{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_sha256": "a15b8baf7e6d312c82c01ef2ae63a7d6381c08eb7597e8767904abd2266e765d", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/02/15_01/bmtnabj_1904-02-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/02/15_01/bmtnabj_1904-02-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "105", "page_fin": "111", "image_debut": 1, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.1", "titre_corps": "CLAUDE DEBUSSY LA SIMPLICITÉ EN MUSIQUE", "titre_sommaire": "CLAUDE DEBUSSY LA SIMPLICITÉ EN MUSIQUE", "signature_source": "LOUIS LALOY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3139, "texte": "CLAUDE DEBUSSY\nLA SIMPLICITÉ EN MUSIQUE\n\nIl y a des musiques que l'on admire de loin, comme de nobles étrangèies au\nvisage fermé; d'autres qui tantôt vous sourient et tantôt vous éloignent ;\nd'autres enfin sont comme des amies toujours chères, toujours attendues, de\nqui I on ne voudrait jamais quitter les fraîches mains consolatrices. Depuis que\nje l'ai rencontrée sur mon chemin, la musique de Cl. Debussy a été la fidèle\ncompagne dont la grâce ne se dément jamais. D où vient-il, ce charme tou-\njours renouvelé, de quelles sources mystérieuses, inconnues au reste des\nhommes? C'est ce que je dois essayer de dire ici, avec le plus de précision et\nd'impartialité qu'il me sera possible.\nQuand Pelléas parut, voilà bientôt deux ans, il y eut grand bruit dans la cité\ndes musiciens. La critique, qui ne laisse guère échapper l'occasion de prophé-\ntiser à contre-sens, opina communément que 1 œuvre n irait pas loin ; on vit\nparaître les habituelles doléances, qui servent depuis quatre cents ans (1J contre\ntoute musique nouvelle ! plus de mélodie, plus de clarté, une haimonie duie et\npénible, une science indiscrète; ah! qui nous rendra le beau chant? Ceux qui\nsuivent, depuis une vingtaine d'années, le mouvement musical, et savent combien\nune telle critique est sujette aux palinodies, n y firent guère attention. Restaient\nles sourires dédaigneux de quelques musiciens fiers de leur (( force », les plaintes\ndes premiers violons navrés de ne point jouer pendant toute une scène ; survint\nbientôt l admiration intempestive d'un certain public qui aime à ne pas com-\nprendre et va tout droit à l'obscurité comme les papillons à la lumière. Beau-\ncoup d honnêtes gens ne surent plus que penser. D autres allèrent voir 1 œuvre\ntant discutée, et y trouvèrent simplement ce qu'un auditeur non prévenu devait\ny reconnaître d'emblée: une musique sans formules, où tout venait de l'âme,\nune musique sans développements oiseux, modelée sur le drame, ou plutôt sur\nla vie elle-même, dont les mots du drame 11 étaient encore qu un pâle reflet : une\ndéclamation simple et juste, un orchestre clair et contenu ; une puissance d'émo-\ntion irrésistible; tant d'humanité, de pitié, de sympathie attendrie, que 1 on ne\npouvait maudire aucun des héros de la tragique histoire, et que 1 on sortait de\nlà meilleur et plus disposé au pardon ; voilà ce qui apparut aux esprits sincères.\nIls comprirent que 1 œuvre de Maeterlinck était transfigurée par une telle mu-\nsique et, sans en demander davantage, ils retournèrent 1 entendre : ainsi se fit le\nvrai et durable succès du seul drame musical auquel j'aie pu assister, pour ma\npart sans être jamais choqué par aucun de ces artifices qui suffisent à rompre\nle charme; chef-d'œuvre d'émotion et de simplicité (2).\n\n(i; Voir à ce sujet l'article de M. V. d'lndy sur Pelléas dans l'Occident (juin 1902) et la cita-\ntion d'une critique de Monteverdi, que Ton croirait d'hier.\n(2) Ce sont justement ces deux qualités que l'on s'est attaché à mettre en lumière ici, après la\npremière représentation de Pelléas et Mèlisande (mai 1902). Je le rappelle avec d'autant plus de\nplaisir que l'article n'est pas de moi."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.3", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "Je sais que ce dernier mot va à l'encontre d'un préjugé encore assez répandu.\nQue de fois j'entends dire : (( La musique de Debussy? Elle est trop savante, je\nn'y comprends rien. » Il y a, en ces quelques mots, un aveu sincère et un juge-\nment erroné. Il est parfaitement permis de ne pas comprendre d'abord une telle\nmusique ; mais ne nous y trompons point : ce qui déroute alors, ce n'en est point\nla complication, mais la simplicité même. Nous sommes accoutumés à des con-\nstructions symétriques, à des retours périodiques et prévus de motifs, à des\nartifices de déformation rythmique ou de modulation, enfin et surtout à des\nexercices d'amplification qui pour beaucoup de nous sont tout l'art du dévelop-\npement. Cette rhétorique devient nécessaire à notre goût dépravé, et nous res-\ntons interdits d'abord devant une œuvre qui n'obéit qu'à des lois intérieures et\nau rythme de sa propre vie. Nous ne nous apercevons pas que toute la science,\nla mauvaise science qui tue, est dans ces innombrables compositions où les senti-\nments sont vulgaires, les pensées quelconques, et où l'ingéniosité de laforme veut\nfaire oublier l'indigence de la matière. Combien j'en connais, et dans les œuvres\nqui veulent être le plus modernes, de ces fugues qui viennent à point pour\nremplacer un développement impossible, de ces chaînes d'accords qui transpor-\ntent un motif d'étage en étage sans parvenir à le rendre intéressant, et de ces\nsuperpositions de thèmes qui « marchent ensemble », et feraient mieux de ne\npoint marcher du tout ! Rien de tout cela dans la musique de M. Debussy : elle\nchante, et en chantant s'anime ou s'alanguit, s'excite ou s'apaise, se répond à\nelle-même, ou brusquement change d'idée, ainsi qu'il nous arrive à nous-mêmes\nlorsque nous nous laissons aller au fil de nos pensées ; et elle se tait quand elle\nn'a plus rien à dire. Ce dernier trait seul suffit à lui donner une physionomie si\ntranchée et si peu commune aujourd'hui, que l'on conçoit la première surprise\net presque l'effroi de beaucoup d'entre nous. La nature est étrange aux yeux de\nceux que l'art a nourris d'artifices.\nRien de plus simple, mais aussi de plus expressif, de plus nettement tracé, que\nles idées mélodiques de M. Debussy. Tel est ce thème qui, inscrit au frontispice\ndu drame de Pelléas, semble dire : (( Ceci est une légende, une vieille et triste\nlégende de la forêt » :\nTel encore le gracieux motif qui évoque Mélisande, si frêle et si délicate qu'on\nose à peine l'aimer, et que la vie l'écrasera :\nEt à chaque pas, jusqu'à la fin du drame, on entend sourdre ainsi des idées\nnouvelles, dont les unes ne reparaîtront plus, et les autres reviendront avec le\ncharme elfacé du souvenir : ainsi, le dernier soir, quand enfin les paroles graves\nont été prononcées, l'image du jardin lumineux, témoin des premières rencon-\ntres, apparaît avec ces quelques notes :"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.4", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "Et je sais bien que l'on va me dire : « Courtes idées, en véiité . Bach et\nBeethoven ne pensaient pas ainsi. )) Sans doute, mais la longueur ne fait lien\nà l'affaire, la concision est un mérite aussi, et de tout premier ordre, lorsqu en\nsi peu d'espace il tient tant d'émotion. Aussi bien n'était-ce pas le lieu de s'éten-\ndre, en ce drame où il fallait saisir et noter les sentiments au passage, à mesure\nqu'ils transparaissaient sous le tissu des mots. Mais il ne faut pas juger M. De-\nbussy sur le seul Pellèas. On oublie trop qu'il a écrit aussi de la musique\npure (1), et que là il n'a pas craint de dire toute sa pensée. Schumann n a rien\nécrit de plus tendre, ni de plus élevé, ni de plus soutenu que la première phiase\nde bandante du Quatuor à cordes :\nUne autre phrase répond, mélancolique et rêveuse, comme détachée des choses\nde la terre, et d'une grâce infinie :\nOù trouver des mélodies plus achevées ? On voit aisément que ce qui caracté-\nrise l'inspiration de M. Debussy, ce n'est pas un mode d'écriture particulier,\nmais une couleur personnelle : quelque chose de souverainement pur, d'abord,\nune réserve et une pudeur candides, jointes à une vie intérieure aussi forte que\ndélicate ; une âme à la fois exaltée et discrète, dont la tendresse peut aller jusqu'à\nla passion, mais non jusqu'au désir ; le goût et le respect de tout ce qui est gra-\ncieux, ingénu et touchant : tel est le fond de la pensée, telle en est la vraie et\ngrande originalité.\nCes précieux sentiments, qui touchent des fibres rarement émues par la vie\nréelle, se développent sans que rien gêne leur essor, pas même la volonté du\ncompositeur qui, visiblement, écoute ses voix intérieures, et n'écrit que sous leur\ndictée. Ce n'est pas à dire qu'il n'y ait, dans ces oeuvres, aucun plan saisissable,\n\n(i) Sans être démesurée, 1 œuvre de M. Cl. Debussy n'en est pas moins déjà considérable; il\nfaut citer :\nLe Printemps (1887), Suite pour orchestre et chœurs, inédite jusqu'à ce jour, dont nous com-\nmençons aujourd hui la publication ;\nLa Demoiselle Elue (1888), analysée dans la Revue musicale du ier janvier 1903 ;\nSix Ariettes, sur des poésies de Verlaine (1889) ;\nCinq Poèmes de Baudelaire (1890b analysés dans la Revue du ier octobre 1902;\nSix Mélodies, tirées de Sagesse et des Fêtes galantes de Verlaine;\nLe Quatuor à cordes (1893) »\nLe Prélude à VAprès-midi d'un Faune (1894), analysé dans la Revue du ier novembre 1902 ,\nUne Fantaisie pour piano et orchestre, encore inexécutée (1899) ;\nTrois Nocturnes pour orchestre (1900);\nTrois Pièces pour le piano ( 1901) ;\nPellèas et Mèlisande (1902) ;\nLes Estampes, pour piano (1903)."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.5", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "bien au contraire, mais ce plan tient à la nature même des choses, et non aux\nrègles d'un genre. Ainsi je pourrais fort bien qualifier l'Andante du quatuor de\nlied à 3 parties, si je voulais ; mais en réalité ce n'est pas un lied, c'est un dia-\nlogue entre deux pensées, dont la seconde, d 'abord résignée, s'affirme par degrés\net se passionne, pour retomber ensuite au calme attristé du début. Je veux dire\nqu'il n'y a rien, dans tout le cours du morceau, qui révèle un calcul, une inten-\ntion de moduler pour le seul plaisir de changer, ou pour préparer une rentrée. Il\nen est de même pour le premier mouvement, où l'on peut bien reconnaître une\npremière et une seconde idée ; mais bien plutôt une seule idée le domine', qui s'en-\nrichit sans cesse d'idées accessoires, et l'une de ces idées accessoires, la dernière,\na plus d'importance que les autres, parce qu'elle est comme une réponse à la\nquestion posée : par cette libre disposition, M. Debussy ne fait que continuer la\nmanière de Beethoven en ses derniers quatuors ; mais ce qu'il faut noter, c'est\nqu'entre ces divers développements, on n'aperçoit point de transitions, tant est\ngrande la cohésion du tout, tant est souple aussi une harmonie qui sait passer\npar dégradations insensibles de nuance en nuance.\nOn a beaucoup parlé de l'harmonie de M. Debussy, pour dire qu'elle était\nneuve, inouïe, barbare, impossible, ou, au contraire, magique et miraculeuse. Je\ncrois qu'on a beaucoup exagéré, dans l'un et l'autre sens, et je dirai, pour ma\npart, qu'elle est tout uniment expressive. Il y a plusieurs sortes d'harmonie\nL'une, que j appellerai sans intention ironique l'harmonie de rencontre, résulte\nde la superposition de mélodies distinctes ; l'oreille entend forcément des\naccords, puisqu'elle entend plusieurs notes simultanément, mais ces accords\nn'ont aucune importance, ne jouent aucun rôle dans l'œuvre musicale, fondée\nuniquement sur la mélodie. Telle est l'harmonie des primitifs de la polyphonie\nvocale (car dès le milieu du xvie siècle on voit apparaître la préoccupation de\nla beauté de l'accord pris en soi). Une autre sorte d'harmonie a pour objet unique\nde fixer la tonalité : elle règne auxvne, au xvme siècle, et encore au xixesiècle dans\nl'opéra italien ; rien de plus terne et fatigant que cesperpétuels accords detonique\net de dominante, lorsque la tonalité ne change guère, ce qui est justementle cas de\ncet opéra dégénéré. Mais aujourd'hui l'harmonie a appris à rechercher d'autres\neffets ; on sait qu'un accord, par lui-même, est doux ou triste, douloureux ou\nreposé, gracieux ou brutal ; Roland de Lassus s'en doutait bien d'ailleurs, ainsi\nque Bach, et Beethoven, et tous les grands musiciens. Cependant l harmonie de\nrencontre se trouve encore en plus d'une page, chez les maîtres actuels du con-\ntrepoint, un d'lndy, un Dukas : c'est elle qui explique plus d'une de leurs appa\nrentes duretés. L'harmonie tonale est aussi en usage, chaque fois que des modu-\nlations rapides et imprévues risquent de dérouter l'oreille. Mais l'harmonie de\nM. Debussy, tout en aboutissant toujours à des tonalités très définies, est expres-\nsive au premier chef. Rien de nouveau, d'ailleurs, dans les moyens employés :\nappoggiatures, altérations, pédales, retards irréguliers. Mais il y a la manière.\nIci comme dans la conduite du développement, rien qui ne se justifie par des\nraisons morales, c'est-à-dire, au vrai sens du mot, musicales. M. Debussy peint\navec des accords, il parle avec des accords, et arrive ainsi à noter des nuances\ninstantanées de sentiments. C'est, si l'on veut, de l'impressionnisme, mais du\nmeilleur, car il rend mieux saisissable la continuité delà vie, au lieu de l'inter-\nrompre. Un des passages de Pelléas qui sont pour moi le plus émouvants est\ntout en harmonies :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.7", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2840, "texte": "Qu'est-ce là ? Tout simplement deux accords de neuvième enchaînés, puis\ndeux autres. Mai le mi tenu au grave par les altos, et répété à l'aigu par les sons\nimmatériels des violons, puis confié aux violons seuls, donne à l'harmonie une\nsuavité qui enveloppe l'âme : c'est là un de ces instants divins, où s'évanouit tout\nce qui retient habituellement la vie, où le secret de l'être intérieur apparaît enfin\nsans voiles : c'est une illumination. Pour ne pas oublier d'être pédants, remar-\nquons encore que ce mi, neuvième ou septième dans le premier accord, tierce ou\noctave dans le second, fait attendre et désirer la descente des quintes de la\nbasse, et enlève toute équivoque à leur parallélisme. Une dialectique rigoureuse\npeut même considérer le premier accord, tout entier, comme une appoggiature du\nsecond. Mais peu importe le nom : l'effet existe, il est saisissant, et semble tout\nnaturel.\nLe naturel ! Ce mot me revient sans cesse à l'esprit, pour caractériser un style\nqui semble à d'autres le comble du raffinement, voire de la perversité. Mais, ainsi\nque je le disais en commençant, c'est le naturel même qui nous surprend aujour-\nd'hui. Un homme qui, dans une assemblée, s'avise de dire simplement sa convic-\ntion intime, risque fort de passer pour un fou, ou pour un subtil ironiste, ou\npour un diplomate habile aux sous-entendus. La même chose arrive à M. Debussy.\nOn ne le comprend point d'abord, parce que sa musique nous transporte loin de\nnos villes, de nos maisons, de nos chambres fermées, en des vallons sauvages où\nse pressent les fleurs, où les folles lianes s'enlacent aux troncs des arbres, où flotte\nun riche et frais parfum d'ajoncs ensoleillés. Là circule partout une jeune sève,\nlà se lève de toutes parts une vie ardente et pure, dont nous avions perdu le\nsouvenir, là nous retrouvons nos sentiments dépouillés de tout calcul, à l'état\nde grâce originelle. Et l'on me dira sans doute que d'autres musiques nous\ntransportent moins loin de l'existence réelle, et par là peuvent nous donner\nplus de courage à 1 affronter. Sans doute. Mais tous ceux qui croient que le\nmeilleur de la vie est encore ce qu'on en rêve iront souvent se recueillir aux\njardins de Fantaisie dont M. Debussy a retrouvé le chemin.\nLa Revue musicale commence aujourd'hui, dans son Supplément, la publication\nLune œuvre inédite de M. Cl. Debussy : Printemps, Suite pour orchestre et chœurs\n(l'orchestre réduit pour piano àquatre mains). Ce second envoi de Rome (1887), un\n/\npeu antérieur àla Damoiselle Elue, révèle, avec une pensée déjà maîtresse d'elle-\nmême, un entrain juvénile, une joie naïve de vivre et de sentir, qui depuis ont fait\nplace à des sentiments plus profonds. L'œuvre est du plus grand intérêt pour qui\nprend plaisir à suivre la formation d'une personnalité, et, de plus, elle est charmante.\n\nLOUIS LALOY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "105", "page_fin": "105", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.1.1", "titre_corps": "Claude DEBUSSY", "titre_sommaire": "Claude DEBUSSY", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.1", "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 78, "texte": "Claude DEBUSSY"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c011", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "112", "page_fin": "115", "image_debut": 8, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.2", "titre_corps": "Lettres inédites de Fr. Liszt à Alfred Jaëll (1855-1859)", "titre_sommaire": "Lettres inédites de Fr. Liszt à Alfred Jaëll (1855-1859)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.8", "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 2557, "texte": "Lettres inédites de Fr. Liszt à Alfred Jaëll\n(1855-1859)\n(*)•\nIV\nBIEN CHER MONSIEUR,\nCe m'est un véritable plaisir que de savoir mon Concerto en si bonnes et vail-\nlantes mains, et toutes les fois qu'il vous conviendra de le jouer, je ne saurais\ny avoir d objection. Veuillez donc bien en disposer comme de votre propriété en\nprenant seulement soin, comme je me suis déjà permis de vous le recommander,\nde ne pas la laisser endommager par 1 incurie ou la maladresse du chef d or-\nchestre et des instrumentistes, qui pour des morceaux de ce genre sont obligés\nà des répétitions soigneusement faites, assez peu du goût de plusieurs de\nces Messieurs.\nDans la nouvelle copie qui vous parviendra sous peu vous remarquerez un\nléger changement à la fin de l'adagio. Les trilles continuant jusqu'à l'entrée du\ntriangle dans le Scherzo me semblent d'un meilleur effet que le passage qui se\ntrouvait précédemment à cette place, et je vous prie de faire corriger les parties\nd'orchestre avec cette simplification.\nComme il est probable que vous passerez encore quelques mois dans ces pa-\nrages de l'Allemagne, je suis assez indiscret pour vous engager à venir me voir\nà Weymar et à y passer quelques jours. Quand vous vous rendez à Francfort et\nStuttgard, votre chemin vous conduit naturellement par notre petite ville et je\nvous en voudrais presque si vous ne me faisiez pas le plaisir de vous y arrêter\nun peu. A la fin de ce mois la nouvelle ligne du chemin de fer qui ne mettra que\ndeux heures et demie de trajet d'ici à Leipzig sera ouverte. Ainsi, de quelque\ncôté que vous alliez, vous voustrouverez très rapproché de moi et je compte bien\nque vous me donnerez bientôt l'occasion de vous renouveler personnellement\nl'expression des sentiments sincèrement distingués et affectueux dont je vous\nprie d'être très assuré.\nF. LISZT.\nWeymar, 13 mars 56.\nV\n. Comment, vraiment, mon cher Jaëll, vous avez encore le courage de jouer\nmon concerto, et cela avec un « véritable succès », comme vous me l'écrivez ?\nEh ! quoi, n'entendez-vous donc pas la rumeur toujours grossissante des\ngrognements des Goliaths de la docte critique, des glapissements et croasse-\nments, protestations et invectives des journaux de tous les formats qui démon-\ntrent plus qu'à l'évidence et proclament à l'unisson, comme une vérité plus vraie\nque le vrai que Liszt n'a jamais été et ne sera jamais capable d'écrire 4 me-\nsuies qui aient le sens commun, qu il est condamné sans rémission à traînera\n\n(ï) Suite et fin. Voir la Revue du 15 janvier."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.9", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "perpétuité le boulet de la transcription (quelques-uns ont même découvert qu'il\nse transcrivait lui-même ; la belle invention ! qu'il n'y a dans ses prétendus\nPoèmes symphoniques comme dans les infimes échantillons de ses compositions\nprécédentes ni mélodie, ni harmonie, ni rythme, ni forme, ni fond, tout ce qui\nreste d'apparence musicale revenant de droit et entièrement au graveur et à\nl'imprimerie de Breitkopf et Martel, et selon la sentence catégorique d'un sa-\nvant professeur de Berlin, sur ces horribles et faux simulacres de musique :\n(( IVo nichts ist kann man nichts scigen (1) ! » que le susdit Liszt est à jamais ense-\nveli dans le marais pestilentiel des dissonances, et que faire semblant de s'aper-\ncevoir qu'il a jamais écrit des morceaux de piano ou d'orchestre, c'est se rendre\ncoupable au premier chef du crime de lèse-Art et se condamner à ne plus\nrien comprendre en musique et à brûler Bach, Haendel, Mozart, Beethoven,\nMendelssohn, Schumann et aussi (clause tenue secrète) à bâiller à l'audition\ndes œuvres de MM. X, X, ou Xx , die uns gern eiu X fur ein U hinmalen (2b\nEh 1 quoi, dis-je, vous n'entendez pas tout cela, ou pire encore? vous l'entendez\net n'en êtes guère plus touché, et n'en prenez pas plus de souci que moi, conti-\nnuant, après comme devant, votre chemincomme si de rien n'était ?\nBravo, mon cher Jaëll, voilà qui est bien et qui me plaît. J'ai plaisir à vous\nl'écrire et en trouverai un double à vous le répéter de vive voix si vous tenez\nvotre quasi promesse de venir me voir dans le courant d avril. Pour répondre à\nvotre question, je vous dirai que le Lohengrin sera donné ici le 19 avril.\nQuoique vous ayez l'occasion de Xentendre et de le voir mieux à Hanovre\n(où Niemann chante admirablement, à ce que j'entends dire, le rôle\nje serais charmé que vous veniez écouter une de nos représentations à Weymar.\nDeux ou trois jours après je compte faire exécuter au Théâtre les 9 Chœurs que\nj'ai composés sur le texte du Prométhée délivré de Herder, en les faisant pré-\ncéder de la (( Symphonische Dichtung »(n° 5) dont les 10 premières mesures\nclouées sur ces deux accords\navec la résolution sur 6/4 d'ut mineur\nsont à tout le moins l'abomination de la désolation...\nQuand vous viendrez me voir et reprendrez votre chambre à l'Altenburg, je\n\n(r) « Rien à dire où il n'y a rien !» - , -\n(2) (( Qui aiment à nous faire prendre un X pour un U », à nous en faire accroire.\n(3) Accord de quarte et sixte."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.10", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 2805, "texte": "vous offrirai un exemplaire imprimé de la partition du Concerto qui paraîtra à\nPâques chez Haslinger, et si quelques autres de mes nouvelles horreurs et\nmonstruosités réussissent à divertir votre goût déjà fort suspect de corruption,\nvous n'aurez qu'à les mettre dans votre porte-manteau.\nDepuis 4 semaines je suis retenu dans mon lit d'où je vous écris, par une ma-\nladie qui m'ennuie davantage que le concert de critiques dont je suis 1 objet.\nL'une et l'autre ne m'empêchent guère de demeurer en assez belle humeur et\nje prends aussi bien les clous de mes jambes que les clous dont me régalent les\njournaux, en bonne patience. Dans peu de jours le médecin me promet d'être\nquitte des premiers, et les autres s'enfonceront ailleurs que dans ma peau.\nVenez donc me voir bientôt, mon cher Jaëll, pour le 19 et le 21 avril, si vous\npouvez, et laissez-moi vous dire merci et tout à vous,\nFR. LISZT.\n31 mars 57, Weymar.\nVI\nVous êtes un faiseur de merveilles, il n'y a pas à en douter, mon cher Jaëll, et\nje trouve même que vous allez crescendo et rinforzando dans la pratique de cet\nart particulier que vous vous êtes approprié ! Comment, vraiment vous vous êtes\nfait applaudir dans les Préludes ? C'est à ne pas y croire dans la situation pré-\nsente où il suffit de mon nom pour provoquer la rage des critiques, déconcerter\nles indifférents, et donner des démangeaisons de siffler à bon nombre de merles\ngaleux qui se targuent de leur effronterie ! On vient d'en voir un édifiant exemple\nà Berlin au Concert de Bulow, et nous savons à quoi nous en tenir sur le zèle et\nl'impartialité de ces pitoyables défenseurs du bon goût et de la saine doctrine en\nf lit de musique. Bulow s'est conduit valeureusement en les invitant à se mettre\ndehors ; en effet, qu'ont à démêler de pareilles gens avec Y Idéal } Pour vous,\nmon cher Jaëll, laissez-moi vous remercier très amicalement de votre bon cou-\nrage et m'associer au plaisir de sa réussite. Veuillez aussi de ma part faire tous\nles compliments qui reviennent à M. Dax. Dans le moment actuel, ne pas faire\nchorus avec ceux qui ont pris à tâche d'étouffer le développement que doit irré-\nsistiblement accomplir la Musique, est une preuve de caractère que personne plus\nque moi ne saurait apprécier.\nSoyez-en persuadé, ainsi que des sentiments très sincèrement distingués que\nvous garde\nVotre très affectionné\nF. LISZT.\nLeipzig, 30 janvier 59.\nP. S. Quand vous repasserez dans ces contrées, ne manquez pas de me faire\nle plaisir de votre visite à l'Altenburg. Si par hasard cela se trouvait vers le\n8 avril, il y aurait un Concert de Cour possible à ce moment.\nVII\nVoilà qui se trouve pour le mieux, mon cher Jaëll, que vous soyez revenu dans\nnos parages avec les hirondelles, au moment où, comme je le désirais depuis"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.11", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "longtemps, vous prendrez votre place à un des Concerts de cour à Weymar.\nCe sera donc pour le 9 avril (lendemain delà fête de S. A. R. Madame la\nGrande-Duchesse régnante) et je vous attends un peu plus tôt.\nRelativement aux morceaux que vous jouerez, nous verrons quand vous serez\nici quel choix sera le mieux adapté à la circonstance. J'espère que Joachim ne\nbrillera pas par son absence, et vous partagerez avec lui les honneurs de la partie\ninstrumentale du Programme à cette Soirée.\nLa nouvelle de vos succès à Vienne, Pest, etc., m'est parvenue de tous côtés,\net m'a naturellement fait grand plaisir. Heureux artiste qui ne craint pas de ris-\nquer sa bonne réputation en jouant d'aussi méchante musique que mes Préludes\net mon Concerto ! Les doctes et les entendus (qui n'ont besoin de rien entendre\npour savoir à quoi ne pas s'en tenir) vous ont bien averti cependant que ce n'était\nplus ou pas encore de la musique !\nPrenez-y garde et soyez plus sage dorénavant, pour n'avoir pas à vous repentir\nun jour de la part que vous prenez à cette corruption de goût, à cette perversion\ndes moeurs, que mes élucubrations rachitiques sans forme ni sens, ni mélodie,\nrépandent comme une malaria dont on ne saurait assez soigneusement se garer !\nEt si déjà vous êtes incorrigible à l'endroit de votre amitié pour moi, bornez-\nvous du moins à une ou deux Transcriptions des Lieder de Schubert : (( Lob der\nTnranen )) ou (( Stàndchen », par exemple, car n'est-il pas démontré par-dessus\nl'évidence que c'est une des plus risibles marottes qui aient pu se loger dans ma\ncervelle, d'imaginer qu'il me réussirait de faire jamais autre chose que des Trans-\ncriptions ?\nVous me mettez toujours de belle humeur, comme vous voyez, mon cher Jaëll,\net je crains bien d'être encore plus incorrigible que vous, malgré toute la peine\nque je prends à m'instruire de toutes les leçons qu'on me fait à profusion.\nAu revoir bientôt, et en attendant mille cordiales amitiés.\nF. LISZT.\n21 mars 59.\nP. S. La Gazette TAugsbourg publie le généreux et royal don que Sa Majesté\nde Hanovre vient d'accorder à la Société de Hcendel. Je m'en réjouis double-\nment, et comme artiste, et en qualité de Membre du Comité de cette Société. Un\nsi noble exemple devient encore, pour ainsi dire, plus beau et plus méritoire par\nle peu d'imitation qu'il rencontre !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "116", "page_fin": "121", "image_debut": 12, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.3", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.12", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2945, "texte": "Publications nouvelles.\n\nPIERRE AUBRY. — Le Rythme tonique dans la poésie litur gique et dans le chant\ndes Eglises chrétiennes au moyen âge. Paris, H. Welter, 1903.\n\nSous ce titre, M. P. Aubry vient de nous\ndonner un beau livre, élégant de forme\net d'aspect, excellent de fond. Ce n est\npas, comme on pourrait s'y attendre, un\nnouveau traité de rythmique grégorienne\nqui viendrait s'ajouter à une liste déjà\nlongue en effet, mais une introduction\nhistorique à cette étude, introduction qui\nvient bien à son heure combler une vé-\nritable lacune dans l'exposé d'une question\nd'un intérêt plus que jamais actuel.\nSelon cet auteur, et je suis heureux de\npartager en cela son avis, « une théo-\nrie du rythme musical liturgique devait, avec une critique plus serrée et plus\nsûre, expliquer le même nombre de faits et s'adapter à la théorie musicale de\ntoutes-les Églises chrétiennes sans s'écrouler d'elle-même à force de se compli-\nquer en s'adaptant aux faits nouveaux qui se révèlent... Les conditions am-\nbiantes dans lesquelles léchant liturgique est né et s'est développé ont déterminé\nles premiers linéaments de l'hypothèse du rythme oratoire : elles sont de l'ordre\nconcret, telle l'évolution du langage parlé vers le principe tonique au ive et au\nve siècle de l'ère chrétienne, tel encore le système d'écriture des neumes, un\npeu plus tard ; ou de l'ordre abstrait, comme la discipline musicale du haut\nmoyen âge, manifestée par les textes des théoriciens parvenus jusqu'à nous.\nCes faits que fournissent la philologie et l'histoire, sont donc comme des points\ndistants qu'il s'agit de relier par une ligne continue )). Et l'auteur de conclure :\n«Le rythme oratoire ne fuit aucune de ces conditions ; il s'applique à toutes\net justifie chacune d'elles. »\nxM. Aubry se range donc nettement à l'opinion des RR PP. Bénédictins, etson\nouvrage ne tend pas peu, du reste, à corroborer dans un certain sens une thèse\nviolemment combattue et qui ne laisse pas de conserver encore de sérieux con-\ntradicteurs.\nUn de ces derniers, le R. P. Dechevrens, S. J., s'efforça tout dernièrement\nd'assurer une fois de plus la victoire delà thèse mensuraliste (i) sur le rythme\noratoire, en étendant ses principes particuliers d'interprétation au chant litur-\ngique des diverses Églises d'Occident et d'Orient. A vrai dire, les conclusions du\nsavant Jésuite me paraissent dignes de remarque, et l'intérêt de cette étude m'o-\nblige à les rapporter ici.\n(( i° Dans tout 1 Orient, la musique des Églises chrétiennes possède un même\nrythme, le /povoç, le temps, exécuté partout de la même manière.\n\n(i) Selon la thèse mensuraliste, le chant grégorien se composerait de mesures, comme notre\nmusique ; les partisans du rythme tonique ne lui assignent au contraire d'autre rythme que celui\nces paroles, dont les syllabes, on le sait, sont tantôt fortes ou accentuées et tantôt faibles ou\natones (c est ce que 1 on appelle aussi rythme oratoire)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "(( 2° Pareille uniformité dans des Églises séparées les unes des autres depuis\ntant de siècles par des divergences de rite et de doctrine est la preuve évidente\nque le rythme de leurs mélodies est réellement le rythme originel de la musique\necclésiastique\n(( 30 L'Église romaine différait-elle sur ce point des Églises de la Grèce et de\nl'Orient ? L'histoire nous atteste le contraire, tant les relations étaient intimes,\nles échanges fréquents, entre les capitales du monde chrétien.\n(( 40 Pourtant, du côté de l'Église romaine, cet accord dans lapratiquemusicale\ns'est brisé à partir du xe siècle. La tradition rythmique a été rompue. On peut la\nrenouer en faisant rentrer la théorie du x?^ dans le chant latin. ))\nUne thèse fondée sur de tels arguments me paraît a priori fort bien défendable\nen un sens. Aussi ai-je un vrai regret de ne point connaître l'exposé qui vient d'en\nêtre fait par le nouveau chef du parti mensuraliste.\nS'il faut en croire M. Aubry, « le R. P. Dechevrens, quoique parti dans une\nexcellente voie, n'aurait apporté que peu de critique et une méthode insuffisam-\nment rigoureuse à l'examen des faits musicaux )). Estimant toutefois que son\npoint de départ était bon, notre auteur n'hésite pas à le conserver et reprend\npour son propre compte l'étude comparative du chant liturgique des diverses\nÉglises, en se limitant aux seules questions de rythmique.\n(( Les conclusions auxquelles nous sommes parvenus déclare M. Aubry, sont\nà l'opposé de celles que nous présente le R. P. Dechevrens : nous justifierons les\nnôtres en mettant en relief les points faibles de la doctrine mensuraliste qu'il\nsoutient, et montrant, au moins nous l'espérons, que le commun état du rythme\nen Occident et en Orient au moyen âge, c'est-à-dire antérieurement au xv® siècle\nenviron, était un rythme musical ayant, comme double fondement, 1 égalité théo-\nrique des notes et la prédominance de l'accent tonique. ))\nDans sa première partie, l'auteur aborde donc le point fondamental sur lequel\nrepose toute la doctrine du R. P. Dechevrens :(( Le rythme du 7.pO°; ». Avec\nune réelle compétence et une impartialité remarquable, il en étudie successive-\nment l'universalité dans les Églises orientales, la nature, la relativité, l'exécu-\ntion et la véritable origine, apportant toujours le plus grand soin à compléter\nson exposé didactique par un choix d'exemples puisés aux meilleures sources et\nqui, sans aucun doute, ne seront pas le moindre attrait pour le lecteur.\nCependant M. Aubry ne se dissimule pas lui-même qu'il reste des points obscurs\nà élucider dans cette difficile question ; aussi bien ai-je l'intention de lui proposer\nbientôt certains doutes à ce sujet et de soumettre mes propres observations à ses\nlumières.\nDans la deuxième partie de son livre, M. Aubry traite de l'ancienne tradition\nrythmique : l'accent. Il s'attache surtout à retracer le rôle important joué par\nl'accent tonique dans les différents idiomes et dans la poésie liturgique des\nEglises chrétiennes. A l'exemple des Pitra, des Bouvy, des Meyer, il précise à\nson tour la nature de l'accent tonique dans la langue et la poésie arméniennes et\nconstate fort heureusement que (( partout les principes ont été les mêmes avec les\nquelques différenciations causées par le génie propre de chaque langue ; que, de\nRome à Antioche et de Constantinople à Alexandrie, une commune tradition ryth-\nmique s'est perpétuée ». Tradition dont il serait bien injuste de vouloir mécon-\nnaître les principes dans l'exécution des chants liturgiques en général et tout\nparticulièrement du plain-chant latin."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3280, "texte": "Voilà bien, à la vérité, une des meilleures conclusions pratiques à recueilllir de\nl'intéressant ouvrage de M. Aubry. La pierre de touche d'une bonne mélodie\nliturgique réside, en effet, dans l'accentuation du thème musical, car l'accent est\nesprit, et c'est lui qui anime le verbe. L'accent est dans une mélodie comme dans\nson propre domaine :il est maître, il est roi, il faut de toute façon qu'il prédo-\nmine; à lui seul la place d'honneur.\nMais, hélas ! où sont les oreilles pies susceptibles de s'offenser de cette simple\nvétille qu'est une faute d'accent ? Il s'agit bien de cela ! Et comme l'on sent vite\naussi, à simple comparaison, que le latin est pour nous langue morte !\nExaminez les quelques mélodies grecques apportées en exemple par l'auteur :\n[Raya Ispov (p. 24), Asysi 7iop£oÔ£iç (p. 28), 'Avo(£to T 0 oropia goo (p. 62), Mu<rc*sptov £svov\nfp. 79). Ces seules lignes suffisent à nous faire prendre le compositeur sur le\nfait. Quel art dans la disposition de l'accent ! Quelle simplicité, quel naturel !\nAvec quelle aisance le chantre le plus vulgaire ne le mettra-t-il pas en relief !\nOuvrez maintenant un livre de plain-chant, le premier venu, ou plutôt, choisis-\nsez une des meilleures éditions, celle de Dom Pothier par exemple, et faites la\ncomparaison : elle ne saurait manquer d'être fort instructive particulièrement\ndans le chant syllabique des antiennes. Le moyen, je vous prie, de rendrel'accent\navec aisance et convenablement, à l'aide du seul ictus, en certains passages, tels\nque ceux-ci pris au hasard dans les antiennes du commun des Vierges (1) :\nUn sérieux obstacle à la bonne et facile exécution de l'accent, c'est, à n'en pas\ndouter, la fausse interprétation du principe d'égalité des notes dans leplain-\nchant.\nL abandon complet de la poésie métrique et l'emploi du rythme tonique ont\nengendré dans la musique d'église une certaine égalité théorique des notes, à\nlaquelle l'auteur consacre fort à propos le dernier chapitre de son livre. « Rappe-\nlons sommairement, dit-il, que le chant de l'Église latine a pour principe l'égalité\ndes notes, que distinguent seulement entre elles cet élan de la voix et cette légère\nimpulsion qui proviennent de 1 accent. Mais 1 égalité théorique des notes est\nmodifiée à chaque instant par la ciish par 1 oviscus, par le pressus sous ses\ndifféientes formes, par la position que les notes et les syllabes occupent dans\nla phrase littéraire ou musicale à la fin des phrases, des membres de phrase et\ndes incises ; se traduisant par un retard delà voix, moravocis, sur la dernière ou\nsui les deux dernières notes de la distinction. ))On sait trop quelle levée de bou-\nchers suscita cette théorie généralement comprise sous le nom de rythme oratoire,\nthéorie que ses savants protagonistes, Dom Pothier et les RR. PP. Bénédictins\nde Solesmes ne se lassent pas de soutenir, avec autant de zèle que de science et\nde goût, contre la thèse diamétralement opposée des mensuralistes.\n(( Le rythme grégorien, observe à ce propos M. Aubry, relève avant tout de l'é-\ni udition, c est pour n être point remonté assez haut vers les origines du chant\n\nexposeÎDrr3 ieTpS0Mn;aU COntra!re' funne très facile si lon adopte la nouvelle théorie\nexposee par le R. P. Mocquereau dans la Paléographie musicale."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2940, "texte": "liturgique qu on s est jeté dans les doctrines les plus opposées. » A vrai dire, on\nest apparemment remonté assez haut, trop haut peut-être, puisque d'aucuns\nseiaient tentés d aboutir à la création de l'homme en passant régulièrement par\nle déluge ! Mais, de même que certains n avaient nullement été frappés de l'im-\nportance de 1 accent tonique dans la musique d église, d'autres, et c'est le plus\ngrand nombre, ont passé auprès des traditions primitives orientales, et de la\ntradition byzantine en particulier, sans songer le moins du monde à les interro-\nger. Or, on finira bien quelque jour par s'en rendre compte et s'en convaincre,\nla théorie d'un plain-chant latin n'est pas autre chose, au fond, que celle du chant\nliturgique byzantin.\nDans ce cas, quel a donc été le véritable rythme du chant byzantin ? Ce fut\négalement un rythme libre, un rythme oratoire. Comment je serais tenté de me\nreprésenter ce rythme, c est ce que j'essaierai de dire prochainement. Mais je\npuis dire dès aujourd'hui que je souscris pleinement à la principale et dernière\nconclusion de M. Aubry : Le chant liturgique des diverses confessions chré-\ntiennes a une commune origine, et le rythme oratoire du chant grégorien, fondé\nsur 1 accent tonique et 1 égalité relative des notes, est la forme occidentale d'une\npure tradition de l'art chrétien.\n\nP. J. THIBAUT,\ndes Augustins de l'Assomption.\n\nBENJAMIN GODARD. -Menuet Pompcidour (mélodie; poésie de J.-B. Rousseau),\nBonheur muet (id., poésie de M. Martin). Paris, Hamelle.\n\nLe Menuet Pompadour et le Bonheur muet, op. 118 et 119 de Benjamin Godard,\nsontdeux œuvres posthumes du regretté compositeur. En nous les léguant, il nous\nlaisse la rare expression d'un esprit élégamment primesautier et tendrement\nrêveur.\nRespectons l'amour\nPendant qu'il sommeille,\nEt craignons qu'un jour\nCe dieu ne s'éveille.\nGodard a heureusement enrubanné de musique légère et pimpante ces vers\nqui commentent le Menuet Pompadour. Cette musique nous rappelle les fraîches\net aimables compositions de Lulli, Couperin, Rameau. Allègre et souple, gra-\ncieuse et spirituelle, la partie d'accompagnement s'ébat, divertissante, sous la\nligne mélodique qui s'en dégage avec une liberté gracieuse. Des modulations\nsuccessives, effleurant les tonalités sans jamais s'y arrêter, parsèment l'accompa-\ngnement du premier motif. C'est là un heureux procédé qui caractérise l'esprit\ningénieux de Godard et qui lui permet en outre de retourner aisément au ton\ninitial.\nLe deuxième motif à la sous-dominante procède d'une marche harmonique\nd'accords parfaits ; marche tantôt tonale, tantôt modulante. De plus, cette mar-\nche harmonique est accompagnée d'un mouvement rythmique de basse qui\nnous laisse deviner les pizzicati des violoncelles et des contrebasses.\nLa seconde mélodie, en ré b majeur, Bonheur muet, est d'un sentiment tout\nautre que la précédente. Ici le compositeur nous entraîne dans les sentiers d un"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "romantisme attendri. En effet, combien douce et sentimentale est cette phrase\nqui se déroule sous la mélodie :\nCe chant qui sert d'accompagnement à la voix durant la première partie du\nmorceau enveloppe la mélodie d'un calme mystérieux et tendre. Seul, le milieu\nde la composition est un peu plus animé, mais cette animation n'est que passa-\ngère, car bientôt la sérénité interrompue du début reparaît, et nous communique\nà nouveau l'impression déjà ressentie précédemment. Et c'est encore avec le\nrappel de ce premier motif que s'achève la mélodie, mais orné cette fois d une\nnouvelle harmonie :\nBenjamin Godard semble s'être attaché ici à la simplicité. Il affecte de dédai-\ngner toute complication d'écriture et ne recherche que l'expression naturelle. Si\ntel a été son but, il l'a pleinement atteint et l'émotion qu'il nous communique est\nindiscutable. Peut-être même convient-il d'ajouter que cette émotion est juste-\nment due, dans ce cas, à l'absence de toute recherche d'écriture.\n\nADALBERT MERCIER.\n\nOUVRAGES REÇUS\nBEETHOVEN. — Correspondance, traduite et annotée par Jean Chantavoine.\nParis, Calmann-Lévy.\nA. POUGIN. — La Musique en Russie. Paris, Fischbacher.\nERNEST ROLLIN. — Prélude et Choral pour Piano. Paris, Durand et fils.\nC. SAINT-SÀENS. — Hélène, Poème lyrique en un acte. Paris, Durand et fils.\nPAUL-LOUIS GARNIER. — Les Fins de VArt contemporain. Paris, Juven.\n\n\\ IENNENT DE PARMTRE, chez Marcello Capra (Turin) : i° Histoire universelle de\nla musique (traduction en italien du Catéchisme de 1 histoire delà musique, 2e édit.,\npar M. Riemann), très bon manuel dont l'éloge n'est plus à faire ; 2° la Seconde\nAnthologie vocale (liturgique), contenant 122 cantiques à 3 voix égales, par\nOreste Ravanello (collection diamant, très pratique ; parmi les nombreux\ncompositeurs italiens qu il cite, 1 auteur ne s est pas oublié; ; 30 les huitième, neu-\nvième et dixième Anthologies des maîtres italiens, pour 1 harmonium ou le cla-\nvecin (collection diamant). La 8e est consacrée à Frescobaldi ( 1583-1644) ; 40 la\nmesse (( Regina Angelorum », pour chœur à deux voix égales avec accompagne-\nment d oigue, par F. Capocci ; 50 Un 7 antum ergo (à 4 voix) de Giuseppe Mer-\ncanti , 6 une Passion (selon S. Matthieu) de Casimiri ; 70 Prélude et fugue en\nit mineur, d A. Pisani ; 8° Entrée, offertoire, élévation, communion, finale (orgue;\npar C. Grassi ; 90 Tu es Petrus, motet pour 4 voix d'hommes, par F.-G- Breiten-\nbach , 10 1 nèie ipour orgue), par S.-E. Bottigliero j II° Requiem (pour une\n\\ oix et haïmonium), pai le même \\ 120 JIesse pour les morts (2 voix et orgue),"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.17", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 628, "texte": "par P. Magri ; 130 Messe (( Emicat meridies )) (2 voix égales et orgue), parle\nmême.—Toutes ces publications sont fort soignées, peu coûteuses, et d'un\ngrand intérêt.\nA /'(( Harmonie » (Berlin) ; Biographie dè R. Wagner, par Gustav Lévy. Dans\ncette brochure de 62 pages (avec un portrait) sont énumérés, avec une date pré-\ncise, tous les faits importants. C'est un modèle de memento exact.\nChez Prioré, éditeur (rue Paradis) : Salut au pays (grande valse militaire pour\npiano) ; Qui vive ? (polka) ; Jean Jeanne (valse); Sous les lilas (grande valse) et\nSur les bords du Scardon (valse), par A. Douchement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c016", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "116", "page_fin": "119", "image_debut": 12, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.3.1", "titre_corps": "PIERRE AUBRY. — Le Rythme tonique dans la poésie litur gique et dans le chant des Eglises chrétiennes au moyen âge. Paris, H. Welter, 1903.", "titre_sommaire": "PIERRE AUBRY. — Le Rythme tonique dans la poésie litur gique et dans le chant des Eglises chrétiennes au moyen âge. Paris, H. Welter, 1903.", "signature_source": "P. J. THIBAUT, des Augustins de l'Assomption", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.12", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 2945, "texte": "PIERRE AUBRY. — Le Rythme tonique dans la poésie litur gique et dans le chant\ndes Eglises chrétiennes au moyen âge. Paris, H. Welter, 1903.\n\nSous ce titre, M. P. Aubry vient de nous\ndonner un beau livre, élégant de forme\net d'aspect, excellent de fond. Ce n est\npas, comme on pourrait s'y attendre, un\nnouveau traité de rythmique grégorienne\nqui viendrait s'ajouter à une liste déjà\nlongue en effet, mais une introduction\nhistorique à cette étude, introduction qui\nvient bien à son heure combler une vé-\nritable lacune dans l'exposé d'une question\nd'un intérêt plus que jamais actuel.\nSelon cet auteur, et je suis heureux de\npartager en cela son avis, « une théo-\nrie du rythme musical liturgique devait, avec une critique plus serrée et plus\nsûre, expliquer le même nombre de faits et s'adapter à la théorie musicale de\ntoutes-les Églises chrétiennes sans s'écrouler d'elle-même à force de se compli-\nquer en s'adaptant aux faits nouveaux qui se révèlent... Les conditions am-\nbiantes dans lesquelles léchant liturgique est né et s'est développé ont déterminé\nles premiers linéaments de l'hypothèse du rythme oratoire : elles sont de l'ordre\nconcret, telle l'évolution du langage parlé vers le principe tonique au ive et au\nve siècle de l'ère chrétienne, tel encore le système d'écriture des neumes, un\npeu plus tard ; ou de l'ordre abstrait, comme la discipline musicale du haut\nmoyen âge, manifestée par les textes des théoriciens parvenus jusqu'à nous.\nCes faits que fournissent la philologie et l'histoire, sont donc comme des points\ndistants qu'il s'agit de relier par une ligne continue )). Et l'auteur de conclure :\n«Le rythme oratoire ne fuit aucune de ces conditions ; il s'applique à toutes\net justifie chacune d'elles. »\nxM. Aubry se range donc nettement à l'opinion des RR PP. Bénédictins, etson\nouvrage ne tend pas peu, du reste, à corroborer dans un certain sens une thèse\nviolemment combattue et qui ne laisse pas de conserver encore de sérieux con-\ntradicteurs.\nUn de ces derniers, le R. P. Dechevrens, S. J., s'efforça tout dernièrement\nd'assurer une fois de plus la victoire delà thèse mensuraliste (i) sur le rythme\noratoire, en étendant ses principes particuliers d'interprétation au chant litur-\ngique des diverses Églises d'Occident et d'Orient. A vrai dire, les conclusions du\nsavant Jésuite me paraissent dignes de remarque, et l'intérêt de cette étude m'o-\nblige à les rapporter ici.\n(( i° Dans tout 1 Orient, la musique des Églises chrétiennes possède un même\nrythme, le /povoç, le temps, exécuté partout de la même manière.\n\n(i) Selon la thèse mensuraliste, le chant grégorien se composerait de mesures, comme notre\nmusique ; les partisans du rythme tonique ne lui assignent au contraire d'autre rythme que celui\nces paroles, dont les syllabes, on le sait, sont tantôt fortes ou accentuées et tantôt faibles ou\natones (c est ce que 1 on appelle aussi rythme oratoire)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "(( 2° Pareille uniformité dans des Églises séparées les unes des autres depuis\ntant de siècles par des divergences de rite et de doctrine est la preuve évidente\nque le rythme de leurs mélodies est réellement le rythme originel de la musique\necclésiastique\n(( 30 L'Église romaine différait-elle sur ce point des Églises de la Grèce et de\nl'Orient ? L'histoire nous atteste le contraire, tant les relations étaient intimes,\nles échanges fréquents, entre les capitales du monde chrétien.\n(( 40 Pourtant, du côté de l'Église romaine, cet accord dans lapratiquemusicale\ns'est brisé à partir du xe siècle. La tradition rythmique a été rompue. On peut la\nrenouer en faisant rentrer la théorie du x?^ dans le chant latin. ))\nUne thèse fondée sur de tels arguments me paraît a priori fort bien défendable\nen un sens. Aussi ai-je un vrai regret de ne point connaître l'exposé qui vient d'en\nêtre fait par le nouveau chef du parti mensuraliste.\nS'il faut en croire M. Aubry, « le R. P. Dechevrens, quoique parti dans une\nexcellente voie, n'aurait apporté que peu de critique et une méthode insuffisam-\nment rigoureuse à l'examen des faits musicaux )). Estimant toutefois que son\npoint de départ était bon, notre auteur n'hésite pas à le conserver et reprend\npour son propre compte l'étude comparative du chant liturgique des diverses\nÉglises, en se limitant aux seules questions de rythmique.\n(( Les conclusions auxquelles nous sommes parvenus déclare M. Aubry, sont\nà l'opposé de celles que nous présente le R. P. Dechevrens : nous justifierons les\nnôtres en mettant en relief les points faibles de la doctrine mensuraliste qu'il\nsoutient, et montrant, au moins nous l'espérons, que le commun état du rythme\nen Occident et en Orient au moyen âge, c'est-à-dire antérieurement au xv® siècle\nenviron, était un rythme musical ayant, comme double fondement, 1 égalité théo-\nrique des notes et la prédominance de l'accent tonique. ))\nDans sa première partie, l'auteur aborde donc le point fondamental sur lequel\nrepose toute la doctrine du R. P. Dechevrens :(( Le rythme du 7.pO°; ». Avec\nune réelle compétence et une impartialité remarquable, il en étudie successive-\nment l'universalité dans les Églises orientales, la nature, la relativité, l'exécu-\ntion et la véritable origine, apportant toujours le plus grand soin à compléter\nson exposé didactique par un choix d'exemples puisés aux meilleures sources et\nqui, sans aucun doute, ne seront pas le moindre attrait pour le lecteur.\nCependant M. Aubry ne se dissimule pas lui-même qu'il reste des points obscurs\nà élucider dans cette difficile question ; aussi bien ai-je l'intention de lui proposer\nbientôt certains doutes à ce sujet et de soumettre mes propres observations à ses\nlumières.\nDans la deuxième partie de son livre, M. Aubry traite de l'ancienne tradition\nrythmique : l'accent. Il s'attache surtout à retracer le rôle important joué par\nl'accent tonique dans les différents idiomes et dans la poésie liturgique des\nEglises chrétiennes. A l'exemple des Pitra, des Bouvy, des Meyer, il précise à\nson tour la nature de l'accent tonique dans la langue et la poésie arméniennes et\nconstate fort heureusement que (( partout les principes ont été les mêmes avec les\nquelques différenciations causées par le génie propre de chaque langue ; que, de\nRome à Antioche et de Constantinople à Alexandrie, une commune tradition ryth-\nmique s'est perpétuée ». Tradition dont il serait bien injuste de vouloir mécon-\nnaître les principes dans l'exécution des chants liturgiques en général et tout\nparticulièrement du plain-chant latin."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3280, "texte": "Voilà bien, à la vérité, une des meilleures conclusions pratiques à recueilllir de\nl'intéressant ouvrage de M. Aubry. La pierre de touche d'une bonne mélodie\nliturgique réside, en effet, dans l'accentuation du thème musical, car l'accent est\nesprit, et c'est lui qui anime le verbe. L'accent est dans une mélodie comme dans\nson propre domaine :il est maître, il est roi, il faut de toute façon qu'il prédo-\nmine; à lui seul la place d'honneur.\nMais, hélas ! où sont les oreilles pies susceptibles de s'offenser de cette simple\nvétille qu'est une faute d'accent ? Il s'agit bien de cela ! Et comme l'on sent vite\naussi, à simple comparaison, que le latin est pour nous langue morte !\nExaminez les quelques mélodies grecques apportées en exemple par l'auteur :\n[Raya Ispov (p. 24), Asysi 7iop£oÔ£iç (p. 28), 'Avo(£to T 0 oropia goo (p. 62), Mu<rc*sptov £svov\nfp. 79). Ces seules lignes suffisent à nous faire prendre le compositeur sur le\nfait. Quel art dans la disposition de l'accent ! Quelle simplicité, quel naturel !\nAvec quelle aisance le chantre le plus vulgaire ne le mettra-t-il pas en relief !\nOuvrez maintenant un livre de plain-chant, le premier venu, ou plutôt, choisis-\nsez une des meilleures éditions, celle de Dom Pothier par exemple, et faites la\ncomparaison : elle ne saurait manquer d'être fort instructive particulièrement\ndans le chant syllabique des antiennes. Le moyen, je vous prie, de rendrel'accent\navec aisance et convenablement, à l'aide du seul ictus, en certains passages, tels\nque ceux-ci pris au hasard dans les antiennes du commun des Vierges (1) :\nUn sérieux obstacle à la bonne et facile exécution de l'accent, c'est, à n'en pas\ndouter, la fausse interprétation du principe d'égalité des notes dans leplain-\nchant.\nL abandon complet de la poésie métrique et l'emploi du rythme tonique ont\nengendré dans la musique d'église une certaine égalité théorique des notes, à\nlaquelle l'auteur consacre fort à propos le dernier chapitre de son livre. « Rappe-\nlons sommairement, dit-il, que le chant de l'Église latine a pour principe l'égalité\ndes notes, que distinguent seulement entre elles cet élan de la voix et cette légère\nimpulsion qui proviennent de 1 accent. Mais 1 égalité théorique des notes est\nmodifiée à chaque instant par la ciish par 1 oviscus, par le pressus sous ses\ndifféientes formes, par la position que les notes et les syllabes occupent dans\nla phrase littéraire ou musicale à la fin des phrases, des membres de phrase et\ndes incises ; se traduisant par un retard delà voix, moravocis, sur la dernière ou\nsui les deux dernières notes de la distinction. ))On sait trop quelle levée de bou-\nchers suscita cette théorie généralement comprise sous le nom de rythme oratoire,\nthéorie que ses savants protagonistes, Dom Pothier et les RR. PP. Bénédictins\nde Solesmes ne se lassent pas de soutenir, avec autant de zèle que de science et\nde goût, contre la thèse diamétralement opposée des mensuralistes.\n(( Le rythme grégorien, observe à ce propos M. Aubry, relève avant tout de l'é-\ni udition, c est pour n être point remonté assez haut vers les origines du chant\n\nexposeÎDrr3 ieTpS0Mn;aU COntra!re' funne très facile si lon adopte la nouvelle théorie\nexposee par le R. P. Mocquereau dans la Paléographie musicale."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1402, "texte": "liturgique qu on s est jeté dans les doctrines les plus opposées. » A vrai dire, on\nest apparemment remonté assez haut, trop haut peut-être, puisque d'aucuns\nseiaient tentés d aboutir à la création de l'homme en passant régulièrement par\nle déluge ! Mais, de même que certains n avaient nullement été frappés de l'im-\nportance de 1 accent tonique dans la musique d église, d'autres, et c'est le plus\ngrand nombre, ont passé auprès des traditions primitives orientales, et de la\ntradition byzantine en particulier, sans songer le moins du monde à les interro-\nger. Or, on finira bien quelque jour par s'en rendre compte et s'en convaincre,\nla théorie d'un plain-chant latin n'est pas autre chose, au fond, que celle du chant\nliturgique byzantin.\nDans ce cas, quel a donc été le véritable rythme du chant byzantin ? Ce fut\négalement un rythme libre, un rythme oratoire. Comment je serais tenté de me\nreprésenter ce rythme, c est ce que j'essaierai de dire prochainement. Mais je\npuis dire dès aujourd'hui que je souscris pleinement à la principale et dernière\nconclusion de M. Aubry : Le chant liturgique des diverses confessions chré-\ntiennes a une commune origine, et le rythme oratoire du chant grégorien, fondé\nsur 1 accent tonique et 1 égalité relative des notes, est la forme occidentale d'une\npure tradition de l'art chrétien.\n\nP. J. THIBAUT,\ndes Augustins de l'Assomption."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c019", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "119", "page_fin": "120", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.3.2", "titre_corps": "BENJAMIN GODARD. -Menuet Pompcidour (mélodie; poésie de J.-B. Rousseau), Bonheur muet (id., poésie de M. Martin). Paris, Hamelle.", "titre_sommaire": "BENJAMIN GODARD. -Menuet Pompcidour (mélodie; poésie de J.-B. Rousseau), Bonheur muet (id., poésie de M. Martin). Paris, Hamelle.", "signature_source": "ADALBERT MERCIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.15", "debut_caractere": 1404, "fin_caractere_exclue": 2940, "texte": "BENJAMIN GODARD. -Menuet Pompcidour (mélodie; poésie de J.-B. Rousseau),\nBonheur muet (id., poésie de M. Martin). Paris, Hamelle.\n\nLe Menuet Pompadour et le Bonheur muet, op. 118 et 119 de Benjamin Godard,\nsontdeux œuvres posthumes du regretté compositeur. En nous les léguant, il nous\nlaisse la rare expression d'un esprit élégamment primesautier et tendrement\nrêveur.\nRespectons l'amour\nPendant qu'il sommeille,\nEt craignons qu'un jour\nCe dieu ne s'éveille.\nGodard a heureusement enrubanné de musique légère et pimpante ces vers\nqui commentent le Menuet Pompadour. Cette musique nous rappelle les fraîches\net aimables compositions de Lulli, Couperin, Rameau. Allègre et souple, gra-\ncieuse et spirituelle, la partie d'accompagnement s'ébat, divertissante, sous la\nligne mélodique qui s'en dégage avec une liberté gracieuse. Des modulations\nsuccessives, effleurant les tonalités sans jamais s'y arrêter, parsèment l'accompa-\ngnement du premier motif. C'est là un heureux procédé qui caractérise l'esprit\ningénieux de Godard et qui lui permet en outre de retourner aisément au ton\ninitial.\nLe deuxième motif à la sous-dominante procède d'une marche harmonique\nd'accords parfaits ; marche tantôt tonale, tantôt modulante. De plus, cette mar-\nche harmonique est accompagnée d'un mouvement rythmique de basse qui\nnous laisse deviner les pizzicati des violoncelles et des contrebasses.\nLa seconde mélodie, en ré b majeur, Bonheur muet, est d'un sentiment tout\nautre que la précédente. Ici le compositeur nous entraîne dans les sentiers d un"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1031, "texte": "romantisme attendri. En effet, combien douce et sentimentale est cette phrase\nqui se déroule sous la mélodie :\nCe chant qui sert d'accompagnement à la voix durant la première partie du\nmorceau enveloppe la mélodie d'un calme mystérieux et tendre. Seul, le milieu\nde la composition est un peu plus animé, mais cette animation n'est que passa-\ngère, car bientôt la sérénité interrompue du début reparaît, et nous communique\nà nouveau l'impression déjà ressentie précédemment. Et c'est encore avec le\nrappel de ce premier motif que s'achève la mélodie, mais orné cette fois d une\nnouvelle harmonie :\nBenjamin Godard semble s'être attaché ici à la simplicité. Il affecte de dédai-\ngner toute complication d'écriture et ne recherche que l'expression naturelle. Si\ntel a été son but, il l'a pleinement atteint et l'émotion qu'il nous communique est\nindiscutable. Peut-être même convient-il d'ajouter que cette émotion est juste-\nment due, dans ce cas, à l'absence de toute recherche d'écriture.\n\nADALBERT MERCIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "120", "page_fin": "120", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.3.3", "titre_corps": "OUVRAGES REÇUS", "titre_sommaire": "OUVRAGES REÇUS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.16", "debut_caractere": 1033, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "OUVRAGES REÇUS\nBEETHOVEN. — Correspondance, traduite et annotée par Jean Chantavoine.\nParis, Calmann-Lévy.\nA. POUGIN. — La Musique en Russie. Paris, Fischbacher.\nERNEST ROLLIN. — Prélude et Choral pour Piano. Paris, Durand et fils.\nC. SAINT-SÀENS. — Hélène, Poème lyrique en un acte. Paris, Durand et fils.\nPAUL-LOUIS GARNIER. — Les Fins de VArt contemporain. Paris, Juven."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "120", "page_fin": "121", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.3.4", "titre_corps": "\\ IENNENT DE PARMTRE, chez Marcello Capra (Turin) : i° Histoire universelle de", "titre_sommaire": "\\ IENNENT DE PARMTRE, chez Marcello Capra (Turin) : i° Histoire universelle de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.16", "debut_caractere": 1408, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "\\ IENNENT DE PARMTRE, chez Marcello Capra (Turin) : i° Histoire universelle de\nla musique (traduction en italien du Catéchisme de 1 histoire delà musique, 2e édit.,\npar M. Riemann), très bon manuel dont l'éloge n'est plus à faire ; 2° la Seconde\nAnthologie vocale (liturgique), contenant 122 cantiques à 3 voix égales, par\nOreste Ravanello (collection diamant, très pratique ; parmi les nombreux\ncompositeurs italiens qu il cite, 1 auteur ne s est pas oublié; ; 30 les huitième, neu-\nvième et dixième Anthologies des maîtres italiens, pour 1 harmonium ou le cla-\nvecin (collection diamant). La 8e est consacrée à Frescobaldi ( 1583-1644) ; 40 la\nmesse (( Regina Angelorum », pour chœur à deux voix égales avec accompagne-\nment d oigue, par F. Capocci ; 50 Un 7 antum ergo (à 4 voix) de Giuseppe Mer-\ncanti , 6 une Passion (selon S. Matthieu) de Casimiri ; 70 Prélude et fugue en\nit mineur, d A. Pisani ; 8° Entrée, offertoire, élévation, communion, finale (orgue;\npar C. Grassi ; 90 Tu es Petrus, motet pour 4 voix d'hommes, par F.-G- Breiten-\nbach , 10 1 nèie ipour orgue), par S.-E. Bottigliero j II° Requiem (pour une\n\\ oix et haïmonium), pai le même \\ 120 JIesse pour les morts (2 voix et orgue),"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.17", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 628, "texte": "par P. Magri ; 130 Messe (( Emicat meridies )) (2 voix égales et orgue), parle\nmême.—Toutes ces publications sont fort soignées, peu coûteuses, et d'un\ngrand intérêt.\nA /'(( Harmonie » (Berlin) ; Biographie dè R. Wagner, par Gustav Lévy. Dans\ncette brochure de 62 pages (avec un portrait) sont énumérés, avec une date pré-\ncise, tous les faits importants. C'est un modèle de memento exact.\nChez Prioré, éditeur (rue Paradis) : Salut au pays (grande valse militaire pour\npiano) ; Qui vive ? (polka) ; Jean Jeanne (valse); Sous les lilas (grande valse) et\nSur les bords du Scardon (valse), par A. Douchement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c024", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "121", "page_fin": "123", "image_debut": 17, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.4", "titre_corps": "Les Concerts", "titre_sommaire": "Les Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.17", "debut_caractere": 630, "fin_caractere_exclue": 2668, "texte": "Les Concerts\n\n— La Symphonie héroïque de Beethoven a été jouée avec le brio\net la finesse habituels : j'y voudrais plus d'accent, surtout dans le premier\nmorceau, qui coule trop comme un flot uniforme ; je voudrais qu'on y sentît\ndavantage le rythme de ce puissant pas; il ne suffit pas que cette musique\ncoure, il faut qu'elle entraîne. —J'entends aussi le scherzo plus tourbillonnant\net plus impétueux.\nLa Suite en ré majeur de J.-S. Bach est une œuvre exquise, et qui fut jouée de\nfaçon exquise. Il me semble que c'est le genre de musique qui met le mieux\nen valeur les qualités de l'orchestre du Nouveau Théâtre. C'est une excellente\nidée d'élargir les programmes de concert, en prenant l'habitude d'y faire entrer\nde plus en plus la grande musique classique, antérieure à Mozart. Je souhaite\nqu'on fasse à cette musique une place toujours plus large.\nL'intermède symphonique de Notre-Dame de la Mer, par Th. Dubois, rappelle\nun peu Gounod et Grieg. Le tout est de venir à son heure. Celle d'hier m'a\nparu chaude...\nMlle Marguerite Revel a une jolie voix fraîche, qui plut beaucoup dans\n\n7 février.\n\nCONCERTS CHEVILLARD.\nL. L.\n— yi janvier.\n— La 4e Symphonie de Schumann ren-\nferme de belles pages, entre autres l'In-\ntroduction et 1 Andante presque entier ;\nmais elle fatigue par une orchestration\nmonotone et sans cohésion, où des cuivres\nviennent se poser, on ne sait pourquoi,\nsur la masse touffue des violons. Après\nla jolie Siegfried Idylle, M. H. Heermann\njoue admirablement le Concerto de Beet-\nhoven : très juste d'abord, ce qui est\nrare surtout chez les virtuoses, et sans\neffort apparent, si bien que l'on oublie l'effrayante difficulté de l'œuvre, et\nqu'on n'en sent plus que l'inspiration large et généreuse ;je louerai enfin la\npureté de son style ; seul le son pourrait être, il me semble, un peu plus rond\net nourri. Le Phaéton de Saint-Saëns est soigné, propre, avenant et discret ;\npourquoi Phaéton? Je le laisse à deviner aux experts. L'ouverture de Fidelio\n(la 4e, en mi), fort bien conduite, terminait le concert."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "l'agréable mélodie de M. Bachelet : Chère ; elle était un peu frêle dans\nl'air de Judas Machabée : « Alors mes filles danseront. »\n\nR. R.\n\nSamedi 30 janvier.\nJ. T.\n— MLLE YVONNE PÉAN a donné, salle Érard, un concert très\nintéressant. Son jeu nerveux et sûr a des qualités rares de sonorité pénétrante.\nElle a exécuté la ballade en sol mineur de Chopin avec une émotion vibrante et\nun peu âpre. M\"e Kahn a chanté deux romances de Gabriel Pierné. Elle en a\nrendu le balancement élégant d'une voix souple, un peu faible, il est vrai ;\nmais c'était une de ses grâces, et elle se faisait entendre à force de se faire\nécouter.\n\nSALLE PLEYEL. — 6 février.\nJ. T.\n— Audition du quatuor de Debussy et du quin-\nzième quatuor, en la mineur, de Beethoven, par le quatuor ENESCO. On ne peut\nrecevoir une sensation plus immédiate de la beauté : à ce contact, l'enthousiasme\ndu public a vibré, spontané et éclatant. L'œuvre de Debussy a été appréciée plus\nhaut en ce numéro même. Il suffira de louer l'interprétation du quatuor Enesco,\nqui fut digne de l'œuvre. Le premier mouvement et le scherzo ont glissé d'une\nallure légère et ondoyante comme un coup d'aile. Les vibrations pittoresques se\nfondaient enpur sentiment. La virtuosité dupremier violon, nerveuse et chaude,\ndétachait ces rythmes magyars. L'ensemble même était excellent, car les gau-\ncheries du second violon ne réussirent pas à le faire clocher.\n\n3février. — Ier Festival des Matinées Danbé.\nJOSEPH TRILLAT.\n— G allia, de Gounod, est une\nœuvre fausse, toute conventionnelle, lamentation froide comme le masque d une\npleureuse. 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C'est une excellente\nidée d'élargir les programmes de concert, en prenant l'habitude d'y faire entrer\nde plus en plus la grande musique classique, antérieure à Mozart. Je souhaite\nqu'on fasse à cette musique une place toujours plus large.\nL'intermède symphonique de Notre-Dame de la Mer, par Th. Dubois, rappelle\nun peu Gounod et Grieg. Le tout est de venir à son heure. Celle d'hier m'a\nparu chaude...\nMlle Marguerite Revel a une jolie voix fraîche, qui plut beaucoup dans\n\n7 février."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 151, "texte": "l'agréable mélodie de M. Bachelet : Chère ; elle était un peu frêle dans\nl'air de Judas Machabée : « Alors mes filles danseront. »\n\nR. 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Osiris la\nlettre suivante :\nAM. le Directeur de la Revue\nmusicale, 5 1, rue de Paradis.\nCher Monsieur,\nJ'ai appris avec plaisir quon\ns occupait d'organiser 1 enseigne-\nment du chant dans les lycées. Cette\nexcellente idée est en bonne voie,\npuisque deux de nos plus grands\ncompositeurs nationaux lui ont déjà\ndonné leur cou cours : M. S a int-Saëns\nen écrivant un chœur tour les gar-\n-1\nçons, M. Massenel en écrivant un\nchœur pour les jeunes filles.\nAfin de contribuer à ïétablisse-\nment d'un répertoire nécessaire, je\nmets à votre disposition une somme\nde mille francs pour l'acquisition 9par\nvoie de concours, dUn chœur sus-\nceptible d être chanté par le grou-\npement d'élèves le plus nombreux\npossible. Jarmerais une composition\nd'un caractère gai (sur le sujet suivant, par exemple: les Vacances...).\nNos compositeurs trouveront là un emploi utile de leur talent. 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Le chant choral\ndans les lycées aura, entre autres avantages, celui de créer des habitudes de\nsolidarité qui, après le collège, se prolongeront chez les étudiants, et, de là, dans\nla société tout entière. Au lieu de répandre leur talent dans des œuvres vaines,\néphémères, sans portée morale, beaucoup de musiciens trouveront dans ce genre\nde composition (( un emploi utile )) de leur valeur. Nous publierons prochaine-\nment les conditions du premier concours que nous sommes chargés d'organiser.\nPuisse le bon exemple donné par M. 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M. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement musical, assistait, au\nnom de M. le Ministre des Beaux-Arts, à la première représention dePaula, tra-\ngédie lyrique en 5 tableaux. Cette œuvre, donnée au Grand-Théâtre de Besan-\n% - U\nçon, sous les auspices de la municipalité et avec l'orchestre de l'Ecole de musique\nde cette ville, fait le plus grand honneur à ses auteurs, Mlle Jeanne Grail et\nM. Edouard Dron, pour le livret, et M. Emile Ratez, directeur de l'Ecole de mu-\nsique, succursale du Conservatoire national à Lille, pour la musique. D'un\ncaractère noble et de tendances toujours élevées, la partition contient des pages\nfort remarquables qui font désirer que d'autres scènes puissentl'interpréter à leur\ntour et la faire connaître comme elle le mérite.\n\nT '\nINSPECTION EN 1904 DES ECOLES NATIONALES DE MUSIQUE. L'inspection des\nsuccursales du Conservatoire national et des Écoles nationales de musique s'effec-\ntuera de la façon suivante pour l'année 1904 *,\nM. Gédalge : Douai, Valenciennes, Lille, Roubaix, Saint-Omer, Boulogne,\nAbbeville, Amiens.\nM. G. Fauré ; Caen, Rennes, Nantes, Le Mans.\nM. Lenepveu : Tours, Angoulême, Bayonne, Toulouse, Perpignan."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": "M. de la Nux : Moulins, Nîmes, Digne, Montpellier, Aix, École de musique\nclassique de Boulogne-sur-Seine.\nM Maréchal: Nancy, Dijon, Lyon, Chambéry.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE.— Une demi-bourse à l'École de musique classi-\nque de Boulogne sur-Seine a été accordée au jeune Froment Antoine, demeurant\nà Paris, 17, rue de Chaligny.\n\nCONCERTS COLONNE ET CHEVILLARD. M. Chaumié, ministre de l'lnstruction\npublique et des Beaux-Arts, sur la proposition de M. Henri Marcel, vient de fixer\nles conditions auqxuelles sera dorénavant subordonnée l'attribution des subven-\ntions de 15.000 francs allouées par le Parlement aux Concerts Colonne et Che-\nvillard.\nCes associations musicales devront, entre autres obligations, donner, au cours\nde leur saison annuelle, un certain nombre d'oeuvres symphoniques ou lyriques\ninédites de musiciens français dont le temps total d'exécution ne pourra être\ninférieur à y heures.\n• Il est permis d'espérer que cette mesure sera bien accueillie dans le monde des\ncompositeurs, assurés désormais d'un accès auprès des grandes sociétés de con-\ncerts.\n\nSUBVENTIONS. Par arrêté en date du lERIER février courant, une subvention de\n200 fr. a été accordée, à titre d'encouragement, à la Société moderne d'instru-\nments à vent, dont M. Georges Barrère est secrétaire.\nPar arrêté du même jour, une allocation de 250 fr. a été accordée à la Société\nd'auditions (musicale et dramatique) présidée par Mme Émile Pichoz.\n\nECOLE DE MONTPELLIER. Par décret, en date du 4 février courant, rendu sur\nla proposition du ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts, l'Ecole\nnationale de musique de Montpellier a été érigée en succursale du Conservatoire\nnational de musique et de déclamation.\n\nTROCADÉRO. La grande salle des fêtes du Palais du Trocadero sera mise à\nla disposition de M. G. Bureau, secrétaire général de l'œuvre française des\nTrente ans de théâtre, pour y organiser, les jeudis 7et 14 avril prochain, des\nmatinées au profit de l'œuvre.\n\nBOULOGNE SUR-MER. M. Gaston Bouvier est nommé professeur de violon à\nl'Ecole normale de musique de Boulogne-sur-Mer, en remplacement de M. Her-\nneult, démissionnaire.\nM.Eugène Coulombel et Mlle Henriette Grandsire, lauréats de l'Ecole natio-\nnale de musique de Boulogne-sur-Mer, sont nommés à ladite école: le premier,\nprofesseur chargé du cours élémentaire de solfège des garçons ; la seconde,\nprofesseur chargée du cours élémentaire de solfège des filles.\n\nMONTE-CARLO. Au 10e concert classique, après l'ouverture des Ruines d'A-\nthènes, venait la Symphonie pathétique de Tchaïkowsky, la 6e et dernière du\ncompositeur russe, et celle qui est le plus souvent jouée en France. En 1898,\nHans Richter, venu à Paris pour diriger l'orchestre du Châtelet, la mit à son\nprogramme. Cette symphonie un peu longue, surtout le lamentoso final, abonde\nen belles phrases et en motifs élégants, tel par exemple Y allegro con gracia,\n•curieusement rythmé à cinq temps."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3240, "texte": "Les concerts sont très éclectiques cette année, et l'on peut dire qu'à chaque\nséance est jouée une œuvre nouvelle. Cette fois c'était une ouverture inédite,\nTheniis, du symphoniste italien Nicolo Celega, brillante, colorée, sonnant bien,\net qui a eu du succès.\nCitons encore au programme :un nocturne pour instruments à cordes, de\nDvorak, et la Valse de Mephisto, poème de Liszt, aux traits de harpes presti-\ngieux.\nLe IIe concert (28 janvier) était divisé en deux parties. Ala première, fine\nexécution de la Symphonie en si bémol de Beethoven, précédant un air de Pro-\nserpine de Paësiello, chanté avec beaucoup de style par Mme Deschamps-Jehin.\nLa seconde partie était consacrée aux œuvres du défunt compositeur Jules\nCohen, musicien surtout mélodiste. Dans sa Première symphonie on a goûté\nparticulièrement ïandante. Le public a bissé encore une Élégie chantée avec\nsentiment par Mme Deschamps-Jehin. Venaient ensuite les entr'actes de Dea et de\nDon José Maria ; Y Ame du purgatoire, et une Marche funèbre qui a terminé le\nconcert. Rappelons, à propos de ce compositeur, dont on ne parle pas souvent,\nqu'il eut un opéra joué plus de cent fois, les Bleuets (1866), avec, pour interprète,\nMme Nilsson, dont ce fut la dernière création au Théâtre-Lyrique. Jules Cohen\nétait alors Inspecteur de la Chapelle des Tuileries.\nLa saison lyrique au théâtre va s'ouvrir par la création de Pyrame et Thisbé,\nopéra de M. Trémisot, et Paillasse, de Leoncavallo, joué par MM. Renaud et Alva-\nrez. Viendra ensuite Hélène, œuvre inédite de Saint-Saëns.\n\nNICE.\nÉDOUARD PERRIN.\nLa saison théâtrale à Nice bat son plein. Je signalerai à l'Opéra les\nreprises de Louise, de M. Charpentier, avec Mme Mary Boyer (grand succès) ;\nde la Vie de Bohème de Puccini, et de Cendrillon avec Mlle Guiraudon, adora-\nble dans ces deux rôles qu'elle a créés à Paris. A propos de Cendrillon, le public\ncommet une amusante méprise en amenant les enfants assister à cette représen-\ntation. Cette œuvre, que je considère comme la plus soignée et la mieux venue de\nM. Massenet depuis Esclarmonde, est bien faite au contraire pour les grands\nenfants, et les dilettantes avertis, comme du reste Hœnsel et Gretef conte mu-\nsical aussi, pour lequel 1 année dernière le public se méprit pareillement. Ajou-\ntons que Cendrillon est montée à Nice avec un très grand luxe.\nAu Casino, reprise des Petites Michu (je cite cette opérette de préférence à\nd'autres, parce que la musique de M. Messager est toujours et partout intéres-\nsante), avec Mariette Sully. Reprises encore de Philémon et Baucis, des Contes\nd'Hoffmann, le curieux mais inutile essai d'Offenbach pour faire de la musique\nsei îtuse, et les l echeui sde pei les, œuvres toutes interprétées très convenable-\nment. Les concerts symphoniques de cet établissement n'ont plus de pro-\ngramme aussi intéressant qu'au début. C'est dommage, car l'orchestre est devenu\nexcellent.\n\nGENÈVE.\n\nLe Conseil administratif de la ville de Genève vient de confier\npoui deux ans les destinées de notre scène théâtrale à j\\l. Muguet, un des direc-\nteurs actuels.\nNous croyons ce choix heureux, car M. Muguet homme de goût et d'action\ndonne sa mesuie cet hiver en montant de nombreuses reprises et des nou-\nveautés sensationnelles."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3063, "texte": "Déjà Advienne Lecouvreur, de Cilea, et Muguette, de Missa, ont attiré la foule,\net Messaline, de Lara, va passer un de ces jours.\nInterprétée par Mme Dalbe, dont il fut question pour la création à Paris, par\nMlle Milcamps, MM. Soubeyran, Gaidan et Galinier, cette œuvre, admirée par\nles uns, décriée par les autres, recevra bon accueil ici, la direction ne voulant rien\népargner pour sa réussite.\nDans le domaine des concerts, c'est toujours l'abondance.\nSignalons le grand succès de Mme Ekman, cantatrice, de M. Andricek, violo-\nniste, aux derniers concerts d'abonnement.\nProchainement, séance de musique de chambre par MM. Fauré et Marteau,\nun exquis régal en perspective dont nous reparlerons.\n\nFERRARIS.\n\nLYON. —Le Grand Théâtre vient de nous donner la première représentation\ndu Crépuscule des Dieux avec une interprétation parfaite, au moins pour les pre-\nmiers rôles : Brunnhild (M1!e Janssen) et Siegfried (M. Verdier), et satisfaisante\npour les autres.\nIl est fâcheux que l'état délabré des décors acquis du Château-d'Eau n'ait pas\npermis à la mise en scène d'être à la hauteur de l'effet artistique, car au point de\nvue musical, l'orchestre a donné une interprétation parfaite de l'œuvre que le\npublic lyonnais était suffisamment préparé à apprécier par l'audition antérieure\ndes autres parties de la Tétralogie.\nLe Crépuscule seul manquait encore à notre répertoire ; à la fin de la saison,\nnotre théâtre pourra donner quelques auditions intégrales delà Tétralogie qu'on\npourra ainsi entendre ailleurs qu'à Bayreuth et dans des conditions d'exécution\ntrès satisfaisantes.\nLe principal mérite delà réussite de ce colossal travail revient évidemment à\nM. Flon, notre excellent chef d'orchestre, et à ses artistes auxquels il a su donner\ntoute la souplesse et la cohésion nécessaires.\n\nSCHOLA CANTORUM. Le premier concert de la saison de la Schola lyonnaise\naeu lieu sous la direction de M. Georges Marty avec le concours de Mme G.\nMarty, Mlle Eléonore Blanc et M. Jean David.\nEn plus de diverses pièces de chant, il comprenait une sélection d'ldoménée, de\nMozart (chœurs, airs et orchestre), et surtout l'oratorio de Ilaendel, Samson.\nDans cette dernière œuvre principalement, l'orchestre et les chœurs de la\nSchola (250 exécutants) ont pu montrer toute la souplesse, l'homogénéité et la\nsûreté acquises en peu de temps sous la direction de leur dévoué chef M. Wit-\nkowski.\n\nLAON. —Le 6 février, VHar??ionie municipale de Laon, dont le président est\nM. Limasset, donnait un concert avec le concours d'un groupe de chanteurs\net d'instrumentistes de la Schola Cantorum, sous la direction de M. de Lacerda.\nLe succès a été très grand. Nous y reviendrons.\nD'après Spitta (/. -S. Bach, p. 199), J.-S. Bach aurait copié une Suite en la\nmajeur de N. de Grigny, organiste français dont M. Guilmant publie en ce mo-\nment les œuvres dans ses Archives des Maîtres de VOrgue. Le manuscrit auto-\ngraphe faisait partie des collections d'A. Fuchs, de Vienne, et une copie est con-\nservée à Berlin (Mus. PR., Ms. 8551). Notre excellent collaborateur et ami"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.24", "debut_caractere": 122, "fin_caractere_exclue": 626, "texte": "A. Pirro vient d'identifier cette Suite : elle n est pas deGrigny, mais de Chai les\nDieupart, et se trouve dans les Select Lessons jor Harpsichord 01 Spmnett (Lon-\ndres, Walsh, s. d.).La Gigue a été publiée par Dannreuther (\ntation, I, p. 138). Charles Dieupart était un compositeur français établi à Lon-\ndres. Il faut mettre son nom à la place de celui de Grigny dans le passage cité\nde Spitta, ainsi que dans la Bibliographie d'Eitner et généralement dans tous\nles ouvrages qui parlent de cette copie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c039", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "124", "page_fin": "124", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.1", "titre_corps": "CONCOURS CRESSENT. —Dimanche dernier 14 février, à 9 heures clu matin, a", "titre_sommaire": "CONCOURS CRESSENT. —Dimanche dernier 14 février, à 9 heures clu matin, a", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.20", "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1708, "texte": "CONCOURS CRESSENT. —Dimanche dernier 14 février, à 9 heures clu matin, a\neu lieu à la direction des Beaux-Arts (Bureau des Théâtres) la réunion du jury\nchargé del'examen des poèmes présentés en vue de préparer le 12e concours trien-\nnal institué pour les compositeurs de musique par la fondation Cressent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c040", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "124", "page_fin": "124", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.2", "titre_corps": "BESANÇON. 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Emile Ratez, directeur de l'Ecole de mu-\nsique, succursale du Conservatoire national à Lille, pour la musique. D'un\ncaractère noble et de tendances toujours élevées, la partition contient des pages\nfort remarquables qui font désirer que d'autres scènes puissentl'interpréter à leur\ntour et la faire connaître comme elle le mérite."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "124", "page_fin": "125", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.3", "titre_corps": "T '", "titre_sommaire": "T '", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.20", "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2881, "texte": "T '\nINSPECTION EN 1904 DES ECOLES NATIONALES DE MUSIQUE. L'inspection des\nsuccursales du Conservatoire national et des Écoles nationales de musique s'effec-\ntuera de la façon suivante pour l'année 1904 *,\nM. Gédalge : Douai, Valenciennes, Lille, Roubaix, Saint-Omer, Boulogne,\nAbbeville, Amiens.\nM. G. Fauré ; Caen, Rennes, Nantes, Le Mans.\nM. Lenepveu : Tours, Angoulême, Bayonne, Toulouse, Perpignan."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 161, "texte": "M. de la Nux : Moulins, Nîmes, Digne, Montpellier, Aix, École de musique\nclassique de Boulogne-sur-Seine.\nM Maréchal: Nancy, Dijon, Lyon, Chambéry."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c042", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "125", "page_fin": "125", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.4", "titre_corps": "ECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE.— Une demi-bourse à l'École de musique", "titre_sommaire": "ECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE.— Une demi-bourse à l'École de musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.21", "debut_caractere": 163, "fin_caractere_exclue": 343, "texte": "ECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE.— Une demi-bourse à l'École de musique classi-\nque de Boulogne sur-Seine a été accordée au jeune Froment Antoine, demeurant\nà Paris, 17, rue de Chaligny."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c043", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "125", "page_fin": "125", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.5", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE ET CHEVILLARD. 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Henri Marcel, vient de fixer\nles conditions auqxuelles sera dorénavant subordonnée l'attribution des subven-\ntions de 15.000 francs allouées par le Parlement aux Concerts Colonne et Che-\nvillard.\nCes associations musicales devront, entre autres obligations, donner, au cours\nde leur saison annuelle, un certain nombre d'oeuvres symphoniques ou lyriques\ninédites de musiciens français dont le temps total d'exécution ne pourra être\ninférieur à y heures.\n• Il est permis d'espérer que cette mesure sera bien accueillie dans le monde des\ncompositeurs, assurés désormais d'un accès auprès des grandes sociétés de con-\ncerts."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c044", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "125", "page_fin": "125", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.6", "titre_corps": "SUBVENTIONS. Par arrêté en date du lERIER février courant, une subvention de", "titre_sommaire": "SUBVENTIONS. Par arrêté en date du lERIER février courant, une subvention de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.21", "debut_caractere": 1090, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "SUBVENTIONS. Par arrêté en date du lERIER février courant, une subvention de\n200 fr. a été accordée, à titre d'encouragement, à la Société moderne d'instru-\nments à vent, dont M. Georges Barrère est secrétaire.\nPar arrêté du même jour, une allocation de 250 fr. a été accordée à la Société\nd'auditions (musicale et dramatique) présidée par Mme Émile Pichoz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c045", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "125", "page_fin": "125", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.7", "titre_corps": "ECOLE DE MONTPELLIER. Par décret, en date du 4 février courant, rendu sur", "titre_sommaire": "ECOLE DE MONTPELLIER. Par décret, en date du 4 février courant, rendu sur", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.21", "debut_caractere": 1449, "fin_caractere_exclue": 1721, "texte": "ECOLE DE MONTPELLIER. Par décret, en date du 4 février courant, rendu sur\nla proposition du ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts, l'Ecole\nnationale de musique de Montpellier a été érigée en succursale du Conservatoire\nnational de musique et de déclamation."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c046", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "125", "page_fin": "125", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.8", "titre_corps": "TROCADÉRO. La grande salle des fêtes du Palais du Trocadero sera mise à", "titre_sommaire": "TROCADÉRO. La grande salle des fêtes du Palais du Trocadero sera mise à", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.21", "debut_caractere": 1723, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "TROCADÉRO. La grande salle des fêtes du Palais du Trocadero sera mise à\nla disposition de M. G. Bureau, secrétaire général de l'œuvre française des\nTrente ans de théâtre, pour y organiser, les jeudis 7et 14 avril prochain, des\nmatinées au profit de l'œuvre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c047", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "125", "page_fin": "125", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.9", "titre_corps": "BOULOGNE SUR-MER. M. Gaston Bouvier est nommé professeur de violon à", "titre_sommaire": "BOULOGNE SUR-MER. M. Gaston Bouvier est nommé professeur de violon à", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.21", "debut_caractere": 1982, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "BOULOGNE SUR-MER. M. Gaston Bouvier est nommé professeur de violon à\nl'Ecole normale de musique de Boulogne-sur-Mer, en remplacement de M. Her-\nneult, démissionnaire.\nM.Eugène Coulombel et Mlle Henriette Grandsire, lauréats de l'Ecole natio-\nnale de musique de Boulogne-sur-Mer, sont nommés à ladite école: le premier,\nprofesseur chargé du cours élémentaire de solfège des garçons ; la seconde,\nprofesseur chargée du cours élémentaire de solfège des filles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c048", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "125", "page_fin": "126", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.10", "titre_corps": "MONTE-CARLO. Au 10e concert classique, après l'ouverture des Ruines", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO. Au 10e concert classique, après l'ouverture des Ruines", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.21", "debut_caractere": 2441, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": "MONTE-CARLO. Au 10e concert classique, après l'ouverture des Ruines d'A-\nthènes, venait la Symphonie pathétique de Tchaïkowsky, la 6e et dernière du\ncompositeur russe, et celle qui est le plus souvent jouée en France. En 1898,\nHans Richter, venu à Paris pour diriger l'orchestre du Châtelet, la mit à son\nprogramme. Cette symphonie un peu longue, surtout le lamentoso final, abonde\nen belles phrases et en motifs élégants, tel par exemple Y allegro con gracia,\n•curieusement rythmé à cinq temps."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1552, "texte": "Les concerts sont très éclectiques cette année, et l'on peut dire qu'à chaque\nséance est jouée une œuvre nouvelle. Cette fois c'était une ouverture inédite,\nTheniis, du symphoniste italien Nicolo Celega, brillante, colorée, sonnant bien,\net qui a eu du succès.\nCitons encore au programme :un nocturne pour instruments à cordes, de\nDvorak, et la Valse de Mephisto, poème de Liszt, aux traits de harpes presti-\ngieux.\nLe IIe concert (28 janvier) était divisé en deux parties. Ala première, fine\nexécution de la Symphonie en si bémol de Beethoven, précédant un air de Pro-\nserpine de Paësiello, chanté avec beaucoup de style par Mme Deschamps-Jehin.\nLa seconde partie était consacrée aux œuvres du défunt compositeur Jules\nCohen, musicien surtout mélodiste. Dans sa Première symphonie on a goûté\nparticulièrement ïandante. Le public a bissé encore une Élégie chantée avec\nsentiment par Mme Deschamps-Jehin. Venaient ensuite les entr'actes de Dea et de\nDon José Maria ; Y Ame du purgatoire, et une Marche funèbre qui a terminé le\nconcert. Rappelons, à propos de ce compositeur, dont on ne parle pas souvent,\nqu'il eut un opéra joué plus de cent fois, les Bleuets (1866), avec, pour interprète,\nMme Nilsson, dont ce fut la dernière création au Théâtre-Lyrique. Jules Cohen\nétait alors Inspecteur de la Chapelle des Tuileries.\nLa saison lyrique au théâtre va s'ouvrir par la création de Pyrame et Thisbé,\nopéra de M. Trémisot, et Paillasse, de Leoncavallo, joué par MM. Renaud et Alva-\nrez. Viendra ensuite Hélène, œuvre inédite de Saint-Saëns."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c049", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "126", "page_fin": "126", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.11", "titre_corps": "NICE.", "titre_sommaire": "NICE.", "signature_source": "ÉDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.22", "debut_caractere": 1554, "fin_caractere_exclue": 2901, "texte": "NICE.\nÉDOUARD PERRIN.\nLa saison théâtrale à Nice bat son plein. Je signalerai à l'Opéra les\nreprises de Louise, de M. Charpentier, avec Mme Mary Boyer (grand succès) ;\nde la Vie de Bohème de Puccini, et de Cendrillon avec Mlle Guiraudon, adora-\nble dans ces deux rôles qu'elle a créés à Paris. A propos de Cendrillon, le public\ncommet une amusante méprise en amenant les enfants assister à cette représen-\ntation. Cette œuvre, que je considère comme la plus soignée et la mieux venue de\nM. Massenet depuis Esclarmonde, est bien faite au contraire pour les grands\nenfants, et les dilettantes avertis, comme du reste Hœnsel et Gretef conte mu-\nsical aussi, pour lequel 1 année dernière le public se méprit pareillement. Ajou-\ntons que Cendrillon est montée à Nice avec un très grand luxe.\nAu Casino, reprise des Petites Michu (je cite cette opérette de préférence à\nd'autres, parce que la musique de M. Messager est toujours et partout intéres-\nsante), avec Mariette Sully. Reprises encore de Philémon et Baucis, des Contes\nd'Hoffmann, le curieux mais inutile essai d'Offenbach pour faire de la musique\nsei îtuse, et les l echeui sde pei les, œuvres toutes interprétées très convenable-\nment. Les concerts symphoniques de cet établissement n'ont plus de pro-\ngramme aussi intéressant qu'au début. C'est dommage, car l'orchestre est devenu\nexcellent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c050", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "126", "page_fin": "127", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.12", "titre_corps": "GENÈVE.", "titre_sommaire": "GENÈVE.", "signature_source": "FERRARIS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.22", "debut_caractere": 2903, "fin_caractere_exclue": 3240, "texte": "GENÈVE.\n\nLe Conseil administratif de la ville de Genève vient de confier\npoui deux ans les destinées de notre scène théâtrale à j\\l. Muguet, un des direc-\nteurs actuels.\nNous croyons ce choix heureux, car M. Muguet homme de goût et d'action\ndonne sa mesuie cet hiver en montant de nombreuses reprises et des nou-\nveautés sensationnelles."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 721, "texte": "Déjà Advienne Lecouvreur, de Cilea, et Muguette, de Missa, ont attiré la foule,\net Messaline, de Lara, va passer un de ces jours.\nInterprétée par Mme Dalbe, dont il fut question pour la création à Paris, par\nMlle Milcamps, MM. Soubeyran, Gaidan et Galinier, cette œuvre, admirée par\nles uns, décriée par les autres, recevra bon accueil ici, la direction ne voulant rien\népargner pour sa réussite.\nDans le domaine des concerts, c'est toujours l'abondance.\nSignalons le grand succès de Mme Ekman, cantatrice, de M. Andricek, violo-\nniste, aux derniers concerts d'abonnement.\nProchainement, séance de musique de chambre par MM. Fauré et Marteau,\nun exquis régal en perspective dont nous reparlerons.\n\nFERRARIS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c051", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "127", "page_fin": "127", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.13", "titre_corps": "LYON. —Le Grand Théâtre vient de nous donner la première représentation", "titre_sommaire": "LYON. —Le Grand Théâtre vient de nous donner la première représentation", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.23", "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 1806, "texte": "LYON. —Le Grand Théâtre vient de nous donner la première représentation\ndu Crépuscule des Dieux avec une interprétation parfaite, au moins pour les pre-\nmiers rôles : Brunnhild (M1!e Janssen) et Siegfried (M. Verdier), et satisfaisante\npour les autres.\nIl est fâcheux que l'état délabré des décors acquis du Château-d'Eau n'ait pas\npermis à la mise en scène d'être à la hauteur de l'effet artistique, car au point de\nvue musical, l'orchestre a donné une interprétation parfaite de l'œuvre que le\npublic lyonnais était suffisamment préparé à apprécier par l'audition antérieure\ndes autres parties de la Tétralogie.\nLe Crépuscule seul manquait encore à notre répertoire ; à la fin de la saison,\nnotre théâtre pourra donner quelques auditions intégrales delà Tétralogie qu'on\npourra ainsi entendre ailleurs qu'à Bayreuth et dans des conditions d'exécution\ntrès satisfaisantes.\nLe principal mérite delà réussite de ce colossal travail revient évidemment à\nM. Flon, notre excellent chef d'orchestre, et à ses artistes auxquels il a su donner\ntoute la souplesse et la cohésion nécessaires."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c052", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "127", "page_fin": "127", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.14", "titre_corps": "SCHOLA CANTORUM. Le premier concert de la saison de la Schola lyonnaise", "titre_sommaire": "SCHOLA CANTORUM. Le premier concert de la saison de la Schola lyonnaise", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.23", "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "SCHOLA CANTORUM. Le premier concert de la saison de la Schola lyonnaise\naeu lieu sous la direction de M. Georges Marty avec le concours de Mme G.\nMarty, Mlle Eléonore Blanc et M. Jean David.\nEn plus de diverses pièces de chant, il comprenait une sélection d'ldoménée, de\nMozart (chœurs, airs et orchestre), et surtout l'oratorio de Ilaendel, Samson.\nDans cette dernière œuvre principalement, l'orchestre et les chœurs de la\nSchola (250 exécutants) ont pu montrer toute la souplesse, l'homogénéité et la\nsûreté acquises en peu de temps sous la direction de leur dévoué chef M. Wit-\nkowski."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c053", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "127", "page_fin": "128", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.6.15", "titre_corps": "LAON. —Le 6 février, VHar??ionie municipale de Laon, dont le président est", "titre_sommaire": "LAON. —Le 6 février, VHar??ionie municipale de Laon, dont le président est", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.23", "debut_caractere": 2398, "fin_caractere_exclue": 3063, "texte": "LAON. —Le 6 février, VHar??ionie municipale de Laon, dont le président est\nM. Limasset, donnait un concert avec le concours d'un groupe de chanteurs\net d'instrumentistes de la Schola Cantorum, sous la direction de M. de Lacerda.\nLe succès a été très grand. Nous y reviendrons.\nD'après Spitta (/. -S. Bach, p. 199), J.-S. Bach aurait copié une Suite en la\nmajeur de N. de Grigny, organiste français dont M. Guilmant publie en ce mo-\nment les œuvres dans ses Archives des Maîtres de VOrgue. Le manuscrit auto-\ngraphe faisait partie des collections d'A. Fuchs, de Vienne, et une copie est con-\nservée à Berlin (Mus. PR., Ms. 8551). Notre excellent collaborateur et ami"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.24", "debut_caractere": 122, "fin_caractere_exclue": 626, "texte": "A. Pirro vient d'identifier cette Suite : elle n est pas deGrigny, mais de Chai les\nDieupart, et se trouve dans les Select Lessons jor Harpsichord 01 Spmnett (Lon-\ndres, Walsh, s. d.).La Gigue a été publiée par Dannreuther (\ntation, I, p. 138). Charles Dieupart était un compositeur français établi à Lon-\ndres. Il faut mettre son nom à la place de celui de Grigny dans le passage cité\nde Spitta, ainsi que dans la Bibliographie d'Eitner et généralement dans tous\nles ouvrages qui parlent de cette copie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c054", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "128", "page_fin": "128", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.7", "titre_corps": "Exercices d'harmonie et de contrepoint: l'appoggiature", "titre_sommaire": "Exercices d'harmonie et de contrepoint: l'appoggiature", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.24", "debut_caractere": 628, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "Exercices d'harmonie et de contrepoint: l'appoggiature\n\nJ. C.\nJe continue à donner quelques exemples, pour montrer que la doctrine clas-\nsique considère un très grand nombre de notes, dans une mélodie donnée,\ncomme « non réelles » :\nDans cette formule (où la basse est en ut), il n'y a, selon les propres paroles\nde M. Malhomé (1), que le second accord qui soit (( réel ». Les accords de sixte\nqui tombent sur le temps fort sont « une triple appoggiature » ; ceux qui tombent\nsur le temps faible sont formés de trois notes de (( passage ».\nIl en est de même dans cette autre formule (accord parfait d'ut àla basse) :\nIci encore on considère que (( l'appoggiature s'applique à des ornements mélo-\ndiques », c'est-à-dire que l'accessoire s'ajoute à l'accessoire. L'appoggiature\ns'applique non seulement aux notes de passage, mais à la broderie, à la double\nbroderie successive, enfin à /'appoggiature elle-même :\n1\nDans chacune des mesures de cette formule, il n'y a qu'une note réelle, la pre-\nmière. La petite note est une « appoggiature faible » ; la note qui tombe sur le\nsecond temps est une (( appoggiature forte )), et la dernière, nous l'avons déjà\nvu, est une (( note de passage )). Ainsi la sévère (( Harmonie » repousse presque\ntout comme « étranger )).\n(A suivre.)\n(I) J. Malhomé, Tr.iitè des Artifices mélodiques, p. 27 (Leduc)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-02-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-02-15_01#c055", "volume": "bmtnabj_1904-02-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "128", "page_fin": "128", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.2.7.1", "titre_corps": "Je continue à donner quelques exemples, pour montrer que la doctrine", "titre_sommaire": "Je continue à donner quelques exemples, pour montrer que la doctrine", "signature_source": "J. 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D où vient-il, ce charme tou-\njours renouvelé, de quelles sources mystérieuses, inconnues au reste des\nhommes? C'est ce que je dois essayer de dire ici, avec le plus de précision et\nd'impartialité qu'il me sera possible.\nQuand Pelléas parut, voilà bientôt deux ans, il y eut grand bruit dans la cité\ndes musiciens. La critique, qui ne laisse guère échapper l'occasion de prophé-\ntiser à contre-sens, opina communément que 1 œuvre n irait pas loin ; on vit\nparaître les habituelles doléances, qui servent depuis quatre cents ans (1J contre\ntoute musique nouvelle ! plus de mélodie, plus de clarté, une haimonie duie et\npénible, une science indiscrète; ah! qui nous rendra le beau chant? Ceux qui\nsuivent, depuis une vingtaine d'années, le mouvement musical, et savent combien\nune telle critique est sujette aux palinodies, n y firent guère attention. Restaient\nles sourires dédaigneux de quelques musiciens fiers de leur (( force », les plaintes\ndes premiers violons navrés de ne point jouer pendant toute une scène ; survint\nbientôt l admiration intempestive d'un certain public qui aime à ne pas com-\nprendre et va tout droit à l'obscurité comme les papillons à la lumière. Beau-\ncoup d honnêtes gens ne surent plus que penser. D autres allèrent voir 1 œuvre\ntant discutée, et y trouvèrent simplement ce qu'un auditeur non prévenu devait\ny reconnaître d'emblée: une musique sans formules, où tout venait de l'âme,\nune musique sans développements oiseux, modelée sur le drame, ou plutôt sur\nla vie elle-même, dont les mots du drame 11 étaient encore qu un pâle reflet : une\ndéclamation simple et juste, un orchestre clair et contenu ; une puissance d'émo-\ntion irrésistible; tant d'humanité, de pitié, de sympathie attendrie, que 1 on ne\npouvait maudire aucun des héros de la tragique histoire, et que 1 on sortait de\nlà meilleur et plus disposé au pardon ; voilà ce qui apparut aux esprits sincères.\nIls comprirent que 1 œuvre de Maeterlinck était transfigurée par une telle mu-\nsique et, sans en demander davantage, ils retournèrent 1 entendre : ainsi se fit le\nvrai et durable succès du seul drame musical auquel j'aie pu assister, pour ma\npart sans être jamais choqué par aucun de ces artifices qui suffisent à rompre\nle charme; chef-d'œuvre d'émotion et de simplicité (2).\n\n(i; Voir à ce sujet l'article de M. V. d'lndy sur Pelléas dans l'Occident (juin 1902) et la cita-\ntion d'une critique de Monteverdi, que Ton croirait d'hier.\n(2) Ce sont justement ces deux qualités que l'on s'est attaché à mettre en lumière ici, après la\npremière représentation de Pelléas et Mèlisande (mai 1902). Je le rappelle avec d'autant plus de\nplaisir que l'article n'est pas de moi."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.3", "texte": "CLAUDE DEBUSSY\n\nJe sais que ce dernier mot va à l'encontre d'un préjugé encore assez répandu.\nQue de fois j'entends dire : (( La musique de Debussy? Elle est trop savante, je\nn'y comprends rien. » Il y a, en ces quelques mots, un aveu sincère et un juge-\nment erroné. Il est parfaitement permis de ne pas comprendre d'abord une telle\nmusique ; mais ne nous y trompons point : ce qui déroute alors, ce n'en est point\nla complication, mais la simplicité même. Nous sommes accoutumés à des con-\nstructions symétriques, à des retours périodiques et prévus de motifs, à des\nartifices de déformation rythmique ou de modulation, enfin et surtout à des\nexercices d'amplification qui pour beaucoup de nous sont tout l'art du dévelop-\npement. Cette rhétorique devient nécessaire à notre goût dépravé, et nous res-\ntons interdits d'abord devant une œuvre qui n'obéit qu'à des lois intérieures et\nau rythme de sa propre vie. Nous ne nous apercevons pas que toute la science,\nla mauvaise science qui tue, est dans ces innombrables compositions où les senti-\nments sont vulgaires, les pensées quelconques, et où l'ingéniosité de laforme veut\nfaire oublier l'indigence de la matière. Combien j'en connais, et dans les œuvres\nqui veulent être le plus modernes, de ces fugues qui viennent à point pour\nremplacer un développement impossible, de ces chaînes d'accords qui transpor-\ntent un motif d'étage en étage sans parvenir à le rendre intéressant, et de ces\nsuperpositions de thèmes qui « marchent ensemble », et feraient mieux de ne\npoint marcher du tout ! Rien de tout cela dans la musique de M. Debussy : elle\nchante, et en chantant s'anime ou s'alanguit, s'excite ou s'apaise, se répond à\nelle-même, ou brusquement change d'idée, ainsi qu'il nous arrive à nous-mêmes\nlorsque nous nous laissons aller au fil de nos pensées ; et elle se tait quand elle\nn'a plus rien à dire. Ce dernier trait seul suffit à lui donner une physionomie si\ntranchée et si peu commune aujourd'hui, que l'on conçoit la première surprise\net presque l'effroi de beaucoup d'entre nous. La nature est étrange aux yeux de\nceux que l'art a nourris d'artifices.\nRien de plus simple, mais aussi de plus expressif, de plus nettement tracé, que\nles idées mélodiques de M. Debussy. Tel est ce thème qui, inscrit au frontispice\ndu drame de Pelléas, semble dire : (( Ceci est une légende, une vieille et triste\nlégende de la forêt » :\nTel encore le gracieux motif qui évoque Mélisande, si frêle et si délicate qu'on\nose à peine l'aimer, et que la vie l'écrasera :\nEt à chaque pas, jusqu'à la fin du drame, on entend sourdre ainsi des idées\nnouvelles, dont les unes ne reparaîtront plus, et les autres reviendront avec le\ncharme elfacé du souvenir : ainsi, le dernier soir, quand enfin les paroles graves\nont été prononcées, l'image du jardin lumineux, témoin des premières rencon-\ntres, apparaît avec ces quelques notes :"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.4", "texte": "CLAUDE DEBUSSY\n\nEt je sais bien que l'on va me dire : « Courtes idées, en véiité . Bach et\nBeethoven ne pensaient pas ainsi. )) Sans doute, mais la longueur ne fait lien\nà l'affaire, la concision est un mérite aussi, et de tout premier ordre, lorsqu en\nsi peu d'espace il tient tant d'émotion. Aussi bien n'était-ce pas le lieu de s'éten-\ndre, en ce drame où il fallait saisir et noter les sentiments au passage, à mesure\nqu'ils transparaissaient sous le tissu des mots. Mais il ne faut pas juger M. De-\nbussy sur le seul Pellèas. On oublie trop qu'il a écrit aussi de la musique\npure (1), et que là il n'a pas craint de dire toute sa pensée. Schumann n a rien\nécrit de plus tendre, ni de plus élevé, ni de plus soutenu que la première phiase\nde bandante du Quatuor à cordes :\nUne autre phrase répond, mélancolique et rêveuse, comme détachée des choses\nde la terre, et d'une grâce infinie :\nOù trouver des mélodies plus achevées ? On voit aisément que ce qui caracté-\nrise l'inspiration de M. Debussy, ce n'est pas un mode d'écriture particulier,\nmais une couleur personnelle : quelque chose de souverainement pur, d'abord,\nune réserve et une pudeur candides, jointes à une vie intérieure aussi forte que\ndélicate ; une âme à la fois exaltée et discrète, dont la tendresse peut aller jusqu'à\nla passion, mais non jusqu'au désir ; le goût et le respect de tout ce qui est gra-\ncieux, ingénu et touchant : tel est le fond de la pensée, telle en est la vraie et\ngrande originalité.\nCes précieux sentiments, qui touchent des fibres rarement émues par la vie\nréelle, se développent sans que rien gêne leur essor, pas même la volonté du\ncompositeur qui, visiblement, écoute ses voix intérieures, et n'écrit que sous leur\ndictée. Ce n'est pas à dire qu'il n'y ait, dans ces oeuvres, aucun plan saisissable,\n\n(i) Sans être démesurée, 1 œuvre de M. Cl. Debussy n'en est pas moins déjà considérable; il\nfaut citer :\nLe Printemps (1887), Suite pour orchestre et chœurs, inédite jusqu'à ce jour, dont nous com-\nmençons aujourd hui la publication ;\nLa Demoiselle Elue (1888), analysée dans la Revue musicale du ier janvier 1903 ;\nSix Ariettes, sur des poésies de Verlaine (1889) ;\nCinq Poèmes de Baudelaire (1890b analysés dans la Revue du ier octobre 1902;\nSix Mélodies, tirées de Sagesse et des Fêtes galantes de Verlaine;\nLe Quatuor à cordes (1893) »\nLe Prélude à VAprès-midi d'un Faune (1894), analysé dans la Revue du ier novembre 1902 ,\nUne Fantaisie pour piano et orchestre, encore inexécutée (1899) ;\nTrois Nocturnes pour orchestre (1900);\nTrois Pièces pour le piano ( 1901) ;\nPellèas et Mèlisande (1902) ;\nLes Estampes, pour piano (1903)."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.5", "texte": "CLAUDE DEBUSSY\n\nbien au contraire, mais ce plan tient à la nature même des choses, et non aux\nrègles d'un genre. Ainsi je pourrais fort bien qualifier l'Andante du quatuor de\nlied à 3 parties, si je voulais ; mais en réalité ce n'est pas un lied, c'est un dia-\nlogue entre deux pensées, dont la seconde, d 'abord résignée, s'affirme par degrés\net se passionne, pour retomber ensuite au calme attristé du début. Je veux dire\nqu'il n'y a rien, dans tout le cours du morceau, qui révèle un calcul, une inten-\ntion de moduler pour le seul plaisir de changer, ou pour préparer une rentrée. Il\nen est de même pour le premier mouvement, où l'on peut bien reconnaître une\npremière et une seconde idée ; mais bien plutôt une seule idée le domine', qui s'en-\nrichit sans cesse d'idées accessoires, et l'une de ces idées accessoires, la dernière,\na plus d'importance que les autres, parce qu'elle est comme une réponse à la\nquestion posée : par cette libre disposition, M. Debussy ne fait que continuer la\nmanière de Beethoven en ses derniers quatuors ; mais ce qu'il faut noter, c'est\nqu'entre ces divers développements, on n'aperçoit point de transitions, tant est\ngrande la cohésion du tout, tant est souple aussi une harmonie qui sait passer\npar dégradations insensibles de nuance en nuance.\nOn a beaucoup parlé de l'harmonie de M. Debussy, pour dire qu'elle était\nneuve, inouïe, barbare, impossible, ou, au contraire, magique et miraculeuse. Je\ncrois qu'on a beaucoup exagéré, dans l'un et l'autre sens, et je dirai, pour ma\npart, qu'elle est tout uniment expressive. Il y a plusieurs sortes d'harmonie\nL'une, que j appellerai sans intention ironique l'harmonie de rencontre, résulte\nde la superposition de mélodies distinctes ; l'oreille entend forcément des\naccords, puisqu'elle entend plusieurs notes simultanément, mais ces accords\nn'ont aucune importance, ne jouent aucun rôle dans l'œuvre musicale, fondée\nuniquement sur la mélodie. Telle est l'harmonie des primitifs de la polyphonie\nvocale (car dès le milieu du xvie siècle on voit apparaître la préoccupation de\nla beauté de l'accord pris en soi). Une autre sorte d'harmonie a pour objet unique\nde fixer la tonalité : elle règne auxvne, au xvme siècle, et encore au xixesiècle dans\nl'opéra italien ; rien de plus terne et fatigant que cesperpétuels accords detonique\net de dominante, lorsque la tonalité ne change guère, ce qui est justementle cas de\ncet opéra dégénéré. Mais aujourd'hui l'harmonie a appris à rechercher d'autres\neffets ; on sait qu'un accord, par lui-même, est doux ou triste, douloureux ou\nreposé, gracieux ou brutal ; Roland de Lassus s'en doutait bien d'ailleurs, ainsi\nque Bach, et Beethoven, et tous les grands musiciens. Cependant l harmonie de\nrencontre se trouve encore en plus d'une page, chez les maîtres actuels du con-\ntrepoint, un d'lndy, un Dukas : c'est elle qui explique plus d'une de leurs appa\nrentes duretés. L'harmonie tonale est aussi en usage, chaque fois que des modu-\nlations rapides et imprévues risquent de dérouter l'oreille. Mais l'harmonie de\nM. Debussy, tout en aboutissant toujours à des tonalités très définies, est expres-\nsive au premier chef. Rien de nouveau, d'ailleurs, dans les moyens employés :\nappoggiatures, altérations, pédales, retards irréguliers. Mais il y a la manière.\nIci comme dans la conduite du développement, rien qui ne se justifie par des\nraisons morales, c'est-à-dire, au vrai sens du mot, musicales. M. Debussy peint\navec des accords, il parle avec des accords, et arrive ainsi à noter des nuances\ninstantanées de sentiments. C'est, si l'on veut, de l'impressionnisme, mais du\nmeilleur, car il rend mieux saisissable la continuité delà vie, au lieu de l'inter-\nrompre. Un des passages de Pelléas qui sont pour moi le plus émouvants est\ntout en harmonies :"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.6", "texte": "CLAUDE DEBUSSY"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.7", "texte": "CLAUDE DEBUSSY\n\nQu'est-ce là ? Tout simplement deux accords de neuvième enchaînés, puis\ndeux autres. Mai le mi tenu au grave par les altos, et répété à l'aigu par les sons\nimmatériels des violons, puis confié aux violons seuls, donne à l'harmonie une\nsuavité qui enveloppe l'âme : c'est là un de ces instants divins, où s'évanouit tout\nce qui retient habituellement la vie, où le secret de l'être intérieur apparaît enfin\nsans voiles : c'est une illumination. Pour ne pas oublier d'être pédants, remar-\nquons encore que ce mi, neuvième ou septième dans le premier accord, tierce ou\noctave dans le second, fait attendre et désirer la descente des quintes de la\nbasse, et enlève toute équivoque à leur parallélisme. Une dialectique rigoureuse\npeut même considérer le premier accord, tout entier, comme une appoggiature du\nsecond. Mais peu importe le nom : l'effet existe, il est saisissant, et semble tout\nnaturel.\nLe naturel ! Ce mot me revient sans cesse à l'esprit, pour caractériser un style\nqui semble à d'autres le comble du raffinement, voire de la perversité. Mais, ainsi\nque je le disais en commençant, c'est le naturel même qui nous surprend aujour-\nd'hui. Un homme qui, dans une assemblée, s'avise de dire simplement sa convic-\ntion intime, risque fort de passer pour un fou, ou pour un subtil ironiste, ou\npour un diplomate habile aux sous-entendus. La même chose arrive à M. Debussy.\nOn ne le comprend point d'abord, parce que sa musique nous transporte loin de\nnos villes, de nos maisons, de nos chambres fermées, en des vallons sauvages où\nse pressent les fleurs, où les folles lianes s'enlacent aux troncs des arbres, où flotte\nun riche et frais parfum d'ajoncs ensoleillés. Là circule partout une jeune sève,\nlà se lève de toutes parts une vie ardente et pure, dont nous avions perdu le\nsouvenir, là nous retrouvons nos sentiments dépouillés de tout calcul, à l'état\nde grâce originelle. Et l'on me dira sans doute que d'autres musiques nous\ntransportent moins loin de l'existence réelle, et par là peuvent nous donner\nplus de courage à 1 affronter. Sans doute. Mais tous ceux qui croient que le\nmeilleur de la vie est encore ce qu'on en rêve iront souvent se recueillir aux\njardins de Fantaisie dont M. Debussy a retrouvé le chemin.\nLa Revue musicale commence aujourd'hui, dans son Supplément, la publication\nLune œuvre inédite de M. Cl. Debussy : Printemps, Suite pour orchestre et chœurs\n(l'orchestre réduit pour piano àquatre mains). Ce second envoi de Rome (1887), un\n/\npeu antérieur àla Damoiselle Elue, révèle, avec une pensée déjà maîtresse d'elle-\nmême, un entrain juvénile, une joie naïve de vivre et de sentir, qui depuis ont fait\nplace à des sentiments plus profonds. L'œuvre est du plus grand intérêt pour qui\nprend plaisir à suivre la formation d'une personnalité, et, de plus, elle est charmante.\n\nLOUIS LALOY."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.8", "texte": "I ETTRES INEDITES DE FR. LISZT A ALFRED JAEF L\n\nLettres inédites de Fr. Liszt à Alfred Jaëll\n(1855-1859)\n(*)•\nIV\nBIEN CHER MONSIEUR,\nCe m'est un véritable plaisir que de savoir mon Concerto en si bonnes et vail-\nlantes mains, et toutes les fois qu'il vous conviendra de le jouer, je ne saurais\ny avoir d objection. Veuillez donc bien en disposer comme de votre propriété en\nprenant seulement soin, comme je me suis déjà permis de vous le recommander,\nde ne pas la laisser endommager par 1 incurie ou la maladresse du chef d or-\nchestre et des instrumentistes, qui pour des morceaux de ce genre sont obligés\nà des répétitions soigneusement faites, assez peu du goût de plusieurs de\nces Messieurs.\nDans la nouvelle copie qui vous parviendra sous peu vous remarquerez un\nléger changement à la fin de l'adagio. Les trilles continuant jusqu'à l'entrée du\ntriangle dans le Scherzo me semblent d'un meilleur effet que le passage qui se\ntrouvait précédemment à cette place, et je vous prie de faire corriger les parties\nd'orchestre avec cette simplification.\nComme il est probable que vous passerez encore quelques mois dans ces pa-\nrages de l'Allemagne, je suis assez indiscret pour vous engager à venir me voir\nà Weymar et à y passer quelques jours. Quand vous vous rendez à Francfort et\nStuttgard, votre chemin vous conduit naturellement par notre petite ville et je\nvous en voudrais presque si vous ne me faisiez pas le plaisir de vous y arrêter\nun peu. A la fin de ce mois la nouvelle ligne du chemin de fer qui ne mettra que\ndeux heures et demie de trajet d'ici à Leipzig sera ouverte. Ainsi, de quelque\ncôté que vous alliez, vous voustrouverez très rapproché de moi et je compte bien\nque vous me donnerez bientôt l'occasion de vous renouveler personnellement\nl'expression des sentiments sincèrement distingués et affectueux dont je vous\nprie d'être très assuré.\nF. LISZT.\nWeymar, 13 mars 56.\nV\n. Comment, vraiment, mon cher Jaëll, vous avez encore le courage de jouer\nmon concerto, et cela avec un « véritable succès », comme vous me l'écrivez ?\nEh ! quoi, n'entendez-vous donc pas la rumeur toujours grossissante des\ngrognements des Goliaths de la docte critique, des glapissements et croasse-\nments, protestations et invectives des journaux de tous les formats qui démon-\ntrent plus qu'à l'évidence et proclament à l'unisson, comme une vérité plus vraie\nque le vrai que Liszt n'a jamais été et ne sera jamais capable d'écrire 4 me-\nsuies qui aient le sens commun, qu il est condamné sans rémission à traînera\n\n(ï) Suite et fin. Voir la Revue du 15 janvier."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.9", "texte": "LETTRES INÉDITES DE FR. LISZT A ALFRED JAELL\n\nperpétuité le boulet de la transcription (quelques-uns ont même découvert qu'il\nse transcrivait lui-même ; la belle invention ! qu'il n'y a dans ses prétendus\nPoèmes symphoniques comme dans les infimes échantillons de ses compositions\nprécédentes ni mélodie, ni harmonie, ni rythme, ni forme, ni fond, tout ce qui\nreste d'apparence musicale revenant de droit et entièrement au graveur et à\nl'imprimerie de Breitkopf et Martel, et selon la sentence catégorique d'un sa-\nvant professeur de Berlin, sur ces horribles et faux simulacres de musique :\n(( IVo nichts ist kann man nichts scigen (1) ! » que le susdit Liszt est à jamais ense-\nveli dans le marais pestilentiel des dissonances, et que faire semblant de s'aper-\ncevoir qu'il a jamais écrit des morceaux de piano ou d'orchestre, c'est se rendre\ncoupable au premier chef du crime de lèse-Art et se condamner à ne plus\nrien comprendre en musique et à brûler Bach, Haendel, Mozart, Beethoven,\nMendelssohn, Schumann et aussi (clause tenue secrète) à bâiller à l'audition\ndes œuvres de MM. X, X, ou Xx , die uns gern eiu X fur ein U hinmalen (2b\nEh 1 quoi, dis-je, vous n'entendez pas tout cela, ou pire encore? vous l'entendez\net n'en êtes guère plus touché, et n'en prenez pas plus de souci que moi, conti-\nnuant, après comme devant, votre chemincomme si de rien n'était ?\nBravo, mon cher Jaëll, voilà qui est bien et qui me plaît. J'ai plaisir à vous\nl'écrire et en trouverai un double à vous le répéter de vive voix si vous tenez\nvotre quasi promesse de venir me voir dans le courant d avril. Pour répondre à\nvotre question, je vous dirai que le Lohengrin sera donné ici le 19 avril.\nQuoique vous ayez l'occasion de Xentendre et de le voir mieux à Hanovre\n(où Niemann chante admirablement, à ce que j'entends dire, le rôle\nje serais charmé que vous veniez écouter une de nos représentations à Weymar.\nDeux ou trois jours après je compte faire exécuter au Théâtre les 9 Chœurs que\nj'ai composés sur le texte du Prométhée délivré de Herder, en les faisant pré-\ncéder de la (( Symphonische Dichtung »(n° 5) dont les 10 premières mesures\nclouées sur ces deux accords\navec la résolution sur 6/4 d'ut mineur\nsont à tout le moins l'abomination de la désolation...\nQuand vous viendrez me voir et reprendrez votre chambre à l'Altenburg, je\n\n(r) « Rien à dire où il n'y a rien !» - , -\n(2) (( Qui aiment à nous faire prendre un X pour un U », à nous en faire accroire.\n(3) Accord de quarte et sixte."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.10", "texte": "LETTRES INÉDITES DE FR. LISZT A ALFRED JAELL\n\nvous offrirai un exemplaire imprimé de la partition du Concerto qui paraîtra à\nPâques chez Haslinger, et si quelques autres de mes nouvelles horreurs et\nmonstruosités réussissent à divertir votre goût déjà fort suspect de corruption,\nvous n'aurez qu'à les mettre dans votre porte-manteau.\nDepuis 4 semaines je suis retenu dans mon lit d'où je vous écris, par une ma-\nladie qui m'ennuie davantage que le concert de critiques dont je suis 1 objet.\nL'une et l'autre ne m'empêchent guère de demeurer en assez belle humeur et\nje prends aussi bien les clous de mes jambes que les clous dont me régalent les\njournaux, en bonne patience. Dans peu de jours le médecin me promet d'être\nquitte des premiers, et les autres s'enfonceront ailleurs que dans ma peau.\nVenez donc me voir bientôt, mon cher Jaëll, pour le 19 et le 21 avril, si vous\npouvez, et laissez-moi vous dire merci et tout à vous,\nFR. LISZT.\n31 mars 57, Weymar.\nVI\nVous êtes un faiseur de merveilles, il n'y a pas à en douter, mon cher Jaëll, et\nje trouve même que vous allez crescendo et rinforzando dans la pratique de cet\nart particulier que vous vous êtes approprié ! Comment, vraiment vous vous êtes\nfait applaudir dans les Préludes ? C'est à ne pas y croire dans la situation pré-\nsente où il suffit de mon nom pour provoquer la rage des critiques, déconcerter\nles indifférents, et donner des démangeaisons de siffler à bon nombre de merles\ngaleux qui se targuent de leur effronterie ! On vient d'en voir un édifiant exemple\nà Berlin au Concert de Bulow, et nous savons à quoi nous en tenir sur le zèle et\nl'impartialité de ces pitoyables défenseurs du bon goût et de la saine doctrine en\nf lit de musique. Bulow s'est conduit valeureusement en les invitant à se mettre\ndehors ; en effet, qu'ont à démêler de pareilles gens avec Y Idéal } Pour vous,\nmon cher Jaëll, laissez-moi vous remercier très amicalement de votre bon cou-\nrage et m'associer au plaisir de sa réussite. Veuillez aussi de ma part faire tous\nles compliments qui reviennent à M. Dax. Dans le moment actuel, ne pas faire\nchorus avec ceux qui ont pris à tâche d'étouffer le développement que doit irré-\nsistiblement accomplir la Musique, est une preuve de caractère que personne plus\nque moi ne saurait apprécier.\nSoyez-en persuadé, ainsi que des sentiments très sincèrement distingués que\nvous garde\nVotre très affectionné\nF. LISZT.\nLeipzig, 30 janvier 59.\nP. S. Quand vous repasserez dans ces contrées, ne manquez pas de me faire\nle plaisir de votre visite à l'Altenburg. Si par hasard cela se trouvait vers le\n8 avril, il y aurait un Concert de Cour possible à ce moment.\nVII\nVoilà qui se trouve pour le mieux, mon cher Jaëll, que vous soyez revenu dans\nnos parages avec les hirondelles, au moment où, comme je le désirais depuis"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.11", "texte": "LETTRES INÉDITES DE FR. LISZT A ALFRED JAELL\n\nlongtemps, vous prendrez votre place à un des Concerts de cour à Weymar.\nCe sera donc pour le 9 avril (lendemain delà fête de S. A. R. Madame la\nGrande-Duchesse régnante) et je vous attends un peu plus tôt.\nRelativement aux morceaux que vous jouerez, nous verrons quand vous serez\nici quel choix sera le mieux adapté à la circonstance. J'espère que Joachim ne\nbrillera pas par son absence, et vous partagerez avec lui les honneurs de la partie\ninstrumentale du Programme à cette Soirée.\nLa nouvelle de vos succès à Vienne, Pest, etc., m'est parvenue de tous côtés,\net m'a naturellement fait grand plaisir. Heureux artiste qui ne craint pas de ris-\nquer sa bonne réputation en jouant d'aussi méchante musique que mes Préludes\net mon Concerto ! Les doctes et les entendus (qui n'ont besoin de rien entendre\npour savoir à quoi ne pas s'en tenir) vous ont bien averti cependant que ce n'était\nplus ou pas encore de la musique !\nPrenez-y garde et soyez plus sage dorénavant, pour n'avoir pas à vous repentir\nun jour de la part que vous prenez à cette corruption de goût, à cette perversion\ndes moeurs, que mes élucubrations rachitiques sans forme ni sens, ni mélodie,\nrépandent comme une malaria dont on ne saurait assez soigneusement se garer !\nEt si déjà vous êtes incorrigible à l'endroit de votre amitié pour moi, bornez-\nvous du moins à une ou deux Transcriptions des Lieder de Schubert : (( Lob der\nTnranen )) ou (( Stàndchen », par exemple, car n'est-il pas démontré par-dessus\nl'évidence que c'est une des plus risibles marottes qui aient pu se loger dans ma\ncervelle, d'imaginer qu'il me réussirait de faire jamais autre chose que des Trans-\ncriptions ?\nVous me mettez toujours de belle humeur, comme vous voyez, mon cher Jaëll,\net je crains bien d'être encore plus incorrigible que vous, malgré toute la peine\nque je prends à m'instruire de toutes les leçons qu'on me fait à profusion.\nAu revoir bientôt, et en attendant mille cordiales amitiés.\nF. LISZT.\n21 mars 59.\nP. S. La Gazette TAugsbourg publie le généreux et royal don que Sa Majesté\nde Hanovre vient d'accorder à la Société de Hcendel. Je m'en réjouis double-\nment, et comme artiste, et en qualité de Membre du Comité de cette Société. Un\nsi noble exemple devient encore, pour ainsi dire, plus beau et plus méritoire par\nle peu d'imitation qu'il rencontre !"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.12", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles.\n\nPIERRE AUBRY. — Le Rythme tonique dans la poésie litur gique et dans le chant\ndes Eglises chrétiennes au moyen âge. Paris, H. Welter, 1903.\n\nSous ce titre, M. P. Aubry vient de nous\ndonner un beau livre, élégant de forme\net d'aspect, excellent de fond. Ce n est\npas, comme on pourrait s'y attendre, un\nnouveau traité de rythmique grégorienne\nqui viendrait s'ajouter à une liste déjà\nlongue en effet, mais une introduction\nhistorique à cette étude, introduction qui\nvient bien à son heure combler une vé-\nritable lacune dans l'exposé d'une question\nd'un intérêt plus que jamais actuel.\nSelon cet auteur, et je suis heureux de\npartager en cela son avis, « une théo-\nrie du rythme musical liturgique devait, avec une critique plus serrée et plus\nsûre, expliquer le même nombre de faits et s'adapter à la théorie musicale de\ntoutes-les Églises chrétiennes sans s'écrouler d'elle-même à force de se compli-\nquer en s'adaptant aux faits nouveaux qui se révèlent... Les conditions am-\nbiantes dans lesquelles léchant liturgique est né et s'est développé ont déterminé\nles premiers linéaments de l'hypothèse du rythme oratoire : elles sont de l'ordre\nconcret, telle l'évolution du langage parlé vers le principe tonique au ive et au\nve siècle de l'ère chrétienne, tel encore le système d'écriture des neumes, un\npeu plus tard ; ou de l'ordre abstrait, comme la discipline musicale du haut\nmoyen âge, manifestée par les textes des théoriciens parvenus jusqu'à nous.\nCes faits que fournissent la philologie et l'histoire, sont donc comme des points\ndistants qu'il s'agit de relier par une ligne continue )). Et l'auteur de conclure :\n«Le rythme oratoire ne fuit aucune de ces conditions ; il s'applique à toutes\net justifie chacune d'elles. »\nxM. Aubry se range donc nettement à l'opinion des RR PP. Bénédictins, etson\nouvrage ne tend pas peu, du reste, à corroborer dans un certain sens une thèse\nviolemment combattue et qui ne laisse pas de conserver encore de sérieux con-\ntradicteurs.\nUn de ces derniers, le R. P. Dechevrens, S. J., s'efforça tout dernièrement\nd'assurer une fois de plus la victoire delà thèse mensuraliste (i) sur le rythme\noratoire, en étendant ses principes particuliers d'interprétation au chant litur-\ngique des diverses Églises d'Occident et d'Orient. A vrai dire, les conclusions du\nsavant Jésuite me paraissent dignes de remarque, et l'intérêt de cette étude m'o-\nblige à les rapporter ici.\n(( i° Dans tout 1 Orient, la musique des Églises chrétiennes possède un même\nrythme, le /povoç, le temps, exécuté partout de la même manière.\n\n(i) Selon la thèse mensuraliste, le chant grégorien se composerait de mesures, comme notre\nmusique ; les partisans du rythme tonique ne lui assignent au contraire d'autre rythme que celui\nces paroles, dont les syllabes, on le sait, sont tantôt fortes ou accentuées et tantôt faibles ou\natones (c est ce que 1 on appelle aussi rythme oratoire)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.13", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\n(( 2° Pareille uniformité dans des Églises séparées les unes des autres depuis\ntant de siècles par des divergences de rite et de doctrine est la preuve évidente\nque le rythme de leurs mélodies est réellement le rythme originel de la musique\necclésiastique\n(( 30 L'Église romaine différait-elle sur ce point des Églises de la Grèce et de\nl'Orient ? L'histoire nous atteste le contraire, tant les relations étaient intimes,\nles échanges fréquents, entre les capitales du monde chrétien.\n(( 40 Pourtant, du côté de l'Église romaine, cet accord dans lapratiquemusicale\ns'est brisé à partir du xe siècle. La tradition rythmique a été rompue. On peut la\nrenouer en faisant rentrer la théorie du x?^ dans le chant latin. ))\nUne thèse fondée sur de tels arguments me paraît a priori fort bien défendable\nen un sens. Aussi ai-je un vrai regret de ne point connaître l'exposé qui vient d'en\nêtre fait par le nouveau chef du parti mensuraliste.\nS'il faut en croire M. Aubry, « le R. P. Dechevrens, quoique parti dans une\nexcellente voie, n'aurait apporté que peu de critique et une méthode insuffisam-\nment rigoureuse à l'examen des faits musicaux )). Estimant toutefois que son\npoint de départ était bon, notre auteur n'hésite pas à le conserver et reprend\npour son propre compte l'étude comparative du chant liturgique des diverses\nÉglises, en se limitant aux seules questions de rythmique.\n(( Les conclusions auxquelles nous sommes parvenus déclare M. Aubry, sont\nà l'opposé de celles que nous présente le R. P. Dechevrens : nous justifierons les\nnôtres en mettant en relief les points faibles de la doctrine mensuraliste qu'il\nsoutient, et montrant, au moins nous l'espérons, que le commun état du rythme\nen Occident et en Orient au moyen âge, c'est-à-dire antérieurement au xv® siècle\nenviron, était un rythme musical ayant, comme double fondement, 1 égalité théo-\nrique des notes et la prédominance de l'accent tonique. ))\nDans sa première partie, l'auteur aborde donc le point fondamental sur lequel\nrepose toute la doctrine du R. P. Dechevrens :(( Le rythme du 7.pO°; ». Avec\nune réelle compétence et une impartialité remarquable, il en étudie successive-\nment l'universalité dans les Églises orientales, la nature, la relativité, l'exécu-\ntion et la véritable origine, apportant toujours le plus grand soin à compléter\nson exposé didactique par un choix d'exemples puisés aux meilleures sources et\nqui, sans aucun doute, ne seront pas le moindre attrait pour le lecteur.\nCependant M. Aubry ne se dissimule pas lui-même qu'il reste des points obscurs\nà élucider dans cette difficile question ; aussi bien ai-je l'intention de lui proposer\nbientôt certains doutes à ce sujet et de soumettre mes propres observations à ses\nlumières.\nDans la deuxième partie de son livre, M. Aubry traite de l'ancienne tradition\nrythmique : l'accent. Il s'attache surtout à retracer le rôle important joué par\nl'accent tonique dans les différents idiomes et dans la poésie liturgique des\nEglises chrétiennes. A l'exemple des Pitra, des Bouvy, des Meyer, il précise à\nson tour la nature de l'accent tonique dans la langue et la poésie arméniennes et\nconstate fort heureusement que (( partout les principes ont été les mêmes avec les\nquelques différenciations causées par le génie propre de chaque langue ; que, de\nRome à Antioche et de Constantinople à Alexandrie, une commune tradition ryth-\nmique s'est perpétuée ». Tradition dont il serait bien injuste de vouloir mécon-\nnaître les principes dans l'exécution des chants liturgiques en général et tout\nparticulièrement du plain-chant latin."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.14", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nVoilà bien, à la vérité, une des meilleures conclusions pratiques à recueilllir de\nl'intéressant ouvrage de M. Aubry. La pierre de touche d'une bonne mélodie\nliturgique réside, en effet, dans l'accentuation du thème musical, car l'accent est\nesprit, et c'est lui qui anime le verbe. L'accent est dans une mélodie comme dans\nson propre domaine :il est maître, il est roi, il faut de toute façon qu'il prédo-\nmine; à lui seul la place d'honneur.\nMais, hélas ! où sont les oreilles pies susceptibles de s'offenser de cette simple\nvétille qu'est une faute d'accent ? Il s'agit bien de cela ! Et comme l'on sent vite\naussi, à simple comparaison, que le latin est pour nous langue morte !\nExaminez les quelques mélodies grecques apportées en exemple par l'auteur :\n[Raya Ispov (p. 24), Asysi 7iop£oÔ£iç (p. 28), 'Avo(£to T 0 oropia goo (p. 62), Mu<rc*sptov £svov\nfp. 79). Ces seules lignes suffisent à nous faire prendre le compositeur sur le\nfait. Quel art dans la disposition de l'accent ! Quelle simplicité, quel naturel !\nAvec quelle aisance le chantre le plus vulgaire ne le mettra-t-il pas en relief !\nOuvrez maintenant un livre de plain-chant, le premier venu, ou plutôt, choisis-\nsez une des meilleures éditions, celle de Dom Pothier par exemple, et faites la\ncomparaison : elle ne saurait manquer d'être fort instructive particulièrement\ndans le chant syllabique des antiennes. Le moyen, je vous prie, de rendrel'accent\navec aisance et convenablement, à l'aide du seul ictus, en certains passages, tels\nque ceux-ci pris au hasard dans les antiennes du commun des Vierges (1) :\nUn sérieux obstacle à la bonne et facile exécution de l'accent, c'est, à n'en pas\ndouter, la fausse interprétation du principe d'égalité des notes dans leplain-\nchant.\nL abandon complet de la poésie métrique et l'emploi du rythme tonique ont\nengendré dans la musique d'église une certaine égalité théorique des notes, à\nlaquelle l'auteur consacre fort à propos le dernier chapitre de son livre. « Rappe-\nlons sommairement, dit-il, que le chant de l'Église latine a pour principe l'égalité\ndes notes, que distinguent seulement entre elles cet élan de la voix et cette légère\nimpulsion qui proviennent de 1 accent. Mais 1 égalité théorique des notes est\nmodifiée à chaque instant par la ciish par 1 oviscus, par le pressus sous ses\ndifféientes formes, par la position que les notes et les syllabes occupent dans\nla phrase littéraire ou musicale à la fin des phrases, des membres de phrase et\ndes incises ; se traduisant par un retard delà voix, moravocis, sur la dernière ou\nsui les deux dernières notes de la distinction. ))On sait trop quelle levée de bou-\nchers suscita cette théorie généralement comprise sous le nom de rythme oratoire,\nthéorie que ses savants protagonistes, Dom Pothier et les RR. PP. Bénédictins\nde Solesmes ne se lassent pas de soutenir, avec autant de zèle que de science et\nde goût, contre la thèse diamétralement opposée des mensuralistes.\n(( Le rythme grégorien, observe à ce propos M. Aubry, relève avant tout de l'é-\ni udition, c est pour n être point remonté assez haut vers les origines du chant\n\nexposeÎDrr3 ieTpS0Mn;aU COntra!re' funne très facile si lon adopte la nouvelle théorie\nexposee par le R. P. Mocquereau dans la Paléographie musicale."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.15", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nliturgique qu on s est jeté dans les doctrines les plus opposées. » A vrai dire, on\nest apparemment remonté assez haut, trop haut peut-être, puisque d'aucuns\nseiaient tentés d aboutir à la création de l'homme en passant régulièrement par\nle déluge ! Mais, de même que certains n avaient nullement été frappés de l'im-\nportance de 1 accent tonique dans la musique d église, d'autres, et c'est le plus\ngrand nombre, ont passé auprès des traditions primitives orientales, et de la\ntradition byzantine en particulier, sans songer le moins du monde à les interro-\nger. Or, on finira bien quelque jour par s'en rendre compte et s'en convaincre,\nla théorie d'un plain-chant latin n'est pas autre chose, au fond, que celle du chant\nliturgique byzantin.\nDans ce cas, quel a donc été le véritable rythme du chant byzantin ? Ce fut\négalement un rythme libre, un rythme oratoire. Comment je serais tenté de me\nreprésenter ce rythme, c est ce que j'essaierai de dire prochainement. Mais je\npuis dire dès aujourd'hui que je souscris pleinement à la principale et dernière\nconclusion de M. Aubry : Le chant liturgique des diverses confessions chré-\ntiennes a une commune origine, et le rythme oratoire du chant grégorien, fondé\nsur 1 accent tonique et 1 égalité relative des notes, est la forme occidentale d'une\npure tradition de l'art chrétien.\n\nP. J. THIBAUT,\ndes Augustins de l'Assomption.\n\nBENJAMIN GODARD. -Menuet Pompcidour (mélodie; poésie de J.-B. Rousseau),\nBonheur muet (id., poésie de M. Martin). Paris, Hamelle.\n\nLe Menuet Pompadour et le Bonheur muet, op. 118 et 119 de Benjamin Godard,\nsontdeux œuvres posthumes du regretté compositeur. En nous les léguant, il nous\nlaisse la rare expression d'un esprit élégamment primesautier et tendrement\nrêveur.\nRespectons l'amour\nPendant qu'il sommeille,\nEt craignons qu'un jour\nCe dieu ne s'éveille.\nGodard a heureusement enrubanné de musique légère et pimpante ces vers\nqui commentent le Menuet Pompadour. Cette musique nous rappelle les fraîches\net aimables compositions de Lulli, Couperin, Rameau. Allègre et souple, gra-\ncieuse et spirituelle, la partie d'accompagnement s'ébat, divertissante, sous la\nligne mélodique qui s'en dégage avec une liberté gracieuse. Des modulations\nsuccessives, effleurant les tonalités sans jamais s'y arrêter, parsèment l'accompa-\ngnement du premier motif. C'est là un heureux procédé qui caractérise l'esprit\ningénieux de Godard et qui lui permet en outre de retourner aisément au ton\ninitial.\nLe deuxième motif à la sous-dominante procède d'une marche harmonique\nd'accords parfaits ; marche tantôt tonale, tantôt modulante. De plus, cette mar-\nche harmonique est accompagnée d'un mouvement rythmique de basse qui\nnous laisse deviner les pizzicati des violoncelles et des contrebasses.\nLa seconde mélodie, en ré b majeur, Bonheur muet, est d'un sentiment tout\nautre que la précédente. Ici le compositeur nous entraîne dans les sentiers d un"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.16", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nromantisme attendri. En effet, combien douce et sentimentale est cette phrase\nqui se déroule sous la mélodie :\nCe chant qui sert d'accompagnement à la voix durant la première partie du\nmorceau enveloppe la mélodie d'un calme mystérieux et tendre. Seul, le milieu\nde la composition est un peu plus animé, mais cette animation n'est que passa-\ngère, car bientôt la sérénité interrompue du début reparaît, et nous communique\nà nouveau l'impression déjà ressentie précédemment. Et c'est encore avec le\nrappel de ce premier motif que s'achève la mélodie, mais orné cette fois d une\nnouvelle harmonie :\nBenjamin Godard semble s'être attaché ici à la simplicité. Il affecte de dédai-\ngner toute complication d'écriture et ne recherche que l'expression naturelle. Si\ntel a été son but, il l'a pleinement atteint et l'émotion qu'il nous communique est\nindiscutable. Peut-être même convient-il d'ajouter que cette émotion est juste-\nment due, dans ce cas, à l'absence de toute recherche d'écriture.\n\nADALBERT MERCIER.\n\nOUVRAGES REÇUS\nBEETHOVEN. — Correspondance, traduite et annotée par Jean Chantavoine.\nParis, Calmann-Lévy.\nA. POUGIN. — La Musique en Russie. Paris, Fischbacher.\nERNEST ROLLIN. — Prélude et Choral pour Piano. Paris, Durand et fils.\nC. SAINT-SÀENS. — Hélène, Poème lyrique en un acte. Paris, Durand et fils.\nPAUL-LOUIS GARNIER. — Les Fins de VArt contemporain. Paris, Juven.\n\n\\ IENNENT DE PARMTRE, chez Marcello Capra (Turin) : i° Histoire universelle de\nla musique (traduction en italien du Catéchisme de 1 histoire delà musique, 2e édit.,\npar M. Riemann), très bon manuel dont l'éloge n'est plus à faire ; 2° la Seconde\nAnthologie vocale (liturgique), contenant 122 cantiques à 3 voix égales, par\nOreste Ravanello (collection diamant, très pratique ; parmi les nombreux\ncompositeurs italiens qu il cite, 1 auteur ne s est pas oublié; ; 30 les huitième, neu-\nvième et dixième Anthologies des maîtres italiens, pour 1 harmonium ou le cla-\nvecin (collection diamant). La 8e est consacrée à Frescobaldi ( 1583-1644) ; 40 la\nmesse (( Regina Angelorum », pour chœur à deux voix égales avec accompagne-\nment d oigue, par F. Capocci ; 50 Un 7 antum ergo (à 4 voix) de Giuseppe Mer-\ncanti , 6 une Passion (selon S. Matthieu) de Casimiri ; 70 Prélude et fugue en\nit mineur, d A. Pisani ; 8° Entrée, offertoire, élévation, communion, finale (orgue;\npar C. Grassi ; 90 Tu es Petrus, motet pour 4 voix d'hommes, par F.-G- Breiten-\nbach , 10 1 nèie ipour orgue), par S.-E. Bottigliero j II° Requiem (pour une\n\\ oix et haïmonium), pai le même \\ 120 JIesse pour les morts (2 voix et orgue),"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.17", "texte": "LES CONCERTS\nR. M.\n9\n\npar P. Magri ; 130 Messe (( Emicat meridies )) (2 voix égales et orgue), parle\nmême.—Toutes ces publications sont fort soignées, peu coûteuses, et d'un\ngrand intérêt.\nA /'(( Harmonie » (Berlin) ; Biographie dè R. Wagner, par Gustav Lévy. Dans\ncette brochure de 62 pages (avec un portrait) sont énumérés, avec une date pré-\ncise, tous les faits importants. C'est un modèle de memento exact.\nChez Prioré, éditeur (rue Paradis) : Salut au pays (grande valse militaire pour\npiano) ; Qui vive ? (polka) ; Jean Jeanne (valse); Sous les lilas (grande valse) et\nSur les bords du Scardon (valse), par A. Douchement.\n\nLes Concerts\n\n— La Symphonie héroïque de Beethoven a été jouée avec le brio\net la finesse habituels : j'y voudrais plus d'accent, surtout dans le premier\nmorceau, qui coule trop comme un flot uniforme ; je voudrais qu'on y sentît\ndavantage le rythme de ce puissant pas; il ne suffit pas que cette musique\ncoure, il faut qu'elle entraîne. —J'entends aussi le scherzo plus tourbillonnant\net plus impétueux.\nLa Suite en ré majeur de J.-S. Bach est une œuvre exquise, et qui fut jouée de\nfaçon exquise. Il me semble que c'est le genre de musique qui met le mieux\nen valeur les qualités de l'orchestre du Nouveau Théâtre. C'est une excellente\nidée d'élargir les programmes de concert, en prenant l'habitude d'y faire entrer\nde plus en plus la grande musique classique, antérieure à Mozart. Je souhaite\nqu'on fasse à cette musique une place toujours plus large.\nL'intermède symphonique de Notre-Dame de la Mer, par Th. Dubois, rappelle\nun peu Gounod et Grieg. Le tout est de venir à son heure. Celle d'hier m'a\nparu chaude...\nMlle Marguerite Revel a une jolie voix fraîche, qui plut beaucoup dans\n\n7 février.\n\nCONCERTS CHEVILLARD.\nL. L.\n— yi janvier.\n— La 4e Symphonie de Schumann ren-\nferme de belles pages, entre autres l'In-\ntroduction et 1 Andante presque entier ;\nmais elle fatigue par une orchestration\nmonotone et sans cohésion, où des cuivres\nviennent se poser, on ne sait pourquoi,\nsur la masse touffue des violons. Après\nla jolie Siegfried Idylle, M. H. Heermann\njoue admirablement le Concerto de Beet-\nhoven : très juste d'abord, ce qui est\nrare surtout chez les virtuoses, et sans\neffort apparent, si bien que l'on oublie l'effrayante difficulté de l'œuvre, et\nqu'on n'en sent plus que l'inspiration large et généreuse ;je louerai enfin la\npureté de son style ; seul le son pourrait être, il me semble, un peu plus rond\net nourri. Le Phaéton de Saint-Saëns est soigné, propre, avenant et discret ;\npourquoi Phaéton? Je le laisse à deviner aux experts. L'ouverture de Fidelio\n(la 4e, en mi), fort bien conduite, terminait le concert."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.18", "texte": "LUS CONCERTS\n\nl'agréable mélodie de M. Bachelet : Chère ; elle était un peu frêle dans\nl'air de Judas Machabée : « Alors mes filles danseront. »\n\nR. R.\n\nSamedi 30 janvier.\nJ. T.\n— MLLE YVONNE PÉAN a donné, salle Érard, un concert très\nintéressant. Son jeu nerveux et sûr a des qualités rares de sonorité pénétrante.\nElle a exécuté la ballade en sol mineur de Chopin avec une émotion vibrante et\nun peu âpre. M\"e Kahn a chanté deux romances de Gabriel Pierné. Elle en a\nrendu le balancement élégant d'une voix souple, un peu faible, il est vrai ;\nmais c'était une de ses grâces, et elle se faisait entendre à force de se faire\nécouter.\n\nSALLE PLEYEL. — 6 février.\nJ. T.\n— Audition du quatuor de Debussy et du quin-\nzième quatuor, en la mineur, de Beethoven, par le quatuor ENESCO. On ne peut\nrecevoir une sensation plus immédiate de la beauté : à ce contact, l'enthousiasme\ndu public a vibré, spontané et éclatant. L'œuvre de Debussy a été appréciée plus\nhaut en ce numéro même. Il suffira de louer l'interprétation du quatuor Enesco,\nqui fut digne de l'œuvre. Le premier mouvement et le scherzo ont glissé d'une\nallure légère et ondoyante comme un coup d'aile. Les vibrations pittoresques se\nfondaient enpur sentiment. La virtuosité dupremier violon, nerveuse et chaude,\ndétachait ces rythmes magyars. L'ensemble même était excellent, car les gau-\ncheries du second violon ne réussirent pas à le faire clocher.\n\n3février. — Ier Festival des Matinées Danbé.\nJOSEPH TRILLAT.\n— G allia, de Gounod, est une\nœuvre fausse, toute conventionnelle, lamentation froide comme le masque d une\npleureuse. Nous venions d'entendre les sublimes psaumes de Bach et de Pales-\ntrina, réfugiés eux aussi à l'Ambigu. Nous avons eu la contrefaçon après l'ori-\nginal. Et pourtant nous avons été émus par Gounod, en dépit des festons d'opé -\nrettequi veulent égayer la monotonie de ces récitatifs languissants. Le cas est\nassez curieux : sans doute la baguette du chef d'orchestre n'avait pas fait seule\nce miracle, ni sa mimique expressive et dégingandée, mais les applaudissements\net les ovations eurent bientôt désigné la véritable fée ; c'était une jeune chan-\nteuse, Mlle Lanrezac, qui s'est révélée tout d'un coup grande artiste, si le propre\nde l'art est de créer et de faire quelque chose de rien. Dans la cantilène : (( Les\ntribus plaintives )), dans le solo final : ((Jérusalem ! reviens vers le Seigneur\nDieu », elle a été d'une vérité saisissante, d'un naturel parfait, qui repose et\nenchante. Les yeux, l'oreille et l'âme étaient en même temps ravis, et je ne\npourrais dire ce qui nous charmait le plus, de la grâce de sa tenue, de la pureté\net de la fraîcheur de sa voix, ou de l'art exquis des intentions qu'elle mettait\ndans ses chants.\n\nCONCERTS COLONNE. — 31 janvier.\nJ. T.\n— Requiem de Berlioz.\n7 février. — D'un geste cassant et brusque, le bâton de M. Ernest von Schuch,\ndirecteur de la musique royale de Dresde, mène 1 orchestre, ou plutôt le déchaîné\net parfois le bouscule. Cette vigueur militaire, faite d enti ain et de raideur, sur-\nprend les musiciens autant qu'elle enchante le public. L'ouverture de Benvenuto\nCellini est ainsi emportée dans une belle fougue, mais cela a de l'éclat et une\nforce prodigieuse. L'ouverture de Rieiizi se déploie tambouis battants. iVloins\nheureusement le finale du concerto de Iîasndel est traresti en un galop roman-\ntique. La symphonie en ut mineur triomphe quand même : c'est le privilège de\nla beauté éternelle."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.19", "texte": "L'ENSEIGNEMENT DU CHANT DANS LES LYCÉES\n\nS.\nLe S février, nous avions la grande joie d'entendre de nouveau MME MARIE\nJAELL, à la salle Pleyel, dans différentes œuvres de Rubinstein, Saint-Saëns,\nBrahms, Liszt, etc. La liberté du rythme, la souplesse et l'intelligence de l'inter-\nprétation nous ont rendu nouvelles des œuvres pourtant bien connues, ou plu-\ntôt mal connues.\n\nL'Enseignement du chant dans les lycées.\n\nRTous avons reçu de M. Osiris la\nlettre suivante :\nAM. le Directeur de la Revue\nmusicale, 5 1, rue de Paradis.\nCher Monsieur,\nJ'ai appris avec plaisir quon\ns occupait d'organiser 1 enseigne-\nment du chant dans les lycées. Cette\nexcellente idée est en bonne voie,\npuisque deux de nos plus grands\ncompositeurs nationaux lui ont déjà\ndonné leur cou cours : M. S a int-Saëns\nen écrivant un chœur tour les gar-\n-1\nçons, M. Massenel en écrivant un\nchœur pour les jeunes filles.\nAfin de contribuer à ïétablisse-\nment d'un répertoire nécessaire, je\nmets à votre disposition une somme\nde mille francs pour l'acquisition 9par\nvoie de concours, dUn chœur sus-\nceptible d être chanté par le grou-\npement d'élèves le plus nombreux\npossible. Jarmerais une composition\nd'un caractère gai (sur le sujet suivant, par exemple: les Vacances...).\nNos compositeurs trouveront là un emploi utile de leur talent. Je laisse ci la\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. — 6 février.\nL. L.\n— Après d'honnêtes Pièces d'Orgue de\nM. Tournemire, la Sonate pour violon et piano de M. de Wailly est fort joli-\nment jouée par M. A. Parent et M,le M. Dron : l'écriture en est jolie aussi, sans\nrien desaillant. Le Trio de M. Caetani ne révèle que de bonnes études et de\nbonnes intentions ; Haydn et Mendelssohn se retrouvent en cette musique jeune\net surannée à la fois. La Légende de sainte Cécile de Chausson reçoit, grâce à\nM. P. de Bréville, une interprétation émue. Belle et pure musique, qui ose\nchanter, et qui, par la foi qui l'inspire en toutes ses parties, fait songer à Cés.\nFranck, avec quelque chose de plus sobre, de plus mince, de plus v distingué ».\nM. J. Bonnet exécute, pour terminer, la Pièce héroïque pour orgue de Cés.\nFAanck."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\nRevue musicale le soin de fxer les conditions de ce concours ,* elle voudi a, j en suis\ncertain, n admettre que des oeuvres de bon goût, capables d instiuiie la jeunesse,\nd'élever son esprit, c/, à ce titre, de mériter la haute appi obation de AI, le Ahnisti e\nde 1 Instruction publique en lui apportant une collaboration précieuse pour la\ngrande oeuvre d éducation dont il a la charge.\nVeuillez agréer, cher Monsieur, Vexpression de mes sentiments les plus distingués\net dévoués,\n\nOSIRIS.\n\nJ. C.\nParis, 30janvier 1904.\nNous adressons nos plus sincères remerciements à M. Osiris, dont la généro-\nsité bien connue, en se tournant vers l'art musical, (auquel il ménage encore des\nsurprises !) fait une œuvre à la fois artistique et patriotique. Le chant choral\ndans les lycées aura, entre autres avantages, celui de créer des habitudes de\nsolidarité qui, après le collège, se prolongeront chez les étudiants, et, de là, dans\nla société tout entière. Au lieu de répandre leur talent dans des œuvres vaines,\néphémères, sans portée morale, beaucoup de musiciens trouveront dans ce genre\nde composition (( un emploi utile )) de leur valeur. Nous publierons prochaine-\nment les conditions du premier concours que nous sommes chargés d'organiser.\nPuisse le bon exemple donné par M. Osiris être suivi par ceux de nos amis à qui\nce genre d'imitation est possible!\n\nActes officiels et Informations.\n\nCONCOURS CRESSENT. —Dimanche dernier 14 février, à 9 heures clu matin, a\neu lieu à la direction des Beaux-Arts (Bureau des Théâtres) la réunion du jury\nchargé del'examen des poèmes présentés en vue de préparer le 12e concours trien-\nnal institué pour les compositeurs de musique par la fondation Cressent.\n\nBESANÇON. M. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement musical, assistait, au\nnom de M. le Ministre des Beaux-Arts, à la première représention dePaula, tra-\ngédie lyrique en 5 tableaux. Cette œuvre, donnée au Grand-Théâtre de Besan-\n% - U\nçon, sous les auspices de la municipalité et avec l'orchestre de l'Ecole de musique\nde cette ville, fait le plus grand honneur à ses auteurs, Mlle Jeanne Grail et\nM. Edouard Dron, pour le livret, et M. Emile Ratez, directeur de l'Ecole de mu-\nsique, succursale du Conservatoire national à Lille, pour la musique. D'un\ncaractère noble et de tendances toujours élevées, la partition contient des pages\nfort remarquables qui font désirer que d'autres scènes puissentl'interpréter à leur\ntour et la faire connaître comme elle le mérite.\n\nT '\nINSPECTION EN 1904 DES ECOLES NATIONALES DE MUSIQUE. L'inspection des\nsuccursales du Conservatoire national et des Écoles nationales de musique s'effec-\ntuera de la façon suivante pour l'année 1904 *,\nM. Gédalge : Douai, Valenciennes, Lille, Roubaix, Saint-Omer, Boulogne,\nAbbeville, Amiens.\nM. G. Fauré ; Caen, Rennes, Nantes, Le Mans.\nM. Lenepveu : Tours, Angoulême, Bayonne, Toulouse, Perpignan."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nM. de la Nux : Moulins, Nîmes, Digne, Montpellier, Aix, École de musique\nclassique de Boulogne-sur-Seine.\nM Maréchal: Nancy, Dijon, Lyon, Chambéry.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE.— Une demi-bourse à l'École de musique classi-\nque de Boulogne sur-Seine a été accordée au jeune Froment Antoine, demeurant\nà Paris, 17, rue de Chaligny.\n\nCONCERTS COLONNE ET CHEVILLARD. M. Chaumié, ministre de l'lnstruction\npublique et des Beaux-Arts, sur la proposition de M. Henri Marcel, vient de fixer\nles conditions auqxuelles sera dorénavant subordonnée l'attribution des subven-\ntions de 15.000 francs allouées par le Parlement aux Concerts Colonne et Che-\nvillard.\nCes associations musicales devront, entre autres obligations, donner, au cours\nde leur saison annuelle, un certain nombre d'oeuvres symphoniques ou lyriques\ninédites de musiciens français dont le temps total d'exécution ne pourra être\ninférieur à y heures.\n• Il est permis d'espérer que cette mesure sera bien accueillie dans le monde des\ncompositeurs, assurés désormais d'un accès auprès des grandes sociétés de con-\ncerts.\n\nSUBVENTIONS. Par arrêté en date du lERIER février courant, une subvention de\n200 fr. a été accordée, à titre d'encouragement, à la Société moderne d'instru-\nments à vent, dont M. Georges Barrère est secrétaire.\nPar arrêté du même jour, une allocation de 250 fr. a été accordée à la Société\nd'auditions (musicale et dramatique) présidée par Mme Émile Pichoz.\n\nECOLE DE MONTPELLIER. Par décret, en date du 4 février courant, rendu sur\nla proposition du ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-Arts, l'Ecole\nnationale de musique de Montpellier a été érigée en succursale du Conservatoire\nnational de musique et de déclamation.\n\nTROCADÉRO. La grande salle des fêtes du Palais du Trocadero sera mise à\nla disposition de M. G. Bureau, secrétaire général de l'œuvre française des\nTrente ans de théâtre, pour y organiser, les jeudis 7et 14 avril prochain, des\nmatinées au profit de l'œuvre.\n\nBOULOGNE SUR-MER. M. Gaston Bouvier est nommé professeur de violon à\nl'Ecole normale de musique de Boulogne-sur-Mer, en remplacement de M. Her-\nneult, démissionnaire.\nM.Eugène Coulombel et Mlle Henriette Grandsire, lauréats de l'Ecole natio-\nnale de musique de Boulogne-sur-Mer, sont nommés à ladite école: le premier,\nprofesseur chargé du cours élémentaire de solfège des garçons ; la seconde,\nprofesseur chargée du cours élémentaire de solfège des filles.\n\nMONTE-CARLO. Au 10e concert classique, après l'ouverture des Ruines d'A-\nthènes, venait la Symphonie pathétique de Tchaïkowsky, la 6e et dernière du\ncompositeur russe, et celle qui est le plus souvent jouée en France. En 1898,\nHans Richter, venu à Paris pour diriger l'orchestre du Châtelet, la mit à son\nprogramme. Cette symphonie un peu longue, surtout le lamentoso final, abonde\nen belles phrases et en motifs élégants, tel par exemple Y allegro con gracia,\n•curieusement rythmé à cinq temps."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nLes concerts sont très éclectiques cette année, et l'on peut dire qu'à chaque\nséance est jouée une œuvre nouvelle. Cette fois c'était une ouverture inédite,\nTheniis, du symphoniste italien Nicolo Celega, brillante, colorée, sonnant bien,\net qui a eu du succès.\nCitons encore au programme :un nocturne pour instruments à cordes, de\nDvorak, et la Valse de Mephisto, poème de Liszt, aux traits de harpes presti-\ngieux.\nLe IIe concert (28 janvier) était divisé en deux parties. Ala première, fine\nexécution de la Symphonie en si bémol de Beethoven, précédant un air de Pro-\nserpine de Paësiello, chanté avec beaucoup de style par Mme Deschamps-Jehin.\nLa seconde partie était consacrée aux œuvres du défunt compositeur Jules\nCohen, musicien surtout mélodiste. Dans sa Première symphonie on a goûté\nparticulièrement ïandante. Le public a bissé encore une Élégie chantée avec\nsentiment par Mme Deschamps-Jehin. Venaient ensuite les entr'actes de Dea et de\nDon José Maria ; Y Ame du purgatoire, et une Marche funèbre qui a terminé le\nconcert. Rappelons, à propos de ce compositeur, dont on ne parle pas souvent,\nqu'il eut un opéra joué plus de cent fois, les Bleuets (1866), avec, pour interprète,\nMme Nilsson, dont ce fut la dernière création au Théâtre-Lyrique. Jules Cohen\nétait alors Inspecteur de la Chapelle des Tuileries.\nLa saison lyrique au théâtre va s'ouvrir par la création de Pyrame et Thisbé,\nopéra de M. Trémisot, et Paillasse, de Leoncavallo, joué par MM. Renaud et Alva-\nrez. Viendra ensuite Hélène, œuvre inédite de Saint-Saëns.\n\nNICE.\nÉDOUARD PERRIN.\nLa saison théâtrale à Nice bat son plein. Je signalerai à l'Opéra les\nreprises de Louise, de M. Charpentier, avec Mme Mary Boyer (grand succès) ;\nde la Vie de Bohème de Puccini, et de Cendrillon avec Mlle Guiraudon, adora-\nble dans ces deux rôles qu'elle a créés à Paris. A propos de Cendrillon, le public\ncommet une amusante méprise en amenant les enfants assister à cette représen-\ntation. Cette œuvre, que je considère comme la plus soignée et la mieux venue de\nM. Massenet depuis Esclarmonde, est bien faite au contraire pour les grands\nenfants, et les dilettantes avertis, comme du reste Hœnsel et Gretef conte mu-\nsical aussi, pour lequel 1 année dernière le public se méprit pareillement. Ajou-\ntons que Cendrillon est montée à Nice avec un très grand luxe.\nAu Casino, reprise des Petites Michu (je cite cette opérette de préférence à\nd'autres, parce que la musique de M. Messager est toujours et partout intéres-\nsante), avec Mariette Sully. Reprises encore de Philémon et Baucis, des Contes\nd'Hoffmann, le curieux mais inutile essai d'Offenbach pour faire de la musique\nsei îtuse, et les l echeui sde pei les, œuvres toutes interprétées très convenable-\nment. Les concerts symphoniques de cet établissement n'ont plus de pro-\ngramme aussi intéressant qu'au début. C'est dommage, car l'orchestre est devenu\nexcellent.\n\nGENÈVE.\n\nLe Conseil administratif de la ville de Genève vient de confier\npoui deux ans les destinées de notre scène théâtrale à j\\l. Muguet, un des direc-\nteurs actuels.\nNous croyons ce choix heureux, car M. Muguet homme de goût et d'action\ndonne sa mesuie cet hiver en montant de nombreuses reprises et des nou-\nveautés sensationnelles."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nDéjà Advienne Lecouvreur, de Cilea, et Muguette, de Missa, ont attiré la foule,\net Messaline, de Lara, va passer un de ces jours.\nInterprétée par Mme Dalbe, dont il fut question pour la création à Paris, par\nMlle Milcamps, MM. Soubeyran, Gaidan et Galinier, cette œuvre, admirée par\nles uns, décriée par les autres, recevra bon accueil ici, la direction ne voulant rien\népargner pour sa réussite.\nDans le domaine des concerts, c'est toujours l'abondance.\nSignalons le grand succès de Mme Ekman, cantatrice, de M. Andricek, violo-\nniste, aux derniers concerts d'abonnement.\nProchainement, séance de musique de chambre par MM. Fauré et Marteau,\nun exquis régal en perspective dont nous reparlerons.\n\nFERRARIS.\n\nLYON. —Le Grand Théâtre vient de nous donner la première représentation\ndu Crépuscule des Dieux avec une interprétation parfaite, au moins pour les pre-\nmiers rôles : Brunnhild (M1!e Janssen) et Siegfried (M. Verdier), et satisfaisante\npour les autres.\nIl est fâcheux que l'état délabré des décors acquis du Château-d'Eau n'ait pas\npermis à la mise en scène d'être à la hauteur de l'effet artistique, car au point de\nvue musical, l'orchestre a donné une interprétation parfaite de l'œuvre que le\npublic lyonnais était suffisamment préparé à apprécier par l'audition antérieure\ndes autres parties de la Tétralogie.\nLe Crépuscule seul manquait encore à notre répertoire ; à la fin de la saison,\nnotre théâtre pourra donner quelques auditions intégrales delà Tétralogie qu'on\npourra ainsi entendre ailleurs qu'à Bayreuth et dans des conditions d'exécution\ntrès satisfaisantes.\nLe principal mérite delà réussite de ce colossal travail revient évidemment à\nM. Flon, notre excellent chef d'orchestre, et à ses artistes auxquels il a su donner\ntoute la souplesse et la cohésion nécessaires.\n\nSCHOLA CANTORUM. Le premier concert de la saison de la Schola lyonnaise\naeu lieu sous la direction de M. Georges Marty avec le concours de Mme G.\nMarty, Mlle Eléonore Blanc et M. Jean David.\nEn plus de diverses pièces de chant, il comprenait une sélection d'ldoménée, de\nMozart (chœurs, airs et orchestre), et surtout l'oratorio de Ilaendel, Samson.\nDans cette dernière œuvre principalement, l'orchestre et les chœurs de la\nSchola (250 exécutants) ont pu montrer toute la souplesse, l'homogénéité et la\nsûreté acquises en peu de temps sous la direction de leur dévoué chef M. Wit-\nkowski.\n\nLAON. —Le 6 février, VHar??ionie municipale de Laon, dont le président est\nM. Limasset, donnait un concert avec le concours d'un groupe de chanteurs\net d'instrumentistes de la Schola Cantorum, sous la direction de M. de Lacerda.\nLe succès a été très grand. Nous y reviendrons.\nD'après Spitta (/. -S. Bach, p. 199), J.-S. Bach aurait copié une Suite en la\nmajeur de N. de Grigny, organiste français dont M. Guilmant publie en ce mo-\nment les œuvres dans ses Archives des Maîtres de VOrgue. Le manuscrit auto-\ngraphe faisait partie des collections d'A. Fuchs, de Vienne, et une copie est con-\nservée à Berlin (Mus. PR., Ms. 8551). Notre excellent collaborateur et ami"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040215-01.1.24", "texte": "EXERCICES DHARMONIE ET DE CONTREPOINT\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nA. Pirro vient d'identifier cette Suite : elle n est pas deGrigny, mais de Chai les\nDieupart, et se trouve dans les Select Lessons jor Harpsichord 01 Spmnett (Lon-\ndres, Walsh, s. d.).La Gigue a été publiée par Dannreuther (\ntation, I, p. 138). Charles Dieupart était un compositeur français établi à Lon-\ndres. Il faut mettre son nom à la place de celui de Grigny dans le passage cité\nde Spitta, ainsi que dans la Bibliographie d'Eitner et généralement dans tous\nles ouvrages qui parlent de cette copie.\n\nExercices d'harmonie et de contrepoint: l'appoggiature\n\nJ. C.\nJe continue à donner quelques exemples, pour montrer que la doctrine clas-\nsique considère un très grand nombre de notes, dans une mélodie donnée,\ncomme « non réelles » :\nDans cette formule (où la basse est en ut), il n'y a, selon les propres paroles\nde M. Malhomé (1), que le second accord qui soit (( réel ». Les accords de sixte\nqui tombent sur le temps fort sont « une triple appoggiature » ; ceux qui tombent\nsur le temps faible sont formés de trois notes de (( passage ».\nIl en est de même dans cette autre formule (accord parfait d'ut àla basse) :\nIci encore on considère que (( l'appoggiature s'applique à des ornements mélo-\ndiques », c'est-à-dire que l'accessoire s'ajoute à l'accessoire. L'appoggiature\ns'applique non seulement aux notes de passage, mais à la broderie, à la double\nbroderie successive, enfin à /'appoggiature elle-même :\n1\nDans chacune des mesures de cette formule, il n'y a qu'une note réelle, la pre-\nmière. La petite note est une « appoggiature faible » ; la note qui tombe sur le\nsecond temps est une (( appoggiature forte )), et la dernière, nous l'avons déjà\nvu, est une (( note de passage )). Ainsi la sévère (( Harmonie » repousse presque\ntout comme « étranger )).\n(A suivre.)\n(I) J. Malhomé, Tr.iitè des Artifices mélodiques, p. 27 (Leduc)."}]}