{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_sha256": "78fc74a2ea7359b5dd17d098d9eea679f9601f00a1d45b260c23fd536e232cdf", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/03/15_01/bmtnabj_1904-03-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/03/15_01/bmtnabj_1904-03-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "153", "page_fin": "154", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.1", "titre_corps": "ALBERT CARBÉ", "titre_sommaire": "ALBERT CARBÉ", "signature_source": "Louis SCHNEIDER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3172, "texte": "ALBERT CARBÉ\nLouis SCHNEIDER.\n\nLe directeur de l'Opéra-Comique est né à Strasbourg le 22 juin 1852 ; il quitta\nsa ville natale pour entrer au Conservatoire de Paris, où il obtint des nominations\nen 1872 et 187 yet un deuxième prix de comédie en 187 q. Il fît en 1876 partie de\nla troupe du Vaudeville ; mais bientôt la direction le tentait. Il obtint en iBBq la\ndirection du théâtre de Nancy. C'était là un simple apprentissage du métier de\ndirecteur ; M. Albert Carré s'y initia très rapidement, car il avait Vamour du\nthéâtre. Mais c'était Paris qui le tentait, et une direction de province, si brillante\nfut-elle, ne valait pas pour lui le moindre coin de cabinet directorial à Paris.\nIl revint bientôt à Paris pour être nommé associé de Raymond Deslandes à la\ndirection de ce Vaudeville où il avait mérité ses premiers galons comme comédien.\nM. Deslandes mourut, et M. Carré, devenu seul directeur du Vaudeville, s'associa\nen iBgy avec M. Porel,qui venaitd'acquérir la direction du Gymnase. Le Vaudeville\net le Gymnase se trouvèrent donc réunis sous les mêmes mains ; ce fut pour ces deux\nthéâtres une ère de prospérité qu'ils n'avaient pas connue depuis longtemps.\nM. Albert Carré fut désigné en iBg6 par le Ministre de l Instruction publique\npour une mission où il devait étudier le fonctionnement des théâtres lyriques en\nEurope. Il en rapporta une étude pleine de remarques judicieuses, qui aujourd hui\nencore fait autorité en la matière. Une semblable compétence désignait tout natu-\nrellement M. Carré à la direction de VOpéra-Comique le jour où M. Carvalho mou-\nrut ; M. Carré fut nommé le iy janvier iBgB. Pour une /ois (( il fallait un\ncalculateur », et ce fut un calculateur qui l'obtint.\nEst-il utile de retracer la liste des principales œuvres qu'il a jouées sous sa direc-\ntion à l'Opéra-Comique ? Fervaal, la Vie de Bohême, Fidelio en iBgS ; Beaucoup\nde bruit pour rien et Cendrillon en iBgg ; Louise, le Juif polonais, Hansel\net Gretel en igoo ; /'Ouragan et Grisélidis en igoi ; Pelléas et Mélisande, la\nCarmélite en 1902 ; Muguette, Titania, la Tosca et la Reine Fiammette en igoq ;\nsans compter ce merveilleux Orphée et ce Joseph qui nous réapparurent en 18gg\nmontés comme jamais on ne les avait vus nulle part. Au surplus, chaque œuvre\nnouvelle jouée sous la direction de M. Albert Carré marque un progrès nouveau.\nDe nombreuses et flatteuses distinctions sont venues lui témoigner en quelle\nestime 011 le tient partout '. vice-président de 1 Association des Artistes dramatiques,\nmembre de la Société des Auteurs, officier de la Légion d'honneur, officier de l'lns-\ntruction publique, commandeur de l'ordre de la Couronne d Italie, officier de l'ordre\nde Léopold de Belgique et de Saint-Olaf de Norvège, chevalier de Sainte-Anne de\nRussie et du Sauveur de Grèce, il a l'estime et la grande amitié de tous les composi-\nteurs qui furent joués par lui ; il a la confiance du public, qu'il a ramené au théâtre\nde 1 Opéra-Comique, un peu délaissé deux ou trois ans avant la mort de Carvalho.\nLa musique française et l'art de la mise en scène lui doivent beaucoup. M. Albert\nCarré est mieux qu'un directeur, c'est un artiste. Il laissera un nom glorieux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "153", "page_fin": "153", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.1.1", "titre_corps": "Albert CARRÉ", "titre_sommaire": "Albert CARRÉ", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.1", "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 78, "texte": "Albert CARRÉ"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c003", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "155", "page_fin": "159", "image_debut": 3, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.2", "titre_corps": "Nos Concours.", "titre_sommaire": "Nos Concours.", "signature_source": "LA RÉDACTION", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.3", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3113, "texte": "Nos Concours.\n\nI. CONCOURS DE COMPOSITION. SUJET: Une danse pour piano, à 5 temps, de\nla dimension de 4 pages de notre Supplément. PRIX : 500 fr. Président de\nla Commission : M. Cl. Debussy.\nVingt compositions nous ont été envoyées, parmi lesquelles un premier clas-\nsement a écarté :\ni° Deux morceaux écrits d'une main très inexpérimentée ;\n20 Trois autres qui n'ont pas paru répondre aux conditions du concours, parce\nqu'ils étaient écrits en mesures de 3 et de 2 temps alternées, alcrs que nous de-\nmandions un rythme franc de 5 temps; parmi ces compositions, l'une témoignait\nde beaucoup de soin : Tout est mal qui finira mal. Mais la première idée man-\nquait d'intérêt, et dans la seconde, tirée du chant populaire sur lequel M. d Indy\na bâti sa ire Symphonie, l'effort de déformation rythmique était visible.\n30 Une ronde, une danse et trois airs de ballet dont l'inspiration a paru faible\nou triviale.\nRestaient en présence dix compositions :\nLe rythme est Vélément masculin de la musique. Assez bonne écriture poly-\nphonique, un peu lourde ; la mélodie ne signifie pas grand'chose, l'ensemble est\nmonotone et peu rythmique.\nIn tenui labor. Le rythme est bon, mais l'idée se dégage mal ; trop d'ar-\npèges pour ne rien dire.\nRegarde ton but et marche. Le rythme ici est bien marqué, trop marqué\nmême : le retour périodique d'un triolet au 4e temps donne une allure de marche\nde régiment. Le trio, enso/t> , n'a pas une mélodie bien caractéristique.\nSur Vherbe molle, dans la nuit. Cette Danse grecque est d'un rythme léger et\ngracieux, mais les idées sont peu accusées : trop de notes.\nMieux vaut être que paraître. De la verve. Les deux idées sont assez bonnes,\nmais elles se subdivisent trop aisément, et trop uniformément, en trois temps\nsuivis de deux temps: le rythme n'est pas réellement à cinq temps.\nTempus saltandi, tempus plangendi. Suite de trois danses. La première est\nune Pavane ; la phrase est pompeuse, comme il convient, et se déroule avec\naisance. Mais la construction est indécise. Deux reprises commencent parla do-\nminante pour revenir à la tonique, alors que la règle de l'ancienne Suite est\nd'arriver une seule fois à la dominante, point culminant du morceau. La Danse\nOrientale a un début charmant ; mais la 2e idée a peu de rythme et de couleur. La\nDanse populaire est la meilleurs des trois. Beaucoup de rythme et de grâce en sa\npremière idée : cela rappelle un peu la Danse Populaire de Lekeu (dans les Trois\npièces pour piano) ; et la seconde idée, mélancolique, est jolie. Mais l'auteur a\ntout gâté par une conclusion bruyante et quelque peu triviale. Sans cette tache,\nson travail aurait été classé tout près du premier rang. Mention honorable.\nDes bords de la Dure. Cette mazurka à cinq temps est l'œuvre d'un bon\nmusicien, qui sait écrire et a des idées. Le défaut est que le rythme n'est pas\ntrès franc : la phrase semble avoir été pensée à quatre temps et portée artificiel-\nlement à cinq. Mention honorable.\nLex, Lux, Pax, Rex. Ce scherzo est d une excellente écriture, et a du\nmouvement ; peut-être y a-t-il un fond de tristesse en cette animation ; mais ce"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.4", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "mélange même n'est point déplaisant. Le premier motif sert fort ingénieusement\nde basse au second. Quelques duretés, dues peut-être à des erreurs de copie.\nMention très honorable.\nBlanc ou noir. —Danse afghane (?) d'une inspiration charmante, mélanco-\nlique et gracieuse à la fois, solidement et simplement écrite. Mais le développe-\nment est un peu trop long. Mention très honorable.\nSimplicissimus. Danse du voile, destinée à faire partie d'une suite de Danses\nsacrées. Cette composition s'est classée immédiatement au premier rang pour des\nmérites que les lecteurs de la Revue seront bientôt à même d'apprécier. Tout\nd'abord l'idée en est nettement et naturellement à cinq temps ; les motifs en sont\ntous expressifs et plastiques, les proportions justes, l'écriture est sobre et ne sent\npoint l'école. Suivant l'expression de M. Debussy, « c'est de la musique aérée )).\nEn conséquence, le prix est attribué à cette composition. Auteur : M. DE\nLAGERDA.\nOn voit que le Concours a produit plusieurs œuvres d'un grand mérite ; c'est\nplus que nous n'osions espérer. Nous remercions les auteurs de leurs intéres-\nsants envois, les prions d'excuser la franchise de nos appréciations, et tenons\nà les féliciter tous; car les compositions même les moins bien réussies révèlent\nencore un effort sincère qui, nous l'espérons, aboutira bientôt à de meilleurs\nrésultats.\nNous publierons, outre la composition classée la première, celles qui ont paru\ncontenir des qualités sérieuses; heureux si MM. les Éditeurs de musique y trou-\nvaient quelques pièces dignes de leur attention ! Les noms des concurrents ne\nseront publiés que sur leur autorisation.\nII. HARMONIE.\n[Présidents : MM. BOURGAULT-DUCOUDRAY ET GUILMANT.)\nNous avions proposé comme sujet l'analyse du début du prélude de Tristan\net Iseult :\nNous avions choisi ce sujet, parce qu'il a donné lieu, chez les professeurs\nd'harmonie allemands, à des discussions curieuses. Sur les premières mesures\nde Tristan on peut consulter :\nCARL MAYBERGER, prof. r. de musique : Die Harmonik Richard Wagner s\n(Bayreuther Bldtter, mai-juin 1881 ) ;\nMAX AREND : Harmonische Analyse des Tristanvorspiels (ibid-, 1901, iv - vi).\nS. JADASSOHN : Melodik und Harmonik bei R. Wagner (édité par Y Harmonie\nde Berlin, 1900).\nC. HYNAIS : die Harmonik R. Wagner sin auf die Fundamentaltheome\nSechters [Neue Musik. Presse, Vienne, 1901, nos 4-7 inclusiv.).\nG. CAPELLE : Harmonik und Melodik bei Richard Wagner [Bayreuther Bldtter,\n1902, I-iii)."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.5", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3184, "texte": "Chacun de ces théoriciens (pour ne nommer ici que les Allemands) donne une\nanalyse différente du texte cité plus haut; et M. Hans von Wolzogen, directeur\ntrès compétent du journal officiel du wagnérisme, a déclaré qu'il ne pouvait pas\nse prononcer en dernier ressort (Bayr. BL, 1902, I-111, p. 3). Quelques-unes des\nsolutions proposées par les savants professeurs d'outre-Rhin sont extraordinai-\nrement étranges. Ainsi, M. JADASSOHN n'a pas craint d'écrire que l'accord de la\nrvï—ff~*— rx*——\n2e mesure n'était autre que zdL~Ép—-, et que celui de la 3e équivalait à -7 *==.\nL'enharmonie aurait de ces étonnants artifices! Pour Mayberger, Wagner,\nreprésentant ici le système chromatique, lequel unit étroitement les deux modes,\naurait fait entrer à la fois dans ces deux accords la tonalité de mi fi majeur et celle\nde mi fi mineur..., etc. Les concurrents n'étaient pas tenus de connaître ces dis-\nsertations parfois extravagantes ; mais nous aurions été heureux qu'un rayon de\nbon sens français pénétrât ce nuage. Pour nous, le premier accord (objet principal\ndu débat) n'est autre que le 2e renversement de l'accord du 7e de dominante\navec altération de la quinte {fa fi ) et appoggiature de la 7e (sol #) :\naccord banal en soi, mais ici tragique et douloureux, grâce à une altération et\nà un renversement qui donnent le change à l'oreille sur la note fondamentale et\ntroublent le sentiment d'une tonalité unique. Celle de la fi mineur paraît en même\ntemps évoquée. Ce sont ces causes et ces effets qu'il était intéressant d'étudier\nsobrement. L'accord de la 3e mesure, qui résout cette dissonance par une nou-\nvelle dissonance, est plus simple encore : il est construit à l'état fondamental sur\nla dominante de la E majeur, avec altération de la quinte (la %) ; il donne lieu,\nd'ailleurs, à des observations du même genre que le précédent.\nLa Commission a entendu la lecture des mémoires envoyés, sans se préoccuper\ndu nom des auteurs. (Les enveloppes contenant les devises ne sont pas déca-\nchetées.) Elle a estimé qu'il y avait des parties excellentes dans les mémoires\nsuivants :\nIRE Mention TRÈS HONORABLE : Macht er den Meistern ban g Gar wohl gefiel er\ndoch Hans Sachsen.\nIl y a dans ce travail une sérieuse expérience des textes musicaux et une connaissance assez\nétendue delà littérature musicale (bien que l'auteur ne paraisse point connaître, ou ne mentionne\npas les études sur Tristan citées plus haut) ; mais certaines affirmations ont paru trop contestables\npour qu'un premier prix lui soit attribué. Ainsi (p. 2) l'accord de la seconde mesure est considéré\ncomme ayant pour fondamentale la sous-dominante de la mineur, auquel le second degré\ns'ajoute en qualité de note de passage entre la tonique et la médiante, conformément à cette\nformule de cadence:\nAilleurs, l'auteur mentionne 4 appoggiatures :fa pour mi (ire mesure,) ré fp pour ré, sol ÎP pour\nla, la # pour si, et il ajoute: et la 3e de ces appoggiatures (sol jj pour la) est une licence (sic) qui\nsuivant l'école devrait être préparée. La commission a formellement repoussé ces assertions. Plus\nloin, les bonnes observations abondent ; ainsi, la citation de la lettre de Wagner à Uhlig (31 mai"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.6", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2902, "texte": "1852) : «... Quiconque en jugeant ma musique sépare l'harmonie de l'instrumentation m'est aussi\ninjuste que celui qui sépare ma musique de ma poésie, mon chant des paroles », etc... Dans le\nreste du mémoire, trop de choses étrangères au sujet.\n2e Mention TRÈS HONORABLE : « Patience et longueur de tembs. »\no •\nMémoire considérable, fait avec grand soin. Du savoir, de l'intelligence et par-\nfois de l'esprit. Ici encore, malgré le réel et sérieux mérite, la commission n'a\npas cru devoir décerner de prix, à cause de certaines assertions inadmissibles.\nPar exemple, l'auteur dit, au début : « Si nous donnons à cet accord (2e mesure)\nsol \" pour fondamentale, c est un troisième renversement d'accord de septième de\nsensible du ton de la mineur, ou accord de seconde augmentée, avec altération de\nla sixte ». Même à titre A hypothèse provisoire, ces choses-là sont étranges ! Dans\nla suite, l'auteur fait une analyse rythmique des thèmes contenus dans ce passage,\nqui est inadmissible :\nC'est évidemment inexact Plus loin, l'auteur réalise à quatre parties l'harmo-\nnisation de la phrase : mais on reconnaît mal les thèmes employés par Wagner.\nDans la dernière partie, l'auteur a vu juste, et plusieurs pages sont excellentes.\n3e Mention TRÈS HONORABLE : (( Combattre et espérer ».\nBon travail, mais avec des hors-d'œuvre, quelques inutilités, et, en même\ntemps, des lacunes. L'auteur explique trop longuement ce qu'est un mouvement\ncontraire. En outre, il analyse bien les intervalles et le mouvement mélodique,\nmais néglige trop la tonalité. Quelques incorrections de style, dont nous n'exagé-\nrons pas, d'ailleurs, l'importance.\nMentions HONORABLES : I°(( Sunt bona, sunt quœdam mediocria, sunt mala plura. »\nL'auteur dit, pittoresquement, que le motif de Y aveu et celui du désir, combi-\nnés dans ce morceau, « s'imbriquent comme les tuiles d'un toit ». Il marque\nbien l'importance du triton (fa-si) ; mais il voit, dans 1 accord de la 2e mesure,\nl'unique tonalité de la mineur... Mémoire trop écourté.\n2° Nil desperandum ; 30 Quot capita, tôt sensus ; 40 Audaces fortuna juvat ;\n50 Abbiamo ounefratello (?).\nLes autres mémoires, dont plusieurs contiennent de bonnes parties, ont été\nécartés pour les raisons suivantes : les uns, contrairement aux conditions du con-\ncours, indiquent le nom et l'adresse de 1 auteur (tels sont les mémoires venus de\nCarcassonne, Grand' Rue, 54 ; de Paris, rue Pierre-Guérin, 21 ; rue de Tocque-\nville, 22, etc.) ; les autres contiennent, sous forme de digressions, des attaques\npersonnelles parfaitement inutiles contre tel ou tel ; d'autres enfin montrent plus\nd'admiration pour Wagner que de connaissances précises en harmonie. Le\nr\nmémoire Coire et lœtare (sic), venu d'Egypte, ne manque pas d'originalité, mais\nabuse d'un inutile réalisme d'expression.\nNous ne publierons les noms des mémoires sus-mentio anés que si les auteurs\nnous y autorisent."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.7", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "III. - H ISTOIRE ET CRITIQUE.\ni 0 Meyerbeer na-t-il pas exercé une influence sur R. Wagner? —En posant\ncette question, nous ne demandions pas qu'on recherchât dans les opéras de\nWagnerdes réminiscences ou des imitations formelles deMeyerbeer. Notre pensée\nétait plus générale : il y a dans Tannhàuser, dans Lohengrin, dans Rienzi et dans\nplusieurs autres œuvres, un italianisme manifeste qui forme une sorte de transi-\ntion entre le premier compositeur et la manière définitive du second. C'est cet\nitalianisme qu'il fallait dégageret expliquer. En outre, il y a dans presque tous\nles opéras de Wagner une recherche de l'effet grandiose (obtenu par la pompe\ndu spectacle, le groupement des personnages, la solennité et le pittoresque de\nla scène) qui est bien dans le goût meyerbeerien\nLe premier PRIX (200 fr.) a été accordé à l'auteur du mémoire (( Toute chose suit\nsa loi )), M. de Solenière. On ne nous accusera pas de parti pris et d'obstination\ndans nos idées, car M. de Solenière doit son succès non pas aux pages de son\nmémoire où il a indiqué une parenté entre Meyerbeer et Wagner, mais à celles\noù il a brillamment marqué, non sans raison, ce qui les séparait profondément.\n2° Exposer la carrière artistique d'un célèbre chanteur ayant brillé sur la scène\nlyrique entre iByo et iBqo environ. Le prix (200 fr.) est accordé à l'auteur du\nmémoire (( Rome, ut dièse, Paris )), M. Brody. Le sujet choisi par le lauréat est\nTamberlick. C'est un travail considérable, que nous comptons publier au moins\nen grande partie. Il contient des documents précis intéressant l'histoire du théâtre\nlyrique au xixe siècle.\nIVe CONCOURS\n(( Citer les dix morceaux de piano, dus à des compositeurs français du XVIIIe et\ndu XIXe siècle qui, étant de moyenne difficulté, vous paraissent les plus recommanda-\nbles. » Concours ajourné. Les listes qu'on nous a envoyées contiennent quelques\nindications qui ont paru inadmissibles.\n\nLA RÉDACTION"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c008", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "160", "page_fin": "161", "image_debut": 8, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.3", "titre_corps": "Le chant dans les lycées.", "titre_sommaire": "Le chant dans les lycées.", "signature_source": "LA RÉDACTION", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.8", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1677, "texte": "Le chant dans les lycées.\nLA RÉDACTION.\nConformément aux généreuses\nintentions de M. Daniel Osiris,\nnous ouvrons un nouveau con-\ncours pour l'acquisition d'un chœur\npouvant être exécuté parles élèves\ndes lycées (garçons). Les condi-\ntions de ce concours sont les sui-\nvantes :\ni° Les paroles ci-dessous re-\nproduites sont imposées ; mais\nl'auteur conserve la liberté de ré-\npéter certaines formules ou d'en\nintervertir l'ordre.\n20 Le Chœur devra être écrit\npour voix mixtes, soit à cappella,\nsoit avec accompagnement ad li-\nbitum.\n30 S'il ya un accompagnement\npour orchestre, une réduction au\npiano devient nécessaire.\n40 Les compositions devront\nêtre envoyées à la Revue musi-\ncale, 51, rue de Paradis, le ler\naoût 1904 au plus tard. Chacune\nd'elles portera simplement une\ndevise et sera accompagnée d'une lettre cachetée dans laquelle la devise sera\nreproduite avec le nom de l'auteur.\n5° Le prix à décerner sera de 600 francs (le reste de la somme mise à notre\ndisposition par M. Osiris étant attribué, selon ses intentions, à l'auteur des\nrôles.) S'il y a lieu, le prix pourra être partagé.\n6° La composition couronnée deviendra la propriété de la Revue musicale.\nSi elle est mise en vente, une prime, sur les exemplaires vendus, sera attribuée\nà l'auteur, conformément aux conditions ordinaires que font les éditeurs de\nmusique.\n7° Un nombre suffisant de compositeurs figurant parmi nos abonnés, ce con-\ncours est réservé aux abonnés de la Revue musicale.\nTexte du concours : LES VACANCES.\nVivat ! Vivat !\nVoici les vacances !\nVoici les vacances,\nVivat !\nPlus de versions à méningite,\nPlus de thèmes à traquenard !\nPlus de vieux textes où se gîte"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 640, "texte": "Un sens rusé comme un renard !\nVers la classe plus de poussée !\nPlus d'encre au bout des doigts ;\nTambour du vieux lycée,\nRoule pour la dernière fois !\nVivat ! Vivat !\nVoici les vacances !\nVoici les vacances,\nVivat !\nVers la montagne ou vers la plage,\nteuf ! teuf !\nDans l'air pur qui fouette au visage,\nteuf ! teuf !\nNe craignant plus aucun veto,\nPoussons le cycle ou bien l'auto !\nL'espace est à nous : courons vite,\nSous leciel bleu qui nous invite,\nVers un pays neuf,\nteuf ! teuf î\nDivertissement bouffe sur :\nIra la la la !. . .\nhurrah ! hurrah !\nVivat ! Vivat !\nVoici les vacances !\nVoici les vacances,\nVivat !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c010", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "161", "page_fin": "165", "image_debut": 9, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.4", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.9", "debut_caractere": 642, "fin_caractere_exclue": 1840, "texte": "Publications nouvelles.\n\nLA SYMPHONIE DE CÉSAR FRANCK.\n\nSymphonie en ré mineur, transcrite pour\nviolon et piano par M. Ernest Aider.\nHamelle, 22, boulevard Malesherbes.\nJe viens de relire cet admirable chef-\nd'œuvre et reste pénétré d'émotion. De\nquelle qualité supérieure sont les sensa-\ntions que Franck nous communique et\navec quel génie il sait les exprimer ! Dans\ncette œuvre, comme partout ailleurs,\nil fait preuve d'un don prodigieux d'in-\nvention musicale. Puissant créateur, il\nnous porte vers l'inaccessible. Ingénieux ouvrier, il se prodigue jusque dans le\n.détail en se servant des moindres fragments pour intéresser et enrichir les déve-\nloppements. Sans cesse renouvelé, son génie s'affirme à chaque page. Dans\ncet ouvrage où souvent l'âme est pénétrée des sentiments les plus profonds et\nles plus violents, il est des parties où nous assistons à leclosion de sentiments\nnobles et purs qui s'élèvent parfois jusqu'à celui du sublime, jusqu'à celui de la\ndivine et parfaite bonté. Une conception semblable et si profonde nous fait songer\n? aux quelques lignes d'un récent article de M. 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A part quelques légères critiques-\nque nous émettrons plus loin et quelques rares erreurs que nous avons relevées,,\nil faut louer le transcripteur, dont le rôle se trouve effacé, mais dont le travail a\ndû être considérable en raison de l'importance de l'œuvre.\nNous sommes heureux de cette occasion de faire profiter les lecteurs de la\nRevue musicale de la notice analytique et thématique que nous possédons sur\nla Symphonie et dont l'édition est aujourd'hui épuisée. Cette notice fut établie\npar Franck lui-même lors de l'exécution de la Symphonie aux concerts du Con-\nservatoire, les 17 et 24 février 1889. C'est donc là un document précieux.\nI\nIntroduction lente et sombre.\nMotif principal\nCette phrase est développée pendant une trentaine de mesures et amène Y alle-\ngro, d'un caractère énergique et chaleureux :\nRetour de l'introduction, mais en fa mineur ; retour de 1 exposition de Y allegro-\nen fa mineur conduisant à une deuxième phrase :\npuis à une troisième qui servira beaucoup au développement et qui reparaîtrai\ndans le finale :\nAprès la seconde partie de Y allegro, très développée, revient une partie de\nl'introduction, mais en fortissimo et en canon.\nRetour de Y allegro et conclusion du ier morceau.\nII\nCe morceau débute par des accords pincés par le quatuor et les harpes qui ne\ndessinent pas tout d'abord la phrase mélodique : cette phrase, d'un caractère\ndoux et mélancolique, est présentée par le cor anglais :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "163", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1018, "texte": "Cette première période est complétée par la clarinette, le cor, la flûte ; puis les\nviolons disent la phrase suivante :\nAprès quelques modulations, cette période s'achève en si b majeur.\nLe cor anglais et divers instruments à vent reprennent quelques fragments du\nler motif en si b mineur, puis on arrive à une partie qui est un morceau complet\n(genre scherzo) très léger et très doux, dont voici le motif principal :\nAu retour de ce motif, la phrase initiale, expressive du morceau, s'y joint ; une\nfois en sol mineur, une fois en ut mineur ; puis la période entière, expressive, dite\nparle cor anglais, s'unit à la période entière du scherzo, dite par les violons.\nIII\nCe morceau débute par une phrase d'un ton clair et quasi lumineux, contras-\ntant ainsi avec les phrases plutôt sombres et mélancoliques des deux morceaux\nprécédents.\nCette première période se compose, à peu près, d'une soixantaine de mesures,,\net amène une phrase en si majeur dite par les cuivres alternant avec les cordes"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "164", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.12", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1669, "texte": "puis une autre plus sombre :\npuis reparaît le motif initial du second morceau accompagné d'un dessin en\ntriolets :\nDéveloppement des motifs de ce final.— Ralentissement sensible du mouve-\nment. 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Retour du motif expressif du 2e morceau avec grande sonorité.\nLa sonorité décroît, puis reparaît la troisième phrase du premier morceau:\naboutissant à une coda formée des principaux motifs du premier morceau,\nmêlés au motif initial du finale.\nAinsi se termine l'intéressante notice rédigée par César Franck.\n.... ~ _ i ?. .\nVoici l'énoncé de quelques critiques dont nous parlions plus haut et que nous\ncroyons bien fondées, suivies de la constatation de certaines incorrections rele-\nvées dans cette nouvelle édition en comparant avec la partition d'orchestre.\nPage 8, nous regrettons que le transcripteur n'ait pas confié au piano seul les\nquelques mesures qui servent de pont à la seconde phrase :\nFranck, dans sa partition, laisse ce soin aux bois, et ce n'est seulement qu'après\nl'avoir fait pressentir par ces instruments qu'il la fait entendre par le quatuor,\nafin d'obtenir une diversion dans les timbres. A relever aussi dans la partie d'ac-\ncompagnement (page 13), à la seconde mesure et au second temps, l'oubli\nd'un 3 à la basse devant le so/, oubli qui détruit l'harmonie. A la dernière me-\nsure delà page 14, nous constatons une légère inexactitude. L'harmonie de Franck\nconstitue le retard du sol :"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "165", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1990, "texte": "Dans la transcription, ce retard disparaît par l'audition simultanée du ré \\> avec\nle sol :\nNous eussions aussi préféré qu'à la 3e ligne de la page 17, M. Aider emprun-\ntât le dessin des violons tel qu'il est dans la partition d'orchestre afin d'éviter de\ndoubler la partie d'accompagnement, ce qui est le plus souvent d'un effet assez\nplat.\nNous relevons aussi (page 20) une légère déformation du dessin de la basse\ndans le but très probable de simplifier. Nous le déplorons, carie dessin original\nest le résultat du dessin d'abord exposé à la mesure précédente aux premiers\nviolons, dessin qui passe ensuite aux altos et violoncelles, formant une pédale\nde tonique avec double broderie. Nous ne voyons pas en quoi la transcription\nfidèle de ce dessin compliquait l'exécution. Plus loin nous lisons (p. 23), dans\nla dernière mesure de la ire ligne, sol bà la basse et non si t>.\nLa seconde partie de la Symphonie, qui est transcrite avec élégance, a été trans-\nposée d'un ton dans le but encore probable de faciliter ! Enfin, pour finir, nous\nrelevons dans la troisième partie de la Symphonie : Y allegro (page 41), 4e mesure\nde la seconde ligne, une dernière incorrection : la partition d'orchestre porte\ncomme basse un si P, et non un ut S.\nMalgré ces quelques légères erreurs que nous signalons, il faut savoir gré à\nl'éditeur de ne pas avoir reculé devant certains sacrifices qu'impose la publi-\ncation d'une œuvre de cette importance, contribuant, sous cette forme nouvelle,\nà la répandre utilement.\nOUVRAGES REÇUS\nE. DU CAURROY. Mélanges, publiés par H. Expert. Fasc. XVII des Maîtres\nMusiciens de la Renaissance française. Paris, A. Leduc.\nAd. MERCIER. Grafiella. Paris, Mamelle.\nMUSIKBIBLIOTHEK PETERS (Leipzig). Jahrbuch (de 1903), important et très\nbien fait, comme d'habitude.\nARENSKY. Nal et Damayanti, opéra en 3 actes et 6 tableaux, partition piano\net chant. Moscou, Jurgenson.\nR. STRAUSS. 25 Lieder pour piano. Berlin, O. 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Vin-\ncent d'lndy. J'aimais beaucoup déjà la\nSymphonie sur un thème montagnard (1886),\nfraîche comme les sources, librement\népanouie comme une fleur sauvage, et\nvivifiée, d'un bout à l'autre, par le bon\nvent des cimes, un peu âpre et très doux\nà la fois. Mais nous avons ici une œuvre\nd'un tout autre caractère : le pittoresque\nn'y a plus de part; l'émotion en est tout\nhumaine, la beauté toute musicale; et s'il faut lui trouver une parenté, c est à\nla Symphonie de Franck qu'elle ferait songer, à la fois par la construction géné-\nrale et par la nature de la pensée ; mais en même temps la personnalité de\nM. d'lndy s'y affirme avec énergie.\nComme la Symphonie de Franck, l'œuvre nouvelle sort tout entière d une in-\nspiration unique. On sait que tel n'était pas le cas pour 1 ancienne symphonie :\nmême chez Beethoven, les différents mouvements sont construits le plus souvent\nsur des idées complètement indépendantes et étrangères l'une à 1 autre. L école\nmoderne tend, au contraire, à resserrer le lien entre les parties de 1 œuvre, et\ncette tendance semble bien générale, puisqu'elle se remarque aussi (quoique\nd'une tout autre manière) dans le Quatuor de Debussy. Deux idées dominent la\nSymphonie de d'lndy : elles s'esquissent toutes deux dans 1 Introduction, lente au\npremier mouvement. L'une, très sombre, dessine une marche de triton (le diable\nmusical des vieux théoriciens) et donne naissance à de pénibles harmonies :\nL'autre, harmonieuse et douce, lui répond, et peu à peu développée et fortifiée,\nfinira par la vaincre et se l'asservir. En outre, chaque mouvement aura son\nidée propre à laquelle viendra s'ajouter tantôt l'une, tantôt l'autre des deux idées\n.directrices : et tout s inclinera vers l'abîme, ou montera vers la lumière. Ces\ncombinaisons de thèmes, chefs-d'œuvre de contrepoint, seront toutes merveil-\nleuses de facilité apparente et de naturel : partout on sent l'homme passé maître\nen son art, pour qui les constructions les plus complexes et les associations\nles plus hardies ne sont qu'un jeu. Et cette aisance suprême est déjà, par elle-\nmême, un charme et une beauté. Mais l'œuvre contient d'autres beautés encore,\net supérieures.\nLa première idée du premier mouvement lui est particulière ; exposée parle cor,\n•elle est éclatante et légère, et remet l'âme des angoisses de l'lntroduction :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "167", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.15", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2547, "texte": "Les puissances des ténèbres lui répondent, mais bientôt apparaissent les\nbons génies, dont le motif caractéristique devient la seconde idée de ce premier\nmouvement. Le développement est clair, l'orchestration limpide et partout inté-\nressante, la péroraison entraînante, et cependant l'impression d'ensemble est un\npeu incertaine, ce qui d'ailleurs est parfaitement dans l'intention de l'auteur : la\nsuite perdrait de son intérêt si dès la première partie nous étions délivrés de\ntoute inquiétude; l'idée rédemptrice ne triomphe donc pas absolument; sa\nforce se contient encore et se réserve.\nL'Andante, au contraire, nous transporte en pleine émotion : l'idée de douceur\ns'y développe en une phrase pleine et soutenue t>), dont la tendresse géné-\nreuse va droit au cœur :\nPuis le motif sombre reparaît, et sous son influence se dégage une seconde\nidée (mi majeur), d'un rythme et d'un caractère tout différents de la première,\nainsi qu il arrive dans 1 andante de la IXe Symphonie : c'est une sorte de marche\ntriste et lassée, exposée par la harpe et la flûte au grave :\nLa première phrase revient, variée, puis la seconde enrichie, et tout se ter-\nmine par une reprise du début, auquel s'ajoutent les autres thèmes. Rien de\nplus sobre et de plus touchant ; cet andante contient peut-être les pages les plus\nprécieuses de la Symphonie nouvelle, les plus profondément et purement musi-\ncales. L andante, où la pensée ne s'encadre pas dans un rythme marqué, et doit\nse développer librement, est la pierre de touche du musicien. C'est le cas de\nrappeler, et d'appliquer à M. d Indy lui-même, une phrase qui lui échappait\nun de ces derniers jours, comme il lisait avec ses élèves la Cavatine du XIIIe\nQuatuor : « Des idées pareilles, tout le monde ne les trouve pas !... »\nLa troisième partie est un scherzo dont le thème est une sorte de ballade,\nexposée par l'alto solo, et accompagnée d'une harmonie archaïque jusqu'en\nson chromatisme palestrinien :\nLe trio est formé par le mauvais thème, qui s'exaspère et amène le retour\nde la seconde idée de l'andante, dont la quinte est ici augmentée. Structure très\nsimple, et sobriété extrême ; intermède plein de charme.\nLe finale commence par une Introduction lente, où reviennent les princi-\npaux motifs, et qui par sa couleur générale rappelle le beau Prélude au 2e acte\nde 1 'Etranger.Survient une petite fugue, bâtie sur le premier thème ; enfin 1 idée\npropre au finale est exposée par les altos. C'est une phrase à 5 temps, dérivée\ndu 2e thème, et merveilleuse de mouvement et de vie :"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "168", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.16", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2541, "texte": "Elle s'entoure peu à peu des motifs accessoires, et enfin apparaît une grande\nmélodie où s'associent et se résument toutes les idées de l'œuvre, arrivées à\nleur entière réalisation.\na *\nCette péroraison est saisissante comme une révélation, lumineuse comme une\napothéose ; le finale tout entier, d'ailleurs, apparaît nettement comme la partie\ncapitale de l'œuvre; comme à la fin d'une bataille, toutes les forces donnent\nici, et le triomphe est éclatant. Quand même la musique devrait délaisser dans\nl'avenir les chemins de la symphonie, ce finale resterait encore debout sur la\nroute abandonnée, comme les chefs-d'œuvre des maîtres anciens ;sa solide\ncarrure défie les âges et les intempéries (1).\nL'exécution de l'œuvre m'a paru soignée et exacte en général ; les difficultés\nmatérielles sont grandes, et il faut féliciter l'orchestre de M. Chevillard de les\navoir vaincues. Devons-nous croire, comme le programme nous l'affirme, que\ncette Symphonie a été écrite « à l'intention )) de cet orchestre ? J'y ai quelque\npeine. Je mereprésente mal M. d'lndy, dans sa chère solitude de Boffres, écri-\nvant telle phrase d'alto pour M. Salis, tel solo de violon pour M. Sechiari ; son\nœuvre me paraît inspirée par des visions moins prochaines et plus poétiques.\nSi je me trompe, je demande à être contredit.\nIl ne me reste que quelques lignes à consacrer à Y Harmonie du Soir de M. de\nSaint-Quentin. Je n'ai pas saisi le rapport entre les paroles et les accents mélo-\ndramatiques dont on les a chargées ; et j'ai été insensible au solo de violon qui\ntraduit si ingénieusement ce vers :\nLe violon frémit comme un coeur qui s'afflige.\nSerait-ce que j'ai trop présente à la mémoire la mélodie de Cl. Debussy\nsur ce même poème de Baudelaire ?\n(i) La partition d'orchestre paraîtra prochainement chez Durand et fils, ainsi que la réduction\npour piano à 4 mains par M. Labey.\n\nLouis LALOY.\n\n6 mars.\nR. R.\n— Après une seconde audition de la belle Symphonie de M. Vin-\ncent d'Indy, dont le grand succès s'est encore accentué, M. Henri Marteau a\njoué le Concerto en sol majeur de Mozart avec une pureté, une tendresse, une\ndouceur admirables. Je n'ai, pour ma part, jamais entendu un violoniste inter-\npréter Mozart d'une façon plus parfaite et plus vraie. M. Henri Marteau est\nplus qu'un grand virtuose : il est un vrai artiste. 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L\n— Excellente exécution, large et pleine, de l'ouverture de\nC-ellini. La 2e Symphonie de Brahms est bien allemande par ses accents de ten-\ndresse affectée et de romanesque voulu ; Y Allegretto est la meilleure partie de\nbeaucoup ; on en a vivement goûté le charme simple. La Cantate de Pâques de\nBach commence par un de ces vastes ensembles, tumultueux et ordonnés, où\nl'orchestre s'unit aux masses chorales, les soutient et lesentoure de contre-sujets,\nsans que jamais s'efface le motif principal. M. Colonne met en relief les lignes\npuissantes de ces constructions solidement assemblées et entretoisées, hautes\ncomme des clochers de cathédrale. Le même orchestre accompagne avec une\ndiscrétion extrême les duos et les airs (M1Ies Julie Cahun et Alice Deville, MM. E.\nGluck et J. Reder); et le choral final, dans sa nudité éloquente, achève, résume et\nconclut. L'exécution a été de tout point dignede l'œuvre, c'est-à-dire émue, pré-\ncise et simple. Grand succèspour Mme Panthès, qui joue avec une force, une légè-\nreté et une fougue incomparables la Fantaisie hongroise de Liszt, musique\nhéroïque d'inspiration, et aussi, hélas ! de difficulté. Mais on oublie la difficulté\nquand elle cesse d'être apparente, comme c'était le cas ; et de telles œuvres\ndeviennent de belles œuvres lorsqu'elles trouvent leur interprète.\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. 5 mars.\nL. L.\n— Le Quatuor à cordes de M. Ravel, très ap-\nplaudi, me plaît beaucoup ; c'est l'œuvre d'un musicien délicat et bien doué,\népris d'émotion, de clarté et d'harmonie : si la pensée n'est pas toujours très per-\nsonnelle (en particulier dans bandante), le style est partout limpide, et la sono-\nrité intéressante ; enfin le Scherzo avec son lent en sourdine, est absolument\nbien venu J'ai le regret de ne pas aimer beaucoup le Quatuor de Castillon ( 1872 ;\nil révèle d'excellentes études, le culte de Beethoven, et la familiarité de Schu-\nmann ; mais il me semble quetrop souvent l'imitation de ces maîtres, comme en\nplus d'une œuvre de Castillon, y confine au pastiche. Je ne dirai rien des trois\nSonatines de G. Mauclair, mises en musique par A. Mariotte. Quant aux Pièces\npittoresques de Chabrier, M\"e Selva les détaille avec une délicatesse extrême,\ndans ce style ému et simple qui est le sien ; la Danse villageoise et le Scherzo-valse\nme paraissent les mieux réussis ; les rythmes joyeux, la verve sonore et la\nfolle exubérance, voilà le domaine propre de Çhabrier.\n\nCERCLE CATHOLIQUE.\nL. L.\n— Le 26 février avait lieu, avec le plus grand succès,\nsous la direction de M Paul de Saunières, un concert consacré aux œuvres de\nSaint-Saëns. De charmantes mélodies [Uflûte invisible, la , 1'Attente),\ndélicatement chantées parMmes P. de Saunières et P. Smith, et des fragments\nde Y Oratorio de Noël, fort bien rendu par l'orchestre, les chœurs et les solistes,\nfiguraient au programme. Le concert était précédé d'une conférence où j'ai\nessayé de montrer le caractère hautement intellectuel de la musique de Saint\nSaëns."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "170", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3600, "texte": "SCHOLA CANTORUM. 26 février.\nL. L.\n— UOrfeo de Monteverdi (1607), recon-\nstitué par M. V. d'Indy, est revenu au jour ; et nous avons tous été émerveillés.\nCe très ancien opéra, première œuvre dramatique d'un musicien consommé, sait\nunir la vérité de l'accent à l'intérêt musical, comme le Don Juan de Mozart.\nLa comparaison n'a rien d'exagéré ; au contraire, Monteverdi a été un musicien\nplus délicat et plus exercé que Mozart. Il y a dans son œuvre des modulations\nexpressives, et des harmonies douloureuses (quintes augmentées), qui annoncent\nl'art moderne bien plus que l'art du xvne ou du XVIII0 siècle. C'est qu'il vient\naprès une période de haute culture musicale et de raffinement extrême, dont\ntémoignent les beaux recueils de M. Expert (Roland de Lassus, Costeley, Le\nJeune, du Caurroy) ; il a profité de tous les progrès accomplis. L'orchestration\nn'est pas moins intéressante : les instruments doux d'un côté (violons, violes,\nluths, orgues et clavecins), les graves trombones et les trompettes de l'autre,\nforment deux petits orchestres, dont les franches couleurs s'opposent vivement,\ncomme dans les tableaux des primitifs. Rien de plus exquis que la reprise du\njoyeux motif de 1 Introduction par les cuivres, ces accords de trombones qui\ntombent à intervalles réguliers comme des flaques de soleil dans une allée\nd'arbres, et que domine l'éclat des trompettes. Un joli Prologue fait suite\n(Mlle Pironnet), puis une-scène entre Orphée (M.Bourgeois) et les bergers, ornée\nd'un délicieux motif de flûtes aiguës, et la mort d'Eurydice est annoncée par\nune Messagère. Ce récit est une merveille d'émotion profonde et noble, tous les\naccents en sont neufs, expressifs, et harmonieux en même temps ; le cygne de\nLohengrin lui-même en reconnaîtrait quelques-uns ;MîleLegrand le chante en\nmusicienne accomplie, et en grande, très grande artiste. La scène d'Orphée aux\nportes des Enfers, qui nous est donnée ensuite, présente d'abord un très curieux\nair où les coups de gosier imitent les sanglots (premier essai de vérisme), puis\nune douce et triste symphonie, car la lyre d'Orphée est triste ; rien ici de la séré-\nnité de Gluck ; Orphée est un homme, et non un divin virtuose. Les trombones,\nen pianissimo, représentent les puissances infernales, ainsi que dans le Faust de\nSchumann ; la scène est d'un pathétique sobre et sincère, qui n'a que rarement\nété atteint. J'aime un peu moins la dernière scène (Orphée perd Eurydice pour\nla 2e fois) ; le début en est fort beau, mais les ensembles choraux qui terminent\nme semblent un peu froids : il est certain que l'avenir de la musique est doré-\nnavant dans la mélodie accompagnée et dans la symphonie. C'est là que Monte-\nverdi est souverain. Son Orfeo d'ailleurs est une œuvreunique, où est atteint enfin\nun équilibre sans cesse rompu en un sens ou dans l'autre : plus musical que\nles premiers opéras de Péri ou de Caccini, où tout se réduit à une déclamation\nnotée, il n'est pas encore dominé par la virtuosité vocale, ce qui sera le cas\ndes derniers opéras de Monteverdi lui-même. Je ne connais guère d'œuvres\nplus humaines et plus élevées, et ce n'est pas sans raison que les critiques\nadressées à Y Orfeo, comme je le rappelais dernièrement (1), ressemblent à celles\nqui furent faites à Pelléas. Les deux œuvres devaient déplaire aux mêmes\nesprits.\nLe concert commençait par de curieux madrigaux dramatiques (dialogues où\nchaque personnage est représenté par un petit chœur), et des pièces d'orgue de\nmaîtres italiens du xvne siècle, d'un style élégant et facile.\n(1) Cl. Debussy et la simplicité en musique (15 février 1904)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "171", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.19", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3175, "texte": "SALLE ÉRARD. —24 février.\nJ. T.\n— M. Ed. Bernard est un excellent pianiste, et il\nest quelque chose de plus : un musicien d une haute intelligence. La Sonate de\nBeethoven (op. 57) a été jouée dans un grand et beau style, les pièces de Chopin\navec une sobriété et une ampleur bien rares : M. Bernard sait que Chopin était\nun grand musicien, et non un simple virtuose du clavier, et il sait nous le faire\nsentir. Trois petites Pièces de Bach sont délicatement interprétées, et enfin je\nn'ai jamais entendu exécuter ainsi le Prélude, Choral et Fugue de Cés. Franck :\navec une sûreté de mécanisme impeccable, c'est une simplicité, une grandeur,\nune émotion tantôt douce et sereine, tantôt grave et attristée ; le tout tranquille,\naisé, sans effort apparent ; et, à la fin de la fugue, quand les deux thèmes\nreviennent ensemble, une puissance et une clarté incomparables. C'est là du très\ngrand art.\n\nJ. T.\n—Le 11, très intéressante exécution des œuvres de M. de Camondo, où\nrègne un orientalisme original. L'espace me manque pour en parler aujourd hui.\n\nCHAPELLE DE LA SORBONNE. 6 mars.\nL. L.\n— La Société musicale de la Sorbonne,\ndont le chel est M. F. de Saunières, a donné une audition complète du Déluge\nde Saint-Saëns, œuvre magnifique et trop rarement entendue. Le Prélude (M. Le-\nmaître, violon solo), la dramatique ire partie, les formidables ensembles de la\n2epartie, laconclusion de l'œuvre, si touchante, ont été rendus avec une précision,\nune force et un sentiment des nuances vraiment remarquables. C'était certes un\ncoup d'audace, pour une Société d'amateurs, si distinguée soit-elle, de s'attaquer\nà un ouvrage aussi considérable et difficile, mais le succès a justifié la hardiesse\nde l'entreprise.\nA I'INSTITUT RUDY, $3, avenue d'Antin, M. Paul Landormy expose en une\nsuite d'intéressantes conférences Y Histoire de la sonate pour piano et violon, que\ncommentent excellemment Mme Landormy-Plançon et M. Armand Parent. Au\nprogramme de la dernière séance, la Sonate mutine de Haydn en ré majeur, la\nsonate en sol majeur de Mozart, que Mme Landormy a jouée avec beaucoup de\ncharme, et la curieuse sonate de Rust, dont la forme est encore à demi archaï-\nque, mais qui a un accent si personnel, et que M. Parent a exécutée avec une\nvirtuosité pleine d'ampleur et d'énergie Mlle Anne Vila fut très applaudie dans\ndeux airs de Haydn et de Mozart.\n\nSALLE PLEYEL. Grande salle. Le 20, séance de la Société nationale de\nMusique. Le 24, 3E séance de la Société des instruments à vent. Le 26, M. M.-G.\nDebroux. M. Géloso. Le 28, M. André Tracol (3E séance). Le 29, Société des\nCompositeurs de musique.\nSalle des quatuors.— Les 16, 17, 18 et 20, Mlle Hortense Parent (élèves). Le 22,\nMlle Tripet et M. Baretti (3E séance). Le 26, M. Ed. Nadaud (élèves). Le 27,\nMlleTouzard (élèves). Le 30, MM. Calliat et Choinet (5E séance).\n\nSCHOLA CANTORUM. Mme Camille Fourrier donnera le 25 mars un concert\nque nous recommandons vivement à tous nos lecteurs. Il sera consacré aux\nœuvres de V. d'lndy et Cl. Debussy ; MUe 81. Selva et C. de la Bouglise, M. V.\nd'lndy ont promis leur concours.\nLes cinq matinées musicales consacrées à l'audition annuelle des élèves"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 305, "texte": "des cours Hortense Parent auront lieu les 13, 16, 17, 18 et 20 mars (Salons\nPleyel). On sait que ces cours pour les jeunes filles du monde (12, rue de Buci,\net 43, rue Saint-Lazare) sont les écoles d'application de l'école préparatoire au\nprofessorat du piano fondée par Mlle Parent en 1882."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "166", "page_fin": "168", "image_debut": 14, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.1", "titre_corps": "CONCERTS CHEVILLARD. 28 jèvrier.", "titre_sommaire": "CONCERTS CHEVILLARD. 28 jèvrier.", "signature_source": "Louis LALOY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "166", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.14", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "CONCERTS CHEVILLARD. 28 jèvrier.\n\nLa France possède une Symphonie de plus,\noù s'affirme la maîtrise suprême deM. Vin-\ncent d'lndy. J'aimais beaucoup déjà la\nSymphonie sur un thème montagnard (1886),\nfraîche comme les sources, librement\népanouie comme une fleur sauvage, et\nvivifiée, d'un bout à l'autre, par le bon\nvent des cimes, un peu âpre et très doux\nà la fois. Mais nous avons ici une œuvre\nd'un tout autre caractère : le pittoresque\nn'y a plus de part; l'émotion en est tout\nhumaine, la beauté toute musicale; et s'il faut lui trouver une parenté, c est à\nla Symphonie de Franck qu'elle ferait songer, à la fois par la construction géné-\nrale et par la nature de la pensée ; mais en même temps la personnalité de\nM. d'lndy s'y affirme avec énergie.\nComme la Symphonie de Franck, l'œuvre nouvelle sort tout entière d une in-\nspiration unique. On sait que tel n'était pas le cas pour 1 ancienne symphonie :\nmême chez Beethoven, les différents mouvements sont construits le plus souvent\nsur des idées complètement indépendantes et étrangères l'une à 1 autre. L école\nmoderne tend, au contraire, à resserrer le lien entre les parties de 1 œuvre, et\ncette tendance semble bien générale, puisqu'elle se remarque aussi (quoique\nd'une tout autre manière) dans le Quatuor de Debussy. Deux idées dominent la\nSymphonie de d'lndy : elles s'esquissent toutes deux dans 1 Introduction, lente au\npremier mouvement. L'une, très sombre, dessine une marche de triton (le diable\nmusical des vieux théoriciens) et donne naissance à de pénibles harmonies :\nL'autre, harmonieuse et douce, lui répond, et peu à peu développée et fortifiée,\nfinira par la vaincre et se l'asservir. En outre, chaque mouvement aura son\nidée propre à laquelle viendra s'ajouter tantôt l'une, tantôt l'autre des deux idées\n.directrices : et tout s inclinera vers l'abîme, ou montera vers la lumière. Ces\ncombinaisons de thèmes, chefs-d'œuvre de contrepoint, seront toutes merveil-\nleuses de facilité apparente et de naturel : partout on sent l'homme passé maître\nen son art, pour qui les constructions les plus complexes et les associations\nles plus hardies ne sont qu'un jeu. Et cette aisance suprême est déjà, par elle-\nmême, un charme et une beauté. Mais l'œuvre contient d'autres beautés encore,\net supérieures.\nLa première idée du premier mouvement lui est particulière ; exposée parle cor,\n•elle est éclatante et légère, et remet l'âme des angoisses de l'lntroduction :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "167", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.15", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2547, "texte": "Les puissances des ténèbres lui répondent, mais bientôt apparaissent les\nbons génies, dont le motif caractéristique devient la seconde idée de ce premier\nmouvement. 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Colonne de familiariser le public français avec des œuvres\nqu'il faut connaître."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c042", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "169", "page_fin": "169", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.4", "titre_corps": "6 mars.", "titre_sommaire": "6 mars.", "signature_source": "L. 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Le même orchestre accompagne avec une\ndiscrétion extrême les duos et les airs (M1Ies Julie Cahun et Alice Deville, MM. E.\nGluck et J. Reder); et le choral final, dans sa nudité éloquente, achève, résume et\nconclut. L'exécution a été de tout point dignede l'œuvre, c'est-à-dire émue, pré-\ncise et simple. Grand succèspour Mme Panthès, qui joue avec une force, une légè-\nreté et une fougue incomparables la Fantaisie hongroise de Liszt, musique\nhéroïque d'inspiration, et aussi, hélas ! de difficulté. Mais on oublie la difficulté\nquand elle cesse d'être apparente, comme c'était le cas ; et de telles œuvres\ndeviennent de belles œuvres lorsqu'elles trouvent leur interprète."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c043", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "169", "page_fin": "169", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.5", "titre_corps": "SOCIÉTÉ NATIONALE. 5 mars.", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ NATIONALE. 5 mars.", "signature_source": "L. 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Ravel, très ap-\nplaudi, me plaît beaucoup ; c'est l'œuvre d'un musicien délicat et bien doué,\népris d'émotion, de clarté et d'harmonie : si la pensée n'est pas toujours très per-\nsonnelle (en particulier dans bandante), le style est partout limpide, et la sono-\nrité intéressante ; enfin le Scherzo avec son lent en sourdine, est absolument\nbien venu J'ai le regret de ne pas aimer beaucoup le Quatuor de Castillon ( 1872 ;\nil révèle d'excellentes études, le culte de Beethoven, et la familiarité de Schu-\nmann ; mais il me semble quetrop souvent l'imitation de ces maîtres, comme en\nplus d'une œuvre de Castillon, y confine au pastiche. Je ne dirai rien des trois\nSonatines de G. Mauclair, mises en musique par A. Mariotte. Quant aux Pièces\npittoresques de Chabrier, M\"e Selva les détaille avec une délicatesse extrême,\ndans ce style ému et simple qui est le sien ; la Danse villageoise et le Scherzo-valse\nme paraissent les mieux réussis ; les rythmes joyeux, la verve sonore et la\nfolle exubérance, voilà le domaine propre de Çhabrier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c044", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "169", "page_fin": "169", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.6", "titre_corps": "CERCLE CATHOLIQUE.", "titre_sommaire": "CERCLE CATHOLIQUE.", "signature_source": "L. 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Le concert était précédé d'une conférence où j'ai\nessayé de montrer le caractère hautement intellectuel de la musique de Saint\nSaëns."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c045", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "170", "page_fin": "170", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.7", "titre_corps": "SCHOLA CANTORUM. 26 février.", "titre_sommaire": "SCHOLA CANTORUM. 26 février.", "signature_source": "L. 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C'est qu'il vient\naprès une période de haute culture musicale et de raffinement extrême, dont\ntémoignent les beaux recueils de M. Expert (Roland de Lassus, Costeley, Le\nJeune, du Caurroy) ; il a profité de tous les progrès accomplis. L'orchestration\nn'est pas moins intéressante : les instruments doux d'un côté (violons, violes,\nluths, orgues et clavecins), les graves trombones et les trompettes de l'autre,\nforment deux petits orchestres, dont les franches couleurs s'opposent vivement,\ncomme dans les tableaux des primitifs. Rien de plus exquis que la reprise du\njoyeux motif de 1 Introduction par les cuivres, ces accords de trombones qui\ntombent à intervalles réguliers comme des flaques de soleil dans une allée\nd'arbres, et que domine l'éclat des trompettes. Un joli Prologue fait suite\n(Mlle Pironnet), puis une-scène entre Orphée (M.Bourgeois) et les bergers, ornée\nd'un délicieux motif de flûtes aiguës, et la mort d'Eurydice est annoncée par\nune Messagère. Ce récit est une merveille d'émotion profonde et noble, tous les\naccents en sont neufs, expressifs, et harmonieux en même temps ; le cygne de\nLohengrin lui-même en reconnaîtrait quelques-uns ;MîleLegrand le chante en\nmusicienne accomplie, et en grande, très grande artiste. La scène d'Orphée aux\nportes des Enfers, qui nous est donnée ensuite, présente d'abord un très curieux\nair où les coups de gosier imitent les sanglots (premier essai de vérisme), puis\nune douce et triste symphonie, car la lyre d'Orphée est triste ; rien ici de la séré-\nnité de Gluck ; Orphée est un homme, et non un divin virtuose. Les trombones,\nen pianissimo, représentent les puissances infernales, ainsi que dans le Faust de\nSchumann ; la scène est d'un pathétique sobre et sincère, qui n'a que rarement\nété atteint. J'aime un peu moins la dernière scène (Orphée perd Eurydice pour\nla 2e fois) ; le début en est fort beau, mais les ensembles choraux qui terminent\nme semblent un peu froids : il est certain que l'avenir de la musique est doré-\nnavant dans la mélodie accompagnée et dans la symphonie. C'est là que Monte-\nverdi est souverain. Son Orfeo d'ailleurs est une œuvreunique, où est atteint enfin\nun équilibre sans cesse rompu en un sens ou dans l'autre : plus musical que\nles premiers opéras de Péri ou de Caccini, où tout se réduit à une déclamation\nnotée, il n'est pas encore dominé par la virtuosité vocale, ce qui sera le cas\ndes derniers opéras de Monteverdi lui-même. Je ne connais guère d'œuvres\nplus humaines et plus élevées, et ce n'est pas sans raison que les critiques\nadressées à Y Orfeo, comme je le rappelais dernièrement (1), ressemblent à celles\nqui furent faites à Pelléas. Les deux œuvres devaient déplaire aux mêmes\nesprits.\nLe concert commençait par de curieux madrigaux dramatiques (dialogues où\nchaque personnage est représenté par un petit chœur), et des pièces d'orgue de\nmaîtres italiens du xvne siècle, d'un style élégant et facile.\n(1) Cl. Debussy et la simplicité en musique (15 février 1904)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c046", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "171", "page_fin": "171", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.8", "titre_corps": "SALLE ÉRARD. —24 février.", "titre_sommaire": "SALLE ÉRARD. —24 février.", "signature_source": "J. 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Franck :\navec une sûreté de mécanisme impeccable, c'est une simplicité, une grandeur,\nune émotion tantôt douce et sereine, tantôt grave et attristée ; le tout tranquille,\naisé, sans effort apparent ; et, à la fin de la fugue, quand les deux thèmes\nreviennent ensemble, une puissance et une clarté incomparables. C'est là du très\ngrand art."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c047", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "171", "page_fin": "171", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.9", "titre_corps": "—Le 11, très intéressante exécution des œuvres de M. de Camondo, où", "titre_sommaire": "—Le 11, très intéressante exécution des œuvres de M. de Camondo, où", "signature_source": "J. 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L'espace me manque pour en parler aujourd hui."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c048", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "171", "page_fin": "171", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.10", "titre_corps": "CHAPELLE DE LA SORBONNE. 6 mars.", "titre_sommaire": "CHAPELLE DE LA SORBONNE. 6 mars.", "signature_source": "L. 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C'était certes un\ncoup d'audace, pour une Société d'amateurs, si distinguée soit-elle, de s'attaquer\nà un ouvrage aussi considérable et difficile, mais le succès a justifié la hardiesse\nde l'entreprise.\nA I'INSTITUT RUDY, $3, avenue d'Antin, M. Paul Landormy expose en une\nsuite d'intéressantes conférences Y Histoire de la sonate pour piano et violon, que\ncommentent excellemment Mme Landormy-Plançon et M. Armand Parent. Au\nprogramme de la dernière séance, la Sonate mutine de Haydn en ré majeur, la\nsonate en sol majeur de Mozart, que Mme Landormy a jouée avec beaucoup de\ncharme, et la curieuse sonate de Rust, dont la forme est encore à demi archaï-\nque, mais qui a un accent si personnel, et que M. Parent a exécutée avec une\nvirtuosité pleine d'ampleur et d'énergie Mlle Anne Vila fut très applaudie dans\ndeux airs de Haydn et de Mozart."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c049", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "171", "page_fin": "171", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.11", "titre_corps": "SALLE PLEYEL. Grande salle. Le 20, séance de la Société nationale de", "titre_sommaire": "SALLE PLEYEL. Grande salle. 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Calliat et Choinet (5E séance)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c050", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "171", "page_fin": "172", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.5.12", "titre_corps": "SCHOLA CANTORUM. Mme Camille Fourrier donnera le 25 mars un concert", "titre_sommaire": "SCHOLA CANTORUM. Mme Camille Fourrier donnera le 25 mars un concert", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "171", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.19", "debut_caractere": 2851, "fin_caractere_exclue": 3175, "texte": "SCHOLA CANTORUM. Mme Camille Fourrier donnera le 25 mars un concert\nque nous recommandons vivement à tous nos lecteurs. Il sera consacré aux\nœuvres de V. d'lndy et Cl. Debussy ; MUe 81. Selva et C. de la Bouglise, M. V.\nd'lndy ont promis leur concours.\nLes cinq matinées musicales consacrées à l'audition annuelle des élèves"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 305, "texte": "des cours Hortense Parent auront lieu les 13, 16, 17, 18 et 20 mars (Salons\nPleyel). On sait que ces cours pour les jeunes filles du monde (12, rue de Buci,\net 43, rue Saint-Lazare) sont les écoles d'application de l'école préparatoire au\nprofessorat du piano fondée par Mlle Parent en 1882."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c051", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "172", "page_fin": "176", "image_debut": 20, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.20", "debut_caractere": 307, "fin_caractere_exclue": 3162, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nRENNES. —Par arrêté préfectoral, les pouvoirs de la commission de surveil-\nlance du Conservatoire viennent d'être renouvelés pour deux ans.\nDans la première réunion tenue le mardi 23 février, il a été décidé qu'à l'avenir\nles élèves premier prix auront droit à concourir, pour le prix du ministre, trois\nannées consécutives.\nPar suite d'une vacation à la classe préparatoire de piano, M. Çh. Henry a été\nnommé professeur.\nDevant le grand développement que prend le chant dans la ville depuis\ndeux ans et vu le nombre de nouveaux élèves, la création d'une troisième classe\nde chant étant devenue nécessaire, Mlle Lorans a été choisie pour diriger cette\nnouvelle classe.\n\nANGERS.\nA. D.\n— Le 9e concert de la saison a eu lieu le 28 février au Cirque-Théâtre,\navec le concours deMme Faliero-Dalcroze, qui a chanté tour à tour avec verve et\navec passion l'air de Chérubin et l'air de Suzanne (des Noces de Figaro) et la\nMarguerite au rouet de Schubert. Le public a paru enchanté de la cantatrice, et\nla cantatrice enchantée du public.\nA signaler, dans le programme de cette matinée — qui comportait encore du\nMendelssohn, duAlassenet et du Debussy— un Concerto en fa majeur, de Bach,\npour flûte, hautbois, trompette et violon solo, avec accompagnement d'or-\nchestre. 11 faut féliciter l'intelligente direction des Concerts populaires de recou-\nrir si fréquemment aux chefs-d'œuvre à demi oubliés du xvme siècle.\nEnfin, comme pendant à cette musique d'un dessin si simple et quasi décoratif,\non a donné le Sadko de Rimsky-Korsakow, un morceau tout d'expression et\nde pittoresque, et d une barbarie très raffinée, dont l'exécution a fait le plus\ngrand honneur à M. Brahy et à son orchestre.\n\nBORDEAUX. Grand Théâtre.\n\n— Une seule représentation de Mlle Lafargue,\ndans Carmen, nous a révélé une excellente artiste, qui revient trop rarement\nparmi nous.\nMalgré le succès obtenu par Ces Maîtres Chanteurs de R. 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Quant à la Fête des Fous et de VAne,\nun peu moins de trivialité dans le thème et l'orchestration n'aurait pas nui à\ncette 2e partie, qui paraît être la moins heureuse, malgré la brillante et fougueuse\nattaque des trompettes en sourdine qui commencent le thème initial.\nLe concert avait débuté par la f Symphonie (ut mineur) de Saint-Saëns, qui a\nété fort bien exécutée. Les divers mouvements de ce chef-d'œuvre, écrits avec cette\ncorrection et cette magnificence harmonique dont M. Saint-Saëns a seul le\nsecret, nous laisseront certainement le meilleur souvenir de cette audition, ter-\nminée par l'originale Rapsodie Roumaine de M. Georges Enesco.\n\nJ. GRIMO.\n\nLILLE. Société de musique de Lille.\n\n— Le concert débutait par la Symphonie\ninachevée de Schubert [si mineur n° 8), jouée et conduite avec tendresse, bien\nchantée aux violoncelles.\nLes Impressions d Italie ont donné à 1 orchestre l'occasion de montrer sa belle\nfougue et sa grande sonorité. Cela a été joué à 1 italienne, avec une grande\ncompréhension de l'œuvre. Jamais (( Napoli )) ne fit autant d'effet, avec autant de\nsonorité de la part des cuivres, sans gâchis.\nC'était la première fois que Fritz Kreisler venait se faire entendre à Lille. Il\navait choisi le concerto en sol mineur (n° i j de Max Bruch. J aurais préféré une\nœuvre de plus grande envolée, Beethoven, Mendelssohn, Saint-Saëns ou Lalo,\npour lequel j ai une préférence toute spéciale. On a tout dit de Kreisler : justesse\nirréprochable, sonorité extraordinaire dans toute l'échelle de la gamme, intel-\nligence musicale, sobriété du jeu. Je ne peux que le répéter, et le public lui a fait\nune belle ovation. Je Lai moins aimé dans le (( non piu mesto )) de Paganini,\nacrobatie ridicule (mais quelle pureté d'harmoniques !) et danslMjfa de la Suite\nen ré de Bach, où je, l'ai trouvé un peu emphatique et trop vibrant.\nL'ouverture du Tannhauser a clôturé cette belle séance, sans que les cuivres\ncouvrent trop, à la fin, le dessin des cordes.\nConcert populaire du 21 février.— Edgard Tinel, directeur de l'École de\nmusique religieuse de Malines, la Schola cantorum belge, dirigeait l exécution de\nson œuvre symphonique, Polyeucte, trois tableaux d'orchestre d'après la tra-\ngédie de Corneille. M. E. Tinel est un grand musicien, et un chef d'orchestre\nfort habile, au beau profil beethovenien.\nMais j'avouene pas aimer Polyeucte. Le premier tableau, intitulé « Ouverture »,\nest long, long, et l'on y reconnaît des réminiscences de Meyerbeer, Gounod ;\nles thèmes religieux, les chorals se heurtent, sans cohésion, et avec des retours\nde motifs, sans aucune altération, vraiment pénibles. La conclusion est genre\nprélude de Lohengrin.\nLe deuxième tableau, « le Songe de Pauline », mieux équilibré, est plus intéres-\nsant. L orchestration rappelle que l'auteur est un organiste. Le troisième tableau,\n(( Fête dans le temple de Jupiter », est quelconque, farci de danses à la manière\nde Gounod, Massenet, Delibes, flûtes et harpes, cordes à l'unisson, cymbales,\ngrossecaisse rythmant une marche de procession, etc. M. Brugeman, à l'orgue, a"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "joué de M. Tinel une pièce en forme de canon, autrement intéressante que tout ce\nbagage orchestral.\nLe Quatuor Parent est venu le 13 donner une séance de musique de chambre.\nOn y joua le Quatuor de Franck et la Sonate de Lekeu qu'accompagna à mer-\nveille une jeune pianiste lilloise, Mlle Louvois, qui est une belle artiste.\n\nDr A. GAUDIER.\n\nLYON.\nMONIC.\n— Les amateurs de musique ne chôment pas. Après le concert de Ma-\nlats qui nous a donné l'audition des pièces de piano qu'il avait exécutées au\nconcours Diémer et dont le jeu très correct et très classique a été apprécié comme\nil convenait, nous avons eu avec Mme Panthès un jeu beaucoup plus fantaisiste et\nnon moins intéressant, surtout par la variété et le nombre des œuvres que la mé-\nmoire prodigieuse de cette artiste lui permet d'exécuter avec un mécanisme\nvraiment remarquable. Elle fut appréciée surtout dans Schumann et Chopin et\nplus encore dans les pièces de douceur que dans celles de virtuosité où elle\nexagère parfois les mouvements aux dépens de la netteté.\nFauré nous a donné avec le Quatuor Marteau une audition de sa Sonate piano\net violon et de ses deux quatuors si délicieux ; le public nombreux et spécial qui\ny assistait a fait un accueil chaleureux à l'auteur et à ses interprètes.\nColonne est venu avec son orchestre et a joué en perfection la Symphonie fan-\ntastique) la suite de VArtésienne, les Impressions d'Italie de Charpentier, la\nDanse des Sylphes et la Marche hongroise. Ce programme a soulevé toutes\nles réclamations de la presse musicale, qui voulait des pièces plus nouvelles et\nmoins connues qu'on a peu l'occasion d'entendre à Lyon, alors que tout ce\nprogramme fait partie du répertoire courant.\nLe mérite de Berlioz est suffisamment connu maintenant pour qu'on puisse,\nmême en province, passer à des auteurs plus modernes.\nLe grand Théâtre ayant abandonné la Traviata et Tutti quanti fait salle comble\navec le Crépuscule et la Walkyrie ; il annonce pour le mois d'avril 2 cycles de la\nTétralogie complète pour lesquels les inscriptions sont reçues dès maintenant à\nl'Hôtel de Ville.\nLes prix modérés des places et l'excellence de notre orchestre attireront certai -\nnement un public nombreux à ces représentations, moins éloignées que celles de\nBayreuth et en somme très satisfaisantes.\n\nMARSEILLE. Une audition de quelques extraits des œuvres de Berlioz aeu\nlieu le lundi 12 février aux salons Pain. Le programme était ainsi composé :\nPremière partie de la Damnation de Faust. A) Chœur des Buveurs.\nB) Chanson de Brander. C) Fugue. Romance de Marguerite : (( D'amour\nl'ardente flamme. ))\nicr acte de la Prise de Troie : Septuor des Troyens. Duo.— Chœur religieux.\nLes solistes étaient Mlles Moulin, Lomagne, Rotgé ; MM. Malka, Fournier,\nLeydet, Bontoux.\nLes chœurs, Groupe Berlioz et Association artistique, sous la direction de\nM. Michaud, ont exécuté très correctement les trois pièces d'ensemble portées\nau programme.\nS'il faut dire notre opinion sur cette audition, c'est qu'elle fut intéressante\nsurtout parce qu'elle nous permit d'entendre pour la première fois à Marseille\nle lERIER acte de la Prise de Troie. Mais nous devons regretter cependant que\ndeux pianos aient fait l'office d'orchestre à cette occasion ;ce qui, franchement,\neu égard à la « pianophobie )) de Berlioz, fut par trop ironique.\nCONGRÈS MUSICAL. La ville d'Arras organise pour les samedi 4 et dimanche\n5 juin 1904 un Congrès des délégués des Sociétés musicales françaises et"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3481, "texte": "étrangères, dans lequel seront discutées d'importantes questions relatives aux\nmoyens de développer l'art musical en France et à l'étranger.\nLe 5 juin, dans la matinée, aura lieu l'assemblée générale des Sociétés musi-\ncales du Nord et du Pas-de-Calais, qui comptent actuellement 22.000 adhérents.\n\nOPÉRA-COMIQUE. Par arrêté en date du 29 février dernier, M. le Ministre\ndes Beaux-Arts vient de prolonger de 7 années, à dater du ier septembre 1904, la\ndurée du privilège concédé à M. Albert Carré pour l'exploitation du théâtre\nnational de l'Opéra-Comique.\nA cette occasion, M. Carré a consenti, sur la demande du Ministre et de\nM. Henry Marcel, Directeur des Beaux-Arts, trois concessions nouvelles, qui ont\nété inscrites dans le cahier des charges du théâtre.\ni° M. Carré était jadis tenu de faire représenter par année onze actes non-\nveaux de compositeurs français.\nIl est stipulé qu'il sera dorénavant obligé d'en représenter douze.\n20 Vis-à-vis des élèves du Conservatoire, M. Carré n'avait, dans le régime\nantérieur, aucune obligation. Il était autorisé, avec le consentement du Ministre,\nà engager ceux d'entre eux qui avaient terminé leurs études, simple faculté dont\nil lui était loisible de ne pas user.\nA l'avenir, le Ministre pourra toujours, sur la proposition du Directeur des\nBeaux-Arts,exiger l'engagement de deux élèves ayant obtenu le premier prix d 0-\npéra comique et dont les aptitudes artistiques paraîtraient justifier cette mesure.\n30 Au lieu de donner chaque mois une représentation populaire à prix réduits,\nM. Carré, ainsi qu'il en a du reste pris lui-même l'initiative dès cette année, sera\ntenu désormais d'en donner une chaque lundi, sauf le lundi gras et le lundi de\nPâques, ou les veilles et les jours de Noël et de Nouvel An, s'ils tombaient un\nlundi. C est donc, sur ce point, la consécration définitive d'une concession qui\nne figurait pas au cahier des charges de 1898.\n\nPRIX DE ROME. L'Académie des Beaux-Arts vient de désigner, pour être\nadjoints à la commission chargée de rendre son jugement dans les concours de\ncompositionmusicale pourles prix de Rome à décerner en 1904, les artistes dont\nles noms suivent :\nJurés titulaires : MM. Ch. Lefebvre, Widor, Fauré ; jurés supplémentaires :\nMM. Leroux, Ch. Duvernoy.\nUn projet de règlement relatif au concours de composition musicale pour le\nGrand Prix de Rome, nécessité par l'adjonction de nouvelles dispositions visant\nnotamment la participation des femmes à ce concours, vient d'êtrç élaboré après\nentente entre l'administration des Beaux-Arts, le Conservatoire national et M. le\nchef du secrétariat de l'lnstitut.\nAucune modification touchant les prérogatives de l'Académie en ce qui con-\ncerne le jugement des épreuves de ce concours n'a été apportée au règlement\nactuellement en vigueur.\n\nOPÉRA. Aux termes de 1 article 14 de son cahier des charges, le Directeur de\nl'Opéra est tenu de faire représenter tous les deux ans sur la scène de ce théâtre\nun ouvrage (ballet ou opéra) en un, deux ou trois actes, dont la partition doit\nêtre écrite par un élève de Rome, grand prix de composition musicale.\nLa section de musique de l'Académie des Beaux-Arts, sur l'invitation qui lui en\na été faite par M. Chaumié, désignera dans une de ses prochaines séances les\ncinq candidats parmi lesquels pourra être choisi l'auteur de l'ouvrage qui sera\nreprésenté en 1905.\nM. Gailhard disposera ainsi de tout le temps suffisant pour pouvoir monter\ncet ouvrage dans les délais réglementaires."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.24", "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 3203, "texte": "VALENCE. — La ville de Valence organise un grand concours international de\nmusique qui aura lieu les 13, 14, 15 et 16 août prochain, sous la présidence de\nM. Vincent d'Indy et de M. Maréchal, inspecteur de l'enseignement musical.\n\nÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. — M. Pirro a terminé son cours par de\nfort intéressantes auditions d'airs de Mauduit et de Boesset (M. Nansen), et de\npièces pittoresques pour clavecin de Byrd et J. Bull (Mme Landowska). Les\nlundis 14 et 21 mars, 18 et 25 avril, à 4 h. 1/4, cours de M. Laloy sur la\nMusique contemporaine {de Schumann à Debussy). M. Éd. Bernard exécutera les\nœuvres étudiées.\n— M. Constant Pierre a publié l'un des documents annoncés dans son volume\nles Hymmes et Chansons de la Révolution (n° 47, page 308), qui apporte un nouvel\nélément dans la discussion ouverte au sujet de YHymme à l'Etre suprême de M -J.\nChénier répudié par Robespierre. C'est une partie de la musique de Gossec dont\nnul n'a eu connaissance avant la découverte de M. C. Pierre et qui n'existe pas\ndans la partition autographe que possède la bibliothèque du Conservatoire.\n11 en résulte que deux strophes pour chœur à 4 voix ont été supprimées à l'exé-\ncution et que Gossec les a éliminées lui-même ensuite de sa partition. Elles ont\nété reconstituées par M. C. Pierre à l'aide de parties séparées manuscrites.\n\nFERRARIS.\nGENÈVE. — Parmi les dix sept concerts que nous a apportés février, il en est\nquelques-uns qu'il est juste de mettre hors de pair, tant par les artistes qui s'y\ntirent entendre que par la composition de leurs programmes.\nPour le chant citons les trois récitals de Mme Faliero-Dalcroze, l'éminente can-\ntatrice, qui a pu développer dans des programmes chronologiques admirable-\nment gradués, ses qualités vocales si belles et son goût si sûr.\nPour le piano, c'est Mme Careno, la grande artiste toujours applaudie, qui in-\nterpréta Beethoven, Chopin et Schubert, avec une fougue et une autorité gran-\ndioses.\nPour le violon, ce furent Oliveira et Florizel Reuter : le premier, artiste fait,\nen pleine possession d'un talent superbe ; le second, enfant prodige extraordi-\nnaire pour qui la difficulté semble déjà ne plus exister.\nLa musique dechambre dans le concert Fauré Marteau remporta un triomphe.\nSoit dans la sonate en la majeur, soit dans les quatuors en sol mineur et ut\nmineur — avec MM. Panké et Rehberg, — le succès fut immense : la richesse\nharmonique, le charme intense, pénétrant, de Fauré ne pouvant qu'obtenir pa-\nreil résultat.\nUne très intéressante séance de musique ancienne, donnée par la Société des\nInstruments anciens de Paris, a fait revivre à nos oreilles charmées les airs de\njadis, allant du grave au pimpant, du doux au sévère.\nEt enfin, pour terminer ce mois bien chargé, l'inoubliable concert de l'Or-\nchestre Lamoureux, acclamé par une salle transportée d'enthousiasme pour les\nmagistrales exécutions de cette phalange unique et de son chef, M. Chevillard.\nAu programme seulement trois noms : Berlioz, Beethoven, Wagner.\n\nLabondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro\nnos Correspondances de Nice et de Rouen."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c052", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "172", "page_fin": "172", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.1", "titre_corps": "RENNES. —Par arrêté préfectoral, les pouvoirs de la commission de", "titre_sommaire": "RENNES. —Par arrêté préfectoral, les pouvoirs de la commission de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.20", "debut_caractere": 341, "fin_caractere_exclue": 1009, "texte": "RENNES. —Par arrêté préfectoral, les pouvoirs de la commission de surveil-\nlance du Conservatoire viennent d'être renouvelés pour deux ans.\nDans la première réunion tenue le mardi 23 février, il a été décidé qu'à l'avenir\nles élèves premier prix auront droit à concourir, pour le prix du ministre, trois\nannées consécutives.\nPar suite d'une vacation à la classe préparatoire de piano, M. 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Domergue\nde la Chaussée, qui, dans une musique alerte, bien coloréeet pleine d'espérances,\na permis à Mlles Lovati, Fabiani, Régina Badet et tout le corps du ballet, de\nrivaliser de grâce et d'élégance.\nSous le livret de la Femme de Claude, un peu métamorphosé par M. L. Gallet,\nle maître L. Cahen a écrit une partition pleine de distinction et de richesse\nmélodique, et 1 on a particulièrement applaudi MM. Blancard, Commerais, et\nMlles Nady Blancard, Géraldi. M. Dufriche devra se ressaisir : l'émission, souvent\ngénée, dans les notes élevées lui a beaucoup nui. En résumé, accueil des plus"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "liatteuis à la pièce et à ses interprètes, qui font présager d'heureux lendemains\nà ce drame lyrique.\nLe 7 conceit Sainte-Cécile, qui a été des plus brillants, était rehaussé par le\nconcours de M. G. Pierné qui a lui-même dirigé son poème symphonique, l'An\nmil, et de M. Lucien Capet, qui a exécuté un concerto de M. Pennequin, le chef\nd orchestre des conceits, et le Rondo capmccioso de Saint Saëns, après lequel il\nfut obligé d'ajouter deux pièces tirées des Suites de Bach.\nL accueil fait à lAn mil a été des plus chaleureux, quoique une étude plus\ncomplète de cette œu\\ re eût été nécessaire. Le Miserere mei et le le Deum lau-\ndamus ont été plus particulièrement goûtés. Quant à la Fête des Fous et de VAne,\nun peu moins de trivialité dans le thème et l'orchestration n'aurait pas nui à\ncette 2e partie, qui paraît être la moins heureuse, malgré la brillante et fougueuse\nattaque des trompettes en sourdine qui commencent le thème initial.\nLe concert avait débuté par la f Symphonie (ut mineur) de Saint-Saëns, qui a\nété fort bien exécutée. Les divers mouvements de ce chef-d'œuvre, écrits avec cette\ncorrection et cette magnificence harmonique dont M. Saint-Saëns a seul le\nsecret, nous laisseront certainement le meilleur souvenir de cette audition, ter-\nminée par l'originale Rapsodie Roumaine de M. Georges Enesco.\n\nJ. GRIMO."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c055", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "173", "page_fin": "174", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.4", "titre_corps": "LILLE. Société de musique de Lille.", "titre_sommaire": "LILLE. Société de musique de Lille.", "signature_source": "Dr A. GAUDIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.21", "debut_caractere": 1350, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "LILLE. Société de musique de Lille.\n\n— Le concert débutait par la Symphonie\ninachevée de Schubert [si mineur n° 8), jouée et conduite avec tendresse, bien\nchantée aux violoncelles.\nLes Impressions d Italie ont donné à 1 orchestre l'occasion de montrer sa belle\nfougue et sa grande sonorité. Cela a été joué à 1 italienne, avec une grande\ncompréhension de l'œuvre. Jamais (( Napoli )) ne fit autant d'effet, avec autant de\nsonorité de la part des cuivres, sans gâchis.\nC'était la première fois que Fritz Kreisler venait se faire entendre à Lille. Il\navait choisi le concerto en sol mineur (n° i j de Max Bruch. J aurais préféré une\nœuvre de plus grande envolée, Beethoven, Mendelssohn, Saint-Saëns ou Lalo,\npour lequel j ai une préférence toute spéciale. On a tout dit de Kreisler : justesse\nirréprochable, sonorité extraordinaire dans toute l'échelle de la gamme, intel-\nligence musicale, sobriété du jeu. Je ne peux que le répéter, et le public lui a fait\nune belle ovation. Je Lai moins aimé dans le (( non piu mesto )) de Paganini,\nacrobatie ridicule (mais quelle pureté d'harmoniques !) et danslMjfa de la Suite\nen ré de Bach, où je, l'ai trouvé un peu emphatique et trop vibrant.\nL'ouverture du Tannhauser a clôturé cette belle séance, sans que les cuivres\ncouvrent trop, à la fin, le dessin des cordes.\nConcert populaire du 21 février.— Edgard Tinel, directeur de l'École de\nmusique religieuse de Malines, la Schola cantorum belge, dirigeait l exécution de\nson œuvre symphonique, Polyeucte, trois tableaux d'orchestre d'après la tra-\ngédie de Corneille. M. E. Tinel est un grand musicien, et un chef d'orchestre\nfort habile, au beau profil beethovenien.\nMais j'avouene pas aimer Polyeucte. Le premier tableau, intitulé « Ouverture »,\nest long, long, et l'on y reconnaît des réminiscences de Meyerbeer, Gounod ;\nles thèmes religieux, les chorals se heurtent, sans cohésion, et avec des retours\nde motifs, sans aucune altération, vraiment pénibles. La conclusion est genre\nprélude de Lohengrin.\nLe deuxième tableau, « le Songe de Pauline », mieux équilibré, est plus intéres-\nsant. L orchestration rappelle que l'auteur est un organiste. Le troisième tableau,\n(( Fête dans le temple de Jupiter », est quelconque, farci de danses à la manière\nde Gounod, Massenet, Delibes, flûtes et harpes, cordes à l'unisson, cymbales,\ngrossecaisse rythmant une marche de procession, etc. M. Brugeman, à l'orgue, a"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 354, "texte": "joué de M. Tinel une pièce en forme de canon, autrement intéressante que tout ce\nbagage orchestral.\nLe Quatuor Parent est venu le 13 donner une séance de musique de chambre.\nOn y joua le Quatuor de Franck et la Sonate de Lekeu qu'accompagna à mer-\nveille une jeune pianiste lilloise, Mlle Louvois, qui est une belle artiste.\n\nDr A. GAUDIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c056", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "174", "page_fin": "174", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.5", "titre_corps": "LYON.", "titre_sommaire": "LYON.", "signature_source": "MONIC", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.22", "debut_caractere": 356, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "LYON.\nMONIC.\n— Les amateurs de musique ne chôment pas. Après le concert de Ma-\nlats qui nous a donné l'audition des pièces de piano qu'il avait exécutées au\nconcours Diémer et dont le jeu très correct et très classique a été apprécié comme\nil convenait, nous avons eu avec Mme Panthès un jeu beaucoup plus fantaisiste et\nnon moins intéressant, surtout par la variété et le nombre des œuvres que la mé-\nmoire prodigieuse de cette artiste lui permet d'exécuter avec un mécanisme\nvraiment remarquable. Elle fut appréciée surtout dans Schumann et Chopin et\nplus encore dans les pièces de douceur que dans celles de virtuosité où elle\nexagère parfois les mouvements aux dépens de la netteté.\nFauré nous a donné avec le Quatuor Marteau une audition de sa Sonate piano\net violon et de ses deux quatuors si délicieux ; le public nombreux et spécial qui\ny assistait a fait un accueil chaleureux à l'auteur et à ses interprètes.\nColonne est venu avec son orchestre et a joué en perfection la Symphonie fan-\ntastique) la suite de VArtésienne, les Impressions d'Italie de Charpentier, la\nDanse des Sylphes et la Marche hongroise. Ce programme a soulevé toutes\nles réclamations de la presse musicale, qui voulait des pièces plus nouvelles et\nmoins connues qu'on a peu l'occasion d'entendre à Lyon, alors que tout ce\nprogramme fait partie du répertoire courant.\nLe mérite de Berlioz est suffisamment connu maintenant pour qu'on puisse,\nmême en province, passer à des auteurs plus modernes.\nLe grand Théâtre ayant abandonné la Traviata et Tutti quanti fait salle comble\navec le Crépuscule et la Walkyrie ; il annonce pour le mois d'avril 2 cycles de la\nTétralogie complète pour lesquels les inscriptions sont reçues dès maintenant à\nl'Hôtel de Ville.\nLes prix modérés des places et l'excellence de notre orchestre attireront certai -\nnement un public nombreux à ces représentations, moins éloignées que celles de\nBayreuth et en somme très satisfaisantes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c057", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "174", "page_fin": "175", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.6", "titre_corps": "MARSEILLE. Une audition de quelques extraits des œuvres de Berlioz aeu", "titre_sommaire": "MARSEILLE. Une audition de quelques extraits des œuvres de Berlioz aeu", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.22", "debut_caractere": 2297, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "MARSEILLE. Une audition de quelques extraits des œuvres de Berlioz aeu\nlieu le lundi 12 février aux salons Pain. Le programme était ainsi composé :\nPremière partie de la Damnation de Faust. A) Chœur des Buveurs.\nB) Chanson de Brander. C) Fugue. Romance de Marguerite : (( D'amour\nl'ardente flamme. ))\nicr acte de la Prise de Troie : Septuor des Troyens. Duo.— Chœur religieux.\nLes solistes étaient Mlles Moulin, Lomagne, Rotgé ; MM. Malka, Fournier,\nLeydet, Bontoux.\nLes chœurs, Groupe Berlioz et Association artistique, sous la direction de\nM. Michaud, ont exécuté très correctement les trois pièces d'ensemble portées\nau programme.\nS'il faut dire notre opinion sur cette audition, c'est qu'elle fut intéressante\nsurtout parce qu'elle nous permit d'entendre pour la première fois à Marseille\nle lERIER acte de la Prise de Troie. Mais nous devons regretter cependant que\ndeux pianos aient fait l'office d'orchestre à cette occasion ;ce qui, franchement,\neu égard à la « pianophobie )) de Berlioz, fut par trop ironique.\nCONGRÈS MUSICAL. La ville d'Arras organise pour les samedi 4 et dimanche\n5 juin 1904 un Congrès des délégués des Sociétés musicales françaises et"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 311, "texte": "étrangères, dans lequel seront discutées d'importantes questions relatives aux\nmoyens de développer l'art musical en France et à l'étranger.\nLe 5 juin, dans la matinée, aura lieu l'assemblée générale des Sociétés musi-\ncales du Nord et du Pas-de-Calais, qui comptent actuellement 22.000 adhérents."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c058", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "175", "page_fin": "175", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.7", "titre_corps": "OPÉRA-COMIQUE. Par arrêté en date du 29 février dernier, M. le Ministre", "titre_sommaire": "OPÉRA-COMIQUE. Par arrêté en date du 29 février dernier, M. le Ministre", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.23", "debut_caractere": 313, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "OPÉRA-COMIQUE. Par arrêté en date du 29 février dernier, M. le Ministre\ndes Beaux-Arts vient de prolonger de 7 années, à dater du ier septembre 1904, la\ndurée du privilège concédé à M. Albert Carré pour l'exploitation du théâtre\nnational de l'Opéra-Comique.\nA cette occasion, M. Carré a consenti, sur la demande du Ministre et de\nM. Henry Marcel, Directeur des Beaux-Arts, trois concessions nouvelles, qui ont\nété inscrites dans le cahier des charges du théâtre.\ni° M. Carré était jadis tenu de faire représenter par année onze actes non-\nveaux de compositeurs français.\nIl est stipulé qu'il sera dorénavant obligé d'en représenter douze.\n20 Vis-à-vis des élèves du Conservatoire, M. Carré n'avait, dans le régime\nantérieur, aucune obligation. Il était autorisé, avec le consentement du Ministre,\nà engager ceux d'entre eux qui avaient terminé leurs études, simple faculté dont\nil lui était loisible de ne pas user.\nA l'avenir, le Ministre pourra toujours, sur la proposition du Directeur des\nBeaux-Arts,exiger l'engagement de deux élèves ayant obtenu le premier prix d 0-\npéra comique et dont les aptitudes artistiques paraîtraient justifier cette mesure.\n30 Au lieu de donner chaque mois une représentation populaire à prix réduits,\nM. Carré, ainsi qu'il en a du reste pris lui-même l'initiative dès cette année, sera\ntenu désormais d'en donner une chaque lundi, sauf le lundi gras et le lundi de\nPâques, ou les veilles et les jours de Noël et de Nouvel An, s'ils tombaient un\nlundi. C est donc, sur ce point, la consécration définitive d'une concession qui\nne figurait pas au cahier des charges de 1898."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c059", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "175", "page_fin": "175", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.8", "titre_corps": "PRIX DE ROME. L'Académie des Beaux-Arts vient de désigner, pour être", "titre_sommaire": "PRIX DE ROME. L'Académie des Beaux-Arts vient de désigner, pour être", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.23", "debut_caractere": 1921, "fin_caractere_exclue": 2794, "texte": "PRIX DE ROME. L'Académie des Beaux-Arts vient de désigner, pour être\nadjoints à la commission chargée de rendre son jugement dans les concours de\ncompositionmusicale pourles prix de Rome à décerner en 1904, les artistes dont\nles noms suivent :\nJurés titulaires : MM. Ch. Lefebvre, Widor, Fauré ; jurés supplémentaires :\nMM. Leroux, Ch. Duvernoy.\nUn projet de règlement relatif au concours de composition musicale pour le\nGrand Prix de Rome, nécessité par l'adjonction de nouvelles dispositions visant\nnotamment la participation des femmes à ce concours, vient d'êtrç élaboré après\nentente entre l'administration des Beaux-Arts, le Conservatoire national et M. le\nchef du secrétariat de l'lnstitut.\nAucune modification touchant les prérogatives de l'Académie en ce qui con-\ncerne le jugement des épreuves de ce concours n'a été apportée au règlement\nactuellement en vigueur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c060", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "175", "page_fin": "175", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.9", "titre_corps": "OPÉRA. Aux termes de 1 article 14 de son cahier des charges, le Directeur de", "titre_sommaire": "OPÉRA. Aux termes de 1 article 14 de son cahier des charges, le Directeur de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.23", "debut_caractere": 2796, "fin_caractere_exclue": 3481, "texte": "OPÉRA. Aux termes de 1 article 14 de son cahier des charges, le Directeur de\nl'Opéra est tenu de faire représenter tous les deux ans sur la scène de ce théâtre\nun ouvrage (ballet ou opéra) en un, deux ou trois actes, dont la partition doit\nêtre écrite par un élève de Rome, grand prix de composition musicale.\nLa section de musique de l'Académie des Beaux-Arts, sur l'invitation qui lui en\na été faite par M. Chaumié, désignera dans une de ses prochaines séances les\ncinq candidats parmi lesquels pourra être choisi l'auteur de l'ouvrage qui sera\nreprésenté en 1905.\nM. Gailhard disposera ainsi de tout le temps suffisant pour pouvoir monter\ncet ouvrage dans les délais réglementaires."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c061", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c061", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "176", "page_fin": "176", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.10", "titre_corps": "VALENCE. — La ville de Valence organise un grand concours international de", "titre_sommaire": "VALENCE. — La ville de Valence organise un grand concours international de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.24", "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 328, "texte": "VALENCE. — La ville de Valence organise un grand concours international de\nmusique qui aura lieu les 13, 14, 15 et 16 août prochain, sous la présidence de\nM. Vincent d'Indy et de M. Maréchal, inspecteur de l'enseignement musical."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c062", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c062", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "176", "page_fin": "176", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.11", "titre_corps": "ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. — M. Pirro a terminé son cours par de", "titre_sommaire": "ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. — M. 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Constant Pierre a publié l'un des documents annoncés dans son volume\nles Hymmes et Chansons de la Révolution (n° 47, page 308), qui apporte un nouvel\nélément dans la discussion ouverte au sujet de YHymme à l'Etre suprême de M -J.\nChénier répudié par Robespierre. C'est une partie de la musique de Gossec dont\nnul n'a eu connaissance avant la découverte de M. C. Pierre et qui n'existe pas\ndans la partition autographe que possède la bibliothèque du Conservatoire.\n11 en résulte que deux strophes pour chœur à 4 voix ont été supprimées à l'exé-\ncution et que Gossec les a éliminées lui-même ensuite de sa partition. Elles ont\nété reconstituées par M. C. Pierre à l'aide de parties séparées manuscrites."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c063", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c063", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "176", "page_fin": "176", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.12", "titre_corps": "GENÈVE. — Parmi les dix sept concerts que nous a apportés février, il en est", "titre_sommaire": "GENÈVE. — Parmi les dix sept concerts que nous a apportés février, il en est", "signature_source": "FERRARIS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.24", "debut_caractere": 1432, "fin_caractere_exclue": 3090, "texte": "FERRARIS.\nGENÈVE. — Parmi les dix sept concerts que nous a apportés février, il en est\nquelques-uns qu'il est juste de mettre hors de pair, tant par les artistes qui s'y\ntirent entendre que par la composition de leurs programmes.\nPour le chant citons les trois récitals de Mme Faliero-Dalcroze, l'éminente can-\ntatrice, qui a pu développer dans des programmes chronologiques admirable-\nment gradués, ses qualités vocales si belles et son goût si sûr.\nPour le piano, c'est Mme Careno, la grande artiste toujours applaudie, qui in-\nterpréta Beethoven, Chopin et Schubert, avec une fougue et une autorité gran-\ndioses.\nPour le violon, ce furent Oliveira et Florizel Reuter : le premier, artiste fait,\nen pleine possession d'un talent superbe ; le second, enfant prodige extraordi-\nnaire pour qui la difficulté semble déjà ne plus exister.\nLa musique dechambre dans le concert Fauré Marteau remporta un triomphe.\nSoit dans la sonate en la majeur, soit dans les quatuors en sol mineur et ut\nmineur — avec MM. Panké et Rehberg, — le succès fut immense : la richesse\nharmonique, le charme intense, pénétrant, de Fauré ne pouvant qu'obtenir pa-\nreil résultat.\nUne très intéressante séance de musique ancienne, donnée par la Société des\nInstruments anciens de Paris, a fait revivre à nos oreilles charmées les airs de\njadis, allant du grave au pimpant, du doux au sévère.\nEt enfin, pour terminer ce mois bien chargé, l'inoubliable concert de l'Or-\nchestre Lamoureux, acclamé par une salle transportée d'enthousiasme pour les\nmagistrales exécutions de cette phalange unique et de son chef, M. Chevillard.\nAu programme seulement trois noms : Berlioz, Beethoven, Wagner."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-03-15-01-c064", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-03-15_01#c064", "volume": "bmtnabj_1904-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "176", "page_fin": "176", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.2.6.13", "titre_corps": "Labondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro", "titre_sommaire": "Labondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.24", "debut_caractere": 3092, "fin_caractere_exclue": 3203, "texte": "Labondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro\nnos Correspondances de Nice et de Rouen."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN° 6 (quatrième année)\n15 Mars\n1904.\nR. M.\nI 2\n\nAlbert CARRÉ"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.2", "texte": "ALBERT CARBÉ\nLouis SCHNEIDER.\n\nLe directeur de l'Opéra-Comique est né à Strasbourg le 22 juin 1852 ; il quitta\nsa ville natale pour entrer au Conservatoire de Paris, où il obtint des nominations\nen 1872 et 187 yet un deuxième prix de comédie en 187 q. Il fît en 1876 partie de\nla troupe du Vaudeville ; mais bientôt la direction le tentait. Il obtint en iBBq la\ndirection du théâtre de Nancy. C'était là un simple apprentissage du métier de\ndirecteur ; M. Albert Carré s'y initia très rapidement, car il avait Vamour du\nthéâtre. Mais c'était Paris qui le tentait, et une direction de province, si brillante\nfut-elle, ne valait pas pour lui le moindre coin de cabinet directorial à Paris.\nIl revint bientôt à Paris pour être nommé associé de Raymond Deslandes à la\ndirection de ce Vaudeville où il avait mérité ses premiers galons comme comédien.\nM. Deslandes mourut, et M. Carré, devenu seul directeur du Vaudeville, s'associa\nen iBgy avec M. Porel,qui venaitd'acquérir la direction du Gymnase. Le Vaudeville\net le Gymnase se trouvèrent donc réunis sous les mêmes mains ; ce fut pour ces deux\nthéâtres une ère de prospérité qu'ils n'avaient pas connue depuis longtemps.\nM. Albert Carré fut désigné en iBg6 par le Ministre de l Instruction publique\npour une mission où il devait étudier le fonctionnement des théâtres lyriques en\nEurope. Il en rapporta une étude pleine de remarques judicieuses, qui aujourd hui\nencore fait autorité en la matière. Une semblable compétence désignait tout natu-\nrellement M. Carré à la direction de VOpéra-Comique le jour où M. Carvalho mou-\nrut ; M. Carré fut nommé le iy janvier iBgB. Pour une /ois (( il fallait un\ncalculateur », et ce fut un calculateur qui l'obtint.\nEst-il utile de retracer la liste des principales œuvres qu'il a jouées sous sa direc-\ntion à l'Opéra-Comique ? Fervaal, la Vie de Bohême, Fidelio en iBgS ; Beaucoup\nde bruit pour rien et Cendrillon en iBgg ; Louise, le Juif polonais, Hansel\net Gretel en igoo ; /'Ouragan et Grisélidis en igoi ; Pelléas et Mélisande, la\nCarmélite en 1902 ; Muguette, Titania, la Tosca et la Reine Fiammette en igoq ;\nsans compter ce merveilleux Orphée et ce Joseph qui nous réapparurent en 18gg\nmontés comme jamais on ne les avait vus nulle part. Au surplus, chaque œuvre\nnouvelle jouée sous la direction de M. Albert Carré marque un progrès nouveau.\nDe nombreuses et flatteuses distinctions sont venues lui témoigner en quelle\nestime 011 le tient partout '. vice-président de 1 Association des Artistes dramatiques,\nmembre de la Société des Auteurs, officier de la Légion d'honneur, officier de l'lns-\ntruction publique, commandeur de l'ordre de la Couronne d Italie, officier de l'ordre\nde Léopold de Belgique et de Saint-Olaf de Norvège, chevalier de Sainte-Anne de\nRussie et du Sauveur de Grèce, il a l'estime et la grande amitié de tous les composi-\nteurs qui furent joués par lui ; il a la confiance du public, qu'il a ramené au théâtre\nde 1 Opéra-Comique, un peu délaissé deux ou trois ans avant la mort de Carvalho.\nLa musique française et l'art de la mise en scène lui doivent beaucoup. M. Albert\nCarré est mieux qu'un directeur, c'est un artiste. Il laissera un nom glorieux."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.3", "texte": "NOS CONCOURS\n\nNos Concours.\n\nI. CONCOURS DE COMPOSITION. SUJET: Une danse pour piano, à 5 temps, de\nla dimension de 4 pages de notre Supplément. PRIX : 500 fr. Président de\nla Commission : M. Cl. Debussy.\nVingt compositions nous ont été envoyées, parmi lesquelles un premier clas-\nsement a écarté :\ni° Deux morceaux écrits d'une main très inexpérimentée ;\n20 Trois autres qui n'ont pas paru répondre aux conditions du concours, parce\nqu'ils étaient écrits en mesures de 3 et de 2 temps alternées, alcrs que nous de-\nmandions un rythme franc de 5 temps; parmi ces compositions, l'une témoignait\nde beaucoup de soin : Tout est mal qui finira mal. Mais la première idée man-\nquait d'intérêt, et dans la seconde, tirée du chant populaire sur lequel M. d Indy\na bâti sa ire Symphonie, l'effort de déformation rythmique était visible.\n30 Une ronde, une danse et trois airs de ballet dont l'inspiration a paru faible\nou triviale.\nRestaient en présence dix compositions :\nLe rythme est Vélément masculin de la musique. Assez bonne écriture poly-\nphonique, un peu lourde ; la mélodie ne signifie pas grand'chose, l'ensemble est\nmonotone et peu rythmique.\nIn tenui labor. Le rythme est bon, mais l'idée se dégage mal ; trop d'ar-\npèges pour ne rien dire.\nRegarde ton but et marche. Le rythme ici est bien marqué, trop marqué\nmême : le retour périodique d'un triolet au 4e temps donne une allure de marche\nde régiment. Le trio, enso/t> , n'a pas une mélodie bien caractéristique.\nSur Vherbe molle, dans la nuit. Cette Danse grecque est d'un rythme léger et\ngracieux, mais les idées sont peu accusées : trop de notes.\nMieux vaut être que paraître. De la verve. Les deux idées sont assez bonnes,\nmais elles se subdivisent trop aisément, et trop uniformément, en trois temps\nsuivis de deux temps: le rythme n'est pas réellement à cinq temps.\nTempus saltandi, tempus plangendi. Suite de trois danses. La première est\nune Pavane ; la phrase est pompeuse, comme il convient, et se déroule avec\naisance. Mais la construction est indécise. Deux reprises commencent parla do-\nminante pour revenir à la tonique, alors que la règle de l'ancienne Suite est\nd'arriver une seule fois à la dominante, point culminant du morceau. La Danse\nOrientale a un début charmant ; mais la 2e idée a peu de rythme et de couleur. La\nDanse populaire est la meilleurs des trois. Beaucoup de rythme et de grâce en sa\npremière idée : cela rappelle un peu la Danse Populaire de Lekeu (dans les Trois\npièces pour piano) ; et la seconde idée, mélancolique, est jolie. Mais l'auteur a\ntout gâté par une conclusion bruyante et quelque peu triviale. Sans cette tache,\nson travail aurait été classé tout près du premier rang. Mention honorable.\nDes bords de la Dure. Cette mazurka à cinq temps est l'œuvre d'un bon\nmusicien, qui sait écrire et a des idées. Le défaut est que le rythme n'est pas\ntrès franc : la phrase semble avoir été pensée à quatre temps et portée artificiel-\nlement à cinq. Mention honorable.\nLex, Lux, Pax, Rex. Ce scherzo est d une excellente écriture, et a du\nmouvement ; peut-être y a-t-il un fond de tristesse en cette animation ; mais ce"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.4", "texte": "NOS CONCOURS\n\nmélange même n'est point déplaisant. Le premier motif sert fort ingénieusement\nde basse au second. Quelques duretés, dues peut-être à des erreurs de copie.\nMention très honorable.\nBlanc ou noir. —Danse afghane (?) d'une inspiration charmante, mélanco-\nlique et gracieuse à la fois, solidement et simplement écrite. Mais le développe-\nment est un peu trop long. Mention très honorable.\nSimplicissimus. Danse du voile, destinée à faire partie d'une suite de Danses\nsacrées. Cette composition s'est classée immédiatement au premier rang pour des\nmérites que les lecteurs de la Revue seront bientôt à même d'apprécier. Tout\nd'abord l'idée en est nettement et naturellement à cinq temps ; les motifs en sont\ntous expressifs et plastiques, les proportions justes, l'écriture est sobre et ne sent\npoint l'école. Suivant l'expression de M. Debussy, « c'est de la musique aérée )).\nEn conséquence, le prix est attribué à cette composition. Auteur : M. DE\nLAGERDA.\nOn voit que le Concours a produit plusieurs œuvres d'un grand mérite ; c'est\nplus que nous n'osions espérer. Nous remercions les auteurs de leurs intéres-\nsants envois, les prions d'excuser la franchise de nos appréciations, et tenons\nà les féliciter tous; car les compositions même les moins bien réussies révèlent\nencore un effort sincère qui, nous l'espérons, aboutira bientôt à de meilleurs\nrésultats.\nNous publierons, outre la composition classée la première, celles qui ont paru\ncontenir des qualités sérieuses; heureux si MM. les Éditeurs de musique y trou-\nvaient quelques pièces dignes de leur attention ! Les noms des concurrents ne\nseront publiés que sur leur autorisation.\nII. HARMONIE.\n[Présidents : MM. BOURGAULT-DUCOUDRAY ET GUILMANT.)\nNous avions proposé comme sujet l'analyse du début du prélude de Tristan\net Iseult :\nNous avions choisi ce sujet, parce qu'il a donné lieu, chez les professeurs\nd'harmonie allemands, à des discussions curieuses. Sur les premières mesures\nde Tristan on peut consulter :\nCARL MAYBERGER, prof. r. de musique : Die Harmonik Richard Wagner s\n(Bayreuther Bldtter, mai-juin 1881 ) ;\nMAX AREND : Harmonische Analyse des Tristanvorspiels (ibid-, 1901, iv - vi).\nS. JADASSOHN : Melodik und Harmonik bei R. Wagner (édité par Y Harmonie\nde Berlin, 1900).\nC. HYNAIS : die Harmonik R. Wagner sin auf die Fundamentaltheome\nSechters [Neue Musik. Presse, Vienne, 1901, nos 4-7 inclusiv.).\nG. CAPELLE : Harmonik und Melodik bei Richard Wagner [Bayreuther Bldtter,\n1902, I-iii)."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.5", "texte": "NOS CONCOURS\n\nChacun de ces théoriciens (pour ne nommer ici que les Allemands) donne une\nanalyse différente du texte cité plus haut; et M. Hans von Wolzogen, directeur\ntrès compétent du journal officiel du wagnérisme, a déclaré qu'il ne pouvait pas\nse prononcer en dernier ressort (Bayr. BL, 1902, I-111, p. 3). Quelques-unes des\nsolutions proposées par les savants professeurs d'outre-Rhin sont extraordinai-\nrement étranges. Ainsi, M. JADASSOHN n'a pas craint d'écrire que l'accord de la\nrvï—ff~*— rx*——\n2e mesure n'était autre que zdL~Ép—-, et que celui de la 3e équivalait à -7 *==.\nL'enharmonie aurait de ces étonnants artifices! Pour Mayberger, Wagner,\nreprésentant ici le système chromatique, lequel unit étroitement les deux modes,\naurait fait entrer à la fois dans ces deux accords la tonalité de mi fi majeur et celle\nde mi fi mineur..., etc. Les concurrents n'étaient pas tenus de connaître ces dis-\nsertations parfois extravagantes ; mais nous aurions été heureux qu'un rayon de\nbon sens français pénétrât ce nuage. Pour nous, le premier accord (objet principal\ndu débat) n'est autre que le 2e renversement de l'accord du 7e de dominante\navec altération de la quinte {fa fi ) et appoggiature de la 7e (sol #) :\naccord banal en soi, mais ici tragique et douloureux, grâce à une altération et\nà un renversement qui donnent le change à l'oreille sur la note fondamentale et\ntroublent le sentiment d'une tonalité unique. Celle de la fi mineur paraît en même\ntemps évoquée. Ce sont ces causes et ces effets qu'il était intéressant d'étudier\nsobrement. L'accord de la 3e mesure, qui résout cette dissonance par une nou-\nvelle dissonance, est plus simple encore : il est construit à l'état fondamental sur\nla dominante de la E majeur, avec altération de la quinte (la %) ; il donne lieu,\nd'ailleurs, à des observations du même genre que le précédent.\nLa Commission a entendu la lecture des mémoires envoyés, sans se préoccuper\ndu nom des auteurs. (Les enveloppes contenant les devises ne sont pas déca-\nchetées.) Elle a estimé qu'il y avait des parties excellentes dans les mémoires\nsuivants :\nIRE Mention TRÈS HONORABLE : Macht er den Meistern ban g Gar wohl gefiel er\ndoch Hans Sachsen.\nIl y a dans ce travail une sérieuse expérience des textes musicaux et une connaissance assez\nétendue delà littérature musicale (bien que l'auteur ne paraisse point connaître, ou ne mentionne\npas les études sur Tristan citées plus haut) ; mais certaines affirmations ont paru trop contestables\npour qu'un premier prix lui soit attribué. Ainsi (p. 2) l'accord de la seconde mesure est considéré\ncomme ayant pour fondamentale la sous-dominante de la mineur, auquel le second degré\ns'ajoute en qualité de note de passage entre la tonique et la médiante, conformément à cette\nformule de cadence:\nAilleurs, l'auteur mentionne 4 appoggiatures :fa pour mi (ire mesure,) ré fp pour ré, sol ÎP pour\nla, la # pour si, et il ajoute: et la 3e de ces appoggiatures (sol jj pour la) est une licence (sic) qui\nsuivant l'école devrait être préparée. La commission a formellement repoussé ces assertions. Plus\nloin, les bonnes observations abondent ; ainsi, la citation de la lettre de Wagner à Uhlig (31 mai"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.6", "texte": "NOS CONCOURS\n\n1852) : «... Quiconque en jugeant ma musique sépare l'harmonie de l'instrumentation m'est aussi\ninjuste que celui qui sépare ma musique de ma poésie, mon chant des paroles », etc... Dans le\nreste du mémoire, trop de choses étrangères au sujet.\n2e Mention TRÈS HONORABLE : « Patience et longueur de tembs. »\no •\nMémoire considérable, fait avec grand soin. Du savoir, de l'intelligence et par-\nfois de l'esprit. Ici encore, malgré le réel et sérieux mérite, la commission n'a\npas cru devoir décerner de prix, à cause de certaines assertions inadmissibles.\nPar exemple, l'auteur dit, au début : « Si nous donnons à cet accord (2e mesure)\nsol \" pour fondamentale, c est un troisième renversement d'accord de septième de\nsensible du ton de la mineur, ou accord de seconde augmentée, avec altération de\nla sixte ». Même à titre A hypothèse provisoire, ces choses-là sont étranges ! Dans\nla suite, l'auteur fait une analyse rythmique des thèmes contenus dans ce passage,\nqui est inadmissible :\nC'est évidemment inexact Plus loin, l'auteur réalise à quatre parties l'harmo-\nnisation de la phrase : mais on reconnaît mal les thèmes employés par Wagner.\nDans la dernière partie, l'auteur a vu juste, et plusieurs pages sont excellentes.\n3e Mention TRÈS HONORABLE : (( Combattre et espérer ».\nBon travail, mais avec des hors-d'œuvre, quelques inutilités, et, en même\ntemps, des lacunes. L'auteur explique trop longuement ce qu'est un mouvement\ncontraire. En outre, il analyse bien les intervalles et le mouvement mélodique,\nmais néglige trop la tonalité. Quelques incorrections de style, dont nous n'exagé-\nrons pas, d'ailleurs, l'importance.\nMentions HONORABLES : I°(( Sunt bona, sunt quœdam mediocria, sunt mala plura. »\nL'auteur dit, pittoresquement, que le motif de Y aveu et celui du désir, combi-\nnés dans ce morceau, « s'imbriquent comme les tuiles d'un toit ». Il marque\nbien l'importance du triton (fa-si) ; mais il voit, dans 1 accord de la 2e mesure,\nl'unique tonalité de la mineur... Mémoire trop écourté.\n2° Nil desperandum ; 30 Quot capita, tôt sensus ; 40 Audaces fortuna juvat ;\n50 Abbiamo ounefratello (?).\nLes autres mémoires, dont plusieurs contiennent de bonnes parties, ont été\nécartés pour les raisons suivantes : les uns, contrairement aux conditions du con-\ncours, indiquent le nom et l'adresse de 1 auteur (tels sont les mémoires venus de\nCarcassonne, Grand' Rue, 54 ; de Paris, rue Pierre-Guérin, 21 ; rue de Tocque-\nville, 22, etc.) ; les autres contiennent, sous forme de digressions, des attaques\npersonnelles parfaitement inutiles contre tel ou tel ; d'autres enfin montrent plus\nd'admiration pour Wagner que de connaissances précises en harmonie. Le\nr\nmémoire Coire et lœtare (sic), venu d'Egypte, ne manque pas d'originalité, mais\nabuse d'un inutile réalisme d'expression.\nNous ne publierons les noms des mémoires sus-mentio anés que si les auteurs\nnous y autorisent."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.7", "texte": "NOS CONCOURS\n\nIII. - H ISTOIRE ET CRITIQUE.\ni 0 Meyerbeer na-t-il pas exercé une influence sur R. Wagner? —En posant\ncette question, nous ne demandions pas qu'on recherchât dans les opéras de\nWagnerdes réminiscences ou des imitations formelles deMeyerbeer. Notre pensée\nétait plus générale : il y a dans Tannhàuser, dans Lohengrin, dans Rienzi et dans\nplusieurs autres œuvres, un italianisme manifeste qui forme une sorte de transi-\ntion entre le premier compositeur et la manière définitive du second. C'est cet\nitalianisme qu'il fallait dégageret expliquer. En outre, il y a dans presque tous\nles opéras de Wagner une recherche de l'effet grandiose (obtenu par la pompe\ndu spectacle, le groupement des personnages, la solennité et le pittoresque de\nla scène) qui est bien dans le goût meyerbeerien\nLe premier PRIX (200 fr.) a été accordé à l'auteur du mémoire (( Toute chose suit\nsa loi )), M. de Solenière. On ne nous accusera pas de parti pris et d'obstination\ndans nos idées, car M. de Solenière doit son succès non pas aux pages de son\nmémoire où il a indiqué une parenté entre Meyerbeer et Wagner, mais à celles\noù il a brillamment marqué, non sans raison, ce qui les séparait profondément.\n2° Exposer la carrière artistique d'un célèbre chanteur ayant brillé sur la scène\nlyrique entre iByo et iBqo environ. Le prix (200 fr.) est accordé à l'auteur du\nmémoire (( Rome, ut dièse, Paris )), M. Brody. Le sujet choisi par le lauréat est\nTamberlick. C'est un travail considérable, que nous comptons publier au moins\nen grande partie. Il contient des documents précis intéressant l'histoire du théâtre\nlyrique au xixe siècle.\nIVe CONCOURS\n(( Citer les dix morceaux de piano, dus à des compositeurs français du XVIIIe et\ndu XIXe siècle qui, étant de moyenne difficulté, vous paraissent les plus recommanda-\nbles. » Concours ajourné. Les listes qu'on nous a envoyées contiennent quelques\nindications qui ont paru inadmissibles.\n\nLA RÉDACTION"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.8", "texte": "LE CHANT DANS LES LYCÉES\n\nLe chant dans les lycées.\nLA RÉDACTION.\nConformément aux généreuses\nintentions de M. Daniel Osiris,\nnous ouvrons un nouveau con-\ncours pour l'acquisition d'un chœur\npouvant être exécuté parles élèves\ndes lycées (garçons). Les condi-\ntions de ce concours sont les sui-\nvantes :\ni° Les paroles ci-dessous re-\nproduites sont imposées ; mais\nl'auteur conserve la liberté de ré-\npéter certaines formules ou d'en\nintervertir l'ordre.\n20 Le Chœur devra être écrit\npour voix mixtes, soit à cappella,\nsoit avec accompagnement ad li-\nbitum.\n30 S'il ya un accompagnement\npour orchestre, une réduction au\npiano devient nécessaire.\n40 Les compositions devront\nêtre envoyées à la Revue musi-\ncale, 51, rue de Paradis, le ler\naoût 1904 au plus tard. Chacune\nd'elles portera simplement une\ndevise et sera accompagnée d'une lettre cachetée dans laquelle la devise sera\nreproduite avec le nom de l'auteur.\n5° Le prix à décerner sera de 600 francs (le reste de la somme mise à notre\ndisposition par M. Osiris étant attribué, selon ses intentions, à l'auteur des\nrôles.) S'il y a lieu, le prix pourra être partagé.\n6° La composition couronnée deviendra la propriété de la Revue musicale.\nSi elle est mise en vente, une prime, sur les exemplaires vendus, sera attribuée\nà l'auteur, conformément aux conditions ordinaires que font les éditeurs de\nmusique.\n7° Un nombre suffisant de compositeurs figurant parmi nos abonnés, ce con-\ncours est réservé aux abonnés de la Revue musicale.\nTexte du concours : LES VACANCES.\nVivat ! Vivat !\nVoici les vacances !\nVoici les vacances,\nVivat !\nPlus de versions à méningite,\nPlus de thèmes à traquenard !\nPlus de vieux textes où se gîte"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.9", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nUn sens rusé comme un renard !\nVers la classe plus de poussée !\nPlus d'encre au bout des doigts ;\nTambour du vieux lycée,\nRoule pour la dernière fois !\nVivat ! Vivat !\nVoici les vacances !\nVoici les vacances,\nVivat !\nVers la montagne ou vers la plage,\nteuf ! teuf !\nDans l'air pur qui fouette au visage,\nteuf ! teuf !\nNe craignant plus aucun veto,\nPoussons le cycle ou bien l'auto !\nL'espace est à nous : courons vite,\nSous leciel bleu qui nous invite,\nVers un pays neuf,\nteuf ! teuf î\nDivertissement bouffe sur :\nIra la la la !. . .\nhurrah ! hurrah !\nVivat ! Vivat !\nVoici les vacances !\nVoici les vacances,\nVivat !\n\nPublications nouvelles.\n\nLA SYMPHONIE DE CÉSAR FRANCK.\n\nSymphonie en ré mineur, transcrite pour\nviolon et piano par M. Ernest Aider.\nHamelle, 22, boulevard Malesherbes.\nJe viens de relire cet admirable chef-\nd'œuvre et reste pénétré d'émotion. De\nquelle qualité supérieure sont les sensa-\ntions que Franck nous communique et\navec quel génie il sait les exprimer ! Dans\ncette œuvre, comme partout ailleurs,\nil fait preuve d'un don prodigieux d'in-\nvention musicale. Puissant créateur, il\nnous porte vers l'inaccessible. Ingénieux ouvrier, il se prodigue jusque dans le\n.détail en se servant des moindres fragments pour intéresser et enrichir les déve-\nloppements. Sans cesse renouvelé, son génie s'affirme à chaque page. Dans\ncet ouvrage où souvent l'âme est pénétrée des sentiments les plus profonds et\nles plus violents, il est des parties où nous assistons à leclosion de sentiments\nnobles et purs qui s'élèvent parfois jusqu'à celui du sublime, jusqu'à celui de la\ndivine et parfaite bonté. Une conception semblable et si profonde nous fait songer\n? aux quelques lignes d'un récent article de M. Vincent d'lndy (i)qui synthétisaient\n\n(1) César Franck, Revue Musicale du icr juillet 1903, p. 298."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.10", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nsi parfaitement et si clairement le génie de César Franck : (( la noblesse expres-\nsive de la phrase mélodique ; la nouveauté de la trame harmonique ; Vinattaquable\nsolidité de /'architecture musicale. ))\nLa transcription de la symphonie, qui est due à M. Ernest Aider, a été très in-\ntelligemment faite. En consultant la partition d'orchestre, il ressort du travail de\nM. Aider que celui-ci s'est attaché à respecter le plus souvent possible la partie\noriginale des premiers violons de la partition. A part quelques légères critiques-\nque nous émettrons plus loin et quelques rares erreurs que nous avons relevées,,\nil faut louer le transcripteur, dont le rôle se trouve effacé, mais dont le travail a\ndû être considérable en raison de l'importance de l'œuvre.\nNous sommes heureux de cette occasion de faire profiter les lecteurs de la\nRevue musicale de la notice analytique et thématique que nous possédons sur\nla Symphonie et dont l'édition est aujourd'hui épuisée. Cette notice fut établie\npar Franck lui-même lors de l'exécution de la Symphonie aux concerts du Con-\nservatoire, les 17 et 24 février 1889. C'est donc là un document précieux.\nI\nIntroduction lente et sombre.\nMotif principal\nCette phrase est développée pendant une trentaine de mesures et amène Y alle-\ngro, d'un caractère énergique et chaleureux :\nRetour de l'introduction, mais en fa mineur ; retour de 1 exposition de Y allegro-\nen fa mineur conduisant à une deuxième phrase :\npuis à une troisième qui servira beaucoup au développement et qui reparaîtrai\ndans le finale :\nAprès la seconde partie de Y allegro, très développée, revient une partie de\nl'introduction, mais en fortissimo et en canon.\nRetour de Y allegro et conclusion du ier morceau.\nII\nCe morceau débute par des accords pincés par le quatuor et les harpes qui ne\ndessinent pas tout d'abord la phrase mélodique : cette phrase, d'un caractère\ndoux et mélancolique, est présentée par le cor anglais :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "163", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.11", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nCette première période est complétée par la clarinette, le cor, la flûte ; puis les\nviolons disent la phrase suivante :\nAprès quelques modulations, cette période s'achève en si b majeur.\nLe cor anglais et divers instruments à vent reprennent quelques fragments du\nler motif en si b mineur, puis on arrive à une partie qui est un morceau complet\n(genre scherzo) très léger et très doux, dont voici le motif principal :\nAu retour de ce motif, la phrase initiale, expressive du morceau, s'y joint ; une\nfois en sol mineur, une fois en ut mineur ; puis la période entière, expressive, dite\nparle cor anglais, s'unit à la période entière du scherzo, dite par les violons.\nIII\nCe morceau débute par une phrase d'un ton clair et quasi lumineux, contras-\ntant ainsi avec les phrases plutôt sombres et mélancoliques des deux morceaux\nprécédents.\nCette première période se compose, à peu près, d'une soixantaine de mesures,,\net amène une phrase en si majeur dite par les cuivres alternant avec les cordes"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "164", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.12", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\npuis une autre plus sombre :\npuis reparaît le motif initial du second morceau accompagné d'un dessin en\ntriolets :\nDéveloppement des motifs de ce final.— Ralentissement sensible du mouve-\nment. Fragment du motif initial du second morceau, alternant avec des fragments\nde la phrase plus sombre du finale. Retour au premier mouvement; grand cres-\ncendo aboutissant à la reprise du motif en ré majeur avec toute la sonorité pos-\nsible. Retour du motif expressif du 2e morceau avec grande sonorité.\nLa sonorité décroît, puis reparaît la troisième phrase du premier morceau:\naboutissant à une coda formée des principaux motifs du premier morceau,\nmêlés au motif initial du finale.\nAinsi se termine l'intéressante notice rédigée par César Franck.\n.... ~ _ i ?. .\nVoici l'énoncé de quelques critiques dont nous parlions plus haut et que nous\ncroyons bien fondées, suivies de la constatation de certaines incorrections rele-\nvées dans cette nouvelle édition en comparant avec la partition d'orchestre.\nPage 8, nous regrettons que le transcripteur n'ait pas confié au piano seul les\nquelques mesures qui servent de pont à la seconde phrase :\nFranck, dans sa partition, laisse ce soin aux bois, et ce n'est seulement qu'après\nl'avoir fait pressentir par ces instruments qu'il la fait entendre par le quatuor,\nafin d'obtenir une diversion dans les timbres. A relever aussi dans la partie d'ac-\ncompagnement (page 13), à la seconde mesure et au second temps, l'oubli\nd'un 3 à la basse devant le so/, oubli qui détruit l'harmonie. A la dernière me-\nsure delà page 14, nous constatons une légère inexactitude. L'harmonie de Franck\nconstitue le retard du sol :"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "165", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.13", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nDans la transcription, ce retard disparaît par l'audition simultanée du ré \\> avec\nle sol :\nNous eussions aussi préféré qu'à la 3e ligne de la page 17, M. Aider emprun-\ntât le dessin des violons tel qu'il est dans la partition d'orchestre afin d'éviter de\ndoubler la partie d'accompagnement, ce qui est le plus souvent d'un effet assez\nplat.\nNous relevons aussi (page 20) une légère déformation du dessin de la basse\ndans le but très probable de simplifier. Nous le déplorons, carie dessin original\nest le résultat du dessin d'abord exposé à la mesure précédente aux premiers\nviolons, dessin qui passe ensuite aux altos et violoncelles, formant une pédale\nde tonique avec double broderie. Nous ne voyons pas en quoi la transcription\nfidèle de ce dessin compliquait l'exécution. Plus loin nous lisons (p. 23), dans\nla dernière mesure de la ire ligne, sol bà la basse et non si t>.\nLa seconde partie de la Symphonie, qui est transcrite avec élégance, a été trans-\nposée d'un ton dans le but encore probable de faciliter ! Enfin, pour finir, nous\nrelevons dans la troisième partie de la Symphonie : Y allegro (page 41), 4e mesure\nde la seconde ligne, une dernière incorrection : la partition d'orchestre porte\ncomme basse un si P, et non un ut S.\nMalgré ces quelques légères erreurs que nous signalons, il faut savoir gré à\nl'éditeur de ne pas avoir reculé devant certains sacrifices qu'impose la publi-\ncation d'une œuvre de cette importance, contribuant, sous cette forme nouvelle,\nà la répandre utilement.\nOUVRAGES REÇUS\nE. DU CAURROY. Mélanges, publiés par H. Expert. Fasc. XVII des Maîtres\nMusiciens de la Renaissance française. Paris, A. Leduc.\nAd. MERCIER. Grafiella. Paris, Mamelle.\nMUSIKBIBLIOTHEK PETERS (Leipzig). Jahrbuch (de 1903), important et très\nbien fait, comme d'habitude.\nARENSKY. Nal et Damayanti, opéra en 3 actes et 6 tableaux, partition piano\net chant. Moscou, Jurgenson.\nR. STRAUSS. 25 Lieder pour piano. Berlin, O. Taubmann.\n\nADALBERT MERCIER."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "166", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.14", "texte": "LES CONCERTS\n\nLes Concerts\n\nCONCERTS CHEVILLARD. 28 jèvrier.\n\nLa France possède une Symphonie de plus,\noù s'affirme la maîtrise suprême deM. Vin-\ncent d'lndy. J'aimais beaucoup déjà la\nSymphonie sur un thème montagnard (1886),\nfraîche comme les sources, librement\népanouie comme une fleur sauvage, et\nvivifiée, d'un bout à l'autre, par le bon\nvent des cimes, un peu âpre et très doux\nà la fois. Mais nous avons ici une œuvre\nd'un tout autre caractère : le pittoresque\nn'y a plus de part; l'émotion en est tout\nhumaine, la beauté toute musicale; et s'il faut lui trouver une parenté, c est à\nla Symphonie de Franck qu'elle ferait songer, à la fois par la construction géné-\nrale et par la nature de la pensée ; mais en même temps la personnalité de\nM. d'lndy s'y affirme avec énergie.\nComme la Symphonie de Franck, l'œuvre nouvelle sort tout entière d une in-\nspiration unique. On sait que tel n'était pas le cas pour 1 ancienne symphonie :\nmême chez Beethoven, les différents mouvements sont construits le plus souvent\nsur des idées complètement indépendantes et étrangères l'une à 1 autre. L école\nmoderne tend, au contraire, à resserrer le lien entre les parties de 1 œuvre, et\ncette tendance semble bien générale, puisqu'elle se remarque aussi (quoique\nd'une tout autre manière) dans le Quatuor de Debussy. Deux idées dominent la\nSymphonie de d'lndy : elles s'esquissent toutes deux dans 1 Introduction, lente au\npremier mouvement. L'une, très sombre, dessine une marche de triton (le diable\nmusical des vieux théoriciens) et donne naissance à de pénibles harmonies :\nL'autre, harmonieuse et douce, lui répond, et peu à peu développée et fortifiée,\nfinira par la vaincre et se l'asservir. En outre, chaque mouvement aura son\nidée propre à laquelle viendra s'ajouter tantôt l'une, tantôt l'autre des deux idées\n.directrices : et tout s inclinera vers l'abîme, ou montera vers la lumière. Ces\ncombinaisons de thèmes, chefs-d'œuvre de contrepoint, seront toutes merveil-\nleuses de facilité apparente et de naturel : partout on sent l'homme passé maître\nen son art, pour qui les constructions les plus complexes et les associations\nles plus hardies ne sont qu'un jeu. Et cette aisance suprême est déjà, par elle-\nmême, un charme et une beauté. Mais l'œuvre contient d'autres beautés encore,\net supérieures.\nLa première idée du premier mouvement lui est particulière ; exposée parle cor,\n•elle est éclatante et légère, et remet l'âme des angoisses de l'lntroduction :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "167", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.15", "texte": "LES CONCERTS\n\nLes puissances des ténèbres lui répondent, mais bientôt apparaissent les\nbons génies, dont le motif caractéristique devient la seconde idée de ce premier\nmouvement. Le développement est clair, l'orchestration limpide et partout inté-\nressante, la péroraison entraînante, et cependant l'impression d'ensemble est un\npeu incertaine, ce qui d'ailleurs est parfaitement dans l'intention de l'auteur : la\nsuite perdrait de son intérêt si dès la première partie nous étions délivrés de\ntoute inquiétude; l'idée rédemptrice ne triomphe donc pas absolument; sa\nforce se contient encore et se réserve.\nL'Andante, au contraire, nous transporte en pleine émotion : l'idée de douceur\ns'y développe en une phrase pleine et soutenue t>), dont la tendresse géné-\nreuse va droit au cœur :\nPuis le motif sombre reparaît, et sous son influence se dégage une seconde\nidée (mi majeur), d'un rythme et d'un caractère tout différents de la première,\nainsi qu il arrive dans 1 andante de la IXe Symphonie : c'est une sorte de marche\ntriste et lassée, exposée par la harpe et la flûte au grave :\nLa première phrase revient, variée, puis la seconde enrichie, et tout se ter-\nmine par une reprise du début, auquel s'ajoutent les autres thèmes. Rien de\nplus sobre et de plus touchant ; cet andante contient peut-être les pages les plus\nprécieuses de la Symphonie nouvelle, les plus profondément et purement musi-\ncales. L andante, où la pensée ne s'encadre pas dans un rythme marqué, et doit\nse développer librement, est la pierre de touche du musicien. C'est le cas de\nrappeler, et d'appliquer à M. d Indy lui-même, une phrase qui lui échappait\nun de ces derniers jours, comme il lisait avec ses élèves la Cavatine du XIIIe\nQuatuor : « Des idées pareilles, tout le monde ne les trouve pas !... »\nLa troisième partie est un scherzo dont le thème est une sorte de ballade,\nexposée par l'alto solo, et accompagnée d'une harmonie archaïque jusqu'en\nson chromatisme palestrinien :\nLe trio est formé par le mauvais thème, qui s'exaspère et amène le retour\nde la seconde idée de l'andante, dont la quinte est ici augmentée. Structure très\nsimple, et sobriété extrême ; intermède plein de charme.\nLe finale commence par une Introduction lente, où reviennent les princi-\npaux motifs, et qui par sa couleur générale rappelle le beau Prélude au 2e acte\nde 1 'Etranger.Survient une petite fugue, bâtie sur le premier thème ; enfin 1 idée\npropre au finale est exposée par les altos. C'est une phrase à 5 temps, dérivée\ndu 2e thème, et merveilleuse de mouvement et de vie :"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "168", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.16", "texte": "LES CONCERTS\n\nElle s'entoure peu à peu des motifs accessoires, et enfin apparaît une grande\nmélodie où s'associent et se résument toutes les idées de l'œuvre, arrivées à\nleur entière réalisation.\na *\nCette péroraison est saisissante comme une révélation, lumineuse comme une\napothéose ; le finale tout entier, d'ailleurs, apparaît nettement comme la partie\ncapitale de l'œuvre; comme à la fin d'une bataille, toutes les forces donnent\nici, et le triomphe est éclatant. Quand même la musique devrait délaisser dans\nl'avenir les chemins de la symphonie, ce finale resterait encore debout sur la\nroute abandonnée, comme les chefs-d'œuvre des maîtres anciens ;sa solide\ncarrure défie les âges et les intempéries (1).\nL'exécution de l'œuvre m'a paru soignée et exacte en général ; les difficultés\nmatérielles sont grandes, et il faut féliciter l'orchestre de M. Chevillard de les\navoir vaincues. Devons-nous croire, comme le programme nous l'affirme, que\ncette Symphonie a été écrite « à l'intention )) de cet orchestre ? J'y ai quelque\npeine. Je mereprésente mal M. d'lndy, dans sa chère solitude de Boffres, écri-\nvant telle phrase d'alto pour M. Salis, tel solo de violon pour M. Sechiari ; son\nœuvre me paraît inspirée par des visions moins prochaines et plus poétiques.\nSi je me trompe, je demande à être contredit.\nIl ne me reste que quelques lignes à consacrer à Y Harmonie du Soir de M. de\nSaint-Quentin. Je n'ai pas saisi le rapport entre les paroles et les accents mélo-\ndramatiques dont on les a chargées ; et j'ai été insensible au solo de violon qui\ntraduit si ingénieusement ce vers :\nLe violon frémit comme un coeur qui s'afflige.\nSerait-ce que j'ai trop présente à la mémoire la mélodie de Cl. Debussy\nsur ce même poème de Baudelaire ?\n(i) La partition d'orchestre paraîtra prochainement chez Durand et fils, ainsi que la réduction\npour piano à 4 mains par M. Labey.\n\nLouis LALOY.\n\n6 mars.\nR. R.\n— Après une seconde audition de la belle Symphonie de M. Vin-\ncent d'Indy, dont le grand succès s'est encore accentué, M. Henri Marteau a\njoué le Concerto en sol majeur de Mozart avec une pureté, une tendresse, une\ndouceur admirables. Je n'ai, pour ma part, jamais entendu un violoniste inter-\npréter Mozart d'une façon plus parfaite et plus vraie. M. Henri Marteau est\nplus qu'un grand virtuose : il est un vrai artiste. J'ai regretté que la Romance\nen fa de Beethoven, d'un caractère un peu analogue, ne lui permît pas de\nmontrer les autres faces de son talent. — Les trois Poèmes maritimes de\nM. G. Hue m'ont paru peu intéressants."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "169", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.17", "texte": "LES CONCERTS\nR. M\nC\n\nCONCERTS COLONNE. 28 février.\nL. L.\n— La Symphonie avec chœurs retrouve son\nexécution magistrale et son grand succès du dimanche précédent. La\nnie de Brahms est mieux accueillie par le public que l'an passé, et j'en suis fort\naise. Brahms a ses ridicules et ses manies, mais il n'est ni plus pédant ni moins\ninspiré que tel musicien français, que nous applaudissons; et la phrase de 1\nlegretto me paraît toujours charmante.\nSachons gré à M. Colonne de familiariser le public français avec des œuvres\nqu'il faut connaître.\n\n6 mars.\nL. L\n— Excellente exécution, large et pleine, de l'ouverture de\nC-ellini. La 2e Symphonie de Brahms est bien allemande par ses accents de ten-\ndresse affectée et de romanesque voulu ; Y Allegretto est la meilleure partie de\nbeaucoup ; on en a vivement goûté le charme simple. La Cantate de Pâques de\nBach commence par un de ces vastes ensembles, tumultueux et ordonnés, où\nl'orchestre s'unit aux masses chorales, les soutient et lesentoure de contre-sujets,\nsans que jamais s'efface le motif principal. M. Colonne met en relief les lignes\npuissantes de ces constructions solidement assemblées et entretoisées, hautes\ncomme des clochers de cathédrale. Le même orchestre accompagne avec une\ndiscrétion extrême les duos et les airs (M1Ies Julie Cahun et Alice Deville, MM. E.\nGluck et J. Reder); et le choral final, dans sa nudité éloquente, achève, résume et\nconclut. L'exécution a été de tout point dignede l'œuvre, c'est-à-dire émue, pré-\ncise et simple. Grand succèspour Mme Panthès, qui joue avec une force, une légè-\nreté et une fougue incomparables la Fantaisie hongroise de Liszt, musique\nhéroïque d'inspiration, et aussi, hélas ! de difficulté. Mais on oublie la difficulté\nquand elle cesse d'être apparente, comme c'était le cas ; et de telles œuvres\ndeviennent de belles œuvres lorsqu'elles trouvent leur interprète.\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. 5 mars.\nL. L.\n— Le Quatuor à cordes de M. Ravel, très ap-\nplaudi, me plaît beaucoup ; c'est l'œuvre d'un musicien délicat et bien doué,\népris d'émotion, de clarté et d'harmonie : si la pensée n'est pas toujours très per-\nsonnelle (en particulier dans bandante), le style est partout limpide, et la sono-\nrité intéressante ; enfin le Scherzo avec son lent en sourdine, est absolument\nbien venu J'ai le regret de ne pas aimer beaucoup le Quatuor de Castillon ( 1872 ;\nil révèle d'excellentes études, le culte de Beethoven, et la familiarité de Schu-\nmann ; mais il me semble quetrop souvent l'imitation de ces maîtres, comme en\nplus d'une œuvre de Castillon, y confine au pastiche. Je ne dirai rien des trois\nSonatines de G. Mauclair, mises en musique par A. Mariotte. Quant aux Pièces\npittoresques de Chabrier, M\"e Selva les détaille avec une délicatesse extrême,\ndans ce style ému et simple qui est le sien ; la Danse villageoise et le Scherzo-valse\nme paraissent les mieux réussis ; les rythmes joyeux, la verve sonore et la\nfolle exubérance, voilà le domaine propre de Çhabrier.\n\nCERCLE CATHOLIQUE.\nL. L.\n— Le 26 février avait lieu, avec le plus grand succès,\nsous la direction de M Paul de Saunières, un concert consacré aux œuvres de\nSaint-Saëns. De charmantes mélodies [Uflûte invisible, la , 1'Attente),\ndélicatement chantées parMmes P. de Saunières et P. Smith, et des fragments\nde Y Oratorio de Noël, fort bien rendu par l'orchestre, les chœurs et les solistes,\nfiguraient au programme. Le concert était précédé d'une conférence où j'ai\nessayé de montrer le caractère hautement intellectuel de la musique de Saint\nSaëns."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "170", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.18", "texte": "LES CONCERTS\n\nSCHOLA CANTORUM. 26 février.\nL. L.\n— UOrfeo de Monteverdi (1607), recon-\nstitué par M. V. d'Indy, est revenu au jour ; et nous avons tous été émerveillés.\nCe très ancien opéra, première œuvre dramatique d'un musicien consommé, sait\nunir la vérité de l'accent à l'intérêt musical, comme le Don Juan de Mozart.\nLa comparaison n'a rien d'exagéré ; au contraire, Monteverdi a été un musicien\nplus délicat et plus exercé que Mozart. Il y a dans son œuvre des modulations\nexpressives, et des harmonies douloureuses (quintes augmentées), qui annoncent\nl'art moderne bien plus que l'art du xvne ou du XVIII0 siècle. C'est qu'il vient\naprès une période de haute culture musicale et de raffinement extrême, dont\ntémoignent les beaux recueils de M. Expert (Roland de Lassus, Costeley, Le\nJeune, du Caurroy) ; il a profité de tous les progrès accomplis. L'orchestration\nn'est pas moins intéressante : les instruments doux d'un côté (violons, violes,\nluths, orgues et clavecins), les graves trombones et les trompettes de l'autre,\nforment deux petits orchestres, dont les franches couleurs s'opposent vivement,\ncomme dans les tableaux des primitifs. Rien de plus exquis que la reprise du\njoyeux motif de 1 Introduction par les cuivres, ces accords de trombones qui\ntombent à intervalles réguliers comme des flaques de soleil dans une allée\nd'arbres, et que domine l'éclat des trompettes. Un joli Prologue fait suite\n(Mlle Pironnet), puis une-scène entre Orphée (M.Bourgeois) et les bergers, ornée\nd'un délicieux motif de flûtes aiguës, et la mort d'Eurydice est annoncée par\nune Messagère. Ce récit est une merveille d'émotion profonde et noble, tous les\naccents en sont neufs, expressifs, et harmonieux en même temps ; le cygne de\nLohengrin lui-même en reconnaîtrait quelques-uns ;MîleLegrand le chante en\nmusicienne accomplie, et en grande, très grande artiste. La scène d'Orphée aux\nportes des Enfers, qui nous est donnée ensuite, présente d'abord un très curieux\nair où les coups de gosier imitent les sanglots (premier essai de vérisme), puis\nune douce et triste symphonie, car la lyre d'Orphée est triste ; rien ici de la séré-\nnité de Gluck ; Orphée est un homme, et non un divin virtuose. Les trombones,\nen pianissimo, représentent les puissances infernales, ainsi que dans le Faust de\nSchumann ; la scène est d'un pathétique sobre et sincère, qui n'a que rarement\nété atteint. J'aime un peu moins la dernière scène (Orphée perd Eurydice pour\nla 2e fois) ; le début en est fort beau, mais les ensembles choraux qui terminent\nme semblent un peu froids : il est certain que l'avenir de la musique est doré-\nnavant dans la mélodie accompagnée et dans la symphonie. C'est là que Monte-\nverdi est souverain. Son Orfeo d'ailleurs est une œuvreunique, où est atteint enfin\nun équilibre sans cesse rompu en un sens ou dans l'autre : plus musical que\nles premiers opéras de Péri ou de Caccini, où tout se réduit à une déclamation\nnotée, il n'est pas encore dominé par la virtuosité vocale, ce qui sera le cas\ndes derniers opéras de Monteverdi lui-même. Je ne connais guère d'œuvres\nplus humaines et plus élevées, et ce n'est pas sans raison que les critiques\nadressées à Y Orfeo, comme je le rappelais dernièrement (1), ressemblent à celles\nqui furent faites à Pelléas. Les deux œuvres devaient déplaire aux mêmes\nesprits.\nLe concert commençait par de curieux madrigaux dramatiques (dialogues où\nchaque personnage est représenté par un petit chœur), et des pièces d'orgue de\nmaîtres italiens du xvne siècle, d'un style élégant et facile.\n(1) Cl. Debussy et la simplicité en musique (15 février 1904)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "171", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.19", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nSALLE ÉRARD. —24 février.\nJ. T.\n— M. Ed. Bernard est un excellent pianiste, et il\nest quelque chose de plus : un musicien d une haute intelligence. La Sonate de\nBeethoven (op. 57) a été jouée dans un grand et beau style, les pièces de Chopin\navec une sobriété et une ampleur bien rares : M. Bernard sait que Chopin était\nun grand musicien, et non un simple virtuose du clavier, et il sait nous le faire\nsentir. Trois petites Pièces de Bach sont délicatement interprétées, et enfin je\nn'ai jamais entendu exécuter ainsi le Prélude, Choral et Fugue de Cés. Franck :\navec une sûreté de mécanisme impeccable, c'est une simplicité, une grandeur,\nune émotion tantôt douce et sereine, tantôt grave et attristée ; le tout tranquille,\naisé, sans effort apparent ; et, à la fin de la fugue, quand les deux thèmes\nreviennent ensemble, une puissance et une clarté incomparables. C'est là du très\ngrand art.\n\nJ. T.\n—Le 11, très intéressante exécution des œuvres de M. de Camondo, où\nrègne un orientalisme original. L'espace me manque pour en parler aujourd hui.\n\nCHAPELLE DE LA SORBONNE. 6 mars.\nL. L.\n— La Société musicale de la Sorbonne,\ndont le chel est M. F. de Saunières, a donné une audition complète du Déluge\nde Saint-Saëns, œuvre magnifique et trop rarement entendue. Le Prélude (M. Le-\nmaître, violon solo), la dramatique ire partie, les formidables ensembles de la\n2epartie, laconclusion de l'œuvre, si touchante, ont été rendus avec une précision,\nune force et un sentiment des nuances vraiment remarquables. C'était certes un\ncoup d'audace, pour une Société d'amateurs, si distinguée soit-elle, de s'attaquer\nà un ouvrage aussi considérable et difficile, mais le succès a justifié la hardiesse\nde l'entreprise.\nA I'INSTITUT RUDY, $3, avenue d'Antin, M. Paul Landormy expose en une\nsuite d'intéressantes conférences Y Histoire de la sonate pour piano et violon, que\ncommentent excellemment Mme Landormy-Plançon et M. Armand Parent. Au\nprogramme de la dernière séance, la Sonate mutine de Haydn en ré majeur, la\nsonate en sol majeur de Mozart, que Mme Landormy a jouée avec beaucoup de\ncharme, et la curieuse sonate de Rust, dont la forme est encore à demi archaï-\nque, mais qui a un accent si personnel, et que M. Parent a exécutée avec une\nvirtuosité pleine d'ampleur et d'énergie Mlle Anne Vila fut très applaudie dans\ndeux airs de Haydn et de Mozart.\n\nSALLE PLEYEL. Grande salle. Le 20, séance de la Société nationale de\nMusique. Le 24, 3E séance de la Société des instruments à vent. Le 26, M. M.-G.\nDebroux. M. Géloso. Le 28, M. André Tracol (3E séance). Le 29, Société des\nCompositeurs de musique.\nSalle des quatuors.— Les 16, 17, 18 et 20, Mlle Hortense Parent (élèves). Le 22,\nMlle Tripet et M. Baretti (3E séance). Le 26, M. Ed. Nadaud (élèves). Le 27,\nMlleTouzard (élèves). Le 30, MM. Calliat et Choinet (5E séance).\n\nSCHOLA CANTORUM. Mme Camille Fourrier donnera le 25 mars un concert\nque nous recommandons vivement à tous nos lecteurs. Il sera consacré aux\nœuvres de V. d'lndy et Cl. Debussy ; MUe 81. Selva et C. de la Bouglise, M. V.\nd'lndy ont promis leur concours.\nLes cinq matinées musicales consacrées à l'audition annuelle des élèves"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "172", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\ndes cours Hortense Parent auront lieu les 13, 16, 17, 18 et 20 mars (Salons\nPleyel). On sait que ces cours pour les jeunes filles du monde (12, rue de Buci,\net 43, rue Saint-Lazare) sont les écoles d'application de l'école préparatoire au\nprofessorat du piano fondée par Mlle Parent en 1882.\n\nActes officiels et Informations.\n\nRENNES. —Par arrêté préfectoral, les pouvoirs de la commission de surveil-\nlance du Conservatoire viennent d'être renouvelés pour deux ans.\nDans la première réunion tenue le mardi 23 février, il a été décidé qu'à l'avenir\nles élèves premier prix auront droit à concourir, pour le prix du ministre, trois\nannées consécutives.\nPar suite d'une vacation à la classe préparatoire de piano, M. Çh. Henry a été\nnommé professeur.\nDevant le grand développement que prend le chant dans la ville depuis\ndeux ans et vu le nombre de nouveaux élèves, la création d'une troisième classe\nde chant étant devenue nécessaire, Mlle Lorans a été choisie pour diriger cette\nnouvelle classe.\n\nANGERS.\nA. D.\n— Le 9e concert de la saison a eu lieu le 28 février au Cirque-Théâtre,\navec le concours deMme Faliero-Dalcroze, qui a chanté tour à tour avec verve et\navec passion l'air de Chérubin et l'air de Suzanne (des Noces de Figaro) et la\nMarguerite au rouet de Schubert. Le public a paru enchanté de la cantatrice, et\nla cantatrice enchantée du public.\nA signaler, dans le programme de cette matinée — qui comportait encore du\nMendelssohn, duAlassenet et du Debussy— un Concerto en fa majeur, de Bach,\npour flûte, hautbois, trompette et violon solo, avec accompagnement d'or-\nchestre. 11 faut féliciter l'intelligente direction des Concerts populaires de recou-\nrir si fréquemment aux chefs-d'œuvre à demi oubliés du xvme siècle.\nEnfin, comme pendant à cette musique d'un dessin si simple et quasi décoratif,\non a donné le Sadko de Rimsky-Korsakow, un morceau tout d'expression et\nde pittoresque, et d une barbarie très raffinée, dont l'exécution a fait le plus\ngrand honneur à M. Brahy et à son orchestre.\n\nBORDEAUX. Grand Théâtre.\n\n— Une seule représentation de Mlle Lafargue,\ndans Carmen, nous a révélé une excellente artiste, qui revient trop rarement\nparmi nous.\nMalgré le succès obtenu par Ces Maîtres Chanteurs de R. Wagner, brillamment\ninterprétés par MM. Gibert, Dufriche, Chéret, Seveilhac, Hyacinthe, etMllesLina\nPacary, de Méryanne, Nady Blancard, et qui atteignent allègrement la quinzième,\nM. Boyer, le zélé directeur, vient de monter la Femme de Claude, de L. Cahen,\navec Ni\\éa, un nouveau ballet dû au fils de notre chef d'orchestre M. Domergue\nde la Chaussée, qui, dans une musique alerte, bien coloréeet pleine d'espérances,\na permis à Mlles Lovati, Fabiani, Régina Badet et tout le corps du ballet, de\nrivaliser de grâce et d'élégance.\nSous le livret de la Femme de Claude, un peu métamorphosé par M. L. Gallet,\nle maître L. Cahen a écrit une partition pleine de distinction et de richesse\nmélodique, et 1 on a particulièrement applaudi MM. Blancard, Commerais, et\nMlles Nady Blancard, Géraldi. M. Dufriche devra se ressaisir : l'émission, souvent\ngénée, dans les notes élevées lui a beaucoup nui. En résumé, accueil des plus"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "173", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nliatteuis à la pièce et à ses interprètes, qui font présager d'heureux lendemains\nà ce drame lyrique.\nLe 7 conceit Sainte-Cécile, qui a été des plus brillants, était rehaussé par le\nconcours de M. G. Pierné qui a lui-même dirigé son poème symphonique, l'An\nmil, et de M. Lucien Capet, qui a exécuté un concerto de M. Pennequin, le chef\nd orchestre des conceits, et le Rondo capmccioso de Saint Saëns, après lequel il\nfut obligé d'ajouter deux pièces tirées des Suites de Bach.\nL accueil fait à lAn mil a été des plus chaleureux, quoique une étude plus\ncomplète de cette œu\\ re eût été nécessaire. Le Miserere mei et le le Deum lau-\ndamus ont été plus particulièrement goûtés. Quant à la Fête des Fous et de VAne,\nun peu moins de trivialité dans le thème et l'orchestration n'aurait pas nui à\ncette 2e partie, qui paraît être la moins heureuse, malgré la brillante et fougueuse\nattaque des trompettes en sourdine qui commencent le thème initial.\nLe concert avait débuté par la f Symphonie (ut mineur) de Saint-Saëns, qui a\nété fort bien exécutée. Les divers mouvements de ce chef-d'œuvre, écrits avec cette\ncorrection et cette magnificence harmonique dont M. Saint-Saëns a seul le\nsecret, nous laisseront certainement le meilleur souvenir de cette audition, ter-\nminée par l'originale Rapsodie Roumaine de M. Georges Enesco.\n\nJ. GRIMO.\n\nLILLE. Société de musique de Lille.\n\n— Le concert débutait par la Symphonie\ninachevée de Schubert [si mineur n° 8), jouée et conduite avec tendresse, bien\nchantée aux violoncelles.\nLes Impressions d Italie ont donné à 1 orchestre l'occasion de montrer sa belle\nfougue et sa grande sonorité. Cela a été joué à 1 italienne, avec une grande\ncompréhension de l'œuvre. Jamais (( Napoli )) ne fit autant d'effet, avec autant de\nsonorité de la part des cuivres, sans gâchis.\nC'était la première fois que Fritz Kreisler venait se faire entendre à Lille. Il\navait choisi le concerto en sol mineur (n° i j de Max Bruch. J aurais préféré une\nœuvre de plus grande envolée, Beethoven, Mendelssohn, Saint-Saëns ou Lalo,\npour lequel j ai une préférence toute spéciale. On a tout dit de Kreisler : justesse\nirréprochable, sonorité extraordinaire dans toute l'échelle de la gamme, intel-\nligence musicale, sobriété du jeu. Je ne peux que le répéter, et le public lui a fait\nune belle ovation. Je Lai moins aimé dans le (( non piu mesto )) de Paganini,\nacrobatie ridicule (mais quelle pureté d'harmoniques !) et danslMjfa de la Suite\nen ré de Bach, où je, l'ai trouvé un peu emphatique et trop vibrant.\nL'ouverture du Tannhauser a clôturé cette belle séance, sans que les cuivres\ncouvrent trop, à la fin, le dessin des cordes.\nConcert populaire du 21 février.— Edgard Tinel, directeur de l'École de\nmusique religieuse de Malines, la Schola cantorum belge, dirigeait l exécution de\nson œuvre symphonique, Polyeucte, trois tableaux d'orchestre d'après la tra-\ngédie de Corneille. M. E. Tinel est un grand musicien, et un chef d'orchestre\nfort habile, au beau profil beethovenien.\nMais j'avouene pas aimer Polyeucte. Le premier tableau, intitulé « Ouverture »,\nest long, long, et l'on y reconnaît des réminiscences de Meyerbeer, Gounod ;\nles thèmes religieux, les chorals se heurtent, sans cohésion, et avec des retours\nde motifs, sans aucune altération, vraiment pénibles. La conclusion est genre\nprélude de Lohengrin.\nLe deuxième tableau, « le Songe de Pauline », mieux équilibré, est plus intéres-\nsant. L orchestration rappelle que l'auteur est un organiste. Le troisième tableau,\n(( Fête dans le temple de Jupiter », est quelconque, farci de danses à la manière\nde Gounod, Massenet, Delibes, flûtes et harpes, cordes à l'unisson, cymbales,\ngrossecaisse rythmant une marche de procession, etc. M. Brugeman, à l'orgue, a"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "174", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\njoué de M. Tinel une pièce en forme de canon, autrement intéressante que tout ce\nbagage orchestral.\nLe Quatuor Parent est venu le 13 donner une séance de musique de chambre.\nOn y joua le Quatuor de Franck et la Sonate de Lekeu qu'accompagna à mer-\nveille une jeune pianiste lilloise, Mlle Louvois, qui est une belle artiste.\n\nDr A. GAUDIER.\n\nLYON.\nMONIC.\n— Les amateurs de musique ne chôment pas. Après le concert de Ma-\nlats qui nous a donné l'audition des pièces de piano qu'il avait exécutées au\nconcours Diémer et dont le jeu très correct et très classique a été apprécié comme\nil convenait, nous avons eu avec Mme Panthès un jeu beaucoup plus fantaisiste et\nnon moins intéressant, surtout par la variété et le nombre des œuvres que la mé-\nmoire prodigieuse de cette artiste lui permet d'exécuter avec un mécanisme\nvraiment remarquable. Elle fut appréciée surtout dans Schumann et Chopin et\nplus encore dans les pièces de douceur que dans celles de virtuosité où elle\nexagère parfois les mouvements aux dépens de la netteté.\nFauré nous a donné avec le Quatuor Marteau une audition de sa Sonate piano\net violon et de ses deux quatuors si délicieux ; le public nombreux et spécial qui\ny assistait a fait un accueil chaleureux à l'auteur et à ses interprètes.\nColonne est venu avec son orchestre et a joué en perfection la Symphonie fan-\ntastique) la suite de VArtésienne, les Impressions d'Italie de Charpentier, la\nDanse des Sylphes et la Marche hongroise. Ce programme a soulevé toutes\nles réclamations de la presse musicale, qui voulait des pièces plus nouvelles et\nmoins connues qu'on a peu l'occasion d'entendre à Lyon, alors que tout ce\nprogramme fait partie du répertoire courant.\nLe mérite de Berlioz est suffisamment connu maintenant pour qu'on puisse,\nmême en province, passer à des auteurs plus modernes.\nLe grand Théâtre ayant abandonné la Traviata et Tutti quanti fait salle comble\navec le Crépuscule et la Walkyrie ; il annonce pour le mois d'avril 2 cycles de la\nTétralogie complète pour lesquels les inscriptions sont reçues dès maintenant à\nl'Hôtel de Ville.\nLes prix modérés des places et l'excellence de notre orchestre attireront certai -\nnement un public nombreux à ces représentations, moins éloignées que celles de\nBayreuth et en somme très satisfaisantes.\n\nMARSEILLE. Une audition de quelques extraits des œuvres de Berlioz aeu\nlieu le lundi 12 février aux salons Pain. Le programme était ainsi composé :\nPremière partie de la Damnation de Faust. A) Chœur des Buveurs.\nB) Chanson de Brander. C) Fugue. Romance de Marguerite : (( D'amour\nl'ardente flamme. ))\nicr acte de la Prise de Troie : Septuor des Troyens. Duo.— Chœur religieux.\nLes solistes étaient Mlles Moulin, Lomagne, Rotgé ; MM. Malka, Fournier,\nLeydet, Bontoux.\nLes chœurs, Groupe Berlioz et Association artistique, sous la direction de\nM. Michaud, ont exécuté très correctement les trois pièces d'ensemble portées\nau programme.\nS'il faut dire notre opinion sur cette audition, c'est qu'elle fut intéressante\nsurtout parce qu'elle nous permit d'entendre pour la première fois à Marseille\nle lERIER acte de la Prise de Troie. Mais nous devons regretter cependant que\ndeux pianos aient fait l'office d'orchestre à cette occasion ;ce qui, franchement,\neu égard à la « pianophobie )) de Berlioz, fut par trop ironique.\nCONGRÈS MUSICAL. La ville d'Arras organise pour les samedi 4 et dimanche\n5 juin 1904 un Congrès des délégués des Sociétés musicales françaises et"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "175", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nétrangères, dans lequel seront discutées d'importantes questions relatives aux\nmoyens de développer l'art musical en France et à l'étranger.\nLe 5 juin, dans la matinée, aura lieu l'assemblée générale des Sociétés musi-\ncales du Nord et du Pas-de-Calais, qui comptent actuellement 22.000 adhérents.\n\nOPÉRA-COMIQUE. Par arrêté en date du 29 février dernier, M. le Ministre\ndes Beaux-Arts vient de prolonger de 7 années, à dater du ier septembre 1904, la\ndurée du privilège concédé à M. Albert Carré pour l'exploitation du théâtre\nnational de l'Opéra-Comique.\nA cette occasion, M. Carré a consenti, sur la demande du Ministre et de\nM. Henry Marcel, Directeur des Beaux-Arts, trois concessions nouvelles, qui ont\nété inscrites dans le cahier des charges du théâtre.\ni° M. Carré était jadis tenu de faire représenter par année onze actes non-\nveaux de compositeurs français.\nIl est stipulé qu'il sera dorénavant obligé d'en représenter douze.\n20 Vis-à-vis des élèves du Conservatoire, M. Carré n'avait, dans le régime\nantérieur, aucune obligation. Il était autorisé, avec le consentement du Ministre,\nà engager ceux d'entre eux qui avaient terminé leurs études, simple faculté dont\nil lui était loisible de ne pas user.\nA l'avenir, le Ministre pourra toujours, sur la proposition du Directeur des\nBeaux-Arts,exiger l'engagement de deux élèves ayant obtenu le premier prix d 0-\npéra comique et dont les aptitudes artistiques paraîtraient justifier cette mesure.\n30 Au lieu de donner chaque mois une représentation populaire à prix réduits,\nM. Carré, ainsi qu'il en a du reste pris lui-même l'initiative dès cette année, sera\ntenu désormais d'en donner une chaque lundi, sauf le lundi gras et le lundi de\nPâques, ou les veilles et les jours de Noël et de Nouvel An, s'ils tombaient un\nlundi. C est donc, sur ce point, la consécration définitive d'une concession qui\nne figurait pas au cahier des charges de 1898.\n\nPRIX DE ROME. L'Académie des Beaux-Arts vient de désigner, pour être\nadjoints à la commission chargée de rendre son jugement dans les concours de\ncompositionmusicale pourles prix de Rome à décerner en 1904, les artistes dont\nles noms suivent :\nJurés titulaires : MM. Ch. Lefebvre, Widor, Fauré ; jurés supplémentaires :\nMM. Leroux, Ch. Duvernoy.\nUn projet de règlement relatif au concours de composition musicale pour le\nGrand Prix de Rome, nécessité par l'adjonction de nouvelles dispositions visant\nnotamment la participation des femmes à ce concours, vient d'êtrç élaboré après\nentente entre l'administration des Beaux-Arts, le Conservatoire national et M. le\nchef du secrétariat de l'lnstitut.\nAucune modification touchant les prérogatives de l'Académie en ce qui con-\ncerne le jugement des épreuves de ce concours n'a été apportée au règlement\nactuellement en vigueur.\n\nOPÉRA. Aux termes de 1 article 14 de son cahier des charges, le Directeur de\nl'Opéra est tenu de faire représenter tous les deux ans sur la scène de ce théâtre\nun ouvrage (ballet ou opéra) en un, deux ou trois actes, dont la partition doit\nêtre écrite par un élève de Rome, grand prix de composition musicale.\nLa section de musique de l'Académie des Beaux-Arts, sur l'invitation qui lui en\na été faite par M. Chaumié, désignera dans une de ses prochaines séances les\ncinq candidats parmi lesquels pourra être choisi l'auteur de l'ouvrage qui sera\nreprésenté en 1905.\nM. Gailhard disposera ainsi de tout le temps suffisant pour pouvoir monter\ncet ouvrage dans les délais réglementaires."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "176", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040315-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'fT.primcrie et c'e Librairie.\n\nVALENCE. — La ville de Valence organise un grand concours international de\nmusique qui aura lieu les 13, 14, 15 et 16 août prochain, sous la présidence de\nM. Vincent d'Indy et de M. Maréchal, inspecteur de l'enseignement musical.\n\nÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. — M. Pirro a terminé son cours par de\nfort intéressantes auditions d'airs de Mauduit et de Boesset (M. Nansen), et de\npièces pittoresques pour clavecin de Byrd et J. Bull (Mme Landowska). Les\nlundis 14 et 21 mars, 18 et 25 avril, à 4 h. 1/4, cours de M. Laloy sur la\nMusique contemporaine {de Schumann à Debussy). M. Éd. Bernard exécutera les\nœuvres étudiées.\n— M. Constant Pierre a publié l'un des documents annoncés dans son volume\nles Hymmes et Chansons de la Révolution (n° 47, page 308), qui apporte un nouvel\nélément dans la discussion ouverte au sujet de YHymme à l'Etre suprême de M -J.\nChénier répudié par Robespierre. C'est une partie de la musique de Gossec dont\nnul n'a eu connaissance avant la découverte de M. C. Pierre et qui n'existe pas\ndans la partition autographe que possède la bibliothèque du Conservatoire.\n11 en résulte que deux strophes pour chœur à 4 voix ont été supprimées à l'exé-\ncution et que Gossec les a éliminées lui-même ensuite de sa partition. Elles ont\nété reconstituées par M. C. Pierre à l'aide de parties séparées manuscrites.\n\nFERRARIS.\nGENÈVE. — Parmi les dix sept concerts que nous a apportés février, il en est\nquelques-uns qu'il est juste de mettre hors de pair, tant par les artistes qui s'y\ntirent entendre que par la composition de leurs programmes.\nPour le chant citons les trois récitals de Mme Faliero-Dalcroze, l'éminente can-\ntatrice, qui a pu développer dans des programmes chronologiques admirable-\nment gradués, ses qualités vocales si belles et son goût si sûr.\nPour le piano, c'est Mme Careno, la grande artiste toujours applaudie, qui in-\nterpréta Beethoven, Chopin et Schubert, avec une fougue et une autorité gran-\ndioses.\nPour le violon, ce furent Oliveira et Florizel Reuter : le premier, artiste fait,\nen pleine possession d'un talent superbe ; le second, enfant prodige extraordi-\nnaire pour qui la difficulté semble déjà ne plus exister.\nLa musique dechambre dans le concert Fauré Marteau remporta un triomphe.\nSoit dans la sonate en la majeur, soit dans les quatuors en sol mineur et ut\nmineur — avec MM. Panké et Rehberg, — le succès fut immense : la richesse\nharmonique, le charme intense, pénétrant, de Fauré ne pouvant qu'obtenir pa-\nreil résultat.\nUne très intéressante séance de musique ancienne, donnée par la Société des\nInstruments anciens de Paris, a fait revivre à nos oreilles charmées les airs de\njadis, allant du grave au pimpant, du doux au sévère.\nEt enfin, pour terminer ce mois bien chargé, l'inoubliable concert de l'Or-\nchestre Lamoureux, acclamé par une salle transportée d'enthousiasme pour les\nmagistrales exécutions de cette phalange unique et de son chef, M. Chevillard.\nAu programme seulement trois noms : Berlioz, Beethoven, Wagner.\n\nLabondance des matières nous oblige à renvoyer à notre prochain numéro\nnos Correspondances de Nice et de Rouen."}]}