{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_sha256": "a4fb69d131cf4f1f52f75d7f310eb50aba9021d4899403e79a71e855874f0a3e", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/03/01_01/bmtnabj_1904-03-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/03/01_01/bmtnabj_1904-03-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "129", "page_fin": "130", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.1", "titre_corps": "M BOURGAULT-DUCOUDRAY.", "titre_sommaire": "M BOURGAULT-DUCOUDRAY.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3483, "texte": "M BOURGAULT-DUCOUDRAY.\n\nArdent, enthousiaste, savant et artiste à la fois, plus jeune, par la vivacité de ses\nsentiments et de ses convictions, que beaucoup de débutants, il/. Bour gault-Ducou-\ndray a une physionomie très personnelle parmi nos compositeurs. Il a donné, à\nson heure, /es preuves de talent que Von exige des meilleurs avant de leur accorder\nle titre de (( maître )) ; mais, au lieu de se concentrer sur la composition et de produire\nuniquement pour le théâtre ou le concert, il s est comme divisé en des tâches mul-\ntiples et un peu â côté, très belles d'ailleurs, difficiles quand il faut lutter contre la\nroutine, et d une rare distinction, où son rôle est aussi utile que brillant. Professeur\nau Conservatoire (où il étudie présentement les œuvres de Chopin), il est le seul\naujourd'hui qui, en France, enseigne officiellement l'histoire musicale. Il croit\n(comme il l'a dit au Congrès international de Paris dont il fut président, 7900)\nque notre système musical, fondé sur les deux seuls modes majeur et mineur, se\n• • • (\ntrouve depuis trois cents ans, (( dans la situation d'une mine dont les galeries\nauraient été exploitées... jusqu au grisou )), et doit être rajeuni. Epris d'art popu-\nlaire, très libéral, convaincu avec raison que le peuple est le grand inventeur de\nmélodies inspirées, et qu'il ne faut pas faire deux musiques f une pour lui, 1 autre\npou? les (( connaisseurs » ), il a enrichi le Folklore musical d'études et de recueils\nprécieux. Enfin, c'est un apôtre du chant choral, dont il sait et dont il a montré,\nmieux que personne, Iimportance sociale et patriotique. i\nDans les relations de la vie courante, M. Bourgault-Ducoudray doit le respect\net la sympathie dont il est entouré, â cette sincérité passionnée qu'il montre partout,\net â sa tendance naturelle â faire valoir le mérite de ses conf rères, bien loin de\nchercher â le diminuer. C'est un cœur chaud, dont la flamme est communicative.\nConférencier très recherché, il a l'imagination d'un poète, abonde en images, et\nsait frapper des médailles. j\nSes principales œuvres sont : l'Atelier de Prague, opéra comique en un acte (Nantes,\n7S59! ; Thamara (Grand Opéra, 1891) ; Noël ; Stabat Mater ; Trente mélodies\npopulaires de Grèce et d'Orient ; Trente mélodies populaires de Basse Bretagne ;\nTrente Mélodies; bantaisie (Concerts Pasdeloup, iSqfi) ; Symphonie chorale\n(1 (S79) ; Le Carnaval d Athènes ; Rhapsodie Cambodgienne; L'enterrement\nd ( )phélie; La conjuration des Fleurs ; vingt-trois pièces pour piano ; 14 chœurs,\n3 cantates, etc. . Souvenirs d une mission musicale en Grèce ; Etudes sur la\nmusique ecclésiastique giecque é\\I. Cailhard a inscrit dans le programme de sa\n7 1 cchaîne saison un opéra de M. Bourgault-Ducoudray où la musique populaire\nbretonne lient, nous a-l-on affirmé, une grande place. Une telle œuvre, on le voit,\nest très diverse et présente — ce qui est presque unique chez nos compositeurs — les\nprincipaux aspects de l'histoire musicale. On peut dire que sans donner à tauteur\nla popularité qui s attache â certains succès de théâtre, elle lui a donné une renom-\nmée spéciale, et de très bon aloi, avec une grande autorité. Le nom de M. Bourgault-\nDucoudray a été plusieurs fois prononcé, aux élections qui se sont faites â l'Institut :\net, certes, tout le monde trouverait légitime qu'une telle carrière, si honorablement\nremplie, aboutît â un tel honneur...\nM. Bourgault-Ducoudray est né à Nantes le 2 février 1840 ; est premier\npi ix de Rome de rSÔ2."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "129", "page_fin": "129", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.1.1", "titre_corps": "M. BOURGAULT-DUCOUDRAY Professeur au Conservatoire.", "titre_sommaire": "M. 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(Composition. Président, M. Cl. DEBUSSY.)\nLe prix (500 fr.) est attribué à la Danse du voile, portant pour devise\n(( Simplicissimus )).\nxMentions très honorables: 1. Danse afghane (Blanc ou noir); 2 Scherzo\n(Pax, Rex, Lex, Lux).\nPlus un certain nombre de mentions honorables qui seront indiquées, et jus-\ntifiées.\nQuelques compositions sont arrivées au moment où le numéro qui devait\naccuser réception était sous presse : mais on verra, par notre prochain compte\nrendu, que tout a été reçu et examiné.\nConcours n° 2. (Harmonie.) La commission, présidée par MM. BOURGAULT-\nDUCOUDRAY et GUILMANT, a estimé qu'il y avait d'excellentes choses dans plu-\nsieurs mémoires envoyés, mais n'a pas cru pouvoir désigner encore un premier\nprix (200 fr.) Nous ajournons une réponse définitive à notre prochain numéro.\nQuelle que soit la décision, nous la justifierons en publiant les textes mêmes qui\nl'auront motivée.\nConcours n° y. A). Le prix est donné au mémoire portant la devise: Toute\nchose suit sa loi. (200 fr.)\nB . Le prix est donné au mémoire portant la devise: Rome, ut dièse, Paris.\n(200 fr.)\nConcours n° g. Ajourné, pour les motifs que nous donnerons dans le pro-\nchain numéro. Dans ce même numéro paraîtra le rapport généial sur tous les\nconcours."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "131", "page_fin": "134", "image_debut": 3, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.3", "titre_corps": "Souvenirs d'une élève de Liszt.", "titre_sommaire": "Souvenirs d'une élève de Liszt.", "signature_source": "A. FAY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "131", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.3", "debut_caractere": 1314, "fin_caractere_exclue": 2449, "texte": "Souvenirs d'une élève de Liszt.\n\nMiss A. Fay est aujourd'hui lune des artistes les plus réputées de FAmérique.\nLes lettres qu'elle écrivait à sa famille, du temps où elle était en Allemagne et étu-\ndiait sous la direction des plus grands maîtres, Kullak, Tausig, Liszt et Deppe, n 'é-\ntaient point destinées àla publicité :on s'en aperçoit aisément à leur allure libre et\nsincère ; ce 11 est que plus tard sur le conseil du poète Longfellow, qu elles ont été\nréunies en volume, puis traduites en allemand àla demande de Liszt lui-même.\nElles sont inédiles en France ; les quelques extraits que nous sommes en mesure de\npublier aujourd'hui tracent un charmant portrait du Liszt de Weimar ( ISJy), de\ncet abbé-artiste prestigieux et séduisant, simple avec recherche en sa gloire souve-\nraine. Elles contiennent en même temps une appréciation juste et fine de ses compo-\nsitions,dont la valeur à cette époque était encore contestée.\nI\nWeimar, icr mai 1873.\n1 l . < \\f' . 'L / '\nArrivée à Weimar hier, je suis allée au théâtre dès ce soir. Les places ne sont\npas. chères ici. La première personne que j'ai vue était Liszt avec qui, vous le"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.4", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3370, "texte": "savez, je désire prendre des leçons ; mais je crains que ce ne soit chose difficiler\ncar on m'a dit que Weimar regorge de personnes qui y sont venues dans ce but.\nIl était dans la loge en face ; je l'ai reconnu d'après son portrait, et je trouvais très\nintéressant et divertissant de l'observer, d'autant plus qu'il se montrait aimable\net empressé auprès de trois dames dont l'une était fort jolie. Il tournait le dos à la\nscène, semblant ne faire aucune attention àce qui s'y passait, et cependant rien\nne lui échappait, ainsi que je pouvais le voir d'après son expression et ses\ngestes.\nLiszt estl'homme le plus frappant et le plus intéressant que l'on puisse imagi-\nner. Grand et mince, les yeux renfoncés, les sourcils peu épais, il porte ses\nlongs cheveux gris partagés par une raie dans le milieu ; les coins de sa bouche\nse relèvent, ce qui lui donne, quand il sourit, une expression cle ruse et de Mé-\nphistophélès ; sa personne aun air dégagé et élégant, un peu dans le genre jésuite.\nSesmainssont très étroites et ses doigts si maigres qu'ils semblent avoir deux fois\nplus de joints que ceux des autres ; ils sont si souples, si flexibles que l'on devient\nnerveux à les regarder. Je n'ai jamais rien vu de tel que la politesse de ses ma-\nnières : par exemple, après avoir dit adieu aux dames, il a posé la main sur son\ncoeur et fait un dernier salut, non par affectation ou simple galanterie, mais avec\nune courtoisie qui vous fait croire qu'il n'y a pas de façon plus convenable et\nplus parfaite de s'incliner devant une dame.\nLiszt est vraiment un excellent sujet d'étude, et la chose la plus extraor-\ndinaire en lui est son étonnante variété d'expression, ses jeux cle physionomie.\nA un moment sa figure sera triste, sombre, tragique, et l'instant d'après elle\nsera aimable, ironique, sardonique, conservant toujours le même air de grâce\ncaptivante. Il paraît tout esprit, mais un esprit moqueur, la plupart du temps,\ndirai-je ; j'ai entendu raconter des anecdotes remarquables à son sujet. Tout Wei-\nmar l'adore, on dit qu'il tourne la tête à toutes les femmes, que lorsqu'il sort, il\nsalue tout le monde, comme un roi ! Le Grand-Duc lui a offert une maison par-\nfaitement située sur le parc, dans laquelle il vit avec luxe et sans frais, chaque\nfois qu'il y vient.\nII\nWeimar, 29 mai 1873.\nJe me ti ou\\ e clans le paradis, à Weimar, y étudiant avec Liszt, et quelquefois\nje puis a peine cioire que j ai atteint ce sommet de mon ambition : être son\nélève ! Je suis certaine que je dois cela à la lettre de la baronne de Schleinitz.\nLiszt est si accablé pai le nombre de visiteurs que je trouve étonnante sa po-\nlitesse emeis tout le monde ; mais c est l'homme le plus aimable que j'aie\njamais connu, bien qu il puisse être terrible quand il le veut et qu'il sache\ncomment faire sortir les gens de chez lui, aussi vite qu'il est possible. Je vais le\ntrouver trois fois par semaine. Liszt ne porte pas à la maison sa longue redin-\ngote cl abbé, il en porte une courte dans laquelle il paraît beaucoup plus artiste.\nSa figure est remarquablement maigre, mais sa tête est des plus imposantes.\nLe salon est délicieux, il a été entièrement meublé pour Liszt et arrangé par la\nGrande-Duchesse elle-même. Les murs sont gris pâle, avec une bordure dorée\nqui court tout autour du salon, ou plutôt des deux salons qui sont divisés, mais"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.5", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3304, "texte": "non séparés, par des rideaux rouge cramoisi. L'ameublement est également\nrouge cramoisi, et tout est si confortable que c'est d'un grand contraste avec la\nraideur et le dénuement ordinaires en Allemagne. Un piano splendide est placé\ndans une fenêtre (Liszt en reçoit un neuf tous les ans). L'autre fenêtre est tou-\njours grande ouverte et donne sur le parc. Juste en face, il y a un colombier sur\nle toit duquel les colombes se promènent, elles volent autour et quelquefois\nviennent s'abattre sur l'appui de la fenêtre, ce qui fait plaisir à Liszt. Sa\ntable à écrire est garnie de choses magnifiques, parfaitement assorties. Tout\nest en bronze, l'encrier, le presse-papier, la boîte d'allumettes, etc. ; on voit\ntoujours brûler une bougie à laquelle Liszt et les messieurs peuvent toujours\nallumer leurs cigares. Le parquet est recouvert d'un tapis, ce qui est rare en\nAllemagne. Ordinairement Liszt se promène, fume,... murmure (on ne peut ja-\nmais dire qu'il parle), et appelle l'un ou l'autre d'entre nous pour jouer. De temps\nen temps il s'assied au piano pour exécuter lui-même l'endroit d'un passage qui\nne lui a pas convenu, et quand il est de bonne humeur il fait continuellement de\npetites plaisanteries. Son jeu a été une complète révélation pour moi et m'a in-\nspiré une conception nouvelle de la musique. Vous ne pouvez pas vous imaginer,\nsans l'entendre, combien il est poétique, ni les milliers de nuances qu'il peut in-\ntroduire dans les choses les plus simples, en restant toujours également grand.\nDu zéphyr à la tempête, la gamme entière est à ses ordres.\nLiszt ne ressemble en rien à un professeur, ne peut pas être traité comme\ntel ; c'est un monarque, et quand il étend vers vous son sceptre royal, vous devez\nvous mettre au piano. Vous ne pouvez jamais lui demander de jouer, même si\nvous mourez d'envie de l'entendre; s'il est d'humeur à jouer, il le fera, sinon, il\nfaut se contenter de quelques remarques. Nous n'apportons jamais plusieurs\nfois le même morceau et ne le jouons entièrement qu'une fois. J'avais préparé\nAu bord d'une source pour hier, mais je me sentais nerveuse et j'ai mal joué. Il\nn'a cependant pas perdu patience et s'est comporté comme si mon exécution\navait été charmante, puis s'est assis et a joué le morceau tout entier, oh ! d'une\nfaçon si exquise !\nLes touches semblaient onduler sous ses doigts dont les mouvements étaient\nà peine perceptibles. Comme il approchait de la fin, je remarquai que cette\npetite expression comique qui lui est particulière et qu'il prend lorsqu'il veut\nvous surprendre venait sur sa figure, et, soudainement, il frappa un accord inat-\ntendu et improvisa une conclusion poétique, entièrement différente de celle qui\nétait écrite. Pouvez-vous trouver étonnant que l'on raffole de lui ?\nIII\nWeimar, 24 juillet 1873.\nLiszt part aujourd'hui. Il devait nous quitter quelques jours plus tôt ; mais l'em-\npereur d'Autriche ou de Russie (j'ignore lequel) est venu rendre visite au Grand-\nDuc et, naturellement, Liszt était obligé d'être ici et de passer un jour avec eux.\nLiszt est une telle grandeur qu'il compte avec les rois et les empereurs. Jamais\nhomme n'a été aussi adulé et gâté que lui! La Grande-Duchesse vient le voir\nfréquemment ; mais sachant que Liszt ne permet à personne de lui demander"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.6", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3419, "texte": "de jouer, elle n'ose s'aventurer à le faire. C'est le seul point par lequel Liszt\nmarque le sentiment qu'il a de son élévation, car, autrement, ses manièies sont\ntout à fait modestes.\nLiszt doit être absent jusqu'au milieu d août ; vraiment, je seiai satisfaite\nd'avoir quelques semaines de repos et de pouvoir étudier un peu plus ti anquille-\nment, car, avec lui, on est toujours en grande hâte. Il m a donné tant d idées\nque je ne peux pas les approfondir toutes, même en me pressant.\nJe dois aussi vous dire que Liszt est un compositeur merveilleux, et c est une\nchose à laquelle je ne m'attendais pas : son oratorio de Cliristus a paru ici cet\nété, et beaucoup d'étrangers et de célébrités sont venus pour 1 entendre, entie\nautres Wagner. Cet oratorio est magnifique, et décidément un des plus grands,\ndes plus nobles que j'aie jamais entendus. Je n ai pas encore eu le temps de\nvous écrire à son sujet, je trouvais qu'il fallait pouvoir lui consacrer une disser-\ntation pour lui rendre hommage. Je voudrais qu on le jouât à Boston, car, je le\ndis à regret, son orchestre et ses chœurs font lentement leur chemin en Aile\nmagne. Liszt m'a dit un jour tristement : (( Liszt a aidé Wagner, mais qui aidera\nLiszt ! Car, il est beaucoup plus difficile à un oratorio, comparé à un opéra, de\nse créer une place qu'à un pianiste, comparé à un chanteur. )) Il s imagine que\nles choses sont contre lui, et cependant il s'est tellement adonné à la musique\nsacrée, de cœur et d'âme, qu'elle est devenue pour lui, m'a-t-il dit, la seule\nchose pour laquelle il vaille la peine de vivre. Il semblerait vraiment que ses\ncompositions de piano, son génie d'exécution, lui sont devenus presque indiffé-\nrents.\nEt cependant que de beautés dans ses compositions! On m'avait toujours dit\nà Berlin que Liszt voudrait être un compositeur, qu'il ne pouvait pas écrire\nune mélodie, qu'il n'avait pas d'originalité, et que ses compositions n'étaient que\nbrillantes, faites pour éblouir le public. Ici, j'ai occasion d entendre ses œuvres\nde piano en masse, tous les jours (depuis que les jeunes artistes les jouent), et\nmes premières idées ont été entièrement modifiées; j'ai trouvé toutes ces asser-\ntions complètement fausses et injustes. Si Liszt est quelque chose, il est original,\net ses œuvres ont leur importance. On peut s'en rendre compte en un instant,\nen se demandant par quoi on remplacerait sa musique si elle n'existait pas.\nQuand les artistes désirent produire de l'effet et stimuler le public, (( amollir les\ncœurs de plomb », comme le disait Chopin, que jouent-ils ? Liszt !\nSa musique n'est pas seulement brillante, il ne se borne pas à répandre perles\net diamants à profusion sur le clavier, mais ses pièces atteignent la plus grande\nenvergure, dans un style grandiose, franchissent toute limite et vous entraînent\ndans la véhémence de la passion. Et quelle délicatesse de touche dans les plus\npetits morceaux où il vous transporte souvent au plus haut degré de tendresse,\nde grâce et de badinage féerique, et, dans les morceaux mélancoliques, quel\nsentiment subtil vient couvrir toutes les émotions accumulées au fond du cœur !\nIls sont si riches, si harmonieux, parfois si farouches, développent tant de senti-\nments élevés, que lorsqu'on les entend, on sent son esprit s'épanouir comme\nune algue marine jetée sur la surface de l'Océan...\n(A suivre, Traduit de Vanglais par ]\\YK.)\n\nA. 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Camille Saint-Saëns (THÉÂTRE DE MONTE-CARLO, 18 février.)", "signature_source": "GUSTAVE SAMAZEUILH", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.7", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 2896, "texte": "« Hélène », de M. Camille Saint-Saëns\n(THÉÂTRE DE MONTE-CARLO, 18 février.)\n\nLe comité de bienfaisance de la Colonie française de Monaco avait donné\ncette année un attrait particulier à la fête de charité qu'il a coutume d'organiser\nà Monte-Carlo en annonçant une représentation de gala au cours de laquelle de-\nvait être joué un nouvel ouvrage terminé récemment à cette intention par M. Ca-\nmille Saint-Saëns. C'est dire l'empressement avec lequel toute la société élégante\nde la Riviera s'était disputé les moindres places du luxueux théâtre du Casino, et\nl'éclat peu commun que présentait la salle le soir de la première, à laquelle avait\nété convié le signataire de ces lignes. On sait que cette fois-ci, las sans doute\nde certaines collaborations fâcheuses, M. Saint-Saëns a voulu écrire lui-même\nles paroles et la musique d'Hélène. On ne peut que le louer de cette détermina-\ntion. Conçu dans une forme relativement simple, le poème d'Hélène se divise en\nquatre tableaux dont le contraste est heureusement ménagé. Il nous retrace\naprès Leconte de Lisle l'émouvante destinéede la fille de Jupiter et deLéda.\nEchappée du palais de Ménélas, où résonnent les chants et les danses, Hélène a\nfui sur la falaise, cherchant en vain à chasser de son cœur son criminel amour\npour Pâris. Elle adjure inutilement Zeus delà ravir à Erôs parla mort : Vénus,\nsoudain apparue sur la mer, où murmurent mélodieusement les Nymphes, lui\naffirme solennellement sa toute-puissance et lui fait prévoir la prochaine arrivée\ndu Priamide. La vision s'efface peu à peu et voici Pâris, dont l'ardente tendresse\nfait défaillir la faiblesse consentante d'Hélène. C'est en vain que dressée parmi la\nfoudre et les éclairs, Pallas supplie Pâris d'abandonner son projet criminel.\nC'est en vain qu'apportant la prophétie de Zeus, elle révèle aux amants terrifiés\nle carnage et le sang de la ruine future de Troie. Nulle puissance n'empêchera\ndésormais Hélène de voguer vers la Troade toute à son amour et pâmée aux\nbras du héros vainqueur, sans songer aux terribles lendemains.\nLa structure de ce poème, dans sa concision voulue, semble assez étroitement\ns'apparenter avec celle qu'on est convenu d'attribuer aux livrets de cantate. Si on\nl'envisage au point de vue de cette destination, on ne peut lui refuser une qua-\nlité primordiale : c'est de convenir à la musique, et surtout à la musique de\nM. C amille Saint-Saëns. Trop d'oeuvres dramatiques et symphoniques, partout\nrépandues maintenant, ont donné toute la mesure de l'art sobre et du labeur in-\ncessant de l'auteur de Samson, pour qu'il soit besoin de les caractériser ici en dé-\ntail. Je ne prétendrai pas apprendre aux lecteurs de cette Revue l'habileté presti-\ngieuse de la technique musicale de M. Saint-Saëns, la souplesse d'une plume qui\nlui permit parfois de pratiquer, au cours d'une même composition, les styles les"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.8", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "plus divers, non plus que la richesse d'une instrumentation qui rehausserait sin-\ngulièrement la valeur d idées même les premières venues. Ce seraient assuré-\nment là soins superflus. Qu'il me suffise de dire que, dans sa nouvelle partition,\nles admirateurs passionnés du musicien considérable qu'est M. Saint-Saëns le\nretrouveront tout entier, et que même ceux qui estiment que 1 inspira-\ntion n'a pas toujours également récompensé le noble effort de 1 artiste\nseront les premiers à rendre hommage à la beauté de la déclamation, à 1 accent\nsaisissant de l'évocation de Pallas, et aux incessantes ingéniosités orchestrales\nauxquelles nulle oreille de musicien ne peut rester insensible en entendant\nHélène (i).\nIl faut louer sans réserves M. Gunsbourg de la poétique mise en scène dont il\na su entourer l'œuvre nouvelle, qui se déroule dans de pittoresques décors de\nM. Ronsin. Le charme langoureux de Mme Melba, le somptueux organe de\nMme Héglon, la jolie voix de Mlle Blot, l'exceptionnelle énergie vocale de M. Al-\nvarez, l'orchestre ardent et précis de M. Léon Jehin, ont réellement mis en valeur\nla musique d'Hélène, chaleureusement applaudie parle public, qui ne ménagea\npas ses acclamations à l'auteur, assis aux côtés de Son Altesse Sérénissime le\nprince Albert de Monaco,.. La Navarraise, le fait-divers musical deM.Massenet,\nterminait le spectacle. Mlle Thévenet et M. Alvarez y trouvèrent l'occasion d'un\ntriomphe mérité, et la furia du jeu des chœurs convint à merveille à la musique\nde ce mélodrame brutal et sommaire.\n\nGUSTAVE SAMAZEUILH."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "136", "page_fin": "139", "image_debut": 8, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.5", "titre_corps": "L'Acoustique du Trocadéro.", "titre_sommaire": "L'Acoustique du Trocadéro.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.8", "debut_caractere": 1581, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "L'Acoustique du Trocadéro.\nNous recevons la lettre suivante, que nous sommes heureux de publier:\nMon cher Directeur,\nVous avei bien voulu me faire 1 honneur de me demander quelques renseigne-\nments sur la terminaison des expériences relatives à la correction des échos du\nTrocadéro.\nDans limpossibilité où je me trouve de terminer promptement le travail complet\nrelatant la série d'expériences entreprises et les directions d'idées successives qui\nnous ont amenés à ces conclusions, fai prié mon collaborateur, M. René Dubrisay,\nancien élève de l Ecole polytechnique, élève ingénieur des Manufactures de VEtat,\nde rédiger une courte note résumant les méthodes suivies et les résultats acquis.\nJ ose espérer que si le côté technique parait un peu aride à vos lecteurs, les con-\nclusions pratiques leur paraîtront suffisamment précises pour leur permettre\nd envisager, comme nous, un Trocadéro débarrassé enfin des excentricités de la\nNymphe Echo.\nG. LYON.\nLes échos entendus par les spectateurs dans la salle du Trocadéro altèrent\nprofondément la perception acoustique des morceaux exécutés. Plusieurs essais\navaient été tentés pour remédier à cet état de choses, mais sans parvenir à un\nrésultat satisfaisant.\n\n<i ' La partition et le poème d'Hélène ont paru chez MM. A. Durand et fils, éditeurs."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "137", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.9", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3217, "texte": "Etait-il possible d'améliorer la salle, fallait-il, au contraire, renoncer à corriger\nses défauts ?\nCette question, difficile à résoudre a priori, étant donnée l'incertitude qui\nrègne sur les lois de l'acoustique des salles de concerts, parut à M. Lyon suscep-\ntible d'être analysée à l'aide d'une série d'expériences méthodiques. Les résultats\nobtenus semblent conduire aujourd'hui à une solution satisfaisante et pratique\ndu problème.\nDes observateurs étant placés successivement en divers points de la salle, une\nonde sonore était émise d'une des places occupées par les musiciens sur l'es-\ntrade. Les observateurs signalaient les endroits de la salle où le son était\nentendu deux fois.\nCette expérience si simple d'aspect présenta de sérieuses difficultés. Le son\ndevait être bref et net : c'est le choc de deux tiges en bois qui produisit les meil-\nleurs effets. Il fallait en outre, pour les observateurs, une oreille fine et exercée.\nEnfin les circonstances atmosphériques troublèrent souvent ces études : le\nbrouillard avait sur la réflexion une action dont nous n'avons pu préciser la\nnature physique, mais qui troublait toutes nos études.\nQuoi qu'il en soit, plusieurs séries d'expériences méthodiques entreprises au\nmois de mars et terminées en juin nous permirent de faire correspondre à un\npoint d'émission donné sur l'estrade, les points déterminés de la salle où l'écho\nétait perçu.\nCette première partie du travail étant accomplie, il fallait trouver géométri-\nquement les points de la surface de la salle où la réflexion du son avait dù se\nproduire.\nUne méthode dérivant de la méthode générale des approximations successives\nimaginée par M. Lyon nous permit*de résoudre ce problème ; nous avons ensuite\ncherché, par une marche inverse, à dé terminer tous les points de la salle où l'on\ndevait entendre peu après le son produit en un point donné de l'estrade, son écho\nproduit par réflexion sur des surfaces intérieures du Trocadéro.\nCette méthode synthétique, servant de contrôle à la méthode analytique précé-\ndente, en confirma entièrement les résultats.\nNous avons pu de la sorte établir que les surfaces nuisibles étaient :\nio Une zone assez étroite du plafond bordant le cercle d'oculus et du côté de\nVestrade ;\n2° Les conques sphériques surplombant la scène au-dessus et à droite et à\ngauche du grand orgue.\nCes résultats acquis, la maladie de la salle était nettement et complètement\ndiagnostiquée; restait à trouver le remède. Ce fut l'objet d'un nouveau travail\nentrepris au mois d'août et achevé seulement à la fin d'octobre 1903.\nDans cette étude nous avons cherché à constituer des écrans capables d'empê-\ncher la réflexion du son. Pour cela, M. Lyon avait fait construire un miroir\nsphérique en staf de 2 mètres de diamètre et 50 mètres de rayon de courbure,\nsur lequel le son se réfléchissait pour revenir à des observateurs chargés d'en\nnoter l'intensité et d'en observer les variations, après interposition de divers\nécrans.\nDès l'origine, nous nous heurtâmes à la difficulté d'isoler une onde sonore\nréfléchie, c'est-à-dire de pouvoir affirmer que la réflexion était exclusivement\nproduite sur le miroir et non pas sur des surfaces avoisinantes. Des essais"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.10", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3153, "texte": "tentés dans un corridor, puis sur les toits du Trocadéro, ne donnèient aucun\nrésultat précis. On décida alors de transporter le miroir à l'lnstitut Marey, au\nParc des Princes.\nDans le vaste parc de cet Institut, mis obligeamment à notre disposition par\nM. Marey, nous nous croyions à l'abri de tout écho parasite, et pourtant une dé-\nception nous attendait encore. Le son se réfléchissait non pas seulement sur le\nmiroir, mais aussi dans un grand nombre d'autres directions.\nNous avons pensé un instant à transporter notre installation sur le plateau de\nSatory, lorsqu'un nouvel essai fut enfin couronné de succès.\nNous enfermions la source sonore dans une sorte de cabane calfeutrée de\nmolleton et percée seulement d'une étroite ouverture, la normale au centre du\nmiroir étant bissectrice de l'angle dont les côtés allaient du centre du miroir,\nd'une part, à la source sonore, et de l'autre à 1 observatoire. Les observateurs\nplacés sur la ligne des rayons réfléchis vérifièrent ainsi que l'écho était nette-\nment entendu quand le miroir était bien en place, mais totalement supprimé si\nl'on venait à le déplacer même légèrement. Nous avions donc réalisé ainsi la sur-\nface limitée produisant l'écho qu'il s'agissait d'annuler.\nLa source sonore était disposée de façon à produire un son bien constant.\nPour cela M. Lyon avait construit un appareil comportant une barre métallique\nsur laquelle venait frapper un marteau. Ce marteau était mobile autour d'un axe\nhorizontal parallèle et relié à la barre. On le soulevait jusqu'à ce qu'il vînt au\ncontact d'une tige fixe en bois, puis on le laissait tomber de son propre poids. La\nhauteur de chute était constante, la vitesse au bas de la course et par suite l'in-\ntensité du son produit l'étaient aussi.\n40 séries d'expériences méthodiques nous ont conduits aux résultats\nsuivants :\nA quelque distance du miroir qu'on les place, des réseaux composés de fils,\nde ficelles tendus parallèles ou croisés n'arrêtent l écho que très imparfaitement.\nDes bandes d'étoffe de largeur finie donnent de meilleurs résultats; on peut\nmême, grâce à elles, obtenir l'extinction absolue, à la condition d'en établir\ntrois réseaux successifs placés à des distances convenables.\nEnfin une double couche de molleton placée à o mètre 50 de la surface réflé-\nchissante empêche absolument l'écho. Il fallait donc renoncer à améliorer la\nsalle du Trocadéro par des écrans transparents qui eussent été cependant dési-\nrables, afin de n'en pas masquer l'heureuse décoration.\nNous pouvons affirmer qu'à un point de vue exclusivement physique et général,\nles échos du Trocadéro seraient entièrement arrêtés :\ni° Par un vélum de dimension convenable drapé sur une partie restreinte du\nplafond du côté estrade.\n2( Selon toute vraisemblance, par une simple couche et certainement par une\ndouble couche de molleton horizontale formant dais et placée à hauteur du\ndessus de 1 orgue, complétée au besoin par un manteau d arlequin en verre ou\nen molleton rejoignant ce dais et isolant ainsi les conques de la salle.\nRENÉ DUBRISAY,\nAncien élève de l'Ecole polytechnique,\nElève ingénieur des Manufactures de l'Etat."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.11", "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "J'ai eu 1 honneur de porter àla connaissance de M. d' Estournelles de Constant, qui\nme les avait demandées, puis à celle de M. Bourdais, les conclusions précédentes, il\ny a quelques mois de cela.\nM. Bourdais avait paru admettre et les méthodes suivies et les résultats précis\nque f avais donnés, car, devant moi, il avait immédiatement fait venir son employé\nprincipal pour lui indiquer d'étudier, sur un modèle en réduction du Trocadéro, une\nsolution qui, s inspirant de nos conclusions, permettrait d'obéir aux exigences esthé-\ntiques auxquelles M. Bourdais est si bien qualifié pour donner satisfaction.\nM. Bourdais m'a fait savoir il y a quelque temps par son employé et par le télé-\nphone qu il venait de déposer un rapport concluant à la nomination d'une Com-\nmission.\nPeut-être cette Commission ne se réunira-t-elle jamais ? Peut-être se réunira-t-elle\npour procéder à une étude nouvelle ou à la vérification de mes travaux ? J'attends\navec une douce philosophie et m'estime cependant heureux d'avoir pu résoudre, sur\nla demande expresse d'un fonctionnaire du Ministère des Beaux-Arts, sans aucun\ncrédit de l'Etat, mais grâce au concours de la maison Pleyel et de ses dévoués colla-\nborateurs, une des questions les plus intéressantes pour le développement du goût\nmusical populaire en France.\nJe sais, mon cher Directeur, combien ce développement vous tient au coeur ainsi\nqu'à M. le Ministre des Beaux-Arts et à M le Directeur des Beaux-Arts.\nC'est donc à juste titre que je puis me réjouir du travail accompli et d'avoir ainsi\npu prêter, avec le concours aussi intelligent que dévoué des expérimentateurs qui\nm'ont aidé, une collaboration amicale à Véminent architecte du Palais du Troca-\ndéro, M. Bourdais.\nJe vous prie, mon cher Directeur, de bien vouloir agréer l'expression de mes plus\ndévoués et amicaux sentiments.\nG. LYON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "139", "page_fin": "143", "image_debut": 11, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.6", "titre_corps": "La nouvelle théorie de l'harmonie de M. Hugo Riemann", "titre_sommaire": "La nouvelle théorie de l'harmonie de M. Hugo Riemann", "signature_source": "PAUL LANDOKMY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.11", "debut_caractere": 1895, "fin_caractere_exclue": 2983, "texte": "La nouvelle théorie de l'harmonie de M. Hugo Riemann\n\n(i)\nOn sait que M. Hugo Riemann fonde une nouvelle théorie de l'harmonie sur\nl'opposition irréductible de deux modes (majeur et mineur; symétriquement\nengendrés par la double série des premiers sons harmoniques supérieurs et\ninférieurs à partir d'un son quelconque donné. La même note sol, par exemple,\nest à la fois la fondamentale d'une harmonie supérieure ou majeure sol-si-ré, et\nla fondamentale d'une harmonie inférieure ou mineure sol-mi\\>-do, toutes deux\négalement composées d'une quinte et d'une tierce majeure.\nNous ne reprocherons pas à M. Riemann de s'appuyer sur une hypothèse que\n\n(i ) L'harmonie simplifiée, ou théorie des fonctions tonales des accords par H. Riemann,\nDr phil. et mus., privat-docent à l'université de Leipzig, traduite par G Humbert, prof, au Con-\nservatoire de Genève, Augener et C°, London.— Manuel de l'harmonie, par le Dl* H. Riemann,\ntraduit sur la 3e éd. allemande, Leipzig, Breitkopf et Hârtel, 1902. Voir les articles de\nMM. Calvocoressi et L. Boutroux parus à ce sujet dans cette Revue (1903)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.12", "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 3419, "texte": "l'observation des faits n'a pas vérifiée. Aussi bien, après avoir voulu piouver\nl'existence objective des harmoniques inférieurs (1), M. Riemann a reconnu\nqu'en se produisant, de tels harmoniques devaient se détruire d eux-mêmes (2j.\nEt d'ailleurs, quand même tout son ne s'accompagnerait jamais que d'harmoni-\nques supérieurs, ne suffit-il pas à M. Riemann que la simple conception des har-\nmoniques inférieurs reste possible? Si en effet, lorsque j'entends un son de\n60 vibrations à la seconde par exemple, je suis capable d'en imaginer un de\n30 vibrations, un autre de 20, un autre de 12, en vertu de 1 habitude que j'ai prise\nd'analyser les sons et leurs relations, il est inutile que la nature me fournisse ce\nque ma pensée suffit à construire. La seule question qui subsiste est celle-ci :\nEst-il vraisemblable que l'esprit procède de l'aigu au grave dans la détermina-\ntion des éléments constitutifs du mode mineur? Faut-il admettre que nous ayons\ndeux manières de compter les intervalles, l'une ascendante, l'autre descendante?\nEt si ces deux méthodes, semblent être également pratiquées en fait,\" se ramè-\nnent-elles en principe à une seule, ou bien sont-elles vraiment irréductibles ?\nPour résoudre le problème ainsi posé, nous examinerons l'explication nouvelle\nque, grâce à son hypothèse, M. Riemann donne des principaux faits harmoni-\nques, et nous jugerons l'hypothèse plus ou moins probable, selon que l'explica-\ntion des faits nous paraîtra plus ou moins satisfaisante. La théorie de M. Rie-\nmann est vraie dans la mesure où elle fait accomplir un progrès à notre\nconception de l'harmonie, où elle la rend plus claire, plus précise, plus simple.\nMais, avant de discuter la valeur du principe qui fait l'originalité de son sys-\ntème, rappelons quels grands services M. Riemann a déjà rendus à la science\nmusicale en se bornant à préciser sur bien des points, à rectifier sur d'autres, à\ncoordonner enfin les conceptions de ses prédécesseurs.\nLa théorie de l'harmonie de M. Riemann est enfin une théorie, et non plus\nseulement un recueil de recettes empiriques. Elle s'adresse à la raison autant et\nplus qu'à la mémoire ; elle est digne de retenir l'attention du philosophe comme\ncelle de l'apprenti compositeur. L'exposé des conceptions rationnelles n'y est pas\ndisséminé, mais continu. Une explication précède l'énoncé de chaque fait et\nl'enchaîne aux faits déjà étudiés.\nM. Riemann substitue définitivement la notion de fonction harmonique à\ncelle d'accord. Un accord n'est rien par lui-même ; il ne signifie quelque chose\nque s'il est la conséquence de tels accords et s'il en prépare tels autres ; il n'a\nun sens que du moment où il détermine une direction mélodique, ou que du\nmoins il limite le choix entre l'infinité des directions mélodiques possibles. Or\nle même accord peut, selon les cas, prendre des fonctions fort différentes. Pour-\nquoi, dès lors, donner un nom à l'accord ? La fonction, seule importante, en\nmérite un.\nIl peut même y avoir un grand danger à considérer les accords comme\ndes Ica 11 tés indépendantes, sans tenir compte du rôle que leur attribue la pensée\ndans la liaison des moments de la mélodie. L'accord de sixte et quarte, par\nexemple, ne peut être pris, en tant qu accord, que pour le renversement de\n\n(1) Die objektive Existenz dev Untertone in der Schdllwelle, 1876.\n(2) Katechismus der Musikwissenschaft, p. 79."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.13", "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 2806, "texte": "1 accoid de tonique , mais alors son rôle devient inintelligible dans la plupart des\ncas, et en effet il est bien rare qu on puisse y substituer l'accord de tonique dont\npourtant on le présente d'ordinaire comme une sorte de variante, en le quali-\nfiant de renversement de cet accord. On ne comprend sa véritable fonction que\ndu moment où on le considère comme un double retard de l'accord de domi-\nnante. Dans l'accord sol-do-mi, par exemple, les notes do et mi sont disso-\nnantes et elles ont une tendance très marquée aux mouvements mélodiques\ndo-si, mi-ré, qui transforment le groupement instable sol-do-mi en l'harmonie\nde dominante plus homogène sol-si-ré.\nSi le même accord peut avoir des fonctions fort différentes, inversement diffé-\nrents accords peuvent avoir la même fonction et se prendre l'un pour l'autre. Et\nM. Riemann, mettant ingénieusement à profit une courte indication du vieux\nRameau, déjà heureusement commentée par Helmholtz, développe sa belle\nthéorie des accords parallèles ou relatifs.\nEn dehors des accords parfaits de tonique, de dominante et de sous-domi-\nnante, on a longtemps admis que la tonalité majeure comportait l'emploi d'ac-\ncords parfaits mineurs posés sur le 2e, le 3e et le 6e degré de la gamme, soit, en\nut majeur, les accords ré-fa-la, mi-sol-si, la-do-mi.\nOn considérait ces accords comme des consonances dont la fonction dans la\ntonalité, à côté des consonances de tonique, de dominante et de sous-dominante\ndéjà suffisantes à l'harmonisation de toutes les notes de la gamme, restait mal\ndéfinie. De plus, on construisait sur ces accords consonants mineurs du 2e, du\n3e et du 6e degré des accords de septième (ré-fa-la-do, mi-sol-si-ré, la-do-mi-sol)\ndont la relation avec les accords principaux de la tonalité devenait encore plus\nobscure :\nIl faut renoncer à cette classification empirique. Les formations harmoniques\nré-fa-la-do, mi-sol-si-ré, la-do-mi-sol, ne sont pas en réalité des accords de sep-\ntième, mais des renversements d'accords de quinte et sixte. Leurs basses fonda-\nmentales ne sont pas ré, mi, la, mais bien fa, sol, do ; d'où les dispositions pri-\nmaires : fa-la-do-ré, sol-si-ré-mi, do-mi-sol-la, dans lesquelles les notes qui\ndoivent être considérées comme dissonantes ne sont plus do, ré, sol, mais bien\nré, mi, la. A l'origine, ces notes ne constituaient qu'un simple écart mélodique\nautour des quintes do, ré, sol, des trois basses fondamentales de la tonalité ; la\ndissonance d'abord purement mélodique a pris peu à peu une fonction harmo-\nnique ; et aujourd'hui les accords de quinte et sixte doivent nous apparaître\ncomme de simples variantes des accords de tonique, de dominante et de sous-\ndominante qui peuvent s'y substituer dans certains cas et sous certaines condi-\ntions."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.14", "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 2813, "texte": "Si maintenant on supprime la quinte des accords de quinte et sixte, on obtient\nles accords de sixte fa-la-ré, sol-si-mi, do-mi-la, dont les renversements pour-\nront présenter l'apparence d accords parfaits nahneurs . ré-fa-la, mi-sol-si,\nla-do-mi.\nMais considérer ces accords comme des consonances serait une grave erreur.\nLeur origine et leur fonction leur confèrent un caractère indiscutable de disso-\nnances : et en effet, un de leurs éléments constitutifs a une tendance mélodique\nà se résoudre sur la tonique, la dominante ou la sous-dominante de la tonalité.\nCe ne sont donc là que des consonances feintes. A n'envisager que leur composi-\ntion physique, on se laisserait abuser sur leur véritable nature ; il faut connaître\nleur fonction pour leur donner un sens proprement musical ; et alors ils cessent\nd'apparaître comme les représentants de tonalités étrangères égarées dans une\ntonalité qu'ils viennent inutilement troubler ; ils se présentent comme des for-\nmes secondaires ou parallèles des harmonies principales de la tonalité ; ils méri-\ntent le nom d'accords relatifs, qu'ils ont toujours porté sans qu'on pût justifier\nleur relation aux accords d'où ils dérivent. Ainsi le nombre des fonctions de la\ntonalité se réduit définitivement à trois ; tout accord quel qu il soit est une forme\nsimple ou complexe, primitive ou dérivée des harmonies de tonique, de domi-\nnante ou de sous-dominante.\nOn comprend quelle merveilleuse simplification cette théorie apporte dans la\nclassification des accords et dans l analyse de leurs propriétés harmoniques.\nM. Hugo Riemann sait en tirer tout le parti possible pour l'explication détaillée\ndes règles de la technique musicale. Cependant nous avons noté quelques points\nsur lesquels on pourrait encore désirer quelques éclaircissements. ....\nIl nous semble d'abord que M. Riemann n'a pas assez insisté sur la significa-\ntion particulière des divers renversements cl un même accord. Il aurait pu sans\npeine étendre la portée des observations auxquelles l'avait conduit l'étude: de\n1 accord de sixte et quinte, et alors il aurait sans doute reconnu qu'en général\ntout renversement participe à la fois delà fonction de l'accord dont il est le ren-\nversement et de la fonction de 1 accord parfait majeur construit sur sa basse\n(ambiguïté précieuse qui rend la modulation possible). Et en effet, la quinte, ou\npour mieux dire la douzième de cette basse, en est une résonance naturelle qui\nne peut manquer de se faire entendre à quelque degré et dont le voisinage rend\ntoute sixte dissonante. Une telle remarque pourrait peut-être servir de principe\na une théorie de 1 emploi méthodique des renversements. Il est évident, en effet,\nque 1 impression douteuse qui résulte du frottement de la quinte et de la sixte"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.15", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 225, "texte": "est condamnable toutes les fois quelle trouble inutilement l'auditeur, et qu'elle\nfournit au contraire une excellente préparation à des marches harmoniques\ns'éloignant de la tonalité.\n(A suivre.)\n\nPAUL LANDOKMY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "143", "page_fin": "146", "image_debut": 15, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.7", "titre_corps": "Les Concerts", "titre_sommaire": "Les Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.15", "debut_caractere": 227, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "Les Concerts\n\n— La symphonie de\nMozart en sol mineur, par laquelle com-\nmençaient les deux derniers concerts, a un\ncaractère passionné que fait ressortir le\ncontraste de la symphonie en mi bémol,\nécrite la même année (1788). 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Lanrezac chante avec un charme extrême\ndeux Mélodies de P. de Bréville délicatement émues, et le Quatuor Géloso joue\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. — 20 février.\n\nSALLE-ERARD.\nG.\n— Il faudrait qu'il fût bien entendu, une fois pour toutes, que le\nnom honorable et honoré de « Marty » ne désigne pas seulement une de nos\npremières autorités musicales — le chef d'orchestre de la Société des , —\nmais qu'il désigne aussi une cantatrice de premier ordre, ayant depuis long-\ntemps fait ses preuves comme artiste et comme professeur, et dont la belle\nvoix de contralto, jointe à un style excellent, est justement appréciée. S'il était\nbesoin d'un argument nouveau pour appuyer cette réclamation, nous le trouve-\nrions dans le dernierconcert, où Mme Georges Marty a chanté desairs deHsendel,\nGluck, Lulli, de Castillon, E. Chabrier, Berlioz, Lalo, A. Cahen, Bizet, Saint -\nSaëns, Massenet, Th. Dubois, G. Hue, G. Pierné, et enfin G. Marty. Le même\nsoir, nous avons été heureux d'applaudir M. Capet et M. Gaubert (un flûtiste,\nqui est le meilleur élève de M. Taffanel).\n\nCONCERTS COLONNE. — 21 février.\nL. L.\n— M. Colonne dirige admirablement\nY Ouverture de Coriolan, musique de flamme et de tendresse, dont il sait faire va-\nloir tous les contrastes. Je ne saurais trop louer aussi l'interprétation de la Sym-\nphonie avec chœurs, large, émue, et en même temps réfléchie : chaque nuance,\nchaque mouvement est en rapport avec qui précède et ce qui suit ; il y a un\nordre, un plan, une intelligence qui domine et dirige : voilà une impression que\nne donnent pas tous les chefs d'orchestre de Paris. La Nuit d'Été, de N[. G.\nMarty, est fort bien écrite pour l'orchestre, et agréable à entendre, malgré des\nalanguissements qui touchent parfois à la fadaise. Le 2e Concerto de C. Saint-\nSaëns, fantaisie d'un esprit classique et raisonnable, est très artistement exécuté\npar xM. Malats, et Mme Ida Ekman chante d'une voix délicate et fragile différents\nairs de Mozart, Haendel, Schubert, etc. La Rose sauvage de Schubert, la Nuit\nde mai de Brahms, et la Berceuse finlandaise de Merikanto, sont ceux qui lui réus-\nsissent le mieux. Je ne sais pourquoi M. Malherbe veut nous faire croire à une\naffinité de race entre Finlandais et Suédois, et nous faire prendre pour\ndu finlandais les paroles suédoises d'une ballade de Sibelius. Quant au siffleur\nqui se fait remarquer après le Concerto de Saint-Saëns, ses protestations ne s a-\ndressent ni à un homme, ni à une œuvre, ni à un genre, mais à un mot : c'est\ndire l'importance qu'il y faut attacher."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1818, "texte": "simplement et fortement le icr Quatuor deV. d'lndy,dont j aime surtout le 2e mou-\nvement, si expressif, le 3e en forme de ballade, et le finale énergique. Quant au\nPrélude, Choral et Fugue de Cés. Franck. M. A. Cortot fera bien de se remettre\nsérieusement à l'étude de ce morceau, s'il veut encore l'exécuter en public.\n\nL. L.\n\nL. L.\nLe 12 février, à la salle Erard, très beau concert donné par M. R. Marthe,\nvioloncelliste de grand style et de grand talent. Dans le Concerto de Haydn, la\ncadence de Servais est heureusement supprimée, et je remarque une gamme des-\ncendante, faite tout entière au talon de l'archet, d'une puissance extraordinaire.\nLe beau Quatuor de Fauré terminait le concert, au cours duquel Mme Jane\nDuran avait chanté des mélodies de Lenepveu et Th. Dubois.\nLe 23 février, à la salle Pleyel, concert donné par MM. Griset et xMinssart.\nAu programme, le 4e trio de Beethoven, et le trio de V. d'lndy. Nous y revien-\ndrons.\nLe 24 février, récital de piano de M. Edouard Bernard, à la salle Érard.\nFort belle séance, dont nous rendrons compte en détail dans notre prochain nu-\nméro. Nous avions déjà eu occasion d'entendre M. Bernard le samedi 20, chez\nx\\lme la princesse de Cystria, où il accompagnait en musicien accompli la Chan-\nson triste et le Phidylé de Duparc, pures et nobles mélodies, dont Mlle Goupil\ndonne une interprétation exquise de finesse et de grâce harmonieuse. M. H. Du-\nparc, qui assistait à l'exécution de ses œuvres, s'est déclaré de tout point satis-\nfait.\nALA SCHOLA CANTORUM, 269, rue Saint-Jacques, le jeudi 2 j février, première\naudition en France de VOrfeo de MONTEVERDI. M. Alexandre GUILMANT, les\nChanteurs de Saint-Gervais. Soli, Chœurs et Orchestre (150 exécutants), sous la\ndirection de M. Vincent CI'INDY. 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Quant au siffleur\nqui se fait remarquer après le Concerto de Saint-Saëns, ses protestations ne s a-\ndressent ni à un homme, ni à une œuvre, ni à un genre, mais à un mot : c'est\ndire l'importance qu'il y faut attacher."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "145", "page_fin": "145", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.7.5", "titre_corps": "SALLE-ERARD.", "titre_sommaire": "SALLE-ERARD.", "signature_source": "G", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "145", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.17", "debut_caractere": 872, "fin_caractere_exclue": 1770, "texte": "SALLE-ERARD.\nG.\n— Il faudrait qu'il fût bien entendu, une fois pour toutes, que le\nnom honorable et honoré de « Marty » ne désigne pas seulement une de nos\npremières autorités musicales — le chef d'orchestre de la Société des , —\nmais qu'il désigne aussi une cantatrice de premier ordre, ayant depuis long-\ntemps fait ses preuves comme artiste et comme professeur, et dont la belle\nvoix de contralto, jointe à un style excellent, est justement appréciée. S'il était\nbesoin d'un argument nouveau pour appuyer cette réclamation, nous le trouve-\nrions dans le dernierconcert, où Mme Georges Marty a chanté desairs deHsendel,\nGluck, Lulli, de Castillon, E. Chabrier, Berlioz, Lalo, A. Cahen, Bizet, Saint -\nSaëns, Massenet, Th. Dubois, G. Hue, G. Pierné, et enfin G. Marty. Le même\nsoir, nous avons été heureux d'applaudir M. Capet et M. Gaubert (un flûtiste,\nqui est le meilleur élève de M. Taffanel)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "145", "page_fin": "146", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.7.6", "titre_corps": "SOCIÉTÉ NATIONALE. — 20 février.", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ NATIONALE. — 20 février.", "signature_source": "L. 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L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.18", "debut_caractere": 342, "fin_caractere_exclue": 1818, "texte": "L. L.\nLe 12 février, à la salle Erard, très beau concert donné par M. R. Marthe,\nvioloncelliste de grand style et de grand talent. Dans le Concerto de Haydn, la\ncadence de Servais est heureusement supprimée, et je remarque une gamme des-\ncendante, faite tout entière au talon de l'archet, d'une puissance extraordinaire.\nLe beau Quatuor de Fauré terminait le concert, au cours duquel Mme Jane\nDuran avait chanté des mélodies de Lenepveu et Th. Dubois.\nLe 23 février, à la salle Pleyel, concert donné par MM. Griset et xMinssart.\nAu programme, le 4e trio de Beethoven, et le trio de V. d'lndy. Nous y revien-\ndrons.\nLe 24 février, récital de piano de M. Edouard Bernard, à la salle Érard.\nFort belle séance, dont nous rendrons compte en détail dans notre prochain nu-\nméro. Nous avions déjà eu occasion d'entendre M. Bernard le samedi 20, chez\nx\\lme la princesse de Cystria, où il accompagnait en musicien accompli la Chan-\nson triste et le Phidylé de Duparc, pures et nobles mélodies, dont Mlle Goupil\ndonne une interprétation exquise de finesse et de grâce harmonieuse. M. H. Du-\nparc, qui assistait à l'exécution de ses œuvres, s'est déclaré de tout point satis-\nfait.\nALA SCHOLA CANTORUM, 269, rue Saint-Jacques, le jeudi 2 j février, première\naudition en France de VOrfeo de MONTEVERDI. M. Alexandre GUILMANT, les\nChanteurs de Saint-Gervais. Soli, Chœurs et Orchestre (150 exécutants), sous la\ndirection de M. Vincent CI'INDY. 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BRAHMS. Danses hongroises, arrangées\nen trio. Paris, Hamelle.\nJoh. Brahms, né le 7 mai 1833, est mort\nle 3 avril 1897. Originaire de Hambourg,\nil est l'auteur de nombreuses œuvres\nmusicales, généralement plus connues en\nAllemagne qu'en France. Cependant les\nDanses hongroises dont il est question\nici sont données assez régulièrement de-\npuis plusieurs années par les concerts La-\nmoureux et Colonne et sont en partie fort\ngoûtées du public. Leur entrain en-\ndiable et leur couleur populaire ont le don de récréer l'esprit Les quatre Danses\nhongroises qui viennent d'être arrangées en trio portent les numéros V, VI, VII\net VIII. Nous nous dispenserons d'en faire l'analyse musicale, ces morceaux\nétant célèbres aujourd'hui. Néanmoins nous ferons une réserve pour l'avant-\ndernière danse en la majeur, qui nous paraît moins personnelle que les autres ;\non pourrait, de plus, y noter un rythme banal de mazurka qui lui retire une\ngrande partie de sa distinction.\nMalgré cette légère critique, nous recommandons aux musiciens et aux vir-\ntuoses ces morceaux d'une exécution fort attrayante, et nous espérons qu'il nous\nsera permis de les entendre dans le courant de la saison musicale.\n\nLUCIEN DE FLAGNY.\n\nSoir d'Eté (mélodie, poème de A. Steiner). L Amour dont\nje meurs .. (id., poème de Karl Stieler). Dans le bois fleuri (id., poème de\nL. Fortolisy chez Friedrich, éditeur à Berlin.\nM. de Flagny est un musicien qui semble se piquer de modernisme, à la\nmanière de certains de nos compositeurs récents, ayant le privilège d un langage\nharmonique nouveau adéquat à un état d'âme particulier.\nC'est là une noble tentative qui est digne des meilleurs encouragements.\nSouvent il se dégage des mélodies de M. de Flagny un charme réel, quelque-\nfois même un tendre lyrisme ; mais trop rarement, à notre avis, ces sentiments\natteignent l'intensité d émotion à laquelle ils semblent aspirer. Malgré ces\nréserves, il faut louer le musicien qui veut se dégager des formules scolastiques\npour s'élever vers des régions plus idéales.\nParmi ces mélodies nous citerons particulièrement : L'Amour dont je meurs...,\nqui est d'un tendre sentiment.\nDans ce morceau l'on constate avec satisfaction que, malgré le souci de recher-\nche harmonique, la ligne mélodique ne se trouve pas altérée ; elle se meut\naisément et suit toujours son libre cours."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 379, "texte": "Nous citerons aussi : Dans le bois fleuri, une aimable bluette d'un sentiment\ngracieux qui nous fait souvenir des airs charmants et populaires d'autrefois (1).\n,(') M\" Lu,cien de F|AGNY a déjà publié chez l'éditeur E. 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Ce sont les œuvres d'un très bon musicien, auxquelles il ne manque qu'un cachet de\npersonnalité plus appuyé et plus net."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "147", "page_fin": "147", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.8.1", "titre_corps": "J. BRAHMS. Danses hongroises, arrangées", "titre_sommaire": "J. BRAHMS. 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Emile Lafitte\na été nommé, pour une période de trois années scolaires, répétiteur pour l'étude\ndes rôles dans les classes d'opéra du Conservatoire national de musique et\nde déclamation, en remplacement de M. Ponsot, démissionnaire.\n— Suivant l'avis émis par le Conseil supérieur d'Enseignement du Con-\nservatoire dans sa séance du 9 février dernier, M. le ministre vient de prendre la\ndécision suivante :\n« Le nombre des élèves-femmes dans les classes d'instruments à archet (vio-\n(( Ion, alto, violoncelle et contrebasse) ne pourra désormais s'élever à plus de\n(( quatre au maximum par classe.\n(( Cette mesure est applicable également aux classes préparatoires.\n(( Le nombre d'élèves-femmes sera ramené au chiffre maximum ci-dessus fixé\n(( par voie d'extinction dans chacune des classes où il serait actuellement dé-\n(( passé. »\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nReceltes détaillées du 20 janvier au 19 février 1904."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 janvier au 19 février 1904.\n\nCONCOURS CRESSENT. —Le i ie concours de la Fondation Cressent, ouvert\npour la composition d'un ouvrage lyrique, n'a pas donné de résultats."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "Les partitions déposées àla Direction des Beaux-Arts, 3, rue de Valois (Bu-\nreau des Théâtres), sont, dès à présent, à la d isposition de leurs auteurs en\néchange du récépissé qui a été délivré à chaque concurrent.\nLe jury du 12e concours Cressent (concours préalable de poèmes), se réunira\nle dimanche 13 mars prochain, à 10 heures du matin, à la Direction des Beaux-\narts (Bureau des Théâtres).\nPrix de Rome. M. Martv, grand prix de Rome en 1882, a été désigné pour\nécrire la partition de l'ouvrage (opéra ou ballet) en un, deux ou trois actes, qui\ndoit être représenté cette année à l'Opéra.\n\nÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. Le Cours d'Ensemble orchestral de\nM. deLacerda vient d'être rattaché à cette Ecole, hospitalière à tous les arts.\n\nBRUXELLES.\nG. L.\nM. Louis Laloy fera, le 18 mars, une conférence à la Libre Es-\nthétique, sur la Musique française contemporai ne.\n—M. J. Abbey, de Versailles, vient de poser un orgue dans le salon de\nM. Glandaz, à Paris. M. Dallier, l'éminent organiste de Saint-Eustache, appelé à\ninaugurer l'instrument, en a fait ressortir les très réelles qualités, en jouant\ndiverses pièces de J.-S. Bach et de C. Franck, etc. ; ces qualités sont nombreuses :\nmécanisme impeccable, timbre délicat, sonorités de jeux bien équilibrées ; ce\nqui n'est pas pour nous étonner de la part de M. Abbey, lERIER grand prix de\nl'exposition de 1900.\nCet orgue, placé dans un salon où tout est artistique, se prête admirablement\nà l'interprétation des grandes œuvres. Et ce n'est pas un fait d'une médiocre\nimportance, car l'art ne peut que gagner à la généralisation de l'emploi de\nl'orgue de salon: peut-être même y a-t-il là un moyen de sauver la haute industrie\ndes orgues qui semble vouée à disparaître de notre pays, pour peu que se pro-\nlonge la situation qui lui est faite en ce moment dans le monde religieux.\n\n— Au 12e concert (11 février), M. Raoul Pugno a exécuté, avec\nce souci de l'expression que l'on apprécie tant chez lui, le Concerto en la majeur\npour piano et orchestre de Mozart, et le Concerto en nt mineur de Beethoven. Au\nconcert moderne du 14 février, il a également fait applaudir le Concerto de Saint-\nSaëns.\nLa saison lyrique s'est ouverte par la création de Pyrame et Thisbé, opéra en\ndeux actes, paroles et musique de M. Edouard Trémisot. Malgré quelques\ngaucheries, le livret est assez intéressant. — Contrariés dans leurs amours par\nle père de Pyrame, les deux amants chantés par Ovide se donnent rendez-vous\ndans une forêt. Effrayée par des clameurs de chasse, Thisbé se sauve, laissant\ntomber son voile dont se servent les chasseurs pour étancher les blessures de\nl'un d'eux. Pyrame, venant peu après, trouve ce voile maculé de sang, le recon-\nnaît et, croyant sa fiancée morte, se tue —La partition est passionnée et témoi-\ngne chez hauteur d'un tempérament dramatique. Les décors sont beaux, et les\ninterprètes, choisis par M. Trémisot lui-même, sont excellents. Ce sont M. et\nMme Laffitte.\nPyrame et Thisbé était accompagné sur l'affiche par Paillasse, chanté pai\nMM. Alvaiez, Renaud et Mlle Noria.\nNotons aussi les reprises de Samson et Dalila, et des Contes d'Hoffmann.\n\nMONTE-CARLO."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "NICE. —Le théâtre de l'Opéra nous a donné une très belle représentation\nde Mefistofele. L'opéra de Boïto est divisé en deux parties. La première\nne diffère pas très sensiblement des versions de Faust déjà connues. La deuxième,\nmusicalement la plus intéressante, est tirée du second Faust de Goethe et se ter-\nmine par la rédemption du docteur. Mefistofele fut représenté sans aucun succès\nà la Scala de Milan en 1868. Le public ne comprit pas cette musique nouvelle\npour lui (et qui cependant aujourd'hui date un peu ), écrite sous l'influence de la\nrévolution wagnérienne. Il lui fit cependant meilleur accueil en 1875 d Bologne,\net l'on peut dire que c'est de cette époque que date l'évolution de Verdi et de la\njeune école italienne.\nL'œuvre de Boïto obtient à Nice un très grand succès. Elle y est admirable-\nment montée, très bien interprétée par Mlles Hélène Therry, Rival, MM. Lepres-\ntre et Fournets. Les décors, fort beaux, méritent qu'on cite le nom de leur auteur,\nM. Contessa\nAu Casino, M. Carvalho fils a fait œuvre d'artiste en montant YOrphèe de\nGluck, avec Mme Moriss-Black, talentueuse cantatrice américaine découverte par\nM. Coquelin aîné.\n—Il paraîtrait que Mlle Guiraudon aurait l'intention de quitter le théâtre. Si\ncette décision est irrévocable (espérons le contraire), la charmante artiste aurait\nchanté pour la dernière fois en février 1904, dans la Vie de Bohême, à Nice.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nROUEN. — Le violoniste Rivarde, de l'Académie royale de Londres, vient de\nse faire entendre à la soirée de bienfaisance qu'organise chaque année avec tant\nde souci artistique M. Charles Aufry.\nNous ne savons ce qu'il faut admirer le plus dans le joli talent de M. Rivarde,\nson extraordinaire sonorité, ses très belles qualités de virtuose excellemment\nmises en relief dans la Habanera deSarasate et les Airs hongrois de Ernst, ou\nbien encore, la pureté de son style admirée dans son exacte interprétation de la\nmagnifique Sonate de César Franck.Nous regrettons seulement qu'en place de la\nChacone de Bach, inscrite au programme, M. Rivarde ait cru devoir jouer quel-\nque air tzigane sans grand intérêt.\nDans le choix des autres artistes, nous avons de même reconnu le bon goût de\nl'organisateur. Mlle Jane Bathori chanta de sa voix agréable et pure, délicate-\nment nuancée, la Marguerite au rouet de Schubert, Y Absence de Ber ioz et dif-\nférents morceaux de Chabrier,Fauré et Bruneau. M. Riddez lui donna la réplique\ndans le duo de Don Juan. Auparavant, l'organe chaud et vibrant du baryton\nde l'Opéra avait fait merveille dans l'air à'Henri VIII, le Rondel de Th. Dubois\net Devant la mer de Xavier Leroux.\nRécemment, excellente audition de la Damnation de Faust, donnée par l'or-\nchestre et les chœurs de M. Chevillard.\nOn a fêté Mlle GaëtaneVicq/qui a chanté délicieusement le rôle de Marguerite.\nM. Sigwalt a su donner le mordant que réclame la Chanson du Rat. M. Challet\nexagère un peu trop le rôle de Méphistophélès. Quant à M. Délit, il a la voix\ninsuffisante pour chanter Faust."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "148", "page_fin": "148", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.9.1", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. — Par arrêté en date du 17 février dernier, M. Emile Lafitte", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. — Par arrêté en date du 17 février dernier, M. 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Ponsot, démissionnaire.\n— Suivant l'avis émis par le Conseil supérieur d'Enseignement du Con-\nservatoire dans sa séance du 9 février dernier, M. le ministre vient de prendre la\ndécision suivante :\n« Le nombre des élèves-femmes dans les classes d'instruments à archet (vio-\n(( Ion, alto, violoncelle et contrebasse) ne pourra désormais s'élever à plus de\n(( quatre au maximum par classe.\n(( Cette mesure est applicable également aux classes préparatoires.\n(( Le nombre d'élèves-femmes sera ramené au chiffre maximum ci-dessus fixé\n(( par voie d'extinction dans chacune des classes où il serait actuellement dé-\n(( passé. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "148", "page_fin": "148", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.9.2", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. 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Léonca-\nvallo.\nSaint-Saëns. Widor.\nMeyerbeer.\nGounod.\nMassenet.\nRossini.\nMassenet.\nMeyerbeer.\nV. d'Indy. Widor.\nRossini.\nMassenet.\nWagner.\nV. d'Indy. Mozart.\nWagner.\nMassenet.\nWagner.\ni3.5o3 76\n12.696 41\n11.536 »\n10.898 41\n16 635 26\n15.618 41\n13.731 91\n14.173 76\n14.127 91\nJ 0.206 »\n13.646 91\n15.537 76\n14.440 41\ni5.8o5 91\n12 439 76\n14.776 4"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "149", "page_fin": "149", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.9.3", "titre_corps": "II. – Opéra-Comique. 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Nicolo,.\n4-117\n»\n25\n—\nA. Thomas.\n4.457\n5o\n26\n—\nMireille.\nGounod.\n3.49b\n))\n27\n—\nLa Reine Fiammette\nXavier Leroux.\n5.243\n5o\n28\n—\nLe Roi d'Ys\nLalo.\n7.071\n5o\n29\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6.382\n»\n3o\n—\nLouise.\nCharpentier.\n9.034\n»\n31\n— matinée\nLe Médecin malgré lui. — La\nFille du Régiment.\nGounod. Donizetti.\n4.078 5o\n31\n—- soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.i 29\n4.401\n»\njer\nFévrier\nLa Traviata.\nVerdi.\n»\n2\n—\nLa Vie de Bohême. — Le por-\ntrait de Manon.\nPuccini. Massenet.\n3.4O3 5O\n3\n—\nLakme.— Le portrait de Manon.\nL.Delibes. Massenet.\n5.110\n5o\n4\n—\nCarmen.\nBizet.\n8.372\n»\n5\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6.654\n»\n6\n—\nLe Roi d' Ys.\nLalo.\n9.163\n5o\n7\n— matinée\nPelléas et Mèlisande.\nDebussy.\n5.004\n»\n7\n— soirée\nPortrait de Manon. — Mu guette.\nMassenet. Missa.\n3.063\n5o\n8\n—\nLa Basoche. — Bastien et Bas-\ntienne.\nMessager.\n3.579\n5o\n9\n—\nCarmen.\nBizet.\n4.827\n»\n10\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.320\n5o\n11\n—\nLouise.\nCharpentier.\n7.670\n»\n12\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n4.420\n5o\n13\n—\nManon.\nMassenet.\n9-797\n5o\n[ 4\n— matinée\nLa Dame blanche. — La Fille\ndu Régiment.\nBoïeldieu. Donizetti.\n9.044\n5o\n14\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.482\n5o\n15\n— matinée\nLe Domino noir. — Le Médecin\nmalgré lui.\nAuber. Gounod.\n2.990\n»\n15\n— soirée\nLa Vie de Bohême. — Feminis-\nsima.\nPuccini.\n4.682\n5o\n16\n—matinée\nLes Noces de Jeannette. — Mi-\ngnon.\nMassé. A. Thomas.\n9.691\n»\n16\n— soirée\nLakmé. — Rendez-vous bour-\ngeois.\nL. Delibes. 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M. Martv, grand prix de Rome en 1882, a été désigné pour\nécrire la partition de l'ouvrage (opéra ou ballet) en un, deux ou trois actes, qui\ndoit être représenté cette année à l'Opéra."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "150", "page_fin": "150", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.9.5", "titre_corps": "ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. Le Cours d'Ensemble orchestral de", "titre_sommaire": "ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. 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Abbey, lERIER grand prix de\nl'exposition de 1900.\nCet orgue, placé dans un salon où tout est artistique, se prête admirablement\nà l'interprétation des grandes œuvres. Et ce n'est pas un fait d'une médiocre\nimportance, car l'art ne peut que gagner à la généralisation de l'emploi de\nl'orgue de salon: peut-être même y a-t-il là un moyen de sauver la haute industrie\ndes orgues qui semble vouée à disparaître de notre pays, pour peu que se pro-\nlonge la situation qui lui est faite en ce moment dans le monde religieux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "150", "page_fin": "151", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.9.7", "titre_corps": "MONTE-CARLO.", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO.", "signature_source": "EDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.22", "debut_caractere": 1853, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "— Au 12e concert (11 février), M. Raoul Pugno a exécuté, avec\nce souci de l'expression que l'on apprécie tant chez lui, le Concerto en la majeur\npour piano et orchestre de Mozart, et le Concerto en nt mineur de Beethoven. Au\nconcert moderne du 14 février, il a également fait applaudir le Concerto de Saint-\nSaëns.\nLa saison lyrique s'est ouverte par la création de Pyrame et Thisbé, opéra en\ndeux actes, paroles et musique de M. Edouard Trémisot. Malgré quelques\ngaucheries, le livret est assez intéressant. — Contrariés dans leurs amours par\nle père de Pyrame, les deux amants chantés par Ovide se donnent rendez-vous\ndans une forêt. Effrayée par des clameurs de chasse, Thisbé se sauve, laissant\ntomber son voile dont se servent les chasseurs pour étancher les blessures de\nl'un d'eux. Pyrame, venant peu après, trouve ce voile maculé de sang, le recon-\nnaît et, croyant sa fiancée morte, se tue —La partition est passionnée et témoi-\ngne chez hauteur d'un tempérament dramatique. Les décors sont beaux, et les\ninterprètes, choisis par M. Trémisot lui-même, sont excellents. Ce sont M. et\nMme Laffitte.\nPyrame et Thisbé était accompagné sur l'affiche par Paillasse, chanté pai\nMM. Alvaiez, Renaud et Mlle Noria.\nNotons aussi les reprises de Samson et Dalila, et des Contes d'Hoffmann.\n\nMONTE-CARLO."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1428, "texte": "NICE. —Le théâtre de l'Opéra nous a donné une très belle représentation\nde Mefistofele. L'opéra de Boïto est divisé en deux parties. La première\nne diffère pas très sensiblement des versions de Faust déjà connues. La deuxième,\nmusicalement la plus intéressante, est tirée du second Faust de Goethe et se ter-\nmine par la rédemption du docteur. Mefistofele fut représenté sans aucun succès\nà la Scala de Milan en 1868. Le public ne comprit pas cette musique nouvelle\npour lui (et qui cependant aujourd'hui date un peu ), écrite sous l'influence de la\nrévolution wagnérienne. Il lui fit cependant meilleur accueil en 1875 d Bologne,\net l'on peut dire que c'est de cette époque que date l'évolution de Verdi et de la\njeune école italienne.\nL'œuvre de Boïto obtient à Nice un très grand succès. Elle y est admirable-\nment montée, très bien interprétée par Mlles Hélène Therry, Rival, MM. Lepres-\ntre et Fournets. Les décors, fort beaux, méritent qu'on cite le nom de leur auteur,\nM. Contessa\nAu Casino, M. Carvalho fils a fait œuvre d'artiste en montant YOrphèe de\nGluck, avec Mme Moriss-Black, talentueuse cantatrice américaine découverte par\nM. Coquelin aîné.\n—Il paraîtrait que Mlle Guiraudon aurait l'intention de quitter le théâtre. Si\ncette décision est irrévocable (espérons le contraire), la charmante artiste aurait\nchanté pour la dernière fois en février 1904, dans la Vie de Bohême, à Nice.\n\nEDOUARD PERRIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "151", "page_fin": "151", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.9.8", "titre_corps": "ROUEN. — Le violoniste Rivarde, de l'Académie royale de Londres, vient de", "titre_sommaire": "ROUEN. — Le violoniste Rivarde, de l'Académie royale de Londres, vient de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.23", "debut_caractere": 1430, "fin_caractere_exclue": 3016, "texte": "ROUEN. — Le violoniste Rivarde, de l'Académie royale de Londres, vient de\nse faire entendre à la soirée de bienfaisance qu'organise chaque année avec tant\nde souci artistique M. Charles Aufry.\nNous ne savons ce qu'il faut admirer le plus dans le joli talent de M. Rivarde,\nson extraordinaire sonorité, ses très belles qualités de virtuose excellemment\nmises en relief dans la Habanera deSarasate et les Airs hongrois de Ernst, ou\nbien encore, la pureté de son style admirée dans son exacte interprétation de la\nmagnifique Sonate de César Franck.Nous regrettons seulement qu'en place de la\nChacone de Bach, inscrite au programme, M. Rivarde ait cru devoir jouer quel-\nque air tzigane sans grand intérêt.\nDans le choix des autres artistes, nous avons de même reconnu le bon goût de\nl'organisateur. Mlle Jane Bathori chanta de sa voix agréable et pure, délicate-\nment nuancée, la Marguerite au rouet de Schubert, Y Absence de Ber ioz et dif-\nférents morceaux de Chabrier,Fauré et Bruneau. M. Riddez lui donna la réplique\ndans le duo de Don Juan. Auparavant, l'organe chaud et vibrant du baryton\nde l'Opéra avait fait merveille dans l'air à'Henri VIII, le Rondel de Th. Dubois\net Devant la mer de Xavier Leroux.\nRécemment, excellente audition de la Damnation de Faust, donnée par l'or-\nchestre et les chœurs de M. Chevillard.\nOn a fêté Mlle GaëtaneVicq/qui a chanté délicieusement le rôle de Marguerite.\nM. Sigwalt a su donner le mordant que réclame la Chanson du Rat. M. Challet\nexagère un peu trop le rôle de Méphistophélès. Quant à M. Délit, il a la voix\ninsuffisante pour chanter Faust."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1904-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "152", "page_fin": "152", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.2.10", "titre_corps": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "titre_sommaire": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "signature_source": "JULES DADOR", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.24", "debut_caractere": 123, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.\nJULES DADOR.\nNous avons reçu l'intéressante lettre suivante :\nPoitiers, le 9 février 1904.\nMonsieur le Directeur,\nDans la Revue musicale du ier février l'un de vos correspondants, après\navoir analysé fort exactement d'ailleurs une mélodie de Beethoven,\ntrouve qu'elle contient, selon la théorie classique, 18 notes réelles et 12 notes\nétrangères. Sans doute, tous vos lecteurs sont arrivés au même résultat ; mais\ncroyez-vous que cette unanimité eût été obtenue si vous aviez omis de donner\nl'harmonie de Beethoven ? Il est dit, en effet, que (( les notes d'une mélodie peu-\nvent tire, considérées comme réelles ou étrangères selon les accords qu'on choi-\nsit pour les accompagner». (Franz Grast.) Or, quelles différences peuvent bien\nprésenter les appellations « réelle » et (( étrangère », applicables à une même\nnote, dans le même cas ?\nToutes les notes d'une mélodie sont— évidemment parties intégrantes de\ncette mélodie, et toutes concourent à sa signification harmonique ; seulement\nY harmonie de la mélodie n'est pas toujours Y harmonie des harmonistes. Ceux-ci se\nbornent habituellement à souligner les points principaux de la mélodie, négli-\ngeant à tort ou à raison les éléments secondaires ; ils appellent alors étran-\ngères les notes qui ne font pas partie de leur harmonie. Comme l'antériorité delà\nmélodie est manifeste, il serait plus exact de dire qu'à certains moments précis\nl'harmonie contient des notes étrangères à la mélodie.\nBrièvement, les artifices mélodiques sont des éléments qui, par suite de cir-\nconstances diverses surtout rythmiques ont momentanément perdu de\nleur importance harmonique et deviennent alors étrangers à une harmonie plus\ngénérale que précise. Mais cette fonction harmonique amoindrie n'en est pas\nmoins réelle, comme le prouve la destruction partielle de la mélodie lorsqu'on\nfait disparaître ces éléments secondaires .\nVeuillez agréer, xMonsieur le Directeur, mes bien empressées salutations."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "129", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN° 5 (quatrième année)\nler1er Mars\n1904.\nR. M.\nIO\n\nM. BOURGAULT-DUCOUDRAY\nProfesseur au Conservatoire."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.2", "texte": "M BOURGAULT-DUCOUDRAY.\n\nArdent, enthousiaste, savant et artiste à la fois, plus jeune, par la vivacité de ses\nsentiments et de ses convictions, que beaucoup de débutants, il/. Bour gault-Ducou-\ndray a une physionomie très personnelle parmi nos compositeurs. Il a donné, à\nson heure, /es preuves de talent que Von exige des meilleurs avant de leur accorder\nle titre de (( maître )) ; mais, au lieu de se concentrer sur la composition et de produire\nuniquement pour le théâtre ou le concert, il s est comme divisé en des tâches mul-\ntiples et un peu â côté, très belles d'ailleurs, difficiles quand il faut lutter contre la\nroutine, et d une rare distinction, où son rôle est aussi utile que brillant. Professeur\nau Conservatoire (où il étudie présentement les œuvres de Chopin), il est le seul\naujourd'hui qui, en France, enseigne officiellement l'histoire musicale. Il croit\n(comme il l'a dit au Congrès international de Paris dont il fut président, 7900)\nque notre système musical, fondé sur les deux seuls modes majeur et mineur, se\n• • • (\ntrouve depuis trois cents ans, (( dans la situation d'une mine dont les galeries\nauraient été exploitées... jusqu au grisou )), et doit être rajeuni. Epris d'art popu-\nlaire, très libéral, convaincu avec raison que le peuple est le grand inventeur de\nmélodies inspirées, et qu'il ne faut pas faire deux musiques f une pour lui, 1 autre\npou? les (( connaisseurs » ), il a enrichi le Folklore musical d'études et de recueils\nprécieux. Enfin, c'est un apôtre du chant choral, dont il sait et dont il a montré,\nmieux que personne, Iimportance sociale et patriotique. i\nDans les relations de la vie courante, M. Bourgault-Ducoudray doit le respect\net la sympathie dont il est entouré, â cette sincérité passionnée qu'il montre partout,\net â sa tendance naturelle â faire valoir le mérite de ses conf rères, bien loin de\nchercher â le diminuer. C'est un cœur chaud, dont la flamme est communicative.\nConférencier très recherché, il a l'imagination d'un poète, abonde en images, et\nsait frapper des médailles. j\nSes principales œuvres sont : l'Atelier de Prague, opéra comique en un acte (Nantes,\n7S59! ; Thamara (Grand Opéra, 1891) ; Noël ; Stabat Mater ; Trente mélodies\npopulaires de Grèce et d'Orient ; Trente mélodies populaires de Basse Bretagne ;\nTrente Mélodies; bantaisie (Concerts Pasdeloup, iSqfi) ; Symphonie chorale\n(1 (S79) ; Le Carnaval d Athènes ; Rhapsodie Cambodgienne; L'enterrement\nd ( )phélie; La conjuration des Fleurs ; vingt-trois pièces pour piano ; 14 chœurs,\n3 cantates, etc. . Souvenirs d une mission musicale en Grèce ; Etudes sur la\nmusique ecclésiastique giecque é\\I. Cailhard a inscrit dans le programme de sa\n7 1 cchaîne saison un opéra de M. Bourgault-Ducoudray où la musique populaire\nbretonne lient, nous a-l-on affirmé, une grande place. Une telle œuvre, on le voit,\nest très diverse et présente — ce qui est presque unique chez nos compositeurs — les\nprincipaux aspects de l'histoire musicale. On peut dire que sans donner à tauteur\nla popularité qui s attache â certains succès de théâtre, elle lui a donné une renom-\nmée spéciale, et de très bon aloi, avec une grande autorité. Le nom de M. Bourgault-\nDucoudray a été plusieurs fois prononcé, aux élections qui se sont faites â l'Institut :\net, certes, tout le monde trouverait légitime qu'une telle carrière, si honorablement\nremplie, aboutît â un tel honneur...\nM. Bourgault-Ducoudray est né à Nantes le 2 février 1840 ; est premier\npi ix de Rome de rSÔ2."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "131", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.3", "texte": "SOUVENIRS SUR LISZT\n\nNos Concours.\nLA RÉDACTION.\nConcours n° 1. (Composition. Président, M. Cl. DEBUSSY.)\nLe prix (500 fr.) est attribué à la Danse du voile, portant pour devise\n(( Simplicissimus )).\nxMentions très honorables: 1. Danse afghane (Blanc ou noir); 2 Scherzo\n(Pax, Rex, Lex, Lux).\nPlus un certain nombre de mentions honorables qui seront indiquées, et jus-\ntifiées.\nQuelques compositions sont arrivées au moment où le numéro qui devait\naccuser réception était sous presse : mais on verra, par notre prochain compte\nrendu, que tout a été reçu et examiné.\nConcours n° 2. (Harmonie.) La commission, présidée par MM. BOURGAULT-\nDUCOUDRAY et GUILMANT, a estimé qu'il y avait d'excellentes choses dans plu-\nsieurs mémoires envoyés, mais n'a pas cru pouvoir désigner encore un premier\nprix (200 fr.) Nous ajournons une réponse définitive à notre prochain numéro.\nQuelle que soit la décision, nous la justifierons en publiant les textes mêmes qui\nl'auront motivée.\nConcours n° y. A). Le prix est donné au mémoire portant la devise: Toute\nchose suit sa loi. (200 fr.)\nB . Le prix est donné au mémoire portant la devise: Rome, ut dièse, Paris.\n(200 fr.)\nConcours n° g. Ajourné, pour les motifs que nous donnerons dans le pro-\nchain numéro. Dans ce même numéro paraîtra le rapport généial sur tous les\nconcours.\n\nSouvenirs d'une élève de Liszt.\n\nMiss A. Fay est aujourd'hui lune des artistes les plus réputées de FAmérique.\nLes lettres qu'elle écrivait à sa famille, du temps où elle était en Allemagne et étu-\ndiait sous la direction des plus grands maîtres, Kullak, Tausig, Liszt et Deppe, n 'é-\ntaient point destinées àla publicité :on s'en aperçoit aisément à leur allure libre et\nsincère ; ce 11 est que plus tard sur le conseil du poète Longfellow, qu elles ont été\nréunies en volume, puis traduites en allemand àla demande de Liszt lui-même.\nElles sont inédiles en France ; les quelques extraits que nous sommes en mesure de\npublier aujourd'hui tracent un charmant portrait du Liszt de Weimar ( ISJy), de\ncet abbé-artiste prestigieux et séduisant, simple avec recherche en sa gloire souve-\nraine. Elles contiennent en même temps une appréciation juste et fine de ses compo-\nsitions,dont la valeur à cette époque était encore contestée.\nI\nWeimar, icr mai 1873.\n1 l . < \\f' . 'L / '\nArrivée à Weimar hier, je suis allée au théâtre dès ce soir. Les places ne sont\npas. chères ici. La première personne que j'ai vue était Liszt avec qui, vous le"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.4", "texte": "SOUVENIRS D'UNE ÉLÈVE DE LISZT\n\nsavez, je désire prendre des leçons ; mais je crains que ce ne soit chose difficiler\ncar on m'a dit que Weimar regorge de personnes qui y sont venues dans ce but.\nIl était dans la loge en face ; je l'ai reconnu d'après son portrait, et je trouvais très\nintéressant et divertissant de l'observer, d'autant plus qu'il se montrait aimable\net empressé auprès de trois dames dont l'une était fort jolie. Il tournait le dos à la\nscène, semblant ne faire aucune attention àce qui s'y passait, et cependant rien\nne lui échappait, ainsi que je pouvais le voir d'après son expression et ses\ngestes.\nLiszt estl'homme le plus frappant et le plus intéressant que l'on puisse imagi-\nner. Grand et mince, les yeux renfoncés, les sourcils peu épais, il porte ses\nlongs cheveux gris partagés par une raie dans le milieu ; les coins de sa bouche\nse relèvent, ce qui lui donne, quand il sourit, une expression cle ruse et de Mé-\nphistophélès ; sa personne aun air dégagé et élégant, un peu dans le genre jésuite.\nSesmainssont très étroites et ses doigts si maigres qu'ils semblent avoir deux fois\nplus de joints que ceux des autres ; ils sont si souples, si flexibles que l'on devient\nnerveux à les regarder. Je n'ai jamais rien vu de tel que la politesse de ses ma-\nnières : par exemple, après avoir dit adieu aux dames, il a posé la main sur son\ncoeur et fait un dernier salut, non par affectation ou simple galanterie, mais avec\nune courtoisie qui vous fait croire qu'il n'y a pas de façon plus convenable et\nplus parfaite de s'incliner devant une dame.\nLiszt est vraiment un excellent sujet d'étude, et la chose la plus extraor-\ndinaire en lui est son étonnante variété d'expression, ses jeux cle physionomie.\nA un moment sa figure sera triste, sombre, tragique, et l'instant d'après elle\nsera aimable, ironique, sardonique, conservant toujours le même air de grâce\ncaptivante. Il paraît tout esprit, mais un esprit moqueur, la plupart du temps,\ndirai-je ; j'ai entendu raconter des anecdotes remarquables à son sujet. Tout Wei-\nmar l'adore, on dit qu'il tourne la tête à toutes les femmes, que lorsqu'il sort, il\nsalue tout le monde, comme un roi ! Le Grand-Duc lui a offert une maison par-\nfaitement située sur le parc, dans laquelle il vit avec luxe et sans frais, chaque\nfois qu'il y vient.\nII\nWeimar, 29 mai 1873.\nJe me ti ou\\ e clans le paradis, à Weimar, y étudiant avec Liszt, et quelquefois\nje puis a peine cioire que j ai atteint ce sommet de mon ambition : être son\nélève ! Je suis certaine que je dois cela à la lettre de la baronne de Schleinitz.\nLiszt est si accablé pai le nombre de visiteurs que je trouve étonnante sa po-\nlitesse emeis tout le monde ; mais c est l'homme le plus aimable que j'aie\njamais connu, bien qu il puisse être terrible quand il le veut et qu'il sache\ncomment faire sortir les gens de chez lui, aussi vite qu'il est possible. Je vais le\ntrouver trois fois par semaine. Liszt ne porte pas à la maison sa longue redin-\ngote cl abbé, il en porte une courte dans laquelle il paraît beaucoup plus artiste.\nSa figure est remarquablement maigre, mais sa tête est des plus imposantes.\nLe salon est délicieux, il a été entièrement meublé pour Liszt et arrangé par la\nGrande-Duchesse elle-même. Les murs sont gris pâle, avec une bordure dorée\nqui court tout autour du salon, ou plutôt des deux salons qui sont divisés, mais"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.5", "texte": "SOUVENIRS D'UNE ÉLÈVE DE LISZT\n\nnon séparés, par des rideaux rouge cramoisi. L'ameublement est également\nrouge cramoisi, et tout est si confortable que c'est d'un grand contraste avec la\nraideur et le dénuement ordinaires en Allemagne. Un piano splendide est placé\ndans une fenêtre (Liszt en reçoit un neuf tous les ans). L'autre fenêtre est tou-\njours grande ouverte et donne sur le parc. Juste en face, il y a un colombier sur\nle toit duquel les colombes se promènent, elles volent autour et quelquefois\nviennent s'abattre sur l'appui de la fenêtre, ce qui fait plaisir à Liszt. Sa\ntable à écrire est garnie de choses magnifiques, parfaitement assorties. Tout\nest en bronze, l'encrier, le presse-papier, la boîte d'allumettes, etc. ; on voit\ntoujours brûler une bougie à laquelle Liszt et les messieurs peuvent toujours\nallumer leurs cigares. Le parquet est recouvert d'un tapis, ce qui est rare en\nAllemagne. Ordinairement Liszt se promène, fume,... murmure (on ne peut ja-\nmais dire qu'il parle), et appelle l'un ou l'autre d'entre nous pour jouer. De temps\nen temps il s'assied au piano pour exécuter lui-même l'endroit d'un passage qui\nne lui a pas convenu, et quand il est de bonne humeur il fait continuellement de\npetites plaisanteries. Son jeu a été une complète révélation pour moi et m'a in-\nspiré une conception nouvelle de la musique. Vous ne pouvez pas vous imaginer,\nsans l'entendre, combien il est poétique, ni les milliers de nuances qu'il peut in-\ntroduire dans les choses les plus simples, en restant toujours également grand.\nDu zéphyr à la tempête, la gamme entière est à ses ordres.\nLiszt ne ressemble en rien à un professeur, ne peut pas être traité comme\ntel ; c'est un monarque, et quand il étend vers vous son sceptre royal, vous devez\nvous mettre au piano. Vous ne pouvez jamais lui demander de jouer, même si\nvous mourez d'envie de l'entendre; s'il est d'humeur à jouer, il le fera, sinon, il\nfaut se contenter de quelques remarques. Nous n'apportons jamais plusieurs\nfois le même morceau et ne le jouons entièrement qu'une fois. J'avais préparé\nAu bord d'une source pour hier, mais je me sentais nerveuse et j'ai mal joué. Il\nn'a cependant pas perdu patience et s'est comporté comme si mon exécution\navait été charmante, puis s'est assis et a joué le morceau tout entier, oh ! d'une\nfaçon si exquise !\nLes touches semblaient onduler sous ses doigts dont les mouvements étaient\nà peine perceptibles. Comme il approchait de la fin, je remarquai que cette\npetite expression comique qui lui est particulière et qu'il prend lorsqu'il veut\nvous surprendre venait sur sa figure, et, soudainement, il frappa un accord inat-\ntendu et improvisa une conclusion poétique, entièrement différente de celle qui\nétait écrite. Pouvez-vous trouver étonnant que l'on raffole de lui ?\nIII\nWeimar, 24 juillet 1873.\nLiszt part aujourd'hui. Il devait nous quitter quelques jours plus tôt ; mais l'em-\npereur d'Autriche ou de Russie (j'ignore lequel) est venu rendre visite au Grand-\nDuc et, naturellement, Liszt était obligé d'être ici et de passer un jour avec eux.\nLiszt est une telle grandeur qu'il compte avec les rois et les empereurs. Jamais\nhomme n'a été aussi adulé et gâté que lui! La Grande-Duchesse vient le voir\nfréquemment ; mais sachant que Liszt ne permet à personne de lui demander"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.6", "texte": "SOUVENIRS D UNE ÉLÈVE DE LISZT\n\nde jouer, elle n'ose s'aventurer à le faire. C'est le seul point par lequel Liszt\nmarque le sentiment qu'il a de son élévation, car, autrement, ses manièies sont\ntout à fait modestes.\nLiszt doit être absent jusqu'au milieu d août ; vraiment, je seiai satisfaite\nd'avoir quelques semaines de repos et de pouvoir étudier un peu plus ti anquille-\nment, car, avec lui, on est toujours en grande hâte. Il m a donné tant d idées\nque je ne peux pas les approfondir toutes, même en me pressant.\nJe dois aussi vous dire que Liszt est un compositeur merveilleux, et c est une\nchose à laquelle je ne m'attendais pas : son oratorio de Cliristus a paru ici cet\nété, et beaucoup d'étrangers et de célébrités sont venus pour 1 entendre, entie\nautres Wagner. Cet oratorio est magnifique, et décidément un des plus grands,\ndes plus nobles que j'aie jamais entendus. Je n ai pas encore eu le temps de\nvous écrire à son sujet, je trouvais qu'il fallait pouvoir lui consacrer une disser-\ntation pour lui rendre hommage. Je voudrais qu on le jouât à Boston, car, je le\ndis à regret, son orchestre et ses chœurs font lentement leur chemin en Aile\nmagne. Liszt m'a dit un jour tristement : (( Liszt a aidé Wagner, mais qui aidera\nLiszt ! Car, il est beaucoup plus difficile à un oratorio, comparé à un opéra, de\nse créer une place qu'à un pianiste, comparé à un chanteur. )) Il s imagine que\nles choses sont contre lui, et cependant il s'est tellement adonné à la musique\nsacrée, de cœur et d'âme, qu'elle est devenue pour lui, m'a-t-il dit, la seule\nchose pour laquelle il vaille la peine de vivre. Il semblerait vraiment que ses\ncompositions de piano, son génie d'exécution, lui sont devenus presque indiffé-\nrents.\nEt cependant que de beautés dans ses compositions! On m'avait toujours dit\nà Berlin que Liszt voudrait être un compositeur, qu'il ne pouvait pas écrire\nune mélodie, qu'il n'avait pas d'originalité, et que ses compositions n'étaient que\nbrillantes, faites pour éblouir le public. Ici, j'ai occasion d entendre ses œuvres\nde piano en masse, tous les jours (depuis que les jeunes artistes les jouent), et\nmes premières idées ont été entièrement modifiées; j'ai trouvé toutes ces asser-\ntions complètement fausses et injustes. Si Liszt est quelque chose, il est original,\net ses œuvres ont leur importance. On peut s'en rendre compte en un instant,\nen se demandant par quoi on remplacerait sa musique si elle n'existait pas.\nQuand les artistes désirent produire de l'effet et stimuler le public, (( amollir les\ncœurs de plomb », comme le disait Chopin, que jouent-ils ? Liszt !\nSa musique n'est pas seulement brillante, il ne se borne pas à répandre perles\net diamants à profusion sur le clavier, mais ses pièces atteignent la plus grande\nenvergure, dans un style grandiose, franchissent toute limite et vous entraînent\ndans la véhémence de la passion. Et quelle délicatesse de touche dans les plus\npetits morceaux où il vous transporte souvent au plus haut degré de tendresse,\nde grâce et de badinage féerique, et, dans les morceaux mélancoliques, quel\nsentiment subtil vient couvrir toutes les émotions accumulées au fond du cœur !\nIls sont si riches, si harmonieux, parfois si farouches, développent tant de senti-\nments élevés, que lorsqu'on les entend, on sent son esprit s'épanouir comme\nune algue marine jetée sur la surface de l'Océan...\n(A suivre, Traduit de Vanglais par ]\\YK.)\n\nA. FAY."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.7", "texte": "« HÉLÈNE )), DE AI. CAMILLE SAINT-SAENS\n\n« Hélène », de M. Camille Saint-Saëns\n(THÉÂTRE DE MONTE-CARLO, 18 février.)\n\nLe comité de bienfaisance de la Colonie française de Monaco avait donné\ncette année un attrait particulier à la fête de charité qu'il a coutume d'organiser\nà Monte-Carlo en annonçant une représentation de gala au cours de laquelle de-\nvait être joué un nouvel ouvrage terminé récemment à cette intention par M. Ca-\nmille Saint-Saëns. C'est dire l'empressement avec lequel toute la société élégante\nde la Riviera s'était disputé les moindres places du luxueux théâtre du Casino, et\nl'éclat peu commun que présentait la salle le soir de la première, à laquelle avait\nété convié le signataire de ces lignes. On sait que cette fois-ci, las sans doute\nde certaines collaborations fâcheuses, M. Saint-Saëns a voulu écrire lui-même\nles paroles et la musique d'Hélène. On ne peut que le louer de cette détermina-\ntion. Conçu dans une forme relativement simple, le poème d'Hélène se divise en\nquatre tableaux dont le contraste est heureusement ménagé. Il nous retrace\naprès Leconte de Lisle l'émouvante destinéede la fille de Jupiter et deLéda.\nEchappée du palais de Ménélas, où résonnent les chants et les danses, Hélène a\nfui sur la falaise, cherchant en vain à chasser de son cœur son criminel amour\npour Pâris. Elle adjure inutilement Zeus delà ravir à Erôs parla mort : Vénus,\nsoudain apparue sur la mer, où murmurent mélodieusement les Nymphes, lui\naffirme solennellement sa toute-puissance et lui fait prévoir la prochaine arrivée\ndu Priamide. La vision s'efface peu à peu et voici Pâris, dont l'ardente tendresse\nfait défaillir la faiblesse consentante d'Hélène. C'est en vain que dressée parmi la\nfoudre et les éclairs, Pallas supplie Pâris d'abandonner son projet criminel.\nC'est en vain qu'apportant la prophétie de Zeus, elle révèle aux amants terrifiés\nle carnage et le sang de la ruine future de Troie. Nulle puissance n'empêchera\ndésormais Hélène de voguer vers la Troade toute à son amour et pâmée aux\nbras du héros vainqueur, sans songer aux terribles lendemains.\nLa structure de ce poème, dans sa concision voulue, semble assez étroitement\ns'apparenter avec celle qu'on est convenu d'attribuer aux livrets de cantate. Si on\nl'envisage au point de vue de cette destination, on ne peut lui refuser une qua-\nlité primordiale : c'est de convenir à la musique, et surtout à la musique de\nM. C amille Saint-Saëns. Trop d'oeuvres dramatiques et symphoniques, partout\nrépandues maintenant, ont donné toute la mesure de l'art sobre et du labeur in-\ncessant de l'auteur de Samson, pour qu'il soit besoin de les caractériser ici en dé-\ntail. Je ne prétendrai pas apprendre aux lecteurs de cette Revue l'habileté presti-\ngieuse de la technique musicale de M. Saint-Saëns, la souplesse d'une plume qui\nlui permit parfois de pratiquer, au cours d'une même composition, les styles les"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.8", "texte": "L'ACOUSTIQUE DU TROCADÉRO\n\nplus divers, non plus que la richesse d'une instrumentation qui rehausserait sin-\ngulièrement la valeur d idées même les premières venues. Ce seraient assuré-\nment là soins superflus. Qu'il me suffise de dire que, dans sa nouvelle partition,\nles admirateurs passionnés du musicien considérable qu'est M. Saint-Saëns le\nretrouveront tout entier, et que même ceux qui estiment que 1 inspira-\ntion n'a pas toujours également récompensé le noble effort de 1 artiste\nseront les premiers à rendre hommage à la beauté de la déclamation, à 1 accent\nsaisissant de l'évocation de Pallas, et aux incessantes ingéniosités orchestrales\nauxquelles nulle oreille de musicien ne peut rester insensible en entendant\nHélène (i).\nIl faut louer sans réserves M. Gunsbourg de la poétique mise en scène dont il\na su entourer l'œuvre nouvelle, qui se déroule dans de pittoresques décors de\nM. Ronsin. Le charme langoureux de Mme Melba, le somptueux organe de\nMme Héglon, la jolie voix de Mlle Blot, l'exceptionnelle énergie vocale de M. Al-\nvarez, l'orchestre ardent et précis de M. Léon Jehin, ont réellement mis en valeur\nla musique d'Hélène, chaleureusement applaudie parle public, qui ne ménagea\npas ses acclamations à l'auteur, assis aux côtés de Son Altesse Sérénissime le\nprince Albert de Monaco,.. La Navarraise, le fait-divers musical deM.Massenet,\nterminait le spectacle. Mlle Thévenet et M. Alvarez y trouvèrent l'occasion d'un\ntriomphe mérité, et la furia du jeu des chœurs convint à merveille à la musique\nde ce mélodrame brutal et sommaire.\n\nGUSTAVE SAMAZEUILH.\n\nL'Acoustique du Trocadéro.\nNous recevons la lettre suivante, que nous sommes heureux de publier:\nMon cher Directeur,\nVous avei bien voulu me faire 1 honneur de me demander quelques renseigne-\nments sur la terminaison des expériences relatives à la correction des échos du\nTrocadéro.\nDans limpossibilité où je me trouve de terminer promptement le travail complet\nrelatant la série d'expériences entreprises et les directions d'idées successives qui\nnous ont amenés à ces conclusions, fai prié mon collaborateur, M. René Dubrisay,\nancien élève de l Ecole polytechnique, élève ingénieur des Manufactures de VEtat,\nde rédiger une courte note résumant les méthodes suivies et les résultats acquis.\nJ ose espérer que si le côté technique parait un peu aride à vos lecteurs, les con-\nclusions pratiques leur paraîtront suffisamment précises pour leur permettre\nd envisager, comme nous, un Trocadéro débarrassé enfin des excentricités de la\nNymphe Echo.\nG. LYON.\nLes échos entendus par les spectateurs dans la salle du Trocadéro altèrent\nprofondément la perception acoustique des morceaux exécutés. Plusieurs essais\navaient été tentés pour remédier à cet état de choses, mais sans parvenir à un\nrésultat satisfaisant.\n\n<i ' La partition et le poème d'Hélène ont paru chez MM. A. Durand et fils, éditeurs."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "137", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.9", "texte": "L'ACOUSTIQUE DU TROCADÉRO\n\nEtait-il possible d'améliorer la salle, fallait-il, au contraire, renoncer à corriger\nses défauts ?\nCette question, difficile à résoudre a priori, étant donnée l'incertitude qui\nrègne sur les lois de l'acoustique des salles de concerts, parut à M. Lyon suscep-\ntible d'être analysée à l'aide d'une série d'expériences méthodiques. Les résultats\nobtenus semblent conduire aujourd'hui à une solution satisfaisante et pratique\ndu problème.\nDes observateurs étant placés successivement en divers points de la salle, une\nonde sonore était émise d'une des places occupées par les musiciens sur l'es-\ntrade. Les observateurs signalaient les endroits de la salle où le son était\nentendu deux fois.\nCette expérience si simple d'aspect présenta de sérieuses difficultés. Le son\ndevait être bref et net : c'est le choc de deux tiges en bois qui produisit les meil-\nleurs effets. Il fallait en outre, pour les observateurs, une oreille fine et exercée.\nEnfin les circonstances atmosphériques troublèrent souvent ces études : le\nbrouillard avait sur la réflexion une action dont nous n'avons pu préciser la\nnature physique, mais qui troublait toutes nos études.\nQuoi qu'il en soit, plusieurs séries d'expériences méthodiques entreprises au\nmois de mars et terminées en juin nous permirent de faire correspondre à un\npoint d'émission donné sur l'estrade, les points déterminés de la salle où l'écho\nétait perçu.\nCette première partie du travail étant accomplie, il fallait trouver géométri-\nquement les points de la surface de la salle où la réflexion du son avait dù se\nproduire.\nUne méthode dérivant de la méthode générale des approximations successives\nimaginée par M. Lyon nous permit*de résoudre ce problème ; nous avons ensuite\ncherché, par une marche inverse, à dé terminer tous les points de la salle où l'on\ndevait entendre peu après le son produit en un point donné de l'estrade, son écho\nproduit par réflexion sur des surfaces intérieures du Trocadéro.\nCette méthode synthétique, servant de contrôle à la méthode analytique précé-\ndente, en confirma entièrement les résultats.\nNous avons pu de la sorte établir que les surfaces nuisibles étaient :\nio Une zone assez étroite du plafond bordant le cercle d'oculus et du côté de\nVestrade ;\n2° Les conques sphériques surplombant la scène au-dessus et à droite et à\ngauche du grand orgue.\nCes résultats acquis, la maladie de la salle était nettement et complètement\ndiagnostiquée; restait à trouver le remède. Ce fut l'objet d'un nouveau travail\nentrepris au mois d'août et achevé seulement à la fin d'octobre 1903.\nDans cette étude nous avons cherché à constituer des écrans capables d'empê-\ncher la réflexion du son. Pour cela, M. Lyon avait fait construire un miroir\nsphérique en staf de 2 mètres de diamètre et 50 mètres de rayon de courbure,\nsur lequel le son se réfléchissait pour revenir à des observateurs chargés d'en\nnoter l'intensité et d'en observer les variations, après interposition de divers\nécrans.\nDès l'origine, nous nous heurtâmes à la difficulté d'isoler une onde sonore\nréfléchie, c'est-à-dire de pouvoir affirmer que la réflexion était exclusivement\nproduite sur le miroir et non pas sur des surfaces avoisinantes. Des essais"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "138", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.10", "texte": "L'ACOUSTIQUE DU TROCADÉRO\n\ntentés dans un corridor, puis sur les toits du Trocadéro, ne donnèient aucun\nrésultat précis. On décida alors de transporter le miroir à l'lnstitut Marey, au\nParc des Princes.\nDans le vaste parc de cet Institut, mis obligeamment à notre disposition par\nM. Marey, nous nous croyions à l'abri de tout écho parasite, et pourtant une dé-\nception nous attendait encore. Le son se réfléchissait non pas seulement sur le\nmiroir, mais aussi dans un grand nombre d'autres directions.\nNous avons pensé un instant à transporter notre installation sur le plateau de\nSatory, lorsqu'un nouvel essai fut enfin couronné de succès.\nNous enfermions la source sonore dans une sorte de cabane calfeutrée de\nmolleton et percée seulement d'une étroite ouverture, la normale au centre du\nmiroir étant bissectrice de l'angle dont les côtés allaient du centre du miroir,\nd'une part, à la source sonore, et de l'autre à 1 observatoire. Les observateurs\nplacés sur la ligne des rayons réfléchis vérifièrent ainsi que l'écho était nette-\nment entendu quand le miroir était bien en place, mais totalement supprimé si\nl'on venait à le déplacer même légèrement. Nous avions donc réalisé ainsi la sur-\nface limitée produisant l'écho qu'il s'agissait d'annuler.\nLa source sonore était disposée de façon à produire un son bien constant.\nPour cela M. Lyon avait construit un appareil comportant une barre métallique\nsur laquelle venait frapper un marteau. Ce marteau était mobile autour d'un axe\nhorizontal parallèle et relié à la barre. On le soulevait jusqu'à ce qu'il vînt au\ncontact d'une tige fixe en bois, puis on le laissait tomber de son propre poids. La\nhauteur de chute était constante, la vitesse au bas de la course et par suite l'in-\ntensité du son produit l'étaient aussi.\n40 séries d'expériences méthodiques nous ont conduits aux résultats\nsuivants :\nA quelque distance du miroir qu'on les place, des réseaux composés de fils,\nde ficelles tendus parallèles ou croisés n'arrêtent l écho que très imparfaitement.\nDes bandes d'étoffe de largeur finie donnent de meilleurs résultats; on peut\nmême, grâce à elles, obtenir l'extinction absolue, à la condition d'en établir\ntrois réseaux successifs placés à des distances convenables.\nEnfin une double couche de molleton placée à o mètre 50 de la surface réflé-\nchissante empêche absolument l'écho. Il fallait donc renoncer à améliorer la\nsalle du Trocadéro par des écrans transparents qui eussent été cependant dési-\nrables, afin de n'en pas masquer l'heureuse décoration.\nNous pouvons affirmer qu'à un point de vue exclusivement physique et général,\nles échos du Trocadéro seraient entièrement arrêtés :\ni° Par un vélum de dimension convenable drapé sur une partie restreinte du\nplafond du côté estrade.\n2( Selon toute vraisemblance, par une simple couche et certainement par une\ndouble couche de molleton horizontale formant dais et placée à hauteur du\ndessus de 1 orgue, complétée au besoin par un manteau d arlequin en verre ou\nen molleton rejoignant ce dais et isolant ainsi les conques de la salle.\nRENÉ DUBRISAY,\nAncien élève de l'Ecole polytechnique,\nElève ingénieur des Manufactures de l'Etat."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.11", "texte": "LA NOUVELLE THÉORIE DE L'HARMONIE DE M. HUGO RIEMANN\n\nJ'ai eu 1 honneur de porter àla connaissance de M. d' Estournelles de Constant, qui\nme les avait demandées, puis à celle de M. Bourdais, les conclusions précédentes, il\ny a quelques mois de cela.\nM. Bourdais avait paru admettre et les méthodes suivies et les résultats précis\nque f avais donnés, car, devant moi, il avait immédiatement fait venir son employé\nprincipal pour lui indiquer d'étudier, sur un modèle en réduction du Trocadéro, une\nsolution qui, s inspirant de nos conclusions, permettrait d'obéir aux exigences esthé-\ntiques auxquelles M. Bourdais est si bien qualifié pour donner satisfaction.\nM. Bourdais m'a fait savoir il y a quelque temps par son employé et par le télé-\nphone qu il venait de déposer un rapport concluant à la nomination d'une Com-\nmission.\nPeut-être cette Commission ne se réunira-t-elle jamais ? Peut-être se réunira-t-elle\npour procéder à une étude nouvelle ou à la vérification de mes travaux ? J'attends\navec une douce philosophie et m'estime cependant heureux d'avoir pu résoudre, sur\nla demande expresse d'un fonctionnaire du Ministère des Beaux-Arts, sans aucun\ncrédit de l'Etat, mais grâce au concours de la maison Pleyel et de ses dévoués colla-\nborateurs, une des questions les plus intéressantes pour le développement du goût\nmusical populaire en France.\nJe sais, mon cher Directeur, combien ce développement vous tient au coeur ainsi\nqu'à M. le Ministre des Beaux-Arts et à M le Directeur des Beaux-Arts.\nC'est donc à juste titre que je puis me réjouir du travail accompli et d'avoir ainsi\npu prêter, avec le concours aussi intelligent que dévoué des expérimentateurs qui\nm'ont aidé, une collaboration amicale à Véminent architecte du Palais du Troca-\ndéro, M. Bourdais.\nJe vous prie, mon cher Directeur, de bien vouloir agréer l'expression de mes plus\ndévoués et amicaux sentiments.\nG. LYON.\n\nLa nouvelle théorie de l'harmonie de M. Hugo Riemann\n\n(i)\nOn sait que M. Hugo Riemann fonde une nouvelle théorie de l'harmonie sur\nl'opposition irréductible de deux modes (majeur et mineur; symétriquement\nengendrés par la double série des premiers sons harmoniques supérieurs et\ninférieurs à partir d'un son quelconque donné. La même note sol, par exemple,\nest à la fois la fondamentale d'une harmonie supérieure ou majeure sol-si-ré, et\nla fondamentale d'une harmonie inférieure ou mineure sol-mi\\>-do, toutes deux\négalement composées d'une quinte et d'une tierce majeure.\nNous ne reprocherons pas à M. Riemann de s'appuyer sur une hypothèse que\n\n(i ) L'harmonie simplifiée, ou théorie des fonctions tonales des accords par H. Riemann,\nDr phil. et mus., privat-docent à l'université de Leipzig, traduite par G Humbert, prof, au Con-\nservatoire de Genève, Augener et C°, London.— Manuel de l'harmonie, par le Dl* H. Riemann,\ntraduit sur la 3e éd. allemande, Leipzig, Breitkopf et Hârtel, 1902. Voir les articles de\nMM. Calvocoressi et L. Boutroux parus à ce sujet dans cette Revue (1903)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.12", "texte": "LA NOUVELLE THÉORIE DE L'HARMONIE DE M. HUGO RIEMANN\n\nl'observation des faits n'a pas vérifiée. Aussi bien, après avoir voulu piouver\nl'existence objective des harmoniques inférieurs (1), M. Riemann a reconnu\nqu'en se produisant, de tels harmoniques devaient se détruire d eux-mêmes (2j.\nEt d'ailleurs, quand même tout son ne s'accompagnerait jamais que d'harmoni-\nques supérieurs, ne suffit-il pas à M. Riemann que la simple conception des har-\nmoniques inférieurs reste possible? Si en effet, lorsque j'entends un son de\n60 vibrations à la seconde par exemple, je suis capable d'en imaginer un de\n30 vibrations, un autre de 20, un autre de 12, en vertu de 1 habitude que j'ai prise\nd'analyser les sons et leurs relations, il est inutile que la nature me fournisse ce\nque ma pensée suffit à construire. La seule question qui subsiste est celle-ci :\nEst-il vraisemblable que l'esprit procède de l'aigu au grave dans la détermina-\ntion des éléments constitutifs du mode mineur? Faut-il admettre que nous ayons\ndeux manières de compter les intervalles, l'une ascendante, l'autre descendante?\nEt si ces deux méthodes, semblent être également pratiquées en fait,\" se ramè-\nnent-elles en principe à une seule, ou bien sont-elles vraiment irréductibles ?\nPour résoudre le problème ainsi posé, nous examinerons l'explication nouvelle\nque, grâce à son hypothèse, M. Riemann donne des principaux faits harmoni-\nques, et nous jugerons l'hypothèse plus ou moins probable, selon que l'explica-\ntion des faits nous paraîtra plus ou moins satisfaisante. La théorie de M. Rie-\nmann est vraie dans la mesure où elle fait accomplir un progrès à notre\nconception de l'harmonie, où elle la rend plus claire, plus précise, plus simple.\nMais, avant de discuter la valeur du principe qui fait l'originalité de son sys-\ntème, rappelons quels grands services M. Riemann a déjà rendus à la science\nmusicale en se bornant à préciser sur bien des points, à rectifier sur d'autres, à\ncoordonner enfin les conceptions de ses prédécesseurs.\nLa théorie de l'harmonie de M. Riemann est enfin une théorie, et non plus\nseulement un recueil de recettes empiriques. Elle s'adresse à la raison autant et\nplus qu'à la mémoire ; elle est digne de retenir l'attention du philosophe comme\ncelle de l'apprenti compositeur. L'exposé des conceptions rationnelles n'y est pas\ndisséminé, mais continu. Une explication précède l'énoncé de chaque fait et\nl'enchaîne aux faits déjà étudiés.\nM. Riemann substitue définitivement la notion de fonction harmonique à\ncelle d'accord. Un accord n'est rien par lui-même ; il ne signifie quelque chose\nque s'il est la conséquence de tels accords et s'il en prépare tels autres ; il n'a\nun sens que du moment où il détermine une direction mélodique, ou que du\nmoins il limite le choix entre l'infinité des directions mélodiques possibles. Or\nle même accord peut, selon les cas, prendre des fonctions fort différentes. Pour-\nquoi, dès lors, donner un nom à l'accord ? La fonction, seule importante, en\nmérite un.\nIl peut même y avoir un grand danger à considérer les accords comme\ndes Ica 11 tés indépendantes, sans tenir compte du rôle que leur attribue la pensée\ndans la liaison des moments de la mélodie. L'accord de sixte et quarte, par\nexemple, ne peut être pris, en tant qu accord, que pour le renversement de\n\n(1) Die objektive Existenz dev Untertone in der Schdllwelle, 1876.\n(2) Katechismus der Musikwissenschaft, p. 79."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.13", "texte": "LA NOUVELLE THÉORIE DE L'HARMONIE DE M. HUGO RIEMANN\n\n1 accoid de tonique , mais alors son rôle devient inintelligible dans la plupart des\ncas, et en effet il est bien rare qu on puisse y substituer l'accord de tonique dont\npourtant on le présente d'ordinaire comme une sorte de variante, en le quali-\nfiant de renversement de cet accord. On ne comprend sa véritable fonction que\ndu moment où on le considère comme un double retard de l'accord de domi-\nnante. Dans l'accord sol-do-mi, par exemple, les notes do et mi sont disso-\nnantes et elles ont une tendance très marquée aux mouvements mélodiques\ndo-si, mi-ré, qui transforment le groupement instable sol-do-mi en l'harmonie\nde dominante plus homogène sol-si-ré.\nSi le même accord peut avoir des fonctions fort différentes, inversement diffé-\nrents accords peuvent avoir la même fonction et se prendre l'un pour l'autre. Et\nM. Riemann, mettant ingénieusement à profit une courte indication du vieux\nRameau, déjà heureusement commentée par Helmholtz, développe sa belle\nthéorie des accords parallèles ou relatifs.\nEn dehors des accords parfaits de tonique, de dominante et de sous-domi-\nnante, on a longtemps admis que la tonalité majeure comportait l'emploi d'ac-\ncords parfaits mineurs posés sur le 2e, le 3e et le 6e degré de la gamme, soit, en\nut majeur, les accords ré-fa-la, mi-sol-si, la-do-mi.\nOn considérait ces accords comme des consonances dont la fonction dans la\ntonalité, à côté des consonances de tonique, de dominante et de sous-dominante\ndéjà suffisantes à l'harmonisation de toutes les notes de la gamme, restait mal\ndéfinie. De plus, on construisait sur ces accords consonants mineurs du 2e, du\n3e et du 6e degré des accords de septième (ré-fa-la-do, mi-sol-si-ré, la-do-mi-sol)\ndont la relation avec les accords principaux de la tonalité devenait encore plus\nobscure :\nIl faut renoncer à cette classification empirique. Les formations harmoniques\nré-fa-la-do, mi-sol-si-ré, la-do-mi-sol, ne sont pas en réalité des accords de sep-\ntième, mais des renversements d'accords de quinte et sixte. Leurs basses fonda-\nmentales ne sont pas ré, mi, la, mais bien fa, sol, do ; d'où les dispositions pri-\nmaires : fa-la-do-ré, sol-si-ré-mi, do-mi-sol-la, dans lesquelles les notes qui\ndoivent être considérées comme dissonantes ne sont plus do, ré, sol, mais bien\nré, mi, la. A l'origine, ces notes ne constituaient qu'un simple écart mélodique\nautour des quintes do, ré, sol, des trois basses fondamentales de la tonalité ; la\ndissonance d'abord purement mélodique a pris peu à peu une fonction harmo-\nnique ; et aujourd'hui les accords de quinte et sixte doivent nous apparaître\ncomme de simples variantes des accords de tonique, de dominante et de sous-\ndominante qui peuvent s'y substituer dans certains cas et sous certaines condi-\ntions."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.14", "texte": "LA NOUVELLE THÉORIE DE I, HARMONIE DE M. HUGO RIEMANN\n\nSi maintenant on supprime la quinte des accords de quinte et sixte, on obtient\nles accords de sixte fa-la-ré, sol-si-mi, do-mi-la, dont les renversements pour-\nront présenter l'apparence d accords parfaits nahneurs . ré-fa-la, mi-sol-si,\nla-do-mi.\nMais considérer ces accords comme des consonances serait une grave erreur.\nLeur origine et leur fonction leur confèrent un caractère indiscutable de disso-\nnances : et en effet, un de leurs éléments constitutifs a une tendance mélodique\nà se résoudre sur la tonique, la dominante ou la sous-dominante de la tonalité.\nCe ne sont donc là que des consonances feintes. A n'envisager que leur composi-\ntion physique, on se laisserait abuser sur leur véritable nature ; il faut connaître\nleur fonction pour leur donner un sens proprement musical ; et alors ils cessent\nd'apparaître comme les représentants de tonalités étrangères égarées dans une\ntonalité qu'ils viennent inutilement troubler ; ils se présentent comme des for-\nmes secondaires ou parallèles des harmonies principales de la tonalité ; ils méri-\ntent le nom d'accords relatifs, qu'ils ont toujours porté sans qu'on pût justifier\nleur relation aux accords d'où ils dérivent. Ainsi le nombre des fonctions de la\ntonalité se réduit définitivement à trois ; tout accord quel qu il soit est une forme\nsimple ou complexe, primitive ou dérivée des harmonies de tonique, de domi-\nnante ou de sous-dominante.\nOn comprend quelle merveilleuse simplification cette théorie apporte dans la\nclassification des accords et dans l analyse de leurs propriétés harmoniques.\nM. Hugo Riemann sait en tirer tout le parti possible pour l'explication détaillée\ndes règles de la technique musicale. Cependant nous avons noté quelques points\nsur lesquels on pourrait encore désirer quelques éclaircissements. ....\nIl nous semble d'abord que M. Riemann n'a pas assez insisté sur la significa-\ntion particulière des divers renversements cl un même accord. Il aurait pu sans\npeine étendre la portée des observations auxquelles l'avait conduit l'étude: de\n1 accord de sixte et quinte, et alors il aurait sans doute reconnu qu'en général\ntout renversement participe à la fois delà fonction de l'accord dont il est le ren-\nversement et de la fonction de 1 accord parfait majeur construit sur sa basse\n(ambiguïté précieuse qui rend la modulation possible). Et en effet, la quinte, ou\npour mieux dire la douzième de cette basse, en est une résonance naturelle qui\nne peut manquer de se faire entendre à quelque degré et dont le voisinage rend\ntoute sixte dissonante. Une telle remarque pourrait peut-être servir de principe\na une théorie de 1 emploi méthodique des renversements. Il est évident, en effet,\nque 1 impression douteuse qui résulte du frottement de la quinte et de la sixte"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.15", "texte": "LES CONCERTS\n\nest condamnable toutes les fois quelle trouble inutilement l'auditeur, et qu'elle\nfournit au contraire une excellente préparation à des marches harmoniques\ns'éloignant de la tonalité.\n(A suivre.)\n\nPAUL LANDOKMY.\n\nLes Concerts\n\n— La symphonie de\nMozart en sol mineur, par laquelle com-\nmençaient les deux derniers concerts, a un\ncaractère passionné que fait ressortir le\ncontraste de la symphonie en mi bémol,\nécrite la même année (1788). Dans cette\ndernière, tout est joie, clarté, beauté sûre\nd'elle-même ; et l'instrumentation, d'un\ncaractère tout moderne (clarinettes mêlées\naux cors et aux bassons, avec les flûtes et\nles trompettes pour éclairer et enlever\nl'ensemble), évoque l'idée d'un état psy-\nchologique très harmonieux, sur lequel ne passe aucune ombre. Dans la sym-\nphonie en sol mineur, s'expriment le chagrin et la plainte (comme dans le\nquintette du même ton, 1787) ; mais une plainte douce, à la Chérubin, modulée\n.avec une grâce qui boude gentiment:\nElle disparaît dans bandante, qui est un jeu charmant, reparaît dans le\nmenuet, comme soulignée d'efforts inutiles vers la paix, et (sauf leclaircie du\ntrio) règne jusqu'à la fin. En général, le dessin de l'oeuvre est plus énergique,\nun peu plus appuyé que dans les autres symphonies; l'instrumentation (que\nMozart a retouchée) a une couleur plus intense :la clarinette, souvent aidée du\nhautbois, y joue un grand rôle, sauf dans le menuet, d'où elle est absente. La\nSociété des Concerts nous a donné ensuite avec un médiocre chanteur —un\nfragment important des Indes galantes, de Rameau, ballet héroïque de structure\nsurannée (1735), mais d'allure toujours jeune, exquis, et de haute valeur musi-\ncale : la Fête du soleil, les Danses de Péruviens, la Loure en Rondeau, les airs,\nchœurs et gavottes qui composent cette (( deuxième entrée )), sont des badinages\nsolennels et puérils, sans intérêt dramatique, mais qui ont conservé le joli\ncachet ancien régime, et sont le modèle du (( divertissement ». Au risque de\ntomber dans le paradoxe, j'oserai dire que l'orchestre du Conservatoire, soit\nqu'il ne manie plus les instruments de l époque, sauf le grêle clavecin, soit qu'il\nait perdu le sens de certaines œuvres, joue moins bien des compositions an-\nciennes et classiques comme celles de Mozart et de Rameau, que les composi-\ntions modernes, plus compliquées de forme et de mouvement, plus difficiles et\noffrant plus de prise à la virtuosité. Il excelle à faire sortir et sonner l'ouver-\n\nCONSERVATOIRE."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.16", "texte": "LES CONCERTS\n\nturedu Vaisseau-Fantôme ou celle du romantique Freischutz ;le genre ingénu\nest son écueil. Aussi l'ai-jeparticulièrement apprécié dans l'exécution de l'Ouver-\nture tragique de Brahms (chef-d'œuvre contestable, écrit en 1881 )et dans ïAp-\nprenti Sorcier de Paul Dukas, qui est une perle d'originalité. Là, l'orchestre a\nmontré quelque chose de plus qu'une impeccable correction :il était visiblement\nintéressé, animé d'une conviction communicative.\nSans entrer dans le détail des derniers programmes, je signale une Fantaisie\npour harpe et orchestre de M. Th. Dubois, qui était exécutée pour la première\nfois : elle a obtenu un franc et légitime succès.\n\nJ. C.\n\n— Beau concert. Rien de médiocre. Au programme, Weber,\nBeethoven, Wagner, Mozart et Richard Strauss. L'ouverture du Freischiiti a\nété jouée avec une élégance un peu froide, la Pastorale avec la délicatesse et la\ngrâce habituelles.\nHeldenleben de Strauss a été traité comme il convient : il a déchaîné des ap-\nplaudissements et des sifflets également violents. Que peut-on souhaiter de plus\nà une grande œuvre, que l'amour et la haine ? Il semblait à certains moments que\n« les antagonistes du héros », que bon entend ricaner, chicaner, cancaner, dans\nla seconde partie de la Symphonie, se fussent transportés de la scène dans la\nsalle. — Pour moi, j'ai dit tant de fois mon admiration pour cette œuvre, que je\ncrois inutile d'y revenir. Je comprends qu'elle froisse un peu la délicatesse des\noreilles parisiennes. C'est grand dommage ! Ces pauvres oreilles doivent bien\nsouffiii paifois, en entendant certaines pages de Beethoven. Le héros juvénile,\nexubéiant, fanfaion, tumultueux, saccadé, cruel et bon garçon de Strauss, se\nconsolera en compagnie du héros homérique de Beethoven, au lourd pas triom-\nphant, à la maiche implacable comme le Destin. — L'exécution fut nerveuse et\nimpétueuse, comme il faut. Je regrette que les parties des instruments à vent\nsoient insuffisamment entendues. La dernière fois que Strauss dirigeait son\n\n21 février.\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 14 février.\nL. L.\n— Le concert comprenait deux mor-\nceaux inspirés par la Révolution française. L'un est Y Ouverture pour Hermann et\nDorothée de Schumann, illustration gracieuse et assez terne de l'idylle de Goethe ;\nles bois y exposent et réexposent une Marseillaise peu triomphale. La Marseil-\nlaise fait encore les frais du Quatre-Vingt-Treize de M. Fr. Casadessus, mais\ndécoupée en tronçons qui se tordent aux cuivres, et mêlée à une vague marche\nhongroise : l'oeuvre semble écourtée et mal venue. Le Mazeppa, de Liszt, con-\ntient de belles pages agitées et trépidantes, dont l'effet est malheureusement gâté\npar la fanfare finale. Mme Polack chante un air dTphigénie en Aulide, et un\nautre des Troyens, avec plus de véhémence que de sûreté ; et M. Chevillard con-\nduit la Symphonie de Franck avec autant de précision que de rudesse et de\nprosaïsme. La deuxième idée du premier mouvement se dessèche, perd son onc-\ntion et sa ferveur. Les harpes donnent à l'allegretto un mouvement beaucoup trop\nrapide, le cor anglais ralentit, heureusement, mais est bientôt couvert lui-\nmême par le quatuor, trop vigoureux. Le finale est trop précipité aussi, et sur-\ntout le rythme en est trop martelé, la phrase n'a plus aucune ampleur, cette\nallure sautillante est celle d'un rondo de Mozart. C'est un travestissement qu'une\ntelle exécution."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "145", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.17", "texte": "LES CONCERTS\nR. M.\n11\n\nœuvre à Paris, je me souviens qu'il avait demandé aux trombones de jouer de-\nbout, comme dans ses orchestres d'Allemagne.\nL'adagio du Quintette de Mozart pour clarinette et instruments à cordes, a\nréconcilié tout le monde, Mozart ayant la chance d'être redevenu un homme à la\nmode, —pour combien de mois? Ce n'est pas moi qui y trouverai à redire.\nNulle œuvre musicale ne peut donner une plus pure joie que ce rêve de ten-\ndresse harmonieuse, douce au cœur, douce aux sens ; et M. Lefebvre l'a jouée\navec un goût exquis.\n\nROMAIN ROLLAND.\n\n— La Sonate pour alto et piano de M. E.\nLacroix est d'une écriture sobre et correcte, et les idées ne sont pas sans mérite ;\nM. Migard a un bien beau son. M. Lanrezac chante avec un charme extrême\ndeux Mélodies de P. de Bréville délicatement émues, et le Quatuor Géloso joue\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. — 20 février.\n\nSALLE-ERARD.\nG.\n— Il faudrait qu'il fût bien entendu, une fois pour toutes, que le\nnom honorable et honoré de « Marty » ne désigne pas seulement une de nos\npremières autorités musicales — le chef d'orchestre de la Société des , —\nmais qu'il désigne aussi une cantatrice de premier ordre, ayant depuis long-\ntemps fait ses preuves comme artiste et comme professeur, et dont la belle\nvoix de contralto, jointe à un style excellent, est justement appréciée. S'il était\nbesoin d'un argument nouveau pour appuyer cette réclamation, nous le trouve-\nrions dans le dernierconcert, où Mme Georges Marty a chanté desairs deHsendel,\nGluck, Lulli, de Castillon, E. Chabrier, Berlioz, Lalo, A. Cahen, Bizet, Saint -\nSaëns, Massenet, Th. Dubois, G. Hue, G. Pierné, et enfin G. Marty. Le même\nsoir, nous avons été heureux d'applaudir M. Capet et M. Gaubert (un flûtiste,\nqui est le meilleur élève de M. Taffanel).\n\nCONCERTS COLONNE. — 21 février.\nL. L.\n— M. Colonne dirige admirablement\nY Ouverture de Coriolan, musique de flamme et de tendresse, dont il sait faire va-\nloir tous les contrastes. Je ne saurais trop louer aussi l'interprétation de la Sym-\nphonie avec chœurs, large, émue, et en même temps réfléchie : chaque nuance,\nchaque mouvement est en rapport avec qui précède et ce qui suit ; il y a un\nordre, un plan, une intelligence qui domine et dirige : voilà une impression que\nne donnent pas tous les chefs d'orchestre de Paris. La Nuit d'Été, de N[. G.\nMarty, est fort bien écrite pour l'orchestre, et agréable à entendre, malgré des\nalanguissements qui touchent parfois à la fadaise. Le 2e Concerto de C. Saint-\nSaëns, fantaisie d'un esprit classique et raisonnable, est très artistement exécuté\npar xM. Malats, et Mme Ida Ekman chante d'une voix délicate et fragile différents\nairs de Mozart, Haendel, Schubert, etc. La Rose sauvage de Schubert, la Nuit\nde mai de Brahms, et la Berceuse finlandaise de Merikanto, sont ceux qui lui réus-\nsissent le mieux. Je ne sais pourquoi M. Malherbe veut nous faire croire à une\naffinité de race entre Finlandais et Suédois, et nous faire prendre pour\ndu finlandais les paroles suédoises d'une ballade de Sibelius. Quant au siffleur\nqui se fait remarquer après le Concerto de Saint-Saëns, ses protestations ne s a-\ndressent ni à un homme, ni à une œuvre, ni à un genre, mais à un mot : c'est\ndire l'importance qu'il y faut attacher."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.18", "texte": "LES CONCERTS\n\nsimplement et fortement le icr Quatuor deV. d'lndy,dont j aime surtout le 2e mou-\nvement, si expressif, le 3e en forme de ballade, et le finale énergique. Quant au\nPrélude, Choral et Fugue de Cés. Franck. M. A. Cortot fera bien de se remettre\nsérieusement à l'étude de ce morceau, s'il veut encore l'exécuter en public.\n\nL. L.\n\nL. L.\nLe 12 février, à la salle Erard, très beau concert donné par M. R. Marthe,\nvioloncelliste de grand style et de grand talent. Dans le Concerto de Haydn, la\ncadence de Servais est heureusement supprimée, et je remarque une gamme des-\ncendante, faite tout entière au talon de l'archet, d'une puissance extraordinaire.\nLe beau Quatuor de Fauré terminait le concert, au cours duquel Mme Jane\nDuran avait chanté des mélodies de Lenepveu et Th. Dubois.\nLe 23 février, à la salle Pleyel, concert donné par MM. Griset et xMinssart.\nAu programme, le 4e trio de Beethoven, et le trio de V. d'lndy. Nous y revien-\ndrons.\nLe 24 février, récital de piano de M. Edouard Bernard, à la salle Érard.\nFort belle séance, dont nous rendrons compte en détail dans notre prochain nu-\nméro. Nous avions déjà eu occasion d'entendre M. Bernard le samedi 20, chez\nx\\lme la princesse de Cystria, où il accompagnait en musicien accompli la Chan-\nson triste et le Phidylé de Duparc, pures et nobles mélodies, dont Mlle Goupil\ndonne une interprétation exquise de finesse et de grâce harmonieuse. M. H. Du-\nparc, qui assistait à l'exécution de ses œuvres, s'est déclaré de tout point satis-\nfait.\nALA SCHOLA CANTORUM, 269, rue Saint-Jacques, le jeudi 2 j février, première\naudition en France de VOrfeo de MONTEVERDI. M. Alexandre GUILMANT, les\nChanteurs de Saint-Gervais. Soli, Chœurs et Orchestre (150 exécutants), sous la\ndirection de M. Vincent CI'INDY. Rappelons à ce sujet que YOrJeo date de 1607."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.19", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles.\n\nJ. BRAHMS. Danses hongroises, arrangées\nen trio. Paris, Hamelle.\nJoh. Brahms, né le 7 mai 1833, est mort\nle 3 avril 1897. Originaire de Hambourg,\nil est l'auteur de nombreuses œuvres\nmusicales, généralement plus connues en\nAllemagne qu'en France. Cependant les\nDanses hongroises dont il est question\nici sont données assez régulièrement de-\npuis plusieurs années par les concerts La-\nmoureux et Colonne et sont en partie fort\ngoûtées du public. Leur entrain en-\ndiable et leur couleur populaire ont le don de récréer l'esprit Les quatre Danses\nhongroises qui viennent d'être arrangées en trio portent les numéros V, VI, VII\net VIII. Nous nous dispenserons d'en faire l'analyse musicale, ces morceaux\nétant célèbres aujourd'hui. Néanmoins nous ferons une réserve pour l'avant-\ndernière danse en la majeur, qui nous paraît moins personnelle que les autres ;\non pourrait, de plus, y noter un rythme banal de mazurka qui lui retire une\ngrande partie de sa distinction.\nMalgré cette légère critique, nous recommandons aux musiciens et aux vir-\ntuoses ces morceaux d'une exécution fort attrayante, et nous espérons qu'il nous\nsera permis de les entendre dans le courant de la saison musicale.\n\nLUCIEN DE FLAGNY.\n\nSoir d'Eté (mélodie, poème de A. Steiner). L Amour dont\nje meurs .. (id., poème de Karl Stieler). Dans le bois fleuri (id., poème de\nL. Fortolisy chez Friedrich, éditeur à Berlin.\nM. de Flagny est un musicien qui semble se piquer de modernisme, à la\nmanière de certains de nos compositeurs récents, ayant le privilège d un langage\nharmonique nouveau adéquat à un état d'âme particulier.\nC'est là une noble tentative qui est digne des meilleurs encouragements.\nSouvent il se dégage des mélodies de M. de Flagny un charme réel, quelque-\nfois même un tendre lyrisme ; mais trop rarement, à notre avis, ces sentiments\natteignent l'intensité d émotion à laquelle ils semblent aspirer. Malgré ces\nréserves, il faut louer le musicien qui veut se dégager des formules scolastiques\npour s'élever vers des régions plus idéales.\nParmi ces mélodies nous citerons particulièrement : L'Amour dont je meurs...,\nqui est d'un tendre sentiment.\nDans ce morceau l'on constate avec satisfaction que, malgré le souci de recher-\nche harmonique, la ligne mélodique ne se trouve pas altérée ; elle se meut\naisément et suit toujours son libre cours."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\nNous citerons aussi : Dans le bois fleuri, une aimable bluette d'un sentiment\ngracieux qui nous fait souvenir des airs charmants et populaires d'autrefois (1).\n,(') M\" Lu,cien de F|AGNY a déjà publié chez l'éditeur E. Demetz (2, rue Louvois) : CHANSONS\nD AUTREFOIS (Sonnet de Ronsard, Rondel, En été, Brisets, Légende de la Nouzille, Naïve souve-\n\nADALBERT MERCIER.\n\nActes officiels et Informations.\n\nCONSERVATOIRE. — Par arrêté en date du 17 février dernier, M. Emile Lafitte\na été nommé, pour une période de trois années scolaires, répétiteur pour l'étude\ndes rôles dans les classes d'opéra du Conservatoire national de musique et\nde déclamation, en remplacement de M. Ponsot, démissionnaire.\n— Suivant l'avis émis par le Conseil supérieur d'Enseignement du Con-\nservatoire dans sa séance du 9 février dernier, M. le ministre vient de prendre la\ndécision suivante :\n« Le nombre des élèves-femmes dans les classes d'instruments à archet (vio-\n(( Ion, alto, violoncelle et contrebasse) ne pourra désormais s'élever à plus de\n(( quatre au maximum par classe.\n(( Cette mesure est applicable également aux classes préparatoires.\n(( Le nombre d'élèves-femmes sera ramené au chiffre maximum ci-dessus fixé\n(( par voie d'extinction dans chacune des classes où il serait actuellement dé-\n(( passé. »\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nReceltes détaillées du 20 janvier au 19 février 1904.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 Janvier\n22 —\n23 —\n25 —\n27 —\n29 — m\nier Février\n3 -\n5 —\n6 —\n8 —\n10 —\n12 —\n15 —\nl7 —\n19 —\nL'Etranger. —Paillasse.\nSamson et Dalila. — La Kor-\nrigane.\nLes Huguenots.\nFaust.\nThaïs.\nGuillaume Tell.\nThaïs.\nLes Huguenots.\nL Etranger. — La Korrigane.\nGuillaume Tell.\nThaïs.\nSiegfried.\nL'Étranger. — L'Enlèvement\nau sérail.\nSiegfried.\nThaïs.\nSiegfried\nV. cTIndy. Léonca-\nvallo.\nSaint-Saëns. Widor.\nMeyerbeer.\nGounod.\nMassenet.\nRossini.\nMassenet.\nMeyerbeer.\nV. d'Indy. Widor.\nRossini.\nMassenet.\nWagner.\nV. d'Indy. Mozart.\nWagner.\nMassenet.\nWagner.\ni3.5o3 76\n12.696 41\n11.536 »\n10.898 41\n16 635 26\n15.618 41\n13.731 91\n14.173 76\n14.127 91\nJ 0.206 »\n13.646 91\n15.537 76\n14.440 41\ni5.8o5 91\n12 439 76\n14.776 4"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 janvier au 19 février 1904.\n\nCONCOURS CRESSENT. —Le i ie concours de la Fondation Cressent, ouvert\npour la composition d'un ouvrage lyrique, n'a pas donné de résultats.\n\nnance) ; CHANSONS D'AUJOURDHUI (Chanson duvent, Nuit funèbre..,) ; CHANSONS DES MÉTIERS [Chanson\ndu potier, Sérénade du pauvre bougre, Cantilène du rémouleur, la Fille du Sabotier, le Refrain du\nCanacou..) ; MINOUCHE tragédie en 6 rondels sur le chat: il marche, il dort,il aime...il ne souffre\nplus) ; une Suite sur l'été ; une SUITE ENFANTINE comprenant cinq lieder ; une Fileuse pour piano,\netc... Ce sont les œuvres d'un très bon musicien, auxquelles il ne manque qu'un cachet de\npersonnalité plus appuyé et plus net.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nJanvier\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.86l\n»\n2 I\n—\nLe Roi d' Ys.\nLalo.\n7.085\n6.334\n»\n22\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5o\n23\n—\nCarmen.\nBizet.\n8 844 5o\n24\n—matinée\nPelle as et Mèlisande.\nDebussy.\n5.912\n»\n24\n— soirée\nLa Dame Blanche. — Rendez-\nvous bourgeois.\nMignon.\nBoïeldieu. Nicolo,.\n4-117\n»\n25\n—\nA. Thomas.\n4.457\n5o\n26\n—\nMireille.\nGounod.\n3.49b\n))\n27\n—\nLa Reine Fiammette\nXavier Leroux.\n5.243\n5o\n28\n—\nLe Roi d'Ys\nLalo.\n7.071\n5o\n29\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6.382\n»\n3o\n—\nLouise.\nCharpentier.\n9.034\n»\n31\n— matinée\nLe Médecin malgré lui. — La\nFille du Régiment.\nGounod. Donizetti.\n4.078 5o\n31\n—- soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.i 29\n4.401\n»\njer\nFévrier\nLa Traviata.\nVerdi.\n»\n2\n—\nLa Vie de Bohême. — Le por-\ntrait de Manon.\nPuccini. Massenet.\n3.4O3 5O\n3\n—\nLakme.— Le portrait de Manon.\nL.Delibes. Massenet.\n5.110\n5o\n4\n—\nCarmen.\nBizet.\n8.372\n»\n5\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6.654\n»\n6\n—\nLe Roi d' Ys.\nLalo.\n9.163\n5o\n7\n— matinée\nPelléas et Mèlisande.\nDebussy.\n5.004\n»\n7\n— soirée\nPortrait de Manon. — Mu guette.\nMassenet. Missa.\n3.063\n5o\n8\n—\nLa Basoche. — Bastien et Bas-\ntienne.\nMessager.\n3.579\n5o\n9\n—\nCarmen.\nBizet.\n4.827\n»\n10\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.320\n5o\n11\n—\nLouise.\nCharpentier.\n7.670\n»\n12\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n4.420\n5o\n13\n—\nManon.\nMassenet.\n9-797\n5o\n[ 4\n— matinée\nLa Dame blanche. — La Fille\ndu Régiment.\nBoïeldieu. Donizetti.\n9.044\n5o\n14\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.482\n5o\n15\n— matinée\nLe Domino noir. — Le Médecin\nmalgré lui.\nAuber. Gounod.\n2.990\n»\n15\n— soirée\nLa Vie de Bohême. — Feminis-\nsima.\nPuccini.\n4.682\n5o\n16\n—matinée\nLes Noces de Jeannette. — Mi-\ngnon.\nMassé. A. Thomas.\n9.691\n»\n16\n— soirée\nLakmé. — Rendez-vous bour-\ngeois.\nL. Delibes. Nicolo.\n5.882\n5o\nl7\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n4.786\n»\n18\n—\nLouise.\nCharpentier.\n6.837\n5o\n19\nPelléas et Mèlisande,\nDebussy.\n5.614\n»"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nLes partitions déposées àla Direction des Beaux-Arts, 3, rue de Valois (Bu-\nreau des Théâtres), sont, dès à présent, à la d isposition de leurs auteurs en\néchange du récépissé qui a été délivré à chaque concurrent.\nLe jury du 12e concours Cressent (concours préalable de poèmes), se réunira\nle dimanche 13 mars prochain, à 10 heures du matin, à la Direction des Beaux-\narts (Bureau des Théâtres).\nPrix de Rome. M. Martv, grand prix de Rome en 1882, a été désigné pour\nécrire la partition de l'ouvrage (opéra ou ballet) en un, deux ou trois actes, qui\ndoit être représenté cette année à l'Opéra.\n\nÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. Le Cours d'Ensemble orchestral de\nM. deLacerda vient d'être rattaché à cette Ecole, hospitalière à tous les arts.\n\nBRUXELLES.\nG. L.\nM. Louis Laloy fera, le 18 mars, une conférence à la Libre Es-\nthétique, sur la Musique française contemporai ne.\n—M. J. Abbey, de Versailles, vient de poser un orgue dans le salon de\nM. Glandaz, à Paris. M. Dallier, l'éminent organiste de Saint-Eustache, appelé à\ninaugurer l'instrument, en a fait ressortir les très réelles qualités, en jouant\ndiverses pièces de J.-S. Bach et de C. Franck, etc. ; ces qualités sont nombreuses :\nmécanisme impeccable, timbre délicat, sonorités de jeux bien équilibrées ; ce\nqui n'est pas pour nous étonner de la part de M. Abbey, lERIER grand prix de\nl'exposition de 1900.\nCet orgue, placé dans un salon où tout est artistique, se prête admirablement\nà l'interprétation des grandes œuvres. Et ce n'est pas un fait d'une médiocre\nimportance, car l'art ne peut que gagner à la généralisation de l'emploi de\nl'orgue de salon: peut-être même y a-t-il là un moyen de sauver la haute industrie\ndes orgues qui semble vouée à disparaître de notre pays, pour peu que se pro-\nlonge la situation qui lui est faite en ce moment dans le monde religieux.\n\n— Au 12e concert (11 février), M. Raoul Pugno a exécuté, avec\nce souci de l'expression que l'on apprécie tant chez lui, le Concerto en la majeur\npour piano et orchestre de Mozart, et le Concerto en nt mineur de Beethoven. Au\nconcert moderne du 14 février, il a également fait applaudir le Concerto de Saint-\nSaëns.\nLa saison lyrique s'est ouverte par la création de Pyrame et Thisbé, opéra en\ndeux actes, paroles et musique de M. Edouard Trémisot. Malgré quelques\ngaucheries, le livret est assez intéressant. — Contrariés dans leurs amours par\nle père de Pyrame, les deux amants chantés par Ovide se donnent rendez-vous\ndans une forêt. Effrayée par des clameurs de chasse, Thisbé se sauve, laissant\ntomber son voile dont se servent les chasseurs pour étancher les blessures de\nl'un d'eux. Pyrame, venant peu après, trouve ce voile maculé de sang, le recon-\nnaît et, croyant sa fiancée morte, se tue —La partition est passionnée et témoi-\ngne chez hauteur d'un tempérament dramatique. Les décors sont beaux, et les\ninterprètes, choisis par M. Trémisot lui-même, sont excellents. Ce sont M. et\nMme Laffitte.\nPyrame et Thisbé était accompagné sur l'affiche par Paillasse, chanté pai\nMM. Alvaiez, Renaud et Mlle Noria.\nNotons aussi les reprises de Samson et Dalila, et des Contes d'Hoffmann.\n\nMONTE-CARLO."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nNICE. —Le théâtre de l'Opéra nous a donné une très belle représentation\nde Mefistofele. L'opéra de Boïto est divisé en deux parties. La première\nne diffère pas très sensiblement des versions de Faust déjà connues. La deuxième,\nmusicalement la plus intéressante, est tirée du second Faust de Goethe et se ter-\nmine par la rédemption du docteur. Mefistofele fut représenté sans aucun succès\nà la Scala de Milan en 1868. Le public ne comprit pas cette musique nouvelle\npour lui (et qui cependant aujourd'hui date un peu ), écrite sous l'influence de la\nrévolution wagnérienne. Il lui fit cependant meilleur accueil en 1875 d Bologne,\net l'on peut dire que c'est de cette époque que date l'évolution de Verdi et de la\njeune école italienne.\nL'œuvre de Boïto obtient à Nice un très grand succès. Elle y est admirable-\nment montée, très bien interprétée par Mlles Hélène Therry, Rival, MM. Lepres-\ntre et Fournets. Les décors, fort beaux, méritent qu'on cite le nom de leur auteur,\nM. Contessa\nAu Casino, M. Carvalho fils a fait œuvre d'artiste en montant YOrphèe de\nGluck, avec Mme Moriss-Black, talentueuse cantatrice américaine découverte par\nM. Coquelin aîné.\n—Il paraîtrait que Mlle Guiraudon aurait l'intention de quitter le théâtre. Si\ncette décision est irrévocable (espérons le contraire), la charmante artiste aurait\nchanté pour la dernière fois en février 1904, dans la Vie de Bohême, à Nice.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nROUEN. — Le violoniste Rivarde, de l'Académie royale de Londres, vient de\nse faire entendre à la soirée de bienfaisance qu'organise chaque année avec tant\nde souci artistique M. Charles Aufry.\nNous ne savons ce qu'il faut admirer le plus dans le joli talent de M. Rivarde,\nson extraordinaire sonorité, ses très belles qualités de virtuose excellemment\nmises en relief dans la Habanera deSarasate et les Airs hongrois de Ernst, ou\nbien encore, la pureté de son style admirée dans son exacte interprétation de la\nmagnifique Sonate de César Franck.Nous regrettons seulement qu'en place de la\nChacone de Bach, inscrite au programme, M. Rivarde ait cru devoir jouer quel-\nque air tzigane sans grand intérêt.\nDans le choix des autres artistes, nous avons de même reconnu le bon goût de\nl'organisateur. Mlle Jane Bathori chanta de sa voix agréable et pure, délicate-\nment nuancée, la Marguerite au rouet de Schubert, Y Absence de Ber ioz et dif-\nférents morceaux de Chabrier,Fauré et Bruneau. M. Riddez lui donna la réplique\ndans le duo de Don Juan. Auparavant, l'organe chaud et vibrant du baryton\nde l'Opéra avait fait merveille dans l'air à'Henri VIII, le Rondel de Th. Dubois\net Devant la mer de Xavier Leroux.\nRécemment, excellente audition de la Damnation de Faust, donnée par l'or-\nchestre et les chœurs de M. Chevillard.\nOn a fêté Mlle GaëtaneVicq/qui a chanté délicieusement le rôle de Marguerite.\nM. Sigwalt a su donner le mordant que réclame la Chanson du Rat. M. Challet\nexagère un peu trop le rôle de Méphistophélès. Quant à M. Délit, il a la voix\ninsuffisante pour chanter Faust."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040301-01.1.24", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE ET DE CONTREPOINT\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nExercices d'harmonie et de contrepoint.\nJULES DADOR.\nNous avons reçu l'intéressante lettre suivante :\nPoitiers, le 9 février 1904.\nMonsieur le Directeur,\nDans la Revue musicale du ier février l'un de vos correspondants, après\navoir analysé fort exactement d'ailleurs une mélodie de Beethoven,\ntrouve qu'elle contient, selon la théorie classique, 18 notes réelles et 12 notes\nétrangères. Sans doute, tous vos lecteurs sont arrivés au même résultat ; mais\ncroyez-vous que cette unanimité eût été obtenue si vous aviez omis de donner\nl'harmonie de Beethoven ? Il est dit, en effet, que (( les notes d'une mélodie peu-\nvent tire, considérées comme réelles ou étrangères selon les accords qu'on choi-\nsit pour les accompagner». (Franz Grast.) Or, quelles différences peuvent bien\nprésenter les appellations « réelle » et (( étrangère », applicables à une même\nnote, dans le même cas ?\nToutes les notes d'une mélodie sont— évidemment parties intégrantes de\ncette mélodie, et toutes concourent à sa signification harmonique ; seulement\nY harmonie de la mélodie n'est pas toujours Y harmonie des harmonistes. Ceux-ci se\nbornent habituellement à souligner les points principaux de la mélodie, négli-\ngeant à tort ou à raison les éléments secondaires ; ils appellent alors étran-\ngères les notes qui ne font pas partie de leur harmonie. Comme l'antériorité delà\nmélodie est manifeste, il serait plus exact de dire qu'à certains moments précis\nl'harmonie contient des notes étrangères à la mélodie.\nBrièvement, les artifices mélodiques sont des éléments qui, par suite de cir-\nconstances diverses surtout rythmiques ont momentanément perdu de\nleur importance harmonique et deviennent alors étrangers à une harmonie plus\ngénérale que précise. Mais cette fonction harmonique amoindrie n'en est pas\nmoins réelle, comme le prouve la destruction partielle de la mélodie lorsqu'on\nfait disparaître ces éléments secondaires .\nVeuillez agréer, xMonsieur le Directeur, mes bien empressées salutations."}]}