succès d'enthousiasme :\nVous n'imaginez pas avec quelle légèreté de doigts et quelle précision ce rythme\nest marqué ! le pianiste n'est autre que Saint-Saëns lui-même. Il n'obtient pas\nplus de résultat extérieur et appréciable que Fugère et les autres. Même obser-\nvation pourMlle Bréval et pour Réjane, qui dans la comédie de Lolotte montre\nsa verve et son esprit parisiens. Celui qui, ostensiblement, déride l'auditoire —et\nceci demande une explication c'est Cadet, avec son monologue : Moderne.\n« Qu'est-ce que c'est qu'être moderne ?... c'est être dans le train, et empêcher les\nautres d'y monter .. c'est avoir beaucoup d'argent. Quand on n'a pas beaucoup\nd'argent, on n'existe pas... En peinture, pas de dessin, pas de choses inutiles !\ndes taches de couleur... En sculpture, vous donnez trois coups de poing dans la\nterre glaise : deux pour les yeux, un pour la bouche, et vous êtes moderne. En\nce moment, tenez, vous m'écoutez ; vous n'êtes pas modernes ! Vous devriez dire :\nc est idiot ! sansm'avoir écouté », etc. Je cite de mémoire ce morceau d'éloquence;\nil a fait rire. Est-ce à dire que le monde officiel n'apprécie pas l'art sérieux et"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "598", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.10", "texte": "SOIRÉES DE GALA\n\nn'aime que la gaudriole ? non ; le monde officiel a trop souvent l'occasion d'en-\ntendre des artistes pour n'avoir pas un goût éclairé, formé, en dehors de la\nculture générale de l'esprit, par une expérience presque journalière ; seule-\nment, il est maître de ses nerfs et de son imagination ; il est habitué à\ndominer sa sensibilité ; il obéit à des raisons de haute convenance en ne préju-\ngeant pas la valeur d'une œuvre ou de ses interprètes, et en laissant à celui qui\npréside la réunion le soin et la liberté de donner le signal des marques de\ncontentement. Or, celui qui occupe le premier fauteuil est obligé de mesu-\nrer ses paroles et ses gestes. Enfin, le monde officiel nous montre, par voie de\ncontraste, combien sont factices et suspects les bravos coutumiers du théâtre.\nDans les applaudissements qui ébranlent les salles du boulevard, un soir de\npremière, quelle part convient-il défaire à l'admiration vraie, et au zèle des\namis, à l'affreuse claque ? Quant au rire provoqué par Coquelin cadet, il est,\ncertes, très mérité, mais d'ordre physiologique : il ressemble à l'inévitable cris-\npation altérant les traits d'un visage qu'on chatouillerait avec une plume de paon.\nCes observations s'appliquent aussi à la soirée de gala qui fut donnée le len-\ndemain à l'Académie nationale de musique, avec beaucoup d'éclat. Ce fut d abord\nun beau et rare spectacle de voir la charmante Reine d'ltalie monter, au bras\ndu Président de la République française, les marches de cet incomparable esca-\nlier de l'Opéra dont la somptuosité vénitienne est un cadre si bien approprié à\nde telles solennités. Dans 1 Odyssée, Ulysse rencontrant la jeune Nausicaa, lui\nparle ainsi : «Es-tu mortelle, ou déesse ? A Délos, j'ai vu autrefois un palmier\nàla tige élancée qui ombrageait l'autel d'Apollon ; tu lui ressembles par la\ntaille... )) Ce souvenir homérique m'est revenu à l'esprit en voyant Sa très gra-\ncieuse Majesté la Reine Hélène, qui est grande, brune, et d'une grâce souriante.\nDans la salle, il y eut, pour la première partie de la représentation, une tem-\npérature un peu insolite, toutes les places étant occupées jusqu'aux gradins les\nplus élevés ; mais cet inconvénient fut bientôt corrigé, et rendit plus appréciables\nles deux buffets installés dans les couloirs.\nC'est encore Coquelin cadet et son camarade Trùffier qui, dans le Bourgeois\ngentilhomme, et pour la raison que j'ai dite, ont arraché aux auditeurs quelques\ninévitables et instinctives manifestations. Mais les autres artistes n'ont pas été\nmoins appréciés, avec, çà et là, quelques réserves.\nM.Alvarez paraissait dans Aïda (IIe acte). La dernière soirée de gala où je\nl'avais entendu est celle de Covent-Garden, lors du voyage du Président en\nAngleterre. Alvarez y chanta le deuxième acte \"de Carmen, et j'ai encore dans\nl'oreille une erreur d'interprétation, une faute de goût dont je fus franchement\nchoqué. On connaît cette scène oû Don José rappelle à Carmen combien il l'a\naimée :\nTu n'avais qu'à paraître,\nQu'à jeter un regard sur moi,\nPour t'emparer de tout mon être,\nO ma Carmen ! Et fêtais line chose à toi.\nBizet a écrit :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "599", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.11", "texte": "JEAN TITELOUZE\n\nMais Alvarez disait :\nIl n'y a pas eu de faute semblable à lui reprocher dans Aïda. MM. Noté et\nGresse ont fait admirer une fois de plus le pur métal de leur voix (bien qu'il y\nait eu, plus d'une fois, un peu d'hésitation). MII(3S Bréval et Flahaut ont conve-\nnablement représenté le chant français ; de M. Chambon, j'aime mieux ne\nrien dire.\nQuelques auditeurs difficiles ont souri envoyant au programme la Maladetta ;\nmais M. Gailhard n'a certainement pas cédé à un banal sentiment d'amour-\npropre en demandant la reprise d'une de ses œuvres : il a tenu à montrer à nos\nhôtes royaux deux étoiles admirables, MUes Zambelli et Sandrini, et il aeu par-\nfaitement raison. Les deux célèbres danseuses, dans les rôles de Lilia et de la\nFée des neiges, ont été un enchantement pour les yeux : et tant pis pour ceux qui\nn'apprécient pas à sa juste valeur, comme elle le mérite, la très agréable musique\nde M. Paul Vidal !\nUne dernière observation ! Il est regrettable que les chanteuses ayant à pro-\nduire leur talent dans de pareilles fêtes choisissent, d habitude, quelques pages\nd'un opéra contemporain où il y a plus de déclamation que de chant véritable,\nau lieu d'exécuter un de ces brillants morceaux où il y a des vocalises, des\npoints d'orgue, trilles, notes piquées, etc..., en un mot, tous les agréments et\ntoutes les difficultés du métier. Ces morceaux-là sont parfaitement déplacés dans\nun drame lyrique ; ils seraient tout à fait de circonstance dans une soirée de\ngala. Mais où sont, aujourd'hui, les chanteurs ou les chanteuses qui seraient\ncapables de nous donner ce régal spécial ? Si le règne de la vocalise est fini,\nce n'est pas seulement parce que notre conception présente de l'opéra le veut\nainsi.\n\nX...\n\nJean Titelouze (1563-1633). — Un précurseur. — L'art primitif\nde la composition pour l'orgue.\nALEXANDRE GUILMANT et ANDRÉ PIRRO: Archives des Maîtres de l'Orgue.\n\nŒuvres complètes de Jean Titelouze. Paris, 1903, Durand et fils.\nIl fut un temps où les compositeurs de musique se désintéressaient complè-\ntement de l'histoire de leur art ; où un élève du Conservatoire, en possession\nde ses diplômes et de ses recettes pour construire une bonne fugue ou un\nfinale cl'opéra, ignorait paisiblement Rameau, Couperin ou Josquin Deprès (ses\nvrais ancêtres cependant), connaissait mal Beethoven et ne voyait dans l'œuvre\nde Bach qu'un utile recueil d'exercices. Aujourd'hui le passé a repris ses droits :\non sait que nulle règle d'école ne vaut renseignement des œuvres ; et c'est le\nculte des maîtres anciens de la musique française, de Rameau en particulier,\nqui fait, en grande partie, la force et l'indépendance de la musique française\nmoderne. Il y a plus: quelques-uns de nos compositeurs, et non des moindres,\nun Vincent d'lndy, un Saint-Saëns, consacrent une partie de leur temps et de"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "600", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.12", "texte": "JEAN TITELOUZE\n\nleur talent à relever les monuments oubliés de notre art et à les restaurer :\non peut lire, aujourd'hui, des éditions signées de ces noms illustres ; grand et\nbel exemple d'oubli de soi-même et de respect pour les chefs-d'œuvre ! Je ne crois\npas m'avancer beaucoup en affirmant qu'une telle entreprise était au-dessus des\nforces intellectuelles comme des forces morales d'un Adolphe Adam.\nParmi ces musiciens érudits et philologues qui caractérisent si heureusement\nnotre époque, il faut faire une place à part à M. Alexandre Guilmant. Les\nArchives des Maîtres de l'Orgue, publiées en fascicules depuis 1896, sont l'hom-\nmage ému d'un maître à ses obscurs devanciers, un Raison, un Gigault, un\nClérambault, à tous ces organistes français qui s'efforçaient de donner à leur\ninstrument un style qui lui fût propre. En même temps, c'est une publication\nd'une haute valeur scientifique, où les textes sont rigoureusement respectés, où\ntoute correction reconnue nécessaire est signalée par une note, où chaque\nrecueil enfin s'accompagne d'une Notice biographique qui reconstitue l'homme et\nson milieu : ces Notices sont l'œuvre de M. A. Pirro, dont nos lecteurs pouvaient\napprécier récemment le savoir et le goût délicat (1).\nJean Titelouze, dont l'œuvre paraît aujourd'hui en volume, est le plus ancien\nde ces vieux maîtres : il est né en 1563, à Saint-Omer, sur cette terre de\nFlandre à qui la France doit un si grand nombre d'excellents musiciens. Sa\ncarrière entière se passa à Rouen, où il fut organiste de Saint-Jean dès 1585,\net de la cathédrale en 1588. Il fut nommé chanoine en 1610, et devint un des\nhommes importants de la ville, fort réputé comme compositeur, lettré d'ailleurs,\nauteur de vers qui valent ceux des recueils du temps, consulté par le P. Mersenne\ncomme une autorité en la question des modes et de leurs effets moraux (2), loué\nenfin par le bel esprit Saint-Amant (3) :\nSi Pan eût su ce que tu sais,\n. Oh ! qu'en ces glorieux essais\nDes chalumeaux contre la lyre,\nApollon, ce divin sonneur,\nEût cédé bientôt au Satyre\nLe prix, le mérite et l'honneur !\nTu charmes si bien les mortels\nLorsqu'ils vont devant les Autels\nRendre leurs plus dévots hommages,\nQue sans certains tours d'yeux qu'ils font\nOn les prendrait pour des images,\nOu ces pierres pour ce qu'ils sont...\nLe recueil de M. Guilmant comprend deux œuvres distinctes : le livre des\nHymnes de VEglise, qui parut chez Pierre Ballard en 1623, et le Magnificat\n(1626) Ce sont là de vrais incunables de la musique d'orgue, puisque le premier\nlivre des Toccate e partite de Frescobaldi est de 1614, que les Recercari e\nfrancese sont de 1615, et que Samuel Scheidt n'a publié qu'en 1624, à\nHambourg, sa Tabulatura nova. Titelouze témoigne lui-même, d'ailleurs, de\nla nouveauté de sa tentative (4) :\n\n(1) Revue du ior octobre 1903.\n(2) Lettres de Titelouze à Mersenne du 2 mars et du 9 août 1622.\n(3) Préface au livre des Hymnes, p. 6.\n(4) Préface au livre des Hymnes, p. 3."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "601", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.13", "texte": "JEAN TITELOUZE\n\nOr ce qui m'a encore davantage incité de donner ce petit ouvrage au public, a été\nde voir des volumes de tablature de toute sorte d'instruments imprimés en notre\nFrance ; et qu'il est hors de la souvenance des hommes qu'on en ait imprimé pour\nl'Orgue, instrument le plus accompli tant du genre pneumatique que des autres\ngenres... (1).\nIl s'agit donc pour lui de créer un genre de musique nouveau. Quels seront ses\nmodèles et ses principes? Léchant liturgique le guidera tout d'abord : en effet,\nl'orgue a pour mission unique, à cette époque, de dialoguer avec le chœur des\nchantres, ou de lui donner des préludes : c'est à cet usage que font allusion ces\nvers de Titelouze :\nQu'entends-je ?ô Dieu, quel motet angélique\nM'emporte l'âme en ses charmes nombreux ?\nQuoi ! ce bel orgue au ton du chœur réplique\nGomme un écho, et semble qu'un cantique\nSe donne en prix à qui chantera mieux [2).\nAussi Titelouze reste-t-il toujours fidèle aux tonalités grégoriennes ; souvent\nmême il laisse apparaître, à la basse, le thème liturgique sur lequel il construit\nson contrepoint : si bien que son œuvre nous renseigne sur les altérations que\nle plain-chant avait subies dès son époque : car il se conforme rigoureusement\nà l'usage, même lorsqu'il le désapprouve (3). Mais le thème fourni parla litur-\ngie n'est que la matière sur laquelle l'imagination du compositeur doit s'exercer.\nPour la mise en œuvre, il ne manquait pas de modèles : et les compositions\nvocales de Roland de Lassus, Guerrero, Claudin Le Jeune, du Caurroy,\nétaient encore exécutées par la maîtrise de Rouen ; et ainsi l'art naissant put s'in-\nspirer des chefs-d'œuvre d'un art arrivé au dernier degré de sa perfection\nLe principe de la polyphonie vocale est le contrepoint, c'est-à-dire la com-\nbinaison de mélodies indépendantes, dont le concours produit des accords. L'in-\ndépendance des mélodies est elle-même tempérée par le principe de l'imitation,\nselon lequel une partie doit reprendre la mélodie qu'une autre partie vient de\nquitter ; lorsque l'imitation est rigoureuse, elle prend le nom de canon ; en\npassant d'une partie à l'autre, la mélodie se trouve transposée d'une octave, ou\nd'une sixte, ou d'un intervalle quelconque ; le canon à la quinte, s'il est disposé\nde manière à éviter toute modulation, s appelle une fugue. Il existe d'autres\nprocédés d'imitation plus raffinés : *on peut prendre la mélodie à rebours, ou\nen renverser tous les intervalles, comme clans un miroir. Enfin l'imitation libre\nreproduit seulement les contours généraux d'un motif.\nLa superposition des mélodies produit l'harmonie, qui est en principe conso-\nnante ; mais les maîtres du xvie siècle avaient su varier leur trame harmonique\npar un emploi déplus en plus étendu de la dissonance. Les derniers venus, et\nles plus grands de tous, Roland de Lassus, Palestrina, Costeley, ne craignaient\nmême pas les altérations chromatiques, qui donnent un accent pathétique ou\n\n(1) Préface au livre des Hymnes, p. 4.\n(2) Cité par M. Pirro dans sa Notice, p. xm.\n(3) «J'avoue qu'il serait à désirer qu'en deux ou trois de ces hymnes les modes ou tons de l'Eglise\nfussent mieux observés, comme nous ferons en des ouvrages libres ; mais le plain-chant reçu de\nlongtemps en l'Eglise étant mon sujet, me contraint d'y conformer les fugues et contre-point. ))\nPréface au livre des Hymnes, p. 3."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "602", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.14", "texte": "JEAN TITELOUZE\n\nmélancolique, fort recherché à cette époque où la musique tendait vers l'expres-\nsion. Mais l'emploi de ces altérations était limité par la difficulté de 1 intonna-\ntion vocale.\nCette difficulté n'existe plus pour l'orgue, ainsi que le remarque Titeiouze\nlui-même : un intervalle de triton ou de quinte augmentée, une succession\nindéfinie de demi-tons se frappent aussi aisément sur le clavier qu'une quarte\njuste ou une gamme diatonique. Il était donc à craindre que, libéré de toute\nentrave, le compositeur n'entassât sans mesure altération sur altération, ainsi\nque le firent quelques-uns cle ses successeurs, et Frescobaldi lui-même, dans sa\nToccata cromaticha per VElevaajone (1635). H n'en est rien. Titeiouze se permet les\ndissonances, comme « le Peintre use d'ombrage en son tableau pour mieux faire\nparaître les rayons du jour et de la clarté», mais il emploie sobrement les inter-\nvalles chromatiques ; et l'imitation devient le principe fondamental de son style,\nlogique avant tout.\nTantôt cette imitation est libre, et se joue dans les parties supérieures, tan-\ndis que le chant résonne à la basse ; ainsi dans cette pièce construite sur le Veni\nCreator (p. 18) :\nCe contre-sujet animé, qui sort du grave plain-chant, est d'un bel effet : avec\nune richesse d'invention et une liberté supérieures, Bach ne procédera pas autre-\nment dans ses Chorals A orgue.\nAilleurs un canon à l'octave se poursuit d'un bout à l'autre du morceau\n(p. 22) :\nOu bien le style fugué apparaît, en toute sa majesté (Ave maris Stella, p. 42) :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "603", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.15", "texte": "JEAN TITELOUZE\n\nVoici enfin un motif qui, déjà intéressant par son altération chromatique, est\nl'objet d'un travail des plus curieux (Magnificat, p. 105).\nSi l'on voulait répondre selon les règles de la fugue à cette phrase comprise\nentre la tonique (ré) et la dominante (la), il faudrait aller de la dominante à la\ntonique :\nMais Titelouze préfère renverser le motif : la tierce mineure, prise au-dessous\ndure, donnera: un si ; la tierce majeure, un si t> ; la quinte (toujours en dessous)\ndonnerait un sol, qui sera remplacé par un la afin de rester dans le ton :\nC'est ce thème qui va être combiné avec le premier, dans une fugue à quatre\nvoix, d'une harmonie ample et riche, où le caractère opposé du sujet et de sa\nréponse produit un dialogue fort émouvant :\nTitelouze, qui aimait son instrument, en a donc bien compris le caractère\nessentiel : la gravité volontiers un peu sombre et sévère, la dignité, la force. Il\nne s'est pas égaré en de frivoles imitations du clavecin ou du luth, il n'a pas\ncherché, au hasard, des harmonies nouvelles. Il s'est inspiré de la musique reli-\ngieuse de son temps, c'est-à-dire du plain-chant et des œuvres polyphoniques ;\net l'on comprend l'enthousiasme des contemporains devant ces savantes con-\nstructions, qui imitent la richesse des architectures vocales, avec quelque chose\nde plus solide, de plus rigoureux, de plus impersonnel, comme il convient à\nl'instrument qui tire\nD'un sourd métail une grande harmonie (i).\nPour l'excellent exemple qu'il donna par là à ses successeurs, Titelouze mérite\nd'être compté, au même rang que Frescobaldi et Scheidt, parmi les fondateurs\ndelà musique d'orgue ; et il faut louer sans réserve MM. Alexandre Guilmant et\nA. Pirro d'avoir tiré son nom de l'oubli.\n\nLOUIS LALOY.\n\n(i) Vers de Titelouze cité par M. André Pirro dans sa Notice, p. vm."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "604", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.16", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles.\n\n—■ Fantasque (caprice pour piano), lie bleue (mélodie, poème\nde Maurice Bouchor), Une autre (id., paroles d'Armand Silvestre), Pulcinellata\n(pour piano), l'Absente (mélodie, paroles de Silvestre), Musette, Au bord du Ruis-\nseau., chez Enoch, 27, boulevard des Italiens. — C'est sans doute une grande\nqualité, chez un compositeur, de n être asservi à aucune routine, d'avoir l'esprit\nentièrement libre, et de chercher des formules nouvelles, comme le fait M. I. de\nCamondo dans ces compositions très « modem style )) qui plairont aux admira-\nteurs de M. Albéric Magnard. L'auteur s'est appliqué avec un soin remarquable\nà éviter tout ce qui donne de la clarté au rythme et à la pensée, tout ce qui charme\nl'oreille commune, tout ce qui serait suspect de naïveté dans le sentiment. Son\n(( Ruisseau )) ne ressemble en rien à celui sur lequel se pencha Narcisse, et son\n(( Ile bleue )) est plutôt très grise, tout embrumée de dissonances étranges. Le\npianiste qui lit et essaye de jouer ces poèmes est parfaitement ahuri ; il ne trouve\nmême pas, çà et là, ces brèves éclaircies de vraie mélodie qui, selon le mot de\nSchumann, sont la halte sous les palmiers après la marche sur les sables. Y\na-t-il dans ces œuvres autre chose qu'une recherche un peu pénible de la singula-\nrité ? Je veux croire que M. de Camondo est sincère, et, s'il a une personnalité,\nje la respecte. Je lui reproche cependant d'aimer la tache de couleur descriptive\nplus que l'idée musicale, et la ligne torturée plus que la ligne droite, courbe,\nou brisée ; je lui reproche surtout de demander souvent au piano des effets de\ntimbres que l'orchestre seul pourrait réaliser avec quelque agrément. Tel ce\ndébut de (( l'Ile bleue )) où des accords de septième, renversés, altérés et\narpégés, représentent (?) la couleur bleue :\nJe lui reproche d'abuser des contrastes, des pp. subito, voire des p.p.p.p., des\nmodulations enharmoniques, de certaines formules emphatiques et un peu vides\n(péroraison de Fantasque), de la virtuosité pianistique, enfin des indications de\nnuances. La vraie musique n'a pas besoin de gloses intercalées entre les portées ;\nM. de Camondo les prodigue cependant et laisse ainsi apparaître c'est un\ncritérium qui trompe rarement— sa préciosité : Stridente, giocoso, deciso, ardito,\nagitando, vibrato sic),mormorendo, cillargando e vibrato, espressivo ma capriccioso,\nstrepitoso,... estinto pesante, delicato, tutta forza, etc... Ces mots se lisent\npresque à chaque page, à côté d'indications en français: plus douloureux, lourde-\nment, etc... On trouve même celle-ci : rythmé ! Pourquoi pas cette autre : musical ?\nTout ce commentaire est inutile, et rappelle certaines musiques écrites pour les\nsublimes poèmes du Sâr Peladan. Un homme du monde qui va dire un joli mot\nn'a pas besoin d'avertir, au préalable, qu'il va montrer beaucoup d'esprit ;il en\nest de même pour le compositeur ;sa musique parle pour lui :et si telle phrase\n\nI. DE CAMONDO."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "605", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.17", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\nR. M.\n42\n\nest (( passionnée )), (( ou délicate », ou « enjouée », il n'a pas besoin d'y mettre\nune étiquette. Ce qu'on lui demande avant tout, ce sont des idées mélodiques.\nMalgré ces réserves, la musique de M. I. de Camondo est intéressante et rare ;\nelle témoigne d'une grande habileté d'écriture et doit être considérée comme un\ndocument dans l'évolution du goût contemporain. J'ajoute qu'un pianiste de\npremière force, absolument maître de son instrument, pourrait seul en donner\nune exécution convenable.\n\nJ. C.\n\nJ. J. Mouis.— Méthode musicale commatique. Transposition instantanée (chez\nhauteur, Chalon-sur-Saône). L'auteur a pris un brevet pour son invention, et sa\nbrochure, précédée de certificats élogieux, a un peu les allures d'un prospectus\npromettant des merveilles : lecture immédiate de toutes les notes, —suppression de\ntoutes les clefs, transposition instantanée de toute musique, durée des études\nmusicales réduite au quart, etc., voilà quelques-uns des bienfaits que nous\nannonce M. Mouis. Sa méthode, qui ne manque pas d'ingéniosité, est d'une sim-\nplicité enfantine, et plus d'un commençant a dû la pratiquer déjà, instinctivement.\nElle consiste à enseigner les notes en prenant pour base les touches du clavier de\npiano, au lieu de la portée de cinq lignes ; elle substitue, dans la première leçon,\nun point de départconcret à un point de départ abstrait. Quant à la transposition,\nqui est l'âme du solfège et de la composition musicale, elle se fait de la manière\nsuivante : on juxtapose verticalement deux dessins sur chacun desquels est repré-\nsentéehoctavedupiano, avecses touches noires et ses touches blanches. S'agit-il de\ntransposer d'un ton la suite: do mi fa % ? on reconnaît d'abord ces trois notes sur\nle premier dessin, et, à l'aide d'un trait horizontal, on les réunit aux notes qui\nsont placées un ton au-dessus des notes correspondantes dans le second dessin.\nJe me borne à dire que ce procédé mécanique pourrait rendre des services à\nceux qui, dépourvus cle sens musical, seraient obligés de transposer de la musi-\nque par écrit ; mais que fera l'exécutant, le pianiste, lorsqu'un chanteur lui\ndemandera, ex improviso, de transposer un ton plus haut ou plus bas ? Deman-\ndera-t-il du papier, une plume et de l'encre pour se livrer à son petit travail ? En\nsecond lieu, si on adopte un système pédagogique impliquant la suppression des\nclefs, comment fera hélève pour lire les œuvres des auteurs classiques ? Après\ns'être familiarisé avec le nouveau procédé, ne sera-t-il pas obligé d'apprendre\nl'ancien système, et cette dualité peut-elle aboutir à une (( simplification )) ?\nMéfions-nous des inventions qui rendent trop faciles les parties les plus délicates\ndes études musicales, et qui ne s'adressent qu'aux yeux en laissant l'oreille\ninactive.\n\nLES RR. PP. BÉNÉDICTINS DE SOLESMES.\n\n- Kyri aie, ou les chants ordinaires\nde la messe, en notation moderne. Tournai, Desclée, Lefebvre, 1903.\nCes chants sont ceux qui ne changent point de dimanche en dimanche : le\nKyrie, le Gloria, le Credo, etc... Ils ne figurent pas dans les plus anciens manu-\nscrits liturgiques ou y sont ajoutés en supplément. Le petit livre qui paraît aujour-\nd'hui n'est qu'un extrait et comme un spécimen d'un grand travail qui compren-\ndra tous les chants de la messe et des offices, transcrits en notation, moderne : il\nnous annonce que l'œuvre des Bénédictins n'est pas compromise par leur exil.\nCes traductions du plain-chant en notation moderne sont fort utiles, mais très\ndélicates aussi en ce qu'elles forcent à se prononcer sur la question du rythme.\nLes Bénédictins n'ont pas reculé devant cette difficulté ; adoptant pour unité la"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "606", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.18", "texte": "LA TOSCA\n\ncroche, ils indiquent les temps frappés, non par nos modernes barres de mesure,\nmais par des points : l'effet est exactement le même, mais la mélodie ne\nparaît pas sectionnée en compartiments étanches : on sait combien cette\nfâcheuse apparence a nui à notre musique. Quant à l'interprétation du rythme,\nelle est conforme aux théories du R. P. Mocquereau, dont nous avons déjà dit\nquelques mots au sujet des publications de M. Bas (1) ; nous y reviendrons.\n\nL. L.\n\nMonsigny.\nPierre-Alexandre Monsigny, dont nous publions plus loin une composition\nencore inédite, n'est guère connu de la plupart des amateurs que par un air\ncharmant de l'opéra Rose et Colas ( 1764). Sans être un compositeur de grande\nenvergure, il représente d'une façon aimable l'art lyrique français dans la seconde\nmoitié du xvine siècle.\nNé près de Saint-Omer le 17 octobre 1729, il fît ses premières études chez les\nJésuites de cette ville, étudia spécialement le violon et sentit naître sa vocation\nde compositeur en entendant ( 1754) la Serva Padrona de Pergolèse (opéra écrit\nen 1733 par le célèbre musicien napolitain). D'abord livré à lui-même et aussi\npeu pourvu que le Belge Grétry de connaissances théoriques, Monsigny, après\navoir été employé à la Chambre des Comptes du Clergé, à Paris, et nommé\nintendant de la maison du duc d'Orléans, n'apprit son métier qu'assez tard,\nsous la direction d'un Italien, Pietro Gianotti, alors contrebassiste à l'orchestre\nde l'Opéra, et disciple de Rameau pour l'enseignement.\nOn doit à Monsigny : les Aveux indiscrets, représentés en 1759 au théâtre de la\nfoire Saint-Laurent ; le Maître en droit, le Cadi dupé (1760), On ne s\" avise jamais\nde tout (1761), le Roi et le Fermier (1762), Aline, reine de Golconde (1766), Vile\nsonnante (1768), le Déserteur (1769), le Faucon (1772), la Belle Arsène (1773), le\nRendez-vous bien employé (1774), et Félix (1777), qui eut un très grand succès.\nA la mort de Piccini (7 mai 1800), il fut nommé Inspecteur des études au Con-\nservatoire, mais dut abandonner cette charge en 1802, à cause de l'insuffisance\nde son savoir technique. Il entra cependant à l'Académie en 1813, comme succes-\nseur de Grétry.\nMonsigny mérite l'attention de l'historien, non pas seulement à cause de sa\nfacilité mélodique assez remarquable, mais parce qu'il est un des créateurs de\nl'Opéra-Comique. L'Orage que nous publions plus loin est un des premiers du\ngenre.\n\nOpéra-Comique: La Tosca.\n\nLa Tosca fait de belles recettes à l'Opéra-Comique, et s'annonce comme un grand succès.\n(Voir aux Informations). Me voilà bien à l'aise pour en reparler.\nLa Tosca, comme je l'ai exposé clans le dernier numéro delà Revue musicale (2),\nest un mélodrame, et, malgré les librettistes qui l'ont adaptée, elle est restée\n\n(i) Revue du ier octobre 1903.\n(2, Numéro du 15 octobre."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "607", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.19", "texte": "LA tOSCA\n\nun mélodrame, c'est-à-dire quelque chose de peu lyrique et, par conséquent,\ndifficilement musicable.\nM. Puccini s'est tiré de l'aventure à force d'adresse. Il est certainement un\ndes compositeurs de la jeuneécole italienne avec lesquels on est forcé de compter.\nIl est plus qu'un compositeur, il est un homme de théâtre ; et ceci signifie qu'il\nsait traduire en musique une scène; il le fait avec une expression juste, avec le\nsentiment du pittoresque. Mais essayer de traduire des scènes d'action exté-\nrieure, de terreur physique, c'est chose difficile, pour ne pas dire impossible.\nAussi,pour souligner musicalement des situations théâtrales dont le tort est de\nn'être pas préparées (puisque les cinq actes du drame ont été réduits à trois\ndans l'opéra), est-il obligé de suivre la voie que ses collaborateurs lui ont tracée :\nsa musique est, si j'ose m'exprimer ainsi,de la musique de tachiste ; elle procède\npar brusques oppositions brutales. Elle recourt aussi aux moyens faciles, tels que\nles accompagnements de harpe, les successions de quintes et de sixtes. Elle a des\nempâtements subits quand l'action se corse, elle présente ensuite des unissons\nd'orchestre qui sont vraiment, aujourd'hui, un peu élémentaires.\nLe public n'y regarde pas de si près; il se laisse séduire par la mélodie, il\naime la clarté et déteste tâtonner dans l'imprécis. Et voilà pourquoi la Tosca\nest accueillie par des acclamations, par des bis qui semblaient d'abord des pro-\ntestations contre les goûts de la minorité que nous sommes.\nJe vais essayer de donner une idée de cette partition qui fait à la fois du bruit\net de la besogne, puisque les contrastes en sont violents et qu'elle souligne, sans\nen rien oublier, les grands et les menus faits de l'action.\nIl n'y ani ouverture ni introduction. Le rideau se lève sur trois accords qui\npourraient presque être un leitmotiv ; mais M. Puccini ne s'encombre pas de\nmonnaie wagnérienne. Angelotti entre sur des mesures syncopées, haletantes,\nauxquelles succèdent d'alertes petites phrases qui accompagnent l'entrée du sa-\ncristain. Quelques accords sinistres, des nuages dans cette gaieté, font présager\nles cruautés de Scarpia. Puis c'est un tourbillon de valse chantée et dansée par\nles enfants de chœur et le sacristain pour fêter la défaite de Bonaparte. J'avoue\nne pas être sensible au rythme facile de cette valse qui ne risque pas de rendre\nRodolphe Berger jaloux.\n. L'entrée de la Tosca et son duo avec Cavarodossi sont soulignés par des harpes\net un carillon ; les cordes et les bois se fondent en un unisson : « Mais quels yeux\nvalent tes yeux»... De l'orchestre monte, tutti formidable où se superposent\ndes cloches, des chœurs, l'orgue, un Te Deum, le tout formant un finale qui a\nl'air de monter à l'assaut du succès. L'effet est gros, mais l'oreille souffre de si\nlourdes sonorités !\nLe deuxième acte, très sombre, débute par des chœurs chantés dans la\nlisse, et une gavotte modulée par la flûte. Des pizzicati de contre basses nous\nindiquent que si on est gai dans la coulisse, on va voir de terribles choses sur la\nscène. Tout à coup les cuivres sévissent pour marquer l'horreur du supplice de\nGavaradossi, tandis que la flûte persifleuse module la cruauté ironique du tor-\ntionnaire Scarpia. La Tosca suppliante chante une romance d'expression très\nitalienne : D'art et ci amour je vivais toute ; et, après le meurtre de Scarpia, un\nlong mélodrame accompagne la pantomime de la Tosca. Ce mélodrame évoque\névidemment le souvenir de ritournelles entendues à l'Ambigu : il en a la tenué\net il s'adapte tout à fait à la situation."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "608", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.20", "texte": "LES CONCERTS\n\nAu troisième acte il faut noter un joli tableau : appels de cloches qui lancent\nleurs sonorités sur Rome endormie ; une suite de quintes accompagnent en un\ndoux bruissement cet habile effet de matin que M. Puccini a du reste employé\navec succès déjà dans la Bohême. Puis quatre violoncelles divisés chantent\npendant la rêverie de Mario. Voici, en si mineur, une de ces phrases mélodi-\nques : (( O doux baisers, délicieuse ivresse », qui sont le frémissement de 1 âme\nitalienne, plus même, de l'âme napolitaine. Le public bisse ces romances, et la\nphrase que chante le ténor en écrivant une lettre à la Tosca semble destinée à\nfaire le tour des ateliers où travailleront des âmes sentimentales.\nTandis que la Tosca et le peintre espèrent la liberté prochaine, un duo s'es-\nquisse sur des accords arpégés à trois temps : (( C'est pour toi que la mort m'était\ntriste », qui est long et finit mal, en un unisson sans accompagnement. Enfin la\nfusillade qui tue Mario détermine une rapide marche funèbre, et le rideau baisse.\nUne telle partition suit toutes les péripéties, toutes les phases du drame. Mais,\nà force de vouloir ainsi tout noter, elle devient touffue. Elle a un mouvement\nintense qui donne à la musique de M. Puccini comme le tremblotement d'un\ncinématographe.\nL'orchestration en est brillante. D'aucuns préféreront à cette Tosca si ouvragée\nla grâce naïve, l'ingénuité chantante de la Vie de Bohême ; ils n'auront peut-être\npas tort.\nL'interprétation n'a pas nui à l'œuvre; au contraire. Il est difficile de rêver une\nTosca plus dramatique, plus expressive que Mlle Claire Friché; la voix ade la\nchaleur, avec des caresses exquises et aussi des sonorités superbes dans le haut.\nM. Beyle (Cavaradossi) conduit avec goût sa jolie voix de ténor; il a joué\net chanté avec chaleur et émotion. M. Dufrane (Scarpia) joue ce personnage\nodieux avec la froideur voulue ; il l'a créé avec son organe de baryton si bien\ntimbré. M. Huberdeau est un Angelotti d'une effrayante conscience,et M. Delvoye\nun sacristain d'une gaieté fort avenante.\nUne mention spéciale est due aux décors de M. Jusseaume ; celui du dernier\nacte, notamment,la plate-forme du château Saint-Ange,avec,dans le fond, Sain-\nt qui graduellement sort de sa ouate de brume aux rayons du soleil levant,\nest tout à fait délicieux en sa tonalité d'abord cendrée, livide, puis rose, dorée...\nM. Albert Carré n'a rien négligé pour faire réussir la Tosca auprès du public ;\nles musiciens de toutes les écoles lui doivent de la reconnaissance pour la foi\nardente et convaincue avec laquelle il monte leurs œuvres. A l'Opéra-Comique\non pourra regarder la Tosca, alors même qu'on se lasserait d'en entendre la mu-\nsique ; encore faudra-t-il en écouter les chanteurs, qui méritent une bonne part\ndans les applaudissements du public.\n\nLOUIS SCHNEIDER.\n\n— Dimanche 18 octobre. — A l'occasion du cente-\nnaire de Berlioz, les concerts du Châtelet nous promettent, pour cette saison, le\ncycle presque entier de son œuvre. C'est justice. Personne n'a plus de droits à\nêtre célébré dans notre art que le précurseur de Wagner, de Liszt et de Ri-\nchard Strauss. Et personne n'a plus de droits à le célébrer que M. Colonne, qui\na été depuis trente ans son infatigable champion, et grâce à qui l'auteur de\nla Da mnation de Faust ouit à présent, à Paris, clune étonnante popularité.-^-\n\nConcerts Colonne."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "609", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.21", "texte": "LES CONCERTS\n\nLa Symphonie fantastique, qui était au programme du premier concert, est chère\naux musiciens allemands contemporains, parce qu'ils y voient sans doute le pre-\nmier exemple éclatant du genre qui fleurit maintenant chez eux :la symphonie\ndescriptive. Cette œuvre romantique, très inférieure, à mon sens, àsa célébrité,\ntrès inférieure surtout aux œuvres suivantes de Berlioz (sauf 1 ennuyeux Harold,\net Lélio, dont je ne parle pas), vaut principalement par la scène aux champs, pres-\nque digne de Beethoven, et par la scène finale, d'une énorme fantaisie burlesque\net macabre. L'exécution, un peu lourde, manquait de la verve diabolique qui\nconvient. Mais c'est qu'il est bien difficile pour ne pas dire impossible —de\nse remettre aujourd'hui dans l'état d'esprit anormal, et plus factice encore que\nmorbide, où l'oeuvre fut conçue. Le romantisme est mort, quoi qu'on fasse. Il\nn'en surnage plus que les œuvres, ou les fragments d'oeuvres, qui avaient une\nvaleur de sincérité profonde. Je doute que la Symphonie fantastique ait jamais\nété de celles-là. L'éclat deson style l'empêche toutefois de disparaître ; mais c'est\nune forme vide : l'âme n'y est plus.\nTrois jeunes artistes des concerts Colonne, premiers prix du Conservatoire\nen 1903, Mlle Jeanne Réol, MM. Ch. Arthur et A. Tourret, ont joué fortbrillam-\nment le Concerto ensof pour trois violons, de J.-S. Bach. Il est regrettable que la\npartie d'accompagnement, écrite originairement pour trois violoncelles et cem-\nbalo, ait été alourdie par l'arrangement pour orchestre.\nLa Symphonie avec chœurs a été assez bien jouée, et assez bien chantée par\nMM. Daraux, Dantu, Mlles de Nocé et Deville. Je reproche surtout à l'exécution\nde manquer de rythme et d'unité, d'être trop morcelée. Ce qui est chez Beetho-\nven le développement continu d'une pensée intérieure devient une suite d'effets\npurement extérieurs, d'oppositions de timbres, d'ombres et de lumières. Les\ntransitions entre les diverses parties de Y adagio ne sont pas assez délicates et\nmystérieuses. La fin pèche par l'insuffisance des masses chorales. Ils sont là 80\nou 100, qui chantent comme 4(4 qui ne chanteraient pas bien). Mais il faut se\nrésigner, et attendre sans doute, pour avoir des chœurs, le résultat des eflorts\nque l'on tente aujourd'hui pour former, dès l'école, une génération musicale qui\nsache enfin chanter. Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser de la traduc-\ntion de l'ode de Schiller par M. Boutarel. Elle n'a aucune exactitude, et elle n'est\npas française.\n\nROMAIN ROLLAND.\n\nDimanche 25 octobre.— L'impétueuse ouverture du Carnaval Romain de Berlioz\nest exécutée avec beaucoup de verve. Chaque fois que je l'entends, elle renou-\nvelle mon regret qu'aucun théâtre français ne songe à monter Benvenuto Cellini.\nUne œuvre si jeune, si ardente, si débordante de vie, de mouvement et d'esprit !\nDifficile à mettre en scène, sans aucun doute; mais cette difficulté même n'est-\nelle donc pas tentante pour un directeur artiste? Bien monté, l'acte du Carnaval\npourrait rivaliser d'effet avec les scènes de foule des Maîtres Chanteurs. Et\nmalgré quelques taches de mauvais goût, la partition renferme certaines des plus\npures inspirations de Berlioz. Pourquoi du moins les concerts n'en donnent-ils\npas des fragments plus importants : l'acte de la fonte, par exemple, avec l'admi-\nrable bouillonnement de 1 orchestre ?\nPelléas et Mélisande, suite d'orchestre de M. Fauré, est une tapisserie pâle,\npâle—on la voit à peine. Point désagréable, mais un peu indifférente."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "610", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.22", "texte": "LES CONCERTS\n\nLa guerre des concertos a recommencé. Une œuvre de M. Massenet en fut la\ncause. Pour cette fois, les concertophobes ont été écrasés. Non par la supériorité\nde l'œuvre, assurément. Elle est fort appliquée, et s'efforce presque à paraître\nclassique ; mais elle est bien vulgaire et surtout inutile. Heureusement pour elle,\nelle était parfaitement jouée par M. Diémer ; et comment oserait-on faire de la\npeine à cet excellent artiste ? Mais il ne faudrait pas renouveler trop souvent\nde semblables épreuves, et l'année promet d'être chaude pour les concertos.\n\nROMAIN ROLLAND.\n\nConcerts Lamoureux.\n\nC.\nDimanche 18 octobre. — M. Chevillard, qui\nrevient des fêtes de Berlin, organisées (ou désorganisées) en l'honneur de\nR. Wagner, a reçu le meilleur accueil de la part de son habituel public.Il a dirigé\npar cœur, avec une admirable sûreté de mémoire et de goût, la brillante\nouverture de Benvenuto Celiini et la Jeunesse d'Hercule, qui a obtenu, comme lui-\nmême, un très vif succès. M. A. Bruneau disait récemment que R. Wagner\nn'était plus, chez nous, le dieu du jour. Je crois, en effet, que sa conception du\nthéâtre n'est plus celle que suivent ou imitent quelques-uns de nos compositeurs\navancés, et que son style — d'ailleurs foncièrement classique — a été très\ndépassé à certains égards. On n'aurait pas cru, néanmoins, à un déclin de sa\nvogue, en voyant le grand nombre d'auditeurs et d'auditrices très élégantes\nqui remplissaient une salle trop étroite pour entendre le 3e acte du Crépuscule\ndes Dieux. Cet acte est d'ailleurs une merveille ; l'introduction descriptive (ruis-\nsellement du Rhin), le joli trio des nageuses et bétonnante marche funèbre\nl'imposent à l'admiration de tous. Quelle puissance et quelle couleur dans l'in-\nstrumentation de Wagner ! Son orchestre est plein sans surcharge, fort avec\naisance, prodigieusement mélodique, jamais brutal et dissonant de parti pris,\nrespectueux de la grammaire musicale, juste, discret dans la couleur, vivant\net léger; l'air et la lumière y circulent incessamment ; la dépense de force y\nest toujours réglée par l'idée à exprimer. — Les musiciens de M. Chevillard\nont été excellents, comme de coutume, sauf quelques défaillances peu impor-\ntantes. Dans la Jeunesse d'Hercule, quelques attaques ont manqué d'ensemble;\nainsi on a entendu, à deux reprises :\net, au début du Crépuscule, le corniste a manqué son si bémol :\nMais ce so,nt là de très légères fautes, rarement inévitables. —M. VanDyck a\nobtenu un très vif succès, bien que sa voix ait l'éclat clu soleil couchant plutôt\nque la fraîcheur du soleil levant.\n\nConcert du dimanche 25 octobre. • La symphonie en ré mineur\nde M. Witkowski (entendue pour la première fois en 1900 à la Société nationale)\nest une œuvre considérable où tout est digne d'estime, mais un peu diffuse et\nobscure, parfois agressive, et où l'émotion vraie est peu apparente, à travers les\nrecherches du style. On lui a fait un accueil assez bon.\nMme Kaschowska, qui soutenait le rôle difficile cle Brûnnhild, s'en est tirée avec\ntalent et autorité."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "611", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels. — Informations.\n\nM. HENRY ROUJON.\nJ. C.\n—• M. Henry Roujon va quitter dans quelques semaines la\ndirection des Beaux-Arts, et nous saisissons cette occasion de rendre hommage\nà l'éminent administrateur qui fut toujours pour nous et qui restera, nous l'es-\npérons bien ! un ami. Le jour où M. Roujon consentit à laisser poser ca can-\ndidature à l'Académie des Beaux-Arts, pour la succession de notre excellent et\nregretté ami Gustave Larroumet, il fut certain qu'on allait le perdre comme\ndirecteur ; et les faits n'ont pas démenti cette conviction : c'est ainsi que\nl'lnstitut vient de le désigner pour les fonctions de Secrétaire perpétuel. Doué\nd'une très vive intelligence, fort érudit dans la plupart des questions d'art,\nconnaissant parfaitement les artistes de son temps, excellent diplomate à\nl'occasion, plein de verve française, homme de cœur et d'esprit, de relations\ntoujours charmantes, M. Roujon s'est acquitté avec une supériorité réelle,\ndurant douze années environ, de fonctions particulièrement délicates. Il reçoit\naujourd'hui une haute récompense de son mérite, et nous l'en félicitons bien\nsincèrement, heureux de voir les honneurs aller à ceux qui les méritent.\n\nOn a prononcé, dans quelques milieux officiels, le nom de ceux qui ont fait\nacte de candidat pour succéder à M. Roujon : M. Sainsère, ancien chef de cabinet\nde M. Barthou, aujourd'hui au Conseil d'Etat (section des Travaux publics) ;\nM. Marcel, également du Conseil d'Etat (section des Finances); M. Couyba,\ndéputé, ancien rapporteur du budget des Beaux-Arts ; M. Pol Neveu, ancien atta-\nché au cabinet de M. Georges Leygues, aujourd'hui inspecteur général des Biblio-\nthèques... On nous affirme que M. Chaumié, ministre de l'lnstruction publique,\na l'intention de ne nommer le successeur de M. Roujon que quand la pension de\nretraite de ce dernier sera liquidée ; mais, dès maintenant, le choix du gouverne-\nment paraît arrêté; nous ne voulons pas avoir l'indiscrétion de le publier...\nM. Jules Combarieu, docteur ès lettres, membre du Conseil supérieur des\nBeaux-Arts, inspecteur de l'Académie de Paris et directeur de la Revue musicale,\nvient d être chargé d'inspecter les lycées de Paris au point de vue de l'enseigne-\nment de la musique. Au ministère de l'lnstruction publique, on est décidé à\n(( faire quelque chose )) pour l'enseignement du chant, et il en est grand temps.\nConseil supérieur dé Enseignement du Conservatoire national. Le Conseil\nsupérieur d'Enseignement du Conservatoire (section des études musicales) a été\nconvoqué le vendredi 30 octobre, à 5 heures, à la Direction des Beaux-Arts.\nL'ordre du jour pour la séance était ainsi fixé :\ni° Formation d'une liste de candidats pour l'emploi de professeur de chant, en\nremplacement de M. Crosti, atteint par la limite d'âge;\n20 Délibération sur les propositions du directeur du Conservatoire relatives\naux classes d'harmonie, fugue et solfège.\nSur les fonds d'un crédit spécial, le Conservatoire vient d'acquérir deux\nharpes chromatiques (système Lyon) destinées à la classe récemment créée pour\ncet instrument.\nM. le ministre de l'lnstruction publique vient d'accorder un hautbois (système\nGillet) aux succursales du Conservatoire de musique à Nantes et à Perpignan\nainsi qu'à l'Ecole nationale de musique de Bayonne.\nUne concession d'ouvrages a été accordée, sur les fonds de la Direction des\nBeaux-Arts, aux Ecoles de musique çi-après désignées •"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "612", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\n\nAix : 20 exemplaires des petits solfèges harmoniques, en 3 volumes, de\nE. Batiste;\nAbbeville : 15 exemplaires du livre n° 1, 10 exemplaires du livre n° 2,\n10 exemplaires du livre n° 3 des solfèges de Batiste;\nCaen : Grande méthode de cornet à pistons d'Arban.\n\nCONCOURS CRUSSENT. Conformément au programme inséré au Journal\nofficiel clu 5 septembre 1902 et suivant les généreuses intentions de M. A. (Pres-\nsent qui a légué une rente annuelle de 65.000 fr. pour la fondation dun concours\ntriennal d'opéra comique, le 12e concours préalable de poèmes a été ouvert le\nler septembre 1902 pour être clos le 25 juillet 1903.\nM. le ministre vient de désigner un jury formé de 6 compositeurs et 3 littéra-\nteurs qui doit procéder à l'examen et au classement des manuscrits déposés à cet\neffet à la Direction des Beaux-Arts (Bureau des Théâtres).\n\nROUBAIX. Par arrêté préfectoral en date du 10 octobre 1903, M. Duhamel\n(Albert), ancien élève du Conservatoire national, est nommé professeur de violon\net d'alto à l'Ecole de musique succursale du Conservatoire national à Roubaix,\nen remplacement de M. Turbelin, décédé.\nPar arrêté préfectoral en date du 15 octobre 1903, M. Sablaton (Alphonse)\na été nommé professeur de violon (cours élémentaire) à l'Ecole nationale de mu-\nsique au Mans, en remplacement de M. Jacque, décédé.\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à l'Ecole de musique clas-\nsique de Boulogne-sur-Seine a été accordée au jeune Delhorme (Georges), à\nParis, par arrêté de M. le ministre des Beaux-Arts en date du 21 courant.\n\nCONSERVATOIRE. Ont été admis définitivement :\nMlles Barelly, Baryac, Baron, Bing, Blanc, Bogros, Corlis, Coulon, de Fel-\nberg, Guerras, Lantelme, Lekuyer, Laure Lucas, Montavon, Peters, Jeanne\nUgalde. MM. Bourdes, Duvernay, Grésiliat, Hervé, Lauzertes, Léguillard, de\nBelleville. Lery, Pallan-Roy.\n\n- LE BAROMÈTRE MUSICAL: I. Opéra.\nChiffre global des recettes en août: 216.313 fr. 99. En septembre: 226.164 fr. 08.\nRecettes détaillées du 20 septembre au 20 octobre 1903.\n\nDATES\nPIÈCES\nAUTEURS\nRECETTES\n2 0\nSeptem-b.\nRigoletto. Coppélia.\nVerdi? Léo Delibes.\nreprésentât, grat.\n2 1\n—\nHenri VIII.\nSaint-Saëns.\n16.200 41\n23\n—-\nPaillasse. Samson et Dalila.\nSaint-Saëns.\n19.167 76\n23\n—\nLohengrin.\nR. Wagner.\n19.432 41\nI8\n—\nF1 ans t.\nGounod.\n20 5o6 41\n3o\n___\nTannhâuser.\nR. Wagner.\n15.61 7 76\n2\nOctobre\nPaillasse. Rigoletto.\nVerdi.\n18.768 41\nO\n0\n—\nSigurd.\nReyer.\nII.O5I »\n5\n—\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n21.379\n7\n—\nLohengrin.\nR. Wagner.\n16.641 76\n9\n—•\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n18.976 41\n[ o\n—\nPaillasse. Rigoletto.\nVerdi.\n13.026 »\n[ 2\n—\nLe Prophète.\nM everbeer.\n16.846 QI\n[4\n—\nFaust.\nGounod.\n18.809 76\ni 6\n—\nSigurd.\nSigurd.\n15.561 41\n[7\n—\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n14250 «\nl9\nLohengrin.\nWagner.\n!6.979 41"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "613", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.25", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nChiffre global des recettes pendant le mois de septembre: 171.833 fr. 50.\nRecettes détaillées du 20 septembre au 20 octobre.\nMAX SCHÖNE.\nEn lisant ces tableaux (que je publierai ici régulièrement), le lecteur voudra\nbien se rappeler que le samedi à l'Opéra, et le lundi à l'Opéra-Comique, le tarif\ndes places est réduit.\n\nECOLE DE MUSIQUE DU MANS.\n\n— L'emploi de professeur de violoncelle est\nactuellement vacant à l'École nationale de musique du Mans. Les demandes\nd'admission sont immédiatement reçues, soit au secrétariat de la mairie du\nMans, soit chez M. Léon Guyon, secrétaire de l'École de musique, 15, rue\ndes Chanoines, le Mans (Sarthe). L'examen d'admission aura lieu le samedi\n28 novembre 1903, au siège de 1 École nationale de musique, 54, Grande-Rue, le\nMans. Les appointements alloués au professeur seront de 800 francs par an. En\noutre, la place de violoncelle solo au théâtre du Mans lui sera réservée.\n\nDATES\nPIÈCES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nSept. mat.\nLe Chalet Werther.\nAdam. Massenet.\n4. 048\n»\n2 0\n— soirée\nLe Domino Noir.\nAuber.\n4.136\n»\n2 I\n—\nLa Fille du Régiment. — Le\nDonizetti Gounod.\n4.421\n»\nMédecin malgré lui.\n22\n—\nCarmen.\nBizet.\n7.118\n»\n23\n—\nLe Maître de Chapelle. Lakmé.\nPaer. Delibes.\n5 297\n5o\n24\n—\nLouise.\nCharpentier.\n6.6o3\n5o\n25\n—\nWerther.\nMassenet.\n6.333\n»\n26\n—\nMireille.\nGounod.\n5.837\n»\nl7\n— matinée\nMignon.\nA. Thomas.\n3.719\n»\n27\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.177\n5o\n28\n—\nLa Basoche.\nMessager.\n4.38I\n»\n2 9\n—■\n»\n»\n»\n»\n3o\n—\nWerther.\nMassenet.\n4.882\n»\nierQctobre\nManon.\nMassenet.\n7 -164\n6 728\n8.090\n»\n2\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini\n5 0\n0\n0\n—\nLouise.\nCharpentier.\n5o\n4\n— matinée\nCarmen.\nBizet.\n5.628\n5o\n4\n— soirée\nMignon.\nA. Thomas.\n6.054\n5o\n5\n—\nMireille.\nGounod.\n4.56o\n5o\n6\n—\nManon.\nMassenet.\n7.489 5o\n7\n—\n»\n»\n»\n»\n8\n—\nLouise.\nCharpentier.\n6.702\n»\n9\n—\nCarmen.\nBizet.\n6 011\n»\n1 0\n—\nManon.\nMassenet.\n6.15 5\n»\nL I\nmatinée\nLes Noces de Jeannette. Le Do-\n6.071\n5o\nmino noir.\nMassé. Auber.\nI I\nsoirée\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n6. QQI\n5o\nI 2\n—\nMignon.\nA Thomas.\n4.542\n5o\n13\n—\nLa Tosca [première).\nPuccini.\n2.41O\n»\n•4\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.l59\n5o\n5\n—\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.o33\n»\n16\n—\nManon.\nMassenet.\n6.610\n5o\nr7\n—\nLa Tosca.\nPuccini.\n9.536\n»\n18\nmatinée\nMireille.\nGounod.\n5.269\n»\n.8\nsoirée\nMignon.\nA. Thomas.\n5.991\n5o\nl9\n—\n»\nM\n»\n»\n20\nLa Tosca.\nPuccini.\nq. 1 8 1\n5o"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "614", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.26", "texte": "INFORMATIONS\n\nLA MUSIQUE A ROUEN ET A ANGERS. —Voici les premières représentations qui\nont été données à Rouen depuis 1896 (1) :\nLa Mégère apprivoisée, comédie lyrique de Le Rey (1896) ;\nSuzon, comédie lyrique de J. Mulder; Gaëtana, comédie lyrique de Ed. Kann ;\nBaïka, ballet de Dardillac ; Siva, drame lyrique de Léon Honnoré, couronné au\nconcours Cressent (1898) ; •\nThi-Theu, opéra de F. Le Rey (1899) ;\nLe Menuet de Vlnfante, ballet de Léon Gastinel ; Siegfried {ire représentation\nen de R. Wagner ; Moïna, d'lsidore de Lara (1900) ;\nMessaline, drame lyrique d'lsidore de Lara ; les Guelfes, opéra posthume de\nBenjamin Godard ; Conte de mai, ballet de Gaston Paulin (1901) ;\nL'ldole aux yeux verts, ballet de F. Le Borne ; Fiamma, ballet de Bouriello-\nGigliano (1902) ;\nLa Fiancée de la mer, drame lyrique de Jean Blockx (1903).\nAu théâtre n'est pas concentrée toute l'activité musicale de Rouen. Il faut citer\nle Cercle philharmonique, dont les concerts sont très appréciés ; la Société chorale\nà voix mixtes, composée d'amateurs et de gens du monde, qui a été fondée l'an\ndernier par M. Albert Dupré, et qui s'est signalée par l'exécution du Messie de\nHasndel ; le Cercle Boïeldieu (musique orphéonique), dirigé aujourd'hui par\nM. Duvauchelle ; la Musique municipale, société instrumentale dirigée par\nM. A. Guillaume (105 exécutants) ; enfin Y Ecole nationale de musique, dirigée\npar M. Jules Cariez.\n(I) JULES CARLEZ, Rapport sur le mouvement musical (Caen, 1903, 3e session des « Assises ar-\ntistiques » fondées par Arcisse de Caumont).\n\nG. R.\n\n— ANGERS a un grand théâtre (80.000 fr. de subvention accordés par la ville)\net de nombreuses Sociétés : Y Association artistique (fondée en 1877 par MM Jules\nBordier, Alfred Michel, Louis de Romain), qui tient la tête du mouvement, et a\ndonné son 500e Concert en mars 1902 ; la Chorale Sainte-Cécile (80 chanteurs),\ndirigée par M. Fichet ; la Musique municipale (50 exécutants), et plusieurs fan-\nfares. Ces différentes Sociétés se sont formées en grande partie à l'Ecole muni-\ncipale de musique, dirigée aujourd hui par M. Maurice Mangeon. Cette école\ncomptait, l'an dernier, 380 élèves.\n\nMONTPELLIER.\nM.\n— Nous recevons le tableau de la troupe du grand théâtre cle\nMontpellier (direction André Tapponnier) avec le (( Répertoire général des six\npremiers mois )) ; dans ce dernier document, on trouve mentionnés des opéras\ncomiques qu'on a bien rarement l'occasion d'entendre à Paris : Haydée (texte de\nScribe, musique d'Auber, 1847), le Pardon de Ploërmel (Barbier et Meyerbeer,\n1859), Si j'étais Roi (Adam, 1852), la Fille du Régiment (Donizetti. 1840), Philé-\nmon et Baucis (Gounod, 1860); la Favorite (Donizetti, 1840), Hamlet (A.Tho-\nmas, 1868), le Songe d'une nuit d'été (Donizetti, 1850), le Caïd (Donizetti,\n1849), Lucie (Donizetti, 1835), Ls Mousquetaires de la Reine (Halévy, 1846)\n\nLA MUSIQUE A BRUXELLES.\n— Le théâtre de la Monnaie, tenant les promesses\nqu'il avait faites depuis longtemps, annonce qu'il prépare activement les deux\nnouveautés : Sapho et le Roi Arthus.\nCette dernière œuvre, opéra posthume de Ern. Chausson, qui promet d'être un"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "615", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.27", "texte": "INFORMATIONS\n\nvéritable régal d'art, a été l'objet de soins tout particuliers, tant pour la mise\nen scène qu'au point de vue musical. Les décors sont conçus dans un grand souci\nd'art et de vérité ; quant aux costumes, il suffit de dire qu'ils sont dessinés par\nle peintre Khnoppf. En nous gâtant ainsi, la direction ne fait cependant que nous\nrécompenser de plusieurs années d'attente patiente ; enfin, triomphant d'im-\nmenses difficultés d'exécution, elle a promis l'audition de cette œuvre pour le\nmois de novembre.\nEn attendant, la série des reprises suit son cours avec calme. Les antiques\nProphète, Aïda, Rigoletto se succèdent sur l'affiche, alternant avec Lakmé,\nManon, le Barbier de Séville, etc.\nLe Prophète nous a permis de connaître le talent de notre nouveau contralto\nMme Gerville-Réache. Cette nouvelle pensionnaire de notre opéra possède une\nvoix chaude, de ressources immenses, jointe à une compréhension intelligente\net sûre. Elle a donné du rôle de Fidès une interprétation admirable. M. Dalmorés,\nen progrès, s'est fait applaudir dans le rôle de Jean de Leyde, et à ses côtés\nMM. Vallier, d'Assy, Forgeur ont vaillamment sontenu leurs rôles.\nLa reprise de Faust a fait moins bonne impression. Mlle Paquot (Marguerite\naprès Ortrude !), dénaturant le caractère du rôle, a composé une Gretchen un peu\ntrop méridionale, et bien loin de la petite Allemande tendre et rêveusement\npassionnée qu'ont imaginée les auteurs. M. P. d'Assy a fait sonner son superbe\norgane dans Méphisto ; très bons aussi M. Dalmarès (Faust) et M. Decléry\n(Valentin).\nAida, interprété par M. Imbart, toujours excellent, Mlle Strakosch, M. Declery,\nd'Assy, etc... Chœurs, ensembles remarquablement exécutés sous la direction\nde M. Dupuis.\nReprises du Barbier de Séville, de Lafcmé, Manon, etc... Dans l'opéra de Mas-\nsenet l'on a entendu Mme Bréjean-Silver, adorable miniature XVIIIC siècle. Le\npublic a rêvé d'une exquise figurine de Saxe qui s'animerait et chanterait divi-\nnement.\nLe nouveau ténor léger, M. Delmas, chantait un peu au-dessous de la note,\npar suite des fatigues, dit-on, de sa saison précédente ; mais aujourd'hui il s'est\nremis et a reconquis la faveur du public.\nEnfin Samson et Dalila, le 17 octobre, a confirmé la supériorité de la direction\nmusicale de M. Sylvain Dupuis. Les sonorités instrumentales sont admirable-\nment mises en lumière, et pourtant fondues avec art, les chœurs et les ensembles\nmis au point avec soin. Cette supériorité musicale restera comme la caractéris-\ntique de la saison.\nL'interprétation vocale, surtout quant à Mme Gerville-Réache, était àla hauteur\nde l'interprétation orchestrale. Tour à tour douce et farouche, toujours passionnée,\nnotre contralto a tenu son rôle avec une autorité superbe. M. Albers lui donnait\nmagistralement la réplique en grand prêtre, et M. Dalmorès a vaillamment chanté\nSamson.\nLe succès remporté dans cette pièce par Mme Gerville-Réache, surtout après\nl'éclatante interprétation qu'en avait donnée il y a quelques années Mme Armand,\nnous fait bien augurer d'Orphée, dont la reprise est annoncée par la direction.\nLe premier grand prix de Rome vient d'être accordé à M. Albert Dupuis,\nde Yerviers, auteur de Jean Michel, représenté l'année dernière à la Monnaie."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "616", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.28", "texte": "INFORMATIONS\n\nM. Albert Dupuis fit partie pendant quelque temps de la Schola Cantorum de\nM.Vincent d Indy à Paris.Le second grand prix a été obtenu parM. Delune, et le\n2e second prix par M. Radouy, Le texte de la cantate était écrit par M. L. Salvay\net portait pour titre : la Chanson d'Halewijn.\nLa somme allouée au grand prix de Rome est de 16.000 francs, répartis en\n4 bourses de voyage de 4.000 francs chacune.\nLes Concerts populaires annoncent leur prochaine réouverture ; une de leurs\nséances sera consacrée à Berlioz.\nLes Concerts Isaye recommenceront également en novembre ; on y entendra,\nentre autres artistes, M. Raoul Pugno et M. Gérardy.\n\n—La Nouvelle Société Philharmonique de Paris, qui vient de s'assurer le con-\ncours des plus célèbres quatuors et trios, et celui des meilleurs solistes de l'Eu-\nrope, commencera la série de ses concerts le 10 novembre. Prix de l'abonne-\nment : ioo francs (fauteuil), 75 francs (chaise) et 40 francs (ire galerie) pour 15\nconcerts.\nL'Annuaire des Artistes (18e année), 167, rue Montmartre, Paris, pré-\npare sa prochaine édition.\nLes artistes, professeurs, Sociétés musicales, etc., sont priés d'adresser leurs\nnoms, adresses ou modifications les concernant qui seront insérés gratuitement.\nMoyennant l'envoi de 5 francs, tout souscripteur recevra franco VAnnuaire\nrichement relié, contenant 1500 pages et 500 gravures.\nPassé ce délai, le prix de Y Annuaire est de 8 francs franco ; nous rappelons aux\nlecteurs que le service des souscripteurs est seul garanti.\n—La Revue musicale (51, rue de Paradis) tient àla disposition de ses lecteurs\nl'important ouvrage suivant, d'une valeur et d'un intérêt uniques :\nCongrès international d Histoire de la Musique tenu à Paris à la\nbibliothèque de l'Opéra, du 23 au 29 juillet 1900: Documents, Mémoires lus au\nCongrès, Vœux, etc. Fort et beau volume imprimé par les Bénédictins, à Soles-\nmes, et qui, avec un très grand nombre de planches relatives à l'histoire de\nla musique et delà notation, contient les mémoires suivants :\n10 [Musique grecque) : mémoires de MM. E. Ruelle, E. Poirée, Th. Reinach,\nL. Laloy, J. Tiersot, Mgr B. Grassi-Landi ;\n20[Musique byzantine ): mémoires du R. P. Thibaut, de dom Hugues Gaïsser;\n30 (Musique du moyen âge) : mémoires de MM. G. Houdard, dom H. Gaïsser,\nMgr B. Grassi-Landi, Liborio Sacchetti, Pierre Aubry, Michel Brenet ;\n40 (Musique moderne) : mémoires de MM. Camille Saint-Saëns Bourgault-\nDucoudray, Meerens, Ilmari Krohn, G. Humbert, Aclolf Lindgren, J. Carillo,\nChilesotti, Shedlock, R. Rolland, J. Combarieu, Mlle Parent, etc., etc.\nPrix de l'ouvrage (port compris) : 10 fr. Ou lieu de 15), aux bureaux de la\nRevue musicale.\n\nANVERS.\nÉDOUARD VARLEZ.\nAu Théâtre lyrique Flamand a eu lieu la création de Princess\nZonneschijn (princesse rayon de soleil), opéra de M. Paul Gilson, le talentueux,\nmais trop modeste compositeur de Frcincesca di Rimini, de la Mer, etc. Grand\nsuccès pour l'auteur et pour les interprètes, parmi lesquels il faut citer en pre-\nmière ligne M. Laurent SAVOFS jouant le rôle du prince."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "617", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.29", "texte": "LE GRAMOPHONE\n\nCours de musique.\nLa Schola Cantorum (269, rue Saint-Jacques), qui donnera le 5 novembre\nun concert d'inauguration pour l'exercice 1903-1904, vient de publier le pro-\ngramme de ses études. Le discours libre dans la musique libre, La mélopée\ncontinue et la variation infinie, Liberté de la phrase musicale, Connaissance\ndes œuvres anciennes —Musique religieuse— Culte de la nature, —La musique\npopulaire La musique française, telles sont les têtes de chapitre de ce pro-\ngramme très touffu, trop long pour être examiné ici en détail, et que hauteur,\nM. Bordes, résume ainsi : (( La Schola poursuit donc le triomphe de la musique\nnaturelle, libre et mouvante comme le discours, plastique et rythmique comme\nla danse antique, en s'appuyant sur les monuments de l'art religieux, du théâtre\nlyrique primitif et sur le culte de la nature, de la tradition populaire, en ayant\nun souci constant, un but avoué : le triomphe de la musique française et son\nculte. » Tous nos veux de succès à la vaillante phalange que dirige le maître\nVincent d'lndy !\nCOURS D'ENSEMBLE ORCHESTRAL. —Combien de jeunes gens et de jeunes filles,\ndéjà pourvus des notions élémentaires de théorie musicale et cultivant un in-\nstrument, aimeraient à jouer dans un orchestre ! Ils trouveront la réalisation cle\nleur rêve dans le (( Cours d'ensemble )) qu'a fondé notre très distingué collabora-\nteur et ami M. de Lacerda, avec la collaboration de M. Louis Laloy, Rédacteur\nen chef de là Revue musicale, et dont les séances ont lieu tous les vendredis soir,\nde 8 h. 1/2 à 11 h., 139. boulevard Montparnasse. Ce cours a pour objet l'étude\nméthodique, à la fois pratique et raisonnée, d'oeuvres symphoniques anciennes\net modernes. Chaque répétition est accompagnée de commentaires et d'éclaircis-\nsements qui permettent aux instrumentistes de bien se rendre compte de ce qu'ils\nfont ; car, avant d'être correcte, toute exécution musicale doit être une inter-\nprétation intelligente. Ce cours s'adresse- donc à tous les musiciens qui\ncomme exécutants ou auditeurs désirent se familiariser avec les exercices\nd'un ensemble orchestral et approfondir l'étude des formes symphoniques.\nD'après le règlement, le Cours est ouvert du commencement d'octobre à la fin\nde juin. Les séances ordinaires ont lieu une fois par semaine pour les instru-\nments à archet, et tous les quinze jours pour l'orchestre complet. Pourêtre admis\nà suivre, comme instrumentiste, les études de ce cours, il faut se faire entendre\nau préalable parle professeur-chef d orchestre, ou produire un diplôme délivré\npar un professeur ou par une école supérieure de musique. Les personnes qui\ndésirent suivre le cours auront le droit d'assister, avant de s'inscrire, à une\nrépétition.\nPour tous renseignements, écrire à notre Rédacteur en chef, M. Louis Laloy,\n33, avenue des Gobelins.\n\nUn concert magique : le Gramophone.\n\nje viens d'assister, sans déplacements coûteux, dans une salle où se trouvaient\nseulement deux personnes, à un concert international et magique; car jai\nentendu - non pas défigurés par ce nasillement de polichinelle enrhumé qui\ndéparait certains instruments antérieurs, mais avec le timbre propre et surtout\nl'admirable volume de leurs voix les plus grands chanteurs et inStrumen-"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "618", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.30", "texte": "LE GRAMOPHONE\n\nlistes de la France et de l'étranger : Noté, Delmas, Mme Emma Calvé, Pugno ;\nFelia Litvinne, dans J'ai pardonné, de Schumann ; le baryton Sammarco (de la\nScala de Milan), dans Rigoletto, Tamagno, le ténor De Lucia, non moins célè-\nbre ; Mme Figner (soprano) de Saint-Pétersbourg, dans Carmen et dans la Tosca ;\nM. Schaliapine (basse du théâtre impérial de Moscou), dans Désenchantement de\nTschaikowski ; M. Van Rooy (basse du théâtre de Bayreuth) dans la Walkyrie de\nR. Wagner ; Kubelick, le jeune et extraordinaire virtuose, qui est le Rubinstein\ndu violon, et Joachim... Comme intermèdes, des poésies dites, avec infiniment\nde grâce, par la reine de Roumanie elle-même, S. M. Carmen Sylva, - un mo-\nnologue de Coquelin cadet et, pour finir, la « Cappella Sistina », le chœur\nparticulier du Pape (32 chanteurs hommes, dont 8 soprani, 8 contraltos,\n8 ténors et 8 basses).\nC'est merveilleux, et, très sincèrement, j'estime que le gramophone est une\ndes inventions dont la science moderne doit se montrer fière. Pour le musicien,\nquel inappréciable plaisir d'avoir chez soi, dans son salon, disponible à toute\nheure du jour, le chanteur préféré, et de pouvoir lui faire recommencer indéfini-\nment le morceau dont on fut, un soir, enchanté ! Le chant n'est plus une virtuosité\nfugitive, une chose qui passe et s'évapore... Il est fixé, désormais, comme le vers\ninscrit sur le marbre ou le bronze. Il garde ses ailes, mais il est prisonnier. Quel\ndommage que le gramophone n'ait pas été inventé au temps de Rubini, de Mario,\nde Falcon, et des autres chanteurs de l'époque héroïque ! Nous aurions encore\naujourd'hui leur voix et leur âme, le son même de leur talent protégé à jamais\ncontre l'oubli.\nOn me dit que la Société du gramophone vient de faire à Paris, dans l'espace\nde quelques mois, près d'un million de bénéfices. Je n'en suis pas étonné. Le pro-\ndige, c'est d'avoir reproduit l'ampleur magnifique de certaines voix d'artistes.\nJe crois même que ce simple cornet de cuivre qui sait enregistrer et restituer tant\nde belles choses pourrait rendre de grands services à d'autres personnes que les\nchâtelains, les malades ou ïes amateurs qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas,\nse livrer à des déplacements coûteux pour entendre de la musique. Le gramo-\nphone ne serait-il pas d'abord un excellent instrument de pédagogie ? n'est-ce\npas à lui qu'on devrait avoir recours, dans les salles d'école, et même dans cer-\ntains conservatoires, pour donner aux jeunes gens un modèle autrement instruc-\ntif que la parole du maître ?Le gramophone, pour l'historien ou le folkloriste\nrecueillant des mélodies, ne va-t-il pas devenir un document de premier ordre,\npermettant les reconstitutions scientifiquement exactes ? Enfin, je voudrais que,\ngrâce à lui, on commençât à constituer les Musées du chant. Dans un palais\ncomme l'Opéra de Paris, il serait bon que l'on conservât la voix ce don si\nfragile ! des plus grands artistes.\nOn m'a montré un très curieux album d'autographes où les musiciens les plus\nillustres de notre temps ont rendu hommage au gramophone. De cet album, je\ndétache les lignes suivantes qui sont signées (( Maeterlinck », et me paraissent\naussi exactes que charmantes :\n« La voix humaine, dans les phonographes ordinaires, est une morte presque\nméconnaissable au fond de sa tombe. Dans le gramophone, dès les premiers\nfrémissements du disque mystérieux, c'est la Belle au bois dormant qui s'éveille,\naussi fraîche, aussi souple, aussi palpitante, mais plus inaltérable que la vie. >\n\nJULES COMBARIEU."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "619", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.31", "texte": "LES CONCOURS DE LA REVUE MUSICALE\n\nLes Concours de la «REVUE MUSICALE»\n\nEn vue de stimuler l'activité de ses lecteurs dans quelques-unes des\nvoies où elle travaille elle-même, et avec l'espérance qu'après avoir fait\nappel au talent et au savoir elle pourra leur être utile, la Revue musicale\nouvre, pour un délai de trois mois à compter du ier novembre, un con-\ncours sur des sujets décomposition, d'harmonie, d'histoire et de cri-\ntique.\nEn nous rattachant par un lien nouveau et plus étroit à ceux qui ont\nquelque chose à dire, mais qui sentent chaque jour combien il est diffi-\ncile d'arriver au public, nous croyons faire une œuvre de solidarité\nartistique et d'encouragement à la musique française. Les avantages\naccessoires qui accompagneront nos prix en espèces seront certainement\nappréciés. Si, notamment, notre premier concours de composition donne\nde bons résultats, nous ne négligerons rien pour que l'œuvre couron-\nnée soit publiquement et dignement exécutée à Paris, et nous lui don-\nnerons, dans la mesure de tout notre pouvoir, la suite que méritera\nson importance.\nNous ne nous adressons pas uniquement aux professionnels de la\ncomposition, mais aussi à tous ceux qui en ont l'habitude ou le goût\nsans appartenir à aucune école et sans jurer sur la parole d'aucun\nmaître.\nSujets du Concours.\ni° Composition. Line danse à cinq temps, pour piano (étendue\nminima: 4 pages de notre supplément musical). Prix offert. 500 fr.\n20 Harmonie. —Le Prélude de Tristan et , de Richard Wagner,\ndébute ainsi :\nA quelles observations donnent lieu ces trois mesures et, en particu-\nlier, les accords qui sont frappés àla2eetà la 3e mesure (au moins\n2 pages, et 6 au plus, y compris les exemples de musique intercalés dans\nle texte). Prix offert 200 fn\n3° Histoire musicale. a) Meyerbeer, que l'on déprécie parfois in»\njustement, n'a-t-il pas exercé une certaine influence sur R. Wagner ?\nL'auteur de Tannhâuseret de Lohengrin ne lui doit-il pas quelque"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "620", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031101-01.1.32", "texte": "LES CONCOURS DE LA REVUE MUSICALE\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nchose ? (au moins 8 pages de texte, et 12 au maximum ; les citations\nmusicales en plus). Prix offert 200 fr.\nb)Résumer la biographie et la carrière artistique d'un chanteur\nou d'une cantatrice célèbre ayant brillé sur la scène lyrique de iB3o à\n1870 environ. (On indiquera avec précision les rôles créés ou joués, en\ndonnant les dates. On caractérisera le talent, la méthode, le jeu, etc.\nOn laissera de côté, pour le choix du sujet, les artistes sur lesquels on\na déjà des études ou des mémoires imprimés, à moins qu'on n'ait des\nerreurs à rectifier ou des documents nouveaux à produire.) Prix\noffert 200 fr.\n40 Critique musicale. —■ Parmi les oeuvres des compositeurs français\ndu xvnh et du xixe siècle, choisir (en justifiant ce choix par des obser-\nvations critiques) les dix compositions pour piano qui vous paraîtront\nles meilleures et dignes d'être recommandées àun pianiste de moyenne\nforce. Prix 100 fr.\nLes envois seront reçus àla Revue musicale (51, rue de Paradis,\nParis) jusqu'au ier février 1904 et soumis aux conditions suivantes :\ni° Chaque concurrent voudra bien nous adresser son manuscrit très\nlisiblement établi en se bornant à inscrire, en tète, une devise de son\nchoix. D'autre part, il reproduira cette devise sur une petite enveloppe\nà l'intérieur de laquelle il aura placé son nom et son adresse, et qui,\nune fois cachetée par lui, sera envoyée, dans une autre enveloppe un\npeu plus grande, Si, rue de Paradis;\n20 Les œuvres inédites seront seules examinées ;\n3° Après l'insertion, dans notre Revu, des œuvres couronnées, chaque\nauteur gardera la propriété de son travail ;\n4° Nous rendrons compte de tous les envois sérieux, à moins qu'après\nla publication du nom des lauréats (prix, mentions, etc.), les auteurs\nnon couronnés n'expriment un désir contraire.\nTous les envois de composition seront classés par un jury spécial\nd'artistes et de professeurs, présidé par un Maître contemporain dont\nl'autorité et la conscience artistique hautement impartiale sont univer-\nsellement reconnues. Afin de ne troubler les concurrents par aucune\npréoccupation d'Ecole, nous ne ferons connaître son nom qu'au moment\noù les résultats seront publiés.\nN,B. Dans notre prochain numéro, nous , avec la nouvelle\nlaboration d'un professeur spécial, des Exercices d'harmonie et de contrepoint,\nà l'usage de tous ceux qui veulent faire, en élargissant un peu leur horizon, une re-\nvision sérieuse de leurs connaissances musicales. Ces a Exercices », qu'on nous a\ndemandés de divers côtés, répondront à un besoin d'ordre pratique, et établiront des\nliens de correspondance plus étroits entre la Revue musicale et ses lecteurs.\n\nLa Revue musicale."}]}