{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_sha256": "4ab3ad24d788831835367ecc2c9f1284101ac2b90453b75964e0401a696d2fdf", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/04/01_01/bmtnabj_1904-04-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/04/01_01/bmtnabj_1904-04-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "177", "page_fin": "178", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.1", "titre_corps": "FR. DE LACERDA", "titre_sommaire": "FR. DE LACERDA", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "FR. DE LACERDA\n\nM.Francisco de Lacerda, lauréat du Concours de la Revue Musicale, est né le\nii mai 1869 dans Vile Saint-Georges (Açores), dont son père avait été longtemps le\ngouverneur. Son enfance se passa là, entre les montagnes et la mer ; le murmure\ndes vagues et le souffle de la fraîche brise Jurent ses premiers maîtres de musique ;\najoutons, pour ne rien omettre, les leçons de son père, esprit très cultivé et d'un\ngoût musical très sûr. En 1889, abandonnant les études scientifiques quil avait\nd'abord entreprises, il entre au Conservatoire de Lisbonne, doù il sort en 1891 avec\nle iev prix de piano et plusieurs autres distinctions. Le yo novembre 1891 il était\nnommé professeur de piano dans le même établissement. En 1895, à la suite d'un\nconcours, il obtient une bourse de voyage pour une durée de cinq années et se rend\naussitôt à Paris, où il suit d'abord, en qualité d'auditeur, les classes de composi-\ntion du Conservatoire, et, à partir de 1897, le cours de haute Composition de\nM. Vincent d'lndy à la Scola Cantorum. Bientôt le Maître, ayant remarqué ses\nhautes dispositions musicales, sa grande intelligence et son autorité, lui conjîait la\ndirection du Cours d'ensemble vocal et la préparation des Concerts :(( Il est né chef\nd'orchestre )), disait-il, et tous ceux qui ont vu M. de Lacerda à Vœuvre ratifieront ce\njugement. Nous avons déjà à maintes reprises entretenu nos lecteurs du Cours d'or-\nchestre fondé en 1902 par M. de Lacer d a ( 1), entreprise toute nouvelle à Paris, et\nd'un puissant intérêt artistique : uniquement composé d'amateurs, cet orchestre arrive\ndéjà à des exécutions expressives, vivantes, fouillées, dont des sociétés autrement\nillustres et anciennes sont loin de nous donner toujours l'exemple : c'est quil est\ndirigé par un excellent musicien, qui comprend les œuvres et sait les faire compren-\ndre ; l extraordinaire unité de l'interprétation tient à l'unité de la pensée et du sen-\ntiment qui se communiquent à tous. Compositeur distingué, M. de Lacer da a mérité\nle prix de notre Concours par la Danse que nous publions dans ce même numéro ;\nla fermeté du rythme et la fraîcheur de l'inspiration ont été hautement appréciées par\nM. CL Debussy, dont l'autorité vient ainsi se joindre à celle de M. V. d'lndy pour\nlouer les heureux dons d'un musicien que la France, espérons-le, saura retenir après\nl'avoir accueilli.\n(1) Rattaché aujourd'hui à l'École des Hautes Études Sociales. M. de Lacerda dirige encore un\nCours d'ensemble vocal mixte destiné à tracer l'histoire des formes de la musique chorale à\ntravers les âges ; enfin, il a été chargé par M. G. Lyon de faire un cours d'ensemble aux\nélèves des classes de harpe chromatique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "177", "page_fin": "177", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.1.1", "titre_corps": "Fr. de LACERDA Lauréat du Concours de la Revue Musicale.", "titre_sommaire": "Fr. de LACERDA Lauréat du Concours de la Revue Musicale.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.1", "debut_caractere": 67, "fin_caractere_exclue": 123, "texte": "Fr. de LACERDA\nLauréat du Concours de la Revue Musicale."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "179", "page_fin": "186", "image_debut": 3, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.2", "titre_corps": "Notes sur les Chansons de la période révolutionnaire.", "titre_sommaire": "Notes sur les Chansons de la période révolutionnaire.", "signature_source": "CONSTANT PIERRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.3", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 3475, "texte": "Notes sur les Chansons de la période révolutionnaire.\n\nPendant la période révolutionnaire, la chanson ne cessa pas d'être en faveur ;\nmais, s'il est acquis que l'on chanta beaucoup, quoique les circonstances fussent\nsouvent tragiques, nul n'a dit dans quelles conditions ni dans quelles propor-\ntions ce genre d œuvres se p. oduisit et se propagea ; à quel nombre de couplets,\nchansons ou complaintes s'éleva le bilan de cette période? On n'en a aucune\nidée. Près de 3000 pièces nous sont connues, et, quelque élevé qu'il soit, ce\nchiffre est loin de représenter la totalité de la production.\nLa chanson s'implanta partout ; il n'y eut guère d'assemblée, de réunion quel-\nconque, où l'on n'entendît quelque refrain patriotique, civique ou satirique.\nDans diverses sections, on chantait des couplets en vogue ou des refrains nou-\nveaux. Celles de Bon-Conseil et du Contrat social se sont distinguées à cet\négaid , mais c est à la section des Tuileries que 1 on entendit le plus d'œuvres\nnouvelles. Tous les décadis, pendant une grande partie de l'an 11, l'on chanta des\n.oupletb dus pour la plupart aux auteurs les plus applaudis sur le théâtre du\nVaudeville : Barré, Léger, Desfcntaines, Piis, Radet, etc.\nDans les prisons même on chanta les couplets apportés de la ville et ceux que\ndes prisonniers, insoucieux du danger ou narguant la mort, composèrent pour\n1 ailler leuis boui 1 eaux ou le régime auquel ils étaient astreints. L'un versifie\nplaisamment sur le frugal déjeuner des détenus, l'autre sur la vie en prison :\ncelui-ci engage ses amis à verser après sa mort, (( au lieu de larmes, quelques\nflacons de bordeaux » ; celui-là, ne s illusionnant pas sur le sort qui lui était\niéser\\é, annonce que le tribunal lui ouvrira : ((la porte... ou la croisée )) allusion\nà la guillotine ; et cet autre commence ses couplets parce vers : (( Çà, faisons\nnotie testament... », tant il est vrai quelagaieté abandonnerarement le Français,\nmême dans les ciiconstances les plus tragiques. Des (( républicains » protestent\ncontre leur arrestation ; d autres détenus formulent des vœux ; les vaudevillistes\nRadet et auteurs de pièces patriotiques, sollicitent leur élargisse-\nment en des couplets bien tournés ; quelques-uns font des chants sur la guerre\nde la \\ endée, sur la prise de Toulon, etc., pour affirmer leur civisme. Mais\nd auties exhalent leur douleur et leurs peines dans de tristes et touchantes com-\nplaintes : c une femme formulant ses recommandations àsa fille née en\nprison, un condamné taisant d émouvants adieux à sa famille, un innocent qui\nadresse à la justice un appel désespéré, etc. Parmi les auteurs de ces chants\njo\\eux ou luguOies, on cite Ducourneau, Ducos, Montjourdain. Duromeau,\nCoittant, Fontaine. Goujon, etc.\nQuelque bizarre que cela puisse paraître aujourd hui, la Convention ne fut pas\nà l'abri de l'invasion chansonnière. Assez souvent des députations populaires se\nprésentèrent devant elle pour la féliciter sur ses travaux ou adhérer à ses dé-\nciets, poui lui soumettre des propositions ou dénoncer des abus, et, en maintes\nces délégués ne lui firent pas grâce de leurs chansons.\nA la séance du 5 juillet 1793, on annonça (( qu'une multitude immense de\ncitoyens de plusieurs sections de Paris )) se présentait aux portes de la salle ; le\nprésident les fit introduire successivement. Après avoir affirmé qu'elles accep-\ntaient la Déclaration des droits de 1 homme et l'acte constitutionnel, plusieurs"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.4", "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 3751, "texte": "d'entre elles, qui s'étaient fait accompagner de tambours et d'instruments de\nmusique, chantèrent 1 Hymne à la liberté et diverses chansons patriotiques, parmi\nlesquelles le Ça ira, et Où peut-on être mieux qu au sein de sa famille. La Sec-\ntion de 7792, qui comptait parmi ses membres deux artistes de l'Opéra-Comique\nnational, Chenard et Narbonne, suivant quelques-uns, Chateaufort, selon\nd'autres, et Vallière, du théâtre Feycleau, leur confia le soin de faire entendre à\nla barre 1 Hymne des Marseillais. Au couplet : (( Amour sacré de la patrie )), les\nreprésentants et les spectateurs se tinrent debout et découverts ; puis Chenard,\ns'adressant à la Montagne, chanta un couplet additionnel à la gloire des vrais\ndéfenseurs de la patrie.\nLe 14 juillet 1793, le conseil général de la Commune et les 48 sections appor-\ntèrent à la Convention leur adhésion à l'acte constitutionnel ; pendant le défilé,\nla musique delà garde nationale exécuta divers morceaux, et trois artistes chan-\ntèrent une strophe du Chant du 14 juillet. Quelques jours après, un vieillard\nchanta des couplets sur la Constitution, et la Convention décréta aussitôt qu'ils\nseraient imprimés et distribués à chacun de ses membres. Le 8 novembre sui-\nvant, les artistes de la musique de la garde nationale, venus pour solliciter la\ncréation d'un Institut national cle musique, exécutèrent une marche guerrière,\nY Hymne à la Liberté, une symphonie et l'air Ça ira. Peu après, des membres de\nla section de l'Unité, suivis de chanteurs et d'instrumentistes, firent entendre,\naprès avoir abjuré le catholicisme, la Marseillaise, Veillons au salut de /'Empire,\netc., et l'air Malborough s'en va-t-en guerre, pendant que d'autres citoyens, vêtus\nd'ornements noirs, portaient un drap mortuaire. La section de la Montagne, qui\nlui succéda, fit chanter un morceau de musique par les artistes du théâtre\nPeydeau et des couplets A la Montagne, par Martin, l'un des premiers sujets.\nCes manifestations chantantes par lesquelles la Convention se laissait dis-\ntraire de ses travaux, n'étaient pas du goût de tous les représentants. A la suite\nde l'audition d'une chanson patriotique exécutée à la séance du 26 nivôse an II\n(15 janvier 1791) par un des élèves de la patrie venus pour demander, au nom\nde la section des Piques, l'envoi d'une députation de la Convention à la fête\ncivique organisée pour le décadi suivant en l'honneur des martyrs de la liberté,le\nprésident Laloy en demanda l'insertion au Bulletin. Danton fit observer que cette\npublication n'était pas destinée (( à porter des vers dans la République, mais de\nbonnes lois rédigées en bonne prose )), et, s'appuyant sur le décret ordonnant\nl'examen préliminaire du Comité d'lnstruction publique pour tout ce qui con-\ncernait les arts et l'éducation, il demanda le renvoi audit Comité. Aux argu-\nments de son collègue Dubouchet sur l'utilité des hymnes patriotiques pour\nélectriser les âmes républicaines, Danton répondit fort justement, sans nier\nl'efficacité des chants patriotiques, que l'on n'était point en état de juger (( et le\nsens et les mots )) de la chanson qui n'avait pas été bien entendue, et que l'on ne\ndevait point (( empêcher la Convention de se mettre en mesure de prononcer avec\nconnaissance de cause )), estimant que (( dans les petites choses comme dans les\ngrandes )), elle ne devait « jamais prendre de détermination indiscrète et incon-\nsidérée )). Il insista, en conséquence, pour le renvoi au Comité, qui fut dé-\ncrété.\nUn mois après, le 30 pluviôse (18 février 1794), des citoyens de la section des\nGardes françaises, porteurs de pelles, de bêches et de chaudières remplies de\nsalpêtre, vinrent chanter * la barre des couplets sur (( la foudre vengeresse »,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.5", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 3771, "texte": "autrement dit le salpêtre. Puis, le 26 ventôse, après que la section du Mont-Blanc\neut félicité la Convention de la fermeté avec laquelle elle avait frappé les traîtres\n(les Hébertistes), un citoyen ayant chanté une chanson dont il était l'auteur,\nDanton l'interrompant, s'éleva de nouveau contre cette manie chantante :\nLa salle et la barre de la Convention sont destinées à recevoir l'émission solennelle et sérieuse\ndu vœu des citoyens; nul ne peut se permettre de les changer en tréteaux. Je porte dans mon ca-\nractère une bonne portion de la gaieté française, et je la conserverai, je l'espère. Je pense, par\nexemple, que nous devons donner le bal à nos ennemis, mais qu'ici nous devons froidement, avec\ncalme et dignité, nous entretenir des grands intérêts delà patrie... Jerends justice au civisme des\npétitionnaires, mais je demande que dorénavant on n'entende plus à la barre que la raison en\nprose.\nCette proposition, dictée par le bon sens, fut adoptée, et dès lors les auditions\ndevinrent assez rares. La salle des Tuileries ne retentit plus que du chant des\nhymnes exécutés par hlnstitut national de musique ou le Conservatoire, lorsque\nla Convention, pour ne pas interrompre ses travaux, fit célébrer certaines fêtes\nau milieu des délibérations.\nLES CHANSONS AU THEATRE\nMais, si les chanteurs ne purent se donner libre carrière au sein de la repré-\nsentation nationale, ils trouvèrent un milieu des plus favorables dans les salles\nde spectacle, et, si le patriotisme seul guida les premiers exécutants, l'esprit de\nparti se montra ensuite si ardent que des troubles sérieux, des rixes parfois san-\nglantes, éclatèrent entre les adversaires qui se provoquaient aux accents de la\nMarseillaise et du Réveil du peuple. De graves désordres amenèrent souvent l'in-\ntervention des agents de l'autorité, et le gouvernement fut contraint de prendre\ndes mesures rigoureuses à l'égard des perturbateurs et même d'interdire l'exécu-\ntion de certains chants.\nDès 1792, des chansons patriotiques furent exécutées dans les théâtres, par les\nacteurs ou par les spectateurs, soit sur l'initiative des auteurs, soit de par la\nvolonté des assistants, et c'est avec la Marseillaise que cette innovation semble\navoir été d abord mise en pratique. A ce propos, la Chronique de Paris rappela\ncette remarque cfun spectateur anglais : L'envie de chanter de concert avec les\nacteurs est si dominante en France, que dans une chanson connue, le musicien\nde la scène jouait quelquefois, à peu près, le même personnage que le chantre\ndes églises, qui ne sert qu'à entonner le psaume et dont la voix est ensuite absor-\nbée par celle de toute l'assistance. Les fédérés du bataillon marseillais chantè-\nrent l'œuvre de Rouget de Lisle d'abord spontanément, puis un arrêté du Co-\nmité de salut public, en date du 4 frimaire an 11, en prescrivit l'exécution dans\ntous les spectacles delà République, (( tous les décadis et chaque fois que le\npublic le demandera ». Vers la fin de 1793, cet usage commença à devenir plus\nfréquent, et les journaux enregistrent successivement le titre ou publient le texte\ndes œuvres nouvellement exécutées sur les différentes scènes : Vaudeville, Co-\nmédie italienne, Opéra-Comique de la rueFavart, théâtres Montansier, Feydeau,\ndes Amis de la Patrie, Cité-Variétés, de l'Egalité, Louvois, etc., et les théâtres de\nla République (Comédie-Française) et de l'Opéra, qui apparaissent plus rarement.\nLe 9 octobre 1793, après la première représentation de la Fête civique du village,\nau théâtre Favart, une chanson fut jetée de la salle sur la scène et, en présence\ndes vives instances du parterre, l'acteur Saint-Aubin dut venir la chanter. Tout\nd abord ces chansons furent exclusivement patriotiques ou çiviques ; elles"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.6", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 3860, "texte": "avaient pour sujet la guerre étrangère ou les volontaires de la première réquisi-\ntion, elles excitaient les esprits contre les rois coalisés et les traîtres, célé-\nbraient la gloire de la Montagne, ou faisaient l'éloge des Français; d'autres atta-\nquaient le fanatisme et 1 athéisme, et prêchaient 1 abolition de l'esclavage, ou\nsaluaient la mémoire de J.-J. Rousseau, etc.\nAu cours de 1 année 1794, ce fut souvent par des couplets chantés entre deux\npièces ou à 1 issue de la représentation que les événements heureux de la cam-\npagne furent annoncés ou célébrés ; ainsi en fut-il pour la plupart des succès rem-\nportés par les armées républicaines : victoires de Fleurus et d'Ostende, prise de\nBruxelles et reprise de Bellegarde, etc. De vendémiaire à nivôse an 111, à l'Opéra,\nle Chant du départ fit partie du programme annoncé pard affiche, et les hymnes\nexécutés à la fête de J.-J. Rousseau et à celle de l'évacuation du territoire y\nlurent chantés non seulement le jour même de ces cérémonies, mais encore pen-\ndant plusieurs soirées. Après le 9 thermidor, les adversaires politiques se livrè-\nrent avec acharnement à une guerre de pamphlets, et l'ordre ne fut guère troublé\ndans les salles de spectacles que par les protestations contre la location faite à\n1 avance des places de loges. Mais, dès le début de l'année 1795, à l'apparition de\nla chanson thermidorienne le Réveil du peuple, les auditions changèrent de carac-\ntère : de pacifiques et intermittentes, elles devinrent tumultueuses et journa-\nlières. Les adversaires d-s terroristes, joints aux royalistes, s étaient engagés à\ndemander que cette chanson fût chantée sur tous les théâtres, et suivant le projet\nqu ils avaient formé (( de poursuivre sans relâche )) les coupables auteurs de leurs\nmaux, ils s en prirent d'abord aux comédiens accusés, à tort ou à raison, d'avoir\nparticipé aux actes de la Terreur, ou passant pour professer des opinions jaco-\nbines. Successivement Fusil, Irial, Vallière, Talma, Michot, Dugazon, Garat\netLays, violemment interpellés, hués ou insultés, furent contraints de lire ou de\nchanter 1 œuvre de Souriguère et Gaveaux, ce que plusieurs firent, non sans\nprotester de la correction de leurs principes et de leur conduite.\nCes manifestations plus ou moins justifiées contre les comédiens donnaient\nlieu, comme bien on pense, à des scènes bruyantes et tapageuses, et dans son\nexaltation, le public préféra renoncer à la représentation de Crispin rival de son\nmaître, qui devait terminer le spectacle au théâtre de la République, plutôt que de\nlaisser paraître 1 acteur auquel il venait de faire une avanie. De semblables\ndémonstrations lurent ensuite dirigées contre quelques conventionnels et contre\nles républicains en général, auxquels on s'attaqua dans les cafés ou sur les pro-\nmenades publiques puis dans les théâtres : le Réveil du peuple était devenu un\nchant de parti ; il avait pris une signification politique.\nAprès s être acharnés contre les comédiens, ses partisans voulurent en impo-\nser 1 audition aux autres spectateurs, et ce fut une nouvelle source de conflits plus\nvifs et plus fréquents. Au théâtre de la Montagne, plusieurs voix réclamèrent le\nRéveil, tandis que d'autres insistaient pour que l'on chantât le Chant du départ.\nAl Ambigu-Comique, la jeunesse dorée demanda l'exécution de la chanson ther-\nmiciorienne, malgré 1 opposition des jacobins ; une lutte s'ensuivit pendant la-\nquelle un gendarme s'écria : « Vivent les jacobins ! à bas la Convention )) ! et ce\n« factieux )) fut arrêté, mais non pas l'individu qui des troisièmes loges lança\nune pierre et blessa un jeune spectateur. L'effervescence lut telle que l'on re-\nnonça à la représentation ; elle se termina par une nouvelle exécution du Réveil\ndu peuple. Dix jours après, aux Variétés, tandis que 1 on chantait cette œuvre de"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.7", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 3735, "texte": "Souriguère, des citoyens s'écrièrent : (( A bas les hommes de sang ! voyez comme\nils pâlissent! )) ; pais, au Vaudeville, à ces mots: « Périssent les assassins »,\nune voix dit : (( Ils n'ont plus que trois jours à vivre » ; à ceux-ci :(( représen-\ntants d'un peuple juste », plusieurs spectateurs ajoutèrent : a même les députés\nmis hors la loi », exclamation qui fut répétée par toute la salle et couverte d'ap-\nplaudissements. Pour avoir accueilli ce même couplet par cette apostrophe :\na qu'ils nous donnent du pain », un « particulier » fut arrêté au théâtre de la rue\nMartin et conduit au Comité de sûreté générale; lorsque le public en reçut la\nnouvelle il s'écria : (( Vive la Convention! » Puis, le 26 mars, inquiet de la\nmarche embarrassée de la procédure ouverte contre les « décemvirs », il applau-\ndit bruyamment et longuement le second couplet : (( Quelle est cette lenteur bar-\nbare... » Le lendemain, on le fît même répéter à Gaveaux, qui chanta ensuite un\nnouveau couplet « propre à inspirer des sentiments de vengeance et à perpétuer\nles haines et les divisions ». Il dut le redire (( jusqu'à trois fois ».\nCe couplet des représentants donna lieu à l'expression de sentiments divers.\nAu théâtre Feydeau, qui, avec le Vaudeville, fut le foyer de la réaction, des mur-\nmures l'accueillirent, et (( la représentation nationale » ne fut pas traitée (( avec\ntout le respect qui lui était dû », disent les (( observateurs», c'est-à-dire les\nagents de police. A l'Opéra, le 30 mars, on empêcha l'exécution de ce couplet\net, le 29 avril, on l'y reçut à coups de sifflets. Au théâtre de la rue Martin, il\nmotiva cette exclamation : (( Ce sont des lâches et des insouciants. » On revint\nun moment sur cette impression, et la représentation nationale (( reçut\ndans tous les spectacles le tribut de confiance des citoyens » sous forme\nd'applaudissements réitérés, ce qui n'empêcha pas qu'au théâtre du Vaudeville,\nle 15 mai, une partie des spectateurs n'ayant point consenti à ce qu'on exécutât\nce couplet, firent (( malicieusement un si grand bruit » qu'on ne l'entendit\npoint.\nSouvent demandé, chanté et couvert d'applaudissements, dans son ensemble,\nle Réveil du peuple fut parfois l'objet d'une vive opposition de la part de quel-\nques assistants. A l'Ambigu, le 26 avril, (( trois mal intentionnés » combattirent\nson exécution en criant : « Du pain ! du pain! » Quoique réclamé, on ne put l'en-\ntendre le 30 avril, au théâtre patriotique, par suite de l'agitation que causèrent\nles mêmes cris. La veille, il en avait été de même à la Gaîté, en raison du tapage\nque firent (( plusieurs voix ». Cependant ce n'étaient là que des manifestations\noccasionnelles, sans suites fâcheuses; mais, les événements du ier prairial et\nl'assassinat du député Féraud ranimèrent l'ardeur des dissidents ou des tièdes ;\nle Reveil du peuple fut demandé partout et salué avec enthousiasme, particu-\nlièrement le couplet des représentants. Au théâtre des Arts, le 8 juin, l'acteur\nLainez chanta le Réveil « avec tout le feu possible », et pendant plus d'un quart\nd'heure retentirent (( les applaudissements les plus vifs ». Puis une accalmie qui\nse prolongea plus d'un mois se produisit dans les théâtres (( tranquilles et\nsages » ; elle ne fut interrompue que par l'exécution du Cri du peuple au théâtre\nFeydeau et de couplets jetés sur la scène du théâtre du Marais, lesquels provo-\nquèrent un rappel de l arrêté du Comité de sûreté générale du 24 pluviôse\nprécédent.\nJusqu'alors le Réveil du peuple seul avait été cause des incidents ; on l'ac-\ncueillait avec enthousiasme ou par des marques d'improbation. Ses adversaires,\nd'abord peu nombreux, imaginèrent de lui opposer la Marseillaise, et dès ce"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.8", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 3713, "texte": "moment, ce fut entre les deux chants une lutte assez vive qui n'alla'pas sans\nexcès de part et d'autre. 4\nL'organiste du théâtre de la République ayant touché la Marseillaise et\nl'orchestre l'ayant jouée à l'ouverture du second acte, des citoyens protestèrent\net demandèrent le Réveil, tandis que d'autres insistaient pour que l'œuvre de\nRouget de Lisle fût continuée. Cette fois, l'apparition des acteurs termina le\ndébat, et ce ne fut qu'une alerte sans lendemain. Mais lorsque, après l'exécution\nde la Marseillaise à la fête du 14 juillet, la Convention décréta, (( pour entre-\ntenir l'énergie des vrais républicains », que 1 hymne de Rouget de Lisle ainsi\nque les airs et chants civiques qui avaient contribué au succès de la Révolution\nseraient « exécutés par les corps de musique de la garde nationale et des\ntroupes de ligne », en chargeant le comité militaire de les faire jouer (( chaque\njour à la garde montante du Palais national », les hostilités commencèrent, pour\nse prolonger pendant plus d'une année.\nAussitôt connu, c'est-à-dire le jour où il fut rendu, ce décret suscita des dis-\ncussions dans les groupes du Jardin Egalité et dans les cafés. Les uns décla-\nmèrent contre Y Hymne des Marseillais, les autres lui accordèrent la préférence\nsur le Réveil du peuple. Les premiers disaient que la décision devait être rap-\nportée parce que la Marseillaise rappelait les massacres de septembre 1792\net favorisait les terroristes ; les seconds se déclaraient pour le maintien du\ndécret et combattaient l'opinion des opposants sans y mettre pourtant 1 intran-\nsigeante animation de ceux-ci. Le soir, les (( jeunes gens » de la faction royaliste\nprésents au théâtre des Arts parvinrent à faire cesser le chant de la Marseillaise\ndès le second couplet et à faire chanter deux fois le Réveil du peuple, sauf le\ncouplet des représentants, en déclarant qu'ils feraient chanter de nouveau le\nRéveil dans tous les spectacles En relatant ces faits, le Courrier républicain fit\njustement remarquer que rien ne pouvait mieux apporter le trouble dans la\nville et faire battre les citoyens « que de mettre en opposition » ces deux chan-\nsons. Cette prévision se réalisa immédiatement. Le lendemain matin, sur\nla place du Carrousel, lorsque parut la garde montante, commandée par le\ngénéral Menou, une foule considérable s'écria : (( Le Réveil du peuple, et point de\nMarseillaise ! C'est au son de cette musique qu'on égorgeait au 2 septembre et\nqu on nous a assassinés pendant quinze mois A bas les égorgeurs !... (( Le\ngénéral répondit qu'ayant reçu une liste d'airs analogues de la Révolution, avec\nordre de les faire exécuter, son devoir était d'obéir aux décrets de la Convention.\nOn consentit à entendre les airs patriotiques, (( mais point de Marseillaise », et la\nmusique ayant commencé à jouer ce dernier chant, on cria : « A bas la Marseil-\nlaise !... » en menaçant, si l'on continuait, d'arracher et de briser les instruments.\nNe voulant pas céder à de telles injonctions, le général crut devoir consulter la\nConvention, qui déclara s'en rapporter à sa discrétion. Alors celui-ci, s'avançant\nvers la foule, dit que s'il avait perdu la confiance publique, il donnerait sa démis-\nsion. Des acclamations retentirent, et 1 on déclara qu'on ne demandait point sa\ndémission, mais que l'on ne voulait plus de Marseillaise, et il en fut selon les\nexigences de la multitude : la musique joua le Réveil du peuple aux cris de\n(( Vive la Nation ! Vive le général Menou ! A bas les terroristes et les jaco-\nbins ! »\nCes débats, qui eussent pu devenir tragiques, avaient duré plus d'une heure.\nLeur succès encouragea les jeunes gens qui, au cours de la soirée, se répandirent"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.9", "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 3910, "texte": "dans les cafés et dans les théâtres pour faire jouer ou chanter le Réveil. L'agi-\ntation régna presque partout. Aux théâtres Feydeau, du Vaudeville et de l'Opéra-\nComique, on applaudit avec chaleur le couplet relatif aux jacobins et àla Terreur,\nmais on refusa d'écouter celui des représentants. Au théâtre de la République,\nil se produisit (( quelques vivacités ». Les acteurs ne paraissant pas disposés à\nse rendre aux désirs du public, qui réclamait opiniâtrément le lever de la toile et\nl'exécution du Réveil du peuple, des jeunes gens sautèrent sur la scène pour la\nlever eux-mêmes. Un acteur parut et annonça que Dugazon allait chanter. Des\nmurmures et a les épithètes de terroriste, de coquin et de lâche » retentirent à\nl'entrée de ce dernier, qui retira prestement son habit et sa perruque et se colleta\navec un des jeunes gens qui l'avaient apostrophé. Ce fut alors une mêlée géné-\nrale : acteurs, actrices, gardes, juges de paix, spectateurs, se précipitèrent sur la\nscène et dans la bagarre, (( plus comique » que dangereuse, (( Dugazon, son habit,\nsa perruque, tout disparut comme par enchantement », celui-ci s'étant aperçu,\ndit-on, que les rires provoqués par (( cette comédie d'un genre neuf » n'étaient pas\nen sa faveur. Le calme rétabli, le Réveil fut chanté par Dunan et vivement ap-\nplaudi, même le couplet des représentants, qui donna lieu pourtant, de la part de\nquelques-uns, à cette distinction: « Pour les bons députés, à la bonne heure. »\nPrudemment on ne joua ni la Marseillaise ni le Réveil du peuple, le lendemain,\nà la parade de la garde montante, et les Comités de salut public et de sûreté\ngénérale prirent un arrêté portant (( qu'il ne sera chanté ni lu sur les théâtres\nd'autres airs, chansons et hymnes que ceux faisant partie et qui sont contenus\ndans les pièces annoncées et qui seront jouées ». Cette décision, en date du\n28 messidor an 111, parvint à trois heures du matin à l'agence des lois, qui la fit\nimmédiatement imprimer au nombre de 1500 exemplaires et afficher dans la\nville et dans les spectacles. Néanmoins, au théâtre Feydeau, où les jeunes gens\nplacés au parquet chantèrent eux-mêmes le Réveil, et à l'Opéra, le commissaire\nfut contraint de se retirer sans avoir pu faire la lecture de l'arrêté prohibitif des\nComités. Ace théâtre, les spectateurs (( s'opiniâtrèrent » à réclamer l'exécution\ndu Réveil, et Elleviou, du théâtre de l'Opéra-Comique, monté sur l'appui de la\npremière galerie, le chanta pour la plus grande satisfaction du parterre qui fit\nchorus, jeta les chapeaux en l'air en criant : « Oui, nous le jurons, contre les\nterroristes et les buveurs de sang !.. » Devant l'attitude générale, le susdit arrêté\ndevait rester lettre morte. Le public se substitua aux artistes et à l'orchestre\nrendus responsables des contraventions —et il chanta lui-même le Réveil\naux théâtres Feydeau, de l'Opéra-Comique et de la République. Ace dernier,\ndes jeunes gens, avertis qu'on refusait de le chanter, forcèrent l'entrée, montèrent\nsur les banquettes et l'entonnèrent, moins le dernier couplet ; puis ils sortirent en\nrepoussant rudement l'officier de paix qui les avait invités â respecter la loi.\nCette inertie, ou cette longanimité du pouvoir, a été constatée par la Gazette\nfrançaise du 19 juillet dans ces quelques lignes: «Le gouvernement ne paraît\npas vouloir s'opposer à cet élan de l'opinion publique. Hier soir, tous les théâtres\nétaient environnés de la force armée à cheval ; mais qui que ce soit ne fît le\nmoindre effort pour faire respecter l'arrêté des Comités de gouvernement qui\ndéfend le chant des nouvelles hymnes dans les spectacles. »En effet, le 18, au\nthéâtre Feydeau, quelques spectateurs du parquet chantèrent l'œuvre de Sou-\nriguère, et au théâtre des Arts, le désordre fut à son comble, (( tant au dehors\nqu'au dedans ». Il y eut bruit et voies de fait ;le député Merlin de Thionville ne"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.10", "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "put se faire entendre ;un adjudant général envoyé par les Comités pour exhor-\nter à la concorde et àla fraternité fut dans l'impossibilité de parler, interrompu\npar les cris répétés :(( Que les terroristes et les jacobins périssent !» On accu-\nsait la Convention de vouloir ramener la l'erreur, de promettre justice contre les\nbuveurs de sang et de les mettre en liberté au fur et à mesure, etc. A chaque\nacte, on réclama le Réveil du peuple et, des militaires s'opposant à son exécution,\non en vint aux mains :en un instant les sabres sont tirés, un jeune homme est\nblessé à l'épaule, les spectateurs se précipitent sur les militaires et, pendant\ncette lutte, le Réveil du peuple retentit sur la scène. De forts détachements arri-\nvent, un général en tête, comme pour charger ;on proteste contre cette manière\nde faire de la police qui allume la guerre civile et prépare le régime militaire ;\nnéanmoins, quelques arrestations sont faites, et des groupes se rendent au Co-\nmité de sûreté générale pour réclamer l'élargissement des citoyens incarcérés.\nLe ler thermidor. Delaunay fit àla tribune de la Convention, au nom du Comité\nde sûreté générale, l'exposé des incidents assez graves qui s'étaient produits\ndans les précédentes journées des 27 au 30 messidor, en dénonçant le but des\nauteurs des désordres.\nPendant quelques jours, les théâtres demeurèrent relativement calmes ; des\naffiches avaient été placardées tendant à rétablir l'union entre les partisans de la\nMarseillaise et ceux du Réveil. Cependant, le 24 juillet, au parterre du théâtre\nFeydeau, on chanta « sans éclat et à voix basse » les couplets de ce dernier\nhymne ; le 26, on l'entonna en attendant (( la levée de la toile )) ; puis le 30, à\nl'Ambigu, lorsque dans une pantomime, intitulée les Chouans ou les héroïnes\nfrançaises, la musique vint àse faire entendre, les applaudissements furent uni-\nversels et quelques personnes des premières crièrent :(( Point de grâce aux\njacobins!... )) On l'entendit encore à Feydeau, le ler août, au commencement du\nspectacle, et, le 25 septembre, au Vaudeville on en chanta deux couplets aux cris\nde : Vive la République ! à bas les deux-tiers / Quelques jours après, plusieurs jeunes\ngens l'entonnèrent au jardin Egalité, pour répondre àun groupe de militaires,\naccompagnés de terroristes, qui chantaient la Marseillaise en criant : A bas les\nroyalistes !\n\nCONSTANT PIERRE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c005", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "186", "page_fin": "188", "image_debut": 10, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.3", "titre_corps": "La nouvelle théorie de l'harmonie de M. Hugo Riemann", "titre_sommaire": "La nouvelle théorie de l'harmonie de M. Hugo Riemann", "signature_source": "PAUL LANDORMY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.10", "debut_caractere": 2439, "fin_caractere_exclue": 3038, "texte": "La nouvelle théorie de l'harmonie de M. Hugo Riemann\n\n(1).\nIl est une question que M. Hugo Riemann ne cherche pas à résoudre : Pour-\nquoi la sous-dominante a-t-elle moins d'importance dans la tonalité que la\ndominante ? Pourquoi surtout manque-t-elle de force conclusive ? La succession\nde l'accord de tonique et de l'accord de sous-dominante me laisse toujours\nune impression indécise. Dois-je m'arrêter à la sous-dominante, comme à la\nvéritable tonique, ou au contraire revenir à la tonique initiale? Si vous ne me\nfaites entendre que ces deux accords :\n\n(i) Suite. Voir la Revue du ier mars 1904."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.11", "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "j'aurai plutôt le sentiment de la tonalité de fa que de celle d'ut. La phrase ne\nme paraîtra pas suspendue et, selon moi, n'appellera pas le moins du monde\nune conclusion en ut. Même si vous faites suivre ces deux premiers accords\nd'un nouvel accord en ut, la tonalité d'ut sera si faiblement établie qu'il suffira\nd'un nouvel accord de fa pour moduler en fa.\nAu contraire, si vous me faites entendre successivement les accords :\nj'aurai le sentiment que la phrase est incomplète, supendue, et je désirerai le\nretour de l'harmonie initiale. Je ne songerai pas à considérer Yut comme la sous-\ndominante delà tonique sol ; cette interprétation est trop détournée, et, pour me\nla suggérer, il aurait fallu me préparer d une manière ou d une autre à prévoir\nla tonalité de sol. Il est naturel que je forme l'hypothèse la plus simple, et sol\nm'apparaît très nettement avec le caractère d'une dominante. Si maintenant je\nfais suivre ces deux premiers accords d'un nouvel accord d \"ut, j'aurai établi\nsuffisamment la tonalité d'ut pour qu'une nouvelle apparition de l'accord de sol ne\nme donne que l'impression d une demi-cadence, c'est-à-dire d'un repos provi-\nsoire sur la dominante. En somme, et d'une manière générale, quand un mou-\nvement harmonique de quinte se produit, j'ai une tendance à me l'expliquer\nplutôt par la relation de la dominante à la tonique que par celle de la tonique à\nla sous dominante\nSi 1 on cherchait la raison de ce fait, on la trouverait peut-être tout d abord\ndans la nature même des choses : en effet, l'harmonique 7 est encore assez sen-\nsible dans beaucoup de timbres ; or cet harmonique constitue avec le son\nprincipal une dissonance de septième dont la perception plus ou moins\nconsciente doit favoriser notre interprétation par la fonction de dominante de\ntout son dont le caractère de tonique n'a pas encore été déterminé, et qui doit\ninversement faire obstacle à l'attribution du rôle de sous-dominante à tout son\ndont la signification reste encore indécise. C'est ce qui expliquerait encore\npourquoi, si un morceau débute par l'attaque isolée d'une note, je suis amené à\nconsidérer cette note, sans fonction encore définie, non pas comme une tonique,\nmais comme une sorte d'appel sur la dominante, et que j attends l'entrée pro-\nchaine de la tonique corrélative.\nA cette raison précise nous pourrions en ajouter peut être d'autres plus vagues\net plus discutables : ainsi nous dirions d'abord que la marche du grave à l'aigu\navec retour ou cadence au grave (ut-sol-ut) semble mieux appropriée à la fois aux\nbesoins de notre oreille et aux ressources de notre voix que la marche de l'aigu"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.12", "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "au grave avec retour à l'aigu [ut-fa-ut). Nous serions assez disposé à croire que dans\nl'évaluation des intervalles musicaux l'esprit procède toujours du grave à l'aigu,\nmême quand le mouvement se produit del aigu au grave, et qu'alors ce mouve-\nment de l'aigu au grave n'est perceptible pour la pensée qu'à la condition\nqu elle imagine préalablement un point de départ fictif situé dans une région\nplus grave que le plus grave des points atteints par le développement musical.\nMais c'est là tout un problème à étudier et nous ne prétendons pas le résoudre\nen quelques mots : la solution que nous en proposons, à titre de thèse à démon-\ntrer, serait d'ailleurs absolument rejetée par M. Riemann ; car elle ne tendrait\nà rien moins qu à ruiner toute sa nouvelle conception du mode mineur.\nIl est un dernier point sur lequel nous serions heureux de connaître 1 opinion\nde M. Riemann II résulte de sa doctrine que la relation de quinte a une impor-\ntance tout à fait prédominante dans 1 harmonie ; c'est elle qui sert de fondement\naux fonctions de dominante et de sous-dominante. La tierce majeure ne joue\nqu'un rôle secondaire à côté de la quinte ; elle remplit, elle enrichit les harmo-\nnies, sans déterminer, au moins par elle seule, leur signification tonale. Cet état\nde choses doit-il durer ou n'est-il que transitoire? M. Riemann indique lui-\nmême une exception à la règle: parfois la relation de tierce majeure peut se\nsubstituer à celle de quinte pour servir de matière à la fonction de dominante.\nAinsi, en ut majeur, la succession harmonique\npeut, dans certaines conditions, avoir une grande valeur tonale et servir même de\nconclusion, sans laisser aucun doute sur la tonalité. Dans ce cas c'est le mi,\ntierce majeur d'ut, qui fait fonction de dominante et oriente l'harmonie mi-solft-\nsi par rapport à la tonalité d'ut. L'évolution de la musique ne rendra-t-elle pas\nde plus en plus nombreuses des exceptions de ce genre ? Ne faut-il pas prévoir\nque la quinte ne sera pas toujours la seule relation fondamentale sur laquelle le\nmusicien construira toutes ses combinaisons harmoniques? La musique n'est-elle\npas un système sans cesse renouvelé qui, pour embrasser des séries de plus en\nplus considérables de relations de plus en plus complexes, devra exclure pro-\ngressivement la réduction des relations les moins complexes à des relations plus\nsimples et les admettre comme relations simples ? Mais M. Riemann n'a pas\ncru bon de soulever de pareilles questions, ni d'y répondre. Après tout, un\ntraité d'harmonie ne doit peut-être contenir que l'analyse des procédés employés\npar les grands musiciens du passé, et sans doute il ne reste plus ensuite à de-\nmander à un théoricien de la technique musicale que de ne pas fermer la voie\naux progrès futurs. Le système de M. Riemann a justement l'avantage de se\nprêter à tous les développements nouveaux que rendra un jour nécessaires la\nconquête de moyens harmoniques de plus en plus variés.\n(A suivre.)\n\nPAUL LANDORMY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c010", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "189", "page_fin": "190", "image_debut": 13, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.4", "titre_corps": "La Fille de Roland.", "titre_sommaire": "La Fille de Roland.", "signature_source": "c", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.13", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "La Fille de Roland.\n\n11 agédie musicale en 4 actes d après Henri de Bornier, poème de Paul Ferrier,\nmusique de Henri Rab aud (Opéra-Comique).\nVoici une œuvie très considérable, dont la place, pour diverses raisons, me\nsemblait maïquée à 1 Opéra, et non à 1 Opéra-Comique. Le poème a de l'am-\npleur et de 1 éclat, une poésie réelle (bien qu un peu surannée pour notre\ngoût du style moderne): il a des tendances patriotiques et françaises; il met\nen scène Charlemagne. Le cadre de l'action est grandiose, pittoresque ; les dé-\nploiements de figuration y sont nombreux. Voilà des raisons sérieuses ; et la mu-\nsique de M. Rabaud n'est point de nature à les affaiblir. Un tel poème n'est pas\nfait pour la même scène que les iVoces de Jeannette et la Flûte enchantée.\nM. Rabaud, qui vient tout juste de dépasser la trentaine et qui eut son grand\nprix de Rome en 1894, était déjà classé parmi les musiciens qui font grand\nhonneur à l'Ecole française. Parmi ses premières compositions (Job, Divertisse-\nment sur des airs russes, quatuor, mélodies, etc..,) on avait remarqué la Procession,\noù apparaît quelque chose de beaucoup plus rare aujourd'hui que le savoir et\nl'habileté, je veux dire une personnalité d'artiste. Il a réalisé très brillamment les\nespérances que 1 on fondait, et que lon fonde encore sur lui. Sa musique est\npuissante, très habile à suivre les mouvements divers de la pensée littéraire ;\nbien qu elle tire du livret tous les effets qu'il peut fournir, non en se bornant à les\nindiquer discrètement, mais en poussant parfois l'expression au maximum, elle a\nune certaine sévérité d'allure, une tenue et une application à maintenir les voix\ndes chanteurs à leur rang, qui ne laisse pas de rappeler la manière de M Saint-\nSaëns.\nDès la première page de 1 Introduction, nous trouvons cette écriture serrée et\ncette science des belles constructions en contrepoint qui caractérisent les maîtres\nclassiques. Comme entrée de jeu, M. Rabaud nous donne une fugue pleine de\ngrandeur, dont voici le sujet :\nce thème maestoso, auquel la suppression delà sensible (/a g) donne un caractère\nun peu rude, dès la 3e mesure a sa réponse à la dominante :\netc., et dans la suite, lorsque les voix se superposent à la polyphonie, reparaît\nrenversé :\nIci même, dans un des suppléments de la Revue musicale (15 nov. 1903),\nM. Philipp, professeur au Conservatoire, a transcrit une pièce à laquelle\non peut comparer le début de la Fille de Roland : c'est l'adagio d'un des trois\nconcertos pour orgue, de J.-S. Bach (concerto imité de Vivaldi). De part et"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.14", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "d'autre, il y a même grande allure musicale. Mais ce qui apparaît constamment\ndans l'œuvre de M. Rabaud, c'est l'art d'exprimer en formules saisissantes\ntoutes les passions humaines. La fin du premier acte (dernière scène), où\nle traître Ganelon se sent comme écrasé par ses remords, est un tableau admi-\nrable où les ressources de l'orchestre sont largement déployées. Le troisième\nacte, frémissant d'esprit belliqueux, a eu un succès particulier, très grand et très\nlégitime. Je cite ces deux actes, mais les autres sont également intéressants.\nNulle part, je n'ai cru voir de lacune, ou de défaillance de l'imagination (sauf\npeut-être dans le chœur : Il a trahi les fils de France ! qui m'a paru un peu sec).\nBien que je ne me considère pas comme suffisamment armé, après deux repré-\nsentations seulement, pour essayer de porter un jugement définitif sur une\nœuvre aussi importante, je serais tenté de reprocher à M. Rabaud de n'avoir\npeut-être pas ménagé assez de contrastes dans sa partition ; ce n'est pas que les\nrythmes, les timbres, la couleur et son intensité n'y soient très variés: mais on\nvoudrait, çà et là, quelques pages de poésie ou de tendresse plus douce. La\nChanson des épées est cependant un très joli hors-d'œuvre, avec ses dissonances\narchaïques et ses pauvretés d'harmonie voulues :\nCe dont il faut aussi louer M Rabaud, c'est d'avoir respecté la voix humaine\net de ne lui avoir jamais demandé de se transformer en cri. On chante, dans cet\nopéra qui, tout en usant des ressources et des hardiesses de l'art contemporain,\ngarde sa noblesse et sa grandeur à la tragédie lyrique.\nLes interprètes « sauf quelques rôles accessoires) m ont paru bons. Mme Mar-\nguerite Carré, qui a dû inspirer quelque envie à Mlleßréval, prêtait au rôle de\nBerthe le charme de sa jeunesse. MM. Dufranne et Beyle ont été excellents dans\nles rôles d'Amaury et de Gérald, et M. Vieuille fut un Charlemagne satisfaisant,\nbien qu il manque de taille. M. Huberdeau, merveilleusement grimé en moine,\na dit magistralement ces deux vers où il prend la défense du traître :\nQue pourrait-on pour lui, si Dieu l'a condamné ?\nQue peut-on contre lui, si Dieu l'a pardonné }\nLa mise en scène n'est pas à l'abri de toute critique Au premier acte, le Rhin\nmanque de grandeur, et certaines parties du décor ne sont pas à Véchelle. La\nfenêtre à laquelle Charlemagne vient se recueillir avant de juger devrait laisser\nvoir un peu de ciel étoilé Au 2e acte, on voit paraître un crowth, un rebec et une\ncithare très couleur locale , mais un page tient sous son menton l'instrument\nqu'il devrait appuyer sur son genou. La Fille de Roland va sans doute retrouver\nà I Opéra-Comiquele succès qu'elle obtint au Théâtre-Français.\n\nc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "191", "page_fin": "191", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.5", "titre_corps": "Le chant dans les lycées.", "titre_sommaire": "Le chant dans les lycées.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.15", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "Le chant dans les lycées.\nNous sommes heureux d'annon-\ncer les publications suivantes :\ni° M. Camille Saint-Saêns vient\nde faire paraître chez MM. Du-\nrand un chœur pour voix mixtes :\nA la France ! paroles de J. Com-\nbarieu. Il est spécialement destiné\naux élèves des lycées 'garçons) et\nd'une écriture à la fois très simple\net très belle. Prix : i fr.\n2° M. Massenet vient de donner\n♦\nà la gravure (chez Heugel) un\nchœur charmant destiné aux jeunes\nfilles des lycées. Titre : A la Jeu-\nnesse ! L'œuvre est pleine de grâce\net d'élan.\n3° Un chœur de M Th. Dubois,\ntrès varié de forme, avec des en-\ntrées nombreuses et intéressantes,\nparaîtra (chez Meugel) dans quel-\nques jours.ll est destiné aux élèves\ndes lycées de garçons. Titre : Le\nCoureur (il s'agit du progrès). Les\nparoles de ces deux dernières\ncompositions sont également de M. J. 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Barrère, Fleury (flûtes), Gaudard, Leclercq (hautbois), Guyot, Cahuzac\n(clarinettes), Pénable, Capdeville (cors), Flament, Hermans (bassons\"), E. Wa-\ngner (piano). Remarqué, au programme, de jolies pièces un peu courtes de\nM. R. Ilahn ; un charmant Prélude et fuguette de M. Gabriel Pierné, qui a un\ndon particulier de grâce et d'élégance.\n\nCOURS DE Mlle M. RIVET.\nA. M.\nTrès intéressante, l'audition des élèves des classes\npréparatoires des cours de Mlle Rivet qui a été donnée le 20 mars dans les Salons\ndes Champs-Elysées, au milieu d'une assistance des plus choisies. Ce concert\nétait composé en majeure partie de morceaux des maîtres classiques : Mozart,\nHaydn, Weber et Beethoven. Nous avons entendu plusieurs chœurs chantés\npar les élèves du cours. Je citerai particulièrement la Vierge à la crèche, de\nFranck, qui est d'un sentiment si pur. Au piano, les élèves de Mlle Rivet ont\naffirmé une fois de plus la sûreté de sa méthode et son bon goût dans la parfaite\ninterprétation des chefs-d'œuvre classiques. Mlle Octavie Pompilion, des\nclasses supérieures, a surtout retenu notre attention et confirmé cette impression\nen exécutant, non pas en élève, mais en remarquable artiste, l'acrobatique\nlie Rapsodie de Liszt et un Prélude de Mendelssohn.\nMme J. Martin, qui prêtait son concours à cette audition, a dit délicieusement\nde jolis vers, et Mlle de Jerlin, des Concerts Lamoureux, a chanté très agréable-\nment plusieurs mélodies.\nConcerts de la quinzaine qui nous ont paru les plus intéressants, et dont\nnous ne pouvons donner le compte rendu détaillé, faute de place. Salle Erard\n(23 mars), œuvres de M. ENESCO, le compositeur roumain si distingué et d'apti-\ntudes musicales multiples, dont nous comptons réentendre les œuvres au Châtelet,\noû nous en avons déjà applaudi quelques-unes ; M. PAUL LACOMBE, membre de\nl'lnstitut (24 mars), qui a dirigé en personne une nouvelle suited'orchestre pleine\nd'élégance et de fine originalité. Au Nouveau Théâtre : M. PIERRE SECHIARI, le\nvioloniste virtuose qui ne s'endort pas sur ses lauriers, travaille sans cesse pour\nse surpasser, et a joué avec grand succès le classique concerto de Mendelssohn ;\nSalle des Agriculteurs : le concert de la SOCIÉTÉ DES INSTRUMENTS A VENT(24 mars),\ntoujours admirable, et dun intérêt unique; Salle des Mathurins : œuvres de\nM. NÉRINI, un tout jeune compositeur, issu de la grande famille des élèves de\nM. 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Le quatuor Joachim pour-\nrait servir de modèle à beaucoup d'autres, jeunes et vieux !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "193", "page_fin": "193", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.6.8", "titre_corps": "SOCIÉTÉ D'INSTRUMENTS A VENT.", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ D'INSTRUMENTS A VENT.", "signature_source": "C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.17", "debut_caractere": 862, "fin_caractere_exclue": 1359, "texte": "SOCIÉTÉ D'INSTRUMENTS A VENT.\nC.\nLe jeudi 24 mars, à cette même salle de la\nrue d'Athènes, très bonne séance de la Société moderne d'instruments à vent :\nMM. Barrère, Fleury (flûtes), Gaudard, Leclercq (hautbois), Guyot, Cahuzac\n(clarinettes), Pénable, Capdeville (cors), Flament, Hermans (bassons\"), E. Wa-\ngner (piano). Remarqué, au programme, de jolies pièces un peu courtes de\nM. R. Ilahn ; un charmant Prélude et fuguette de M. Gabriel Pierné, qui a un\ndon particulier de grâce et d'élégance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "193", "page_fin": "193", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.6.9", "titre_corps": "COURS DE Mlle M. RIVET.", "titre_sommaire": "COURS DE Mlle M. RIVET.", "signature_source": "A. 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Au piano, les élèves de Mlle Rivet ont\naffirmé une fois de plus la sûreté de sa méthode et son bon goût dans la parfaite\ninterprétation des chefs-d'œuvre classiques. Mlle Octavie Pompilion, des\nclasses supérieures, a surtout retenu notre attention et confirmé cette impression\nen exécutant, non pas en élève, mais en remarquable artiste, l'acrobatique\nlie Rapsodie de Liszt et un Prélude de Mendelssohn.\nMme J. Martin, qui prêtait son concours à cette audition, a dit délicieusement\nde jolis vers, et Mlle de Jerlin, des Concerts Lamoureux, a chanté très agréable-\nment plusieurs mélodies.\nConcerts de la quinzaine qui nous ont paru les plus intéressants, et dont\nnous ne pouvons donner le compte rendu détaillé, faute de place. Salle Erard\n(23 mars), œuvres de M. ENESCO, le compositeur roumain si distingué et d'apti-\ntudes musicales multiples, dont nous comptons réentendre les œuvres au Châtelet,\noû nous en avons déjà applaudi quelques-unes ; M. PAUL LACOMBE, membre de\nl'lnstitut (24 mars), qui a dirigé en personne une nouvelle suited'orchestre pleine\nd'élégance et de fine originalité. Au Nouveau Théâtre : M. PIERRE SECHIARI, le\nvioloniste virtuose qui ne s'endort pas sur ses lauriers, travaille sans cesse pour\nse surpasser, et a joué avec grand succès le classique concerto de Mendelssohn ;\nSalle des Agriculteurs : le concert de la SOCIÉTÉ DES INSTRUMENTS A VENT(24 mars),\ntoujours admirable, et dun intérêt unique; Salle des Mathurins : œuvres de\nM. NÉRINI, un tout jeune compositeur, issu de la grande famille des élèves de\nM. Massenet, et qui nous parait appelé à un sérieux avenir ; nous parlons au-\njourd'hui de lui pour la première fois, pas pour la dernière."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "199", "image_debut": 18, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7", "titre_corps": "Actes officiels, Informations et Correspondances.", "titre_sommaire": "Actes officiels, Informations et Correspondances.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1872, "texte": "Actes officiels, Informations et Correspondances.\n\nCONCOURS CRESSENT. Le jury chargé de procéder à l'examen des poèmes\ndéposés en vue de préparer le 12e concours institué pour les compositeurs de\nmusique par la fondation Cressent vient de terminer ses opérations.\nLe poème couronné, intitulé la Pupille de bigaro, a pour auteur M. Henry\nFaure, demeurant à Moulins (Allier).\nLes concurrents peuvent, dès à présent, retirer leurs manuscrits au Bureau des\nThéâtres, 3, rue de Valois, sur la présentation du récépissé qui leur a été délivré\nau moment de l'inscription.\n\nDROITS D'AUTEURS EN ÉGYPTE. La Société des auteurs, compositeurs et édi-\nteurs de musique se préoccupe en ce moment d arrêter des mesures propres à\nmettre un terme à la contrefaçon des œuvres musicales en Égypte. Comme il\nn'existe pas de législation clans cet État concernant la propriété intellectuelle, et\nque seule la jurisprudence établit les droits lorsqu'ils deviennent litigieux, cette\nSociété a demandé que l'on ajoutât au code égyptien les articles d'une loi sur la\npropriété littéraire et artistique, en s'inspirant, non pas seulement de nos lois\nou décrets sur cette question, mais aussi de la loi belge de 1886, qui paraît être\ntout ce qu il y a de mieux fait dans ce genre Ainsi se trouverait assuré, à 1 ave\nnir, le respect des droits appartenant aux producteurs de la pensée (Français ou\nétrangers) dont les œuvres sont interprétées dans cet État.\n\nÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. Les deux dernières conférences de\nM. Louis Laloy sur la musique moderne (de Schumann à Debussy), avec audi-\ntions par M. Édouard Bernard, auront lieu le 18 et le 25 avril. L'interprétation\nsimple et profonde de M. Bernard lui a valu un grand succès,- le lundi\n21 mars, dans les œuvres de Schumann et Chopin.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 février au 19 mars 1904."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 775, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 février au 19 mars 1904.\n\nNANCY. M. Maréchal s'est rendu à Nancy dans les premiers jours du mois\ndernier, pour y inspecter les Concerts de la succursale du Conservatoire national.\n5 3 œuvres ont été exécutées par cette Association au cours de la saison 1903-1904.\nCe chiffre comprend 22 ouvrages classiques, 8 d'auteurs étrangers et 23 dus à\ndes compositeurs français. Sous la direction précise et expérimentée de M. Guy\nRopartz, ces Concerts obtiennent des résultats artistiques remarquables que\nM. Maréchal a été heureux de constater et de signaler à l'administration des\nBeaux-Arts.\n\nCONSERVATOIRE NATIONAL. Sont nommés membres des Comités d'examen\ndes classes d'enseignement musical au Conservatoire national :"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "i° Classe de composition : M. P.-V. de la Nux, en remplacement de M. G.\nPierné, nommé membre du Conseil supérieur d'enseignement ;\n2° Classe d'orgue : M. Tournemire, en remplacement de M. G. Pierné ;\n3° Classe de piano et de harpe : M. A. Périlhou, en remplacement de M. G.\nPierné;\n4° Classes d'instruments à vent : M Th. Bureau, en remplacement de M. Emile\nJonas, démissionnaire.\n\nLILLE. —Par arrêté préfectoral en date du 14 mars dernier, Mlle Hordoir\n(Marguerite) a été nommée professeur de harpe à l'École de musique, succursale\ndu Conservatoire national, à Lille.\n\nAix. M. Poncet (Joseph), professeur de solfège à 1 École nationale de mu-\nsique d'Aix, est nommé directeur de ladite École, en remplacement de M. La-\npierre, décédé.\n\nELBERFELD. —Le 11 avril seront exécutées ici trois œuvres d'un compositeur\ndont nous pensons beaucoup de bien, Fr. Delius : la Ronde de la Vie, le Concert\npour piano et orchestre et les Mélodies danoises avec orchestre.\n\nBRUXELLES.\nL. L.\nA 1 issue de la conférence sur la musique française contempo-\nraine que j ai laite le 18 mars au salon de la Libre Esthétique (très belle exposi-\ntion de nos impressionnistes), j ai eu le plaisir d entendre interpréter différentes\npièces de Castillon, Chausson, Debussy, Lekeu, Chabrier, avec beaucoup de\nsûreté, d'intelligence et de délicatesse, par une jeune artiste d'avenir : Mlle Marthe\nde Vos. Je tiens à lui adresser ici toutes mes félicitations, en y joignant mes\nremerciements pour mon éminent confrère, M. O. Maus, directeur de la Libre\nEsthétique, qui depuis bien des années sert, à Bruxelles, la cause de l'art moderne\navec autant de goût que d'énergie et de dévouement.\nLe soir, j avais la bonne fortune d entendre le Tannhàuser, remarquablement\ninterprété par Mme Paquot d'Assy, MM. Albers et Imbart de la Tour.\nA la suite d une réunion qui vient d avoir lieu à 1 Kcole des Hautes Études\nSociales, 16, rue de la Sorbonne, et à laquelle assistaient MM. Gustave Lyon,\nMutin, Alcan, Chartier, Fesne, F. de Lacerda, Louis Laloy, Paul Landormy,\nMarnold et Romain Rolland, a été décidée la fondation d'un laboratoire d'études\nscientifiques relatives à la musique. Ce laboratoire est rattaché à la Section\nde musique de l'École des Hautes Études Sociales.\n\n7hcimyris, conte lyrique en 4 actes avec prologue, paroles de\nMM. Jean Sardou et Jean Gounouillou, musique de M. Jean Charles Nouguès.\nUne (( vraie première » vient d'être offerte aux Bordelais. L'effort de décentra-\nlisation artistique entrepris par la direction du Grand-Théâtre a été pleinement\ncouronné de succès, car Tkamyris a obtenu tous les éloges d'un public composé\nen majeure partie de musiciens.\nLa belle Thamyris règne sur l'Assyrie. Les prêtres, ayant reconnu à sa naissance\ndes signes d'amour et de mort, font éloigner de son berceau la fée Amour ; aussi\ncette (( princesse d'ennui )) s'étiole-t-elle dans l'ignorance de la passion. Cepen-\ndant la fée vient révéler à la sorcière Odar, qui le cherche depuis longtemps,\nle secret du philtre amoureux puisé dans la Source merveilleuse du jardin des\ndésirs, à la condition qu'elle 1 offrira à Thamyris.\n\nBORDEAUX."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "Après divers incidents dramatiques, Thamyris cède à l'amour d'un plébéien,\nle batelier Yadour. Mais Yadour est blessé mortellement, en sortant du palais,\npar un trop zélé serviteur, et on le rapporte expirant sur la couche de Thamyris,\nqui veut le revoir avant qu'il meure. Dans un accès de délire, l'amoureux\nbatelier retrouve assez de force pour poignarder la belle princesse, réalisant\nainsi son vœu, puisqu'elle ne doit plus songer à une union princière.\nLa musique écrite sous ce livret marque un progrès très sensible chez l'au-\nteur du Roi Papegay, et si sa personnalité ne s'affirme pas encore complètement\ndans cet ouvrage, on y reconnaît du moins un musicien sincère et assez heu-\nreusement inspiré. Il n'y a ni ouverture ni ballet ; le thème principal se déve-\nloppe ingénieusement pour atteindre son maximun d'intensité à l'entrée de\nThamyris, qui a dû bisser son grand air. La romance du Jardin des rêves avait\ndéjà également soulevé les applaudissements de l'auditoire, qui a fêté MmeGéraldi\ncomme il convient. Le duo des baisers est aussi d'un effet charmant. Le reste\nde la partition, alternant successivement du chant à l'orchestre, est toujours\nsubordonné à l'inspiration poétique et surtout bien gradué jusqu'au 4e acte.\nDécors et costumes féeriques.\nL interprétation a particulièrement couvert de gloire Mme Lina Pacary\n(Thamyris , qui a créé le rôle avec une sincérité et une intelligence dignes de\nla grande artiste. Sa splendide voix aux douces teintes et son style d'une pureté\nexquise lui ont valu ovations et bouquets. A ses côtés, M. Séveiihac (Yadour) a\ndonné la réplique avec cette mâle assurance et cette souple voix de baryton qui\nen font un artiste aimé de tous. Succès également pour Mme N. Blancard, une\nsorcière aux yeux diaboliques, qui a bien compris le rôle mystique d'Odar,\nMlle Pérès et MM. Bourrillon, Albert et Commerais. Quelques rôles secondaires\net les chœurs ont encore besoin d'étude. M. Ernest Montagné a conduit l'or-\nchestre avec sa maestria habituelle. Sa parfaite compréhension de l'œuvre lui a\npermis d'en obtenir une sincère et parfaite exécution, à la grande satisfaction\nde l'auteur, qui était présent et a dû venir saluer le public pour répondre aux\nacclamations enthousiastes dont il était l'objet.\nLa Société Sainte-Cécile a dignement clôturé la série de ses brillants concerts\nen nous redonnant une œuvre grandiose d Hector Berlioz : VEnfance du Christ.\nCette seconde audition a unanimement plu, et la salle du Grand Théâtre avait\nl'aspect des grands a galas ».\nOn a beaucoup applaudi Mme Laporte et MM. Claverie, Dufriche, Gibert.\nLes chœurs et lorchestre, sous la main autorisée de MM. Pennequin et\nGendre, ont droit à tous les éloges.\nGrand- Théâtre. Eclatant succès remporté par M. Escalaïs dans Guillaume\nTell et les Huguenots, qui servaient aussi de début à Mlle Chambellan, dont\nnous aurons l'occasion de reparler.\n\nJos. GRIMO.\n\nConcerts de la Schola Cantorum.\nLe 3e concert, consacré à la musique symphonique, instrumentale et vocale du\nxvnie sièclea, obtenu autant de succès que les précédentes séances auxquelles nous\navait conviés la Schola.\nComme toujours, Mlle Blanche Selva joua en virtuose accomplie et avec une\nprofonde intelligence YAppassionata de Beethoven, le concerto en ré majeur et\nla Fantaisie chromatique de Bach. Nous avons goûté l'interprétation très pure\n\nROUEN."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3465, "texte": "que M. Louis Frolich nous a donnée de quelques lieder de Schubert et Schumann\net de la cantate Ich habe genug de Bach.\nO O\nSous la direction de M, xMarcel Labey, l'orchestre dont un des solistes,\nxM. xMondain, s'est fait applaudir dans le Concerto pour hautbois de llaendel\njouait, outre les œuvres déjà citées, l'Ouverture de Judas Machabée et des\nfragments du Ballet des Indes Galantes de Rameau.\n\nGEO DE MONTREUIL.\n\nNICE. MONTE-CARLO. Le mirage d'un ciel sans nuages, la perspective de\nliesses exceptionnelles autorisées sous prétexte de carnaval, attirent en février une\nfoule variée et compacte sur la côte d'Azur. On s'écrase littéralement dans les lieux\nde plaisir et les casinos. Les salles de spectacle deviennent trop petites, celles de\nMonte-Carlo surtout, dont les 600 places ne suffisent vraiment pas les jours de\nconcerts etde représentations extraordinaires ; d'où la composition, pour ces audi-\ntions, d'un public élégant un peu trop spécial. Le parterre, dont Molière tenait un\nsi grand compte, n'y existe pas. A Nice, ce parterre est d'une éducation musicale\net artistique si rudimentaire que ses enthousiasmes et ses froideurs déconcertent,\net font un peu l'effet d'un anachronisme. 11 a néanmoins applaudi vigoureuse-\nment la Flamenca, l'opéra touffu et coloré de M. Lucien Lambert. M. Saugey, le\ndirecteur de notre Opéra, a été le metteur en scène à la Gaîté de cette œuvre\nnouvelle, ainsi que d Hérodiade, de Messaline, et de la Juive. lia voulu redonner\nà Nice tous ces opéras avec les mêmes artistes, les mêmes décors, la même mise\nen scène. C'est ainsi que, dans la Flamenca, l'orchestre a été conduit par M. Lui-\ngini. Le mouvement de réaction qui s'était produit à Paris pour la Juive s'est\nencore accentué à Nice, où l'on s'est précipité pour entendre une exécution de\nl'œuvred'Halévy assez médiocre, excepté, bien entendu, l'admirable MmeLitvinne,\nqui, heureuse compensation, doit bientôt créer ici le Siegfried de Wagner.\nAu Casino de Nice, il n'est plus question de musique classique, mais de re-\ndoutes, de fêtes de nuit, d'ailleurs splendides et même originales, et l'orchestre\nne fait plus entendre que des danses.— Citons néanmoins la venue de Mmc Car-\nrere-Xanrof, pour jouer Zaya de Leoncavallo, qui alternera sur l'affiche avec le\nChevalier Jean de Joncières.\nLes virtuoses n'ont pas laissé passer une si belle occasion de se faire entendre.\nIl faut surtout mentionner xM. Raoul Pugno, à Monte-Carlo d'abord, ensuite à\nNice, à la salle Rumpelmayer : le merveilleux Ysaye, dont les programmes me\nsemblent préférables à ceux du jeune et déjà talentueux Ilubermann, où figurent\ndes fantaisies sur Faust ou les Maîtres Chanteurs, admirablement jouées sans\ndoute mais peu intéressantes, musicalement parlant. C'est à la Jetée-Promenade\nque s'est fait entendre le violoniste virtuose ; c'est là aussi qu'une curieuse troupe\nitalienne d'enfants de cinq à dix ans chante avec assez de précision le Barbier de\nSèville, Crispino ela Comare, etc. ce même petit théâtre, xMme Georgette\nLeblanc joue du Maeterlinck... sans musique de Debussy.\n\nMONTE-CARLO. /6E concert (y mars). Deuxièmes auditions de la Sym-\nphonie n° 6 de Glazounow et de Thémis, l'ouverture de Celega. Au programme\nY Apprenti sorcier, le merveilleux scherzo de Dukas.\n17e concert (10 mars). Deux premières auditions: Le Pêcheur, d'après la\nballade de Goethe, poème symphonique de M. de Seynes, très personnel, et Babil\ncToiseaux de Léo Sachs, peu original."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3160, "texte": "/(Se concert (ij mars). —La Symphonie en sol mineur (n° i) de Kalinikow, d'un\nstyle clair, et des œuvres de R. Wagner.\nIl faut mentionner aussi le grand succès obtenu parle célèbre virtuose Ysaye,\net, au théâtre, par le ténor Caruso.\n\nNICE.\nEDOUARD PERRIN.\nC'est devant des loges bien garnies, des fauteuils clairsemés et un\nparterre vide qu'a été donnée la première de Siegfried. La représentation d'une\nœuvre aussi considérable est une bien grande entreprise sur une scène comme la\nnôtre ; elle a été néanmoins très honorable. L'orchestre, visiblement fatigué, a\nété conduit avec beaucoup de conviction et d'enthousiasme par M. Dobelaer. Les\ncuivres ont eu quelques faiblesses, et les violons ont manqué d'ensemble dans le\nsplendide réveil de la Walkyrie. M. Cazeneuve (Siegfried) a une jolie voix, un\npeu faible dans les notes élevées, pas assez veloutée dans les passages de ten-\ndresse; mais il chante avec une science et une aisance remarquables la musique\nwagnérienne. Mme Litvinne, un peu indisposée, a été néanmoins superbe dans\nl'unique scène où elle paraît, d'une impression si profonde. L'effet de la strette\nfinale, en duo, sur l'enchevêtrement des thèmes à l'orchestre, a été très grand, et\nle succès des deux artistes très vif. Le reste de l'interprétation était très conve-\nnable.\nL'Opéra de Nice a déjà représenté, les années précédentes, l'Or du Rhin et la\nWalkyrie, et compte monter, l'année prochaine, le Crépuscule des Dieux, donnant\nainsi la Tétralogie en entier.\nAu Casino, reprise du Chevalier Jean de Joncières, œuvre écrite dans un style\ntimide, flottant entre Gounod et Wagner,\" mais dont quelques belles phrases\neussent pu faire la fortune d'un opéra plus heureux.\nA la salle Rumpelmayer, les concerts organisés par M. Gandolfo sont d un\nhaut intérêt artistique. Ala ire séance nous avons applaudi M. Raoul Pugno. A\nla 2e, excellente exécution du concerto pour deux violons de J.-S. Bach par\nMM. Arrigo Serrato et A. d'Ambrosio (de Nice). Au programme figurait aussi\nle ténor Saleza, qui n'a rien perdu de ses brillantes qualités.\nA la 3e séance, le Quatuor Français (MM. Hayot, bouche, Denayer et Salmon),\nd'un jeu si artistique, nous donnait, pour commencer, le Quatuor n° 8 (en mi\nmineur) de Beethoven, dont le thème du finale a quelque analogie avec celui que\nCésar Franck a également traité en canon dans la dernière partie de sa Sonate.\nVenait ensuite le Quator n° 2 (en la mineur) de Brahms, dont le scherzo est\nravissant et le finale un peu lourd.\nM. Noël Desjoyeaux, dont on jouait, pour terminer, un intéressant Quintette\n(ire audition), est élève de Brahms, dont il conserve par instant l'allure classique;\nil a d'ailleurs divisé son œuvre en quatre parties, à la manière des anciens\nmaîtres. Les thèmes du ier morceau et du finale ne sont pas trop distingués, mais\nl'ensemble est dune jolie écriture. Ce que j'aime le moins, c'est la partie de\npiano, que l'auteur a exécutée lui-même avec une vigueur parfois exagérée\net qui contient dans le n° 2, pas trop lent, des accords empruntés à 1 école\nfranckiste qui contrastent un peu avec le style général de 1 œuvre. Le succès\nde ce quintette a été très grand."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.1", "titre_corps": "CONCOURS CRESSENT. Le jury chargé de procéder à l'examen des poèmes", "titre_sommaire": "CONCOURS CRESSENT. 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Henry\nFaure, demeurant à Moulins (Allier).\nLes concurrents peuvent, dès à présent, retirer leurs manuscrits au Bureau des\nThéâtres, 3, rue de Valois, sur la présentation du récépissé qui leur a été délivré\nau moment de l'inscription."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.2", "titre_corps": "DROITS D'AUTEURS EN ÉGYPTE. La Société des auteurs, compositeurs et", "titre_sommaire": "DROITS D'AUTEURS EN ÉGYPTE. La Société des auteurs, compositeurs et", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.18", "debut_caractere": 580, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "DROITS D'AUTEURS EN ÉGYPTE. La Société des auteurs, compositeurs et édi-\nteurs de musique se préoccupe en ce moment d arrêter des mesures propres à\nmettre un terme à la contrefaçon des œuvres musicales en Égypte. Comme il\nn'existe pas de législation clans cet État concernant la propriété intellectuelle, et\nque seule la jurisprudence établit les droits lorsqu'ils deviennent litigieux, cette\nSociété a demandé que l'on ajoutât au code égyptien les articles d'une loi sur la\npropriété littéraire et artistique, en s'inspirant, non pas seulement de nos lois\nou décrets sur cette question, mais aussi de la loi belge de 1886, qui paraît être\ntout ce qu il y a de mieux fait dans ce genre Ainsi se trouverait assuré, à 1 ave\nnir, le respect des droits appartenant aux producteurs de la pensée (Français ou\nétrangers) dont les œuvres sont interprétées dans cet État."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.3", "titre_corps": "ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. 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Bernard lui a valu un grand succès,- le lundi\n21 mars, dans les œuvres de Schumann et Chopin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.4", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Recettes détaillées du 20 février au 19 mars 1904.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. 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Léonca-\n11.489 91\nvallo.\n24\n—\nGuillaume Tell.\nRossini.\ni3.o55 76\n26\n—\nLohengrin.\nWagner.\n14.214 41\n27\n—\nThaïs.\nMassenet.\n11 354 »\n29\n—\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n13.876 41\n2\nMars\nSiegfried.\nWagner.\n12.914 76\n4\n—\nFaust.\nGounod.\n21.017 41\n* 5\n—\nSiegfried.\nWagner.\n11.507 »\n7\n—\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n16.660 41\n9\n—\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n13.833 76\n11\n—\nFaust.\nGounod.\n17.693 41\n12\n—\nRoméo et Juliette.\nGounod,\n12.354 })\nr4\n—\nThaïs.\nMassenet.\n12.454 41\n16\n—\nF Etranger. — La Korrigane.\nV. d'Indy. Widor.\n11 736 76\n18\n—\nAida.\nVerdi.\nI8.2O3 41\n*9'\n■\nThaïs.\nMassenet.\n9.418 »•"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "195", "page_fin": "195", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.5", "titre_corps": "II. – Opéra-Comique. Recettes détaillées du 20 février au 19 mars 1904.", "titre_sommaire": "II. – Opéra-Comique. 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Massenet.\n7.6L I »\n21\n— soirée\nMignon.\nA. Thomas.\n4.767 5o\n22\n—\nWerther. — Les rendez-vous\nbourgeois.\nMassenet. Nicolo.\n4.567 »\n23\n—\nManon.\nMassenet.\n7.372 5o\n24\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6 802 5o\n25\n—\nLe Barbier de Séville. — Cigale.\nRossini. Massenet.\n8.159 5o\n26\n—\nLe Roi Y Ys. — Cigale.\nLalo. Massenet.\n4.705 »\n27\n—\nMireille.\nGounod.\n7-856 »\n28\n— matinée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n8.210 »\n28\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n4.796 »\n29\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n4.366 »\nier\nMars\nManon.\nMassenet.\n4.823 5o\n2\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.991 »\n3\n—\nMireille.\nGounod.\n6.383 »\n4\n—\nLouise.\nCharpentier.\n5.862 »\n5\n—\nLe Barbier de Séville. — Cigale.\nRossini. Massenet.\n9- x79 »\n6\n— matinée\nCarmen.\nBizet.\n6.907 »\n7\n— soirée\nLa Reine Fiammette\nXavier Leroux.\n6 706 5o\n7\n- (pop.)\nLe portrait de Manon. — Wer-\nther.\nMassenet.\n4.53O 5O\n8\n—\nManon.\nMassenet.\n5.6O6 5o\n9\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.444 »\n10\n— matinée\nMignon. — Les rendez-vous\nbourgeois.\nA. Thomas. Nicolo.\n6.797 »\n10\n— soirée\nMireille.\nGounod.\n7.754 »\n[ 1\n—\nManon.\nMassenet.\n3.238 »\n12\n—\nLe Barbier de Séville. — La\nCigale.\nRossini. Massenet.\n00\nUO\n0\nGO\n13\n— matinée\nLe Barbier de Séville. — Les\nNoces de Jeannette.\nRossini. Massé.\n5.480 5o\ni3\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.238 5o\n*4\n—\nLa Dame blanche. — Bastien\net Bastienne.\nBoïeldieu. Mozart.\n4.384 5o\n15\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.846 5o\n16\n—\nLa Fille de Roland (première).\nRabaud.\n1.897 »\n17\n—\nLe Barbier de Séville. — Cigale.\nRossini. Massenet.\n6.125 »\n18\n—\nLouise.\nCharpentier.\n5.36o\n19\n—~\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n6.845 »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "195", "page_fin": "195", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.6", "titre_corps": "NANCY. M. Maréchal s'est rendu à Nancy dans les premiers jours du mois", "titre_sommaire": "NANCY. M. 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Maréchal a été heureux de constater et de signaler à l'administration des\nBeaux-Arts."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "195", "page_fin": "196", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.7", "titre_corps": "CONSERVATOIRE NATIONAL. Sont nommés membres des Comités d'examen", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE NATIONAL. Sont nommés membres des Comités d'examen", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.19", "debut_caractere": 648, "fin_caractere_exclue": 775, "texte": "CONSERVATOIRE NATIONAL. Sont nommés membres des Comités d'examen\ndes classes d'enseignement musical au Conservatoire national :"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 394, "texte": "i° Classe de composition : M. P.-V. de la Nux, en remplacement de M. G.\nPierné, nommé membre du Conseil supérieur d'enseignement ;\n2° Classe d'orgue : M. Tournemire, en remplacement de M. G. Pierné ;\n3° Classe de piano et de harpe : M. A. Périlhou, en remplacement de M. G.\nPierné;\n4° Classes d'instruments à vent : M Th. Bureau, en remplacement de M. Emile\nJonas, démissionnaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "196", "page_fin": "196", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.8", "titre_corps": "LILLE. —Par arrêté préfectoral en date du 14 mars dernier, Mlle Hordoir", "titre_sommaire": "LILLE. —Par arrêté préfectoral en date du 14 mars dernier, Mlle Hordoir", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.20", "debut_caractere": 396, "fin_caractere_exclue": 582, "texte": "LILLE. —Par arrêté préfectoral en date du 14 mars dernier, Mlle Hordoir\n(Marguerite) a été nommée professeur de harpe à l'École de musique, succursale\ndu Conservatoire national, à Lille."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "196", "page_fin": "196", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.9", "titre_corps": "Aix. 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La-\npierre, décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "196", "page_fin": "196", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.10", "titre_corps": "ELBERFELD. —Le 11 avril seront exécutées ici trois œuvres d'un compositeur", "titre_sommaire": "ELBERFELD. —Le 11 avril seront exécutées ici trois œuvres d'un compositeur", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.20", "debut_caractere": 751, "fin_caractere_exclue": 970, "texte": "ELBERFELD. —Le 11 avril seront exécutées ici trois œuvres d'un compositeur\ndont nous pensons beaucoup de bien, Fr. Delius : la Ronde de la Vie, le Concert\npour piano et orchestre et les Mélodies danoises avec orchestre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "196", "page_fin": "196", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.11", "titre_corps": "BRUXELLES.", "titre_sommaire": "BRUXELLES.", "signature_source": "L. 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Maus, directeur de la Libre\nEsthétique, qui depuis bien des années sert, à Bruxelles, la cause de l'art moderne\navec autant de goût que d'énergie et de dévouement.\nLe soir, j avais la bonne fortune d entendre le Tannhàuser, remarquablement\ninterprété par Mme Paquot d'Assy, MM. Albers et Imbart de la Tour.\nA la suite d une réunion qui vient d avoir lieu à 1 Kcole des Hautes Études\nSociales, 16, rue de la Sorbonne, et à laquelle assistaient MM. Gustave Lyon,\nMutin, Alcan, Chartier, Fesne, F. de Lacerda, Louis Laloy, Paul Landormy,\nMarnold et Romain Rolland, a été décidée la fondation d'un laboratoire d'études\nscientifiques relatives à la musique. Ce laboratoire est rattaché à la Section\nde musique de l'École des Hautes Études Sociales."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "196", "page_fin": "197", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.12", "titre_corps": "BORDEAUX.", "titre_sommaire": "BORDEAUX.", "signature_source": "Jos. GRIMO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.20", "debut_caractere": 2253, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "7hcimyris, conte lyrique en 4 actes avec prologue, paroles de\nMM. Jean Sardou et Jean Gounouillou, musique de M. Jean Charles Nouguès.\nUne (( vraie première » vient d'être offerte aux Bordelais. L'effort de décentra-\nlisation artistique entrepris par la direction du Grand-Théâtre a été pleinement\ncouronné de succès, car Tkamyris a obtenu tous les éloges d'un public composé\nen majeure partie de musiciens.\nLa belle Thamyris règne sur l'Assyrie. Les prêtres, ayant reconnu à sa naissance\ndes signes d'amour et de mort, font éloigner de son berceau la fée Amour ; aussi\ncette (( princesse d'ennui )) s'étiole-t-elle dans l'ignorance de la passion. Cepen-\ndant la fée vient révéler à la sorcière Odar, qui le cherche depuis longtemps,\nle secret du philtre amoureux puisé dans la Source merveilleuse du jardin des\ndésirs, à la condition qu'elle 1 offrira à Thamyris.\n\nBORDEAUX."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2908, "texte": "Après divers incidents dramatiques, Thamyris cède à l'amour d'un plébéien,\nle batelier Yadour. Mais Yadour est blessé mortellement, en sortant du palais,\npar un trop zélé serviteur, et on le rapporte expirant sur la couche de Thamyris,\nqui veut le revoir avant qu'il meure. Dans un accès de délire, l'amoureux\nbatelier retrouve assez de force pour poignarder la belle princesse, réalisant\nainsi son vœu, puisqu'elle ne doit plus songer à une union princière.\nLa musique écrite sous ce livret marque un progrès très sensible chez l'au-\nteur du Roi Papegay, et si sa personnalité ne s'affirme pas encore complètement\ndans cet ouvrage, on y reconnaît du moins un musicien sincère et assez heu-\nreusement inspiré. Il n'y a ni ouverture ni ballet ; le thème principal se déve-\nloppe ingénieusement pour atteindre son maximun d'intensité à l'entrée de\nThamyris, qui a dû bisser son grand air. La romance du Jardin des rêves avait\ndéjà également soulevé les applaudissements de l'auditoire, qui a fêté MmeGéraldi\ncomme il convient. Le duo des baisers est aussi d'un effet charmant. Le reste\nde la partition, alternant successivement du chant à l'orchestre, est toujours\nsubordonné à l'inspiration poétique et surtout bien gradué jusqu'au 4e acte.\nDécors et costumes féeriques.\nL interprétation a particulièrement couvert de gloire Mme Lina Pacary\n(Thamyris , qui a créé le rôle avec une sincérité et une intelligence dignes de\nla grande artiste. Sa splendide voix aux douces teintes et son style d'une pureté\nexquise lui ont valu ovations et bouquets. A ses côtés, M. Séveiihac (Yadour) a\ndonné la réplique avec cette mâle assurance et cette souple voix de baryton qui\nen font un artiste aimé de tous. Succès également pour Mme N. Blancard, une\nsorcière aux yeux diaboliques, qui a bien compris le rôle mystique d'Odar,\nMlle Pérès et MM. Bourrillon, Albert et Commerais. Quelques rôles secondaires\net les chœurs ont encore besoin d'étude. M. Ernest Montagné a conduit l'or-\nchestre avec sa maestria habituelle. Sa parfaite compréhension de l'œuvre lui a\npermis d'en obtenir une sincère et parfaite exécution, à la grande satisfaction\nde l'auteur, qui était présent et a dû venir saluer le public pour répondre aux\nacclamations enthousiastes dont il était l'objet.\nLa Société Sainte-Cécile a dignement clôturé la série de ses brillants concerts\nen nous redonnant une œuvre grandiose d Hector Berlioz : VEnfance du Christ.\nCette seconde audition a unanimement plu, et la salle du Grand Théâtre avait\nl'aspect des grands a galas ».\nOn a beaucoup applaudi Mme Laporte et MM. Claverie, Dufriche, Gibert.\nLes chœurs et lorchestre, sous la main autorisée de MM. Pennequin et\nGendre, ont droit à tous les éloges.\nGrand- Théâtre. Eclatant succès remporté par M. Escalaïs dans Guillaume\nTell et les Huguenots, qui servaient aussi de début à Mlle Chambellan, dont\nnous aurons l'occasion de reparler.\n\nJos. GRIMO."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c043", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "197", "page_fin": "198", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.13", "titre_corps": "ROUEN.", "titre_sommaire": "ROUEN.", "signature_source": "GEO DE MONTREUIL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.21", "debut_caractere": 2910, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "Concerts de la Schola Cantorum.\nLe 3e concert, consacré à la musique symphonique, instrumentale et vocale du\nxvnie sièclea, obtenu autant de succès que les précédentes séances auxquelles nous\navait conviés la Schola.\nComme toujours, Mlle Blanche Selva joua en virtuose accomplie et avec une\nprofonde intelligence YAppassionata de Beethoven, le concerto en ré majeur et\nla Fantaisie chromatique de Bach. Nous avons goûté l'interprétation très pure\n\nROUEN."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 431, "texte": "que M. Louis Frolich nous a donnée de quelques lieder de Schubert et Schumann\net de la cantate Ich habe genug de Bach.\nO O\nSous la direction de M, xMarcel Labey, l'orchestre dont un des solistes,\nxM. xMondain, s'est fait applaudir dans le Concerto pour hautbois de llaendel\njouait, outre les œuvres déjà citées, l'Ouverture de Judas Machabée et des\nfragments du Ballet des Indes Galantes de Rameau.\n\nGEO DE MONTREUIL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c044", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "198", "page_fin": "198", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.14", "titre_corps": "NICE. MONTE-CARLO. Le mirage d'un ciel sans nuages, la perspective de", "titre_sommaire": "NICE. MONTE-CARLO. Le mirage d'un ciel sans nuages, la perspective de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.22", "debut_caractere": 433, "fin_caractere_exclue": 3081, "texte": "NICE. MONTE-CARLO. Le mirage d'un ciel sans nuages, la perspective de\nliesses exceptionnelles autorisées sous prétexte de carnaval, attirent en février une\nfoule variée et compacte sur la côte d'Azur. On s'écrase littéralement dans les lieux\nde plaisir et les casinos. Les salles de spectacle deviennent trop petites, celles de\nMonte-Carlo surtout, dont les 600 places ne suffisent vraiment pas les jours de\nconcerts etde représentations extraordinaires ; d'où la composition, pour ces audi-\ntions, d'un public élégant un peu trop spécial. Le parterre, dont Molière tenait un\nsi grand compte, n'y existe pas. A Nice, ce parterre est d'une éducation musicale\net artistique si rudimentaire que ses enthousiasmes et ses froideurs déconcertent,\net font un peu l'effet d'un anachronisme. 11 a néanmoins applaudi vigoureuse-\nment la Flamenca, l'opéra touffu et coloré de M. Lucien Lambert. M. Saugey, le\ndirecteur de notre Opéra, a été le metteur en scène à la Gaîté de cette œuvre\nnouvelle, ainsi que d Hérodiade, de Messaline, et de la Juive. lia voulu redonner\nà Nice tous ces opéras avec les mêmes artistes, les mêmes décors, la même mise\nen scène. C'est ainsi que, dans la Flamenca, l'orchestre a été conduit par M. Lui-\ngini. Le mouvement de réaction qui s'était produit à Paris pour la Juive s'est\nencore accentué à Nice, où l'on s'est précipité pour entendre une exécution de\nl'œuvred'Halévy assez médiocre, excepté, bien entendu, l'admirable MmeLitvinne,\nqui, heureuse compensation, doit bientôt créer ici le Siegfried de Wagner.\nAu Casino de Nice, il n'est plus question de musique classique, mais de re-\ndoutes, de fêtes de nuit, d'ailleurs splendides et même originales, et l'orchestre\nne fait plus entendre que des danses.— Citons néanmoins la venue de Mmc Car-\nrere-Xanrof, pour jouer Zaya de Leoncavallo, qui alternera sur l'affiche avec le\nChevalier Jean de Joncières.\nLes virtuoses n'ont pas laissé passer une si belle occasion de se faire entendre.\nIl faut surtout mentionner xM. Raoul Pugno, à Monte-Carlo d'abord, ensuite à\nNice, à la salle Rumpelmayer : le merveilleux Ysaye, dont les programmes me\nsemblent préférables à ceux du jeune et déjà talentueux Ilubermann, où figurent\ndes fantaisies sur Faust ou les Maîtres Chanteurs, admirablement jouées sans\ndoute mais peu intéressantes, musicalement parlant. C'est à la Jetée-Promenade\nque s'est fait entendre le violoniste virtuose ; c'est là aussi qu'une curieuse troupe\nitalienne d'enfants de cinq à dix ans chante avec assez de précision le Barbier de\nSèville, Crispino ela Comare, etc. ce même petit théâtre, xMme Georgette\nLeblanc joue du Maeterlinck... sans musique de Debussy."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "198", "page_fin": "199", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.15", "titre_corps": "MONTE-CARLO. /6E concert (y mars). Deuxièmes auditions de la", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO. /6E concert (y mars). Deuxièmes auditions de la", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.22", "debut_caractere": 3083, "fin_caractere_exclue": 3465, "texte": "MONTE-CARLO. /6E concert (y mars). Deuxièmes auditions de la Sym-\nphonie n° 6 de Glazounow et de Thémis, l'ouverture de Celega. Au programme\nY Apprenti sorcier, le merveilleux scherzo de Dukas.\n17e concert (10 mars). Deux premières auditions: Le Pêcheur, d'après la\nballade de Goethe, poème symphonique de M. de Seynes, très personnel, et Babil\ncToiseaux de Léo Sachs, peu original."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 247, "texte": "/(Se concert (ij mars). —La Symphonie en sol mineur (n° i) de Kalinikow, d'un\nstyle clair, et des œuvres de R. Wagner.\nIl faut mentionner aussi le grand succès obtenu parle célèbre virtuose Ysaye,\net, au théâtre, par le ténor Caruso."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c046", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "199", "page_fin": "199", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.7.16", "titre_corps": "NICE.", "titre_sommaire": "NICE.", "signature_source": "EDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.23", "debut_caractere": 249, "fin_caractere_exclue": 3160, "texte": "NICE.\nEDOUARD PERRIN.\nC'est devant des loges bien garnies, des fauteuils clairsemés et un\nparterre vide qu'a été donnée la première de Siegfried. La représentation d'une\nœuvre aussi considérable est une bien grande entreprise sur une scène comme la\nnôtre ; elle a été néanmoins très honorable. L'orchestre, visiblement fatigué, a\nété conduit avec beaucoup de conviction et d'enthousiasme par M. Dobelaer. Les\ncuivres ont eu quelques faiblesses, et les violons ont manqué d'ensemble dans le\nsplendide réveil de la Walkyrie. M. Cazeneuve (Siegfried) a une jolie voix, un\npeu faible dans les notes élevées, pas assez veloutée dans les passages de ten-\ndresse; mais il chante avec une science et une aisance remarquables la musique\nwagnérienne. Mme Litvinne, un peu indisposée, a été néanmoins superbe dans\nl'unique scène où elle paraît, d'une impression si profonde. L'effet de la strette\nfinale, en duo, sur l'enchevêtrement des thèmes à l'orchestre, a été très grand, et\nle succès des deux artistes très vif. Le reste de l'interprétation était très conve-\nnable.\nL'Opéra de Nice a déjà représenté, les années précédentes, l'Or du Rhin et la\nWalkyrie, et compte monter, l'année prochaine, le Crépuscule des Dieux, donnant\nainsi la Tétralogie en entier.\nAu Casino, reprise du Chevalier Jean de Joncières, œuvre écrite dans un style\ntimide, flottant entre Gounod et Wagner,\" mais dont quelques belles phrases\neussent pu faire la fortune d'un opéra plus heureux.\nA la salle Rumpelmayer, les concerts organisés par M. Gandolfo sont d un\nhaut intérêt artistique. Ala ire séance nous avons applaudi M. Raoul Pugno. A\nla 2e, excellente exécution du concerto pour deux violons de J.-S. Bach par\nMM. Arrigo Serrato et A. d'Ambrosio (de Nice). Au programme figurait aussi\nle ténor Saleza, qui n'a rien perdu de ses brillantes qualités.\nA la 3e séance, le Quatuor Français (MM. Hayot, bouche, Denayer et Salmon),\nd'un jeu si artistique, nous donnait, pour commencer, le Quatuor n° 8 (en mi\nmineur) de Beethoven, dont le thème du finale a quelque analogie avec celui que\nCésar Franck a également traité en canon dans la dernière partie de sa Sonate.\nVenait ensuite le Quator n° 2 (en la mineur) de Brahms, dont le scherzo est\nravissant et le finale un peu lourd.\nM. Noël Desjoyeaux, dont on jouait, pour terminer, un intéressant Quintette\n(ire audition), est élève de Brahms, dont il conserve par instant l'allure classique;\nil a d'ailleurs divisé son œuvre en quatre parties, à la manière des anciens\nmaîtres. Les thèmes du ier morceau et du finale ne sont pas trop distingués, mais\nl'ensemble est dune jolie écriture. Ce que j'aime le moins, c'est la partie de\npiano, que l'auteur a exécutée lui-même avec une vigueur parfois exagérée\net qui contient dans le n° 2, pas trop lent, des accords empruntés à 1 école\nfranckiste qui contrastent un peu avec le style général de 1 œuvre. Le succès\nde ce quintette a été très grand."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c047", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "200", "page_fin": "200", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.8", "titre_corps": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "titre_sommaire": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.24", "debut_caractere": 123, "fin_caractere_exclue": 1616, "texte": "Exercices d'harmonie et de contrepoint.\n\nLa Syncope\nC.\n(0-\nNous avons vu que beaucoup de notes sont considérées comme (( étrangères »\npar la théorie classique : ce sont les notes de la mélodie qui n'entreraient pas\ndans l'harmonie, c'est-à-dire dans l'accord qui soutient le chant. Mais voici qui\nest plus étrange. L'enseignement de l'école est allé jusqu'à dire que certaines\nnotes se divisent en deux parties : leur première moitié est (( réelle » ; leur seconde\nmoitié ne l est pas; ou bien c'est la première moitié qui n'est pas (( réelle », et\nla seconde qui est (( réelle ». Ce sont les syncopes. M. Malhomé donne les\nexemples suivants :\nLa ire note du chant, mi, commence sur un temps faible et se prolonge sur le\n3e temps, qui est fort. C'est ce qui constitue une syncope. Mais ce mi est àla fois\nréel et irréel. Par rapport à l'accord d'ut, il est réel ; par rapport à l'accord deso/,\nil ne l'est plus.\n2e cas :\nLes phénomènes étrangers peuvent se produire à la basse, aussi bien qu'à la\npartie mélodique. Et l'École nous donne, en outre, ces deux règles où il ya au\nmoins une terminologie à reviser : i 0 II faut que, dans une syncope, la première\nmoitié de la note (c'est-à-dire la partie réelle) ne soit pas plus courte que la\nseconde moitié (non réelle). 2° Les syncopes qui font exception, dites (( boiteuses »,\npeuvent cependant être admises lorsqu'elles (( sont faites avec intention ».\n(A suivre.)\n(i) V. le Traité des artifices mélodiques par Joannès Malhomé (chez A. Leduc)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-01-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-01_01#c048", "volume": "bmtnabj_1904-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "200", "page_fin": "200", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.2.8.1", "titre_corps": "La Syncope", "titre_sommaire": "La Syncope", "signature_source": "C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.24", "debut_caractere": 164, "fin_caractere_exclue": 1616, "texte": "La Syncope\nC.\n(0-\nNous avons vu que beaucoup de notes sont considérées comme (( étrangères »\npar la théorie classique : ce sont les notes de la mélodie qui n'entreraient pas\ndans l'harmonie, c'est-à-dire dans l'accord qui soutient le chant. Mais voici qui\nest plus étrange. L'enseignement de l'école est allé jusqu'à dire que certaines\nnotes se divisent en deux parties : leur première moitié est (( réelle » ; leur seconde\nmoitié ne l est pas; ou bien c'est la première moitié qui n'est pas (( réelle », et\nla seconde qui est (( réelle ». Ce sont les syncopes. M. Malhomé donne les\nexemples suivants :\nLa ire note du chant, mi, commence sur un temps faible et se prolonge sur le\n3e temps, qui est fort. C'est ce qui constitue une syncope. Mais ce mi est àla fois\nréel et irréel. Par rapport à l'accord d'ut, il est réel ; par rapport à l'accord deso/,\nil ne l'est plus.\n2e cas :\nLes phénomènes étrangers peuvent se produire à la basse, aussi bien qu'à la\npartie mélodique. Et l'École nous donne, en outre, ces deux règles où il ya au\nmoins une terminologie à reviser : i 0 II faut que, dans une syncope, la première\nmoitié de la note (c'est-à-dire la partie réelle) ne soit pas plus courte que la\nseconde moitié (non réelle). 2° Les syncopes qui font exception, dites (( boiteuses »,\npeuvent cependant être admises lorsqu'elles (( sont faites avec intention ».\n(A suivre.)\n(i) V. le Traité des artifices mélodiques par Joannès Malhomé (chez A. Leduc)."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nNo 7 (quatrième année)\nler Avril\n1904.\nR. M.\n'4\n\nFr. de LACERDA\nLauréat du Concours de la Revue Musicale."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.2", "texte": "FR. DE LACERDA\n\nM.Francisco de Lacerda, lauréat du Concours de la Revue Musicale, est né le\nii mai 1869 dans Vile Saint-Georges (Açores), dont son père avait été longtemps le\ngouverneur. Son enfance se passa là, entre les montagnes et la mer ; le murmure\ndes vagues et le souffle de la fraîche brise Jurent ses premiers maîtres de musique ;\najoutons, pour ne rien omettre, les leçons de son père, esprit très cultivé et d'un\ngoût musical très sûr. En 1889, abandonnant les études scientifiques quil avait\nd'abord entreprises, il entre au Conservatoire de Lisbonne, doù il sort en 1891 avec\nle iev prix de piano et plusieurs autres distinctions. Le yo novembre 1891 il était\nnommé professeur de piano dans le même établissement. En 1895, à la suite d'un\nconcours, il obtient une bourse de voyage pour une durée de cinq années et se rend\naussitôt à Paris, où il suit d'abord, en qualité d'auditeur, les classes de composi-\ntion du Conservatoire, et, à partir de 1897, le cours de haute Composition de\nM. Vincent d'lndy à la Scola Cantorum. Bientôt le Maître, ayant remarqué ses\nhautes dispositions musicales, sa grande intelligence et son autorité, lui conjîait la\ndirection du Cours d'ensemble vocal et la préparation des Concerts :(( Il est né chef\nd'orchestre )), disait-il, et tous ceux qui ont vu M. de Lacerda à Vœuvre ratifieront ce\njugement. Nous avons déjà à maintes reprises entretenu nos lecteurs du Cours d'or-\nchestre fondé en 1902 par M. de Lacer d a ( 1), entreprise toute nouvelle à Paris, et\nd'un puissant intérêt artistique : uniquement composé d'amateurs, cet orchestre arrive\ndéjà à des exécutions expressives, vivantes, fouillées, dont des sociétés autrement\nillustres et anciennes sont loin de nous donner toujours l'exemple : c'est quil est\ndirigé par un excellent musicien, qui comprend les œuvres et sait les faire compren-\ndre ; l extraordinaire unité de l'interprétation tient à l'unité de la pensée et du sen-\ntiment qui se communiquent à tous. Compositeur distingué, M. de Lacer da a mérité\nle prix de notre Concours par la Danse que nous publions dans ce même numéro ;\nla fermeté du rythme et la fraîcheur de l'inspiration ont été hautement appréciées par\nM. CL Debussy, dont l'autorité vient ainsi se joindre à celle de M. V. d'lndy pour\nlouer les heureux dons d'un musicien que la France, espérons-le, saura retenir après\nl'avoir accueilli.\n(1) Rattaché aujourd'hui à l'École des Hautes Études Sociales. M. de Lacerda dirige encore un\nCours d'ensemble vocal mixte destiné à tracer l'histoire des formes de la musique chorale à\ntravers les âges ; enfin, il a été chargé par M. G. Lyon de faire un cours d'ensemble aux\nélèves des classes de harpe chromatique."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.3", "texte": "LES CHANSONS DE LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE\n\nNotes sur les Chansons de la période révolutionnaire.\n\nPendant la période révolutionnaire, la chanson ne cessa pas d'être en faveur ;\nmais, s'il est acquis que l'on chanta beaucoup, quoique les circonstances fussent\nsouvent tragiques, nul n'a dit dans quelles conditions ni dans quelles propor-\ntions ce genre d œuvres se p. oduisit et se propagea ; à quel nombre de couplets,\nchansons ou complaintes s'éleva le bilan de cette période? On n'en a aucune\nidée. Près de 3000 pièces nous sont connues, et, quelque élevé qu'il soit, ce\nchiffre est loin de représenter la totalité de la production.\nLa chanson s'implanta partout ; il n'y eut guère d'assemblée, de réunion quel-\nconque, où l'on n'entendît quelque refrain patriotique, civique ou satirique.\nDans diverses sections, on chantait des couplets en vogue ou des refrains nou-\nveaux. Celles de Bon-Conseil et du Contrat social se sont distinguées à cet\négaid , mais c est à la section des Tuileries que 1 on entendit le plus d'œuvres\nnouvelles. Tous les décadis, pendant une grande partie de l'an 11, l'on chanta des\n.oupletb dus pour la plupart aux auteurs les plus applaudis sur le théâtre du\nVaudeville : Barré, Léger, Desfcntaines, Piis, Radet, etc.\nDans les prisons même on chanta les couplets apportés de la ville et ceux que\ndes prisonniers, insoucieux du danger ou narguant la mort, composèrent pour\n1 ailler leuis boui 1 eaux ou le régime auquel ils étaient astreints. L'un versifie\nplaisamment sur le frugal déjeuner des détenus, l'autre sur la vie en prison :\ncelui-ci engage ses amis à verser après sa mort, (( au lieu de larmes, quelques\nflacons de bordeaux » ; celui-là, ne s illusionnant pas sur le sort qui lui était\niéser\\é, annonce que le tribunal lui ouvrira : ((la porte... ou la croisée )) allusion\nà la guillotine ; et cet autre commence ses couplets parce vers : (( Çà, faisons\nnotie testament... », tant il est vrai quelagaieté abandonnerarement le Français,\nmême dans les ciiconstances les plus tragiques. Des (( républicains » protestent\ncontre leur arrestation ; d autres détenus formulent des vœux ; les vaudevillistes\nRadet et auteurs de pièces patriotiques, sollicitent leur élargisse-\nment en des couplets bien tournés ; quelques-uns font des chants sur la guerre\nde la \\ endée, sur la prise de Toulon, etc., pour affirmer leur civisme. Mais\nd auties exhalent leur douleur et leurs peines dans de tristes et touchantes com-\nplaintes : c une femme formulant ses recommandations àsa fille née en\nprison, un condamné taisant d émouvants adieux à sa famille, un innocent qui\nadresse à la justice un appel désespéré, etc. Parmi les auteurs de ces chants\njo\\eux ou luguOies, on cite Ducourneau, Ducos, Montjourdain. Duromeau,\nCoittant, Fontaine. Goujon, etc.\nQuelque bizarre que cela puisse paraître aujourd hui, la Convention ne fut pas\nà l'abri de l'invasion chansonnière. Assez souvent des députations populaires se\nprésentèrent devant elle pour la féliciter sur ses travaux ou adhérer à ses dé-\nciets, poui lui soumettre des propositions ou dénoncer des abus, et, en maintes\nces délégués ne lui firent pas grâce de leurs chansons.\nA la séance du 5 juillet 1793, on annonça (( qu'une multitude immense de\ncitoyens de plusieurs sections de Paris )) se présentait aux portes de la salle ; le\nprésident les fit introduire successivement. Après avoir affirmé qu'elles accep-\ntaient la Déclaration des droits de 1 homme et l'acte constitutionnel, plusieurs"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.4", "texte": "LES CHANSON S DE LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE\n\nd'entre elles, qui s'étaient fait accompagner de tambours et d'instruments de\nmusique, chantèrent 1 Hymne à la liberté et diverses chansons patriotiques, parmi\nlesquelles le Ça ira, et Où peut-on être mieux qu au sein de sa famille. La Sec-\ntion de 7792, qui comptait parmi ses membres deux artistes de l'Opéra-Comique\nnational, Chenard et Narbonne, suivant quelques-uns, Chateaufort, selon\nd'autres, et Vallière, du théâtre Feycleau, leur confia le soin de faire entendre à\nla barre 1 Hymne des Marseillais. Au couplet : (( Amour sacré de la patrie )), les\nreprésentants et les spectateurs se tinrent debout et découverts ; puis Chenard,\ns'adressant à la Montagne, chanta un couplet additionnel à la gloire des vrais\ndéfenseurs de la patrie.\nLe 14 juillet 1793, le conseil général de la Commune et les 48 sections appor-\ntèrent à la Convention leur adhésion à l'acte constitutionnel ; pendant le défilé,\nla musique delà garde nationale exécuta divers morceaux, et trois artistes chan-\ntèrent une strophe du Chant du 14 juillet. Quelques jours après, un vieillard\nchanta des couplets sur la Constitution, et la Convention décréta aussitôt qu'ils\nseraient imprimés et distribués à chacun de ses membres. Le 8 novembre sui-\nvant, les artistes de la musique de la garde nationale, venus pour solliciter la\ncréation d'un Institut national cle musique, exécutèrent une marche guerrière,\nY Hymne à la Liberté, une symphonie et l'air Ça ira. Peu après, des membres de\nla section de l'Unité, suivis de chanteurs et d'instrumentistes, firent entendre,\naprès avoir abjuré le catholicisme, la Marseillaise, Veillons au salut de /'Empire,\netc., et l'air Malborough s'en va-t-en guerre, pendant que d'autres citoyens, vêtus\nd'ornements noirs, portaient un drap mortuaire. La section de la Montagne, qui\nlui succéda, fit chanter un morceau de musique par les artistes du théâtre\nPeydeau et des couplets A la Montagne, par Martin, l'un des premiers sujets.\nCes manifestations chantantes par lesquelles la Convention se laissait dis-\ntraire de ses travaux, n'étaient pas du goût de tous les représentants. A la suite\nde l'audition d'une chanson patriotique exécutée à la séance du 26 nivôse an II\n(15 janvier 1791) par un des élèves de la patrie venus pour demander, au nom\nde la section des Piques, l'envoi d'une députation de la Convention à la fête\ncivique organisée pour le décadi suivant en l'honneur des martyrs de la liberté,le\nprésident Laloy en demanda l'insertion au Bulletin. Danton fit observer que cette\npublication n'était pas destinée (( à porter des vers dans la République, mais de\nbonnes lois rédigées en bonne prose )), et, s'appuyant sur le décret ordonnant\nl'examen préliminaire du Comité d'lnstruction publique pour tout ce qui con-\ncernait les arts et l'éducation, il demanda le renvoi audit Comité. Aux argu-\nments de son collègue Dubouchet sur l'utilité des hymnes patriotiques pour\nélectriser les âmes républicaines, Danton répondit fort justement, sans nier\nl'efficacité des chants patriotiques, que l'on n'était point en état de juger (( et le\nsens et les mots )) de la chanson qui n'avait pas été bien entendue, et que l'on ne\ndevait point (( empêcher la Convention de se mettre en mesure de prononcer avec\nconnaissance de cause )), estimant que (( dans les petites choses comme dans les\ngrandes )), elle ne devait « jamais prendre de détermination indiscrète et incon-\nsidérée )). Il insista, en conséquence, pour le renvoi au Comité, qui fut dé-\ncrété.\nUn mois après, le 30 pluviôse (18 février 1794), des citoyens de la section des\nGardes françaises, porteurs de pelles, de bêches et de chaudières remplies de\nsalpêtre, vinrent chanter * la barre des couplets sur (( la foudre vengeresse »,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.5", "texte": "LES CHANSONS DE LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE\n\nautrement dit le salpêtre. Puis, le 26 ventôse, après que la section du Mont-Blanc\neut félicité la Convention de la fermeté avec laquelle elle avait frappé les traîtres\n(les Hébertistes), un citoyen ayant chanté une chanson dont il était l'auteur,\nDanton l'interrompant, s'éleva de nouveau contre cette manie chantante :\nLa salle et la barre de la Convention sont destinées à recevoir l'émission solennelle et sérieuse\ndu vœu des citoyens; nul ne peut se permettre de les changer en tréteaux. Je porte dans mon ca-\nractère une bonne portion de la gaieté française, et je la conserverai, je l'espère. Je pense, par\nexemple, que nous devons donner le bal à nos ennemis, mais qu'ici nous devons froidement, avec\ncalme et dignité, nous entretenir des grands intérêts delà patrie... Jerends justice au civisme des\npétitionnaires, mais je demande que dorénavant on n'entende plus à la barre que la raison en\nprose.\nCette proposition, dictée par le bon sens, fut adoptée, et dès lors les auditions\ndevinrent assez rares. La salle des Tuileries ne retentit plus que du chant des\nhymnes exécutés par hlnstitut national de musique ou le Conservatoire, lorsque\nla Convention, pour ne pas interrompre ses travaux, fit célébrer certaines fêtes\nau milieu des délibérations.\nLES CHANSONS AU THEATRE\nMais, si les chanteurs ne purent se donner libre carrière au sein de la repré-\nsentation nationale, ils trouvèrent un milieu des plus favorables dans les salles\nde spectacle, et, si le patriotisme seul guida les premiers exécutants, l'esprit de\nparti se montra ensuite si ardent que des troubles sérieux, des rixes parfois san-\nglantes, éclatèrent entre les adversaires qui se provoquaient aux accents de la\nMarseillaise et du Réveil du peuple. De graves désordres amenèrent souvent l'in-\ntervention des agents de l'autorité, et le gouvernement fut contraint de prendre\ndes mesures rigoureuses à l'égard des perturbateurs et même d'interdire l'exécu-\ntion de certains chants.\nDès 1792, des chansons patriotiques furent exécutées dans les théâtres, par les\nacteurs ou par les spectateurs, soit sur l'initiative des auteurs, soit de par la\nvolonté des assistants, et c'est avec la Marseillaise que cette innovation semble\navoir été d abord mise en pratique. A ce propos, la Chronique de Paris rappela\ncette remarque cfun spectateur anglais : L'envie de chanter de concert avec les\nacteurs est si dominante en France, que dans une chanson connue, le musicien\nde la scène jouait quelquefois, à peu près, le même personnage que le chantre\ndes églises, qui ne sert qu'à entonner le psaume et dont la voix est ensuite absor-\nbée par celle de toute l'assistance. Les fédérés du bataillon marseillais chantè-\nrent l'œuvre de Rouget de Lisle d'abord spontanément, puis un arrêté du Co-\nmité de salut public, en date du 4 frimaire an 11, en prescrivit l'exécution dans\ntous les spectacles delà République, (( tous les décadis et chaque fois que le\npublic le demandera ». Vers la fin de 1793, cet usage commença à devenir plus\nfréquent, et les journaux enregistrent successivement le titre ou publient le texte\ndes œuvres nouvellement exécutées sur les différentes scènes : Vaudeville, Co-\nmédie italienne, Opéra-Comique de la rueFavart, théâtres Montansier, Feydeau,\ndes Amis de la Patrie, Cité-Variétés, de l'Egalité, Louvois, etc., et les théâtres de\nla République (Comédie-Française) et de l'Opéra, qui apparaissent plus rarement.\nLe 9 octobre 1793, après la première représentation de la Fête civique du village,\nau théâtre Favart, une chanson fut jetée de la salle sur la scène et, en présence\ndes vives instances du parterre, l'acteur Saint-Aubin dut venir la chanter. Tout\nd abord ces chansons furent exclusivement patriotiques ou çiviques ; elles"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.6", "texte": "LES CHANSONS DE LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE\n\navaient pour sujet la guerre étrangère ou les volontaires de la première réquisi-\ntion, elles excitaient les esprits contre les rois coalisés et les traîtres, célé-\nbraient la gloire de la Montagne, ou faisaient l'éloge des Français; d'autres atta-\nquaient le fanatisme et 1 athéisme, et prêchaient 1 abolition de l'esclavage, ou\nsaluaient la mémoire de J.-J. Rousseau, etc.\nAu cours de 1 année 1794, ce fut souvent par des couplets chantés entre deux\npièces ou à 1 issue de la représentation que les événements heureux de la cam-\npagne furent annoncés ou célébrés ; ainsi en fut-il pour la plupart des succès rem-\nportés par les armées républicaines : victoires de Fleurus et d'Ostende, prise de\nBruxelles et reprise de Bellegarde, etc. De vendémiaire à nivôse an 111, à l'Opéra,\nle Chant du départ fit partie du programme annoncé pard affiche, et les hymnes\nexécutés à la fête de J.-J. Rousseau et à celle de l'évacuation du territoire y\nlurent chantés non seulement le jour même de ces cérémonies, mais encore pen-\ndant plusieurs soirées. Après le 9 thermidor, les adversaires politiques se livrè-\nrent avec acharnement à une guerre de pamphlets, et l'ordre ne fut guère troublé\ndans les salles de spectacles que par les protestations contre la location faite à\n1 avance des places de loges. Mais, dès le début de l'année 1795, à l'apparition de\nla chanson thermidorienne le Réveil du peuple, les auditions changèrent de carac-\ntère : de pacifiques et intermittentes, elles devinrent tumultueuses et journa-\nlières. Les adversaires d-s terroristes, joints aux royalistes, s étaient engagés à\ndemander que cette chanson fût chantée sur tous les théâtres, et suivant le projet\nqu ils avaient formé (( de poursuivre sans relâche )) les coupables auteurs de leurs\nmaux, ils s en prirent d'abord aux comédiens accusés, à tort ou à raison, d'avoir\nparticipé aux actes de la Terreur, ou passant pour professer des opinions jaco-\nbines. Successivement Fusil, Irial, Vallière, Talma, Michot, Dugazon, Garat\netLays, violemment interpellés, hués ou insultés, furent contraints de lire ou de\nchanter 1 œuvre de Souriguère et Gaveaux, ce que plusieurs firent, non sans\nprotester de la correction de leurs principes et de leur conduite.\nCes manifestations plus ou moins justifiées contre les comédiens donnaient\nlieu, comme bien on pense, à des scènes bruyantes et tapageuses, et dans son\nexaltation, le public préféra renoncer à la représentation de Crispin rival de son\nmaître, qui devait terminer le spectacle au théâtre de la République, plutôt que de\nlaisser paraître 1 acteur auquel il venait de faire une avanie. De semblables\ndémonstrations lurent ensuite dirigées contre quelques conventionnels et contre\nles républicains en général, auxquels on s'attaqua dans les cafés ou sur les pro-\nmenades publiques puis dans les théâtres : le Réveil du peuple était devenu un\nchant de parti ; il avait pris une signification politique.\nAprès s être acharnés contre les comédiens, ses partisans voulurent en impo-\nser 1 audition aux autres spectateurs, et ce fut une nouvelle source de conflits plus\nvifs et plus fréquents. Au théâtre de la Montagne, plusieurs voix réclamèrent le\nRéveil, tandis que d'autres insistaient pour que l'on chantât le Chant du départ.\nAl Ambigu-Comique, la jeunesse dorée demanda l'exécution de la chanson ther-\nmiciorienne, malgré 1 opposition des jacobins ; une lutte s'ensuivit pendant la-\nquelle un gendarme s'écria : « Vivent les jacobins ! à bas la Convention )) ! et ce\n« factieux )) fut arrêté, mais non pas l'individu qui des troisièmes loges lança\nune pierre et blessa un jeune spectateur. L'effervescence lut telle que l'on re-\nnonça à la représentation ; elle se termina par une nouvelle exécution du Réveil\ndu peuple. Dix jours après, aux Variétés, tandis que 1 on chantait cette œuvre de"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.7", "texte": "LES CHANSONS DE LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE\n\nSouriguère, des citoyens s'écrièrent : (( A bas les hommes de sang ! voyez comme\nils pâlissent! )) ; pais, au Vaudeville, à ces mots: « Périssent les assassins »,\nune voix dit : (( Ils n'ont plus que trois jours à vivre » ; à ceux-ci :(( représen-\ntants d'un peuple juste », plusieurs spectateurs ajoutèrent : a même les députés\nmis hors la loi », exclamation qui fut répétée par toute la salle et couverte d'ap-\nplaudissements. Pour avoir accueilli ce même couplet par cette apostrophe :\na qu'ils nous donnent du pain », un « particulier » fut arrêté au théâtre de la rue\nMartin et conduit au Comité de sûreté générale; lorsque le public en reçut la\nnouvelle il s'écria : (( Vive la Convention! » Puis, le 26 mars, inquiet de la\nmarche embarrassée de la procédure ouverte contre les « décemvirs », il applau-\ndit bruyamment et longuement le second couplet : (( Quelle est cette lenteur bar-\nbare... » Le lendemain, on le fît même répéter à Gaveaux, qui chanta ensuite un\nnouveau couplet « propre à inspirer des sentiments de vengeance et à perpétuer\nles haines et les divisions ». Il dut le redire (( jusqu'à trois fois ».\nCe couplet des représentants donna lieu à l'expression de sentiments divers.\nAu théâtre Feydeau, qui, avec le Vaudeville, fut le foyer de la réaction, des mur-\nmures l'accueillirent, et (( la représentation nationale » ne fut pas traitée (( avec\ntout le respect qui lui était dû », disent les (( observateurs», c'est-à-dire les\nagents de police. A l'Opéra, le 30 mars, on empêcha l'exécution de ce couplet\net, le 29 avril, on l'y reçut à coups de sifflets. Au théâtre de la rue Martin, il\nmotiva cette exclamation : (( Ce sont des lâches et des insouciants. » On revint\nun moment sur cette impression, et la représentation nationale (( reçut\ndans tous les spectacles le tribut de confiance des citoyens » sous forme\nd'applaudissements réitérés, ce qui n'empêcha pas qu'au théâtre du Vaudeville,\nle 15 mai, une partie des spectateurs n'ayant point consenti à ce qu'on exécutât\nce couplet, firent (( malicieusement un si grand bruit » qu'on ne l'entendit\npoint.\nSouvent demandé, chanté et couvert d'applaudissements, dans son ensemble,\nle Réveil du peuple fut parfois l'objet d'une vive opposition de la part de quel-\nques assistants. A l'Ambigu, le 26 avril, (( trois mal intentionnés » combattirent\nson exécution en criant : « Du pain ! du pain! » Quoique réclamé, on ne put l'en-\ntendre le 30 avril, au théâtre patriotique, par suite de l'agitation que causèrent\nles mêmes cris. La veille, il en avait été de même à la Gaîté, en raison du tapage\nque firent (( plusieurs voix ». Cependant ce n'étaient là que des manifestations\noccasionnelles, sans suites fâcheuses; mais, les événements du ier prairial et\nl'assassinat du député Féraud ranimèrent l'ardeur des dissidents ou des tièdes ;\nle Reveil du peuple fut demandé partout et salué avec enthousiasme, particu-\nlièrement le couplet des représentants. Au théâtre des Arts, le 8 juin, l'acteur\nLainez chanta le Réveil « avec tout le feu possible », et pendant plus d'un quart\nd'heure retentirent (( les applaudissements les plus vifs ». Puis une accalmie qui\nse prolongea plus d'un mois se produisit dans les théâtres (( tranquilles et\nsages » ; elle ne fut interrompue que par l'exécution du Cri du peuple au théâtre\nFeydeau et de couplets jetés sur la scène du théâtre du Marais, lesquels provo-\nquèrent un rappel de l arrêté du Comité de sûreté générale du 24 pluviôse\nprécédent.\nJusqu'alors le Réveil du peuple seul avait été cause des incidents ; on l'ac-\ncueillait avec enthousiasme ou par des marques d'improbation. Ses adversaires,\nd'abord peu nombreux, imaginèrent de lui opposer la Marseillaise, et dès ce"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.8", "texte": "LES CHANSONS DE LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE\n\nmoment, ce fut entre les deux chants une lutte assez vive qui n'alla'pas sans\nexcès de part et d'autre. 4\nL'organiste du théâtre de la République ayant touché la Marseillaise et\nl'orchestre l'ayant jouée à l'ouverture du second acte, des citoyens protestèrent\net demandèrent le Réveil, tandis que d'autres insistaient pour que l'œuvre de\nRouget de Lisle fût continuée. Cette fois, l'apparition des acteurs termina le\ndébat, et ce ne fut qu'une alerte sans lendemain. Mais lorsque, après l'exécution\nde la Marseillaise à la fête du 14 juillet, la Convention décréta, (( pour entre-\ntenir l'énergie des vrais républicains », que 1 hymne de Rouget de Lisle ainsi\nque les airs et chants civiques qui avaient contribué au succès de la Révolution\nseraient « exécutés par les corps de musique de la garde nationale et des\ntroupes de ligne », en chargeant le comité militaire de les faire jouer (( chaque\njour à la garde montante du Palais national », les hostilités commencèrent, pour\nse prolonger pendant plus d'une année.\nAussitôt connu, c'est-à-dire le jour où il fut rendu, ce décret suscita des dis-\ncussions dans les groupes du Jardin Egalité et dans les cafés. Les uns décla-\nmèrent contre Y Hymne des Marseillais, les autres lui accordèrent la préférence\nsur le Réveil du peuple. Les premiers disaient que la décision devait être rap-\nportée parce que la Marseillaise rappelait les massacres de septembre 1792\net favorisait les terroristes ; les seconds se déclaraient pour le maintien du\ndécret et combattaient l'opinion des opposants sans y mettre pourtant 1 intran-\nsigeante animation de ceux-ci. Le soir, les (( jeunes gens » de la faction royaliste\nprésents au théâtre des Arts parvinrent à faire cesser le chant de la Marseillaise\ndès le second couplet et à faire chanter deux fois le Réveil du peuple, sauf le\ncouplet des représentants, en déclarant qu'ils feraient chanter de nouveau le\nRéveil dans tous les spectacles En relatant ces faits, le Courrier républicain fit\njustement remarquer que rien ne pouvait mieux apporter le trouble dans la\nville et faire battre les citoyens « que de mettre en opposition » ces deux chan-\nsons. Cette prévision se réalisa immédiatement. Le lendemain matin, sur\nla place du Carrousel, lorsque parut la garde montante, commandée par le\ngénéral Menou, une foule considérable s'écria : (( Le Réveil du peuple, et point de\nMarseillaise ! C'est au son de cette musique qu'on égorgeait au 2 septembre et\nqu on nous a assassinés pendant quinze mois A bas les égorgeurs !... (( Le\ngénéral répondit qu'ayant reçu une liste d'airs analogues de la Révolution, avec\nordre de les faire exécuter, son devoir était d'obéir aux décrets de la Convention.\nOn consentit à entendre les airs patriotiques, (( mais point de Marseillaise », et la\nmusique ayant commencé à jouer ce dernier chant, on cria : « A bas la Marseil-\nlaise !... » en menaçant, si l'on continuait, d'arracher et de briser les instruments.\nNe voulant pas céder à de telles injonctions, le général crut devoir consulter la\nConvention, qui déclara s'en rapporter à sa discrétion. Alors celui-ci, s'avançant\nvers la foule, dit que s'il avait perdu la confiance publique, il donnerait sa démis-\nsion. Des acclamations retentirent, et 1 on déclara qu'on ne demandait point sa\ndémission, mais que l'on ne voulait plus de Marseillaise, et il en fut selon les\nexigences de la multitude : la musique joua le Réveil du peuple aux cris de\n(( Vive la Nation ! Vive le général Menou ! A bas les terroristes et les jaco-\nbins ! »\nCes débats, qui eussent pu devenir tragiques, avaient duré plus d'une heure.\nLeur succès encouragea les jeunes gens qui, au cours de la soirée, se répandirent"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.9", "texte": "LES CHANSONS DE LA PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE\n\ndans les cafés et dans les théâtres pour faire jouer ou chanter le Réveil. L'agi-\ntation régna presque partout. Aux théâtres Feydeau, du Vaudeville et de l'Opéra-\nComique, on applaudit avec chaleur le couplet relatif aux jacobins et àla Terreur,\nmais on refusa d'écouter celui des représentants. Au théâtre de la République,\nil se produisit (( quelques vivacités ». Les acteurs ne paraissant pas disposés à\nse rendre aux désirs du public, qui réclamait opiniâtrément le lever de la toile et\nl'exécution du Réveil du peuple, des jeunes gens sautèrent sur la scène pour la\nlever eux-mêmes. Un acteur parut et annonça que Dugazon allait chanter. Des\nmurmures et a les épithètes de terroriste, de coquin et de lâche » retentirent à\nl'entrée de ce dernier, qui retira prestement son habit et sa perruque et se colleta\navec un des jeunes gens qui l'avaient apostrophé. Ce fut alors une mêlée géné-\nrale : acteurs, actrices, gardes, juges de paix, spectateurs, se précipitèrent sur la\nscène et dans la bagarre, (( plus comique » que dangereuse, (( Dugazon, son habit,\nsa perruque, tout disparut comme par enchantement », celui-ci s'étant aperçu,\ndit-on, que les rires provoqués par (( cette comédie d'un genre neuf » n'étaient pas\nen sa faveur. Le calme rétabli, le Réveil fut chanté par Dunan et vivement ap-\nplaudi, même le couplet des représentants, qui donna lieu pourtant, de la part de\nquelques-uns, à cette distinction: « Pour les bons députés, à la bonne heure. »\nPrudemment on ne joua ni la Marseillaise ni le Réveil du peuple, le lendemain,\nà la parade de la garde montante, et les Comités de salut public et de sûreté\ngénérale prirent un arrêté portant (( qu'il ne sera chanté ni lu sur les théâtres\nd'autres airs, chansons et hymnes que ceux faisant partie et qui sont contenus\ndans les pièces annoncées et qui seront jouées ». Cette décision, en date du\n28 messidor an 111, parvint à trois heures du matin à l'agence des lois, qui la fit\nimmédiatement imprimer au nombre de 1500 exemplaires et afficher dans la\nville et dans les spectacles. Néanmoins, au théâtre Feydeau, où les jeunes gens\nplacés au parquet chantèrent eux-mêmes le Réveil, et à l'Opéra, le commissaire\nfut contraint de se retirer sans avoir pu faire la lecture de l'arrêté prohibitif des\nComités. Ace théâtre, les spectateurs (( s'opiniâtrèrent » à réclamer l'exécution\ndu Réveil, et Elleviou, du théâtre de l'Opéra-Comique, monté sur l'appui de la\npremière galerie, le chanta pour la plus grande satisfaction du parterre qui fit\nchorus, jeta les chapeaux en l'air en criant : « Oui, nous le jurons, contre les\nterroristes et les buveurs de sang !.. » Devant l'attitude générale, le susdit arrêté\ndevait rester lettre morte. Le public se substitua aux artistes et à l'orchestre\nrendus responsables des contraventions —et il chanta lui-même le Réveil\naux théâtres Feydeau, de l'Opéra-Comique et de la République. Ace dernier,\ndes jeunes gens, avertis qu'on refusait de le chanter, forcèrent l'entrée, montèrent\nsur les banquettes et l'entonnèrent, moins le dernier couplet ; puis ils sortirent en\nrepoussant rudement l'officier de paix qui les avait invités â respecter la loi.\nCette inertie, ou cette longanimité du pouvoir, a été constatée par la Gazette\nfrançaise du 19 juillet dans ces quelques lignes: «Le gouvernement ne paraît\npas vouloir s'opposer à cet élan de l'opinion publique. Hier soir, tous les théâtres\nétaient environnés de la force armée à cheval ; mais qui que ce soit ne fît le\nmoindre effort pour faire respecter l'arrêté des Comités de gouvernement qui\ndéfend le chant des nouvelles hymnes dans les spectacles. »En effet, le 18, au\nthéâtre Feydeau, quelques spectateurs du parquet chantèrent l'œuvre de Sou-\nriguère, et au théâtre des Arts, le désordre fut à son comble, (( tant au dehors\nqu'au dedans ». Il y eut bruit et voies de fait ;le député Merlin de Thionville ne"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.10", "texte": "LA NOUVELLE THÉORIE DE L'HARMONIE DE M. HUGO RIEMANN\n\nput se faire entendre ;un adjudant général envoyé par les Comités pour exhor-\nter à la concorde et àla fraternité fut dans l'impossibilité de parler, interrompu\npar les cris répétés :(( Que les terroristes et les jacobins périssent !» On accu-\nsait la Convention de vouloir ramener la l'erreur, de promettre justice contre les\nbuveurs de sang et de les mettre en liberté au fur et à mesure, etc. A chaque\nacte, on réclama le Réveil du peuple et, des militaires s'opposant à son exécution,\non en vint aux mains :en un instant les sabres sont tirés, un jeune homme est\nblessé à l'épaule, les spectateurs se précipitent sur les militaires et, pendant\ncette lutte, le Réveil du peuple retentit sur la scène. De forts détachements arri-\nvent, un général en tête, comme pour charger ;on proteste contre cette manière\nde faire de la police qui allume la guerre civile et prépare le régime militaire ;\nnéanmoins, quelques arrestations sont faites, et des groupes se rendent au Co-\nmité de sûreté générale pour réclamer l'élargissement des citoyens incarcérés.\nLe ler thermidor. Delaunay fit àla tribune de la Convention, au nom du Comité\nde sûreté générale, l'exposé des incidents assez graves qui s'étaient produits\ndans les précédentes journées des 27 au 30 messidor, en dénonçant le but des\nauteurs des désordres.\nPendant quelques jours, les théâtres demeurèrent relativement calmes ; des\naffiches avaient été placardées tendant à rétablir l'union entre les partisans de la\nMarseillaise et ceux du Réveil. Cependant, le 24 juillet, au parterre du théâtre\nFeydeau, on chanta « sans éclat et à voix basse » les couplets de ce dernier\nhymne ; le 26, on l'entonna en attendant (( la levée de la toile )) ; puis le 30, à\nl'Ambigu, lorsque dans une pantomime, intitulée les Chouans ou les héroïnes\nfrançaises, la musique vint àse faire entendre, les applaudissements furent uni-\nversels et quelques personnes des premières crièrent :(( Point de grâce aux\njacobins!... )) On l'entendit encore à Feydeau, le ler août, au commencement du\nspectacle, et, le 25 septembre, au Vaudeville on en chanta deux couplets aux cris\nde : Vive la République ! à bas les deux-tiers / Quelques jours après, plusieurs jeunes\ngens l'entonnèrent au jardin Egalité, pour répondre àun groupe de militaires,\naccompagnés de terroristes, qui chantaient la Marseillaise en criant : A bas les\nroyalistes !\n\nCONSTANT PIERRE.\n\nLa nouvelle théorie de l'harmonie de M. Hugo Riemann\n\n(1).\nIl est une question que M. Hugo Riemann ne cherche pas à résoudre : Pour-\nquoi la sous-dominante a-t-elle moins d'importance dans la tonalité que la\ndominante ? Pourquoi surtout manque-t-elle de force conclusive ? La succession\nde l'accord de tonique et de l'accord de sous-dominante me laisse toujours\nune impression indécise. Dois-je m'arrêter à la sous-dominante, comme à la\nvéritable tonique, ou au contraire revenir à la tonique initiale? Si vous ne me\nfaites entendre que ces deux accords :\n\n(i) Suite. Voir la Revue du ier mars 1904."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.11", "texte": "LA NOUVELLE THÉORIE DE L'HARMONIE DE M. HUGO RIEMANN\n\nj'aurai plutôt le sentiment de la tonalité de fa que de celle d'ut. La phrase ne\nme paraîtra pas suspendue et, selon moi, n'appellera pas le moins du monde\nune conclusion en ut. Même si vous faites suivre ces deux premiers accords\nd'un nouvel accord en ut, la tonalité d'ut sera si faiblement établie qu'il suffira\nd'un nouvel accord de fa pour moduler en fa.\nAu contraire, si vous me faites entendre successivement les accords :\nj'aurai le sentiment que la phrase est incomplète, supendue, et je désirerai le\nretour de l'harmonie initiale. Je ne songerai pas à considérer Yut comme la sous-\ndominante delà tonique sol ; cette interprétation est trop détournée, et, pour me\nla suggérer, il aurait fallu me préparer d une manière ou d une autre à prévoir\nla tonalité de sol. Il est naturel que je forme l'hypothèse la plus simple, et sol\nm'apparaît très nettement avec le caractère d'une dominante. Si maintenant je\nfais suivre ces deux premiers accords d'un nouvel accord d \"ut, j'aurai établi\nsuffisamment la tonalité d'ut pour qu'une nouvelle apparition de l'accord de sol ne\nme donne que l'impression d une demi-cadence, c'est-à-dire d'un repos provi-\nsoire sur la dominante. En somme, et d'une manière générale, quand un mou-\nvement harmonique de quinte se produit, j'ai une tendance à me l'expliquer\nplutôt par la relation de la dominante à la tonique que par celle de la tonique à\nla sous dominante\nSi 1 on cherchait la raison de ce fait, on la trouverait peut-être tout d abord\ndans la nature même des choses : en effet, l'harmonique 7 est encore assez sen-\nsible dans beaucoup de timbres ; or cet harmonique constitue avec le son\nprincipal une dissonance de septième dont la perception plus ou moins\nconsciente doit favoriser notre interprétation par la fonction de dominante de\ntout son dont le caractère de tonique n'a pas encore été déterminé, et qui doit\ninversement faire obstacle à l'attribution du rôle de sous-dominante à tout son\ndont la signification reste encore indécise. C'est ce qui expliquerait encore\npourquoi, si un morceau débute par l'attaque isolée d'une note, je suis amené à\nconsidérer cette note, sans fonction encore définie, non pas comme une tonique,\nmais comme une sorte d'appel sur la dominante, et que j attends l'entrée pro-\nchaine de la tonique corrélative.\nA cette raison précise nous pourrions en ajouter peut être d'autres plus vagues\net plus discutables : ainsi nous dirions d'abord que la marche du grave à l'aigu\navec retour ou cadence au grave (ut-sol-ut) semble mieux appropriée à la fois aux\nbesoins de notre oreille et aux ressources de notre voix que la marche de l'aigu"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.12", "texte": "LA NOUVELLE THÉORIE DE LHARMONIE DE M. HUGO RIEMANN\n\nau grave avec retour à l'aigu [ut-fa-ut). Nous serions assez disposé à croire que dans\nl'évaluation des intervalles musicaux l'esprit procède toujours du grave à l'aigu,\nmême quand le mouvement se produit del aigu au grave, et qu'alors ce mouve-\nment de l'aigu au grave n'est perceptible pour la pensée qu'à la condition\nqu elle imagine préalablement un point de départ fictif situé dans une région\nplus grave que le plus grave des points atteints par le développement musical.\nMais c'est là tout un problème à étudier et nous ne prétendons pas le résoudre\nen quelques mots : la solution que nous en proposons, à titre de thèse à démon-\ntrer, serait d'ailleurs absolument rejetée par M. Riemann ; car elle ne tendrait\nà rien moins qu à ruiner toute sa nouvelle conception du mode mineur.\nIl est un dernier point sur lequel nous serions heureux de connaître 1 opinion\nde M. Riemann II résulte de sa doctrine que la relation de quinte a une impor-\ntance tout à fait prédominante dans 1 harmonie ; c'est elle qui sert de fondement\naux fonctions de dominante et de sous-dominante. La tierce majeure ne joue\nqu'un rôle secondaire à côté de la quinte ; elle remplit, elle enrichit les harmo-\nnies, sans déterminer, au moins par elle seule, leur signification tonale. Cet état\nde choses doit-il durer ou n'est-il que transitoire? M. Riemann indique lui-\nmême une exception à la règle: parfois la relation de tierce majeure peut se\nsubstituer à celle de quinte pour servir de matière à la fonction de dominante.\nAinsi, en ut majeur, la succession harmonique\npeut, dans certaines conditions, avoir une grande valeur tonale et servir même de\nconclusion, sans laisser aucun doute sur la tonalité. Dans ce cas c'est le mi,\ntierce majeur d'ut, qui fait fonction de dominante et oriente l'harmonie mi-solft-\nsi par rapport à la tonalité d'ut. L'évolution de la musique ne rendra-t-elle pas\nde plus en plus nombreuses des exceptions de ce genre ? Ne faut-il pas prévoir\nque la quinte ne sera pas toujours la seule relation fondamentale sur laquelle le\nmusicien construira toutes ses combinaisons harmoniques? La musique n'est-elle\npas un système sans cesse renouvelé qui, pour embrasser des séries de plus en\nplus considérables de relations de plus en plus complexes, devra exclure pro-\ngressivement la réduction des relations les moins complexes à des relations plus\nsimples et les admettre comme relations simples ? Mais M. Riemann n'a pas\ncru bon de soulever de pareilles questions, ni d'y répondre. Après tout, un\ntraité d'harmonie ne doit peut-être contenir que l'analyse des procédés employés\npar les grands musiciens du passé, et sans doute il ne reste plus ensuite à de-\nmander à un théoricien de la technique musicale que de ne pas fermer la voie\naux progrès futurs. Le système de M. Riemann a justement l'avantage de se\nprêter à tous les développements nouveaux que rendra un jour nécessaires la\nconquête de moyens harmoniques de plus en plus variés.\n(A suivre.)\n\nPAUL LANDORMY."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.13", "texte": "LA FILLE DE ROLAND\n\nLa Fille de Roland.\n\n11 agédie musicale en 4 actes d après Henri de Bornier, poème de Paul Ferrier,\nmusique de Henri Rab aud (Opéra-Comique).\nVoici une œuvie très considérable, dont la place, pour diverses raisons, me\nsemblait maïquée à 1 Opéra, et non à 1 Opéra-Comique. Le poème a de l'am-\npleur et de 1 éclat, une poésie réelle (bien qu un peu surannée pour notre\ngoût du style moderne): il a des tendances patriotiques et françaises; il met\nen scène Charlemagne. Le cadre de l'action est grandiose, pittoresque ; les dé-\nploiements de figuration y sont nombreux. Voilà des raisons sérieuses ; et la mu-\nsique de M. Rabaud n'est point de nature à les affaiblir. Un tel poème n'est pas\nfait pour la même scène que les iVoces de Jeannette et la Flûte enchantée.\nM. Rabaud, qui vient tout juste de dépasser la trentaine et qui eut son grand\nprix de Rome en 1894, était déjà classé parmi les musiciens qui font grand\nhonneur à l'Ecole française. Parmi ses premières compositions (Job, Divertisse-\nment sur des airs russes, quatuor, mélodies, etc..,) on avait remarqué la Procession,\noù apparaît quelque chose de beaucoup plus rare aujourd'hui que le savoir et\nl'habileté, je veux dire une personnalité d'artiste. Il a réalisé très brillamment les\nespérances que 1 on fondait, et que lon fonde encore sur lui. Sa musique est\npuissante, très habile à suivre les mouvements divers de la pensée littéraire ;\nbien qu elle tire du livret tous les effets qu'il peut fournir, non en se bornant à les\nindiquer discrètement, mais en poussant parfois l'expression au maximum, elle a\nune certaine sévérité d'allure, une tenue et une application à maintenir les voix\ndes chanteurs à leur rang, qui ne laisse pas de rappeler la manière de M Saint-\nSaëns.\nDès la première page de 1 Introduction, nous trouvons cette écriture serrée et\ncette science des belles constructions en contrepoint qui caractérisent les maîtres\nclassiques. Comme entrée de jeu, M. Rabaud nous donne une fugue pleine de\ngrandeur, dont voici le sujet :\nce thème maestoso, auquel la suppression delà sensible (/a g) donne un caractère\nun peu rude, dès la 3e mesure a sa réponse à la dominante :\netc., et dans la suite, lorsque les voix se superposent à la polyphonie, reparaît\nrenversé :\nIci même, dans un des suppléments de la Revue musicale (15 nov. 1903),\nM. Philipp, professeur au Conservatoire, a transcrit une pièce à laquelle\non peut comparer le début de la Fille de Roland : c'est l'adagio d'un des trois\nconcertos pour orgue, de J.-S. Bach (concerto imité de Vivaldi). De part et"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.14", "texte": "LA FILLE DE ROLAND\n\nd'autre, il y a même grande allure musicale. Mais ce qui apparaît constamment\ndans l'œuvre de M. Rabaud, c'est l'art d'exprimer en formules saisissantes\ntoutes les passions humaines. La fin du premier acte (dernière scène), où\nle traître Ganelon se sent comme écrasé par ses remords, est un tableau admi-\nrable où les ressources de l'orchestre sont largement déployées. Le troisième\nacte, frémissant d'esprit belliqueux, a eu un succès particulier, très grand et très\nlégitime. Je cite ces deux actes, mais les autres sont également intéressants.\nNulle part, je n'ai cru voir de lacune, ou de défaillance de l'imagination (sauf\npeut-être dans le chœur : Il a trahi les fils de France ! qui m'a paru un peu sec).\nBien que je ne me considère pas comme suffisamment armé, après deux repré-\nsentations seulement, pour essayer de porter un jugement définitif sur une\nœuvre aussi importante, je serais tenté de reprocher à M. Rabaud de n'avoir\npeut-être pas ménagé assez de contrastes dans sa partition ; ce n'est pas que les\nrythmes, les timbres, la couleur et son intensité n'y soient très variés: mais on\nvoudrait, çà et là, quelques pages de poésie ou de tendresse plus douce. La\nChanson des épées est cependant un très joli hors-d'œuvre, avec ses dissonances\narchaïques et ses pauvretés d'harmonie voulues :\nCe dont il faut aussi louer M Rabaud, c'est d'avoir respecté la voix humaine\net de ne lui avoir jamais demandé de se transformer en cri. On chante, dans cet\nopéra qui, tout en usant des ressources et des hardiesses de l'art contemporain,\ngarde sa noblesse et sa grandeur à la tragédie lyrique.\nLes interprètes « sauf quelques rôles accessoires) m ont paru bons. Mme Mar-\nguerite Carré, qui a dû inspirer quelque envie à Mlleßréval, prêtait au rôle de\nBerthe le charme de sa jeunesse. MM. Dufranne et Beyle ont été excellents dans\nles rôles d'Amaury et de Gérald, et M. Vieuille fut un Charlemagne satisfaisant,\nbien qu il manque de taille. M. Huberdeau, merveilleusement grimé en moine,\na dit magistralement ces deux vers où il prend la défense du traître :\nQue pourrait-on pour lui, si Dieu l'a condamné ?\nQue peut-on contre lui, si Dieu l'a pardonné }\nLa mise en scène n'est pas à l'abri de toute critique Au premier acte, le Rhin\nmanque de grandeur, et certaines parties du décor ne sont pas à Véchelle. La\nfenêtre à laquelle Charlemagne vient se recueillir avant de juger devrait laisser\nvoir un peu de ciel étoilé Au 2e acte, on voit paraître un crowth, un rebec et une\ncithare très couleur locale , mais un page tient sous son menton l'instrument\nqu'il devrait appuyer sur son genou. La Fille de Roland va sans doute retrouver\nà I Opéra-Comiquele succès qu'elle obtint au Théâtre-Français.\n\nc."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.15", "texte": "LES CONCERTS\n\nLe chant dans les lycées.\nNous sommes heureux d'annon-\ncer les publications suivantes :\ni° M. Camille Saint-Saêns vient\nde faire paraître chez MM. Du-\nrand un chœur pour voix mixtes :\nA la France ! paroles de J. Com-\nbarieu. Il est spécialement destiné\naux élèves des lycées 'garçons) et\nd'une écriture à la fois très simple\net très belle. Prix : i fr.\n2° M. Massenet vient de donner\n♦\nà la gravure (chez Heugel) un\nchœur charmant destiné aux jeunes\nfilles des lycées. Titre : A la Jeu-\nnesse ! L'œuvre est pleine de grâce\net d'élan.\n3° Un chœur de M Th. Dubois,\ntrès varié de forme, avec des en-\ntrées nombreuses et intéressantes,\nparaîtra (chez Meugel) dans quel-\nques jours.ll est destiné aux élèves\ndes lycées de garçons. Titre : Le\nCoureur (il s'agit du progrès). Les\nparoles de ces deux dernières\ncompositions sont également de M. J. Combarieu.\nAjoutons que l'enseignement du chant vient d'être régulièrement organisé au\nlycée Henri-IV et au lycée Carnot.\n\nLes Concerts.\n\nCONSERVATOIRE.\n\nLes derniers pro-\ngrammes de la Société des Concerts sont\nmorcelés et manquent un peu d'ampleur.\nOn nous a donné, le 27 : l'ouverture de\nFidelio, qui est bien connue .La Sym-\nphonie inachevée de Schubert, très mélo-\ndique, pleine de remplois (surtout dans\nYAndante où l'on reconnaît un thème de\nFidelio) \\ une chanson de R. de Lassus,\nFuyons tous d'amour le /eu, qui est une\nbagatelle sans importance, la Bataille de\nMarignan de Cl. Jannequin, très bien\nchantée, mais puérile, médiocre, simple curiosité historique ; la scène des"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.16", "texte": "LES CONCERTS\n\nChamps Elysées de YOrphée de Gluck, et le Psaume 98 de Mendelssohn. La\nSymphonie en m*'bémol de Borodine (1834-1887), qu'on exécutait pour la pre-\nmière fois, est une œuvre originale, colorée, un peu diffuse, très intéressante.\nElle est construite sur le plan de la symphonie classique, mais d'une tout autre\nsaveur : mesures et rythmes compliqués, une grande variété de timbres, depuis\nla sourdine jusqu'aux notes les plus graves des cuivres, des pédales nombreuses,\nquelques formules obstinées, de la rudesse, point de grâce, une assez jolie\nincohérence dans l'orchestration, plus d'imagination que de sentiment, une\nréelle abondance d idées qui sonnent autrement que la musique française et\nallemande. Le scherzo, vivement mené par M. Marty, est d'une fantaisie char-\nmante : on dirait du Mendelssohn retouché par E. Chabrier. Le dernier morceau\nest faible. L'œuvre a été froidement accueillie ; elle méritait un peu mieux.\nAvec cet admirable orchestre, ces chœurs incomparables, et l'orgue que d'autres\nlui envient, M. Marty nous doit des concerts de plus grande envergure.\n\nJ.C.\n\nCONCERTS CHEVILLARD. iy et 20 mars. Le Paradis et la Péri, de Schu-\nmann, œuvre charmante, qui gagnerait à ne pas être exécutée en entier : car-\nune certaine monotonie s y révèle, et dans la couleur générale et surtout dans\nl'orchestration. L'interprétation est lourde, surtout du côté des cordes.\n\nCONCERTS COLONNE. Dimanche 13 mars.\nR. R.\nUne scène symphonique de\nM. Lefèvre-Derodé (Caïn) assez mélodramatique. La ye Symphonie de Brahms,\nœuvre sans originalité, mais agréablement classique. M. Jacques Thibaut,\nacclamé avec quelque exagération dans le Concerto en mi bémol (n° 6) de\nMozart qui, apocryphe ou non, est dénué d intérêt, et dans le Prélude et fugue\nde la première sonate de Bach. Enfin la Cantate pour la jête de Pâques, bien\nchantée par Mme Julie Cahun-llekking et M. Jan Reder, assez médiocrement\npar les autres.\n\n20 mars. —La qe Symphonie de Brahms est une belle œuvre, dont on a déjà dit\nici même, l'an passé ( 1 ), tout le bien qu'il fallait dire. L'exécution en fut parfaite :\nvigoureuse et chaleureuse. M. Paderewski recueille, dans le Concerto en mi b de\nBeethoven, des acclamations et des protestations également exagérées : jeu sûr,\nagile et délicat, sans profondeur.\n(1 ■ Revue du 30 novembre 1902.\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. 19 mars.\nJ. T.\nLa Société nationale nous fait connaître\ntrois œuvres inédites, dont une assurément méritait de ne plus l'être. Le quatuor\nde M. Magnard n'est pas, en effet, une œuvre médiocre. Les sonorités en sont\nriches et souvent raffinées. La sérénade est écrite de verve et s'achève sur un\njaillissement fort gracieux. Mais dans l'ensemble le développement m'a paru\nembarrassé. Le programme du quatuor est très varié : sonate, sérénade, chant\nfunèbre, danses ; la pensée reste immobile et comme étrangère aux couleurs\ndont elle se pare. Cette raideur contraste d'une façon singulière et parfois\ncurieuse avec la fantaisie tourmentée de l'harmonie.\n\nLA TROMPETTE.\n\nAprès nous avoir offert une charmante soirée de Mi Carême\n(Fantaisie sévère pour 2e violon, Polka Tqigane par M. Ilayot, Duo pour piano\net violon par le même, Chansons gasconnes par Mlle 11. Sirbain. Carnaval des\nAnimaux de Saint-Saëns), cette illustre Société nous faisait entendre, le 2c mars,\nle Quatuor de Debussy et des lieder de Schumann, Schubert et Beethoven, par"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.17", "texte": "LES CONCERTS\nR. M\n15\n\nMme Mysz-Gmeiner. Nous y reviendrons, ainsi que sur le beau concert de musique\nmoderne de Mme C. Fourrier, qui avait lieu le même soir.\n\nL. L.\n\nJOSEPH JOACHTM.\nC.\nLe grand violoniste Joseph Joachim, accompagné de son\nquatuor (MM. Karl Halir, E. Wirth, R. Haussmann), a donné quelques séances\nà Paris, avant d'aller à Bruxelles. J'ai eu le plaisir d'assister, salle des Agricul-\nteurs, à celle du 19 mars, consacrée aux quatuors de Beethoven noS 2, 11 et 13\n(op. 18, 95 et 130). Malgré ses 73 ans, M. Joachim n'a rien perdu de son admi-\nrable talent. C'est plus qu'un virtuose : un grand musicien. Chez lui, pas d'effets,\npas de vibrato, pas de manière ; mais une pénétration complète de la pensée de\nBeethoven, rendue par les procédés les plus simples. Le quatuor Joachim pour-\nrait servir de modèle à beaucoup d'autres, jeunes et vieux !\n\nSOCIÉTÉ D'INSTRUMENTS A VENT.\nC.\nLe jeudi 24 mars, à cette même salle de la\nrue d'Athènes, très bonne séance de la Société moderne d'instruments à vent :\nMM. Barrère, Fleury (flûtes), Gaudard, Leclercq (hautbois), Guyot, Cahuzac\n(clarinettes), Pénable, Capdeville (cors), Flament, Hermans (bassons\"), E. Wa-\ngner (piano). Remarqué, au programme, de jolies pièces un peu courtes de\nM. R. Ilahn ; un charmant Prélude et fuguette de M. Gabriel Pierné, qui a un\ndon particulier de grâce et d'élégance.\n\nCOURS DE Mlle M. RIVET.\nA. M.\nTrès intéressante, l'audition des élèves des classes\npréparatoires des cours de Mlle Rivet qui a été donnée le 20 mars dans les Salons\ndes Champs-Elysées, au milieu d'une assistance des plus choisies. Ce concert\nétait composé en majeure partie de morceaux des maîtres classiques : Mozart,\nHaydn, Weber et Beethoven. Nous avons entendu plusieurs chœurs chantés\npar les élèves du cours. Je citerai particulièrement la Vierge à la crèche, de\nFranck, qui est d'un sentiment si pur. Au piano, les élèves de Mlle Rivet ont\naffirmé une fois de plus la sûreté de sa méthode et son bon goût dans la parfaite\ninterprétation des chefs-d'œuvre classiques. Mlle Octavie Pompilion, des\nclasses supérieures, a surtout retenu notre attention et confirmé cette impression\nen exécutant, non pas en élève, mais en remarquable artiste, l'acrobatique\nlie Rapsodie de Liszt et un Prélude de Mendelssohn.\nMme J. Martin, qui prêtait son concours à cette audition, a dit délicieusement\nde jolis vers, et Mlle de Jerlin, des Concerts Lamoureux, a chanté très agréable-\nment plusieurs mélodies.\nConcerts de la quinzaine qui nous ont paru les plus intéressants, et dont\nnous ne pouvons donner le compte rendu détaillé, faute de place. Salle Erard\n(23 mars), œuvres de M. ENESCO, le compositeur roumain si distingué et d'apti-\ntudes musicales multiples, dont nous comptons réentendre les œuvres au Châtelet,\noû nous en avons déjà applaudi quelques-unes ; M. PAUL LACOMBE, membre de\nl'lnstitut (24 mars), qui a dirigé en personne une nouvelle suited'orchestre pleine\nd'élégance et de fine originalité. Au Nouveau Théâtre : M. PIERRE SECHIARI, le\nvioloniste virtuose qui ne s'endort pas sur ses lauriers, travaille sans cesse pour\nse surpasser, et a joué avec grand succès le classique concerto de Mendelssohn ;\nSalle des Agriculteurs : le concert de la SOCIÉTÉ DES INSTRUMENTS A VENT(24 mars),\ntoujours admirable, et dun intérêt unique; Salle des Mathurins : œuvres de\nM. NÉRINI, un tout jeune compositeur, issu de la grande famille des élèves de\nM. Massenet, et qui nous parait appelé à un sérieux avenir ; nous parlons au-\njourd'hui de lui pour la première fois, pas pour la dernière."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.18", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels, Informations et Correspondances.\n\nCONCOURS CRESSENT. Le jury chargé de procéder à l'examen des poèmes\ndéposés en vue de préparer le 12e concours institué pour les compositeurs de\nmusique par la fondation Cressent vient de terminer ses opérations.\nLe poème couronné, intitulé la Pupille de bigaro, a pour auteur M. Henry\nFaure, demeurant à Moulins (Allier).\nLes concurrents peuvent, dès à présent, retirer leurs manuscrits au Bureau des\nThéâtres, 3, rue de Valois, sur la présentation du récépissé qui leur a été délivré\nau moment de l'inscription.\n\nDROITS D'AUTEURS EN ÉGYPTE. La Société des auteurs, compositeurs et édi-\nteurs de musique se préoccupe en ce moment d arrêter des mesures propres à\nmettre un terme à la contrefaçon des œuvres musicales en Égypte. Comme il\nn'existe pas de législation clans cet État concernant la propriété intellectuelle, et\nque seule la jurisprudence établit les droits lorsqu'ils deviennent litigieux, cette\nSociété a demandé que l'on ajoutât au code égyptien les articles d'une loi sur la\npropriété littéraire et artistique, en s'inspirant, non pas seulement de nos lois\nou décrets sur cette question, mais aussi de la loi belge de 1886, qui paraît être\ntout ce qu il y a de mieux fait dans ce genre Ainsi se trouverait assuré, à 1 ave\nnir, le respect des droits appartenant aux producteurs de la pensée (Français ou\nétrangers) dont les œuvres sont interprétées dans cet État.\n\nÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES. Les deux dernières conférences de\nM. Louis Laloy sur la musique moderne (de Schumann à Debussy), avec audi-\ntions par M. Édouard Bernard, auront lieu le 18 et le 25 avril. L'interprétation\nsimple et profonde de M. Bernard lui a valu un grand succès,- le lundi\n21 mars, dans les œuvres de Schumann et Chopin.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 février au 19 mars 1904.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nFévrier\nFaust.\nGounod.\n16.470 ))\n22\n—\nF Etranger. — Paillasse.\nV. d'Indy. Léonca-\n11.489 91\nvallo.\n24\n—\nGuillaume Tell.\nRossini.\ni3.o55 76\n26\n—\nLohengrin.\nWagner.\n14.214 41\n27\n—\nThaïs.\nMassenet.\n11 354 »\n29\n—\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n13.876 41\n2\nMars\nSiegfried.\nWagner.\n12.914 76\n4\n—\nFaust.\nGounod.\n21.017 41\n* 5\n—\nSiegfried.\nWagner.\n11.507 »\n7\n—\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n16.660 41\n9\n—\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n13.833 76\n11\n—\nFaust.\nGounod.\n17.693 41\n12\n—\nRoméo et Juliette.\nGounod,\n12.354 })\nr4\n—\nThaïs.\nMassenet.\n12.454 41\n16\n—\nF Etranger. — La Korrigane.\nV. d'Indy. Widor.\n11 736 76\n18\n—\nAida.\nVerdi.\nI8.2O3 41\n*9'\n■\nThaïs.\nMassenet.\n9.418 »•"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.19", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 février au 19 mars 1904.\n\nNANCY. M. Maréchal s'est rendu à Nancy dans les premiers jours du mois\ndernier, pour y inspecter les Concerts de la succursale du Conservatoire national.\n5 3 œuvres ont été exécutées par cette Association au cours de la saison 1903-1904.\nCe chiffre comprend 22 ouvrages classiques, 8 d'auteurs étrangers et 23 dus à\ndes compositeurs français. Sous la direction précise et expérimentée de M. Guy\nRopartz, ces Concerts obtiennent des résultats artistiques remarquables que\nM. Maréchal a été heureux de constater et de signaler à l'administration des\nBeaux-Arts.\n\nCONSERVATOIRE NATIONAL. Sont nommés membres des Comités d'examen\ndes classes d'enseignement musical au Conservatoire national :\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nFévrier\nMireille.\nGounod.\n00\nG\n2 I\n— matinée\nLe Roi d Ys. — Le portrait de\n•\nManon.\nLalo. Massenet.\n7.6L I »\n21\n— soirée\nMignon.\nA. Thomas.\n4.767 5o\n22\n—\nWerther. — Les rendez-vous\nbourgeois.\nMassenet. Nicolo.\n4.567 »\n23\n—\nManon.\nMassenet.\n7.372 5o\n24\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6 802 5o\n25\n—\nLe Barbier de Séville. — Cigale.\nRossini. Massenet.\n8.159 5o\n26\n—\nLe Roi Y Ys. — Cigale.\nLalo. Massenet.\n4.705 »\n27\n—\nMireille.\nGounod.\n7-856 »\n28\n— matinée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n8.210 »\n28\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n4.796 »\n29\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n4.366 »\nier\nMars\nManon.\nMassenet.\n4.823 5o\n2\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.991 »\n3\n—\nMireille.\nGounod.\n6.383 »\n4\n—\nLouise.\nCharpentier.\n5.862 »\n5\n—\nLe Barbier de Séville. — Cigale.\nRossini. Massenet.\n9- x79 »\n6\n— matinée\nCarmen.\nBizet.\n6.907 »\n7\n— soirée\nLa Reine Fiammette\nXavier Leroux.\n6 706 5o\n7\n- (pop.)\nLe portrait de Manon. — Wer-\nther.\nMassenet.\n4.53O 5O\n8\n—\nManon.\nMassenet.\n5.6O6 5o\n9\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.444 »\n10\n— matinée\nMignon. — Les rendez-vous\nbourgeois.\nA. Thomas. Nicolo.\n6.797 »\n10\n— soirée\nMireille.\nGounod.\n7.754 »\n[ 1\n—\nManon.\nMassenet.\n3.238 »\n12\n—\nLe Barbier de Séville. — La\nCigale.\nRossini. Massenet.\n00\nUO\n0\nGO\n13\n— matinée\nLe Barbier de Séville. — Les\nNoces de Jeannette.\nRossini. Massé.\n5.480 5o\ni3\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.238 5o\n*4\n—\nLa Dame blanche. — Bastien\net Bastienne.\nBoïeldieu. Mozart.\n4.384 5o\n15\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.846 5o\n16\n—\nLa Fille de Roland (première).\nRabaud.\n1.897 »\n17\n—\nLe Barbier de Séville. — Cigale.\nRossini. Massenet.\n6.125 »\n18\n—\nLouise.\nCharpentier.\n5.36o\n19\n—~\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n6.845 »"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\ni° Classe de composition : M. P.-V. de la Nux, en remplacement de M. G.\nPierné, nommé membre du Conseil supérieur d'enseignement ;\n2° Classe d'orgue : M. Tournemire, en remplacement de M. G. Pierné ;\n3° Classe de piano et de harpe : M. A. Périlhou, en remplacement de M. G.\nPierné;\n4° Classes d'instruments à vent : M Th. Bureau, en remplacement de M. Emile\nJonas, démissionnaire.\n\nLILLE. —Par arrêté préfectoral en date du 14 mars dernier, Mlle Hordoir\n(Marguerite) a été nommée professeur de harpe à l'École de musique, succursale\ndu Conservatoire national, à Lille.\n\nAix. M. Poncet (Joseph), professeur de solfège à 1 École nationale de mu-\nsique d'Aix, est nommé directeur de ladite École, en remplacement de M. La-\npierre, décédé.\n\nELBERFELD. —Le 11 avril seront exécutées ici trois œuvres d'un compositeur\ndont nous pensons beaucoup de bien, Fr. Delius : la Ronde de la Vie, le Concert\npour piano et orchestre et les Mélodies danoises avec orchestre.\n\nBRUXELLES.\nL. L.\nA 1 issue de la conférence sur la musique française contempo-\nraine que j ai laite le 18 mars au salon de la Libre Esthétique (très belle exposi-\ntion de nos impressionnistes), j ai eu le plaisir d entendre interpréter différentes\npièces de Castillon, Chausson, Debussy, Lekeu, Chabrier, avec beaucoup de\nsûreté, d'intelligence et de délicatesse, par une jeune artiste d'avenir : Mlle Marthe\nde Vos. Je tiens à lui adresser ici toutes mes félicitations, en y joignant mes\nremerciements pour mon éminent confrère, M. O. Maus, directeur de la Libre\nEsthétique, qui depuis bien des années sert, à Bruxelles, la cause de l'art moderne\navec autant de goût que d'énergie et de dévouement.\nLe soir, j avais la bonne fortune d entendre le Tannhàuser, remarquablement\ninterprété par Mme Paquot d'Assy, MM. Albers et Imbart de la Tour.\nA la suite d une réunion qui vient d avoir lieu à 1 Kcole des Hautes Études\nSociales, 16, rue de la Sorbonne, et à laquelle assistaient MM. Gustave Lyon,\nMutin, Alcan, Chartier, Fesne, F. de Lacerda, Louis Laloy, Paul Landormy,\nMarnold et Romain Rolland, a été décidée la fondation d'un laboratoire d'études\nscientifiques relatives à la musique. Ce laboratoire est rattaché à la Section\nde musique de l'École des Hautes Études Sociales.\n\n7hcimyris, conte lyrique en 4 actes avec prologue, paroles de\nMM. Jean Sardou et Jean Gounouillou, musique de M. Jean Charles Nouguès.\nUne (( vraie première » vient d'être offerte aux Bordelais. L'effort de décentra-\nlisation artistique entrepris par la direction du Grand-Théâtre a été pleinement\ncouronné de succès, car Tkamyris a obtenu tous les éloges d'un public composé\nen majeure partie de musiciens.\nLa belle Thamyris règne sur l'Assyrie. Les prêtres, ayant reconnu à sa naissance\ndes signes d'amour et de mort, font éloigner de son berceau la fée Amour ; aussi\ncette (( princesse d'ennui )) s'étiole-t-elle dans l'ignorance de la passion. Cepen-\ndant la fée vient révéler à la sorcière Odar, qui le cherche depuis longtemps,\nle secret du philtre amoureux puisé dans la Source merveilleuse du jardin des\ndésirs, à la condition qu'elle 1 offrira à Thamyris.\n\nBORDEAUX."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nAprès divers incidents dramatiques, Thamyris cède à l'amour d'un plébéien,\nle batelier Yadour. Mais Yadour est blessé mortellement, en sortant du palais,\npar un trop zélé serviteur, et on le rapporte expirant sur la couche de Thamyris,\nqui veut le revoir avant qu'il meure. Dans un accès de délire, l'amoureux\nbatelier retrouve assez de force pour poignarder la belle princesse, réalisant\nainsi son vœu, puisqu'elle ne doit plus songer à une union princière.\nLa musique écrite sous ce livret marque un progrès très sensible chez l'au-\nteur du Roi Papegay, et si sa personnalité ne s'affirme pas encore complètement\ndans cet ouvrage, on y reconnaît du moins un musicien sincère et assez heu-\nreusement inspiré. Il n'y a ni ouverture ni ballet ; le thème principal se déve-\nloppe ingénieusement pour atteindre son maximun d'intensité à l'entrée de\nThamyris, qui a dû bisser son grand air. La romance du Jardin des rêves avait\ndéjà également soulevé les applaudissements de l'auditoire, qui a fêté MmeGéraldi\ncomme il convient. Le duo des baisers est aussi d'un effet charmant. Le reste\nde la partition, alternant successivement du chant à l'orchestre, est toujours\nsubordonné à l'inspiration poétique et surtout bien gradué jusqu'au 4e acte.\nDécors et costumes féeriques.\nL interprétation a particulièrement couvert de gloire Mme Lina Pacary\n(Thamyris , qui a créé le rôle avec une sincérité et une intelligence dignes de\nla grande artiste. Sa splendide voix aux douces teintes et son style d'une pureté\nexquise lui ont valu ovations et bouquets. A ses côtés, M. Séveiihac (Yadour) a\ndonné la réplique avec cette mâle assurance et cette souple voix de baryton qui\nen font un artiste aimé de tous. Succès également pour Mme N. Blancard, une\nsorcière aux yeux diaboliques, qui a bien compris le rôle mystique d'Odar,\nMlle Pérès et MM. Bourrillon, Albert et Commerais. Quelques rôles secondaires\net les chœurs ont encore besoin d'étude. M. Ernest Montagné a conduit l'or-\nchestre avec sa maestria habituelle. Sa parfaite compréhension de l'œuvre lui a\npermis d'en obtenir une sincère et parfaite exécution, à la grande satisfaction\nde l'auteur, qui était présent et a dû venir saluer le public pour répondre aux\nacclamations enthousiastes dont il était l'objet.\nLa Société Sainte-Cécile a dignement clôturé la série de ses brillants concerts\nen nous redonnant une œuvre grandiose d Hector Berlioz : VEnfance du Christ.\nCette seconde audition a unanimement plu, et la salle du Grand Théâtre avait\nl'aspect des grands a galas ».\nOn a beaucoup applaudi Mme Laporte et MM. Claverie, Dufriche, Gibert.\nLes chœurs et lorchestre, sous la main autorisée de MM. Pennequin et\nGendre, ont droit à tous les éloges.\nGrand- Théâtre. Eclatant succès remporté par M. Escalaïs dans Guillaume\nTell et les Huguenots, qui servaient aussi de début à Mlle Chambellan, dont\nnous aurons l'occasion de reparler.\n\nJos. GRIMO.\n\nConcerts de la Schola Cantorum.\nLe 3e concert, consacré à la musique symphonique, instrumentale et vocale du\nxvnie sièclea, obtenu autant de succès que les précédentes séances auxquelles nous\navait conviés la Schola.\nComme toujours, Mlle Blanche Selva joua en virtuose accomplie et avec une\nprofonde intelligence YAppassionata de Beethoven, le concerto en ré majeur et\nla Fantaisie chromatique de Bach. Nous avons goûté l'interprétation très pure\n\nROUEN."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nque M. Louis Frolich nous a donnée de quelques lieder de Schubert et Schumann\net de la cantate Ich habe genug de Bach.\nO O\nSous la direction de M, xMarcel Labey, l'orchestre dont un des solistes,\nxM. xMondain, s'est fait applaudir dans le Concerto pour hautbois de llaendel\njouait, outre les œuvres déjà citées, l'Ouverture de Judas Machabée et des\nfragments du Ballet des Indes Galantes de Rameau.\n\nGEO DE MONTREUIL.\n\nNICE. MONTE-CARLO. Le mirage d'un ciel sans nuages, la perspective de\nliesses exceptionnelles autorisées sous prétexte de carnaval, attirent en février une\nfoule variée et compacte sur la côte d'Azur. On s'écrase littéralement dans les lieux\nde plaisir et les casinos. Les salles de spectacle deviennent trop petites, celles de\nMonte-Carlo surtout, dont les 600 places ne suffisent vraiment pas les jours de\nconcerts etde représentations extraordinaires ; d'où la composition, pour ces audi-\ntions, d'un public élégant un peu trop spécial. Le parterre, dont Molière tenait un\nsi grand compte, n'y existe pas. A Nice, ce parterre est d'une éducation musicale\net artistique si rudimentaire que ses enthousiasmes et ses froideurs déconcertent,\net font un peu l'effet d'un anachronisme. 11 a néanmoins applaudi vigoureuse-\nment la Flamenca, l'opéra touffu et coloré de M. Lucien Lambert. M. Saugey, le\ndirecteur de notre Opéra, a été le metteur en scène à la Gaîté de cette œuvre\nnouvelle, ainsi que d Hérodiade, de Messaline, et de la Juive. lia voulu redonner\nà Nice tous ces opéras avec les mêmes artistes, les mêmes décors, la même mise\nen scène. C'est ainsi que, dans la Flamenca, l'orchestre a été conduit par M. Lui-\ngini. Le mouvement de réaction qui s'était produit à Paris pour la Juive s'est\nencore accentué à Nice, où l'on s'est précipité pour entendre une exécution de\nl'œuvred'Halévy assez médiocre, excepté, bien entendu, l'admirable MmeLitvinne,\nqui, heureuse compensation, doit bientôt créer ici le Siegfried de Wagner.\nAu Casino de Nice, il n'est plus question de musique classique, mais de re-\ndoutes, de fêtes de nuit, d'ailleurs splendides et même originales, et l'orchestre\nne fait plus entendre que des danses.— Citons néanmoins la venue de Mmc Car-\nrere-Xanrof, pour jouer Zaya de Leoncavallo, qui alternera sur l'affiche avec le\nChevalier Jean de Joncières.\nLes virtuoses n'ont pas laissé passer une si belle occasion de se faire entendre.\nIl faut surtout mentionner xM. Raoul Pugno, à Monte-Carlo d'abord, ensuite à\nNice, à la salle Rumpelmayer : le merveilleux Ysaye, dont les programmes me\nsemblent préférables à ceux du jeune et déjà talentueux Ilubermann, où figurent\ndes fantaisies sur Faust ou les Maîtres Chanteurs, admirablement jouées sans\ndoute mais peu intéressantes, musicalement parlant. C'est à la Jetée-Promenade\nque s'est fait entendre le violoniste virtuose ; c'est là aussi qu'une curieuse troupe\nitalienne d'enfants de cinq à dix ans chante avec assez de précision le Barbier de\nSèville, Crispino ela Comare, etc. ce même petit théâtre, xMme Georgette\nLeblanc joue du Maeterlinck... sans musique de Debussy.\n\nMONTE-CARLO. /6E concert (y mars). Deuxièmes auditions de la Sym-\nphonie n° 6 de Glazounow et de Thémis, l'ouverture de Celega. Au programme\nY Apprenti sorcier, le merveilleux scherzo de Dukas.\n17e concert (10 mars). Deux premières auditions: Le Pêcheur, d'après la\nballade de Goethe, poème symphonique de M. de Seynes, très personnel, et Babil\ncToiseaux de Léo Sachs, peu original."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\n/(Se concert (ij mars). —La Symphonie en sol mineur (n° i) de Kalinikow, d'un\nstyle clair, et des œuvres de R. Wagner.\nIl faut mentionner aussi le grand succès obtenu parle célèbre virtuose Ysaye,\net, au théâtre, par le ténor Caruso.\n\nNICE.\nEDOUARD PERRIN.\nC'est devant des loges bien garnies, des fauteuils clairsemés et un\nparterre vide qu'a été donnée la première de Siegfried. La représentation d'une\nœuvre aussi considérable est une bien grande entreprise sur une scène comme la\nnôtre ; elle a été néanmoins très honorable. L'orchestre, visiblement fatigué, a\nété conduit avec beaucoup de conviction et d'enthousiasme par M. Dobelaer. Les\ncuivres ont eu quelques faiblesses, et les violons ont manqué d'ensemble dans le\nsplendide réveil de la Walkyrie. M. Cazeneuve (Siegfried) a une jolie voix, un\npeu faible dans les notes élevées, pas assez veloutée dans les passages de ten-\ndresse; mais il chante avec une science et une aisance remarquables la musique\nwagnérienne. Mme Litvinne, un peu indisposée, a été néanmoins superbe dans\nl'unique scène où elle paraît, d'une impression si profonde. L'effet de la strette\nfinale, en duo, sur l'enchevêtrement des thèmes à l'orchestre, a été très grand, et\nle succès des deux artistes très vif. Le reste de l'interprétation était très conve-\nnable.\nL'Opéra de Nice a déjà représenté, les années précédentes, l'Or du Rhin et la\nWalkyrie, et compte monter, l'année prochaine, le Crépuscule des Dieux, donnant\nainsi la Tétralogie en entier.\nAu Casino, reprise du Chevalier Jean de Joncières, œuvre écrite dans un style\ntimide, flottant entre Gounod et Wagner,\" mais dont quelques belles phrases\neussent pu faire la fortune d'un opéra plus heureux.\nA la salle Rumpelmayer, les concerts organisés par M. Gandolfo sont d un\nhaut intérêt artistique. Ala ire séance nous avons applaudi M. Raoul Pugno. A\nla 2e, excellente exécution du concerto pour deux violons de J.-S. Bach par\nMM. Arrigo Serrato et A. d'Ambrosio (de Nice). Au programme figurait aussi\nle ténor Saleza, qui n'a rien perdu de ses brillantes qualités.\nA la 3e séance, le Quatuor Français (MM. Hayot, bouche, Denayer et Salmon),\nd'un jeu si artistique, nous donnait, pour commencer, le Quatuor n° 8 (en mi\nmineur) de Beethoven, dont le thème du finale a quelque analogie avec celui que\nCésar Franck a également traité en canon dans la dernière partie de sa Sonate.\nVenait ensuite le Quator n° 2 (en la mineur) de Brahms, dont le scherzo est\nravissant et le finale un peu lourd.\nM. Noël Desjoyeaux, dont on jouait, pour terminer, un intéressant Quintette\n(ire audition), est élève de Brahms, dont il conserve par instant l'allure classique;\nil a d'ailleurs divisé son œuvre en quatre parties, à la manière des anciens\nmaîtres. Les thèmes du ier morceau et du finale ne sont pas trop distingués, mais\nl'ensemble est dune jolie écriture. Ce que j'aime le moins, c'est la partie de\npiano, que l'auteur a exécutée lui-même avec une vigueur parfois exagérée\net qui contient dans le n° 2, pas trop lent, des accords empruntés à 1 école\nfranckiste qui contrastent un peu avec le style général de 1 œuvre. Le succès\nde ce quintette a été très grand."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040401-01.1.24", "texte": "EXERCICES D'HARMONIE ET DE CONTREPOINT\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nExercices d'harmonie et de contrepoint.\n\nLa Syncope\nC.\n(0-\nNous avons vu que beaucoup de notes sont considérées comme (( étrangères »\npar la théorie classique : ce sont les notes de la mélodie qui n'entreraient pas\ndans l'harmonie, c'est-à-dire dans l'accord qui soutient le chant. Mais voici qui\nest plus étrange. L'enseignement de l'école est allé jusqu'à dire que certaines\nnotes se divisent en deux parties : leur première moitié est (( réelle » ; leur seconde\nmoitié ne l est pas; ou bien c'est la première moitié qui n'est pas (( réelle », et\nla seconde qui est (( réelle ». Ce sont les syncopes. M. Malhomé donne les\nexemples suivants :\nLa ire note du chant, mi, commence sur un temps faible et se prolonge sur le\n3e temps, qui est fort. C'est ce qui constitue une syncope. Mais ce mi est àla fois\nréel et irréel. Par rapport à l'accord d'ut, il est réel ; par rapport à l'accord deso/,\nil ne l'est plus.\n2e cas :\nLes phénomènes étrangers peuvent se produire à la basse, aussi bien qu'à la\npartie mélodique. Et l'École nous donne, en outre, ces deux règles où il ya au\nmoins une terminologie à reviser : i 0 II faut que, dans une syncope, la première\nmoitié de la note (c'est-à-dire la partie réelle) ne soit pas plus courte que la\nseconde moitié (non réelle). 2° Les syncopes qui font exception, dites (( boiteuses »,\npeuvent cependant être admises lorsqu'elles (( sont faites avec intention ».\n(A suivre.)\n(i) V. le Traité des artifices mélodiques par Joannès Malhomé (chez A. Leduc)."}]}