{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_sha256": "2746bd7661e814e3a211058c36daae836f55c868d6624b60264bd2133467ae53", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/04/15_01/bmtnabj_1904-04-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/04/15_01/bmtnabj_1904-04-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "201", "page_fin": "210", "image_debut": 1, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.1", "titre_corps": "ENRICO TAMBERLICK LA CARRIÈRE D UN TÉNOR ITALIEN (1820-1889).", "titre_sommaire": "ENRICO TAMBERLICK LA CARRIÈRE D UN TÉNOR ITALIEN (1820-1889).", "signature_source": "HENRI BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2970, "texte": "ENRICO TAMBERLICK\nLA CARRIÈRE D UN TÉNOR ITALIEN (1820-1889).\n\nMémoire couronné au concours ouvert par la Revue Musicale sur le sujet suivant :\nBiographie d'un chanteur célèbre du xixe siècle.\nAu début de l'année 1839, quatre ténors illustres se partageaient l'attention\ndu public.\nRubini (1795-1854), alors âgé de 44 ans, après avoir brillé en Italie et à Paris,\nfaisait les délices de la société fashionable de Londres.\nDuprez (1806-1896) avait succédé en 1836 à Nourrit pour l'emploi de fort\nténor à l'Opéra de Paris.\nMario (1810-1883), qui avait débuté en 1838 dans Robert le Diable à l'Opéra,\ndevait, en 1840, passer à l'Opéra Italien.\nEnfin, Nourrit (1802-1839), volontairement exilé de France, achevait à Naples\nune carrière qui devait se terminer d'une façon aussi prématurée que dramatique.\nNourrit parut pour la dernière fois dans la soirée du 7 mars 1839. H fut acclamé\npar une salle frémissante.\nL'insensé donnait à ces bravos un sens ironique, et dans la nuit qui suivit il\nse donna la mort en se jetant du haut de la maison où il habitait.\nParmi les spectateurs de cette représentation mémorable, un tout jeune\nhomme se faisait remarquer par un enthousiasme enflammé. 11 s'appelait Enrico\nTamberlick\nVoici en quels termes Tamberlick rappelle ce drame ( 1) :\n(( l'ai eu la bonne fortune d'entendre Nourrit, qui était un grand chanteur,\n(( d'une école toute différente de celle d'aujourd'hui, et qui cependant (( poussait\n« au son » autant et plus peut-être que Duprez\n(( La dernière fois que je l'entendis, c'était à Naples, la veille du jour où il se\n(( suicida. Il chantait Giuramento de Mercadante. Je l'écoutai avec la plus pro-\nie fonde attention et je fus vivement impressionné par l'intensité du son qu'il\n(( obtenait Le public napolitain lui fît une ovation à chaque acte, comme s'il\n« voulait faire oublier au grand artiste le chagrin profond qui minait sa raison.\n« Nourrit était certainement encore en possession de ses moyens. Il phrasait\n(( délicieusement, et faisait le plus grand plaisir à entendre. Cependant, sa voix,\n« un peu blanche et gutturale, prenait à la gorge. Il fatiguait, et je crois que\n(( cela l'impressionnait au moins autant que les succès de Duprez. Si Nourrit\n(( n'obtenait pas les effets dramatiques avec la même intensité que ce dernier\n« chanteur, dont la voix avait certainement plus de puissance, c'est qu'en dehors\n(1 du timbre de la voix, Duprez accentuait avec plus d'énergie, et surtout plus de\n« justesse, la parole chantée.\ne L'ancienne école recherchait pour ainsi dire exclusivement la beauté du son,\n(( le phrasé élégant, le brio. Duprez a ajouté aux qualités maîtresses du chanteur\n(< l'accentuation vraie des mots, qui leur donne leur valeur réelle, qui met au\n« point la déclamation lyrique, et conduit au pathétique par le seul moyen qui\n\n(1) Le manuscrit de cette étude avait été adressé à M. Périvier, rédacteur en chef du Figaro,\nqui avait demandé à Tamberlick des souvenirs sur sa carrière artistique."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.3", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3072, "texte": "« ne faillisse pas, que la voix soit belle ou médiocre. Bien émettre le son, bien\n« dire, tout l'art du chant est là. On pourrait presque avancer que Duprez a intro-\n« duit le réalisme dans le chant.\n(( Nourrit avait-il compris que son éducation était à refaire, que Duprez était\n(( dans le vrai, et qu il lui fallait devenir l'émule du nouveau venu, ou continuer\n« à porter le drapeau de l'ancienne Ecole ? Il était bien tard pour commencer\n(( de nouvelles études. Quoi qu'il en fût, le grand artiste ne put se consoler d'a-\n(( voir perdu le premier rang, le chagrin l'envahit au point de ne lui montrer\n(( d'autre issue à sa situation que la mort elle-même, et le lendemain de cette\n(( belle représentation, oû il avait, pour ainsi dire, été enseveli sous les fleurs,\n(( oû il m'avait si fort impressionné que je n'en pus dormir de la nuit, le lende-\n(( main de cette suprême leçon de chant que Nourrit me donna, et que je n'ai pas\n« oubliée, j'appris avec une émotion indescriptible, d'un groupe qui stationnait\n(( à la porte de son hôtel, qu'il s'était suicidé quelques heures auparavant.\n(( L'idée de revoir ses traits, de contempler une dernière fois le maître chan-\n« teur ne me vint même pas dans mon épouvante. Je m'en fus vers le port, j'errai\n(( sur les grèves tout le jour, ramené le soir par la faim, ayant toujours dans\n(( l'oreille les accents du maître qui n'était plus. ))\nIl nous a paru intéressant au seuil de cette étude sur Tamberlick de lui\nemprunter cette page.\nI\nEnrico Tamberlick naquit à Rome, le 16 mars 1820. Son père, Raphaël Tam-\nberlick, était officier dans l'armée pontificale (1). Il mourut en 1850, avec le grade\nde lieutenant-colonel. Sa vie ne présente aucune particularité intéressante, si ce\nn'est qu'il séjourna dix ans, prisonnier, en Autriche. Lorsqu'il revint à Rome, où\nl'on n'avait pas reçu de ses nouvelles depuis cinq années, il apprit que sa femme\nétait sur le point de se remarier. Fort heureusement, la nouvelle union demeura\nà l'état de projet...\nEnrico fut l'aîné des six enfants de Raphaël Tamberlick.\nCharles ( 1823) suivit la carrière de son père. Il mourut jeune, alors qu'il était\ndéjà promu capitaine dans l'armée pontificale.\nAchille ( 1827) fut avocat. Mais il négligea le barreau pour accompagner Enrico\ndans ses tournées. Il fit, en Amérique, une grande découverte, celle de la Patti\n(1859). Il mourut en 1870.\nEmilia (1822) ne s'occupa point de musique ; elle épousa un médecin de Rome,\nle docteur Mazotti, qui fut un socialiste militant.\nElle s'éteignit récemment, en 1903.\nAmalia (1826) fut une musicienne hors ligne.\nLolla (1829) mourut jeune\nEnrico Tamberlick, que ses parents destinaient à la carrière ecclésiastique, fit\nses études à Montefiascone, sorte de séminaire aux environs de Rome (2). Une\nirrésistible vocation théâtrale le poussa à brûler sa soutanelle aux feux de la\nrampe.\n\n(1) 11 n'était pas employéau Trésor, comme on l'a dit.\n(2) Enrico Tamberlick n'étudia pas le droit à Bologne, ainsi que le prétendent certains bio-\ngraphes, qui, sans doute, ont pris Achille pour son frère."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.4", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3031, "texte": "Il travailla le chant pendant deux ans avec Guglielmi, ancien ténor, et reçut\négalement des leçons de Borgni.\nIl débuta à Naples, en mars 1841, au théâtre del Fondo, dans I Capuletti ou\nGiulietta e Romeo) de Bellini.\nSon père n'ayant pas approuvé ses tendances artistiques, Tamberlick chanta\nau début sous le nom de Danieli, qui était celui de sa mère.\nSa voix n'était pas très étendue. C'est à peine s'il atteignait le la aigu. Il chanta\nau théâtre del Fondo les rôles de ténor dans les opéras bouffes. Travaillant pa-\ntiemment chaque jour, et apportant aux exercices de son organe un soin extrême,\nil parvint à développer sa voix dans le registre aigu, sans fatiguer le larynx.\nSon répertoire se composait de Tancredi (Rossini), Béatrice (Bellini ), La Casa\ndisabitata Ricci), Otello (Rossini), Li due Savoyardi (?), Norma (Bellini),\nGemma di Vergi (Donizetti).\nEn 1842, il passa au théâtre San Carlo.\nSon répertoire s'accrut des pièces suivantes (1) :\nL accidente délia Villa (?), la Casa de Verdore(NL\\b'\\\\ot\\.\\),Luigi grando (Condo-\nvetti), I Quindici (Bordega), VAvaro (Savi), Semiramide (Rossini), Maria Padilla\n(Do nizetti).\nC'est en 1842 que Tamberlick se maria.\nVoici le titre des pièces qu'il étudia et joua en 1843 :\nProva degli Artisti (Pauvo), Adolfo (Niccolini), I Fidanzati (Pacini), Chi la dura\nvince (Ricci), Anna la Prie (Battista), Cenerentola (RossinF, Mattia Vlnvalida (?),\nOsteria d'Andujar (?), VAlbergo incantato (?), Fenicia (?), Lucia (Donizetti)...\nIl fut remarqué par Riporto. l'imprésario du théâtre San Carlo de Lisbonne,\nqui lui fit signer un traité avantageux.\nIl quitta Naples pour le Portugal en 1843, et fut accueilli avec enthousiasme\ndans Norma et Gemma di Vergi (de Donizetti).\nSon physique était sympathique. Sa belle prestance lui attirait tout de suite\nla faveur du public.\nSa voix enfin gagnait en étendue, en puissance et en beauté. De ténor « serio »,\nil devenait ténor « sfogato ».\nEn 1845, il est engagé à Madrid, et débute au théâtre du Cirque le 17 juin,\ndans Parisina d'Esté (Donizetti). Il chante ensuite I due Foscari, Lucrezia Bor-\ngia, Torquato Tasso, Maria di Rohan et Roberto.\nAu cours des années suivantes, il compléta ce répertoire par Anna la Prie,\nMarino Faliero (Donizetti) et Médèa (opéra de Pacini donné à Palerme en 1843).\nAux débuts de l'année 1846, il fut fortement question de faire venir Tamber-\nlick à Paris.\nIl hésita, et finit par renoncer à venir. Le ténor Bettini fut entendu à sa place.\nEn 1849, il fut attaché au théâtre Santa-Cruz à Barcelone.\nLes succès qu'il ne cessait de remporter avaient fini par calmer la colère de\nson père. Il aimait d'ailleurs beaucoup la vie de famille, et avait fait venir auprès\nde lui son frère Achille, et ses sœurs Amalia et Lolla.\nLe baryton Bartolini épousa à Barcelone Amalia Tamberlick et continua sa\ncarrière aux côtés de son beau-frère.\n\n(i) Cette énumération, comme celle qui précède, est empruntée à un carnet de notes ayant\nappartenu à Tamberlick, et qui est aujourd'hui la propriété de Mme Galezowska."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.5", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3187, "texte": "xM. de Lesseps était à cette époque consul de France à Barcelone. Il manifesta\nà 1 égard de Tamberlick des sentiments d'amitié qui ne devaient jamais se\ndémentir, et qui contribuèrent peut-être à développer dans le cœur du chanteur\nle profond amour qu'il devait vouer à la France.\nLes principales œuvres qu'il créa à Barcelone sont : Torquato Tcisso, Yltaliana\nin Algeri et le Siège de Corinthe.\nD'Espagne, Tamberlick s'en fut en Angleterre.\nC'était au commencement du printemps de 1850, au début de la « season ».\nLes deux compagnies lyriques de Londres luttaient de toutes leurs forces pour\ncapter la faveur du public.\nUne annonce parue dans le programme de l'Opéra Royal Italien de Covent\nGarden fit savoir que le signor Tamberlick, du théâtre San Carlo de Naples et\ndu Grand Opéra de Barcelone, ferait ses débuts le 4 avril.\nLe public ne savait rien des succès que pouvait avoir remportés le nouveau\nténor en Italie ou dans l'autre péninsule. La seule investiture qui comptait pour\nLondres était celle de Paris, où Tamberlick était tout à fait inconnu.\nEn outre, il y avait à ce moment à Londres des ténors déjà célèbres.\nA Covent Garden, Mario, qui était en pleine possession de sa voix et de son\ntalent, tenait tous les grands rôles du répertoire. Il était doublé par Maralti, un\nfort ténor ; il y avait encore Luigi Mei, Soldi et Lavia.\nAu théâtre concurrent Her Majesty's Opéra se trouvaient engagés Cal-\nzolari et Sims Reeves en pleine maturité de leur talent, Beucarde, etc.\nOn ne voyait pas très bien en quoi le besoin d'un nouveau ténor pouvait se\nfaire sentir.\nAussi ne monta-t-on pas une nouvelle œuvre en son honneur. On ne le chargea\nmême pas de remplacer dans l'un de ses rôles un ténor en vogue.\nOn reprit simplement Masaniello [la Muette), que Mario avait chanté l'année\nprécédente.\nLes rôles furent distribués un peu à la diable, à l'exception de ceux d'Elvire et\nde Pietro, que chantaient Mrae Castillan et l'excellent baryton Massol.\nEnfin, au lieu de choisir pour les débuts du nouveau ténor une représentation\nhors série, ainsi qu'on le faisait toujours lorsqu'un artiste de talent paraissait\npour la première fois, la direction le produisit un soir d'abonnement. On était\naux approches de Pâques, le grand monde s'abstint. La salle n'était qu'à moitié\npleine.\nTamberlick, un peu énervé, appréhendait de débuter dans des conditions aussi\ndéfavorables.\nMais l'étendue et l'éclat de sa voix magnifique, sa puissance, son égalité par-\nfaite depuis le grave jusqu'au registre aigu, sa diction étonnante, son jeu ex-\npressif, toutes ces qualités étonnèrent, puis transportèrent le public.\nIl chanta avec un tel charme la barcarolle du 2e acte, que le public, électrisé,\nla lui redemanda. Son duo avec Pietro fut également bissé. Enfin la berceuse de\nl'acte IV déchaîna un enthousiasme formidable.\nAprès le baisser du rideau, il fut rappelé plusieurs fois. Tamberlick venait de\nremporter un succès sans précédent.\nUn critique, qui s'était égaré dans la salle le jour de ces débuts subreptices,\nécrivait, en parlant de Tamberlick: (( Son organeest remarquablement puissant,\n(( d'une égalité parfaite, et il se sert avec grand effet des notes de poitrine jus-"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3041, "texte": "(( qu'à Yut. Sa voix dans les notes de médium est ronde, pleine et parfaitement\n(( souple. Son timbre est splendide. C'est un artiste de tout premier ordre. Il\n(( chantera encore mieux les vrais opéras italiens qu'une adaptation même ita-\n« lienne d'un opéra français. Comme acteur, Tamberlick nous a rappelé la\n(( fougue et l'énergie de Roger. lia été applaudi à outrance, et il peut être à\n« juste titre fier de l'accueil qu'on lui fit. ))\nLe mardi 16 avril suivant, Tamberlick se faisait entendre dans un véritable\nopéra italien : Norma.\nIl parut entre Mme Grisi et Cari Formes.\nLe rôle de Pollion avait été dédaigné par tous les ténors qui avaient succédé\nà Rubini. Tamberlick l'accepta, et démontra qu'il était à même de déployer une\nintensité d'expression égale à son illustre partenaire.\nDans le grand air du premier acte, son énergie et sa passion déchaînèrent\nl'auditoire. Dans les duos, Tamberlick partagea les honneurs du succès avec\nl'idéale Norma qu'était Mme Grisi.\nLe même soir, il chanta dans Masaniello, donnant ainsi la preuve d'une\nendurance extraordinaire.\nLe jeudi suivant, 18 avril 1850, grande soirée de gala.\nDon Juan devait être chanté par Mmes Grisi, Castellan, et par Mario, Tambu-\nrini, Formes, etc.\nAu dernier moment, Mario fit annoncer qu'il était souffrant. Personne ne se\nméprit sur les causes de cette indisposition.\nTamberlick chanta à sa place le rôle de Don Ottavio. Chacun sait que, dans la\npartition de Mozart, le personnage de Don Ottavio est un des plus effacés. Il a\ntoutefois un morceau sublime à chanter : « Il mio tesoro ».\nLorsqu'on fut arrivé à cette scène, tout papotage cessa dans les loges. Les au-\nditeurs se demandaient avec intérêt de quelle façon Tamberlick allait interpréter\nleur air favori, après Mario.\nDès les premières mesures, la cause était gagnée, et lorsque l'aria fut terminée,\nla salle entière se leva et salua Tamberlick d'une immense ovation. Rempli d'une\norgueilleuse émotion, Tamberlick recommença le morceau.\nLe 23 avril, nouveau succès dans Zora. C'est sous ce titre que se donnait à\nLondres le Moïse de Rossini. Mais, pour ne pas froisser les sentiments religieux\ndes Anglais (1), on remplaçait l'Egypte par l'Assyrie...\nLe surlendemain, on donna la Donna delLago (Rossini) ; Mario faisait le roi\nJacques et Tamberlick chantait Roderick. Ce dernier rôle avait été écrit pour\nfort ténor, mais, comme on n'avait pas trouvé d'interprète capable de le chanter,\nil avait été transposé pour baryton. Tamberlick le chanta dans le ton original,\net son grand air lui valut une ovation.\nA la suite de cet opéra, Tamberlick chanta encore des fragments de Masa-\nniello.\nLe 18 mai, Nabuco (.Nabucodonosor de Verdi) lui valut un nouveau succès.\nLe 23 mai, eut lieu une représentation de Robert le Diable où se fixa définitive-\nment la réputation de Tamberlick.\n\n(1) On sait qu'en raison de la difficulté qu'on éprouve à monter en Angleterre une pièce bibli-\nque, Samson et Dalila n'a pas encore été joué dans un pays où pourtant l'auteur d'Henry VIII est\npersona grata..."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.7", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "Jamais l'oeuvre de Meyerbeer n'avait réuni une pareille interprétation :\nAlice, Mme Grisi.\nIsabella, Mme Castellan.\nElena, Mlle Taglioni.\nRobert, MM. Tamberlick.\nRambaldo, Mario.\nL abbé, Tagliafico.\nHérald, Massol.\nBertram, Cari Formes.\nTamberlick connut ce soir-là les joies du triomphe.\nLa représentation ne dura pas moins de cinq heures.\nJamais on n'avait vu mise en scène plus riche ni décors plus beaux.\nCette représentation fut considérée à cette époque comme un événement mé-\nmorable.\nDès l'hiver 1850-51, Tamberlick chanta à Pétersbourg, où il devait revenir\nrégulièrement pendant dix-huit années consécutives.\nNous n'avons rien trouvé de précis au sujet de ses débuts en Russie, mais,\ngrâce à l'obligeance de Mme Galezowska, fille de l'illustre chanteur, nous avons\npu prendre copie de son premier engagement.\nNous en donnons le texte complet à la suite de cette étude.\nLa musique classique allemande était peu familière à Tamberlick. Les dilet-\ntantes anglais— plus heureux que les amateurs parisiens en l'an de grâce 1904,\npour qui l'on montait le Freyschut£, pouvaient se demander comment il interpré-\nterait Weber.\nC est en mai 1851 que cet admirable chef-d'œuvre fut donné à Covent Garden\navec Tamberlick (Max), Formes (Gaspard), Mmes Castellan (Agathe), Bertrandi\n(Annette). Le succès fut énorme. Tamberlick sentit toute la beauté de cette mu-\nsique et la rendit en artiste. L'air du premier acte fut bissé.\nUn mois plus tard, c'était le tour de Beethoven. Après le FreyschutFidelio.\nTamberlick eut dans Florestan un succès d'enthousiasme (1).\nII\nEn octobre 1852, Tamberlick fut définitivement attaché à la troupe d'opéra\nitalien à Pétersbourg.\nCette troupe n était pas très brillante. La partie féminine laiss.ait particulière-\nment à désirer. On comptait sur le retour de Mario pour en relever le niveau\nartistique.\nEn attendant Mario, les Russes acclamèrent Tamberlick.\n\n(i) La XVe Soirée de Vorchestre (*) est extrêmement courte.\nVoici comment elle débute.\n(( On joue le Fidelio de Beethoven,\n« Personne ne parle à l'orchestre. Les yeux de tous les artistes étincellent, ceux des simples\n<( musiciens restent ouverts, ceux des imbéciles se ferment de temps en temps.\n« Tamberlick, engagé pour quelques représentations par le directeur de notre théâtre, chante\n(( Florestan. Il révolutionne la salle dans son air de la prison. »\n(*) Les Soirées de l'orchestre, par Hector Berlioz, à Paris, chez Michel Lévy, 1853."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2887, "texte": "Ce chanteur joignait à une organisation exceptionnelle un zèle ardent qui le\npoussa toujours sur la voie du progrès. Dans Otello, il souleva une tempête\nd'enthousiasme, et Yut qu'il tt poussa de toute la force de sa poitrine dans le\nduo avec lago mit Pétersbourg à ses pieds.\nCependant Mario avait fait sa rentrée dans les premiers jours de 1853. La\ngloire de Tamberlick n'en souffrit aucunement, et dans Carlo il Temerario (titre\nsous lequel on donnait Guillaume Te 11...) il remporta un succès formidable.\nIl reparut à Covent Garden dans Masaniello (la Muette), puis dans Norma.\nJamais le rôle de Pollion n'avait été si magnifiquement interprété depuis\nDonzelli.\nAprès Guillaume Tell il chanta Maria di Rohan.\nLe rôle de Chalais était inférieur à son talent, mais il l'interpréta avec rési-\ngnation.\nSa vogue était telle qu'il fut d'ores et déjà engagé pour l'année suivante.\nL'Alboni, qui venait de faire une tournée triomphale en Amérique, arriva à\nl'improviste à Londres, et son étoile fît un peu pâlir celle des chanteurs qui l'en-\ntouraient : Tamberlick, Belleti et Ronconi.\nLe 27 juin 1853, fut donnée, sous la direction de Berlioz, une représentation\nde Benvenuto Cellini.\nLa reine Victoria, le prince Albert, le roi et la reine de Hanovre occupaient\nla loge royale de Covent Garden.\nLe duo du 3e acte fut chanté avec une telle passion par Mme Julienne et Tam-\nberlick qu'une voix cria : Encore ! et cela malgré la présence des augustes\nspectateurs.\nEn juillet, Tamberlick chanta le Prophète, succédant à Mario dans le rôle de\nJean de Leyde.\nC'est dans ce rôle qu'il fit sa rentrée le ler octobre à Pétersbourg. Sa voix\nétait d'une puissance et d'une étendue extraordinaires, et la salle fut enthou-\nsiasmée.\nPeu après, il chanta Robert le Diable avec un même succès.\nLes deux opéras de Meyerbeer alternaient sur l'affiche avec 1 Martiri et\nOtello. Seulement à Pétersbourg le Prophète s'appelait : Scènes du siège de\nGand !...\nEn avril 1854, Tamberlick revint à Londres et y chanta le même répertoire\nque précédemment.\nLe 18 juillet de cette année-là, il devait chanter dans un concert où l'on\ndonnait le Stabat Mater de Rossini. Par suite d'un changement dans le pro-\ngramme, la sallè devint un peu houleuse.\nTamberlick, qui était d'un caractère vif, se leva, jeta sa musique et se retira...\nEn septembre il remporte un nouveau succès dans Ernani ; puis, voyageur\ninfatigable, il repart pour Pétersbourg, où il reparaît dans Otello, le Prophète\net Poliuto.\nLe 8/20 février 1855, eut lieu une représentation à son bénéfice. On donnait\nRigoletto. Tamberlick avait à lutter contre le profond souvenir laissé par\nMario. Il réussit complètement, et de chaleureux applaudissements lui prou-\nvèrent combien son beau talent était apprécié à Pétersbourg.\nLe 22 avril, ouverture de la saison italienne à Londres. Tamberlick chante\ndans Eideho, dans Ernani, il Trovatore, etc."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.9", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "Cette saison fut coupée par l'exode de la troupe du Théâtre-Italien de\nLondres, pour inaugurer à Pétersbourg le nouveau théâtre. La pièce d'ouverture\nétait la dernière œuvre de Meyerbeer : VÉtoile du Nord, qui fut pour Tamberlick\nl'occasion d'un nouveau succès.\nDe retour en Angleterre, il prend part à un concert à Manchester.\nMais en octobre la saison italienne reprend à Pétersbourg. Nouveau voyage\nen Russie. Tamberlick se ressent un peu de la fatigue provoquée par ces\ndéplacements fréquents. Quelques critiques remarquent qu'il entremêle son\nchant de notes un peu forcées, qu'il fait vibrer à outrance. Ce sont d'ailleurs\nces notes que le public prend pour des accents passionnés et qu'il applaudit le\nplus...\nLa réouverture s'est effectuée avec Rigoletto. Tamberlick est forcé de bisser\nla cavatine du dernier acte, et la salle redemande également le fameux quatuor.\nDans 1 Lombardi, Tamberlick partage son succès avec Mlle Loti délia Santa.\nMais Tamberlick est las de faire la navette entre Londres et Pétersbourg.\n11 veut contempler de nouveaux horizons, et contracte un engagement de 13 mois\npour Rio de Janeiro, à raison de 25.000 francs.\nAvant son départ pour l'Amérique, il chante encore à Londres au Lyceum, où\nil reprend les rôles de son répertoire.\nIl prend contact avec les Brésiliens en août 1856 et remporte un éclatant succès\ndans Otello.\nMais le théâtre de Rio ne marche pas, et au commencement de l'année 1857,\nTamberlick fait ses adieux au public brésilien.\nIl inaugure le théâtre de Buenos-Ayres.\nIl est demandé à Montevideo et y chante la Traviata pour l'inauguration du\nthéâtre.\nPendant son séjour en Amérique, il avait signé un nouvel engagement pour\nPétersbourg, et, avant de s'y rendre, il rentre à Londres, séjourne à Paris, et\nachète deux maisons dans le plus beau quartier de Bruxelles, où il se propose\nde venir se reposer dès que son engagement à Pétersbourg l'aura rendu libre.\nAvant son départ pour le Brésil, Tamberlick avait été pressentipar Meyerbeer,\nqui voulait le faire entrer à l'Opéra de Paris pour y chanter son répertoire.\nOn a dit qu'un engagement de 144.000 francs par an avait été offert au célèbre\nténor, et qu'effrayé de chanter dans une langue qui ne lui était pas familière, il\navait craint un échec et avait refusé.\nTamberlick tenait pourtant beaucoup à obtenir à Paris la consécration de ses\nsuccès, et, lors de son retour d'Amérique, des négociations furent engagées avec\nM. Cazaldo, directeur du Théâtre-Italien.\nIl accomplit toutefois son engagement à Pétersbourg (hiver 1857-1858), où il\nchanta Don Giovanni avec un succès prodigieux. Il eut un grand succès dans\nFra Diavolo et chanta triomphalement Otello pour son bénéfice.\nSon engagement fut renouvelé pour trois ans...\nA cette époque, il fut également pressenti pour aller faire une tournée dans\nl'Amérique du Nord ; l'engagement fut même signé, mais il n'eut pas de suite.\nIl lui fallait Paris d'abord.\nAu mois d'août suivant, on donnait Sapho de Gounod, avec Mmfs Viardot, Cas-\ntellan, MM. Tamberlick, Tamburini, Marcelti et Stigelti.\nCette œuvre n'eut pas plus de succès qu'en France."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.10", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2209, "texte": "Les journaux disent que Tamberlick fît des prodiges pour réchauffer le rôle de\nPhaon.\nCette année-là, Tamberlick chanta encore 0/c//o, la Juive, avec Mme Viardot\nGarcia.\nTamberlick n'avait pas encore créé de rôle dans une œuvre nouvelle.\nMeyerbeer, après avoir fait de mauvais opéras allemands en Allemagne, s'en\nfut en Italie confectionner de médiocres opéras italiens, et devint à Paris bon\ncompositeur français... Il ne fit rien pour l'Angleterre.\nEn moins de six mois, Rossini avait gagné une fortune à Londres (1823k\nDepuis, il s'était installé à Paris, avait donné Guillaume Tell (1829) et s'était\nastreint à ne plus composer.\nEn 1838, un musicien français, Louis-Antoine Julien, avait été s'établir en\nAngleterre.\nNé à Sisteron en 1812, Julien avait réussi à entrer au Conservatoire, où il fut\nélève d'llalévy. Il aimait bien la musique légère, mais le seul mot de contrepoint\nlui faisait dresser les cheveux sur la tête. Ne pouvant poursuivre dans ces con-\nditions de sérieuses études musicales, Julien dut quitter le Conservatoire.\nIl devint chef d'orchestre du Jardin turc, composa de la musique de danse, fit\ndes arrangements sur les opéras en vogue, et perpétra certain quadrille sur les\nHuguenots qui fit danser toute une génération.\nCriblé de dettes, Julien quitta Paris et s'en fut à Londres. Il y recruta un or-\nchestre, organisa des concerts-promenades qui firent fureur, monta une maison\nd'édition, ce qui était une excellente combinaison pour faire paraître ses œuvres.\nSes tournées en Angleterre furent fructueuses, et il fit fortune.\nMais le malheureux avait composé un opéra : Pietro il Grande. Aucun théâtre\nne voulant le monter, il résolut de le mettre en scène lui-même, et c'est ainsi\nqu'en 1852 il donna, à ses frais, la première représentation de son œuvre, avec\nTamberlick dans le principal rôle.\nCet opéra était maladroitement écrit, il avait des défauts énormes, mais n'é-\ntait pas dénué de toute inspiration.\nQuoi qu'il en soit, Pietro il Grande tomba.\nCette chute coûta 16.000 livres à Julien.\nAprès avoir reconstitué sa fortune, Julien la perdit de nouveau. Harcelé par\nles créanciers, il finit par se tuer, en 1860.\n(A suivre.)\n\nHENRI BRODY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "201", "page_fin": "201", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.1.1", "titre_corps": "TAMBERLICK", "titre_sommaire": "TAMBERLICK", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.1", "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 76, "texte": "TAMBERLICK"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c003", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "210", "page_fin": "214", "image_debut": 10, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.2", "titre_corps": "Le Quatuor à cordes en «fa» majeur de M. Maurice Ravel.", "titre_sommaire": "Le Quatuor à cordes en «fa» majeur de M. Maurice Ravel.", "signature_source": "M.-D. CALVOCORESSI", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.10", "debut_caractere": 2211, "fin_caractere_exclue": 2789, "texte": "Le Quatuor à cordes en «fa» majeur de M. Maurice Ravel.\n\nLa nouvelle œuvre du très remarquable compositeur qu'est M. Maurice\nRavel vient de remporter, à la Société Nationale, un vif succès. L'auteur y a fait\npreuve, non seulement de ces qualités de délicatesse et d'originalité que déce-\nlaient ses compositions antérieures, mais encore d'un remarquable sentiment\nde la pureté de la ligne et de l'équilibre architectural.\nIl a adopté, pour ce quatuor, une forme cyclique assez libre, très heureuse du\nreste, comme le montrera la courte analyse qui suit. Mais ce que l'analyse ne"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.11", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 675, "texte": "saurait montrer, c'est la liberté d'invention, le style souple et expressif, l'ingé-\nnieuse variété du tout. La publication très prochaine de la partition permettra\nd'ailleurs de mieux apprécier l'œuvre, et les présentes indications n'ont d'autre\nbut que de montrer, le plus simplement possible, la filiation et le développement\ndes motifs sur lesquels celle-ci est construite.\nLe thème initial du premier mouvement (Modéré, très doux) a une allure pai-\nsible et gracieuse. En voici le dessin caractéristique :\nCe dessin devient (mesure 9 et suivantes) plus expressif :\net donne, bientôt après, naissance à une forme dérivée, plus fiévreuse :"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.12", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "Après un court développement de C, A reparaît sous un aspect légèrement\nmodifié, qui sera désormais le plus usuel :\nLe calme revient bientôt et, après quelques échos de plus en plus affaiblis du\nthème A (toujours sous sa forme nouvelle dont le triolet caractéristique finit\npar persister seul), le deuxième thème se présente :\nIl est énoncé, comme on le voit, par le premier violon que double l'alto à\ndeux octaves au grave ; le second violon fait entendre un trémolo brisé entre ces\ndeux parties chantantes, et le violoncelle ne fait qu'indiquer, de place en place,\nl'harmonie de ré mineur (mode éolien, avec ut p).\nLe second violon reprend ce thème, après quoi commence le développement.\nLe deuxième thème est traité seul d'abord, puis le premier vient s'y associer en\ncontrepoint renversable très libre. Après revient le dessin B, en fa majeur, à\nl'alto, puis en /a b mineur au premier violon que double, à deux octaves, le\nvioloncelle. Le deuxième thème reparaît ensuite, sous un aspect mélodique assez\nmodifié, au violoncelle, puis monte progressivement, en prenant peu à peu la\nforme du dessin A bis auquel le triolet caractéristique l'apparentait déjà. La fin\nde ce crescendo ramène le premier thème, assez déformé d'abord, puis sous son\naspect primitif A et de nouveau en fa majeur. Cette réexposition se continue,\navec des modulations différentes, mais dans l'ordre le plus régulier. Quand le\nthème D reparaît, il est harmonisé non plus en ré mineur, mais en fa majeur\n(le violoncelle pizzicato fait entendre ut-fa, au lieu de la-ré). La réexposition\nest suivie d'une coda bâtie avec des fragments du développement précédent\nLe Scherzo est d'une forme assez spéciale, que l'on pourrait comparer par\nexemple à celle du Scherzo du Quintette (op. 34) de Brahms. Les deux éléments en\nsont exposés consécutivement et se développent l'un à côté de l'autre. Il est à\nremarquer que les thèmes cycliques ne se présentent nulle part dans ce mouve-\nment.\nLe premier thème est exposé en pizzicati (la mineur) :"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.13", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "Le deuxième, au contraire, est très chanté :\nOn remarquera l'amusant parti pris de superposition des rythmes binaire et\nternaire.\nLe trio, lent, est construit sur une large phrase très expressive qu'exposent\nsuccessivement les divers instruments, toujours dans l'aigu de leur registre.\nF intervient, préparant de très loin le retour du dont le thème E s'es-\nquisse peu à peu à la basse, pour bientôt s'associer au thème du trio. Le retour\ndu Scherzo ne comporte aucune remarque particulière.\nL'Andante [sol majeur) affecte la forme ordinaire du lied. Le thème en est\ntrès classique d'inspiration comme de coupe. De place en place, revient un écho\npaisible du principal thème cyclique (forme A bis).\nLe Finale débute en ré mineur et finit en fa majeur. Un nouveau thème y\nintervient d'abord :"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.14", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "et se développe, tandis que le violoncelle marque, en énergiques un\nlarge rythme, fort curieux et dont le rôle sera des plus importants dans la coda\nterminale. Vient ensuite, à 5/4, une préparation du thème cyclique A, qui peu\naprès rentre en si majeur, sous une forme écourtée et modifiée (à 3/4) qui rap-\npelle assez le dessin C, et s'associe à un dessin apparenté à D, formant ainsi une\npériode nouvelle, de deux membres distincts, qui constitue le deuxième thème du\nFinale. Suit un développement de G, au cours duquel revient, fragmenté, le\ndeuxième thème du Finale. Plus loin le thème cyclique D prépare le retour de ce\ndeuxième thème, au complet, en fa majeur. Après une nouvelle réapparition de\nD au premier violon doublé, comme à la première présentation, par l'alto,\ncommence une longue coda construite sur G. L'alto rappelle, au cours de cette\ncoda, le thème de l'Andante ; les dernières mesures, très agitées, contiennent la\nfigure rythmique du violoncelle plus haut signalée, qui donne à la conclusion une\ntrès grande puissance.\n\nM.-D. CALVOCORESSI."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c012", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "214", "page_fin": "216", "image_debut": 14, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.3", "titre_corps": "J.-S. Bach : La Passion selon saint Jean, AU CONSERVATOIRE.", "titre_sommaire": "J.-S. Bach : La Passion selon saint Jean, AU CONSERVATOIRE.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.14", "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 3355, "texte": "J.-S. Bach : La Passion selon saint Jean,\nAU CONSERVATOIRE.\n\nLA PASSION SELON SAINT JEAN, de J.-S. Bach, que la Société des Concerts du\nConservatoire nous a fait entendre le vendredi ier avril, a été exécutée pour la\npremière fois, selon toute vraisemblance, le 7 avril 1724. C'est une œuvre qui\ncontrarie quelques-unes de nos idées modernes, et qu'il est très difficile de juger\néquitablement. On n'en saisit pas bien l'unité ; et le plan d'après lequel les formes\nmusicales sont réparties sur les paroles ne laisse pas d'étonner un peu. La situa-\ntion du compositeur était évidemment difficile : il avait à respecter un texte qui\nn'était pas fait pour la musique et auquel il ne pouvait cependant rien changer\nd'essentiel; en outre, l'usage lui imposait certaines formes (récitatif, chœur, air)\ndans des cas déterminés ; mais pourquoi écrit-il des chœurs si nombreux, si\nétendus, si formidables, sur certaines paroles qui parfois ne les justifient nulle-\nment? Il a eu assez de génie pour faire chanter Jésus et ne pas le rendre ridicule;\nmais de la Passion et de la mort de Jésus (que saint Jean, parmi les quatre\névangélistes, a le moins bien exprimées), nousdonne-t-il un sentiment suffisant?\nDe cette œuvre énorme, faite cependant de morceaux détachés qui rappellent\nl'oratorio italien, se dégage-t-il toute la force dramatique, toute la tendresse et\ntoute la poésie que comporte un pareil sujet ? Ph. Spitta faisait des réserves, que\nje lui ai entendu formuler de vive voix, et dont on trouve un écho discret dans\nl'étude considérable qu'il a consacrée à la Passion selon saint Jean (au tome II de\nsa grande Biographie de Bach, p. 348 et suiv.) : « Il ne faut pas oublier, dit-il,\nque c'est de la musique d'église ». Ce que Spitta ne voulait point reconnaître et ce\nqu'il ne dit pas, c'est que Bach n'écrit pas bien pour les voix. Il était souvent amené\nà les employer là où un compositeur moderne userait de l'orchestre seul, mais\nil les a presque toujours traitées avec mépris, ou avec une complète indifférence\npour leur charme spécial II leur fait franchir à chaque instant des intervalles\nbizarres, les mène rudement et leur impose les mêmes dessins mélodiques qu'au\nquatuor; au n° 13, le soprano répète exactement ce que viennent de dire les\nflûtes :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.15", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1831, "texte": "Ailleurs, Bach a l'idée singulière d'employer la voix du ténor pour un effet qui\neût été mieux à sa place dans I orchestre :\nM. Marty et son orchestre ont montré, dans l'exécution de cette grande œuvre,\nleurs qualités habituelles. 11 y a cependant certaines subordinations de valeurs,\ndans la sonorité des divers groupes, qui ne m'ont pas paru bien observées. J'en\nciterai un exemple caractéristique. Dans l'introduction et presque tout le premier\nmorceau, règne un dessin obstiné du quatuor qui est le suivant :\nIl me paraît évident que ce dessin du quatuor est comme une teinte de fond\ndans un tableau, et que, jusqu'à indication contraire et formelle du compositeur,\nil doit se tenir dans la pénombre, pour laisser ressortir le hautbois et la flûte.\nMM. les violonistes du Conservatoire le considèrent comme une valeur de pre-\nmier plan, et, en cela, ils me paraissent faire un vrai contre sens. En plusieurs\nautres passages ils ne s'effacent pas assez. Les voix sont couvertes ; de la loge\noù j'étais, on n'entendait pas un mot des paroles, tout était brouillé dans une\ntempête de contrepoint. Je suis convaincu que la partition a besoin d'être étu-\ndiée en vue d'une mise au point définitive Le rôle du chef d'orchestre est de\nrepenser l'œuvre du grand compositeur et de la voir dCensemble après avoir déter-\nminé la valeur relative de toutes ses parties. C'est ce que fait admirablement\nM. Weingartner quand il dirige une symphonie de Berlioz, et ce qu'on peut faire\naussi pour Bach, quand on l'exécute au concert (à l'église ce ne serait pas aussi\nnécessaire).\nUne autre difficulté, qui ne me paraît pas résolue, est celle des points d orgue.\nOn sait qu'un certain nombre de chœurs ont, à la fin de chaque membre de\nphrase, un point d orgue. Quelle durée faut-il accorder à chacun d'eux ? est-ce"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.16", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "une durée ad libitum ? M. Marty se borne à ajouter un temps de plus à la valeur\nréelle de la note. Je crois (avec Westphal) qu'il faudrait ajouter un temps et\ndemi, pour obtenir une valeur qui ne fût pas exactement divisible par l'unité de\ntemps employée dans la mesure. C'est ce que les anciens, dans leur théorie du\nrythme, appelaient un rapport (( irrationnel »; et, sans cette interprétation, l'é-\ncriture employée par Bach serait incompréhensible.\nJe ne veux pas terminer ces notes sans adresser des compliments à M. Laffite,\nàM. Daraux et à Mme Georges Marty, dont la belle voix de contralto et le style\nexcellent produisent toujours la meilleure impression sur le difficile public du\nConservatoire.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c016", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "216", "page_fin": "217", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.4", "titre_corps": "L'enseignement du chant dans les lycées.", "titre_sommaire": "L'enseignement du chant dans les lycées.", "signature_source": "C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.16", "debut_caractere": 766, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "L'enseignement du chant dans les lycées.\n\nFRANZ WULLNER : Méthode élé-\nmentaire de Chant choral (traduit\nd'après la 25e édition par G. Hum-\nbert, professeur au Conservatoire\nde Genève. Munich, Ackermann).\nCette méthode se présente\ncomme (( élémentaire ». Qu'exige\nl'auteur de l'élève ? « Un peu de\nvoix, un peu d'oreille, un peu de\nconnaissance des notes ». Je ne\ncrois pas cependant qu'un tel livre\npuisse être comprispar les enfants .\nDès la première page, on trouve\nles définitions suivantes : (( Une\nmélodie est une série de sons dont\nl'élévation et la durée sont logique-\nment ordonnées. Un rythme est\nune série de durées logiquement\nordonnées. » Enfin (même page) :\n(( La mélodie est un rythme dont les\ndurées sont occupées par une suc-\ncession logique de sons. » Ces défi-\nnitions contestables en elles-\nmêmes ne nous paraissent nulle-\nment à la portée des commençants, qui n'ont, pour tout bagage, qu' « unpeu de\nconnaissance des notes ». En outre, il ne faut pas débuter, dans l'enseignement du\nchant, par des abstractions. Faire d'abord chanter l'élève, par imitation du maître ;\nen second lieu, lui montrer, au tableau, qu'il y a des signes permettant de repré-\nsenter l'air qu il vient de chanter, et des formes de notes qui correspondent àun\nmouvement deux fois plus rapide ou deux fois plus lent dans l'exécution de l'air\nchanté ; en troisième et dernier lieu, donner des définitions : telle nous paraît être\nla meilleure marche à suivre."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.17", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 254, "texte": "Ce que nous louerions certainement dans un ouvrage destiné au grand public\npar un musicien aussi éprouvé que M. Franz Wiillner nous paraît constituer,\nquand on s adresse aux enfants, une méthode franchement mauvaise.\n\nC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c018", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "217", "page_fin": "219", "image_debut": 17, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.5", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.17", "debut_caractere": 256, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "Publications nouvelles.\n\nGASTOUÉ (AMÉDÉE).\nP. A.\nCours théorique\net pratique de plain-chantromain\nrien, d'après les travaux les plus récents.\nParis, 1904, in-B°. xiv+22l p. En\nvente au Bureau d'Edition de la Schola\nCantorum, 269, rue Saint-Jacques. Prix :\n8 fr.\nLe Cours théorique et pratique de plain-\nchant romain grégorien que M. Amédée\nGastoué vient de publier au Bureau d'E-\ndition de la Schola Cantorum est bien une\ndes œuvres les meilleures dont se soit\ndans ces derniers temps enrichie la littérature musicologique. Nous dirons tout\nde suite que ce qui fait à notre point de vue l'exceptionnel mérite de ce livre,\nc'est la fusion de deux tendances opposées qui se rencontrent chez l'auteur\net qui eussent pu, moins habilement équilibrées dans la mise en œuvre du pré-\nsent travail, se nuire l'une à l'autre M. Gastoué est un véritable savant dans\ntoutes les questions de musique grégorienne, et il n'est point de haute difficulté\nqu'il ne puisse aborder et résoudre. D'autre part, le sens pédagogique, qu'il\npossède au suprême degré, fait de M. Gastoué un très estimé professeur de chant\ngrégorien, dont l'enseignement à la Schola est justement célèbre. Bref,\non aurait pu avoir ou bien un manuel trop élémentaire ou bien un traité trop\nsavant. Nous avons à la fois un manuel élémentaire et un traité très savant.\nC'est là la caractéristique de ce volume et une qualité peu banale.\nLe livre premier, qui a comme sous-titre : « solfège et exécution », est à la portée\nde ceux qui ne savent encore rien. On peut être « un honnête homme », au sens que\nle grand siècle attachait à ce terme, et ignorer tout du chant liturgique. On peut\nmême être un excellent musicien au jugement du monde et n'en savoir pas da-\nvantage. L'auteur suppose donc son public à l'état de table , et c'est de ce\npoint de départ qu'il va le mener, de notions nouvelles en d'autres notions nou-\nvelles, après lui avoir enseigné la notation, la modalité (ah ! que voilà un exposé\nbien fait de la modalité ecclésiastique !) jusqu'aux plus délicates spéculations de\nla rythmique grégorienne.\nIl est entendu que lorsqu'on parle d'une création, d'une chose nouvelle, quelle\nqu'elle soit, il convient de dire qu'elle comble une lacune ou répond à un besoin.\nNous ne manquerons pas à cette tradition d'une critique bien faite. Il n'est\nque trop vrai, hélas ! qu'un livre comme le livre de M. Gastoué n'existait pas\nencore. Qu'importe? nous avons attendu, nous l'avons. Je sais bon nombre de\ngrégorianisants qui vont avec lui recommencer leui s classes. J'en sais d'autres\nou de prétendus tels qui pourraient bien les commencer, tout simplement."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.18", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3808, "texte": "F. VIGOUROUX, prêtre de Saint-Sulpice : Psautier polyglotte. Paris, Roger et\nChernoviz, in-8°, 375 p.\n\nLes Psaumes, comme l'indique leur nom hébreu (mizmôr), sont des composi-\ntions rythmiques que l'on chantait avec accompagnement d'instruments de\nmusique. Sauf 34 (sur 150), ils ont tous un titre qui, avec plus ou moins d'au-\nthenticité, nous fait connaître leur auteur, la circonstance à laquelle ils se rap-\nportent ou la façon dont ils devaient être exécutés. Le plus ancien de tous\n(psaume Lxxxixe) est de Moïse ; les plus récents sont du temps d'Esdras (5e siècle\navant Jésus-Christ). Le grand nom du roi-poète David les domine. Dans leur\nensemble, ils sont un des plus beaux monuments de poésie que nous connais-\nsions. Les Psaumes furent traduits d'abord en grec (vers le milieu du second\nsiècle avant l'ère chrétienne), à un moment où les Juifs avaient perdu l'usage\ncourant de la langue hébraïque ; puis, à une époque difficile à préciser, mais anté-\nrieure à saint Jérôme (qve siècle) et qui doit être celle des commencements du chris-\ntianisme, ils furent traduits en latin. Plusieurs siècles après, apparaissent les tra-\nductions françaises. Vers l'an 1100, un moine de Normandie fit une double version\ndes Psaumes sur deux textes latins différents, et c'est de là que sont dérivées toutes\nles traductions françaises jusqu'au xvie siècle. Malheureusement, quand il passe\nsuccessivement par des formes aussi différentes, le langage écrit altère la pensée\nplus encore que le langage oral quand il perpétue certaines traditions ; et, par\nsurcroît, d'inévitables inexactitudes furent pour ainsi dire sanctionnées par l'auto-\nrité religieuse. La traduction en grec, la plus ancienne de toutes, laissait beau-\ncoup à désirer sur plusieurs points ; la traduction latine, faite sur la précédente,\net non sur l'original, participe à ces imperfections et les aggrave : cependant\nl'Église, attentive seulement à la doctrine, au dogme, à la morale et non à la\nbeauté littéraire ou esthétique, accepta (( comme authentique )) une traduction\nqui n'était que 1 ombre déformée d'une autre ombre. Aussi le livre de M. F. Vigou-\nroux est-il particulièrement intéressant et précieux parce qu'on y trouve les\npsaumes à la fois en hébreu, en grec, en latin, en français, et qu'on peut y\nressaisir non seulement la pensée, mais la forme même employée parles grands\npoètes lyriques d'lsraël. On y trouve bien encore cet odieux numérotage des\nphrases qu'un imprimeur de la Renaissance imagina pour pouvoir comparer\nplus facilement les diverses traductions, mais on peut y voir des vers et des\nstrophes imprimés autrement qu'une mauvaise prose latine. Par ses travaux\nantérieurs, 1 auteur avait montré que nul n était plus compétent que lui pour un\npareil travail. Au texte des Psaumes il a joint un Appendice, très substantiel\net orné de jolies figures, sur les instruments de musique usités chez les Hébreux:\ninstruments à percussion (tôf, ou tambourin; selselhn, ou cymbales ; mena'ane'îm,\nou sistre) ; instruments à vent (trompette, et ses diverses formes ; hâblil, nehilôt,\nou flûte) ; instruments à cordes (kinnôr, nébel...). Dans les références très\nnombreuses qui sont au bas des pages, je relève quelques lapsus ; c'est dans\nY Ecclésiastique 9 xxxn, 7 (et non 5), que se trouve ce joli trait d'imagination orien-\ntale : (( un concert de musiciens dans un festin où l'on boit du vin est comme\nl'escarboucle enchâssée dans l'or ». Les notes 14 de la page 356 et 5 de la page\n361 (sur les Psaumes) contiennent aussi des inexactitudes. Ceci soit dit pour\nmontrer à M. l'abbé Vigouroux que je ne parle pas de son livre sans l'avoir\nexaminé ! Ailleurs, par je ne sais quelle confusion, les notes renvoient à des\npages qui n'existent pas dans le volume. Quant aux dessins enchâssés çà et là"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.19", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 484, "texte": "dans le texte, ils sont agréables et instructifs, mais un peu (< arrangés )) (fort\nhonnêtement d ailleurs), je veux dire dépourvus de cette exactitude que bon\naime à trouver aujourd hui dans des publications de ce genre. Ainsi, le dessin\nsi net qui illustre le psaume xcvn (p. 235) reproduit dune façon bien peu fidèle\nle monument qui est au Louvre (mission de Sarzec) et sur lequel est peut-être\nreproduit le plus ancien instrument de musique connu.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c019", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "217", "page_fin": "217", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.5.1", "titre_corps": "GASTOUÉ (AMÉDÉE).", "titre_sommaire": "GASTOUÉ (AMÉDÉE).", "signature_source": "P. A", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.17", "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "GASTOUÉ (AMÉDÉE).\nP. A.\nCours théorique\net pratique de plain-chantromain\nrien, d'après les travaux les plus récents.\nParis, 1904, in-B°. xiv+22l p. En\nvente au Bureau d'Edition de la Schola\nCantorum, 269, rue Saint-Jacques. Prix :\n8 fr.\nLe Cours théorique et pratique de plain-\nchant romain grégorien que M. Amédée\nGastoué vient de publier au Bureau d'E-\ndition de la Schola Cantorum est bien une\ndes œuvres les meilleures dont se soit\ndans ces derniers temps enrichie la littérature musicologique. Nous dirons tout\nde suite que ce qui fait à notre point de vue l'exceptionnel mérite de ce livre,\nc'est la fusion de deux tendances opposées qui se rencontrent chez l'auteur\net qui eussent pu, moins habilement équilibrées dans la mise en œuvre du pré-\nsent travail, se nuire l'une à l'autre M. Gastoué est un véritable savant dans\ntoutes les questions de musique grégorienne, et il n'est point de haute difficulté\nqu'il ne puisse aborder et résoudre. D'autre part, le sens pédagogique, qu'il\npossède au suprême degré, fait de M. Gastoué un très estimé professeur de chant\ngrégorien, dont l'enseignement à la Schola est justement célèbre. Bref,\non aurait pu avoir ou bien un manuel trop élémentaire ou bien un traité trop\nsavant. Nous avons à la fois un manuel élémentaire et un traité très savant.\nC'est là la caractéristique de ce volume et une qualité peu banale.\nLe livre premier, qui a comme sous-titre : « solfège et exécution », est à la portée\nde ceux qui ne savent encore rien. On peut être « un honnête homme », au sens que\nle grand siècle attachait à ce terme, et ignorer tout du chant liturgique. On peut\nmême être un excellent musicien au jugement du monde et n'en savoir pas da-\nvantage. L'auteur suppose donc son public à l'état de table , et c'est de ce\npoint de départ qu'il va le mener, de notions nouvelles en d'autres notions nou-\nvelles, après lui avoir enseigné la notation, la modalité (ah ! que voilà un exposé\nbien fait de la modalité ecclésiastique !) jusqu'aux plus délicates spéculations de\nla rythmique grégorienne.\nIl est entendu que lorsqu'on parle d'une création, d'une chose nouvelle, quelle\nqu'elle soit, il convient de dire qu'elle comble une lacune ou répond à un besoin.\nNous ne manquerons pas à cette tradition d'une critique bien faite. Il n'est\nque trop vrai, hélas ! qu'un livre comme le livre de M. Gastoué n'existait pas\nencore. Qu'importe? nous avons attendu, nous l'avons. Je sais bon nombre de\ngrégorianisants qui vont avec lui recommencer leui s classes. J'en sais d'autres\nou de prétendus tels qui pourraient bien les commencer, tout simplement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c021", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "218", "page_fin": "219", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.5.2", "titre_corps": "F. VIGOUROUX, prêtre de Saint-Sulpice : Psautier polyglotte. Paris, Roger et Chernoviz, in-8°, 375 p.", "titre_sommaire": "F. VIGOUROUX, prêtre de Saint-Sulpice : Psautier polyglotte. Paris, Roger et Chernoviz, in-8°, 375 p.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.18", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3808, "texte": "F. VIGOUROUX, prêtre de Saint-Sulpice : Psautier polyglotte. Paris, Roger et\nChernoviz, in-8°, 375 p.\n\nLes Psaumes, comme l'indique leur nom hébreu (mizmôr), sont des composi-\ntions rythmiques que l'on chantait avec accompagnement d'instruments de\nmusique. Sauf 34 (sur 150), ils ont tous un titre qui, avec plus ou moins d'au-\nthenticité, nous fait connaître leur auteur, la circonstance à laquelle ils se rap-\nportent ou la façon dont ils devaient être exécutés. Le plus ancien de tous\n(psaume Lxxxixe) est de Moïse ; les plus récents sont du temps d'Esdras (5e siècle\navant Jésus-Christ). Le grand nom du roi-poète David les domine. Dans leur\nensemble, ils sont un des plus beaux monuments de poésie que nous connais-\nsions. Les Psaumes furent traduits d'abord en grec (vers le milieu du second\nsiècle avant l'ère chrétienne), à un moment où les Juifs avaient perdu l'usage\ncourant de la langue hébraïque ; puis, à une époque difficile à préciser, mais anté-\nrieure à saint Jérôme (qve siècle) et qui doit être celle des commencements du chris-\ntianisme, ils furent traduits en latin. Plusieurs siècles après, apparaissent les tra-\nductions françaises. Vers l'an 1100, un moine de Normandie fit une double version\ndes Psaumes sur deux textes latins différents, et c'est de là que sont dérivées toutes\nles traductions françaises jusqu'au xvie siècle. Malheureusement, quand il passe\nsuccessivement par des formes aussi différentes, le langage écrit altère la pensée\nplus encore que le langage oral quand il perpétue certaines traditions ; et, par\nsurcroît, d'inévitables inexactitudes furent pour ainsi dire sanctionnées par l'auto-\nrité religieuse. La traduction en grec, la plus ancienne de toutes, laissait beau-\ncoup à désirer sur plusieurs points ; la traduction latine, faite sur la précédente,\net non sur l'original, participe à ces imperfections et les aggrave : cependant\nl'Église, attentive seulement à la doctrine, au dogme, à la morale et non à la\nbeauté littéraire ou esthétique, accepta (( comme authentique )) une traduction\nqui n'était que 1 ombre déformée d'une autre ombre. Aussi le livre de M. F. Vigou-\nroux est-il particulièrement intéressant et précieux parce qu'on y trouve les\npsaumes à la fois en hébreu, en grec, en latin, en français, et qu'on peut y\nressaisir non seulement la pensée, mais la forme même employée parles grands\npoètes lyriques d'lsraël. On y trouve bien encore cet odieux numérotage des\nphrases qu'un imprimeur de la Renaissance imagina pour pouvoir comparer\nplus facilement les diverses traductions, mais on peut y voir des vers et des\nstrophes imprimés autrement qu'une mauvaise prose latine. Par ses travaux\nantérieurs, 1 auteur avait montré que nul n était plus compétent que lui pour un\npareil travail. Au texte des Psaumes il a joint un Appendice, très substantiel\net orné de jolies figures, sur les instruments de musique usités chez les Hébreux:\ninstruments à percussion (tôf, ou tambourin; selselhn, ou cymbales ; mena'ane'îm,\nou sistre) ; instruments à vent (trompette, et ses diverses formes ; hâblil, nehilôt,\nou flûte) ; instruments à cordes (kinnôr, nébel...). Dans les références très\nnombreuses qui sont au bas des pages, je relève quelques lapsus ; c'est dans\nY Ecclésiastique 9 xxxn, 7 (et non 5), que se trouve ce joli trait d'imagination orien-\ntale : (( un concert de musiciens dans un festin où l'on boit du vin est comme\nl'escarboucle enchâssée dans l'or ». Les notes 14 de la page 356 et 5 de la page\n361 (sur les Psaumes) contiennent aussi des inexactitudes. Ceci soit dit pour\nmontrer à M. l'abbé Vigouroux que je ne parle pas de son livre sans l'avoir\nexaminé ! Ailleurs, par je ne sais quelle confusion, les notes renvoient à des\npages qui n'existent pas dans le volume. Quant aux dessins enchâssés çà et là"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.19", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 484, "texte": "dans le texte, ils sont agréables et instructifs, mais un peu (< arrangés )) (fort\nhonnêtement d ailleurs), je veux dire dépourvus de cette exactitude que bon\naime à trouver aujourd hui dans des publications de ce genre. Ainsi, le dessin\nsi net qui illustre le psaume xcvn (p. 235) reproduit dune façon bien peu fidèle\nle monument qui est au Louvre (mission de Sarzec) et sur lequel est peut-être\nreproduit le plus ancien instrument de musique connu.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "219", "page_fin": "221", "image_debut": 19, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.6", "titre_corps": "Les Concerts.", "titre_sommaire": "Les Concerts.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.19", "debut_caractere": 486, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "Les Concerts.\n\nCONCERTS COLONNE. —27 mars —La\nSymphonie héroïque est rendue avec gran-\ndeur et simplicité ; je persiste à croire\nqu'il ne faut pas faire ressortir le chant des\nvioloncelles sous le motif des bois, à\nl'exposition de la 3e idée (1) ; mais je n'ai\nque des éloges à faire pour tout le reste,\nsurtout pour le scherzo, dont le rythme\ncontinu est parfaitement compris. M. Van\nDyck chante avec puissance le Chant de la\nForge de Siegfried, avec un peu d'indiffé-\nrence le Chant d\"amour de Siegmund, que\nl'orchestre accompagne en toute douceur. Le duo du Crépuscule des Dieux n'ap-\npartient pas au premier acte, comme l'affirme le programme, mais au prologue.\nLe Prélude et la Mort d'Y seul t (Mme Litvinne) sont toujours admirables. Comme\nœuvre nouvelle, nous avions trois sonnets de Heredia (Antoine et Cléopâtre), mis\nen musique par M. Torre Alfina : j'y remarque des détails charmants, entre\nautres le début du ier et du 3e morceau ; mais cela ne se soutient pas, et le chant\nest assez insignifiant : comment d'ailleurs mettreen musique des vers aussi denses\net serrés? Ne valait-il pas mieux, à l'exemple de M Debussy commentant\nïAprès-Midi d'un Faune de Mallarmé, s'inspirer des mots sans les traduire en\nnotes ? Quant au 2e morceau (Soir de Bataille), il me laisse indifférent, malgré ses\ntrompettes et ses grondements. Ah ! qui délivrera nos orchestres de ces tumultes\ninutiles, de ces orages, de ces batailles et de ces tempêtes? Quand donc nos\nmusiciens ne prendront-ils plus jamais pour devise le Fen de brut d Excourbaniès ?\n10 avril. Triomphale exécution de la Damnation de Faust. Nous y revien-\ndrons.\n(1) Voir la Revue du 31 décembre 1902, p. 534 (compte rendu du Concert Chevillard .\n\nCONCERTS CHEVILLARD —27 mars.—La 4e Symphonie de Brahms, choisie\nentre toutes par M. Chevillard, est à mon avis la plus belle en effet, je veux dire\nla plus émue. Elle est bien rendue dans l'ensemble. Mme Mysz-Gmeiner a une\nvoix étendue, souple et fraîche, comme il nous est bien rarement donné d'en\nentendre. Elle chante Y Amour d'une Femme de Schumann avec une délicatesse et\nune intensité d'émotion extrêmes ; je ne trouve à reprendre que cette tendance à\nexagérer les oppositions, qui est l'écueil de tous les chanteurs bien doués."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "10 avril. Le Poème pour violon principal et orchestre de M. Henri Lutz\nmérite un compte rendu détaillé. Grand succès pour Mme Kaschowska et pour\nl'orchestre dans la Mort d'Yseult.\n\nCONCERTS LE REY. — 10 avril.\nH. B.\nDans un décor représentant un salon rouge\nd'un côté, jaune de l'autre, la phalange dirigée tour à tour par M. F. Le Rey et\npar M. Carolus Duran poursuit, au théâtre Victor-Hugo, le cycle de ses très\néclectiques séances. Deux symphonies figuraient au programme du concert\nauquel nous avons assisté : i°la Pastorale, exécutée d'une façon peu respectueuse\npour la mémoire de Beethoven (suppression des reprises, aucune nuance dans\nle 2/4 du scherzo, etc.) ; 20 une Symphonie, pour piano et orchestre, de M. Destenay.\nCette œuvre n'a d'une symphonie que le nom. C'est une suite de trois morceaux,\noù l'on entend presque continuellement le piano. L'allégro, d'une pâte orches-\ntrale bruyante et cuivrée, est d'un rythme à la Weber. L'andante contient une\nsonorité curieuse de bois soutenus par le piano et la harpe. Le presto est fran-\nchement trivial. M. Hertz a fort correctement lu sa partie.\nNous avons eu une compensation agréable avec les œuvres de M. Ricardo\nCastro.\nLa marche, extraite de l'opéra Atzimba, qui a été représenté en Amérique, est\nbâtie sur un thème mexicain ancien que M. Castro a développé d'une façon tout\nà fait ingénieuse, et dont il a tiré des effets très curieux. M. White a joué une\nRomance pour violon, que l'orchestre eût dû mieux accompagner. Les cors\nprincipalement ont été inexorables Un Menuet pour instruments à cordes,\nd'une préciosité fine et spirituelle, complétait cette sélection d'œuvres de M. Cas-\ntro.\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. Nous reviendrons sur le Concert un peu étrange\ndonné par la S. N., le 9, salle Pleyel. Enregistrons dès aujourd'hui le très bon\naccueil fait au quatuor de M. Paul Lacombe.\n\nSALLE ERARD. 9 avril. QUATUOR SECHIARI (Houdret, Monteux, Mar-\nneff). Exécution très fine de l'admirable Quatuor de Debussy. Si le scherzo,\ndélicat et mystérieux, ne dégage pas toute sa poésie dans la trop grande salle,\nen revanche, bandante a sonné délicieusement. Romance en sol de Beethoven\npar Sechiari : quelque froideur peut-être ; mais quelle largeur, quelle pureté,\nquelle noblesse ! Danse macabre, avec accompagnement de quatuor, chantée\npar Lassalle : c'est le squelette de l'œuvre de Saint-S lëns. Pour terminer, un\nquintette de Mozart aux grâces fanées, aux rythmes surannés, mais très amu-\nsant.\n\nLA TROMPETTE. 25 mars. Le Quatuor de Debussy est rendu àla perfec-\ntion par MM. Hayot, Touche, Denayer et Salmon : excellentes sonorités, débit\nexpressif et surtout naturel, aucun effort apparent pour faire ressortir les mélo-\ndies qui cependant se détachent admirablement, toutes baignées d'air et de\nlumière. Mme Mysz-Gmeiner, déjà nommée, interprète avec un égal bonheur\ndifférentes mélodies de Beethoven, Schubert et Schumann, les unes d'un senti-\nment profond et douloureux, les autres d'une gaieté printanière (Der Kuss, das\nLied im Grùn) ; j'ai un faible pour ces dernières. M le Selva montre une fois de\nplus sa grande intelligence dans la Toccata et fugue en ré majeur de J.-S. Bach,"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "ainsi que dans le Prélude, Choral et Fugue de Cés. Franck, où je désirerais un\npeu plus d'onction.\n\nSCHOLA CANTORUM. — 25 mars.\nL. L.\nConcert de musique moderne, donné par\nMme C. K oarrier. Je nai pu entendre le Quatuor de Debussy, que jouaient\nau début MM. Lavello, Sandré, Bally et Mlle de la Bouglise. Mais j'ai entendu\ncelle-ci dans le Lied pour violoncelle de V. d'indy, et j'ai reconnu cette belle\nqualité de son et cette ampleur de style que je louais au dernier concours du\nConservatoire. Mlle Selva est sans rivale dans le Poème des Montagnes de\no\nV. d'indy. Quant à Mme C. Fourrier, c'est une grande artiste qui, par la délica-\ntesse du sentiment, la profondeur de l'émotion, la finesse de sa diction et la\nsouplesse de sa voix, a ravi la salle entière. Jai surtout aimé le Madrigal de\nV. d'indy et ces deux chansons mélancoliques de Debussy :le Son du Cor et\nY Echelonnement des Haies, unanimement redemandé. Mme C. Fourrier est lin-\nterprète-née du lied moderne.\n\nVENDREDI SAINT.\nL. L.\nLe Conservatoire nous donne la Passion selon saint Jean\nde J.-S. Bach, et M. Colonne le Requiem de Berlioz et la scène religieuse de\nParsifal. Quant à M. Chevillard, il n'a rien trouvé de plus religieux à nous offrir\nque la Symphonie héroïque de Beethoven, et des fragments de la Walkyrie et des\nMaîtres Chanteurs, avec M. Delmas. Sans doute ce programme n'est pas plus mau-\nvais qu'un autre, encore que le besoin de réentendre tout cela ne se fît pas impé-\nrieusement sentir. Mais pourquoi dater du Vendredi Saint un concert aussi inso-\nlemment profane ? Ne valait-il pas mieux l'intituler, tout simplement, Concert\ndu ier avril ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "219", "page_fin": "219", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.6.1", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE. —27 mars —La", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE. —27 mars —La", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.19", "debut_caractere": 501, "fin_caractere_exclue": 2191, "texte": "CONCERTS COLONNE. —27 mars —La\nSymphonie héroïque est rendue avec gran-\ndeur et simplicité ; je persiste à croire\nqu'il ne faut pas faire ressortir le chant des\nvioloncelles sous le motif des bois, à\nl'exposition de la 3e idée (1) ; mais je n'ai\nque des éloges à faire pour tout le reste,\nsurtout pour le scherzo, dont le rythme\ncontinu est parfaitement compris. M. Van\nDyck chante avec puissance le Chant de la\nForge de Siegfried, avec un peu d'indiffé-\nrence le Chant d\"amour de Siegmund, que\nl'orchestre accompagne en toute douceur. Le duo du Crépuscule des Dieux n'ap-\npartient pas au premier acte, comme l'affirme le programme, mais au prologue.\nLe Prélude et la Mort d'Y seul t (Mme Litvinne) sont toujours admirables. Comme\nœuvre nouvelle, nous avions trois sonnets de Heredia (Antoine et Cléopâtre), mis\nen musique par M. Torre Alfina : j'y remarque des détails charmants, entre\nautres le début du ier et du 3e morceau ; mais cela ne se soutient pas, et le chant\nest assez insignifiant : comment d'ailleurs mettreen musique des vers aussi denses\net serrés? Ne valait-il pas mieux, à l'exemple de M Debussy commentant\nïAprès-Midi d'un Faune de Mallarmé, s'inspirer des mots sans les traduire en\nnotes ? Quant au 2e morceau (Soir de Bataille), il me laisse indifférent, malgré ses\ntrompettes et ses grondements. Ah ! qui délivrera nos orchestres de ces tumultes\ninutiles, de ces orages, de ces batailles et de ces tempêtes? Quand donc nos\nmusiciens ne prendront-ils plus jamais pour devise le Fen de brut d Excourbaniès ?\n10 avril. Triomphale exécution de la Damnation de Faust. Nous y revien-\ndrons.\n(1) Voir la Revue du 31 décembre 1902, p. 534 (compte rendu du Concert Chevillard ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c025", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "219", "page_fin": "220", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.6.2", "titre_corps": "CONCERTS CHEVILLARD —27 mars.—La 4e Symphonie de Brahms, choisie", "titre_sommaire": "CONCERTS CHEVILLARD —27 mars.—La 4e Symphonie de Brahms, choisie", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.19", "debut_caractere": 2193, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "CONCERTS CHEVILLARD —27 mars.—La 4e Symphonie de Brahms, choisie\nentre toutes par M. Chevillard, est à mon avis la plus belle en effet, je veux dire\nla plus émue. Elle est bien rendue dans l'ensemble. Mme Mysz-Gmeiner a une\nvoix étendue, souple et fraîche, comme il nous est bien rarement donné d'en\nentendre. Elle chante Y Amour d'une Femme de Schumann avec une délicatesse et\nune intensité d'émotion extrêmes ; je ne trouve à reprendre que cette tendance à\nexagérer les oppositions, qui est l'écueil de tous les chanteurs bien doués."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 193, "texte": "10 avril. Le Poème pour violon principal et orchestre de M. Henri Lutz\nmérite un compte rendu détaillé. Grand succès pour Mme Kaschowska et pour\nl'orchestre dans la Mort d'Yseult."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c026", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "220", "page_fin": "220", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.6.3", "titre_corps": "CONCERTS LE REY. — 10 avril.", "titre_sommaire": "CONCERTS LE REY. — 10 avril.", "signature_source": "H. B", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.20", "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 1670, "texte": "CONCERTS LE REY. — 10 avril.\nH. B.\nDans un décor représentant un salon rouge\nd'un côté, jaune de l'autre, la phalange dirigée tour à tour par M. F. Le Rey et\npar M. Carolus Duran poursuit, au théâtre Victor-Hugo, le cycle de ses très\néclectiques séances. Deux symphonies figuraient au programme du concert\nauquel nous avons assisté : i°la Pastorale, exécutée d'une façon peu respectueuse\npour la mémoire de Beethoven (suppression des reprises, aucune nuance dans\nle 2/4 du scherzo, etc.) ; 20 une Symphonie, pour piano et orchestre, de M. Destenay.\nCette œuvre n'a d'une symphonie que le nom. C'est une suite de trois morceaux,\noù l'on entend presque continuellement le piano. L'allégro, d'une pâte orches-\ntrale bruyante et cuivrée, est d'un rythme à la Weber. L'andante contient une\nsonorité curieuse de bois soutenus par le piano et la harpe. Le presto est fran-\nchement trivial. M. Hertz a fort correctement lu sa partie.\nNous avons eu une compensation agréable avec les œuvres de M. Ricardo\nCastro.\nLa marche, extraite de l'opéra Atzimba, qui a été représenté en Amérique, est\nbâtie sur un thème mexicain ancien que M. Castro a développé d'une façon tout\nà fait ingénieuse, et dont il a tiré des effets très curieux. M. White a joué une\nRomance pour violon, que l'orchestre eût dû mieux accompagner. Les cors\nprincipalement ont été inexorables Un Menuet pour instruments à cordes,\nd'une préciosité fine et spirituelle, complétait cette sélection d'œuvres de M. Cas-\ntro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c027", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "220", "page_fin": "220", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.6.4", "titre_corps": "SOCIÉTÉ NATIONALE. Nous reviendrons sur le Concert un peu étrange", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ NATIONALE. Nous reviendrons sur le Concert un peu étrange", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.20", "debut_caractere": 1672, "fin_caractere_exclue": 1862, "texte": "SOCIÉTÉ NATIONALE. Nous reviendrons sur le Concert un peu étrange\ndonné par la S. N., le 9, salle Pleyel. Enregistrons dès aujourd'hui le très bon\naccueil fait au quatuor de M. Paul Lacombe."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c028", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "220", "page_fin": "220", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.6.5", "titre_corps": "SALLE ERARD. 9 avril. QUATUOR SECHIARI (Houdret, Monteux,", "titre_sommaire": "SALLE ERARD. 9 avril. QUATUOR SECHIARI (Houdret, Monteux,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.20", "debut_caractere": 1864, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "SALLE ERARD. 9 avril. QUATUOR SECHIARI (Houdret, Monteux, Mar-\nneff). Exécution très fine de l'admirable Quatuor de Debussy. Si le scherzo,\ndélicat et mystérieux, ne dégage pas toute sa poésie dans la trop grande salle,\nen revanche, bandante a sonné délicieusement. Romance en sol de Beethoven\npar Sechiari : quelque froideur peut-être ; mais quelle largeur, quelle pureté,\nquelle noblesse ! Danse macabre, avec accompagnement de quatuor, chantée\npar Lassalle : c'est le squelette de l'œuvre de Saint-S lëns. Pour terminer, un\nquintette de Mozart aux grâces fanées, aux rythmes surannés, mais très amu-\nsant."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c029", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "220", "page_fin": "221", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.6.6", "titre_corps": "LA TROMPETTE. 25 mars. Le Quatuor de Debussy est rendu àla", "titre_sommaire": "LA TROMPETTE. 25 mars. Le Quatuor de Debussy est rendu àla", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.20", "debut_caractere": 2474, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "LA TROMPETTE. 25 mars. Le Quatuor de Debussy est rendu àla perfec-\ntion par MM. Hayot, Touche, Denayer et Salmon : excellentes sonorités, débit\nexpressif et surtout naturel, aucun effort apparent pour faire ressortir les mélo-\ndies qui cependant se détachent admirablement, toutes baignées d'air et de\nlumière. Mme Mysz-Gmeiner, déjà nommée, interprète avec un égal bonheur\ndifférentes mélodies de Beethoven, Schubert et Schumann, les unes d'un senti-\nment profond et douloureux, les autres d'une gaieté printanière (Der Kuss, das\nLied im Grùn) ; j'ai un faible pour ces dernières. M le Selva montre une fois de\nplus sa grande intelligence dans la Toccata et fugue en ré majeur de J.-S. Bach,"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 112, "texte": "ainsi que dans le Prélude, Choral et Fugue de Cés. Franck, où je désirerais un\npeu plus d'onction."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "221", "page_fin": "221", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.6.7", "titre_corps": "SCHOLA CANTORUM. — 25 mars.", "titre_sommaire": "SCHOLA CANTORUM. — 25 mars.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.21", "debut_caractere": 114, "fin_caractere_exclue": 988, "texte": "SCHOLA CANTORUM. — 25 mars.\nL. L.\nConcert de musique moderne, donné par\nMme C. K oarrier. Je nai pu entendre le Quatuor de Debussy, que jouaient\nau début MM. Lavello, Sandré, Bally et Mlle de la Bouglise. Mais j'ai entendu\ncelle-ci dans le Lied pour violoncelle de V. d'indy, et j'ai reconnu cette belle\nqualité de son et cette ampleur de style que je louais au dernier concours du\nConservatoire. Mlle Selva est sans rivale dans le Poème des Montagnes de\no\nV. d'indy. Quant à Mme C. Fourrier, c'est une grande artiste qui, par la délica-\ntesse du sentiment, la profondeur de l'émotion, la finesse de sa diction et la\nsouplesse de sa voix, a ravi la salle entière. Jai surtout aimé le Madrigal de\nV. d'indy et ces deux chansons mélancoliques de Debussy :le Son du Cor et\nY Echelonnement des Haies, unanimement redemandé. Mme C. Fourrier est lin-\nterprète-née du lied moderne."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "221", "page_fin": "221", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.6.8", "titre_corps": "VENDREDI SAINT.", "titre_sommaire": "VENDREDI SAINT.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.21", "debut_caractere": 990, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "VENDREDI SAINT.\nL. L.\nLe Conservatoire nous donne la Passion selon saint Jean\nde J.-S. Bach, et M. Colonne le Requiem de Berlioz et la scène religieuse de\nParsifal. Quant à M. Chevillard, il n'a rien trouvé de plus religieux à nous offrir\nque la Symphonie héroïque de Beethoven, et des fragments de la Walkyrie et des\nMaîtres Chanteurs, avec M. Delmas. Sans doute ce programme n'est pas plus mau-\nvais qu'un autre, encore que le besoin de réentendre tout cela ne se fît pas impé-\nrieusement sentir. Mais pourquoi dater du Vendredi Saint un concert aussi inso-\nlemment profane ? Ne valait-il pas mieux l'intituler, tout simplement, Concert\ndu ier avril ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "221", "page_fin": "224", "image_debut": 21, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7", "titre_corps": "Actes officiels, Informations et Correspondances.", "titre_sommaire": "Actes officiels, Informations et Correspondances.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.21", "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "Actes officiels, Informations et Correspondances.\n\nGRAND PRIX DE ROME. Concours d'essai au Palais de Compiègne.\nEntrée en loge : samedi 7 mai, à 10 h. du matin.\nSortie : vendredi 13 mai, à 10 h. du matin.\nJugement (au Conservatoire) : samedi 14 mai, à 9 h. du matin.\nConcours définitif au Palais de Compiègne.\nEntrée en loge : samedi 21 mai, à 10 h. du matin.\nSortie : lundi 20 juin, à 10 h. du matin.\nJugement préparatoire (au Conservatoire) : vendredi ier juillet, à midi.\nJugement définitif (à l'lnstitut* : samedi 2 juillet, à midi.\nLes candidats devront se faire inscrire au Bureau des Théâtres, 3, rue de Valois,\nde 11 heures du matin à 4 heures du soir, avant le dimanche ier mai, et déposer\nen même temps les pièces suivantes : i° leur acte de naissance ; 2° un certificat\ndélivré parleur professeur ou par un artiste connu attestant qu'ils sont capables\nde prendre part au concours ; 30 une déclaration de non-mariage. Les concurrents,\navant de se rendre à Compiègne, devront se munir de draps, taies d'oreillers et\nlinge de toilette pour leur séjour en loge.\nTerme de rigueur pour le dépôt au Conservatoire des poèmes de cantates :\nmardi 17 mai inclus."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "CONSERVATOIRE. MM. les professeurs du Conservatoire national se sont\nréunis en assemblée générale, sous la présidence de M. Th. Dubois, à l'occasion\ndu projet de loi fixant les limites d'âge d'admission à la retraite, qui doit être\ndéposé prochainement parle Ministre des Finances sur le bureau de la Chambre\ndes députés.\nLes questions auxquelles ils avaient à répondre étaient les suivantes :\ni° Convient-il de demander au Ministre des Finances de faire fixer, d'une\nmanière générale, par voie législative, la limite d'âge du personnel enseignant à\n70 ans, tant pour les professeurs actuellement en fonctions que pour ceux qui\nseraient ultérieurement nommés }\n20 Convient-il, au contraire, de restreindre cette limite d'âge aux seuls profes-\nseurs en fonctions ?\n30 En ce qui concerne les nouveaux professeurs, c'est-à-dire ceux qui seraient\nultérieurement nommés, ne pourrait-on pas décider qu'une simple indemnité non\nsoumise aux retenues pour pensions civiles leur serait accordée ?\n40 Quels sont les professeurs en fonctions qui demandent à rester placés sous\nle régime de la loi du 9 juin 1853 ?\n50 Quels sont ceux qui demandent à ne plus subir aucune retenue ?\nLa grande salle du Conservatoire national sera mise à la disposition du\nComité de l'Association des Artistes musiciens pour y tenir, le lundi 16 mai pro-\nchain, l'assemblée générale des membres de cette Société.\nAux termes de son cahier des charges, le Directeur du Théâtre national de\nl'Opéra-Comique est tenu de mettre chaque soir (dimanches, jours de fête et de\npremières représentations exceptés) une loge à la disposition du Directeur du\nConservatoire national pour les élèves de cet établissement.\nM. Th. Dubois, pour répondre au désir que lui a exprimé M. Carré, renoncera\nà l'exercice de ce droit les lundis (jours de représentation populaire), les 24 et\n31 décembre, le mardi gras et le jour de la Mi-Carême.\nEn échange, 6 entrées seront mises chaque dimanche soir à la disposition des\nélèves.\n\nLILLE : CONCERTS POPULAIRES. M. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement\nmusical, a assisté, le 27 mars dernier, à la 6e séance de l'abonnement donnée par-\nla Société des Concerts Populaires à Lille. MM. Van Waefelghen(viole d'amour)\net Jules Mouquet, compositeur, grand prix de Rome, prêtaient leur concours à\nM. Ratez, le directeur de cette Société, et ont exécuté plusieurs œuvres de leur\ncomposition. Un chœur de jeunes filles, élèves de la succursale du Conservatoire\nnational, a interprété un air de Caligula, par Gabriel F'auré. M. Gédalge a été\nheureux de constater avec quel soin et quel souci artistique ont été choisis et\nexécutés tous les morceaux inscrits au programme de cette journée.\n\nMOULINS. M. Belin, professeur de violon à l'École nationale de musique\nde Moulins, est nommé directeur de ladite École, en remplacement de M. Marius\nBoullard, décédé.\n\nARMENTIÈRES. La municipalité d'Armentières se proposant de demander\nprochainement la transformation de son École de musique en École Nationale,\nM. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement musical, se rendra bientôt dans cette"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2870, "texte": "ville pour y examiner en détail le fonctionnement de l'École et juger du niveau\ndes études dans les différentes classes.\n\n30 ANS DE THÉÂTRE. Une grande matinée aura lieu le jeudi 21 avril courant,\ndans la grande salle des fêtes du Trocadéro, au bénéfice de la caisse de secours\nde l'œuvre française des 30 Ans de Théâtre.\n\nMIMI PINSON. Dimanche 15 mai prochain, dans la soirée, la grande salle\ndes fêtes du Palais du Trocadéro sera mise à la disposition de M. Gustave\nCharpentier pour y organiser un grand concert au bénéfice de l'œuvre de\nMimi Pinson, dont il est fondateur.\n\nSUBVENTIONS. M. le Ministre des Beaux-Arts vient de signer un arrêté attri-\nbuant des subventions aux sociétés musicales ci-après désignées :\ni° Société des Compositeurs de Musique, présidée par M. Samuel Rous-\nseau : 500 fr. ;\n20 Association artistique des Concerts classiques de Marseille, présidée par\nM. Gouirand, 5000 fr. ;\n30 Société Sainte-Cécile de Bordeaux, présidée par M. Dolhassary, 3000 fr. ;\n40 Société Haydn-Mozart-Beethoven, présidée par M. E. Calliat, 600 fr.\n\nMÉDAILLES. Une médaille de vermeil et deux médailles d'argent (grand\nmodule) sont accordées pour être décernées au nom du Ministre des Beaux-Arts\nà l'une des sociétés qui prendront part aux concours de musique organisés dans\nles villes ci-après :\nAngoulême, les 14 et 15 août 1904 ;\nMeudon (Seine-et-Oise), les 12 et 13 juin 1904 ;\nCorbie (Somme), le 12 juin 1904.\n\nECOLES DE MUSIQUE. —Il est acquis pour les écoles nationales de Musique\ndes départements 30 exemplaires de Y Histoire de la musique (îles Britanniques,\nier volume) par M. Albert Soubies.\n\nTROCADÉRO. M. Guilmant, professeur au Conservatoire, continuera, comme\nles années précédentes, à donner aux élèves de cet établissement des séances\nhistoriques d'orgue dans la grande salle des fêtes du Palais du Trocadéro, que\nl'administration des Beaux-Arts a mise gracieusement à sa disposition. Ces au-\nditions privées et gratuites auront lieu tous les lundis à 4 heures (à l'exception du\n23 mai), à partir du 2s avril jusqu'au 11 juillet inclusivement.\nLe mercredi 27 avril, Miss Isadora Duncan, de Berlin, organisera dans la\ngrande salle des fêtes du Palais du Trocadéro des soirées de danse avec orchestre\net musique de Beethoven.\n\nOPÉRA-COMIQUE. Une grande représentation de gala sera donnée le 26 mai\nprochain à l'Opéra-Comique, sous la présidence d'honneur de M. le Ministre de\nl'lnstruction publique et des Beaux-Arts. Le produit de cette matinée, pour la-\nquelle M. Carré a été autorisé à fixer un tarif spécial, sera versé entre les mains\ndu comité qui s'est constitué en vue d'élever un monument à la mémoire du\nregretté secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts, Gustave Larroumet.\n\nVILLE DE PARIS. Concours musical. Le jury du concours musical de la\nVille de Paris a désigné comme lauréat M. Tournemire, auteur de l'œuvre le"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2797, "texte": "Sang de la Sirène, composition symphonique, qui sera exécutée par l'un des\ngrands orchestres parisiens. M. Tournemire reçoit, en outre, une prime de\n10.000 francs. M. Gabriel Pierné a été classé second avec la Croisade des Enfants.\nUne prime de 3.000 francs lui est allouée.\n\nELBERFELD.\nS.\nKocinga, opéra en 3 actes, un prologue et un épilogue. Texte\nde C. F. Keary, traduit par Mme Delius. Musique de Fr. Delius (30 mars 1904).\nFTéd. Delius est né à Bradford (Angleterre) de parents allemands ; son enfance\ns'est passée en Floride, il a fait ses études musicales à Leipzig, et depuis douze\nans il vit de préférence à Paris. Déjà connu par d'importantes œuvres de concert\n(la Ronde de la Vie, la Chanson de Minuit, d'après Xarathustra, etc.) et de fort\nbelles mélodies, il nous donne aujourd hui une œuvre dramatique où se peint\nl'âme diverse des races que sa vie errante lui a donné occasion de connaître. La\nscène est dans une plantation américaine, où un vieux nègre raconte aux filles\ndes maîtres une antique légende : c'est le prologue; cette légende nous est repré-\nsentée dans les 3 actes qui suivent. Les amours contrariées de Koanga, prince\nréduit à l'esclavage, et de Palmyra, mulâtresse et chrétienne, en sont le sujet;\npersécuté pour son indomptable fierté, le héros noir s'enfuit dans la forêt, mais\nl'amour le ramène, et, comme il tue son rival, le surveillant Perez, il est battu\nde verges à mort et traîné tout sanglant, agonisant, devant Palmyra, comme\nMatho devant Salammbô. Avec lui meurt tout espoir de liberté pour le peuple\nesclave dont il fut un instant le chef. Sur cette sombre histoire, Fr. Delius a\nécrit une partition extrêmement vivante et colorée, d'une grande richesse mélo-\ndique, et d'un style hardiment exotique, qui rappelle les meilleurs jours de\nGauguin : la scène de noces (IIe acte) et celle du sacrifice dans la forêt (IIIe acte)\nsont particulièrement saisissantes. Les rôles de Koanga et de Palmyra sont fort\nbeaux; l'émotion va croissant d'acte en acte, et le succès a été très grand et\nmérité. Il faut signaler les articles très élogieux parus dans le Berliner Tagehlatt,\nle Hamburger Fremdenblatt et la Kolnische Zeitung.\n<> O\n\n—ÉCOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES.\nL. L.\nJe terminerai le 18 et le\n25 avril, à 4 h., mes conférences sur la musique moderne {de Schumann à\nDebussy) ; les auteurs étudiés seront Liszt, Cés. Franck, Moussorgsky, Cl. De-\nbussy. Mlle Kikina et M. Édouard Bernard exécuteront diverses mélodies et\npièces pour piano de ces auteurs. Le 29, à9h. du soir, concert de musique\nmoderne. Cl. Debussy sera interprété par Mlle Blanche Marot, qui créa les\nChansons de Bilitis àla Société Nationale et la Damoiselle Elue en 1900, et\nM. R. Vines."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "221", "page_fin": "221", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.1", "titre_corps": "GRAND PRIX DE ROME. Concours d'essai au Palais de Compiègne.", "titre_sommaire": "GRAND PRIX DE ROME. Concours d'essai au Palais de Compiègne.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.21", "debut_caractere": 1696, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "GRAND PRIX DE ROME. Concours d'essai au Palais de Compiègne.\nEntrée en loge : samedi 7 mai, à 10 h. du matin.\nSortie : vendredi 13 mai, à 10 h. du matin.\nJugement (au Conservatoire) : samedi 14 mai, à 9 h. du matin.\nConcours définitif au Palais de Compiègne.\nEntrée en loge : samedi 21 mai, à 10 h. du matin.\nSortie : lundi 20 juin, à 10 h. du matin.\nJugement préparatoire (au Conservatoire) : vendredi ier juillet, à midi.\nJugement définitif (à l'lnstitut* : samedi 2 juillet, à midi.\nLes candidats devront se faire inscrire au Bureau des Théâtres, 3, rue de Valois,\nde 11 heures du matin à 4 heures du soir, avant le dimanche ier mai, et déposer\nen même temps les pièces suivantes : i° leur acte de naissance ; 2° un certificat\ndélivré parleur professeur ou par un artiste connu attestant qu'ils sont capables\nde prendre part au concours ; 30 une déclaration de non-mariage. Les concurrents,\navant de se rendre à Compiègne, devront se munir de draps, taies d'oreillers et\nlinge de toilette pour leur séjour en loge.\nTerme de rigueur pour le dépôt au Conservatoire des poèmes de cantates :\nmardi 17 mai inclus."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c034", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "222", "page_fin": "222", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.2", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. MM. les professeurs du Conservatoire national se sont", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. MM. les professeurs du Conservatoire national se sont", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1984, "texte": "CONSERVATOIRE. MM. les professeurs du Conservatoire national se sont\nréunis en assemblée générale, sous la présidence de M. Th. Dubois, à l'occasion\ndu projet de loi fixant les limites d'âge d'admission à la retraite, qui doit être\ndéposé prochainement parle Ministre des Finances sur le bureau de la Chambre\ndes députés.\nLes questions auxquelles ils avaient à répondre étaient les suivantes :\ni° Convient-il de demander au Ministre des Finances de faire fixer, d'une\nmanière générale, par voie législative, la limite d'âge du personnel enseignant à\n70 ans, tant pour les professeurs actuellement en fonctions que pour ceux qui\nseraient ultérieurement nommés }\n20 Convient-il, au contraire, de restreindre cette limite d'âge aux seuls profes-\nseurs en fonctions ?\n30 En ce qui concerne les nouveaux professeurs, c'est-à-dire ceux qui seraient\nultérieurement nommés, ne pourrait-on pas décider qu'une simple indemnité non\nsoumise aux retenues pour pensions civiles leur serait accordée ?\n40 Quels sont les professeurs en fonctions qui demandent à rester placés sous\nle régime de la loi du 9 juin 1853 ?\n50 Quels sont ceux qui demandent à ne plus subir aucune retenue ?\nLa grande salle du Conservatoire national sera mise à la disposition du\nComité de l'Association des Artistes musiciens pour y tenir, le lundi 16 mai pro-\nchain, l'assemblée générale des membres de cette Société.\nAux termes de son cahier des charges, le Directeur du Théâtre national de\nl'Opéra-Comique est tenu de mettre chaque soir (dimanches, jours de fête et de\npremières représentations exceptés) une loge à la disposition du Directeur du\nConservatoire national pour les élèves de cet établissement.\nM. Th. Dubois, pour répondre au désir que lui a exprimé M. Carré, renoncera\nà l'exercice de ce droit les lundis (jours de représentation populaire), les 24 et\n31 décembre, le mardi gras et le jour de la Mi-Carême.\nEn échange, 6 entrées seront mises chaque dimanche soir à la disposition des\nélèves."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c035", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "222", "page_fin": "222", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.3", "titre_corps": "LILLE : CONCERTS POPULAIRES. M. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement", "titre_sommaire": "LILLE : CONCERTS POPULAIRES. M. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.22", "debut_caractere": 1986, "fin_caractere_exclue": 2682, "texte": "LILLE : CONCERTS POPULAIRES. M. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement\nmusical, a assisté, le 27 mars dernier, à la 6e séance de l'abonnement donnée par-\nla Société des Concerts Populaires à Lille. MM. Van Waefelghen(viole d'amour)\net Jules Mouquet, compositeur, grand prix de Rome, prêtaient leur concours à\nM. Ratez, le directeur de cette Société, et ont exécuté plusieurs œuvres de leur\ncomposition. Un chœur de jeunes filles, élèves de la succursale du Conservatoire\nnational, a interprété un air de Caligula, par Gabriel F'auré. M. Gédalge a été\nheureux de constater avec quel soin et quel souci artistique ont été choisis et\nexécutés tous les morceaux inscrits au programme de cette journée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c036", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "222", "page_fin": "222", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.4", "titre_corps": "MOULINS. M. Belin, professeur de violon à l'École nationale de musique", "titre_sommaire": "MOULINS. M. Belin, professeur de violon à l'École nationale de musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.22", "debut_caractere": 2684, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "MOULINS. M. Belin, professeur de violon à l'École nationale de musique\nde Moulins, est nommé directeur de ladite École, en remplacement de M. Marius\nBoullard, décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c037", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "222", "page_fin": "223", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.5", "titre_corps": "ARMENTIÈRES. La municipalité d'Armentières se proposant de demander", "titre_sommaire": "ARMENTIÈRES. La municipalité d'Armentières se proposant de demander", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.22", "debut_caractere": 2852, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "ARMENTIÈRES. La municipalité d'Armentières se proposant de demander\nprochainement la transformation de son École de musique en École Nationale,\nM. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement musical, se rendra bientôt dans cette"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "ville pour y examiner en détail le fonctionnement de l'École et juger du niveau\ndes études dans les différentes classes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c038", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "223", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.6", "titre_corps": "30 ANS DE THÉÂTRE. Une grande matinée aura lieu le jeudi 21 avril courant,", "titre_sommaire": "30 ANS DE THÉÂTRE. Une grande matinée aura lieu le jeudi 21 avril courant,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 136, "fin_caractere_exclue": 335, "texte": "30 ANS DE THÉÂTRE. Une grande matinée aura lieu le jeudi 21 avril courant,\ndans la grande salle des fêtes du Trocadéro, au bénéfice de la caisse de secours\nde l'œuvre française des 30 Ans de Théâtre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c039", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "223", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.7", "titre_corps": "MIMI PINSON. Dimanche 15 mai prochain, dans la soirée, la grande salle", "titre_sommaire": "MIMI PINSON. Dimanche 15 mai prochain, dans la soirée, la grande salle", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 337, "fin_caractere_exclue": 589, "texte": "MIMI PINSON. Dimanche 15 mai prochain, dans la soirée, la grande salle\ndes fêtes du Palais du Trocadéro sera mise à la disposition de M. Gustave\nCharpentier pour y organiser un grand concert au bénéfice de l'œuvre de\nMimi Pinson, dont il est fondateur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c040", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "223", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.8", "titre_corps": "SUBVENTIONS. M. le Ministre des Beaux-Arts vient de signer un arrêté", "titre_sommaire": "SUBVENTIONS. M. le Ministre des Beaux-Arts vient de signer un arrêté", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 591, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "SUBVENTIONS. M. le Ministre des Beaux-Arts vient de signer un arrêté attri-\nbuant des subventions aux sociétés musicales ci-après désignées :\ni° Société des Compositeurs de Musique, présidée par M. Samuel Rous-\nseau : 500 fr. ;\n20 Association artistique des Concerts classiques de Marseille, présidée par\nM. Gouirand, 5000 fr. ;\n30 Société Sainte-Cécile de Bordeaux, présidée par M. Dolhassary, 3000 fr. ;\n40 Société Haydn-Mozart-Beethoven, présidée par M. E. Calliat, 600 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "223", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.9", "titre_corps": "MÉDAILLES. Une médaille de vermeil et deux médailles d'argent (grand", "titre_sommaire": "MÉDAILLES. Une médaille de vermeil et deux médailles d'argent (grand", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1433, "texte": "MÉDAILLES. Une médaille de vermeil et deux médailles d'argent (grand\nmodule) sont accordées pour être décernées au nom du Ministre des Beaux-Arts\nà l'une des sociétés qui prendront part aux concours de musique organisés dans\nles villes ci-après :\nAngoulême, les 14 et 15 août 1904 ;\nMeudon (Seine-et-Oise), les 12 et 13 juin 1904 ;\nCorbie (Somme), le 12 juin 1904."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c042", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "223", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.10", "titre_corps": "ECOLES DE MUSIQUE. —Il est acquis pour les écoles nationales de Musique", "titre_sommaire": "ECOLES DE MUSIQUE. —Il est acquis pour les écoles nationales de Musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 1435, "fin_caractere_exclue": 1621, "texte": "ECOLES DE MUSIQUE. —Il est acquis pour les écoles nationales de Musique\ndes départements 30 exemplaires de Y Histoire de la musique (îles Britanniques,\nier volume) par M. Albert Soubies."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c043", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "223", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.11", "titre_corps": "TROCADÉRO. M. Guilmant, professeur au Conservatoire, continuera, comme", "titre_sommaire": "TROCADÉRO. M. Guilmant, professeur au Conservatoire, continuera, comme", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 1623, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "TROCADÉRO. M. Guilmant, professeur au Conservatoire, continuera, comme\nles années précédentes, à donner aux élèves de cet établissement des séances\nhistoriques d'orgue dans la grande salle des fêtes du Palais du Trocadéro, que\nl'administration des Beaux-Arts a mise gracieusement à sa disposition. Ces au-\nditions privées et gratuites auront lieu tous les lundis à 4 heures (à l'exception du\n23 mai), à partir du 2s avril jusqu'au 11 juillet inclusivement.\nLe mercredi 27 avril, Miss Isadora Duncan, de Berlin, organisera dans la\ngrande salle des fêtes du Palais du Trocadéro des soirées de danse avec orchestre\net musique de Beethoven."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c044", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "223", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.12", "titre_corps": "OPÉRA-COMIQUE. Une grande représentation de gala sera donnée le 26 mai", "titre_sommaire": "OPÉRA-COMIQUE. Une grande représentation de gala sera donnée le 26 mai", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 2261, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "OPÉRA-COMIQUE. Une grande représentation de gala sera donnée le 26 mai\nprochain à l'Opéra-Comique, sous la présidence d'honneur de M. le Ministre de\nl'lnstruction publique et des Beaux-Arts. Le produit de cette matinée, pour la-\nquelle M. Carré a été autorisé à fixer un tarif spécial, sera versé entre les mains\ndu comité qui s'est constitué en vue d'élever un monument à la mémoire du\nregretté secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts, Gustave Larroumet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c045", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "224", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.13", "titre_corps": "VILLE DE PARIS. Concours musical. Le jury du concours musical de la", "titre_sommaire": "VILLE DE PARIS. Concours musical. Le jury du concours musical de la", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "debut_caractere": 2728, "fin_caractere_exclue": 2870, "texte": "VILLE DE PARIS. Concours musical. Le jury du concours musical de la\nVille de Paris a désigné comme lauréat M. Tournemire, auteur de l'œuvre le"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 371, "texte": "Sang de la Sirène, composition symphonique, qui sera exécutée par l'un des\ngrands orchestres parisiens. M. Tournemire reçoit, en outre, une prime de\n10.000 francs. M. Gabriel Pierné a été classé second avec la Croisade des Enfants.\nUne prime de 3.000 francs lui est allouée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c046", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "224", "page_fin": "224", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.14", "titre_corps": "ELBERFELD.", "titre_sommaire": "ELBERFELD.", "signature_source": "S", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.24", "debut_caractere": 373, "fin_caractere_exclue": 2267, "texte": "ELBERFELD.\nS.\nKocinga, opéra en 3 actes, un prologue et un épilogue. Texte\nde C. F. Keary, traduit par Mme Delius. Musique de Fr. Delius (30 mars 1904).\nFTéd. Delius est né à Bradford (Angleterre) de parents allemands ; son enfance\ns'est passée en Floride, il a fait ses études musicales à Leipzig, et depuis douze\nans il vit de préférence à Paris. Déjà connu par d'importantes œuvres de concert\n(la Ronde de la Vie, la Chanson de Minuit, d'après Xarathustra, etc.) et de fort\nbelles mélodies, il nous donne aujourd hui une œuvre dramatique où se peint\nl'âme diverse des races que sa vie errante lui a donné occasion de connaître. La\nscène est dans une plantation américaine, où un vieux nègre raconte aux filles\ndes maîtres une antique légende : c'est le prologue; cette légende nous est repré-\nsentée dans les 3 actes qui suivent. Les amours contrariées de Koanga, prince\nréduit à l'esclavage, et de Palmyra, mulâtresse et chrétienne, en sont le sujet;\npersécuté pour son indomptable fierté, le héros noir s'enfuit dans la forêt, mais\nl'amour le ramène, et, comme il tue son rival, le surveillant Perez, il est battu\nde verges à mort et traîné tout sanglant, agonisant, devant Palmyra, comme\nMatho devant Salammbô. Avec lui meurt tout espoir de liberté pour le peuple\nesclave dont il fut un instant le chef. Sur cette sombre histoire, Fr. Delius a\nécrit une partition extrêmement vivante et colorée, d'une grande richesse mélo-\ndique, et d'un style hardiment exotique, qui rappelle les meilleurs jours de\nGauguin : la scène de noces (IIe acte) et celle du sacrifice dans la forêt (IIIe acte)\nsont particulièrement saisissantes. Les rôles de Koanga et de Palmyra sont fort\nbeaux; l'émotion va croissant d'acte en acte, et le succès a été très grand et\nmérité. Il faut signaler les articles très élogieux parus dans le Berliner Tagehlatt,\nle Hamburger Fremdenblatt et la Kolnische Zeitung.\n<> O"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-04-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-04-15_01#c047", "volume": "bmtnabj_1904-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "224", "page_fin": "224", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.2.7.15", "titre_corps": "—ÉCOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES.", "titre_sommaire": "—ÉCOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.24", "debut_caractere": 2269, "fin_caractere_exclue": 2797, "texte": "—ÉCOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES.\nL. L.\nJe terminerai le 18 et le\n25 avril, à 4 h., mes conférences sur la musique moderne {de Schumann à\nDebussy) ; les auteurs étudiés seront Liszt, Cés. Franck, Moussorgsky, Cl. De-\nbussy. Mlle Kikina et M. Édouard Bernard exécuteront diverses mélodies et\npièces pour piano de ces auteurs. Le 29, à9h. du soir, concert de musique\nmoderne. Cl. Debussy sera interprété par Mlle Blanche Marot, qui créa les\nChansons de Bilitis àla Société Nationale et la Damoiselle Elue en 1900, et\nM. R. Vines."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN° 8 (quatrième année)\n15 Avril\n1904.\nR. M.\n16\n\nTAMBERLICK"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.2", "texte": "ENRICO TAMBERLICK\nLA CARRIÈRE D UN TÉNOR ITALIEN (1820-1889).\n\nMémoire couronné au concours ouvert par la Revue Musicale sur le sujet suivant :\nBiographie d'un chanteur célèbre du xixe siècle.\nAu début de l'année 1839, quatre ténors illustres se partageaient l'attention\ndu public.\nRubini (1795-1854), alors âgé de 44 ans, après avoir brillé en Italie et à Paris,\nfaisait les délices de la société fashionable de Londres.\nDuprez (1806-1896) avait succédé en 1836 à Nourrit pour l'emploi de fort\nténor à l'Opéra de Paris.\nMario (1810-1883), qui avait débuté en 1838 dans Robert le Diable à l'Opéra,\ndevait, en 1840, passer à l'Opéra Italien.\nEnfin, Nourrit (1802-1839), volontairement exilé de France, achevait à Naples\nune carrière qui devait se terminer d'une façon aussi prématurée que dramatique.\nNourrit parut pour la dernière fois dans la soirée du 7 mars 1839. H fut acclamé\npar une salle frémissante.\nL'insensé donnait à ces bravos un sens ironique, et dans la nuit qui suivit il\nse donna la mort en se jetant du haut de la maison où il habitait.\nParmi les spectateurs de cette représentation mémorable, un tout jeune\nhomme se faisait remarquer par un enthousiasme enflammé. 11 s'appelait Enrico\nTamberlick\nVoici en quels termes Tamberlick rappelle ce drame ( 1) :\n(( l'ai eu la bonne fortune d'entendre Nourrit, qui était un grand chanteur,\n(( d'une école toute différente de celle d'aujourd'hui, et qui cependant (( poussait\n« au son » autant et plus peut-être que Duprez\n(( La dernière fois que je l'entendis, c'était à Naples, la veille du jour où il se\n(( suicida. Il chantait Giuramento de Mercadante. Je l'écoutai avec la plus pro-\nie fonde attention et je fus vivement impressionné par l'intensité du son qu'il\n(( obtenait Le public napolitain lui fît une ovation à chaque acte, comme s'il\n« voulait faire oublier au grand artiste le chagrin profond qui minait sa raison.\n« Nourrit était certainement encore en possession de ses moyens. Il phrasait\n(( délicieusement, et faisait le plus grand plaisir à entendre. Cependant, sa voix,\n« un peu blanche et gutturale, prenait à la gorge. Il fatiguait, et je crois que\n(( cela l'impressionnait au moins autant que les succès de Duprez. Si Nourrit\n(( n'obtenait pas les effets dramatiques avec la même intensité que ce dernier\n« chanteur, dont la voix avait certainement plus de puissance, c'est qu'en dehors\n(1 du timbre de la voix, Duprez accentuait avec plus d'énergie, et surtout plus de\n« justesse, la parole chantée.\ne L'ancienne école recherchait pour ainsi dire exclusivement la beauté du son,\n(( le phrasé élégant, le brio. Duprez a ajouté aux qualités maîtresses du chanteur\n(< l'accentuation vraie des mots, qui leur donne leur valeur réelle, qui met au\n« point la déclamation lyrique, et conduit au pathétique par le seul moyen qui\n\n(1) Le manuscrit de cette étude avait été adressé à M. Périvier, rédacteur en chef du Figaro,\nqui avait demandé à Tamberlick des souvenirs sur sa carrière artistique."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.3", "texte": "TAMBERLICK\n\n« ne faillisse pas, que la voix soit belle ou médiocre. Bien émettre le son, bien\n« dire, tout l'art du chant est là. On pourrait presque avancer que Duprez a intro-\n« duit le réalisme dans le chant.\n(( Nourrit avait-il compris que son éducation était à refaire, que Duprez était\n(( dans le vrai, et qu il lui fallait devenir l'émule du nouveau venu, ou continuer\n« à porter le drapeau de l'ancienne Ecole ? Il était bien tard pour commencer\n(( de nouvelles études. Quoi qu'il en fût, le grand artiste ne put se consoler d'a-\n(( voir perdu le premier rang, le chagrin l'envahit au point de ne lui montrer\n(( d'autre issue à sa situation que la mort elle-même, et le lendemain de cette\n(( belle représentation, oû il avait, pour ainsi dire, été enseveli sous les fleurs,\n(( oû il m'avait si fort impressionné que je n'en pus dormir de la nuit, le lende-\n(( main de cette suprême leçon de chant que Nourrit me donna, et que je n'ai pas\n« oubliée, j'appris avec une émotion indescriptible, d'un groupe qui stationnait\n(( à la porte de son hôtel, qu'il s'était suicidé quelques heures auparavant.\n(( L'idée de revoir ses traits, de contempler une dernière fois le maître chan-\n« teur ne me vint même pas dans mon épouvante. Je m'en fus vers le port, j'errai\n(( sur les grèves tout le jour, ramené le soir par la faim, ayant toujours dans\n(( l'oreille les accents du maître qui n'était plus. ))\nIl nous a paru intéressant au seuil de cette étude sur Tamberlick de lui\nemprunter cette page.\nI\nEnrico Tamberlick naquit à Rome, le 16 mars 1820. Son père, Raphaël Tam-\nberlick, était officier dans l'armée pontificale (1). Il mourut en 1850, avec le grade\nde lieutenant-colonel. Sa vie ne présente aucune particularité intéressante, si ce\nn'est qu'il séjourna dix ans, prisonnier, en Autriche. Lorsqu'il revint à Rome, où\nl'on n'avait pas reçu de ses nouvelles depuis cinq années, il apprit que sa femme\nétait sur le point de se remarier. Fort heureusement, la nouvelle union demeura\nà l'état de projet...\nEnrico fut l'aîné des six enfants de Raphaël Tamberlick.\nCharles ( 1823) suivit la carrière de son père. Il mourut jeune, alors qu'il était\ndéjà promu capitaine dans l'armée pontificale.\nAchille ( 1827) fut avocat. Mais il négligea le barreau pour accompagner Enrico\ndans ses tournées. Il fit, en Amérique, une grande découverte, celle de la Patti\n(1859). Il mourut en 1870.\nEmilia (1822) ne s'occupa point de musique ; elle épousa un médecin de Rome,\nle docteur Mazotti, qui fut un socialiste militant.\nElle s'éteignit récemment, en 1903.\nAmalia (1826) fut une musicienne hors ligne.\nLolla (1829) mourut jeune\nEnrico Tamberlick, que ses parents destinaient à la carrière ecclésiastique, fit\nses études à Montefiascone, sorte de séminaire aux environs de Rome (2). Une\nirrésistible vocation théâtrale le poussa à brûler sa soutanelle aux feux de la\nrampe.\n\n(1) 11 n'était pas employéau Trésor, comme on l'a dit.\n(2) Enrico Tamberlick n'étudia pas le droit à Bologne, ainsi que le prétendent certains bio-\ngraphes, qui, sans doute, ont pris Achille pour son frère."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.4", "texte": "TAMBERLICK\n\nIl travailla le chant pendant deux ans avec Guglielmi, ancien ténor, et reçut\négalement des leçons de Borgni.\nIl débuta à Naples, en mars 1841, au théâtre del Fondo, dans I Capuletti ou\nGiulietta e Romeo) de Bellini.\nSon père n'ayant pas approuvé ses tendances artistiques, Tamberlick chanta\nau début sous le nom de Danieli, qui était celui de sa mère.\nSa voix n'était pas très étendue. C'est à peine s'il atteignait le la aigu. Il chanta\nau théâtre del Fondo les rôles de ténor dans les opéras bouffes. Travaillant pa-\ntiemment chaque jour, et apportant aux exercices de son organe un soin extrême,\nil parvint à développer sa voix dans le registre aigu, sans fatiguer le larynx.\nSon répertoire se composait de Tancredi (Rossini), Béatrice (Bellini ), La Casa\ndisabitata Ricci), Otello (Rossini), Li due Savoyardi (?), Norma (Bellini),\nGemma di Vergi (Donizetti).\nEn 1842, il passa au théâtre San Carlo.\nSon répertoire s'accrut des pièces suivantes (1) :\nL accidente délia Villa (?), la Casa de Verdore(NL\\b'\\\\ot\\.\\),Luigi grando (Condo-\nvetti), I Quindici (Bordega), VAvaro (Savi), Semiramide (Rossini), Maria Padilla\n(Do nizetti).\nC'est en 1842 que Tamberlick se maria.\nVoici le titre des pièces qu'il étudia et joua en 1843 :\nProva degli Artisti (Pauvo), Adolfo (Niccolini), I Fidanzati (Pacini), Chi la dura\nvince (Ricci), Anna la Prie (Battista), Cenerentola (RossinF, Mattia Vlnvalida (?),\nOsteria d'Andujar (?), VAlbergo incantato (?), Fenicia (?), Lucia (Donizetti)...\nIl fut remarqué par Riporto. l'imprésario du théâtre San Carlo de Lisbonne,\nqui lui fit signer un traité avantageux.\nIl quitta Naples pour le Portugal en 1843, et fut accueilli avec enthousiasme\ndans Norma et Gemma di Vergi (de Donizetti).\nSon physique était sympathique. Sa belle prestance lui attirait tout de suite\nla faveur du public.\nSa voix enfin gagnait en étendue, en puissance et en beauté. De ténor « serio »,\nil devenait ténor « sfogato ».\nEn 1845, il est engagé à Madrid, et débute au théâtre du Cirque le 17 juin,\ndans Parisina d'Esté (Donizetti). Il chante ensuite I due Foscari, Lucrezia Bor-\ngia, Torquato Tasso, Maria di Rohan et Roberto.\nAu cours des années suivantes, il compléta ce répertoire par Anna la Prie,\nMarino Faliero (Donizetti) et Médèa (opéra de Pacini donné à Palerme en 1843).\nAux débuts de l'année 1846, il fut fortement question de faire venir Tamber-\nlick à Paris.\nIl hésita, et finit par renoncer à venir. Le ténor Bettini fut entendu à sa place.\nEn 1849, il fut attaché au théâtre Santa-Cruz à Barcelone.\nLes succès qu'il ne cessait de remporter avaient fini par calmer la colère de\nson père. Il aimait d'ailleurs beaucoup la vie de famille, et avait fait venir auprès\nde lui son frère Achille, et ses sœurs Amalia et Lolla.\nLe baryton Bartolini épousa à Barcelone Amalia Tamberlick et continua sa\ncarrière aux côtés de son beau-frère.\n\n(i) Cette énumération, comme celle qui précède, est empruntée à un carnet de notes ayant\nappartenu à Tamberlick, et qui est aujourd'hui la propriété de Mme Galezowska."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.5", "texte": "TAMBERLICK\n\nxM. de Lesseps était à cette époque consul de France à Barcelone. Il manifesta\nà 1 égard de Tamberlick des sentiments d'amitié qui ne devaient jamais se\ndémentir, et qui contribuèrent peut-être à développer dans le cœur du chanteur\nle profond amour qu'il devait vouer à la France.\nLes principales œuvres qu'il créa à Barcelone sont : Torquato Tcisso, Yltaliana\nin Algeri et le Siège de Corinthe.\nD'Espagne, Tamberlick s'en fut en Angleterre.\nC'était au commencement du printemps de 1850, au début de la « season ».\nLes deux compagnies lyriques de Londres luttaient de toutes leurs forces pour\ncapter la faveur du public.\nUne annonce parue dans le programme de l'Opéra Royal Italien de Covent\nGarden fit savoir que le signor Tamberlick, du théâtre San Carlo de Naples et\ndu Grand Opéra de Barcelone, ferait ses débuts le 4 avril.\nLe public ne savait rien des succès que pouvait avoir remportés le nouveau\nténor en Italie ou dans l'autre péninsule. La seule investiture qui comptait pour\nLondres était celle de Paris, où Tamberlick était tout à fait inconnu.\nEn outre, il y avait à ce moment à Londres des ténors déjà célèbres.\nA Covent Garden, Mario, qui était en pleine possession de sa voix et de son\ntalent, tenait tous les grands rôles du répertoire. Il était doublé par Maralti, un\nfort ténor ; il y avait encore Luigi Mei, Soldi et Lavia.\nAu théâtre concurrent Her Majesty's Opéra se trouvaient engagés Cal-\nzolari et Sims Reeves en pleine maturité de leur talent, Beucarde, etc.\nOn ne voyait pas très bien en quoi le besoin d'un nouveau ténor pouvait se\nfaire sentir.\nAussi ne monta-t-on pas une nouvelle œuvre en son honneur. On ne le chargea\nmême pas de remplacer dans l'un de ses rôles un ténor en vogue.\nOn reprit simplement Masaniello [la Muette), que Mario avait chanté l'année\nprécédente.\nLes rôles furent distribués un peu à la diable, à l'exception de ceux d'Elvire et\nde Pietro, que chantaient Mrae Castillan et l'excellent baryton Massol.\nEnfin, au lieu de choisir pour les débuts du nouveau ténor une représentation\nhors série, ainsi qu'on le faisait toujours lorsqu'un artiste de talent paraissait\npour la première fois, la direction le produisit un soir d'abonnement. On était\naux approches de Pâques, le grand monde s'abstint. La salle n'était qu'à moitié\npleine.\nTamberlick, un peu énervé, appréhendait de débuter dans des conditions aussi\ndéfavorables.\nMais l'étendue et l'éclat de sa voix magnifique, sa puissance, son égalité par-\nfaite depuis le grave jusqu'au registre aigu, sa diction étonnante, son jeu ex-\npressif, toutes ces qualités étonnèrent, puis transportèrent le public.\nIl chanta avec un tel charme la barcarolle du 2e acte, que le public, électrisé,\nla lui redemanda. Son duo avec Pietro fut également bissé. Enfin la berceuse de\nl'acte IV déchaîna un enthousiasme formidable.\nAprès le baisser du rideau, il fut rappelé plusieurs fois. Tamberlick venait de\nremporter un succès sans précédent.\nUn critique, qui s'était égaré dans la salle le jour de ces débuts subreptices,\nécrivait, en parlant de Tamberlick: (( Son organeest remarquablement puissant,\n(( d'une égalité parfaite, et il se sert avec grand effet des notes de poitrine jus-"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.6", "texte": "TAMBERLICK\n\n(( qu'à Yut. Sa voix dans les notes de médium est ronde, pleine et parfaitement\n(( souple. Son timbre est splendide. C'est un artiste de tout premier ordre. Il\n(( chantera encore mieux les vrais opéras italiens qu'une adaptation même ita-\n« lienne d'un opéra français. Comme acteur, Tamberlick nous a rappelé la\n(( fougue et l'énergie de Roger. lia été applaudi à outrance, et il peut être à\n« juste titre fier de l'accueil qu'on lui fit. ))\nLe mardi 16 avril suivant, Tamberlick se faisait entendre dans un véritable\nopéra italien : Norma.\nIl parut entre Mme Grisi et Cari Formes.\nLe rôle de Pollion avait été dédaigné par tous les ténors qui avaient succédé\nà Rubini. Tamberlick l'accepta, et démontra qu'il était à même de déployer une\nintensité d'expression égale à son illustre partenaire.\nDans le grand air du premier acte, son énergie et sa passion déchaînèrent\nl'auditoire. Dans les duos, Tamberlick partagea les honneurs du succès avec\nl'idéale Norma qu'était Mme Grisi.\nLe même soir, il chanta dans Masaniello, donnant ainsi la preuve d'une\nendurance extraordinaire.\nLe jeudi suivant, 18 avril 1850, grande soirée de gala.\nDon Juan devait être chanté par Mmes Grisi, Castellan, et par Mario, Tambu-\nrini, Formes, etc.\nAu dernier moment, Mario fit annoncer qu'il était souffrant. Personne ne se\nméprit sur les causes de cette indisposition.\nTamberlick chanta à sa place le rôle de Don Ottavio. Chacun sait que, dans la\npartition de Mozart, le personnage de Don Ottavio est un des plus effacés. Il a\ntoutefois un morceau sublime à chanter : « Il mio tesoro ».\nLorsqu'on fut arrivé à cette scène, tout papotage cessa dans les loges. Les au-\nditeurs se demandaient avec intérêt de quelle façon Tamberlick allait interpréter\nleur air favori, après Mario.\nDès les premières mesures, la cause était gagnée, et lorsque l'aria fut terminée,\nla salle entière se leva et salua Tamberlick d'une immense ovation. Rempli d'une\norgueilleuse émotion, Tamberlick recommença le morceau.\nLe 23 avril, nouveau succès dans Zora. C'est sous ce titre que se donnait à\nLondres le Moïse de Rossini. Mais, pour ne pas froisser les sentiments religieux\ndes Anglais (1), on remplaçait l'Egypte par l'Assyrie...\nLe surlendemain, on donna la Donna delLago (Rossini) ; Mario faisait le roi\nJacques et Tamberlick chantait Roderick. Ce dernier rôle avait été écrit pour\nfort ténor, mais, comme on n'avait pas trouvé d'interprète capable de le chanter,\nil avait été transposé pour baryton. Tamberlick le chanta dans le ton original,\net son grand air lui valut une ovation.\nA la suite de cet opéra, Tamberlick chanta encore des fragments de Masa-\nniello.\nLe 18 mai, Nabuco (.Nabucodonosor de Verdi) lui valut un nouveau succès.\nLe 23 mai, eut lieu une représentation de Robert le Diable où se fixa définitive-\nment la réputation de Tamberlick.\n\n(1) On sait qu'en raison de la difficulté qu'on éprouve à monter en Angleterre une pièce bibli-\nque, Samson et Dalila n'a pas encore été joué dans un pays où pourtant l'auteur d'Henry VIII est\npersona grata..."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.7", "texte": "TAMBERLICK\n\nJamais l'oeuvre de Meyerbeer n'avait réuni une pareille interprétation :\nAlice, Mme Grisi.\nIsabella, Mme Castellan.\nElena, Mlle Taglioni.\nRobert, MM. Tamberlick.\nRambaldo, Mario.\nL abbé, Tagliafico.\nHérald, Massol.\nBertram, Cari Formes.\nTamberlick connut ce soir-là les joies du triomphe.\nLa représentation ne dura pas moins de cinq heures.\nJamais on n'avait vu mise en scène plus riche ni décors plus beaux.\nCette représentation fut considérée à cette époque comme un événement mé-\nmorable.\nDès l'hiver 1850-51, Tamberlick chanta à Pétersbourg, où il devait revenir\nrégulièrement pendant dix-huit années consécutives.\nNous n'avons rien trouvé de précis au sujet de ses débuts en Russie, mais,\ngrâce à l'obligeance de Mme Galezowska, fille de l'illustre chanteur, nous avons\npu prendre copie de son premier engagement.\nNous en donnons le texte complet à la suite de cette étude.\nLa musique classique allemande était peu familière à Tamberlick. Les dilet-\ntantes anglais— plus heureux que les amateurs parisiens en l'an de grâce 1904,\npour qui l'on montait le Freyschut£, pouvaient se demander comment il interpré-\nterait Weber.\nC est en mai 1851 que cet admirable chef-d'œuvre fut donné à Covent Garden\navec Tamberlick (Max), Formes (Gaspard), Mmes Castellan (Agathe), Bertrandi\n(Annette). Le succès fut énorme. Tamberlick sentit toute la beauté de cette mu-\nsique et la rendit en artiste. L'air du premier acte fut bissé.\nUn mois plus tard, c'était le tour de Beethoven. Après le FreyschutFidelio.\nTamberlick eut dans Florestan un succès d'enthousiasme (1).\nII\nEn octobre 1852, Tamberlick fut définitivement attaché à la troupe d'opéra\nitalien à Pétersbourg.\nCette troupe n était pas très brillante. La partie féminine laiss.ait particulière-\nment à désirer. On comptait sur le retour de Mario pour en relever le niveau\nartistique.\nEn attendant Mario, les Russes acclamèrent Tamberlick.\n\n(i) La XVe Soirée de Vorchestre (*) est extrêmement courte.\nVoici comment elle débute.\n(( On joue le Fidelio de Beethoven,\n« Personne ne parle à l'orchestre. Les yeux de tous les artistes étincellent, ceux des simples\n<( musiciens restent ouverts, ceux des imbéciles se ferment de temps en temps.\n« Tamberlick, engagé pour quelques représentations par le directeur de notre théâtre, chante\n(( Florestan. Il révolutionne la salle dans son air de la prison. »\n(*) Les Soirées de l'orchestre, par Hector Berlioz, à Paris, chez Michel Lévy, 1853."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.8", "texte": "TAMBERLICK\n\nCe chanteur joignait à une organisation exceptionnelle un zèle ardent qui le\npoussa toujours sur la voie du progrès. Dans Otello, il souleva une tempête\nd'enthousiasme, et Yut qu'il tt poussa de toute la force de sa poitrine dans le\nduo avec lago mit Pétersbourg à ses pieds.\nCependant Mario avait fait sa rentrée dans les premiers jours de 1853. La\ngloire de Tamberlick n'en souffrit aucunement, et dans Carlo il Temerario (titre\nsous lequel on donnait Guillaume Te 11...) il remporta un succès formidable.\nIl reparut à Covent Garden dans Masaniello (la Muette), puis dans Norma.\nJamais le rôle de Pollion n'avait été si magnifiquement interprété depuis\nDonzelli.\nAprès Guillaume Tell il chanta Maria di Rohan.\nLe rôle de Chalais était inférieur à son talent, mais il l'interpréta avec rési-\ngnation.\nSa vogue était telle qu'il fut d'ores et déjà engagé pour l'année suivante.\nL'Alboni, qui venait de faire une tournée triomphale en Amérique, arriva à\nl'improviste à Londres, et son étoile fît un peu pâlir celle des chanteurs qui l'en-\ntouraient : Tamberlick, Belleti et Ronconi.\nLe 27 juin 1853, fut donnée, sous la direction de Berlioz, une représentation\nde Benvenuto Cellini.\nLa reine Victoria, le prince Albert, le roi et la reine de Hanovre occupaient\nla loge royale de Covent Garden.\nLe duo du 3e acte fut chanté avec une telle passion par Mme Julienne et Tam-\nberlick qu'une voix cria : Encore ! et cela malgré la présence des augustes\nspectateurs.\nEn juillet, Tamberlick chanta le Prophète, succédant à Mario dans le rôle de\nJean de Leyde.\nC'est dans ce rôle qu'il fit sa rentrée le ler octobre à Pétersbourg. Sa voix\nétait d'une puissance et d'une étendue extraordinaires, et la salle fut enthou-\nsiasmée.\nPeu après, il chanta Robert le Diable avec un même succès.\nLes deux opéras de Meyerbeer alternaient sur l'affiche avec 1 Martiri et\nOtello. Seulement à Pétersbourg le Prophète s'appelait : Scènes du siège de\nGand !...\nEn avril 1854, Tamberlick revint à Londres et y chanta le même répertoire\nque précédemment.\nLe 18 juillet de cette année-là, il devait chanter dans un concert où l'on\ndonnait le Stabat Mater de Rossini. Par suite d'un changement dans le pro-\ngramme, la sallè devint un peu houleuse.\nTamberlick, qui était d'un caractère vif, se leva, jeta sa musique et se retira...\nEn septembre il remporte un nouveau succès dans Ernani ; puis, voyageur\ninfatigable, il repart pour Pétersbourg, où il reparaît dans Otello, le Prophète\net Poliuto.\nLe 8/20 février 1855, eut lieu une représentation à son bénéfice. On donnait\nRigoletto. Tamberlick avait à lutter contre le profond souvenir laissé par\nMario. Il réussit complètement, et de chaleureux applaudissements lui prou-\nvèrent combien son beau talent était apprécié à Pétersbourg.\nLe 22 avril, ouverture de la saison italienne à Londres. Tamberlick chante\ndans Eideho, dans Ernani, il Trovatore, etc."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.9", "texte": "TAMBERLICK\n\nCette saison fut coupée par l'exode de la troupe du Théâtre-Italien de\nLondres, pour inaugurer à Pétersbourg le nouveau théâtre. La pièce d'ouverture\nétait la dernière œuvre de Meyerbeer : VÉtoile du Nord, qui fut pour Tamberlick\nl'occasion d'un nouveau succès.\nDe retour en Angleterre, il prend part à un concert à Manchester.\nMais en octobre la saison italienne reprend à Pétersbourg. Nouveau voyage\nen Russie. Tamberlick se ressent un peu de la fatigue provoquée par ces\ndéplacements fréquents. Quelques critiques remarquent qu'il entremêle son\nchant de notes un peu forcées, qu'il fait vibrer à outrance. Ce sont d'ailleurs\nces notes que le public prend pour des accents passionnés et qu'il applaudit le\nplus...\nLa réouverture s'est effectuée avec Rigoletto. Tamberlick est forcé de bisser\nla cavatine du dernier acte, et la salle redemande également le fameux quatuor.\nDans 1 Lombardi, Tamberlick partage son succès avec Mlle Loti délia Santa.\nMais Tamberlick est las de faire la navette entre Londres et Pétersbourg.\n11 veut contempler de nouveaux horizons, et contracte un engagement de 13 mois\npour Rio de Janeiro, à raison de 25.000 francs.\nAvant son départ pour l'Amérique, il chante encore à Londres au Lyceum, où\nil reprend les rôles de son répertoire.\nIl prend contact avec les Brésiliens en août 1856 et remporte un éclatant succès\ndans Otello.\nMais le théâtre de Rio ne marche pas, et au commencement de l'année 1857,\nTamberlick fait ses adieux au public brésilien.\nIl inaugure le théâtre de Buenos-Ayres.\nIl est demandé à Montevideo et y chante la Traviata pour l'inauguration du\nthéâtre.\nPendant son séjour en Amérique, il avait signé un nouvel engagement pour\nPétersbourg, et, avant de s'y rendre, il rentre à Londres, séjourne à Paris, et\nachète deux maisons dans le plus beau quartier de Bruxelles, où il se propose\nde venir se reposer dès que son engagement à Pétersbourg l'aura rendu libre.\nAvant son départ pour le Brésil, Tamberlick avait été pressentipar Meyerbeer,\nqui voulait le faire entrer à l'Opéra de Paris pour y chanter son répertoire.\nOn a dit qu'un engagement de 144.000 francs par an avait été offert au célèbre\nténor, et qu'effrayé de chanter dans une langue qui ne lui était pas familière, il\navait craint un échec et avait refusé.\nTamberlick tenait pourtant beaucoup à obtenir à Paris la consécration de ses\nsuccès, et, lors de son retour d'Amérique, des négociations furent engagées avec\nM. Cazaldo, directeur du Théâtre-Italien.\nIl accomplit toutefois son engagement à Pétersbourg (hiver 1857-1858), où il\nchanta Don Giovanni avec un succès prodigieux. Il eut un grand succès dans\nFra Diavolo et chanta triomphalement Otello pour son bénéfice.\nSon engagement fut renouvelé pour trois ans...\nA cette époque, il fut également pressenti pour aller faire une tournée dans\nl'Amérique du Nord ; l'engagement fut même signé, mais il n'eut pas de suite.\nIl lui fallait Paris d'abord.\nAu mois d'août suivant, on donnait Sapho de Gounod, avec Mmfs Viardot, Cas-\ntellan, MM. Tamberlick, Tamburini, Marcelti et Stigelti.\nCette œuvre n'eut pas plus de succès qu'en France."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.10", "texte": "LE QUATUOR A CORDES DE M. RAVEL\n\nLes journaux disent que Tamberlick fît des prodiges pour réchauffer le rôle de\nPhaon.\nCette année-là, Tamberlick chanta encore 0/c//o, la Juive, avec Mme Viardot\nGarcia.\nTamberlick n'avait pas encore créé de rôle dans une œuvre nouvelle.\nMeyerbeer, après avoir fait de mauvais opéras allemands en Allemagne, s'en\nfut en Italie confectionner de médiocres opéras italiens, et devint à Paris bon\ncompositeur français... Il ne fit rien pour l'Angleterre.\nEn moins de six mois, Rossini avait gagné une fortune à Londres (1823k\nDepuis, il s'était installé à Paris, avait donné Guillaume Tell (1829) et s'était\nastreint à ne plus composer.\nEn 1838, un musicien français, Louis-Antoine Julien, avait été s'établir en\nAngleterre.\nNé à Sisteron en 1812, Julien avait réussi à entrer au Conservatoire, où il fut\nélève d'llalévy. Il aimait bien la musique légère, mais le seul mot de contrepoint\nlui faisait dresser les cheveux sur la tête. Ne pouvant poursuivre dans ces con-\nditions de sérieuses études musicales, Julien dut quitter le Conservatoire.\nIl devint chef d'orchestre du Jardin turc, composa de la musique de danse, fit\ndes arrangements sur les opéras en vogue, et perpétra certain quadrille sur les\nHuguenots qui fit danser toute une génération.\nCriblé de dettes, Julien quitta Paris et s'en fut à Londres. Il y recruta un or-\nchestre, organisa des concerts-promenades qui firent fureur, monta une maison\nd'édition, ce qui était une excellente combinaison pour faire paraître ses œuvres.\nSes tournées en Angleterre furent fructueuses, et il fit fortune.\nMais le malheureux avait composé un opéra : Pietro il Grande. Aucun théâtre\nne voulant le monter, il résolut de le mettre en scène lui-même, et c'est ainsi\nqu'en 1852 il donna, à ses frais, la première représentation de son œuvre, avec\nTamberlick dans le principal rôle.\nCet opéra était maladroitement écrit, il avait des défauts énormes, mais n'é-\ntait pas dénué de toute inspiration.\nQuoi qu'il en soit, Pietro il Grande tomba.\nCette chute coûta 16.000 livres à Julien.\nAprès avoir reconstitué sa fortune, Julien la perdit de nouveau. Harcelé par\nles créanciers, il finit par se tuer, en 1860.\n(A suivre.)\n\nHENRI BRODY.\n\nLe Quatuor à cordes en «fa» majeur de M. Maurice Ravel.\n\nLa nouvelle œuvre du très remarquable compositeur qu'est M. Maurice\nRavel vient de remporter, à la Société Nationale, un vif succès. L'auteur y a fait\npreuve, non seulement de ces qualités de délicatesse et d'originalité que déce-\nlaient ses compositions antérieures, mais encore d'un remarquable sentiment\nde la pureté de la ligne et de l'équilibre architectural.\nIl a adopté, pour ce quatuor, une forme cyclique assez libre, très heureuse du\nreste, comme le montrera la courte analyse qui suit. Mais ce que l'analyse ne"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.11", "texte": "LE QUATUOR A CORDES DE M. RAVEL\n\nsaurait montrer, c'est la liberté d'invention, le style souple et expressif, l'ingé-\nnieuse variété du tout. La publication très prochaine de la partition permettra\nd'ailleurs de mieux apprécier l'œuvre, et les présentes indications n'ont d'autre\nbut que de montrer, le plus simplement possible, la filiation et le développement\ndes motifs sur lesquels celle-ci est construite.\nLe thème initial du premier mouvement (Modéré, très doux) a une allure pai-\nsible et gracieuse. En voici le dessin caractéristique :\nCe dessin devient (mesure 9 et suivantes) plus expressif :\net donne, bientôt après, naissance à une forme dérivée, plus fiévreuse :"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.12", "texte": "LE QUATUOR A CORDES DE M. RAVEL\n\nAprès un court développement de C, A reparaît sous un aspect légèrement\nmodifié, qui sera désormais le plus usuel :\nLe calme revient bientôt et, après quelques échos de plus en plus affaiblis du\nthème A (toujours sous sa forme nouvelle dont le triolet caractéristique finit\npar persister seul), le deuxième thème se présente :\nIl est énoncé, comme on le voit, par le premier violon que double l'alto à\ndeux octaves au grave ; le second violon fait entendre un trémolo brisé entre ces\ndeux parties chantantes, et le violoncelle ne fait qu'indiquer, de place en place,\nl'harmonie de ré mineur (mode éolien, avec ut p).\nLe second violon reprend ce thème, après quoi commence le développement.\nLe deuxième thème est traité seul d'abord, puis le premier vient s'y associer en\ncontrepoint renversable très libre. Après revient le dessin B, en fa majeur, à\nl'alto, puis en /a b mineur au premier violon que double, à deux octaves, le\nvioloncelle. Le deuxième thème reparaît ensuite, sous un aspect mélodique assez\nmodifié, au violoncelle, puis monte progressivement, en prenant peu à peu la\nforme du dessin A bis auquel le triolet caractéristique l'apparentait déjà. La fin\nde ce crescendo ramène le premier thème, assez déformé d'abord, puis sous son\naspect primitif A et de nouveau en fa majeur. Cette réexposition se continue,\navec des modulations différentes, mais dans l'ordre le plus régulier. Quand le\nthème D reparaît, il est harmonisé non plus en ré mineur, mais en fa majeur\n(le violoncelle pizzicato fait entendre ut-fa, au lieu de la-ré). La réexposition\nest suivie d'une coda bâtie avec des fragments du développement précédent\nLe Scherzo est d'une forme assez spéciale, que l'on pourrait comparer par\nexemple à celle du Scherzo du Quintette (op. 34) de Brahms. Les deux éléments en\nsont exposés consécutivement et se développent l'un à côté de l'autre. Il est à\nremarquer que les thèmes cycliques ne se présentent nulle part dans ce mouve-\nment.\nLe premier thème est exposé en pizzicati (la mineur) :"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.13", "texte": "LE QUATUOR A CORDES DE M. RAVEL\n\nLe deuxième, au contraire, est très chanté :\nOn remarquera l'amusant parti pris de superposition des rythmes binaire et\nternaire.\nLe trio, lent, est construit sur une large phrase très expressive qu'exposent\nsuccessivement les divers instruments, toujours dans l'aigu de leur registre.\nF intervient, préparant de très loin le retour du dont le thème E s'es-\nquisse peu à peu à la basse, pour bientôt s'associer au thème du trio. Le retour\ndu Scherzo ne comporte aucune remarque particulière.\nL'Andante [sol majeur) affecte la forme ordinaire du lied. Le thème en est\ntrès classique d'inspiration comme de coupe. De place en place, revient un écho\npaisible du principal thème cyclique (forme A bis).\nLe Finale débute en ré mineur et finit en fa majeur. Un nouveau thème y\nintervient d'abord :"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.14", "texte": "LA PASSION SELON SAINT JEAN\n\net se développe, tandis que le violoncelle marque, en énergiques un\nlarge rythme, fort curieux et dont le rôle sera des plus importants dans la coda\nterminale. Vient ensuite, à 5/4, une préparation du thème cyclique A, qui peu\naprès rentre en si majeur, sous une forme écourtée et modifiée (à 3/4) qui rap-\npelle assez le dessin C, et s'associe à un dessin apparenté à D, formant ainsi une\npériode nouvelle, de deux membres distincts, qui constitue le deuxième thème du\nFinale. Suit un développement de G, au cours duquel revient, fragmenté, le\ndeuxième thème du Finale. Plus loin le thème cyclique D prépare le retour de ce\ndeuxième thème, au complet, en fa majeur. Après une nouvelle réapparition de\nD au premier violon doublé, comme à la première présentation, par l'alto,\ncommence une longue coda construite sur G. L'alto rappelle, au cours de cette\ncoda, le thème de l'Andante ; les dernières mesures, très agitées, contiennent la\nfigure rythmique du violoncelle plus haut signalée, qui donne à la conclusion une\ntrès grande puissance.\n\nM.-D. CALVOCORESSI.\n\nJ.-S. Bach : La Passion selon saint Jean,\nAU CONSERVATOIRE.\n\nLA PASSION SELON SAINT JEAN, de J.-S. Bach, que la Société des Concerts du\nConservatoire nous a fait entendre le vendredi ier avril, a été exécutée pour la\npremière fois, selon toute vraisemblance, le 7 avril 1724. C'est une œuvre qui\ncontrarie quelques-unes de nos idées modernes, et qu'il est très difficile de juger\néquitablement. On n'en saisit pas bien l'unité ; et le plan d'après lequel les formes\nmusicales sont réparties sur les paroles ne laisse pas d'étonner un peu. La situa-\ntion du compositeur était évidemment difficile : il avait à respecter un texte qui\nn'était pas fait pour la musique et auquel il ne pouvait cependant rien changer\nd'essentiel; en outre, l'usage lui imposait certaines formes (récitatif, chœur, air)\ndans des cas déterminés ; mais pourquoi écrit-il des chœurs si nombreux, si\nétendus, si formidables, sur certaines paroles qui parfois ne les justifient nulle-\nment? Il a eu assez de génie pour faire chanter Jésus et ne pas le rendre ridicule;\nmais de la Passion et de la mort de Jésus (que saint Jean, parmi les quatre\névangélistes, a le moins bien exprimées), nousdonne-t-il un sentiment suffisant?\nDe cette œuvre énorme, faite cependant de morceaux détachés qui rappellent\nl'oratorio italien, se dégage-t-il toute la force dramatique, toute la tendresse et\ntoute la poésie que comporte un pareil sujet ? Ph. Spitta faisait des réserves, que\nje lui ai entendu formuler de vive voix, et dont on trouve un écho discret dans\nl'étude considérable qu'il a consacrée à la Passion selon saint Jean (au tome II de\nsa grande Biographie de Bach, p. 348 et suiv.) : « Il ne faut pas oublier, dit-il,\nque c'est de la musique d'église ». Ce que Spitta ne voulait point reconnaître et ce\nqu'il ne dit pas, c'est que Bach n'écrit pas bien pour les voix. Il était souvent amené\nà les employer là où un compositeur moderne userait de l'orchestre seul, mais\nil les a presque toujours traitées avec mépris, ou avec une complète indifférence\npour leur charme spécial II leur fait franchir à chaque instant des intervalles\nbizarres, les mène rudement et leur impose les mêmes dessins mélodiques qu'au\nquatuor; au n° 13, le soprano répète exactement ce que viennent de dire les\nflûtes :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.15", "texte": "LA PASSION SELON SAINT JEAN\n\nAilleurs, Bach a l'idée singulière d'employer la voix du ténor pour un effet qui\neût été mieux à sa place dans I orchestre :\nM. Marty et son orchestre ont montré, dans l'exécution de cette grande œuvre,\nleurs qualités habituelles. 11 y a cependant certaines subordinations de valeurs,\ndans la sonorité des divers groupes, qui ne m'ont pas paru bien observées. J'en\nciterai un exemple caractéristique. Dans l'introduction et presque tout le premier\nmorceau, règne un dessin obstiné du quatuor qui est le suivant :\nIl me paraît évident que ce dessin du quatuor est comme une teinte de fond\ndans un tableau, et que, jusqu'à indication contraire et formelle du compositeur,\nil doit se tenir dans la pénombre, pour laisser ressortir le hautbois et la flûte.\nMM. les violonistes du Conservatoire le considèrent comme une valeur de pre-\nmier plan, et, en cela, ils me paraissent faire un vrai contre sens. En plusieurs\nautres passages ils ne s'effacent pas assez. Les voix sont couvertes ; de la loge\noù j'étais, on n'entendait pas un mot des paroles, tout était brouillé dans une\ntempête de contrepoint. Je suis convaincu que la partition a besoin d'être étu-\ndiée en vue d'une mise au point définitive Le rôle du chef d'orchestre est de\nrepenser l'œuvre du grand compositeur et de la voir dCensemble après avoir déter-\nminé la valeur relative de toutes ses parties. C'est ce que fait admirablement\nM. Weingartner quand il dirige une symphonie de Berlioz, et ce qu'on peut faire\naussi pour Bach, quand on l'exécute au concert (à l'église ce ne serait pas aussi\nnécessaire).\nUne autre difficulté, qui ne me paraît pas résolue, est celle des points d orgue.\nOn sait qu'un certain nombre de chœurs ont, à la fin de chaque membre de\nphrase, un point d orgue. Quelle durée faut-il accorder à chacun d'eux ? est-ce"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.16", "texte": "L'ENSEIGNEMENT DU CHANT DANS LES LYCÉES\n\nune durée ad libitum ? M. Marty se borne à ajouter un temps de plus à la valeur\nréelle de la note. Je crois (avec Westphal) qu'il faudrait ajouter un temps et\ndemi, pour obtenir une valeur qui ne fût pas exactement divisible par l'unité de\ntemps employée dans la mesure. C'est ce que les anciens, dans leur théorie du\nrythme, appelaient un rapport (( irrationnel »; et, sans cette interprétation, l'é-\ncriture employée par Bach serait incompréhensible.\nJe ne veux pas terminer ces notes sans adresser des compliments à M. Laffite,\nàM. Daraux et à Mme Georges Marty, dont la belle voix de contralto et le style\nexcellent produisent toujours la meilleure impression sur le difficile public du\nConservatoire.\n\nJULES COMBARIEU.\n\nL'enseignement du chant dans les lycées.\n\nFRANZ WULLNER : Méthode élé-\nmentaire de Chant choral (traduit\nd'après la 25e édition par G. Hum-\nbert, professeur au Conservatoire\nde Genève. Munich, Ackermann).\nCette méthode se présente\ncomme (( élémentaire ». Qu'exige\nl'auteur de l'élève ? « Un peu de\nvoix, un peu d'oreille, un peu de\nconnaissance des notes ». Je ne\ncrois pas cependant qu'un tel livre\npuisse être comprispar les enfants .\nDès la première page, on trouve\nles définitions suivantes : (( Une\nmélodie est une série de sons dont\nl'élévation et la durée sont logique-\nment ordonnées. Un rythme est\nune série de durées logiquement\nordonnées. » Enfin (même page) :\n(( La mélodie est un rythme dont les\ndurées sont occupées par une suc-\ncession logique de sons. » Ces défi-\nnitions contestables en elles-\nmêmes ne nous paraissent nulle-\nment à la portée des commençants, qui n'ont, pour tout bagage, qu' « unpeu de\nconnaissance des notes ». En outre, il ne faut pas débuter, dans l'enseignement du\nchant, par des abstractions. Faire d'abord chanter l'élève, par imitation du maître ;\nen second lieu, lui montrer, au tableau, qu'il y a des signes permettant de repré-\nsenter l'air qu il vient de chanter, et des formes de notes qui correspondent àun\nmouvement deux fois plus rapide ou deux fois plus lent dans l'exécution de l'air\nchanté ; en troisième et dernier lieu, donner des définitions : telle nous paraît être\nla meilleure marche à suivre."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.17", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\nR. M.\nl 7\n\nCe que nous louerions certainement dans un ouvrage destiné au grand public\npar un musicien aussi éprouvé que M. Franz Wiillner nous paraît constituer,\nquand on s adresse aux enfants, une méthode franchement mauvaise.\n\nC.\n\nPublications nouvelles.\n\nGASTOUÉ (AMÉDÉE).\nP. A.\nCours théorique\net pratique de plain-chantromain\nrien, d'après les travaux les plus récents.\nParis, 1904, in-B°. xiv+22l p. En\nvente au Bureau d'Edition de la Schola\nCantorum, 269, rue Saint-Jacques. Prix :\n8 fr.\nLe Cours théorique et pratique de plain-\nchant romain grégorien que M. Amédée\nGastoué vient de publier au Bureau d'E-\ndition de la Schola Cantorum est bien une\ndes œuvres les meilleures dont se soit\ndans ces derniers temps enrichie la littérature musicologique. Nous dirons tout\nde suite que ce qui fait à notre point de vue l'exceptionnel mérite de ce livre,\nc'est la fusion de deux tendances opposées qui se rencontrent chez l'auteur\net qui eussent pu, moins habilement équilibrées dans la mise en œuvre du pré-\nsent travail, se nuire l'une à l'autre M. Gastoué est un véritable savant dans\ntoutes les questions de musique grégorienne, et il n'est point de haute difficulté\nqu'il ne puisse aborder et résoudre. D'autre part, le sens pédagogique, qu'il\npossède au suprême degré, fait de M. Gastoué un très estimé professeur de chant\ngrégorien, dont l'enseignement à la Schola est justement célèbre. Bref,\non aurait pu avoir ou bien un manuel trop élémentaire ou bien un traité trop\nsavant. Nous avons à la fois un manuel élémentaire et un traité très savant.\nC'est là la caractéristique de ce volume et une qualité peu banale.\nLe livre premier, qui a comme sous-titre : « solfège et exécution », est à la portée\nde ceux qui ne savent encore rien. On peut être « un honnête homme », au sens que\nle grand siècle attachait à ce terme, et ignorer tout du chant liturgique. On peut\nmême être un excellent musicien au jugement du monde et n'en savoir pas da-\nvantage. L'auteur suppose donc son public à l'état de table , et c'est de ce\npoint de départ qu'il va le mener, de notions nouvelles en d'autres notions nou-\nvelles, après lui avoir enseigné la notation, la modalité (ah ! que voilà un exposé\nbien fait de la modalité ecclésiastique !) jusqu'aux plus délicates spéculations de\nla rythmique grégorienne.\nIl est entendu que lorsqu'on parle d'une création, d'une chose nouvelle, quelle\nqu'elle soit, il convient de dire qu'elle comble une lacune ou répond à un besoin.\nNous ne manquerons pas à cette tradition d'une critique bien faite. Il n'est\nque trop vrai, hélas ! qu'un livre comme le livre de M. Gastoué n'existait pas\nencore. Qu'importe? nous avons attendu, nous l'avons. Je sais bon nombre de\ngrégorianisants qui vont avec lui recommencer leui s classes. J'en sais d'autres\nou de prétendus tels qui pourraient bien les commencer, tout simplement."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.18", "texte": "PUBI ICATI ON S NOUVELLES\n\nF. VIGOUROUX, prêtre de Saint-Sulpice : Psautier polyglotte. Paris, Roger et\nChernoviz, in-8°, 375 p.\n\nLes Psaumes, comme l'indique leur nom hébreu (mizmôr), sont des composi-\ntions rythmiques que l'on chantait avec accompagnement d'instruments de\nmusique. Sauf 34 (sur 150), ils ont tous un titre qui, avec plus ou moins d'au-\nthenticité, nous fait connaître leur auteur, la circonstance à laquelle ils se rap-\nportent ou la façon dont ils devaient être exécutés. Le plus ancien de tous\n(psaume Lxxxixe) est de Moïse ; les plus récents sont du temps d'Esdras (5e siècle\navant Jésus-Christ). Le grand nom du roi-poète David les domine. Dans leur\nensemble, ils sont un des plus beaux monuments de poésie que nous connais-\nsions. Les Psaumes furent traduits d'abord en grec (vers le milieu du second\nsiècle avant l'ère chrétienne), à un moment où les Juifs avaient perdu l'usage\ncourant de la langue hébraïque ; puis, à une époque difficile à préciser, mais anté-\nrieure à saint Jérôme (qve siècle) et qui doit être celle des commencements du chris-\ntianisme, ils furent traduits en latin. Plusieurs siècles après, apparaissent les tra-\nductions françaises. Vers l'an 1100, un moine de Normandie fit une double version\ndes Psaumes sur deux textes latins différents, et c'est de là que sont dérivées toutes\nles traductions françaises jusqu'au xvie siècle. Malheureusement, quand il passe\nsuccessivement par des formes aussi différentes, le langage écrit altère la pensée\nplus encore que le langage oral quand il perpétue certaines traditions ; et, par\nsurcroît, d'inévitables inexactitudes furent pour ainsi dire sanctionnées par l'auto-\nrité religieuse. La traduction en grec, la plus ancienne de toutes, laissait beau-\ncoup à désirer sur plusieurs points ; la traduction latine, faite sur la précédente,\net non sur l'original, participe à ces imperfections et les aggrave : cependant\nl'Église, attentive seulement à la doctrine, au dogme, à la morale et non à la\nbeauté littéraire ou esthétique, accepta (( comme authentique )) une traduction\nqui n'était que 1 ombre déformée d'une autre ombre. Aussi le livre de M. F. Vigou-\nroux est-il particulièrement intéressant et précieux parce qu'on y trouve les\npsaumes à la fois en hébreu, en grec, en latin, en français, et qu'on peut y\nressaisir non seulement la pensée, mais la forme même employée parles grands\npoètes lyriques d'lsraël. On y trouve bien encore cet odieux numérotage des\nphrases qu'un imprimeur de la Renaissance imagina pour pouvoir comparer\nplus facilement les diverses traductions, mais on peut y voir des vers et des\nstrophes imprimés autrement qu'une mauvaise prose latine. Par ses travaux\nantérieurs, 1 auteur avait montré que nul n était plus compétent que lui pour un\npareil travail. Au texte des Psaumes il a joint un Appendice, très substantiel\net orné de jolies figures, sur les instruments de musique usités chez les Hébreux:\ninstruments à percussion (tôf, ou tambourin; selselhn, ou cymbales ; mena'ane'îm,\nou sistre) ; instruments à vent (trompette, et ses diverses formes ; hâblil, nehilôt,\nou flûte) ; instruments à cordes (kinnôr, nébel...). Dans les références très\nnombreuses qui sont au bas des pages, je relève quelques lapsus ; c'est dans\nY Ecclésiastique 9 xxxn, 7 (et non 5), que se trouve ce joli trait d'imagination orien-\ntale : (( un concert de musiciens dans un festin où l'on boit du vin est comme\nl'escarboucle enchâssée dans l'or ». Les notes 14 de la page 356 et 5 de la page\n361 (sur les Psaumes) contiennent aussi des inexactitudes. Ceci soit dit pour\nmontrer à M. l'abbé Vigouroux que je ne parle pas de son livre sans l'avoir\nexaminé ! Ailleurs, par je ne sais quelle confusion, les notes renvoient à des\npages qui n'existent pas dans le volume. Quant aux dessins enchâssés çà et là"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.19", "texte": "LES CONCERTS -\n\ndans le texte, ils sont agréables et instructifs, mais un peu (< arrangés )) (fort\nhonnêtement d ailleurs), je veux dire dépourvus de cette exactitude que bon\naime à trouver aujourd hui dans des publications de ce genre. Ainsi, le dessin\nsi net qui illustre le psaume xcvn (p. 235) reproduit dune façon bien peu fidèle\nle monument qui est au Louvre (mission de Sarzec) et sur lequel est peut-être\nreproduit le plus ancien instrument de musique connu.\n\nJULES COMBARIEU.\n\nLes Concerts.\n\nCONCERTS COLONNE. —27 mars —La\nSymphonie héroïque est rendue avec gran-\ndeur et simplicité ; je persiste à croire\nqu'il ne faut pas faire ressortir le chant des\nvioloncelles sous le motif des bois, à\nl'exposition de la 3e idée (1) ; mais je n'ai\nque des éloges à faire pour tout le reste,\nsurtout pour le scherzo, dont le rythme\ncontinu est parfaitement compris. M. Van\nDyck chante avec puissance le Chant de la\nForge de Siegfried, avec un peu d'indiffé-\nrence le Chant d\"amour de Siegmund, que\nl'orchestre accompagne en toute douceur. Le duo du Crépuscule des Dieux n'ap-\npartient pas au premier acte, comme l'affirme le programme, mais au prologue.\nLe Prélude et la Mort d'Y seul t (Mme Litvinne) sont toujours admirables. Comme\nœuvre nouvelle, nous avions trois sonnets de Heredia (Antoine et Cléopâtre), mis\nen musique par M. Torre Alfina : j'y remarque des détails charmants, entre\nautres le début du ier et du 3e morceau ; mais cela ne se soutient pas, et le chant\nest assez insignifiant : comment d'ailleurs mettreen musique des vers aussi denses\net serrés? Ne valait-il pas mieux, à l'exemple de M Debussy commentant\nïAprès-Midi d'un Faune de Mallarmé, s'inspirer des mots sans les traduire en\nnotes ? Quant au 2e morceau (Soir de Bataille), il me laisse indifférent, malgré ses\ntrompettes et ses grondements. Ah ! qui délivrera nos orchestres de ces tumultes\ninutiles, de ces orages, de ces batailles et de ces tempêtes? Quand donc nos\nmusiciens ne prendront-ils plus jamais pour devise le Fen de brut d Excourbaniès ?\n10 avril. Triomphale exécution de la Damnation de Faust. Nous y revien-\ndrons.\n(1) Voir la Revue du 31 décembre 1902, p. 534 (compte rendu du Concert Chevillard .\n\nCONCERTS CHEVILLARD —27 mars.—La 4e Symphonie de Brahms, choisie\nentre toutes par M. Chevillard, est à mon avis la plus belle en effet, je veux dire\nla plus émue. Elle est bien rendue dans l'ensemble. Mme Mysz-Gmeiner a une\nvoix étendue, souple et fraîche, comme il nous est bien rarement donné d'en\nentendre. Elle chante Y Amour d'une Femme de Schumann avec une délicatesse et\nune intensité d'émotion extrêmes ; je ne trouve à reprendre que cette tendance à\nexagérer les oppositions, qui est l'écueil de tous les chanteurs bien doués."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.20", "texte": "LES CONCERTS\n\n10 avril. Le Poème pour violon principal et orchestre de M. Henri Lutz\nmérite un compte rendu détaillé. Grand succès pour Mme Kaschowska et pour\nl'orchestre dans la Mort d'Yseult.\n\nCONCERTS LE REY. — 10 avril.\nH. B.\nDans un décor représentant un salon rouge\nd'un côté, jaune de l'autre, la phalange dirigée tour à tour par M. F. Le Rey et\npar M. Carolus Duran poursuit, au théâtre Victor-Hugo, le cycle de ses très\néclectiques séances. Deux symphonies figuraient au programme du concert\nauquel nous avons assisté : i°la Pastorale, exécutée d'une façon peu respectueuse\npour la mémoire de Beethoven (suppression des reprises, aucune nuance dans\nle 2/4 du scherzo, etc.) ; 20 une Symphonie, pour piano et orchestre, de M. Destenay.\nCette œuvre n'a d'une symphonie que le nom. C'est une suite de trois morceaux,\noù l'on entend presque continuellement le piano. L'allégro, d'une pâte orches-\ntrale bruyante et cuivrée, est d'un rythme à la Weber. L'andante contient une\nsonorité curieuse de bois soutenus par le piano et la harpe. Le presto est fran-\nchement trivial. M. Hertz a fort correctement lu sa partie.\nNous avons eu une compensation agréable avec les œuvres de M. Ricardo\nCastro.\nLa marche, extraite de l'opéra Atzimba, qui a été représenté en Amérique, est\nbâtie sur un thème mexicain ancien que M. Castro a développé d'une façon tout\nà fait ingénieuse, et dont il a tiré des effets très curieux. M. White a joué une\nRomance pour violon, que l'orchestre eût dû mieux accompagner. Les cors\nprincipalement ont été inexorables Un Menuet pour instruments à cordes,\nd'une préciosité fine et spirituelle, complétait cette sélection d'œuvres de M. Cas-\ntro.\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. Nous reviendrons sur le Concert un peu étrange\ndonné par la S. N., le 9, salle Pleyel. Enregistrons dès aujourd'hui le très bon\naccueil fait au quatuor de M. Paul Lacombe.\n\nSALLE ERARD. 9 avril. QUATUOR SECHIARI (Houdret, Monteux, Mar-\nneff). Exécution très fine de l'admirable Quatuor de Debussy. Si le scherzo,\ndélicat et mystérieux, ne dégage pas toute sa poésie dans la trop grande salle,\nen revanche, bandante a sonné délicieusement. Romance en sol de Beethoven\npar Sechiari : quelque froideur peut-être ; mais quelle largeur, quelle pureté,\nquelle noblesse ! Danse macabre, avec accompagnement de quatuor, chantée\npar Lassalle : c'est le squelette de l'œuvre de Saint-S lëns. Pour terminer, un\nquintette de Mozart aux grâces fanées, aux rythmes surannés, mais très amu-\nsant.\n\nLA TROMPETTE. 25 mars. Le Quatuor de Debussy est rendu àla perfec-\ntion par MM. Hayot, Touche, Denayer et Salmon : excellentes sonorités, débit\nexpressif et surtout naturel, aucun effort apparent pour faire ressortir les mélo-\ndies qui cependant se détachent admirablement, toutes baignées d'air et de\nlumière. Mme Mysz-Gmeiner, déjà nommée, interprète avec un égal bonheur\ndifférentes mélodies de Beethoven, Schubert et Schumann, les unes d'un senti-\nment profond et douloureux, les autres d'une gaieté printanière (Der Kuss, das\nLied im Grùn) ; j'ai un faible pour ces dernières. M le Selva montre une fois de\nplus sa grande intelligence dans la Toccata et fugue en ré majeur de J.-S. Bach,"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nainsi que dans le Prélude, Choral et Fugue de Cés. Franck, où je désirerais un\npeu plus d'onction.\n\nSCHOLA CANTORUM. — 25 mars.\nL. L.\nConcert de musique moderne, donné par\nMme C. K oarrier. Je nai pu entendre le Quatuor de Debussy, que jouaient\nau début MM. Lavello, Sandré, Bally et Mlle de la Bouglise. Mais j'ai entendu\ncelle-ci dans le Lied pour violoncelle de V. d'indy, et j'ai reconnu cette belle\nqualité de son et cette ampleur de style que je louais au dernier concours du\nConservatoire. Mlle Selva est sans rivale dans le Poème des Montagnes de\no\nV. d'indy. Quant à Mme C. Fourrier, c'est une grande artiste qui, par la délica-\ntesse du sentiment, la profondeur de l'émotion, la finesse de sa diction et la\nsouplesse de sa voix, a ravi la salle entière. Jai surtout aimé le Madrigal de\nV. d'indy et ces deux chansons mélancoliques de Debussy :le Son du Cor et\nY Echelonnement des Haies, unanimement redemandé. Mme C. Fourrier est lin-\nterprète-née du lied moderne.\n\nVENDREDI SAINT.\nL. L.\nLe Conservatoire nous donne la Passion selon saint Jean\nde J.-S. Bach, et M. Colonne le Requiem de Berlioz et la scène religieuse de\nParsifal. Quant à M. Chevillard, il n'a rien trouvé de plus religieux à nous offrir\nque la Symphonie héroïque de Beethoven, et des fragments de la Walkyrie et des\nMaîtres Chanteurs, avec M. Delmas. Sans doute ce programme n'est pas plus mau-\nvais qu'un autre, encore que le besoin de réentendre tout cela ne se fît pas impé-\nrieusement sentir. Mais pourquoi dater du Vendredi Saint un concert aussi inso-\nlemment profane ? Ne valait-il pas mieux l'intituler, tout simplement, Concert\ndu ier avril ?\n\nActes officiels, Informations et Correspondances.\n\nGRAND PRIX DE ROME. Concours d'essai au Palais de Compiègne.\nEntrée en loge : samedi 7 mai, à 10 h. du matin.\nSortie : vendredi 13 mai, à 10 h. du matin.\nJugement (au Conservatoire) : samedi 14 mai, à 9 h. du matin.\nConcours définitif au Palais de Compiègne.\nEntrée en loge : samedi 21 mai, à 10 h. du matin.\nSortie : lundi 20 juin, à 10 h. du matin.\nJugement préparatoire (au Conservatoire) : vendredi ier juillet, à midi.\nJugement définitif (à l'lnstitut* : samedi 2 juillet, à midi.\nLes candidats devront se faire inscrire au Bureau des Théâtres, 3, rue de Valois,\nde 11 heures du matin à 4 heures du soir, avant le dimanche ier mai, et déposer\nen même temps les pièces suivantes : i° leur acte de naissance ; 2° un certificat\ndélivré parleur professeur ou par un artiste connu attestant qu'ils sont capables\nde prendre part au concours ; 30 une déclaration de non-mariage. Les concurrents,\navant de se rendre à Compiègne, devront se munir de draps, taies d'oreillers et\nlinge de toilette pour leur séjour en loge.\nTerme de rigueur pour le dépôt au Conservatoire des poèmes de cantates :\nmardi 17 mai inclus."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nCONSERVATOIRE. MM. les professeurs du Conservatoire national se sont\nréunis en assemblée générale, sous la présidence de M. Th. Dubois, à l'occasion\ndu projet de loi fixant les limites d'âge d'admission à la retraite, qui doit être\ndéposé prochainement parle Ministre des Finances sur le bureau de la Chambre\ndes députés.\nLes questions auxquelles ils avaient à répondre étaient les suivantes :\ni° Convient-il de demander au Ministre des Finances de faire fixer, d'une\nmanière générale, par voie législative, la limite d'âge du personnel enseignant à\n70 ans, tant pour les professeurs actuellement en fonctions que pour ceux qui\nseraient ultérieurement nommés }\n20 Convient-il, au contraire, de restreindre cette limite d'âge aux seuls profes-\nseurs en fonctions ?\n30 En ce qui concerne les nouveaux professeurs, c'est-à-dire ceux qui seraient\nultérieurement nommés, ne pourrait-on pas décider qu'une simple indemnité non\nsoumise aux retenues pour pensions civiles leur serait accordée ?\n40 Quels sont les professeurs en fonctions qui demandent à rester placés sous\nle régime de la loi du 9 juin 1853 ?\n50 Quels sont ceux qui demandent à ne plus subir aucune retenue ?\nLa grande salle du Conservatoire national sera mise à la disposition du\nComité de l'Association des Artistes musiciens pour y tenir, le lundi 16 mai pro-\nchain, l'assemblée générale des membres de cette Société.\nAux termes de son cahier des charges, le Directeur du Théâtre national de\nl'Opéra-Comique est tenu de mettre chaque soir (dimanches, jours de fête et de\npremières représentations exceptés) une loge à la disposition du Directeur du\nConservatoire national pour les élèves de cet établissement.\nM. Th. Dubois, pour répondre au désir que lui a exprimé M. Carré, renoncera\nà l'exercice de ce droit les lundis (jours de représentation populaire), les 24 et\n31 décembre, le mardi gras et le jour de la Mi-Carême.\nEn échange, 6 entrées seront mises chaque dimanche soir à la disposition des\nélèves.\n\nLILLE : CONCERTS POPULAIRES. M. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement\nmusical, a assisté, le 27 mars dernier, à la 6e séance de l'abonnement donnée par-\nla Société des Concerts Populaires à Lille. MM. Van Waefelghen(viole d'amour)\net Jules Mouquet, compositeur, grand prix de Rome, prêtaient leur concours à\nM. Ratez, le directeur de cette Société, et ont exécuté plusieurs œuvres de leur\ncomposition. Un chœur de jeunes filles, élèves de la succursale du Conservatoire\nnational, a interprété un air de Caligula, par Gabriel F'auré. M. Gédalge a été\nheureux de constater avec quel soin et quel souci artistique ont été choisis et\nexécutés tous les morceaux inscrits au programme de cette journée.\n\nMOULINS. M. Belin, professeur de violon à l'École nationale de musique\nde Moulins, est nommé directeur de ladite École, en remplacement de M. Marius\nBoullard, décédé.\n\nARMENTIÈRES. La municipalité d'Armentières se proposant de demander\nprochainement la transformation de son École de musique en École Nationale,\nM. Gédalge, inspecteur de l'Enseignement musical, se rendra bientôt dans cette"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nville pour y examiner en détail le fonctionnement de l'École et juger du niveau\ndes études dans les différentes classes.\n\n30 ANS DE THÉÂTRE. Une grande matinée aura lieu le jeudi 21 avril courant,\ndans la grande salle des fêtes du Trocadéro, au bénéfice de la caisse de secours\nde l'œuvre française des 30 Ans de Théâtre.\n\nMIMI PINSON. Dimanche 15 mai prochain, dans la soirée, la grande salle\ndes fêtes du Palais du Trocadéro sera mise à la disposition de M. Gustave\nCharpentier pour y organiser un grand concert au bénéfice de l'œuvre de\nMimi Pinson, dont il est fondateur.\n\nSUBVENTIONS. M. le Ministre des Beaux-Arts vient de signer un arrêté attri-\nbuant des subventions aux sociétés musicales ci-après désignées :\ni° Société des Compositeurs de Musique, présidée par M. Samuel Rous-\nseau : 500 fr. ;\n20 Association artistique des Concerts classiques de Marseille, présidée par\nM. Gouirand, 5000 fr. ;\n30 Société Sainte-Cécile de Bordeaux, présidée par M. Dolhassary, 3000 fr. ;\n40 Société Haydn-Mozart-Beethoven, présidée par M. E. Calliat, 600 fr.\n\nMÉDAILLES. Une médaille de vermeil et deux médailles d'argent (grand\nmodule) sont accordées pour être décernées au nom du Ministre des Beaux-Arts\nà l'une des sociétés qui prendront part aux concours de musique organisés dans\nles villes ci-après :\nAngoulême, les 14 et 15 août 1904 ;\nMeudon (Seine-et-Oise), les 12 et 13 juin 1904 ;\nCorbie (Somme), le 12 juin 1904.\n\nECOLES DE MUSIQUE. —Il est acquis pour les écoles nationales de Musique\ndes départements 30 exemplaires de Y Histoire de la musique (îles Britanniques,\nier volume) par M. Albert Soubies.\n\nTROCADÉRO. M. Guilmant, professeur au Conservatoire, continuera, comme\nles années précédentes, à donner aux élèves de cet établissement des séances\nhistoriques d'orgue dans la grande salle des fêtes du Palais du Trocadéro, que\nl'administration des Beaux-Arts a mise gracieusement à sa disposition. Ces au-\nditions privées et gratuites auront lieu tous les lundis à 4 heures (à l'exception du\n23 mai), à partir du 2s avril jusqu'au 11 juillet inclusivement.\nLe mercredi 27 avril, Miss Isadora Duncan, de Berlin, organisera dans la\ngrande salle des fêtes du Palais du Trocadéro des soirées de danse avec orchestre\net musique de Beethoven.\n\nOPÉRA-COMIQUE. Une grande représentation de gala sera donnée le 26 mai\nprochain à l'Opéra-Comique, sous la présidence d'honneur de M. le Ministre de\nl'lnstruction publique et des Beaux-Arts. Le produit de cette matinée, pour la-\nquelle M. Carré a été autorisé à fixer un tarif spécial, sera versé entre les mains\ndu comité qui s'est constitué en vue d'élever un monument à la mémoire du\nregretté secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts, Gustave Larroumet.\n\nVILLE DE PARIS. Concours musical. Le jury du concours musical de la\nVille de Paris a désigné comme lauréat M. Tournemire, auteur de l'œuvre le"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040415-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nSang de la Sirène, composition symphonique, qui sera exécutée par l'un des\ngrands orchestres parisiens. M. Tournemire reçoit, en outre, une prime de\n10.000 francs. M. Gabriel Pierné a été classé second avec la Croisade des Enfants.\nUne prime de 3.000 francs lui est allouée.\n\nELBERFELD.\nS.\nKocinga, opéra en 3 actes, un prologue et un épilogue. Texte\nde C. F. Keary, traduit par Mme Delius. Musique de Fr. Delius (30 mars 1904).\nFTéd. Delius est né à Bradford (Angleterre) de parents allemands ; son enfance\ns'est passée en Floride, il a fait ses études musicales à Leipzig, et depuis douze\nans il vit de préférence à Paris. Déjà connu par d'importantes œuvres de concert\n(la Ronde de la Vie, la Chanson de Minuit, d'après Xarathustra, etc.) et de fort\nbelles mélodies, il nous donne aujourd hui une œuvre dramatique où se peint\nl'âme diverse des races que sa vie errante lui a donné occasion de connaître. La\nscène est dans une plantation américaine, où un vieux nègre raconte aux filles\ndes maîtres une antique légende : c'est le prologue; cette légende nous est repré-\nsentée dans les 3 actes qui suivent. Les amours contrariées de Koanga, prince\nréduit à l'esclavage, et de Palmyra, mulâtresse et chrétienne, en sont le sujet;\npersécuté pour son indomptable fierté, le héros noir s'enfuit dans la forêt, mais\nl'amour le ramène, et, comme il tue son rival, le surveillant Perez, il est battu\nde verges à mort et traîné tout sanglant, agonisant, devant Palmyra, comme\nMatho devant Salammbô. Avec lui meurt tout espoir de liberté pour le peuple\nesclave dont il fut un instant le chef. Sur cette sombre histoire, Fr. Delius a\nécrit une partition extrêmement vivante et colorée, d'une grande richesse mélo-\ndique, et d'un style hardiment exotique, qui rappelle les meilleurs jours de\nGauguin : la scène de noces (IIe acte) et celle du sacrifice dans la forêt (IIIe acte)\nsont particulièrement saisissantes. Les rôles de Koanga et de Palmyra sont fort\nbeaux; l'émotion va croissant d'acte en acte, et le succès a été très grand et\nmérité. Il faut signaler les articles très élogieux parus dans le Berliner Tagehlatt,\nle Hamburger Fremdenblatt et la Kolnische Zeitung.\n<> O\n\n—ÉCOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES.\nL. L.\nJe terminerai le 18 et le\n25 avril, à 4 h., mes conférences sur la musique moderne {de Schumann à\nDebussy) ; les auteurs étudiés seront Liszt, Cés. Franck, Moussorgsky, Cl. De-\nbussy. Mlle Kikina et M. Édouard Bernard exécuteront diverses mélodies et\npièces pour piano de ces auteurs. Le 29, à9h. du soir, concert de musique\nmoderne. Cl. Debussy sera interprété par Mlle Blanche Marot, qui créa les\nChansons de Bilitis àla Société Nationale et la Damoiselle Elue en 1900, et\nM. R. Vines."}]}