{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_sha256": "3c551d5f13d4277cecc39f35a8fd74928dcbca3f391a87830c0cbad1f2af9beb", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/01/15_01/bmtnabj_1904-01-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/01/15_01/bmtnabj_1904-01-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "49", "page_fin": "52", "image_debut": 1, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.1", "titre_corps": "M. I. Philipp : Une classe de piano au Conservatoire de Paris.", "titre_sommaire": "M. I. Philipp : Une classe de piano au Conservatoire de Paris.", "signature_source": "C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.2", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 3643, "texte": "M. I. Philipp : Une classe de piano au Conservatoire de Paris.\n\nyo décembre içoy, cq h. du matin.— Par cette matinée de ftoiduie et de brouil\nlard, le vieux Conservatoire, avec ses murs sales, sa cour nue, a un aspect lamen-\ntable. Devant la loge du concierge, bavarde une jeunesse rieuse et vive, flanquée\nde quelques mamans vénérables : à la pointe des nez, le matin a mis une tache\nde vermillon, et toutes les paroles se dessinent dans l'air en buée grise. En sui-\nvant un couloir, je pénètre dans une petite salle proprette où règne un gaidien\nen calotte de velours. Sur une table est ouvert un registre. De temps en temps\nentre un professeur : il inscrit son nom, décroche une clef dans le casiei hommes\nou le casier Jemmes, et s en va sans mot dire. Enfin paraît M. Philipp (1 ), une ser-\nviette sous le bras, enveloppé dans une longue pelisse. C est un homme jeune,\nd'allure élégante et distinguée, dont je n'ai pas à décrire le visage, car on le voit\nsur la première page de cette Revue. Il me tend une main coidiale, et je 1 accom-\npagne au premier étage avec sa petite bande de disciples. Durant ces prélimi-\nnaires, j'ai été frappé de l'ordre et de la régularité qui régnaient dans la vieille\net illustre maison.\nLa classe où nous entrons est d'une grande austérité d'ameublement. Le long\ndes murs, un banc ; autour du piano à queue, des chaises bien vite occupées.\nAprès avoir fait le geste de l'homme qui se lave les mains dans le vide avec un\nsavon invisible, M. Philipp appelle un nom et un jeune homme de quinze ou\nseize ans commence une pièce de Bach (tirée des Suites anglaises). Il joue tiès\ncorrectement, sans une défaillance, ce morceau de difficulté moyenne. Assis près\nde lui, le professeur l'écoute jusqu'à la fin, sans l'interrompre ; puis, le plus\ntranquillement du monde, avec un léger accent étranger qui transforme les e\nen é :\n—Ça ne vaut rien. C'est tout à fait mal. Ce sont des notes de piano, et pas\nautre chose- Vous tapez comme un fou, et votre cerveau ne travaille pas. Je suis\nsùr que chez vous, quand vous jouez du piano, vous avez toujours la cigarette à\nla bouche. Est-ce que vous croyez, parce que c'est du Bach, qu on n a pas besoin\nd'avoir une pensée et un sentiment ? Demandez-vous ce que c est que la grâce :\n\n(i) Parmi les nombreuses publications de M. I. Philipp, je citerai seulement les ouvrages de\npédagogie musicale. Chez Durand : Méthode élémentaire, gammes et arpèges, exercices pratiques,\njournaliers (avec préface de Saint-Saëns), techniqiies, pour la main gauche seule. Chez\nHeugel : Exercices de virtuosité. Chez Hamelle : Exercices d'après Chopin ; Etudes de concert\nd'après Chopin et Weber. Chez Leduc : Deux études en doubles notes, d'après Chopin, op. 25, n° 6 ;\nExercices d'extension ; le Trille. Chez Janin (Lyon) : Ecole du mécanisme : Exercices rythmiques ;\nles Gammes (essaie Chez Enoch : Caprices-Etudes en octaves. Chez Costallat : Une heure d'exercices.\nChez Fromont : Etudes pour la main gauche, d'après Bach. Chez Schirmer (New-York) : Doubles\nnotes (exercices, études, exemples). Octaves (id). Chez Thompson (Boston) : Deux études, d'après\nChopin. Chez Ricordi (Milan) : Etudes techniques. Il faut joindre à ces ouvrages de nombreuses\nrééditions des maîtres anciens (Alkan, Czerny, Schubert, Liszt, Rubinstein, Stephen Heller, etc.).\nQuant aux ouvrages originaux de M. Philipp, aux transcriptions à deux pianos, arrangements à\nquatre ou deux mains, ils sont trop nombreux pour être énumérés ici. Le journal Der Klavier-\nLehrer dans son numéro du ier octobre 1903, a hautement apprécié la valeur pédago-\ngique de ces travaux."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.3", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 2753, "texte": "et quand vous aurez une idée là-dessus, tâchez de nous la dire avec vos doigts,\nsi vous jouez du Bach...\nCe qui me frappe dans les développements donnés à cette observation, c'est,\nchez le professeur, une autorité simple, exempte de tout charlatanisme ; et chez\nl'exécutant, une docilité respectueuse, impassible, écoutant sans broncher une\nappréciation assez dure...\nL'un après l'autre (il y a des absents dont un fonctionnaire de la maison est\nvenu prendre les noms au cours de la classe), douze élèves environ viennent s'as-\nseoir au tabouret et « jouer leur morceau ». J'entends successivement: une\nSonate de Scarlatti(édition Besi) ; la Sonate de op. 11 ; les Prélude et\nfugue n° vu du Clavecin bien tempéré de Bach ; la grande Sonate et un Nocturne\nde Chopin ; Y Allegro de la sonate appassionata de Beethoven ; la Valse-Ca-\nprice de Fauré ; le Finale du 9e quatuor de , transcrit par Saint-Saëns ;\nCampanella(fantaisie), de Paganini ; un arrangement très brillant du Songe d'une\nnuit d'été, par Liszt...\nEvidemment, tous ces exécutants sont déjà avancés. Ils ont beaucoup d'agilité.\nLeur maître n'a plus à revenir sur les notions élémentaires. Quelques-uns d'entre\neux montrent même une virtuosité réelle. Aussi M. Philipp ne fait-il que des\nobservations d'ordre élevé. Il s'arrête assez longtemps sur ce début de la sonate\nde Chopin :\nIl trouve que l'élève lui donne un caractère trop sec et trop militaire. Il y veut\nquelque chose de plus posé, de plus naturel, de moins agressif. Bientôt, inter-\nrompant l'exécution de cette sonate évidemment trop haute et trop grande\npour être complètement rendue par un pianiste de quinze ans, il se met lui-\nmême au piano, pour joindre à la parole la démonstration par le fait. On devine\nchez lui un sens très délicat de la valeur psychologique et de la signification des\nchefs-d'œuvre ; car il termine par ce mot touchant adressé aux élèves : « Il est\ncertain qu'on n'a pas la peau assez large pour mettre le bonhomme en soi ; il\nfaut tout de même essayer. » Quand on attaque l'allégro de Beethoven :\nil est bien près de sortir de son calme habituel, car il trouve que l'élève joue trop\nvite. Il déclare qu'au lieu du chiffre 152 au métronome qu'on a indiqué dans les\néditions Kohler et Winkler pour la valeur de la noire, c'est 144 qu'il faudrait lire.\nEt il blâme (avec combien de raison !) la manie de jouer vite, toujours plus vite,\npour briller... Pendant qu'on reprend, sur ces indications, ce dramatique allegro,\nil se promène dans la classe ; mais il dirige admirablement l'exécution, car il\njoue, il vit, intérieurement, ce grandiose poème, et l'élève est sous l'influence\ndirecte de ses moindres paroles : Pas de fausses nuances ! Pas d'exercice de"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.4", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "poignet ! lci, mystérieux... angoissé... terrible... Ce sont des cris de douleur et\nde colère... faites gronder sourdement l'orage! etc. Il arrête aussi le pianiste,\npour lui demander de faire sentir cette entrée canonique, à laquelle il attache de\nl'importance :\nTout ce commentaire du texte de Beethoven est très artistique, et vraiment\ndigne de ce que doit être l'enseignement supérieur de la musique. Plus j'entends\nM. Philipp rectifier le jeu superficiel de ses élèves, plus je me fortifie dans la\nconviction que ce qui est surtout nécessaire aux jeunes musiciens voulant arriver\nà la maîtrise sur un instrument quelconque, c est la culture de 1 intelligence et\nl'éducation générale du sens artistique. Les futurs virtuoses du piano doivent\navoir beaucoup de « mécanisme » et se rendre maîtres de leurs doigts, cela est\nbien évident : je voudrais même que, pendant des mois et des années, ils fissent,\nexclusivement, des exercices d'agilité en s'elforçant de jouer avec aisance des\n« Etudes )) très difficiles ; mais à côté de ces travaux d'assouplissement, je vou-\ndrais qu'ils fissent, loin du piano, des études d un intérêt ps\\chologique et moral\npour élargir un peu leur intellect et se rendre capables de comprendre les chefs-\nd'œuvre. Je sais que cette opinion est celle de M. Philipp et fait la valeur de son\nenseignement C'est d'ailleurs pour cette raison (trop méconnue des jeunes gens)\nqu'on a institué au Conservatoire des cours d histoire musicale et de littei atui e.\nAu point de vue technique, M. Philipp fait beaucoup d'observations de détail,\ndont l'une me semble particulièrement importante. A plusieurs reprises\nil dit à l'exécutant : « Respirez !... Respirez, comme ferait chanteur intelligent. ))\nUne composition musicale est comme un discours littéraire qui a des para-\ngraphes. des périodes et des membres de phrase séparés par des signes de ponc-\ntuation. Ponctuer, quand on joue du piano, c'est détacher sa main du clavier.\nSans cela, plus de rythme 1 Dans les éditions usuelles, c est le signe legato qui\nmarque l'étendue d'un membre de phrase et indique le moment où il faut « res-\npirer ». Mais, dans les éditions des Sonates de Beethoven et de Mozart, le legato,\ndix fois sur vingt, est placé à contresens. Je me suis occupé ailleurs de cette\nquestion. Je n'y reviens pas ; mais je suis bien heureux de voir un professeur\ncomme M. Philipp y attacher l'importance capitale qu elle mérite.\nAprès avoir épuisé la liste de ses élèves auxquels il donne, avec des encoura-\ngements, un sujet de travail pour la prochaine séance (nouveau morceau à\nétudier, partie de morceau ancien à revoir, morceau à apprendre par cœur),\nM. Philipp déclare la classe terminée. (Elle a duré deux heures.) Chacun de ses\nélèves vient gentiment lui serrer la main en disant : « Au revoir, Maître ! » et,\nenchanté de l'excellente leçon que j'ai reçue moi-même en voyant à l'œuvre un\nprofesseur justement réputé, je rentre dans la froidure et le brouillard.\n\nC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "49", "page_fin": "49", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.1.1", "titre_corps": "M. I. PHILIPP Professeur au Conservatoire.", "titre_sommaire": "M. I. 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En même temps\nj'ose encore vous recommander de ne produire ce Concerto (2) qu'après deux ou\npeut-être trois répétitions soigneusement faites ; en particulier je désirerais\nqu'à l'entrée de l'Allégro Marziale le motif des hautbois et clarinettes\nsoit très vigoureusement accentué et rythmé.\nA Berlin il était resté un peu d'indécision dans l'attaque des instruments à\nvent qui à ce moment doivent fonctionner en guise de trompettes, militairement\net non pas en garde nationale, à la débandade ! En général, je ne puis entrer\nen facile composition à l'endroit du rythme et de l'accent, car c'est le nerf même\nde la musique, qui malheureusement dans beaucoup d'orchestres se trouve\nsingulièrement relâché, et quasi chloro for misé.\nSoyez assez bon pour vous charger de mes plus cordiales amitiés pour\nJoachim, dont j'aime et admire si sincèrement le haut talent et le noble caractère\net croyez bien, mon cher Monsieur Jaëll, aux sentiments très véritablement\ndistingués et affectionnés de\nVotre tout dévoué,\nF. LISZT.\nWeymar, 18 décembre 55.\nJe compte que vous aurez la complaisance de me renvoyer la partition et les\nparties d'orchestre du Concerto pour le ier janvier, car j'en aurai besoin quel-\nques jours après.\nII\nMON CHER MONSIEUR JAELL,\nMon Concerto se trouve chez vous en beaucoup trop bonnes, aimables et bril-\nlantes mains pour que je sois pressé de l en retirer et si effectivement vous\n(1) Ces lettres, adressées à l'exquis pianiste que beaucoup de Parisiens se rappelleront encore,\nn'ont jamais été publiées jusqu'à ce jour. La Revue musicale adresse ici tous ses remerciements a\nla femme éminente qui a bien voulu s'en dessaisir en sa faveur.\n(2) Ce Concerto, en mi b, a été exécuté en dernier lieu au Concert Colonne le 26 octobre 1902."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.6", "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 2989, "texte": "voulez avoir l'amabilité de le produire dans d'autres villes avec tous les a\\ an-\ntages de votre belle exécution, je ne puis que vous en être très sincèiement\nobligé. Le seul scrupule que je conserve est celui de vous occasionner toute\nsorte d'ennuis de répétitions que ce morceau rend presque inévitables. Peut-\nêtre cependant y aurait-il moyen de les diminuer en communiquant à 1 avance\n(avant la répétition) la partition au chef d'orchestre avec les indications indis-\npensables relatives au sens et au rythme, auxquels il est si aisé de faire subir\nles plus horribles traitements sans qu'on prenne la peine de sen apercevoir,\ntrouvant d'ordinaire plus commode de faire porter à l'innocent compositeur la\npeine des bévues d'autrui.\nAie pardonnerez-vous de vous demander encore de prendre soin que le ti iangle\nne soit pas de trop basse extraction et d'une trop grossière vibration, ainsi que\nde veiller à ce que l'artiste triangulaire remplisse sa tâche avec finesse, préci-\nsion et intelligence (i) ? C est un détail de minime importance en appaience,\nmais auquel je tiens.\nVeuillez bien, je vous prie, mon cher Monsieur Jaëll, vous charger de mes très\ncordiales amitiés pour Litolff et agréer l'expression de mes sentiments très affec-\ntueusement distingués.\nF. LISZT.\n28 décembre 55.\nSi vous n'avez plus besoin du Concerto après le 20 janvier, je vous serai\nobligé de me le faire parvenir ici, car je n'en possède pas de copie.\nIII\nMON CHER MONSIEUR,\nJe profite du premier moment de liberté qui m'est accordé depuis mon retour\nde Vienne, pour vous remercier de votre lettre et vous dire combien je suis\ncharmé d'apprendre que mon Concerto ne vous a causé ni ennuis ni incommo-\ndités. Par rapport à l'effet de mes compositions, j'avoue que je suis d'ordinaire\npassablement sceptique, car l'expérience m'a trop appris combien le succès des\nœuvres qui valent infiniment mieux que les miennes dépend de toutes sortes de\ncirconstances extrinsèques qu'il est impossible de piévoir, plus encore de domi-\nner. De tous les arts c'est certainement la Musique qui se trouve dans les con-\nditions de dépendance les plus fâcheuses, et soumis aux chances les plus anor-\nmales. Il lui faut avant tout des interprètes intelligents et habiles, et puis un\nauditoire bien disposé, et dont les oreilles ne soient pas trop longues. Par le\ntemps qui court, il devient très malaisé de se faire place. 1— Si l'on apporte du\nnouveau, les gens vous demandent du vieux, et si on leur donne du vieux, ils\ntrouvent qu'il y manque le nouveau. Le meilleur parti à prendre reste encore de\ntravailler consciencieusement et de tâcher de bien faire en laissant dire.\nRelativement à votre obligeante intention de produire mon Concerto à Péters-\nbourg, je vous propose de faire copier la partition à Berlin où vous pourriez\nla prendre en passant chez M. de Bùlow. Cette copie pourra être prête dans\n\n(i) 11 s'agit sans doute du solo de triangle qui pose le rythme du Scherzo."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.7", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 732, "texte": "une huitaine de jours et je vous prie de me faire savoir par deux mots si cette\nproposition vous arrange, ou si vous préférez que je vous envoie le Concerto à\nPétersbourg par l'intermédiaire de M. Schlesinger. De plus je vous joindrai\nune copie d'un arrangement à deux Pianos du même morceau dont vous trou-\nverez peut-être plus facilement occasion de vous servir, et qui vous mettrait en\ntout cas à même de laisser la grande partition entre les mains du chef d'or-\nchestre.\nVeuillez bien recevoir, mon cher Monsieur Jaëll, avec mes très sincères remer-\nciements, l'expression des sentiments les plus distingués et affectueux\nde votre tout dévoué,\nF LISZT.\nWeymar, 19 février 56.\n(A suivre.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c008", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "55", "page_fin": "56", "image_debut": 7, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.3", "titre_corps": "L'Enseignement du chant dans les lycées. (Extrait d'un rapport adressé à M. le Ministre de l'Instruction publique.)", "titre_sommaire": "L'Enseignement du chant dans les lycées. (Extrait d'un rapport adressé à M. le Ministre de l'Instruction publique.)", "signature_source": "DAHNNAUSER, Inspecteur de l'enseignement du chant", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.7", "debut_caractere": 734, "fin_caractere_exclue": 1866, "texte": "L'Enseignement du chant dans les lycées.\n(Extrait d'un rapport adressé à M. le Ministre de l'Instruction publique.)\n\nJe pense que l'étude de la musi-\nque, loin de nuire à l'enseignement\ngénéral en lui enlevant une par-\ncelle du temps qui lui est destiné,\nne peut que lui être profitable. Elle\napporte dans l'aridité des travaux\nordinaires une diversion aimable,\ndéveloppe le sentiment du beau,\nfait aimer l'école et, par cela\nmême, augmente chez l'enfant son\nardeur pour l'étude.\nIl importe, à mon sens, de n'im-\nposer aucune méthode, aucun pro-\ncédé. L'instituteur doit avoir :t la\nliberté de choisir, sinon parmi tous\nles ouvrages existants, du moins\nparmi ceux qui auront été exami-\nnés par une commission compé-\ntente, celui qu'il préfère ou qu'il\njuge devoir mieux convenir à ses\nélèves selon leur degré d'avance-\nment.\nCette latitude laissée à l'insti-\ntuteur offre, en outre, plusieurs\navantages :\ni° L'instituteur a ainsi une res-\nponsabilité plus grande. S'il n'obtient pas les résultats qu'on est en droit de lui\ndemander, il ne peut se retrancher derrière une méthode imposée et sur laquelle\nil rejettera toute la faute ;"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.8", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 2206, "texte": "2° Des hommes d expérience et de talent, sachant que tous les ouviages esti-\nmables peuvent être employés, n hésiteront pas à chercher des pi océdés nou\nveaux, à écrire des méthodes, des solfèges ou des œuvres chorales; tout cela\npour la plus grande prospérité de l'enseignement.\nCe qui doit être imposé, c'est un programme d'études, et 1 instituteur doit abso-\nlument s'y conformer.\nlime semble utile, peut-être indispensable, que renseignement musical, à tous\nles degrés de l'enseignement, soit l'objet d une inspection spéciale. Cette inspec-\ntion, à défaut d'un personnel complet et permanent, pourrait être utilement faite\npar des professeurs que [ administration choisirait parmi les plus méritants pour\nleur confier une ou plusieurs missions temporaires. Il conviendrait à cet efiet\nd'établir par voie d examen ou de concours un certificat d aptitude aux fonctions\nd inspecteur du chant. Je crois que l'on trouverait, dans les principaux centres\nsurtout, des musiciens instruits qui accepteraient volontiers de semblables\nmissions.\nLes rapports adressés au Ministère permettraient de comparer la situation de\nl'enseignement musical dans les différentes régions de la France, et, en peu de\ntemps, d'en rendre l'organisation aussi parfaite que possible.\nPour les écoles primaires, le programme en usage dans les écoles de la ville\nde Paris pourrait servir, au moins à titre de document.\nIl exige que l'on commence par faire apprendre de mémoire aux jeunes enfants\nde petits chants faciles à retenir, dont les paroles toujours correctes, irréprocha-\nblement prosodiées sur la musique, offrent toujours un sujet moral instructif ou\npatriotique.\nL'oreille et le goût de l'enfant se forment ainsi peu à peu. Les premières\nétudes, loin de le rebuter, lui causent un plaisir extrême, et bientôt il désire lui-\nmême connaître les signes au moyen desquels on écrit ces mêmes chants.\nLe début des études musicales est d'accord avec le principe pédagogique, et\nl'on pourrait dire presque naturel, qui veut que l'on ait l'idée d'une chose avant\nde connaître le signe convenu au moyen duquel on la représente.\n\nDAHNNAUSER,\nInspecteur de l'enseignement du chant."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c009", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "55", "page_fin": "55", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.3.1", "titre_corps": "LES ENFANTS CHANTEURS.", "titre_sommaire": "LES ENFANTS CHANTEURS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.7", "debut_caractere": 1868, "fin_caractere_exclue": 1890, "texte": "LES ENFANTS CHANTEURS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c010", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "56", "page_fin": "58", "image_debut": 8, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.4", "titre_corps": "La musique au point de vue sociologique : le canon", "titre_sommaire": "La musique au point de vue sociologique : le canon", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.8", "debut_caractere": 2208, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "La musique au point de vue sociologique : le canon\n\n(0\nEssayez d'imaginer une société (par exemple les habitants d'une ville) dont\nchaque membre serait un individu vivant à part soi, sans rapports d'aucune\nsorte avec ses voisins ; ou les hommes ne se ressembleraient ni par le costume,\nni par le langage, ni par le mode d'alimentation et de travail, ni par les idées,\nles goûts, les divertissements et la tendance des volontés : vous n'aurez pas de\npeine à comprendre qu'une telle société n'existe pas, et qu'elle est impossible.\nVous conclurez que toute société repose sur limitation.\nEssayez d'imaginer une composition musicale, de n'importe quel genre\n\n(i) Suite. Voir la Revue du ier janvier."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.9", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "depuis la mélodie en plain-chant toujours chantée à l'unisson jusqu'à la sympho-\nnie moderne la plus compliquée, -• où il n'y aurait aucune ressemblance, soit\nentre les membres d'une même période, soit entre les membres de périodes\nsuccessives ; où chaque partie serait absolument indépendante et où on ne rever-\nrait jamais deux fois la même formule : vous n'aurez pas de peine à compren-\ndre qu'une telle musique n'existe pas, et qu'elle est impossible. Vous conclurez\nque toute musique repose sur /'imitation.\nDe cette analogie résulte la possibilité d'étudier l'art au point de vue sociolo-\ngique.\nL'histoire de la musique (à partir du plain-chant) se confond avec celle de\nl'art qui s'efforce d'introduire des imitations dans les diverses parties d'un même\nmorceau. J'ai cité déjà un célèbre canon du xme siècle où est appliquée de la\nfaçon la plus rigoureuse cette loi de l'imitation qui introduit l'unité dans la diver-\nsité. En remontant plus haut encore, on trouve des documents analogues (enta-\nchés, il est vrai, de certaines duretés qui, pour notre oreille moderne, sont\npénibles).\nC'est au xne siècle que, pour la première fois peut-être, un théoricien parle de\nVart de limitation en musique ;ce théoricien est Jean de Garlande, de l'abbaye de\nSaint-Paul à Besançon. Dans son Traité sur les principes du déchant, il signale\ndeux sortes de « répétition )) : la répétition qui a lieu dans la même partie, et\ncelle qui a lieu dans deux parties différentes. Il en donne l'exemple suivant,\nqu'on peut reproduire à titre de curiosité historique :\nM. de Coussemaker commente ainsi cet exemple: (( Ici se révèle pour la pre-\nmière fois un des faits les plus curieux de l'histoire de l'harmonie au moyen âge.\nSous le nom de répétition de voix différentes, Jean de Garlande entend ce que\nnous appelons contrepoint double. L'exemple qu'il donne ne peut laisser aucun\ndoute sur ce point. )) M. de Coussemaker force un peu les choses en parlant ainsi ;\nmais il y a là un curieux exemple d'effort vers l'imitation et la symétrie.\nUn autre exemple d'imitation réelle est donné par une pièce que le même de\nCoussemaker a découverte dans un autre traité, au British Muséum, et qui con-\ntient deux textes importants ; le premier est un Posui adjutorium de Pérotin,\norganiste de Notre-Dame de Paris au xne siècle ; le second est d'un anonyme.\nVoici le texte de Pérotin :"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.10", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 224, "texte": "Ces combinaisons de notes nous paraissent aujourd hui barbares ; mais 1 his\ntorien qui cherche à se rendre compte de la genèse dun art ne saurait les\nnégliger.\n(.A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c013", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "58", "page_fin": "60", "image_debut": 10, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.5", "titre_corps": "Notes sur la «Reine Fiammette»", "titre_sommaire": "Notes sur la «Reine Fiammette»", "signature_source": "C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.10", "debut_caractere": 226, "fin_caractere_exclue": 2343, "texte": "Notes sur la «Reine Fiammette»\n\nLe très brillant, très lyrique et très\nartistique livret de la Reine Fiammette a\nun défaut : il manque de concision (même\naprès quelques coupures de la dernière\nheure). Il arrive parfois que le même\nchanteur a trop longtemps la parole ; il y\na des scènes inutiles et faisant hors-d'œu-\nvre, pur pur ei panni, où la recherche\nd'un effet facile est visible : le nocturne\n(d'ailleurs charmant) qui termine le pre-\nmier acte; plus loin, un « Sonnet de Pé-\ntrarque )), un chœur de chasseresses dans\nle lointain n'est-ce pas une scriberie ? pour marquer le lever du jour, etc.\nEnfin, et en général, un peu de surabondance verbale dans les traits pittoresques.\nIl en résulte que le musicien, soucieux de traduire exactement le poème et de ne\nrien omettre, est à l'étroit. Sa pensée musicale est gênée ; il nous montre des\ntaches de couleur successives et menues, plutôt que les belles constructions dont\nil est capable. La grosse difficulté, pour un compositeur d'opéra, n'est point de\ntraduire une idée quelconque avec l'orchestre ; c'est de distinguer d'abord l'im-\nportant et l'accessoire, le trait essentiel à l'action et celui qui n'est qu'une\nprouesse de rhétorique; c'est, en un mot, de bien déterminer les surfaces qu'il faut\ncouvrir de musique d'après l'importance et la subordination des idées. Je reproche\nà M. Leroux (on peut lui parler franchement, aujourd'hui que le succès de son\nœuvre est assuré) d'avoir montré parfois trop de respect pour certains détails du\nlivret, et de n'avoir pas fait des sacrifices nécessaires. Au deuxième acte, Danielo,\nd'abord assombri par la pensée du meurtre dont on l'a chargé, devient radieux\nen voyant Orlanda ; et pour exprimer ce brusque passage du désespoir à la joie,\nil use du symbole suivant : « le cyprès, chargé de corbeaux, a vu passer une co-\nlombe ». Croirait-on que sur ces derniers mots il y a un gloussement de clari-\nnette, plusieurs fois répété,\nqui, manifestement, veut peindre levol d'une colombe ? Je pourraisciter plusieurs\ncas analogues. Le poète vient-il à dire\nLa danse frivole\nEt le luth touché\nD'un doigt qui s'envole,"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.11", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3241, "texte": "il y a, sur ce derniermot (que la rime conduit par la main, n'est-ce pas ?) un joli\ntrait de flûte qui (( s'envole » :\nEn revanche, le compositeur ne paraît pas, en d'autres pages, avoir fait une\nanalyse suffisante des valeurs relatives du texte littéraire. Dans un récit assez long\net très soigné, Danielo fait connaître les circonstances où il a perdu son frère :\ni° il le demande à grands cris, certain de le voir reparaître ; 2° rien ne répond\nà son appel... Il a perdu (( tout ce qu'il aimait )). L'opposition dramatique de ces\ndeux moments (p. 51 de la partition) devait, je crois, être respectée ; ils sont\nindiscernables, dans une suite où règne, à peu près également, le jortissimo. Il\nfaut, en vérité, au compositeur d'aujourd'hui beaucoup plus de jugement qu'au-\ntrefois ! Au temps de Meyerbeer, les parties importantes d'un livret et les parties\nde déblayage ou de remplissage apparaissaient tout de suite et d'elles-mêmes,\ncomme marquées aux deux crayons ; notre conception du drame lyrique, en vou-\nlant l'unité, rend plus délicat le discernement des valeurs : mais c'est, je crois, le\npremier point de vue auquel il faudrait se placer en appréciant un musicien écri-\nvant pour le théâtre.\nLa musique de M. Xavier Leroux ressemble beaucoup, par ses qualités, à celle\nde M. Massenet : elle est extrêmement variée et souple, grâce à une rare connais-\nsance du (( métier ». Beaucoup de pages sont spirituelles et vives, avec une jolie\ncouleur faisant tableau de genre ; d'autres chantent le sentiment ou la grande\npassion avec cette force enveloppante et prenante dont l'auteur d 1 Esclarmonde\nsemblait avoir le privilège. Jamais de surcharge. L'air et la lumière circulent\ntoujours dans l'orchestre qui —sauf une exception que je vais dire se maintient\ndans des régions de sagesse.\nPour obtenir des effets de grâce et de poésie, M. Leroux emploie des moyens\ntout à fait charmants : il aime, par exemple, à faire chanter deux flûtes en les\nbaignant dans la demi-teinte des violons en sourdine ; il fait grand usage des\nharpes ; à l'occasion, mais très sobrement, il détache la phrase type d'un violon-\ncelle ; il enlève toute la masse instrumentale et lui donne de la légèreté par le piz-\nzicato des contrebasses ; et il ne proscrit pas le tutti vibrant des violons... Tout\ncela est infiniment agréable, d une habileté rare, mais ne paraît pas contenir\nd'innovations essentielles qu'il faille noter. M. Leroux connaît aussi le secret de\ntous les styles : faire un pastiche des écrivains religieux du xvie siècle, passer\nd'une habanera à une phrase de caractère mystique, traduire le mystère de la\nnuit commençante ou entourer de sonorités triomphales un représentant de\nl'autorité suprême, tout cela est pour lui ou semble être ! un jeu. Dans l'in-\nterlude symphonique iplacé avant le 3e tableau, au 2e acte), il reparaît tel que\nnous l'avons vu dans Astarté : le peintre de la passion déchaînée, de la passion-\nlimite, au delà de quoi il n'y a plus rien, sinon de mettre le feu à l'orchestre et\nde faire flamber tout le théâtre. C'est la forme du canon qu'il a adoptée cette\nfois, avec des timbres particuliers et des progressions énormes. Les violons\ncommencent, enveloppés par des trémolos :"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.12", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1731, "texte": "Puis, ce sont les cuivres qui alternent avec les violons, et enfin les cuivres\ntout seuls qui, conservant la forme du canon, reprennent le motif, en le haussant\nchaque fois d'un ton toujours sur des trémolos) :\nAprès un poco allargando, un poco accelerando, un allargando molto ; après des\ntrilles sur une gamme dont chaque note est d abord une blanche très appuyée,\npuis une noire soulignée par des syncopes le tout engagé dans un crescendo\nincessant on aboutit à cette explosion formidable des trombones :\nMusicalement, cet effet est un peu gros et un peu facile : esthétiquement, est-il\nbien juste? Les deux amants dont il y avait à nous peindre les transports ne\nsont pas des possédés ayant bu le philtre magique. Orlanda n'est ni une Iseult,\nni une Phèdre, ni une Médée : c'est une enjouée, comme la marquise Mahaud\nd'Eviradnus, dans la Légende des Siècles. Danielo est (( pâle et frêle )). Un pareil\norage doit le briser ! Il y a trop cle déchaînement et de réalisme sensuel, pas assez\nde grâce et de (( romance » dans cette scène. M. Leroux embrase tout et fait voir\nun incendie grandiose, là où aurait suffi une flamme légère, une fiawmette. Je\nreconnais d'ailleurs que tout s'apaise, après les mesures que j'ai citées ; à cette\nexceptionnelle dépense de force succède, comme réaction nécessaire, une scène\nde douceur. Le contraste est très habilement établi et ne manque pas de beauté.\nMais peut-être l'unité fait-elle un peu défaut dans l'ensemble de l'œuvre.\nOn a loué avec raison la mise en scène de cet ouvrage. M. Carré s'est montré,\ncomme d'habitude, plein d'imagination et de goût. A Mme Garden, qui aeu un\ngros succès, je reprocherai d'abuser des attaques en dessous de la note.\n\nC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c020", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "61", "page_fin": "62", "image_debut": 13, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.6", "titre_corps": "Nous nous proposons de consacrer prochainement un numéro spécial à", "titre_sommaire": "Nous nous proposons de consacrer prochainement un numéro spécial à", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.13", "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 791, "texte": "Nous nous proposons de consacrer prochainement un numéro spécial à\nMeyerbeer. Pour aujourd'hui, nous publierons des fragments de la lettre suivante,\nfort curieuse et très peu connue, où l'on verra que les Huguenots faillirent être\nenvoyés à l'Opéra-Comique.\nBade, le 2 juillet 1834.\nA Monsieur Scribe.\nMon cher ami !\n... Je vous ai dit à mon dernier séjour de Paris que votre exécution du rôle de\nMarcel ne répondait pas à Vidée du caractère musical du rôle dont je vous avais donné\nVidée etquen outre il y avait beaucoup trop de morceaux pour voix de femmes ; à cela\nvous m'avez répondu que vous me laissiez le maître de remédier à cela comme je Ven-\ntendrais avec ou sans parler, et que vous me promettiez d'arranger le tout d'après"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.14", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "mes arrangements, pourvu que je ne vous demandasse ces arrangements que tout\nensemble et quand la partition serait finie. Eh bien, mon cher ami, fiai agi d'après\nvos ordres. fiai récrit pour mes besoins musicaux tout le rôle de Marcel [et pas en al-\nlemand, quoique cela m eut été plus facile, mais en italien, parce que vous comprenez\ncette langue) ; j'ai trouvé également le moyen de parer à l' absence de voix de femmes\ndans un trop grand nombre de morceaux ; enfin quelque autre changement quil me\nfallait je les ai trouvés aussi, à f exception de quelques-uns ; mais il faut que vous\napprouviez, arrangiez et classiez tout cela avant que je puisse dire à un directeur\nque ma partition soit complète, quoique au fond elle f est pourtant. Elle ne vous\nprendra pas beaucoup de temps et pour moi pourtant cette besogne est indispensable,\ncar on ne pourrait jamais livrer l'ouvrage à la copie sans cela. Je désirerai donc\nvivement à cause de cela que vous puissiez me consacrer vos loisirs pour cette opé-\nration, ou au moins la commencer pendant mon court séjour à Paris. Bien entendu\nqu'avant de commencer je saurai catégoriquement si je laisserai l'ouvrage au grand\nOpéra, ou s'il doit prendre le chemin de l'Opéra-Comique, parce que dans ce dernier\ncas ces changements devraient peut-être se faire autrement.\nL'Opéra-Comique m'intéresse vivement. Je suis enchanté qu'il soit enfin dans\nles mains d'un directeur actif et intelligent comme l'actuel, et je brûle véritablement\nd'écrire au plus vite pour ce théâtre un ouvrage, où les rôles soient à la taille des\nchanteurs. Je le désire même tant que, pour faire plus vite, je veux d'abord leur faire\nun ouvrage en i ou 2 actes, pour qu'il puisse être déjà représenté immédiatement\naprès Valentine. Je me mettrai à la quête d'un tel poème dès que j'arrive à Paris,\ntrop heureux si dans votre vieux portefeuille dramatique il se trouvait pareille chose\ndisponible.\nAdieu, mon cher ami, je suis dans ïespérance de vous revoir à Paris.\nVotre très dévoué,\nMEYERBEER.\nVoulez- vous que je vous envoie de suite par la diligence le manuscrit du Portefaix,\nou que je le garde jusqu'à mon arrivée à Paris ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c021", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "61", "page_fin": "61", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.6.1", "titre_corps": "Giacomo MEYERBEER (1791-1864).", "titre_sommaire": "Giacomo MEYERBEER (1791-1864).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.13", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 55, "texte": "Giacomo MEYERBEER (1791-1864)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "62", "page_fin": "66", "image_debut": 14, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.7", "titre_corps": "Les Concerts", "titre_sommaire": "Les Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.14", "debut_caractere": 2163, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "Les Concerts\n\n— 27 décembre\nigoy. — Un beau programme, mêlé, un\npeu compact, d'oeuvres de Beethoven, de\nBerlioz et de Wagner. L'ouverture d'Eg-\nmont, et la Symphonie pastorale, délicate-\nment jouée. La Chasse et VOrage des\nTroyens, dont le début et la fin, si poé-\ntiques, sont, par moments, de senti-\nment et de timbres tout (( debussystes ».\nL ouverture de Tannhduser, prise dans\nun mouvement un peu rapide. Les Mur-\nmures de la Forêt de Si eêfi ied, des frag-\nments du troisième acte des Maîtres Chanteurs, et le prélude du troisième acte\nde Tristan, plein du souffle de la mer.\n\nCONCERTS CHEVILLARD."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.15", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "Mme Raunay a chanté Rêves de Wagner, et l'admirable air de Cassandre, de\nla Prise de Troie, égal aux plus beaux airs de Gluck, avec la nuance de morne\ntristesse qui est propre à Berlioz.\n\nR. R.\n\n— Roméo et Juliette de Berlioz. — Je ne\npuis dire combien j'admire cette œuvre. Non seulement je l'égale aux plus puis-\nsantes créations wagnériennes, mais je la crois plus féconde en enseignements\net en ressources pour l'art, — ressources et enseignements dont l'art français\ncontemporain n'a pas encore tiré tout le parti possible. Je pensais, en l'enten-\ndant, à cette récente profession de foi d'une jeune école musicale, qui veut (( le\n\nCONCERTS COLONNE. — 3 janvier.\n\n10 janvier.\nL. L.\n— L'Ouverture pour un drame, deM. P. de Bréville, a d'abord été\nécrite pour la Princesse Maleine, de Maeterlinck, et exécutée sous cette forme en\nBelgique, voilà douze ans environ. Depuis, l'auteur a remanié son œuvre en\nretranchant toute allusion directe au drame de Maeterlinck ; elle a ainsi gagné\nen vigueur et en logique ce qu'elle perdait en détails pittoresques : elle ne nous\nmontre plus que la lutte entre deux idées, dont hune est frêle et charmante,\nl'autre énergique jusqu à la brutalité. L'intérêt se soutient jusqu'au\nde la destinée cruelle ; si d'ailleurs ce triomphe s'affirme ici avec plus d'éclat que\ndans le drame, je n'en suis pas autrement choqué : le rôle de la musique n'est-il\npas justement de donner une voix aux puissances muettes ? Le public a fait un\nexcellent accueil à cette œuvre émouvante et raffinée ; ainsi la musique deM. de\nBréville a retrouvé dans une grande salle le succès obtenu la veille, devant une\nélite d'amateurs, chez Mme la Princesse de Cystria, où l'on avait applaudi\nd'exquises mélodies : la Belle aux bois, la Forêt charmée, et surtout Aimons-nous,\nduo pour soprano et ténor, d'un sentiment profond et pur.\n\n3 janvier 1904.\nL. L.\n— Le public fait un accueil assez froid à la deuxième Sym-\nphonie de Borodine(ire audition à ce concert), qui en effet ne vaut pas la première :\nle premier mouvement ramène avec une persistance monotone un motif chro-\nmatique, très sombre, mais assez pauvre ; l'andante se répète beaucoup aussi, et\nle finale, plus coloré, n'est guère mieux conduit; reste le scherzo, morceau de\nconstruction facile, puisqu'il ne comporte point de développement : ce scherzo\nest joli, mais j'attendais des idées plus fraîches et plus décidées. Œuvre gênée\net mal venue. L'Ouverture du Carnaval romain est rendue avec beaucoup de déli-\ncatesse, le Prélude et la Mort d'Yseult avec beaucoup d'accent : quelle musique\nimpérieuse, qui ne dit que ce qu'elle veut dire et nous impose ses pensées ! Il\ny a des jours où je préfère des œuvres plus larges et moins exactement appro-\npriées, qui laissent rêver davantage. Le Manfred de Schumann est du nombre :\ncette ouverture tumultueuse peut nous peindre tous les troubles d'une âme pas-\nsionnée, et chacun y trouvera son bien. J'aurais souhaité plus de fougue dans\nl'exécution. Je n'ai que des éloges à faire pour la Symphonie en ut mineur de Beet-\nhoven, où M. Chevillard a bien raison de ne ralentir que légèrement les pre-\nmières notes. Mais pourquoi vient-elle à la fin du programme ? On sait le goût\nde l'illustre chef d'orchestre pour la chronologie ; en ce moment même il nous\nannonce une audition chronologique des Symphonies de Schumann, qui ne sera\npas la première. 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Quant au serment de réconciliation de la fin, qui tient à\nla fois de la Bénédiction des Poignards des Huguenots (1836), et delà Marche des\nPèlerins du Tannhauser (1845) (2), il fait comprendre beaucoup de choses,\ndeux, entre autres : l'indulgence excessive de Berlioz pour Meyerbeer, envers\nqui il avait les sentiments du grand artiste créateur, qui reprend son bien chez\nun artiste moindre, et qui lui en sait gré, —et la rancune de Wagner, dont le\ngénie despotique n'aimait pas le partage de la gloire, et n était pas beaucoup\nplus hostile aux pires ennemis qui se mettaient en travers de son chemin, qu au\nrival de génie qui en faisait plus de la moitié d'avance, et était le premier à\nexprimer avec une perfection superbe ce qu'il ne devait exprimer lui-même que\nsix ans plus tard, ce qu il sentait peut-être déjà à cette époque.\nL'orchestre Colonne s'est surpassé clans une des œuvres les plus difficiles à\nexécuter qui soient en musique. 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Quant à l'orchestre, composé des élèves de la\nScliola, et dirigé par M. d'lndy. il faisait songer, àla fois par son excellente inter-\nprétation et par les défaillances de lexécution, à une société d'amateurs, dont la\ndextérité n'aurait pas égalé le zèle. Et certes, entre le fini du détail et la\njustesse du sentiment, il n'y a pas lieu d'hésiter.\nLe concert commençait par le concerto en ré mineur de Bach pour piano et\ninstruments à cordes. Un jeune pianiste espagnol, M. Joseph-Joachim Nin,\ns'y est révélé : beaucoup de vigueur et de précision dans les attaques, le sens\ndu rythme, la puissance du son et la belle tenue clu style, telles sont les qua-\nlités dominantes d'un jeu viril avant tout. M. Nin, élève de Vidiella et de\nMoszkowsky, est connu en Espagne et en Amérique, mais non encore en\nFrance. Nous espérons que l'occasion de l'entendre se représentera bientôt\npour nous : il a su affirmer superbement la carrure du premier motif de son\nconcerto, et faire sonner avec l'éclat des trompettes le thème clu finale; il est\nsans rival dans la musique héroïque.\n\nL. L.\n\n— Le concert récemment donné par\nM. Camille Chevillard et son orchestre a obtenu un vif succès. M. Louis Joly,\nl'organisateur de cette belle soirée artistique, a droit aux remerciements de\ntous les vrais musiciens de notre ville.\nLe programme était composé d'oeuvres que M. Chevillard a depuis lors fait\nentendre à ses concerts dominicaux de Paris : l'ouverture d'Egmont,\\a symphonie\nen ut mineur, les Murmures de la jorët de Siegjried, les fragments symphoniques\nextraits du 3e acte des Maîtres Chanteurs et l'ouverture de Tannhàuser, dont\nl'exécution souleva d'enthousiastes applaudissements.\nUn intermède vocal divisait le concert en deux parties. C'est à Mlle Vila,\nMme Mayran, MM. 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Chevillard ne se gêna pas pour\nmarquer son étonnement, et certes, l'excellent chef d'orchestre eut raison :la\nsimple politesse exige qu'on écoute jusqu'au bo ut, surtout pareils artistes. La\npresse locale s'est émue de cet incident. Espérons qu'en février, si M. Chevillard\nrevient ainsi qu'il en est question, il n'aura plus àse plaindre d'un manque de\ncourtoisie.\nIl vaut mieux ne rien dire de la piètre saison lyrique du Théâtre des Arts :\nla direction actuelle a une prédilection pour l'opérette, —et les mauvaises\nreprises de vieux opéras.\n\nLÉO DE MONTREUIL.\n\nCONSERVATOIRE. —Concert du 10 janvier.— Je n'ai pas beaucoup aimé (s'il est\npermis de juger après une ire audition) la Symphonie de Henri Duparc :\nLénore, d'après la ballade de Burger les Morts vont vite. C'est une illustration\nun peu grosse et lourde du poème allemand. Peu d'unité dans la composition,\nqui est d'aspect rhapsodique. Dans l'emploi des violons et des flûtes (surtout\ndans le rythme), une réminiscence évidente de la chevauchée des Walkyries ;\nà côté, une phrase chantante de formule très serrée, dans la manière de Franck.\nL'instrumentation est brillante mais tapageuse, sans arriver à l'émotion et à la\npoésie. Dans un lied de deux pages, et avec une touche très délicate, Schu-\nmann sait dire beaucoup plus de choses! Au même concert, la Symphonie\nhéroïque de Beethoven, qui réunit tous les styles, et qui a été très correctement\nexécutée, mais avec un peu de froideur ; le Concerto pour Violoncelle (n° 1) de\nSaint-Saëns, admirablement joué par M. C. Liégeois, qui a depuis longtemps\nce chef-d'œuvre dans les doigts et en fait sentir à merveille le romantisme élé-\ngant ;la ire Suite de l'Artésienne, et le Psaume CL (pour chœur, orchestre et\norgue) de C. Franck. 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L'intérêt se soutient jusqu'au\nde la destinée cruelle ; si d'ailleurs ce triomphe s'affirme ici avec plus d'éclat que\ndans le drame, je n'en suis pas autrement choqué : le rôle de la musique n'est-il\npas justement de donner une voix aux puissances muettes ? Le public a fait un\nexcellent accueil à cette œuvre émouvante et raffinée ; ainsi la musique deM. de\nBréville a retrouvé dans une grande salle le succès obtenu la veille, devant une\nélite d'amateurs, chez Mme la Princesse de Cystria, où l'on avait applaudi\nd'exquises mélodies : la Belle aux bois, la Forêt charmée, et surtout Aimons-nous,\nduo pour soprano et ténor, d'un sentiment profond et pur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c027", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "63", "page_fin": "64", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.7.4", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE. — 3 janvier.", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE. — 3 janvier.", "signature_source": "ROMAIN ROLLAND", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.15", "debut_caractere": 209, "fin_caractere_exclue": 681, "texte": "— Roméo et Juliette de Berlioz. — Je ne\npuis dire combien j'admire cette œuvre. 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Pirro dans son excellente notice, du Dramma\nper musica, composé en 1733 pour l'anniversaire de la reine de Pologne, électrice\nde Saxe. Mais ce qui est remarquable, c'est justement que Bach ait cru pouvoir\ndonner un sens religieux à une musique profane. Sa foi, plus naïve que la nôtre,\nignorait certains de nos scrupules ; et s'il savait comme nous s'abîmer dans la con-\ntemplation de la grandeur divine et de la faiblesse humaine, il avait ses heures\nde confiance et d'espoir, et la joie n'était pas à ses yeux un péché. La joie est à\nsa place, en cette féte de Noël où le salut apparaît aux hommes, sans s'assombrir\nencore des tourments de la Passion. La tendresse l'accompagne, mêlée d'une\npitié attendrie pour l'enfant qui repose, et que les bergers de la plaine sont\nles premiers à adorer. Tels sont les sentiments que Bach a exprimés avec plus\nde naturel et de fraîcheur que personne; presque tous ses airs pourraient\ns'intituler, à la mode ancienne, air tendre, air gracieux, ou air gai. Il n'est pas\njusqu'à la Pastorale par où débute la 2e partie qui ne fasse songer aux meilleures\npages descriptives de Gluck ; mais cette musique est, en sa douceur limpide, d une\ntrame serrée et suivie : et c'est justement cette solidité de structure qui main-\ntient à l'œuvre son sérieux et sa grandeur, la garde des attendrissements faciles,\nla rend digne du mystère qu'elle célèbre. M. Frôhlich a chanté avec une ampleur\nadmirable ses récits et son air. Mmc de la Mare, dont la voix est fort bien\ntimbrée, a eu plus d'émotion que de coutume, et M. Giraud s'est fort bien tiré, au\npied levé, de la partie de ténor. Quant à l'orchestre, composé des élèves de la\nScliola, et dirigé par M. d'lndy. il faisait songer, àla fois par son excellente inter-\nprétation et par les défaillances de lexécution, à une société d'amateurs, dont la\ndextérité n'aurait pas égalé le zèle. Et certes, entre le fini du détail et la\njustesse du sentiment, il n'y a pas lieu d'hésiter.\nLe concert commençait par le concerto en ré mineur de Bach pour piano et\ninstruments à cordes. Un jeune pianiste espagnol, M. Joseph-Joachim Nin,\ns'y est révélé : beaucoup de vigueur et de précision dans les attaques, le sens\ndu rythme, la puissance du son et la belle tenue clu style, telles sont les qua-\nlités dominantes d'un jeu viril avant tout. M. Nin, élève de Vidiella et de\nMoszkowsky, est connu en Espagne et en Amérique, mais non encore en\nFrance. Nous espérons que l'occasion de l'entendre se représentera bientôt\npour nous : il a su affirmer superbement la carrure du premier motif de son\nconcerto, et faire sonner avec l'éclat des trompettes le thème clu finale; il est\nsans rival dans la musique héroïque.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "65", "page_fin": "66", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.7.6", "titre_corps": "ROUEN. — CONCERT CHEVILLARD.", "titre_sommaire": "ROUEN. — CONCERT CHEVILLARD.", "signature_source": "LÉO DE MONTREUIL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.17", "debut_caractere": 2824, "fin_caractere_exclue": 3596, "texte": "— Le concert récemment donné par\nM. Camille Chevillard et son orchestre a obtenu un vif succès. M. Louis Joly,\nl'organisateur de cette belle soirée artistique, a droit aux remerciements de\ntous les vrais musiciens de notre ville.\nLe programme était composé d'oeuvres que M. Chevillard a depuis lors fait\nentendre à ses concerts dominicaux de Paris : l'ouverture d'Egmont,\\a symphonie\nen ut mineur, les Murmures de la jorët de Siegjried, les fragments symphoniques\nextraits du 3e acte des Maîtres Chanteurs et l'ouverture de Tannhàuser, dont\nl'exécution souleva d'enthousiastes applaudissements.\nUn intermède vocal divisait le concert en deux parties. C'est à Mlle Vila,\nMme Mayran, MM. Barre et Jan Reder (Quatuor vocal de Paris) qu incombait\n\nROUEN. — CONCERT CHEVILLARD."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.18", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1169, "texte": "le soin d interpréter le Calme de la mer et le Chant élégiaque de Beethoven, ainsi\nqu'un délicat Madrigal de G. Fauré. Enfin une suite d'orchestre de Namouna, la\nDanse macabre de Saint-Saëns, le Ballet des Sylphes et la Marche hongroise de\nla Damnation de Faust, complétaient et terminaient ce concert.\nUn fâcheux incident se produisit pendant l'exécution de la Marche hongroise.\nQuelques personnes et c'est là, nous l'avons remarqué à plusieurs reprises,\nun peu l'habitude de certains Rouennais —se sont permis de quitter la salle du-\nrant l'exécution de ce dernier morceau. M. C. Chevillard ne se gêna pas pour\nmarquer son étonnement, et certes, l'excellent chef d'orchestre eut raison :la\nsimple politesse exige qu'on écoute jusqu'au bo ut, surtout pareils artistes. La\npresse locale s'est émue de cet incident. Espérons qu'en février, si M. Chevillard\nrevient ainsi qu'il en est question, il n'aura plus àse plaindre d'un manque de\ncourtoisie.\nIl vaut mieux ne rien dire de la piètre saison lyrique du Théâtre des Arts :\nla direction actuelle a une prédilection pour l'opérette, —et les mauvaises\nreprises de vieux opéras.\n\nLÉO DE MONTREUIL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "66", "page_fin": "66", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.7.7", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. —Concert du 10 janvier.— Je n'ai pas beaucoup aimé (s'il est", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. —Concert du 10 janvier.— Je n'ai pas beaucoup aimé (s'il est", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.18", "debut_caractere": 1171, "fin_caractere_exclue": 2377, "texte": "CONSERVATOIRE. —Concert du 10 janvier.— Je n'ai pas beaucoup aimé (s'il est\npermis de juger après une ire audition) la Symphonie de Henri Duparc :\nLénore, d'après la ballade de Burger les Morts vont vite. C'est une illustration\nun peu grosse et lourde du poème allemand. Peu d'unité dans la composition,\nqui est d'aspect rhapsodique. Dans l'emploi des violons et des flûtes (surtout\ndans le rythme), une réminiscence évidente de la chevauchée des Walkyries ;\nà côté, une phrase chantante de formule très serrée, dans la manière de Franck.\nL'instrumentation est brillante mais tapageuse, sans arriver à l'émotion et à la\npoésie. Dans un lied de deux pages, et avec une touche très délicate, Schu-\nmann sait dire beaucoup plus de choses! Au même concert, la Symphonie\nhéroïque de Beethoven, qui réunit tous les styles, et qui a été très correctement\nexécutée, mais avec un peu de froideur ; le Concerto pour Violoncelle (n° 1) de\nSaint-Saëns, admirablement joué par M. C. Liégeois, qui a depuis longtemps\nce chef-d'œuvre dans les doigts et en fait sentir à merveille le romantisme élé-\ngant ;la ire Suite de l'Artésienne, et le Psaume CL (pour chœur, orchestre et\norgue) de C. Franck. En somme, beau concert."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "66", "page_fin": "68", "image_debut": 18, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.8", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.18", "debut_caractere": 2379, "fin_caractere_exclue": 2956, "texte": "Publications nouvelles.\n\n— Partition d'orchestre.\nRéduction pour piano à 4 mains. — Paris, Durand et fils.\nAbsent de Paris au moment où cette symphonie a été exécutée au concert\nChevillard (26 octobre), je ne la connais que par la lecture. Je ne sais donc pas\nbien comment tout cela sonne à l'orchestre ; mais je sais que l'œuvre est vigou-\nreusement pensée et bien construite. Suivant l'usage qui tend à prévaloir\naujourd'hui, elle sort tout entière d'un thème unique, et ce thème est un chant\npopulaire breton, religieux et grave :\n\nG.-M. WITKOWSKI. — Symphonie en ré mineur."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.19", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1944, "texte": "Des mélodies accessoires viennent s'y joindre, plus douces, mais aussi fer-\nventes ; témoin la seconde idée du premier mouvement :\nou celle du finale, qui n'est pas sans analogie, d'ailleurs, avec la précédente :\nL'un et l'autre de ces deux motifs s'accompagne d'harmonies soutenues et\nfondues, précises cependant, grâce aux grands mouvements de la basse : le tout\nest d'un excellent style symphonique, et rappelle un peu, malgré l'accent\nmoderne, la manière de Beethoven. Le plan de l'œuvre est très simple. 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Félix Hecq, directeur du Journal de Bruxelles, se propose de faire une\nétude sur l'organisation des représentations antiques en France. Il visitera\nsuccessivement les théâtres et arènes d'Arles, Nîmes, Orange et Béziers.\n\nCONSERVATOIRE. Suivant l'avis émis par le Conseil supérieur d'Enseigne-\nment du Conservatoire national, M. le Ministre vient, par arrêté du 26 décembre\ndernier, de modifier ainsi qu'il suit le 2e § de l'article 19 du règlement de 1894\nen ce qui concerne le nombre de concours infructueux qui peuvent être subis\npar les élèves d harmonie et de fugue avant d'être rayés des contrôles :\n(( Dans les concours d'harmonie et de fugue, les élèves n'ayant encore obtenu\naucune récompense ne seront rayés qu'après trois concours infructueux. ))\nLe Conservatoire national a fait l'acquisition de deux harpes chroma-\ntiques (système destinées à la classe qui a été récemment créée pour l'en-\nseignementde cet instrument. On sait que M,ne Tassu-Spencer a été chargée\nde ce cours pour une période de cinq années."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "—M. Eu gène cTHarcourt a obtenu de l'administration des Bea ux-Arts une mis-\nsion pour aller étudier les manifestations actuelles de l'art musical (théâtres,\nconcerts, etc.) dans les pays allemands et dans les Etats Scandinaves.\n\nRENNES ET TOULOUSE. Le Ministère des Beaux-Arts vient d accorder un\npiano 1/2 queue à 1 Ecole du musique, succursale du Conservatoire national à\nRennes, et une harpe Erard à la succursale du Conservatoire à Toulouse. Les\nmunicipalités de ces deux villes prendront respectivement à leur charge la moi-\ntié de la dépense résultant de cette acquisition.\n\nMONTPELLIER. M. Gabriel Laporte a été nommé professeur titulaire du\ncours de solfège à l'Ecole nationale de musique de Montpellier, pai arrêté pré-\nfectoral en date du lER janvier courant.\nM. Xavier Forestier a été chargé du cours préparatoire de solfège à ladite\nEcole, par décision du même jour.\n\nMAÎTRISES. En exécution des dispositions de la loi de finances du 30 dé-\ncembre dernier, les subventions accordées jusqu'ici par l'État aux Maîtrises\ndes cathédrales de Reims, Langres, Montpellier et Rodez sont supprimées à\ndater du ier janvier 1904. Ces Maîtrises ne jouissent donc plus du caractère\nd'établissement national.\n\nDIJON. —Dans sa séance du 13 novembre dernier, le conseil municipal de\nDijon a demandé une nouvelle prorogation pour 5 années, à dater du ier juillet\n1904, de la convention passée entre la ville et l'État au sujet de l'École de\nmusique succursale du Conservatoire national.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à l'École de musique\nclassique de Boulogne-sur-Seine vient d'être accordée par le Ministère des Beaux-\nArts à M. Delord Étienne, à Montagnac (Hérault).\n\nECOLES DE MUSIQUE. Par arrêté ministériel en date du lERIER janvier 1904,\nM. Gédalge André, compositeur de musique, a été nommé inspecteur de l'en-\nseignement musical, en remplacement de M. V. Joncières, décédé.\n\nLA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LE (( MOTU PROPRIO )) DU PAPE. On sait que le\npape Pie X vient de publier (( cle son propre mouvement )) des instructions très\nimportantes sur la musique religieuse. Ce document porte la date du 22 no-\nvembre 1903, fête de sainte Cécile, mais, le 9 janvier, on nous déclarait à l'Ar-\nchevêché de Paris n'en avoir pas eu encore une communication officielle. Ne\npouvant le reproduire ici in extenso à cause de sa longueur, nous en donnons\nnalyse.\nChapitre premier. Principes généraux. i. La musique sacrée concourt à accroître la ma-\ngnificence et la splendeur des offices liturgiques. 2. La musique sacrée doit donc, comme la\nliturgie elle-même, être sainte, vraiment artistique et universelle.\nChapitre IL Genres de musique sacrée. 3Le chant grégorien est le véritable chant de l'E-\nglise ; à ce propos, le Saint-Père consacre la règle suivante: « Une composition musicale ecclé-\nsiastique est d'autant plus sacrée et liturgique que dans le mouvement, l'inspiration et le goût,\nelle se rapproche davantage de la méthode grégorienne ; elle est d'autant moins digne de l'Eglise\nqu'elle s'éloigne davantage de ce souverain modèle. » Le chant grégorien doit donc être large-\nment rétabli dans les fonctions liturgiques et spécialement mis à l'usage du peuple, afin que les\nfidèles puissent prendre de nouveau leur part à la célébration des offices. 4. La musique pa-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 4755, "texte": "lestrinienne devra également retrouver sa place dans la liturgie. set 6. Fidèle protectrice du\nprogrès artistique, l'Eglise admet aussi la musique moderne, à l'exclusion de celle dont l'allure\nserait profane et surtout théâtrale.\nChapitre 111. Texte liturgique. 7. Dans les offices liturgiques solennels, tout chant en\nlangue vulgaire est interdit. B. L'interversion, dans le chant, des textes liturgiques, est con-\ndamnée. 9. Le texte liturgique ne doit être aucunement modifié.\nChapitre IV. Règles des compositions musicales sacrées. lO. Chaque partie de l'office et de\nla messe mise en musique doit conserver son caractèie traditionnel. ll. Règles spéciales aux\ndivers morceaux : ordinaire de la messe, psaumes, hymnes, etc. Les faux-bourdons sont autorisés ;\nspécialement, les deux strophes du Tantum ergo ne doivent pas présenter un caractère différent.\nChapitre V. Les chantres. l2. Les chants d'ensemble doivent être préférés aux soli.\n13. Du fait que les chantres font partie du chœur ecclésiastique et qu'ils remplissent réellement\ndans l'église une fonction liturgique, il suit que les femmes ne peuvent être admises à faire partie\ndu chœur ou de la chapelle musicale ; les parties de soprano et de contralto devront être chantées\npar des enfants. l4. Les chantres ne devront être choisis que parmi les fidèles honnêtes et pieux,\nqui, par leur tenue et leurs mérites, soient dignes de ce saint office.\nChapitre VI. L'argue et les instruments de musique. l5. L'orgue est autorisé ; les autres\ninstruments de musique le peuvent être, en des circonstances particulières, avec permission spé-\nciale de l'Ordinaire. l6. Les instruments ne doivent pas couvrir le chant, mais seulement l'ac-\ncompagner. l7. Les longs préludes et intermèdes sont interdits. lB. La musique d'orgue\ndoit être soumise aux règles édictées plus haut sur la musique sacrée. l9. L'usage du piano et\ndes instruments bruyants ou frivoles : tambour, grosse caisse, etc., est interdit dans l'église.\n20. Une rigoureuse interdiction est faite aux fanfares de jouer dans les églises, sauf dans un cas\nspécial, par consentement de l'Ordinaire, et après une sérieuse réglementation du choix des\ninstruments et des morceaux.— 21. Dans les processions, les fanfares peuvent être admises, avec\nla permission de l'Ordinaire, à condition qu'elles n'exécutent aucun morceau profane ; et le mieux\nserait alors qu'elles se bornent à accompagner les chants sacrés.\nChapitre VIL La longueur de la musique liturgique. 22. Que les morceaux ne se pro-\nlongent pas de telle sorte qu'ils fassent attendre le célébrant à l'autel. 23. Que la musique\ndemeure toujours l'humble servante de la liturgie.\nChapitre VIII. —Moyens principaux. 24. Les Evêques devront établir dans leur diocèse une\nCommission chargée de veiller sur la musique usitée dans les églises. 25. Les séminaristes\ndevront être encouragés à 1 étude du chant. 26. On devra leur faire connaître les principes et\nles lois du chant et de l'art sacré. 27. Dans la mesure du possible, les Scholœ cantorum seront\nrétablies. 2B. Les écoles supérieures ecclésiastiques de chant seront encouragées et dévelop-\npées.\nChapitre IX. Conclusion. Les autorités ecclésiastiques, évêques, chanoines, curés, supé-\nrieurs ecclésiastiques, clergé, chantres, maîtres de chapelle, sont instamment priés de favoriser\nles réformes indiquées ci-dessus.\nOn trouve, dans ce document, une affirmation très catégorique des vrais prin-\ncipes de la musique religieuse, trop souvent méconnus par le clergé (nous pour-\nrions citer tel curé de Paris qui déclare dépenser 40 000 fr. par an pour avoir\ndes messes avec orchestre), mais on y trouve aussi une application visible à\nn'excommunier aucune école de musique, sur quelques points importants et\nà laisser entr'ouverte une porte qu'on voudrait voir fermée ;aussi ne faut-il peut-\nêtre pas attendre grand changement de ces instructions, où, selon la coutume,\nles musiciens les plus opposés croiront trouver leur propre éloge.\n\nL OPÉRA POPULAIRE. Ala fin de ce mois, l'Opéra municipal de la Gaîté va\nterminer la première campagne au cours de laquelle il a monté Hérodiade, la\nFlamenca, la Juive, Messaline. On ne peut dire encore quel sera le bilan de cette\nsaison; on sait seulement que MM. Isola s'attendaient bien, pour la première\nannée, à voir leurs dépenses excéder sensiblement leurs recettes. Ont-ils aussi\nbien fait les choses pour le choix des œuvres représentées que pour le choix des\nartistes ? Un opéra municipal comme celui de la Gaîté doit-il avoir un tout autre\nrépertoire que celui de l'Académie de musique et peut-il même considérer comme\nsa fonction propre de jouer des œuvres de second ordre? Au contraire comme\nle proclamait dernièrement M. Bourgault-Ducoudray dans un de ses cours du"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.23", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "Conservatoire faut-il montrer au peuple la même beauté et le même art qu'au\npublic riche r Est-ce d'ailleurs un public d'ouvriers qui peut faire vivre un théâtre\nnécessairement luxueux ? La subvention municipale est-elle assez élevée ? Enfin\nl'épreuve qui vient d'être faite est-elle décisive ? Peut-on considérer le théâtre\npopulaire comme définitivement fondé ? Ces questions nous semblent être tou-\njours pendantes.\n\nM. PFEIFFER. NOUS nous associons bien sincèrement aux félicitations que\nla presse vient d'adresser à notre collaborateur et ami M. Pfeiffer, récem-\nment nommé chevalier de la Légion d'honneur. Comme professeur, M. Pfeiffer\na fourni une longue carrière et formé de nombreux élèves ; il est aujourd'hui\nmembie de plusieurs jurys d examen au Conservatoire. Comme compositeur,\nil a écrit des pièces de genre dont quelques-unes, par leur tour élégant et leur\ncharme mélodique, ont eu un succès quasi populaire, en France et à l'étranger ;\nil a fait jouer à 1 Opéra-Comique le Légataire universel, œuvre distinguée qu'on\nsonge à reprendre bientôt. Comme confrère enfin, et comme homme privé,\nM. Pfeiffer n'a autour de lui que des sympathies qu'il doit à sa bonne grâce et à\nsa parfaite courtoisie.\nM. Luigini rentre à l'Opéra-Comique comme chef d'orchestre ; on ne dit pas\nencore quel est le départ que sa rentréeoccasionnera. S'il ne remplaçait personne,\nsa rentrée porterait à quatre le nombre des chefs d'orchestre actuellement employés\ndans le théâtie de M. Carré. Certaines gens, qui prétendent connaître le dessous\ndes choses, ont fait courir le bruit que M. Gailhard allait quitter l'Opéra ; que\nM. Cairé le lemplaceiait, et emmènerait avec lui AI. Luigini. Rien ne permet\nencore de considérer ce bruit comme fondé.\nNotre collaborateur M. Gustave Samazeuilh vint d être chargé de la cri-\ntique des concerts à la République française.\nOn lit dans les dernières Tablettes de la Schola que Al. Paul Dukas travaille\nen ce moment à un drame intitulé Ariane et Blaubart, dont le livret (r) est de\nMaeterlinck. Tous les lecteurs du grajid écrivain belge reconnaîtront aisément\n.A? lane et Bai be-Bleue dont Blaubart n est que le nom allemand. 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Félix Hecq, directeur du Journal de Bruxelles, se propose de faire une\nétude sur l'organisation des représentations antiques en France. Il visitera\nsuccessivement les théâtres et arènes d'Arles, Nîmes, Orange et Béziers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c045", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "68", "page_fin": "69", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.9.3", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. Suivant l'avis émis par le Conseil supérieur", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. 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Suivant l'avis émis par le Conseil supérieur d'Enseigne-\nment du Conservatoire national, M. le Ministre vient, par arrêté du 26 décembre\ndernier, de modifier ainsi qu'il suit le 2e § de l'article 19 du règlement de 1894\nen ce qui concerne le nombre de concours infructueux qui peuvent être subis\npar les élèves d harmonie et de fugue avant d'être rayés des contrôles :\n(( Dans les concours d'harmonie et de fugue, les élèves n'ayant encore obtenu\naucune récompense ne seront rayés qu'après trois concours infructueux. ))\nLe Conservatoire national a fait l'acquisition de deux harpes chroma-\ntiques (système destinées à la classe qui a été récemment créée pour l'en-\nseignementde cet instrument. On sait que M,ne Tassu-Spencer a été chargée\nde ce cours pour une période de cinq années."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "—M. 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Joncières, décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c052", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "69", "page_fin": "70", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.9.10", "titre_corps": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LE (( MOTU PROPRIO )) DU PAPE. On sait que le", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LE (( MOTU PROPRIO )) DU PAPE. 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La musique sacrée doit donc, comme la\nliturgie elle-même, être sainte, vraiment artistique et universelle.\nChapitre IL Genres de musique sacrée. 3Le chant grégorien est le véritable chant de l'E-\nglise ; à ce propos, le Saint-Père consacre la règle suivante: « Une composition musicale ecclé-\nsiastique est d'autant plus sacrée et liturgique que dans le mouvement, l'inspiration et le goût,\nelle se rapproche davantage de la méthode grégorienne ; elle est d'autant moins digne de l'Eglise\nqu'elle s'éloigne davantage de ce souverain modèle. » Le chant grégorien doit donc être large-\nment rétabli dans les fonctions liturgiques et spécialement mis à l'usage du peuple, afin que les\nfidèles puissent prendre de nouveau leur part à la célébration des offices. 4. La musique pa-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3976, "texte": "lestrinienne devra également retrouver sa place dans la liturgie. set 6. Fidèle protectrice du\nprogrès artistique, l'Eglise admet aussi la musique moderne, à l'exclusion de celle dont l'allure\nserait profane et surtout théâtrale.\nChapitre 111. Texte liturgique. 7. Dans les offices liturgiques solennels, tout chant en\nlangue vulgaire est interdit. B. L'interversion, dans le chant, des textes liturgiques, est con-\ndamnée. 9. Le texte liturgique ne doit être aucunement modifié.\nChapitre IV. Règles des compositions musicales sacrées. lO. Chaque partie de l'office et de\nla messe mise en musique doit conserver son caractèie traditionnel. ll. Règles spéciales aux\ndivers morceaux : ordinaire de la messe, psaumes, hymnes, etc. Les faux-bourdons sont autorisés ;\nspécialement, les deux strophes du Tantum ergo ne doivent pas présenter un caractère différent.\nChapitre V. Les chantres. l2. Les chants d'ensemble doivent être préférés aux soli.\n13. Du fait que les chantres font partie du chœur ecclésiastique et qu'ils remplissent réellement\ndans l'église une fonction liturgique, il suit que les femmes ne peuvent être admises à faire partie\ndu chœur ou de la chapelle musicale ; les parties de soprano et de contralto devront être chantées\npar des enfants. l4. Les chantres ne devront être choisis que parmi les fidèles honnêtes et pieux,\nqui, par leur tenue et leurs mérites, soient dignes de ce saint office.\nChapitre VI. L'argue et les instruments de musique. l5. L'orgue est autorisé ; les autres\ninstruments de musique le peuvent être, en des circonstances particulières, avec permission spé-\nciale de l'Ordinaire. l6. Les instruments ne doivent pas couvrir le chant, mais seulement l'ac-\ncompagner. l7. Les longs préludes et intermèdes sont interdits. lB. La musique d'orgue\ndoit être soumise aux règles édictées plus haut sur la musique sacrée. l9. L'usage du piano et\ndes instruments bruyants ou frivoles : tambour, grosse caisse, etc., est interdit dans l'église.\n20. Une rigoureuse interdiction est faite aux fanfares de jouer dans les églises, sauf dans un cas\nspécial, par consentement de l'Ordinaire, et après une sérieuse réglementation du choix des\ninstruments et des morceaux.— 21. Dans les processions, les fanfares peuvent être admises, avec\nla permission de l'Ordinaire, à condition qu'elles n'exécutent aucun morceau profane ; et le mieux\nserait alors qu'elles se bornent à accompagner les chants sacrés.\nChapitre VIL La longueur de la musique liturgique. 22. Que les morceaux ne se pro-\nlongent pas de telle sorte qu'ils fassent attendre le célébrant à l'autel. 23. Que la musique\ndemeure toujours l'humble servante de la liturgie.\nChapitre VIII. —Moyens principaux. 24. Les Evêques devront établir dans leur diocèse une\nCommission chargée de veiller sur la musique usitée dans les églises. 25. Les séminaristes\ndevront être encouragés à 1 étude du chant. 26. On devra leur faire connaître les principes et\nles lois du chant et de l'art sacré. 27. Dans la mesure du possible, les Scholœ cantorum seront\nrétablies. 2B. Les écoles supérieures ecclésiastiques de chant seront encouragées et dévelop-\npées.\nChapitre IX. Conclusion. Les autorités ecclésiastiques, évêques, chanoines, curés, supé-\nrieurs ecclésiastiques, clergé, chantres, maîtres de chapelle, sont instamment priés de favoriser\nles réformes indiquées ci-dessus.\nOn trouve, dans ce document, une affirmation très catégorique des vrais prin-\ncipes de la musique religieuse, trop souvent méconnus par le clergé (nous pour-\nrions citer tel curé de Paris qui déclare dépenser 40 000 fr. par an pour avoir\ndes messes avec orchestre), mais on y trouve aussi une application visible à\nn'excommunier aucune école de musique, sur quelques points importants et\nà laisser entr'ouverte une porte qu'on voudrait voir fermée ;aussi ne faut-il peut-\nêtre pas attendre grand changement de ces instructions, où, selon la coutume,\nles musiciens les plus opposés croiront trouver leur propre éloge."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c053", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "70", "page_fin": "71", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.9.11", "titre_corps": "L OPÉRA POPULAIRE. Ala fin de ce mois, l'Opéra municipal de la Gaîté va", "titre_sommaire": "L OPÉRA POPULAIRE. Ala fin de ce mois, l'Opéra municipal de la Gaîté va", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.22", "debut_caractere": 3978, "fin_caractere_exclue": 4755, "texte": "L OPÉRA POPULAIRE. Ala fin de ce mois, l'Opéra municipal de la Gaîté va\nterminer la première campagne au cours de laquelle il a monté Hérodiade, la\nFlamenca, la Juive, Messaline. On ne peut dire encore quel sera le bilan de cette\nsaison; on sait seulement que MM. Isola s'attendaient bien, pour la première\nannée, à voir leurs dépenses excéder sensiblement leurs recettes. Ont-ils aussi\nbien fait les choses pour le choix des œuvres représentées que pour le choix des\nartistes ? Un opéra municipal comme celui de la Gaîté doit-il avoir un tout autre\nrépertoire que celui de l'Académie de musique et peut-il même considérer comme\nsa fonction propre de jouer des œuvres de second ordre? Au contraire comme\nle proclamait dernièrement M. Bourgault-Ducoudray dans un de ses cours du"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.23", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 458, "texte": "Conservatoire faut-il montrer au peuple la même beauté et le même art qu'au\npublic riche r Est-ce d'ailleurs un public d'ouvriers qui peut faire vivre un théâtre\nnécessairement luxueux ? La subvention municipale est-elle assez élevée ? Enfin\nl'épreuve qui vient d'être faite est-elle décisive ? Peut-on considérer le théâtre\npopulaire comme définitivement fondé ? Ces questions nous semblent être tou-\njours pendantes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c054", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "71", "page_fin": "71", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.9.12", "titre_corps": "M. PFEIFFER. NOUS nous associons bien sincèrement aux félicitations que", "titre_sommaire": "M. PFEIFFER. NOUS nous associons bien sincèrement aux félicitations que", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.23", "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "M. PFEIFFER. NOUS nous associons bien sincèrement aux félicitations que\nla presse vient d'adresser à notre collaborateur et ami M. Pfeiffer, récem-\nment nommé chevalier de la Légion d'honneur. Comme professeur, M. Pfeiffer\na fourni une longue carrière et formé de nombreux élèves ; il est aujourd'hui\nmembie de plusieurs jurys d examen au Conservatoire. Comme compositeur,\nil a écrit des pièces de genre dont quelques-unes, par leur tour élégant et leur\ncharme mélodique, ont eu un succès quasi populaire, en France et à l'étranger ;\nil a fait jouer à 1 Opéra-Comique le Légataire universel, œuvre distinguée qu'on\nsonge à reprendre bientôt. Comme confrère enfin, et comme homme privé,\nM. Pfeiffer n'a autour de lui que des sympathies qu'il doit à sa bonne grâce et à\nsa parfaite courtoisie.\nM. Luigini rentre à l'Opéra-Comique comme chef d'orchestre ; on ne dit pas\nencore quel est le départ que sa rentréeoccasionnera. S'il ne remplaçait personne,\nsa rentrée porterait à quatre le nombre des chefs d'orchestre actuellement employés\ndans le théâtie de M. Carré. Certaines gens, qui prétendent connaître le dessous\ndes choses, ont fait courir le bruit que M. Gailhard allait quitter l'Opéra ; que\nM. Cairé le lemplaceiait, et emmènerait avec lui AI. Luigini. Rien ne permet\nencore de considérer ce bruit comme fondé.\nNotre collaborateur M. Gustave Samazeuilh vint d être chargé de la cri-\ntique des concerts à la République française.\nOn lit dans les dernières Tablettes de la Schola que Al. Paul Dukas travaille\nen ce moment à un drame intitulé Ariane et Blaubart, dont le livret (r) est de\nMaeterlinck. Tous les lecteurs du grajid écrivain belge reconnaîtront aisément\n.A? lane et Bai be-Bleue dont Blaubart n est que le nom allemand. Alais voilà une\nsingulière manière d'annoncer une bonne nouvelle !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-01-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-01-15_01#c055", "volume": "bmtnabj_1904-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "71", "page_fin": "72", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.2.10", "titre_corps": "Exercices d'harmonie et de contrepoint : l'Appoggiature.", "titre_sommaire": "Exercices d'harmonie et de contrepoint : l'Appoggiature.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.23", "debut_caractere": 2265, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "Exercices d'harmonie et de contrepoint : l'Appoggiature.\n\n(1)\nQu est-ce que Vappoggi attire ?\nComme 1 échappée et la broderie, l'appoggiature est une note secondaire ou\naccessoiie (selon la théorie classique) qui a pour but de faire valoir une note\n« importante )) faisant partie de l'harmonie, et qui la suit immédiatement :\n\n(i) Johannès Malhommé : Traité des artifices mélodiques (chez Leduc, p. 2).\nSur ce sujet des ornements mélodiques, on pourrait consulter les ouvrages suivants qui, à ma\nconnaissance, n'ont pas encore été traduits de l'allemand en français : Essai sur la vraie manière\nde jouer du piano, par Philippe-Em. Bach (Berlin, 1753) > Introduction à Vètude dupiano, etc...»\npar Fr. W. Marpurg (ire édit , 1755) ;la Méthode de piano, etc..., avec remarques critiques par\nG. Tiirk (Halle, 1783), etc..."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 861, "texte": "Dans cet exemple, les appoggiatures sont marquées d'une croix : elles rem-\nplacent momentanément et rejettent à leur suite les notes qui, a\\ec celles de\nl'accompagnement, formeraient un accord parfait. Ces appoggiatuies ont lac\ncentuation principale de la mesure, et c'est sur elles que semblent « s'appuyer »\n(en italien appoggiare) les notes de 1 harmonie.\nAvant d'entrer, avec M. Malhommé, dans le détail des diverses formes de cet\nornement mélodique et pour résumer tout ce que nous avons déjà dit, je piopo-\nserai aux jeunes élèves la question suivante :\nD'après la théorie classique dont nous avons donné un exposé en parlant des\nnotes de passage, broderies, etc..., quel est le nom de chacune des notes qui com-\nposent cette mélodie ?\n/ r\n[A suivre.)\n\nJ. 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Combattre et espérer. Les grandes pensées viennent\ndu cœur. —En avant ! Loyauté, c est ma devise. Des choses, non des mots.—\nEn mesure Poco a poco. Mon verre n est pas grand, mais je bois dans mon\nverre. Eharmonie est la grammaire de 1 art musical. Pas une note de trop.\nLa musique pour tous. Et moi aussi, je suis musicien. La critique est aisée,\net Vart est difficile. Toujours plus haut. —La musique est la langue du cœur.\nAd augusta per angusta. Beethoven. Gluck est une forêt; Mozart est une\nsource. Pro patria ! Malheur à qui est seul ! Pour Vhonneur."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "49", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN° 2 (quatrième année)\n15 Janvier\n1904.\nR. M.\n4\n\nM. I. PHILIPP\nProfesseur au Conservatoire."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "50", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.2", "texte": "UNE CLASSE DE PIANO AU CONSERVATOIRE DE PARIS\n\nM. I. Philipp : Une classe de piano au Conservatoire de Paris.\n\nyo décembre içoy, cq h. du matin.— Par cette matinée de ftoiduie et de brouil\nlard, le vieux Conservatoire, avec ses murs sales, sa cour nue, a un aspect lamen-\ntable. Devant la loge du concierge, bavarde une jeunesse rieuse et vive, flanquée\nde quelques mamans vénérables : à la pointe des nez, le matin a mis une tache\nde vermillon, et toutes les paroles se dessinent dans l'air en buée grise. En sui-\nvant un couloir, je pénètre dans une petite salle proprette où règne un gaidien\nen calotte de velours. Sur une table est ouvert un registre. De temps en temps\nentre un professeur : il inscrit son nom, décroche une clef dans le casiei hommes\nou le casier Jemmes, et s en va sans mot dire. Enfin paraît M. Philipp (1 ), une ser-\nviette sous le bras, enveloppé dans une longue pelisse. C est un homme jeune,\nd'allure élégante et distinguée, dont je n'ai pas à décrire le visage, car on le voit\nsur la première page de cette Revue. Il me tend une main coidiale, et je 1 accom-\npagne au premier étage avec sa petite bande de disciples. Durant ces prélimi-\nnaires, j'ai été frappé de l'ordre et de la régularité qui régnaient dans la vieille\net illustre maison.\nLa classe où nous entrons est d'une grande austérité d'ameublement. Le long\ndes murs, un banc ; autour du piano à queue, des chaises bien vite occupées.\nAprès avoir fait le geste de l'homme qui se lave les mains dans le vide avec un\nsavon invisible, M. Philipp appelle un nom et un jeune homme de quinze ou\nseize ans commence une pièce de Bach (tirée des Suites anglaises). Il joue tiès\ncorrectement, sans une défaillance, ce morceau de difficulté moyenne. Assis près\nde lui, le professeur l'écoute jusqu'à la fin, sans l'interrompre ; puis, le plus\ntranquillement du monde, avec un léger accent étranger qui transforme les e\nen é :\n—Ça ne vaut rien. C'est tout à fait mal. Ce sont des notes de piano, et pas\nautre chose- Vous tapez comme un fou, et votre cerveau ne travaille pas. Je suis\nsùr que chez vous, quand vous jouez du piano, vous avez toujours la cigarette à\nla bouche. Est-ce que vous croyez, parce que c'est du Bach, qu on n a pas besoin\nd'avoir une pensée et un sentiment ? Demandez-vous ce que c est que la grâce :\n\n(i) Parmi les nombreuses publications de M. I. Philipp, je citerai seulement les ouvrages de\npédagogie musicale. Chez Durand : Méthode élémentaire, gammes et arpèges, exercices pratiques,\njournaliers (avec préface de Saint-Saëns), techniqiies, pour la main gauche seule. Chez\nHeugel : Exercices de virtuosité. Chez Hamelle : Exercices d'après Chopin ; Etudes de concert\nd'après Chopin et Weber. Chez Leduc : Deux études en doubles notes, d'après Chopin, op. 25, n° 6 ;\nExercices d'extension ; le Trille. Chez Janin (Lyon) : Ecole du mécanisme : Exercices rythmiques ;\nles Gammes (essaie Chez Enoch : Caprices-Etudes en octaves. Chez Costallat : Une heure d'exercices.\nChez Fromont : Etudes pour la main gauche, d'après Bach. Chez Schirmer (New-York) : Doubles\nnotes (exercices, études, exemples). Octaves (id). Chez Thompson (Boston) : Deux études, d'après\nChopin. Chez Ricordi (Milan) : Etudes techniques. Il faut joindre à ces ouvrages de nombreuses\nrééditions des maîtres anciens (Alkan, Czerny, Schubert, Liszt, Rubinstein, Stephen Heller, etc.).\nQuant aux ouvrages originaux de M. Philipp, aux transcriptions à deux pianos, arrangements à\nquatre ou deux mains, ils sont trop nombreux pour être énumérés ici. Le journal Der Klavier-\nLehrer dans son numéro du ier octobre 1903, a hautement apprécié la valeur pédago-\ngique de ces travaux."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "51", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.3", "texte": "UNE CLASSE DE PIANO AU CONSERVATOIRE DE PARIS\n\net quand vous aurez une idée là-dessus, tâchez de nous la dire avec vos doigts,\nsi vous jouez du Bach...\nCe qui me frappe dans les développements donnés à cette observation, c'est,\nchez le professeur, une autorité simple, exempte de tout charlatanisme ; et chez\nl'exécutant, une docilité respectueuse, impassible, écoutant sans broncher une\nappréciation assez dure...\nL'un après l'autre (il y a des absents dont un fonctionnaire de la maison est\nvenu prendre les noms au cours de la classe), douze élèves environ viennent s'as-\nseoir au tabouret et « jouer leur morceau ». J'entends successivement: une\nSonate de Scarlatti(édition Besi) ; la Sonate de op. 11 ; les Prélude et\nfugue n° vu du Clavecin bien tempéré de Bach ; la grande Sonate et un Nocturne\nde Chopin ; Y Allegro de la sonate appassionata de Beethoven ; la Valse-Ca-\nprice de Fauré ; le Finale du 9e quatuor de , transcrit par Saint-Saëns ;\nCampanella(fantaisie), de Paganini ; un arrangement très brillant du Songe d'une\nnuit d'été, par Liszt...\nEvidemment, tous ces exécutants sont déjà avancés. Ils ont beaucoup d'agilité.\nLeur maître n'a plus à revenir sur les notions élémentaires. Quelques-uns d'entre\neux montrent même une virtuosité réelle. Aussi M. Philipp ne fait-il que des\nobservations d'ordre élevé. Il s'arrête assez longtemps sur ce début de la sonate\nde Chopin :\nIl trouve que l'élève lui donne un caractère trop sec et trop militaire. Il y veut\nquelque chose de plus posé, de plus naturel, de moins agressif. Bientôt, inter-\nrompant l'exécution de cette sonate évidemment trop haute et trop grande\npour être complètement rendue par un pianiste de quinze ans, il se met lui-\nmême au piano, pour joindre à la parole la démonstration par le fait. On devine\nchez lui un sens très délicat de la valeur psychologique et de la signification des\nchefs-d'œuvre ; car il termine par ce mot touchant adressé aux élèves : « Il est\ncertain qu'on n'a pas la peau assez large pour mettre le bonhomme en soi ; il\nfaut tout de même essayer. » Quand on attaque l'allégro de Beethoven :\nil est bien près de sortir de son calme habituel, car il trouve que l'élève joue trop\nvite. Il déclare qu'au lieu du chiffre 152 au métronome qu'on a indiqué dans les\néditions Kohler et Winkler pour la valeur de la noire, c'est 144 qu'il faudrait lire.\nEt il blâme (avec combien de raison !) la manie de jouer vite, toujours plus vite,\npour briller... Pendant qu'on reprend, sur ces indications, ce dramatique allegro,\nil se promène dans la classe ; mais il dirige admirablement l'exécution, car il\njoue, il vit, intérieurement, ce grandiose poème, et l'élève est sous l'influence\ndirecte de ses moindres paroles : Pas de fausses nuances ! Pas d'exercice de"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "52", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.4", "texte": "UNE CLASSE DE PIANO AU CONSERVATOIRE DE PARIS\n\npoignet ! lci, mystérieux... angoissé... terrible... Ce sont des cris de douleur et\nde colère... faites gronder sourdement l'orage! etc. Il arrête aussi le pianiste,\npour lui demander de faire sentir cette entrée canonique, à laquelle il attache de\nl'importance :\nTout ce commentaire du texte de Beethoven est très artistique, et vraiment\ndigne de ce que doit être l'enseignement supérieur de la musique. Plus j'entends\nM. Philipp rectifier le jeu superficiel de ses élèves, plus je me fortifie dans la\nconviction que ce qui est surtout nécessaire aux jeunes musiciens voulant arriver\nà la maîtrise sur un instrument quelconque, c est la culture de 1 intelligence et\nl'éducation générale du sens artistique. Les futurs virtuoses du piano doivent\navoir beaucoup de « mécanisme » et se rendre maîtres de leurs doigts, cela est\nbien évident : je voudrais même que, pendant des mois et des années, ils fissent,\nexclusivement, des exercices d'agilité en s'elforçant de jouer avec aisance des\n« Etudes )) très difficiles ; mais à côté de ces travaux d'assouplissement, je vou-\ndrais qu'ils fissent, loin du piano, des études d un intérêt ps\\chologique et moral\npour élargir un peu leur intellect et se rendre capables de comprendre les chefs-\nd'œuvre. Je sais que cette opinion est celle de M. Philipp et fait la valeur de son\nenseignement C'est d'ailleurs pour cette raison (trop méconnue des jeunes gens)\nqu'on a institué au Conservatoire des cours d histoire musicale et de littei atui e.\nAu point de vue technique, M. Philipp fait beaucoup d'observations de détail,\ndont l'une me semble particulièrement importante. A plusieurs reprises\nil dit à l'exécutant : « Respirez !... Respirez, comme ferait chanteur intelligent. ))\nUne composition musicale est comme un discours littéraire qui a des para-\ngraphes. des périodes et des membres de phrase séparés par des signes de ponc-\ntuation. Ponctuer, quand on joue du piano, c'est détacher sa main du clavier.\nSans cela, plus de rythme 1 Dans les éditions usuelles, c est le signe legato qui\nmarque l'étendue d'un membre de phrase et indique le moment où il faut « res-\npirer ». Mais, dans les éditions des Sonates de Beethoven et de Mozart, le legato,\ndix fois sur vingt, est placé à contresens. Je me suis occupé ailleurs de cette\nquestion. Je n'y reviens pas ; mais je suis bien heureux de voir un professeur\ncomme M. Philipp y attacher l'importance capitale qu elle mérite.\nAprès avoir épuisé la liste de ses élèves auxquels il donne, avec des encoura-\ngements, un sujet de travail pour la prochaine séance (nouveau morceau à\nétudier, partie de morceau ancien à revoir, morceau à apprendre par cœur),\nM. Philipp déclare la classe terminée. (Elle a duré deux heures.) Chacun de ses\nélèves vient gentiment lui serrer la main en disant : « Au revoir, Maître ! » et,\nenchanté de l'excellente leçon que j'ai reçue moi-même en voyant à l'œuvre un\nprofesseur justement réputé, je rentre dans la froidure et le brouillard.\n\nC."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "53", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.5", "texte": "LETTRES INÉDITES DE FR. LISZT A ALFRED JAELL\n\nLettres inédites de Fr. Liszt à Alfred Jaëll\n(1855-1859)\n(0-\nI\nVeuillez me pardonner, mon cher Monsieur Jaëll, si, quelque rassuré que je sois\nsur le sort et l'effet de mon Concerto sous vos doigts, je garde quelque légère in-\nquiétude par rapport à l'exactitude de la poste, et viens vous demander de m'ac-\ncuser réception de l'envoi que je vous ai fait de ce morceau il y a quelques jours\n(avant mon départ de Berlin) à votre adresse de Victoria Motel. En même temps\nj'ose encore vous recommander de ne produire ce Concerto (2) qu'après deux ou\npeut-être trois répétitions soigneusement faites ; en particulier je désirerais\nqu'à l'entrée de l'Allégro Marziale le motif des hautbois et clarinettes\nsoit très vigoureusement accentué et rythmé.\nA Berlin il était resté un peu d'indécision dans l'attaque des instruments à\nvent qui à ce moment doivent fonctionner en guise de trompettes, militairement\net non pas en garde nationale, à la débandade ! En général, je ne puis entrer\nen facile composition à l'endroit du rythme et de l'accent, car c'est le nerf même\nde la musique, qui malheureusement dans beaucoup d'orchestres se trouve\nsingulièrement relâché, et quasi chloro for misé.\nSoyez assez bon pour vous charger de mes plus cordiales amitiés pour\nJoachim, dont j'aime et admire si sincèrement le haut talent et le noble caractère\net croyez bien, mon cher Monsieur Jaëll, aux sentiments très véritablement\ndistingués et affectionnés de\nVotre tout dévoué,\nF. LISZT.\nWeymar, 18 décembre 55.\nJe compte que vous aurez la complaisance de me renvoyer la partition et les\nparties d'orchestre du Concerto pour le ier janvier, car j'en aurai besoin quel-\nques jours après.\nII\nMON CHER MONSIEUR JAELL,\nMon Concerto se trouve chez vous en beaucoup trop bonnes, aimables et bril-\nlantes mains pour que je sois pressé de l en retirer et si effectivement vous\n(1) Ces lettres, adressées à l'exquis pianiste que beaucoup de Parisiens se rappelleront encore,\nn'ont jamais été publiées jusqu'à ce jour. La Revue musicale adresse ici tous ses remerciements a\nla femme éminente qui a bien voulu s'en dessaisir en sa faveur.\n(2) Ce Concerto, en mi b, a été exécuté en dernier lieu au Concert Colonne le 26 octobre 1902."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "54", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.6", "texte": "LETTRES INÉDITES DE FR. LISZT A ALFRED JAEL\n\nvoulez avoir l'amabilité de le produire dans d'autres villes avec tous les a\\ an-\ntages de votre belle exécution, je ne puis que vous en être très sincèiement\nobligé. Le seul scrupule que je conserve est celui de vous occasionner toute\nsorte d'ennuis de répétitions que ce morceau rend presque inévitables. Peut-\nêtre cependant y aurait-il moyen de les diminuer en communiquant à 1 avance\n(avant la répétition) la partition au chef d'orchestre avec les indications indis-\npensables relatives au sens et au rythme, auxquels il est si aisé de faire subir\nles plus horribles traitements sans qu'on prenne la peine de sen apercevoir,\ntrouvant d'ordinaire plus commode de faire porter à l'innocent compositeur la\npeine des bévues d'autrui.\nAie pardonnerez-vous de vous demander encore de prendre soin que le ti iangle\nne soit pas de trop basse extraction et d'une trop grossière vibration, ainsi que\nde veiller à ce que l'artiste triangulaire remplisse sa tâche avec finesse, préci-\nsion et intelligence (i) ? C est un détail de minime importance en appaience,\nmais auquel je tiens.\nVeuillez bien, je vous prie, mon cher Monsieur Jaëll, vous charger de mes très\ncordiales amitiés pour Litolff et agréer l'expression de mes sentiments très affec-\ntueusement distingués.\nF. LISZT.\n28 décembre 55.\nSi vous n'avez plus besoin du Concerto après le 20 janvier, je vous serai\nobligé de me le faire parvenir ici, car je n'en possède pas de copie.\nIII\nMON CHER MONSIEUR,\nJe profite du premier moment de liberté qui m'est accordé depuis mon retour\nde Vienne, pour vous remercier de votre lettre et vous dire combien je suis\ncharmé d'apprendre que mon Concerto ne vous a causé ni ennuis ni incommo-\ndités. Par rapport à l'effet de mes compositions, j'avoue que je suis d'ordinaire\npassablement sceptique, car l'expérience m'a trop appris combien le succès des\nœuvres qui valent infiniment mieux que les miennes dépend de toutes sortes de\ncirconstances extrinsèques qu'il est impossible de piévoir, plus encore de domi-\nner. De tous les arts c'est certainement la Musique qui se trouve dans les con-\nditions de dépendance les plus fâcheuses, et soumis aux chances les plus anor-\nmales. Il lui faut avant tout des interprètes intelligents et habiles, et puis un\nauditoire bien disposé, et dont les oreilles ne soient pas trop longues. Par le\ntemps qui court, il devient très malaisé de se faire place. 1— Si l'on apporte du\nnouveau, les gens vous demandent du vieux, et si on leur donne du vieux, ils\ntrouvent qu'il y manque le nouveau. Le meilleur parti à prendre reste encore de\ntravailler consciencieusement et de tâcher de bien faire en laissant dire.\nRelativement à votre obligeante intention de produire mon Concerto à Péters-\nbourg, je vous propose de faire copier la partition à Berlin où vous pourriez\nla prendre en passant chez M. de Bùlow. Cette copie pourra être prête dans\n\n(i) 11 s'agit sans doute du solo de triangle qui pose le rythme du Scherzo."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "55", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.7", "texte": "L'ENSEIGNEMENT DU CHANT DANS LES LYCÉES\n\nune huitaine de jours et je vous prie de me faire savoir par deux mots si cette\nproposition vous arrange, ou si vous préférez que je vous envoie le Concerto à\nPétersbourg par l'intermédiaire de M. Schlesinger. De plus je vous joindrai\nune copie d'un arrangement à deux Pianos du même morceau dont vous trou-\nverez peut-être plus facilement occasion de vous servir, et qui vous mettrait en\ntout cas à même de laisser la grande partition entre les mains du chef d'or-\nchestre.\nVeuillez bien recevoir, mon cher Monsieur Jaëll, avec mes très sincères remer-\nciements, l'expression des sentiments les plus distingués et affectueux\nde votre tout dévoué,\nF LISZT.\nWeymar, 19 février 56.\n(A suivre.)\n\nL'Enseignement du chant dans les lycées.\n(Extrait d'un rapport adressé à M. le Ministre de l'Instruction publique.)\n\nJe pense que l'étude de la musi-\nque, loin de nuire à l'enseignement\ngénéral en lui enlevant une par-\ncelle du temps qui lui est destiné,\nne peut que lui être profitable. Elle\napporte dans l'aridité des travaux\nordinaires une diversion aimable,\ndéveloppe le sentiment du beau,\nfait aimer l'école et, par cela\nmême, augmente chez l'enfant son\nardeur pour l'étude.\nIl importe, à mon sens, de n'im-\nposer aucune méthode, aucun pro-\ncédé. L'instituteur doit avoir :t la\nliberté de choisir, sinon parmi tous\nles ouvrages existants, du moins\nparmi ceux qui auront été exami-\nnés par une commission compé-\ntente, celui qu'il préfère ou qu'il\njuge devoir mieux convenir à ses\nélèves selon leur degré d'avance-\nment.\nCette latitude laissée à l'insti-\ntuteur offre, en outre, plusieurs\navantages :\ni° L'instituteur a ainsi une res-\nponsabilité plus grande. S'il n'obtient pas les résultats qu'on est en droit de lui\ndemander, il ne peut se retrancher derrière une méthode imposée et sur laquelle\nil rejettera toute la faute ;\n\nLES ENFANTS CHANTEURS."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "56", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.8", "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE . LE CANON\n\n2° Des hommes d expérience et de talent, sachant que tous les ouviages esti-\nmables peuvent être employés, n hésiteront pas à chercher des pi océdés nou\nveaux, à écrire des méthodes, des solfèges ou des œuvres chorales; tout cela\npour la plus grande prospérité de l'enseignement.\nCe qui doit être imposé, c'est un programme d'études, et 1 instituteur doit abso-\nlument s'y conformer.\nlime semble utile, peut-être indispensable, que renseignement musical, à tous\nles degrés de l'enseignement, soit l'objet d une inspection spéciale. Cette inspec-\ntion, à défaut d'un personnel complet et permanent, pourrait être utilement faite\npar des professeurs que [ administration choisirait parmi les plus méritants pour\nleur confier une ou plusieurs missions temporaires. Il conviendrait à cet efiet\nd'établir par voie d examen ou de concours un certificat d aptitude aux fonctions\nd inspecteur du chant. Je crois que l'on trouverait, dans les principaux centres\nsurtout, des musiciens instruits qui accepteraient volontiers de semblables\nmissions.\nLes rapports adressés au Ministère permettraient de comparer la situation de\nl'enseignement musical dans les différentes régions de la France, et, en peu de\ntemps, d'en rendre l'organisation aussi parfaite que possible.\nPour les écoles primaires, le programme en usage dans les écoles de la ville\nde Paris pourrait servir, au moins à titre de document.\nIl exige que l'on commence par faire apprendre de mémoire aux jeunes enfants\nde petits chants faciles à retenir, dont les paroles toujours correctes, irréprocha-\nblement prosodiées sur la musique, offrent toujours un sujet moral instructif ou\npatriotique.\nL'oreille et le goût de l'enfant se forment ainsi peu à peu. Les premières\nétudes, loin de le rebuter, lui causent un plaisir extrême, et bientôt il désire lui-\nmême connaître les signes au moyen desquels on écrit ces mêmes chants.\nLe début des études musicales est d'accord avec le principe pédagogique, et\nl'on pourrait dire presque naturel, qui veut que l'on ait l'idée d'une chose avant\nde connaître le signe convenu au moyen duquel on la représente.\n\nDAHNNAUSER,\nInspecteur de l'enseignement du chant.\n\nLa musique au point de vue sociologique : le canon\n\n(0\nEssayez d'imaginer une société (par exemple les habitants d'une ville) dont\nchaque membre serait un individu vivant à part soi, sans rapports d'aucune\nsorte avec ses voisins ; ou les hommes ne se ressembleraient ni par le costume,\nni par le langage, ni par le mode d'alimentation et de travail, ni par les idées,\nles goûts, les divertissements et la tendance des volontés : vous n'aurez pas de\npeine à comprendre qu'une telle société n'existe pas, et qu'elle est impossible.\nVous conclurez que toute société repose sur limitation.\nEssayez d'imaginer une composition musicale, de n'importe quel genre\n\n(i) Suite. Voir la Revue du ier janvier."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "57", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.9", "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE I LE CANON\n\ndepuis la mélodie en plain-chant toujours chantée à l'unisson jusqu'à la sympho-\nnie moderne la plus compliquée, -• où il n'y aurait aucune ressemblance, soit\nentre les membres d'une même période, soit entre les membres de périodes\nsuccessives ; où chaque partie serait absolument indépendante et où on ne rever-\nrait jamais deux fois la même formule : vous n'aurez pas de peine à compren-\ndre qu'une telle musique n'existe pas, et qu'elle est impossible. Vous conclurez\nque toute musique repose sur /'imitation.\nDe cette analogie résulte la possibilité d'étudier l'art au point de vue sociolo-\ngique.\nL'histoire de la musique (à partir du plain-chant) se confond avec celle de\nl'art qui s'efforce d'introduire des imitations dans les diverses parties d'un même\nmorceau. J'ai cité déjà un célèbre canon du xme siècle où est appliquée de la\nfaçon la plus rigoureuse cette loi de l'imitation qui introduit l'unité dans la diver-\nsité. En remontant plus haut encore, on trouve des documents analogues (enta-\nchés, il est vrai, de certaines duretés qui, pour notre oreille moderne, sont\npénibles).\nC'est au xne siècle que, pour la première fois peut-être, un théoricien parle de\nVart de limitation en musique ;ce théoricien est Jean de Garlande, de l'abbaye de\nSaint-Paul à Besançon. Dans son Traité sur les principes du déchant, il signale\ndeux sortes de « répétition )) : la répétition qui a lieu dans la même partie, et\ncelle qui a lieu dans deux parties différentes. Il en donne l'exemple suivant,\nqu'on peut reproduire à titre de curiosité historique :\nM. de Coussemaker commente ainsi cet exemple: (( Ici se révèle pour la pre-\nmière fois un des faits les plus curieux de l'histoire de l'harmonie au moyen âge.\nSous le nom de répétition de voix différentes, Jean de Garlande entend ce que\nnous appelons contrepoint double. L'exemple qu'il donne ne peut laisser aucun\ndoute sur ce point. )) M. de Coussemaker force un peu les choses en parlant ainsi ;\nmais il y a là un curieux exemple d'effort vers l'imitation et la symétrie.\nUn autre exemple d'imitation réelle est donné par une pièce que le même de\nCoussemaker a découverte dans un autre traité, au British Muséum, et qui con-\ntient deux textes importants ; le premier est un Posui adjutorium de Pérotin,\norganiste de Notre-Dame de Paris au xne siècle ; le second est d'un anonyme.\nVoici le texte de Pérotin :"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "58", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.10", "texte": "NOTES SUR LA « REINE FIAMMETTE »\n\nCes combinaisons de notes nous paraissent aujourd hui barbares ; mais 1 his\ntorien qui cherche à se rendre compte de la genèse dun art ne saurait les\nnégliger.\n(.A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\nNotes sur la «Reine Fiammette»\n\nLe très brillant, très lyrique et très\nartistique livret de la Reine Fiammette a\nun défaut : il manque de concision (même\naprès quelques coupures de la dernière\nheure). Il arrive parfois que le même\nchanteur a trop longtemps la parole ; il y\na des scènes inutiles et faisant hors-d'œu-\nvre, pur pur ei panni, où la recherche\nd'un effet facile est visible : le nocturne\n(d'ailleurs charmant) qui termine le pre-\nmier acte; plus loin, un « Sonnet de Pé-\ntrarque )), un chœur de chasseresses dans\nle lointain n'est-ce pas une scriberie ? pour marquer le lever du jour, etc.\nEnfin, et en général, un peu de surabondance verbale dans les traits pittoresques.\nIl en résulte que le musicien, soucieux de traduire exactement le poème et de ne\nrien omettre, est à l'étroit. Sa pensée musicale est gênée ; il nous montre des\ntaches de couleur successives et menues, plutôt que les belles constructions dont\nil est capable. La grosse difficulté, pour un compositeur d'opéra, n'est point de\ntraduire une idée quelconque avec l'orchestre ; c'est de distinguer d'abord l'im-\nportant et l'accessoire, le trait essentiel à l'action et celui qui n'est qu'une\nprouesse de rhétorique; c'est, en un mot, de bien déterminer les surfaces qu'il faut\ncouvrir de musique d'après l'importance et la subordination des idées. Je reproche\nà M. Leroux (on peut lui parler franchement, aujourd'hui que le succès de son\nœuvre est assuré) d'avoir montré parfois trop de respect pour certains détails du\nlivret, et de n'avoir pas fait des sacrifices nécessaires. Au deuxième acte, Danielo,\nd'abord assombri par la pensée du meurtre dont on l'a chargé, devient radieux\nen voyant Orlanda ; et pour exprimer ce brusque passage du désespoir à la joie,\nil use du symbole suivant : « le cyprès, chargé de corbeaux, a vu passer une co-\nlombe ». Croirait-on que sur ces derniers mots il y a un gloussement de clari-\nnette, plusieurs fois répété,\nqui, manifestement, veut peindre levol d'une colombe ? Je pourraisciter plusieurs\ncas analogues. Le poète vient-il à dire\nLa danse frivole\nEt le luth touché\nD'un doigt qui s'envole,"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "59", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.11", "texte": "(( NOTES SUR LA )) REINE FIAMMETTE\n\nil y a, sur ce derniermot (que la rime conduit par la main, n'est-ce pas ?) un joli\ntrait de flûte qui (( s'envole » :\nEn revanche, le compositeur ne paraît pas, en d'autres pages, avoir fait une\nanalyse suffisante des valeurs relatives du texte littéraire. Dans un récit assez long\net très soigné, Danielo fait connaître les circonstances où il a perdu son frère :\ni° il le demande à grands cris, certain de le voir reparaître ; 2° rien ne répond\nà son appel... Il a perdu (( tout ce qu'il aimait )). L'opposition dramatique de ces\ndeux moments (p. 51 de la partition) devait, je crois, être respectée ; ils sont\nindiscernables, dans une suite où règne, à peu près également, le jortissimo. Il\nfaut, en vérité, au compositeur d'aujourd'hui beaucoup plus de jugement qu'au-\ntrefois ! Au temps de Meyerbeer, les parties importantes d'un livret et les parties\nde déblayage ou de remplissage apparaissaient tout de suite et d'elles-mêmes,\ncomme marquées aux deux crayons ; notre conception du drame lyrique, en vou-\nlant l'unité, rend plus délicat le discernement des valeurs : mais c'est, je crois, le\npremier point de vue auquel il faudrait se placer en appréciant un musicien écri-\nvant pour le théâtre.\nLa musique de M. Xavier Leroux ressemble beaucoup, par ses qualités, à celle\nde M. Massenet : elle est extrêmement variée et souple, grâce à une rare connais-\nsance du (( métier ». Beaucoup de pages sont spirituelles et vives, avec une jolie\ncouleur faisant tableau de genre ; d'autres chantent le sentiment ou la grande\npassion avec cette force enveloppante et prenante dont l'auteur d 1 Esclarmonde\nsemblait avoir le privilège. Jamais de surcharge. L'air et la lumière circulent\ntoujours dans l'orchestre qui —sauf une exception que je vais dire se maintient\ndans des régions de sagesse.\nPour obtenir des effets de grâce et de poésie, M. Leroux emploie des moyens\ntout à fait charmants : il aime, par exemple, à faire chanter deux flûtes en les\nbaignant dans la demi-teinte des violons en sourdine ; il fait grand usage des\nharpes ; à l'occasion, mais très sobrement, il détache la phrase type d'un violon-\ncelle ; il enlève toute la masse instrumentale et lui donne de la légèreté par le piz-\nzicato des contrebasses ; et il ne proscrit pas le tutti vibrant des violons... Tout\ncela est infiniment agréable, d une habileté rare, mais ne paraît pas contenir\nd'innovations essentielles qu'il faille noter. M. Leroux connaît aussi le secret de\ntous les styles : faire un pastiche des écrivains religieux du xvie siècle, passer\nd'une habanera à une phrase de caractère mystique, traduire le mystère de la\nnuit commençante ou entourer de sonorités triomphales un représentant de\nl'autorité suprême, tout cela est pour lui ou semble être ! un jeu. Dans l'in-\nterlude symphonique iplacé avant le 3e tableau, au 2e acte), il reparaît tel que\nnous l'avons vu dans Astarté : le peintre de la passion déchaînée, de la passion-\nlimite, au delà de quoi il n'y a plus rien, sinon de mettre le feu à l'orchestre et\nde faire flamber tout le théâtre. C'est la forme du canon qu'il a adoptée cette\nfois, avec des timbres particuliers et des progressions énormes. Les violons\ncommencent, enveloppés par des trémolos :"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "60", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.12", "texte": "NOTES SUR LA « REINE FIAMMETTE\n\nPuis, ce sont les cuivres qui alternent avec les violons, et enfin les cuivres\ntout seuls qui, conservant la forme du canon, reprennent le motif, en le haussant\nchaque fois d'un ton toujours sur des trémolos) :\nAprès un poco allargando, un poco accelerando, un allargando molto ; après des\ntrilles sur une gamme dont chaque note est d abord une blanche très appuyée,\npuis une noire soulignée par des syncopes le tout engagé dans un crescendo\nincessant on aboutit à cette explosion formidable des trombones :\nMusicalement, cet effet est un peu gros et un peu facile : esthétiquement, est-il\nbien juste? Les deux amants dont il y avait à nous peindre les transports ne\nsont pas des possédés ayant bu le philtre magique. Orlanda n'est ni une Iseult,\nni une Phèdre, ni une Médée : c'est une enjouée, comme la marquise Mahaud\nd'Eviradnus, dans la Légende des Siècles. Danielo est (( pâle et frêle )). Un pareil\norage doit le briser ! Il y a trop cle déchaînement et de réalisme sensuel, pas assez\nde grâce et de (( romance » dans cette scène. M. Leroux embrase tout et fait voir\nun incendie grandiose, là où aurait suffi une flamme légère, une fiawmette. Je\nreconnais d'ailleurs que tout s'apaise, après les mesures que j'ai citées ; à cette\nexceptionnelle dépense de force succède, comme réaction nécessaire, une scène\nde douceur. Le contraste est très habilement établi et ne manque pas de beauté.\nMais peut-être l'unité fait-elle un peu défaut dans l'ensemble de l'œuvre.\nOn a loué avec raison la mise en scène de cet ouvrage. M. Carré s'est montré,\ncomme d'habitude, plein d'imagination et de goût. A Mme Garden, qui aeu un\ngros succès, je reprocherai d'abuser des attaques en dessous de la note.\n\nC."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "61", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.13", "texte": "LES MAITRES D AUTREFOIS\n\nGiacomo MEYERBEER (1791-1864).\n\nNous nous proposons de consacrer prochainement un numéro spécial à\nMeyerbeer. Pour aujourd'hui, nous publierons des fragments de la lettre suivante,\nfort curieuse et très peu connue, où l'on verra que les Huguenots faillirent être\nenvoyés à l'Opéra-Comique.\nBade, le 2 juillet 1834.\nA Monsieur Scribe.\nMon cher ami !\n... Je vous ai dit à mon dernier séjour de Paris que votre exécution du rôle de\nMarcel ne répondait pas à Vidée du caractère musical du rôle dont je vous avais donné\nVidée etquen outre il y avait beaucoup trop de morceaux pour voix de femmes ; à cela\nvous m'avez répondu que vous me laissiez le maître de remédier à cela comme je Ven-\ntendrais avec ou sans parler, et que vous me promettiez d'arranger le tout d'après"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "62", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.14", "texte": "LES CONCERTS\n\nmes arrangements, pourvu que je ne vous demandasse ces arrangements que tout\nensemble et quand la partition serait finie. Eh bien, mon cher ami, fiai agi d'après\nvos ordres. fiai récrit pour mes besoins musicaux tout le rôle de Marcel [et pas en al-\nlemand, quoique cela m eut été plus facile, mais en italien, parce que vous comprenez\ncette langue) ; j'ai trouvé également le moyen de parer à l' absence de voix de femmes\ndans un trop grand nombre de morceaux ; enfin quelque autre changement quil me\nfallait je les ai trouvés aussi, à f exception de quelques-uns ; mais il faut que vous\napprouviez, arrangiez et classiez tout cela avant que je puisse dire à un directeur\nque ma partition soit complète, quoique au fond elle f est pourtant. Elle ne vous\nprendra pas beaucoup de temps et pour moi pourtant cette besogne est indispensable,\ncar on ne pourrait jamais livrer l'ouvrage à la copie sans cela. Je désirerai donc\nvivement à cause de cela que vous puissiez me consacrer vos loisirs pour cette opé-\nration, ou au moins la commencer pendant mon court séjour à Paris. Bien entendu\nqu'avant de commencer je saurai catégoriquement si je laisserai l'ouvrage au grand\nOpéra, ou s'il doit prendre le chemin de l'Opéra-Comique, parce que dans ce dernier\ncas ces changements devraient peut-être se faire autrement.\nL'Opéra-Comique m'intéresse vivement. Je suis enchanté qu'il soit enfin dans\nles mains d'un directeur actif et intelligent comme l'actuel, et je brûle véritablement\nd'écrire au plus vite pour ce théâtre un ouvrage, où les rôles soient à la taille des\nchanteurs. Je le désire même tant que, pour faire plus vite, je veux d'abord leur faire\nun ouvrage en i ou 2 actes, pour qu'il puisse être déjà représenté immédiatement\naprès Valentine. Je me mettrai à la quête d'un tel poème dès que j'arrive à Paris,\ntrop heureux si dans votre vieux portefeuille dramatique il se trouvait pareille chose\ndisponible.\nAdieu, mon cher ami, je suis dans ïespérance de vous revoir à Paris.\nVotre très dévoué,\nMEYERBEER.\nVoulez- vous que je vous envoie de suite par la diligence le manuscrit du Portefaix,\nou que je le garde jusqu'à mon arrivée à Paris ?\n\nLes Concerts\n\n— 27 décembre\nigoy. — Un beau programme, mêlé, un\npeu compact, d'oeuvres de Beethoven, de\nBerlioz et de Wagner. L'ouverture d'Eg-\nmont, et la Symphonie pastorale, délicate-\nment jouée. La Chasse et VOrage des\nTroyens, dont le début et la fin, si poé-\ntiques, sont, par moments, de senti-\nment et de timbres tout (( debussystes ».\nL ouverture de Tannhduser, prise dans\nun mouvement un peu rapide. Les Mur-\nmures de la Forêt de Si eêfi ied, des frag-\nments du troisième acte des Maîtres Chanteurs, et le prélude du troisième acte\nde Tristan, plein du souffle de la mer.\n\nCONCERTS CHEVILLARD."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "63", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.15", "texte": "LES CONCERTS\n\nMme Raunay a chanté Rêves de Wagner, et l'admirable air de Cassandre, de\nla Prise de Troie, égal aux plus beaux airs de Gluck, avec la nuance de morne\ntristesse qui est propre à Berlioz.\n\nR. R.\n\n— Roméo et Juliette de Berlioz. — Je ne\npuis dire combien j'admire cette œuvre. Non seulement je l'égale aux plus puis-\nsantes créations wagnériennes, mais je la crois plus féconde en enseignements\net en ressources pour l'art, — ressources et enseignements dont l'art français\ncontemporain n'a pas encore tiré tout le parti possible. Je pensais, en l'enten-\ndant, à cette récente profession de foi d'une jeune école musicale, qui veut (( le\n\nCONCERTS COLONNE. — 3 janvier.\n\n10 janvier.\nL. L.\n— L'Ouverture pour un drame, deM. P. de Bréville, a d'abord été\nécrite pour la Princesse Maleine, de Maeterlinck, et exécutée sous cette forme en\nBelgique, voilà douze ans environ. Depuis, l'auteur a remanié son œuvre en\nretranchant toute allusion directe au drame de Maeterlinck ; elle a ainsi gagné\nen vigueur et en logique ce qu'elle perdait en détails pittoresques : elle ne nous\nmontre plus que la lutte entre deux idées, dont hune est frêle et charmante,\nl'autre énergique jusqu à la brutalité. L'intérêt se soutient jusqu'au\nde la destinée cruelle ; si d'ailleurs ce triomphe s'affirme ici avec plus d'éclat que\ndans le drame, je n'en suis pas autrement choqué : le rôle de la musique n'est-il\npas justement de donner une voix aux puissances muettes ? Le public a fait un\nexcellent accueil à cette œuvre émouvante et raffinée ; ainsi la musique deM. de\nBréville a retrouvé dans une grande salle le succès obtenu la veille, devant une\nélite d'amateurs, chez Mme la Princesse de Cystria, où l'on avait applaudi\nd'exquises mélodies : la Belle aux bois, la Forêt charmée, et surtout Aimons-nous,\nduo pour soprano et ténor, d'un sentiment profond et pur.\n\n3 janvier 1904.\nL. L.\n— Le public fait un accueil assez froid à la deuxième Sym-\nphonie de Borodine(ire audition à ce concert), qui en effet ne vaut pas la première :\nle premier mouvement ramène avec une persistance monotone un motif chro-\nmatique, très sombre, mais assez pauvre ; l'andante se répète beaucoup aussi, et\nle finale, plus coloré, n'est guère mieux conduit; reste le scherzo, morceau de\nconstruction facile, puisqu'il ne comporte point de développement : ce scherzo\nest joli, mais j'attendais des idées plus fraîches et plus décidées. Œuvre gênée\net mal venue. L'Ouverture du Carnaval romain est rendue avec beaucoup de déli-\ncatesse, le Prélude et la Mort d'Yseult avec beaucoup d'accent : quelle musique\nimpérieuse, qui ne dit que ce qu'elle veut dire et nous impose ses pensées ! Il\ny a des jours où je préfère des œuvres plus larges et moins exactement appro-\npriées, qui laissent rêver davantage. Le Manfred de Schumann est du nombre :\ncette ouverture tumultueuse peut nous peindre tous les troubles d'une âme pas-\nsionnée, et chacun y trouvera son bien. J'aurais souhaité plus de fougue dans\nl'exécution. Je n'ai que des éloges à faire pour la Symphonie en ut mineur de Beet-\nhoven, où M. Chevillard a bien raison de ne ralentir que légèrement les pre-\nmières notes. Mais pourquoi vient-elle à la fin du programme ? On sait le goût\nde l'illustre chef d'orchestre pour la chronologie ; en ce moment même il nous\nannonce une audition chronologique des Symphonies de Schumann, qui ne sera\npas la première. Ne pourrait-il mieux respecter l'ordre des temps dans chacun\nde ses programmes ?"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "64", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.16", "texte": "LES CONCERTS\n\ntriomphe de la musique naturelle, libre et mouvante comme le discouis, plas-\ntique et rythmique comme la danse antique *) (1). Cette musique, la \\oici !\nVous n'en trouverez nulle part un modèle plus accompli. Il est vrai que vous\nrépudiez ce modèle. Vous ne cachez pas, le plus souvent, votie dédain poui Ber-\nlioz. C'est ce qui m'inspire, je l'avoue, quelque doute sur l'efficacité de vos\nefforts. Je crains qu'il n'y ait plus d'archaïsme que de vie véritable dans votre\nprétention à la (( libre )) musique, si vous ne sentez pas la liberté merveilleuse\nde celle-ci, voile transparent et souple d'une âme passionnément vivante. —Je\nne parle pas seulement des pages célèbres de l'œuvre, de cette tristesse de Ro-\nméo., quel'orchestre Colonne a exécutée d'une façon remarquable, mais des pages\nles moins connues, les plus rarement jouées, comme le Scherzetto chanté de la\nreine Mab, ou le Réveil de Juliette, et la mort des deux amants J'entends dire\nquelquefois que cette musique est obscure et littéraire. Je la trouve au contraire\nd'une justesse expressive et d'une clarté merveilleuse. Et quelle sobriété ! C est\nune langue magnifique \\ pas un mot de trop, et pas un mot qui n exprime et ne\npeigne d'une touche infaillible —Le convoi funèbre de Juliette est d'une gran-\ndeur de style et d'une pudeur de sentiment que seuls trois ou quatre grands\nmaîtres ont connues. Quant au serment de réconciliation de la fin, qui tient à\nla fois de la Bénédiction des Poignards des Huguenots (1836), et delà Marche des\nPèlerins du Tannhauser (1845) (2), il fait comprendre beaucoup de choses,\ndeux, entre autres : l'indulgence excessive de Berlioz pour Meyerbeer, envers\nqui il avait les sentiments du grand artiste créateur, qui reprend son bien chez\nun artiste moindre, et qui lui en sait gré, —et la rancune de Wagner, dont le\ngénie despotique n'aimait pas le partage de la gloire, et n était pas beaucoup\nplus hostile aux pires ennemis qui se mettaient en travers de son chemin, qu au\nrival de génie qui en faisait plus de la moitié d'avance, et était le premier à\nexprimer avec une perfection superbe ce qu'il ne devait exprimer lui-même que\nsix ans plus tard, ce qu il sentait peut-être déjà à cette époque.\nL'orchestre Colonne s'est surpassé clans une des œuvres les plus difficiles à\nexécuter qui soient en musique. Sauf quelques instants de sa lourdeur habituelle,\ndans la Scène d amour par exemple, où les charmants détails étaient empâtés et\nbrouillés, il a une frénésie romantique, une vie, une violence, une mobilité admi-\nrable. MM. Daraux et Mauguière, Mme Auguez de Monta!ant, ont été assez\nbons. Le succès fut triomphal.\n\nROMAIN ROLLAND.\n\n— Le nom seul d'oratorio a pour nous\nquelque chose de si grave et de si solennel que plus d'un, l'autre soir, a dû\nêtre surpris de ce début de Y Oratorio de Noël, de J.-S. Bach :\n\n(1) Tribune de Saint-Gervais, novembre 1903.\n(2) Roméo et Juliette date de 1839.\n\nSCHOLA CANTORUM. — 26 décembre."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "65", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.17", "texte": "LES CONCERTS\nR. M.\n5\n\nSans doute ces appels guerriers et le chœur triomphal qui leur fait suite sont\ntirés, comme nous l'apprend M. A. Pirro dans son excellente notice, du Dramma\nper musica, composé en 1733 pour l'anniversaire de la reine de Pologne, électrice\nde Saxe. Mais ce qui est remarquable, c'est justement que Bach ait cru pouvoir\ndonner un sens religieux à une musique profane. Sa foi, plus naïve que la nôtre,\nignorait certains de nos scrupules ; et s'il savait comme nous s'abîmer dans la con-\ntemplation de la grandeur divine et de la faiblesse humaine, il avait ses heures\nde confiance et d'espoir, et la joie n'était pas à ses yeux un péché. La joie est à\nsa place, en cette féte de Noël où le salut apparaît aux hommes, sans s'assombrir\nencore des tourments de la Passion. La tendresse l'accompagne, mêlée d'une\npitié attendrie pour l'enfant qui repose, et que les bergers de la plaine sont\nles premiers à adorer. Tels sont les sentiments que Bach a exprimés avec plus\nde naturel et de fraîcheur que personne; presque tous ses airs pourraient\ns'intituler, à la mode ancienne, air tendre, air gracieux, ou air gai. Il n'est pas\njusqu'à la Pastorale par où débute la 2e partie qui ne fasse songer aux meilleures\npages descriptives de Gluck ; mais cette musique est, en sa douceur limpide, d une\ntrame serrée et suivie : et c'est justement cette solidité de structure qui main-\ntient à l'œuvre son sérieux et sa grandeur, la garde des attendrissements faciles,\nla rend digne du mystère qu'elle célèbre. M. Frôhlich a chanté avec une ampleur\nadmirable ses récits et son air. Mmc de la Mare, dont la voix est fort bien\ntimbrée, a eu plus d'émotion que de coutume, et M. Giraud s'est fort bien tiré, au\npied levé, de la partie de ténor. Quant à l'orchestre, composé des élèves de la\nScliola, et dirigé par M. d'lndy. il faisait songer, àla fois par son excellente inter-\nprétation et par les défaillances de lexécution, à une société d'amateurs, dont la\ndextérité n'aurait pas égalé le zèle. Et certes, entre le fini du détail et la\njustesse du sentiment, il n'y a pas lieu d'hésiter.\nLe concert commençait par le concerto en ré mineur de Bach pour piano et\ninstruments à cordes. Un jeune pianiste espagnol, M. Joseph-Joachim Nin,\ns'y est révélé : beaucoup de vigueur et de précision dans les attaques, le sens\ndu rythme, la puissance du son et la belle tenue clu style, telles sont les qua-\nlités dominantes d'un jeu viril avant tout. M. Nin, élève de Vidiella et de\nMoszkowsky, est connu en Espagne et en Amérique, mais non encore en\nFrance. Nous espérons que l'occasion de l'entendre se représentera bientôt\npour nous : il a su affirmer superbement la carrure du premier motif de son\nconcerto, et faire sonner avec l'éclat des trompettes le thème clu finale; il est\nsans rival dans la musique héroïque.\n\nL. L.\n\n— Le concert récemment donné par\nM. Camille Chevillard et son orchestre a obtenu un vif succès. M. Louis Joly,\nl'organisateur de cette belle soirée artistique, a droit aux remerciements de\ntous les vrais musiciens de notre ville.\nLe programme était composé d'oeuvres que M. Chevillard a depuis lors fait\nentendre à ses concerts dominicaux de Paris : l'ouverture d'Egmont,\\a symphonie\nen ut mineur, les Murmures de la jorët de Siegjried, les fragments symphoniques\nextraits du 3e acte des Maîtres Chanteurs et l'ouverture de Tannhàuser, dont\nl'exécution souleva d'enthousiastes applaudissements.\nUn intermède vocal divisait le concert en deux parties. C'est à Mlle Vila,\nMme Mayran, MM. Barre et Jan Reder (Quatuor vocal de Paris) qu incombait\n\nROUEN. — CONCERT CHEVILLARD."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "66", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.18", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nle soin d interpréter le Calme de la mer et le Chant élégiaque de Beethoven, ainsi\nqu'un délicat Madrigal de G. Fauré. Enfin une suite d'orchestre de Namouna, la\nDanse macabre de Saint-Saëns, le Ballet des Sylphes et la Marche hongroise de\nla Damnation de Faust, complétaient et terminaient ce concert.\nUn fâcheux incident se produisit pendant l'exécution de la Marche hongroise.\nQuelques personnes et c'est là, nous l'avons remarqué à plusieurs reprises,\nun peu l'habitude de certains Rouennais —se sont permis de quitter la salle du-\nrant l'exécution de ce dernier morceau. M. C. Chevillard ne se gêna pas pour\nmarquer son étonnement, et certes, l'excellent chef d'orchestre eut raison :la\nsimple politesse exige qu'on écoute jusqu'au bo ut, surtout pareils artistes. La\npresse locale s'est émue de cet incident. Espérons qu'en février, si M. Chevillard\nrevient ainsi qu'il en est question, il n'aura plus àse plaindre d'un manque de\ncourtoisie.\nIl vaut mieux ne rien dire de la piètre saison lyrique du Théâtre des Arts :\nla direction actuelle a une prédilection pour l'opérette, —et les mauvaises\nreprises de vieux opéras.\n\nLÉO DE MONTREUIL.\n\nCONSERVATOIRE. —Concert du 10 janvier.— Je n'ai pas beaucoup aimé (s'il est\npermis de juger après une ire audition) la Symphonie de Henri Duparc :\nLénore, d'après la ballade de Burger les Morts vont vite. C'est une illustration\nun peu grosse et lourde du poème allemand. Peu d'unité dans la composition,\nqui est d'aspect rhapsodique. Dans l'emploi des violons et des flûtes (surtout\ndans le rythme), une réminiscence évidente de la chevauchée des Walkyries ;\nà côté, une phrase chantante de formule très serrée, dans la manière de Franck.\nL'instrumentation est brillante mais tapageuse, sans arriver à l'émotion et à la\npoésie. Dans un lied de deux pages, et avec une touche très délicate, Schu-\nmann sait dire beaucoup plus de choses! Au même concert, la Symphonie\nhéroïque de Beethoven, qui réunit tous les styles, et qui a été très correctement\nexécutée, mais avec un peu de froideur ; le Concerto pour Violoncelle (n° 1) de\nSaint-Saëns, admirablement joué par M. C. Liégeois, qui a depuis longtemps\nce chef-d'œuvre dans les doigts et en fait sentir à merveille le romantisme élé-\ngant ;la ire Suite de l'Artésienne, et le Psaume CL (pour chœur, orchestre et\norgue) de C. Franck. En somme, beau concert.\n\nPublications nouvelles.\n\n— Partition d'orchestre.\nRéduction pour piano à 4 mains. — Paris, Durand et fils.\nAbsent de Paris au moment où cette symphonie a été exécutée au concert\nChevillard (26 octobre), je ne la connais que par la lecture. Je ne sais donc pas\nbien comment tout cela sonne à l'orchestre ; mais je sais que l'œuvre est vigou-\nreusement pensée et bien construite. Suivant l'usage qui tend à prévaloir\naujourd'hui, elle sort tout entière d'un thème unique, et ce thème est un chant\npopulaire breton, religieux et grave :\n\nG.-M. WITKOWSKI. — Symphonie en ré mineur."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "67", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.19", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nDes mélodies accessoires viennent s'y joindre, plus douces, mais aussi fer-\nventes ; témoin la seconde idée du premier mouvement :\nou celle du finale, qui n'est pas sans analogie, d'ailleurs, avec la précédente :\nL'un et l'autre de ces deux motifs s'accompagne d'harmonies soutenues et\nfondues, précises cependant, grâce aux grands mouvements de la basse : le tout\nest d'un excellent style symphonique, et rappelle un peu, malgré l'accent\nmoderne, la manière de Beethoven. Le plan de l'œuvre est très simple. Elle\ndébute par une introduction en ré mineur où s'indiquent les premiers linéaments\ndu thème principal ; puis ce thème s'expose avec ampleur, pour mener à la\nseconde idée (en la majeur), qui ramène à son tour l'introduction, mais au même\nton de la (mineur). Après quoi le développement redescend par degrés jusqu'en\nré mineur, et le premier thème revient, sur un rythme brisé, timide : c'est la\nréexposition, qui se termine par la reprise de la seconde idée, en ré majeur\ncette fois. Rien de plus classique que cette construction. L'andante repose\nsur une longue phrase, issue d'un fragment du thème :\n•J'en aime beaucoup les développements, surtout celui-ci, où la dernière\npartie de la phrase se combine avec elle-même en canon :\nJe sens en ces quelques lignes une tristesse mâle et un peu rude, qui est\nbelle.\nLe finale présente encore le thème principal, mais transposé en un rythme\nà sept temps qui ne permet point de repos :\nIl y a beaucoup de vigueur dans les variations rythmiques qui suivent : c'est\nle tournoiement d'une fête qui s'anime ; les musiciens noteront le contresujet\nqui glapit au-dessus du thème, et les curieuses dissonances de fausse octave qui\naccusent le rythme. Ce finale est d'ailleurs construit en forme de premier mou-\nvement : la seconde idée, présentée d'abord en sol\\> , est ramenée, pour finir,\nau ton de ré majeur, où se réexpose enfin le premier motif, en une strette préci-"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "68", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\npitée. Ainsi se termine une composition où 1 on reconnaîtia les meilleures qua\nlités de l'école moderne : le sérieux d'abord et la science, puis la sincérité et la\nnoblesse de l'inspiration, enfin la tenue du style, l'unité du ton, et la simplicité\ndu plan unie au raffinement des détails. M. Witkowski est un digne disciple de\nM . V. d'lndy.\n\nLOUIS LALOY.\n\nL. L.\nL'espace me manque pour parler du Quatuor à cordes du même auteur, égale-\nment publié chez Durand. Je le ferai à la première occasion.\n\nOUVRAGES REÇUS\nFRANÇOIS COUPERIN (1668-1733).—Pièces de clavecin, transcrites par Louis\nDiémer. Livre I, Paris, Durand et fils.\nCH. M. LOEFFLER. Quatre mélodies pour chant et piano, sur des poèmes de\nGustave Kahn. New-York, Schirmer; Paris, Durand et fils.\nEMILE RATEZ. Paula, tragédie lyrique en 5 tableaux, poème de Jane Grail et\nEdouard Droz. Paris, Rosoor-Delattre.\nAD. MERCIER. Par les chemins (A. Silvestre) et Pauvre aveugle (J. Richepin .\nParis, Mamelle.\n\nInformations\n\nOPÉRA-COMIQUE. — Un concours pour un emploi de violon à l'orchestre de\nl'Opéra-Comique aura lieu prochainement à ce théâtre.\n\nPRIX DE ROME. — On sait que la direction de l'Opéra est tenue, aux termes\nde son cahier des charges, de donner, tous les deux ans, un ouvrage dont l'au-\nteur est un grand premier prix de Rome.\nLe nom de ce candidat sera prochainement désigné par l'Académie des Beaux-\nArts et son ouvrage sera représenté au cours de cette année sur la scène de notre\nAcadémie nationale de musique.\n— M. Félix Hecq, directeur du Journal de Bruxelles, se propose de faire une\nétude sur l'organisation des représentations antiques en France. Il visitera\nsuccessivement les théâtres et arènes d'Arles, Nîmes, Orange et Béziers.\n\nCONSERVATOIRE. Suivant l'avis émis par le Conseil supérieur d'Enseigne-\nment du Conservatoire national, M. le Ministre vient, par arrêté du 26 décembre\ndernier, de modifier ainsi qu'il suit le 2e § de l'article 19 du règlement de 1894\nen ce qui concerne le nombre de concours infructueux qui peuvent être subis\npar les élèves d harmonie et de fugue avant d'être rayés des contrôles :\n(( Dans les concours d'harmonie et de fugue, les élèves n'ayant encore obtenu\naucune récompense ne seront rayés qu'après trois concours infructueux. ))\nLe Conservatoire national a fait l'acquisition de deux harpes chroma-\ntiques (système destinées à la classe qui a été récemment créée pour l'en-\nseignementde cet instrument. On sait que M,ne Tassu-Spencer a été chargée\nde ce cours pour une période de cinq années."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "69", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\n—M. Eu gène cTHarcourt a obtenu de l'administration des Bea ux-Arts une mis-\nsion pour aller étudier les manifestations actuelles de l'art musical (théâtres,\nconcerts, etc.) dans les pays allemands et dans les Etats Scandinaves.\n\nRENNES ET TOULOUSE. Le Ministère des Beaux-Arts vient d accorder un\npiano 1/2 queue à 1 Ecole du musique, succursale du Conservatoire national à\nRennes, et une harpe Erard à la succursale du Conservatoire à Toulouse. Les\nmunicipalités de ces deux villes prendront respectivement à leur charge la moi-\ntié de la dépense résultant de cette acquisition.\n\nMONTPELLIER. M. Gabriel Laporte a été nommé professeur titulaire du\ncours de solfège à l'Ecole nationale de musique de Montpellier, pai arrêté pré-\nfectoral en date du lER janvier courant.\nM. Xavier Forestier a été chargé du cours préparatoire de solfège à ladite\nEcole, par décision du même jour.\n\nMAÎTRISES. En exécution des dispositions de la loi de finances du 30 dé-\ncembre dernier, les subventions accordées jusqu'ici par l'État aux Maîtrises\ndes cathédrales de Reims, Langres, Montpellier et Rodez sont supprimées à\ndater du ier janvier 1904. Ces Maîtrises ne jouissent donc plus du caractère\nd'établissement national.\n\nDIJON. —Dans sa séance du 13 novembre dernier, le conseil municipal de\nDijon a demandé une nouvelle prorogation pour 5 années, à dater du ier juillet\n1904, de la convention passée entre la ville et l'État au sujet de l'École de\nmusique succursale du Conservatoire national.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à l'École de musique\nclassique de Boulogne-sur-Seine vient d'être accordée par le Ministère des Beaux-\nArts à M. Delord Étienne, à Montagnac (Hérault).\n\nECOLES DE MUSIQUE. Par arrêté ministériel en date du lERIER janvier 1904,\nM. Gédalge André, compositeur de musique, a été nommé inspecteur de l'en-\nseignement musical, en remplacement de M. V. Joncières, décédé.\n\nLA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LE (( MOTU PROPRIO )) DU PAPE. On sait que le\npape Pie X vient de publier (( cle son propre mouvement )) des instructions très\nimportantes sur la musique religieuse. Ce document porte la date du 22 no-\nvembre 1903, fête de sainte Cécile, mais, le 9 janvier, on nous déclarait à l'Ar-\nchevêché de Paris n'en avoir pas eu encore une communication officielle. Ne\npouvant le reproduire ici in extenso à cause de sa longueur, nous en donnons\nnalyse.\nChapitre premier. Principes généraux. i. La musique sacrée concourt à accroître la ma-\ngnificence et la splendeur des offices liturgiques. 2. La musique sacrée doit donc, comme la\nliturgie elle-même, être sainte, vraiment artistique et universelle.\nChapitre IL Genres de musique sacrée. 3Le chant grégorien est le véritable chant de l'E-\nglise ; à ce propos, le Saint-Père consacre la règle suivante: « Une composition musicale ecclé-\nsiastique est d'autant plus sacrée et liturgique que dans le mouvement, l'inspiration et le goût,\nelle se rapproche davantage de la méthode grégorienne ; elle est d'autant moins digne de l'Eglise\nqu'elle s'éloigne davantage de ce souverain modèle. » Le chant grégorien doit donc être large-\nment rétabli dans les fonctions liturgiques et spécialement mis à l'usage du peuple, afin que les\nfidèles puissent prendre de nouveau leur part à la célébration des offices. 4. La musique pa-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "70", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nlestrinienne devra également retrouver sa place dans la liturgie. set 6. Fidèle protectrice du\nprogrès artistique, l'Eglise admet aussi la musique moderne, à l'exclusion de celle dont l'allure\nserait profane et surtout théâtrale.\nChapitre 111. Texte liturgique. 7. Dans les offices liturgiques solennels, tout chant en\nlangue vulgaire est interdit. B. L'interversion, dans le chant, des textes liturgiques, est con-\ndamnée. 9. Le texte liturgique ne doit être aucunement modifié.\nChapitre IV. Règles des compositions musicales sacrées. lO. Chaque partie de l'office et de\nla messe mise en musique doit conserver son caractèie traditionnel. ll. Règles spéciales aux\ndivers morceaux : ordinaire de la messe, psaumes, hymnes, etc. Les faux-bourdons sont autorisés ;\nspécialement, les deux strophes du Tantum ergo ne doivent pas présenter un caractère différent.\nChapitre V. Les chantres. l2. Les chants d'ensemble doivent être préférés aux soli.\n13. Du fait que les chantres font partie du chœur ecclésiastique et qu'ils remplissent réellement\ndans l'église une fonction liturgique, il suit que les femmes ne peuvent être admises à faire partie\ndu chœur ou de la chapelle musicale ; les parties de soprano et de contralto devront être chantées\npar des enfants. l4. Les chantres ne devront être choisis que parmi les fidèles honnêtes et pieux,\nqui, par leur tenue et leurs mérites, soient dignes de ce saint office.\nChapitre VI. L'argue et les instruments de musique. l5. L'orgue est autorisé ; les autres\ninstruments de musique le peuvent être, en des circonstances particulières, avec permission spé-\nciale de l'Ordinaire. l6. Les instruments ne doivent pas couvrir le chant, mais seulement l'ac-\ncompagner. l7. Les longs préludes et intermèdes sont interdits. lB. La musique d'orgue\ndoit être soumise aux règles édictées plus haut sur la musique sacrée. l9. L'usage du piano et\ndes instruments bruyants ou frivoles : tambour, grosse caisse, etc., est interdit dans l'église.\n20. Une rigoureuse interdiction est faite aux fanfares de jouer dans les églises, sauf dans un cas\nspécial, par consentement de l'Ordinaire, et après une sérieuse réglementation du choix des\ninstruments et des morceaux.— 21. Dans les processions, les fanfares peuvent être admises, avec\nla permission de l'Ordinaire, à condition qu'elles n'exécutent aucun morceau profane ; et le mieux\nserait alors qu'elles se bornent à accompagner les chants sacrés.\nChapitre VIL La longueur de la musique liturgique. 22. Que les morceaux ne se pro-\nlongent pas de telle sorte qu'ils fassent attendre le célébrant à l'autel. 23. Que la musique\ndemeure toujours l'humble servante de la liturgie.\nChapitre VIII. —Moyens principaux. 24. Les Evêques devront établir dans leur diocèse une\nCommission chargée de veiller sur la musique usitée dans les églises. 25. Les séminaristes\ndevront être encouragés à 1 étude du chant. 26. On devra leur faire connaître les principes et\nles lois du chant et de l'art sacré. 27. Dans la mesure du possible, les Scholœ cantorum seront\nrétablies. 2B. Les écoles supérieures ecclésiastiques de chant seront encouragées et dévelop-\npées.\nChapitre IX. Conclusion. Les autorités ecclésiastiques, évêques, chanoines, curés, supé-\nrieurs ecclésiastiques, clergé, chantres, maîtres de chapelle, sont instamment priés de favoriser\nles réformes indiquées ci-dessus.\nOn trouve, dans ce document, une affirmation très catégorique des vrais prin-\ncipes de la musique religieuse, trop souvent méconnus par le clergé (nous pour-\nrions citer tel curé de Paris qui déclare dépenser 40 000 fr. par an pour avoir\ndes messes avec orchestre), mais on y trouve aussi une application visible à\nn'excommunier aucune école de musique, sur quelques points importants et\nà laisser entr'ouverte une porte qu'on voudrait voir fermée ;aussi ne faut-il peut-\nêtre pas attendre grand changement de ces instructions, où, selon la coutume,\nles musiciens les plus opposés croiront trouver leur propre éloge.\n\nL OPÉRA POPULAIRE. Ala fin de ce mois, l'Opéra municipal de la Gaîté va\nterminer la première campagne au cours de laquelle il a monté Hérodiade, la\nFlamenca, la Juive, Messaline. On ne peut dire encore quel sera le bilan de cette\nsaison; on sait seulement que MM. Isola s'attendaient bien, pour la première\nannée, à voir leurs dépenses excéder sensiblement leurs recettes. Ont-ils aussi\nbien fait les choses pour le choix des œuvres représentées que pour le choix des\nartistes ? Un opéra municipal comme celui de la Gaîté doit-il avoir un tout autre\nrépertoire que celui de l'Académie de musique et peut-il même considérer comme\nsa fonction propre de jouer des œuvres de second ordre? Au contraire comme\nle proclamait dernièrement M. Bourgault-Ducoudray dans un de ses cours du"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "71", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.23", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE ET DE CONTREPOINT\n\nConservatoire faut-il montrer au peuple la même beauté et le même art qu'au\npublic riche r Est-ce d'ailleurs un public d'ouvriers qui peut faire vivre un théâtre\nnécessairement luxueux ? La subvention municipale est-elle assez élevée ? Enfin\nl'épreuve qui vient d'être faite est-elle décisive ? Peut-on considérer le théâtre\npopulaire comme définitivement fondé ? Ces questions nous semblent être tou-\njours pendantes.\n\nM. PFEIFFER. NOUS nous associons bien sincèrement aux félicitations que\nla presse vient d'adresser à notre collaborateur et ami M. Pfeiffer, récem-\nment nommé chevalier de la Légion d'honneur. Comme professeur, M. Pfeiffer\na fourni une longue carrière et formé de nombreux élèves ; il est aujourd'hui\nmembie de plusieurs jurys d examen au Conservatoire. Comme compositeur,\nil a écrit des pièces de genre dont quelques-unes, par leur tour élégant et leur\ncharme mélodique, ont eu un succès quasi populaire, en France et à l'étranger ;\nil a fait jouer à 1 Opéra-Comique le Légataire universel, œuvre distinguée qu'on\nsonge à reprendre bientôt. Comme confrère enfin, et comme homme privé,\nM. Pfeiffer n'a autour de lui que des sympathies qu'il doit à sa bonne grâce et à\nsa parfaite courtoisie.\nM. Luigini rentre à l'Opéra-Comique comme chef d'orchestre ; on ne dit pas\nencore quel est le départ que sa rentréeoccasionnera. S'il ne remplaçait personne,\nsa rentrée porterait à quatre le nombre des chefs d'orchestre actuellement employés\ndans le théâtie de M. Carré. Certaines gens, qui prétendent connaître le dessous\ndes choses, ont fait courir le bruit que M. Gailhard allait quitter l'Opéra ; que\nM. Cairé le lemplaceiait, et emmènerait avec lui AI. Luigini. Rien ne permet\nencore de considérer ce bruit comme fondé.\nNotre collaborateur M. Gustave Samazeuilh vint d être chargé de la cri-\ntique des concerts à la République française.\nOn lit dans les dernières Tablettes de la Schola que Al. Paul Dukas travaille\nen ce moment à un drame intitulé Ariane et Blaubart, dont le livret (r) est de\nMaeterlinck. Tous les lecteurs du grajid écrivain belge reconnaîtront aisément\n.A? lane et Bai be-Bleue dont Blaubart n est que le nom allemand. Alais voilà une\nsingulière manière d'annoncer une bonne nouvelle !\n\nExercices d'harmonie et de contrepoint : l'Appoggiature.\n\n(1)\nQu est-ce que Vappoggi attire ?\nComme 1 échappée et la broderie, l'appoggiature est une note secondaire ou\naccessoiie (selon la théorie classique) qui a pour but de faire valoir une note\n« importante )) faisant partie de l'harmonie, et qui la suit immédiatement :\n\n(i) Johannès Malhommé : Traité des artifices mélodiques (chez Leduc, p. 2).\nSur ce sujet des ornements mélodiques, on pourrait consulter les ouvrages suivants qui, à ma\nconnaissance, n'ont pas encore été traduits de l'allemand en français : Essai sur la vraie manière\nde jouer du piano, par Philippe-Em. Bach (Berlin, 1753) > Introduction à Vètude dupiano, etc...»\npar Fr. W. Marpurg (ire édit , 1755) ;la Méthode de piano, etc..., avec remarques critiques par\nG. Tiirk (Halle, 1783), etc..."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "72", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040115-01.1.24", "texte": "NOS CONCOURS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nDans cet exemple, les appoggiatures sont marquées d'une croix : elles rem-\nplacent momentanément et rejettent à leur suite les notes qui, a\\ec celles de\nl'accompagnement, formeraient un accord parfait. Ces appoggiatuies ont lac\ncentuation principale de la mesure, et c'est sur elles que semblent « s'appuyer »\n(en italien appoggiare) les notes de 1 harmonie.\nAvant d'entrer, avec M. Malhommé, dans le détail des diverses formes de cet\nornement mélodique et pour résumer tout ce que nous avons déjà dit, je piopo-\nserai aux jeunes élèves la question suivante :\nD'après la théorie classique dont nous avons donné un exposé en parlant des\nnotes de passage, broderies, etc..., quel est le nom de chacune des notes qui com-\nposent cette mélodie ?\n/ r\n[A suivre.)\n\nJ. C.\n\nNos concours.\nPour les divers concours dont nous avons donné le programme dans notre\nnuméro du ier novembre et dont le délai expire en février, nous avons reçu de\nnouvelles compositions portant les devises suivantes (à ajouter à la liste précé-\ndente): , 4\nDes bords de la Dure. Combattre et espérer. Les grandes pensées viennent\ndu cœur. —En avant ! Loyauté, c est ma devise. Des choses, non des mots.—\nEn mesure Poco a poco. Mon verre n est pas grand, mais je bois dans mon\nverre. Eharmonie est la grammaire de 1 art musical. Pas une note de trop.\nLa musique pour tous. Et moi aussi, je suis musicien. La critique est aisée,\net Vart est difficile. Toujours plus haut. —La musique est la langue du cœur.\nAd augusta per angusta. Beethoven. Gluck est une forêt; Mozart est une\nsource. Pro patria ! Malheur à qui est seul ! Pour Vhonneur."}]}