{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_sha256": "624f32d140553fa864d9a498887df8f0b0b316d706061774fd70697f52c0183c", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/09/10_01/bmtnabj_1904-09-10_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/09/10_01/bmtnabj_1904-09-10_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "401", "page_fin": "402", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.1", "titre_corps": "ALFRED BRUNEAU", "titre_sommaire": "ALFRED BRUNEAU", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "402", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3054, "texte": "ALFRED BRUNEAU\nJ. C.\n\nNous n'avons pas à présenter à nos lecteurs un compositeur aussi renommé\nque M. Alfred Bruneau ; nous voulons simplement rendre hommage à un\ngrand artiste et rappeler brièvement ses principaux titres. Né à Paris le\n3 mars iBsy, A. Bruneau obtint d'abord au Conservatoire le 2e prix {1874) et\nle ier prix de violoncelle en iBy6. Il est prix de Rome de 1881. Ses œuvres\nde la période de début sont Léda (chœurs, orchestre et solo), jouée au Concert\nGodard en 1882 ; Ouverture héroïque, jouée, la même année, aux Concerts\nPasdeloup ; Penthésilée (Colonne et Lamoureux), la Belle au bois dormant\n[Colonne); Requiem ( iBg6). Au théâtreon sait qu'Alfred Bruneau a été\nun révolutionnaire et un créateur hardi : il a substitué au personnage à casque\nou à pourpoint de l'ancien opéra, l'homme réel, observé dans la vie contem-\nporaine, et remplacé le livret en vers par le livret en ; orientation toute\nnouvelle du drame lyrique, dont le public s'est d'abord étonné, mais qui appa-\nraît comme la conséquence logique de l'évolution littéraire, philosophique,\nartistique et sociale du XIX'- siècle. De très beaux drames musicaux, tels que le\nRève(iSgi),/'Attaque du Moulin ( iBg3),Messidor 7), /'Ouragan ( ),\nplaident pour cette esthétique originale beaucoup mieux que des théories. Mal-\ngré ses tendances réalistes, Alfred Bruneau, qui n'a travaillé et ne veut désor-\nmais travailler que sur des livrets d'Emile Zola, est tout le contraire d'un\nbrutal : c'est un tendre, un sincère, un lyrique, aimant à construire librement,\nsans se préoccuper le moins du monde de flatter le public, des « palais de sons »\nà la fois puissants et délicats. Il a maintes fois bousculé la grammaire\ntionnelle ; mais son inspiration est de caractère très mélodique, et, che\\ lui,\ntout part du cœur. En dehors du théâtre, il a publié che\\ Choudens des œuvres\ntrès curieuses: les Lieds de France (paroles de Catulle Mendès), recueil\ndont nous donnons un extrait dans notre Supplément, et les Chansons à danser.\nJ'ai pu parcourir, hier, le manuscrit et les premières épreuves de /'Enfant-\nRoi, quel Opéra-Comique nous donnera La faute de l'abbé\nMouret; je me bornerai à constater que sur cette partition manuscrite, singu-\nlièrement attachante pour l'œil, il n'y a pas une seule rature, pas un seul\nrepentir...\nCritique exceptionnellement autorisé, et d'une courtoisie parfaite qui s'allie\nà une entière probité, Alfred Bruneau a écrit des livres très substantiels :\nMusique d'hier et de demain (igoo),Musique française Musique de\nRussie et musiciens de France (igo3). Au moment de la dernière Exposition\nuniverselle, il a été choisi par le Ministre de l'lnstruction publique pour rédi-\nger un rapport général sur la musique française. Ajoutons qu'avec MM. Vin-\ncent d'indy et Dukas il fait partie du Comité chargé de choisir les œuvres\ninédites que fera entendre, l'hiver prochain, M.\nSigne particulier : Alfred Bruneau vient d'être promu officier de la Légion\nd'honneur, sans avoir sollicité cette haute récompense et sans l'avoir fait sol-\nliciter par ses amis."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "401", "page_fin": "401", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.1.1", "titre_corps": "Alfred BRUNEAU", "titre_sommaire": "Alfred BRUNEAU", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "401", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.1", "debut_caractere": 75, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "Alfred BRUNEAU"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c003", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "403", "page_fin": "404", "image_debut": 3, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.2", "titre_corps": "Une lettre inédite du cardinal Fesch sur la Villa Médicis", "titre_sommaire": "Une lettre inédite du cardinal Fesch sur la Villa Médicis", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "403", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.3", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 3537, "texte": "Une lettre inédite du cardinal Fesch sur la Villa Médicis\nOn annonce la retraite imminente de M. Guillaume, le très éminent artiste qui a\ndirigé notre École de Rome avec tant d'autorité, et dont Userait superflu de refaire\nl'éloge. Malgré les souvenirs exceptionnellement bons qu'il laissera comme adminis-\ntrateur, nous pensons et avons toujours pensé qu'il convenait de mettre à la tête\nd'une école d'art, quelle qu'elle soit, un administrateur de carrière aimant les arts,\net non un artiste de profession. Puisque le journal le Matin a déjà déclaré vacante\nla succession de M. Guillaume, nous publions le document suivant, qui a un intérêt\nd'actualité : il est inédit, et nous y trouvons exprimée une pensée très juste.\nMonsieur le Ministre (de 1 Intérieur),\nDepuis longtemps je m'étais proposé de vous parler de V établissement des Beaux-\nArts que la France possède à Rome. J'avais même le projet de vous donner un mé-\nmoire sur son perfectionnement, ce que je ne puis pas faire dans ce moment où je suis\nextrêmement occupé des affaires de mon Diocèse ; d'autant plus que ce serait encore\nhors de saison à cause delà guerre et même des événements qui peuvent arriver et qui\néloignent la pensée duditperfectionnement. Mais comme Votre Excellence sera obli-\ngée de nommer un successeur à M. Suvée, mort subitement à Rome au commencement\nde ce mois, je dois la prévenir que je me suis convaincu que l'abus qui empêche le\nplus grand bien, est de mettre à la tête de cet établissement un artiste. Les jeunes\nélèves, gâtés pour la plupart par des applaudissements bien ou mal mérités, n envi-\nsagent un semblable Directeur que comme un préposé à leur distribuer les vivres. De\nlà naissent l'insubordination, l'inexactitude à observer les règlements, et j'ai vu ces\njeunes gens considérer la maison de /'Académie française à Rome comme une au-\nberge où l'on se croit indépendant. M. Suvée me portait souvent des plaintes sur cette\ninsubordination ; mais comme on devait beaucoup à cet excellent vieillard, je me\nserais bien gardé de lui en découvrir les causes et d'en prévenir Votre Excellence.\nMon avis est de donner à cette institution un chef qui en impose aux jeunes\nartistes. Il faut un amateur qui ait du goût pour les arts et qui ait pardevant lui des\nservices rendus : un ancien administrateur, un chef des Ponts et Chaussées ou du\nGénie militaire. Cette place est fort agréable, très honorée dans le pays : elle peut être\nambitionnée par tout homme qui, n étant pas dans les premières dignités de l'Empire,\na besoin d'une retraite honorable.\nEn preuve de ce que j'avance, je dirai à Votre Excellence que le bon et le sensible\nM. Suvée a perdu la vie en faisant des représentations à un des élèves : il a été fou-\ndroyé par une attaque d'apoplexie lorsque celui-ci lui eut répondu fort désobligeant-\nment.\nDu reste, je devais ces renseignements aux devoirs que m'imposait ma mission de\nMinistre à Rome, et à l'amour que j'ai pour les arts et pour les artistes. L'Académie\nfrançaise à Rome-est trop nécessaire àla restauration des arts en France pour que\nVotre Excellence ne s'en occupe pas avec le qèle qu'elle met dans les diverses bran-\nches de son Ministère : et de mon côté, je m'empresserai de lui communiquer les\n-observations que j'ai faites étant à Rome, lorsque le temps viendra où elle voudra\ns'en occuper plus sérieusement.\nJe prie Votre Excellence de prendre en considération la position de la vieille\nveuve de M. Suvée : elle reste abandonnée, elle mériterait une petite pension, mais"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "404", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.4", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "plus encore de jaire solder les avances que son mari a faites poiu cet établissement,\nqui montent à la somme de douqe à quinze mille francs et qui sont toutes les écono-\nmies faites dans une vie longue et laborieuse.\nAgréei, Monsieur le Ministre* l assurance de la haute considération avec laquelle\nje suis\nDe Votre Excellence\nLe très humble et très obéissant serviteur.\nSigné : CARD. FESCH.\nLyon, 19 février 1807."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c004", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "404", "page_fin": "405", "image_debut": 4, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.3", "titre_corps": "Les deux systèmes de musique (A propos d'un article de la Neue Zeitschrift.)", "titre_sommaire": "Les deux systèmes de musique (A propos d'un article de la Neue Zeitschrift.)", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "404", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.4", "debut_caractere": 446, "fin_caractere_exclue": 2896, "texte": "Les deux systèmes de musique\n(A propos d'un article de la Neue Zeitschrift.)\n\nN oublie-t-on pas trop, en Allemagne, les ouvrages français sur la théorie\nmusicale? Dans son numéro du 3 août, un journal très autorisé, la Neue Zeit-\nscrift fur Musik, publie un article sur (( l'intonation de la tierce majeure » où\nM. Robert llôvker rappelle ce fait curieux : lorsqu'un violoniste fait entendre\nles deux notes de la tierce majeure l une après l'autre, instinctivement, il attaque\nla seconde note plus haut que quand il les fait entendre simultanément. Et l'au-\nteur de l'article ajoute : (( le premier qui ait parlé de cette question d'une façon\ndécisive, c'est Joachim Steiner (Grundzuge einer neuen Musiktheorie, Vienne,\nchez A. Holder) ». Les affirmations de notre honorable confrère appellent quel-\nques remarques :\ni° L'ouvrage de Steiner, qu'il cite comme le premier écrit sur la question, a\nparu en 1891 Or, 22 ans auparavant, en 1869, deux savants français, MM. Cornu\net Mercadier, présentaient à Y Académie des Sciences de Paris, sur le même sujet,\nune note qui fut lue par M. Jamin, et qui est bien connue des théoriciens de la\nmusique (v. les Comptes rendus de /'Académie des Sciences, t. LXVII 1). Plus tard,\net à deux reprises, ils rappelaient l'attention de l'Académie sur la même question\n(voir ibid., t. LXXIII, p. 178, et LXXIV, 321). Leur dernière communication est\nde 1872.\n20 Ce que la Neue Zeitschrift présente comme un fait isolé, à titre de curiosité,\na été, de la part de MM. Cornu et Mercadier, l'objet d'une théorie complète\net scientifiquement établie. Ces deux savants ont montré que les intervalles mu-\nsicaux employés aujourd'hui (instinctivement) par les musiciens n'appartiennent\npas à un système unique, mais à deux systèmes : que l'oreille exige, dans la\nmélodie, un intervalle plus grand que dans l'harmonie, si bien que la gamme\nde Pythagore et celle des physiciens, au lieu de s'exclure mutuellement (comme\nl'ont cru les Delezenne, les Ritter, les Helmholtz, et tant d'autres qui se croyaient\nobligés d'opter pour l'une ou pour l'autre), s'associent cequojure, et se cèdent la\npréséance selon les cas.\n30 Si le collaborateur de la Neue Zeitschrift, en méconnaissant les travaux de\nMM. Cornu et Mercadier, leur substituait quelque chose de meilleur, le mal ne\nserait pas grand; mais, de lui à eux, il y a une petite distance Qu'on en\njuge!\nPour prouver que la tierce mélodique est réellement plus grande que la tierce"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "405", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.5", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 1280, "texte": "jouée harmoniquement, M. Hôvker propose de faire une marque au crayon\n[Bleistiftstrich) sur le manche du violoniste, dans les deux cas où il fait entendre\nl'intervalle, et ensuite, de comparer. MM. Cornu et Mercadier, qui ne se con-\ntentent pas aussi facilement, ont suivi une autre méthode. Opérant d abord avec\ndes chanteurs, ils ont fait émettre les sons à étudier devant un instrument enre-\ngistreur (le phonautographe), qui inscrit lui-même les vibrations sur un cylindre\nde papier noirci et qui est complété par un chronographe électrique marquant\nla seconde, ce qui donne les éléments d'une comparaison strictement exacte.\nIls ont renouvelé leur expérience, dans les mêmes conditions, avec des instru-\nments à cordes et enfin avec deux tuyaux d'orgue. Dans ce dernier cas, ils ont\nmême obtenu, à l'aide du son résultant, une vérification.\n4° Enfin MM. Cornu et Mercadier, usant d'un instrument nouveau mais tou-\njours fondé sur le principe de l'enregistrement automatique des vibrations), sont\narrivés aux mêmes résultats et aux mêmes conclusions que pour la tierce, en ce\nqui concerne les intervalles de tierce mineure, de quarte, de quinte, d octave,\nde seconde et de septième. (Voir leur Mémoire de 187 i.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c005", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "405", "page_fin": "414", "image_debut": 5, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.4", "titre_corps": "La musique religieuse et la musique d'église. LE PLAIN-CHANT. LA MUSIQUE PALESTINIENNE. L'ÉVOLUTION DANS L'ÉGLISE. LA MUSIQUE MODERNE.", "titre_sommaire": "La musique religieuse et la musique d'église. LE PLAIN-CHANT. LA MUSIQUE PALESTINIENNE. L'ÉVOLUTION DANS L'ÉGLISE. LA MUSIQUE MODERNE.", "signature_source": "L. AUGÉ DE LASSUS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "405", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.5", "debut_caractere": 1282, "fin_caractere_exclue": 3219, "texte": "La musique religieuse et la musique d'église.\nLE PLAIN-CHANT. LA MUSIQUE PALESTINIENNE. L'ÉVOLUTION DANS\nL'ÉGLISE. LA MUSIQUE MODERNE.\n\nL'art en ses manifestations les plus diverses, la religion en son idéal chan-\ngeant, ses dieux mêmes tour à tour dépossédés ou régnants, se devaient toujours\nrejoindre d'une commune attirance, et longuement se pénétrer. Tout ce qui est\nde joie, de splendeur, de fête, de captivante décoration, a sa place marquée au\ncortège de la divinité, qu'elle chemine sur la terre en la familiarité facile des\nhumains, ou qu'elle plane aux profondeurs des mystères lointains et dans un\nvertigineux infini. Cependant il fut des dieux sans aucun temple ; une cime\nsouveraine et quelques pierres suffisaient à la consécration et à 1 étalage de\nleur toute-puissance. Mais on ne conçoit guère de religion et de culte sans mu-\nsique. Le Verbe divin de lui-même est sonore. Eveillant les échos mystérieux de\nl'âme, il semble qu il doive aussitôt les faire chanter aux lèvres des croyants.L Is-\nlamisme lui-même, peu musical cependant, prolonge et traîne, en une mélopée\nde charme étrange et pittoresque, l'appel du muezzin et le nom de Mahomet\nassocié au nom d'Allah. Un subtil gazouillement de flûte fait tourbillonner la\nronde des derviches tout à l'heure grisés d'une extase pieuse. On ne saurait\nimaginer sans musique les processions sacrées qui s'épandaient aux ombreuses\ncolonnades des temples égyptiens, celles qui, dans la radieuse Ilellade, empor-\ntaient la population d'une cité tout entière vers quelque sanctuaire entre tous\nvénéré et chéri. Les psaumes du vieil Israël étaient chantés ; et certainement le\npieux David n'a pas dansé devant l'arche sainte sans l'accompagnement de\nquelque musique. En des âges tout voisins de ceux que nous vivons encore, la\nréforme protestante, si hostile à tout ce qui est de mise en scène plaisante ou\nde profane décoration, bien loin de réprouver la musique, passionnément"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "406", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.6", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3731, "texte": "l'exalte. Les papistes peuvent dire la messe sans musique, en un morne silence\nque seuls traversent quelques mots latins à peine murmurés ; le prêche est de\nla parole du pasteur bruyamment répandue ; il est non moins encore du con-\ncert de toutes les voix déchaînées, et d'un appel retentissant, comme d'une som-\nmation ardente, qui rêve de forcer l'attention clémente et la pitié de l'Eternel,\nLa réforme s'est faite au bruit des psaumes, obstinément, héroïquement répétés.\nLes camisards chantaient à l'instant même que leurs chants les devaient trahir\net livrer aux missionnaires bottés de Louvois, aux convertisseurs de Louis XIV..\nEnfin, on devait chanter des cantiques huguenots jusque sur les bancs des ga-\nlères.\nLes premiers chrétiens, toujours suspects, souvent inquiétés et condamnés\nà des rencontres incertaines, secrètes, des réunions rapides et angoissées,\nosaient-ils cependant affirmer leur foi et leurs espérances, dans quelques hymnes\nimprovisées, du moins dans quelque mélopée douloureuse? Cela est de\ntoute probabilité, bien que nous soyons de cela assez mal informés. Mais le\njour où le christianisme apparaît enfin triomphant, il apparaît aussi vibrant et\nchantant. Toutefois il avait trop longtemps fulminé contre les magnificences\ndont les cultes païens s'environnaient, pour ne pas affecter aussitôt une austé-\nrité quelque peu rigoureuse. Il accepte la musique, mais il la censure ; dans une\npensée, peut-être légitime et assez naturelle, de purification et d'ombrageuse\nméfiance, il enlève en quelque sorte à cette musique quelques-unes de ses armes;,\nil réduit ses moyens d'expression, il restreint son domaine. Le christianisme se\nrappelle encore les bas-reliefs par grand hasard épargnés le lui rappelleraient\ns'il pouvait l'oublier qu'alentour des autels désormais proscrits, les flûtes\nscandaient les paroles rituelles du sacrificateur. Les docteurs les mieux atti-\ntrés de la foi nouvelle ne semblent pas s'être accordés à cet égard en des con-\nclusions toujours semblables et jalousement maintenues. Toutefois, le christia-\nnisme oriental, étroitement associé, en quelques-unes de ses traditions et de ses\ncoutumes, au plus lointain christianisme, le christianisme de Constantinople,\nde la Grèce et des contrées que ces lumières entraînent derrière elles, ce chris-\ntianisme qui se dit orthodoxe et que notre christianisme occidental proclame\nschismabque et hérétique, aujourd'hui encore, comme autrefois, interdit l'em-\nploi des instruments. Les voix seules, sans autre accompagnement que des\nâmes supposées suivantes, sont admises à l'honneur de louer Dieu dans son\ntemple. En Occident, une solution plus libérale devait prévaloir. L'orgue que le\npaganisme avait connu, —Néron s'y complaisait, dit-on, l'orgue, un orches-\ntre concentré, l'orgue, l'instrument suprême, car il rassemble à peu près, derrière\nla phalange rangée en bataille de ses tuyaux retentissants, toutes les sonorités,\ntous les timbres, toutes les voix, l'orgue va devenir l'âme résonnante des nefs\nsonores et des sublimes cathédrales. Cependant l'orgue lui-même, en quelque\nmesure, devient suspect ; et Rome, accoutumée d'être obéie depuis les lointains\nCésars, Rome entreprend de gronder, de menacer même ; et il semble qu'une\ncertaine musique est en passe d'encourir une accusation de sacrilège. C'est re-\ndoutable ; et quiconque s intéresse pieusement ou passionnément à la musique\npeut s'émouvoir de cette prise d'armes, de ce conflit et des prochaines destinées\noù l'art qui nous est cher risque de recevoir des leçons, de rencontrer des ob-\nstacles, de subir des réprobations quelque peu inattendues.\nRome, nous entendons la Rome catholique et papale qui vient de s'incarner"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "407", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.7", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3722, "texte": "en un pontife nouveau, proclame sa traditionnelle et impérieuse préférence pour\nle plain-chant consacré longuement et la musique d'église que Ton peut dire gré-\ngorienne, le pape Grégoire l'ayant autrefois en quelque sorte fixée et imposée à\nla catholicité.\nNous observerons en passant que l'origine vraiment chrétienne de cette mu-\nsique ne laisse pas d'être singulièrement douteuse. Aux ruines des vieux cultes\npaïens qu'il discrédite et abat, le christianisme, à peine vainqueur, s'empresse de\nramasser ce qui doit être à peu près de sa convenance. Il dépouille les temples;\nmais souvent il s'y installe. S'il les a mis en pièces, il en recueille quelques mor-\nceaux; il rebâtit assez misérablement ce qu'il a jeté à terre. Le mobilier même\nest parfois usurpé. Les gardiens des ténébreux sanctuaires n'ont rien changé à\nleur labeur routinier; comme toujours ils ont renouvelé l'huile des lampes sans\nfin scintillantes, et qui révèlent quelques reliques précieuses d'un martyr de la\nveille, comme elles révélaient les reliques profanes d'un Adonis ou de quelque\nautre légendaire demi-dieu. L'eau lustrale s'est épandue aux urnes des baptis-\ntères; et le christianisme, à son insu peut-être, continue les gestes de consé-\ncration et de bénédiction que le paganisme, tant de fois séculaire, avait ensei-\ngnés au monde. Il semble bien que cette usurpation, du reste désirable et heu-\nreuse, se soit étendue aux choses de la musique. C'est l'opinion motivée des\nhistoriens les mieux informés. Sans doute un choix s'imposa. De même que les\nfervents de Jésus mettaient une croix aux frontons où se tenait encore 1 assem-\nblée rayonnante des dieux, on devait christianiser les hymnes conquises et accep-\ntées. Cela fut rejeté et disparut dans l'oubli, qui était trop fidèlement caractéris-\ntique d'un idéal désormais réprouvé. On ne pouvait admettre que sous la note\ntransparente éclatât, encore reconnaissable, le cher nom d'Aphrodite, ou\nbondît, trop violemment sonore, un appel à l'orgiaque Dionysos. Mais le paga-\nnisme avait connu et servi des dieux plus calmes et de sérénité profonde.\nL Olympe d 'une Pallas sage conseillère, ou d'un Apollon pacificateur de toutes\nchoses, sans grande peine, pouvait devenir un ciel accessible au Dieu meneur\ndes âmes extasiées, au Christ contempteur de l'injustice et dispensateur de tous\nles biens. Ainsi, par delà tant de haines et de réciproques méconnaissances, cette\nalliance, au moins relative et partielle, a pu se conclure et durer. C est un titre\nglorieux entre tous dont se doit honorer l'art que nous aimons, qu'il ait pu rap-\nprocher les frères ennemis, les emportant si haut qu'ils ont oublié la terre dans\nl'éblouissement d'une même lumière. De par son imprécision vaporeuse, ses\ndélicieuses et flottantes incertitudes, ses prolongements sonores qui se perdent\ndans l'infini, la musique seule pouvait réaliser ce prodige. L'harmonie des sons\npouvait seule consommer l'harmonie des âmes. Toutefois n'est-il pas curieux et\npiquant que les mêmes chants se soient élevés peut-être à Eleusis, à Epidaure, ou\ndevant ce sanctuaire suprême de l'absolue beauté, le Parthénon, et maintenant\ns'élèvent encore en nos églises toutes chrétiennes et jalousement catholiques?\nN'est-il pas singulier qu'un pape, le mandataire du Christ, recommande, comme\nl'expression parfaite en musique des enseignements et des dogmes dont lui-même\nest le gardien, ces mélopées, ces hymnes, qu'ont écoutées, peut-être chantées,\nceux-là mêmes qui niaient le Christ et jetaient aux supplices ses premiers\ncroyants?\nL'histoire a de ces contradictions bizarres, mais aussi profondément\ninstructives. Ce serait rabaisser les choses que de voir là surtout un sujet"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "408", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.8", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "d'ironie. L'art, aux immensités radieuses où nous voudrions le poursuivre,\néchappe aux malicieuses observations. La musique est de tous les arts celui qui,\nvenu de la terre, cependant tient le moins à la terre, qui se met le plus\nfièrement à l'essor, et le mieux dévore l'espace. Nous ne voyons rien\nqui mieux proclame l'infini divin et la divine unité, que cette communion\nchantante, arrivée d'une antiquité de vertigineux éloignement jusqu'aux\njours que vit notre présente humanité. C'est beau, c'est grand, que l'homme ait\nainsi, au cours de tant de siècles emporté ses espérances au vol des mêmes con-\ncerts, exhalé ses douleurs aux mêmes lamentations.\nCette musique grégorienne, au cours des âges, devait subir quelques défor-\nmations, à peu près inévitables et fatales. La science la restitue. L'œuvre a été\npoursuivie d'une restauration nécessaire et intéressante. Les rythmes désappris\nont retrouvé leur dessin premier; et les mélodies, replacées sur leur ossature,\nont reconquis une sorte de renouveau en la puissance de l'expression et la maî-\ntrise des âmes. Nous ne sommes d'aucune façon autorisé à parler ici en croyant\nfidèle, en interprète docile des pensées et des résolutions où s'arrête le Vatican.\nNotre admiration est très libre et quelque peu profane. Ce que nous venons de\ndire cependant témoigne qu'elle est acquise pleinement à cette musique tradi-\ntionnelle et consacrée. Le plain-chant grégorien, peut-être en secondes noces,\nmais enfin en légitimes noces, a épousé les paroles toutes chrétiennes des offices\nqui sont 1 existence même de la catholicité.\nToutefois, on peut dire que jamais les âmes n'acceptèrent, sans infidélité, ce\nlangage unique, si hautement recommandé qu'il puisse être et si étroitement\nassocié au culte que nous le trouvions. Le moyen âge, jalousement chrétien et\ncatholique, chanta, et dans les églises mêmes, bien d'autres choses que le plain-\nchant orthodoxe. L'histoire serait interminable de ces fantaisies, de ces change-\nments, de ces modes, voire même de ces profanations à peu près inconscientes.\nAu teste, cette musique inspirée et acceptée de la foule en concurrence de la\nmusique officielle, cette musique tout à la fois religieuse et populaire, a perdu\nses derniers échos. Hâtons-nous vers la musique dont la papauté aujourd'hui\nrégnante accepte les œuvres, approuve l'esprit, et recommande l'adoption\npresque privilégiée. Palestrina en est comme le dieu suprême, bien qu'il entraîne\ndans son lumineux sillage un Vittoria, un Allegri, quelques autres satellites\nfameux. C'est la musique a cappella. Elle ignore les instruments, se rapprochant\nen ceci de l'austérité farouche du christianisme oriental. Elle impose à toutes les\nvoix une commune discipline ; elle les tient en quelque sorte dans le rang, et\nn'accepte pas que le faisceau jamais se rompe, qu'une lèvre indépendante et soli-\ntaire puisse revendiquer ou espérer une égoïste victoire. Le chœur est toujours\nune personne aux voix multiples, aux timbres variés, mais d'une individualité\nindivisible et qui jamais n'abdique. Pas de soli, de duos. Les parties se séparent,\nse répondent, mais pour se hâter à se rejoindre ; elles conversent, elles dialo-\nguent, elles sont étroitement fraternelles ; et rien mieux ne proclame l'égalité\ndevant Dieu et la foi consentie, que la musique palestinienne. A cet égard nous\nconcevons très bien que le catholicisme l'accepte, l'approuve, et trouve là un\ncommentaire éloquent et pénétrant de ses dogmes et de son enseignement.\nToutefois, si 1 éloge de cette musique est à cet égard pleinement mérité, nous\nsommes grandement surpris que cette musique soit aussi louée pour le scrupule\nmême qu'elle affecterait à suivre les paroles, et à les mettre comme dans un"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "409", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.9", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3787, "texte": "relief sonore. Cette musique est presque toujours en parties, rarement à Tunis-\nson. Nous voulons bien qu'une âme commune toujours la pénètre et l'inspire ;\nmais les ténors, emboîtant la mesure derrière les basses, ou bien les soprani\nderrière les alti, il arrive constamment que les paroles confusément s'entre-\nmêlent, et que les mots chevauchent les uns sur les autres. Les basses grondent :\nbiscum, à l'instant même où les soprani gazouillent : minus n 0... ce qui ne laisse\npas d'embrouiller un peu les choses. La pensée directrice est respectée et fidè-\nlement traduite, nous le voulons bien ; mais le texte se fractionne en des décou\npures et des redites qui le rendent à peu près méconnaissable. Ce n'est guère que\nsur Y amen final que se retrouvent et s'accordent enfin les voix réconciliées et con-\nfondues. Que cette observation bien facile à vérifier ne soit pas tenue pour une\ncritique, moins encore pour un blâme ! La musique palestrinienne constitue un\ngenre de musique très spécial, et d'une puissance expressive qu'il nous plaît,\naprès tant d'autres, de hautement proclamer. Toutefois, ne nous abusons pas en\ndes illusions trop flatteuses. Cette musique étonne, plutôt qu'elle ne touche,\nl'immensité banale des fidèles que nos églises rassemblent. Pas de mélodie, nous\nentendons comme phrase, ou seulement par exception, qui puisse être\nretenue aisément et qui d'elle-même chante dans le souvenir. L'exécution est\ndifficile, elle exige des musiciens très sûrs, aucun instrument ne devant les sou-\ntenir, pallier les fautes, rectifier les intonations douteuses, relever les voix\ndéfaillantes. L'accoutumance nous est devenue générale, de l'alliance des instru-\nments associés aux voix, du moins des grandes vagues sonores que l'orgue épan-\nche et verse. Ces voix, en quelque sorte toutes nues, et qui descendent d'une\ntribune lointaine, ces voix auxquelles l'assistance ne saurait jamais, ne serait-ce\nque par un murmure de la mémoire, discrètement se mêler, ces voix jalouses, et\nqui veulent être écoutées dans un morne et respectueux silence, ces voix sont\nplus divines qu'elles ne sont humaines. Notre vulgaire humanité les comprend\nmal, et bientôt s'en détache comme d'une chose qui lui est étrangère, comme\nd'un langage où rêve un autre monde, où frémit l'âme d'un autre temps. Nous-\nmême qui écrivons ces lignes, nous évoquons des années lointaines, où le très\nérudit et vaillant Bourgault-Ducoudray, un précurseur en ces rénovations auda-\ncieuses, imposait à sa société chorale ces mêmes chants d'un Vittoria ou d un\nPalestrina, dont des chanteurs récents se sont faits les interprètes et les propa-\ngateurs. Des choristes d'occasion furent mis à ce régime austère; et certainement\nl'initiation, tout d'abord un peu pénible, nous réservait des joies profondes. Mais\nnous le répétons en présence même d'un succès moins général qu'il ne semble,\net de ces admirations un peu de mode et de complaisance, la musique a capella\nn'est pas accessible, sans étude, sans patiente préparation, à la foule, naïve,\nignorante peut-être, mais qui cependant n'est pas un élément négligea ble. En\nFrance surtout, nous ne voyons pas les assistants catholiques convaincus et pra-\ntiquants, comprenant quelque chose à ces combinaisons de voix enchevêtrées\ningénieusement, à cette polyphonie savante que Rome rêve de leur imposer.\nRome en avait conservé la tradition : et naguère encore la chapelle Sixtine,\nbien déchue cependant, glorifiait Allegri devant une assemblée surtout faite de\ntouristes mécréants, d'étrangers hérétiques, presque unanimement ennuyés, mais\nse disant extasiés.\nAu reste, le lendemain même de la grande faveur obtenue par cette mu-\nsique a cappella, musique essentiellement italienne, l'ltalie même, dès le dix-sep-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "410", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.10", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3846, "texte": "tième siècle, lui était infidèle. Ce serait nous perdre en des études un peu lon-\ngues, que de suivre la musique religieuse et la musique d église ce n est pas\ntout à fait la même chose au cours des trois derniers siècles, les siècles les\nplus chantants que peut-être l'humanité ait vécus. Insistons seulement sur cette\ndouble observation : il y eut prodigieuse fécondité, aussi évolution. Dans les\néglises elles-mêmes, alentour des offices, la musique suivit la mode. De cela quel-\nquefois on a pu se scandaliser ; et il faut bien reconnaître que le théâtre, très\nprofane, pénétra quelquefois dans le sanctuaire, que l'opéra, en quelque sorte, se\nmit à chanter la messe. Ainsi que les mêmes chanteurs montaient le matin en\nleur tribune sainte, et le soir descendaient aux planches d'un théâtre, les mélo-\ndies qu'ils roucoulaient ne différaient plus guère ici ou là que dans les paro-\nles, du reste parfaitement incomprises et inécoutées. Les réprobations tombées\nde la chaire de Saint-Pierre, intermittentes cependant, viennent de se conden-\nser dans un orage presque d'anathèmes et qui, d'aussi haut qu'il se peut faire, a\ndéjà foudroyé ce que nous appellerons timidement nos chansonnettes. Recon-\nnaissons volontiers qu'elles sont coupables quelque peu. S'il faut en croire\nles censures envolées du Vatican, et ceux-là, érudits et critiques, qui les com-\nmentent et nous les expliquent pour les aggraver encore, nous serions à la\nveille d'une révolution, non pas d'une évolution, et d'un brusque retour en\narrière. Le bataillon des musiciens instrumentistes serait cruellement décimé.\nEt d'abord toute la batterie serait consignée à la porte du temple. Le serpent,\nnon pas celui qui tentait notre folâtre grand'mère de jadis, mais le serpent ron-\nflant et grondant qui gonflait les joues de quelque bedeau, résumerait, à peu\nprès seul, les instruments à vent. L'orgue réduirait sa tâche et son office à\nquelque discret accompagnement. Plus de fugue triomphale, plus de prélude\nretentissant, où l'organiste, inaperçu mais écouté, fait étalage de sa virtuosité.\nC'est bien d'ltalie que cette défaveur menaçante devait se lever contre l'orgue.\nSi l'ltalie a inventé l'orgue, l'orgue est cependant, de par son adoption heu-\nreuse et son prodigieux développement, un instrument plutôt septentrional. Les\norgues illustres sont de Berne, de Harlem, de Paris ; et nos cathédrales ogivales\nleur réservaient la placed'honneur. Monuments eux-mêmes,nos orgues deFrance,\nd'Allemagne ou d'Angleterre, affectent, jusque dans leur dehors et leur décor,\nune importance que les orgues d'ltalie ne présentent jamais. Les orgues d'lta-\nlie ne se trouvent point au-dessus du grand portail ; elles se blottissent un peu\nà l'écart, en la pénombre du chœur ou des chapelles latérales. Leurs gémisse-\nments du reste sont le plus souvent d'un aigre désespoir ; et nous concevons\nà merveille que la pensée soit venue là-bas de les écourter le plus possible. Les\norgues de chez nous méritent plus d'égards ; et ceux-là qui méditent de leur\nimposer un prompt silence, évidemment ne les ont pas entendues.\nTout à l'heure nous parlions d évolution. Ce mot seul doit ici dominer ledébat\net peut-être l'éclairer. C'est la prétention du catholicisme romain, nous ne disons\npas de la chrétienté, d'être intangible et immuable. Ainsi l'ancre de salut et de\nprotection où l'humanité est invitée à prendre refuge et se cramponner, ne se\nserait jamais déplacée, Dieu l'ayant résolument soudée au roc éternel de son\ninfaillibilité et de ses dogmes indivisibles. L'histoire contredit quelque peu à\ncette belle assurance Si lente qu'elle soit à s'émouvoir, à cheminer, la catholicité\nelle-même a évolué. L'immobilité absolue n'est pas, même dans la mort; la\nmort transforme plutôt qu'elle ne détruit. Au sein même de cette catholicité qui"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "411", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.11", "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 3869, "texte": "se proclame immuable, le changement a pénétré. Ceux-là qui s'attardent au seuil\nde la vieillesse peuvent se souvenir d'avoir vu, vers 1854, les cathédrales de\nFrance flamboyer d'illuminations joyeuses. Une croyance pieuse venait de se\nhausser à la dignité suprême de dogme absolu, l'lmmaculée Conception de la\nVierge, de par une décision pontificale, s'imposait à la croyance du monde. Le\nconcile de 1870 n'a-t-il pas formulé définitivement l'infaillibilité personnelle du\npape en matière religieuse ? Les conciles qui plusieurs fois avaient retiré ou\ndécerné la tiare, jusqu'alors pouvaient se croire l'autorité suprême de l'Eglise. Si\nce statut imposé aux âmes s'est ainsi modifié, très lentement, il est vrai, combien\nles choses, tout à la fois de l'art et de la religion, plus facilement ont changé au\ncours des âges, et sans le plus souvent que l'Eglise en ait pris de l'ombrage !\nPeinture, statuaire architecture, n'ont pas cessé de se transformer au gré de tous\nles caprices et comme au souffle de tous les vents. L'Eglise nous entendons\ncelle d'Occident; en Orient la foi fut toujours plus ombrageuse accepte, aux\nmurailles de ses temples, les mystiques visions écloses au doux génie de Fra\nAngelico; et dans l'âge suivant, elle s'éprend des musculatures héroïques dont\nMichel-Ange enveloppe les prophètes. L'Eglise a pénétré de béatitude extasiée les\nsaints qui s'abritent aux porches de nos cathédrales ; elle consent plus tard à\nreconnaître le placide Jésus dans le formidable athlète dévêtu que Michel-Ange\na mis en sentinelle au seuil de la Minerve, une église de Rome un peu païenne,\nil faut le reconnaître, et jusque dans sa dénomination même. Des basiliques\nprimitives à nos églises de faste un peu mondain, dites de style jésuite, que\nd'étapes changeantes ! Que de contradictions ! Combien de renouveaux ! Quel\ncontraste plus violent pourrait-on imaginer que celui qui désunit la cathédrale\nde Chartres et la basilique de Saint-Pierre ? Tout cela est religieux, tout cela est\nchrétien, tout cela est catholique cependant. Pourquoi donc la musique, elle\naussi, n'aurait-elle pas évolué? Pourquoi donc lui imposer un esclavage que\nl'art, en toutes les autres manifestations, n'aurait jamais connu ? Est-ce une\naccusation de lèse-majesté et d'inconvenance qui s'est élevée ? Après l'acceptation\ndes nudités presque agressives chères aux grands artistes du xvie siècle, ou le\ncarnaval de Venise qui va de Véronèse à Tiepolo, et que les églises de là-bas\nmènent si volontiers, de tels scrupules ne laissent pas de surprendre. Nous les\nacceptons cependant, maisdansun esprit conciliant et volontiers ouvert à des nou-\nveautés bien vivantes. La vie! il faut de la vie! donc un mouvement qui pénètre\net renouvelle les choses. La peinture contemporaine s'y applique. Un Merson,un\nDagnan-Bouveret, reprennent les thèmes qui semblaient surannés et les revivi-\nfient d'une grandeur et d'un charme tout modernes. Quel est cet ostracisme\njaloux qui prétend dire à la musique : tu n'iras pas plus loin ! Et la musique est\nla plus libre de toutes les formes de l'art ! Nous voyons bien quels reproches\naccumulés ont constitué l'acte suprême d'accusation. La virtuosité indiscrète et\nvaniteuse des exécutants, les églises transformées en salles de concert, l'empres-\nsement d'une assistance peu édifiante et encore moins édifiée : que de crimes !\nLa colère des solistes inacceptés, la rancune des auteurs écartés, 1 orgueil des\ncompositeurs élus, la gourmandise, c'est à-dire la délectation un peu trop volup-\ntueuse, des mélodies agréables, bref, à peu près, les sept péchés capitaux tenant\nleur assemblée aux solennités prétendues pieuses, voilà le verdict prononcé\net grondant ! Nous ne sommes qu'un avocat d'office ; et cependant nous espé-\nrons sinon un acquittement général, du moins de très larges circonstances atté-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "412", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.12", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3727, "texte": "nuantes. Surtout ne nous laissons pas obséder trop complaisamment aux délices\nde l'archéologie. Vénérons le passé, écoutons sa voix toujours éloquente et qui\nrelie les âmes d hier aux âmes du lendemain. Conservons saint Grégoire et\nPalestrina et leur très vieille musique, laissons-lui la place traditionnelle aux très\nvieux lutrins. .Mais de grâce, acceptons que les choses de la croyance et de la foi\nelles-mêmes soient dites dans un autre langage, au moins quelquefois. Si Pales-\ntrina vivait de notre temps, il écrirait tout autrement, et sans doute il n'aurait\ngarde d'oublier les ressources d'un orchestre prêt à lui obéir. N'est-ce donc pas\nde la musique très religieuse que ces chœurs magnifiques où Haendel emporte\nles adorateurs du Messie ? Les hommes prient fièrement et tête haute, qui\nchantent cela, mais ils prient de toute leur âme ! Les fugues ne semblent-\nelles pas, en leurs vagues successives et se poursuivant l'une l'autre, précipiter\ntout un peuple de suppliants aux pieds de l'Eternel ? Nous entendions, ces jours\npassés, un oratorio de Noël où certes le grand Bach a mis une émotion reli-\ngieuse qui malaisément serait dépassée. Plus près de nous, il nous serait facile\net d'une reconnaissance profonde de nommer le noble César Franck, le bien\nvivant Samuel Rousseau, et de saluer de très hautes inspirations que leurs\nâmes aux résonances profondes nous ont prodiguées. Saint-Saëns, qui sait tout\ndire et tout bien dire, compte, dans son œuvre, des pages que pénètre une émo-\ntion vraiment religieuse. L'œuvre de Gounod lui même, en très grande partie,\nest d'église, ou du moins de pieux souvenirs ; et ce n'est pas dans cette œuvre si\nconsidérable et si heureuse, les grandeurs les moins grandes, les beautés les\nmoins belles, que celles dont s'émaillent Rédemption ou Mors et vita. Ce char-\nmeur que fut Gounod ne laisse pas d'inquiéter quelquefois. Cette pensée, si\nclaire et si bien ordonnée dans les formes qu'elle revêt, efface cependant aisé-\nment certaines frontières qui la gênent. L'oiseau chantant ces mélodies aimables\net quelquefois superbes, se joue d'une haie jalouse, et s'en va badiner sur toutes\nles branches fleuries qui l'ont séduit au passage. Le paradis chrétien finit en\nbois sacré que hantent les nymphes amoureuses. Par cela même qu'elle est très\ntendre, la foi de Gounod devient aisément vagabonde et infidèle.\nLe ciel a visité la terre ;\nMon bien-aimé repose en moi...\nNous avons quelques doutes capiteux sur la nature de ce bien-aimé. Est-ce un\ndieu fait homme, ou bien un homme fait dieu ? La légende païenne nous dit\nAphrodite naissant de l'onde a m ère ; au frémissement qui traverse l'eau qu'en\nson exquis bénitier nous verse Gounod, il semble parfois que va surgir une\ndivinité, vierge peut-être, charmeresse plus encore, mais qui certainement accep-\ntera notre encens le plus profane, et nous remerciera de son plus joli sourire.\nQuant à Massenet, mettons-nous en garde ! Oh ! celui-là est pour damner les\nsaints et les saintes, les unes par les autres, et réciproquement. C'est le démon\nde la perdition que cet homme. Il est plus séduisant que les sept péchés capi-\ntaux réunis. Le primat des Gaules n'a-t-il pas dit d'Hérodiade, croyons-nous :\n(( C'est du poison offert dans une coupe d'or. » L'anathème est singulièrement\nflatteur ; et l'éditeur en a dû vendre quelques partitions de plus. La coutume\ns'est établie à Paris de jouer, aux messes des grands mariages, la méditation de\nl'haïs. Tout en savourant cette phrase caressante comme pas une autre, il nous\nsemble que le mari du moins se devrait inquiéter. Thaïs devait finir aux plus\nédifiantes austérités, mais après combien d'aventures diverses ! Et aux oreilles,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "413", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.13", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3676, "texte": "au cœur même d'une épousée qui commence, c'est dangereux de soupirer le\nrêve de tels commencements.\nAinsi nous ne faisons nulle difficulté de reconnaître que parfois la musique a\nmêlé des conseils impies, du moins suspects, aux leçons plus sévères que veut le\nsage christianisme ; et serait-ce pour précipiter Jes pécheresses aux prie-Dieu\ndes confessionnaux, nous concevons la proscription d une musique qui conseille\ntrop bien la variété des plus aimables péchés.\nToutefois si la messe est une cérémonie pieuse de célébration nécessaire et\nd'assistance obligatoire, elle accompagne et consacre les fêtes les plus différentes,\nles deuils les plus cruels, les joies les plus ardentes. Pourquoi donc ces messes\nsi dissemblables seraient-elles à peu près semblables dans leur expression artis-\ntique et musicale ? Le sacre de Charles X et la messe des morts qui doit\nhonorer ceux qui l'ont précipité du trône et chassé de France, enfin plus\nprès de nous les funérailles de Manzoni, ne sont pas même chose, bien que\nles mêmes rites y soient tout d'abord célébrés Nous admettrions même, comme\nde toute convenance, que même en la solennité d'un couronnement, une tout\nautre musique accompagne Charles X et Napoléon. Nous rêvons de cantiques\nautour de celui-là, et de fanfares autour de C'est à merveille et de\ntoute vérité que la messe de Jeanne d'Arc, eëuvre de Gounod, s'annonce par\nune sonnerie triomphale de trompettes. Bref il faut, c'est du moins notre pensée,\nque l office divin ne soit pas que de tradition, si respectable soit-elle, mais\nque cet office ramasse autour de lui la gerbe des âmes présentes, qu'il ne chante\npas tout seul en quelque sorte, mais aussi qu'il fasse chanter. Soyons con-\nvaincus de ceci : tel cantique, bien vulgaire et d'inspiration misérable, touchera\nbeaucoup plus les pèlçrins naïfs et pieux, qu'un chant grégorien patiemment\nreconstitué, qu'un motet de Palestrina précieusement détaillé. Le ciel nous garde\nassurément de recommander ici des platitudes et des niaiseries musicales ! Et\ncependant nous ferons cet aveu énorme : nous avons été édifié, nous avons senti\nautour de nous comme des effluves d'âmes extasiées, certain jour où chemi-\nnaient, au travers des cimetières fleuris et sous les bannières flottantes, des\nBretons, femmes, hommes, enfants, qui chantaient de pauvres cantiques très\ncommuns, très banaux ; et tout au contraire dans Saint-Gervais, l'admiration\nétait surtout de commande ou de curiosité dedilettanti érudits, presque jamais ou\nbien peu, de véritable émotion pieuse, lorsque s'épandaient les chants d'au-\ntrefois et d'un idéal désappris. Au fond il n'est de sincère musique religieuse\nque celle qui s'envole d'une âme véritablement religieuse. Il faut que Dieu\ndonne la mesure et le ton.\nUn usage pieux et tout à fait charmant que longtemps devait maintenir l'an-\ncienne France, était le retour annuel des messes patronales. Les corporations\noù se partageait la population ouvrière et bourgeoise, chaque année se recom-\nmandaient à la spéciale protection du patron qu'elles s'étaient choisi. Ainsi fai-\nsaient les charpentiers, humbles clients de saint Joseph, les ménétriers et jongleurs\ndévots à saint Genest, les cordonniers fidèles serviteurs de saint Crépin.La fête,\navant de s'achever en quelque festin confraternel, commençait toujours sainte-\nment par une messe, où du moins les notables du métier se faisaient honneur\nd assister. On s'était retrouvé, les genoux fléchissants, à l'église, avant de se\nretrouver sous les tables encombrées de plats vides et de bouteilles bien séchées.\nNotre âge sceptique et ingrat a désappris ces touchantes solennités. Cependant"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "414", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.14", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 2235, "texte": "les musiciens sont demeurés, sinon plus croyants, du moins mieux empressés\nà se recommander aux indulgences de leur toute gracieuse patronne. Sainte\nCécile garde ses fidèles. Chaque année,.à Paris magnifiquement, au milieu des\nbrumes et des tristesses de novembre, c'est une fête très joyeuse qui rassemble,\nsous les voûtes résonnantes d'une vieille église, l'orchestre de l'Opéra ou de\nl'Opéra-Comique, les choristes militants ou retraités, enfin le bataillon bien chan-\ntant des enfants de quelques écoles. L'œuvre exécutée est toujours d'un maître\n.glorifié dans le passé, ou d'un compositeur nouveau qu'un véritable talent\nrecommande. Ce jour-là, saint Grégoire et Palestrina sont consignés dans leurs\ntraditions illustres, mais trop lointaines. Cependant si devaient prévaloir les\ninstructions que le Vatican,à défaut du Sinaï, formule comme en articles de loi,\ndésormais disparaîtrait la seule fête patronale, religieusement célébrée, que\nParis et la France connaissent encore. Et ne serait-ce pas une tristesse de plus\nque ce silence imposé autour de sainte Cécile, à ceux-là qui cultivent son art,\ns'ils ne partagent plus ses douces croyances?\nNous en avons assez dit pour indiquer notre pensée. Comme toutes choses,\nsous peine de stérilité et d'insipidité monotone, il faut que la musique religieuse,\nmême la musique d'église, évoluent. Alentour des paroles d'absolue nécessité,\nde rigidité dogmatique, il faut que la floraison soit libre, respectueuse toutefois,\nd'une interprétation changeante et féconde. L'Eglise se plaint de perdre quelque\npeu la maîtrise des âmes ; ce n'est pas la reconquérir que de remonter trop\ncomplaisamment dans le passé. Notre musique moderne n'est pas artistiquement\nsupérieure à la musique d'autrefois, certes non ! mais enfin elle est notre musi-\nque. De même que nous n'avons pas à refaire des églises romanes ou des cathé-\ndrales gothiques, nous n'avons pas à refaire ce qui fut très bien fait autrefois ;\net si la musique, mise en suspicion, ne devait plus rien faire pour la foi tradi-\ntionnelle et la catholicité, ce serait très fâcheux pour la musique, mais ce serait\ncertainement aussi très regrettable pour la catholicité.\n\nL. AUGÉ DE LASSUS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c006", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "414", "page_fin": "417", "image_debut": 14, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.5", "titre_corps": "Un musicien français : M. Albéric Magnard ET SON NOUVEAU DRAME MUSICAL.", "titre_sommaire": "Un musicien français : M. Albéric Magnard ET SON NOUVEAU DRAME MUSICAL.", "signature_source": "GUSTAVE SAMAZEUILH", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "414", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.14", "debut_caractere": 2237, "fin_caractere_exclue": 3479, "texte": "Un musicien français : M. Albéric Magnard\nET SON NOUVEAU DRAME MUSICAL.\n\nTous ceux qui ont l'amour incorrigible de l'indépendance, l'insouciance du\n-qu'en dira-t-on et surtout la passion de la musique n'ont pas oublié la soirée de\nmai 1899 où, sans fausse réclame, sans fausse modestie non plus, se révéla,\ndans une séance organisée par l'auteur et composée exclusivement d œuvres\ninédites, la forte et curieuse individualité de M. Albéric Magnard. Peu familier\nsans doute jusqu alors au public des concerts, le nom du jeune compo-\nsiteur n'était cependant pas inconnu de tous les auditeurs qu'une curiosité\npeut-être inégalement sympathique avait réunis dans la salle du Nouveau-\nThéâtre. Ceux-là et j étais du nombre n'ignoraient pas que, fils de l'étince-\nJant chroniqueur qui si longtemps fit nos délices au Figaro, M. Albéric Magnard,\naprès un court passage au Conservatoire, avait poursuivi et terminé ses études\nmusicales sous 1 amicale direction de M Vincent d'lndy. Un tel nom suffisait\nà garantir la solidité d'une éducation artistique qui devait plus tard, développée\npar une sensibilité aux prises avec la vie, donner de si bons résultats. Je savais\n-aussi que, loin d'user des moyens puissants qui s'offraient naturellement à lui"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "415", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.15", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3801, "texte": "pour répandre ses premières productions, M. Magnard semblait au contraire\nmettre un soin jaloux, s'éloignant du reste du monde, à s'isoler dans son tra-\nvail. Une Suite d'orchestre dans le style ancien, une première Symphonie, des\nPromenades, pour piano, un drame en un acte, Yolande, représenté à Bruxelles,\ndénotaient déjà chez lui, en dépit de complications peut-être excessives et de\nbrusqueries parfois déconcertantes, une faculté d'invention thématique et ryth-\nmique peu commune, une écriture et une sûreté de construction où se recon-\nnaissait aisément la salutaire influence de l'auteur de Fervaal. J'avais également\nconservé le souvenir d'un Quintette, pour piano et instruments à vent, naguère\nexécuté en Belgique, et dont la lecture m'a fait depuis apprécier davantage encore\nl'allure tour à tour passionnée, élégiaque, humoristique et joyeuse, sans parler\ndu charme et de l'imprévu des sonorités. Ces heureux antécédents, brièvement\nrésumés, suffiront à faire comprendre l'intérêt qui s'attachait au concert du\nNouveau-Théâtre où M. Magnard nous fit connaître coup sur coup, outre quel-\nques mélodies pénétrantes chantées par Mme Raunay, ses deuxième et troisième\nSymphonies, une Ouverture et un Chant funèbre, pour orchestre. Certes, 1 Ouver-\nture, par la vivacité de son rythme et par la netteté de sa forme, n'était pas indif-\nférente. On pouvait néanmoins lui reprQcher parfois une surcharge de dessins\n-et une tension continuelle, sensibles encore dans plusieurs passages du premier\nmorceau de la Deuxième Symphonie. Mais le scherzo et Yandante, d'une saveur\ndéjà particulière, paraissaient vouloir s'affranchir complètement de ces inconvé-\nnients, interdits d'ailleurs aux débutants médiocres. On n'en trouvait plus\naucune trace dans la tragique déploration orchestrale dédiée par M. Magnard à\nla mémoire de son père, où une pensée si émouvante et si gravement recueillie\nse développe suivant une si frappante progression dans le style le plus ferme et\nle plus suivi. Avec ce grandiose Chant funèbre, la Troisième Symphonie, qui\n•clôturait le concert, forme le plus complet contraste. Ici tout est mouvement,\nlumière, chaleur et vie. Nul détail superflu ne vient plus nuire à la concision du\nplan, à la sobriété d une instrumentation à dessin classique. Et l'inspiration,\nlibérée de toute contrainte, mais issue du même esprit vigoureux et volontaire,\nse distingue pour la caractériser en peu de mots par une force concentrée,\nun élan fougueux, et surtout une vigueur et une variété de rythme dont le pou-\nvoir est grand et qui sont bien de notre race. Aussi le public entier du Nouveau-\nThéâtre fit-il avec raison à cette œuvre significative un accueil enthousiaste,\n•confirmé par la suite à Bruxelles et à Nancy, grâce à l'artistique initiative de\nMM. Eugène Ysaye et J.-Guy Ropartz, toujours soucieux de rehausser l'intérêt\n•de leurs programmes par des nouveautés judicieusement choisies.\nAprès ce beau succès dont tant d'autres auraient cherché à exploiter immé-\ndiatement le bénéfice, et sans autrement s'inquiéter de la divulgation d'un\nbagage musical déjà important, M. Magnard se retira de nouveau dans la\n•solitude et le silence, d'où il indiqua nettement à tous qu'il n'entendait pas être\nimportuné, et se consacra tout entier à 1 élaboration des œuvres nouvelles qui\nseules 1 intéressaient dès lors. Ce fut d'abord en dehors du drame musical dont\nje voudrais dire tout à l'heure au moins quelques mots une Sonate pour\npiano et violon, interprétée en 1902 par MM. Ysaye et Pugno à la salle Pleyel,\ntémoignant des mêmes qualités qui donnent à la Troisième Symphonie un prix si\nélevé, bien que les idées en soient, à mon sens, d'une expression plus profonde,\net la signification générale plus directement émotive. Je n'en veux pour"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "416", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.16", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 3715, "texte": "preuve que la largeur de la phrase de Validante et l originalité de la conclusion\ndu finale où l'ardeur passionnée du sentiment s'éteint peu à peu dans le calme\net la quiétude. Ensuite vinrent un Hymne àla Justice, pour orchestre, entendu\nune seule fois à Nancy, d'une harmonieuse pureté de lignes avec ses deux\nthèmes habilement opposés ; puis quatre Poèmes en musique pour chant et piano\nfort heureusement variés et d'une couleur pénétrante. Enfin, cette année même,\nM. Magnard a fait exécuter à la Société Nationale un Quatuor à cordes, compo-\nsition d'envergure et de difficulté considérables, et sur laquelle il y aurait\nquelque ridicule à formuler une opinion définitive après une seule audition et\nsans avoir pu en lire la partition (i ). Du moins ce Quatuor impose-t-il dès l'abord\nune impression de noblesse et d autorité saisissante. Le premier morceau, dont\nle développement est conduit avec une surprenante diversité de ressources con-\ntrapontiques, se prête à merveille à l'essor d une pensée qui s'est mûrie, on le\nsent, par l'étude quotidienne du génie qui conçut les Derniers Quatuors. A\nl'exemple des grands andantes de la dernière manière de Beethoven, une action\nintérieure semble aussi animer le beau Chant funèbre, dont la plainte angoissée\ns apaise dans un hymne fervent et mystérieux qui s'épanouit largement, comme\nbaigné d une lumière surnaturelle. Quant à la Sérénade et aux Danses, qui\ntiennent lieu du scherzo et du finale traditionnels, elles décèlent une virtuosité\nde réalisation, une fantaisie de conception et une liberté d'allures qui confirment\nl'émancipation définitive du tempérament et de la personnalité de leur auteur.\nFidèle aux principes d'indépendance sur lesquels il a réglé toute sa vie et\nqu'il lui fut donné de pouvoir réaliser à sa guise, M. Magnard, qui avait suivi,\n, V i -! _\npour ses premières productions, le sort commun, a voulu bientôt conserver\nl entière propriété de ses œuvres et se faire lui-même son éditeur. C'est dans ces\n% ~J JU\nconditions qu'il vient de publier tous ses derniers ouvrages, d ailleurs fort\nluxueusement gravés. Cette intéressante tentative privée en matière d'édition\nmérite certes d être encouragée, et a fait déjà plusieurs adeptes parmi les com-\npositeurs. Il faut souhaiter que nul obstacle ne vienne en retarder le développe-\nment ou l'empêcher dé porter tous ses fruits.\n11 :i l \\ • !l^\nà . , » .\nEn même temps que les ouvrages symphoniques dont je viens de parler\nsommairement; M. Magnard a fait paraître la partition piano et chant de Guer-\ncœur, tragédie en musique, en trois actes. Ce n'est pas à la fin d'une rapide\nétude et en quelques phrases que je prétendrai vous donner autre chose qu une\nimpression d'ensemble sur l'œuvre considérable qui nous apporte le témoignage\nque, chez M. Magnard, le musicien de théâtre est digne du symphoniste. Aussi\nbien convient-il de ne pas déflorer par une trop succincte analyse, et avant sa\nréalisation scénique, le poème de Guercœur. Il suffira d'indiquer que l'idée\nessentielle en est basée sur la dramatique opposition entre les félicités célestes\ndu renoncement et la souffrance d'ici-bas qui ramène bientôt au ciel le héros\nGuercœur, qu'un désir irrésistible de passion et de liberté avait entraîné une\nseconde fois sur la terre, ou il ne trouve que trahison et déloyauté chez la femme\net le peuple qui, au cours de sa première existence, lui avaient juré une éternelle\n\n(i) Le Quatuor de M. Magnard a paru depuis que les lignes ci-dessus ont été écrites. Letude\ndétaillée de la partition n'a fait que confirmer mon sentiment sur l'exceptionnelle valeur de cet\nouvrage, l'un des plus achevés à coup sûr qu'ait jusqu'ici signés son auteur."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "417", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.17", "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 3876, "texte": "fidélité. Je m'en voudrais cependant faute d'examiner les problèmes élevés\nqu ils soulèvent de ne pas vanter dès à présent la langue souple, colorée et\nheureusement évocatrice, ainsi que la variété donnant aux cinq tableaux judi-\ncieusement proportionnés de la tragédie un intérêt constant et une allure qui\nconvient admirablement à la musique, et à la musique de M. Magnard.\nCette musique qui commente le drame de si près, qui en épouse les moindres\ncontours avec tant de zèle expressif et tant de logique tonale, possède certes\nencore cette intensité de mouvement, cette ardeur passionnée et cette\nvéhémence d'invention rythmique que nous lui connaissions déjà. Elles éclatent\nparticulièrement au second acte, dans la partie humaine de l'action, où l'amour,\nles remords de Giselle et la révolte du peuple sont rendus de façon frappante,\nsans parler du poétique réveil de Guercœur dans la vallée parfumée, ni du\ndélicieux chœur des Illusions, qu'on dirait conçu par un Rameau de notre\népoque. Mais les chœurs mystiques du premier tableau, dont 1 imposante\ntenue forme avec les supplications désespérées de Guercœur le plus absolu\ncontraste, puis, au troisième acte, la solennelle prophétie de la déesse Vérité\nsur les destinées futures du genre humain, et le quatuor vocal, où les Divinités\ncompatissantes endorment de leurs voix berceuses la souffrance de Guercœur,\nont une sérénité, une émotion simple et communica tive, dont j'avais déjà senti\nle germe dans certaines parties de Yolande et dans bandante de la Première\nSymphonie, mais qui ne s'étaient jamais manifestées avec tant de générosité\net de grandeur : elles confèrent à la musique de Guercœur une valeur et une\nportée nouvelles.\nIl faut souhaiter que l'Opéra-Comique ou la Monnaie de Bruxelles, théâtres\nd art, nous donnent bientôt l'occasion d entendre Guercœur dans le cadre qui\npeut seul lui convenir et lui prêter toute sa signification. En attendant la repré-\nsentation qui révélera au grand public le drame de M. Magnard, dans l espoir\naussi que la récente publication de ses derniers ouvrages symphoniques (1 ) ne\nfournira plus aux instrumentistes et aux chefs d orchestre l'excuse commode de\nparaître en ignorer l'existence, les brèves lignes qui précèdent n'auront eu\nd'autre but que de conseiller dès à présent aux esprits curieux et amis de la mu-\nsique la lecture d'oeuvres qui. même privées du bénéfice de l'exécution instru-\nmentale ou de l'animation scénique, par la seule richesse de leur substance, par\nl'ampleur de leurs proportions et par la fermeté de leur écriture, prennent place\nparmi celles qui honorent le plus notre Art et classent au nombre des meilleurs\net des plus français de nos compositeurs actuels un musicien volontairement\nconfiné dans la retraite, loin de l'agitation et des intrigues stériles où se complaît\n1 arrivisme de tant de ses congénères, travaillant sans relâche à sa besogne\nd'artiste. Je ne sais guère de plus réconfortant spectacle ni de plus noble exemple.\n\nGUSTAVE SAMAZEUILH.\n\n(i) Ouvrages d'Albéric Magnard : i° Propriété des éditeurs : Suite dans le style ancien pour\norchestre (Marquet) Six Poèmes en musique, Yolande, drame en un acte Pre-\nmière et Deuxième Symphonie (Bellon et Ponscarme, ancienne maison Baudoux). Promenades,\npour piano (A. Durand et fils).\n2° Propriété de l'auteur, 55, boulevard Beauséjour, Paris, vente par correspondance, envoi\nfranco : Troisième Symphonie (orchestre etréduction pianob— Ouverture, Chant funèbre, Hymne\nà la Justice d orchestre). Quintette pour piano, flûte, hautbois, clarinette et basson.—\nSonate piano et violon. Quatre Poèmes en musique (chant et pianob Guercœur, tragédie en\nmusique, trois actes et cinq tableaux (partition piano et chant). Quatuor pour instruments à\ncordes. Pour paraître prochainement dans les mêmes conditions : Hymne à Vénus (orchestre)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c007", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "418", "page_fin": "421", "image_debut": 18, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.6", "titre_corps": "Richard Strauss et ses nouveaux lieder (Chez Fürstner, Berlin)", "titre_sommaire": "Richard Strauss et ses nouveaux lieder (Chez Fürstner, Berlin)", "signature_source": "ADALBERT MERCIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "418", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.18", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 3562, "texte": "Richard Strauss et ses nouveaux lieder\n(Chez Fürstner, Berlin)\n\nRichard Strauss est né à Munich le n juin 1864. Son père, Franz Strauss, qui\nétait musicien de la chambre royale, où il occupait le poste de corniste, le confia\naux soins du maître de chapelle de la cour, W. Meyer. Strauss attira bien vite\nl'attention sur lui et principalement par une symphonie en fa mineur, exécutée\nen 1881, sous la direction de Lévy, puis par une Sérénade pour treize instru-\nments à vent (op. 7) que H. de Bùlow fit entendre un peu partout avec\nl'orchestre de Meiningen. En 1885, H. de Bùlow le fit appeler à Meiningen\ncomme directeur royal de musique ; mais il fut nommé, en 1886, troisième chef\nd orchestre à Munich, sa ville natale. En 1889, il accepta un poste analogue à\nWeimar, aux côtés de Lassen. Enfin, un peu plus tard il retourne à Munich,\ncomme chef d orchestre de la cour, et succède, en 1898, à Weingartner, en qualité\nde chef d orchestre de l'Opéra, à Berlin. Aujourd hui Strauss s'est conquis\nune réputation universelle, et les principales villes d'Europe qui l'ont vu diriger\nont pu apprécier ses qualités et son autorité de chef d'orchestre Je me\nrappelle, à ce sujet, combien je fus frappé de son habileté, il y a quelques\nannées, alors qu'il dirigeait au Residenz-Theater, à Munich, Cosi fan Tutte, au\ncycle de Mozart, et où il rénovait l'exécution de l époque en dirigeant à la fois\nl'orchestre et en tenant lui-même la partie de clavecin de cet opéra. Ce fut là une\nexécution des plus curieuses, et il s'en acquitta avec une aisance telle, quele public\nlui fit un triomphe. Mais, outre sa consécration de chef d'orchestre, Strauss est,\nà notre époque, le compositeur le plus en renom parmi ses contemporains\nallemands. Il fait preuve, du reste, dans ses compositions, d'une maîtrise et\nd une science incontestées qui lui ont servi à se créer une première place parmi\nles compositeurs modernes. Sa technique et son habileté d'écriture sont éton-\nnantes : nous ne pouvons que manifester notre admiration devant une connais-\nsance aussi prodigieuse du métier. Mais, malgré tout, je crains que cette habi-\nleté consommée n'atténue la valeur expressive de sa musique. Je veux dire par\nlà que cette habitude de se jouer des moindres difficultés le conduit à écrire avec\nune telle facilité, que l'esprit achève avant que le cœur se soit ému. Sans vou-\nloir le mettre en parallèle avec Wagner, si nous considérons-les qualités d'émo-\ntion de l'auteur de Tristan et Yseult, nous voyons, précisément, qu'elles n'ont\njamais été asservies au métier et que c'étaient elles qui s exprimaient les pre-\nmières ; la technique, en lui, a été progressant, à mesure que son génie s'affir-\nmait, et n'en a été que la conséquence. En effet, 1 on pourrait même ajouter que\nWagner s'affranchissait des formules, grâce à une inspiration généreuse,\ntoujours dominante dans son œuvre. Par contre, chez Richard Strauss, le métier\nempêche peut-être l'inspiration de se dégager librement et par la suite, de nous\ncommuniquer des impressions aussi intenses, malgré les surprises d'écriture\nqu'il nous ménage, et qui nous procurent une légitime admiration.\nLe nombre des œuvres de Richard Strauss est déjà très considérable. Les\nprincipales que nous connaissions sont : une sonate de piano (op. 5) ; une sonate\nde violoncelle (op. 6) ;un concerto de violon (op.t 8); des morceaux de piano 9);\nun concerto de cor (op. 11) ; une symphonie en fa mineur (op. 13) ; des poèmes\nsymphoniques dont plusieurs, joués chez Lamoureux et Colonne, furent très-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "419", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.19", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2181, "texte": "discutés et donnèrent lieu à de vives polémiques. Voici les titres des ses poèmes\nsymphoniques : Ans Italien (op. 16; ; Don Juan[ 1889), Macbeth (1891), Tod uni\nVerkldrung (1890), Till Eulenspiegel lustige Streiche (1895), Also sprach Zara-\nthustra (1897)1 Don Quixote (1898) ; un dramelyrique : Guntram (Weimar, 1891),\ndeux chœurs a cappella à seize voix : Der Abend et Hymne ; enfin un grand\nnombre de mélodies pour chant et piano.\nL'Album que vient de publier, à Berlin, 1 éditeur Fùrstner, est un recueil de\nvingt-cinq lieder arrangés pour le piano. Parmi ces compositions, nous parlerons\nde celles qui nous paraissent les plus intéressantes. Nous aurions aussi tenu à\nfaire quelques citations du texte qui commente la musique, afin d'éclairer davan-\ntage nos lecteurs ; mais,'malheureusement, il est d'ordinaire si puéril et si enfantin\nqu'il ne nous semble y avoir aucun intérêt à le reproduire Nous sommes même\nun peu surpris que Strauss aitconsenti à orner de son talent de si pauvres sujets.\nWasserrose (Rose d'eau) est un petit tableau symphonique, purement descriptif.\nLe rythme binaire associé au rythme ternaire donne une certaine allure et un\ncachet d'originalité à ce morceau :\nMais nous préférons la seconde partie, le en fa £ majeur, où l'accompagne-\nment paraît vouloir évoquer les murmures d une source. Il s'en dégage une\npoésie délicate. - .\nDans Blauer Sommer (Eté bleu), hauteur nous montre avec quelle sûreté il sait\nse servir du langage harmonique et combien cette science lui est familière :\nNous remarquerons dans ces deux mesures une véritable profusion d'har-\nmonies ; chaque note se trouve soulignée par un accord. Tout en appréciant\ncette prodigalité dans la composition, nous serions presque tenté de la regret-\nter, car elle finit par devenir dans la suite une fatigue ; l'oreille se lasse à la fin\net voudrait un peu plus de variété. Ce langage harmonique si serré et si com-\npliqué amène fatalement le compositeur à moduler assez souvent, pour ne pas\ndire presque constamment ; les modulations passagères, les enharmonies et\nles résolutions exceptionnelles sont autant de procédés dont se sert Strauss pour"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "420", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.20", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1728, "texte": "développer son système harmonique, procédés qui finissent par nous ôter toute\nimpression de tonalité. Et c'est là un point qui, à la longue, nous contrarie et\nnous excède, car ce flottement imprécis et continuel, qui serait admissible s'il\nexprimait un sentiment de rêve ou bien d'extase, ne fait qu'irriter le désir que\nnous avons de nous rattacher à une forme plus définie.\nWenn... (5i...), en mi ? , débute sur la dominante et module àla cinquième\nmesure en si g majeur par la résolution exceptionnelle de l'accord de triton sur\ncelui de sixte et quarte de si ; cette modulation est du plus heureux effet\nautant qu'imprévue :\nL'ensemble de ce morceau est d'une allure rapide. Nous signalerons aussi\nplus loin l'amusante cadence rompue : accord de sixte et quarte qui se résout sur\nl'accord de sixte sensible de mi majeur :\nLe commencement du morceau en ut 5 mineur, Weisser Jasmin (Jasmin blanc),\nest principalement construit avec l'accord de sixte et quarte.\nL'auteur se servira de ce renversement chaque fois qu'il voudra moduler;\nc'est, du reste, un procédé dont il use assez fréquemment. Dans ce lied qui\ndébute sur l'accord de sixte et quarte (sol 3, do jp, mi%), il module successi-\nvement trois fois, toujours avec l'accord de quarte et de sixte : ire fois en mi ma-\njeur, 2e fois en sol majeur, 3e fois en ut majeur. Cette dernière modulation\n(accord f, sol, do, mi) rattrape tout de suite l'accord de septième sensible du\nton de do 3 (sol 3, si 3, ré 3,fa 3 ) pour rentrer dans la tonalité initiale :\nLa première idée du Ruckleben (Souvenir) est expressive ; le motif en est\ngrave et empreint d'une certaine mélancolie qu'accentue, à la troisième me-\nsure, l'appoggiature do :"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "421", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.21", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1104, "texte": "Durant la seconde idée, en ré majeur, accompagnée par des doubles triolets,\nl'auteur emploie de nouveau son procédé modulant. Ainsi, dès qu'il quitte le ton\nde ré majeur, il module successivement à chaque mesure : i° ré mineur, 2° si g\nmajeur, 30 mi ; arrivé à cette tonalité nouvelle, il s'y arrête pendant quelques\nmesures, et passe en sol mineur pendant trois mesures ; la mesure suivante\nfait entendre l'accord de septième sensible de la majeur pour arriver à cette\nnouvelle tonalité...\nComme on peut s'en rendre compte, Strauss use presque constamment de ce\nprocédé qui semble être dans ses compositions une formule. Evidemment, il fait\nétalage d'une science consommée, mais peut-être en abuse-t-il trop souvent et\nce parti pris d'harmoniste finit-il par engendrer la monotonie et la fatigue.\nNéanmoins ces nouvelles compositions seront d'un enseignement excel-\nlent pour ceux qui apprécient les harmonies aux combinaisons compliquées ;\nelles resteront comme un document de premier ordre pour l'histoire de la grande\nmusique à notre époque.\n\nADALBERT MERCIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "422", "page_fin": "423", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.7", "titre_corps": "L'enseignement de la musique au collège", "titre_sommaire": "L'enseignement de la musique au collège", "signature_source": "E F", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "422", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.22", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1906, "texte": "L'enseignement de la musique au collège\n\nAu collège de Semur-en-Auxois,\ndans le courant de Tannée sco-\nlaire 1903-1904, on a fait une ten-\ntative d'éducation musicale qui a\ndonné d'appréciables et très réels\nrésultats.\nTrois conférences-concerts fu-\nrent organisées suivant une gra-\ndation méthodique.\nire Audition, sur Haydn.\nProgramme : i° Conférence\nsur Haydn et sa musique ;\n20 Allegro du Trio n° 6 (ré\nmajeur) pour piano, vio-\nlon et violoncelle ;\n30 Andante et finale du trio\n18 ;\n40 Symphonie n° 2 [ré ma-\njeur, Adagio, Allegro mi-\nnuetto, Allegro spiritoso\n(réduction pour petit or-\nchestre et piano 4 mains).\n20 Audition, sur Mozart.\ni° Conférence sur la vie et les\nœuvres de Mozart ;\n2° Tl do n° 5 (piano ,violon, violoncelle) ;\n3° Sérénade de Don Juan (chant, piano et violon) ;\n4° Allegro et menuet de la symphonie en sol majeur (pour petit orchestre\net piano).\n3e Audition, sur Beethoven.\ni° Conférence sur la vie et les œuvres de Beethoven ;\n2° Andante quasi allegro du Quatuor à cordes n° 5 ;\n3° Chœur à 4 voix chanté en allemand parles élèves (internes et externes)\n(Die ehre Cottes ans der Natur).\n4° Symphonie n° 2 en entier (petit orchestre et piano 4 mains).\nDans ces causeries-conférences, M. Savey-Cazard, principal du collège,\nfaisait une courte biographie du musicien qui occupait la séance et expliquait\nensuite aux élèves de quelle façon Ton compose une sonate ou une symphonie.\nQuelques mots sur le style et l'œuvre en général achevaient de les renseigner\nsommairement sur ce qu'ils allaient entendre.\nChaque morceau était ensuite expliqué rapidement dans ses diverses parties\navant d'être exécuté.\nLes élèves, petits et grands, ont montré un intérêt et un goût très vifs pour\nces genres de réunions, et à la dernière, celle qui fut consacrée à Beethoven, ils\nchantèrent, sous la direction de leur dévoué professeur d allemand, M. Tissol,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "423", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.23", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 768, "texte": "un chœur de Beethoven à quatre voix. Le résultat témoigne d'un effort consi-\ndérable\nN'est-ce point là une preuve évidente qu'il n'est pas impossible de donner à la\njeunesse de nos lycées et collèges le goût de la musique sérieuse, en la prépa-\nrant par une évolution lente et méthodique à la compréhension des œuvres des\ngrands maîtres ?\nSi cette tentative était généralisée et donnait partout d'aussi certains résultats,\nd'ici à une vingtaine d'années on n'entendrait plus dire que les Français ne s in-\ntéressent qu'à la musique de café-concert ; car, pour détruire ce jugement déso-\nlant, il est indispensable de leur enseigner, dès le jeune âge, à écouter, à com-\nprendre et à aimer la bonne musique. Tous nos compliments à M. Savey-Cazard.\n\nE F."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c017", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "423", "page_fin": "424", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.8", "titre_corps": "Concours Osiris.— Président de la Commission : M. ALFRED BRUNEAU.", "titre_sommaire": "Concours Osiris.— Président de la Commission : M. ALFRED BRUNEAU.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "423", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.23", "debut_caractere": 770, "fin_caractere_exclue": 3251, "texte": "Concours Osiris.— Président de la Commission : M. ALFRED BRUNEAU.\nM. Daniel Osiris, qui vient de faire cadeau à l'État du célèbre domaine de la\nMalmaison, et qui a donné tant de preuves de sa philanthropie, a eu la géné-\nreuse pensée, sachant notre zèle pour le chant choral, d'ouvrir ici même un\nconcours pour l'acquisition d'un chœur destiné à être chanté par les élèves de\nnos lycées. Nous avons publié le programme de ce concours, et nous en faisons\nconnaître le résultat, que M. Alfred Bruneau a bien voulu établir avec sa haute\nautorité artistique.\nSur les 17 compositions envoyées, les suivantes ont été retenues : Remember,\nBonus, bona, bonhomme, Abonné —En attendant mieux, Sursumcorda. Toutes\nrenferment des qualités sérieuses, mais, inégalement, des faiblesses. On désirait\nune composition de caractère juvénile, vive, amusante, facile et distinguée à la\nfois. Un divertissement ad libitum permettait au musicien de donner carrière\nà sa fantaisie et à son savoir en contrepoint. Ce désir n'a été que partiellement\nsatisfait. Remember est une œuvre considérable, claire, bien rythmée, con\\ena-\nblement écrite, non dépourvue de verve, mais trop facile, où 1 idée vraiment\nmusicale faiblit parfois, et où le « divertissement » est insuffisant. Bonus, bona,\nbonhomme, ne manque pas d'originalité, mais avec des lacunes. Le début, avec la\npremière syllabe de vivat sur le temps fort, n'est pas heureux, et la partie des\npremiers dessus est écrite trop bas pour bien sonner; à la fin de la première\npage, sur les mots comme un renard, il y a des intonations bien di fficiles : ré b-mi -\n(septième descendante), do (sixte ascendante),fa ascendante). Une page a\nparu impraticable, avec ses 16 doubles croches à la mesure, sur chacune des-\nquelles il faut, dans un mouvement animé, prononcer le mot teuj. Le divertisse-\nment et l'ensemble sont faibles En attendant mieux est une pièce correcte et de bon\naloi, bien prosodiée, d'allure sage, trop même, mais sans ampleur,\net surtout trop écourtée. Dans Sursum corda, il y a une écriture assez fine, quel-\nques idées heureuses, mais des vulgarités, des faiblesses, pas assez de constiuc-\ntion et de nerf ; une page qui a paru être du style de petite opérette a été sévère-\nment jugée. Les autres envois ont dû être écartés, soit parce qu ils ne remplis-\nsaient pas les conditions du concours, soit parce qu ils témoignaient d une\ntrop visible inexpérience.\nToutes ces œuvres ont été examinées, et jugées en dernier ressort sans que"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "424", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.24", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "les enveloppes contenant les noms qui correspondent aux devises aient été\ndécachetées. En somme, les meilleures ont paru trop grises, et n'avoir pas assez\nde caractère pour être offertes à la jeunesse des lycées. En raison du but pour-\nsuivi et de la récompense élevée offerte par M. Osiris, la Commission a cru\ndevoir laisser le concours encore ouvert jusqu'au ier avril 1905. Les mêmes\nconcurrents pourront, bien entendu, envoyer de nouveaux ouvrages ; nous leur\ndemandons un plus sérieux effort, vraiment digne d'eux et du programme suivi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c018", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "424", "page_fin": "426", "image_debut": 24, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.9", "titre_corps": "Munich et le théâtre du Prince-Régent.", "titre_sommaire": "Munich et le théâtre du Prince-Régent.", "signature_source": "LUCIEN DE FLAGNY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "424", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.24", "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 3337, "texte": "Munich et le théâtre du Prince-Régent.\n\nAoût igozf.\nLa mode capricieuse défend à ses adeptes de goûter plusieurs fois de suite le\nmême plaisir sans en varier le cadre. Avouez-vous cette année avoir été à\nBayreuth r ! Comment peut-on y aller encore ? semblerait dire votre interlo-\ncuteur scandalisé. —C'est à peine s'il est permis, en passant, de s'y arrêter pour\nentendre Parsifal ; d'autre part, à moins de traverser l'Océan, ce n'est que\ndans la ville sacrée qu'on peut ouïr le chef-d'œuvre du maître. Mais Frau\nCosima, son théâtre et ses chefs d'orchestre on sait que fils et gendre se\nsuccèdent au pupitre ne méritent plus une aune d'attention ! Depuis trois\nans que le théâtre du Prince-Régent s'élève au-dessus de l'lsar, il s'est acquis\nune réputation d'année en année grandissante ; M. de Possart, intendant des\nthéâtres royaux, lui-même tragédien et metteur en scène de premier ordre, grâce\nà une direction ferme et intelligente, en fera d'ici peu le premier théâtre wagné-\nrien du monde. Toujours il s'est appliqué à choisir pour sa troupe ordinaire des\nartistes d'un mérite éprouvé ; pour le Festival, il ajoute quelques étoiles de pre-\nmière grandeur, telles que Milka Termina, de New-York, Van Rooy, de Lon-\ndres, Burriau, de Dresde, Albert Reiss, de Londres ; Weingartner, Nikisch et\nMottl, les kapellmeister élus pour la direction musicale des opéras, ne sont pas\nde mince réputation. Les décors, les costumes contribuent encore à donner à\nces représentations un vif intérêt.\nLa salle, toute en gradins depuis l'orchestre jusqu'aux sept grandes loges qui\noccupent tout le fond de l'édifice, forme un vaste trapèze ; le style néo-grec est\nsobre : pour toute ornementation, sur les murs latéraux, quatre niches ornées\nde reliefs ont reçu des trépieds d'or où manque la fumée des sacrifices * sur les\nfûts des colonnes qui séparent les niches on a placé des vases grecs, aux formes\nharmonieuses. - Cette année, l'orchestre invisible a subi une modification qui\npromet d'être un notable perfectionnement ; l'ouverture par laquelle la sonorité\narrive dans la salle est susceptible de s'agrandir ou de diminuer; il suffit au\nchef d orchestre de presser un bouton électrique et le crescendo des instruments\ns'accentue aux oreilles des auditeurs, ou la sonorité en est étouffée comme par\nune sourdine : c'est, somme toute, un système analogue à celui de la boîte\nexpressive à jalousies, dans laquelle l'orgue est d'ordinaire enfermé.\nUne analyse détaillée de chaque représentation nous entraînerait un peu loin.\nNous nous contenterons donc de donner quelques impressions sur les princi-\npaux interprètes : Milka Termina est une Isolde passionnée et sincère, peut-être\nsans une grande spontanéité, mais si gracieuse î Ses poses plastiques dénotent"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "425", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.25", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 3702, "texte": "une intelligence réelle de la beauté des lignes ; il est à regretter que sa voix,\ndont au reste elle se sert avec une habileté rare, la trahisse parfois.\nMathilde Frânkel-Claris, dans le rôle de Brûnnhilde, forme avec cette dernière\nun douloureux contraste: son jeu maladroit et sa voix chevrotante gâtent, aussi-\ntôt qu'elle paraît, un ensemble excellent. On s'étonne que la direction ait engagé\ncette artiste insuffisante ; M. de Possart n'a d'ailleurs pas tardé à reconnaître son\nerreur en remplaçant Mlle Frânkel par Mme Senger, de tous points satisfaisante.\nLa voix d'Heinrich Knote est jeune, fraîche et d'un beau métal ; mais incar-\nner en huit jours trois héros tels que Tristan, Walther et Siegfried, n'est-ce\npas présumer un peu trop de ses forces? Certes, il imprime une juvénile allure\nau personnage de Siegfried ; il est débordant de vie, expansif, léger et presque\nspirituel dans les grosses plaisanteries. De son jeu varié il anime cette som-\nbre caverne des Nibelungen, et son enthousiasme se communique aux spectateurs\nlorsqu'il forge l'épée qui lui servira à tuerie Dragon, accompagnant son travail\ndu chant de la forge, cette merveille de rythme !...\nAyant eu moins souvent l'occasion de chanter Tristan, Knote n'a pas établi\navec le même bonheur ce rôle plus difficile à jouer que celui de Siegfried. Sa\npsychologie ne laisse pas d'être compliquée, et il exige de l'artiste des nuances\ninfinies. Il est à regretter que Burrian, dont nous avons pu apprécier dans la\nWalkùre le talent délicat et la voix souple, ne se soit pas produit dans ce rôle,\nson meilleur assurément. Knote ne possède pas encore les qualités de bel canto\nnécessaires pour rendre toutes les finesses vocales du rôle si difficile de Walther\nvon Stolzing ; en perfectionnant l'émission trop gutturale des notes élevées et en\nles faisant passer par le masque, il arrivera aisément à un excellent résultat.\nAnton von Rooy semble l'incarnation même de Flans Sachs à la figure duquel\nil sait donner un indicible charme ; mais la traversée de l'Océan ne semble pas\navoir réussi à l'illustre chanteur, dont la voix vibre parfois d'une façon exagérée.\nQuant à Albert Reiss (David et Mime), Joseph Geiss (Beckmesser), nous leur\ndirons comme Molière àLa Grange : « Pour vous je n'ai rien à vous dire ! »\nHans Edgar Oherstetter tient avec intelligence le rôle difficile de Fafner, sa\nvoix étendue et bien timbrée sonne dans la perfection: souhaitons de le voir,\nl'an prochain, dans le rôle de Wotan qui lui semble destiné. —Olive Fremstad est\ndouée d'une voix superbe aux sonorités d'orgue, mais pourquoi s'affubler de ce\ncostume désuet de Marguerite de Faust avec cette fade perruque à tresses\nblondes patiemment nattées sur des faveurs rouges? Senta et Sieglinde ne\npouvaient trouver de meilleure interprète que Berta Morena. Ernesta Delsarta\nest une charmante Freia. Ella Tardeck n'a pas su préciser les traits de l'exquise\nEva.\nLa mise en scène est, en général, très soignée ; toutefois un dessinateur qui a\nun musée tel que la Pinakothek à sa disposition est coupable de ne pas intro-\nduire plus de pittoresque et de fantaisie dans les costumes des Meistersinger. Ses\ndécors, ceux du Ring surtout, font honneur aux auteurs de leurs maquettes,\nmais l'exécution laisse quelquefois à désirer; certains accessoires peints à\ntrompe-l'œil sont d'un déplorable effet ; les éclairages gagneraient aussi à être\nplus artistement ménagés et gradués\nCes observations de détail une fois faites, il nous faut convenir que ce cycle\nprésente un ensemble des plus imposants; l'impression artistique qui s'en dégage\nest inoubliable ; il y a chez tous les acteurs qui y prennent part, depuis le pre-"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "426", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.26", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 414, "texte": "mier rôle jusqu'au dernier choriste, un désintéressement de la personnalité en\nfaveur de l'intérêt général, une application soutenue, une discipline de fer qui\nseuls permetten t de rendre une grande œuvre dans toute son intégrité. —Il\nserait bon que cet exemple fût suivi par nos artistes, hélas ! trop souvent préoc-\ncupés de leurs seuls intérêts personnels...\n\nLUCIEN DE FLAGNY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c019", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "426", "page_fin": "427", "image_debut": 26, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.10", "titre_corps": "Documents inédits sur Tamberlick.", "titre_sommaire": "Documents inédits sur Tamberlick.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "426", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.26", "debut_caractere": 416, "fin_caractere_exclue": 3501, "texte": "Documents inédits sur Tamberlick.\nNous faisons figurer ci-après, à titre de documents idédits, 2 engagements, copiés textuellement\nd'après les originaux. On remarquera qu'ils sont rédigés en langue française (?) bien qu'à des-\ntination d'Angleterre et de Russie.\n1. M. Enrico Tamberlick reconnaît s'être engagé avec le théâtre Impérial de\nSaint-Pétersbourg pour une saison qui commence le premier octobre prochain et\nfinira le 6 mars nouveau style <Bsi, en qualité de primo Tenore devant chanter pas\nmoins de trois fois par semaine, si la Direction le désire, et obligé de chanter tous\nles rôles' de son emploi qui lui seront distribués par la Direction, sans prétendre à\naucun exclusivement.\n2. —M. Tamberlick recevra un traitement de soixante mille francs pour ce\nlaps de temps qui lui seront payés chez lui en portions égales et aux époques\nfixées selon les habitudes des théâtres Impériaux.\n3. La Direction des théâtres Impériaux fournira à M. Tamberlick les cos-\ntumes, coiffures et chaussures appelés de caractère ; mais l'artiste se fournira lui-\nmême les costumes, coiffures et chaussures appelés de ville, qu'exigeront ses rôles.\n4. M. Tamberlick s'oblige à se trouver exactement aux répétitions toutes le\nfois qu'il lui sera requis par la Direction des théâtres Impériaux ou ses préposés\n(sic) ; àse tenir prêt à tous les rôles portés sur son répertoire ; enfin à se prêter\nà tout ce qui pourra servir les intérêts et le bien de l'entreprise, en ne faisant usage\nde ses talents que pour elle et ne pouvant en disposer autrement qu'avec la per-\nmission de S. E. le Directeur général ; à se conformer aux usages et règlements\nétablis ou à établir pour le bon ordre et la police du spectacle.\n5. Dans le cas où M. Tamberlick se dirait malade ou dans l'impossibilité de\nchanter, ce fait devra être constaté par le médecin de la Direction Impériale, dont le\ncertificat fera seul autorité ; si le certificat porte que l'artiste peut chanter, il lui\nsera tenu de reprendre son service.\n6. Dans le cas, où une maladie priverait la Direction des talens (sic) de\nM. Tamberlick pendant deux semaines, ce terme expiré, la Direction est en droit\nd'arrêter le payement de ses appointements jusqu'au moment de sa rentrée au\nthéâtre.\n7. Cet engagement ayant dès ce moment pleine et entière force et valeur, en\ncas que M. Tamberlick se permît de contracter avec un autre théâtre un enga-\ngement à dater du ler septembre de l'année iBso, il sera passible d'un dédit de\nsoixante mille francs envers la Direction des théâtres Impériaux de Russie, sans\npouvoir s'y refuser sous aucun prétexte que ce soit, et au cas contraire la Direction\nImpériale aura droit de le faire poursuivre en quelque pays où il se trouverait pour\nen recevoir le payement du dédit ci-dessus fixé, ainsi que tous les frais occasionnés\npar le refus de payer ce dédit à la première réclamation.\n8. - M. Tamberlick s'engage à se trouver à Saint Pétersbourg assez d'avance\npour pouvoir commencer ses représentations le i?r octobre, nouveau style, sous\npeine d'une amende de au\nprofit de la Direction.\n(L'article 9 est biffé.)"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "427", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.27", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2859, "texte": "10. Il est de plus convenu, qu'en cas de suspension ou fermeture de théâtre\npar ordre du gouvernement ou toute raison qui ne permettrait la continuation des\nreprésentations et par conséquent l'exécution du présent contract, l'artiste ne sera\npayé de la totalité des appointements ci-dessus fixés, mais recevra seulement le\npayement d'après le nombre des représentations qui auront été faites, en calculant\nle prix de chacune par le nombre de spectacles fixés pour la saison.\n11.— M. Tamberlick aura droit à un demi-bénéfice dont le revenu lui appar-\ntiendra entier et aura droit de choisir tout opéra à donner pour le susdit bénéfice,\nles dépenses duquel seront à la charge de la Direction Impériale.\n12. M. Tamberlick choisira de commun accord avec la Direction Impériale\nl'opéra de son début.\n13. M. Tamberlick met à la disposition de la Direction Impériale le répertoire\ndes opéras suivants qui ne seront pas exclusivement à lui, mais qu'il sera obligé de\nchanter à la demande de la Direction Impériale.\nROSSINI : Otello Barbiere Cenerentola Mosè Dona del Lago Tan-\ncredi— Assedio il Çorinto.\nMOZART : Don Giovanni.\nDONIZETTI : Gemma di Vergi Parisina Maria Padilla Roberto— Deve-\nreno Lucia Martiri Torquato D. Sebastiano Favorita Lucrejia Bor-\ngia Maria di Rohan Regina di Golconda -- Adelia.\nBELLINI : Morina Straniera Puritani.\nMERCADANTE : Giuramento Vestale— Elisa e Claudio GrapePa di Virgi -\nIllustre rivale.\nPACINI : Medea — — Laffa Ebrea.\nAUBER : Muto di Portici ou Masanielo.\nMEYERBEER : Roberto il Diavolo Ugonolti.\nHALÉVY : Juive Reyne de Chypre.\nBATTISTA : Anna la Prie.\nVERDI : Ernani Toscari Lombardi Attila Masnardieri Giovanna\nParis Alzira.\nSigné:\nENRICO TAMBERLICK.\nROYAL ITALIAN OPERA\nLONDON\nLes soussignés, M. Eréderick Gye, Directeur du Théâtre de l Opéra Royal\nItalien à Londres, d'une part, et M. Enrico Tamberlick, artiste dramatique, de l'autre\npart, sont convenus ce qui suit :\nio M. Tamberlick s'engage à faire l'emploi de Premier ténor absolu au théâtre de\nCovent-Garden pendant la durée de son engagement avec M. Gye.\n2° Cet engagement commencera le premier du mois de juillet 1858 et finira à la\nfin de la saison du théâtre de M. Gye, mais pas plus tard qu'à la fin d'août ;\n3o Les appointements de M. Tamberlick seront sqo livres par mois, être payés\npar mois.\n40 M. Tamberlick chantera dans les concerts aussi bien que dans les opéras,\nmais il ne chantera nulle part hors du théâtre dans le royaume de la Grande-Bre-\ntagne pendant l'année iB5B, sans la permission écrite de M. Gye, excepté aux con-\ncerts privés et gratis ;\n5° M. Gye fournira les costumes à M. Tamberlick pour ses divers rôles, selon\nl'usage ordinaire des théâtres ;\n6° M. Tamberlick se conformera aux règles ordinaires du théâtre en cas de mala-\ndie, d'incendie, répétitions, etc.\nSigné :\nGYE.\nLondres, 10 septembre 1837."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c020", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "428", "page_fin": "432", "image_debut": 28, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11", "titre_corps": "Actes officiels et informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "428", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "Actes officiels et informations.\n\nOPÉRA-COMIQUE. — L'Opéra-Comique vient de faire une très brillante\nréouverture avec Carmen. Tous nos vœux de succès à ce charmant théâtre\nauquel M. Carré a su donner une si haute valeur artistique et une allure si\nvivante, en accueillant tant de nouveautés ! c'est lui qui est l'espoir des composi-\nteurs lyriques français de toutes les Ecoles ; nous sommes assuré que cette saison\nsera digne des précédentes.\n\nECOLE DE CHANT CHORAL.\n«Pour le Ministre:\n«Le Directeur des Beaux-Arts,\n«H. MARCEL.»\n— Pour créer 1 institution chorale complète et pra-\nA X\ntiquement organisée qui manquait à Paris, et pour inciter les compositeurs de\nmusique à écrire de grandes œuvres avec chœurs, dont l'exécution était incer-\ntaine ou trop dispendieuse, MM. Henri Radiguet et Louis Masson. sous les\nauspices de M. J. d'Estournelles de Constant, chef du bureau des théâtres, ont\nsoumis à M. le Ministre des Beaux-Arts le projet d'une Ecole de chant choral,\nouverte aux hommes, femmes et enfants, afin de réunir toutes les ressources\nvocales, et divisée en sections, ayant leur siège dans différents quartiers, afin de\nrendre aussi étendu et aussi favorable que possible le recrutement des élèves.\nM. le Ministre des Beaux-Arts vient d'approuver leur projet par cette lettre :\n(( MESSIEURS,\n(( Vous avez bien voulu me faire part de votre projet d'organisation d'une\nEcole de chant choral ouverte aux hommes, femmes et enfants, et destinée à\nformer des masses chorales qui permettraient l'exécution des grandes œuvres\nmusicales avec chœurs. A cet effet, vous demandez que la petite salle de concert\ndu Trocadéro soit mise gratuitement à votre disposition, une fois par mois le\ndimanche matin, pour des répétitions d'ensemble, et qu'une des petites salles du\nrez-de chaussée soit affectée à l'administration de votre école.\n(( L'administration des Beaux-Arts nepeut qu'approuver l'intéressantprojet que\nvous lui avez soumis et que souhaiter la réussite d'une œuvre qui semble appe-\nlée à rendre de réels services à l'art musical et à développer le goût du chant\nparmi le peuple.\n(( Je m'empresse donc de vous accorder les autorisations que vous avez sollici-\ntées ; vous pourrez utiliser une fois par mois, le dimanche matin, la petite salle\ndes concerts, et une pièce du rez-de-chaussée sera mise à votre disposition pour\nl'administration de votre école.\n« Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très distinguée.\nL'Ecole de chant choral ouvrira en octobre. Dès maintenant, les inscriptions\nd'élèves sont reçues et toutes communications peuvent être transmises au\nsiège de l'administration, palais du Trocadéro\n\nARMIDE\n\nOn annonce que, l'hiver prochain, M. Gailhard nous donnera YAr-\nmide de Gluck, jouée avec succès à Béziers à la fin du mois d'août. Le sujet de cet\nopéra (tiré de la Jérusalem délivrée du Tasse) est un de ceux qui ont le plus attiré"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "429", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3179, "texte": "l'attention des musiciens. Les drames lyriques les plus connus sur Armide sont\nceux de (Venise, 1639), de Rampini (ibid., 1711), de Graun (Berlin, 1751 ),\nde Traetta (Vienne, 1760), Jomelli (Naples, 1771), Salieri (Vienne, 1771), Sac-\nchini(Milan, 1772), Astaritta (1777), Gazzaniga (1777), Rauzini (Londres, 1778 J,\nP. de Winter (Munich, 1778), Mortellari (Milan, 1778), Jos. Mysliweczek (1780),\nJos. Haydn (1782), Cherubini (Florence, 1782), Anfossi (Londres, 1782), Zin-\ngarelli (Rome, 1786), Mosca (Florence, 1799), Righini (Berlin, 1799), Rossini\n(Naples, 1817). Il faudrait ajouter à cette liste : Artnida, regina di Damaso,\nd'Orgiani(Vérone, 1711) ; Armida e Rinaldo, deSarti (Saint-Pétersbourg, 1785 ) ;\nArmida abbandonata, de Ruggeri (Venise, 1710) ; Armida al Campo, de Boni-\nventi (Venise, 1707) ; Armida al Campo d'Egilto, de Vivaldi (Venise, 1718) ;\nArmida immaginaria, de Cimarosa (Naples, 1778) ; Il trionfo d'Armida, d'Albi-\nnoni(Venise, 1726); Rinaldo, deTozzi (Brunschwig, 1775), de Haendel (Londres,\n24 lévrier 1711) ; Rinaldo ed Armida, de J. Eccles (Londres, 1698) ; Gerusalemme\nliberata, de Pallavicino (Venise, 1688, représenté aussi sous le nom d Armida à\nHambourg en 1695}, de Righini (Berlin, 1802).\nLes opéras français sont : Armide et Renaud, de Lulli (Paris, 1686), livret de\nQuinault ; Armide, de Gluck (Paris, 23 septembre 1777), même livret ; Renaud,\nde Desmarets (Paris, livret de Pellegrin ; Renaud, de Sacchini (Paris,\n1783), livret de Lebœuf.\nChez les Allemands, il y a, sur le même sujet, les opéras de Haffner (Stock-\nholm, 1792), Rheineck (1779), Zumsteeg (Stuttgart, 1790), Paradies (Pra-\ngue, 1797), Glàser (Vienne, 1828), —le ballet d'Apell (Renaud et la Forêt\nenchantée, Cassel, 1782).\nDe tous ces opéras, ceux de Lulli, Gluck, Sacchini et Rossini eurent seule-\nment un grand succès ; et celui de Gluck, seul, est encore joué.\n\nDR. K.\n\nLE CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION MUSICALE DE FRANCE. Nous avons annoncé\ndans le dernier numéro de la Revue qu'un Congrès tiendrait ses assises à\nSuresnes le 15 août.\nCette assemblée, présidée par M. Laurent de Rillé, réunissait près de cinquante\ndélégués de Sociétés musicales de France et d'Algérie.\nLe but de cette séance était de rechercher par quels moyens on pourrait arriver\nà unir toutes les Sociétés musicales par un lien qui leur permettrait de développer\nleurs progrès artistiques, qui leur faciliterait l'obtention de divers avantages et\nqui leur donnerait satisfaction au point de vue de revendications dont certaines\nnous ont paru tout à fait légitimes.\nLa Fédération musicale de France, fondée il y a huit ans, et qui fut récemment\nprésidée par M. Gastinel, puis par M. Samuel Rousseau, a cherché à réaliser ce\nprogramme d'union et d'élévation artistique.\nDepuis ce temps, des fédérations régionales se sont formées un peu partout en\nFVance, mais, jalouses de leur indépendance, elles n'ont pas cru devoir s'unir par\nun lien fixe et durable.\nLe Comité directeur de la Fédération musicale de FAance, ayant été fondé à\npenser que sa présence pouvait nuire à la fusion qu'il avait cherché à provoquer,\nprit, sur la proposition de M. Clérisse, délégué de l'Union départementale des"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "430", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3034, "texte": "sociétés musicales de l'Eure, la décision de disparaître en bloc, afin de laisser\nle terrain net.\nAprès avoir exposé les travaux de Tannée, M. Henri Brody, secrétaire général\nde la Fédération, fit valoir dans son rapport les raisons que nous venons d'in-\ndiquer, et déposa la démission du Comité directeur sur le bureau.\nUne commission de délégués, où figuraient MM. Clérisse, Lafitte, directeurs\ndes Enfants de Lutèce, Brévannes, de l'Orphéon, etc., etc., fut aussitôt consti-\ntuée. Son rapport, présenté par M. Fouasse, directeur de l'Orphéon d'Evreux,\nconcluait à la remise de tous pouvoirs à un Comité uniquement formé des pré-\nsidents des Fédérations régionales, auquel serait adjoint, à titre de secrétaire,\nM. H. Brody.\nCette proposition fut adoptée à l'unanimité.\nCe Comité provisoire est chargé de jeter les bases d'une organisation nouvelle\nde la Fédération musicale de PVance. Aucune raison ne peut actuellement s'op-\nposer à la fusion de toutes les fédérations existantes.\nChacune d'elles gardera son autonomie ; mais un comité composé de musiciens,\nde critiques, d'écrivains, de jurisconsultes dont les noms seront choisis parles\nreprésentants des Sociétés musicales, aura la confiance des orphéonistes, et,\ns'inspirant des désirs exprimés par les Sociétés musicales, pourra travailler à\nl'œuvre d'union, de solidarité et d'art qui est le but de la Fédération.\n11 y a dans les Sociétés musicales une somme considérable de bonnes volontés.\nUn grand nombre d'entre elles présentent un intérêt artistique que nous nous\nplaisons à reconnaître et à saluer.\nLa Revue musicale aidera de toutes ses forces la Fédération nouvelle à\nréaliser son noble programme.\n\nAIX-EN-PROVENCE. Par arrêté du 16 août 1904, de M. le préfet des Bouches-\ndu-Rhône, Mlle Pécout Marie-Gabrielle est nommée professeur de piano à\nl'Ecole nationale de musique, en remplacement de Mlle Wanska, qui a demandé\nà faire valoir ses droits à la retraite.\n\nTROCADÉRO. Les concerts qui devaient être organisés, en juillet dernier,\ndans la grande salle des fêtes du Palais du Trocadéro, par M. Walter Behrens,\navec le concours de la fanfare anglaise a Besses of the Barn », sont reportés\nau 29 octobre prochain.\n\nNANCY. Par arrêté de M. le préfet de la Meurthe-et-Moselle, M. Heck\n(Jean-Armand} a été nommé professeur de violon à l'Ecole de musique, suc-\ncursale du Conservatoire.\n\nBouLOGNE-sur-MER. Par arrêté de M. le préfet du Pas-de-Calais, M. Défiez\nEdmond a été nommé professeur de solfège secondaire à l'Ecole nationale\nde musique, en remplacement de M. Malo, décédé.\n\nLA BAULE. — Une large baie abritée, une plage de sable fin s étendant à perte\nde vue avec la mosaïque de ses coquillages, de grands bois de pins, de coquettes\nvillas, voilà les éléments d'une villégiature idéale. En outre, le Casino neuf et\npimpant offre, parmi les attractions de rigueur, un plaisir qui n'est jamais à\ndédaigner et qui, dans un tel décor, est encore rare : celui d'entendre de la\nbonne musique. C'est au chef d'orchestre, M. Francisco de Lacerda, que nous"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "431", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3408, "texte": "devons ce plaisir-là. Nos lecteurs le connaissent déjà par ses précieuses recher-\nches historico-musicales publiées ici, et par sa Danse du Voile qui lui a valu un\npremier prix à notre dernier concours. Absorbé par ses travaux personnels, ses\ncours d'orchestre, d ensemble vocal, etc., et surtout par son enseignement àla\nSchola Cantorum, où il occupe une place au premier rang, ce musicien éminent,\ntoujours prêt à se dépenser pour l'avenir d'une belle idée, passe ses vacances à\ndémontrer que le niveau des concerts de casino peut et doit être relevé. Il a com-\nmencé par constituer un orchestre capable de le seconder (plusieurs de ses\ncollaborateurs, et non des moins dévoués, sont de véritables artistes ;il faut\ncjiter MM. Façon (violon), Schwab (violoncelle) et Zeitlin (violon), qui enthou-\nsiasmait la salle entière, dimanche dernier, avec la Danse tsigane, de Nachez,\nœuvre de haute difficulté, enlevée avec autant de verve que de sûreté et de pré-\ncision). C'est ainsi qu'il arrive à donner des concerts où, à côté des valses les plus\nentraînantes des Strauss. Waldteufel et Ganne, des célèbres Gzardas de Gung'l,\ndes brillantes marches de Fahrbach et Strobl, on ale plaisir (d'ailleurs fort\ngoûté du public; d entendre des fragments des grandes œuvres symphoniques\nde Haydn, Mozart, Beethoven et de quelques bons compositeurs modernes.\nParmi des numéros de styles complètement différents exécutés avec une sûreté\nd'interprétation impeccable, on n'a que l'embarras du choix. Citons au hasard\nle Lai go de Haendel, exempt de sa coutumière monotonie ; les Danses hon-\ngroises de Brahms, enlevées avec un brio extraordinaire ;11 Rondo de la 13e\nSymphonie de Haydn, détaillé avec une finesse et une légèreté exquises ;la\nMarche hongroise de Berlioz, brillante et sonore ;la délicate ouveiture d Obéron\net enfin 1 ouverture de Léonore n° 3oùM. de Lacerda a montré la puissance\nd'une interprétation qui cherche sa raison d'être àla source même où a puisé\nle génie du maître, c'est à-dire dans la vérité. M. de Lacerda ala simplicité,\nl'énergie et la sincérité des talents robustes. Sans prétention, comme sans parti\npris, il montre en tout ce qu'il entreprend l'intention bien arrêtée de faire triom-\npher le grand art, l'art vrai. Et il y réussit.\n\nBOULOGNE-SUR-MER.\nA. M.\nAu Casino, c'est devant une salle comble que la\ntroupe des artistes interprète successivement le théâtre d'opéra et d'opérette ;\nnous y entendons La Fille de Mme Angot, Grisélidis, Boccace\nSoutenus par un orchestre dirigé habilement, les chanteurs font valoir heu-\nreusement les qualités de ces ouvrages.\nEn résumé, spectacles divertissants et agréables qui font passer une bonne\nsoirée à l'auditeur.\n\nLA MUSIQUE FRANÇAISE EN RUSSIE.\n\nM. Pierre Sechiari, le premier violon\nsolo des Concerts Chevillard, nous écrit de Russie (9/22 août), où il obtient le\nmême succès qu'à Paris, une aimable lettre d'où nous détachons les lignes sui-\nvantes :\n(( Pavlovsk, où je suis en ce moment, est le Saint-Germain de Pétersbourg;\nmais il y a ici une immense salle de concert qui peut contenir 5.000 personnes,\net chaque soir, elle est archi-comble. Comme orchestre, la Philharmonie de\nPrague (60 musiciens), dirigée successivement par son chef, M. Nedbal, l'excel-\nlent altiste du quatuor tchèque, et Vincent d'indy, qui a fait entendre le Camp de\nWallenstein, Sauge fleurie, Y Apprenti Sorcier de Dukas ; Colonne, qui, ensuite,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "432", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "a dirigé un mois ; Panzner, de Brune, dont ce sera le tour demain. Solistes :\nJacobs, de Bruxelles, comme violoncelliste, et de nombreux chanteurs et chan-\nteuses, la plupart allemands. Chaque mardi, concert d'oeuvres russes: les compo-\nsiteurs nationaux les plus aimés ici sont toujours Rimsky-Korsakof, Borodine\net Tchaïkovsky, dont la 4e et la 5e Symphonie sont particulièrement goûtées.\nPersonnellement, j'ai joué : Symphonie espagnole, Concertos de Bruch, Men-\ndelssohn, Beethoven, Rondo cappricioso de Saint-Saëns, etc.. et j'ai dû, à\nchaque concert, donner 3 ou 4 morceaux en bis. Il fait ici un temps épouvantable\net la pluie ne cesse un seul instant.\n\nPIERRE SECHIARI.»\n\nLa statue de César Franck sera inaugurée le 20 octobre, square Sainte-\nClotilde. Le 16, M. Colonne donnera un concert consacré à la mémoire du\ngrand compositeur et jouera la 2e partie de Hulda.\nOn nous écrit de Villers-sur-Mer que, durant le mois d'août, le nom d'une\ncantatrice de l'Opéra-Comique a été affiché à /'intérieur de l'église; à Wimereux,\nle dimanche 5 septembre, l'organiste jouait des fragments de Richard Wagner...\nTout cela est-il conforme aux ordres récents du Pape ?\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : Opéra.\nRecettes détaillées du 20 juillet au 19 août 1904."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c021", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "428", "page_fin": "428", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.1", "titre_corps": "OPÉRA-COMIQUE. — L'Opéra-Comique vient de faire une très brillante", "titre_sommaire": "OPÉRA-COMIQUE. — L'Opéra-Comique vient de faire une très brillante", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "428", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.28", "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 457, "texte": "OPÉRA-COMIQUE. — L'Opéra-Comique vient de faire une très brillante\nréouverture avec Carmen. Tous nos vœux de succès à ce charmant théâtre\nauquel M. Carré a su donner une si haute valeur artistique et une allure si\nvivante, en accueillant tant de nouveautés ! c'est lui qui est l'espoir des composi-\nteurs lyriques français de toutes les Ecoles ; nous sommes assuré que cette saison\nsera digne des précédentes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "428", "page_fin": "428", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.2", "titre_corps": "ECOLE DE CHANT CHORAL.", "titre_sommaire": "ECOLE DE CHANT CHORAL.", "signature_source": "«Pour le Ministre: «Le Directeur des Beaux-Arts, «H. MARCEL. »", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "428", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.28", "debut_caractere": 459, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "ECOLE DE CHANT CHORAL.\n«Pour le Ministre:\n«Le Directeur des Beaux-Arts,\n«H. MARCEL.»\n— Pour créer 1 institution chorale complète et pra-\nA X\ntiquement organisée qui manquait à Paris, et pour inciter les compositeurs de\nmusique à écrire de grandes œuvres avec chœurs, dont l'exécution était incer-\ntaine ou trop dispendieuse, MM. Henri Radiguet et Louis Masson. sous les\nauspices de M. J. d'Estournelles de Constant, chef du bureau des théâtres, ont\nsoumis à M. le Ministre des Beaux-Arts le projet d'une Ecole de chant choral,\nouverte aux hommes, femmes et enfants, afin de réunir toutes les ressources\nvocales, et divisée en sections, ayant leur siège dans différents quartiers, afin de\nrendre aussi étendu et aussi favorable que possible le recrutement des élèves.\nM. le Ministre des Beaux-Arts vient d'approuver leur projet par cette lettre :\n(( MESSIEURS,\n(( Vous avez bien voulu me faire part de votre projet d'organisation d'une\nEcole de chant choral ouverte aux hommes, femmes et enfants, et destinée à\nformer des masses chorales qui permettraient l'exécution des grandes œuvres\nmusicales avec chœurs. A cet effet, vous demandez que la petite salle de concert\ndu Trocadéro soit mise gratuitement à votre disposition, une fois par mois le\ndimanche matin, pour des répétitions d'ensemble, et qu'une des petites salles du\nrez-de chaussée soit affectée à l'administration de votre école.\n(( L'administration des Beaux-Arts nepeut qu'approuver l'intéressantprojet que\nvous lui avez soumis et que souhaiter la réussite d'une œuvre qui semble appe-\nlée à rendre de réels services à l'art musical et à développer le goût du chant\nparmi le peuple.\n(( Je m'empresse donc de vous accorder les autorisations que vous avez sollici-\ntées ; vous pourrez utiliser une fois par mois, le dimanche matin, la petite salle\ndes concerts, et une pièce du rez-de-chaussée sera mise à votre disposition pour\nl'administration de votre école.\n« Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très distinguée.\nL'Ecole de chant choral ouvrira en octobre. Dès maintenant, les inscriptions\nd'élèves sont reçues et toutes communications peuvent être transmises au\nsiège de l'administration, palais du Trocadéro"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "428", "page_fin": "429", "image_debut": 28, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.3", "titre_corps": "ARMIDE", "titre_sommaire": "ARMIDE", "signature_source": "K", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "428", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.28", "debut_caractere": 2651, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "ARMIDE\n\nOn annonce que, l'hiver prochain, M. Gailhard nous donnera YAr-\nmide de Gluck, jouée avec succès à Béziers à la fin du mois d'août. Le sujet de cet\nopéra (tiré de la Jérusalem délivrée du Tasse) est un de ceux qui ont le plus attiré"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "429", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1891, "texte": "l'attention des musiciens. Les drames lyriques les plus connus sur Armide sont\nceux de (Venise, 1639), de Rampini (ibid., 1711), de Graun (Berlin, 1751 ),\nde Traetta (Vienne, 1760), Jomelli (Naples, 1771), Salieri (Vienne, 1771), Sac-\nchini(Milan, 1772), Astaritta (1777), Gazzaniga (1777), Rauzini (Londres, 1778 J,\nP. de Winter (Munich, 1778), Mortellari (Milan, 1778), Jos. Mysliweczek (1780),\nJos. Haydn (1782), Cherubini (Florence, 1782), Anfossi (Londres, 1782), Zin-\ngarelli (Rome, 1786), Mosca (Florence, 1799), Righini (Berlin, 1799), Rossini\n(Naples, 1817). Il faudrait ajouter à cette liste : Artnida, regina di Damaso,\nd'Orgiani(Vérone, 1711) ; Armida e Rinaldo, deSarti (Saint-Pétersbourg, 1785 ) ;\nArmida abbandonata, de Ruggeri (Venise, 1710) ; Armida al Campo, de Boni-\nventi (Venise, 1707) ; Armida al Campo d'Egilto, de Vivaldi (Venise, 1718) ;\nArmida immaginaria, de Cimarosa (Naples, 1778) ; Il trionfo d'Armida, d'Albi-\nnoni(Venise, 1726); Rinaldo, deTozzi (Brunschwig, 1775), de Haendel (Londres,\n24 lévrier 1711) ; Rinaldo ed Armida, de J. Eccles (Londres, 1698) ; Gerusalemme\nliberata, de Pallavicino (Venise, 1688, représenté aussi sous le nom d Armida à\nHambourg en 1695}, de Righini (Berlin, 1802).\nLes opéras français sont : Armide et Renaud, de Lulli (Paris, 1686), livret de\nQuinault ; Armide, de Gluck (Paris, 23 septembre 1777), même livret ; Renaud,\nde Desmarets (Paris, livret de Pellegrin ; Renaud, de Sacchini (Paris,\n1783), livret de Lebœuf.\nChez les Allemands, il y a, sur le même sujet, les opéras de Haffner (Stock-\nholm, 1792), Rheineck (1779), Zumsteeg (Stuttgart, 1790), Paradies (Pra-\ngue, 1797), Glàser (Vienne, 1828), —le ballet d'Apell (Renaud et la Forêt\nenchantée, Cassel, 1782).\nDe tous ces opéras, ceux de Lulli, Gluck, Sacchini et Rossini eurent seule-\nment un grand succès ; et celui de Gluck, seul, est encore joué.\n\nDR. K."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c024", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "429", "page_fin": "430", "image_debut": 29, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.4", "titre_corps": "LE CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION MUSICALE DE FRANCE. Nous avons annoncé", "titre_sommaire": "LE CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION MUSICALE DE FRANCE. Nous avons annoncé", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "429", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.29", "debut_caractere": 1893, "fin_caractere_exclue": 3179, "texte": "LE CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION MUSICALE DE FRANCE. Nous avons annoncé\ndans le dernier numéro de la Revue qu'un Congrès tiendrait ses assises à\nSuresnes le 15 août.\nCette assemblée, présidée par M. Laurent de Rillé, réunissait près de cinquante\ndélégués de Sociétés musicales de France et d'Algérie.\nLe but de cette séance était de rechercher par quels moyens on pourrait arriver\nà unir toutes les Sociétés musicales par un lien qui leur permettrait de développer\nleurs progrès artistiques, qui leur faciliterait l'obtention de divers avantages et\nqui leur donnerait satisfaction au point de vue de revendications dont certaines\nnous ont paru tout à fait légitimes.\nLa Fédération musicale de France, fondée il y a huit ans, et qui fut récemment\nprésidée par M. Gastinel, puis par M. Samuel Rousseau, a cherché à réaliser ce\nprogramme d'union et d'élévation artistique.\nDepuis ce temps, des fédérations régionales se sont formées un peu partout en\nFVance, mais, jalouses de leur indépendance, elles n'ont pas cru devoir s'unir par\nun lien fixe et durable.\nLe Comité directeur de la Fédération musicale de FAance, ayant été fondé à\npenser que sa présence pouvait nuire à la fusion qu'il avait cherché à provoquer,\nprit, sur la proposition de M. Clérisse, délégué de l'Union départementale des"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "430", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1679, "texte": "sociétés musicales de l'Eure, la décision de disparaître en bloc, afin de laisser\nle terrain net.\nAprès avoir exposé les travaux de Tannée, M. Henri Brody, secrétaire général\nde la Fédération, fit valoir dans son rapport les raisons que nous venons d'in-\ndiquer, et déposa la démission du Comité directeur sur le bureau.\nUne commission de délégués, où figuraient MM. Clérisse, Lafitte, directeurs\ndes Enfants de Lutèce, Brévannes, de l'Orphéon, etc., etc., fut aussitôt consti-\ntuée. Son rapport, présenté par M. Fouasse, directeur de l'Orphéon d'Evreux,\nconcluait à la remise de tous pouvoirs à un Comité uniquement formé des pré-\nsidents des Fédérations régionales, auquel serait adjoint, à titre de secrétaire,\nM. H. Brody.\nCette proposition fut adoptée à l'unanimité.\nCe Comité provisoire est chargé de jeter les bases d'une organisation nouvelle\nde la Fédération musicale de PVance. Aucune raison ne peut actuellement s'op-\nposer à la fusion de toutes les fédérations existantes.\nChacune d'elles gardera son autonomie ; mais un comité composé de musiciens,\nde critiques, d'écrivains, de jurisconsultes dont les noms seront choisis parles\nreprésentants des Sociétés musicales, aura la confiance des orphéonistes, et,\ns'inspirant des désirs exprimés par les Sociétés musicales, pourra travailler à\nl'œuvre d'union, de solidarité et d'art qui est le but de la Fédération.\n11 y a dans les Sociétés musicales une somme considérable de bonnes volontés.\nUn grand nombre d'entre elles présentent un intérêt artistique que nous nous\nplaisons à reconnaître et à saluer.\nLa Revue musicale aidera de toutes ses forces la Fédération nouvelle à\nréaliser son noble programme."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c025", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "430", "page_fin": "430", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.5", "titre_corps": "AIX-EN-PROVENCE. Par arrêté du 16 août 1904, de M. le préfet des", "titre_sommaire": "AIX-EN-PROVENCE. Par arrêté du 16 août 1904, de M. le préfet des", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "430", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.30", "debut_caractere": 1681, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "AIX-EN-PROVENCE. Par arrêté du 16 août 1904, de M. le préfet des Bouches-\ndu-Rhône, Mlle Pécout Marie-Gabrielle est nommée professeur de piano à\nl'Ecole nationale de musique, en remplacement de Mlle Wanska, qui a demandé\nà faire valoir ses droits à la retraite."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c026", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "430", "page_fin": "430", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.6", "titre_corps": "TROCADÉRO. Les concerts qui devaient être organisés, en juillet dernier,", "titre_sommaire": "TROCADÉRO. Les concerts qui devaient être organisés, en juillet dernier,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "430", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.30", "debut_caractere": 1944, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "TROCADÉRO. Les concerts qui devaient être organisés, en juillet dernier,\ndans la grande salle des fêtes du Palais du Trocadéro, par M. Walter Behrens,\navec le concours de la fanfare anglaise a Besses of the Barn », sont reportés\nau 29 octobre prochain."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c027", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "430", "page_fin": "430", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.7", "titre_corps": "NANCY. Par arrêté de M. le préfet de la Meurthe-et-Moselle, M. Heck", "titre_sommaire": "NANCY. Par arrêté de M. le préfet de la Meurthe-et-Moselle, M. Heck", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "430", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.30", "debut_caractere": 2198, "fin_caractere_exclue": 2365, "texte": "NANCY. Par arrêté de M. le préfet de la Meurthe-et-Moselle, M. Heck\n(Jean-Armand} a été nommé professeur de violon à l'Ecole de musique, suc-\ncursale du Conservatoire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c028", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "430", "page_fin": "430", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.8", "titre_corps": "BouLOGNE-sur-MER. Par arrêté de M. le préfet du Pas-de-Calais, M. Défiez", "titre_sommaire": "BouLOGNE-sur-MER. Par arrêté de M. le préfet du Pas-de-Calais, M. Défiez", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "430", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.30", "debut_caractere": 2367, "fin_caractere_exclue": 2559, "texte": "BouLOGNE-sur-MER. Par arrêté de M. le préfet du Pas-de-Calais, M. Défiez\nEdmond a été nommé professeur de solfège secondaire à l'Ecole nationale\nde musique, en remplacement de M. Malo, décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c029", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "430", "page_fin": "431", "image_debut": 30, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.9", "titre_corps": "LA BAULE. — Une large baie abritée, une plage de sable fin s étendant à perte", "titre_sommaire": "LA BAULE. — Une large baie abritée, une plage de sable fin s étendant à perte", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "430", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.30", "debut_caractere": 2561, "fin_caractere_exclue": 3034, "texte": "LA BAULE. — Une large baie abritée, une plage de sable fin s étendant à perte\nde vue avec la mosaïque de ses coquillages, de grands bois de pins, de coquettes\nvillas, voilà les éléments d'une villégiature idéale. En outre, le Casino neuf et\npimpant offre, parmi les attractions de rigueur, un plaisir qui n'est jamais à\ndédaigner et qui, dans un tel décor, est encore rare : celui d'entendre de la\nbonne musique. C'est au chef d'orchestre, M. Francisco de Lacerda, que nous"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "431", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2267, "texte": "devons ce plaisir-là. Nos lecteurs le connaissent déjà par ses précieuses recher-\nches historico-musicales publiées ici, et par sa Danse du Voile qui lui a valu un\npremier prix à notre dernier concours. Absorbé par ses travaux personnels, ses\ncours d'orchestre, d ensemble vocal, etc., et surtout par son enseignement àla\nSchola Cantorum, où il occupe une place au premier rang, ce musicien éminent,\ntoujours prêt à se dépenser pour l'avenir d'une belle idée, passe ses vacances à\ndémontrer que le niveau des concerts de casino peut et doit être relevé. Il a com-\nmencé par constituer un orchestre capable de le seconder (plusieurs de ses\ncollaborateurs, et non des moins dévoués, sont de véritables artistes ;il faut\ncjiter MM. Façon (violon), Schwab (violoncelle) et Zeitlin (violon), qui enthou-\nsiasmait la salle entière, dimanche dernier, avec la Danse tsigane, de Nachez,\nœuvre de haute difficulté, enlevée avec autant de verve que de sûreté et de pré-\ncision). C'est ainsi qu'il arrive à donner des concerts où, à côté des valses les plus\nentraînantes des Strauss. Waldteufel et Ganne, des célèbres Gzardas de Gung'l,\ndes brillantes marches de Fahrbach et Strobl, on ale plaisir (d'ailleurs fort\ngoûté du public; d entendre des fragments des grandes œuvres symphoniques\nde Haydn, Mozart, Beethoven et de quelques bons compositeurs modernes.\nParmi des numéros de styles complètement différents exécutés avec une sûreté\nd'interprétation impeccable, on n'a que l'embarras du choix. Citons au hasard\nle Lai go de Haendel, exempt de sa coutumière monotonie ; les Danses hon-\ngroises de Brahms, enlevées avec un brio extraordinaire ;11 Rondo de la 13e\nSymphonie de Haydn, détaillé avec une finesse et une légèreté exquises ;la\nMarche hongroise de Berlioz, brillante et sonore ;la délicate ouveiture d Obéron\net enfin 1 ouverture de Léonore n° 3oùM. de Lacerda a montré la puissance\nd'une interprétation qui cherche sa raison d'être àla source même où a puisé\nle génie du maître, c'est à-dire dans la vérité. M. de Lacerda ala simplicité,\nl'énergie et la sincérité des talents robustes. Sans prétention, comme sans parti\npris, il montre en tout ce qu'il entreprend l'intention bien arrêtée de faire triom-\npher le grand art, l'art vrai. Et il y réussit."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "431", "page_fin": "431", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.10", "titre_corps": "BOULOGNE-SUR-MER.", "titre_sommaire": "BOULOGNE-SUR-MER.", "signature_source": "A. M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "431", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.31", "debut_caractere": 2269, "fin_caractere_exclue": 2693, "texte": "BOULOGNE-SUR-MER.\nA. M.\nAu Casino, c'est devant une salle comble que la\ntroupe des artistes interprète successivement le théâtre d'opéra et d'opérette ;\nnous y entendons La Fille de Mme Angot, Grisélidis, Boccace\nSoutenus par un orchestre dirigé habilement, les chanteurs font valoir heu-\nreusement les qualités de ces ouvrages.\nEn résumé, spectacles divertissants et agréables qui font passer une bonne\nsoirée à l'auditeur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "431", "page_fin": "432", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.11", "titre_corps": "LA MUSIQUE FRANÇAISE EN RUSSIE.", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE FRANÇAISE EN RUSSIE.", "signature_source": "PIERRE SECHIARI. »", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "431", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.31", "debut_caractere": 2695, "fin_caractere_exclue": 3408, "texte": "LA MUSIQUE FRANÇAISE EN RUSSIE.\n\nM. Pierre Sechiari, le premier violon\nsolo des Concerts Chevillard, nous écrit de Russie (9/22 août), où il obtient le\nmême succès qu'à Paris, une aimable lettre d'où nous détachons les lignes sui-\nvantes :\n(( Pavlovsk, où je suis en ce moment, est le Saint-Germain de Pétersbourg;\nmais il y a ici une immense salle de concert qui peut contenir 5.000 personnes,\net chaque soir, elle est archi-comble. Comme orchestre, la Philharmonie de\nPrague (60 musiciens), dirigée successivement par son chef, M. Nedbal, l'excel-\nlent altiste du quatuor tchèque, et Vincent d'indy, qui a fait entendre le Camp de\nWallenstein, Sauge fleurie, Y Apprenti Sorcier de Dukas ; Colonne, qui, ensuite,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "432", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 775, "texte": "a dirigé un mois ; Panzner, de Brune, dont ce sera le tour demain. Solistes :\nJacobs, de Bruxelles, comme violoncelliste, et de nombreux chanteurs et chan-\nteuses, la plupart allemands. Chaque mardi, concert d'oeuvres russes: les compo-\nsiteurs nationaux les plus aimés ici sont toujours Rimsky-Korsakof, Borodine\net Tchaïkovsky, dont la 4e et la 5e Symphonie sont particulièrement goûtées.\nPersonnellement, j'ai joué : Symphonie espagnole, Concertos de Bruch, Men-\ndelssohn, Beethoven, Rondo cappricioso de Saint-Saëns, etc.. et j'ai dû, à\nchaque concert, donner 3 ou 4 morceaux en bis. Il fait ici un temps épouvantable\net la pluie ne cesse un seul instant.\n\nPIERRE SECHIARI.»"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "432", "page_fin": "432", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.12", "titre_corps": "La statue de César Franck sera inaugurée le 20 octobre, square", "titre_sommaire": "La statue de César Franck sera inaugurée le 20 octobre, square", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "432", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.32", "debut_caractere": 777, "fin_caractere_exclue": 1261, "texte": "La statue de César Franck sera inaugurée le 20 octobre, square Sainte-\nClotilde. Le 16, M. Colonne donnera un concert consacré à la mémoire du\ngrand compositeur et jouera la 2e partie de Hulda.\nOn nous écrit de Villers-sur-Mer que, durant le mois d'août, le nom d'une\ncantatrice de l'Opéra-Comique a été affiché à /'intérieur de l'église; à Wimereux,\nle dimanche 5 septembre, l'organiste jouait des fragments de Richard Wagner...\nTout cela est-il conforme aux ordres récents du Pape ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "432", "page_fin": "432", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.13", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : Opéra. Recettes détaillées du 20 juillet au 19 août 1904.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : Opéra. Recettes détaillées du 20 juillet au 19 août 1904.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "432", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.32", "debut_caractere": 1263, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : Opéra.\nRecettes détaillées du 20 juillet au 19 août 1904."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-09-10-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-09-10_01#c034", "volume": "bmtnabj_1904-09-10_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "432", "page_fin": "432", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.2.11.13.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "432", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.32", "debut_caractere": 1345, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "DATES\nPIECES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 Juillet\n22\n2 5 —\n27 —\n29 —\n1 Août\n3 -\ns —\n8 —\n10 —\n12 —\n15 —\nl7 —\n19 —\nTannhàuser.\nSalammbô.\nPaillasse. — La Maladetta.\nFaust.\nSalammbô.\nTannhàuser.\nGuillaume Tell.\nLe Trouvère.\nFaust.\nLohengmn.\nGuillaume Tell.\nLes Huguenots.\nSalammbô.\nFaust.\nWagner.\nReyer.\nLéoncavallo.—Vidal.\nGounod.\nReyer.\nWagner.\nRossini.\nVerdi.\nGounod.\nWagner.\nRossini.\nMeyerbeer.\nReyer.\nGounod.\n1 3.258 92\n12.249\n12.124 41\n16.299 42\ni2.65o 84\n13.659 41\n1 3.140 92\n13.460 34\n16.194 91\n14.126 42\n14.570 34\n16.529 4'\n12.3 1 2 92\n17.676 84"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "401", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nNos 17-18 (quatrième année)\n10 Septembre\n1904.\nK. M.\n32\n\nAlfred BRUNEAU"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "402", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.2", "texte": "ALFRED BRUNEAU\nJ. C.\n\nNous n'avons pas à présenter à nos lecteurs un compositeur aussi renommé\nque M. Alfred Bruneau ; nous voulons simplement rendre hommage à un\ngrand artiste et rappeler brièvement ses principaux titres. Né à Paris le\n3 mars iBsy, A. Bruneau obtint d'abord au Conservatoire le 2e prix {1874) et\nle ier prix de violoncelle en iBy6. Il est prix de Rome de 1881. Ses œuvres\nde la période de début sont Léda (chœurs, orchestre et solo), jouée au Concert\nGodard en 1882 ; Ouverture héroïque, jouée, la même année, aux Concerts\nPasdeloup ; Penthésilée (Colonne et Lamoureux), la Belle au bois dormant\n[Colonne); Requiem ( iBg6). Au théâtreon sait qu'Alfred Bruneau a été\nun révolutionnaire et un créateur hardi : il a substitué au personnage à casque\nou à pourpoint de l'ancien opéra, l'homme réel, observé dans la vie contem-\nporaine, et remplacé le livret en vers par le livret en ; orientation toute\nnouvelle du drame lyrique, dont le public s'est d'abord étonné, mais qui appa-\nraît comme la conséquence logique de l'évolution littéraire, philosophique,\nartistique et sociale du XIX'- siècle. De très beaux drames musicaux, tels que le\nRève(iSgi),/'Attaque du Moulin ( iBg3),Messidor 7), /'Ouragan ( ),\nplaident pour cette esthétique originale beaucoup mieux que des théories. Mal-\ngré ses tendances réalistes, Alfred Bruneau, qui n'a travaillé et ne veut désor-\nmais travailler que sur des livrets d'Emile Zola, est tout le contraire d'un\nbrutal : c'est un tendre, un sincère, un lyrique, aimant à construire librement,\nsans se préoccuper le moins du monde de flatter le public, des « palais de sons »\nà la fois puissants et délicats. Il a maintes fois bousculé la grammaire\ntionnelle ; mais son inspiration est de caractère très mélodique, et, che\\ lui,\ntout part du cœur. En dehors du théâtre, il a publié che\\ Choudens des œuvres\ntrès curieuses: les Lieds de France (paroles de Catulle Mendès), recueil\ndont nous donnons un extrait dans notre Supplément, et les Chansons à danser.\nJ'ai pu parcourir, hier, le manuscrit et les premières épreuves de /'Enfant-\nRoi, quel Opéra-Comique nous donnera La faute de l'abbé\nMouret; je me bornerai à constater que sur cette partition manuscrite, singu-\nlièrement attachante pour l'œil, il n'y a pas une seule rature, pas un seul\nrepentir...\nCritique exceptionnellement autorisé, et d'une courtoisie parfaite qui s'allie\nà une entière probité, Alfred Bruneau a écrit des livres très substantiels :\nMusique d'hier et de demain (igoo),Musique française Musique de\nRussie et musiciens de France (igo3). Au moment de la dernière Exposition\nuniverselle, il a été choisi par le Ministre de l'lnstruction publique pour rédi-\nger un rapport général sur la musique française. Ajoutons qu'avec MM. Vin-\ncent d'indy et Dukas il fait partie du Comité chargé de choisir les œuvres\ninédites que fera entendre, l'hiver prochain, M.\nSigne particulier : Alfred Bruneau vient d'être promu officier de la Légion\nd'honneur, sans avoir sollicité cette haute récompense et sans l'avoir fait sol-\nliciter par ses amis."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "403", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.3", "texte": "LETTRE INÉDITE DU CARDINAL FESCH\n\nUne lettre inédite du cardinal Fesch sur la Villa Médicis\nOn annonce la retraite imminente de M. Guillaume, le très éminent artiste qui a\ndirigé notre École de Rome avec tant d'autorité, et dont Userait superflu de refaire\nl'éloge. Malgré les souvenirs exceptionnellement bons qu'il laissera comme adminis-\ntrateur, nous pensons et avons toujours pensé qu'il convenait de mettre à la tête\nd'une école d'art, quelle qu'elle soit, un administrateur de carrière aimant les arts,\net non un artiste de profession. Puisque le journal le Matin a déjà déclaré vacante\nla succession de M. Guillaume, nous publions le document suivant, qui a un intérêt\nd'actualité : il est inédit, et nous y trouvons exprimée une pensée très juste.\nMonsieur le Ministre (de 1 Intérieur),\nDepuis longtemps je m'étais proposé de vous parler de V établissement des Beaux-\nArts que la France possède à Rome. J'avais même le projet de vous donner un mé-\nmoire sur son perfectionnement, ce que je ne puis pas faire dans ce moment où je suis\nextrêmement occupé des affaires de mon Diocèse ; d'autant plus que ce serait encore\nhors de saison à cause delà guerre et même des événements qui peuvent arriver et qui\néloignent la pensée duditperfectionnement. Mais comme Votre Excellence sera obli-\ngée de nommer un successeur à M. Suvée, mort subitement à Rome au commencement\nde ce mois, je dois la prévenir que je me suis convaincu que l'abus qui empêche le\nplus grand bien, est de mettre à la tête de cet établissement un artiste. Les jeunes\nélèves, gâtés pour la plupart par des applaudissements bien ou mal mérités, n envi-\nsagent un semblable Directeur que comme un préposé à leur distribuer les vivres. De\nlà naissent l'insubordination, l'inexactitude à observer les règlements, et j'ai vu ces\njeunes gens considérer la maison de /'Académie française à Rome comme une au-\nberge où l'on se croit indépendant. M. Suvée me portait souvent des plaintes sur cette\ninsubordination ; mais comme on devait beaucoup à cet excellent vieillard, je me\nserais bien gardé de lui en découvrir les causes et d'en prévenir Votre Excellence.\nMon avis est de donner à cette institution un chef qui en impose aux jeunes\nartistes. Il faut un amateur qui ait du goût pour les arts et qui ait pardevant lui des\nservices rendus : un ancien administrateur, un chef des Ponts et Chaussées ou du\nGénie militaire. Cette place est fort agréable, très honorée dans le pays : elle peut être\nambitionnée par tout homme qui, n étant pas dans les premières dignités de l'Empire,\na besoin d'une retraite honorable.\nEn preuve de ce que j'avance, je dirai à Votre Excellence que le bon et le sensible\nM. Suvée a perdu la vie en faisant des représentations à un des élèves : il a été fou-\ndroyé par une attaque d'apoplexie lorsque celui-ci lui eut répondu fort désobligeant-\nment.\nDu reste, je devais ces renseignements aux devoirs que m'imposait ma mission de\nMinistre à Rome, et à l'amour que j'ai pour les arts et pour les artistes. L'Académie\nfrançaise à Rome-est trop nécessaire àla restauration des arts en France pour que\nVotre Excellence ne s'en occupe pas avec le qèle qu'elle met dans les diverses bran-\nches de son Ministère : et de mon côté, je m'empresserai de lui communiquer les\n-observations que j'ai faites étant à Rome, lorsque le temps viendra où elle voudra\ns'en occuper plus sérieusement.\nJe prie Votre Excellence de prendre en considération la position de la vieille\nveuve de M. Suvée : elle reste abandonnée, elle mériterait une petite pension, mais"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "404", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.4", "texte": "LES DEUX SYSTÈMES DE MUSIQUE\n\nplus encore de jaire solder les avances que son mari a faites poiu cet établissement,\nqui montent à la somme de douqe à quinze mille francs et qui sont toutes les écono-\nmies faites dans une vie longue et laborieuse.\nAgréei, Monsieur le Ministre* l assurance de la haute considération avec laquelle\nje suis\nDe Votre Excellence\nLe très humble et très obéissant serviteur.\nSigné : CARD. FESCH.\nLyon, 19 février 1807.\n\nLes deux systèmes de musique\n(A propos d'un article de la Neue Zeitschrift.)\n\nN oublie-t-on pas trop, en Allemagne, les ouvrages français sur la théorie\nmusicale? Dans son numéro du 3 août, un journal très autorisé, la Neue Zeit-\nscrift fur Musik, publie un article sur (( l'intonation de la tierce majeure » où\nM. Robert llôvker rappelle ce fait curieux : lorsqu'un violoniste fait entendre\nles deux notes de la tierce majeure l une après l'autre, instinctivement, il attaque\nla seconde note plus haut que quand il les fait entendre simultanément. Et l'au-\nteur de l'article ajoute : (( le premier qui ait parlé de cette question d'une façon\ndécisive, c'est Joachim Steiner (Grundzuge einer neuen Musiktheorie, Vienne,\nchez A. Holder) ». Les affirmations de notre honorable confrère appellent quel-\nques remarques :\ni° L'ouvrage de Steiner, qu'il cite comme le premier écrit sur la question, a\nparu en 1891 Or, 22 ans auparavant, en 1869, deux savants français, MM. Cornu\net Mercadier, présentaient à Y Académie des Sciences de Paris, sur le même sujet,\nune note qui fut lue par M. Jamin, et qui est bien connue des théoriciens de la\nmusique (v. les Comptes rendus de /'Académie des Sciences, t. LXVII 1). Plus tard,\net à deux reprises, ils rappelaient l'attention de l'Académie sur la même question\n(voir ibid., t. LXXIII, p. 178, et LXXIV, 321). Leur dernière communication est\nde 1872.\n20 Ce que la Neue Zeitschrift présente comme un fait isolé, à titre de curiosité,\na été, de la part de MM. Cornu et Mercadier, l'objet d'une théorie complète\net scientifiquement établie. Ces deux savants ont montré que les intervalles mu-\nsicaux employés aujourd'hui (instinctivement) par les musiciens n'appartiennent\npas à un système unique, mais à deux systèmes : que l'oreille exige, dans la\nmélodie, un intervalle plus grand que dans l'harmonie, si bien que la gamme\nde Pythagore et celle des physiciens, au lieu de s'exclure mutuellement (comme\nl'ont cru les Delezenne, les Ritter, les Helmholtz, et tant d'autres qui se croyaient\nobligés d'opter pour l'une ou pour l'autre), s'associent cequojure, et se cèdent la\npréséance selon les cas.\n30 Si le collaborateur de la Neue Zeitschrift, en méconnaissant les travaux de\nMM. Cornu et Mercadier, leur substituait quelque chose de meilleur, le mal ne\nserait pas grand; mais, de lui à eux, il y a une petite distance Qu'on en\njuge!\nPour prouver que la tierce mélodique est réellement plus grande que la tierce"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "405", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.5", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LA MUSIQUE D'ÉGLISE\n\njouée harmoniquement, M. Hôvker propose de faire une marque au crayon\n[Bleistiftstrich) sur le manche du violoniste, dans les deux cas où il fait entendre\nl'intervalle, et ensuite, de comparer. MM. Cornu et Mercadier, qui ne se con-\ntentent pas aussi facilement, ont suivi une autre méthode. Opérant d abord avec\ndes chanteurs, ils ont fait émettre les sons à étudier devant un instrument enre-\ngistreur (le phonautographe), qui inscrit lui-même les vibrations sur un cylindre\nde papier noirci et qui est complété par un chronographe électrique marquant\nla seconde, ce qui donne les éléments d'une comparaison strictement exacte.\nIls ont renouvelé leur expérience, dans les mêmes conditions, avec des instru-\nments à cordes et enfin avec deux tuyaux d'orgue. Dans ce dernier cas, ils ont\nmême obtenu, à l'aide du son résultant, une vérification.\n4° Enfin MM. Cornu et Mercadier, usant d'un instrument nouveau mais tou-\njours fondé sur le principe de l'enregistrement automatique des vibrations), sont\narrivés aux mêmes résultats et aux mêmes conclusions que pour la tierce, en ce\nqui concerne les intervalles de tierce mineure, de quarte, de quinte, d octave,\nde seconde et de septième. (Voir leur Mémoire de 187 i.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\nLa musique religieuse et la musique d'église.\nLE PLAIN-CHANT. LA MUSIQUE PALESTINIENNE. L'ÉVOLUTION DANS\nL'ÉGLISE. LA MUSIQUE MODERNE.\n\nL'art en ses manifestations les plus diverses, la religion en son idéal chan-\ngeant, ses dieux mêmes tour à tour dépossédés ou régnants, se devaient toujours\nrejoindre d'une commune attirance, et longuement se pénétrer. Tout ce qui est\nde joie, de splendeur, de fête, de captivante décoration, a sa place marquée au\ncortège de la divinité, qu'elle chemine sur la terre en la familiarité facile des\nhumains, ou qu'elle plane aux profondeurs des mystères lointains et dans un\nvertigineux infini. Cependant il fut des dieux sans aucun temple ; une cime\nsouveraine et quelques pierres suffisaient à la consécration et à 1 étalage de\nleur toute-puissance. Mais on ne conçoit guère de religion et de culte sans mu-\nsique. Le Verbe divin de lui-même est sonore. Eveillant les échos mystérieux de\nl'âme, il semble qu il doive aussitôt les faire chanter aux lèvres des croyants.L Is-\nlamisme lui-même, peu musical cependant, prolonge et traîne, en une mélopée\nde charme étrange et pittoresque, l'appel du muezzin et le nom de Mahomet\nassocié au nom d'Allah. Un subtil gazouillement de flûte fait tourbillonner la\nronde des derviches tout à l'heure grisés d'une extase pieuse. On ne saurait\nimaginer sans musique les processions sacrées qui s'épandaient aux ombreuses\ncolonnades des temples égyptiens, celles qui, dans la radieuse Ilellade, empor-\ntaient la population d'une cité tout entière vers quelque sanctuaire entre tous\nvénéré et chéri. Les psaumes du vieil Israël étaient chantés ; et certainement le\npieux David n'a pas dansé devant l'arche sainte sans l'accompagnement de\nquelque musique. En des âges tout voisins de ceux que nous vivons encore, la\nréforme protestante, si hostile à tout ce qui est de mise en scène plaisante ou\nde profane décoration, bien loin de réprouver la musique, passionnément"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "406", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.6", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LA MUSIQUE D'ÉGLISE\n\nl'exalte. Les papistes peuvent dire la messe sans musique, en un morne silence\nque seuls traversent quelques mots latins à peine murmurés ; le prêche est de\nla parole du pasteur bruyamment répandue ; il est non moins encore du con-\ncert de toutes les voix déchaînées, et d'un appel retentissant, comme d'une som-\nmation ardente, qui rêve de forcer l'attention clémente et la pitié de l'Eternel,\nLa réforme s'est faite au bruit des psaumes, obstinément, héroïquement répétés.\nLes camisards chantaient à l'instant même que leurs chants les devaient trahir\net livrer aux missionnaires bottés de Louvois, aux convertisseurs de Louis XIV..\nEnfin, on devait chanter des cantiques huguenots jusque sur les bancs des ga-\nlères.\nLes premiers chrétiens, toujours suspects, souvent inquiétés et condamnés\nà des rencontres incertaines, secrètes, des réunions rapides et angoissées,\nosaient-ils cependant affirmer leur foi et leurs espérances, dans quelques hymnes\nimprovisées, du moins dans quelque mélopée douloureuse? Cela est de\ntoute probabilité, bien que nous soyons de cela assez mal informés. Mais le\njour où le christianisme apparaît enfin triomphant, il apparaît aussi vibrant et\nchantant. Toutefois il avait trop longtemps fulminé contre les magnificences\ndont les cultes païens s'environnaient, pour ne pas affecter aussitôt une austé-\nrité quelque peu rigoureuse. Il accepte la musique, mais il la censure ; dans une\npensée, peut-être légitime et assez naturelle, de purification et d'ombrageuse\nméfiance, il enlève en quelque sorte à cette musique quelques-unes de ses armes;,\nil réduit ses moyens d'expression, il restreint son domaine. Le christianisme se\nrappelle encore les bas-reliefs par grand hasard épargnés le lui rappelleraient\ns'il pouvait l'oublier qu'alentour des autels désormais proscrits, les flûtes\nscandaient les paroles rituelles du sacrificateur. Les docteurs les mieux atti-\ntrés de la foi nouvelle ne semblent pas s'être accordés à cet égard en des con-\nclusions toujours semblables et jalousement maintenues. Toutefois, le christia-\nnisme oriental, étroitement associé, en quelques-unes de ses traditions et de ses\ncoutumes, au plus lointain christianisme, le christianisme de Constantinople,\nde la Grèce et des contrées que ces lumières entraînent derrière elles, ce chris-\ntianisme qui se dit orthodoxe et que notre christianisme occidental proclame\nschismabque et hérétique, aujourd'hui encore, comme autrefois, interdit l'em-\nploi des instruments. Les voix seules, sans autre accompagnement que des\nâmes supposées suivantes, sont admises à l'honneur de louer Dieu dans son\ntemple. En Occident, une solution plus libérale devait prévaloir. L'orgue que le\npaganisme avait connu, —Néron s'y complaisait, dit-on, l'orgue, un orches-\ntre concentré, l'orgue, l'instrument suprême, car il rassemble à peu près, derrière\nla phalange rangée en bataille de ses tuyaux retentissants, toutes les sonorités,\ntous les timbres, toutes les voix, l'orgue va devenir l'âme résonnante des nefs\nsonores et des sublimes cathédrales. Cependant l'orgue lui-même, en quelque\nmesure, devient suspect ; et Rome, accoutumée d'être obéie depuis les lointains\nCésars, Rome entreprend de gronder, de menacer même ; et il semble qu'une\ncertaine musique est en passe d'encourir une accusation de sacrilège. C'est re-\ndoutable ; et quiconque s intéresse pieusement ou passionnément à la musique\npeut s'émouvoir de cette prise d'armes, de ce conflit et des prochaines destinées\noù l'art qui nous est cher risque de recevoir des leçons, de rencontrer des ob-\nstacles, de subir des réprobations quelque peu inattendues.\nRome, nous entendons la Rome catholique et papale qui vient de s'incarner"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "407", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.7", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LA MUSIQUE D'ÉGLISE\n\nen un pontife nouveau, proclame sa traditionnelle et impérieuse préférence pour\nle plain-chant consacré longuement et la musique d'église que Ton peut dire gré-\ngorienne, le pape Grégoire l'ayant autrefois en quelque sorte fixée et imposée à\nla catholicité.\nNous observerons en passant que l'origine vraiment chrétienne de cette mu-\nsique ne laisse pas d'être singulièrement douteuse. Aux ruines des vieux cultes\npaïens qu'il discrédite et abat, le christianisme, à peine vainqueur, s'empresse de\nramasser ce qui doit être à peu près de sa convenance. Il dépouille les temples;\nmais souvent il s'y installe. S'il les a mis en pièces, il en recueille quelques mor-\nceaux; il rebâtit assez misérablement ce qu'il a jeté à terre. Le mobilier même\nest parfois usurpé. Les gardiens des ténébreux sanctuaires n'ont rien changé à\nleur labeur routinier; comme toujours ils ont renouvelé l'huile des lampes sans\nfin scintillantes, et qui révèlent quelques reliques précieuses d'un martyr de la\nveille, comme elles révélaient les reliques profanes d'un Adonis ou de quelque\nautre légendaire demi-dieu. L'eau lustrale s'est épandue aux urnes des baptis-\ntères; et le christianisme, à son insu peut-être, continue les gestes de consé-\ncration et de bénédiction que le paganisme, tant de fois séculaire, avait ensei-\ngnés au monde. Il semble bien que cette usurpation, du reste désirable et heu-\nreuse, se soit étendue aux choses de la musique. C'est l'opinion motivée des\nhistoriens les mieux informés. Sans doute un choix s'imposa. De même que les\nfervents de Jésus mettaient une croix aux frontons où se tenait encore 1 assem-\nblée rayonnante des dieux, on devait christianiser les hymnes conquises et accep-\ntées. Cela fut rejeté et disparut dans l'oubli, qui était trop fidèlement caractéris-\ntique d'un idéal désormais réprouvé. On ne pouvait admettre que sous la note\ntransparente éclatât, encore reconnaissable, le cher nom d'Aphrodite, ou\nbondît, trop violemment sonore, un appel à l'orgiaque Dionysos. Mais le paga-\nnisme avait connu et servi des dieux plus calmes et de sérénité profonde.\nL Olympe d 'une Pallas sage conseillère, ou d'un Apollon pacificateur de toutes\nchoses, sans grande peine, pouvait devenir un ciel accessible au Dieu meneur\ndes âmes extasiées, au Christ contempteur de l'injustice et dispensateur de tous\nles biens. Ainsi, par delà tant de haines et de réciproques méconnaissances, cette\nalliance, au moins relative et partielle, a pu se conclure et durer. C est un titre\nglorieux entre tous dont se doit honorer l'art que nous aimons, qu'il ait pu rap-\nprocher les frères ennemis, les emportant si haut qu'ils ont oublié la terre dans\nl'éblouissement d'une même lumière. De par son imprécision vaporeuse, ses\ndélicieuses et flottantes incertitudes, ses prolongements sonores qui se perdent\ndans l'infini, la musique seule pouvait réaliser ce prodige. L'harmonie des sons\npouvait seule consommer l'harmonie des âmes. Toutefois n'est-il pas curieux et\npiquant que les mêmes chants se soient élevés peut-être à Eleusis, à Epidaure, ou\ndevant ce sanctuaire suprême de l'absolue beauté, le Parthénon, et maintenant\ns'élèvent encore en nos églises toutes chrétiennes et jalousement catholiques?\nN'est-il pas singulier qu'un pape, le mandataire du Christ, recommande, comme\nl'expression parfaite en musique des enseignements et des dogmes dont lui-même\nest le gardien, ces mélopées, ces hymnes, qu'ont écoutées, peut-être chantées,\nceux-là mêmes qui niaient le Christ et jetaient aux supplices ses premiers\ncroyants?\nL'histoire a de ces contradictions bizarres, mais aussi profondément\ninstructives. Ce serait rabaisser les choses que de voir là surtout un sujet"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "408", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.8", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LA MUSIQUE D'ÉGLISE\n\nd'ironie. L'art, aux immensités radieuses où nous voudrions le poursuivre,\néchappe aux malicieuses observations. La musique est de tous les arts celui qui,\nvenu de la terre, cependant tient le moins à la terre, qui se met le plus\nfièrement à l'essor, et le mieux dévore l'espace. Nous ne voyons rien\nqui mieux proclame l'infini divin et la divine unité, que cette communion\nchantante, arrivée d'une antiquité de vertigineux éloignement jusqu'aux\njours que vit notre présente humanité. C'est beau, c'est grand, que l'homme ait\nainsi, au cours de tant de siècles emporté ses espérances au vol des mêmes con-\ncerts, exhalé ses douleurs aux mêmes lamentations.\nCette musique grégorienne, au cours des âges, devait subir quelques défor-\nmations, à peu près inévitables et fatales. La science la restitue. L'œuvre a été\npoursuivie d'une restauration nécessaire et intéressante. Les rythmes désappris\nont retrouvé leur dessin premier; et les mélodies, replacées sur leur ossature,\nont reconquis une sorte de renouveau en la puissance de l'expression et la maî-\ntrise des âmes. Nous ne sommes d'aucune façon autorisé à parler ici en croyant\nfidèle, en interprète docile des pensées et des résolutions où s'arrête le Vatican.\nNotre admiration est très libre et quelque peu profane. Ce que nous venons de\ndire cependant témoigne qu'elle est acquise pleinement à cette musique tradi-\ntionnelle et consacrée. Le plain-chant grégorien, peut-être en secondes noces,\nmais enfin en légitimes noces, a épousé les paroles toutes chrétiennes des offices\nqui sont 1 existence même de la catholicité.\nToutefois, on peut dire que jamais les âmes n'acceptèrent, sans infidélité, ce\nlangage unique, si hautement recommandé qu'il puisse être et si étroitement\nassocié au culte que nous le trouvions. Le moyen âge, jalousement chrétien et\ncatholique, chanta, et dans les églises mêmes, bien d'autres choses que le plain-\nchant orthodoxe. L'histoire serait interminable de ces fantaisies, de ces change-\nments, de ces modes, voire même de ces profanations à peu près inconscientes.\nAu teste, cette musique inspirée et acceptée de la foule en concurrence de la\nmusique officielle, cette musique tout à la fois religieuse et populaire, a perdu\nses derniers échos. Hâtons-nous vers la musique dont la papauté aujourd'hui\nrégnante accepte les œuvres, approuve l'esprit, et recommande l'adoption\npresque privilégiée. Palestrina en est comme le dieu suprême, bien qu'il entraîne\ndans son lumineux sillage un Vittoria, un Allegri, quelques autres satellites\nfameux. C'est la musique a cappella. Elle ignore les instruments, se rapprochant\nen ceci de l'austérité farouche du christianisme oriental. Elle impose à toutes les\nvoix une commune discipline ; elle les tient en quelque sorte dans le rang, et\nn'accepte pas que le faisceau jamais se rompe, qu'une lèvre indépendante et soli-\ntaire puisse revendiquer ou espérer une égoïste victoire. Le chœur est toujours\nune personne aux voix multiples, aux timbres variés, mais d'une individualité\nindivisible et qui jamais n'abdique. Pas de soli, de duos. Les parties se séparent,\nse répondent, mais pour se hâter à se rejoindre ; elles conversent, elles dialo-\nguent, elles sont étroitement fraternelles ; et rien mieux ne proclame l'égalité\ndevant Dieu et la foi consentie, que la musique palestinienne. A cet égard nous\nconcevons très bien que le catholicisme l'accepte, l'approuve, et trouve là un\ncommentaire éloquent et pénétrant de ses dogmes et de son enseignement.\nToutefois, si 1 éloge de cette musique est à cet égard pleinement mérité, nous\nsommes grandement surpris que cette musique soit aussi louée pour le scrupule\nmême qu'elle affecterait à suivre les paroles, et à les mettre comme dans un"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "409", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.9", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LA MUSIQUE D ÉGLISE\n\nrelief sonore. Cette musique est presque toujours en parties, rarement à Tunis-\nson. Nous voulons bien qu'une âme commune toujours la pénètre et l'inspire ;\nmais les ténors, emboîtant la mesure derrière les basses, ou bien les soprani\nderrière les alti, il arrive constamment que les paroles confusément s'entre-\nmêlent, et que les mots chevauchent les uns sur les autres. Les basses grondent :\nbiscum, à l'instant même où les soprani gazouillent : minus n 0... ce qui ne laisse\npas d'embrouiller un peu les choses. La pensée directrice est respectée et fidè-\nlement traduite, nous le voulons bien ; mais le texte se fractionne en des décou\npures et des redites qui le rendent à peu près méconnaissable. Ce n'est guère que\nsur Y amen final que se retrouvent et s'accordent enfin les voix réconciliées et con-\nfondues. Que cette observation bien facile à vérifier ne soit pas tenue pour une\ncritique, moins encore pour un blâme ! La musique palestrinienne constitue un\ngenre de musique très spécial, et d'une puissance expressive qu'il nous plaît,\naprès tant d'autres, de hautement proclamer. Toutefois, ne nous abusons pas en\ndes illusions trop flatteuses. Cette musique étonne, plutôt qu'elle ne touche,\nl'immensité banale des fidèles que nos églises rassemblent. Pas de mélodie, nous\nentendons comme phrase, ou seulement par exception, qui puisse être\nretenue aisément et qui d'elle-même chante dans le souvenir. L'exécution est\ndifficile, elle exige des musiciens très sûrs, aucun instrument ne devant les sou-\ntenir, pallier les fautes, rectifier les intonations douteuses, relever les voix\ndéfaillantes. L'accoutumance nous est devenue générale, de l'alliance des instru-\nments associés aux voix, du moins des grandes vagues sonores que l'orgue épan-\nche et verse. Ces voix, en quelque sorte toutes nues, et qui descendent d'une\ntribune lointaine, ces voix auxquelles l'assistance ne saurait jamais, ne serait-ce\nque par un murmure de la mémoire, discrètement se mêler, ces voix jalouses, et\nqui veulent être écoutées dans un morne et respectueux silence, ces voix sont\nplus divines qu'elles ne sont humaines. Notre vulgaire humanité les comprend\nmal, et bientôt s'en détache comme d'une chose qui lui est étrangère, comme\nd'un langage où rêve un autre monde, où frémit l'âme d'un autre temps. Nous-\nmême qui écrivons ces lignes, nous évoquons des années lointaines, où le très\nérudit et vaillant Bourgault-Ducoudray, un précurseur en ces rénovations auda-\ncieuses, imposait à sa société chorale ces mêmes chants d'un Vittoria ou d un\nPalestrina, dont des chanteurs récents se sont faits les interprètes et les propa-\ngateurs. Des choristes d'occasion furent mis à ce régime austère; et certainement\nl'initiation, tout d'abord un peu pénible, nous réservait des joies profondes. Mais\nnous le répétons en présence même d'un succès moins général qu'il ne semble,\net de ces admirations un peu de mode et de complaisance, la musique a capella\nn'est pas accessible, sans étude, sans patiente préparation, à la foule, naïve,\nignorante peut-être, mais qui cependant n'est pas un élément négligea ble. En\nFrance surtout, nous ne voyons pas les assistants catholiques convaincus et pra-\ntiquants, comprenant quelque chose à ces combinaisons de voix enchevêtrées\ningénieusement, à cette polyphonie savante que Rome rêve de leur imposer.\nRome en avait conservé la tradition : et naguère encore la chapelle Sixtine,\nbien déchue cependant, glorifiait Allegri devant une assemblée surtout faite de\ntouristes mécréants, d'étrangers hérétiques, presque unanimement ennuyés, mais\nse disant extasiés.\nAu reste, le lendemain même de la grande faveur obtenue par cette mu-\nsique a cappella, musique essentiellement italienne, l'ltalie même, dès le dix-sep-"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "410", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.10", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LA MUSIQUE D'ÉGLISE\n\ntième siècle, lui était infidèle. Ce serait nous perdre en des études un peu lon-\ngues, que de suivre la musique religieuse et la musique d église ce n est pas\ntout à fait la même chose au cours des trois derniers siècles, les siècles les\nplus chantants que peut-être l'humanité ait vécus. Insistons seulement sur cette\ndouble observation : il y eut prodigieuse fécondité, aussi évolution. Dans les\néglises elles-mêmes, alentour des offices, la musique suivit la mode. De cela quel-\nquefois on a pu se scandaliser ; et il faut bien reconnaître que le théâtre, très\nprofane, pénétra quelquefois dans le sanctuaire, que l'opéra, en quelque sorte, se\nmit à chanter la messe. Ainsi que les mêmes chanteurs montaient le matin en\nleur tribune sainte, et le soir descendaient aux planches d'un théâtre, les mélo-\ndies qu'ils roucoulaient ne différaient plus guère ici ou là que dans les paro-\nles, du reste parfaitement incomprises et inécoutées. Les réprobations tombées\nde la chaire de Saint-Pierre, intermittentes cependant, viennent de se conden-\nser dans un orage presque d'anathèmes et qui, d'aussi haut qu'il se peut faire, a\ndéjà foudroyé ce que nous appellerons timidement nos chansonnettes. Recon-\nnaissons volontiers qu'elles sont coupables quelque peu. S'il faut en croire\nles censures envolées du Vatican, et ceux-là, érudits et critiques, qui les com-\nmentent et nous les expliquent pour les aggraver encore, nous serions à la\nveille d'une révolution, non pas d'une évolution, et d'un brusque retour en\narrière. Le bataillon des musiciens instrumentistes serait cruellement décimé.\nEt d'abord toute la batterie serait consignée à la porte du temple. Le serpent,\nnon pas celui qui tentait notre folâtre grand'mère de jadis, mais le serpent ron-\nflant et grondant qui gonflait les joues de quelque bedeau, résumerait, à peu\nprès seul, les instruments à vent. L'orgue réduirait sa tâche et son office à\nquelque discret accompagnement. Plus de fugue triomphale, plus de prélude\nretentissant, où l'organiste, inaperçu mais écouté, fait étalage de sa virtuosité.\nC'est bien d'ltalie que cette défaveur menaçante devait se lever contre l'orgue.\nSi l'ltalie a inventé l'orgue, l'orgue est cependant, de par son adoption heu-\nreuse et son prodigieux développement, un instrument plutôt septentrional. Les\norgues illustres sont de Berne, de Harlem, de Paris ; et nos cathédrales ogivales\nleur réservaient la placed'honneur. Monuments eux-mêmes,nos orgues deFrance,\nd'Allemagne ou d'Angleterre, affectent, jusque dans leur dehors et leur décor,\nune importance que les orgues d'ltalie ne présentent jamais. Les orgues d'lta-\nlie ne se trouvent point au-dessus du grand portail ; elles se blottissent un peu\nà l'écart, en la pénombre du chœur ou des chapelles latérales. Leurs gémisse-\nments du reste sont le plus souvent d'un aigre désespoir ; et nous concevons\nà merveille que la pensée soit venue là-bas de les écourter le plus possible. Les\norgues de chez nous méritent plus d'égards ; et ceux-là qui méditent de leur\nimposer un prompt silence, évidemment ne les ont pas entendues.\nTout à l'heure nous parlions d évolution. Ce mot seul doit ici dominer ledébat\net peut-être l'éclairer. C'est la prétention du catholicisme romain, nous ne disons\npas de la chrétienté, d'être intangible et immuable. Ainsi l'ancre de salut et de\nprotection où l'humanité est invitée à prendre refuge et se cramponner, ne se\nserait jamais déplacée, Dieu l'ayant résolument soudée au roc éternel de son\ninfaillibilité et de ses dogmes indivisibles. L'histoire contredit quelque peu à\ncette belle assurance Si lente qu'elle soit à s'émouvoir, à cheminer, la catholicité\nelle-même a évolué. L'immobilité absolue n'est pas, même dans la mort; la\nmort transforme plutôt qu'elle ne détruit. Au sein même de cette catholicité qui"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "411", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.11", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LA MUSIQUE DÉGLISE\n\nse proclame immuable, le changement a pénétré. Ceux-là qui s'attardent au seuil\nde la vieillesse peuvent se souvenir d'avoir vu, vers 1854, les cathédrales de\nFrance flamboyer d'illuminations joyeuses. Une croyance pieuse venait de se\nhausser à la dignité suprême de dogme absolu, l'lmmaculée Conception de la\nVierge, de par une décision pontificale, s'imposait à la croyance du monde. Le\nconcile de 1870 n'a-t-il pas formulé définitivement l'infaillibilité personnelle du\npape en matière religieuse ? Les conciles qui plusieurs fois avaient retiré ou\ndécerné la tiare, jusqu'alors pouvaient se croire l'autorité suprême de l'Eglise. Si\nce statut imposé aux âmes s'est ainsi modifié, très lentement, il est vrai, combien\nles choses, tout à la fois de l'art et de la religion, plus facilement ont changé au\ncours des âges, et sans le plus souvent que l'Eglise en ait pris de l'ombrage !\nPeinture, statuaire architecture, n'ont pas cessé de se transformer au gré de tous\nles caprices et comme au souffle de tous les vents. L'Eglise nous entendons\ncelle d'Occident; en Orient la foi fut toujours plus ombrageuse accepte, aux\nmurailles de ses temples, les mystiques visions écloses au doux génie de Fra\nAngelico; et dans l'âge suivant, elle s'éprend des musculatures héroïques dont\nMichel-Ange enveloppe les prophètes. L'Eglise a pénétré de béatitude extasiée les\nsaints qui s'abritent aux porches de nos cathédrales ; elle consent plus tard à\nreconnaître le placide Jésus dans le formidable athlète dévêtu que Michel-Ange\na mis en sentinelle au seuil de la Minerve, une église de Rome un peu païenne,\nil faut le reconnaître, et jusque dans sa dénomination même. Des basiliques\nprimitives à nos églises de faste un peu mondain, dites de style jésuite, que\nd'étapes changeantes ! Que de contradictions ! Combien de renouveaux ! Quel\ncontraste plus violent pourrait-on imaginer que celui qui désunit la cathédrale\nde Chartres et la basilique de Saint-Pierre ? Tout cela est religieux, tout cela est\nchrétien, tout cela est catholique cependant. Pourquoi donc la musique, elle\naussi, n'aurait-elle pas évolué? Pourquoi donc lui imposer un esclavage que\nl'art, en toutes les autres manifestations, n'aurait jamais connu ? Est-ce une\naccusation de lèse-majesté et d'inconvenance qui s'est élevée ? Après l'acceptation\ndes nudités presque agressives chères aux grands artistes du xvie siècle, ou le\ncarnaval de Venise qui va de Véronèse à Tiepolo, et que les églises de là-bas\nmènent si volontiers, de tels scrupules ne laissent pas de surprendre. Nous les\nacceptons cependant, maisdansun esprit conciliant et volontiers ouvert à des nou-\nveautés bien vivantes. La vie! il faut de la vie! donc un mouvement qui pénètre\net renouvelle les choses. La peinture contemporaine s'y applique. Un Merson,un\nDagnan-Bouveret, reprennent les thèmes qui semblaient surannés et les revivi-\nfient d'une grandeur et d'un charme tout modernes. Quel est cet ostracisme\njaloux qui prétend dire à la musique : tu n'iras pas plus loin ! Et la musique est\nla plus libre de toutes les formes de l'art ! Nous voyons bien quels reproches\naccumulés ont constitué l'acte suprême d'accusation. La virtuosité indiscrète et\nvaniteuse des exécutants, les églises transformées en salles de concert, l'empres-\nsement d'une assistance peu édifiante et encore moins édifiée : que de crimes !\nLa colère des solistes inacceptés, la rancune des auteurs écartés, 1 orgueil des\ncompositeurs élus, la gourmandise, c'est à-dire la délectation un peu trop volup-\ntueuse, des mélodies agréables, bref, à peu près, les sept péchés capitaux tenant\nleur assemblée aux solennités prétendues pieuses, voilà le verdict prononcé\net grondant ! Nous ne sommes qu'un avocat d'office ; et cependant nous espé-\nrons sinon un acquittement général, du moins de très larges circonstances atté-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "412", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.12", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LA MUSIQUE D'ÉGLISE\n\nnuantes. Surtout ne nous laissons pas obséder trop complaisamment aux délices\nde l'archéologie. Vénérons le passé, écoutons sa voix toujours éloquente et qui\nrelie les âmes d hier aux âmes du lendemain. Conservons saint Grégoire et\nPalestrina et leur très vieille musique, laissons-lui la place traditionnelle aux très\nvieux lutrins. .Mais de grâce, acceptons que les choses de la croyance et de la foi\nelles-mêmes soient dites dans un autre langage, au moins quelquefois. Si Pales-\ntrina vivait de notre temps, il écrirait tout autrement, et sans doute il n'aurait\ngarde d'oublier les ressources d'un orchestre prêt à lui obéir. N'est-ce donc pas\nde la musique très religieuse que ces chœurs magnifiques où Haendel emporte\nles adorateurs du Messie ? Les hommes prient fièrement et tête haute, qui\nchantent cela, mais ils prient de toute leur âme ! Les fugues ne semblent-\nelles pas, en leurs vagues successives et se poursuivant l'une l'autre, précipiter\ntout un peuple de suppliants aux pieds de l'Eternel ? Nous entendions, ces jours\npassés, un oratorio de Noël où certes le grand Bach a mis une émotion reli-\ngieuse qui malaisément serait dépassée. Plus près de nous, il nous serait facile\net d'une reconnaissance profonde de nommer le noble César Franck, le bien\nvivant Samuel Rousseau, et de saluer de très hautes inspirations que leurs\nâmes aux résonances profondes nous ont prodiguées. Saint-Saëns, qui sait tout\ndire et tout bien dire, compte, dans son œuvre, des pages que pénètre une émo-\ntion vraiment religieuse. L'œuvre de Gounod lui même, en très grande partie,\nest d'église, ou du moins de pieux souvenirs ; et ce n'est pas dans cette œuvre si\nconsidérable et si heureuse, les grandeurs les moins grandes, les beautés les\nmoins belles, que celles dont s'émaillent Rédemption ou Mors et vita. Ce char-\nmeur que fut Gounod ne laisse pas d'inquiéter quelquefois. Cette pensée, si\nclaire et si bien ordonnée dans les formes qu'elle revêt, efface cependant aisé-\nment certaines frontières qui la gênent. L'oiseau chantant ces mélodies aimables\net quelquefois superbes, se joue d'une haie jalouse, et s'en va badiner sur toutes\nles branches fleuries qui l'ont séduit au passage. Le paradis chrétien finit en\nbois sacré que hantent les nymphes amoureuses. Par cela même qu'elle est très\ntendre, la foi de Gounod devient aisément vagabonde et infidèle.\nLe ciel a visité la terre ;\nMon bien-aimé repose en moi...\nNous avons quelques doutes capiteux sur la nature de ce bien-aimé. Est-ce un\ndieu fait homme, ou bien un homme fait dieu ? La légende païenne nous dit\nAphrodite naissant de l'onde a m ère ; au frémissement qui traverse l'eau qu'en\nson exquis bénitier nous verse Gounod, il semble parfois que va surgir une\ndivinité, vierge peut-être, charmeresse plus encore, mais qui certainement accep-\ntera notre encens le plus profane, et nous remerciera de son plus joli sourire.\nQuant à Massenet, mettons-nous en garde ! Oh ! celui-là est pour damner les\nsaints et les saintes, les unes par les autres, et réciproquement. C'est le démon\nde la perdition que cet homme. Il est plus séduisant que les sept péchés capi-\ntaux réunis. Le primat des Gaules n'a-t-il pas dit d'Hérodiade, croyons-nous :\n(( C'est du poison offert dans une coupe d'or. » L'anathème est singulièrement\nflatteur ; et l'éditeur en a dû vendre quelques partitions de plus. La coutume\ns'est établie à Paris de jouer, aux messes des grands mariages, la méditation de\nl'haïs. Tout en savourant cette phrase caressante comme pas une autre, il nous\nsemble que le mari du moins se devrait inquiéter. Thaïs devait finir aux plus\nédifiantes austérités, mais après combien d'aventures diverses ! Et aux oreilles,"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "413", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.13", "texte": "LA MUSIQUE RELIGIEUSE ET LA MUSIQUE D'ÉGLISE\n\nau cœur même d'une épousée qui commence, c'est dangereux de soupirer le\nrêve de tels commencements.\nAinsi nous ne faisons nulle difficulté de reconnaître que parfois la musique a\nmêlé des conseils impies, du moins suspects, aux leçons plus sévères que veut le\nsage christianisme ; et serait-ce pour précipiter Jes pécheresses aux prie-Dieu\ndes confessionnaux, nous concevons la proscription d une musique qui conseille\ntrop bien la variété des plus aimables péchés.\nToutefois si la messe est une cérémonie pieuse de célébration nécessaire et\nd'assistance obligatoire, elle accompagne et consacre les fêtes les plus différentes,\nles deuils les plus cruels, les joies les plus ardentes. Pourquoi donc ces messes\nsi dissemblables seraient-elles à peu près semblables dans leur expression artis-\ntique et musicale ? Le sacre de Charles X et la messe des morts qui doit\nhonorer ceux qui l'ont précipité du trône et chassé de France, enfin plus\nprès de nous les funérailles de Manzoni, ne sont pas même chose, bien que\nles mêmes rites y soient tout d'abord célébrés Nous admettrions même, comme\nde toute convenance, que même en la solennité d'un couronnement, une tout\nautre musique accompagne Charles X et Napoléon. Nous rêvons de cantiques\nautour de celui-là, et de fanfares autour de C'est à merveille et de\ntoute vérité que la messe de Jeanne d'Arc, eëuvre de Gounod, s'annonce par\nune sonnerie triomphale de trompettes. Bref il faut, c'est du moins notre pensée,\nque l office divin ne soit pas que de tradition, si respectable soit-elle, mais\nque cet office ramasse autour de lui la gerbe des âmes présentes, qu'il ne chante\npas tout seul en quelque sorte, mais aussi qu'il fasse chanter. Soyons con-\nvaincus de ceci : tel cantique, bien vulgaire et d'inspiration misérable, touchera\nbeaucoup plus les pèlçrins naïfs et pieux, qu'un chant grégorien patiemment\nreconstitué, qu'un motet de Palestrina précieusement détaillé. Le ciel nous garde\nassurément de recommander ici des platitudes et des niaiseries musicales ! Et\ncependant nous ferons cet aveu énorme : nous avons été édifié, nous avons senti\nautour de nous comme des effluves d'âmes extasiées, certain jour où chemi-\nnaient, au travers des cimetières fleuris et sous les bannières flottantes, des\nBretons, femmes, hommes, enfants, qui chantaient de pauvres cantiques très\ncommuns, très banaux ; et tout au contraire dans Saint-Gervais, l'admiration\nétait surtout de commande ou de curiosité dedilettanti érudits, presque jamais ou\nbien peu, de véritable émotion pieuse, lorsque s'épandaient les chants d'au-\ntrefois et d'un idéal désappris. Au fond il n'est de sincère musique religieuse\nque celle qui s'envole d'une âme véritablement religieuse. Il faut que Dieu\ndonne la mesure et le ton.\nUn usage pieux et tout à fait charmant que longtemps devait maintenir l'an-\ncienne France, était le retour annuel des messes patronales. Les corporations\noù se partageait la population ouvrière et bourgeoise, chaque année se recom-\nmandaient à la spéciale protection du patron qu'elles s'étaient choisi. Ainsi fai-\nsaient les charpentiers, humbles clients de saint Joseph, les ménétriers et jongleurs\ndévots à saint Genest, les cordonniers fidèles serviteurs de saint Crépin.La fête,\navant de s'achever en quelque festin confraternel, commençait toujours sainte-\nment par une messe, où du moins les notables du métier se faisaient honneur\nd assister. On s'était retrouvé, les genoux fléchissants, à l'église, avant de se\nretrouver sous les tables encombrées de plats vides et de bouteilles bien séchées.\nNotre âge sceptique et ingrat a désappris ces touchantes solennités. Cependant"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "414", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.14", "texte": "UN MUSICIEN FRANÇAIS I M. ALBERIC MAGNARD\n\nles musiciens sont demeurés, sinon plus croyants, du moins mieux empressés\nà se recommander aux indulgences de leur toute gracieuse patronne. Sainte\nCécile garde ses fidèles. Chaque année,.à Paris magnifiquement, au milieu des\nbrumes et des tristesses de novembre, c'est une fête très joyeuse qui rassemble,\nsous les voûtes résonnantes d'une vieille église, l'orchestre de l'Opéra ou de\nl'Opéra-Comique, les choristes militants ou retraités, enfin le bataillon bien chan-\ntant des enfants de quelques écoles. L'œuvre exécutée est toujours d'un maître\n.glorifié dans le passé, ou d'un compositeur nouveau qu'un véritable talent\nrecommande. Ce jour-là, saint Grégoire et Palestrina sont consignés dans leurs\ntraditions illustres, mais trop lointaines. Cependant si devaient prévaloir les\ninstructions que le Vatican,à défaut du Sinaï, formule comme en articles de loi,\ndésormais disparaîtrait la seule fête patronale, religieusement célébrée, que\nParis et la France connaissent encore. Et ne serait-ce pas une tristesse de plus\nque ce silence imposé autour de sainte Cécile, à ceux-là qui cultivent son art,\ns'ils ne partagent plus ses douces croyances?\nNous en avons assez dit pour indiquer notre pensée. Comme toutes choses,\nsous peine de stérilité et d'insipidité monotone, il faut que la musique religieuse,\nmême la musique d'église, évoluent. Alentour des paroles d'absolue nécessité,\nde rigidité dogmatique, il faut que la floraison soit libre, respectueuse toutefois,\nd'une interprétation changeante et féconde. L'Eglise se plaint de perdre quelque\npeu la maîtrise des âmes ; ce n'est pas la reconquérir que de remonter trop\ncomplaisamment dans le passé. Notre musique moderne n'est pas artistiquement\nsupérieure à la musique d'autrefois, certes non ! mais enfin elle est notre musi-\nque. De même que nous n'avons pas à refaire des églises romanes ou des cathé-\ndrales gothiques, nous n'avons pas à refaire ce qui fut très bien fait autrefois ;\net si la musique, mise en suspicion, ne devait plus rien faire pour la foi tradi-\ntionnelle et la catholicité, ce serait très fâcheux pour la musique, mais ce serait\ncertainement aussi très regrettable pour la catholicité.\n\nL. AUGÉ DE LASSUS.\n\nUn musicien français : M. Albéric Magnard\nET SON NOUVEAU DRAME MUSICAL.\n\nTous ceux qui ont l'amour incorrigible de l'indépendance, l'insouciance du\n-qu'en dira-t-on et surtout la passion de la musique n'ont pas oublié la soirée de\nmai 1899 où, sans fausse réclame, sans fausse modestie non plus, se révéla,\ndans une séance organisée par l'auteur et composée exclusivement d œuvres\ninédites, la forte et curieuse individualité de M. Albéric Magnard. Peu familier\nsans doute jusqu alors au public des concerts, le nom du jeune compo-\nsiteur n'était cependant pas inconnu de tous les auditeurs qu'une curiosité\npeut-être inégalement sympathique avait réunis dans la salle du Nouveau-\nThéâtre. Ceux-là et j étais du nombre n'ignoraient pas que, fils de l'étince-\nJant chroniqueur qui si longtemps fit nos délices au Figaro, M. Albéric Magnard,\naprès un court passage au Conservatoire, avait poursuivi et terminé ses études\nmusicales sous 1 amicale direction de M Vincent d'lndy. Un tel nom suffisait\nà garantir la solidité d'une éducation artistique qui devait plus tard, développée\npar une sensibilité aux prises avec la vie, donner de si bons résultats. Je savais\n-aussi que, loin d'user des moyens puissants qui s'offraient naturellement à lui"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "415", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.15", "texte": "UN MUSICIEN FRANÇAIS I M. ALBÉRIC MAGNARD\n\npour répandre ses premières productions, M. Magnard semblait au contraire\nmettre un soin jaloux, s'éloignant du reste du monde, à s'isoler dans son tra-\nvail. Une Suite d'orchestre dans le style ancien, une première Symphonie, des\nPromenades, pour piano, un drame en un acte, Yolande, représenté à Bruxelles,\ndénotaient déjà chez lui, en dépit de complications peut-être excessives et de\nbrusqueries parfois déconcertantes, une faculté d'invention thématique et ryth-\nmique peu commune, une écriture et une sûreté de construction où se recon-\nnaissait aisément la salutaire influence de l'auteur de Fervaal. J'avais également\nconservé le souvenir d'un Quintette, pour piano et instruments à vent, naguère\nexécuté en Belgique, et dont la lecture m'a fait depuis apprécier davantage encore\nl'allure tour à tour passionnée, élégiaque, humoristique et joyeuse, sans parler\ndu charme et de l'imprévu des sonorités. Ces heureux antécédents, brièvement\nrésumés, suffiront à faire comprendre l'intérêt qui s'attachait au concert du\nNouveau-Théâtre où M. Magnard nous fit connaître coup sur coup, outre quel-\nques mélodies pénétrantes chantées par Mme Raunay, ses deuxième et troisième\nSymphonies, une Ouverture et un Chant funèbre, pour orchestre. Certes, 1 Ouver-\nture, par la vivacité de son rythme et par la netteté de sa forme, n'était pas indif-\nférente. On pouvait néanmoins lui reprQcher parfois une surcharge de dessins\n-et une tension continuelle, sensibles encore dans plusieurs passages du premier\nmorceau de la Deuxième Symphonie. Mais le scherzo et Yandante, d'une saveur\ndéjà particulière, paraissaient vouloir s'affranchir complètement de ces inconvé-\nnients, interdits d'ailleurs aux débutants médiocres. On n'en trouvait plus\naucune trace dans la tragique déploration orchestrale dédiée par M. Magnard à\nla mémoire de son père, où une pensée si émouvante et si gravement recueillie\nse développe suivant une si frappante progression dans le style le plus ferme et\nle plus suivi. Avec ce grandiose Chant funèbre, la Troisième Symphonie, qui\n•clôturait le concert, forme le plus complet contraste. Ici tout est mouvement,\nlumière, chaleur et vie. Nul détail superflu ne vient plus nuire à la concision du\nplan, à la sobriété d une instrumentation à dessin classique. Et l'inspiration,\nlibérée de toute contrainte, mais issue du même esprit vigoureux et volontaire,\nse distingue pour la caractériser en peu de mots par une force concentrée,\nun élan fougueux, et surtout une vigueur et une variété de rythme dont le pou-\nvoir est grand et qui sont bien de notre race. Aussi le public entier du Nouveau-\nThéâtre fit-il avec raison à cette œuvre significative un accueil enthousiaste,\n•confirmé par la suite à Bruxelles et à Nancy, grâce à l'artistique initiative de\nMM. Eugène Ysaye et J.-Guy Ropartz, toujours soucieux de rehausser l'intérêt\n•de leurs programmes par des nouveautés judicieusement choisies.\nAprès ce beau succès dont tant d'autres auraient cherché à exploiter immé-\ndiatement le bénéfice, et sans autrement s'inquiéter de la divulgation d'un\nbagage musical déjà important, M. Magnard se retira de nouveau dans la\n•solitude et le silence, d'où il indiqua nettement à tous qu'il n'entendait pas être\nimportuné, et se consacra tout entier à 1 élaboration des œuvres nouvelles qui\nseules 1 intéressaient dès lors. Ce fut d'abord en dehors du drame musical dont\nje voudrais dire tout à l'heure au moins quelques mots une Sonate pour\npiano et violon, interprétée en 1902 par MM. Ysaye et Pugno à la salle Pleyel,\ntémoignant des mêmes qualités qui donnent à la Troisième Symphonie un prix si\nélevé, bien que les idées en soient, à mon sens, d'une expression plus profonde,\net la signification générale plus directement émotive. Je n'en veux pour"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "416", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.16", "texte": "UN MUSICIEN FRANÇAIS : M. ALBÉRIC MAGNARD\n\npreuve que la largeur de la phrase de Validante et l originalité de la conclusion\ndu finale où l'ardeur passionnée du sentiment s'éteint peu à peu dans le calme\net la quiétude. Ensuite vinrent un Hymne àla Justice, pour orchestre, entendu\nune seule fois à Nancy, d'une harmonieuse pureté de lignes avec ses deux\nthèmes habilement opposés ; puis quatre Poèmes en musique pour chant et piano\nfort heureusement variés et d'une couleur pénétrante. Enfin, cette année même,\nM. Magnard a fait exécuter à la Société Nationale un Quatuor à cordes, compo-\nsition d'envergure et de difficulté considérables, et sur laquelle il y aurait\nquelque ridicule à formuler une opinion définitive après une seule audition et\nsans avoir pu en lire la partition (i ). Du moins ce Quatuor impose-t-il dès l'abord\nune impression de noblesse et d autorité saisissante. Le premier morceau, dont\nle développement est conduit avec une surprenante diversité de ressources con-\ntrapontiques, se prête à merveille à l'essor d une pensée qui s'est mûrie, on le\nsent, par l'étude quotidienne du génie qui conçut les Derniers Quatuors. A\nl'exemple des grands andantes de la dernière manière de Beethoven, une action\nintérieure semble aussi animer le beau Chant funèbre, dont la plainte angoissée\ns apaise dans un hymne fervent et mystérieux qui s'épanouit largement, comme\nbaigné d une lumière surnaturelle. Quant à la Sérénade et aux Danses, qui\ntiennent lieu du scherzo et du finale traditionnels, elles décèlent une virtuosité\nde réalisation, une fantaisie de conception et une liberté d'allures qui confirment\nl'émancipation définitive du tempérament et de la personnalité de leur auteur.\nFidèle aux principes d'indépendance sur lesquels il a réglé toute sa vie et\nqu'il lui fut donné de pouvoir réaliser à sa guise, M. Magnard, qui avait suivi,\n, V i -! _\npour ses premières productions, le sort commun, a voulu bientôt conserver\nl entière propriété de ses œuvres et se faire lui-même son éditeur. C'est dans ces\n% ~J JU\nconditions qu'il vient de publier tous ses derniers ouvrages, d ailleurs fort\nluxueusement gravés. Cette intéressante tentative privée en matière d'édition\nmérite certes d être encouragée, et a fait déjà plusieurs adeptes parmi les com-\npositeurs. Il faut souhaiter que nul obstacle ne vienne en retarder le développe-\nment ou l'empêcher dé porter tous ses fruits.\n11 :i l \\ • !l^\nà . , » .\nEn même temps que les ouvrages symphoniques dont je viens de parler\nsommairement; M. Magnard a fait paraître la partition piano et chant de Guer-\ncœur, tragédie en musique, en trois actes. Ce n'est pas à la fin d'une rapide\nétude et en quelques phrases que je prétendrai vous donner autre chose qu une\nimpression d'ensemble sur l'œuvre considérable qui nous apporte le témoignage\nque, chez M. Magnard, le musicien de théâtre est digne du symphoniste. Aussi\nbien convient-il de ne pas déflorer par une trop succincte analyse, et avant sa\nréalisation scénique, le poème de Guercœur. Il suffira d'indiquer que l'idée\nessentielle en est basée sur la dramatique opposition entre les félicités célestes\ndu renoncement et la souffrance d'ici-bas qui ramène bientôt au ciel le héros\nGuercœur, qu'un désir irrésistible de passion et de liberté avait entraîné une\nseconde fois sur la terre, ou il ne trouve que trahison et déloyauté chez la femme\net le peuple qui, au cours de sa première existence, lui avaient juré une éternelle\n\n(i) Le Quatuor de M. Magnard a paru depuis que les lignes ci-dessus ont été écrites. Letude\ndétaillée de la partition n'a fait que confirmer mon sentiment sur l'exceptionnelle valeur de cet\nouvrage, l'un des plus achevés à coup sûr qu'ait jusqu'ici signés son auteur."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "417", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.17", "texte": "UN. MUSICIEN FRANÇAIS: XM. ALBÉRIC MAGNARD\nR. M.\n33\n\nfidélité. Je m'en voudrais cependant faute d'examiner les problèmes élevés\nqu ils soulèvent de ne pas vanter dès à présent la langue souple, colorée et\nheureusement évocatrice, ainsi que la variété donnant aux cinq tableaux judi-\ncieusement proportionnés de la tragédie un intérêt constant et une allure qui\nconvient admirablement à la musique, et à la musique de M. Magnard.\nCette musique qui commente le drame de si près, qui en épouse les moindres\ncontours avec tant de zèle expressif et tant de logique tonale, possède certes\nencore cette intensité de mouvement, cette ardeur passionnée et cette\nvéhémence d'invention rythmique que nous lui connaissions déjà. Elles éclatent\nparticulièrement au second acte, dans la partie humaine de l'action, où l'amour,\nles remords de Giselle et la révolte du peuple sont rendus de façon frappante,\nsans parler du poétique réveil de Guercœur dans la vallée parfumée, ni du\ndélicieux chœur des Illusions, qu'on dirait conçu par un Rameau de notre\népoque. Mais les chœurs mystiques du premier tableau, dont 1 imposante\ntenue forme avec les supplications désespérées de Guercœur le plus absolu\ncontraste, puis, au troisième acte, la solennelle prophétie de la déesse Vérité\nsur les destinées futures du genre humain, et le quatuor vocal, où les Divinités\ncompatissantes endorment de leurs voix berceuses la souffrance de Guercœur,\nont une sérénité, une émotion simple et communica tive, dont j'avais déjà senti\nle germe dans certaines parties de Yolande et dans bandante de la Première\nSymphonie, mais qui ne s'étaient jamais manifestées avec tant de générosité\net de grandeur : elles confèrent à la musique de Guercœur une valeur et une\nportée nouvelles.\nIl faut souhaiter que l'Opéra-Comique ou la Monnaie de Bruxelles, théâtres\nd art, nous donnent bientôt l'occasion d entendre Guercœur dans le cadre qui\npeut seul lui convenir et lui prêter toute sa signification. En attendant la repré-\nsentation qui révélera au grand public le drame de M. Magnard, dans l espoir\naussi que la récente publication de ses derniers ouvrages symphoniques (1 ) ne\nfournira plus aux instrumentistes et aux chefs d orchestre l'excuse commode de\nparaître en ignorer l'existence, les brèves lignes qui précèdent n'auront eu\nd'autre but que de conseiller dès à présent aux esprits curieux et amis de la mu-\nsique la lecture d'oeuvres qui. même privées du bénéfice de l'exécution instru-\nmentale ou de l'animation scénique, par la seule richesse de leur substance, par\nl'ampleur de leurs proportions et par la fermeté de leur écriture, prennent place\nparmi celles qui honorent le plus notre Art et classent au nombre des meilleurs\net des plus français de nos compositeurs actuels un musicien volontairement\nconfiné dans la retraite, loin de l'agitation et des intrigues stériles où se complaît\n1 arrivisme de tant de ses congénères, travaillant sans relâche à sa besogne\nd'artiste. Je ne sais guère de plus réconfortant spectacle ni de plus noble exemple.\n\nGUSTAVE SAMAZEUILH.\n\n(i) Ouvrages d'Albéric Magnard : i° Propriété des éditeurs : Suite dans le style ancien pour\norchestre (Marquet) Six Poèmes en musique, Yolande, drame en un acte Pre-\nmière et Deuxième Symphonie (Bellon et Ponscarme, ancienne maison Baudoux). Promenades,\npour piano (A. Durand et fils).\n2° Propriété de l'auteur, 55, boulevard Beauséjour, Paris, vente par correspondance, envoi\nfranco : Troisième Symphonie (orchestre etréduction pianob— Ouverture, Chant funèbre, Hymne\nà la Justice d orchestre). Quintette pour piano, flûte, hautbois, clarinette et basson.—\nSonate piano et violon. Quatre Poèmes en musique (chant et pianob Guercœur, tragédie en\nmusique, trois actes et cinq tableaux (partition piano et chant). Quatuor pour instruments à\ncordes. Pour paraître prochainement dans les mêmes conditions : Hymne à Vénus (orchestre)."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "418", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.18", "texte": "RICHARD STRAUSS ET SES NOUVEAUX LIEDER\n\nRichard Strauss et ses nouveaux lieder\n(Chez Fürstner, Berlin)\n\nRichard Strauss est né à Munich le n juin 1864. Son père, Franz Strauss, qui\nétait musicien de la chambre royale, où il occupait le poste de corniste, le confia\naux soins du maître de chapelle de la cour, W. Meyer. Strauss attira bien vite\nl'attention sur lui et principalement par une symphonie en fa mineur, exécutée\nen 1881, sous la direction de Lévy, puis par une Sérénade pour treize instru-\nments à vent (op. 7) que H. de Bùlow fit entendre un peu partout avec\nl'orchestre de Meiningen. En 1885, H. de Bùlow le fit appeler à Meiningen\ncomme directeur royal de musique ; mais il fut nommé, en 1886, troisième chef\nd orchestre à Munich, sa ville natale. En 1889, il accepta un poste analogue à\nWeimar, aux côtés de Lassen. Enfin, un peu plus tard il retourne à Munich,\ncomme chef d orchestre de la cour, et succède, en 1898, à Weingartner, en qualité\nde chef d orchestre de l'Opéra, à Berlin. Aujourd hui Strauss s'est conquis\nune réputation universelle, et les principales villes d'Europe qui l'ont vu diriger\nont pu apprécier ses qualités et son autorité de chef d'orchestre Je me\nrappelle, à ce sujet, combien je fus frappé de son habileté, il y a quelques\nannées, alors qu'il dirigeait au Residenz-Theater, à Munich, Cosi fan Tutte, au\ncycle de Mozart, et où il rénovait l'exécution de l époque en dirigeant à la fois\nl'orchestre et en tenant lui-même la partie de clavecin de cet opéra. Ce fut là une\nexécution des plus curieuses, et il s'en acquitta avec une aisance telle, quele public\nlui fit un triomphe. Mais, outre sa consécration de chef d'orchestre, Strauss est,\nà notre époque, le compositeur le plus en renom parmi ses contemporains\nallemands. Il fait preuve, du reste, dans ses compositions, d'une maîtrise et\nd une science incontestées qui lui ont servi à se créer une première place parmi\nles compositeurs modernes. Sa technique et son habileté d'écriture sont éton-\nnantes : nous ne pouvons que manifester notre admiration devant une connais-\nsance aussi prodigieuse du métier. Mais, malgré tout, je crains que cette habi-\nleté consommée n'atténue la valeur expressive de sa musique. Je veux dire par\nlà que cette habitude de se jouer des moindres difficultés le conduit à écrire avec\nune telle facilité, que l'esprit achève avant que le cœur se soit ému. Sans vou-\nloir le mettre en parallèle avec Wagner, si nous considérons-les qualités d'émo-\ntion de l'auteur de Tristan et Yseult, nous voyons, précisément, qu'elles n'ont\njamais été asservies au métier et que c'étaient elles qui s exprimaient les pre-\nmières ; la technique, en lui, a été progressant, à mesure que son génie s'affir-\nmait, et n'en a été que la conséquence. En effet, 1 on pourrait même ajouter que\nWagner s'affranchissait des formules, grâce à une inspiration généreuse,\ntoujours dominante dans son œuvre. Par contre, chez Richard Strauss, le métier\nempêche peut-être l'inspiration de se dégager librement et par la suite, de nous\ncommuniquer des impressions aussi intenses, malgré les surprises d'écriture\nqu'il nous ménage, et qui nous procurent une légitime admiration.\nLe nombre des œuvres de Richard Strauss est déjà très considérable. Les\nprincipales que nous connaissions sont : une sonate de piano (op. 5) ; une sonate\nde violoncelle (op. 6) ;un concerto de violon (op.t 8); des morceaux de piano 9);\nun concerto de cor (op. 11) ; une symphonie en fa mineur (op. 13) ; des poèmes\nsymphoniques dont plusieurs, joués chez Lamoureux et Colonne, furent très-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "419", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.19", "texte": "RICHARD STRAUSS ET SES NOUVEAUX LIEDER\n\ndiscutés et donnèrent lieu à de vives polémiques. Voici les titres des ses poèmes\nsymphoniques : Ans Italien (op. 16; ; Don Juan[ 1889), Macbeth (1891), Tod uni\nVerkldrung (1890), Till Eulenspiegel lustige Streiche (1895), Also sprach Zara-\nthustra (1897)1 Don Quixote (1898) ; un dramelyrique : Guntram (Weimar, 1891),\ndeux chœurs a cappella à seize voix : Der Abend et Hymne ; enfin un grand\nnombre de mélodies pour chant et piano.\nL'Album que vient de publier, à Berlin, 1 éditeur Fùrstner, est un recueil de\nvingt-cinq lieder arrangés pour le piano. Parmi ces compositions, nous parlerons\nde celles qui nous paraissent les plus intéressantes. Nous aurions aussi tenu à\nfaire quelques citations du texte qui commente la musique, afin d'éclairer davan-\ntage nos lecteurs ; mais,'malheureusement, il est d'ordinaire si puéril et si enfantin\nqu'il ne nous semble y avoir aucun intérêt à le reproduire Nous sommes même\nun peu surpris que Strauss aitconsenti à orner de son talent de si pauvres sujets.\nWasserrose (Rose d'eau) est un petit tableau symphonique, purement descriptif.\nLe rythme binaire associé au rythme ternaire donne une certaine allure et un\ncachet d'originalité à ce morceau :\nMais nous préférons la seconde partie, le en fa £ majeur, où l'accompagne-\nment paraît vouloir évoquer les murmures d une source. Il s'en dégage une\npoésie délicate. - .\nDans Blauer Sommer (Eté bleu), hauteur nous montre avec quelle sûreté il sait\nse servir du langage harmonique et combien cette science lui est familière :\nNous remarquerons dans ces deux mesures une véritable profusion d'har-\nmonies ; chaque note se trouve soulignée par un accord. Tout en appréciant\ncette prodigalité dans la composition, nous serions presque tenté de la regret-\nter, car elle finit par devenir dans la suite une fatigue ; l'oreille se lasse à la fin\net voudrait un peu plus de variété. Ce langage harmonique si serré et si com-\npliqué amène fatalement le compositeur à moduler assez souvent, pour ne pas\ndire presque constamment ; les modulations passagères, les enharmonies et\nles résolutions exceptionnelles sont autant de procédés dont se sert Strauss pour"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "420", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.20", "texte": "RICHARD STRAUSS LT SES NOUVEAUX LIEDER\n\ndévelopper son système harmonique, procédés qui finissent par nous ôter toute\nimpression de tonalité. Et c'est là un point qui, à la longue, nous contrarie et\nnous excède, car ce flottement imprécis et continuel, qui serait admissible s'il\nexprimait un sentiment de rêve ou bien d'extase, ne fait qu'irriter le désir que\nnous avons de nous rattacher à une forme plus définie.\nWenn... (5i...), en mi ? , débute sur la dominante et module àla cinquième\nmesure en si g majeur par la résolution exceptionnelle de l'accord de triton sur\ncelui de sixte et quarte de si ; cette modulation est du plus heureux effet\nautant qu'imprévue :\nL'ensemble de ce morceau est d'une allure rapide. Nous signalerons aussi\nplus loin l'amusante cadence rompue : accord de sixte et quarte qui se résout sur\nl'accord de sixte sensible de mi majeur :\nLe commencement du morceau en ut 5 mineur, Weisser Jasmin (Jasmin blanc),\nest principalement construit avec l'accord de sixte et quarte.\nL'auteur se servira de ce renversement chaque fois qu'il voudra moduler;\nc'est, du reste, un procédé dont il use assez fréquemment. Dans ce lied qui\ndébute sur l'accord de sixte et quarte (sol 3, do jp, mi%), il module successi-\nvement trois fois, toujours avec l'accord de quarte et de sixte : ire fois en mi ma-\njeur, 2e fois en sol majeur, 3e fois en ut majeur. Cette dernière modulation\n(accord f, sol, do, mi) rattrape tout de suite l'accord de septième sensible du\nton de do 3 (sol 3, si 3, ré 3,fa 3 ) pour rentrer dans la tonalité initiale :\nLa première idée du Ruckleben (Souvenir) est expressive ; le motif en est\ngrave et empreint d'une certaine mélancolie qu'accentue, à la troisième me-\nsure, l'appoggiature do :"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "421", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.21", "texte": "RICHARD STRAUSS ET SES NOUVEAUX LIEDER\n\nDurant la seconde idée, en ré majeur, accompagnée par des doubles triolets,\nl'auteur emploie de nouveau son procédé modulant. Ainsi, dès qu'il quitte le ton\nde ré majeur, il module successivement à chaque mesure : i° ré mineur, 2° si g\nmajeur, 30 mi ; arrivé à cette tonalité nouvelle, il s'y arrête pendant quelques\nmesures, et passe en sol mineur pendant trois mesures ; la mesure suivante\nfait entendre l'accord de septième sensible de la majeur pour arriver à cette\nnouvelle tonalité...\nComme on peut s'en rendre compte, Strauss use presque constamment de ce\nprocédé qui semble être dans ses compositions une formule. Evidemment, il fait\nétalage d'une science consommée, mais peut-être en abuse-t-il trop souvent et\nce parti pris d'harmoniste finit-il par engendrer la monotonie et la fatigue.\nNéanmoins ces nouvelles compositions seront d'un enseignement excel-\nlent pour ceux qui apprécient les harmonies aux combinaisons compliquées ;\nelles resteront comme un document de premier ordre pour l'histoire de la grande\nmusique à notre époque.\n\nADALBERT MERCIER."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "422", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.22", "texte": "L'ENSEIGNEMENT DE LA MUSIQUE AU COLLÈGE\n\nL'enseignement de la musique au collège\n\nAu collège de Semur-en-Auxois,\ndans le courant de Tannée sco-\nlaire 1903-1904, on a fait une ten-\ntative d'éducation musicale qui a\ndonné d'appréciables et très réels\nrésultats.\nTrois conférences-concerts fu-\nrent organisées suivant une gra-\ndation méthodique.\nire Audition, sur Haydn.\nProgramme : i° Conférence\nsur Haydn et sa musique ;\n20 Allegro du Trio n° 6 (ré\nmajeur) pour piano, vio-\nlon et violoncelle ;\n30 Andante et finale du trio\n18 ;\n40 Symphonie n° 2 [ré ma-\njeur, Adagio, Allegro mi-\nnuetto, Allegro spiritoso\n(réduction pour petit or-\nchestre et piano 4 mains).\n20 Audition, sur Mozart.\ni° Conférence sur la vie et les\nœuvres de Mozart ;\n2° Tl do n° 5 (piano ,violon, violoncelle) ;\n3° Sérénade de Don Juan (chant, piano et violon) ;\n4° Allegro et menuet de la symphonie en sol majeur (pour petit orchestre\net piano).\n3e Audition, sur Beethoven.\ni° Conférence sur la vie et les œuvres de Beethoven ;\n2° Andante quasi allegro du Quatuor à cordes n° 5 ;\n3° Chœur à 4 voix chanté en allemand parles élèves (internes et externes)\n(Die ehre Cottes ans der Natur).\n4° Symphonie n° 2 en entier (petit orchestre et piano 4 mains).\nDans ces causeries-conférences, M. Savey-Cazard, principal du collège,\nfaisait une courte biographie du musicien qui occupait la séance et expliquait\nensuite aux élèves de quelle façon Ton compose une sonate ou une symphonie.\nQuelques mots sur le style et l'œuvre en général achevaient de les renseigner\nsommairement sur ce qu'ils allaient entendre.\nChaque morceau était ensuite expliqué rapidement dans ses diverses parties\navant d'être exécuté.\nLes élèves, petits et grands, ont montré un intérêt et un goût très vifs pour\nces genres de réunions, et à la dernière, celle qui fut consacrée à Beethoven, ils\nchantèrent, sous la direction de leur dévoué professeur d allemand, M. Tissol,"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "423", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.23", "texte": "CONCOURS OSIRIS\n\nun chœur de Beethoven à quatre voix. Le résultat témoigne d'un effort consi-\ndérable\nN'est-ce point là une preuve évidente qu'il n'est pas impossible de donner à la\njeunesse de nos lycées et collèges le goût de la musique sérieuse, en la prépa-\nrant par une évolution lente et méthodique à la compréhension des œuvres des\ngrands maîtres ?\nSi cette tentative était généralisée et donnait partout d'aussi certains résultats,\nd'ici à une vingtaine d'années on n'entendrait plus dire que les Français ne s in-\ntéressent qu'à la musique de café-concert ; car, pour détruire ce jugement déso-\nlant, il est indispensable de leur enseigner, dès le jeune âge, à écouter, à com-\nprendre et à aimer la bonne musique. Tous nos compliments à M. Savey-Cazard.\n\nE F.\n\nConcours Osiris.— Président de la Commission : M. ALFRED BRUNEAU.\nM. Daniel Osiris, qui vient de faire cadeau à l'État du célèbre domaine de la\nMalmaison, et qui a donné tant de preuves de sa philanthropie, a eu la géné-\nreuse pensée, sachant notre zèle pour le chant choral, d'ouvrir ici même un\nconcours pour l'acquisition d'un chœur destiné à être chanté par les élèves de\nnos lycées. Nous avons publié le programme de ce concours, et nous en faisons\nconnaître le résultat, que M. Alfred Bruneau a bien voulu établir avec sa haute\nautorité artistique.\nSur les 17 compositions envoyées, les suivantes ont été retenues : Remember,\nBonus, bona, bonhomme, Abonné —En attendant mieux, Sursumcorda. Toutes\nrenferment des qualités sérieuses, mais, inégalement, des faiblesses. On désirait\nune composition de caractère juvénile, vive, amusante, facile et distinguée à la\nfois. Un divertissement ad libitum permettait au musicien de donner carrière\nà sa fantaisie et à son savoir en contrepoint. Ce désir n'a été que partiellement\nsatisfait. Remember est une œuvre considérable, claire, bien rythmée, con\\ena-\nblement écrite, non dépourvue de verve, mais trop facile, où 1 idée vraiment\nmusicale faiblit parfois, et où le « divertissement » est insuffisant. Bonus, bona,\nbonhomme, ne manque pas d'originalité, mais avec des lacunes. Le début, avec la\npremière syllabe de vivat sur le temps fort, n'est pas heureux, et la partie des\npremiers dessus est écrite trop bas pour bien sonner; à la fin de la première\npage, sur les mots comme un renard, il y a des intonations bien di fficiles : ré b-mi -\n(septième descendante), do (sixte ascendante),fa ascendante). Une page a\nparu impraticable, avec ses 16 doubles croches à la mesure, sur chacune des-\nquelles il faut, dans un mouvement animé, prononcer le mot teuj. Le divertisse-\nment et l'ensemble sont faibles En attendant mieux est une pièce correcte et de bon\naloi, bien prosodiée, d'allure sage, trop même, mais sans ampleur,\net surtout trop écourtée. Dans Sursum corda, il y a une écriture assez fine, quel-\nques idées heureuses, mais des vulgarités, des faiblesses, pas assez de constiuc-\ntion et de nerf ; une page qui a paru être du style de petite opérette a été sévère-\nment jugée. Les autres envois ont dû être écartés, soit parce qu ils ne remplis-\nsaient pas les conditions du concours, soit parce qu ils témoignaient d une\ntrop visible inexpérience.\nToutes ces œuvres ont été examinées, et jugées en dernier ressort sans que"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "424", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.24", "texte": "MUNICH ET LE THÉÂTRE DU PRINCE RÉGENT\n\nles enveloppes contenant les noms qui correspondent aux devises aient été\ndécachetées. En somme, les meilleures ont paru trop grises, et n'avoir pas assez\nde caractère pour être offertes à la jeunesse des lycées. En raison du but pour-\nsuivi et de la récompense élevée offerte par M. Osiris, la Commission a cru\ndevoir laisser le concours encore ouvert jusqu'au ier avril 1905. Les mêmes\nconcurrents pourront, bien entendu, envoyer de nouveaux ouvrages ; nous leur\ndemandons un plus sérieux effort, vraiment digne d'eux et du programme suivi.\n\nMunich et le théâtre du Prince-Régent.\n\nAoût igozf.\nLa mode capricieuse défend à ses adeptes de goûter plusieurs fois de suite le\nmême plaisir sans en varier le cadre. Avouez-vous cette année avoir été à\nBayreuth r ! Comment peut-on y aller encore ? semblerait dire votre interlo-\ncuteur scandalisé. —C'est à peine s'il est permis, en passant, de s'y arrêter pour\nentendre Parsifal ; d'autre part, à moins de traverser l'Océan, ce n'est que\ndans la ville sacrée qu'on peut ouïr le chef-d'œuvre du maître. Mais Frau\nCosima, son théâtre et ses chefs d'orchestre on sait que fils et gendre se\nsuccèdent au pupitre ne méritent plus une aune d'attention ! Depuis trois\nans que le théâtre du Prince-Régent s'élève au-dessus de l'lsar, il s'est acquis\nune réputation d'année en année grandissante ; M. de Possart, intendant des\nthéâtres royaux, lui-même tragédien et metteur en scène de premier ordre, grâce\nà une direction ferme et intelligente, en fera d'ici peu le premier théâtre wagné-\nrien du monde. Toujours il s'est appliqué à choisir pour sa troupe ordinaire des\nartistes d'un mérite éprouvé ; pour le Festival, il ajoute quelques étoiles de pre-\nmière grandeur, telles que Milka Termina, de New-York, Van Rooy, de Lon-\ndres, Burriau, de Dresde, Albert Reiss, de Londres ; Weingartner, Nikisch et\nMottl, les kapellmeister élus pour la direction musicale des opéras, ne sont pas\nde mince réputation. Les décors, les costumes contribuent encore à donner à\nces représentations un vif intérêt.\nLa salle, toute en gradins depuis l'orchestre jusqu'aux sept grandes loges qui\noccupent tout le fond de l'édifice, forme un vaste trapèze ; le style néo-grec est\nsobre : pour toute ornementation, sur les murs latéraux, quatre niches ornées\nde reliefs ont reçu des trépieds d'or où manque la fumée des sacrifices * sur les\nfûts des colonnes qui séparent les niches on a placé des vases grecs, aux formes\nharmonieuses. - Cette année, l'orchestre invisible a subi une modification qui\npromet d'être un notable perfectionnement ; l'ouverture par laquelle la sonorité\narrive dans la salle est susceptible de s'agrandir ou de diminuer; il suffit au\nchef d orchestre de presser un bouton électrique et le crescendo des instruments\ns'accentue aux oreilles des auditeurs, ou la sonorité en est étouffée comme par\nune sourdine : c'est, somme toute, un système analogue à celui de la boîte\nexpressive à jalousies, dans laquelle l'orgue est d'ordinaire enfermé.\nUne analyse détaillée de chaque représentation nous entraînerait un peu loin.\nNous nous contenterons donc de donner quelques impressions sur les princi-\npaux interprètes : Milka Termina est une Isolde passionnée et sincère, peut-être\nsans une grande spontanéité, mais si gracieuse î Ses poses plastiques dénotent"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "425", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.25", "texte": "MUNICH ET LE THEATRE DU PRINCE-RÉGENT\n\nune intelligence réelle de la beauté des lignes ; il est à regretter que sa voix,\ndont au reste elle se sert avec une habileté rare, la trahisse parfois.\nMathilde Frânkel-Claris, dans le rôle de Brûnnhilde, forme avec cette dernière\nun douloureux contraste: son jeu maladroit et sa voix chevrotante gâtent, aussi-\ntôt qu'elle paraît, un ensemble excellent. On s'étonne que la direction ait engagé\ncette artiste insuffisante ; M. de Possart n'a d'ailleurs pas tardé à reconnaître son\nerreur en remplaçant Mlle Frânkel par Mme Senger, de tous points satisfaisante.\nLa voix d'Heinrich Knote est jeune, fraîche et d'un beau métal ; mais incar-\nner en huit jours trois héros tels que Tristan, Walther et Siegfried, n'est-ce\npas présumer un peu trop de ses forces? Certes, il imprime une juvénile allure\nau personnage de Siegfried ; il est débordant de vie, expansif, léger et presque\nspirituel dans les grosses plaisanteries. De son jeu varié il anime cette som-\nbre caverne des Nibelungen, et son enthousiasme se communique aux spectateurs\nlorsqu'il forge l'épée qui lui servira à tuerie Dragon, accompagnant son travail\ndu chant de la forge, cette merveille de rythme !...\nAyant eu moins souvent l'occasion de chanter Tristan, Knote n'a pas établi\navec le même bonheur ce rôle plus difficile à jouer que celui de Siegfried. Sa\npsychologie ne laisse pas d'être compliquée, et il exige de l'artiste des nuances\ninfinies. Il est à regretter que Burrian, dont nous avons pu apprécier dans la\nWalkùre le talent délicat et la voix souple, ne se soit pas produit dans ce rôle,\nson meilleur assurément. Knote ne possède pas encore les qualités de bel canto\nnécessaires pour rendre toutes les finesses vocales du rôle si difficile de Walther\nvon Stolzing ; en perfectionnant l'émission trop gutturale des notes élevées et en\nles faisant passer par le masque, il arrivera aisément à un excellent résultat.\nAnton von Rooy semble l'incarnation même de Flans Sachs à la figure duquel\nil sait donner un indicible charme ; mais la traversée de l'Océan ne semble pas\navoir réussi à l'illustre chanteur, dont la voix vibre parfois d'une façon exagérée.\nQuant à Albert Reiss (David et Mime), Joseph Geiss (Beckmesser), nous leur\ndirons comme Molière àLa Grange : « Pour vous je n'ai rien à vous dire ! »\nHans Edgar Oherstetter tient avec intelligence le rôle difficile de Fafner, sa\nvoix étendue et bien timbrée sonne dans la perfection: souhaitons de le voir,\nl'an prochain, dans le rôle de Wotan qui lui semble destiné. —Olive Fremstad est\ndouée d'une voix superbe aux sonorités d'orgue, mais pourquoi s'affubler de ce\ncostume désuet de Marguerite de Faust avec cette fade perruque à tresses\nblondes patiemment nattées sur des faveurs rouges? Senta et Sieglinde ne\npouvaient trouver de meilleure interprète que Berta Morena. Ernesta Delsarta\nest une charmante Freia. Ella Tardeck n'a pas su préciser les traits de l'exquise\nEva.\nLa mise en scène est, en général, très soignée ; toutefois un dessinateur qui a\nun musée tel que la Pinakothek à sa disposition est coupable de ne pas intro-\nduire plus de pittoresque et de fantaisie dans les costumes des Meistersinger. Ses\ndécors, ceux du Ring surtout, font honneur aux auteurs de leurs maquettes,\nmais l'exécution laisse quelquefois à désirer; certains accessoires peints à\ntrompe-l'œil sont d'un déplorable effet ; les éclairages gagneraient aussi à être\nplus artistement ménagés et gradués\nCes observations de détail une fois faites, il nous faut convenir que ce cycle\nprésente un ensemble des plus imposants; l'impression artistique qui s'en dégage\nest inoubliable ; il y a chez tous les acteurs qui y prennent part, depuis le pre-"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "426", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.26", "texte": "DOCUMENTS INÉDITS SUR TAMBERLICK\n\nmier rôle jusqu'au dernier choriste, un désintéressement de la personnalité en\nfaveur de l'intérêt général, une application soutenue, une discipline de fer qui\nseuls permetten t de rendre une grande œuvre dans toute son intégrité. —Il\nserait bon que cet exemple fût suivi par nos artistes, hélas ! trop souvent préoc-\ncupés de leurs seuls intérêts personnels...\n\nLUCIEN DE FLAGNY.\n\nDocuments inédits sur Tamberlick.\nNous faisons figurer ci-après, à titre de documents idédits, 2 engagements, copiés textuellement\nd'après les originaux. On remarquera qu'ils sont rédigés en langue française (?) bien qu'à des-\ntination d'Angleterre et de Russie.\n1. M. Enrico Tamberlick reconnaît s'être engagé avec le théâtre Impérial de\nSaint-Pétersbourg pour une saison qui commence le premier octobre prochain et\nfinira le 6 mars nouveau style <Bsi, en qualité de primo Tenore devant chanter pas\nmoins de trois fois par semaine, si la Direction le désire, et obligé de chanter tous\nles rôles' de son emploi qui lui seront distribués par la Direction, sans prétendre à\naucun exclusivement.\n2. —M. Tamberlick recevra un traitement de soixante mille francs pour ce\nlaps de temps qui lui seront payés chez lui en portions égales et aux époques\nfixées selon les habitudes des théâtres Impériaux.\n3. La Direction des théâtres Impériaux fournira à M. Tamberlick les cos-\ntumes, coiffures et chaussures appelés de caractère ; mais l'artiste se fournira lui-\nmême les costumes, coiffures et chaussures appelés de ville, qu'exigeront ses rôles.\n4. M. Tamberlick s'oblige à se trouver exactement aux répétitions toutes le\nfois qu'il lui sera requis par la Direction des théâtres Impériaux ou ses préposés\n(sic) ; àse tenir prêt à tous les rôles portés sur son répertoire ; enfin à se prêter\nà tout ce qui pourra servir les intérêts et le bien de l'entreprise, en ne faisant usage\nde ses talents que pour elle et ne pouvant en disposer autrement qu'avec la per-\nmission de S. E. le Directeur général ; à se conformer aux usages et règlements\nétablis ou à établir pour le bon ordre et la police du spectacle.\n5. Dans le cas où M. Tamberlick se dirait malade ou dans l'impossibilité de\nchanter, ce fait devra être constaté par le médecin de la Direction Impériale, dont le\ncertificat fera seul autorité ; si le certificat porte que l'artiste peut chanter, il lui\nsera tenu de reprendre son service.\n6. Dans le cas, où une maladie priverait la Direction des talens (sic) de\nM. Tamberlick pendant deux semaines, ce terme expiré, la Direction est en droit\nd'arrêter le payement de ses appointements jusqu'au moment de sa rentrée au\nthéâtre.\n7. Cet engagement ayant dès ce moment pleine et entière force et valeur, en\ncas que M. Tamberlick se permît de contracter avec un autre théâtre un enga-\ngement à dater du ler septembre de l'année iBso, il sera passible d'un dédit de\nsoixante mille francs envers la Direction des théâtres Impériaux de Russie, sans\npouvoir s'y refuser sous aucun prétexte que ce soit, et au cas contraire la Direction\nImpériale aura droit de le faire poursuivre en quelque pays où il se trouverait pour\nen recevoir le payement du dédit ci-dessus fixé, ainsi que tous les frais occasionnés\npar le refus de payer ce dédit à la première réclamation.\n8. - M. Tamberlick s'engage à se trouver à Saint Pétersbourg assez d'avance\npour pouvoir commencer ses représentations le i?r octobre, nouveau style, sous\npeine d'une amende de au\nprofit de la Direction.\n(L'article 9 est biffé.)"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "427", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.27", "texte": "DOCUMENTS INÉDITS SUR TAMBERLICK\n\n10. Il est de plus convenu, qu'en cas de suspension ou fermeture de théâtre\npar ordre du gouvernement ou toute raison qui ne permettrait la continuation des\nreprésentations et par conséquent l'exécution du présent contract, l'artiste ne sera\npayé de la totalité des appointements ci-dessus fixés, mais recevra seulement le\npayement d'après le nombre des représentations qui auront été faites, en calculant\nle prix de chacune par le nombre de spectacles fixés pour la saison.\n11.— M. Tamberlick aura droit à un demi-bénéfice dont le revenu lui appar-\ntiendra entier et aura droit de choisir tout opéra à donner pour le susdit bénéfice,\nles dépenses duquel seront à la charge de la Direction Impériale.\n12. M. Tamberlick choisira de commun accord avec la Direction Impériale\nl'opéra de son début.\n13. M. Tamberlick met à la disposition de la Direction Impériale le répertoire\ndes opéras suivants qui ne seront pas exclusivement à lui, mais qu'il sera obligé de\nchanter à la demande de la Direction Impériale.\nROSSINI : Otello Barbiere Cenerentola Mosè Dona del Lago Tan-\ncredi— Assedio il Çorinto.\nMOZART : Don Giovanni.\nDONIZETTI : Gemma di Vergi Parisina Maria Padilla Roberto— Deve-\nreno Lucia Martiri Torquato D. Sebastiano Favorita Lucrejia Bor-\ngia Maria di Rohan Regina di Golconda -- Adelia.\nBELLINI : Morina Straniera Puritani.\nMERCADANTE : Giuramento Vestale— Elisa e Claudio GrapePa di Virgi -\nIllustre rivale.\nPACINI : Medea — — Laffa Ebrea.\nAUBER : Muto di Portici ou Masanielo.\nMEYERBEER : Roberto il Diavolo Ugonolti.\nHALÉVY : Juive Reyne de Chypre.\nBATTISTA : Anna la Prie.\nVERDI : Ernani Toscari Lombardi Attila Masnardieri Giovanna\nParis Alzira.\nSigné:\nENRICO TAMBERLICK.\nROYAL ITALIAN OPERA\nLONDON\nLes soussignés, M. Eréderick Gye, Directeur du Théâtre de l Opéra Royal\nItalien à Londres, d'une part, et M. Enrico Tamberlick, artiste dramatique, de l'autre\npart, sont convenus ce qui suit :\nio M. Tamberlick s'engage à faire l'emploi de Premier ténor absolu au théâtre de\nCovent-Garden pendant la durée de son engagement avec M. Gye.\n2° Cet engagement commencera le premier du mois de juillet 1858 et finira à la\nfin de la saison du théâtre de M. Gye, mais pas plus tard qu'à la fin d'août ;\n3o Les appointements de M. Tamberlick seront sqo livres par mois, être payés\npar mois.\n40 M. Tamberlick chantera dans les concerts aussi bien que dans les opéras,\nmais il ne chantera nulle part hors du théâtre dans le royaume de la Grande-Bre-\ntagne pendant l'année iB5B, sans la permission écrite de M. Gye, excepté aux con-\ncerts privés et gratis ;\n5° M. Gye fournira les costumes à M. Tamberlick pour ses divers rôles, selon\nl'usage ordinaire des théâtres ;\n6° M. Tamberlick se conformera aux règles ordinaires du théâtre en cas de mala-\ndie, d'incendie, répétitions, etc.\nSigné :\nGYE.\nLondres, 10 septembre 1837."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "428", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.28", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels et informations.\n\nOPÉRA-COMIQUE. — L'Opéra-Comique vient de faire une très brillante\nréouverture avec Carmen. Tous nos vœux de succès à ce charmant théâtre\nauquel M. Carré a su donner une si haute valeur artistique et une allure si\nvivante, en accueillant tant de nouveautés ! c'est lui qui est l'espoir des composi-\nteurs lyriques français de toutes les Ecoles ; nous sommes assuré que cette saison\nsera digne des précédentes.\n\nECOLE DE CHANT CHORAL.\n«Pour le Ministre:\n«Le Directeur des Beaux-Arts,\n«H. MARCEL.»\n— Pour créer 1 institution chorale complète et pra-\nA X\ntiquement organisée qui manquait à Paris, et pour inciter les compositeurs de\nmusique à écrire de grandes œuvres avec chœurs, dont l'exécution était incer-\ntaine ou trop dispendieuse, MM. Henri Radiguet et Louis Masson. sous les\nauspices de M. J. d'Estournelles de Constant, chef du bureau des théâtres, ont\nsoumis à M. le Ministre des Beaux-Arts le projet d'une Ecole de chant choral,\nouverte aux hommes, femmes et enfants, afin de réunir toutes les ressources\nvocales, et divisée en sections, ayant leur siège dans différents quartiers, afin de\nrendre aussi étendu et aussi favorable que possible le recrutement des élèves.\nM. le Ministre des Beaux-Arts vient d'approuver leur projet par cette lettre :\n(( MESSIEURS,\n(( Vous avez bien voulu me faire part de votre projet d'organisation d'une\nEcole de chant choral ouverte aux hommes, femmes et enfants, et destinée à\nformer des masses chorales qui permettraient l'exécution des grandes œuvres\nmusicales avec chœurs. A cet effet, vous demandez que la petite salle de concert\ndu Trocadéro soit mise gratuitement à votre disposition, une fois par mois le\ndimanche matin, pour des répétitions d'ensemble, et qu'une des petites salles du\nrez-de chaussée soit affectée à l'administration de votre école.\n(( L'administration des Beaux-Arts nepeut qu'approuver l'intéressantprojet que\nvous lui avez soumis et que souhaiter la réussite d'une œuvre qui semble appe-\nlée à rendre de réels services à l'art musical et à développer le goût du chant\nparmi le peuple.\n(( Je m'empresse donc de vous accorder les autorisations que vous avez sollici-\ntées ; vous pourrez utiliser une fois par mois, le dimanche matin, la petite salle\ndes concerts, et une pièce du rez-de-chaussée sera mise à votre disposition pour\nl'administration de votre école.\n« Recevez, Messieurs, l'assurance de ma considération très distinguée.\nL'Ecole de chant choral ouvrira en octobre. Dès maintenant, les inscriptions\nd'élèves sont reçues et toutes communications peuvent être transmises au\nsiège de l'administration, palais du Trocadéro\n\nARMIDE\n\nOn annonce que, l'hiver prochain, M. Gailhard nous donnera YAr-\nmide de Gluck, jouée avec succès à Béziers à la fin du mois d'août. Le sujet de cet\nopéra (tiré de la Jérusalem délivrée du Tasse) est un de ceux qui ont le plus attiré"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "429", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.29", "texte": "INFORMATIONS\n\nl'attention des musiciens. Les drames lyriques les plus connus sur Armide sont\nceux de (Venise, 1639), de Rampini (ibid., 1711), de Graun (Berlin, 1751 ),\nde Traetta (Vienne, 1760), Jomelli (Naples, 1771), Salieri (Vienne, 1771), Sac-\nchini(Milan, 1772), Astaritta (1777), Gazzaniga (1777), Rauzini (Londres, 1778 J,\nP. de Winter (Munich, 1778), Mortellari (Milan, 1778), Jos. Mysliweczek (1780),\nJos. Haydn (1782), Cherubini (Florence, 1782), Anfossi (Londres, 1782), Zin-\ngarelli (Rome, 1786), Mosca (Florence, 1799), Righini (Berlin, 1799), Rossini\n(Naples, 1817). Il faudrait ajouter à cette liste : Artnida, regina di Damaso,\nd'Orgiani(Vérone, 1711) ; Armida e Rinaldo, deSarti (Saint-Pétersbourg, 1785 ) ;\nArmida abbandonata, de Ruggeri (Venise, 1710) ; Armida al Campo, de Boni-\nventi (Venise, 1707) ; Armida al Campo d'Egilto, de Vivaldi (Venise, 1718) ;\nArmida immaginaria, de Cimarosa (Naples, 1778) ; Il trionfo d'Armida, d'Albi-\nnoni(Venise, 1726); Rinaldo, deTozzi (Brunschwig, 1775), de Haendel (Londres,\n24 lévrier 1711) ; Rinaldo ed Armida, de J. Eccles (Londres, 1698) ; Gerusalemme\nliberata, de Pallavicino (Venise, 1688, représenté aussi sous le nom d Armida à\nHambourg en 1695}, de Righini (Berlin, 1802).\nLes opéras français sont : Armide et Renaud, de Lulli (Paris, 1686), livret de\nQuinault ; Armide, de Gluck (Paris, 23 septembre 1777), même livret ; Renaud,\nde Desmarets (Paris, livret de Pellegrin ; Renaud, de Sacchini (Paris,\n1783), livret de Lebœuf.\nChez les Allemands, il y a, sur le même sujet, les opéras de Haffner (Stock-\nholm, 1792), Rheineck (1779), Zumsteeg (Stuttgart, 1790), Paradies (Pra-\ngue, 1797), Glàser (Vienne, 1828), —le ballet d'Apell (Renaud et la Forêt\nenchantée, Cassel, 1782).\nDe tous ces opéras, ceux de Lulli, Gluck, Sacchini et Rossini eurent seule-\nment un grand succès ; et celui de Gluck, seul, est encore joué.\n\nDR. K.\n\nLE CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION MUSICALE DE FRANCE. Nous avons annoncé\ndans le dernier numéro de la Revue qu'un Congrès tiendrait ses assises à\nSuresnes le 15 août.\nCette assemblée, présidée par M. Laurent de Rillé, réunissait près de cinquante\ndélégués de Sociétés musicales de France et d'Algérie.\nLe but de cette séance était de rechercher par quels moyens on pourrait arriver\nà unir toutes les Sociétés musicales par un lien qui leur permettrait de développer\nleurs progrès artistiques, qui leur faciliterait l'obtention de divers avantages et\nqui leur donnerait satisfaction au point de vue de revendications dont certaines\nnous ont paru tout à fait légitimes.\nLa Fédération musicale de France, fondée il y a huit ans, et qui fut récemment\nprésidée par M. Gastinel, puis par M. Samuel Rousseau, a cherché à réaliser ce\nprogramme d'union et d'élévation artistique.\nDepuis ce temps, des fédérations régionales se sont formées un peu partout en\nFVance, mais, jalouses de leur indépendance, elles n'ont pas cru devoir s'unir par\nun lien fixe et durable.\nLe Comité directeur de la Fédération musicale de FAance, ayant été fondé à\npenser que sa présence pouvait nuire à la fusion qu'il avait cherché à provoquer,\nprit, sur la proposition de M. Clérisse, délégué de l'Union départementale des"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "430", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.30", "texte": "INFORMATIONS\n\nsociétés musicales de l'Eure, la décision de disparaître en bloc, afin de laisser\nle terrain net.\nAprès avoir exposé les travaux de Tannée, M. Henri Brody, secrétaire général\nde la Fédération, fit valoir dans son rapport les raisons que nous venons d'in-\ndiquer, et déposa la démission du Comité directeur sur le bureau.\nUne commission de délégués, où figuraient MM. Clérisse, Lafitte, directeurs\ndes Enfants de Lutèce, Brévannes, de l'Orphéon, etc., etc., fut aussitôt consti-\ntuée. Son rapport, présenté par M. Fouasse, directeur de l'Orphéon d'Evreux,\nconcluait à la remise de tous pouvoirs à un Comité uniquement formé des pré-\nsidents des Fédérations régionales, auquel serait adjoint, à titre de secrétaire,\nM. H. Brody.\nCette proposition fut adoptée à l'unanimité.\nCe Comité provisoire est chargé de jeter les bases d'une organisation nouvelle\nde la Fédération musicale de PVance. Aucune raison ne peut actuellement s'op-\nposer à la fusion de toutes les fédérations existantes.\nChacune d'elles gardera son autonomie ; mais un comité composé de musiciens,\nde critiques, d'écrivains, de jurisconsultes dont les noms seront choisis parles\nreprésentants des Sociétés musicales, aura la confiance des orphéonistes, et,\ns'inspirant des désirs exprimés par les Sociétés musicales, pourra travailler à\nl'œuvre d'union, de solidarité et d'art qui est le but de la Fédération.\n11 y a dans les Sociétés musicales une somme considérable de bonnes volontés.\nUn grand nombre d'entre elles présentent un intérêt artistique que nous nous\nplaisons à reconnaître et à saluer.\nLa Revue musicale aidera de toutes ses forces la Fédération nouvelle à\nréaliser son noble programme.\n\nAIX-EN-PROVENCE. Par arrêté du 16 août 1904, de M. le préfet des Bouches-\ndu-Rhône, Mlle Pécout Marie-Gabrielle est nommée professeur de piano à\nl'Ecole nationale de musique, en remplacement de Mlle Wanska, qui a demandé\nà faire valoir ses droits à la retraite.\n\nTROCADÉRO. Les concerts qui devaient être organisés, en juillet dernier,\ndans la grande salle des fêtes du Palais du Trocadéro, par M. Walter Behrens,\navec le concours de la fanfare anglaise a Besses of the Barn », sont reportés\nau 29 octobre prochain.\n\nNANCY. Par arrêté de M. le préfet de la Meurthe-et-Moselle, M. Heck\n(Jean-Armand} a été nommé professeur de violon à l'Ecole de musique, suc-\ncursale du Conservatoire.\n\nBouLOGNE-sur-MER. Par arrêté de M. le préfet du Pas-de-Calais, M. Défiez\nEdmond a été nommé professeur de solfège secondaire à l'Ecole nationale\nde musique, en remplacement de M. Malo, décédé.\n\nLA BAULE. — Une large baie abritée, une plage de sable fin s étendant à perte\nde vue avec la mosaïque de ses coquillages, de grands bois de pins, de coquettes\nvillas, voilà les éléments d'une villégiature idéale. En outre, le Casino neuf et\npimpant offre, parmi les attractions de rigueur, un plaisir qui n'est jamais à\ndédaigner et qui, dans un tel décor, est encore rare : celui d'entendre de la\nbonne musique. C'est au chef d'orchestre, M. Francisco de Lacerda, que nous"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "431", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.31", "texte": "INFORMATIONS\n\ndevons ce plaisir-là. Nos lecteurs le connaissent déjà par ses précieuses recher-\nches historico-musicales publiées ici, et par sa Danse du Voile qui lui a valu un\npremier prix à notre dernier concours. Absorbé par ses travaux personnels, ses\ncours d'orchestre, d ensemble vocal, etc., et surtout par son enseignement àla\nSchola Cantorum, où il occupe une place au premier rang, ce musicien éminent,\ntoujours prêt à se dépenser pour l'avenir d'une belle idée, passe ses vacances à\ndémontrer que le niveau des concerts de casino peut et doit être relevé. Il a com-\nmencé par constituer un orchestre capable de le seconder (plusieurs de ses\ncollaborateurs, et non des moins dévoués, sont de véritables artistes ;il faut\ncjiter MM. Façon (violon), Schwab (violoncelle) et Zeitlin (violon), qui enthou-\nsiasmait la salle entière, dimanche dernier, avec la Danse tsigane, de Nachez,\nœuvre de haute difficulté, enlevée avec autant de verve que de sûreté et de pré-\ncision). C'est ainsi qu'il arrive à donner des concerts où, à côté des valses les plus\nentraînantes des Strauss. Waldteufel et Ganne, des célèbres Gzardas de Gung'l,\ndes brillantes marches de Fahrbach et Strobl, on ale plaisir (d'ailleurs fort\ngoûté du public; d entendre des fragments des grandes œuvres symphoniques\nde Haydn, Mozart, Beethoven et de quelques bons compositeurs modernes.\nParmi des numéros de styles complètement différents exécutés avec une sûreté\nd'interprétation impeccable, on n'a que l'embarras du choix. Citons au hasard\nle Lai go de Haendel, exempt de sa coutumière monotonie ; les Danses hon-\ngroises de Brahms, enlevées avec un brio extraordinaire ;11 Rondo de la 13e\nSymphonie de Haydn, détaillé avec une finesse et une légèreté exquises ;la\nMarche hongroise de Berlioz, brillante et sonore ;la délicate ouveiture d Obéron\net enfin 1 ouverture de Léonore n° 3oùM. de Lacerda a montré la puissance\nd'une interprétation qui cherche sa raison d'être àla source même où a puisé\nle génie du maître, c'est à-dire dans la vérité. M. de Lacerda ala simplicité,\nl'énergie et la sincérité des talents robustes. Sans prétention, comme sans parti\npris, il montre en tout ce qu'il entreprend l'intention bien arrêtée de faire triom-\npher le grand art, l'art vrai. Et il y réussit.\n\nBOULOGNE-SUR-MER.\nA. M.\nAu Casino, c'est devant une salle comble que la\ntroupe des artistes interprète successivement le théâtre d'opéra et d'opérette ;\nnous y entendons La Fille de Mme Angot, Grisélidis, Boccace\nSoutenus par un orchestre dirigé habilement, les chanteurs font valoir heu-\nreusement les qualités de ces ouvrages.\nEn résumé, spectacles divertissants et agréables qui font passer une bonne\nsoirée à l'auditeur.\n\nLA MUSIQUE FRANÇAISE EN RUSSIE.\n\nM. Pierre Sechiari, le premier violon\nsolo des Concerts Chevillard, nous écrit de Russie (9/22 août), où il obtient le\nmême succès qu'à Paris, une aimable lettre d'où nous détachons les lignes sui-\nvantes :\n(( Pavlovsk, où je suis en ce moment, est le Saint-Germain de Pétersbourg;\nmais il y a ici une immense salle de concert qui peut contenir 5.000 personnes,\net chaque soir, elle est archi-comble. Comme orchestre, la Philharmonie de\nPrague (60 musiciens), dirigée successivement par son chef, M. Nedbal, l'excel-\nlent altiste du quatuor tchèque, et Vincent d'indy, qui a fait entendre le Camp de\nWallenstein, Sauge fleurie, Y Apprenti Sorcier de Dukas ; Colonne, qui, ensuite,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "432", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19040910-01.1.32", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\na dirigé un mois ; Panzner, de Brune, dont ce sera le tour demain. Solistes :\nJacobs, de Bruxelles, comme violoncelliste, et de nombreux chanteurs et chan-\nteuses, la plupart allemands. Chaque mardi, concert d'oeuvres russes: les compo-\nsiteurs nationaux les plus aimés ici sont toujours Rimsky-Korsakof, Borodine\net Tchaïkovsky, dont la 4e et la 5e Symphonie sont particulièrement goûtées.\nPersonnellement, j'ai joué : Symphonie espagnole, Concertos de Bruch, Men-\ndelssohn, Beethoven, Rondo cappricioso de Saint-Saëns, etc.. et j'ai dû, à\nchaque concert, donner 3 ou 4 morceaux en bis. Il fait ici un temps épouvantable\net la pluie ne cesse un seul instant.\n\nPIERRE SECHIARI.»\n\nLa statue de César Franck sera inaugurée le 20 octobre, square Sainte-\nClotilde. Le 16, M. Colonne donnera un concert consacré à la mémoire du\ngrand compositeur et jouera la 2e partie de Hulda.\nOn nous écrit de Villers-sur-Mer que, durant le mois d'août, le nom d'une\ncantatrice de l'Opéra-Comique a été affiché à /'intérieur de l'église; à Wimereux,\nle dimanche 5 septembre, l'organiste jouait des fragments de Richard Wagner...\nTout cela est-il conforme aux ordres récents du Pape ?\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : Opéra.\nRecettes détaillées du 20 juillet au 19 août 1904.\n\nDATES\nPIECES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 Juillet\n22\n2 5 —\n27 —\n29 —\n1 Août\n3 -\ns —\n8 —\n10 —\n12 —\n15 —\nl7 —\n19 —\nTannhàuser.\nSalammbô.\nPaillasse. — La Maladetta.\nFaust.\nSalammbô.\nTannhàuser.\nGuillaume Tell.\nLe Trouvère.\nFaust.\nLohengmn.\nGuillaume Tell.\nLes Huguenots.\nSalammbô.\nFaust.\nWagner.\nReyer.\nLéoncavallo.—Vidal.\nGounod.\nReyer.\nWagner.\nRossini.\nVerdi.\nGounod.\nWagner.\nRossini.\nMeyerbeer.\nReyer.\nGounod.\n1 3.258 92\n12.249\n12.124 41\n16.299 42\ni2.65o 84\n13.659 41\n1 3.140 92\n13.460 34\n16.194 91\n14.126 42\n14.570 34\n16.529 4'\n12.3 1 2 92\n17.676 84"}]}