{"numero_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_sha256": "21fbc7ca7fcbb5671fe9023aa363b7c2bc74e79a5ddb289223d81855f1da5a62", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1903/12/15_01/bmtnabj_1903-12-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1903/12/15_01/bmtnabj_1903-12-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "693", "page_fin": "699", "image_debut": 1, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.1", "titre_corps": "VINCENT D'INDY", "titre_sommaire": "VINCENT D'INDY", "signature_source": "LOUIS LALOY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "694", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "VINCENT D'INDY\n\nTrio en si'l pour piano, clarinette et violoncelle.\n\nM. Vincent d'lndy est aujourd'hui le chef incontesté de l'école nouvelle. Non\npas qu'on ne puisse citer, dans l'art musical moderne, d'autres noms que le sien,\nni même que d'aucuns ne gardent une préférence plus ou moins secrète pour\ndes maîtres d'un goût ou d'un âge différents. Chacun est libre, et je veux respecter\nici les opinions sincères, si contraires soient-elles aux miennes. Mais s'il s'agit\nd'apprécier l'influence exercée, l'autorité conquise, je crois qu'il n'y a point de\ndiscussion possible ; le musicien qui, continuant l'œuvre de César Franck, a\nrendu à son art la force, la conviction, l'ardeur au progrès qui menaçaient de s'é-\nteindre, celui qui, de son exemple et de ses préceptes, a fait revivre en notre pays\nla musique pure, musique cle chambre ou symphonie, a donné des modèles\nnouveaux de poèmes symphoniques solidement construits et de drame lyrique\nsérieux (i), celui enfin qui a décidé la marche en avant et sur qui tous ont au-\njourd'hui les yeux fixés, parce que son geste montre les horizons de 1 avenir,\nc'est M. Vincent cl'lndy, et c'est lui seul. Et l'ovation de l'autre soir, à l'Opéra,\nn'allait pas seulement à l'auteur d'un noble poème et d'une émouvante musique,\nelle allait à un maître, dans l'ancienne et belle acception du mot, c'est-à-dire\nà l'homme capable non seulement d'écrire des chefs-d'œuvre, mais de former\nclés hommes.\nC'est donc le moment de se demander à quoi tient cette situation éminente de\nM. d'lndy, qui ne date pas d'hier, mais qui aujourd'hui est devenue cle notoriété\npublique. A beaucoup de science sans cloute, répondra-t on tout cl abord. La\nscience de M. d'lndy est indéniable « Il sait tout ce qu'on peut savoir », disait\njadis un professeur du Conservatoire peu suspect cle bienveillance exagérée à son\négard. Cette science d'ailleurs n'a pas été acquise en un jour ; le maître a raconté\nici même (2) comment, lorsqu il était encore élève au Conservatoire, il alla mon-\ntrer un jour à César Franck certain quintette cle sa composition. « Lorsque j eus\n(( exécuté devant lui ce fameux quintette, il resta un moment silencieux, puis, me\n(( regardant d'un air triste, il prononça ces paroles que je n'ai pu oublier, car elles\n« eurent une action décisive sur ma vie: (( Il y a quelques bonnes choses... les\n(( idées ne seraient pas mauvaises ; mais vous ne savez rien du tout. )) Avec une\n\nNous donnons plus loin (Notes bibliographiques) le relevé complet et daté des œuvres de\nM cl'lndy, que nous devons à son obligeance.\n(2) Revue du ier septembre 1903."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "695", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.3", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2984, "texte": "modestie bien rare chez unjeune auteur, M. d Indyse remit alors au travail, sous\nla direction du bon César Franck, et apprit l'art de marier entre eux sujets et contre-\nsujets, de conduire un épisode, et surtout de construire une œuvre sur un plan\nlogique et simple. C'est là, certes, un bel exemple que l'on pourrait donner à\nméditer à plus d'un jeune musicien. A ce travail soutenu, M. d'lndy a gagné un\navantage, très précieux au compositeur : c'est d'être maître absolu dans le monde\ndes sons, de manier sans effort les formes les plus complexes et les plus rigou-\nreuses et de pouvoir, en conséquence, assouplir leur raideur, et leur donner le\ncharme delà vie. Car, en musique comme partout ailleurs, le grand art est de\nplaire, et la science n'a d'autre objet que d'empêcher toute gaucherie, toute\nmaladresse, toute lourdeur d'exécution, qui rendrait l'œuvre pédante et froide.\nTelle est bien la science de M. d Indy. Témoin les variations symphoniques\nd'lstar, si ingénieusement construites à rebours (( La première, dit un juge\n<( aussi compétent que délicat, M. Pierre de Bréville, est la plus flottante, simple\n(( effluve harmonique où se pourrait à peine deviner le thème qui, se précisant\n(( peu à peu, n'éclate qu'à la fin en sa simplicité, dégagé de tout voile, nu. La\n(( marche vers ce point de départ, ici point d'arrivée, est réglée avec une belle\n(( fermeté de logique, selon de symétriques correspondances d'enchaînement\n(( tonal. )) La marche est si logique,en effet, que l'on ne vit plus que dans l'attente\ndu thème, et c'est avec une sorte d'enthousiasme qu'on l'entend retentir, enfin\nlibéré, aux trompettes.\nJe pourrais encore citer bien d'autres exemples : les contrariétés de rythmes,\nsi vivantes, des divertissements du trio en si b ou du 2e quatuor, ou les exquises\ncombinaisons de la Suite en ré, cette pédale de flûte en ré qui s'obstine, tandis\nque tous les autres chantent en si b . Mais je sais qu'à trop louer la science d'un\nauteur, on risque de rebuter une partie du public, qui, dans son incompétence\njalouse, déclare l'ignorance inséparable de l'inspiration. Sans m'attarder à\ncombattre un préjugé absurde, je dirai donc que je n'ai jamais rien compris au\nreproche d'obscurité ou de froideur si souvent fait à la musique de M. d'lndy,\ncomme jadis à celle de Bizet, de Saint-Saëns et même de Gounocl. Je ne connais,\nau contraire, point d'oeuvres d'une structure plus claire et plus solide, d'une\npensée plus saine et plus vigoureuse. Quelle (( belle phrase )) vaudra jamais\nla première idée du trio en si b citée en tête de cet article : n'y a-t-il pas là une\naisance sereine qui élève l'âme ?\nOù trouver plus de fougue et d'élan que dans ce thème du finale de la Sympho-\nnie en so/, qui fuse dans l'air pur, tandis que les joyeuses broderies du piano\nrappellent, en le transformant, le chant montagnard du début ?\nEt la ballade du quatuor avec piano n'est-elle pas du meilleur romantisme,\nen sa tendresse altière et mélancolique ?"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "696", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.4", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3407, "texte": "Si la beauté mélodique ne réside pas en ces pages, je ne sais trop où il faudra\ndésormais la chercher. La musique est un art dangereux, parce qu'elle exprime\ntoujours, même à notre insu, notre âme entière. Les cas sont nombreux, et j'en\npourrais citer, où une mélodie qui s'efforce à devenir héroïque ne nous parle que\nde pusillanimité, où une piété affectée ne nous révèle qu'égoïsme ou sensualité\ngrossière, où même, au milieu de nobles et fermes accents, une défaillance\nsubite nous révèle la vraie nature d'une âme qui ne peut s'échapper d'elle-même :\nles fêlures de ce genre se rencontrent jusque dans le Parsifal de Wagner. On\nn'en trouve point chez M. d'lndy ; sa musique, quand elle n'est pas un pur jeu\nde notes comme dans certaines pièces de piano, quand elle exprime quelque\nchose, ne nous apprend rien que de généreux, de fort et d'élevé. Une jchaleur\nde cœur contenue et soutenue, une mâle et ferme bonté, un sentiment profond\net sobre de la nature (1), une âme à la fois fervente et maîtresse d'elle-même, un\nidéal presque chevaleresque de probité, de pureté et de charité, voilà ce que nous\nmontre, à chaque page, une musique où revit le meilleur de notre race.\nC'est à cette hauteur d'inspiration que l'œuvre de M. d'lndy doit l'influence\nsalutaire qu'elle a exercée, en débarrassant notre musique des miasmes qui\nla corrompaient. Devant de telles pensées, comme devant un pareil homme\n(tous ceux qui l'ont approché le savent), les passions mauvaises, l'envie, l'am-\nbition, la vanité, se taisent ; on ne peut prononcer, en sa présence, de paroles\nfausses ou vulgaires ; il purifie tous ceux qui l'approchent ou le lisent, et le\ncomprennent. Mais ce n'est pas tout, et l'on ne comprendrait pas encore l'extra-\nordinaire action de M. d'lndy sur tous nos jeunes compositeurs, sans une der-\nnière qualité, la plus rare de toutes, qui est une sincérité jointe à une modestie\nextrême, ou plutôt à une si grande idée de la tâche à accomplir, que jamais\nl'auteur de tant de chefs-d'œuvre ne se déclare satisfait, et ne s'arrête, pour\ns'enfermer, comme ont fait tant d'autres, dans une facile imitation de soi-même.\nM. d'lndy ne croit pas encore avoir réalisé son rêve, il ne le croira jamais, et\nc'est un des spectacles les plus beaux qui soient, que de le voir chercher sans\ncesse à faire mieux, et nous donner, après le Chant de la Cloche, où l'influence\ndu maître de Bayreuth domine encore, le noble Fervaal, inspiré par nos mon-\ntagnes de France, nos Cévennes robustes et pures, et baignées de lumière (2), et\nenfin l'Etranger, drame classique s'il en fut, où toute l'action se réduit à un pro-\nblème moral, et où la musique suit l'action pas à pas, avec la plus scrupuleuse\net la plus intelligente docilité. Et l'on pourrait discerner, dans les dernières\nœuvres de musique puie, par exemple dans le Choral varié que nous analysons\nd'autre part (3), une pareille volonté d'être simple et expressif avant tout. Par là,\npar ce constant effort de renouvellement, M. d'lndy, malgré son expérience et\nson passé déjà glorieux, reste jeune parmi les jeunes, plus jeune même que bien\n\n(1) Fort bien analysé par M. L. de la Laurencie dans son bel article du Courrier musical\n(ier décembre 1903)\n(2) C'est ce que montrait avec beaucoup de finesse M. H. Gauthier-Villars dans son article sur\nla Musique française paru ici même (Revue du ler mars 1903).\n(3) Voir aux Publications nouvelles."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "697", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.5", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3478, "texte": "des compositeurs dont la trentaine est déjà figée et glacée. Et c'est parce qu'il\nne se déclare pas en possession de la vérité, mais veut au contraire la chercher\ntoujours, qu'il sera toujours le guide le plus sûr et le maître le plus écouté : sa\ndoctrine est une doctrine de vie et de progrès, non de progrès brutal et destruc-\nteur (on connaît son respect des vraies traditions), mais de progrès réfléchi, con-\ntenu, sans brusqueries et sans outrances : partir de ce qui existe pour aller\nplus loin, toujours plus loin, avec un entrain paisible et délibéré, telle est sa\ndevise ; il n'en est point de plus belle pour un artiste.\nIl y aurait d'intéressants rapprochements à faire, entre la représentation de\nY Etranger à l'Opéra et celle que nous offrait, le 7 janvier dernier, le Théâtre de\nla Monnaie à Bruxelles (1 ). Reconnaissons d'abord à MM. Kufferath et Guidé\nun mérite qu'on ne leur enlèvera pas: c'est d'avoir donné le bon exemple, comme\nce fut déjà le cas, en 1897, pour Fervaal, comme ils font encore aujourd'hui pour\nle Roi Arthus, d'Ernest Chausson. Le détour par la Belgique est-il donc néces-\nsaire aux plus nobles productions de l'école française ? Ne nous en plaignons pas :\nnous devons beaucoup à la terre flamande, puisqu'elle nous a donné Cés. Franck,\nsans qui notre musique ne serait pas ce qu'elle est ; nous avons là comme une\ndette de chefs-d'œuvre à acquitter. Et puis, ces pèlerinages périodiques à\nBruxelles nous donnent occasion de revoir le clocher de Sainte-Gudule, les Van\nLoo de la galerie d'Arenberg, et la viole de François lerIer au Musée du Conserva-\ntoire. Rien, en tout cela, de pénible, bien au contraire.\nMais, l'un après l'autre, les exilés rentrent en leur patrie : après Fervaal (d'ail-\nleurs disparu de nouveau, on ne sait trop pourquoi), VEtranger nous est rendu,\nsur la vaste scène de notre Académie nationale de musique. Cette ampleur\nm'effrayait bien un peu, ainsi que la magnificence coutumière des spectacles de\nl'Opéra. Qu'allait devenir, dans cette salle bâtie pour des fêtes, un drame à trois\npersonnages et àun décor, sans autre ballet que l'entrée des ouvrières au pre-\nmier acte, et des pêcheurs au second ? Les angoisses de l'Etranger, coupable\nd'avoir aimé, seraient-elles comprises dans ce palais de marbre et d'or, où tout\ndit la joie de vivre et le triomphe de la richesse ? L'épreuve a fort bien réussi, en\nce sens que le public a écouté avec l'attention la plus soutenue, et, lorsque la\ntoile s'est baissée sur la mort libératrice des deux héros, son émotion s'est\nmanifestée à des signes non douteux ; je ne crois pas que l'Opéra ait jamais été\ntémoin d'un enthousiasme plus sincère et plus généreux ; la salle entière n'avait\nqu'une seule âme, qui n'était pas celle de tous les jours.\nJ'ai été d'autant plus heureux de ce triomphe que, chemin faisant, quelques\ndétails m'avaient choqué. Le jeu des acteurs m'avait semblé parfois emphatique\nou solennel à l'excès. Je n'aime pas ce contrebandier qui demande grâce, la main\nsur son cœur ; combien la raideur satisfaite du douanier (M. Laffitte) me plaît\ndavantage ! Il n'est pas jusqu'à M. Delmas, si intelligent cependant et si maître\nde ses moyens, qui n'ait mis parfois dans son geste et jusque dans l'expression\nde ses yeux je ne sais quelle dignité hautaine, qui convient mieux au Wotan de la\n\n(1) Voir l'analyse de la pièce et le compte rendu de cette première représentation dans la\nRevue musicale, novembre et décembre 1902 et janvier 1903."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "698", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.6", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "Walkyrie qu'à 1 Étranger ami des humbles. La simplicité un peu rude de\nM. Albers, à Bruxelles, me paraissait mieux appropriée au personnage. Sans\ndoute le cadre plus grand de l'Opéra commande-t-il un jeu plus large et plus\nmajestueux ?\nMais il y a dans cette pièce une telle puissance d'émotion, la musique en est si\nvivante, si forte et si fougueuse, que personne ne s'est arrêté à ces détails, et nous\navons tous été subjugués. Oui, tous, même l'orchestre qui nous avait rarement\ndonné une interprétation anssi chaleureuse. Le second acte surtout a été irrésis-\ntible. On y a supprimé la scène où André, le beau douanier, revient implorer\nVita au moment même où l'Étranger, en la quittant, vient cle lui faire prendre\nconscience cle son nouvel amour et de son malheur. Cette scène ne me déplaisait\npas ; j'y voyais une image de la vie, qui en général prend soin de nous présenter\nles importuns en cle pareils instants. Mais le drame gagne à sa suppression une\nallure plus rapide et plus dégagée : qu'importe à présent ce qu'il adviendra\nd'André ? il n'existe plus, ni pour Vita, ni pour nous, il vaut mieux ne plus nous\nle montrer. Le problème posé au premier acte est enfin résolu ; Vita est toute à\nl'Étranger, mais en même temps l'Étranger, en se faisant aimer, en aimant lui-\nmême, a failli à sa mission. Cette situation a une beauté tragique qui n'a que\nbien rarement été égalée. Mlle Bréval et M. Delmas en ont admirablement rendu\nl'horreur et la grandeur. Il est impossible cle jeter avec une émotion plus ardente\net plus généreuse ce cri désespéré :\nIl est impossible [de mettre un accent plus noble et plus douloureux dans\nl'apostrophe à la mer de la jeune fille qui veut mourir :\nMême sans émeraude enchantée, la mer doit se soulever et obéir à cet appel\nd'un être élevé au-dessus de lui-même par la vertu de la souffrance. Il n'appar-\ntient qu'à une très grande tragédienne, comme Mlle Bréval, de traduire sans\neffort et cle faire passer en nous des sentiments presque surhumains. La tem-"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "699", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.7", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "pête qui vient ensuite a été fort bien rendue par l'orchestre. Quelle admirable\nmusique, violente sans brutalité, descriptive sans vains amusements, toujours\nhautement spiritualiste ! Cette mer qui gronde est une mer vivante, d'une vie\nobscure et redoutable, dont les voix mêlées aux instruments nous font entendre\nle 1 angage mystérieux.. Aussi la fin du drame, malgré la disparition des deux\nhéros qui sont allés se perdre sous les lames croulantes, est-elle l'une des plus\néloquentes que je connaisse. Ainsi les drames grecs se prolongeaient après leur\ndénouement logique, par les plaintes ou les réflexions du chœur ; ici c'est un\nélément qui parle : l'art musical moderne peut seul opérer de pareils sortilèges.\nL'Enlèvement au sérail, de Mozart, terminait le spectacle, à peu près comme un\ndrame satirique succédait, dans le théâtre d'Athènes, aux terrifiants miracles\nqui risquaient de laisser les spectateurs sur une impression trop pénible. Il y a\ncependant cette différence que le drame satirique était trois fois moins long que\nles tragédies, tandis que l'opéra bouffe de Mozart oppose trois actes aux deux de\nl'Etranger. Les décors et les costumes sont fort beaux, - un peu trop beaux.\nCette magnificence orientale se conçoit encore pour un grand opéra comme la\nStatue de Reyer, mais elle n'est guère de mise dans la pièce de Mozart, simple\nopérette sans prétention dont M. Amédée Lemoine retraçait récemment l'his-\ntoire ici même (1). Musique agréable, facile, mais monotone en ses rythmes,\npauvre en ses accompagnements, et peu caractérisée en ses airs ; et que de\ncymbales! que de grosse caisse! Cet abus des instruments à percussion tient-il\nau nom, qu'ils portaient alors, de musique turque ? Si c'est là de la couleur\nlocale, je la trouve mauvaise. M. Affre a une voix charmante, M. Gresse est\nmagnifique dans le personnage cllOsmin, MUe Lindsay se tire avec grâce d'un\nrôle fort difficile, en raison de sa tessiture élevée. Tout cela n'empêche pas les\ntrois actes d'être longs, et à ceux qui prétendent que cette musique les repose,\nje répondrais volontiers, comme M. Gauthier Ahllars : (( Moi, elle me fatigue )>\nOn connaît le mot de Mozart lorsque, dans les dernières années de sa vie, il\nretouchait cette partition écrite en 1782 : (( Quand j'écrivais cela, je m'écoutais\nencore trop volontiers. » On ne saurait mieux indiquer le défaut de cette œuvre\ntrop manifestement improvisée.\n\nLOUIS LALOY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "693", "page_fin": "693", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.1.1", "titre_corps": "Vincent D'INDY", "titre_sommaire": "Vincent D'INDY", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "693", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.1", "debut_caractere": 74, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "Vincent D'INDY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c003", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "694", "page_fin": "694", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.1.2", "titre_corps": "Trio en si'l pour piano, clarinette et violoncelle.", "titre_sommaire": "Trio en si'l pour piano, clarinette et violoncelle.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "694", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.2", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 67, "texte": "Trio en si'l pour piano, clarinette et violoncelle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c009", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "699", "page_fin": "705", "image_debut": 7, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.2", "titre_corps": "Ernest Chausson et le «Roi Arthus»", "titre_sommaire": "Ernest Chausson et le «Roi Arthus»", "signature_source": "GUSTAVE SAMAZEUILH", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "699", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.7", "debut_caractere": 2437, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "Ernest Chausson et le «Roi Arthus»\n\n(THÉÂTRE DE LA MONNAIE, yo novembre.)\nFidèle à une tradition dont il a quelque droit de se prévaloir, après Salammbô,\nGwendoline, Fervaal et Y Etranger, le théâtre de la Monnaie à Bruxelles vient de\nservir une fois de plus la cause de l'Art français en représentant pour la pre-\nmière fois, le 30 novembre 1903, le Roi Arthus, la première œuvre dramatique\n—la seule, hélas ! qu'il nous ait laissée du musicien profond et passionné\nqu'était Ernest Chausson.\nPersonne n'a encore oublié l'accident tragique et quasi inexplicable qui, voici\nquatre ans déjà, a fauché brutalement en plein talent, en pleine production et en\nplein bonheur, l'infortuné compositeur, au moment où, après une journée de tra-\nvail bien remplie à la campagne, il goûtait l'ivresse de la lumière et des fleurs\n\n(1) Revue du 15 septembre 1903."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "700", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.8", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3674, "texte": "estivales, se délassait au charme de la promenade, insoucieux du stupide appareil\ndont la vitesse, augmentée soudain par la pente, le précipitait contre une mu-\nraille où le guettait sa Destinée.\nPour tous ceux qui, comme nous, avaient depuis longtemps appris à le con-\nnaître, à profiter de ses conseils et à apprécier en lui une des âmes les plus nobles\net les plus hautes qu'il puisse être donné de rencontrer dans la vie, la nouvelle,\napprise par le laconisme d un télégramme, fut un cle ces coups aveugles de la\nfatalité auxquels on ne peut d'abord se résigner à croire, et qu'on n'oublie plus.\nOn comprendra donc qu'aujourd'hui, appelé à parler, dans cette Revue, du maître\net de l'ami disparu, le signataire de ces lignes ne puisse dissimuler son émotion\nau souvenir du passé et à la pensée de la joie et de l'encouragement qu'Ernest\nChausson aurait puisés dans la belle soirée de la Monnaie, où le public enthou-\nsiaste, par un triple rappel à la fin de chaque acte, a rendu un hommage digne\nde lui à l'auteur du Roi Arthus et donné en même temps aux musiciens la mesure\nde la perte que notre Art a faite en sa personne.\nAprès un court passage au Conservatoire, où son admiration hautement\navouée pour César Franck le rendit sans doute suspect à certains, Ernest\nChausson s'était mis à travailler sous l'unique direction de l'auteur des Béatitudes.\nLà, aux côtés de Vincent d Indy, Henri Duparc, Camille Benoît, Pierre de Bré-\nville, il apprit à aimer les grandes œuvres de la musique et à apprécier comme\nil convient l'ampleur et la logique de leur architecture. Là aussi, dans ce groupe\nd'artistes convaincus, que la jalousie se complut à traiter de coterie, il apprit à\ntravailler lentement, sans espoir prochain de lucre ou de réclame. Aussi ne tarda-\nt-il pas à prendre une place à part dans l'affection de celui qu'avec une respec-\ntueuse familiarité ses élèves appelaient le père Franck, et dont il semblait du reste\nfaire revivre la bonté et le dévouement. Nommé plus tard secrétaire cle la\nSociété nationale de Musique, il contribua pour une très large part au développe-\nment de ses concerts, toujours accueillant aux œuvres des jeunes, ayant sans\ncesse pour les nouveaux venus des paroles d'encouragement et d'amitié.\nC'est au cours de ces séances que furent d'aborcl exécutées la plupart de ses\ncompositions : des mélodies et des chœurs d'un accent personnel et pénétrant,\nun Concert de fière allure pour piano, violon et quatuor à cordes, dont Ysaye fut\nle génial interprète, et, pour finir, un Quatuor avec piano dont la solide\nstructure et l'émotion ardente sont, à notre avis, une des meilleures produc-\ntions de ce genre dont puisse s'honorer l'Ecole française. D'autre, part M. La-\nmoureux fit connaître au public Viviane, petit poème symphonique exquis de\ngrâce délicate, et plus tard M. Colonne dirigeait au Châtelet un Soir de Fête, plein\nd'animation et de couleur, où une douce teinte de mélancolie venait parfois as-\nsombrir l'entrain des rythmes. Le nom de Chausson commença dès lors à être\nconnu de tous, et le kapellmeister allemand Arthur Nikisch lui rendit un signifi-\ncatif hommage en venant exécuter à Paris, avec un orchestre allemand, sa très\nbelle et très française Symphonie, applaudie de nouveau l'an dernier chez M. Co-\nlonne. Parmi les autres ouvrages du compositeur, nous pouvons encore citer,\noutre de nombreuses mélodies pour la plupart exquises : un trio pour piano,\nviolon et violoncelle ; un entr'acte symphonique pour les Caprices de Marianne;\nun morceau d'orchestre, Solitude dans les bois, entendu au concert de l'Eden et\ndétruit depuis ; le Poème de Vamour et de la mer, la tragique Chanson perpétuelle"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "701", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.9", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "pour chant et orchestre ; Y Hymne Védique, d'un si beau caractère ; et un Poème\npour violon qu'Ysaye joua naguère magistralement au Châtelet et où nous re-\ntrouvons les mêmes qualités d'émotion et de sincérité. Au moment même de la\ncatastrophe, Ernest Chausson avait en portefeuille quantité de projets plus ou\nmoins avancés ; une esquisse de drame, sur une donnée dont le lyrisme intense\naurait bien convenu à la nature de son talent, des Ouvertures pour orchestre, une\nSonate pour piano et violon, et une seconde Symphonie, à laquelle il paraissait\nvouloir d'abord se consacrer. Il mettait enfin la dernière main à un Quatuor à\ncordes dont les deux premiers morceaux, seuls complètement achevés, sont ex-\ntrêmement remarquables. Le troisième était même assez avancé pour que\nM.d'lndy ait pu, après la catastrophe, le compléter d'après des notes retrouvées,\nen lui donnant l'allure d'un finale, et c'est sous cette forme que l'ouvrage a,\nplusieurs fois déjà, figuré aux programmes de la Société nationale...\nCependant la mise au point de ces œuvres symphoniques considérables n'em-\npêchait pas le musicien de songer au théâtre. Il avait d'abord voici une\nquinzaine d'années mis en musique un poème dramatique cleLeconte deLisle,\nHélène, dont de courts fragments, seuls exécutés dans les concerts, plurent par\nleur poétique fraîcheur. Il composa ensuite de la musique cle scène tout à fait\ncharmante pour les pièces cle Maurice Bouchor, la Tempête et la Légende de\nsainte Cécile ; mais il avait consacré tous ses efforts à ce Roi Arthus, dont la\nmise au point l'occupa plusieurs années et qui mérite même si la récente\nreprésentation de la Monnaie n'en faisait pas aujourd hui un sujet d'actualité\nde retenir quelque temps notre attention.\nLa confiance en soi-même toujours ardemment cherchée, si rarement pos-\nsédée par ceux qui ont le périlleux honneur d'être des artistes la modestie de\nChausson ne lui permit d'y atteindre que dans les derniers temps de sa vie.\nJusque-là il doutait souvent de ses idées, n'envisageait qu'avec hésitation la né-\ncessité de les formuler, par une sorte de scrupule supérieur que seuls connaissent\ndes esprits comme le sien. Son œuvre entière porte les traces certaines d'une as-\npiration constante vers un idéal jamais complètement révélé, et nous ne savons\npas de spectacle plus émouvant que cette lutte ininterrompue d'une sensibilité\navec la Vie, ce zèle opiniâtre à en exprimer chaque jour davantage la beauté et\nla variété, qui sont le principe même de tout art. Il est naturel que, dès lors,\nChausson ait pris pour thème de son premier ouvrage lyrique un sujet tel que\ncelui A Arthus, mettant en scène le conflit éternel des passions avec le Destin, et\nsi l'on ne peut nier qu'à l'époque de ce choix il fût sous l'influence de l'enthou-\nsiasme suscité chez lui par les chefs-d'œuvre du maître de Bayreuth, et moins dis-\nposé à en ressentir certains inconvénients, il sera permis d'ajouter qu'à titre de\nFrançais, il avait plus que tout autre, après tout, le droit de s'inspirer d'une\nlégende qui, comme celle de la Table Ronde, est du patrimoine même de notre\nrace et se prêtait d'ailleurs merveilleusement à une adaptation musicale. Nous n'in-\nsisterons point sur l'origine et l'affabulation du poème d'Arthus, ce qui nous\nentraînerait à des développements hors du cadre de cette étude. On sait les ana-\nlogies extérieures qu'il présente forcément, surtout dans sa première partie, avec\ncelui de Tristan et Yseult, emprunté au même cycle légendaire. Mais il importe,\npar contre, de faire ressortir à quel point la signification en est différente. Tandis\nque chez Wagner le personnage du Roi Marke est relégué dans l'ombre de ses\nlamentations et tout l'intérêt concentré sur la passion triomphante des deux"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "702", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.10", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2751, "texte": "amants, c'est au contraire ici la grande figure d'Arthus, fondateur de la Table\nRonde et défenseur de la Bretagne, qui devient prépondérante, donne son nom\nà l'œuvre et contient en elle toute la philosophie du drame. A côté de la sienne,\nauréolée de gloire, les destinées de Guinèvre, toute à sa folle passion, et cle Lan-\ncelot, sans cesse hésitant entre son amour et sa vénération pour son roi, dispa-\nraissent et s'éteignent dans une fin sans honneur. Ils n'ont recherché dans la vie\nqu'une satisfaction égoïste et trompeuse ; pour eux, la mort sera 1 éternel oubli, et\nune œuvre noble et grande ne fera pas vivre, comme celle d'Arthus, leur pensée à\ntravers les âges. C'est sur cette idée vraiment personnelle et cl une grande éléva-\ntion grâce à laquelle les dernières pages de l'œuvre atteignent au sublime, qu'ont\nété établis les trois actes du Roi Arthus, écrits dans une langue des plus souples et\ndes plus poétiques, abondante en expressions saisissantes et présentant, suivant\nles situations, un curieux mélange de prose cadencée et de rythmes plus précis.\nLes six tableaux de l'ouvrage, habilement proportionnés et pleins de variété,\nsont d'un intérêt dramatique constant et conviennent surtout admirablement au\nlyrisme pénétrant, à la gravité empreinte de douceur, aux élans fougueux de la\nmusique de Chausson.\nCette musique d'allure si diverse, qui commente le drame cle si près, qui en\nexprime avec tant cle continuité les aspects successifs, témoigne, à notre avis,\nd indiscutable façon, l'émancipation progressive cle la personnalité de l'artiste,\nson évolution vers la simplicité et l'émotion lyrique qui donnent un prix si peu\ncommun à plusieurs parties cle l'œuvre. Déjà au premier acte, après le prélude,\nplein d'animation et cle couleur, où retentit fièrement le beau thème de la Table\nRonde, le premier discours d'Arthus et les chœurs des chevaliers, fort bien dispo-\nsés et de superbe sonorité, constituent un tableau musical cl un éclat singulier.\nQuant à l'attente de Lyonnel et à la scène d'amour qui se déroule ensuite\nentre Guinèvre et Lancelot clans le mystère de la nuit frémissante, si elles évo-\nquent par l'analogie des situations certains souvenirs précis, il faut avouer que\nla musique, par sa sensibilité délicate et le charme spécial qui s'en dégage,\nsuffit à dissiper cette première impression :\nLa scène du duel entre Lancelot et Mordred est vigoureusement traitée, et\nl'acte prend fin sur une imposante conclusion orchestrale pendant que le soleil\nse lève dans toute sa gloire.\nAu troisième tableau, l'introduction, toute de fraîcheur agreste, et la chanson\ndu Laboureur, rythmée par le large geste des semailles et déclamée sans ac-\ncompagnement, sont d'une poésie particulièrement prenante :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "703", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.11", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2828, "texte": "Il y a là un contraste adroitement ménagé avec l'épisode suivant, où les hési-\ntations de Lancelot et les élans de passion de Guinèvre sont rendus cle ma-\nnière fort expressive et avec une chaleur croissante, jusqu'à l'explosion de haute\nenvolée où les voix s'effacent et le rideau tombe pour laisser à l'orchestre le\nloisir de prolonger d'admirable façon l'extase des deux amants. Puis tout s'a-\npaise peu à peu, et nous voici dans le palais d'Arthus, où le roi, doutant de la\nfidélité de Lancelot et inquiet de l'avenir de la Table Ronde, évoque Merlin, le\ncompagnon d'armes et de gloire, l'ami des grandes luttes d'autrefois. D'abord\nsombre et tragique, la musique se fait bientôt haletante, angoissée, puis tout\nà coup des harmonies d'une ensorcelante douceur résonnent aux cordes divisées,\nau moment où l'enchanteur paraît au travers des arbres baignés de soleil ; et\nc'est alors, en un ruissellement infini de lumière sonore, l'entrevision de l'avenir,\nla prophétie de la fin d'Arthus et de l'apothéose qui couronnera l'oeuvre. Après\ncette scène exquise, où le lyrisme de Chausson se manifeste tout entier, le\nchœur mouvementé des chevaliers et la vigoureuse apostrophe d'Arthus ter-\nminent le deuxième acte, où la vigueur dramatique du compositeur s'affirme\ndéjà plus complètement qu'au premier.\nMais c'est incontestablement au cours des deux derniers tableaux clu drame\nque le musicien, conscient désormais et ayant trouvé sa vraie voie, a pris son\nessor et s'est surpassé lui-même. Le tragique prélude où crépite le bruit cle la\nbataille, l'entrevue suprême de la Reine et de Lancelot, d'un intérêt sans cesse\nrenouvelé, où éclatent tumultueusement des cris déchirants, l'abandon et la mort\nde Guinèvre, où la musique, sans vaine polyphonie, atteint à une telle intensité\ndouloureuse,— la poignante agonie de Lancelot et l'infinie tritesse de ses der-\nnières paroles, la sublime conclusion du drame enfin, où Arthus, l'âme\napaisée, calme et fort, s'avance vers la mer et s'éloigne bientôt sur la nacelle\nvers l'immortalité, où 1 appellent les voix mystérieuses, prometteuses d'idéal,\ntout cela suffit à assurer son véritable rang à un drame musical de magnifique\ntenue, d'inspiration constamment généreuse, qui, depuis le début, s'élève suivant\nune gradation incessante pour se terminer sur une page d'ordre absolument su-\npérieur, que les plus grands musiciens de ce temps pourraient s'enorgueillir\nd'avoir signée.\nIl serait puéril et vain, quand de l'ensemble d'une œuvre se dégage une telle\nimpression de grandeur et d'idéal, quand elle s'impose entière par la force et la\ngénérosité de sa conception, de s'ingénier à en signaler les quelques défauts\nbien excusables dans un premier essai dramatique qui permet d'entrevoir ce\nqu'aurait donné Chausson, sûr de ses moyens, dans le nouvel ouvrage qu'il"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "704", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.12", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "préparait et qui devait être tiré du poème dramatique de Calderon, la Vie est un\nsonge, titre mélancolique et dont l'appropriation fait frissonner !... Nous ne nous\névertuerons pas non plus à dresser le catalogue des thèmes, toujours expressifs\net caractéristiques, sur lesquels s'échafaude la polyphonie orchestrale du Roi\nArthus. Nous nous en voudrions néanmoins de ne pas louer l'éclat et la chaleur\nde l'instrumentation, peut-être un peu opaque au premier acte pour les voix, ainsi\nqu'il advient souvent dans d'autres ouvrages contemporains d'Arthus. Il est cer-\ntain que l'auteur, s'il vivait aujourd'hui, serait des premiers à rechercher une atmo-\nsphère instrumentale allégée et plus propice à la perception des paroleschantées.\nNous n'en voulonspour preuve quel'évolution significative accomplie à cet égard\npar M. Vincent d'lndy, dont le rare dévouement s'affirma une fois de plus dans la\npart active qu'il prit, à la Monnaie, aux repétitions du drame de son malheureux\nami, au moment même où, par une regrettable coïncidence, la première représen-\ntation de VEtranger à Paris nécessitait tous ses soins.\no\nIl serait injuste de ne pas féliciter ici chaleureusement MM. Kufferath et Guidé\npour l'accueil somptueux qu'ils ont fait au Roi Arthus, qui, complètement ter-\nminé depuis 1898, plus d'un an avant la tragique disparition de l'auteur, atten-\ndait vainement son tour en France. Ils ne nous en voudront pas de joindre à\nleurs noms celui de M. Octave Maus, qui depuis si longtemps soutient en Bel-\ngique le bon combat pour notre musique. Fidèles plus que d'autres à la\nparole donnée, les directeurs de la Monnaie, secondés par la bonne volonté géné-\nrale du personnel du théâtre, nous ont donné du Roi Arthus une réalisation\ncapable de soutenir toutes les comparaisons. M. Albers personnifie avec autorité\nle rôle capital d'Arthus, et si l'on regrette chez lui quelques défectuosités vocales,\nil y aurait mauvaise grâce à ne pas rendre hommage à l'effort d'art considérable\ndont il a fait preuve. Mme Paquot-d'Assy, dont la voix, d'une puissance et d'une\nampleur surprenantes, se montre quelquefois encore mal docile à la volonté\nintelligente de 1 artiste, a traduit de façon saisissante la passion débordante de\nGuinèvre, et a trouvé au dernier acte surtout, dans l'admirable scène où l'amante\nmeurt délaissée, des accents d'humanité poignante. L'énergie vocale de M. Dal-\nmorès, son jeu dramatique et vibrant, ont fait merveille dans Lancelot, et on\naurait peine à trouver un meilleur interprète pour ce rôle exigeant des qualités\ncomplexes et une musicalité éprouvée. A côté de ces trois protagonistes que\nChausson eût tant appréciés pour leur ardeur à vivre et à exprimer tout le\ndrame, en dehors de toute convention et de tout souci égoïste d'effets personnels\ndivers artistes du théâtre ont rempli sans défaillances les rôles cle second plan\net complété à souhait ce remarquable ensemble, tandis que les choeurs, dont la\ntâche est lourde, ne s'en sont pas montrés indignes et ont exécuté fermement la\nscène finale, où tout l'effet repose sur la polyphonie vocale. Quant à l'orchestre,\nsous 1 impulsion passionnée de M. Sylvain Dupuis, il s'est affirmé constamment,\nau cours de la soirée, 1 éloquent traducteur de la musique d'Arthus. Mentionnons\naussi les costumes, d'un goût délicat, dessinés par M. Khnopff, et les décors,\nsouvent exquis, de M. Dubost, où il nous sera permis de reconnaître l'influence\nprécieuse du peintre Lerolle, beau-frère cle l'auteur E Arthus.\nUn charme pénétrant, le plus souvent voilé cle mélancolie, une sérénité calme\net grave, une sincérité et une délicatesse venues droit du cœur : telles nous\nparaissent avoir été les principales qualités de la musique de Chausson, qualités"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "705", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.13", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2382, "texte": "peu communes, à notre avis, et qu'on pourrait souhaiter à beaucoup de musiciens\nde cette époque. Telles furent, à coup sûr, les rares vertus de son esprit et de son\ncœur. Les nombreux amis qu'il se plaisait à réunirclans son accueillante demeure\nn'oublieront pas l'exquise bonté de son âme et la modestie dont il donna des\npreuves si touchantes. Entouré d'une charmante famille et favorisé d'une fortune\ndont tant d'artistes malheureux profitèrent, quand il n'aurait tenu qu'à lui\nd'avoir la presse à sa disposition et de faire connaître son nom, il s'effaçait tou-\njours devant des camarades souvent ingrats et était le premier à se réjouir de\nleurs succès. Une bibliothèque considérable, où figuraient les ouvrages les plus\ncurieux de toutes les littératures : poèmes, essais de critique ou de philosophie,\ntémoignait de la vaste culture cle son esprit, et des toiles signées de maîtres mo-\ndernes tels que Delacroix, Courbet, Degas, Lerolle, Besnard, Maurice Denis,\nornaient les murs de son cabinet de travail. Aussi sévère pour lui-même qu'il\nétait indulgent pour les autres, il faisait sa besogne sans hâte, courageusement,\nsans défaillance comme sans jalousie. A l'exemple de son maître César Franck,\nsa maturité nous réservait certainement l'ouvrage définitif qui eût forcé l'admi-\nration de tous... La fatalité n'a pas voulu qu'une destinée si heureuse mais si\ndigne de l'être s'accomplît. Le malheur est entré dans cette maison où on ne\nle connaissait guère et a anéanti en une minute tragique tant de réalités et tant\nd'espérances. Mais, comme celle du héros de son drame, la pensée du musicien\nnous reste et lui survit dans l'œuvre déjà considérable qu'il nous laisse. Grâce à\n1 initiative clu Ihéâtre de la Monnaie, en attendant celle, qui ne peut plus long-\ntemps tarder, de l'Opéra, la mémoire d'Ernest Chausson, consacré maintenant\ncomme musicien dramatique autant que comme symphoniste, résistera aux\natteintes fallacieuses du temps et prendra dans l'histoire de la musique française\nune place éminente, juste récompense d'une vie consacrée tout entière au bien,\nau travail et à l'ldéal.\nP. S. Les œuvres d'Ernest Chausson sont pour la plupart publiées chez\nMM. Bellon et Ponscarme (ancienne maison Baudoux), 37, boulevard Ilauss-\nmann, et chez MM. A. Durand et fils. Le Roi Artlius a paru en 1901 chez,\nl'éditeur Choudens.\n\nGUSTAVE SAMAZEUILH."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c013", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "705", "page_fin": "706", "image_debut": 13, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.3", "titre_corps": "Musique à cinq temps.", "titre_sommaire": "Musique à cinq temps.", "signature_source": "M. PAUL LACOMBE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "705", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.13", "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 3013, "texte": "Musique à cinq temps.\nM. PAUL LACOMBE.\nCe rythme, assez fréquent dans la musique de l'antiquité, a été un peu délaissé\npar la nôtre, quoiqu'on puisse lui attribuer, outre un air célèbre de la Dame\nBlanche, le duo de Mireille, unmouvement du second trio de M. Saëns. et un autre\ndu deuxième quatuor de M. d'lndy. Le charmant Allegretto pastoral de M. Paul\nLacombe (1) donnera à nos lecteurs une idée du naturel et de la fraîcheur dont\nest susceptible cette mesure inégale, maniée par une main habile. Aussi bien\npeut-on diie de AI. Lacombe ce que les anciens disaient de Bacchylicle ! que c'est\n\n(1) Voir notre Supplément musical."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "706", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.14", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 599, "texte": "un maître du rythme à cinq temps (voir, par exemple, la Suite pour Piano et\nOrchestre). Cette prédilection tient à un sentiment inné de la grâce, par où le\npoète grec ressemble en effet au musicien de Carcassonne, classique comme\nlui, mais d'un classicisme délicat et raffiné.\nL'Allegretto pastoral est tiré de la Troisième Suite pour piano (Bibliothèque\nLeduc, n° 292, prix 4 fr. net). Signalons encore, parmi les œuvres de M. Lacombe,\nla Berceuse gasconne (Leduc, 2 fr.), dont une bonne transcription pour Violon et\nPiano vient d'être donnée par Ch.-L. 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Bien entendu, ce n'est pas tout ce que contient le Musée ;\net nous verrons, au cours de notre promenade, qu'aux flancs de ces vitrines pour\nainsi dire typiques, d'autres curiosités sollicitent l'attention du visiteur et même\ndu flâneur, car c'est là une catégorie qui n'est pas négligeable : on commence\npar flâner et on finit par apprendre.\nLes affiches.\nLe Musée de l'Opéra possède les deux plus anciennes affiches que l'on con-\nnaisse. Le seul regret qu'on puisse exprimer, c'est qu'elles ne regardent pas\nl'Opéra : ce sont des affiches delà Comédie-Française; elles datent de 1658 et\nde 1660 ; le Musée delà Comédie lui-même n'en possède point d'aussi rares.\nCe que l'on y peut remarquer de curieux, c'est la façon dont elles sont rédigées ;\non dirait un boniment de tréteaux, une parade de foire. L'une d'elles (celle de\n1658) fait (( cleffense aux soldats d'y entrer sous peine de la vie ». La peine est un\npeu exagérée ; aujourd'hui on se contente de demander aux soldats de laisser leur\nsabre au vestiaire.\nLa première affiche de l'Opéra date du 26 janvier 1779 5 elle annonce Castor et\nPollux, (( tragédie en cinq actes ». Il n'y a aucun nom d'auteur. C'était le pro-\ncédé en usage pour les œuvres connues, et c'était le cas du chef-d'œuvre de\nRameau. On en a la preuve dans la seconde partie de la même affiche qui an-\nnonce pour le « jeudi 28 » la troisième représentation de II geloso in cimento « ou\nle Jaloux à l'épreuve », « opéra bouffon en trois actes, del signor Anfossi ». A\ncette époque, comme aujourd'hui du reste, Anfossi avait une notoriété moindre\nque Rameau.\nSur le même panneau, une autre affiche du dimanche 31 janvier 1779 annonce\nun Bal (( après minuit sonné » à l'Académie royale de musique.\nPuis nous passons à la période révolutionnaire, où le titre « Académie royale\nde Musique » est remplacé par celui-ci : « Les artistes lyriques et dramatiques\nde la République donneront aujourd'hui 7 fructidor etc. » C'était aussi le\nmoment où l'on jouait des pièces de circonstance. Ainsi l'affiche en question\nporte comme programme la Parfaite Égalité ou (( le Tu et le Toi », suivie de la\nSoirée orageuse, opéra en 1 acte (sans nom d'auteur)."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "707", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.15", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "Le Consulat et l'Empire ont respecté le petit, très petit format oblong qui\nrappellerait presque celui de nos petites affiches timbrées à 0,06 centimes im-\nprimées en travers et non en long.\nC'est à Napoléon lerIer que les acteurs doivent de se voir mentionnés sur les\naffiches de spectacles. Ce fut lui qui introduisit cette modification vers 1810. La\nmention du nom de l'acteur a pris aujourd'hui une telle importance qu'il est com-\nmun de voir le nom cle l'interprète en plus gros caractères que celui de l'auteur !\nIl y eut, dans cette liste des noms, une hiérarchie curieuse qu'on observe\nencore de nos jours dans la rédaction des affiches delà Comédie-Française. En\neffet, ce n'est pas le principal acteur de la pièce qui est nommé le premier, c'est\nle plus ancien dans la maison. Les affiches de l'Opéra sous le premier Empire et\nmême vers les premiers temps de Louis-Philippe ajoutaient aux noms des chan-\nteurs, chanteuses, danseurs et danseuses, ceux des cinq ou six premiers solistes\nde l'orchestre.\nC'est ainsi que sur les affiches des premières représentations de la Muette (1828),\nde Guillaume Tell (1829), de Robert le Diable {1831), des Huguenots (1836), qui\nfigurent dans cette intéressante vitrine, on voit de simples coryphées cités avant-\nun ténor ou une forte chanteuse, simplement parce que les coryphées faisaient\ndepuis plus longtemps partie de la troupe de l'Opéra que les artistes en question.\nAvant de terminer cette revue des affiches, je citerai, à titre de simple curiosité,\nl'affiche du spectacle du 13 février 1820, qui n'est là que parce que c'est ce soir-là\nque fut assassiné le duc de Berry. Le programme se composait du Carnaval de\nVenise, ballet en 1 acte de Milon, musique de Kreutzer et Persuis, du Rossignol,\nopéra en 1 acte, paroles d'Etienne, musique de Lebrun, et des Noces de Gama-\nche, ballet en 2 actes, de Milon, musique de Lefebvre.\nLe format des affiches de l'Opéra persista jusqu'en 1841. Le 7 mars 1841, pour\nune représentation cle la Juive, on doubla la dimension précédemment adoptée,\net, au lieu d'imprimer les affiches en travers, on les imprima en long. Ce format\nsubsiste encore aujourd'hui. En face de cette première affiche delà Juive, on peut\nvoir l'affiche de la représentation de gala qui inaugura le nouvel Opéra le 5 jan-\nvier 1875.\nC'est là un résumé chronologique succinct pour le public, mais très clair, des\ndiverses transformations des affiches de l'Opéra.\nLes décors.\nLe panneau des décors permet, lui aussi, de se documenter en peu de temps\nsur la façon dont les oeuvres étaient jadis représentées.\nLes décors du xvn6 siècle qui nous sont présentés ont ceci de curieux qu'ils ont\nété dessinés et peints d'après les lois strictes de la perspective géométrique, de\ntelle sorte que le fond du décor était beaucoup plus petit que la partie antérieure\net qu'un acteur qui sortait, par exemple, d'un palais situé dans le lointain était\nobligé de baisser la tête pour pénétrer sur la scène. Les deux décors de cette\népoque qui sont dans la vitrine du Musée de l'Opéra sont de Vigarani, le grand\nprotégé de Louis XIV, et aussi l'artiste le moins commode de caractère qu'on\npût rêver ; car il détruisit tous les dessins de ses prédécesseurs pour qu'il n'y eût\nplus dans les théâtres de la Cour que ceux de son invention. Les deux décors de\nVigarani représentent, l'un un palais, l'autre un camp."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "708", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.16", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3376, "texte": "Au xvme siècle, ce furent les plus grands artistes à qui l'on confia le soin d'exé-\ncuter les décors ; ainsi nous pouvons voir les deux merveilles dessinées par\nMoreau le Jeune pour le ballet le Déserteur, de Monsigny, chorégraphie de Gar-\ndel aîné. Ces décors datent de 1788 ; ce sont de vraies œuvres d'art. La toile de\nfond y est assez grande et résume autant que possible toutes les (( plantations ))\npossibles ; car à ce moment on ignorait complètement la plantation de biais, qui\nrend tant de services aujourd'hui.\nEn dehors de la vitrine, je signalerai un petit chef-d'œuvre, une miniature,\nfigurant une scène de la Duchesse de Navarre, opéra de Voltaire, musique de\nRameau, qui fut donné à Versailles sur le petit théâtre de la Cour le 23 fé-\nvrier 1745. L'auteur de ce bijou, sur lequel on peut presque reconnaître les per-\nsonnages, est Cochin.\nLa série des dessins de décors se complète par une belle aquarelle de Cambon\npour le troisième acte de Faust, l'Eglise ; c'est d'un dessin excellent et d'une\nimagination puissante. Je citerai encore des spécimens de décoration à l'italienne,\ndont le goût n'est pas la qualité dominante.\nPour compléter cette revue des décors, le portrait de Torelli, le chef de l'école\ndes peintres décorateurs italiens, auxvne siècle ; il vécut de 1608 à 1678. C'était\nMazarin qui l'avait fait venir d'ltalie ; il fut àla fois architecte, peintre, décora-\nteur, machiniste.C'est lui dont Vigarani, qui lui succéda, détruisit tous les dessins,\ntant il était jaloux du talent de ce mort..\nCette nomenclature ne serait pas tout à fait exacte si je n'y ajoutais toute\nla série des décors des opéras modernes qui font actuellement partie du\nrépertoire de l'Opéra. Ces décors, réduits et éclairés par une rampe minuscule\nde lampes électriques plus minuscules encore, donnent un peu d'intérêt et d'ani-\nmation au couloir sombre qui conduit de la bibliothèque de l'Opéra au Musée.\nLes costumes.\nC'est Bérain qui commence la liste des costumiers. Il vivait au xvne siècle ;\nc'est lui qui a fait tous les dessins des costumes pour les ballets de la fin du\nsiècle cle Louis XIV, costumes empanachés de plumes, bariolés de dorures, fort\nbeaux sans doute, mais bien éloignés, surtout aujourd'hui, de la vérité théâtrale.\nAu xvme siècle, ce n'est pas non plus le réalisme qui domine ; il y a deux\ndessins fort curieux dont l'un représente (( les Plaisirs en habit sérieux )) : les\nrubans, les plumes, les falbalas de toutes sortes rehaussent cet « habit sérieux ))\net font qu'on se demande comment le costumier aurait habillé ses personnages\ns'il ne s'était pas agi d'habits sérieux.\nVers la fin du xvnie siècle, le goût s'épure ; Boucher, le grand peintre Boucher,\nvient donner aux dessins des costumes sa note artistique: les trois dessins enca-\ndrés que possède le Musée de l'Opéra, et qui sont en dehors de la vitrine, sont\nun costume pour le rôle de Titon, un costume de femme (probablement pour\nle rôle d'Armide) et un costume de prince cl'opéra. D'autres dessins de Boucher\nen assez grande quantité font partie du fonds de la bibliothèque de l'Opéra ;\nc'est là une richesse inestimable.\nIl faut aussi nous occuper des costumes en figurines de Sèvres dont plusieurs\nexemplaires se trouvent dans la vitrine des costumes. Ce sont de vraies raretés\nque ces figurines en biscuit de Sèvres. Elles étaient destinées à perpétuer le"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "709", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.17", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3236, "texte": "succès de l'année, et la Reine les offrait à ses amis pour le premier de l'an. Les\nexemplaires que nous avons sous les yeux représentent Janot, Jeannette et la\nBelle Provençale.\nEnfin, le xixe siècle est personnifié par des spécimens de costumes de Lecomte\n(1826), de Lormier (iß43),d'Albert(iß69), de Frémiet (1876), et de Lacoste (1877).\nPuis, éparses çà et là dans diverses vitrines, on trouve des poupées habillées\nselon les différentes époques du costume et suivant ses nombreuses variantes. Il\ny a là matière à de curieuses comparaisons.\nPour donner une idée de la construction matérielle des diverses salles de\nl'Opéra, on a exécuté des maquettes des locaux successifs qui abritèrent l'Aca-\ndémie royale, impériale ou nationale de musique. Ces maquettes sont recon-\nstituées d'après des documents puisés aux bonnes sources.\nLa reconstitution de l'ancienne machinerie, qui a l'air d'un jouet, est un vrai\nmécanisme d'horlogerie et permet de se rendre un compte très exact du théâtre\nd'autrefois. La composition d'un décor moderne et d une machinerie curieuse\nest figurée par le décor du deuxième acte de Siegfried, où l'on voit le dragon\nFafner roulant des yeux torves selon qu'on tire à droite ou à gauche quelques\nfils ingénieusement arrangés.\nÇa et là des spécimens de 1 ancien éclairage que l'on peut comparer avec les\nherses de notre moderne éclairage électrique.\nEnfin des poi traits d auteurs, des portraits de musiciens, des caricatures de\ndanseurs, dont la nomenclature complète nous entraînerait trop loin.\nJe citerai seulement les portraits de : Gluck, dont on a deux images, toutes\ndeux foit belles . [ une peinte à 1 huile, représentant le célèbre compositeur assis\nde\\ ant son clavecin, ] autre au crayon ; Grétry ; Monsigny (peint par Thevenin,\nen 1812) ; Boïeldieu (miniature sur bristol avec l'inscription D. W. F. del. rue\nSainte-Anne, 1S21) ; le chanteur Garat (1754-1823), également en miniature ;\nBerton (Henri), l'un des premiers professeurs d'harmonie du Conservatoire, très\nbeau poitiait ; Viotti (1753_I 8:24), don de M. Lecomte ; F.Duvernoy, qui fut le\npiemiei coi de 1 orchestre de 1 Opéra et professeur de cor au Conservatoire jus-\nqu à sa fermeture momentanée en 1815 ; Donizetti (portrait donné par M. Dolci\nde Bologne, en 1902) ; Rossini (avec des moustaches, pastel) ; Mme Falcon (por-\ntrait fait par Cordés en 1836) ; Meyerbeer (par Lepaulle) ; les danseuses Adelina\nPlumkett, Fanny Cerrito, Sangalli, Rosita Mauri ; Offenbach (caricature par\nThomas); Paganini, crayon par Dabadie, le grand-père du caricaturiste Guil-\nlaume; Berlioz (caricature de Tiret-Bonet), et un bon pastel de C. Saint-Saëns,\ndon de ce dernier.\nJe terminerai par la partie, si j ose ainsi dire, puérile mais nécessaire du Mu-\nsée de 1 Opéra. On ne peut pas montrer uniquement du document aux badauds ;\nil faut frapper leur imagination par la brutalité du fait divers ou par l'amusette\nde 1 anecdote. C est à ce but que tendent les vitrines où sont exposées la che-\nmise de la pauvre danseuse Emma Livry, qui périt si malheureusement brûlée,\nla bombe d'Orsini, une bretelle ensanglantée du duc de Berry, l'épée de\nM. Gailhard dans les Huguenots, le verre de Jélyotte, l'archet de Paganini, l'en-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "710", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.18", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 880, "texte": "crier de Spontini, les cheveux deßoïeldieu, etc., etc., qui font la joie des touristes\nCook et du bon et brave public.\nCes vitrines ont toutefois une raison intéressée ; c'est de décider les détenteurs\nd'objets dignes de figurer au Musée de l'Opéra à entrer en pourparlers avec le\nconservateur du Musée, soit pour faire des dons, soit pour faire des propositions\nde vente. Le budget du Musée est assez restreint, mais la rente que lui a léguée\nM. Nuitter va lui permettre de faire quelques emplettes utiles.\nEn somme, on le voit, le Musée de l'Opéra mérite une visite à tout égard : il\nest instructif, il est amusant en même temps. Ne sont-ce pas là les deux condi-\ntions des choses de théâtre? M. Charles Malherbe les a heureusement réalisées\ndans un fort petit espace. Il importait de faire connaître ce coin de l'Opéra.\n\nLOUIS SCHNEIDER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c015", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "710", "page_fin": "712", "image_debut": 18, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.5", "titre_corps": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "titre_sommaire": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "710", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.18", "debut_caractere": 882, "fin_caractere_exclue": 2364, "texte": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.\n\nII. La broderie.\nLa définition de la broderie repose, comme celle de la note de passage, sur le\nprincipe suivant : quand une note de la mélodie fait partie de l'accord parfait\nindiquant le ton dans lequel le morceau est écrit, elle est dite note principale ;\ndans le cas contraire, elle est une note accessoire, (( étrangère », un ornement.\nAinsi, dans ce début d'une sonate de Mozart,\nnous sommes en si bémol majeur, et l'harmonie est représentée par l'accord\nsj bien que le sol et le mi H de la première mesure sont des notes\n(( étrangères » ; le fa seul est « principal ». De même, dans le menuet de Mozart\nle do et le la 8, pour la même raison, sont des notes (( accessoires ».\nDans le cas où (comme dans ces deux exemples) la note accessoire est pré-\ncédée et suivie de la note principale, la première s'appelle broderie ; la seconde\nr\ns'appelle note brodée. Telle est la théorie de l'Ecole.\n« La broderie, dit M. Malhomé, est un ornement mélodique qui consiste à\nfaire succéder une note étrangère à l'harmonie à une note principale dont elle\noccupe momentanément la place (i). » La broderie se fait généralement sur le\ntemps faible ; elle est supérieure ou inférieure, quelquefois l'un et l'autre suc-\ncessivement ; elle est diatonique (séparée de la note principale par un ton), ou\nchromatique (séparée de la note principale par un demi-ton),\n\n(Ï) La suite de la définition « puis revient à cette note principale » est bien peu nette*"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "711", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.19", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1486, "texte": "Cette définition inséparable d'une doctrine d'ensemble que nous aurons à\nexaminer donne lieu à deux objections :\ni° Artistiquement, il est difficile d'admettre que, dans une mélodie, il y ait des\nnotes principales et des notes secondaires. Réduisons les deux formules de Mozart\nque j'ai citées à ce que la théorie classique appelle les notes principales, nous\naurons :\nRéduire ainsi ces deux formules, ce n'est pas les dépouiller d'un « ornement »,\nc'est les détruire. De même, si nous disons, au début d'une autre sonate,\n2° En outre, si nous considérons comme étrangères et accessoires les notes qui\nne font pas partie de l'harmonie, nous allons être obligés de réduire à bien peu\nde chose les éléments (( principaux )) de la composition musicale. La musique va\nnous apparaître à peu près partout comme une sorte de squelette affreux qui\ngoût singulier ! serait affublé d'ornements.\nAussi voyons-nous M. Malhomé, après avoir examiné comment se comporte\nla broderie selon le degré de la gamme où elle est placée, en multiplier les\nformes. C'est là, précisément, l'originalité de son travail, présenté sous le haut\npatronage de M. Paul Vidal. Je citerai seulement quelques-uns des cas qu il a\nrelevés :\nExemples d'une broderie ayant une durée plus courte que celle de la note princi-\npaley et une durée plus longue :\nExemples de broderies doubles simultanées dans deux parties à la fois, marchant\npar tierces, sixtes, ou par mouvement contraire :"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "712", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.20", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "Exemples de broderies où la note principale se trouve intercalée et transformée en\nnote de passage :\nBroderie des retards :\nBroderie de Vanticipation :\nBroderie de la broderie :\nComprendre ainsi l'analyse des textes, c'est faire tort à l'art musical ; c'est\nréduire àun catalogue d'ornements et d'accessoires ce qui est, en somme, l'étude\ncapitale du rythme et delà mélodie ; en un mot, 1 étude de la composition. Nous\nverrons, dans la suite, la conclusion qu'il convient de tirer de ces remarques.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c026", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "713", "page_fin": "714", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.6", "titre_corps": "BOIELDIEU (1775-1834).", "titre_sommaire": "BOIELDIEU (1775-1834).", "signature_source": "BOIELDIEU, «rue Grandpont, n° 29", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "713", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.21", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1065, "texte": "BOIELDIEU (1775-1834).\n\nCelui qu'on a appelé (( le Mozart français )), Fauteur du Calife de Bagdad (i8oo)r\nde Ma tante Aurore (1803), d'Aline, reine de Golconde ( 1804), des Voitures\nversées, de Jean de Paris (1812), du Chaperon rouge (1818), de la Dame\nblanche (1823), de tant d'autres œuvres aimables et légères, Boïeldieu, ne traversa\npas sans dommage les temps orageux de la Révolution. Sa femme tenait un maga-\nsin de modiste ;il avait loué à l abbé Cornet, pour 800 livres par an, la maison du\nGrand-Pont, n° 2g, qui dépendait de la chapelle de Vancien hôpital Saint-Martin\nà Rouen ; mais le commerce de sa femme ne réussit pas, et lui-même fut menacé par\nla justice pour n avoir pas payé son loyer, comme on en pourra juger par la lettre\nsuivante (1) :\n(( 16 nov. Tyc)i,\n(( Monsieur,\n((Je vous demande pardon de vous importuner, mais je présume assés de votre\nancienne amitié pour nous, pour croire que vous me le par donner és, je préfère-\n\n(1) Publiée dans le Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure (1882)."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "714", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.22", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "d'ailleurs de vous écrire à avoir une conférence qui ne vous laisser oit peut-être pas\nles idées que ma lettre doit vous laisser.\n(( On ma remis avant hier une lettre que M. Anquetin (/) ma fait V honneur de\nm écrire relativement àla maison que f occuppe qui appartenoit à la chapelle S. Mar-\ntin et dont étoit titulaire M. Vabhé Cornet. Il me demande : i° le bail de cette mai-\nson, 2° les dernières quittances, et y° ce que je peux devoir à cette époque- cy. Je ne\npeux malheureusement satisfaire à rien. Il y a longtemps que fai remis le bail à\nM. V abbé de Marbeuf et je ne sçais pas ce quil en a fait, fai toujours pensé qu'il\nvous l'avoit remis. Pour ma dernière quittance c est celle de l'année IJBB. Je dois\nà M. l'abbé Cornet ijBg et ijgo, d'abord le prix du bail qui est de yoo l. par an,\net par un autre arrengement relativement à la bâtisse yoo l. en sus par an, enfin\nce que je peux devoir à présent, hélas je n ai plus rien, vous scavés comme la Révo-\nlution m'est contraire, je ne vous cache pas à vous et ne craint pas de vous dire que\nle plus tricte nécessaire m'est oté, daignés descendre dans l'intérieur de mon ménage\nje vous dévoilerai tout, vous verrés s'il est quelqu'un plus à plaindre. Je fais mes\nefforts et les derniers pour me procurer un état. J élève une petite fabrique d'amidon.\nJe vais avoir des associés à ce qu'on me fait espérer. Je sçaurai alors sur quoy comp-\nter et ce que je deviendrai, mais en attendant que faire ? J'ose vous le demander, vous\nprier de me conseiller. Je n'ai pas le moyen même de prendre une patente parce\nque l'état de ma femme est absolument bas, et par les circonstances et par le défaut\nd'assortiment et de fonds. Je n'ai pas pu ces jours cy paier j l. pour ma garde et\nma douleur est au comble. Dittes moi donc je vous suplie ce que je dois craindre ?\nA qui il faut m'adresser pour qu'on me fasse grâce et me donner du temps. Je suis\nperdu moi et ma famille si l'on doit f aire des poursuites. Faittes connoitre à\nM. Anquetin que j'ai fait état de sa lettre, que je vous consulte pour lui répon-\ndre, enfin faittes et dittes moi ce qu'il faut dans les circonstances inconsevables ou\nje suis.\n(( je vous prie d'être bien persuadé d'avance que vous n obligerez point un ingrat\net que ma reconnaissance sera éternelle, ainsy que les sentiments avec lesquels je\nsuis, Monsieur,\n(( Votre très humble et très obéissant serviteur,\n(( Suscription : A Monsieur, Monsieur Selot l'aîné, chef du Bureau du dépar-\ntement, rue de la Renelle, a Roïien. ))\n\nBOIELDIEU,\n«rue Grandpont, n° 29.\n\n(1) M. Anquetin était le procureur syndic du département."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c028", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "715", "page_fin": "718", "image_debut": 23, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "715", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2914, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\n— Dans la Musica sacra de Ratisbonne (n° du Ier décembre), nous lisons, à la pre-\nmière page d'un article signé (( Fr. X. Haberl » — un nom qui fait autorité en ma-\ntière de musique palestinienne — que S. S. le Pape Pie X aurait dit récemment :\n<( Je suis obligé de reconnaître et de louer les progrès caractéristiques réalisés par\nles Bénédictins (dans la science du plain-chant), mais leurs livres de chant litur-\ngique sont encore très éloignés de jouir de la même autorité officielle que ceux\nde Pustet )). Ces graves paroles sont reproduites dans une note si vague, si\nambiguë, et elles sont si contraires à ce qu'on a dit de la compétence musicale\ndu Pape actuel, que nous désirerions en avoir une confirmation plus franche,\navec indication, si possible, de la source où on les a puisées.\n\nCONSERVATOIRE. — Par arrêté ministériel en date du 7 décembre courant,\nM. Crosti, professeur de chant au Conservatoire national de Musique et de\nDéclamation, a été admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite, à\npartir du IER novembre 1903.\n\nOPÉRA. — Mme Charles Garnier, veuve de l'architecte de l'Opéra, a fait con-\nnaître à l'administration des Beaux-Arts son intention de donner à l'Etat le\nbuste de son mari, par Carpeaux, pour être placé à bavant-foyer de ce théâtre.\nCe buste se trouve actuellement à Bordighera (Italie).\nMme Bertrand, veuve de l'ancien directeur de l'Opéra, a manifesté également\nle désir d'offrir au Musée de ce théâtre le buste de son mari, exécuté, en mar-\nbre, par Ludovic Durand. Ce buste a figuré au Salon de 1887.\n\nODÉON. On représente actuellement, à l'Odéon, VAbsent, pièce en 4 actes\nde M. Georges Mitchell, musique de M. Fernand Le Borne.\nOutre la musique de scène, la partition de M. Fernand Le Borne comprend\nune sorte d'ouverture formée de deux préludes importants, construits sur les\nprincipaux thèmes de l'ouvrage. Le premier de ces morceaux est un andante\ntrès expressif, tandis que le second se compose d'un allegro très mouvementé.\nLe prélude du second acte est un scherzo pittoresque ; celui du troisième, une\nlamentation, précédée d'une peinture brutale de la guerre dans les Indes Néer-\nlandaises ; le dernier prélude est un solo de violon, durant lequel reviennent\ntransformés plusieurs leit-motive de la partition.\n\nLYON. M. le Ministre cle 1 Instruction publique et des Beaux-Arts vient\ncbautoriser les élèves de nationalité étrangère ci-après dénommés à suivre les\ncours de l'École de Musique, succursale du Conservatoire national à Lyon :\nMlles Moschetto, Italienne,\nTonda,\nMM. Siavouchkan, Persan ;\nGiorgievitch, Bulgare ;\nGuindani, Italien.\n\nLILLE. Le Conseil municipal de Lille a pris une décision accordant des\nbourses à un certain nombre d'anciens élèves de l'Ecole nationale de Musique\nde cette ville, qui ont été admis aux derniers concours du Conservatoire natio-\nnal de Musique et de Déclamation."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "716", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2475, "texte": "BRUXELLES. M. Henri Marcel, directeur des Beaux-Arts, a été délégué par\nM. [le Ministre des Beaux-Arts pour assister à la première représentation du\nRoi Arthus à Bruxelles.\nM. Bernheim, Inspecteur général des Théâtres, Commissaire du Gouverne-\nment près les Théâtres subventionnés, était également présent à cette repré-\nsentation.\n\nGRENADE-SUR-ADOUR. Le Ministère des Beaux-Arts a souscrit à 166 exem-\nplaires de Y Alphabet musical par Mme Thomas Andersch, professeur de musique\nà l'Ecole normale primaire des Landes.\n\nMOULINS. On annonce le décès de M. Marius Boullard, directeur de l'Ecole\nnationale de Musique de Moulins, qui dirigeait en même temps, depuis près\nde 40 ans, dans cette ville, (( la Lyre Moulinoise ».\n\nBORDEAUX, M. Frédéric Boyer, Directeur du Grand-Théâtre, montera au\nmois de février Thamyris, conte lyrique en 5 actes, dont un prologue du\ncompositeur Jean-Ci. Nouguès, sur le livret de MM. Jean Sardou et Gou-\nnouilhou.\n\nROUBAIX. Par arrêté préfectoral en date du 19 novembre 1903 :\ni° M. Rosticher Paul a été nommé professeur de piano et d'orgue de la classe\nd'hommes à l'Ecole de Musique, succursale du Conservatoire national, à Rou-\nbaix, en remplacement de M. Montagne, admis à faire valoir ses droits à une\npension de retraite;\n20 M. Chatilliez Albert a été nommé secrétaire surveillant de ladite Ecole, en\nremplacement de M. Turbelin, décédé.\n\nCAEN. —Ont été nommés, pour une période de trois années, membres de la\nCommission de surveillance de l'Ecole nationale de Musique de Caen :\nMM. Guillouet, conseiller municipal ;\nNoury,\nNoël, conseiller de préfecture ;\nMeignan, avoué à la Cour d'appel ;\nManchon, secrétaire de la Chambre de Commerce ;\nJaquot, propriétaire.\n\nMONTPELLIER. M. Armand Granier, professeur de solfège à 1 Ecole\nnationale de Musique de Montpellier, est nommé professeur de chant à ladite\nEcole, en remplacement de M. Mayen, démissionnaire.\nM. Xavier Leroux, dont l'Opéra-Comique va donner la Reine Fiammette (en\ncollaboration avecM. Catulle Mendès) au moment où paraîtra le présent numéro\nde la Revue musicale, travaille à un drame lyrique, Théo dora, que M. Victorien\nSardou a extrait lui-même de sa pièce jadis jouée par Sarah Bernhardt à la\nPorte-Saint-Martin.\nM. Sardou pour le livret a un collaborateur, M. Paul Ferrier, qui écrit les\nscènes en vers.\nM. Fernand le Borne, qui vient d'obtenir à l'Odéon un si grand succès pour\nla musique de scène qu'il a écrite sur l'Absent, de M. Georges Mitchell, écrit en"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "717", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3146, "texte": "ce moment un opéra intitulé les Girondins. Le livret est tiré par M. Lénéka de\nl'ouvrage célèbre de Lamartine.\nLE NOUVEAU DIRECTEUR DES BEAUX-ARTS A BRUXELLES. M. Henry Marcel,\nle successeur de M. Roujon à la direction des Beaux-Arts, était venu honorer\nde sa présence la première représentation du Roi Arthus, la belle partition\nd'Ernest Chausson, dont le théâtre de la Monnaie de Bruxelles a donné la pri-\nmeur.\nAu souper qui a suivi le spectacle, souper dans lequel MM. Kufferathet Guidé,\nles actifs et intelligents directeurs delà Monnaie, avaient réuni les amis de l'auteur,\nla critique musicale venue cle Paris, la presse bruxelloise et les artistes de la\nMonnaie, plusieurs allocutions ont été prononcées. M. Maus a pris le premier la\nparole au nom des amis de l'auteur ; M. le bourgmestre de Mot a répondu dans\nune vibrante allocution.\nM. René Marcel a, dans une superbe improvisation, d'une forme très châtiée,\nrendu hommage à la Belgique, qui accueille l'art français. (( Certes, a-t-il dit, la\nBelgique fut jadis la seconde patrie des proscrits ; aujourd'hui il n'y a plus de\nproscrits, mais il y a les oubliés de l'art français. Ces compositeurs que l'indiffé-\nrence ou la négligence coupable des directeurs de nos scènes subventionnées\nexilent de FAance trouvent à Bruxelles un asile pour leurs œuvres. Faut-il rap-\npeler Hérodicide, Sigurd, Salammbô, Samson et Dalila, Gwendoline, etc. ?))\nCes paroles courageuses ont eu un gros retentissement à Bruxelles et feront\nune grande impression en France.\n\nMAISON PLEYEL. Voici la liste des séances musicales annoncées jusqu'au\nlERIER janvier 1904. Grande salle :le 14, à 8 h , xM. Lucien Wurmser ;le 16, 8 h., le\nquatuor Schnéklud;le 17, 8h , MLLE Baudin ;le 18, 8 h., M. Lucien Wurmser; le\n20, 1 h., MME Le Grix (élèves) ;le 21, 8 h., MLLE Germaine Tassart ;le 22, 8 h.,\nMME Ed. Colonne (élèves) ;le 23, 8 h., M. Lucien Wurmser. Salle des qua-\ntuors :le io, 1 h., MLLE Baudin ;le 18, 8 h., M. Bouvet; le 19, 8 h.,M. Véchalac.\n\nROUEN.\n\nLa Schola Cantorum nous donna, le mois dernier, le premier en\ndate des cinq concerts annoncés pour cet hiver. Au programme uniquement\ncomposé d'œuvres anciennes figuraient le superbe Concerto en ré majeur\nde J.- S. Bach pour piano, flûte et violon concertants, avec orchestre, et le cin-\nquième acte d'Armide, exécuté dans son intégralité. Grâceà leur intelligence musi-\ncale, à leurs excellents moyens vocaux, Mlle Marie de la Rouvère et M. Jean\nDavid interprétèrent magnifiquement cette noble et belle inspiration de Gluck.\nM. Marcel Labey remplaçait au pupitre M. Bordes, empêché de se rendre à\nRouen. Sous la direction ferme, précise, de ce jeune musicien, l'orchestre et les\nchœurs d'un nombre malheureusement un peu trop réduit nous offrirent\ndes exécutions fort soignées.\nGrand succès pour Mllc Marthe Legrand dans l'air si expressif de Thélaïre\n(Castor et Pollux) etpourMlle Blanche Selva, dontle jeu souple et sûr s'est encore\nune fois affirmé dans le Concerto de Bach d'abord, et ensuite dans quelques\npièces pour piano.\nLe programme se complétait, en outre, du gracieux Berger fidèle de Rameau et\nde charmants chœurs deßousset."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "718", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1687, "texte": "Au prochain concert, qui aura lieu dans le courant de décembre, nous enten-\ndrons le trio Chaigneau et M. Louis Frolich.\nQuelques jours plus tard, le 26, M. Camille Chevillard et son orchestre,\naccompagnés du « Quatuor vocal de Paris )), se feront à leur tour entendre au\ncirque de Rouen.\n\nGEO DE MONTREUIL.\n\nLEIPZIG. Le Requiem cle G. Henschel (Breitkopf et Martel, éditeurs) a été\nexécuté pour la première fois le 3 décembre au Concert du Gewandhaus de\nLeipzig, sous la direction de M. A. Nikisch. M. H. Kretzschmar consacre, dans\nles Leipqigey Neueste Nachrichten, un article très élogieux à cette oeuvre, qui\nlui paraît révéler un compositeur de premier ordre, et félicite le Gewandhaus\nde s'en être fait le parrain.\n\nLES SALONS MUSICAUX.\nL. L.\nMme la Princesse cle Cystria offrait, le samedi\n5 décembre, une heure d'excellente musique à quelques invités. Mlle Selva est\nune des très rares artistes qui savent faire parler le piano, c'est-à-dire nourrir sa\nsonorité, la colorer, et la varier. Nous avons beaucoup admiré sa verve puis-\nsante dans la Bourrée fantasque de Chabrier, et sa délicatesse languissante dans\nla valse Helvetia, de M. Vincent d'lndy. L'andante de la Sonate pour piano\net violon de M. Vreuls est un beau morceau, expressif et d'une noble tenue :\nM. Vreuls est-il appelé à recueillir une partie de l'héritage du regretté Lekeu ?\nNous l'espérons pour ce musicien de grand mérite, dont l'œuvre a été fort\nbien interprétée par Mlle Selva et M. Zeitlin, violoniste au son ample et doux.\nEnfin l'air de Léonore àla fin du ier acte de Fidelio a été vaillamment chanté\npar MHe Juliette Lanrezac, qui asu donner beaucoup d'accent à cette musique de\nflamme."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c029", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "715", "page_fin": "715", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.1", "titre_corps": "— Dans la Musica sacra de Ratisbonne (n° du Ier décembre), nous lisons, à la", "titre_sommaire": "— Dans la Musica sacra de Ratisbonne (n° du Ier décembre), nous lisons, à la", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "715", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.23", "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 842, "texte": "— Dans la Musica sacra de Ratisbonne (n° du Ier décembre), nous lisons, à la pre-\nmière page d'un article signé (( Fr. X. Haberl » — un nom qui fait autorité en ma-\ntière de musique palestinienne — que S. S. le Pape Pie X aurait dit récemment :\n<( Je suis obligé de reconnaître et de louer les progrès caractéristiques réalisés par\nles Bénédictins (dans la science du plain-chant), mais leurs livres de chant litur-\ngique sont encore très éloignés de jouir de la même autorité officielle que ceux\nde Pustet )). Ces graves paroles sont reproduites dans une note si vague, si\nambiguë, et elles sont si contraires à ce qu'on a dit de la compétence musicale\ndu Pape actuel, que nous désirerions en avoir une confirmation plus franche,\navec indication, si possible, de la source où on les a puisées."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c030", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "715", "page_fin": "715", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.2", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. — Par arrêté ministériel en date du 7 décembre courant,", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. — Par arrêté ministériel en date du 7 décembre courant,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "715", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.23", "debut_caractere": 844, "fin_caractere_exclue": 1097, "texte": "CONSERVATOIRE. — Par arrêté ministériel en date du 7 décembre courant,\nM. Crosti, professeur de chant au Conservatoire national de Musique et de\nDéclamation, a été admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite, à\npartir du IER novembre 1903."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c031", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "715", "page_fin": "715", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.3", "titre_corps": "OPÉRA. — Mme Charles Garnier, veuve de l'architecte de l'Opéra, a fait", "titre_sommaire": "OPÉRA. — Mme Charles Garnier, veuve de l'architecte de l'Opéra, a fait", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "715", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.23", "debut_caractere": 1099, "fin_caractere_exclue": 1602, "texte": "OPÉRA. — Mme Charles Garnier, veuve de l'architecte de l'Opéra, a fait con-\nnaître à l'administration des Beaux-Arts son intention de donner à l'Etat le\nbuste de son mari, par Carpeaux, pour être placé à bavant-foyer de ce théâtre.\nCe buste se trouve actuellement à Bordighera (Italie).\nMme Bertrand, veuve de l'ancien directeur de l'Opéra, a manifesté également\nle désir d'offrir au Musée de ce théâtre le buste de son mari, exécuté, en mar-\nbre, par Ludovic Durand. Ce buste a figuré au Salon de 1887."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c032", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "715", "page_fin": "715", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.4", "titre_corps": "ODÉON. On représente actuellement, à l'Odéon, VAbsent, pièce en 4 actes", "titre_sommaire": "ODÉON. 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Le premier de ces morceaux est un andante\ntrès expressif, tandis que le second se compose d'un allegro très mouvementé.\nLe prélude du second acte est un scherzo pittoresque ; celui du troisième, une\nlamentation, précédée d'une peinture brutale de la guerre dans les Indes Néer-\nlandaises ; le dernier prélude est un solo de violon, durant lequel reviennent\ntransformés plusieurs leit-motive de la partition."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c033", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "715", "page_fin": "715", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.5", "titre_corps": "LYON. 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Marius Boullard, directeur de l'Ecole\nnationale de Musique de Moulins, qui dirigeait en même temps, depuis près\nde 40 ans, dans cette ville, (( la Lyre Moulinoise »."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c038", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "716", "page_fin": "716", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.10", "titre_corps": "BORDEAUX, M. Frédéric Boyer, Directeur du Grand-Théâtre, montera au", "titre_sommaire": "BORDEAUX, M. 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Jean Sardou et Gou-\nnouilhou."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c039", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "716", "page_fin": "716", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.11", "titre_corps": "ROUBAIX. Par arrêté préfectoral en date du 19 novembre 1903 :", "titre_sommaire": "ROUBAIX. Par arrêté préfectoral en date du 19 novembre 1903 :", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "716", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.24", "debut_caractere": 958, "fin_caractere_exclue": 1385, "texte": "ROUBAIX. Par arrêté préfectoral en date du 19 novembre 1903 :\ni° M. Rosticher Paul a été nommé professeur de piano et d'orgue de la classe\nd'hommes à l'Ecole de Musique, succursale du Conservatoire national, à Rou-\nbaix, en remplacement de M. Montagne, admis à faire valoir ses droits à une\npension de retraite;\n20 M. Chatilliez Albert a été nommé secrétaire surveillant de ladite Ecole, en\nremplacement de M. Turbelin, décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c040", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "716", "page_fin": "716", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.12", "titre_corps": "CAEN. —Ont été nommés, pour une période de trois années, membres de la", "titre_sommaire": "CAEN. —Ont été nommés, pour une période de trois années, membres de la", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "716", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.24", "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 1709, "texte": "CAEN. —Ont été nommés, pour une période de trois années, membres de la\nCommission de surveillance de l'Ecole nationale de Musique de Caen :\nMM. Guillouet, conseiller municipal ;\nNoury,\nNoël, conseiller de préfecture ;\nMeignan, avoué à la Cour d'appel ;\nManchon, secrétaire de la Chambre de Commerce ;\nJaquot, propriétaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c041", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "716", "page_fin": "717", "image_debut": 24, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.13", "titre_corps": "MONTPELLIER. M. Armand Granier, professeur de solfège à 1 Ecole", "titre_sommaire": "MONTPELLIER. M. Armand Granier, professeur de solfège à 1 Ecole", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "716", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.24", "debut_caractere": 1711, "fin_caractere_exclue": 2475, "texte": "MONTPELLIER. M. Armand Granier, professeur de solfège à 1 Ecole\nnationale de Musique de Montpellier, est nommé professeur de chant à ladite\nEcole, en remplacement de M. Mayen, démissionnaire.\nM. Xavier Leroux, dont l'Opéra-Comique va donner la Reine Fiammette (en\ncollaboration avecM. Catulle Mendès) au moment où paraîtra le présent numéro\nde la Revue musicale, travaille à un drame lyrique, Théo dora, que M. Victorien\nSardou a extrait lui-même de sa pièce jadis jouée par Sarah Bernhardt à la\nPorte-Saint-Martin.\nM. Sardou pour le livret a un collaborateur, M. Paul Ferrier, qui écrit les\nscènes en vers.\nM. Fernand le Borne, qui vient d'obtenir à l'Odéon un si grand succès pour\nla musique de scène qu'il a écrite sur l'Absent, de M. Georges Mitchell, écrit en"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "717", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "ce moment un opéra intitulé les Girondins. Le livret est tiré par M. Lénéka de\nl'ouvrage célèbre de Lamartine.\nLE NOUVEAU DIRECTEUR DES BEAUX-ARTS A BRUXELLES. M. Henry Marcel,\nle successeur de M. Roujon à la direction des Beaux-Arts, était venu honorer\nde sa présence la première représentation du Roi Arthus, la belle partition\nd'Ernest Chausson, dont le théâtre de la Monnaie de Bruxelles a donné la pri-\nmeur.\nAu souper qui a suivi le spectacle, souper dans lequel MM. Kufferathet Guidé,\nles actifs et intelligents directeurs delà Monnaie, avaient réuni les amis de l'auteur,\nla critique musicale venue cle Paris, la presse bruxelloise et les artistes de la\nMonnaie, plusieurs allocutions ont été prononcées. M. Maus a pris le premier la\nparole au nom des amis de l'auteur ; M. le bourgmestre de Mot a répondu dans\nune vibrante allocution.\nM. René Marcel a, dans une superbe improvisation, d'une forme très châtiée,\nrendu hommage à la Belgique, qui accueille l'art français. (( Certes, a-t-il dit, la\nBelgique fut jadis la seconde patrie des proscrits ; aujourd'hui il n'y a plus de\nproscrits, mais il y a les oubliés de l'art français. Ces compositeurs que l'indiffé-\nrence ou la négligence coupable des directeurs de nos scènes subventionnées\nexilent de FAance trouvent à Bruxelles un asile pour leurs œuvres. Faut-il rap-\npeler Hérodicide, Sigurd, Salammbô, Samson et Dalila, Gwendoline, etc. ?))\nCes paroles courageuses ont eu un gros retentissement à Bruxelles et feront\nune grande impression en France."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c042", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "717", "page_fin": "717", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.14", "titre_corps": "MAISON PLEYEL. Voici la liste des séances musicales annoncées jusqu'au", "titre_sommaire": "MAISON PLEYEL. Voici la liste des séances musicales annoncées jusqu'au", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "717", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.25", "debut_caractere": 1528, "fin_caractere_exclue": 1998, "texte": "MAISON PLEYEL. Voici la liste des séances musicales annoncées jusqu'au\nlERIER janvier 1904. Grande salle :le 14, à 8 h , xM. Lucien Wurmser ;le 16, 8 h., le\nquatuor Schnéklud;le 17, 8h , MLLE Baudin ;le 18, 8 h., M. Lucien Wurmser; le\n20, 1 h., MME Le Grix (élèves) ;le 21, 8 h., MLLE Germaine Tassart ;le 22, 8 h.,\nMME Ed. Colonne (élèves) ;le 23, 8 h., M. Lucien Wurmser. Salle des qua-\ntuors :le io, 1 h., MLLE Baudin ;le 18, 8 h., M. Bouvet; le 19, 8 h.,M. Véchalac."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c043", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "717", "page_fin": "718", "image_debut": 25, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.15", "titre_corps": "ROUEN.", "titre_sommaire": "ROUEN.", "signature_source": "GEO DE MONTREUIL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "717", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.25", "debut_caractere": 2000, "fin_caractere_exclue": 3146, "texte": "ROUEN.\n\nLa Schola Cantorum nous donna, le mois dernier, le premier en\ndate des cinq concerts annoncés pour cet hiver. Au programme uniquement\ncomposé d'œuvres anciennes figuraient le superbe Concerto en ré majeur\nde J.- S. Bach pour piano, flûte et violon concertants, avec orchestre, et le cin-\nquième acte d'Armide, exécuté dans son intégralité. Grâceà leur intelligence musi-\ncale, à leurs excellents moyens vocaux, Mlle Marie de la Rouvère et M. Jean\nDavid interprétèrent magnifiquement cette noble et belle inspiration de Gluck.\nM. Marcel Labey remplaçait au pupitre M. Bordes, empêché de se rendre à\nRouen. Sous la direction ferme, précise, de ce jeune musicien, l'orchestre et les\nchœurs d'un nombre malheureusement un peu trop réduit nous offrirent\ndes exécutions fort soignées.\nGrand succès pour Mllc Marthe Legrand dans l'air si expressif de Thélaïre\n(Castor et Pollux) etpourMlle Blanche Selva, dontle jeu souple et sûr s'est encore\nune fois affirmé dans le Concerto de Bach d'abord, et ensuite dans quelques\npièces pour piano.\nLe programme se complétait, en outre, du gracieux Berger fidèle de Rameau et\nde charmants chœurs deßousset."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "718", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 321, "texte": "Au prochain concert, qui aura lieu dans le courant de décembre, nous enten-\ndrons le trio Chaigneau et M. Louis Frolich.\nQuelques jours plus tard, le 26, M. Camille Chevillard et son orchestre,\naccompagnés du « Quatuor vocal de Paris )), se feront à leur tour entendre au\ncirque de Rouen.\n\nGEO DE MONTREUIL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c044", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "718", "page_fin": "718", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.16", "titre_corps": "LEIPZIG. Le Requiem cle G. Henschel (Breitkopf et Martel, éditeurs) a été", "titre_sommaire": "LEIPZIG. Le Requiem cle G. Henschel (Breitkopf et Martel, éditeurs) a été", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "718", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.26", "debut_caractere": 323, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "LEIPZIG. Le Requiem cle G. Henschel (Breitkopf et Martel, éditeurs) a été\nexécuté pour la première fois le 3 décembre au Concert du Gewandhaus de\nLeipzig, sous la direction de M. A. Nikisch. M. H. Kretzschmar consacre, dans\nles Leipqigey Neueste Nachrichten, un article très élogieux à cette oeuvre, qui\nlui paraît révéler un compositeur de premier ordre, et félicite le Gewandhaus\nde s'en être fait le parrain."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c045", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "718", "page_fin": "718", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.7.17", "titre_corps": "LES SALONS MUSICAUX.", "titre_sommaire": "LES SALONS MUSICAUX.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "718", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.26", "debut_caractere": 736, "fin_caractere_exclue": 1687, "texte": "LES SALONS MUSICAUX.\nL. L.\nMme la Princesse cle Cystria offrait, le samedi\n5 décembre, une heure d'excellente musique à quelques invités. Mlle Selva est\nune des très rares artistes qui savent faire parler le piano, c'est-à-dire nourrir sa\nsonorité, la colorer, et la varier. Nous avons beaucoup admiré sa verve puis-\nsante dans la Bourrée fantasque de Chabrier, et sa délicatesse languissante dans\nla valse Helvetia, de M. Vincent d'lndy. L'andante de la Sonate pour piano\net violon de M. Vreuls est un beau morceau, expressif et d'une noble tenue :\nM. Vreuls est-il appelé à recueillir une partie de l'héritage du regretté Lekeu ?\nNous l'espérons pour ce musicien de grand mérite, dont l'œuvre a été fort\nbien interprétée par Mlle Selva et M. Zeitlin, violoniste au son ample et doux.\nEnfin l'air de Léonore àla fin du ier acte de Fidelio a été vaillamment chanté\npar MHe Juliette Lanrezac, qui asu donner beaucoup d'accent à cette musique de\nflamme."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c046", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "718", "page_fin": "721", "image_debut": 26, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.8", "titre_corps": "Les Concerts.", "titre_sommaire": "Les Concerts.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "718", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.26", "debut_caractere": 1689, "fin_caractere_exclue": 2963, "texte": "Les Concerts.\n\nCONSERVATOIRE.\n\n— Le Concert du 6 décembre, consacré à Berlioz, a eu,\nil faut le reconnaître, un succès médiocre. Le public n'était certes pas hostile ;\nmais il s'est montré un peu froicl, et sa lassitude fut plus d'une fois visible. Il\nne faut incriminer ni l'orchestre, toujours excellent, ni M. Marty, qui par l'ai-\nsance, l'autorité, le caractère très personnel de sa direction, m'a rappelé l'admi-\nrable Weingartner ; ce sont les œuvres mêmes de Berlioz qui ont provoqué\nmoins d'enthousiasme qu'on n'eût désiré. J'avoue avoir partagé moi-même l'im-\npression du public. L'ouverture de Rob-Roy, commencée en 1831, est une œuvre\nassez brillante, mais une œuvre de jeunesse, un envoi de Rome offrant sur-\ntout un intérêt biographique. Roméo et Juliette a des pages de très haute\nvaleur : la première scène (combats et tumulte), qui, par sa vivacité d allure, fait\nsonger au début des Troyens ; les deux morceaux, ne ressemblant à rien autre,\net dune originalité absolue, sur la reine Mab ; la fête chez Capulet... Mais\nRoméo et Juliette est une symphonie mal équilibrée, se réduisant à quelques\nimages qui seraient intercalées dans un beau livre, et le style est inégal. S'il y a\ndes scènes où Berlioz a mis tout son cœur et tout son génie, et qui sont d'une"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "719", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "netteté d'expression saisissante, il y en a d'autres qui ne sont exemptes ni de\nlourdeur ni de monotonie. Toute la dernière partie, depuis Roméo au tombeau\ndes Capulets jusqu'au Serment de réconciliation, a paru (sauf le Réveil de Juliette,\nqui est très dramatique) un peu pénible. Il y a aussi dans cette symphonie, à plu-\nsieurs reprises, l'intervention fâcheuse du récitant, qui, en venant commenter et\napprécier l'action poétique, détruit l'illusion. Mme Maria Gay (contralto solo) et\nM. G. de Pommayrac (ténor) dans le Prologue, M. Bartet, dans le rôle du Père\nLaurence, ont été satisfaisants.\n\nC.\n\nCONCERTS COLONNE.\n\n— 29 novembre. M. Colonne nous est rendu, et le\npublic le salue d'une chaleureuse ovation. La Symphonie fantastique et le mor-\nceau symphonique de Rédemption nous ont permis d'apprécier une fois de plus\nles qualités de fougue, de puissance et de sensibilité de l'excellent chef d'or-\nchestre. Dans ce dernier morceau, j'ai enfin entendu 1 allègre contrepoint des\nviolons, qui se joue au-dessus de l'appel grave des trombones :\nC'est plaisir de reconnaître, à chaque exécution nouvelle, un nouveau progrès\ndans la finesse des détails. Quant à la Symphonie fantastique, je sais toutes les\nobjections qu'on peut élever contre le (( poème symphonique », autrement dit\nla (( musique à programme»; elles me touchent peu. Je ne vois pas pourquoi\nla musique se réduirai volontairement aux formes invariables de la symphonie\nou de la sonate, et n'essayerait pas de suivre avec plus de liberté les mouve-\nments de l'âme et de la pensée. Cette Symphonie est un chef-d'œuvre, et la\nMarche au supplice est peut-être la page la plus vigoureuse, la plus sombre et la\nplus ramassée, la plus éclatante et la plus saisissante qui ait jamais été écrite. A\ncôté de cela quelles mélodies exquises, d'une tendresse exaltée et douloureuse,\nbrusquement emportée jusqu'à la fureur, puis adoucie, apaisée en larmes et\nen repentir ! Toute l'âme de Berlioz n'est-elle pas là ? Elle est aussi dans le\ncharmant duo de Béatrice et Bénédicte modèle cle grâce, où la musique épouse le\nrythme des paroles avec une précision et une finesse extrêmes ; l'orchestre, très\ndiscret, enveloppe ces chants d'une ombre légère et frémissante, jusqu'au mo-\nment où deux flûtes, puis deux clarinettes en reprennent le thème, pour con-\nclure sur une pédale de clarinette. Tout cela est d'une écriture aussi ingénieuse\nque sobre et délicate Mlles Jeanne Leclerc et Alice Deville ont chanté simple-\nment, avec sûreté et avec goût.\nJe n'ai que peu de mots à dire du Thème varié de M. Caetani ; l'auteur n'est\nplus un inconnu pour le public parisien puisque M. Chevillard donnait, le 14 dé-\ncembre 1902, un Prélude symphonique signé de son nom (1). Le (( thème » qui\nnous a été offert aujourd'hui n'est pas sans mérite ; mais les variations, malgré\nle style fugué et les artifices de contrepoint vantés par le programme, n'ont\nd'autre intérêt que celui d'un bon travail d'école Attendons d'autres œuvres, et\nfélicitons, en attendant, M. Caetani d'avoir fait d'aussi solides études musicales.\n\n(1 Voir le compte rendu clans le numéro correspondant de la Revue musicale."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "720", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3405, "texte": "M. Arrigo Serato, dans le Concerto pour violon de Beethoven, a beaucoup de\nsentiment et de délicatesse ; il a aussi une interminable cadence, dont le besoin\nne se faisait pas sentir dans une œuvre déjà chargée de traits et de sauts péril-\nleux. Qu'elle serait belle, si l'on en retranchait toutes ces (( difficultés )), qui ne\ndonnent jamais, quelque soit le talent de l'artiste, que le sentiment de l'effort\net d'une lutte pénible avec un instrument rebelle !\n\nLOUIS LALOY.\n\nCONCERTS CHEVILLARD.\nL. L.\n— 6 décembre. -- Exécution très émue delà Symphonie\ninachevée de Schubert, dont les idées sont dignes de Beethoven par leur force et\nleur ampleur ; mais une nuance d'émotion plus délicate et moins héroïque, les\naccents du cor rêveur et de la tendre clarinette, annoncent déjà le romantisme de\nWeber. 10 Ouverture des Maîtres Chanteurs est conduite avec une belle sérénité ;\nne faudrait-il pas, par endroits, plus de vigueur, voire de pesanteur? L'art de\nWagner, dans les Maîtres Chanteurs, est plus proche de Rubens que de Puvis de\nGhavannes, ne l'oublions pas. M. Frohlich chante la méditation de Hans Sachs\n(3e acte) avec une précision, une autorité et un sentiment musical remarquables ;\nmais à lui aussi je demanderais plus de bonhomie et de rondeur en ce rôle de\nvieux philosophe populaire. Il fait merveille, en revanche, dans l'air de Paulus\nde Mendelssohn, qui a vieilli, malheureusement. Les fragments de Roméo et\nJuliette qui nous ont été donnés sont bien connus aujourd'hui du public parisien.\nC'est un fort beau tableau que cette tristesse de Roméo, qui grandit avec le\nbruit même de la fête, et ne se calme que par le retour à la solitude. J'aime\nmoins la scène d'amour ; la phrase des altos se répète vraiment beaucoup ; on\nfinit par s'en lasser, bien qu'elle exprime, avec une rare pénétration, ce que doit\nêtre l'amour dans une âme ardente et sombre. Mais le scherzo de la reine Mab\nnous emmène dans une forêt enchantée, où palpitent des voiles de brouillard,\noù appels s'élèvent des lointains invisibles, où passent, capricieuses, des formes\nque nous n'avons pas le temps de saisir. M. Chevillard a rendu très délicatement\ncette page exquise. La Symphonie en ut mineur terminait assez malencontreuse-\nment un concert qu'elle devait commencer.\n\nCONCERTS ROUGE. Les concerts classiques du mardi, aux Concerts Rouge\ndelà rue de Tournon, remportent déjà tout le succès qu'on en pouvait attendre.\nEn dehors des œuvres du répertoire courant des grands orchestres, une large part\nest faite dans les programmes aux musiciens trop oubliés aujourd'hui dont l'in-\nfluence sur l'Art musical a été cependant décisive.\nA côté de Bach, Haendel, Haydn, Mozart, Beethoven, nous entendrons Ra-\nmeau, Emmanuel Bach, Boccherini, et ces rapprochements seront un précieux\nenseignement de l'Histoire de la Musique. C'est ainsi qu'il nous a été donné\nrécemment d'entendre une très intéressante exécution de la Symphonie des\nAdieux, de Haydn (ainsi nommée parce que dans le finale les musiciens cessaient\nde jouer et quittaient leur pupitre l'un après l'autre), une exquise sonate de Bach\npour piano et flûte, et un quatuor de Beethoven dont l'interprétation fut des plus\nremarquables. D'ailleurs, les exécutants sont presque tous les premiers prix du\nConservatoire ; et l'on connaît le beau talent de leur chef, M. Touche.\n\nSCPIOLA CANTORUM. MLLE Blanche Selva consacrera une série de concerts à"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "721", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2210, "texte": "l'œuvre de piano de J.-S. Bach. Ces concerts auront lieu tous les mardis, à 9 h.\ndu soir, du mois de décembre au mois de mai. 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Delmas, Noté, Alvarez, Rousselière (Opéra), Mme Marguerite Carré,\nMM. Clément et Delvoye Mounet-Sully, Mlle Du Minil, delà\nComédie Française, etc..., on a tiré une tombola gratuite comprenant cent mille\nfrancs de prix en espèces pour les employés de la maison, une villa toute meu-\nblée, et une multitude de cadeaux. Ce qu'il m'importe de noter ici, c'est qu'avec\nson personnel d'employés (et d employés très occupés !), M. Dufayel a créé une\nharmonie et un orchestre des plus satisfaisants. Je signale simplement ce fait,\nsans commentaires, aux proviseurs cle nos lycées. —\n\nFONDATION BEETHOVEN (Société de Quatuors fondée en 1889 par Frédéric\nSchneklùd et Camille Chevillard). MM. André Tracol, Pierre Monteux,\nAndré Dulaurens, Frédéric Schneklùd, ont joué, le 9 décembre, à la salle Pleyel,\nle quatuor n° xti (op. 127) et le quatuor n° xm (op. 130) ; ils joueront, le 16, les\nquatuors xiv et xv. 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Cette Symphonie est un chef-d'œuvre, et la\nMarche au supplice est peut-être la page la plus vigoureuse, la plus sombre et la\nplus ramassée, la plus éclatante et la plus saisissante qui ait jamais été écrite. A\ncôté de cela quelles mélodies exquises, d'une tendresse exaltée et douloureuse,\nbrusquement emportée jusqu'à la fureur, puis adoucie, apaisée en larmes et\nen repentir ! Toute l'âme de Berlioz n'est-elle pas là ? Elle est aussi dans le\ncharmant duo de Béatrice et Bénédicte modèle cle grâce, où la musique épouse le\nrythme des paroles avec une précision et une finesse extrêmes ; l'orchestre, très\ndiscret, enveloppe ces chants d'une ombre légère et frémissante, jusqu'au mo-\nment où deux flûtes, puis deux clarinettes en reprennent le thème, pour con-\nclure sur une pédale de clarinette. Tout cela est d'une écriture aussi ingénieuse\nque sobre et délicate Mlles Jeanne Leclerc et Alice Deville ont chanté simple-\nment, avec sûreté et avec goût.\nJe n'ai que peu de mots à dire du Thème varié de M. Caetani ; l'auteur n'est\nplus un inconnu pour le public parisien puisque M. Chevillard donnait, le 14 dé-\ncembre 1902, un Prélude symphonique signé de son nom (1). Le (( thème » qui\nnous a été offert aujourd'hui n'est pas sans mérite ; mais les variations, malgré\nle style fugué et les artifices de contrepoint vantés par le programme, n'ont\nd'autre intérêt que celui d'un bon travail d'école Attendons d'autres œuvres, et\nfélicitons, en attendant, M. 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Le chef-d'œuvre du genre est\nla Passacaille pour orgue de J.-S. Bach :\nMais la nouvelle œuvre de M. d'lndy n'a de la Passacaille que son mouvement ;\nle motif est beaucoup plus expressif que rythmique. Aussi le maître a-t-il pré-\nféré le traiter en Choral varié : c'est là un autre genre ancien, illustré également\npar Bach, repris par Franck dans les toutes dernières années de sa vie (1). Il\nprésente des difficultés considérables, parce qu'il n'admet qu'une idée princi-\npale, celle même du choral, et n'est pas soumis à des règles fixes comme la fugue\nou la sonate : on peut donc craindre d'une part la monotonie, d'autre part le\ndécousu ou le mauvais équilibre. Tout dépend de l'intelligence du compositeur\net cle sa faculté de développement, c'est-à-dire de la richesse harmonieuse des\néchos qu'une idée musicale éveille en son esprit. Des maîtres d'une inspiration\npuissante et d'une sincérité profonde, comme J.-S. Bach et Cés. Franck, ont\nseuls réussi dans le choral varié. M. d Indy y réussit à son tour, à force de\nconviction et de noble simplicité. Une très légère modification du rythme lui suf-\nfit pour donner plus d'inquiétude au thème, à l'entrée du saxophone :\nQuelle émotion timide et contenue, et que cette phrase convient bien à l'in-\nstrument au timbre voilé, lointain, que l'on sait ! Les deux parties de la phrase se\n\n(1) Trois Chorals variés pour orgue. Paris, Durand et fils. Voir à ce sujet l'étude de M. d Indy\nsur César Franck parue ici même (n° du ier juillet 1903, p. 301)."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "723", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.31", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1960, "texte": "superposent ensuite, comme dans l'exposition, la première confiée à l'orchestre,\nla seconde au saxophone, en un épisode mélancolique et calme. Puis le thème\nse passionne, monte au ton de la dominante [sol mineur), passe par une nou-\nvelle modification rythmique\ns'affirme énergiquement à l'orchestre, s'alanguit enfin et retombe : seules les\nbasses répètent encore, comme en rêve, la fin de la phrase, et le saxophone\nrentre alors, pour un contre-chant d'une tristesse rêveuse et tendre :\nMais bientôt le ciel s'éclaire, et, sous de frémissantes broderies des violons et\ndes flûtes, la phrase reparaît, un peu étrange, forme indécise qu'on croit voir\nflotter dans l'air matinal. Elle se précise peu à peu et s'impose enfin, dans le\nton primitif et en rythme égal :\nC'est le dernier épisode, que termine un rappel, très lent, du rythme primitif,\natténué, réduit à deux notes, puis à une seule, un sol aigu {pp.) du saxophone :\nj'imagine que M. d'lndy, qui est un maître incomparable de l'orchestre, a écrit\ncette note avec plaisir : elle est d'un timbre effacé et pâli, et ne présente d'ail-\nleurs aucune difficulté à cause du sol grave qui précède (1). C'est du reste, dans\ntoute l'œuvre, la seule recherche de ce genre ; impossible d'y relever la moin-\ndre trace de virtuosité; partout l'instrument solo garde son caractère expressif,\net n'intervient que pour donner à l'ensemble sa teinte particulière de douceur et\nde mélancolie. C'est un acteur parmi les autres, un acteur principal, mais qui\nne sort jamais de son rôle.\nTelle est la dernière œuvre de M. d'lndy. Elle est simple et elle est grande. 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La beauté de ces œuvres\ns'impose; en outre, je n'en connais point de plus saines et déplus fécondes en\nhautes leçons.\n\nLOUIS LALOY.\n\nFR. ROUSSEL-DESPIERRES.\nJULES COMBARIEU.\n— L'Idéal esthétique (i vol. chez Alcan, Bibl. de phi-\nlosophie contemporaine, 2 fr. 50). — Dans une conférence récente, M. Brune-\ntière, préoccupé de certaines misères du temps présent, disait : Les questions\nsociales sont des questions morales, et les questions morales sont des questions\nreligieuses. Et dans une étude publiée quelques jours auparavant par la Revue\ndes Deux-Mondes —• étude très éloquente, hautaine, amère, forte jusqu'à la vio-\nlence, — le puissant écrivain soutenait cette thèse, qu'il n'y a de religion que là\noù il y a des dogmes précis, étroits, impératifs. D'après M. Brunetière, ce sont\ndonc les dogmes catholiques, — les dogmes seuls, et non pas cet idéalisme sen-\ntimental dans lequel on a essayé de les fondre, — qui peuvent améliorer la\nsociété présente, apaiser ses conflits douloureux, relever ses veuleries, guérir\nson individualisme féroce.\nM. Fr. Roussel-Despierres, dans son Idéal esthétique, se montre très sincère-\nment préoccupé, lui aussi, de l'intérêt social ; mais le remède qu'il apporte est\nprécisément celui que condamne M. Brunetière. Le point de départ de sa doc-\ntrine est (( l'irrémédiable décadence des dogmes imposés )). Sans déclamation\nlittéraire, avec un sens philosophique très remarquable et une conviction réflé-\nchie d'apôtre, il veut remplacer les théologies surannées par le culte purement\nhumain de la Beauté, laquelle doit dominer à la fois la morale, l'éducation, la\nvie pratique et la politique elle-même.\nBien que la seconde de ces deux thèses implique un hommage à l'art que\nnous servons ici, nous excéderions, en les discutant l'une et l'autre, les modestes\nlimites dans lesquelles doit se renfermer une Revue musicale, et nous nous\nexposerions sans doute au reproche d'incompétence ; mais nous savons appré-\ncier le talent partout où on le rencontre : après avoir admiré la dialectique pas-\nsionnée de M. Brunetière qui fait revivre l'éloquence des Provinciales, nous\navons lu avec le plus vif plaisir le livre où M. Fr. Roussel-Despierres montre\nune grande générosité de cœur et une rare distinction d'esprit. L'ldéal esthétique,\noù est affirmée l'identité du beau et du bien, et où l'amour est considéré comme\nle moyen de réaliser le progrès moral, nous a rappelé les plus belles pages\ndes Lois et du Banquet de Platon.\n\nOUVRAGES REÇUS.\nERNEST CHAUSSON, Le Roi Arthus, partition pour piano et chant. Paris,\nChoudens.\nMARCEL LABEY. Sonate pour piano et violon. Paris, Baudoux.\nEMILE RATEZ, directeur du Conservatoire de Lille. Traité élémentaire de Con-\ntrepoint et de Fugue. Paris, A. Leduc.\nEMILE RATEZ. Vesontio, ouverture symphonique. Paris, A. 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Voici quelques\npages importantes du rapport de M. Bourgault-Ducoudray :\nLa musique chorale ne vivant que de « sentiments collectifs », si on veut l'im-\nplanter dans un pays, il faut faire naître les occasions d'exprimer des sentiments\ncollectifs. Il ne s'agit point ici de procurer les joies stériles du dilettantisme ou\nles joies vaniteuses de la virtuosité ; la musique chorale ne peut s'accommoder\nde la théorie de « l'art pour l'art ».\nIl lui faut, pour vivre, des sentiments réels, vivants, palpitants, qui aient\nbesoin de se formuler et de s'épancher en un flot musical. En France, ces occa-\nsions n'ont jamais existé, ou du moins, si elles ont existé, c'est à une seule\népoque, pendant la première Révolution.\nEn 1792, l'Etat voulut employer les arts et surtout la musique à exalter des\nsentiments (( réels », comme le fit l'antiquité grecque, comme le fît plus tard, à\nson exemple, le christianisme naissant, et comme le pratiquent à présent, avec\ntant de bonheur, les églises protestantes.\nA qui me demanderait : Pourquoi l'Allemagne est-elle une nation foncière-\nment (( chorale » ? je répondrais, sans hésiter : Parce qu'elle a eu un (( Luther ».\nLuther, qui fut non seulement réformateur religieux, mais poète et musicien,\naperçut plus clairement que qui que ce soit, depuis les anciens, la haute desti-\nnation de l'art. Il comprit que l'art était une force dont il fallait s'emparer et\nqu'elle rendrait à l'homme d'immenses services s'il parvenait à la diriger.\nLuther partit de ce principe, que la prière, pour être efficace, devait être for-\nmulée par tous, en musique, et, pour cela, il exigea que chaque fidèle devînt\nmusicien.\nLuther, en remplaçant le latin par la langue allemande et les hymnes grecs\ndu plain-chant par le choral ou chanson religieuse, créa le chant (( omnibus ».\nLe choral harmonisé habitua les fidèles au chant en parties, qui, résonnant à\nl'oreille des jeunes générations et frappant leur âme, devait faire naître des im-\npressions musicales précoces, et fournir à l'enfant le plus jeune de fréquentes\noccasions de pratiquer la grande musique chorale.\nLe chant des psaumes à l'église ne suffisant plus à cet appétit d'art religieux\net élevé, les fidèles se réunirent en dehors de l'office pour chanter des oratorios.\nSans Luther, qui sait si Séb. Bach et Hândel auraient écrit leurs plus belles\npages ?\nLuther a donc créé, avec un succès inouï, des occasions pour ses coreligion-\nnaires d'exprimer le sentiment collectif religieux ; en même temps qu'il rendait\nl'utilité de la musique évidente en l'appliquant à un but élevé et civilisateur, il\nrenseignait l'Allemagne, une fois pour toutes, sur la fonction et la vertu du\n(( grand art «, et lui en inculquait à jamais l'amour et le respect.\nDe cette notion claire et universellement consentie, que l'art n'est pas un luxe,\nmais un « soleil de vérité », il est résulté cette double conséquence qu'en Aile-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "726", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.34", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3455, "texte": "magne, les grands philosophes, les grands artistes, les poètes et les musiciens\nont eu de l'action, non pas seulement, comme en France, sur une portion res-\ntreinte, mais sur l'ensemble de la nation ; que leur portée, par cela même qu'elle\nétait plus générale, a été moins soumise que chez nous aux caprices de la\nmode, et parce qu'elle était plus profonde, a été plus durable.\nEn Allemagne, grâce à Luther, l'art dans son acception élevée est réputé\n(( chose sainte ».\nIl n'en est pas de même en France. C'est un aphorisme assez accrédité\nchez nous, qu'en fait de musique (( le bon Dieu ne vaut pas le diable ».\nEn France, depuis deux cent cinquante ans, l'art s'est manifesté surtout au\nthéâtre, et il y eut, dès avant cette époque, rupture complète entre le théâtre et\nl'Eglise. 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Sans doute, l'Eglise\ncatholique veut, en principe, que tous les fidèles prennent part au chant sacré ; le plain-chant a\nmême été constitué pour cela. Mais, en fait, ce qui règne dans la plupart des églises, on s'en\naperçoit à Paris plus encore que partout ailleurs,—■ c'est l'individualisme musical et la virtuosité\nprofane."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "727", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.35", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "ne faut pas oublier que Hàndel, qui fut un musicien de génie, était aussi un fils\nde Luther.\nSi j'insiste, Monsieur le Ministre, sur les raisons extra-musicales qui font\nfleurir la musique chorale à l'étranger, c'est que vous m'avez témoigné le désir\nd'avoir des renseignements sur ce point ; je le fais aussi pour montrer que leur\ninfluence est telle, qu'elles créent la musique chorale sans moyens pédago-\ngiques, tandis que les moyens pédagogiques seuls seraient impuissants à la\ncréer.\nEn Angleterre, les moyens pédagogiques sont peu avancés, et la musique cho-\nrale est florissante ; on y voit fréquemment des milliers de choristes, des deux\nsexes et de toutes les classes, venir spontanément des quatre coins du royaume\npour organiser des exécutions colossales en l'honneur de Hàndel.\nChez les Allemands (la nation la plus musicale de l'Europe), bien que l'ensei-\ngnement de la musique soit obligatoire, les moyens dont on se sert pour l'en-\nseigner ne paraissent pas être organisés avec cette perfection qu'on remarque\ndans certaines autres branches de l'éducation, par exemple dans celle de l'in-\nstruction militaire. Mais en Allemagne on ne se contente pas de dire, comme chez\nnous : (( Je ne suis pas musicien, mais j'adore la musique i » on aime la mu-\nsique, et on le prouve en étant musicien.\nEn France, malheureusement, la culture artistique est trop superficielle ; l'art\nest trop un objet de luxe ; il en est de lui comme d'une denrée qui varie suivant\nles bourses ; il y a un art pour les riches, et un art pour les pauvres.\nLes orphéonistes, qui chantent, ne consomment pas la même musique que les\nbourgeois qui jouent du piano.\nNos orphéons et nos fanfares (qui ont du bon cependant) n'ont jamais popu-\nlarisé que de la musique de troisième ordre. Ces institutions ne sont pas consi-\ndérées comme faisant partie du (( monde musical )).\nCe n'est pas pour accentuer et aggraver les catégories que l'art existe ! Le but\ndu grand art est de faire (( l'unité )) dans le cœur d'une nation. Aussi, Monsieur\nle Minisire, le bienfait de la réforme dont vous voulez doter la France serait\nincomplet, si, en rendant la musique obligatoire dans l'enseignement pri-\nmaire, vous ne la rendiez en même temps obligatoire dans l'enseignement\nsecondaire.\nDe même qu'il n'y a qu'un soleil pour le pauvre et pour le riche, il faut qu'il\nn'y ait qu'une seule vérité et qu'un seul art ! S'il y a des sentiments qui doivent\nêtre communs à toutes les classes, l'art qui seul peut les exprimer doit être pra-\ntiqué dans toutes les classes; ainsi l'union naîtra non seulement de la commu-\nnauté des sentiments ressentis, mais de la communauté des sentiments mani-\nfestés ; or rien n'exalte et ne vivifie un sentiment dans nos cœurs comme de\nl'entendre exprimer autour de nous par ceux qui le partagent.\nMais vous auriez organisé avec la plus complète perfection l'instruction\nmusicale dans les deux enseignements primaire et secondaire, que cela ne suf-\nfirait pas.\nL'engin pédagogique le plus formidable n'aboutirait qu'à un résultat surper-\nficiel, c'est-à-dire à un (( déboire )), sans la coexistence d'un besoin moral : celui\nd'exprimer des sentiments collectifs. Donc ce qui est plus important que tout le\nreste, c'est de faire naître pour tous les occasions de sentir la volupté du sen-\ntiment collectif exprimé musicalement. 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Il faudrait des sociétés mixtes d'hommes et de femmes,\ninstruites, et nombreuses, pour populariser les grandes œuvres de la musique\nchorale. Dans notre pays, le rôle de l'Etat devrait être d'encourager de toutes\nses forces ces sociétés, en leur facilitant l'achat de la musique, en leur assurant\ngratuitement des salles de réunion, peut-être en accordant à leurs membres,\naprès un certain temps de service, des privilèges et des immunités.\nCes encouragements devraient être généraux ; ils ne devraient, en aucune\nmanière, entraver l'indépendance des sociétés, en créant un lien administratif :\nla vie du chant choral, c'est la liberté !\nCe que pourrait encore l'Etat, ce serait de multiplier les occasions où ces\nsociétés se produiraient en affirmant, pour la plus grande joie de la vie com-\nmune, l'intensité des sentiments collectifs.\nJusqu'ici la musique de (( circonstance » a été traitée avec le dernier dédain.\nElle ne peut être intéressante que si elle est rigoureusement en (( situation »\net formule des sentiments réels. 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Voici quelques\npages importantes du rapport de M. Bourgault-Ducoudray :\nLa musique chorale ne vivant que de « sentiments collectifs », si on veut l'im-\nplanter dans un pays, il faut faire naître les occasions d'exprimer des sentiments\ncollectifs. Il ne s'agit point ici de procurer les joies stériles du dilettantisme ou\nles joies vaniteuses de la virtuosité ; la musique chorale ne peut s'accommoder\nde la théorie de « l'art pour l'art ».\nIl lui faut, pour vivre, des sentiments réels, vivants, palpitants, qui aient\nbesoin de se formuler et de s'épancher en un flot musical. En France, ces occa-\nsions n'ont jamais existé, ou du moins, si elles ont existé, c'est à une seule\népoque, pendant la première Révolution.\nEn 1792, l'Etat voulut employer les arts et surtout la musique à exalter des\nsentiments (( réels », comme le fit l'antiquité grecque, comme le fît plus tard, à\nson exemple, le christianisme naissant, et comme le pratiquent à présent, avec\ntant de bonheur, les églises protestantes.\nA qui me demanderait : Pourquoi l'Allemagne est-elle une nation foncière-\nment (( chorale » ? je répondrais, sans hésiter : Parce qu'elle a eu un (( Luther ».\nLuther, qui fut non seulement réformateur religieux, mais poète et musicien,\naperçut plus clairement que qui que ce soit, depuis les anciens, la haute desti-\nnation de l'art. 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Mais supposons, si vous voulez, que j'ignore cette époque dans ses détails, ou\nencore que je ne la possède pas aussi bien que M. L. L., et reprenons ma phrase : l'art musical\nexistait à peine. Par elle seule, cette affirmation tend à prouver que si je ne connais point parfaite-\nment la période du xme et du xive siècle, du moins je ne l'ignore pas tout à fait\nAu fond, M. L. L. me donne raison sans le vouloir probablement, grâce aux exemples cités\npar M. de Coussemaker dans l'Art harmonique au xne et au xme siècle, la Messe publiée par lui\nd'après le manuscrit de Montpellier. Que l'on compare ces essais embryonnaires d'harmonie avec\ndes œuvres de Okeghem, Josquin, Brumel, Pierre de la Rue, etc , et il sera facile de voir quand\nl'art musical commençait àse manifester et quand il existait réellement. Ses progrès au xvie siècle\nsont considérables : or, c'est tout ce que ma courte phrase contenait en substance ; je ne com-\nprends donc pas les regrets qu'elle a fait naître chez mon honorable contradicteur...\nVeuillez agréer, etc.\n\nF. DE MÉNIL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c072", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c072", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "731", "page_fin": "731", "image_debut": 39, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.12.2", "titre_corps": "Il résulte de tout cela que M. de Ménil accorde bien une sorte d'existence", "titre_sommaire": "Il résulte de tout cela que M. de Ménil accorde bien une sorte d'existence", "signature_source": "L. 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En second lieu, nous croyons, pour notre part, qu'on a beaucoup exa-\ngéré les imperfections de cette harmonie primitive ; et le canon du coucou, que\nnous donnerons prochainement, est vraiment un morceau aussi agréable que\nsavant ;or il date du xme siècle ! Quant à la science de M. de Ménil, nous ne\nl'avons jamais mise en doute ; et si nous avons cru devoir relever dans son article\nune assertion un peu risquée, c'est qu'elle nous surprenait de sa part : nous\nregrettions de la trouver dans une étude d'ailleurs remplie de faits et d'idées\njustes sur l'art du xvc siècle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c073", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c073", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "731", "page_fin": "732", "image_debut": 39, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.13", "titre_corps": "Concours de musique.", "titre_sommaire": "Concours de musique.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "731", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.39", "debut_caractere": 2903, "fin_caractere_exclue": 3646, "texte": "Concours de musique.\n\nNous rappelons à nos lecteurs que le délai accordé pour les concours dont\nnous avons donné le détail et les sujets dans notre numéro du 15 octobre s'étend\njusqu'au lerIer février 1904 :\nComposition musicale (danse pour piano à cinq temps), prix offert, 500 fr. ;\nharmonie (200 fr.), histoire musicale {id.), etc...\nLa Revue musicale accuse réception de leur envoi aux auteurs dont les travaux\nportent les devises suivantes :\nCent fois sur le métier remettez votre ouvrage. Musica me juvat. Macht er\nden Meistern ban g, gar Wohl gefiel er doch H ans Sachsen. f aurai du moins\nl'honneur de l'avoir entrepris. Harmonie.—Odi profanum vulgus. Con\nspirito. 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Thibaut, de dom Hugues Gaïsser ;\n30 [Musique du moyen âge): mémoires du MM. G. Houdard, dom H. Gaïsser,\nMgr B. Grassi-Landi, Liborio Sacchetti, Pierre Aubry, Michel Brenet ;\n40 (Musique jnoderne) : mémoires de MM. Camille Saint-Saëns, Bourgault-\nDucoudray, Meerens, Ilmari Krohn, G. Humbert, Adolf Lindgren, J. Carillo,\nChilesotti, Shedlock, R. Rolland, J. Combarieu, MUe Parent, etc., etc.\nPrix de l'ouvrage (port compris) : 10 fr. (au lieu de 15), aux bureaux de la\nRevue musicale.\n\nDans ses prochains numéros, la Revue musicale terminera la publication des\nSouvenirs inédits de Chopin et continuera la série de portraits et d'études sur les\nContemporains, les Maîtres et les Artistes d'autrefois, ainsi que les Exercices\nd'Harmonie et de Contrepoint, si appréciés de nos lecteurs. Elle publiera des htiU'QS\ninédites de Fr. Liszt à Alfred Jaell, une élude de M. Constant Pierre sur les\nChansons de la période révolutionnaire, des Textes musicaux du moyen âge,\naccompagnés d'études, de M. P. Aubry, et d'un exposé critiquede la «Notation pro-\nportionnelle )), des Chansons populaires russes, recueillies et traduites par M. C.\nZakone, des Noëls provençaux, harmonisés par M. E. Gueydon, et enfin des\narticles de ses collaborateurs nouveaux : MM. Cl. Debussy, P. Landormy, L. de\nla Laurencie, Dr Lombard, O. Maus, H. de la Ville de Mirmont, etc. Enfin\nnotre Supplément musical donnera, outre des œuvres anciennes soigneusement\ntranscrites d'après les documents originaux, des compositions modernes choisies\nparmi les plus dignes de figurer dans cette Anthologie des Maîtres Musiciens.\nLa Table des Matières de Vannée écoulée sera encartée dans notre numéro du\nler janvier igoq."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1903-12-15-01-c074", "article_bluemountain": "bmtnabj_1903-12-15_01#c074", "volume": "bmtnabj_1903-12-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "731", "page_fin": "732", "image_debut": 39, "image_fin": 40, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.2.13.1", "titre_corps": "Nous rappelons à nos lecteurs que le délai accordé pour les concours dont", "titre_sommaire": "Nous rappelons à nos lecteurs que le délai accordé pour les concours dont", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": "731", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.39", "debut_caractere": 2925, "fin_caractere_exclue": 3646, "texte": "Nous rappelons à nos lecteurs que le délai accordé pour les concours dont\nnous avons donné le détail et les sujets dans notre numéro du 15 octobre s'étend\njusqu'au lerIer février 1904 :\nComposition musicale (danse pour piano à cinq temps), prix offert, 500 fr. ;\nharmonie (200 fr.), histoire musicale {id.), etc...\nLa Revue musicale accuse réception de leur envoi aux auteurs dont les travaux\nportent les devises suivantes :\nCent fois sur le métier remettez votre ouvrage. 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Non\npas qu'on ne puisse citer, dans l'art musical moderne, d'autres noms que le sien,\nni même que d'aucuns ne gardent une préférence plus ou moins secrète pour\ndes maîtres d'un goût ou d'un âge différents. Chacun est libre, et je veux respecter\nici les opinions sincères, si contraires soient-elles aux miennes. Mais s'il s'agit\nd'apprécier l'influence exercée, l'autorité conquise, je crois qu'il n'y a point de\ndiscussion possible ; le musicien qui, continuant l'œuvre de César Franck, a\nrendu à son art la force, la conviction, l'ardeur au progrès qui menaçaient de s'é-\nteindre, celui qui, de son exemple et de ses préceptes, a fait revivre en notre pays\nla musique pure, musique cle chambre ou symphonie, a donné des modèles\nnouveaux de poèmes symphoniques solidement construits et de drame lyrique\nsérieux (i), celui enfin qui a décidé la marche en avant et sur qui tous ont au-\njourd'hui les yeux fixés, parce que son geste montre les horizons de 1 avenir,\nc'est M. Vincent cl'lndy, et c'est lui seul. Et l'ovation de l'autre soir, à l'Opéra,\nn'allait pas seulement à l'auteur d'un noble poème et d'une émouvante musique,\nelle allait à un maître, dans l'ancienne et belle acception du mot, c'est-à-dire\nà l'homme capable non seulement d'écrire des chefs-d'œuvre, mais de former\nclés hommes.\nC'est donc le moment de se demander à quoi tient cette situation éminente de\nM. d'lndy, qui ne date pas d'hier, mais qui aujourd'hui est devenue cle notoriété\npublique. A beaucoup de science sans cloute, répondra-t on tout cl abord. La\nscience de M. d'lndy est indéniable « Il sait tout ce qu'on peut savoir », disait\njadis un professeur du Conservatoire peu suspect cle bienveillance exagérée à son\négard. Cette science d'ailleurs n'a pas été acquise en un jour ; le maître a raconté\nici même (2) comment, lorsqu il était encore élève au Conservatoire, il alla mon-\ntrer un jour à César Franck certain quintette cle sa composition. « Lorsque j eus\n(( exécuté devant lui ce fameux quintette, il resta un moment silencieux, puis, me\n(( regardant d'un air triste, il prononça ces paroles que je n'ai pu oublier, car elles\n« eurent une action décisive sur ma vie: (( Il y a quelques bonnes choses... les\n(( idées ne seraient pas mauvaises ; mais vous ne savez rien du tout. )) Avec une\n\nNous donnons plus loin (Notes bibliographiques) le relevé complet et daté des œuvres de\nM cl'lndy, que nous devons à son obligeance.\n(2) Revue du ier septembre 1903."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "695", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.3", "texte": "VINCENT D'iNDY\n\nmodestie bien rare chez unjeune auteur, M. d Indyse remit alors au travail, sous\nla direction du bon César Franck, et apprit l'art de marier entre eux sujets et contre-\nsujets, de conduire un épisode, et surtout de construire une œuvre sur un plan\nlogique et simple. C'est là, certes, un bel exemple que l'on pourrait donner à\nméditer à plus d'un jeune musicien. A ce travail soutenu, M. d'lndy a gagné un\navantage, très précieux au compositeur : c'est d'être maître absolu dans le monde\ndes sons, de manier sans effort les formes les plus complexes et les plus rigou-\nreuses et de pouvoir, en conséquence, assouplir leur raideur, et leur donner le\ncharme delà vie. Car, en musique comme partout ailleurs, le grand art est de\nplaire, et la science n'a d'autre objet que d'empêcher toute gaucherie, toute\nmaladresse, toute lourdeur d'exécution, qui rendrait l'œuvre pédante et froide.\nTelle est bien la science de M. d Indy. Témoin les variations symphoniques\nd'lstar, si ingénieusement construites à rebours (( La première, dit un juge\n<( aussi compétent que délicat, M. Pierre de Bréville, est la plus flottante, simple\n(( effluve harmonique où se pourrait à peine deviner le thème qui, se précisant\n(( peu à peu, n'éclate qu'à la fin en sa simplicité, dégagé de tout voile, nu. La\n(( marche vers ce point de départ, ici point d'arrivée, est réglée avec une belle\n(( fermeté de logique, selon de symétriques correspondances d'enchaînement\n(( tonal. )) La marche est si logique,en effet, que l'on ne vit plus que dans l'attente\ndu thème, et c'est avec une sorte d'enthousiasme qu'on l'entend retentir, enfin\nlibéré, aux trompettes.\nJe pourrais encore citer bien d'autres exemples : les contrariétés de rythmes,\nsi vivantes, des divertissements du trio en si b ou du 2e quatuor, ou les exquises\ncombinaisons de la Suite en ré, cette pédale de flûte en ré qui s'obstine, tandis\nque tous les autres chantent en si b . Mais je sais qu'à trop louer la science d'un\nauteur, on risque de rebuter une partie du public, qui, dans son incompétence\njalouse, déclare l'ignorance inséparable de l'inspiration. Sans m'attarder à\ncombattre un préjugé absurde, je dirai donc que je n'ai jamais rien compris au\nreproche d'obscurité ou de froideur si souvent fait à la musique de M. d'lndy,\ncomme jadis à celle de Bizet, de Saint-Saëns et même de Gounocl. Je ne connais,\nau contraire, point d'oeuvres d'une structure plus claire et plus solide, d'une\npensée plus saine et plus vigoureuse. Quelle (( belle phrase )) vaudra jamais\nla première idée du trio en si b citée en tête de cet article : n'y a-t-il pas là une\naisance sereine qui élève l'âme ?\nOù trouver plus de fougue et d'élan que dans ce thème du finale de la Sympho-\nnie en so/, qui fuse dans l'air pur, tandis que les joyeuses broderies du piano\nrappellent, en le transformant, le chant montagnard du début ?\nEt la ballade du quatuor avec piano n'est-elle pas du meilleur romantisme,\nen sa tendresse altière et mélancolique ?"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "696", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.4", "texte": "VINCENT D'iNDY\n\nSi la beauté mélodique ne réside pas en ces pages, je ne sais trop où il faudra\ndésormais la chercher. La musique est un art dangereux, parce qu'elle exprime\ntoujours, même à notre insu, notre âme entière. Les cas sont nombreux, et j'en\npourrais citer, où une mélodie qui s'efforce à devenir héroïque ne nous parle que\nde pusillanimité, où une piété affectée ne nous révèle qu'égoïsme ou sensualité\ngrossière, où même, au milieu de nobles et fermes accents, une défaillance\nsubite nous révèle la vraie nature d'une âme qui ne peut s'échapper d'elle-même :\nles fêlures de ce genre se rencontrent jusque dans le Parsifal de Wagner. On\nn'en trouve point chez M. d'lndy ; sa musique, quand elle n'est pas un pur jeu\nde notes comme dans certaines pièces de piano, quand elle exprime quelque\nchose, ne nous apprend rien que de généreux, de fort et d'élevé. Une jchaleur\nde cœur contenue et soutenue, une mâle et ferme bonté, un sentiment profond\net sobre de la nature (1), une âme à la fois fervente et maîtresse d'elle-même, un\nidéal presque chevaleresque de probité, de pureté et de charité, voilà ce que nous\nmontre, à chaque page, une musique où revit le meilleur de notre race.\nC'est à cette hauteur d'inspiration que l'œuvre de M. d'lndy doit l'influence\nsalutaire qu'elle a exercée, en débarrassant notre musique des miasmes qui\nla corrompaient. Devant de telles pensées, comme devant un pareil homme\n(tous ceux qui l'ont approché le savent), les passions mauvaises, l'envie, l'am-\nbition, la vanité, se taisent ; on ne peut prononcer, en sa présence, de paroles\nfausses ou vulgaires ; il purifie tous ceux qui l'approchent ou le lisent, et le\ncomprennent. Mais ce n'est pas tout, et l'on ne comprendrait pas encore l'extra-\nordinaire action de M. d'lndy sur tous nos jeunes compositeurs, sans une der-\nnière qualité, la plus rare de toutes, qui est une sincérité jointe à une modestie\nextrême, ou plutôt à une si grande idée de la tâche à accomplir, que jamais\nl'auteur de tant de chefs-d'œuvre ne se déclare satisfait, et ne s'arrête, pour\ns'enfermer, comme ont fait tant d'autres, dans une facile imitation de soi-même.\nM. d'lndy ne croit pas encore avoir réalisé son rêve, il ne le croira jamais, et\nc'est un des spectacles les plus beaux qui soient, que de le voir chercher sans\ncesse à faire mieux, et nous donner, après le Chant de la Cloche, où l'influence\ndu maître de Bayreuth domine encore, le noble Fervaal, inspiré par nos mon-\ntagnes de France, nos Cévennes robustes et pures, et baignées de lumière (2), et\nenfin l'Etranger, drame classique s'il en fut, où toute l'action se réduit à un pro-\nblème moral, et où la musique suit l'action pas à pas, avec la plus scrupuleuse\net la plus intelligente docilité. Et l'on pourrait discerner, dans les dernières\nœuvres de musique puie, par exemple dans le Choral varié que nous analysons\nd'autre part (3), une pareille volonté d'être simple et expressif avant tout. Par là,\npar ce constant effort de renouvellement, M. d'lndy, malgré son expérience et\nson passé déjà glorieux, reste jeune parmi les jeunes, plus jeune même que bien\n\n(1) Fort bien analysé par M. L. de la Laurencie dans son bel article du Courrier musical\n(ier décembre 1903)\n(2) C'est ce que montrait avec beaucoup de finesse M. H. Gauthier-Villars dans son article sur\nla Musique française paru ici même (Revue du ler mars 1903).\n(3) Voir aux Publications nouvelles."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "697", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.5", "texte": "VINCENT D'iNDY\n\ndes compositeurs dont la trentaine est déjà figée et glacée. Et c'est parce qu'il\nne se déclare pas en possession de la vérité, mais veut au contraire la chercher\ntoujours, qu'il sera toujours le guide le plus sûr et le maître le plus écouté : sa\ndoctrine est une doctrine de vie et de progrès, non de progrès brutal et destruc-\nteur (on connaît son respect des vraies traditions), mais de progrès réfléchi, con-\ntenu, sans brusqueries et sans outrances : partir de ce qui existe pour aller\nplus loin, toujours plus loin, avec un entrain paisible et délibéré, telle est sa\ndevise ; il n'en est point de plus belle pour un artiste.\nIl y aurait d'intéressants rapprochements à faire, entre la représentation de\nY Etranger à l'Opéra et celle que nous offrait, le 7 janvier dernier, le Théâtre de\nla Monnaie à Bruxelles (1 ). Reconnaissons d'abord à MM. Kufferath et Guidé\nun mérite qu'on ne leur enlèvera pas: c'est d'avoir donné le bon exemple, comme\nce fut déjà le cas, en 1897, pour Fervaal, comme ils font encore aujourd'hui pour\nle Roi Arthus, d'Ernest Chausson. Le détour par la Belgique est-il donc néces-\nsaire aux plus nobles productions de l'école française ? Ne nous en plaignons pas :\nnous devons beaucoup à la terre flamande, puisqu'elle nous a donné Cés. Franck,\nsans qui notre musique ne serait pas ce qu'elle est ; nous avons là comme une\ndette de chefs-d'œuvre à acquitter. Et puis, ces pèlerinages périodiques à\nBruxelles nous donnent occasion de revoir le clocher de Sainte-Gudule, les Van\nLoo de la galerie d'Arenberg, et la viole de François lerIer au Musée du Conserva-\ntoire. Rien, en tout cela, de pénible, bien au contraire.\nMais, l'un après l'autre, les exilés rentrent en leur patrie : après Fervaal (d'ail-\nleurs disparu de nouveau, on ne sait trop pourquoi), VEtranger nous est rendu,\nsur la vaste scène de notre Académie nationale de musique. Cette ampleur\nm'effrayait bien un peu, ainsi que la magnificence coutumière des spectacles de\nl'Opéra. Qu'allait devenir, dans cette salle bâtie pour des fêtes, un drame à trois\npersonnages et àun décor, sans autre ballet que l'entrée des ouvrières au pre-\nmier acte, et des pêcheurs au second ? Les angoisses de l'Etranger, coupable\nd'avoir aimé, seraient-elles comprises dans ce palais de marbre et d'or, où tout\ndit la joie de vivre et le triomphe de la richesse ? L'épreuve a fort bien réussi, en\nce sens que le public a écouté avec l'attention la plus soutenue, et, lorsque la\ntoile s'est baissée sur la mort libératrice des deux héros, son émotion s'est\nmanifestée à des signes non douteux ; je ne crois pas que l'Opéra ait jamais été\ntémoin d'un enthousiasme plus sincère et plus généreux ; la salle entière n'avait\nqu'une seule âme, qui n'était pas celle de tous les jours.\nJ'ai été d'autant plus heureux de ce triomphe que, chemin faisant, quelques\ndétails m'avaient choqué. Le jeu des acteurs m'avait semblé parfois emphatique\nou solennel à l'excès. Je n'aime pas ce contrebandier qui demande grâce, la main\nsur son cœur ; combien la raideur satisfaite du douanier (M. Laffitte) me plaît\ndavantage ! Il n'est pas jusqu'à M. Delmas, si intelligent cependant et si maître\nde ses moyens, qui n'ait mis parfois dans son geste et jusque dans l'expression\nde ses yeux je ne sais quelle dignité hautaine, qui convient mieux au Wotan de la\n\n(1) Voir l'analyse de la pièce et le compte rendu de cette première représentation dans la\nRevue musicale, novembre et décembre 1902 et janvier 1903."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "698", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.6", "texte": "VINCENT D'iNDY\n\nWalkyrie qu'à 1 Étranger ami des humbles. La simplicité un peu rude de\nM. Albers, à Bruxelles, me paraissait mieux appropriée au personnage. Sans\ndoute le cadre plus grand de l'Opéra commande-t-il un jeu plus large et plus\nmajestueux ?\nMais il y a dans cette pièce une telle puissance d'émotion, la musique en est si\nvivante, si forte et si fougueuse, que personne ne s'est arrêté à ces détails, et nous\navons tous été subjugués. Oui, tous, même l'orchestre qui nous avait rarement\ndonné une interprétation anssi chaleureuse. Le second acte surtout a été irrésis-\ntible. On y a supprimé la scène où André, le beau douanier, revient implorer\nVita au moment même où l'Étranger, en la quittant, vient cle lui faire prendre\nconscience cle son nouvel amour et de son malheur. Cette scène ne me déplaisait\npas ; j'y voyais une image de la vie, qui en général prend soin de nous présenter\nles importuns en cle pareils instants. Mais le drame gagne à sa suppression une\nallure plus rapide et plus dégagée : qu'importe à présent ce qu'il adviendra\nd'André ? il n'existe plus, ni pour Vita, ni pour nous, il vaut mieux ne plus nous\nle montrer. Le problème posé au premier acte est enfin résolu ; Vita est toute à\nl'Étranger, mais en même temps l'Étranger, en se faisant aimer, en aimant lui-\nmême, a failli à sa mission. Cette situation a une beauté tragique qui n'a que\nbien rarement été égalée. Mlle Bréval et M. Delmas en ont admirablement rendu\nl'horreur et la grandeur. Il est impossible cle jeter avec une émotion plus ardente\net plus généreuse ce cri désespéré :\nIl est impossible [de mettre un accent plus noble et plus douloureux dans\nl'apostrophe à la mer de la jeune fille qui veut mourir :\nMême sans émeraude enchantée, la mer doit se soulever et obéir à cet appel\nd'un être élevé au-dessus de lui-même par la vertu de la souffrance. Il n'appar-\ntient qu'à une très grande tragédienne, comme Mlle Bréval, de traduire sans\neffort et cle faire passer en nous des sentiments presque surhumains. La tem-"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "699", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.7", "texte": "ERNEST CHAUSSON\n\npête qui vient ensuite a été fort bien rendue par l'orchestre. Quelle admirable\nmusique, violente sans brutalité, descriptive sans vains amusements, toujours\nhautement spiritualiste ! Cette mer qui gronde est une mer vivante, d'une vie\nobscure et redoutable, dont les voix mêlées aux instruments nous font entendre\nle 1 angage mystérieux.. Aussi la fin du drame, malgré la disparition des deux\nhéros qui sont allés se perdre sous les lames croulantes, est-elle l'une des plus\néloquentes que je connaisse. Ainsi les drames grecs se prolongeaient après leur\ndénouement logique, par les plaintes ou les réflexions du chœur ; ici c'est un\nélément qui parle : l'art musical moderne peut seul opérer de pareils sortilèges.\nL'Enlèvement au sérail, de Mozart, terminait le spectacle, à peu près comme un\ndrame satirique succédait, dans le théâtre d'Athènes, aux terrifiants miracles\nqui risquaient de laisser les spectateurs sur une impression trop pénible. Il y a\ncependant cette différence que le drame satirique était trois fois moins long que\nles tragédies, tandis que l'opéra bouffe de Mozart oppose trois actes aux deux de\nl'Etranger. Les décors et les costumes sont fort beaux, - un peu trop beaux.\nCette magnificence orientale se conçoit encore pour un grand opéra comme la\nStatue de Reyer, mais elle n'est guère de mise dans la pièce de Mozart, simple\nopérette sans prétention dont M. Amédée Lemoine retraçait récemment l'his-\ntoire ici même (1). Musique agréable, facile, mais monotone en ses rythmes,\npauvre en ses accompagnements, et peu caractérisée en ses airs ; et que de\ncymbales! que de grosse caisse! Cet abus des instruments à percussion tient-il\nau nom, qu'ils portaient alors, de musique turque ? Si c'est là de la couleur\nlocale, je la trouve mauvaise. M. Affre a une voix charmante, M. Gresse est\nmagnifique dans le personnage cllOsmin, MUe Lindsay se tire avec grâce d'un\nrôle fort difficile, en raison de sa tessiture élevée. Tout cela n'empêche pas les\ntrois actes d'être longs, et à ceux qui prétendent que cette musique les repose,\nje répondrais volontiers, comme M. Gauthier Ahllars : (( Moi, elle me fatigue )>\nOn connaît le mot de Mozart lorsque, dans les dernières années de sa vie, il\nretouchait cette partition écrite en 1782 : (( Quand j'écrivais cela, je m'écoutais\nencore trop volontiers. » On ne saurait mieux indiquer le défaut de cette œuvre\ntrop manifestement improvisée.\n\nLOUIS LALOY.\n\nErnest Chausson et le «Roi Arthus»\n\n(THÉÂTRE DE LA MONNAIE, yo novembre.)\nFidèle à une tradition dont il a quelque droit de se prévaloir, après Salammbô,\nGwendoline, Fervaal et Y Etranger, le théâtre de la Monnaie à Bruxelles vient de\nservir une fois de plus la cause de l'Art français en représentant pour la pre-\nmière fois, le 30 novembre 1903, le Roi Arthus, la première œuvre dramatique\n—la seule, hélas ! qu'il nous ait laissée du musicien profond et passionné\nqu'était Ernest Chausson.\nPersonne n'a encore oublié l'accident tragique et quasi inexplicable qui, voici\nquatre ans déjà, a fauché brutalement en plein talent, en pleine production et en\nplein bonheur, l'infortuné compositeur, au moment où, après une journée de tra-\nvail bien remplie à la campagne, il goûtait l'ivresse de la lumière et des fleurs\n\n(1) Revue du 15 septembre 1903."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "700", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.8", "texte": "ERNEST CHAUSSON\n\nestivales, se délassait au charme de la promenade, insoucieux du stupide appareil\ndont la vitesse, augmentée soudain par la pente, le précipitait contre une mu-\nraille où le guettait sa Destinée.\nPour tous ceux qui, comme nous, avaient depuis longtemps appris à le con-\nnaître, à profiter de ses conseils et à apprécier en lui une des âmes les plus nobles\net les plus hautes qu'il puisse être donné de rencontrer dans la vie, la nouvelle,\napprise par le laconisme d un télégramme, fut un cle ces coups aveugles de la\nfatalité auxquels on ne peut d'abord se résigner à croire, et qu'on n'oublie plus.\nOn comprendra donc qu'aujourd'hui, appelé à parler, dans cette Revue, du maître\net de l'ami disparu, le signataire de ces lignes ne puisse dissimuler son émotion\nau souvenir du passé et à la pensée de la joie et de l'encouragement qu'Ernest\nChausson aurait puisés dans la belle soirée de la Monnaie, où le public enthou-\nsiaste, par un triple rappel à la fin de chaque acte, a rendu un hommage digne\nde lui à l'auteur du Roi Arthus et donné en même temps aux musiciens la mesure\nde la perte que notre Art a faite en sa personne.\nAprès un court passage au Conservatoire, où son admiration hautement\navouée pour César Franck le rendit sans doute suspect à certains, Ernest\nChausson s'était mis à travailler sous l'unique direction de l'auteur des Béatitudes.\nLà, aux côtés de Vincent d Indy, Henri Duparc, Camille Benoît, Pierre de Bré-\nville, il apprit à aimer les grandes œuvres de la musique et à apprécier comme\nil convient l'ampleur et la logique de leur architecture. Là aussi, dans ce groupe\nd'artistes convaincus, que la jalousie se complut à traiter de coterie, il apprit à\ntravailler lentement, sans espoir prochain de lucre ou de réclame. Aussi ne tarda-\nt-il pas à prendre une place à part dans l'affection de celui qu'avec une respec-\ntueuse familiarité ses élèves appelaient le père Franck, et dont il semblait du reste\nfaire revivre la bonté et le dévouement. Nommé plus tard secrétaire cle la\nSociété nationale de Musique, il contribua pour une très large part au développe-\nment de ses concerts, toujours accueillant aux œuvres des jeunes, ayant sans\ncesse pour les nouveaux venus des paroles d'encouragement et d'amitié.\nC'est au cours de ces séances que furent d'aborcl exécutées la plupart de ses\ncompositions : des mélodies et des chœurs d'un accent personnel et pénétrant,\nun Concert de fière allure pour piano, violon et quatuor à cordes, dont Ysaye fut\nle génial interprète, et, pour finir, un Quatuor avec piano dont la solide\nstructure et l'émotion ardente sont, à notre avis, une des meilleures produc-\ntions de ce genre dont puisse s'honorer l'Ecole française. D'autre, part M. La-\nmoureux fit connaître au public Viviane, petit poème symphonique exquis de\ngrâce délicate, et plus tard M. Colonne dirigeait au Châtelet un Soir de Fête, plein\nd'animation et de couleur, où une douce teinte de mélancolie venait parfois as-\nsombrir l'entrain des rythmes. Le nom de Chausson commença dès lors à être\nconnu de tous, et le kapellmeister allemand Arthur Nikisch lui rendit un signifi-\ncatif hommage en venant exécuter à Paris, avec un orchestre allemand, sa très\nbelle et très française Symphonie, applaudie de nouveau l'an dernier chez M. Co-\nlonne. Parmi les autres ouvrages du compositeur, nous pouvons encore citer,\noutre de nombreuses mélodies pour la plupart exquises : un trio pour piano,\nviolon et violoncelle ; un entr'acte symphonique pour les Caprices de Marianne;\nun morceau d'orchestre, Solitude dans les bois, entendu au concert de l'Eden et\ndétruit depuis ; le Poème de Vamour et de la mer, la tragique Chanson perpétuelle"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "701", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.9", "texte": "ERNEST CHAUSSON\n\npour chant et orchestre ; Y Hymne Védique, d'un si beau caractère ; et un Poème\npour violon qu'Ysaye joua naguère magistralement au Châtelet et où nous re-\ntrouvons les mêmes qualités d'émotion et de sincérité. Au moment même de la\ncatastrophe, Ernest Chausson avait en portefeuille quantité de projets plus ou\nmoins avancés ; une esquisse de drame, sur une donnée dont le lyrisme intense\naurait bien convenu à la nature de son talent, des Ouvertures pour orchestre, une\nSonate pour piano et violon, et une seconde Symphonie, à laquelle il paraissait\nvouloir d'abord se consacrer. Il mettait enfin la dernière main à un Quatuor à\ncordes dont les deux premiers morceaux, seuls complètement achevés, sont ex-\ntrêmement remarquables. Le troisième était même assez avancé pour que\nM.d'lndy ait pu, après la catastrophe, le compléter d'après des notes retrouvées,\nen lui donnant l'allure d'un finale, et c'est sous cette forme que l'ouvrage a,\nplusieurs fois déjà, figuré aux programmes de la Société nationale...\nCependant la mise au point de ces œuvres symphoniques considérables n'em-\npêchait pas le musicien de songer au théâtre. Il avait d'abord voici une\nquinzaine d'années mis en musique un poème dramatique cleLeconte deLisle,\nHélène, dont de courts fragments, seuls exécutés dans les concerts, plurent par\nleur poétique fraîcheur. Il composa ensuite de la musique cle scène tout à fait\ncharmante pour les pièces cle Maurice Bouchor, la Tempête et la Légende de\nsainte Cécile ; mais il avait consacré tous ses efforts à ce Roi Arthus, dont la\nmise au point l'occupa plusieurs années et qui mérite même si la récente\nreprésentation de la Monnaie n'en faisait pas aujourd hui un sujet d'actualité\nde retenir quelque temps notre attention.\nLa confiance en soi-même toujours ardemment cherchée, si rarement pos-\nsédée par ceux qui ont le périlleux honneur d'être des artistes la modestie de\nChausson ne lui permit d'y atteindre que dans les derniers temps de sa vie.\nJusque-là il doutait souvent de ses idées, n'envisageait qu'avec hésitation la né-\ncessité de les formuler, par une sorte de scrupule supérieur que seuls connaissent\ndes esprits comme le sien. Son œuvre entière porte les traces certaines d'une as-\npiration constante vers un idéal jamais complètement révélé, et nous ne savons\npas de spectacle plus émouvant que cette lutte ininterrompue d'une sensibilité\navec la Vie, ce zèle opiniâtre à en exprimer chaque jour davantage la beauté et\nla variété, qui sont le principe même de tout art. Il est naturel que, dès lors,\nChausson ait pris pour thème de son premier ouvrage lyrique un sujet tel que\ncelui A Arthus, mettant en scène le conflit éternel des passions avec le Destin, et\nsi l'on ne peut nier qu'à l'époque de ce choix il fût sous l'influence de l'enthou-\nsiasme suscité chez lui par les chefs-d'œuvre du maître de Bayreuth, et moins dis-\nposé à en ressentir certains inconvénients, il sera permis d'ajouter qu'à titre de\nFrançais, il avait plus que tout autre, après tout, le droit de s'inspirer d'une\nlégende qui, comme celle de la Table Ronde, est du patrimoine même de notre\nrace et se prêtait d'ailleurs merveilleusement à une adaptation musicale. Nous n'in-\nsisterons point sur l'origine et l'affabulation du poème d'Arthus, ce qui nous\nentraînerait à des développements hors du cadre de cette étude. On sait les ana-\nlogies extérieures qu'il présente forcément, surtout dans sa première partie, avec\ncelui de Tristan et Yseult, emprunté au même cycle légendaire. Mais il importe,\npar contre, de faire ressortir à quel point la signification en est différente. Tandis\nque chez Wagner le personnage du Roi Marke est relégué dans l'ombre de ses\nlamentations et tout l'intérêt concentré sur la passion triomphante des deux"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "702", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.10", "texte": "ERNEST CHAUSSON\n\namants, c'est au contraire ici la grande figure d'Arthus, fondateur de la Table\nRonde et défenseur de la Bretagne, qui devient prépondérante, donne son nom\nà l'œuvre et contient en elle toute la philosophie du drame. A côté de la sienne,\nauréolée de gloire, les destinées de Guinèvre, toute à sa folle passion, et cle Lan-\ncelot, sans cesse hésitant entre son amour et sa vénération pour son roi, dispa-\nraissent et s'éteignent dans une fin sans honneur. Ils n'ont recherché dans la vie\nqu'une satisfaction égoïste et trompeuse ; pour eux, la mort sera 1 éternel oubli, et\nune œuvre noble et grande ne fera pas vivre, comme celle d'Arthus, leur pensée à\ntravers les âges. C'est sur cette idée vraiment personnelle et cl une grande éléva-\ntion grâce à laquelle les dernières pages de l'œuvre atteignent au sublime, qu'ont\nété établis les trois actes du Roi Arthus, écrits dans une langue des plus souples et\ndes plus poétiques, abondante en expressions saisissantes et présentant, suivant\nles situations, un curieux mélange de prose cadencée et de rythmes plus précis.\nLes six tableaux de l'ouvrage, habilement proportionnés et pleins de variété,\nsont d'un intérêt dramatique constant et conviennent surtout admirablement au\nlyrisme pénétrant, à la gravité empreinte de douceur, aux élans fougueux de la\nmusique de Chausson.\nCette musique d'allure si diverse, qui commente le drame cle si près, qui en\nexprime avec tant cle continuité les aspects successifs, témoigne, à notre avis,\nd indiscutable façon, l'émancipation progressive cle la personnalité de l'artiste,\nson évolution vers la simplicité et l'émotion lyrique qui donnent un prix si peu\ncommun à plusieurs parties cle l'œuvre. Déjà au premier acte, après le prélude,\nplein d'animation et cle couleur, où retentit fièrement le beau thème de la Table\nRonde, le premier discours d'Arthus et les chœurs des chevaliers, fort bien dispo-\nsés et de superbe sonorité, constituent un tableau musical cl un éclat singulier.\nQuant à l'attente de Lyonnel et à la scène d'amour qui se déroule ensuite\nentre Guinèvre et Lancelot clans le mystère de la nuit frémissante, si elles évo-\nquent par l'analogie des situations certains souvenirs précis, il faut avouer que\nla musique, par sa sensibilité délicate et le charme spécial qui s'en dégage,\nsuffit à dissiper cette première impression :\nLa scène du duel entre Lancelot et Mordred est vigoureusement traitée, et\nl'acte prend fin sur une imposante conclusion orchestrale pendant que le soleil\nse lève dans toute sa gloire.\nAu troisième tableau, l'introduction, toute de fraîcheur agreste, et la chanson\ndu Laboureur, rythmée par le large geste des semailles et déclamée sans ac-\ncompagnement, sont d'une poésie particulièrement prenante :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "703", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.11", "texte": "ERNEST CHAUSSON\n\nIl y a là un contraste adroitement ménagé avec l'épisode suivant, où les hési-\ntations de Lancelot et les élans de passion de Guinèvre sont rendus cle ma-\nnière fort expressive et avec une chaleur croissante, jusqu'à l'explosion de haute\nenvolée où les voix s'effacent et le rideau tombe pour laisser à l'orchestre le\nloisir de prolonger d'admirable façon l'extase des deux amants. Puis tout s'a-\npaise peu à peu, et nous voici dans le palais d'Arthus, où le roi, doutant de la\nfidélité de Lancelot et inquiet de l'avenir de la Table Ronde, évoque Merlin, le\ncompagnon d'armes et de gloire, l'ami des grandes luttes d'autrefois. D'abord\nsombre et tragique, la musique se fait bientôt haletante, angoissée, puis tout\nà coup des harmonies d'une ensorcelante douceur résonnent aux cordes divisées,\nau moment où l'enchanteur paraît au travers des arbres baignés de soleil ; et\nc'est alors, en un ruissellement infini de lumière sonore, l'entrevision de l'avenir,\nla prophétie de la fin d'Arthus et de l'apothéose qui couronnera l'oeuvre. Après\ncette scène exquise, où le lyrisme de Chausson se manifeste tout entier, le\nchœur mouvementé des chevaliers et la vigoureuse apostrophe d'Arthus ter-\nminent le deuxième acte, où la vigueur dramatique du compositeur s'affirme\ndéjà plus complètement qu'au premier.\nMais c'est incontestablement au cours des deux derniers tableaux clu drame\nque le musicien, conscient désormais et ayant trouvé sa vraie voie, a pris son\nessor et s'est surpassé lui-même. Le tragique prélude où crépite le bruit cle la\nbataille, l'entrevue suprême de la Reine et de Lancelot, d'un intérêt sans cesse\nrenouvelé, où éclatent tumultueusement des cris déchirants, l'abandon et la mort\nde Guinèvre, où la musique, sans vaine polyphonie, atteint à une telle intensité\ndouloureuse,— la poignante agonie de Lancelot et l'infinie tritesse de ses der-\nnières paroles, la sublime conclusion du drame enfin, où Arthus, l'âme\napaisée, calme et fort, s'avance vers la mer et s'éloigne bientôt sur la nacelle\nvers l'immortalité, où 1 appellent les voix mystérieuses, prometteuses d'idéal,\ntout cela suffit à assurer son véritable rang à un drame musical de magnifique\ntenue, d'inspiration constamment généreuse, qui, depuis le début, s'élève suivant\nune gradation incessante pour se terminer sur une page d'ordre absolument su-\npérieur, que les plus grands musiciens de ce temps pourraient s'enorgueillir\nd'avoir signée.\nIl serait puéril et vain, quand de l'ensemble d'une œuvre se dégage une telle\nimpression de grandeur et d'idéal, quand elle s'impose entière par la force et la\ngénérosité de sa conception, de s'ingénier à en signaler les quelques défauts\nbien excusables dans un premier essai dramatique qui permet d'entrevoir ce\nqu'aurait donné Chausson, sûr de ses moyens, dans le nouvel ouvrage qu'il"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "704", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.12", "texte": "ERNEST CHAUSSON\n\npréparait et qui devait être tiré du poème dramatique de Calderon, la Vie est un\nsonge, titre mélancolique et dont l'appropriation fait frissonner !... Nous ne nous\névertuerons pas non plus à dresser le catalogue des thèmes, toujours expressifs\net caractéristiques, sur lesquels s'échafaude la polyphonie orchestrale du Roi\nArthus. Nous nous en voudrions néanmoins de ne pas louer l'éclat et la chaleur\nde l'instrumentation, peut-être un peu opaque au premier acte pour les voix, ainsi\nqu'il advient souvent dans d'autres ouvrages contemporains d'Arthus. Il est cer-\ntain que l'auteur, s'il vivait aujourd'hui, serait des premiers à rechercher une atmo-\nsphère instrumentale allégée et plus propice à la perception des paroleschantées.\nNous n'en voulonspour preuve quel'évolution significative accomplie à cet égard\npar M. Vincent d'lndy, dont le rare dévouement s'affirma une fois de plus dans la\npart active qu'il prit, à la Monnaie, aux repétitions du drame de son malheureux\nami, au moment même où, par une regrettable coïncidence, la première représen-\ntation de VEtranger à Paris nécessitait tous ses soins.\no\nIl serait injuste de ne pas féliciter ici chaleureusement MM. Kufferath et Guidé\npour l'accueil somptueux qu'ils ont fait au Roi Arthus, qui, complètement ter-\nminé depuis 1898, plus d'un an avant la tragique disparition de l'auteur, atten-\ndait vainement son tour en France. Ils ne nous en voudront pas de joindre à\nleurs noms celui de M. Octave Maus, qui depuis si longtemps soutient en Bel-\ngique le bon combat pour notre musique. Fidèles plus que d'autres à la\nparole donnée, les directeurs de la Monnaie, secondés par la bonne volonté géné-\nrale du personnel du théâtre, nous ont donné du Roi Arthus une réalisation\ncapable de soutenir toutes les comparaisons. M. Albers personnifie avec autorité\nle rôle capital d'Arthus, et si l'on regrette chez lui quelques défectuosités vocales,\nil y aurait mauvaise grâce à ne pas rendre hommage à l'effort d'art considérable\ndont il a fait preuve. Mme Paquot-d'Assy, dont la voix, d'une puissance et d'une\nampleur surprenantes, se montre quelquefois encore mal docile à la volonté\nintelligente de 1 artiste, a traduit de façon saisissante la passion débordante de\nGuinèvre, et a trouvé au dernier acte surtout, dans l'admirable scène où l'amante\nmeurt délaissée, des accents d'humanité poignante. L'énergie vocale de M. Dal-\nmorès, son jeu dramatique et vibrant, ont fait merveille dans Lancelot, et on\naurait peine à trouver un meilleur interprète pour ce rôle exigeant des qualités\ncomplexes et une musicalité éprouvée. A côté de ces trois protagonistes que\nChausson eût tant appréciés pour leur ardeur à vivre et à exprimer tout le\ndrame, en dehors de toute convention et de tout souci égoïste d'effets personnels\ndivers artistes du théâtre ont rempli sans défaillances les rôles cle second plan\net complété à souhait ce remarquable ensemble, tandis que les choeurs, dont la\ntâche est lourde, ne s'en sont pas montrés indignes et ont exécuté fermement la\nscène finale, où tout l'effet repose sur la polyphonie vocale. Quant à l'orchestre,\nsous 1 impulsion passionnée de M. Sylvain Dupuis, il s'est affirmé constamment,\nau cours de la soirée, 1 éloquent traducteur de la musique d'Arthus. Mentionnons\naussi les costumes, d'un goût délicat, dessinés par M. Khnopff, et les décors,\nsouvent exquis, de M. Dubost, où il nous sera permis de reconnaître l'influence\nprécieuse du peintre Lerolle, beau-frère cle l'auteur E Arthus.\nUn charme pénétrant, le plus souvent voilé cle mélancolie, une sérénité calme\net grave, une sincérité et une délicatesse venues droit du cœur : telles nous\nparaissent avoir été les principales qualités de la musique de Chausson, qualités"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "705", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.13", "texte": "MUSIQUE A CINQ TEMPS\n\npeu communes, à notre avis, et qu'on pourrait souhaiter à beaucoup de musiciens\nde cette époque. Telles furent, à coup sûr, les rares vertus de son esprit et de son\ncœur. Les nombreux amis qu'il se plaisait à réunirclans son accueillante demeure\nn'oublieront pas l'exquise bonté de son âme et la modestie dont il donna des\npreuves si touchantes. Entouré d'une charmante famille et favorisé d'une fortune\ndont tant d'artistes malheureux profitèrent, quand il n'aurait tenu qu'à lui\nd'avoir la presse à sa disposition et de faire connaître son nom, il s'effaçait tou-\njours devant des camarades souvent ingrats et était le premier à se réjouir de\nleurs succès. Une bibliothèque considérable, où figuraient les ouvrages les plus\ncurieux de toutes les littératures : poèmes, essais de critique ou de philosophie,\ntémoignait de la vaste culture cle son esprit, et des toiles signées de maîtres mo-\ndernes tels que Delacroix, Courbet, Degas, Lerolle, Besnard, Maurice Denis,\nornaient les murs de son cabinet de travail. Aussi sévère pour lui-même qu'il\nétait indulgent pour les autres, il faisait sa besogne sans hâte, courageusement,\nsans défaillance comme sans jalousie. A l'exemple de son maître César Franck,\nsa maturité nous réservait certainement l'ouvrage définitif qui eût forcé l'admi-\nration de tous... La fatalité n'a pas voulu qu'une destinée si heureuse mais si\ndigne de l'être s'accomplît. Le malheur est entré dans cette maison où on ne\nle connaissait guère et a anéanti en une minute tragique tant de réalités et tant\nd'espérances. Mais, comme celle du héros de son drame, la pensée du musicien\nnous reste et lui survit dans l'œuvre déjà considérable qu'il nous laisse. Grâce à\n1 initiative clu Ihéâtre de la Monnaie, en attendant celle, qui ne peut plus long-\ntemps tarder, de l'Opéra, la mémoire d'Ernest Chausson, consacré maintenant\ncomme musicien dramatique autant que comme symphoniste, résistera aux\natteintes fallacieuses du temps et prendra dans l'histoire de la musique française\nune place éminente, juste récompense d'une vie consacrée tout entière au bien,\nau travail et à l'ldéal.\nP. S. Les œuvres d'Ernest Chausson sont pour la plupart publiées chez\nMM. Bellon et Ponscarme (ancienne maison Baudoux), 37, boulevard Ilauss-\nmann, et chez MM. A. Durand et fils. Le Roi Artlius a paru en 1901 chez,\nl'éditeur Choudens.\n\nGUSTAVE SAMAZEUILH.\n\nMusique à cinq temps.\nM. PAUL LACOMBE.\nCe rythme, assez fréquent dans la musique de l'antiquité, a été un peu délaissé\npar la nôtre, quoiqu'on puisse lui attribuer, outre un air célèbre de la Dame\nBlanche, le duo de Mireille, unmouvement du second trio de M. Saëns. et un autre\ndu deuxième quatuor de M. d'lndy. Le charmant Allegretto pastoral de M. Paul\nLacombe (1) donnera à nos lecteurs une idée du naturel et de la fraîcheur dont\nest susceptible cette mesure inégale, maniée par une main habile. Aussi bien\npeut-on diie de AI. Lacombe ce que les anciens disaient de Bacchylicle ! que c'est\n\n(1) Voir notre Supplément musical."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "706", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.14", "texte": "LE MUSÉE DE L'OPÉRA\n\nun maître du rythme à cinq temps (voir, par exemple, la Suite pour Piano et\nOrchestre). Cette prédilection tient à un sentiment inné de la grâce, par où le\npoète grec ressemble en effet au musicien de Carcassonne, classique comme\nlui, mais d'un classicisme délicat et raffiné.\nL'Allegretto pastoral est tiré de la Troisième Suite pour piano (Bibliothèque\nLeduc, n° 292, prix 4 fr. net). Signalons encore, parmi les œuvres de M. Lacombe,\nla Berceuse gasconne (Leduc, 2 fr.), dont une bonne transcription pour Violon et\nPiano vient d'être donnée par Ch.-L. Hess (Leduc, 1 fr. 75).\n\nPromenades et visites musicales : Le Musée de l'Opéra.\n\nLa disposition du Musée de l'Opéra a été organisée d'après les trois subdivi-\nsions qui peuvent servir à reconstituer l'histoire du théâtre : les affichés, les\ndécors et les costumes. Bien entendu, ce n'est pas tout ce que contient le Musée ;\net nous verrons, au cours de notre promenade, qu'aux flancs de ces vitrines pour\nainsi dire typiques, d'autres curiosités sollicitent l'attention du visiteur et même\ndu flâneur, car c'est là une catégorie qui n'est pas négligeable : on commence\npar flâner et on finit par apprendre.\nLes affiches.\nLe Musée de l'Opéra possède les deux plus anciennes affiches que l'on con-\nnaisse. Le seul regret qu'on puisse exprimer, c'est qu'elles ne regardent pas\nl'Opéra : ce sont des affiches delà Comédie-Française; elles datent de 1658 et\nde 1660 ; le Musée delà Comédie lui-même n'en possède point d'aussi rares.\nCe que l'on y peut remarquer de curieux, c'est la façon dont elles sont rédigées ;\non dirait un boniment de tréteaux, une parade de foire. L'une d'elles (celle de\n1658) fait (( cleffense aux soldats d'y entrer sous peine de la vie ». La peine est un\npeu exagérée ; aujourd'hui on se contente de demander aux soldats de laisser leur\nsabre au vestiaire.\nLa première affiche de l'Opéra date du 26 janvier 1779 5 elle annonce Castor et\nPollux, (( tragédie en cinq actes ». Il n'y a aucun nom d'auteur. C'était le pro-\ncédé en usage pour les œuvres connues, et c'était le cas du chef-d'œuvre de\nRameau. On en a la preuve dans la seconde partie de la même affiche qui an-\nnonce pour le « jeudi 28 » la troisième représentation de II geloso in cimento « ou\nle Jaloux à l'épreuve », « opéra bouffon en trois actes, del signor Anfossi ». A\ncette époque, comme aujourd'hui du reste, Anfossi avait une notoriété moindre\nque Rameau.\nSur le même panneau, une autre affiche du dimanche 31 janvier 1779 annonce\nun Bal (( après minuit sonné » à l'Académie royale de musique.\nPuis nous passons à la période révolutionnaire, où le titre « Académie royale\nde Musique » est remplacé par celui-ci : « Les artistes lyriques et dramatiques\nde la République donneront aujourd'hui 7 fructidor etc. » C'était aussi le\nmoment où l'on jouait des pièces de circonstance. Ainsi l'affiche en question\nporte comme programme la Parfaite Égalité ou (( le Tu et le Toi », suivie de la\nSoirée orageuse, opéra en 1 acte (sans nom d'auteur)."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "707", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.15", "texte": "LE MUSÉE DE L'OPÉRA\n\nLe Consulat et l'Empire ont respecté le petit, très petit format oblong qui\nrappellerait presque celui de nos petites affiches timbrées à 0,06 centimes im-\nprimées en travers et non en long.\nC'est à Napoléon lerIer que les acteurs doivent de se voir mentionnés sur les\naffiches de spectacles. Ce fut lui qui introduisit cette modification vers 1810. La\nmention du nom de l'acteur a pris aujourd'hui une telle importance qu'il est com-\nmun de voir le nom cle l'interprète en plus gros caractères que celui de l'auteur !\nIl y eut, dans cette liste des noms, une hiérarchie curieuse qu'on observe\nencore de nos jours dans la rédaction des affiches delà Comédie-Française. En\neffet, ce n'est pas le principal acteur de la pièce qui est nommé le premier, c'est\nle plus ancien dans la maison. Les affiches de l'Opéra sous le premier Empire et\nmême vers les premiers temps de Louis-Philippe ajoutaient aux noms des chan-\nteurs, chanteuses, danseurs et danseuses, ceux des cinq ou six premiers solistes\nde l'orchestre.\nC'est ainsi que sur les affiches des premières représentations de la Muette (1828),\nde Guillaume Tell (1829), de Robert le Diable {1831), des Huguenots (1836), qui\nfigurent dans cette intéressante vitrine, on voit de simples coryphées cités avant-\nun ténor ou une forte chanteuse, simplement parce que les coryphées faisaient\ndepuis plus longtemps partie de la troupe de l'Opéra que les artistes en question.\nAvant de terminer cette revue des affiches, je citerai, à titre de simple curiosité,\nl'affiche du spectacle du 13 février 1820, qui n'est là que parce que c'est ce soir-là\nque fut assassiné le duc de Berry. Le programme se composait du Carnaval de\nVenise, ballet en 1 acte de Milon, musique de Kreutzer et Persuis, du Rossignol,\nopéra en 1 acte, paroles d'Etienne, musique de Lebrun, et des Noces de Gama-\nche, ballet en 2 actes, de Milon, musique de Lefebvre.\nLe format des affiches de l'Opéra persista jusqu'en 1841. Le 7 mars 1841, pour\nune représentation cle la Juive, on doubla la dimension précédemment adoptée,\net, au lieu d'imprimer les affiches en travers, on les imprima en long. Ce format\nsubsiste encore aujourd'hui. En face de cette première affiche delà Juive, on peut\nvoir l'affiche de la représentation de gala qui inaugura le nouvel Opéra le 5 jan-\nvier 1875.\nC'est là un résumé chronologique succinct pour le public, mais très clair, des\ndiverses transformations des affiches de l'Opéra.\nLes décors.\nLe panneau des décors permet, lui aussi, de se documenter en peu de temps\nsur la façon dont les oeuvres étaient jadis représentées.\nLes décors du xvn6 siècle qui nous sont présentés ont ceci de curieux qu'ils ont\nété dessinés et peints d'après les lois strictes de la perspective géométrique, de\ntelle sorte que le fond du décor était beaucoup plus petit que la partie antérieure\net qu'un acteur qui sortait, par exemple, d'un palais situé dans le lointain était\nobligé de baisser la tête pour pénétrer sur la scène. Les deux décors de cette\népoque qui sont dans la vitrine du Musée de l'Opéra sont de Vigarani, le grand\nprotégé de Louis XIV, et aussi l'artiste le moins commode de caractère qu'on\npût rêver ; car il détruisit tous les dessins de ses prédécesseurs pour qu'il n'y eût\nplus dans les théâtres de la Cour que ceux de son invention. Les deux décors de\nVigarani représentent, l'un un palais, l'autre un camp."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "708", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.16", "texte": "LE MUSÉE DE L'OPERA\n\nAu xvme siècle, ce furent les plus grands artistes à qui l'on confia le soin d'exé-\ncuter les décors ; ainsi nous pouvons voir les deux merveilles dessinées par\nMoreau le Jeune pour le ballet le Déserteur, de Monsigny, chorégraphie de Gar-\ndel aîné. Ces décors datent de 1788 ; ce sont de vraies œuvres d'art. La toile de\nfond y est assez grande et résume autant que possible toutes les (( plantations ))\npossibles ; car à ce moment on ignorait complètement la plantation de biais, qui\nrend tant de services aujourd'hui.\nEn dehors de la vitrine, je signalerai un petit chef-d'œuvre, une miniature,\nfigurant une scène de la Duchesse de Navarre, opéra de Voltaire, musique de\nRameau, qui fut donné à Versailles sur le petit théâtre de la Cour le 23 fé-\nvrier 1745. L'auteur de ce bijou, sur lequel on peut presque reconnaître les per-\nsonnages, est Cochin.\nLa série des dessins de décors se complète par une belle aquarelle de Cambon\npour le troisième acte de Faust, l'Eglise ; c'est d'un dessin excellent et d'une\nimagination puissante. Je citerai encore des spécimens de décoration à l'italienne,\ndont le goût n'est pas la qualité dominante.\nPour compléter cette revue des décors, le portrait de Torelli, le chef de l'école\ndes peintres décorateurs italiens, auxvne siècle ; il vécut de 1608 à 1678. C'était\nMazarin qui l'avait fait venir d'ltalie ; il fut àla fois architecte, peintre, décora-\nteur, machiniste.C'est lui dont Vigarani, qui lui succéda, détruisit tous les dessins,\ntant il était jaloux du talent de ce mort..\nCette nomenclature ne serait pas tout à fait exacte si je n'y ajoutais toute\nla série des décors des opéras modernes qui font actuellement partie du\nrépertoire de l'Opéra. Ces décors, réduits et éclairés par une rampe minuscule\nde lampes électriques plus minuscules encore, donnent un peu d'intérêt et d'ani-\nmation au couloir sombre qui conduit de la bibliothèque de l'Opéra au Musée.\nLes costumes.\nC'est Bérain qui commence la liste des costumiers. Il vivait au xvne siècle ;\nc'est lui qui a fait tous les dessins des costumes pour les ballets de la fin du\nsiècle cle Louis XIV, costumes empanachés de plumes, bariolés de dorures, fort\nbeaux sans doute, mais bien éloignés, surtout aujourd'hui, de la vérité théâtrale.\nAu xvme siècle, ce n'est pas non plus le réalisme qui domine ; il y a deux\ndessins fort curieux dont l'un représente (( les Plaisirs en habit sérieux )) : les\nrubans, les plumes, les falbalas de toutes sortes rehaussent cet « habit sérieux ))\net font qu'on se demande comment le costumier aurait habillé ses personnages\ns'il ne s'était pas agi d'habits sérieux.\nVers la fin du xvnie siècle, le goût s'épure ; Boucher, le grand peintre Boucher,\nvient donner aux dessins des costumes sa note artistique: les trois dessins enca-\ndrés que possède le Musée de l'Opéra, et qui sont en dehors de la vitrine, sont\nun costume pour le rôle de Titon, un costume de femme (probablement pour\nle rôle d'Armide) et un costume de prince cl'opéra. D'autres dessins de Boucher\nen assez grande quantité font partie du fonds de la bibliothèque de l'Opéra ;\nc'est là une richesse inestimable.\nIl faut aussi nous occuper des costumes en figurines de Sèvres dont plusieurs\nexemplaires se trouvent dans la vitrine des costumes. Ce sont de vraies raretés\nque ces figurines en biscuit de Sèvres. Elles étaient destinées à perpétuer le"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "709", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.17", "texte": "LE MUSÉE DE L OPÉRA\nR. M.\n49\n\nsuccès de l'année, et la Reine les offrait à ses amis pour le premier de l'an. Les\nexemplaires que nous avons sous les yeux représentent Janot, Jeannette et la\nBelle Provençale.\nEnfin, le xixe siècle est personnifié par des spécimens de costumes de Lecomte\n(1826), de Lormier (iß43),d'Albert(iß69), de Frémiet (1876), et de Lacoste (1877).\nPuis, éparses çà et là dans diverses vitrines, on trouve des poupées habillées\nselon les différentes époques du costume et suivant ses nombreuses variantes. Il\ny a là matière à de curieuses comparaisons.\nPour donner une idée de la construction matérielle des diverses salles de\nl'Opéra, on a exécuté des maquettes des locaux successifs qui abritèrent l'Aca-\ndémie royale, impériale ou nationale de musique. Ces maquettes sont recon-\nstituées d'après des documents puisés aux bonnes sources.\nLa reconstitution de l'ancienne machinerie, qui a l'air d'un jouet, est un vrai\nmécanisme d'horlogerie et permet de se rendre un compte très exact du théâtre\nd'autrefois. La composition d'un décor moderne et d une machinerie curieuse\nest figurée par le décor du deuxième acte de Siegfried, où l'on voit le dragon\nFafner roulant des yeux torves selon qu'on tire à droite ou à gauche quelques\nfils ingénieusement arrangés.\nÇa et là des spécimens de 1 ancien éclairage que l'on peut comparer avec les\nherses de notre moderne éclairage électrique.\nEnfin des poi traits d auteurs, des portraits de musiciens, des caricatures de\ndanseurs, dont la nomenclature complète nous entraînerait trop loin.\nJe citerai seulement les portraits de : Gluck, dont on a deux images, toutes\ndeux foit belles . [ une peinte à 1 huile, représentant le célèbre compositeur assis\nde\\ ant son clavecin, ] autre au crayon ; Grétry ; Monsigny (peint par Thevenin,\nen 1812) ; Boïeldieu (miniature sur bristol avec l'inscription D. W. F. del. rue\nSainte-Anne, 1S21) ; le chanteur Garat (1754-1823), également en miniature ;\nBerton (Henri), l'un des premiers professeurs d'harmonie du Conservatoire, très\nbeau poitiait ; Viotti (1753_I 8:24), don de M. Lecomte ; F.Duvernoy, qui fut le\npiemiei coi de 1 orchestre de 1 Opéra et professeur de cor au Conservatoire jus-\nqu à sa fermeture momentanée en 1815 ; Donizetti (portrait donné par M. Dolci\nde Bologne, en 1902) ; Rossini (avec des moustaches, pastel) ; Mme Falcon (por-\ntrait fait par Cordés en 1836) ; Meyerbeer (par Lepaulle) ; les danseuses Adelina\nPlumkett, Fanny Cerrito, Sangalli, Rosita Mauri ; Offenbach (caricature par\nThomas); Paganini, crayon par Dabadie, le grand-père du caricaturiste Guil-\nlaume; Berlioz (caricature de Tiret-Bonet), et un bon pastel de C. Saint-Saëns,\ndon de ce dernier.\nJe terminerai par la partie, si j ose ainsi dire, puérile mais nécessaire du Mu-\nsée de 1 Opéra. On ne peut pas montrer uniquement du document aux badauds ;\nil faut frapper leur imagination par la brutalité du fait divers ou par l'amusette\nde 1 anecdote. C est à ce but que tendent les vitrines où sont exposées la che-\nmise de la pauvre danseuse Emma Livry, qui périt si malheureusement brûlée,\nla bombe d'Orsini, une bretelle ensanglantée du duc de Berry, l'épée de\nM. Gailhard dans les Huguenots, le verre de Jélyotte, l'archet de Paganini, l'en-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "710", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.18", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE ET DE CONTREPOINT\n\ncrier de Spontini, les cheveux deßoïeldieu, etc., etc., qui font la joie des touristes\nCook et du bon et brave public.\nCes vitrines ont toutefois une raison intéressée ; c'est de décider les détenteurs\nd'objets dignes de figurer au Musée de l'Opéra à entrer en pourparlers avec le\nconservateur du Musée, soit pour faire des dons, soit pour faire des propositions\nde vente. Le budget du Musée est assez restreint, mais la rente que lui a léguée\nM. Nuitter va lui permettre de faire quelques emplettes utiles.\nEn somme, on le voit, le Musée de l'Opéra mérite une visite à tout égard : il\nest instructif, il est amusant en même temps. Ne sont-ce pas là les deux condi-\ntions des choses de théâtre? M. Charles Malherbe les a heureusement réalisées\ndans un fort petit espace. Il importait de faire connaître ce coin de l'Opéra.\n\nLOUIS SCHNEIDER.\n\nExercices d'harmonie et de contrepoint.\n\nII. La broderie.\nLa définition de la broderie repose, comme celle de la note de passage, sur le\nprincipe suivant : quand une note de la mélodie fait partie de l'accord parfait\nindiquant le ton dans lequel le morceau est écrit, elle est dite note principale ;\ndans le cas contraire, elle est une note accessoire, (( étrangère », un ornement.\nAinsi, dans ce début d'une sonate de Mozart,\nnous sommes en si bémol majeur, et l'harmonie est représentée par l'accord\nsj bien que le sol et le mi H de la première mesure sont des notes\n(( étrangères » ; le fa seul est « principal ». De même, dans le menuet de Mozart\nle do et le la 8, pour la même raison, sont des notes (( accessoires ».\nDans le cas où (comme dans ces deux exemples) la note accessoire est pré-\ncédée et suivie de la note principale, la première s'appelle broderie ; la seconde\nr\ns'appelle note brodée. Telle est la théorie de l'Ecole.\n« La broderie, dit M. Malhomé, est un ornement mélodique qui consiste à\nfaire succéder une note étrangère à l'harmonie à une note principale dont elle\noccupe momentanément la place (i). » La broderie se fait généralement sur le\ntemps faible ; elle est supérieure ou inférieure, quelquefois l'un et l'autre suc-\ncessivement ; elle est diatonique (séparée de la note principale par un ton), ou\nchromatique (séparée de la note principale par un demi-ton),\n\n(Ï) La suite de la définition « puis revient à cette note principale » est bien peu nette*"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "711", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.19", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE ET DE CONTREPOINT\n\nCette définition inséparable d'une doctrine d'ensemble que nous aurons à\nexaminer donne lieu à deux objections :\ni° Artistiquement, il est difficile d'admettre que, dans une mélodie, il y ait des\nnotes principales et des notes secondaires. Réduisons les deux formules de Mozart\nque j'ai citées à ce que la théorie classique appelle les notes principales, nous\naurons :\nRéduire ainsi ces deux formules, ce n'est pas les dépouiller d'un « ornement »,\nc'est les détruire. De même, si nous disons, au début d'une autre sonate,\n2° En outre, si nous considérons comme étrangères et accessoires les notes qui\nne font pas partie de l'harmonie, nous allons être obligés de réduire à bien peu\nde chose les éléments (( principaux )) de la composition musicale. La musique va\nnous apparaître à peu près partout comme une sorte de squelette affreux qui\ngoût singulier ! serait affublé d'ornements.\nAussi voyons-nous M. Malhomé, après avoir examiné comment se comporte\nla broderie selon le degré de la gamme où elle est placée, en multiplier les\nformes. C'est là, précisément, l'originalité de son travail, présenté sous le haut\npatronage de M. Paul Vidal. Je citerai seulement quelques-uns des cas qu il a\nrelevés :\nExemples d'une broderie ayant une durée plus courte que celle de la note princi-\npaley et une durée plus longue :\nExemples de broderies doubles simultanées dans deux parties à la fois, marchant\npar tierces, sixtes, ou par mouvement contraire :"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "712", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.20", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE ET DE CONTREPOINT\n\nExemples de broderies où la note principale se trouve intercalée et transformée en\nnote de passage :\nBroderie des retards :\nBroderie de Vanticipation :\nBroderie de la broderie :\nComprendre ainsi l'analyse des textes, c'est faire tort à l'art musical ; c'est\nréduire àun catalogue d'ornements et d'accessoires ce qui est, en somme, l'étude\ncapitale du rythme et delà mélodie ; en un mot, 1 étude de la composition. Nous\nverrons, dans la suite, la conclusion qu'il convient de tirer de ces remarques.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "713", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.21", "texte": "LES MAITRES D'AUTREFOIS\n\nBOIELDIEU (1775-1834).\n\nCelui qu'on a appelé (( le Mozart français )), Fauteur du Calife de Bagdad (i8oo)r\nde Ma tante Aurore (1803), d'Aline, reine de Golconde ( 1804), des Voitures\nversées, de Jean de Paris (1812), du Chaperon rouge (1818), de la Dame\nblanche (1823), de tant d'autres œuvres aimables et légères, Boïeldieu, ne traversa\npas sans dommage les temps orageux de la Révolution. Sa femme tenait un maga-\nsin de modiste ;il avait loué à l abbé Cornet, pour 800 livres par an, la maison du\nGrand-Pont, n° 2g, qui dépendait de la chapelle de Vancien hôpital Saint-Martin\nà Rouen ; mais le commerce de sa femme ne réussit pas, et lui-même fut menacé par\nla justice pour n avoir pas payé son loyer, comme on en pourra juger par la lettre\nsuivante (1) :\n(( 16 nov. Tyc)i,\n(( Monsieur,\n((Je vous demande pardon de vous importuner, mais je présume assés de votre\nancienne amitié pour nous, pour croire que vous me le par donner és, je préfère-\n\n(1) Publiée dans le Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure (1882)."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "714", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.22", "texte": "LES MAITRES D'AUTREFOIS\n\nd'ailleurs de vous écrire à avoir une conférence qui ne vous laisser oit peut-être pas\nles idées que ma lettre doit vous laisser.\n(( On ma remis avant hier une lettre que M. Anquetin (/) ma fait V honneur de\nm écrire relativement àla maison que f occuppe qui appartenoit à la chapelle S. Mar-\ntin et dont étoit titulaire M. Vabhé Cornet. Il me demande : i° le bail de cette mai-\nson, 2° les dernières quittances, et y° ce que je peux devoir à cette époque- cy. Je ne\npeux malheureusement satisfaire à rien. Il y a longtemps que fai remis le bail à\nM. V abbé de Marbeuf et je ne sçais pas ce quil en a fait, fai toujours pensé qu'il\nvous l'avoit remis. Pour ma dernière quittance c est celle de l'année IJBB. Je dois\nà M. l'abbé Cornet ijBg et ijgo, d'abord le prix du bail qui est de yoo l. par an,\net par un autre arrengement relativement à la bâtisse yoo l. en sus par an, enfin\nce que je peux devoir à présent, hélas je n ai plus rien, vous scavés comme la Révo-\nlution m'est contraire, je ne vous cache pas à vous et ne craint pas de vous dire que\nle plus tricte nécessaire m'est oté, daignés descendre dans l'intérieur de mon ménage\nje vous dévoilerai tout, vous verrés s'il est quelqu'un plus à plaindre. Je fais mes\nefforts et les derniers pour me procurer un état. J élève une petite fabrique d'amidon.\nJe vais avoir des associés à ce qu'on me fait espérer. Je sçaurai alors sur quoy comp-\nter et ce que je deviendrai, mais en attendant que faire ? J'ose vous le demander, vous\nprier de me conseiller. Je n'ai pas le moyen même de prendre une patente parce\nque l'état de ma femme est absolument bas, et par les circonstances et par le défaut\nd'assortiment et de fonds. Je n'ai pas pu ces jours cy paier j l. pour ma garde et\nma douleur est au comble. Dittes moi donc je vous suplie ce que je dois craindre ?\nA qui il faut m'adresser pour qu'on me fasse grâce et me donner du temps. Je suis\nperdu moi et ma famille si l'on doit f aire des poursuites. Faittes connoitre à\nM. Anquetin que j'ai fait état de sa lettre, que je vous consulte pour lui répon-\ndre, enfin faittes et dittes moi ce qu'il faut dans les circonstances inconsevables ou\nje suis.\n(( je vous prie d'être bien persuadé d'avance que vous n obligerez point un ingrat\net que ma reconnaissance sera éternelle, ainsy que les sentiments avec lesquels je\nsuis, Monsieur,\n(( Votre très humble et très obéissant serviteur,\n(( Suscription : A Monsieur, Monsieur Selot l'aîné, chef du Bureau du dépar-\ntement, rue de la Renelle, a Roïien. ))\n\nBOIELDIEU,\n«rue Grandpont, n° 29.\n\n(1) M. Anquetin était le procureur syndic du département."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "715", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels et Informations.\n\n— Dans la Musica sacra de Ratisbonne (n° du Ier décembre), nous lisons, à la pre-\nmière page d'un article signé (( Fr. X. Haberl » — un nom qui fait autorité en ma-\ntière de musique palestinienne — que S. S. le Pape Pie X aurait dit récemment :\n<( Je suis obligé de reconnaître et de louer les progrès caractéristiques réalisés par\nles Bénédictins (dans la science du plain-chant), mais leurs livres de chant litur-\ngique sont encore très éloignés de jouir de la même autorité officielle que ceux\nde Pustet )). Ces graves paroles sont reproduites dans une note si vague, si\nambiguë, et elles sont si contraires à ce qu'on a dit de la compétence musicale\ndu Pape actuel, que nous désirerions en avoir une confirmation plus franche,\navec indication, si possible, de la source où on les a puisées.\n\nCONSERVATOIRE. — Par arrêté ministériel en date du 7 décembre courant,\nM. Crosti, professeur de chant au Conservatoire national de Musique et de\nDéclamation, a été admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite, à\npartir du IER novembre 1903.\n\nOPÉRA. — Mme Charles Garnier, veuve de l'architecte de l'Opéra, a fait con-\nnaître à l'administration des Beaux-Arts son intention de donner à l'Etat le\nbuste de son mari, par Carpeaux, pour être placé à bavant-foyer de ce théâtre.\nCe buste se trouve actuellement à Bordighera (Italie).\nMme Bertrand, veuve de l'ancien directeur de l'Opéra, a manifesté également\nle désir d'offrir au Musée de ce théâtre le buste de son mari, exécuté, en mar-\nbre, par Ludovic Durand. Ce buste a figuré au Salon de 1887.\n\nODÉON. On représente actuellement, à l'Odéon, VAbsent, pièce en 4 actes\nde M. Georges Mitchell, musique de M. Fernand Le Borne.\nOutre la musique de scène, la partition de M. Fernand Le Borne comprend\nune sorte d'ouverture formée de deux préludes importants, construits sur les\nprincipaux thèmes de l'ouvrage. Le premier de ces morceaux est un andante\ntrès expressif, tandis que le second se compose d'un allegro très mouvementé.\nLe prélude du second acte est un scherzo pittoresque ; celui du troisième, une\nlamentation, précédée d'une peinture brutale de la guerre dans les Indes Néer-\nlandaises ; le dernier prélude est un solo de violon, durant lequel reviennent\ntransformés plusieurs leit-motive de la partition.\n\nLYON. M. le Ministre cle 1 Instruction publique et des Beaux-Arts vient\ncbautoriser les élèves de nationalité étrangère ci-après dénommés à suivre les\ncours de l'École de Musique, succursale du Conservatoire national à Lyon :\nMlles Moschetto, Italienne,\nTonda,\nMM. Siavouchkan, Persan ;\nGiorgievitch, Bulgare ;\nGuindani, Italien.\n\nLILLE. Le Conseil municipal de Lille a pris une décision accordant des\nbourses à un certain nombre d'anciens élèves de l'Ecole nationale de Musique\nde cette ville, qui ont été admis aux derniers concours du Conservatoire natio-\nnal de Musique et de Déclamation."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "716", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\n\nBRUXELLES. M. Henri Marcel, directeur des Beaux-Arts, a été délégué par\nM. [le Ministre des Beaux-Arts pour assister à la première représentation du\nRoi Arthus à Bruxelles.\nM. Bernheim, Inspecteur général des Théâtres, Commissaire du Gouverne-\nment près les Théâtres subventionnés, était également présent à cette repré-\nsentation.\n\nGRENADE-SUR-ADOUR. Le Ministère des Beaux-Arts a souscrit à 166 exem-\nplaires de Y Alphabet musical par Mme Thomas Andersch, professeur de musique\nà l'Ecole normale primaire des Landes.\n\nMOULINS. On annonce le décès de M. Marius Boullard, directeur de l'Ecole\nnationale de Musique de Moulins, qui dirigeait en même temps, depuis près\nde 40 ans, dans cette ville, (( la Lyre Moulinoise ».\n\nBORDEAUX, M. Frédéric Boyer, Directeur du Grand-Théâtre, montera au\nmois de février Thamyris, conte lyrique en 5 actes, dont un prologue du\ncompositeur Jean-Ci. Nouguès, sur le livret de MM. Jean Sardou et Gou-\nnouilhou.\n\nROUBAIX. Par arrêté préfectoral en date du 19 novembre 1903 :\ni° M. Rosticher Paul a été nommé professeur de piano et d'orgue de la classe\nd'hommes à l'Ecole de Musique, succursale du Conservatoire national, à Rou-\nbaix, en remplacement de M. Montagne, admis à faire valoir ses droits à une\npension de retraite;\n20 M. Chatilliez Albert a été nommé secrétaire surveillant de ladite Ecole, en\nremplacement de M. Turbelin, décédé.\n\nCAEN. —Ont été nommés, pour une période de trois années, membres de la\nCommission de surveillance de l'Ecole nationale de Musique de Caen :\nMM. Guillouet, conseiller municipal ;\nNoury,\nNoël, conseiller de préfecture ;\nMeignan, avoué à la Cour d'appel ;\nManchon, secrétaire de la Chambre de Commerce ;\nJaquot, propriétaire.\n\nMONTPELLIER. M. Armand Granier, professeur de solfège à 1 Ecole\nnationale de Musique de Montpellier, est nommé professeur de chant à ladite\nEcole, en remplacement de M. Mayen, démissionnaire.\nM. Xavier Leroux, dont l'Opéra-Comique va donner la Reine Fiammette (en\ncollaboration avecM. Catulle Mendès) au moment où paraîtra le présent numéro\nde la Revue musicale, travaille à un drame lyrique, Théo dora, que M. Victorien\nSardou a extrait lui-même de sa pièce jadis jouée par Sarah Bernhardt à la\nPorte-Saint-Martin.\nM. Sardou pour le livret a un collaborateur, M. Paul Ferrier, qui écrit les\nscènes en vers.\nM. Fernand le Borne, qui vient d'obtenir à l'Odéon un si grand succès pour\nla musique de scène qu'il a écrite sur l'Absent, de M. Georges Mitchell, écrit en"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "717", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.25", "texte": "INFORMATIONS\n\nce moment un opéra intitulé les Girondins. Le livret est tiré par M. Lénéka de\nl'ouvrage célèbre de Lamartine.\nLE NOUVEAU DIRECTEUR DES BEAUX-ARTS A BRUXELLES. M. Henry Marcel,\nle successeur de M. Roujon à la direction des Beaux-Arts, était venu honorer\nde sa présence la première représentation du Roi Arthus, la belle partition\nd'Ernest Chausson, dont le théâtre de la Monnaie de Bruxelles a donné la pri-\nmeur.\nAu souper qui a suivi le spectacle, souper dans lequel MM. Kufferathet Guidé,\nles actifs et intelligents directeurs delà Monnaie, avaient réuni les amis de l'auteur,\nla critique musicale venue cle Paris, la presse bruxelloise et les artistes de la\nMonnaie, plusieurs allocutions ont été prononcées. M. Maus a pris le premier la\nparole au nom des amis de l'auteur ; M. le bourgmestre de Mot a répondu dans\nune vibrante allocution.\nM. René Marcel a, dans une superbe improvisation, d'une forme très châtiée,\nrendu hommage à la Belgique, qui accueille l'art français. (( Certes, a-t-il dit, la\nBelgique fut jadis la seconde patrie des proscrits ; aujourd'hui il n'y a plus de\nproscrits, mais il y a les oubliés de l'art français. Ces compositeurs que l'indiffé-\nrence ou la négligence coupable des directeurs de nos scènes subventionnées\nexilent de FAance trouvent à Bruxelles un asile pour leurs œuvres. Faut-il rap-\npeler Hérodicide, Sigurd, Salammbô, Samson et Dalila, Gwendoline, etc. ?))\nCes paroles courageuses ont eu un gros retentissement à Bruxelles et feront\nune grande impression en France.\n\nMAISON PLEYEL. Voici la liste des séances musicales annoncées jusqu'au\nlERIER janvier 1904. Grande salle :le 14, à 8 h , xM. Lucien Wurmser ;le 16, 8 h., le\nquatuor Schnéklud;le 17, 8h , MLLE Baudin ;le 18, 8 h., M. Lucien Wurmser; le\n20, 1 h., MME Le Grix (élèves) ;le 21, 8 h., MLLE Germaine Tassart ;le 22, 8 h.,\nMME Ed. Colonne (élèves) ;le 23, 8 h., M. Lucien Wurmser. Salle des qua-\ntuors :le io, 1 h., MLLE Baudin ;le 18, 8 h., M. Bouvet; le 19, 8 h.,M. Véchalac.\n\nROUEN.\n\nLa Schola Cantorum nous donna, le mois dernier, le premier en\ndate des cinq concerts annoncés pour cet hiver. Au programme uniquement\ncomposé d'œuvres anciennes figuraient le superbe Concerto en ré majeur\nde J.- S. Bach pour piano, flûte et violon concertants, avec orchestre, et le cin-\nquième acte d'Armide, exécuté dans son intégralité. Grâceà leur intelligence musi-\ncale, à leurs excellents moyens vocaux, Mlle Marie de la Rouvère et M. Jean\nDavid interprétèrent magnifiquement cette noble et belle inspiration de Gluck.\nM. Marcel Labey remplaçait au pupitre M. Bordes, empêché de se rendre à\nRouen. Sous la direction ferme, précise, de ce jeune musicien, l'orchestre et les\nchœurs d'un nombre malheureusement un peu trop réduit nous offrirent\ndes exécutions fort soignées.\nGrand succès pour Mllc Marthe Legrand dans l'air si expressif de Thélaïre\n(Castor et Pollux) etpourMlle Blanche Selva, dontle jeu souple et sûr s'est encore\nune fois affirmé dans le Concerto de Bach d'abord, et ensuite dans quelques\npièces pour piano.\nLe programme se complétait, en outre, du gracieux Berger fidèle de Rameau et\nde charmants chœurs deßousset."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "718", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.26", "texte": "LES CONCERTS\n\nAu prochain concert, qui aura lieu dans le courant de décembre, nous enten-\ndrons le trio Chaigneau et M. Louis Frolich.\nQuelques jours plus tard, le 26, M. Camille Chevillard et son orchestre,\naccompagnés du « Quatuor vocal de Paris )), se feront à leur tour entendre au\ncirque de Rouen.\n\nGEO DE MONTREUIL.\n\nLEIPZIG. Le Requiem cle G. Henschel (Breitkopf et Martel, éditeurs) a été\nexécuté pour la première fois le 3 décembre au Concert du Gewandhaus de\nLeipzig, sous la direction de M. A. Nikisch. M. H. Kretzschmar consacre, dans\nles Leipqigey Neueste Nachrichten, un article très élogieux à cette oeuvre, qui\nlui paraît révéler un compositeur de premier ordre, et félicite le Gewandhaus\nde s'en être fait le parrain.\n\nLES SALONS MUSICAUX.\nL. L.\nMme la Princesse cle Cystria offrait, le samedi\n5 décembre, une heure d'excellente musique à quelques invités. Mlle Selva est\nune des très rares artistes qui savent faire parler le piano, c'est-à-dire nourrir sa\nsonorité, la colorer, et la varier. Nous avons beaucoup admiré sa verve puis-\nsante dans la Bourrée fantasque de Chabrier, et sa délicatesse languissante dans\nla valse Helvetia, de M. Vincent d'lndy. L'andante de la Sonate pour piano\net violon de M. Vreuls est un beau morceau, expressif et d'une noble tenue :\nM. Vreuls est-il appelé à recueillir une partie de l'héritage du regretté Lekeu ?\nNous l'espérons pour ce musicien de grand mérite, dont l'œuvre a été fort\nbien interprétée par Mlle Selva et M. Zeitlin, violoniste au son ample et doux.\nEnfin l'air de Léonore àla fin du ier acte de Fidelio a été vaillamment chanté\npar MHe Juliette Lanrezac, qui asu donner beaucoup d'accent à cette musique de\nflamme.\n\nLes Concerts.\n\nCONSERVATOIRE.\n\n— Le Concert du 6 décembre, consacré à Berlioz, a eu,\nil faut le reconnaître, un succès médiocre. Le public n'était certes pas hostile ;\nmais il s'est montré un peu froicl, et sa lassitude fut plus d'une fois visible. Il\nne faut incriminer ni l'orchestre, toujours excellent, ni M. Marty, qui par l'ai-\nsance, l'autorité, le caractère très personnel de sa direction, m'a rappelé l'admi-\nrable Weingartner ; ce sont les œuvres mêmes de Berlioz qui ont provoqué\nmoins d'enthousiasme qu'on n'eût désiré. J'avoue avoir partagé moi-même l'im-\npression du public. L'ouverture de Rob-Roy, commencée en 1831, est une œuvre\nassez brillante, mais une œuvre de jeunesse, un envoi de Rome offrant sur-\ntout un intérêt biographique. Roméo et Juliette a des pages de très haute\nvaleur : la première scène (combats et tumulte), qui, par sa vivacité d allure, fait\nsonger au début des Troyens ; les deux morceaux, ne ressemblant à rien autre,\net dune originalité absolue, sur la reine Mab ; la fête chez Capulet... Mais\nRoméo et Juliette est une symphonie mal équilibrée, se réduisant à quelques\nimages qui seraient intercalées dans un beau livre, et le style est inégal. S'il y a\ndes scènes où Berlioz a mis tout son cœur et tout son génie, et qui sont d'une"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "719", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.27", "texte": "LES CONCERTS\n\nnetteté d'expression saisissante, il y en a d'autres qui ne sont exemptes ni de\nlourdeur ni de monotonie. Toute la dernière partie, depuis Roméo au tombeau\ndes Capulets jusqu'au Serment de réconciliation, a paru (sauf le Réveil de Juliette,\nqui est très dramatique) un peu pénible. Il y a aussi dans cette symphonie, à plu-\nsieurs reprises, l'intervention fâcheuse du récitant, qui, en venant commenter et\napprécier l'action poétique, détruit l'illusion. Mme Maria Gay (contralto solo) et\nM. G. de Pommayrac (ténor) dans le Prologue, M. Bartet, dans le rôle du Père\nLaurence, ont été satisfaisants.\n\nC.\n\nCONCERTS COLONNE.\n\n— 29 novembre. M. Colonne nous est rendu, et le\npublic le salue d'une chaleureuse ovation. La Symphonie fantastique et le mor-\nceau symphonique de Rédemption nous ont permis d'apprécier une fois de plus\nles qualités de fougue, de puissance et de sensibilité de l'excellent chef d'or-\nchestre. Dans ce dernier morceau, j'ai enfin entendu 1 allègre contrepoint des\nviolons, qui se joue au-dessus de l'appel grave des trombones :\nC'est plaisir de reconnaître, à chaque exécution nouvelle, un nouveau progrès\ndans la finesse des détails. Quant à la Symphonie fantastique, je sais toutes les\nobjections qu'on peut élever contre le (( poème symphonique », autrement dit\nla (( musique à programme»; elles me touchent peu. Je ne vois pas pourquoi\nla musique se réduirai volontairement aux formes invariables de la symphonie\nou de la sonate, et n'essayerait pas de suivre avec plus de liberté les mouve-\nments de l'âme et de la pensée. Cette Symphonie est un chef-d'œuvre, et la\nMarche au supplice est peut-être la page la plus vigoureuse, la plus sombre et la\nplus ramassée, la plus éclatante et la plus saisissante qui ait jamais été écrite. A\ncôté de cela quelles mélodies exquises, d'une tendresse exaltée et douloureuse,\nbrusquement emportée jusqu'à la fureur, puis adoucie, apaisée en larmes et\nen repentir ! Toute l'âme de Berlioz n'est-elle pas là ? Elle est aussi dans le\ncharmant duo de Béatrice et Bénédicte modèle cle grâce, où la musique épouse le\nrythme des paroles avec une précision et une finesse extrêmes ; l'orchestre, très\ndiscret, enveloppe ces chants d'une ombre légère et frémissante, jusqu'au mo-\nment où deux flûtes, puis deux clarinettes en reprennent le thème, pour con-\nclure sur une pédale de clarinette. Tout cela est d'une écriture aussi ingénieuse\nque sobre et délicate Mlles Jeanne Leclerc et Alice Deville ont chanté simple-\nment, avec sûreté et avec goût.\nJe n'ai que peu de mots à dire du Thème varié de M. Caetani ; l'auteur n'est\nplus un inconnu pour le public parisien puisque M. Chevillard donnait, le 14 dé-\ncembre 1902, un Prélude symphonique signé de son nom (1). Le (( thème » qui\nnous a été offert aujourd'hui n'est pas sans mérite ; mais les variations, malgré\nle style fugué et les artifices de contrepoint vantés par le programme, n'ont\nd'autre intérêt que celui d'un bon travail d'école Attendons d'autres œuvres, et\nfélicitons, en attendant, M. Caetani d'avoir fait d'aussi solides études musicales.\n\n(1 Voir le compte rendu clans le numéro correspondant de la Revue musicale."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "720", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.28", "texte": "LES CONCERTS\n\nM. Arrigo Serato, dans le Concerto pour violon de Beethoven, a beaucoup de\nsentiment et de délicatesse ; il a aussi une interminable cadence, dont le besoin\nne se faisait pas sentir dans une œuvre déjà chargée de traits et de sauts péril-\nleux. Qu'elle serait belle, si l'on en retranchait toutes ces (( difficultés )), qui ne\ndonnent jamais, quelque soit le talent de l'artiste, que le sentiment de l'effort\net d'une lutte pénible avec un instrument rebelle !\n\nLOUIS LALOY.\n\nCONCERTS CHEVILLARD.\nL. L.\n— 6 décembre. -- Exécution très émue delà Symphonie\ninachevée de Schubert, dont les idées sont dignes de Beethoven par leur force et\nleur ampleur ; mais une nuance d'émotion plus délicate et moins héroïque, les\naccents du cor rêveur et de la tendre clarinette, annoncent déjà le romantisme de\nWeber. 10 Ouverture des Maîtres Chanteurs est conduite avec une belle sérénité ;\nne faudrait-il pas, par endroits, plus de vigueur, voire de pesanteur? L'art de\nWagner, dans les Maîtres Chanteurs, est plus proche de Rubens que de Puvis de\nGhavannes, ne l'oublions pas. M. Frohlich chante la méditation de Hans Sachs\n(3e acte) avec une précision, une autorité et un sentiment musical remarquables ;\nmais à lui aussi je demanderais plus de bonhomie et de rondeur en ce rôle de\nvieux philosophe populaire. Il fait merveille, en revanche, dans l'air de Paulus\nde Mendelssohn, qui a vieilli, malheureusement. Les fragments de Roméo et\nJuliette qui nous ont été donnés sont bien connus aujourd'hui du public parisien.\nC'est un fort beau tableau que cette tristesse de Roméo, qui grandit avec le\nbruit même de la fête, et ne se calme que par le retour à la solitude. J'aime\nmoins la scène d'amour ; la phrase des altos se répète vraiment beaucoup ; on\nfinit par s'en lasser, bien qu'elle exprime, avec une rare pénétration, ce que doit\nêtre l'amour dans une âme ardente et sombre. Mais le scherzo de la reine Mab\nnous emmène dans une forêt enchantée, où palpitent des voiles de brouillard,\noù appels s'élèvent des lointains invisibles, où passent, capricieuses, des formes\nque nous n'avons pas le temps de saisir. M. Chevillard a rendu très délicatement\ncette page exquise. La Symphonie en ut mineur terminait assez malencontreuse-\nment un concert qu'elle devait commencer.\n\nCONCERTS ROUGE. Les concerts classiques du mardi, aux Concerts Rouge\ndelà rue de Tournon, remportent déjà tout le succès qu'on en pouvait attendre.\nEn dehors des œuvres du répertoire courant des grands orchestres, une large part\nest faite dans les programmes aux musiciens trop oubliés aujourd'hui dont l'in-\nfluence sur l'Art musical a été cependant décisive.\nA côté de Bach, Haendel, Haydn, Mozart, Beethoven, nous entendrons Ra-\nmeau, Emmanuel Bach, Boccherini, et ces rapprochements seront un précieux\nenseignement de l'Histoire de la Musique. C'est ainsi qu'il nous a été donné\nrécemment d'entendre une très intéressante exécution de la Symphonie des\nAdieux, de Haydn (ainsi nommée parce que dans le finale les musiciens cessaient\nde jouer et quittaient leur pupitre l'un après l'autre), une exquise sonate de Bach\npour piano et flûte, et un quatuor de Beethoven dont l'interprétation fut des plus\nremarquables. D'ailleurs, les exécutants sont presque tous les premiers prix du\nConservatoire ; et l'on connaît le beau talent de leur chef, M. Touche.\n\nSCPIOLA CANTORUM. MLLE Blanche Selva consacrera une série de concerts à"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "721", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.29", "texte": "LES CONCERTS\n\nl'œuvre de piano de J.-S. Bach. Ces concerts auront lieu tous les mardis, à 9 h.\ndu soir, du mois de décembre au mois de mai. L'entreprise est formidable, mais\nne dépasse pas les forces d'une artiste si vaillante et si bien douée. Le premier\nconcert a eu lieu mardi dernier 8 décembre, et nous a fait entendre les charmantes\nInventions, à deux voix, du recueil de 1723, la Suite française en ré mineur (1722),\ndeux préludes et fugues du Clavecin bien tempéré (1722), le Caprice sur Vabsence\nde son frère bien-aimé, petit poème descriptif où J.-S. Bach fait par manière\nde jeu ce que son fils Ph.-Emmanuel tentera sérieusement, une Suite anglaise\n(1725), une Partita (173 1), et la Toccata et Fugue en mi variété\ndans ce programme, et avec quelle intelligence et quelle précision fut rendu le\ncaractère différent de chacune de ces œuvres î\n\nCHEZ DUFAYEL.\nT.\n—M. Dufayel, qui a créé, rue Clignancourt, une sorte de Pa-\nlais des merveilles, a donné, le 29 novembre, devant un auditoire d'élite, un con-\ncert extraordinaire, fantastique, où, après avoir fait entendre Mlles Grandjean,\nllatto, MM. Delmas, Noté, Alvarez, Rousselière (Opéra), Mme Marguerite Carré,\nMM. Clément et Delvoye Mounet-Sully, Mlle Du Minil, delà\nComédie Française, etc..., on a tiré une tombola gratuite comprenant cent mille\nfrancs de prix en espèces pour les employés de la maison, une villa toute meu-\nblée, et une multitude de cadeaux. Ce qu'il m'importe de noter ici, c'est qu'avec\nson personnel d'employés (et d employés très occupés !), M. Dufayel a créé une\nharmonie et un orchestre des plus satisfaisants. Je signale simplement ce fait,\nsans commentaires, aux proviseurs cle nos lycées. —\n\nFONDATION BEETHOVEN (Société de Quatuors fondée en 1889 par Frédéric\nSchneklùd et Camille Chevillard). MM. André Tracol, Pierre Monteux,\nAndré Dulaurens, Frédéric Schneklùd, ont joué, le 9 décembre, à la salle Pleyel,\nle quatuor n° xti (op. 127) et le quatuor n° xm (op. 130) ; ils joueront, le 16, les\nquatuors xiv et xv. La première de ces deux séances a eu lieu trop tard pour que\nnous en rendions compte aujourd'hui ; nous rendrons compte, dans notre pro-\nchain numéro, des deux concerts donnés par les excellents artistes."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "722", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.30", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles.\n\nVINCENT D'INDY.\n\n— Choral varié, pour Saxophone solo et Orchestre (op. 55).\nParis, Durand et fils.\nL'impression d'excentricité américaine, que donne d'abord la dédicace de\ncette œuvre à Mme Elise Hall, présidente de l'Orchestral Club de Boston, se dis-\nsipe dès la première page : 1 orchestre expose, en canon, un chant simple et\ngrave, un peu triste, de la tristesse des âges anciens.\nMouvement de Passacaille, est-il dit : on sait que la passacaille est une danse\nnoble, une sorte de défilé rythmé, qui donna naissance à une forme particulière\nde musique : une basse ferme, obstinée, fait entendre le même motif, enguirlandé,\ndans les parties supérieures, de mélodies variées. Le chef-d'œuvre du genre est\nla Passacaille pour orgue de J.-S. Bach :\nMais la nouvelle œuvre de M. d'lndy n'a de la Passacaille que son mouvement ;\nle motif est beaucoup plus expressif que rythmique. Aussi le maître a-t-il pré-\nféré le traiter en Choral varié : c'est là un autre genre ancien, illustré également\npar Bach, repris par Franck dans les toutes dernières années de sa vie (1). Il\nprésente des difficultés considérables, parce qu'il n'admet qu'une idée princi-\npale, celle même du choral, et n'est pas soumis à des règles fixes comme la fugue\nou la sonate : on peut donc craindre d'une part la monotonie, d'autre part le\ndécousu ou le mauvais équilibre. Tout dépend de l'intelligence du compositeur\net cle sa faculté de développement, c'est-à-dire de la richesse harmonieuse des\néchos qu'une idée musicale éveille en son esprit. Des maîtres d'une inspiration\npuissante et d'une sincérité profonde, comme J.-S. Bach et Cés. Franck, ont\nseuls réussi dans le choral varié. M. d Indy y réussit à son tour, à force de\nconviction et de noble simplicité. Une très légère modification du rythme lui suf-\nfit pour donner plus d'inquiétude au thème, à l'entrée du saxophone :\nQuelle émotion timide et contenue, et que cette phrase convient bien à l'in-\nstrument au timbre voilé, lointain, que l'on sait ! Les deux parties de la phrase se\n\n(1) Trois Chorals variés pour orgue. Paris, Durand et fils. Voir à ce sujet l'étude de M. d Indy\nsur César Franck parue ici même (n° du ier juillet 1903, p. 301)."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "723", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.31", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nsuperposent ensuite, comme dans l'exposition, la première confiée à l'orchestre,\nla seconde au saxophone, en un épisode mélancolique et calme. Puis le thème\nse passionne, monte au ton de la dominante [sol mineur), passe par une nou-\nvelle modification rythmique\ns'affirme énergiquement à l'orchestre, s'alanguit enfin et retombe : seules les\nbasses répètent encore, comme en rêve, la fin de la phrase, et le saxophone\nrentre alors, pour un contre-chant d'une tristesse rêveuse et tendre :\nMais bientôt le ciel s'éclaire, et, sous de frémissantes broderies des violons et\ndes flûtes, la phrase reparaît, un peu étrange, forme indécise qu'on croit voir\nflotter dans l'air matinal. Elle se précise peu à peu et s'impose enfin, dans le\nton primitif et en rythme égal :\nC'est le dernier épisode, que termine un rappel, très lent, du rythme primitif,\natténué, réduit à deux notes, puis à une seule, un sol aigu {pp.) du saxophone :\nj'imagine que M. d'lndy, qui est un maître incomparable de l'orchestre, a écrit\ncette note avec plaisir : elle est d'un timbre effacé et pâli, et ne présente d'ail-\nleurs aucune difficulté à cause du sol grave qui précède (1). C'est du reste, dans\ntoute l'œuvre, la seule recherche de ce genre ; impossible d'y relever la moin-\ndre trace de virtuosité; partout l'instrument solo garde son caractère expressif,\net n'intervient que pour donner à l'ensemble sa teinte particulière de douceur et\nde mélancolie. C'est un acteur parmi les autres, un acteur principal, mais qui\nne sort jamais de son rôle.\nTelle est la dernière œuvre de M. d'lndy. Elle est simple et elle est grande. La\nscience n'y intervient que pour conduire avec sûreté le développement, lui\ndonner de justes proportions, et moduler avec aisance et exactitude. La langue\nharmonique, malgré son accent moderne, est extrêmement claire et précise ; le\n\n(1) On sait que le saxophone possède, à l'égal de la flûte et du hautbois, la faculté d'octavier."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "724", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.32", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\ncontrepoint sort tout naturellement du thème qu'il commente, et s'unit à lui\nsans heurt et sans surprise. Tels sont les traits qui caractérisent non seulement\nla dernière œuvre, mais aussi la dernière manière du maître ; on les retrouve\ndans la partition de Y Etranger qui triomphe en ce moment à l'Opéra : ici comme\nlà, l'émotion est reine et la science est sa servante. La beauté de ces œuvres\ns'impose; en outre, je n'en connais point de plus saines et déplus fécondes en\nhautes leçons.\n\nLOUIS LALOY.\n\nFR. ROUSSEL-DESPIERRES.\nJULES COMBARIEU.\n— L'Idéal esthétique (i vol. chez Alcan, Bibl. de phi-\nlosophie contemporaine, 2 fr. 50). — Dans une conférence récente, M. Brune-\ntière, préoccupé de certaines misères du temps présent, disait : Les questions\nsociales sont des questions morales, et les questions morales sont des questions\nreligieuses. Et dans une étude publiée quelques jours auparavant par la Revue\ndes Deux-Mondes —• étude très éloquente, hautaine, amère, forte jusqu'à la vio-\nlence, — le puissant écrivain soutenait cette thèse, qu'il n'y a de religion que là\noù il y a des dogmes précis, étroits, impératifs. D'après M. Brunetière, ce sont\ndonc les dogmes catholiques, — les dogmes seuls, et non pas cet idéalisme sen-\ntimental dans lequel on a essayé de les fondre, — qui peuvent améliorer la\nsociété présente, apaiser ses conflits douloureux, relever ses veuleries, guérir\nson individualisme féroce.\nM. Fr. Roussel-Despierres, dans son Idéal esthétique, se montre très sincère-\nment préoccupé, lui aussi, de l'intérêt social ; mais le remède qu'il apporte est\nprécisément celui que condamne M. Brunetière. Le point de départ de sa doc-\ntrine est (( l'irrémédiable décadence des dogmes imposés )). Sans déclamation\nlittéraire, avec un sens philosophique très remarquable et une conviction réflé-\nchie d'apôtre, il veut remplacer les théologies surannées par le culte purement\nhumain de la Beauté, laquelle doit dominer à la fois la morale, l'éducation, la\nvie pratique et la politique elle-même.\nBien que la seconde de ces deux thèses implique un hommage à l'art que\nnous servons ici, nous excéderions, en les discutant l'une et l'autre, les modestes\nlimites dans lesquelles doit se renfermer une Revue musicale, et nous nous\nexposerions sans doute au reproche d'incompétence ; mais nous savons appré-\ncier le talent partout où on le rencontre : après avoir admiré la dialectique pas-\nsionnée de M. Brunetière qui fait revivre l'éloquence des Provinciales, nous\navons lu avec le plus vif plaisir le livre où M. Fr. Roussel-Despierres montre\nune grande générosité de cœur et une rare distinction d'esprit. L'ldéal esthétique,\noù est affirmée l'identité du beau et du bien, et où l'amour est considéré comme\nle moyen de réaliser le progrès moral, nous a rappelé les plus belles pages\ndes Lois et du Banquet de Platon.\n\nOUVRAGES REÇUS.\nERNEST CHAUSSON, Le Roi Arthus, partition pour piano et chant. Paris,\nChoudens.\nMARCEL LABEY. Sonate pour piano et violon. Paris, Baudoux.\nEMILE RATEZ, directeur du Conservatoire de Lille. Traité élémentaire de Con-\ntrepoint et de Fugue. Paris, A. Leduc.\nEMILE RATEZ. Vesontio, ouverture symphonique. Paris, A. Leduc."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "725", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.33", "texte": "LECTURES MUSICALES\nR. M.\n50\n\nLectures musicales.\n\nL'ENSEIGNEMENT DU CHANT DANS LES LYCÉES\n\nAu moment ou Von s'occupe de réorganiser Venseignement du chant dans les\nlycées de garçons et de jeunes filles, il ne sera sans doute pas sans intérêt de relire\nles rapports qui furent adressés à M. le Ministre de Vlnstruction publique par les\nmaîtres les plus compétents, au sujet de la musique dans les écoles. Voici quelques\npages importantes du rapport de M. Bourgault-Ducoudray :\nLa musique chorale ne vivant que de « sentiments collectifs », si on veut l'im-\nplanter dans un pays, il faut faire naître les occasions d'exprimer des sentiments\ncollectifs. Il ne s'agit point ici de procurer les joies stériles du dilettantisme ou\nles joies vaniteuses de la virtuosité ; la musique chorale ne peut s'accommoder\nde la théorie de « l'art pour l'art ».\nIl lui faut, pour vivre, des sentiments réels, vivants, palpitants, qui aient\nbesoin de se formuler et de s'épancher en un flot musical. En France, ces occa-\nsions n'ont jamais existé, ou du moins, si elles ont existé, c'est à une seule\népoque, pendant la première Révolution.\nEn 1792, l'Etat voulut employer les arts et surtout la musique à exalter des\nsentiments (( réels », comme le fit l'antiquité grecque, comme le fît plus tard, à\nson exemple, le christianisme naissant, et comme le pratiquent à présent, avec\ntant de bonheur, les églises protestantes.\nA qui me demanderait : Pourquoi l'Allemagne est-elle une nation foncière-\nment (( chorale » ? je répondrais, sans hésiter : Parce qu'elle a eu un (( Luther ».\nLuther, qui fut non seulement réformateur religieux, mais poète et musicien,\naperçut plus clairement que qui que ce soit, depuis les anciens, la haute desti-\nnation de l'art. Il comprit que l'art était une force dont il fallait s'emparer et\nqu'elle rendrait à l'homme d'immenses services s'il parvenait à la diriger.\nLuther partit de ce principe, que la prière, pour être efficace, devait être for-\nmulée par tous, en musique, et, pour cela, il exigea que chaque fidèle devînt\nmusicien.\nLuther, en remplaçant le latin par la langue allemande et les hymnes grecs\ndu plain-chant par le choral ou chanson religieuse, créa le chant (( omnibus ».\nLe choral harmonisé habitua les fidèles au chant en parties, qui, résonnant à\nl'oreille des jeunes générations et frappant leur âme, devait faire naître des im-\npressions musicales précoces, et fournir à l'enfant le plus jeune de fréquentes\noccasions de pratiquer la grande musique chorale.\nLe chant des psaumes à l'église ne suffisant plus à cet appétit d'art religieux\net élevé, les fidèles se réunirent en dehors de l'office pour chanter des oratorios.\nSans Luther, qui sait si Séb. Bach et Hândel auraient écrit leurs plus belles\npages ?\nLuther a donc créé, avec un succès inouï, des occasions pour ses coreligion-\nnaires d'exprimer le sentiment collectif religieux ; en même temps qu'il rendait\nl'utilité de la musique évidente en l'appliquant à un but élevé et civilisateur, il\nrenseignait l'Allemagne, une fois pour toutes, sur la fonction et la vertu du\n(( grand art «, et lui en inculquait à jamais l'amour et le respect.\nDe cette notion claire et universellement consentie, que l'art n'est pas un luxe,\nmais un « soleil de vérité », il est résulté cette double conséquence qu'en Aile-"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "726", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.34", "texte": "LECTURES MUSICALES\n\nmagne, les grands philosophes, les grands artistes, les poètes et les musiciens\nont eu de l'action, non pas seulement, comme en France, sur une portion res-\ntreinte, mais sur l'ensemble de la nation ; que leur portée, par cela même qu'elle\nétait plus générale, a été moins soumise que chez nous aux caprices de la\nmode, et parce qu'elle était plus profonde, a été plus durable.\nEn Allemagne, grâce à Luther, l'art dans son acception élevée est réputé\n(( chose sainte ».\nIl n'en est pas de même en France. C'est un aphorisme assez accrédité\nchez nous, qu'en fait de musique (( le bon Dieu ne vaut pas le diable ».\nEn France, depuis deux cent cinquante ans, l'art s'est manifesté surtout au\nthéâtre, et il y eut, dès avant cette époque, rupture complète entre le théâtre et\nl'Eglise. Tandis que la musique dramatique s'épanouissait librement dans l'ex-\npression des sentiments passionnés, humains et mondains, l'Eglise catholique,\npeut-être par haine du protestantisme, avait perdu la trace de la mission éduca-\ntrice de l'art.\nLuther, très artiste, avait su organiser et diriger cette force; l'Église catho-\nlique se contenta de la craindre.\nTandis que Luther faisait de tous les fidèles autant de porte-voix de son idée,\nl'Église catholique, ne voulant pas faire coopérer activement les fidèles à la\nprière, conservait des musiciens salariés (i).\nTandis que l'idée protestante créait un art nouveau, celui qui est fondé sur le\nsentiment réel exprimé directement par tous ceux qui le sentent, le catholicisme\nconservait dans ses temples le régime et le principe du théâtre, où l'assemblée,\ncondamnée à un rôle passif, se contente d'écouter « l'acteur ».\nCette subordination de l'Église au théâtre dans la pratique de l'art et son im-\npuissance à créer un art (( éducateur » sont cause que l'Église éprouve toujours\nun certain malaise en se servant de la musique ; d'un côté, elle ne peut pas s'en\npasser ; de l'autre, elle paraît redouter de la voir se développer chez elle et y\nprendre trop racine, à peu près comme un homme qui se demanderait s'il ne\nvaut pas mieux renoncer à se chauffer et à faire cuire des aliments que de s'ex-\nposer au danger du feu. Non seulement l'Église catholique n'a rien fait pour\norganiser la prière collective chantée, mais, lorsqu'une association libre, née\nsous un mobile purement artistique, a frappé à sa porte pour se produire dans\nun milieu approprié au caractère de certaines œuvres vraiment religieuses,\nl'Église l'a constamment et énergiquement repoussée.\nEn Angleterre, la musique chorale est née de toutes pièces du génie d'un\nhomme. Si, dans ce pays, cette forme de l'art présente un développement opu-\nlent (ce que beaucoup de personnes ignorent encore en France), cela vient de\nce que Hândel a tiré de son cerveau, par amour de l'Angleterre, le type de\nl'œuvre d'art qui convenait le mieux à sa foi religieuse et à son tempérament\nnational. Aussi les sociétés d'amateurs des deux sexes, innombrables de l'autre\ncôté du détroit, exécutent-elles, neuf fois sur dix, de la musique de Hândel. Il\n\n(1) Cette affirmation de M. Bourgault-Ducoudray est parfaitement exacte. Sans doute, l'Eglise\ncatholique veut, en principe, que tous les fidèles prennent part au chant sacré ; le plain-chant a\nmême été constitué pour cela. Mais, en fait, ce qui règne dans la plupart des églises, on s'en\naperçoit à Paris plus encore que partout ailleurs,—■ c'est l'individualisme musical et la virtuosité\nprofane."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "727", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.35", "texte": "LECTURES MUSICALES\n\nne faut pas oublier que Hàndel, qui fut un musicien de génie, était aussi un fils\nde Luther.\nSi j'insiste, Monsieur le Ministre, sur les raisons extra-musicales qui font\nfleurir la musique chorale à l'étranger, c'est que vous m'avez témoigné le désir\nd'avoir des renseignements sur ce point ; je le fais aussi pour montrer que leur\ninfluence est telle, qu'elles créent la musique chorale sans moyens pédago-\ngiques, tandis que les moyens pédagogiques seuls seraient impuissants à la\ncréer.\nEn Angleterre, les moyens pédagogiques sont peu avancés, et la musique cho-\nrale est florissante ; on y voit fréquemment des milliers de choristes, des deux\nsexes et de toutes les classes, venir spontanément des quatre coins du royaume\npour organiser des exécutions colossales en l'honneur de Hàndel.\nChez les Allemands (la nation la plus musicale de l'Europe), bien que l'ensei-\ngnement de la musique soit obligatoire, les moyens dont on se sert pour l'en-\nseigner ne paraissent pas être organisés avec cette perfection qu'on remarque\ndans certaines autres branches de l'éducation, par exemple dans celle de l'in-\nstruction militaire. Mais en Allemagne on ne se contente pas de dire, comme chez\nnous : (( Je ne suis pas musicien, mais j'adore la musique i » on aime la mu-\nsique, et on le prouve en étant musicien.\nEn France, malheureusement, la culture artistique est trop superficielle ; l'art\nest trop un objet de luxe ; il en est de lui comme d'une denrée qui varie suivant\nles bourses ; il y a un art pour les riches, et un art pour les pauvres.\nLes orphéonistes, qui chantent, ne consomment pas la même musique que les\nbourgeois qui jouent du piano.\nNos orphéons et nos fanfares (qui ont du bon cependant) n'ont jamais popu-\nlarisé que de la musique de troisième ordre. Ces institutions ne sont pas consi-\ndérées comme faisant partie du (( monde musical )).\nCe n'est pas pour accentuer et aggraver les catégories que l'art existe ! Le but\ndu grand art est de faire (( l'unité )) dans le cœur d'une nation. Aussi, Monsieur\nle Minisire, le bienfait de la réforme dont vous voulez doter la France serait\nincomplet, si, en rendant la musique obligatoire dans l'enseignement pri-\nmaire, vous ne la rendiez en même temps obligatoire dans l'enseignement\nsecondaire.\nDe même qu'il n'y a qu'un soleil pour le pauvre et pour le riche, il faut qu'il\nn'y ait qu'une seule vérité et qu'un seul art ! S'il y a des sentiments qui doivent\nêtre communs à toutes les classes, l'art qui seul peut les exprimer doit être pra-\ntiqué dans toutes les classes; ainsi l'union naîtra non seulement de la commu-\nnauté des sentiments ressentis, mais de la communauté des sentiments mani-\nfestés ; or rien n'exalte et ne vivifie un sentiment dans nos cœurs comme de\nl'entendre exprimer autour de nous par ceux qui le partagent.\nMais vous auriez organisé avec la plus complète perfection l'instruction\nmusicale dans les deux enseignements primaire et secondaire, que cela ne suf-\nfirait pas.\nL'engin pédagogique le plus formidable n'aboutirait qu'à un résultat surper-\nficiel, c'est-à-dire à un (( déboire )), sans la coexistence d'un besoin moral : celui\nd'exprimer des sentiments collectifs. Donc ce qui est plus important que tout le\nreste, c'est de faire naître pour tous les occasions de sentir la volupté du sen-\ntiment collectif exprimé musicalement. On obtiendra ce résultat pour l'enfant"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "728", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.36", "texte": "LECTURES MUSICALES\n\nau moyen de chants ayant un rapport direct avec les matières du programme\nd'enseignement.\nIl y a dans l'étude de la nature, de l'histoire, des droits et des devoirs de\nl'homme et du citoyen, des faits et des idées capables d'inspirer l'enthousiasme,\nl'ivresse, et qui par conséquent (( appellent )) la musique, cette forme brûlante\ndu sentiment.\nPourquoi ne ferait-on pas chanter aux enfants des hymnes en l'honneur des\ngrands hommes dont ils apprennent l'histoire, quand ces grands hommes, en\nréalisant par un certain côté l'idéal, ont été en même temps de grands servi-\nteurs de l'humanité : Socrate, Galilée, Gutenberg ; ou de la patrie : Vercingé-\ntorix, Roland, Jeanne d'Arc?\nLa musique fournira les moyens de passionner les élèves pour l'étude du passé\nde la patrie ; il faut que chaque phase de son développement historique cause\nune vibration et un frémissement sacré dans ces jeunes poitrines.\nLes jeunes filles, en célébrant certaines femmes célèbres, se graveraient bien\nplus profondément dans le cœur les exemples d'héroïsme et de dévouement, de\nsagesse, de vertu, de science, qu'elles ont donnés.\nJusqu'à présent la musique a été un joujou; elle n'a servi à rien de sérieux.\nDe là, le mépris (bien injuste, d'ailleurs) que beaucoup de gens lui témoignent ;\nl'évidence de son utilité éclatera dans l'éducation, si elle a pour destination d'ex-\nprimer des sentiments (( réels », si elle sert à « faire porter »la vérité.\nFaites naître aussi des occasions de chanter pour l'adulte !\nIl faut créer des orphéons de femmes, comme sanction à l'éducation musicale\nque recevront les filles, comme moyen sine quo non de l'exécution des grandes\nœuvres chorales, pour introduire l'unité des aspirations et des croyances chez\nles deux sexes, pour préparer à l'enfant cet agent d'éducation antérieur à la salle\nd asile, qu'il trouvera dans une mère musicienne.\nLes sociétés orphéoniques actuelles ne comptent que des voix d'hommes ;\nleur mobile est le (( concours », et non l'exécution de belles œuvres, que leur\nesprit et leur composition exclusivement masculine les rendent d'ailleurs impuis-\nsantes à interpréter. Il faudrait des sociétés mixtes d'hommes et de femmes,\ninstruites, et nombreuses, pour populariser les grandes œuvres de la musique\nchorale. Dans notre pays, le rôle de l'Etat devrait être d'encourager de toutes\nses forces ces sociétés, en leur facilitant l'achat de la musique, en leur assurant\ngratuitement des salles de réunion, peut-être en accordant à leurs membres,\naprès un certain temps de service, des privilèges et des immunités.\nCes encouragements devraient être généraux ; ils ne devraient, en aucune\nmanière, entraver l'indépendance des sociétés, en créant un lien administratif :\nla vie du chant choral, c'est la liberté !\nCe que pourrait encore l'Etat, ce serait de multiplier les occasions où ces\nsociétés se produiraient en affirmant, pour la plus grande joie de la vie com-\nmune, l'intensité des sentiments collectifs.\nJusqu'ici la musique de (( circonstance » a été traitée avec le dernier dédain.\nElle ne peut être intéressante que si elle est rigoureusement en (( situation »\net formule des sentiments réels. Or, un sentiment collectif intense ne peut sç\nmanifester librement que dans un État libre.\n(A suivre.)\n\nBOURGAULT-DUCOUDRAY."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "729", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.37", "texte": "NOTES BIBLIOGRAPHIQUES\n\nNotes bibliographiques\nL'OEUVRE DE M. VINCENT D'INDY\n\nDATE\nN° D'OP. TITRES DES OEUVRES DE COMPO- Ire EXÉCUTION ÉDITEURS\nSITION\n1 3 Romances sans paroles pour piano 1870 Schott.\n2 La Chanson des Aventuriers de la Mer (V. Hugo),\nbaryton et chœur 1870 Schott.\n3 Attente (V. Hugo), mélodie 1872-76 Hamelle\n4 Madrigal (R. de Bonnières), mélodie 1872-76 Hamelle\n5 Jean Hunyade, symphonie en 3 parties pour or- 1874-75 Société nation.\nchestre 1876\n6 Ouverture pour Antoine et Cléopâtre, d'après 1876 Conc. Pasdeloup\nShakspeare, orchestre 1877\n7 Quatuor pour piano, violon, alto et violoncelle, 1878-88 Société nation. Durand\nen 3 parties. . 1879\n8 La Forêt enchantée, ballade-symphonie d'après 1878 Conc. Pasdeloup Heugel\nUhland, orchestre 1878\n9 Petite Sonate pour piano, en 4 parties 1880 Hamelle\n10 Plainte de Thècla (R. de Bonnières), mélodie. . . 1880 Hamelle\n11 La Chevauchée du Cid (R. de Bonnières), scène Conc. Colonne Hamelle\npour baryton, chœur et orchestre 1883\n12 Wallenstein, trilogie pour orchestre, d'après 1873-81 Conc. Lamoureux Durand\nSchiller 1888\n13 Clair de lune (V. Hugo), étude dramatique pour 1872-89 Société nation. Hamelle\nsoprano et orchestre 1881\n14 Attendez-moi sous l'orme, opéra comique en 1 acte, 1876-82 Opéra-Comique Enoch.\nd'après Regnard (R. de Bonnières) 1882\n15 Poème des montagnes, pour piano, en 3 parties. . 1881 Société nation. Hamelle\n1886\n16 4 pièces pour piano. . 1882 Hamelle\n17 Helvetia, 3 valses pour piano 1882 Hamelle\n18 Le Chant de la Cloche (1), légende dramatique en 1879-83 Conc. Lamoureux Hamelle\n1 prologue et 7 tableaux pour soli, double chœur 1886\net orchestre (V. d'lndy)\n19 Lied, pour violoncelle et orchestre * . 1884 Société nation. Hamelle\n1885\n20 L'Amour et le Crâne (Baudelaire), mélodie. . . 1884 Schott.\n21 Sauge fleurie, légende pour orchestre, d'après 1884 Conc. Lamoureux Hamelle\nR. de Bonnières. 1885\n22 Cantate Domino, cantique à 3 voix avec orgue. . 1885 Durand\n23 Sainte Marie Magdeleine, cantate en 2 parties pour\nsoprano, chœur de femmes, piano et harmonium. 1885 Durand\n24 Suite en ré, pour trompette, 2 flûtes et instruments\nà cordes, en 5 parties 1886 Hamelle\n25 Symphonie pour orchestre et piano, sur un chant 1886 Conc. Lamoureux Hamelle\nmontagnard français, en 3 parties 1887\n26 Nocturne pour piano 1886 Hamelle\n27 Promenade, pièce pour piano 1887 Hamelle\n28 Sérénade et valse pour petit orchestre 1887 Hamelle\n29 Trio pour piano, clarinette et violoncelle, en 4 1887 Société nation. Hamelle\nparties 1888\n30 Schumanniana, trois pièces pour piano 1887 Hamelle\n31 Fantaisie pour orchestre et hautbois principal, sur 1888 Conc. Lamoureux Durand\ndes thèmes populaires français 1889\n32 Sur la mer, chœur pour voix de femmes avec piano. 1888 Hamelle\n33 Tableaux de voyage, 13 pièces pour piano. . . 1889 Société nation. Leduc\n1890\n34 Karadec, musique de scène pour un drame d'A.\nAlexandre 1890 Heugel\n\n(F) Œuvre couronnée au Concours de la Ville de Paris de 1885f"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "730", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.38", "texte": "CORRESPONDANCE\n\nDATE\nN° D'OP. TITRES DES OEUVRES _ . DE COMPO- Ire EXECUTION EDITEURS\nSITION\n35 ier Quatuor en ré pour 2 violons, alto et violon- c 1890 Conc. des XX Hamelle\ncelle, en 4 parties 1891\n36 Tableaux de voyage, suite pour orchestre, en 6 1891 Conc. d'Angers\nparties 1891\n37 Pour Vinauguration d'une Statue, cantate pour\norchestre, baryton et choeur. ....... 1893 Valence 1893\n38 Prélude et petit canon pour orgue Durand\n39 L'Art et le Peuple (V. Hugo), chœur à 4 voix\nd'hommes 1894 Lyon 1894 Hamelle\n40 Fervaal, action dramatique en 3 actes et 1 prologue\n(V. d'lndy) 1889-95 Bruxelles 1897 Durand\n41 Deus Israël, motet en 2 parties, a cappella. . . 1896 . Schola Cant.\n42 Istar, variations symphoniques pour orchestre. . 1896 Conc. Ysaye Durand\n• • 1897\n43 Lied maritime (V. d'lndy), mélodie 1896 Bellon\n44 Ode à Valence (Genest), couplets pour soprano\net chœur 1897 Valence 1897\n45 2e Quatuor en mi pour 2 violons, alto et violon- ï897 Société nation. Durand\ncelle, en 4 parties 1898\n46 Les Noces d'or du Sacerdoce (Delaporte), cantique. 1898 Schola Cant.\n47 Mèdèe, prélude, entr'actes et musique de scène 1898 Th. Sarah Bern. Durand\npour le drame de Mendès 1898\n48 La Première Dent (de la Laurencie), berceuse en-\nfantine. . 1898 Durand\n49 Sancta Maria, succurre miseris, petit motet à 2 voix. 1898\n50 Chanson et danses pour instruments à vent, en 1898 Soc. inst. à vent Durand\n2 parties 1899\n51 Vêpres du Commun d'un martyr, 8 antiennes pour\norgue 1899 Schola Cant.\n52 90 Chansons populaires du Vivarais, harmonisées. 1900 Durand\n53 L'Etranger, action musicale en 2 actes (V. d'lndy). 1898-1901 Bruxelles 1903 Durand\n54 Marche du 76e régiment d'infanterie, pour or-\nchestre militaire 19°3 Durand\n55 Choral varié pour saxophone et orchestre. . . Durand\n56 Mirage (P. Gravollet), mélodie 19°3 Hamelle\n57 2e Symphonie pour orchestre, en 4 parties. . . 1902-03 Durand\n«\n\nCorrespondance\n\nNous recevons la lettre suivante que nous nous empressons de publier, avec\nles quelques réflexions qu'elle nous suggère.\nParis, le 4 décembre 1903.\nMONSIEUR,\nLa Revue musicale me fait l'honneur de consacrer une page de son dernier numéro à la discus-\nsion d'une courte phrase, écrite par moi dans une lettre en réponse à un entrefilet paru dans le\nnuméro du 15 novembre. J'ose donc croire que vous voudrez bien insérer dans le prochain\ncette réfutation à quelques allégations contenues dans l'article de votre collaborateur L. L. et\nqui semblent me viser particulièrement.\nVotre collaborateur, qui part en guerre contre « les erreurs qui devraient être interdites à un\nhistorien », devrait lire avec plus d attention les articles qu'il attaque et exécute d'une plume aussi\nlégère que rapide. La phrase litigieuse, celle qu'il regrette dans mon article, n'a pourtant rien qui\npuisse alarmer sa science timorée, j'ai dit et je le répète : «Au commencement du xv3 siècle, Vart\nmusical existait à peine. » Où donc est l'erreur grave contenue dans ces quelques mots r Ai-je nié\nl'existence de l'art musical avait le xve siècle? Non; bien au contraire, j'affirme cette existence\nseulement je déclare en même temps qu'il était dans un état plutôt embryonnaire, ce qui a tou-\njours été reconnu comme l'exacte vérité. Or, si M. L. L avant lu Y Introduction de mon étude sur\nYEcole contrapuntique flamande [Courrier musical, n° du 15 octobre, p. 262, ire colonne), il aurait"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "731", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.39", "texte": "CONCOURS DE MUSIQUES\n\nvu que je combats la croyance propagée par les beaux vers cle Victor Hugo et A. de Musset,\ncroyance partagée à leur époque, à savoir que la musique vient d'ltalie et qu'elle date du\nxvie sièclei; je donne, au contraire, à l'art musical des origines beaucoup plus loitaines. Mon hono-\nrable contradicteur, n'ayant pas lu cette Introduction, me range, un peu rapidement, dans la caté-\ngorie «des profanes qui ignorent la longue période qui aprécédé Dunstaple, Dufay et Binchois».\nQue M. L. L. ne se tourmente pas à ce sujet : il n'est pas le seul, grâce à Dieu ! à connaître\ncette période. Mais supposons, si vous voulez, que j'ignore cette époque dans ses détails, ou\nencore que je ne la possède pas aussi bien que M. L. L., et reprenons ma phrase : l'art musical\nexistait à peine. Par elle seule, cette affirmation tend à prouver que si je ne connais point parfaite-\nment la période du xme et du xive siècle, du moins je ne l'ignore pas tout à fait\nAu fond, M. L. L. me donne raison sans le vouloir probablement, grâce aux exemples cités\npar M. de Coussemaker dans l'Art harmonique au xne et au xme siècle, la Messe publiée par lui\nd'après le manuscrit de Montpellier. Que l'on compare ces essais embryonnaires d'harmonie avec\ndes œuvres de Okeghem, Josquin, Brumel, Pierre de la Rue, etc , et il sera facile de voir quand\nl'art musical commençait àse manifester et quand il existait réellement. Ses progrès au xvie siècle\nsont considérables : or, c'est tout ce que ma courte phrase contenait en substance ; je ne com-\nprends donc pas les regrets qu'elle a fait naître chez mon honorable contradicteur...\nVeuillez agréer, etc.\n\nF. DE MÉNIL.\n\nL. L.\nIl résulte de tout cela que M. de Ménil accorde bien une sorte d'existence em-\nbryonnaire et fantomatique à l'art musical avant le xve siècle. Mais Vexistence\nréellenQ daterait quede cetteépoque ; et il sefonde, pour justifier cette opinion, sur-\nla rudesse et la barbarie du contrepoint au xne et au xme siècle. Nous répondrons\nen premier lieu que notre sentiment musical moderne n'est pas juge souverain,\net qu'un art existe dès qu'il a ses règles et ses genres, quoi qu'en pensent nos\noreilles. Il y a un art musical du haut moyen âge, qui nous est assez étranger\naujourd'hui, comme il ya un art musical chinois, qui nous est totalement inin-\ntelligible. En second lieu, nous croyons, pour notre part, qu'on a beaucoup exa-\ngéré les imperfections de cette harmonie primitive ; et le canon du coucou, que\nnous donnerons prochainement, est vraiment un morceau aussi agréable que\nsavant ;or il date du xme siècle ! Quant à la science de M. de Ménil, nous ne\nl'avons jamais mise en doute ; et si nous avons cru devoir relever dans son article\nune assertion un peu risquée, c'est qu'elle nous surprenait de sa part : nous\nregrettions de la trouver dans une étude d'ailleurs remplie de faits et d'idées\njustes sur l'art du xvc siècle.\n\nConcours de musique.\n\nNous rappelons à nos lecteurs que le délai accordé pour les concours dont\nnous avons donné le détail et les sujets dans notre numéro du 15 octobre s'étend\njusqu'au lerIer février 1904 :\nComposition musicale (danse pour piano à cinq temps), prix offert, 500 fr. ;\nharmonie (200 fr.), histoire musicale {id.), etc...\nLa Revue musicale accuse réception de leur envoi aux auteurs dont les travaux\nportent les devises suivantes :\nCent fois sur le métier remettez votre ouvrage. Musica me juvat. Macht er\nden Meistern ban g, gar Wohl gefiel er doch H ans Sachsen. f aurai du moins\nl'honneur de l'avoir entrepris. Harmonie.—Odi profanum vulgus. Con\nspirito. Ce que Von conçoit bien s'énonce clairement. —Il faut qu'on sentraide."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "732", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19031215-01.1.40", "texte": "CONCOURS DE MUSIQUE\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPeitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie\n\n— La musique est un exercice inconscient cTarithmétique (Lcibnitz). — Sunt bona,\nsuntquoe dam medio cria, sunt m al a pliera. — Hâtez-vous lentement.\n\nCongrès international d'Histoire de la Musique tenu à Paris à la\nbibliothèque de l'Opéra, du 23 au 29 juillet 1900 : Documents, Mémoires lus au\nCongrès, Vœux, etc. Fort et beau volume imprimé par les Bénédictins, à Soles-\nmes, et qui, avec un très grand nombre de planches relatives à 1 histoire de la\nmusique et de la notation, contient les mémoires suivants :\ni° (Musique grecque) : mémoires de MM. E. Ruelle, E. Poirée, Th. Reinach,\nL. Laloy, J. Tiersot, Mgr B. Grassi-Landi ;\n20 [Musique byzantine) : mémoires du R. P. Thibaut, de dom Hugues Gaïsser ;\n30 [Musique du moyen âge): mémoires du MM. G. Houdard, dom H. Gaïsser,\nMgr B. Grassi-Landi, Liborio Sacchetti, Pierre Aubry, Michel Brenet ;\n40 (Musique jnoderne) : mémoires de MM. Camille Saint-Saëns, Bourgault-\nDucoudray, Meerens, Ilmari Krohn, G. Humbert, Adolf Lindgren, J. Carillo,\nChilesotti, Shedlock, R. Rolland, J. Combarieu, MUe Parent, etc., etc.\nPrix de l'ouvrage (port compris) : 10 fr. (au lieu de 15), aux bureaux de la\nRevue musicale.\n\nDans ses prochains numéros, la Revue musicale terminera la publication des\nSouvenirs inédits de Chopin et continuera la série de portraits et d'études sur les\nContemporains, les Maîtres et les Artistes d'autrefois, ainsi que les Exercices\nd'Harmonie et de Contrepoint, si appréciés de nos lecteurs. Elle publiera des htiU'QS\ninédites de Fr. Liszt à Alfred Jaell, une élude de M. Constant Pierre sur les\nChansons de la période révolutionnaire, des Textes musicaux du moyen âge,\naccompagnés d'études, de M. P. Aubry, et d'un exposé critiquede la «Notation pro-\nportionnelle )), des Chansons populaires russes, recueillies et traduites par M. C.\nZakone, des Noëls provençaux, harmonisés par M. E. Gueydon, et enfin des\narticles de ses collaborateurs nouveaux : MM. Cl. Debussy, P. Landormy, L. de\nla Laurencie, Dr Lombard, O. Maus, H. de la Ville de Mirmont, etc. Enfin\nnotre Supplément musical donnera, outre des œuvres anciennes soigneusement\ntranscrites d'après les documents originaux, des compositions modernes choisies\nparmi les plus dignes de figurer dans cette Anthologie des Maîtres Musiciens.\nLa Table des Matières de Vannée écoulée sera encartée dans notre numéro du\nler janvier igoq."}]}