{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_sha256": "0879ec8f4038dee01f3e1710b945593e28c858fcdd287aaeb1d29cf4174220ff", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/01/01_01/bmtnabj_1904-01-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/01/01_01/bmtnabj_1904-01-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "3", "image_debut": 1, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.1", "titre_corps": "XAVIER LEROUX", "titre_sommaire": "XAVIER LEROUX", "signature_source": "LOUIS SCHNEIDER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2853, "texte": "XAVIER LEROUX\n\nXavier Leroux, le compositeur de la Reine Ficimmette, est né en 1863 à Velle-\ntri (États Romains). Ce n'est pas un jeune, malgré ses quarante ans ; car nous\nappelons en musique jeunes les vieux compositeurs qui à soixante ans n'ont pas\nencore été joués. 11 est né à Velletri, mais ce n'est pas un Italien. Son\npère était chef de musique au 59e de ligne (il est l'auteur de nombreux mor-\nceaux pour musiques militaires, dont l'un, une Soirée près du lac, est encore\nau répertoire des orchestres régimentaires). et Xavier Leroux a vu le jour\npendant l'occupation italienne par les troupes françaises ; son père avait fait\ncampagne à la tète de sa musique et de son régiment ; puis à Rome il avait\népousé une Transtévérine. Xavier Leroux a donc du sang italien dans les veines.\nSa musique a une chaleur, une ferveur qui rappelleraient par moments une mu-\nsique italienne ayant franchi les Alpes pour s'anoblir et se civiliser au contact\nde la musique symphonique.\nXavier Leroux a fait toutes ses études au Conservatoire ; il fut un des meil-\nleurs élèves des classes de MAI. Théodore Dubois et Massenet. Il obtint un\nier prix cl harmonie et un accessit de piano en 1881 ;le premier prix de fugue et\nde contrepoint en 1884 : le second grand prix de Rome la même année, et le\npremier grand prix l'année suivante, en 1885. XL Xavier Leroux est professeur\ncl harmonie au Conservatoire.\nSes principales oeuvres jouées sont Endyniion (1890), cantate, poème de\nM. Augé de Lassus ; la musique de scène de Clcopâlrc (1890), qui accompagna\nle drame de Sardou à la Porte Saint-Martin ; Ilarold (1892 , ouverture drama-\ntique exécutée aux Concerts Lamoureux; William Radcliff', dont le 3e tableau a\nété joué au Concert Colonne (1 ouvrage a été reçu il y a deux ans à l'Opéra-\nComique, puis retiré; ; Evangéline, drame lyrique, de Louis de Grammont et\nHartmann, représenté à Bruxelles en 1895 ; l.a musique de scène des Perses\nd'Eschyle (Odéon, 1896) ; une Messe avec orchestre ; Vénus et Adonis, exécuté\nchez Colonne en 1890; Astarté, opéra de Louis de Grammont, représenté à\nl'Opéra en 1891 ; la musique de scène de la Sorcière de Sardou (1903 , et enfin\nla Reine Fiammelle.\nM. Xavier Leroux a encore clans ses cartons un opéra, Y Epave\\ une comédie\nlyrique, Printemps parfumé.\nIl est l'auteur de nombreuses mélodies : le Nif Floraison, Chrysanthème,\nPensée de printemps, etc., etc.\nSon talent est cl une souplesse rare, ainsi qu'on peut facilement en juger par\nses deux œuvres les plus récentes, Astarté et la Reine Fiammette. Aux sonorités\norchestrales qu'il avait mises au service d Astarté à l'Opéra, il a fait succéder les\narabesques délicieuses de la Reine Fiammette à l'Opéra-Comique. Son écriture\nmusicale est d'une rare sûreté. Xavier Leroux, qui a été nommé chevalier de\nla Légion d'honneur en 1902, est un maître avec lequel il faut compter."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.3", "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 3300, "texte": "La Reine Fiammette est un drame romantique tout à fait exquis, de Catulle\nMendès. C'est un rêve délicat de poète où se mêlent le frivole et le tragique,\nc'est une fantaisie réelle et ailée, qui évoque la musique et devait tenter un jour\nou l'autre un compositeur. Ce n'est point là le livret d'opéra tel que l'entendent\nnos habituels faiseurs, mais la vraie comédie lyrique, dont l'invention serait\ndue à Shakspeare et dont les vers participeraient de Victor Hugo et de\nThéodore de Banville ; c'est de ces trois grands génies que peut se réclamer\nCatulle Mendès dans sa Reine Fiammette, qui, jouée d'abord chez Antoine, puis\nreprise à l'Odéon, est réapparue à l'Opéra-Comique avec une partition de\nM. Xavier Leroux, aussi délicieuse que le poème alanguissant puis terrible du\npoète.\nLa Reine Fiammette est une petite souveraine, gentille, évaporée, aimante,\net prenant facilement feu pour les galants chevaliers : d'où son nom de Fiam-\nmette, petite flamme. Son vrai nom est Orlanda, et elle règne sur le minuscule\nEtat de Bologne. Elle a pour mari un aventurier, Giorgio d'Ast, à qui il ne\nsuffit point cl être le mari de la reine; il voudrait gouverner. La reine est en-\ntourée d'ennemis, entre autres César Sforza, un cardinal qui souhaite la voir\nmourir pour pouvoir annexer le royaume qu'elle possède à celui du Pape.\nSfo rza confie à Danielo, un jeune franciscain exalté, le soin de tuer Orlanda ;\nil a fait croire à Danielo qu'Orlanda avait fait tuer le frère dont il pleure la\nperte.\nOr, Danielo aime une femme inconnue chez laquelle il se rend tous les soirs.\nCette inconnue n'est autre que la Reine Fiammette. Danielo, surpris chez elle\nle poignard à la main, est arrêté ; il va mourir. Pour le sauver, la Reine cède\naux instances de son mari et abdique. Mais, comme elle n'est plus reine, son\nmari la fait emprisonner, et l'Église la condamne à avoir la tête tranchée sous\nprétexte qu'elle est favorable aux doctrines de Luther. Elle demande à revoir\nDanielo avant de mourir. Il vient à elle revêtu de son costume de franciscain ;\nelle lui jure qu'elle n'est pour rien dans le meurtre de son frère. Justement outré\nd'avoir accusé à faux Orlanda, Danielo se précipite sur Sforza ; il est à son\ntour condamné à mort ; et tous deux périront ensemble, heureux d'être unis\ndans un même trépas.\nCette histoire d'amour avait déjà la musique de sa poésie. Catulle Mendès\nl'avait enluminée de ses rimes d'or; et l'histoire n'a rien perdu de sa coloration,\nde son intérêt, à se revêtir de musique. Le conte est devenu un livret de drame\nlyrique, tout comme s'il était né à l'état de livret.\nLa partition de M. Xavier Leroux est une œuvre brillante, forte, vigoureu-\nsement pensée. Elle commente de façon prodigieusement intelligente le poème\nen 1 auréolant de l'atmosphère qu'il fallait. Nous sommes sous la Renaissance\nen Italie, et la musique de la Reine Fiammette est italienne, elle chante à sou-\nhait. Elle a surtout pour qualité d être en communion parfaite avec l'inspi-\nration du poète.\nNous nous réservons d'y revenir plus tard, car nous nous reprocherions\nd émettre sur une partition de cette importance des jugements hâtifs et super-\nficiels. Nous nous contentons pour aujourd'hui d'en donner dans notre Supplé-\nment un extrait considérable. \" ' \" \" ~ \"v*\n\nLOUIS SCHNEIDER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.1.1", "titre_corps": "Xavier LEROUX", "titre_sommaire": "Xavier LEROUX", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.1", "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 84, "texte": "Xavier LEROUX"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c003", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "4", "page_fin": "4", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.2", "titre_corps": "Théâtre de la Gaieté : Messaline.", "titre_sommaire": "Théâtre de la Gaieté : Messaline.", "signature_source": "L. 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Morand d'avoir quelque peu idéalisé leur héroïne ; au lieu de la\nsinistre créature qui, selon Tacite, « lasse des joies trop faciles de 1 adultère,\ncherchait des plaisirs inconnus », ils nous ont montré une sorte de don Juan fé-\nminin, qui poursuit l'amour parmi les mirages de la volupté :\nEspérances d'amour, à mon cœur défendues !\nMoi, mépriser l'amour, quand c'est lui qui me fuit !\nC est vers lui que je vais\nSur la mauvaise route,\nPar les chemins mauvais\nDe l'angoisse et du doute ..\nJe brûlerai mon âme à l'éternel flambeau,\nJe trouverai l'amour, fût-ce au fond du tombeau !\nSans doute il y a en ces cris beaucoup d'affectation et de névrose ; mais cette\nMessaline proche parente de Néron nous agrée mieux que celle de l'histoire,\ninfiniment moins romanesque (mais qui sait, après tout }).\nLe roman qu'elle vit devant nous est fort simple : deux frères sont venus de\nNicomédie ; Hélion est lutteur, et sa force en fait l'idole du peuple romain ;\nHarès est poète, et flétrit en ses chansons les scandales du palais impérial Tous\ndeux veulent tuer l'infâme Messaline. Mais elle, capricieuse et friande de nou-\nveauté, s'éprend d'abord du chanteur, pour la haine qu'il lui a vouée, puis du\nlutteur, pour sa force, La jalousie arme l'un contre l'autre les deux frères.\nHélion tue Ilarès, mais, incapable de soutenir son crime, se jette dans la fosse\naux lions du cirque. Et ceci nous donne cinq tableaux : les jardins du palais,\nune taverne à Suburre, une villa où s'abritent les amours de Messaline et d lié-\nlion, les bords du Tibre, et enfin la loge impériale au cirque. Le poème est\nd'une écriture très fine et soignée, trop fine et trop soignée peut-être, car une\npartie des images et des effets de rythme se perd lorsque les vers sont chantés.\nMaisMme Calvé est toujours remarquable par la sûreté de sa voix et de son styleT\nM. Renaud est admirable en sa longue robe d'Asiatique aux gestes souples et\nlents, à la voix charmeuse, et M. Duc donne bien l'impression de vigueur lourde\nqui est dans son personnage. Quant aux décors, ils sont magnifiques, et peu-\nplés à souhait de riches costumes : ce ne sont que toges à bandes de pourpre,\nrobes de gaze, casques et cuirasses, et roses piquées aux chevelures. Le public,\na montré, dès le premier soir, combien ce luxe lui plaît ; et ceux qui ne sont\npoint sensibles aux pompes théâtrales iront voir, comme une curiosité, ce drame\nà grand spectacle, venu d'un pays de vie facile, de soleil et de gaieté, de fleurs\net de parfums, de cavalcades et de mascarades, où il suffirait d'un semblant de\nmusique pour faire tourner les têtes.\n(i) Représenté pour la première fois à Monte-Carlo le 21 mars 1899."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "5", "page_fin": "6", "image_debut": 5, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.3", "titre_corps": "Promenades et visites musicales : Comment on répète à l'Opéra-Comique.", "titre_sommaire": "Promenades et visites musicales : Comment on répète à l'Opéra-Comique.", "signature_source": "LOUIS SCHNEIDER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.5", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "Promenades et visites musicales : Comment on répète\nà l'Opéra-Comique.\n\nVous êtes-vous jamais demandé comment une œuvre musicale fait pour passer\ndes mains de l'auteur devant les yeux et les oreilles des spectateurs, quel chemin\nelle suit, quelles transformations elle subit ? Il y a là un coin assez curieux et\nassez ignoré à mettre en lumière. J'ai pensé qu'il pourrait intéresser pendant\nquelques instants les lecteurs de la Revue musicale.\nQuand une œuvre a été reçue pour être jouée à l'Opéra-Comique, elle prend\nson rang d'inscription, son numéro d'ordre dans la série des spectacles que le\ndirecteur montera. Ce rang,ce numéro d'ordre, ressemblent aux règles de gram-\nmaire, faites pour être violées : eux, ils ne sont pas suivis. Un directeur joue une\npièce avant ou après telle autre parce qu'elle fait contraste, parce qu'elle varie le\ngenre, parce qu'elle est d'une autre école, parce qu'elle transporte le spectateur-\ndans une époque,dans un pays tout différents, etc., etc. Cent motifs en apparence\ntrès secondaires peuvent décider de la mise à la scène ou du recul d'une pièce.\nNous prenons le cas d'une partition qui va être représentée. Voici comment on\nprocède.\nM. Carré convoque toujours chez lui (et non au théâtre) le directeur de la mu-\nsique à l'Opéra-Comique et le chef d'orchestre pour leur donner une audition au\npiano de l'œuvre qui entrera en répétitions prochainement. L'auteur est généra-\nlement aussi convié à cettejecture en comité très privé. Le directeur lui indique,\naprès cette séance, les changements qu'il croit nécessaires pour la réussite de\nl'ouvrage. Il y a quelquefois des actes entiers à refaire après cette audition. En\nvain l'auteur essaie de prouver au directeur qu'il a eu raison ; le directeur, qui est\ntrès homme de théâtre (le contraire serait surprenant), sait à merveille ce qui\nconvient à son public ; ils plaident chacun pro domo \\ et après que chacun a fait\nvaloir ses arguments et convaincu son adversaire, il s'agit de réaliser les correc-\ntions demandées.\nCe travail fait, les répétitions peuvent commencer sérieusement. La clef de\nvoûte pour les études d'une partition, c'est le chef de chant. D'accord avec le\ndirecteur de la musique, le directeur choisit un chef de chant qui, assisté du com-\npositeur, apprend à tous les artistes petits et grands leur rôle. Il le leur apprend\nmusicalement, leur indique bien nettement la valeur de chaque note, la signifi-\ncation de chaque signe ; bref il les style, les dégrossit d'abord et les polit ensuite.\nCe n'est pas là une sinécure, on le comprend de reste.\nDe son côté, le chef des chœurs, assisté de l'auteur et instruit par lui, s'occupe\nde faire chanter les chœurs. Il prend à part les basses, puis les barytons, puis les\nténors, ou bien il s'occupe des soprani, des mezzos et des contralti ; et quand\nchaque subdivision de choristes a compris ses explications, il fait travailler tout\nson personnel de façon à fondre les voix, et à arriver à une exécution chorale aussi\nirréprochable que possible.\nAutrefois le chef du chant était chargé de diriger les derniers ensembles d'ar-\ntistes réunis. Le chef d'orchestre n'était alors pour ainsi dire qu'un simple bat-\nteur de mesure, presque le second du chef de chant.\nA 1 Opéra-Comique, le chef de la musique, M. André Messager, et le premier\nchef d'orchestre, M. Alexandre Luigini, changèrent ce régime d'infériorité dans"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.6", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3726, "texte": "lequel se trouvait le chef d'orchestre. En province, du reste, cette situation ne se\nproduit jamais : il est d'usage constant que le chef d'orchestre assiste à tous les\nensembles d'artistes et apporte ses idées et ses observations à la mise au point\ngénérale de l'œuvre. C'est ainsi qu'on procède à l'Opéra-Comique depuis la\ndirection de M. Albert Carré.\nPuis, pendant toutes les répétitions de scène au piano, le chef d'orchestre est là,\ncar il a véritablement ainsi la conduite musicale de l'œuvre qui lui est confiées\nQuand l'ouvrage commence à être su par les artistes et par les chœurs, l'or-\nchestre fait des lectures à part. C'est là un travail qui va assez rapidement ; car\nles musiciens de l'Opéra-Comique, fort consciencieux et très expérimentés, ont\nprouvé qu'ils savaient s'assimiler les œuvres les plus ardues et de l'esthétique la\nplus opposée. La méthode suivie, c'est encore 1 étude des groupes partiels, avant\ncelle de l'ensemble : ainsi, le quatuor à cordes, l'harmonie,les cuivres s'il y a lieu,\nétudient isolément, avant de se réunir. Il y a quelque temps, avant l'exécution\nd'une œuvre très difficile, on lisait dans les couloirs de l'orchestre cette note ma-\nnuscrite et signée parle chef : Messieurs les violonistes sont priés d'étudier leurs\ntraits, à part, avant la répétition cTaprès-demain. En somme, pendant une période\nassez longue, les nombreux artistes qui préparent la représentation ressemblent\naux ouvriers d'une usine travaillant à la confection d'une machine très compli-'\nquée : chaque groupe d'ouvriers a une pièce à faire, mais ignore ce qu'est ou sera\nla machine elle-même.\nEnfin, lorsque le travail de mise en scène est très avancé, et que l'orchestre\nlui-même est prêt, on ne fait plus que des répétitions d'orchestre, de chœurs et\nd'artistes réunis. C'est là le dernier travail qui précède la répétition générale\ndevant la presse et la première représentation devant le public. Mais si c'est le\ndernier, ce n'est pas ie moins long, ni le moins compliqué. C'est là qu'apparais-\nsent nettement les taches ou les tares ; c'est à ce moment que sont prises par le\ndirecteur les résolutions héroïques qui retardent de huit jours une œuvre, à part\ncela complètement sue et au point. Il serait presque impossible de se rendre\ncompte auparavant des imperfections d'un ouvrage, des impossibilités ou\nmauvaises réalisations scéniques et musicales. C'est là enfin que les nerfs du\nchef d'orchestre sont mis à de délicates épreuves par les artistes de tout ordre;\nLes uns infligent un démenti, à force de courtoisie au moins apparente, au mot\ncité par Wagner dans son opuscule sur l Art de diriger : (( Pour être un bon chef\nd'orchestre, il faut être grossier )) ; lès autres n'infligent pas de démenti.\nVoilà pour la musique et pour le chant. Ajoutez à tout ce travail si minutieux\nla présentation des costumes, leur essai, leur groupement ; ajoutez que le matin\nles machinistes répètent la pose des décors ; qu'on règle aussi (et ce n'est pas\nun des points les moins importants) les effets de lumière. Ces répétitions pour\nla mise au point des décors et de la lumière se font, dans d'autres théâtres ly-\nriques, tels que la Gaîté, le soir, après le spectacle.\nQuand à TOpéra-Comique tout est ainsi minuté, prévu, combiné, îépété, su,\non se décide à livrer la pièce à l'appréciation de la critique et des spectateurs. Il\ny a évidemment des œuvres dont l'effet, dont la réussite est moindre que d'au-\ntres : mais on peut émettre ce principe qu'à l'Opéra-Comique toutes affrontent la\nscène àprès avoir été l'objet d'un soin égal; chacune a été armée pour la lutte, et\nbeaucoup reviennent victorieuses qui ailleurs auraient à peine un succès d'estime.\n\nLOUIS SCHNEIDER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c005", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "7", "page_fin": "9", "image_debut": 7, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.4", "titre_corps": "L'lmitation en musique.", "titre_sommaire": "L'lmitation en musique.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.7", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "L'lmitation en musique.\n\nSi Ton veut étudier l'art musical au point de vue sociologique, il faut prendre\ndes formes de composition nettement définies, et en expliquer la genèse. Voici, à\npropos du canon, —genre qui, à première vue, est bien abstrait, une observa\ntion très simple que le lecteur pourra facilement généraliser.\nDans un des plus beaux livres qui aient paru depuis treize ans (i), M. G.\nTarde, aujourd'hui membre de l'lnstitut et professeur au Collège de France,\nexamine d'abord la question suivante : Qu est-ce qu'une société 1\nOn a répondu à cette question en disant : (( Une société est un groupe d'in-\ndividus qui se rendent de mutuels services. )) Sans doute, dans une société, les\nindividus s'entr'aident mutuellement ; cette définition n'en paraît pas moins\ninexacte à M. Tarde, pour plusieurs raisons. En voici deux qui sont péremp-\ntoires : 10 s'il était vrai que l'échange de services est ce qui caractérise essentiel-\nlement une société, il en résulterait que les sociétés par excellence sont les sociétés\nanimales : non pas celles des castors, des abeilles ou des fourmis, mais celles\nd'animaux très inférieurs, les siphonophores, par exemple, où la division du\ntravail est poussée si loin, que les uns mangent pour les autres, qui digèrent\npour eux... (( On ne saurait concevoir de plus signalé service )), ajoute spirituel-\nlement M. Tarde. 2° Il y a des gens qui se rendent des services très réels et entre\nlesquels, pourtant, semble s'élever une barrière infranchissable : ainsi, aux An-\ntilles, les émigrants chinois et hindous ont beau être liés à leurs maîtres de race\nblanche par des offices réciproques et par des contrats, (( jamais un lien vérita-\nblement social ne s'établit entre eux, carilsne parviennent jamais à s'assimiler. )>\nQu'est-ce donc qu'une société ? C'est, répond M. Tarde, un groupe de gens\nqui s'imitent, étant semblables les uns aux autres sur un grand nombre de points\nessentiels. Vous parlez le même langage (français, anglais, allemand...) que les\nhommes au milieu desquels vous vous trouvez ; vous vous habillez comme eux ;\nvous suivez les mêmes coutumes, les mêmes modes, parfois les mêmes entraî-\nnements, etc... Voilà une société. (( La société, c'est l'imitation )), dit l'éminent\nphilosophe en se résumant.\nCette théorie est trop favorable à la thèse que j'ai examinée ici (2), pour que je\nne m'en empare pas.\nJe ne crois nullement jouer sur les mots en disant : la loi de la composition\nmusicale, c est limitation.\nC'est surtout à l'origine de l'art que cette loi apparaît avec un caractère d'évi-\ndence (peut-être, nous pouvons le remarquer dès maintenant, parce qu'alors la\nsociété est plus homogène qu'aujourd'hui, je veux dire moins individualiste, et\nplus fortement nouée autour de quelques dogmes). Le premier genre sur lequel\nles grands compositeurs se sont exercés, est lecanon. Or, le canon n'est pas autre\nchose qu'un exercice à'imitation (si l'on prend ce mot dans le sens philosophique).\nDans la fugue, le thème initial engendre bientôt un contre-sujet : il ressemble à\nla cellule vivante qui, pour se développer, se partage en deux ; le canon, au\ncontraire, est une composition où la même mélodie se répète, d'une partie à\n\n(1) Les lois de l'imitation, étude sociologique par G. Tarde (Paris, Alcan, 1890).\n(2) Voir la Revue musicale des ier juin, ier août, ier septembre 1903."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.8", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1846, "texte": "l'autre, comme une ondulation dont le champ s'étend peu à peu. Un docteur\nallemand, M Otto Klauwell, a consacré à ce genre curieux une étude substan-\ntielle (i) dans laquelle il dit : « Pendant longtemps, le développement du canon\ns'est confondu avec celui de l'art musical. »\nComme exemple, je citerai la célèbre composition anglaise qu'on trouve à\nl'origine même du genre, et qui, encore aujourd'hui, est un sujet d etonnement\net d'admiration pour les historiens. C'est une composition de caractère pastoral,\nsur le retour du printemps et sur le chant du coucou. Découverte au xvme siècle\npar l'Anglais Hawkins dans un manuscrit dußritish Muséum, elle a été long-\ntemps attribuée au xvc siècle; mais le Flamand de Coussemaker, dans son livre\nl Art harmonique aux XIIe et XIIIe siècles, a prouvé qu'elle avait été copiée par\nun moine dont la dernière écriture est datée de 1236. On est donc obligé de la\nconsidérer, jusqu'à preuve du contraire, comme une œuvre de la première moitié\ndu xme siècle.\nCette composition est construite sur la mélodie suivante, que je citerai d'abord\ndans le texte original, et dont je donnerai ensuite une traduction en notation\nmoderne :\nTraduction :\nLa croix placée, sur le texte original, après la neuvième note, veut dire qu'à\nce moment précis la deuxième voix doit faire son entrée en reprenant la mélodie\nà son début. La troisième voix fait son entrée dans les mêmes conditions, après\nla neuvième note émise par la 2e voix, et à une distance double de la première;\nil en est de même pour la voix suivante et dernière, qui entre à une distance\ntriple du début. Ainsi s'établit un chœur à 4 parties.\nCe n'est pas tout. Ce groupe de quatre voix a, pour accompagnement continu,\nles deux formules suivantes :\n\n(1) Le Canon et son développement historique (en allemand), chez Kahnt (Leipzig)."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 883, "texte": "Traduction :\nOn remarquera que ces deux formules alternent : la première voix (a) est\nd'abord àla partie de dessus, puis passe à la partie de dessous, et la seconde\nvoix (b) suit un mouvement contraire. Cette sorte d entrelacement se reproduit\nd'une façon ininterrompue, depuis le début jusqu'à la fin. C'est encore de V (( imi-\ntation », mais d'une forme particulière, qui s'appelle le rondel.\nNous avons donc, au total, un canon à 4 partiesaccompagné par unrondel à 2,\nsoit deux systèmes d im tation associés.\nVoici la traduction, en écriture moderne, du début de cette pièce qui est fort\nbelle (bien qu'on y rencontre quelques suites de quinte), jusqu'à l'entrée de la\n4e partie :\nLa réduction au piano est impossible, à cause de la multitude des parties ;\nvoici cependant comme on pourrait présenter les 4 premières mesures :\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c012", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "10", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.5", "titre_corps": "F admire des œuvres telles que le Siegfried de Wagner ou le XVe quatuor de", "titre_sommaire": "F admire des œuvres telles que le Siegfried de Wagner ou le XVe quatuor de", "signature_source": "G", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.10", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 1546, "texte": "F admire des œuvres telles que le Siegfried de Wagner ou le XVe quatuor de\nBeethoven ; mais je n en considère pas moins comme un chef-d'œuvre en son genre\nle Chalet d'Adam : chef-d'œuvre d'équilibre dans la composition et de verve aima-\nble [qu'il n'est jamais inutile de rappeler, car dans son Dictionnaire et dans son\nHistoire de la Musique au xixe siècle, M. Hugo Riemann, à l'article (( Adam\noublie de le mentionner !) Adam manquait de profondeur ; mais il surabondait\nde facilité mélodique. Parmi ses autres ouvrages, on peut citer : Pierre et\nCatherine (1829), Danilowa, Trois jours et une heure, Joséphine Le mor-\nceau d'ensemble, Le grand prix, Casimir (1831), Le proscrit (1833), Une bonne\nfortune (1834), La marquise, Micheline ( 183 5 ), Le postillon de Longjumeau (1836),\nLe fidèle berger (1838), Régine, la Reine d'un jour (1839), la Rose de Péroné,\nle Secret (1841), le Roi d \\ vetot ( 1842), Cagliostro (1844), la Bouquetière (1845),\nLes premiers pas(iB47), le Toréador, le Fanal,Giralda ( 1850), le Farfadet (1852),\nla Poupée de Nuremberg, Si j'étais roi, le Sourd, le Bijou perdu (1853), le Roi\ndes Halles, le Muletier de Tolède (1852), Falstaff (1836), les Pantins de Violette,\nGisèle (1841), le Corsaire (1855)•» etc. Adam est doublement Français, étant\nné à Paris le 24 juillet iSoy. Il fut élève de Boïeldieu, professeur au Conservatoire\net membre de, l Institut. On lui doit, outre ses œuvres personnelles, plusieurs\n(( arrangements » dont il vaut mieux ne pas parler.\n\nG."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c013", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "10", "page_fin": "10", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.5.1", "titre_corps": "Adolphe ADAM (1803-1856).", "titre_sommaire": "Adolphe ADAM (1803-1856).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.10", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 50, "texte": "Adolphe ADAM (1803-1856)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "12", "image_debut": 11, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.6", "titre_corps": "L'Enseignement du chant dans les lycées.", "titre_sommaire": "L'Enseignement du chant dans les lycées.", "signature_source": "C. SAINT-sAÈNS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.11", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "L'Enseignement du chant dans les lycées.\n\n« M. Saint-Saéns, en ce moment en Egypte, écrit qu'il vient de terminer une composition\nchorale, Hymne à la France, destinée à être chantée par les élèves de nos lycées ». Telle est la\nnote que publiait le journal le Temps, dans son numéro du 18 décembre. Nous pouvons la com-\npléter en ajoutant que le télégramme par lequel l'illustre compositeur annonçait cette bonne\nnouvelle était adressé a M. Jules Combarieu, directeur de la Revue musicale, auteur des paroles\nde Y Hymne à la Fiancerons sommes heureux de reproduire ici quelques lignes du rapport adressé\npar M. Saint-Saëns à M le Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts. Nous rappelons\nque l'enseignement des lycées jusqu'à la classe de sixième est aujourd'hui un enseignement\nprimaire.\nL introduction obligatoire dans\nlenseignement primaire de l'é-\ntude cle la musique est une mesure\ndont les résultats peuvent être\nimmenses au point cle vue de l'élé-\nvation du niveau de l'intelligence\ndans notre pays. Le développement\nde la culture musicale est l'indice\ncertain d'une civilisation supé-\nrieure ; il suffit d'être pénétré de\ncette vérité pour comprendre la\nnécessité de travailler à ce dévelop-\npement avec toute l'énergie pos-\nsible.\nJusqu'à ce jour on avait cru\ntrouver dans la formation et l'en-\ncouragement des sociétés orphéo-\nniques le levier nécessaire au\nmouvement musical populaire. Le\nmoyen était bon, sans doute, mais\ninsuffisant. La raison en est que\nles sociétés orphéoniques, compo-\nsées d'adultes, prennent l'homme à\nun âge trop avancé déjà pour que\nl'étude de la musique lui soit\nprofitable. D'un autre côté, les\nfemmes étant exclues des sociétés chorales, celles-ci se trouvent bornées àun\ngenre restreint dont il leur est impossible de sortir.\nL'étude des premiers éléments de la musique, qui présente quelquefois aux\nadultes des dillicultés insurmontables, n'est qu'un jeu pour les enfants. En intro-\nduisant, comme vous le désirez, cette étude dans les écoles, on formera sans\neffort des générations de jeunes gens des deux sexes tout préparés pour le chant\nlorsque leur voix sera formée .. sans parler de l'élévation graduelle du goût musi-\ncal, qui sera la conséquence forcée de cet état de choses et qui mènera les masses\nà préférer aux chansons grossières, dont elles se contentent trop souvent, les\njouissances pures et élevées de la musique d'ensemble.\nA mon avis, l'étude de la musique dans les écoles primaires (jusqu'à nouvel\nordre du moins et jusqu'à ce que l'expérience ait apporté dans la question ses"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.12", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "indispensables lumières) devrait se borner au solfège à une ou plusieurs voix :\ncette étude devrait commencer aussitôt que les enfants savent lire couiamment.\nLa commission aura à examiner quels seront les ouvrages qui devront servir à\ncet enseignement Les plus simples seront les meilleurs. Les excellents solfèges\nde Batiste, des solfèges anciens plus élémentaires encore peut-être, pouiront\nêtre choisis. La commission n'aura, en cette matière, que 1 embarras clu\nchoix.\n\nC. SAINT-sAÈNS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "11", "page_fin": "11", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.6.1", "titre_corps": "LES ENFANTS CHANTEURS.", "titre_sommaire": "LES ENFANTS CHANTEURS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.11", "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2613, "texte": "LES ENFANTS CHANTEURS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c016", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "12", "page_fin": "13", "image_debut": 12, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.7", "titre_corps": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "titre_sommaire": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.12", "debut_caractere": 532, "fin_caractere_exclue": 1797, "texte": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.\n\nIV. — L'échappée.\nL'échappée est une broderie incomplète, où, nous dit la théorie classique, il \\\na une note sous-entendue:\nReber et M. Malhomé (i) considèrent ces deux formules comme identiques.\nL'échappée, elle aussi, se fait sur un temps faible ; elle n'est usitée qu'à la\npartie supérieure ou dans la partie mélodique prédominante. Sa résolution est\ntoujours irrégulière et se fait à intervalle disjoint (tierce ou quarte) :\nL'échappée peut recevoir la broderie et l'appoggiature :\n(( On peut faire une double échappée successive ainsi que des échappées doubles\nsimultanées, marchant en tierces ou en sixtes. ))\nJe reproche à cette théorie, comme je bai déjà fait pour d'autres (( artifices »,\nde distinguer des notes importantes et des notes accessoires là où une conception\nvraiment artistique de la mélodie ne permet pas cette distinction. Je crains en\noutre qu'en ne considérant comme importantes que les notes faisant partie de\n1 harmonie, elle n'ait pour conséquence de restreindre fâcheusement, de subor-\ndonner, et, pour tout dire, de paralyser chez l'élève l'invention mélodique. Je lui\nreproche enfin d'user d'un procédé commode pour l'enseignement, mais très con-\n\n(i) Traité de] artifices mélodiques (Leduc)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.13", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 243, "texte": "testable, en identifiant des choses qui ne sont pas identiques. J'ouvre la partition\nde Robert le Diable, et je tombe sur ce passage (acte IV) :\nDirez-vous qu'une telle phrase est identique à celle-ci ?\n(.A suivre.)\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "13", "page_fin": "13", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.8", "titre_corps": "Concours de musique.", "titre_sommaire": "Concours de musique.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.13", "debut_caractere": 245, "fin_caractere_exclue": 2087, "texte": "Concours de musique.\nLa mode est aux concours.\nI. Le Gramophone a décidé, lui aussi, d'en offrir un auquel tout le monde\npourra prendre part, et qui donnera à chacun une chance de devenir proprié-\ntaire d'une machine.\nLa raison qui nous décide à ouvrir ce concours est la nécessité de con-\nnaître l'opinion générale sur nos artistes, et la valeur de leurs disques. Nous\nen éditons et vendons environ 5 millions par an, et nous devons nous baser sur\nle goût général pour les créations futures.\nPour obtenir ce renseignement si précieux, nous ne reculons devant aucnn\nsacrifice.\nA l'heure actuelle, le Gramophone est si répandu dans la société qu'il est\nconnu de tous, que tous seront prêts à répondre aux questions du concours.\nEn tout cas, les représentants en province et nos différentes maisons à Paris,\nsont à la disposition du public pour lui faire écouter les disques qu il désirera\nentendre, afin de l'aider dans le choix de ses réponses.\nLes réponses devront être envoyées au plus tard le 15 février. Nous avons\nchoisi cette date afin que les personnes qui, à l'époque du Jour de l'An, auront\neu un Gramophone comme cadeau, puissent aussi être déjà au courant des dif-\nférents morceaux de notre catalogue.\nA la fermeture du concours, les solutions des concurrents seront additionnées\net classées. Les prix seront répartis entre ceux qui auront donné les solutions\nles plus rapprochées dans l'ordre de mérite et opinions combinés des réponses.\nC'est donc la majorité qui sera juge impartial. En cas de solutions égales, la\npriorité sera donnée à la solution qui arrivera la première.\n11. Pour les concours de composition, harmonie, histoire, etc., qu'elle a\nouverts avec prix en espèces (voir notre numéro du ler novembre), la Revue\nmusicale a reçu de nouveaux travaux dont elle accusera prochainement réception\n(en citant les devises)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "14", "page_fin": "17", "image_debut": 14, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.9", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3202, "texte": "Publications nouvelles.\n\nLES BÉNÉDICTINS DE SOLESMES.\n\n— Chant grégorien : Paroissien romain contenant\no <v> 7\nla messe et l'office pour tous les dimanches et fêtes doubles (chez Desclée, Tournai,\ni vol. de 1238 p.). On sait clans quelles circonstances les Bénédictins de So-\nlesmes ont dû quitter leur monastère et ont vu leurs biens mis sous séquestre.\nL'ouvrage qu'ils publient aujourd'hui malgré leur exil sera accueilli avec la\nplus grande faveur dans le monde catholique et dans le monde des musiciens\nqui, sachant le prix et la beauté du plain-chant, savent aussi avec quels scru-\npules d'exactitude, quelle science profonde et quel respect des antiques traditions,\nles Bénédictins préparent leurs livres. Tout au plus regretterai-je de trouver\ndans celui-ci (ou, plus exactement, dans la préface qui est en tête) une\nterminologie scientifique un peu excessive. L'auteur reprend d abord les\nmots arsis et thesis (mots grecs signifiant : élévation, abaissement) qui ont\nun double inconvénient : ils déplairont à un certain nombre de grammai-\nriens éminents, très experts en matière de rythme, qui veulent absolument pro-\nscrire ces vocables, comme source de perpétuelles difficultés. En outre, dans une\nmusique purement vocale et de rythme libre, ils sont inutiles. Inutile aussi, car il\nlait au moins double emploi, le mot (( touchement » — touchement de quoi ?(i) —\npour indiquer un moment du rythme; inutile surtout la barre de mesure que je\n111 étonne de trouver dans des transcriptions grégoriennes (eh Pourquoi cette\nbarre de mesure, dont on peut bien dire qu'elle n'est pas de la maison ? L'auteur\nparaît avoir voulu introduire ici une théorie qu'il a brillamment soutenue\nailleurs (voir les derniers fascicules de la Paléographie musicale) et qui se refuse\nà considérer le premier temps de la mesure comme un temps fort. Cette doctrine\nsera acceptée sans difficulté par les musiciens, en ce sens que nul, je crois, ne\nsera assez barbare pour dire que, dans un morceau de musique, le premier temps\nde chaque mesure est nécessairement et toujours accentué. Mais on se tromperait\nen croyant que cette opinion est identique à la doctrine qui veut placer l'arsis\n(forte) avant la barre de mesure, et la thesis (faible) après. En tout cas, c'est, je\ncrois, embrouiller les choses inutilement, que de faire intervenir le concept de\nla mesure là où on peut et doit s'en passer. Vous voulez qu'on dise :\ndf- | -es 1- | -rae di- | -es il- | -la.\nau lieu de :\nI df es | 1 rae | di es | il la.\nJe dis, tout simplement :\nelles irae, dies fila.\nJe supprime cette malencontreuse barre de mesure qui m'est aussi inutile que\ndes ficelles placées perpendiculairement sur un tableau pour le diviser en parties\négales; de plus, en faisant cela, je n'ajoute rien aux manuscrits, je me con-\nforme strictement à leurs indications, et,.., nous sommes d'accord, car nous\ndisons la même chose.\n.... - ' • - - •- < < v i\n\n(1) « Le point précis où, dans sa marche, le mouvement rythmique touche le sol (sic) est dit\naussi touchement ou ictus. » (Préface, p. xix). Ce langage me paraît bien singulier.\n(2) Préface, p. xx et suiv. La barre de mesure n'apparaît point dans le cours de l'ouvrage."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3589, "texte": "Enfin, je considère comme inutile un schéma que je ne peux même pas repro-\nduire ici, car il est une innovation pour la typographie comme pour la musique :\nEn matière de rythme, je crois qu'il ne faut pas étendre mais simplifier et\nréduire les signes traditionnel.\n\nJ. C.\n\nJULIEN TIERSOT : Hector et la Société de son temps (I vol. in-16, 371 p.,\nG.\ni \\ I ✓ 1 X ✓\n. — M. Julien Tiersot, qui, étant attaché à la Bibliothèque du Conserva-\ntoire, est bien placé pour utiliser certains documents, a réuni de façon très agréa-\nble, dans cet intéressant volume, les principaux faits et témoignages concer-\nnant la vie de Berlioz. Il ne me semble pas cependant que M. T. ait profité de\nrécents travaux qui ont mis en lumière, grâce à la publication de pièces au-\nthentiques, plusieurs points importants; je n'y reviendrai pas, le principal\nayant été dit ici même (Revue musicale du 15 août1. En se mettant au courant,\nM. I. eût évité quelques menues erreurs (comme, par exemple, celle qui con-\nsiste à appeler le père du compositeur (( le docteur Berlioz », alors qu'il était\nofficier de santé). M. T., qui croit toujours à un Berlioz incompris et persécuté,\nprend pour authentiques des paroles que Berlioz, par un procédé de polémique\nbien connu, met dans la bouche de ses adversaires ; telles sont les sottises qu'il\nfait dire à Boïeldieu et à Auber (V. p. 216 et 217). Je crois qu'il faut savoir\ndémêler, dans ces textes, ce qui est peut-être vrai, et ce qu'une malice un peu\nléroce a (( arrangé ». Je crois trouver dans le livre de M. T. — qui, en somme,\nn'apporte aucun document nouveau — une rédaction un peu hâtive. 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On sait clans quelles circonstances les Bénédictins de So-\nlesmes ont dû quitter leur monastère et ont vu leurs biens mis sous séquestre.\nL'ouvrage qu'ils publient aujourd'hui malgré leur exil sera accueilli avec la\nplus grande faveur dans le monde catholique et dans le monde des musiciens\nqui, sachant le prix et la beauté du plain-chant, savent aussi avec quels scru-\npules d'exactitude, quelle science profonde et quel respect des antiques traditions,\nles Bénédictins préparent leurs livres. Tout au plus regretterai-je de trouver\ndans celui-ci (ou, plus exactement, dans la préface qui est en tête) une\nterminologie scientifique un peu excessive. L'auteur reprend d abord les\nmots arsis et thesis (mots grecs signifiant : élévation, abaissement) qui ont\nun double inconvénient : ils déplairont à un certain nombre de grammai-\nriens éminents, très experts en matière de rythme, qui veulent absolument pro-\nscrire ces vocables, comme source de perpétuelles difficultés. En outre, dans une\nmusique purement vocale et de rythme libre, ils sont inutiles. Inutile aussi, car il\nlait au moins double emploi, le mot (( touchement » — touchement de quoi ?(i) —\npour indiquer un moment du rythme; inutile surtout la barre de mesure que je\n111 étonne de trouver dans des transcriptions grégoriennes (eh Pourquoi cette\nbarre de mesure, dont on peut bien dire qu'elle n'est pas de la maison ? L'auteur\nparaît avoir voulu introduire ici une théorie qu'il a brillamment soutenue\nailleurs (voir les derniers fascicules de la Paléographie musicale) et qui se refuse\nà considérer le premier temps de la mesure comme un temps fort. Cette doctrine\nsera acceptée sans difficulté par les musiciens, en ce sens que nul, je crois, ne\nsera assez barbare pour dire que, dans un morceau de musique, le premier temps\nde chaque mesure est nécessairement et toujours accentué. Mais on se tromperait\nen croyant que cette opinion est identique à la doctrine qui veut placer l'arsis\n(forte) avant la barre de mesure, et la thesis (faible) après. En tout cas, c'est, je\ncrois, embrouiller les choses inutilement, que de faire intervenir le concept de\nla mesure là où on peut et doit s'en passer. Vous voulez qu'on dise :\ndf- | -es 1- | -rae di- | -es il- | -la.\nau lieu de :\nI df es | 1 rae | di es | il la.\nJe dis, tout simplement :\nelles irae, dies fila.\nJe supprime cette malencontreuse barre de mesure qui m'est aussi inutile que\ndes ficelles placées perpendiculairement sur un tableau pour le diviser en parties\négales; de plus, en faisant cela, je n'ajoute rien aux manuscrits, je me con-\nforme strictement à leurs indications, et,.., nous sommes d'accord, car nous\ndisons la même chose.\n.... - ' • - - •- < < v i\n\n(1) « Le point précis où, dans sa marche, le mouvement rythmique touche le sol (sic) est dit\naussi touchement ou ictus. » (Préface, p. xix). 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Excel-\nlente édition, au sujet de laquelle nous n'avons à faire qu'une réserve : la place\ndu legato ne correspond pas toujours aux divisions rythmiques de la phrase.\n\nADALBERT MERCIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "22", "image_debut": 18, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.10", "titre_corps": "Les Concerts.", "titre_sommaire": "Les Concerts.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3414, "texte": "Les Concerts.\n\nCONSERVATOIRE.\nJ. C.\n— Très brillant programme au dernier concert : i° La Sym-\nphonie Écossaise (n° 3) de Mendelssohn, qui n est pas une œuvre de génie, mais\nune œuvre brillante, bien équilibrée, fort sagement et correctement écrite. 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Philipp, professeur de piano au Conservatoire, ancien élève de Stephen\nHeller, et très justement réputé comme professeur, s'est acquitté de cette tâche\ntrès ardue avec un goût irréprochable ; son jeu pur, délicat, agile et sobre, bril-\nlant dans les (( cadences », est bien celui qui sied au maître d'une grande Ecole.\nEspérons que le grand artiste nous jouera prochainement une œuvre plus\nvirile et de sens plus profond. 40 Orphée, poème symphonique de Liszt. J'avoue\nne pas comprendre ce poème... Je ne sais pas ce que Liszt a voulu faire. C'est\nune sorte de méditation dont le sens m'échappe .. 50 Trois chœurs a cappella du\nxvie siècle, Hodie Christus natus est de Nanini, Ce mois de may de Clément Janne-\nquin (qui a eu les honneurs du bis), et Mignonne, allons voir si la rose, de Cos-\nteley, ont été chantés en perfection. 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Et partout, même foule et mêmes triomphes.\nL exécution par l'orchestre Chevillard m'a paru plus fine et plus soignée\ndans le détail que celle de l'orchestre Colonne ; mais elle a souvent manqué\nd emportement romantique. C est ainsi que le ballet des Sylphes fut joué d'une\nfaçon parfaite, mais que la Sérénade (ou la scène des buveurs) n'avait point\n1 accent âpre et brutal qui lui convient. La Marche hongroise fut d'ailleurs su-\npérieurement dirigée, et déchaîna l'enthousiasme habituel."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3345, "texte": "Mme Faliéro-Dalcroze donne au rôle de Marguerite un caractère de pureté vir-\nginale ; et sa voix est fraîche etcharmante. M. Van Dyck accentue avec son éner-\ngie ordinaire un texte qui gagnerait souvent à être moins mis en lumière.\nM. Fournets fut très applaudi en Méphistophélès.\n\nR. R.\n\nCONCERTS COLONNE. — Dimanche 20 décembre.\nROMAIN ROLLAND.\n— Une des meilleures exécu-\ntions que j'aie encore entendues de l'Enfance du Christ de Berlioz. Sauf un peu\nde lourdeur dans les dessins trop appuyés des violons, à la scène du Repos de\nla sainte Famille, — sauf une sécheresse un peu dure des bois, qui ont un rôle\nsi important et si beau dans toute l'œuvre, — l'ensemble a été joué avec une\nsimplicité et une poésie tout à fait rares. — Et quelle œuvre admirable ! Quel\npur chef-d'œuvre, si l'on pouvait en retrancher les trois quarts de l'inutile pre-\nmière partie ! Et comme, après l'avoir entendue, on se sent près de célébrer\nl'heureuse ignorance de Berlioz, qui méconnaissait Bach, et qui pouvait écrire\nun oratorio, sans être encombré par les réminiscences et les traditions de style\ndes maîtres allemands de l'oratorio ! C'est à cette ignorance qu'il a dû d'écrire\nune œuvre issue du plus pur sentiment populaire. Si cette divine idylle n'est pas\nplus tard inscrite parmi les chefs-d'œuvre classiques d'art, je me demande ce\nqui sera classique.\nDeux chanteurs exquis : M. Dantu, qui a dit le rôle du Récitant avec un\ncharme pénétrant ; et M. Jean Reder, ce délicat et parfait artiste, dans le rôle de\nsaint Joseph. Mme Auguez de Montalant a chanté avec émotion le rôle de Marie.\n— Le trio des deux flûtes et de la harpe (MM. Barrère et Blanquart, et MmePro-\nvinciali-Celmer) eut un grand et légitime succès. C'est de l'art italien le plus\npur. Du Bellini supérieur. La musique méditerranéenne de Nietzsche.\n\nSALLE PLEYEL : LES QUATUORS DE BEETHOVEN.\n\n— Nous devrions tresser des\ncouronnes à MM. Tracol, Schneklud, Monteux, Dulaurens. En exécutant ma-\ngistralement — sans une défaillance — les derniers quatuors de Beethoven, ils\nnous ont procuré les jouissances musicales les plus hautes qu'on puisse éprou-\nver. Au moment où il écrivit ces œuvres colossales, Beethoven était très ma-\nlade ; et les circonstances extérieures, au lieu de lui apporter quelque consola-\ntion, faisaient de sa vie un martyre. Or, voici les caractères successifs de son\nœuvre. (On me permettra de reproduire ici, en toute sincérité, des notes prises\nau cours de l'exécution.)\ni° Quatuor ii° 12 (op. 127). a) Maestoso d introduction. Energique et résolu. Le\nthème principal revient deux fois ; si bien que le morceau est construitsur le plan\nd'une sonate, b)Allegro. Frais, jeune, gai,charmant, câlin. Est-ce du Beethoven?\nEst-ce du Mozart ou du Haydn ? c) Adagio, molto cantabile. Tendresse. Lon-\ngueur divine dans l'expression du sentiment. Vers la fin, un peu de plainte en\nmineur ; mais c'est une plainte à la Chérubin, d) Scherzando vivace. Décision ai-\nmablement crâne dans l'enjouement. Gaieté jeune qui badine, lève la tête et a\nson panache. De la coquetterie, quelques intrigues légères, et même des effets\ncomiques. Fantaisie prenant ses libres ébats. De la lutinerie et des surprises.\nAssaut de verve chez les quatre instruments, e) Finale. Frais et vif. Allure de\nronde populaire, beaucoup de jeunesse et de grâce. Humour qui, peu à peu,"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3482, "texte": "devient gaieté triomphante. P'antaisie très libre ; grande variété de modulations ;\nétonnante richesse d'idées.\n20 Quatuor n° iy. a) Adagio. Gravité religieuse ; puis, explosion de fantaisie,\nmais verve un peu étrange, et dialogues peu nets entre les instruments... Un peu\nétrange et bizarre. La composition est irrégulière et rhapsodique. Ala fin, des\ndissonances, mais qui viennent des hasards du contrepoint et ne sont nullement\ndes cris de souffrance. Composition mal équilibrée, un peu froide, peu réussie (r).\nb) Presto. Exprime une humeur un peu maussade. Mais c'est une fâcherie d'opéra\ncomique, sans importance, et quifait valoir de jolis contrastes, c) Andante cou\nmoto. Très belle construction thématique, mais d'expression subtile et peu nette.\nLa cordialité alterne avec l'humour, d) Allegro, alla danza tedesca. Danse. Char-\nmant et pur style de Haydn. Grâce et sérénité. Gaieté saine et paisible de villa-\ngeois allemands, un jour de fête. Chef-d'œuvre de grâce et d'aisance. Fleur épa-\nnouie de bonne santé morale, avec un sourire d'ancien régime, e) Adagio -Cava-\ntine. Dès la première mesure, plein ciel. Tendresse profonde, adoration chan-\ntante. Divine longueur ; un souffle étonnant dans la phrase. Nous passons cfun\nmonde à l'autre; ce sont comme des infinis 4qui s'ajoutent... f) Finale. Débute\ncomiquement par des octaves piquées de l'alto, reprises ensuite aux autres par-\nties. Les quatre instruments reprennent l'un après l'autre, pour s'amuser, un mo-\ntif de raillerie et ont l'air de se faire la nique. Intrigues, bouderies, raccommo-\ndements. Caractère nettement bouffe du morceau. Jeu plein d'esprit.\nQuatuor 11* 14 (op. iyi). a) Adagio. Elévation un peu plaintive rappelant le\nstyle de l'orgue, b) Allegro. Beaucoup de vivacité, marche très sûre et très\nrégulière de la composition. Un peu de tristesse secrète, b) Andante. Dialogue\ncharmant entre les deux violons. Polyphonie très savante, plus compliquée que\ndans les premiers quatuors (avec, au fond, un peu de morbidezza). c) Presto.\nFranchise et gaieté. Le soleil d'or de Haydn reparaît et fait tout refleurir dans la\numière. Jolie transition en pizzicati (une note pour chaque instrument avant la\nreprise, d) Adagio. Très bref, mais triste et plaintif, e) Allegro. Très décidé,\ntrès vif, aimablement crâne, mais avec des changements d'allure assez fré-\nquents.\nQuatuor n° iy [op. 772) Impossible à classer avec les mots qui désignent\nles sentiments humains. Adagio : plein ciel. Sécurité parfaite dans le sublime.\n1 Iymne d'actions de grâces à la Divinité (dans le mode lydien). Plus de quatuor â\ncompartiments ; tous les mouvements s'enchaînent. Rien de désordonné ; mais\nune grandeur unique, le maximum de sentiment vrai dans le maximum de\ngénie, une longueur divine\nChez M. et Mme Lucien Berton, le dimanche 27 décembre, ont été exécutées\nbrillamment plusieurs œuvres de notre éminent ami M. Bourgault-Ducoudray,\nentre autres l'admirable Chanson de la Bretagne, qui comprend : Berceuse d Ar-\nmorique, Dans la grande hune, Nuit d'étoiles, la Chanson des nuages, Chant d'Aès,\nChanson du vent qui vente, Sône. MM. Lucien Berton, Louis Duttenhofer,\nMmes Gandrey, Gabrielle Monchablon, Madeleine Goyt, ont obtenu, comme\ninterprètes, un vif succès. Nous reviendrons sur l'œuvre musicale et bretonne de\nM. Bourgault-Ducoudray.\nNOUVEAU-THÉÂTRE. —M. Reynaldo Hahn, l'auteur délicat de la Carmélite et\nde tant de compositions bien connues, mérite la reconnaissance de tous les mu-\n\nJ. C."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3603, "texte": "siciens pour la noble pensée qu'il a eue de nous faire entendre un chef-d'œuvre\nencore ignoré du public parisien : Don Giovanni, opéra bouffe en deux actes, de\nMozart. Quelques compositeurs ont eu l'idée très hardie de refaire l'oeuvre de\nMozart (sans se gêner d'ailleurs pour les plagiats), et d'écrire, sur le même\nsujet, un nouvel opéra en quatre actes, avec ballets, symphonie, marches,etc..'fCes\ntentatives, que nous avons déjà jugées, ne doivent pas nous faire oublier l'œuvre\nde Mozart. M. Hahn, qui tient l'orchestre dans sa main, a dirigé l'exécution avec\nautant de conviction que d'intelligence et d'autorité. Le public a fait une ovation\nà Mmc Lili Lehmann, Mll13 Jeanne Leclerc (Zerlineh Mme de Vère. MM. Bonci,\nPaul Daraux, Challet, ont eu un très vif succès. Plus d'un spectateur a sans doute\nregretté l'absence de décors et de costumes ; espérons que cette lacune sera bien-\ntôt comblée, et qu'un directeur de théâtre, ne craignant plus le reproche d'ar-\nchaïsme, aura l'excellente idée de monter le Don Juan de Mozart.\nSALLE HERTZ. Dans les séances des 23 décembre, 14 et 23 janvier, MM. Ga-\nbriel Jaudoin et Alberto Bachmann exécuteront les dix sonates de Beethoven\npour piano et violon. (Billets à la salle Hertz, chez Ricordi, boulevard Malesher-\nbes, 62, et chez Mamelle, ibid., n° 22.)\nSALLE ZEOLIAN.— Une audition d'oeuvres de M. J. Urich aeu lieu le 11 décembre\nà la Salle Hvolian. Signalons un trio en mi mineur, d'une correcte facture, et une\nFantaisie écossaise sur des airs attribués à Marie Stuart, joués à la perfection par\nMM. Parent et Fournier, les deux virtuoses bien connus dont les séances de\nQuatuor sont suivies, et Mlle Janey Urich, une jeune débutante dénotant par son\njeu élégant une haute école pianistique. Dans une Valse de Concert et une Chasse\naux papillons, morceaux pour deux pianos, Mlle M. Chaplain, secondée par Mile L\nCanton, a fait valoir la prodigieuse agilité de ses doigts. Quelques mélodies, dont\nnous notons surtout une Berceuse, dites avec charme par Mlle Mary Boyer, ont\ncouronné cette soirée artistique.\n\nSALLE PLEYEL.\n\n— Le concert des élèves de Mlle Baudin ( 17 décembre) présentait\nun intérêt particulier, d'abord à cause de l'excellente composition du programme,\noù l'on ne rencontrait que les noms de Bach, Brahms, C. Franck, Mozart, Cho-\npin, Couperin, Chabrier etGrieg. L'interprétation de ces œuvres a été très satis-\nfaisante, au point de vue de la netteté, de la sûreté et de l'intelligence, qui\nsont les qualités fondamentales. J'ai particulièrement goûté YAusonnienne et les\nBarricades mytérieuses de Couperin (publiées dans un de nos derniers Supplé-\nments), ainsi que les intéressantes Variations de Brahms sur un thème de Ilasn-\ndel. Le concert commençait par le Concerto de Bach pour trois pianos, œuvre\nmonumentale, aux puissantes assises, œuvre joyeuse aussi, où déborde la vie :\nces deux caractères ont été fort bien compris, et l'on a su se tenir à égale distance\ndes attendrissements faciles et de la froideur géométrique, chère à certains pia-\nnistes lorsqu'ils jouent du Bach. L'orchestre était composé d'un groupe d'élèves\ndu cours d'ensemble orchestral de M.deLacerda, sous sa direction : une partie\ndu succès lui est certainement due, car l'orchestre est, dans cette œuvre, la char-\npente solide sans laquelle tout s'écroulerait. Deux charmants chœurs de C.\nFranck ont fait apprécier la finesse et la discrétion de l'orchestre à cordes qui les\naccompagnait (M. deLacerda est l'auteur de cet arrangement) : on sentait qu'on\nse trouvait en présence d'un groupe d'amateurs, et non d'artistes désireux de se"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2637, "texte": "faire entendre à tout prix. Enfin les deux Mélodies élégiaques de Grieg [Printemps\net Blessures de cœur) ont été rendues par l'orchestre avec une chaleur et une puis-\nsance rares. C'est là une musique expressive avant tout ; aussi ne donne-t-elle\nd'ordinaire tout son effet que sous les doigts d'un bon pianiste ; à l'orchestre, l'in-\ndifférence générale nuit à l'émotion. Tel n'a pas été le cas l'autre soir, parce que\ntous comprenaient la valeur des notes et savaient mettre à leur place les accents\nde ce discours musical. L'ensemble était parfait ; aussi les nuances ont-elles pris\nune force, et le rythme une liberté dont nos grands orchestres ne donnent pas\ntoujours l'exemple. Le succès a été grand et mérité.\nMme Tassu-Spencer, àce même concert, a joué avec une virtuosité incompara-\nble de la harpe chromatique. Le timbre est fort beau dans le grave, et se prête,\ndans toute l'étendue de l'instrument, à des effets de douceur exquise, inconnus à\nla harpe à pédales.\n\nL. L.\n\nSCHOLA CANTORUM.\nJ. TRILLAT.\n— La 2e séance mensuelle de cantates de Bach a eu lieu le\njeudi 17 décembre. — La cantate Ich habe genng, pour une seule voix 'de basse,\nest un monologue lyrique d'un accent tout moderne : je veux dire qu'il n'y a pas\nd'oeuvre plus humaine et personnelle. Nous ne parlons plus la même langue,\nmais cette poésie pathétique est déjà nôtre par l'émotion. Le vieillard Siméon,\nqui a tenu dans ses bias le Messie attendu, nous dit la douceur de son dernier\nsoir, et avec quelle paix sereine il courbe enfin son âme vers la tombe. Bach a\ntransformé ce chant suave et ingénu. C'est son âme à lui et toute l'âme allemande\nqui se reflètent dans ces phrases austères et pourtant frémissantes d'une allégresse\nmystique. La résignation a fait place à une foi volontaire qui est un acte plus\nqu'un sentiment. Mais elle a ses recueillements et ses rêveries attendries. Tel est\nle caractère de la première phrase, dont la fière allure est soutenue par un alerte\nhautbois : ce renoncement joyeux à la vie a un accent viril, presque stoïcien, et\nmalgré tout mélancolique par les retours du motif du début, ces redites de plus\nen plus brèves, et dont l'insistance et la satiété même sont expressives. Il faut\nlouer la voix vibrante et décidée de M. FrÔhlich. Il a mené vraiment l'orchestre :\ncelui-ci contient des éléments excellents, des solistes distingués, mais que leur\njeune chef semblait suivre plutôt que diriger.\nLe 26 décembre, exécution de Y Oratorio de Noël, de J.-S. Bach, sous la\ndirection de M V. d'lndy. Nous y reviendrons, ainsi que sur les séances hebdo-\nmadaires que Mlle Selva consacre à l'oeuvre du même Bach."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "18", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.10.1", "titre_corps": "CONSERVATOIRE.", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE.", "signature_source": "J. 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R", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.18", "debut_caractere": 2607, "fin_caractere_exclue": 3414, "texte": "CONCERTS CHEVILLARD. — Dimanche 13 décembre.\n\n— Si l'échec de la Dam-\nnation de Faust, du vivant de Berlioz, a étéla grande injustice du public, on peut\ndire que nous l'expions largement aujourd'hui. — Toujours la Damnation ! La\nDamnation partout ! De Brème à Baie, de Lille à Nancy, du Châtelet au Nouveau-\nThéâtre ! Et partout, même foule et mêmes triomphes.\nL exécution par l'orchestre Chevillard m'a paru plus fine et plus soignée\ndans le détail que celle de l'orchestre Colonne ; mais elle a souvent manqué\nd emportement romantique. C est ainsi que le ballet des Sylphes fut joué d'une\nfaçon parfaite, mais que la Sérénade (ou la scène des buveurs) n'avait point\n1 accent âpre et brutal qui lui convient. La Marche hongroise fut d'ailleurs su-\npérieurement dirigée, et déchaîna l'enthousiasme habituel."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 301, "texte": "Mme Faliéro-Dalcroze donne au rôle de Marguerite un caractère de pureté vir-\nginale ; et sa voix est fraîche etcharmante. M. Van Dyck accentue avec son éner-\ngie ordinaire un texte qui gagnerait souvent à être moins mis en lumière.\nM. Fournets fut très applaudi en Méphistophélès.\n\nR. R."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "19", "page_fin": "19", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.10.3", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE. — Dimanche 20 décembre.", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE. — Dimanche 20 décembre.", "signature_source": "ROMAIN ROLLAND", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.19", "debut_caractere": 303, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "CONCERTS COLONNE. — Dimanche 20 décembre.\nROMAIN ROLLAND.\n— Une des meilleures exécu-\ntions que j'aie encore entendues de l'Enfance du Christ de Berlioz. Sauf un peu\nde lourdeur dans les dessins trop appuyés des violons, à la scène du Repos de\nla sainte Famille, — sauf une sécheresse un peu dure des bois, qui ont un rôle\nsi important et si beau dans toute l'œuvre, — l'ensemble a été joué avec une\nsimplicité et une poésie tout à fait rares. — Et quelle œuvre admirable ! Quel\npur chef-d'œuvre, si l'on pouvait en retrancher les trois quarts de l'inutile pre-\nmière partie ! Et comme, après l'avoir entendue, on se sent près de célébrer\nl'heureuse ignorance de Berlioz, qui méconnaissait Bach, et qui pouvait écrire\nun oratorio, sans être encombré par les réminiscences et les traditions de style\ndes maîtres allemands de l'oratorio ! C'est à cette ignorance qu'il a dû d'écrire\nune œuvre issue du plus pur sentiment populaire. Si cette divine idylle n'est pas\nplus tard inscrite parmi les chefs-d'œuvre classiques d'art, je me demande ce\nqui sera classique.\nDeux chanteurs exquis : M. Dantu, qui a dit le rôle du Récitant avec un\ncharme pénétrant ; et M. Jean Reder, ce délicat et parfait artiste, dans le rôle de\nsaint Joseph. Mme Auguez de Montalant a chanté avec émotion le rôle de Marie.\n— Le trio des deux flûtes et de la harpe (MM. Barrère et Blanquart, et MmePro-\nvinciali-Celmer) eut un grand et légitime succès. C'est de l'art italien le plus\npur. Du Bellini supérieur. La musique méditerranéenne de Nietzsche."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "19", "page_fin": "21", "image_debut": 19, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.10.4", "titre_corps": "SALLE PLEYEL : LES QUATUORS DE BEETHOVEN.", "titre_sommaire": "SALLE PLEYEL : LES QUATUORS DE BEETHOVEN.", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.19", "debut_caractere": 1827, "fin_caractere_exclue": 3345, "texte": "SALLE PLEYEL : LES QUATUORS DE BEETHOVEN.\n\n— Nous devrions tresser des\ncouronnes à MM. Tracol, Schneklud, Monteux, Dulaurens. En exécutant ma-\ngistralement — sans une défaillance — les derniers quatuors de Beethoven, ils\nnous ont procuré les jouissances musicales les plus hautes qu'on puisse éprou-\nver. Au moment où il écrivit ces œuvres colossales, Beethoven était très ma-\nlade ; et les circonstances extérieures, au lieu de lui apporter quelque consola-\ntion, faisaient de sa vie un martyre. Or, voici les caractères successifs de son\nœuvre. (On me permettra de reproduire ici, en toute sincérité, des notes prises\nau cours de l'exécution.)\ni° Quatuor ii° 12 (op. 127). a) Maestoso d introduction. Energique et résolu. Le\nthème principal revient deux fois ; si bien que le morceau est construitsur le plan\nd'une sonate, b)Allegro. Frais, jeune, gai,charmant, câlin. Est-ce du Beethoven?\nEst-ce du Mozart ou du Haydn ? c) Adagio, molto cantabile. Tendresse. Lon-\ngueur divine dans l'expression du sentiment. Vers la fin, un peu de plainte en\nmineur ; mais c'est une plainte à la Chérubin, d) Scherzando vivace. Décision ai-\nmablement crâne dans l'enjouement. Gaieté jeune qui badine, lève la tête et a\nson panache. De la coquetterie, quelques intrigues légères, et même des effets\ncomiques. Fantaisie prenant ses libres ébats. De la lutinerie et des surprises.\nAssaut de verve chez les quatre instruments, e) Finale. Frais et vif. Allure de\nronde populaire, beaucoup de jeunesse et de grâce. Humour qui, peu à peu,"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3482, "texte": "devient gaieté triomphante. P'antaisie très libre ; grande variété de modulations ;\nétonnante richesse d'idées.\n20 Quatuor n° iy. a) Adagio. Gravité religieuse ; puis, explosion de fantaisie,\nmais verve un peu étrange, et dialogues peu nets entre les instruments... Un peu\nétrange et bizarre. La composition est irrégulière et rhapsodique. Ala fin, des\ndissonances, mais qui viennent des hasards du contrepoint et ne sont nullement\ndes cris de souffrance. Composition mal équilibrée, un peu froide, peu réussie (r).\nb) Presto. Exprime une humeur un peu maussade. Mais c'est une fâcherie d'opéra\ncomique, sans importance, et quifait valoir de jolis contrastes, c) Andante cou\nmoto. Très belle construction thématique, mais d'expression subtile et peu nette.\nLa cordialité alterne avec l'humour, d) Allegro, alla danza tedesca. Danse. Char-\nmant et pur style de Haydn. Grâce et sérénité. Gaieté saine et paisible de villa-\ngeois allemands, un jour de fête. Chef-d'œuvre de grâce et d'aisance. Fleur épa-\nnouie de bonne santé morale, avec un sourire d'ancien régime, e) Adagio -Cava-\ntine. Dès la première mesure, plein ciel. Tendresse profonde, adoration chan-\ntante. Divine longueur ; un souffle étonnant dans la phrase. Nous passons cfun\nmonde à l'autre; ce sont comme des infinis 4qui s'ajoutent... f) Finale. Débute\ncomiquement par des octaves piquées de l'alto, reprises ensuite aux autres par-\nties. Les quatre instruments reprennent l'un après l'autre, pour s'amuser, un mo-\ntif de raillerie et ont l'air de se faire la nique. Intrigues, bouderies, raccommo-\ndements. Caractère nettement bouffe du morceau. Jeu plein d'esprit.\nQuatuor 11* 14 (op. iyi). a) Adagio. Elévation un peu plaintive rappelant le\nstyle de l'orgue, b) Allegro. Beaucoup de vivacité, marche très sûre et très\nrégulière de la composition. Un peu de tristesse secrète, b) Andante. Dialogue\ncharmant entre les deux violons. Polyphonie très savante, plus compliquée que\ndans les premiers quatuors (avec, au fond, un peu de morbidezza). c) Presto.\nFranchise et gaieté. Le soleil d'or de Haydn reparaît et fait tout refleurir dans la\numière. Jolie transition en pizzicati (une note pour chaque instrument avant la\nreprise, d) Adagio. Très bref, mais triste et plaintif, e) Allegro. Très décidé,\ntrès vif, aimablement crâne, mais avec des changements d'allure assez fré-\nquents.\nQuatuor n° iy [op. 772) Impossible à classer avec les mots qui désignent\nles sentiments humains. Adagio : plein ciel. Sécurité parfaite dans le sublime.\n1 Iymne d'actions de grâces à la Divinité (dans le mode lydien). Plus de quatuor â\ncompartiments ; tous les mouvements s'enchaînent. Rien de désordonné ; mais\nune grandeur unique, le maximum de sentiment vrai dans le maximum de\ngénie, une longueur divine\nChez M. et Mme Lucien Berton, le dimanche 27 décembre, ont été exécutées\nbrillamment plusieurs œuvres de notre éminent ami M. Bourgault-Ducoudray,\nentre autres l'admirable Chanson de la Bretagne, qui comprend : Berceuse d Ar-\nmorique, Dans la grande hune, Nuit d'étoiles, la Chanson des nuages, Chant d'Aès,\nChanson du vent qui vente, Sône. MM. Lucien Berton, Louis Duttenhofer,\nMmes Gandrey, Gabrielle Monchablon, Madeleine Goyt, ont obtenu, comme\ninterprètes, un vif succès. Nous reviendrons sur l'œuvre musicale et bretonne de\nM. Bourgault-Ducoudray.\nNOUVEAU-THÉÂTRE. —M. Reynaldo Hahn, l'auteur délicat de la Carmélite et\nde tant de compositions bien connues, mérite la reconnaissance de tous les mu-\n\nJ. C."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2077, "texte": "siciens pour la noble pensée qu'il a eue de nous faire entendre un chef-d'œuvre\nencore ignoré du public parisien : Don Giovanni, opéra bouffe en deux actes, de\nMozart. Quelques compositeurs ont eu l'idée très hardie de refaire l'oeuvre de\nMozart (sans se gêner d'ailleurs pour les plagiats), et d'écrire, sur le même\nsujet, un nouvel opéra en quatre actes, avec ballets, symphonie, marches,etc..'fCes\ntentatives, que nous avons déjà jugées, ne doivent pas nous faire oublier l'œuvre\nde Mozart. M. Hahn, qui tient l'orchestre dans sa main, a dirigé l'exécution avec\nautant de conviction que d'intelligence et d'autorité. Le public a fait une ovation\nà Mmc Lili Lehmann, Mll13 Jeanne Leclerc (Zerlineh Mme de Vère. MM. Bonci,\nPaul Daraux, Challet, ont eu un très vif succès. Plus d'un spectateur a sans doute\nregretté l'absence de décors et de costumes ; espérons que cette lacune sera bien-\ntôt comblée, et qu'un directeur de théâtre, ne craignant plus le reproche d'ar-\nchaïsme, aura l'excellente idée de monter le Don Juan de Mozart.\nSALLE HERTZ. Dans les séances des 23 décembre, 14 et 23 janvier, MM. Ga-\nbriel Jaudoin et Alberto Bachmann exécuteront les dix sonates de Beethoven\npour piano et violon. (Billets à la salle Hertz, chez Ricordi, boulevard Malesher-\nbes, 62, et chez Mamelle, ibid., n° 22.)\nSALLE ZEOLIAN.— Une audition d'oeuvres de M. J. Urich aeu lieu le 11 décembre\nà la Salle Hvolian. Signalons un trio en mi mineur, d'une correcte facture, et une\nFantaisie écossaise sur des airs attribués à Marie Stuart, joués à la perfection par\nMM. Parent et Fournier, les deux virtuoses bien connus dont les séances de\nQuatuor sont suivies, et Mlle Janey Urich, une jeune débutante dénotant par son\njeu élégant une haute école pianistique. Dans une Valse de Concert et une Chasse\naux papillons, morceaux pour deux pianos, Mlle M. Chaplain, secondée par Mile L\nCanton, a fait valoir la prodigieuse agilité de ses doigts. Quelques mélodies, dont\nnous notons surtout une Berceuse, dites avec charme par Mlle Mary Boyer, ont\ncouronné cette soirée artistique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "21", "page_fin": "22", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.10.5", "titre_corps": "SALLE PLEYEL.", "titre_sommaire": "SALLE PLEYEL.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.21", "debut_caractere": 2079, "fin_caractere_exclue": 3603, "texte": "SALLE PLEYEL.\n\n— Le concert des élèves de Mlle Baudin ( 17 décembre) présentait\nun intérêt particulier, d'abord à cause de l'excellente composition du programme,\noù l'on ne rencontrait que les noms de Bach, Brahms, C. Franck, Mozart, Cho-\npin, Couperin, Chabrier etGrieg. L'interprétation de ces œuvres a été très satis-\nfaisante, au point de vue de la netteté, de la sûreté et de l'intelligence, qui\nsont les qualités fondamentales. J'ai particulièrement goûté YAusonnienne et les\nBarricades mytérieuses de Couperin (publiées dans un de nos derniers Supplé-\nments), ainsi que les intéressantes Variations de Brahms sur un thème de Ilasn-\ndel. Le concert commençait par le Concerto de Bach pour trois pianos, œuvre\nmonumentale, aux puissantes assises, œuvre joyeuse aussi, où déborde la vie :\nces deux caractères ont été fort bien compris, et l'on a su se tenir à égale distance\ndes attendrissements faciles et de la froideur géométrique, chère à certains pia-\nnistes lorsqu'ils jouent du Bach. L'orchestre était composé d'un groupe d'élèves\ndu cours d'ensemble orchestral de M.deLacerda, sous sa direction : une partie\ndu succès lui est certainement due, car l'orchestre est, dans cette œuvre, la char-\npente solide sans laquelle tout s'écroulerait. Deux charmants chœurs de C.\nFranck ont fait apprécier la finesse et la discrétion de l'orchestre à cordes qui les\naccompagnait (M. deLacerda est l'auteur de cet arrangement) : on sentait qu'on\nse trouvait en présence d'un groupe d'amateurs, et non d'artistes désireux de se"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 995, "texte": "faire entendre à tout prix. Enfin les deux Mélodies élégiaques de Grieg [Printemps\net Blessures de cœur) ont été rendues par l'orchestre avec une chaleur et une puis-\nsance rares. C'est là une musique expressive avant tout ; aussi ne donne-t-elle\nd'ordinaire tout son effet que sous les doigts d'un bon pianiste ; à l'orchestre, l'in-\ndifférence générale nuit à l'émotion. Tel n'a pas été le cas l'autre soir, parce que\ntous comprenaient la valeur des notes et savaient mettre à leur place les accents\nde ce discours musical. L'ensemble était parfait ; aussi les nuances ont-elles pris\nune force, et le rythme une liberté dont nos grands orchestres ne donnent pas\ntoujours l'exemple. Le succès a été grand et mérité.\nMme Tassu-Spencer, àce même concert, a joué avec une virtuosité incompara-\nble de la harpe chromatique. Le timbre est fort beau dans le grave, et se prête,\ndans toute l'étendue de l'instrument, à des effets de douceur exquise, inconnus à\nla harpe à pédales.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "22", "page_fin": "22", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.10.6", "titre_corps": "SCHOLA CANTORUM.", "titre_sommaire": "SCHOLA CANTORUM.", "signature_source": "J. TRILLAT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.22", "debut_caractere": 997, "fin_caractere_exclue": 2637, "texte": "SCHOLA CANTORUM.\nJ. TRILLAT.\n— La 2e séance mensuelle de cantates de Bach a eu lieu le\njeudi 17 décembre. — La cantate Ich habe genng, pour une seule voix 'de basse,\nest un monologue lyrique d'un accent tout moderne : je veux dire qu'il n'y a pas\nd'oeuvre plus humaine et personnelle. Nous ne parlons plus la même langue,\nmais cette poésie pathétique est déjà nôtre par l'émotion. Le vieillard Siméon,\nqui a tenu dans ses bias le Messie attendu, nous dit la douceur de son dernier\nsoir, et avec quelle paix sereine il courbe enfin son âme vers la tombe. Bach a\ntransformé ce chant suave et ingénu. C'est son âme à lui et toute l'âme allemande\nqui se reflètent dans ces phrases austères et pourtant frémissantes d'une allégresse\nmystique. La résignation a fait place à une foi volontaire qui est un acte plus\nqu'un sentiment. Mais elle a ses recueillements et ses rêveries attendries. Tel est\nle caractère de la première phrase, dont la fière allure est soutenue par un alerte\nhautbois : ce renoncement joyeux à la vie a un accent viril, presque stoïcien, et\nmalgré tout mélancolique par les retours du motif du début, ces redites de plus\nen plus brèves, et dont l'insistance et la satiété même sont expressives. Il faut\nlouer la voix vibrante et décidée de M. FrÔhlich. Il a mené vraiment l'orchestre :\ncelui-ci contient des éléments excellents, des solistes distingués, mais que leur\njeune chef semblait suivre plutôt que diriger.\nLe 26 décembre, exécution de Y Oratorio de Noël, de J.-S. Bach, sous la\ndirection de M V. d'lndy. Nous y reviendrons, ainsi que sur les séances hebdo-\nmadaires que Mlle Selva consacre à l'oeuvre du même Bach."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "29", "image_debut": 23, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nJURÉS ORPHÉONIQUES. — La série des concours ouverts en IQ03, par l'Asso-\nciation des Jurés orphéoniques, s'est terminée par l'audition des œuvres classées\ndans le groupe C. Voici les résultats de ce concours, qui a paru très satisfaisant :\nFanfares Prix Raoul Chandon de Briailles (à l'unanimité) à M. de la Tom-\nbelle, auteur de l'allégorie symphonique ayant pour devise : (( Quœrite, invenie-\ntis )).\nPremière mention, à la partition : Epithalame, devise : (( Va ton chemin )).\nDeuxième mention, au prélude de concert dont la devise est : (( Que de tout\ninconnu le Sage se méfie ».\nHarmonies. — Prix Raoul Chandon de Briailles, à M. Albert Dupré, auteur\nd'une fantaisie dont la devise est : (( Pour le mieux ».\nMention (à l'unanimité) à l'auteur de l'Andantino ayant pour devise : « Il faut\ntoujours essayer ».\n— 17 candidats sont actuellement en présence pour recueillir la succession\ndu regretté V. de Joncières (Inspection musicale) ; un grand nombre d'entre eux\nont des titres fort brillants et à peu près égaux.\n\nREIMS.\nJ. H.\n— Vendredi dernier, MM. Paul Dazy, maître de chapelle à Notre-\nDame, et Paul Baudoin, violoniste, donnaient, salle Degermann, leur deuxième\nséance de musique de chambre.\nAu programme figuraient :\n2e Sonate de Saint-Saëns, piano et violon.\nPrélude, choral et Jugue As César Franck, piano.\nSuite pour violon de Dvorak, et Sonate en la mineur de Schumann.\nCe beau programme ne pouvait manquer d'attirer un public de connaisseurs.\nAussi, tous les amateurs de belle musique— et ils sont nombreux à Reims !\n— s'étaient rendus à l'appel des deux artistes rémois, dont le succès a été\ncomplet.\nM. Paul Baudoin, élève de H. Marteau et de Rémy, a superbement interprété\nles divers morceaux du programme.\nQuant à M. Paul Dazy, il a joué d une façon merveilleuse l'œuvre de César\nFranck, et l'on ne saurait trop le féliciter du choix de cette page magistrale, si\nen rapport avec son tempérament artistique.\nPuisse ce nouveau succès encourager MM. Baudoin et Dazy à ne pas nous faire\nattendre trop longtemps leur 3e séance !\n\nNICE.\n\n— Les trois scènes principales de Nice semblent avoir fixé définitivement\nleur genre. L'Opéra s'en tient au grand drame lyrique ; le Casino à l'opéra\ncomique et à l'opérette. Quant à la Jetée-Promenade, elle paraît avoir adopté\nla comédie. Cela vaut mieux ainsi ; car, au début de la saison, avec une\nbonne troupe d'ailleurs, elle avait donné l'opéra italien la Somnambule> /'Amico\nFritz, etc. Comme, au Casino, la pièce à succès du moment est Paillasse ; qu'aux\nthéâtres populaires des faubourgs Politeama, Risso, etc.) on ne joue que du"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "Bellini, du Donizetti, du Giordano ou du Verdi, et dans leur langue maternelle\nencore ; qu'à l'Opéra les affiches annoncent Cavalleria Rusticana, nous avons\nfailli faire connaissance avec tout le nouveau répertoire italien, et même avec\nl'ancien !\nL'Opéra, que dirige habilement M. Saugey, a ouvert la saison parHérodiade,\nremis à neuf, avec la nouvelle version de la Gaîté, c'est-à-dire avec deux airs de\nballet en plus (on dansait pourtant déjà beaucoup dans cet opéra) et le malen-\ncontreux chœur des Romains, cher aux orphéons, en moins. Le vieux répertoire\nest définitivement abandonné pour les débuts : Hamlet, Sigurd, Manon, ont\nservi à présenter la troupe, assez bonne dans son ensemble, dans laquelle je me\ncontenterai de citer aujourd'hui les artistes connus : Mmcs Lola Miranda, Théry,\nReville, MM. Gérome, Leprestre, Fournets.\nL'orchestre a un bon chef, M. Dobelaer.\nAu Casino, Paillasse, assez convenablement monté, paraît plaire au public.\nM. Salignac, ténor consciencieux mais à la voix un peu faible, se taille un gros\nsuccès dans le rôle de Paillasse, grâce à des qualités scéniques appréciables.\nMme Landouzy est une séduisante Colombine, et M. Beyle met une fort belle voix\nde basse au service d'une bien piètre musique. Comme répertoire, on annonce\nZampa et Gal athée, maigre compensation ! L'orchestre, encore insuffisamment\ndiscipliné, deviendra certainement meilleur sous l'habile direction de son chef,\nM G. Coste, qui nous donne chaque semaine des concerts symphoniques très\nintéressants et dont le programme est très heureusement composé. Une large\nplace y est faite à la jeune école, représentée jusqp'à présent par MM. Charpen-\ntier, Debussy, 11. Rabaud, etc., que le public paraît totalement ignorer, et qu'il\nest bon de lui faire connaître.\nA Monte-Carlo, la saison théâtrale proprement dite n'est pour ainsi dire pas\nencore ouverte. On s'y contente pour le moment delà reprise d'opérettes con-\nnues.— Les concerts symphoniques, toujours très intéressants comme exécution\net comme programmes, nous ont donné, en dehors des œuvres courantes, du\nTaubert, du Goldmarck, et un festival Berlioz, qui ne diffère pas sensiblement\ndes autres festivals Berlioz, devenus si nombreux !\nSignalons encore à Nice la création, par notre confrère quotidien le Petit Niçois,\nd'une œuvre de Mimi-Pinson, sous le patronage de M. G. Charpentier.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nDÉCENTRALISATION ARTISTIQUE. Le théâtre de Besançon représentera cet\nhiver un drame lyrique en cinq tableaux intitulé Paul a, qui est, pour les paroles,\nde Mlle Jane Guail et de M. Edouard Droz, et, pour la musique, de M. Émile\nRatez, directeur du Conservatoire de Lille, auteur de l'opéra Lydéric, qui fut\nreprésenté avec succès dans cette dernière ville il y a six ans. L'action de Paula\nse passe à Besançon ( Vesontio) au 111 e siècle, au moment des persécutions contre\nles chrétiens.\n\nECOLE NIEDERMEYER. Élargissant son cadre, cette École aujourd'hui cin-\nquantenaire adjoint à son internat un externat pour les jeunes gens.\nElle ouvre également des cours hebdomadaires de musique pour les dames,\nles jeunes filles et les enfants.\nCes cours comprendront toutes les branches de l'art musical et seront faits\npar les professeurs de l'École, à part les cours de chant et de solfège, dont la"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3236, "texte": "titulaire est Mme Amélie André Gédalge, ier prix du Conservatoire, officier\nd'Académie.\nIls s'adresseront, non seulement aux personnes qui veulent suivre la carrière\nmusicale, et qui trouveront dans ces cours une instruction solide et complète?\nmais aussi aux amateurs, chez qui ils développeront la notion du beau et qu'ils\nmettront à même d'apprécier et de goûter, comme il convient, les chefs-d'œuvre\nde l'art musical.\nPour tous renseignements, s'adresser à l'Ecole de Musique classique, 9, bou-\nlevard d'Auteuil, à Boulogne-sur-Seine.\n\nLYON. Après la disette, la pléthore.\nConcert delà Symphonie lyonnaise. Cette Société si jeune et si vaillante, qui\n■est composée d'amateurs, la seule donnant à Lyon des concerts d'orchestre (à\nla honte du Conservatoire et des professeurs de la ville), a résolu la question de\njouer des choses intéressantes devant des salles combles, en donnant ses concerts\ngratuitement.\nOn ne saurait donc assez louer le dévouement de ses membres, l'audace, le\ncourage, le désintéressement et le travail de son chef, M. Mariotte.\nAu programme, la symphonie en ut de Beethoven, le prélude du 3e acte des\nMaîtres Chanteurs, la Suite Algérienne de Saint-Saëns, dont la Rêverie, entre au'\ntrès, est une si belle page ! enfin deux danses de Brahms. Quelques mélodies de\nFauré (pas des meilleures) et quelques chants composés par M. Mariotte furent\nchantés par Mme Mauvernay.\nConcert Marteau. Avec le concours de M. W. Rehberg, professeur de piano\nau Conservatoire de Genève, le violoniste Marteau nous a donné une excellente\nexécution de 3 sonates : l'une de Schumann, la 2e de Brahms et la 3e de Richard\nStrauss. Dans ces genres si différents, l'interprétation d'ensemble fut parfaite, et\npour sa part M. Marteau, dont l'excellente tenue et la qualité de son si pure nous\na toujours séduit, est continuellement en progrès. Quand donc cet artiste supé-\nrieur sera-t-il apprécié comme il convient de notre public r Peut-être ses concerts\nne sont-ils pas assez chers pour attirer les habitués snobs et mondains de notre\nville !\n\nConcert Mauvernay.\nMONIC.\n— Avec le concours du violoniste Wolf et de la pianiste\nMarie Panthès, Mme Mauvernay, notre professeur de chant si connu, nous fît\nentendre les œuvres les plus diverses. Ne parlons pas des classiques qui y furent\nexécutés. Mais Mme Panthès nous fît comprendre toute la rudesse du prélude de\nRac'hmaninoff, et Wolff fut excellent dans les pièces de Fauré et Tchaïkowsky.\nMme Mauvernay, en interprétant des pièces de Schumann et de Hahn, recueil-\nlit les applaudissements auxquels elle est habituée depuis longtemps.\n\nBERLIN. La première de Manon (de M. J. Massenet) aeu lieu le sdécembre à\nl'Opéra. Cette œuvre avait déjà été jouée par une troupe française, l'année der-\nnière, au théâtre Kroll. Le duo du 3e acte a été fort goûté; une mention spéciale\nà MUe Géraldine Farrar, qui a été une exquise Manon. Orchestre absolument\nirréprochable, mise en scène plutôt médiocre pour un théâtre comme 1 Opéra\nde Berlin.\nA propos du centenaire de Berlioz très peu de concerts, et j'ai tout lieu den\nêtre surpris, étant donnée 1 admiration des Allemands pour Berlioz ; seul Wein-\ngartner a donné la Symphonie fantastique, à laquelle il a joint Y Ouverture des"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.26", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "Francs-Juges et quelques fragments de Roméo. De son côté, Nikisch avec la<\nPhilharmonique a également donné la Fantastique, et dans un autie conceit\nquelques fragments de la Damnation. La Symphonie )antastique a été accueillie\navec enthousiasme.\n\nNANCY. Pour compléter notre bibliographie des œuvres de M. V. d'lndy\n(n° du 15 décembre), disons que le Lied maritime (op. 43) a été exécuté pour la\npremière fois aux Concerts du Conservatoire de Nancy le 7 février 1897, et que\nle Choral varié (op. 55) a été également exécuté pour la première fois à ces mêmes\nconcerts le 8 novembre 1903, ainsi que nous l'annoncions d'ailleurs dans notre\nnuméro du 15 novembre. On devait s'attendre à trouver Nancy à cette affaire ;\non sait en effet avec quel goût sont choisies les œuvres que M. J.-Guy Ropartz\nprésente à son public.\nA tous les musiciens désireux de s'instruire ou de se perfectionner, nous\nrecommandons en particulier le cours d'accompagnement (Sonates piano et\nvioloncelle) qu'ouvrira, le 7 janvier 1904, 4, rue de Cicé, M. Raymond Marthe,\nle professeur si connu et apprécié.\n\nMODERNE. Notre distingué confrère, M. Antonin Reschal, fait paraître\ncette semaine un très curieux journal intitulé Moderne, dont il est l'unique\nrédacteur. Cet hebdomadaire de luxe de 16 pages en couleurs commence : les\nSpongieuses, roman demi-mondain inédit. Moderne ne sera envoyé que sur\nabonnement (un an, 20 fr.). Spécimen Jranco, 5, rue Monsieur, Paris.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. — Opéra.\nReceltes détaillées du 20 novembre au 20 décembre."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1022, "texte": "II. — Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 novembre au 20 décembre\n\nLE MANS.—M. Mauraux Mauricea été nomméprofesseur de violoncelle à l'École\nnationale de musique du Mans, en remplacement de M. Guindon,démissionnaire.\n\nMARSEILLE. L'Association des Concerts classiques, sous la direction de\nM. Gabriel Marie, a fêté brillamment le centenaire de Berlioz par un beau pro-\ngramme symphonique, où étaient réunies les plus intéressantes pages musi-\ncales de ce maître :\nSymphonie fantastique, Roméo et Juliette, Damnation de Faust, Harold en Italie,\net ouverture du Carnaval romain.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Par arrêté ministériel en date du 14 dé-\ncembre 1903, une 112 bourse à l'École de musique classique de Boulogne-sur-\nSeine a été accordée àM. Léonard Jacques-Marie-Joseph, fils d'un professeur\nde piano, à Menton (Alpes-Maritimes).\n\nOPÉRA. Un concours pour une place de trombone, vacante à l'orchestre de\nl'Opéra, aura lieu prochainement. Se faire inscrire chez M. Colleuille, régisseur\nde la scène."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3970, "texte": "LILLE. — Concerts populaires.\nA. L.-L.\n— M. Alexandre Georges dirigeait, le 13 dé-\ncembre, à l'Hippodrome, deux de ses plus importantes compositions : la Nais-\nsance de Vénus, poème symphonique pour orchestre, et les Chansons de Miarka,\ndéjà célèbres, mais qu'on entendait à Lille pour la première fois avec orchestre et\nqui avaient pour interprète Mme Marteau de Milleville. la réputée cantatrice que\nnous avons applaudie l'hiver dernier dans Edith au col de cygne,de Georges llûe.\nLa Naissance de Vénus nous peint l'éclosion de la Beauté et de son culte par\nl'humanité, plongée jusque-là dans la misère et la bestialité. Le compositeur a\ntrès bien rendu la tristesse des premiers âges, sans poésie comme sans espé-\nrance, par une lente mélopée qui nous a rappelé le choral de la Symphonie\nrhénane de Schumann. Peu à peu l'idée de beauté se dégage de ces ténèbres et,\npar une habile progression, apparaît radieuse, dans la majesté des rythmes et\ndes sonorités de l'orchestre.\nL'orchestre a enlevé d'une façon irréprochable cette page véhémente, qui\ndénote un musicien de race et d'une grande sincérité Aussi a-t-elle véritablement\nséduit le public, qui lui a fait une chaude ovation.\nLes Chansons de Miarka ont été encore mieux accueillies. Cette musique tour à\ntour tendre, rêveuse, nonchalante, brûlante, flamboyante, où l'on sent passer\ndes élans d'amour et comme des cris de colère, qui passe du paroxysme de la\nsonorité à des douceurs exquises d'instrumentation et dont la partie vocale,\nmalgré les richesses de l'orchestration, est toujours prédominante, enfin et sur-\ntout la charmante voix de Mme Marteau de Milleville, sa parfaite diction et sa\nbeauté si expressive ont fait de cette audition un vérilable régal artistique dont\nles plus difficiles ont dû se déclarer pleinement satisfaits.\nOn nous annonce, pour le 17 janvier, le pianiste Growlez, un Lillois, élève de\nDiémer, professeur à la Schola Cantorum de Paris, et Pierre Carolus-Duran,\n•compositeur, le fils du célèbre peintre. Nous aurons donc une double raison\nd'aller encourager nos concitoyens et de les applaudir.\n\nSOCIÉTÉ DE MUSIQUE.\n\n— Le dimanche 20 décembre dernier, une foule consi-\ndérable assistait au deuxième concert de la Société de Musique de Lille,\nconcert consacré à Berlioz.\nLes chœurs de la Société prêtaient leur concours pour l'exécution de la grande\nMesse des Morts, de fragments de YEnfance du Christ ci de la Damnation. De\npareils chanteurs ne se rencontrent qu'à Lille et à Paris (l'Euterpe). Ce ne\nsont que des amateurs, tous excellents musiciens, recrutés dans le monde le\nmeilleur et le plus intelligent, et tous animés du désir de toujours mieux faire et\nde contenter leur chef. Ils sont deux cents, cent hommes et cent femmes. Et c'est\nun vrai régal que d'entendre ces voix jeunes, ardentes, rythmant et prononçant\nd'une façon impeccable.\nLa messe de Requiem, connue à Lille par quelques fragments seulement, a\nproduit un grand effet sur le public : le Dies irœ, et le Tuba mirum aux cuivres\néclatants, puis le Quid sum miser chanté par Em. Cazeneuve avec un art con-\nsommé. Je ne saurais dire assez l'effet produit par sa diction précise, son émotion\ncontenue, à peine soulignée par le sobre accompagnement des violoncelles et la\nplainte du cor anglais et du basson Le Rex tremendœ, l'offertoire, qui rappelle\ncomme construction la marche funèbre de Roméo et Juliette (thème plaintif\n•commençant aux violons, puis repris parles altos, les basses et les voix\\ et le\nLacrymosa à l'unisson final puissant et grandiose, ont permis aux chœurs et à l'or-\nchestre de montrer leur incontestable valeur, et au chef son habileté et son éner-\ngie (et l'on sait s'il en faut avec pareille œuvre et pareilles masses d'exécutants).\nLe concert avait débuté par l'ouverture du Carnaval Romain, que l'orchestre\njoua avec une belle fougue et où le cor anglais se fit applaudir pour sa sonorité\n?ronde etdiscrète. De Y Enfance du Christ furent donnés les trois premiers numé-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3725, "texte": "ros de la deuxième partie : le prélude, Y adieu des bergers, dont le troisième cou-\nplet fut murmuré en ppp par les chœurs de façon exquise, et le repos de la sainte\nFamille, qui donna au noble artiste qu'est M. Cazeneuve l'occasion de se faire\napplaudir justement. Il lut aussi bissé dans l'invocation de la Damnation.\nM. Ananian chanta Y air des roses de la Damnation avec beaucoup d'ampleur et de\ncharme, et M 1 le M. P régi dans/a Captive(k la. tournurejbien romantique et vieillie)\net dans la romance de Marguerite, montra combien la musique de Berlioz lui\nétait familière et combien elle en restait l'interprète intelligente et spécialisée.\n\nDr H. GAUDIER.\n\nGENÈVE.\nP. FERRARIS.\nC'est par une belle manifestation d'art que Genève apu célébrer\nle centenaire cle Berlioz, et cela grâce au dévouement artistique, désintéressé de\nM. Marteau, l'éminent violoniste.\nSous les auspices du Consul de France et au bénéfice d'oeuvres philanthro-\npiques, M Marteau a organisé, le dimanche 14 décembre, avec le concours de\nMlle Hatto, de l'Opéra, de la Société de chant du Conservatoire, de l'Orchestre\nde Lausanne, un concert magnifique d'exécution.\nCe concert, dont le programme, tout d'oeuvres de Berlioz choisies de la plus\nheureuse façon, a été un régal artistique, et il est difficile de faire un choix au\nmilieu de tous les éloges à décerner.\nComme violoniste dans Rêveriezt Caprice, et comme altiste dans l'exécution\nintégrale d'Harold en Italie, M. Marteau a une fois de plus montré ses presti-\ngieuses qualités d'artiste accompli.\nMllfi Ilatto a remporté, avec la belle voix que l'on sait, un succès chaudement\nunanime dans un air cle la Prise de Troie, dans un air de la Damnation de\nFaust et dans l'exquise mélodie Absence. Fleurs, rappels ont dit âla belle\nartiste les sentiments du public.\nLa Société de chant du Conservatoire, sous la direction de son chef, M. Lau-\nber, a, pour le grand plaisir du public, chanté cl impeccable façon un important\nfragment du Te Deum. Complimentons également M. Hammer pour la fermeté\nde sa direction â l'orchestre, M. Ketten pour la maîtrise de son accompagnement,\nainsi que Mlle Schatt, qui devant le buste cle Berlioz a dit avec autorité des vers\ndu poète Cougnarcl. Encore une fois, le grand Berlioz avu son œuvre acclamée,\net cela en toute justice\n\nMAYENCE.\nLUCIEN DE FLAGNY.\n— Berlioz cette semaine triomphe sur toute la ligne : Berlioz au\nthéâtre, Berlioz au concert ! Au théâtre, la Damnation avec des décors somptueux\nbrossés à Berlin, un kapellmeister hors ligne, Emil Steinbach, et des interprètes\nconsciencieux ; tout le monde y a mis du sien. En l'honneur du musicien\nfrançais, les comédiens mêmes ont consenti à servir de figurants pour rehaus-\nser 1 éclat de la représentation. — Au concert, la symphonie Harold en Italie,\navec alto solo, que Steinbach dirige avec une remarquable intelligence. Dans la\nmême séance, le concerto de Saint-Saëns (op. 44) (toujours de la musique\nfrançaise !) a donné au pianiste Otto Voss l'occasion de faire montre d'une vir-\ntuosité peu commune ; un liedersànger, August Leimer, a détaillé de menues\nmélodies de Schubert et de Brahms avec une science délicate de grisaille et de\nclair-obscur.\nCependant l'éducation populaire n'est pas négligée : dans la salle de concert\nde la (( Liedertafel », magnifique exécution de la Création d'Haydn, dirigée par\nle kapellmeister Vollbach, qui a fait tout d'abord une conférence détaillée sur le\ncompositeur : remarquables solistes, notamment Alexander Heinemann, deBerlin.\nDans la même semaine se succèdent au théâtre Y Africaine, Tyar und zimmer-\nmann, Flachsmaus, Zapfenstreich (de Beyerlen, auteur du récent roman militaire\nLena ou Sedan), et une 2e représentation delà Damnation."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.1", "titre_corps": "JURÉS ORPHÉONIQUES. — La série des concours ouverts en IQ03, par", "titre_sommaire": "JURÉS ORPHÉONIQUES. — La série des concours ouverts en IQ03, par", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.23", "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "JURÉS ORPHÉONIQUES. — La série des concours ouverts en IQ03, par l'Asso-\nciation des Jurés orphéoniques, s'est terminée par l'audition des œuvres classées\ndans le groupe C. Voici les résultats de ce concours, qui a paru très satisfaisant :\nFanfares Prix Raoul Chandon de Briailles (à l'unanimité) à M. de la Tom-\nbelle, auteur de l'allégorie symphonique ayant pour devise : (( Quœrite, invenie-\ntis )).\nPremière mention, à la partition : Epithalame, devise : (( Va ton chemin )).\nDeuxième mention, au prélude de concert dont la devise est : (( Que de tout\ninconnu le Sage se méfie ».\nHarmonies. — Prix Raoul Chandon de Briailles, à M. Albert Dupré, auteur\nd'une fantaisie dont la devise est : (( Pour le mieux ».\nMention (à l'unanimité) à l'auteur de l'Andantino ayant pour devise : « Il faut\ntoujours essayer ».\n— 17 candidats sont actuellement en présence pour recueillir la succession\ndu regretté V. de Joncières (Inspection musicale) ; un grand nombre d'entre eux\nont des titres fort brillants et à peu près égaux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.2", "titre_corps": "REIMS.", "titre_sommaire": "REIMS.", "signature_source": "J. 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Marteau et de Rémy, a superbement interprété\nles divers morceaux du programme.\nQuant à M. Paul Dazy, il a joué d une façon merveilleuse l'œuvre de César\nFranck, et l'on ne saurait trop le féliciter du choix de cette page magistrale, si\nen rapport avec son tempérament artistique.\nPuisse ce nouveau succès encourager MM. Baudoin et Dazy à ne pas nous faire\nattendre trop longtemps leur 3e séance !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "24", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.3", "titre_corps": "NICE.", "titre_sommaire": "NICE.", "signature_source": "EDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.23", "debut_caractere": 2094, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "NICE.\n\n— Les trois scènes principales de Nice semblent avoir fixé définitivement\nleur genre. 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Saugey, a ouvert la saison parHérodiade,\nremis à neuf, avec la nouvelle version de la Gaîté, c'est-à-dire avec deux airs de\nballet en plus (on dansait pourtant déjà beaucoup dans cet opéra) et le malen-\ncontreux chœur des Romains, cher aux orphéons, en moins. Le vieux répertoire\nest définitivement abandonné pour les débuts : Hamlet, Sigurd, Manon, ont\nservi à présenter la troupe, assez bonne dans son ensemble, dans laquelle je me\ncontenterai de citer aujourd'hui les artistes connus : Mmcs Lola Miranda, Théry,\nReville, MM. Gérome, Leprestre, Fournets.\nL'orchestre a un bon chef, M. Dobelaer.\nAu Casino, Paillasse, assez convenablement monté, paraît plaire au public.\nM. Salignac, ténor consciencieux mais à la voix un peu faible, se taille un gros\nsuccès dans le rôle de Paillasse, grâce à des qualités scéniques appréciables.\nMme Landouzy est une séduisante Colombine, et M. Beyle met une fort belle voix\nde basse au service d'une bien piètre musique. Comme répertoire, on annonce\nZampa et Gal athée, maigre compensation ! L'orchestre, encore insuffisamment\ndiscipliné, deviendra certainement meilleur sous l'habile direction de son chef,\nM G. Coste, qui nous donne chaque semaine des concerts symphoniques très\nintéressants et dont le programme est très heureusement composé. Une large\nplace y est faite à la jeune école, représentée jusqp'à présent par MM. Charpen-\ntier, Debussy, 11. Rabaud, etc., que le public paraît totalement ignorer, et qu'il\nest bon de lui faire connaître.\nA Monte-Carlo, la saison théâtrale proprement dite n'est pour ainsi dire pas\nencore ouverte. 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Charpentier.\n\nEDOUARD PERRIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "24", "page_fin": "24", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.4", "titre_corps": "DÉCENTRALISATION ARTISTIQUE. Le théâtre de Besançon représentera cet", "titre_sommaire": "DÉCENTRALISATION ARTISTIQUE. 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L'action de Paula\nse passe à Besançon ( Vesontio) au 111 e siècle, au moment des persécutions contre\nles chrétiens."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "24", "page_fin": "25", "image_debut": 24, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.5", "titre_corps": "ECOLE NIEDERMEYER. Élargissant son cadre, cette École aujourd'hui", "titre_sommaire": "ECOLE NIEDERMEYER. Élargissant son cadre, cette École aujourd'hui", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.24", "debut_caractere": 2877, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "ECOLE NIEDERMEYER. Élargissant son cadre, cette École aujourd'hui cin-\nquantenaire adjoint à son internat un externat pour les jeunes gens.\nElle ouvre également des cours hebdomadaires de musique pour les dames,\nles jeunes filles et les enfants.\nCes cours comprendront toutes les branches de l'art musical et seront faits\npar les professeurs de l'École, à part les cours de chant et de solfège, dont la"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 552, "texte": "titulaire est Mme Amélie André Gédalge, ier prix du Conservatoire, officier\nd'Académie.\nIls s'adresseront, non seulement aux personnes qui veulent suivre la carrière\nmusicale, et qui trouveront dans ces cours une instruction solide et complète?\nmais aussi aux amateurs, chez qui ils développeront la notion du beau et qu'ils\nmettront à même d'apprécier et de goûter, comme il convient, les chefs-d'œuvre\nde l'art musical.\nPour tous renseignements, s'adresser à l'Ecole de Musique classique, 9, bou-\nlevard d'Auteuil, à Boulogne-sur-Seine."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c043", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "25", "page_fin": "25", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.6", "titre_corps": "LYON. Après la disette, la pléthore.", "titre_sommaire": "LYON. Après la disette, la pléthore.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.25", "debut_caractere": 554, "fin_caractere_exclue": 2059, "texte": "LYON. Après la disette, la pléthore.\nConcert delà Symphonie lyonnaise. Cette Société si jeune et si vaillante, qui\n■est composée d'amateurs, la seule donnant à Lyon des concerts d'orchestre (à\nla honte du Conservatoire et des professeurs de la ville), a résolu la question de\njouer des choses intéressantes devant des salles combles, en donnant ses concerts\ngratuitement.\nOn ne saurait donc assez louer le dévouement de ses membres, l'audace, le\ncourage, le désintéressement et le travail de son chef, M. Mariotte.\nAu programme, la symphonie en ut de Beethoven, le prélude du 3e acte des\nMaîtres Chanteurs, la Suite Algérienne de Saint-Saëns, dont la Rêverie, entre au'\ntrès, est une si belle page ! enfin deux danses de Brahms. Quelques mélodies de\nFauré (pas des meilleures) et quelques chants composés par M. Mariotte furent\nchantés par Mme Mauvernay.\nConcert Marteau. Avec le concours de M. W. Rehberg, professeur de piano\nau Conservatoire de Genève, le violoniste Marteau nous a donné une excellente\nexécution de 3 sonates : l'une de Schumann, la 2e de Brahms et la 3e de Richard\nStrauss. Dans ces genres si différents, l'interprétation d'ensemble fut parfaite, et\npour sa part M. Marteau, dont l'excellente tenue et la qualité de son si pure nous\na toujours séduit, est continuellement en progrès. Quand donc cet artiste supé-\nrieur sera-t-il apprécié comme il convient de notre public r Peut-être ses concerts\nne sont-ils pas assez chers pour attirer les habitués snobs et mondains de notre\nville !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c044", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "25", "page_fin": "25", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.7", "titre_corps": "Concert Mauvernay.", "titre_sommaire": "Concert Mauvernay.", "signature_source": "MONIC", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.25", "debut_caractere": 2061, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "Concert Mauvernay.\nMONIC.\n— Avec le concours du violoniste Wolf et de la pianiste\nMarie Panthès, Mme Mauvernay, notre professeur de chant si connu, nous fît\nentendre les œuvres les plus diverses. Ne parlons pas des classiques qui y furent\nexécutés. Mais Mme Panthès nous fît comprendre toute la rudesse du prélude de\nRac'hmaninoff, et Wolff fut excellent dans les pièces de Fauré et Tchaïkowsky.\nMme Mauvernay, en interprétant des pièces de Schumann et de Hahn, recueil-\nlit les applaudissements auxquels elle est habituée depuis longtemps."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "25", "page_fin": "26", "image_debut": 25, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.8", "titre_corps": "BERLIN. La première de Manon (de M. J. Massenet) aeu lieu le sdécembre à", "titre_sommaire": "BERLIN. La première de Manon (de M. J. Massenet) aeu lieu le sdécembre à", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.25", "debut_caractere": 2603, "fin_caractere_exclue": 3236, "texte": "BERLIN. La première de Manon (de M. J. Massenet) aeu lieu le sdécembre à\nl'Opéra. Cette œuvre avait déjà été jouée par une troupe française, l'année der-\nnière, au théâtre Kroll. Le duo du 3e acte a été fort goûté; une mention spéciale\nà MUe Géraldine Farrar, qui a été une exquise Manon. Orchestre absolument\nirréprochable, mise en scène plutôt médiocre pour un théâtre comme 1 Opéra\nde Berlin.\nA propos du centenaire de Berlioz très peu de concerts, et j'ai tout lieu den\nêtre surpris, étant donnée 1 admiration des Allemands pour Berlioz ; seul Wein-\ngartner a donné la Symphonie fantastique, à laquelle il a joint Y Ouverture des"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.26", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 264, "texte": "Francs-Juges et quelques fragments de Roméo. De son côté, Nikisch avec la<\nPhilharmonique a également donné la Fantastique, et dans un autie conceit\nquelques fragments de la Damnation. La Symphonie )antastique a été accueillie\navec enthousiasme."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c046", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "26", "page_fin": "26", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.9", "titre_corps": "NANCY. Pour compléter notre bibliographie des œuvres de M. V. d'lndy", "titre_sommaire": "NANCY. Pour compléter notre bibliographie des œuvres de M. V. d'lndy", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.26", "debut_caractere": 266, "fin_caractere_exclue": 1096, "texte": "NANCY. Pour compléter notre bibliographie des œuvres de M. V. d'lndy\n(n° du 15 décembre), disons que le Lied maritime (op. 43) a été exécuté pour la\npremière fois aux Concerts du Conservatoire de Nancy le 7 février 1897, et que\nle Choral varié (op. 55) a été également exécuté pour la première fois à ces mêmes\nconcerts le 8 novembre 1903, ainsi que nous l'annoncions d'ailleurs dans notre\nnuméro du 15 novembre. On devait s'attendre à trouver Nancy à cette affaire ;\non sait en effet avec quel goût sont choisies les œuvres que M. J.-Guy Ropartz\nprésente à son public.\nA tous les musiciens désireux de s'instruire ou de se perfectionner, nous\nrecommandons en particulier le cours d'accompagnement (Sonates piano et\nvioloncelle) qu'ouvrira, le 7 janvier 1904, 4, rue de Cicé, M. Raymond Marthe,\nle professeur si connu et apprécié."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c047", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "26", "page_fin": "26", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.10", "titre_corps": "MODERNE. Notre distingué confrère, M. Antonin Reschal, fait paraître", "titre_sommaire": "MODERNE. Notre distingué confrère, M. Antonin Reschal, fait paraître", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.26", "debut_caractere": 1098, "fin_caractere_exclue": 1458, "texte": "MODERNE. Notre distingué confrère, M. Antonin Reschal, fait paraître\ncette semaine un très curieux journal intitulé Moderne, dont il est l'unique\nrédacteur. Cet hebdomadaire de luxe de 16 pages en couleurs commence : les\nSpongieuses, roman demi-mondain inédit. Moderne ne sera envoyé que sur\nabonnement (un an, 20 fr.). Spécimen Jranco, 5, rue Monsieur, Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c048", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "26", "page_fin": "26", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.11", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. — Opéra. Receltes détaillées du 20 novembre au 20 décembre.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. — Opéra. 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Saint-\nSaëns.\nVerdi.\nGounod.\nVerdi.\nR. Wagner.\nGounod.\nGounod.\nV. d'Indy. Mozart.\nSaint-Saëns. Mozart.\nR. Wagner.\nR. Wagner.\nMozart. Widor.\nMeyerbeer.\nV. d'Indy. Widor.\nGounod.\nV. d'Indy. Mozart.\n11.240 5o\n12.557 91\n18.219 76\n1 3 606 91\nII.O5I »\n15.5 2 3 41\n14.957 76\n15.095 41\n12.664 41\n11.472 76\n17.422 41\n7.861 5o\n16.569 91\n15 413 76\n16.729 41\ni3.336 5o"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c050", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "27", "page_fin": "27", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.12", "titre_corps": "II. — Opéra-Comique. 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Puccini.\n5.808\n5o\n22\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.490\n4.432\n5o\n2 3\n(12e pop.)\nMuguette.\nMissa.\n5o\n24\n—\nLouise.\nCharpentier.\n3.826\n»\n25\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n5.248\n»\n26\n—\nWerther.\nMassenet.\n9.182\n5o\n2 7\n—\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n4 994\n5o\n28\n—\nLa Tosca.\nPuccini.\n7-7^7\n5o\n29\n— matinée\nMuguette. — Le Maître\nde\nChapelle.\nMissa. Paer.\n6.o83\n5o\n29\n— soirée\nLa Traviata.\nVerdi.\n3.686\n5o\n3o\n( 13e pop.)\nLe Domino noir.\nAuber.\n3.8i6\n5o\nIer Décemb.\nCarmen.\nBizet.\n5.790\n5o\n2\nLa Tosca.\nPuccini.\n3.361\n5o\n0\n0\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n6.444\n5o\n4\nWerther.\nMassenet.\n5.923\n5o\n5\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n8.298\n»\n6\n— matinée\nLouise.\nCharpentier.\n5.629\n»\n6\n— soirée\nManon.\nMassenet.\n5.433\n5o\n7\n—\nMuguette.\nMissa.\n3.6i8\n»\n8\n—\nLes Noces de Jeannette.\n—\nLakmé.\nMassé. L. Delibes.\n6.128\n5o\n9\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.121\n»\n10\n—\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n6 313\n5o\n[ 1\n—\nW erther.\nMassenet.\n3.953\n8.542\n5o\n12\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n)>\n1 3\n— matinée\nLa Fille du Régiment. —\nLe\nMédecin malgré lui.\nDonizetti. Gounod.\n5.127\n5o\n13\n— soirée\nLakme. — Les Noces de Jean-\nnette.\nL. Delibes. Massé.\n5.376\n»\n14\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n/\n4.460\n»\n15\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n4.Q3O\n5o\n16\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n2.423\n5o\nl7\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n6.656\n»\n18\n—\nMireille.\nGounod.\n4.740\n»\n<9\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.249\n»\n20\n— matinée\nManon.\nMassenet.\n6.qg6\n5o\n20\n— soirée\nLe Domino noir.\nAuber.\n5.3 52\n»"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c052", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "27", "page_fin": "27", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.13", "titre_corps": "LE MANS.—M. Mauraux Mauricea été nomméprofesseur de violoncelle à l'École", "titre_sommaire": "LE MANS.—M. 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Guindon,démissionnaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c053", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "27", "page_fin": "27", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.14", "titre_corps": "MARSEILLE. L'Association des Concerts classiques, sous la direction de", "titre_sommaire": "MARSEILLE. 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Gabriel Marie, a fêté brillamment le centenaire de Berlioz par un beau pro-\ngramme symphonique, où étaient réunies les plus intéressantes pages musi-\ncales de ce maître :\nSymphonie fantastique, Roméo et Juliette, Damnation de Faust, Harold en Italie,\net ouverture du Carnaval romain."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c054", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "27", "page_fin": "27", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.15", "titre_corps": "ECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Par arrêté ministériel en date du 14", "titre_sommaire": "ECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. 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Léonard Jacques-Marie-Joseph, fils d'un professeur\nde piano, à Menton (Alpes-Maritimes)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c055", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "27", "page_fin": "27", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.16", "titre_corps": "OPÉRA. Un concours pour une place de trombone, vacante à l'orchestre de", "titre_sommaire": "OPÉRA. 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Colleuille, régisseur\nde la scène."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c056", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "28", "page_fin": "28", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.17", "titre_corps": "LILLE. — Concerts populaires.", "titre_sommaire": "LILLE. — Concerts populaires.", "signature_source": "A. L. -L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2100, "texte": "LILLE. — Concerts populaires.\nA. L.-L.\n— M. Alexandre Georges dirigeait, le 13 dé-\ncembre, à l'Hippodrome, deux de ses plus importantes compositions : la Nais-\nsance de Vénus, poème symphonique pour orchestre, et les Chansons de Miarka,\ndéjà célèbres, mais qu'on entendait à Lille pour la première fois avec orchestre et\nqui avaient pour interprète Mme Marteau de Milleville. la réputée cantatrice que\nnous avons applaudie l'hiver dernier dans Edith au col de cygne,de Georges llûe.\nLa Naissance de Vénus nous peint l'éclosion de la Beauté et de son culte par\nl'humanité, plongée jusque-là dans la misère et la bestialité. Le compositeur a\ntrès bien rendu la tristesse des premiers âges, sans poésie comme sans espé-\nrance, par une lente mélopée qui nous a rappelé le choral de la Symphonie\nrhénane de Schumann. Peu à peu l'idée de beauté se dégage de ces ténèbres et,\npar une habile progression, apparaît radieuse, dans la majesté des rythmes et\ndes sonorités de l'orchestre.\nL'orchestre a enlevé d'une façon irréprochable cette page véhémente, qui\ndénote un musicien de race et d'une grande sincérité Aussi a-t-elle véritablement\nséduit le public, qui lui a fait une chaude ovation.\nLes Chansons de Miarka ont été encore mieux accueillies. Cette musique tour à\ntour tendre, rêveuse, nonchalante, brûlante, flamboyante, où l'on sent passer\ndes élans d'amour et comme des cris de colère, qui passe du paroxysme de la\nsonorité à des douceurs exquises d'instrumentation et dont la partie vocale,\nmalgré les richesses de l'orchestration, est toujours prédominante, enfin et sur-\ntout la charmante voix de Mme Marteau de Milleville, sa parfaite diction et sa\nbeauté si expressive ont fait de cette audition un vérilable régal artistique dont\nles plus difficiles ont dû se déclarer pleinement satisfaits.\nOn nous annonce, pour le 17 janvier, le pianiste Growlez, un Lillois, élève de\nDiémer, professeur à la Schola Cantorum de Paris, et Pierre Carolus-Duran,\n•compositeur, le fils du célèbre peintre. Nous aurons donc une double raison\nd'aller encourager nos concitoyens et de les applaudir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c057", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "28", "page_fin": "29", "image_debut": 28, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.18", "titre_corps": "SOCIÉTÉ DE MUSIQUE.", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ DE MUSIQUE.", "signature_source": "Dr H. GAUDIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.28", "debut_caractere": 2102, "fin_caractere_exclue": 3970, "texte": "SOCIÉTÉ DE MUSIQUE.\n\n— Le dimanche 20 décembre dernier, une foule consi-\ndérable assistait au deuxième concert de la Société de Musique de Lille,\nconcert consacré à Berlioz.\nLes chœurs de la Société prêtaient leur concours pour l'exécution de la grande\nMesse des Morts, de fragments de YEnfance du Christ ci de la Damnation. De\npareils chanteurs ne se rencontrent qu'à Lille et à Paris (l'Euterpe). Ce ne\nsont que des amateurs, tous excellents musiciens, recrutés dans le monde le\nmeilleur et le plus intelligent, et tous animés du désir de toujours mieux faire et\nde contenter leur chef. Ils sont deux cents, cent hommes et cent femmes. Et c'est\nun vrai régal que d'entendre ces voix jeunes, ardentes, rythmant et prononçant\nd'une façon impeccable.\nLa messe de Requiem, connue à Lille par quelques fragments seulement, a\nproduit un grand effet sur le public : le Dies irœ, et le Tuba mirum aux cuivres\néclatants, puis le Quid sum miser chanté par Em. Cazeneuve avec un art con-\nsommé. Je ne saurais dire assez l'effet produit par sa diction précise, son émotion\ncontenue, à peine soulignée par le sobre accompagnement des violoncelles et la\nplainte du cor anglais et du basson Le Rex tremendœ, l'offertoire, qui rappelle\ncomme construction la marche funèbre de Roméo et Juliette (thème plaintif\n•commençant aux violons, puis repris parles altos, les basses et les voix\\ et le\nLacrymosa à l'unisson final puissant et grandiose, ont permis aux chœurs et à l'or-\nchestre de montrer leur incontestable valeur, et au chef son habileté et son éner-\ngie (et l'on sait s'il en faut avec pareille œuvre et pareilles masses d'exécutants).\nLe concert avait débuté par l'ouverture du Carnaval Romain, que l'orchestre\njoua avec une belle fougue et où le cor anglais se fit applaudir pour sa sonorité\n?ronde etdiscrète. De Y Enfance du Christ furent donnés les trois premiers numé-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 676, "texte": "ros de la deuxième partie : le prélude, Y adieu des bergers, dont le troisième cou-\nplet fut murmuré en ppp par les chœurs de façon exquise, et le repos de la sainte\nFamille, qui donna au noble artiste qu'est M. Cazeneuve l'occasion de se faire\napplaudir justement. Il lut aussi bissé dans l'invocation de la Damnation.\nM. Ananian chanta Y air des roses de la Damnation avec beaucoup d'ampleur et de\ncharme, et M 1 le M. P régi dans/a Captive(k la. tournurejbien romantique et vieillie)\net dans la romance de Marguerite, montra combien la musique de Berlioz lui\nétait familière et combien elle en restait l'interprète intelligente et spécialisée.\n\nDr H. GAUDIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c058", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "29", "page_fin": "29", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.19", "titre_corps": "GENÈVE.", "titre_sommaire": "GENÈVE.", "signature_source": "P. FERRARIS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.29", "debut_caractere": 678, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "GENÈVE.\nP. FERRARIS.\nC'est par une belle manifestation d'art que Genève apu célébrer\nle centenaire cle Berlioz, et cela grâce au dévouement artistique, désintéressé de\nM. Marteau, l'éminent violoniste.\nSous les auspices du Consul de France et au bénéfice d'oeuvres philanthro-\npiques, M Marteau a organisé, le dimanche 14 décembre, avec le concours de\nMlle Hatto, de l'Opéra, de la Société de chant du Conservatoire, de l'Orchestre\nde Lausanne, un concert magnifique d'exécution.\nCe concert, dont le programme, tout d'oeuvres de Berlioz choisies de la plus\nheureuse façon, a été un régal artistique, et il est difficile de faire un choix au\nmilieu de tous les éloges à décerner.\nComme violoniste dans Rêveriezt Caprice, et comme altiste dans l'exécution\nintégrale d'Harold en Italie, M. Marteau a une fois de plus montré ses presti-\ngieuses qualités d'artiste accompli.\nMllfi Ilatto a remporté, avec la belle voix que l'on sait, un succès chaudement\nunanime dans un air cle la Prise de Troie, dans un air de la Damnation de\nFaust et dans l'exquise mélodie Absence. Fleurs, rappels ont dit âla belle\nartiste les sentiments du public.\nLa Société de chant du Conservatoire, sous la direction de son chef, M. Lau-\nber, a, pour le grand plaisir du public, chanté cl impeccable façon un important\nfragment du Te Deum. Complimentons également M. Hammer pour la fermeté\nde sa direction â l'orchestre, M. Ketten pour la maîtrise de son accompagnement,\nainsi que Mlle Schatt, qui devant le buste cle Berlioz a dit avec autorité des vers\ndu poète Cougnarcl. Encore une fois, le grand Berlioz avu son œuvre acclamée,\net cela en toute justice"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c059", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "29", "page_fin": "29", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.11.20", "titre_corps": "MAYENCE.", "titre_sommaire": "MAYENCE.", "signature_source": "LUCIEN DE FLAGNY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.29", "debut_caractere": 2309, "fin_caractere_exclue": 3725, "texte": "MAYENCE.\nLUCIEN DE FLAGNY.\n— Berlioz cette semaine triomphe sur toute la ligne : Berlioz au\nthéâtre, Berlioz au concert ! Au théâtre, la Damnation avec des décors somptueux\nbrossés à Berlin, un kapellmeister hors ligne, Emil Steinbach, et des interprètes\nconsciencieux ; tout le monde y a mis du sien. En l'honneur du musicien\nfrançais, les comédiens mêmes ont consenti à servir de figurants pour rehaus-\nser 1 éclat de la représentation. — Au concert, la symphonie Harold en Italie,\navec alto solo, que Steinbach dirige avec une remarquable intelligence. Dans la\nmême séance, le concerto de Saint-Saëns (op. 44) (toujours de la musique\nfrançaise !) a donné au pianiste Otto Voss l'occasion de faire montre d'une vir-\ntuosité peu commune ; un liedersànger, August Leimer, a détaillé de menues\nmélodies de Schubert et de Brahms avec une science délicate de grisaille et de\nclair-obscur.\nCependant l'éducation populaire n'est pas négligée : dans la salle de concert\nde la (( Liedertafel », magnifique exécution de la Création d'Haydn, dirigée par\nle kapellmeister Vollbach, qui a fait tout d'abord une conférence détaillée sur le\ncompositeur : remarquables solistes, notamment Alexander Heinemann, deBerlin.\nDans la même semaine se succèdent au théâtre Y Africaine, Tyar und zimmer-\nmann, Flachsmaus, Zapfenstreich (de Beyerlen, auteur du récent roman militaire\nLena ou Sedan), et une 2e représentation delà Damnation."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c060", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "30", "page_fin": "30", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.12", "titre_corps": "M. de Bricqueville et les instruments anciens.", "titre_sommaire": "M. de Bricqueville et les instruments anciens.", "signature_source": "G", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.30", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 3311, "texte": "M. de Bricqueville et les instruments anciens.\nG.\nM. de Bricqueville, en 1884, eut 1 idée de réunir une collection d'instruments de\nmusique des xvie, xvne et XVIIIc siècles, dans le but d'étudier de près les dé-\ntails de construction et d'ornementation des instruments de musique disparus.\nEn même temps il formait une bibliothèque de traités et de méthodes. Il publia,\naidé par ces documents, les ouvrages suivants, de 1885 à 1900 :i° les Anciens In-\nstruments de Musique (librairie de l'Art) ;20 les Musettes (librarie L. Cerf) ;30 les\nPochettes (librairie L. Cerf); 40 les Harpes de Marie-Antoinette (imprimerie Au-\nbert) ;50 VOrgue ancien et moderne (librairie Fischbacher), etc. Par suite d'un\naménagement nouveau, M. de Bricqueville, en 1895, se sépare de sa collection\nqui fut acquise, en partie, par le Musée du Conservatoire de Paris ; cela, sur l'ini-\ntiative et par 1 intermédiaire de M. Réty, alors Secrétaire général du Conser-\nvatoire. A l'Exposition universelle de 1900, M. de Bricqueville fut nommé, par\nM. le Ministre du Commerce, Membre des Comités d'admission et d'installa-\ntion, et Membre du Jury international de la classe XVII (Instruments de Musique).\nSes collègues l'élurent, àla presque unanimité, rapporteur de ladite classe. Son\nrapport, de 141 pages,fut le premier déposé, et M. le Commissaire général le pré-\nsenta, à ce titre, àM. le Ministre du Commerce. Ce rapport (141 pages grand\nin-80) constitue un traité complet de la facture instrumentale. Ayant également\nétudié les trois grandes familles des instruments (instruments à cordes, à vent,\nà clavier), M. de Bricqueville, toujours prêt àse mettre àla disposition des\nSociétés démocratiques de son département, a fait les conférences suivantes de\n1902 a 1904 : Les anciens instruments à cordes (œuvres des Bibliothèques popu-\nlaires) ; Les ancêtres du piano (Institut populaire) ; Les instruments de musique\nmodernes (Bibliothèque populaire) ; Les instruments de musiques militaires\n(Foyer du Soldat). Cette dernière conférence, faite au mois de juin 1903, aeu\nlieu au théâtre de Versailles, sous la présidence effective de M. le Préfet de Ver-\nsailles et de M. le général Naquet, commandant la place de Versailles, qui avait\nmis à la disposition de M. de Bricqueville les musiques militaires de la garni-\nson. M. de Biicque\\ ille, en relations particulières avec tous les grands collec-\ntionneurs et les musées de l'Etranger: M. Mahillon (Conservatoire de Bruxelles),\nM. P. de Witt (musée de Leipzig),M. Donaldson (Donaldson Muséum, Londres),\nM. Snoeck (musée de Gand), a été maintes fois chargé par ces Messieurs d'ex-\npertises sur des achats. M. Pillaut, le dernier conservateur du musée du Conser-\n\\atoiie de Paiis, la, à plusieurs reprises, consulté, à titre officieux, sur des\nacquisitions projetées pour cet établissement, et M. de Bricqueville fut assez\nheureux pour donner un avis écouté, touchant certaines pièces (( suspectes » dont\nil connaissait 1 origine. Le musée du Conservatoire est une collection d'objets\nde cuiiosité (( musicale» et exige de la part de son conservateur une connais-\nsance approfondie de la facture et de l'ornementation des différentes époques,\nabsolument nécessaire pour éviter l'entrée, clans cette belle collection, de pièces\ncontrefaites."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c061", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "31", "page_fin": "32", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.13", "titre_corps": "La Revue Musicale", "titre_sommaire": "La Revue Musicale", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.31", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1913, "texte": "La Revue Musicale\nFondée par un groupe de professeurs et d'artistes dans un but de vul-\ngarisation, la Revue Musicale répond à un besoin de notre éduca-\ntion musicale en France; sérieusement faite, elle est à la fois instructive\net agréable, et convient à tous les amateurs de musique désireux de\nstruire.\nA chacun des numéros est joint un supplément musical\ndans lequel on trouve des morceaux anciens et modernes qui ne sont\ncomme il est arrivé quelquefois dans « laissés pour\ncompte » de certaines maisons d'édition, mais des chefs-d'œuvre, transcrits\nd'après les documents originaux, et que le lecteur aurait grand'peine à se\nprocurer, soit parce qu'ils sont inédits, soit parce qu'ils font partie de\ncollections coûteuses. En outre, ces morceaux sont toujours précédés de\nrenseignements historiques, d'analyses et techniques.\nDans sa partie littéraire, chaque numéro de la Revue musicale\ncontient : i° Deux études, accompagnées de deux photographies : l'une\ns«r un Maître d'aujourd'hui, l'autre sur un Maître d'autrefois; 2° des\nexercices faciles d'harmonie et de contre-point ; 3° une étude sur /'His-\ntoire de la Musique ; 40 une étude de théorie et d'esthétique ; 5° l'analyse\ncritique des publications nouvelles (littéraireset musicales) ; 6° le compte\nrendu des concerts du Conservatoire, des concerts Chevillard, Colonne,\netc., et des théâtres de musique ; 70 les Actes officiels (concernant la\nmusique) et des Informations sur le ; 8° des Docu-\nments inédits, etc., etc.\nEn un mot, la Revue Musicale fait, pour la musique, ce que les\nrevues les plus estimées font pour la littérature : elle est très variée, et\ncomplète.\nUne de ses innovations les plus heureuses est de faire la critique ou l'a-\nnalyse d'une œuvre, en citant souvent le texte musical, de telle sorte que\nle lecteur peut juger par lui-même de la valeur des observations.\nGrâce à des traités spéciaux avec divers éditeurs, la Revue Musi-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.32", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "cale offre un avantage unique : elle rembourse les nouveaux abonne-\nments d'un an (20 fr.),en donnant gratuitement : i\" Une partition d'o-\npéra, piano et chant; 20 un ouvrage de théorie musicale (couronné par\nr Institut).\nCes deux primes gratuites ont mêmune valeur qui dé-\npasse le prix d'abonnement.\nA ceux qui voudraient juger de sa méthode, la Revue MusicaBe\nenvoie son dernier numéro contre mandat de un franc, adressé Si, rue de\nParadis, Paris.\nLa Revue Musicale parait deux fois par mois. — Elle est recon-\nnaissante à tous les lecteurs qui lui envoient des documents inédits ou des\nsouvenirs personnels sur les musiciens célèbres.\nParmi les Documents originaux que la Revue Musicale a récem-\nment publiés, se trouve la Correspondance inédite de Fr. Chopin. — Les\n10 numéros qui la contiennent sont envoyés, , contre\nmandat de 3 fr.5o.\nLa Revue Musicale a ouvert, jusqu'au 1\"' février, en offrant des\nprix élevés en espèces, des concours de composition, d'harmonie,\n■etc., dont le détail se trouve dans son numéro du /er novembre igop\n(expédié contre mandat de S franc)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c062", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "33", "page_fin": "48", "image_debut": 33, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.14", "titre_corps": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN", "titre_sommaire": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.33", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nCHAPITRE VIII\nLETTRES DE MLLE JANE W. STIRLING\nET DE SA SOEUR MME ERSKINE\nA MME IEDRZEIEWICZ\n(Suite)\n(0\nLes quatre premières lettres cle Mlle Stirling furent écrites du vivant encore\ncle Chopin, pendant le séjour de Mme ledrzeïewicz à Paris, en 1849.\nI. Mlie St. demande des nouvelles cle la consultation et envoie l'adresse d'un\nappartement à louer, pour le cas où on n'en aurait pas encore trouvé de conve-\nnable.\nDans une IIe lettre elle écrit qu'elle a appris par Mlle de Rozières le pro-\nchain départ de Mme ledrzeïewicz qu'elle voudrait cependant voir encore. Elle est\nheuieuse, pour le pau\\ie malade, que le temps soit si beau. Ellecontmue en di-\nsant que lord Torphichen a emporté de Paris un agréable souvenir de Ghopin,\nqui avait assez de force pour faire de courtes promenades, et qu'il espère le\nvoir de nouveau à Calder-House. Enfin, il est fait mention dans cette lettre du\nportrait peint par Scheffer.\nDans une IIIe lettre Mlle St. envoie des souhaits de bonheur à propos\nde l'installation dans le nouvel appartement et demande si le déménagement n'a\npas trop fatigué Chopin.\n\n(i) Quoique les lecteurs aient déjà rencontré plusieurs fois le nom de Mlle Stirling, il me sem-\nble pourtant juste de donner ici quelques détails sur sa personne. Mlle Jane W. Stirling prove-\nnait d'une très ancienne et très riche famille écossaise, dont le foyer était Keir, situé dans les\nenvirons cle P.erth, et appartenant alors à Sir William Stirling-Maxwell, oncle de Mlle Jane.\nMIL Stirling lut pendant quelques années l'élève de Chopin ; elle fut aussi une de ses plus ardentes\nadmiratrices, ce dont elle donna de nombreuses preuves. C'est par son entremise que Chopin\nleçut, pendant 1 été de 1848, une invitation de lord lorphichen (son beau-frère) pour Calder-\nHouse, de même que pour Keir; d'un autre côté M»® Stirling l'attendait avec sa sœur aînée\nMme Catherine Erskine. Quand la vente des billets, pour le concert d'Edimbourg, alla mal\nM'Ie Stirling en acheta pour 50 liv. sterl. Quand en 1849 Chopin revint d'Angleterre à Paris!\n-M\"e St. y revint après lui, et ayant appris qu'il se trouvait dans des embarras pécuniaires, elle\nlui envoya, sous le couvert de l'anonyme, 25.000 fr., dont il n'accepta que 10.000 fr. environ.\nEnfin aptès la mort de Chopin elle s'occupa de mettre en ordre tous ses papiers et aussi, paraît-il,\nacheta la plus grande partie des meubles qu'il laissa, et dont elle envoya ensuite une partie à\nVai so\\ ie àla famille Chopin. On voit aussi, d'après la lettre de Mme Erskine, que ces dames ont\ndû prêter à Mme ledrzeïewicz une forte somme d'argent pour couvrir les frais de l'enterrement et\ndu tombeau de Chopin ; cette somme fut rendue par la famille de Chopin, comme on le voit par\nces lettres. Chopin a dédié à Mlle St. deux nocturnes (enfa mineur et en mi bémol majeur, op. 55 .\nfoutes les lettres dont il est question dans ce chapitre ont été écrites en français."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.34", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "Une IVe lettre ne renferme rien concernant Chopin.\nLes lettres suivantes furent écrites après la mort de Chopin.\nDans une Ve (écrite peu après le départ de Mme ledrzeïewicz de Paris, et datée\ndu 3. I. 1850) Mlle St. dit qu'elle revient de l'atelier de Clésinger où elle 1 a vu\ntravaillant avec ardeur ; elle suppose que le monument de Chopin sera une de\nses meilleures œuvres.\nDans la VIe (du 19-I-50) nous trouvons la mention qu'elle a réussi à sous-\nlouer l'appartement dans lequel Chopin est mort.\nDans la VIIe (du 31 janv. 1850) Mlle St. annonce la mort de la femme de\nFranchomme ; combien Chopin aurait ressenti cette mort, s il eût encore vécu !\nElle ajoute que Clésinger a déjà terminé la figure de femme du monument et\nqu elle fait une bonne impression. Clésinger a déclaré, dit-elle, que jamais il\nn'a travaillé avec autant de soin à aucun monument. Mllc St. a remarqué clans\nl'atelier de Cl. le négatif du masque posthume de Chopin (le second qui en\nfut tiré), auquel était restée attachée une assez grande quantité de cheveux.\nA son instante prière Cl. lui a cédé cette empreinte ; mais la première qui fut\ntirée reste encore aux mains de Cl. Il va sans dire que ce souvenir (1) reçu de\nCl. sera envoyé par Mlle St. à Mme ledrz.\nDans la VIIIe (du 9-11-50) Mlle St. écrit qu'elle a été quelques jours auparavant\nsur la tombe de Chopin où elle a déposé douze couronnes ; celles qui y furent\nmises par Mme ledrz. sont encore vertes. La princesse Czernicheff a beaucoup\nprié Mlle St. de lui donner une petite table de Chopin, qu elle voudrait acquérir ;\nMlle St. lui a répondu que ces souvenirs ne sont pas à vendre, mais qu'elle lui\noffre cette petite table au nom de Mme ledrz., elle ajoute que la princesse Cz.\nainsi que sa fille (la princesse Soutzo) adoraient Chopin.\nEnfin elle ajoute qu'Albrecht a envoyé 600 fr. pour le loyer de l'appartement ;\nil a fallu en donner 100 au portier.\nPar la IXe (écrite en février 1850) nous apprenons que Clésinger promet de\nfinir le monument pour le 5 mars (anniversaire de la fête de Chopin) et que le\ncomité qui s'en occupe doit se consulter, quant au piédestal ; Mlle St. a rappelé\nà ces Messieurs que, suivant le désir de Mme ledrz., le grillage doit avoir une\nporte, afin qu'on puisse déposer des fleurs sur la tombe.\nDans la Xe (du 20-111-50) nous trouvons la relation des différends qui se sont\nélevés entre les membres du comité s'occupant du monument funéraire et Clé-\nsinger, différends ayant eu pour résultat que le monument n'a pu être inauguré\nle jour anniversaire de la fête de Chopin : la statue, sculptée par Clésinger, au\nlieu d'être d'une seule pièce, se composait de trois parties, de la figure même de\nla femme, du bloc sur lequel cette figure repose, ainsi que du piédestal, tandis\nqu'il avait été convenu que le tout serait sculpté d'une seule masse. On en est\narrivé à de vives disputes ; Clésinger, par la voix des journaux, a fait appel aux\nartistes et aux critiques, afin qu'ils considérassent son travail comme une œuvre\nd'art. Enfin le comité s'est décidé à accepter la figure telle qu'elle est. Ce qui a\namené également du retard, c'est que le terrain était gelé, par suite de quoi\nl'architecte n'a pas voulu entreprendre les travaux de soubassement, craignant\nqu'ils ne fussent pas durables.\n\n(1) La famille cle Chopin conserve encore aujourd'hui le masque négatif avec les cheveux, ainsi\nque le masque positif."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.35", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3299, "texte": "Le ier mars, Mlle St. a porté quelques fleurs sur la tombe de Chopin ; elle n'a\nrencontré personne, car cette date n'est pas connue à Paris. En revanche, le 5 ,\nbeaucoup de personnes s'y sont rendues. Pour terminer, elle annonce la mort\nde son neveu, M. Ramsay, marié à la fille de lord Torphichen. Chopin aurait eu\ngrande compassion d'elle, car il l'aimait beaucoup. Mlle St. parle aussi de\nMllc O'Meara, dont le jeu doit être la plus fidèle copie qui soit restée du jeu de\nChopin.\nDans la XIe (du 25 mai 1850) nous lisons que la caisse renfermant les livres,\nles rideaux et d'autres objets, même les fleurs enlevées des pots à fleurs, le tout\nayant appartenu à Chopin, a été expédiée par mer. Le piano est encore chez\nM. Herbeault et sera envoyé dès que la plaque commémorative (1) sera prête;\nMlle St. attend une réponse de Mme ledrz. pour savoir s'il doit être envoyé par\nterre ou par mer. Le masque posthume est aussi déjà envoyé. Les travaux du\nmonument avancent, dans trois ou quatre semaines ils seront terminés. Est ce que\nMme ledrz. aun jour commémoratif au mois de juin qu'elle voudrait désigner\ncomme celui où l'on dévoilera la statue? La famille désire-t-elle qu'une sentence\nbiblique soit gravée sur la tombe ?\nDans une XIIe (du 12-VI-50) Mlle St. apprend que, suivant le désir de\nMme ledrz., le piano sera envoyé par mer. Pleyel l'a réparé et mis en ordre ;on\nfait aussi une caisse de fer-blanc, afin que l'humidité n'endommage pas cette\nprécieuse relique. Le tabouret sera expédié avec le piano.\nLes travaux du monument ne sont pas encore terminés ; le monument ne\npourra probablement être dévoilé que le 17 octobre (anniversaire de la mort de\nChopin). Mlle St. demande qu'on lui envoie un peu de terre polonaise qu'elle\nveut déposer sous le monument. Elle envoie à Mme ledrz., par l'entremise de\nM. Ski arbek!. quatre paquets de lettres : les lettres des musiciens célèbres, les\nlettres des élèves, les lettres de Londres, enfin celles de différentes personnes,\nainsi qu'une esquisse du salon (2) (copie de l'esquisse de Kfwiatkowski]) et deux\ngravures de Schfeffer ? ].\nLa lettre XIIIe (du 21-VI-50) renferme la répétition des détails donnés sur le\npiano et la caisse d'objets. Ala fin de la lettre Mlle St. fait mention des chants de\nChopin, dont une partie se trouve aux mains de Franchomme.\nDans la XIVe lettre (du 16 juillet 1850) Mlle St. annonce que bientôt elle ira\npour un certain temps en Ecosse, mais qu'elle sera de retour pour le 17 octobre.\nElle demande encore ce que la famille pense du projet que l'on a de graver sur\n\n(1) j'ai eu l'occasion de voir ce piano, grâce à l'amabilité de Mmc Bichniewicz, petite-fille de\nMm 9 ledrzeïewicz ;en 1888 il a figuré à l'exposition de musique à Varsovie. Sur la partie exté-\nrieure du couvercle se trouve la plaque de bronze, portant l'inscription suivante :\nCe piano\na été pendant deux ans en la possession de Frédéric Chopin\nà Paris,\nd'abord Cour d'Orléans, n* 9, rue Saint-Lazare,\nensuite rue de Chaillot, 74, et enfin\nPlace Vendôme, n° 12\nJusqu'au jour de sa mort\n( 1 7 octobre 1849)\nC'est le dernier instrument qu'il a touché\net sur lequel il a composé.\n(2) Cette aquarelle porte, écrite au dos par M,le Stirling, cette inscription : Sxlon de Chopin,\n12, place Vendôme, Paris, 1849,"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.36", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3589, "texte": "la tombe de Chopin une citation de l'Écriture sainte, et elle ajoute que Chopin,\ndans beaucoup de circonstances, répéta : ((Je ne sais ce qu'on dira de cela à la\nmaison )),(( et la volonté de ses parents était poui lui saciee, il était de sa natuie\ndocile, soumis, respectueux devant l'autorité hiérarchique )). En parlant des\nchansons de Chopin, Mlle St. dit qu'une partie se trouve aux mains d'un « ami\ndelà campagne » (personnage dont le nom. n'est cité dans aucune lettre, mais\nqui, sans aucun doute,n'est autre que Grzymala) ; quant à celles qui restent, elles\nsont chez Franchomme. L'accompagnement manque à la plupart ; il y en a à\npeine deux ou trois en état d'être publiées.\nElle ajoute qu'ayant été sur la tombe de Chopin, elle a vu le soubassement du\nmonument. Elle a demandé qu'on creuse une ouverture dans la masse qui doit\nsupporter la statue, afin de pouvoir y déposer deux médaillons, œuvres de Bovy,\nle modèle fondu de la main de Chopin, ainsi que quelques pièces de monnaie de\nl'année de sa naissance et de celle de sa morU\nPeut-être la mère de Chopin voudra-t-elle ajouter quelque chose encore r\nL'empreinte du masque, soigneusement emballée, est encore à Paris ; elle sera\nenvoyée avec les sculptures, quand les médaillons (?) seront terminés.\nLa XVe lettre (du 10-X-50) est écrite de Barnton-llouse, en Ecosse, immédia-\ntement avant le départ de Mlle St. pour Paris. Elle dit qu'elle voulait partir plus\ntôt, afin d'aider à organiser les solennités du premier anniversaire de la mort de\nChopin, mais que la santé de sa nièce la retenait toujours. Herbeault, infatigable,\ns'occupait du monument funéraire, surveillant avec soin l'achèvement des détails.\nOn projette de dire une messe à la Madeleine le 17 octobre, puis un discours.\nLa forme du masque est probablement arrivée.\nLa XVIe lettre est écrite de Paris, le jour anniversaire de la mort de Chopin\n(17-X-50), et renferme la description de la cérémonie. Mlle St. n'est arrivée\nd Ecosse que le 14 et a trouvé les travaux du monument presque achevés. La vue\ndu médaillon lui a causé une grande joie, parce que la partie supérieure du\nprofil du visage est d'une ressemblance frappante.\nL'envoi de Mm? ledrzeïewicz n'est parvenu que deux jours avant l'anniversaire.\nTout a été déposé par Mlle St. elle-même dans la cavité du monument, et elle\nétait présente quand on a assujetti le médaillon. Le 17, dès le matin, Mlle St.\nétait déjà avec sa sœur au cimetière ; elles avaient en chemin acheté un peu de\nfleurs chez le fleuriste de Chopin, Michon.Mlle St. les déposa sur la tombe, ainsi\nqu une couronne au nom de la famille Chopin. A midi la messe fut célébrée\ndans la chapelle du cimetière, après quoi tous les assistants, conduits par le\nprêtre, se rendirent sur la tombe où le monument fut dévoilé. Le député\nWolowski parla.\nDans la XVIIe lettre (du 22-X-50), Mlle St. annonce qu'on projette d'ajouter au\nmonument les mots suivants :(( né le ier mars 18.. en Pologne, à Zelazowa-\nWola, palatinat de Masovie, de Nicolas Chopin, et... )), tandis que jusqu'à pré-\nsent il n'y a que: «f à Paris, le 17 oc''re 1849 ». Elle prie de lui indiquer\n1 année de la naissance, ainsi que le nom et le prénom de jeune fille de la mère.\nEnsuite elle éciit que le 30 octobre, anniversaire de 1 enterrement, une messe\nsera célébrée à l'église de la Madeleine.\nLa XV IIIe lettre (sans date, mais écrite certainement en octobre 1850) renferme\nla répétition des détails concernant la déposition parMlle St. de différents objets\ndans 1 intérieur du monument, derrière le médaillon. Une caisse de fer, soudée,"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.37", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "renferme les objets envoyés de Varsovie, et, en outre, une feuille de papier avec\nle nom, la date de la naissance et celle de la mort de Chopin, ainsi que ces mots :\n(( Nous attendons la résurrection des morts et la vie éternelle )), puis une croix\nd'argent de Mlle St., un petit médaillon de Tell efsen], enfin quelques monnaies\nde l'année de la naissance et de celle de la mort. Elle continue à parler du monu-\nment lui-même, delà statue de femme qui a moins bien réussi dans le marbre\nque dans le modèle en plâtre, parce que la tête y est encore plus de travers. Dans\nun certain éloignement, du côté gauche, le manque de naturel dans le mouve-\nment de la tête ne se remarque pas ; en somme, le :tout fait une impression\nagréable, il y a beaucoup d'expression. Dans la suite de sa lettre, Mlle St. dit ces\nmots : (( Chopin avait de la femme, telle qu'il la comprenait, une opinion très\nélevée, il me le répétait souvent. » Plusieurs personnes qui avaient connu Cho-\npin en Angleterre, disaient à Mlle St. qu'elles Savaient jamais rencontré\nd'homme aux tendances aussi nobles ; « il semblait chercher au delà des limites\ndu monde )). Enfin elle rappelle le court séjour que fit Chopin dans la terre de\nGuillaume Stirling, située non loin de la ville de Stirling, dans le voisinage de\nla propriété du père de Mlle St.\nDans la XIXe lettre (du 30-X-50) nous trouvons la description du service\nfunèbre à la Madeleine. La messe, commencée à 11 h., fut célébrée par le prêtre\nDeguerry. Aux prières se joignirent les sons de (( sa )) musique ; entre autres\nM. Lefébure-Vély exécuta sur l'orgue seul le prélude en mi mineur ; puis avec\nvioloncelle (Franchomme) le nocturne (dédié à Miller), le prélude en ut mineur,\nle prélude en si \\> mineur, l'adagio de la sonate, la partie en majeur de la\nmarche funèbre, enfin le prélude en la majeur. Il y avait beaucoup de monde,\nquoique les journaux n'en eussent fait aucune mention, pour ne pas attirer trop\nde curieux.\nLa XXe lettre (du 4-XI-50) nous apprend la nouvelle qu'un des amis de Chopin,\nGjrzymala] s'est mis à écrire sa biographie. Il en a même déjà envoyé quelques\nextraits en Ecosse, à Mlle St. Il y a là des passages bien écrits, mais Mlle St.\ndoute que l'ouvrage entier soit bon ; elle eût préféré qu'un Français eût entre-\npris la chose. Elle doit cependant soumettre ces extraits à la critique d'Augustin\nThierry. Elle remercie de l'envoi du nom et des prénoms de la mère de Chopin ;\nClésinger a promis de les ajouter au monument. Enfin nous trouvons une\nremarque sur l'esquisse représentant Chopin quelques jours avant sa mort, avec\nMme ledrz. assise sur le bord du lit.\nDans la XXIe lettre (du 10-XI-50), Mlle St. prie qu'on lui envoie le nom de\nbaptême du père de Chopin, car elle n'est pas sûre si c'est Nicolas ou un autre\nnom.\nElle a appris, à son grand étonnement, que les masques posthumes n'ont pas\nencore été envoyés, mais que certainement ce sera bientôt fait.\nLa XXIIe (du 24-XI-50), écrite au moment de partir pour l'Ecosse, ne renferme\nrien d'intéressant.\nDans la XXIIIe (du 1er—111-51 ) Mlle St. se plaint de n'avoir pas reçu, depuis\nlongtemps, de nouvelles de Mm° ledrz. ; mais ce jour (c'est l'anniversaire de la\nnaissance de Chopin), dit-elle, ne peut pas s'écouler sans qu'elle écrive. Elle\nenvoie des fleurs cueillies sur sa tombe et ajoute : (( Je suis heureuse que le\nmonde ignore cet anniversaire ; tous iront là pour sa fête. Il m'a dit une fois :\n(( ma famille, une directrice de pensionnat et vous, savez seuls quel est ce jour, et"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.38", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "vous en souvenez » : ce jour-là il éprouvait une nécessité enfantine cl entendre\ndes paroles de tendresse ))\nLa XXIVe ne porte pas de date précise, mais elle fut certainement écrite en\nmai ou en juin 1851. Mlle St'. voulait profiter du départ de Mme d Obrfeskow] et\nenvoyer différentes choses, mais comme Mme d'O. ne devait aller à Varsovie\nqu'en revenant de Russie, elle né lui a donné que les lettres du père de Chopin\net des extraits d'une étude sur Chopin par Liszt, étude que publie la France\nmusicale. Elle ajoute que la lecture de ce travail fera quelque plaisir à Mmo ledrz.\net beaucoup de peine aussi. Parmi les admirateurs de Chopin on ne parlait, dans\nces derniers temps, de rien autre que de la publication dans la France musi-\ncale de ses œuvres posthumes. Le numéro suivant de ce journal éclaircit\nl'affaire. Il était question de l'op. 4, c'est-à-dire de la première sonate pour piano,\nque Chopin autrefois avait vendue à Haslinger, et que celui-ci maintenant reven-\ndait à l'éditeur parisien Richault. Ensuite Mllc St. recommande à Mme ledrz. de\ns'informer auprès de Mme Mohanoff (1) de la caisse envoyée en hiver à l'adresse\ndu comte Léon Rzyszczewski. Elle contient deux esquisses de Scheffer pour\nMme ledrz Enfin Mlle St. dit que sa sœur, Mme Erskine, est partie pour l'Ecosse,\nchez sa sœur aînée, gravement malade.\nDans la XXVe (du 2 3-VII-51 ) nous apprenons que les médecins ont ordonné à\nla sœur de Mlle St., Mmc Houstonn, un changement de climat; c'est pourquoi elle\nest arrivée avec elle et Mme Erskine à Paris, où Mme Houstonn est morte le\n12 juillet. Chopin la connaissait et l'aimait ; pendant son séjour en Ecosse, il a\npassé quelques semaines chez elle, à Johnstone Castle.\nDans la XXVIe (du 17-IX-51) Mlle St., profitant de l'amabilité de Mme Tykel,\nqui veut bien s'en charger, envoie tout un paquet de critiques et de billets de con-\ncerts laissés par Chopin, ainsi que le médaillon de Bovy. Franchomme est con-\nstamment occupé des chansons dé Chopin, mais l'accompagnement manque à la\nplupart et il n'ose de lui-même l'ajouter. Il paraît, dit-elle, que Mme Delphine\nPotocka a dans son album une certaine quantité de chansons ; peut-être\nMme ledrz. voudra-t-elle s'adresser à elle pour cette affaire ? Grzym ala attend,\npour finir sa brochure sur Chopin, l'apparition de l'étude de Liszt. D'après l'avis\nde Mlle St., quoique dans l'ouvrage de Grzymala il y ait des passages bien écrits\net beaucoup de faits authentiques, cependant les capacités lui manquent pour\nfaçonner le tout en un ferme ensemble. MUe St. le lui a dit ouvertement et est\nprête à agir toujours de même, par respect pour Lui.\nDans la XXVIIe (du 30-IX-51) Mllc St. écrit qu'elle a retrouvé le cachet que\nl'on posait toujours sur la tasse de bouillon, indiquant que personne n'en avait\nbu quand Chopin venait au n° 9 (?). Plus loin elle parle de la mort du père de\nS( olange] (M. Dudevant) et aussi de l'inquiétude de George Sand et de Solange\nen apprenant qu'Alex. D; umasj avait acheté, en passant par Breslau, un certain\nnombre de lettres de Mme Sand [à Chopin], qui venaient de Cracovie. La mère\nde Mlle St prétend qu'elles ont toutes été brûlées, mais qui sait ? Tout son en-\ntourage n'était pas également honnête, on avait pu les voler pour en tirer profit.\nDu reste, Mlle St. ne voulait pas croire àce bruit.\nLa lettre XXVIIIe (écrite probablement en octobre 51) commence par la des-\ncription de la messe célébrée le 17 octobre (deuxième anniversaire de la mort de\n\n(ï) Mme Mouchanoff, autrefois Mrac Kalergis."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.39", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "Chopin), dans la chapelle du Père-Lachaise ; après la cérémonie, tous les assis-\ntants, avec le prêtre, se sont rendus sur la tombe et y ont déposé des fleurs.Quant\nàla vente des lettres de Mme Sand, personne n'a supposé un seul instant que la\nfamille eût pu faire une chose semblable, mais on a cru qu'elles étaient tombées\nen des mains étrangères. Mlle St. considère cette nouvelle comme dénuée de\nfondement.\nLa XXIXe (du 22-XI-51) ne renferme rien d'intéressant.\nDans la XXXe (du 26-XI-51), Mlle St. écrit que « notre chère Comtesse » (pro-\nbablement la Comtesse d'Obreskow) est revenue à Paris après avoir passé par\nVarsovie. Elle trouve que Isabelle [ Barcinska] ressemble à Chopin d'une manière\nfrappante, ce que Mlle St., du reste, avait entendu de la bouche même de Chopin.\nSon attachement pour sa famille n'avait pas de bornes, et de sa mère il parlait\ntoujours avec orgueil. Ala fin de sa lettre, Mlle St. parle à Mme ledrzeïewicz de\n(( son jeune musicien » qui est arrivé à Paris pour faire ses études et pour lequel\nelle s'efforcera de faire ce que Lui désirait, et ce que Mme ledrzeïewicz peut\ndésirer.\nLa XXXIe (du 18-XII- 51) renferme la nouvelle que ce jeune musicien est entré\nau Conservatoire et que Mlle St. l'a introduit chez Mlle O'Meara ;il était très\nheureux de ce qu'il avait entendu là-bas.\nDans la XXXIIe (du 30-I-52) Mlle St. écrit qu'à Londres, paraît-il, une compo-\nsition de Chopin a été publiée ; elle suppose que ce doit être la sonate op. 4. La\nnouvelle que les portraits peints par Scheffer, et qu'elle a envoyés, ne sont pas\narrivés, la tourmente beaucoup ; heureusement que le portrait de Chopin n'était\npas du nombre. Mlle St. ne suppose pas, cependant, qu'ils puissent être perdus\nsans retour, et elle fera tout ce qui sera en son pouvoir pour les retrouver. Elle a\nreçu la triste nouvelle de la mort de son beau-frère sir William M. Napier, mari\nde sa sœur Elise, plus jeune qu'elle et plus âgée que MmeErskine.\nDans la XXXIIIe lettre (du 4—III-52) il est question de l'étude de Liszt. Mlle St.\nen parle avec un grand mécontentement, employant même des expressions éner-\ngiques, comme: « quelqu'un fort capable de juger m'a dit, pour se servir d'un pro-\nverbe très ordinaire : il a craché sur l'assiette pour en dégoûter les autres, il a\nécrit pour qu'un autre n'écrive pas. )) Elle a proposé à Grzymala de lire ensem-\nble les lettres de Chopin, afin qu'il pût redresser des erreurs notables commises\npar Liszt.\nDe la manière toute nouvelle de toucher le piano, qui en fit un tout autre\ninstrument, Liszt ne parle pas ou n'en veut pas parler. Et cependant, avec le\nstyle élégant qu'il possède, il aurait pu écrire quelque chose de bon. On raconte\nqu'il a écrit cette étude dans le but de plaire à Mme Sand, mais il a manqué ce\nbut, car Mme S. en est très mécontente. Quant àla seconde biographie (c'est-à-\n-dire celle de Grzymala), MUô St. n'espère pas qu'il en sorte quelque chose\nde fameux. Tout Paris raconte sur la fille de Mme Sand l'anecdote suivante:\nelle était allée à la campagne chez sa mère, et comme elle avait été bien\nreçue, elle avait voulu s'installer pour toujours à Nohant. Avec l'approba-\ntion de sa mère, Solange avait laissé sa fille à sa garde et était revenue à Paris\npour mettre de l'ordre à ses affaires et emballer ses effets ;et voilà que Mme Sand,\nle jour même, renvoie à Paris, par la diligence, la petite fille avec sa bonne !\nPlus loin, Mlîe St. écrit qu'elle a été heureuse de pouvoir nier positivement\nl'achat supposé par Al. DumjasJ des lettres de Mme Sand. Cette dernière était"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.40", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3632, "texte": "furieuse en apprenant ce bruit, quoiqu elle eût en main le témoignage de\nMnle ledrz. que toutes ses lettres avaient été brûlées. En terminant, Mllc St.\nrappelle à Mme ledrz. de demander à Mme la comtesse Delphine] Potocka quels\nsont les manuscrits de Chopin qu'elle possède.\nLa lettre XXXIVe (écrite en mars 1852) parle des chansons de Chopin. Pour\nTune d'elles Franchomme a fait l'accompagnement, mais il ne voulait pas d abord\nle montrer. C est avec difficulté que Mlle St. apu en obtenir une copie pour\nMme ledrz. Elle prie Mme ledrz. de demander àun musicien expert de faire une\ncopie de ces quatre chansons qui se trouvent entre ses mains.\nDans la XXXVe (du 18-VI-52) Mlle St. écrit que Franchomme a réussi à déchif-\nfrer et à mettre en ordre la dernière mazurka écrite par Chopin, rue Chaillot.\nAvec l'aide de Mme V iardot ?] Mllc St. continue à s'occuper des chansons. Elle\nen envoie deux, déjà revues, à Mme ledrzeïewicz Quant aux copies envoyées par\nMme ledrz., elles renferment quantité d'erreurs. Il faudra attendre le retour de\nFontana qui est en Amérique. Grzymala s'est remis à l'ouvrage, mais certaine-\nment il n'aura pas fini avant l'hiver. Solange divorce avec son mari, qui boit et\nse conduit mal. Elle est maintenant chez sa mère. Clésinger noircissait sa femme\npour lui reprendre sa fille, mais cela ne lui a pas réussi.\nTout le monde s'étonne que l'exécution du monument ait été confiée à Clésin-\nger, qui haïssait Chopin.\nDans la XXXVIe (du 2-VII-52) Mlle St. dit avoir lu avec plaisir ce que\nMme ledrz. écrit de la brochure de Liszt(. Personne ne croira qu'un homme\ncomme Nicolas Chopin, occupant une si bonne position, ait pu avoir recours à\nl'aide des autres (1). Elle continue en disant qu'ayant appris par hasard\nl'arrivée de Fontana, elle s'est rendue chez lui et lui a parlé de la publication des\nchansons. Il s'est révélé que Fontana en avait neuf ; autant que Mlte St. en a\npu conclure, Fontana tient énormément à ce que lui, et non un autre, soit auto-\nrisé à examiner ces chansons et à les publier. Il semblait craindre que Franc-\nhomme ne voulût s'associer à cette affaire, mais Mlle St. lui fit comprendre\nl'admiration extrême de Franchomme pour Chopin lui faisait craindre la\nresponsabilité de cette publication. Mlle St. envoie une lettre de Fontana (2) dans\nlaquelle il demande l'autorisation de se charger de la publication des chansons.\nM,leSt. ajoute que Fontana lui semble, sous tous les rapports, digne de remplir\ncette tâche ; Chopin lui-même, de son vivant, lui confia bien souvent la publica-\ntion de ses compositions. Comme elle part pour l'Ecosse, Mlle St. confie tous les\nmanuscrits qu'elle possède à Mme Veyret ; cette dame attendra les dispositions\nultérieures de Mme ledrz. au sujet des publications à confier à F'ontana ou àun\nautre.\nDans la XXXVIIe (du 17-X-52, écrite de Barnton-House) il est question de la\nbiographie à laquelle travaille Grzymala. Mlle St. attend une lettre de lui et, sui-\nvant les nouvelles reçues sur les progrès de l'oeuvre, elle retournera à Paris ou\nrestera encore en Ecosse. Après ce que Liszt a écrit', Grzymala doit élever la voix.\nMlle St. écrit cette lettre le jour du troisième anniversaire de la mort de Chopin.\n\n(1) C'est une allusion à la nouvelle, absolument fausse, donnée par Liszt dans son étude, que\nl'éducation de Chopin s'était faite aux frais du prince Antoine Radziwill (F. Liszt, Frédéric Cho-\npin; Varsovie, Gebethner et Wolff, 1873, P- 86-87.)\n(2) Le résumé de cette lettre, portant la même date que la précédente (2 juillet 52) est inséré,\navec les autres lettres de Fontana, dans le chapitre suivant."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.41", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3533, "texte": "La XXXVIIIe (du 2-XH-52, de Barnton-IIouse) fut écrite, ainsi que quelques-\nunes des suivantes, d'une tout autre écriture, parce que Mlle St., sur le point de\nson départ pour Paris, s'est foulé la main droite, ce qui la force à prolonger son\nséjour là-bas et à écrire de la main gauche. Mlle St. se rendra uniquement à Paris\npour s'entendre avec Grzymala au sujet de son œuvre Solange a déjà obtenu le\ndivorce.\nLa XXXIXe (aussi de Barnton-llouse, du 1 er-I-5 3) nous apprend seulement que\n(( le pauvre ami de la campagne )) (c'est-à-dire Grzymala).a sans doute déjà écrit\nce qu'il était en état d écrire, mais malgré cela il travaille encore.\nDans la XLe (de Paris, du 19-IX-53) Mlle St. annonce son prochain départ\npour l'Ecosse. Quant à l'ouvrage de Grzymala, les lecteurs ont eu probablement\négard aux bonnes intentions dé l'écrivain, car de-ci, de-là il laisse beaucoup à\ndésirer. Mlle O'Meara a épousé, en janvier, M. Dubois, agent de bourse. Elle\noccupe avec lui un petit appartement et ne donne plus de leçons. Grzymala a dit\nà Mlle St. qu il a rencontré par hasard, dans un restaurant, Solange avec son\nmari, malgré leur séparation datant de plusieurs mois. Ml,e de K(?) a dit à\nMlle St. que Solange habitait, pendant ce temps, un pensionnat, heureuse de\nn'être plus constamment exposée aux injures et aux coups de son mari. De quelle\nmanière ont-ils pu en venir à une entente, c'est ce que Mlle St. ne peut s'expliquer.\nElle n'a pu, malheureusement, voir Fontana avant le départ de celui-ci pour la\ncampagne.\nLa XLle (de Barnton-House, outre les remarques ordinaires sur le\ntravail de Grzymala. et la répétition de la nouvelle sur l'accord survenu entre\nSolange et son mari, ne renferme rien de curieux.\nDans la XLIIe (de Barnton-llouse, n-XII-53) Mile St. parle de la grande im-\npression qu'a causée à Paris l'annonce de la publication des œuvres posthumes\nde Chopin. Beaucoup de personnes sont mécontentes à cause des dernières\nvolontés de Chopin (qui avait ordonné de brûler tous les manuscrits qu'il laissait) ;\nMme Marceline Czartoryska r] surtout s'oppose à cette publication.\nOn a prié Mlle St. d'écrire sur cette question à Mnle ledrzeïewicz. De l'avis de\nMile St., toutes ces personnes ont tort, parce que toutes ces chansons ont été\nchantées publiquement du vivant même de Chopin ; elles sont donc devenues,\nen quelque sorte, la propriété publique.\nDans la XLIIIe lettre (de Barnton-House, du 12-XII-53), Mlle St. dit que, mal-\ngré sa lettre envoyée la veille, elle écrit encore après la lettre qu'elle vient de\nrecevoir de Mme Veyret. Il s'agit de Fontana qui s'est présenté chez Mme V. afin\nd'obtenir d'elle qu'elle reprenne à FYanchomme» la mazourka que celui-ci a pu\ndéchiffrer d'après l'esquisse de Chopin. Or, Mlle St. désirerait vivement que tout\nce qui concerne la publication des œuvres posthumes de Chopin se fît au su de\nMme ledrz., et avec son approbation. La copie de cette mazourka a été envoyée à\nVarsovie, et si Mme ledrz. le désire, on peut l'envoyer à Fontana. Mlle St. sait\ntrès bien que tout ce que décidera Mme ledrz. sera conforme àSa volonté.\nA la fin de la lettre se trouve une remarque sur Titus Woïciechowski], (( comme\n1 ami qui n'a pas cessé, après des années de séparation, de Le comprendre ;\ndans un certain cas, ils ont tous deux rendu un jugement sur un individu, et l'ont\nfait dans les mêmes termes, quoique l'un se trouvât à Paris, tandis que l'autre\nétait à Varsovie. »\nPar la XLIVe lettre (Barnton-House, du 21-111-54) nous apprenons que"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.42", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3256, "texte": "Mme ledrz. a dû recevoir une lettre de Mme Marceline Czartoryska ?], dans\nlaquelle celle-ci reproché à la famille, en paroles très amères, d'avoir permis la\npublication des œuvres posthumes, ce qui était absolument opposé aux dernières\nvolontés de Chopin. Mlle St. regrette qu'il en soit ainsi. Pourtant, dit-elle, on n'a\npublié que les compositions qui déjà avaient passé de mains en mains.\nChopin restait un temps infini sur un simple petit billet, et ne le lâchait pas de\nses mains avant de l'avoir maintes fois relu ; qu'était-ce donc quand il s'agissait\nd'une pensée musicale !\nL'infatigable Grzymala travaille toujours encore. Mais aussi il serait grand\ntemps que le mensonge sur Radziwill fût détruit. Ce n'est pas Chopin qui\ndevait la moindre chose à quelqu'un, mais c'est le monde entier qui est son\ndébiteur. Aujourd'hui quelques personnes à peine l'apprécient comme il con-\nvient, dans l'avenir la postérité lui rendra justice ; elles sont bien vraies ses\nparoles quand il dit, en parlant de certaine injustice : « nul ne peut m'enlever\nce qui m'appartient en propre ».\nDans la lettre XLVe (d'Ecosse, mai-juin 54) il est encore question des œuvres\nposthumes. Mlle St. demande s'il ne conviendrait pas d'ajouter aux compositions\npubliées, la liste de celles dont l'existence est connue, et qui resteront en manus-\ncrit, afin que dans l'avenir on pût vérifier si cette composition est authentique ou\nnon.\nFontana est allé en Allemagne chercher le repos. Avant son départ, il a joué\ndeux polonaises en présence de Mme Vfeyret ?] ; la dernière, envoyée par\nMme ledrz., doit être d'une grande beauté. Mme de St., qui s'est rencontrée à\nVienne avec Mme MfarcelineJ, disait que MmeM. est encore irritée pour l'affaire\ndes œuvres posthumes. Grzymala souffre des yeux et à cause de cela il ne peut\ns'occuper de son travail (1).\nLa lettre suivante, ne portant pas de date, a dû être écrite dans la première\nmoitié de 1850.\nFranchomme a consenti à parcourir les chansons arrivées. La fugue a peu de\nvaleur. Franch. est certain qu'elle n'est pas Fœuvre de Chopin, mais qu'elle a été\ncopiée par lui des œuvres de Chérubini (2). Puis Mlle St. parle du concert de\nWeber, que Tellefsena arrangé pour deux pianos, et qu'il a joué une fois avec\nChopin. Elle parle de Solange Clésinger, et dit aussi que quand elle verra la\ncomtesse Del[phine Potocka], elle la priera de lui donner les chansons que la\ncomtesse D. a chantées.\nVoici un résumé d'une lettre de Mme Erskine (de Paris, 19-IV-50) :\nMme Ers. remercie pour la lettre reçue, et prie Mme ledrz. de remercier sa\nmère poui 1 excellente idée qu'elle a eue de lui offrir le fauteuil de Chopin,\nil lui sera doublement cher : comme meuble auquel Chopin accordait une\ngrande importance, et comme présent de sa mère. Elle dit encore : « Je suis sûre\nque ce ci i touchant que j ai entendu cette dernière nuit solennelle ne s'effacera\njamais de mon souvenir : « Ma Mère ! Ma Mère ! » Assurément c'est un lien qui\nne peut se rompre. Elle continue à parler de l'envoi des effets et des souvenirs de\nChopin, et apprend à Mme ledrz. que M. Albrecht a sous-loué l'appartement de\n\n! i) A ma connaissance, jamais l'œuvre de Grzymala n'a été imprimée\nJnlS'î.'ctapi\"' P\" J\"\" COmme \"\" f—' '« «™ in-"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.43", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "la place Vendôme à un M de Laroncière : Mme Ers. a touché pour le premier\nterme la somme de 700 fr.Ensuite Mme Ersk. remercie pour l'envoi de 4529 fr.,\net ajoute qu'elle a détruit la quittance laissée par Mme Iedrz. Elle parle des tra-\nvaux du monument funèbre, et dit du médaillon (( qu'il est dans le genre du buste,\nqui certainement n'est pas parfait )). Elles ont eu toutes les deux du chagrin à\ncause de la mort de M. Ramsay ; comme Chopin aurait plaint Mme R. ! Elle\nparle aussi de la mort de son mari, quoique 34 années la séparent déjà de ce\nmoment. Enfin elle parle d'un concert de bienfaisance auquel a joué Mlle O'Meara,\nh\nen remplacement de Mme Kalergis qui n'était pas encore arrivée à Paris.\nSigné K. ERSKINE."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 20, "texte": "CHAPITRE IX\nMELANGES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c063", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "33", "page_fin": "43", "image_debut": 33, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.14.1", "titre_corps": "CHAPITRE VIII LETTRES DE MLLE JANE W. 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Mlie St. demande des nouvelles cle la consultation et envoie l'adresse d'un\nappartement à louer, pour le cas où on n'en aurait pas encore trouvé de conve-\nnable.\nDans une IIe lettre elle écrit qu'elle a appris par Mlle de Rozières le pro-\nchain départ de Mme ledrzeïewicz qu'elle voudrait cependant voir encore. Elle est\nheuieuse, pour le pau\\ie malade, que le temps soit si beau. Ellecontmue en di-\nsant que lord Torphichen a emporté de Paris un agréable souvenir de Ghopin,\nqui avait assez de force pour faire de courtes promenades, et qu'il espère le\nvoir de nouveau à Calder-House. Enfin, il est fait mention dans cette lettre du\nportrait peint par Scheffer.\nDans une IIIe lettre Mlle St. envoie des souhaits de bonheur à propos\nde l'installation dans le nouvel appartement et demande si le déménagement n'a\npas trop fatigué Chopin.\n\n(i) Quoique les lecteurs aient déjà rencontré plusieurs fois le nom de Mlle Stirling, il me sem-\nble pourtant juste de donner ici quelques détails sur sa personne. Mlle Jane W. Stirling prove-\nnait d'une très ancienne et très riche famille écossaise, dont le foyer était Keir, situé dans les\nenvirons cle P.erth, et appartenant alors à Sir William Stirling-Maxwell, oncle de Mlle Jane.\nMIL Stirling lut pendant quelques années l'élève de Chopin ; elle fut aussi une de ses plus ardentes\nadmiratrices, ce dont elle donna de nombreuses preuves. C'est par son entremise que Chopin\nleçut, pendant 1 été de 1848, une invitation de lord lorphichen (son beau-frère) pour Calder-\nHouse, de même que pour Keir; d'un autre côté M»® Stirling l'attendait avec sa sœur aînée\nMme Catherine Erskine. Quand la vente des billets, pour le concert d'Edimbourg, alla mal\nM'Ie Stirling en acheta pour 50 liv. sterl. Quand en 1849 Chopin revint d'Angleterre à Paris!\n-M\"e St. y revint après lui, et ayant appris qu'il se trouvait dans des embarras pécuniaires, elle\nlui envoya, sous le couvert de l'anonyme, 25.000 fr., dont il n'accepta que 10.000 fr. environ.\nEnfin aptès la mort de Chopin elle s'occupa de mettre en ordre tous ses papiers et aussi, paraît-il,\nacheta la plus grande partie des meubles qu'il laissa, et dont elle envoya ensuite une partie à\nVai so\\ ie àla famille Chopin. On voit aussi, d'après la lettre de Mme Erskine, que ces dames ont\ndû prêter à Mme ledrzeïewicz une forte somme d'argent pour couvrir les frais de l'enterrement et\ndu tombeau de Chopin ; cette somme fut rendue par la famille de Chopin, comme on le voit par\nces lettres. Chopin a dédié à Mlle St. deux nocturnes (enfa mineur et en mi bémol majeur, op. 55 .\nfoutes les lettres dont il est question dans ce chapitre ont été écrites en français."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.34", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3418, "texte": "Une IVe lettre ne renferme rien concernant Chopin.\nLes lettres suivantes furent écrites après la mort de Chopin.\nDans une Ve (écrite peu après le départ de Mme ledrzeïewicz de Paris, et datée\ndu 3. I. 1850) Mlle St. dit qu'elle revient de l'atelier de Clésinger où elle 1 a vu\ntravaillant avec ardeur ; elle suppose que le monument de Chopin sera une de\nses meilleures œuvres.\nDans la VIe (du 19-I-50) nous trouvons la mention qu'elle a réussi à sous-\nlouer l'appartement dans lequel Chopin est mort.\nDans la VIIe (du 31 janv. 1850) Mlle St. annonce la mort de la femme de\nFranchomme ; combien Chopin aurait ressenti cette mort, s il eût encore vécu !\nElle ajoute que Clésinger a déjà terminé la figure de femme du monument et\nqu elle fait une bonne impression. Clésinger a déclaré, dit-elle, que jamais il\nn'a travaillé avec autant de soin à aucun monument. Mllc St. a remarqué clans\nl'atelier de Cl. le négatif du masque posthume de Chopin (le second qui en\nfut tiré), auquel était restée attachée une assez grande quantité de cheveux.\nA son instante prière Cl. lui a cédé cette empreinte ; mais la première qui fut\ntirée reste encore aux mains de Cl. Il va sans dire que ce souvenir (1) reçu de\nCl. sera envoyé par Mlle St. à Mme ledrz.\nDans la VIIIe (du 9-11-50) Mlle St. écrit qu'elle a été quelques jours auparavant\nsur la tombe de Chopin où elle a déposé douze couronnes ; celles qui y furent\nmises par Mme ledrz. sont encore vertes. La princesse Czernicheff a beaucoup\nprié Mlle St. de lui donner une petite table de Chopin, qu elle voudrait acquérir ;\nMlle St. lui a répondu que ces souvenirs ne sont pas à vendre, mais qu'elle lui\noffre cette petite table au nom de Mme ledrz., elle ajoute que la princesse Cz.\nainsi que sa fille (la princesse Soutzo) adoraient Chopin.\nEnfin elle ajoute qu'Albrecht a envoyé 600 fr. pour le loyer de l'appartement ;\nil a fallu en donner 100 au portier.\nPar la IXe (écrite en février 1850) nous apprenons que Clésinger promet de\nfinir le monument pour le 5 mars (anniversaire de la fête de Chopin) et que le\ncomité qui s'en occupe doit se consulter, quant au piédestal ; Mlle St. a rappelé\nà ces Messieurs que, suivant le désir de Mme ledrz., le grillage doit avoir une\nporte, afin qu'on puisse déposer des fleurs sur la tombe.\nDans la Xe (du 20-111-50) nous trouvons la relation des différends qui se sont\nélevés entre les membres du comité s'occupant du monument funéraire et Clé-\nsinger, différends ayant eu pour résultat que le monument n'a pu être inauguré\nle jour anniversaire de la fête de Chopin : la statue, sculptée par Clésinger, au\nlieu d'être d'une seule pièce, se composait de trois parties, de la figure même de\nla femme, du bloc sur lequel cette figure repose, ainsi que du piédestal, tandis\nqu'il avait été convenu que le tout serait sculpté d'une seule masse. On en est\narrivé à de vives disputes ; Clésinger, par la voix des journaux, a fait appel aux\nartistes et aux critiques, afin qu'ils considérassent son travail comme une œuvre\nd'art. Enfin le comité s'est décidé à accepter la figure telle qu'elle est. Ce qui a\namené également du retard, c'est que le terrain était gelé, par suite de quoi\nl'architecte n'a pas voulu entreprendre les travaux de soubassement, craignant\nqu'ils ne fussent pas durables.\n\n(1) La famille cle Chopin conserve encore aujourd'hui le masque négatif avec les cheveux, ainsi\nque le masque positif."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.35", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3299, "texte": "Le ier mars, Mlle St. a porté quelques fleurs sur la tombe de Chopin ; elle n'a\nrencontré personne, car cette date n'est pas connue à Paris. En revanche, le 5 ,\nbeaucoup de personnes s'y sont rendues. Pour terminer, elle annonce la mort\nde son neveu, M. Ramsay, marié à la fille de lord Torphichen. Chopin aurait eu\ngrande compassion d'elle, car il l'aimait beaucoup. Mlle St. parle aussi de\nMllc O'Meara, dont le jeu doit être la plus fidèle copie qui soit restée du jeu de\nChopin.\nDans la XIe (du 25 mai 1850) nous lisons que la caisse renfermant les livres,\nles rideaux et d'autres objets, même les fleurs enlevées des pots à fleurs, le tout\nayant appartenu à Chopin, a été expédiée par mer. Le piano est encore chez\nM. Herbeault et sera envoyé dès que la plaque commémorative (1) sera prête;\nMlle St. attend une réponse de Mme ledrz. pour savoir s'il doit être envoyé par\nterre ou par mer. Le masque posthume est aussi déjà envoyé. Les travaux du\nmonument avancent, dans trois ou quatre semaines ils seront terminés. Est ce que\nMme ledrz. aun jour commémoratif au mois de juin qu'elle voudrait désigner\ncomme celui où l'on dévoilera la statue? La famille désire-t-elle qu'une sentence\nbiblique soit gravée sur la tombe ?\nDans une XIIe (du 12-VI-50) Mlle St. apprend que, suivant le désir de\nMme ledrz., le piano sera envoyé par mer. Pleyel l'a réparé et mis en ordre ;on\nfait aussi une caisse de fer-blanc, afin que l'humidité n'endommage pas cette\nprécieuse relique. Le tabouret sera expédié avec le piano.\nLes travaux du monument ne sont pas encore terminés ; le monument ne\npourra probablement être dévoilé que le 17 octobre (anniversaire de la mort de\nChopin). Mlle St. demande qu'on lui envoie un peu de terre polonaise qu'elle\nveut déposer sous le monument. Elle envoie à Mme ledrz., par l'entremise de\nM. Ski arbek!. quatre paquets de lettres : les lettres des musiciens célèbres, les\nlettres des élèves, les lettres de Londres, enfin celles de différentes personnes,\nainsi qu'une esquisse du salon (2) (copie de l'esquisse de Kfwiatkowski]) et deux\ngravures de Schfeffer ? ].\nLa lettre XIIIe (du 21-VI-50) renferme la répétition des détails donnés sur le\npiano et la caisse d'objets. Ala fin de la lettre Mlle St. fait mention des chants de\nChopin, dont une partie se trouve aux mains de Franchomme.\nDans la XIVe lettre (du 16 juillet 1850) Mlle St. annonce que bientôt elle ira\npour un certain temps en Ecosse, mais qu'elle sera de retour pour le 17 octobre.\nElle demande encore ce que la famille pense du projet que l'on a de graver sur\n\n(1) j'ai eu l'occasion de voir ce piano, grâce à l'amabilité de Mmc Bichniewicz, petite-fille de\nMm 9 ledrzeïewicz ;en 1888 il a figuré à l'exposition de musique à Varsovie. Sur la partie exté-\nrieure du couvercle se trouve la plaque de bronze, portant l'inscription suivante :\nCe piano\na été pendant deux ans en la possession de Frédéric Chopin\nà Paris,\nd'abord Cour d'Orléans, n* 9, rue Saint-Lazare,\nensuite rue de Chaillot, 74, et enfin\nPlace Vendôme, n° 12\nJusqu'au jour de sa mort\n( 1 7 octobre 1849)\nC'est le dernier instrument qu'il a touché\net sur lequel il a composé.\n(2) Cette aquarelle porte, écrite au dos par M,le Stirling, cette inscription : Sxlon de Chopin,\n12, place Vendôme, Paris, 1849,"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.36", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3589, "texte": "la tombe de Chopin une citation de l'Écriture sainte, et elle ajoute que Chopin,\ndans beaucoup de circonstances, répéta : ((Je ne sais ce qu'on dira de cela à la\nmaison )),(( et la volonté de ses parents était poui lui saciee, il était de sa natuie\ndocile, soumis, respectueux devant l'autorité hiérarchique )). En parlant des\nchansons de Chopin, Mlle St. dit qu'une partie se trouve aux mains d'un « ami\ndelà campagne » (personnage dont le nom. n'est cité dans aucune lettre, mais\nqui, sans aucun doute,n'est autre que Grzymala) ; quant à celles qui restent, elles\nsont chez Franchomme. L'accompagnement manque à la plupart ; il y en a à\npeine deux ou trois en état d'être publiées.\nElle ajoute qu'ayant été sur la tombe de Chopin, elle a vu le soubassement du\nmonument. Elle a demandé qu'on creuse une ouverture dans la masse qui doit\nsupporter la statue, afin de pouvoir y déposer deux médaillons, œuvres de Bovy,\nle modèle fondu de la main de Chopin, ainsi que quelques pièces de monnaie de\nl'année de sa naissance et de celle de sa morU\nPeut-être la mère de Chopin voudra-t-elle ajouter quelque chose encore r\nL'empreinte du masque, soigneusement emballée, est encore à Paris ; elle sera\nenvoyée avec les sculptures, quand les médaillons (?) seront terminés.\nLa XVe lettre (du 10-X-50) est écrite de Barnton-llouse, en Ecosse, immédia-\ntement avant le départ de Mlle St. pour Paris. Elle dit qu'elle voulait partir plus\ntôt, afin d'aider à organiser les solennités du premier anniversaire de la mort de\nChopin, mais que la santé de sa nièce la retenait toujours. Herbeault, infatigable,\ns'occupait du monument funéraire, surveillant avec soin l'achèvement des détails.\nOn projette de dire une messe à la Madeleine le 17 octobre, puis un discours.\nLa forme du masque est probablement arrivée.\nLa XVIe lettre est écrite de Paris, le jour anniversaire de la mort de Chopin\n(17-X-50), et renferme la description de la cérémonie. Mlle St. n'est arrivée\nd Ecosse que le 14 et a trouvé les travaux du monument presque achevés. La vue\ndu médaillon lui a causé une grande joie, parce que la partie supérieure du\nprofil du visage est d'une ressemblance frappante.\nL'envoi de Mm? ledrzeïewicz n'est parvenu que deux jours avant l'anniversaire.\nTout a été déposé par Mlle St. elle-même dans la cavité du monument, et elle\nétait présente quand on a assujetti le médaillon. Le 17, dès le matin, Mlle St.\nétait déjà avec sa sœur au cimetière ; elles avaient en chemin acheté un peu de\nfleurs chez le fleuriste de Chopin, Michon.Mlle St. les déposa sur la tombe, ainsi\nqu une couronne au nom de la famille Chopin. A midi la messe fut célébrée\ndans la chapelle du cimetière, après quoi tous les assistants, conduits par le\nprêtre, se rendirent sur la tombe où le monument fut dévoilé. Le député\nWolowski parla.\nDans la XVIIe lettre (du 22-X-50), Mlle St. annonce qu'on projette d'ajouter au\nmonument les mots suivants :(( né le ier mars 18.. en Pologne, à Zelazowa-\nWola, palatinat de Masovie, de Nicolas Chopin, et... )), tandis que jusqu'à pré-\nsent il n'y a que: «f à Paris, le 17 oc''re 1849 ». Elle prie de lui indiquer\n1 année de la naissance, ainsi que le nom et le prénom de jeune fille de la mère.\nEnsuite elle éciit que le 30 octobre, anniversaire de 1 enterrement, une messe\nsera célébrée à l'église de la Madeleine.\nLa XV IIIe lettre (sans date, mais écrite certainement en octobre 1850) renferme\nla répétition des détails concernant la déposition parMlle St. de différents objets\ndans 1 intérieur du monument, derrière le médaillon. Une caisse de fer, soudée,"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.37", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "renferme les objets envoyés de Varsovie, et, en outre, une feuille de papier avec\nle nom, la date de la naissance et celle de la mort de Chopin, ainsi que ces mots :\n(( Nous attendons la résurrection des morts et la vie éternelle )), puis une croix\nd'argent de Mlle St., un petit médaillon de Tell efsen], enfin quelques monnaies\nde l'année de la naissance et de celle de la mort. Elle continue à parler du monu-\nment lui-même, delà statue de femme qui a moins bien réussi dans le marbre\nque dans le modèle en plâtre, parce que la tête y est encore plus de travers. Dans\nun certain éloignement, du côté gauche, le manque de naturel dans le mouve-\nment de la tête ne se remarque pas ; en somme, le :tout fait une impression\nagréable, il y a beaucoup d'expression. Dans la suite de sa lettre, Mlle St. dit ces\nmots : (( Chopin avait de la femme, telle qu'il la comprenait, une opinion très\nélevée, il me le répétait souvent. » Plusieurs personnes qui avaient connu Cho-\npin en Angleterre, disaient à Mlle St. qu'elles Savaient jamais rencontré\nd'homme aux tendances aussi nobles ; « il semblait chercher au delà des limites\ndu monde )). Enfin elle rappelle le court séjour que fit Chopin dans la terre de\nGuillaume Stirling, située non loin de la ville de Stirling, dans le voisinage de\nla propriété du père de Mlle St.\nDans la XIXe lettre (du 30-X-50) nous trouvons la description du service\nfunèbre à la Madeleine. La messe, commencée à 11 h., fut célébrée par le prêtre\nDeguerry. Aux prières se joignirent les sons de (( sa )) musique ; entre autres\nM. Lefébure-Vély exécuta sur l'orgue seul le prélude en mi mineur ; puis avec\nvioloncelle (Franchomme) le nocturne (dédié à Miller), le prélude en ut mineur,\nle prélude en si \\> mineur, l'adagio de la sonate, la partie en majeur de la\nmarche funèbre, enfin le prélude en la majeur. Il y avait beaucoup de monde,\nquoique les journaux n'en eussent fait aucune mention, pour ne pas attirer trop\nde curieux.\nLa XXe lettre (du 4-XI-50) nous apprend la nouvelle qu'un des amis de Chopin,\nGjrzymala] s'est mis à écrire sa biographie. Il en a même déjà envoyé quelques\nextraits en Ecosse, à Mlle St. Il y a là des passages bien écrits, mais Mlle St.\ndoute que l'ouvrage entier soit bon ; elle eût préféré qu'un Français eût entre-\npris la chose. Elle doit cependant soumettre ces extraits à la critique d'Augustin\nThierry. Elle remercie de l'envoi du nom et des prénoms de la mère de Chopin ;\nClésinger a promis de les ajouter au monument. Enfin nous trouvons une\nremarque sur l'esquisse représentant Chopin quelques jours avant sa mort, avec\nMme ledrz. assise sur le bord du lit.\nDans la XXIe lettre (du 10-XI-50), Mlle St. prie qu'on lui envoie le nom de\nbaptême du père de Chopin, car elle n'est pas sûre si c'est Nicolas ou un autre\nnom.\nElle a appris, à son grand étonnement, que les masques posthumes n'ont pas\nencore été envoyés, mais que certainement ce sera bientôt fait.\nLa XXIIe (du 24-XI-50), écrite au moment de partir pour l'Ecosse, ne renferme\nrien d'intéressant.\nDans la XXIIIe (du 1er—111-51 ) Mlle St. se plaint de n'avoir pas reçu, depuis\nlongtemps, de nouvelles de Mm° ledrz. ; mais ce jour (c'est l'anniversaire de la\nnaissance de Chopin), dit-elle, ne peut pas s'écouler sans qu'elle écrive. Elle\nenvoie des fleurs cueillies sur sa tombe et ajoute : (( Je suis heureuse que le\nmonde ignore cet anniversaire ; tous iront là pour sa fête. Il m'a dit une fois :\n(( ma famille, une directrice de pensionnat et vous, savez seuls quel est ce jour, et"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.38", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3544, "texte": "vous en souvenez » : ce jour-là il éprouvait une nécessité enfantine cl entendre\ndes paroles de tendresse ))\nLa XXIVe ne porte pas de date précise, mais elle fut certainement écrite en\nmai ou en juin 1851. Mlle St'. voulait profiter du départ de Mme d Obrfeskow] et\nenvoyer différentes choses, mais comme Mme d'O. ne devait aller à Varsovie\nqu'en revenant de Russie, elle né lui a donné que les lettres du père de Chopin\net des extraits d'une étude sur Chopin par Liszt, étude que publie la France\nmusicale. Elle ajoute que la lecture de ce travail fera quelque plaisir à Mmo ledrz.\net beaucoup de peine aussi. Parmi les admirateurs de Chopin on ne parlait, dans\nces derniers temps, de rien autre que de la publication dans la France musi-\ncale de ses œuvres posthumes. Le numéro suivant de ce journal éclaircit\nl'affaire. Il était question de l'op. 4, c'est-à-dire de la première sonate pour piano,\nque Chopin autrefois avait vendue à Haslinger, et que celui-ci maintenant reven-\ndait à l'éditeur parisien Richault. Ensuite Mllc St. recommande à Mme ledrz. de\ns'informer auprès de Mme Mohanoff (1) de la caisse envoyée en hiver à l'adresse\ndu comte Léon Rzyszczewski. Elle contient deux esquisses de Scheffer pour\nMme ledrz Enfin Mlle St. dit que sa sœur, Mme Erskine, est partie pour l'Ecosse,\nchez sa sœur aînée, gravement malade.\nDans la XXVe (du 2 3-VII-51 ) nous apprenons que les médecins ont ordonné à\nla sœur de Mlle St., Mmc Houstonn, un changement de climat; c'est pourquoi elle\nest arrivée avec elle et Mme Erskine à Paris, où Mme Houstonn est morte le\n12 juillet. Chopin la connaissait et l'aimait ; pendant son séjour en Ecosse, il a\npassé quelques semaines chez elle, à Johnstone Castle.\nDans la XXVIe (du 17-IX-51) Mlle St., profitant de l'amabilité de Mme Tykel,\nqui veut bien s'en charger, envoie tout un paquet de critiques et de billets de con-\ncerts laissés par Chopin, ainsi que le médaillon de Bovy. Franchomme est con-\nstamment occupé des chansons dé Chopin, mais l'accompagnement manque à la\nplupart et il n'ose de lui-même l'ajouter. Il paraît, dit-elle, que Mme Delphine\nPotocka a dans son album une certaine quantité de chansons ; peut-être\nMme ledrz. voudra-t-elle s'adresser à elle pour cette affaire ? Grzym ala attend,\npour finir sa brochure sur Chopin, l'apparition de l'étude de Liszt. D'après l'avis\nde Mlle St., quoique dans l'ouvrage de Grzymala il y ait des passages bien écrits\net beaucoup de faits authentiques, cependant les capacités lui manquent pour\nfaçonner le tout en un ferme ensemble. MUe St. le lui a dit ouvertement et est\nprête à agir toujours de même, par respect pour Lui.\nDans la XXVIIe (du 30-IX-51) Mllc St. écrit qu'elle a retrouvé le cachet que\nl'on posait toujours sur la tasse de bouillon, indiquant que personne n'en avait\nbu quand Chopin venait au n° 9 (?). Plus loin elle parle de la mort du père de\nS( olange] (M. Dudevant) et aussi de l'inquiétude de George Sand et de Solange\nen apprenant qu'Alex. D; umasj avait acheté, en passant par Breslau, un certain\nnombre de lettres de Mme Sand [à Chopin], qui venaient de Cracovie. La mère\nde Mlle St prétend qu'elles ont toutes été brûlées, mais qui sait ? Tout son en-\ntourage n'était pas également honnête, on avait pu les voler pour en tirer profit.\nDu reste, Mlle St. ne voulait pas croire àce bruit.\nLa lettre XXVIIIe (écrite probablement en octobre 51) commence par la des-\ncription de la messe célébrée le 17 octobre (deuxième anniversaire de la mort de\n\n(ï) Mme Mouchanoff, autrefois Mrac Kalergis."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.39", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3594, "texte": "Chopin), dans la chapelle du Père-Lachaise ; après la cérémonie, tous les assis-\ntants, avec le prêtre, se sont rendus sur la tombe et y ont déposé des fleurs.Quant\nàla vente des lettres de Mme Sand, personne n'a supposé un seul instant que la\nfamille eût pu faire une chose semblable, mais on a cru qu'elles étaient tombées\nen des mains étrangères. Mlle St. considère cette nouvelle comme dénuée de\nfondement.\nLa XXIXe (du 22-XI-51) ne renferme rien d'intéressant.\nDans la XXXe (du 26-XI-51), Mlle St. écrit que « notre chère Comtesse » (pro-\nbablement la Comtesse d'Obreskow) est revenue à Paris après avoir passé par\nVarsovie. Elle trouve que Isabelle [ Barcinska] ressemble à Chopin d'une manière\nfrappante, ce que Mlle St., du reste, avait entendu de la bouche même de Chopin.\nSon attachement pour sa famille n'avait pas de bornes, et de sa mère il parlait\ntoujours avec orgueil. Ala fin de sa lettre, Mlle St. parle à Mme ledrzeïewicz de\n(( son jeune musicien » qui est arrivé à Paris pour faire ses études et pour lequel\nelle s'efforcera de faire ce que Lui désirait, et ce que Mme ledrzeïewicz peut\ndésirer.\nLa XXXIe (du 18-XII- 51) renferme la nouvelle que ce jeune musicien est entré\nau Conservatoire et que Mlle St. l'a introduit chez Mlle O'Meara ;il était très\nheureux de ce qu'il avait entendu là-bas.\nDans la XXXIIe (du 30-I-52) Mlle St. écrit qu'à Londres, paraît-il, une compo-\nsition de Chopin a été publiée ; elle suppose que ce doit être la sonate op. 4. La\nnouvelle que les portraits peints par Scheffer, et qu'elle a envoyés, ne sont pas\narrivés, la tourmente beaucoup ; heureusement que le portrait de Chopin n'était\npas du nombre. Mlle St. ne suppose pas, cependant, qu'ils puissent être perdus\nsans retour, et elle fera tout ce qui sera en son pouvoir pour les retrouver. Elle a\nreçu la triste nouvelle de la mort de son beau-frère sir William M. Napier, mari\nde sa sœur Elise, plus jeune qu'elle et plus âgée que MmeErskine.\nDans la XXXIIIe lettre (du 4—III-52) il est question de l'étude de Liszt. Mlle St.\nen parle avec un grand mécontentement, employant même des expressions éner-\ngiques, comme: « quelqu'un fort capable de juger m'a dit, pour se servir d'un pro-\nverbe très ordinaire : il a craché sur l'assiette pour en dégoûter les autres, il a\nécrit pour qu'un autre n'écrive pas. )) Elle a proposé à Grzymala de lire ensem-\nble les lettres de Chopin, afin qu'il pût redresser des erreurs notables commises\npar Liszt.\nDe la manière toute nouvelle de toucher le piano, qui en fit un tout autre\ninstrument, Liszt ne parle pas ou n'en veut pas parler. Et cependant, avec le\nstyle élégant qu'il possède, il aurait pu écrire quelque chose de bon. On raconte\nqu'il a écrit cette étude dans le but de plaire à Mme Sand, mais il a manqué ce\nbut, car Mme S. en est très mécontente. Quant àla seconde biographie (c'est-à-\n-dire celle de Grzymala), MUô St. n'espère pas qu'il en sorte quelque chose\nde fameux. Tout Paris raconte sur la fille de Mme Sand l'anecdote suivante:\nelle était allée à la campagne chez sa mère, et comme elle avait été bien\nreçue, elle avait voulu s'installer pour toujours à Nohant. Avec l'approba-\ntion de sa mère, Solange avait laissé sa fille à sa garde et était revenue à Paris\npour mettre de l'ordre à ses affaires et emballer ses effets ;et voilà que Mme Sand,\nle jour même, renvoie à Paris, par la diligence, la petite fille avec sa bonne !\nPlus loin, Mlîe St. écrit qu'elle a été heureuse de pouvoir nier positivement\nl'achat supposé par Al. DumjasJ des lettres de Mme Sand. Cette dernière était"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.40", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3632, "texte": "furieuse en apprenant ce bruit, quoiqu elle eût en main le témoignage de\nMnle ledrz. que toutes ses lettres avaient été brûlées. En terminant, Mllc St.\nrappelle à Mme ledrz. de demander à Mme la comtesse Delphine] Potocka quels\nsont les manuscrits de Chopin qu'elle possède.\nLa lettre XXXIVe (écrite en mars 1852) parle des chansons de Chopin. Pour\nTune d'elles Franchomme a fait l'accompagnement, mais il ne voulait pas d abord\nle montrer. C est avec difficulté que Mlle St. apu en obtenir une copie pour\nMme ledrz. Elle prie Mme ledrz. de demander àun musicien expert de faire une\ncopie de ces quatre chansons qui se trouvent entre ses mains.\nDans la XXXVe (du 18-VI-52) Mlle St. écrit que Franchomme a réussi à déchif-\nfrer et à mettre en ordre la dernière mazurka écrite par Chopin, rue Chaillot.\nAvec l'aide de Mme V iardot ?] Mllc St. continue à s'occuper des chansons. Elle\nen envoie deux, déjà revues, à Mme ledrzeïewicz Quant aux copies envoyées par\nMme ledrz., elles renferment quantité d'erreurs. Il faudra attendre le retour de\nFontana qui est en Amérique. Grzymala s'est remis à l'ouvrage, mais certaine-\nment il n'aura pas fini avant l'hiver. Solange divorce avec son mari, qui boit et\nse conduit mal. Elle est maintenant chez sa mère. Clésinger noircissait sa femme\npour lui reprendre sa fille, mais cela ne lui a pas réussi.\nTout le monde s'étonne que l'exécution du monument ait été confiée à Clésin-\nger, qui haïssait Chopin.\nDans la XXXVIe (du 2-VII-52) Mlle St. dit avoir lu avec plaisir ce que\nMme ledrz. écrit de la brochure de Liszt(. Personne ne croira qu'un homme\ncomme Nicolas Chopin, occupant une si bonne position, ait pu avoir recours à\nl'aide des autres (1). Elle continue en disant qu'ayant appris par hasard\nl'arrivée de Fontana, elle s'est rendue chez lui et lui a parlé de la publication des\nchansons. Il s'est révélé que Fontana en avait neuf ; autant que Mlte St. en a\npu conclure, Fontana tient énormément à ce que lui, et non un autre, soit auto-\nrisé à examiner ces chansons et à les publier. Il semblait craindre que Franc-\nhomme ne voulût s'associer à cette affaire, mais Mlle St. lui fit comprendre\nl'admiration extrême de Franchomme pour Chopin lui faisait craindre la\nresponsabilité de cette publication. Mlle St. envoie une lettre de Fontana (2) dans\nlaquelle il demande l'autorisation de se charger de la publication des chansons.\nM,leSt. ajoute que Fontana lui semble, sous tous les rapports, digne de remplir\ncette tâche ; Chopin lui-même, de son vivant, lui confia bien souvent la publica-\ntion de ses compositions. Comme elle part pour l'Ecosse, Mlle St. confie tous les\nmanuscrits qu'elle possède à Mme Veyret ; cette dame attendra les dispositions\nultérieures de Mme ledrz. au sujet des publications à confier à F'ontana ou àun\nautre.\nDans la XXXVIIe (du 17-X-52, écrite de Barnton-House) il est question de la\nbiographie à laquelle travaille Grzymala. Mlle St. attend une lettre de lui et, sui-\nvant les nouvelles reçues sur les progrès de l'oeuvre, elle retournera à Paris ou\nrestera encore en Ecosse. Après ce que Liszt a écrit', Grzymala doit élever la voix.\nMlle St. écrit cette lettre le jour du troisième anniversaire de la mort de Chopin.\n\n(1) C'est une allusion à la nouvelle, absolument fausse, donnée par Liszt dans son étude, que\nl'éducation de Chopin s'était faite aux frais du prince Antoine Radziwill (F. Liszt, Frédéric Cho-\npin; Varsovie, Gebethner et Wolff, 1873, P- 86-87.)\n(2) Le résumé de cette lettre, portant la même date que la précédente (2 juillet 52) est inséré,\navec les autres lettres de Fontana, dans le chapitre suivant."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.41", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3533, "texte": "La XXXVIIIe (du 2-XH-52, de Barnton-IIouse) fut écrite, ainsi que quelques-\nunes des suivantes, d'une tout autre écriture, parce que Mlle St., sur le point de\nson départ pour Paris, s'est foulé la main droite, ce qui la force à prolonger son\nséjour là-bas et à écrire de la main gauche. Mlle St. se rendra uniquement à Paris\npour s'entendre avec Grzymala au sujet de son œuvre Solange a déjà obtenu le\ndivorce.\nLa XXXIXe (aussi de Barnton-llouse, du 1 er-I-5 3) nous apprend seulement que\n(( le pauvre ami de la campagne )) (c'est-à-dire Grzymala).a sans doute déjà écrit\nce qu'il était en état d écrire, mais malgré cela il travaille encore.\nDans la XLe (de Paris, du 19-IX-53) Mlle St. annonce son prochain départ\npour l'Ecosse. Quant à l'ouvrage de Grzymala, les lecteurs ont eu probablement\négard aux bonnes intentions dé l'écrivain, car de-ci, de-là il laisse beaucoup à\ndésirer. Mlle O'Meara a épousé, en janvier, M. Dubois, agent de bourse. Elle\noccupe avec lui un petit appartement et ne donne plus de leçons. Grzymala a dit\nà Mlle St. qu il a rencontré par hasard, dans un restaurant, Solange avec son\nmari, malgré leur séparation datant de plusieurs mois. Ml,e de K(?) a dit à\nMlle St. que Solange habitait, pendant ce temps, un pensionnat, heureuse de\nn'être plus constamment exposée aux injures et aux coups de son mari. De quelle\nmanière ont-ils pu en venir à une entente, c'est ce que Mlle St. ne peut s'expliquer.\nElle n'a pu, malheureusement, voir Fontana avant le départ de celui-ci pour la\ncampagne.\nLa XLle (de Barnton-House, outre les remarques ordinaires sur le\ntravail de Grzymala. et la répétition de la nouvelle sur l'accord survenu entre\nSolange et son mari, ne renferme rien de curieux.\nDans la XLIIe (de Barnton-llouse, n-XII-53) Mile St. parle de la grande im-\npression qu'a causée à Paris l'annonce de la publication des œuvres posthumes\nde Chopin. Beaucoup de personnes sont mécontentes à cause des dernières\nvolontés de Chopin (qui avait ordonné de brûler tous les manuscrits qu'il laissait) ;\nMme Marceline Czartoryska r] surtout s'oppose à cette publication.\nOn a prié Mlle St. d'écrire sur cette question à Mnle ledrzeïewicz. De l'avis de\nMile St., toutes ces personnes ont tort, parce que toutes ces chansons ont été\nchantées publiquement du vivant même de Chopin ; elles sont donc devenues,\nen quelque sorte, la propriété publique.\nDans la XLIIIe lettre (de Barnton-House, du 12-XII-53), Mlle St. dit que, mal-\ngré sa lettre envoyée la veille, elle écrit encore après la lettre qu'elle vient de\nrecevoir de Mme Veyret. Il s'agit de Fontana qui s'est présenté chez Mme V. afin\nd'obtenir d'elle qu'elle reprenne à FYanchomme» la mazourka que celui-ci a pu\ndéchiffrer d'après l'esquisse de Chopin. Or, Mlle St. désirerait vivement que tout\nce qui concerne la publication des œuvres posthumes de Chopin se fît au su de\nMme ledrz., et avec son approbation. La copie de cette mazourka a été envoyée à\nVarsovie, et si Mme ledrz. le désire, on peut l'envoyer à Fontana. Mlle St. sait\ntrès bien que tout ce que décidera Mme ledrz. sera conforme àSa volonté.\nA la fin de la lettre se trouve une remarque sur Titus Woïciechowski], (( comme\n1 ami qui n'a pas cessé, après des années de séparation, de Le comprendre ;\ndans un certain cas, ils ont tous deux rendu un jugement sur un individu, et l'ont\nfait dans les mêmes termes, quoique l'un se trouvât à Paris, tandis que l'autre\nétait à Varsovie. »\nPar la XLIVe lettre (Barnton-House, du 21-111-54) nous apprenons que"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.42", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3256, "texte": "Mme ledrz. a dû recevoir une lettre de Mme Marceline Czartoryska ?], dans\nlaquelle celle-ci reproché à la famille, en paroles très amères, d'avoir permis la\npublication des œuvres posthumes, ce qui était absolument opposé aux dernières\nvolontés de Chopin. Mlle St. regrette qu'il en soit ainsi. Pourtant, dit-elle, on n'a\npublié que les compositions qui déjà avaient passé de mains en mains.\nChopin restait un temps infini sur un simple petit billet, et ne le lâchait pas de\nses mains avant de l'avoir maintes fois relu ; qu'était-ce donc quand il s'agissait\nd'une pensée musicale !\nL'infatigable Grzymala travaille toujours encore. Mais aussi il serait grand\ntemps que le mensonge sur Radziwill fût détruit. Ce n'est pas Chopin qui\ndevait la moindre chose à quelqu'un, mais c'est le monde entier qui est son\ndébiteur. Aujourd'hui quelques personnes à peine l'apprécient comme il con-\nvient, dans l'avenir la postérité lui rendra justice ; elles sont bien vraies ses\nparoles quand il dit, en parlant de certaine injustice : « nul ne peut m'enlever\nce qui m'appartient en propre ».\nDans la lettre XLVe (d'Ecosse, mai-juin 54) il est encore question des œuvres\nposthumes. Mlle St. demande s'il ne conviendrait pas d'ajouter aux compositions\npubliées, la liste de celles dont l'existence est connue, et qui resteront en manus-\ncrit, afin que dans l'avenir on pût vérifier si cette composition est authentique ou\nnon.\nFontana est allé en Allemagne chercher le repos. Avant son départ, il a joué\ndeux polonaises en présence de Mme Vfeyret ?] ; la dernière, envoyée par\nMme ledrz., doit être d'une grande beauté. Mme de St., qui s'est rencontrée à\nVienne avec Mme MfarcelineJ, disait que MmeM. est encore irritée pour l'affaire\ndes œuvres posthumes. Grzymala souffre des yeux et à cause de cela il ne peut\ns'occuper de son travail (1).\nLa lettre suivante, ne portant pas de date, a dû être écrite dans la première\nmoitié de 1850.\nFranchomme a consenti à parcourir les chansons arrivées. La fugue a peu de\nvaleur. Franch. est certain qu'elle n'est pas Fœuvre de Chopin, mais qu'elle a été\ncopiée par lui des œuvres de Chérubini (2). Puis Mlle St. parle du concert de\nWeber, que Tellefsena arrangé pour deux pianos, et qu'il a joué une fois avec\nChopin. Elle parle de Solange Clésinger, et dit aussi que quand elle verra la\ncomtesse Del[phine Potocka], elle la priera de lui donner les chansons que la\ncomtesse D. a chantées.\nVoici un résumé d'une lettre de Mme Erskine (de Paris, 19-IV-50) :\nMme Ers. remercie pour la lettre reçue, et prie Mme ledrz. de remercier sa\nmère poui 1 excellente idée qu'elle a eue de lui offrir le fauteuil de Chopin,\nil lui sera doublement cher : comme meuble auquel Chopin accordait une\ngrande importance, et comme présent de sa mère. Elle dit encore : « Je suis sûre\nque ce ci i touchant que j ai entendu cette dernière nuit solennelle ne s'effacera\njamais de mon souvenir : « Ma Mère ! Ma Mère ! » Assurément c'est un lien qui\nne peut se rompre. Elle continue à parler de l'envoi des effets et des souvenirs de\nChopin, et apprend à Mme ledrz. que M. Albrecht a sous-loué l'appartement de\n\n! i) A ma connaissance, jamais l'œuvre de Grzymala n'a été imprimée\nJnlS'î.'ctapi\"' P\" J\"\" COmme \"\" f—' '« «™ in-"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.43", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "la place Vendôme à un M de Laroncière : Mme Ers. a touché pour le premier\nterme la somme de 700 fr.Ensuite Mme Ersk. remercie pour l'envoi de 4529 fr.,\net ajoute qu'elle a détruit la quittance laissée par Mme Iedrz. Elle parle des tra-\nvaux du monument funèbre, et dit du médaillon (( qu'il est dans le genre du buste,\nqui certainement n'est pas parfait )). Elles ont eu toutes les deux du chagrin à\ncause de la mort de M. Ramsay ; comme Chopin aurait plaint Mme R. ! Elle\nparle aussi de la mort de son mari, quoique 34 années la séparent déjà de ce\nmoment. Enfin elle parle d'un concert de bienfaisance auquel a joué Mlle O'Meara,\nh\nen remplacement de Mme Kalergis qui n'était pas encore arrivée à Paris.\nSigné K. ERSKINE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c064", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "44", "page_fin": "48", "image_debut": 44, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.14.2", "titre_corps": "CHAPITRE IX MELANGES", "titre_sommaire": "CHAPITRE IX MELANGES", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.44", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 20, "texte": "CHAPITRE IX\nMELANGES"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-01-01-c065", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-01_01#c065", "volume": "bmtnabj_1904-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "44", "page_fin": "48", "image_debut": 44, "image_fin": 48, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.2.14.2.1", "titre_corps": "QUESTIONNAIRE CONCERNANT LA VIE DE CHOPIN. 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Afin de donner à ce travail toute l'exactitude désirable,\npermettez-moi de m'autoriser auprès de vous de mes rapports d'intimité avec\nl'illustre défunt, et de vous adresser plusieurs questions biographiques à son\nsujet, auxquelles je vous serais infiniment obligé de vouloir bien joindre les\nréponses en marge.\nMon secrétaire M. Bellini [?], qui aura l'honneur de vous porter ces lignes, est\négalement chargé de me transmettre votre réponse, dans le plus bref délai.\n•Veuillez bien agréer, Madame, l'expression de mes sentiments les plus respec-\ntueusement distingués et dévoués.\nF. LISZT.\nPilsen. 14 novembre 1849.\nQUESTION 1(1).\nLa date et le lieu de sa naissance.\nQUESTION 2.\nQuel a été le caractère de son enfance ?\nS'y rattache-t-il quelque anecdote, quel-\nque circonstance qui caractérisent ses\ngoûts et ses habitudes à cette époque ?\nRÉPONSE I et 2.\nAla ire et la 2e question on ne peut\nrépondre que dirigé par les souvenirs de\nla mère vivante encore ; ceux des con-\ntemporains de Chopin ne suffisent pas\npour satisfaire amplement à ces deux\ndemandes.\n\n(i) Voici ce questionnaire; quant aux réponses, on voit d'après le texte qu'elles ne proviennent\nd'aucun membre de la famille de Chopin. Je suppose qu'elles furent écrites par Mlle Stirling àla\nprière de Liszt, puisqu'elle en a envoyé une copie à la famille Chopin. (Les questions aussi bien\nque les réponses sont écrites de la main de Mllc Stirling sur des feuilles séparées.)"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.45", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3453, "texte": "QUESTION 3.\nQuand ont commencé à se révéler ses\ndispositions musicales, et quelles ont\nété ses premières études ? Ont-elles eu\nde la difficulté pour lui ? L'improvisa-\ntion lui a-t-elle été familière de bonne\nheure ?\n» ■ - *-*>■' - -\nQUESTION 4.\nA quel collège, ou quelle école a-t-il été\nplacé? Ne se souvient-on pas du nom de\nquelques-uns de ses camarades d'étude\nqu'il affectionnait le plus ? Son talent\nmusical n'était-il pas déjà très connu et\ntrès goûté alors ? N'était-il pas souvent\ninvité par les parents de ses camarades\nqu'il charmait par son talent et son\nesprit? N'a-t-ilpas fréquenté,entre autres,\nla maison de la princesse Czetwertynska,\ndont les fils étaient ses camarades d'école?\nvers 1824 ? A-t-il été chez la princesse\nLowicz, et dans quelques autres des\ngrands salons de Varsovie ?\nQUESTION 5.\nA-t-il été compris en quoi que ce soit\ndans la Révolution de iB3o ? Oû était-il\nen novembre iB3o, et durant l'année\nsuivante? Par quel motif a-t-il quitté la Po-\nlogne alors ? Y a-t-il laissé son père et sa\nmère encore ? A-t-il conservé de fréquentes\nrelations avec les siens depuis? Oû s'est-\nil rendu en quittant le pays alors et\nquels étaient ses projets ? Combien\nde concerts a-t-il donnés à Vienne et à\nMunich, et dans quel but les a-t-il\ndonnés ? Etait-ce la première fois qu'il\nse faisait entendre en public, ou la pre-\nmière lois qu'il donnait des concerts ?\nRÉPONSE 3.\nSes premières études de piano ont\ndéjà révélé ses dispositions musicales\nextraordinaires. En s'initiant aux prin-\ncipes de Pharmonie, on aurait dit qu'il se\nrappelait une science oubliée bien plus\nqu'il ne l'apprenait pour la première fois.\nPeut-être sa faiblesse physique lui faisait\ntrouver moins de fatigue à l'improvisa-\ntion qu'à la composition écrite, qu'il\nn'élevait jamais à une assez haute pureté\npour les exigences de son goût exquis.\nRÉPONSE 4.\nSon père, homme très instruit, faisait\npartie de l'Université de Varsovie, qui\ncomptait pendant l'éducation de Cho-\npin des professeurs d'une haute dis-\ntinction. L'éducation domestique avait\ndéjà développé ses aptitudes d'une ma-\nnière remarquable. Il a été très aimé de\ntous ses camarades d'école. Il leur a\ngardé un souvenir constant pendant toute\nsa vie, et tous ceux qui ont pu le re-\nvoir à Paris peuvent certifier de l'em-\npressement qu'il mettait à renouer l'an-\ncienne intimité et à se rappeler les sou-\nvenirs de son jeune âge. Son talent\nprécoce lui ouvrait les grands salons de\nVarsovie. Le grand-duc Constantin lui-\nmême et sa femme prenaient un vif\nplaisir à suivre le développement surpre-\nnant de l'enfant merveilleux.\nRÉPONSE 5.\n11 ne s'est jamais trouvé compris dans\naucun événement politique de sa patrie.\nIl avait déjà quitté la Pologne en novem-\nbre iB3o et il n'y est jamais rentré depuis.\nIl était trop bon Polonais pour se séparer\nde ses frères proscrits. Mais sa piété\nfiliale a beaucoup souffert de cette-sépa-\nration d'avec les siens. La mort lui a\nravi son père, il y a 4 ans ; il n'a cessé de\nle pleurer avec ces larmes dont le tendre\nsouvenir du foyer domestique avait rendu\nla source intarissable dans son cœur.\nAlors comme aujourd h.ui,sa sœur Louise\nest accourue de quelque cent lieues\npour lui prodiguer avec une affection\nsublime des soins qu'aucune fatigue n'a\npu retenir. Avant de quitter Varsovie,\nChopin a donné plusieurs concerts, ainsi\nque dans son trajet de Vienne à Paris.\nMais les plus grands succès de ses con-\ncerts n'ont jamais pu dominer sa répu-"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.46", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2730, "texte": "QUESTION 6.\nQuelles sont les familles polonaises\nqu'il a le plus cultivées durant son séjour\nà Paris? Quels sont ceux de ses amis\nqu'il affectionnait le plus dans les der-\nniers temps r\nMon intime liaison avec Chopin me\ndonne peut-être aussi le droit de vous\nadresser quelques questions sur ses rap-\nports avec Mm° Sand ?\n11 serait à désirer d'avoir quelques\ndétails sur son voyage à l'île Majorque,et\nl'impression qu'il a en a gardée. Quel est\nle temps de sa vie qui lui a laissé le plus\ndoux souvenir ? Et les personnes dont la\npensée lui était restée la plus chère dans\nles derniers moments ?\nQUESTION 7.\nQuel caractère a pris vers la fin sa rela-\ntion avec Mme Sand ? Peut-on croire que\nle roman de Floriani avec le\nprince, qu'on dit être l'histoire de leurs\nrapports intimes, soit vrai ?\nQUESTION 8.\nPartageait-il les opinions ultra-démo-\ncratiques de Mme Sand? S'intéressait-il à\nla cause qu'elle soutenait ? Quels étaient\ngnance pour ce mode d'exploitation de\nson talent. Son génie avait besoin de\nplus d'indépendance que n'en laisse\nordinairement un public incolore, qui\narrive avec des exigences vagues, avec\ndes préférences arrêtées d'avance,auquel\nil est si difficile de comprendre rien hors\nla voie battue, et qui très souvent fait\ndescendre à lui l'artiste ou le poète plutôt\nque de s'élever à leur hauteur. D'ailleurs\nle genre d'effet produit par le caractère\nintime, non seulement des productions\nde sa pensée, mais même par le jeu mer-\nveilleux de Ch., ne supportait pas le\ngrand jour des salles de spectacles.\nRÉPONSE 6.\nIl était chéri par toutes les familles\npolonaises qui habitent Paris. Depuis\nl'hôtel Lambert jusqu'à la demeure la\nplus modeste,partout il était le bienvenu.\nEt pendant les 3 jours d'une sainte\nagonie, toutes ces familles étaient age-\nnouillées au pied de son lit, confondant\nensemble leurs larmes et leurs regrets.\nRien ne peut mieux fixer l'opinion sur\nla valeur d'une vie qu'une telle mort.\nRÉPONSE 7.\nLa vie intime de Ch. était pour lui un\nsanctuaire également intime ; Ch. était\ntrop sobre de détails pour leur donner\nplace dans sa biographie.— 11 est tombé\ngravement malade pendant son voyage à\nl'ile Majorque, et depuis ses forces n'ont\njamais pu reprendre leur état normal.\nNécessairement son humeur jadis si\nenjouée devait s'en ressentir de jour en\njour davantage. Il avait trop d'éléva-\ntion et trop de gorit pour vouloir se\nreconnaître dans les allusions du prince\nhéros du roman Floriani, et il\nmettait tant de délicatesse et de probité\ndans toutes ses relations qu'il serait très\ndifficile d'en suivre les pages intimes.\nRÉPONSE 8.\nSes opinions politiques n'ont jamais eu\nrien de commun avec les exagérations\ndes personnages cités ; il ne faisait pas"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.47", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3116, "texte": "ses rapports avec Louis Blanc, Ledru-\nRollin, et les autres notabilités de la\nsociété de Mlll© Sand ?\nQUESTION 9.\nAvait-il déjà rompu sa liaison avec\nelle en février 1848 ? Et peut-on assigner\nles causes de cette rupture ? A-t-elle été\nviolente ou amicale ? En a-t-i 1 souffert,\nou lui a-t-elle été facile ? Séjournait-il\nsouvent à Nohant, et ce séjour lui était-\nil agréable ?\nQuand a-t-il vu Sand pour la der-\nnière fois ? A-t-il demandé à la revoir ?\nEn a-t-il parlé et dans quels sentiments\navant de mourir ?\nQUESTION 10.\nPourquoi est-il allé à Londres en 1848?\nCombien y est-il resté? Pourquoi en est-\nil revenu ? L'anecdote que m'a racontée\nM. Sch[l]esinger sur les leçons qu'il\ndonnait à la Reine Victoria qui venait les\nprendre chez lui, Chopin étant trop souf-\nfrant pour sortir, est-elle authentique .J\nQUESTION 11.\nDe quelle année date sa maladie de\npoitrine ? Quelle était son humeur dans\nles derniers temps ? A-t-il regretté la\nvie ? Voyait-il approcher la mort avec\nterreur ? Quand a-t-il cessé de compo-\nser ? A-t-il exprimer le désir d'écrire\nencore, alors qu'il ne le pouvait plus?\nLaisse-t-il quelques œuvres inachevées,\net de quel genre ?\nQUESTION 12.\nQuels ont été ses derniers moments ?\nLe fait raconté par les journaux de mu-\nsique qu'il a demandé à se parer de ses\nhabits de concert quand il sentait la\nmort approcher, est-il vrai ?\nA-t-il reçu les derniers sacrements ?\nJ\nLes a-t-il demandés ou refusés ? Et quel\nprêtre est venu à son lit de mort ?\nde propagande, on n'en faisait pas non\nplus auprès de lui, elle n'aurait pu l'at-\nteindre. Il avait l'esprit trop clairvoyant\npour ne pas prévoir les malheurs du\ntemps, trop de cœur pour y rester indif-\nférent, et trop de jugement pour se mêler\nde n'importe quelle agitation politique.\nRÉPONSE 9.\nIl paraîtrait que le mariage de la fille\nde Sand a fait juger cette époque\nassez sérieuse pour une mère, pour que\nle séjour à Nohant de Chopin ne pût\ncontinuer sans de graves inconvénients.\nLa fille a assisté pieusement à sa mort.\nLa mère n'était pas à Paris. Il n'en a\npas parlé à ses dernières heures.\nRÉPONSE 10.\nAttiré en Angleterre par quelques amis,\nil y fit un séjour de 8 mois ; mais le cli-\nmat lui devint mortel. Il n'a jamais rien\nraconté d'extraordinaire de ses relations\navec les hauts personnages de ce payé,\nsinon qu'ils avaient pour lui une bien-\nveillance empressée.\nRÉPONSE I I .\nL'autopsie n'a rien révélé sur le prin-\ncipe de sa mort. La poitrine a paru être\nmoins compromise que le cœur. La mort\na été celle d'une âme pure, résignée et\ncroyante. Pas le moindre nuage d'outre-\ntombe n'est venu assombrir ses derniers\nmoments. La confiance de la foi et de\nl'amour reposait tout entière dans ses\ntraits. Il a laissé des dispositions précises\nqui condamnent au feu ses compositions\ninédites.\nRÉPONSE 12.\nIl suffit d'avoir vu Chopin une seule\nfois dans sa vie pour le croire incapable\nde la petitesse d'esprit pour se préoc-\ncuper du choix d'un genre de parure\npour recevoir la mort. Il l'a reçue en bon\ncatholique, ayant fait toutes ses dévo-\ntions sous la direction et par les soins\nde son ancien ami l'abbé Jelowicki."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.48", "debut_caractere": 112, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "La lettre suivante, sans signature, était entourée d'une bande qui portait cette\ninscription (de l'écriture de Mlle Stirling) : Psse Cqartoryska :\n■\nMonsieur, Monsieur Chopin,\nRue Saint-Lazare, Cour d'Orléans.\nMon cher Chopin, Iza est dans son lit depuis vendredi soir ; je suis inquiète,\ncar son rhume est si fort et si tenace que cela ressemble à une petite fluxion de\npoitrine.\nAdieu, mon cher Chopin, nous ne pouvons vous voir aujourd'hui. J'espère\nque votre santé ne souffre pas de cet horrible temps. 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DE THUN, clans une lettre adressée :\nLouis Ivleinwachter, Docteur en droit,\nAltstadt, lange Casse, maison Ballabene\nou\nCari Helminger jun., Docteur en droit,\nAltstadt, un hôte rare à « Goldener Baum »,\nà Prague.\net écrite de Paris, 28-111-1835, recommande très chaudement Chopin, le louant\ncomme musicien et comme homme.\nMme Sophie Bascaux recommande Chopin au Dr Curie[}] demeurant à Londres\n(14-IV-1848).\nCh. Gavard recommande Chopin à M. Hall, membre de la rédaction, ou\nmême îédacteui du (( The art-union Journal » à Londres. Dans cette lettre,\nécrite en français, se trouve le passage suivant : Chop. est très modeste, il craint\nque les gens n essayent de tirer parti de son nom (du moins il me le semble ; la\nléclame 1 effraye. Surveillez-ie sous ce rapport ; il ne pourra trouver de meilleurs\nconseils que chez vous et sil iaut qu un journal parle de lui, que ce soit un\njournal comme le vôtre.\nLa comtesse DE NESSELRODE KALERGIS recommande Chopin à lord Ossulston\nà Londres, et le prie de le recommander à lord Malmesbury \"}] (15-VI-1848A\nALie D. D OBRESCOFF recommande Chopin clans les trois lettres suivantes à\nc^es Personnes habitant Londres :à M. Henri Bering, àla baronne Brunow et à\nlord Pembroke. (Ces trois lettres sont datées du 11-IV-1848.)"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN° 1 (quatrième année)\nler1er Janvier\n1904.\nR. M.\nI\n\nXavier LEROUX"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.2", "texte": "XAVIER LEROUX\n\nXavier Leroux, le compositeur de la Reine Ficimmette, est né en 1863 à Velle-\ntri (États Romains). Ce n'est pas un jeune, malgré ses quarante ans ; car nous\nappelons en musique jeunes les vieux compositeurs qui à soixante ans n'ont pas\nencore été joués. 11 est né à Velletri, mais ce n'est pas un Italien. Son\npère était chef de musique au 59e de ligne (il est l'auteur de nombreux mor-\nceaux pour musiques militaires, dont l'un, une Soirée près du lac, est encore\nau répertoire des orchestres régimentaires). et Xavier Leroux a vu le jour\npendant l'occupation italienne par les troupes françaises ; son père avait fait\ncampagne à la tète de sa musique et de son régiment ; puis à Rome il avait\népousé une Transtévérine. Xavier Leroux a donc du sang italien dans les veines.\nSa musique a une chaleur, une ferveur qui rappelleraient par moments une mu-\nsique italienne ayant franchi les Alpes pour s'anoblir et se civiliser au contact\nde la musique symphonique.\nXavier Leroux a fait toutes ses études au Conservatoire ; il fut un des meil-\nleurs élèves des classes de MAI. Théodore Dubois et Massenet. Il obtint un\nier prix cl harmonie et un accessit de piano en 1881 ;le premier prix de fugue et\nde contrepoint en 1884 : le second grand prix de Rome la même année, et le\npremier grand prix l'année suivante, en 1885. XL Xavier Leroux est professeur\ncl harmonie au Conservatoire.\nSes principales oeuvres jouées sont Endyniion (1890), cantate, poème de\nM. Augé de Lassus ; la musique de scène de Clcopâlrc (1890), qui accompagna\nle drame de Sardou à la Porte Saint-Martin ; Ilarold (1892 , ouverture drama-\ntique exécutée aux Concerts Lamoureux; William Radcliff', dont le 3e tableau a\nété joué au Concert Colonne (1 ouvrage a été reçu il y a deux ans à l'Opéra-\nComique, puis retiré; ; Evangéline, drame lyrique, de Louis de Grammont et\nHartmann, représenté à Bruxelles en 1895 ; l.a musique de scène des Perses\nd'Eschyle (Odéon, 1896) ; une Messe avec orchestre ; Vénus et Adonis, exécuté\nchez Colonne en 1890; Astarté, opéra de Louis de Grammont, représenté à\nl'Opéra en 1891 ; la musique de scène de la Sorcière de Sardou (1903 , et enfin\nla Reine Fiammelle.\nM. Xavier Leroux a encore clans ses cartons un opéra, Y Epave\\ une comédie\nlyrique, Printemps parfumé.\nIl est l'auteur de nombreuses mélodies : le Nif Floraison, Chrysanthème,\nPensée de printemps, etc., etc.\nSon talent est cl une souplesse rare, ainsi qu'on peut facilement en juger par\nses deux œuvres les plus récentes, Astarté et la Reine Fiammette. Aux sonorités\norchestrales qu'il avait mises au service d Astarté à l'Opéra, il a fait succéder les\narabesques délicieuses de la Reine Fiammette à l'Opéra-Comique. Son écriture\nmusicale est d'une rare sûreté. Xavier Leroux, qui a été nommé chevalier de\nla Légion d'honneur en 1902, est un maître avec lequel il faut compter."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.3", "texte": "XAVIER LEROUX\n\nLa Reine Fiammette est un drame romantique tout à fait exquis, de Catulle\nMendès. C'est un rêve délicat de poète où se mêlent le frivole et le tragique,\nc'est une fantaisie réelle et ailée, qui évoque la musique et devait tenter un jour\nou l'autre un compositeur. Ce n'est point là le livret d'opéra tel que l'entendent\nnos habituels faiseurs, mais la vraie comédie lyrique, dont l'invention serait\ndue à Shakspeare et dont les vers participeraient de Victor Hugo et de\nThéodore de Banville ; c'est de ces trois grands génies que peut se réclamer\nCatulle Mendès dans sa Reine Fiammette, qui, jouée d'abord chez Antoine, puis\nreprise à l'Odéon, est réapparue à l'Opéra-Comique avec une partition de\nM. Xavier Leroux, aussi délicieuse que le poème alanguissant puis terrible du\npoète.\nLa Reine Fiammette est une petite souveraine, gentille, évaporée, aimante,\net prenant facilement feu pour les galants chevaliers : d'où son nom de Fiam-\nmette, petite flamme. Son vrai nom est Orlanda, et elle règne sur le minuscule\nEtat de Bologne. Elle a pour mari un aventurier, Giorgio d'Ast, à qui il ne\nsuffit point cl être le mari de la reine; il voudrait gouverner. La reine est en-\ntourée d'ennemis, entre autres César Sforza, un cardinal qui souhaite la voir\nmourir pour pouvoir annexer le royaume qu'elle possède à celui du Pape.\nSfo rza confie à Danielo, un jeune franciscain exalté, le soin de tuer Orlanda ;\nil a fait croire à Danielo qu'Orlanda avait fait tuer le frère dont il pleure la\nperte.\nOr, Danielo aime une femme inconnue chez laquelle il se rend tous les soirs.\nCette inconnue n'est autre que la Reine Fiammette. Danielo, surpris chez elle\nle poignard à la main, est arrêté ; il va mourir. Pour le sauver, la Reine cède\naux instances de son mari et abdique. Mais, comme elle n'est plus reine, son\nmari la fait emprisonner, et l'Église la condamne à avoir la tête tranchée sous\nprétexte qu'elle est favorable aux doctrines de Luther. Elle demande à revoir\nDanielo avant de mourir. Il vient à elle revêtu de son costume de franciscain ;\nelle lui jure qu'elle n'est pour rien dans le meurtre de son frère. Justement outré\nd'avoir accusé à faux Orlanda, Danielo se précipite sur Sforza ; il est à son\ntour condamné à mort ; et tous deux périront ensemble, heureux d'être unis\ndans un même trépas.\nCette histoire d'amour avait déjà la musique de sa poésie. Catulle Mendès\nl'avait enluminée de ses rimes d'or; et l'histoire n'a rien perdu de sa coloration,\nde son intérêt, à se revêtir de musique. Le conte est devenu un livret de drame\nlyrique, tout comme s'il était né à l'état de livret.\nLa partition de M. Xavier Leroux est une œuvre brillante, forte, vigoureu-\nsement pensée. Elle commente de façon prodigieusement intelligente le poème\nen 1 auréolant de l'atmosphère qu'il fallait. Nous sommes sous la Renaissance\nen Italie, et la musique de la Reine Fiammette est italienne, elle chante à sou-\nhait. Elle a surtout pour qualité d être en communion parfaite avec l'inspi-\nration du poète.\nNous nous réservons d'y revenir plus tard, car nous nous reprocherions\nd émettre sur une partition de cette importance des jugements hâtifs et super-\nficiels. Nous nous contentons pour aujourd'hui d'en donner dans notre Supplé-\nment un extrait considérable. \" ' \" \" ~ \"v*\n\nLOUIS SCHNEIDER."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.4", "texte": ".MESS ALIN E\n\nThéâtre de la Gaieté : Messaline.\nTRAGÉDIE LYRIQUE D'ARMAND SILVESTRE ET EUGÈNE MORAND, MUSIQUE\nD'ISIDORE DE LARA\nL. L.\n0).\nLa première épouse du pauvre empereur Claude nous est surtout connue par\nquelques vers de Juvénal et quelques passages de Suétone qu il serait assez mal-\naisé de mettre à la scène, même aujourd'hui ; aussi faut-il savoir gré à MM. A.\nSilvestre et E. Morand d'avoir quelque peu idéalisé leur héroïne ; au lieu de la\nsinistre créature qui, selon Tacite, « lasse des joies trop faciles de 1 adultère,\ncherchait des plaisirs inconnus », ils nous ont montré une sorte de don Juan fé-\nminin, qui poursuit l'amour parmi les mirages de la volupté :\nEspérances d'amour, à mon cœur défendues !\nMoi, mépriser l'amour, quand c'est lui qui me fuit !\nC est vers lui que je vais\nSur la mauvaise route,\nPar les chemins mauvais\nDe l'angoisse et du doute ..\nJe brûlerai mon âme à l'éternel flambeau,\nJe trouverai l'amour, fût-ce au fond du tombeau !\nSans doute il y a en ces cris beaucoup d'affectation et de névrose ; mais cette\nMessaline proche parente de Néron nous agrée mieux que celle de l'histoire,\ninfiniment moins romanesque (mais qui sait, après tout }).\nLe roman qu'elle vit devant nous est fort simple : deux frères sont venus de\nNicomédie ; Hélion est lutteur, et sa force en fait l'idole du peuple romain ;\nHarès est poète, et flétrit en ses chansons les scandales du palais impérial Tous\ndeux veulent tuer l'infâme Messaline. Mais elle, capricieuse et friande de nou-\nveauté, s'éprend d'abord du chanteur, pour la haine qu'il lui a vouée, puis du\nlutteur, pour sa force, La jalousie arme l'un contre l'autre les deux frères.\nHélion tue Ilarès, mais, incapable de soutenir son crime, se jette dans la fosse\naux lions du cirque. Et ceci nous donne cinq tableaux : les jardins du palais,\nune taverne à Suburre, une villa où s'abritent les amours de Messaline et d lié-\nlion, les bords du Tibre, et enfin la loge impériale au cirque. Le poème est\nd'une écriture très fine et soignée, trop fine et trop soignée peut-être, car une\npartie des images et des effets de rythme se perd lorsque les vers sont chantés.\nMaisMme Calvé est toujours remarquable par la sûreté de sa voix et de son styleT\nM. Renaud est admirable en sa longue robe d'Asiatique aux gestes souples et\nlents, à la voix charmeuse, et M. Duc donne bien l'impression de vigueur lourde\nqui est dans son personnage. Quant aux décors, ils sont magnifiques, et peu-\nplés à souhait de riches costumes : ce ne sont que toges à bandes de pourpre,\nrobes de gaze, casques et cuirasses, et roses piquées aux chevelures. Le public,\na montré, dès le premier soir, combien ce luxe lui plaît ; et ceux qui ne sont\npoint sensibles aux pompes théâtrales iront voir, comme une curiosité, ce drame\nà grand spectacle, venu d'un pays de vie facile, de soleil et de gaieté, de fleurs\net de parfums, de cavalcades et de mascarades, où il suffirait d'un semblant de\nmusique pour faire tourner les têtes.\n(i) Représenté pour la première fois à Monte-Carlo le 21 mars 1899."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.5", "texte": "COMMENT ON RÉPÈTE A L'OPÉRA-COMIQUE\n\nPromenades et visites musicales : Comment on répète\nà l'Opéra-Comique.\n\nVous êtes-vous jamais demandé comment une œuvre musicale fait pour passer\ndes mains de l'auteur devant les yeux et les oreilles des spectateurs, quel chemin\nelle suit, quelles transformations elle subit ? Il y a là un coin assez curieux et\nassez ignoré à mettre en lumière. J'ai pensé qu'il pourrait intéresser pendant\nquelques instants les lecteurs de la Revue musicale.\nQuand une œuvre a été reçue pour être jouée à l'Opéra-Comique, elle prend\nson rang d'inscription, son numéro d'ordre dans la série des spectacles que le\ndirecteur montera. Ce rang,ce numéro d'ordre, ressemblent aux règles de gram-\nmaire, faites pour être violées : eux, ils ne sont pas suivis. Un directeur joue une\npièce avant ou après telle autre parce qu'elle fait contraste, parce qu'elle varie le\ngenre, parce qu'elle est d'une autre école, parce qu'elle transporte le spectateur-\ndans une époque,dans un pays tout différents, etc., etc. Cent motifs en apparence\ntrès secondaires peuvent décider de la mise à la scène ou du recul d'une pièce.\nNous prenons le cas d'une partition qui va être représentée. Voici comment on\nprocède.\nM. Carré convoque toujours chez lui (et non au théâtre) le directeur de la mu-\nsique à l'Opéra-Comique et le chef d'orchestre pour leur donner une audition au\npiano de l'œuvre qui entrera en répétitions prochainement. L'auteur est généra-\nlement aussi convié à cettejecture en comité très privé. Le directeur lui indique,\naprès cette séance, les changements qu'il croit nécessaires pour la réussite de\nl'ouvrage. Il y a quelquefois des actes entiers à refaire après cette audition. En\nvain l'auteur essaie de prouver au directeur qu'il a eu raison ; le directeur, qui est\ntrès homme de théâtre (le contraire serait surprenant), sait à merveille ce qui\nconvient à son public ; ils plaident chacun pro domo \\ et après que chacun a fait\nvaloir ses arguments et convaincu son adversaire, il s'agit de réaliser les correc-\ntions demandées.\nCe travail fait, les répétitions peuvent commencer sérieusement. La clef de\nvoûte pour les études d'une partition, c'est le chef de chant. D'accord avec le\ndirecteur de la musique, le directeur choisit un chef de chant qui, assisté du com-\npositeur, apprend à tous les artistes petits et grands leur rôle. Il le leur apprend\nmusicalement, leur indique bien nettement la valeur de chaque note, la signifi-\ncation de chaque signe ; bref il les style, les dégrossit d'abord et les polit ensuite.\nCe n'est pas là une sinécure, on le comprend de reste.\nDe son côté, le chef des chœurs, assisté de l'auteur et instruit par lui, s'occupe\nde faire chanter les chœurs. Il prend à part les basses, puis les barytons, puis les\nténors, ou bien il s'occupe des soprani, des mezzos et des contralti ; et quand\nchaque subdivision de choristes a compris ses explications, il fait travailler tout\nson personnel de façon à fondre les voix, et à arriver à une exécution chorale aussi\nirréprochable que possible.\nAutrefois le chef du chant était chargé de diriger les derniers ensembles d'ar-\ntistes réunis. Le chef d'orchestre n'était alors pour ainsi dire qu'un simple bat-\nteur de mesure, presque le second du chef de chant.\nA 1 Opéra-Comique, le chef de la musique, M. André Messager, et le premier\nchef d'orchestre, M. Alexandre Luigini, changèrent ce régime d'infériorité dans"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.6", "texte": "COMMENT ON REPÈTE A L OPERA\n\nlequel se trouvait le chef d'orchestre. En province, du reste, cette situation ne se\nproduit jamais : il est d'usage constant que le chef d'orchestre assiste à tous les\nensembles d'artistes et apporte ses idées et ses observations à la mise au point\ngénérale de l'œuvre. C'est ainsi qu'on procède à l'Opéra-Comique depuis la\ndirection de M. Albert Carré.\nPuis, pendant toutes les répétitions de scène au piano, le chef d'orchestre est là,\ncar il a véritablement ainsi la conduite musicale de l'œuvre qui lui est confiées\nQuand l'ouvrage commence à être su par les artistes et par les chœurs, l'or-\nchestre fait des lectures à part. C'est là un travail qui va assez rapidement ; car\nles musiciens de l'Opéra-Comique, fort consciencieux et très expérimentés, ont\nprouvé qu'ils savaient s'assimiler les œuvres les plus ardues et de l'esthétique la\nplus opposée. La méthode suivie, c'est encore 1 étude des groupes partiels, avant\ncelle de l'ensemble : ainsi, le quatuor à cordes, l'harmonie,les cuivres s'il y a lieu,\nétudient isolément, avant de se réunir. Il y a quelque temps, avant l'exécution\nd'une œuvre très difficile, on lisait dans les couloirs de l'orchestre cette note ma-\nnuscrite et signée parle chef : Messieurs les violonistes sont priés d'étudier leurs\ntraits, à part, avant la répétition cTaprès-demain. En somme, pendant une période\nassez longue, les nombreux artistes qui préparent la représentation ressemblent\naux ouvriers d'une usine travaillant à la confection d'une machine très compli-'\nquée : chaque groupe d'ouvriers a une pièce à faire, mais ignore ce qu'est ou sera\nla machine elle-même.\nEnfin, lorsque le travail de mise en scène est très avancé, et que l'orchestre\nlui-même est prêt, on ne fait plus que des répétitions d'orchestre, de chœurs et\nd'artistes réunis. C'est là le dernier travail qui précède la répétition générale\ndevant la presse et la première représentation devant le public. Mais si c'est le\ndernier, ce n'est pas ie moins long, ni le moins compliqué. C'est là qu'apparais-\nsent nettement les taches ou les tares ; c'est à ce moment que sont prises par le\ndirecteur les résolutions héroïques qui retardent de huit jours une œuvre, à part\ncela complètement sue et au point. Il serait presque impossible de se rendre\ncompte auparavant des imperfections d'un ouvrage, des impossibilités ou\nmauvaises réalisations scéniques et musicales. C'est là enfin que les nerfs du\nchef d'orchestre sont mis à de délicates épreuves par les artistes de tout ordre;\nLes uns infligent un démenti, à force de courtoisie au moins apparente, au mot\ncité par Wagner dans son opuscule sur l Art de diriger : (( Pour être un bon chef\nd'orchestre, il faut être grossier )) ; lès autres n'infligent pas de démenti.\nVoilà pour la musique et pour le chant. Ajoutez à tout ce travail si minutieux\nla présentation des costumes, leur essai, leur groupement ; ajoutez que le matin\nles machinistes répètent la pose des décors ; qu'on règle aussi (et ce n'est pas\nun des points les moins importants) les effets de lumière. Ces répétitions pour\nla mise au point des décors et de la lumière se font, dans d'autres théâtres ly-\nriques, tels que la Gaîté, le soir, après le spectacle.\nQuand à TOpéra-Comique tout est ainsi minuté, prévu, combiné, îépété, su,\non se décide à livrer la pièce à l'appréciation de la critique et des spectateurs. Il\ny a évidemment des œuvres dont l'effet, dont la réussite est moindre que d'au-\ntres : mais on peut émettre ce principe qu'à l'Opéra-Comique toutes affrontent la\nscène àprès avoir été l'objet d'un soin égal; chacune a été armée pour la lutte, et\nbeaucoup reviennent victorieuses qui ailleurs auraient à peine un succès d'estime.\n\nLOUIS SCHNEIDER."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.7", "texte": "L'IMITATION EN MUSIQUE\n\nL'lmitation en musique.\n\nSi Ton veut étudier l'art musical au point de vue sociologique, il faut prendre\ndes formes de composition nettement définies, et en expliquer la genèse. Voici, à\npropos du canon, —genre qui, à première vue, est bien abstrait, une observa\ntion très simple que le lecteur pourra facilement généraliser.\nDans un des plus beaux livres qui aient paru depuis treize ans (i), M. G.\nTarde, aujourd'hui membre de l'lnstitut et professeur au Collège de France,\nexamine d'abord la question suivante : Qu est-ce qu'une société 1\nOn a répondu à cette question en disant : (( Une société est un groupe d'in-\ndividus qui se rendent de mutuels services. )) Sans doute, dans une société, les\nindividus s'entr'aident mutuellement ; cette définition n'en paraît pas moins\ninexacte à M. Tarde, pour plusieurs raisons. En voici deux qui sont péremp-\ntoires : 10 s'il était vrai que l'échange de services est ce qui caractérise essentiel-\nlement une société, il en résulterait que les sociétés par excellence sont les sociétés\nanimales : non pas celles des castors, des abeilles ou des fourmis, mais celles\nd'animaux très inférieurs, les siphonophores, par exemple, où la division du\ntravail est poussée si loin, que les uns mangent pour les autres, qui digèrent\npour eux... (( On ne saurait concevoir de plus signalé service )), ajoute spirituel-\nlement M. Tarde. 2° Il y a des gens qui se rendent des services très réels et entre\nlesquels, pourtant, semble s'élever une barrière infranchissable : ainsi, aux An-\ntilles, les émigrants chinois et hindous ont beau être liés à leurs maîtres de race\nblanche par des offices réciproques et par des contrats, (( jamais un lien vérita-\nblement social ne s'établit entre eux, carilsne parviennent jamais à s'assimiler. )>\nQu'est-ce donc qu'une société ? C'est, répond M. Tarde, un groupe de gens\nqui s'imitent, étant semblables les uns aux autres sur un grand nombre de points\nessentiels. Vous parlez le même langage (français, anglais, allemand...) que les\nhommes au milieu desquels vous vous trouvez ; vous vous habillez comme eux ;\nvous suivez les mêmes coutumes, les mêmes modes, parfois les mêmes entraî-\nnements, etc... Voilà une société. (( La société, c'est l'imitation )), dit l'éminent\nphilosophe en se résumant.\nCette théorie est trop favorable à la thèse que j'ai examinée ici (2), pour que je\nne m'en empare pas.\nJe ne crois nullement jouer sur les mots en disant : la loi de la composition\nmusicale, c est limitation.\nC'est surtout à l'origine de l'art que cette loi apparaît avec un caractère d'évi-\ndence (peut-être, nous pouvons le remarquer dès maintenant, parce qu'alors la\nsociété est plus homogène qu'aujourd'hui, je veux dire moins individualiste, et\nplus fortement nouée autour de quelques dogmes). Le premier genre sur lequel\nles grands compositeurs se sont exercés, est lecanon. Or, le canon n'est pas autre\nchose qu'un exercice à'imitation (si l'on prend ce mot dans le sens philosophique).\nDans la fugue, le thème initial engendre bientôt un contre-sujet : il ressemble à\nla cellule vivante qui, pour se développer, se partage en deux ; le canon, au\ncontraire, est une composition où la même mélodie se répète, d'une partie à\n\n(1) Les lois de l'imitation, étude sociologique par G. Tarde (Paris, Alcan, 1890).\n(2) Voir la Revue musicale des ier juin, ier août, ier septembre 1903."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.8", "texte": "L'IMITATION EN MUSIQUE\n\nl'autre, comme une ondulation dont le champ s'étend peu à peu. Un docteur\nallemand, M Otto Klauwell, a consacré à ce genre curieux une étude substan-\ntielle (i) dans laquelle il dit : « Pendant longtemps, le développement du canon\ns'est confondu avec celui de l'art musical. »\nComme exemple, je citerai la célèbre composition anglaise qu'on trouve à\nl'origine même du genre, et qui, encore aujourd'hui, est un sujet d etonnement\net d'admiration pour les historiens. C'est une composition de caractère pastoral,\nsur le retour du printemps et sur le chant du coucou. Découverte au xvme siècle\npar l'Anglais Hawkins dans un manuscrit dußritish Muséum, elle a été long-\ntemps attribuée au xvc siècle; mais le Flamand de Coussemaker, dans son livre\nl Art harmonique aux XIIe et XIIIe siècles, a prouvé qu'elle avait été copiée par\nun moine dont la dernière écriture est datée de 1236. On est donc obligé de la\nconsidérer, jusqu'à preuve du contraire, comme une œuvre de la première moitié\ndu xme siècle.\nCette composition est construite sur la mélodie suivante, que je citerai d'abord\ndans le texte original, et dont je donnerai ensuite une traduction en notation\nmoderne :\nTraduction :\nLa croix placée, sur le texte original, après la neuvième note, veut dire qu'à\nce moment précis la deuxième voix doit faire son entrée en reprenant la mélodie\nà son début. La troisième voix fait son entrée dans les mêmes conditions, après\nla neuvième note émise par la 2e voix, et à une distance double de la première;\nil en est de même pour la voix suivante et dernière, qui entre à une distance\ntriple du début. Ainsi s'établit un chœur à 4 parties.\nCe n'est pas tout. Ce groupe de quatre voix a, pour accompagnement continu,\nles deux formules suivantes :\n\n(1) Le Canon et son développement historique (en allemand), chez Kahnt (Leipzig)."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.9", "texte": "L'IMITATION EN MUSIQUE\n\nTraduction :\nOn remarquera que ces deux formules alternent : la première voix (a) est\nd'abord àla partie de dessus, puis passe à la partie de dessous, et la seconde\nvoix (b) suit un mouvement contraire. Cette sorte d entrelacement se reproduit\nd'une façon ininterrompue, depuis le début jusqu'à la fin. C'est encore de V (( imi-\ntation », mais d'une forme particulière, qui s'appelle le rondel.\nNous avons donc, au total, un canon à 4 partiesaccompagné par unrondel à 2,\nsoit deux systèmes d im tation associés.\nVoici la traduction, en écriture moderne, du début de cette pièce qui est fort\nbelle (bien qu'on y rencontre quelques suites de quinte), jusqu'à l'entrée de la\n4e partie :\nLa réduction au piano est impossible, à cause de la multitude des parties ;\nvoici cependant comme on pourrait présenter les 4 premières mesures :\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.10", "texte": "LES MAITRES D AUTREFOIS\n\nAdolphe ADAM (1803-1856).\n\nF admire des œuvres telles que le Siegfried de Wagner ou le XVe quatuor de\nBeethoven ; mais je n en considère pas moins comme un chef-d'œuvre en son genre\nle Chalet d'Adam : chef-d'œuvre d'équilibre dans la composition et de verve aima-\nble [qu'il n'est jamais inutile de rappeler, car dans son Dictionnaire et dans son\nHistoire de la Musique au xixe siècle, M. Hugo Riemann, à l'article (( Adam\noublie de le mentionner !) Adam manquait de profondeur ; mais il surabondait\nde facilité mélodique. Parmi ses autres ouvrages, on peut citer : Pierre et\nCatherine (1829), Danilowa, Trois jours et une heure, Joséphine Le mor-\nceau d'ensemble, Le grand prix, Casimir (1831), Le proscrit (1833), Une bonne\nfortune (1834), La marquise, Micheline ( 183 5 ), Le postillon de Longjumeau (1836),\nLe fidèle berger (1838), Régine, la Reine d'un jour (1839), la Rose de Péroné,\nle Secret (1841), le Roi d \\ vetot ( 1842), Cagliostro (1844), la Bouquetière (1845),\nLes premiers pas(iB47), le Toréador, le Fanal,Giralda ( 1850), le Farfadet (1852),\nla Poupée de Nuremberg, Si j'étais roi, le Sourd, le Bijou perdu (1853), le Roi\ndes Halles, le Muletier de Tolède (1852), Falstaff (1836), les Pantins de Violette,\nGisèle (1841), le Corsaire (1855)•» etc. Adam est doublement Français, étant\nné à Paris le 24 juillet iSoy. Il fut élève de Boïeldieu, professeur au Conservatoire\net membre de, l Institut. On lui doit, outre ses œuvres personnelles, plusieurs\n(( arrangements » dont il vaut mieux ne pas parler.\n\nG."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.11", "texte": "L'ENSEIGNEMENT DU CHANT DANS LES LYCÉES\n\nL'Enseignement du chant dans les lycées.\n\n« M. Saint-Saéns, en ce moment en Egypte, écrit qu'il vient de terminer une composition\nchorale, Hymne à la France, destinée à être chantée par les élèves de nos lycées ». Telle est la\nnote que publiait le journal le Temps, dans son numéro du 18 décembre. Nous pouvons la com-\npléter en ajoutant que le télégramme par lequel l'illustre compositeur annonçait cette bonne\nnouvelle était adressé a M. Jules Combarieu, directeur de la Revue musicale, auteur des paroles\nde Y Hymne à la Fiancerons sommes heureux de reproduire ici quelques lignes du rapport adressé\npar M. Saint-Saëns à M le Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts. Nous rappelons\nque l'enseignement des lycées jusqu'à la classe de sixième est aujourd'hui un enseignement\nprimaire.\nL introduction obligatoire dans\nlenseignement primaire de l'é-\ntude cle la musique est une mesure\ndont les résultats peuvent être\nimmenses au point cle vue de l'élé-\nvation du niveau de l'intelligence\ndans notre pays. Le développement\nde la culture musicale est l'indice\ncertain d'une civilisation supé-\nrieure ; il suffit d'être pénétré de\ncette vérité pour comprendre la\nnécessité de travailler à ce dévelop-\npement avec toute l'énergie pos-\nsible.\nJusqu'à ce jour on avait cru\ntrouver dans la formation et l'en-\ncouragement des sociétés orphéo-\nniques le levier nécessaire au\nmouvement musical populaire. Le\nmoyen était bon, sans doute, mais\ninsuffisant. La raison en est que\nles sociétés orphéoniques, compo-\nsées d'adultes, prennent l'homme à\nun âge trop avancé déjà pour que\nl'étude de la musique lui soit\nprofitable. D'un autre côté, les\nfemmes étant exclues des sociétés chorales, celles-ci se trouvent bornées àun\ngenre restreint dont il leur est impossible de sortir.\nL'étude des premiers éléments de la musique, qui présente quelquefois aux\nadultes des dillicultés insurmontables, n'est qu'un jeu pour les enfants. En intro-\nduisant, comme vous le désirez, cette étude dans les écoles, on formera sans\neffort des générations de jeunes gens des deux sexes tout préparés pour le chant\nlorsque leur voix sera formée .. sans parler de l'élévation graduelle du goût musi-\ncal, qui sera la conséquence forcée de cet état de choses et qui mènera les masses\nà préférer aux chansons grossières, dont elles se contentent trop souvent, les\njouissances pures et élevées de la musique d'ensemble.\nA mon avis, l'étude de la musique dans les écoles primaires (jusqu'à nouvel\nordre du moins et jusqu'à ce que l'expérience ait apporté dans la question ses\n\nLES ENFANTS CHANTEURS."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.12", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE ET DE CONTREPOINT\n\nindispensables lumières) devrait se borner au solfège à une ou plusieurs voix :\ncette étude devrait commencer aussitôt que les enfants savent lire couiamment.\nLa commission aura à examiner quels seront les ouvrages qui devront servir à\ncet enseignement Les plus simples seront les meilleurs. Les excellents solfèges\nde Batiste, des solfèges anciens plus élémentaires encore peut-être, pouiront\nêtre choisis. La commission n'aura, en cette matière, que 1 embarras clu\nchoix.\n\nC. SAINT-sAÈNS.\n\nExercices d'harmonie et de contrepoint.\n\nIV. — L'échappée.\nL'échappée est une broderie incomplète, où, nous dit la théorie classique, il \\\na une note sous-entendue:\nReber et M. Malhomé (i) considèrent ces deux formules comme identiques.\nL'échappée, elle aussi, se fait sur un temps faible ; elle n'est usitée qu'à la\npartie supérieure ou dans la partie mélodique prédominante. Sa résolution est\ntoujours irrégulière et se fait à intervalle disjoint (tierce ou quarte) :\nL'échappée peut recevoir la broderie et l'appoggiature :\n(( On peut faire une double échappée successive ainsi que des échappées doubles\nsimultanées, marchant en tierces ou en sixtes. ))\nJe reproche à cette théorie, comme je bai déjà fait pour d'autres (( artifices »,\nde distinguer des notes importantes et des notes accessoires là où une conception\nvraiment artistique de la mélodie ne permet pas cette distinction. Je crains en\noutre qu'en ne considérant comme importantes que les notes faisant partie de\n1 harmonie, elle n'ait pour conséquence de restreindre fâcheusement, de subor-\ndonner, et, pour tout dire, de paralyser chez l'élève l'invention mélodique. Je lui\nreproche enfin d'user d'un procédé commode pour l'enseignement, mais très con-\n\n(i) Traité de] artifices mélodiques (Leduc)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.13", "texte": "CONCOURS DE MUSIQUE\n\ntestable, en identifiant des choses qui ne sont pas identiques. J'ouvre la partition\nde Robert le Diable, et je tombe sur ce passage (acte IV) :\nDirez-vous qu'une telle phrase est identique à celle-ci ?\n(.A suivre.)\n\nJ. C.\n\nConcours de musique.\nLa mode est aux concours.\nI. Le Gramophone a décidé, lui aussi, d'en offrir un auquel tout le monde\npourra prendre part, et qui donnera à chacun une chance de devenir proprié-\ntaire d'une machine.\nLa raison qui nous décide à ouvrir ce concours est la nécessité de con-\nnaître l'opinion générale sur nos artistes, et la valeur de leurs disques. Nous\nen éditons et vendons environ 5 millions par an, et nous devons nous baser sur\nle goût général pour les créations futures.\nPour obtenir ce renseignement si précieux, nous ne reculons devant aucnn\nsacrifice.\nA l'heure actuelle, le Gramophone est si répandu dans la société qu'il est\nconnu de tous, que tous seront prêts à répondre aux questions du concours.\nEn tout cas, les représentants en province et nos différentes maisons à Paris,\nsont à la disposition du public pour lui faire écouter les disques qu il désirera\nentendre, afin de l'aider dans le choix de ses réponses.\nLes réponses devront être envoyées au plus tard le 15 février. Nous avons\nchoisi cette date afin que les personnes qui, à l'époque du Jour de l'An, auront\neu un Gramophone comme cadeau, puissent aussi être déjà au courant des dif-\nférents morceaux de notre catalogue.\nA la fermeture du concours, les solutions des concurrents seront additionnées\net classées. Les prix seront répartis entre ceux qui auront donné les solutions\nles plus rapprochées dans l'ordre de mérite et opinions combinés des réponses.\nC'est donc la majorité qui sera juge impartial. En cas de solutions égales, la\npriorité sera donnée à la solution qui arrivera la première.\n11. Pour les concours de composition, harmonie, histoire, etc., qu'elle a\nouverts avec prix en espèces (voir notre numéro du ler novembre), la Revue\nmusicale a reçu de nouveaux travaux dont elle accusera prochainement réception\n(en citant les devises)."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.14", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles.\n\nLES BÉNÉDICTINS DE SOLESMES.\n\n— Chant grégorien : Paroissien romain contenant\no <v> 7\nla messe et l'office pour tous les dimanches et fêtes doubles (chez Desclée, Tournai,\ni vol. de 1238 p.). On sait clans quelles circonstances les Bénédictins de So-\nlesmes ont dû quitter leur monastère et ont vu leurs biens mis sous séquestre.\nL'ouvrage qu'ils publient aujourd'hui malgré leur exil sera accueilli avec la\nplus grande faveur dans le monde catholique et dans le monde des musiciens\nqui, sachant le prix et la beauté du plain-chant, savent aussi avec quels scru-\npules d'exactitude, quelle science profonde et quel respect des antiques traditions,\nles Bénédictins préparent leurs livres. Tout au plus regretterai-je de trouver\ndans celui-ci (ou, plus exactement, dans la préface qui est en tête) une\nterminologie scientifique un peu excessive. L'auteur reprend d abord les\nmots arsis et thesis (mots grecs signifiant : élévation, abaissement) qui ont\nun double inconvénient : ils déplairont à un certain nombre de grammai-\nriens éminents, très experts en matière de rythme, qui veulent absolument pro-\nscrire ces vocables, comme source de perpétuelles difficultés. En outre, dans une\nmusique purement vocale et de rythme libre, ils sont inutiles. Inutile aussi, car il\nlait au moins double emploi, le mot (( touchement » — touchement de quoi ?(i) —\npour indiquer un moment du rythme; inutile surtout la barre de mesure que je\n111 étonne de trouver dans des transcriptions grégoriennes (eh Pourquoi cette\nbarre de mesure, dont on peut bien dire qu'elle n'est pas de la maison ? L'auteur\nparaît avoir voulu introduire ici une théorie qu'il a brillamment soutenue\nailleurs (voir les derniers fascicules de la Paléographie musicale) et qui se refuse\nà considérer le premier temps de la mesure comme un temps fort. Cette doctrine\nsera acceptée sans difficulté par les musiciens, en ce sens que nul, je crois, ne\nsera assez barbare pour dire que, dans un morceau de musique, le premier temps\nde chaque mesure est nécessairement et toujours accentué. Mais on se tromperait\nen croyant que cette opinion est identique à la doctrine qui veut placer l'arsis\n(forte) avant la barre de mesure, et la thesis (faible) après. En tout cas, c'est, je\ncrois, embrouiller les choses inutilement, que de faire intervenir le concept de\nla mesure là où on peut et doit s'en passer. Vous voulez qu'on dise :\ndf- | -es 1- | -rae di- | -es il- | -la.\nau lieu de :\nI df es | 1 rae | di es | il la.\nJe dis, tout simplement :\nelles irae, dies fila.\nJe supprime cette malencontreuse barre de mesure qui m'est aussi inutile que\ndes ficelles placées perpendiculairement sur un tableau pour le diviser en parties\négales; de plus, en faisant cela, je n'ajoute rien aux manuscrits, je me con-\nforme strictement à leurs indications, et,.., nous sommes d'accord, car nous\ndisons la même chose.\n.... - ' • - - •- < < v i\n\n(1) « Le point précis où, dans sa marche, le mouvement rythmique touche le sol (sic) est dit\naussi touchement ou ictus. » (Préface, p. xix). Ce langage me paraît bien singulier.\n(2) Préface, p. xx et suiv. La barre de mesure n'apparaît point dans le cours de l'ouvrage."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.15", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nEnfin, je considère comme inutile un schéma que je ne peux même pas repro-\nduire ici, car il est une innovation pour la typographie comme pour la musique :\nEn matière de rythme, je crois qu'il ne faut pas étendre mais simplifier et\nréduire les signes traditionnel.\n\nJ. C.\n\nJULIEN TIERSOT : Hector et la Société de son temps (I vol. in-16, 371 p.,\nG.\ni \\ I ✓ 1 X ✓\n. — M. Julien Tiersot, qui, étant attaché à la Bibliothèque du Conserva-\ntoire, est bien placé pour utiliser certains documents, a réuni de façon très agréa-\nble, dans cet intéressant volume, les principaux faits et témoignages concer-\nnant la vie de Berlioz. Il ne me semble pas cependant que M. T. ait profité de\nrécents travaux qui ont mis en lumière, grâce à la publication de pièces au-\nthentiques, plusieurs points importants; je n'y reviendrai pas, le principal\nayant été dit ici même (Revue musicale du 15 août1. En se mettant au courant,\nM. I. eût évité quelques menues erreurs (comme, par exemple, celle qui con-\nsiste à appeler le père du compositeur (( le docteur Berlioz », alors qu'il était\nofficier de santé). M. T., qui croit toujours à un Berlioz incompris et persécuté,\nprend pour authentiques des paroles que Berlioz, par un procédé de polémique\nbien connu, met dans la bouche de ses adversaires ; telles sont les sottises qu'il\nfait dire à Boïeldieu et à Auber (V. p. 216 et 217). Je crois qu'il faut savoir\ndémêler, dans ces textes, ce qui est peut-être vrai, et ce qu'une malice un peu\nléroce a (( arrangé ». Je crois trouver dans le livre de M. T. — qui, en somme,\nn'apporte aucun document nouveau — une rédaction un peu hâtive. Cette hâte\nse traduit tantôt par un peu d incohérence dans l'exposition, tantôt par des\nlacunes regrettables dans une étude biographique, tantôt par des formules sin-\ngulières, comme celle-ci (p. 82) : « Chacune des périodes passionnelles de Berlioz\ncorrespond à une époque distincte de l'histoire de l'art, dont chaque femme aimée\npeut être regardée comme un symbole. Estelle, du moins dans la première\npartie du roman, c est le sentiment encore vague, profond pourtant, de Chateau-\nbriand. Henriette, c'est le romantisme dans ses aspirations les plus hautes, tan-\ndis que Camille était le romantisme échevelé, excessif, vite démodé. Pour\nMarie Recio, elle représente 1 école du bon sens dans toute son horreur. » Il y\navait là une idée ingénieuse, mais cette galerie de femmes-symboles est bien\nbizarre! Enfin, il faut se garder de croire qu'on nous fait connaître la Société\nau temps de Berlioi quand on juxtapose les témoignages des musiciens ou au-\ntres artistes avec lesquels le grand compositeur eut des relations. Le sujet est\ntout autie ; mais je reconnais qu il était très difficile à traiter convenablement.\n\nEMILE RATEZ. — Traité élémentaire de contrepoint et de fugue (Paris, A. Leduc).\n\n— Il existe, sur ces graves sujets, cle gros et savants traités, si gros que leur prix\nles rend inaccessibles à la plupart des jeunes artistes, si savants que l'on se perd\ndans le dédale des règles et des exceptions, et que l'art musical apparaît comme\nune sorte de kabbale, aux grimoires indéchiffrables. M. Ratez a pensé avec rai-\nson qu'il fallait offrir aux élèves un traité vraiment élémentaire, qui les guide au\nlieu de les égarer. Il y a réussi, et son ouvrage se recommande par des mérites\nde sobriété et de clarté que 1 on n'a pas toujours le plaisir de louer, chez les pro-\nfesseurs de composition. Il faut lire, en particulier, le chapitre de la fugue tonale,\nsi embrouillé, si hérissé de préceptes partout ailleurs. M. Ratez se contente"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.16", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nd'énoncer le principe : (( Si le sujet va de la tonique à la dominante, il est néces-\n(( saire que la réponse ramène la tonalité de la dominante à la tonique. )) Quel-\nques exemples montrent ensuite de quoi il s agit, et certes tous les cas ne sont\npas prévus ; mais un traité ne peut tout prévoir, c est 1 enseignement du maîtie\nqui doit résoudre les difficultés particulières. Avec cela, rien n est négligé pour\nfaire comprendre à l'élève 1 intérêt de ces exercices, et, en quelques lignes,\nM. Ratez sait lui montrer toutes les formes musicales contenues, en germe, dans\nl'aride fugue d'école :\nLa fugue est le plus bel exemple d'architecture musicale qu on ait trouvé. Son plan consiste\nen une exposition très simple de l'idée mélodique principale et des idées accessoiies, combinées\nensuite entre elles de façons différentes et de manière que l'intérêt de la composition aille sans\ncesse en croissant depuis le commencement jusqu'à la lin. Ce plan a été appliqué par les maîtres\ndans d'autres formes musicales, spécialement dans la musique symphonique, et même, mainte-\nnant que la symphonie a conquis le théâtre, dans la musique dramatique, car 1 on peut considé-\nrer les drames wagnériens comme de grandes fugues dramatiques ayant autant de sujets que la\nsituation comporte de personnages réels ou fictifs.\nVoilà de larges aperçus, qui doivent donner à penser. Mais en même temps\nM. Ratez n'oublie pas que contrepoint et fugue d'école ne sont encore que des\nmoyens, et que l'art musical a des fins supérieures :\nL'étude du contrepoint et celle de la fugue, à laquelle il aboutit, doivent être considérées\nsurtout comme une gymnastique destinée à acquérir et à développer la facilité d'écriture, et la\nscience de l'architecture musicale. Poussées trop loin, elles peuvent aller contre leur but et dessé-\ncher l'imagination, au lieu de la féconder, en l'occupant à des choses sans portée et sans applica.\ntion pratique.\nNous croyons que tous les étudiants musiciens tireront grand profit de la\nlecture du petit livre de M. Ratez, directeur du Conservatoire de Lille.\n\nL. L.\n\nD. YZELEN. — Esquisses de R. Schumann pour piano-pédalier transcrites pour\ndeux pianos (quatre mains). (Alphonse Leduc, 3, rue de Grammont.)\n\n1\n— Les\nquatre esquisses que M. D Yzelen vient de transcrire pour deux pianos sont tirées\nde l'op. 58 de l'OEuvre de Schumann. Le grand souci de l'auteur a été de respec-\nter entièrement l'œuvre et de s'attacher surtout à en faire une transcription stric-\ntement exacte. Cette transcription est très pianistique et d'exécution facile. Par\nsa volonté de faire dialoguer les pianos entre eux, et grâce aux thèmes que\nceux-ci se renvoient, M. Yzelen a su rendre les parties qui leur sont confiées fort\nintéressantes pour l'exécutant ; il a su, en outre, empêcher la monotonie inhé-\nrente à tout accompagnement pur et simple.\nLes deux première esquisses, en ut mineur et ut majeur, présentent d'intéres-\nsantes analogies. La première est d'un rythme que Schumann affectionne. Bien\ncaractéristique aussi est le repos à la dominante dans la première période (mo-\ndulation en sol majeur). Au surplus, le second motif de cette esquisse donne\nlieu à un amusant contrepoint sur lequel, de temps à autre, le rythme du début\nrevient pour faire place finalement au thème initial qui termine le morceau.\nLa seconde esquisse paraît être une dérivation de la première : l'on dirait une\nvariation de celle-ci, mais d'un caractère plus large. Comme dans la précé-\ndente, Schumann expose sa première idée en concluant la première période mé-\nlodique initiale dans la tonalité de sol. Au demeurant, l'allure de cette pièce est\ntouchante ; le sentiment est d'une majestueuse sérénité ; une sorte d'hymne à la"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.17", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\nR. M.\n2\n\ngloire semble se dégager de ce premier thème. Le second thème, de courte\ndurée, nous présente un développement calme et serein. Enfinlechant triomphal\ndu début reparaît et s'achève avec éclat.\nL'avant-dernière esquisse en la b est celle qui a toutes nos préférences. On y\nretrouve la note humaine et romantique particulière à Schumann, surtout dans\nla seconde phrase en ré b, qui est pleine de tendresse :\nEt n'est-ce pas encore une trouvaille que Schumann seul pouvait faire, ce\nmême motif présenté avec un mouvement chromatique de basse qui le rend plus-\nexpressif et plus intense grâce à une harmonie inattendue ?\nC'est surtout là ciue nous aimons le poète-musicien : parce côté de profonde\nhumanité, par ces accents d'infinie tendresse, il nous communique irrésistible-\nment quelque chose d ineffable\nVIENNENT DE PARAÎTRE :\nChez Leduc : Dix mélodies enfantines, édition scolaire à une seule voix sans\naccompagnement, par Edmond MISSA. (Charmant petit recueil ; il est regrettable\nqu'on n'ait pas indiqué, dans le texte des mélodies, les endroits où l'élève doit\nrespirer ; mais c'est une lacune qui sera comblée par le maître.)—Deux valses\npour piano (valse mélancolique valse gaie), par Gustave SANDRE. Prix : I fr. 35\net 2 fr. Caprice-Impromptu, par Albert LANDRY (I fr. 75).\nChez Breitkopf et Martel : Les Sonates de Beethoven pour piano, op. JO, nos 1 R\n2 et q, et op. 7, nouvelle édition revue, doigtée et annotée par Adophe F. WOUTERS,\nprofesseur au Conservatoire de Bruxelles (à Paris, chez Costallat, édit.). Excel-\nlente édition, au sujet de laquelle nous n'avons à faire qu'une réserve : la place\ndu legato ne correspond pas toujours aux divisions rythmiques de la phrase.\n\nADALBERT MERCIER."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.18", "texte": "LES CONCERTS\n\nLes Concerts.\n\nCONSERVATOIRE.\nJ. C.\n— Très brillant programme au dernier concert : i° La Sym-\nphonie Écossaise (n° 3) de Mendelssohn, qui n est pas une œuvre de génie, mais\nune œuvre brillante, bien équilibrée, fort sagement et correctement écrite. Le\nScherzo assai vivace, qui rappelle certaines pages du Songe d une nuitd été, a été\nexécuté avec une grâce vive et légère tout a fait charmante. 20 A la Musique, poui\nvoix de femmes, avec solo, d Emmanuel Chabrier (paroles d Edmond Rostand).\nIl y a treize ans j' entendais répéter ce très joli chœur chez M Jules Griset, pour\nl'inauguration de son hôtel .'les chanteuses étaient M1116 Enoch, Mme Chamerot,\nMlle de Noguéra, Mlle Marie Lemoine, les élèves de Mmc Viardot ; au piano d'ac-\ncompagnement était assis Chabrier lui-même, qui relevait les fautes avec impa-\ntience, exigeait une justesse parfaite, des oppositions subites de forte et de piano,\ndes raffinements singuliers d'expression Au Conservatoire, le chœur a plu\nsans provoquer d'enthousiasme. 30 Concerto en mi bémol, pour piano, de Mozart.\nJe ne sais rien de plus difficile que de jouer cette œuvre aimable et superficielle,\nun peu ténue et noli me tangere, sans tomber dans l'affectation et la préciosité ;\nM. Philipp, professeur de piano au Conservatoire, ancien élève de Stephen\nHeller, et très justement réputé comme professeur, s'est acquitté de cette tâche\ntrès ardue avec un goût irréprochable ; son jeu pur, délicat, agile et sobre, bril-\nlant dans les (( cadences », est bien celui qui sied au maître d'une grande Ecole.\nEspérons que le grand artiste nous jouera prochainement une œuvre plus\nvirile et de sens plus profond. 40 Orphée, poème symphonique de Liszt. J'avoue\nne pas comprendre ce poème... Je ne sais pas ce que Liszt a voulu faire. C'est\nune sorte de méditation dont le sens m'échappe .. 50 Trois chœurs a cappella du\nxvie siècle, Hodie Christus natus est de Nanini, Ce mois de may de Clément Janne-\nquin (qui a eu les honneurs du bis), et Mignonne, allons voir si la rose, de Cos-\nteley, ont été chantés en perfection. Il est impossible d'arriver à plus de précision\net d'unité fondue dans la demi-teinte. 60 L'ouverture du Vaisseau-fantôme a ter-\nminé ce très beau concert avec éclat. — Comme observation générale, je ne puis\nm'empêcher de souhaiter : que l'orchestre n'exagère pas, comme il le fait quel-\nquefois, selon la tendance commune aujourd'hui, certaines oppositions de mou-\nvement ; que les trompettes sachent, à l'occasion, modérer leur force, pour ne\nrien écraser ; que l'harmonie arrive à un ensemble rigoureusement exact dans\nles attaques.\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — Dimanche 13 décembre.\n\n— Si l'échec de la Dam-\nnation de Faust, du vivant de Berlioz, a étéla grande injustice du public, on peut\ndire que nous l'expions largement aujourd'hui. — Toujours la Damnation ! La\nDamnation partout ! De Brème à Baie, de Lille à Nancy, du Châtelet au Nouveau-\nThéâtre ! Et partout, même foule et mêmes triomphes.\nL exécution par l'orchestre Chevillard m'a paru plus fine et plus soignée\ndans le détail que celle de l'orchestre Colonne ; mais elle a souvent manqué\nd emportement romantique. C est ainsi que le ballet des Sylphes fut joué d'une\nfaçon parfaite, mais que la Sérénade (ou la scène des buveurs) n'avait point\n1 accent âpre et brutal qui lui convient. La Marche hongroise fut d'ailleurs su-\npérieurement dirigée, et déchaîna l'enthousiasme habituel."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.19", "texte": "LES CONCERTS\n\nMme Faliéro-Dalcroze donne au rôle de Marguerite un caractère de pureté vir-\nginale ; et sa voix est fraîche etcharmante. M. Van Dyck accentue avec son éner-\ngie ordinaire un texte qui gagnerait souvent à être moins mis en lumière.\nM. Fournets fut très applaudi en Méphistophélès.\n\nR. R.\n\nCONCERTS COLONNE. — Dimanche 20 décembre.\nROMAIN ROLLAND.\n— Une des meilleures exécu-\ntions que j'aie encore entendues de l'Enfance du Christ de Berlioz. Sauf un peu\nde lourdeur dans les dessins trop appuyés des violons, à la scène du Repos de\nla sainte Famille, — sauf une sécheresse un peu dure des bois, qui ont un rôle\nsi important et si beau dans toute l'œuvre, — l'ensemble a été joué avec une\nsimplicité et une poésie tout à fait rares. — Et quelle œuvre admirable ! Quel\npur chef-d'œuvre, si l'on pouvait en retrancher les trois quarts de l'inutile pre-\nmière partie ! Et comme, après l'avoir entendue, on se sent près de célébrer\nl'heureuse ignorance de Berlioz, qui méconnaissait Bach, et qui pouvait écrire\nun oratorio, sans être encombré par les réminiscences et les traditions de style\ndes maîtres allemands de l'oratorio ! C'est à cette ignorance qu'il a dû d'écrire\nune œuvre issue du plus pur sentiment populaire. Si cette divine idylle n'est pas\nplus tard inscrite parmi les chefs-d'œuvre classiques d'art, je me demande ce\nqui sera classique.\nDeux chanteurs exquis : M. Dantu, qui a dit le rôle du Récitant avec un\ncharme pénétrant ; et M. Jean Reder, ce délicat et parfait artiste, dans le rôle de\nsaint Joseph. Mme Auguez de Montalant a chanté avec émotion le rôle de Marie.\n— Le trio des deux flûtes et de la harpe (MM. Barrère et Blanquart, et MmePro-\nvinciali-Celmer) eut un grand et légitime succès. C'est de l'art italien le plus\npur. Du Bellini supérieur. La musique méditerranéenne de Nietzsche.\n\nSALLE PLEYEL : LES QUATUORS DE BEETHOVEN.\n\n— Nous devrions tresser des\ncouronnes à MM. Tracol, Schneklud, Monteux, Dulaurens. En exécutant ma-\ngistralement — sans une défaillance — les derniers quatuors de Beethoven, ils\nnous ont procuré les jouissances musicales les plus hautes qu'on puisse éprou-\nver. Au moment où il écrivit ces œuvres colossales, Beethoven était très ma-\nlade ; et les circonstances extérieures, au lieu de lui apporter quelque consola-\ntion, faisaient de sa vie un martyre. Or, voici les caractères successifs de son\nœuvre. (On me permettra de reproduire ici, en toute sincérité, des notes prises\nau cours de l'exécution.)\ni° Quatuor ii° 12 (op. 127). a) Maestoso d introduction. Energique et résolu. Le\nthème principal revient deux fois ; si bien que le morceau est construitsur le plan\nd'une sonate, b)Allegro. Frais, jeune, gai,charmant, câlin. Est-ce du Beethoven?\nEst-ce du Mozart ou du Haydn ? c) Adagio, molto cantabile. Tendresse. Lon-\ngueur divine dans l'expression du sentiment. Vers la fin, un peu de plainte en\nmineur ; mais c'est une plainte à la Chérubin, d) Scherzando vivace. Décision ai-\nmablement crâne dans l'enjouement. Gaieté jeune qui badine, lève la tête et a\nson panache. De la coquetterie, quelques intrigues légères, et même des effets\ncomiques. Fantaisie prenant ses libres ébats. De la lutinerie et des surprises.\nAssaut de verve chez les quatre instruments, e) Finale. Frais et vif. Allure de\nronde populaire, beaucoup de jeunesse et de grâce. Humour qui, peu à peu,"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.20", "texte": "LES CONCERTS\n\ndevient gaieté triomphante. P'antaisie très libre ; grande variété de modulations ;\nétonnante richesse d'idées.\n20 Quatuor n° iy. a) Adagio. Gravité religieuse ; puis, explosion de fantaisie,\nmais verve un peu étrange, et dialogues peu nets entre les instruments... Un peu\nétrange et bizarre. La composition est irrégulière et rhapsodique. Ala fin, des\ndissonances, mais qui viennent des hasards du contrepoint et ne sont nullement\ndes cris de souffrance. Composition mal équilibrée, un peu froide, peu réussie (r).\nb) Presto. Exprime une humeur un peu maussade. Mais c'est une fâcherie d'opéra\ncomique, sans importance, et quifait valoir de jolis contrastes, c) Andante cou\nmoto. Très belle construction thématique, mais d'expression subtile et peu nette.\nLa cordialité alterne avec l'humour, d) Allegro, alla danza tedesca. Danse. Char-\nmant et pur style de Haydn. Grâce et sérénité. Gaieté saine et paisible de villa-\ngeois allemands, un jour de fête. Chef-d'œuvre de grâce et d'aisance. Fleur épa-\nnouie de bonne santé morale, avec un sourire d'ancien régime, e) Adagio -Cava-\ntine. Dès la première mesure, plein ciel. Tendresse profonde, adoration chan-\ntante. Divine longueur ; un souffle étonnant dans la phrase. Nous passons cfun\nmonde à l'autre; ce sont comme des infinis 4qui s'ajoutent... f) Finale. Débute\ncomiquement par des octaves piquées de l'alto, reprises ensuite aux autres par-\nties. Les quatre instruments reprennent l'un après l'autre, pour s'amuser, un mo-\ntif de raillerie et ont l'air de se faire la nique. Intrigues, bouderies, raccommo-\ndements. Caractère nettement bouffe du morceau. Jeu plein d'esprit.\nQuatuor 11* 14 (op. iyi). a) Adagio. Elévation un peu plaintive rappelant le\nstyle de l'orgue, b) Allegro. Beaucoup de vivacité, marche très sûre et très\nrégulière de la composition. Un peu de tristesse secrète, b) Andante. Dialogue\ncharmant entre les deux violons. Polyphonie très savante, plus compliquée que\ndans les premiers quatuors (avec, au fond, un peu de morbidezza). c) Presto.\nFranchise et gaieté. Le soleil d'or de Haydn reparaît et fait tout refleurir dans la\numière. Jolie transition en pizzicati (une note pour chaque instrument avant la\nreprise, d) Adagio. Très bref, mais triste et plaintif, e) Allegro. Très décidé,\ntrès vif, aimablement crâne, mais avec des changements d'allure assez fré-\nquents.\nQuatuor n° iy [op. 772) Impossible à classer avec les mots qui désignent\nles sentiments humains. Adagio : plein ciel. Sécurité parfaite dans le sublime.\n1 Iymne d'actions de grâces à la Divinité (dans le mode lydien). Plus de quatuor â\ncompartiments ; tous les mouvements s'enchaînent. Rien de désordonné ; mais\nune grandeur unique, le maximum de sentiment vrai dans le maximum de\ngénie, une longueur divine\nChez M. et Mme Lucien Berton, le dimanche 27 décembre, ont été exécutées\nbrillamment plusieurs œuvres de notre éminent ami M. Bourgault-Ducoudray,\nentre autres l'admirable Chanson de la Bretagne, qui comprend : Berceuse d Ar-\nmorique, Dans la grande hune, Nuit d'étoiles, la Chanson des nuages, Chant d'Aès,\nChanson du vent qui vente, Sône. MM. Lucien Berton, Louis Duttenhofer,\nMmes Gandrey, Gabrielle Monchablon, Madeleine Goyt, ont obtenu, comme\ninterprètes, un vif succès. Nous reviendrons sur l'œuvre musicale et bretonne de\nM. Bourgault-Ducoudray.\nNOUVEAU-THÉÂTRE. —M. Reynaldo Hahn, l'auteur délicat de la Carmélite et\nde tant de compositions bien connues, mérite la reconnaissance de tous les mu-\n\nJ. C."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.21", "texte": "LES CONCERTS\n\nsiciens pour la noble pensée qu'il a eue de nous faire entendre un chef-d'œuvre\nencore ignoré du public parisien : Don Giovanni, opéra bouffe en deux actes, de\nMozart. Quelques compositeurs ont eu l'idée très hardie de refaire l'oeuvre de\nMozart (sans se gêner d'ailleurs pour les plagiats), et d'écrire, sur le même\nsujet, un nouvel opéra en quatre actes, avec ballets, symphonie, marches,etc..'fCes\ntentatives, que nous avons déjà jugées, ne doivent pas nous faire oublier l'œuvre\nde Mozart. M. Hahn, qui tient l'orchestre dans sa main, a dirigé l'exécution avec\nautant de conviction que d'intelligence et d'autorité. Le public a fait une ovation\nà Mmc Lili Lehmann, Mll13 Jeanne Leclerc (Zerlineh Mme de Vère. MM. Bonci,\nPaul Daraux, Challet, ont eu un très vif succès. Plus d'un spectateur a sans doute\nregretté l'absence de décors et de costumes ; espérons que cette lacune sera bien-\ntôt comblée, et qu'un directeur de théâtre, ne craignant plus le reproche d'ar-\nchaïsme, aura l'excellente idée de monter le Don Juan de Mozart.\nSALLE HERTZ. Dans les séances des 23 décembre, 14 et 23 janvier, MM. Ga-\nbriel Jaudoin et Alberto Bachmann exécuteront les dix sonates de Beethoven\npour piano et violon. (Billets à la salle Hertz, chez Ricordi, boulevard Malesher-\nbes, 62, et chez Mamelle, ibid., n° 22.)\nSALLE ZEOLIAN.— Une audition d'oeuvres de M. J. Urich aeu lieu le 11 décembre\nà la Salle Hvolian. Signalons un trio en mi mineur, d'une correcte facture, et une\nFantaisie écossaise sur des airs attribués à Marie Stuart, joués à la perfection par\nMM. Parent et Fournier, les deux virtuoses bien connus dont les séances de\nQuatuor sont suivies, et Mlle Janey Urich, une jeune débutante dénotant par son\njeu élégant une haute école pianistique. Dans une Valse de Concert et une Chasse\naux papillons, morceaux pour deux pianos, Mlle M. Chaplain, secondée par Mile L\nCanton, a fait valoir la prodigieuse agilité de ses doigts. Quelques mélodies, dont\nnous notons surtout une Berceuse, dites avec charme par Mlle Mary Boyer, ont\ncouronné cette soirée artistique.\n\nSALLE PLEYEL.\n\n— Le concert des élèves de Mlle Baudin ( 17 décembre) présentait\nun intérêt particulier, d'abord à cause de l'excellente composition du programme,\noù l'on ne rencontrait que les noms de Bach, Brahms, C. Franck, Mozart, Cho-\npin, Couperin, Chabrier etGrieg. L'interprétation de ces œuvres a été très satis-\nfaisante, au point de vue de la netteté, de la sûreté et de l'intelligence, qui\nsont les qualités fondamentales. J'ai particulièrement goûté YAusonnienne et les\nBarricades mytérieuses de Couperin (publiées dans un de nos derniers Supplé-\nments), ainsi que les intéressantes Variations de Brahms sur un thème de Ilasn-\ndel. Le concert commençait par le Concerto de Bach pour trois pianos, œuvre\nmonumentale, aux puissantes assises, œuvre joyeuse aussi, où déborde la vie :\nces deux caractères ont été fort bien compris, et l'on a su se tenir à égale distance\ndes attendrissements faciles et de la froideur géométrique, chère à certains pia-\nnistes lorsqu'ils jouent du Bach. L'orchestre était composé d'un groupe d'élèves\ndu cours d'ensemble orchestral de M.deLacerda, sous sa direction : une partie\ndu succès lui est certainement due, car l'orchestre est, dans cette œuvre, la char-\npente solide sans laquelle tout s'écroulerait. Deux charmants chœurs de C.\nFranck ont fait apprécier la finesse et la discrétion de l'orchestre à cordes qui les\naccompagnait (M. deLacerda est l'auteur de cet arrangement) : on sentait qu'on\nse trouvait en présence d'un groupe d'amateurs, et non d'artistes désireux de se"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.22", "texte": "LES CONCERTS\n\nfaire entendre à tout prix. Enfin les deux Mélodies élégiaques de Grieg [Printemps\net Blessures de cœur) ont été rendues par l'orchestre avec une chaleur et une puis-\nsance rares. C'est là une musique expressive avant tout ; aussi ne donne-t-elle\nd'ordinaire tout son effet que sous les doigts d'un bon pianiste ; à l'orchestre, l'in-\ndifférence générale nuit à l'émotion. Tel n'a pas été le cas l'autre soir, parce que\ntous comprenaient la valeur des notes et savaient mettre à leur place les accents\nde ce discours musical. L'ensemble était parfait ; aussi les nuances ont-elles pris\nune force, et le rythme une liberté dont nos grands orchestres ne donnent pas\ntoujours l'exemple. Le succès a été grand et mérité.\nMme Tassu-Spencer, àce même concert, a joué avec une virtuosité incompara-\nble de la harpe chromatique. Le timbre est fort beau dans le grave, et se prête,\ndans toute l'étendue de l'instrument, à des effets de douceur exquise, inconnus à\nla harpe à pédales.\n\nL. L.\n\nSCHOLA CANTORUM.\nJ. TRILLAT.\n— La 2e séance mensuelle de cantates de Bach a eu lieu le\njeudi 17 décembre. — La cantate Ich habe genng, pour une seule voix 'de basse,\nest un monologue lyrique d'un accent tout moderne : je veux dire qu'il n'y a pas\nd'oeuvre plus humaine et personnelle. Nous ne parlons plus la même langue,\nmais cette poésie pathétique est déjà nôtre par l'émotion. Le vieillard Siméon,\nqui a tenu dans ses bias le Messie attendu, nous dit la douceur de son dernier\nsoir, et avec quelle paix sereine il courbe enfin son âme vers la tombe. Bach a\ntransformé ce chant suave et ingénu. C'est son âme à lui et toute l'âme allemande\nqui se reflètent dans ces phrases austères et pourtant frémissantes d'une allégresse\nmystique. La résignation a fait place à une foi volontaire qui est un acte plus\nqu'un sentiment. Mais elle a ses recueillements et ses rêveries attendries. Tel est\nle caractère de la première phrase, dont la fière allure est soutenue par un alerte\nhautbois : ce renoncement joyeux à la vie a un accent viril, presque stoïcien, et\nmalgré tout mélancolique par les retours du motif du début, ces redites de plus\nen plus brèves, et dont l'insistance et la satiété même sont expressives. Il faut\nlouer la voix vibrante et décidée de M. FrÔhlich. Il a mené vraiment l'orchestre :\ncelui-ci contient des éléments excellents, des solistes distingués, mais que leur\njeune chef semblait suivre plutôt que diriger.\nLe 26 décembre, exécution de Y Oratorio de Noël, de J.-S. Bach, sous la\ndirection de M V. d'lndy. Nous y reviendrons, ainsi que sur les séances hebdo-\nmadaires que Mlle Selva consacre à l'oeuvre du même Bach."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels et Informations.\n\nJURÉS ORPHÉONIQUES. — La série des concours ouverts en IQ03, par l'Asso-\nciation des Jurés orphéoniques, s'est terminée par l'audition des œuvres classées\ndans le groupe C. Voici les résultats de ce concours, qui a paru très satisfaisant :\nFanfares Prix Raoul Chandon de Briailles (à l'unanimité) à M. de la Tom-\nbelle, auteur de l'allégorie symphonique ayant pour devise : (( Quœrite, invenie-\ntis )).\nPremière mention, à la partition : Epithalame, devise : (( Va ton chemin )).\nDeuxième mention, au prélude de concert dont la devise est : (( Que de tout\ninconnu le Sage se méfie ».\nHarmonies. — Prix Raoul Chandon de Briailles, à M. Albert Dupré, auteur\nd'une fantaisie dont la devise est : (( Pour le mieux ».\nMention (à l'unanimité) à l'auteur de l'Andantino ayant pour devise : « Il faut\ntoujours essayer ».\n— 17 candidats sont actuellement en présence pour recueillir la succession\ndu regretté V. de Joncières (Inspection musicale) ; un grand nombre d'entre eux\nont des titres fort brillants et à peu près égaux.\n\nREIMS.\nJ. H.\n— Vendredi dernier, MM. Paul Dazy, maître de chapelle à Notre-\nDame, et Paul Baudoin, violoniste, donnaient, salle Degermann, leur deuxième\nséance de musique de chambre.\nAu programme figuraient :\n2e Sonate de Saint-Saëns, piano et violon.\nPrélude, choral et Jugue As César Franck, piano.\nSuite pour violon de Dvorak, et Sonate en la mineur de Schumann.\nCe beau programme ne pouvait manquer d'attirer un public de connaisseurs.\nAussi, tous les amateurs de belle musique— et ils sont nombreux à Reims !\n— s'étaient rendus à l'appel des deux artistes rémois, dont le succès a été\ncomplet.\nM. Paul Baudoin, élève de H. Marteau et de Rémy, a superbement interprété\nles divers morceaux du programme.\nQuant à M. Paul Dazy, il a joué d une façon merveilleuse l'œuvre de César\nFranck, et l'on ne saurait trop le féliciter du choix de cette page magistrale, si\nen rapport avec son tempérament artistique.\nPuisse ce nouveau succès encourager MM. Baudoin et Dazy à ne pas nous faire\nattendre trop longtemps leur 3e séance !\n\nNICE.\n\n— Les trois scènes principales de Nice semblent avoir fixé définitivement\nleur genre. L'Opéra s'en tient au grand drame lyrique ; le Casino à l'opéra\ncomique et à l'opérette. Quant à la Jetée-Promenade, elle paraît avoir adopté\nla comédie. Cela vaut mieux ainsi ; car, au début de la saison, avec une\nbonne troupe d'ailleurs, elle avait donné l'opéra italien la Somnambule> /'Amico\nFritz, etc. Comme, au Casino, la pièce à succès du moment est Paillasse ; qu'aux\nthéâtres populaires des faubourgs Politeama, Risso, etc.) on ne joue que du"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\n\nBellini, du Donizetti, du Giordano ou du Verdi, et dans leur langue maternelle\nencore ; qu'à l'Opéra les affiches annoncent Cavalleria Rusticana, nous avons\nfailli faire connaissance avec tout le nouveau répertoire italien, et même avec\nl'ancien !\nL'Opéra, que dirige habilement M. Saugey, a ouvert la saison parHérodiade,\nremis à neuf, avec la nouvelle version de la Gaîté, c'est-à-dire avec deux airs de\nballet en plus (on dansait pourtant déjà beaucoup dans cet opéra) et le malen-\ncontreux chœur des Romains, cher aux orphéons, en moins. Le vieux répertoire\nest définitivement abandonné pour les débuts : Hamlet, Sigurd, Manon, ont\nservi à présenter la troupe, assez bonne dans son ensemble, dans laquelle je me\ncontenterai de citer aujourd'hui les artistes connus : Mmcs Lola Miranda, Théry,\nReville, MM. Gérome, Leprestre, Fournets.\nL'orchestre a un bon chef, M. Dobelaer.\nAu Casino, Paillasse, assez convenablement monté, paraît plaire au public.\nM. Salignac, ténor consciencieux mais à la voix un peu faible, se taille un gros\nsuccès dans le rôle de Paillasse, grâce à des qualités scéniques appréciables.\nMme Landouzy est une séduisante Colombine, et M. Beyle met une fort belle voix\nde basse au service d'une bien piètre musique. Comme répertoire, on annonce\nZampa et Gal athée, maigre compensation ! L'orchestre, encore insuffisamment\ndiscipliné, deviendra certainement meilleur sous l'habile direction de son chef,\nM G. Coste, qui nous donne chaque semaine des concerts symphoniques très\nintéressants et dont le programme est très heureusement composé. Une large\nplace y est faite à la jeune école, représentée jusqp'à présent par MM. Charpen-\ntier, Debussy, 11. Rabaud, etc., que le public paraît totalement ignorer, et qu'il\nest bon de lui faire connaître.\nA Monte-Carlo, la saison théâtrale proprement dite n'est pour ainsi dire pas\nencore ouverte. On s'y contente pour le moment delà reprise d'opérettes con-\nnues.— Les concerts symphoniques, toujours très intéressants comme exécution\net comme programmes, nous ont donné, en dehors des œuvres courantes, du\nTaubert, du Goldmarck, et un festival Berlioz, qui ne diffère pas sensiblement\ndes autres festivals Berlioz, devenus si nombreux !\nSignalons encore à Nice la création, par notre confrère quotidien le Petit Niçois,\nd'une œuvre de Mimi-Pinson, sous le patronage de M. G. Charpentier.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nDÉCENTRALISATION ARTISTIQUE. Le théâtre de Besançon représentera cet\nhiver un drame lyrique en cinq tableaux intitulé Paul a, qui est, pour les paroles,\nde Mlle Jane Guail et de M. Edouard Droz, et, pour la musique, de M. Émile\nRatez, directeur du Conservatoire de Lille, auteur de l'opéra Lydéric, qui fut\nreprésenté avec succès dans cette dernière ville il y a six ans. L'action de Paula\nse passe à Besançon ( Vesontio) au 111 e siècle, au moment des persécutions contre\nles chrétiens.\n\nECOLE NIEDERMEYER. Élargissant son cadre, cette École aujourd'hui cin-\nquantenaire adjoint à son internat un externat pour les jeunes gens.\nElle ouvre également des cours hebdomadaires de musique pour les dames,\nles jeunes filles et les enfants.\nCes cours comprendront toutes les branches de l'art musical et seront faits\npar les professeurs de l'École, à part les cours de chant et de solfège, dont la"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.25", "texte": "INFORMATIONS\n\ntitulaire est Mme Amélie André Gédalge, ier prix du Conservatoire, officier\nd'Académie.\nIls s'adresseront, non seulement aux personnes qui veulent suivre la carrière\nmusicale, et qui trouveront dans ces cours une instruction solide et complète?\nmais aussi aux amateurs, chez qui ils développeront la notion du beau et qu'ils\nmettront à même d'apprécier et de goûter, comme il convient, les chefs-d'œuvre\nde l'art musical.\nPour tous renseignements, s'adresser à l'Ecole de Musique classique, 9, bou-\nlevard d'Auteuil, à Boulogne-sur-Seine.\n\nLYON. Après la disette, la pléthore.\nConcert delà Symphonie lyonnaise. Cette Société si jeune et si vaillante, qui\n■est composée d'amateurs, la seule donnant à Lyon des concerts d'orchestre (à\nla honte du Conservatoire et des professeurs de la ville), a résolu la question de\njouer des choses intéressantes devant des salles combles, en donnant ses concerts\ngratuitement.\nOn ne saurait donc assez louer le dévouement de ses membres, l'audace, le\ncourage, le désintéressement et le travail de son chef, M. Mariotte.\nAu programme, la symphonie en ut de Beethoven, le prélude du 3e acte des\nMaîtres Chanteurs, la Suite Algérienne de Saint-Saëns, dont la Rêverie, entre au'\ntrès, est une si belle page ! enfin deux danses de Brahms. Quelques mélodies de\nFauré (pas des meilleures) et quelques chants composés par M. Mariotte furent\nchantés par Mme Mauvernay.\nConcert Marteau. Avec le concours de M. W. Rehberg, professeur de piano\nau Conservatoire de Genève, le violoniste Marteau nous a donné une excellente\nexécution de 3 sonates : l'une de Schumann, la 2e de Brahms et la 3e de Richard\nStrauss. Dans ces genres si différents, l'interprétation d'ensemble fut parfaite, et\npour sa part M. Marteau, dont l'excellente tenue et la qualité de son si pure nous\na toujours séduit, est continuellement en progrès. Quand donc cet artiste supé-\nrieur sera-t-il apprécié comme il convient de notre public r Peut-être ses concerts\nne sont-ils pas assez chers pour attirer les habitués snobs et mondains de notre\nville !\n\nConcert Mauvernay.\nMONIC.\n— Avec le concours du violoniste Wolf et de la pianiste\nMarie Panthès, Mme Mauvernay, notre professeur de chant si connu, nous fît\nentendre les œuvres les plus diverses. Ne parlons pas des classiques qui y furent\nexécutés. Mais Mme Panthès nous fît comprendre toute la rudesse du prélude de\nRac'hmaninoff, et Wolff fut excellent dans les pièces de Fauré et Tchaïkowsky.\nMme Mauvernay, en interprétant des pièces de Schumann et de Hahn, recueil-\nlit les applaudissements auxquels elle est habituée depuis longtemps.\n\nBERLIN. La première de Manon (de M. J. Massenet) aeu lieu le sdécembre à\nl'Opéra. Cette œuvre avait déjà été jouée par une troupe française, l'année der-\nnière, au théâtre Kroll. Le duo du 3e acte a été fort goûté; une mention spéciale\nà MUe Géraldine Farrar, qui a été une exquise Manon. Orchestre absolument\nirréprochable, mise en scène plutôt médiocre pour un théâtre comme 1 Opéra\nde Berlin.\nA propos du centenaire de Berlioz très peu de concerts, et j'ai tout lieu den\nêtre surpris, étant donnée 1 admiration des Allemands pour Berlioz ; seul Wein-\ngartner a donné la Symphonie fantastique, à laquelle il a joint Y Ouverture des"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.26", "texte": "IN FORAI ATI ON S\n\nFrancs-Juges et quelques fragments de Roméo. De son côté, Nikisch avec la<\nPhilharmonique a également donné la Fantastique, et dans un autie conceit\nquelques fragments de la Damnation. La Symphonie )antastique a été accueillie\navec enthousiasme.\n\nNANCY. Pour compléter notre bibliographie des œuvres de M. V. d'lndy\n(n° du 15 décembre), disons que le Lied maritime (op. 43) a été exécuté pour la\npremière fois aux Concerts du Conservatoire de Nancy le 7 février 1897, et que\nle Choral varié (op. 55) a été également exécuté pour la première fois à ces mêmes\nconcerts le 8 novembre 1903, ainsi que nous l'annoncions d'ailleurs dans notre\nnuméro du 15 novembre. On devait s'attendre à trouver Nancy à cette affaire ;\non sait en effet avec quel goût sont choisies les œuvres que M. J.-Guy Ropartz\nprésente à son public.\nA tous les musiciens désireux de s'instruire ou de se perfectionner, nous\nrecommandons en particulier le cours d'accompagnement (Sonates piano et\nvioloncelle) qu'ouvrira, le 7 janvier 1904, 4, rue de Cicé, M. Raymond Marthe,\nle professeur si connu et apprécié.\n\nMODERNE. Notre distingué confrère, M. Antonin Reschal, fait paraître\ncette semaine un très curieux journal intitulé Moderne, dont il est l'unique\nrédacteur. Cet hebdomadaire de luxe de 16 pages en couleurs commence : les\nSpongieuses, roman demi-mondain inédit. Moderne ne sera envoyé que sur\nabonnement (un an, 20 fr.). Spécimen Jranco, 5, rue Monsieur, Paris.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. — Opéra.\nReceltes détaillées du 20 novembre au 20 décembre.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n21 Novemb.\n23 —\n25 —\n27 —\n28 —\n3o -\n2 Décembre\n4 —\n7 ~\n9 —\n11 —\n12 —\n14 —\n16 —\n18 —\n19 —\nPaillasse. — Samson et Dalila.\nOthello.\nFaust.\nOthello.\nLohengrin.\nFaust.\nRoméo et Juliette.\nL'Etranger. — L'Enlèvement\nau sérail.\nSamson et Dalila. — L'Enlève-\nment au sérail.\nLohengrin.\nTannhàuser.\nL'Enlèvement au sérail. — La\nKorrigane.\nLe Prophète.\nEEtranger. — La Korrigane.\nRoméo et Juliette.\nL'Etranger. — L'Enlèvement\nau sérail.\nLéoncavallo. Saint-\nSaëns.\nVerdi.\nGounod.\nVerdi.\nR. Wagner.\nGounod.\nGounod.\nV. d'Indy. Mozart.\nSaint-Saëns. Mozart.\nR. Wagner.\nR. Wagner.\nMozart. Widor.\nMeyerbeer.\nV. d'Indy. Widor.\nGounod.\nV. d'Indy. Mozart.\n11.240 5o\n12.557 91\n18.219 76\n1 3 606 91\nII.O5I »\n15.5 2 3 41\n14.957 76\n15.095 41\n12.664 41\n11.472 76\n17.422 41\n7.861 5o\n16.569 91\n15 413 76\n16.729 41\ni3.336 5o"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.27", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. — Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 novembre au 20 décembre\n\nLE MANS.—M. Mauraux Mauricea été nomméprofesseur de violoncelle à l'École\nnationale de musique du Mans, en remplacement de M. Guindon,démissionnaire.\n\nMARSEILLE. L'Association des Concerts classiques, sous la direction de\nM. Gabriel Marie, a fêté brillamment le centenaire de Berlioz par un beau pro-\ngramme symphonique, où étaient réunies les plus intéressantes pages musi-\ncales de ce maître :\nSymphonie fantastique, Roméo et Juliette, Damnation de Faust, Harold en Italie,\net ouverture du Carnaval romain.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Par arrêté ministériel en date du 14 dé-\ncembre 1903, une 112 bourse à l'École de musique classique de Boulogne-sur-\nSeine a été accordée àM. Léonard Jacques-Marie-Joseph, fils d'un professeur\nde piano, à Menton (Alpes-Maritimes).\n\nOPÉRA. Un concours pour une place de trombone, vacante à l'orchestre de\nl'Opéra, aura lieu prochainement. Se faire inscrire chez M. Colleuille, régisseur\nde la scène.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2 I\nNovemb.\nWerther.\nMassenet.\n10.061\n5o\n2 2\n— matinée\nLe Toréador. — La Tosca.\nAdam. Puccini.\n5.808\n5o\n22\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.490\n4.432\n5o\n2 3\n(12e pop.)\nMuguette.\nMissa.\n5o\n24\n—\nLouise.\nCharpentier.\n3.826\n»\n25\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n5.248\n»\n26\n—\nWerther.\nMassenet.\n9.182\n5o\n2 7\n—\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n4 994\n5o\n28\n—\nLa Tosca.\nPuccini.\n7-7^7\n5o\n29\n— matinée\nMuguette. — Le Maître\nde\nChapelle.\nMissa. Paer.\n6.o83\n5o\n29\n— soirée\nLa Traviata.\nVerdi.\n3.686\n5o\n3o\n( 13e pop.)\nLe Domino noir.\nAuber.\n3.8i6\n5o\nIer Décemb.\nCarmen.\nBizet.\n5.790\n5o\n2\nLa Tosca.\nPuccini.\n3.361\n5o\n0\n0\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n6.444\n5o\n4\nWerther.\nMassenet.\n5.923\n5o\n5\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n8.298\n»\n6\n— matinée\nLouise.\nCharpentier.\n5.629\n»\n6\n— soirée\nManon.\nMassenet.\n5.433\n5o\n7\n—\nMuguette.\nMissa.\n3.6i8\n»\n8\n—\nLes Noces de Jeannette.\n—\nLakmé.\nMassé. L. Delibes.\n6.128\n5o\n9\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.121\n»\n10\n—\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n6 313\n5o\n[ 1\n—\nW erther.\nMassenet.\n3.953\n8.542\n5o\n12\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n)>\n1 3\n— matinée\nLa Fille du Régiment. —\nLe\nMédecin malgré lui.\nDonizetti. Gounod.\n5.127\n5o\n13\n— soirée\nLakme. — Les Noces de Jean-\nnette.\nL. Delibes. Massé.\n5.376\n»\n14\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n/\n4.460\n»\n15\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n4.Q3O\n5o\n16\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n2.423\n5o\nl7\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n6.656\n»\n18\n—\nMireille.\nGounod.\n4.740\n»\n<9\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.249\n»\n20\n— matinée\nManon.\nMassenet.\n6.qg6\n5o\n20\n— soirée\nLe Domino noir.\nAuber.\n5.3 52\n»"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.28", "texte": "INFORMATIONS\n\nLILLE. — Concerts populaires.\nA. L.-L.\n— M. Alexandre Georges dirigeait, le 13 dé-\ncembre, à l'Hippodrome, deux de ses plus importantes compositions : la Nais-\nsance de Vénus, poème symphonique pour orchestre, et les Chansons de Miarka,\ndéjà célèbres, mais qu'on entendait à Lille pour la première fois avec orchestre et\nqui avaient pour interprète Mme Marteau de Milleville. la réputée cantatrice que\nnous avons applaudie l'hiver dernier dans Edith au col de cygne,de Georges llûe.\nLa Naissance de Vénus nous peint l'éclosion de la Beauté et de son culte par\nl'humanité, plongée jusque-là dans la misère et la bestialité. Le compositeur a\ntrès bien rendu la tristesse des premiers âges, sans poésie comme sans espé-\nrance, par une lente mélopée qui nous a rappelé le choral de la Symphonie\nrhénane de Schumann. Peu à peu l'idée de beauté se dégage de ces ténèbres et,\npar une habile progression, apparaît radieuse, dans la majesté des rythmes et\ndes sonorités de l'orchestre.\nL'orchestre a enlevé d'une façon irréprochable cette page véhémente, qui\ndénote un musicien de race et d'une grande sincérité Aussi a-t-elle véritablement\nséduit le public, qui lui a fait une chaude ovation.\nLes Chansons de Miarka ont été encore mieux accueillies. Cette musique tour à\ntour tendre, rêveuse, nonchalante, brûlante, flamboyante, où l'on sent passer\ndes élans d'amour et comme des cris de colère, qui passe du paroxysme de la\nsonorité à des douceurs exquises d'instrumentation et dont la partie vocale,\nmalgré les richesses de l'orchestration, est toujours prédominante, enfin et sur-\ntout la charmante voix de Mme Marteau de Milleville, sa parfaite diction et sa\nbeauté si expressive ont fait de cette audition un vérilable régal artistique dont\nles plus difficiles ont dû se déclarer pleinement satisfaits.\nOn nous annonce, pour le 17 janvier, le pianiste Growlez, un Lillois, élève de\nDiémer, professeur à la Schola Cantorum de Paris, et Pierre Carolus-Duran,\n•compositeur, le fils du célèbre peintre. Nous aurons donc une double raison\nd'aller encourager nos concitoyens et de les applaudir.\n\nSOCIÉTÉ DE MUSIQUE.\n\n— Le dimanche 20 décembre dernier, une foule consi-\ndérable assistait au deuxième concert de la Société de Musique de Lille,\nconcert consacré à Berlioz.\nLes chœurs de la Société prêtaient leur concours pour l'exécution de la grande\nMesse des Morts, de fragments de YEnfance du Christ ci de la Damnation. De\npareils chanteurs ne se rencontrent qu'à Lille et à Paris (l'Euterpe). Ce ne\nsont que des amateurs, tous excellents musiciens, recrutés dans le monde le\nmeilleur et le plus intelligent, et tous animés du désir de toujours mieux faire et\nde contenter leur chef. Ils sont deux cents, cent hommes et cent femmes. Et c'est\nun vrai régal que d'entendre ces voix jeunes, ardentes, rythmant et prononçant\nd'une façon impeccable.\nLa messe de Requiem, connue à Lille par quelques fragments seulement, a\nproduit un grand effet sur le public : le Dies irœ, et le Tuba mirum aux cuivres\néclatants, puis le Quid sum miser chanté par Em. Cazeneuve avec un art con-\nsommé. Je ne saurais dire assez l'effet produit par sa diction précise, son émotion\ncontenue, à peine soulignée par le sobre accompagnement des violoncelles et la\nplainte du cor anglais et du basson Le Rex tremendœ, l'offertoire, qui rappelle\ncomme construction la marche funèbre de Roméo et Juliette (thème plaintif\n•commençant aux violons, puis repris parles altos, les basses et les voix\\ et le\nLacrymosa à l'unisson final puissant et grandiose, ont permis aux chœurs et à l'or-\nchestre de montrer leur incontestable valeur, et au chef son habileté et son éner-\ngie (et l'on sait s'il en faut avec pareille œuvre et pareilles masses d'exécutants).\nLe concert avait débuté par l'ouverture du Carnaval Romain, que l'orchestre\njoua avec une belle fougue et où le cor anglais se fit applaudir pour sa sonorité\n?ronde etdiscrète. De Y Enfance du Christ furent donnés les trois premiers numé-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.29", "texte": "INFORMATIONS\n\nros de la deuxième partie : le prélude, Y adieu des bergers, dont le troisième cou-\nplet fut murmuré en ppp par les chœurs de façon exquise, et le repos de la sainte\nFamille, qui donna au noble artiste qu'est M. Cazeneuve l'occasion de se faire\napplaudir justement. Il lut aussi bissé dans l'invocation de la Damnation.\nM. Ananian chanta Y air des roses de la Damnation avec beaucoup d'ampleur et de\ncharme, et M 1 le M. P régi dans/a Captive(k la. tournurejbien romantique et vieillie)\net dans la romance de Marguerite, montra combien la musique de Berlioz lui\nétait familière et combien elle en restait l'interprète intelligente et spécialisée.\n\nDr H. GAUDIER.\n\nGENÈVE.\nP. FERRARIS.\nC'est par une belle manifestation d'art que Genève apu célébrer\nle centenaire cle Berlioz, et cela grâce au dévouement artistique, désintéressé de\nM. Marteau, l'éminent violoniste.\nSous les auspices du Consul de France et au bénéfice d'oeuvres philanthro-\npiques, M Marteau a organisé, le dimanche 14 décembre, avec le concours de\nMlle Hatto, de l'Opéra, de la Société de chant du Conservatoire, de l'Orchestre\nde Lausanne, un concert magnifique d'exécution.\nCe concert, dont le programme, tout d'oeuvres de Berlioz choisies de la plus\nheureuse façon, a été un régal artistique, et il est difficile de faire un choix au\nmilieu de tous les éloges à décerner.\nComme violoniste dans Rêveriezt Caprice, et comme altiste dans l'exécution\nintégrale d'Harold en Italie, M. Marteau a une fois de plus montré ses presti-\ngieuses qualités d'artiste accompli.\nMllfi Ilatto a remporté, avec la belle voix que l'on sait, un succès chaudement\nunanime dans un air cle la Prise de Troie, dans un air de la Damnation de\nFaust et dans l'exquise mélodie Absence. Fleurs, rappels ont dit âla belle\nartiste les sentiments du public.\nLa Société de chant du Conservatoire, sous la direction de son chef, M. Lau-\nber, a, pour le grand plaisir du public, chanté cl impeccable façon un important\nfragment du Te Deum. Complimentons également M. Hammer pour la fermeté\nde sa direction â l'orchestre, M. Ketten pour la maîtrise de son accompagnement,\nainsi que Mlle Schatt, qui devant le buste cle Berlioz a dit avec autorité des vers\ndu poète Cougnarcl. Encore une fois, le grand Berlioz avu son œuvre acclamée,\net cela en toute justice\n\nMAYENCE.\nLUCIEN DE FLAGNY.\n— Berlioz cette semaine triomphe sur toute la ligne : Berlioz au\nthéâtre, Berlioz au concert ! Au théâtre, la Damnation avec des décors somptueux\nbrossés à Berlin, un kapellmeister hors ligne, Emil Steinbach, et des interprètes\nconsciencieux ; tout le monde y a mis du sien. En l'honneur du musicien\nfrançais, les comédiens mêmes ont consenti à servir de figurants pour rehaus-\nser 1 éclat de la représentation. — Au concert, la symphonie Harold en Italie,\navec alto solo, que Steinbach dirige avec une remarquable intelligence. Dans la\nmême séance, le concerto de Saint-Saëns (op. 44) (toujours de la musique\nfrançaise !) a donné au pianiste Otto Voss l'occasion de faire montre d'une vir-\ntuosité peu commune ; un liedersànger, August Leimer, a détaillé de menues\nmélodies de Schubert et de Brahms avec une science délicate de grisaille et de\nclair-obscur.\nCependant l'éducation populaire n'est pas négligée : dans la salle de concert\nde la (( Liedertafel », magnifique exécution de la Création d'Haydn, dirigée par\nle kapellmeister Vollbach, qui a fait tout d'abord une conférence détaillée sur le\ncompositeur : remarquables solistes, notamment Alexander Heinemann, deBerlin.\nDans la même semaine se succèdent au théâtre Y Africaine, Tyar und zimmer-\nmann, Flachsmaus, Zapfenstreich (de Beyerlen, auteur du récent roman militaire\nLena ou Sedan), et une 2e représentation delà Damnation."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.30", "texte": "M. DE BRICQUEVILLE ET LES INSTRUMENTS ANCIENS\n\nM. de Bricqueville et les instruments anciens.\nG.\nM. de Bricqueville, en 1884, eut 1 idée de réunir une collection d'instruments de\nmusique des xvie, xvne et XVIIIc siècles, dans le but d'étudier de près les dé-\ntails de construction et d'ornementation des instruments de musique disparus.\nEn même temps il formait une bibliothèque de traités et de méthodes. Il publia,\naidé par ces documents, les ouvrages suivants, de 1885 à 1900 :i° les Anciens In-\nstruments de Musique (librairie de l'Art) ;20 les Musettes (librarie L. Cerf) ;30 les\nPochettes (librairie L. Cerf); 40 les Harpes de Marie-Antoinette (imprimerie Au-\nbert) ;50 VOrgue ancien et moderne (librairie Fischbacher), etc. Par suite d'un\naménagement nouveau, M. de Bricqueville, en 1895, se sépare de sa collection\nqui fut acquise, en partie, par le Musée du Conservatoire de Paris ; cela, sur l'ini-\ntiative et par 1 intermédiaire de M. Réty, alors Secrétaire général du Conser-\nvatoire. A l'Exposition universelle de 1900, M. de Bricqueville fut nommé, par\nM. le Ministre du Commerce, Membre des Comités d'admission et d'installa-\ntion, et Membre du Jury international de la classe XVII (Instruments de Musique).\nSes collègues l'élurent, àla presque unanimité, rapporteur de ladite classe. Son\nrapport, de 141 pages,fut le premier déposé, et M. le Commissaire général le pré-\nsenta, à ce titre, àM. le Ministre du Commerce. Ce rapport (141 pages grand\nin-80) constitue un traité complet de la facture instrumentale. Ayant également\nétudié les trois grandes familles des instruments (instruments à cordes, à vent,\nà clavier), M. de Bricqueville, toujours prêt àse mettre àla disposition des\nSociétés démocratiques de son département, a fait les conférences suivantes de\n1902 a 1904 : Les anciens instruments à cordes (œuvres des Bibliothèques popu-\nlaires) ; Les ancêtres du piano (Institut populaire) ; Les instruments de musique\nmodernes (Bibliothèque populaire) ; Les instruments de musiques militaires\n(Foyer du Soldat). Cette dernière conférence, faite au mois de juin 1903, aeu\nlieu au théâtre de Versailles, sous la présidence effective de M. le Préfet de Ver-\nsailles et de M. le général Naquet, commandant la place de Versailles, qui avait\nmis à la disposition de M. de Bricqueville les musiques militaires de la garni-\nson. M. de Biicque\\ ille, en relations particulières avec tous les grands collec-\ntionneurs et les musées de l'Etranger: M. Mahillon (Conservatoire de Bruxelles),\nM. P. de Witt (musée de Leipzig),M. Donaldson (Donaldson Muséum, Londres),\nM. Snoeck (musée de Gand), a été maintes fois chargé par ces Messieurs d'ex-\npertises sur des achats. M. Pillaut, le dernier conservateur du musée du Conser-\n\\atoiie de Paiis, la, à plusieurs reprises, consulté, à titre officieux, sur des\nacquisitions projetées pour cet établissement, et M. de Bricqueville fut assez\nheureux pour donner un avis écouté, touchant certaines pièces (( suspectes » dont\nil connaissait 1 origine. Le musée du Conservatoire est une collection d'objets\nde cuiiosité (( musicale» et exige de la part de son conservateur une connais-\nsance approfondie de la facture et de l'ornementation des différentes époques,\nabsolument nécessaire pour éviter l'entrée, clans cette belle collection, de pièces\ncontrefaites."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.31", "texte": "La Revue Musicale\nFondée par un groupe de professeurs et d'artistes dans un but de vul-\ngarisation, la Revue Musicale répond à un besoin de notre éduca-\ntion musicale en France; sérieusement faite, elle est à la fois instructive\net agréable, et convient à tous les amateurs de musique désireux de\nstruire.\nA chacun des numéros est joint un supplément musical\ndans lequel on trouve des morceaux anciens et modernes qui ne sont\ncomme il est arrivé quelquefois dans « laissés pour\ncompte » de certaines maisons d'édition, mais des chefs-d'œuvre, transcrits\nd'après les documents originaux, et que le lecteur aurait grand'peine à se\nprocurer, soit parce qu'ils sont inédits, soit parce qu'ils font partie de\ncollections coûteuses. En outre, ces morceaux sont toujours précédés de\nrenseignements historiques, d'analyses et techniques.\nDans sa partie littéraire, chaque numéro de la Revue musicale\ncontient : i° Deux études, accompagnées de deux photographies : l'une\ns«r un Maître d'aujourd'hui, l'autre sur un Maître d'autrefois; 2° des\nexercices faciles d'harmonie et de contre-point ; 3° une étude sur /'His-\ntoire de la Musique ; 40 une étude de théorie et d'esthétique ; 5° l'analyse\ncritique des publications nouvelles (littéraireset musicales) ; 6° le compte\nrendu des concerts du Conservatoire, des concerts Chevillard, Colonne,\netc., et des théâtres de musique ; 70 les Actes officiels (concernant la\nmusique) et des Informations sur le ; 8° des Docu-\nments inédits, etc., etc.\nEn un mot, la Revue Musicale fait, pour la musique, ce que les\nrevues les plus estimées font pour la littérature : elle est très variée, et\ncomplète.\nUne de ses innovations les plus heureuses est de faire la critique ou l'a-\nnalyse d'une œuvre, en citant souvent le texte musical, de telle sorte que\nle lecteur peut juger par lui-même de la valeur des observations.\nGrâce à des traités spéciaux avec divers éditeurs, la Revue Musi-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.32", "texte": "cale offre un avantage unique : elle rembourse les nouveaux abonne-\nments d'un an (20 fr.),en donnant gratuitement : i\" Une partition d'o-\npéra, piano et chant; 20 un ouvrage de théorie musicale (couronné par\nr Institut).\nCes deux primes gratuites ont mêmune valeur qui dé-\npasse le prix d'abonnement.\nA ceux qui voudraient juger de sa méthode, la Revue MusicaBe\nenvoie son dernier numéro contre mandat de un franc, adressé Si, rue de\nParadis, Paris.\nLa Revue Musicale parait deux fois par mois. — Elle est recon-\nnaissante à tous les lecteurs qui lui envoient des documents inédits ou des\nsouvenirs personnels sur les musiciens célèbres.\nParmi les Documents originaux que la Revue Musicale a récem-\nment publiés, se trouve la Correspondance inédite de Fr. Chopin. — Les\n10 numéros qui la contiennent sont envoyés, , contre\nmandat de 3 fr.5o.\nLa Revue Musicale a ouvert, jusqu'au 1\"' février, en offrant des\nprix élevés en espèces, des concours de composition, d'harmonie,\n■etc., dont le détail se trouve dans son numéro du /er novembre igop\n(expédié contre mandat de S franc)."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.33", "texte": "R. M.\no\ny\n\nSOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nCHAPITRE VIII\nLETTRES DE MLLE JANE W. STIRLING\nET DE SA SOEUR MME ERSKINE\nA MME IEDRZEIEWICZ\n(Suite)\n(0\nLes quatre premières lettres cle Mlle Stirling furent écrites du vivant encore\ncle Chopin, pendant le séjour de Mme ledrzeïewicz à Paris, en 1849.\nI. Mlie St. demande des nouvelles cle la consultation et envoie l'adresse d'un\nappartement à louer, pour le cas où on n'en aurait pas encore trouvé de conve-\nnable.\nDans une IIe lettre elle écrit qu'elle a appris par Mlle de Rozières le pro-\nchain départ de Mme ledrzeïewicz qu'elle voudrait cependant voir encore. Elle est\nheuieuse, pour le pau\\ie malade, que le temps soit si beau. Ellecontmue en di-\nsant que lord Torphichen a emporté de Paris un agréable souvenir de Ghopin,\nqui avait assez de force pour faire de courtes promenades, et qu'il espère le\nvoir de nouveau à Calder-House. Enfin, il est fait mention dans cette lettre du\nportrait peint par Scheffer.\nDans une IIIe lettre Mlle St. envoie des souhaits de bonheur à propos\nde l'installation dans le nouvel appartement et demande si le déménagement n'a\npas trop fatigué Chopin.\n\n(i) Quoique les lecteurs aient déjà rencontré plusieurs fois le nom de Mlle Stirling, il me sem-\nble pourtant juste de donner ici quelques détails sur sa personne. Mlle Jane W. Stirling prove-\nnait d'une très ancienne et très riche famille écossaise, dont le foyer était Keir, situé dans les\nenvirons cle P.erth, et appartenant alors à Sir William Stirling-Maxwell, oncle de Mlle Jane.\nMIL Stirling lut pendant quelques années l'élève de Chopin ; elle fut aussi une de ses plus ardentes\nadmiratrices, ce dont elle donna de nombreuses preuves. C'est par son entremise que Chopin\nleçut, pendant 1 été de 1848, une invitation de lord lorphichen (son beau-frère) pour Calder-\nHouse, de même que pour Keir; d'un autre côté M»® Stirling l'attendait avec sa sœur aînée\nMme Catherine Erskine. Quand la vente des billets, pour le concert d'Edimbourg, alla mal\nM'Ie Stirling en acheta pour 50 liv. sterl. Quand en 1849 Chopin revint d'Angleterre à Paris!\n-M\"e St. y revint après lui, et ayant appris qu'il se trouvait dans des embarras pécuniaires, elle\nlui envoya, sous le couvert de l'anonyme, 25.000 fr., dont il n'accepta que 10.000 fr. environ.\nEnfin aptès la mort de Chopin elle s'occupa de mettre en ordre tous ses papiers et aussi, paraît-il,\nacheta la plus grande partie des meubles qu'il laissa, et dont elle envoya ensuite une partie à\nVai so\\ ie àla famille Chopin. On voit aussi, d'après la lettre de Mme Erskine, que ces dames ont\ndû prêter à Mme ledrzeïewicz une forte somme d'argent pour couvrir les frais de l'enterrement et\ndu tombeau de Chopin ; cette somme fut rendue par la famille de Chopin, comme on le voit par\nces lettres. Chopin a dédié à Mlle St. deux nocturnes (enfa mineur et en mi bémol majeur, op. 55 .\nfoutes les lettres dont il est question dans ce chapitre ont été écrites en français."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.34", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nUne IVe lettre ne renferme rien concernant Chopin.\nLes lettres suivantes furent écrites après la mort de Chopin.\nDans une Ve (écrite peu après le départ de Mme ledrzeïewicz de Paris, et datée\ndu 3. I. 1850) Mlle St. dit qu'elle revient de l'atelier de Clésinger où elle 1 a vu\ntravaillant avec ardeur ; elle suppose que le monument de Chopin sera une de\nses meilleures œuvres.\nDans la VIe (du 19-I-50) nous trouvons la mention qu'elle a réussi à sous-\nlouer l'appartement dans lequel Chopin est mort.\nDans la VIIe (du 31 janv. 1850) Mlle St. annonce la mort de la femme de\nFranchomme ; combien Chopin aurait ressenti cette mort, s il eût encore vécu !\nElle ajoute que Clésinger a déjà terminé la figure de femme du monument et\nqu elle fait une bonne impression. Clésinger a déclaré, dit-elle, que jamais il\nn'a travaillé avec autant de soin à aucun monument. Mllc St. a remarqué clans\nl'atelier de Cl. le négatif du masque posthume de Chopin (le second qui en\nfut tiré), auquel était restée attachée une assez grande quantité de cheveux.\nA son instante prière Cl. lui a cédé cette empreinte ; mais la première qui fut\ntirée reste encore aux mains de Cl. Il va sans dire que ce souvenir (1) reçu de\nCl. sera envoyé par Mlle St. à Mme ledrz.\nDans la VIIIe (du 9-11-50) Mlle St. écrit qu'elle a été quelques jours auparavant\nsur la tombe de Chopin où elle a déposé douze couronnes ; celles qui y furent\nmises par Mme ledrz. sont encore vertes. La princesse Czernicheff a beaucoup\nprié Mlle St. de lui donner une petite table de Chopin, qu elle voudrait acquérir ;\nMlle St. lui a répondu que ces souvenirs ne sont pas à vendre, mais qu'elle lui\noffre cette petite table au nom de Mme ledrz., elle ajoute que la princesse Cz.\nainsi que sa fille (la princesse Soutzo) adoraient Chopin.\nEnfin elle ajoute qu'Albrecht a envoyé 600 fr. pour le loyer de l'appartement ;\nil a fallu en donner 100 au portier.\nPar la IXe (écrite en février 1850) nous apprenons que Clésinger promet de\nfinir le monument pour le 5 mars (anniversaire de la fête de Chopin) et que le\ncomité qui s'en occupe doit se consulter, quant au piédestal ; Mlle St. a rappelé\nà ces Messieurs que, suivant le désir de Mme ledrz., le grillage doit avoir une\nporte, afin qu'on puisse déposer des fleurs sur la tombe.\nDans la Xe (du 20-111-50) nous trouvons la relation des différends qui se sont\nélevés entre les membres du comité s'occupant du monument funéraire et Clé-\nsinger, différends ayant eu pour résultat que le monument n'a pu être inauguré\nle jour anniversaire de la fête de Chopin : la statue, sculptée par Clésinger, au\nlieu d'être d'une seule pièce, se composait de trois parties, de la figure même de\nla femme, du bloc sur lequel cette figure repose, ainsi que du piédestal, tandis\nqu'il avait été convenu que le tout serait sculpté d'une seule masse. On en est\narrivé à de vives disputes ; Clésinger, par la voix des journaux, a fait appel aux\nartistes et aux critiques, afin qu'ils considérassent son travail comme une œuvre\nd'art. Enfin le comité s'est décidé à accepter la figure telle qu'elle est. Ce qui a\namené également du retard, c'est que le terrain était gelé, par suite de quoi\nl'architecte n'a pas voulu entreprendre les travaux de soubassement, craignant\nqu'ils ne fussent pas durables.\n\n(1) La famille cle Chopin conserve encore aujourd'hui le masque négatif avec les cheveux, ainsi\nque le masque positif."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.35", "texte": "LETTRES DE JANE STIRLING ET DE SA SOEUR\n\nLe ier mars, Mlle St. a porté quelques fleurs sur la tombe de Chopin ; elle n'a\nrencontré personne, car cette date n'est pas connue à Paris. En revanche, le 5 ,\nbeaucoup de personnes s'y sont rendues. Pour terminer, elle annonce la mort\nde son neveu, M. Ramsay, marié à la fille de lord Torphichen. Chopin aurait eu\ngrande compassion d'elle, car il l'aimait beaucoup. Mlle St. parle aussi de\nMllc O'Meara, dont le jeu doit être la plus fidèle copie qui soit restée du jeu de\nChopin.\nDans la XIe (du 25 mai 1850) nous lisons que la caisse renfermant les livres,\nles rideaux et d'autres objets, même les fleurs enlevées des pots à fleurs, le tout\nayant appartenu à Chopin, a été expédiée par mer. Le piano est encore chez\nM. Herbeault et sera envoyé dès que la plaque commémorative (1) sera prête;\nMlle St. attend une réponse de Mme ledrz. pour savoir s'il doit être envoyé par\nterre ou par mer. Le masque posthume est aussi déjà envoyé. Les travaux du\nmonument avancent, dans trois ou quatre semaines ils seront terminés. Est ce que\nMme ledrz. aun jour commémoratif au mois de juin qu'elle voudrait désigner\ncomme celui où l'on dévoilera la statue? La famille désire-t-elle qu'une sentence\nbiblique soit gravée sur la tombe ?\nDans une XIIe (du 12-VI-50) Mlle St. apprend que, suivant le désir de\nMme ledrz., le piano sera envoyé par mer. Pleyel l'a réparé et mis en ordre ;on\nfait aussi une caisse de fer-blanc, afin que l'humidité n'endommage pas cette\nprécieuse relique. Le tabouret sera expédié avec le piano.\nLes travaux du monument ne sont pas encore terminés ; le monument ne\npourra probablement être dévoilé que le 17 octobre (anniversaire de la mort de\nChopin). Mlle St. demande qu'on lui envoie un peu de terre polonaise qu'elle\nveut déposer sous le monument. Elle envoie à Mme ledrz., par l'entremise de\nM. Ski arbek!. quatre paquets de lettres : les lettres des musiciens célèbres, les\nlettres des élèves, les lettres de Londres, enfin celles de différentes personnes,\nainsi qu'une esquisse du salon (2) (copie de l'esquisse de Kfwiatkowski]) et deux\ngravures de Schfeffer ? ].\nLa lettre XIIIe (du 21-VI-50) renferme la répétition des détails donnés sur le\npiano et la caisse d'objets. Ala fin de la lettre Mlle St. fait mention des chants de\nChopin, dont une partie se trouve aux mains de Franchomme.\nDans la XIVe lettre (du 16 juillet 1850) Mlle St. annonce que bientôt elle ira\npour un certain temps en Ecosse, mais qu'elle sera de retour pour le 17 octobre.\nElle demande encore ce que la famille pense du projet que l'on a de graver sur\n\n(1) j'ai eu l'occasion de voir ce piano, grâce à l'amabilité de Mmc Bichniewicz, petite-fille de\nMm 9 ledrzeïewicz ;en 1888 il a figuré à l'exposition de musique à Varsovie. Sur la partie exté-\nrieure du couvercle se trouve la plaque de bronze, portant l'inscription suivante :\nCe piano\na été pendant deux ans en la possession de Frédéric Chopin\nà Paris,\nd'abord Cour d'Orléans, n* 9, rue Saint-Lazare,\nensuite rue de Chaillot, 74, et enfin\nPlace Vendôme, n° 12\nJusqu'au jour de sa mort\n( 1 7 octobre 1849)\nC'est le dernier instrument qu'il a touché\net sur lequel il a composé.\n(2) Cette aquarelle porte, écrite au dos par M,le Stirling, cette inscription : Sxlon de Chopin,\n12, place Vendôme, Paris, 1849,"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.36", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nla tombe de Chopin une citation de l'Écriture sainte, et elle ajoute que Chopin,\ndans beaucoup de circonstances, répéta : ((Je ne sais ce qu'on dira de cela à la\nmaison )),(( et la volonté de ses parents était poui lui saciee, il était de sa natuie\ndocile, soumis, respectueux devant l'autorité hiérarchique )). En parlant des\nchansons de Chopin, Mlle St. dit qu'une partie se trouve aux mains d'un « ami\ndelà campagne » (personnage dont le nom. n'est cité dans aucune lettre, mais\nqui, sans aucun doute,n'est autre que Grzymala) ; quant à celles qui restent, elles\nsont chez Franchomme. L'accompagnement manque à la plupart ; il y en a à\npeine deux ou trois en état d'être publiées.\nElle ajoute qu'ayant été sur la tombe de Chopin, elle a vu le soubassement du\nmonument. Elle a demandé qu'on creuse une ouverture dans la masse qui doit\nsupporter la statue, afin de pouvoir y déposer deux médaillons, œuvres de Bovy,\nle modèle fondu de la main de Chopin, ainsi que quelques pièces de monnaie de\nl'année de sa naissance et de celle de sa morU\nPeut-être la mère de Chopin voudra-t-elle ajouter quelque chose encore r\nL'empreinte du masque, soigneusement emballée, est encore à Paris ; elle sera\nenvoyée avec les sculptures, quand les médaillons (?) seront terminés.\nLa XVe lettre (du 10-X-50) est écrite de Barnton-llouse, en Ecosse, immédia-\ntement avant le départ de Mlle St. pour Paris. Elle dit qu'elle voulait partir plus\ntôt, afin d'aider à organiser les solennités du premier anniversaire de la mort de\nChopin, mais que la santé de sa nièce la retenait toujours. Herbeault, infatigable,\ns'occupait du monument funéraire, surveillant avec soin l'achèvement des détails.\nOn projette de dire une messe à la Madeleine le 17 octobre, puis un discours.\nLa forme du masque est probablement arrivée.\nLa XVIe lettre est écrite de Paris, le jour anniversaire de la mort de Chopin\n(17-X-50), et renferme la description de la cérémonie. Mlle St. n'est arrivée\nd Ecosse que le 14 et a trouvé les travaux du monument presque achevés. La vue\ndu médaillon lui a causé une grande joie, parce que la partie supérieure du\nprofil du visage est d'une ressemblance frappante.\nL'envoi de Mm? ledrzeïewicz n'est parvenu que deux jours avant l'anniversaire.\nTout a été déposé par Mlle St. elle-même dans la cavité du monument, et elle\nétait présente quand on a assujetti le médaillon. Le 17, dès le matin, Mlle St.\nétait déjà avec sa sœur au cimetière ; elles avaient en chemin acheté un peu de\nfleurs chez le fleuriste de Chopin, Michon.Mlle St. les déposa sur la tombe, ainsi\nqu une couronne au nom de la famille Chopin. A midi la messe fut célébrée\ndans la chapelle du cimetière, après quoi tous les assistants, conduits par le\nprêtre, se rendirent sur la tombe où le monument fut dévoilé. Le député\nWolowski parla.\nDans la XVIIe lettre (du 22-X-50), Mlle St. annonce qu'on projette d'ajouter au\nmonument les mots suivants :(( né le ier mars 18.. en Pologne, à Zelazowa-\nWola, palatinat de Masovie, de Nicolas Chopin, et... )), tandis que jusqu'à pré-\nsent il n'y a que: «f à Paris, le 17 oc''re 1849 ». Elle prie de lui indiquer\n1 année de la naissance, ainsi que le nom et le prénom de jeune fille de la mère.\nEnsuite elle éciit que le 30 octobre, anniversaire de 1 enterrement, une messe\nsera célébrée à l'église de la Madeleine.\nLa XV IIIe lettre (sans date, mais écrite certainement en octobre 1850) renferme\nla répétition des détails concernant la déposition parMlle St. de différents objets\ndans 1 intérieur du monument, derrière le médaillon. Une caisse de fer, soudée,"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.37", "texte": "LETTRES DE JANE STIRLING ET DE SA SOEUR\n\nrenferme les objets envoyés de Varsovie, et, en outre, une feuille de papier avec\nle nom, la date de la naissance et celle de la mort de Chopin, ainsi que ces mots :\n(( Nous attendons la résurrection des morts et la vie éternelle )), puis une croix\nd'argent de Mlle St., un petit médaillon de Tell efsen], enfin quelques monnaies\nde l'année de la naissance et de celle de la mort. Elle continue à parler du monu-\nment lui-même, delà statue de femme qui a moins bien réussi dans le marbre\nque dans le modèle en plâtre, parce que la tête y est encore plus de travers. Dans\nun certain éloignement, du côté gauche, le manque de naturel dans le mouve-\nment de la tête ne se remarque pas ; en somme, le :tout fait une impression\nagréable, il y a beaucoup d'expression. Dans la suite de sa lettre, Mlle St. dit ces\nmots : (( Chopin avait de la femme, telle qu'il la comprenait, une opinion très\nélevée, il me le répétait souvent. » Plusieurs personnes qui avaient connu Cho-\npin en Angleterre, disaient à Mlle St. qu'elles Savaient jamais rencontré\nd'homme aux tendances aussi nobles ; « il semblait chercher au delà des limites\ndu monde )). Enfin elle rappelle le court séjour que fit Chopin dans la terre de\nGuillaume Stirling, située non loin de la ville de Stirling, dans le voisinage de\nla propriété du père de Mlle St.\nDans la XIXe lettre (du 30-X-50) nous trouvons la description du service\nfunèbre à la Madeleine. La messe, commencée à 11 h., fut célébrée par le prêtre\nDeguerry. Aux prières se joignirent les sons de (( sa )) musique ; entre autres\nM. Lefébure-Vély exécuta sur l'orgue seul le prélude en mi mineur ; puis avec\nvioloncelle (Franchomme) le nocturne (dédié à Miller), le prélude en ut mineur,\nle prélude en si \\> mineur, l'adagio de la sonate, la partie en majeur de la\nmarche funèbre, enfin le prélude en la majeur. Il y avait beaucoup de monde,\nquoique les journaux n'en eussent fait aucune mention, pour ne pas attirer trop\nde curieux.\nLa XXe lettre (du 4-XI-50) nous apprend la nouvelle qu'un des amis de Chopin,\nGjrzymala] s'est mis à écrire sa biographie. Il en a même déjà envoyé quelques\nextraits en Ecosse, à Mlle St. Il y a là des passages bien écrits, mais Mlle St.\ndoute que l'ouvrage entier soit bon ; elle eût préféré qu'un Français eût entre-\npris la chose. Elle doit cependant soumettre ces extraits à la critique d'Augustin\nThierry. Elle remercie de l'envoi du nom et des prénoms de la mère de Chopin ;\nClésinger a promis de les ajouter au monument. Enfin nous trouvons une\nremarque sur l'esquisse représentant Chopin quelques jours avant sa mort, avec\nMme ledrz. assise sur le bord du lit.\nDans la XXIe lettre (du 10-XI-50), Mlle St. prie qu'on lui envoie le nom de\nbaptême du père de Chopin, car elle n'est pas sûre si c'est Nicolas ou un autre\nnom.\nElle a appris, à son grand étonnement, que les masques posthumes n'ont pas\nencore été envoyés, mais que certainement ce sera bientôt fait.\nLa XXIIe (du 24-XI-50), écrite au moment de partir pour l'Ecosse, ne renferme\nrien d'intéressant.\nDans la XXIIIe (du 1er—111-51 ) Mlle St. se plaint de n'avoir pas reçu, depuis\nlongtemps, de nouvelles de Mm° ledrz. ; mais ce jour (c'est l'anniversaire de la\nnaissance de Chopin), dit-elle, ne peut pas s'écouler sans qu'elle écrive. Elle\nenvoie des fleurs cueillies sur sa tombe et ajoute : (( Je suis heureuse que le\nmonde ignore cet anniversaire ; tous iront là pour sa fête. Il m'a dit une fois :\n(( ma famille, une directrice de pensionnat et vous, savez seuls quel est ce jour, et"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.38", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nvous en souvenez » : ce jour-là il éprouvait une nécessité enfantine cl entendre\ndes paroles de tendresse ))\nLa XXIVe ne porte pas de date précise, mais elle fut certainement écrite en\nmai ou en juin 1851. Mlle St'. voulait profiter du départ de Mme d Obrfeskow] et\nenvoyer différentes choses, mais comme Mme d'O. ne devait aller à Varsovie\nqu'en revenant de Russie, elle né lui a donné que les lettres du père de Chopin\net des extraits d'une étude sur Chopin par Liszt, étude que publie la France\nmusicale. Elle ajoute que la lecture de ce travail fera quelque plaisir à Mmo ledrz.\net beaucoup de peine aussi. Parmi les admirateurs de Chopin on ne parlait, dans\nces derniers temps, de rien autre que de la publication dans la France musi-\ncale de ses œuvres posthumes. Le numéro suivant de ce journal éclaircit\nl'affaire. Il était question de l'op. 4, c'est-à-dire de la première sonate pour piano,\nque Chopin autrefois avait vendue à Haslinger, et que celui-ci maintenant reven-\ndait à l'éditeur parisien Richault. Ensuite Mllc St. recommande à Mme ledrz. de\ns'informer auprès de Mme Mohanoff (1) de la caisse envoyée en hiver à l'adresse\ndu comte Léon Rzyszczewski. Elle contient deux esquisses de Scheffer pour\nMme ledrz Enfin Mlle St. dit que sa sœur, Mme Erskine, est partie pour l'Ecosse,\nchez sa sœur aînée, gravement malade.\nDans la XXVe (du 2 3-VII-51 ) nous apprenons que les médecins ont ordonné à\nla sœur de Mlle St., Mmc Houstonn, un changement de climat; c'est pourquoi elle\nest arrivée avec elle et Mme Erskine à Paris, où Mme Houstonn est morte le\n12 juillet. Chopin la connaissait et l'aimait ; pendant son séjour en Ecosse, il a\npassé quelques semaines chez elle, à Johnstone Castle.\nDans la XXVIe (du 17-IX-51) Mlle St., profitant de l'amabilité de Mme Tykel,\nqui veut bien s'en charger, envoie tout un paquet de critiques et de billets de con-\ncerts laissés par Chopin, ainsi que le médaillon de Bovy. Franchomme est con-\nstamment occupé des chansons dé Chopin, mais l'accompagnement manque à la\nplupart et il n'ose de lui-même l'ajouter. Il paraît, dit-elle, que Mme Delphine\nPotocka a dans son album une certaine quantité de chansons ; peut-être\nMme ledrz. voudra-t-elle s'adresser à elle pour cette affaire ? Grzym ala attend,\npour finir sa brochure sur Chopin, l'apparition de l'étude de Liszt. D'après l'avis\nde Mlle St., quoique dans l'ouvrage de Grzymala il y ait des passages bien écrits\net beaucoup de faits authentiques, cependant les capacités lui manquent pour\nfaçonner le tout en un ferme ensemble. MUe St. le lui a dit ouvertement et est\nprête à agir toujours de même, par respect pour Lui.\nDans la XXVIIe (du 30-IX-51) Mllc St. écrit qu'elle a retrouvé le cachet que\nl'on posait toujours sur la tasse de bouillon, indiquant que personne n'en avait\nbu quand Chopin venait au n° 9 (?). Plus loin elle parle de la mort du père de\nS( olange] (M. Dudevant) et aussi de l'inquiétude de George Sand et de Solange\nen apprenant qu'Alex. D; umasj avait acheté, en passant par Breslau, un certain\nnombre de lettres de Mme Sand [à Chopin], qui venaient de Cracovie. La mère\nde Mlle St prétend qu'elles ont toutes été brûlées, mais qui sait ? Tout son en-\ntourage n'était pas également honnête, on avait pu les voler pour en tirer profit.\nDu reste, Mlle St. ne voulait pas croire àce bruit.\nLa lettre XXVIIIe (écrite probablement en octobre 51) commence par la des-\ncription de la messe célébrée le 17 octobre (deuxième anniversaire de la mort de\n\n(ï) Mme Mouchanoff, autrefois Mrac Kalergis."}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.39", "texte": "LETTRES DE JANE STIRLING ET DE SA SOEUR\n*\n\nChopin), dans la chapelle du Père-Lachaise ; après la cérémonie, tous les assis-\ntants, avec le prêtre, se sont rendus sur la tombe et y ont déposé des fleurs.Quant\nàla vente des lettres de Mme Sand, personne n'a supposé un seul instant que la\nfamille eût pu faire une chose semblable, mais on a cru qu'elles étaient tombées\nen des mains étrangères. Mlle St. considère cette nouvelle comme dénuée de\nfondement.\nLa XXIXe (du 22-XI-51) ne renferme rien d'intéressant.\nDans la XXXe (du 26-XI-51), Mlle St. écrit que « notre chère Comtesse » (pro-\nbablement la Comtesse d'Obreskow) est revenue à Paris après avoir passé par\nVarsovie. Elle trouve que Isabelle [ Barcinska] ressemble à Chopin d'une manière\nfrappante, ce que Mlle St., du reste, avait entendu de la bouche même de Chopin.\nSon attachement pour sa famille n'avait pas de bornes, et de sa mère il parlait\ntoujours avec orgueil. Ala fin de sa lettre, Mlle St. parle à Mme ledrzeïewicz de\n(( son jeune musicien » qui est arrivé à Paris pour faire ses études et pour lequel\nelle s'efforcera de faire ce que Lui désirait, et ce que Mme ledrzeïewicz peut\ndésirer.\nLa XXXIe (du 18-XII- 51) renferme la nouvelle que ce jeune musicien est entré\nau Conservatoire et que Mlle St. l'a introduit chez Mlle O'Meara ;il était très\nheureux de ce qu'il avait entendu là-bas.\nDans la XXXIIe (du 30-I-52) Mlle St. écrit qu'à Londres, paraît-il, une compo-\nsition de Chopin a été publiée ; elle suppose que ce doit être la sonate op. 4. La\nnouvelle que les portraits peints par Scheffer, et qu'elle a envoyés, ne sont pas\narrivés, la tourmente beaucoup ; heureusement que le portrait de Chopin n'était\npas du nombre. Mlle St. ne suppose pas, cependant, qu'ils puissent être perdus\nsans retour, et elle fera tout ce qui sera en son pouvoir pour les retrouver. Elle a\nreçu la triste nouvelle de la mort de son beau-frère sir William M. Napier, mari\nde sa sœur Elise, plus jeune qu'elle et plus âgée que MmeErskine.\nDans la XXXIIIe lettre (du 4—III-52) il est question de l'étude de Liszt. Mlle St.\nen parle avec un grand mécontentement, employant même des expressions éner-\ngiques, comme: « quelqu'un fort capable de juger m'a dit, pour se servir d'un pro-\nverbe très ordinaire : il a craché sur l'assiette pour en dégoûter les autres, il a\nécrit pour qu'un autre n'écrive pas. )) Elle a proposé à Grzymala de lire ensem-\nble les lettres de Chopin, afin qu'il pût redresser des erreurs notables commises\npar Liszt.\nDe la manière toute nouvelle de toucher le piano, qui en fit un tout autre\ninstrument, Liszt ne parle pas ou n'en veut pas parler. Et cependant, avec le\nstyle élégant qu'il possède, il aurait pu écrire quelque chose de bon. On raconte\nqu'il a écrit cette étude dans le but de plaire à Mme Sand, mais il a manqué ce\nbut, car Mme S. en est très mécontente. Quant àla seconde biographie (c'est-à-\n-dire celle de Grzymala), MUô St. n'espère pas qu'il en sorte quelque chose\nde fameux. Tout Paris raconte sur la fille de Mme Sand l'anecdote suivante:\nelle était allée à la campagne chez sa mère, et comme elle avait été bien\nreçue, elle avait voulu s'installer pour toujours à Nohant. Avec l'approba-\ntion de sa mère, Solange avait laissé sa fille à sa garde et était revenue à Paris\npour mettre de l'ordre à ses affaires et emballer ses effets ;et voilà que Mme Sand,\nle jour même, renvoie à Paris, par la diligence, la petite fille avec sa bonne !\nPlus loin, Mlîe St. écrit qu'elle a été heureuse de pouvoir nier positivement\nl'achat supposé par Al. DumjasJ des lettres de Mme Sand. Cette dernière était"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.40", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nfurieuse en apprenant ce bruit, quoiqu elle eût en main le témoignage de\nMnle ledrz. que toutes ses lettres avaient été brûlées. En terminant, Mllc St.\nrappelle à Mme ledrz. de demander à Mme la comtesse Delphine] Potocka quels\nsont les manuscrits de Chopin qu'elle possède.\nLa lettre XXXIVe (écrite en mars 1852) parle des chansons de Chopin. Pour\nTune d'elles Franchomme a fait l'accompagnement, mais il ne voulait pas d abord\nle montrer. C est avec difficulté que Mlle St. apu en obtenir une copie pour\nMme ledrz. Elle prie Mme ledrz. de demander àun musicien expert de faire une\ncopie de ces quatre chansons qui se trouvent entre ses mains.\nDans la XXXVe (du 18-VI-52) Mlle St. écrit que Franchomme a réussi à déchif-\nfrer et à mettre en ordre la dernière mazurka écrite par Chopin, rue Chaillot.\nAvec l'aide de Mme V iardot ?] Mllc St. continue à s'occuper des chansons. Elle\nen envoie deux, déjà revues, à Mme ledrzeïewicz Quant aux copies envoyées par\nMme ledrz., elles renferment quantité d'erreurs. Il faudra attendre le retour de\nFontana qui est en Amérique. Grzymala s'est remis à l'ouvrage, mais certaine-\nment il n'aura pas fini avant l'hiver. Solange divorce avec son mari, qui boit et\nse conduit mal. Elle est maintenant chez sa mère. Clésinger noircissait sa femme\npour lui reprendre sa fille, mais cela ne lui a pas réussi.\nTout le monde s'étonne que l'exécution du monument ait été confiée à Clésin-\nger, qui haïssait Chopin.\nDans la XXXVIe (du 2-VII-52) Mlle St. dit avoir lu avec plaisir ce que\nMme ledrz. écrit de la brochure de Liszt(. Personne ne croira qu'un homme\ncomme Nicolas Chopin, occupant une si bonne position, ait pu avoir recours à\nl'aide des autres (1). Elle continue en disant qu'ayant appris par hasard\nl'arrivée de Fontana, elle s'est rendue chez lui et lui a parlé de la publication des\nchansons. Il s'est révélé que Fontana en avait neuf ; autant que Mlte St. en a\npu conclure, Fontana tient énormément à ce que lui, et non un autre, soit auto-\nrisé à examiner ces chansons et à les publier. Il semblait craindre que Franc-\nhomme ne voulût s'associer à cette affaire, mais Mlle St. lui fit comprendre\nl'admiration extrême de Franchomme pour Chopin lui faisait craindre la\nresponsabilité de cette publication. Mlle St. envoie une lettre de Fontana (2) dans\nlaquelle il demande l'autorisation de se charger de la publication des chansons.\nM,leSt. ajoute que Fontana lui semble, sous tous les rapports, digne de remplir\ncette tâche ; Chopin lui-même, de son vivant, lui confia bien souvent la publica-\ntion de ses compositions. Comme elle part pour l'Ecosse, Mlle St. confie tous les\nmanuscrits qu'elle possède à Mme Veyret ; cette dame attendra les dispositions\nultérieures de Mme ledrz. au sujet des publications à confier à F'ontana ou àun\nautre.\nDans la XXXVIIe (du 17-X-52, écrite de Barnton-House) il est question de la\nbiographie à laquelle travaille Grzymala. Mlle St. attend une lettre de lui et, sui-\nvant les nouvelles reçues sur les progrès de l'oeuvre, elle retournera à Paris ou\nrestera encore en Ecosse. Après ce que Liszt a écrit', Grzymala doit élever la voix.\nMlle St. écrit cette lettre le jour du troisième anniversaire de la mort de Chopin.\n\n(1) C'est une allusion à la nouvelle, absolument fausse, donnée par Liszt dans son étude, que\nl'éducation de Chopin s'était faite aux frais du prince Antoine Radziwill (F. Liszt, Frédéric Cho-\npin; Varsovie, Gebethner et Wolff, 1873, P- 86-87.)\n(2) Le résumé de cette lettre, portant la même date que la précédente (2 juillet 52) est inséré,\navec les autres lettres de Fontana, dans le chapitre suivant."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.41", "texte": "LETTRES DE JANE STIRLING ET DE SA SOEUR\n\nLa XXXVIIIe (du 2-XH-52, de Barnton-IIouse) fut écrite, ainsi que quelques-\nunes des suivantes, d'une tout autre écriture, parce que Mlle St., sur le point de\nson départ pour Paris, s'est foulé la main droite, ce qui la force à prolonger son\nséjour là-bas et à écrire de la main gauche. Mlle St. se rendra uniquement à Paris\npour s'entendre avec Grzymala au sujet de son œuvre Solange a déjà obtenu le\ndivorce.\nLa XXXIXe (aussi de Barnton-llouse, du 1 er-I-5 3) nous apprend seulement que\n(( le pauvre ami de la campagne )) (c'est-à-dire Grzymala).a sans doute déjà écrit\nce qu'il était en état d écrire, mais malgré cela il travaille encore.\nDans la XLe (de Paris, du 19-IX-53) Mlle St. annonce son prochain départ\npour l'Ecosse. Quant à l'ouvrage de Grzymala, les lecteurs ont eu probablement\négard aux bonnes intentions dé l'écrivain, car de-ci, de-là il laisse beaucoup à\ndésirer. Mlle O'Meara a épousé, en janvier, M. Dubois, agent de bourse. Elle\noccupe avec lui un petit appartement et ne donne plus de leçons. Grzymala a dit\nà Mlle St. qu il a rencontré par hasard, dans un restaurant, Solange avec son\nmari, malgré leur séparation datant de plusieurs mois. Ml,e de K(?) a dit à\nMlle St. que Solange habitait, pendant ce temps, un pensionnat, heureuse de\nn'être plus constamment exposée aux injures et aux coups de son mari. De quelle\nmanière ont-ils pu en venir à une entente, c'est ce que Mlle St. ne peut s'expliquer.\nElle n'a pu, malheureusement, voir Fontana avant le départ de celui-ci pour la\ncampagne.\nLa XLle (de Barnton-House, outre les remarques ordinaires sur le\ntravail de Grzymala. et la répétition de la nouvelle sur l'accord survenu entre\nSolange et son mari, ne renferme rien de curieux.\nDans la XLIIe (de Barnton-llouse, n-XII-53) Mile St. parle de la grande im-\npression qu'a causée à Paris l'annonce de la publication des œuvres posthumes\nde Chopin. Beaucoup de personnes sont mécontentes à cause des dernières\nvolontés de Chopin (qui avait ordonné de brûler tous les manuscrits qu'il laissait) ;\nMme Marceline Czartoryska r] surtout s'oppose à cette publication.\nOn a prié Mlle St. d'écrire sur cette question à Mnle ledrzeïewicz. De l'avis de\nMile St., toutes ces personnes ont tort, parce que toutes ces chansons ont été\nchantées publiquement du vivant même de Chopin ; elles sont donc devenues,\nen quelque sorte, la propriété publique.\nDans la XLIIIe lettre (de Barnton-House, du 12-XII-53), Mlle St. dit que, mal-\ngré sa lettre envoyée la veille, elle écrit encore après la lettre qu'elle vient de\nrecevoir de Mme Veyret. Il s'agit de Fontana qui s'est présenté chez Mme V. afin\nd'obtenir d'elle qu'elle reprenne à FYanchomme» la mazourka que celui-ci a pu\ndéchiffrer d'après l'esquisse de Chopin. Or, Mlle St. désirerait vivement que tout\nce qui concerne la publication des œuvres posthumes de Chopin se fît au su de\nMme ledrz., et avec son approbation. La copie de cette mazourka a été envoyée à\nVarsovie, et si Mme ledrz. le désire, on peut l'envoyer à Fontana. Mlle St. sait\ntrès bien que tout ce que décidera Mme ledrz. sera conforme àSa volonté.\nA la fin de la lettre se trouve une remarque sur Titus Woïciechowski], (( comme\n1 ami qui n'a pas cessé, après des années de séparation, de Le comprendre ;\ndans un certain cas, ils ont tous deux rendu un jugement sur un individu, et l'ont\nfait dans les mêmes termes, quoique l'un se trouvât à Paris, tandis que l'autre\nétait à Varsovie. »\nPar la XLIVe lettre (Barnton-House, du 21-111-54) nous apprenons que"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.42", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nMme ledrz. a dû recevoir une lettre de Mme Marceline Czartoryska ?], dans\nlaquelle celle-ci reproché à la famille, en paroles très amères, d'avoir permis la\npublication des œuvres posthumes, ce qui était absolument opposé aux dernières\nvolontés de Chopin. Mlle St. regrette qu'il en soit ainsi. Pourtant, dit-elle, on n'a\npublié que les compositions qui déjà avaient passé de mains en mains.\nChopin restait un temps infini sur un simple petit billet, et ne le lâchait pas de\nses mains avant de l'avoir maintes fois relu ; qu'était-ce donc quand il s'agissait\nd'une pensée musicale !\nL'infatigable Grzymala travaille toujours encore. Mais aussi il serait grand\ntemps que le mensonge sur Radziwill fût détruit. Ce n'est pas Chopin qui\ndevait la moindre chose à quelqu'un, mais c'est le monde entier qui est son\ndébiteur. Aujourd'hui quelques personnes à peine l'apprécient comme il con-\nvient, dans l'avenir la postérité lui rendra justice ; elles sont bien vraies ses\nparoles quand il dit, en parlant de certaine injustice : « nul ne peut m'enlever\nce qui m'appartient en propre ».\nDans la lettre XLVe (d'Ecosse, mai-juin 54) il est encore question des œuvres\nposthumes. Mlle St. demande s'il ne conviendrait pas d'ajouter aux compositions\npubliées, la liste de celles dont l'existence est connue, et qui resteront en manus-\ncrit, afin que dans l'avenir on pût vérifier si cette composition est authentique ou\nnon.\nFontana est allé en Allemagne chercher le repos. Avant son départ, il a joué\ndeux polonaises en présence de Mme Vfeyret ?] ; la dernière, envoyée par\nMme ledrz., doit être d'une grande beauté. Mme de St., qui s'est rencontrée à\nVienne avec Mme MfarcelineJ, disait que MmeM. est encore irritée pour l'affaire\ndes œuvres posthumes. Grzymala souffre des yeux et à cause de cela il ne peut\ns'occuper de son travail (1).\nLa lettre suivante, ne portant pas de date, a dû être écrite dans la première\nmoitié de 1850.\nFranchomme a consenti à parcourir les chansons arrivées. La fugue a peu de\nvaleur. Franch. est certain qu'elle n'est pas Fœuvre de Chopin, mais qu'elle a été\ncopiée par lui des œuvres de Chérubini (2). Puis Mlle St. parle du concert de\nWeber, que Tellefsena arrangé pour deux pianos, et qu'il a joué une fois avec\nChopin. Elle parle de Solange Clésinger, et dit aussi que quand elle verra la\ncomtesse Del[phine Potocka], elle la priera de lui donner les chansons que la\ncomtesse D. a chantées.\nVoici un résumé d'une lettre de Mme Erskine (de Paris, 19-IV-50) :\nMme Ers. remercie pour la lettre reçue, et prie Mme ledrz. de remercier sa\nmère poui 1 excellente idée qu'elle a eue de lui offrir le fauteuil de Chopin,\nil lui sera doublement cher : comme meuble auquel Chopin accordait une\ngrande importance, et comme présent de sa mère. Elle dit encore : « Je suis sûre\nque ce ci i touchant que j ai entendu cette dernière nuit solennelle ne s'effacera\njamais de mon souvenir : « Ma Mère ! Ma Mère ! » Assurément c'est un lien qui\nne peut se rompre. Elle continue à parler de l'envoi des effets et des souvenirs de\nChopin, et apprend à Mme ledrz. que M. Albrecht a sous-loué l'appartement de\n\n! i) A ma connaissance, jamais l'œuvre de Grzymala n'a été imprimée\nJnlS'î.'ctapi\"' P\" J\"\" COmme \"\" f—' '« «™ in-"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.43", "texte": "LETTRES DE JANE STIRLING ET DE SA SOEUR\n\nla place Vendôme à un M de Laroncière : Mme Ers. a touché pour le premier\nterme la somme de 700 fr.Ensuite Mme Ersk. remercie pour l'envoi de 4529 fr.,\net ajoute qu'elle a détruit la quittance laissée par Mme Iedrz. Elle parle des tra-\nvaux du monument funèbre, et dit du médaillon (( qu'il est dans le genre du buste,\nqui certainement n'est pas parfait )). Elles ont eu toutes les deux du chagrin à\ncause de la mort de M. Ramsay ; comme Chopin aurait plaint Mme R. ! Elle\nparle aussi de la mort de son mari, quoique 34 années la séparent déjà de ce\nmoment. Enfin elle parle d'un concert de bienfaisance auquel a joué Mlle O'Meara,\nh\nen remplacement de Mme Kalergis qui n'était pas encore arrivée à Paris.\nSigné K. ERSKINE."}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.44", "texte": "CHAPITRE IX\nMELANGES\n\nQUESTIONNAIRE CONCERNANT LA VIE DE CHOPIN.\nLISZT A Mme IEDRZEIEWICZ :\nMADAME,\nMa longue amitié avec votre frère, la sincère et profonde admiration que je lui\nai toujours portée comme à une des gloires les plus nobles de notre art, m'impose\nen quelque sorte le devoir de publier quelques pages en l'honneur de sa\nmémoire. Probablement elles seront assez nombreuses pour former une bro-\nchure de 3 à 4 feuilles. Afin de donner à ce travail toute l'exactitude désirable,\npermettez-moi de m'autoriser auprès de vous de mes rapports d'intimité avec\nl'illustre défunt, et de vous adresser plusieurs questions biographiques à son\nsujet, auxquelles je vous serais infiniment obligé de vouloir bien joindre les\nréponses en marge.\nMon secrétaire M. Bellini [?], qui aura l'honneur de vous porter ces lignes, est\négalement chargé de me transmettre votre réponse, dans le plus bref délai.\n•Veuillez bien agréer, Madame, l'expression de mes sentiments les plus respec-\ntueusement distingués et dévoués.\nF. LISZT.\nPilsen. 14 novembre 1849.\nQUESTION 1(1).\nLa date et le lieu de sa naissance.\nQUESTION 2.\nQuel a été le caractère de son enfance ?\nS'y rattache-t-il quelque anecdote, quel-\nque circonstance qui caractérisent ses\ngoûts et ses habitudes à cette époque ?\nRÉPONSE I et 2.\nAla ire et la 2e question on ne peut\nrépondre que dirigé par les souvenirs de\nla mère vivante encore ; ceux des con-\ntemporains de Chopin ne suffisent pas\npour satisfaire amplement à ces deux\ndemandes.\n\n(i) Voici ce questionnaire; quant aux réponses, on voit d'après le texte qu'elles ne proviennent\nd'aucun membre de la famille de Chopin. Je suppose qu'elles furent écrites par Mlle Stirling àla\nprière de Liszt, puisqu'elle en a envoyé une copie à la famille Chopin. (Les questions aussi bien\nque les réponses sont écrites de la main de Mllc Stirling sur des feuilles séparées.)"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.45", "texte": "MÉLANGES\n\nQUESTION 3.\nQuand ont commencé à se révéler ses\ndispositions musicales, et quelles ont\nété ses premières études ? Ont-elles eu\nde la difficulté pour lui ? L'improvisa-\ntion lui a-t-elle été familière de bonne\nheure ?\n» ■ - *-*>■' - -\nQUESTION 4.\nA quel collège, ou quelle école a-t-il été\nplacé? Ne se souvient-on pas du nom de\nquelques-uns de ses camarades d'étude\nqu'il affectionnait le plus ? Son talent\nmusical n'était-il pas déjà très connu et\ntrès goûté alors ? N'était-il pas souvent\ninvité par les parents de ses camarades\nqu'il charmait par son talent et son\nesprit? N'a-t-ilpas fréquenté,entre autres,\nla maison de la princesse Czetwertynska,\ndont les fils étaient ses camarades d'école?\nvers 1824 ? A-t-il été chez la princesse\nLowicz, et dans quelques autres des\ngrands salons de Varsovie ?\nQUESTION 5.\nA-t-il été compris en quoi que ce soit\ndans la Révolution de iB3o ? Oû était-il\nen novembre iB3o, et durant l'année\nsuivante? Par quel motif a-t-il quitté la Po-\nlogne alors ? Y a-t-il laissé son père et sa\nmère encore ? A-t-il conservé de fréquentes\nrelations avec les siens depuis? Oû s'est-\nil rendu en quittant le pays alors et\nquels étaient ses projets ? Combien\nde concerts a-t-il donnés à Vienne et à\nMunich, et dans quel but les a-t-il\ndonnés ? Etait-ce la première fois qu'il\nse faisait entendre en public, ou la pre-\nmière lois qu'il donnait des concerts ?\nRÉPONSE 3.\nSes premières études de piano ont\ndéjà révélé ses dispositions musicales\nextraordinaires. En s'initiant aux prin-\ncipes de Pharmonie, on aurait dit qu'il se\nrappelait une science oubliée bien plus\nqu'il ne l'apprenait pour la première fois.\nPeut-être sa faiblesse physique lui faisait\ntrouver moins de fatigue à l'improvisa-\ntion qu'à la composition écrite, qu'il\nn'élevait jamais à une assez haute pureté\npour les exigences de son goût exquis.\nRÉPONSE 4.\nSon père, homme très instruit, faisait\npartie de l'Université de Varsovie, qui\ncomptait pendant l'éducation de Cho-\npin des professeurs d'une haute dis-\ntinction. L'éducation domestique avait\ndéjà développé ses aptitudes d'une ma-\nnière remarquable. Il a été très aimé de\ntous ses camarades d'école. Il leur a\ngardé un souvenir constant pendant toute\nsa vie, et tous ceux qui ont pu le re-\nvoir à Paris peuvent certifier de l'em-\npressement qu'il mettait à renouer l'an-\ncienne intimité et à se rappeler les sou-\nvenirs de son jeune âge. Son talent\nprécoce lui ouvrait les grands salons de\nVarsovie. Le grand-duc Constantin lui-\nmême et sa femme prenaient un vif\nplaisir à suivre le développement surpre-\nnant de l'enfant merveilleux.\nRÉPONSE 5.\n11 ne s'est jamais trouvé compris dans\naucun événement politique de sa patrie.\nIl avait déjà quitté la Pologne en novem-\nbre iB3o et il n'y est jamais rentré depuis.\nIl était trop bon Polonais pour se séparer\nde ses frères proscrits. Mais sa piété\nfiliale a beaucoup souffert de cette-sépa-\nration d'avec les siens. La mort lui a\nravi son père, il y a 4 ans ; il n'a cessé de\nle pleurer avec ces larmes dont le tendre\nsouvenir du foyer domestique avait rendu\nla source intarissable dans son cœur.\nAlors comme aujourd h.ui,sa sœur Louise\nest accourue de quelque cent lieues\npour lui prodiguer avec une affection\nsublime des soins qu'aucune fatigue n'a\npu retenir. Avant de quitter Varsovie,\nChopin a donné plusieurs concerts, ainsi\nque dans son trajet de Vienne à Paris.\nMais les plus grands succès de ses con-\ncerts n'ont jamais pu dominer sa répu-"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.46", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\n\nQUESTION 6.\nQuelles sont les familles polonaises\nqu'il a le plus cultivées durant son séjour\nà Paris? Quels sont ceux de ses amis\nqu'il affectionnait le plus dans les der-\nniers temps r\nMon intime liaison avec Chopin me\ndonne peut-être aussi le droit de vous\nadresser quelques questions sur ses rap-\nports avec Mm° Sand ?\n11 serait à désirer d'avoir quelques\ndétails sur son voyage à l'île Majorque,et\nl'impression qu'il a en a gardée. Quel est\nle temps de sa vie qui lui a laissé le plus\ndoux souvenir ? Et les personnes dont la\npensée lui était restée la plus chère dans\nles derniers moments ?\nQUESTION 7.\nQuel caractère a pris vers la fin sa rela-\ntion avec Mme Sand ? Peut-on croire que\nle roman de Floriani avec le\nprince, qu'on dit être l'histoire de leurs\nrapports intimes, soit vrai ?\nQUESTION 8.\nPartageait-il les opinions ultra-démo-\ncratiques de Mme Sand? S'intéressait-il à\nla cause qu'elle soutenait ? Quels étaient\ngnance pour ce mode d'exploitation de\nson talent. Son génie avait besoin de\nplus d'indépendance que n'en laisse\nordinairement un public incolore, qui\narrive avec des exigences vagues, avec\ndes préférences arrêtées d'avance,auquel\nil est si difficile de comprendre rien hors\nla voie battue, et qui très souvent fait\ndescendre à lui l'artiste ou le poète plutôt\nque de s'élever à leur hauteur. D'ailleurs\nle genre d'effet produit par le caractère\nintime, non seulement des productions\nde sa pensée, mais même par le jeu mer-\nveilleux de Ch., ne supportait pas le\ngrand jour des salles de spectacles.\nRÉPONSE 6.\nIl était chéri par toutes les familles\npolonaises qui habitent Paris. Depuis\nl'hôtel Lambert jusqu'à la demeure la\nplus modeste,partout il était le bienvenu.\nEt pendant les 3 jours d'une sainte\nagonie, toutes ces familles étaient age-\nnouillées au pied de son lit, confondant\nensemble leurs larmes et leurs regrets.\nRien ne peut mieux fixer l'opinion sur\nla valeur d'une vie qu'une telle mort.\nRÉPONSE 7.\nLa vie intime de Ch. était pour lui un\nsanctuaire également intime ; Ch. était\ntrop sobre de détails pour leur donner\nplace dans sa biographie.— 11 est tombé\ngravement malade pendant son voyage à\nl'ile Majorque, et depuis ses forces n'ont\njamais pu reprendre leur état normal.\nNécessairement son humeur jadis si\nenjouée devait s'en ressentir de jour en\njour davantage. Il avait trop d'éléva-\ntion et trop de gorit pour vouloir se\nreconnaître dans les allusions du prince\nhéros du roman Floriani, et il\nmettait tant de délicatesse et de probité\ndans toutes ses relations qu'il serait très\ndifficile d'en suivre les pages intimes.\nRÉPONSE 8.\nSes opinions politiques n'ont jamais eu\nrien de commun avec les exagérations\ndes personnages cités ; il ne faisait pas"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.47", "texte": "MELANGES\n\nses rapports avec Louis Blanc, Ledru-\nRollin, et les autres notabilités de la\nsociété de Mlll© Sand ?\nQUESTION 9.\nAvait-il déjà rompu sa liaison avec\nelle en février 1848 ? Et peut-on assigner\nles causes de cette rupture ? A-t-elle été\nviolente ou amicale ? En a-t-i 1 souffert,\nou lui a-t-elle été facile ? Séjournait-il\nsouvent à Nohant, et ce séjour lui était-\nil agréable ?\nQuand a-t-il vu Sand pour la der-\nnière fois ? A-t-il demandé à la revoir ?\nEn a-t-il parlé et dans quels sentiments\navant de mourir ?\nQUESTION 10.\nPourquoi est-il allé à Londres en 1848?\nCombien y est-il resté? Pourquoi en est-\nil revenu ? L'anecdote que m'a racontée\nM. Sch[l]esinger sur les leçons qu'il\ndonnait à la Reine Victoria qui venait les\nprendre chez lui, Chopin étant trop souf-\nfrant pour sortir, est-elle authentique .J\nQUESTION 11.\nDe quelle année date sa maladie de\npoitrine ? Quelle était son humeur dans\nles derniers temps ? A-t-il regretté la\nvie ? Voyait-il approcher la mort avec\nterreur ? Quand a-t-il cessé de compo-\nser ? A-t-il exprimer le désir d'écrire\nencore, alors qu'il ne le pouvait plus?\nLaisse-t-il quelques œuvres inachevées,\net de quel genre ?\nQUESTION 12.\nQuels ont été ses derniers moments ?\nLe fait raconté par les journaux de mu-\nsique qu'il a demandé à se parer de ses\nhabits de concert quand il sentait la\nmort approcher, est-il vrai ?\nA-t-il reçu les derniers sacrements ?\nJ\nLes a-t-il demandés ou refusés ? Et quel\nprêtre est venu à son lit de mort ?\nde propagande, on n'en faisait pas non\nplus auprès de lui, elle n'aurait pu l'at-\nteindre. Il avait l'esprit trop clairvoyant\npour ne pas prévoir les malheurs du\ntemps, trop de cœur pour y rester indif-\nférent, et trop de jugement pour se mêler\nde n'importe quelle agitation politique.\nRÉPONSE 9.\nIl paraîtrait que le mariage de la fille\nde Sand a fait juger cette époque\nassez sérieuse pour une mère, pour que\nle séjour à Nohant de Chopin ne pût\ncontinuer sans de graves inconvénients.\nLa fille a assisté pieusement à sa mort.\nLa mère n'était pas à Paris. Il n'en a\npas parlé à ses dernières heures.\nRÉPONSE 10.\nAttiré en Angleterre par quelques amis,\nil y fit un séjour de 8 mois ; mais le cli-\nmat lui devint mortel. Il n'a jamais rien\nraconté d'extraordinaire de ses relations\navec les hauts personnages de ce payé,\nsinon qu'ils avaient pour lui une bien-\nveillance empressée.\nRÉPONSE I I .\nL'autopsie n'a rien révélé sur le prin-\ncipe de sa mort. La poitrine a paru être\nmoins compromise que le cœur. La mort\na été celle d'une âme pure, résignée et\ncroyante. Pas le moindre nuage d'outre-\ntombe n'est venu assombrir ses derniers\nmoments. La confiance de la foi et de\nl'amour reposait tout entière dans ses\ntraits. Il a laissé des dispositions précises\nqui condamnent au feu ses compositions\ninédites.\nRÉPONSE 12.\nIl suffit d'avoir vu Chopin une seule\nfois dans sa vie pour le croire incapable\nde la petitesse d'esprit pour se préoc-\ncuper du choix d'un genre de parure\npour recevoir la mort. Il l'a reçue en bon\ncatholique, ayant fait toutes ses dévo-\ntions sous la direction et par les soins\nde son ancien ami l'abbé Jelowicki."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040101-01.1.48", "texte": "SOUVENIRS INÉDITS DE CHOPIN\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nLa lettre suivante, sans signature, était entourée d'une bande qui portait cette\ninscription (de l'écriture de Mlle Stirling) : Psse Cqartoryska :\n■\nMonsieur, Monsieur Chopin,\nRue Saint-Lazare, Cour d'Orléans.\nMon cher Chopin, Iza est dans son lit depuis vendredi soir ; je suis inquiète,\ncar son rhume est si fort et si tenace que cela ressemble à une petite fluxion de\npoitrine.\nAdieu, mon cher Chopin, nous ne pouvons vous voir aujourd'hui. J'espère\nque votre santé ne souffre pas de cet horrible temps. Comme c'est triste au\nmonde !\n'v > i , .\n\nLes lettres de recommandation suivantes ne furent pas du tout remises à leur\nadresse par Chopin et restèrent dans ses papiers.\nLe Comte L. DE THUN, clans une lettre adressée :\nLouis Ivleinwachter, Docteur en droit,\nAltstadt, lange Casse, maison Ballabene\nou\nCari Helminger jun., Docteur en droit,\nAltstadt, un hôte rare à « Goldener Baum »,\nà Prague.\net écrite de Paris, 28-111-1835, recommande très chaudement Chopin, le louant\ncomme musicien et comme homme.\nMme Sophie Bascaux recommande Chopin au Dr Curie[}] demeurant à Londres\n(14-IV-1848).\nCh. Gavard recommande Chopin à M. Hall, membre de la rédaction, ou\nmême îédacteui du (( The art-union Journal » à Londres. Dans cette lettre,\nécrite en français, se trouve le passage suivant : Chop. est très modeste, il craint\nque les gens n essayent de tirer parti de son nom (du moins il me le semble ; la\nléclame 1 effraye. Surveillez-ie sous ce rapport ; il ne pourra trouver de meilleurs\nconseils que chez vous et sil iaut qu un journal parle de lui, que ce soit un\njournal comme le vôtre.\nLa comtesse DE NESSELRODE KALERGIS recommande Chopin à lord Ossulston\nà Londres, et le prie de le recommander à lord Malmesbury \"}] (15-VI-1848A\nALie D. D OBRESCOFF recommande Chopin clans les trois lettres suivantes à\nc^es Personnes habitant Londres :à M. Henri Bering, àla baronne Brunow et à\nlord Pembroke. (Ces trois lettres sont datées du 11-IV-1848.)"}]}