{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_sha256": "b2caff4ed36b1178f348c141a2bcd84dafa1e70e8cc6255a68d27756bed590b8", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/05/01_01/bmtnabj_1904-05-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/05/01_01/bmtnabj_1904-05-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "225", "page_fin": "226", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.1", "titre_corps": "GABRIEL PARÉS", "titre_sommaire": "GABRIEL PARÉS", "signature_source": "J. 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Girard,\nexcellent homme, èrudit et de réel talent. (C'est à Girard que Fon doit la majeure\npartie des fantaisies sur les anciens opéras dont la Garde possède la collection com-\nplète, et qu elle tient à honneur de nous faire entendre chaque année, à côté des\nœuvres de l'Ecole moderne.)\nGabriel Parés est né à Paris le 28 novembre 1860. Avec le numéro 1, il est reçu\nsous-chef, en 1881, et nommé au jf régiment, à Paris ; avec le n° 1, deux ans\naprès, il est reçu chef, et envoyé au 69e d'infanterie à Nancy ; avec le n° 1, en iBBy,\nil est proposé et nommé chef de la division des équipages de la Flotte à Toulon;\navec le n° 1 enfin, c est-à-dire à l'unanimité du jury, il est nommé en iBgq chef de\nla première musique de France et succède à Wetge. En moins de douze ans, il\narriva donc au sommet de la hiérarchie musicale militaire, ce qui est sans précé-\ndent. Parés a le grade de capitaine dans F armée, et celui de général dans la mu-\nsique !...\nComme chef, son rôle est considérable. Il vulgarise les chefs-d'œuvre. Par une\ntentative hardie et heureuse (qu'il convient d'ailleurs de ne pas pousser trop loin), il\na rapproché la musique de la Garde des sonorités de F orchestre symphoiiique. Il est\nle modèle de toutes ces musiques militaires de France qu 011 ne pourrait supprimer\nsans attrister notre patriotisme et sans porter un réel préjudice à l'art français.\nComme compositeur, son bagage ne laisse pas d'être important. Indépendam-\nment des nombreuses transcriptions d'œuvres symphoniques et des fantaisies sur les\nopéras modernes oit se révèle une véritable science d'orchestration, on doit à Gabriel\nParés des marches militaires fort réussies, comme le Grognard, le Voltigeur, le\nChevau-léger, le Chevalier-Garde, la Marche Cosaque, etc. ; des ouvertures dra-\nmatiques de grande allure, telles que Rollon, Richilde, les Deux Fiancées, Pax et\nLabor. Il a écrit également pour orchestre symphonique une série d'œuvres, parmi\nlesquelles : Polonaise de concert, Marche solennelle, Divertissement tzigane,\nSous les Etoiles, Gavotte Simon, et, plus récemment, Marche du triomphe, Fan-\ntaisie-Ballet, Marche de fiançailles, Scène de ballet, etc., etc. Il est également\nl auteur de différents ballets, d'adaptations musicales, et en collaboration avec son\nfrère M. J.-IT. Parés, d'un ingénieux opéra comique : le Secret de maître Cor-\nnille, d'après une nouvelle de Daudet, qui est inscrit au répertoire de F Opéra-\nComique. Parés a aussi publié de nombreux ouvrages d'enseignement musical :\nMéthode pour tous les instruments à vent, exercices journaliers, un Cours d'en-\nsemble instrumental et un Traité d'instrumentation et d'orchestration à l'usage\ndes compositeurs et des directeurs d'harmonies et de fanfares.\nAyant eu l'honneur de siéger à côté de Gabriel Parés dans diverses commissions,\nje dois ajouter qu'il est modeste, très doux, de relations fort agréables, et que les\nqualités de F homme privé complètent brillamment celles de F artiste."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "225", "page_fin": "225", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.1.1", "titre_corps": "Gabriel PARÉS", "titre_sommaire": "Gabriel PARÉS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "225", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.1", "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 81, "texte": "Gabriel PARÉS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c003", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "227", "page_fin": "229", "image_debut": 3, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.2", "titre_corps": "Académie nationale de musique : LE FILS DE L'ÉTOILE, drame musical en cinq actes, poème de CATULLE MENDÈS, musique de CAMILLE ERLANGER. (Partition pour piano et chant à la Société nouvelle d'éditions musicales, 24, rue des Capucines).", "titre_sommaire": "Académie nationale de musique : LE FILS DE L'ÉTOILE, drame musical en cinq actes, poème de CATULLE MENDÈS, musique de CAMILLE ERLANGER. (Partition pour piano et chant à la Société nouvelle d'éditions musicales, 24, rue des Capucines).", "signature_source": "J. 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Vague-\nment, ils attendent une revanche. Une sorte de Messie révolutionnaire, guidé par\nune étoile là son nom : Fils de F Etoile), Bar Kokeba, entreprend de délivrer\nIsraël ; et il remporte un premier triomphe sur les ennemis. En revenant de la\nbataille, il ramène avec lui une captive qui est une enchanteresse perverse et\ndangereuse : Lilith ; et comme il est déjà aimé d'une vierge au cœur très pur,\nSéphora, la lutte s'engage aussitôt entre les deux femmes. Laquelle des deux va\ntriompher ? Lilith ou Séphora ? Puisque tu aimes notre sauveur, dit le grand\nprêtre à Lilith, prouve-le-lui en allant comme Judith dans le camp ennemi et en\nlui rapportant la tête du général romain ! Lilith, qui ne connaît que la joie et\nla volupté, refuse. Séphora montre plus de courage : « C'est moi, dit-elle, qui\nsuivrai l'exemple de Judith ! » Elle part, un coutelas sous sa robe.Mais ici la sor-\ncellerie triomphe de la vertu. Lilith endort Séphora, lui inspire un rêve où elle\ncroit accomplir réellement ce qui se passe dans son imagination, et met une\npierre dans le sac où elle est convaincue d'avoir placé la tête de l'Holopherne\nlatin. Au retour, elle n'a pas de peine à tourner l'héroïsme de sa rivale en objet\nde risée. Bar Kokeba, plongé dans les voluptés, s'aperçoit enfin de la supério-\nrité de Séphora sur Lilith ; mais il est trop tard : la ruine d'lsraël paraît con-\nsommée.\nCe conte dramatique évoque bien des souvenirs. D abord, Bar Kokeba est\nbien un personnage historique. Nous avons, à la Bibliothèque nationale, une\nmédaille à son nom ; sur une des faces de cette médaille se trouvent même re-\nprésentés deux instruments de musique ; sur l'autre, il y a un raisin. Mais peu\nimporte ce détail. Ce qu'il faut à l'opéra, c'est une grande imagination lyrique,\net M. Catulle Mendès n'en manque pas, pour deux raisons : il est poète très ar-\ntiste, et il a beaucoup de savoir. Bar Kokeba ramenant Lilith de la bataille, rap-\npelle Agamemnon et Héraclès ramenant Cassandre ou lolla dans leur char de\ntriomphe; en outre, ce Fils de l'Étoile n'est pas sans analogie avec Tannhâuser\nplacé entre Elisabeth et Vénus. C est toujours la lutte de 1 amour pur et de l'a-\nmour pervers le mythe platonicien du coursier blanc et du coursier noir\nqui forme la base de toute action dans notre théâtre moderne. Comme Tann-\nhâuser, le Fils de l'Étoile reconnaît, à la fin, la supériorité de 1 ange sur le\nmon... Ce que je reprocherai cependant à M. Mendès, c est sa conclusion de dé-\ndésenchantement et de sensualisme :\nIl ne reste plus rien que l'élernel mensonge\nEt Tétei nelle volupté.\nCela est bien gros, à la fin d'un opéra. Il faudrait au moins que la pièce ame-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.4", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3797, "texte": "nât logiquement cette idée ; et la pièce est vraiment trop chimérique pour\naboutir sérieusement à une conclusion de ce genre.\nQuoi qu'il en soit, ce livret semble très propice à la musique. Il est ingénieux,\nbrillant, assez historique et assez irréel pour permettre au compositeur de\ndéployer ses ressources. M. Erlanger en a-t-il su tirer une œuvre intéressante et\nbelle ? M. Gailhard, qui est un peu dans la situation d'lsraël, bien que son temple\nne soit pas encore en ruines, a-t-il enfin trouvé dans le Fils de l'Etoile le Messie\ndepuis si longtemps attendu, le succès qui va (( flamboyer comme l'éclair, bon-\ndir comme le torrent, rugir comme les lions roux, hurler comme l'âpre mer ? »\nJe n'ose l'espérer, tout en le souhaitant beaucoup et de grand cœur, quand je\nsonge au très grand talent de l'auteur, au très grand effort du musicien, et à\nla bonne volonté du directeur, qui, les uns comme les autres, ont dépensé sans\ncompter.\nOui, M. Erlanger a beaucoup de talent. Il l'a fait sentir aux musiciens que\ndirige M. Taffanel, et dont la tâche n'a pas été facile. Il a voulu écrire une œuvre\nénorme, puissante, mais il a manifestement dépassé la mesure habituelle. Un\nproverbe grec dit qu'il faut semer avec la main, non avec la corbeille. C'est à\npleine corbeille que M. Erlanger a jeté son grain. Il y a excès ; il y a peut-être\nerreur aussi dans la direction initiale. M. Erlanger a traité comme une (( tragé-\ndie )) un sujet où il fallait plus de détachement. Son orchestration sauf cer-\ntaines pages où j'ai regretté l'excès contraire est touffue, emmêlée, lourde,\ninquiète, au delà de tout ce que nous connaissions jusqu'ici. La grâce est\ntrop rare. Cela me rappelle, dans la Salammbô de Flaubert, le festin des Bar-\nbares où l'on sert des animaux entiers avec leurs cornes et où des truffes nagent\ndans Vassa fœtida. Mais cette variété des nourritures, au lieu d'exciter la cupidité\nde mon estomac, le lasse et l'effraie. C'est une erreur de croire que plus une\nliqueur est forte, meilleure elle est; cette opinion est celle de Coupeaux ; ce n'est\npas celle d'Atticus ou de Bizet. Je suis convaincu qu'on aurait pu écrire, sur le\nlivret de M. Catulle Mendès, un opéra plein de charme ; mais le charme est ce\nqui manque ici à M. Erlanger. Ce qui me paraît être ici en défaut, ce n'est pas sa\nvaleur musicale, mais son esprit critique. Il n'a pas déterminé avec justesse, à\nmon humble avis, la valeur exacte de la matière qu'il avait à traiter ; il a serré\nde trop près une fantaisie qui devait rester libre et un peu flottante. Il a trop\nsouvent dans la main la massue d'Hercule ou le marteau des Cyclopes, trop\nrarement le rameau d'or de la poésie. Une autre erreur de sa méthode me paraît\nêtre le parti pris de l'originalité. Etre personnel et original, être soi, c'est la qua-\nlité suprême du compositeur ! mais il faut qu'elle soit, ou paraisse, naturelle : si\nl'on sent l'effort et la recherche obstinée, on s'aperçoit qu'on est dupe d'un jeu\nmalhabile, et l'illusion se glace. Dans le Fils de l'Etoile, il y a un ballet où je\nn'ai vu qu'une affectation d'archaïsme et de réalisme, et une singularité peu\nagréable (i). Si les Romains s'amusaient ainsi, comme je les plains ! Que pense\nM. Erlanger du chœur des femmes-fleurs dans Parsi/al, ou du trio des filles\ndu Rhin dans la Gotterdâmmerung ?... Au lieu de se jeter éperdùment dans la\nrecherche des formes bizarres, que nos compositeurs relisent donc Wagner\npour apprendre de lui que l'essence de la musique est la mélodie et que le souci\nde l'expression juste est le premier devoir du musicien travaillant pour le théâtre !\n\n(i) C'est clans ce ballet qu'un critique a reconnu des (( modes grecs », autrement dit des\ngammes par tons entiers. Quels sont donc les modes grecs qui procèdent par tons entiers ?"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.5", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 990, "texte": "Ai. Erlanger nous dira qu'il a eu précisément ce souci ; et je le sais trop con-\nsciencieux pour qu il en soit autrement ! mais je crois, à mon très grand regret,\nqu il s est trompé, qu'il a tout grossi en oubliant les proportions, et que la vraie\nbeauté musicale est absente de ces prouesses de talent qui accablent l'auditeur.\nAime Bréval (Sephora) a tiré sans peine du seul rôle (( sympathique )) de la\npièce de très bons effets, grâce à son double talent de tragédienne et de canta-\ntiice. Alme Ilégion s est montrée aussi séduisante que dans Astcirté, il y a trois\nans. M. Alvarez est toujours un ténor de grande valeur et cle haute autorité ;\nmais la voix manque un peu de volume. Quant à M. Delmas, il a été admirable\nà tous égards, comme toujours. Mlle Zambelli a éclairé un instant de sa grâce\nexquise cette tragédie un peu sombre ; et je n'userai pas d'une formule banale\nen adressant à M. Taffanel et à son orchestre des compliments mille fois mé-\nrités ! T. C\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "229", "page_fin": "236", "image_debut": 5, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.3", "titre_corps": "ENRICO TAMBERLICK", "titre_sommaire": "ENRICO TAMBERLICK", "signature_source": "HENRI BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.5", "debut_caractere": 992, "fin_caractere_exclue": 2855, "texte": "ENRICO TAMBERLICK\nLA CARRIÈRE D'UN TÉNOR ITALIEN (1820-1889).\n\n(0\nIII\nBien qu'engagé au Théâtre-Italien, et, par conséquent, bien que devant\nchanter clans sa langue, Tamberlick, tout en désirant fiévreusement paraître\ndevant le public parisien, avait peur d'affronter ses suffrages.\nEn 1858, le Théâtre-Italien, dirigéparCalzado, était florissant. S'il avait perdu\nplusieurs de ses étoiles, il lui restait encore Mmes Penco, Frezzolini, Alboni ;\nMario, Graziani et Corsi faisaient également partie de la troupe engagée.\nA cette époque, Tamberlick avait déjà chanté dans les deux mondes, et sa\nréputation était universelle. Il ne lui manquait que la sanction de Paris. Il y\nattachait d'autant plus de prix qu'il aimait cette ville d'un amour profond, et\nqu'il pensait déjà s'y fixer, plus tard, lorsque sonnerait l'heure de la retraite.\nOn a même dit qu'il s'y faisait bâtir un hôtel aux Champs-Elysées, mais c'est\nune légende sans fondement.\nCe n'est d'ailleurs qu'en 1860 qu'il s'installa à Paris avec sa famille. Il occupa\njusqu'en 1874 un appartement, 37, rue Washington.\nPuisque nous en sommes au chapitre des légendes, il convient également de\ndétruire celle relative aux visites qu'il aurait rendues aux critiques musicaux\navant de débuter aux Italiens. D'abord ç'eût été une maladresse. En outre, son\ncaractère indépendant le mettait à l'abri de semblable compromission.\nC'est en mars qu'il parut devant le public parisien.\nIl avait choisi Otello, de Rossini, dont le rôle comportait Yut % qui l'avait\nrendu célèbre.\nComme le snobisme a existé de tout temps, une partie du public ne voyait\nen Tamberlick que le ténor qui donne Yut de poitrine.\nLa salle était plutôt hostile. Il avait un nom qui ne plaisait pas. Le premier\nacte fut froid.\nAu 2e acte, dans le duo, il devait chanter la phrase : Si dopo lei morro. Sous\n\n(1) Suite. Voir la Revue du 15 avril."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.6", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2740, "texte": "le mot lei lut éclata, vigoureux, strident, magnifique ! Des bravos couvrirent le\nson des instruments, et ne cessèrent que lorsque Tamberlick recommença. Un\ntonnerre d'applaudissements le remercia. Et dès lors, Tamberlick fut considéré\ncomme une sorte de phénomène.\nSa large diction, l'ampleur de son récit, la beauté de son jeu, la splendeur de\nsa voix, son art, son talent, son savoir musical, tout cela dut s'effacer devant la\nnote aiguë qu'il avait le pouvoir d'émettre.\nQuatre fois en huit jours, Tamberlick chanta Otello.\nLes partenaires étaient Mmes Grisi, Cambordi, MM. Susini et Béjar.\nIl eut, bien entendu, une presse extrêmement élogieuse.\nSon portrait parut à toutes les devantures, et il connut même le -triomphe\nd'être parodié.\nSous le titre de XUt dièse, Moinaux fit jouer aux Variétés une bouffonnerie\nmusicale, où Lassagne dans le rôle de Jean Bernic, chanteur auvergnat,\nparodiait le lion du jour.\nTamberlick touchait le joli cachet de 2.000 fr. par représentation.\nLe prix de la place d'orchestre, de première loge, ou de corbeille (la fameuse\ncorbeille de Ventadour...) était de 12 francs. Le maximum de la recette était\nde 1 3.000 francs.\nInutile de dire que le maximum était atteint chaque fois que Tamberlick\nchantait.\nDes snobs faisaient leur entrée dans la salle au second acte d'o/e//o, se\npâmaient à l ut, et se retiraient satisfaits...\nEn cette saison, Tamberlick prit part à différents concerts, et sa présence fit\nmonter la recette en de notables proportions.\nA l'Opéra, où se donnait une représentation au profit de la caisse des pen-\nsions et retraites, il chanta en français le trio de Guillaume Tell et le duo\nd'Otello.\nDe nouveau, il fut fortement question de l'attacher à l'Opéra, mais l'engage-\nment ne fut pas signé.\nA une soirée organisée par le Figaro, le trio de Guillaume Tell fut chanté par\nTamberlick, Faure et Obin. Non seulement ces trois artistes n'avaient pas ré-\npété ensemble, mais Tamberlick et M. Faure ne se connaissaient pas. Leurs\nvoix s'accommodèrent à merveille, et le morceau produisit un effet immense\nEn juillet, Tamberlick repartit pour Londres (1).\nIl était convenu qu'il reviendrait à Paris l'année suivante\nA Covent-Garden il chanta Otello, Don Giovanni, toujours avec le même\nsuccès enthousiaste.\nAvant de regagner Pétersbourg, Tamberlick séjourna quelque temps en\nBelgique, et prit part à un grand festival à Spa.\nPuis il retrouve en Russie son succès habituel.\nMarie de Rohan lui vaut des applaudissements sans fin ; enthousiasme fréné-\ntique dans Guillaume Tell et dans les Huguenots.\nEn janvier 1859, il chante à Pétersbourg Moïse, et Fra Diavolo, qui ne lui\nconvient pas très bien\n\n(1) Voir aux pièces annexées la copie de son engagement pour 1858 à Londres."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "231", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.7", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "Le 13 février, les artistes du Théâtre-Italien donnent, dans la Salle de l'Uni-\nversité, un grand concert au profit des écoliers pauvres de la capitale. Le succès\nest immense, et les étudiants portent en triomphe Mme Bosio et Tamberlick.\nAu moment où la saison se termine, le tsar nomme Bosio première can-\ntatrice et Tamberlick premier chanteur de Leurs Majestés Impériales.\nLe 27 mars, Tamberlick fait sa rentrée à Paris dans II Trovatore. Un peu\nému d'abord, il ne tarde pas à se ressaisir, et son succès n'est pas inférieur\nà celui de la saison dernière. On lui redemande l'air du 3e acte, et on bisse le\nMiserere.\nL'engagement qu'il a contracté avec M. Calzado est de 30.000 fr. pour 13 re-\nprésentations.\nLe prix des places est porté de 12 à 13 francs.\nOn reprend Ctello, où Vut 5 produit son effet attendu.\nEnfin, Tamberlick paraît dans Poliuto, où il est trouvé admirable d'organe\net d'expression.\nSa physionomie est d'une beauté sublime, ses gestes sont graves et simples,\nune religieuse sérénité plane sur sa personne.\nTamberlick donne, quelques jours après, son concours à un concert au\nThéâtre Lyrique.\nSon dévouement est d'ailleurs inlassable et se manifeste en toute occasion.\nAinsi, ayant appris qu'autrefois on organisait tous les ans une représentation\nau bénéfice des choristes du Théâtre-Italien, il propose de rétablir cet\nusage.\nIl organise lui-même la représentation, et se charge de tous les détails.\nIl est convié à prendre part à un concert aux Tuileries et y chante Mose de\nRossini avec Corsi.\nEst-ce ce jour-là que Napoléon 111 lui dit :\n(( Je vous félicite de votre succès, mais malheureusement la musique ne me\nprocure aucun plaisir.. ? ))\nMais la saison touche à sa fin.\nLe 8 mai a lieu la représentation au bénéfice de Tamberlick.\nAprès le Credo de Poliuto, Tamberlick disparaît sous une avalanche de\nfleurs.\nMme Penco et Corsi se sont littéralement surpassés dans cette représentation\nqui a dû laisser d'impérissables souvenirs dans l'âme du grand artiste. Au\nbilan de l'année, il convient de faire figurer l'unique représentation de II cunoso\naccidente.\nAprès une représentation au bénéfice de l'orchestre, et une autre au profit des\nvolontaires italiens, l'illustre ténor part pour Marseille.\nLe 15 mai, il donne un concert à l'Athénée, où il chante le duo d'Otello, l'air\ndu Trouvèie et le trio de Guillaume Tell, avec un succès fou.\nOn lui offre un banquet. 11 y chante un air patriotique en 1 honneur de l'ltalie\navec une puissance et une verve entraînantes.\nUn autre concert donné au Grand-Théâtre le 29 mai rapporte à Tamberlick la\nbagatelle de 5.000 francs.\nA ce moment, les Autrichiens envahissaient le Piémont, 1 armée française allait"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "232", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.8", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2829, "texte": "combattre en faveur de l'indépendance italienne, dont Tamberlick était l'ardent\nchampion.\nComme tous les ans, le moment est venu de repartir pour la Russie.\nTamberlick se fait applaudir dans son répertoire habituel.\nIl prend part aune représentation extraordinaire donnée au Théâtre-Français\nde Pëtersbourg : il y chante en français et en russe.\nMme Nansier-Didiée fait entendre des chansons napolitaines ; mais le plus gros\nsuccès est pour Tamberlick dans la fameuse romance de la princesse Kotschou-\nbey : Skaji ieï (Dis-lui). La salle croule sous les rappels.\nA minuit le spectacle se termina par un tableau vivant où figuraient tous les\nartistes français, groupés par le peintre Zichy.\nLe tsar, la tsarine et plusieurs membres de la famille impériale assistaient à la\nreprésentation.\nTamberlick s'était créé de hautes relations en Russie. 11 était le commensal in-\ntime du grand pianiste Rubinstein, de dix années plus jeune que lui, et qui ne\ndevait donner que bien plus tard ses ouvrages scéniques.\nTamberlick avait le titre de chanteur de la Cour, et ce titre lui conférait le\ndroit et le devoir —de porter un uniforme de colonel qui lui valait les hon-\nneurs militaires en Russie.\nDès son retour de Pétersbourg, en mars, il se mit à la disposition de M. Cal-\nzado, et, malgré la fatigue d'un voyage pénible, il chanta tout de suite Otello.\nSalle comble et enthousiaste. Réouverture de l'éternel débat sur Yut 2.\nIl Trovatore et Don Giovanni continuent la série.\nEn avril, Tamberlick paraît dans Rigoletto.\nLe succès est partagé avec Graziani et Mme Alboni.\nIl chante encore Poliuto, et quitte Paris pour se rendre à Madrid, où il est\nengagé pour 20 représentations, avec la basse Manfredi et le chef d'orchestre\nBonetti.\nIl débute au théâtre cle la Zarzuela dans Otello.\nL'accueil d'abord froid du public s'échauffe peu à peu et tourne au triomphe\ndès le 2e acte.\nTamberlick retrouve tous ses avantages dans Poliuto.\nUne indisposition de Mme Kenneth (.Desdémone) arrête ces représentations.\nSans perdre de temps, Tamberlick s'en va à Lyon et y chante deux fois de suite\nOtello.\nEn juillet il se retrouve à Londres, et chante le Prophète avec Mme Czillag dans\nFidès.\nLe Prophète fut joué souvent à Covent-Garden en cette saison de 1860.\nTamberlick prend part àun grand concert où l'on donne Orphée de Gluck,\nl'ouverture â Oberon, et le Serment de Guillaume Tell.\nNous retrouvons au mois de septembre Tamberlick à Blois, où le Figaro a\norganisé, dans la salle des Etats, un concert au profit des pauvres.\nAu programme figuraient : Galathée, le duo de Moïse chanté par Tamberlick et\nM. Faure, l'air de Jérusalem (Verdi) chanté par Tamberlick, l'inéluctable trio de\nGuillaume Tell (interprété par Tamberlick, Faure et Levasseur).\nJ. Offenbach joua sur le violoncelle le Sylphe.\nLa recette atteignit 14.000 francs."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.9", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1978, "texte": "En septembre, départ pour Pétersbourg.\nTamberlick chante le Prophète, Norma, Freyschûp.\nDans le Prophète, il remporte un succès formidable avec l'air :(( Roi du ciel et\ndes Anges )).\nUne série de concerts est donnée à l'occasion de l'inauguration du Théâtre-\nMarie. Tamberlick y figure avec des lieds chantés en russe, et notamment des\nromances de la princesse Kotschoubey.\nTamberlick ne fait que toucher Paris, en mars 1861, pour se rendre à Londres,\noù il reprend le Prophète.\nIl chante également Guillaume Tell,\navec Mme Miolan-Carvalho et Faure\n(avril;.\nDe Londres il va à Spa, où Meyerbeer\nest attendu.\nIl passe à Paris pour prendre part à\nl'Opéra à la représentation au bénéfice\nde Mme Petipa, et repart pour Londres\n(août 1861 ).\nIl faut qu'un homme soit de bronze\npour résister aux fatigues de tant de\nvoyages.\nTamberlick se dépense sans compter.\nIl ne prend aucun repos et a la coquet-\nterie de répéter à pleine voix au lieu de\nchanter en sourdine.\nIl revient à Paris et, cette fois, tombe\nmalade (septembre).\nLa représentation au profit de la caisse\ndes pensions à laquelle il devait figurer\nest ajournée en raison de sa maladie.\nMais Tamberlick n'a pas le temps\nd'être malade.\nL'heure de partir pour Pétersbourg\nsonne. Il part, et arrive pour apprendre le décès de Cavos, le régisseur du\nThéâtre-Italien.\nAvec ses camarades, Tamberlick chante divinement le Requiem de\nMozart.\nLe 25 septembre, le théâtre rouvre avec le Prophète et Poliuto.\nDans la semaine de sa rentrée à Paris au mois de mars suivant, Tamberlick\nchanta, dimanche, mardi et jeudi, Poliuto ; vendredi et samedi, Otello.\nQuel que soit l'intérêt musical minime que présentent aujourd'hui pour nous\nces ouvrages, on reste quand même confondu en présence d'une telle puissance\ndelà part du chanteur qui accomplit ces prouesses\nPour le bénéfice de Mme Alboni, on donne II Trovatore avec Tamberlick,\nM. Delle Sedie, Mmes Alboni et Penco.\nPour le bénéfice de M. Delle Sedie, on jout Don Giovanni."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.10", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2637, "texte": "Enfin, au bénéfice de Tamberlick, on chante le trio de Guillaume Tell et le\nduo de M ose.\nTamberlick regagne Londres en avril et chante II Trovatore. On le trouve tou-\njours admirable dans le rôle de Manrico, et sa vogue est mieux établie que\njamais.\nLe ier mai, on inaugure l'Exposition. Tamberlick devait chanter le solo dans\nune cantate de Verdi, mais on n'a pas eu le temps de styler les chœurs, et 1 on se\npasse de cantate.\nLes représentations à Covent-Garden sont de plus en plus brillantes. Don\nGiovanni avec Faure, Formes et Tamberlick.\nNouveau triomphe de Tamberlick dans Robert.\nVerdi vient d'achever un opéra qu'il destinait à Tamberlick : la Forza del\nDeslino.\nLa première représentation eut lieu à Pétersbourg le 30 octobre 1862.\nLe livret, tragique à l'extrême, puisque quatre personnages meurent au cours\nde l'action, n'est pas d'un grand intérêt. La partition ne comportait pas de mor-\nceaux d ensemble, et était d'un style peu en rapport avec le drame.\nL'œuvre n'eut qu'un succès d'estime.\nLa saison d'opéra italien finit en janvier (18Ô3)\nPour le bénéfice de Tamberlick, on donna Otello.\nMme Barbot était une belle Desdémone.\nAu moment où Otello la poursuivait, elle fit un faux pas,- tomba et se blessa\nlégèrement. Comme la cantatrice s'était évanouie, le public manifesta des\ncraintes qui furent vite dissipées.\nEn mars, Tamberlick fait sa rentrée à Paris. Il Trovatore, Poliuto et Otello.\nCette année, il y eut des sceptiques qui prétendirent que l'illustre ténor ne pour-\nrait plus chanter, et que le miracle ne se renouvellerait pas La fougue d'Otello\net la chaleur émue de Poliuto leur donnèrent tort. La Patti partage avec Tam-\nberlick le succès de la saison.\nDans un Ballo in maschera (Verdi , Tamberlick est moins bon. Son physique\nne se prête pas à l'interprétation d'un rôle où il faut de la sveltesse et de la\nlégèreté.\nDe même, sa voix n'a rien de ce que demande un badinage élégant et\nfacile.\nPour ne rien oublier, ajoutons qu'à une représentation du Bal masqué, la mu-\nsique militaire qui paraît sur le théâtre ayant manqué son entrée, Tamberlick\ndut écourter un air. Le public protesta.\nEn ce même mois de mars eut lieu à l'Opéra-Comique une représentation au\nprofit des petits-enfants de Rameau.\nC'eût été une belle occasion pour monter une œuvre du génial compositeur\nfrançais. Seule de ses productions, sa Musette figurait au programme.\nTamberlick, Obin et Bonnehée chantèrent le trio de Guillaume Tell.\nParti pour Londres, Tamberlick en revient le is mai pour chanter sa partie\ndansl oratorio Rédemption d'Alary, qu'on donne au Cirque des Champs-Elysées\nau profit d'une œuvre charitable."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "235", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.11", "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "En juin il prend part à un concert à Liverpool, et en juillet il chante à Londres\nle Prophète et Robert.\nAvec Mme Carvalho et Faure, il chante le Faust de Gounod. Ce rôle convient\nmal à Tamberlick.\nLe samedi, sous la direction de Manns, on donnait au Palais de Cristal des\nconcerts auxquels assistaient 10 000 auditeurs. Tamberlick chanta plusieurs fois\nà ces séances.\nEn octobre, il regagna la Russie. Fatigué sans doute par le voyage, il est iné-\ngal dans II Trovatore. La saison se poursuit avec / Lombardi,\\& Favorite, la Forza\nciel Destiuo.\nEn janvier 1864, on joua Fausto (de Gounod).\nDes concerts furent donnés en présence de la cour dans la (( Salle de la No-\nblesse ». Tamberlick y chanta des œuvres de la princesse Kotschoubey et notam-\nment le Skaji z'ei'déjà cité.\nA une réception chez le ministre d'ltalie à Pétersbourg, le marquis Pepoli, on\nexécuta une cantate de Ricci en l'honneur de l'ltalie. Mme Fiorelti et MM. Tam-\nberlick, Calzolari, Giuglini, Graziani, Malvezzi, Fioraventi, Meo et Angelini\nprirent part à cette audition.\nEn mai, Tamberlick chante à Londres Poliuto, le Prophète, Otello ; et en août\nnous le retrouvons à Madrid, où il chante Faust.\nDe Paris, où il séjourne peu, il repart pour la Russie.\nSa voix était toujours étonnante d'ampleur et de puissance.\nLe 25 décembre, Tamberlick organise à Pétersbourg un concert au profit des\nincendiés de Symbsk avec le concours de tous les artistes du Théâtre-Italien.\nAu programme figure l'Hymne national arrangé et orchestré à l'intention de\nTamberlick. Il chante solo l'hymne entier, en russe, avec une prononciation ma-\ngnifique : puis les voix splendides du chœur des chanteurs de la Cour reprennent\nl'hymne. Tamberlick joint sa voix aux leurs, et c'est la sienne, vibrante et mer-\nveilleusement sonore, qui domine encore les masses instrumentales et cho-\nrales !...\nLe tsar, qui aimait beaucoup Tamberlick, lui remit la grande médaille d'or, à\nson effigie, entourée de brillants, et qui se porte sur le cordon de Saint-André.\nLe célèbre ténor est un des rares artistes qui reçurent cette distinction.\nEn janvier 1865, Tamberlick crée à Pétersbourg le rôle d'Helios de YHercula-\nnum de F'élicien David, qui avait été traduit en italien.\nMmes et Nantier-Didiée complétaient 1 interprétation de cet ouvrage.\nEn juin, nous le retrouvons à Madrid, au théâtre Rossini, où il chante le\nProphète. Il remporte un éclatant succès. L'œuvre de Meyerbeer était d'ailleurs\nsuperbement montée, et la mise en scène fut fort admirée.\nIl chante Poliuto, Norma, etc.\nAvec Mme Nantier-Didiée, Tamberlick est appelé à chanter à la Cour, au\nPalais de la Granja.\nAvant de quitter Madrid, où son départ cause un grand vide, Tamberlick\nreçoit de la reine l'Ordre de Charles 111."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.12", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 1682, "texte": "Le 6/.18 janvier 1866 eut lieu, devant toute la cour de Russie, la première\nreprésentation à Pétersbourg de VAfricaine.\nC'était le (( bénéfice )) de Tamberlick, qui dans le rôle de Vasco de Gania rem-\nporta un immense succès.\nLe 3 mars, Tamberlick chante Y Africaine i\\ Madrid, au théâtre de l'Oriente, et\nretrouve les mêmes applaudissements qu'à Pétersbourg.\nLe 8, à la seconde représentation de Y Africaine, les rappels ne cessent pas.\nLe 9, Tamberlick chante au Théâtre Royal le Stabat de Rossini.\nTamberlick retourne à Madrid et, en octobre, aborde pour la première fois le\nrôle d'Eléazar dans la Juive. Il y est magnifique.\nSes succès se continuent dans la Favorite, Otello, les Huguenots, qu'il chante\navec la Sonieri et Coulon.\nEn 1868, la révolution éclate en Espagne Les insurgés vainqueurs au combat\nd'Alcolea ont provoqué le départ de la reine Isabelle.\nTamberlick est en Espagne tandis que ces événements se déroulent. Il fait sa\nrentrée à Madrid clans la voiture du général Prim, en chantant au peuple Y Hymne\nà Garibaldi et la Marseillaise.\nEn septembre, on organise une représentation de la Muette au profit des\nblessés du combat d'Alcolea.\nTamberlick et de Selva sont acclamés après le fameux duo : (( Amour sacré de\nla Patrie )).\nTamberlick chante avec un enthousiasme enflammé des stances espagnoles\nde circonstance adaptées à la musique du grand air du deuxième acte par le\npoète Manoel Palacio. Des tempêtes d'applaudissements saluent à la lois l'artiste\net le champion politique (1).\nDe ce jour, la popularité de Tamberlick en Espagne ne fit que croître. Chose\ncurieuse, la haute société ne lui garda pas rancune.\n(A suivre.)"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.12", "debut_caractere": 2901, "fin_caractere_exclue": 3108, "texte": "(1 ) Est-il utile de rappeler que, trente-huit ans auparavant, une représentation de la Muette à\nBruxelles avait été le prélude du mouvement qui devait amener 1 indépendance de la Belgique ?...\n\nHENRI BRODY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c005", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "233", "page_fin": "233", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.3.1", "titre_corps": "TAMBERLICK", "titre_sommaire": "TAMBERLICK", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.9", "debut_caractere": 1980, "fin_caractere_exclue": 1990, "texte": "TAMBERLICK"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c006", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "236", "page_fin": "237", "image_debut": 12, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.4", "titre_corps": "Le chant dans les églises de Paris.", "titre_sommaire": "Le chant dans les églises de Paris.", "signature_source": "CONSTANT ZAKONE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.12", "debut_caractere": 1684, "fin_caractere_exclue": 2899, "texte": "Le chant dans les églises de Paris.\n\nIl nous a paru intéressant, au moment où cle récentes décisions pontificales ont mis à l'ordre\ndu jour la question de la musique religieuse, de rechercher ce qui se fait actuellement dans les\nplus importantes églises de Paris. Quel genre de musique a les préférences de MM. les\nmaîtres de chapelle rEt quelles sont les influences dominantes ? Celle de Solesmes, celle de\nRatisbonne, ou celle de Gounod r Un de nos collaborateurs s'est donc chargé de sanctifier ses\ndimanches par quelques promenades à la fois musicales et religieuses. Nous espérons que nos\nlecteurs ne seront pas les derniers à lui en savoir gré.\nNOTRE-DAME. 10 avril. Plain-chant ordinaire, lourdement exécuté. Au\ndébut de la messe, l'antienne Vidi aquam egredientem est chantée sur un ton do-\nlent et somnolent : c'est cependant un chant d'allégresse, un joyeux souvenir de\nla fête de Pâques. En outre, on n'a pas répété l'antienne comme il est prescrit,\nce qui équivaut à supprimer le refrain d'une chanson. L'lntroït est trop lourd en-\ncore: il faudrait plus de vie et d'élasticité dans le rythme. Le Kyrie est défiguré ;\non avait peine, sous les fantaisies de soprani incisifs et de barytons prétentieux, à"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "237", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.13", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "reconnaître la messe du 6e ton de H. Dumont. Il en fut de même pour le Gloria,\nle Sarctus et VAgnus Dei. Pourquoi et par qui a été fait ce maquillage? Le plain-\nchant, même quand il date du XVIIC siècle, se suffit à lui-même et n'a pas besoin\nd'être orné. S'est-on jamais avisé de mettre à la Vénus de Milo un corsage pail-\nleté, ou un habit d'Arlequin à l'Apollon du Belvédère ?\nQuanta l'Offertoire, où les organistes ont coutume de montrer qu'ils ont du\ntalent, il m'a paru aller àla dérive, sans rythme apparent ni motif saisissable,\nvers une cadence finale impatiemment attendue. Et cependant, quel orgue mer-\nveilleux, et quelle sonorité profonde sous les voûtes !\nEn résumé, la routine m'a paru régner à Notre-Dame. On dit cependant grand\nbien du maître de chapelle et de l'organiste. Etaient-ils absents le 10 avril ?\nSAINT-GERVAIS. 77 avril. Ma première pensée et mon premier regard, en\nentrant à Saint-Gervais, sont pour la tribune, aujourd'hui vide et déserte. Que de\nchants harmonieux et doux elle a répandus sur la foule, depuis les jours lointains\noù le vénérable abbé de Bussy présidait aux débuts de ses chanteurs ! Aujour-\nd'hui, ils sont loin ; mais au moins leur méthode est-elle restée ? Ecoutons la\nmesse du 5e ton.\nA part la lenteur du Vidi aquam, déjà signalée à Notre-Dame, la messe a été bien\nexécutée, sans surcharge ni ornementation inutiles.Le plain-chant,soutenu parun\naccompagnement discret, est donné tel qu'il est écrit dans les Paroissiens ordi-\nnaires. On a repris la prononciation française du latin, mais c'est un détail de peu\nd'importance.\nJ'attendais l'organiste à l'Offertoire, et j'ai été surpris d'entendre un morceau\nbien construit, joué finement, un peu trop peut-être, pour un instrument tel\nque l'orgue. Mais ce n'était pas le grand orgue. J'ai appris qu'il était en répara-\ntion et qu'on ne le jouait plus que pour l'entrée des grands mariages : si des dis-\nsonances de mauvais augure se produisent, il est probable que les gens de la\nnoce ont d'autres préoccupations.\nA vêpres, mêmes remarques favorables qu'à la messe. Pas de musique mo-\nderne ; la maîtrise scande bien les psaumes et ne dit pas, comme je 1 ai entendu\nailleurs : Domus Jacob de popu, lo barbaro. C'est quelque chose.\nJ'ai remarqué, dans la nef, plusieurs compagnies de jeunes filles aux corsages\nornés de minces rubans bleus, verts, violets. Ces insignes indiquent sans doute\nle degré d'avancement de celles qui les portent dans la pratique de la vertu. Mais\ntoutes sont muettes comme des carpes. Ne serait-il pas possible d'associer leurs\nvoix fraîches au chant de l'office ? Cela se pratique en plus d'un village de\nFrance, et ce serait un premier pas dans la voie que S. S. Pie X a tracée.\nOn voit que les Chanteurs de Saint-Gervais ont laissé quelque chose de leur\nméthode dans l'église d'où ils furent exilés, et je suis heureux de le noter.\n(A suivre.)\n\nCONSTANT ZAKONE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "237", "page_fin": "239", "image_debut": 13, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.5", "titre_corps": "Un Quatuor de M. Paul Lacombe (Hamelle, éditeur). — La Sonate de M. Sérieyx, pour piano et violon (Demets, éditeur).", "titre_sommaire": "Un Quatuor de M. Paul Lacombe (Hamelle, éditeur). — La Sonate de M. 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Paul Lacombe, qui ouvrait la soirée, fait honneur à la fois à\nla Société et à l'auteur, resté fidèle à la musique de chambre ; son esprit très\nnet et très ouvert n'a pas été atteint par cette manie de modernisme à outrance et\nce goût de l'étrangeté que nous avons parfois à déplorer chez les meilleurs ; mais\nil est bien de son temps, et sait, quand il le veut, écrire autre chose que d'aima-\nbles idylles. L'œuvre nouvelle débute de façon romantique et passionnée (à l'u-\nnisson) :\net, dans toute la suite, les idées mélodiques abondent ; l'expression est pathéti-\nque, l'allure toujours distinguée. Ce que je regretterais peut-être, c'est que les\nidées se pressent et font masse compacte, sans qu'on aperçoive suffisamment la\nstructure de l'ensemble, qui, à première audition, m'a paru être conçu dans la\nforme du prélude ou de la rhapsodie, plutôt que dans la forme traditionnelle. En\nprincipe, la question du plan n'est soumise à aucune loi et un compositeur est\nparfaitement libre de faire ce qu'il veut ; mais il arrive ici que l'auditeur est un\npeu dérouté. On aime qu'une idée soit annoncée, développée logiquement, et\nreliée à d'autres idées par des transitions ; un exorde, une péroraison ne sont\npas inutiles. Or, le quatuor de M. Paul Lacombe arrive, dès la première me-\nsure, au maximum d'expression, se maintient par un enchaînement de plusieurs\nthèmes ayant à peu près tous une importance égale, et finit assez brusquement.\nIl y a un art des préparations et un art du développement que je n'aperçois pas\nici. L andante m'a paru bon, bien que j'aime peu certaines batteries pianistiques\ntrop souvent employées. Avec Y allegretto et le finale, il semble que le style\nchange et qu'après avoir fait une incursion dans le domaine de Schumann nous\nrevenions à Inesthétique un peu simpliste et courte de jadis :\nUne phrase comme celle-là paraît presque partir d une autre main que celle qui\na écrit le début de l'œuvre. Elle ne manque, d'ailleurs, ni de grâce ni de légè-\nreté. L'allegro deciso qui sert de conclusion est un peu du même genre. Il fait la\ngrosse voix, mais ne paraît nullement méchant :\nEn somme, malgré ces réserves dont M. Paul Lacombe excusera la fran-\nchise, œuvre de sérieux intérêt.\nJ'étais allé au même concert, animé des meilleures intentions à l'égard de"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "239", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.15", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1123, "texte": "M. Sérieyx, qui est, me dit-on, le bras droit de Vincent d'lndy pour renseigne-\nment de la musique, et que je sais digne, à tous égards, de la plus grande es-\ntime. Sa Sonate pour piano ei violon a découragé ma sympathie musicale. C'est\nune œuvre longue, sèche, traînante, dans laquelle je n'ai cru trouver ni sen-\ntiment, ni personnalité, mais un parti pris d'étrangeté qui est inconcevable.\nCe n'est pas, d'abord, une fugue (comme l'annonçait le programme), mais une\nexposition de fugue que j'ai entendue. En outre, elle m'a paru dénuée d'in-\ntérêt, je veux dire d'expression. Si une telle œuvre représente une école, je le\ndéplore. Je renvoie M. Sérieyx au « Clavecin bien tempéré », pour qu'il y voie\nqu'on n'écrit pas une fugue sur un bizarre assemblage de notes, mais sur un\nthème expressif et intéressant, mélodique, comme Bach l'a toujours fait ; je le\nrenvoie aux sonates pour piano et violon de Beethoven, pour qu'il se souvienne\nque le sentiment, l'émotion, la grâce des formes sont indispensables à la mu-\nsique ! Et je l'autorise àne voir en moi qu'un Philistin.\n\nJ. 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Jules Combarieu, Directeur\ndelà Revue musicale et Inspecteur\nde l'Académie de Paris , vient\nd'adresser à M. le Recteur un pre-\nmier rapport sur l'état de l'ensei-\ngnement musical dans les lycées\nde jeunes filles. D'après les lois\norganiques du 21 décembre 1880\net de 1882 (un peu modifiées en\n1897), l'enseignement du chant\noccupe, comme le dessin, 2 heures\npar semaine, qui sont facultatives\nen 4e et 5e année, et obligatoires\ndans les 3 premières années seu-\nlement. Pour des raisons diverses,\nil en résulte que, sur une popula-\ntion scolaire de 300 élèves, il y en\na 20 à peine, en moyenne, qui, en\n4e année, font de la musique, et\n4ou 5 au plus en 5e année. On\nconstate même ce fait caractéris-\ntique : les élèves de 6e année\n(cours préparatoire à l'école de\nSèvres) ne font plus de musique,\nparce qu elles se destinent à être professeurs et ont à préparer des examens. Les voix,\nen général, ne sont pas mauvaises ; il n'y a, en moyenne,?que trois élèves recon-\nnues absolument réfractaires au chant, dans chaque lycée. Mais les méthodes\npeuvent être améliorées sur beaucoup de points. Les jeunes filles chantent\nassises et penchées, ce qui est mauvais. On leur enseigne parfois des choses"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "240", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 719, "texte": "trop difficiles. Il faut surveiller leurs attitudes, leur apprendre à ouvrir la bouche,\nà respirer, à émettre franchement les sons. Il n'y a pas encore cle répertoire con-\nvenablement établi. Les programmes n'indiquent pas assez clairement aux maî-\ntresses ce qu'on attend d'elles. Enfin, on en est encore à considérer la musique\ncomme chose (( accessoire » ou (( d'agrément )) (agrément pour qui ?) ; on ne\nparaît pas admettre que la musique a une place nécessaire dans l'éducation d'une\njeune fille et que, sans une chorale, la personnalité d'un lycée est incomplète. Le\nrapport de M. 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L'auteur s'est oublié lui-même, et c'est la seule lacune de son travail.\n\nEMMANUEL NERINI. Théorie complète delà musique. Réponses au nouveau\nquestionnaire de la musique. Nouveau Questionnaire de la théorie de la musique\npar devoirs gradués (3 vol., chez Armand Girard, 17, rue de Châteaudun, Paris,\n2 fr. 50 et 1 fr.). Ces divers ouvrages élémentaires sont excellents pour ceux qui\ntravaillent seuls, et nous les recommandons particulièrement.\nMARCEL BRAUNSCJIWICG, Le Sentiment du beau et le Sentiment poétique (Essai sur\nVesthétique du vers), 1 vol., chez Alcan, 3 fr. 75. M. 8., qui vient d'être reçu\nbrillamment docteur es lettres avec cet ouvrage, a analysé de façon très origi-\nnale et pénétrante l'harmonie du vers français. Il néglige un peu l'histoire, et se\nlivre parfois à une métaphysique inutile.\n\nPAUL SOURIAU, La Beauté rationnelle (i vol. chez Alcan, 10 fr.). 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MlleMar-\ncella Pregi nous a donné l'image d'une\nMarguerite idéale ; sa voix pure, flexible,\nnuancée, vibrait de tendresse et de pas-\nsion intérieure. Avec un peu moins de chaleur peut-être, M. Cazeneuve a une\nvoix fraîche, bien timbrée, douce à entendre, et il la conduit avec un art\nconsommé. C'est certainement un des meilleurs ténors de notre époque. Enfin le\ncor anglais de M. Gaudard, aussi expressif qu'une voix humaine, nous a tenus\npresque haletants. L'air de (( Marguerite )), tel qu'il nous a été donné, est de ceux\nqu'on voudrait entendre toujours. Ainsi s'est terminée, triomphalement, la série\ndes concerts de cette année.\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 10 avril.\nL. L.\nLa 8e Symphonie de Beethoven, si char-\nmante, est encore trop rondement menée. Comment M. Chevillard ne s'aper-\nçoit-il pas qu'à cette allure la 2e idée du ier mouvement, lorsqu'elle s'expose aux\nbois, prend un air hâtif et pressé d'en finir qui ne lui convient nullement ? Le\nPoème, pour violon et orchestre, de M. Henri Lutz, fut la dernière nouveauté de\nla saison Comme l'alto d Harold en Italie, le violon est ici un personnage ; mais\nil n'y a rien de réel dans les visions dont l'entoure l'orchestre, puisqu'elles se lè-\nvent du fond même d une âme hantée par le souvenir d'une morte aimée. M. Lutz\nconnaît son orchestre, et le traite ingénieusement ; mais l'œuvre est touffue, et\ntrop souvent bruyante (des castagnettes bien suspectes, vers la fin); j'aurais\nmieux aimé, en un pareil sujet, plus d'intimité et de sobriété. Pelléas, le plus\némouvant de tous nos drames musicaux, ne fait jamais appel aux foudres de l'or-\nchestre ; n'oublions pas cette grande leçon. Mme Fanny Davies joue sans puissance\net sans grandeur le Concerto de Schumann : c'est pourquoi on l'acclame, tan-\ndis que l'année passée une grêle de huées s'abattait sur les frêles épaules de\nMme Bloomfield Zeisler, pianiste admirable, au style précis et nerveux (piano\nSteinway dans l'un et 1 autre cas). Mme Kaschowska triomphe à bon droit, au\ncontraire, dans la Mort cPYseult, qu'elle chante en grande tragédienne, avec des\ngradations d'effet dont la plupart de nos chanteuses wagnériennes ne se sou-\ncient guère ; et sa voix est pleine et bien timbrée. UOuverture de Rimsky-Kor-\nsakow intitulée la Grande Pâque russe (particulièrement en situation le io avril,\nqui était le jour de Pâques dans le rite orthodoxe), est construite sur deux thèmes\nliturgiques, d'un caractère solennel et primitif ; les variations d'orchestre sont\nintéressantes, mais on ne discerne pas de plan : c'est une sorte de rhapsodie, fort\nagréable à entendre d'ailleurs."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "243", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3240, "texte": "—A LA SALLE FEOLIAN, concert donné par Mlle Marthe Dron. Au programme\nCésar Franck. Excellente exécution du quintette par Mlle Dron et le quatuor Pa-\nient. Je louerai particulièrement la netteté, la précision, la discipline, précieuses\nqualités qui ont permis au piano et aux instruments de se fondre dans un\nensemble tout à fait satisfaisant. A un autre point de vue, i ai pleinement goûté,\ngi ace aux dimensions de la salle, le plaisir de la musique de chambre, les oreilles\npercevant tous les détails de l'œuvre qui se perdent en général dans de trop\nvastes salles de concert. Prélude, aria et finale ; prélude, choral et fugue, pour\npiano seul. Mlle Dron est une agréable pianiste quia fait preuve d'un bon méca-\nnisme et d'une charmante sonorité. J'aurais préféré moins de rubato et plus de\nrythme. MlleDron a une tendance à ralentir arbitrairement les diminuendo et à\nchercher des effets dans la moindre phrase; elle enjolive la simplicité, la force et\nla grandeur ; elle semble jouer du C hopin plutôt que du Franck Dans la Sonate\npour piano et violon, il y avait un certain manque d'unité de style entre les deux\ninstruments :M. Parent s'effaçait devant l'œuvre, et Mlle Dron ne se laissait pas\noublier. En écoutant l'un, on se disait : que c'est beau ! en écoutant l'autre:\ncomme c'est gentiment joué !\n\nAu FIGARO : M. NÉRINI.\nG.\n—Le 21, salon du Figaro, M. Emile NÉRINI nous a\nfait entendre quelques-unes de ses œuvres : 1 Esclave à la Source (symphonie\nmauresque), adaptation symphonique sur un poème dePaulWebre, et un assez\ngrand nombre de mélodies parmi lesquelles nous avons remarqué Souvenir, C'est\nl heure exquise, Crépuscule, Notre amour, C'était toute ma vie, M. Nérini est un tout\njeune compositeur qui, au lieu d avoir la fièvre de certains contemporains\nfièvre pariois infectieuse, a du sentiment, du goût, de l'élégance et de la clarté.\nQu'il cultive ces dons heureux, sans vouloir forcer son naturel! Je ne lui deman-\nderai pas de donner plus d'étrangeté à son style, mais plus de profondeur à sa\npensée. C est un musicien d'avenir. Pour le moment, il en est à (( l'heure ex-\nquise )) de la jeunesse —A la même séance,brillant succès obtenu par Mme I luchet\nRousselière, par Mlle Menjaud (qui a besoin de surveiller la justesse des sons1,\npar M. René Jullien,qui a joué une des pièces les plus difficiles pour violoncelle :\nle Papillon de Popper. Mme Tassu-Spencer, qui est la grâce et la distinction\npersonnifiées, a fait apprécier une fois de plus les ressources originales de la\nharpe chromatique, dont elle a tiré, dans la demi-teinte, des effets exquis.\n\nLe 21 avril, très belle audition d élèves de Mme Colonne, grand succès pour\nla voix profonde de Mme O. Frœlich, la grâce exquise de Mlle Suzanne Riche-\nbourg, et la finesse spirituelle de MlllO Hekking-Cahun dans différentes mélodies\nde M. Bruneau. Ce que je remarque chez toutes ces jeunes filles, c'est la qualité\nrare d une interprétation fouillée, nuancée, vivante, qui fait le plus grand honneur\nau sens artistique de leur excellent professeur.\nLe 20 avril, Mlle M. Debrie donnait, avec le concours de Mlle S. Cesbron, un\ntrès intéressant concert. Au programme, diverses œuvres de Beethoven, Fauré,\nChopin, Liszt, délicatement exécutées."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "242", "page_fin": "242", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.8.1", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE. 10 avril.", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE. 10 avril.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "242", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.18", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1018, "texte": "CONCERTS COLONNE. 10 avril. —Ja-\nmais la Damnation de Faust ne produisit\nune aussi profonde impression que di-\nmanche dernier : cela, grâce à l'intelli-\ngence et à la conscience d'un chef excellent\nqui, la veille encore, faisait soigneuse-\nment répéter une œuvre pourtant bien\nconnue de son orchestre ; grâce aussi au\nmérite supérieur de trois artistes. MlleMar-\ncella Pregi nous a donné l'image d'une\nMarguerite idéale ; sa voix pure, flexible,\nnuancée, vibrait de tendresse et de pas-\nsion intérieure. Avec un peu moins de chaleur peut-être, M. Cazeneuve a une\nvoix fraîche, bien timbrée, douce à entendre, et il la conduit avec un art\nconsommé. C'est certainement un des meilleurs ténors de notre époque. Enfin le\ncor anglais de M. Gaudard, aussi expressif qu'une voix humaine, nous a tenus\npresque haletants. L'air de (( Marguerite )), tel qu'il nous a été donné, est de ceux\nqu'on voudrait entendre toujours. 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Lutz\nconnaît son orchestre, et le traite ingénieusement ; mais l'œuvre est touffue, et\ntrop souvent bruyante (des castagnettes bien suspectes, vers la fin); j'aurais\nmieux aimé, en un pareil sujet, plus d'intimité et de sobriété. Pelléas, le plus\némouvant de tous nos drames musicaux, ne fait jamais appel aux foudres de l'or-\nchestre ; n'oublions pas cette grande leçon. Mme Fanny Davies joue sans puissance\net sans grandeur le Concerto de Schumann : c'est pourquoi on l'acclame, tan-\ndis que l'année passée une grêle de huées s'abattait sur les frêles épaules de\nMme Bloomfield Zeisler, pianiste admirable, au style précis et nerveux (piano\nSteinway dans l'un et 1 autre cas). Mme Kaschowska triomphe à bon droit, au\ncontraire, dans la Mort cPYseult, qu'elle chante en grande tragédienne, avec des\ngradations d'effet dont la plupart de nos chanteuses wagnériennes ne se sou-\ncient guère ; et sa voix est pleine et bien timbrée. UOuverture de Rimsky-Kor-\nsakow intitulée la Grande Pâque russe (particulièrement en situation le io avril,\nqui était le jour de Pâques dans le rite orthodoxe), est construite sur deux thèmes\nliturgiques, d'un caractère solennel et primitif ; les variations d'orchestre sont\nintéressantes, mais on ne discerne pas de plan : c'est une sorte de rhapsodie, fort\nagréable à entendre d'ailleurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "243", "page_fin": "243", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.8.3", "titre_corps": "—A LA SALLE FEOLIAN, concert donné par Mlle Marthe Dron. 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A un autre point de vue, i ai pleinement goûté,\ngi ace aux dimensions de la salle, le plaisir de la musique de chambre, les oreilles\npercevant tous les détails de l'œuvre qui se perdent en général dans de trop\nvastes salles de concert. Prélude, aria et finale ; prélude, choral et fugue, pour\npiano seul. Mlle Dron est une agréable pianiste quia fait preuve d'un bon méca-\nnisme et d'une charmante sonorité. J'aurais préféré moins de rubato et plus de\nrythme. MlleDron a une tendance à ralentir arbitrairement les diminuendo et à\nchercher des effets dans la moindre phrase; elle enjolive la simplicité, la force et\nla grandeur ; elle semble jouer du C hopin plutôt que du Franck Dans la Sonate\npour piano et violon, il y avait un certain manque d'unité de style entre les deux\ninstruments :M. Parent s'effaçait devant l'œuvre, et Mlle Dron ne se laissait pas\noublier. 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Ainsi que nous l avons annoncé dans la dernière Revue,\nles professeurs du Conservatoire national de musique et de déclamation se sont\nréunis en assemblée générale sous la présidence de leur directeur, M. Th. Du-\nbois. Ils avaient à exprimer leur avis au sujet des modifications à apporter au\nrégime auquel ils sont actuellement soumis, relativement à la limite d'âge et à\nleurs droits éventuels à une pension de retraite\nCertains professeurs, par suite de l'époque tardive de leur nomination, se\ntrouvent, en effet, dans l'impossibilité d'obtenir une pension de retraite. La ques-\ntion se posait donc de savoir s'il ne serait pas préférable d'instituer en leur faveur\nun régime analogue à celui qui est en usage à l'Ecole des Beaux-Arts, où les\nchefs d'ateliers, au lieu d un traitement, reçoivent une simple indemnité non\nsoumise à retenue. 8 professeurs se sont prononcés pour 1 adoption de ce sys-\ntème, et 61 ont émis un vœu pour le maintien du régime de la loi du 9 juin 1853.\n\nCONCOURS CRESSENT. Le Journal officiel publiera très prochainement le\nprogramme du 12e concours delà Fondation Cressent, ouvert pour la composi-\ntion d un ouvrage lyrique, de demi-caractère, ou dramatique ou bouffe, opéra ou\nopéra comique, en un ou deux actes, avec choeurs et ouverture\nDès cette publication, le programme ainsi qu'un exemplaire du livret la Pu-\npille de Figaro, couronné au concours préalable de poèmes, seront mis à la dis-\nposition des concurrents qui en feront la demande à la Direction des Beaux-Arts\n(3, rue de Valois), bureaux des Théâtres.\nAux dernières élections de l'lnstitut, deux voix à peine ont manqué à\nM. Camille Bellaigue pour devenir immortel. Dès maintenant, nous adressons\nnos plus sincères félicitations à notre très distingué confrère.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 mars au 19 avril 1904."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "245", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 483, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 mars au 19 avril 1904.\nLes bruits les plus étranges circulent actuellement dans le monde artistique\nau sujet d'une œuvre musicale, drame lyrique en trois actes, qui subit des tri-\nbulations déconcertantes, en un de nos théâtres subventionnés, et n'arrive pas,\nmalgré toute sa valeur et les curiosités qu'elle suscite, à voir les feux de la\nrampe. La question est des plus intéressantes, étant données les personnalités qui"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "246", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2926, "texte": "se trouvent en jeu. ... Mais il ne nous est pas permis d'en dire plus aujourd'hui.\nBientôt, peut-être, cette affaire passionnera le public, et, alors, nous aurons le\ndroit de rappeler que nous fûmes les premiers, au cours de 1 été dernier, à en\nentretenir nos lecteurs.\n\nDOUAI. M. Henri Gillet, membre de la musique municipale, est nommé\nprofesseur de basson à l'Ecole nationale de musique de Douai, en remplacement\nde M. Maréchal, démissionnaire.\n\nORPHÉONS SCOLAIRES. Le concours général de chant entre les écoles pri-\nmaires communales de la Seine aura lieu, cette année, le 7 juillet à Paris, à l'école\nde la rue Blanche, sous la présidence de M. Laurent de Rfilé.\nUne médaille en or sera décernée, au nom du Ministre de l'lnstruction pu-\nblique, à l'école qui remportera le ier prix.\n\nACOUSTIQUE DU TROCADÉRO. Le projet du budget des Beaux-Arts pour\nl'exercice 1905 comprend un crédit spécial qui doit être affecté à l'amélioration\nde l'acoustique dans la grande salle des fêtes oû sont donnés les concerts et\nreprésentations du Palais du Trocadéro.\nLes modifications qu'il conviendrait d'apporter ont déjà été examinées par\nM. Gustave Lyon, directeur de la maison Pleyel.\nLes expériences auxquelles il s'est livré ont été faites avec toutes les garanties\nscientifiques désirables, et les résultats en ont été fort concluants. Mais en raison\ndes difficultés inhérentes à tout problème d'acoustique, M. le Ministre des Beaux-\nArts se propose de réunir prochainement une commission composée en majeure\npartie de physiciens et de techniciens pour reprendre les expériences de M. Lyon\net se prononcer sur les résultats obtenus.\n\nAUTEURS ET COMPOSITEURS DRAMATIQUES. L'assemblée générale de la Société\ndes auteurs et compositeurs dramatiques est fixée pour l'année 1904 au mercredi\n4 mai.\n\nCONCERTS LE REY. Désireux de tenir compte des efforts réalisés par l'Asso-\nciation des Concerts Le Rey pour vulgariser dans le public legoût de la musique\nclassique et faire connaître le plus grand nombre possible de jeunes composi-\nteurs, virtuoses et chanteurs d'avenir, M. le Ministre des Beaux-Arts vient de\nporter à 1.500 francs le chiffre de la subvention allouée à ces Concerts pour\nl'année 1904.\n\nMIMI PINSON. Une subvention de 1 000 francs a été accordée, sur les fonds\nde la Direction des Beaux-Arts, au Conservatoire populaire de musique et de\ndanse, à Paris, dirigé par M. Gustave Charpentier et désigné communément\nsous le nom de (( OEuvre de Mimi Pinson )).\n\nARÈNES DE BÉZIERS. Les dimanche 28 août et mardi 30 août 1904, aura lieu\nà Béziers, au théâtre des Arènes, sous la direction de M. Castelbon de Beaux-\nhostes, la représentation d'Armide, drame héroïque en 5 actes, musique de\nGluck, poème de Quinault, d'après la partition publiée par Mlle Pelletan. Saint-\nSaéns et Thierry-Poux.\nJ\nLes tragédies lyriques Déjanire, Promêthêe et Pctrysatis ont été représentées\navec le plus grand succès sur ce théâtre."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "247", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3169, "texte": "M. de Beauxhostes a résolu de consacrer, cette année, une plus large part à la\npartie musicale en donnant l'opéra Armide, le chef-d'œuvre immortel de Gluck.\nCette œuvre, qui n'a pas été jouée dans son intégralité depuis de nombreuses\nannées et qui se trouverait à l'étroit dans le cadre forcément restreint de nos\nthéâtres, pourra se développer et s'épanouir dans l'immensité de cette scène en\nplein air qui, seule, peut lui donner l'ampleur qui convient à un pareil chef-\nd'œuvre.\nArtistes, orchestre, masses chorales et chorégraphiques de tout premier ordre\nseront réunis pour assurer la parfaite interprétation de cette œuvre. Cette fête\nd'art aura lieu avec le concours du maître Saint-Saëns, toujours dévoué au\nthéâtre des Arènes de Béziers, qui est un peu son œuvre, et qui, ayant reconstitué\nla plupart des partitions de Gluck, pourra veiller à ce que la pensée du créateur\nd'Armidesoit fidèlement rendue et scrupuleusement observée dans ses moindres\ndétails.\nUn décor sera spécialement dressé par les soins de MM. Jambon et Bailly,\npeintres décorateurs du théâtre national de l'Opéra.\nLe Ministre des Beaux-Arts, voulant témoigner tout l'intérêt que son dépar-\ntement attache à l'organisation de ces fêtes tout à la fois d'art et de bienfaisance,\na mis une somme de 1.000 francs à la disposition de M. de Beauxhostes pour la\nreprésentation des 28 et 30 août prochain.\n\nBORDEAUX, SAINT-NAZAIRE. —Un grand concours international de musique\nsera organisé à Bordeaux les 22 et 23 mai, et à Saint Nazaire les 3 et 4 juillet\nprochains.\n\nA sa soirée annuelle, la Société des Amis des Arts de Touraine a\nfait entendre la Marie-Magdeleine de Massenet. Belle exécution, d'une forte sim-\nplicité, à laquelle Mlle Cesbron, Mme Emile Bourgeois, MM. E. Dantu et Siegwalt\nprêtaient leur concours. Les chœurs issus des cadres de l'Opéra et de la Société\ndes concerts et stylés par M. Bourgeois, et l'orchestre, exclusivement touran-\ngeau, ont été, sous la direction très sûre de M. 11. Sartel, et à juste titre, fort\ngoûtés.\nEn plus de cette soirée—de gala, pour ainsi dire —la Société des Amis des\nArts a décidé, pour favoriser le développement du goût de la musique de cham-\nbre à Tours, de donner pendant la saison plusieurs autres concerts intimes, où\nune large place serait réservée à ce genre de musique trop peu apprécié à\nTours.\nC'est ainsi que furent entendus, dans une première soirée, deux Trios avec\npiano : celui de Dvorak (op. 21) en si b et celui de Beethoven (op. 3) en ut mi-\nneur. Belle exécution très sobre et très fouillée en même temps, par MM. Liéron\n(violon) et Manon (violoncelle), deux excellents professeurs tourangeaux, et\nM. Mockers, un pianiste remarquable.\nDans le second de ces concerts le programme portait audition du Quatuor avec\npiano (op. 47) de Schumann, en mi b, qui fut très délicatement et très sûrement\ninterprété parles mêmes exécutants avec le concours de M. Pasquier, altiste, et\nde la Sérénade, trio à cordes, de Beethoven, qui n'avait jamais été intégralement\nentendue dans notre ville. Les trois archets y ont fait merveille et ont été très\nfêtés par un public charmé par cette œuvre inconnue à beaucoup (!!)\n\nTOURS."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "248", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "En dehors de la musique d'ensemble, ces concerts ont permis d'entendre deux\nexcellentes cantatrices, Mlle Demellier, brillante élève de Mme Ed. Colonne,\nun joli soprano dramatique que Paris a déjà plusieurs fois applaudie, et\nMme Guionie, chanteuse légère aux vocalises ailées.\nEn outre, M. Jean Galland vint steinwayer un Scherzo de Mendelssohn, Y Etude\nen ut dièse mineur et la Polonaise en mi \\> de Chopin. Sous ses doigts agiles, le\nsteinway fut peu brillant. Le contraste en fut d'autant plus frappant que dans\nles Valses romantiques à deux pianos de Chabrier, le second piano était tenu par\nM. Mockers sur un pleyel qui s'est montré très supérieur au produit de la\nmarque américaine.\nLes concerts ainsi organisés par la Société des Amis des Arts sont très suivis.\nPuissent-ils réussir pleinement et acclimater enfin à Tours le goût de la musique\nclassique.\n\nHIM.\n\nBORDEAUX.\nJos. GRIMO.\nMalgré la ravissante rentrée deMlle Marie Thierry et la présence\nde M. L. David, le clou de la quinzaine a été certainement les 2 auditions données\npar le plus illustre violoniste de notre époque, M. Jan Kubelik.\nPréparés par une immense publicité, ces deux concerts avaient réuni l'élite\nmusicale bordelaise, et les dilettanti n'ont pas eu à le regretter, car jamais on\nn'avait entendu un artiste possédant aussi merveilleusement son instrument.\nStupéfiant, électrisant 1 auditoire par un jeu magique et même diabolique, le\nbrillant virtuose a obtenu des ovations sans fin. Nul ne possède à un plus haut\npoint le don de (( brûler » les traits même les plus inextricables. Faisant enten-\ndre avec un art incomparable toutes les articulations possibles du violon, son\nstyle, des plus purs a également ajouté un charme délicieux à la brillante exécu-\ntion des morceaux qu il nous a fait entendre et dont voici le programme :\nlERIER CONCERT : Concerto (op. 61) de Beethoven et Concerto de Paganini ; Ave\nMaria de Schubert et Carnaval russe de Wieniawski.\n2E CONCERT: Concerto de Mendelssohn et Fantaisie sur Faust de Wieniawski.\n- God save the Queen et Moïse sur une corde de Paganini.\n\nA céder, dans des conditions exceptionnellement avantageuses, un har-\nmonium de Debain en parfait état, acajou verni, ayant coûté 8000 fr. : 2 cla-\nviers, 8 jeux [plus 2 jeux au pédalier), 42 registres, 2 registres pour le pédalier,\n2 genouillères expressives, 1 talonnière. S\"adresser aux bureaux de la\nRevue musicale, 5/, rue de Paradis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "244", "page_fin": "244", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.1", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. Ainsi que nous l avons annoncé dans la dernière Revue,", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. 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La ques-\ntion se posait donc de savoir s'il ne serait pas préférable d'instituer en leur faveur\nun régime analogue à celui qui est en usage à l'Ecole des Beaux-Arts, où les\nchefs d'ateliers, au lieu d un traitement, reçoivent une simple indemnité non\nsoumise à retenue. 8 professeurs se sont prononcés pour 1 adoption de ce sys-\ntème, et 61 ont émis un vœu pour le maintien du régime de la loi du 9 juin 1853."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "244", "page_fin": "244", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.2", "titre_corps": "CONCOURS CRESSENT. 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Le Journal officiel publiera très prochainement le\nprogramme du 12e concours delà Fondation Cressent, ouvert pour la composi-\ntion d un ouvrage lyrique, de demi-caractère, ou dramatique ou bouffe, opéra ou\nopéra comique, en un ou deux actes, avec choeurs et ouverture\nDès cette publication, le programme ainsi qu'un exemplaire du livret la Pu-\npille de Figaro, couronné au concours préalable de poèmes, seront mis à la dis-\nposition des concurrents qui en feront la demande à la Direction des Beaux-Arts\n(3, rue de Valois), bureaux des Théâtres.\nAux dernières élections de l'lnstitut, deux voix à peine ont manqué à\nM. Camille Bellaigue pour devenir immortel. Dès maintenant, nous adressons\nnos plus sincères félicitations à notre très distingué confrère."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "244", "page_fin": "244", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.3", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Recettes détaillées du 20 mars au 19 avril 1904.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. 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La question est des plus intéressantes, étant données les personnalités qui"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "246", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 283, "texte": "se trouvent en jeu. ... Mais il ne nous est pas permis d'en dire plus aujourd'hui.\nBientôt, peut-être, cette affaire passionnera le public, et, alors, nous aurons le\ndroit de rappeler que nous fûmes les premiers, au cours de 1 été dernier, à en\nentretenir nos lecteurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "245", "page_fin": "245", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.4.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "245", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.21", "debut_caractere": 485, "fin_caractere_exclue": 2390, "texte": "DATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n1 '\npo Mars mat.\nManon.\nMassenet.\n5.043\n5o\nsoirée\nCarmen.\nBizet.\n3.088\n»\n21 —\nLa Traviata. — Le Maître de\nchapelle.\nVerdi. Paer.\n4.483\n5o\n22 —\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n2.qq5\n»\n2 3 —\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.579\n»\n24 —\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n6 007\n»\n25 —\nFra Diavolo. — Le portrait de\nManon.\nAuber. Massenet.\n4.685\n5o\n26 —\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n6.558\n5o\n27 —matinée\nLa Dame blanche. — La Fille\ndu Régiment.\nBoïeldieu. Donizetti.\n4.6o5\n»\n27 — soirée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n3.665\n»\n28 —\nMireille.\nGounod.\n4.482\n»\n29 -\nManon.\nMassenet.\n5.170\n))\n3o —\nPelle as et Mélisande.\nDebussy.\n3.762 5o\n2 — Avril\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n4.025\n»\n3 — matinée\nLes Noces de Jeannette. — Fra\nDiavolo.\nMassé.\n6.o31\n))\n3 — soirée\nManon.\nMassenet.\n7.064\n»\n1 4 — matinée\nLakmé.—La Fille du Régiment.\nL.Delibes. Donizetti.\n8.703\n»\n4 — soirée\nLa Vie de Bohême.— Les rendez-\nvous bourgeois.\nPuccini. Nicolo.\n7.128\n5o\n5 —matinée\nMignon. — Le Chalet.\nA. Thomas. Adam.\n6 930\n»\nsoirée\nCarmen.\nBizet.\n8.726\n5o\n' 6 —\nLouise.\nCharpentier.\n6.557\n»\n7 — matinée\n1\nPhilèmon et Baucis. — La Tra-\nviata.\nGounod. Verdi.\n4.492\n»\n7 — soirée\nFra Diavolo. — Le portrait de\nManon. — Manon.\nAuber. Massenet.\n6.715\n5o\n8 -\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n5.oi 1\n5o\n9 —\nLa Navarraise. — Le Médecin\nmalgré lui.\nMassenet. Gounod.\n6.807\n5o\n10 —matinée\nMireille.\nGounod\n5.844 5o\n10 — soirée\nLouise.\nCharpentier.\n4.893\n5 0\n11 —\nLe Domino noir. — Le portrait\nde Manon.\nAuber. Massenet.\n4.045\n5o\n12 —\nLe Roi J Ys.\nLolo.\n4.600\n»\ni3 -\nCarmen.\nBizet.\n6.;63\n5o\nr4 -\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n5.763\n5o\n15 —\nManon.\nMassenet\n6.318\n5o\n16 —\nLouise.\nCharpentier.\n8.023\n5o\n17 — matinée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.656\n5o\n17 — soirée\nLakmé. —Les rendez-vous bour-\ngeois.\nL.Delibes Nicolo.\n4.452\n5o\n18 —\nLa Traviata. — Le Chalet.\nVerdi. Adam.\n4.572\n>;\n19 —\nMignon.\nA. Thomas.\n7.469\n5o"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "246", "page_fin": "246", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.5", "titre_corps": "DOUAI. M. Henri Gillet, membre de la musique municipale, est nommé", "titre_sommaire": "DOUAI. M. 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Laurent de Rfilé.\nUne médaille en or sera décernée, au nom du Ministre de l'lnstruction pu-\nblique, à l'école qui remportera le ier prix."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "246", "page_fin": "246", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.7", "titre_corps": "ACOUSTIQUE DU TROCADÉRO. Le projet du budget des Beaux-Arts pour", "titre_sommaire": "ACOUSTIQUE DU TROCADÉRO. 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Mais en raison\ndes difficultés inhérentes à tout problème d'acoustique, M. le Ministre des Beaux-\nArts se propose de réunir prochainement une commission composée en majeure\npartie de physiciens et de techniciens pour reprendre les expériences de M. Lyon\net se prononcer sur les résultats obtenus."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "246", "page_fin": "246", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.8", "titre_corps": "AUTEURS ET COMPOSITEURS DRAMATIQUES. L'assemblée générale de la Société", "titre_sommaire": "AUTEURS ET COMPOSITEURS DRAMATIQUES. L'assemblée générale de la Société", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "246", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.22", "debut_caractere": 1643, "fin_caractere_exclue": 1801, "texte": "AUTEURS ET COMPOSITEURS DRAMATIQUES. L'assemblée générale de la Société\ndes auteurs et compositeurs dramatiques est fixée pour l'année 1904 au mercredi\n4 mai."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "246", "page_fin": "246", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.9", "titre_corps": "CONCERTS LE REY. Désireux de tenir compte des efforts réalisés par", "titre_sommaire": "CONCERTS LE REY. 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Désireux de tenir compte des efforts réalisés par l'Asso-\nciation des Concerts Le Rey pour vulgariser dans le public legoût de la musique\nclassique et faire connaître le plus grand nombre possible de jeunes composi-\nteurs, virtuoses et chanteurs d'avenir, M. le Ministre des Beaux-Arts vient de\nporter à 1.500 francs le chiffre de la subvention allouée à ces Concerts pour\nl'année 1904."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "246", "page_fin": "246", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.10", "titre_corps": "MIMI PINSON. 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Gustave Charpentier et désigné communément\nsous le nom de (( OEuvre de Mimi Pinson ))."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c043", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "246", "page_fin": "247", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.11", "titre_corps": "ARÈNES DE BÉZIERS. Les dimanche 28 août et mardi 30 août 1904, aura lieu", "titre_sommaire": "ARÈNES DE BÉZIERS. 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Saint-\nSaéns et Thierry-Poux.\nJ\nLes tragédies lyriques Déjanire, Promêthêe et Pctrysatis ont été représentées\navec le plus grand succès sur ce théâtre."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "247", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1389, "texte": "M. de Beauxhostes a résolu de consacrer, cette année, une plus large part à la\npartie musicale en donnant l'opéra Armide, le chef-d'œuvre immortel de Gluck.\nCette œuvre, qui n'a pas été jouée dans son intégralité depuis de nombreuses\nannées et qui se trouverait à l'étroit dans le cadre forcément restreint de nos\nthéâtres, pourra se développer et s'épanouir dans l'immensité de cette scène en\nplein air qui, seule, peut lui donner l'ampleur qui convient à un pareil chef-\nd'œuvre.\nArtistes, orchestre, masses chorales et chorégraphiques de tout premier ordre\nseront réunis pour assurer la parfaite interprétation de cette œuvre. Cette fête\nd'art aura lieu avec le concours du maître Saint-Saëns, toujours dévoué au\nthéâtre des Arènes de Béziers, qui est un peu son œuvre, et qui, ayant reconstitué\nla plupart des partitions de Gluck, pourra veiller à ce que la pensée du créateur\nd'Armidesoit fidèlement rendue et scrupuleusement observée dans ses moindres\ndétails.\nUn décor sera spécialement dressé par les soins de MM. Jambon et Bailly,\npeintres décorateurs du théâtre national de l'Opéra.\nLe Ministre des Beaux-Arts, voulant témoigner tout l'intérêt que son dépar-\ntement attache à l'organisation de ces fêtes tout à la fois d'art et de bienfaisance,\na mis une somme de 1.000 francs à la disposition de M. de Beauxhostes pour la\nreprésentation des 28 et 30 août prochain."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c044", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "247", "page_fin": "247", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.12", "titre_corps": "BORDEAUX, SAINT-NAZAIRE. —Un grand concours international de musique", "titre_sommaire": "BORDEAUX, SAINT-NAZAIRE. —Un grand concours international de musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "247", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.23", "debut_caractere": 1391, "fin_caractere_exclue": 1551, "texte": "BORDEAUX, SAINT-NAZAIRE. —Un grand concours international de musique\nsera organisé à Bordeaux les 22 et 23 mai, et à Saint Nazaire les 3 et 4 juillet\nprochains."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "247", "page_fin": "248", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.13", "titre_corps": "TOURS.", "titre_sommaire": "TOURS.", "signature_source": "HIM", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "247", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.23", "debut_caractere": 1553, "fin_caractere_exclue": 3169, "texte": "A sa soirée annuelle, la Société des Amis des Arts de Touraine a\nfait entendre la Marie-Magdeleine de Massenet. Belle exécution, d'une forte sim-\nplicité, à laquelle Mlle Cesbron, Mme Emile Bourgeois, MM. E. Dantu et Siegwalt\nprêtaient leur concours. Les chœurs issus des cadres de l'Opéra et de la Société\ndes concerts et stylés par M. Bourgeois, et l'orchestre, exclusivement touran-\ngeau, ont été, sous la direction très sûre de M. 11. Sartel, et à juste titre, fort\ngoûtés.\nEn plus de cette soirée—de gala, pour ainsi dire —la Société des Amis des\nArts a décidé, pour favoriser le développement du goût de la musique de cham-\nbre à Tours, de donner pendant la saison plusieurs autres concerts intimes, où\nune large place serait réservée à ce genre de musique trop peu apprécié à\nTours.\nC'est ainsi que furent entendus, dans une première soirée, deux Trios avec\npiano : celui de Dvorak (op. 21) en si b et celui de Beethoven (op. 3) en ut mi-\nneur. Belle exécution très sobre et très fouillée en même temps, par MM. Liéron\n(violon) et Manon (violoncelle), deux excellents professeurs tourangeaux, et\nM. Mockers, un pianiste remarquable.\nDans le second de ces concerts le programme portait audition du Quatuor avec\npiano (op. 47) de Schumann, en mi b, qui fut très délicatement et très sûrement\ninterprété parles mêmes exécutants avec le concours de M. Pasquier, altiste, et\nde la Sérénade, trio à cordes, de Beethoven, qui n'avait jamais été intégralement\nentendue dans notre ville. Les trois archets y ont fait merveille et ont été très\nfêtés par un public charmé par cette œuvre inconnue à beaucoup (!!)\n\nTOURS."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "248", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 965, "texte": "En dehors de la musique d'ensemble, ces concerts ont permis d'entendre deux\nexcellentes cantatrices, Mlle Demellier, brillante élève de Mme Ed. Colonne,\nun joli soprano dramatique que Paris a déjà plusieurs fois applaudie, et\nMme Guionie, chanteuse légère aux vocalises ailées.\nEn outre, M. Jean Galland vint steinwayer un Scherzo de Mendelssohn, Y Etude\nen ut dièse mineur et la Polonaise en mi \\> de Chopin. Sous ses doigts agiles, le\nsteinway fut peu brillant. Le contraste en fut d'autant plus frappant que dans\nles Valses romantiques à deux pianos de Chabrier, le second piano était tenu par\nM. Mockers sur un pleyel qui s'est montré très supérieur au produit de la\nmarque américaine.\nLes concerts ainsi organisés par la Société des Amis des Arts sont très suivis.\nPuissent-ils réussir pleinement et acclimater enfin à Tours le goût de la musique\nclassique.\n\nHIM."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c046", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "248", "page_fin": "248", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.14", "titre_corps": "BORDEAUX.", "titre_sommaire": "BORDEAUX.", "signature_source": "Jos. GRIMO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "248", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.24", "debut_caractere": 967, "fin_caractere_exclue": 2171, "texte": "BORDEAUX.\nJos. GRIMO.\nMalgré la ravissante rentrée deMlle Marie Thierry et la présence\nde M. L. David, le clou de la quinzaine a été certainement les 2 auditions données\npar le plus illustre violoniste de notre époque, M. Jan Kubelik.\nPréparés par une immense publicité, ces deux concerts avaient réuni l'élite\nmusicale bordelaise, et les dilettanti n'ont pas eu à le regretter, car jamais on\nn'avait entendu un artiste possédant aussi merveilleusement son instrument.\nStupéfiant, électrisant 1 auditoire par un jeu magique et même diabolique, le\nbrillant virtuose a obtenu des ovations sans fin. Nul ne possède à un plus haut\npoint le don de (( brûler » les traits même les plus inextricables. Faisant enten-\ndre avec un art incomparable toutes les articulations possibles du violon, son\nstyle, des plus purs a également ajouté un charme délicieux à la brillante exécu-\ntion des morceaux qu il nous a fait entendre et dont voici le programme :\nlERIER CONCERT : Concerto (op. 61) de Beethoven et Concerto de Paganini ; Ave\nMaria de Schubert et Carnaval russe de Wieniawski.\n2E CONCERT: Concerto de Mendelssohn et Fantaisie sur Faust de Wieniawski.\n- God save the Queen et Moïse sur une corde de Paganini."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-05-01-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-05-01_01#c047", "volume": "bmtnabj_1904-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "248", "page_fin": "248", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.2.9.15", "titre_corps": "A céder, dans des conditions exceptionnellement avantageuses, un", "titre_sommaire": "A céder, dans des conditions exceptionnellement avantageuses, un", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "248", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.24", "debut_caractere": 2173, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "A céder, dans des conditions exceptionnellement avantageuses, un har-\nmonium de Debain en parfait état, acajou verni, ayant coûté 8000 fr. : 2 cla-\nviers, 8 jeux [plus 2 jeux au pédalier), 42 registres, 2 registres pour le pédalier,\n2 genouillères expressives, 1 talonnière. S\"adresser aux bureaux de la\nRevue musicale, 5/, rue de Paradis."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "225", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN° 9 (quatrième année)\nler1er Mai\n1904.\nR. M.\n18\n\nGabriel PARÉS"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "226", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.2", "texte": "GABRIEL PARÉS\nJ. C.\n\n(( Nous aurons la musique de la Garde républicaine ! )) Qne de fois on a dit\ncette phrase décisive, en France et à F étranger, pour faire entendre qu une fête allait\navoir une grande importance artistique ! La musique de la Garde républicaine est\nunique, en effet ; et jamais une maîtrise ne fut aussi unanimement reconnue que celle\nde son chef Gabriel Parés, successeur des Paulus et des Sellemck.\nAvant d'entrer au Conservatoire de Paris, où il suivit les leçons de Maury (pour\nle corneti et de Th. Dubois (pour F harmonie et la composition), Gabriel Parés avait\nété F élève, pour le contrepoint et F orchestration militaire, du regretté L. Girard,\nexcellent homme, èrudit et de réel talent. (C'est à Girard que Fon doit la majeure\npartie des fantaisies sur les anciens opéras dont la Garde possède la collection com-\nplète, et qu elle tient à honneur de nous faire entendre chaque année, à côté des\nœuvres de l'Ecole moderne.)\nGabriel Parés est né à Paris le 28 novembre 1860. Avec le numéro 1, il est reçu\nsous-chef, en 1881, et nommé au jf régiment, à Paris ; avec le n° 1, deux ans\naprès, il est reçu chef, et envoyé au 69e d'infanterie à Nancy ; avec le n° 1, en iBBy,\nil est proposé et nommé chef de la division des équipages de la Flotte à Toulon;\navec le n° 1 enfin, c est-à-dire à l'unanimité du jury, il est nommé en iBgq chef de\nla première musique de France et succède à Wetge. En moins de douze ans, il\narriva donc au sommet de la hiérarchie musicale militaire, ce qui est sans précé-\ndent. Parés a le grade de capitaine dans F armée, et celui de général dans la mu-\nsique !...\nComme chef, son rôle est considérable. Il vulgarise les chefs-d'œuvre. Par une\ntentative hardie et heureuse (qu'il convient d'ailleurs de ne pas pousser trop loin), il\na rapproché la musique de la Garde des sonorités de F orchestre symphoiiique. Il est\nle modèle de toutes ces musiques militaires de France qu 011 ne pourrait supprimer\nsans attrister notre patriotisme et sans porter un réel préjudice à l'art français.\nComme compositeur, son bagage ne laisse pas d'être important. Indépendam-\nment des nombreuses transcriptions d'œuvres symphoniques et des fantaisies sur les\nopéras modernes oit se révèle une véritable science d'orchestration, on doit à Gabriel\nParés des marches militaires fort réussies, comme le Grognard, le Voltigeur, le\nChevau-léger, le Chevalier-Garde, la Marche Cosaque, etc. ; des ouvertures dra-\nmatiques de grande allure, telles que Rollon, Richilde, les Deux Fiancées, Pax et\nLabor. Il a écrit également pour orchestre symphonique une série d'œuvres, parmi\nlesquelles : Polonaise de concert, Marche solennelle, Divertissement tzigane,\nSous les Etoiles, Gavotte Simon, et, plus récemment, Marche du triomphe, Fan-\ntaisie-Ballet, Marche de fiançailles, Scène de ballet, etc., etc. Il est également\nl auteur de différents ballets, d'adaptations musicales, et en collaboration avec son\nfrère M. J.-IT. Parés, d'un ingénieux opéra comique : le Secret de maître Cor-\nnille, d'après une nouvelle de Daudet, qui est inscrit au répertoire de F Opéra-\nComique. Parés a aussi publié de nombreux ouvrages d'enseignement musical :\nMéthode pour tous les instruments à vent, exercices journaliers, un Cours d'en-\nsemble instrumental et un Traité d'instrumentation et d'orchestration à l'usage\ndes compositeurs et des directeurs d'harmonies et de fanfares.\nAyant eu l'honneur de siéger à côté de Gabriel Parés dans diverses commissions,\nje dois ajouter qu'il est modeste, très doux, de relations fort agréables, et que les\nqualités de F homme privé complètent brillamment celles de F artiste."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "227", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.3", "texte": "LE FILS DE L'ÉTOILE\n\nAcadémie nationale de musique : LE FILS DE L'ÉTOILE, drame\nmusical en cinq actes, poème de CATULLE MENDÈS, musique de CAMILLE ERLANGER.\n(Partition pour piano et chant à la Société nouvelle d'éditions musicales,\n24, rue des Capucines).\n\nDeux femmes se disputent l'autorité absolue sur le cœur d'un homme. La pre-\nmière croit pouvoir triompher en accomplissant un acte de dévouement héroïque ;\nmais sa rivale est une sorcière qui n'a pas de peine à empêcher ou à rendre vain\nl'acte de dévouement projeté. Telle est en deux mots l'idée du drame, présentée\ndans un grand cadre historique.\nLes Juifs ont été vaincus par les Romains ; leur temple est en ruine. Vague-\nment, ils attendent une revanche. Une sorte de Messie révolutionnaire, guidé par\nune étoile là son nom : Fils de F Etoile), Bar Kokeba, entreprend de délivrer\nIsraël ; et il remporte un premier triomphe sur les ennemis. En revenant de la\nbataille, il ramène avec lui une captive qui est une enchanteresse perverse et\ndangereuse : Lilith ; et comme il est déjà aimé d'une vierge au cœur très pur,\nSéphora, la lutte s'engage aussitôt entre les deux femmes. Laquelle des deux va\ntriompher ? Lilith ou Séphora ? Puisque tu aimes notre sauveur, dit le grand\nprêtre à Lilith, prouve-le-lui en allant comme Judith dans le camp ennemi et en\nlui rapportant la tête du général romain ! Lilith, qui ne connaît que la joie et\nla volupté, refuse. Séphora montre plus de courage : « C'est moi, dit-elle, qui\nsuivrai l'exemple de Judith ! » Elle part, un coutelas sous sa robe.Mais ici la sor-\ncellerie triomphe de la vertu. Lilith endort Séphora, lui inspire un rêve où elle\ncroit accomplir réellement ce qui se passe dans son imagination, et met une\npierre dans le sac où elle est convaincue d'avoir placé la tête de l'Holopherne\nlatin. Au retour, elle n'a pas de peine à tourner l'héroïsme de sa rivale en objet\nde risée. Bar Kokeba, plongé dans les voluptés, s'aperçoit enfin de la supério-\nrité de Séphora sur Lilith ; mais il est trop tard : la ruine d'lsraël paraît con-\nsommée.\nCe conte dramatique évoque bien des souvenirs. D abord, Bar Kokeba est\nbien un personnage historique. Nous avons, à la Bibliothèque nationale, une\nmédaille à son nom ; sur une des faces de cette médaille se trouvent même re-\nprésentés deux instruments de musique ; sur l'autre, il y a un raisin. Mais peu\nimporte ce détail. Ce qu'il faut à l'opéra, c'est une grande imagination lyrique,\net M. Catulle Mendès n'en manque pas, pour deux raisons : il est poète très ar-\ntiste, et il a beaucoup de savoir. Bar Kokeba ramenant Lilith de la bataille, rap-\npelle Agamemnon et Héraclès ramenant Cassandre ou lolla dans leur char de\ntriomphe; en outre, ce Fils de l'Étoile n'est pas sans analogie avec Tannhâuser\nplacé entre Elisabeth et Vénus. C est toujours la lutte de 1 amour pur et de l'a-\nmour pervers le mythe platonicien du coursier blanc et du coursier noir\nqui forme la base de toute action dans notre théâtre moderne. Comme Tann-\nhâuser, le Fils de l'Étoile reconnaît, à la fin, la supériorité de 1 ange sur le\nmon... Ce que je reprocherai cependant à M. Mendès, c est sa conclusion de dé-\ndésenchantement et de sensualisme :\nIl ne reste plus rien que l'élernel mensonge\nEt Tétei nelle volupté.\nCela est bien gros, à la fin d'un opéra. Il faudrait au moins que la pièce ame-"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.4", "texte": "LE FILS DE L'ÉTOILE\n\nnât logiquement cette idée ; et la pièce est vraiment trop chimérique pour\naboutir sérieusement à une conclusion de ce genre.\nQuoi qu'il en soit, ce livret semble très propice à la musique. Il est ingénieux,\nbrillant, assez historique et assez irréel pour permettre au compositeur de\ndéployer ses ressources. M. Erlanger en a-t-il su tirer une œuvre intéressante et\nbelle ? M. Gailhard, qui est un peu dans la situation d'lsraël, bien que son temple\nne soit pas encore en ruines, a-t-il enfin trouvé dans le Fils de l'Etoile le Messie\ndepuis si longtemps attendu, le succès qui va (( flamboyer comme l'éclair, bon-\ndir comme le torrent, rugir comme les lions roux, hurler comme l'âpre mer ? »\nJe n'ose l'espérer, tout en le souhaitant beaucoup et de grand cœur, quand je\nsonge au très grand talent de l'auteur, au très grand effort du musicien, et à\nla bonne volonté du directeur, qui, les uns comme les autres, ont dépensé sans\ncompter.\nOui, M. Erlanger a beaucoup de talent. Il l'a fait sentir aux musiciens que\ndirige M. Taffanel, et dont la tâche n'a pas été facile. Il a voulu écrire une œuvre\nénorme, puissante, mais il a manifestement dépassé la mesure habituelle. Un\nproverbe grec dit qu'il faut semer avec la main, non avec la corbeille. C'est à\npleine corbeille que M. Erlanger a jeté son grain. Il y a excès ; il y a peut-être\nerreur aussi dans la direction initiale. M. Erlanger a traité comme une (( tragé-\ndie )) un sujet où il fallait plus de détachement. Son orchestration sauf cer-\ntaines pages où j'ai regretté l'excès contraire est touffue, emmêlée, lourde,\ninquiète, au delà de tout ce que nous connaissions jusqu'ici. La grâce est\ntrop rare. Cela me rappelle, dans la Salammbô de Flaubert, le festin des Bar-\nbares où l'on sert des animaux entiers avec leurs cornes et où des truffes nagent\ndans Vassa fœtida. Mais cette variété des nourritures, au lieu d'exciter la cupidité\nde mon estomac, le lasse et l'effraie. C'est une erreur de croire que plus une\nliqueur est forte, meilleure elle est; cette opinion est celle de Coupeaux ; ce n'est\npas celle d'Atticus ou de Bizet. Je suis convaincu qu'on aurait pu écrire, sur le\nlivret de M. Catulle Mendès, un opéra plein de charme ; mais le charme est ce\nqui manque ici à M. Erlanger. Ce qui me paraît être ici en défaut, ce n'est pas sa\nvaleur musicale, mais son esprit critique. Il n'a pas déterminé avec justesse, à\nmon humble avis, la valeur exacte de la matière qu'il avait à traiter ; il a serré\nde trop près une fantaisie qui devait rester libre et un peu flottante. Il a trop\nsouvent dans la main la massue d'Hercule ou le marteau des Cyclopes, trop\nrarement le rameau d'or de la poésie. Une autre erreur de sa méthode me paraît\nêtre le parti pris de l'originalité. Etre personnel et original, être soi, c'est la qua-\nlité suprême du compositeur ! mais il faut qu'elle soit, ou paraisse, naturelle : si\nl'on sent l'effort et la recherche obstinée, on s'aperçoit qu'on est dupe d'un jeu\nmalhabile, et l'illusion se glace. Dans le Fils de l'Etoile, il y a un ballet où je\nn'ai vu qu'une affectation d'archaïsme et de réalisme, et une singularité peu\nagréable (i). Si les Romains s'amusaient ainsi, comme je les plains ! Que pense\nM. Erlanger du chœur des femmes-fleurs dans Parsi/al, ou du trio des filles\ndu Rhin dans la Gotterdâmmerung ?... Au lieu de se jeter éperdùment dans la\nrecherche des formes bizarres, que nos compositeurs relisent donc Wagner\npour apprendre de lui que l'essence de la musique est la mélodie et que le souci\nde l'expression juste est le premier devoir du musicien travaillant pour le théâtre !\n\n(i) C'est clans ce ballet qu'un critique a reconnu des (( modes grecs », autrement dit des\ngammes par tons entiers. Quels sont donc les modes grecs qui procèdent par tons entiers ?"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.5", "texte": "TAMBERLICK\n\nAi. Erlanger nous dira qu'il a eu précisément ce souci ; et je le sais trop con-\nsciencieux pour qu il en soit autrement ! mais je crois, à mon très grand regret,\nqu il s est trompé, qu'il a tout grossi en oubliant les proportions, et que la vraie\nbeauté musicale est absente de ces prouesses de talent qui accablent l'auditeur.\nAime Bréval (Sephora) a tiré sans peine du seul rôle (( sympathique )) de la\npièce de très bons effets, grâce à son double talent de tragédienne et de canta-\ntiice. Alme Ilégion s est montrée aussi séduisante que dans Astcirté, il y a trois\nans. M. Alvarez est toujours un ténor de grande valeur et cle haute autorité ;\nmais la voix manque un peu de volume. Quant à M. Delmas, il a été admirable\nà tous égards, comme toujours. Mlle Zambelli a éclairé un instant de sa grâce\nexquise cette tragédie un peu sombre ; et je n'userai pas d'une formule banale\nen adressant à M. Taffanel et à son orchestre des compliments mille fois mé-\nrités ! T. C\n\nJ. C.\n\nENRICO TAMBERLICK\nLA CARRIÈRE D'UN TÉNOR ITALIEN (1820-1889).\n\n(0\nIII\nBien qu'engagé au Théâtre-Italien, et, par conséquent, bien que devant\nchanter clans sa langue, Tamberlick, tout en désirant fiévreusement paraître\ndevant le public parisien, avait peur d'affronter ses suffrages.\nEn 1858, le Théâtre-Italien, dirigéparCalzado, était florissant. S'il avait perdu\nplusieurs de ses étoiles, il lui restait encore Mmes Penco, Frezzolini, Alboni ;\nMario, Graziani et Corsi faisaient également partie de la troupe engagée.\nA cette époque, Tamberlick avait déjà chanté dans les deux mondes, et sa\nréputation était universelle. Il ne lui manquait que la sanction de Paris. Il y\nattachait d'autant plus de prix qu'il aimait cette ville d'un amour profond, et\nqu'il pensait déjà s'y fixer, plus tard, lorsque sonnerait l'heure de la retraite.\nOn a même dit qu'il s'y faisait bâtir un hôtel aux Champs-Elysées, mais c'est\nune légende sans fondement.\nCe n'est d'ailleurs qu'en 1860 qu'il s'installa à Paris avec sa famille. Il occupa\njusqu'en 1874 un appartement, 37, rue Washington.\nPuisque nous en sommes au chapitre des légendes, il convient également de\ndétruire celle relative aux visites qu'il aurait rendues aux critiques musicaux\navant de débuter aux Italiens. D'abord ç'eût été une maladresse. En outre, son\ncaractère indépendant le mettait à l'abri de semblable compromission.\nC'est en mars qu'il parut devant le public parisien.\nIl avait choisi Otello, de Rossini, dont le rôle comportait Yut % qui l'avait\nrendu célèbre.\nComme le snobisme a existé de tout temps, une partie du public ne voyait\nen Tamberlick que le ténor qui donne Yut de poitrine.\nLa salle était plutôt hostile. Il avait un nom qui ne plaisait pas. Le premier\nacte fut froid.\nAu 2e acte, dans le duo, il devait chanter la phrase : Si dopo lei morro. Sous\n\n(1) Suite. Voir la Revue du 15 avril."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.6", "texte": "TAMBERLICK\n\nle mot lei lut éclata, vigoureux, strident, magnifique ! Des bravos couvrirent le\nson des instruments, et ne cessèrent que lorsque Tamberlick recommença. Un\ntonnerre d'applaudissements le remercia. Et dès lors, Tamberlick fut considéré\ncomme une sorte de phénomène.\nSa large diction, l'ampleur de son récit, la beauté de son jeu, la splendeur de\nsa voix, son art, son talent, son savoir musical, tout cela dut s'effacer devant la\nnote aiguë qu'il avait le pouvoir d'émettre.\nQuatre fois en huit jours, Tamberlick chanta Otello.\nLes partenaires étaient Mmes Grisi, Cambordi, MM. Susini et Béjar.\nIl eut, bien entendu, une presse extrêmement élogieuse.\nSon portrait parut à toutes les devantures, et il connut même le -triomphe\nd'être parodié.\nSous le titre de XUt dièse, Moinaux fit jouer aux Variétés une bouffonnerie\nmusicale, où Lassagne dans le rôle de Jean Bernic, chanteur auvergnat,\nparodiait le lion du jour.\nTamberlick touchait le joli cachet de 2.000 fr. par représentation.\nLe prix de la place d'orchestre, de première loge, ou de corbeille (la fameuse\ncorbeille de Ventadour...) était de 12 francs. Le maximum de la recette était\nde 1 3.000 francs.\nInutile de dire que le maximum était atteint chaque fois que Tamberlick\nchantait.\nDes snobs faisaient leur entrée dans la salle au second acte d'o/e//o, se\npâmaient à l ut, et se retiraient satisfaits...\nEn cette saison, Tamberlick prit part à différents concerts, et sa présence fit\nmonter la recette en de notables proportions.\nA l'Opéra, où se donnait une représentation au profit de la caisse des pen-\nsions et retraites, il chanta en français le trio de Guillaume Tell et le duo\nd'Otello.\nDe nouveau, il fut fortement question de l'attacher à l'Opéra, mais l'engage-\nment ne fut pas signé.\nA une soirée organisée par le Figaro, le trio de Guillaume Tell fut chanté par\nTamberlick, Faure et Obin. Non seulement ces trois artistes n'avaient pas ré-\npété ensemble, mais Tamberlick et M. Faure ne se connaissaient pas. Leurs\nvoix s'accommodèrent à merveille, et le morceau produisit un effet immense\nEn juillet, Tamberlick repartit pour Londres (1).\nIl était convenu qu'il reviendrait à Paris l'année suivante\nA Covent-Garden il chanta Otello, Don Giovanni, toujours avec le même\nsuccès enthousiaste.\nAvant de regagner Pétersbourg, Tamberlick séjourna quelque temps en\nBelgique, et prit part à un grand festival à Spa.\nPuis il retrouve en Russie son succès habituel.\nMarie de Rohan lui vaut des applaudissements sans fin ; enthousiasme fréné-\ntique dans Guillaume Tell et dans les Huguenots.\nEn janvier 1859, il chante à Pétersbourg Moïse, et Fra Diavolo, qui ne lui\nconvient pas très bien\n\n(1) Voir aux pièces annexées la copie de son engagement pour 1858 à Londres."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "231", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.7", "texte": "TAMBERLICK\n\nLe 13 février, les artistes du Théâtre-Italien donnent, dans la Salle de l'Uni-\nversité, un grand concert au profit des écoliers pauvres de la capitale. Le succès\nest immense, et les étudiants portent en triomphe Mme Bosio et Tamberlick.\nAu moment où la saison se termine, le tsar nomme Bosio première can-\ntatrice et Tamberlick premier chanteur de Leurs Majestés Impériales.\nLe 27 mars, Tamberlick fait sa rentrée à Paris dans II Trovatore. Un peu\nému d'abord, il ne tarde pas à se ressaisir, et son succès n'est pas inférieur\nà celui de la saison dernière. On lui redemande l'air du 3e acte, et on bisse le\nMiserere.\nL'engagement qu'il a contracté avec M. Calzado est de 30.000 fr. pour 13 re-\nprésentations.\nLe prix des places est porté de 12 à 13 francs.\nOn reprend Ctello, où Vut 5 produit son effet attendu.\nEnfin, Tamberlick paraît dans Poliuto, où il est trouvé admirable d'organe\net d'expression.\nSa physionomie est d'une beauté sublime, ses gestes sont graves et simples,\nune religieuse sérénité plane sur sa personne.\nTamberlick donne, quelques jours après, son concours à un concert au\nThéâtre Lyrique.\nSon dévouement est d'ailleurs inlassable et se manifeste en toute occasion.\nAinsi, ayant appris qu'autrefois on organisait tous les ans une représentation\nau bénéfice des choristes du Théâtre-Italien, il propose de rétablir cet\nusage.\nIl organise lui-même la représentation, et se charge de tous les détails.\nIl est convié à prendre part à un concert aux Tuileries et y chante Mose de\nRossini avec Corsi.\nEst-ce ce jour-là que Napoléon 111 lui dit :\n(( Je vous félicite de votre succès, mais malheureusement la musique ne me\nprocure aucun plaisir.. ? ))\nMais la saison touche à sa fin.\nLe 8 mai a lieu la représentation au bénéfice de Tamberlick.\nAprès le Credo de Poliuto, Tamberlick disparaît sous une avalanche de\nfleurs.\nMme Penco et Corsi se sont littéralement surpassés dans cette représentation\nqui a dû laisser d'impérissables souvenirs dans l'âme du grand artiste. Au\nbilan de l'année, il convient de faire figurer l'unique représentation de II cunoso\naccidente.\nAprès une représentation au bénéfice de l'orchestre, et une autre au profit des\nvolontaires italiens, l'illustre ténor part pour Marseille.\nLe 15 mai, il donne un concert à l'Athénée, où il chante le duo d'Otello, l'air\ndu Trouvèie et le trio de Guillaume Tell, avec un succès fou.\nOn lui offre un banquet. 11 y chante un air patriotique en 1 honneur de l'ltalie\navec une puissance et une verve entraînantes.\nUn autre concert donné au Grand-Théâtre le 29 mai rapporte à Tamberlick la\nbagatelle de 5.000 francs.\nA ce moment, les Autrichiens envahissaient le Piémont, 1 armée française allait"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "232", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.8", "texte": "TAMBERLICK\n\ncombattre en faveur de l'indépendance italienne, dont Tamberlick était l'ardent\nchampion.\nComme tous les ans, le moment est venu de repartir pour la Russie.\nTamberlick se fait applaudir dans son répertoire habituel.\nIl prend part aune représentation extraordinaire donnée au Théâtre-Français\nde Pëtersbourg : il y chante en français et en russe.\nMme Nansier-Didiée fait entendre des chansons napolitaines ; mais le plus gros\nsuccès est pour Tamberlick dans la fameuse romance de la princesse Kotschou-\nbey : Skaji ieï (Dis-lui). La salle croule sous les rappels.\nA minuit le spectacle se termina par un tableau vivant où figuraient tous les\nartistes français, groupés par le peintre Zichy.\nLe tsar, la tsarine et plusieurs membres de la famille impériale assistaient à la\nreprésentation.\nTamberlick s'était créé de hautes relations en Russie. 11 était le commensal in-\ntime du grand pianiste Rubinstein, de dix années plus jeune que lui, et qui ne\ndevait donner que bien plus tard ses ouvrages scéniques.\nTamberlick avait le titre de chanteur de la Cour, et ce titre lui conférait le\ndroit et le devoir —de porter un uniforme de colonel qui lui valait les hon-\nneurs militaires en Russie.\nDès son retour de Pétersbourg, en mars, il se mit à la disposition de M. Cal-\nzado, et, malgré la fatigue d'un voyage pénible, il chanta tout de suite Otello.\nSalle comble et enthousiaste. Réouverture de l'éternel débat sur Yut 2.\nIl Trovatore et Don Giovanni continuent la série.\nEn avril, Tamberlick paraît dans Rigoletto.\nLe succès est partagé avec Graziani et Mme Alboni.\nIl chante encore Poliuto, et quitte Paris pour se rendre à Madrid, où il est\nengagé pour 20 représentations, avec la basse Manfredi et le chef d'orchestre\nBonetti.\nIl débute au théâtre cle la Zarzuela dans Otello.\nL'accueil d'abord froid du public s'échauffe peu à peu et tourne au triomphe\ndès le 2e acte.\nTamberlick retrouve tous ses avantages dans Poliuto.\nUne indisposition de Mme Kenneth (.Desdémone) arrête ces représentations.\nSans perdre de temps, Tamberlick s'en va à Lyon et y chante deux fois de suite\nOtello.\nEn juillet il se retrouve à Londres, et chante le Prophète avec Mme Czillag dans\nFidès.\nLe Prophète fut joué souvent à Covent-Garden en cette saison de 1860.\nTamberlick prend part àun grand concert où l'on donne Orphée de Gluck,\nl'ouverture â Oberon, et le Serment de Guillaume Tell.\nNous retrouvons au mois de septembre Tamberlick à Blois, où le Figaro a\norganisé, dans la salle des Etats, un concert au profit des pauvres.\nAu programme figuraient : Galathée, le duo de Moïse chanté par Tamberlick et\nM. Faure, l'air de Jérusalem (Verdi) chanté par Tamberlick, l'inéluctable trio de\nGuillaume Tell (interprété par Tamberlick, Faure et Levasseur).\nJ. Offenbach joua sur le violoncelle le Sylphe.\nLa recette atteignit 14.000 francs."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.9", "texte": "TAMBERLICK\n\nEn septembre, départ pour Pétersbourg.\nTamberlick chante le Prophète, Norma, Freyschûp.\nDans le Prophète, il remporte un succès formidable avec l'air :(( Roi du ciel et\ndes Anges )).\nUne série de concerts est donnée à l'occasion de l'inauguration du Théâtre-\nMarie. Tamberlick y figure avec des lieds chantés en russe, et notamment des\nromances de la princesse Kotschoubey.\nTamberlick ne fait que toucher Paris, en mars 1861, pour se rendre à Londres,\noù il reprend le Prophète.\nIl chante également Guillaume Tell,\navec Mme Miolan-Carvalho et Faure\n(avril;.\nDe Londres il va à Spa, où Meyerbeer\nest attendu.\nIl passe à Paris pour prendre part à\nl'Opéra à la représentation au bénéfice\nde Mme Petipa, et repart pour Londres\n(août 1861 ).\nIl faut qu'un homme soit de bronze\npour résister aux fatigues de tant de\nvoyages.\nTamberlick se dépense sans compter.\nIl ne prend aucun repos et a la coquet-\nterie de répéter à pleine voix au lieu de\nchanter en sourdine.\nIl revient à Paris et, cette fois, tombe\nmalade (septembre).\nLa représentation au profit de la caisse\ndes pensions à laquelle il devait figurer\nest ajournée en raison de sa maladie.\nMais Tamberlick n'a pas le temps\nd'être malade.\nL'heure de partir pour Pétersbourg\nsonne. Il part, et arrive pour apprendre le décès de Cavos, le régisseur du\nThéâtre-Italien.\nAvec ses camarades, Tamberlick chante divinement le Requiem de\nMozart.\nLe 25 septembre, le théâtre rouvre avec le Prophète et Poliuto.\nDans la semaine de sa rentrée à Paris au mois de mars suivant, Tamberlick\nchanta, dimanche, mardi et jeudi, Poliuto ; vendredi et samedi, Otello.\nQuel que soit l'intérêt musical minime que présentent aujourd'hui pour nous\nces ouvrages, on reste quand même confondu en présence d'une telle puissance\ndelà part du chanteur qui accomplit ces prouesses\nPour le bénéfice de Mme Alboni, on donne II Trovatore avec Tamberlick,\nM. Delle Sedie, Mmes Alboni et Penco.\nPour le bénéfice de M. Delle Sedie, on jout Don Giovanni.\n\nTAMBERLICK"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.10", "texte": "TAMBERLICK\n\nEnfin, au bénéfice de Tamberlick, on chante le trio de Guillaume Tell et le\nduo de M ose.\nTamberlick regagne Londres en avril et chante II Trovatore. On le trouve tou-\njours admirable dans le rôle de Manrico, et sa vogue est mieux établie que\njamais.\nLe ier mai, on inaugure l'Exposition. Tamberlick devait chanter le solo dans\nune cantate de Verdi, mais on n'a pas eu le temps de styler les chœurs, et 1 on se\npasse de cantate.\nLes représentations à Covent-Garden sont de plus en plus brillantes. Don\nGiovanni avec Faure, Formes et Tamberlick.\nNouveau triomphe de Tamberlick dans Robert.\nVerdi vient d'achever un opéra qu'il destinait à Tamberlick : la Forza del\nDeslino.\nLa première représentation eut lieu à Pétersbourg le 30 octobre 1862.\nLe livret, tragique à l'extrême, puisque quatre personnages meurent au cours\nde l'action, n'est pas d'un grand intérêt. La partition ne comportait pas de mor-\nceaux d ensemble, et était d'un style peu en rapport avec le drame.\nL'œuvre n'eut qu'un succès d'estime.\nLa saison d'opéra italien finit en janvier (18Ô3)\nPour le bénéfice de Tamberlick, on donna Otello.\nMme Barbot était une belle Desdémone.\nAu moment où Otello la poursuivait, elle fit un faux pas,- tomba et se blessa\nlégèrement. Comme la cantatrice s'était évanouie, le public manifesta des\ncraintes qui furent vite dissipées.\nEn mars, Tamberlick fait sa rentrée à Paris. Il Trovatore, Poliuto et Otello.\nCette année, il y eut des sceptiques qui prétendirent que l'illustre ténor ne pour-\nrait plus chanter, et que le miracle ne se renouvellerait pas La fougue d'Otello\net la chaleur émue de Poliuto leur donnèrent tort. La Patti partage avec Tam-\nberlick le succès de la saison.\nDans un Ballo in maschera (Verdi , Tamberlick est moins bon. Son physique\nne se prête pas à l'interprétation d'un rôle où il faut de la sveltesse et de la\nlégèreté.\nDe même, sa voix n'a rien de ce que demande un badinage élégant et\nfacile.\nPour ne rien oublier, ajoutons qu'à une représentation du Bal masqué, la mu-\nsique militaire qui paraît sur le théâtre ayant manqué son entrée, Tamberlick\ndut écourter un air. Le public protesta.\nEn ce même mois de mars eut lieu à l'Opéra-Comique une représentation au\nprofit des petits-enfants de Rameau.\nC'eût été une belle occasion pour monter une œuvre du génial compositeur\nfrançais. Seule de ses productions, sa Musette figurait au programme.\nTamberlick, Obin et Bonnehée chantèrent le trio de Guillaume Tell.\nParti pour Londres, Tamberlick en revient le is mai pour chanter sa partie\ndansl oratorio Rédemption d'Alary, qu'on donne au Cirque des Champs-Elysées\nau profit d'une œuvre charitable."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "235", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.11", "texte": "TAMBERLICK\n\nEn juin il prend part à un concert à Liverpool, et en juillet il chante à Londres\nle Prophète et Robert.\nAvec Mme Carvalho et Faure, il chante le Faust de Gounod. Ce rôle convient\nmal à Tamberlick.\nLe samedi, sous la direction de Manns, on donnait au Palais de Cristal des\nconcerts auxquels assistaient 10 000 auditeurs. Tamberlick chanta plusieurs fois\nà ces séances.\nEn octobre, il regagna la Russie. Fatigué sans doute par le voyage, il est iné-\ngal dans II Trovatore. La saison se poursuit avec / Lombardi,\\& Favorite, la Forza\nciel Destiuo.\nEn janvier 1864, on joua Fausto (de Gounod).\nDes concerts furent donnés en présence de la cour dans la (( Salle de la No-\nblesse ». Tamberlick y chanta des œuvres de la princesse Kotschoubey et notam-\nment le Skaji z'ei'déjà cité.\nA une réception chez le ministre d'ltalie à Pétersbourg, le marquis Pepoli, on\nexécuta une cantate de Ricci en l'honneur de l'ltalie. Mme Fiorelti et MM. Tam-\nberlick, Calzolari, Giuglini, Graziani, Malvezzi, Fioraventi, Meo et Angelini\nprirent part à cette audition.\nEn mai, Tamberlick chante à Londres Poliuto, le Prophète, Otello ; et en août\nnous le retrouvons à Madrid, où il chante Faust.\nDe Paris, où il séjourne peu, il repart pour la Russie.\nSa voix était toujours étonnante d'ampleur et de puissance.\nLe 25 décembre, Tamberlick organise à Pétersbourg un concert au profit des\nincendiés de Symbsk avec le concours de tous les artistes du Théâtre-Italien.\nAu programme figure l'Hymne national arrangé et orchestré à l'intention de\nTamberlick. Il chante solo l'hymne entier, en russe, avec une prononciation ma-\ngnifique : puis les voix splendides du chœur des chanteurs de la Cour reprennent\nl'hymne. Tamberlick joint sa voix aux leurs, et c'est la sienne, vibrante et mer-\nveilleusement sonore, qui domine encore les masses instrumentales et cho-\nrales !...\nLe tsar, qui aimait beaucoup Tamberlick, lui remit la grande médaille d'or, à\nson effigie, entourée de brillants, et qui se porte sur le cordon de Saint-André.\nLe célèbre ténor est un des rares artistes qui reçurent cette distinction.\nEn janvier 1865, Tamberlick crée à Pétersbourg le rôle d'Helios de YHercula-\nnum de F'élicien David, qui avait été traduit en italien.\nMmes et Nantier-Didiée complétaient 1 interprétation de cet ouvrage.\nEn juin, nous le retrouvons à Madrid, au théâtre Rossini, où il chante le\nProphète. Il remporte un éclatant succès. L'œuvre de Meyerbeer était d'ailleurs\nsuperbement montée, et la mise en scène fut fort admirée.\nIl chante Poliuto, Norma, etc.\nAvec Mme Nantier-Didiée, Tamberlick est appelé à chanter à la Cour, au\nPalais de la Granja.\nAvant de quitter Madrid, où son départ cause un grand vide, Tamberlick\nreçoit de la reine l'Ordre de Charles 111."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.12", "texte": "LE CHANT DANS LES ÉGLISES DE PARIS\n\nLe 6/.18 janvier 1866 eut lieu, devant toute la cour de Russie, la première\nreprésentation à Pétersbourg de VAfricaine.\nC'était le (( bénéfice )) de Tamberlick, qui dans le rôle de Vasco de Gania rem-\nporta un immense succès.\nLe 3 mars, Tamberlick chante Y Africaine i\\ Madrid, au théâtre de l'Oriente, et\nretrouve les mêmes applaudissements qu'à Pétersbourg.\nLe 8, à la seconde représentation de Y Africaine, les rappels ne cessent pas.\nLe 9, Tamberlick chante au Théâtre Royal le Stabat de Rossini.\nTamberlick retourne à Madrid et, en octobre, aborde pour la première fois le\nrôle d'Eléazar dans la Juive. Il y est magnifique.\nSes succès se continuent dans la Favorite, Otello, les Huguenots, qu'il chante\navec la Sonieri et Coulon.\nEn 1868, la révolution éclate en Espagne Les insurgés vainqueurs au combat\nd'Alcolea ont provoqué le départ de la reine Isabelle.\nTamberlick est en Espagne tandis que ces événements se déroulent. Il fait sa\nrentrée à Madrid clans la voiture du général Prim, en chantant au peuple Y Hymne\nà Garibaldi et la Marseillaise.\nEn septembre, on organise une représentation de la Muette au profit des\nblessés du combat d'Alcolea.\nTamberlick et de Selva sont acclamés après le fameux duo : (( Amour sacré de\nla Patrie )).\nTamberlick chante avec un enthousiasme enflammé des stances espagnoles\nde circonstance adaptées à la musique du grand air du deuxième acte par le\npoète Manoel Palacio. Des tempêtes d'applaudissements saluent à la lois l'artiste\net le champion politique (1).\nDe ce jour, la popularité de Tamberlick en Espagne ne fit que croître. Chose\ncurieuse, la haute société ne lui garda pas rancune.\n(A suivre.)\n\nLe chant dans les églises de Paris.\n\nIl nous a paru intéressant, au moment où cle récentes décisions pontificales ont mis à l'ordre\ndu jour la question de la musique religieuse, de rechercher ce qui se fait actuellement dans les\nplus importantes églises de Paris. Quel genre de musique a les préférences de MM. les\nmaîtres de chapelle rEt quelles sont les influences dominantes ? Celle de Solesmes, celle de\nRatisbonne, ou celle de Gounod r Un de nos collaborateurs s'est donc chargé de sanctifier ses\ndimanches par quelques promenades à la fois musicales et religieuses. Nous espérons que nos\nlecteurs ne seront pas les derniers à lui en savoir gré.\nNOTRE-DAME. 10 avril. Plain-chant ordinaire, lourdement exécuté. Au\ndébut de la messe, l'antienne Vidi aquam egredientem est chantée sur un ton do-\nlent et somnolent : c'est cependant un chant d'allégresse, un joyeux souvenir de\nla fête de Pâques. En outre, on n'a pas répété l'antienne comme il est prescrit,\nce qui équivaut à supprimer le refrain d'une chanson. L'lntroït est trop lourd en-\ncore: il faudrait plus de vie et d'élasticité dans le rythme. Le Kyrie est défiguré ;\non avait peine, sous les fantaisies de soprani incisifs et de barytons prétentieux, à\n\n(1 ) Est-il utile de rappeler que, trente-huit ans auparavant, une représentation de la Muette à\nBruxelles avait été le prélude du mouvement qui devait amener 1 indépendance de la Belgique ?...\n\nHENRI BRODY."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "237", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.13", "texte": "UN QUATUOR DE M. PAUL I ACOMBE\n\nreconnaître la messe du 6e ton de H. Dumont. Il en fut de même pour le Gloria,\nle Sarctus et VAgnus Dei. Pourquoi et par qui a été fait ce maquillage? Le plain-\nchant, même quand il date du XVIIC siècle, se suffit à lui-même et n'a pas besoin\nd'être orné. S'est-on jamais avisé de mettre à la Vénus de Milo un corsage pail-\nleté, ou un habit d'Arlequin à l'Apollon du Belvédère ?\nQuanta l'Offertoire, où les organistes ont coutume de montrer qu'ils ont du\ntalent, il m'a paru aller àla dérive, sans rythme apparent ni motif saisissable,\nvers une cadence finale impatiemment attendue. Et cependant, quel orgue mer-\nveilleux, et quelle sonorité profonde sous les voûtes !\nEn résumé, la routine m'a paru régner à Notre-Dame. On dit cependant grand\nbien du maître de chapelle et de l'organiste. Etaient-ils absents le 10 avril ?\nSAINT-GERVAIS. 77 avril. Ma première pensée et mon premier regard, en\nentrant à Saint-Gervais, sont pour la tribune, aujourd'hui vide et déserte. Que de\nchants harmonieux et doux elle a répandus sur la foule, depuis les jours lointains\noù le vénérable abbé de Bussy présidait aux débuts de ses chanteurs ! Aujour-\nd'hui, ils sont loin ; mais au moins leur méthode est-elle restée ? Ecoutons la\nmesse du 5e ton.\nA part la lenteur du Vidi aquam, déjà signalée à Notre-Dame, la messe a été bien\nexécutée, sans surcharge ni ornementation inutiles.Le plain-chant,soutenu parun\naccompagnement discret, est donné tel qu'il est écrit dans les Paroissiens ordi-\nnaires. On a repris la prononciation française du latin, mais c'est un détail de peu\nd'importance.\nJ'attendais l'organiste à l'Offertoire, et j'ai été surpris d'entendre un morceau\nbien construit, joué finement, un peu trop peut-être, pour un instrument tel\nque l'orgue. Mais ce n'était pas le grand orgue. J'ai appris qu'il était en répara-\ntion et qu'on ne le jouait plus que pour l'entrée des grands mariages : si des dis-\nsonances de mauvais augure se produisent, il est probable que les gens de la\nnoce ont d'autres préoccupations.\nA vêpres, mêmes remarques favorables qu'à la messe. Pas de musique mo-\nderne ; la maîtrise scande bien les psaumes et ne dit pas, comme je 1 ai entendu\nailleurs : Domus Jacob de popu, lo barbaro. C'est quelque chose.\nJ'ai remarqué, dans la nef, plusieurs compagnies de jeunes filles aux corsages\nornés de minces rubans bleus, verts, violets. Ces insignes indiquent sans doute\nle degré d'avancement de celles qui les portent dans la pratique de la vertu. Mais\ntoutes sont muettes comme des carpes. Ne serait-il pas possible d'associer leurs\nvoix fraîches au chant de l'office ? Cela se pratique en plus d'un village de\nFrance, et ce serait un premier pas dans la voie que S. S. Pie X a tracée.\nOn voit que les Chanteurs de Saint-Gervais ont laissé quelque chose de leur\nméthode dans l'église d'où ils furent exilés, et je suis heureux de le noter.\n(A suivre.)\n\nCONSTANT ZAKONE.\n\nUn Quatuor de M. Paul Lacombe (Hamelle, éditeur). — La Sonate\nde M. Sérieyx, pour piano et violon (Demets, éditeur).\n\nLe temps nous a manqué pour rendre compte, dans notre précédent numéro,\ndu dernier concert de la Société nationale, qui semble adopter aujourd'hui un\néclectisme moins intransigeant qu'autrefois."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "238", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.14", "texte": "UN QUATUOR DE M. PAUL LACOMBE\n\nLe quatuor de M. Paul Lacombe, qui ouvrait la soirée, fait honneur à la fois à\nla Société et à l'auteur, resté fidèle à la musique de chambre ; son esprit très\nnet et très ouvert n'a pas été atteint par cette manie de modernisme à outrance et\nce goût de l'étrangeté que nous avons parfois à déplorer chez les meilleurs ; mais\nil est bien de son temps, et sait, quand il le veut, écrire autre chose que d'aima-\nbles idylles. L'œuvre nouvelle débute de façon romantique et passionnée (à l'u-\nnisson) :\net, dans toute la suite, les idées mélodiques abondent ; l'expression est pathéti-\nque, l'allure toujours distinguée. Ce que je regretterais peut-être, c'est que les\nidées se pressent et font masse compacte, sans qu'on aperçoive suffisamment la\nstructure de l'ensemble, qui, à première audition, m'a paru être conçu dans la\nforme du prélude ou de la rhapsodie, plutôt que dans la forme traditionnelle. En\nprincipe, la question du plan n'est soumise à aucune loi et un compositeur est\nparfaitement libre de faire ce qu'il veut ; mais il arrive ici que l'auditeur est un\npeu dérouté. On aime qu'une idée soit annoncée, développée logiquement, et\nreliée à d'autres idées par des transitions ; un exorde, une péroraison ne sont\npas inutiles. Or, le quatuor de M. Paul Lacombe arrive, dès la première me-\nsure, au maximum d'expression, se maintient par un enchaînement de plusieurs\nthèmes ayant à peu près tous une importance égale, et finit assez brusquement.\nIl y a un art des préparations et un art du développement que je n'aperçois pas\nici. L andante m'a paru bon, bien que j'aime peu certaines batteries pianistiques\ntrop souvent employées. Avec Y allegretto et le finale, il semble que le style\nchange et qu'après avoir fait une incursion dans le domaine de Schumann nous\nrevenions à Inesthétique un peu simpliste et courte de jadis :\nUne phrase comme celle-là paraît presque partir d une autre main que celle qui\na écrit le début de l'œuvre. Elle ne manque, d'ailleurs, ni de grâce ni de légè-\nreté. L'allegro deciso qui sert de conclusion est un peu du même genre. Il fait la\ngrosse voix, mais ne paraît nullement méchant :\nEn somme, malgré ces réserves dont M. Paul Lacombe excusera la fran-\nchise, œuvre de sérieux intérêt.\nJ'étais allé au même concert, animé des meilleures intentions à l'égard de"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "239", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.15", "texte": "L'ENSEIGNEMENT DU CHANT DANS LES LYCÉES\n\nM. Sérieyx, qui est, me dit-on, le bras droit de Vincent d'lndy pour renseigne-\nment de la musique, et que je sais digne, à tous égards, de la plus grande es-\ntime. Sa Sonate pour piano ei violon a découragé ma sympathie musicale. C'est\nune œuvre longue, sèche, traînante, dans laquelle je n'ai cru trouver ni sen-\ntiment, ni personnalité, mais un parti pris d'étrangeté qui est inconcevable.\nCe n'est pas, d'abord, une fugue (comme l'annonçait le programme), mais une\nexposition de fugue que j'ai entendue. En outre, elle m'a paru dénuée d'in-\ntérêt, je veux dire d'expression. Si une telle œuvre représente une école, je le\ndéplore. Je renvoie M. Sérieyx au « Clavecin bien tempéré », pour qu'il y voie\nqu'on n'écrit pas une fugue sur un bizarre assemblage de notes, mais sur un\nthème expressif et intéressant, mélodique, comme Bach l'a toujours fait ; je le\nrenvoie aux sonates pour piano et violon de Beethoven, pour qu'il se souvienne\nque le sentiment, l'émotion, la grâce des formes sont indispensables à la mu-\nsique ! Et je l'autorise àne voir en moi qu'un Philistin.\n\nJ. C.\n\nL'Enseignement du chant dans les lycées.\nM. Jules Combarieu, Directeur\ndelà Revue musicale et Inspecteur\nde l'Académie de Paris , vient\nd'adresser à M. le Recteur un pre-\nmier rapport sur l'état de l'ensei-\ngnement musical dans les lycées\nde jeunes filles. D'après les lois\norganiques du 21 décembre 1880\net de 1882 (un peu modifiées en\n1897), l'enseignement du chant\noccupe, comme le dessin, 2 heures\npar semaine, qui sont facultatives\nen 4e et 5e année, et obligatoires\ndans les 3 premières années seu-\nlement. Pour des raisons diverses,\nil en résulte que, sur une popula-\ntion scolaire de 300 élèves, il y en\na 20 à peine, en moyenne, qui, en\n4e année, font de la musique, et\n4ou 5 au plus en 5e année. On\nconstate même ce fait caractéris-\ntique : les élèves de 6e année\n(cours préparatoire à l'école de\nSèvres) ne font plus de musique,\nparce qu elles se destinent à être professeurs et ont à préparer des examens. Les voix,\nen général, ne sont pas mauvaises ; il n'y a, en moyenne,?que trois élèves recon-\nnues absolument réfractaires au chant, dans chaque lycée. Mais les méthodes\npeuvent être améliorées sur beaucoup de points. Les jeunes filles chantent\nassises et penchées, ce qui est mauvais. On leur enseigne parfois des choses"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "240", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.16", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\ntrop difficiles. Il faut surveiller leurs attitudes, leur apprendre à ouvrir la bouche,\nà respirer, à émettre franchement les sons. Il n'y a pas encore cle répertoire con-\nvenablement établi. Les programmes n'indiquent pas assez clairement aux maî-\ntresses ce qu'on attend d'elles. Enfin, on en est encore à considérer la musique\ncomme chose (( accessoire » ou (( d'agrément )) (agrément pour qui ?) ; on ne\nparaît pas admettre que la musique a une place nécessaire dans l'éducation d'une\njeune fille et que, sans une chorale, la personnalité d'un lycée est incomplète. Le\nrapport de M. Combarieu se termine par des propositions ayant pour objet de\ncombler certaines lacunes de cet enseignement.\n\nPublications nouvelles.\n\nStella, poème de Victor\nHugo, pour chant et orchestre, réduit\npour piano et chant par hauteur ; à la\nSociété nouvelle d'Editions musicales (an-\ncienne maison Paul Dupont), 24, rue des\nCapucines.\nCe poème lyrique est construit sur deux\nthèmes principaux. Le premier, dans la\ntonalité lumineuse de si majeur, nous an-\nnonce l'apparition de l'étoile symbolisant\nl'esprit divin :\nLe second motif, d'un sentiment majestueux, symbolise l'esprit humain :\nCes thèmes qui sont les motifs générateurs de l'œuvre se développent pro-\ngressivement et se transforment selon les phases qu'ils traversent, semblant\ndonner naissance, cle temps à autre, à de nouveaux motifs qui sont en réalité\ndérivés des deux thèmes initiaux Après ces développements successifs où les\nmotifs sont enveloppés tour à tour d'harmonies très distinguées, le second\nmotif est présenté sous une forme nouvelle clans laquelle il prend un caractère\nde marche. Ainsi transformé, le premier motif revient par antithèse se com-\nbiner avec le dernier. Et alors nous assistons à la réunion de ces deux idées :\n\nHENRI LUTZ."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "241", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.17", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\nR. M.\n19\n\nMais cette union est de courte durée, car bientôt le pur esprit se dégage des\nentraves terrestres et prend librement son essor vers les régions célestes, nous\nlaissant entrevoir, à l'extrémité d'une progression ascendante, les sommets\néclatants, bienheureux séjour de l'éternelle lumière !\n\nADALBERT MERCIER.\n\nALBERT SOUBIES, Histoire de la musique dans les Iles Britanniques, des ori-\ngines au XVIIIe siècle (chez Jouaust ). —L'auteur rendrait plus utiles ces élégants\net minuscules volumes de 100 pages s'il indiquait les sources où il a cherché, et\noù l'on peut chercher après lui, les documents historiques.\nLa RASSEGNA GREGORL\\NA (n° d'avril) publie, à l'occasion du récent congrès de\nmusique religieuse tenu à Rome, un très bon article de Dom Paul Cagin qui\nrésume l'œuvre bénédictine en matière de plain-chant : les noms de Dom Gué-\nranger, du chanoine Gontier, de Dom Pothier, de Dom Jausions, de Dom\nAndré Mocquereau, directeur de la Paléographie musicale, y sont justement\nhonorés. L'auteur s'est oublié lui-même, et c'est la seule lacune de son travail.\n\nEMMANUEL NERINI. Théorie complète delà musique. Réponses au nouveau\nquestionnaire de la musique. Nouveau Questionnaire de la théorie de la musique\npar devoirs gradués (3 vol., chez Armand Girard, 17, rue de Châteaudun, Paris,\n2 fr. 50 et 1 fr.). Ces divers ouvrages élémentaires sont excellents pour ceux qui\ntravaillent seuls, et nous les recommandons particulièrement.\nMARCEL BRAUNSCJIWICG, Le Sentiment du beau et le Sentiment poétique (Essai sur\nVesthétique du vers), 1 vol., chez Alcan, 3 fr. 75. M. 8., qui vient d'être reçu\nbrillamment docteur es lettres avec cet ouvrage, a analysé de façon très origi-\nnale et pénétrante l'harmonie du vers français. Il néglige un peu l'histoire, et se\nlivre parfois à une métaphysique inutile.\n\nPAUL SOURIAU, La Beauté rationnelle (i vol. chez Alcan, 10 fr.). Ouvrage\nde haute esthétique, un peu dans le goût de l'ancienne Ecole, et où la musique\nn'a rien à glaner de bien précis, mais d'un réel intérêt pour les philosophes.\nI. MOSCHELÈS, Rondeau sentimental, les Charmes de Paris, la Gaieté (chez\nTonger, Cologne). Morceaux faciles et agréables pour piano, montrant l'idée\nqu'un Allemand se fait de l'esprit parisien.\nE. DE SOLENIÈRE vient de publier, à la Société nouvelle d'Editions musicales,\nune excellente étude technique sur le Fils de ïEtoile."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "242", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.18", "texte": "LES CONCERTS\n\nLes Concerts.\n\nCONCERTS COLONNE. 10 avril. —Ja-\nmais la Damnation de Faust ne produisit\nune aussi profonde impression que di-\nmanche dernier : cela, grâce à l'intelli-\ngence et à la conscience d'un chef excellent\nqui, la veille encore, faisait soigneuse-\nment répéter une œuvre pourtant bien\nconnue de son orchestre ; grâce aussi au\nmérite supérieur de trois artistes. MlleMar-\ncella Pregi nous a donné l'image d'une\nMarguerite idéale ; sa voix pure, flexible,\nnuancée, vibrait de tendresse et de pas-\nsion intérieure. Avec un peu moins de chaleur peut-être, M. Cazeneuve a une\nvoix fraîche, bien timbrée, douce à entendre, et il la conduit avec un art\nconsommé. C'est certainement un des meilleurs ténors de notre époque. Enfin le\ncor anglais de M. Gaudard, aussi expressif qu'une voix humaine, nous a tenus\npresque haletants. L'air de (( Marguerite )), tel qu'il nous a été donné, est de ceux\nqu'on voudrait entendre toujours. Ainsi s'est terminée, triomphalement, la série\ndes concerts de cette année.\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 10 avril.\nL. L.\nLa 8e Symphonie de Beethoven, si char-\nmante, est encore trop rondement menée. Comment M. Chevillard ne s'aper-\nçoit-il pas qu'à cette allure la 2e idée du ier mouvement, lorsqu'elle s'expose aux\nbois, prend un air hâtif et pressé d'en finir qui ne lui convient nullement ? Le\nPoème, pour violon et orchestre, de M. Henri Lutz, fut la dernière nouveauté de\nla saison Comme l'alto d Harold en Italie, le violon est ici un personnage ; mais\nil n'y a rien de réel dans les visions dont l'entoure l'orchestre, puisqu'elles se lè-\nvent du fond même d une âme hantée par le souvenir d'une morte aimée. M. Lutz\nconnaît son orchestre, et le traite ingénieusement ; mais l'œuvre est touffue, et\ntrop souvent bruyante (des castagnettes bien suspectes, vers la fin); j'aurais\nmieux aimé, en un pareil sujet, plus d'intimité et de sobriété. Pelléas, le plus\némouvant de tous nos drames musicaux, ne fait jamais appel aux foudres de l'or-\nchestre ; n'oublions pas cette grande leçon. Mme Fanny Davies joue sans puissance\net sans grandeur le Concerto de Schumann : c'est pourquoi on l'acclame, tan-\ndis que l'année passée une grêle de huées s'abattait sur les frêles épaules de\nMme Bloomfield Zeisler, pianiste admirable, au style précis et nerveux (piano\nSteinway dans l'un et 1 autre cas). Mme Kaschowska triomphe à bon droit, au\ncontraire, dans la Mort cPYseult, qu'elle chante en grande tragédienne, avec des\ngradations d'effet dont la plupart de nos chanteuses wagnériennes ne se sou-\ncient guère ; et sa voix est pleine et bien timbrée. UOuverture de Rimsky-Kor-\nsakow intitulée la Grande Pâque russe (particulièrement en situation le io avril,\nqui était le jour de Pâques dans le rite orthodoxe), est construite sur deux thèmes\nliturgiques, d'un caractère solennel et primitif ; les variations d'orchestre sont\nintéressantes, mais on ne discerne pas de plan : c'est une sorte de rhapsodie, fort\nagréable à entendre d'ailleurs."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "243", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.19", "texte": "LES CONCERTS\n\n—A LA SALLE FEOLIAN, concert donné par Mlle Marthe Dron. Au programme\nCésar Franck. Excellente exécution du quintette par Mlle Dron et le quatuor Pa-\nient. Je louerai particulièrement la netteté, la précision, la discipline, précieuses\nqualités qui ont permis au piano et aux instruments de se fondre dans un\nensemble tout à fait satisfaisant. A un autre point de vue, i ai pleinement goûté,\ngi ace aux dimensions de la salle, le plaisir de la musique de chambre, les oreilles\npercevant tous les détails de l'œuvre qui se perdent en général dans de trop\nvastes salles de concert. Prélude, aria et finale ; prélude, choral et fugue, pour\npiano seul. Mlle Dron est une agréable pianiste quia fait preuve d'un bon méca-\nnisme et d'une charmante sonorité. J'aurais préféré moins de rubato et plus de\nrythme. MlleDron a une tendance à ralentir arbitrairement les diminuendo et à\nchercher des effets dans la moindre phrase; elle enjolive la simplicité, la force et\nla grandeur ; elle semble jouer du C hopin plutôt que du Franck Dans la Sonate\npour piano et violon, il y avait un certain manque d'unité de style entre les deux\ninstruments :M. Parent s'effaçait devant l'œuvre, et Mlle Dron ne se laissait pas\noublier. En écoutant l'un, on se disait : que c'est beau ! en écoutant l'autre:\ncomme c'est gentiment joué !\n\nAu FIGARO : M. NÉRINI.\nG.\n—Le 21, salon du Figaro, M. Emile NÉRINI nous a\nfait entendre quelques-unes de ses œuvres : 1 Esclave à la Source (symphonie\nmauresque), adaptation symphonique sur un poème dePaulWebre, et un assez\ngrand nombre de mélodies parmi lesquelles nous avons remarqué Souvenir, C'est\nl heure exquise, Crépuscule, Notre amour, C'était toute ma vie, M. Nérini est un tout\njeune compositeur qui, au lieu d avoir la fièvre de certains contemporains\nfièvre pariois infectieuse, a du sentiment, du goût, de l'élégance et de la clarté.\nQu'il cultive ces dons heureux, sans vouloir forcer son naturel! Je ne lui deman-\nderai pas de donner plus d'étrangeté à son style, mais plus de profondeur à sa\npensée. C est un musicien d'avenir. Pour le moment, il en est à (( l'heure ex-\nquise )) de la jeunesse —A la même séance,brillant succès obtenu par Mme I luchet\nRousselière, par Mlle Menjaud (qui a besoin de surveiller la justesse des sons1,\npar M. René Jullien,qui a joué une des pièces les plus difficiles pour violoncelle :\nle Papillon de Popper. Mme Tassu-Spencer, qui est la grâce et la distinction\npersonnifiées, a fait apprécier une fois de plus les ressources originales de la\nharpe chromatique, dont elle a tiré, dans la demi-teinte, des effets exquis.\n\nLe 21 avril, très belle audition d élèves de Mme Colonne, grand succès pour\nla voix profonde de Mme O. Frœlich, la grâce exquise de Mlle Suzanne Riche-\nbourg, et la finesse spirituelle de MlllO Hekking-Cahun dans différentes mélodies\nde M. Bruneau. Ce que je remarque chez toutes ces jeunes filles, c'est la qualité\nrare d une interprétation fouillée, nuancée, vivante, qui fait le plus grand honneur\nau sens artistique de leur excellent professeur.\nLe 20 avril, Mlle M. Debrie donnait, avec le concours de Mlle S. Cesbron, un\ntrès intéressant concert. Au programme, diverses œuvres de Beethoven, Fauré,\nChopin, Liszt, délicatement exécutées."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "244", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels, Informations et Correspondances.\n\nCONSERVATOIRE. Ainsi que nous l avons annoncé dans la dernière Revue,\nles professeurs du Conservatoire national de musique et de déclamation se sont\nréunis en assemblée générale sous la présidence de leur directeur, M. Th. Du-\nbois. Ils avaient à exprimer leur avis au sujet des modifications à apporter au\nrégime auquel ils sont actuellement soumis, relativement à la limite d'âge et à\nleurs droits éventuels à une pension de retraite\nCertains professeurs, par suite de l'époque tardive de leur nomination, se\ntrouvent, en effet, dans l'impossibilité d'obtenir une pension de retraite. La ques-\ntion se posait donc de savoir s'il ne serait pas préférable d'instituer en leur faveur\nun régime analogue à celui qui est en usage à l'Ecole des Beaux-Arts, où les\nchefs d'ateliers, au lieu d un traitement, reçoivent une simple indemnité non\nsoumise à retenue. 8 professeurs se sont prononcés pour 1 adoption de ce sys-\ntème, et 61 ont émis un vœu pour le maintien du régime de la loi du 9 juin 1853.\n\nCONCOURS CRESSENT. Le Journal officiel publiera très prochainement le\nprogramme du 12e concours delà Fondation Cressent, ouvert pour la composi-\ntion d un ouvrage lyrique, de demi-caractère, ou dramatique ou bouffe, opéra ou\nopéra comique, en un ou deux actes, avec choeurs et ouverture\nDès cette publication, le programme ainsi qu'un exemplaire du livret la Pu-\npille de Figaro, couronné au concours préalable de poèmes, seront mis à la dis-\nposition des concurrents qui en feront la demande à la Direction des Beaux-Arts\n(3, rue de Valois), bureaux des Théâtres.\nAux dernières élections de l'lnstitut, deux voix à peine ont manqué à\nM. Camille Bellaigue pour devenir immortel. Dès maintenant, nous adressons\nnos plus sincères félicitations à notre très distingué confrère.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 mars au 19 avril 1904.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2 I\nMars\nFaust.\nGounod.\n*\n16.024 41\n23\n—\nAida.\nVerdi.\n14.602 76\n14.025 41\n2 5\n—\nThaïs.\nMassenet.\n26\n—\nL'Enlèvement au Sérail. —Pail-\nMozart. — Léonca-\nlasse.\nvallo.\n8.425 »\ni 3 047 41\n1 1.552 26\n28\n—\nAida.\nVerdi.\n3o\n—\nThaïs.\nMassenet.\n4\nAvril\nFaust.\nGounod.\n22.339 91\nb\n—\nLohengrin.\nWagner.\n19.417 76\n8\n—\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n19.946 41\n0\n—\nA ïda.\nVerdi.\nI3.3O4\n11\n—\nRigoletto. — La Maladetta.\nVerdi. — Vidal.\n15.858 41\n13\n—\nFaust.\nGounod.\n18.687\n16.119 41\n13.3 18 »\n15\n—\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n16\n—\nLohengrin.\nWragner.\n18\nRigoletto. — La Maladetta.\nVerdi. — Vidal.\n15 686 41"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "245", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 mars au 19 avril 1904.\nLes bruits les plus étranges circulent actuellement dans le monde artistique\nau sujet d'une œuvre musicale, drame lyrique en trois actes, qui subit des tri-\nbulations déconcertantes, en un de nos théâtres subventionnés, et n'arrive pas,\nmalgré toute sa valeur et les curiosités qu'elle suscite, à voir les feux de la\nrampe. La question est des plus intéressantes, étant données les personnalités qui\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n1 '\npo Mars mat.\nManon.\nMassenet.\n5.043\n5o\nsoirée\nCarmen.\nBizet.\n3.088\n»\n21 —\nLa Traviata. — Le Maître de\nchapelle.\nVerdi. Paer.\n4.483\n5o\n22 —\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n2.qq5\n»\n2 3 —\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.579\n»\n24 —\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n6 007\n»\n25 —\nFra Diavolo. — Le portrait de\nManon.\nAuber. Massenet.\n4.685\n5o\n26 —\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n6.558\n5o\n27 —matinée\nLa Dame blanche. — La Fille\ndu Régiment.\nBoïeldieu. Donizetti.\n4.6o5\n»\n27 — soirée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n3.665\n»\n28 —\nMireille.\nGounod.\n4.482\n»\n29 -\nManon.\nMassenet.\n5.170\n))\n3o —\nPelle as et Mélisande.\nDebussy.\n3.762 5o\n2 — Avril\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n4.025\n»\n3 — matinée\nLes Noces de Jeannette. — Fra\nDiavolo.\nMassé.\n6.o31\n))\n3 — soirée\nManon.\nMassenet.\n7.064\n»\n1 4 — matinée\nLakmé.—La Fille du Régiment.\nL.Delibes. Donizetti.\n8.703\n»\n4 — soirée\nLa Vie de Bohême.— Les rendez-\nvous bourgeois.\nPuccini. Nicolo.\n7.128\n5o\n5 —matinée\nMignon. — Le Chalet.\nA. Thomas. Adam.\n6 930\n»\nsoirée\nCarmen.\nBizet.\n8.726\n5o\n' 6 —\nLouise.\nCharpentier.\n6.557\n»\n7 — matinée\n1\nPhilèmon et Baucis. — La Tra-\nviata.\nGounod. Verdi.\n4.492\n»\n7 — soirée\nFra Diavolo. — Le portrait de\nManon. — Manon.\nAuber. Massenet.\n6.715\n5o\n8 -\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n5.oi 1\n5o\n9 —\nLa Navarraise. — Le Médecin\nmalgré lui.\nMassenet. Gounod.\n6.807\n5o\n10 —matinée\nMireille.\nGounod\n5.844 5o\n10 — soirée\nLouise.\nCharpentier.\n4.893\n5 0\n11 —\nLe Domino noir. — Le portrait\nde Manon.\nAuber. Massenet.\n4.045\n5o\n12 —\nLe Roi J Ys.\nLolo.\n4.600\n»\ni3 -\nCarmen.\nBizet.\n6.;63\n5o\nr4 -\nLa Fille de Roland.\nRabaud.\n5.763\n5o\n15 —\nManon.\nMassenet\n6.318\n5o\n16 —\nLouise.\nCharpentier.\n8.023\n5o\n17 — matinée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n5.656\n5o\n17 — soirée\nLakmé. —Les rendez-vous bour-\ngeois.\nL.Delibes Nicolo.\n4.452\n5o\n18 —\nLa Traviata. — Le Chalet.\nVerdi. Adam.\n4.572\n>;\n19 —\nMignon.\nA. Thomas.\n7.469\n5o"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "246", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nse trouvent en jeu. ... Mais il ne nous est pas permis d'en dire plus aujourd'hui.\nBientôt, peut-être, cette affaire passionnera le public, et, alors, nous aurons le\ndroit de rappeler que nous fûmes les premiers, au cours de 1 été dernier, à en\nentretenir nos lecteurs.\n\nDOUAI. M. Henri Gillet, membre de la musique municipale, est nommé\nprofesseur de basson à l'Ecole nationale de musique de Douai, en remplacement\nde M. Maréchal, démissionnaire.\n\nORPHÉONS SCOLAIRES. Le concours général de chant entre les écoles pri-\nmaires communales de la Seine aura lieu, cette année, le 7 juillet à Paris, à l'école\nde la rue Blanche, sous la présidence de M. Laurent de Rfilé.\nUne médaille en or sera décernée, au nom du Ministre de l'lnstruction pu-\nblique, à l'école qui remportera le ier prix.\n\nACOUSTIQUE DU TROCADÉRO. Le projet du budget des Beaux-Arts pour\nl'exercice 1905 comprend un crédit spécial qui doit être affecté à l'amélioration\nde l'acoustique dans la grande salle des fêtes oû sont donnés les concerts et\nreprésentations du Palais du Trocadéro.\nLes modifications qu'il conviendrait d'apporter ont déjà été examinées par\nM. Gustave Lyon, directeur de la maison Pleyel.\nLes expériences auxquelles il s'est livré ont été faites avec toutes les garanties\nscientifiques désirables, et les résultats en ont été fort concluants. Mais en raison\ndes difficultés inhérentes à tout problème d'acoustique, M. le Ministre des Beaux-\nArts se propose de réunir prochainement une commission composée en majeure\npartie de physiciens et de techniciens pour reprendre les expériences de M. Lyon\net se prononcer sur les résultats obtenus.\n\nAUTEURS ET COMPOSITEURS DRAMATIQUES. L'assemblée générale de la Société\ndes auteurs et compositeurs dramatiques est fixée pour l'année 1904 au mercredi\n4 mai.\n\nCONCERTS LE REY. Désireux de tenir compte des efforts réalisés par l'Asso-\nciation des Concerts Le Rey pour vulgariser dans le public legoût de la musique\nclassique et faire connaître le plus grand nombre possible de jeunes composi-\nteurs, virtuoses et chanteurs d'avenir, M. le Ministre des Beaux-Arts vient de\nporter à 1.500 francs le chiffre de la subvention allouée à ces Concerts pour\nl'année 1904.\n\nMIMI PINSON. Une subvention de 1 000 francs a été accordée, sur les fonds\nde la Direction des Beaux-Arts, au Conservatoire populaire de musique et de\ndanse, à Paris, dirigé par M. Gustave Charpentier et désigné communément\nsous le nom de (( OEuvre de Mimi Pinson )).\n\nARÈNES DE BÉZIERS. Les dimanche 28 août et mardi 30 août 1904, aura lieu\nà Béziers, au théâtre des Arènes, sous la direction de M. Castelbon de Beaux-\nhostes, la représentation d'Armide, drame héroïque en 5 actes, musique de\nGluck, poème de Quinault, d'après la partition publiée par Mlle Pelletan. Saint-\nSaéns et Thierry-Poux.\nJ\nLes tragédies lyriques Déjanire, Promêthêe et Pctrysatis ont été représentées\navec le plus grand succès sur ce théâtre."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "247", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nM. de Beauxhostes a résolu de consacrer, cette année, une plus large part à la\npartie musicale en donnant l'opéra Armide, le chef-d'œuvre immortel de Gluck.\nCette œuvre, qui n'a pas été jouée dans son intégralité depuis de nombreuses\nannées et qui se trouverait à l'étroit dans le cadre forcément restreint de nos\nthéâtres, pourra se développer et s'épanouir dans l'immensité de cette scène en\nplein air qui, seule, peut lui donner l'ampleur qui convient à un pareil chef-\nd'œuvre.\nArtistes, orchestre, masses chorales et chorégraphiques de tout premier ordre\nseront réunis pour assurer la parfaite interprétation de cette œuvre. Cette fête\nd'art aura lieu avec le concours du maître Saint-Saëns, toujours dévoué au\nthéâtre des Arènes de Béziers, qui est un peu son œuvre, et qui, ayant reconstitué\nla plupart des partitions de Gluck, pourra veiller à ce que la pensée du créateur\nd'Armidesoit fidèlement rendue et scrupuleusement observée dans ses moindres\ndétails.\nUn décor sera spécialement dressé par les soins de MM. Jambon et Bailly,\npeintres décorateurs du théâtre national de l'Opéra.\nLe Ministre des Beaux-Arts, voulant témoigner tout l'intérêt que son dépar-\ntement attache à l'organisation de ces fêtes tout à la fois d'art et de bienfaisance,\na mis une somme de 1.000 francs à la disposition de M. de Beauxhostes pour la\nreprésentation des 28 et 30 août prochain.\n\nBORDEAUX, SAINT-NAZAIRE. —Un grand concours international de musique\nsera organisé à Bordeaux les 22 et 23 mai, et à Saint Nazaire les 3 et 4 juillet\nprochains.\n\nA sa soirée annuelle, la Société des Amis des Arts de Touraine a\nfait entendre la Marie-Magdeleine de Massenet. Belle exécution, d'une forte sim-\nplicité, à laquelle Mlle Cesbron, Mme Emile Bourgeois, MM. E. Dantu et Siegwalt\nprêtaient leur concours. Les chœurs issus des cadres de l'Opéra et de la Société\ndes concerts et stylés par M. Bourgeois, et l'orchestre, exclusivement touran-\ngeau, ont été, sous la direction très sûre de M. 11. Sartel, et à juste titre, fort\ngoûtés.\nEn plus de cette soirée—de gala, pour ainsi dire —la Société des Amis des\nArts a décidé, pour favoriser le développement du goût de la musique de cham-\nbre à Tours, de donner pendant la saison plusieurs autres concerts intimes, où\nune large place serait réservée à ce genre de musique trop peu apprécié à\nTours.\nC'est ainsi que furent entendus, dans une première soirée, deux Trios avec\npiano : celui de Dvorak (op. 21) en si b et celui de Beethoven (op. 3) en ut mi-\nneur. Belle exécution très sobre et très fouillée en même temps, par MM. Liéron\n(violon) et Manon (violoncelle), deux excellents professeurs tourangeaux, et\nM. Mockers, un pianiste remarquable.\nDans le second de ces concerts le programme portait audition du Quatuor avec\npiano (op. 47) de Schumann, en mi b, qui fut très délicatement et très sûrement\ninterprété parles mêmes exécutants avec le concours de M. Pasquier, altiste, et\nde la Sérénade, trio à cordes, de Beethoven, qui n'avait jamais été intégralement\nentendue dans notre ville. Les trois archets y ont fait merveille et ont été très\nfêtés par un public charmé par cette œuvre inconnue à beaucoup (!!)\n\nTOURS."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "248", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040501-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nEn dehors de la musique d'ensemble, ces concerts ont permis d'entendre deux\nexcellentes cantatrices, Mlle Demellier, brillante élève de Mme Ed. Colonne,\nun joli soprano dramatique que Paris a déjà plusieurs fois applaudie, et\nMme Guionie, chanteuse légère aux vocalises ailées.\nEn outre, M. Jean Galland vint steinwayer un Scherzo de Mendelssohn, Y Etude\nen ut dièse mineur et la Polonaise en mi \\> de Chopin. Sous ses doigts agiles, le\nsteinway fut peu brillant. Le contraste en fut d'autant plus frappant que dans\nles Valses romantiques à deux pianos de Chabrier, le second piano était tenu par\nM. Mockers sur un pleyel qui s'est montré très supérieur au produit de la\nmarque américaine.\nLes concerts ainsi organisés par la Société des Amis des Arts sont très suivis.\nPuissent-ils réussir pleinement et acclimater enfin à Tours le goût de la musique\nclassique.\n\nHIM.\n\nBORDEAUX.\nJos. GRIMO.\nMalgré la ravissante rentrée deMlle Marie Thierry et la présence\nde M. L. David, le clou de la quinzaine a été certainement les 2 auditions données\npar le plus illustre violoniste de notre époque, M. Jan Kubelik.\nPréparés par une immense publicité, ces deux concerts avaient réuni l'élite\nmusicale bordelaise, et les dilettanti n'ont pas eu à le regretter, car jamais on\nn'avait entendu un artiste possédant aussi merveilleusement son instrument.\nStupéfiant, électrisant 1 auditoire par un jeu magique et même diabolique, le\nbrillant virtuose a obtenu des ovations sans fin. Nul ne possède à un plus haut\npoint le don de (( brûler » les traits même les plus inextricables. Faisant enten-\ndre avec un art incomparable toutes les articulations possibles du violon, son\nstyle, des plus purs a également ajouté un charme délicieux à la brillante exécu-\ntion des morceaux qu il nous a fait entendre et dont voici le programme :\nlERIER CONCERT : Concerto (op. 61) de Beethoven et Concerto de Paganini ; Ave\nMaria de Schubert et Carnaval russe de Wieniawski.\n2E CONCERT: Concerto de Mendelssohn et Fantaisie sur Faust de Wieniawski.\n- God save the Queen et Moïse sur une corde de Paganini.\n\nA céder, dans des conditions exceptionnellement avantageuses, un har-\nmonium de Debain en parfait état, acajou verni, ayant coûté 8000 fr. : 2 cla-\nviers, 8 jeux [plus 2 jeux au pédalier), 42 registres, 2 registres pour le pédalier,\n2 genouillères expressives, 1 talonnière. S\"adresser aux bureaux de la\nRevue musicale, 5/, rue de Paradis."}]}