{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_sha256": "9081744da42b0d7effd1df3b727f5fb8964a396a55e59cf0d5e0636f02c2af49", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/07/01_01/bmtnabj_1904-07-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/07/01_01/bmtnabj_1904-07-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "321", "page_fin": "322", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.1", "titre_corps": "ARTHUR COQUARD", "titre_sommaire": "ARTHUR COQUARD", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "322", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "ARTHUR COQUARD\n\nArthur Coquard, auquel Vlnstitut vient d'attribuer le prix Mombine {partagé avec\nXavier Leroux), est un des meilleurs élèves de César Franck ; c est lui qui fut chargé\nde mettre au point la partition de Ghisèle, drame en 4 actes de Vauteur des Béati-\ntudes, représenté à Monte-Carlo en iBgq (ce travail fut fait avec Vincent dllndy,\nChausson, de Bréville et S. Rousseau). Après avoir débuté aux Concerts Colonne,\nen iBj6, avec le Chant des épées (interprété par Lassalle), A. Coquard donna suc-\ncessivement : Héro, scène dramatique (chez Pasdeloup et Colonne, où Mmes Pauchioni\net Montalba se firent applaudir) ; Ossian, poème symphonique, avec harpe principale ;\nAndromaque (che\\ Lamoureux, avec Mme Brunet-Lafleur) ; les Chœurs d Esther\n(:ibid. et au Conservatoire) ; Haïluli, qui fut, che£ Colonne, le début triomphal de\nMUe Pregi ; /'Episode oriental (divertissement du drame lyrique Jahel, dont le n° y,\nChanson d exil, va/zz/ zzzz grand succès, chez Colonne, à Mme .4 uguez de Montaient) ;\nles Voix du Soir, Eté, e/c., cfe nombreux lieder (Joies et Douleurs, poème de\nMme Fournery-Coquard, etc.), eurent aussi un succès de très bon aloi.\nAu théâtre, A. Coquard a donné: en 1884 J Epée du Roi (2 actes, à Angers)',\nen 1886, /e Mari d'un jour (■? actes, à l'Opéra-Comique); en 1895, la Jacquerie\n(._/ actes, dont le premier est de Lalo, à Monte-Carlo, puis à Paris); en igoo, Jahel\n(4 actes, à Lyon) ;en /902, /aTroupe Jolicœur (4 actes, à VOpéra-Comique). A ces\nœuvres il faut joindre Agamemnon (chœurs et musique de scène, poème de Bornier),\nCassandre, Helvetia, Jeanne d'Arc, Philoctète (musique de scène, Odéon, i8g8),\nbOiseau bleu, etc.\nEcrivain élégant, M. Coquard a obtenu en iBgo, à 1 Institut, le prix Bordin,\npour son Histoire de la musique en France (■Calmann-Léyy) ; conférencier, il a\nréuni un nombreux public, au cours Sauvrezis, pour écouter d'excellentes leçons sur\nl'histoire de Vart musical.\nA. Coquard est un musicien de très haute valeur, qui a fortifié d'heureux dons\nmélodiques par une sérieuse étude des œuvres de Franck, de Gluck et de Beethoven\net par une très solide culture générale ; il a cultivé tous les genres (même le comique\nlyrique et le burlesque), mais il excelle dans 1 expression des sentiments tendres et\ndélicais. C'est une fine nature de poète. La maison Costallat publie de lui, en ce\nmoment, une série de charmants duos pour soprani [op. 60) dont nous sommes\nheureux d'offrir aux lecteurs de la Revue musicale deux pièces inédites."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "321", "page_fin": "321", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.1.1", "titre_corps": "Arthur COQUARD", "titre_sommaire": "Arthur COQUARD", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "321", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.1", "debut_caractere": 73, "fin_caractere_exclue": 87, "texte": "Arthur COQUARD"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "323", "page_fin": "324", "image_debut": 3, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.2", "titre_corps": "M. Charles Malherbe.— Quelques lettres inédites.", "titre_sommaire": "M. Charles Malherbe.— Quelques lettres inédites.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "323", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.3", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1471, "texte": "M. Charles Malherbe.— Quelques lettres inédites.\nM. Charles Malherbe, qui est un des collectionneurs les plus richement\npourvus de toute 1 Europe, veut bien nous communiquer (en original) quelques\nlettres inédites fort curieuses, dont nous détachons les deux suivantes. Nous\nadressons nos plus vifs remerciements à notre confrère, qui remplit avec'tant\nde désintéressement les fonctions d'archiviste et de bibliothécaire de l'Opéra, et\nqui a déjà rendu de si nombreux et si brillants services à 1 histoire de l'art mu-\nsical. M. Malherbe est si universellement apprécié et estimé pour son vaste\nsavoir, sa bonne grâce parfaite et son inépuisable obligeance, qudl serait superflu\nde lui consacrer une longue notice : organisateur du Musée de notre Académie\nde musique et de plusieurs expositions documentaires, collaborateur d'E. Co-\nlonne, il connaît l'histoire du théâtre lyrique, à peu près comme M. Monval,\narchiviste de la Comédie-Française, connaît celle du théâtre de Molière. J'ose\ndire que c'est un homme heureux (en supposant qu il ne tienne ni aux\nfonctions rétribuées ni aux honneurs), puisqu il a fait, selon son cœur, deux parts\nde sa vie : l'une pour ses collections privées, et l'autre pour les archives de\nl'Opéra. C'est un maître en son genre, un maître précieux pour tous ceux qui\ntravaillent. Puisse-t-il, contrairement au mot de Fontenelle, ouvrir plus souvent\nsa main, au lieu de la refermer sur les trésors qu'il possède !"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "324", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.4", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1377, "texte": "La première lettre est fort importante : elle met en lumière la générosité de\nMeyerbeer, qu'on a parfois accusé, bien à tort, de ne songer qu'à lui. L auteur des\nHuguenots prodigue à Berlioz les marques d'estime et de dévouement : il l'appelle\n(( cher maître » à un moment où il n'avait pas encore donné sa mesure (1843) ;\nil entre dans ses vues en flattant sa manie des orchestres grandioses ; il se montre\nsincèrement disposé à lui assurer, en Allemagne, de brillants succès. En second\nlieu, que pensent d'une telle lettre ceux qui. reprenant de vieilles routines et\ncontrairement à ce que nous avons démontré ici même, prétendent encore que\nBerlioz fut toujours un incompris?\nLa seconde lettre est aussi un document bien intéressant. L'honorable Gossec\ny exprime une amertume et un dépit contenus par une haute courtoisie. Obligé\nde s'incliner devant Gluck, il le fait spontanément, mais sous quel poids doulou-\nreux d'illusions et d'ambitions refoulées! Cette lettre dépeint l'état d'esprit le\nplus navrant qu'un artiste puisse connaître. Elle ne manque ni de noblesse, ni\nd'éloquence. Aujourd'hui, en pareil cas, on ferait paraître, dans le « Courrier\ndes théâtres )) d'un grand quotidien, quelques lignes brèves et hautaines. La\nmode ancienne, plus prolixe et moins impertinente, moins sommaire et moins\nbrutale, ne laisse pas d'avoir son prix."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c006", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "324", "page_fin": "325", "image_debut": 4, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.3", "titre_corps": "LETTRE INÉDITE DE MEYERBEER A BERLIOZ.", "titre_sommaire": "LETTRE INÉDITE DE MEYERBEER A BERLIOZ.", "signature_source": "Votre tout dévoué, MEYERBEER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "324", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.4", "debut_caractere": 1379, "fin_caractere_exclue": 3454, "texte": "LETTRE INÉDITE DE MEYERBEER A BERLIOZ.\nVotre tout dévoué,\nMEYERBEER.\nA M. Berlioz, célèbre compositeur de Paris, Hambourg.\nCHER MAÎTRE,\nJ'ai reçu avant-hier votre lettre de Brunswick, mais pas le paquet annoncé. Enfin\nil est arrivé et contient les parties de chant de Roméo, mais pas le manuscrit de la\ntraduction allemande que je vous avais demandé. Cependant, si vous voulez qu'on\naméliore la traduction, cest indispensable... Donc, il sera bon de nous envoyer ce\nmanuscrit le plus tôt possible. Je vais me mettre en quête de 9 timbaliers, mais j'ai\npeur de ne pas les trouver. Tout le reste se complétera parfaitement par notre\nexcellente musique militaire. Vous savez que, pour la symphonie funèbre, le Prince\nde Prusse, chef suprême du département militaire, m a accordé toutes les musiques\nmilitaires de Berlin et de Potsdam, ce qui sans la chapelle royale donne 1111 effectif\nde AOO personnes. Vous pouvez hardiment donner encore un second concert à\nHambourg, car nous avons eu de nouveaux travaux pour des fêtes de cour et par\nconséquent de nouveaux retards. Armide a été enfui donnée et avec un immense\nsuccès. J'ai fait une nouvelle distribution des rôles et j'en ai dirigé les études et la\nreprésentation qui a eu un grandissime succès. J'espère que vous en serez content.\nAprès-demain commencent les répétitions des Huguenots qui seront donnés le\n28 ou le 29. On répétera le plus qu'on pourra, parce qu'ils doivent être donnés ci\ncette époque. Les répétitions de vos chœurs et de l'orchestre ne pourront donc com-\nmencer que le 30. Mais vous pourriez, en attendant, envoyer les parties delà Sym-\nphonie funèbre, car les musiques militaires ne sont pas occupées aux répétitions\nthéâtrales. A partir du ler1er avril, je commencerai les répétitions de Faust ;et comme\npendant 15 jours ou 3 semaines il n'y aura que des petites répétitions au foyer des\npremiers sujets, on pourra se mettre corps et âme aux répétitions de vos concerts.\nAdieu, cher Maître, et à revoir. J'ai fait annoncer par la Gazette d'Etat qui paraîtra\ndemain votre arrivée pour la fin de ce mois."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "325", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.5", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 312, "texte": "\\ ous ne ni avez pas donné votre adresse ci Hambourg ; j envoie donc la lettre à\nl adresse du maître de chapelle du théâtre (M. Krebs). Veuillez faire retirer de la\nposte d Hannovre la lettre que je vous g ai adressée dans laquelle se trouve la lettre\npour le prince royal de Hannovre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "325", "page_fin": "326", "image_debut": 5, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.4", "titre_corps": "LETTRE INÉDITE DE GOSSEC A GUILLARD.", "titre_sommaire": "LETTRE INÉDITE DE GOSSEC A GUILLARD.", "signature_source": "GOSSEC", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "325", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.5", "debut_caractere": 314, "fin_caractere_exclue": 3459, "texte": "LETTRE INÉDITE DE GOSSEC A GUILLARD.\n\nA Monsieur,\nM. Guillard, rue des Petits-Champs-Saint-Martin, maison de MrS de Sairit-\nJuliendes Ménestriers, à Paris.\nMONSIEUR,\nToutes explications au sujet de votre Iphigénie deviennent inutiles : vous aviez\ndestiné cet ouvrage ci M. Gluck ; cette préférence était légitime ; il s'en est chargé ;\nvotre attente est remplie, il n'y faut plus songer. Je m'en consolerais plus aisément,\nMonsieur, si ce sujet n'eût point été depuis 8 ou 10 ans l'objet de mes désirs et si l'u-\nsage de ce pays-ci et la loi de l'honnêteté dont je fais profession ne me privaient pas\nde satisfaire jamais ci cet égard mon inclination ou plutôt ma violente passion. Je\nsouhaitais qu'un habile homme cle lettres entreprit de traiter ce sujet. Vous le\nfîtes, et ce ne fut point pour moi. Cela ne diminuera rien cle l'estime que j'ai pour\nvos talents, Monsieur ; j'avoue que les miens, qui furent étouffés en naissant, n'ont pas\nassez cle droit ci la confiance pour qu'il leur soit commis un ouvrage dramatique cle\ncette importance.\nNéanmoins, M. Gluck, en y renonçant, me jugea digne de m'en faire la cession [il\nme devait en quelque sorte cette réparation pour avoir involontairement soustrait ci\nla scène, par son Iphigénie en Aulide, Sabinus, mon premier essai dans ce genre,\ndans lequel il eut la complaisance cle remarquer des choses clignes cle son attention).\nLorsque M. Gluck eut renoncé ci votre ouvrage, M. le Bailli du Rollet me le promit\navec toute l'assurance cle la plus grande sincérité, et avec toute l'authenticité pos-\nsible. Je comptais dessus, puisque vous parûtes y souscrire, Monsieur ; pendant tout\nce temps, il me réitéra sa promesse : durant tout ce temps, M. Gluck, de\nson côté, nourrissent mon espoir par un éloignement marqué pour le travail, et par\nson apparente résolution à ne pas se charger de votre ouvrage, en m'exposant sou-\nvent les causes qui le déterminaient à cette renonciation. La veille cle son départ, je\nfus immédiatement après vous lui renouveler le témoignage cle tout mon attache-\nment et cle mes sincères regrets cle le voir partir ; eh bien, Monsieur, il eut la cruauté\nde ne point détruire mon erreur, et de me protester cle nouveau qu'il ne se chargeait\npoint de votre Iphigénie. M. Gluck, pendant huit mois, me provoqua au sommeil, et,\ndurant tout ce temps, je fus bercé d'un songe flatteur; je ne m'attendais pas, à mon\nréveil, de me voir frustré d'un bien qui semblait m'appartenir, et que je devais tenir\ncle son honnêteté et de sa délicatesse. Voilà le plaisir du sacrifice cle huit mois de\nmon temps, de tant d'allées et venues, du refus de plusieurs ouvrages bons et vala-\nbles, des disgrâces que je me suis attirées cle plusieurs auteurs et cl autres personnes\nde la plus grande distinction ! Quoi qu il en soit, rien n altérera mon admiration\npour les grands talents de M. Gluck, ni mon estime pour les vôtres, Monsieur ; ami\ncle la vérité, je serai toujours leur défenseur contre ceux qui, devant moi, voudraient\nles déprimer. Quant aux changements que je vous proposais de faire clans votre\nIphigénie, vous pouviez y attacher moins de conséquence. Un examen plus étendu"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "326", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.6", "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 2321, "texte": "avec vous eût facilement détruit mon erreur et Vimpression d'une lecture légère et\nhâtive. Cependant ma proposition n'était pas sans fondement, puisque M. Gluck\nmême exigeait que cet ouvrage fût mis en quatre actes, et qu'il n'était qu'en trois\nlorsqu'il me tomba pendant une demi-heure dans les mains ; et assurément une\ndemi-heure ne suffit pas pour prendre une parfaite connaissance d'un objet si étendu.\nPeut-être m'eût-il fait une autre impression si alors il eût été arrangé comme\nM. Gluck le proposait : il était bien possible que le même défaut nous frappât tous\nles deux.\nRecevez mes remerciements, Monsieur, de ce que vous voulez bien m'assigner,\ndans la partie dramatique, une place immédiatement au-dessous de M. Gluck. Vous\nme flattez et vous 11 êtes pas sincère. Je ne pense pas comme vous ; je suis trop petit\npour atteindre si haut. Je n'ai j>as même l'espoir de produire un ouvrage sur la\nscène. tant que M. Gluck la tiendra ; Sabinus fut éclipsé par lui ; Iphigénie en Tau-\nride m'est enlevée par lui ; Thésée, fixé â l'hiver prochain, sera renvoyé â deux ans\npar lui. Dans deux ans, M. Piccini ou M. Gluck me rejetteront ci la 3e année, d'au-\ntant qu'il est tout naturel de leur laisser les honneurs de la scène. Dans ce temps, ma\nmusique aura une teinte de gothicité insupportable, et pour peu quelle contienne\nquelques faibles étincelles dé bonté, elles seront sacrifiées au préjugé. En attendant,\nmes cheveux blanchissent, mes espérances s'évanouissent et mon courage s'éteint.\nTout, pour moi, n'est que motif de dégoût. Conséquemment, je pense que pour être\nsage et prudent, pour éviter tous les démêlés et braver tous les préjugés, il ne faut\nplus que je travaille pour la scène lyrique. Ainsi, Monsieur, je 11e profiterai point des\noffres obligeantes que vous avez la bonté de me faire ; je vous en ai la plus vive\nobligation, et, s'il était possible que l'on pût me déterminer â tenter encore cette\nfolie et â reprendre encore cette lourde charrue, le secours de vos talents, que vous\nvoulez bien m offrir, m'en allégerait le poids. Rien ne me serait plus agréable que\nd'unir mes talents aux vôtres.\nJ'ai l'honneur d'être avec la plus haute estime et la plus parfaite considération,\nMonsieur,\nVotre très humble et très obéissant serviteur,\n\nGOSSEC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "326", "page_fin": "329", "image_debut": 6, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.5", "titre_corps": "Les rapports de l'harmonie et du contrepoint : définitions et considérations générales.", "titre_sommaire": "Les rapports de l'harmonie et du contrepoint : définitions et considérations générales.", "signature_source": "ANDRÉ GÉDALGE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "326", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.6", "debut_caractere": 2323, "fin_caractere_exclue": 3240, "texte": "Les rapports de l'harmonie et du contrepoint : définitions\net considérations générales.\n\nNous sommes heureux d'offrir à nos lecteurs la primeur des pages suivantes, tirées d'un Traité\ndu Contrepoint que prépare en ce moment M. André Gédalge, le compositeur si apprécié, Inspec-\nteur général du chant.\n1. Si, pour accompagner un thème, une phrase ou simplement un fragment\nmélodique donnés, on compose un ou plusieurs thèmes mélodies) secon-\ndaires, ces thèmes ou mélodies secondaires prennent le nom de contrepoint.\n2. L'ART du contrepoint consiste essentiellement à constituer, en vue d'un\neffet musical, deux ou plusieurs parties mélodiques indépendantes dans leurs\nrythmes et dans leur caractère, sans, pour cela, atténuer le relief de la ligne\nmélodique principale\n3. La SCIENCE du contrepoint est l'ensemble des règles qui permettent\nde réaliser ces combinaisons, de telle façon que, de l'audition simultanée des"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "327", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.7", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3662, "texte": "diverses parties mélodiques indépendantes, résulte pour l'oreille l'impression\nd'une harmonie correcte, rationnelle et tonale.\nUn ensemble écrit contrapontiquement devra donc déterminer simultanément\ndeux phénomènes auditifs d'un ordre différent : l'un, que l'on peut qualifier\nd'horizontal, dû à la perception nette de chaque partie mélodique isolée ; 1 autre,\nvertical, résultant de la concordance harmonique de toutes les parties.\n4. La marche mélodique des parties indépendantes engendrant une suite\nharmonique, c'est-à-dire une succession d'accords, il est nécessaire de se rendre\ncompte exactement, avant de commencer l'étude du contrepoint, de quelle façon\non peut concilier l'invention mélodique et la liberté d'allures nécessaire à chaque\npartie, avec les règles de 1 harmonie (qui sont, en fin de compte, des relations\nde tonalité), telles qu'elles auront été enseignées dans des études antérieures.\n5. Les rapports du contrepoint et de l'harmonie doivent être envisagés à\ndeux points de vue différents, suivant que l'on considère la mélodie principale et\nchacune des mélodies secondaires isolément, ou qu'on les prend dans leur en-\nsemble sonore, tel qu'il résulte de leur audition simultanée.\n6. Dans le premier cas, chaque son de la mélodie comporte une basse fonda-\nmentale déterminée soit par les rapports harmoniques qu'il a avec d'autres sons\nde la même mélodie, soit par les nécessités tonales, soit encore par les attractions\nmélodiques qu'il doit à la position qu'il occupe dans l'échelle de la gamme, soit\nenfin à 1 importance plus ou moins grande qu'il tient de son accent rythmique.\n7. Les basses fondamentales ainsi déterminées par l'une quelconque des mélo-\ndies constituant l'ensemble sonore devront être les mêmes pour les autres mélo-\ndies prises isolément : cela se conçoit facilement sans qu'il soit besoin d'insister,\npuisque de cette seule communauté de fondamentales harmoniques peut résulter\nun ensemble satisfaisant pour l'oreille.\n8. Mais on voit aussi (1) que, toutes les voix ou tous les instruments qui\nconcourent à cet ensemble faisant entendre des mélodies distinctes, ces harmo-\nnies fondamentales resteront, dans la plupart des cas, à Y état virtuel et que les\nseules harmonies réelles seront celles qui se dégageront de l'audition simul-\ntanée des parties indépendantes.\n9. D'autre part, si l'on considère que les parties simultanées diffèrent non\nseulement par la mélodie, mais encore par le rythme, on comprend facilement\nl'importance de ce dernier facteur comme cause déterminante des harmonies fon-\ndamentales. Des accents rythmiques de l'une des mélodies (généralement la\nmélodie principale) dépendront; en effet, le nombre des harmonies engendrées à\nl'état fondamental et le lien de ces harmonies, celles-ci ne pouvant jamais, en\nprincipe, se produire à contre rythme, c'est-à-dire sur les accents faibles de\nla mélodie.\n10. Mais, par suite de la marche mélodique indépendante de chaque partie,\nil se produira forcément des harmonies de passage, harmonies réelles et que ne\npouvait faire prévoir l'harmonie fondamentale virtuelle commune à toutes les\nmélodies prises isolément. Il arrivera donc fréquemment que, par unphénomène\n\n(i) Toutes les considérations qui suivent s'appliquent aux espèces de contrepoints autres que la\npremière, celle-ci ne différant de l'harmonie plaquée proprement dite que par une marche plus\nvariée des parties : toutes les voix faisant entendre, dans la première espèce, des valeurs égales à\ncelles du chant dunné, l'harmonie qui s'entend réellement est la même pendant toute la durée de\nchaque mesure que celle de la basse fondamentale."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "328", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.8", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3753, "texte": "en apparence paradoxal, cette harmonie fondamentale n'existera pour l'oreille\nqu'à l'état de sensation (très précise malgré son absence réelle), formant en\nquelque sorte une pédale virtuelle, qui supportera, pendant toute la durée d'une\nmesure au moins, des harmonies de passage dues àla marche libre des parties,\nsans que s'affaiblisse 1 impression de l'unité harmonique au milieu de cette va-\nriété incessante d'accords. C'est là, à proprement parler, la caractéristique de\n1 écriture musicale due à l'emploi des procédés du contrepoint, et c'est ce\nqui différencie nettement cette écriture de l'écriture purement harmonique.\n11- L'écriture harmonique, en effet, est toujours établie sur 1 audition réelle\nde ces basses fondamentales entendues soit à l'état fondamental, soit à l'état de\nrenversements. Il ne peut, sous un chant accompagné harmoniquement, se pro-\nduire des harmonies adventices, même si l'on emploie exclusivement les procé-\ndés de l'harmonie figurée. Les basses, chiffrées ou non, que l'on propose à réa-\nliser, dans le cours des études harmoniques, n'auraient pas de sens si elles n'a-\nvaient pour but unique d'apprendre à enchaîner des accords destinées à accom-\npagner un chant, que ce chant existe réellement ou soit sous-entendu, et rien ne\nserait plus propre à fausser le jugement des élèves que de leur laisser croire,\ncomme onle fait trop souvent, que ces réalisations de basses données trouvent leur\nfin en elles-mêmes, alors que cette fin est l'accompagnement du chant donné»\n12- Le procédé de l'écriture harmonique est donc, en réalité, plus étroit\nque celui de 1 écriture contrapontique : le contrepoint se propose aussi comme\nfin 1 accompagnement du chant donné. Mais alors que, dans le procédé har-\nmonique, la mélodie (ou chant) occupe toujours la voix la plus élevée ou\ntout au moins une voix traitée au point de vue du soliste, et que toutes les\nharmonies entendues n'ont d'autre origine que les sons constituant cette\nmélodie, dans le contrepoint, au contraire, le chant principal est donné à\n1 une quelconque des parties grave, intermédiaire ou aiguë, et toutes les\nharmonies entendues résultent de la marche librement mélodique des voix.\n1 • En raison de ces différences essentielles, les lois qui, dans les études\nd harmonie, régissent l'enchaînement des accords ne sont, dans le contrepoint,\nexactement applicables ou ne deviennent obligatoires que sur le temps fort de\nla mesure ou sur les accents forts de la mélodie. Dans une réalisation purement\nharmonique, le contour mélodique d'une partie quelconque (le chant donné\nétant excepté) a peu ou point d importance .' les attractions mélodiques ou\nrythmiques n existant pas pour cette partie les parties intermédiaires ne\nsont en effet que des « remplissages » harmoniques, les sons qui la com-\nposent n'obéissent qu'aux seules affinités, aux seuls rapports harmoniques qui\nles iclient aux sons entendus immédiatement avant ou après eux, affinités et\nrapports délimités étroitement par les basses fondamentales de chacun des sons\nconstitutifs de la paitie piincipale (chant à Vouloir appliquer à\nl'écriture contrapontique les règles absolues de l'harmonie en dehors des\ntemps et des accents forts, c'est méconnaître absolument le but et l'essence\nmême du contrepoint, qui sont de donner à l'invention mélodique de chaque\npartie le maximum de liberté compatible avec les nécessités tonales et harmo-\nniques , c est, en un mot, éciire non du contrepoint, mais de 1 harmonie figurée ]\net 1 harmonie figurée, si figurée soit-elle, ne sera jamais du contrepoint, car\nelle ne donneia lieu, même dans sa plus ingénieuse recherche, qu'à de courts\nfragments ayant 1 apparence mais non la réalité de parties mélodiques véri-"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "329", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.9", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3268, "texte": "tables. De plus, cette façon d'écrire engendre fatalement l'uniformité et la mo-\nnotonie, enserrant 1 invention mélodique dans un cercle de formules prévues et\ntoujours identiques pour une forme mélodique donnée du chant principal, en\nmême temps qu elle restreint à un petit nombre toutes les combinaisons har-\nmoniques que rend possibles la marche libre des parties reposant sur une har-\nmonie fondamentale virtuelle.\n14. Il est évident que ce n est que par un travail minutieux et assidu que\nlon peut posséder dans toute sa maîtrise 1 écriture je dis Vécriture, et non\nle style du contrepoint. Car il ne s'agit point, en l'espèce, comme il est\nd usage de 1 écrire dans tous les traités de contrepoint, d'acquérir un style spécial\nen revenant aux procédés d une époque où le mot contrepoint était synonyme\nde composition musicale. Les règles édictées dans les traités ont d'ailleurs une\norigine postérieure et de beaucoup à cette époque, et l'on aurait peine à\ntrouver leur justification dans les compositions les plus réputées de ce temps.\nQuestions de style, querelles de mots. L'emploi occasionnel de certains procédés\nd écriture ou de composition est du domaine, non du contrepoint ou de l'har-\nmonie, mais de l'esthétique. Il n'y a pas plus de raison de vouloir faire de\nl'étude du contrepoint le moyen d'écrire dans le style alla Palestrina qu'il n'y en\naurait de voir dans les exercices lexicologiques faits par les écoliers l'appren-\ntissage de la langue du xvie siècle par exemple. Et c'est affaire de préférences\net de goûts personnels que d'attribuer à telle école sur les autres la prééminence\nen matière de style pur Ce sont là disputes de grammairiens.\n15 - Nous considérerons donc 1 étude du contrepoint rigoureux c'est ainsi\nque l'on dénomme le contrepoint pratiqué à l'Ecole comme une discipline\npermettant, à 1 instar d une série logique d'exercices d'assouplissement, d'ac-\nquérir l'habileté d'écriture et la maîtrise nécessaires pour s'exprimer musicale-\nment en toute indépendance : cette discipline devra être observée avec une\nrigueur d'autant plus grande que l'on désirera acquérir par la suite plus de\nliberté. Plus, au début, on aura mis d'entraves à ses mouvements, plus on se\nsera imposé de restrictions, plus on aura développé son habileté dans l'emploi\ndes moyens d'expression musicale les plus libres.\nTelles sont, en somme, les raisons d'être de toutes les restrictions arbitraires\nqui entravent et inquiètent les élèves abordant l'étude du contrepoint.\n16. Dans ce but, on convient de réduire la mélodie principale àsa plus\nsimple expression, en donnant à tous les sons qui la composent la même durée\net le même rythme, chacun de ces sons représentant l'unité de mesure : cette\nmesure elle-même est toujours à deux temps ; chaque temps étant figuré par\nune blanche, la mélodie principale (chant donné, plain-chant, cantusfirmus)\nn'est composée que de rondes.\n17. Pour les mêmes raisons, l'on a schématisé en quelques types im-\nmuables les principaux mouvements rythmiques que l'on peut opposer les uns\naux autres, et l'on en a tiré les cinq espèces de contrepoint classification tout\narbitraire, mais dont l'expérience a démontré l'utilité comme moyen et procédé\nd'études.\n\nANDRÉ GÉDALGE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c009", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "330", "page_fin": "331", "image_debut": 10, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.6", "titre_corps": "LOUIS GANNE", "titre_sommaire": "LOUIS GANNE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "331", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.11", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2911, "texte": "LOUIS GANNE\n\nVoici un nom vraiment populaire et, ce qui est plus rare, d'une popularité de bon\naloi.\nLouis Garnie est né à Buxières-les-Mines [Allier), le 5 avril 1862. Dès son plus\njeune âge, il montra une précocité cTentendement et une prescience rares : c est ainsi\nqu'à iy ans il déclara à sa mère quil serait musicien après avoir écouté une fan-\ntaisie sur Lucie de Lammermoor jouée par la Garde : on voit quil tint parole.\nIl entra au Conservatoire national de musique à Paris, où il fut élève de Théo-\ndore Dubois, de Massenet et de César Franck. Il en sortit après avoir remporté\nun premier prix d harmonie et un prix d'orgue et débuta aussitôt par un ballet\naux Folies-Bergère (1882). Dès lors, les œuvres et les succès du jeune maître ne se\ncomptent plus.\nCitons, par ordre de date :\nLes ballets : les Sources du Nil (1882, Folies-Bergère, Casino de Paris),\nVolapuck (1886), Fleurs et Plumes (1887), Merveilleuses et Gigolettes (i88ç),\nl'Heureuse Rencontre, la Fin d'un Monde [1892), l'Heure du Berger (/900),\nPhryné (1896), la Princesse au Sabbat (1898), Cythère (1900).\nDeux pantomimes : le Reveildune Parisienne (/597), l'lmportun (1901).\nLes opéras comiques : Rabelais (1892), les Saltimbanques (/599), Bouton\nd'Or, y actes [l9Ol, Olympia : 150 reprises) ; Rabelais, 4 actes (Nouveau-\nThéâtre : £5 reprises) ; les Saltimbanques, y actes (Gaîté :1y reprises ; plus de 1500\nen province et à ïétranger).\nEnfin, son dernier ballet '. Au Japon, créé a l Alhambra de Londi es, ou il eut plus\nde 200 représentations, repris à Alonte-Carlo, à Milan et actuellement à l Olympia.\nCiter encore les œuvreslégères de Louis Ganne nous entraînerait ti op loin. Qui\nn'a chanté, fredonné, écouté la marche du Père La Victoire, la Czarine, la Marche\nlorraine et cent autres pièces de genre qui font au jourd'hui le meilleur élément des\nprogrammes des concerts des grands casinos, des bals, des soirées, de tous les en-\ndroits enfin ou l'on fait de la musique pour danseï et se disti an e ?\nLouis Ganne fut le dernier chef d orchestre des bals de l Opéra. Avec lui nous\navons connu le faste des masses instrumentales composées presque exclusivement de\nvirtuoses et dirigées de main de maître.\nIl a aussi conduit au Nouveau-Théâtre de 1892 et 1894 et, dans d auties en con-\nstances, des orchestres importants, notamment à l inauguration du Gi and Casino de\nRoyan. Dernièrement encore [1902), appelé à Vienne, il dirigea ses œuvres et obtint\nun succès triomphal auprès du public autrichien.\nDans ses compositions, -Louis Ganne allie à la plus grande clarté la technique la\nplus serrée et la plus savante ; il a, en quelque sorte, éduqué l oreille de la foule avec\nses motifs d'un entrain si brillant et, en apparence, si facile, mais dune formule si\npure et d'une écriture si impeccable qu'on peut affirmer qu'en écrivant ces pièces lé-\ngères, il a servi le grand art.\nC'est pourquoi ses œuvres, ses succès, demeurent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c010", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "330", "page_fin": "330", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.6.1", "titre_corps": "Louis GANNE", "titre_sommaire": "Louis GANNE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "330", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 11, "texte": "Louis GANNE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c011", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "332", "page_fin": "335", "image_debut": 12, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.7", "titre_corps": "Le chant dans les églises", "titre_sommaire": "Le chant dans les églises", "signature_source": "CONSTANT ZAKONE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "332", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.12", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "Le chant dans les églises\n\n(1).\nSAINT-EUSTACHE. Vaste église à cinq nefs, surchargée d'ornements inté-\nrieurs, en saillie, où la poussière des années s'accumule lentement. Le quartier\noù elle est située lui donne quelques caractères particuliers et intéressants : le\ntabernacle rappelle la silhouette voisine de la fontaine des Innocents, et c'est\npeut-être à cause des rixes et batailles fréquentes dans ces parages, que les\nsuisses portent le chapeau des gardes-françaises, avec une pointe agressive en\navant. Je remarque, près de la porte d'entrée, un jeune' homme de mauvaise\nfigure, en habits de travail usés, dormant sur un banc, adossé au pilier, à l'abri\ndes courants d'air. On voit que la rue des Mauvais-Garçons n'est pas loin.\nC'est dans cette église que M. d'Harcourt nous a donné, il y a quelques\nannées, par un immense et très méritoire effort, la Passion de S. Matthieu, de\nBach, et le Requiem de Berlioz.\nAujourd'hui, sauf le Credo (édition de Ratisbonne), je n'y ai pas entendu de\nplain-chant proprement dit.\nL\"introït, le graduel et les autres chants spéciaux à la fête du jour n'en ont\nconservé que les paroles, sur lesquelles a été brodée une polyphonie, ancienne\nsans doute, en tout cas savante et agréable à entendre, quoique dite, à mon\navis, avec un peu de lourdeur et de monotonie. Quant à la messe proprement\ndite, elle n'était pas non plus rituelle. J'ai remarqué, au milieu d'un Kyrie sans\ngrande originalité, un solo qui m'a surtout paru déplacé ; car ce n'est pas une\nvoix qui doit chanter à l'église, mais l'ensemble des fidèles, représentés, mainte-\nnant qu'ils se taisent, par le chœur des chantres.\nLe Gloria est de meilleure inspiration, quoique un peu froid. Il se termine,\ncomme d'usage, en forme de fugue.\nLe Sanctus et VAgnus Dei sont bien supérieurs aux morceaux précédents, et\nj'ai été heureux d y trouver un bon sentiment religieux exprimé simplement et\navec douceur.\nL'auteur de cette messe est, m'a-t-on dit, M. Léon, chef d'orchestre de la\nComédie française. Il y a lieu de le féliciter de l'emploi qu'il fait des loisirs que\nlui laisse sans doute sa profession.\nL'orgue a joué avec goût et discrétion pendant l'offertoire, où j'ai vu avec\nplaisir la foule des fidèles suivre les fabriciens précédant le pain bénit, comme\ndans les temps anciens.\nAprès la messe, procession absolument laïque. Il n'existe plus de reli-\ngieux ni de religieuses dans la paroisse.\nAux vêpres, la psalmodie liturgique était agrémentée de faux-bourdons, mais\nun peu trop fort, à mon avis, car elle était presque totalement submergée.\nLa maîtrise renferme de très bons éléments et paraît conduite avec goût\net méthode.Toutefois, je ne lui redemanderai pas 1 Ave Maria théâtral qu'elle nous\na donné avant la bénédiction. On a quelquefois des faiblessespour des composi-\nteurs amis ; c'était sans doute ici le cas.\nQuant aux fidèles, ils n'avaient guère que le Credo où se reprendre dans les\n\n(1) Suite. Voir la Revue du 15 juin."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "333", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.13", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 3324, "texte": "pompeux offices de ce dimanche. Ils se sont tus, comme dans toutes les églises\nque j'ai visitées jusqu'ici.\nLA TRINITÉ. —C'est, je crois, après le Sacré-Cœur, l'église la plus récente\nde Paris (1867) î tr^s ornée et très claire, un détail me choque : elle est parque-\ntée de lames de chêne, comme un salon. J'aimerais mieux un rude pavé de pierre\nque ce raffinement.\nJe remarque dans la nef tout un parterre de chapeaux de paille blancs\nrayés d'un ruban noir; quelques religieuses d'un ordre inconnu veillent sur\nce gracieux troupeau. Je signale aux personnes compétentes leurs cornettes qui,\nvues de dos, ressemblent à l'arrière d'un minuscule canon. Tout ce petit monde\nse tait et se taira même au Credo rituel très simple (édition de Ratisbonne), qu'il\nserait si facile de lui apprendre.\nBien qu'aucune solennité particulière n'ait été célébrée ce jour-là, on nous\na donné une messe de M. Théodore Dubois, très élégamment écrite et, parfois,\nexpressive et d'un bon sentiment religieux. Pendant le Kyrie et le Gloria, mor-\nceaux que j'ai le moins goûtés, il m'a paru que les passages qui expriment la\nprière, comme eleison ou qui tollis peccata mundi, avaient un caractère de\nforce et d'insistance peu en rapport avec les paroles ; quand on s'adresse à\nDieu, éminemment patient, on n'a pas, il est vrai, à craindre de l'indisposer\npar des prières trop répétées ou trop accentuées ; mais, si Dieu écoute, les mor-\ntels entendent.\nEn revanche, le Sanctus m'a fait beaucoup de plaisir. Il est bien conçu,\npuissant et tout à fait en rapport avec les paroles. Mais j'ai été surtout\ncharmé par YAgnus Dei, construit tout entier sur un motif très simple dont\nM. Dubois a tiré d'heureux effets de douceur et d'expression. Ce même motif a été\nrepris ensuite par l'orgue, qui l'a développé sobrement et avec goût.\nJ'en veux un peu à la Maîtrise d'avoir supprimé la moitié du graduel.\nL'exécution totale n'aurait pas beaucoup allongé l'office, et, surtout quand on\ndonne une messe solennelle, le plain-chant repose, par sa simplicité, des com-\nplications qu'on vient d'écouter. A mon avis, on n'en entend jamais trop.\nJe n'approuve pas, non plus, le choix d'une romance sans paroles de Men-\ndelssohn pour y transporter un O salutaris chanté à l'élévation. Il n'y a, natu-\nrellement, pas le moindre rapport entre la musique et le texte sacré, qui font le\nplus mauvais ménage du monde.\nLes vêpres ont été bien dites par la Maîtrise, avec quelques accompagne-\nments en faux-bourdons. Elle nous a donne :,un Totapulchra es de Gounod, qui\nm'a surpris par sa douceur et une simplicité rare dans les œuvres religieuses\ndes auteurs modernes ; puis, un Ave verum de Mozart, un peu théâtral mais\nbon cependant, et enfin un très simple et très religieux Tantum ergo. Toutes ces\nœuvres ont été très bien chantées par une Maîtrise nombreuse, bien composée\net qui paraît en excellentes mains.\nL'orgue m'a beaucoup plu, surtout à Y offertoire et au morceau final de\nla messe, que personne, à peu près, n'a attendu, mais que l'organiste a peut-être\njoué pour lui-même; et il a bien fait.\nAUXERRE. La cathédrale nous ouvre ses hautes arcades et ses nervures dé-\nlicates ; les ogives latérales se lèvent comme des sourcils haussés, et laissent\napercevoir, aux murs, des visages recueillis de clercs, des faces grimaçantes de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "334", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.14", "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2789, "texte": "démons, des paysans, des évêques ; les vitraux semblent faits de pierres pré-\ncieuses ; ils unissent lemeraude au rubis et le saphir à la topaze, en des harmo-\nnies plus hardies et plus riches que tout ce qu'ont imaginé nos musiciens mo-\ndernes ; derrière le choeur, deux minces, deux virginales colonnettes isolent la\nchapelle étroite, toute de grâce, oratoire secret, caché au fond de la vaste nef,\net de l'autre côté, le portail s'ouvre sur une place grise de soleil, bordée d'arbres\ntaillés, au feuillage immobile : c'est un coin de la vieille cité provinciale où,\ndepuis des siècles, l'église fait entendre au ciel sa muette prière. Une gravité\ndouce, une paix élevée, une charité sereine dont rien, en dehors de l'architecture\ngothique, ne peut donner une idée... Mais la musique commence, hélas 1 et avec\nelle le sacrilège, l'hérésie et la laideur profanent les voûtes innocentes.\nLe Vetii Creator est chanté gauchement, sans ensemble et sans entrain ; en\noutre, l'altération systématique du Ja lui donne un faux air moderne, qui est\ninsupportable :\nAutant vaudrait coiffer de nos chapeaux hauts de forme les figures de pierre\nrangées autour de nous. Le Saint-Esprit d'ailleurs ne répond point à une aussi\nimpertinente invocation ; privé de son secours, l'organiste ne trouve à nous faire\nentendre que des réminiscences profanes : l'entr'acte sentimental de Y Artésienne,\njoué deux fois trop lentement, sans doute pour lui donner plus de solennité, des\nfragments de Roméo et Juliette, et le duo de Samson et Dcililci (Mon cœur s'ouvre\nà ta voix...). Je sais bien qu'il s'agit d'un mariage, et je souhaite de tout cœur\naux jeunes époux de fréquents entretiens de ce genre. Mais, par pitié, qu'on ne\nnous en rende pas témoins à l'église ! L'amour est une chose, et le mariage\nreligieux une tout autre chose ; et l'admirable musique de Saint-Saëns est ici\nsouverainement déplacée, parce qu'elle est absolument appropriée à son sujet,\nje veux dire toute païenne. Il existe, Dieu merci ! assez de bonne musique\nreligieuse ancienne ou moderne pour qu'on puisse laisser de côté des œuvres\ndont la seule transcription sur l'orgue est déjà un contresens. Mais le plain-\nchant reprend , comme au début, honteusement et peureusement affublé\nd'oripeaux modernes. Je remarque, par exemple, sur Y Amen des chantres, cette\ncadence de l'orgue, recommandée, je le sais, par certains traités d'accompagne-\nment :\nC'est une modulation à la tierce majeure, parfaitement insipide dans la mu-\nsique tonale lorsqu'elle n'est pas justifiée, parfaitement absurde dans une\nmusique qui, comme le plain-chant, ignore la tonalité. Les seules cadences\nadmissibles sont celles qui n'amènent point de modulation, et sont tirées tout\nentières de la gamme du mode ; celle-ci, par exemple :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "335", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 900, "texte": "Mais il semble vraiment qu'un organiste ou un maître de chapelle soit le\nreprésentant accrédité, à l'église, de l'art profane, et comme l'avocat du diable ;\nque son rôle soit de transformer la messe en un concert, le temple en un théâtre,\net le plain-chant en une pénible contrefaçon du récitatif d'opéra. Heureuses,\ntrois fois heureuses les simples paroisses de campagne où chacun chante comme\nil peut les mélodies grégoriennes, mais où du moins l'on ignore le mauvais\ngoût du jour et ses musiques trompeuses et frelatées ! C'est contre ces abus que\npiotestait, en un langage aussi ferme que mesuré, une récente instruction pon-\ntificale. Restera-t-elle longtemps encore lettre morte, et sous prétexte que le\nSou\\erain Pontife, lorsqu il agit motu proprio,n'a pas la vertu d'infaillibilité,\nrefusera-t-on d'écouter les sages avis de ce Docteur de l'Église ?\n\nCONSTANT ZAKONE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "335", "page_fin": "337", "image_debut": 15, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.8", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "335", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.15", "debut_caractere": 902, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "Publications nouvelles.\n\nAUGUSTE GUILLEMIN , professeur de\nphysique à l'École de médecine d'Alger.\nLes premiers éléments de /' acoustique,\nParis, Alcan, 1 vol., 378 p. avec nom-\nbreuses planches, 10 fr. Très savant\net très combattif, plein d'idées neuves et\nd'humour, personnel, original, aussi amu-\nsant à lire qu'instructif, ce livre peut être\ndifficilement analysé en entier. J'en signa-\nlerai seulement, pour aujourd'hui, la pre-\nmière idée, qui n'est pas la moins impor-\ntante : elle est relative aux unités acous-\ntiques. Pour mesurer les distances, le poids, les surfaces et les volumes, nous\navons le système métrique. De quelle unité se sert-on en acoustique r Certains\nont employé les intervalles tempérés (lesquels, par malheur, ont autant de\ncommunes mesures que l'on veut) : de là 1 unité de Prony, ou 1/2 ton tempéré\n( 1,059463 ), le déciton (= 1/100 du ton tempéré) ; autre méthode :\nquand il s'agit des sons de l'orgue, on prend pour unité le pied servant à me-\nsurer la longueur du tuyau, etc.*. Enfin, il y a les antiques commas de Pytha-\ngore et de Ptolémée qui restent surtout en vigueur parmi les acousticiens. Mais\nle comma est la bête noire de M. le Dr Guillemin, avec raison, car le comma\nreprésente une différence, et il est singulier qu'on l'ait pris pour unité. Voici à\nl'aide de quelles analogies l'auteur prouve l'absurdité du procédé :\n« L'astronome Méion, qui vivait un peu après Pythagore, découvrit une rela-\ntion numérique fort curieuse entre deux faits d'astronomie ; elle s'énonce ainsi :\nK) années solaires ont la même durée que 25 lunaisons."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "336", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3332, "texte": "(( En réalité, cette égalité n'est pas absolue : les 79 années solaires durent\nih 28™ 38s, 5 déplus que les 25 lunaisons. Néanmoins les Athéniens, qui avaient\nle culte des nombres, furent transportés d'admiration pour la belle décou-\nverte de leur compatriote, et ils la firent graver en lettres d'or sur le temple\nde Minerve : d'où le nom de Nombre d'or donné au Cycle de Méton.\n« Mais, quelle que fût la chaleur de leur enthousiasme, les Athéniens ne son-\ngèrent pas un instant à faire de la différence entre les deux périodes de Méton\nune unité pour la mesure des temps, à soutenir que cette différence de ih28m 385,5\nétait I HEURE vraie imposée par la Nature, I'HEURE (( naturelle )) en un mot. Cette\nunité eût été d'ailleurs parfaitement incommode ; par exemple elle eût donné,\npour la durée de notre jour solaire moyen, 15,8 heures naturelles, au lieu des\n24 heures conventionnelles que nous connaissons.\n(( Voici une autre relation. On sait depuis Archimède que 22 diamètres sont un\npeu plus grands que 7 circonférences ; on sait aussi que nul n'a eu l'idée de\nprendre la différence 22 771 = o,ooBBs 14..., pas plus que le rapport Y: - =\n1,0004025.., pour unité d'arc; etc., etc.\n(( Or, ce que nul géomètre n'eût osé proposer pour mesurer les arcs, ce que nul\nastronome n'eût osé proposer pour mesurer les temps, les acousticiens font réalisé,\nà deux reprises, pour mesurer les intervalles musicaux, avec cette circonstance\naggravante que la définition de ces unités soi-disant « naturelles )), appelées\ncommas, est bien plus compliquée, et leur emploi tout aussi incommode que\ncelui des unités qu'eussent repoussées sans coup férir les géomètres et les astro-\nnomes. ))\nAprès avoir fait une critique très serrée des commas, M. le Dr Guillemin\npropose d'adopter l'unité suivante :\n(( En désignant l'unité nouvelle sous le nom de savart, je m'inspire de l'exem-\nple fort louable que nous donnent les électriciens : en l'honneur des grands fon-\ndateurs de leur science, ils ont adopté une série d'unités, le volt, ïampère, le\nfarad, etc. Je propose de faire de même pour Savart, qui est sans contredit un\ndes fondateurs de l'acoustique ; et je lui paie une dette de reconnaissance person-\nnelle, puisqu'il a le premier étudié les appeaux et les ventricules du larynx, et\nqu'il les a assimilés.\n(( Pourtant, comme nous allons nous occuper d'abord de petits intervalles,\nnous nous servirons surtout du millisavart ou millième de savart ; c'est ainsi que\nles pharmaciens emploient le milligramme pour doser leurs poisons, les méde-\ncins le milli-ampère pour ne pas électrocuter leurs malades, etc.\n(( Je représente le savart par la majuscule 2, et le millisavart par la minus-\ncule <?; ces deux lettres se prononcent sigma : à cause de la désinence, on recon-\nnaîtra aisément dans le a (sigma) le successeur du * (comma) (*) ; les petites pré-\ncautions ont parfois leur bon côté.\n(( J'attribue au millisavart 1a valeur numérique 1,00230, parce qu elle\ncorrespond à deux avantages appréciables :\n(( i° Elle n'exige, pour être retenue, aucun effort de mémoire. En effet, le\n\n(*) Le mot comma n'est pourtant pas le nom de la lettre grecque*/- (celle-ci s'appelle kappa) ; il\ndérive, dit-on, du verbe grec koptô, qui signifie je coupe, par conséquent il semble désigner une\npetite tranche d'intervalle musical."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "337", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.17", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1021, "texte": "numérateur 435 est connu, puisque ce nombre représente la hauteur (nombre de\nvib. par seconde) de notre diapason officiel, /ar> ;et le dénominateur 434 lui est\ninférieur d'une unité.\n(( 20 Par ce choix du numérateur 435, j'établis une corrélation entre le diapa-\nson officiel et le millisavàrt, entre Y étalon des hauteurs et Y unité d'intervalle ; je\nme conforme à cette règle moderne qui, au heu de laisser arbitraires et isolées\nles diverses constantes physiques, s'efforce de les rattacher les unes aux autres ;\ncette innovation a contribué à l'heureuse fortune du système des unités absolues\nC. G. S., et des unités pratiques qui en dérivent. ))\nCette proposition du Dr Guillemin nous paraît aussi claire que sensée. Mais il\ny a là comme pour la langue française et l'orthographe, qui sont pleines d'ano-\nmalies, une question d'usage. Souhaitons vivement que, peu à peu, les acousti-\nciens abandonnent de vieilles routines et se montrent rationnels dans le choix de\nl'unité acoustique !\n\nJ. 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Et l'on entend une musique\nqui n'est point celle que Roland de Lassus composa pour le Ballet des Nations\n(1573), immortalisé en cette tapisserie, mais qui charma cependant, en\nleur temps, les oreilles de ces gracieux seigneurs et de ces dames aux blancs\nvisages ; ce sont des chansons deCosteley et de Ma uduit, des psaumes de Goudi-\nmel et de Le Jeune : « chants martiaux, graves, honnêtes, polis et gaillards )),\nœuvres subtiles et fortes, où la perfection de la forme se marie à une vigueur\nde rythme ou une intensité d'expression inconnues à l'art polyphonique des âges\nprécédents. Sous la conduite de M. Expert, nous avions vu et entendu se for-\nmer peu à peu cette musique savante, qui arriva jusqu'à la maîtrise, mais ignora\ntoujours la virtuosité ; nous avions pu reconnaître en ces maîtres du rondeau,\ndu motet, de la messe ou de la chanson, les frères de ces primitifs de la peinture,\ndont les œuvres nous entourent : ce rondeau d'Adam de la Halle, où sur 19\nmesures on rencontre 4 octaves et 8 quintes parallèles, si gracieux cependant,\nest contemporain de cet ange souriant, drapé à grands plis droits; et ce motet\noù Févin traduit avec tant de douceur les paroles du Cantique des cantiques\n(Descende in hortum meuiri) est parent, pour la chaste suavité des lignes, de la"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "338", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3978, "texte": "figure de Vierge de la Nativité cCAutun. Ainsi, grâce àM. Bouchot et àM. Ex-\npert, ces artistes érudits, toute l'âme ancienne de notre race revit en des chefs\nd'œuvre. M,les Mathieu, Goulaincourt, Pelletier, MM. Piroïa et Ragueau chan-\ntent avec délicatesse et sûreté ces pièces difficiles, qu'accompagnent des expli-\ncations claires et précises. Et les applaudissements de l'auditoire ratifient les\néloges de M. Bellaigue, dans son bel article de la Revue des Deux-Mondes (15\njuin), ceuxaussi que nous donnions à l'art de musique de la vieille France, dès\nla première année de cette Revue.\nLes auditions suivantes auront lieu les 29 juin, 6et 13 juillet, à 9 heures 3/4 du\nmatin.\n\nL. L.\n\nA LA BODINIÈRE.\n\n—g juin.— Sur la scène, deux conférenciers : l un, dont le\nhaut front idéaliste n'est pas inconnu du public parisien, est M. E. de Solenière,\nqui s'est chargé de nous présenter M. Proff-Kalfaïan, Arménien de race, et\napôtre de la musique de son pays. Il remplace lui-même M. Vincent d'lndy, et\nnous donne lecture de cette lettre du Maître :\nMon cher Proff-Kalfaïan,\nEmpêché, à mon très grand regret, par le deuil cruel dont je viens d'être atteint, de présider\nvotre Conférence, ainsi que je vous l'avais promis, je tiens, en venant m'excuser auprès de vous,\nà vous dire combien je vous approuve de faire connaître par des paroles et par des exemples cet\nart arménien que l'on ignore si complètement dans nos pays occidentaux.\nSans parler de l'intérêt que tous les artistes et tous ceux qui s'occupent d'ethnologie doivent\ntrouver dans la remise en lumière de ces belles mélodies, il est un point qui m'a beaucoup frappé\ndans votre travail : c'est l'analogie qui existe entre vos primitives monodies religieuses, issues\ncependant de l'ambiance orientale, et nos chants liturgiques occidentaux pris aussi à leur état\nprimitif.\nCe point m'est d'autant plus précieux à constater qu'il vient à l'appui d'une théorie qui m'est\nchère: celle de l'origine religieuse de tous les Arts. L'antiquité grecque eut'sa religion ; l'art\nqui en sortit ne put être le nôtre. Il fallait notre religion chrétienne pour donner naissance à\nl'art expressif duquel relève toute musique moderne.\nEt r 'on pourra voir qu'avec une plus grande variété de modes provenant de l'ambiance asiati-\nque, votre musique arménienne primitive présente les mêmes caractères que notre Chant grégo-\nrien, parce que ces deux musiques sont issues d un même principe : la Foi religieuse.\nSi nous passons au chant populaire, nous verrons que, ainsi qu'il devait être, la différence\ns'accentue beaucoup entre nos Chansons françaises même les plus anciennes, et vos Chants\nhéroïques arméniens, pour la plupart d'accent élégiaque, comme vous le remarquez fort juste-\nment.\nCette différence est toute naturelle, puisque, s éloignant peu à peu du principe premier (le\nprincipe divin du chrétien), les chants tendent de plus en plus à se façonner à l'image des pays\nou des peuples qui les enfantent et marquent ainsi davantage leur lieu d'origine.\nQuoi qu'il en soit, je tiens, mon cher Proff-Kalfaïan, à vous féliciter chaudement de votre\nétude sur l'Art de votre pays, et à vous envoyer, avec mes souhaits de réussite, l'assurance de\nmon estime et de mon amitié.\nVINCENT D'INDY.\nCette étude mérite, en effet, tout l'intérêt des musiciens : car il s'agit de la ré-\nsurrection d'un art primitif, partant absolument sincère ; très différent du nôtre, et\ncependant chargé de rêves et d'aspirations qui nous sont très prochaines. Très\nsimple, en petites phrases sans apprêt, mais avec une ardeur de conviction et\nune précision qui impressionnent, M. Proff-Kalfaïan montre l'importance de\ncet art dans la civilisation orientale: les Arméniens ont été en Asie, comme\nautrefois les Grecs en Europe, de ces vaincus victorieux, qui détiennent le trésor\ndes arts et forcent les vainqueurs à s'instruire à leur école. Et si l'architecture\net les arts plastiques n'ont pu se développer sous une domination aussi destruc-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "339", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1275, "texte": "trice que celle des Turcs, la musique fut, ici comme ailleurs, la consolation des\nopprimés, et comme le temple immatériel de ceux dont on ruinait les maisons. De\nlà, dans la plupart des chants anciens du peuple arménien, même dans ceux qui\nexpriment la joie, une gravité, un recueillement qui révèlent des âmes forte-\nment éprouvées par la vie. M. Proff-Kalfaïan nous en fait connaître un grand\nnombre, empruntés soit au vieux recueil du Charagan, soit à d'autres recueils re-\nligieux, soit à la musique populaire. Presque tous sont fort beaux ;en particulier\nce vieux chant de Noël [Sans commencement, éternel), ou ce chant du soir (Lumière\nd'allégresse), ou celui-là, dont les mélismes s'apparentent au chant grégorien\n(Le parfum de l encens), ou la Plainte de 1 abandonnée, ou ce chant d'amour si\nexpressif {Je t'ai aimé avec foi) ; ces derniers ont des paroles turques, mais au\ncaractère de la musique et à l'adaptation défectueuse des accents, M. Proff-\nKalfaïan croit reconnaître que le texte a été composé après le chant, lequel est\npurement arménien. Enfin, pour terminer, une Berceuse, dont il est l'auteur,\nmontre le parti qu'un musicien moderne peut tirer des vieilles traditions de l'art\narménien : elle est redemandée par l'auditoire charmé.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c019", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "337", "page_fin": "338", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.9.1", "titre_corps": "Aux PRIMITFIS FRANÇAIS. 22 juin.", "titre_sommaire": "Aux PRIMITFIS FRANÇAIS. 22 juin.", "signature_source": "L. 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Et l'on entend une musique\nqui n'est point celle que Roland de Lassus composa pour le Ballet des Nations\n(1573), immortalisé en cette tapisserie, mais qui charma cependant, en\nleur temps, les oreilles de ces gracieux seigneurs et de ces dames aux blancs\nvisages ; ce sont des chansons deCosteley et de Ma uduit, des psaumes de Goudi-\nmel et de Le Jeune : « chants martiaux, graves, honnêtes, polis et gaillards )),\nœuvres subtiles et fortes, où la perfection de la forme se marie à une vigueur\nde rythme ou une intensité d'expression inconnues à l'art polyphonique des âges\nprécédents. Sous la conduite de M. Expert, nous avions vu et entendu se for-\nmer peu à peu cette musique savante, qui arriva jusqu'à la maîtrise, mais ignora\ntoujours la virtuosité ; nous avions pu reconnaître en ces maîtres du rondeau,\ndu motet, de la messe ou de la chanson, les frères de ces primitifs de la peinture,\ndont les œuvres nous entourent : ce rondeau d'Adam de la Halle, où sur 19\nmesures on rencontre 4 octaves et 8 quintes parallèles, si gracieux cependant,\nest contemporain de cet ange souriant, drapé à grands plis droits; et ce motet\noù Févin traduit avec tant de douceur les paroles du Cantique des cantiques\n(Descende in hortum meuiri) est parent, pour la chaste suavité des lignes, de la"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "338", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 701, "texte": "figure de Vierge de la Nativité cCAutun. Ainsi, grâce àM. Bouchot et àM. Ex-\npert, ces artistes érudits, toute l'âme ancienne de notre race revit en des chefs\nd'œuvre. M,les Mathieu, Goulaincourt, Pelletier, MM. Piroïa et Ragueau chan-\ntent avec délicatesse et sûreté ces pièces difficiles, qu'accompagnent des expli-\ncations claires et précises. Et les applaudissements de l'auditoire ratifient les\néloges de M. Bellaigue, dans son bel article de la Revue des Deux-Mondes (15\njuin), ceuxaussi que nous donnions à l'art de musique de la vieille France, dès\nla première année de cette Revue.\nLes auditions suivantes auront lieu les 29 juin, 6et 13 juillet, à 9 heures 3/4 du\nmatin.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "338", "page_fin": "339", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.9.2", "titre_corps": "A LA BODINIÈRE.", "titre_sommaire": "A LA BODINIÈRE.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "338", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.18", "debut_caractere": 703, "fin_caractere_exclue": 3978, "texte": "A LA BODINIÈRE.\n\n—g juin.— Sur la scène, deux conférenciers : l un, dont le\nhaut front idéaliste n'est pas inconnu du public parisien, est M. E. de Solenière,\nqui s'est chargé de nous présenter M. Proff-Kalfaïan, Arménien de race, et\napôtre de la musique de son pays. Il remplace lui-même M. Vincent d'lndy, et\nnous donne lecture de cette lettre du Maître :\nMon cher Proff-Kalfaïan,\nEmpêché, à mon très grand regret, par le deuil cruel dont je viens d'être atteint, de présider\nvotre Conférence, ainsi que je vous l'avais promis, je tiens, en venant m'excuser auprès de vous,\nà vous dire combien je vous approuve de faire connaître par des paroles et par des exemples cet\nart arménien que l'on ignore si complètement dans nos pays occidentaux.\nSans parler de l'intérêt que tous les artistes et tous ceux qui s'occupent d'ethnologie doivent\ntrouver dans la remise en lumière de ces belles mélodies, il est un point qui m'a beaucoup frappé\ndans votre travail : c'est l'analogie qui existe entre vos primitives monodies religieuses, issues\ncependant de l'ambiance orientale, et nos chants liturgiques occidentaux pris aussi à leur état\nprimitif.\nCe point m'est d'autant plus précieux à constater qu'il vient à l'appui d'une théorie qui m'est\nchère: celle de l'origine religieuse de tous les Arts. L'antiquité grecque eut'sa religion ; l'art\nqui en sortit ne put être le nôtre. Il fallait notre religion chrétienne pour donner naissance à\nl'art expressif duquel relève toute musique moderne.\nEt r 'on pourra voir qu'avec une plus grande variété de modes provenant de l'ambiance asiati-\nque, votre musique arménienne primitive présente les mêmes caractères que notre Chant grégo-\nrien, parce que ces deux musiques sont issues d un même principe : la Foi religieuse.\nSi nous passons au chant populaire, nous verrons que, ainsi qu'il devait être, la différence\ns'accentue beaucoup entre nos Chansons françaises même les plus anciennes, et vos Chants\nhéroïques arméniens, pour la plupart d'accent élégiaque, comme vous le remarquez fort juste-\nment.\nCette différence est toute naturelle, puisque, s éloignant peu à peu du principe premier (le\nprincipe divin du chrétien), les chants tendent de plus en plus à se façonner à l'image des pays\nou des peuples qui les enfantent et marquent ainsi davantage leur lieu d'origine.\nQuoi qu'il en soit, je tiens, mon cher Proff-Kalfaïan, à vous féliciter chaudement de votre\nétude sur l'Art de votre pays, et à vous envoyer, avec mes souhaits de réussite, l'assurance de\nmon estime et de mon amitié.\nVINCENT D'INDY.\nCette étude mérite, en effet, tout l'intérêt des musiciens : car il s'agit de la ré-\nsurrection d'un art primitif, partant absolument sincère ; très différent du nôtre, et\ncependant chargé de rêves et d'aspirations qui nous sont très prochaines. Très\nsimple, en petites phrases sans apprêt, mais avec une ardeur de conviction et\nune précision qui impressionnent, M. Proff-Kalfaïan montre l'importance de\ncet art dans la civilisation orientale: les Arméniens ont été en Asie, comme\nautrefois les Grecs en Europe, de ces vaincus victorieux, qui détiennent le trésor\ndes arts et forcent les vainqueurs à s'instruire à leur école. Et si l'architecture\net les arts plastiques n'ont pu se développer sous une domination aussi destruc-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "339", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1275, "texte": "trice que celle des Turcs, la musique fut, ici comme ailleurs, la consolation des\nopprimés, et comme le temple immatériel de ceux dont on ruinait les maisons. De\nlà, dans la plupart des chants anciens du peuple arménien, même dans ceux qui\nexpriment la joie, une gravité, un recueillement qui révèlent des âmes forte-\nment éprouvées par la vie. M. Proff-Kalfaïan nous en fait connaître un grand\nnombre, empruntés soit au vieux recueil du Charagan, soit à d'autres recueils re-\nligieux, soit à la musique populaire. Presque tous sont fort beaux ;en particulier\nce vieux chant de Noël [Sans commencement, éternel), ou ce chant du soir (Lumière\nd'allégresse), ou celui-là, dont les mélismes s'apparentent au chant grégorien\n(Le parfum de l encens), ou la Plainte de 1 abandonnée, ou ce chant d'amour si\nexpressif {Je t'ai aimé avec foi) ; ces derniers ont des paroles turques, mais au\ncaractère de la musique et à l'adaptation défectueuse des accents, M. Proff-\nKalfaïan croit reconnaître que le texte a été composé après le chant, lequel est\npurement arménien. Enfin, pour terminer, une Berceuse, dont il est l'auteur,\nmontre le parti qu'un musicien moderne peut tirer des vieilles traditions de l'art\narménien : elle est redemandée par l'auditoire charmé.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "339", "page_fin": "343", "image_debut": 19, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.10", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "339", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.19", "debut_caractere": 1277, "fin_caractere_exclue": 1690, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nCONSERVATOIRE. Par arrêté du 8 juin courant, M. Guilmant, professeur au\nConservatoire national de musique et de déclamation, a été chargé d'une mission\nà l'Exposition de Saint-Louis, en vue d'étudier les progrès de la facture instru-\nmentale et l'état de l'enseignement de l'orgue aux Etats-Unis.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 mai au 19 juin 1904."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "340", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 454, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nReceltes détaillées du 20 mai au 19 juin 1904.\n\nLA HARPE CHROMATIQUE POUR LA PREMIÈRE FOIS EN ALLEMAGNE.\n\n— Durant la\ngrande fête musicale « Tonkunstlerfest )> (du 27 mai au Ier juin), il y a eu, tous\nles jours, grand concert ; on y exécutait des œuvres modernes composées par\ndes artistes de grand renom, comme Richard Strauss (un éditeur a acheté sa\nSymphonie 36.000 marks), Siegmund Hausegger, chef d'orchestre de la"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "341", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3050, "texte": "Museumsgesellschaft de Francfort, Wilhelm Berger, hofkapellmeister du grand-\nduc de Meiningen, von Reznicek, etc., etc. De Gustave Charpentier, on exécu-\ntait la Vie du Poète ; cette composition a été fort appréciée.\nDe nombreux artistes étaient venus de toute l'Allemagne et de l'étranger pour\nassister à cette fête si intéressante.\nC'est vous dire combien j'ai été heureux de voir ligurer pour la première fois,\ndans un orchestre allemand, la harpe chromatique. Comme chaque compositeur\ndirigeait lui-même sa composition, les chefs d'orchestre, sous leur propre direc-\ntion, ont pu apprécier la nouvelle harpe. Mme L. Wurmser, qui était enga-\ngée pour jouer trois morceaux, a été obligée de prêter son concours dans tous\nles morceaux d'orchestre. Son grand talent a été très remarqué. Sur la demande\nspéciale des compositeurs et harpistes venus expressément des villes voisines\npour voir la nouvelle harpe, Mme L. Wurmser adû donner des auditions.\nIls ont reconnu que la nouvelle harpe est devenue l'instrument parfait ; ils\nenvoient à M. Gustave Lyon toutes leurs félicitations pour cette ingénieuse inven-\ntion. M. Stegmann, harpiste de l'Opéra de Mannheim, viendra le 18 juillet à\nParis ;il y restera trois semaines pour apprendre la harpe chromatique. C'est\nlui qui s'est chargé de l'enseignement de la nouvelle harpe à tous les harpistes du\npays rhénan.\nLe Conservatoire de Francfort a l intention de former une classe pour la harpe\nchromatique.\nPar suite de ce grand succès, Mme Wurmser aeu beaucoup d'engagements ;\nelle jouera le 13 juin et le 14 juin aux festivals de Cologne et d'Aix-la-\nChapelle et, l'hiver prochain, à Brunswick et Berlin.\nCologne, le 12 juin 1904.\n\nDr K.\n\nINSTITUT. Notre distingué confrère M. J. Tiersot nous rappelle que l'Aca-\ndémie française vient de décerner un prix de mille francs à son livre : Berlioz\net la société de son temps. Toutes nos excuses pour cet oubli, et nos sincères féli-\ncitations.\n\nAix. Par arrêté de M. le Préfet des Bouches-du-Rhône en date du 13 juin,\nM. Pourcin ( Jean-Baptiste-Philomin) est nommé professeur de clarinette à 1 école\nnationale de musique d'Aix, en remplacement de M. Poussel, décédé.\n\nMARSEILLE. Par décision de l'assemblée générale, M. Arthur Michaud a\nété nommé Président de l'Association artistique des concerts classiques de Mar-\nseille, en remplacement de M. Goirand (André), démissionnaire.\nPar arrêté municipal, M. André Goirand, ex-directeur des concerts clas-\nsiques, vient d'être nommé directeur du Conservatoire de musique et de décla-\nmation, en remplacement de M. Messerer, démissionnaire.\n\nBERLIN.\n\nM. Leoncavallo, le compositeur italien, a terminé le Roland de\nBerlin (! }) que lui a commandé l'empereur Guillaume 11.\nM. Drœscher, premier régisseur de l'Opéra de Berlin, est occupé à traduire\net à adapter le texte italien du livret.\nIl souffle un vent de fronde parmi les compositeurs et les chanteurs alle-\nmands ; car on vient d'engager un chanteur russe de grand talent, M. Lelisa,\nde l'Opéra de Varsovie, pour interpréter le rôle de Roland."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "342", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3235, "texte": "Quant à M. Leoncavallo, il n'est plus autrement désigné, dans la presse\naussi bien que dans les milieux artistiques, que sous le titre de : le Roland\nitalien.\nVoici 'quelques prix atteints par des autographes de musiciens au cours\nd'une vente récente :\nDes lettres de Wagner ont été adjugées : 777, 725, 756, 162 fr. ; une ariette\nde Meyerbeer, 87 fr. ; trois mélodies de Schubert, 1.126 fr. ; les Papillons op. 2,\nde Schumann, 812 fr. ; une pièce de vers adressée à Richard Wagner par le\npoète George Herwegh, dont la veuve, Mme Emma Herwegh, est morte à Paris\nil y a deux mois, 95 fr. ; une page et demie manuscrite et une petite lettre de\nWeber ont trouvé amateur pour 162 fr. et 50 fr. ; une page dédicace de l'ou-\nverture du Freischùtz a été payée 777 fr. ; une lettre de Beethoven, une page\ntrois quarts in-octavo, 725 fr. ; quatre pages de musique in-folio oblong du même\nmaître, 7.775 r* > deux pages in-folio oblong et trois petites pièces, toujours de\nBeethoven, ont atteint respectivement 2 12, 127, 87 et 50 fr. ; le manuscrit du\nquatuor op 1 (1777) de Boccherini a été adjugé à 212 fr. ; un duo de Brahms\nop. 61 n° 3 a atteint 677 fr. ; une lettre du même compositeur, 97 fr. ; une\nmazurka de Chopin (Vienne, 20 juillet 1831) est montée à 750 fr. La partition\nd'un concerto de flûte de Grau a obtenu 106 fr. Enfin des manuscrits de musique\nont été payés comme il suit : ceux de Liszt, 775, 777, 200, 750 et 777 fr. ; ceux\nde Schumann, 56, 72, 725, 76$ fr.\nLa presse étrangère a fait grand bruit d'une fantaisie de l'empereur Guil-\nlaume ; alors qu'il était à Venise sur son yacht, Sa Majesté donna une fête en\nl'honneur de la comtesse Morosini. Pendant la fête, l'orchestre du yacht exécuta\nun programme constitué de telle façon que la première lettre de chaque\nmorceau correspondait au nom de la comtesse Morosini.\nVoici ce programme : Marche de Grieg ; ouverture d \"Obéron de Weber; Rosen\nWaltzer de Strauss; Ob du mich liebst (en français : m'aimes-tu ?) de Lineke ;\nSérénade de Moszkowsky ; Introduction de Carmen de Bizet ; Neuers Braum de\nLausing ; Marche italienne d'Ellenberg.\nA certains journaux étrangers qui ont déclaré que cette galanterie de Guil-\nlaume II était sans précédent, notre confrère Serge Basset a rappelé que l'usage\nétait courant à la cour de France au xvne siècle, et il cite comme exemple un\nconcert offert par Louis XIV à Mlle de Fontanges, dont le titre des morceaux\nformait en acrostiche cette sorte de galant envoi : « Pour plaire à Fontanges. ))\n\nRENÉ-L. DIRCKS.\n\nN. B.\n\nVoici le programme des Festspiele de Bayreuth : on commencera le\n22 juillet avec Tannhauser, pour finir le 20 août avec Parsifal. L'Annneau des\nNiebelungen sera joué deux fois, la première fois du 25 au 28 juillet, puis du\n14 au 17 août. Les représentations de Parsifal auront lieu les 23 et 31 juillet,\nles 5, 8, 11 et 20 août. Tannhauser passera le 22 juillet et les ier, 4, 12 et 19 août.\nLes représentations seront dirigées parles kapellmeisters MM. Mans Richter,\nKarl Muck, Franz Beidler, Michael Balling et par Siegfried Wagner. La régie\nsera entre les mains de M. Julien Kniese. L'orchestre se composera de\n125 musiciens, et les chœurs comprendront cinquante-neuf dames et soixante-\nsix messieurs."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "343", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2658, "texte": "Mme Isadora Duncan paraîtra dans la danse des Grâces du Tannhauser.\n\nR.-L. D.\n\nLES MUSICIENS DE LORCHESTRE A L'OPÉRA-GOMIQUE. Avant la clôture\nannuelle, qui eût pu les renvoyer aux calendes, les musiciens de l'orchestre\nont tenu à faire entendre leurs revendications. Le secrétaire de leur syndicat\ndevait d'abord les formuler. (( J'aime trop mes artistes, répondit M. Carré,\npour recevoir un intermédiaire; que les musiciens de l'orchestre m'envoient des\ndélégués, et je m'entretiendrai avec eux seuls ! )) C'est alors que les chefs de\npupitres se sont présentés devant leur honorable directeur, et lui ontdemandé,\nau nom de leurs camarades :\ni° Fixation des appointements au minimum de 150 fr. par mois (les matinées\nmaintenues au prix de 10 fr.); 20 faculté de pouvoir verser à la caisse des\nretraites après une fin d'engagement ou un départ pour une cause quelconque ;\n30 limitation à 20 du nombre de répétitions, par année (excepté les deux der-\nnières avant la Première, elles ne devront pas commencer avant 1 h. de l'après-\nmidi, et finir à 5 heures. Passé cette heure, rétribution de 1 fr par 1/4 d'h.). Passé\nle nombre de 20, chaque répétition payée à 10 fr. l'une; tous les services sur la\nscène (musique de scène) payés par cachets supplémentaires au prix uniforme de\n7 fr. 40 Extension ferme à 3 ans des engagements (10 mois pour la saison);\n50 maintien de l'effectif actuel de l'orchestre et du même roulement de congés.\nLa musique moderne rend plus pénible qu'autrefois la fonction de l'orchestre,\net nous ne sommes nullement étonné que, de bonne grâce, M. Carré ait accepté\ntoutes ces demandes.\n\nGENÈVE.\nP. FERRARIS.\nLa saison musicale qui vient de se terminera été particulièrement\nféconde 1115 concerts et 200 représentations théâtrales, tel est son bilan.\nAux concerts on a entendu comme grandes œuvres : le Requiem de Brahms,\nla neuvième Symphonie de Beethoven, le Faust de Schumann. Ajoutons à cela,\n18 symphonies, 28 ouvertures, 9 quatuors, 5 quintettes, plus un nombre fantas-\ntique de concertos, sonates et morceaux divers.\nParmi le grand nombre d'artistes ayant coopéré à ces auditions, citons\nMmes Carreno, Minnie Tracey, Hatto, Clotilde Kleeberg, Landi ; MM. Pade-\nrewski, Rister, Casais, Kubelik, Marteau, Fauré, Klengel, De Greef, Paradis,\nla quatuor tchèque et l'admirable orchestre Lamoureux.\nAu théâtre il a été monté 13 grands opéras, 17 opéras comiques, 9 opérettes et\n4 ballets.\nDisons tout de suite avec plaisir que les compositeurs français ont occupé\n94 fois l'affiche.\nAdvienne Lecouvreur, Messaline, le Drapeau blanc, Mu guette, Coppelia furent\navec des succès très différents les nouveautés de la saison."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "339", "page_fin": "339", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.10.1", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. Par arrêté du 8 juin courant, M. Guilmant, professeur au", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. Par arrêté du 8 juin courant, M. Guilmant, professeur au", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "339", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.19", "debut_caractere": 1311, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "CONSERVATOIRE. Par arrêté du 8 juin courant, M. 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Fernand\n5o\nHalphen.\n9.325\n22\n— matinée\nMireille.\nGounod.\n4.513 5o\n) 2\n— soirée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6.335\n5o\n23\n—\nLa Traviata. — Les rendez-vous\nbourgeois.\nVerdi. Nicolo.\n4.378\n»\n24\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.860\n5o\n2 5\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Cor fleuri.\nMassenet. Fernand\nHalphen.\n8.692\n5o\n26\n—\nManon.\nMassenet.\n8.8/3\n»\n27\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.695\n5o\n28\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Cor fleuri.\nMassenet. Fernand\nHalphen.\n9.354\n»\n29\n— matinée\nMignon. — Le Chalet.\nA. Thomas. Adam.\n4 237\n))\n29\n— soirée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n2.904\n»\n3o\n—\nAlceste.\nGluck.\n1.735\n))\n31\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Cor fleuri.\nMassenet. Fernand\nHalphen.\n6.784\n»\nier Juin\nCarmen.\nBizet.\n9.712\n5o\n2\n—\nLakmé.\nL. Delibes.\n2T75\n»\n3\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n9.1 17\n5o\n4\n—\nAlceste.\nGluck.\n9.734\n»\n5\n— matinée\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n6.5o8 5o\n5\n— soirée\nManon.\nMassenet.\n4.470\n5o\n6\n—\nLe Caïd— Philémon et Baucis.\nA. Thomas. Gounod.\n3.355\n»\n7\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.855\n5o\n8\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n8.448\n»\n9\n—\nAlceste.\nGluck.\n9.828\n5 0\n10\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.660\n5o\n11\n—\nAlceste.\nGluck.\n0.80c\n»\n12\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n4.257\n»\ni3\n—\nMireille.\nGounod.\n4.437\n»\n14\n—\nAlceste.\nGluck.\n9.442\n»\n1 5\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.220\n5o\n16\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n8.894\n»\n*7\n—\nA Iceste.\nGluck.\n9.844 5o\n18\n—\nCarmen.\nBizet.\n9-712\n)>\n*9\n— matinée\nLe Jongleur de Notre-Dame.—\nToréador.\nMassenet. Adam.\n5.858\n5o\nf9\n— soirée\nLakmé. — Le Chalet.\nL. Delibes. 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Comme chaque compositeur\ndirigeait lui-même sa composition, les chefs d'orchestre, sous leur propre direc-\ntion, ont pu apprécier la nouvelle harpe. Mme L. Wurmser, qui était enga-\ngée pour jouer trois morceaux, a été obligée de prêter son concours dans tous\nles morceaux d'orchestre. Son grand talent a été très remarqué. Sur la demande\nspéciale des compositeurs et harpistes venus expressément des villes voisines\npour voir la nouvelle harpe, Mme L. Wurmser adû donner des auditions.\nIls ont reconnu que la nouvelle harpe est devenue l'instrument parfait ; ils\nenvoient à M. Gustave Lyon toutes leurs félicitations pour cette ingénieuse inven-\ntion. M. Stegmann, harpiste de l'Opéra de Mannheim, viendra le 18 juillet à\nParis ;il y restera trois semaines pour apprendre la harpe chromatique. C'est\nlui qui s'est chargé de l'enseignement de la nouvelle harpe à tous les harpistes du\npays rhénan.\nLe Conservatoire de Francfort a l intention de former une classe pour la harpe\nchromatique.\nPar suite de ce grand succès, Mme Wurmser aeu beaucoup d'engagements ;\nelle jouera le 13 juin et le 14 juin aux festivals de Cologne et d'Aix-la-\nChapelle et, l'hiver prochain, à Brunswick et Berlin.\nCologne, le 12 juin 1904.\n\nDr K."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "341", "page_fin": "341", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.10.5", "titre_corps": "INSTITUT. Notre distingué confrère M. J. Tiersot nous rappelle que", "titre_sommaire": "INSTITUT. Notre distingué confrère M. J. Tiersot nous rappelle que", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "341", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.21", "debut_caractere": 1701, "fin_caractere_exclue": 1950, "texte": "INSTITUT. Notre distingué confrère M. J. Tiersot nous rappelle que l'Aca-\ndémie française vient de décerner un prix de mille francs à son livre : Berlioz\net la société de son temps. Toutes nos excuses pour cet oubli, et nos sincères féli-\ncitations."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "341", "page_fin": "341", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.10.6", "titre_corps": "Aix. Par arrêté de M. le Préfet des Bouches-du-Rhône en date du 13 juin,", "titre_sommaire": "Aix. Par arrêté de M. le Préfet des Bouches-du-Rhône en date du 13 juin,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "341", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.21", "debut_caractere": 1952, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "Aix. Par arrêté de M. le Préfet des Bouches-du-Rhône en date du 13 juin,\nM. Pourcin ( Jean-Baptiste-Philomin) est nommé professeur de clarinette à 1 école\nnationale de musique d'Aix, en remplacement de M. Poussel, décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "341", "page_fin": "341", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.10.7", "titre_corps": "MARSEILLE. Par décision de l'assemblée générale, M. Arthur Michaud a", "titre_sommaire": "MARSEILLE. Par décision de l'assemblée générale, M. 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Messerer, démissionnaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "341", "page_fin": "342", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.10.8", "titre_corps": "BERLIN.", "titre_sommaire": "BERLIN.", "signature_source": "RENÉ-L. DIRCKS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "341", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.21", "debut_caractere": 2594, "fin_caractere_exclue": 3050, "texte": "BERLIN.\n\nM. Leoncavallo, le compositeur italien, a terminé le Roland de\nBerlin (! }) que lui a commandé l'empereur Guillaume 11.\nM. Drœscher, premier régisseur de l'Opéra de Berlin, est occupé à traduire\net à adapter le texte italien du livret.\nIl souffle un vent de fronde parmi les compositeurs et les chanteurs alle-\nmands ; car on vient d'engager un chanteur russe de grand talent, M. Lelisa,\nde l'Opéra de Varsovie, pour interpréter le rôle de Roland."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "342", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2522, "texte": "Quant à M. Leoncavallo, il n'est plus autrement désigné, dans la presse\naussi bien que dans les milieux artistiques, que sous le titre de : le Roland\nitalien.\nVoici 'quelques prix atteints par des autographes de musiciens au cours\nd'une vente récente :\nDes lettres de Wagner ont été adjugées : 777, 725, 756, 162 fr. ; une ariette\nde Meyerbeer, 87 fr. ; trois mélodies de Schubert, 1.126 fr. ; les Papillons op. 2,\nde Schumann, 812 fr. ; une pièce de vers adressée à Richard Wagner par le\npoète George Herwegh, dont la veuve, Mme Emma Herwegh, est morte à Paris\nil y a deux mois, 95 fr. ; une page et demie manuscrite et une petite lettre de\nWeber ont trouvé amateur pour 162 fr. et 50 fr. ; une page dédicace de l'ou-\nverture du Freischùtz a été payée 777 fr. ; une lettre de Beethoven, une page\ntrois quarts in-octavo, 725 fr. ; quatre pages de musique in-folio oblong du même\nmaître, 7.775 r* > deux pages in-folio oblong et trois petites pièces, toujours de\nBeethoven, ont atteint respectivement 2 12, 127, 87 et 50 fr. ; le manuscrit du\nquatuor op 1 (1777) de Boccherini a été adjugé à 212 fr. ; un duo de Brahms\nop. 61 n° 3 a atteint 677 fr. ; une lettre du même compositeur, 97 fr. ; une\nmazurka de Chopin (Vienne, 20 juillet 1831) est montée à 750 fr. La partition\nd'un concerto de flûte de Grau a obtenu 106 fr. Enfin des manuscrits de musique\nont été payés comme il suit : ceux de Liszt, 775, 777, 200, 750 et 777 fr. ; ceux\nde Schumann, 56, 72, 725, 76$ fr.\nLa presse étrangère a fait grand bruit d'une fantaisie de l'empereur Guil-\nlaume ; alors qu'il était à Venise sur son yacht, Sa Majesté donna une fête en\nl'honneur de la comtesse Morosini. Pendant la fête, l'orchestre du yacht exécuta\nun programme constitué de telle façon que la première lettre de chaque\nmorceau correspondait au nom de la comtesse Morosini.\nVoici ce programme : Marche de Grieg ; ouverture d \"Obéron de Weber; Rosen\nWaltzer de Strauss; Ob du mich liebst (en français : m'aimes-tu ?) de Lineke ;\nSérénade de Moszkowsky ; Introduction de Carmen de Bizet ; Neuers Braum de\nLausing ; Marche italienne d'Ellenberg.\nA certains journaux étrangers qui ont déclaré que cette galanterie de Guil-\nlaume II était sans précédent, notre confrère Serge Basset a rappelé que l'usage\nétait courant à la cour de France au xvne siècle, et il cite comme exemple un\nconcert offert par Louis XIV à Mlle de Fontanges, dont le titre des morceaux\nformait en acrostiche cette sorte de galant envoi : « Pour plaire à Fontanges. ))\n\nRENÉ-L. DIRCKS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "342", "page_fin": "343", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.10.9", "titre_corps": "N. B.", "titre_sommaire": "N. B.", "signature_source": "R.-L. D", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "342", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.22", "debut_caractere": 2524, "fin_caractere_exclue": 3235, "texte": "N. B.\n\nVoici le programme des Festspiele de Bayreuth : on commencera le\n22 juillet avec Tannhauser, pour finir le 20 août avec Parsifal. L'Annneau des\nNiebelungen sera joué deux fois, la première fois du 25 au 28 juillet, puis du\n14 au 17 août. Les représentations de Parsifal auront lieu les 23 et 31 juillet,\nles 5, 8, 11 et 20 août. Tannhauser passera le 22 juillet et les ier, 4, 12 et 19 août.\nLes représentations seront dirigées parles kapellmeisters MM. Mans Richter,\nKarl Muck, Franz Beidler, Michael Balling et par Siegfried Wagner. La régie\nsera entre les mains de M. Julien Kniese. L'orchestre se composera de\n125 musiciens, et les chœurs comprendront cinquante-neuf dames et soixante-\nsix messieurs."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "343", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "Mme Isadora Duncan paraîtra dans la danse des Grâces du Tannhauser.\n\nR.-L. D."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "343", "page_fin": "343", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.10.10", "titre_corps": "LES MUSICIENS DE LORCHESTRE A L'OPÉRA-GOMIQUE. Avant la clôture", "titre_sommaire": "LES MUSICIENS DE LORCHESTRE A L'OPÉRA-GOMIQUE. 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Carré,\npour recevoir un intermédiaire; que les musiciens de l'orchestre m'envoient des\ndélégués, et je m'entretiendrai avec eux seuls ! )) C'est alors que les chefs de\npupitres se sont présentés devant leur honorable directeur, et lui ontdemandé,\nau nom de leurs camarades :\ni° Fixation des appointements au minimum de 150 fr. par mois (les matinées\nmaintenues au prix de 10 fr.); 20 faculté de pouvoir verser à la caisse des\nretraites après une fin d'engagement ou un départ pour une cause quelconque ;\n30 limitation à 20 du nombre de répétitions, par année (excepté les deux der-\nnières avant la Première, elles ne devront pas commencer avant 1 h. de l'après-\nmidi, et finir à 5 heures. Passé cette heure, rétribution de 1 fr par 1/4 d'h.). Passé\nle nombre de 20, chaque répétition payée à 10 fr. l'une; tous les services sur la\nscène (musique de scène) payés par cachets supplémentaires au prix uniforme de\n7 fr. 40 Extension ferme à 3 ans des engagements (10 mois pour la saison);\n50 maintien de l'effectif actuel de l'orchestre et du même roulement de congés.\nLa musique moderne rend plus pénible qu'autrefois la fonction de l'orchestre,\net nous ne sommes nullement étonné que, de bonne grâce, M. Carré ait accepté\ntoutes ces demandes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "343", "page_fin": "343", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.10.11", "titre_corps": "GENÈVE.", "titre_sommaire": "GENÈVE.", "signature_source": "P. FERRARIS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "343", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.23", "debut_caractere": 1625, "fin_caractere_exclue": 2658, "texte": "GENÈVE.\nP. FERRARIS.\nLa saison musicale qui vient de se terminera été particulièrement\nféconde 1115 concerts et 200 représentations théâtrales, tel est son bilan.\nAux concerts on a entendu comme grandes œuvres : le Requiem de Brahms,\nla neuvième Symphonie de Beethoven, le Faust de Schumann. Ajoutons à cela,\n18 symphonies, 28 ouvertures, 9 quatuors, 5 quintettes, plus un nombre fantas-\ntique de concertos, sonates et morceaux divers.\nParmi le grand nombre d'artistes ayant coopéré à ces auditions, citons\nMmes Carreno, Minnie Tracey, Hatto, Clotilde Kleeberg, Landi ; MM. Pade-\nrewski, Rister, Casais, Kubelik, Marteau, Fauré, Klengel, De Greef, Paradis,\nla quatuor tchèque et l'admirable orchestre Lamoureux.\nAu théâtre il a été monté 13 grands opéras, 17 opéras comiques, 9 opérettes et\n4 ballets.\nDisons tout de suite avec plaisir que les compositeurs français ont occupé\n94 fois l'affiche.\nAdvienne Lecouvreur, Messaline, le Drapeau blanc, Mu guette, Coppelia furent\navec des succès très différents les nouveautés de la saison."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-07-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-07-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1904-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "344", "page_fin": "344", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.2.11", "titre_corps": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL", "titre_sommaire": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "344", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.24", "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 776, "texte": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL\n\nDans le beau nocturne, qui fait honneur àM. A. Coquard, on sera heureux de\nsentir une poésie réelle due à la sincérité du sentiment, au caractère voluptueux du\nrythme, au calme et à la distinction aisée de la mélodie.\n/\nOffenbach était un excellent violoncelliste. M. Louis Ganne, qui est son con-\ntinuateur heureux et son héritier, nous a rappelé 1 illustre auteur d'Orphée en\nnous envoyant la pièce ci-jointe, qui est d'une excellente écriture très appropriée\nau chant du violoncelle.\nNous publierons prochainement des fragments de Scylla etGlaucus, de Leclair\n(1746), que notre collaborateur, M. 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E. Ruelle, E. Poirée, Th. Reinach,\nL. Laloy, J. Tiersot, MgrB. Grassi-Landi ;\n2° (musique byzantine) : mémoires du R. P. Thibaut, de dom Hugues Gaïsser ;\n30 [musique du moyen âge) : mémoires de MM. G. lloudard, dom H. Gaïsser,\nMgr B. Grassi-Landi, Liborio Sacchetti, Pierre Aubry, Michel Brenet ;\n40 [musique moderne) : mémoires de MM. Camille Saint-Saëns, Bourgault-\nDucoudray, Meerens, Ilmari Krohn, G. Humbert, Adolf Lindgren, J. Carillo,\nChilesotti, Shedlock, R. Rolland, J. Combarieu, Mlle Parent, etc., etc.\nPrix de l'ouvrage (port compris) : 10 fr. (au lieu de 15), aux bureaux de la\nRevue musicale."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "321", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nNo 13 (quatrième année)\nler1er Juillet\n1904.\nH. M.\n26\n\nArthur COQUARD"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "322", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.2", "texte": "ARTHUR COQUARD\n\nArthur Coquard, auquel Vlnstitut vient d'attribuer le prix Mombine {partagé avec\nXavier Leroux), est un des meilleurs élèves de César Franck ; c est lui qui fut chargé\nde mettre au point la partition de Ghisèle, drame en 4 actes de Vauteur des Béati-\ntudes, représenté à Monte-Carlo en iBgq (ce travail fut fait avec Vincent dllndy,\nChausson, de Bréville et S. Rousseau). Après avoir débuté aux Concerts Colonne,\nen iBj6, avec le Chant des épées (interprété par Lassalle), A. Coquard donna suc-\ncessivement : Héro, scène dramatique (chez Pasdeloup et Colonne, où Mmes Pauchioni\net Montalba se firent applaudir) ; Ossian, poème symphonique, avec harpe principale ;\nAndromaque (che\\ Lamoureux, avec Mme Brunet-Lafleur) ; les Chœurs d Esther\n(:ibid. et au Conservatoire) ; Haïluli, qui fut, che£ Colonne, le début triomphal de\nMUe Pregi ; /'Episode oriental (divertissement du drame lyrique Jahel, dont le n° y,\nChanson d exil, va/zz/ zzzz grand succès, chez Colonne, à Mme .4 uguez de Montaient) ;\nles Voix du Soir, Eté, e/c., cfe nombreux lieder (Joies et Douleurs, poème de\nMme Fournery-Coquard, etc.), eurent aussi un succès de très bon aloi.\nAu théâtre, A. Coquard a donné: en 1884 J Epée du Roi (2 actes, à Angers)',\nen 1886, /e Mari d'un jour (■? actes, à l'Opéra-Comique); en 1895, la Jacquerie\n(._/ actes, dont le premier est de Lalo, à Monte-Carlo, puis à Paris); en igoo, Jahel\n(4 actes, à Lyon) ;en /902, /aTroupe Jolicœur (4 actes, à VOpéra-Comique). A ces\nœuvres il faut joindre Agamemnon (chœurs et musique de scène, poème de Bornier),\nCassandre, Helvetia, Jeanne d'Arc, Philoctète (musique de scène, Odéon, i8g8),\nbOiseau bleu, etc.\nEcrivain élégant, M. Coquard a obtenu en iBgo, à 1 Institut, le prix Bordin,\npour son Histoire de la musique en France (■Calmann-Léyy) ; conférencier, il a\nréuni un nombreux public, au cours Sauvrezis, pour écouter d'excellentes leçons sur\nl'histoire de Vart musical.\nA. Coquard est un musicien de très haute valeur, qui a fortifié d'heureux dons\nmélodiques par une sérieuse étude des œuvres de Franck, de Gluck et de Beethoven\net par une très solide culture générale ; il a cultivé tous les genres (même le comique\nlyrique et le burlesque), mais il excelle dans 1 expression des sentiments tendres et\ndélicais. C'est une fine nature de poète. La maison Costallat publie de lui, en ce\nmoment, une série de charmants duos pour soprani [op. 60) dont nous sommes\nheureux d'offrir aux lecteurs de la Revue musicale deux pièces inédites."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "323", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.3", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES\n\nM. Charles Malherbe.— Quelques lettres inédites.\nM. Charles Malherbe, qui est un des collectionneurs les plus richement\npourvus de toute 1 Europe, veut bien nous communiquer (en original) quelques\nlettres inédites fort curieuses, dont nous détachons les deux suivantes. Nous\nadressons nos plus vifs remerciements à notre confrère, qui remplit avec'tant\nde désintéressement les fonctions d'archiviste et de bibliothécaire de l'Opéra, et\nqui a déjà rendu de si nombreux et si brillants services à 1 histoire de l'art mu-\nsical. M. Malherbe est si universellement apprécié et estimé pour son vaste\nsavoir, sa bonne grâce parfaite et son inépuisable obligeance, qudl serait superflu\nde lui consacrer une longue notice : organisateur du Musée de notre Académie\nde musique et de plusieurs expositions documentaires, collaborateur d'E. Co-\nlonne, il connaît l'histoire du théâtre lyrique, à peu près comme M. Monval,\narchiviste de la Comédie-Française, connaît celle du théâtre de Molière. J'ose\ndire que c'est un homme heureux (en supposant qu il ne tienne ni aux\nfonctions rétribuées ni aux honneurs), puisqu il a fait, selon son cœur, deux parts\nde sa vie : l'une pour ses collections privées, et l'autre pour les archives de\nl'Opéra. C'est un maître en son genre, un maître précieux pour tous ceux qui\ntravaillent. Puisse-t-il, contrairement au mot de Fontenelle, ouvrir plus souvent\nsa main, au lieu de la refermer sur les trésors qu'il possède !"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "324", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.4", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES\n\nLa première lettre est fort importante : elle met en lumière la générosité de\nMeyerbeer, qu'on a parfois accusé, bien à tort, de ne songer qu'à lui. L auteur des\nHuguenots prodigue à Berlioz les marques d'estime et de dévouement : il l'appelle\n(( cher maître » à un moment où il n'avait pas encore donné sa mesure (1843) ;\nil entre dans ses vues en flattant sa manie des orchestres grandioses ; il se montre\nsincèrement disposé à lui assurer, en Allemagne, de brillants succès. En second\nlieu, que pensent d'une telle lettre ceux qui. reprenant de vieilles routines et\ncontrairement à ce que nous avons démontré ici même, prétendent encore que\nBerlioz fut toujours un incompris?\nLa seconde lettre est aussi un document bien intéressant. L'honorable Gossec\ny exprime une amertume et un dépit contenus par une haute courtoisie. Obligé\nde s'incliner devant Gluck, il le fait spontanément, mais sous quel poids doulou-\nreux d'illusions et d'ambitions refoulées! Cette lettre dépeint l'état d'esprit le\nplus navrant qu'un artiste puisse connaître. Elle ne manque ni de noblesse, ni\nd'éloquence. Aujourd'hui, en pareil cas, on ferait paraître, dans le « Courrier\ndes théâtres )) d'un grand quotidien, quelques lignes brèves et hautaines. La\nmode ancienne, plus prolixe et moins impertinente, moins sommaire et moins\nbrutale, ne laisse pas d'avoir son prix.\n\nLETTRE INÉDITE DE MEYERBEER A BERLIOZ.\nVotre tout dévoué,\nMEYERBEER.\nA M. Berlioz, célèbre compositeur de Paris, Hambourg.\nCHER MAÎTRE,\nJ'ai reçu avant-hier votre lettre de Brunswick, mais pas le paquet annoncé. Enfin\nil est arrivé et contient les parties de chant de Roméo, mais pas le manuscrit de la\ntraduction allemande que je vous avais demandé. Cependant, si vous voulez qu'on\naméliore la traduction, cest indispensable... Donc, il sera bon de nous envoyer ce\nmanuscrit le plus tôt possible. Je vais me mettre en quête de 9 timbaliers, mais j'ai\npeur de ne pas les trouver. Tout le reste se complétera parfaitement par notre\nexcellente musique militaire. Vous savez que, pour la symphonie funèbre, le Prince\nde Prusse, chef suprême du département militaire, m a accordé toutes les musiques\nmilitaires de Berlin et de Potsdam, ce qui sans la chapelle royale donne 1111 effectif\nde AOO personnes. Vous pouvez hardiment donner encore un second concert à\nHambourg, car nous avons eu de nouveaux travaux pour des fêtes de cour et par\nconséquent de nouveaux retards. Armide a été enfui donnée et avec un immense\nsuccès. J'ai fait une nouvelle distribution des rôles et j'en ai dirigé les études et la\nreprésentation qui a eu un grandissime succès. J'espère que vous en serez content.\nAprès-demain commencent les répétitions des Huguenots qui seront donnés le\n28 ou le 29. On répétera le plus qu'on pourra, parce qu'ils doivent être donnés ci\ncette époque. Les répétitions de vos chœurs et de l'orchestre ne pourront donc com-\nmencer que le 30. Mais vous pourriez, en attendant, envoyer les parties delà Sym-\nphonie funèbre, car les musiques militaires ne sont pas occupées aux répétitions\nthéâtrales. A partir du ler1er avril, je commencerai les répétitions de Faust ;et comme\npendant 15 jours ou 3 semaines il n'y aura que des petites répétitions au foyer des\npremiers sujets, on pourra se mettre corps et âme aux répétitions de vos concerts.\nAdieu, cher Maître, et à revoir. J'ai fait annoncer par la Gazette d'Etat qui paraîtra\ndemain votre arrivée pour la fin de ce mois."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "325", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.5", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES\n\n\\ ous ne ni avez pas donné votre adresse ci Hambourg ; j envoie donc la lettre à\nl adresse du maître de chapelle du théâtre (M. Krebs). Veuillez faire retirer de la\nposte d Hannovre la lettre que je vous g ai adressée dans laquelle se trouve la lettre\npour le prince royal de Hannovre.\n\nLETTRE INÉDITE DE GOSSEC A GUILLARD.\n\nA Monsieur,\nM. Guillard, rue des Petits-Champs-Saint-Martin, maison de MrS de Sairit-\nJuliendes Ménestriers, à Paris.\nMONSIEUR,\nToutes explications au sujet de votre Iphigénie deviennent inutiles : vous aviez\ndestiné cet ouvrage ci M. Gluck ; cette préférence était légitime ; il s'en est chargé ;\nvotre attente est remplie, il n'y faut plus songer. Je m'en consolerais plus aisément,\nMonsieur, si ce sujet n'eût point été depuis 8 ou 10 ans l'objet de mes désirs et si l'u-\nsage de ce pays-ci et la loi de l'honnêteté dont je fais profession ne me privaient pas\nde satisfaire jamais ci cet égard mon inclination ou plutôt ma violente passion. Je\nsouhaitais qu'un habile homme cle lettres entreprit de traiter ce sujet. Vous le\nfîtes, et ce ne fut point pour moi. Cela ne diminuera rien cle l'estime que j'ai pour\nvos talents, Monsieur ; j'avoue que les miens, qui furent étouffés en naissant, n'ont pas\nassez cle droit ci la confiance pour qu'il leur soit commis un ouvrage dramatique cle\ncette importance.\nNéanmoins, M. Gluck, en y renonçant, me jugea digne de m'en faire la cession [il\nme devait en quelque sorte cette réparation pour avoir involontairement soustrait ci\nla scène, par son Iphigénie en Aulide, Sabinus, mon premier essai dans ce genre,\ndans lequel il eut la complaisance cle remarquer des choses clignes cle son attention).\nLorsque M. Gluck eut renoncé ci votre ouvrage, M. le Bailli du Rollet me le promit\navec toute l'assurance cle la plus grande sincérité, et avec toute l'authenticité pos-\nsible. Je comptais dessus, puisque vous parûtes y souscrire, Monsieur ; pendant tout\nce temps, il me réitéra sa promesse : durant tout ce temps, M. Gluck, de\nson côté, nourrissent mon espoir par un éloignement marqué pour le travail, et par\nson apparente résolution à ne pas se charger de votre ouvrage, en m'exposant sou-\nvent les causes qui le déterminaient à cette renonciation. La veille cle son départ, je\nfus immédiatement après vous lui renouveler le témoignage cle tout mon attache-\nment et cle mes sincères regrets cle le voir partir ; eh bien, Monsieur, il eut la cruauté\nde ne point détruire mon erreur, et de me protester cle nouveau qu'il ne se chargeait\npoint de votre Iphigénie. M. Gluck, pendant huit mois, me provoqua au sommeil, et,\ndurant tout ce temps, je fus bercé d'un songe flatteur; je ne m'attendais pas, à mon\nréveil, de me voir frustré d'un bien qui semblait m'appartenir, et que je devais tenir\ncle son honnêteté et de sa délicatesse. Voilà le plaisir du sacrifice cle huit mois de\nmon temps, de tant d'allées et venues, du refus de plusieurs ouvrages bons et vala-\nbles, des disgrâces que je me suis attirées cle plusieurs auteurs et cl autres personnes\nde la plus grande distinction ! Quoi qu il en soit, rien n altérera mon admiration\npour les grands talents de M. Gluck, ni mon estime pour les vôtres, Monsieur ; ami\ncle la vérité, je serai toujours leur défenseur contre ceux qui, devant moi, voudraient\nles déprimer. Quant aux changements que je vous proposais de faire clans votre\nIphigénie, vous pouviez y attacher moins de conséquence. Un examen plus étendu"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "326", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.6", "texte": "LES RAPPORTS DE L'IÏARMONIE ET DU CONTREPOINT\n\navec vous eût facilement détruit mon erreur et Vimpression d'une lecture légère et\nhâtive. Cependant ma proposition n'était pas sans fondement, puisque M. Gluck\nmême exigeait que cet ouvrage fût mis en quatre actes, et qu'il n'était qu'en trois\nlorsqu'il me tomba pendant une demi-heure dans les mains ; et assurément une\ndemi-heure ne suffit pas pour prendre une parfaite connaissance d'un objet si étendu.\nPeut-être m'eût-il fait une autre impression si alors il eût été arrangé comme\nM. Gluck le proposait : il était bien possible que le même défaut nous frappât tous\nles deux.\nRecevez mes remerciements, Monsieur, de ce que vous voulez bien m'assigner,\ndans la partie dramatique, une place immédiatement au-dessous de M. Gluck. Vous\nme flattez et vous 11 êtes pas sincère. Je ne pense pas comme vous ; je suis trop petit\npour atteindre si haut. Je n'ai j>as même l'espoir de produire un ouvrage sur la\nscène. tant que M. Gluck la tiendra ; Sabinus fut éclipsé par lui ; Iphigénie en Tau-\nride m'est enlevée par lui ; Thésée, fixé â l'hiver prochain, sera renvoyé â deux ans\npar lui. Dans deux ans, M. Piccini ou M. Gluck me rejetteront ci la 3e année, d'au-\ntant qu'il est tout naturel de leur laisser les honneurs de la scène. Dans ce temps, ma\nmusique aura une teinte de gothicité insupportable, et pour peu quelle contienne\nquelques faibles étincelles dé bonté, elles seront sacrifiées au préjugé. En attendant,\nmes cheveux blanchissent, mes espérances s'évanouissent et mon courage s'éteint.\nTout, pour moi, n'est que motif de dégoût. Conséquemment, je pense que pour être\nsage et prudent, pour éviter tous les démêlés et braver tous les préjugés, il ne faut\nplus que je travaille pour la scène lyrique. Ainsi, Monsieur, je 11e profiterai point des\noffres obligeantes que vous avez la bonté de me faire ; je vous en ai la plus vive\nobligation, et, s'il était possible que l'on pût me déterminer â tenter encore cette\nfolie et â reprendre encore cette lourde charrue, le secours de vos talents, que vous\nvoulez bien m offrir, m'en allégerait le poids. Rien ne me serait plus agréable que\nd'unir mes talents aux vôtres.\nJ'ai l'honneur d'être avec la plus haute estime et la plus parfaite considération,\nMonsieur,\nVotre très humble et très obéissant serviteur,\n\nGOSSEC.\n\nLes rapports de l'harmonie et du contrepoint : définitions\net considérations générales.\n\nNous sommes heureux d'offrir à nos lecteurs la primeur des pages suivantes, tirées d'un Traité\ndu Contrepoint que prépare en ce moment M. André Gédalge, le compositeur si apprécié, Inspec-\nteur général du chant.\n1. Si, pour accompagner un thème, une phrase ou simplement un fragment\nmélodique donnés, on compose un ou plusieurs thèmes mélodies) secon-\ndaires, ces thèmes ou mélodies secondaires prennent le nom de contrepoint.\n2. L'ART du contrepoint consiste essentiellement à constituer, en vue d'un\neffet musical, deux ou plusieurs parties mélodiques indépendantes dans leurs\nrythmes et dans leur caractère, sans, pour cela, atténuer le relief de la ligne\nmélodique principale\n3. La SCIENCE du contrepoint est l'ensemble des règles qui permettent\nde réaliser ces combinaisons, de telle façon que, de l'audition simultanée des"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "327", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.7", "texte": "LES RAPPORTS DE L'HARMONIE ET DU CONTREPOINT\n\ndiverses parties mélodiques indépendantes, résulte pour l'oreille l'impression\nd'une harmonie correcte, rationnelle et tonale.\nUn ensemble écrit contrapontiquement devra donc déterminer simultanément\ndeux phénomènes auditifs d'un ordre différent : l'un, que l'on peut qualifier\nd'horizontal, dû à la perception nette de chaque partie mélodique isolée ; 1 autre,\nvertical, résultant de la concordance harmonique de toutes les parties.\n4. La marche mélodique des parties indépendantes engendrant une suite\nharmonique, c'est-à-dire une succession d'accords, il est nécessaire de se rendre\ncompte exactement, avant de commencer l'étude du contrepoint, de quelle façon\non peut concilier l'invention mélodique et la liberté d'allures nécessaire à chaque\npartie, avec les règles de 1 harmonie (qui sont, en fin de compte, des relations\nde tonalité), telles qu'elles auront été enseignées dans des études antérieures.\n5. Les rapports du contrepoint et de l'harmonie doivent être envisagés à\ndeux points de vue différents, suivant que l'on considère la mélodie principale et\nchacune des mélodies secondaires isolément, ou qu'on les prend dans leur en-\nsemble sonore, tel qu'il résulte de leur audition simultanée.\n6. Dans le premier cas, chaque son de la mélodie comporte une basse fonda-\nmentale déterminée soit par les rapports harmoniques qu'il a avec d'autres sons\nde la même mélodie, soit par les nécessités tonales, soit encore par les attractions\nmélodiques qu'il doit à la position qu'il occupe dans l'échelle de la gamme, soit\nenfin à 1 importance plus ou moins grande qu'il tient de son accent rythmique.\n7. Les basses fondamentales ainsi déterminées par l'une quelconque des mélo-\ndies constituant l'ensemble sonore devront être les mêmes pour les autres mélo-\ndies prises isolément : cela se conçoit facilement sans qu'il soit besoin d'insister,\npuisque de cette seule communauté de fondamentales harmoniques peut résulter\nun ensemble satisfaisant pour l'oreille.\n8. Mais on voit aussi (1) que, toutes les voix ou tous les instruments qui\nconcourent à cet ensemble faisant entendre des mélodies distinctes, ces harmo-\nnies fondamentales resteront, dans la plupart des cas, à Y état virtuel et que les\nseules harmonies réelles seront celles qui se dégageront de l'audition simul-\ntanée des parties indépendantes.\n9. D'autre part, si l'on considère que les parties simultanées diffèrent non\nseulement par la mélodie, mais encore par le rythme, on comprend facilement\nl'importance de ce dernier facteur comme cause déterminante des harmonies fon-\ndamentales. Des accents rythmiques de l'une des mélodies (généralement la\nmélodie principale) dépendront; en effet, le nombre des harmonies engendrées à\nl'état fondamental et le lien de ces harmonies, celles-ci ne pouvant jamais, en\nprincipe, se produire à contre rythme, c'est-à-dire sur les accents faibles de\nla mélodie.\n10. Mais, par suite de la marche mélodique indépendante de chaque partie,\nil se produira forcément des harmonies de passage, harmonies réelles et que ne\npouvait faire prévoir l'harmonie fondamentale virtuelle commune à toutes les\nmélodies prises isolément. Il arrivera donc fréquemment que, par unphénomène\n\n(i) Toutes les considérations qui suivent s'appliquent aux espèces de contrepoints autres que la\npremière, celle-ci ne différant de l'harmonie plaquée proprement dite que par une marche plus\nvariée des parties : toutes les voix faisant entendre, dans la première espèce, des valeurs égales à\ncelles du chant dunné, l'harmonie qui s'entend réellement est la même pendant toute la durée de\nchaque mesure que celle de la basse fondamentale."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "328", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.8", "texte": "LES RAPPORTS DE L'HARMONIE ET DU CONTREPOINT\n\nen apparence paradoxal, cette harmonie fondamentale n'existera pour l'oreille\nqu'à l'état de sensation (très précise malgré son absence réelle), formant en\nquelque sorte une pédale virtuelle, qui supportera, pendant toute la durée d'une\nmesure au moins, des harmonies de passage dues àla marche libre des parties,\nsans que s'affaiblisse 1 impression de l'unité harmonique au milieu de cette va-\nriété incessante d'accords. C'est là, à proprement parler, la caractéristique de\n1 écriture musicale due à l'emploi des procédés du contrepoint, et c'est ce\nqui différencie nettement cette écriture de l'écriture purement harmonique.\n11- L'écriture harmonique, en effet, est toujours établie sur 1 audition réelle\nde ces basses fondamentales entendues soit à l'état fondamental, soit à l'état de\nrenversements. Il ne peut, sous un chant accompagné harmoniquement, se pro-\nduire des harmonies adventices, même si l'on emploie exclusivement les procé-\ndés de l'harmonie figurée. Les basses, chiffrées ou non, que l'on propose à réa-\nliser, dans le cours des études harmoniques, n'auraient pas de sens si elles n'a-\nvaient pour but unique d'apprendre à enchaîner des accords destinées à accom-\npagner un chant, que ce chant existe réellement ou soit sous-entendu, et rien ne\nserait plus propre à fausser le jugement des élèves que de leur laisser croire,\ncomme onle fait trop souvent, que ces réalisations de basses données trouvent leur\nfin en elles-mêmes, alors que cette fin est l'accompagnement du chant donné»\n12- Le procédé de l'écriture harmonique est donc, en réalité, plus étroit\nque celui de 1 écriture contrapontique : le contrepoint se propose aussi comme\nfin 1 accompagnement du chant donné. Mais alors que, dans le procédé har-\nmonique, la mélodie (ou chant) occupe toujours la voix la plus élevée ou\ntout au moins une voix traitée au point de vue du soliste, et que toutes les\nharmonies entendues n'ont d'autre origine que les sons constituant cette\nmélodie, dans le contrepoint, au contraire, le chant principal est donné à\n1 une quelconque des parties grave, intermédiaire ou aiguë, et toutes les\nharmonies entendues résultent de la marche librement mélodique des voix.\n1 • En raison de ces différences essentielles, les lois qui, dans les études\nd harmonie, régissent l'enchaînement des accords ne sont, dans le contrepoint,\nexactement applicables ou ne deviennent obligatoires que sur le temps fort de\nla mesure ou sur les accents forts de la mélodie. Dans une réalisation purement\nharmonique, le contour mélodique d'une partie quelconque (le chant donné\nétant excepté) a peu ou point d importance .' les attractions mélodiques ou\nrythmiques n existant pas pour cette partie les parties intermédiaires ne\nsont en effet que des « remplissages » harmoniques, les sons qui la com-\nposent n'obéissent qu'aux seules affinités, aux seuls rapports harmoniques qui\nles iclient aux sons entendus immédiatement avant ou après eux, affinités et\nrapports délimités étroitement par les basses fondamentales de chacun des sons\nconstitutifs de la paitie piincipale (chant à Vouloir appliquer à\nl'écriture contrapontique les règles absolues de l'harmonie en dehors des\ntemps et des accents forts, c'est méconnaître absolument le but et l'essence\nmême du contrepoint, qui sont de donner à l'invention mélodique de chaque\npartie le maximum de liberté compatible avec les nécessités tonales et harmo-\nniques , c est, en un mot, éciire non du contrepoint, mais de 1 harmonie figurée ]\net 1 harmonie figurée, si figurée soit-elle, ne sera jamais du contrepoint, car\nelle ne donneia lieu, même dans sa plus ingénieuse recherche, qu'à de courts\nfragments ayant 1 apparence mais non la réalité de parties mélodiques véri-"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "329", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.9", "texte": "LES RAPPORTS DE L'HARMONIE ET DU CONTREPOINT\n\ntables. De plus, cette façon d'écrire engendre fatalement l'uniformité et la mo-\nnotonie, enserrant 1 invention mélodique dans un cercle de formules prévues et\ntoujours identiques pour une forme mélodique donnée du chant principal, en\nmême temps qu elle restreint à un petit nombre toutes les combinaisons har-\nmoniques que rend possibles la marche libre des parties reposant sur une har-\nmonie fondamentale virtuelle.\n14. Il est évident que ce n est que par un travail minutieux et assidu que\nlon peut posséder dans toute sa maîtrise 1 écriture je dis Vécriture, et non\nle style du contrepoint. Car il ne s'agit point, en l'espèce, comme il est\nd usage de 1 écrire dans tous les traités de contrepoint, d'acquérir un style spécial\nen revenant aux procédés d une époque où le mot contrepoint était synonyme\nde composition musicale. Les règles édictées dans les traités ont d'ailleurs une\norigine postérieure et de beaucoup à cette époque, et l'on aurait peine à\ntrouver leur justification dans les compositions les plus réputées de ce temps.\nQuestions de style, querelles de mots. L'emploi occasionnel de certains procédés\nd écriture ou de composition est du domaine, non du contrepoint ou de l'har-\nmonie, mais de l'esthétique. Il n'y a pas plus de raison de vouloir faire de\nl'étude du contrepoint le moyen d'écrire dans le style alla Palestrina qu'il n'y en\naurait de voir dans les exercices lexicologiques faits par les écoliers l'appren-\ntissage de la langue du xvie siècle par exemple. Et c'est affaire de préférences\net de goûts personnels que d'attribuer à telle école sur les autres la prééminence\nen matière de style pur Ce sont là disputes de grammairiens.\n15 - Nous considérerons donc 1 étude du contrepoint rigoureux c'est ainsi\nque l'on dénomme le contrepoint pratiqué à l'Ecole comme une discipline\npermettant, à 1 instar d une série logique d'exercices d'assouplissement, d'ac-\nquérir l'habileté d'écriture et la maîtrise nécessaires pour s'exprimer musicale-\nment en toute indépendance : cette discipline devra être observée avec une\nrigueur d'autant plus grande que l'on désirera acquérir par la suite plus de\nliberté. Plus, au début, on aura mis d'entraves à ses mouvements, plus on se\nsera imposé de restrictions, plus on aura développé son habileté dans l'emploi\ndes moyens d'expression musicale les plus libres.\nTelles sont, en somme, les raisons d'être de toutes les restrictions arbitraires\nqui entravent et inquiètent les élèves abordant l'étude du contrepoint.\n16. Dans ce but, on convient de réduire la mélodie principale àsa plus\nsimple expression, en donnant à tous les sons qui la composent la même durée\net le même rythme, chacun de ces sons représentant l'unité de mesure : cette\nmesure elle-même est toujours à deux temps ; chaque temps étant figuré par\nune blanche, la mélodie principale (chant donné, plain-chant, cantusfirmus)\nn'est composée que de rondes.\n17. Pour les mêmes raisons, l'on a schématisé en quelques types im-\nmuables les principaux mouvements rythmiques que l'on peut opposer les uns\naux autres, et l'on en a tiré les cinq espèces de contrepoint classification tout\narbitraire, mais dont l'expérience a démontré l'utilité comme moyen et procédé\nd'études.\n\nANDRÉ GÉDALGE."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "330", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.10", "texte": "Louis GANNE"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "331", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.11", "texte": "LOUIS GANNE\n\nVoici un nom vraiment populaire et, ce qui est plus rare, d'une popularité de bon\naloi.\nLouis Garnie est né à Buxières-les-Mines [Allier), le 5 avril 1862. Dès son plus\njeune âge, il montra une précocité cTentendement et une prescience rares : c est ainsi\nqu'à iy ans il déclara à sa mère quil serait musicien après avoir écouté une fan-\ntaisie sur Lucie de Lammermoor jouée par la Garde : on voit quil tint parole.\nIl entra au Conservatoire national de musique à Paris, où il fut élève de Théo-\ndore Dubois, de Massenet et de César Franck. Il en sortit après avoir remporté\nun premier prix d harmonie et un prix d'orgue et débuta aussitôt par un ballet\naux Folies-Bergère (1882). Dès lors, les œuvres et les succès du jeune maître ne se\ncomptent plus.\nCitons, par ordre de date :\nLes ballets : les Sources du Nil (1882, Folies-Bergère, Casino de Paris),\nVolapuck (1886), Fleurs et Plumes (1887), Merveilleuses et Gigolettes (i88ç),\nl'Heureuse Rencontre, la Fin d'un Monde [1892), l'Heure du Berger (/900),\nPhryné (1896), la Princesse au Sabbat (1898), Cythère (1900).\nDeux pantomimes : le Reveildune Parisienne (/597), l'lmportun (1901).\nLes opéras comiques : Rabelais (1892), les Saltimbanques (/599), Bouton\nd'Or, y actes [l9Ol, Olympia : 150 reprises) ; Rabelais, 4 actes (Nouveau-\nThéâtre : £5 reprises) ; les Saltimbanques, y actes (Gaîté :1y reprises ; plus de 1500\nen province et à ïétranger).\nEnfin, son dernier ballet '. Au Japon, créé a l Alhambra de Londi es, ou il eut plus\nde 200 représentations, repris à Alonte-Carlo, à Milan et actuellement à l Olympia.\nCiter encore les œuvreslégères de Louis Ganne nous entraînerait ti op loin. Qui\nn'a chanté, fredonné, écouté la marche du Père La Victoire, la Czarine, la Marche\nlorraine et cent autres pièces de genre qui font au jourd'hui le meilleur élément des\nprogrammes des concerts des grands casinos, des bals, des soirées, de tous les en-\ndroits enfin ou l'on fait de la musique pour danseï et se disti an e ?\nLouis Ganne fut le dernier chef d orchestre des bals de l Opéra. Avec lui nous\navons connu le faste des masses instrumentales composées presque exclusivement de\nvirtuoses et dirigées de main de maître.\nIl a aussi conduit au Nouveau-Théâtre de 1892 et 1894 et, dans d auties en con-\nstances, des orchestres importants, notamment à l inauguration du Gi and Casino de\nRoyan. Dernièrement encore [1902), appelé à Vienne, il dirigea ses œuvres et obtint\nun succès triomphal auprès du public autrichien.\nDans ses compositions, -Louis Ganne allie à la plus grande clarté la technique la\nplus serrée et la plus savante ; il a, en quelque sorte, éduqué l oreille de la foule avec\nses motifs d'un entrain si brillant et, en apparence, si facile, mais dune formule si\npure et d'une écriture si impeccable qu'on peut affirmer qu'en écrivant ces pièces lé-\ngères, il a servi le grand art.\nC'est pourquoi ses œuvres, ses succès, demeurent."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "332", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.12", "texte": "LE CHANT DANS LES ÉGLISES\n\nLe chant dans les églises\n\n(1).\nSAINT-EUSTACHE. Vaste église à cinq nefs, surchargée d'ornements inté-\nrieurs, en saillie, où la poussière des années s'accumule lentement. Le quartier\noù elle est située lui donne quelques caractères particuliers et intéressants : le\ntabernacle rappelle la silhouette voisine de la fontaine des Innocents, et c'est\npeut-être à cause des rixes et batailles fréquentes dans ces parages, que les\nsuisses portent le chapeau des gardes-françaises, avec une pointe agressive en\navant. Je remarque, près de la porte d'entrée, un jeune' homme de mauvaise\nfigure, en habits de travail usés, dormant sur un banc, adossé au pilier, à l'abri\ndes courants d'air. On voit que la rue des Mauvais-Garçons n'est pas loin.\nC'est dans cette église que M. d'Harcourt nous a donné, il y a quelques\nannées, par un immense et très méritoire effort, la Passion de S. Matthieu, de\nBach, et le Requiem de Berlioz.\nAujourd'hui, sauf le Credo (édition de Ratisbonne), je n'y ai pas entendu de\nplain-chant proprement dit.\nL\"introït, le graduel et les autres chants spéciaux à la fête du jour n'en ont\nconservé que les paroles, sur lesquelles a été brodée une polyphonie, ancienne\nsans doute, en tout cas savante et agréable à entendre, quoique dite, à mon\navis, avec un peu de lourdeur et de monotonie. Quant à la messe proprement\ndite, elle n'était pas non plus rituelle. J'ai remarqué, au milieu d'un Kyrie sans\ngrande originalité, un solo qui m'a surtout paru déplacé ; car ce n'est pas une\nvoix qui doit chanter à l'église, mais l'ensemble des fidèles, représentés, mainte-\nnant qu'ils se taisent, par le chœur des chantres.\nLe Gloria est de meilleure inspiration, quoique un peu froid. Il se termine,\ncomme d'usage, en forme de fugue.\nLe Sanctus et VAgnus Dei sont bien supérieurs aux morceaux précédents, et\nj'ai été heureux d y trouver un bon sentiment religieux exprimé simplement et\navec douceur.\nL'auteur de cette messe est, m'a-t-on dit, M. Léon, chef d'orchestre de la\nComédie française. Il y a lieu de le féliciter de l'emploi qu'il fait des loisirs que\nlui laisse sans doute sa profession.\nL'orgue a joué avec goût et discrétion pendant l'offertoire, où j'ai vu avec\nplaisir la foule des fidèles suivre les fabriciens précédant le pain bénit, comme\ndans les temps anciens.\nAprès la messe, procession absolument laïque. Il n'existe plus de reli-\ngieux ni de religieuses dans la paroisse.\nAux vêpres, la psalmodie liturgique était agrémentée de faux-bourdons, mais\nun peu trop fort, à mon avis, car elle était presque totalement submergée.\nLa maîtrise renferme de très bons éléments et paraît conduite avec goût\net méthode.Toutefois, je ne lui redemanderai pas 1 Ave Maria théâtral qu'elle nous\na donné avant la bénédiction. On a quelquefois des faiblessespour des composi-\nteurs amis ; c'était sans doute ici le cas.\nQuant aux fidèles, ils n'avaient guère que le Credo où se reprendre dans les\n\n(1) Suite. Voir la Revue du 15 juin."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "333", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.13", "texte": "LE CHANT DANS LES ÉGLISES\n\npompeux offices de ce dimanche. Ils se sont tus, comme dans toutes les églises\nque j'ai visitées jusqu'ici.\nLA TRINITÉ. —C'est, je crois, après le Sacré-Cœur, l'église la plus récente\nde Paris (1867) î tr^s ornée et très claire, un détail me choque : elle est parque-\ntée de lames de chêne, comme un salon. J'aimerais mieux un rude pavé de pierre\nque ce raffinement.\nJe remarque dans la nef tout un parterre de chapeaux de paille blancs\nrayés d'un ruban noir; quelques religieuses d'un ordre inconnu veillent sur\nce gracieux troupeau. Je signale aux personnes compétentes leurs cornettes qui,\nvues de dos, ressemblent à l'arrière d'un minuscule canon. Tout ce petit monde\nse tait et se taira même au Credo rituel très simple (édition de Ratisbonne), qu'il\nserait si facile de lui apprendre.\nBien qu'aucune solennité particulière n'ait été célébrée ce jour-là, on nous\na donné une messe de M. Théodore Dubois, très élégamment écrite et, parfois,\nexpressive et d'un bon sentiment religieux. Pendant le Kyrie et le Gloria, mor-\nceaux que j'ai le moins goûtés, il m'a paru que les passages qui expriment la\nprière, comme eleison ou qui tollis peccata mundi, avaient un caractère de\nforce et d'insistance peu en rapport avec les paroles ; quand on s'adresse à\nDieu, éminemment patient, on n'a pas, il est vrai, à craindre de l'indisposer\npar des prières trop répétées ou trop accentuées ; mais, si Dieu écoute, les mor-\ntels entendent.\nEn revanche, le Sanctus m'a fait beaucoup de plaisir. Il est bien conçu,\npuissant et tout à fait en rapport avec les paroles. Mais j'ai été surtout\ncharmé par YAgnus Dei, construit tout entier sur un motif très simple dont\nM. Dubois a tiré d'heureux effets de douceur et d'expression. Ce même motif a été\nrepris ensuite par l'orgue, qui l'a développé sobrement et avec goût.\nJ'en veux un peu à la Maîtrise d'avoir supprimé la moitié du graduel.\nL'exécution totale n'aurait pas beaucoup allongé l'office, et, surtout quand on\ndonne une messe solennelle, le plain-chant repose, par sa simplicité, des com-\nplications qu'on vient d'écouter. A mon avis, on n'en entend jamais trop.\nJe n'approuve pas, non plus, le choix d'une romance sans paroles de Men-\ndelssohn pour y transporter un O salutaris chanté à l'élévation. Il n'y a, natu-\nrellement, pas le moindre rapport entre la musique et le texte sacré, qui font le\nplus mauvais ménage du monde.\nLes vêpres ont été bien dites par la Maîtrise, avec quelques accompagne-\nments en faux-bourdons. Elle nous a donne :,un Totapulchra es de Gounod, qui\nm'a surpris par sa douceur et une simplicité rare dans les œuvres religieuses\ndes auteurs modernes ; puis, un Ave verum de Mozart, un peu théâtral mais\nbon cependant, et enfin un très simple et très religieux Tantum ergo. Toutes ces\nœuvres ont été très bien chantées par une Maîtrise nombreuse, bien composée\net qui paraît en excellentes mains.\nL'orgue m'a beaucoup plu, surtout à Y offertoire et au morceau final de\nla messe, que personne, à peu près, n'a attendu, mais que l'organiste a peut-être\njoué pour lui-même; et il a bien fait.\nAUXERRE. La cathédrale nous ouvre ses hautes arcades et ses nervures dé-\nlicates ; les ogives latérales se lèvent comme des sourcils haussés, et laissent\napercevoir, aux murs, des visages recueillis de clercs, des faces grimaçantes de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "334", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.14", "texte": "LE CHANT DANS LES ÉGLISES\n\ndémons, des paysans, des évêques ; les vitraux semblent faits de pierres pré-\ncieuses ; ils unissent lemeraude au rubis et le saphir à la topaze, en des harmo-\nnies plus hardies et plus riches que tout ce qu'ont imaginé nos musiciens mo-\ndernes ; derrière le choeur, deux minces, deux virginales colonnettes isolent la\nchapelle étroite, toute de grâce, oratoire secret, caché au fond de la vaste nef,\net de l'autre côté, le portail s'ouvre sur une place grise de soleil, bordée d'arbres\ntaillés, au feuillage immobile : c'est un coin de la vieille cité provinciale où,\ndepuis des siècles, l'église fait entendre au ciel sa muette prière. Une gravité\ndouce, une paix élevée, une charité sereine dont rien, en dehors de l'architecture\ngothique, ne peut donner une idée... Mais la musique commence, hélas 1 et avec\nelle le sacrilège, l'hérésie et la laideur profanent les voûtes innocentes.\nLe Vetii Creator est chanté gauchement, sans ensemble et sans entrain ; en\noutre, l'altération systématique du Ja lui donne un faux air moderne, qui est\ninsupportable :\nAutant vaudrait coiffer de nos chapeaux hauts de forme les figures de pierre\nrangées autour de nous. Le Saint-Esprit d'ailleurs ne répond point à une aussi\nimpertinente invocation ; privé de son secours, l'organiste ne trouve à nous faire\nentendre que des réminiscences profanes : l'entr'acte sentimental de Y Artésienne,\njoué deux fois trop lentement, sans doute pour lui donner plus de solennité, des\nfragments de Roméo et Juliette, et le duo de Samson et Dcililci (Mon cœur s'ouvre\nà ta voix...). Je sais bien qu'il s'agit d'un mariage, et je souhaite de tout cœur\naux jeunes époux de fréquents entretiens de ce genre. Mais, par pitié, qu'on ne\nnous en rende pas témoins à l'église ! L'amour est une chose, et le mariage\nreligieux une tout autre chose ; et l'admirable musique de Saint-Saëns est ici\nsouverainement déplacée, parce qu'elle est absolument appropriée à son sujet,\nje veux dire toute païenne. Il existe, Dieu merci ! assez de bonne musique\nreligieuse ancienne ou moderne pour qu'on puisse laisser de côté des œuvres\ndont la seule transcription sur l'orgue est déjà un contresens. Mais le plain-\nchant reprend , comme au début, honteusement et peureusement affublé\nd'oripeaux modernes. Je remarque, par exemple, sur Y Amen des chantres, cette\ncadence de l'orgue, recommandée, je le sais, par certains traités d'accompagne-\nment :\nC'est une modulation à la tierce majeure, parfaitement insipide dans la mu-\nsique tonale lorsqu'elle n'est pas justifiée, parfaitement absurde dans une\nmusique qui, comme le plain-chant, ignore la tonalité. Les seules cadences\nadmissibles sont celles qui n'amènent point de modulation, et sont tirées tout\nentières de la gamme du mode ; celle-ci, par exemple :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "335", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.15", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nMais il semble vraiment qu'un organiste ou un maître de chapelle soit le\nreprésentant accrédité, à l'église, de l'art profane, et comme l'avocat du diable ;\nque son rôle soit de transformer la messe en un concert, le temple en un théâtre,\net le plain-chant en une pénible contrefaçon du récitatif d'opéra. Heureuses,\ntrois fois heureuses les simples paroisses de campagne où chacun chante comme\nil peut les mélodies grégoriennes, mais où du moins l'on ignore le mauvais\ngoût du jour et ses musiques trompeuses et frelatées ! C'est contre ces abus que\npiotestait, en un langage aussi ferme que mesuré, une récente instruction pon-\ntificale. Restera-t-elle longtemps encore lettre morte, et sous prétexte que le\nSou\\erain Pontife, lorsqu il agit motu proprio,n'a pas la vertu d'infaillibilité,\nrefusera-t-on d'écouter les sages avis de ce Docteur de l'Église ?\n\nCONSTANT ZAKONE.\n\nPublications nouvelles.\n\nAUGUSTE GUILLEMIN , professeur de\nphysique à l'École de médecine d'Alger.\nLes premiers éléments de /' acoustique,\nParis, Alcan, 1 vol., 378 p. avec nom-\nbreuses planches, 10 fr. Très savant\net très combattif, plein d'idées neuves et\nd'humour, personnel, original, aussi amu-\nsant à lire qu'instructif, ce livre peut être\ndifficilement analysé en entier. J'en signa-\nlerai seulement, pour aujourd'hui, la pre-\nmière idée, qui n'est pas la moins impor-\ntante : elle est relative aux unités acous-\ntiques. Pour mesurer les distances, le poids, les surfaces et les volumes, nous\navons le système métrique. De quelle unité se sert-on en acoustique r Certains\nont employé les intervalles tempérés (lesquels, par malheur, ont autant de\ncommunes mesures que l'on veut) : de là 1 unité de Prony, ou 1/2 ton tempéré\n( 1,059463 ), le déciton (= 1/100 du ton tempéré) ; autre méthode :\nquand il s'agit des sons de l'orgue, on prend pour unité le pied servant à me-\nsurer la longueur du tuyau, etc.*. Enfin, il y a les antiques commas de Pytha-\ngore et de Ptolémée qui restent surtout en vigueur parmi les acousticiens. Mais\nle comma est la bête noire de M. le Dr Guillemin, avec raison, car le comma\nreprésente une différence, et il est singulier qu'on l'ait pris pour unité. Voici à\nl'aide de quelles analogies l'auteur prouve l'absurdité du procédé :\n« L'astronome Méion, qui vivait un peu après Pythagore, découvrit une rela-\ntion numérique fort curieuse entre deux faits d'astronomie ; elle s'énonce ainsi :\nK) années solaires ont la même durée que 25 lunaisons."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "336", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.16", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\n(( En réalité, cette égalité n'est pas absolue : les 79 années solaires durent\nih 28™ 38s, 5 déplus que les 25 lunaisons. Néanmoins les Athéniens, qui avaient\nle culte des nombres, furent transportés d'admiration pour la belle décou-\nverte de leur compatriote, et ils la firent graver en lettres d'or sur le temple\nde Minerve : d'où le nom de Nombre d'or donné au Cycle de Méton.\n« Mais, quelle que fût la chaleur de leur enthousiasme, les Athéniens ne son-\ngèrent pas un instant à faire de la différence entre les deux périodes de Méton\nune unité pour la mesure des temps, à soutenir que cette différence de ih28m 385,5\nétait I HEURE vraie imposée par la Nature, I'HEURE (( naturelle )) en un mot. Cette\nunité eût été d'ailleurs parfaitement incommode ; par exemple elle eût donné,\npour la durée de notre jour solaire moyen, 15,8 heures naturelles, au lieu des\n24 heures conventionnelles que nous connaissons.\n(( Voici une autre relation. On sait depuis Archimède que 22 diamètres sont un\npeu plus grands que 7 circonférences ; on sait aussi que nul n'a eu l'idée de\nprendre la différence 22 771 = o,ooBBs 14..., pas plus que le rapport Y: - =\n1,0004025.., pour unité d'arc; etc., etc.\n(( Or, ce que nul géomètre n'eût osé proposer pour mesurer les arcs, ce que nul\nastronome n'eût osé proposer pour mesurer les temps, les acousticiens font réalisé,\nà deux reprises, pour mesurer les intervalles musicaux, avec cette circonstance\naggravante que la définition de ces unités soi-disant « naturelles )), appelées\ncommas, est bien plus compliquée, et leur emploi tout aussi incommode que\ncelui des unités qu'eussent repoussées sans coup férir les géomètres et les astro-\nnomes. ))\nAprès avoir fait une critique très serrée des commas, M. le Dr Guillemin\npropose d'adopter l'unité suivante :\n(( En désignant l'unité nouvelle sous le nom de savart, je m'inspire de l'exem-\nple fort louable que nous donnent les électriciens : en l'honneur des grands fon-\ndateurs de leur science, ils ont adopté une série d'unités, le volt, ïampère, le\nfarad, etc. Je propose de faire de même pour Savart, qui est sans contredit un\ndes fondateurs de l'acoustique ; et je lui paie une dette de reconnaissance person-\nnelle, puisqu'il a le premier étudié les appeaux et les ventricules du larynx, et\nqu'il les a assimilés.\n(( Pourtant, comme nous allons nous occuper d'abord de petits intervalles,\nnous nous servirons surtout du millisavart ou millième de savart ; c'est ainsi que\nles pharmaciens emploient le milligramme pour doser leurs poisons, les méde-\ncins le milli-ampère pour ne pas électrocuter leurs malades, etc.\n(( Je représente le savart par la majuscule 2, et le millisavart par la minus-\ncule <?; ces deux lettres se prononcent sigma : à cause de la désinence, on recon-\nnaîtra aisément dans le a (sigma) le successeur du * (comma) (*) ; les petites pré-\ncautions ont parfois leur bon côté.\n(( J'attribue au millisavart 1a valeur numérique 1,00230, parce qu elle\ncorrespond à deux avantages appréciables :\n(( i° Elle n'exige, pour être retenue, aucun effort de mémoire. En effet, le\n\n(*) Le mot comma n'est pourtant pas le nom de la lettre grecque*/- (celle-ci s'appelle kappa) ; il\ndérive, dit-on, du verbe grec koptô, qui signifie je coupe, par conséquent il semble désigner une\npetite tranche d'intervalle musical."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "337", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.17", "texte": "LES CONCERTS\nR. M.\n27\n\nnumérateur 435 est connu, puisque ce nombre représente la hauteur (nombre de\nvib. par seconde) de notre diapason officiel, /ar> ;et le dénominateur 434 lui est\ninférieur d'une unité.\n(( 20 Par ce choix du numérateur 435, j'établis une corrélation entre le diapa-\nson officiel et le millisavàrt, entre Y étalon des hauteurs et Y unité d'intervalle ; je\nme conforme à cette règle moderne qui, au heu de laisser arbitraires et isolées\nles diverses constantes physiques, s'efforce de les rattacher les unes aux autres ;\ncette innovation a contribué à l'heureuse fortune du système des unités absolues\nC. G. S., et des unités pratiques qui en dérivent. ))\nCette proposition du Dr Guillemin nous paraît aussi claire que sensée. Mais il\ny a là comme pour la langue française et l'orthographe, qui sont pleines d'ano-\nmalies, une question d'usage. Souhaitons vivement que, peu à peu, les acousti-\nciens abandonnent de vieilles routines et se montrent rationnels dans le choix de\nl'unité acoustique !\n\nJ. C.\n\nConcerts et Conférences\n\nAux PRIMITFIS FRANÇAIS. 22 juin.\nLes mains aux hanches, élégant et\nfamilier, le duc d'Anjou cause avec un\nambassadeur polonais, richement vêtu\nd'une robe écarlate à ramages, une aigrette\nblanche au bonnet ; sur la pelouse, quatre\ncouples dansent, entourés de spectateurs\nau premier rang desquels on remarque\nla reine Catherine ; au fond, des verdures\njaunies ; de côté, sur un rocher, un\norchestre de musiciennes jouant violes\net luths. Et l'on entend une musique\nqui n'est point celle que Roland de Lassus composa pour le Ballet des Nations\n(1573), immortalisé en cette tapisserie, mais qui charma cependant, en\nleur temps, les oreilles de ces gracieux seigneurs et de ces dames aux blancs\nvisages ; ce sont des chansons deCosteley et de Ma uduit, des psaumes de Goudi-\nmel et de Le Jeune : « chants martiaux, graves, honnêtes, polis et gaillards )),\nœuvres subtiles et fortes, où la perfection de la forme se marie à une vigueur\nde rythme ou une intensité d'expression inconnues à l'art polyphonique des âges\nprécédents. Sous la conduite de M. Expert, nous avions vu et entendu se for-\nmer peu à peu cette musique savante, qui arriva jusqu'à la maîtrise, mais ignora\ntoujours la virtuosité ; nous avions pu reconnaître en ces maîtres du rondeau,\ndu motet, de la messe ou de la chanson, les frères de ces primitifs de la peinture,\ndont les œuvres nous entourent : ce rondeau d'Adam de la Halle, où sur 19\nmesures on rencontre 4 octaves et 8 quintes parallèles, si gracieux cependant,\nest contemporain de cet ange souriant, drapé à grands plis droits; et ce motet\noù Févin traduit avec tant de douceur les paroles du Cantique des cantiques\n(Descende in hortum meuiri) est parent, pour la chaste suavité des lignes, de la"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "338", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.18", "texte": "LES CONCERTS\n\nfigure de Vierge de la Nativité cCAutun. Ainsi, grâce àM. Bouchot et àM. Ex-\npert, ces artistes érudits, toute l'âme ancienne de notre race revit en des chefs\nd'œuvre. M,les Mathieu, Goulaincourt, Pelletier, MM. Piroïa et Ragueau chan-\ntent avec délicatesse et sûreté ces pièces difficiles, qu'accompagnent des expli-\ncations claires et précises. Et les applaudissements de l'auditoire ratifient les\néloges de M. Bellaigue, dans son bel article de la Revue des Deux-Mondes (15\njuin), ceuxaussi que nous donnions à l'art de musique de la vieille France, dès\nla première année de cette Revue.\nLes auditions suivantes auront lieu les 29 juin, 6et 13 juillet, à 9 heures 3/4 du\nmatin.\n\nL. L.\n\nA LA BODINIÈRE.\n\n—g juin.— Sur la scène, deux conférenciers : l un, dont le\nhaut front idéaliste n'est pas inconnu du public parisien, est M. E. de Solenière,\nqui s'est chargé de nous présenter M. Proff-Kalfaïan, Arménien de race, et\napôtre de la musique de son pays. Il remplace lui-même M. Vincent d'lndy, et\nnous donne lecture de cette lettre du Maître :\nMon cher Proff-Kalfaïan,\nEmpêché, à mon très grand regret, par le deuil cruel dont je viens d'être atteint, de présider\nvotre Conférence, ainsi que je vous l'avais promis, je tiens, en venant m'excuser auprès de vous,\nà vous dire combien je vous approuve de faire connaître par des paroles et par des exemples cet\nart arménien que l'on ignore si complètement dans nos pays occidentaux.\nSans parler de l'intérêt que tous les artistes et tous ceux qui s'occupent d'ethnologie doivent\ntrouver dans la remise en lumière de ces belles mélodies, il est un point qui m'a beaucoup frappé\ndans votre travail : c'est l'analogie qui existe entre vos primitives monodies religieuses, issues\ncependant de l'ambiance orientale, et nos chants liturgiques occidentaux pris aussi à leur état\nprimitif.\nCe point m'est d'autant plus précieux à constater qu'il vient à l'appui d'une théorie qui m'est\nchère: celle de l'origine religieuse de tous les Arts. L'antiquité grecque eut'sa religion ; l'art\nqui en sortit ne put être le nôtre. Il fallait notre religion chrétienne pour donner naissance à\nl'art expressif duquel relève toute musique moderne.\nEt r 'on pourra voir qu'avec une plus grande variété de modes provenant de l'ambiance asiati-\nque, votre musique arménienne primitive présente les mêmes caractères que notre Chant grégo-\nrien, parce que ces deux musiques sont issues d un même principe : la Foi religieuse.\nSi nous passons au chant populaire, nous verrons que, ainsi qu'il devait être, la différence\ns'accentue beaucoup entre nos Chansons françaises même les plus anciennes, et vos Chants\nhéroïques arméniens, pour la plupart d'accent élégiaque, comme vous le remarquez fort juste-\nment.\nCette différence est toute naturelle, puisque, s éloignant peu à peu du principe premier (le\nprincipe divin du chrétien), les chants tendent de plus en plus à se façonner à l'image des pays\nou des peuples qui les enfantent et marquent ainsi davantage leur lieu d'origine.\nQuoi qu'il en soit, je tiens, mon cher Proff-Kalfaïan, à vous féliciter chaudement de votre\nétude sur l'Art de votre pays, et à vous envoyer, avec mes souhaits de réussite, l'assurance de\nmon estime et de mon amitié.\nVINCENT D'INDY.\nCette étude mérite, en effet, tout l'intérêt des musiciens : car il s'agit de la ré-\nsurrection d'un art primitif, partant absolument sincère ; très différent du nôtre, et\ncependant chargé de rêves et d'aspirations qui nous sont très prochaines. Très\nsimple, en petites phrases sans apprêt, mais avec une ardeur de conviction et\nune précision qui impressionnent, M. Proff-Kalfaïan montre l'importance de\ncet art dans la civilisation orientale: les Arméniens ont été en Asie, comme\nautrefois les Grecs en Europe, de ces vaincus victorieux, qui détiennent le trésor\ndes arts et forcent les vainqueurs à s'instruire à leur école. Et si l'architecture\net les arts plastiques n'ont pu se développer sous une domination aussi destruc-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "339", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.19", "texte": "INFORMATIONS\n\ntrice que celle des Turcs, la musique fut, ici comme ailleurs, la consolation des\nopprimés, et comme le temple immatériel de ceux dont on ruinait les maisons. De\nlà, dans la plupart des chants anciens du peuple arménien, même dans ceux qui\nexpriment la joie, une gravité, un recueillement qui révèlent des âmes forte-\nment éprouvées par la vie. M. Proff-Kalfaïan nous en fait connaître un grand\nnombre, empruntés soit au vieux recueil du Charagan, soit à d'autres recueils re-\nligieux, soit à la musique populaire. Presque tous sont fort beaux ;en particulier\nce vieux chant de Noël [Sans commencement, éternel), ou ce chant du soir (Lumière\nd'allégresse), ou celui-là, dont les mélismes s'apparentent au chant grégorien\n(Le parfum de l encens), ou la Plainte de 1 abandonnée, ou ce chant d'amour si\nexpressif {Je t'ai aimé avec foi) ; ces derniers ont des paroles turques, mais au\ncaractère de la musique et à l'adaptation défectueuse des accents, M. Proff-\nKalfaïan croit reconnaître que le texte a été composé après le chant, lequel est\npurement arménien. Enfin, pour terminer, une Berceuse, dont il est l'auteur,\nmontre le parti qu'un musicien moderne peut tirer des vieilles traditions de l'art\narménien : elle est redemandée par l'auditoire charmé.\n\nL. L.\n\nActes officiels et Informations.\n\nCONSERVATOIRE. Par arrêté du 8 juin courant, M. Guilmant, professeur au\nConservatoire national de musique et de déclamation, a été chargé d'une mission\nà l'Exposition de Saint-Louis, en vue d'étudier les progrès de la facture instru-\nmentale et l'état de l'enseignement de l'orgue aux Etats-Unis.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 mai au 19 juin 1904.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 Mai\nRigoletto. — La Maladetta.\nVerdi. — Vidal.\n2 1.102 41\n21\n— —\n— —\n11.753 5o\n23 —\nLe Fils de VEtoile.\nCamille Erlanger.\n20.019 41\n25 —\nF Etranger. — Paillasse.\nV. d'indy. — Léonca-\nvallo.\n13.478 76\n27 —\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n17.7 1 2 41\n28 —\nLe Fils de VEtoile.\nCamille Erlanger.\n12.473 »\n3o —\nTannh'àuser.\nWagner.\ni5.6i2 91\n31 —\nLe Trouvère.\nVerdi.\n2 I .546 »\n1 Juin\nRoméo et Juliette.\nGounod.\nl 3.450 76\n0\no —\nLe Fils de VEtoile.\nCamille Erlanger.\n15.629 34\n4 —\nFaust.\nGounod.\n11.322 »\n6 —\nLe Trouvère.\nVerdi.\n2 I .709 41\n8 —\nLe Fils de VEtoile.\nCamille Erlanger.\n17.235 76\n10 —\nFaust.\nGounod.\nI9.o38 34\n11 —\nLe Trouvère.\nVerdi.\n14.580 »\ni3 —\nTannhàuser.\nWagner.\n17.136 41\n15 —\nLe Trouvère.\nVerdi.\n18.260 76\n17 —\nLe Fils de VEtoile.\nCamille Erlanger.\n16.752 34"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "340", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nReceltes détaillées du 20 mai au 19 juin 1904.\n\nLA HARPE CHROMATIQUE POUR LA PREMIÈRE FOIS EN ALLEMAGNE.\n\n— Durant la\ngrande fête musicale « Tonkunstlerfest )> (du 27 mai au Ier juin), il y a eu, tous\nles jours, grand concert ; on y exécutait des œuvres modernes composées par\ndes artistes de grand renom, comme Richard Strauss (un éditeur a acheté sa\nSymphonie 36.000 marks), Siegmund Hausegger, chef d'orchestre de la\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nMai\nCarmen.\nBizet.\nco\n0\nco\nCÈ\n5o\n21\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Cor fleuri.\nMassenet. Fernand\n5o\nHalphen.\n9.325\n22\n— matinée\nMireille.\nGounod.\n4.513 5o\n) 2\n— soirée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n6.335\n5o\n23\n—\nLa Traviata. — Les rendez-vous\nbourgeois.\nVerdi. Nicolo.\n4.378\n»\n24\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.860\n5o\n2 5\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Cor fleuri.\nMassenet. Fernand\nHalphen.\n8.692\n5o\n26\n—\nManon.\nMassenet.\n8.8/3\n»\n27\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.695\n5o\n28\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Cor fleuri.\nMassenet. Fernand\nHalphen.\n9.354\n»\n29\n— matinée\nMignon. — Le Chalet.\nA. Thomas. Adam.\n4 237\n))\n29\n— soirée\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n2.904\n»\n3o\n—\nAlceste.\nGluck.\n1.735\n))\n31\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Cor fleuri.\nMassenet. Fernand\nHalphen.\n6.784\n»\nier Juin\nCarmen.\nBizet.\n9.712\n5o\n2\n—\nLakmé.\nL. Delibes.\n2T75\n»\n3\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n9.1 17\n5o\n4\n—\nAlceste.\nGluck.\n9.734\n»\n5\n— matinée\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n6.5o8 5o\n5\n— soirée\nManon.\nMassenet.\n4.470\n5o\n6\n—\nLe Caïd— Philémon et Baucis.\nA. Thomas. Gounod.\n3.355\n»\n7\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.855\n5o\n8\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n8.448\n»\n9\n—\nAlceste.\nGluck.\n9.828\n5 0\n10\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.660\n5o\n11\n—\nAlceste.\nGluck.\n0.80c\n»\n12\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n4.257\n»\ni3\n—\nMireille.\nGounod.\n4.437\n»\n14\n—\nAlceste.\nGluck.\n9.442\n»\n1 5\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.220\n5o\n16\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n8.894\n»\n*7\n—\nA Iceste.\nGluck.\n9.844 5o\n18\n—\nCarmen.\nBizet.\n9-712\n)>\n*9\n— matinée\nLe Jongleur de Notre-Dame.—\nToréador.\nMassenet. Adam.\n5.858\n5o\nf9\n— soirée\nLakmé. — Le Chalet.\nL. Delibes. Adam.\n3.726\n5o"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "341", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nMuseumsgesellschaft de Francfort, Wilhelm Berger, hofkapellmeister du grand-\nduc de Meiningen, von Reznicek, etc., etc. De Gustave Charpentier, on exécu-\ntait la Vie du Poète ; cette composition a été fort appréciée.\nDe nombreux artistes étaient venus de toute l'Allemagne et de l'étranger pour\nassister à cette fête si intéressante.\nC'est vous dire combien j'ai été heureux de voir ligurer pour la première fois,\ndans un orchestre allemand, la harpe chromatique. Comme chaque compositeur\ndirigeait lui-même sa composition, les chefs d'orchestre, sous leur propre direc-\ntion, ont pu apprécier la nouvelle harpe. Mme L. Wurmser, qui était enga-\ngée pour jouer trois morceaux, a été obligée de prêter son concours dans tous\nles morceaux d'orchestre. Son grand talent a été très remarqué. Sur la demande\nspéciale des compositeurs et harpistes venus expressément des villes voisines\npour voir la nouvelle harpe, Mme L. Wurmser adû donner des auditions.\nIls ont reconnu que la nouvelle harpe est devenue l'instrument parfait ; ils\nenvoient à M. Gustave Lyon toutes leurs félicitations pour cette ingénieuse inven-\ntion. M. Stegmann, harpiste de l'Opéra de Mannheim, viendra le 18 juillet à\nParis ;il y restera trois semaines pour apprendre la harpe chromatique. C'est\nlui qui s'est chargé de l'enseignement de la nouvelle harpe à tous les harpistes du\npays rhénan.\nLe Conservatoire de Francfort a l intention de former une classe pour la harpe\nchromatique.\nPar suite de ce grand succès, Mme Wurmser aeu beaucoup d'engagements ;\nelle jouera le 13 juin et le 14 juin aux festivals de Cologne et d'Aix-la-\nChapelle et, l'hiver prochain, à Brunswick et Berlin.\nCologne, le 12 juin 1904.\n\nDr K.\n\nINSTITUT. Notre distingué confrère M. J. Tiersot nous rappelle que l'Aca-\ndémie française vient de décerner un prix de mille francs à son livre : Berlioz\net la société de son temps. Toutes nos excuses pour cet oubli, et nos sincères féli-\ncitations.\n\nAix. Par arrêté de M. le Préfet des Bouches-du-Rhône en date du 13 juin,\nM. Pourcin ( Jean-Baptiste-Philomin) est nommé professeur de clarinette à 1 école\nnationale de musique d'Aix, en remplacement de M. Poussel, décédé.\n\nMARSEILLE. Par décision de l'assemblée générale, M. Arthur Michaud a\nété nommé Président de l'Association artistique des concerts classiques de Mar-\nseille, en remplacement de M. Goirand (André), démissionnaire.\nPar arrêté municipal, M. André Goirand, ex-directeur des concerts clas-\nsiques, vient d'être nommé directeur du Conservatoire de musique et de décla-\nmation, en remplacement de M. Messerer, démissionnaire.\n\nBERLIN.\n\nM. Leoncavallo, le compositeur italien, a terminé le Roland de\nBerlin (! }) que lui a commandé l'empereur Guillaume 11.\nM. Drœscher, premier régisseur de l'Opéra de Berlin, est occupé à traduire\net à adapter le texte italien du livret.\nIl souffle un vent de fronde parmi les compositeurs et les chanteurs alle-\nmands ; car on vient d'engager un chanteur russe de grand talent, M. Lelisa,\nde l'Opéra de Varsovie, pour interpréter le rôle de Roland."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "342", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nQuant à M. Leoncavallo, il n'est plus autrement désigné, dans la presse\naussi bien que dans les milieux artistiques, que sous le titre de : le Roland\nitalien.\nVoici 'quelques prix atteints par des autographes de musiciens au cours\nd'une vente récente :\nDes lettres de Wagner ont été adjugées : 777, 725, 756, 162 fr. ; une ariette\nde Meyerbeer, 87 fr. ; trois mélodies de Schubert, 1.126 fr. ; les Papillons op. 2,\nde Schumann, 812 fr. ; une pièce de vers adressée à Richard Wagner par le\npoète George Herwegh, dont la veuve, Mme Emma Herwegh, est morte à Paris\nil y a deux mois, 95 fr. ; une page et demie manuscrite et une petite lettre de\nWeber ont trouvé amateur pour 162 fr. et 50 fr. ; une page dédicace de l'ou-\nverture du Freischùtz a été payée 777 fr. ; une lettre de Beethoven, une page\ntrois quarts in-octavo, 725 fr. ; quatre pages de musique in-folio oblong du même\nmaître, 7.775 r* > deux pages in-folio oblong et trois petites pièces, toujours de\nBeethoven, ont atteint respectivement 2 12, 127, 87 et 50 fr. ; le manuscrit du\nquatuor op 1 (1777) de Boccherini a été adjugé à 212 fr. ; un duo de Brahms\nop. 61 n° 3 a atteint 677 fr. ; une lettre du même compositeur, 97 fr. ; une\nmazurka de Chopin (Vienne, 20 juillet 1831) est montée à 750 fr. La partition\nd'un concerto de flûte de Grau a obtenu 106 fr. Enfin des manuscrits de musique\nont été payés comme il suit : ceux de Liszt, 775, 777, 200, 750 et 777 fr. ; ceux\nde Schumann, 56, 72, 725, 76$ fr.\nLa presse étrangère a fait grand bruit d'une fantaisie de l'empereur Guil-\nlaume ; alors qu'il était à Venise sur son yacht, Sa Majesté donna une fête en\nl'honneur de la comtesse Morosini. Pendant la fête, l'orchestre du yacht exécuta\nun programme constitué de telle façon que la première lettre de chaque\nmorceau correspondait au nom de la comtesse Morosini.\nVoici ce programme : Marche de Grieg ; ouverture d \"Obéron de Weber; Rosen\nWaltzer de Strauss; Ob du mich liebst (en français : m'aimes-tu ?) de Lineke ;\nSérénade de Moszkowsky ; Introduction de Carmen de Bizet ; Neuers Braum de\nLausing ; Marche italienne d'Ellenberg.\nA certains journaux étrangers qui ont déclaré que cette galanterie de Guil-\nlaume II était sans précédent, notre confrère Serge Basset a rappelé que l'usage\nétait courant à la cour de France au xvne siècle, et il cite comme exemple un\nconcert offert par Louis XIV à Mlle de Fontanges, dont le titre des morceaux\nformait en acrostiche cette sorte de galant envoi : « Pour plaire à Fontanges. ))\n\nRENÉ-L. DIRCKS.\n\nN. B.\n\nVoici le programme des Festspiele de Bayreuth : on commencera le\n22 juillet avec Tannhauser, pour finir le 20 août avec Parsifal. L'Annneau des\nNiebelungen sera joué deux fois, la première fois du 25 au 28 juillet, puis du\n14 au 17 août. Les représentations de Parsifal auront lieu les 23 et 31 juillet,\nles 5, 8, 11 et 20 août. Tannhauser passera le 22 juillet et les ier, 4, 12 et 19 août.\nLes représentations seront dirigées parles kapellmeisters MM. Mans Richter,\nKarl Muck, Franz Beidler, Michael Balling et par Siegfried Wagner. La régie\nsera entre les mains de M. Julien Kniese. L'orchestre se composera de\n125 musiciens, et les chœurs comprendront cinquante-neuf dames et soixante-\nsix messieurs."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "343", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nMme Isadora Duncan paraîtra dans la danse des Grâces du Tannhauser.\n\nR.-L. D.\n\nLES MUSICIENS DE LORCHESTRE A L'OPÉRA-GOMIQUE. Avant la clôture\nannuelle, qui eût pu les renvoyer aux calendes, les musiciens de l'orchestre\nont tenu à faire entendre leurs revendications. Le secrétaire de leur syndicat\ndevait d'abord les formuler. (( J'aime trop mes artistes, répondit M. Carré,\npour recevoir un intermédiaire; que les musiciens de l'orchestre m'envoient des\ndélégués, et je m'entretiendrai avec eux seuls ! )) C'est alors que les chefs de\npupitres se sont présentés devant leur honorable directeur, et lui ontdemandé,\nau nom de leurs camarades :\ni° Fixation des appointements au minimum de 150 fr. par mois (les matinées\nmaintenues au prix de 10 fr.); 20 faculté de pouvoir verser à la caisse des\nretraites après une fin d'engagement ou un départ pour une cause quelconque ;\n30 limitation à 20 du nombre de répétitions, par année (excepté les deux der-\nnières avant la Première, elles ne devront pas commencer avant 1 h. de l'après-\nmidi, et finir à 5 heures. Passé cette heure, rétribution de 1 fr par 1/4 d'h.). Passé\nle nombre de 20, chaque répétition payée à 10 fr. l'une; tous les services sur la\nscène (musique de scène) payés par cachets supplémentaires au prix uniforme de\n7 fr. 40 Extension ferme à 3 ans des engagements (10 mois pour la saison);\n50 maintien de l'effectif actuel de l'orchestre et du même roulement de congés.\nLa musique moderne rend plus pénible qu'autrefois la fonction de l'orchestre,\net nous ne sommes nullement étonné que, de bonne grâce, M. Carré ait accepté\ntoutes ces demandes.\n\nGENÈVE.\nP. FERRARIS.\nLa saison musicale qui vient de se terminera été particulièrement\nféconde 1115 concerts et 200 représentations théâtrales, tel est son bilan.\nAux concerts on a entendu comme grandes œuvres : le Requiem de Brahms,\nla neuvième Symphonie de Beethoven, le Faust de Schumann. Ajoutons à cela,\n18 symphonies, 28 ouvertures, 9 quatuors, 5 quintettes, plus un nombre fantas-\ntique de concertos, sonates et morceaux divers.\nParmi le grand nombre d'artistes ayant coopéré à ces auditions, citons\nMmes Carreno, Minnie Tracey, Hatto, Clotilde Kleeberg, Landi ; MM. Pade-\nrewski, Rister, Casais, Kubelik, Marteau, Fauré, Klengel, De Greef, Paradis,\nla quatuor tchèque et l'admirable orchestre Lamoureux.\nAu théâtre il a été monté 13 grands opéras, 17 opéras comiques, 9 opérettes et\n4 ballets.\nDisons tout de suite avec plaisir que les compositeurs français ont occupé\n94 fois l'affiche.\nAdvienne Lecouvreur, Messaline, le Drapeau blanc, Mu guette, Coppelia furent\navec des succès très différents les nouveautés de la saison."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "344", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040701-01.1.24", "texte": "SUPPLÉMENT MUSICAL\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nNOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL\n\nDans le beau nocturne, qui fait honneur àM. A. Coquard, on sera heureux de\nsentir une poésie réelle due à la sincérité du sentiment, au caractère voluptueux du\nrythme, au calme et à la distinction aisée de la mélodie.\n/\nOffenbach était un excellent violoncelliste. M. Louis Ganne, qui est son con-\ntinuateur heureux et son héritier, nous a rappelé 1 illustre auteur d'Orphée en\nnous envoyant la pièce ci-jointe, qui est d'une excellente écriture très appropriée\nau chant du violoncelle.\nNous publierons prochainement des fragments de Scylla etGlaucus, de Leclair\n(1746), que notre collaborateur, M. F. de Lacerda, réduit présentement en partition.\n\nCongrès international d'Histoire de la Musigue,\ntenu à Paris à la\nbibliothèque de l'Opéra, du 23 au 29 juillet 1900 : Documents, Mémoires, lus au\nCongrès, Vœux, etc. Fort et beau volume imprimé par les Bénédictins, à Soles-\nmes, et qui, avec un très grand nombre de planches relatives à l'histoire de la\nmusique et de la notation, contient les mémoires suivants :\ni° (musique grecque) : mémoires de MM. E. Ruelle, E. Poirée, Th. Reinach,\nL. Laloy, J. Tiersot, MgrB. Grassi-Landi ;\n2° (musique byzantine) : mémoires du R. P. Thibaut, de dom Hugues Gaïsser ;\n30 [musique du moyen âge) : mémoires de MM. G. lloudard, dom H. Gaïsser,\nMgr B. Grassi-Landi, Liborio Sacchetti, Pierre Aubry, Michel Brenet ;\n40 [musique moderne) : mémoires de MM. Camille Saint-Saëns, Bourgault-\nDucoudray, Meerens, Ilmari Krohn, G. Humbert, Adolf Lindgren, J. Carillo,\nChilesotti, Shedlock, R. Rolland, J. Combarieu, Mlle Parent, etc., etc.\nPrix de l'ouvrage (port compris) : 10 fr. (au lieu de 15), aux bureaux de la\nRevue musicale."}]}