{"numero_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_sha256": "011902e5552cc45032b673e6f5c4ff008fd18dddae957756859c1089859c5d96", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1903/12/01_01/bmtnabj_1903-12-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1903/12/01_01/bmtnabj_1903-12-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "653", "page_fin": "654", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.1", "titre_corps": "GEORGES MARTY", "titre_sommaire": "GEORGES MARTY", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "654", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "GEORGES MARTY\n\nM. Georges Marty, ne à Paris le 16 mai 1860, a fait toutes ses études musicales\nau Conservatoire, ou il obtint :en 1873, I8rj4 et 187 3, toutes les médailles de sol-\nfège ;en 1876, le 2e prix d'harmonie ;en 1878, le ier prix. Le second prix de Rome\nen 1881, e/ /e premier grand prix en 1882, vinrent clore la série de ces brillants\nsuccès scolaires, qui présageaient une carrière non moins brillante. Successivement\nchef des chœurs àl'Eden (18(72), puis chef de chant à V Opéra-Comique et chef dé or-\nchestre au même théâtre (1900), professeur de la classe d'ensemble vocal au Conser-\nvatoire, M. Georges Marty est depuis igoi le chef d' orchestre de la Société des\nConcerts. Cette Société illustre ne peut obéir qu'à un musicien éminent ; aussi ce\nchoix fut-il considéré comme des plus heureux. De fait, M. Marty ne s est pas borné\nà régner ; il a gouverné, au nom des principes les plus élevés et les plus solides, du\ngoût le plus sûr et le plus éclairé. C'est ainsi que l'on n'entend plus aujourd'hui ces\ncourts préludes d'orgue, destinés à donner le ton aux choristes, avant les chœurs\na cappella. Nous sommes d'autant plus heureux de la disparition de cet abus que\nnous n avions cessé de le signaler. En défendant ainsi l'intégrité des chefs-d'œuvre,\nM. Marty se montre digne du beau nom de musicien. Il le mérite encore par ses\nœuvres, assez peu nombreuses, mais fort distinguées, et qui comprennent des chœurs,\ndes mélodies, Merlin enchanté, Balthazar, Matinée de Printemps, et le Duc de\nFerrare, représenté en iBgç au Théâtre Lyrique avec un très grand et légitime\nsuccès. Enfin c'est M. Georges Marty qui est chargé de la publication des œuvres de\nF. Couperin, que nous annonçons d'autre part. Son nom mérite donc d'être ajouté\nà celui de ces maîtres amis du passé, dont nous signalions précédemment Vinfluence\nsi heureuse sur le développement de la musique moderne (1).\n(1) Revue du i3r novembre 1903 : article sur et les Primitifs de Vorgue."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "653", "page_fin": "653", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.1.1", "titre_corps": "Georges MARTY Chef d'orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, Compositeur de musique.", "titre_sommaire": "Georges MARTY Chef d'orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire, Compositeur de musique.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "653", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.1", "debut_caractere": 74, "fin_caractere_exclue": 173, "texte": "Georges MARTY\nChef d'orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire,\nCompositeur de musique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c003", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "655", "page_fin": "658", "image_debut": 3, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.2", "titre_corps": "La «Juive» à l'Opéra municipal de la Gaîté.", "titre_sommaire": "La «Juive» à l'Opéra municipal de la Gaîté.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "655", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3185, "texte": "La «Juive» à l'Opéra municipal de la Gaîté.\n\nLa reprise de la Juive vient de produire l'effet suivant : elle a irrité quelques\nintransigeants ; elle a donné à réfléchir aiqx amateurs dépourvus de parti pris ;\net elle a beaucoup plu à l'ensemble du public. En sortant du théâtre de la Gaîté,\nj'enregistre ce succès non sans plaisir, bien que plusieurs de nos amis se dé-\nclarent un peu scandalisés.\nRien n'est plus rare et plus difficile que la justice en matière d'art. Les\nmathématiciens s'accordent sans peine pour juger la valeur d'un théorème ; mais\nquand il s'agit d'une symphonie ou d'un drame lyrique, bien qu'il y ait cer-\ntaines beautés et certaines misères évidentes par elles-mêmes, les critiques les\nplus compétents montrent parfois une intolérance analogue à celle des partis\nextrêmes en politique. Je ne me propose pas, croyez-le bien, de remettre la Juive\nsur le piédestal qu'on lui fit en 1835. Je voudrais l'apprécier équitablement, en\nquelques lignes. Pour cela, on doit commencer par se faire un esprit entièrement\nlibre.\nUn compositeur de grand talent me disait, il y a quelques jours, le plus sim-\nplement du monde :\nIl faut croire que les hommes intelligents, quand ils deviennent directeurs\nde théâtre, sont frappés d'aveuglement. Voici, par exemple, les frères Isola. Ils\nont débuté dans des conditions extrêmement brillantes, avec éclat et bravoure.\nJamais entreprise ne fut bâtie sur pareille accumulation de richesses : comme\nartistes, des sujets hors ligne, tels qu'Emma Calvé, Litvinne, Renaud... Comme\norchestre, l'élite des musiciens de Paris, dirigée par un maître compositeur,\nSilvio Lazzari ; comme directeur de la musique, un homme de premier ordre,\nLuigini ; ajoutez à cela des commanditaires solides, le haut patronage de la\nVille de Paris, et ce mouvement d'opinion qui, depuis si longtemps, voulait\naboutir à la création d'un théâtre lyrique. Les directeurs de l'Opéra et de l'Opéra-\nComique ne laissaient pas d'être inquiets en voyant cette maison rivale. Comme\nentrée de jeu, les frères Isola nous ont annoncé l'Or du Rhin, que Mme Wagner,\nhélas ! n'a pas permis de représenter, puis Hérodiade. Mais aussitôt après ils\nont donné la Flamenca, et, aujourd'hui... non ! j'en crois à peine mes yeux et\nmes oreilles. Pourquoi ne jouent-ils pas les opéras de Gluck? les chefs-d'œuvre\nde Rameau ?le Benvenulo de Berlioz? le Freïschut% de Weber (sans les récita-\ntifs) ? le Don Juan de Mozart (sans le ballet) ?... Ces gens-là se suicident en\ndonnant la Juive. Ils sont devenus fous...\nCette note d'étonnement, de mépris, de tristesse, de pitié ou d'ironie féroce,\nnous la retrouverons probablement dans la presse quotidienne, sous la plume de\ncertains juges dont le défaut est d'avoir dans l'esprit un ou deux types de mu-\nsique et de condamner tout ce qui en diffère. J'avoue que ce parti pris me donne\nhabituellement l'instinctif désir de défendre les œuvres qu'on rabaisse avec bru-\ntalité. L'injustice consiste à juger un compositeur d'après l'esthétique établie par\nun autre compositeur. On se trompe évidemment, comme si, en appréciant\nShakspeare, on prenait Racine pour point de départ, ou réciproquement. Il me"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "656", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3941, "texte": "semble que, depuis Villemain et Taine, il y a une méthode qui s'appelle la\ncritique historique, dont le libéralisme doit s'étendre au domaine musical.\nL' (( éreintement )) systématique est un exercice brillant et amusant, mais trop\nfacile. Le vrai critique devrait se nourrir d'ambroisie ; il devrait rechercher sur-\ntout les beautés, les faire valoir, les exagérer même, en touchant à peine, quand\nle choix est possible, à ce qui est indigeste ou dépourvu de saveur. Quels sont\nles mérites de la Juive ? Telle est la question à laquelle il est tenu de répondre.\nIl doit même l'examiner avec sympathie. Ce serait miracle qu'une œuvre uni-\nversellement connue et si souvent jouée fût sans intérêt et sans valeur aucune.\nLa Juive a été représentée pour la première fois il y a 68 ans, avec ces inter-\nprètes d'élite qui s'appelaient Nourrit, Levasseur, Lafont, Dabadie, Prévost,\nDérivis, Mme Dorus-Gras, Mlle Falcon. Dès son apparition, elle marqua une date\nbrillante et fît époque dans l'histoire du théâtre lyrique, à cause du talent excep-\ntionnel de quelques artistes Nourrit en particulier, qui triomphait dans le\n4e acte et à cause de la luxueuse mise en scène dont les directeurs Véron et\nDuponchel voulurent l'entourer. D'après Castil-Blaze, qui ne manqua pas de\nrailler la (( Duponchellerie )) de cette représentation et d'assimiler l'Opéra à un\ncirque en l'appelant l Opéra-Franconi, la mise en scène de la Juive coûta\n150.000 fr. (1) (dont 30.000 fr. pour les armures et les accessoires, qui, pour la\npremière fois, furent en métal et non en carton); d'après un autre témoignage,\nles frais s'élevèrent à 100.000 francs (2). Ilalévy avait alors 36 ans.\nCelui qui allait vendre sa partition 30.000 fr. à l'éditeur Schlésinger parti-\ntion qui est encore une des plus chères à cause de son volume était, avant ce\nsuccès décisif qui le promut au premier rang, un musicien estimé sans doute,\nayant fait preuve d'habileté technique et obtenu des succès officiels, mais nulle-\nment classé parmi les maîtres, plus d'une fois contrarié par la mauvaise fortune,\net obligé de remplir des fonctions inférieures. Elève de Berton et de Cherubini\n(sous la direction duquel il avait étudié pendant cinq ans le contrepoint), il avait\nobtenu en 1819 le grand prix de composition, était allé à Rome se nourrir d'art\nitalien, puis était rentré à Paris (après une incursion à Vienne), où il n'avait pas\nréussi à faire jouer ses premières œuvres. En 1827 il avait été nommé maestro\nal cembalo, c'est-à-dire accompagnateur au Théâtre Italien, et en 1830 chef de\nchant à l'Opéra. Au moment où il allait aborder le drame lyrique, quels étaient\nles compositeurs français qui lui montraient la voie? Était-ce Boïelclieu, Méhul\nou Hérold, Berton, Lesueur ou Auber, qui pouvaient lui apprendre le style dra-\nmatique tel que nous l'entendons aujourd'hui, l'art de poser les personnages, de\npeindre le décor avec des sons et d'associer l'orchestre à l'action ? Est-ce dans le\nSiège de Corinthe (1826), dans Moïse (1827), dans le Comte Ory ou la Muette de\n\n(1) Castil-Blaze, VAcadémie impériale de musique, t. 11, p. 246.\n(2) De Boigne, Petits Mémoires de /'Opéra, p. 230.\nj'ai eu la curiosité de savoir lequel des deux avait raison : Castil-Blaze ou de Boigne. Les\nArchives de l'Opéra possèdent tous les mémoires de fournitures payés pour la mise en scène de\nla Juive; mais ces mémoires sont très longs, pleins de détails fastidieux, et on n'y trouve pas de\ntotal. Je crois cependant que le plus près de la vérité, c'est de Boigne. Le costume de cardinal\npour Levasseur a coûté 484 fr. 70: celui de Dabadie (grand Prévost), 375 fr. 45 ; ceux de\nLafont, 139 fr. 20 -f- 233 fr. 70 + 204 fr. 90; celui de Prévost, 318 fr. 35 ; ceux de Falcon,\n498 fr. 25 'pour deux costumes). Rien d'exagéré en tout cela !\nC'est Philastre et Cambon qui firent le décor du 3e acte, payé 8.876 fr. 80. Les autres furent\nexécutés par Séchon et Feuchères."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "657", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2853, "texte": "Portici (1828), est-ce dans Guillaume Tell (1829), est-ce dans le Philtre (1831)\nou dans Gustave 111 (1833) qu'on pouvait trouver un modèle de psychologie et\nde vérité musicales ? Meyerbeer avait donné Robert le Diable en 1831 ; mais s'il\nest supérieur à Halévy par l'imagination et la puissance, il en diffère peu, pour\nnous modernes, par l'esthétique. Vous allez sans doute prononcer le grand nom\nde Rameau. Il y aurait vraiment naïveté à citer ici le nom d'un homme de génie\net à exiger que tout le monde lui ressemble ! Cette méthode est trop sommaire.\nHalévy eut la bonne fortune de trouver d'abord un librettiste d'une médiocrité\ngéniale. « Je ne sortirai pas de la médiocrité, dit Pascal, de peur de sortir de\nl'humanité ! )) Scribe fut toujours très humain. Pour les compositeurs de ce\ntemps-là, il a été un fournisseur unique; il livrait des marchandises de première\nqualité, des étoffes un peu rudes et sans élégance de coupe, mais solides, bien\najustées à la musique, cousues avec des fils spéciaux, excellentes pour l'usage et\nla fatigue. On lui reproche de trop aimer 1 \"effet, d'être trop artificiel. L'art du\nthéâtre est-il donc autre chose qu'artifice et recherche de l'effet ?...\nEn musiquant la Juive, Halévy montra autre chose que de l'habileté. Il n'avait\npoint de peine, en pareil sujet, à se montrer ému, sincère. C'est un musicien de\nsentiment qui savait fort bien son métier. Il ne se doute pas que l'orchestre doit\nou peut former une symphonie aussi fortement construite que le drame lui-\nmême ; il en use avec discrétion, sans unité, de façon très inégale; mais il sait\nlui faire parler ce langage de tendresse qui sent encore son xvme sièçle. Il a\nbeaucoup d'idées mélodiques, ce qui est la première qualité du musicien, et il\nfaut lui en tenir compte. Son orchestration est en général fine, transparente,\nlégère ; et il y a telle page où le quatuor est manié avec beaucoup de grâce.\nJ'aime cette introduction soupirée par deux cors anglais qu'enveloppent les\nbassons et la clarinette en si bémol :\nVous me dispensez de continuer la citation!... J'aime, çà et là, des choeurs\njoliment construits, bien équilibrés, un peu mous et sans grande valeur drama-\ntique, mais, en somme, d'une très bonne écriture. Dans le rôle du Cardinal, il y\na des phrases qui ont grande allure et qui, sans les répétitions de formules,\nseraient de premier ordre. J'aime aussi, je l'avoue, au début du dernier acte, ce\nchant plaintif delà flûte qui s'alli£ àun contre-chant de hautbois, accompagné\npar les bassons et les cors :\nJe le sais, il y a dans la Juive l'an* du piston '•\nCet air manque de tenue, je vous le concède. Il ressemble à un personnage\nqui, dans une bonne société, ferait des gestes peu décents. Je vous accorde aussi\nque les ballets de la Juive sont médiocres. Je m'étonne même qu'on ne relève pas"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "658", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.6", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2166, "texte": "ce qui me paraît être une grande faiblesse, je veux dire le duo de deux femmes\nqui sont rivales, qui aiment le même homme, et qui chantent cependant à la\ntierce, tout comme Roméo et Juliette :\nMais ce qui est suranné, redondant, ou à côté de l'accent vrai, ce qui fait\nhors-d'œuvre, comme la Sérénade du premier acte, trop imitée de Don Juan, ne\nm'empêche pas de voir ce qui est délicat, senti, juste, et a une prise évidente sur\nle cœur du public. Nous sommes très fiers aujourd'hui de notre (( drame\nlyrique )). Sommes-nous sûrs que dans 68 ans ce que nous appelons « vérité ))\nde l'expression musicale et (( grand art )) ne paraîtra pas comiquement faux?\nLa Juive est un chef-d'œuvre sentimental d'autrefois. Il ne faut pas la juger en\nlui opposant les chefs-d'œuvre d'hier ou d'aujourd'hui. L'orchestration nous en\nparaît faible, et pleine de lacunes, à présent que tous les musiciens savent orches-\ntrer de façon brillante ; mais ces lacunes ne viennent point d'une pénurie du sens\nmusical : elles ont leur raison d'être dans une méthode et un idéal qui ne sont\nplus les nôtres, et qui, demain peut-être, changeront à leur tour. Tenez d'ailleurs\npour certain que l'esthétique d'un Halévy est la plus difficile à réaliser : c'est\ncelle qui soumet le compositeur, de façon continue, à la plus périlleuse épreuve,\ncelle de l'invention mélodique. En employant le récitatif que soutient la masse\ntrès mouvante des instruments, le musicien du xxe siècle ressemble souvent à un\npeintre qui noierait dans l'ombre une grande partie de son tableau, et se dis-\npenserait ainsi de tout dessiner. L'auteur de la Juive joue un jeu plus franc et\nplus redoutable ; il est constamment à découvert, obligé de payer de sa per-\nsonne et de trouver un dessin mélodique bien arrêté, complet, en pleine lumière.\nOr on ne peut nier que sa veine mélodique soit en général très abondante, sin-\ncère et pure. Il y a dans sa partition des beautés réelles, et toujours fraîches ; le\nreste, fané par le temps, doit être jugé avec indulgence, et on perdrait son temps\nen s'acharnant à prouver au public qu'il a tort d'y prendre du plaisir.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "658", "page_fin": "663", "image_debut": 6, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.3", "titre_corps": "Les «Vieilles chansons patoises du Périgord». PAR L'ABBÉ CASSE ET L'ABBÉ CHAMINADE (PÉRIGUEUX 1903).", "titre_sommaire": "Les «Vieilles chansons patoises du Périgord». PAR L'ABBÉ CASSE ET L'ABBÉ CHAMINADE (PÉRIGUEUX 1903).", "signature_source": "JULIEN TIERSOT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "658", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.6", "debut_caractere": 2168, "fin_caractere_exclue": 3060, "texte": "Les «Vieilles chansons patoises du Périgord».\nPAR L'ABBÉ CASSE ET L'ABBÉ CHAMINADE (PÉRIGUEUX 1903).\n\nAvec les plateaux un peu tristes, couverts de cailloux et de vignes, ses nom-\nbreuses collines moins hères que des montagnes, son climat très tempéré, ses\nvallées charmantes, et cette rivière qui est la plus belle de France, après les cinq\ngrands fleuves, le département de la Dordogne, qui comprend la presque tota-\nlité du Périgord, est un domaine très intéressant pour le folkloriste. La nature\ns'y montre souvent exquise, inégale, mais jamais âpre et violente. N'oublions\npas qu'il a produit le troubadour Bertrand de Born (seconde moitié duxne siècle),\net d'autres troubadours tels que Giraud de Borneil, loué par Dante, Aimeric de\nSarlat, Elie Cairels (xne et xme siècle) Le recueil de chants populaires qui\nnous est donné aujourd'hui ne pouvait donc manquer d'être d'un haut intérêt."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "659", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.7", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 3574, "texte": "Cet ouvrage n'est cependant pas irréprochable :il prête, au contraire , à\nla critique dans sa composition générale, qui est très confuse. Ce n'est pas\nsans quelque ironie que j'ai lu la notice accompagnant un texte patois de la belle\nchanson de Renaud, et assimilant ce personnage à celui de Renaud de Mon-\ntauban, l'un des quatre fils Avmon (p. 52). De même, c'est bien à tort que les\nauteurs intitulent (( Chanson de Jeanne d'Arco) (p. 54) une ronde à danser,\npopulaire par toute la France, où il est question d'un roi d'Angleterre et d'une\nbergère, mais sans qu'il soit permis de supposer que cette bergère soit l'hé-\nroïne d'Orléans, dont la chanson populaire n'a pas conservé le moindre sou-\nvenir. Et je ne reste pas moins sceptique en présence de l'assertion que\nplusieurs chansons auraient trait à Henri IV, par la raison que (( les pre-\nmières années de jeunesse de ce prince s'écoulèrent à Nérac » (p. 8), ces\nsortes de rapprochements étant tout superficiels et sans aucun fondement\nsérieux.\nMais, cette part faite à la critique, il nous reste à signaler les parties\nméritoires du recueil, et il y en a beaucoup. Essentiellement documentaire,\ncet ouvrage nous apporte une matière riche et jusqu'ici à peu près ignorée :\nen 115 pages, il donne 120 chansons, comprenant textes patois et mélodies, et\ndont un grand nombre offrent plusieurs variantes musicales, si bien que le\nchiffre total des airs notés s'élève au chiffre respectable de 213. Aucun recueil\nprovenant des mêmes contrées ne nous en avait encore offert autant. Au reste,\nces recueils sont rares ;il n'en existait encore aucun qui fût consacré au Péri-\ngord, et quant aux régions voisines de la Gironde et du Languedoc, elles ne\nnous ont fourni de notable que les livres de Bladé (Armagnac et Agenais),\noù la musique tient peu de place, et un volume de M. Solleville consacré au\nQuercy. Quand on songe que les provinces de l'ouest, du centre et de l'est de\nla France (Bretagne, Normandie, Vendée, Berry, Bourbonnais, Auvergne,\nLorraine, Franche-Comté, Bresse, Savoie, Dauphiné, Vivarais, etc.) ont donné\nlieu à tant de publications similaires, on ne peut que savoir gré aux auteurs\nd'avoir fourni aux études concernant leur province une si utilecontribution. Nous\navons pu juger par leur œuvre que c'est une erreur de croire qu'on a recueilli\nassez de chansons populaires en France, et que l'on peut désormais entreprendre\nsur la matière le travail d'ensemble définitif: nous trouvons toujours de l'inconnu\nà chaque enquête nouvelle, et cette dernière n'est pas celle qui nous en aura\nle moins appris.\nLe recueil des Vieilles Chansons du Périgord possède une double qualité assez\nrare dans ce genre de publications : d'une part, les textes sont fidèlement recueillis\net les mélodies correctement notées ; d'autre part (et ici le mérite revient en-\ntièrement à la tradition locale), ces textes et mélodies sont très purement conser-\nvés. Les formes sont, en général, très sommaires, plus encore peut-être que dans\nle répertoire des chansons françaises en deçà de la Loire. Les auteurs donnent\nune idée exacte de cette conception en décrivant la manière dont sont interpré-\ntées les chansons des travaux rustiques, moissonneuses, etc. :\n(( Tous prennent part au chant, et en même temps tous travaillent ferme. Il\nfallait donc inventer une poésie et une musique rudimentaires, de nature à ne\npas exiger grand effort de mémoire, et capables pourtant de soulager et d'encou-\nrager les travailleurs.\n(( Voici comment s'organise le chant. Le coryphée ou conducteur entonne le"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "660", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.8", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 3751, "texte": "premier vers, et tous le répètent, puis le second vers, que tous répètent également.\nD'autres fois on se répond de colline à colline... ))\nIl ne nous manque, pour recevoir l'impression complète de ces chants, que\nde les entendre dans leur milieu, par les voix chaudes du Midi ; mais les contours\nmélodiques sont sibien appropriés que nous les devinons. La phrase musicale est\ncourte, avons-nous dit, mais elle est nette et bien formée. Certains de ces thèmes\nrappellent àla pensée ces (( ténors )) qui servaient de base aux diaphonies du\nmoyen âge, et dont le manuscrit de Montpellier, entres autres, nous a conservé\nde précieux et intéressants spécimens. Quant à la tenue générale, plusieurs de\nces chansons me rappellent le terme dont Bladé caractérisait certains contes\npopulaires de la région voisine : il les appelait des contes « de haut style )).\nEn effet, malgré l'étroitesse des formes, il y a dans ces chansons, aussi bien\nque dans les contes, une tendance naturelle vers la grandeur que ne connaissent\nguère, en général, les chansons populaires françaises.\nIl est, dans le recueil de MM. Casse et Chaminade, une section qui offre un\nintérêt assez particulier pour que nous nous y arrêtions un instant : ce sera l'oc-\ncasion d'y mettre un peu d'ordre et de clarté, et de tirer les documents des con-\nséquences auxquelles les auteurs n'ont pas songé.\nC'est la section des Chansons de quête (pp. 21 et suiv.).\nLes chansons de cette espèce sont peut-être celles de nos chansons populaires\nqui appartiennent à la tradition la plus antique. Il est certaines chansons des\nquêtes de Mai, répandues dans les provinces de l'Est, qui, si sceptique que je sois\nd'ordinaire à l'égard de ces hypothèses, réapparaissent comme se rattachant\naux souvenirs les plus lointains, peut-être même à la célébration des fêtes\npaïennes. Le recueil du Périgord renferme, lui aussi, plusieurs chansons de\nMai, qui sont très différentes de celles de l'Est, ainsi que ces chansons d'étrennes\ndésignées par les vocables vagues d'Aguilaneuf, la Guillanée, lou Giiilloneou, etc.\nC'est à celles-ci que nous voulons principalement nous arrêter.\nLe breton du Fail, au xvie siècle, a fait une pittoresque description des quêtes\nde l'Aguilaneuf. Il montre les garçons de son pays formant un cortège comique,\nun tambour et un fifre à leur tête, chantant une chanson de circonstance, et quê-\ntant les étrennes sur leur route. La chanson, on l'a retrouvée dans presque\ntoutes les provinces de l'Ouest : Normandie, Bretagne, Vendée, Anjou, Tou-\nraine,Orléanais, Périgord, Gascogne, Armagnac et Agenais, jusqu'au Canada,\noù l'on conserve encore aujourd'hui le souvenir des chansons apportées par les\nmarins des côtes de France. Le malheur est que la plupart des versions qu'on\nen a recueillies n'ont que les paroles, et que la musique est généralement laissée\nde côté. C'est l'avantage du nouveau recueil périgourdin de nous avoir apporté\nla notation de plusieurs de ces mélodies. Il nous a fallu, à la vérité, les chercher\ndans diverses parties du livre, où elles sont disséminées. C'est ainsi qu'après avoir\nfiguré parmi les chansons de quête, leur vraie place, on en retrouve des variantes\naux légendes pieuses, parla raison qu'elles se chantaient aussi la veille de\nPâques. Mais elles étaient si peu spéciales à cette journée que, précisément dans\nce même chapitre, les auteurs font à leur propos une citation d'un auteur péri-\ngourdin décrivant les impressions causées par le cérémonial antique de la nuit du\n31 décembre, page qui, précisant et confirmant après quatre siècles les indica-\ntions de Du Fail, mérite d'être citée au moins dans ses parties essentielles :\n« Je me reporte aux temps lointains de ma jeunesse, et je crois voir une dé"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "661", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.9", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2065, "texte": "ces longues files de jeunes gens qui, le 31 décembre au soir, allaient de bour-\ngade en bourgade, de maison en maison, dans nos campagnes, chantant lon Guil-\nloneou... La théorie descendait des sentiers, couvrant de ses replis nombreux les\npentes, puis le vallon, puis 1 Ecorne-Bœuf, à la cime duquel elle se déroulait en\ntournant autour des débris d'un vieux peulven, puis disparaissant pour aller\naboutir à la fontaine de Vésone, berceau de notre vieille cité, et gagner la ville\nen traversant la rivière au bac de Campniac. Ces lumières, leur jeu, l'accord\ngrave et doux des accents qui m'arrivaient tantôt vifs, tantôt atténués, étaient\nbien faits pour émouvoir. Garçons et filles allaient frapper à toutes les portes,\net toutes les portes s'ouvraient devant eux ; on leur donnait de modestes\nétrennes, car c'était la veille du premier de l'an » (P. 113.)\nLe recueil nous donne la notation de ce chant, et de plusieurs autres de même\ntype : il y en a, tout bien compté, dans les diverses parties du livre, huit.\nCes huit variantes se décomposent en trois membres de phrase. L'un, spécial à\ndeux mélodies seulement (p. 21), a un aspect moderne et peut être écarté sans\ncrainte. Il en reste donc seulement deux, savoir :\nCe membre de phrase, avec quelques variantes dans la cadence, constitue le\nmilieu de la mélodie, page 21 (cadence sur la tierce si), la totalité des mélodies\npages 113 et 115, enfin la première partie de la mélodie page 114 .\nNous donnerons plus tard cette dernière dans son entier, bornons-nous; pour préciser les\nprésentes observations, à reproduire la mélodie p. n 3, que les auteurs du recueil présentent\ncomme la plus répandue :\nTRADUCTION. Par un vendredi qui était le vendredi béni (le vendredi saint) Apportez-\nnous Fétrenne au nom de Jésus-Christ.\nL'autre membre de phrase, qui est un refrain (plus développé d'ailleurs que le\ncouplet, cas fréquent dans la chanson populaire), est celui-ci :\nTRADUCTION. Nous vous demandons la Guilîanée mon capitaine, nous vous\ndemandons la Guil'anée et l'étrennç,"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "662", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.10", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1991, "texte": "Çe thème rythmique, absent des deux mélodies page 21 (encore ne saurait-on\naffirmer si la formule renouvelée qui s'y est substituée n'en est pas une simple dé-\nformation), constitue avec des variantes qu'accuse surtout la notation, la substance\nde la première mélodie page 26, la presque totalité de la deuxième mélodie de la\nmême page, ainsi que celle page 27, enfin le milieu de la mélodie page 114. Les\nprincipales différences entre ces variantes, outre un plus ou moins grand nombre\nde répétitions de la formule rythmique, résident dans les cadences. La première\nmélodie page 26 conclut sur la tonique, non sur la dominante (1) :\nTRADUCTION. 11 nous faut donner la Guillanée (l'étrenne), vaillant seigneur; Il nous\nfaut donner la Guillanée aux compagnons.\nCelle de la page 27, après une première cadence normale, s'achève, à une\ndernière reprise, sur la tierce :\nTRADUCTION. A Paris, sur le petit pont, mon capitaine, nous vous demandons la\nGuillanée et l'étrenne.\n(Remarquons, en passant, ce mélange hétérogène de paroles, exemple fréquent dans la\nchanson populaire, associant ici sans aucune raison, au vieux refrain traditionnel, les vers de\nla chanson à danser : « A Paris, sur le petit pont ».)\nEnfin, celle de la page 114 s'arrête un degré au-dessus de la dominante pour\nretomber sur cette note à la reprise de la première période. Voici cette dernière\ndans son entier, c'est-à-dire présentant la succession intégrale des deux thèmes\nmélodiques de la chanson :\n\n(i) Il y a unetaute dans la transcription de cette mélodie, que les auteurs ont reproduite\nd'après une source que je connaissais depuis longtemps, et d'après laquelle je l'avais déjà citée :\nla dernière période s'achève sur la tonique, tout comme la précédente, et non sur le 6e degré\n(relatif mineur), comme on l'a gravé à tort. Nous notons toutes ces mélodies dans le même ton\nde sol et la même mesure à deux-quatre afin de rendre plus saisissables les analogies et les\ndifférences."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "663", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.11", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1692, "texte": "La seconde formule qui, dans plusieurs cas, constitue à elle seule toute la\nchanson, est peut-être plus authentique et primitive que la première : celle-ci,\nmalgré son air de simplicité extrême et tout archaïque, étant, dans presque\ntoutes les variantes, appliquée à des paroles chrétiennes, a probablement pour\norigine quelque vieux cantique ; la formule principale, au contraire, plus répan-\ndue (nous l'avons retrouvée dans des chansons similaires d'autres provinces,\navec son rythme net et son allure rustique), pourrait fort bien, en sa forme\nschématique, appartenir à une tradition toute différente et plus ancienne.\nLe même chapitre des Chansons de Quête donne plusieurs variantes d'une\nchanson de Mai dont, sans entrer dans d'autres explications, nous pouvons\nrésumer la formule essentielle ainsi qu'il suit :\nTRADUCTION. C'est demain le premier jour de Mai, Mironfïa, Mirolira, Où je vais\nvoir ma mie.\nAssurément ni l'une ni l'autre de ces mélopées n'est d'une haute valeur musi-\ncale. La chanson de Mai, notamment, est loin d'avoir la beauté et la poésie\npénétrante de la mélodie des Quêtes de mai (Trimousettes, etc.) populaire dans\ntout l'Est. Elles sont sèches et vraiment trop sommaires. Elles ressemblent à\ndes chansons enfantines : c'est qu'en effet elles représentent l'enfance de l'art.\nC'est à ce titre qu'elles ont mérité de retenir si longuement notre attention :\neussent-elles encore moins d'intérêt intrinsèque, elles seraient encore précieuses\npour l'histoire, si, comme tout nous autorise à le croire, elles sont des survi-\nvances et des débris de l'art lyrique tel qu'on le concevait à des époques pré-\nhistoriques.\n\nJULIEN TIERSOT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "663", "page_fin": "665", "image_debut": 11, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.4", "titre_corps": "Réflexions sur le système d'harmonie de Hugo Riemann", "titre_sommaire": "Réflexions sur le système d'harmonie de Hugo Riemann", "signature_source": "LÉON BOUTROUX, Professeur à l'Université de Besançon", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "663", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.11", "debut_caractere": 1694, "fin_caractere_exclue": 2176, "texte": "Réflexions sur le système d'harmonie de Hugo Riemann\n\n(0-\nUne première création a consisté à copier le dessin formé par les notes de\nl'accord parfait en mesurant les intervalles par degrés diatoniques, et non par\ntons et demi-tons, c'est-à-dire en faisant, pour constituer des accords de sons\nsimultanés, ce qui se fait pour constituer des dessins mélodiques se correspon-\ndant entre eux (exemple, Cavatine des Aroces de Figaro de Mozart) :\n\n(i) Suite. Voir la Revue du 15 novembre."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "664", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.12", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "En portant cette imitation particulière de l'accord parfait proprement dit sur\ntous les degrés de la gamme, on obtient, outre les accords parfaits du quatrième\net du cinquième degré, trois accords mineurs, appelés encore, par extension,\nparfaits, ceux du second,-du troisième et du sixième degré; on obtient aussi,\ncomme accord nouveau, l'accord si-ré fa, qui fut d'abord rejeté pour des raisons\nde goût.\nIl convient de remarquer ici que, si l'on emploie les notes de la gamme de\nPtolémée, l'accord ré-fa-la obtenu par ce procédé n'est pas identique avec les\naccords mi-sol-si et la-ut-mi, comme on le voit aisément en mesurant les inter-\nvalles par les rapports entre les nombres de vibrations de leurs notes.\nLes accords la-ut-mi et mi-sol-si sont donc identiques entre eux, mais différents\nde l'accord ré-fa-la, qui ne contient ni la quinte juste, ni la même tierce mineure\nque les deux premiers. C'est une raison pour rejeter toute génération de l'accord\nparfait mineur au moyen des harmoniques, et même pour rejeter de la musique\nréelle la gamme de Ptolémée, dont le rôle utile se borne à un seul point, mais\npoint d'importance capitale, savoir à permettre de fixer la constitution théorique\nde l'accord parfait proprement dit. Avec les notes de la gamme pythagoricienne,\nles trois accords mineurs sont identiques.\nLe procédé de génération des accords que nous venons d'employer suffit pour\nexpliquer toute l'harmonisation du plain-chant au moyen des positions de l'ac-\ncord parfait, et, grâce aux combinaisons variées du contrepoint, ces ressources\nharmoniques bornées se prêtent à la production d'admirables œuvres musicales.\nUne seconde création géniale fut, parmi les dissonances que la marche des\nparties introduisait au hasard, d'en fixer une particulière pour en faire un\nélément normal d'un accord défini pouvant s'employer sans préparation, mais\nnon sans résolution. L'accord parfait était constitué par la superposition de deux\ntierces, mesurées, comme nous venons de le dire, en nombres de degrés; en\nsuperposant une troisième tierce, mesurée de même, à l'accord parfait de domi-\nnante du ton d\\it, on créa l'accord de septième de dominante, accord qui, par la\nrésolution qu'il fait prévoir, donne une netteté singulière à la tonalité. Dès lors\nl'harmonie s'enrichit de ressources nouvelles. L'accord de quinte diminuée, par-\ntie supérieure de celui de septième de dominante, ne pouvait plus être proscrit"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "665", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.13", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 3163, "texte": "D'autres septièmes, formées par l'imitation du même dessin sur d'autres degrés\nde l'échelle, vinrent s'ajouter; enfin l'harmonie moderne se constitua par un\nenchaînement naturel.\nLe développement de l'harmonie entraîna une révolution dans la mélodie :\nla tonalité, précisée par des accords à résolution fixe, devint beaucoup plus res-\nserrée, et pour retrouver de la liberté et échapper à la monotonie, le compositeur\ndut faire un usage de plus en plus fréquent et imprévu de la modulation. Mais,\npour que la modulation fût intelligible, il fallait que la tonalité fût de plus en plus\nclairement indiquée par le moins de notes possible, en sorte que la raideur de la\ntonalité s'en trouva accrue. La souplesse de la tonalité grégorienne avec ses\nquatorze modes n'était guère compatible avec ces tendances nouvelles. De là la\ndisparition de ces modes et la formation de deux modes nouveaux, les caractères\npropres aux modes de fa, de sol et d'ut se trouvant à peu près condensés dans\nl'unique mode majeur, et les caractères propres aux anciens modes de ré, de mi\net de la dans l'unique mode mineur (i).\nL'harmonie propre au mode mineur fut constituée sur le modèle de celle du\nmode majeur, tantôt par imitation des intervalles, évalués en nombres de degrés\nde l'échelle, tantôt par la transposition des intervalles harmoniques proprement\ndits. En particulier la transposition de l'accord de septième de dominante du ton\nd9ut majeur sur le cinquième degré de l'échelle de la mineur fit de ce cinquième\ndegré une véritable dominante et de la note sensible sol J? non plus une note\nchromatique, mais une note propre à l'harmonie du ton, et particulièrement\ncaractéristique.\nEn résumé, pour nous, la création de l'harmonie propre au mode mineur, et\nde l'harmonie en général, en partant de l'accord parfait majeur, repose sur l'em-\nploi, suivant les cas, de deux procédés différents et bien déterminés de reproduc-\ntion d'une formule musicale donnée, procédés usités d'abord dans la mélodie,\nsavoir : i° l'imitation régulière ou transposition, qui reproduit les intervalles,\nmesurés au moyen des rapports entre les nombres de vibrations à la seconde ;\n2° une imitation spéciale, qui reproduit les intervalles, mesurés en nombres de\ndegrés de l'échelle diatonique. Quant à la génération du mode mineur, avec\ntoute son harmonie, par symétrie, elle ne nous paraît pouvoir être regardée que\ncomme une hypothèse arbitraire. Et, en la nommant ainsi, nous n'avons nulle\nintention de la déprécier. Les sciences physiques en général vivent d'hypothèses\narbitraires, qui ne valent que par les services qu'elles peuvent rendre, soit pour\nexpliquer les faits connus, soit pour faire prévoir des faits nouveaux. Pourquoi\nla science musicale n'userait-elle pas des mêmes moyens ? A ce point de vue\nnous ne contestons pas un instant la valeur de l'hypothèse de M. Riemann.\n\nLÉON BOUTROUX,\nProfesseur à l'Université de Besançon.\n\n(1) L'emploi fréquent du si [? dans les modes grégoriens de ré et de fa, qui tendait à effacei*\nla différence entre le mode de ré et celui de la d'une part, entre ceux de la et d'ut d'autre part,\navait préparé ces fusions."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "666", "page_fin": "668", "image_debut": 14, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.5", "titre_corps": "La «Juive» et le répertoire.", "titre_sommaire": "La «Juive» et le répertoire.", "signature_source": "A. SOL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "666", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.14", "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 977, "texte": "La «Juive» et le répertoire.\n\nLa première représentation de la Juive eut lieu le 23 février 1835. Le livret\n(de Scribe) est une adaptation du Shylock de Shakspeare, et le rôle de Rebecca\nest emprunté à W. Scott (roman d'lvanhoe).\nPar la partition de la Juive, Halévy rompt avec le passé et inaugure sa seconde\nmanière. Cet opéra est l'oeuvre maîtresse de ce célèbre compositeur. On a com-\nparé, à l'occasion de la Juive, l'instrumentation de Meyerbeer et d'Halévy ; cela\npeut-être est excessif. Cependant Halévy fit acte de novateur, ce qui d'ailleurs\nlui fut amèrement reproché. C'est lui qui le premier fit usage, dans la Juive,\ndes cors à pistons, qu'il substitua aux cors ordinaires, et c'est Meifred et\nF. Duvernoy qui furent ses exécutants. Il utilisa également le cor anglais, avec\nBrod et Vény, attachés à cette époque à l'orchestre de l'Opéra.\nSait-on enfin qu'Halévy usa d'une façon de leit-motiv (qu'il renouvelait d'ail-"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "667", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.15", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "leurs des maîtres du xvne siècle) en faisant exécuter par les instruments le\nmotif principal que devait reprendre le chanteur ?\nPendant une longue suite d'années, la Juive, figura au répertoire de l'Opéra, et\nl'on peut dire qu'Halévy fut un des triomphateurs les plus acclamés de la rue\nLe Peletier. Le 3 juin 1840, on donna la centième de la Juive, qui fut remontée en\njuin 1871 avec un soin tout particulier et atteignit sa 350e représentation le\n15 novembre de cette même année.\nLes ténors Guyamard et Villaret furent l'un après l'autre, pendant plus de\nvingt-cinq ans, les vaillants et remarquables interprètes de la Juive.\nCes deux artistes, doués d'un organe superbe, mais comédiens médiocres, trou-\nvèrent dans le rôle d'Eléazar leurs plus beaux succès et le défendirent jusqu'à la\nfin de leur carrière. Le ténor Sellier reprit également le rôle d'Eléazar.\nEnfin en 1875 était inauguré le nouvel Opéra, (( le palais Garnier )), comme\nse plaisaient à le désigner, avec une nuance d'ironie, les amis du maître archi-\ntecte.\nM. Halauzier, directeur avisé, estima qu'il ne pouvait mieux faire qu'ouvrir\naux Parisiens sa merveilleuse salle en leur faisant entendre la partition quatre\nfois centenaire d Ilalévy. Et le 8 janvier commença le défilé du public dans le\nféerique escalier, défilé ininterrompu, qui dura trois années, c'est-à-dire jusqu'à\nla fin de l'exposition universelle de 1878. La musique d'Halévy avait-elle été\npour le directeur un talisman ? Sans insister sur ce point, le seul choix de la\nJuive fait par Halauzier, administrateur qui ne sacrifiait jamais ses intérêts à\nVintérêt de l art, indique suffisamment et la faveur dont jouissait alors ce compo-\nsiteur et le prestige de son nom.\nCe fut une série de représentations triomphales; et cette année-là (1875)\nJuive eut 42 représentations, alors que Meyerbeer n'en obtenait que 32 avec les\nHuo uenots, Rossini 20 avec Guillaume Tell, et Mozart 14 seulement avec Don\nJuan. Cette reprise de l'œuvre d'Halévy, il faut le signaler, avait été fort bril-\nlante. Les rôles principaux avaient été confiés à Villaret (Eléazar), Belval (le\nCardinal), Vergnet (Léopold). Enfin l'artiste admirable qui n'a pas été rem-\nplacée, Mme Krauss, prenait possession du rôle de Rachel, et Mlle Marie Belval\nde celui d Eudoxie.\nCe fut d'ailleurs le dernier effort sérieux tenté parla direction de l'Opéra en\nlaveur d'Halévy. Toutefois la Juive resta au répertoire de façon eonstante\npendant les années 1876, 1877, 1879, 1880, 1881, 1882, 1883 ; elle avait disparu\nde l'affiche en 1878, sans doute parce que Halauzier, toujours pratique, estima\nque le nom d'Halévy sonnait moins bien aux oreilles des étrangers que le\nnom de Meyerbeer ; et ce fut ce compositeur qui occupa presque à lui seul la\nscène de l'Opéra avec Y Africaine, les Huguenots, Robert le Diable pendant\nl'exposition de 1878.\nMais, sous la direction Vaucorbeil, l'étoile d'Halévy pâlit peu à peu ; l'année\n1884 ne comporte plus que 3 représentations delà Juive. La direction Ritt et\nGailhard devait à son tour maintenir la Juive à son répertoire, mais sans enthou-\nsiasme et par simple acquit de conscience. Pendant les années 1885-1886, nous\ncomptons encore une douzaine de représentations. En 1887, la Juive disparaît\ncomplètement. Sans doute quelque vieux mélomane fit entendre ses remon-\ntrances, car, le 19 juillet 1888, le nom d'Halévy reparaît à nouveau pour une série\nde 11 représentations ; mais cette reprise fut sans éclat. M. Bernard, dont le"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "668", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.16", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2209, "texte": "nom est à peu près inconnu, débutait dans le rôle d'Éléazar ; M. Gresse, artiste\nconsciencieux qui depuis a fait ses preuves, tenait le rôle du cardinal à côté de\nM. Muratet (Léopold) et de Mmes Dufrane et Lureau-Escalaïs dans les rôles de\nRachel et d'Eudoxie.\nEn 1889, Mme Litvinne, alors débutante, interprétait pour une seule soirée le\nrôle de Rachel ; cette année-là, l'Opéra donna 10 représentations de la Juive.\nEn 1890, le rôle de Rachel sert de début à Mme Caroline Fierens, en même temps\nque MM. Duc et Affre paraissent dans les personnages d'Éléazaret de Léopold.\nM. Gresse et Mme Lureau-Escalaïs, très en progrès l'un et l'autre, avaient repris\nles rôles tenus par eux l'année précédente.\nLes années 1891 et 1892 nous offrent, en tout, 10 représentations delà Juive,\nsans plus ! Il s'agit donc tout simplement de conserver le nom de la Juive au\nrépertoire. —En 1893, les nouveaux associés directeurs del'Opéra, MM. Ber-\ntrand et Gailhard, nous donnent 9 fois l'opéra d'Halévy, qui, sans frais aucuns,\npermet d'offrir au public un spectacle honorable lorsque la fantaisie d'un\nartiste ou la maligne influenza vient interrompre la scène de l'œuvre en cours\nde représentations.\nMais cette année (1893) sera la dernière pour le nom d Halévy, qui cessera de\nparaître à l'Opéra dès l'année 1894.\nSauf erreur dans nos recherches, nous ne croyons pas qu'il y ait eu depuis\ncette date une seule représentation de la Juive donnée par l'Académie nationale\nde musique.\nC'est peut-être en raison de cette longue abstention de nos directeurs subven-\ntionnés que MM. Isola ont tenté la reprise de la Juive. Quoi qu'il en soit\nd'ailleurs, nous devons leur savoir gré d'avoir remis à la scène une œuvre magis-\ntrale qui a charmé de nombreuses générations, et qui mérite d'être connue de\nla nôtre. F.ayer le nom d'Halévy serait une injustice ; c'était peut-être aussi une\nmaladresse. Nous serons en mesure de nous prononcer à brève échéance, lorsque\nle vrai public celui qui paye en pièces trébuchantes et en bravos sonores\naura fait connaître aux directeurs delà Gaîtéson jugement sans appel, en accou-\nrant aux représentations de la Juive, ou bien en s'en désintéressant de façon\ndéfinitive.\n\nA. SOL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "666", "page_fin": "666", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.5.1", "titre_corps": "HALÉVY (1799-1862)", "titre_sommaire": "HALÉVY (1799-1862)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "666", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.14", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 43, "texte": "HALÉVY (1799-1862)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "668", "page_fin": "674", "image_debut": 16, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "668", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.16", "debut_caractere": 2211, "fin_caractere_exclue": 2828, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nM. Henry Marcel, le nouveau directeur des Beaux-Arts, a été installé dans ses\nnouvelles fonctions par M. le ministre de l'instruction publique et des beaux-\narts.\n\nGENÈVE. —La Colonie française de Genève se propose d'organiser, le 13 dé-\ncembre prochain, en matinée, dans cette ville,un festival en l'honneur de Berlioz,\nsous les auspices de M. Regnault, notre consul général.\nMlle Hatto, del'Opéra,doit prêterson concours à cettematinée, où elle interpré-\ntera plusieurs morceaux de notre grand compositeur.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Par arrêté ministériel en date du 14 novembre"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "669", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.17", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1606, "texte": "une demi-bourse à l'École de musique classique de Boulogne-sur-Seine a\nété accordée à M. Riol (Joseph), à Mur-de-Barrez (Aveyron).\n\nHARMONIE FLEMCÉNIENNE. — Une subvention de 170 francs a été accordée, sur\nles fonds de la direction des Beaux-Arts, à l'Harmonie Tlemcénienne, dirigée\ndepuis 14 ans par M. Theuma de Castelletti. Cette société musicale donne chaque\nannée de nombreux concerts sur les places de la ville et prête gracieusement\nson concours à toutes les cérémonies officielles et aux fêtes de bienfaisance.\n\nJURÉS ORPIIÉONIQUES. — L'Association des Jurés orphéoniques a ouvert en 1903\nun grand concours pour la composition d'oeuvres musicales spécialement écrites\npour les sociétés orphéoniques : chorales, harmonies et fanfares de la 2e et de la\n3e division (toutes sections).\nUne médaille de vermeil a été offerte par le ministre des beaux-arts pour être\ndécernée en son nom à l'un des lauréats des diverses sections de ce concours.\n\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE. — Les séances de la Société des con-\ncerts du Conservatoire national sont fixées, pour le mois de décembre courant,\naux dates ci-après désignées: les dimanches 6, i3, 20 et 27, en matinée, à\n2 heures.\n\n# OPÉRA. -— La Manufacture nationale de Sèvres se propose de faire une réduc-\ntion du buste de la célèbre Alboni, sculpté par Moncel et placé actuellement à\nl'Opéra.\n\nCONSERVATOIRE. —Le décès de M. Léon Pillaut laisse vacant au Conservatoire\nnational de musique l'emploi de Conservateur du Musée instrumental.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL: I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 oçtobre au 20 novembre."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "670", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 724, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 octobre au 20 novembre.\nComme on le voit par ces tableaux, c'est Saint-Saëns et Verdi à l'Opéra, et\nMassenet à l'Opéra-Comique qui détiennent le record delà recette.—MAXSCHONE.\nLa section de musique de Y Ecole des Hautes Etudes sociales, 16, rue de la Sor-\nbonne, a repris la série de ses cours, conférences et auditions musicales, orga-\nnisés par M. Romain Rolland.\nAu programme :\nLES LUNDIS, à 4 h. 1/4 :\nCours de MM. A. GASTOUÉ : Théorie et pratique de Vart musical, du VT siècle\nau IXe siècle.\nP. AUBRY :La musique française aux XIIIe et XIVe siècles.\nA. PIRRO : Histoire des doctrines musicales aux XVIe et XVIIe siècles.\nLOUIS LALOY : De Schumann à Debussy."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "671", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2787, "texte": "HELLOUIN : La critique musicale, son histoire, ses méthodes.\nLES JEUDIS, à 4 h. 1/4 :\nMAURICE EMMANUEL : La musique tonale classique ; la fugue, la sonate, la sym-\nphonie.\n«\nCH. MALHERBE : Le romantisme de Berlio\nLES VENDREDIS, à 8 h. 3/4 du soir :\nConférences, accompagnées d'auditions musicales, de MM. :\nVINCENT D'INDY : Comment on fait une sonate.\nPAUL LANDORMY : Le lied allemand, de Gluck à Schumann.\nHENRY EXPERT : La musique du dernier tiers du XVIe siècle jrançais.\nGOBLOT : Sur la théorie psychologique de la gamme.\nJULIEN TIERSOT : Le chant populaire.\nLouis LALOY : La musique française contemporaine.\nROMAIN ROLLAND : Gluck.\nCinq concerts seront donnés, les vendredis soir 11 décembre (concert Mozart),\n29 janvier [concert Gluck et Piccinni), 19 février (concert Beethoven), 2s mars\n(Iconcert de musique antérieure au XVIIIe siècle), 29 avril (concert de musique\nfrançaise contemporaine).\nOn y exécutera des fragments de Cosi fan tulle de Mozart, de Pâris et Hélène et\ndes Pèlerins de la Mecque de Gluck, les lieder et le chant élègiaque de Beethoven,\ndes pages inédites des maîtres français du xvie siècle et des maîtres italiens\ndu xviie, des œuvres de MM. Vincent d'lndy, Dukas, Debussy, etc.\nDouble quatuor vocal (MllesJeanne Leclerc, Anne Vila et Garcia. M,ne Mayrand,\nMM. Jean David, Noël-Nansen, Jan Reder et Battaille, et quatuor instrumental\n(MM. Fernand Luquin, Dumont, Roelens et Louis Dumas), sous la direction de\nM, Paul Landormy.\nOn nous écrit de Wiesbaden :\nOn joue en ce moment un peu partout,, en Allemagne, une Armide de M. de\nHussen* sur laquelle la presse paraît faire le silence, mais qui est une vraie curio-\nsité. Les tripatouillages parisiens de Don Juan ne sont rien auprès de celui-là.\nLe chef-d'œuvre de Gluck est absolument méconnaissable. C'est un nouvel\nexploit à enregistrer dans l'histoire du vandalisme musical. Demandez-en des\nnouvelles au maître Camille Saint-Saëns, qui assistait il n'y a pas longtemps,\nchez nous, à cette représentation ! L'auteur de cet (( arrangement )) est, m'affirme-\nt-on, un protégé de l'empereur.\nA L'OPÉRA-COMIQUE. Les premières représentations prochaines seront\ncelles de la Reine Fiamette de Leroux,. de la Fille de Roland de Rabaud, et,\nnous l'espérons bien aussi, de l'Ensorcelé de S. Lazzari.\nLa première représentation du Roi Artus, d'E. Chausson, au Théâtre de la\nMonnaie à Bruxelles, est fixée au lundi 30 novembre. Nous en rendrons compte\ndans notre prochain numéro.\n\nLILLE.\n\nLa Société de musique de Lille, sous la direction de M. Maquet, a\ndonné, novembre, son premier concert de la saison. Je dirai un\njour dans la Revue les origines de cette Société (1), qui est tout simplement en\n\n(i) Voir, sur ce sujet, la Correspondance de Lille parue clans la Revue musicale du icr décembre\ni 902."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "672", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3384, "texte": "passede devenir un des premiers orchestres de France et qui à Lille asu rame-\nner aux auditions de grande musique un public très musicien, mais qu'avaient\néloigné des déconvenues ressenties trop souvent aux séances d'une Société locale\n(que subventionnent les Beaux-Arts).\nAu programme, la Symphonie en mi bémol (n° 1) de Saint-Saëns, et A. de\nGreef, qui joua le Concerto en la mineur de Grieg, et des pièces de Scarlatti,\nSchumann\nNous avouons ne pas trouver de charmes transcendants àla Symphonie de\nSaint-Saëns. Les thèmes en sont peu variés, sauf dans le scherzo. L'adagio est\nlong, la phrase en est pourtant belle, mais l'accompagnement bien quel-\nconque. Pour le finale (allegro maestoso), très bruyant, M. Maquet avait cru\ndevoir renforcer son orchestre, déjà très important (80 exécutants), par une\nbande militaire. Ce n'était pas d'ailleurs une innovation, car à Lille on l'avait\ndéjà ainsi joué. Je ne trouve pas pour ma part cette adjonction heureuse, car\nl'équilibre est rompu entre les cordes et l'harmonie tonitruante qui l'emporte,\net cela ne fait plus que l'effet d'une transcription pour musique militaire. Il\nfaut avouer que l'orchestre a joué l'œuvre avec un brio superbe, et que son chef\nen a fait sortir tout ce qu'il était possible d'y trouver.\nA. de Greef est, à mon avis, un des virtuoses les plus accomplis de notre\népoque. C'est un de ceux ou même celui que préfèrent les orchestres qui l'ac-\ncompagnent, car, différant de certains pianistes à surprises qui semblent, faisant\nfi du rythme et de la mesure, vouloir faire dérailler l'orchestre, de Greef est le\nrythme personnifié, ayant avec cela plus que tout autre la douceur, la légèreté\net, quand il le faut, la force et la belle sonorité. Il a partout joué le Concerto de\nGrieg, et partout l'on a applaudi àsa maîtrise; mais il ne peut donner à l'œu-\nvre ce qui lui manque : après un beau début, des motifs quelconques où l'on\nretrouve toute l'œuvre de Grieg, ses sonates de violon, de violoncelle, ses\nlieder... et dont la pauvreté n'est pas masquée par les mouvements plus ou\nmoins rapides. L'orchestre a joué ce Concerto avec infiniment de douceur,\nde souplesse et de vivacité.\nLe concert se terminait par l'exécution impeccable de 1 Enterrement dôOphèlie,\nde Bourgault-Ducoudray, si curieux par sa tonalité et ses sonneries de cloche,\net d'une Sérénade de Glazounow enlevée àla russe. Il avait débuté par l'ouverture\nclassique ôôObèron. Le prochain concert est consacré à Berlioz (orchestre et\nchœur).\n\nDr GAUDIER.\n\nLYON.\n\nAux excellentes représentations de Salammbô ont succédé des pièces\ndu répertoire ordinaire : Hérodiade, Lohengrin, Mignon , Lakmé, Faust. L'or-\nchestre a montré dans ces œuvres si diverses le même soin d'interprétation que\nnous avons déjà loué dans Salammbô, et M. Pion l'a dirigé avec la plus grande\nautorité ; il est certain qu'il était le maître nécessaire pour obtenir la cohésion\nqui manquait depuis le départ de M. Luigini. Félicitons la municipalité de\ns'être occupée enfin de cette situation et d'avoir apprécié la valeur cle M. Pion.\nBibliographie. Il vient de paraître à Lyon, chez Janin,éditeur (i vol. in-40,\nnet 6 fr.), un petit volume dont nous recommandons la lecture avec plaisir :\nCours cTHarmonie, par M. DANIEL FLEURET, professeur d'harmonie au Conser-\nvatoire de Lyon.\nL'ouvrage est clair, débarrassé de tout pédantisme, d'une lecture facile et"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "673", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3318, "texte": "attrayante. Nous en extrayons cette excellente définition :(( Un traité d'harmonie\n(( n'est en somme que la moyenne d'opinions admises sur cette matière par le\n(( sens commun des musiciens )).\n\nA. MONIC.\n\nMARSEILLE.\nERNEST GUEYDON.\nUne des gloires marseillaises de l'art musical, M. Alexis Ros-\ntand, écrivait jadis, à propos de décentralisation artistique, les lignes suivantes :\n(( On a beaucoup parlé de décentralisation ; on s'en est bien peu et bien inef-\nficacement occupé. Ceux-là mêmes pour qui elle est le prétexte de bruyantes\nrevendications dans l'organisation politique du pays y paraissent très indifférents\nquand il s'agit de mettre en lumière et de développer le génie de chaque pro-\nvince.\n(( Dans le midi de la France, dans le Languedoc, dans notre Provence, on\ntrouve des facultés artistiques dignes de ces pays baignés d'air et de lumière.\nSi elles étaient hardiment cultivées et dans leur milieu, on y découvrirait comme\nun filon nouveau et ignoré de gloire nationale. ))\nNous sommes malheureusement dans l'obligation d'avouer que peu d'efforts\nont été faits en province pour la décentralisation musicale. Quelques tenta-\ntives dans ce sens ont bien été ébauchées par les fervents de l'art ; mais l'indif-\nférence ambiante a découragé les plus enthousiastes.\nCependant l'éducation musicale tend depuis quelques années à se propager\net à sortir des limites restreintes dans lesquelles elle paraissait s'être confinée.\nSous les efforts patients de quelques dilettanti, l'art musical se trace un chemin à\ntravers la foule naguère indifférente, et le premier pas, le plus pénible, a été fait.\nM. Barthélémy de Roux, qui déjà l'année dernière avait fait éclore une asso-\nciation chorale, dénommée (( Schola cantorum )) (association approuvée d'ail-\nleurs par M. Ch. Bordes), M. de Roux, dis-je, a, cette année encore, voulu\ndévelopper ce groupe, l'affirmer, le parfaire ; et, avec la précieuse collaboration\nde M. Messerer, directeur du Conservatoire municipal, et de M. Drogoul, un\nmusicien parfait, il s'occupe activement de l'épanouissement de son œuvre.\nPlus de 60 choristes, hommes et femmes, tous exercés à la lecture musicale,\nont répondu à l'appel de M. de Roux.\nLes résultats déjà obtenus nous font espérer enfin qu'il sera possible d'élever\nà Marseille l'art musical à un niveau appréciable au point de vue de l'exécution.\nLe programme de la Schola ne comporte d'ailleurs que des œuvres de style\nsévère, telles que celles de Palestrina, Roland de Lassus et J.-S. Bach, œuvres\nqui ne souffrent pas d'exécution médiocre.\nDepuis quelques jours seulement, les répétitions ont commencé, et les princi-\npaux professeurs de notre ville qui y ont assisté ont pu présager que la mise au\npoint ne sera pas laborieuse, et que la Schola de Marseille pourra vivre longue-\nment et arriver à d'excellents résultats.\nLaissons donc l'idée de M. de Roux tracer son sillon, et le temps faire son\nœuvre.\n\nROUEN.\n\nCe dernier mois, une grande effervescence a régné au théâtre des\nArts. Plusieurs soirs consécutifs, la salle s'est trouvée envahie par une bande\nde hurleurs qui venaient là uniquement pour crier et pour siffler. Certaine\nreprésentation des Huguenots fut surtout agitée. Il a été impossible de jouer le\ndernier acte ; à cinq reprises différentes, l'orchestre essaya vainement de se faire"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "674", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.22", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2165, "texte": "entendre au milieu des vociférations de ce public spécial. De guerre lasse, à\nune heure du matin on expulsa les spectateurs : ils se montraient par trop\nréfractaires à connaître quel a été le dénouement des amours de Raoul et de\nValentine. Il est fâcheux que de semblables soirées se reproduisent tous les ans ?\nmais,hélas ! il en sera toujours ainsi tant que ne seront pas supprimés les débuts.\nComme de coutume, les artistes, pour subir ces épreuves, ont affronté le public\ndans le vieux répertoire, avec Y Africaine, la Juive, les Huguenots. Mme Baron,\nla chanteuse d'opéra, le ténor M. Moisson et la basse M. Laskin ont été défini-\ntivement reçus. Ces trois artistes possèdent une voix d'un timbre agréable. Le\nseul reproche qu'on pourrait adresser à ces trois organes serait de manquer\ntant soit peu de volume.\nComme opéras comiques, nous eûmes Manon et Lakjjié. Mlle Rossi s'y est\nmontrée excellente chanteuse et très bonne comédienne.\nQuant à l'orchestre, il semble se complaire en une douce somnolence, se con-\ntentant seulement d'exécutions à peu près correctes. La direction du premier\nchef d'orchestre manque, du reste, parfois de fermeté. Reconnaissons cependant\nque M. Bergalonne conduisit bien mieux la reprise, qui vient d'être faite, de\nSamson et Dalila.\nDès que les emplois de contralto, de baryton, de basse chantante et de ténor\nd'opéra comique seront pourvus de titulaires, la direction du théâtre des Arts\nnous donnera YHenri VIII de Saint-Saéns et la Sapho de Massenet, dont les\nétudes sont activement poussées.\nNous apprenons qu'au retour de l'importante tournée qu'il doit entreprendre\nen Amérique, Armand Forest viendra à Rouen, pour y donner un concert, où\nil jouera comme soliste et avec son quatuor.\nLa Schola Cantorum aussi nous annonce une série de cinq concerts consacrés\nsurtout à la musique des XVII® et xvme siècles. Au moins deux de ces concerts\nseront avec soli, chœurs et orchestre. Aux autres, le quatuor Hayot, le quatuor\nZimmer et la société des « Petits Vents )) interpréteront des œuvres instrumen-\ntales.\nVoilà donc en perspective de fort intéressantes auditions.\n\nG. DE MONTREUIL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "668", "page_fin": "668", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.1", "titre_corps": "M. Henry Marcel, le nouveau directeur des Beaux-Arts, a été installé dans ses", "titre_sommaire": "M. 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Cette société musicale donne chaque\nannée de nombreux concerts sur les places de la ville et prête gracieusement\nson concours à toutes les cérémonies officielles et aux fêtes de bienfaisance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "669", "page_fin": "669", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.5", "titre_corps": "JURÉS ORPIIÉONIQUES. — L'Association des Jurés orphéoniques a ouvert en 1903", "titre_sommaire": "JURÉS ORPIIÉONIQUES. — L'Association des Jurés orphéoniques a ouvert en 1903", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "669", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.17", "debut_caractere": 543, "fin_caractere_exclue": 969, "texte": "JURÉS ORPIIÉONIQUES. — L'Association des Jurés orphéoniques a ouvert en 1903\nun grand concours pour la composition d'oeuvres musicales spécialement écrites\npour les sociétés orphéoniques : chorales, harmonies et fanfares de la 2e et de la\n3e division (toutes sections).\nUne médaille de vermeil a été offerte par le ministre des beaux-arts pour être\ndécernée en son nom à l'un des lauréats des diverses sections de ce concours."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "669", "page_fin": "669", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.6", "titre_corps": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE. — Les séances de la Société des", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE. — Les séances de la Société des", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "669", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.17", "debut_caractere": 971, "fin_caractere_exclue": 1210, "texte": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE. — Les séances de la Société des con-\ncerts du Conservatoire national sont fixées, pour le mois de décembre courant,\naux dates ci-après désignées: les dimanches 6, i3, 20 et 27, en matinée, à\n2 heures."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "669", "page_fin": "669", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.7", "titre_corps": "# OPÉRA. -— La Manufacture nationale de Sèvres se propose de faire une", "titre_sommaire": "# OPÉRA. -— La Manufacture nationale de Sèvres se propose de faire une", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "669", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.17", "debut_caractere": 1212, "fin_caractere_exclue": 1377, "texte": "# OPÉRA. -— La Manufacture nationale de Sèvres se propose de faire une réduc-\ntion du buste de la célèbre Alboni, sculpté par Moncel et placé actuellement à\nl'Opéra."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "669", "page_fin": "669", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.8", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. —Le décès de M. Léon Pillaut laisse vacant au Conservatoire", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. —Le décès de M. Léon Pillaut laisse vacant au Conservatoire", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "669", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.17", "debut_caractere": 1379, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "CONSERVATOIRE. —Le décès de M. Léon Pillaut laisse vacant au Conservatoire\nnational de musique l'emploi de Conservateur du Musée instrumental."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "669", "page_fin": "669", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.9", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL: I. – Opéra. Recettes détaillées du 20 oçtobre au 20 novembre.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL: I. – Opéra. 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P. Vi-\n19.149 41\ndetta.\ndal.\n24 —\nLohengrin.\nR. Wagner.\n1 I.258 5o\n26 —\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n17.178 91\n28 —\nPaillasse. — Samson et Dalila.\nLéoncavallo. Saint-\n15.1 37 26\nSaëns.\n3o -\nFaust.\nGounod.\n18.701 91\n31 —\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n12.010 »\n2 Novemb.\nSamson et Dalila. — La Mala-\nSaint-Saëns. P. Vi-\n13.659 91\ndetta.\ndal.\n4 • —\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n12.917 76\n6 —\nOthello.\nVerdi.\ni9.o35 41\n7 —\nSigurd.\nReyer.\n11.624 »\n9 —\nLohengrin.\nR. Wagner.\n14.105 91\n11 —\nOthello.\nVerdi.\n13.556 26\nI3 —\nPaillasse. — Samson et Dalila.\nLéoncavallo. Saint-\ni5.666 91\nSaëns.\n14 —\nOthello.\nVerdi.\n11.023 5o\n16 —\nTannhauser.\nR. 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AUBRY :La musique française aux XIIIe et XIVe siècles.\nA. PIRRO : Histoire des doctrines musicales aux XVIe et XVIIe siècles.\nLOUIS LALOY : De Schumann à Debussy."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "671", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2463, "texte": "HELLOUIN : La critique musicale, son histoire, ses méthodes.\nLES JEUDIS, à 4 h. 1/4 :\nMAURICE EMMANUEL : La musique tonale classique ; la fugue, la sonate, la sym-\nphonie.\n«\nCH. MALHERBE : Le romantisme de Berlio\nLES VENDREDIS, à 8 h. 3/4 du soir :\nConférences, accompagnées d'auditions musicales, de MM. :\nVINCENT D'INDY : Comment on fait une sonate.\nPAUL LANDORMY : Le lied allemand, de Gluck à Schumann.\nHENRY EXPERT : La musique du dernier tiers du XVIe siècle jrançais.\nGOBLOT : Sur la théorie psychologique de la gamme.\nJULIEN TIERSOT : Le chant populaire.\nLouis LALOY : La musique française contemporaine.\nROMAIN ROLLAND : Gluck.\nCinq concerts seront donnés, les vendredis soir 11 décembre (concert Mozart),\n29 janvier [concert Gluck et Piccinni), 19 février (concert Beethoven), 2s mars\n(Iconcert de musique antérieure au XVIIIe siècle), 29 avril (concert de musique\nfrançaise contemporaine).\nOn y exécutera des fragments de Cosi fan tulle de Mozart, de Pâris et Hélène et\ndes Pèlerins de la Mecque de Gluck, les lieder et le chant élègiaque de Beethoven,\ndes pages inédites des maîtres français du xvie siècle et des maîtres italiens\ndu xviie, des œuvres de MM. Vincent d'lndy, Dukas, Debussy, etc.\nDouble quatuor vocal (MllesJeanne Leclerc, Anne Vila et Garcia. M,ne Mayrand,\nMM. Jean David, Noël-Nansen, Jan Reder et Battaille, et quatuor instrumental\n(MM. Fernand Luquin, Dumont, Roelens et Louis Dumas), sous la direction de\nM, Paul Landormy.\nOn nous écrit de Wiesbaden :\nOn joue en ce moment un peu partout,, en Allemagne, une Armide de M. de\nHussen* sur laquelle la presse paraît faire le silence, mais qui est une vraie curio-\nsité. Les tripatouillages parisiens de Don Juan ne sont rien auprès de celui-là.\nLe chef-d'œuvre de Gluck est absolument méconnaissable. C'est un nouvel\nexploit à enregistrer dans l'histoire du vandalisme musical. Demandez-en des\nnouvelles au maître Camille Saint-Saëns, qui assistait il n'y a pas longtemps,\nchez nous, à cette représentation ! L'auteur de cet (( arrangement )) est, m'affirme-\nt-on, un protégé de l'empereur.\nA L'OPÉRA-COMIQUE. Les premières représentations prochaines seront\ncelles de la Reine Fiamette de Leroux,. de la Fille de Roland de Rabaud, et,\nnous l'espérons bien aussi, de l'Ensorcelé de S. Lazzari.\nLa première représentation du Roi Artus, d'E. Chausson, au Théâtre de la\nMonnaie à Bruxelles, est fixée au lundi 30 novembre. Nous en rendrons compte\ndans notre prochain numéro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "670", "page_fin": "670", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.10.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "670", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.18", "debut_caractere": 726, "fin_caractere_exclue": 2129, "texte": "DATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n21 Octobre\nCarmen.\nBizet.\n6.937 »\n22 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n9.181 5o\n23 —\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n5.563 5o\n24 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n8.83o 5o\n2 5 —matinée\nLes Noces de Jeannette. — La\nMassé. Messager.\n5.266 5o\nBasoche.\n5.999 5o\n2 5 —soirée\nManon.\nMassenet.\n26 —\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n4.492 »\n27 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n5.952 »\n28 —\nLouise.\nCharpentier.\n5.522 5o\n29 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.419 5o\n3o —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n5.775 5o\n3 1 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.682 »\n1er Nov.mat.\nLa Fille du Régiment. — Le\nDonizetti. Gounod.\n4.028 5o\nMédecin malgré lui.\n6.027 5o\n_ soirée\nCarmen.\nBizet.\n2 —\nLouise.\nCharpentier.\n4.571 »\n0\nD\nLa Tosca.\nPuccini.\n5.791 5o\n4 —\nManon.\nMassenet.\n6.635 »\n5 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n7.840 5o\n6 —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n5.948 5o\n7 — .\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.516 »\n8 — matinée\nCarmen.\nBizet.\n6.269 5o\n8 — soirée\nLes Noces de Jeannette. —\nMassé. L. Delibes.\n6.375 5o\nLakmé.\n3.835 »\n9 —\nLa Basoche.\nMessager.\n10 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n4.266 5o\n[ 1 —\nLouise.\nCharpentier.\n5.073 5o\n12 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.854 »\n3 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n6.116 »\n14 —\nWerther.\nMassenet.\n12.990 5o\ni5 —matinée\nMignon.\nA. Tho m as\n6.758 »\n1 5 — soirée\nCarmen.\nBizet.\n4.979 5o\n16 —\nManon.\nMassenet.\n4.585 »\n17 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n3.353 5o\n18 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n4.518 5o\n19 —\nW erther.\nMassenet.\n10.451 5o\n20 —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n5.497 5°"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "671", "page_fin": "672", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.11", "titre_corps": "LILLE.", "titre_sommaire": "LILLE.", "signature_source": "Dr GAUDIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "671", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.19", "debut_caractere": 2465, "fin_caractere_exclue": 2787, "texte": "LILLE.\n\nLa Société de musique de Lille, sous la direction de M. Maquet, a\ndonné, novembre, son premier concert de la saison. Je dirai un\njour dans la Revue les origines de cette Société (1), qui est tout simplement en\n\n(i) Voir, sur ce sujet, la Correspondance de Lille parue clans la Revue musicale du icr décembre\ni 902."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "672", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2511, "texte": "passede devenir un des premiers orchestres de France et qui à Lille asu rame-\nner aux auditions de grande musique un public très musicien, mais qu'avaient\néloigné des déconvenues ressenties trop souvent aux séances d'une Société locale\n(que subventionnent les Beaux-Arts).\nAu programme, la Symphonie en mi bémol (n° 1) de Saint-Saëns, et A. de\nGreef, qui joua le Concerto en la mineur de Grieg, et des pièces de Scarlatti,\nSchumann\nNous avouons ne pas trouver de charmes transcendants àla Symphonie de\nSaint-Saëns. Les thèmes en sont peu variés, sauf dans le scherzo. L'adagio est\nlong, la phrase en est pourtant belle, mais l'accompagnement bien quel-\nconque. Pour le finale (allegro maestoso), très bruyant, M. Maquet avait cru\ndevoir renforcer son orchestre, déjà très important (80 exécutants), par une\nbande militaire. Ce n'était pas d'ailleurs une innovation, car à Lille on l'avait\ndéjà ainsi joué. Je ne trouve pas pour ma part cette adjonction heureuse, car\nl'équilibre est rompu entre les cordes et l'harmonie tonitruante qui l'emporte,\net cela ne fait plus que l'effet d'une transcription pour musique militaire. Il\nfaut avouer que l'orchestre a joué l'œuvre avec un brio superbe, et que son chef\nen a fait sortir tout ce qu'il était possible d'y trouver.\nA. de Greef est, à mon avis, un des virtuoses les plus accomplis de notre\népoque. C'est un de ceux ou même celui que préfèrent les orchestres qui l'ac-\ncompagnent, car, différant de certains pianistes à surprises qui semblent, faisant\nfi du rythme et de la mesure, vouloir faire dérailler l'orchestre, de Greef est le\nrythme personnifié, ayant avec cela plus que tout autre la douceur, la légèreté\net, quand il le faut, la force et la belle sonorité. Il a partout joué le Concerto de\nGrieg, et partout l'on a applaudi àsa maîtrise; mais il ne peut donner à l'œu-\nvre ce qui lui manque : après un beau début, des motifs quelconques où l'on\nretrouve toute l'œuvre de Grieg, ses sonates de violon, de violoncelle, ses\nlieder... et dont la pauvreté n'est pas masquée par les mouvements plus ou\nmoins rapides. L'orchestre a joué ce Concerto avec infiniment de douceur,\nde souplesse et de vivacité.\nLe concert se terminait par l'exécution impeccable de 1 Enterrement dôOphèlie,\nde Bourgault-Ducoudray, si curieux par sa tonalité et ses sonneries de cloche,\net d'une Sérénade de Glazounow enlevée àla russe. Il avait débuté par l'ouverture\nclassique ôôObèron. Le prochain concert est consacré à Berlioz (orchestre et\nchœur).\n\nDr GAUDIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "672", "page_fin": "673", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.12", "titre_corps": "LYON.", "titre_sommaire": "LYON.", "signature_source": "A. MONIC", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "672", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.20", "debut_caractere": 2513, "fin_caractere_exclue": 3384, "texte": "LYON.\n\nAux excellentes représentations de Salammbô ont succédé des pièces\ndu répertoire ordinaire : Hérodiade, Lohengrin, Mignon , Lakmé, Faust. L'or-\nchestre a montré dans ces œuvres si diverses le même soin d'interprétation que\nnous avons déjà loué dans Salammbô, et M. Pion l'a dirigé avec la plus grande\nautorité ; il est certain qu'il était le maître nécessaire pour obtenir la cohésion\nqui manquait depuis le départ de M. Luigini. Félicitons la municipalité de\ns'être occupée enfin de cette situation et d'avoir apprécié la valeur cle M. Pion.\nBibliographie. Il vient de paraître à Lyon, chez Janin,éditeur (i vol. in-40,\nnet 6 fr.), un petit volume dont nous recommandons la lecture avec plaisir :\nCours cTHarmonie, par M. DANIEL FLEURET, professeur d'harmonie au Conser-\nvatoire de Lyon.\nL'ouvrage est clair, débarrassé de tout pédantisme, d'une lecture facile et"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "673", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 217, "texte": "attrayante. Nous en extrayons cette excellente définition :(( Un traité d'harmonie\n(( n'est en somme que la moyenne d'opinions admises sur cette matière par le\n(( sens commun des musiciens )).\n\nA. MONIC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "673", "page_fin": "673", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.13", "titre_corps": "MARSEILLE.", "titre_sommaire": "MARSEILLE.", "signature_source": "ERNEST GUEYDON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "673", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.21", "debut_caractere": 219, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "MARSEILLE.\nERNEST GUEYDON.\nUne des gloires marseillaises de l'art musical, M. Alexis Ros-\ntand, écrivait jadis, à propos de décentralisation artistique, les lignes suivantes :\n(( On a beaucoup parlé de décentralisation ; on s'en est bien peu et bien inef-\nficacement occupé. Ceux-là mêmes pour qui elle est le prétexte de bruyantes\nrevendications dans l'organisation politique du pays y paraissent très indifférents\nquand il s'agit de mettre en lumière et de développer le génie de chaque pro-\nvince.\n(( Dans le midi de la France, dans le Languedoc, dans notre Provence, on\ntrouve des facultés artistiques dignes de ces pays baignés d'air et de lumière.\nSi elles étaient hardiment cultivées et dans leur milieu, on y découvrirait comme\nun filon nouveau et ignoré de gloire nationale. ))\nNous sommes malheureusement dans l'obligation d'avouer que peu d'efforts\nont été faits en province pour la décentralisation musicale. Quelques tenta-\ntives dans ce sens ont bien été ébauchées par les fervents de l'art ; mais l'indif-\nférence ambiante a découragé les plus enthousiastes.\nCependant l'éducation musicale tend depuis quelques années à se propager\net à sortir des limites restreintes dans lesquelles elle paraissait s'être confinée.\nSous les efforts patients de quelques dilettanti, l'art musical se trace un chemin à\ntravers la foule naguère indifférente, et le premier pas, le plus pénible, a été fait.\nM. Barthélémy de Roux, qui déjà l'année dernière avait fait éclore une asso-\nciation chorale, dénommée (( Schola cantorum )) (association approuvée d'ail-\nleurs par M. Ch. Bordes), M. de Roux, dis-je, a, cette année encore, voulu\ndévelopper ce groupe, l'affirmer, le parfaire ; et, avec la précieuse collaboration\nde M. Messerer, directeur du Conservatoire municipal, et de M. Drogoul, un\nmusicien parfait, il s'occupe activement de l'épanouissement de son œuvre.\nPlus de 60 choristes, hommes et femmes, tous exercés à la lecture musicale,\nont répondu à l'appel de M. de Roux.\nLes résultats déjà obtenus nous font espérer enfin qu'il sera possible d'élever\nà Marseille l'art musical à un niveau appréciable au point de vue de l'exécution.\nLe programme de la Schola ne comporte d'ailleurs que des œuvres de style\nsévère, telles que celles de Palestrina, Roland de Lassus et J.-S. Bach, œuvres\nqui ne souffrent pas d'exécution médiocre.\nDepuis quelques jours seulement, les répétitions ont commencé, et les princi-\npaux professeurs de notre ville qui y ont assisté ont pu présager que la mise au\npoint ne sera pas laborieuse, et que la Schola de Marseille pourra vivre longue-\nment et arriver à d'excellents résultats.\nLaissons donc l'idée de M. de Roux tracer son sillon, et le temps faire son\nœuvre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "673", "page_fin": "674", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.6.14", "titre_corps": "ROUEN.", "titre_sommaire": "ROUEN.", "signature_source": "G. DE MONTREUIL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "673", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.21", "debut_caractere": 2924, "fin_caractere_exclue": 3318, "texte": "ROUEN.\n\nCe dernier mois, une grande effervescence a régné au théâtre des\nArts. Plusieurs soirs consécutifs, la salle s'est trouvée envahie par une bande\nde hurleurs qui venaient là uniquement pour crier et pour siffler. Certaine\nreprésentation des Huguenots fut surtout agitée. Il a été impossible de jouer le\ndernier acte ; à cinq reprises différentes, l'orchestre essaya vainement de se faire"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "674", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.22", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2165, "texte": "entendre au milieu des vociférations de ce public spécial. De guerre lasse, à\nune heure du matin on expulsa les spectateurs : ils se montraient par trop\nréfractaires à connaître quel a été le dénouement des amours de Raoul et de\nValentine. Il est fâcheux que de semblables soirées se reproduisent tous les ans ?\nmais,hélas ! il en sera toujours ainsi tant que ne seront pas supprimés les débuts.\nComme de coutume, les artistes, pour subir ces épreuves, ont affronté le public\ndans le vieux répertoire, avec Y Africaine, la Juive, les Huguenots. Mme Baron,\nla chanteuse d'opéra, le ténor M. Moisson et la basse M. Laskin ont été défini-\ntivement reçus. Ces trois artistes possèdent une voix d'un timbre agréable. Le\nseul reproche qu'on pourrait adresser à ces trois organes serait de manquer\ntant soit peu de volume.\nComme opéras comiques, nous eûmes Manon et Lakjjié. Mlle Rossi s'y est\nmontrée excellente chanteuse et très bonne comédienne.\nQuant à l'orchestre, il semble se complaire en une douce somnolence, se con-\ntentant seulement d'exécutions à peu près correctes. La direction du premier\nchef d'orchestre manque, du reste, parfois de fermeté. Reconnaissons cependant\nque M. Bergalonne conduisit bien mieux la reprise, qui vient d'être faite, de\nSamson et Dalila.\nDès que les emplois de contralto, de baryton, de basse chantante et de ténor\nd'opéra comique seront pourvus de titulaires, la direction du théâtre des Arts\nnous donnera YHenri VIII de Saint-Saéns et la Sapho de Massenet, dont les\nétudes sont activement poussées.\nNous apprenons qu'au retour de l'importante tournée qu'il doit entreprendre\nen Amérique, Armand Forest viendra à Rouen, pour y donner un concert, où\nil jouera comme soliste et avec son quatuor.\nLa Schola Cantorum aussi nous annonce une série de cinq concerts consacrés\nsurtout à la musique des XVII® et xvme siècles. Au moins deux de ces concerts\nseront avec soli, chœurs et orchestre. Aux autres, le quatuor Hayot, le quatuor\nZimmer et la société des « Petits Vents )) interpréteront des œuvres instrumen-\ntales.\nVoilà donc en perspective de fort intéressantes auditions.\n\nG. DE MONTREUIL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c043", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "674", "page_fin": "675", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.7", "titre_corps": "L'art musical date-t-il du XVe siècle?", "titre_sommaire": "L'art musical date-t-il du XVe siècle?", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "674", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.22", "debut_caractere": 2167, "fin_caractere_exclue": 3105, "texte": "L'art musical date-t-il du XVe siècle?\n\nEn signalant, dans notre dernier numéro (p. 651), la série d'études de M. F. de\nMénil sur XEcole contrapolitique flamande, dans le Courrier musical, nous re-\ngrettions d'y lire (( qu'au commencement du xve siècle l'art musical existait\nà peine )). M. F. de Ménil s'étonne de notre regret dans une lettre d'ailleurs\nfort courtoise, que nous le remercions de nous avoir écrite, car elle nous\npermet de développer un peu notre pensée. (( Ce qu'il y a de regrettable, dit-il,\nce n'est pas de lire cette •assertion dans un article, mais que ce soit la véritable opi-\nnion historique. ))\nIl s'agirait pourtant de se mettre un peu d'accord. D'abord qu'est-ce que M. de\nMénil entend par l'art musical ? Est-ce l'art de composer de la musique, simple-\nment ? Alors que fait-il du chant grégorien, dont les mélodies, nous l'avons\nmontré maintes fois ici même, ne sont pas de vaines agrégations de notes, mais"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "675", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2279, "texte": "de véritables airs, avec thème principal, reprises et variations, des œuvres en un\nmot, et souvent des chefs-d'œuvre ? Le temps n'est plus cependant où l'on faisait\ncommencer la musique religieuse à Palestrina !\nMais j'admets que, par une légère impropriété d'expression, M. de Ménil,\nlorsqu'il écrit art musical, entende Y art polyphonique.\nLaissons donc hors du débat, et le chant grégorien, et les mélodies rythmées\ndes trouvères. Mais l'art d'associer des mélodies date-t-il donc du xve siècle ? Il\nsuffirait, pour prouver le contraire, du simple titre d'un ouvrage de Cousse-\nmaker, assez connu cependant : Liart harmonique aux XIIe et XIIIe siècles. Et\nqu'on ne dise pas que ces œuvres primitives n'étaient que des rudes et informes\nessais ; nous sommes déjà loin de ce qu'on a appelé, d'ailleurs à tort, Yorga-\nnum d'Hucbald. Il existe un art harmonique ; il y a des genres nettement dis-\ntingués : Déchant, Triple, Quadruple, Motet, Rondel, Conduct. Les règles de\nces genres se trouvent dans maint traité du temps, comme le De speculatione\nmusices de W. Odington (1280). Les pièces reproduites par de Coussemaker dans\nson ouvrage, d'après le manuscrit de Montpellier, la Messe du xme siècle,\nqu'il a publiée en 1861, montrent que les maîtres de ces temps reculés savaient\nce qu'ils voulaient faire, et n'allaient point du tout au hasard. Enfin, M. de\nMénil ignore-t-il qu'il existe un célèbre Canon anglais, du xme siècle (sur les\nparoles : Summer is icumen in), canon à quatre parties, accompagné par deux\nformules mélodiques qui alternent en forme de rondel, et qui par sa structure\nàla fois savante et charmante fait encore l'étonnement et l'admiration de tous\nles historiens sérieux de l'art musical ? Sait-il que la règle prohibant les suites\nd'octaves et de quintes a été formulée par Jean de Mûris dans la première moitié\nxive siècle ?\nLa (( véritable opinion historique », s'il yen a une, est donc tout justement\nque l'art polyphonique, au xve siècle, avait déjà passé depuis longtemps la\npériode de ses débuts, que Binchois, Dunstable et Dufay sont les héritiers d'une\ntradition déjà formée, mûrie et fixée, et que, si les profanes peuvent ignorer la\nlongue période qui les a précédés, pareille erreur est désormais interdite à un\nhistorien.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c044", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "675", "page_fin": "679", "image_debut": 23, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.8", "titre_corps": "Les Concerts.", "titre_sommaire": "Les Concerts.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "675", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.23", "debut_caractere": 2281, "fin_caractere_exclue": 2875, "texte": "Les Concerts.\n\nCONSERVATOIRE. — 22 novembre.\n\nLa Société des Concerts (qui en est à sa\n77E année) a fait une brillante réouverture avec la Symphonie en ut mineur de\nBeethoven et la Rédemption de C. Franck. Mlle Louise Grandjean, de l'Opéra, n'a\nparu, hélas ! que sur l'affiche, par une de ces indispositions qui, je l'espère,\nentretiennent la santé. Dans la Symphonie de Beethoven, YAndante con moto a\neu un succès particulier. Entre les deux parties de Rédemption on a unanime-\nment applaudi la sublime symphonie qui peint (( l'allégresse du monde se\ntransformant sous la parole du Christ )) :"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "676", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3196, "texte": "La Société ne pouvait mieux débuter qu'en inscrivant au programme les deux\ngrands noms de Beethoven et de César Franck ; mais j'ose dire que le choix des\ncompositeurs n'a pas une importance capitale pour le public :ce qu'il va cher-\ncher et ce qu'il trouve au Conservatoire, c'est une exécution impeccable, parfaite,\ngrâce à un orchestre où chaque musicien est un maître, et à des chœurs qui sont\nles meilleurs de Paris. Tout au plus reprocherai-je à cette élite d'exagérer cer-\ntaines nuances. Dans la Symphonie en ut, il y a des p. qui devenaient des p. p. p.\net qu'on n'entendait plus...\n\nJ. C.\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 15 novembre.\nR. R.\n— La perle du concert fut le Con-\neerto en si bémol de Haendel, pour deux hautbois et instruments à cordes. Je ne\ncrois pas que personne ait jamais atteint à la beauté, à la qualité de beauté, qui\nfleurit clans l'oeuvre de Haendel. Je la reconnais bien : c'est la pure beauté ita-\nlienne, la fleur de la Renaissance, cueillie au pays de Léonard et de Monteverde,\nau moment où la terre italienne commençait à s'appauvrir, et transplantée dans\nun sol et un cœur plus vigoureux. — Aucun des concertophobes n'a eu garde\nde manifester. C'est que l'oeuvre de Haendel n'a du concerto que le nom. Elle est\nun simple et sobre dialogue entre les hautbois et l'orchestre, où l'instrument\nsolo ou plutôt le couple d'instruments jouent le rôle de deux voix qui chantent,\net non d'un virtuose odieux qui danse sur la corde.\nLa Symphonie pathétique de Tschaikowsky est la symphonie des chefs d'or-\nchestre ; ils professent pour elle une prédilection que nulle critique ne saurait\nébranler. Peut-être est-ce parce qu'ils y trouvent, si j'ose dire, un beau rôle, où\nil y a beaucoup à dire, et de tous les genres, et du doux, et du violent, et du triste,\net du gai, parfois même du pathétique. Ils ne trouvent pas que le rôle soit trop\nlong. Mais le public n'a pas les mêmes raisons d'être indulgent et il arrive qu'il\nmanifeste, comme il fît l'autre jour, un peu d'impatience. Au reste, cette œuvre\nne mérite pas qu'on se passionne ni pour ni contre elle. C'est une honnête\nsymphonie, qui est lourde, qui n'est pas sans force, qui a une sorte de vigueur\nmilitaire, et qui montre une âme assez noble et cependant vulgaire (cela se voit\nquelquefois).\nL'exécution de la Symphonie en mi bémol de Mozart fut un peu dure. La gran-\ndeur seule ressortait; mais la grâce avait disparu.\nLa fluide poésie, la peinture vaporeuse du Prélude à VAprès-midi d\\in Faune\nde M. Debussy, joué d'une façon exquise, eut son succès habituel.\nQuant à la première audition du poème symphonique de M. H. Busser : Her-\ncule au jardin des Hespérides, cette œuvre m'a paru distinguée mais fade, et de\npeu d'invention, d'une assez jolie couleur, surtout dans les parties du sujet qui\nprêtaient à la rêverie langoureuse; car l'Hercule est bien faible, malgré ses\nbruyantes fanfares. C'est une terrible figure que celle d'Hercule; elle est trop\nhéroïque pour le voluptueux art moderne. On ferait bien de la laisser à Ilœndel.\n\n22 novembre.\n\nLa Symphonie en sol mineur, de Mozart, est assez correcte-\nment exécutée; mais dans le premier mouvement, la chute de la première phrase\nest lourde :"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "677", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3583, "texte": "Le second ut doit n'être qu'un écho affaibli du premier ; au lieu de cela,\nM. Chevillard marque fortement les deux notes : il sait bien cependant que\nMozart n'avait pas coutume de marcher en sabots. L'allégro final est joué avec\nune virtuosité incomparable, mais trop vite, vraiment : les basses ont beau faire,\nleurs traits rapides s'embrouillent et ne produisent d'autre effet que celui d'une\naverse lointaine sur des toitures de zinc. Mlle Marguerite Long donne une\nélégance un peu sèche aux Variations symphoniques de Franck ; il y faudrait du\ncharme et du rêve. Grand succès pour M. Daraux dans le bel air d'Agamemnon,\nA Iphi génie en Aulide, et dans un Chant de fête de G. Guiraud (paroles de Jean\nBenedict). Il s'agit de l'Assomption et du Pardon de Notre-Dame de la Clarté.\nCe nom évoque pour moi une petite chapelle de granit, très vieille et un peu\ncontrefaite, placée, tout au haut d'une colline, entre la grève de Perros-Guirec et\nles rochers de Trégastel. La musique peint une mer tranquille et une foule\nanimée, par un beau soleil : on croirait lire du Brizeux ; mais j'aime le rythme\nde marche de l'orchestre, dans la première partie, et ses ingénieuses combinaisons\nd'airs à danser, ensuite ; et la mélodie est d'une belle tenue.\nLes Préludes de Liszt sont une œuvre admirable, où l'on ne peut pas ne pas\naimer la générosité de 1 inspiration, l'ampleur des développements, la force et la\nvariété de l'orchestre. Une péroraison bruyante nuit malheureusement à l'impres-\nsion finale : ce génie, l'un des plus merveilleux qui aient jamais paru, ne sut\njamais se surveiller assez. Mais il y a un beau thème principal, déjà employé par\nBeethoven dans son XXVIe Quatuor [Muss es sein) et que devait reprendre encore\nFranck au début de sa Symphonie ; Liszt lui donne une ardeur toute romantique ;\nà côté, des motifs tendres dont l'intensité douloureuse rappelle Berlioz, avec une\nsouplesse et un fondu que Berlioz a toujours ignorés ; un appel de clarinette\ndéjà digne d'exciter le courage de Siegfried ; et de délicieux effets de cors, dans le\nregistre aigu. Il n'a manqué à Liszt que d'avoir le goût moins large et le\ntravail moins facile pour créer des chefs-d'œuvre accomplis\n\nLOUIS LALOY.\n\nCONCERTS COLONNE. — 15 novembre.\n\n—Le concert est dirigé par M. Gabriel\nPierné. L' Ouverture du roi Lear, de Berlioz, commence par un beau motif som-\nbre, aux basses, continué par un chant mélancolique du hautbois ; puis tout dégé-\nnère en trivialités du plus mauvais goût italien : Nice, Nizza la bella, où ce mor-\nceau fut composé en avril 1831, n'a pas bien inspiré le jeune auteur.\nStenka Razine, de Glazounow, date de 1885 ; le pirate de la Volga, son bateau\naux voiles de soie, la princesse persane étendue à barrière, sur les tonneaux rem-\nplis d'or et d'argent, la bataille, et la princesse offerte en holocauste aux eaux du\nfleuve, tels sont les tableaux éclatants et farouches qui ont séduit l'imagination\ndu compositeur russe... (( Sur une pédale de si mineur, dit M. Malherbe dans sa\n(( brève analyse, les trombones présentent le thème du Volga qui se prolonge sous\n(( une autre pédale des violons à l'aigu en sourdine, avec une phrase d'un carac-\n(( tère plaintif, dite en sol d'abord par le hautbois, puis en la par la clarinette. ))\nRien de plus exact, mais ce « thème du Volga » n'est autre que la première\nmoitié du chant célèbre des haleurs qui, lentement, tirent les bateaux le long du\nfleuve immense (Ei oukhnem) ; et la (( phrase mélancolique )) en est la troisième\npériode; la dernière n'apparaît que plus loin, lorsque la mélodie triomphe aux"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "678", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2672, "texte": "cuivres. Au demeurant, voici la chanson; je n'en connais point de plus triste, ni\nde plus belle (1 ) :\nBien des compositeurs russes ont déjà puisé à cette mélodie comme à une large\nsource : elle a inspiré bandante d'un quatuor de Rubinstein et la première partie\nd'une symphonie de Borodine. Elle supporte encore, à elle seule, presque tout le\ndéveloppement de Stenka Razine, accompagnée de deux motifs accessoires :un\nrude cliquetis guerrier, et une délicate plainte, exposée par la clarinette. Tout\ncela combiné et trituré en une pâte brillante, craquelée, vernissée et sonore\ncomme un grès passé au grand feu. Cette musique est forte, débordante de vie et\nde fantaisie\nJe n'en dirai pas autant du Concerto pour violon de M. Gernsheim, que d'ail-\nleurs M. Capet a interprété avec beaucoup de précision et de finesse. Mais que\nnous sommes étrangers, aujourd'hui, à ces gentillesses! M. Gernsheim a par-\nfaitement le droit d'admirer Mendelssohn ; mais il a tort de l'imiter ainsi.\nLe Prélude à /'Après-midi d'un Faune a été fort bien rendu dans ses détails, et\nle public a voulu entendre deux fois cette rêverie nonchalante, plus tendre encore\nque voluptueuse, et plus charmeuse que tendre, que j'ai analysée en détail ici\nmême (2)\nLa Symphonie de Franck a reçu également une interprétation précise et fouil-\nlée ; j'aurais voulu plus de largeur et d'onction, et moins de précipitation en quel-\nques passages.\n\nLOUIS LALOY.\n\n22 novembre.\n\n— A quinze jours de distance, M. Pierné a fait jouer de nouveau\nY Ouverture des Francs-Juges. lia eu raison; car il est arrivé à en donner une\nexécution d'une couleur, d'une souplesse et d'une intelligence qui rappelaient\nles plus belles exécutions de Berlioz sous la direction de Mottl.\nPourquoi faut-il qu'après ces éloges je doive blâmer absolument l'exécution\nde la Symphonie pastorale ? Qu'il est curieux et caractéristique, qu'on puisse si\nbien comprendre Berlioz, et si mal Beethoven ! Celui qu'on nous a montré\nhier était un Beethoven tout extérieur, superficiel et puéril ; l'exécution hâtive,\nprécipitée, sans accent, à fleur de peau, enlevait à la symphonie, et surtout à\nla seconde partie, toute sa poésie, son charme d'endormement divin. Le\nruisseau courait la poste. Le rêve d'un jour d'été avait des allures de valse. —\nMais, hélas ! faut-il s'étonner de cette interprétation, quand le premier, le plus\n\n\\\n(i) Les paroles russes sont malheureusement d'un vague intraduisible: elles disent à peu près\n« Oh hisse, oh ! Oh hisse, oh ! Encore une petite fois, oui, encore une fois. Nous dépouillerons\nle bouleau (de Noël), le bouleau frisé. Eh ! là ! va là ! 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Victoire est restée à l'œuvre,\nqui a été bissée.\nJe voudrais dire du bien du fragment symphonique de M. Max d'Ollone : les\nVilles maudites {première audition). Mais, à mon grand regret, il m'a semblé\nemphatique et académique. On y retrouve, dans une de ces scènes de séduction\nbanale, dont nous sommes saturés, un mélange de mysticisme déclamatoire et\nd'érotisme pseudo-oriental, à la façon de Massenet, des procédés de Saint-\nSaëns. Ces hallucinations et ces visions sont d'un esprit correct et pondéré,\nqui se donne beaucoup de mal pour exprimer des sentiments monstrueux. Que\nn'exprime-t-il tout bonnement la vie moyenne et les sentiments ordinaires ?\nPourquoi toujours se forcer à ces exaltations, qui sont rarement sincères, et ne\npeuvent être intéressantes que si elles sont sincères ? Ne peut-on être grand\nsans sortir de la vérité ? M. d'Ollone a du talent ; il écrit bien, encore\nqu'avec une certaine lourdeur.\nLa Fantaisie pour piano de M. Widor, très agréablement jouée par M. Philipp,\na suscité quelques légers sifflets, qui ont naturellement provoqué de bruyantes\nmanifestations contraires. L'œuvre a dû être bien étonnée de tout ce bruit. Elle\nn'y prétendait pas.\n\nROMAIN ROLLAND.\n\nSCHOLA ÇANTORUM: jeudi 19 novembre: Ire séance mensuelle de cantates de\nJ.-S. Bach.\nJ. TRILLAT.\nLa Schola a célébré son plus illustre patron, J.-S. Bach, si glorifié et si peu\nconnu. Ces exécutions sont l'honneur de cette maison. La public lui en sait gré :\nil ne ménage ni son admiration fervente à des œuvres incomparables, ni ses\napplaudissements aux efforts sympathiques et à l'entrain des jeunes artistes.\nDans le Concerto en ré majeur, pour piano, flûte, violon concertant et orchestre,\nles formules et les parties se jouent et s'entre-croisent avec une liberté supérieure ;\nchaque modulation se déploie avec grâce, et toute fantaisie pourtant est sévère-\nment ordonnée. Il faut louer Mlle Selva de son jeu ardent et sûr. Les autres inter-\nprètes furent consciencieux, et j'hésite à les critiquer. Mais leur erreur en un\nsens les honore. Ce qui leur a nui, c'est un excès de zèle et de feu. Ils ont chanté\navec beaucoup d'ensemble et de tenue les deux chœurs de la Cantate pour VAn-\nnonciation, mais ils n'ont pas assez marqué les silences qui coupent ces phrases\nmajestueuses, ils ont trop précipité, d'une allure un peu raide et brusque, ces\ndéveloppements suaves et graves. 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Elle est\nun simple et sobre dialogue entre les hautbois et l'orchestre, où l'instrument\nsolo ou plutôt le couple d'instruments jouent le rôle de deux voix qui chantent,\net non d'un virtuose odieux qui danse sur la corde.\nLa Symphonie pathétique de Tschaikowsky est la symphonie des chefs d'or-\nchestre ; ils professent pour elle une prédilection que nulle critique ne saurait\nébranler. Peut-être est-ce parce qu'ils y trouvent, si j'ose dire, un beau rôle, où\nil y a beaucoup à dire, et de tous les genres, et du doux, et du violent, et du triste,\net du gai, parfois même du pathétique. Ils ne trouvent pas que le rôle soit trop\nlong. Mais le public n'a pas les mêmes raisons d'être indulgent et il arrive qu'il\nmanifeste, comme il fît l'autre jour, un peu d'impatience. Au reste, cette œuvre\nne mérite pas qu'on se passionne ni pour ni contre elle. C'est une honnête\nsymphonie, qui est lourde, qui n'est pas sans force, qui a une sorte de vigueur\nmilitaire, et qui montre une âme assez noble et cependant vulgaire (cela se voit\nquelquefois).\nL'exécution de la Symphonie en mi bémol de Mozart fut un peu dure. La gran-\ndeur seule ressortait; mais la grâce avait disparu.\nLa fluide poésie, la peinture vaporeuse du Prélude à VAprès-midi d\\in Faune\nde M. Debussy, joué d'une façon exquise, eut son succès habituel.\nQuant à la première audition du poème symphonique de M. H. Busser : Her-\ncule au jardin des Hespérides, cette œuvre m'a paru distinguée mais fade, et de\npeu d'invention, d'une assez jolie couleur, surtout dans les parties du sujet qui\nprêtaient à la rêverie langoureuse; car l'Hercule est bien faible, malgré ses\nbruyantes fanfares. C'est une terrible figure que celle d'Hercule; elle est trop\nhéroïque pour le voluptueux art moderne. On ferait bien de la laisser à Ilœndel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c048", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "676", "page_fin": "677", "image_debut": 24, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.8.3", "titre_corps": "22 novembre.", "titre_sommaire": "22 novembre.", "signature_source": "LOUIS LALOY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "676", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.24", "debut_caractere": 3033, "fin_caractere_exclue": 3196, "texte": "22 novembre.\n\nLa Symphonie en sol mineur, de Mozart, est assez correcte-\nment exécutée; mais dans le premier mouvement, la chute de la première phrase\nest lourde :"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "677", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2216, "texte": "Le second ut doit n'être qu'un écho affaibli du premier ; au lieu de cela,\nM. 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La musique peint une mer tranquille et une foule\nanimée, par un beau soleil : on croirait lire du Brizeux ; mais j'aime le rythme\nde marche de l'orchestre, dans la première partie, et ses ingénieuses combinaisons\nd'airs à danser, ensuite ; et la mélodie est d'une belle tenue.\nLes Préludes de Liszt sont une œuvre admirable, où l'on ne peut pas ne pas\naimer la générosité de 1 inspiration, l'ampleur des développements, la force et la\nvariété de l'orchestre. Une péroraison bruyante nuit malheureusement à l'impres-\nsion finale : ce génie, l'un des plus merveilleux qui aient jamais paru, ne sut\njamais se surveiller assez. Mais il y a un beau thème principal, déjà employé par\nBeethoven dans son XXVIe Quatuor [Muss es sein) et que devait reprendre encore\nFranck au début de sa Symphonie ; Liszt lui donne une ardeur toute romantique ;\nà côté, des motifs tendres dont l'intensité douloureuse rappelle Berlioz, avec une\nsouplesse et un fondu que Berlioz a toujours ignorés ; un appel de clarinette\ndéjà digne d'exciter le courage de Siegfried ; et de délicieux effets de cors, dans le\nregistre aigu. Il n'a manqué à Liszt que d'avoir le goût moins large et le\ntravail moins facile pour créer des chefs-d'œuvre accomplis\n\nLOUIS LALOY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c050", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "677", "page_fin": "678", "image_debut": 25, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.8.4", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE. — 15 novembre.", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE. — 15 novembre.", "signature_source": "LOUIS LALOY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "677", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.25", "debut_caractere": 2218, "fin_caractere_exclue": 3583, "texte": "CONCERTS COLONNE. — 15 novembre.\n\n—Le concert est dirigé par M. 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Malherbe dans sa\n(( brève analyse, les trombones présentent le thème du Volga qui se prolonge sous\n(( une autre pédale des violons à l'aigu en sourdine, avec une phrase d'un carac-\n(( tère plaintif, dite en sol d'abord par le hautbois, puis en la par la clarinette. ))\nRien de plus exact, mais ce « thème du Volga » n'est autre que la première\nmoitié du chant célèbre des haleurs qui, lentement, tirent les bateaux le long du\nfleuve immense (Ei oukhnem) ; et la (( phrase mélancolique )) en est la troisième\npériode; la dernière n'apparaît que plus loin, lorsque la mélodie triomphe aux"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "678", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1437, "texte": "cuivres. 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Ruisseau où les bœufs viennent apparemment\nboire (la voix des bassons m'invite à le croire), sans parler du rossignol en bois\net du coucou suisse, qui appartiennent plus à l'art de M. de Vaucanson qu'à une\nnature digne de ce nom (1), ») des jugements, spirituels sans doute, mais qui\nmontrent quel abîme il y a entre l'âme parisienne et le cœur de Beethoven.\nDe ce plus célèbre de nos jeunes musiciens, on a rejoué le charmant Prélude à\nVAprès-midi d\\ui Faune. J'en ai trouvé l'exécution moins fluide que celle de\nl'orchestre Chevillard. On a un peu bataillé autour. Victoire est restée à l'œuvre,\nqui a été bissée.\nJe voudrais dire du bien du fragment symphonique de M. Max d'Ollone : les\nVilles maudites {première audition). Mais, à mon grand regret, il m'a semblé\nemphatique et académique. On y retrouve, dans une de ces scènes de séduction\nbanale, dont nous sommes saturés, un mélange de mysticisme déclamatoire et\nd'érotisme pseudo-oriental, à la façon de Massenet, des procédés de Saint-\nSaëns. Ces hallucinations et ces visions sont d'un esprit correct et pondéré,\nqui se donne beaucoup de mal pour exprimer des sentiments monstrueux. Que\nn'exprime-t-il tout bonnement la vie moyenne et les sentiments ordinaires ?\nPourquoi toujours se forcer à ces exaltations, qui sont rarement sincères, et ne\npeuvent être intéressantes que si elles sont sincères ? Ne peut-on être grand\nsans sortir de la vérité ? M. d'Ollone a du talent ; il écrit bien, encore\nqu'avec une certaine lourdeur.\nLa Fantaisie pour piano de M. Widor, très agréablement jouée par M. Philipp,\na suscité quelques légers sifflets, qui ont naturellement provoqué de bruyantes\nmanifestations contraires. L'œuvre a dû être bien étonnée de tout ce bruit. 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La public lui en sait gré :\nil ne ménage ni son admiration fervente à des œuvres incomparables, ni ses\napplaudissements aux efforts sympathiques et à l'entrain des jeunes artistes.\nDans le Concerto en ré majeur, pour piano, flûte, violon concertant et orchestre,\nles formules et les parties se jouent et s'entre-croisent avec une liberté supérieure ;\nchaque modulation se déploie avec grâce, et toute fantaisie pourtant est sévère-\nment ordonnée. Il faut louer Mlle Selva de son jeu ardent et sûr. Les autres inter-\nprètes furent consciencieux, et j'hésite à les critiquer. Mais leur erreur en un\nsens les honore. Ce qui leur a nui, c'est un excès de zèle et de feu. Ils ont chanté\navec beaucoup d'ensemble et de tenue les deux chœurs de la Cantate pour VAn-\nnonciation, mais ils n'ont pas assez marqué les silences qui coupent ces phrases\nmajestueuses, ils ont trop précipité, d'une allure un peu raide et brusque, ces\ndéveloppements suaves et graves. 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Albert Soubies, les Membres de F Académie des Beaux-\nArts depuis la fondation de F Institut, répond à une idée qui, jusqu ici, n'avait pas\nété réalisée. En écrivant l'histoire de l'Académie des Beaux-Arts, le comte Delà *\nborde ne s'était point occupé, individuellement, des membres qui, aux diverses\népoques de son existence, l'ont tour à tour composée. Il s'était borné à nous en\nconter, pour ainsi dire, la « vie collective », en analysant, avec les modifications\nqu'ils ont successivement comportées, son organisation et son fonctionnement en\ntant qu'assemblée. De même, M. le comte de Franqueville, en un travail d'ail-\nleurs des plus dignes d'estime, s'est contenté d'énumérer, dans des nomencla-\ntures dépourvues de tout commentaire, les œuvres des membres de l'Académie des\nBeaux-Arts (ainsi que ceux des autres classes de l'lnstitut). M. Albert Soubies\ns'est transporté sur un autre terrain. Il a voulu, pour ce qui concerne l'Académie\ndes Beaux-Arts, établir, si l'on peut s'exprimer ainsi, le (( livre d'or » de ses\nmembres depuis l'origine, se faire l'historiographe de leurs succès, les passer\ntous en revue, peintres, sculpteurs, architectes, graveurs, musiciens, membres\nlibres, en exposant ce qu'ils ont été, ce qu'ils ont fait, en disant quel rôle ils ont\ntenu sur la scène du monde, en groupant les témoignages susceptibles d'évoquer\ntant de physionomies glorieuses ou curieuses et intéressantes.\n\nEUGÈNE HIRSCHBERG. Les Encyclopédistes et ïOpéra français au XVIIIesiècle\n(ail.). Publicationde la Société internationale de Musique. Leipzig, Breitkopf et\nHârtel.\nL'histoire de l'opéra au xvine siècle se résume aujourd'hui pour nous dans\nles noms illustres de Rameau (1683-1764) et de Gluck (1714-1787). 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Peut-être\nM. Hirschberg attache-t-il trop d'importance à l'opinion de ce journaliste de\nmauvaise foi que fut Grimm. Peut-être aussi n'indique-t-il pas avec assez de\nprécision les causes de cette animosité du parti des philosophes. Ils ont contre\nRameau des griefs personnels : il a osé relever les erreurs de Rousseau dans la\npartie musicale de Y Encyclopédie. Mais surtout ils en veulent au genre même,\nqui, avec sa dignité, sa tenue, sa noblesse et sa magnificence, leur paraît froid,\ncompassé, indigne d'un siècle libre ; et, au fond, ils en veulent au passé de la\nFrance que l'opéra représente à leurs yeux.\n\nJ.-PH. RAMEAU.\nL. L.\nCastor et Pollux, tragédie en cinq actes et un prologue.\nParoles de P.-J. Bernard. Partition pour piano et chant. Paris, Durand et fils.\nC'est une fort heureuse idée que d'avoir tiré de la grande édition de Rameau\nquelques réductions au piano, qui permettront à tous les musiciens de se fami-\nliariser avec les chefs-d'œuvre du vieux maître. 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Concerts royaux. Trios pour piano, violon\net violoncelle, transcrits par Georges Marty. Paris, Durand et fils.\nFRANÇOIS COUPERIN. Le Parnasse ou l'Apothéose de Corelh. Grande sonate\nen trio pour deux violons et piano, transcrite par Georges Marty. Paris, Durand\net fils.\nLe titre de cette dernière œuvre est expliqué par l'article de Michel Brenet sur\nles Tombeaux en musique [Revue du 15 octobre et du 15 novembre), où elle se\ntrouve signalée (p. 637). Nous sommes heureux de voir paraître une édition des\nœuvres de F. Couperin, ce maître si expressif et si ingénieux : rappelons que ce\nvœu avait déjà été émis au Congrès international de 1900. 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Commençons par les notes de passage.\n« Dans une série de notes qui s'enchaînent mélodiquement, dit Reber r2\\ soit\npar degrés conjoints, soit par demi-tons chromatiques, celles qui sont étrangères\nà l'harmonie, et qui, par conséquent, remplissent diatoniquement ou chromati-\nquement l'intervalle mélodique séparant deux notes réelles différentes, s'ap\npellent noies de passage. »\n(( On désigne sous le nom de notes de passage, dit M. Joannès Malhomé (3),\nune ou plusieurs notes étrangères à l'harmonie, placées entre deux notes essen-\ntielles, de manière à leur servir de trait d'union pour passer conjointement de\nl'une à l'autre, en remplissant diatoniquement ou chromatiquement l'intervalle\nqui les sépare. »\nCes deux définitions sont à peu près identiques. J'ai tenu cependant à les\nciter, car il en résulte d'abord, si nous les acceptons à la lettre, que, dans une\nphrase musicale, il y a des notes réelles, importantes, essentielles, et des notes,\npour ainsi dire, sans personnalité, des notes qui ne comptent pas sérieusement ;\net nous trouvons là tout de suite, en germe, la grosse objection à formuler. Dans\nles exemples suivants :\nYut et le mi, nous dit-on, font seuls partie de l'accord ut-mi-sol ; le ré n'en fait\npas partie ; le ré est donc une note non (( réelle », non « essentielle », une (( note\nde passage ». De même pour le mi et le fa, par rapport au groupe fondamental\nsol-si-ré.\nSi nous acceptons cette manière de voir, elle nous conduira loin ! Elle nous\nobligerait à considérer comme ornements accessoires, comme « artifices » dé-\npourvus de valeur essentielle, une multitude de notes qui, le plus souvent, repré-\nsentent ce qu'il y a de plus important dans l'acte du compositeur. M. Malhômé,\ndéveloppant la pensée de l'École, nous avertit que les « notes de passages »\npeuvent être: syncopées, c'est-à-dire placées sur un temps faible, et prolongées\n\nNOTES DE PASSAGE. — BRODERIES. — APPOGGIATURES. — ÉCHAPPÉES.\n\n(1) Voir là Revue du 1 novembre.\n(2) Traité d'harmonie, p. 195.\n(3) Traité des artifices mélodiques, p. 2,"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "683", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.31", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "sur un temps fort ; anticipées, c'est-à-dire faisant entendre une note intégrante\nde l'accord avant qu'on arrive à sa place normale; placées dans une seule partie\n(ad libitum), ou dans plusieurs parties à la fois (auquel cas elles doivent procéder\npar tierces, par sixtes, ou par mouvement contraire, même si elles produisent\ndes dissonances très dures) ; de valeur différente (quand elles sont introduites\ndans deux ou plusieurs parties, pourvu qu'elles n'aboutissent pas à une quinte\njuste ou à une octave, par mouvement direct), répétées, précédées et suivies d'un\nsilence, en harmonie brisée, etc., etc... Mais est il possible de voir de simples\n(( ornements » dans ces diverses formes d'écriture? Ne sont-elles pas, au con-\ntraire, ce qu'il y a de plus original et de plus personnel, ce qui est capital , en\nun mot —dans l'invention mélodique et rythmique? Un exemple me fera com-\nprendre.\nVoici une phrase célèbre à laquelle me fait penser un des exemples que donne\nReber (à la page 201 de son Traité). Elle est tirée de cette admirable et célèbre\nscène de Don Juan (1) (finale), où le commandeur apporte le châtiment au cri-\nminel :\nCe morceau, tant de fois vanté par la critique, est d'un effet sublime et fou-\ndroyant. (( Mozart, dit Gounod, a su donner l'impression d'une mer houleuse\ndont les flots se gonflent, dans un majestueux crescendo, pour déferler sur la\nplage avec un bruit solennel » (2). Or, si nous adoptions la théorie classique, il\nn'y aurait d'important, d' (( essentiel » et de (( réel », dans ce passage, que les\naccords suivants :\nTout le reste, ou à peu près, serait Un (( artifice mélodique )) ; toutes les notes\nmarquées d une croix seraient des (( notes de passage ».\nDe telles définitions dénaturent vraiment l'œuvre d'art : elles rejettent au\nsecond plan ce qui est la partie la plus vivante et la plus belle de la composi-\ntion; elles réduisent la musique à des formes inertes et glacées.\n\n(1) Mozart est né le 27 janvier 1756 à SalZbourg et mort le 5 décembre 1791 à Vienne.\nC'est en 1787 que Don Juan a été composé.\n(2) Le Don Juan de Mozart, par CHARLES GOUNQD (Paris, Ollendorf, 1890, p. 171)."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "684", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.32", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1797, "texte": "Songez à cette autre conséquence :\nLes notes de passage, d'après M. Malhomé, sont des intermédiaires, des\nvaleurs bouche-trou en quelque sorte, remplissant une fonction utile, mais non\nde premier plan, et dont le rôle modeste est de « relier » les notes essentielles ;\nmais ce qu'on nous dit là des « notes de passage )), on pourrait le dire tout aussi\nbien, et très exactement, des accords eux-mêmes qui sont considérés comme les\ngros personnages de toute pièce musicale. Par exemple, dans le fragment de\nDon Juan que je viens de citer, le premier accord de ré naturel mineur §Ezi~ peut\nêtre considéré comme servant à relier l'accord de mi naturel majeur (frappé dans\nla mesure qui précède immédiatement notre exemple) et l'accord de ré naturel\nmajeur; ce dernier relie l'accord de ré à l'accord de sol, et ainsi de suite, jusqu'à\nla fin du poème, car, en musique, tout s'enchaîne, le mouvement ne se fixe\njamais. 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Frédéric Chopin (de Paris).\nPar M. le Maître de musique C. Kragen.\nDresde.\nSi l'adresse est introuvable, l'administration des postes est priée de renvoyer\ncette lettre à l'adresse de (( Robert Schumann à Leipzig. »\n[On a ajouté au crayon :] N. 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Comme je dois précisément passer par Dresde\npour me rendre dans mes contrées natales, je ne me pardonnerais jamais d'avoir\nété dans le voisinage d'une célébrité sans lui exprimer mon admiration et mon\namour.\nJe vous prie donc instamment encore une fois d'envoyer ce (( oui » ainsi que\nvotre adresse.\nVotre dévoué,\nRobert SCHUMANN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c068", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c068", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "685", "page_fin": "686", "image_debut": 33, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.1.3", "titre_corps": "Mendelssohn reviendra ici dans huit jours.", "titre_sommaire": "Mendelssohn reviendra ici dans huit jours.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "685", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.33", "debut_caractere": 907, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "Mendelssohn reviendra ici dans huit jours.\nLa DUCHESSE DE SUTHERLAND annonce à Chopin, dans une première lettre,\nqu'elle pourra le recevoir le lendemain dans l'après-midi.\nDans une seconde, elle demande si sa santé lui permettra d'assister à une\nsoirée à Stafford-House, le 15 mai; la reine sera présente. (Dat. le 11 mai\n[ 1847 ?].) Ces deux lettres sont écrites en français et adressées : 48, Dover-Street.\nANT. TEICHMANN écrit (en polonais) deVienne, où il passe, se rendant de Paris\nà Varsovie, pour exprimer son admiration pour Chopin comme musicien et\ncomme artiste ; il envoie également des compliments de toutes les connaissances\nviennoises de Chopin : de Malfatti, du comte Walewski, de la baronne Diller,\nainsi que de M. Valentin. (Adr. Ch. d'Ant. ; dat. 1. III. 1836.)\nLe COMTE FRÉDÉRIC DE THUN se rappelle au souvenir de Chopin et lui recom-\nmande le porteur de sa lettre, le jeune comte Waldstein, qui se rend à Paris et\ndésire prendre des leçons de Chopin. (Dat. Prague, 8. V. 1845.)\nDans une deuxième lettre (de beaucoup antérieure à l'autre, si l'on en juge\npar le contenu et l'adresse), il rappelle à Chopin la promesse que celui-ci lui a\nfaite de choisir des morceaux de musique paur sa famille. (Adr. Ch. d'Ant.)\nLa COMTESSE DE TIIUN (née Comtesse Bruhl) écrit à Chopin pour lui rappeler\nles moments agréables de.l'année précédente, quand Chopin était chez eux, à\nTetschen, et elle le prie de faire tout son possible pour y venir encore cette"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "686", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.34", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1041, "texte": "année. Elle le prie également de choisir pour elle un très bon piano et de s'occu-\nper de l'envoi par le Havre, Hambourg, à Tetschen. (Adr. r. du Montb., dat.\n6. VI. 1836.)\nLORD TORPHICHEN, dans une lettre écrite de Calder-House (en anglais), an-\nnonce que, vu le projet que fait Chopin de se rendre en Ecosse, il désirerait\nbeaucoup, quoique ne le connaissant pas personnellement, le recevoir chez\nlui. Il ajoute qu'il espère l'arrivée de ses belles-sœurs : Mme Erskine et Mlle Stir-\nling. (Dat. 14. VII. 1848.)\nDans une seconde lettre écrite également de Calder-House, il exprime ses\nregrets de n'être pas revenu à temps d'Edimbourg pour prendre congé de Cho-\npin. Il espère que Chopin a effectué son voyage heureusement et sans fatigue.\nIl languit après lui, ainsi qu'après sa merveilleuse musique, et il se berce de\nl'espoir que, l'été prochain, Chopin reviendra à Calder-House. (Dat 25. VIII.\n1848.)\nLa SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE POLONAISE invite Chopin à sa séance du 3 mai 1840;\nsigné L. Plater. (Adr. r. Tronch.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c069", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c069", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "686", "page_fin": "686", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.2", "titre_corps": "Mme VIARDOT", "titre_sommaire": "Mme VIARDOT", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "686", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.34", "debut_caractere": 1043, "fin_caractere_exclue": 1054, "texte": "Mme VIARDOT"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c070", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c070", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "686", "page_fin": "686", "image_debut": 34, "image_fin": 34, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.2.1", "titre_corps": "Voici quatre billets pour le concert de ce soir ; vous donnerez ceux que vous", "titre_sommaire": "Voici quatre billets pour le concert de ce soir ; vous donnerez ceux que vous", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": "686", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.34", "debut_caractere": 1056, "fin_caractere_exclue": 1278, "texte": "Voici quatre billets pour le concert de ce soir ; vous donnerez ceux que vous\nne pourrez pas placer.\nMille bonjours affectueux.\nP. VIARDOT.\nP• S. 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Vous devez absolument être le créateur de l'opéra polo-\nnais; je suis profondément convaincu que vous pourriez le devenir et, comme\ncompositeur national polonais, frayer à votre talent une voie extrêmement riche\nqui vous mènerait à une renommée peu commune. Pourvu que vous ayez tou-\njours en vue : la nationalité, la nationalité et encore une fois la nationalité ;\nc'est un mot à peu près vide de sens pour un écrivain ordinaire, mais non pour\nun talent comme le vôtre. Il y a une mélodie natale, comme il y a un climat na-\ntal. Les montagnes, les forêts, les eaux et les prairies ont leur voix natale, in-\ntérieure, quoique chaque âme ne la saisisse pas. Je suis persuadé que l'opéra\nslave, appelé à la vie par un véritable talent, par un compositeur plein de senti-\nment et d'idées, brillera un jour dans le monde musical comme un nouveau\nsoleil, peut-être même s'élèvera-t-il au-dessus de tous les autres, et aura-t-il\nautant de mélodie que l'opéra italien, plus de sentiment encore et incompara-\nblement plus dépensée. Chaque fois que j'y pense, cher Monsieur Frédéric, je\nme berce de la douce espérance que vous serez le premier qui saurez puiser\ndans les vastes trésors de la mélodie slave ; si vous ne suiviez pas cette voie,\nvous renonceriez volontairement aux plus beaux lauriers.\nLaissez l'imitation aux autres ; que les médiocres s'en occupent, vous, soyez\noriginal, national; peut-être que, dès le commencement, tous ne vous compren-\ndront pas, mais la persévérance et la culture dans un champ élu par vous, vous\nassureront un nom dans la postérité.\nCelui qui veut s'élever dans un art quelconque et devenir un grand maître doit\npoursuivre toujours un grand but. Pardon de vous écrire tout ceci, mais croyez\nque ces conseils et ces souhaits sont dictés par une sincère amitié, et par l'estime\nque m'inspire votre talent. Si vous allez en Italie, vous feriez bien de vous arrê-\nter un certain temps en Dalmatie et en Illyrie pour connaître les chants de ce\npeuple frère, ainsi qu'en Moravie et en Bohème. Cherchez les mélodies popu-\nlaires slaves, comme le minéralogiste cherche les pierres et les métaux dans\nles montagnes et dans les vallées. Même vous jugerez peut-être convenable de\nnoter certains chants ; ce serait pour vous-même une collection très utile ; il ne\nfaut pas regretter le temps qu'on emploie à cela. Pardon encore une fois pour\nmon griffonnage importun ; j'abandonne ce sujet.\nVos parents et vos sœurs jouissent d'une santé parfaite ; j'ai de temps à autre\nle plaisir de les voir.\nNous vivons tous ici dans une fièvre continuelle. J'ai été si malheureux avec\nma santé que, jusqu'à présent, je n'ai pu me mettre en campagne. Tandis que\nles autres jouaient à la balle, moi je m'amusais avec des pilules ; pourtant\nje fais partie de l'artillerie de la garde nationale. On m'a dit que là-bas vous\nvous ennuyez, et que vous languissez. Je me mets dans votre situation : aucun\nPolonais maintenant ne peut être tranquille, quand il y va de la vie ou de la\nmort de sa patrie. Il faut souhaiter pourtant que vous vous souveniez toujours,\ncher ami, que vous êtes parti, non pour languir, mais pour vous perfectionner\ndans votre art et devenir la consolation et la gloire de votre famille et de votre\npays.\nJe me permets de vous envoyer ces conseils avec l'autorisation de votre\nrespectable mère. En vérité, pour travailler avec fruit, il faut avoir l'esprit\nlibre, sans inquiétude et sans soucis."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "688", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.36", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "Au revoir, cher Monsieur Frédéric ! Je vous souhaite la santé et tout le bien\npossible.\nVotre ami,\nWITWICKI.\nP.-S. —Si vous voulez encore faire la musique d'une chanson quelcon-\nque, en prenant deux strophes à la fois, comme dans le « Messager », ne faites\npas attention si elles sont impaires, je peux en ajouter une de plus.\nAdieu."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c074", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "688", "page_fin": "688", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.3.2", "titre_corps": "LETTRE II", "titre_sommaire": "LETTRE II", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "688", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.36", "debut_caractere": 364, "fin_caractere_exclue": 373, "texte": "LETTRE II"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c075", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c075", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "688", "page_fin": "688", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.3.2.1", "titre_corps": "MONSIEUR,", "titre_sommaire": "MONSIEUR,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "688", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.36", "debut_caractere": 375, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "MONSIEUR,\nMonsieur Frédéric Chopin,\n5, rue Tronchet, près la Madeleine.\n(Estampille: «25 mars 1840») 25 mars.\nDites-moi donc, mon cher ami, à quoi pensez-vous? Je croyais, pour ma\npart, qu'il vous serait aussi facile dem'écrire quelques mots ou quelques notes\nde musique, qu'à tant d'autres de mes amis, surtout que vous êtes un peu plus\njeune que certains d'entre eux, à ne citer que Niemcewicz Si vous ne le voulez\npas, eh bien, allez au diable, je m'en passerai ; mais pourquoi, au moins, ne me\nrendez-vous pas mon album, quoique je l'aie envoyé chercher plusieurs fois ?\nVoilà une affaire. La seconde, c'est que Mme Mocbourg vous fait demander d'in-\ndiquer le jour et l'heure de la leçon pour votre ancienne élève, elle viendrait\navec elle chez vous. Elle ne pourrait commencer que dans les premiers jours\nd'avril, parce que sa mère ne quitte pas encore la maison après sa maladie ; la\nfille aussi a été malade. Si vous pouvez le faire, ce sera très bien ; si vous ne\nle pouvez à aucun prix, tâchez absolument de le pouvoir, et écrivez-moi quelle\nheure vous indiquez.\nJ'aurais encore une troisième affaire, mais je préfère n'en pas parler, parce que\nje vois que vous êtes un vaurien fini et un Parisien, et que vous vous souciez\nde vos anciens amis, de ceux qui sont attachés à vos parents et à vous, autant\nque des neiges d'antan Qu'il en soit ainsi, puisque cela vous plaît, et que vous\nvous en trouvez bien."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c076", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c076", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "688", "page_fin": "688", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.3.3", "titre_corps": "LETTRE III", "titre_sommaire": "LETTRE III", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "688", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.36", "debut_caractere": 1791, "fin_caractere_exclue": 1801, "texte": "LETTRE III"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c077", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c077", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "688", "page_fin": "688", "image_debut": 36, "image_fin": 36, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.3.3.1", "titre_corps": "Envoyez, s'il vous plaît, cette lettre à votre mère.", "titre_sommaire": "Envoyez, s'il vous plaît, cette lettre à votre mère.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": "688", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.36", "debut_caractere": 1803, "fin_caractere_exclue": 1927, "texte": "Envoyez, s'il vous plaît, cette lettre à votre mère.\nJe vous embrasse.\nE. 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Sl-Lazare.\nNon, mon cher Frédéric, je ne veux pas de ces danses : mes yeux, mes\noreilles et mon cœur en souffriraient. Je ne prends pas en mauvaise part à deux\npauvres diables qu'ils dansent par le monde pour gagner leur pain ; il serait\ndifficile d'exiger de danseurs qu'ils soient autre chose ; que d'autres s'amusent\nde ce spectacle. Peut-être, enfin, est-ce une bizarrerie de ma part !\nRemerciez gentiment Mme S. pour son souvenir; peut-être pour cela m'invite-\nrez-vous un jour à S émir amis, ou à un autre opéra de Mmc Viardot.\nNous nous verrons un de ces jours.\nVôtre,\nETIENNE.\n17 octobre 1842, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c080", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c080", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "689", "page_fin": "689", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.3.5", "titre_corps": "LETTRE V", "titre_sommaire": "LETTRE V", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "689", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.37", "debut_caractere": 710, "fin_caractere_exclue": 718, "texte": "LETTRE V"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c081", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c081", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "689", "page_fin": "689", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.3.5.1", "titre_corps": "Monsieur Chopin,", "titre_sommaire": "Monsieur Chopin,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": "689", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.37", "debut_caractere": 720, "fin_caractere_exclue": 1469, "texte": "Monsieur Chopin,\nPlace d'Orléans, 9.\nMardi.\nSi vous avez encore besoin d'un domestique, j'en ai deux : l'un, Paul, qui a\nservi autrefois chez les Plater et chez des princes. Plater, aujourd'hui encore, le\nloue, et en réalité je n'ai rien à lui reprocher ; mais je préfère vous en recomman-\nder un autre. Il s'appelle Jean, a servi chez les Puslowski, et est maintenant au\nclub avec André; comme il est peu payé, et qu'il doit user beaucoup d'habits\n(on voit qu'il les respecte), il cherche un autre service ; à ce que j'entends, c'est\nun garçon fort rangé, et connaissant le service. Si vous le voulez, dites à\nAndré, qui vous remettra cette lettre, qu'il vous l'envoie.\nVous voyez que je me souviens mieux du chat, que le chat de S émir amis.\nE. W."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c082", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c082", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "689", "page_fin": "689", "image_debut": 37, "image_fin": 37, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.3.6", "titre_corps": "Lettres de M. L. Dolowski et du prince P. Doroniecki.", "titre_sommaire": "Lettres de M. L. Dolowski et du prince P. 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Ce qui m'encourage et me rassure, c'est que vous m'écou-\nterez avec indulgence. En remplacement d'Etienne, notre commun ami absent,\net dans la certitude de remplir une bonne action, j'ose vous recommander\nMlle Rosengart. Mlle Sophie que vous avez, l'année dernière déjà, favorisée de\nvos leçons, me paraît digne sous tous les rapports de continuer à jouir de\nvotre considération. C'est elle qui, emportée dans un élan artistique, s'est lancée\ndans le vaste monde uniquement pour vous entendre, Maître, et renaître à la\nvie ! Elle est jeune, intelligente et non sans une certaine technique, en même\ntemps pleine de talent et d'enthousiasme pour l'art ; il serait à regretter qu'elle\nperdît son temps sur le pavé de Paris et par là trompât les espérances et les\nattentes de sa famille pauvre. Je ne doute pas, cher M. Frédéric, et nous tous,\nqui vous aimons et vous admirons depuis longtemps, nous ne doutons pas\nqu'avec votre bonté et votre cœur de compatriote-maître, vous n'entriez dans la\nsituation de cette orpheline et ne consentiez à devenir son guide, son conseiller,\nle gardien du bon goût dans la pénible carrière qu'elle s'est choisie. Par-dessus\ntout, corrigez en votre élève la disposition qu'elle a de se décourager pour la\nmoindre chose. Il est vrai que cette disposition est commune aux âmes poéti-\nques, et qui sait si chacun de nous n'y a pas succombé à son tour, dans ce monde\nsi réaliste et si froid ! Mais elle peut être funeste pour un jeune talent.\nPardonnez-moi mon importunité inattendue, et croyez que je vous admire et\nvous aime comme toujours.\nBOHDAN ZALESKI."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c086", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c086", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "690", "page_fin": "691", "image_debut": 38, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.4.1.2", "titre_corps": "J'ai reçu tout récemment une lettre de Witwicki. Il s'est décidé à passer l'hiver", "titre_sommaire": "J'ai reçu tout récemment une lettre de Witwicki. 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Frédéric.\nAujourd'hui encore, dans mes rêveries solitaires, un son détaché et tendre\nme revient à la mémoire parmi des millions d'autres dont vous nous avez autre-\nfois régalés, vous, notre enchanteur ! Si je m'installe à Paris, je tomberai chez\nvous à la cosaque, un beau matin de dimanche, confiant en notre vieille amitié\net camaraderie ! Ed io sono pittore.\n\n(1) Célèbre poète polonais (1802-1886)."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "691", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.39", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 469, "texte": "Je regrette infiniment de n'avoir pas vu votre sœur. Autrefois, l'année de la\nrévolution, feu M. Michel Skarbek a déposé dans la maison de vos parents une\ncaisse renfermant des papiers. Cette caisse et ces papiers m appartiennent en\npropre, et je serais bien aisede savoir ce qu'ils sont devenus. Je tiens surtout à\nquelques autographes historiques et aux lettres des amis de ma jeunesse.\nJe vous salue et vous embrasse.\nB. Z."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c087", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c087", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "691", "page_fin": "691", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.4.2", "titre_corps": "LETTRE II", "titre_sommaire": "LETTRE II", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "691", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.39", "debut_caractere": 471, "fin_caractere_exclue": 480, "texte": "LETTRE II"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c088", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c088", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "691", "page_fin": "691", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.4.2.1", "titre_corps": "Je ne veux pas interrompre votre leçon, mais je vous offre, pour votre fête,", "titre_sommaire": "Je ne veux pas interrompre votre leçon, mais je vous offre, pour votre fête,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "691", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.39", "debut_caractere": 482, "fin_caractere_exclue": 853, "texte": "Je ne veux pas interrompre votre leçon, mais je vous offre, pour votre fête,\nmes plus ardents souhaits. Fasse leCiel que je puisse à l'avenir vous les offrir\ndans notre Pologne libre et indépendante ! Les affaires de Cracovie vont par-\nfaitement bien. Est-il heureux notre Witwicki d'être si près du foyer !\nJe vous salue et vous embrasse très tendrement.\nBOHDAN ZALESKI."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c089", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c089", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "691", "page_fin": "691", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.4.2.2", "titre_corps": "ZIMMERMAN (pianiste et compositeur, professeur au Conservatoire de Paris)", "titre_sommaire": "ZIMMERMAN (pianiste et compositeur, professeur au Conservatoire de Paris)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "691", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.39", "debut_caractere": 855, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "ZIMMERMAN (pianiste et compositeur, professeur au Conservatoire de Paris)\nécrit qu'un de ses élèves étudie le concerto de Chopin et prie ce dernier de\nvenir au Conservatoire pour lui donner des indications. 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Chopin, Çh.\nd'Ant.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c090", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c090", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "691", "page_fin": "692", "image_debut": 39, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.5", "titre_corps": "ALBERT ZYWNY", "titre_sommaire": "ALBERT ZYWNY", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "691", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.39", "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1104, "texte": "ALBERT ZYWNY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c091", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c091", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "691", "page_fin": "691", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.5.1", "titre_corps": "Varsovie, le 19 août 1826.", "titre_sommaire": "Varsovie, le 19 août 1826.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "691", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.39", "debut_caractere": 1106, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "Varsovie, le 19 août 1826.\nDIGNE ET ESTIMABLE M11C LOUISE,\nComme je n'ai pas le plaisir de vous exprimer personnellement mon amitié\npour le jour de votre fête, permettez-moi de vous souhaiter de tout cœur, en\nces quelques lignes, une santé parfaite et tout ce que vous désirez du Tout-Puis-\nsant pour votre bonheur et votre prospérité. Je vous prie de présenter mes\nhumbles salutations à votre chère et vénérée mère, et de lui baiser les mains\ncomme je baise aussi les vôtres.\nJe vous prie de me conserver un bon souvenir ; je reste avec un profond res-\npect\nVotre ami dévoué,\nALBERT ZYWNY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-01-01-c092", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-01_01#c092", "volume": "bmtnabj_1903-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "691", "page_fin": "691", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.2.12.5.2", "titre_corps": "TRÈS CHER ET EXCELLENT M. FRÉDÉRIC!", "titre_sommaire": "TRÈS CHER ET EXCELLENT M. 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Le second prix de Rome\nen 1881, e/ /e premier grand prix en 1882, vinrent clore la série de ces brillants\nsuccès scolaires, qui présageaient une carrière non moins brillante. Successivement\nchef des chœurs àl'Eden (18(72), puis chef de chant à V Opéra-Comique et chef dé or-\nchestre au même théâtre (1900), professeur de la classe d'ensemble vocal au Conser-\nvatoire, M. Georges Marty est depuis igoi le chef d' orchestre de la Société des\nConcerts. Cette Société illustre ne peut obéir qu'à un musicien éminent ; aussi ce\nchoix fut-il considéré comme des plus heureux. De fait, M. Marty ne s est pas borné\nà régner ; il a gouverné, au nom des principes les plus élevés et les plus solides, du\ngoût le plus sûr et le plus éclairé. C'est ainsi que l'on n'entend plus aujourd'hui ces\ncourts préludes d'orgue, destinés à donner le ton aux choristes, avant les chœurs\na cappella. Nous sommes d'autant plus heureux de la disparition de cet abus que\nnous n avions cessé de le signaler. En défendant ainsi l'intégrité des chefs-d'œuvre,\nM. Marty se montre digne du beau nom de musicien. Il le mérite encore par ses\nœuvres, assez peu nombreuses, mais fort distinguées, et qui comprennent des chœurs,\ndes mélodies, Merlin enchanté, Balthazar, Matinée de Printemps, et le Duc de\nFerrare, représenté en iBgç au Théâtre Lyrique avec un très grand et légitime\nsuccès. Enfin c'est M. Georges Marty qui est chargé de la publication des œuvres de\nF. Couperin, que nous annonçons d'autre part. Son nom mérite donc d'être ajouté\nà celui de ces maîtres amis du passé, dont nous signalions précédemment Vinfluence\nsi heureuse sur le développement de la musique moderne (1).\n(1) Revue du i3r novembre 1903 : article sur et les Primitifs de Vorgue."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "655", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.3", "texte": "LA JUIVE AU THEATRE DE LA GAITÉ\n\nLa «Juive» à l'Opéra municipal de la Gaîté.\n\nLa reprise de la Juive vient de produire l'effet suivant : elle a irrité quelques\nintransigeants ; elle a donné à réfléchir aiqx amateurs dépourvus de parti pris ;\net elle a beaucoup plu à l'ensemble du public. En sortant du théâtre de la Gaîté,\nj'enregistre ce succès non sans plaisir, bien que plusieurs de nos amis se dé-\nclarent un peu scandalisés.\nRien n'est plus rare et plus difficile que la justice en matière d'art. Les\nmathématiciens s'accordent sans peine pour juger la valeur d'un théorème ; mais\nquand il s'agit d'une symphonie ou d'un drame lyrique, bien qu'il y ait cer-\ntaines beautés et certaines misères évidentes par elles-mêmes, les critiques les\nplus compétents montrent parfois une intolérance analogue à celle des partis\nextrêmes en politique. Je ne me propose pas, croyez-le bien, de remettre la Juive\nsur le piédestal qu'on lui fit en 1835. Je voudrais l'apprécier équitablement, en\nquelques lignes. Pour cela, on doit commencer par se faire un esprit entièrement\nlibre.\nUn compositeur de grand talent me disait, il y a quelques jours, le plus sim-\nplement du monde :\nIl faut croire que les hommes intelligents, quand ils deviennent directeurs\nde théâtre, sont frappés d'aveuglement. Voici, par exemple, les frères Isola. Ils\nont débuté dans des conditions extrêmement brillantes, avec éclat et bravoure.\nJamais entreprise ne fut bâtie sur pareille accumulation de richesses : comme\nartistes, des sujets hors ligne, tels qu'Emma Calvé, Litvinne, Renaud... Comme\norchestre, l'élite des musiciens de Paris, dirigée par un maître compositeur,\nSilvio Lazzari ; comme directeur de la musique, un homme de premier ordre,\nLuigini ; ajoutez à cela des commanditaires solides, le haut patronage de la\nVille de Paris, et ce mouvement d'opinion qui, depuis si longtemps, voulait\naboutir à la création d'un théâtre lyrique. Les directeurs de l'Opéra et de l'Opéra-\nComique ne laissaient pas d'être inquiets en voyant cette maison rivale. Comme\nentrée de jeu, les frères Isola nous ont annoncé l'Or du Rhin, que Mme Wagner,\nhélas ! n'a pas permis de représenter, puis Hérodiade. Mais aussitôt après ils\nont donné la Flamenca, et, aujourd'hui... non ! j'en crois à peine mes yeux et\nmes oreilles. Pourquoi ne jouent-ils pas les opéras de Gluck? les chefs-d'œuvre\nde Rameau ?le Benvenulo de Berlioz? le Freïschut% de Weber (sans les récita-\ntifs) ? le Don Juan de Mozart (sans le ballet) ?... Ces gens-là se suicident en\ndonnant la Juive. Ils sont devenus fous...\nCette note d'étonnement, de mépris, de tristesse, de pitié ou d'ironie féroce,\nnous la retrouverons probablement dans la presse quotidienne, sous la plume de\ncertains juges dont le défaut est d'avoir dans l'esprit un ou deux types de mu-\nsique et de condamner tout ce qui en diffère. J'avoue que ce parti pris me donne\nhabituellement l'instinctif désir de défendre les œuvres qu'on rabaisse avec bru-\ntalité. L'injustice consiste à juger un compositeur d'après l'esthétique établie par\nun autre compositeur. On se trompe évidemment, comme si, en appréciant\nShakspeare, on prenait Racine pour point de départ, ou réciproquement. Il me"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "656", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.4", "texte": "LA JUIVE AU THEATRE DE LA GAITÉ\n\nsemble que, depuis Villemain et Taine, il y a une méthode qui s'appelle la\ncritique historique, dont le libéralisme doit s'étendre au domaine musical.\nL' (( éreintement )) systématique est un exercice brillant et amusant, mais trop\nfacile. Le vrai critique devrait se nourrir d'ambroisie ; il devrait rechercher sur-\ntout les beautés, les faire valoir, les exagérer même, en touchant à peine, quand\nle choix est possible, à ce qui est indigeste ou dépourvu de saveur. Quels sont\nles mérites de la Juive ? Telle est la question à laquelle il est tenu de répondre.\nIl doit même l'examiner avec sympathie. Ce serait miracle qu'une œuvre uni-\nversellement connue et si souvent jouée fût sans intérêt et sans valeur aucune.\nLa Juive a été représentée pour la première fois il y a 68 ans, avec ces inter-\nprètes d'élite qui s'appelaient Nourrit, Levasseur, Lafont, Dabadie, Prévost,\nDérivis, Mme Dorus-Gras, Mlle Falcon. Dès son apparition, elle marqua une date\nbrillante et fît époque dans l'histoire du théâtre lyrique, à cause du talent excep-\ntionnel de quelques artistes Nourrit en particulier, qui triomphait dans le\n4e acte et à cause de la luxueuse mise en scène dont les directeurs Véron et\nDuponchel voulurent l'entourer. D'après Castil-Blaze, qui ne manqua pas de\nrailler la (( Duponchellerie )) de cette représentation et d'assimiler l'Opéra à un\ncirque en l'appelant l Opéra-Franconi, la mise en scène de la Juive coûta\n150.000 fr. (1) (dont 30.000 fr. pour les armures et les accessoires, qui, pour la\npremière fois, furent en métal et non en carton); d'après un autre témoignage,\nles frais s'élevèrent à 100.000 francs (2). Ilalévy avait alors 36 ans.\nCelui qui allait vendre sa partition 30.000 fr. à l'éditeur Schlésinger parti-\ntion qui est encore une des plus chères à cause de son volume était, avant ce\nsuccès décisif qui le promut au premier rang, un musicien estimé sans doute,\nayant fait preuve d'habileté technique et obtenu des succès officiels, mais nulle-\nment classé parmi les maîtres, plus d'une fois contrarié par la mauvaise fortune,\net obligé de remplir des fonctions inférieures. Elève de Berton et de Cherubini\n(sous la direction duquel il avait étudié pendant cinq ans le contrepoint), il avait\nobtenu en 1819 le grand prix de composition, était allé à Rome se nourrir d'art\nitalien, puis était rentré à Paris (après une incursion à Vienne), où il n'avait pas\nréussi à faire jouer ses premières œuvres. En 1827 il avait été nommé maestro\nal cembalo, c'est-à-dire accompagnateur au Théâtre Italien, et en 1830 chef de\nchant à l'Opéra. Au moment où il allait aborder le drame lyrique, quels étaient\nles compositeurs français qui lui montraient la voie? Était-ce Boïelclieu, Méhul\nou Hérold, Berton, Lesueur ou Auber, qui pouvaient lui apprendre le style dra-\nmatique tel que nous l'entendons aujourd'hui, l'art de poser les personnages, de\npeindre le décor avec des sons et d'associer l'orchestre à l'action ? Est-ce dans le\nSiège de Corinthe (1826), dans Moïse (1827), dans le Comte Ory ou la Muette de\n\n(1) Castil-Blaze, VAcadémie impériale de musique, t. 11, p. 246.\n(2) De Boigne, Petits Mémoires de /'Opéra, p. 230.\nj'ai eu la curiosité de savoir lequel des deux avait raison : Castil-Blaze ou de Boigne. Les\nArchives de l'Opéra possèdent tous les mémoires de fournitures payés pour la mise en scène de\nla Juive; mais ces mémoires sont très longs, pleins de détails fastidieux, et on n'y trouve pas de\ntotal. Je crois cependant que le plus près de la vérité, c'est de Boigne. Le costume de cardinal\npour Levasseur a coûté 484 fr. 70: celui de Dabadie (grand Prévost), 375 fr. 45 ; ceux de\nLafont, 139 fr. 20 -f- 233 fr. 70 + 204 fr. 90; celui de Prévost, 318 fr. 35 ; ceux de Falcon,\n498 fr. 25 'pour deux costumes). Rien d'exagéré en tout cela !\nC'est Philastre et Cambon qui firent le décor du 3e acte, payé 8.876 fr. 80. Les autres furent\nexécutés par Séchon et Feuchères."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "657", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.5", "texte": "LA JUIVE AU THÉÂTRE DE LA GAITÉ\n\nPortici (1828), est-ce dans Guillaume Tell (1829), est-ce dans le Philtre (1831)\nou dans Gustave 111 (1833) qu'on pouvait trouver un modèle de psychologie et\nde vérité musicales ? Meyerbeer avait donné Robert le Diable en 1831 ; mais s'il\nest supérieur à Halévy par l'imagination et la puissance, il en diffère peu, pour\nnous modernes, par l'esthétique. Vous allez sans doute prononcer le grand nom\nde Rameau. Il y aurait vraiment naïveté à citer ici le nom d'un homme de génie\net à exiger que tout le monde lui ressemble ! Cette méthode est trop sommaire.\nHalévy eut la bonne fortune de trouver d'abord un librettiste d'une médiocrité\ngéniale. « Je ne sortirai pas de la médiocrité, dit Pascal, de peur de sortir de\nl'humanité ! )) Scribe fut toujours très humain. Pour les compositeurs de ce\ntemps-là, il a été un fournisseur unique; il livrait des marchandises de première\nqualité, des étoffes un peu rudes et sans élégance de coupe, mais solides, bien\najustées à la musique, cousues avec des fils spéciaux, excellentes pour l'usage et\nla fatigue. On lui reproche de trop aimer 1 \"effet, d'être trop artificiel. L'art du\nthéâtre est-il donc autre chose qu'artifice et recherche de l'effet ?...\nEn musiquant la Juive, Halévy montra autre chose que de l'habileté. Il n'avait\npoint de peine, en pareil sujet, à se montrer ému, sincère. C'est un musicien de\nsentiment qui savait fort bien son métier. Il ne se doute pas que l'orchestre doit\nou peut former une symphonie aussi fortement construite que le drame lui-\nmême ; il en use avec discrétion, sans unité, de façon très inégale; mais il sait\nlui faire parler ce langage de tendresse qui sent encore son xvme sièçle. Il a\nbeaucoup d'idées mélodiques, ce qui est la première qualité du musicien, et il\nfaut lui en tenir compte. Son orchestration est en général fine, transparente,\nlégère ; et il y a telle page où le quatuor est manié avec beaucoup de grâce.\nJ'aime cette introduction soupirée par deux cors anglais qu'enveloppent les\nbassons et la clarinette en si bémol :\nVous me dispensez de continuer la citation!... J'aime, çà et là, des choeurs\njoliment construits, bien équilibrés, un peu mous et sans grande valeur drama-\ntique, mais, en somme, d'une très bonne écriture. Dans le rôle du Cardinal, il y\na des phrases qui ont grande allure et qui, sans les répétitions de formules,\nseraient de premier ordre. J'aime aussi, je l'avoue, au début du dernier acte, ce\nchant plaintif delà flûte qui s'alli£ àun contre-chant de hautbois, accompagné\npar les bassons et les cors :\nJe le sais, il y a dans la Juive l'an* du piston '•\nCet air manque de tenue, je vous le concède. Il ressemble à un personnage\nqui, dans une bonne société, ferait des gestes peu décents. Je vous accorde aussi\nque les ballets de la Juive sont médiocres. Je m'étonne même qu'on ne relève pas"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "658", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.6", "texte": "LES VIEILLES CHANSONS DU PÉRIGORD\n\nce qui me paraît être une grande faiblesse, je veux dire le duo de deux femmes\nqui sont rivales, qui aiment le même homme, et qui chantent cependant à la\ntierce, tout comme Roméo et Juliette :\nMais ce qui est suranné, redondant, ou à côté de l'accent vrai, ce qui fait\nhors-d'œuvre, comme la Sérénade du premier acte, trop imitée de Don Juan, ne\nm'empêche pas de voir ce qui est délicat, senti, juste, et a une prise évidente sur\nle cœur du public. Nous sommes très fiers aujourd'hui de notre (( drame\nlyrique )). Sommes-nous sûrs que dans 68 ans ce que nous appelons « vérité ))\nde l'expression musicale et (( grand art )) ne paraîtra pas comiquement faux?\nLa Juive est un chef-d'œuvre sentimental d'autrefois. Il ne faut pas la juger en\nlui opposant les chefs-d'œuvre d'hier ou d'aujourd'hui. L'orchestration nous en\nparaît faible, et pleine de lacunes, à présent que tous les musiciens savent orches-\ntrer de façon brillante ; mais ces lacunes ne viennent point d'une pénurie du sens\nmusical : elles ont leur raison d'être dans une méthode et un idéal qui ne sont\nplus les nôtres, et qui, demain peut-être, changeront à leur tour. Tenez d'ailleurs\npour certain que l'esthétique d'un Halévy est la plus difficile à réaliser : c'est\ncelle qui soumet le compositeur, de façon continue, à la plus périlleuse épreuve,\ncelle de l'invention mélodique. En employant le récitatif que soutient la masse\ntrès mouvante des instruments, le musicien du xxe siècle ressemble souvent à un\npeintre qui noierait dans l'ombre une grande partie de son tableau, et se dis-\npenserait ainsi de tout dessiner. L'auteur de la Juive joue un jeu plus franc et\nplus redoutable ; il est constamment à découvert, obligé de payer de sa per-\nsonne et de trouver un dessin mélodique bien arrêté, complet, en pleine lumière.\nOr on ne peut nier que sa veine mélodique soit en général très abondante, sin-\ncère et pure. Il y a dans sa partition des beautés réelles, et toujours fraîches ; le\nreste, fané par le temps, doit être jugé avec indulgence, et on perdrait son temps\nen s'acharnant à prouver au public qu'il a tort d'y prendre du plaisir.\n\nJULES COMBARIEU.\n\nLes «Vieilles chansons patoises du Périgord».\nPAR L'ABBÉ CASSE ET L'ABBÉ CHAMINADE (PÉRIGUEUX 1903).\n\nAvec les plateaux un peu tristes, couverts de cailloux et de vignes, ses nom-\nbreuses collines moins hères que des montagnes, son climat très tempéré, ses\nvallées charmantes, et cette rivière qui est la plus belle de France, après les cinq\ngrands fleuves, le département de la Dordogne, qui comprend la presque tota-\nlité du Périgord, est un domaine très intéressant pour le folkloriste. La nature\ns'y montre souvent exquise, inégale, mais jamais âpre et violente. N'oublions\npas qu'il a produit le troubadour Bertrand de Born (seconde moitié duxne siècle),\net d'autres troubadours tels que Giraud de Borneil, loué par Dante, Aimeric de\nSarlat, Elie Cairels (xne et xme siècle) Le recueil de chants populaires qui\nnous est donné aujourd'hui ne pouvait donc manquer d'être d'un haut intérêt."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "659", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.7", "texte": "LES VIEILLES CHANSONS DU PÉRIGORD\n\nCet ouvrage n'est cependant pas irréprochable :il prête, au contraire , à\nla critique dans sa composition générale, qui est très confuse. Ce n'est pas\nsans quelque ironie que j'ai lu la notice accompagnant un texte patois de la belle\nchanson de Renaud, et assimilant ce personnage à celui de Renaud de Mon-\ntauban, l'un des quatre fils Avmon (p. 52). De même, c'est bien à tort que les\nauteurs intitulent (( Chanson de Jeanne d'Arco) (p. 54) une ronde à danser,\npopulaire par toute la France, où il est question d'un roi d'Angleterre et d'une\nbergère, mais sans qu'il soit permis de supposer que cette bergère soit l'hé-\nroïne d'Orléans, dont la chanson populaire n'a pas conservé le moindre sou-\nvenir. Et je ne reste pas moins sceptique en présence de l'assertion que\nplusieurs chansons auraient trait à Henri IV, par la raison que (( les pre-\nmières années de jeunesse de ce prince s'écoulèrent à Nérac » (p. 8), ces\nsortes de rapprochements étant tout superficiels et sans aucun fondement\nsérieux.\nMais, cette part faite à la critique, il nous reste à signaler les parties\nméritoires du recueil, et il y en a beaucoup. Essentiellement documentaire,\ncet ouvrage nous apporte une matière riche et jusqu'ici à peu près ignorée :\nen 115 pages, il donne 120 chansons, comprenant textes patois et mélodies, et\ndont un grand nombre offrent plusieurs variantes musicales, si bien que le\nchiffre total des airs notés s'élève au chiffre respectable de 213. Aucun recueil\nprovenant des mêmes contrées ne nous en avait encore offert autant. Au reste,\nces recueils sont rares ;il n'en existait encore aucun qui fût consacré au Péri-\ngord, et quant aux régions voisines de la Gironde et du Languedoc, elles ne\nnous ont fourni de notable que les livres de Bladé (Armagnac et Agenais),\noù la musique tient peu de place, et un volume de M. Solleville consacré au\nQuercy. Quand on songe que les provinces de l'ouest, du centre et de l'est de\nla France (Bretagne, Normandie, Vendée, Berry, Bourbonnais, Auvergne,\nLorraine, Franche-Comté, Bresse, Savoie, Dauphiné, Vivarais, etc.) ont donné\nlieu à tant de publications similaires, on ne peut que savoir gré aux auteurs\nd'avoir fourni aux études concernant leur province une si utilecontribution. Nous\navons pu juger par leur œuvre que c'est une erreur de croire qu'on a recueilli\nassez de chansons populaires en France, et que l'on peut désormais entreprendre\nsur la matière le travail d'ensemble définitif: nous trouvons toujours de l'inconnu\nà chaque enquête nouvelle, et cette dernière n'est pas celle qui nous en aura\nle moins appris.\nLe recueil des Vieilles Chansons du Périgord possède une double qualité assez\nrare dans ce genre de publications : d'une part, les textes sont fidèlement recueillis\net les mélodies correctement notées ; d'autre part (et ici le mérite revient en-\ntièrement à la tradition locale), ces textes et mélodies sont très purement conser-\nvés. Les formes sont, en général, très sommaires, plus encore peut-être que dans\nle répertoire des chansons françaises en deçà de la Loire. Les auteurs donnent\nune idée exacte de cette conception en décrivant la manière dont sont interpré-\ntées les chansons des travaux rustiques, moissonneuses, etc. :\n(( Tous prennent part au chant, et en même temps tous travaillent ferme. Il\nfallait donc inventer une poésie et une musique rudimentaires, de nature à ne\npas exiger grand effort de mémoire, et capables pourtant de soulager et d'encou-\nrager les travailleurs.\n(( Voici comment s'organise le chant. Le coryphée ou conducteur entonne le"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "660", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.8", "texte": "LES VIEILLES CHANSONS DU PÉRIGORD\n\npremier vers, et tous le répètent, puis le second vers, que tous répètent également.\nD'autres fois on se répond de colline à colline... ))\nIl ne nous manque, pour recevoir l'impression complète de ces chants, que\nde les entendre dans leur milieu, par les voix chaudes du Midi ; mais les contours\nmélodiques sont sibien appropriés que nous les devinons. La phrase musicale est\ncourte, avons-nous dit, mais elle est nette et bien formée. Certains de ces thèmes\nrappellent àla pensée ces (( ténors )) qui servaient de base aux diaphonies du\nmoyen âge, et dont le manuscrit de Montpellier, entres autres, nous a conservé\nde précieux et intéressants spécimens. Quant à la tenue générale, plusieurs de\nces chansons me rappellent le terme dont Bladé caractérisait certains contes\npopulaires de la région voisine : il les appelait des contes « de haut style )).\nEn effet, malgré l'étroitesse des formes, il y a dans ces chansons, aussi bien\nque dans les contes, une tendance naturelle vers la grandeur que ne connaissent\nguère, en général, les chansons populaires françaises.\nIl est, dans le recueil de MM. Casse et Chaminade, une section qui offre un\nintérêt assez particulier pour que nous nous y arrêtions un instant : ce sera l'oc-\ncasion d'y mettre un peu d'ordre et de clarté, et de tirer les documents des con-\nséquences auxquelles les auteurs n'ont pas songé.\nC'est la section des Chansons de quête (pp. 21 et suiv.).\nLes chansons de cette espèce sont peut-être celles de nos chansons populaires\nqui appartiennent à la tradition la plus antique. Il est certaines chansons des\nquêtes de Mai, répandues dans les provinces de l'Est, qui, si sceptique que je sois\nd'ordinaire à l'égard de ces hypothèses, réapparaissent comme se rattachant\naux souvenirs les plus lointains, peut-être même à la célébration des fêtes\npaïennes. Le recueil du Périgord renferme, lui aussi, plusieurs chansons de\nMai, qui sont très différentes de celles de l'Est, ainsi que ces chansons d'étrennes\ndésignées par les vocables vagues d'Aguilaneuf, la Guillanée, lou Giiilloneou, etc.\nC'est à celles-ci que nous voulons principalement nous arrêter.\nLe breton du Fail, au xvie siècle, a fait une pittoresque description des quêtes\nde l'Aguilaneuf. Il montre les garçons de son pays formant un cortège comique,\nun tambour et un fifre à leur tête, chantant une chanson de circonstance, et quê-\ntant les étrennes sur leur route. La chanson, on l'a retrouvée dans presque\ntoutes les provinces de l'Ouest : Normandie, Bretagne, Vendée, Anjou, Tou-\nraine,Orléanais, Périgord, Gascogne, Armagnac et Agenais, jusqu'au Canada,\noù l'on conserve encore aujourd'hui le souvenir des chansons apportées par les\nmarins des côtes de France. Le malheur est que la plupart des versions qu'on\nen a recueillies n'ont que les paroles, et que la musique est généralement laissée\nde côté. C'est l'avantage du nouveau recueil périgourdin de nous avoir apporté\nla notation de plusieurs de ces mélodies. Il nous a fallu, à la vérité, les chercher\ndans diverses parties du livre, où elles sont disséminées. C'est ainsi qu'après avoir\nfiguré parmi les chansons de quête, leur vraie place, on en retrouve des variantes\naux légendes pieuses, parla raison qu'elles se chantaient aussi la veille de\nPâques. Mais elles étaient si peu spéciales à cette journée que, précisément dans\nce même chapitre, les auteurs font à leur propos une citation d'un auteur péri-\ngourdin décrivant les impressions causées par le cérémonial antique de la nuit du\n31 décembre, page qui, précisant et confirmant après quatre siècles les indica-\ntions de Du Fail, mérite d'être citée au moins dans ses parties essentielles :\n« Je me reporte aux temps lointains de ma jeunesse, et je crois voir une dé"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "661", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.9", "texte": "LES VIEILLES CHANSONS DU PÉRIGORD\n\nces longues files de jeunes gens qui, le 31 décembre au soir, allaient de bour-\ngade en bourgade, de maison en maison, dans nos campagnes, chantant lon Guil-\nloneou... La théorie descendait des sentiers, couvrant de ses replis nombreux les\npentes, puis le vallon, puis 1 Ecorne-Bœuf, à la cime duquel elle se déroulait en\ntournant autour des débris d'un vieux peulven, puis disparaissant pour aller\naboutir à la fontaine de Vésone, berceau de notre vieille cité, et gagner la ville\nen traversant la rivière au bac de Campniac. Ces lumières, leur jeu, l'accord\ngrave et doux des accents qui m'arrivaient tantôt vifs, tantôt atténués, étaient\nbien faits pour émouvoir. Garçons et filles allaient frapper à toutes les portes,\net toutes les portes s'ouvraient devant eux ; on leur donnait de modestes\nétrennes, car c'était la veille du premier de l'an » (P. 113.)\nLe recueil nous donne la notation de ce chant, et de plusieurs autres de même\ntype : il y en a, tout bien compté, dans les diverses parties du livre, huit.\nCes huit variantes se décomposent en trois membres de phrase. L'un, spécial à\ndeux mélodies seulement (p. 21), a un aspect moderne et peut être écarté sans\ncrainte. Il en reste donc seulement deux, savoir :\nCe membre de phrase, avec quelques variantes dans la cadence, constitue le\nmilieu de la mélodie, page 21 (cadence sur la tierce si), la totalité des mélodies\npages 113 et 115, enfin la première partie de la mélodie page 114 .\nNous donnerons plus tard cette dernière dans son entier, bornons-nous; pour préciser les\nprésentes observations, à reproduire la mélodie p. n 3, que les auteurs du recueil présentent\ncomme la plus répandue :\nTRADUCTION. Par un vendredi qui était le vendredi béni (le vendredi saint) Apportez-\nnous Fétrenne au nom de Jésus-Christ.\nL'autre membre de phrase, qui est un refrain (plus développé d'ailleurs que le\ncouplet, cas fréquent dans la chanson populaire), est celui-ci :\nTRADUCTION. Nous vous demandons la Guilîanée mon capitaine, nous vous\ndemandons la Guil'anée et l'étrennç,"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "662", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.10", "texte": "LES VIEILLES CHANSONS DU PÉRIGORD\n\nÇe thème rythmique, absent des deux mélodies page 21 (encore ne saurait-on\naffirmer si la formule renouvelée qui s'y est substituée n'en est pas une simple dé-\nformation), constitue avec des variantes qu'accuse surtout la notation, la substance\nde la première mélodie page 26, la presque totalité de la deuxième mélodie de la\nmême page, ainsi que celle page 27, enfin le milieu de la mélodie page 114. Les\nprincipales différences entre ces variantes, outre un plus ou moins grand nombre\nde répétitions de la formule rythmique, résident dans les cadences. La première\nmélodie page 26 conclut sur la tonique, non sur la dominante (1) :\nTRADUCTION. 11 nous faut donner la Guillanée (l'étrenne), vaillant seigneur; Il nous\nfaut donner la Guillanée aux compagnons.\nCelle de la page 27, après une première cadence normale, s'achève, à une\ndernière reprise, sur la tierce :\nTRADUCTION. A Paris, sur le petit pont, mon capitaine, nous vous demandons la\nGuillanée et l'étrenne.\n(Remarquons, en passant, ce mélange hétérogène de paroles, exemple fréquent dans la\nchanson populaire, associant ici sans aucune raison, au vieux refrain traditionnel, les vers de\nla chanson à danser : « A Paris, sur le petit pont ».)\nEnfin, celle de la page 114 s'arrête un degré au-dessus de la dominante pour\nretomber sur cette note à la reprise de la première période. Voici cette dernière\ndans son entier, c'est-à-dire présentant la succession intégrale des deux thèmes\nmélodiques de la chanson :\n\n(i) Il y a unetaute dans la transcription de cette mélodie, que les auteurs ont reproduite\nd'après une source que je connaissais depuis longtemps, et d'après laquelle je l'avais déjà citée :\nla dernière période s'achève sur la tonique, tout comme la précédente, et non sur le 6e degré\n(relatif mineur), comme on l'a gravé à tort. Nous notons toutes ces mélodies dans le même ton\nde sol et la même mesure à deux-quatre afin de rendre plus saisissables les analogies et les\ndifférences."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "663", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.11", "texte": "LE SYSTÈME D'HARMONIE DE RIEMANN\n\nLa seconde formule qui, dans plusieurs cas, constitue à elle seule toute la\nchanson, est peut-être plus authentique et primitive que la première : celle-ci,\nmalgré son air de simplicité extrême et tout archaïque, étant, dans presque\ntoutes les variantes, appliquée à des paroles chrétiennes, a probablement pour\norigine quelque vieux cantique ; la formule principale, au contraire, plus répan-\ndue (nous l'avons retrouvée dans des chansons similaires d'autres provinces,\navec son rythme net et son allure rustique), pourrait fort bien, en sa forme\nschématique, appartenir à une tradition toute différente et plus ancienne.\nLe même chapitre des Chansons de Quête donne plusieurs variantes d'une\nchanson de Mai dont, sans entrer dans d'autres explications, nous pouvons\nrésumer la formule essentielle ainsi qu'il suit :\nTRADUCTION. C'est demain le premier jour de Mai, Mironfïa, Mirolira, Où je vais\nvoir ma mie.\nAssurément ni l'une ni l'autre de ces mélopées n'est d'une haute valeur musi-\ncale. La chanson de Mai, notamment, est loin d'avoir la beauté et la poésie\npénétrante de la mélodie des Quêtes de mai (Trimousettes, etc.) populaire dans\ntout l'Est. Elles sont sèches et vraiment trop sommaires. Elles ressemblent à\ndes chansons enfantines : c'est qu'en effet elles représentent l'enfance de l'art.\nC'est à ce titre qu'elles ont mérité de retenir si longuement notre attention :\neussent-elles encore moins d'intérêt intrinsèque, elles seraient encore précieuses\npour l'histoire, si, comme tout nous autorise à le croire, elles sont des survi-\nvances et des débris de l'art lyrique tel qu'on le concevait à des époques pré-\nhistoriques.\n\nJULIEN TIERSOT.\n\nRéflexions sur le système d'harmonie de Hugo Riemann\n\n(0-\nUne première création a consisté à copier le dessin formé par les notes de\nl'accord parfait en mesurant les intervalles par degrés diatoniques, et non par\ntons et demi-tons, c'est-à-dire en faisant, pour constituer des accords de sons\nsimultanés, ce qui se fait pour constituer des dessins mélodiques se correspon-\ndant entre eux (exemple, Cavatine des Aroces de Figaro de Mozart) :\n\n(i) Suite. Voir la Revue du 15 novembre."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "664", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.12", "texte": "LE SYSTÈME D HARMONIE DE RIEMANN\n\nEn portant cette imitation particulière de l'accord parfait proprement dit sur\ntous les degrés de la gamme, on obtient, outre les accords parfaits du quatrième\net du cinquième degré, trois accords mineurs, appelés encore, par extension,\nparfaits, ceux du second,-du troisième et du sixième degré; on obtient aussi,\ncomme accord nouveau, l'accord si-ré fa, qui fut d'abord rejeté pour des raisons\nde goût.\nIl convient de remarquer ici que, si l'on emploie les notes de la gamme de\nPtolémée, l'accord ré-fa-la obtenu par ce procédé n'est pas identique avec les\naccords mi-sol-si et la-ut-mi, comme on le voit aisément en mesurant les inter-\nvalles par les rapports entre les nombres de vibrations de leurs notes.\nLes accords la-ut-mi et mi-sol-si sont donc identiques entre eux, mais différents\nde l'accord ré-fa-la, qui ne contient ni la quinte juste, ni la même tierce mineure\nque les deux premiers. C'est une raison pour rejeter toute génération de l'accord\nparfait mineur au moyen des harmoniques, et même pour rejeter de la musique\nréelle la gamme de Ptolémée, dont le rôle utile se borne à un seul point, mais\npoint d'importance capitale, savoir à permettre de fixer la constitution théorique\nde l'accord parfait proprement dit. Avec les notes de la gamme pythagoricienne,\nles trois accords mineurs sont identiques.\nLe procédé de génération des accords que nous venons d'employer suffit pour\nexpliquer toute l'harmonisation du plain-chant au moyen des positions de l'ac-\ncord parfait, et, grâce aux combinaisons variées du contrepoint, ces ressources\nharmoniques bornées se prêtent à la production d'admirables œuvres musicales.\nUne seconde création géniale fut, parmi les dissonances que la marche des\nparties introduisait au hasard, d'en fixer une particulière pour en faire un\nélément normal d'un accord défini pouvant s'employer sans préparation, mais\nnon sans résolution. L'accord parfait était constitué par la superposition de deux\ntierces, mesurées, comme nous venons de le dire, en nombres de degrés; en\nsuperposant une troisième tierce, mesurée de même, à l'accord parfait de domi-\nnante du ton d\\it, on créa l'accord de septième de dominante, accord qui, par la\nrésolution qu'il fait prévoir, donne une netteté singulière à la tonalité. Dès lors\nl'harmonie s'enrichit de ressources nouvelles. L'accord de quinte diminuée, par-\ntie supérieure de celui de septième de dominante, ne pouvait plus être proscrit"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "665", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.13", "texte": "LE SYSTÈME D'HARMONIE DE RIEMANN\n\nD'autres septièmes, formées par l'imitation du même dessin sur d'autres degrés\nde l'échelle, vinrent s'ajouter; enfin l'harmonie moderne se constitua par un\nenchaînement naturel.\nLe développement de l'harmonie entraîna une révolution dans la mélodie :\nla tonalité, précisée par des accords à résolution fixe, devint beaucoup plus res-\nserrée, et pour retrouver de la liberté et échapper à la monotonie, le compositeur\ndut faire un usage de plus en plus fréquent et imprévu de la modulation. Mais,\npour que la modulation fût intelligible, il fallait que la tonalité fût de plus en plus\nclairement indiquée par le moins de notes possible, en sorte que la raideur de la\ntonalité s'en trouva accrue. La souplesse de la tonalité grégorienne avec ses\nquatorze modes n'était guère compatible avec ces tendances nouvelles. De là la\ndisparition de ces modes et la formation de deux modes nouveaux, les caractères\npropres aux modes de fa, de sol et d'ut se trouvant à peu près condensés dans\nl'unique mode majeur, et les caractères propres aux anciens modes de ré, de mi\net de la dans l'unique mode mineur (i).\nL'harmonie propre au mode mineur fut constituée sur le modèle de celle du\nmode majeur, tantôt par imitation des intervalles, évalués en nombres de degrés\nde l'échelle, tantôt par la transposition des intervalles harmoniques proprement\ndits. En particulier la transposition de l'accord de septième de dominante du ton\nd9ut majeur sur le cinquième degré de l'échelle de la mineur fit de ce cinquième\ndegré une véritable dominante et de la note sensible sol J? non plus une note\nchromatique, mais une note propre à l'harmonie du ton, et particulièrement\ncaractéristique.\nEn résumé, pour nous, la création de l'harmonie propre au mode mineur, et\nde l'harmonie en général, en partant de l'accord parfait majeur, repose sur l'em-\nploi, suivant les cas, de deux procédés différents et bien déterminés de reproduc-\ntion d'une formule musicale donnée, procédés usités d'abord dans la mélodie,\nsavoir : i° l'imitation régulière ou transposition, qui reproduit les intervalles,\nmesurés au moyen des rapports entre les nombres de vibrations à la seconde ;\n2° une imitation spéciale, qui reproduit les intervalles, mesurés en nombres de\ndegrés de l'échelle diatonique. Quant à la génération du mode mineur, avec\ntoute son harmonie, par symétrie, elle ne nous paraît pouvoir être regardée que\ncomme une hypothèse arbitraire. Et, en la nommant ainsi, nous n'avons nulle\nintention de la déprécier. Les sciences physiques en général vivent d'hypothèses\narbitraires, qui ne valent que par les services qu'elles peuvent rendre, soit pour\nexpliquer les faits connus, soit pour faire prévoir des faits nouveaux. Pourquoi\nla science musicale n'userait-elle pas des mêmes moyens ? A ce point de vue\nnous ne contestons pas un instant la valeur de l'hypothèse de M. Riemann.\n\nLÉON BOUTROUX,\nProfesseur à l'Université de Besançon.\n\n(1) L'emploi fréquent du si [? dans les modes grégoriens de ré et de fa, qui tendait à effacei*\nla différence entre le mode de ré et celui de la d'une part, entre ceux de la et d'ut d'autre part,\navait préparé ces fusions."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "666", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.14", "texte": "LES MAITRES D'AUTREFOIS\n\nHALÉVY (1799-1862)\n\nLa «Juive» et le répertoire.\n\nLa première représentation de la Juive eut lieu le 23 février 1835. Le livret\n(de Scribe) est une adaptation du Shylock de Shakspeare, et le rôle de Rebecca\nest emprunté à W. Scott (roman d'lvanhoe).\nPar la partition de la Juive, Halévy rompt avec le passé et inaugure sa seconde\nmanière. Cet opéra est l'oeuvre maîtresse de ce célèbre compositeur. On a com-\nparé, à l'occasion de la Juive, l'instrumentation de Meyerbeer et d'Halévy ; cela\npeut-être est excessif. Cependant Halévy fit acte de novateur, ce qui d'ailleurs\nlui fut amèrement reproché. C'est lui qui le premier fit usage, dans la Juive,\ndes cors à pistons, qu'il substitua aux cors ordinaires, et c'est Meifred et\nF. Duvernoy qui furent ses exécutants. Il utilisa également le cor anglais, avec\nBrod et Vény, attachés à cette époque à l'orchestre de l'Opéra.\nSait-on enfin qu'Halévy usa d'une façon de leit-motiv (qu'il renouvelait d'ail-"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "667", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.15", "texte": "LA JUIVE ET LE RÉPERTOIRE\n\nleurs des maîtres du xvne siècle) en faisant exécuter par les instruments le\nmotif principal que devait reprendre le chanteur ?\nPendant une longue suite d'années, la Juive, figura au répertoire de l'Opéra, et\nl'on peut dire qu'Halévy fut un des triomphateurs les plus acclamés de la rue\nLe Peletier. Le 3 juin 1840, on donna la centième de la Juive, qui fut remontée en\njuin 1871 avec un soin tout particulier et atteignit sa 350e représentation le\n15 novembre de cette même année.\nLes ténors Guyamard et Villaret furent l'un après l'autre, pendant plus de\nvingt-cinq ans, les vaillants et remarquables interprètes de la Juive.\nCes deux artistes, doués d'un organe superbe, mais comédiens médiocres, trou-\nvèrent dans le rôle d'Eléazar leurs plus beaux succès et le défendirent jusqu'à la\nfin de leur carrière. Le ténor Sellier reprit également le rôle d'Eléazar.\nEnfin en 1875 était inauguré le nouvel Opéra, (( le palais Garnier )), comme\nse plaisaient à le désigner, avec une nuance d'ironie, les amis du maître archi-\ntecte.\nM. Halauzier, directeur avisé, estima qu'il ne pouvait mieux faire qu'ouvrir\naux Parisiens sa merveilleuse salle en leur faisant entendre la partition quatre\nfois centenaire d Ilalévy. Et le 8 janvier commença le défilé du public dans le\nféerique escalier, défilé ininterrompu, qui dura trois années, c'est-à-dire jusqu'à\nla fin de l'exposition universelle de 1878. La musique d'Halévy avait-elle été\npour le directeur un talisman ? Sans insister sur ce point, le seul choix de la\nJuive fait par Halauzier, administrateur qui ne sacrifiait jamais ses intérêts à\nVintérêt de l art, indique suffisamment et la faveur dont jouissait alors ce compo-\nsiteur et le prestige de son nom.\nCe fut une série de représentations triomphales; et cette année-là (1875)\nJuive eut 42 représentations, alors que Meyerbeer n'en obtenait que 32 avec les\nHuo uenots, Rossini 20 avec Guillaume Tell, et Mozart 14 seulement avec Don\nJuan. Cette reprise de l'œuvre d'Halévy, il faut le signaler, avait été fort bril-\nlante. Les rôles principaux avaient été confiés à Villaret (Eléazar), Belval (le\nCardinal), Vergnet (Léopold). Enfin l'artiste admirable qui n'a pas été rem-\nplacée, Mme Krauss, prenait possession du rôle de Rachel, et Mlle Marie Belval\nde celui d Eudoxie.\nCe fut d'ailleurs le dernier effort sérieux tenté parla direction de l'Opéra en\nlaveur d'Halévy. Toutefois la Juive resta au répertoire de façon eonstante\npendant les années 1876, 1877, 1879, 1880, 1881, 1882, 1883 ; elle avait disparu\nde l'affiche en 1878, sans doute parce que Halauzier, toujours pratique, estima\nque le nom d'Halévy sonnait moins bien aux oreilles des étrangers que le\nnom de Meyerbeer ; et ce fut ce compositeur qui occupa presque à lui seul la\nscène de l'Opéra avec Y Africaine, les Huguenots, Robert le Diable pendant\nl'exposition de 1878.\nMais, sous la direction Vaucorbeil, l'étoile d'Halévy pâlit peu à peu ; l'année\n1884 ne comporte plus que 3 représentations delà Juive. La direction Ritt et\nGailhard devait à son tour maintenir la Juive à son répertoire, mais sans enthou-\nsiasme et par simple acquit de conscience. Pendant les années 1885-1886, nous\ncomptons encore une douzaine de représentations. En 1887, la Juive disparaît\ncomplètement. Sans doute quelque vieux mélomane fit entendre ses remon-\ntrances, car, le 19 juillet 1888, le nom d'Halévy reparaît à nouveau pour une série\nde 11 représentations ; mais cette reprise fut sans éclat. M. Bernard, dont le"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "668", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.16", "texte": "INFORMATIONS\n\nnom est à peu près inconnu, débutait dans le rôle d'Éléazar ; M. Gresse, artiste\nconsciencieux qui depuis a fait ses preuves, tenait le rôle du cardinal à côté de\nM. Muratet (Léopold) et de Mmes Dufrane et Lureau-Escalaïs dans les rôles de\nRachel et d'Eudoxie.\nEn 1889, Mme Litvinne, alors débutante, interprétait pour une seule soirée le\nrôle de Rachel ; cette année-là, l'Opéra donna 10 représentations de la Juive.\nEn 1890, le rôle de Rachel sert de début à Mme Caroline Fierens, en même temps\nque MM. Duc et Affre paraissent dans les personnages d'Éléazaret de Léopold.\nM. Gresse et Mme Lureau-Escalaïs, très en progrès l'un et l'autre, avaient repris\nles rôles tenus par eux l'année précédente.\nLes années 1891 et 1892 nous offrent, en tout, 10 représentations delà Juive,\nsans plus ! Il s'agit donc tout simplement de conserver le nom de la Juive au\nrépertoire. —En 1893, les nouveaux associés directeurs del'Opéra, MM. Ber-\ntrand et Gailhard, nous donnent 9 fois l'opéra d'Halévy, qui, sans frais aucuns,\npermet d'offrir au public un spectacle honorable lorsque la fantaisie d'un\nartiste ou la maligne influenza vient interrompre la scène de l'œuvre en cours\nde représentations.\nMais cette année (1893) sera la dernière pour le nom d Halévy, qui cessera de\nparaître à l'Opéra dès l'année 1894.\nSauf erreur dans nos recherches, nous ne croyons pas qu'il y ait eu depuis\ncette date une seule représentation de la Juive donnée par l'Académie nationale\nde musique.\nC'est peut-être en raison de cette longue abstention de nos directeurs subven-\ntionnés que MM. Isola ont tenté la reprise de la Juive. Quoi qu'il en soit\nd'ailleurs, nous devons leur savoir gré d'avoir remis à la scène une œuvre magis-\ntrale qui a charmé de nombreuses générations, et qui mérite d'être connue de\nla nôtre. F.ayer le nom d'Halévy serait une injustice ; c'était peut-être aussi une\nmaladresse. Nous serons en mesure de nous prononcer à brève échéance, lorsque\nle vrai public celui qui paye en pièces trébuchantes et en bravos sonores\naura fait connaître aux directeurs delà Gaîtéson jugement sans appel, en accou-\nrant aux représentations de la Juive, ou bien en s'en désintéressant de façon\ndéfinitive.\n\nA. SOL.\n\nActes officiels et Informations.\n\nM. Henry Marcel, le nouveau directeur des Beaux-Arts, a été installé dans ses\nnouvelles fonctions par M. le ministre de l'instruction publique et des beaux-\narts.\n\nGENÈVE. —La Colonie française de Genève se propose d'organiser, le 13 dé-\ncembre prochain, en matinée, dans cette ville,un festival en l'honneur de Berlioz,\nsous les auspices de M. Regnault, notre consul général.\nMlle Hatto, del'Opéra,doit prêterson concours à cettematinée, où elle interpré-\ntera plusieurs morceaux de notre grand compositeur.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Par arrêté ministériel en date du 14 novembre"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "669", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.17", "texte": "INFORMATIONS\nR. M.\n46\n\nune demi-bourse à l'École de musique classique de Boulogne-sur-Seine a\nété accordée à M. Riol (Joseph), à Mur-de-Barrez (Aveyron).\n\nHARMONIE FLEMCÉNIENNE. — Une subvention de 170 francs a été accordée, sur\nles fonds de la direction des Beaux-Arts, à l'Harmonie Tlemcénienne, dirigée\ndepuis 14 ans par M. Theuma de Castelletti. Cette société musicale donne chaque\nannée de nombreux concerts sur les places de la ville et prête gracieusement\nson concours à toutes les cérémonies officielles et aux fêtes de bienfaisance.\n\nJURÉS ORPIIÉONIQUES. — L'Association des Jurés orphéoniques a ouvert en 1903\nun grand concours pour la composition d'oeuvres musicales spécialement écrites\npour les sociétés orphéoniques : chorales, harmonies et fanfares de la 2e et de la\n3e division (toutes sections).\nUne médaille de vermeil a été offerte par le ministre des beaux-arts pour être\ndécernée en son nom à l'un des lauréats des diverses sections de ce concours.\n\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE. — Les séances de la Société des con-\ncerts du Conservatoire national sont fixées, pour le mois de décembre courant,\naux dates ci-après désignées: les dimanches 6, i3, 20 et 27, en matinée, à\n2 heures.\n\n# OPÉRA. -— La Manufacture nationale de Sèvres se propose de faire une réduc-\ntion du buste de la célèbre Alboni, sculpté par Moncel et placé actuellement à\nl'Opéra.\n\nCONSERVATOIRE. —Le décès de M. Léon Pillaut laisse vacant au Conservatoire\nnational de musique l'emploi de Conservateur du Musée instrumental.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL: I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 oçtobre au 20 novembre.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n21 Octobre\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n16.918 76\n2 3 —\nSamson etDalila. —La Mala-\nSaint-Saëns. P. Vi-\n19.149 41\ndetta.\ndal.\n24 —\nLohengrin.\nR. Wagner.\n1 I.258 5o\n26 —\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n17.178 91\n28 —\nPaillasse. — Samson et Dalila.\nLéoncavallo. Saint-\n15.1 37 26\nSaëns.\n3o -\nFaust.\nGounod.\n18.701 91\n31 —\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n12.010 »\n2 Novemb.\nSamson et Dalila. — La Mala-\nSaint-Saëns. P. Vi-\n13.659 91\ndetta.\ndal.\n4 • —\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n12.917 76\n6 —\nOthello.\nVerdi.\ni9.o35 41\n7 —\nSigurd.\nReyer.\n11.624 »\n9 —\nLohengrin.\nR. Wagner.\n14.105 91\n11 —\nOthello.\nVerdi.\n13.556 26\nI3 —\nPaillasse. — Samson et Dalila.\nLéoncavallo. Saint-\ni5.666 91\nSaëns.\n14 —\nOthello.\nVerdi.\n11.023 5o\n16 —\nTannhauser.\nR. Wagner.\n14.697 41\n18 —\nOthello.\nVerdi.\n13.596 76\n20 —\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n15.207 41"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "670", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.18", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 octobre au 20 novembre.\nComme on le voit par ces tableaux, c'est Saint-Saëns et Verdi à l'Opéra, et\nMassenet à l'Opéra-Comique qui détiennent le record delà recette.—MAXSCHONE.\nLa section de musique de Y Ecole des Hautes Etudes sociales, 16, rue de la Sor-\nbonne, a repris la série de ses cours, conférences et auditions musicales, orga-\nnisés par M. Romain Rolland.\nAu programme :\nLES LUNDIS, à 4 h. 1/4 :\nCours de MM. A. GASTOUÉ : Théorie et pratique de Vart musical, du VT siècle\nau IXe siècle.\nP. AUBRY :La musique française aux XIIIe et XIVe siècles.\nA. PIRRO : Histoire des doctrines musicales aux XVIe et XVIIe siècles.\nLOUIS LALOY : De Schumann à Debussy.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n21 Octobre\nCarmen.\nBizet.\n6.937 »\n22 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n9.181 5o\n23 —\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n5.563 5o\n24 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n8.83o 5o\n2 5 —matinée\nLes Noces de Jeannette. — La\nMassé. Messager.\n5.266 5o\nBasoche.\n5.999 5o\n2 5 —soirée\nManon.\nMassenet.\n26 —\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n4.492 »\n27 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n5.952 »\n28 —\nLouise.\nCharpentier.\n5.522 5o\n29 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.419 5o\n3o —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n5.775 5o\n3 1 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.682 »\n1er Nov.mat.\nLa Fille du Régiment. — Le\nDonizetti. Gounod.\n4.028 5o\nMédecin malgré lui.\n6.027 5o\n_ soirée\nCarmen.\nBizet.\n2 —\nLouise.\nCharpentier.\n4.571 »\n0\nD\nLa Tosca.\nPuccini.\n5.791 5o\n4 —\nManon.\nMassenet.\n6.635 »\n5 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n7.840 5o\n6 —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n5.948 5o\n7 — .\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.516 »\n8 — matinée\nCarmen.\nBizet.\n6.269 5o\n8 — soirée\nLes Noces de Jeannette. —\nMassé. L. Delibes.\n6.375 5o\nLakmé.\n3.835 »\n9 —\nLa Basoche.\nMessager.\n10 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n4.266 5o\n[ 1 —\nLouise.\nCharpentier.\n5.073 5o\n12 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n6.854 »\n3 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n6.116 »\n14 —\nWerther.\nMassenet.\n12.990 5o\ni5 —matinée\nMignon.\nA. Tho m as\n6.758 »\n1 5 — soirée\nCarmen.\nBizet.\n4.979 5o\n16 —\nManon.\nMassenet.\n4.585 »\n17 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n3.353 5o\n18 —\nLa Tosca.\nPuccini.\n4.518 5o\n19 —\nW erther.\nMassenet.\n10.451 5o\n20 —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n5.497 5°"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "671", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.19", "texte": "INFORMATIONS\n\nHELLOUIN : La critique musicale, son histoire, ses méthodes.\nLES JEUDIS, à 4 h. 1/4 :\nMAURICE EMMANUEL : La musique tonale classique ; la fugue, la sonate, la sym-\nphonie.\n«\nCH. MALHERBE : Le romantisme de Berlio\nLES VENDREDIS, à 8 h. 3/4 du soir :\nConférences, accompagnées d'auditions musicales, de MM. :\nVINCENT D'INDY : Comment on fait une sonate.\nPAUL LANDORMY : Le lied allemand, de Gluck à Schumann.\nHENRY EXPERT : La musique du dernier tiers du XVIe siècle jrançais.\nGOBLOT : Sur la théorie psychologique de la gamme.\nJULIEN TIERSOT : Le chant populaire.\nLouis LALOY : La musique française contemporaine.\nROMAIN ROLLAND : Gluck.\nCinq concerts seront donnés, les vendredis soir 11 décembre (concert Mozart),\n29 janvier [concert Gluck et Piccinni), 19 février (concert Beethoven), 2s mars\n(Iconcert de musique antérieure au XVIIIe siècle), 29 avril (concert de musique\nfrançaise contemporaine).\nOn y exécutera des fragments de Cosi fan tulle de Mozart, de Pâris et Hélène et\ndes Pèlerins de la Mecque de Gluck, les lieder et le chant élègiaque de Beethoven,\ndes pages inédites des maîtres français du xvie siècle et des maîtres italiens\ndu xviie, des œuvres de MM. Vincent d'lndy, Dukas, Debussy, etc.\nDouble quatuor vocal (MllesJeanne Leclerc, Anne Vila et Garcia. M,ne Mayrand,\nMM. Jean David, Noël-Nansen, Jan Reder et Battaille, et quatuor instrumental\n(MM. Fernand Luquin, Dumont, Roelens et Louis Dumas), sous la direction de\nM, Paul Landormy.\nOn nous écrit de Wiesbaden :\nOn joue en ce moment un peu partout,, en Allemagne, une Armide de M. de\nHussen* sur laquelle la presse paraît faire le silence, mais qui est une vraie curio-\nsité. Les tripatouillages parisiens de Don Juan ne sont rien auprès de celui-là.\nLe chef-d'œuvre de Gluck est absolument méconnaissable. C'est un nouvel\nexploit à enregistrer dans l'histoire du vandalisme musical. Demandez-en des\nnouvelles au maître Camille Saint-Saëns, qui assistait il n'y a pas longtemps,\nchez nous, à cette représentation ! L'auteur de cet (( arrangement )) est, m'affirme-\nt-on, un protégé de l'empereur.\nA L'OPÉRA-COMIQUE. Les premières représentations prochaines seront\ncelles de la Reine Fiamette de Leroux,. de la Fille de Roland de Rabaud, et,\nnous l'espérons bien aussi, de l'Ensorcelé de S. Lazzari.\nLa première représentation du Roi Artus, d'E. Chausson, au Théâtre de la\nMonnaie à Bruxelles, est fixée au lundi 30 novembre. Nous en rendrons compte\ndans notre prochain numéro.\n\nLILLE.\n\nLa Société de musique de Lille, sous la direction de M. Maquet, a\ndonné, novembre, son premier concert de la saison. Je dirai un\njour dans la Revue les origines de cette Société (1), qui est tout simplement en\n\n(i) Voir, sur ce sujet, la Correspondance de Lille parue clans la Revue musicale du icr décembre\ni 902."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "672", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\npassede devenir un des premiers orchestres de France et qui à Lille asu rame-\nner aux auditions de grande musique un public très musicien, mais qu'avaient\néloigné des déconvenues ressenties trop souvent aux séances d'une Société locale\n(que subventionnent les Beaux-Arts).\nAu programme, la Symphonie en mi bémol (n° 1) de Saint-Saëns, et A. de\nGreef, qui joua le Concerto en la mineur de Grieg, et des pièces de Scarlatti,\nSchumann\nNous avouons ne pas trouver de charmes transcendants àla Symphonie de\nSaint-Saëns. Les thèmes en sont peu variés, sauf dans le scherzo. L'adagio est\nlong, la phrase en est pourtant belle, mais l'accompagnement bien quel-\nconque. Pour le finale (allegro maestoso), très bruyant, M. Maquet avait cru\ndevoir renforcer son orchestre, déjà très important (80 exécutants), par une\nbande militaire. Ce n'était pas d'ailleurs une innovation, car à Lille on l'avait\ndéjà ainsi joué. Je ne trouve pas pour ma part cette adjonction heureuse, car\nl'équilibre est rompu entre les cordes et l'harmonie tonitruante qui l'emporte,\net cela ne fait plus que l'effet d'une transcription pour musique militaire. Il\nfaut avouer que l'orchestre a joué l'œuvre avec un brio superbe, et que son chef\nen a fait sortir tout ce qu'il était possible d'y trouver.\nA. de Greef est, à mon avis, un des virtuoses les plus accomplis de notre\népoque. C'est un de ceux ou même celui que préfèrent les orchestres qui l'ac-\ncompagnent, car, différant de certains pianistes à surprises qui semblent, faisant\nfi du rythme et de la mesure, vouloir faire dérailler l'orchestre, de Greef est le\nrythme personnifié, ayant avec cela plus que tout autre la douceur, la légèreté\net, quand il le faut, la force et la belle sonorité. Il a partout joué le Concerto de\nGrieg, et partout l'on a applaudi àsa maîtrise; mais il ne peut donner à l'œu-\nvre ce qui lui manque : après un beau début, des motifs quelconques où l'on\nretrouve toute l'œuvre de Grieg, ses sonates de violon, de violoncelle, ses\nlieder... et dont la pauvreté n'est pas masquée par les mouvements plus ou\nmoins rapides. L'orchestre a joué ce Concerto avec infiniment de douceur,\nde souplesse et de vivacité.\nLe concert se terminait par l'exécution impeccable de 1 Enterrement dôOphèlie,\nde Bourgault-Ducoudray, si curieux par sa tonalité et ses sonneries de cloche,\net d'une Sérénade de Glazounow enlevée àla russe. Il avait débuté par l'ouverture\nclassique ôôObèron. Le prochain concert est consacré à Berlioz (orchestre et\nchœur).\n\nDr GAUDIER.\n\nLYON.\n\nAux excellentes représentations de Salammbô ont succédé des pièces\ndu répertoire ordinaire : Hérodiade, Lohengrin, Mignon , Lakmé, Faust. L'or-\nchestre a montré dans ces œuvres si diverses le même soin d'interprétation que\nnous avons déjà loué dans Salammbô, et M. Pion l'a dirigé avec la plus grande\nautorité ; il est certain qu'il était le maître nécessaire pour obtenir la cohésion\nqui manquait depuis le départ de M. Luigini. Félicitons la municipalité de\ns'être occupée enfin de cette situation et d'avoir apprécié la valeur cle M. Pion.\nBibliographie. Il vient de paraître à Lyon, chez Janin,éditeur (i vol. in-40,\nnet 6 fr.), un petit volume dont nous recommandons la lecture avec plaisir :\nCours cTHarmonie, par M. DANIEL FLEURET, professeur d'harmonie au Conser-\nvatoire de Lyon.\nL'ouvrage est clair, débarrassé de tout pédantisme, d'une lecture facile et"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "673", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nattrayante. Nous en extrayons cette excellente définition :(( Un traité d'harmonie\n(( n'est en somme que la moyenne d'opinions admises sur cette matière par le\n(( sens commun des musiciens )).\n\nA. MONIC.\n\nMARSEILLE.\nERNEST GUEYDON.\nUne des gloires marseillaises de l'art musical, M. Alexis Ros-\ntand, écrivait jadis, à propos de décentralisation artistique, les lignes suivantes :\n(( On a beaucoup parlé de décentralisation ; on s'en est bien peu et bien inef-\nficacement occupé. Ceux-là mêmes pour qui elle est le prétexte de bruyantes\nrevendications dans l'organisation politique du pays y paraissent très indifférents\nquand il s'agit de mettre en lumière et de développer le génie de chaque pro-\nvince.\n(( Dans le midi de la France, dans le Languedoc, dans notre Provence, on\ntrouve des facultés artistiques dignes de ces pays baignés d'air et de lumière.\nSi elles étaient hardiment cultivées et dans leur milieu, on y découvrirait comme\nun filon nouveau et ignoré de gloire nationale. ))\nNous sommes malheureusement dans l'obligation d'avouer que peu d'efforts\nont été faits en province pour la décentralisation musicale. Quelques tenta-\ntives dans ce sens ont bien été ébauchées par les fervents de l'art ; mais l'indif-\nférence ambiante a découragé les plus enthousiastes.\nCependant l'éducation musicale tend depuis quelques années à se propager\net à sortir des limites restreintes dans lesquelles elle paraissait s'être confinée.\nSous les efforts patients de quelques dilettanti, l'art musical se trace un chemin à\ntravers la foule naguère indifférente, et le premier pas, le plus pénible, a été fait.\nM. Barthélémy de Roux, qui déjà l'année dernière avait fait éclore une asso-\nciation chorale, dénommée (( Schola cantorum )) (association approuvée d'ail-\nleurs par M. Ch. Bordes), M. de Roux, dis-je, a, cette année encore, voulu\ndévelopper ce groupe, l'affirmer, le parfaire ; et, avec la précieuse collaboration\nde M. Messerer, directeur du Conservatoire municipal, et de M. Drogoul, un\nmusicien parfait, il s'occupe activement de l'épanouissement de son œuvre.\nPlus de 60 choristes, hommes et femmes, tous exercés à la lecture musicale,\nont répondu à l'appel de M. de Roux.\nLes résultats déjà obtenus nous font espérer enfin qu'il sera possible d'élever\nà Marseille l'art musical à un niveau appréciable au point de vue de l'exécution.\nLe programme de la Schola ne comporte d'ailleurs que des œuvres de style\nsévère, telles que celles de Palestrina, Roland de Lassus et J.-S. Bach, œuvres\nqui ne souffrent pas d'exécution médiocre.\nDepuis quelques jours seulement, les répétitions ont commencé, et les princi-\npaux professeurs de notre ville qui y ont assisté ont pu présager que la mise au\npoint ne sera pas laborieuse, et que la Schola de Marseille pourra vivre longue-\nment et arriver à d'excellents résultats.\nLaissons donc l'idée de M. de Roux tracer son sillon, et le temps faire son\nœuvre.\n\nROUEN.\n\nCe dernier mois, une grande effervescence a régné au théâtre des\nArts. Plusieurs soirs consécutifs, la salle s'est trouvée envahie par une bande\nde hurleurs qui venaient là uniquement pour crier et pour siffler. Certaine\nreprésentation des Huguenots fut surtout agitée. Il a été impossible de jouer le\ndernier acte ; à cinq reprises différentes, l'orchestre essaya vainement de se faire"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "674", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.22", "texte": "L'ART MUSICAL DATE-T-IL DU XVE SIÈCLE ?\n\nentendre au milieu des vociférations de ce public spécial. De guerre lasse, à\nune heure du matin on expulsa les spectateurs : ils se montraient par trop\nréfractaires à connaître quel a été le dénouement des amours de Raoul et de\nValentine. Il est fâcheux que de semblables soirées se reproduisent tous les ans ?\nmais,hélas ! il en sera toujours ainsi tant que ne seront pas supprimés les débuts.\nComme de coutume, les artistes, pour subir ces épreuves, ont affronté le public\ndans le vieux répertoire, avec Y Africaine, la Juive, les Huguenots. Mme Baron,\nla chanteuse d'opéra, le ténor M. Moisson et la basse M. Laskin ont été défini-\ntivement reçus. Ces trois artistes possèdent une voix d'un timbre agréable. Le\nseul reproche qu'on pourrait adresser à ces trois organes serait de manquer\ntant soit peu de volume.\nComme opéras comiques, nous eûmes Manon et Lakjjié. Mlle Rossi s'y est\nmontrée excellente chanteuse et très bonne comédienne.\nQuant à l'orchestre, il semble se complaire en une douce somnolence, se con-\ntentant seulement d'exécutions à peu près correctes. La direction du premier\nchef d'orchestre manque, du reste, parfois de fermeté. Reconnaissons cependant\nque M. Bergalonne conduisit bien mieux la reprise, qui vient d'être faite, de\nSamson et Dalila.\nDès que les emplois de contralto, de baryton, de basse chantante et de ténor\nd'opéra comique seront pourvus de titulaires, la direction du théâtre des Arts\nnous donnera YHenri VIII de Saint-Saéns et la Sapho de Massenet, dont les\nétudes sont activement poussées.\nNous apprenons qu'au retour de l'importante tournée qu'il doit entreprendre\nen Amérique, Armand Forest viendra à Rouen, pour y donner un concert, où\nil jouera comme soliste et avec son quatuor.\nLa Schola Cantorum aussi nous annonce une série de cinq concerts consacrés\nsurtout à la musique des XVII® et xvme siècles. Au moins deux de ces concerts\nseront avec soli, chœurs et orchestre. Aux autres, le quatuor Hayot, le quatuor\nZimmer et la société des « Petits Vents )) interpréteront des œuvres instrumen-\ntales.\nVoilà donc en perspective de fort intéressantes auditions.\n\nG. DE MONTREUIL.\n\nL'art musical date-t-il du XVe siècle?\n\nEn signalant, dans notre dernier numéro (p. 651), la série d'études de M. F. de\nMénil sur XEcole contrapolitique flamande, dans le Courrier musical, nous re-\ngrettions d'y lire (( qu'au commencement du xve siècle l'art musical existait\nà peine )). M. F. de Ménil s'étonne de notre regret dans une lettre d'ailleurs\nfort courtoise, que nous le remercions de nous avoir écrite, car elle nous\npermet de développer un peu notre pensée. (( Ce qu'il y a de regrettable, dit-il,\nce n'est pas de lire cette •assertion dans un article, mais que ce soit la véritable opi-\nnion historique. ))\nIl s'agirait pourtant de se mettre un peu d'accord. D'abord qu'est-ce que M. de\nMénil entend par l'art musical ? Est-ce l'art de composer de la musique, simple-\nment ? Alors que fait-il du chant grégorien, dont les mélodies, nous l'avons\nmontré maintes fois ici même, ne sont pas de vaines agrégations de notes, mais"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "675", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.23", "texte": "LES CONCERTS\n\nde véritables airs, avec thème principal, reprises et variations, des œuvres en un\nmot, et souvent des chefs-d'œuvre ? Le temps n'est plus cependant où l'on faisait\ncommencer la musique religieuse à Palestrina !\nMais j'admets que, par une légère impropriété d'expression, M. de Ménil,\nlorsqu'il écrit art musical, entende Y art polyphonique.\nLaissons donc hors du débat, et le chant grégorien, et les mélodies rythmées\ndes trouvères. Mais l'art d'associer des mélodies date-t-il donc du xve siècle ? Il\nsuffirait, pour prouver le contraire, du simple titre d'un ouvrage de Cousse-\nmaker, assez connu cependant : Liart harmonique aux XIIe et XIIIe siècles. Et\nqu'on ne dise pas que ces œuvres primitives n'étaient que des rudes et informes\nessais ; nous sommes déjà loin de ce qu'on a appelé, d'ailleurs à tort, Yorga-\nnum d'Hucbald. Il existe un art harmonique ; il y a des genres nettement dis-\ntingués : Déchant, Triple, Quadruple, Motet, Rondel, Conduct. Les règles de\nces genres se trouvent dans maint traité du temps, comme le De speculatione\nmusices de W. Odington (1280). Les pièces reproduites par de Coussemaker dans\nson ouvrage, d'après le manuscrit de Montpellier, la Messe du xme siècle,\nqu'il a publiée en 1861, montrent que les maîtres de ces temps reculés savaient\nce qu'ils voulaient faire, et n'allaient point du tout au hasard. Enfin, M. de\nMénil ignore-t-il qu'il existe un célèbre Canon anglais, du xme siècle (sur les\nparoles : Summer is icumen in), canon à quatre parties, accompagné par deux\nformules mélodiques qui alternent en forme de rondel, et qui par sa structure\nàla fois savante et charmante fait encore l'étonnement et l'admiration de tous\nles historiens sérieux de l'art musical ? Sait-il que la règle prohibant les suites\nd'octaves et de quintes a été formulée par Jean de Mûris dans la première moitié\nxive siècle ?\nLa (( véritable opinion historique », s'il yen a une, est donc tout justement\nque l'art polyphonique, au xve siècle, avait déjà passé depuis longtemps la\npériode de ses débuts, que Binchois, Dunstable et Dufay sont les héritiers d'une\ntradition déjà formée, mûrie et fixée, et que, si les profanes peuvent ignorer la\nlongue période qui les a précédés, pareille erreur est désormais interdite à un\nhistorien.\n\nL. L.\n\nLes Concerts.\n\nCONSERVATOIRE. — 22 novembre.\n\nLa Société des Concerts (qui en est à sa\n77E année) a fait une brillante réouverture avec la Symphonie en ut mineur de\nBeethoven et la Rédemption de C. Franck. Mlle Louise Grandjean, de l'Opéra, n'a\nparu, hélas ! que sur l'affiche, par une de ces indispositions qui, je l'espère,\nentretiennent la santé. Dans la Symphonie de Beethoven, YAndante con moto a\neu un succès particulier. Entre les deux parties de Rédemption on a unanime-\nment applaudi la sublime symphonie qui peint (( l'allégresse du monde se\ntransformant sous la parole du Christ )) :"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "676", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.24", "texte": "LES CONCERTS\n\nLa Société ne pouvait mieux débuter qu'en inscrivant au programme les deux\ngrands noms de Beethoven et de César Franck ; mais j'ose dire que le choix des\ncompositeurs n'a pas une importance capitale pour le public :ce qu'il va cher-\ncher et ce qu'il trouve au Conservatoire, c'est une exécution impeccable, parfaite,\ngrâce à un orchestre où chaque musicien est un maître, et à des chœurs qui sont\nles meilleurs de Paris. Tout au plus reprocherai-je à cette élite d'exagérer cer-\ntaines nuances. Dans la Symphonie en ut, il y a des p. qui devenaient des p. p. p.\net qu'on n'entendait plus...\n\nJ. C.\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 15 novembre.\nR. R.\n— La perle du concert fut le Con-\neerto en si bémol de Haendel, pour deux hautbois et instruments à cordes. Je ne\ncrois pas que personne ait jamais atteint à la beauté, à la qualité de beauté, qui\nfleurit clans l'oeuvre de Haendel. Je la reconnais bien : c'est la pure beauté ita-\nlienne, la fleur de la Renaissance, cueillie au pays de Léonard et de Monteverde,\nau moment où la terre italienne commençait à s'appauvrir, et transplantée dans\nun sol et un cœur plus vigoureux. — Aucun des concertophobes n'a eu garde\nde manifester. C'est que l'oeuvre de Haendel n'a du concerto que le nom. Elle est\nun simple et sobre dialogue entre les hautbois et l'orchestre, où l'instrument\nsolo ou plutôt le couple d'instruments jouent le rôle de deux voix qui chantent,\net non d'un virtuose odieux qui danse sur la corde.\nLa Symphonie pathétique de Tschaikowsky est la symphonie des chefs d'or-\nchestre ; ils professent pour elle une prédilection que nulle critique ne saurait\nébranler. Peut-être est-ce parce qu'ils y trouvent, si j'ose dire, un beau rôle, où\nil y a beaucoup à dire, et de tous les genres, et du doux, et du violent, et du triste,\net du gai, parfois même du pathétique. Ils ne trouvent pas que le rôle soit trop\nlong. Mais le public n'a pas les mêmes raisons d'être indulgent et il arrive qu'il\nmanifeste, comme il fît l'autre jour, un peu d'impatience. Au reste, cette œuvre\nne mérite pas qu'on se passionne ni pour ni contre elle. C'est une honnête\nsymphonie, qui est lourde, qui n'est pas sans force, qui a une sorte de vigueur\nmilitaire, et qui montre une âme assez noble et cependant vulgaire (cela se voit\nquelquefois).\nL'exécution de la Symphonie en mi bémol de Mozart fut un peu dure. La gran-\ndeur seule ressortait; mais la grâce avait disparu.\nLa fluide poésie, la peinture vaporeuse du Prélude à VAprès-midi d\\in Faune\nde M. Debussy, joué d'une façon exquise, eut son succès habituel.\nQuant à la première audition du poème symphonique de M. H. Busser : Her-\ncule au jardin des Hespérides, cette œuvre m'a paru distinguée mais fade, et de\npeu d'invention, d'une assez jolie couleur, surtout dans les parties du sujet qui\nprêtaient à la rêverie langoureuse; car l'Hercule est bien faible, malgré ses\nbruyantes fanfares. C'est une terrible figure que celle d'Hercule; elle est trop\nhéroïque pour le voluptueux art moderne. On ferait bien de la laisser à Ilœndel.\n\n22 novembre.\n\nLa Symphonie en sol mineur, de Mozart, est assez correcte-\nment exécutée; mais dans le premier mouvement, la chute de la première phrase\nest lourde :"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "677", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.25", "texte": "LES CONCERTS\n\nLe second ut doit n'être qu'un écho affaibli du premier ; au lieu de cela,\nM. Chevillard marque fortement les deux notes : il sait bien cependant que\nMozart n'avait pas coutume de marcher en sabots. L'allégro final est joué avec\nune virtuosité incomparable, mais trop vite, vraiment : les basses ont beau faire,\nleurs traits rapides s'embrouillent et ne produisent d'autre effet que celui d'une\naverse lointaine sur des toitures de zinc. Mlle Marguerite Long donne une\nélégance un peu sèche aux Variations symphoniques de Franck ; il y faudrait du\ncharme et du rêve. Grand succès pour M. Daraux dans le bel air d'Agamemnon,\nA Iphi génie en Aulide, et dans un Chant de fête de G. Guiraud (paroles de Jean\nBenedict). Il s'agit de l'Assomption et du Pardon de Notre-Dame de la Clarté.\nCe nom évoque pour moi une petite chapelle de granit, très vieille et un peu\ncontrefaite, placée, tout au haut d'une colline, entre la grève de Perros-Guirec et\nles rochers de Trégastel. La musique peint une mer tranquille et une foule\nanimée, par un beau soleil : on croirait lire du Brizeux ; mais j'aime le rythme\nde marche de l'orchestre, dans la première partie, et ses ingénieuses combinaisons\nd'airs à danser, ensuite ; et la mélodie est d'une belle tenue.\nLes Préludes de Liszt sont une œuvre admirable, où l'on ne peut pas ne pas\naimer la générosité de 1 inspiration, l'ampleur des développements, la force et la\nvariété de l'orchestre. Une péroraison bruyante nuit malheureusement à l'impres-\nsion finale : ce génie, l'un des plus merveilleux qui aient jamais paru, ne sut\njamais se surveiller assez. Mais il y a un beau thème principal, déjà employé par\nBeethoven dans son XXVIe Quatuor [Muss es sein) et que devait reprendre encore\nFranck au début de sa Symphonie ; Liszt lui donne une ardeur toute romantique ;\nà côté, des motifs tendres dont l'intensité douloureuse rappelle Berlioz, avec une\nsouplesse et un fondu que Berlioz a toujours ignorés ; un appel de clarinette\ndéjà digne d'exciter le courage de Siegfried ; et de délicieux effets de cors, dans le\nregistre aigu. Il n'a manqué à Liszt que d'avoir le goût moins large et le\ntravail moins facile pour créer des chefs-d'œuvre accomplis\n\nLOUIS LALOY.\n\nCONCERTS COLONNE. — 15 novembre.\n\n—Le concert est dirigé par M. Gabriel\nPierné. L' Ouverture du roi Lear, de Berlioz, commence par un beau motif som-\nbre, aux basses, continué par un chant mélancolique du hautbois ; puis tout dégé-\nnère en trivialités du plus mauvais goût italien : Nice, Nizza la bella, où ce mor-\nceau fut composé en avril 1831, n'a pas bien inspiré le jeune auteur.\nStenka Razine, de Glazounow, date de 1885 ; le pirate de la Volga, son bateau\naux voiles de soie, la princesse persane étendue à barrière, sur les tonneaux rem-\nplis d'or et d'argent, la bataille, et la princesse offerte en holocauste aux eaux du\nfleuve, tels sont les tableaux éclatants et farouches qui ont séduit l'imagination\ndu compositeur russe... (( Sur une pédale de si mineur, dit M. Malherbe dans sa\n(( brève analyse, les trombones présentent le thème du Volga qui se prolonge sous\n(( une autre pédale des violons à l'aigu en sourdine, avec une phrase d'un carac-\n(( tère plaintif, dite en sol d'abord par le hautbois, puis en la par la clarinette. ))\nRien de plus exact, mais ce « thème du Volga » n'est autre que la première\nmoitié du chant célèbre des haleurs qui, lentement, tirent les bateaux le long du\nfleuve immense (Ei oukhnem) ; et la (( phrase mélancolique )) en est la troisième\npériode; la dernière n'apparaît que plus loin, lorsque la mélodie triomphe aux"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "678", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.26", "texte": "LES CONCERTS\n\ncuivres. Au demeurant, voici la chanson; je n'en connais point de plus triste, ni\nde plus belle (1 ) :\nBien des compositeurs russes ont déjà puisé à cette mélodie comme à une large\nsource : elle a inspiré bandante d'un quatuor de Rubinstein et la première partie\nd'une symphonie de Borodine. Elle supporte encore, à elle seule, presque tout le\ndéveloppement de Stenka Razine, accompagnée de deux motifs accessoires :un\nrude cliquetis guerrier, et une délicate plainte, exposée par la clarinette. Tout\ncela combiné et trituré en une pâte brillante, craquelée, vernissée et sonore\ncomme un grès passé au grand feu. Cette musique est forte, débordante de vie et\nde fantaisie\nJe n'en dirai pas autant du Concerto pour violon de M. Gernsheim, que d'ail-\nleurs M. Capet a interprété avec beaucoup de précision et de finesse. Mais que\nnous sommes étrangers, aujourd'hui, à ces gentillesses! M. Gernsheim a par-\nfaitement le droit d'admirer Mendelssohn ; mais il a tort de l'imiter ainsi.\nLe Prélude à /'Après-midi d'un Faune a été fort bien rendu dans ses détails, et\nle public a voulu entendre deux fois cette rêverie nonchalante, plus tendre encore\nque voluptueuse, et plus charmeuse que tendre, que j'ai analysée en détail ici\nmême (2)\nLa Symphonie de Franck a reçu également une interprétation précise et fouil-\nlée ; j'aurais voulu plus de largeur et d'onction, et moins de précipitation en quel-\nques passages.\n\nLOUIS LALOY.\n\n22 novembre.\n\n— A quinze jours de distance, M. Pierné a fait jouer de nouveau\nY Ouverture des Francs-Juges. lia eu raison; car il est arrivé à en donner une\nexécution d'une couleur, d'une souplesse et d'une intelligence qui rappelaient\nles plus belles exécutions de Berlioz sous la direction de Mottl.\nPourquoi faut-il qu'après ces éloges je doive blâmer absolument l'exécution\nde la Symphonie pastorale ? Qu'il est curieux et caractéristique, qu'on puisse si\nbien comprendre Berlioz, et si mal Beethoven ! Celui qu'on nous a montré\nhier était un Beethoven tout extérieur, superficiel et puéril ; l'exécution hâtive,\nprécipitée, sans accent, à fleur de peau, enlevait à la symphonie, et surtout à\nla seconde partie, toute sa poésie, son charme d'endormement divin. Le\nruisseau courait la poste. Le rêve d'un jour d'été avait des allures de valse. —\nMais, hélas ! faut-il s'étonner de cette interprétation, quand le premier, le plus\n\n\\\n(i) Les paroles russes sont malheureusement d'un vague intraduisible: elles disent à peu près\n« Oh hisse, oh ! Oh hisse, oh ! Encore une petite fois, oui, encore une fois. Nous dépouillerons\nle bouleau (de Noël), le bouleau frisé. Eh ! là ! va là ! Eh ! là ! » etc.\n( 2) Revue du ier novembre 1902."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "679", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.27", "texte": "LES CONCERTS\n\ncélèbre et le mieux doué de nos jeunes musiciens français, a pu écrire de la\nScène au bord du ruisseau («... Ruisseau où les bœufs viennent apparemment\nboire (la voix des bassons m'invite à le croire), sans parler du rossignol en bois\net du coucou suisse, qui appartiennent plus à l'art de M. de Vaucanson qu'à une\nnature digne de ce nom (1), ») des jugements, spirituels sans doute, mais qui\nmontrent quel abîme il y a entre l'âme parisienne et le cœur de Beethoven.\nDe ce plus célèbre de nos jeunes musiciens, on a rejoué le charmant Prélude à\nVAprès-midi d\\ui Faune. J'en ai trouvé l'exécution moins fluide que celle de\nl'orchestre Chevillard. On a un peu bataillé autour. Victoire est restée à l'œuvre,\nqui a été bissée.\nJe voudrais dire du bien du fragment symphonique de M. Max d'Ollone : les\nVilles maudites {première audition). Mais, à mon grand regret, il m'a semblé\nemphatique et académique. On y retrouve, dans une de ces scènes de séduction\nbanale, dont nous sommes saturés, un mélange de mysticisme déclamatoire et\nd'érotisme pseudo-oriental, à la façon de Massenet, des procédés de Saint-\nSaëns. Ces hallucinations et ces visions sont d'un esprit correct et pondéré,\nqui se donne beaucoup de mal pour exprimer des sentiments monstrueux. Que\nn'exprime-t-il tout bonnement la vie moyenne et les sentiments ordinaires ?\nPourquoi toujours se forcer à ces exaltations, qui sont rarement sincères, et ne\npeuvent être intéressantes que si elles sont sincères ? Ne peut-on être grand\nsans sortir de la vérité ? M. d'Ollone a du talent ; il écrit bien, encore\nqu'avec une certaine lourdeur.\nLa Fantaisie pour piano de M. Widor, très agréablement jouée par M. Philipp,\na suscité quelques légers sifflets, qui ont naturellement provoqué de bruyantes\nmanifestations contraires. L'œuvre a dû être bien étonnée de tout ce bruit. Elle\nn'y prétendait pas.\n\nROMAIN ROLLAND.\n\nSCHOLA ÇANTORUM: jeudi 19 novembre: Ire séance mensuelle de cantates de\nJ.-S. Bach.\nJ. TRILLAT.\nLa Schola a célébré son plus illustre patron, J.-S. Bach, si glorifié et si peu\nconnu. Ces exécutions sont l'honneur de cette maison. La public lui en sait gré :\nil ne ménage ni son admiration fervente à des œuvres incomparables, ni ses\napplaudissements aux efforts sympathiques et à l'entrain des jeunes artistes.\nDans le Concerto en ré majeur, pour piano, flûte, violon concertant et orchestre,\nles formules et les parties se jouent et s'entre-croisent avec une liberté supérieure ;\nchaque modulation se déploie avec grâce, et toute fantaisie pourtant est sévère-\nment ordonnée. Il faut louer Mlle Selva de son jeu ardent et sûr. Les autres inter-\nprètes furent consciencieux, et j'hésite à les critiquer. Mais leur erreur en un\nsens les honore. Ce qui leur a nui, c'est un excès de zèle et de feu. Ils ont chanté\navec beaucoup d'ensemble et de tenue les deux chœurs de la Cantate pour VAn-\nnonciation, mais ils n'ont pas assez marqué les silences qui coupent ces phrases\nmajestueuses, ils ont trop précipité, d'une allure un peu raide et brusque, ces\ndéveloppements suaves et graves. Le dernier choral surtout, cette prière entre-\ncoupée et soutenue, voulait moins d'emportement et plus de tendresse.\n(ï) Gil-Blas, g février 1903,"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "680", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.28", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles.\n\nALBERT SOUBIES. —Les Membres de VAcadémie des Beaux-Arts depuis la fonda-\ntion de Vlnstitut (première série, 1795-1816), 1 vol. in-B°, chez Flammarion.\nLe nouvel ouvrage de M. Albert Soubies, les Membres de F Académie des Beaux-\nArts depuis la fondation de F Institut, répond à une idée qui, jusqu ici, n'avait pas\nété réalisée. En écrivant l'histoire de l'Académie des Beaux-Arts, le comte Delà *\nborde ne s'était point occupé, individuellement, des membres qui, aux diverses\népoques de son existence, l'ont tour à tour composée. Il s'était borné à nous en\nconter, pour ainsi dire, la « vie collective », en analysant, avec les modifications\nqu'ils ont successivement comportées, son organisation et son fonctionnement en\ntant qu'assemblée. De même, M. le comte de Franqueville, en un travail d'ail-\nleurs des plus dignes d'estime, s'est contenté d'énumérer, dans des nomencla-\ntures dépourvues de tout commentaire, les œuvres des membres de l'Académie des\nBeaux-Arts (ainsi que ceux des autres classes de l'lnstitut). M. Albert Soubies\ns'est transporté sur un autre terrain. Il a voulu, pour ce qui concerne l'Académie\ndes Beaux-Arts, établir, si l'on peut s'exprimer ainsi, le (( livre d'or » de ses\nmembres depuis l'origine, se faire l'historiographe de leurs succès, les passer\ntous en revue, peintres, sculpteurs, architectes, graveurs, musiciens, membres\nlibres, en exposant ce qu'ils ont été, ce qu'ils ont fait, en disant quel rôle ils ont\ntenu sur la scène du monde, en groupant les témoignages susceptibles d'évoquer\ntant de physionomies glorieuses ou curieuses et intéressantes.\n\nEUGÈNE HIRSCHBERG. Les Encyclopédistes et ïOpéra français au XVIIIesiècle\n(ail.). Publicationde la Société internationale de Musique. Leipzig, Breitkopf et\nHârtel.\nL'histoire de l'opéra au xvine siècle se résume aujourd'hui pour nous dans\nles noms illustres de Rameau (1683-1764) et de Gluck (1714-1787). Cette période\nnous paraît donc extrêmement glorieuse et féconde, puisqu'on y a vu l'opéra\ndevenir plus musical, plus riche en son orchestre, plus intense en ses moyens\nd'expression, et produire des chefs-d'œuvre tels que Castor et Pollux (1737),\nDard anus (1739), Orphée (1762) et Armide (1777). Or, les ennemis les plus\nacharnés de ce genre en progrès sont précisément les partisans du progrès, les\namis de la nature et de la vérité : j'ai nommé les Encyclopédistes. Rousseau,\nd'Holbach, Diderot, Grimm, tous, ou peu s'en faut, sont pour les Bouffons,\nc'est-à-dire pour l'opéra comique italien (1752-1754) contre Rameau, pour\nPiccinni contre Gluck. On connaît la célèbre diatribe de Rousseau contre la\nmusique française (1753) ou plutôt contre la langue française, incapable de mu-\nsique. Diderot fait écho, avec le Neveu de Rameau, tout à la louange de la musique\nitalienne ; Grimm, serviteur attentif de l'opinion à la mode, attaque Zoroastre\n(1756), trouve l'opéra (( gothique », traite Orphée d' (( ouvrage barbare » en\n1764, le déclare « sublime » en 1774, quand le succès est venu, et reproche gra-\nvement à l'auteur d'Alceste (1776) (( de donner à notre langue un accent tout à\nfait tudesque et sauvage ». D'Holbach vient à la rescousse avec sa Lettre à\nune dame d'un certain âge (1752) ; et si Voltaire ne s'en est pas mêlé, c'est sim-\nplement qu'il n'entendait rien à la musique, où il ne reconnaissait qu'un\n(( bruit », capable « d'amuser une demi-heure ». Les autres n'y entendaient"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "681", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.29", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nguère davantage, pas même Diderot, malgré le talent de claveciniste de sa\nfille, ou Rousseau, qui trouvait plus commode de se passer de l'harmonie que\nde l'apprendre. Mais leur titre de philosophes ne leur donnait-il pas une compé-\ntence universelle ? Le seul qui ait reconnu le génie de Rameau et le mérite\nsupérieur de l'opéra est d'Alembert, dans son écrit de la Liberté de la Musique\n(1760) ; c'est aussi le seul qui ait eu une culture musicale sérieuse.\nTel est le débat que M. Hirschberg fait revivre devant nous, avec une grande\nabondance de textes et une sûreté d'érudition très louable. Et, si l'orthographe\nr\nErémitage me rappelle plus les environs de Bayreuth que ceux d'Ermenonville,\nc'est là une faute légère qui n'enlève rien à la valeur de l'ouvrage. Peut-être\nM. Hirschberg attache-t-il trop d'importance à l'opinion de ce journaliste de\nmauvaise foi que fut Grimm. Peut-être aussi n'indique-t-il pas avec assez de\nprécision les causes de cette animosité du parti des philosophes. Ils ont contre\nRameau des griefs personnels : il a osé relever les erreurs de Rousseau dans la\npartie musicale de Y Encyclopédie. Mais surtout ils en veulent au genre même,\nqui, avec sa dignité, sa tenue, sa noblesse et sa magnificence, leur paraît froid,\ncompassé, indigne d'un siècle libre ; et, au fond, ils en veulent au passé de la\nFrance que l'opéra représente à leurs yeux.\n\nJ.-PH. RAMEAU.\nL. L.\nCastor et Pollux, tragédie en cinq actes et un prologue.\nParoles de P.-J. Bernard. Partition pour piano et chant. Paris, Durand et fils.\nC'est une fort heureuse idée que d'avoir tiré de la grande édition de Rameau\nquelques réductions au piano, qui permettront à tous les musiciens de se fami-\nliariser avec les chefs-d'œuvre du vieux maître. La partition nouvelle renferme,\nparmi d innombrables airs à danser, des pages d'une beauté rare et supérieure,\ncomme le chœur funèbre du premier acte, au tombeau de Castor, avec des ré-\npliques chromatiques de l'orchestre, ou l'air célèbre de Thélaïre, ou l'entrée des\nathlètes, d'un rythme si vigoureux, si bien musclé. Il y a là presque autant de\npuissance expressive que chez Gluck, avec on ne sait quoi de concis, de nerveux,\nde fortement caractérisé, qui annonce un maître français de la lignée de Berlioz.\n\nOUVRAGES REÇUS DONT IL SERA RENDU COMPTE PROCHAINEMENT.\nFRANÇOIS COUPERIN (1668-1733). Concerts royaux. Trios pour piano, violon\net violoncelle, transcrits par Georges Marty. Paris, Durand et fils.\nFRANÇOIS COUPERIN. Le Parnasse ou l'Apothéose de Corelh. Grande sonate\nen trio pour deux violons et piano, transcrite par Georges Marty. Paris, Durand\net fils.\nLe titre de cette dernière œuvre est expliqué par l'article de Michel Brenet sur\nles Tombeaux en musique [Revue du 15 octobre et du 15 novembre), où elle se\ntrouve signalée (p. 637). Nous sommes heureux de voir paraître une édition des\nœuvres de F. Couperin, ce maître si expressif et si ingénieux : rappelons que ce\nvœu avait déjà été émis au Congrès international de 1900. Il était réservé de\nl'exaucer à la grande maison qui a déjà rendu et rend encore de si éminents ser-\nvices à la musique, tant ancienne que moderne."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "682", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.30", "texte": "EXËRCICES D'HARMONIES\n\nJEMAIN, Sonate pour piano et violoncelle. Paris, Durand et fils.\nWITKOWSKI. Quatuor pour deux violons, alto et violoncelle. Paris, Durand\net fils.\n\nExercices d'harmonie et de contrepoint\n\ni).\nLa définition que l'on donne habituellement de ces (( artifices mélodiques »\nest, je crois, un moyen commode d'analyse suggéré par la lecture des composi-\ntions primitives, mais peu compatible avec une conception vraiment artistique\net exacte de l'art mu sical. Commençons par les notes de passage.\n« Dans une série de notes qui s'enchaînent mélodiquement, dit Reber r2\\ soit\npar degrés conjoints, soit par demi-tons chromatiques, celles qui sont étrangères\nà l'harmonie, et qui, par conséquent, remplissent diatoniquement ou chromati-\nquement l'intervalle mélodique séparant deux notes réelles différentes, s'ap\npellent noies de passage. »\n(( On désigne sous le nom de notes de passage, dit M. Joannès Malhomé (3),\nune ou plusieurs notes étrangères à l'harmonie, placées entre deux notes essen-\ntielles, de manière à leur servir de trait d'union pour passer conjointement de\nl'une à l'autre, en remplissant diatoniquement ou chromatiquement l'intervalle\nqui les sépare. »\nCes deux définitions sont à peu près identiques. J'ai tenu cependant à les\nciter, car il en résulte d'abord, si nous les acceptons à la lettre, que, dans une\nphrase musicale, il y a des notes réelles, importantes, essentielles, et des notes,\npour ainsi dire, sans personnalité, des notes qui ne comptent pas sérieusement ;\net nous trouvons là tout de suite, en germe, la grosse objection à formuler. Dans\nles exemples suivants :\nYut et le mi, nous dit-on, font seuls partie de l'accord ut-mi-sol ; le ré n'en fait\npas partie ; le ré est donc une note non (( réelle », non « essentielle », une (( note\nde passage ». De même pour le mi et le fa, par rapport au groupe fondamental\nsol-si-ré.\nSi nous acceptons cette manière de voir, elle nous conduira loin ! Elle nous\nobligerait à considérer comme ornements accessoires, comme « artifices » dé-\npourvus de valeur essentielle, une multitude de notes qui, le plus souvent, repré-\nsentent ce qu'il y a de plus important dans l'acte du compositeur. M. Malhômé,\ndéveloppant la pensée de l'École, nous avertit que les « notes de passages »\npeuvent être: syncopées, c'est-à-dire placées sur un temps faible, et prolongées\n\nNOTES DE PASSAGE. — BRODERIES. — APPOGGIATURES. — ÉCHAPPÉES.\n\n(1) Voir là Revue du 1 novembre.\n(2) Traité d'harmonie, p. 195.\n(3) Traité des artifices mélodiques, p. 2,"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "683", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.31", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE\n\nsur un temps fort ; anticipées, c'est-à-dire faisant entendre une note intégrante\nde l'accord avant qu'on arrive à sa place normale; placées dans une seule partie\n(ad libitum), ou dans plusieurs parties à la fois (auquel cas elles doivent procéder\npar tierces, par sixtes, ou par mouvement contraire, même si elles produisent\ndes dissonances très dures) ; de valeur différente (quand elles sont introduites\ndans deux ou plusieurs parties, pourvu qu'elles n'aboutissent pas à une quinte\njuste ou à une octave, par mouvement direct), répétées, précédées et suivies d'un\nsilence, en harmonie brisée, etc., etc... Mais est il possible de voir de simples\n(( ornements » dans ces diverses formes d'écriture? Ne sont-elles pas, au con-\ntraire, ce qu'il y a de plus original et de plus personnel, ce qui est capital , en\nun mot —dans l'invention mélodique et rythmique? Un exemple me fera com-\nprendre.\nVoici une phrase célèbre à laquelle me fait penser un des exemples que donne\nReber (à la page 201 de son Traité). Elle est tirée de cette admirable et célèbre\nscène de Don Juan (1) (finale), où le commandeur apporte le châtiment au cri-\nminel :\nCe morceau, tant de fois vanté par la critique, est d'un effet sublime et fou-\ndroyant. (( Mozart, dit Gounod, a su donner l'impression d'une mer houleuse\ndont les flots se gonflent, dans un majestueux crescendo, pour déferler sur la\nplage avec un bruit solennel » (2). Or, si nous adoptions la théorie classique, il\nn'y aurait d'important, d' (( essentiel » et de (( réel », dans ce passage, que les\naccords suivants :\nTout le reste, ou à peu près, serait Un (( artifice mélodique )) ; toutes les notes\nmarquées d une croix seraient des (( notes de passage ».\nDe telles définitions dénaturent vraiment l'œuvre d'art : elles rejettent au\nsecond plan ce qui est la partie la plus vivante et la plus belle de la composi-\ntion; elles réduisent la musique à des formes inertes et glacées.\n\n(1) Mozart est né le 27 janvier 1756 à SalZbourg et mort le 5 décembre 1791 à Vienne.\nC'est en 1787 que Don Juan a été composé.\n(2) Le Don Juan de Mozart, par CHARLES GOUNQD (Paris, Ollendorf, 1890, p. 171)."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "684", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.32", "texte": "EXERCICES DIIARMONIE\n\nSongez à cette autre conséquence :\nLes notes de passage, d'après M. Malhomé, sont des intermédiaires, des\nvaleurs bouche-trou en quelque sorte, remplissant une fonction utile, mais non\nde premier plan, et dont le rôle modeste est de « relier » les notes essentielles ;\nmais ce qu'on nous dit là des « notes de passage )), on pourrait le dire tout aussi\nbien, et très exactement, des accords eux-mêmes qui sont considérés comme les\ngros personnages de toute pièce musicale. Par exemple, dans le fragment de\nDon Juan que je viens de citer, le premier accord de ré naturel mineur §Ezi~ peut\nêtre considéré comme servant à relier l'accord de mi naturel majeur (frappé dans\nla mesure qui précède immédiatement notre exemple) et l'accord de ré naturel\nmajeur; ce dernier relie l'accord de ré à l'accord de sol, et ainsi de suite, jusqu'à\nla fin du poème, car, en musique, tout s'enchaîne, le mouvement ne se fixe\njamais. Tous les accords se tiennent comme par la main; chacune des notes qui\nles composent pourrait dire, comme Hernani : (( Je suis une force qui va ».\nAinsi donc d'après le dogmatisme de l'Ecole poussé à ses extrêmes consé-\nquences logiques, tout, dans une pièce musicale, serait note ou accord de\npassage ; et la musique tout entière s'évanouirait, dissoute par l'analyse...\nJ'ai à présenter plusieurs autres observations, et, bien entendu, à proposer\nune conclusion ; je le ferai en parlant, la prochaine fois, de la broderie, de l'ap-\npoggiature et de l'échappée (i).\n\nJULES COMBARIEU.\n\n(1) Le professeur d'harmonie dont la Revue musicale s'est assuré la collaboration ayant été\nmatériellement empêché de commencer la série de ses articles, j'ai dû le remplacer provisoire-\nment ;il est bien entendu que les observations ci-dessus n'engagent que moi-même. —J. C."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "685", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.33", "texte": "LETTRES INÉDITES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\n(I)\nRecommandée.\nM. Frédéric Chopin (de Paris).\nPar M. le Maître de musique C. Kragen.\nDresde.\nSi l'adresse est introuvable, l'administration des postes est priée de renvoyer\ncette lettre à l'adresse de (( Robert Schumann à Leipzig. »\n[On a ajouté au crayon :] N. Berlin.\n(1) Suite.— V. le n° du 15 sept, delà Revue musicale.\n\nSCHUMANN (en allemand).\n\nLeipzig, le 8 septembre 1836.\nMON CHER ET HONORABLE MONSIEUR,\nEcrivez ce seul mot « oui )) ou faites-le écrire, si vous êtes réellement à\nDresde, comme je l'entends dire. Comme je dois précisément passer par Dresde\npour me rendre dans mes contrées natales, je ne me pardonnerais jamais d'avoir\nété dans le voisinage d'une célébrité sans lui exprimer mon admiration et mon\namour.\nJe vous prie donc instamment encore une fois d'envoyer ce (( oui » ainsi que\nvotre adresse.\nVotre dévoué,\nRobert SCHUMANN.\n\nMendelssohn reviendra ici dans huit jours.\nLa DUCHESSE DE SUTHERLAND annonce à Chopin, dans une première lettre,\nqu'elle pourra le recevoir le lendemain dans l'après-midi.\nDans une seconde, elle demande si sa santé lui permettra d'assister à une\nsoirée à Stafford-House, le 15 mai; la reine sera présente. (Dat. le 11 mai\n[ 1847 ?].) Ces deux lettres sont écrites en français et adressées : 48, Dover-Street.\nANT. TEICHMANN écrit (en polonais) deVienne, où il passe, se rendant de Paris\nà Varsovie, pour exprimer son admiration pour Chopin comme musicien et\ncomme artiste ; il envoie également des compliments de toutes les connaissances\nviennoises de Chopin : de Malfatti, du comte Walewski, de la baronne Diller,\nainsi que de M. Valentin. (Adr. Ch. d'Ant. ; dat. 1. III. 1836.)\nLe COMTE FRÉDÉRIC DE THUN se rappelle au souvenir de Chopin et lui recom-\nmande le porteur de sa lettre, le jeune comte Waldstein, qui se rend à Paris et\ndésire prendre des leçons de Chopin. (Dat. Prague, 8. V. 1845.)\nDans une deuxième lettre (de beaucoup antérieure à l'autre, si l'on en juge\npar le contenu et l'adresse), il rappelle à Chopin la promesse que celui-ci lui a\nfaite de choisir des morceaux de musique paur sa famille. (Adr. Ch. d'Ant.)\nLa COMTESSE DE TIIUN (née Comtesse Bruhl) écrit à Chopin pour lui rappeler\nles moments agréables de.l'année précédente, quand Chopin était chez eux, à\nTetschen, et elle le prie de faire tout son possible pour y venir encore cette\n\nR. M.\n47"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "686", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.34", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nannée. Elle le prie également de choisir pour elle un très bon piano et de s'occu-\nper de l'envoi par le Havre, Hambourg, à Tetschen. (Adr. r. du Montb., dat.\n6. VI. 1836.)\nLORD TORPHICHEN, dans une lettre écrite de Calder-House (en anglais), an-\nnonce que, vu le projet que fait Chopin de se rendre en Ecosse, il désirerait\nbeaucoup, quoique ne le connaissant pas personnellement, le recevoir chez\nlui. Il ajoute qu'il espère l'arrivée de ses belles-sœurs : Mme Erskine et Mlle Stir-\nling. (Dat. 14. VII. 1848.)\nDans une seconde lettre écrite également de Calder-House, il exprime ses\nregrets de n'être pas revenu à temps d'Edimbourg pour prendre congé de Cho-\npin. Il espère que Chopin a effectué son voyage heureusement et sans fatigue.\nIl languit après lui, ainsi qu'après sa merveilleuse musique, et il se berce de\nl'espoir que, l'été prochain, Chopin reviendra à Calder-House. (Dat 25. VIII.\n1848.)\nLa SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE POLONAISE invite Chopin à sa séance du 3 mai 1840;\nsigné L. Plater. (Adr. r. Tronch.)\n\nMme VIARDOT\n\nVoici quatre billets pour le concert de ce soir ; vous donnerez ceux que vous\nne pourrez pas placer.\nMille bonjours affectueux.\nP. VIARDOT.\nP• S. Je ne sais pas le prix ; placez les billets comme vous pourrez.\nLundi matin.\n\nÉTIENNE WITWICKI\n\n(0\nA MONSIEUR,\nMonsieur Frédéric Chopin.\n6 juillet 1831, Varsovie.\nCHER MONSIEUR FRÉDÉRIC,\nPermettez-moi de me rappeler à votre souvenir et de vous remercier pour vos\nadmirables chansons.\nElles ont plu, non seulement à moi, mais à tous ceux qui les ont entendues ;\n\nLETTRE I\n\n(1) Auteur polonais (1800-1837)."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "687", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.35", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\net vous-même vous avoueriez qu'elles sont très belles, si vous les entendiez\nchanter par votre sœur. Vous devez absolument être le créateur de l'opéra polo-\nnais; je suis profondément convaincu que vous pourriez le devenir et, comme\ncompositeur national polonais, frayer à votre talent une voie extrêmement riche\nqui vous mènerait à une renommée peu commune. Pourvu que vous ayez tou-\njours en vue : la nationalité, la nationalité et encore une fois la nationalité ;\nc'est un mot à peu près vide de sens pour un écrivain ordinaire, mais non pour\nun talent comme le vôtre. Il y a une mélodie natale, comme il y a un climat na-\ntal. Les montagnes, les forêts, les eaux et les prairies ont leur voix natale, in-\ntérieure, quoique chaque âme ne la saisisse pas. Je suis persuadé que l'opéra\nslave, appelé à la vie par un véritable talent, par un compositeur plein de senti-\nment et d'idées, brillera un jour dans le monde musical comme un nouveau\nsoleil, peut-être même s'élèvera-t-il au-dessus de tous les autres, et aura-t-il\nautant de mélodie que l'opéra italien, plus de sentiment encore et incompara-\nblement plus dépensée. Chaque fois que j'y pense, cher Monsieur Frédéric, je\nme berce de la douce espérance que vous serez le premier qui saurez puiser\ndans les vastes trésors de la mélodie slave ; si vous ne suiviez pas cette voie,\nvous renonceriez volontairement aux plus beaux lauriers.\nLaissez l'imitation aux autres ; que les médiocres s'en occupent, vous, soyez\noriginal, national; peut-être que, dès le commencement, tous ne vous compren-\ndront pas, mais la persévérance et la culture dans un champ élu par vous, vous\nassureront un nom dans la postérité.\nCelui qui veut s'élever dans un art quelconque et devenir un grand maître doit\npoursuivre toujours un grand but. Pardon de vous écrire tout ceci, mais croyez\nque ces conseils et ces souhaits sont dictés par une sincère amitié, et par l'estime\nque m'inspire votre talent. Si vous allez en Italie, vous feriez bien de vous arrê-\nter un certain temps en Dalmatie et en Illyrie pour connaître les chants de ce\npeuple frère, ainsi qu'en Moravie et en Bohème. Cherchez les mélodies popu-\nlaires slaves, comme le minéralogiste cherche les pierres et les métaux dans\nles montagnes et dans les vallées. Même vous jugerez peut-être convenable de\nnoter certains chants ; ce serait pour vous-même une collection très utile ; il ne\nfaut pas regretter le temps qu'on emploie à cela. Pardon encore une fois pour\nmon griffonnage importun ; j'abandonne ce sujet.\nVos parents et vos sœurs jouissent d'une santé parfaite ; j'ai de temps à autre\nle plaisir de les voir.\nNous vivons tous ici dans une fièvre continuelle. J'ai été si malheureux avec\nma santé que, jusqu'à présent, je n'ai pu me mettre en campagne. Tandis que\nles autres jouaient à la balle, moi je m'amusais avec des pilules ; pourtant\nje fais partie de l'artillerie de la garde nationale. On m'a dit que là-bas vous\nvous ennuyez, et que vous languissez. Je me mets dans votre situation : aucun\nPolonais maintenant ne peut être tranquille, quand il y va de la vie ou de la\nmort de sa patrie. Il faut souhaiter pourtant que vous vous souveniez toujours,\ncher ami, que vous êtes parti, non pour languir, mais pour vous perfectionner\ndans votre art et devenir la consolation et la gloire de votre famille et de votre\npays.\nJe me permets de vous envoyer ces conseils avec l'autorisation de votre\nrespectable mère. En vérité, pour travailler avec fruit, il faut avoir l'esprit\nlibre, sans inquiétude et sans soucis."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "688", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.36", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nAu revoir, cher Monsieur Frédéric ! Je vous souhaite la santé et tout le bien\npossible.\nVotre ami,\nWITWICKI.\nP.-S. —Si vous voulez encore faire la musique d'une chanson quelcon-\nque, en prenant deux strophes à la fois, comme dans le « Messager », ne faites\npas attention si elles sont impaires, je peux en ajouter une de plus.\nAdieu.\n\nLETTRE II\n\nMONSIEUR,\nMonsieur Frédéric Chopin,\n5, rue Tronchet, près la Madeleine.\n(Estampille: «25 mars 1840») 25 mars.\nDites-moi donc, mon cher ami, à quoi pensez-vous? Je croyais, pour ma\npart, qu'il vous serait aussi facile dem'écrire quelques mots ou quelques notes\nde musique, qu'à tant d'autres de mes amis, surtout que vous êtes un peu plus\njeune que certains d'entre eux, à ne citer que Niemcewicz Si vous ne le voulez\npas, eh bien, allez au diable, je m'en passerai ; mais pourquoi, au moins, ne me\nrendez-vous pas mon album, quoique je l'aie envoyé chercher plusieurs fois ?\nVoilà une affaire. La seconde, c'est que Mme Mocbourg vous fait demander d'in-\ndiquer le jour et l'heure de la leçon pour votre ancienne élève, elle viendrait\navec elle chez vous. Elle ne pourrait commencer que dans les premiers jours\nd'avril, parce que sa mère ne quitte pas encore la maison après sa maladie ; la\nfille aussi a été malade. Si vous pouvez le faire, ce sera très bien ; si vous ne\nle pouvez à aucun prix, tâchez absolument de le pouvoir, et écrivez-moi quelle\nheure vous indiquez.\nJ'aurais encore une troisième affaire, mais je préfère n'en pas parler, parce que\nje vois que vous êtes un vaurien fini et un Parisien, et que vous vous souciez\nde vos anciens amis, de ceux qui sont attachés à vos parents et à vous, autant\nque des neiges d'antan Qu'il en soit ainsi, puisque cela vous plaît, et que vous\nvous en trouvez bien.\n\nLETTRE III\n\nEnvoyez, s'il vous plaît, cette lettre à votre mère.\nJe vous embrasse.\nE. W.\n(Adr. r. Troneh. ; estamp. : « 29 avril 1841 »)"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "689", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.37", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES A CHOPIN\n\nLETTRE IV\n\nMonsieur Frédéric Chopin,\nPlace d'Orléans, r. Sl-Lazare.\nNon, mon cher Frédéric, je ne veux pas de ces danses : mes yeux, mes\noreilles et mon cœur en souffriraient. Je ne prends pas en mauvaise part à deux\npauvres diables qu'ils dansent par le monde pour gagner leur pain ; il serait\ndifficile d'exiger de danseurs qu'ils soient autre chose ; que d'autres s'amusent\nde ce spectacle. Peut-être, enfin, est-ce une bizarrerie de ma part !\nRemerciez gentiment Mme S. pour son souvenir; peut-être pour cela m'invite-\nrez-vous un jour à S émir amis, ou à un autre opéra de Mmc Viardot.\nNous nous verrons un de ces jours.\nVôtre,\nETIENNE.\n17 octobre 1842, Paris.\n\nLETTRE V\n\nMonsieur Chopin,\nPlace d'Orléans, 9.\nMardi.\nSi vous avez encore besoin d'un domestique, j'en ai deux : l'un, Paul, qui a\nservi autrefois chez les Plater et chez des princes. Plater, aujourd'hui encore, le\nloue, et en réalité je n'ai rien à lui reprocher ; mais je préfère vous en recomman-\nder un autre. Il s'appelle Jean, a servi chez les Puslowski, et est maintenant au\nclub avec André; comme il est peu payé, et qu'il doit user beaucoup d'habits\n(on voit qu'il les respecte), il cherche un autre service ; à ce que j'entends, c'est\nun garçon fort rangé, et connaissant le service. Si vous le voulez, dites à\nAndré, qui vous remettra cette lettre, qu'il vous l'envoie.\nVous voyez que je me souviens mieux du chat, que le chat de S émir amis.\nE. W.\n\nLettres de M. L. Dolowski et du prince P. Doroniecki."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "690", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.38", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nBOHDAN ZALESKI\n\n(I)\nFontainebleau, le 18 décembre 1844.\nCHER ET HONORABLE M, FRÉDÉRIC !\nIl y a un siècle que nous nous connaissons et voici, il me semble, la première\nfois que je vous écris. Ce qui m'encourage et me rassure, c'est que vous m'écou-\nterez avec indulgence. En remplacement d'Etienne, notre commun ami absent,\net dans la certitude de remplir une bonne action, j'ose vous recommander\nMlle Rosengart. Mlle Sophie que vous avez, l'année dernière déjà, favorisée de\nvos leçons, me paraît digne sous tous les rapports de continuer à jouir de\nvotre considération. C'est elle qui, emportée dans un élan artistique, s'est lancée\ndans le vaste monde uniquement pour vous entendre, Maître, et renaître à la\nvie ! Elle est jeune, intelligente et non sans une certaine technique, en même\ntemps pleine de talent et d'enthousiasme pour l'art ; il serait à regretter qu'elle\nperdît son temps sur le pavé de Paris et par là trompât les espérances et les\nattentes de sa famille pauvre. Je ne doute pas, cher M. Frédéric, et nous tous,\nqui vous aimons et vous admirons depuis longtemps, nous ne doutons pas\nqu'avec votre bonté et votre cœur de compatriote-maître, vous n'entriez dans la\nsituation de cette orpheline et ne consentiez à devenir son guide, son conseiller,\nle gardien du bon goût dans la pénible carrière qu'elle s'est choisie. Par-dessus\ntout, corrigez en votre élève la disposition qu'elle a de se décourager pour la\nmoindre chose. Il est vrai que cette disposition est commune aux âmes poéti-\nques, et qui sait si chacun de nous n'y a pas succombé à son tour, dans ce monde\nsi réaliste et si froid ! Mais elle peut être funeste pour un jeune talent.\nPardonnez-moi mon importunité inattendue, et croyez que je vous admire et\nvous aime comme toujours.\nBOHDAN ZALESKI.\n\nLETTRE I\n\nJ'ai reçu tout récemment une lettre de Witwicki. Il s'est décidé à passer l'hiver\nà Freiwaldau. Priessnitz lui promet la guérison, mais jusqu'à présent, à part\nune centaine d'abcès douloureux ajoutés à son ancienne maladie, il n'a éprouvé\naucune amélioration dans sa santé. Il a eu pourtant une grande consolation par\nl'arrivée de son frère, de sa sœur et de MmcLewocka, et maintenant il se réjouit\ndes espérances que Priessnitz lui fait entrevoir. Je regrette Etienne, et je le\nregrette d'autant plus que, grâce à lui, j'avais de temps à autre accès, pour une\npetite heure, chez notre cher M. Frédéric.\nAujourd'hui encore, dans mes rêveries solitaires, un son détaché et tendre\nme revient à la mémoire parmi des millions d'autres dont vous nous avez autre-\nfois régalés, vous, notre enchanteur ! Si je m'installe à Paris, je tomberai chez\nvous à la cosaque, un beau matin de dimanche, confiant en notre vieille amitié\net camaraderie ! Ed io sono pittore.\n\n(1) Célèbre poète polonais (1802-1886)."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "691", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.39", "texte": "LETTRES DE DIFFÉRENTES PERSONNES À CHOPIN\n\nJe regrette infiniment de n'avoir pas vu votre sœur. Autrefois, l'année de la\nrévolution, feu M. Michel Skarbek a déposé dans la maison de vos parents une\ncaisse renfermant des papiers. Cette caisse et ces papiers m appartiennent en\npropre, et je serais bien aisede savoir ce qu'ils sont devenus. Je tiens surtout à\nquelques autographes historiques et aux lettres des amis de ma jeunesse.\nJe vous salue et vous embrasse.\nB. Z.\n\nLETTRE II\n\nJe ne veux pas interrompre votre leçon, mais je vous offre, pour votre fête,\nmes plus ardents souhaits. Fasse leCiel que je puisse à l'avenir vous les offrir\ndans notre Pologne libre et indépendante ! Les affaires de Cracovie vont par-\nfaitement bien. Est-il heureux notre Witwicki d'être si près du foyer !\nJe vous salue et vous embrasse très tendrement.\nBOHDAN ZALESKI.\n\nZIMMERMAN (pianiste et compositeur, professeur au Conservatoire de Paris)\nécrit qu'un de ses élèves étudie le concerto de Chopin et prie ce dernier de\nvenir au Conservatoire pour lui donner des indications. (Adr. M. Chopin, Çh.\nd'Ant.)\n\nALBERT ZYWNY\n\nVarsovie, le 19 août 1826.\nDIGNE ET ESTIMABLE M11C LOUISE,\nComme je n'ai pas le plaisir de vous exprimer personnellement mon amitié\npour le jour de votre fête, permettez-moi de vous souhaiter de tout cœur, en\nces quelques lignes, une santé parfaite et tout ce que vous désirez du Tout-Puis-\nsant pour votre bonheur et votre prospérité. Je vous prie de présenter mes\nhumbles salutations à votre chère et vénérée mère, et de lui baiser les mains\ncomme je baise aussi les vôtres.\nJe vous prie de me conserver un bon souvenir ; je reste avec un profond res-\npect\nVotre ami dévoué,\nALBERT ZYWNY.\n\nTRÈS CHER ET EXCELLENT M. FRÉDÉRIC!\nVotre lettre du 11 courant écrite à votre cher père m'a causé le plus grand\nplaisir en ce qui concernait votre santé et votre bienfaisance pour de pauvres\norphelins. Vous vous rappelez que je vous ai conseillé de donner un concert, ce\nqui a eu lieu, en effet, et cela dans un but si louable. Je désire de tout cœur\nvous embrasser bientôt en parfaite santé, et je reste avec amour et estime\nVotre fidèle ami,\nALBERT ZYWNY."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "692", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031201-01.1.40", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DÉ CHOPIN\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nCHARMANTE Mlle EMILIE\nSi l'amélioration dans l'état de votre santé dure encore, je m'en réjouis sincè-\nrement. Je suis chaque jour dans votre appartement et je lutte avec votre cher\npapa, mais seulement au jeu de cartes ; le sang n'y coule pas, car le tabac seul\nsert de charge.\nJ'ai l'honneur de m'appeler respectueusement\nVotre ami dévoué,\nALBERT ZYWNY."}]}