{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_sha256": "4f593418a2fe82d1b3cd8f1d0575de90cfe95c300a9cecd5e2bad4c216cf9152", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/02/01_01/bmtnabj_1904-02-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/02/01_01/bmtnabj_1904-02-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "73", "page_fin": "78", "image_debut": 1, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.1", "titre_corps": "M. GUSTAVE LYON", "titre_sommaire": "M. GUSTAVE LYON", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2630, "texte": "M. GUSTAVE LYON\n\n(( Je me suis toujours senti attiré par la mystérieuse union des mathématiques et de\nla musique ; par Vapplication de la science la plus abstraite et la plus logique ci celui\nde tous les arts qui est le plus immatériel, le plus vaporeux, le plus délicat, celui qui\nnous fait éprouver les sensations les plus incalculables et les plus indéfinissables. ))\nAinsi s'exprime le grand physicien Helmholtz dans la célèbre conférence qu'il\nfit à Bonn sur l'harmonie musicale.\nNous rendons aujourd'hui hommage à cette alliance des mathématiques et de\nla musique dans la personne de M. Gustave Lyon. Continuateur de Pleyel, Di-\nrecteur de cette illustre maison qui a rendu tant de services à l'art, non seule-\nment par les instruments qu elle a répandus dans les deux mondes, mais par sa\nsalle de concert où se sont fait entendre les meilleurs artistes de tous les pays et\ndont les archives particulières permettraient d'écrire l'histoire de la musique de\nchambre au xixe siècle, M. Lyon réalise bien ce mystérieux concours d'activités\nopposées dont parle Helmholtz. Ce fabricant de pianos, de harpes et de clavecins,\nest ancien élève de 1 Ecole polytechnique et de 1 Ecole des mines. Il me plaît in-\nfiniment de rappeler ces titres. L'alliance de la haute culture scientifique et de\nl'habileté pratique est une synthèse trop belle en soi, et trop rare chez les mu-\nsiciens, pour qu'on ne la salue pas, à l'occasion, avec un soin particulier ; elle\ncrée une aristocratie spéciale de l'intelligence et du travail qui, placée sur la fron-\ntière du beau et de 1 utile, sait étendre son influence sur ces deux domaines à la\nfois, et mérite cl'y être également honorée.\nM. Lyon a prouvé maintes fois les services que la science pouvait rendre à\nl'art ; et si nous étions encore aux temps lointains où, pour obtenir le titre de\n(( maître », il fallait faire un (( chef-d'œuvre », nul ne pourrait justifier mieux que\nlui les honneurs qu'il a obtenus. En 1889 (pour l'Exposition), il reconstitue le\ncharmant et grêle clavecin d'autrefois ; en 1896, par une combinaison aussi in-\ngénieuse que simple, il crée le piano double, permettant à deux exécu-\ntants de jouer avec un accord immuable ; en 1900, étudiant les timbales usitées\ndans nos orchestres, il imagine un moyen de raccourcir ou d'allonger à volonté\nle diamètre de la circonférence frappée par les baguettes, et il crée ainsi les tim-\nbales chromatiques. Dans le même-ordre de faits-et de tendances (auquel on peut\nrattacher son œuvre principale, la harpe, réalisée en 1897), il prépare aujour-\nd'hui, sur la demande du compositeur Puccini, un instrument destiné à rempla-"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.3", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 4061, "texte": "cer les lourdes cloches parfois employées à l'Opéra : sur des lamelles de métal,\nfrappées comme une peau de tambour, et relativement très légères, il va obtenir,\ngrâce à certaines tensions, des sons aussi pleins, aussi profonds que ceux des sa-\nvoyardes les plus graves; mais il les varie sans limites, comme ceux d'un tympa-\nnum. J'ajouterai qu'il y a quelques mois, il était installé dans la salle du Troca-\ndéro avec des instruments de physique, pour faire des expériences très utiles\nqu'a couronnées un plein succès : avec la collaboration de l'éminent architecte\nM. Bourdais, il était arrivé à déterminer les points précis de la salle où se pro-\nduisait un écho, et il a indiqué scientifiquement les moyens de guérir ce mal si\nredouté des artistes et des auditeurs.\nJe ne suivrai point une à une, pour les étudier en détail, toutes les étapes de\nla brillante carrière de M. Lyon (1). Je me bornerai à rappeler quelques faits au\nsujet de la harpe chromatique dont il est l'inventeur et qui n'a pas conquis sans\npeine son droit de cité parmi nous. Je me croirais indigne de tenir une plume et\nde parler musique si, connaissant une injustice musicale, je ne la signalais pas\navec une entière liberté.\nAu cours de l'année 1902, M. Lyon fît une demande officielle pour que la harpe\nchromatique, déjà adoptée par plusieurs conservatoires de la province et de\nl'étranger (2), fût admise au Conservatoire de Paris. Le ministre de l'lnstruction\npublique a plein pouvoir pour ordonner, de sa propre autorité, une création de\nce genre ; mais une tradition de courtoisie veut qu'il consulte d'abord le Conseil\ncTenseignement pour les études musicales placé à la tête du Conservatoire par le\ndécret du 11 septembre 1878. Ce Conseil est composé du Directeur des Beaux-\nArts, du Directeur du Conservatoire, des membres de la Section de musique de\nl'lnstitut, des professeurs de composition de l'Ecole, du chef du secrétariat, et du\nchef du bureau des théâtres. Ces conseillers, d'après le texte du décret, (( peu-\nvent être appelés à donner, séparément ou réunis en Conseil supérieur, leur avis\nsur les questions et les mesures d'intérêt général, relatives à l'enseignement du\nConservatoire )). Les circonstances voulurent qu'à ce moment je fusse appelé\nmoi-même à me faire une opinion dans la question. J'avais entendu la harpe\nchromatique dans un salon, et elle m'avait plu par ses qualités propres autant\nque par sa nouveauté ; cependant, me méfiant de cette première impression, frappé\nde voir deux musiciens illustres s'opposer au projet, et résolu à m'éclairer aussi\ncomplètement que possible, je n'hésitai pas à faire un voyage de quelques heures\nau delà de la frontière pour recueillir le témoignage d'un juge impartial, univer-\nsellement reconnu comme la première autorité de notre temps en matière de\nscience musicale : M. Gevaert, Directeur du Conservatoire de Bruxelles.\n\n(1) Né à Paris, le 19 novembre 1857, M. Lyon est le fils de Mme Edouard Lyon, professeur de\npiano, et d'E. Lyon, baryton, qui fit partie de l'Opéra. Sa grand'mère, Mme Coche, était profes-\nseur au Conservatoire de Paris; il est enfin le neveu de Mme Ambroise Thomas. De tous les côtés,\non le voit, les traditions et les hérédités musicales sont nombreuses. Après de brillantes études\naux lycées Louis-le-Grand et Saint-Louis, M. Lyon entre à l'Ecole polytechnique en 1877 î en\n1879, il entre à 1 Ecole de Fontainebleau avec le n\" 2 et en sort, peu de temps après, pour entrer\nà l'Ecole des mines ; en 1882, il sort de cette dernière Ecole avec le diplôme d'lngénieur civil des\nmines ; en 1887, il devient Directeur-chef delà maison Pleyel. Président des comités d'admission\net d'installation ainsi que du jury international des récompenses (classe 17) de l'Exposition uni-\nverselle de 1900, il est aujourd'hui Président de la Chambre syndicale des facteurs d'instruments\nde musique et Officier de la Légion d'honneur.\n(2) Conservatoires, succursales ou écoles de Lille, de Nîmes, de Saint-Étienne, de Bruxelles,\nd Amsterdam, de Milan, de Florence, de Bologne, de Venise."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.4", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1891, "texte": "Je revois encore, clans son cabinet de travail, le noble vieillard dont la figure\nénergique,encadréede longs cheveux,exprime une si haute personnalitéde savant.\n(( Que pensez-vous, lui dis-je, de la harpe chromatique ? ))\nSouriant d'étonnement à cette questioncomme si elle lui paraissait un peu\noiseuse, M. Gevaert me répondit exactement :\n(( Je pense d elle la même chose que du cor ou de la trompette chromatiques.\nC est un instrument qui était limité autrefois à un certain nombre de sons ; il\ns'est transformé pour se mettre en harmonie avec les exigences de la musique\nmoderne et acquérir plus de richesse. Le progrès est si réel, si évident, que je\nn ai pas hésité à créer une classe de harpe chromatique au Conservatoire de\nBruxelles...\n(( Voici un passage très connu de la Walkiïre qu'on ne peut exécuter avec les\nharpes à pédales qu'en divisant le travail des exécutants :\n« Dans un tel passage, diviser le travail, c est rompre l'unité d'exécution. »\nA partir de ce moment, ma conviction fut arrêtée. A Paris, d'ailleurs, les\ncompositeurs les plus qualifiés envoyaient publiquement leurs sympathies les\nplus chaleureuses à M. Lyon : c'étaient M. Massenet, M. Alfred Bruneau,\nM. Gustave Charpentier, M. Cortot, M. Erlanger, M. Alexandre Georges',\nM. Charles Lefebvre, M. Xavier Leroux, M. Henri Rabaud, M. Luiginf\nM. Raynaldo Ilahn, au témoignage desquels s'ajoutaient ceux d'un Hans\nRichter, d un Félix Mottl... Tous reconnaissaient l'utilité pratique du nouvel\ninstrument, qui est la suivante : dans les harpes à pédales, l'exécutant qui veut\npioduiie des demi-tons est obligé de modifier la longueur de certaines cordes\npar des mouvements du pied qui, forcément, sont limités ; dans la harpe chroma-\ntique, rien de semblable: les cordes iqui sont au nombre de 78, au lieu de 47)\nsont disposées sur deux plans qui se croisent ; dans l'un, sont les cordes corres-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.5", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2425, "texte": "pondant aux touches blanches du piano ; dans l'autre, sont les cordes noires\ngroupées par deux et trois, et correspondant aux notes diésées et bémolisées.\nA première vue, un pianiste de moyenne force se familiarise avec cette ingénieuse\ndisposition. J'ai déjà cité un fragment de Wagner inexécutable sur la harpe à\npédales ; en voici un d'Ambroise Thomas (Hamlet, acte IV) qui est dans le\nmême cas :\nM. Th. Dubois, qui, en matière administrative, est l'honneur et la correction\npersonnifiés, semblait vouloir s'en rapporter à l avis qu'émettrait le Conseil\nd'enseignement. Mais, dans ce Conseil, la majorité était certaine. Le procès-\nverbal de la séance en fait foi. Aujourd'hui que les difficultés sont aplanies et\nque la force des choses a fait droit à une cause juste, je veux reproduire, comme\ncuriosité digne de quelques réflexions, les trois objections que j'ai entendues de\nmes propres oreilles, formulées par deux musiciens, d'ailleurs très estimables.\nIls disaient :\ni° Il y aurait des inconvénients à introduire M. Lyon au Conservatoire, car\ncela pourrait gêner un de ses confrères qui est fournisseur de la maison ;\n2° La harpe chromatique est beaucoup plus facile à jouer que la harpe à pédales,\net, pour cette raison, elle pourrait nuire à celle-ci ;\n3° Au fond de cette affaire, il y a un intérêt commercial : M. Lyon a construit\ndes harpes, il veut les écouler.\nje ne sais lequel de ces arguments est le plus énorme. J'affirme qu ils ont pesé\nsur la minorité cbun (( Conseil supérieur )) et empêché l'opinion de la majorité\nde donner ses pleins effets. Je demande au lecteur sans parti pris d'y penser un\ninstant. Nous sommes en 1902 : et l'obstacle qui se dresse sur la route d'un\ninventeur voulant faire marcher son œuvre, c'est plus d un siècle après la\nRévolution, et comme au temps de Lulli le privilège ! Encore, au xvue siècle,\nle privilège était-il fondé sur des lettres patentes; ici, quel est le texte officiel,\nquel est le Louis XIV dont on pouvait invoquer la signature pour justifier\nl'opposition faite à un progrès qui se présentait sous la forme d une concurrence\nloyale? Nous sommes une démocratie : et ce qu'on reprochait à un instrument\nnouveau, c'est d'être accessible à tous ! Quant au troisième argument, il\ndépassait, en vérité, les limites de l'injustice banale et courante. Comment ! voilà\nun industriel qui a des dépenses énormes à soutenir, puisqu'il fait travailler"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.6", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1755, "texte": "six cents ouvriers, auxquels il distribue un million de salaires par an (i) ; à\nl'État, il paye un formidable impôt annuel de 35.000 francs; pour construire ses\ninstruments, il lui faut des matières coûteuses, des chantiers de bois à sécher,\nsur lesquels s'immobilise un gros capital ; et, quand cet industriel, mettant à\nprofit les plus solides études, a construit une harpe qui lui a encore coûté de fortes\nsommes, on trouve mauvais qu il ne la mette pas sous une vitrine pour en faire\nune pièce de musée ? On lui jette au visage le reproche d'une ambition inté-\nressée ? Pourquoi donc un musicien qui vient d'écrire un opéra a-t-il la ridicule\npensée de le vendre à un éditeur? Pourquoi le romancier, le peintre, tous les\nartistes, ne brûlent-ils pas leurs ouvrages dès qu'ils les ont terminés ?\nMais tout ceci est, heureusement, de l'histoire ancienne, et je m'excuse de\nm'être attardé un instant à ces souvenirs. Quand deux formes d'art, précieuses à\ndes titres divers, sont en présence, faisons-nous un esprit assez libre et assez\nlarge pour les aimer toutes les deux à la fois ; efforçons-nous de créer autour\nd'elles une atmosphère de liberté. Gardons-nous de déprimer ceci pour exalter\ncela, et sachons rendre honneur au mérite partout oû on le rencontre.\n\nJULES COMBARIEU.\n\n(1) Le piano construit par la maison Pleyel, au moment où j'écris ces lignes, porte le n° 131,600.\nLa production est d'environ 3000 pianos par an. La maison assure à tous ceux de ses ouvriers qui\nont 30 3ns de services et 60 ans d âge une pension annuelle de 365 fr. sans qu'aucune somme\nait été versée par eux auparavant. Une Société de secours mutuels, dont elle entretient en très\ngrande partie la caisse, assure à tous les malades des soins gratuits."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "73", "page_fin": "73", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.1.1", "titre_corps": "M. Gustave LYON", "titre_sommaire": "M. 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De ces\ntrois genres, le Pape préconise surtout le premier, en recommandant qu'il soit\nconforme à la tradition ; et ainsi paraît tranché définitivement (1) le conflit qui\nexistait jusqu'ici entre l'édition de Solesmes, établie d'après les manuscrits, con-\nforme aux sources,— et une édition allemande où le plain-chant est simplifié.\nPie X veut aussi que la musique palestrinienne ait une place dans la liturgie\n(sans doute, aux grandes solennités). Quant à la musique où l'orchestre s'allie\naux voix, le Souverain Pontife de l'Eglise Vadmet aussi (en se bornant à proscrire\nla musique ayant un caractère théâtral).\nCette dernière déclaration fait honneur au libéralisme artistique du Pape.\nNombreux sont les puristes qui, depuis le Concile deTrente (1545-1563), auraient\nvoulu bannir de l'Église toute composition pour orchestre, ou îestreindre tc-ut\nau moins les compositions admises à un très petit nombre. (( Tout ce qui, après\nBach, a été écrit de musique d église, porte l'empreinte de l'esprit moderne )),\ndit M. Riemann. Le P. Martini a soutenu qu'il n'y avait aucune différence entre\nle style du Stabat de Pergolèse et celui de la Serva padrona du même auteur.\n(( Quoi qu'on fasse, dit Fétis, on ne donnera jamais un caractère vraiment reli-\ngieux à la musique, sans la tonalité austère et 1 harmonie consonante (sic) du\nplain-chant. )) On pourrait multiplier ces témoignages.\nAux intransigeants qui se montrent volontiers plus catholiques que le Pape,\nPie X ferme la bouche d'un seul mot : il ne veut pas de ce qui est mondain et\nthéâtral, mais il admet la musique moderne (orchestre et chant) ; et il ne faut\npas s'en étonner. A Saint-Marc de Venise, il a dù songer plus d'une fois que si\nl'Église admet les plus brillantes richesses de la sculpture et de la peinture pour\nrehausser son culte, elle ne peut pas, logiquement, proscrire la musique (au\nsens moderne du mot).\nMais comment distinguer la musique instrumentale et vocale, qui est mon-\ndaine ou « théâtrale )), de celle qui est religieuse ? Le Pape ne donne pas, et ne\npouvait pas donner de critérium précis. Certaines personnes, qui n'ont d'ailleurs\n\n(î) Nous rappelons ces faits pour répondre à diverses lettres qui nous sont adressées par nos\nlecteurs, désireux de connaître l'état de la question."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3173, "texte": "aucune qualité pour parler au nom des fidèles, en profitent poui bafouei et\ninsulter, au nom du Pape ! des compositeurs contemporains. Il est fâcheux\nque des animosités personnelles cherchent à se prolonger, sous une nouvelle\nforme, dans le domaine religieux.\nAu sujet des Scliolce Cantorum que le Pape voudrait voir organiser, un prélat\nitalien, bien connu (même à Paris) pour sa grande compétence musicale, veut\nbien nous écrire une lettre très documentée que nous ne sommes pas autorisés\nh publier, mais dont j'extrais les passages suivants : (( Les Scliolce Cantorum sont\ndes classes où on forme des chanteurs pour l'église. Pie IX en fonda une à San\nSalvatore in Lauro ; les enfants y étaient instruits par les Frères des Ecoles\nchrétiennes : son but était de remplacer les maîtrises des basiliques patriarcales.\nIl y a une autre Schola à VAnima (église avec un collège) ; elle est dirigée par le\nmaestro Muller, et a pour objet le service de l'église allemande. C'est peut-être\nla seule qui ait un vrai programme de musique sacrée. Il y a aussi quelques\nScliolce dans la haute Italie, surtout dans les provinces vénitiennes : ie citerai\ncelles de Venise, de Padoue, et celles qui sont dirigées, en Piémont, par les\nSalésiens. En général, elles manquent d'organisation régulière. Souvent, les\nétudes de chant sont faites dans des écoles laïques relevant des municipes plutôt\nque des évêques. Le Souverain Pontife voudrait que dans chaque séminaire il y\neût une Schola régulièrement consacrée au service de l'église : tel est certaine-\nment le sens de ses paroles. ))\nIl nous a paru intéressant de demander aux quelques organistes ou maîtres de\nchapelle que nous avons eu la bonne fortune de rencontrer si la circulaire\nrécente devait avoir des conséquences immédiates dans certains diocèses.\nS'il est permis de tirer déduction des réponses qui ont été faites en général, il\nest à prévoir que les modifications seront nulles ou à peu près, du moins pour ce\nqui concerne la France.\nVoici ce que nous dit M. Dodemont (Saint-Louis-en-l'Ile) : « Les instructions\nencycliques du Pape, bien que s'étendant à toute l'Eglise catholique, visent tout\nparticulièrement Rome, où, depuis longtemps, l'on abusait des adaptations pro-\nfanes empiuntées au théâtre : elles devront à l'avenir être exclues de l'office.\n(( Le Pape et les évêques ne demandent qu'à encourager les compositions mo-\ncondition que leurs œuvres aient été spécialement écrites pour les offices\nliturgiques.\n(( Il est probable que, pour le moment, on s'en tiendra au chant grégorien et à\nla composition de maîtres tels que Th. Dubois, Samuel Rousseau, Widor, etc.\n(( Pour mon compte personnel, j'approuve complètement une décision que\n.l'on n'aurait jamais dû avoir besoin de prendre. ))\nM. Stoltz (Saint-Germain-des-Prés) :«Je ne crois pas àun effet immédiat à\nParis; cependant il est probable que l'on entendra bien rarement les violons et\nles voix d'opéra dans d'autres circonstances que les mariages ou les enterre-\nments.\n(( L'orgue est un instrument méconnu, surtout dans les églises ; certains jours\nde fête, c'est à peine s'il couvre le bruit des chaises au commencement et àla fin"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.9", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "de l'office; or il arrive que la solennité ne nous fait jouer qu'à l'entrée et àla sortie\ndes fidèles.\n« Bien des mariés exigent tel ou tel air d'opéra, au lieu de s'en rapporter à\nl'exécutant, ce qui fait que certains organistes préfèrent, le cas échéant, se faire\nremplacer. ))\nM. Béduin (Notre-Dame de Lorette) :(( 11 n'est pas impossible que quelques\nmodifications soient apportées en France, bien que seule l'ltalie ait été visée.\nNous n'avons reçu aucun avis direct, mais, comme les communications doivent\nêtre faites par voie hiérarchique, il se pourrait que leur retard soit justifié ;\nnous ne savons que ce que les journaux nous ont appris. Cependant les décisions\nnouvelles, en créant un mouvement indiscutable autour de la musique sacrée,\npourraient bien mettre en valeur de jeunes talents, sans éclipser toutefois la\ngloire de Gounod ni la valeur de Rousseau et de Dubois. ))\nM. l'abbé Chérion (la Madeleine) : (( Ah ! que la voilà bien, l'exagération fran-\nçaise. N'ayant reçu aucun ordre du cardinal, jene crois pas àla réforme, tout au\nmoins pour ce que l'on croit ; et s'il s'en produisait une, elle serait générale et ce\nserait une affaire énorme et très laborieuse, s'étendant jusqu'au plain-chant, ce\nqui serait loin de me contrarier ; les Bénédictins ont fait des erreurs, mais ils\nont été les premiers à les reconnaître par la suite.\n(( Jeprofite de notre entrevue pour vous dire que, malgré quelques contestations,\nje suis le premier représentant de la musique palestinienne en France et que c'est\nmoi qui, en 1876, lui ai rendu le jour à Moulins. ))\nEn nous reconduisant, M. l'abbé Chérion conte l'histoire d'un violoniste com-\nmandé pour un mariage à la Madeleine et voulant à toute force jouer la Médi-\ntation de Thaïs. Le curé lui-même dut intervenir, se fâcher et supprimer le\nviolon.\nM. Samuel Rousseau (Sainte-Clotilde). Le jeune maître est tout à fait catégo-\nrique ; à la première question il répond nettement : « Aucune modification ne\nsera apportée, et cela pour maintes raisons ; d'ailleurs, la France n'a pas été\nvisée, le moment eût été bien mal choisi. En Italie, où l'on exécute journellement\nde véritables horreurs, c'est tout différent.\n(( La circulaire est un appel au bon goût, et non un ordre.\n(( Et puis, pourquoi admettrait-on de mauvaises choses dues à l'improvisation,\nalors que l'on peut en avoir d'autres écrites, qui, bien que sans être parfaites,\nsont certainement bien supérieures ? ))\n\nRENAUDOT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "79", "page_fin": "81", "image_debut": 7, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.2.1", "titre_corps": "Il y a trois genres principauxde musique sacrée (c'est-à-dire composée sur des", "titre_sommaire": "Il y a trois genres principauxde musique sacrée (c'est-à-dire composée sur des", "signature_source": "RENAUDOT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.7", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 2781, "texte": "Il y a trois genres principauxde musique sacrée (c'est-à-dire composée sur des\ntextes liturgiques et destinée à être exécutée à l'église) : i° le plain-chant, aussi\nappelé chant grégorien, le pape saint Grégoire en étant considéré comme l'or-\nganisateur ; 2° la musique vocale, mesurée et à plusieurs parties, dont Pales-\ntrina a donné les plus beaux modèles ; 30 la musique vocale et instrumentale,\nreprésentée par Bach, Beethoven, Mozart, Cherubini, Rossini, etc... De ces\ntrois genres, le Pape préconise surtout le premier, en recommandant qu'il soit\nconforme à la tradition ; et ainsi paraît tranché définitivement (1) le conflit qui\nexistait jusqu'ici entre l'édition de Solesmes, établie d'après les manuscrits, con-\nforme aux sources,— et une édition allemande où le plain-chant est simplifié.\nPie X veut aussi que la musique palestrinienne ait une place dans la liturgie\n(sans doute, aux grandes solennités). Quant à la musique où l'orchestre s'allie\naux voix, le Souverain Pontife de l'Eglise Vadmet aussi (en se bornant à proscrire\nla musique ayant un caractère théâtral).\nCette dernière déclaration fait honneur au libéralisme artistique du Pape.\nNombreux sont les puristes qui, depuis le Concile deTrente (1545-1563), auraient\nvoulu bannir de l'Église toute composition pour orchestre, ou îestreindre tc-ut\nau moins les compositions admises à un très petit nombre. (( Tout ce qui, après\nBach, a été écrit de musique d église, porte l'empreinte de l'esprit moderne )),\ndit M. Riemann. Le P. Martini a soutenu qu'il n'y avait aucune différence entre\nle style du Stabat de Pergolèse et celui de la Serva padrona du même auteur.\n(( Quoi qu'on fasse, dit Fétis, on ne donnera jamais un caractère vraiment reli-\ngieux à la musique, sans la tonalité austère et 1 harmonie consonante (sic) du\nplain-chant. )) On pourrait multiplier ces témoignages.\nAux intransigeants qui se montrent volontiers plus catholiques que le Pape,\nPie X ferme la bouche d'un seul mot : il ne veut pas de ce qui est mondain et\nthéâtral, mais il admet la musique moderne (orchestre et chant) ; et il ne faut\npas s'en étonner. A Saint-Marc de Venise, il a dù songer plus d'une fois que si\nl'Église admet les plus brillantes richesses de la sculpture et de la peinture pour\nrehausser son culte, elle ne peut pas, logiquement, proscrire la musique (au\nsens moderne du mot).\nMais comment distinguer la musique instrumentale et vocale, qui est mon-\ndaine ou « théâtrale )), de celle qui est religieuse ? Le Pape ne donne pas, et ne\npouvait pas donner de critérium précis. Certaines personnes, qui n'ont d'ailleurs\n\n(î) Nous rappelons ces faits pour répondre à diverses lettres qui nous sont adressées par nos\nlecteurs, désireux de connaître l'état de la question."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.8", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 3173, "texte": "aucune qualité pour parler au nom des fidèles, en profitent poui bafouei et\ninsulter, au nom du Pape ! des compositeurs contemporains. Il est fâcheux\nque des animosités personnelles cherchent à se prolonger, sous une nouvelle\nforme, dans le domaine religieux.\nAu sujet des Scliolce Cantorum que le Pape voudrait voir organiser, un prélat\nitalien, bien connu (même à Paris) pour sa grande compétence musicale, veut\nbien nous écrire une lettre très documentée que nous ne sommes pas autorisés\nh publier, mais dont j'extrais les passages suivants : (( Les Scliolce Cantorum sont\ndes classes où on forme des chanteurs pour l'église. Pie IX en fonda une à San\nSalvatore in Lauro ; les enfants y étaient instruits par les Frères des Ecoles\nchrétiennes : son but était de remplacer les maîtrises des basiliques patriarcales.\nIl y a une autre Schola à VAnima (église avec un collège) ; elle est dirigée par le\nmaestro Muller, et a pour objet le service de l'église allemande. C'est peut-être\nla seule qui ait un vrai programme de musique sacrée. Il y a aussi quelques\nScliolce dans la haute Italie, surtout dans les provinces vénitiennes : ie citerai\ncelles de Venise, de Padoue, et celles qui sont dirigées, en Piémont, par les\nSalésiens. En général, elles manquent d'organisation régulière. Souvent, les\nétudes de chant sont faites dans des écoles laïques relevant des municipes plutôt\nque des évêques. Le Souverain Pontife voudrait que dans chaque séminaire il y\neût une Schola régulièrement consacrée au service de l'église : tel est certaine-\nment le sens de ses paroles. ))\nIl nous a paru intéressant de demander aux quelques organistes ou maîtres de\nchapelle que nous avons eu la bonne fortune de rencontrer si la circulaire\nrécente devait avoir des conséquences immédiates dans certains diocèses.\nS'il est permis de tirer déduction des réponses qui ont été faites en général, il\nest à prévoir que les modifications seront nulles ou à peu près, du moins pour ce\nqui concerne la France.\nVoici ce que nous dit M. Dodemont (Saint-Louis-en-l'Ile) : « Les instructions\nencycliques du Pape, bien que s'étendant à toute l'Eglise catholique, visent tout\nparticulièrement Rome, où, depuis longtemps, l'on abusait des adaptations pro-\nfanes empiuntées au théâtre : elles devront à l'avenir être exclues de l'office.\n(( Le Pape et les évêques ne demandent qu'à encourager les compositions mo-\ncondition que leurs œuvres aient été spécialement écrites pour les offices\nliturgiques.\n(( Il est probable que, pour le moment, on s'en tiendra au chant grégorien et à\nla composition de maîtres tels que Th. Dubois, Samuel Rousseau, Widor, etc.\n(( Pour mon compte personnel, j'approuve complètement une décision que\n.l'on n'aurait jamais dû avoir besoin de prendre. ))\nM. Stoltz (Saint-Germain-des-Prés) :«Je ne crois pas àun effet immédiat à\nParis; cependant il est probable que l'on entendra bien rarement les violons et\nles voix d'opéra dans d'autres circonstances que les mariages ou les enterre-\nments.\n(( L'orgue est un instrument méconnu, surtout dans les églises ; certains jours\nde fête, c'est à peine s'il couvre le bruit des chaises au commencement et àla fin"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.9", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "de l'office; or il arrive que la solennité ne nous fait jouer qu'à l'entrée et àla sortie\ndes fidèles.\n« Bien des mariés exigent tel ou tel air d'opéra, au lieu de s'en rapporter à\nl'exécutant, ce qui fait que certains organistes préfèrent, le cas échéant, se faire\nremplacer. ))\nM. Béduin (Notre-Dame de Lorette) :(( 11 n'est pas impossible que quelques\nmodifications soient apportées en France, bien que seule l'ltalie ait été visée.\nNous n'avons reçu aucun avis direct, mais, comme les communications doivent\nêtre faites par voie hiérarchique, il se pourrait que leur retard soit justifié ;\nnous ne savons que ce que les journaux nous ont appris. Cependant les décisions\nnouvelles, en créant un mouvement indiscutable autour de la musique sacrée,\npourraient bien mettre en valeur de jeunes talents, sans éclipser toutefois la\ngloire de Gounod ni la valeur de Rousseau et de Dubois. ))\nM. l'abbé Chérion (la Madeleine) : (( Ah ! que la voilà bien, l'exagération fran-\nçaise. N'ayant reçu aucun ordre du cardinal, jene crois pas àla réforme, tout au\nmoins pour ce que l'on croit ; et s'il s'en produisait une, elle serait générale et ce\nserait une affaire énorme et très laborieuse, s'étendant jusqu'au plain-chant, ce\nqui serait loin de me contrarier ; les Bénédictins ont fait des erreurs, mais ils\nont été les premiers à les reconnaître par la suite.\n(( Jeprofite de notre entrevue pour vous dire que, malgré quelques contestations,\nje suis le premier représentant de la musique palestinienne en France et que c'est\nmoi qui, en 1876, lui ai rendu le jour à Moulins. ))\nEn nous reconduisant, M. l'abbé Chérion conte l'histoire d'un violoniste com-\nmandé pour un mariage à la Madeleine et voulant à toute force jouer la Médi-\ntation de Thaïs. Le curé lui-même dut intervenir, se fâcher et supprimer le\nviolon.\nM. Samuel Rousseau (Sainte-Clotilde). Le jeune maître est tout à fait catégo-\nrique ; à la première question il répond nettement : « Aucune modification ne\nsera apportée, et cela pour maintes raisons ; d'ailleurs, la France n'a pas été\nvisée, le moment eût été bien mal choisi. 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Pour certains, la musique n'existe, en\ntant qu œuvre d'art, que lorsqu'elle reflète des pensées graves, qu'elle exprime\ndes sentiments héroïques. On la juge apte à chanter l'amour, on comprend qu'elle\npuisse décrire l'effroi, la douleur, la tristesse ou la résignation. Lorsqu'elle\ntente, par un rythme imprévu, par un dessin mélodique humoristique, de dérider\nl'auditeur, de provoquer en lui une impression de gaieté et de joie, celui-ci se ren-\nfrogne et proteste. L'intention comique du compositeur, presque toujours incom-\nprise, amène l'une ou l'autre de ces deux alternatives :\nSi le musicien n'est pas classé parmi les maîtres, on juge son œuvre frivole,\nvoire impertinente,— dans tous les cas indigne d'être prise au sérieux par une\nassistance réunie au concert ou au théâtre pour entendre « de la musique )),\nce bruit coûteux. C'est ainsi que j'ai entendu traiter de « farce )) l'une des œuvres\nsymphoniques les plus sérieusement écrites, les plus musicales, au sens élevé du\nterme, de l'Ecole moderne, /'Apprenti sorcier de Paul Dukas (i). Pourquoi ?\nParce que ce jeune musicien, l'un des mieux doués et des plus instruits de sa\ngénération, s'est permis d'écrire un chef-d'œuvre d'esprit, de gaieté et d'ironie.\nSi, d'autre part, l'auteur est de ceux qu'on est généralement convenu d'admi-\nrer, les plaisanteries dont il parsème ses œuvres sont accueillies gravement, avec\nle respect qu'inspirent à un croyant les paroles sacrées tombées de la chaire de\nvérité. Oui chacun aura pu en faire maintes fois l'observation comme moi-\nmême on ne rit pas plus à une représentation des Maîtres chanteurs qu àun\nsermon de charité! Et pourtant est-il rien de plus comique dans l'acception\nexacte du mot que cette merveilleuse comédie musicale, exemple le plus\ntypique de l'union géniale de l'Art et de la Raillerie ?\nCertes le public daigne se divertir aux mésaventures de Beckmesser, rossé\npar David pour avoir fait résonner sous les fenêtres de Magdeleine son luth dis-\ncord et sa voix de fausset. Certes, il saisit la bouffonnerie énorme des couplets\npar lesquels le fielleux greffier tente, au dernier acte, de disputer au jeune cheva-\nlier de le rameau d'or qui va assurer à celui-ci la main d'Eva dont il\na déjà conquis le cœur. Mais ce n'est pas uniquement dans ces épisodes facétieux\nque îésicle 1 espiit comique qui fait des Maîtres chanteurs le chef-d'œuvre de\n1 humour musical. La raillerie éclate, avec une verve déconcertante, à travers\ntoute la pai tition, tantôt cinglante et vengeresse comme dans l'apostrophe de\nW altei à ses juges, tantôt douce, cl une bonhomie enjouée. Rappelez-vous la\npompe ostentatoiie du thème initial de 1 ouverture, où perce la vanité satisfaite\ndes Maîtres dans leui s costumes et leurs attitudes d apparat \\ songez aux mali-\ncieux î écits de David énumérant au concurrent inquiet les règles absurdes et\ntonifiantes de la Tabulature ; souvenez-vous de la solennité emphatique avec\nlaquelle Kothner prélude à 1 épreuve préparatoire... Mais tout serait à citer !\nL impression comique jaillit de la musique elle-même, de la construction des\nphiases mélodiques, du style fleuri des cadences, d un rythme imprévu, d'une\nharmonie inattendue et baroque, parfois delà drôlerie de certaines sonorités,\n\n( i) \\ oir, aux comptes îendus des concerts de ce numéro, l'analyse de cette œuvre, récemment\nexecutee par l'orchestre Chevillard-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.11", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "ou encore de révocation, par un rappel de thèmes déformés à dessein, d'une\nscène précédente : tel le burlesque et charmant tableau, tout en pantomime, de\nBeckmesser pénétrant, au lendemain de la bastonnade, meurtri, vexé et tou-\njours cauteleux, dans l'atelier de Sachs...\nPar le seul prestige de ses inflexions, de ses accents, de ses modes, de ses tim-\nbres, la musique amène sur les lèvres le rire, de même qu'elle peut inspirer la\nbravoure, provoquer la tristesse, exciter la volupté. C'est une langue génératrice\nd'idées, de passions, de sentiments d'une infinie variété. (( La musique, a dit La-\nmartine, est la littérature des sens et du cœur. »\nCe n'est donc pas faire déchoir cet admirable instrument que de l'utiliser en\nvue de récréer les foules. Je n'entends point parler ici des manifestations gros-\nsières par lesquelles les fabricants patentés d'opérettes, d'opéras-bouffes et de\nchansonnettes ont, depuis une date relativement récente, accordé la trivialité de\nleur conception musicale avec les plus bas instincts de leurs contemporains. Rien\nn'est, en général, moins gai qu'une opérette, et la chanson de café-concert est\nhabituellement bête à pleurer. Ne confondons point l'enluminure banale, l'ima-\ngerie d'Epinal, avec le spirituel crayon d'un artiste.\nLes Maîtres d'autrefois parmi les plus illustres nous ont légué maint\nexemple de ce que peut exprimer de bonne humeur et d'enjouement la langue des\nsons, tout en gardant la noblesse de son caractère Et si la tension de notre vie\ncontemporaine fait de l'humour musical une fleur plus rare, on en peut néanmoins\ncueillir d'intéressants spécimens dans les parterres lyriques et symphoniques\nd'aujourd'hui.\nIci une distinction s'impose. Le sens humoristique d'une œuvre est parfois pré-\ncisé par le texte auquel la musique sert de commentaire. Mais lorsque celle-ci est\nréduite à ses ressources personnelles, c'est le cas pour la Suite instrumentale,\nla Sonate, la Symphonie, le badinage s'exprime souvent avec une clarté non\nmoins évidente.\nParfois, c'est le rire qui fuse et éclate en sonorités bruyantes ; d'autres fois,\nun simple sourire éclaire la composition d'un fugitif rayon de joie.\nL'art des maîtres de la polyphonie vocale abonde en exemples d'ironie musi-\ncale. La période italo-allemande du motet fournit le plus caractéristique d'entre\neux en ce Dialogue du Pharisien et du Publicain dans lequel l'austère Heinrich\nSchutz railla si plaisamment l'orgueil naïf du premier des deux interlocuteurs.\nLe rire s'insinua dans la musique sacrée ainsi que, dans les cathédrales, il avait\npénétré sous la forme des figures satiriques dont la fantaisie des tailleurs\nd'images se plut à orner quelque clé de voûte, le tympan des portails ou la con-\nsole des bénitiers.\nDans la musique profane, il apparaît à l'époque du madrigal dramatique, pré-\ncurseur de l'opéra. Les chansons pittoresques de Clément Janequin, l'auteur du\nChant des oiseaux, aux onomatopées expressives, et de la célèbre Bataille de Ma-\nrignan, anthologie de refrains militaires duxvie siècle, offrent de curieux exemples\nd'une imagination facétieuse dont, en Italie, Orazio Vecchi, qui semble avoir\npressenti Offenbach, et le moine olivétain Adriano Banchieri perpétuèrent, en de\nsolides contrepoints à huit parties, l'expression originale.\nNe nous étonnons donc pas devoir, un siècle plus tard, Jean-Sébastien Bach\ncomposer, en un jour de gaieté, une cantate surl'Aèws du café ou la joyeuse allé-\ngorie mythologique le Défi de Phébus et de Pan. N'est-ce pas aussi avec une"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.12", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "pointe d'ironie, mêlée à de touchants regrets, qu il écrivit le Capi ice sui le dépait\nd'un frère chéri r\nNe soyons pas surpris de rencontrer dans l'œuvre de Beethoven un canon vo-\ncal improvisé en 1812 sur le rythme insupportable du métronome et dédié à\nMaelzel, l'inventeur de cet instrument aussi bruyant qu'antipathique. L'auteur\ndes Symphonies n'avait-il pas écrit en 1787 une Elégie sur la mort d'un caniche r\nLa perte d'une pièce de deux sous au jeu ne lui inspira-t-elle pas un Rondeau\ndésopilant ?\nLe Quatuor humoristique de Mozart, sa Plaisanterie musicale pour quatuor d ar-\nchets et instruments à vent, les nombreuses (( turqueries )) dont il émailla ses\nopéras celles de Y Enlèvement au Sérail furent évoquées récemment à 1 Opéra\nne sont autres que le libre essor du rire porté sur les ailes légères du rythme\net de la mélodie.\nLe rire musical est de tous les temps ( 1 ). Parfois, dans un opéra de style sérieux,\nun personnage concentre la verve comique de l'auteur. Telle la figure grotesque\ndu géant Polyphème, dont les chants baroques contrastent, dans un ouvrage\ncélèbre de Haendel, avec les discours mélodieux d'Acis et de Galathée. Telle, de\nnos jours, celle de la fée Grignotte, que l'art spirituel de M. Humperdinck op-\npose, en une partition qui semble être un conte de Perrault en musique, aux\nsilhouettes ingénues des deux enfants égarés dans la forêt.\nCe parallélisme entre le rire de jadis et celui d'aujourd'hui n'est pas moins\nfrappant dans les œuvres dont l'argument lui-même, ironique ou badin, rend soit\nplus acérée, soit plus légère, la plume du compositeur. L'art, en effet, s'il se re-\nnouvelle dans sa forme extérieure, demeure immuable en son essence, puisqu'il\nreflète les sentiments éternels de l'humanité.\nIci encore, je me bornerai à citer deux exemples, choisis l'un dans le répertoire\nd autrefois, l'autre dans l'art contemporain. Celui-ci, vous l'avez nommé avant\nmoi ; nulle œuvre lyrique n'égale la fantaisie, la gaieté, l'étincelante ironie des\nMai très Chanteurs de Nurenberg. L'autre exemple, vous le trouverez dans une\nspirituelle partition de Grétry, le Jugement de Midas, représenté pour la pre-\nmière fois sur le petit théâtre mondain de Mme de Maintesson le 28 mars 1778, et\nqui, chose singulière, semble être à la fois le précurseur des Maîtres Chanteurs\net celui de... la Belle Hélène !\nGrétry désavouerait-il cette postérité illégitime ? j'entends parler de la\nseconde. Du haut de sa partition de Samson et Dalila, M. Camille Saint-Saëns\ndéclare qu'Offenbach a gaspillé tous les dons qu'il tenait de la nature (2). Mais\n1 appréciation est discutable, et peut-être un jour, dans un siècle, trouvera-t-on\nles partitions d'Orphée aux Enfers et des Brigands côte à côte, sur les rayons de\nla Bibliothèque du Conservatoire, avec celles de la Fausse Magie, de Richard et\ndu Tableau parlant.\n\n(1) Par ce mot, nous n'entendons point parler de l'imitation matérielle du rire au moyen de\n■certains trilles, de certaines gammes, de certaines roulades qui sont en quelque sorte, comme le\nlait observer M. EMMANUEL BRIARD (le Comique en Musique ; Nancy, 1884), du rire tout fait.\n« Poui ctie intéiessante, dit avec raison cet auteur, la musique pittoresque ne peut pas se bor-\nnei a ctie puiement descriptive ; il faut qu'elle devienne bien vite psychologique, c'est-à-dire\nqu au lieu de îeproduire simplement les bruits, il faut qu'elle vise plutôt à rendre les sentiments\nque ces bruits éveillent en nous. »\n(2) Harmonie et Mélodie, Paris, Calmann Lévy, 1895, p. 224."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.13", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3132, "texte": "C'est à propos du Jugement de Midcis que Voltaire décocha le célèbre quatrain\nqui fut son suprême adieu à Grétry ; il mourut, en effet, quelques jours après\nle lui avoir adressé :\nLa Cour a dénigré tes chants\nDont Paris a dit des merveilles.\nGrétry, les oreilles des grands\nSont souvent de grandes oreilles.\nLes gentilshommes de la Chambre avaient, en effet, refusé au compositeur\nl'autorisation de faire jouer l'œuvre à la Cour, ce qui n'empêcha pas celle-ci de\ntriompher bientôt après à la Comédie Italienne (1).\nLe Jugement de Midas est une allégorie adaptée aux querelles musicales du\ntemps. Elle raille les formes surannées et la mauvaise exécution de la musique\nen un langage ironique dont l'analogie avec celui des Maîtres Chanteurs est\nfrappante.\nOn y voit, tout comme Walther de Stolzing, Apollon aux prises, en un\nconcours de chant dont le vainqueur épousera une des filles du fermier Palémon,\navec la routine, la mauvaise foi et la sottise. Pan et Marsyas l'un grossier et\nbalourd, l'autre emphatique et ridiculement sentimental lui sont naturelle-\nment préférés par le Beckmesser de l'affaire, le prétentieux et bouffon bailli\nMidas, chargé de décerner le prix. La colère d'Apollon s'exprime en des termes\npresque identiques à ceux par lesquels s'exhale la fureur de Walther contre les\nMaîtres. Et comme il est dieu, il s'offre, en outre, le divertissement de voir pousser\nsur la tête de son juge imbécile des oreilles d'âne. Le sourire qui éclaire le\nTableau parlant et la plupart des partitions de Grétry s'est transformé dans le\nJugement de Midas en un rire sonore et goguenard.\nMais ce n'est pas uniquement dans les œuvres lyriques que rit ou sourit la\nmusique. Des pièces symphoniques charmantes, telles que le Thyl Eulenspiegel\nde Richard Strauss, le Carnaval à Paris de Svendsen, Y Apprenti sorcier de Paul\nDukas, la Fantaisie sur un thème vallon de Théo Ysaye, ont en elles une gaieté\nmalicieuse qui n'exclut ni la distinction, ni le caractère essentiellement musical.\nLe grave Félix Weingartner lui-même, en écrivant Hilaria, daigna sourire. Dans\nEspaha, dans Joyeuse Marche, dans sa Bourrée fantasque, dans son Menuet\npompeux, ses Lieder (( zoologiques )) et autres, l'inspiration aristophanesque de\nChabrier n'a-t-elle pas su concilier avec une bouffonnerie intense le culte de l'art\net le souci de l'écriture ? (( Dans ces fantaisies, a dit M. Alfred Bruneau,\nM. Chabrier imprime une personnalité très singulière, très unique. Au milieu\ndes folies les plus outrancières, du sans-gêne le plus extravagant, il reste artiste\nau vrai sens du mot aussi bien par l'inspiration des idées quepar les éblouissantes\ncouleurs de son instrumentation (2). ))\nFeuilletez les œuvres des maîtres. Vous y trouverez, en maint endroit, une\nintention spirituelle, un trait satirique, une pensée joyeuse. Schumann préten-\ndait reconnaître dans quelques-uns des Moments musicaux de Schubert les\nmémoires des tailleurs qu'il n'était pas en mesure de régler !\nC'est lui aussi qui releva, dans les Symphonies de Beethoven, toute une série\n\n(1) 24 juin 1778.\n(2) La Revue indépendante, t. XII (1889), p. 496."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.14", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "d'effets intentionnellement comiques t les timbales accordées à 1 octave dans le\n.scherzo de la Symphonie en ré mineur, le passage des cors dans celui de la Sym-\nphonie en la (dont il déclare le finale le suprême de ce que la musique instrumen-\ntale peut présenter en fait d'humour.) Il cite encore la figure interrogative des\ncontrebasses dans la Symphonie en ut mineur, celle de l'adagio de la Symphonie\nen si bémol majeur, etc., etc. (1).\nDans cet ordre d idées, la Symphonie burlesque de Haydn vient immédiatement\nà l'esprit, avec sa corrélative dans la musique moderne, le Carnaval des ani-\nmaux, de M. 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La sérénade\nfie Don Juan, dont l'accompagnement moqueur raille les déclarations passion-\nnées de l'amant sceptique et frivole ; la réplique ironique de l'orchestre aux\nsupplications de Judas dans la Passion de Bach : (( Rendez-moi Jésus, mon\ndoux maître » ; la transformation du Dies irce en un thème ricanant et frondeur\ndans la Symphonie fantastique de Berlioz ; la parodie dont le même compositeur\naccompagne, dans la Damnation de Faust, l'enterrement d'un rat : autant\nd'exemples d'humour musical. Ceux-ci foisonnent dans Y Anneau du Nibelung.\nMais la rage comique d'Alberich, les récriminations pleurardes de Mime, les\nsarcasmes de Wotan sont trop familières aux lecteurs de la Revue musicale pour\nqu'il soit utile que j'en évoque ici le souvenir.\nIl faut rappeler aussi, parmi les plaisanteries musicales, l'imitation (volon-\ntaire, bien entendu !) du style d'autrui, le portrait, la citation textuelle. La\nmusique peut, tout comme les arts graphiques, reproduire une physionomie,\nfaire vivre un personnage. Evidemment moins précise que la langue des mots,\nla langue phonétique n'en est pas moins clairement expressive pour ceux qui en\npossèdent la clef.\nSchumann, dans son Carnaval, se plaît à peindre, dans une atmosphère de\ngaieté tourbillonnante, Pierrot, Colombine, Arlequin ; puis il évoque le souvenir\nde Chopin et dePaganini. Ces pages délicieuses sont, vous le savez, construites\nsur quatre notes : la, mi bémol, do, si, dont les appellations germaniques : A, ES,\nG, H, forment le nom d'une petite ville de Bohême dans laquelle vivait une amie\ndu compositeur. L'idée de former un thème au moyen des degrés de la gamme\n\n(0 Ecrits sur la musique et les musiciens. Traduction de H. DE CURZON. 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La\nsérénade de Don Juan apparaît (pourquoi r nul n'a pénétré le mystère de cette\ninspiration bouffonne) dans la Ballade des gros dindons d'Emmanuel Chabrier.\nUne spirituelle composition pour piano, demeurée inédite, de Pierre de Bréville,\ncrayonne finement, en traits sûrs, quelques Portraits de musiciens. Le thème du\nTarnhelm précède chacun d'eux. Comme Siegfried sur la Roche ardente, M. de\nBréville coiffe le heaume pour déguiser sa personnalité : et c'est, tour à tour, la\ncandeur séraphique de César Franck, l'élégance voluptueuse de Gabriel Fauré,\n1 impétueux brio de Vincent d'lndy, qui colore et anime cette divertissante\nparodie.\nOn sait que M. de Bréville excelle à composer sur des chansons populaires de\npetits joyaux d'une ciselure impeccable. Là encore, l'humour rehausse l'inspira-\ntion personnelle, et le Furet, les Lauriers sont coupés ou la Tour prends garde !\ndont l'ingénuité a bercé notre enfance, prennent dans cette version nouvelle une\ngrâce piquante et un précieux intérêt.\nCharles Bordes s'est servi de thèmes connus dans l'accompagnement de deux\nmélodies délicieuses, Dansons la Gigue et Sur un vieil air. Dans ses Petites fées,\nil reproduit inopinément, pour exprimer le charme mystérieux de la forêt, une\nphrase de la Viviane d'Ernest Chausson.\nChez M. Jaques-Dalcroze, que l'ouverture de Sancho et plusieurs autres pages\nsymphoniques de valeur ont mis en lumière, l'instinct comique se traduit parfois\nbouffonneries désopilantes La satire y frise la caricature, bien qu'elle\n■demeure essentiellement musicale. L'épître musicale qu'il adressa naguère à\nM. Gauthier-Villars en lui expédiant le recueil de ses Chansons normandes est\nun exemple de lied macaronique, cle farce musicale qui, logiquement, devait\ntrouver sa place dans le cadre de cette étude.\nMais j'en ai dit assez pour attirer l'attention de nos lecteurs sur les aspects\nmultiples de la gaieté musicale et pour leur faire éprouver quelque agrément à\nen écouter les expressions. Je leur souhaite, quand ils entendront de la musique\njoyeuse, de ne plus avoir crainte, par suite de quelque respect humain ou d'un\nmalentendu sur la mission de la musique, de rire comme il sied et de se divertir.\n\nOCTAVE MAUS.\n\nL'abondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro la fin\nde la Correspondance inédite de Lis^t."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c012", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "82", "page_fin": "87", "image_debut": 10, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.3.1", "titre_corps": "Il importe de dissiper un malentendu. 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Lorsqu'elle\ntente, par un rythme imprévu, par un dessin mélodique humoristique, de dérider\nl'auditeur, de provoquer en lui une impression de gaieté et de joie, celui-ci se ren-\nfrogne et proteste. L'intention comique du compositeur, presque toujours incom-\nprise, amène l'une ou l'autre de ces deux alternatives :\nSi le musicien n'est pas classé parmi les maîtres, on juge son œuvre frivole,\nvoire impertinente,— dans tous les cas indigne d'être prise au sérieux par une\nassistance réunie au concert ou au théâtre pour entendre « de la musique )),\nce bruit coûteux. C'est ainsi que j'ai entendu traiter de « farce )) l'une des œuvres\nsymphoniques les plus sérieusement écrites, les plus musicales, au sens élevé du\nterme, de l'Ecole moderne, /'Apprenti sorcier de Paul Dukas (i). Pourquoi ?\nParce que ce jeune musicien, l'un des mieux doués et des plus instruits de sa\ngénération, s'est permis d'écrire un chef-d'œuvre d'esprit, de gaieté et d'ironie.\nSi, d'autre part, l'auteur est de ceux qu'on est généralement convenu d'admi-\nrer, les plaisanteries dont il parsème ses œuvres sont accueillies gravement, avec\nle respect qu'inspirent à un croyant les paroles sacrées tombées de la chaire de\nvérité. Oui chacun aura pu en faire maintes fois l'observation comme moi-\nmême on ne rit pas plus à une représentation des Maîtres chanteurs qu àun\nsermon de charité! Et pourtant est-il rien de plus comique dans l'acception\nexacte du mot que cette merveilleuse comédie musicale, exemple le plus\ntypique de l'union géniale de l'Art et de la Raillerie ?\nCertes le public daigne se divertir aux mésaventures de Beckmesser, rossé\npar David pour avoir fait résonner sous les fenêtres de Magdeleine son luth dis-\ncord et sa voix de fausset. Certes, il saisit la bouffonnerie énorme des couplets\npar lesquels le fielleux greffier tente, au dernier acte, de disputer au jeune cheva-\nlier de le rameau d'or qui va assurer à celui-ci la main d'Eva dont il\na déjà conquis le cœur. Mais ce n'est pas uniquement dans ces épisodes facétieux\nque îésicle 1 espiit comique qui fait des Maîtres chanteurs le chef-d'œuvre de\n1 humour musical. La raillerie éclate, avec une verve déconcertante, à travers\ntoute la pai tition, tantôt cinglante et vengeresse comme dans l'apostrophe de\nW altei à ses juges, tantôt douce, cl une bonhomie enjouée. Rappelez-vous la\npompe ostentatoiie du thème initial de 1 ouverture, où perce la vanité satisfaite\ndes Maîtres dans leui s costumes et leurs attitudes d apparat \\ songez aux mali-\ncieux î écits de David énumérant au concurrent inquiet les règles absurdes et\ntonifiantes de la Tabulature ; souvenez-vous de la solennité emphatique avec\nlaquelle Kothner prélude à 1 épreuve préparatoire... Mais tout serait à citer !\nL impression comique jaillit de la musique elle-même, de la construction des\nphiases mélodiques, du style fleuri des cadences, d un rythme imprévu, d'une\nharmonie inattendue et baroque, parfois delà drôlerie de certaines sonorités,\n\n( i) \\ oir, aux comptes îendus des concerts de ce numéro, l'analyse de cette œuvre, récemment\nexecutee par l'orchestre Chevillard-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.11", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "ou encore de révocation, par un rappel de thèmes déformés à dessein, d'une\nscène précédente : tel le burlesque et charmant tableau, tout en pantomime, de\nBeckmesser pénétrant, au lendemain de la bastonnade, meurtri, vexé et tou-\njours cauteleux, dans l'atelier de Sachs...\nPar le seul prestige de ses inflexions, de ses accents, de ses modes, de ses tim-\nbres, la musique amène sur les lèvres le rire, de même qu'elle peut inspirer la\nbravoure, provoquer la tristesse, exciter la volupté. C'est une langue génératrice\nd'idées, de passions, de sentiments d'une infinie variété. (( La musique, a dit La-\nmartine, est la littérature des sens et du cœur. »\nCe n'est donc pas faire déchoir cet admirable instrument que de l'utiliser en\nvue de récréer les foules. Je n'entends point parler ici des manifestations gros-\nsières par lesquelles les fabricants patentés d'opérettes, d'opéras-bouffes et de\nchansonnettes ont, depuis une date relativement récente, accordé la trivialité de\nleur conception musicale avec les plus bas instincts de leurs contemporains. Rien\nn'est, en général, moins gai qu'une opérette, et la chanson de café-concert est\nhabituellement bête à pleurer. Ne confondons point l'enluminure banale, l'ima-\ngerie d'Epinal, avec le spirituel crayon d'un artiste.\nLes Maîtres d'autrefois parmi les plus illustres nous ont légué maint\nexemple de ce que peut exprimer de bonne humeur et d'enjouement la langue des\nsons, tout en gardant la noblesse de son caractère Et si la tension de notre vie\ncontemporaine fait de l'humour musical une fleur plus rare, on en peut néanmoins\ncueillir d'intéressants spécimens dans les parterres lyriques et symphoniques\nd'aujourd'hui.\nIci une distinction s'impose. Le sens humoristique d'une œuvre est parfois pré-\ncisé par le texte auquel la musique sert de commentaire. Mais lorsque celle-ci est\nréduite à ses ressources personnelles, c'est le cas pour la Suite instrumentale,\nla Sonate, la Symphonie, le badinage s'exprime souvent avec une clarté non\nmoins évidente.\nParfois, c'est le rire qui fuse et éclate en sonorités bruyantes ; d'autres fois,\nun simple sourire éclaire la composition d'un fugitif rayon de joie.\nL'art des maîtres de la polyphonie vocale abonde en exemples d'ironie musi-\ncale. La période italo-allemande du motet fournit le plus caractéristique d'entre\neux en ce Dialogue du Pharisien et du Publicain dans lequel l'austère Heinrich\nSchutz railla si plaisamment l'orgueil naïf du premier des deux interlocuteurs.\nLe rire s'insinua dans la musique sacrée ainsi que, dans les cathédrales, il avait\npénétré sous la forme des figures satiriques dont la fantaisie des tailleurs\nd'images se plut à orner quelque clé de voûte, le tympan des portails ou la con-\nsole des bénitiers.\nDans la musique profane, il apparaît à l'époque du madrigal dramatique, pré-\ncurseur de l'opéra. Les chansons pittoresques de Clément Janequin, l'auteur du\nChant des oiseaux, aux onomatopées expressives, et de la célèbre Bataille de Ma-\nrignan, anthologie de refrains militaires duxvie siècle, offrent de curieux exemples\nd'une imagination facétieuse dont, en Italie, Orazio Vecchi, qui semble avoir\npressenti Offenbach, et le moine olivétain Adriano Banchieri perpétuèrent, en de\nsolides contrepoints à huit parties, l'expression originale.\nNe nous étonnons donc pas devoir, un siècle plus tard, Jean-Sébastien Bach\ncomposer, en un jour de gaieté, une cantate surl'Aèws du café ou la joyeuse allé-\ngorie mythologique le Défi de Phébus et de Pan. N'est-ce pas aussi avec une"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.12", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "pointe d'ironie, mêlée à de touchants regrets, qu il écrivit le Capi ice sui le dépait\nd'un frère chéri r\nNe soyons pas surpris de rencontrer dans l'œuvre de Beethoven un canon vo-\ncal improvisé en 1812 sur le rythme insupportable du métronome et dédié à\nMaelzel, l'inventeur de cet instrument aussi bruyant qu'antipathique. L'auteur\ndes Symphonies n'avait-il pas écrit en 1787 une Elégie sur la mort d'un caniche r\nLa perte d'une pièce de deux sous au jeu ne lui inspira-t-elle pas un Rondeau\ndésopilant ?\nLe Quatuor humoristique de Mozart, sa Plaisanterie musicale pour quatuor d ar-\nchets et instruments à vent, les nombreuses (( turqueries )) dont il émailla ses\nopéras celles de Y Enlèvement au Sérail furent évoquées récemment à 1 Opéra\nne sont autres que le libre essor du rire porté sur les ailes légères du rythme\net de la mélodie.\nLe rire musical est de tous les temps ( 1 ). Parfois, dans un opéra de style sérieux,\nun personnage concentre la verve comique de l'auteur. Telle la figure grotesque\ndu géant Polyphème, dont les chants baroques contrastent, dans un ouvrage\ncélèbre de Haendel, avec les discours mélodieux d'Acis et de Galathée. Telle, de\nnos jours, celle de la fée Grignotte, que l'art spirituel de M. Humperdinck op-\npose, en une partition qui semble être un conte de Perrault en musique, aux\nsilhouettes ingénues des deux enfants égarés dans la forêt.\nCe parallélisme entre le rire de jadis et celui d'aujourd'hui n'est pas moins\nfrappant dans les œuvres dont l'argument lui-même, ironique ou badin, rend soit\nplus acérée, soit plus légère, la plume du compositeur. L'art, en effet, s'il se re-\nnouvelle dans sa forme extérieure, demeure immuable en son essence, puisqu'il\nreflète les sentiments éternels de l'humanité.\nIci encore, je me bornerai à citer deux exemples, choisis l'un dans le répertoire\nd autrefois, l'autre dans l'art contemporain. Celui-ci, vous l'avez nommé avant\nmoi ; nulle œuvre lyrique n'égale la fantaisie, la gaieté, l'étincelante ironie des\nMai très Chanteurs de Nurenberg. L'autre exemple, vous le trouverez dans une\nspirituelle partition de Grétry, le Jugement de Midas, représenté pour la pre-\nmière fois sur le petit théâtre mondain de Mme de Maintesson le 28 mars 1778, et\nqui, chose singulière, semble être à la fois le précurseur des Maîtres Chanteurs\net celui de... la Belle Hélène !\nGrétry désavouerait-il cette postérité illégitime ? j'entends parler de la\nseconde. Du haut de sa partition de Samson et Dalila, M. Camille Saint-Saëns\ndéclare qu'Offenbach a gaspillé tous les dons qu'il tenait de la nature (2). Mais\n1 appréciation est discutable, et peut-être un jour, dans un siècle, trouvera-t-on\nles partitions d'Orphée aux Enfers et des Brigands côte à côte, sur les rayons de\nla Bibliothèque du Conservatoire, avec celles de la Fausse Magie, de Richard et\ndu Tableau parlant.\n\n(1) Par ce mot, nous n'entendons point parler de l'imitation matérielle du rire au moyen de\n■certains trilles, de certaines gammes, de certaines roulades qui sont en quelque sorte, comme le\nlait observer M. EMMANUEL BRIARD (le Comique en Musique ; Nancy, 1884), du rire tout fait.\n« Poui ctie intéiessante, dit avec raison cet auteur, la musique pittoresque ne peut pas se bor-\nnei a ctie puiement descriptive ; il faut qu'elle devienne bien vite psychologique, c'est-à-dire\nqu au lieu de îeproduire simplement les bruits, il faut qu'elle vise plutôt à rendre les sentiments\nque ces bruits éveillent en nous. »\n(2) Harmonie et Mélodie, Paris, Calmann Lévy, 1895, p. 224."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.13", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3132, "texte": "C'est à propos du Jugement de Midcis que Voltaire décocha le célèbre quatrain\nqui fut son suprême adieu à Grétry ; il mourut, en effet, quelques jours après\nle lui avoir adressé :\nLa Cour a dénigré tes chants\nDont Paris a dit des merveilles.\nGrétry, les oreilles des grands\nSont souvent de grandes oreilles.\nLes gentilshommes de la Chambre avaient, en effet, refusé au compositeur\nl'autorisation de faire jouer l'œuvre à la Cour, ce qui n'empêcha pas celle-ci de\ntriompher bientôt après à la Comédie Italienne (1).\nLe Jugement de Midas est une allégorie adaptée aux querelles musicales du\ntemps. Elle raille les formes surannées et la mauvaise exécution de la musique\nen un langage ironique dont l'analogie avec celui des Maîtres Chanteurs est\nfrappante.\nOn y voit, tout comme Walther de Stolzing, Apollon aux prises, en un\nconcours de chant dont le vainqueur épousera une des filles du fermier Palémon,\navec la routine, la mauvaise foi et la sottise. Pan et Marsyas l'un grossier et\nbalourd, l'autre emphatique et ridiculement sentimental lui sont naturelle-\nment préférés par le Beckmesser de l'affaire, le prétentieux et bouffon bailli\nMidas, chargé de décerner le prix. La colère d'Apollon s'exprime en des termes\npresque identiques à ceux par lesquels s'exhale la fureur de Walther contre les\nMaîtres. Et comme il est dieu, il s'offre, en outre, le divertissement de voir pousser\nsur la tête de son juge imbécile des oreilles d'âne. 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Chabrier imprime une personnalité très singulière, très unique. Au milieu\ndes folies les plus outrancières, du sans-gêne le plus extravagant, il reste artiste\nau vrai sens du mot aussi bien par l'inspiration des idées quepar les éblouissantes\ncouleurs de son instrumentation (2). ))\nFeuilletez les œuvres des maîtres. Vous y trouverez, en maint endroit, une\nintention spirituelle, un trait satirique, une pensée joyeuse. Schumann préten-\ndait reconnaître dans quelques-uns des Moments musicaux de Schubert les\nmémoires des tailleurs qu'il n'était pas en mesure de régler !\nC'est lui aussi qui releva, dans les Symphonies de Beethoven, toute une série\n\n(1) 24 juin 1778.\n(2) La Revue indépendante, t. 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La\nmusique peut, tout comme les arts graphiques, reproduire une physionomie,\nfaire vivre un personnage. Evidemment moins précise que la langue des mots,\nla langue phonétique n'en est pas moins clairement expressive pour ceux qui en\npossèdent la clef.\nSchumann, dans son Carnaval, se plaît à peindre, dans une atmosphère de\ngaieté tourbillonnante, Pierrot, Colombine, Arlequin ; puis il évoque le souvenir\nde Chopin et dePaganini. Ces pages délicieuses sont, vous le savez, construites\nsur quatre notes : la, mi bémol, do, si, dont les appellations germaniques : A, ES,\nG, H, forment le nom d'une petite ville de Bohême dans laquelle vivait une amie\ndu compositeur. L'idée de former un thème au moyen des degrés de la gamme\n\n(0 Ecrits sur la musique et les musiciens. Traduction de H. DE CURZON. 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La\nsérénade de Don Juan apparaît (pourquoi r nul n'a pénétré le mystère de cette\ninspiration bouffonne) dans la Ballade des gros dindons d'Emmanuel Chabrier.\nUne spirituelle composition pour piano, demeurée inédite, de Pierre de Bréville,\ncrayonne finement, en traits sûrs, quelques Portraits de musiciens. Le thème du\nTarnhelm précède chacun d'eux. Comme Siegfried sur la Roche ardente, M. de\nBréville coiffe le heaume pour déguiser sa personnalité : et c'est, tour à tour, la\ncandeur séraphique de César Franck, l'élégance voluptueuse de Gabriel Fauré,\n1 impétueux brio de Vincent d'lndy, qui colore et anime cette divertissante\nparodie.\nOn sait que M. de Bréville excelle à composer sur des chansons populaires de\npetits joyaux d'une ciselure impeccable. Là encore, l'humour rehausse l'inspira-\ntion personnelle, et le Furet, les Lauriers sont coupés ou la Tour prends garde !\ndont l'ingénuité a bercé notre enfance, prennent dans cette version nouvelle une\ngrâce piquante et un précieux intérêt.\nCharles Bordes s'est servi de thèmes connus dans l'accompagnement de deux\nmélodies délicieuses, Dansons la Gigue et Sur un vieil air. Dans ses Petites fées,\nil reproduit inopinément, pour exprimer le charme mystérieux de la forêt, une\nphrase de la Viviane d'Ernest Chausson.\nChez M. Jaques-Dalcroze, que l'ouverture de Sancho et plusieurs autres pages\nsymphoniques de valeur ont mis en lumière, l'instinct comique se traduit parfois\nbouffonneries désopilantes La satire y frise la caricature, bien qu'elle\n■demeure essentiellement musicale. L'épître musicale qu'il adressa naguère à\nM. Gauthier-Villars en lui expédiant le recueil de ses Chansons normandes est\nun exemple de lied macaronique, cle farce musicale qui, logiquement, devait\ntrouver sa place dans le cadre de cette étude.\nMais j'en ai dit assez pour attirer l'attention de nos lecteurs sur les aspects\nmultiples de la gaieté musicale et pour leur faire éprouver quelque agrément à\nen écouter les expressions. Je leur souhaite, quand ils entendront de la musique\njoyeuse, de ne plus avoir crainte, par suite de quelque respect humain ou d'un\nmalentendu sur la mission de la musique, de rire comme il sied et de se divertir.\n\nOCTAVE MAUS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c013", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "87", "page_fin": "87", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.3.2", "titre_corps": "L'abondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro la fin", "titre_sommaire": "L'abondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro la fin", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.15", "debut_caractere": 2950, "fin_caractere_exclue": 3067, "texte": "L'abondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro la fin\nde la Correspondance inédite de Lis^t."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "88", "page_fin": "89", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.4", "titre_corps": "Ce portrait a été publié en fac-similé par M. H. Expert, en tête de son édition des", "titre_sommaire": "Ce portrait a été publié en fac-similé par M. H. Expert, en tête de son édition des", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.16", "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "Ce portrait a été publié en fac-similé par M. H. Expert, en tête de son édition des Chanson-\nnettes de Mauduit , qui forme la ioe livraison des Maîtres Musiciens de la Renaissance française\n(Paris, Leduc, éditeur). Cette belle publication, sur laquelle nous attirions l'attention du public\nmusicien dès la fondation de cette revue (Revues de janvier, lévrier et mai 1901), s'enrichit tou-\njours : après R. de Lassus. Goudimel, Costeley, Janequin et les chansonniers du début du\nxvie siècle, Lejeune, M. Expert nous promet du Caurroy, et le reste de l'œuvre de Mauduit.\nRemercions encore une fois ce travailleur ausG modeste qu'infatigable de nous mettre sans cesse\nen possession de fleurs nouvelles, cueillies au jardin de musique de notre xvie siècle."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.17", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1725, "texte": "« Nouvel Amphion, nouvel Apollon, c'est lui qui rendit aux Français chants et\n« musique ; à peine si le peintre exprime l'éclat du. regard et la beauté du front ; qui\n« peindra jamais un génie paré des dons de Poésie? »\nCe quatrain louangeur se lit au bas du beau portrait de Mauduit que\nMersenne fait figurer à la fin du livre VIIe de son Harmonie universelle,\net que nous reproduisons ici. Mauduit fut en effet très célèbre en son\ntemps : c'est le seul musicien auquel Mersenne consacre un , et cet\néloge est enthousiaste. Né à Paris le 16 septembre 7, et baptisé sui-\ntes fonts de Saint-Landry, J. Mauduit était de il portait\nde sinople à la fasce d'argent chargée de trois coquilles de sable (1).\nMais Unes'engagea point dans les intrigues de la , et se contenta de\nla charge paternelle de Garde du dépôt des Requêtes du palais : c'était,\ncomme nous disons aujourd'hui, un riche amateur. Sa première œuvre fut\nla Messe de Requiem chantéeau servicefu\nen Vhonneur de Ronsard, mort deux mois auparavant. Membre de la nou-\nvelle Académie des Valois, reconstituée sous Henri 111 par le sieur\nbrac, c'est lui qui y fit chanter des vers. Après de Coin-ville, Claude\nLejeune et du For, il mit en musique les chansons rythmées à l'antique\nde Ba'ifi en se conformant à la quantité des syllabes ( ) : et c'est le\nfrontispice de la partie de basse de ce charmant , exhumé par\nM. Expert, que nous reproduisons ci-dessous. Musicien moins raffiné que\nLejeune, mais d'une inspiration fraîche et gracieuse, Mauduit méritait de\npasser à la postérité.\n(1) Nous empruntons la plupart de ces détails à l'excellente étude de M. Brenet sur Jacques\nMauduit parue dans la Tribune de Saint-Gervais (avril, mai, juin 1901)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "88", "page_fin": "88", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.4.1", "titre_corps": "Hic nouus Amphio Gallis nouus audit Apollo Cantus et fidium reftituibe inelos Vix oculos pictor vix frontis adumbrat honorem: Qius cultum Aonijs artibus ingemum.? De la Rochemaillet. 1633 Matbeus ficit. Eggrick Hilckcna puix. Jaeques MAUDUIT (1557-1627).", "titre_sommaire": "Hic nouus Amphio Gallis nouus audit Apollo Cantus et fidium reftituibe inelos Vix oculos pictor vix frontis adumbrat honorem: Qius cultum Aonijs artibus ingemum.? De la Rochemaillet. 1633 Matbeus ficit. Eggrick Hilckcna puix. Jaeques MAUDUIT (1557-1627).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.16", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 279, "texte": "Hic nouus Amphio Gallis nouus audit Apollo\nCantus et fidium reftituibe inelos\nVix oculos pictor vix frontis adumbrat honorem:\nQius cultum Aonijs artibus ingemum.?\nDe la Rochemaillet.\n1633\nMatbeus ficit. Eggrick Hilckcna puix.\nJaeques MAUDUIT (1557-1627)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "90", "page_fin": "90", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.5", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.18", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "Publications nouvelles.\n\nJEAN-PHILIPPE RAMEAU.\nG. 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Grâce à leur revision et à leur réalisation scrupuleuses du texte du\nvieux maître, des auditions d\"Hippolyte et Aricte (1), Castor et Pollux, soit\nintégrales, soit fragmentaires, s'organisèrent àla Schola Cantorum avec le\nplus vif succès. Ce chaleureux accueil détermina M. Durand à faire paraître, à\ncôté des partitions d'orchestre et des éditions de luxe, d'un prix forcément\nélevé, une bibliothèque populaire de format plus modeste, rendant accessible à\ntous l'acquisition des œuvres les plus significatives de cette époque si glorieuse\nde notre histoire musicale. C'est ainsi qu'après les réductions pour piano et\nchant cVllippolyte et Aride et de Castor et Pollux, nous avons à mentionner ici\nla récente apparition dans cette bibliothèque des Pièces de Clavecin de\nRameau et du premier livre de celles de Couperin, ces dernières transcrites\nparM. Louis Diémer comme il les exécute, c'est-à-dire à merveille. Ce n est\npas ici le lieu de considérer par le détail ces petits morceaux, d'ailleurs\nextrêmement nombreux, d'une souplesse rythmique et d'une liberté d'écri-\nture infinies, certains d'une expression particulièrement pénétrante. On\nreste confondu vraiment, en ayant ainsi sous les yeux le témoignage de la\nmanière dont on écrivait chez nous, il y a deux siècles, à 1 idée clu degré de\nmauvais goût et de vulgarité où s'abaissa parfois depuis notre musique, sous\nl'influence malfaisante de l'opéra italien. Mais la jeune école française en pleine\nvitalité et en plein essor est venue renouer la véritable tradition classique et\nmontrer ce que peut ajouter aux inspirations les plus modernes la pureté contra-\npontique et la sobriété de style d'un Rameau. Nous n'en voulons pour preuve\nque les Variations de M. 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EN ALLEMAGNE.\nJusqu'au commencement du\nxvine siècle, la musique chorale\nfigurait en tête des programmes\ndes établissements secondaires, en\nAllemagne. La victoire définitive\nde la musique instrumentale sur\nla musique vocale, au cours du\nxvme siècle, amena la décadence\nde l'enseignement musical dans\nles écoles. La fondation de Y Aca-\ndémie de chant (Sing Académie) de\nBerlin au commencement du xixc\nsiècle marque une époque de réac-\ntion en faveur de la musique vo-\ncale. En 1808, le gymnase Zum\nGrauen Kloster, un des meilleurs\nde Berlin, organisa son enseigne-\nment dans le sens de cette réaction.\nAu point de vue scolaire, c'est à\npeu près le seul témoin qui subsiste\nde cette renaissance, mais il est\nparfaitement organisé. Les hom-\nmes les plus compétents s'accor-\ndent à considérer l'enseignement\net les programmes musicaux de\nce gymnase comme des modèles\npresque parfaits. En voici le résumé d'après un document officiel (Berlinisches\nGymnasiumzum grauen Kloster.Ostern, 1899. Jahresberichtvom Director Dr. Lud~\nwig Bellermatin, p. 75) :\n« L'enseignement du chant comprend sept divisions, en partie coordonnées,\nen partie subordonnées. Les deux premières divisions (inférieures) coïncident\navec les deux classes de sixième. En cinquième, les soprani sont distingués des\nalti, pour les leçons. De la quatrième jusqu'à la première, les élèves sont partagés\nen trois classes indépendantes, dont la première constitue la Chorale de l'école,\nayant pour mission de chanter dans les fêtes scolaires. Dans les deux autres, les\nélèves sont préparés pour entrer dans cette « Chorale ». Dans Tune sont les\nténors et les basses ; dans l'autre, les soprani et les alti. Les programmes de\ntravail sont les suivants :\ni° Sixième a) : Éléments de 1 harmonie et du rythme. Connaissance des notes.\nExercices sur des airs faciles à l'unisson.\n20 Sixième b) : Étude de motets et d'airs à une voix.\n3° et 40 Ici, les voix sont séparées, d'après leur nature. Il y a un professeur\npour les soprani, un autre pour les alti. On continue à étudier des chœurs, des\nmotets, des lieder. A la fin de la classe de cinquième, les meilleurs élèves des"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1943, "texte": "deux divisions passent de suite dans la première classe de chant (Chorale de\nl'école) ; les autres entrent dans\n5° et 6° la deuxième classe de chant (voix d'enfants) ou dans la deuxième classe\nde chant (ténors et basses) où on étudie des chœurs à deux et trois parties.\n7° Dans la première classe de chant point d'aboutissement de tout ce qui pré-\ncède est formé le chœur complet. On y étudie des chants à cappella (sans\naccompagnement) pour voix mixtes. On y exécute aussi des compositions pour\nvoix et instruments, par exemple des oratorios de Haendel. La Chorale doit\nchanter régulièrement deux fois par semaine.\nAu commencement de chaque année scolaire, la voix de chaque élève est soi-\ngneusement examinée, et, à l'aide d'une fiche individuelle, le professeur suit\nl'élève jusqu'au moment où se produit la mue de la voix. Durant cette période,\nl'élève est dispensé des exercices. (Cf. Der Gesangunterricht anden hôheren S chu-\nlen, par E. Bœhm, dans la Zeitsclirijt der internationalen Musikgesellschaft, janv.\n1900, p 97.)\nA l'exception du « Grauen Kloster », l'état de l'enseignement du chant dans\nl'immense majorité des écoles secondaires est loin de satisfaire les pédagogues.\n11 est vrai que les nouveaux programmes prussiens, élaborés à la suite du rescrit\nroyal de 1900, rendent obligatoires deux heures de chant par semaine pour les\ndeux classes inférieures (sixième et cinquième) des gymnases classiques et réaux ;\net les directeurs sont invités à « obliger » les élèves des autres classes à faire\npartie de la Chorale de l'école. Mais il n'en est pas ainsi partout. Les chœurs que\nl'pn entend, aux fêtes scolaires, sont médiocres ; souvent même les directeurs les\nremplacent par des séances de gymnastique. Il n'y a de salles de chant et de\nfête que dans les établissements de construction récente. Et tout le monde s'ac-\ncorde à dire que la préparation des professeurs est, en général, insuffisante.\n(.A suivre. )"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "91", "page_fin": "91", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.6.1", "titre_corps": "LES ENFANTS CHANTEURS.", "titre_sommaire": "LES ENFANTS CHANTEURS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.19", "debut_caractere": 2214, "fin_caractere_exclue": 2236, "texte": "LES ENFANTS CHANTEURS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "92", "page_fin": "97", "image_debut": 20, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7", "titre_corps": "Les Concerts", "titre_sommaire": "Les Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.20", "debut_caractere": 1945, "fin_caractere_exclue": 2765, "texte": "Les Concerts\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 17 janvier.\n\nPoursuivant son ouvrage, M. 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L.\n\n24 janvier.\n\n— La troisième Symphonie de Schumann, très agréablement jouée,\nun peu vite par instants, et avec plus d'entrain que de sentiment, laisse la salle\nun peu froide. — Mme Henriette Motte a une voix délicate, mais trop faible pour\nlutter contre l'acoustique défectueuse de la salle et le fracas wagnérien de la\ngrande scène de Gùnlod, par Peter Cornélius, instrumentée par MottL Cornélius"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3372, "texte": "de Mayence, ami de Wagner, de Berlioz et de Liszt, est un artiste intéressant,\nqui mériterait d'être plus connu en France. Il est fort apprécié de la jeune école\nallemande; et je me souviens d avoir entendu, sous la direction de Richaid\nStrauss, son Barbier de Bagdad, qui est plein de vie et de gaieté. Sa personna-\nlité n'est pas très accusée ; elle est souvent attirée par tel ou tel de ses grands\namis. On le remarque dans la scène de Gunlod, qui a d ailleurs de jolies phi ases,\nsimples et gracieuses.\nLa Symphonie dramatique, « troisième partie du Poème pour orchestre » de\nM. F. Le Borne, veut peindre, d'après les indications de 1 auteur, 1 appaiition\naux yeux de l'artiste de (( la splendeur de son rêve créateur ». L artiste cherche\nen vain à saisir son idéal, et « finit, à jamais vaincu, par tombei au milieu des\néclats de rire ». C'est à peu près ce qui s'est produit au concert. « La vision\nenchanteresse », qui se traduit le plus souvent par des danses d aimées, ou de\nvagues espanas, a tenu l'auditoire dans une douce gaieté.\n\nROMAIN ROLLAND.\n\nCONCERTS COLONNE. 17 et 24 janvier.\nL. L.\n— Admirable exécution de la Grandr\nMesse des Morts, l'oeuvre préférée de Berlioz. Je ne partage point cette préfé-\nrence : d'autres œuvres, la Symphonie Fantastique, la Damnation de Faust ou\nRoméo et Juliette, me paraissent mieux venues, plus riches d'inspiration et plus\nnaturelles.\nMais ce que Berlioz aimait sans doute par-dessus tout dans sa Messe, ce sont\nles pages éclatantes du Tuba mirum ou de la fin du Lacrymosa. Elles sont sans\négales en effet, on ne peut les entendre sans frémir ; et quant à la mauvaise\nquerelle que l'on cherche à Berlioz pour ses cuivres et ses timbales, c'est pur\npédantisme : on ne saurait reprocher à un maître de l'orchestre comme Berlioz\nd'avoir aimé le son jusqu'à en faire orgie : car ce serait lui demander de n'être\nplus lui-même.\nM. Colonne a mis en valeur, avec un art consommé, les lumières et les ombres\nde cette œuvre toute en contrastes ; pour une telle musique, ainsi que je l'enten-\ndais dire à côté de moi, (( il n'y a que lui ».\n\nCONSERVATOIRE.\n\n— La Société des Concerts vient de nous faire entendre\nles Saisons de J. Haydn, dont elle avait souvent inscrit des fragments sur\nses programmes, mais qu'elle n'avait exécutées intégralement que deux fois,\nen 1857 et en 1860. Cet oratorio, composé en 1799 et 1800, est divisé en 4 parties\nqui ne comprennent pas moins de 44 numéros. Pour chaque saison, un groupe\nd'airs et de récits, de duos et de chœurs, forment une suite de tableaux de genre\net sont précédés d'une introduction : la première décrit le passage de l'hiver au\nprintemps ; la deuxième est consacrée à l'aurore ; celle de (( l'Automne )) exprime\nla satisfaction du paysan devant l'abondante moisson ; et la dernière peint les\nbrouillards profonds du commencement de l'hiver. Ce sont les Géorgiques de\nl'art musical. La plupart de ces sujets ont été repris dans la suite par des compo-\nsiteurs qui furent des coloristes plus éblouissants et plus raffinés ou qui eurent un\nsentiment plus profond de la nature ; mais Haydn n'en conserve pas moins son\ncharme original : noble et simple, œuvre de foi naïve et de grâce, sa musique, où\ntout est pur, bien ordonné, rappelle parfois le style de Gluck, mais avec plus d'en-\njouement ; dégagée de toute inspiration vulgaire et exempte de réalisme puéril,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "elle est colorée là où le texte littéraire semble lui en faire une obligation, mais\nreste, en général, expressive d'états d'âme élevés plus que de sensations. La des-\ncription y esta la fois sobre et ingénue : dans le tableau de l'aurore, quelques\nnotes de hautbois indiquent le chant du coq, sans le reproduire ; dans l'orage,\nquelques basses de trombone soulignent le cri delà grenouille ; plus loin, des\nnotes de flûtes dissonantes et perlées indiquent le chant des oiseaux. L'ensemble\nest plein de fraîcheur; partout semble circuler l'air salubre des bois et des\nplaines. Révérons cette musique d'où l'art de l'instrumentation est sorti, et que\nn'a pas encore effleurée le « mal du siècle »; musique saine, aimable, charmante,\nqui a la jeunesse des œuvres vraiment classiques ! L'orchestre du Conservatoire\nl'a interprétée avec une correction qu'il faut louer, bien que les compositions de\nce genre soient pour lui une épreuve difficile. Les chœurs ont été excellents de\njustesse, de style et de sonorité. La voix chaude de Mlle Mary Garnier a bien ex-\nprimé la noblesse et la grandeur sans emphase de certains récits. L'organe bien\ntimbré et homogène de M. Paul Daraux a été fort apprécié. M. David Devriés,\nténor de l'Opéra, a une voix un peu courte, où les notes graves sont faibles ; mais\nil a chanté avec goût et justesse, et a eu sa part d'applaudissements.\n\nJ. C.\n\nSCHOLA CANTORUM. — 19 janvier.\nJOSEPH TRILLAT.\n.— Mlle Blanche Selva donne le sixième de ses\nconcertsdu mardi. Nous entendons douze petitspréludes, despièces tirées des Suites\nfrançaises et anglaises. Ces petites pièces ont l'honneur trop commun d'être deve-\nnues classiques et scolaires. C'est dire qu'on les connaît fort mal, sans doute\nparce qu'on les connaît trop, et qu'on les débite du bout des doigts, en les bre-\ndouillant comme une prière machinale. Aussi est-on étonné un jour de découvrir\nqu'elles ont un sens et infiniment de saveur. Nous avons cette révélation à la\nSchola, chaque mardi, grâce à Mlle Selva ; sous ses doigts, ces formules s'ani-\nment et retentissent dans le souvenir et dans le cœur. Tant de poésie ignorée\ntenait dans ces phrases condensées, « comme un champ de roses dans un flacon »,\nsarabandes langoureuses et graves, gigues et menuets alertes comme des airs\npopulaires.\n\n21 janvier.\n\n— Le deuxième Concert mensuel, dirigé par M. Vincent d'Indy,\nest fort beau, et, répondant au programme exposé à maintes reprises par le\nDirecteur de la Schola, révèle des œuvres qu'il est impossible d'entendre ailleurs.\nUne Cantate de M.-A. Charpentier, la Descente cC Orphée aux Enfers, écrite, d'après\nM. Henry Quittard, aux environs de 1683, était entièrement inédite jusqu'à ce\njour. Une introduction assez développée, un air d'Orphée (M. David), un\ndialogue entre Ixion (M. Bourgeois) et Tantale (M. Gébelin), puis Orphée, enfin\nun chœur final où les trois personnages déplorent le malheur des amants, le\ntout expressif, et de belle tenue, mais un peu austère : Gluck nous a accoutumés\nà plus de charme ; cependant c'est Gluck et Rameau que cette musique évoque,\nplutôt que le majestueux Lulli, dont la Proserpine (Mme Tarquini d'Or) paraît\nbien compassée en son désespoir. M. A. Guilmant nous fait entendre ensuite trois\npièces de N. de Grigny, le dernier exhumé de ses maîtres de l'orgue ; elles sont\nfort soigneusement écrites, et sonnent assez bien, ce qui n'est pas toujours le cas\nà cette époque ; il est vrai que l'art merveilleux de l'organiste y est pour quelque\nchose aussi.\nOn donnait enfin le quatrième acte, tout entier, d'Hippolyte et Aride, le\npremier opéra de Rameau (ier octobre 1733). Ce fut un triomphe : une musique"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3393, "texte": "d'une force et d'une fermeté extrêmes, toute en pensées neuves, en traits hardis\net saisissants, avec un air d'une noblesse et d'une dignité qui sent sa haute nais-\nsance : c'est Rameau qui tranche du chevalier, voire du marquis, et non pas du\ntout Gluck, qui jamais ne porte l'épée au côté. Et cependant l'air d'Aricie, et\nsurtout le récit final de Phèdre, désespérée, en proie aux remords, égalent, l'un\nen tendresse et l'autre en puissance, les plus émouvantes pages de Gluck. Le duo\nd'Aricie et d'Hippolyte, où leurs prières à Diane semblent monter comme des\nfumées d'encens, est d'une invention charmante ; l'entrée des Chasseurs, leurs\ndanses, avec des effets de cors, de hautbois et de basson, les airs de danse\nchantés (Mlle Pironnet), enfin l'orage, décrit avec une instrumentation très\nsobre, mais des rythmes aussi ingénieux qu'expressifs, appartiennent en propre\nà Rameau, ne pouvaient être conçus que par ce musicien qui fut en même temps\nun poète, selon la vieille et excellente tradition de notre race. Je n'ai aussi que\ndes éloges à faire pour l'interprétation : M. David soupire à souhait les plaintes\nd'Hippolyte amoureux ;la voix un peu sèche de Mlle de la Rouvière a, dans le rôle\nd'Aricie, une sorte de grâce enfantine qui ne me déplaît point, et Mme Tarquini\nd'Or déclame en artiste le récit de Phèdre. L'orchestre m'a paru meilleur qu'au\nprécédent concert, plus fondu et mieux dans la main de son excellent chef, qui\ndirige comme personne cette nerveuse musique. Une mention particulière est\ndue à M. Ermans, pour le timbre égal et nourri de son basson.\n\nL. L.\n\nSALONS MUSICAUX.\nL. L.\n— C'est encore une heure de musique exquise que Mme la\nPrincesse de Cystria offrait, le 16 janvier dernier, à quelques élus. M. Debussy\nfaisait à lui seul tous les frais de la fête, avec son Quatuor d'abord, si fortement\npensé, si frémissant de vie et d'émotion (MM. Zeitlin, Duittenhofer, Vieu et de\nBruyn), puis deux mélodies où Mlle M. Legrand fait sonner sa belle voix : La\nMer et Le son du cor s afflige. Mllc Selva interprète avec une grande intelligence\nles Estampes ; les deux premières pièces de ce nouveau recueil (i), Pagodes et\nLa Soirée dans Grenade, ne ressemblent en rien à l'Espagne ou à l'Orient truqués\net fielates de nos bazars musicaux : car elles ont la saveur fraîche et un peu sau-\nvage des lruits naturels ; la dernière. Jardins sous la pluie, rappelle, avec plus\nd'ampleur, la Toccata pour piano : c'est, de part et d'autre, le même tour très\nclassique, malgiéla nouveauté de la langue. Nous aurons bientôt l'occasion de\nrevenir sur ce recueil digne du maître auquel il est dédié : M. J. Blanche. Enfin\nM. Bagès chante avec un goût et une légèreté délicieuse deux Proses lyriques\n[De grève et De soir), petits chefs-d'œuvre d'expression, et une Mandoline (d'après\n\\ ci laine), page chai mante, écrite à dix-sept ans. Les concerts plus ou moins\npublics ne manquent pas à Paris : il n'est pas de soir où l'on n'ait le choix au\nmoins entre deux ou trois ; mais aucun ne nous offrira jamais ce que nous avons\npu entendre 1 auti e samedi, en ce salon qui est le temple de la musique vivante...\n(i) Durand et fils, éditeurs.\n\nSALLE ERARD. 15 janvier. Concert donné par M. Eugène Borrel, violo-\nniste. — Le programme, qui est varié à souhait, comprend des pièces techniques\nde Corelli, Leclair et Rust, la sonate en la de Bach et la sonate de Franck. Ce"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2116, "texte": "choix était excellent pour mettre en relief les qualités de virtuose et de profes-\nseur, la dextérité intelligente et le goût de M. Borrel.\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. 2? janvier. Le Quintette de M. Grâdener manque\nquelque peu d'originalité, et beaucoup de sonorité : on croirait entendre un\nmaigre trio. Les deux mélodies de R. Ducasse (Le cœur de Veau, de Rodenbach)\nsont froides comme glace ; les deux Noëls pour hautbois et piano de M. Henri\nMulet ont un certain agrément. Stamboul, suite pour piano de M. P. de Bréville,\nest une œuvre de grand mérite, dont j'aime beaucoup le coloris fin et discret. De\ndélicates harmonies accompagnent le chant des muezzins de Stamboul, et des\nrythmes souples nous disent l'animation de Galata ; des mélodies plus émues se\nmêlent à ces indications pittoresques, et le tout est d'une poésie pénétrante, que\nMlle Selva comprend à merveille.\n\nECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. -- Petit concert intime, le 24 janvier.\nMlle Anne Vila chante d'une voix pure et délicatement nuancée deux mélodies de\nFauré: Rencontre et Après le Rêve, accompagnée par Mme Landormy-Plançon.\nC'est un grand plaisir d'entendre à Paris la charmante artiste qui vient de rem-\nporter un si grand succès aux excellents concerts d'Angers, dans la cavatine\nd Tphi génie en Tauride, et la Procession de Cés. Franck.\nLe 15 janvier, M. Vincent d'lndy, montrait, devant un nombreux auditoire,\n« comment on fait une sonate. )) Conférence du plus haut intérêt, non seulement\npar l'analyse pénétrante que M. d'lndy a faite de sonates de Beethoven, mais\npar la lumière que cette étude jetait, à son insu, sur sa propre façon de penser et\nde créer. Mllc Selva joua ensuite, avec sa maestria ordinaire, la Sonate appas-\nsionata de Beethoven.\nLe 22 janvier, M. Romain Rolland parla de Gluck, s'appliquant à montrer\ncombien la personnalité et l'art de Rameau étaient, quoi qu'on dise, profondé-\nment opposés à la personnalité et à l'art de Gluck, et faisant voir dans la réforme\ndramatique de ce dernier la conclusion des pensées et des travaux de l'Encyclo-\npédie française depuis vingt ans Son succès fut très vif."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "92", "page_fin": "93", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.1", "titre_corps": "CONCERTS CHEVILLARD. — 17 janvier.", "titre_sommaire": "CONCERTS CHEVILLARD. — 17 janvier.", "signature_source": "L. 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La grotesque mélodie s'enfle\nensuite et traverse l'orchestre entier jusqu'à ses régions les plus élevées, et tout\nautour cl elle on croit entendre bouillonner l'inondation. Le coup de hache du\njeune sorcier épouvanté ramène un instant le calme, mais presque aussitôt la\nterrible phrase se relève, d'abord aux bassons, puis aux clarinettes. Ce sont les\ndeux morceaux du balai qui se remettent à l'œuvre, chacun de son côté. Impos-\nsible de ne pas sourire à cette rentrée. Quant à l'orchestration, c'est d'un bout à\nl'autre une merveille de clarté et d'esprit ; il y a surtout un certain unisson des\ncors, des cornets et de la clarinette basse dans son registre aigu, que je recom-\nmande aux amateurs de combinaisons de timbres. Une longue ovation salue la\nfin de l'œuvre, que M. Chevillard a conduite avec une précision remarquable.\nCette précision même nuit un peu à l'Ouverture de la Suite en rè de Bach :la\nphrase perd de son ampleur, parce que le rythme est trop fortement battu ; son\nuniformité dispense d'une pareille accentuation et la rend nuisible. La lourdeur\nspirituelle de la Gavotte, en revanche, est fort bien rendue. Le Prélude de Lohen-\ngrin et l'Ouverture cYObéron complètent ce beau programme.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "93", "page_fin": "94", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.2", "titre_corps": "24 janvier.", "titre_sommaire": "24 janvier.", "signature_source": "ROMAIN ROLLAND", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.21", "debut_caractere": 2395, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "24 janvier.\n\n— La troisième Symphonie de Schumann, très agréablement jouée,\nun peu vite par instants, et avec plus d'entrain que de sentiment, laisse la salle\nun peu froide. — Mme Henriette Motte a une voix délicate, mais trop faible pour\nlutter contre l'acoustique défectueuse de la salle et le fracas wagnérien de la\ngrande scène de Gùnlod, par Peter Cornélius, instrumentée par MottL Cornélius"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1072, "texte": "de Mayence, ami de Wagner, de Berlioz et de Liszt, est un artiste intéressant,\nqui mériterait d'être plus connu en France. Il est fort apprécié de la jeune école\nallemande; et je me souviens d avoir entendu, sous la direction de Richaid\nStrauss, son Barbier de Bagdad, qui est plein de vie et de gaieté. Sa personna-\nlité n'est pas très accusée ; elle est souvent attirée par tel ou tel de ses grands\namis. On le remarque dans la scène de Gunlod, qui a d ailleurs de jolies phi ases,\nsimples et gracieuses.\nLa Symphonie dramatique, « troisième partie du Poème pour orchestre » de\nM. F. Le Borne, veut peindre, d'après les indications de 1 auteur, 1 appaiition\naux yeux de l'artiste de (( la splendeur de son rêve créateur ». L artiste cherche\nen vain à saisir son idéal, et « finit, à jamais vaincu, par tombei au milieu des\néclats de rire ». C'est à peu près ce qui s'est produit au concert. « La vision\nenchanteresse », qui se traduit le plus souvent par des danses d aimées, ou de\nvagues espanas, a tenu l'auditoire dans une douce gaieté.\n\nROMAIN ROLLAND."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "94", "page_fin": "94", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.3", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE. 17 et 24 janvier.", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE. 17 et 24 janvier.", "signature_source": "L. 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Elles sont sans\négales en effet, on ne peut les entendre sans frémir ; et quant à la mauvaise\nquerelle que l'on cherche à Berlioz pour ses cuivres et ses timbales, c'est pur\npédantisme : on ne saurait reprocher à un maître de l'orchestre comme Berlioz\nd'avoir aimé le son jusqu'à en faire orgie : car ce serait lui demander de n'être\nplus lui-même.\nM. Colonne a mis en valeur, avec un art consommé, les lumières et les ombres\nde cette œuvre toute en contrastes ; pour une telle musique, ainsi que je l'enten-\ndais dire à côté de moi, (( il n'y a que lui »."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "94", "page_fin": "95", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.4", "titre_corps": "CONSERVATOIRE.", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE.", "signature_source": "J. 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Pour chaque saison, un groupe\nd'airs et de récits, de duos et de chœurs, forment une suite de tableaux de genre\net sont précédés d'une introduction : la première décrit le passage de l'hiver au\nprintemps ; la deuxième est consacrée à l'aurore ; celle de (( l'Automne )) exprime\nla satisfaction du paysan devant l'abondante moisson ; et la dernière peint les\nbrouillards profonds du commencement de l'hiver. Ce sont les Géorgiques de\nl'art musical. La plupart de ces sujets ont été repris dans la suite par des compo-\nsiteurs qui furent des coloristes plus éblouissants et plus raffinés ou qui eurent un\nsentiment plus profond de la nature ; mais Haydn n'en conserve pas moins son\ncharme original : noble et simple, œuvre de foi naïve et de grâce, sa musique, où\ntout est pur, bien ordonné, rappelle parfois le style de Gluck, mais avec plus d'en-\njouement ; dégagée de toute inspiration vulgaire et exempte de réalisme puéril,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "elle est colorée là où le texte littéraire semble lui en faire une obligation, mais\nreste, en général, expressive d'états d'âme élevés plus que de sensations. La des-\ncription y esta la fois sobre et ingénue : dans le tableau de l'aurore, quelques\nnotes de hautbois indiquent le chant du coq, sans le reproduire ; dans l'orage,\nquelques basses de trombone soulignent le cri delà grenouille ; plus loin, des\nnotes de flûtes dissonantes et perlées indiquent le chant des oiseaux. L'ensemble\nest plein de fraîcheur; partout semble circuler l'air salubre des bois et des\nplaines. Révérons cette musique d'où l'art de l'instrumentation est sorti, et que\nn'a pas encore effleurée le « mal du siècle »; musique saine, aimable, charmante,\nqui a la jeunesse des œuvres vraiment classiques ! L'orchestre du Conservatoire\nl'a interprétée avec une correction qu'il faut louer, bien que les compositions de\nce genre soient pour lui une épreuve difficile. Les chœurs ont été excellents de\njustesse, de style et de sonorité. La voix chaude de Mlle Mary Garnier a bien ex-\nprimé la noblesse et la grandeur sans emphase de certains récits. L'organe bien\ntimbré et homogène de M. Paul Daraux a été fort apprécié. M. David Devriés,\nténor de l'Opéra, a une voix un peu courte, où les notes graves sont faibles ; mais\nil a chanté avec goût et justesse, et a eu sa part d'applaudissements.\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "95", "page_fin": "95", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.5", "titre_corps": "SCHOLA CANTORUM. — 19 janvier.", "titre_sommaire": "SCHOLA CANTORUM. — 19 janvier.", "signature_source": "JOSEPH TRILLAT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.23", "debut_caractere": 1390, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "SCHOLA CANTORUM. — 19 janvier.\nJOSEPH TRILLAT.\n.— Mlle Blanche Selva donne le sixième de ses\nconcertsdu mardi. Nous entendons douze petitspréludes, despièces tirées des Suites\nfrançaises et anglaises. Ces petites pièces ont l'honneur trop commun d'être deve-\nnues classiques et scolaires. C'est dire qu'on les connaît fort mal, sans doute\nparce qu'on les connaît trop, et qu'on les débite du bout des doigts, en les bre-\ndouillant comme une prière machinale. Aussi est-on étonné un jour de découvrir\nqu'elles ont un sens et infiniment de saveur. Nous avons cette révélation à la\nSchola, chaque mardi, grâce à Mlle Selva ; sous ses doigts, ces formules s'ani-\nment et retentissent dans le souvenir et dans le cœur. Tant de poésie ignorée\ntenait dans ces phrases condensées, « comme un champ de roses dans un flacon »,\nsarabandes langoureuses et graves, gigues et menuets alertes comme des airs\npopulaires."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "95", "page_fin": "96", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.6", "titre_corps": "21 janvier.", "titre_sommaire": "21 janvier.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.23", "debut_caractere": 2296, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "21 janvier.\n\n— Le deuxième Concert mensuel, dirigé par M. Vincent d'Indy,\nest fort beau, et, répondant au programme exposé à maintes reprises par le\nDirecteur de la Schola, révèle des œuvres qu'il est impossible d'entendre ailleurs.\nUne Cantate de M.-A. Charpentier, la Descente cC Orphée aux Enfers, écrite, d'après\nM. Henry Quittard, aux environs de 1683, était entièrement inédite jusqu'à ce\njour. Une introduction assez développée, un air d'Orphée (M. David), un\ndialogue entre Ixion (M. Bourgeois) et Tantale (M. Gébelin), puis Orphée, enfin\nun chœur final où les trois personnages déplorent le malheur des amants, le\ntout expressif, et de belle tenue, mais un peu austère : Gluck nous a accoutumés\nà plus de charme ; cependant c'est Gluck et Rameau que cette musique évoque,\nplutôt que le majestueux Lulli, dont la Proserpine (Mme Tarquini d'Or) paraît\nbien compassée en son désespoir. M. A. Guilmant nous fait entendre ensuite trois\npièces de N. de Grigny, le dernier exhumé de ses maîtres de l'orgue ; elles sont\nfort soigneusement écrites, et sonnent assez bien, ce qui n'est pas toujours le cas\nà cette époque ; il est vrai que l'art merveilleux de l'organiste y est pour quelque\nchose aussi.\nOn donnait enfin le quatrième acte, tout entier, d'Hippolyte et Aride, le\npremier opéra de Rameau (ier octobre 1733). Ce fut un triomphe : une musique"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1597, "texte": "d'une force et d'une fermeté extrêmes, toute en pensées neuves, en traits hardis\net saisissants, avec un air d'une noblesse et d'une dignité qui sent sa haute nais-\nsance : c'est Rameau qui tranche du chevalier, voire du marquis, et non pas du\ntout Gluck, qui jamais ne porte l'épée au côté. Et cependant l'air d'Aricie, et\nsurtout le récit final de Phèdre, désespérée, en proie aux remords, égalent, l'un\nen tendresse et l'autre en puissance, les plus émouvantes pages de Gluck. Le duo\nd'Aricie et d'Hippolyte, où leurs prières à Diane semblent monter comme des\nfumées d'encens, est d'une invention charmante ; l'entrée des Chasseurs, leurs\ndanses, avec des effets de cors, de hautbois et de basson, les airs de danse\nchantés (Mlle Pironnet), enfin l'orage, décrit avec une instrumentation très\nsobre, mais des rythmes aussi ingénieux qu'expressifs, appartiennent en propre\nà Rameau, ne pouvaient être conçus que par ce musicien qui fut en même temps\nun poète, selon la vieille et excellente tradition de notre race. Je n'ai aussi que\ndes éloges à faire pour l'interprétation : M. David soupire à souhait les plaintes\nd'Hippolyte amoureux ;la voix un peu sèche de Mlle de la Rouvière a, dans le rôle\nd'Aricie, une sorte de grâce enfantine qui ne me déplaît point, et Mme Tarquini\nd'Or déclame en artiste le récit de Phèdre. L'orchestre m'a paru meilleur qu'au\nprécédent concert, plus fondu et mieux dans la main de son excellent chef, qui\ndirige comme personne cette nerveuse musique. Une mention particulière est\ndue à M. Ermans, pour le timbre égal et nourri de son basson.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "96", "page_fin": "96", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.7", "titre_corps": "SALONS MUSICAUX.", "titre_sommaire": "SALONS MUSICAUX.", "signature_source": "L. 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Mllc Selva interprète avec une grande intelligence\nles Estampes ; les deux premières pièces de ce nouveau recueil (i), Pagodes et\nLa Soirée dans Grenade, ne ressemblent en rien à l'Espagne ou à l'Orient truqués\net fielates de nos bazars musicaux : car elles ont la saveur fraîche et un peu sau-\nvage des lruits naturels ; la dernière. Jardins sous la pluie, rappelle, avec plus\nd'ampleur, la Toccata pour piano : c'est, de part et d'autre, le même tour très\nclassique, malgiéla nouveauté de la langue. Nous aurons bientôt l'occasion de\nrevenir sur ce recueil digne du maître auquel il est dédié : M. J. Blanche. Enfin\nM. Bagès chante avec un goût et une légèreté délicieuse deux Proses lyriques\n[De grève et De soir), petits chefs-d'œuvre d'expression, et une Mandoline (d'après\n\\ ci laine), page chai mante, écrite à dix-sept ans. Les concerts plus ou moins\npublics ne manquent pas à Paris : il n'est pas de soir où l'on n'ait le choix au\nmoins entre deux ou trois ; mais aucun ne nous offrira jamais ce que nous avons\npu entendre 1 auti e samedi, en ce salon qui est le temple de la musique vivante...\n(i) Durand et fils, éditeurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "96", "page_fin": "97", "image_debut": 24, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.8", "titre_corps": "SALLE ERARD. 15 janvier. Concert donné par M. Eugène Borrel,", "titre_sommaire": "SALLE ERARD. 15 janvier. Concert donné par M. Eugène Borrel,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.24", "debut_caractere": 3167, "fin_caractere_exclue": 3393, "texte": "SALLE ERARD. 15 janvier. Concert donné par M. Eugène Borrel, violo-\nniste. — Le programme, qui est varié à souhait, comprend des pièces techniques\nde Corelli, Leclair et Rust, la sonate en la de Bach et la sonate de Franck. Ce"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 153, "texte": "choix était excellent pour mettre en relief les qualités de virtuose et de profes-\nseur, la dextérité intelligente et le goût de M. Borrel."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "97", "page_fin": "97", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.9", "titre_corps": "SOCIÉTÉ NATIONALE. 2? janvier. Le Quintette de M. Grâdener manque", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ NATIONALE. 2? janvier. Le Quintette de M. Grâdener manque", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.25", "debut_caractere": 155, "fin_caractere_exclue": 883, "texte": "SOCIÉTÉ NATIONALE. 2? janvier. Le Quintette de M. Grâdener manque\nquelque peu d'originalité, et beaucoup de sonorité : on croirait entendre un\nmaigre trio. Les deux mélodies de R. Ducasse (Le cœur de Veau, de Rodenbach)\nsont froides comme glace ; les deux Noëls pour hautbois et piano de M. Henri\nMulet ont un certain agrément. Stamboul, suite pour piano de M. P. de Bréville,\nest une œuvre de grand mérite, dont j'aime beaucoup le coloris fin et discret. De\ndélicates harmonies accompagnent le chant des muezzins de Stamboul, et des\nrythmes souples nous disent l'animation de Galata ; des mélodies plus émues se\nmêlent à ces indications pittoresques, et le tout est d'une poésie pénétrante, que\nMlle Selva comprend à merveille."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "97", "page_fin": "97", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.7.10", "titre_corps": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. -- Petit concert intime, le 24 janvier.", "titre_sommaire": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. -- Petit concert intime, le 24 janvier.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.25", "debut_caractere": 885, "fin_caractere_exclue": 2116, "texte": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. -- Petit concert intime, le 24 janvier.\nMlle Anne Vila chante d'une voix pure et délicatement nuancée deux mélodies de\nFauré: Rencontre et Après le Rêve, accompagnée par Mme Landormy-Plançon.\nC'est un grand plaisir d'entendre à Paris la charmante artiste qui vient de rem-\nporter un si grand succès aux excellents concerts d'Angers, dans la cavatine\nd Tphi génie en Tauride, et la Procession de Cés. Franck.\nLe 15 janvier, M. Vincent d'lndy, montrait, devant un nombreux auditoire,\n« comment on fait une sonate. )) Conférence du plus haut intérêt, non seulement\npar l'analyse pénétrante que M. d'lndy a faite de sonates de Beethoven, mais\npar la lumière que cette étude jetait, à son insu, sur sa propre façon de penser et\nde créer. Mllc Selva joua ensuite, avec sa maestria ordinaire, la Sonate appas-\nsionata de Beethoven.\nLe 22 janvier, M. Romain Rolland parla de Gluck, s'appliquant à montrer\ncombien la personnalité et l'art de Rameau étaient, quoi qu'on dise, profondé-\nment opposés à la personnalité et à l'art de Gluck, et faisant voir dans la réforme\ndramatique de ce dernier la conclusion des pensées et des travaux de l'Encyclo-\npédie française depuis vingt ans Son succès fut très vif."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "97", "page_fin": "103", "image_debut": 25, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.25", "debut_caractere": 2118, "fin_caractere_exclue": 2863, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nACADÉMIE DE MUSIQUE. —La reprise de Thaïs, de M. Massenet, a été fort\nbrillante.\n\nCONSERVATOIRE. M. Gabriel Pierné, compositeur de musique, est nommé\nmembre du Conseil supérieur d'Enseignement du Conservatoire national (sec-\ntion des études musicales), en remplacement de M. Réty, démissionnaire\n\nLE CAIRE. —M. Lagoanère, ancien directeur de théâtre à Paris, se propose\nd'organiser au Caire (Egypte) des concerts analogues à ceux qui ont été institués\nà Paris par MM. Colonne et Chevillard.\n\nPALMES ACADÉMIQUES. Nous relevons, sur la nouvelle liste de palmes acadé-\nmiques parue au Journal officiel du 15 janvier dernier, les deux noms suivants\nqui intéressent le personnel enseignant de nos écoles de musique :"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2792, "texte": "M. Charles Gripois, directeur de l'École nationale de musique à Boulogne-sur-\nMer ;\nM. Camille Hierle-Granger, professeur à l'Ecole nationale de musique de\nMontpellier.\n\nMUSÉE INSTRUMENTAL DU CONSERVATOIRE. Par arrêté ministériel, M. René\nBrancour, professeur de musique et auteur de divers ouvrages sur la musique, a\nété nommé conservateur du Musée instrumental du Conservatoire national de\nmusique et de déclamation, en remplacement de M. Pillaut, décédé.\n\nPRIX PONSIN. Par testament olographe en date du 20 juin 1884, Mmc Pro-\nvost-Ponsin, sociétaire retraitée de la Comédie-Française, a fondé un prix\nannuel de 435 francs, pouvant être accordé au moment des examens, et destiné à\nl'élève femme la plus méritante des classes de Déclamation dramatique.\nDans sa séance du 13 janvier dernier, le Comité d'examen des classes de décla-\nmation dramatique a proposé d'accorder ce prix à Mlle Ferdinande Bergé, ler ac-\ncessit de comédie en 1903.\n\nTROCADÉRO. La petite salle des fêtes du Palais du Trocadéro sera mise àla\ndisposition de M. Félix Bloc, professeur de violon, pour y organiser, le dimanche\n20 mars prochain, en matinée gratuite, une audition de ses élèves».\n\nBESANÇON. M. André Gédalge, inspecteur de l'enseignement musical, a été\ndésigné parM. le Ministre des Beaux-Arts pour se rendre à Besançon et assister\nà la première représentation de Paul a, œuvre lyrique de M. Ratez, directeur\nde l'Ecole nationale de musique, succursale du Conservatoire, à Lille.\n\nTOULOUSE. Par arrêté préfectoral en date du 15 janvier 1904, M. Bladviel a\nété nommé professeur de déclamation lyrique à l'École nationale de musique,\nsuccursale du Conservatoire, à Toulouse.\n\nCONCERTS POPULAIRES. L'inspection des Grands Concerts populaires s'effec-\ntuera de la façon suivante pour l'année 1904 :\nM. Maréchal, Marseille et Nancy ;\nM. Gédalge, Lille ;\nM. Fauré, Angers ;\nM. Lenepveu, Bordeaux.\n\nMONTPELLIER. On annonce la prochaine transformation de l'École de\nmusique de Montpellier en succursale du Conservatoire national.\n\nCONCOURS CRESSENT. —Le jury chargé de décerner le prix de la fondation\nCressent pour le 11e concours triennal procède actuellement, au Conservatoire\nnational, à 1 examen des partitions déposées et fera connaître prochainement le\ntitre de 1 ouvrage couronné et le nom de son auteur.\n\nOPÉRA-COMIQUE. M. Albert Carré se propose de donner, dans les premiers-\njours de février prochain, une grande représentation au profit de la Caisse de\npensions viagères et de secours du personnel du théâtre national de l'Opéra-\nComique.\n\nNICE.\n\n• — Le mouvement musical à Nice en cette dernière quinzaine est un peu\nr alenti. L Opéi a est si mal placé, au bord de la mer, que presque tous ses artistes\nont été grippés. On ena profité pour jouer, avec succès, Coppelia, le joli ballet de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "Léo Delibes. Je dois mentionner aussi une très remarquable reprise de Lakmé,\nun des rares opéras comiques qui se maintiennent au répertoire, où xMlle Lalla\nMiranda et M. Leprestre ont obtenu un véritable triomphe. Sont à l'étude :\nCendrillon, la Vie de Bohême (avec Mlle Guiraudon) et le Mefistofele de Boito,\nsi rarement joué. Sont en outre annoncés :la Flamenca, de Lucien Lambert,\nSiegfried et Messaline.\nAu Casino, notons les reprises de Philémon et Baucis, Mireille, Carmen, et\nenfin deZampa. Il serait certes injuste de ne pas reconnaître, dans cette œuvre\nd'Hérold, quelques heureux effets scéniques ainsi que de jolies trouvailles d'or-\nchestre, qualités malheureusement effacées par le peu de distinction des idées,\nle tapage des instruments à percussion dans les finales, et l'impression de niai-\nserie sentimentale qui se dégage de l'ensemble, et qui déplaisait si fort à Ber-\nlioz. Le rôle de Zampa, que je préfère chanté par un baryton, est ici tenu par un\nténor, M. Salignac, avec autorité.—Aux Concerts du Casino, devenus malheureu-\nsement plus rares, Mlle Marie Gamovetsky, élève du violoniste Auer, a obtenu\nbeaucoup de succès dans l'ennuyeux concerto de violon en ré mineur de Wie-\nniawski.\nA MONTECARLO, le 8e concert (jeudi 7 janvier) avait à son programme plusieurs\nnouveautés. D'abord la Symphonie en ut mineur de Glazounow, qui est\nla 6e et, je crois, la dernière du compositeur russe. Elle est divisée en quatre\nparties et se termine par un andante maestoso assez imposant. Elle contient en\noutre un thème avec variations de touche légère et un allegretto en forme de scherzo\ntrès gracieux qui ont beaucoup plu. L'ensemble ade la grandeur, mais certains\ndéveloppements sont un peu longs, défaut commun à beaucoup de compositions\nde l'école russe.\nVenait ensuite la ire audition du Cygne de Tuonela, poème symphonique de\nM. Jean Sibellius, dans lequel se fait grandement sentir 1 influence de Wagner.\nDans la mythologie finnoise, Tuonela est l'empire de la mort autour duquel\ncoule une sorte de Styx sur lequel s'avance en chantant un cygne qui n'est pas\nsans rappeler celui de Lohengrin. Cette légende a inspiré un poème qui consiste\nen un solo de cor anglais (bien rendu par M. Dorel), joli mais un peu long, sou-\ntenu par des accords de violons divisés.\nAu 9e concert (jeudi 14 janvier), on nous a fait entendre Francesca de Rimini\nde M. Bazzini, poème non sans valeur certainement, où se distingue un certain\nélan de passion, mais prétentieux en commençant, vide vers la fin, sans aucune\noriginalité dans l'ensemble, applaudi néanmoins grâce àla fougue avec laquelle\nil fut exécuté. A côté de ces premières auditions, M. Jehin fait quelques exhuma-\ntions intéressantes Cette fois il tirait de l'oubli l'ouverture du Barbier de Bagdad,\nqui date de 1858 (Weimar) et dont l'auteur, P. Cornélius, critique allemand, fut\nun des premiers et des plus ardents défenseurs de Wagner. A cette même\nséance étaient données la Symphonie en si bémol de Schumann, admirablement\ninterprétée ; l'ouverture Au printemps, de Goldmark, et la Rhapsodie hongroise\nn° 13, de Liszt, plus brillante que profonde, mais dont l'exécution a valu à 1 or-\nchestre une ovation méritée.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nLILLE.\n\nCONCERTS POPULAIRES. — Séance du 17 janvier. — Le concert\ndébutait par l'exécution cle la Symphonie en la de Beethoven. Nulle ne\ndemande plus de poésie unie à plus de puissance et de grâce, aussi"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2119, "texte": "tous les grands chefs la conduisent-ils avec prédilection, chacun\navec sa maîtrise et sa compréhension particulières. Nous avons vu tour à tour\nColonne etLamoureux, Richter et Strauss, Weingartner et Nikisch, tous dissem-\nblables dans les détails, mais tous réunis dans une même compréhension géné-\nrale de l'œuvre, se haussant au génie du Maître. Que ne pouvons-nous en dire\nautant de notre exécution lilloise ! mouvements trop lents dans l'allegretto\n(ce n'est pas une marche funèbre) et confusion dans le finale (le tumulte n est\npas exempt de rythme), etc. Beethoven exige beaucoup de cœur ! L Ouverture\nde Benvenuto Cellini fut mieux enlevée, quoique avec pas assez d'éclat et de\nsonorité, ce qui tient àla faiblesse numérique de l'orchestre, et la qualité ne\npeut remplacer complètement la quantité.\nM. Grovlez, élève de Diemer, et Lillois de naissance, interpréta les Varia-\ntions symphoniques de Franck, avec infiniment de distinction et de maîtrise,\npeut-être un peu froid, mais ne se souciant que du style de l'œuvre ;il y a tout\nà fait réussi, et son exécution, plus animée dans le finale (en fa dièse majeur), a\npleinement satisfait. Dans trois pièces pour piano seul, une (( Burlesque »de sa\ncomposition, il a montré combien il s'était assimilé les qualités de son Maître.\nM. P. Carolus Duran, aux œuvres duquel était consacrée la deuxième partie\ndu concert, possède un beau tempérament de chef d'orchestre, intéressant\ntoujours et que nous aurions voulu voir conduire, outre ses compositions, des\npièces classiques. Sous sa direction énergique, l'orchestre, bien en main,\nenleva avec adresse le Prélude symphonique, la Méditation, avec violon-solo\n(toujours ces méditations de concert ou de cathédrale) et la Danse. Chef\ndes Concerts le Rey, M. Pierre Carolus Duran, très jeune et très artiste, très\ndoué, n'écrit pas de musique révolutionnaire ; son style est simple, aimable et\ndistingué, l'écriture en est aisée, et l'audition fort agréable. Il ya là plus que\ndes promesses.\n\nDOCTEUR GAUDIER.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 décembre 1903 au 19 janvier 1904."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 517, "texte": "II. — Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 décembre 1093 au 19 janvier 1904.\nMAX SCHÖNE.\nComme on le voit par ce tableau, c'est Gounod et M. Xavier Leroux qui\ndétiennent, en ce moment, la recette la plus élevée sur nos deux grandes scènes\nlyriques ; mais MM. V. d Indy, avec l'Etranger, et Cl. Debussy, avec Pelléas,\nviennent, Dieu merci, en bon rang.\n\nROUEN. Concerts delà Schola Ccintornm.— Les occasions d'entendre delà\nm usique de chambre sont fort rares à Rouen ; aussi devons-nous remercier la"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3161, "texte": "Schola Cantorum d'avoir eu l'excellente idée de s'assurer le concours du qua-\ntuor Zimmer pour son deuxième concert. Il nous paraît inutile de dire avec quel\nsoin artistique ces admirables virtuoses interprétèrent le Quatuor en ut majeur\nde Mozart, ainsi que celui en mi mineur de Beethoven.\nDe même, M. VanHout a admirablement joué la Sonate pour alto et piano de\nPietro Locatelli.\nA ce même concert nous eûmes aussi le plaisir d'entendre Mllc Eléonore Blanc\nchanter, de sa voix au timbre si sympathique, 1 air : « Divinités du Styx » d Al-\nceste, la Rencontre de G. Fauré et 1 Absence de Berlioz.\n\nBORDEAUX. — Grand-Théâtre.\nJos. GRIMO.\n— A son dernier passage sur notre scène,\nM. L. Escalaïs a brillamment triomphé clans Guillaume Tell et la Juive.\nL'excellent ténor a vaillamment pris sa revanche, car, indisposé à sa précé-\ndente apparition, il fut des moins heureux dans la partition de Rossini.\nLes débuts de notre nouvelle chanteuse légère, Mlle Courtenay, me font un\npeu regretter ses devancières — Mlles Landouzy et J. Meray —appelées ailleurs,\n(e pense néanmoins que, l'émotion des débuts dissipée, elle saura se montrer\nplus égale, d une vocalise plus pure et d'un jeu plus souple que celui qu'elle a\nmontré dans Manon et la Traviata pour ses débuts.\nA signaler également un nouveau ballet (Nuit de [Noël) de M. Stoumon et\nréglé par M. Laffont, qui a été bien accueilli, malgré quelques trivialités.\nOn répète toujours très activement les Maîtres Chanteurs de R. Wagner, qui\npasseront au premier jour.\n\nAu PAYS DE LA CRITIQUE MUSICALE.\nL. L.\nSous ce titre, c'est àun voyage en\nAllemagne que nous convie M. L. de la Laurencie, dans un fort intéressant ar-\nticle de Y Art moderne ( i). Chacun sait combien l'Allemagne est fermée, voire\nhostile, à toute musique venue de France ; Cés. Franck commence à peine à\ny pénétrer, la musique de V. d'lndy, selon M. Steuer, de Berlin, (( n'est pas de\nla musique )), tandis que M. Krebs, de Berlin également, relève dans le Prélude\ndu deuxième acte de Y Etranger « des pensées wagnériennes pensées une seconde\nfois » ; quant à M. Debussy, son Prélude à /'après-midi d'un Faune ne met en\njeu que notre oreille externe (nnser ausseres Ohr). Ici M. de la Laurencie fait res-\nsortir avec raison l'étrange contradiction où s'empêtre la critique allemande, en\nprônant d'une part la (( musique pure » et réclamant d'autre part des œuvres\nqui (( fassent penser », ce qui est proprement l'objet de la musique à pro-\ngrammes ». Quant aux erreurs matérielles, elles ne manquent pas, et la Schola\nCantorum de Saint-Gervais ou le Charles Debussy de M. 11. Riemann sont,\npour nous autres Français, d'assez plaisantes inventions. Il est parfaitement\npossible d'ailleurs que nous commettions de pareilles bévues quand nous parlons\nde Brahms ou de Bruckner. Mais notre goût, au moins, semble plus large, puis-\nque nous savons admirer à la fois des musiciens aussi distants que MM. d'lndy\net Debussy ; plus pur aussi : il n'eût pas été possible en France de remettre en\nmusique et d'orner de motifs conducteurs YArmide de Gluck, ainsi que vient\nde faire M. Schlar, avec de hautes approbations.\n\n(i) io janvier i 914."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.31", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1251, "texte": "Au Cercle catholique du Luxembourg, M. A. Pirro faisait, le 22 janvier, une\nconférence sur J.-S. Bach qui témoigne d'un goût fort délicat et d'une connais-\nsance approfondiedu sujet. La puissance expressive de cette musique est fort bien\ncaractérisée, et l'influence du mot, de la forme et du sens de chaque mot, sur\n1 imagination de Bach, est très nettement dégagée. Voilà qui fait bien augurer\nde la thèse que soutiendra bientôt, en Sorbonne, M. A. Pirro, sur Y Esthétique de\nBach. Des fragments de Y Oratorio de Noël ont été exécutés ensuite sous la di-\nrection de M. P. de Saunières. Le prochain concert aura lieu le 26 février ;il\nsera consacré à Saint-Saéns et précédé d'une courte allocution de M. Louis\nLaloy.\n\nWIESBADEN.\nw.\n— Le compositeur Lucien de Flagny, qui, pendant son séjour à\nMayence, eut l'honneur de voir exécuter ses Kinderlieder, œuvre d'une\npiquante originalité, à la Cour du Grand-Duc régnant de Hesse-au-Rhin et à la\nrésidence de S. A. R. Madame la Princesse Lichtenstein, vient de remporter un\nnouveau succès avec l'audition qu'il donnait ici de ses œuvres dans la salle de\nconcert Victoria. Le public très distingué n'a pas ménagé ses applaudissements\nà l'auteur et à ses interprètes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "97", "page_fin": "97", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.1", "titre_corps": "ACADÉMIE DE MUSIQUE. —La reprise de Thaïs, de M. Massenet, a été fort", "titre_sommaire": "ACADÉMIE DE MUSIQUE. —La reprise de Thaïs, de M. 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René", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.26", "debut_caractere": 184, "fin_caractere_exclue": 471, "texte": "MUSÉE INSTRUMENTAL DU CONSERVATOIRE. Par arrêté ministériel, M. René\nBrancour, professeur de musique et auteur de divers ouvrages sur la musique, a\nété nommé conservateur du Musée instrumental du Conservatoire national de\nmusique et de déclamation, en remplacement de M. Pillaut, décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "98", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.6", "titre_corps": "PRIX PONSIN. Par testament olographe en date du 20 juin 1884, Mmc", "titre_sommaire": "PRIX PONSIN. Par testament olographe en date du 20 juin 1884, Mmc", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.26", "debut_caractere": 473, "fin_caractere_exclue": 954, "texte": "PRIX PONSIN. Par testament olographe en date du 20 juin 1884, Mmc Pro-\nvost-Ponsin, sociétaire retraitée de la Comédie-Française, a fondé un prix\nannuel de 435 francs, pouvant être accordé au moment des examens, et destiné à\nl'élève femme la plus méritante des classes de Déclamation dramatique.\nDans sa séance du 13 janvier dernier, le Comité d'examen des classes de décla-\nmation dramatique a proposé d'accorder ce prix à Mlle Ferdinande Bergé, ler ac-\ncessit de comédie en 1903."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "98", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.7", "titre_corps": "TROCADÉRO. La petite salle des fêtes du Palais du Trocadéro sera mise àla", "titre_sommaire": "TROCADÉRO. La petite salle des fêtes du Palais du Trocadéro sera mise àla", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.26", "debut_caractere": 956, "fin_caractere_exclue": 1179, "texte": "TROCADÉRO. La petite salle des fêtes du Palais du Trocadéro sera mise àla\ndisposition de M. Félix Bloc, professeur de violon, pour y organiser, le dimanche\n20 mars prochain, en matinée gratuite, une audition de ses élèves»."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c043", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "98", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.8", "titre_corps": "BESANÇON. M. André Gédalge, inspecteur de l'enseignement musical, a été", "titre_sommaire": "BESANÇON. M. André Gédalge, inspecteur de l'enseignement musical, a été", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.26", "debut_caractere": 1181, "fin_caractere_exclue": 1479, "texte": "BESANÇON. M. André Gédalge, inspecteur de l'enseignement musical, a été\ndésigné parM. le Ministre des Beaux-Arts pour se rendre à Besançon et assister\nà la première représentation de Paul a, œuvre lyrique de M. 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Bladviel a\nété nommé professeur de déclamation lyrique à l'École nationale de musique,\nsuccursale du Conservatoire, à Toulouse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "98", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.10", "titre_corps": "CONCERTS POPULAIRES. L'inspection des Grands Concerts populaires", "titre_sommaire": "CONCERTS POPULAIRES. 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Lenepveu, Bordeaux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c046", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "98", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.11", "titre_corps": "MONTPELLIER. On annonce la prochaine transformation de l'École de", "titre_sommaire": "MONTPELLIER. 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M. Albert Carré se propose de donner, dans les", "titre_sommaire": "OPÉRA-COMIQUE. M. Albert Carré se propose de donner, dans les", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.26", "debut_caractere": 2306, "fin_caractere_exclue": 2542, "texte": "OPÉRA-COMIQUE. M. Albert Carré se propose de donner, dans les premiers-\njours de février prochain, une grande représentation au profit de la Caisse de\npensions viagères et de secours du personnel du théâtre national de l'Opéra-\nComique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c049", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "99", "image_debut": 26, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.14", "titre_corps": "NICE.", "titre_sommaire": "NICE.", "signature_source": "EDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.26", "debut_caractere": 2544, "fin_caractere_exclue": 2792, "texte": "NICE.\n\n• — Le mouvement musical à Nice en cette dernière quinzaine est un peu\nr alenti. L Opéi a est si mal placé, au bord de la mer, que presque tous ses artistes\nont été grippés. On ena profité pour jouer, avec succès, Coppelia, le joli ballet de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3210, "texte": "Léo Delibes. Je dois mentionner aussi une très remarquable reprise de Lakmé,\nun des rares opéras comiques qui se maintiennent au répertoire, où xMlle Lalla\nMiranda et M. Leprestre ont obtenu un véritable triomphe. Sont à l'étude :\nCendrillon, la Vie de Bohême (avec Mlle Guiraudon) et le Mefistofele de Boito,\nsi rarement joué. Sont en outre annoncés :la Flamenca, de Lucien Lambert,\nSiegfried et Messaline.\nAu Casino, notons les reprises de Philémon et Baucis, Mireille, Carmen, et\nenfin deZampa. Il serait certes injuste de ne pas reconnaître, dans cette œuvre\nd'Hérold, quelques heureux effets scéniques ainsi que de jolies trouvailles d'or-\nchestre, qualités malheureusement effacées par le peu de distinction des idées,\nle tapage des instruments à percussion dans les finales, et l'impression de niai-\nserie sentimentale qui se dégage de l'ensemble, et qui déplaisait si fort à Ber-\nlioz. Le rôle de Zampa, que je préfère chanté par un baryton, est ici tenu par un\nténor, M. Salignac, avec autorité.—Aux Concerts du Casino, devenus malheureu-\nsement plus rares, Mlle Marie Gamovetsky, élève du violoniste Auer, a obtenu\nbeaucoup de succès dans l'ennuyeux concerto de violon en ré mineur de Wie-\nniawski.\nA MONTECARLO, le 8e concert (jeudi 7 janvier) avait à son programme plusieurs\nnouveautés. D'abord la Symphonie en ut mineur de Glazounow, qui est\nla 6e et, je crois, la dernière du compositeur russe. Elle est divisée en quatre\nparties et se termine par un andante maestoso assez imposant. Elle contient en\noutre un thème avec variations de touche légère et un allegretto en forme de scherzo\ntrès gracieux qui ont beaucoup plu. L'ensemble ade la grandeur, mais certains\ndéveloppements sont un peu longs, défaut commun à beaucoup de compositions\nde l'école russe.\nVenait ensuite la ire audition du Cygne de Tuonela, poème symphonique de\nM. Jean Sibellius, dans lequel se fait grandement sentir 1 influence de Wagner.\nDans la mythologie finnoise, Tuonela est l'empire de la mort autour duquel\ncoule une sorte de Styx sur lequel s'avance en chantant un cygne qui n'est pas\nsans rappeler celui de Lohengrin. Cette légende a inspiré un poème qui consiste\nen un solo de cor anglais (bien rendu par M. Dorel), joli mais un peu long, sou-\ntenu par des accords de violons divisés.\nAu 9e concert (jeudi 14 janvier), on nous a fait entendre Francesca de Rimini\nde M. Bazzini, poème non sans valeur certainement, où se distingue un certain\nélan de passion, mais prétentieux en commençant, vide vers la fin, sans aucune\noriginalité dans l'ensemble, applaudi néanmoins grâce àla fougue avec laquelle\nil fut exécuté. A côté de ces premières auditions, M. Jehin fait quelques exhuma-\ntions intéressantes Cette fois il tirait de l'oubli l'ouverture du Barbier de Bagdad,\nqui date de 1858 (Weimar) et dont l'auteur, P. Cornélius, critique allemand, fut\nun des premiers et des plus ardents défenseurs de Wagner. A cette même\nséance étaient données la Symphonie en si bémol de Schumann, admirablement\ninterprétée ; l'ouverture Au printemps, de Goldmark, et la Rhapsodie hongroise\nn° 13, de Liszt, plus brillante que profonde, mais dont l'exécution a valu à 1 or-\nchestre une ovation méritée.\n\nEDOUARD PERRIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c050", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "99", "page_fin": "100", "image_debut": 27, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.15", "titre_corps": "LILLE.", "titre_sommaire": "LILLE.", "signature_source": "DOCTEUR GAUDIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.27", "debut_caractere": 3212, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "LILLE.\n\nCONCERTS POPULAIRES. — Séance du 17 janvier. — Le concert\ndébutait par l'exécution cle la Symphonie en la de Beethoven. Nulle ne\ndemande plus de poésie unie à plus de puissance et de grâce, aussi"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2023, "texte": "tous les grands chefs la conduisent-ils avec prédilection, chacun\navec sa maîtrise et sa compréhension particulières. Nous avons vu tour à tour\nColonne etLamoureux, Richter et Strauss, Weingartner et Nikisch, tous dissem-\nblables dans les détails, mais tous réunis dans une même compréhension géné-\nrale de l'œuvre, se haussant au génie du Maître. Que ne pouvons-nous en dire\nautant de notre exécution lilloise ! mouvements trop lents dans l'allegretto\n(ce n'est pas une marche funèbre) et confusion dans le finale (le tumulte n est\npas exempt de rythme), etc. Beethoven exige beaucoup de cœur ! L Ouverture\nde Benvenuto Cellini fut mieux enlevée, quoique avec pas assez d'éclat et de\nsonorité, ce qui tient àla faiblesse numérique de l'orchestre, et la qualité ne\npeut remplacer complètement la quantité.\nM. Grovlez, élève de Diemer, et Lillois de naissance, interpréta les Varia-\ntions symphoniques de Franck, avec infiniment de distinction et de maîtrise,\npeut-être un peu froid, mais ne se souciant que du style de l'œuvre ;il y a tout\nà fait réussi, et son exécution, plus animée dans le finale (en fa dièse majeur), a\npleinement satisfait. Dans trois pièces pour piano seul, une (( Burlesque »de sa\ncomposition, il a montré combien il s'était assimilé les qualités de son Maître.\nM. P. Carolus Duran, aux œuvres duquel était consacrée la deuxième partie\ndu concert, possède un beau tempérament de chef d'orchestre, intéressant\ntoujours et que nous aurions voulu voir conduire, outre ses compositions, des\npièces classiques. Sous sa direction énergique, l'orchestre, bien en main,\nenleva avec adresse le Prélude symphonique, la Méditation, avec violon-solo\n(toujours ces méditations de concert ou de cathédrale) et la Danse. Chef\ndes Concerts le Rey, M. Pierre Carolus Duran, très jeune et très artiste, très\ndoué, n'écrit pas de musique révolutionnaire ; son style est simple, aimable et\ndistingué, l'écriture en est aisée, et l'audition fort agréable. Il ya là plus que\ndes promesses.\n\nDOCTEUR GAUDIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c051", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "100", "page_fin": "100", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.16", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Recettes détaillées du 20 décembre 1903 au 19 janvier 1904.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. 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Saint-\nSaëns.\nV. d'Indy. Léonca-\nvallo.\nGounod.\nV. d'Indy. Mozart.\nWagner.\nGounod.\nWagner.\nVerdi.\nGounod.\nV. d'Indy. Mozart.\nMeyerbeer.\nV. d'Indy. Widor.\nWagner.\nGounod,\nGounod.\n14.872 41\n14.932 76\n14.962 91\n13.i 58 »\n1 3.516 91\n14.255 76\n17.548 41\n14.645 »\n12.609 91\n13.571 26\n14.577 41\n9.841 »\n12.129 41\n14.753 76\n15.420 41\n20.18g 41"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c053", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "101", "page_fin": "101", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.17", "titre_corps": "II. — Opéra-Comique. 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Gounod.\n3.892\n8.419\n1.199\n9.735\n»\n22\nDécemb.\nW erther.\nMassenet.\n5o\n»\n2 3\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n24\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n»\n25\n— matinée\nMignon— Les Rendez-vous bo\nur-\n2 5\n— soirée\ngeois.\nA. Thomas. Nicolo.\n5.879\n»\nLa Traviata. — Les Noces\nde\n26\nJeannette.\nVerdi. Massé.\n5.q83\n5o\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n8.820\n5o\n27\n— matinée\nWerther. — Le Maître\nde\n— soirée\nchapelle.\nMassenet. Paer.\n8.181\n5o\n2 7\nManon.\nMassenet.\n5.173 5o\n28\n—\nLouise.\nCharpentier.\n4.486\n»\n29\n—\nLa Reine Fiammette\nXavier Leroux.\n5.58u 5o\n3o\n—\nLa Tosca. — Le Toréador.\nPuccini. Adam.\n3.877\n9.309\n»\n31\nJanvier\nCarmen.\nBizet.\n5o\nIer\nLa Basoche — Les Rendez-vous\n— matinée\nbourgeois.\nMessager. Nicolo.\n4.145\n»\n2\nLakm3 — La Fille du Régiment.\nL. Delibes. Donizetti.\n8.333\n5o\n2\n— soirée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n0.766\nSo\nO\n0\n— matinée\nLa Dame blanche —Le Médecin\n— soirée\nmalgré lui.\nBoïeldieu. Gounod.\n7.852\n5o\n3\nMignon — Les Rendez-vous bour-\n— matinée\ngeois.\nA. Thomas. Nicolo.\n5.855\n5o\n4\nMireille.\nGounod.\n3.143 5o\n4\n— soirée\nMireille.\nGounod.\n4.480 5o\n5\n/•\n—\nLouise.\nCharpentier.\n3.889\n»\n6\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.772\n7.6 5i\n5o\n7\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5o\n8\n—\nManon.\nMassenet.\n5.368\n»\n9\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n7.920\n»\n1 0\n— matinée\nLes Noces de Jeannette.\n—\n— soirée\nMu guette.\nMassé. Missa.\n4-579\n5o\n10\nLakmé — Maître Wolfram.\nL. Delibes. E. Reyer.\n3.783\n»\n11\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n/\n3.944\n5o\n12\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6.638\n5o\n13\n—\nLa Dame blanche — Le secret\nBoïeldieu. G. et J.\nde Maître Camille.\nParis.\n3.5oy\n7.802\n5.761\n5o\n14\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n»\n15\n—\nCarmen.\nBizet.\n5o\n16\n—\nLe roi d'Ys.\nLalo.\n9 0I4\n5o\n'7\n— matinée\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n6.448\n»\n[7\n— soirée\nManon.\nMassenet.\n5.211\n»\n18\n—\nMuguet te — Le secret de Maître\n-\nCornille.\nMissa. Paris.\n3.751\n»\n19\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n/\n4.022\n»"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c055", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "101", "page_fin": "102", "image_debut": 29, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.18", "titre_corps": "ROUEN. Concerts delà Schola Ccintornm.— Les occasions d'entendre delà", "titre_sommaire": "ROUEN. Concerts delà Schola Ccintornm.— Les occasions d'entendre delà", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.29", "debut_caractere": 371, "fin_caractere_exclue": 517, "texte": "ROUEN. Concerts delà Schola Ccintornm.— Les occasions d'entendre delà\nm usique de chambre sont fort rares à Rouen ; aussi devons-nous remercier la"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 612, "texte": "Schola Cantorum d'avoir eu l'excellente idée de s'assurer le concours du qua-\ntuor Zimmer pour son deuxième concert. Il nous paraît inutile de dire avec quel\nsoin artistique ces admirables virtuoses interprétèrent le Quatuor en ut majeur\nde Mozart, ainsi que celui en mi mineur de Beethoven.\nDe même, M. VanHout a admirablement joué la Sonate pour alto et piano de\nPietro Locatelli.\nA ce même concert nous eûmes aussi le plaisir d'entendre Mllc Eléonore Blanc\nchanter, de sa voix au timbre si sympathique, 1 air : « Divinités du Styx » d Al-\nceste, la Rencontre de G. Fauré et 1 Absence de Berlioz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c056", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "102", "page_fin": "102", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.19", "titre_corps": "BORDEAUX. — Grand-Théâtre.", "titre_sommaire": "BORDEAUX. — Grand-Théâtre.", "signature_source": "Jos. GRIMO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.30", "debut_caractere": 614, "fin_caractere_exclue": 1527, "texte": "BORDEAUX. — Grand-Théâtre.\nJos. GRIMO.\n— A son dernier passage sur notre scène,\nM. L. Escalaïs a brillamment triomphé clans Guillaume Tell et la Juive.\nL'excellent ténor a vaillamment pris sa revanche, car, indisposé à sa précé-\ndente apparition, il fut des moins heureux dans la partition de Rossini.\nLes débuts de notre nouvelle chanteuse légère, Mlle Courtenay, me font un\npeu regretter ses devancières — Mlles Landouzy et J. Meray —appelées ailleurs,\n(e pense néanmoins que, l'émotion des débuts dissipée, elle saura se montrer\nplus égale, d une vocalise plus pure et d'un jeu plus souple que celui qu'elle a\nmontré dans Manon et la Traviata pour ses débuts.\nA signaler également un nouveau ballet (Nuit de [Noël) de M. Stoumon et\nréglé par M. Laffont, qui a été bien accueilli, malgré quelques trivialités.\nOn répète toujours très activement les Maîtres Chanteurs de R. Wagner, qui\npasseront au premier jour."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c057", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "102", "page_fin": "103", "image_debut": 30, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.20", "titre_corps": "Au PAYS DE LA CRITIQUE MUSICALE.", "titre_sommaire": "Au PAYS DE LA CRITIQUE MUSICALE.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.30", "debut_caractere": 1529, "fin_caractere_exclue": 3161, "texte": "Au PAYS DE LA CRITIQUE MUSICALE.\nL. L.\nSous ce titre, c'est àun voyage en\nAllemagne que nous convie M. L. de la Laurencie, dans un fort intéressant ar-\nticle de Y Art moderne ( i). Chacun sait combien l'Allemagne est fermée, voire\nhostile, à toute musique venue de France ; Cés. Franck commence à peine à\ny pénétrer, la musique de V. d'lndy, selon M. Steuer, de Berlin, (( n'est pas de\nla musique )), tandis que M. Krebs, de Berlin également, relève dans le Prélude\ndu deuxième acte de Y Etranger « des pensées wagnériennes pensées une seconde\nfois » ; quant à M. Debussy, son Prélude à /'après-midi d'un Faune ne met en\njeu que notre oreille externe (nnser ausseres Ohr). Ici M. de la Laurencie fait res-\nsortir avec raison l'étrange contradiction où s'empêtre la critique allemande, en\nprônant d'une part la (( musique pure » et réclamant d'autre part des œuvres\nqui (( fassent penser », ce qui est proprement l'objet de la musique à pro-\ngrammes ». Quant aux erreurs matérielles, elles ne manquent pas, et la Schola\nCantorum de Saint-Gervais ou le Charles Debussy de M. 11. Riemann sont,\npour nous autres Français, d'assez plaisantes inventions. Il est parfaitement\npossible d'ailleurs que nous commettions de pareilles bévues quand nous parlons\nde Brahms ou de Bruckner. Mais notre goût, au moins, semble plus large, puis-\nque nous savons admirer à la fois des musiciens aussi distants que MM. d'lndy\net Debussy ; plus pur aussi : il n'eût pas été possible en France de remettre en\nmusique et d'orner de motifs conducteurs YArmide de Gluck, ainsi que vient\nde faire M. Schlar, avec de hautes approbations.\n\n(i) io janvier i 914."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.31", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 757, "texte": "Au Cercle catholique du Luxembourg, M. A. Pirro faisait, le 22 janvier, une\nconférence sur J.-S. Bach qui témoigne d'un goût fort délicat et d'une connais-\nsance approfondiedu sujet. La puissance expressive de cette musique est fort bien\ncaractérisée, et l'influence du mot, de la forme et du sens de chaque mot, sur\n1 imagination de Bach, est très nettement dégagée. Voilà qui fait bien augurer\nde la thèse que soutiendra bientôt, en Sorbonne, M. A. Pirro, sur Y Esthétique de\nBach. Des fragments de Y Oratorio de Noël ont été exécutés ensuite sous la di-\nrection de M. P. de Saunières. Le prochain concert aura lieu le 26 février ;il\nsera consacré à Saint-Saéns et précédé d'une courte allocution de M. Louis\nLaloy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c058", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "103", "page_fin": "103", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.8.21", "titre_corps": "WIESBADEN.", "titre_sommaire": "WIESBADEN.", "signature_source": "w", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.31", "debut_caractere": 759, "fin_caractere_exclue": 1251, "texte": "WIESBADEN.\nw.\n— Le compositeur Lucien de Flagny, qui, pendant son séjour à\nMayence, eut l'honneur de voir exécuter ses Kinderlieder, œuvre d'une\npiquante originalité, à la Cour du Grand-Duc régnant de Hesse-au-Rhin et à la\nrésidence de S. A. R. Madame la Princesse Lichtenstein, vient de remporter un\nnouveau succès avec l'audition qu'il donnait ici de ses œuvres dans la salle de\nconcert Victoria. Le public très distingué n'a pas ménagé ses applaudissements\nà l'auteur et à ses interprètes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c059", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "103", "page_fin": "103", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.9", "titre_corps": "Nos concours", "titre_sommaire": "Nos concours", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.31", "debut_caractere": 1253, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "Nos concours\n(Suite et fin).\nNous avons reçu les nouvelles compositions portant les devises suivantes :\nSur rherbe molle, dans la nuit, les jeunes filles ont dansé toutes ensemble (Pierre\nLouys, les Chansons de Bilitis). —Au petit bonheur. —ln tenui labor.— Le\nrythme est Vélément masculin de la musique ; la mélodie en est Vélément jéminin\n(J. C.). Quot capita, tôt sensus. L'aurore apparaissait (Victor Hugo). Un\ntiens vaut mieux que deux tu ïauras.— De verre pour gémir, d'airain pour résister.\nIre et lœtare. Le simple plaît aux petits. Lœtamini. Regarde ton but et\nmarche. Permamero. Nil desperandum. Il est bon de lire et d'écrire.\nAbbiamo 11110 fratello."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c060", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "103", "page_fin": "104", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.10", "titre_corps": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "titre_sommaire": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.31", "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.\n\nNous avons reçu, en réponse à la question posée dans notre dernier article,\nplusieurs lettres ; la suivante nous paraît donner l'analyse la plus claire et la plus\nprécise du passage que nous citions :\nMonsieur le Directeur,\nVotre Revue du 15 janvier pose (p. 72) une question à laquelle répondront sans peine tous les\nlecteurs de vos précédents articles sur les notes de passage, broderies, échappées et appoggiature.\nL'harmonie classique aura tôt fait de remettre à sa place chacune des notes de cette longue phrase\nde Beethoven :"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.32", "debut_caractere": 173, "fin_caractere_exclue": 2749, "texte": "' On voit facilement que tout repose ici sur deux accords seulement : l'accord de la tonique, qui\nrègne sur les deux premières mesures pour revenir à la dernière, avec un a retard » ou prolon-\ngement du la\\) bientôt résolu sur le sol; et l'accord de septième de dominante [si \\)-ré-fa-la b)\ndans son premier renversement {ré-fa-la b -si'v) occupe les deux mesures intermédiaires ; la mélodie,\nen ajoutant un ut à cette harmonie, en fera un accord de neuvième, dont la signification tonale\nsera exactement la même. Seront donc étrangères à l'harmonie: dans les deux premières mesures\net la dernière, toutes les notes qui ne seront ni des mi b, ni des sol, ni des si b ; dans les deux\nautres, toutes celles qui ne s'appelleront pas si b? ré, fa, la b ou ut. Reste à leur trouver des déno-\nminations.\n/re mesure. Le la b (petite note) est une broderie brève du sol ;le fa est une broderie de\nce même sol, et le la b est une no te de passage, qui doit aboutir sur le si b .\n2e mesure. Mais ce si b est remplacé d'abord par une appoggiature chromatique (la fi) qui dure\ntrois temps. On trouve ensuite une broderie brève (ut), une broderie chromatique [la fi), et un si fi\nqui doit être considéré comme une anticipation du si fi de la mesure suivante.\nye mesure. Ce si fi, qui forme une dissonance très forte, est symétrique au la fi de la mesure\nprécédente. C'est une appoggiature chromatique de Yut. Mais il est lui-même brodé par Yut et le\nla, et lorsqu'on croit qu'il va se résoudre, survient une autre appoggiature, supérieure cette fois, de\nYut, auquel il ne reste plus qu'une triple croche. Le fa qui suit est une note « réelle », ornée d'une\nbroderie supérieure et inférieure et d'une note de passage (sol).\n4e mesure. Le la b est une note réelle, le sol une note de passage qui mène au fa, autre note\nréelle, brodée d'un mi fi; on retourne au la b par le sol, à Yut par le sf b, cet ut est orné d'une\nbroderie chromatique (sf fi); le dernier la b est note réelle aussi.\n5e mesure. Le fa jfi est une appoggiature chromatique du sol.\nRécapitulons. La phrase se compose de 30 notes ; réduite à ses notes réelles, elle n'en contient que 18.\nTout le reste est condamné, banni de l'harmonie pour différents motifs. Et maintenant une\nquestion se pose : Beethoven a-t-il d'abord pensé la phrase sous sa forme réduite et harmonique,\nou au contraire lui est-elle venue à la pensée avec tous ses accents expressifs? Je laisse le soin de\nla résoudre à déplus experts, et me contente d'affirmer ma préférence personnelle pour la phrase\ncomplète.\nVeuillez agréer, etc.\n\nPROSPER DOURAQUE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-01-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-01_01#c061", "volume": "bmtnabj_1904-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "103", "page_fin": "104", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.2.10.1", "titre_corps": "Nous avons reçu, en réponse à la question posée dans notre dernier article,", "titre_sommaire": "Nous avons reçu, en réponse à la question posée dans notre dernier article,", "signature_source": "PROSPER DOURAQUE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.31", "debut_caractere": 1957, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "Nous avons reçu, en réponse à la question posée dans notre dernier article,\nplusieurs lettres ; la suivante nous paraît donner l'analyse la plus claire et la plus\nprécise du passage que nous citions :\nMonsieur le Directeur,\nVotre Revue du 15 janvier pose (p. 72) une question à laquelle répondront sans peine tous les\nlecteurs de vos précédents articles sur les notes de passage, broderies, échappées et appoggiature.\nL'harmonie classique aura tôt fait de remettre à sa place chacune des notes de cette longue phrase\nde Beethoven :"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.32", "debut_caractere": 173, "fin_caractere_exclue": 2749, "texte": "' On voit facilement que tout repose ici sur deux accords seulement : l'accord de la tonique, qui\nrègne sur les deux premières mesures pour revenir à la dernière, avec un a retard » ou prolon-\ngement du la\\) bientôt résolu sur le sol; et l'accord de septième de dominante [si \\)-ré-fa-la b)\ndans son premier renversement {ré-fa-la b -si'v) occupe les deux mesures intermédiaires ; la mélodie,\nen ajoutant un ut à cette harmonie, en fera un accord de neuvième, dont la signification tonale\nsera exactement la même. 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M.\n6\n\nM. Gustave LYON"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.2", "texte": "M. GUSTAVE LYON\n\n(( Je me suis toujours senti attiré par la mystérieuse union des mathématiques et de\nla musique ; par Vapplication de la science la plus abstraite et la plus logique ci celui\nde tous les arts qui est le plus immatériel, le plus vaporeux, le plus délicat, celui qui\nnous fait éprouver les sensations les plus incalculables et les plus indéfinissables. ))\nAinsi s'exprime le grand physicien Helmholtz dans la célèbre conférence qu'il\nfit à Bonn sur l'harmonie musicale.\nNous rendons aujourd'hui hommage à cette alliance des mathématiques et de\nla musique dans la personne de M. Gustave Lyon. Continuateur de Pleyel, Di-\nrecteur de cette illustre maison qui a rendu tant de services à l'art, non seule-\nment par les instruments qu elle a répandus dans les deux mondes, mais par sa\nsalle de concert où se sont fait entendre les meilleurs artistes de tous les pays et\ndont les archives particulières permettraient d'écrire l'histoire de la musique de\nchambre au xixe siècle, M. Lyon réalise bien ce mystérieux concours d'activités\nopposées dont parle Helmholtz. Ce fabricant de pianos, de harpes et de clavecins,\nest ancien élève de 1 Ecole polytechnique et de 1 Ecole des mines. Il me plaît in-\nfiniment de rappeler ces titres. L'alliance de la haute culture scientifique et de\nl'habileté pratique est une synthèse trop belle en soi, et trop rare chez les mu-\nsiciens, pour qu'on ne la salue pas, à l'occasion, avec un soin particulier ; elle\ncrée une aristocratie spéciale de l'intelligence et du travail qui, placée sur la fron-\ntière du beau et de 1 utile, sait étendre son influence sur ces deux domaines à la\nfois, et mérite cl'y être également honorée.\nM. Lyon a prouvé maintes fois les services que la science pouvait rendre à\nl'art ; et si nous étions encore aux temps lointains où, pour obtenir le titre de\n(( maître », il fallait faire un (( chef-d'œuvre », nul ne pourrait justifier mieux que\nlui les honneurs qu'il a obtenus. En 1889 (pour l'Exposition), il reconstitue le\ncharmant et grêle clavecin d'autrefois ; en 1896, par une combinaison aussi in-\ngénieuse que simple, il crée le piano double, permettant à deux exécu-\ntants de jouer avec un accord immuable ; en 1900, étudiant les timbales usitées\ndans nos orchestres, il imagine un moyen de raccourcir ou d'allonger à volonté\nle diamètre de la circonférence frappée par les baguettes, et il crée ainsi les tim-\nbales chromatiques. Dans le même-ordre de faits-et de tendances (auquel on peut\nrattacher son œuvre principale, la harpe, réalisée en 1897), il prépare aujour-\nd'hui, sur la demande du compositeur Puccini, un instrument destiné à rempla-"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.3", "texte": "M. GUSTAVE LYON\n\ncer les lourdes cloches parfois employées à l'Opéra : sur des lamelles de métal,\nfrappées comme une peau de tambour, et relativement très légères, il va obtenir,\ngrâce à certaines tensions, des sons aussi pleins, aussi profonds que ceux des sa-\nvoyardes les plus graves; mais il les varie sans limites, comme ceux d'un tympa-\nnum. J'ajouterai qu'il y a quelques mois, il était installé dans la salle du Troca-\ndéro avec des instruments de physique, pour faire des expériences très utiles\nqu'a couronnées un plein succès : avec la collaboration de l'éminent architecte\nM. Bourdais, il était arrivé à déterminer les points précis de la salle où se pro-\nduisait un écho, et il a indiqué scientifiquement les moyens de guérir ce mal si\nredouté des artistes et des auditeurs.\nJe ne suivrai point une à une, pour les étudier en détail, toutes les étapes de\nla brillante carrière de M. Lyon (1). Je me bornerai à rappeler quelques faits au\nsujet de la harpe chromatique dont il est l'inventeur et qui n'a pas conquis sans\npeine son droit de cité parmi nous. Je me croirais indigne de tenir une plume et\nde parler musique si, connaissant une injustice musicale, je ne la signalais pas\navec une entière liberté.\nAu cours de l'année 1902, M. Lyon fît une demande officielle pour que la harpe\nchromatique, déjà adoptée par plusieurs conservatoires de la province et de\nl'étranger (2), fût admise au Conservatoire de Paris. Le ministre de l'lnstruction\npublique a plein pouvoir pour ordonner, de sa propre autorité, une création de\nce genre ; mais une tradition de courtoisie veut qu'il consulte d'abord le Conseil\ncTenseignement pour les études musicales placé à la tête du Conservatoire par le\ndécret du 11 septembre 1878. Ce Conseil est composé du Directeur des Beaux-\nArts, du Directeur du Conservatoire, des membres de la Section de musique de\nl'lnstitut, des professeurs de composition de l'Ecole, du chef du secrétariat, et du\nchef du bureau des théâtres. Ces conseillers, d'après le texte du décret, (( peu-\nvent être appelés à donner, séparément ou réunis en Conseil supérieur, leur avis\nsur les questions et les mesures d'intérêt général, relatives à l'enseignement du\nConservatoire )). Les circonstances voulurent qu'à ce moment je fusse appelé\nmoi-même à me faire une opinion dans la question. J'avais entendu la harpe\nchromatique dans un salon, et elle m'avait plu par ses qualités propres autant\nque par sa nouveauté ; cependant, me méfiant de cette première impression, frappé\nde voir deux musiciens illustres s'opposer au projet, et résolu à m'éclairer aussi\ncomplètement que possible, je n'hésitai pas à faire un voyage de quelques heures\nau delà de la frontière pour recueillir le témoignage d'un juge impartial, univer-\nsellement reconnu comme la première autorité de notre temps en matière de\nscience musicale : M. Gevaert, Directeur du Conservatoire de Bruxelles.\n\n(1) Né à Paris, le 19 novembre 1857, M. Lyon est le fils de Mme Edouard Lyon, professeur de\npiano, et d'E. Lyon, baryton, qui fit partie de l'Opéra. Sa grand'mère, Mme Coche, était profes-\nseur au Conservatoire de Paris; il est enfin le neveu de Mme Ambroise Thomas. De tous les côtés,\non le voit, les traditions et les hérédités musicales sont nombreuses. Après de brillantes études\naux lycées Louis-le-Grand et Saint-Louis, M. Lyon entre à l'Ecole polytechnique en 1877 î en\n1879, il entre à 1 Ecole de Fontainebleau avec le n\" 2 et en sort, peu de temps après, pour entrer\nà l'Ecole des mines ; en 1882, il sort de cette dernière Ecole avec le diplôme d'lngénieur civil des\nmines ; en 1887, il devient Directeur-chef delà maison Pleyel. Président des comités d'admission\net d'installation ainsi que du jury international des récompenses (classe 17) de l'Exposition uni-\nverselle de 1900, il est aujourd'hui Président de la Chambre syndicale des facteurs d'instruments\nde musique et Officier de la Légion d'honneur.\n(2) Conservatoires, succursales ou écoles de Lille, de Nîmes, de Saint-Étienne, de Bruxelles,\nd Amsterdam, de Milan, de Florence, de Bologne, de Venise."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.4", "texte": "M. GUSTAVE LYON\n\nJe revois encore, clans son cabinet de travail, le noble vieillard dont la figure\nénergique,encadréede longs cheveux,exprime une si haute personnalitéde savant.\n(( Que pensez-vous, lui dis-je, de la harpe chromatique ? ))\nSouriant d'étonnement à cette questioncomme si elle lui paraissait un peu\noiseuse, M. Gevaert me répondit exactement :\n(( Je pense d elle la même chose que du cor ou de la trompette chromatiques.\nC est un instrument qui était limité autrefois à un certain nombre de sons ; il\ns'est transformé pour se mettre en harmonie avec les exigences de la musique\nmoderne et acquérir plus de richesse. Le progrès est si réel, si évident, que je\nn ai pas hésité à créer une classe de harpe chromatique au Conservatoire de\nBruxelles...\n(( Voici un passage très connu de la Walkiïre qu'on ne peut exécuter avec les\nharpes à pédales qu'en divisant le travail des exécutants :\n« Dans un tel passage, diviser le travail, c est rompre l'unité d'exécution. »\nA partir de ce moment, ma conviction fut arrêtée. A Paris, d'ailleurs, les\ncompositeurs les plus qualifiés envoyaient publiquement leurs sympathies les\nplus chaleureuses à M. Lyon : c'étaient M. Massenet, M. Alfred Bruneau,\nM. Gustave Charpentier, M. Cortot, M. Erlanger, M. Alexandre Georges',\nM. Charles Lefebvre, M. Xavier Leroux, M. Henri Rabaud, M. Luiginf\nM. Raynaldo Ilahn, au témoignage desquels s'ajoutaient ceux d'un Hans\nRichter, d un Félix Mottl... Tous reconnaissaient l'utilité pratique du nouvel\ninstrument, qui est la suivante : dans les harpes à pédales, l'exécutant qui veut\npioduiie des demi-tons est obligé de modifier la longueur de certaines cordes\npar des mouvements du pied qui, forcément, sont limités ; dans la harpe chroma-\ntique, rien de semblable: les cordes iqui sont au nombre de 78, au lieu de 47)\nsont disposées sur deux plans qui se croisent ; dans l'un, sont les cordes corres-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.5", "texte": "M. GUSTAVE LYON\n\npondant aux touches blanches du piano ; dans l'autre, sont les cordes noires\ngroupées par deux et trois, et correspondant aux notes diésées et bémolisées.\nA première vue, un pianiste de moyenne force se familiarise avec cette ingénieuse\ndisposition. J'ai déjà cité un fragment de Wagner inexécutable sur la harpe à\npédales ; en voici un d'Ambroise Thomas (Hamlet, acte IV) qui est dans le\nmême cas :\nM. Th. Dubois, qui, en matière administrative, est l'honneur et la correction\npersonnifiés, semblait vouloir s'en rapporter à l avis qu'émettrait le Conseil\nd'enseignement. Mais, dans ce Conseil, la majorité était certaine. Le procès-\nverbal de la séance en fait foi. Aujourd'hui que les difficultés sont aplanies et\nque la force des choses a fait droit à une cause juste, je veux reproduire, comme\ncuriosité digne de quelques réflexions, les trois objections que j'ai entendues de\nmes propres oreilles, formulées par deux musiciens, d'ailleurs très estimables.\nIls disaient :\ni° Il y aurait des inconvénients à introduire M. Lyon au Conservatoire, car\ncela pourrait gêner un de ses confrères qui est fournisseur de la maison ;\n2° La harpe chromatique est beaucoup plus facile à jouer que la harpe à pédales,\net, pour cette raison, elle pourrait nuire à celle-ci ;\n3° Au fond de cette affaire, il y a un intérêt commercial : M. Lyon a construit\ndes harpes, il veut les écouler.\nje ne sais lequel de ces arguments est le plus énorme. J'affirme qu ils ont pesé\nsur la minorité cbun (( Conseil supérieur )) et empêché l'opinion de la majorité\nde donner ses pleins effets. Je demande au lecteur sans parti pris d'y penser un\ninstant. Nous sommes en 1902 : et l'obstacle qui se dresse sur la route d'un\ninventeur voulant faire marcher son œuvre, c'est plus d un siècle après la\nRévolution, et comme au temps de Lulli le privilège ! Encore, au xvue siècle,\nle privilège était-il fondé sur des lettres patentes; ici, quel est le texte officiel,\nquel est le Louis XIV dont on pouvait invoquer la signature pour justifier\nl'opposition faite à un progrès qui se présentait sous la forme d une concurrence\nloyale? Nous sommes une démocratie : et ce qu'on reprochait à un instrument\nnouveau, c'est d'être accessible à tous ! Quant au troisième argument, il\ndépassait, en vérité, les limites de l'injustice banale et courante. Comment ! voilà\nun industriel qui a des dépenses énormes à soutenir, puisqu'il fait travailler"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.6", "texte": "M. GUSTAVE LYON\n\nsix cents ouvriers, auxquels il distribue un million de salaires par an (i) ; à\nl'État, il paye un formidable impôt annuel de 35.000 francs; pour construire ses\ninstruments, il lui faut des matières coûteuses, des chantiers de bois à sécher,\nsur lesquels s'immobilise un gros capital ; et, quand cet industriel, mettant à\nprofit les plus solides études, a construit une harpe qui lui a encore coûté de fortes\nsommes, on trouve mauvais qu il ne la mette pas sous une vitrine pour en faire\nune pièce de musée ? On lui jette au visage le reproche d'une ambition inté-\nressée ? Pourquoi donc un musicien qui vient d'écrire un opéra a-t-il la ridicule\npensée de le vendre à un éditeur? Pourquoi le romancier, le peintre, tous les\nartistes, ne brûlent-ils pas leurs ouvrages dès qu'ils les ont terminés ?\nMais tout ceci est, heureusement, de l'histoire ancienne, et je m'excuse de\nm'être attardé un instant à ces souvenirs. Quand deux formes d'art, précieuses à\ndes titres divers, sont en présence, faisons-nous un esprit assez libre et assez\nlarge pour les aimer toutes les deux à la fois ; efforçons-nous de créer autour\nd'elles une atmosphère de liberté. Gardons-nous de déprimer ceci pour exalter\ncela, et sachons rendre honneur au mérite partout oû on le rencontre.\n\nJULES COMBARIEU.\n\n(1) Le piano construit par la maison Pleyel, au moment où j'écris ces lignes, porte le n° 131,600.\nLa production est d'environ 3000 pianos par an. La maison assure à tous ceux de ses ouvriers qui\nont 30 3ns de services et 60 ans d âge une pension annuelle de 365 fr. sans qu'aucune somme\nait été versée par eux auparavant. Une Société de secours mutuels, dont elle entretient en très\ngrande partie la caisse, assure à tous les malades des soins gratuits."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.7", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE\n\nMusique religieuse.\n\nIl y a trois genres principauxde musique sacrée (c'est-à-dire composée sur des\ntextes liturgiques et destinée à être exécutée à l'église) : i° le plain-chant, aussi\nappelé chant grégorien, le pape saint Grégoire en étant considéré comme l'or-\nganisateur ; 2° la musique vocale, mesurée et à plusieurs parties, dont Pales-\ntrina a donné les plus beaux modèles ; 30 la musique vocale et instrumentale,\nreprésentée par Bach, Beethoven, Mozart, Cherubini, Rossini, etc... De ces\ntrois genres, le Pape préconise surtout le premier, en recommandant qu'il soit\nconforme à la tradition ; et ainsi paraît tranché définitivement (1) le conflit qui\nexistait jusqu'ici entre l'édition de Solesmes, établie d'après les manuscrits, con-\nforme aux sources,— et une édition allemande où le plain-chant est simplifié.\nPie X veut aussi que la musique palestrinienne ait une place dans la liturgie\n(sans doute, aux grandes solennités). Quant à la musique où l'orchestre s'allie\naux voix, le Souverain Pontife de l'Eglise Vadmet aussi (en se bornant à proscrire\nla musique ayant un caractère théâtral).\nCette dernière déclaration fait honneur au libéralisme artistique du Pape.\nNombreux sont les puristes qui, depuis le Concile deTrente (1545-1563), auraient\nvoulu bannir de l'Église toute composition pour orchestre, ou îestreindre tc-ut\nau moins les compositions admises à un très petit nombre. (( Tout ce qui, après\nBach, a été écrit de musique d église, porte l'empreinte de l'esprit moderne )),\ndit M. Riemann. Le P. Martini a soutenu qu'il n'y avait aucune différence entre\nle style du Stabat de Pergolèse et celui de la Serva padrona du même auteur.\n(( Quoi qu'on fasse, dit Fétis, on ne donnera jamais un caractère vraiment reli-\ngieux à la musique, sans la tonalité austère et 1 harmonie consonante (sic) du\nplain-chant. )) On pourrait multiplier ces témoignages.\nAux intransigeants qui se montrent volontiers plus catholiques que le Pape,\nPie X ferme la bouche d'un seul mot : il ne veut pas de ce qui est mondain et\nthéâtral, mais il admet la musique moderne (orchestre et chant) ; et il ne faut\npas s'en étonner. A Saint-Marc de Venise, il a dù songer plus d'une fois que si\nl'Église admet les plus brillantes richesses de la sculpture et de la peinture pour\nrehausser son culte, elle ne peut pas, logiquement, proscrire la musique (au\nsens moderne du mot).\nMais comment distinguer la musique instrumentale et vocale, qui est mon-\ndaine ou « théâtrale )), de celle qui est religieuse ? Le Pape ne donne pas, et ne\npouvait pas donner de critérium précis. Certaines personnes, qui n'ont d'ailleurs\n\n(î) Nous rappelons ces faits pour répondre à diverses lettres qui nous sont adressées par nos\nlecteurs, désireux de connaître l'état de la question."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.8", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE\n\naucune qualité pour parler au nom des fidèles, en profitent poui bafouei et\ninsulter, au nom du Pape ! des compositeurs contemporains. Il est fâcheux\nque des animosités personnelles cherchent à se prolonger, sous une nouvelle\nforme, dans le domaine religieux.\nAu sujet des Scliolce Cantorum que le Pape voudrait voir organiser, un prélat\nitalien, bien connu (même à Paris) pour sa grande compétence musicale, veut\nbien nous écrire une lettre très documentée que nous ne sommes pas autorisés\nh publier, mais dont j'extrais les passages suivants : (( Les Scliolce Cantorum sont\ndes classes où on forme des chanteurs pour l'église. Pie IX en fonda une à San\nSalvatore in Lauro ; les enfants y étaient instruits par les Frères des Ecoles\nchrétiennes : son but était de remplacer les maîtrises des basiliques patriarcales.\nIl y a une autre Schola à VAnima (église avec un collège) ; elle est dirigée par le\nmaestro Muller, et a pour objet le service de l'église allemande. C'est peut-être\nla seule qui ait un vrai programme de musique sacrée. Il y a aussi quelques\nScliolce dans la haute Italie, surtout dans les provinces vénitiennes : ie citerai\ncelles de Venise, de Padoue, et celles qui sont dirigées, en Piémont, par les\nSalésiens. En général, elles manquent d'organisation régulière. Souvent, les\nétudes de chant sont faites dans des écoles laïques relevant des municipes plutôt\nque des évêques. Le Souverain Pontife voudrait que dans chaque séminaire il y\neût une Schola régulièrement consacrée au service de l'église : tel est certaine-\nment le sens de ses paroles. ))\nIl nous a paru intéressant de demander aux quelques organistes ou maîtres de\nchapelle que nous avons eu la bonne fortune de rencontrer si la circulaire\nrécente devait avoir des conséquences immédiates dans certains diocèses.\nS'il est permis de tirer déduction des réponses qui ont été faites en général, il\nest à prévoir que les modifications seront nulles ou à peu près, du moins pour ce\nqui concerne la France.\nVoici ce que nous dit M. Dodemont (Saint-Louis-en-l'Ile) : « Les instructions\nencycliques du Pape, bien que s'étendant à toute l'Eglise catholique, visent tout\nparticulièrement Rome, où, depuis longtemps, l'on abusait des adaptations pro-\nfanes empiuntées au théâtre : elles devront à l'avenir être exclues de l'office.\n(( Le Pape et les évêques ne demandent qu'à encourager les compositions mo-\ncondition que leurs œuvres aient été spécialement écrites pour les offices\nliturgiques.\n(( Il est probable que, pour le moment, on s'en tiendra au chant grégorien et à\nla composition de maîtres tels que Th. Dubois, Samuel Rousseau, Widor, etc.\n(( Pour mon compte personnel, j'approuve complètement une décision que\n.l'on n'aurait jamais dû avoir besoin de prendre. ))\nM. Stoltz (Saint-Germain-des-Prés) :«Je ne crois pas àun effet immédiat à\nParis; cependant il est probable que l'on entendra bien rarement les violons et\nles voix d'opéra dans d'autres circonstances que les mariages ou les enterre-\nments.\n(( L'orgue est un instrument méconnu, surtout dans les églises ; certains jours\nde fête, c'est à peine s'il couvre le bruit des chaises au commencement et àla fin"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.9", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE\n\nde l'office; or il arrive que la solennité ne nous fait jouer qu'à l'entrée et àla sortie\ndes fidèles.\n« Bien des mariés exigent tel ou tel air d'opéra, au lieu de s'en rapporter à\nl'exécutant, ce qui fait que certains organistes préfèrent, le cas échéant, se faire\nremplacer. ))\nM. Béduin (Notre-Dame de Lorette) :(( 11 n'est pas impossible que quelques\nmodifications soient apportées en France, bien que seule l'ltalie ait été visée.\nNous n'avons reçu aucun avis direct, mais, comme les communications doivent\nêtre faites par voie hiérarchique, il se pourrait que leur retard soit justifié ;\nnous ne savons que ce que les journaux nous ont appris. Cependant les décisions\nnouvelles, en créant un mouvement indiscutable autour de la musique sacrée,\npourraient bien mettre en valeur de jeunes talents, sans éclipser toutefois la\ngloire de Gounod ni la valeur de Rousseau et de Dubois. ))\nM. l'abbé Chérion (la Madeleine) : (( Ah ! que la voilà bien, l'exagération fran-\nçaise. N'ayant reçu aucun ordre du cardinal, jene crois pas àla réforme, tout au\nmoins pour ce que l'on croit ; et s'il s'en produisait une, elle serait générale et ce\nserait une affaire énorme et très laborieuse, s'étendant jusqu'au plain-chant, ce\nqui serait loin de me contrarier ; les Bénédictins ont fait des erreurs, mais ils\nont été les premiers à les reconnaître par la suite.\n(( Jeprofite de notre entrevue pour vous dire que, malgré quelques contestations,\nje suis le premier représentant de la musique palestinienne en France et que c'est\nmoi qui, en 1876, lui ai rendu le jour à Moulins. ))\nEn nous reconduisant, M. l'abbé Chérion conte l'histoire d'un violoniste com-\nmandé pour un mariage à la Madeleine et voulant à toute force jouer la Médi-\ntation de Thaïs. Le curé lui-même dut intervenir, se fâcher et supprimer le\nviolon.\nM. Samuel Rousseau (Sainte-Clotilde). Le jeune maître est tout à fait catégo-\nrique ; à la première question il répond nettement : « Aucune modification ne\nsera apportée, et cela pour maintes raisons ; d'ailleurs, la France n'a pas été\nvisée, le moment eût été bien mal choisi. En Italie, où l'on exécute journellement\nde véritables horreurs, c'est tout différent.\n(( La circulaire est un appel au bon goût, et non un ordre.\n(( Et puis, pourquoi admettrait-on de mauvaises choses dues à l'improvisation,\nalors que l'on peut en avoir d'autres écrites, qui, bien que sans être parfaites,\nsont certainement bien supérieures ? ))\n\nRENAUDOT."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.10", "texte": "L'HUMOUR DANS LA MUSIQUE\n\nL'Humour dans la musique\n\nIl importe de dissiper un malentendu. Pour certains, la musique n'existe, en\ntant qu œuvre d'art, que lorsqu'elle reflète des pensées graves, qu'elle exprime\ndes sentiments héroïques. On la juge apte à chanter l'amour, on comprend qu'elle\npuisse décrire l'effroi, la douleur, la tristesse ou la résignation. Lorsqu'elle\ntente, par un rythme imprévu, par un dessin mélodique humoristique, de dérider\nl'auditeur, de provoquer en lui une impression de gaieté et de joie, celui-ci se ren-\nfrogne et proteste. L'intention comique du compositeur, presque toujours incom-\nprise, amène l'une ou l'autre de ces deux alternatives :\nSi le musicien n'est pas classé parmi les maîtres, on juge son œuvre frivole,\nvoire impertinente,— dans tous les cas indigne d'être prise au sérieux par une\nassistance réunie au concert ou au théâtre pour entendre « de la musique )),\nce bruit coûteux. C'est ainsi que j'ai entendu traiter de « farce )) l'une des œuvres\nsymphoniques les plus sérieusement écrites, les plus musicales, au sens élevé du\nterme, de l'Ecole moderne, /'Apprenti sorcier de Paul Dukas (i). Pourquoi ?\nParce que ce jeune musicien, l'un des mieux doués et des plus instruits de sa\ngénération, s'est permis d'écrire un chef-d'œuvre d'esprit, de gaieté et d'ironie.\nSi, d'autre part, l'auteur est de ceux qu'on est généralement convenu d'admi-\nrer, les plaisanteries dont il parsème ses œuvres sont accueillies gravement, avec\nle respect qu'inspirent à un croyant les paroles sacrées tombées de la chaire de\nvérité. Oui chacun aura pu en faire maintes fois l'observation comme moi-\nmême on ne rit pas plus à une représentation des Maîtres chanteurs qu àun\nsermon de charité! Et pourtant est-il rien de plus comique dans l'acception\nexacte du mot que cette merveilleuse comédie musicale, exemple le plus\ntypique de l'union géniale de l'Art et de la Raillerie ?\nCertes le public daigne se divertir aux mésaventures de Beckmesser, rossé\npar David pour avoir fait résonner sous les fenêtres de Magdeleine son luth dis-\ncord et sa voix de fausset. Certes, il saisit la bouffonnerie énorme des couplets\npar lesquels le fielleux greffier tente, au dernier acte, de disputer au jeune cheva-\nlier de le rameau d'or qui va assurer à celui-ci la main d'Eva dont il\na déjà conquis le cœur. Mais ce n'est pas uniquement dans ces épisodes facétieux\nque îésicle 1 espiit comique qui fait des Maîtres chanteurs le chef-d'œuvre de\n1 humour musical. La raillerie éclate, avec une verve déconcertante, à travers\ntoute la pai tition, tantôt cinglante et vengeresse comme dans l'apostrophe de\nW altei à ses juges, tantôt douce, cl une bonhomie enjouée. Rappelez-vous la\npompe ostentatoiie du thème initial de 1 ouverture, où perce la vanité satisfaite\ndes Maîtres dans leui s costumes et leurs attitudes d apparat \\ songez aux mali-\ncieux î écits de David énumérant au concurrent inquiet les règles absurdes et\ntonifiantes de la Tabulature ; souvenez-vous de la solennité emphatique avec\nlaquelle Kothner prélude à 1 épreuve préparatoire... Mais tout serait à citer !\nL impression comique jaillit de la musique elle-même, de la construction des\nphiases mélodiques, du style fleuri des cadences, d un rythme imprévu, d'une\nharmonie inattendue et baroque, parfois delà drôlerie de certaines sonorités,\n\n( i) \\ oir, aux comptes îendus des concerts de ce numéro, l'analyse de cette œuvre, récemment\nexecutee par l'orchestre Chevillard-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.11", "texte": "L'HUMOUR DANS LA MUSIQUE\n\nou encore de révocation, par un rappel de thèmes déformés à dessein, d'une\nscène précédente : tel le burlesque et charmant tableau, tout en pantomime, de\nBeckmesser pénétrant, au lendemain de la bastonnade, meurtri, vexé et tou-\njours cauteleux, dans l'atelier de Sachs...\nPar le seul prestige de ses inflexions, de ses accents, de ses modes, de ses tim-\nbres, la musique amène sur les lèvres le rire, de même qu'elle peut inspirer la\nbravoure, provoquer la tristesse, exciter la volupté. C'est une langue génératrice\nd'idées, de passions, de sentiments d'une infinie variété. (( La musique, a dit La-\nmartine, est la littérature des sens et du cœur. »\nCe n'est donc pas faire déchoir cet admirable instrument que de l'utiliser en\nvue de récréer les foules. Je n'entends point parler ici des manifestations gros-\nsières par lesquelles les fabricants patentés d'opérettes, d'opéras-bouffes et de\nchansonnettes ont, depuis une date relativement récente, accordé la trivialité de\nleur conception musicale avec les plus bas instincts de leurs contemporains. Rien\nn'est, en général, moins gai qu'une opérette, et la chanson de café-concert est\nhabituellement bête à pleurer. Ne confondons point l'enluminure banale, l'ima-\ngerie d'Epinal, avec le spirituel crayon d'un artiste.\nLes Maîtres d'autrefois parmi les plus illustres nous ont légué maint\nexemple de ce que peut exprimer de bonne humeur et d'enjouement la langue des\nsons, tout en gardant la noblesse de son caractère Et si la tension de notre vie\ncontemporaine fait de l'humour musical une fleur plus rare, on en peut néanmoins\ncueillir d'intéressants spécimens dans les parterres lyriques et symphoniques\nd'aujourd'hui.\nIci une distinction s'impose. Le sens humoristique d'une œuvre est parfois pré-\ncisé par le texte auquel la musique sert de commentaire. Mais lorsque celle-ci est\nréduite à ses ressources personnelles, c'est le cas pour la Suite instrumentale,\nla Sonate, la Symphonie, le badinage s'exprime souvent avec une clarté non\nmoins évidente.\nParfois, c'est le rire qui fuse et éclate en sonorités bruyantes ; d'autres fois,\nun simple sourire éclaire la composition d'un fugitif rayon de joie.\nL'art des maîtres de la polyphonie vocale abonde en exemples d'ironie musi-\ncale. La période italo-allemande du motet fournit le plus caractéristique d'entre\neux en ce Dialogue du Pharisien et du Publicain dans lequel l'austère Heinrich\nSchutz railla si plaisamment l'orgueil naïf du premier des deux interlocuteurs.\nLe rire s'insinua dans la musique sacrée ainsi que, dans les cathédrales, il avait\npénétré sous la forme des figures satiriques dont la fantaisie des tailleurs\nd'images se plut à orner quelque clé de voûte, le tympan des portails ou la con-\nsole des bénitiers.\nDans la musique profane, il apparaît à l'époque du madrigal dramatique, pré-\ncurseur de l'opéra. Les chansons pittoresques de Clément Janequin, l'auteur du\nChant des oiseaux, aux onomatopées expressives, et de la célèbre Bataille de Ma-\nrignan, anthologie de refrains militaires duxvie siècle, offrent de curieux exemples\nd'une imagination facétieuse dont, en Italie, Orazio Vecchi, qui semble avoir\npressenti Offenbach, et le moine olivétain Adriano Banchieri perpétuèrent, en de\nsolides contrepoints à huit parties, l'expression originale.\nNe nous étonnons donc pas devoir, un siècle plus tard, Jean-Sébastien Bach\ncomposer, en un jour de gaieté, une cantate surl'Aèws du café ou la joyeuse allé-\ngorie mythologique le Défi de Phébus et de Pan. N'est-ce pas aussi avec une"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.12", "texte": "L'HUMOUR DANS LA MUSIQUE\n\npointe d'ironie, mêlée à de touchants regrets, qu il écrivit le Capi ice sui le dépait\nd'un frère chéri r\nNe soyons pas surpris de rencontrer dans l'œuvre de Beethoven un canon vo-\ncal improvisé en 1812 sur le rythme insupportable du métronome et dédié à\nMaelzel, l'inventeur de cet instrument aussi bruyant qu'antipathique. L'auteur\ndes Symphonies n'avait-il pas écrit en 1787 une Elégie sur la mort d'un caniche r\nLa perte d'une pièce de deux sous au jeu ne lui inspira-t-elle pas un Rondeau\ndésopilant ?\nLe Quatuor humoristique de Mozart, sa Plaisanterie musicale pour quatuor d ar-\nchets et instruments à vent, les nombreuses (( turqueries )) dont il émailla ses\nopéras celles de Y Enlèvement au Sérail furent évoquées récemment à 1 Opéra\nne sont autres que le libre essor du rire porté sur les ailes légères du rythme\net de la mélodie.\nLe rire musical est de tous les temps ( 1 ). Parfois, dans un opéra de style sérieux,\nun personnage concentre la verve comique de l'auteur. Telle la figure grotesque\ndu géant Polyphème, dont les chants baroques contrastent, dans un ouvrage\ncélèbre de Haendel, avec les discours mélodieux d'Acis et de Galathée. Telle, de\nnos jours, celle de la fée Grignotte, que l'art spirituel de M. Humperdinck op-\npose, en une partition qui semble être un conte de Perrault en musique, aux\nsilhouettes ingénues des deux enfants égarés dans la forêt.\nCe parallélisme entre le rire de jadis et celui d'aujourd'hui n'est pas moins\nfrappant dans les œuvres dont l'argument lui-même, ironique ou badin, rend soit\nplus acérée, soit plus légère, la plume du compositeur. L'art, en effet, s'il se re-\nnouvelle dans sa forme extérieure, demeure immuable en son essence, puisqu'il\nreflète les sentiments éternels de l'humanité.\nIci encore, je me bornerai à citer deux exemples, choisis l'un dans le répertoire\nd autrefois, l'autre dans l'art contemporain. Celui-ci, vous l'avez nommé avant\nmoi ; nulle œuvre lyrique n'égale la fantaisie, la gaieté, l'étincelante ironie des\nMai très Chanteurs de Nurenberg. L'autre exemple, vous le trouverez dans une\nspirituelle partition de Grétry, le Jugement de Midas, représenté pour la pre-\nmière fois sur le petit théâtre mondain de Mme de Maintesson le 28 mars 1778, et\nqui, chose singulière, semble être à la fois le précurseur des Maîtres Chanteurs\net celui de... la Belle Hélène !\nGrétry désavouerait-il cette postérité illégitime ? j'entends parler de la\nseconde. Du haut de sa partition de Samson et Dalila, M. Camille Saint-Saëns\ndéclare qu'Offenbach a gaspillé tous les dons qu'il tenait de la nature (2). Mais\n1 appréciation est discutable, et peut-être un jour, dans un siècle, trouvera-t-on\nles partitions d'Orphée aux Enfers et des Brigands côte à côte, sur les rayons de\nla Bibliothèque du Conservatoire, avec celles de la Fausse Magie, de Richard et\ndu Tableau parlant.\n\n(1) Par ce mot, nous n'entendons point parler de l'imitation matérielle du rire au moyen de\n■certains trilles, de certaines gammes, de certaines roulades qui sont en quelque sorte, comme le\nlait observer M. EMMANUEL BRIARD (le Comique en Musique ; Nancy, 1884), du rire tout fait.\n« Poui ctie intéiessante, dit avec raison cet auteur, la musique pittoresque ne peut pas se bor-\nnei a ctie puiement descriptive ; il faut qu'elle devienne bien vite psychologique, c'est-à-dire\nqu au lieu de îeproduire simplement les bruits, il faut qu'elle vise plutôt à rendre les sentiments\nque ces bruits éveillent en nous. »\n(2) Harmonie et Mélodie, Paris, Calmann Lévy, 1895, p. 224."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.13", "texte": "L HUMOUR DANS LA MUSIQUE\n\nC'est à propos du Jugement de Midcis que Voltaire décocha le célèbre quatrain\nqui fut son suprême adieu à Grétry ; il mourut, en effet, quelques jours après\nle lui avoir adressé :\nLa Cour a dénigré tes chants\nDont Paris a dit des merveilles.\nGrétry, les oreilles des grands\nSont souvent de grandes oreilles.\nLes gentilshommes de la Chambre avaient, en effet, refusé au compositeur\nl'autorisation de faire jouer l'œuvre à la Cour, ce qui n'empêcha pas celle-ci de\ntriompher bientôt après à la Comédie Italienne (1).\nLe Jugement de Midas est une allégorie adaptée aux querelles musicales du\ntemps. Elle raille les formes surannées et la mauvaise exécution de la musique\nen un langage ironique dont l'analogie avec celui des Maîtres Chanteurs est\nfrappante.\nOn y voit, tout comme Walther de Stolzing, Apollon aux prises, en un\nconcours de chant dont le vainqueur épousera une des filles du fermier Palémon,\navec la routine, la mauvaise foi et la sottise. Pan et Marsyas l'un grossier et\nbalourd, l'autre emphatique et ridiculement sentimental lui sont naturelle-\nment préférés par le Beckmesser de l'affaire, le prétentieux et bouffon bailli\nMidas, chargé de décerner le prix. La colère d'Apollon s'exprime en des termes\npresque identiques à ceux par lesquels s'exhale la fureur de Walther contre les\nMaîtres. Et comme il est dieu, il s'offre, en outre, le divertissement de voir pousser\nsur la tête de son juge imbécile des oreilles d'âne. Le sourire qui éclaire le\nTableau parlant et la plupart des partitions de Grétry s'est transformé dans le\nJugement de Midas en un rire sonore et goguenard.\nMais ce n'est pas uniquement dans les œuvres lyriques que rit ou sourit la\nmusique. Des pièces symphoniques charmantes, telles que le Thyl Eulenspiegel\nde Richard Strauss, le Carnaval à Paris de Svendsen, Y Apprenti sorcier de Paul\nDukas, la Fantaisie sur un thème vallon de Théo Ysaye, ont en elles une gaieté\nmalicieuse qui n'exclut ni la distinction, ni le caractère essentiellement musical.\nLe grave Félix Weingartner lui-même, en écrivant Hilaria, daigna sourire. Dans\nEspaha, dans Joyeuse Marche, dans sa Bourrée fantasque, dans son Menuet\npompeux, ses Lieder (( zoologiques )) et autres, l'inspiration aristophanesque de\nChabrier n'a-t-elle pas su concilier avec une bouffonnerie intense le culte de l'art\net le souci de l'écriture ? (( Dans ces fantaisies, a dit M. Alfred Bruneau,\nM. Chabrier imprime une personnalité très singulière, très unique. Au milieu\ndes folies les plus outrancières, du sans-gêne le plus extravagant, il reste artiste\nau vrai sens du mot aussi bien par l'inspiration des idées quepar les éblouissantes\ncouleurs de son instrumentation (2). ))\nFeuilletez les œuvres des maîtres. Vous y trouverez, en maint endroit, une\nintention spirituelle, un trait satirique, une pensée joyeuse. Schumann préten-\ndait reconnaître dans quelques-uns des Moments musicaux de Schubert les\nmémoires des tailleurs qu'il n'était pas en mesure de régler !\nC'est lui aussi qui releva, dans les Symphonies de Beethoven, toute une série\n\n(1) 24 juin 1778.\n(2) La Revue indépendante, t. XII (1889), p. 496."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.14", "texte": "L'HUMOUR DANS LA MUSIQUE\n\nd'effets intentionnellement comiques t les timbales accordées à 1 octave dans le\n.scherzo de la Symphonie en ré mineur, le passage des cors dans celui de la Sym-\nphonie en la (dont il déclare le finale le suprême de ce que la musique instrumen-\ntale peut présenter en fait d'humour.) Il cite encore la figure interrogative des\ncontrebasses dans la Symphonie en ut mineur, celle de l'adagio de la Symphonie\nen si bémol majeur, etc., etc. (1).\nDans cet ordre d idées, la Symphonie burlesque de Haydn vient immédiatement\nà l'esprit, avec sa corrélative dans la musique moderne, le Carnaval des ani-\nmaux, de M. Camille Saint-Saëns.\nC'est encore dans le Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn le braiment de\nl'âne d'un effet si drôle ; dans le Camp de Wallenstein l'entrée fuguée des quatre\nbassons, par quoi s'évoque de façon bouffonne le sermon du capucin. Ici la\nsonorité des instruments contribue avec la phrase elle-même à intensifier 1 effet\ncomique. Vincent d'lndy est, d'ailleurs, de tous les musiciens, celui dont le sens\nhumoristique est le plus aiguisé. J'en pourrais fournir la preuve en citant\nmaints passages de Y Etranger et de Fervaal, de sa Symphonie cévenole et de sa\nmusique de chambre, si je ne craignais de trop allonger cette étude.\nUne seule note, le fa dièse que profère, sur un accord demi bémol mineur, puis\nsur celui de fa naturel, la trompe du Veilleur dans les Maîtres, suffit à déterminer\nune impression comique.\nCelle-ci résulte aussi d'un contraste de thèmes, du passage d'un mode à l'autre,\nde l'emploi d'une modalité inattendue éloignée de la précédente, de la volubilité\ndu débit, source abondante de comique dans Xopéra buffa italien. La sérénade\nfie Don Juan, dont l'accompagnement moqueur raille les déclarations passion-\nnées de l'amant sceptique et frivole ; la réplique ironique de l'orchestre aux\nsupplications de Judas dans la Passion de Bach : (( Rendez-moi Jésus, mon\ndoux maître » ; la transformation du Dies irce en un thème ricanant et frondeur\ndans la Symphonie fantastique de Berlioz ; la parodie dont le même compositeur\naccompagne, dans la Damnation de Faust, l'enterrement d'un rat : autant\nd'exemples d'humour musical. Ceux-ci foisonnent dans Y Anneau du Nibelung.\nMais la rage comique d'Alberich, les récriminations pleurardes de Mime, les\nsarcasmes de Wotan sont trop familières aux lecteurs de la Revue musicale pour\nqu'il soit utile que j'en évoque ici le souvenir.\nIl faut rappeler aussi, parmi les plaisanteries musicales, l'imitation (volon-\ntaire, bien entendu !) du style d'autrui, le portrait, la citation textuelle. La\nmusique peut, tout comme les arts graphiques, reproduire une physionomie,\nfaire vivre un personnage. Evidemment moins précise que la langue des mots,\nla langue phonétique n'en est pas moins clairement expressive pour ceux qui en\npossèdent la clef.\nSchumann, dans son Carnaval, se plaît à peindre, dans une atmosphère de\ngaieté tourbillonnante, Pierrot, Colombine, Arlequin ; puis il évoque le souvenir\nde Chopin et dePaganini. Ces pages délicieuses sont, vous le savez, construites\nsur quatre notes : la, mi bémol, do, si, dont les appellations germaniques : A, ES,\nG, H, forment le nom d'une petite ville de Bohême dans laquelle vivait une amie\ndu compositeur. L'idée de former un thème au moyen des degrés de la gamme\n\n(0 Ecrits sur la musique et les musiciens. Traduction de H. DE CURZON. Paris, Fischbacher,\n1898, p. 181."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.15", "texte": "L'HUMOUR DANS LA MUSIQUE\n\ndont la réunion constitue un mot, un nom propre, a séduit plus cKun composi-\nteur, et Jean-Sébastien Bach tout le premier. Les musiciens russes se sont\nparticulièrement servis, pour cet usage, des lettres formant le nom de Belaïeff,\nleur éditeur.\nLa citation peut être, au même titre, rangée parmi les malices des musiciens.\nWagner cite dans les Maîtres Chanteurs la phrase initiale du prélude de Tristan\npour souligner l'observation mélancolique de Sachs : « De Tristan et d'lsolde je\n■connais l'aventure... )) Une forêt de hêtres et de pins estompée par le brouillard\nrappelle à Vincent d'lndyles sites romantiques chers à Weber et sa plume trace\ndans le Poème des Montagnes le dessin mélodique de la valse du Freischûtz. La\nsérénade de Don Juan apparaît (pourquoi r nul n'a pénétré le mystère de cette\ninspiration bouffonne) dans la Ballade des gros dindons d'Emmanuel Chabrier.\nUne spirituelle composition pour piano, demeurée inédite, de Pierre de Bréville,\ncrayonne finement, en traits sûrs, quelques Portraits de musiciens. Le thème du\nTarnhelm précède chacun d'eux. Comme Siegfried sur la Roche ardente, M. de\nBréville coiffe le heaume pour déguiser sa personnalité : et c'est, tour à tour, la\ncandeur séraphique de César Franck, l'élégance voluptueuse de Gabriel Fauré,\n1 impétueux brio de Vincent d'lndy, qui colore et anime cette divertissante\nparodie.\nOn sait que M. de Bréville excelle à composer sur des chansons populaires de\npetits joyaux d'une ciselure impeccable. Là encore, l'humour rehausse l'inspira-\ntion personnelle, et le Furet, les Lauriers sont coupés ou la Tour prends garde !\ndont l'ingénuité a bercé notre enfance, prennent dans cette version nouvelle une\ngrâce piquante et un précieux intérêt.\nCharles Bordes s'est servi de thèmes connus dans l'accompagnement de deux\nmélodies délicieuses, Dansons la Gigue et Sur un vieil air. Dans ses Petites fées,\nil reproduit inopinément, pour exprimer le charme mystérieux de la forêt, une\nphrase de la Viviane d'Ernest Chausson.\nChez M. Jaques-Dalcroze, que l'ouverture de Sancho et plusieurs autres pages\nsymphoniques de valeur ont mis en lumière, l'instinct comique se traduit parfois\nbouffonneries désopilantes La satire y frise la caricature, bien qu'elle\n■demeure essentiellement musicale. L'épître musicale qu'il adressa naguère à\nM. Gauthier-Villars en lui expédiant le recueil de ses Chansons normandes est\nun exemple de lied macaronique, cle farce musicale qui, logiquement, devait\ntrouver sa place dans le cadre de cette étude.\nMais j'en ai dit assez pour attirer l'attention de nos lecteurs sur les aspects\nmultiples de la gaieté musicale et pour leur faire éprouver quelque agrément à\nen écouter les expressions. Je leur souhaite, quand ils entendront de la musique\njoyeuse, de ne plus avoir crainte, par suite de quelque respect humain ou d'un\nmalentendu sur la mission de la musique, de rire comme il sied et de se divertir.\n\nOCTAVE MAUS.\n\nL'abondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro la fin\nde la Correspondance inédite de Lis^t."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.16", "texte": "LES MAITRES D'AUTREFOIS\n\nHic nouus Amphio Gallis nouus audit Apollo\nCantus et fidium reftituibe inelos\nVix oculos pictor vix frontis adumbrat honorem:\nQius cultum Aonijs artibus ingemum.?\nDe la Rochemaillet.\n1633\nMatbeus ficit. Eggrick Hilckcna puix.\nJaeques MAUDUIT (1557-1627).\n\nCe portrait a été publié en fac-similé par M. H. Expert, en tête de son édition des Chanson-\nnettes de Mauduit , qui forme la ioe livraison des Maîtres Musiciens de la Renaissance française\n(Paris, Leduc, éditeur). Cette belle publication, sur laquelle nous attirions l'attention du public\nmusicien dès la fondation de cette revue (Revues de janvier, lévrier et mai 1901), s'enrichit tou-\njours : après R. de Lassus. Goudimel, Costeley, Janequin et les chansonniers du début du\nxvie siècle, Lejeune, M. Expert nous promet du Caurroy, et le reste de l'œuvre de Mauduit.\nRemercions encore une fois ce travailleur ausG modeste qu'infatigable de nous mettre sans cesse\nen possession de fleurs nouvelles, cueillies au jardin de musique de notre xvie siècle."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.17", "texte": "JACQUES MAUDUIT\nR. M.\n7\n\n« Nouvel Amphion, nouvel Apollon, c'est lui qui rendit aux Français chants et\n« musique ; à peine si le peintre exprime l'éclat du. regard et la beauté du front ; qui\n« peindra jamais un génie paré des dons de Poésie? »\nCe quatrain louangeur se lit au bas du beau portrait de Mauduit que\nMersenne fait figurer à la fin du livre VIIe de son Harmonie universelle,\net que nous reproduisons ici. Mauduit fut en effet très célèbre en son\ntemps : c'est le seul musicien auquel Mersenne consacre un , et cet\néloge est enthousiaste. Né à Paris le 16 septembre 7, et baptisé sui-\ntes fonts de Saint-Landry, J. Mauduit était de il portait\nde sinople à la fasce d'argent chargée de trois coquilles de sable (1).\nMais Unes'engagea point dans les intrigues de la , et se contenta de\nla charge paternelle de Garde du dépôt des Requêtes du palais : c'était,\ncomme nous disons aujourd'hui, un riche amateur. Sa première œuvre fut\nla Messe de Requiem chantéeau servicefu\nen Vhonneur de Ronsard, mort deux mois auparavant. Membre de la nou-\nvelle Académie des Valois, reconstituée sous Henri 111 par le sieur\nbrac, c'est lui qui y fit chanter des vers. Après de Coin-ville, Claude\nLejeune et du For, il mit en musique les chansons rythmées à l'antique\nde Ba'ifi en se conformant à la quantité des syllabes ( ) : et c'est le\nfrontispice de la partie de basse de ce charmant , exhumé par\nM. Expert, que nous reproduisons ci-dessous. Musicien moins raffiné que\nLejeune, mais d'une inspiration fraîche et gracieuse, Mauduit méritait de\npasser à la postérité.\n(1) Nous empruntons la plupart de ces détails à l'excellente étude de M. Brenet sur Jacques\nMauduit parue dans la Tribune de Saint-Gervais (avril, mai, juin 1901)."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.18", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles.\n\nJEAN-PHILIPPE RAMEAU.\nG. S.\n— Pièces de Cla-\nvecin avec une préface deM.C.Saint-Saëns.\nFRANÇOIS COUPERIN. — Pièces de Cla-\nvecin, transcrites par M. Diémer.\nDeux recueils publiés par MM. Durand\net fils, éditeurs.\nOn sait la satisfaction qu'éprouvèrent\ntous les amateurs d'art, voici déjà quel-\nques années, à la nouvelle que la maison\nDurand allait entreprendre la besogne\nconsidérable de remettre en honneur\ntoute la musique classique française du\nxvie au xvme siècle, si mal connue jusqu'alors faute d éditions correctes et pia-\ntiques. Ce fut d'abord la publication des premiers volumes de la collection\ncomplète des œuvres de Rameau, avec le concours de musiciens tels que\nMM. Saint-Saëns, Vincent d'lndy et Paul Dukas, pour ne citer que les plus\nconsidérables. Grâce à leur revision et à leur réalisation scrupuleuses du texte du\nvieux maître, des auditions d\"Hippolyte et Aricte (1), Castor et Pollux, soit\nintégrales, soit fragmentaires, s'organisèrent àla Schola Cantorum avec le\nplus vif succès. Ce chaleureux accueil détermina M. Durand à faire paraître, à\ncôté des partitions d'orchestre et des éditions de luxe, d'un prix forcément\nélevé, une bibliothèque populaire de format plus modeste, rendant accessible à\ntous l'acquisition des œuvres les plus significatives de cette époque si glorieuse\nde notre histoire musicale. C'est ainsi qu'après les réductions pour piano et\nchant cVllippolyte et Aride et de Castor et Pollux, nous avons à mentionner ici\nla récente apparition dans cette bibliothèque des Pièces de Clavecin de\nRameau et du premier livre de celles de Couperin, ces dernières transcrites\nparM. Louis Diémer comme il les exécute, c'est-à-dire à merveille. Ce n est\npas ici le lieu de considérer par le détail ces petits morceaux, d'ailleurs\nextrêmement nombreux, d'une souplesse rythmique et d'une liberté d'écri-\nture infinies, certains d'une expression particulièrement pénétrante. On\nreste confondu vraiment, en ayant ainsi sous les yeux le témoignage de la\nmanière dont on écrivait chez nous, il y a deux siècles, à 1 idée clu degré de\nmauvais goût et de vulgarité où s'abaissa parfois depuis notre musique, sous\nl'influence malfaisante de l'opéra italien. Mais la jeune école française en pleine\nvitalité et en plein essor est venue renouer la véritable tradition classique et\nmontrer ce que peut ajouter aux inspirations les plus modernes la pureté contra-\npontique et la sobriété de style d'un Rameau. Nous n'en voulons pour preuve\nque les Variations de M. Paul Dukas sur une des pièces de clavecin de l'auteur\ndPlippolyte et Aride, publiées également par la maison Durand, où la science la\nplus sûre des formes classiques s'unit àla virtuosité d'écriture la plus brillante\net au sentiment le plus profond.\n(i) Le 4e acte vient d'être exécuté le 21 janvier. Voir nos comptes rendus des Concerts."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.19", "texte": "L'ENSEIGNEMENT DU CIIANT DANS LES LYCÉES\n\nL'Enseignement du chant dans les lycées.\n\nI. EN ALLEMAGNE.\nJusqu'au commencement du\nxvine siècle, la musique chorale\nfigurait en tête des programmes\ndes établissements secondaires, en\nAllemagne. La victoire définitive\nde la musique instrumentale sur\nla musique vocale, au cours du\nxvme siècle, amena la décadence\nde l'enseignement musical dans\nles écoles. La fondation de Y Aca-\ndémie de chant (Sing Académie) de\nBerlin au commencement du xixc\nsiècle marque une époque de réac-\ntion en faveur de la musique vo-\ncale. En 1808, le gymnase Zum\nGrauen Kloster, un des meilleurs\nde Berlin, organisa son enseigne-\nment dans le sens de cette réaction.\nAu point de vue scolaire, c'est à\npeu près le seul témoin qui subsiste\nde cette renaissance, mais il est\nparfaitement organisé. Les hom-\nmes les plus compétents s'accor-\ndent à considérer l'enseignement\net les programmes musicaux de\nce gymnase comme des modèles\npresque parfaits. En voici le résumé d'après un document officiel (Berlinisches\nGymnasiumzum grauen Kloster.Ostern, 1899. Jahresberichtvom Director Dr. Lud~\nwig Bellermatin, p. 75) :\n« L'enseignement du chant comprend sept divisions, en partie coordonnées,\nen partie subordonnées. Les deux premières divisions (inférieures) coïncident\navec les deux classes de sixième. En cinquième, les soprani sont distingués des\nalti, pour les leçons. De la quatrième jusqu'à la première, les élèves sont partagés\nen trois classes indépendantes, dont la première constitue la Chorale de l'école,\nayant pour mission de chanter dans les fêtes scolaires. Dans les deux autres, les\nélèves sont préparés pour entrer dans cette « Chorale ». Dans Tune sont les\nténors et les basses ; dans l'autre, les soprani et les alti. Les programmes de\ntravail sont les suivants :\ni° Sixième a) : Éléments de 1 harmonie et du rythme. Connaissance des notes.\nExercices sur des airs faciles à l'unisson.\n20 Sixième b) : Étude de motets et d'airs à une voix.\n3° et 40 Ici, les voix sont séparées, d'après leur nature. Il y a un professeur\npour les soprani, un autre pour les alti. On continue à étudier des chœurs, des\nmotets, des lieder. A la fin de la classe de cinquième, les meilleurs élèves des\n\nLES ENFANTS CHANTEURS."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.20", "texte": "LES CONCERTS\n\ndeux divisions passent de suite dans la première classe de chant (Chorale de\nl'école) ; les autres entrent dans\n5° et 6° la deuxième classe de chant (voix d'enfants) ou dans la deuxième classe\nde chant (ténors et basses) où on étudie des chœurs à deux et trois parties.\n7° Dans la première classe de chant point d'aboutissement de tout ce qui pré-\ncède est formé le chœur complet. On y étudie des chants à cappella (sans\naccompagnement) pour voix mixtes. On y exécute aussi des compositions pour\nvoix et instruments, par exemple des oratorios de Haendel. La Chorale doit\nchanter régulièrement deux fois par semaine.\nAu commencement de chaque année scolaire, la voix de chaque élève est soi-\ngneusement examinée, et, à l'aide d'une fiche individuelle, le professeur suit\nl'élève jusqu'au moment où se produit la mue de la voix. Durant cette période,\nl'élève est dispensé des exercices. (Cf. Der Gesangunterricht anden hôheren S chu-\nlen, par E. Bœhm, dans la Zeitsclirijt der internationalen Musikgesellschaft, janv.\n1900, p 97.)\nA l'exception du « Grauen Kloster », l'état de l'enseignement du chant dans\nl'immense majorité des écoles secondaires est loin de satisfaire les pédagogues.\n11 est vrai que les nouveaux programmes prussiens, élaborés à la suite du rescrit\nroyal de 1900, rendent obligatoires deux heures de chant par semaine pour les\ndeux classes inférieures (sixième et cinquième) des gymnases classiques et réaux ;\net les directeurs sont invités à « obliger » les élèves des autres classes à faire\npartie de la Chorale de l'école. Mais il n'en est pas ainsi partout. Les chœurs que\nl'pn entend, aux fêtes scolaires, sont médiocres ; souvent même les directeurs les\nremplacent par des séances de gymnastique. Il n'y a de salles de chant et de\nfête que dans les établissements de construction récente. Et tout le monde s'ac-\ncorde à dire que la préparation des professeurs est, en général, insuffisante.\n(.A suivre. )\n\nLes Concerts\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 17 janvier.\n\nPoursuivant son ouvrage, M. Chevillard\nnous donne aujourd'hui la 2e Symphonie\nde Schumann (en ut mineur), que je ne\npuis parvenir à goûter. Cette œuvre n'est\npas heureuse, elle sent l'effort, l'applica-\ntion, la fatigue, et aussi l'influence de\nMendelssohn. Les Variations pour piano\net orchestre de M. Rhené Bâton ne sont\npoint amusantes, et c'est un tort. La\nVariation doit être amusante lorsqu'elle se\ncontente, comme c'est ici le cas, d'exposer\nplusieurs fois de suite un thème avec quelques altérations derythme et d'harmo-\nnie, et des jeux variés de contrepoint ; c'est la variation à l'ancienne mode, telle\nque la concevaient Haydn et Mozart. Quant à la grande variation, dont on trouve\ndes exemples dans certaines sonates de Beethoven, dans les Chorals variés de"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.21", "texte": "LES CONCERTS\n\nCésar Franck, ou encore dans les Variations sur un thème de Rameau, de M.Paul\nDukas, c'est un tout autre genre, l'un des plus élevés qui soient, car il s'agit\nalors, non pas de répéter un motif, mais d'en pénétrer l'âme et les secrètes affi-\nnités. C est ce que n'a point fait M. Bâton, dont le thème en mode éolien (mineur\nsans note sensible, si mineur en 1 espèce) ne prêtait guère d'ailleurs à de pro-\nfondes interprétations. Dès lors je ne saisis point l'intérêt de son morceau, mal-\ngré toute l'habileté de l'écriture et de l'instrumentation.\nLe scherzo de M. Paul Dukas intitulé Y Apprenti sorcier (d'après une ballade\ncélèbre de Goethe) est lui aussi une Variation, si l'on veut : je sais bien qu'on y\npeut distinguer deux idées et quelques motifs, ou plus exactement quelques\nbruits accessoires ; mais l'une de ces idées est de beaucoup la plus importante et\nreparaît avec une obstination diabolique. C'est celle qu'exposent, au début, trois\nbassons, lorsque le balai enchanté se lève, campé sur deux jambes et armé de\ndeux seaux.\nCette démarche saccadée et boiteuse, cet empressement gauche, sont d'un\nexcellent comique, que Berlioz n'eût pas désavoué. La grotesque mélodie s'enfle\nensuite et traverse l'orchestre entier jusqu'à ses régions les plus élevées, et tout\nautour cl elle on croit entendre bouillonner l'inondation. Le coup de hache du\njeune sorcier épouvanté ramène un instant le calme, mais presque aussitôt la\nterrible phrase se relève, d'abord aux bassons, puis aux clarinettes. Ce sont les\ndeux morceaux du balai qui se remettent à l'œuvre, chacun de son côté. Impos-\nsible de ne pas sourire à cette rentrée. Quant à l'orchestration, c'est d'un bout à\nl'autre une merveille de clarté et d'esprit ; il y a surtout un certain unisson des\ncors, des cornets et de la clarinette basse dans son registre aigu, que je recom-\nmande aux amateurs de combinaisons de timbres. Une longue ovation salue la\nfin de l'œuvre, que M. Chevillard a conduite avec une précision remarquable.\nCette précision même nuit un peu à l'Ouverture de la Suite en rè de Bach :la\nphrase perd de son ampleur, parce que le rythme est trop fortement battu ; son\nuniformité dispense d'une pareille accentuation et la rend nuisible. La lourdeur\nspirituelle de la Gavotte, en revanche, est fort bien rendue. Le Prélude de Lohen-\ngrin et l'Ouverture cYObéron complètent ce beau programme.\n\nL. L.\n\n24 janvier.\n\n— La troisième Symphonie de Schumann, très agréablement jouée,\nun peu vite par instants, et avec plus d'entrain que de sentiment, laisse la salle\nun peu froide. — Mme Henriette Motte a une voix délicate, mais trop faible pour\nlutter contre l'acoustique défectueuse de la salle et le fracas wagnérien de la\ngrande scène de Gùnlod, par Peter Cornélius, instrumentée par MottL Cornélius"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.22", "texte": "LES CONCERTS\n\nde Mayence, ami de Wagner, de Berlioz et de Liszt, est un artiste intéressant,\nqui mériterait d'être plus connu en France. Il est fort apprécié de la jeune école\nallemande; et je me souviens d avoir entendu, sous la direction de Richaid\nStrauss, son Barbier de Bagdad, qui est plein de vie et de gaieté. Sa personna-\nlité n'est pas très accusée ; elle est souvent attirée par tel ou tel de ses grands\namis. On le remarque dans la scène de Gunlod, qui a d ailleurs de jolies phi ases,\nsimples et gracieuses.\nLa Symphonie dramatique, « troisième partie du Poème pour orchestre » de\nM. F. Le Borne, veut peindre, d'après les indications de 1 auteur, 1 appaiition\naux yeux de l'artiste de (( la splendeur de son rêve créateur ». L artiste cherche\nen vain à saisir son idéal, et « finit, à jamais vaincu, par tombei au milieu des\néclats de rire ». C'est à peu près ce qui s'est produit au concert. « La vision\nenchanteresse », qui se traduit le plus souvent par des danses d aimées, ou de\nvagues espanas, a tenu l'auditoire dans une douce gaieté.\n\nROMAIN ROLLAND.\n\nCONCERTS COLONNE. 17 et 24 janvier.\nL. L.\n— Admirable exécution de la Grandr\nMesse des Morts, l'oeuvre préférée de Berlioz. Je ne partage point cette préfé-\nrence : d'autres œuvres, la Symphonie Fantastique, la Damnation de Faust ou\nRoméo et Juliette, me paraissent mieux venues, plus riches d'inspiration et plus\nnaturelles.\nMais ce que Berlioz aimait sans doute par-dessus tout dans sa Messe, ce sont\nles pages éclatantes du Tuba mirum ou de la fin du Lacrymosa. Elles sont sans\négales en effet, on ne peut les entendre sans frémir ; et quant à la mauvaise\nquerelle que l'on cherche à Berlioz pour ses cuivres et ses timbales, c'est pur\npédantisme : on ne saurait reprocher à un maître de l'orchestre comme Berlioz\nd'avoir aimé le son jusqu'à en faire orgie : car ce serait lui demander de n'être\nplus lui-même.\nM. Colonne a mis en valeur, avec un art consommé, les lumières et les ombres\nde cette œuvre toute en contrastes ; pour une telle musique, ainsi que je l'enten-\ndais dire à côté de moi, (( il n'y a que lui ».\n\nCONSERVATOIRE.\n\n— La Société des Concerts vient de nous faire entendre\nles Saisons de J. Haydn, dont elle avait souvent inscrit des fragments sur\nses programmes, mais qu'elle n'avait exécutées intégralement que deux fois,\nen 1857 et en 1860. Cet oratorio, composé en 1799 et 1800, est divisé en 4 parties\nqui ne comprennent pas moins de 44 numéros. Pour chaque saison, un groupe\nd'airs et de récits, de duos et de chœurs, forment une suite de tableaux de genre\net sont précédés d'une introduction : la première décrit le passage de l'hiver au\nprintemps ; la deuxième est consacrée à l'aurore ; celle de (( l'Automne )) exprime\nla satisfaction du paysan devant l'abondante moisson ; et la dernière peint les\nbrouillards profonds du commencement de l'hiver. Ce sont les Géorgiques de\nl'art musical. La plupart de ces sujets ont été repris dans la suite par des compo-\nsiteurs qui furent des coloristes plus éblouissants et plus raffinés ou qui eurent un\nsentiment plus profond de la nature ; mais Haydn n'en conserve pas moins son\ncharme original : noble et simple, œuvre de foi naïve et de grâce, sa musique, où\ntout est pur, bien ordonné, rappelle parfois le style de Gluck, mais avec plus d'en-\njouement ; dégagée de toute inspiration vulgaire et exempte de réalisme puéril,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.23", "texte": "LES CONCERTS\n\nelle est colorée là où le texte littéraire semble lui en faire une obligation, mais\nreste, en général, expressive d'états d'âme élevés plus que de sensations. La des-\ncription y esta la fois sobre et ingénue : dans le tableau de l'aurore, quelques\nnotes de hautbois indiquent le chant du coq, sans le reproduire ; dans l'orage,\nquelques basses de trombone soulignent le cri delà grenouille ; plus loin, des\nnotes de flûtes dissonantes et perlées indiquent le chant des oiseaux. L'ensemble\nest plein de fraîcheur; partout semble circuler l'air salubre des bois et des\nplaines. Révérons cette musique d'où l'art de l'instrumentation est sorti, et que\nn'a pas encore effleurée le « mal du siècle »; musique saine, aimable, charmante,\nqui a la jeunesse des œuvres vraiment classiques ! L'orchestre du Conservatoire\nl'a interprétée avec une correction qu'il faut louer, bien que les compositions de\nce genre soient pour lui une épreuve difficile. Les chœurs ont été excellents de\njustesse, de style et de sonorité. La voix chaude de Mlle Mary Garnier a bien ex-\nprimé la noblesse et la grandeur sans emphase de certains récits. L'organe bien\ntimbré et homogène de M. Paul Daraux a été fort apprécié. M. David Devriés,\nténor de l'Opéra, a une voix un peu courte, où les notes graves sont faibles ; mais\nil a chanté avec goût et justesse, et a eu sa part d'applaudissements.\n\nJ. C.\n\nSCHOLA CANTORUM. — 19 janvier.\nJOSEPH TRILLAT.\n.— Mlle Blanche Selva donne le sixième de ses\nconcertsdu mardi. Nous entendons douze petitspréludes, despièces tirées des Suites\nfrançaises et anglaises. Ces petites pièces ont l'honneur trop commun d'être deve-\nnues classiques et scolaires. C'est dire qu'on les connaît fort mal, sans doute\nparce qu'on les connaît trop, et qu'on les débite du bout des doigts, en les bre-\ndouillant comme une prière machinale. Aussi est-on étonné un jour de découvrir\nqu'elles ont un sens et infiniment de saveur. Nous avons cette révélation à la\nSchola, chaque mardi, grâce à Mlle Selva ; sous ses doigts, ces formules s'ani-\nment et retentissent dans le souvenir et dans le cœur. Tant de poésie ignorée\ntenait dans ces phrases condensées, « comme un champ de roses dans un flacon »,\nsarabandes langoureuses et graves, gigues et menuets alertes comme des airs\npopulaires.\n\n21 janvier.\n\n— Le deuxième Concert mensuel, dirigé par M. Vincent d'Indy,\nest fort beau, et, répondant au programme exposé à maintes reprises par le\nDirecteur de la Schola, révèle des œuvres qu'il est impossible d'entendre ailleurs.\nUne Cantate de M.-A. Charpentier, la Descente cC Orphée aux Enfers, écrite, d'après\nM. Henry Quittard, aux environs de 1683, était entièrement inédite jusqu'à ce\njour. Une introduction assez développée, un air d'Orphée (M. David), un\ndialogue entre Ixion (M. Bourgeois) et Tantale (M. Gébelin), puis Orphée, enfin\nun chœur final où les trois personnages déplorent le malheur des amants, le\ntout expressif, et de belle tenue, mais un peu austère : Gluck nous a accoutumés\nà plus de charme ; cependant c'est Gluck et Rameau que cette musique évoque,\nplutôt que le majestueux Lulli, dont la Proserpine (Mme Tarquini d'Or) paraît\nbien compassée en son désespoir. M. A. Guilmant nous fait entendre ensuite trois\npièces de N. de Grigny, le dernier exhumé de ses maîtres de l'orgue ; elles sont\nfort soigneusement écrites, et sonnent assez bien, ce qui n'est pas toujours le cas\nà cette époque ; il est vrai que l'art merveilleux de l'organiste y est pour quelque\nchose aussi.\nOn donnait enfin le quatrième acte, tout entier, d'Hippolyte et Aride, le\npremier opéra de Rameau (ier octobre 1733). Ce fut un triomphe : une musique"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.24", "texte": "LES CONCERTS\n\nd'une force et d'une fermeté extrêmes, toute en pensées neuves, en traits hardis\net saisissants, avec un air d'une noblesse et d'une dignité qui sent sa haute nais-\nsance : c'est Rameau qui tranche du chevalier, voire du marquis, et non pas du\ntout Gluck, qui jamais ne porte l'épée au côté. Et cependant l'air d'Aricie, et\nsurtout le récit final de Phèdre, désespérée, en proie aux remords, égalent, l'un\nen tendresse et l'autre en puissance, les plus émouvantes pages de Gluck. Le duo\nd'Aricie et d'Hippolyte, où leurs prières à Diane semblent monter comme des\nfumées d'encens, est d'une invention charmante ; l'entrée des Chasseurs, leurs\ndanses, avec des effets de cors, de hautbois et de basson, les airs de danse\nchantés (Mlle Pironnet), enfin l'orage, décrit avec une instrumentation très\nsobre, mais des rythmes aussi ingénieux qu'expressifs, appartiennent en propre\nà Rameau, ne pouvaient être conçus que par ce musicien qui fut en même temps\nun poète, selon la vieille et excellente tradition de notre race. Je n'ai aussi que\ndes éloges à faire pour l'interprétation : M. David soupire à souhait les plaintes\nd'Hippolyte amoureux ;la voix un peu sèche de Mlle de la Rouvière a, dans le rôle\nd'Aricie, une sorte de grâce enfantine qui ne me déplaît point, et Mme Tarquini\nd'Or déclame en artiste le récit de Phèdre. L'orchestre m'a paru meilleur qu'au\nprécédent concert, plus fondu et mieux dans la main de son excellent chef, qui\ndirige comme personne cette nerveuse musique. Une mention particulière est\ndue à M. Ermans, pour le timbre égal et nourri de son basson.\n\nL. L.\n\nSALONS MUSICAUX.\nL. L.\n— C'est encore une heure de musique exquise que Mme la\nPrincesse de Cystria offrait, le 16 janvier dernier, à quelques élus. M. Debussy\nfaisait à lui seul tous les frais de la fête, avec son Quatuor d'abord, si fortement\npensé, si frémissant de vie et d'émotion (MM. Zeitlin, Duittenhofer, Vieu et de\nBruyn), puis deux mélodies où Mlle M. Legrand fait sonner sa belle voix : La\nMer et Le son du cor s afflige. Mllc Selva interprète avec une grande intelligence\nles Estampes ; les deux premières pièces de ce nouveau recueil (i), Pagodes et\nLa Soirée dans Grenade, ne ressemblent en rien à l'Espagne ou à l'Orient truqués\net fielates de nos bazars musicaux : car elles ont la saveur fraîche et un peu sau-\nvage des lruits naturels ; la dernière. Jardins sous la pluie, rappelle, avec plus\nd'ampleur, la Toccata pour piano : c'est, de part et d'autre, le même tour très\nclassique, malgiéla nouveauté de la langue. Nous aurons bientôt l'occasion de\nrevenir sur ce recueil digne du maître auquel il est dédié : M. J. Blanche. Enfin\nM. Bagès chante avec un goût et une légèreté délicieuse deux Proses lyriques\n[De grève et De soir), petits chefs-d'œuvre d'expression, et une Mandoline (d'après\n\\ ci laine), page chai mante, écrite à dix-sept ans. Les concerts plus ou moins\npublics ne manquent pas à Paris : il n'est pas de soir où l'on n'ait le choix au\nmoins entre deux ou trois ; mais aucun ne nous offrira jamais ce que nous avons\npu entendre 1 auti e samedi, en ce salon qui est le temple de la musique vivante...\n(i) Durand et fils, éditeurs.\n\nSALLE ERARD. 15 janvier. Concert donné par M. Eugène Borrel, violo-\nniste. — Le programme, qui est varié à souhait, comprend des pièces techniques\nde Corelli, Leclair et Rust, la sonate en la de Bach et la sonate de Franck. Ce"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.25", "texte": "INFORMATIONS\n\nchoix était excellent pour mettre en relief les qualités de virtuose et de profes-\nseur, la dextérité intelligente et le goût de M. Borrel.\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. 2? janvier. Le Quintette de M. Grâdener manque\nquelque peu d'originalité, et beaucoup de sonorité : on croirait entendre un\nmaigre trio. Les deux mélodies de R. Ducasse (Le cœur de Veau, de Rodenbach)\nsont froides comme glace ; les deux Noëls pour hautbois et piano de M. Henri\nMulet ont un certain agrément. Stamboul, suite pour piano de M. P. de Bréville,\nest une œuvre de grand mérite, dont j'aime beaucoup le coloris fin et discret. De\ndélicates harmonies accompagnent le chant des muezzins de Stamboul, et des\nrythmes souples nous disent l'animation de Galata ; des mélodies plus émues se\nmêlent à ces indications pittoresques, et le tout est d'une poésie pénétrante, que\nMlle Selva comprend à merveille.\n\nECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. -- Petit concert intime, le 24 janvier.\nMlle Anne Vila chante d'une voix pure et délicatement nuancée deux mélodies de\nFauré: Rencontre et Après le Rêve, accompagnée par Mme Landormy-Plançon.\nC'est un grand plaisir d'entendre à Paris la charmante artiste qui vient de rem-\nporter un si grand succès aux excellents concerts d'Angers, dans la cavatine\nd Tphi génie en Tauride, et la Procession de Cés. Franck.\nLe 15 janvier, M. Vincent d'lndy, montrait, devant un nombreux auditoire,\n« comment on fait une sonate. )) Conférence du plus haut intérêt, non seulement\npar l'analyse pénétrante que M. d'lndy a faite de sonates de Beethoven, mais\npar la lumière que cette étude jetait, à son insu, sur sa propre façon de penser et\nde créer. Mllc Selva joua ensuite, avec sa maestria ordinaire, la Sonate appas-\nsionata de Beethoven.\nLe 22 janvier, M. Romain Rolland parla de Gluck, s'appliquant à montrer\ncombien la personnalité et l'art de Rameau étaient, quoi qu'on dise, profondé-\nment opposés à la personnalité et à l'art de Gluck, et faisant voir dans la réforme\ndramatique de ce dernier la conclusion des pensées et des travaux de l'Encyclo-\npédie française depuis vingt ans Son succès fut très vif.\n\nActes officiels et Informations.\n\nACADÉMIE DE MUSIQUE. —La reprise de Thaïs, de M. Massenet, a été fort\nbrillante.\n\nCONSERVATOIRE. M. Gabriel Pierné, compositeur de musique, est nommé\nmembre du Conseil supérieur d'Enseignement du Conservatoire national (sec-\ntion des études musicales), en remplacement de M. Réty, démissionnaire\n\nLE CAIRE. —M. Lagoanère, ancien directeur de théâtre à Paris, se propose\nd'organiser au Caire (Egypte) des concerts analogues à ceux qui ont été institués\nà Paris par MM. Colonne et Chevillard.\n\nPALMES ACADÉMIQUES. Nous relevons, sur la nouvelle liste de palmes acadé-\nmiques parue au Journal officiel du 15 janvier dernier, les deux noms suivants\nqui intéressent le personnel enseignant de nos écoles de musique :"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.26", "texte": "INFORMATIONS\n\nM. Charles Gripois, directeur de l'École nationale de musique à Boulogne-sur-\nMer ;\nM. Camille Hierle-Granger, professeur à l'Ecole nationale de musique de\nMontpellier.\n\nMUSÉE INSTRUMENTAL DU CONSERVATOIRE. Par arrêté ministériel, M. René\nBrancour, professeur de musique et auteur de divers ouvrages sur la musique, a\nété nommé conservateur du Musée instrumental du Conservatoire national de\nmusique et de déclamation, en remplacement de M. Pillaut, décédé.\n\nPRIX PONSIN. Par testament olographe en date du 20 juin 1884, Mmc Pro-\nvost-Ponsin, sociétaire retraitée de la Comédie-Française, a fondé un prix\nannuel de 435 francs, pouvant être accordé au moment des examens, et destiné à\nl'élève femme la plus méritante des classes de Déclamation dramatique.\nDans sa séance du 13 janvier dernier, le Comité d'examen des classes de décla-\nmation dramatique a proposé d'accorder ce prix à Mlle Ferdinande Bergé, ler ac-\ncessit de comédie en 1903.\n\nTROCADÉRO. La petite salle des fêtes du Palais du Trocadéro sera mise àla\ndisposition de M. Félix Bloc, professeur de violon, pour y organiser, le dimanche\n20 mars prochain, en matinée gratuite, une audition de ses élèves».\n\nBESANÇON. M. André Gédalge, inspecteur de l'enseignement musical, a été\ndésigné parM. le Ministre des Beaux-Arts pour se rendre à Besançon et assister\nà la première représentation de Paul a, œuvre lyrique de M. Ratez, directeur\nde l'Ecole nationale de musique, succursale du Conservatoire, à Lille.\n\nTOULOUSE. Par arrêté préfectoral en date du 15 janvier 1904, M. Bladviel a\nété nommé professeur de déclamation lyrique à l'École nationale de musique,\nsuccursale du Conservatoire, à Toulouse.\n\nCONCERTS POPULAIRES. L'inspection des Grands Concerts populaires s'effec-\ntuera de la façon suivante pour l'année 1904 :\nM. Maréchal, Marseille et Nancy ;\nM. Gédalge, Lille ;\nM. Fauré, Angers ;\nM. Lenepveu, Bordeaux.\n\nMONTPELLIER. On annonce la prochaine transformation de l'École de\nmusique de Montpellier en succursale du Conservatoire national.\n\nCONCOURS CRESSENT. —Le jury chargé de décerner le prix de la fondation\nCressent pour le 11e concours triennal procède actuellement, au Conservatoire\nnational, à 1 examen des partitions déposées et fera connaître prochainement le\ntitre de 1 ouvrage couronné et le nom de son auteur.\n\nOPÉRA-COMIQUE. M. Albert Carré se propose de donner, dans les premiers-\njours de février prochain, une grande représentation au profit de la Caisse de\npensions viagères et de secours du personnel du théâtre national de l'Opéra-\nComique.\n\nNICE.\n\n• — Le mouvement musical à Nice en cette dernière quinzaine est un peu\nr alenti. L Opéi a est si mal placé, au bord de la mer, que presque tous ses artistes\nont été grippés. On ena profité pour jouer, avec succès, Coppelia, le joli ballet de"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.27", "texte": "INFORMATIONS\n\nLéo Delibes. Je dois mentionner aussi une très remarquable reprise de Lakmé,\nun des rares opéras comiques qui se maintiennent au répertoire, où xMlle Lalla\nMiranda et M. Leprestre ont obtenu un véritable triomphe. Sont à l'étude :\nCendrillon, la Vie de Bohême (avec Mlle Guiraudon) et le Mefistofele de Boito,\nsi rarement joué. Sont en outre annoncés :la Flamenca, de Lucien Lambert,\nSiegfried et Messaline.\nAu Casino, notons les reprises de Philémon et Baucis, Mireille, Carmen, et\nenfin deZampa. Il serait certes injuste de ne pas reconnaître, dans cette œuvre\nd'Hérold, quelques heureux effets scéniques ainsi que de jolies trouvailles d'or-\nchestre, qualités malheureusement effacées par le peu de distinction des idées,\nle tapage des instruments à percussion dans les finales, et l'impression de niai-\nserie sentimentale qui se dégage de l'ensemble, et qui déplaisait si fort à Ber-\nlioz. Le rôle de Zampa, que je préfère chanté par un baryton, est ici tenu par un\nténor, M. Salignac, avec autorité.—Aux Concerts du Casino, devenus malheureu-\nsement plus rares, Mlle Marie Gamovetsky, élève du violoniste Auer, a obtenu\nbeaucoup de succès dans l'ennuyeux concerto de violon en ré mineur de Wie-\nniawski.\nA MONTECARLO, le 8e concert (jeudi 7 janvier) avait à son programme plusieurs\nnouveautés. D'abord la Symphonie en ut mineur de Glazounow, qui est\nla 6e et, je crois, la dernière du compositeur russe. Elle est divisée en quatre\nparties et se termine par un andante maestoso assez imposant. Elle contient en\noutre un thème avec variations de touche légère et un allegretto en forme de scherzo\ntrès gracieux qui ont beaucoup plu. L'ensemble ade la grandeur, mais certains\ndéveloppements sont un peu longs, défaut commun à beaucoup de compositions\nde l'école russe.\nVenait ensuite la ire audition du Cygne de Tuonela, poème symphonique de\nM. Jean Sibellius, dans lequel se fait grandement sentir 1 influence de Wagner.\nDans la mythologie finnoise, Tuonela est l'empire de la mort autour duquel\ncoule une sorte de Styx sur lequel s'avance en chantant un cygne qui n'est pas\nsans rappeler celui de Lohengrin. Cette légende a inspiré un poème qui consiste\nen un solo de cor anglais (bien rendu par M. Dorel), joli mais un peu long, sou-\ntenu par des accords de violons divisés.\nAu 9e concert (jeudi 14 janvier), on nous a fait entendre Francesca de Rimini\nde M. Bazzini, poème non sans valeur certainement, où se distingue un certain\nélan de passion, mais prétentieux en commençant, vide vers la fin, sans aucune\noriginalité dans l'ensemble, applaudi néanmoins grâce àla fougue avec laquelle\nil fut exécuté. A côté de ces premières auditions, M. Jehin fait quelques exhuma-\ntions intéressantes Cette fois il tirait de l'oubli l'ouverture du Barbier de Bagdad,\nqui date de 1858 (Weimar) et dont l'auteur, P. Cornélius, critique allemand, fut\nun des premiers et des plus ardents défenseurs de Wagner. A cette même\nséance étaient données la Symphonie en si bémol de Schumann, admirablement\ninterprétée ; l'ouverture Au printemps, de Goldmark, et la Rhapsodie hongroise\nn° 13, de Liszt, plus brillante que profonde, mais dont l'exécution a valu à 1 or-\nchestre une ovation méritée.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nLILLE.\n\nCONCERTS POPULAIRES. — Séance du 17 janvier. — Le concert\ndébutait par l'exécution cle la Symphonie en la de Beethoven. Nulle ne\ndemande plus de poésie unie à plus de puissance et de grâce, aussi"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.28", "texte": "INFORMATIONS\n\ntous les grands chefs la conduisent-ils avec prédilection, chacun\navec sa maîtrise et sa compréhension particulières. Nous avons vu tour à tour\nColonne etLamoureux, Richter et Strauss, Weingartner et Nikisch, tous dissem-\nblables dans les détails, mais tous réunis dans une même compréhension géné-\nrale de l'œuvre, se haussant au génie du Maître. Que ne pouvons-nous en dire\nautant de notre exécution lilloise ! mouvements trop lents dans l'allegretto\n(ce n'est pas une marche funèbre) et confusion dans le finale (le tumulte n est\npas exempt de rythme), etc. Beethoven exige beaucoup de cœur ! L Ouverture\nde Benvenuto Cellini fut mieux enlevée, quoique avec pas assez d'éclat et de\nsonorité, ce qui tient àla faiblesse numérique de l'orchestre, et la qualité ne\npeut remplacer complètement la quantité.\nM. Grovlez, élève de Diemer, et Lillois de naissance, interpréta les Varia-\ntions symphoniques de Franck, avec infiniment de distinction et de maîtrise,\npeut-être un peu froid, mais ne se souciant que du style de l'œuvre ;il y a tout\nà fait réussi, et son exécution, plus animée dans le finale (en fa dièse majeur), a\npleinement satisfait. Dans trois pièces pour piano seul, une (( Burlesque »de sa\ncomposition, il a montré combien il s'était assimilé les qualités de son Maître.\nM. P. Carolus Duran, aux œuvres duquel était consacrée la deuxième partie\ndu concert, possède un beau tempérament de chef d'orchestre, intéressant\ntoujours et que nous aurions voulu voir conduire, outre ses compositions, des\npièces classiques. Sous sa direction énergique, l'orchestre, bien en main,\nenleva avec adresse le Prélude symphonique, la Méditation, avec violon-solo\n(toujours ces méditations de concert ou de cathédrale) et la Danse. Chef\ndes Concerts le Rey, M. Pierre Carolus Duran, très jeune et très artiste, très\ndoué, n'écrit pas de musique révolutionnaire ; son style est simple, aimable et\ndistingué, l'écriture en est aisée, et l'audition fort agréable. Il ya là plus que\ndes promesses.\n\nDOCTEUR GAUDIER.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 décembre 1903 au 19 janvier 1904.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n21 Décembre\n23 —\n25 —\n26 —\n28 —\n3o —\nier Janvier\n2 —\n4 —\n6 —\n8 —\n9 ~\n11 —\ni3 —\n15 —\n18 —\nTannhàuser.\nL'Etranger — Sanison et Da-\nlila. c\nL'Etranger — Paillasse.\nRoméo et Juliette.\nL'Etranger. — V Enlèvement\nau sérail.\nLohengrin.\nFaust.\nTannhàuser.\nOthello.\nRoméo et Juliette.\nL'Etranger. — L'Enlèvement\nau sérail.\nLe Prophète.\nL1 Etranger. — La Korrigane.\nTannhàuser.\nRoméo et Juliette.\nFaust.\nWagner.\nV. d'Indy. Saint-\nSaëns.\nV. d'Indy. Léonca-\nvallo.\nGounod.\nV. d'Indy. Mozart.\nWagner.\nGounod.\nWagner.\nVerdi.\nGounod.\nV. d'Indy. Mozart.\nMeyerbeer.\nV. d'Indy. Widor.\nWagner.\nGounod,\nGounod.\n14.872 41\n14.932 76\n14.962 91\n13.i 58 »\n1 3.516 91\n14.255 76\n17.548 41\n14.645 »\n12.609 91\n13.571 26\n14.577 41\n9.841 »\n12.129 41\n14.753 76\n15.420 41\n20.18g 41"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.29", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. — Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 décembre 1093 au 19 janvier 1904.\nMAX SCHÖNE.\nComme on le voit par ce tableau, c'est Gounod et M. Xavier Leroux qui\ndétiennent, en ce moment, la recette la plus élevée sur nos deux grandes scènes\nlyriques ; mais MM. V. d Indy, avec l'Etranger, et Cl. Debussy, avec Pelléas,\nviennent, Dieu merci, en bon rang.\n\nROUEN. Concerts delà Schola Ccintornm.— Les occasions d'entendre delà\nm usique de chambre sont fort rares à Rouen ; aussi devons-nous remercier la\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2 I\nDécemb.\nLa Fille du Régiment. —\nMédecin malgré lui.\nLe\n(popul.)\nDonizetti. Gounod.\n3.892\n8.419\n1.199\n9.735\n»\n22\nDécemb.\nW erther.\nMassenet.\n5o\n»\n2 3\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n24\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n»\n25\n— matinée\nMignon— Les Rendez-vous bo\nur-\n2 5\n— soirée\ngeois.\nA. Thomas. Nicolo.\n5.879\n»\nLa Traviata. — Les Noces\nde\n26\nJeannette.\nVerdi. Massé.\n5.q83\n5o\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n8.820\n5o\n27\n— matinée\nWerther. — Le Maître\nde\n— soirée\nchapelle.\nMassenet. Paer.\n8.181\n5o\n2 7\nManon.\nMassenet.\n5.173 5o\n28\n—\nLouise.\nCharpentier.\n4.486\n»\n29\n—\nLa Reine Fiammette\nXavier Leroux.\n5.58u 5o\n3o\n—\nLa Tosca. — Le Toréador.\nPuccini. Adam.\n3.877\n9.309\n»\n31\nJanvier\nCarmen.\nBizet.\n5o\nIer\nLa Basoche — Les Rendez-vous\n— matinée\nbourgeois.\nMessager. Nicolo.\n4.145\n»\n2\nLakm3 — La Fille du Régiment.\nL. Delibes. Donizetti.\n8.333\n5o\n2\n— soirée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n0.766\nSo\nO\n0\n— matinée\nLa Dame blanche —Le Médecin\n— soirée\nmalgré lui.\nBoïeldieu. Gounod.\n7.852\n5o\n3\nMignon — Les Rendez-vous bour-\n— matinée\ngeois.\nA. Thomas. Nicolo.\n5.855\n5o\n4\nMireille.\nGounod.\n3.143 5o\n4\n— soirée\nMireille.\nGounod.\n4.480 5o\n5\n/•\n—\nLouise.\nCharpentier.\n3.889\n»\n6\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.772\n7.6 5i\n5o\n7\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5o\n8\n—\nManon.\nMassenet.\n5.368\n»\n9\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n7.920\n»\n1 0\n— matinée\nLes Noces de Jeannette.\n—\n— soirée\nMu guette.\nMassé. Missa.\n4-579\n5o\n10\nLakmé — Maître Wolfram.\nL. Delibes. E. Reyer.\n3.783\n»\n11\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n/\n3.944\n5o\n12\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6.638\n5o\n13\n—\nLa Dame blanche — Le secret\nBoïeldieu. G. et J.\nde Maître Camille.\nParis.\n3.5oy\n7.802\n5.761\n5o\n14\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n»\n15\n—\nCarmen.\nBizet.\n5o\n16\n—\nLe roi d'Ys.\nLalo.\n9 0I4\n5o\n'7\n— matinée\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n6.448\n»\n[7\n— soirée\nManon.\nMassenet.\n5.211\n»\n18\n—\nMuguet te — Le secret de Maître\n-\nCornille.\nMissa. Paris.\n3.751\n»\n19\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n/\n4.022\n»"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.30", "texte": "INFORMATIONS\n\nSchola Cantorum d'avoir eu l'excellente idée de s'assurer le concours du qua-\ntuor Zimmer pour son deuxième concert. Il nous paraît inutile de dire avec quel\nsoin artistique ces admirables virtuoses interprétèrent le Quatuor en ut majeur\nde Mozart, ainsi que celui en mi mineur de Beethoven.\nDe même, M. VanHout a admirablement joué la Sonate pour alto et piano de\nPietro Locatelli.\nA ce même concert nous eûmes aussi le plaisir d'entendre Mllc Eléonore Blanc\nchanter, de sa voix au timbre si sympathique, 1 air : « Divinités du Styx » d Al-\nceste, la Rencontre de G. Fauré et 1 Absence de Berlioz.\n\nBORDEAUX. — Grand-Théâtre.\nJos. GRIMO.\n— A son dernier passage sur notre scène,\nM. L. Escalaïs a brillamment triomphé clans Guillaume Tell et la Juive.\nL'excellent ténor a vaillamment pris sa revanche, car, indisposé à sa précé-\ndente apparition, il fut des moins heureux dans la partition de Rossini.\nLes débuts de notre nouvelle chanteuse légère, Mlle Courtenay, me font un\npeu regretter ses devancières — Mlles Landouzy et J. Meray —appelées ailleurs,\n(e pense néanmoins que, l'émotion des débuts dissipée, elle saura se montrer\nplus égale, d une vocalise plus pure et d'un jeu plus souple que celui qu'elle a\nmontré dans Manon et la Traviata pour ses débuts.\nA signaler également un nouveau ballet (Nuit de [Noël) de M. Stoumon et\nréglé par M. Laffont, qui a été bien accueilli, malgré quelques trivialités.\nOn répète toujours très activement les Maîtres Chanteurs de R. Wagner, qui\npasseront au premier jour.\n\nAu PAYS DE LA CRITIQUE MUSICALE.\nL. L.\nSous ce titre, c'est àun voyage en\nAllemagne que nous convie M. L. de la Laurencie, dans un fort intéressant ar-\nticle de Y Art moderne ( i). Chacun sait combien l'Allemagne est fermée, voire\nhostile, à toute musique venue de France ; Cés. Franck commence à peine à\ny pénétrer, la musique de V. d'lndy, selon M. Steuer, de Berlin, (( n'est pas de\nla musique )), tandis que M. Krebs, de Berlin également, relève dans le Prélude\ndu deuxième acte de Y Etranger « des pensées wagnériennes pensées une seconde\nfois » ; quant à M. Debussy, son Prélude à /'après-midi d'un Faune ne met en\njeu que notre oreille externe (nnser ausseres Ohr). Ici M. de la Laurencie fait res-\nsortir avec raison l'étrange contradiction où s'empêtre la critique allemande, en\nprônant d'une part la (( musique pure » et réclamant d'autre part des œuvres\nqui (( fassent penser », ce qui est proprement l'objet de la musique à pro-\ngrammes ». Quant aux erreurs matérielles, elles ne manquent pas, et la Schola\nCantorum de Saint-Gervais ou le Charles Debussy de M. 11. Riemann sont,\npour nous autres Français, d'assez plaisantes inventions. Il est parfaitement\npossible d'ailleurs que nous commettions de pareilles bévues quand nous parlons\nde Brahms ou de Bruckner. Mais notre goût, au moins, semble plus large, puis-\nque nous savons admirer à la fois des musiciens aussi distants que MM. d'lndy\net Debussy ; plus pur aussi : il n'eût pas été possible en France de remettre en\nmusique et d'orner de motifs conducteurs YArmide de Gluck, ainsi que vient\nde faire M. Schlar, avec de hautes approbations.\n\n(i) io janvier i 914."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.31", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE ET DE CONTREPOINT\n\nAu Cercle catholique du Luxembourg, M. A. Pirro faisait, le 22 janvier, une\nconférence sur J.-S. Bach qui témoigne d'un goût fort délicat et d'une connais-\nsance approfondiedu sujet. La puissance expressive de cette musique est fort bien\ncaractérisée, et l'influence du mot, de la forme et du sens de chaque mot, sur\n1 imagination de Bach, est très nettement dégagée. Voilà qui fait bien augurer\nde la thèse que soutiendra bientôt, en Sorbonne, M. A. Pirro, sur Y Esthétique de\nBach. Des fragments de Y Oratorio de Noël ont été exécutés ensuite sous la di-\nrection de M. P. de Saunières. Le prochain concert aura lieu le 26 février ;il\nsera consacré à Saint-Saéns et précédé d'une courte allocution de M. Louis\nLaloy.\n\nWIESBADEN.\nw.\n— Le compositeur Lucien de Flagny, qui, pendant son séjour à\nMayence, eut l'honneur de voir exécuter ses Kinderlieder, œuvre d'une\npiquante originalité, à la Cour du Grand-Duc régnant de Hesse-au-Rhin et à la\nrésidence de S. A. R. Madame la Princesse Lichtenstein, vient de remporter un\nnouveau succès avec l'audition qu'il donnait ici de ses œuvres dans la salle de\nconcert Victoria. Le public très distingué n'a pas ménagé ses applaudissements\nà l'auteur et à ses interprètes.\n\nNos concours\n(Suite et fin).\nNous avons reçu les nouvelles compositions portant les devises suivantes :\nSur rherbe molle, dans la nuit, les jeunes filles ont dansé toutes ensemble (Pierre\nLouys, les Chansons de Bilitis). —Au petit bonheur. —ln tenui labor.— Le\nrythme est Vélément masculin de la musique ; la mélodie en est Vélément jéminin\n(J. C.). Quot capita, tôt sensus. L'aurore apparaissait (Victor Hugo). Un\ntiens vaut mieux que deux tu ïauras.— De verre pour gémir, d'airain pour résister.\nIre et lœtare. Le simple plaît aux petits. Lœtamini. Regarde ton but et\nmarche. Permamero. Nil desperandum. Il est bon de lire et d'écrire.\nAbbiamo 11110 fratello.\n\nExercices d'harmonie et de contrepoint.\n\nNous avons reçu, en réponse à la question posée dans notre dernier article,\nplusieurs lettres ; la suivante nous paraît donner l'analyse la plus claire et la plus\nprécise du passage que nous citions :\nMonsieur le Directeur,\nVotre Revue du 15 janvier pose (p. 72) une question à laquelle répondront sans peine tous les\nlecteurs de vos précédents articles sur les notes de passage, broderies, échappées et appoggiature.\nL'harmonie classique aura tôt fait de remettre à sa place chacune des notes de cette longue phrase\nde Beethoven :"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040201-01.1.32", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE ET DE CONTREPOINT\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nBEETHOVEN, Début de l'adagio de la Sonate op. 22\n\n' On voit facilement que tout repose ici sur deux accords seulement : l'accord de la tonique, qui\nrègne sur les deux premières mesures pour revenir à la dernière, avec un a retard » ou prolon-\ngement du la\\) bientôt résolu sur le sol; et l'accord de septième de dominante [si \\)-ré-fa-la b)\ndans son premier renversement {ré-fa-la b -si'v) occupe les deux mesures intermédiaires ; la mélodie,\nen ajoutant un ut à cette harmonie, en fera un accord de neuvième, dont la signification tonale\nsera exactement la même. Seront donc étrangères à l'harmonie: dans les deux premières mesures\net la dernière, toutes les notes qui ne seront ni des mi b, ni des sol, ni des si b ; dans les deux\nautres, toutes celles qui ne s'appelleront pas si b? ré, fa, la b ou ut. Reste à leur trouver des déno-\nminations.\n/re mesure. Le la b (petite note) est une broderie brève du sol ;le fa est une broderie de\nce même sol, et le la b est une no te de passage, qui doit aboutir sur le si b .\n2e mesure. Mais ce si b est remplacé d'abord par une appoggiature chromatique (la fi) qui dure\ntrois temps. On trouve ensuite une broderie brève (ut), une broderie chromatique [la fi), et un si fi\nqui doit être considéré comme une anticipation du si fi de la mesure suivante.\nye mesure. Ce si fi, qui forme une dissonance très forte, est symétrique au la fi de la mesure\nprécédente. C'est une appoggiature chromatique de Yut. Mais il est lui-même brodé par Yut et le\nla, et lorsqu'on croit qu'il va se résoudre, survient une autre appoggiature, supérieure cette fois, de\nYut, auquel il ne reste plus qu'une triple croche. Le fa qui suit est une note « réelle », ornée d'une\nbroderie supérieure et inférieure et d'une note de passage (sol).\n4e mesure. Le la b est une note réelle, le sol une note de passage qui mène au fa, autre note\nréelle, brodée d'un mi fi; on retourne au la b par le sol, à Yut par le sf b, cet ut est orné d'une\nbroderie chromatique (sf fi); le dernier la b est note réelle aussi.\n5e mesure. Le fa jfi est une appoggiature chromatique du sol.\nRécapitulons. La phrase se compose de 30 notes ; réduite à ses notes réelles, elle n'en contient que 18.\nTout le reste est condamné, banni de l'harmonie pour différents motifs. Et maintenant une\nquestion se pose : Beethoven a-t-il d'abord pensé la phrase sous sa forme réduite et harmonique,\nou au contraire lui est-elle venue à la pensée avec tous ses accents expressifs? Je laisse le soin de\nla résoudre à déplus experts, et me contente d'affirmer ma préférence personnelle pour la phrase\ncomplète.\nVeuillez agréer, etc.\n\nPROSPER DOURAQUE."}]}