{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_sha256": "5288a242cb1c8c0b46913ce7a24f6ffc8c9df2e962dfc010597d5c29045fa9c5", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/10/01_01/bmtnabj_1904-10-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/10/01_01/bmtnabj_1904-10-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "433", "page_fin": "436", "image_debut": 1, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.1", "titre_corps": "MEYERBEER. (1791-1864)", "titre_sommaire": "MEYERBEER. (1791-1864)", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "434", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2960, "texte": "MEYERBEER.\n(1791-1864)\n\nDans cette Revue qui répudie l'esprit de coterie et où nous aimons à\nparler librement des compositeurs les plus opposés nous avons voulu consa-\ncrer à Meyerbeer un numéro spécial, à la fois pour réveiller le souvenir d'une\ngrande époque et pour essayer de mettre au point une question d'histoire.\nRien n est plus difficile que la justice en matière d'art. Ou bien on exalte un\nmusicien outre mesure ; ou bien on le traîne dans la boue, à moins qu'on ne\nle passe dédaigneusement sous silence Sachons, en parlant cl une même oeuvre\nou d un même artiste, reconnaître les pires défauts, et admirer ce qui est admi-\nI able ! Me} ci beei a de graves défauts ; il n en est pas moins digne d'admiration.\nII a été victime de deux injustices qu'il faut signaler.\n\\ oici un ciitique dont le nom est illustre entre tous, dont le témoignage a une\nexceptionnelle autorité, et qui se montre particulièrement dur : c'est Robert\nSchumann. Il affirme que la valeur de Meyerbeer est nulle ; il le met immédiate-\nment au-dessous de lien Et savez-vous pourquoi ? Il nous le dit naïvement.\nSchumann était protestant. Ce qu'il ne pardonne pas à Meyerbeer, c'est d'avoir\nécrit un opéra dont la scène principale est empruntée à la page la plus tragique\net la plus douloureuse de 1 histoiredu protestantisme (Bénédiction des poignards,\ndans les Huguenots) ! c est d avoir commis le sacrilège de mettre sur la scène le\nchoi al de Luther ! Lne pareille critique est la négation de la critique ; elle est en\ndehors de 1 art musical. Malheureusement, elle est plus fréquente qu'on ne pense\na\\ ec moins de fi anchise et de foi respectable). Mendelssohn, par exemple émi-\nnent génie de second ordre, - en a souffert : encore aujourd hui, après Wagner,\nil \\ a des gens qui déclarent sa musique méprisable, parce qu il était juif...\nUn repioche d un autre ordre a été adressé à 1 auteur du Prophète, et ne laisse\npasdêtie réjouissant. On 1 accuse d avoir été un compositeur intéressé, qui,\naxant toute chose, chei chait l effet. Ceci demanderait une longue discussion. Je\nme bornerai à demander : faire du théâtre, qu'est-ce autre chose que chercher\ndes effets ? Sauf de rarissimes exceptions, quel est le naïf, le tartuffe d'art ou le\nmaladroit ignorant son métier, qui, étant appliqué à monter cette énorme machine\nqu on appelle un « drame lyrique », osera dire qu'il n a pas la préoccupation\nstante de 1 effet a produire? Croyez-vous qu'on organise une œuvre en cinq actes\n(soumise à combien d exigences à côtél) uniquement pour épancher son âme ?...\nQuelle plaisanterie! Ce ne serait plus la négation de la critique mais la négation\nde l'art lui-même. Alexandre Dumas a dit que la loi du théâtre littéraire était Y art\ndes préparations ; c est aussi la loi du théâtre lyrique, et ce n'est pas autre chose\nque 1 ait de l effet. Raisonnons un peu. L opéra est une œuvre de synthèse où se\nréunissent tous les arts du rythme et du dessin. A supposer que le musicien soil"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "435", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.3", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 3767, "texte": "étranger à la recherche pratique du succès, demandera-t-on le même désintéres-\nsement au librettiste ? Le demandera-t-on aux chanteurs ? au décorateur ? aux\ndanseuses r au costumier ? à 1 électricien ?... Réservons cet innocent état d'âme\nou cette fierté aux symphonistes purs ; et n'insistons pas.\nIl y a des « effets » qui réussissent ;ily en a qui avortent. Meverbeer avec\nson excellent collaborateur Scribe en trouva un grand nombre, qui ont\nséduit, ébloui, enchanté son public, et plusieurs générations après lui. 11 ne faut\npas lui en faire un crime, car il réalisa une des principales lois du genre, qui est\nde plaire à des spectateurs mondains et de faire, pendant très longtemps, de belles\nrecettes. Certes, il a des défauts évidents, que le succès n'excuse pas ; et je ne\ncrois pas qu'un critique sérieux entreprenne de réhabiliter ce qui n'est pas dé-\nfendable. Avec ses négligences incroyables, ses fins d'actes bâclées à coup de\ngrosse caisse, son orchestration trop maigre, sa prosodie trop libre, Meyerbeer\noffre une prise facile, en maint endroit, à la dent des Aristarques. Il a certaines\nmélodies en paraphes d'écriture anglaise, et certains rythmes communs qui irri-\ntent le musicien. 11 lui arrive de confondre les styles (non pas seulement le style\nallemand et le style italien, comme Haendel, mais le style du concerto instru-\nmental avec celui des voix). Il est trop souvent boursouflé, tapageur, orphéo-\nnique, Altesse en ruolz, commeditV. Hugo. Entre lui et Rossini, on peut hésiter;\nentre lui et Weber, on ne le peut pas. Son tort fut de croire qu'au théâtre (n'est-\nce pas la théorie de nos meilleurs comédiens ?) beaucoup de choses peuvent être\nnégligées,ou ((déblayées », parce que d'autres plus importantesferont la compen-\nsation et que 1 ensemble seul comptera. Enfin, Meyerbeern'a pas eu cette sponta-\nnéité de production qui caractérise la plupart des compositeurs de premier ordre.\nOn sait le temps qu il a mis à préparer son Africaine. Il ignorait qu'une œuvre\nbelle (( doit être la fleur d'un seul été ». Malgré ces taches et ces lacunes, Meyerbeer\nn en est pas moins un grand et noble artiste. Rendons-lui cette justice, aujour-\nd hui que nous voyons tant d'essais extravagants affronter la scène : comme\nScribe, il connaissait son métier ; il savait ce qui convient au théâtre et ce qui\nlui répugne. (Voir plus loin ses curieuses remarques sur le livret de 1 Etoile du\nNord.) Il avait un peu à froid, il est vrai cette brillante imagination décora-\ntive, ce goût du grandiose et des spectacles pompeux qu on retrouve dans Rienzi,\ndans Tonnhauser, dans Lohengrin, dans presque tous les opéras de Wagner. lia\nété un précurseur ; il a dégagé le drame lyrique des fadaises de la mytho-\nlogie à perruque, et l'a pénétré d'unlarge courant d'histoire et de romantisme. Il\neut parfois plus d adresse que de conviction, c'est entendu ; mais cette adresse\nfut une adresse de génie. Ce qu on ne peut lui refuser, c'est le don supérieur de\nl'invention mélodique et rythmique. Il a su être pathétique et fort, léger, tendre,\nélégant, inspiré ; il y a des (( airs » de lui (ne dédaignons pas ce mot) qui restent\ninoubliables ; ils ressemblent, selon un mot de Schumann, à la halte sous les\npalmiers, au milieu des sables arides..\nMeyerbeer est pourtant le contraire d'un romantique. Il n'a ni la rêverie pro-\nfonde de Weber, ni la poésie de Schumann, ni la fièvre d'un Berlioz. C est un\nclassique très avisé, qui s'adapte; un Prométhée bourgeois, qui eut de l'ampleur\net de la puissance quand il le fallait, et qui excella dans le duo bouffe. Ce fut\nun homme de théâtre, très hardi, pour le temps où il vivait. Nous avons aujour-\nd'hui d'autres idées, que nous croyons justes; peut-être feront-elles sourire dans\ncinquante ans !..."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "436", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.4", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 767, "texte": "Nous devons, nous Français, de particuliers égards à cette mémoire. Le nom de\nMeyerbeerévoque le souvenir d'une époque glorieuse entre toutes, où les meilleurs\nmusiciens de l'étranger venaient à Paris pour faire leurs opéras, et rendre ainsi\nhommage à la suprématie artistique de la France. Cette période est-elle close ?\nUn César Cui, un Humperdinck en ont-ils marqué la fin ? Il faut espérer que nos\nvoisins ne se borneront pas désormais à nous envoyer leurs chefs d'orchestre et\nleurs pianistes. Ceci dit, nous nous attacherons à donner quelques faits précis\nsur Meyerbeer, en commençant par la liste de ses œuvres complètes qui n'a\njamais été dressée, et que nous établirons d'après les papiers posthumes.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "433", "page_fin": "433", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.1.1", "titre_corps": "MEYERBEER", "titre_sommaire": "MEYERBEER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "433", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.1", "debut_caractere": 73, "fin_caractere_exclue": 82, "texte": "MEYERBEER"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "436", "page_fin": "444", "image_debut": 4, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.2", "titre_corps": "Bibliographie des œuvres de G. Meyerbeer.", "titre_sommaire": "Bibliographie des œuvres de G. Meyerbeer.", "signature_source": "CARL ETTLER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "436", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.4", "debut_caractere": 769, "fin_caractere_exclue": 2989, "texte": "Bibliographie des œuvres de G. Meyerbeer.\n\n(Les papiers posthumes d'où sont tirées beaucoup d'indications ci-dessous, sont la propriété de\nM. le Dr Raoul Richter, docent à l'Université de Leipzig.)\nI. OPÉRAS ET MUSIQUE DRAMATIQUE.\n1. Der Fischer und das Milchm'idchen (le Pêcheur et la Laitière), opérette ;\ni 1 e représentation le 26 juin 1810 (sans le nom de l'auteur), Berlin. Papiers\nposthumes.\n2. Les Amours de Thevelinde (en allemand), monodrame pour soprano, chœur\net clarinette obligée. L'instrumentiste figure comme personnage du drame. Exé-\ncuté à Vienne, ISI3, par MlleS Harlass etßaermann. Papiers posthumes.\n3. Alimélech ou Les deux Califes (connu aussi sous le titre Wirth und Gast),\nopéra comique en 2 actes, texte de Wohlbruck ; exécuté en 1813 à Stuttgart et le\n20 novembre 1814 à Vienne. Copie dans les papiers posthumes.\n4. Robert und Elise (1814b non représenté. Papiers posthumes.\n5. Der Junggeselle von Salamanca, 1814 ; non représenté, ibid.\n6. Romilda e Constanqx, opéra semiseria ; représenté le 19 juillet 1818 au\nNouveau Théâtre de Padoue. (Ricordi, Milan.) Manuscrit de la partition du\nlel'1e1' acte dans les papiers posthumes.\n7. Semiramide riconosciuta (livret de Metastasio) ; représenté en 1819, à\nTurin. (Ricordi.) Partition originale dans les papiers posthumes.\n8. Emma di Resburgo (Emma von Roxburg, Emma von Leicester), tragédie\nlyrique (tragische Oper) en 2 actes; représenté en 1819 au théâtre Benedetto,\nVenise. (Ricordi.) Original dans les papiers posthumes.\n9. Margherita d'Angiù, 2 actes, texte de Rossi. Exécuté le 14 nov 1820, à la\nScala de Milan.( Ricordi ; Brandus, Paris.) Copie dans les papiers posthumes.\n10 UEsuledi Granada, opéra sérieux de Romani. Représenté le 12 mars 1822,\nScala de Milan. Papiers posthumes.\n11. Almanzor, opéra sérieux (livret de Romani), commencé pour Rome en\niBe3; inachevé. Papiers posthumes.\n12. Das B randerburger Tor (la. porte de Brandebourg), 1 acte de 9 nos, texte et\nmusique; commencé en 1823 pour Berlin; non représenté. Papiers posthumes.\n13. Il Crociato in Egitto, opéra comique en 2 actes (de Rossi), exécuté le\n16 décembre 1824 au Teatro-P'enice, Venise. (Brandus, Paris; Simrock, Bonn;\nRicordi, Milan.) Original dans les pap. posth."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "437", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.5", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2966, "texte": "1 3 a). Scène et Cavatine du (( Crociato )), composées pour MmePasta. (Brandus.)\n14. Robert le Diable, opéra fantastique en 5 actes, paroles de Scribe et C. Dela-\nvigne. Représenté à l'Académie royale de musique de Paris, le 21 nov. 1831.\n; Brandus ; Schlesinger, Berlin.) Partition originale dans les pap. posth.\n14 a). Scène et prière composées pour les débuts de Mario ténor) dans Ro-\nbert le Diable (1839). (Brandus.)\n15. Les Huguenots, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, représentés le 21 févr.\n1836, Paris. (Brandus; Breitkopf; Ricordi.)\n15 a). Die Gibelinen vor Pisa, titre sous lequel les Huguenots furent joués dans\ncertains pays catholiques. (Breitkopf et Hârtel, Leipzig.)\n15 b). Rondeau composé pour Mlle Alboni (à Londres), dans le rôle du page des\nHuguenots (1848). (Brandus.)\n16. Das Feldlager in Schlesien, opéra (de Rellstab), représenté le 7 déc. 1844,\nà Berlin, pour l'inauguration du théâtre nouveau, et le 18 févrieri 847, à Vienne\nsous le titre Vielka.\n16 a). Frïdericus Magnus (de Rellstab), pour une voix et orchestre ; introduit\ndans le précédent, pour l'inauguration du monument de Frédéric le Grand. (Schle-\nsinger.)\n17. Musique pour Struensee, tragédie en 5 actes de Michael Beer, représentée\nle 19 sept. 1846 au Kgl. Schauspielhaus de Berlin. (Schlesinger; Brandus.) Ori-\nginal dans pap. posth.\n18. Le Prophète, opéra en cinq actes de Scribe, représenté le 16 avril 1849 à\nParis. (Brandus, Paris; Breitkopf et Martel, Leipzig.) Partition oiiginale dans\nles pap. posth.\n19. LFtoile du Nord (remaniement du Camp de Silésie), opéra comique en\ntrois actes, paroles de Scribe ; représenté le 16 février 1854 à l'Opéra-Comique\nde Paris. (Brandus, Paris ; Schlesinger, Berlin.)\n19 a). Polonaise : (( Wem Mut )), pour ténor et orchestre inséré dans XEtoile\ndu Nord composé pour Tichatschek. (Schlesinger, Berlin.)\n19 b). Arioso : Ach wie so matt schmachtend und bleich ! composé pour\nTichatschek. (Schlesinger, Berlin.)\n20. Dinorah ou Le Pardon de Ploërmel (Die Goldsucher), opéra comique en\ntrois actes, paroles de Michel Carré et Jules Barbier, représenté le 4 avril 1859 à\nParis. (Brandus, Paris; Bote et Bock, Berlin.)\n20 a). Scène et can^onetta, chantées par Mme Nantier-Didiée dans le Pardon\nde Ploermel à Londres. (Brandus, Paris.)\n21. F Africaine, opéra en cinq actes, paroles de Scribe, représenté en 1865 à\nParis. (Brandus, Paris; Bote et Bock, Berlin.) Partition originale dans les\npap. posth.\n22. Judith, opéra biblique. Esquisses dans les pap. posth.\nII. ORATORIOS.\n1. Gott und die Natur (Dieu et la Nature) oratorio de Scheile représenté le\n2 mai 1811 à Berlin (Singakademie (?? . Partition originale dans les pap. posth.\n2. Jephtas Geliïbde {Vœu de Jephté), texte de A. de Schreiber, oratorio en\ntrois actes et en action, représenté le 23 décembre 1812 au théâtre de Munich\n(>?), partition dans les pap. posth.\n2 a). Duo de Jephtas Geliïbde : Den Liebe ist meut Lieben. (Falser, Munchen.)"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "438", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.6", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2868, "texte": "III. CANTATES.\n1. Sept chants spirituels de Klopstock, pour soprano, haute-contre, ténor et\nbasse, avec piano ad lib. (dédié à Gottfried Weber). (Brandus, Paris, et Schle-\nsinger, Berlin.)\n2. An Gott, Hymne deGubitzpour 2 soprani, ténor et basse. (Peters, Leipzig.).\n3. La Visite céleste, cantate dramatique pour la fête de sa mère, exécutée le\n16 février 1813 en famille (? ?).\n4. Der Wanderer und die Geisler am Grabe Beethovens, pour 2 soprani, con-\ntralto et basse solo, poésie de Braun (v. le suivant), (Aug. Cranz, Hambourg, et\nGloggl Vienne.)\n4 a). Le Voyageur au tombeau de Beethoven (Le Génie de la musique à la tombe\nde Beethoven), avec choeur à trois voix de femmes. (Brandus, Paris.)\n5. Chant de féte (Dr C. Rosenberg) pour l'inauguration du monument Guten-\nberg à Mayence, à 4 voix d'hommes, chœur et accompagnement de piano ad. lib.\n(Schott Shone, Mayence.)\n6. Fête de cour à Ferrare, Festspiel avec tableaux vivants, composé pour S. M.\nle Roi de Prusse au château royal en 1843. Papiers posthumes.\n6 a). Romance d 1 Erminia, tirée du précédent. (Schlesinger, Berlin.)\n7. Maria etson génie, cantate pour soprano, ténor, soli, chœur et piano-forte.\nTexte de Goldtammer. Exécutée le 26 mai 1852 pour l'anniversaire du mariage\ndu prince et de la princesse Cari von Preussen au château Glienicke (Schle-\nsinger, Berlin.)\n8. Brautgeleiteausder Heimat (voir le suivant), lied pour chœur mixte à huit\nvoix, composé à l'occasion du mariage de Louise de Prusse avec le grand-duc\nde Bade. (Bote et Bock, Berlin ; Ricordi, Milan.)\n8 a). Adieu aux jeunes mariés (La Fiancée conduite à sa demeure), sérénade à\n8 voix et 2 chœurs. (Brandus, Paris.)\n9. Marsch der bayrischen Schïitzengilde (Marche des archers bavarois), cantate\npour chœur, solo et instruments à vent, poésie du roi Louis de Bavière exécutée\nen 1850 à Berlin (? r).\n10. Ode an Rauch : Stehtauf und empfangt mit Feiergesang, pour solo, chœur\net orchestre; paroles deKopisch, pour l'inauguration de la statue de Frédéric\nle Grand. Exécutée le 9 juin 1851 à la Singakademie par le Domchor royal et\nl'orchestre royal. Exécutée aussi (à Londres entre autres) avec un autre texte\ncomme Ode an Jupiter. (Bote et Bock, Berlin.)\n10 a). Opfer-hymnus à Zeus, pour solo, chœur et orchestre. (Bote et Bock,\nBerlin.)\n11. Hymne pour le 25e anniversaire du mariage de L. M. le Roi et la Reine\nde Prusse {Du, der iiber Ruhm und Zeit), poésie de Winkler, pour solo, chœur et\naccompagnement au piano; exécuté le 4 juin 1851 par le Domchor de Berlin.\n(Brandus, Paris.)\n12. Nice à Stéphanie, cantate pour l'anniversaire de la Grande-Duchesse Sté-\nphanie de Bade. (Brandus, Paris.)\n13. Schiller, cantate pour soli, chœur et orchestre. Paroles allemandes de\nL. Pfau, traduction française de J. Duesburg. Exécutée pour la fête de Schiller\nen 1859. (Schlesinger, Berlin ; Brandus, Paris.)"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "439", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.7", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "IV. MUSIQUE RELIGIEUSE.\n1. Le 97e Psaume (consolation dans un danger de mort), pour 2 chœurs et\nsolo, exécuté le 8 mai 1853 dans l'église de la Paix à Potsdam. (Bote et Bock,\nBerlin ; Brandus, Paris.)\n2. Pater noster, motet pour chœur mixte (1858). (Bote et Bock, Berlin ; Aug.\nCranz, Hambourg, et Brandus, Paris.)\n3. Salve Regina, chœur avec paroles latines. (Brandus, Paris.)\n4. Busslied (cantique tiré de llmitation de Jésus-Christ), pour basse solo et\nchœur mixte à 6 voix avec orgue, texte de L. Rellstab (1852). (Bartholf Senff de\nLeipzig, et Brandus Paris.)\n5. Prière du matin : (( Seigneur, au seuil du Temple )), pour huit voix en\ndeux chœurs avec accompagnement de piano ad lib. Papiers posthumes.\n6. TeDeum. Papiers posthumes.\n8. Stabat Mater\n7. Miserere\nV. MÉLODIES (AVEC ACCOMPAGNEMENT DE PIANO).\n1. Le Moine. (Brandus, Paris; Schlesinger, Berlin.)\n2. Marguerites de mes prairies, fantaisie. (Brandus, Paris; Schlesinger, Berlin;\nBreitkopfet Hartel, Leipzig.)\n3. Chant de mai. (Brandus, Paris; Breitkopf et Martel, Leipzig.)\n4. Le Poète mourant\n5. La Chanson de Maître Floh. (Brandus, Paris ; Schlesinger, Berlin.)\n6. Chanson du dimanche (prière d'une jeune fille). (Brandus, Paris; Breitkopf\net Hartel, Leipzig.)\n7 Le Ran% des vaches dé Appenzell, duo. (Schlesinger; Cranz ; Brandus.)\n8. Le Baptême. (Schlesinger; Bote et Bock; Brandus.)\n9. Cantique du Trappiste. (Brandus; Schotte Sohne, M ayence.)\n10. Le Pénitent. (Brandus.)\n11. Prière d'enfants à 3 voix, sans accompagnement. (Schlesinger. Brandus.)\n12. La Fille de l'air. (Brandus; Breitkopfet Hartel.)\n13. La Ricordanza (Les Souvenirs) son questi icari. (Schlesinger, Brandus ;\nRicordi.)\n14. Suleika : (( Avec quel nouveau délire )). (Brandus et Schlesinger.)\n15. Sirocco: (( Pauvre Enfant )). (Brandus et Schlesinger.)\n16. De ma première amie\n17. Elle et Moi\n18. Sicilienne. (Brandus, Paris ; Schott Sohne, Mayence.)\n19. A une jeune mère : (( Console-toi )). (Brandus et Schlesinger.)\n20. Nella :(( Quelle chante\\\\ )) (Brandus; Schlesinger; Schott Shône.)\n21. Printemps caché (Brandus ; Bote et Bock.)\n22. La Barque légère : Lise sur le rivage. (Brandus et Schlesinger.)\n23. La Grand' Mère, nocturne à deux voix. (Brandus et Schlesinger.)\n23 b). La Nonn.x : (( la Grand' Mère >), à deux voix Brandus et Schlesinger.\n24 Ballade de la reine Marguerite de Valois\n25. Le vœu pendant lorage"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "440", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 46, "texte": "Fragment d'un manuscrit autographe de Meyerbee"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "441", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.9", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 64, "texte": "communiqué par M. DANIEL OSIRIS. (Voir, page précédente, V, 15)."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "442", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.10", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2462, "texte": "26. Rachel à Nephtali, romance biblique. (Brandus ; Schlesinger ; Schott\nSi >hne.)\n27. La Marguerite du Poète. (Brandus ; Breitkopfet Martel, de Leipzig.)\n28. La Sérénade. (Brandus.)\n29. Sur le balcon. (Brandus ; Schott Sohne.)\n30. La Dame invisible (chanson persane). (Brandus ; Schott Sohne.)\n31. Chant des Moissonneurs vendéens. (Brandus; Schlesinger.)\n32. Délire. (Brandus; Breitkopf et Martel.)\n33. Seul : Ah !je hais tout... (Brandus ; Schlesinger)\n34. Guide au bord ta nacelle. (Brandus; Schlesinger ; Schott Shone.)\n35. Le Jardin du cœur. (Schlesinger ; Brandus.)\n36 La Folle de Saint-Joseph. (Brandus ; Breitkopf et Martel.)\n37. (Brandus; Schlesinger.)\n38. A Venezia, barcarolle. (Brandus ; Schloss, Cologne.)\n39. C'est Elle. (Brandus.)\n40. Confidences. (Brandus).\n41. Murillo ou le peintre mendiant un modèle. (Brandus; Bote et Bock.)\n42. La Lavandière. (Brandus; Aug. Cranz.)\n43. Le Revenant du vieux château de Bade, légende et ballade. (Brandus, Paris.)\n44. Près de toi ( avec acc1 obligé de violoncelle). (Brandus; Schlesinger).\n45. Chant du Berger, avec acc. obbligé de clarinette. (Brandus ; Schlesinger.)\n46. Trois lieder allemands :\na) Die Rose, die Lilie, die Taube\nb) Wirf Rosenblàtter in die Flut.\nc) Lied du Gondolier vénitien [Konim Liebchen, komm die Nacht ist hell.)\n(Les trois lieder : Breitkopf et Martel, Leipzig.)\n46 b). Les Feuilles de Rose. (Brandus, Paris.)\n47. La Devise du Poète (canon à trois voix) G T)\nVI. CHOEURS D'HOMMES.\n1. Freundschaft, (( Amitié )). (Brandus ; Schlesinger )\n2. Das Lied vom Blinden Hessen, (( Chant des exilés », texte de Altmiiller\ncomposé pour la Liedertafel à Schwalback. (Brandus ; Bote et Bock.)\n3. Dem Vaterlande, « A la Patrie ». —-\n4. Bundes-Lied, (( Invocation à la terre natale ».\n5. Die lust'gen Jàgersleute, (( Les joyeux Chasseurs ». —•\n6. Des Preussen Vaterland, Ich ein bin Preusse (Mélodie aus den Kreuzrittern\nund Kreutzers Schwarz und Weiss. (Schlesinger, Berlin.)\nVII. MUSIQUE INSTRUMENTALE\ni Schillermarsch. ( Schlesinger; Brandus.)\n2. Krônungsmarsch, Marche du couronnement de Wilhehm I, exécutée le\n24 octobre 1861 à Konigsberg. (Schlesinger ; Brandus.)\n3. Fest-Ouverture, en style de marche pour l'ouverture de l'exposition de l'in-\ndustrie anglaise en 1862. (Bote et Bock; Brandus.)\n4. Fackelsthnze (quatre marches aux flambeaux, pour les mariages de Marie,\nprincesse de Prusse (n° 1, B dur), Charlotte, princesse de Prusse (n° 2, Es dur),"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "443", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.11", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2063, "texte": "Anna, princesse de Prusse (n° 3, E moll) et « Kronprinzen )) de Prusse (n° 4, C.\ndur), 1844, 1850, 185 C 1858. (Bote et Bock ; Brandus.)\nVIII. RECITATIV ED ARIA NEL OPERA RINALDO DA HAENDEL\nP. MEZZO-SOPRANO ED ORCHESTRA. INSTRUMENTAZIONE DE J. MEYERBEER.\n(Schlesinger.)\nIX. OEUVRES QUI SE TROUVENT ENCORE PARMI LES PAPIERS POSTHUMES.\n1. La Fede, quatuor avec texte italien.\n2. Festhymne, lied pour cor (original).\n3. 3» Vierstimmige Lieder, chants à quatre voix pour la Teutonia.\n4. Lw// vom Morgen (Air du matin). A\\\n5. Supplément de /'ouverture anglaise (chant).\n6. Des Dichters Wahlspruch.\n7. Mailied, chant de mai, avec instrumentation.\n8. Lied de Goldbauer, de Mme Birch-Pfeiffer.\n9. Cantique à six voix.\n10. Konigslied eines freien Volkes (Chant royal d'un peuple libre).\n11. Kronungshymne Wilhelm /, 1861 (original).\n12. 12 Davidianische Gesange (chants de David)\n13. Un paquet avec le titre : Psaumes.\n14. 5 Psaumes en oratorio.\n15. 4 Chorals, sans textes.\n16. 16 Chorals, 1805.\n17. Der heilige Lucas (le Saint Lucas), Berlin, 1813.\n18. Halleluja, cavatine.\n19. Cantate pour Vanniversaire de sa mère, 1809.\n20. Cantate pour la fête de Vogler.\n21. Roses et Myrtes, cantate.\n22. Messe à 16 voix.\n23. Lieder, etc. (Auerbachs Schwarzzwâlder Dorfgeschichten).\n24. Douze Ariettes italiennes.\n25. 6 Chansonnettes italiennes.\n26. ArLi co/i chori pour S. Grunbaum (3 octobre 1816).\n27. Aria pour messo soprano, Naples, 20 juillet 1816.\n28. Il Canto del Improvisatore, Nice, Ier janvier 1858.\n29. Giuseppe in carcere (Joseph en prison), monologue lyrique.\n30. Chant à q voix.\n31. Arie inséré dans l'opéra le Déserteur, pour son ami Ehlers.\n32. Lia welch, ein Sturm ! pour basse et orchestre, Paris, 1838.\n33. Sonate pour piano-forte, 1803.\n34. Fuge.\n35. Marche.\n36. Pièces pour piano avec accompagnement d orchestre.\n37. Concerto pour piano avec accompagnement d orchestre.\n38. Compositions pour piano : a) Polonaise ; b) Valse ; c) Marche avec varia\ntions ; d) Variations pour piano et orchestre.\n39. Sonate pour clarinette."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "444", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.12", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 598, "texte": "40. 6 Duos pour harpe et voloncelle.\n41. Chant d'amour.\n42. F Etudiant de Strasbourg (la Jeunesse de Goethe, d I lenry Blaze de Bury).\n43. 1 paquet contenant : 10 An den Neugeborenen : 20 Unbekanntes Balletstiïck.\n44. 1 paquet contenant: a)Chor: b) Rundgesang; c) Récitât.et Ane; d)Schluss-\nchor.\n45. 1 paquet avec l'inscription : 1810-1813 Neuere hleinere Compositionen.\n46. Ans meiner Kindheit and Jùnglingsjahren.\n47. Morceaux inutilisés : a) de Robert; b) du Pardon; c) du Prophète.\n48. Divers livres d'esquisses.\nLeipzig, ier juillet 1904.\n\nCARL ETTLER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c005", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "440", "page_fin": "440", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.2.1", "titre_corps": "Fragment d'un manuscrit autographe de Meyerbee", "titre_sommaire": "Fragment d'un manuscrit autographe de Meyerbee", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "440", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.8", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 46, "texte": "Fragment d'un manuscrit autographe de Meyerbee"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c006", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "441", "page_fin": "441", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.2.2", "titre_corps": "communiqué par M. 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Au moment même où j'appris sa maladie, quoique\nmalade moi-même, j'ai couru la poste jour et nuit pour lui prêter mes soins,\nmais, hélas ! je ne l'ai plus trouvé au nombre des vivants. La fièvre était si ter-\nrible qu'elle l'a tué en peu de jours.\nQuoique âgé à peine de 32 ans, Michel laisse un nom très honorable dans la\nlittérature allemande. Il était très précoce. A l'âge de 9 à 10 ans, on avait déjà\nimprimé de lui des vers dans les journaux qui firent sensation. A 12 ans il\ndonna une traduction en vers de la célèbre tragédie italienne de Monti, VAris-\ntodemo. qui eut tellement l'approbation de ses professeurs et autres gens de\nlettres célèbres, qu'il résolut dès alors de consacrer sa vie à la poésie. Deux\nans après, à l'âge de 14 ans, il donna au théâtre de Berlin sa première tra-\ngédie en 5 actes Clytemnestre, qui, quoique faible d'intrigue, obtint du succès\npar les beautés du style et une profondeur de pensées étonnante pour un\njeune homme de cet âge. Elle fut suivie d'une autre tragédie en 5 actes, Les\nFiancés F Aragon, et bientôt après il donna le Paria (en 1 acte), qui eut un\nsuccès prodigieux sur tous les théâtres de l'Allemagne, et reste toujours\nune pièce favorite du répertoire allemand. Quelque temps après il fit re-\nprésenter à Munich un grand drame d'une haute portée poétique et politique,\nSlruensée. Les connaisseurs regardent cet ouvrage comme son chef-d œuvre,\nmais la censure des autres théâtres d'Allemagne en défendit la représenta-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "445", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.13", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 2682, "texte": "tion parce que beaucoup de personnages politiques de la cour de Dane-\nmarck, dont les descendants vivent encore, y jouent un grand rôle. Enfin\nla dernière tragédie (qu il a fait représenter l'année dernière à Berlin) s'appelle\nYEpèe à la main. Il est mort à l'âge de 32 ans, très aimé de tous ceux qui le\nconnaissaient, car il sut unir à un esprit supérieur et très cultivé une bonté\nde cœur inaltérable ; sa bienfaisance était extrême et pleine de délicatesse.\nIl laisse beaucoup de manuscrits, mais surtout deux comédies, et deux vo-\nlumes de poésies lyriques qu'il s'occupait à revoir, car il voulait les publier\nincessamment.\nJ'espère, mon cher Armand, que vous voudrez bien consacrer quelques lignes\nà la mémoire de cet excellent frère. La perte est irréparable pour moi, car il\nétait le confident de mes plus intimes pensées et sentiments depuis notre plus\n'1 c< :\ntendre enfance. Pardonnez au désordre de cette lettre, mais je ne suis de retour\nque depuis le 12 de Munich et je vous écris ces lignes abîmé de fatigue et de\ndouleur, car je tiens qu'un ami comme vous ne sache pas ce malheur par les\njournaux. Quoique malade, je me prépare d'aller bientôt à Berlin, car je\nprésume que ma pauvre vieille mère aura besoin à présent de mes consolations\naprès ce coup terrible. Je tremble d'apprendre quel effet cela aura produit\nsur sa santé.\nJ'aurais encore à vous entretenir d'une chose qui nous regarde relativement\nà cet événement, mais je vous demande la permission de vous écrire un autre\njour encore, car pour aujourd'hui je n'ai plus la force de rien ajouter.\nVeuillez me rappeler au souvenir de messieurs votre père et frère et de M.Ja-\nnin, et leur communiquer dema part ce triste événement.\nBade (près Rastadt),\nce 30 mars 33.\n\nVotre tout dévoué,\nMEYERBEER.\n\nA Monsieur Lard,\n\nchez M. Maurice Schlesinger,\néditeur de musique,\n97, rue de Richelieu, à Paris,\nSpa, 27 août 1836.\nMON CHER MONSIEUR !\nj'ai reçu votre paquet, contenant les épreuves des 4e et 5e actes de la partition\nde piano de Robert le Diable, et un acte de la grande partition. Quoique malade\net très souffrant, j'ai revu et arrangé la partie du IERIER final de la grande partition\nque vous m'avez envoyée ; j'ai corrigé de même les épreuves des 4e et 5e actes\nde la partion'de piano, et je vous ai envoyé le tout par la diligence qui est partie\nhier au soir pour Paris (celle de Gaillard et Lafitte). J envoie la quittance à\nM. Gouin, qui vous la donnera si le paquet tardait à arriver. Je me suis très\nhâté, malgréma maladie, pour faire avancerun peu cette pauvre partition de piano,\nque chez vous on paraît prendre plaisir à reculer. Il y a peu de fausses notes"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "446", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.14", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 3359, "texte": "dans cette épreuve, mais beaucoup d'autres petites omissions et fautes ; moi-même\nj'ai trouvé que j'avais oublié de corriger plusieurs choses, d'indiquer plusieurs\nautres. En somme, une troisième épreuve est encore à refaire, mais je suis sûr que\nsi M. Devienne veut, il peut exécuter les corrections que je vous viens d'envoyer\nen 3 jours. En 24 heures un actif correcteur peut avoir revu la dernière épreuve,\nde manière que 4 ou 6 jours après le reçu de mon paquet les corrections peuvent\nêtre faites et revues, et vous pouvez commencer d'imprimer ces deux actes.\nNous étions toujours convenus que vous reverriez les paroles, mais vous ne l'avez\npas fait, car j'ai eu à corriger beaucoup de fautes dans cette partie. En ma\nqualité d'étranger, j'en aurai laissé échapper certainement beaucoup d'autres\nencore ; ainsi je vous prie, revoyez les paroles, avant de livrer les épreuves des\n4e et 5e actes à M. Devienne. Veuillez aussi revoir les numéros que portent les\nmorceaux de ces deux actes, et s'ils cadrent avec ceux de la table que nous avons\nfaite pour la partition, je crois que non.\nEn général, je vous prie de donner un coup d'oeil à ces deux actes. Vous y\ntrouverez diverses notes qui s'adressent à vous.\nJe prierai que l'on conserve mes épreuves des 4e et 5e actes, même quand la\n3e épreuve sera faite. Il sera toujours utile qu'à mon arrivée à Paris je puisse\nconfronter les deux épreuves, et voir s'il n'y a rien d'oublié. — Et à propos de\ncela, je vous prie de dire à M. Devienne de veiller que toutes mes corrections,\nquelque petites qu'elles soient, lui parussent-elles même être tout à fait inutiles,\nsoient fidèlement exécutées. Je n efface ni ne change jamais la plus petite\nchose sans de bonnes raisons, mais je ne puis passer un temps à écrire le\npourquoi de toute une correction sur les épreuves. Je dis cela parce qu'on\nn'exécute pas toujours les petites corrections. — Faites-moi le plaisir, mon cher\nMonsieur Lard, dès que la seconde épreuve des 4e et 5* actes sera corrigée,\nd'envoyer ces deux actes à MM. Breitkopf et Hàrtel. Je regarderai cela comme un\nservice personnel que vous me rendrez. — Je m'étonne beaucoup que vous ne\nm'ayez pas encore donné avis d'avoir reçu le premier acte de la grande partition.\nCependant elle doit être depuis six jours dans vos mains. Veuille1 lire la feuille\ndes observations pour le graveur que ai mise avant Vouverture. — Je m'étonne\naussi beaucoup que vous ne m'ayez pas encore envoyé les épreuves d'un autre\nacte de la partition de piano. Je vous avais pourtant écrit d'en demander l'auto-\nrisation au chef de votre maison (sans aucune responsabilité de ma part, bien\nentendu). Puisqu'il vous importe si peu de faire avancer la partition de piano,\nj'en prendrai mon parti quant à moi ; mais je ne m'occuperai pas du 2e acte de\nla grande partition jusqu'à ce que j'aye un autre acte de la partition de piano :\ncar j ai aussi peu 1 obligation de m occuper de la revision de l'un que de l'autre.\nAdieu, mon cher Monsieur Lard. Je vous salue bien cordialement, et je vous\nprie de saluer aussi vos deux excellents jeunes gens du magasin.\nBerlin, ce 20 mars 1860.\n\nMEYERBEER.\n\nMON CHER AMI ! (de Bury)\nC'est avec un double plaisir que j'ai reçu votre aimable lettre : d'abord vous\nm y donnez de vos nouvelles, et puis vous savez combien j'aime tout ce qui sort"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "447", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.15", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 3307, "texte": "de votre plume spirituelle et philosophique. Cependant, comme on n'est jamais\ncontent, je n'ai été satisfait qu'à demi, je vous l'avoue ; vous ne me parlez en\neffet ni de madame de Bury ni de votre charmante Jetta, dont j entretiens cons-\ntamment ma femme et mes enfants. Je vois par votre lettre, mon cher ami,\nque les lettres posthumes de M. Humboldt à M. Varnhagen font une aussi\ngrande sensation à Paris qu'à Berlin. Ca n'est pas étonnant ; tant de personnes\nencore vivantes sont atteintes de quelques-unes de ses « chevrotines )) î Malgré\nle grand esprit, les fines malignités, les vues larges et les vérités dont ces lettres\nsont remplies, il eût néanmoins été à souhaiter, pour la pureté de la mémoire\nde ce grand homme, qu'elles fussent restées inédites. Vous savez déjà peut-être\nque la famille de M. de Humboldt a publié dans différents journaux une lettre\nadressée par lui, il y a quelques années, à son neveu le général Hédemann. Il\nle priait dans cet écrit de veiller, après sa mort, à ce que aucune des nombreuses\nlettres qu'il a lancées dans toutes les parties du monde, et cela durant tant\nd'années, ne fût livrée à la publicité.\nM. de Humboldt protestait également à l'avance contre toute publication de\nce genre. Cela rendrait très invraisemblable que M. de Humbolt eût désiré la\npublicité de la correspondance avec V... et autres, comme on le pouvait\nsupposer par une de ses lettres, à ce que vous aurez vu. Par contre, mademoiselle\nLudmilla Assing, nièce de V..., a publié ces jours-ci, dans un journal de Berlin,\nun factum où elle cherche à démontrer que cette défense de publication de\nlettres..après la mort, n'a nullement trait à celles adressées à V... Elle établit\nce fait avec une logique si serrée et si imminente que, pour ma paît, je flotte\nau sujet de la vérité. Ce morceau étant d'ailleurs remarquablement bien écrit,\nje pense que vous le lirez volontiers. Et je le joins àce pli. Vous avez l'air,\nmon cher ami, de douter un peu que je tienne la parole que je vous ai donnée de\nmettre en musique la scène du 4e acte de votre drame de Gothe, scène que vous\nm'avez remise à mon départ de Paris, et dont je vous ai promis d'achever la\ncomposition pour cet automne, époque à laquelle, m'avez-vous dit, votre drame\ndoit entrer en répétition. Je n'ai jamais failli à aucune de mes promesses envers\nqui que ce soit, et ce ne sera pas vis-à-vis d'un ami tel que vous que j'y manquerai\npour la première fois. Vous ne me parlez pas de votre tragédie de Pétrarque\nque vous avez l'intention de donner cet hiver à l'Odéon. L'ouvrage n'est-il pas\nachevé, ou bien des difficultés de théâtre vous empêchent-elles de le donner ?\nVous savez combien tout ce qui a trait à vous, mon cher ami, et à vos poétiques\nproductions m'inspire d'intérêt !\nVeuillez me rappeler au souvenir de madame de Bury, de monsieur et\nmadame Buloz, mais avant tout et surtout à celui de mes charmantes protectrices,\nde mes bons avocats mademoiselle Marie Buloz et mademoiselle Jetta de Bury.\nDites-leur en même temps, s'il vous plaît, qu'on publiera incessamment la marche\nque j'ai composée pour la fête de Schiller à Paris, et que j ai donné ordre à un\néditeur d'en offrir un exemplaire à chacune d'elles.\nAdieu et mille compliments affectueux de votre tout dévoué, MEYERBEER."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "448", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.16", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "A Monsieur Auber.\nMEYERBEER.\nCHER ET ILLUSTRE MAÎTRE !\nDepuis hier au soir je suis pris d'un violent mal de gorge accompagné de\nfièvre.\nJe suis obligé de garder la maison aujourd'hui, et je crains bien ne pas être\nencore assez rétabli demain pour pouvoir sortir et assister aux concours du chant.\nJe suis bien fâché de ce contretemps qui m empêchera de remplir un devoir\nqui m'est bien cher, puisqu il me procure 1 honneur et le plaisir de pouvoir\nsiéger à côté de vous, cher et illustre maître, pendant quelques heures. Veuillez\nagréer l'expression des sentiments les plus distingués de votre tout dévoué,\nVendredi.\n\nMON CHER MONSIEUR, (?)\nJ'ai reçu votre bonne lettre et je vous remercie infiniment de l'aimable envoi\net des sentiments qui l'ont dictée. Il n'y a malheureusement aucune baignoire"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "449", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.17", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 3338, "texte": "à l'Opéra qui ne soit louée à l'année. Mais la loge que j'ai l'honneur de vous\nadresser ci-jointe est une entre-colonnes où l'on est très peu vu. Je le sais\nd'expérience, car j'y vais fort souvent. Je m'étais proposé de vous faire cette com-\nmunication de vive voix, pour avoir l'honneur de vous voir, mais une répétition\nm'en empêche, et M. Brandus (l'éditeur de mes opéras) aura la bonté de vous\nremettre ce petit mot.\nVeuillez agréer, Monsieur, l'expression des sentiments les plus distingués de\nvotre dévoué,\nDimanche soir.\nDans les deux curieux documents qui suivent, on verra comment Meyerbeer,\ndoué d'un sens très pratique de la scène, collaborait avec Scribe.\n\nMEYERBEER.\n\nREMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE I/Etoile du Nord.\n(1) Motiver le titre de la pièce.\n(2) Trouver un moyen scénique de faire lever le rideau pour la stretta de l'ou-\nverture à cause du second orchestre sur la scène, sauf à le faire baisser après. Mais\nil faudrait trouver une raison scénique pour cela.\n(3) Pierre est ivrogne, brutal et cruel, et ne compense pas cela par des moments\nde grandeur d'âme.\n(4) Catherine est un caractère noble, mais qui, à l'exception du souvenir de sa\nmère, manque de sensibilité et de tendresse : elle n'est jamais touchante.\n(5) En général: il y a manque de sensibilité et de tendresse dans tous les rôles et\ndans tout l'ouvrage.\n(* a b) (6) Le rôle de Danilowicz, qui est important pour le compositeur, à cause\ndes morceaux d'ensemble, et que je voudrais donner à Boulo, n'a absolument\nrien à chanter SEUL. Boulo est très bien dans la romance à sentiment. Il faudrait\ndonc lui en faire une à la place du duo n° 2, ou mieux encore, lui faire un joli air\ndéveloppé de son air d'entrée dans l'introduction.\n(* a b) (7) Dans l'air de Prascovia je désirerais deux vers d'une expression vraie\net chantante pour les autres personnages qui sont en scène, et cherchent à saluer\nPrascovia et la prient d'expliquer la cause de la frayeur ; je désirerais également\ndeux vers qui permettraient un joli motif pour Prascovia, au lieu du vers : « c'est ma\nchère, à faire tomber le tonnerre. »\n(* a b) (8) 11 serait bien heureux si M. Scribe pouvait donner la première partie\ndu duo entre Pierre et Catherine de façon à faire usage de la première moité du duo\ndu camp de Silésie.\n(* B) (9) Est-ce que à la fin du ier acte on ne pourrait faire entendre un appel\nvenant de l'église qui appelle les fiancés à l'église, ou le prêtre qui viendrait bénir\nles fiancés, ou quelque autre signe religieux qui interrompe la stretta bouffe et\nfasse agenouiller avec 4 vers de prière le chœur et les personnages, pour que le\nchant de Catherine : « Tu m'avais dit, ma mère », se détache bien ?\n(* B) (10) Pour le dernier mouvement du duo entre Prascovia et Catherine, une\ninvocation à Vamour, bien tendre, en forme de nocturne.\nACTE II\n(u) Avec la décoration du grand arbre au milieu, sur une scène aussi petite que\ncelle de l'Opéra-Comique, les trois orchestres obligés sur le théâtre seraient impossi-\nbles à placer. Il faut un pont à gauche dans le fond, un monticule à droite pour\ncela. M. Scribe a dit dans le temps qu'il fallait trouver un motif scénique pour abattre\nl'arbre quand il aura servi pour la tente.\n(12) Comme il y a énormément de dialogue au 2e acte qui lui nuit, et qui pourtant"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "450", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.18", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 4016, "texte": "est nécessaire à l'action, ne pourrait-on pas, pour l'entremêler davantage avec la\nmusique, faire commencer les 2 chansons et le petit trio de la scène ire seulement\nAPRÈS la scène entre les deux vivandières et Catherine? On pourrait peut-être arran-\nger aussi les paroles de la chanson du Grenadier (chantée par Gritzenko) de façon à\nce qu'il donnât là-dessus une leçon d'exercice à Catherine.\n(* B) (i 3) Je voudrais une autre romance pour Catherine, bien tendre et amou-\nreuse, avec des effets d'ÉCHO pour la voix de Mme Ugalde. Elle dirait,avant de com-\nmencer la romance : «Ah ! que la nuit est noire ! on me laisse là toute seule, et je com-\nmence à avoir peur, et je n'ose pas même parler haut pour me donner du courage,\nparce qu'il y a là ce vilain écho qui répète, qui répète comme si c'était une voix\nhumaine (et puis elle commencerait à voix très basse la romance). La pauvre senti-\nnelle, loin de l'objet de ton amour et pleine d'ailarmes, ne rêve qu'à toi (elle l'oublie\net chante à voix haute). Pierre, m'es-tu aussi fidèle ? (l'écho répond fidèle : alors\nelle s'effraye et rechante le même trait pianissimo, puis elle oublie de nouveau et\nfait une autre question amoureuse \"à voix haute : Pierre, te reverrai-je encore ? l'écho\nrépond encore : elle s'effraye et répète la question à voix très basse (il faudrait qu'il\ny eût une raison scénique pour faire des traits dans les questions : Pierre, mon\ncœur vole vers toi); après cela viendrait le refrain qui serait toujours : Ah, c'est\nl'écho seul qui répond à mon amoureuse plainte !\nDans la chanson des vivandières, au [second couplet, je veux que le 3e ou 4e vers\nexplique que c'est par les dés que la querelle doit se décider.\n(i 5) Motiver dans le poème pourquoi il y a trois marches différentes à la fin de\nl'acte, et que la première de ces marches est cet antique et sacré appel au son duquel\nsaint Nicolas est descendu du ciel et a aidé les Russes à battre les infidèles autre-\nfois.\nACTE III\n(16) Dans la 2e scène, le caractère de Pierre n'est pas dessiné à son avantage.\n(17) Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux que jusqu'à l'apparition de Catherine\nla décoration représentât une tente, et que seulement quand Catherine serait entrée\nen scène, cette tente se levât devant ses yeux, et découvrît la décoration du ler\nacte ?\n(18) Pour agrandir musicalement le rôle de Gritzenko, on pourrait faire d'une partie\nde la scène 3 un grand air bouffe pour Gritzenko, accompagné par ci et par là par\nles voix de Prascovia et Georges.\n(B) (19) Dans les scènes où apparaissent devant Catherine le site et les personna-\nges du ier acte, je voudrais pour elle un couplet bien rêveur et doux dont le com-\nmencement et la fin exprimeraient : « C'est un rêve qui va s'évanouir », et à chaque\nnouvelle apparition d'un personnage du ier acte qui se présente à elle, elle chante-\nrait ce refrain. J'ai indiqué les endroits dans le poème où je vois que ce refrain\npourrait revenir.\n(20) La dernière scène entre Pierre et Catherine est trop vague. Il faudrait une\népreuve plus décisive, qui mît le courage et le dévouement de Catherine pour Pierre\nplus en évidence, et qui présentât en même temps un coup de théâtre et une mise\nen scène plus saisissante.\n\nAUTRES REMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE l'Étoile du Nord.\n(1) Le caractère n'inspire pas assez d'intérêt comme il est développé ici. On ne le\nvoit que tapageur, ivrogne, sans souci pour sa gloire, ne voulant signer, au 3e acte,\nqu'à condition qu'on lui dira où est Catherine, etc. Il faut tâcher de le relever par\nquelques traits d'héroïsme, de noblesse et de sentiment. Danilowicz dans la 2e scène\ndu icr acte pourrait parler des grandes qualités de son empereur.\n(2) Il n'est pas question du tout de Pierre le Grand au premier acte, et ceux des\nspectateurs qui ignorent l'histoire de Russie ne comprendront rien à son apparition\nau 2e acte. On pourrait, dans la scène du ler acte entre Danilowicz et Pierre, parler\nde la vie aventureuse et des voyages du Czar."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "451", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.19", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 4441, "texte": "(3) 11 y a une des trois marches du finale du 2e acte qui a une importance extrême\ndans la musique, parce qu'autour d'elle pivotent les deux autres marches et elle\ns'unit avec ces ? morceaux de musique. Il faudrait donc éveiller l'attention du\nspectateur sur elle, et la rattacher à l'action. On l'appellerait la marche sacrée\net on inventerait comme quoi le Gzar l'a entendue pour lapremière fois dans un mo-\nment décisif de sa vie, qu'il a gagné toutes les victoires avec elle, et qu'elle lui\nporte bonheur. Cette croyance devrait être aussi répandue dans l'armée.\n(4) 11 faut trouver une action pantomimique sur le devant du théâtre à la fin du\nler acte, pendant que Catherine chante sur le vaisseau l'invocation àsa mère pour\nle bonheur du mariage de son frère. Pendant ce temps la noce ne doit ni chanter ni\nvoir Catherine. Il faut donc occuper pendant ce temps les personnages par des\ncérémonies de mariage que l'on inventerait : des demoiselles d'honneur de la fiancée\ny seraient occupées. La vieille mère de Prascovia la ferait agenouiller, et lui poserait\nla couronne de fiancée sur la tête ; quand la noce est entrée à l'église, et que levais-\nseau sera parti, il faudra comme une autre pantomime sur le théâtre pendant que\nl'on entendra les vocalises de Catherine dans la coulisse.\n(5) Justifier le nouveau titre cc l'Etoile du Nord ».\n(6) Il ne faut pas que l'on dise au ler acte que Pierre joue toujours le même air de\nflûte parce qu'il ne fait pas de progrès (car l'air est brillant et difficile, et surtout dans\nson développement au 3e acte) ; il vaudra mieux dire qu'il joue cet air-là souvent\nparce que c'est l'air favori de Catherine.\n(7) Quand Catherine parlera au ier acte de sa mère, et de la prédiction qu'elle lui\na faite sur son lit de mort, je désire accompagner son récit mélodramatiquement\navec la phrase qui traverse son rôle : mais je désire que les phrases parlées sous la\nmusique soient toujours des phrases courtes, et soient faites de façon à pouvoir\nêtre interrompues par la musique.\n(8) Même remarque pour la phrase musicale de Pierre, exprimant son emporte-\nment et sa colère (voyez l'introduction) et que je voudrais pouvoir répéter mélodra-\nmatiquement à plusieurs endroits de son rôle.\n(9) Il y a au final du 2e acte trois musiques militaires, qui jouent chacune une\nmarche différente de mélodie et de rythme. Ces marches sont combinées de façon à\nêtre jouées ensemble à la fin de l'acte. Il faudrait justifier ces trois marches diverses\npar l'action. Est-ce que les 2e et 3emarches ne pourraient pas être celles des ennemis\n(Suédois et Turcs) qui viendraient occuper deux montagnes situées à droite •et\nà gauche du théâtre, défilés que les généraux russes conspirateurs contre Pierre\nont livrés secrètement à l'ennemi?\n(10) Je crois qu'il sera impossible au 2e acte d'ériger en vue du public une tente\ntelle qu'il la faudrait pour les besoins de la scène du Trio et du Sextuor (déjà dans\nle Prophète nous avons échoué devant une pareille difficulté, et il a fallu recourir à\nun changement à vue). Il faut peser bien mûrement d'avance cette difficulté, d'autant\nplus que la nécessité de placer les trois musiques militaires sur une scène étroite\nnécessitera plusieurs praticables dans le décor du 2e acte.\n(11) Il y a au second acte le rôle d'un hussard qui a une chanson et puis un trio\nbouffe ; ne pourrait-on pas développer ce rôle un peu comiquement dans le dialogue\npour que Saint-Foix acceptât ce rôle ?\n(12) Dans la chanson à l'honneur de l'infanterie que chante Gritzenko, il pourrait\ndonner une leçon d'exercice aux recrues qui seraient toutes des danseuses, peut-\nêtre Calherine à leur tête.\n(13) Il serait bon défaire quelques petits rôles d'hommes encore au 2e acte pour\navoir le prétexte de faire chanter dans les chœurs des chanteurs de rôles.\n(15) Le morceau d'ensemble du 2e acte dans la tente est tellement long qu'il faut\nle couper en deux et faire du dialogue entre le trio et le septuor.\n(16) Il vaut mieux que Danilowicz ne dise pas au 3e acte à Georges que Peters est\nle Czar. Georges pourra alors être plus naturellement étonné dans le morceau des\nflûtes d'entendre jouer son air s'il ignore que Péter est à Pétersbourg.\n(17) Il faut trouver un effet de décor pour la fin.\n(18) Le 3e acte doit d'abord représenter une tente fermée, ou un cabinet fermé par\nune cloison mobile. Catherine doit entrer d'abord dans le cabinet (ou tente), et le"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "452", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.20", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "rideau du fond ne doit disparaître pour lui montrer son village qu'après le ler chœur\ndes Finlandais. Si c'est un cabinet au lieu d'une tente, il faut que la cloison de der-\nrière puisse se séparer en deux et être retirée à droite et à gauche dans les coulisses\ncomme les décors anglais.\n(19) Dans la fin mélodramatique du sextuor du 2° acte, il vaudrait mieux, tout en\nlaissant parler tous les autres personnages, faire chanter à Catherine la partie ; il\nfaut donc changer la prose en vers.\n(20) Ne vaudrait-il pas mieux choisir, au lieu de Wyborg, un port de mer en\nFinlande, pour que Pierre y puisse exercer son métier de charpentier de vaisseaux?\n(21) Il faut faire parler au ier acte de la marche sacrée, la marche favorite de l'em-\npereur.\n(22) Laisser au choix du décorateur si pour le décor final du 3e acte il vaut mieux\nprendre Pétersbourg ou Morkar."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "444", "page_fin": "445", "image_debut": 12, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.3.1", "titre_corps": "Monsieur Armand Bertin,", "titre_sommaire": "Monsieur Armand Bertin,", "signature_source": "Votre tout dévoué, MEYERBEER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "444", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.12", "debut_caractere": 641, "fin_caractere_exclue": 2511, "texte": "Monsieur Armand Bertin,\n\nrue des Prêtres-Saint-Germain-fAuxerrois, n° 17,\nBureau du Journal des Débats,\nParis,\nBade, ce 30 mars 1833.\nMON CHER AMI !\nLa bonté et l'amitié que vous avez témoignées depuis si longtemps pour\nmon frère Michel m impose le triste devoir de vous annoncer que nous avons\neu le malheur de perdre cet excellent frère à Munich le 22 de ce mois àla\nsuite d'une fièvre nerveuse. Au moment même où j'appris sa maladie, quoique\nmalade moi-même, j'ai couru la poste jour et nuit pour lui prêter mes soins,\nmais, hélas ! je ne l'ai plus trouvé au nombre des vivants. La fièvre était si ter-\nrible qu'elle l'a tué en peu de jours.\nQuoique âgé à peine de 32 ans, Michel laisse un nom très honorable dans la\nlittérature allemande. Il était très précoce. A l'âge de 9 à 10 ans, on avait déjà\nimprimé de lui des vers dans les journaux qui firent sensation. A 12 ans il\ndonna une traduction en vers de la célèbre tragédie italienne de Monti, VAris-\ntodemo. qui eut tellement l'approbation de ses professeurs et autres gens de\nlettres célèbres, qu'il résolut dès alors de consacrer sa vie à la poésie. Deux\nans après, à l'âge de 14 ans, il donna au théâtre de Berlin sa première tra-\ngédie en 5 actes Clytemnestre, qui, quoique faible d'intrigue, obtint du succès\npar les beautés du style et une profondeur de pensées étonnante pour un\njeune homme de cet âge. Elle fut suivie d'une autre tragédie en 5 actes, Les\nFiancés F Aragon, et bientôt après il donna le Paria (en 1 acte), qui eut un\nsuccès prodigieux sur tous les théâtres de l'Allemagne, et reste toujours\nune pièce favorite du répertoire allemand. Quelque temps après il fit re-\nprésenter à Munich un grand drame d'une haute portée poétique et politique,\nSlruensée. Les connaisseurs regardent cet ouvrage comme son chef-d œuvre,\nmais la censure des autres théâtres d'Allemagne en défendit la représenta-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "445", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.13", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1810, "texte": "tion parce que beaucoup de personnages politiques de la cour de Dane-\nmarck, dont les descendants vivent encore, y jouent un grand rôle. Enfin\nla dernière tragédie (qu il a fait représenter l'année dernière à Berlin) s'appelle\nYEpèe à la main. Il est mort à l'âge de 32 ans, très aimé de tous ceux qui le\nconnaissaient, car il sut unir à un esprit supérieur et très cultivé une bonté\nde cœur inaltérable ; sa bienfaisance était extrême et pleine de délicatesse.\nIl laisse beaucoup de manuscrits, mais surtout deux comédies, et deux vo-\nlumes de poésies lyriques qu'il s'occupait à revoir, car il voulait les publier\nincessamment.\nJ'espère, mon cher Armand, que vous voudrez bien consacrer quelques lignes\nà la mémoire de cet excellent frère. La perte est irréparable pour moi, car il\nétait le confident de mes plus intimes pensées et sentiments depuis notre plus\n'1 c< :\ntendre enfance. Pardonnez au désordre de cette lettre, mais je ne suis de retour\nque depuis le 12 de Munich et je vous écris ces lignes abîmé de fatigue et de\ndouleur, car je tiens qu'un ami comme vous ne sache pas ce malheur par les\njournaux. Quoique malade, je me prépare d'aller bientôt à Berlin, car je\nprésume que ma pauvre vieille mère aura besoin à présent de mes consolations\naprès ce coup terrible. Je tremble d'apprendre quel effet cela aura produit\nsur sa santé.\nJ'aurais encore à vous entretenir d'une chose qui nous regarde relativement\nà cet événement, mais je vous demande la permission de vous écrire un autre\njour encore, car pour aujourd'hui je n'ai plus la force de rien ajouter.\nVeuillez me rappeler au souvenir de messieurs votre père et frère et de M.Ja-\nnin, et leur communiquer dema part ce triste événement.\nBade (près Rastadt),\nce 30 mars 33.\n\nVotre tout dévoué,\nMEYERBEER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c009", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "445", "page_fin": "446", "image_debut": 13, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.3.2", "titre_corps": "A Monsieur Lard,", "titre_sommaire": "A Monsieur Lard,", "signature_source": "MEYERBEER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "445", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.13", "debut_caractere": 1812, "fin_caractere_exclue": 2682, "texte": "A Monsieur Lard,\n\nchez M. Maurice Schlesinger,\néditeur de musique,\n97, rue de Richelieu, à Paris,\nSpa, 27 août 1836.\nMON CHER MONSIEUR !\nj'ai reçu votre paquet, contenant les épreuves des 4e et 5e actes de la partition\nde piano de Robert le Diable, et un acte de la grande partition. Quoique malade\net très souffrant, j'ai revu et arrangé la partie du IERIER final de la grande partition\nque vous m'avez envoyée ; j'ai corrigé de même les épreuves des 4e et 5e actes\nde la partion'de piano, et je vous ai envoyé le tout par la diligence qui est partie\nhier au soir pour Paris (celle de Gaillard et Lafitte). J envoie la quittance à\nM. Gouin, qui vous la donnera si le paquet tardait à arriver. Je me suis très\nhâté, malgréma maladie, pour faire avancerun peu cette pauvre partition de piano,\nque chez vous on paraît prendre plaisir à reculer. Il y a peu de fausses notes"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "446", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.14", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 3174, "texte": "dans cette épreuve, mais beaucoup d'autres petites omissions et fautes ; moi-même\nj'ai trouvé que j'avais oublié de corriger plusieurs choses, d'indiquer plusieurs\nautres. En somme, une troisième épreuve est encore à refaire, mais je suis sûr que\nsi M. Devienne veut, il peut exécuter les corrections que je vous viens d'envoyer\nen 3 jours. En 24 heures un actif correcteur peut avoir revu la dernière épreuve,\nde manière que 4 ou 6 jours après le reçu de mon paquet les corrections peuvent\nêtre faites et revues, et vous pouvez commencer d'imprimer ces deux actes.\nNous étions toujours convenus que vous reverriez les paroles, mais vous ne l'avez\npas fait, car j'ai eu à corriger beaucoup de fautes dans cette partie. En ma\nqualité d'étranger, j'en aurai laissé échapper certainement beaucoup d'autres\nencore ; ainsi je vous prie, revoyez les paroles, avant de livrer les épreuves des\n4e et 5e actes à M. Devienne. Veuillez aussi revoir les numéros que portent les\nmorceaux de ces deux actes, et s'ils cadrent avec ceux de la table que nous avons\nfaite pour la partition, je crois que non.\nEn général, je vous prie de donner un coup d'oeil à ces deux actes. Vous y\ntrouverez diverses notes qui s'adressent à vous.\nJe prierai que l'on conserve mes épreuves des 4e et 5e actes, même quand la\n3e épreuve sera faite. Il sera toujours utile qu'à mon arrivée à Paris je puisse\nconfronter les deux épreuves, et voir s'il n'y a rien d'oublié. — Et à propos de\ncela, je vous prie de dire à M. Devienne de veiller que toutes mes corrections,\nquelque petites qu'elles soient, lui parussent-elles même être tout à fait inutiles,\nsoient fidèlement exécutées. Je n efface ni ne change jamais la plus petite\nchose sans de bonnes raisons, mais je ne puis passer un temps à écrire le\npourquoi de toute une correction sur les épreuves. Je dis cela parce qu'on\nn'exécute pas toujours les petites corrections. — Faites-moi le plaisir, mon cher\nMonsieur Lard, dès que la seconde épreuve des 4e et 5* actes sera corrigée,\nd'envoyer ces deux actes à MM. Breitkopf et Hàrtel. Je regarderai cela comme un\nservice personnel que vous me rendrez. — Je m'étonne beaucoup que vous ne\nm'ayez pas encore donné avis d'avoir reçu le premier acte de la grande partition.\nCependant elle doit être depuis six jours dans vos mains. Veuille1 lire la feuille\ndes observations pour le graveur que ai mise avant Vouverture. — Je m'étonne\naussi beaucoup que vous ne m'ayez pas encore envoyé les épreuves d'un autre\nacte de la partition de piano. Je vous avais pourtant écrit d'en demander l'auto-\nrisation au chef de votre maison (sans aucune responsabilité de ma part, bien\nentendu). Puisqu'il vous importe si peu de faire avancer la partition de piano,\nj'en prendrai mon parti quant à moi ; mais je ne m'occuperai pas du 2e acte de\nla grande partition jusqu'à ce que j'aye un autre acte de la partition de piano :\ncar j ai aussi peu 1 obligation de m occuper de la revision de l'un que de l'autre.\nAdieu, mon cher Monsieur Lard. Je vous salue bien cordialement, et je vous\nprie de saluer aussi vos deux excellents jeunes gens du magasin.\nBerlin, ce 20 mars 1860.\n\nMEYERBEER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c010", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "446", "page_fin": "448", "image_debut": 14, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.3.3", "titre_corps": "MON CHER AMI ! (de Bury)", "titre_sommaire": "MON CHER AMI ! 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Cependant, comme on n'est jamais\ncontent, je n'ai été satisfait qu'à demi, je vous l'avoue ; vous ne me parlez en\neffet ni de madame de Bury ni de votre charmante Jetta, dont j entretiens cons-\ntamment ma femme et mes enfants. Je vois par votre lettre, mon cher ami,\nque les lettres posthumes de M. Humboldt à M. Varnhagen font une aussi\ngrande sensation à Paris qu'à Berlin. Ca n'est pas étonnant ; tant de personnes\nencore vivantes sont atteintes de quelques-unes de ses « chevrotines )) î Malgré\nle grand esprit, les fines malignités, les vues larges et les vérités dont ces lettres\nsont remplies, il eût néanmoins été à souhaiter, pour la pureté de la mémoire\nde ce grand homme, qu'elles fussent restées inédites. Vous savez déjà peut-être\nque la famille de M. de Humboldt a publié dans différents journaux une lettre\nadressée par lui, il y a quelques années, à son neveu le général Hédemann. Il\nle priait dans cet écrit de veiller, après sa mort, à ce que aucune des nombreuses\nlettres qu'il a lancées dans toutes les parties du monde, et cela durant tant\nd'années, ne fût livrée à la publicité.\nM. de Humboldt protestait également à l'avance contre toute publication de\nce genre. Cela rendrait très invraisemblable que M. de Humbolt eût désiré la\npublicité de la correspondance avec V... et autres, comme on le pouvait\nsupposer par une de ses lettres, à ce que vous aurez vu. Par contre, mademoiselle\nLudmilla Assing, nièce de V..., a publié ces jours-ci, dans un journal de Berlin,\nun factum où elle cherche à démontrer que cette défense de publication de\nlettres..après la mort, n'a nullement trait à celles adressées à V... Elle établit\nce fait avec une logique si serrée et si imminente que, pour ma paît, je flotte\nau sujet de la vérité. Ce morceau étant d'ailleurs remarquablement bien écrit,\nje pense que vous le lirez volontiers. Et je le joins àce pli. Vous avez l'air,\nmon cher ami, de douter un peu que je tienne la parole que je vous ai donnée de\nmettre en musique la scène du 4e acte de votre drame de Gothe, scène que vous\nm'avez remise à mon départ de Paris, et dont je vous ai promis d'achever la\ncomposition pour cet automne, époque à laquelle, m'avez-vous dit, votre drame\ndoit entrer en répétition. Je n'ai jamais failli à aucune de mes promesses envers\nqui que ce soit, et ce ne sera pas vis-à-vis d'un ami tel que vous que j'y manquerai\npour la première fois. Vous ne me parlez pas de votre tragédie de Pétrarque\nque vous avez l'intention de donner cet hiver à l'Odéon. L'ouvrage n'est-il pas\nachevé, ou bien des difficultés de théâtre vous empêchent-elles de le donner ?\nVous savez combien tout ce qui a trait à vous, mon cher ami, et à vos poétiques\nproductions m'inspire d'intérêt !\nVeuillez me rappeler au souvenir de madame de Bury, de monsieur et\nmadame Buloz, mais avant tout et surtout à celui de mes charmantes protectrices,\nde mes bons avocats mademoiselle Marie Buloz et mademoiselle Jetta de Bury.\nDites-leur en même temps, s'il vous plaît, qu'on publiera incessamment la marche\nque j'ai composée pour la fête de Schiller à Paris, et que j ai donné ordre à un\néditeur d'en offrir un exemplaire à chacune d'elles.\nAdieu et mille compliments affectueux de votre tout dévoué, MEYERBEER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c012", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "448", "page_fin": "448", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.3.4", "titre_corps": "A Monsieur Auber.", "titre_sommaire": "A Monsieur Auber.", "signature_source": "MEYERBEER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "448", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.16", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 656, "texte": "A Monsieur Auber.\nMEYERBEER.\nCHER ET ILLUSTRE MAÎTRE !\nDepuis hier au soir je suis pris d'un violent mal de gorge accompagné de\nfièvre.\nJe suis obligé de garder la maison aujourd'hui, et je crains bien ne pas être\nencore assez rétabli demain pour pouvoir sortir et assister aux concours du chant.\nJe suis bien fâché de ce contretemps qui m empêchera de remplir un devoir\nqui m'est bien cher, puisqu il me procure 1 honneur et le plaisir de pouvoir\nsiéger à côté de vous, cher et illustre maître, pendant quelques heures. Veuillez\nagréer l'expression des sentiments les plus distingués de votre tout dévoué,\nVendredi."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c013", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "448", "page_fin": "449", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.3.5", "titre_corps": "MON CHER MONSIEUR, (?)", "titre_sommaire": "MON CHER MONSIEUR, (?)", "signature_source": "MEYERBEER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "448", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.16", "debut_caractere": 658, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "MON CHER MONSIEUR, (?)\nJ'ai reçu votre bonne lettre et je vous remercie infiniment de l'aimable envoi\net des sentiments qui l'ont dictée. Il n'y a malheureusement aucune baignoire"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "449", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.17", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 728, "texte": "à l'Opéra qui ne soit louée à l'année. Mais la loge que j'ai l'honneur de vous\nadresser ci-jointe est une entre-colonnes où l'on est très peu vu. Je le sais\nd'expérience, car j'y vais fort souvent. Je m'étais proposé de vous faire cette com-\nmunication de vive voix, pour avoir l'honneur de vous voir, mais une répétition\nm'en empêche, et M. Brandus (l'éditeur de mes opéras) aura la bonté de vous\nremettre ce petit mot.\nVeuillez agréer, Monsieur, l'expression des sentiments les plus distingués de\nvotre dévoué,\nDimanche soir.\nDans les deux curieux documents qui suivent, on verra comment Meyerbeer,\ndoué d'un sens très pratique de la scène, collaborait avec Scribe.\n\nMEYERBEER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "449", "page_fin": "450", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.3.6", "titre_corps": "REMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE I/Etoile du Nord.", "titre_sommaire": "REMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE I/Etoile du Nord.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "449", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.17", "debut_caractere": 730, "fin_caractere_exclue": 3338, "texte": "REMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE I/Etoile du Nord.\n(1) Motiver le titre de la pièce.\n(2) Trouver un moyen scénique de faire lever le rideau pour la stretta de l'ou-\nverture à cause du second orchestre sur la scène, sauf à le faire baisser après. Mais\nil faudrait trouver une raison scénique pour cela.\n(3) Pierre est ivrogne, brutal et cruel, et ne compense pas cela par des moments\nde grandeur d'âme.\n(4) Catherine est un caractère noble, mais qui, à l'exception du souvenir de sa\nmère, manque de sensibilité et de tendresse : elle n'est jamais touchante.\n(5) En général: il y a manque de sensibilité et de tendresse dans tous les rôles et\ndans tout l'ouvrage.\n(* a b) (6) Le rôle de Danilowicz, qui est important pour le compositeur, à cause\ndes morceaux d'ensemble, et que je voudrais donner à Boulo, n'a absolument\nrien à chanter SEUL. Boulo est très bien dans la romance à sentiment. Il faudrait\ndonc lui en faire une à la place du duo n° 2, ou mieux encore, lui faire un joli air\ndéveloppé de son air d'entrée dans l'introduction.\n(* a b) (7) Dans l'air de Prascovia je désirerais deux vers d'une expression vraie\net chantante pour les autres personnages qui sont en scène, et cherchent à saluer\nPrascovia et la prient d'expliquer la cause de la frayeur ; je désirerais également\ndeux vers qui permettraient un joli motif pour Prascovia, au lieu du vers : « c'est ma\nchère, à faire tomber le tonnerre. »\n(* a b) (8) 11 serait bien heureux si M. Scribe pouvait donner la première partie\ndu duo entre Pierre et Catherine de façon à faire usage de la première moité du duo\ndu camp de Silésie.\n(* B) (9) Est-ce que à la fin du ier acte on ne pourrait faire entendre un appel\nvenant de l'église qui appelle les fiancés à l'église, ou le prêtre qui viendrait bénir\nles fiancés, ou quelque autre signe religieux qui interrompe la stretta bouffe et\nfasse agenouiller avec 4 vers de prière le chœur et les personnages, pour que le\nchant de Catherine : « Tu m'avais dit, ma mère », se détache bien ?\n(* B) (10) Pour le dernier mouvement du duo entre Prascovia et Catherine, une\ninvocation à Vamour, bien tendre, en forme de nocturne.\nACTE II\n(u) Avec la décoration du grand arbre au milieu, sur une scène aussi petite que\ncelle de l'Opéra-Comique, les trois orchestres obligés sur le théâtre seraient impossi-\nbles à placer. Il faut un pont à gauche dans le fond, un monticule à droite pour\ncela. M. Scribe a dit dans le temps qu'il fallait trouver un motif scénique pour abattre\nl'arbre quand il aura servi pour la tente.\n(12) Comme il y a énormément de dialogue au 2e acte qui lui nuit, et qui pourtant"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "450", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.18", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 3244, "texte": "est nécessaire à l'action, ne pourrait-on pas, pour l'entremêler davantage avec la\nmusique, faire commencer les 2 chansons et le petit trio de la scène ire seulement\nAPRÈS la scène entre les deux vivandières et Catherine? On pourrait peut-être arran-\nger aussi les paroles de la chanson du Grenadier (chantée par Gritzenko) de façon à\nce qu'il donnât là-dessus une leçon d'exercice à Catherine.\n(* B) (i 3) Je voudrais une autre romance pour Catherine, bien tendre et amou-\nreuse, avec des effets d'ÉCHO pour la voix de Mme Ugalde. Elle dirait,avant de com-\nmencer la romance : «Ah ! que la nuit est noire ! on me laisse là toute seule, et je com-\nmence à avoir peur, et je n'ose pas même parler haut pour me donner du courage,\nparce qu'il y a là ce vilain écho qui répète, qui répète comme si c'était une voix\nhumaine (et puis elle commencerait à voix très basse la romance). La pauvre senti-\nnelle, loin de l'objet de ton amour et pleine d'ailarmes, ne rêve qu'à toi (elle l'oublie\net chante à voix haute). Pierre, m'es-tu aussi fidèle ? (l'écho répond fidèle : alors\nelle s'effraye et rechante le même trait pianissimo, puis elle oublie de nouveau et\nfait une autre question amoureuse \"à voix haute : Pierre, te reverrai-je encore ? l'écho\nrépond encore : elle s'effraye et répète la question à voix très basse (il faudrait qu'il\ny eût une raison scénique pour faire des traits dans les questions : Pierre, mon\ncœur vole vers toi); après cela viendrait le refrain qui serait toujours : Ah, c'est\nl'écho seul qui répond à mon amoureuse plainte !\nDans la chanson des vivandières, au [second couplet, je veux que le 3e ou 4e vers\nexplique que c'est par les dés que la querelle doit se décider.\n(i 5) Motiver dans le poème pourquoi il y a trois marches différentes à la fin de\nl'acte, et que la première de ces marches est cet antique et sacré appel au son duquel\nsaint Nicolas est descendu du ciel et a aidé les Russes à battre les infidèles autre-\nfois.\nACTE III\n(16) Dans la 2e scène, le caractère de Pierre n'est pas dessiné à son avantage.\n(17) Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux que jusqu'à l'apparition de Catherine\nla décoration représentât une tente, et que seulement quand Catherine serait entrée\nen scène, cette tente se levât devant ses yeux, et découvrît la décoration du ler\nacte ?\n(18) Pour agrandir musicalement le rôle de Gritzenko, on pourrait faire d'une partie\nde la scène 3 un grand air bouffe pour Gritzenko, accompagné par ci et par là par\nles voix de Prascovia et Georges.\n(B) (19) Dans les scènes où apparaissent devant Catherine le site et les personna-\nges du ier acte, je voudrais pour elle un couplet bien rêveur et doux dont le com-\nmencement et la fin exprimeraient : « C'est un rêve qui va s'évanouir », et à chaque\nnouvelle apparition d'un personnage du ier acte qui se présente à elle, elle chante-\nrait ce refrain. J'ai indiqué les endroits dans le poème où je vois que ce refrain\npourrait revenir.\n(20) La dernière scène entre Pierre et Catherine est trop vague. Il faudrait une\népreuve plus décisive, qui mît le courage et le dévouement de Catherine pour Pierre\nplus en évidence, et qui présentât en même temps un coup de théâtre et une mise\nen scène plus saisissante."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "450", "page_fin": "452", "image_debut": 18, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.3.7", "titre_corps": "AUTRES REMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE l'Étoile du Nord.", "titre_sommaire": "AUTRES REMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE l'Étoile du Nord.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "450", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.18", "debut_caractere": 3246, "fin_caractere_exclue": 4016, "texte": "AUTRES REMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE l'Étoile du Nord.\n(1) Le caractère n'inspire pas assez d'intérêt comme il est développé ici. On ne le\nvoit que tapageur, ivrogne, sans souci pour sa gloire, ne voulant signer, au 3e acte,\nqu'à condition qu'on lui dira où est Catherine, etc. Il faut tâcher de le relever par\nquelques traits d'héroïsme, de noblesse et de sentiment. Danilowicz dans la 2e scène\ndu icr acte pourrait parler des grandes qualités de son empereur.\n(2) Il n'est pas question du tout de Pierre le Grand au premier acte, et ceux des\nspectateurs qui ignorent l'histoire de Russie ne comprendront rien à son apparition\nau 2e acte. On pourrait, dans la scène du ler acte entre Danilowicz et Pierre, parler\nde la vie aventureuse et des voyages du Czar."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "451", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.19", "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 4441, "texte": "(3) 11 y a une des trois marches du finale du 2e acte qui a une importance extrême\ndans la musique, parce qu'autour d'elle pivotent les deux autres marches et elle\ns'unit avec ces ? morceaux de musique. Il faudrait donc éveiller l'attention du\nspectateur sur elle, et la rattacher à l'action. On l'appellerait la marche sacrée\net on inventerait comme quoi le Gzar l'a entendue pour lapremière fois dans un mo-\nment décisif de sa vie, qu'il a gagné toutes les victoires avec elle, et qu'elle lui\nporte bonheur. Cette croyance devrait être aussi répandue dans l'armée.\n(4) 11 faut trouver une action pantomimique sur le devant du théâtre à la fin du\nler acte, pendant que Catherine chante sur le vaisseau l'invocation àsa mère pour\nle bonheur du mariage de son frère. Pendant ce temps la noce ne doit ni chanter ni\nvoir Catherine. Il faut donc occuper pendant ce temps les personnages par des\ncérémonies de mariage que l'on inventerait : des demoiselles d'honneur de la fiancée\ny seraient occupées. La vieille mère de Prascovia la ferait agenouiller, et lui poserait\nla couronne de fiancée sur la tête ; quand la noce est entrée à l'église, et que levais-\nseau sera parti, il faudra comme une autre pantomime sur le théâtre pendant que\nl'on entendra les vocalises de Catherine dans la coulisse.\n(5) Justifier le nouveau titre cc l'Etoile du Nord ».\n(6) Il ne faut pas que l'on dise au ler acte que Pierre joue toujours le même air de\nflûte parce qu'il ne fait pas de progrès (car l'air est brillant et difficile, et surtout dans\nson développement au 3e acte) ; il vaudra mieux dire qu'il joue cet air-là souvent\nparce que c'est l'air favori de Catherine.\n(7) Quand Catherine parlera au ier acte de sa mère, et de la prédiction qu'elle lui\na faite sur son lit de mort, je désire accompagner son récit mélodramatiquement\navec la phrase qui traverse son rôle : mais je désire que les phrases parlées sous la\nmusique soient toujours des phrases courtes, et soient faites de façon à pouvoir\nêtre interrompues par la musique.\n(8) Même remarque pour la phrase musicale de Pierre, exprimant son emporte-\nment et sa colère (voyez l'introduction) et que je voudrais pouvoir répéter mélodra-\nmatiquement à plusieurs endroits de son rôle.\n(9) Il y a au final du 2e acte trois musiques militaires, qui jouent chacune une\nmarche différente de mélodie et de rythme. Ces marches sont combinées de façon à\nêtre jouées ensemble à la fin de l'acte. Il faudrait justifier ces trois marches diverses\npar l'action. Est-ce que les 2e et 3emarches ne pourraient pas être celles des ennemis\n(Suédois et Turcs) qui viendraient occuper deux montagnes situées à droite •et\nà gauche du théâtre, défilés que les généraux russes conspirateurs contre Pierre\nont livrés secrètement à l'ennemi?\n(10) Je crois qu'il sera impossible au 2e acte d'ériger en vue du public une tente\ntelle qu'il la faudrait pour les besoins de la scène du Trio et du Sextuor (déjà dans\nle Prophète nous avons échoué devant une pareille difficulté, et il a fallu recourir à\nun changement à vue). Il faut peser bien mûrement d'avance cette difficulté, d'autant\nplus que la nécessité de placer les trois musiques militaires sur une scène étroite\nnécessitera plusieurs praticables dans le décor du 2e acte.\n(11) Il y a au second acte le rôle d'un hussard qui a une chanson et puis un trio\nbouffe ; ne pourrait-on pas développer ce rôle un peu comiquement dans le dialogue\npour que Saint-Foix acceptât ce rôle ?\n(12) Dans la chanson à l'honneur de l'infanterie que chante Gritzenko, il pourrait\ndonner une leçon d'exercice aux recrues qui seraient toutes des danseuses, peut-\nêtre Calherine à leur tête.\n(13) Il serait bon défaire quelques petits rôles d'hommes encore au 2e acte pour\navoir le prétexte de faire chanter dans les chœurs des chanteurs de rôles.\n(15) Le morceau d'ensemble du 2e acte dans la tente est tellement long qu'il faut\nle couper en deux et faire du dialogue entre le trio et le septuor.\n(16) Il vaut mieux que Danilowicz ne dise pas au 3e acte à Georges que Peters est\nle Czar. Georges pourra alors être plus naturellement étonné dans le morceau des\nflûtes d'entendre jouer son air s'il ignore que Péter est à Pétersbourg.\n(17) Il faut trouver un effet de décor pour la fin.\n(18) Le 3e acte doit d'abord représenter une tente fermée, ou un cabinet fermé par\nune cloison mobile. Catherine doit entrer d'abord dans le cabinet (ou tente), et le"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "452", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.20", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "rideau du fond ne doit disparaître pour lui montrer son village qu'après le ler chœur\ndes Finlandais. Si c'est un cabinet au lieu d'une tente, il faut que la cloison de der-\nrière puisse se séparer en deux et être retirée à droite et à gauche dans les coulisses\ncomme les décors anglais.\n(19) Dans la fin mélodramatique du sextuor du 2° acte, il vaudrait mieux, tout en\nlaissant parler tous les autres personnages, faire chanter à Catherine la partie ; il\nfaut donc changer la prose en vers.\n(20) Ne vaudrait-il pas mieux choisir, au lieu de Wyborg, un port de mer en\nFinlande, pour que Pierre y puisse exercer son métier de charpentier de vaisseaux?\n(21) Il faut faire parler au ier acte de la marche sacrée, la marche favorite de l'em-\npereur.\n(22) Laisser au choix du décorateur si pour le décor final du 3e acte il vaut mieux\nprendre Pétersbourg ou Morkar."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "452", "page_fin": "455", "image_debut": 20, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.4", "titre_corps": "Meyerbeer. SOUVENIRS D'AUTREFOIS.", "titre_sommaire": "Meyerbeer. SOUVENIRS D'AUTREFOIS.", "signature_source": "L.-A. BOURGAULT-DUCOUDRAY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "452", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.20", "debut_caractere": 896, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "Meyerbeer.\nSOUVENIRS D'AUTREFOIS.\n\nLe nom de Meyerbeer se rattache à mes plus anciennes impressions musicales\nJe me souviens d une phrase, tombée dans mon oreille d'enfant, que j'entendis\nun jour prononcer par un des mélomanes les plus « avancés >) de ma ville natale,\nalors que le Prophète était encore dans sa nouveauté : a Je viens, disait ce fer-\nvent admirateur de Meyerbeer, de consacrer huit jours à l'étude de la partition\ndu Prophète ; il n'y a absolument rien dans cet opéra ; cette œuvre, toute scienti-\nfique, ne renferme pas une seule mélodie. )) Dans ma province, les plus hardis\nmusiciens d alors se bornaient à admirer timidement la jolie phrase chantée\npar Jean au second acte :\nLe jour baisse et ma mère\nBientôt sera de retour.\nLe succès du Prophète, si contesté à son apparition, finit pourtant par s'im-\nposer; mais jamais, dans le milieu où je vivais à cette époque, il n'atteignit le\ndegré de popularité conquis par les Huguenots. Ce dernier ouvrage y jouissait\nd'une faveur extraordinaire, exempte de tout snobisme. Jamais je n'ai rencontré\nune œuvre dramatique pénétrant aussi profondément dans l'âme des auditeurs\net aussi « adéquate » à leur compréhension musicale. On peut dire que cette\npartition, accueillie avec un enthousiasme universel, était applaudie (( dévote-\nment )). Un fêtard endurci, que ses camarades de bombance voulaient entraîner\naprès le spectacle à quelque joyeuse équipée, leur répondit un jour : (( Impos-\nsible ! je viens d entendre le duo du 4e acte des Huguenots )).\nL esprit humain évolue sans cesse. Dans l'art musical surtout, les transforma-\ntions du goût sont aussi rapides que profondes. La musique de Meyerbeer, jugée\na son apparition compliquée et savante, nous paraît aujourd hui d'une clarté\nrythmique et d'une simplicité harmonique presque enfantine. Mais ce n'est pas"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "453", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.21", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3424, "texte": "la simplicité relative de la musique de Meyerbeer qui a contribué le plus à la\nfaire vieillir. Les œuvres de Gluck, quoique beaucoup plus simples et deux fois\nplus anciennes, ont autrement résisté aux outrages du temps. A mes yeux, les\ndeux principales causes du dommage que les années ont fait subir à l'œuvre de\nMeyerbeer sont le manque d'unité de style et la préoccupation constante de\n« l'effet )).\nA l'époque où Meyerbeer écrivait, le public se livrait avec transport aux\ndélices du bel canto, dont le secret était alors religieusement conservé par une\npléiade de chanteurs admirables, parfois doublés de comédiens surprenants.\nMeyerbeer, visant à mettre tous les atouts dans son jeu, ne pouvait se résigner à\nbannir, même des scènes les plus dramatiques, ces points d'orgue aujourd'hui\nsurannés, qui permettaient aux chanteurs d'alors d'exhiber une virtuosité aussi\ntriomphante qu'inopportune.\nL'illustre créatrice du rôle de Fidès dans le Prophète, Mme Pauline Viardot,\nm'a raconté que pendant les répétitions Meyerbeer voulait tous les jours ajouter\nà son rôle de nouveaux points d'orgue ; et c'était elle, la noble cantatrice, la vir-\ntuose désintéressée, qui se révoltait, et conjurait le maître de ne pas multiplier\noutre mesure l'emploi de ces (( petits moyens » qui lui semblaient diminuer\nl'œuvre et rabaisser l'art.\nJe n'ai pas eu la joie d'applaudir Mme Viardot dans le Prophète. Mais j'ai goûté\nl'incomparable bonheur de l'entendre et de la voir dans XOrphée de Gluck. Son\ndouble talent de cantatrice et de tragédienne atteignait dans ce rôle la dernière\nlimite de l'art. Jamais, avant de ressentir ces émotions inoubliables, je n'aurais\npu me douter du degré d'intensité dramatique dont est capable la virtuosité\nvocale, mise au service d'une âme de cette trempe et d'une intelligence de cette\nenvergure.\nA quelle hauteur devait s'élever la magnifique création du rôle de Fidès,\ninterprété par cette artiste de génie ! Quel frisson devait envahir l'âme du spec-\ntateur, lorsqu'elle chantait l'Arioso du 2e acte et quand, dans l'admirable\ntableau de la Cathédrale, elle proférait ces accents qui rendent avec tant\nd'énergie les inexprimables angoisses de l'amour maternel !\nCette scène, si puissamment expressive et si largement taillée, me paraîtrait\nun chef-d'œuvre, si, pai une regrettable confusion du style vocal et du style ins-\ntrumental, Meyerbeer n'avait confié aux voix du chœur, dans plusieurs passages,\ndes dessins d'altos et de seconds violons.\nCet oubli de la convenance des styles n'est pas la seule critique qui puisse être\nadressée à l'auteur du Prophète.\nDepuis que l'influence de Wagner a provoqué une réaction vigoureuse contre\nles abus de « l'opéra-concert », une école jeune, très hardie, très savante,\néprise d'un idéal, très élevé, s'est élancée à la poursuite de la vérité dans le\ndrame lyrique, cherchant avec autant d'ardeur que les premiers pionniers de la\nmusique dramatique à la fin du xvie siècle, la solution du problème éternel :\ntrouver une forme d'art aussi une dans sa variété, aussi harmonieuse dans sa\ncomplexité que le fut la tragédie antique.\nPour atteindre ce but, la nouvelle école, prenant le contre-pied des procédés\nemployés par les compositeurs qui fleurissaient de 1830 à 1850, devait con-\ndamner impitoyablement les défauts qui choquent dans Meyerbeer.\nUn respect insuffisant de la langue, une prosodie trop fréquemment défec-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "454", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.22", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3527, "texte": "tueuse, des répétitions de mots injustifiées, des rythmes souvent triviaux et d'une\ncarrure par trop primitive, un système de modulations dites (( plaques tour-\nnantes )), un travail de composition procédant par fragments juxtaposés, à la\nfaçon de la mosaïque, des ritournelles de guinguette se glissant aux endroits\nmarqués pour les applaudissements, là préoccupation constante du « motif ))\ndégénérant parfois en (( rengaine )) mélodique, le maintien de la division de la\ntrame musicale en morceaux séparés, scindant l'action dramatique au lieu de se\nfondre avec elle, une part insuffisante faite à l'élément symphonique, telles sont\nen partie les causes du peu d'estime que la plupart des (( jeunes » professent\nactuellement pour l'auteur des Huguenots.\nTout en reconnaissant l'existence des taches qui déparent les œuvres de\nMeyerbeer, gardons-nous de méconnaître, par snobisme, les qualités de premier\nordre qui les ont maintenues si longtemps au répertoire. Quelle que soit l'école\nà laquelle on appai tienne, on doit convenir que ce grand compositeur était\ndoué d'invention, avait des idées et qu'il a fait mainte trouvaille géniale.\nDans l'ordre des sentiments purement humains, Meyerbeer n'a été surpassé\npar aucun compositeur dramatique du xixe siècle ; il ne l'a pas été non plus\ndans l'expression de la véritable couleur historique.\nLorsque j'entends le couvre-feu du 3e acte des Huguenots et le chant religieux\ndes femmes qui suit le chœur du (( rataplan )), il me semble voir ressusciter toute\nune époque et revivre tout un passé.\nQuant à la phrase de trompette qui exprime au 5e acte des Huguenots la féro-\ncité sanguinaire des meurtriers, je la considère comme une des trouvailles les\nplus extraordinaires de la musique dramatique.\nSi du vaste édifice d'ordre composite construit par Meyerbeer beaucoup de\nparties sont endommagées, deux imposantes façades se dressent encore fière-\nment, malgré la tempête déchaînée par la mode et l'esprit nouveau.\nLe Prophète et les Huguenots vivent encore, grâce au relief puissant des ca-\nractères, à l'éclat du coloris, à l'intensité de la force tragique, grâce aussi, il faut\nle dire, à des qualités de clarté, de franchise et de concision bien conformes à\nnotre tempérament dramatique, ennemi juré des divagations et des longueurs.\nTandis que Wagner, d'abord émule de l'auteur des Huguenots, ne parvenait\nà dégager complètement sa très haute et très puissante personnalité qu'en\ns'enfonçant dans un germanisme de plus en plus accentué, Meyerbeer, jusqu'à\nla fin de sa vie, s'est efforcé de se conformer aux tendances et au tempérament\nde notre race.\nCe grand esprit, à la fois très autoritaire et très souple, savait s'inspirer des\nimpressions de son milieu et faire plier son orgueil devant un bon conseil, même\nquand il contrariait les combinaisons les plus profondes de sa stratégie musi-\ncale.\nC'est un fait avéré que le grand duo du |e acte des Huguenots fut ajouté au\ncours des répétitions. Dans la conception primitive, le rideau tombait après la\nBénédiction des poignards ; Meyerbeer, avec son profond sentiment dramatique,\navait sans doute flairé la belle situation omise, la grande scène à faire ; mais il\ncraignait qu'un duo, si réussi qu'il fût, succédant à un tableau puissant où il\navait employé tous les renforts et concentré toutes les ressources de l'expression\nmusicale, ne parût terne et décoloré. Telle n'était pas l'opinion d'Adolphe Nour-\nrit, créateur du rôle de Raoul. Cet artiste éminent, doublé d'un lettré, pen-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "455", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.23", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "sait que le maître se défiait à tort de son génie, et passait, par excès de pru-\ndence, à côté d'un gros effet.\nPlusieurs fois déjà il avait essayé sans succès de tenter Meyerbeer, en lui\ndéveloppant le plan de la scène qui devait se passer logiquement entre Raoul\net Valentine avant la fin de l'acte. Heureusement Nourrit était tenace. Au noble\namour de l'art venait s'unir chez lui un mobile moins désintéressé. Le duo du\n3e acte entre Valentine et Marcel avait obtenu au cours des répétitions un\nsuccès énorme.\nNourrit, piqué au vif, voulait éclipser ce triomphe dans la scène d'amour si\nprofondément dramatique qu'il entrevoyait à la fin du 4e acte.\nIl sentait que sa partenaire, Mme Falcon, Valentine admirable, dont on le\ndisait fort épris, lui inspirerait là des accents d'une tendresse (( réelle », qui\ndevaient atteindre les dernières limites du pathétique.\nUn jour, à la fin d une répétition, Nourrit revint à la charge. Il sut déployer\nune éloquence si persuasive que l'obstination de Meyerbeer sembla mollir un\npeu. Pier de cette demi-victoire, il court aussitôt chez Scribe pour le prier d'é-\ncrire les paroles du grand duo convoité. Mais Scribe était absent !\nC'est alors qu'au théâtre on eut l'idée de s'adresser au poète Emile Deschamps\nqui, électrisé par l'exposé de la situation, écrivit d'un seul jet les vers de la\nbelle scène entre Valentine et Raoul.\nLe lendemain les répétitions étaient suspendues et Meyerbeer très contra-\nrié, mais à moitié convaincu, partait pour Berlin en emportant le] manuscrit.\nHuit jours après, Nourrit recevait du maître la lettre suivante :\nd'écrire la musique de votre duo et j'avoue que je n'en suis pas trop mécon-\ntent ». Aussitôt Meyerbeer de retour à Paris, on s'empressa de mettre le nou-\nveau duo à l'étude et l'on attendit que la mise en scène en eût été réglée, pour\nconvoquer au théâtre le compositeur, tant on avait peur qu'il ne se rétractât.\nIl est permis d'affirmer que sans le (( flair » de son ténor, Meyerbeer n'eût\npoint écrit ces pages immortelles qui ont si puissamment contribué à maintenir\nson œuvre au répertoire pendant plus de soixante ans !\n\nL.-A. BOURGAULT-DUCOUDRAY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c018", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "455", "page_fin": "460", "image_debut": 23, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.5", "titre_corps": "Meyerbeer en Allemagne.", "titre_sommaire": "Meyerbeer en Allemagne.", "signature_source": "Dr FRITZ BRüCKNER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "455", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.23", "debut_caractere": 2171, "fin_caractere_exclue": 3047, "texte": "Meyerbeer en Allemagne.\n\nL'œuvre posthume de Meyerbeer n'a pas encore été publiée par ses héritiers.\nQuant à son séjour artistique en Allemagne, il est important, en ce sens qu'il a\nproduit des opéras allemands (1), achevés, mais non exécutés. En outre, l'acti-\nvité du maître s'y est manifestée d'une façon nouvelle.\nCe séjour, jusqu'à l'émigration définitive à Paris, peut se répartir ainsi :\nI. Jeunesse à Berlin (leçons,de Lauska, Zelter ;le 19 octobre 1800, il s'est\nproduit pour la première fois comme pianiste ;\n11. Années d'études à Darmstadt (avril 18io avec l'abbé Vogler) (2) ;\n\n(i) Le Procès, non représenté. Le Pêcheur tt la Laitière, 26 mars, représentation anonyme à Ber-\nin. Les Amours de Thevelinde, joué à Vienne en 1815. Le Vœu de Jephtè, à Munich, 27 janvier\n1813.\nVoir le jugement de Weber sur ce point, et ce qui est dit plus loin dans la présente Revue."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "456", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.24", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3441, "texte": "1 111. Voyages à Munich (1) (les deux Califes, 1814, sans succès. Weber seule-\nment parvint à faire représenter cet opéra à Prague, 22 octobre 1815, et à\nVienne, où il réussit).\nA Vienne, Meyerbeer perfectionne son talent de pianiste. Ce n'est que sur le\nconseil de Salieri qu'il se décide à partir pour l'ltalie et à se vouer définitivement\nà la composition dramatique. En 1816 il arrive en Italie, et y assiste à la repré-\nsentation de Tancrède, de Rossini. Avec Emma de Roxburg il réussira bientôt\nà se faire une place à côté du maître italien.\nLe 30 août (2), l'intendant général du théâtre de la Cour à Berlin, comte\nBruhl, s'adresse au père de Meyerbeer en vue d'obtenir un opéra pour sa scène.\nIl fut d'abord question de Romilda e mais finalement on se décida\nà faire représenter Emma de Roxburg (11 février 1820). Ce fut donc la pre-\nt\nmière œuvre du Maître, dont la critique allemande seule nous a laissé des\ntraces. Un critique berlinois nous apprend que cet opéra (3) fut joué 3 fois (avec\nballet composé par le maître de chapelle Telia), et qu'il devait plaire à tous ceux\nqui ne font aucune distinction entre la musique de concert et la musique de\nthéâtre. A Stuttgard, on trouve l'œuvre composée (( au sens propre du mot ».\nLe critique de Vienne l'appelle du « Rossini mieux développé ». Déjà ici on parle\nen termes caractéristiques de « Réclame » précédant la représentation. Le chœur\ndes Juges est cité comme la partie la meilleure ; Y Allgemeine Musik Zeitung le\nfait même graver et publier. Pour m'en faire au moins une idée sommaire, j'ai\nparcouru la partition de piano (publiée à cette époque par Schmidt) de cet opéra,\nvraiment important si l'on veut porter un jugement sur son auteur. Le passage :\n(( Ah! crudele n arrestât e », prouve une sérieuse étude de la musique dramatique\nitalienne.\nEnsuite paraît l'œuvre intitulée les Croisés. Bien que dans Y Allgemeine Musik\nZeitung il soit question de la partition de piano, je n'ai trouvé à son sujet\naucune critique sérieuse, ni surtout élogieuse. Cet opéra fut joué à Berlin le\n15 octobre 1832 au théâtre Royal, et arriva jusqu'à la sixième représentation ; le\nchœur Nel silenzio fut même bissé.\nA Cassel, Spohr, qui devait le diriger le lundi de Pentecôte 1838, dut au\ndernier moment remettre à un autre son bâton de chef d'orchestre. Il en est\nquestion encore à Dresde, 14 novembre 1827 ; à Stuttgart, 1829; àLeipzig, 1830;\nà Vienne, Strasbourg et Munich, 1835.\nL'auteur déjà cité des Recherches sur Meyerbeer publie à ce sujet des lettres du\nMaître au comte Bruhl, soi-disant dans le but de montrer sous un jour favo-\nrable les intentions artistiques de leur auteur : c'est-à-dire que Meyerbeer se\nrefuse obstinément à la traduction allemande de sa partition des Croisés, et\nmotive son refus sur ce que le poème, malgré l'infinie complication du drame,\nest monotone et fatigant, qu'il manque de sens et de suite.\nCependant cet homme si indépendant de par sa fortune n'a pu être forcé par\nqui que ce soit à mettre en musique pareil texte, et ensuite... il n'a pas persisté\ndans son refus de livrer sa pièce à une scène allemande.\n\n(1) L'opéra connu sous le nom des Deux Califes y fut représenté; il était primitivement destiné\nà Stuttgard sous le titre d Alimelek.\n(2) Ce qui suit en grande partie d'après Altmann, Recherches sur Meyerbeer. (Collection de la\nI. M. G., IV, 3, p. 519.)\n(3) Comme unique opéra nouveau du Carnaval. (Voir A. M. Z.)"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "457", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.25", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3465, "texte": "L'opinion est plus favorable à Marguerite d'Anjou, qui eut à Munich (fé-\nvrier 1820) un grand succès : on lui trouve des idées nouvelles à profusion, du feu,\nde la vie et un mérite sérieux. A Dresde, où cette œuvre fut jouée le 20 mars\n(4 fois), on vante sa superbe inspiration, sa puissante orchestration. Toutefois à\nBerlin on lui reconnaît une •'( tendance à l'effet, qui cependant n'arrive pas à\nl'expression dramatique )). On en juge mieux à Prague : Spontini prouve sa\nsaine compréhension de l'œuvre, en la désignant pour le théâtre de Berlin (1).\nLe véritable intérêt est naturellement excité par Robert le Diable. Avant de\npasser à cette œuvre, il nous faut mettre en lumière les rapports de Meyerbeer\navec le théâtre de la Cour de Berlin. Il est heureux que dans un cahier précé-\ndent, au même endroit, Altmann ait décrit les rapports de Spontini avec ce même\nthéâtre. Les mérites de ce maître sont connus ; mais si les documents sont bien\ncompris, nous apprenons par ces dernières recherches la part active qu'il prit au\nprogrès de la vie musicale à Berlin. Par contre, il est vraiment pénible de lire ses\ndifférends avec l intendant général. Par ordre royal, Spontini avait été nommé\nDirecteur général de la musique, et on avait passé avec lui un contrat, dont\nl'intendant ignorait l'existence. Altmann prouve son impartialité en admettant\ncomme raison de ces différends le manque de précision des instructions publiées\npar lui.\nPour nous, l'importance en est plus réelle, car il s'agit de la priorité du drame\nsur l'opéra ; du reste, les écrits de Wagner nous ont édifiés sur la sagesse des\nintendants. Bref, Spontini fut congédié le 25 août 1841 et remplacé par Meyer-\nbeer le 11 juin 1842. Dès ce moment fut créée l'intendance générale de la mu-\nsique, indépendamment de celle du drame.\nOn ne peut nier que Meyerbeer ait récolté les fruits du travail de son prédé-\ncesseur, homme très capable, quoique peu pratique et de caractère violent. Tout\nau plus Spontini fut-il vengé en ce sens que Meyerbeer considérait en quelque\nsorte l'Opéra de Berlin comme une succursale de la scène parisienne.\nRobert le Diable a provoqué en Allemagne (2), au début, des critiques vraiment\nindignées ; et cette indignation n'est ni feinte, ni envieuse, mais elle découle\ntout naturellement des circonstances. Les accusations de plagiat, autrefois expri-\nmées faiblement, se font plus bruyantes maintenant que le Maître a gagné en\nimportance. Puisqu'on cite des noms de compositeurs plagiés (entre autres\nBeethoven, Weber, Stamitz) ainsi que des chansons et refrains alors en vogue,\nil faudrait une fois pour toutes faire la lumière sur cette question d'histoire mu-\nsicale.\nIl est donc important de certifier ici que,malgré un effort sincère pour apprécier\nles qualités de détail de l'œuvre, la critique allemande, de plus en plus abondante,\nn'a jamais pu s'entendre avec Meyerbeer, et je passe sous silence l'opinion bien\nconnue de Schumann, qui réduit à néant la partition des Huguenots. Un impor-\ntant journal spécial publie deux articles sur la première représentation de Robert\nà Berlin (20 juin 1832). Le premier, favorable, et signé J. P. S. (probablement\n\n( i ) Voir Altmann sur ce point.\n(2) Berlin, 20 juin 1832 (jusqu'à 1896 : 226 représentations).\n. 1832. Hambourg, Weimar.\n1832. Hanovre, Brunswick, Leipzig, Vienne (Hofopera), Karlsruhe, Brème.\n1834. Dresde, Stuttgart, Munich, Kassel, Briinn.\n1835. Prague, Darmstadt, Mannheim, etc."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "458", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.26", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3370, "texte": "Fauteur de la réduction de piano d'Emma de Roxburg), s'efforce d'y trouver des\nparties louables, sans parvenir toutefois à nous donner une impression vivante\nde la représentation.\nQuelques détails, tels que la trompette chromatique dans la boîte du souffleur,\nne peuvent vraiment figurer ici qu'à titre de curiosité. Le deuxième article débute\npar cette devise : Quousque tandem ? Ma tâche n'est pas d'enregistrer toutes les\ninjures adressées au Maître, et, du reste, loin d'attacher de l'importance à toutes\nles épithètes indignées des critiques d'alors, je ne veux en rechercher que le\ncôté sérieux et caractéristique : tel est le blâme de l'instrumentation, de l'emplol\ndes timbales pour les passages de douceur, des flûtes et instruments à vent aux\nendroits retentissants. Aujourd'hui encore j'éprouve pareille impression à celle\ndes critiques du temps ; je renvoie à l'lntroduction des Huguenots.\nIl est certain qu'en Allemagne un artiste est jugé d'après la phase de dévelop-\npement qu'il traverse. Dès l'apparition des premières œuvres de Meyerbeer, les\ncritiques se demandent si ses effets pourront aller en augmentant ; ils font un\nretour sur les œuvres passées et comparent Robert aux Huguenots (i). Je trouve\nici le second reproche, qui aujourd'hui encore est bien compréhensible (2) :\nMeyerbeer ne développe pas ses idées, mais les répète à l'infini.\nCette opinion est exprimée de façon peut-être un peu vive, mais bien conforme\nau sentiment allemand : « Tout Robert n'est qu'un bal masqué où tournoie une\npoussière d'idées, et où l'on danse ! ))\nPour l'Allemagne, les Huguenots sont avec Y Africaine l'œuvre la plus impor-\ntante du Maître. C'est de Paris maintenant qu'arrivent aux journaux spéciaux les\ncritiques toutes faites, et une fois de plus nous avons l'avantage de choisir entre\nplusieurs critiques différentes d'une seule et même publication.\nNous y voyons qu'à cette époque l'Opéra à Paris avait atteint le point culmi-\nnant de sa splendeur.\nLe journaliste, tout en remarquant judicieusement qu'en France « la religion\nest traitée avec une chevaleresque indifférence », reçoit du Choral « Ein feste\nBurg », une impression de profonde gravité, de piété recueillie. Cette opinion\ndoit être produite par la remarquable supériorité en France des instruments à\nvent, dont le jeu expressif me surprend aujourd'hui encore à Paris.\nJusqu'à présent je n'ai trouvé aucun article allemand qui se soit attaché à rele-\nver ce point ; par contre, toutes les innovations de Meyerbeer, dans ses opéras,\nsont vivement critiquées.\nLe 4e acte des Huguenots a valu à son auteur une véritable gloire en Allema-\ngne. A propos du duo du 3e acte, nous lisons : Jusqu'à présent Meyerbeer n'avait\npas réussi à trouvera dans un élan mélodieux des accents aussi expressifs ».\nLe hasard m'a amené à expliquer une partie de ce 4e acte à des élèves de\nl'Académie de Munich. On n'arrive vraiment à la complète appréciation de la\nméthode du Maître que lorsqu'il faut, par des exemples si probants, convaincre\nde la nécessité du travail des esprits auxquels le rythme même en musique\nest chose inconnue. Tous les opéras de Meyerbeer [h l'exception peut-être des\nHuguenots) auraient disparu de la scène, que ses œuvres serviraient longtemps\nencore de (( grammaire dramatique ».\n\n(1) D'après mes recherches dans les journaux.\n(2) Exprimé à l'occasion du duo."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "459", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.27", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3385, "texte": "J'ai sous les yeux deux appréciations bien différentes publiées par un même\njournal spécial : une critique de dilettante, exubérante d'enthousiasme, relève\ncependant des longueurs de texte, « un sentiment traînant )), et traite même l'air\nconnu de Marcel au icr acte d' « aberration capricieuse ». La seconde critique,\nquoique très élogieuse, est sans valeur, parce qu'elle ne repose pas sur l'impres-\nsion scénique.\nNous trouvons à Leipzig un jugement plus sérieux.\nLa représentation des Huguenots, troublée le 9 avril 1837 par 1 indisposition\nd'un artiste, eut lieu dans de bonnes conditions le 15 avril.\nA la vérité, l'opéra fut trouvé plus « en dehors », plus « agissant sur les sens »\nque Robert ; par contre, l'impression réelle en est ainsi caractérisée : (( plus\ngigantesque, plus pénétrant, plus aigu, plus mordant ». Ce sont les opinions\nvenant de Paris qui se retrouvent dans cette critique.\n11 semble que l'harmonie et la rythmique énergique de Meyerbeer aient enfin\ndélivré chacun des molles mélodies italiennes.\nNous pouvons dire en passant que, non seulement Schumann, mais d'autres\nencore, se sont trouvés froissés à l'extrême par le sujet des Huguenots : un jour-\nnaliste dit à ce sujet, non sans raison, que les Huguenots ont dû être confondus\navec les Hussites.\nMais la véritable hostilité de la critique allemande éclate surtout après la\nreprésentation du Prophète.\nCette hostilité est absolument légitime, car avec cette œuvre Meyerbeer va\nviolemment à l'encontre d'un mouvement esthétique en vogue en Allemagne à\nce moment.\nAvec Weber, le règne de l'opéra italien était détruit, et de tous côtés s'éveil-\nlaient les désirs de voir renaître l'opéra allemand. En même temps, l'apparition\nde quantité de compositions nouvelles pour musique symphonique de concert\navait affiné le goût, qui de plus en plus se portait vers des formes plus fines,\nplus délicates. Et cinq actes (même ceux du Don Juan de Mozart) paraissent longs\nà un public désireux de reposer son oreille fatiguée par un dialogue interrom-\npant la musique de temps en temps. Avec beaucoup de raison, un critique déplore\nla plate transformation de l'opérette allemande en vaudeville (Flotow).\nLe Prophète est précisément la contradiction de tous ces dires : car dans cette\nœuvre, la Marche du Sacre est le pivot autour duquel tourne toute la pièce. Le\ncritique de la ire représentation à Dresde caractérise ainsi l'intention de l'auteur :\n(( Au lieu d'une impression esthétique, c'est Y ivresse qu'il a voulu communiquer\nà son auditoire. »\nJe veux encore répéter ici deux jugements typiques ; le Signal écrit: « Nulle\npart nous n'apercevons le Génie véritable, cette force primordiale de celui qui\ntoujours crée, toujours renouvelle. Qui ne connaît ces fausses cadences finales,\nces chutes tonales trop souvent employées et si monotones à la longue, aussi ces\ntransformations rythmiques et harmoniques, avec leur développement souvent\nsi pénible, et bien d'autres curiosités musicales encore? Tantôt l'orchestre est un\nvolcan en ébullition, tantôt il n'est qu'un léger bruissement et se réduit à la\nmaigre gracilité de quelques instruments. »\nVoici ce que dit un critique à propos d'une représentation de Y Etoile du Nord\n(1855): (( Il n'est pas douteux que Meyerbeer soit un musicien dramatique de\nrace, je veux dire qu'il en possède l'étoffe. Nous avons toujours pensé qu'en se"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "460", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.28", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "jetant dans les bras de la France, Meyerbeer a perdu la conception véritable de\nla musique dramatique, ainsi que ses maximes et conséquences, qu il a appris à\ndédaigner la sincérité de 1 effort artistique, le don entiei de soi à son oeu\\ie, à\nl'exclusion de tout autre motif, la vérité dans le fond et dans la foi me. L Ftoile\ndu Nord nous en donne la certitude absolue, et ce n est pas sans tristesse que\nnous nous séparons d'un tel esprit »...\nIl faut avoir été en France et avoir parcouru une paitition fiançaise des\nHuguenots pour comprendre que Meyerbeer peut être apprécié hautement à titre\nde problème de race, mais qu'il faut le renier comme Allemand. C est ainsi\nqu'à Paris la valse de Faust de Gounod est très bien comprise, tandis que\nnous la trouvons exécrable, et cette différence ne résulte pas le moins du monde\nde l'exécution technique de l'œuvre.\nSi nous résumons ce qu'en Allemagne il peut y avoir à dire sur Meyerbeer,\nnous devons regretter que la scène française, si brillante à cette époque (1828,\nMuette ; 1830, Guillaume Tell), nous ait enlevé notre maître, qui, par son origine,\nsa fortune et son intelligence, s'est senti destiné à un rôle international, auquel\nl'Allemagne, ne pouvait, à cette époque, prendre aucune part.\n\nDr FRITZ BRüCKNER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c019", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "460", "page_fin": "464", "image_debut": 28, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.6", "titre_corps": "Meyerbeer et Wagner.", "titre_sommaire": "Meyerbeer et Wagner.", "signature_source": "E. DE SOLENIÈRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "460", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.28", "debut_caractere": 1291, "fin_caractere_exclue": 3195, "texte": "Meyerbeer et Wagner.\n\nMeyerbeer, que Ton déprécie parfois injustement, n'a-t-il pas exercé une cer-\ntaine influence sur Wagner ? L'auteur de Tanhàuser et de Lohengrin ne lui\ndoit-il pas quelque chose ?\nMeyerbeer est aujourd'hui le musicien le plus décrié ; ceux dont il est convenu\nde dire qu ils mènent le mouvement musical n'ont pas assez d'épithètes mépri-\nsantes pour le qualifier, et lui, qui bénéficia vivant des succès les plus considé-\nrables, se trouve relégué maintenant tout à fait au second plan. Il est incon-\ntestable que Meyerbeer ne mérita jamais la gloire universelle qu'il obtint à\nun moment donné, il est non moins certain que ce furent jadis Schumann (i)\net les critiques de Leipzig (2) qui avaient raison contre les panégyristes ; mais\nil est non moins indéniable que Meyerbeer occupe une place essentielle\ndans l'évolution de la musique dramatique, et que le dédain, un peu\nconventionnel peut-être, sous lequel on l'accable à présent est injustifié et pro-\nvient d'un évident parti pris, sinon d'un malentendu.\nL'action de Meyerbeer est absolument évidente. Il a non seulement exercé une\ninfluence caractérisée sur les musiciens de son temps, mais aussi sur le goût\nmusical public, c'est-à-dire sur ceux que la musique intéresse en dehors du\nthéâtre. Schumann en gémissait assez (3). Peu de compositeurs dramatiques de\n\n(1) L'égide de Schumann sur les Huguenots est évidemment trop sévère ; n'empêche qu'il\ny fait de bien exactes constatations. « Son manque de style et d'originalité sont aussi absolus que\nson talent adroit à apprêter, à rendre brillant, à traiter dramatiquement, à instrumenter... »\n(Gesammelte Schriften, édition Jansen, tome 11, page 62.)\n(2) Suivant eux, sa méthode actuelle est un alliage dont les éléments sont plutôt juxtaposes\nque fondus. (Un homme de rien. Meyerbeer ; page 33. Paris, 1841.\n(3) Voir Gesammelte Schriften, édition Jansen, tome 11, page 34."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "461", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.29", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3946, "texte": ".a période 1835-1880 ne lui doivent quelque chose. Berlioz (voir le finale de\nRoméo notamment, directement inspiré des Huguenots), Donizetti [Don Sébastien),\nGounod, Halévy (Meyerbeer à son tour fit à celui-ci quelques emprunts), A.\n1 homas, Mermet, Massenet, Paladilhe, Reyer lui-même, ont subi son empire ;\nc est certes un peu par lui aussi que Verdi transforma sa première manière et\nécrivit les Vêpres Siciliennes, Don Carlos, Aïda.\nWagner lui-même fut, à une certaine période au moins, attiré par Meyerbeer.\nMax Kalbeck, le critique musical viennois, a publié dans le Neues Wiener Tag-\nblatt (31 octobre 1902) un fragment d'article datant de 1841 et où celui qui devait\nécrire le Judaïsme dans la musique célèbre sur le ton le plus emphatique la gloire\nde l'auteur des Huguenots, insiste sur son caractère (( profondément allemand »\net déclare que son style, qui fut auparavant sous /' influence des plus diverses écoles,\ns est élevé à Vindépendance idéale et pure... Il yen a plusieurs pages sur le même\nton. Cet article ne parut pas à l'époque et n'a jamais été publié du vivant de\nWagner... Toutefois Wagner n'était pas homme à écrire absolument le con-\ntraire de ce qu il pensait, et une bonne partie de l'article reflète au moins un des\ncôtés de son opinion momentanée. Certes, Wagner n'a jamais (( aimé )) Meyer-\nbeer, il était trop intimement, trop profondément Allemand pour cela ; mais il\nfut au début ébloui, fasciné par le prestige qui s'attachait à ses œuvres, par la\nmagnificence des spectacles de l'Opéra de Paris et il exagéra la louange par désir\nde réussir de même, par envie de bénéficier de similaires avantages, comme\nplus tard il accentua la note contraire (1). Wagner fut-il par la suite si exagéré-\nment injuste envers Aleyerbeer ? Hanslik (Ausdem Tagebuche eines Musikers) cite\ntriomphalement cette phrase extraite d Opéra et drame : « Dans la musique\nmeyerbeerienne se manifeste un vide si effrayant, une telle fadeur, une telle\nnullité artistique, que nous sommes tentés d'égaler à zéro son aptitude musicale\nspécifique. »Ce que Hanslick néglige depréciser, c'est que Wagnerdit surtout cela\ncomme argument à la thèse qu'il expose, et qu'il ajoute plus loin, dans le même\nintérêt, que Meyerbeer a trouvé au 4e acte des Huguenots, (( le plus riche, le plus\nnoble et le plus pathétique accent musical )), et l'on ne peut réellement lui en vouloir\nd avoir parlé de la pauvreté misérable (bettelhaften Armut) de la musique meyer\nbeerienne quand on songe à certains « seconds actes )) de ce répertoire. En réa-\nlité, Wagner a été moins sévère pour Meyerbeer que Schumann écrivant par\nexemple : « Je méprise cette gloire meyerbeerienne du plus profond de mon\ncœur » (Gesammelte Schnften, p. 64). Peut-il vraiment être question de l'in-\nfluence de Meyerbeer sur Wagner ? Il semble assez difficile de le préciser. En\nprincipe, un inventeur bénéficie toujours plus ou moins des découvertes faites\npar ses prédécesseurs : il faut toutefois constater que Meyerbeer a fort peu décou-\nvert : il a surtout su mettre à profit les multiples intentions et inventions des\nmusiciens les plus divers, il est essentiellement un résultat d'influences (( et pour\n\n(1) Hanslick,au chapitre « Meyerbeer » dans.4«s dem Tagebuche eines Musikers, parle aussi de\ncet article, dont 1 original appartient à M. Lippmansohn, à Berlin.\nOn a beaucoup parlé de l'ingratitude de Wagner envers Meyerbeer ; peut-être s'exagère-\nt-on les services que ce dernier lui rendit. Meyerbeer garda-t il ensuite réellement le silence neutre\nque lui prêle notamment Mendel ? Les biographes ne sont pas d'accord à ce sujet. Pour les\nrapports entre Wagner et Meyerbeer, voir spécialement : Hermann Mendel, Meyerbeer, sein Leben\nund W'irken, Berlin, 1869 (PP* 9° et suiv.) ; Dr J. Schucht, Meyerbeer s Leben und Bildungs-\ngang, Leipzig, 1869 (chap. 20) ; Blaze de Bury, Meyerbeer et son temps, Paris, 1865 »\nDr A. Kohut, Meyerbeer, Leipzig (p. 78)."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "462", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.30", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3622, "texte": "préciser, nous devons dire que c'est à travers Meyerbeer que des hommes comme\nGluck, Spontini, Rossini, Auber, etc. (Schumann en cite bien d'autres), eurent\npeut-être le plus d'action. )) Hanslik écrit que sans Meyerbeer, et Tann-\nhceuser eussent difficilement existé [ans dem Tagebuche) ; il affirme même une\nautre fois (Moderne oper, p. 139) que sans l'antériorité meyerbeerienne (( on\nne pourrait même supposer Tannhœuser et le Vaisseau Fantôme )). Cela\nparait fort exact au premier abord, surtout en ce qui concerne\nnous devons à la vérité de constater que Wagner, qui s'était appelé en 1842 (( le\nplus sincère élève de Meyerbeer », avait pour Spontini une profonde admiration.\n(Voir dans ses Gesammelte Schriften : Souvenirs sur Spontini.) C'est Meyerbeer\nqu il a suivi en choisissant un sujet historique à grande mise en scène, en ac-\ncentuant le tapage des extériorités ; mais Meyerbeer n'est pas seul responsable\nde\ntini... ? Hanslick dirait donc peut-être plus justement que sans Spontini notam-\nment, Meyerbeer aurait probablement bien moins donné à Wagner l'occasion\nde l'imiter dans (facture à part : c'est d'ailleurs au Prophète, qu'il précéda\nde sept années, que cet ouvrage ressemble le plus'. En ce qui concerne Tann-\nWagner l'eût certes traité autrement sil n'avait connu le grand\nopéra français, et certaines formes de cet ouvrage en dérivent apparemment ',\nmais 1 influence meyerbeerienne est ici plus encore qu'ailleurs purement exté-\nrieure, et la suggestion de Weber beaucoup plus prépondérante. Il y a du\nMeyerbeer dans le finale du premier acte, dans le défilé, la marche (qui est\nd'ailleurs un peu une réminiscence mendelssohnienne) et le finale du second ;\nmais le sublime sentiment poétique, mais tout ce qui fait de cette partition une\ndes plus élevées créations du maître vient d'ailleurs, et la différence de point de\nvue qu il y a toujours entre Meyerbeer et Wagner a bien été établie par Camille\nBellaigue lorsqu il écrivit : (( De l'idée religieuse que Wagner lui-même, le\nWagner de Parsijal, devait prendre un jour pour thème de ses imaginations\nsublimes et de ses attendrissantes rêveries, de cette idée le Meyerbeer du Pro-\nphète et des Huguenots surtout a fait un ressort dramatique, un principe d'action\npar lequel on vit, pour lequel on tue et pour lequel on meurt. » (Portraits et\nsilhouettes de musiciens, Paris, 1896.) T annhœuser pourrait, à la rigueur, avoir\nquelques points de contact avec Robert le Diable ; la scène dernière de cet opéra\na peut-être un peu influencé Wagner en ce qui concerne le finale de son drame.\nMais, s'il y a des analogies, quelles différences !\nEst-ce que, moralement et psychologiquement, tout ne sépare pas Wagner\nde Meyerbeer ? Le premier était, voulait encore plus être une manifestation\nessentiellement germanique, tandis que l'autre, au contraire, était un cos-\nmopolite qui essaya, non pas en réalité d'amalgamer, mais de faire valoir tour\nà tour en un ensemble composite les styles musicaux les plus dissemblables\nd Allemagne, de France et d Italie. Comparez d'ailleurs leur mélodique : en\ndehors de quelques phrases splendides dont ses partitions essentielles contien-\nnent toutes un certain nombre, Meyerbeer abuse du refrain, du motif pimpant\nqu il emprunte carrément à Auber, en l'alourdissant ; il développe à peine la\nphiase, en soude plusieurs sans façon bout à bout, ne s'inquiète pas le moins\ndu monde du rapport exact qu il doit y avoir entre le mot et la note. On se de-\nmande parfois si la mélodie a vraiment été écrite sous les paroles entendues. Or\nce sont justement les qualités contraires qui caractérisent"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "463", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.31", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3661, "texte": "délaie et étend, étend un motif jusqu'à la dernière limite. On ne saurait d'ail-\nleurs mieux comparer la manière de procéder des deux compositeurs qu'en\nétablissant un parallèle entre les façons dont chacun travaille un motif iden-\ntique. Rapprochez en effet le thème du tournoi, du 2e acte de Robert, des deux\npremières mesures de l'ouverture des Maîtres Chanteurs !...\nL'étude de leur mélodique est des plus significatives pour préciser à quel\ndegré Meyerbeer et Wagner sont, sous certains rapports, étrangers l'un à l'autre.\nMeyerbeer a souvent de beaux débuts de phrases, il a quelquefois de superbes\naccents, mais il adore les rythmes vulgaires, l'éclat trivial, les couplets secs ;\nde plus, il sait peu développer une mélodie ; ses inspirations sont morcelées,\nfaites de bribes et de pièces, il ne sait pas dégager la conséquence naturelle, en\nun mot faire aboutir un thème ; de plus, il se soucie de faire briller l'interprète\net sacrifie le chant au chanteur.\nWagner, lui, possède ces facultés à l'excès ; il les exagère môme ; peu de\nmusiciens savent comme lui faire valoir un motif; mais la couleur est tout\nautre. Les inspirations de Wagner sont beaucoup plus capiteuses, sa phrase\nest celle d'un symphoniste ; il a l'amour du chromatique, dont Meyerbeer\nn'use presque pas ; enfin il n'écrit jamais de (( rôles )) et veut des interprètes.\nCe qui sépare particulièrement Meyerbeer de Wagner, c'est que chez\ncelui-ci les événements extérieurs sont, sinon négligés, du moins tout à fait mis\nen arrière, tandis que chez le premier ils représentent l'intérêt à peu près\nunique et la raison d'être même de l'ouvrage. Wagner veut dégager la synthèse\nmême du sujet qu'il traite, en extraire les divers sentiments latents, ne pas\nseulement faire mouvoirl'apparence extérieure de figures plus ou moins conven-\ntionnellement déterminées, mais nous initier à leur nature même et à ce qu'elles\nreprésentent et signifient. Meyerbeer fait bénéficier 1 intrigue de l'intérêt des\npersonnages ;il nous campe ces derniers dans l'attitude qui convient le plus\naisément au mouvement scéniqueet ne s'inquiète pas le moins du monde de leur\ncaractère et de leur signification. Ce sont de vagues silhouettes qui servent à\ntoutes fins.\nPour ce qui est de Y expression, Meyerbeer et Wagner sont également très éloi-\ngnés l'un de l'autre :le premier ne s'attarde jamais,aie talent de frapper par une\nnote brève et un cri juste; l'autre dilue, prolonge. Meyerbeer excelle dans l'in-\nterjection soudaine, Wagner dans la progression lente ; l'un agit rapidement,\nl'autre expose : l'un saisit et décore, le second rêve, contemple et explique.\nMeyerbeer enfin a une certaine familiarité de langage. (Parlant d'un refrain\nmeyerbeerien, Lionel Dauriac emploie les termes suivants : (( La marque de roture\nreste ineffaçable )), dans la Psychologie de Vopéra français, Paris, 1897, p 100.)\nWagner est toujours un peu emphatique ; c'est le lied germain quelquefois\nteinté d'italianisme, la déclamation majestueuse unie à la symphonie, c'est enfin\nun complexe qui analyse et exprime des situations et des états d'âme avec des\nréflexions de philosophe. Il y a chez Wagner un fataliste, un ambitieux, un\nprodigue ; Meyerbeer a le génie clair et pratique ; il présente admirablement\nson affaire, il est habile au suprême degré, il ménage ses effets, son public,\net sait comme nul autre déguiser ses défauts, pousser ses qualités et tirer parti\nde tout. Que conclure de tout cela ? Ayant constaté les considérables diver-\nsités morales, psychologiques et sentimentales des deux compositeurs, devons-\nnous finalement déclarer que Wagner ne doit rien à Meyerbeer? Nullement."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "464", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.32", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1321, "texte": "Cette influence fut évidemment diffuse, et Wagner ne la subit qu'involontaire-\nment ; n'empêche que c'est à cause de Meyerbeer, sinon par lui absolument,\nqu'il suivit sa première voie, et que c'est ce dernier qui lui donna l'ocasion de\ndévelopper et de modifier certaines formes. En réalité, les constructions de\nWagner ont bénéficié des (( châssis )) de Meyerbeer ; celui-ci lui donna éga-\nlement l'amour des grandes machines scéniques, des mouvements de masse.\nWagner se souvient involontairement de Meyerbeer, presque chaque fois qu'il\ntraite des ensembles.\nAbsolument séparés par leur tendance objective, ils se rencontrent en défi-\nnitive sur le même terrain parce qu'ils ont choisi un champ d'action iden-\ntique : le théâtre.Tous deux voulurent faire du drame, c'est-à-dire émouvoir des\nfoules ; ils virent les choses à des points de vue absolument différents ; mais en\nsomme Wagner aspire par des moyens plus élevés à l'effet que Meyerbeer ob-\ntient par des procédés plus gros, et Max Kalbeck n'a pas absolument tort\nlorsqu'il conclut (article cité plus haut) : (( La musique de Wagner se rapporte\nà celle de Meyerbeer comme un tableau à l'huile, dont les couleurs se di-\nlueraient dans des demi-teintes innombrables, à une fresque brossée d'un pin-\nceau large et énergique. ))\n\nE. DE SOLENIÈRE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c020", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "464", "page_fin": "471", "image_debut": 32, "image_fin": 39, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.7", "titre_corps": "Meyerbeer à Paris.", "titre_sommaire": "Meyerbeer à Paris.", "signature_source": "JAN SOL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "464", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.32", "debut_caractere": 1323, "fin_caractere_exclue": 2583, "texte": "Meyerbeer à Paris.\n\n(NOTES).\nUn de nos amis, dont nous aimons à interroger l'expérience, et qui dissimule trop modeste-\nment sous un pseudonyme une grande connaissance des choses du théâtre, veut bien nous\nadresser la lettre suivante :\nVous me demandez, mon cher ami, quelques souvenirs sur Meyerbeer ; c'est\ntoute ma jeunesse que votre lettre a fait revivre, en imagination, hélas! Je ne\nsuis pas encore assez « ancêtre » pour avoir\nassisté à la première de Robert ; mais j'ai\nvécu dans l'intimité de personnes qui avaient\nreçu l'impression directe de cette grande\népoque; et aujourd'hui encore les noms de\nNourrit, de Damoreau, de Taglioni, de tant\nd'autres grands artistes, ont sur moi un\npouvoir d'évocation magique : ils ressusci-\ntent un passé de gloire, d'enthousiasme,\nd élégance romantique, d art tout à fait (( Re-\nnaissance », et de beauté. Mais rassurez-\nvous, je ne vous infligerai pas la lecture d'un\nsimple panégyrique. Je sais que les grands\nhommes ont leurs faiblesses; je vous parle-\nrai de celles de Meyerber, bien que je sois\nun de ses admirateurs.\nIl faut cependant être juste. On a reproché\nà l'auteur des Huguenots d'être un peu... comment dirai-je?... «faiseur»,\nmais pas au sens où les Grecs prenaient ce mot pour désigner le poète. Au"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "465", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.33", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2470, "texte": "risque de vous sembler paradoxal, je n'hésite pas à expliquer toute cette partie\nun peu fâcheuse clu caractère de Meyerbeer par l'influence qu'exerça sur lui son\npremier maître, l'abbé Vogler. Il y a sur cet abbé Vogler, grand entrepreneur\nde choses musicales, des jugements de\nMozart bien sévères, qui ont été réunis par\nM. Otto Jahn, au 2e volume de son classique\nouvrage (p. 765). cc M. le vice kapellmeister\nVogler, écrit Mozart, est un bouffon musical\ncreux (ein oder musikalischer Spassmacher ).\nIl apprend beaucoup plus à compter qu'à\ncomposer ; il se vante en effet de former un\nchanteur en 3 semaines, un compositeur\nen 6 .. » Cet abbé, qui savait l'art de la\nfugue, qui était fort habile, et inventait à\nchaque instant des nouveautés retentis-\nsantes, à la Fétis, a écrit un opéra comique,\nla Kermesse de la foire flamande, tombé en\n1783, et que Grimm juge ainsi dans la Cor-\nrespondance littéraire (XI, p. 466) : «... C'est peut-être ce qui a été donné depuis\nlongtemps de plus trivial. )) Tel est cependant le maître à l'école duquel fut\nélevé celui qui plus tard devait disputer à Rossini la gloire d'être, au théâtre, le\npremier musicien de son temps. Comment oublier que son condisciple, à cette\nmême école Vogler, fut Weber,\nl'auteur du Freischïit4, plus âgé de\n10 ans ? Une étroite amitié lia les\ndeux grands musiciens ; mais quelle\ndifférence entre ces deux natures!\nL'un, Allemand obstiné, et Alle-\nmand romantique par-dessus le\nmarché; l'autre, souple et divers,\ncosmopolite, et d'éclectisme un peu\nflottant ; tous deux inspirés sans\ndoute et merveilleusement doués,\nmais l'un ayant au plus haut degré\nle sens de l'orchestre et le génie de\nla couleur instrumentale, l'autre\nsacrifiant volontiers la symphonie\nà l'effet purement vocal. Je ne sais\nrien de plus brillant, malgré l'oppo-\nsition et l'évidente inégalité des\ndeux génies, que les ouvrages de ces deux Maîtres.\nMeyerbeer se rajeunissait volontiers. Eugène de Mirecourt, en rapports suivis\navec lui au moment où il préparait sa biographie, nous dit : « Né à Berlin le\n5 septembre 1794. » La date exacte a été donnée « d'après les registres delà com-\nmune israélite de Berlin » par un des secrétaires de Meyerbeer, Johannès W eber,\nl'ancien critique du Temps : c'est le 23 septembre 1791- Je ne vous rappellerai\npas les succès que l'élève de Lauska et de Clementi obtint, tout enfant, comme\npianiste prodige, obligé cependant, à Vienne, de battre en retraite devant"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "466", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.34", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3586, "texte": "Ilummel, qu'il devait bientôt surpasser, après un labeur obstiné de six mois. Je\nme bornerai à quelques faits qui ont marqué sa carrière dramatique, laissant aux\nprofessionnels le soin de l'apprécier artistiquement.\nAu cours de ses succès en Italie, Meyerbeer avait eu pour interprètes les plus\ncélèbres artistes de la péninsule : Mme Pisaroni dans Romilda e Costanza (Padoue,\n1813) ; Mme Carolina Bassi dans Semiramide mconosciuta (Turin, 1819) ; Levas-\nseur, pour ses débuts italiens dans Margherita d'Angiu (Milan, 1820) ; Labla-\nche et Mme Pisaroni, dans VEsnle di Granada (Milan 1822» ; enfin Mme Meric-\nLalande dans Crociato in Egitto (Venise, 1824). Lorsque le surintendant des\nthéâtres de Paris, Sosthènes de la Rochefoucauld, écrivit à Meyerbeer sur le\ndésir exprimé par Charles X, le compositeur n'hésita pas un instant, et vint mon-\nter aux Bouffes le Crociato, son dernier et son plus grand succès. Mais ce n est\nqu'en 1830 après son mariage, qui eut lieu en 1827 qu'il revint en France\npour les répétitions et la mise en scène de Robert le Diable, qu'il voulait diriger\nlui-même. C'est alors qu'il transforma son nom de Jacob en Giacomo, au grand\nscandale de son ami Weber.\nA l'époque où Meyerbeer arrivait à Paris, le vent soufflait aux révolutions\nlittéraires, musicales, politiques. Le maestro se jeta résolument dans la mêlée,\ndevinant que le Romantisme convenait à son tempérament et lui offrirait l'occa-\nsion de développer ses qualités dramatiques. Auber, avec la Muette de Portici,\net Rossini, avec Guillaume Tell, venaient d'ouvrir une voie nouvelle ; mais il y\navait encore à faire après eux ou à côté d'eux.\nLe collaborateur principal de Meyerbeer fut Scribe, qui signa presque tous les\nopéras du Maître. Les autres ne furent que des sous-ordres malgré leur noto-\nriété personnelle : C. Delavigne pour Robert le Diable ; E. Deschamps, l'ai-\nmable poète, pour les Huguenots ; - Jules Barbier et Michel Carré pour le Pa>-\ndon de Ploermel. Scribe prit pour lui seul la responsabilité du Prophète, de\n1 Etoile du Nord et de 1 Africaine. Chose curieuse, ce fut Scribe, le plus bour-\ngeois des écrivains, qui donna à son compositeur, pour Robert et les Huguenots,\ndes livrets romantiques à souhait, et qui, malgré la vulgarité de son style et\nla pauvreté de ses rimes, contribua pour une part que l'on ne saurait nier au\nsuccès toujours constant du répertoire de Meyerbeer !\nPuisque je parle des collaborateurs littéraires de Meyerbeer, il n'est que juste\nde dire quelques mots de Gouin et d'Auguste, qui furent eux aussi, à leur façon,\ndes collaborateurs dont le maître appréciait les services. Le premier, Gouin,\npréparait les traités avec les éditeurs, entretenait les relations avec la presse,\nrendait visite aux artistes et réchauffait leur zèle, faisait enfin tout ce que Meyer-\nbeer, par dignité ou par empêchement, ne pouvait faire lui-même. Quant au\nsecond, Auguste, c'était tout simplement le chef de claque de l'Opéra; mais quel\nchef, et quel claqueur ! On savait que pendant les répétitions Meyerbeer n'hési-\ntait pas à prendre les avis d'Auguste. Il arriva même que certains morceaux\nfurent supprimés, qui paraissaient dangereux à ce prudent conseiller :\n« Il s'y connaît mieux que moi », disait plaisamment l'illustre compositeur.\nHenri Heine raillait impitoyablement son coreligionnaire et compatriote du\nsoin avec lequel il surveillait les petits côtés de son œuvre : « Qui donc s'occupera\nde sa gloire quand il sera mort? )) disait-il. Meyerbeer comptait certainement\nque ses œuvres seraient suffisantes pour suppléer à son absence."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "467", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.35", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3370, "texte": "On sait que Rossini et Meyerbeer, très bons amis en apparence, se détestaient\n™ Et' *«•,. « * nombreux souvenirs\"; témois„e„, de ce„e\nvalue fâcheuse mais bien humaine. Rossini. très fin et très mordant, ne se\nf a Pas Pour faire connaître ce qu'il pensait de son confrère, sous une forme\numonstique. Un certain jour que plusieurs amis le pressaient de donner une\nsuite a sonchef-d œuvre, Guillaume Tell : « Patientez, faites comme moi : j'attends\n\"\" u attendez-vous donc — Que les Juifs aient fini leur sabbat ! » Tou-\ntefois cela se passait en l'absence de Meyerbeer. Voici qui est plus direct. Un\nsoir que les deux rivaux assistaient à une représentation des Huguenots, Meyer-\nbeer, très aimable, interrogeait : « Pourquoi, cher ami; ne pas nous donner\" un\nnouveau chef-d œuvre.- »Et Rossini de répondre : « Vous vovez bien que ces mms-là\n-il indiquait du geste tout l'orchestre - n'entendent plus rien à la musique. »,\nMeyerbeer prenait sa revanche de façon plus discrète. Il payait, disait-on, des\nspectateurs pour aller somnoler aux opéras de Rossini. Parfois même il jouait\nui-meme le rôle de dormeur. Jules Sandeau, se trouvant à une représentation\nce Semiramide aux Bouffes, vit Meyerbeer applaudir frénétiquement Mme Bosio,\nque sans doute il voulait ménager ; mais dès que l'artiste eut cessé de chanter',\ne maître ferma les yeux et parut plongé en un profond sommeil. « Voici Meyer-\nbeer qui s économise un dormeur ! » murmura Sandeau à l'oreille de son voisin.\nujourd hui, les deux maîtres réconciliés figurent côte à côte en notre Aca-\ndémie nationale de musiq ue et de danse. Meyerbeer a son buste en bronze doré\ndans 1 un des œils-de-bœuf de la façade.\nMais il est temps de parler des opéras de Meyerbeer.\nRobert le Diable, 1831. — On était alors, je vous l'ai dit, en plein romantisme.\nAlexandre Dumas donnait, cette année-là, Antony à la Porte Saint-Martin ( 3 mai),\nRichard d Arlington(même théâtre, 10 décembre), et Charles VU à l'Odéon\n(22 octobre)... Le public était tout préparé pour Robert le Diable, premier opéra\ninédit de Meyerbeer à Paris.\nA la suite de la Révolution de 1830, l'Académie royale de musique était devenue\nentreprise particulière dépendant du ministre de l'intérieur.\nLe D1 Véron fut nommé directeur (2 mars 1831) et trouva le Diable\ncans son cahier des charges. Il n'en témoigna qu'une médiocre satisfaction Cet\nouvrage, qui devait faire sa fortune et celle de l'Opéra, ne lui inspirait pas\nconfiance ; il est même à peu près démontré que si le compositeur, heureusement\nfort riche et généreux, n'avait pas avancé une trentaine de mille francs au rusé\nc octeur, Robert le Diable eût été remis aux calendes. Meyerbeer écrivit à ce sujet\nune lettre fort élogieuse qui parut dans les Mémoires d'un Bourgeois de Paris, et\ndéclara fausses « ces rumeurs accréditées par une foule de journaux d'après\nlesquelles vous n'auriez monté Robert le Diable que malgré vous... ; d'après les-\nquelles j'aurais même été obligé de payer de mes deniers personnels l'orgue\nemployé au 5e acte de cet ouvrage..., etc. » Mais cette lettre, datée du 9 février\n1854, a 23 ans de distance, indique seulement que le docteur Véron\navait sur le cœur ce fameux orgue qu'on ne cessait de lui rappeler, et que Meyer-\nbeer usait au besoin de magnanimité. Quand on interrogeait le maître dans l'inti-\nmité, ses dénégations étaient plutôt timides."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "468", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.36", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3488, "texte": "Toutefois, les questions d'intérêt réglées entre les intéressés, Yéron fit bien\nles choses. Vous savez que Robert le Diable avait tout d'abord été traité en opéra\ncomique. Il en résulta des hésitations pour la distribution des rôles. Ainsi le\nrôle de Bertram était primitivement échu au baryton Dabadie; c est Véron qui\ndécida Meyerbeer à modifier pour Levasseur ce rôle de basse qui prit une impor-\ntance capitale.\nMme Schrœder-Devrient, artiste de talent, devait interpréter le personnage\nd'Alice, et au dernier moment se retira. Ce fut alors Mme Dorus qui créa le rôle\navec succès. Mais à partir de la trentième, Mme Falcon, l'incomparable canta-\ntrice, qui chantait de deux jours l'un, finit par éclipser complètement la créatrice.\nNourrit prit le rôle de Robert et lui imprima un cachet ineffaçable. Mme Damo-\nreau était supérieure dans la princesse Isabelle. Enfin Lafont, excellent artiste\nde second ordre, tenait le personnage de Raimbaud. Mme Taglioni, l'inoubliable\nballerine, Mmes Montessu, Noblet et Julia étaient àla tête du corps de ballet.\nMme Dupont, au second acte, dansa un pas de cinq qui a été supprimé plus\ntard.\nLe ballet avait été réglé par Coralli.\nLe succès de Robert fut sans précédent, malgré les incidents de la première\nreprésentation et les craintes de Meyerbeer. L'illustre maître, très superstitieux,\nétait allé consulter la célèbre somnambule Mlle Lenormand, qui pronostiqua\ntrois chutes ! De là les craintes qui assaillirent le compositeur au dernier mo-\nment. Le curieux de l'affaire, c'est que la triple prédiction se réalisa, et voici\ncomment.\nUn portant surchargé de lampes s'écroula, pendant le 3e acte, aux pieds de\nMme Dorus ; l'artiste, impassible, recula d'un pas et continua de chanter son rôle.\nAu troisième acte, un rideau de nuages s'abattit sur le tombeau où Mme Ta-\nglioni attendait, couchée, le signal du chef d'orchestre; l'artiste bondit et,\ngrâce à son agilité, évita le danger. Au cinquième acte, l'accident faillit tourner\nau tragique; Nourrit, entraîné par Bertram-Levasseur dans la trappe anglaise\nqui l'engloutissait, ne dut qu'à un hasard providentiel une chute non mortelle ;\nmais l'excellent artiste, sain et sauf, se fit saigner le soir même, pour éviter des\nsuites fâcheuses ; c'était alors le remède obligé.\nMeyerbeer n eut donc rien à reprocher à Mlle Lenormand, ce qui n était pas\nfait pour le guérir de ses superstitieuses coutumes.\nxMeyerbeer eut encore des interprètes de premier ordre pour la première des\nHuguenots (29 février 1836) : Nourrit (Raoul), Levasseur (Marcel), Lafont\n(Raimbaud), Mlle Falcon ( Valentine), M,le Fdécheux-Urbain (Le page). Le soliste\nqui accompagnait la célèbre romance « Plus blanche que la blanche hermine )),\nétait l'altiste Uhran, que ses camarades avaient surnommé l'Alto du bon Dieu,\nà cause de son mysticisme. Uhran exécutait ses morceaux en tournant le dos à la\nscène, pour éviter la vue de ce spectacle profane. Les plus grands artistes ont\nrepris les rôles des Huguenots ; je citerai Duprez, Roger et Gueymard pour\nRaoul ; Edouard de Reské pour Marcel en 1889 ; Delmas pour Saint-Bris ; et\nMmes Vandenheuvel-Duprez, Alboni, Cruvelli ( 1853), Gueymard Lauters pour\nles rôles de femmes. Lors de l'inauguration de la salle actuelle ( Théâtre national\nde VOpéra, disaient les affiches du 5 janvier 1875), la Bénédiction des poignards\nfigurait au programme; c'est M. Gailhard (l'artiste distingué, aujourd'hui direc-\nteur de l'Opéra) qui tenait le rôle de Saint-Bris."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "469", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.37", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "Les Huguenots atteignirent leur 100e représentation en 3 ans et 5 mois. Dans\nl'incendie de la salle de la rue le Peletier disparut la fameuse cloche qui, sui-\nvant la tradition, avait donné le signal de la Saint-Barthélemy dans le beffroi de\nSaint-Germain-I'Auxerrois.\nLes artistes de la création du Prophète {iô avril 1849) furent : Roger {Jean de\nLeyde) ; Levasseur, Gueymard (qui débutait) et Euzet (les trois anabaptistes) ;\nMme Pauline Viardot (Fidès) Mlle Castellan (.Bertha). —Le beau xMario chanta\nle rôle de Jean à Londres ; Gueymard, Villaret, Jean de Reské, en 1891, le reprirent\navec succès. L'Alboni après Mme Viardot fut remarquable dans le rôle de Fidès.\nLe Prophète fut le dernier opéra représenté rue le Peletier la veille de l'incen-\ndie qui se produisit à 1 issue d'une répétition de Jeanne d'Arc J2B octobre 1875).\nLes décors du Prophète brûlèrent à leur tour dans les magasins de décors de la\nrue Bergère, en 1894.\nPour Y Etoile du Nord, opéra de demi-caractère, représenté pour la première\nfois à l'Opéra-Comique (16 février Meyerbeer s'est contenté à peu près de\nrecoudre ensemble les morceaux du Camp de Silésie. opéra allemand représenté\nà Berlin le 7 décembre 1844 pour l'inauguration du Théâtre royal. Rompant avec\nses habitudes, il a écrit pour cette partition une ouverture d'un très bel effet.\nLes artistes de la création furent : Bataille-Peters (Michaeloff, basse) ; Jourdan"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "470", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.38", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3511, "texte": "( Georges, ténor); Mocker (Danilowitz, ténor)-, HermannLéon (Gritzenko, basse);\nM\"eDuprez (Catherine, soprano); Mlle Lefebvre (Prascovia,soprano) ; MllosLemer-\ncier et Decroix (les Vivandières).\nLe Pardon de Ploërmcl (4 avril 1859) est le seul opéra de Meyerbeer représenté\nen France auquel Scribe ne prêta pas sa collaboration. Il fut remplacé on ne\nsaurait direavec avantage parMM. Julesßarbier et Michel Carré. Commepour\n1 Ltoiledu PJoid, le maître écrivit une ouverture et, de 1 avis des critiques les\nplus sévères, cette ouverture longuement développée est excellente. Tous les\nrôles de la création furent tenus par des artistes de valeur qui ont laissé un\nnom au théâtre :M. Faure (.Hoël); Mme Cabel (.Dinorah) ; Sainte-Foy{Corentin);\nWarot et Bareille dirent les airs du Faucheur et du Chasseur ; enfin les rôles\npresque insignifiants étaient confiés à MM. Lemaire et Palianti et à Mmes Belia,\nBreuillé, Decroix et Dupuy.\nFa p rem ici e îepiésentation de 1 *4/7 'icainefut don née le vend red 1 28 avril 1865.\nMeyerbeer était mort l'année précédente, quelques jours après avoir remis au\nDiiecteui de 1 Opéra sa partition revue et définitive. Si le maître eût vécu, il est\nprobable cependant qu un certain nombre de modifications y eût été apporté.\nFétis, ami intime et exécuteur testamentaire, fut chargé de surveiller la mise au\npoint poui la scène , mais le manuscrit original ne dut subir aucune modifica-\ntion. Le même h étis allîmait que 1 AJncaine avait été composée en même temps\nque le / rophète, et que dès 1849 e^e était terminée. Seize années d'attente pour\n''illustre compositeur qui régnait à peu près en maître absolu à l'Opéra, cela\nparaît invraisemblable! Si Meyerbeer eût vécu, la première n'eût certainement\npas été donnée un vendredi, en raison de sa superstition un peu puérile ; mais\non peut dire que cela n eut pasd influence fâcheuse sur les destinées de\ncaine, qui obtint cent représentations en dix mois. Ce fut le succès le plus fou-\ndioxant que j aie IU à 1 Opéra. Naudin, indiqué par Meyerbeer, fut exigé par\nI étis et engagé poui le rôle de Vasco de Gama à raison de 110.000 francs ;\nce ténor 1 un des artistes les moins complets qui parurent sur notre grande\nscene lyrique, a, je crois, obtenu les plus gros appointements accordés jusqu'à ce\njour. ViHaret le remplaça avec avantage Faure créa Nelusko, on sait avec\nquel succès ; il eut pour successeurs Devoyod et Lassalle, qui, malgré leurs bril-\nlantes qualités, ne le firent pas oublier. Belval était un superbe Don Pedro : c'est\nObin, artiste excellent, qui continua le rôle. Warot (Don Alvar , Castelmary\n(Don Diégo), Obin (giand piètre de Brahma , David (grand inquisiteur), com-\nplétaient un excellent ensemble. Enfin M- Marie Sasse (Sélika) a pu être\nremplacée, mais n'a jamais été surpassée. M!lé Marie Batua fut parfaite dans le\nlôle d Inès. L. Africaine fait toujours partie du répertoire. La dernière reprise,\naprès une interruption de quelque durée, date du 28 février 1902. La distribution\ndes rôles, honorable, mais sans aucun relief, sauf le rôle de Nelusko, confié à\nNoté, n'était pas laite pour déterminer un emballement du public. Et cependant\n_/; tcatne,malgié son grand âge, obtint en cette année-là encore 1 3 représenta-\ntions ,1a Xalkyrien en eut que 11, Lohengr 12, et 6. Ces chiffres,\nSeins commentaires, ont leur éloQuence.\nPour faire suite à ces notes sur Meyerbeer, voici un détail spécial d'un\ncertain intérêt. C'est delà première représentation de Robert que date la prospé-"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "471", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.39", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3663, "texte": "rite des marchands de billets,. Ces industriels, jusqu'à cette époque, tolérés par\nla police, mais non reconnus, vivaient au jour le jour. Le docteur \\ éron, qui ne\nreculait pas devant le scandale, fît une opposition arbitraire à ces collaborateurs\nobscurs, ses meilleurs amis, disait Malitourne, qui faisaient mieux que personne\nle succès de Robert en enlevant toutes les places dès l'ouverture du bureau de\nlocation. Traqués de toutes parts, les marchands de billets prirent bureaux\nsur rue, et par conséquent patente officielle. C'était l'existence légale ! Cela leur\npermit de former des sociétés et de distribuer des dividendes. Certains offices\nfurent vendus 50.000 francs et plus. Depuis ils ont traité d'égal à égal avec\nles auteurs, dont ils sont devenus parfois les banquiers... ils ont même, fort sou-\nvent, commandité des directeurs de théâtre dans l'embarras !\nIl faut ici s'arrêter.' Sat prata biberunt... Jai dû laisser de côté bien des sou-\nvenirs, bien des faits intéressants qui me revenaient en mémoire ; mais « ils sont\ntrop ». C'est ainsi que je n'ai rien dit des petites querelles de Meyerbeer et de\nDupré, que le maître n'aimait pas, peut-être parce qu il avait été l'artiste préféré\nde Rossini. J'ai également passé sous silence les discussions orageuses avec\nCastil-Blaze, l'outrecuidant critique, qui a rendu de réels services à 1 art musical,\nmais qui les faisait chèrement payer. Et cependant, que d'anecdotes amusantes\nde ce côté ! C'est Castil-Blaze qui, rencontrant un ami au sortir de l'Opéra,\ns'écriait, rouge d'indignation : u Ce Meyerbeer... il me prend ma place: » Le\nmême critique a écrit (( qu'on nedevraitconserverdes Huguenots que leqfi acte »,\nparce que : (( Cet ouvragedoit la plus grande partie de son existence à son 4e acte.\nPourquoi n'a-t-on pas imaginé de séparer ce fragment superbe de son entou-\nrage?)) Au moyen d une heureuse démolition, les Huguenots passaient à 1 état\nde chef-d'œuvre ! On reconnaît bien là le cuisinier musical qui arrangeait Weber\net l'exaspérait, tout en prétendant le servir. J'aurais aimé à parler des relations\nde Meyerbeer et de Berlioz, qui sur la fin devinrent moins cordiales, mais qui\npendant de longues années furent sincères et affectueuses de part et d autre.\nEnfin, du côté de Wagner, que de détails curieux à signaler ! Mais ici le terrain\ndevient brûlant, et mieux vaut décidément se taire.\nL'œuvre de Meyerbeer est appréciée d autre part avec une parfaite compé-\ntence ; je n'ai donc pas à y revenir. Mais je peux rappeler que, de son vivant,\nle maître fut honoré comme un dieu, à légal de Mozart et de Beethoven. Ses\npanégyristes, à la tête desquels nous devons mettre Blaze deßury, étaientinnom-\nbrables, et (( son succès étourdissant », comme disait Rossini, empêchait d en-\ntendre les protestations des frères Escudier et de Fiorentino, seuls adversaires\nou à peu près qu'il rencontra de son vivant. Aujourd'hui que certains musiciens\n(( avancés » veulent rabaisser Meyerbeer, je conclurai, dans l'espoir de remettre\nles choses à leur place, en reproduisant quelques lignes de 1 Eloge prononcé\nsous la Coupole par Beulé, le regretté secrétaire perpétuel de 1 Académie des\nBeaux-Arts : a II (Meyerbeer) a aimé son art jusqu'à l'adoration... Il n'a pas\ncessé d'étudier les plus belles créations des maîtres, alors qu il avait lui-même\nle droit de se croire un maître ;... il n'a reculé devant aucun labeur, et, en luttant\navec une louable opiniâtreté, il a montré une fois de plus que la patience est la\nmoitié du génie. »\nOn ne saurait mieux dire, à mon avis, pour résumer la carrière de Meyerbeer,\net lui rendre hommage en toute impartialité.\n\nJAN SOL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "464", "page_fin": "464", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.7.1", "titre_corps": "Meyerbeer à 20 ans.", "titre_sommaire": "Meyerbeer à 20 ans.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "464", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.32", "debut_caractere": 2585, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "Meyerbeer à 20 ans."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "465", "page_fin": "465", "image_debut": 33, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.7.2", "titre_corps": "L'abbé Vogler, maître de Meyerbeer.", "titre_sommaire": "L'abbé Vogler, maître de Meyerbeer.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": "465", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.33", "debut_caractere": 2472, "fin_caractere_exclue": 2507, "texte": "L'abbé Vogler, maître de Meyerbeer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "465", "page_fin": "465", "image_debut": 33, "image_fin": 33, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.7.3", "titre_corps": "C. 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Cet homme singulier (qu'il a por-\ntraituré dans ses Souvenirs d'un mélomane), remarquable àla fois par sa piété\nprofonde et par un amour quasi mystique de l'art musical était premier alto\nà l'orchestre de l'Opéra. Il se nommait Chrétien Urhan, (( l'Alto du bon Dieu )),\ncomme disaient ses confrères. On eût dit qu'il vivait dans un rêve continu.\nSa vie était d'une austérité exemplaire. Au théâtre, il ne regardait jamais la\nscène. Tout jeune il avait voulu entrer dans les ordres ; mais la voix de Rosine\nStolz, entendue à l'église, une nuit de Noël, avait bouleversé son cœur. Le\npère Anthelme (du couvent d'Einsiedeln) lui avait dit alors : (( Vous êtes inca-\npable de servir Dieu ; restez dans le monde ! La musique peut être une\nvierge céleste ou une dangereuse sirène. Si votre art vous met en contact avec\nle théâtre, méfiez-vous de la sirène et soyez fidèle à la vierge. ! »\nUrhan fit un serment solennel ; de loin, et au milieu des somptuosités le\nl'Opéra, il observait la règle du couvent, gardant toujours en lui l'inoubliabie\nsouvenir de la cantatrice entendue...\nUn jour animé d'un enthousiasme extraordinaire, il conduit Pontmartin à tra-\nvers la sombre galerie qui allait du passage de l'Horloge à la rue Grange-\nBatelière, et, par l'entrée des artistes, l'introduit à l'Opéra pour assister à une\n(( audition ». Halévy, Nestor Roqueplan, Duponchel, étaient seuls présents, avec\nle directeur. La chanteuse se fait entendre. Elle n'était ni jolie, ni belle, mais\n(( sur son front pur et dans son limpide regard, on trouvait un reflet des clartés\nmystérieuses qui révèlent au monde extérieur le monde invisible )). Et la voix\nétait splendide. Meyerbeer l'a ainsi caractérisée : « C'est l'expression la plus\ndélicate de 1 art le plus virginal )) ; c'était Rosine Stolz !\nLe lendemain, Urhan retrouve Pontmartin et lui dit avec un sanglot :\n(( Ah ! les malheureux! les misérables! ils n'en veulent pas! Ils ne la méri-\ntaient pas !... Moi, j'ai donné ma démission. Je ne puis plus, je ne dois plus\nappartenir qu'à Dieu. 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Sur 1 avis conforme et sur la proposition du directeur des\nBeaux-Arts, M.Albert Carré a été autorisé à engager au théâtre national de\nl'Opéra-Comique, Mlle Duchêne, M\\l. Chevalier, Morati et Poumayrac, élèves\ndes classes .d'opéra comique au Conservatoire national.\n\nŒUVRE DE MIMI-PINSON. Par arrêté en date du 2 septembre courant, M. le\nministre des Beaux-Arts a mis une somme de 1.000 francs à la disposition de\nM. Gustave Charpentier, pour l'encouragement de l'Œuvre de Mimi-Pinson,\ndont il est le directeur-fondateur.\n\nTHÉÂTRE POPULAIRE DE GÉRARDMER. Une subvention de 1.500 fr. a été\naccordée, par arrêté du 31 août dernier, à titre d'encouragement, au Théâtre\npopulaire « du Saut des Cuves », dirigé par M. L. Géhin, à Gérardmer\n(Vosges).\n\nPRIX DE ROME. On sait qu'aux termes de son cahier des charges, le Direc-\nteur de 1 Opéra est tenu de faire représenter tous les 2 ans, sur la scène de ce\nthéâtre, un ouvrage en 1, 2 ou 3 actes (opéra ou ballet) dont la partition doit\nêtre écrite par un élève de Rome grand prix de composition musicale.\nC'est M. Marty, professeur au Conservatoire, chef d'orchestre de la Société\ndes Concerts, qui a été désigné cette année pour écrire cette partition.\nSon ouvrage Daria, dont le poème est de M. Aderer, se compose de 2 actes\net doit être répété au lendemain de la ire représentation de Tristan et Iseult.\nL'auteur met en ce moment la dernière main à l'orchestration de sa parti-\ntion, qui aura pour interprètes Mlles Vix ou Borgo, ainsi que MM. Delmas et\nGaston Dubois.\n\nCOURS DE MUSIQUE. —Un professeur de piano, officier de l'lnstruction pu-\nblique et pouvant offrir de sérieuses garanties, désirerait prendre la direction\nd'un cours de musique bien organisé.\nS'adresser au bureau du journal.\n\nMUSÉE INSTRUMENTAL DU CONSERVATOIRE NATIONAL. Par testament ologra-\nphe, déposé en l'étude de Me Beirnaert, notaire à Bourbourg (Nord), Mlle Emilie\nQuaisin, propriétaire-rentière, domiciliée à Walten (Nord), et décédée à Saint-\nOmer, le 20 mai dernier, lègue au Conservatoire national de musique, pour fi-\ngurer dans la collection du Musée instrumental :\n1 violon de Chanot (forme guitare).\n2 autres violons dont l'un est daté de 1830.\n1 guitare en palissandre.\n1 guitare-lyre.\n1 serpent d'église.\n1 violoncelle de Guersan.\n1 alto marquetterie.\n1 mandoline dite espagnole, fabrication française.\n1 guitare d'enfant\nCes très intéressants instruments ont été acceptés par le Conservatoire et"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "474", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.42", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 496, "texte": "compléteront heureusement la collection qui existe déjà au musée de cet éta-\nblissement.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : Opéra.\nRecettes détaillées du 20 août au 19 septembre 1904.\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 au 30 juin 1904.\n\nBIBLIOTHÈQUE DE L'OPÉRA. Des travaux d'aménagement viennent d'être\neffectués cette année dans la salle de la Bibliothèque de l'Opéra ; c'est pour\nce motil que la fermeture annuelle de cet établissement a dû être retardée\njusqu'au 15 septembre."}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "475", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.43", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2668, "texte": "AMIENS. -- Par arrêté préfectoral, Mile Darret, Marie, a été nommée profes-\nseur du cours préparatoire de solfège pour les jeunes filles à l'Ecole nationale\nde musique.\n\nECOLE DE CHANT CHORAL. En vue de manifestations artistiques en plein\nair, l'organisation de 1 Ecole de chant choral, dont nous avons déjà parlé, est\ncomplétée par la création d'un orchestre d'harmonie, composé d'anciens mu-\nsiciens militaires.\nDès maintenant les inscriptions d'élèves sont reçues, et toutes communications\npeuvent être transmises au siège de l administration, palais du Troca-\ndéro.\n\nCONSERVATOIRE. Les dates de clôture des listes d inscription pour les\nconcours d'admission au Conservatoire, en 1904, sont ainsi fixées.\nHarpes, Pianos (hommes». . . Lundi. . . . 10 octobre, à 4 heures.\nDéclamation \\ hommes. . . . Mardi. ...11 — —\nDramatique t femmes .... Mercredi. 12 — —\nChant (hommes et femmes). . Mardi. ... 18 — —\nPiano (femmes) Samedi. ... 29 — —\nContrebasse Alto\nVioloncelle , Mercredi. . . 2 novembre, -\nFlûte, Hautbois .\n; eudi 3 — —\nClarinette, Basson I\nViolon Lundi. ... 7 — —\nCor, Cornet à pistons, Trom- ( ,.\n— . r • Mercredi. . . 9 — —\npette, 1 rombone . . . . (\nLes concours pour l'admission ont lieu dans la huitaine qui suit la clôture\ndes listes d'inscription.\nLes aspirants inscrits sont prévenus, par lettre, du jour et de l'heure où\nils seront entendus par le jury. Ceux qui, trois jours après la clôture des\ninscriptions, n'auraient pas reçu de convocation sont invités à en aviser le\nSecrétariat.\n\nNANTES. Un comité vient de se constituer à Nantes (4, rue Vauban) en vue\nd'étudier les moyens de créer dans cette ville une société de « Concerts classi-\nques )) semblable à celles qui existent déjà dans quelques grands centres comme\nMarseille, Bordeaux, Nancy, etc. Le public serait préparé aux auditions que\ndonnerait cette association artistique au moyen d'une analyse des œuvres les\nplus répandues, ainsi que par des causeries-conférences précédant immédiate-\nment les Concerts. Ce que désire avant tout le comité pour mener à bien cette\nentreprise, c'est de pouvoir s'assurer le concours d un chef d'orchestre, jeune,\nactif, très bon musicien, connaissant bien toutes les symphonies classiques,\nayant déjà commencé à diriger des concerts similaires. 11 trouverait là, tout en\nformant son orchestre, matière à se compléter lui-même.\n\nOPÉRA. Des considérations d'ordre budgétaire ayant obligé M. Gailhard à\nrenoncer, bien malgré lui, aux « Concerts de l'Opéra » qui contribuèrent si lar-\ngement à établir la renommée des jeunes maîtres de l'école française, comme\nVincent d'lndy, Camille Erlanger, Georges Marty, il vient d'ouvrir, comme com-"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "476", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.44", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3233, "texte": "pensation offerte aux compositeurs, un grand concours symphonique entre les\nmusiciens français. 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Larochelle,\nRomain et Lacroix, propriétaires et directeurs des théâtres de Montparnasse, de\nGrenelle et des Gobelins, pour aller donner des représentations dans leurs théâ-\ntres, avec la troupe de l'Opéra-Comique.\nCes représentations seront données au prix le plus bas qu'il sera possible\nd'établir, M. Carré ne demandant qu'à couvrir ses frais et les directeurs des trois\nthéâtres de la rive gauche, dont nous venons de parler, ayant consenti avec un\nempressement fort louable à faciliter par tous les moyens en leur pouvoir le\nprojet conçu par M. Albert Carré, projet qui ne saurait être accueilli qu'avec le\nplus grand plaisir par le public des quartiers de Montparnasse, de Grenelle et\ndes Gobelins.\n\nM ATINÉES DU DIMANCHE. L'Opéra-Comique a recommencé la série de ses\nmatinées du dimanche avec des spectacles spécialement composés d'oeuvres du\nrépertoire. La il>e de ces matinées a eu lieu le dimanche 18 septembre avec Mi-\nreille pour les débuts de Mme Vallandri et de M. Chevallier avec M. Dufranne.\nMme Vallandri, le brillant lERIER prix du dernier concours du Conservatoire, a obtenu\nle plus grand succès par sa délicieuse beauté, sa voix exquise et son intelligence\nscénique faite de charme discret et d'émotion contenue. Elle nous réserve une\nartiste du plus brillant avenir.\n\nECOLE DES CHOEURS DE L'OPÉRA-COMIQUE. Un nouvel examen pour l'admis-\nsion à l'Ecole des chœurs (hommes et femmes) a eu lieu le samedi 17 septembre\ndernier au théâtre national de l'Opéra-Comique. En vue des représentations\nqu'il donnera cet hiver dans les théâtres de Montparnasse, de Grenelle et des\nGobelins, M. Albert Carré s'est trouvé dans l'obligation d'augmenter le nombre\nde ses choristes.\n\nAUTEURS ET COMPOSITEURS. Le 25 septembre dernier aeu lieu, à Nancy,\nsous la présidence de M. Alfred Capus, un grand congrès international des\nauteurs et compositeurs. Un grand nombre de délégués de l'Allemagne, de la\nBelgique, de 1 Espagne et de la Suisse assistaient à ce congrès. Parmi les ques-\ntions d ordre général qui y ont été discutées, nous remarquons celles relatives au\n(( Théâtre populaire )), à l'interprétation des œuvres des (( jeunes )) sur les scènes\nétrangères et à leur traduction; à l'organisation des moyens pour obtenir des\ndirecteurs de théâtres subventionnés l'interprétation d'ouvrages d'auteurs et\ncompositeurs habitant la région.\n\nSCIIOLA CANTORUM. La réouverture des cours aura lieu le lundi 3 octobre"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3135, "texte": "prochain. Les inscriptions des nouveaux élèves sont reçues, à partir du 15 sep-\ntembre, au secrétariat de la Scliola, 269. rue Saint-Jacques.\n\nFROCADÉRO. Jeudi 6 octobre prochain, la grande salle des fêtes du Palais\ndu Frocadéro sera mise à la disposition de M. Georges Bureau pour y organiser\nune grande matinée au profit de l'œuvre française des Trente Ans de Théâtre.\n\nSOCIÉTÉS MUSICALES. —La Sirène de Paris organise pour le dimanche 18 dé-\ncembre prochain une grande audition artistique populaire dans l'immense salle\ndu Gymnase Huygens (14E arrondissement).\nAu programme : l'ouverture de Phèdre (Massenet) ; la /,e Symphonie de Bee-\nthoven, etc.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à 1 Ecole de musique clas-\nsique de Boulogne-sur-Seine est accordée, à dater du ier octobre courant, à\nM. Lebail Albert-Marie, demeurant à Thiais (Seine).\n\nASSOCIATION LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE. L'Association littéraire et artis-\ntique internationale, dont le siège est à Paris, a tenu cette année son vingt sixième\ncongrès à Marseille, du 24 au 29 septembre.\n\nODÉON. M. Massenet a remis à M. Ginisty la petite partition de musique\nde scène qui accompagnera le Grillon du Foyer, pièce avec laquelle le théâtre\nde FOdéon fera sa prochaine réouverture. Cette partie musicale ne comprendra\nqu'une dizaine de numéros assez courts, qui seront interprétés dans la coulisse\npar une quinzaine d'exécutants seulement, tant instrumentistes que chanteurs.\n\nCONCOURS MUSICAL DE LA VILLE DE PARIS. La Ville de Paris ouvre un con-\ncours 'pour la période de 1904 à 1906) entre les musiciens français pour la pro-\nduction d'une œuvre musicale de haute composition avec soli, chœurs et\norchestre sous la forme symphonique ou dramatique.\nToutefois, ne pourront prendre part à ce concours les compositeurs ayant eu\nune œuvre de 3 actes au moins représentée dans un théâtre subventionné.\nOutre un prix de 10.000 fr. en espèces que recevra le lauréat, la Ville de\nParis prend à sa charge de faire représenter son œuvre dans une solennité pu-\nblique dont les détails sont spécifiés en un programme que la Préfecture de la\nSeine (service des Beaux-Arts) tient à la disposition des concurrents.\n\nM. AR MAND CHEVÉ. M. Armand Chevé, professeur de chant aux lycées\nLouis-le-Grand et Montaigne, à Paris, vient d'être admis à la retraite après une\nlongue et très honorable carrière.\n\nMAYENCE.\nLUCIEN DE FLAGNY.\n— On nous écrit : « La saison vient d'être brillamment inaugurée\npar une représentation de Siegfried dirigée par le maître Emil Steinbach et in-\nterprétée avec grand talent par Mme Materna (Brunhild) et M. Bolz (Siegfried).\nParmi les nouveautés dont s'enrichira, cet hiver, le répertoire, notons Rose\nBerndt (Hauptmann , Salome (Wilde), John Gabriel Borkmann (Ibsen1, Novella\ndWndua (Fulda), le Perroquet vert, le Joueur de poupées, Littérature (Schnitzler),\nElectra (Hofmansthal), la Passerelle (Grésac et Croisset), le Scrupule (Mir-\nbeau), etc. ; la Reine de Saba Goldmark ), le Jongleur de Notre-Dame (xMassenet),\nbrilleront aussi dans ce programme composite qui fait honneur à M. Steinert,\nl'intelligent directeur du théâtre de Mayence. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "473", "page_fin": "473", "image_debut": 41, "image_fin": 41, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.1", "titre_corps": "OPÉRA-COIVIIQUE. Sur 1 avis conforme et sur la proposition du directeur des", "titre_sommaire": "OPÉRA-COIVIIQUE. 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Delibes.\n5.187\n5°\n3\n(Popul.)\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n4 198\n6\nSept.\nLe Roi a Ys.\nLalo.\n3.899\n5o\n/\n—\nLes Noces de Jeannette. —\nLe\nBarbier de Seville.\nMassé. — Rossini.\n5.622\n5o\n8\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.704\n5o\n9\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n6.378\n5o\nIO\n—\nWerther.\nMassenet.\n6.248\n5°\ni i\n—\nMireille.\nGounod.\n4.489\n5o\nI 2\n—\nLe Caïd. — Le Farfadet.\nA. Thomas.\n2.647\n5o\nl3\n—\nLakmé.\nL. Delibes.\n5.669\n5o\ni4\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n5.5o3\n5o\n13\n—\nLes Noces de Jeannette. —\nLe\nBarbier de Séville.\nMassé. — Rossini.\n5.374\n5.660\n5o\n16\n—\nLa Traviaia.\nVerdi.\n5o\n!7\n—\nManon\nMassenet.\n8 416\n5o\n18\n— matinée\nMireille.\nGounod.\n2.795\n5o\ni8\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.753\n5o\n19\n—\nPhilémon et Baucis. — Le Mé-\ndecin malgré lui.\nGounod.\n3.064\n5o"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "474", "page_fin": "474", "image_debut": 42, "image_fin": 42, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.9", "titre_corps": "BIBLIOTHÈQUE DE L'OPÉRA. 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Des travaux d'aménagement viennent d'être\neffectués cette année dans la salle de la Bibliothèque de l'Opéra ; c'est pour\nce motil que la fermeture annuelle de cet établissement a dû être retardée\njusqu'au 15 septembre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "475", "page_fin": "475", "image_debut": 43, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.10", "titre_corps": "AMIENS. -- Par arrêté préfectoral, Mile Darret, Marie, a été nommée", "titre_sommaire": "AMIENS. -- Par arrêté préfectoral, Mile Darret, Marie, a été nommée", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "475", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.43", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 182, "texte": "AMIENS. -- Par arrêté préfectoral, Mile Darret, Marie, a été nommée profes-\nseur du cours préparatoire de solfège pour les jeunes filles à l'Ecole nationale\nde musique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "475", "page_fin": "475", "image_debut": 43, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.11", "titre_corps": "ECOLE DE CHANT CHORAL. 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En vue de manifestations artistiques en plein\nair, l'organisation de 1 Ecole de chant choral, dont nous avons déjà parlé, est\ncomplétée par la création d'un orchestre d'harmonie, composé d'anciens mu-\nsiciens militaires.\nDès maintenant les inscriptions d'élèves sont reçues, et toutes communications\npeuvent être transmises au siège de l administration, palais du Troca-\ndéro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "475", "page_fin": "475", "image_debut": 43, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.12", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. 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Mardi. ... 18 — —\nPiano (femmes) Samedi. ... 29 — —\nContrebasse Alto\nVioloncelle , Mercredi. . . 2 novembre, -\nFlûte, Hautbois .\n; eudi 3 — —\nClarinette, Basson I\nViolon Lundi. ... 7 — —\nCor, Cornet à pistons, Trom- ( ,.\n— . r • Mercredi. . . 9 — —\npette, 1 rombone . . . . (\nLes concours pour l'admission ont lieu dans la huitaine qui suit la clôture\ndes listes d'inscription.\nLes aspirants inscrits sont prévenus, par lettre, du jour et de l'heure où\nils seront entendus par le jury. Ceux qui, trois jours après la clôture des\ninscriptions, n'auraient pas reçu de convocation sont invités à en aviser le\nSecrétariat."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "475", "page_fin": "475", "image_debut": 43, "image_fin": 43, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.13", "titre_corps": "NANTES. Un comité vient de se constituer à Nantes (4, rue Vauban) en vue", "titre_sommaire": "NANTES. Un comité vient de se constituer à Nantes (4, rue Vauban) en vue", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "475", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.43", "debut_caractere": 1523, "fin_caractere_exclue": 2359, "texte": "NANTES. Un comité vient de se constituer à Nantes (4, rue Vauban) en vue\nd'étudier les moyens de créer dans cette ville une société de « Concerts classi-\nques )) semblable à celles qui existent déjà dans quelques grands centres comme\nMarseille, Bordeaux, Nancy, etc. Le public serait préparé aux auditions que\ndonnerait cette association artistique au moyen d'une analyse des œuvres les\nplus répandues, ainsi que par des causeries-conférences précédant immédiate-\nment les Concerts. Ce que désire avant tout le comité pour mener à bien cette\nentreprise, c'est de pouvoir s'assurer le concours d un chef d'orchestre, jeune,\nactif, très bon musicien, connaissant bien toutes les symphonies classiques,\nayant déjà commencé à diriger des concerts similaires. 11 trouverait là, tout en\nformant son orchestre, matière à se compléter lui-même."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c043", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "475", "page_fin": "476", "image_debut": 43, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.14", "titre_corps": "OPÉRA. Des considérations d'ordre budgétaire ayant obligé M. Gailhard à", "titre_sommaire": "OPÉRA. Des considérations d'ordre budgétaire ayant obligé M. Gailhard à", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": "475", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.43", "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2668, "texte": "OPÉRA. Des considérations d'ordre budgétaire ayant obligé M. Gailhard à\nrenoncer, bien malgré lui, aux « Concerts de l'Opéra » qui contribuèrent si lar-\ngement à établir la renommée des jeunes maîtres de l'école française, comme\nVincent d'lndy, Camille Erlanger, Georges Marty, il vient d'ouvrir, comme com-"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "476", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.44", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 434, "texte": "pensation offerte aux compositeurs, un grand concours symphonique entre les\nmusiciens français. Le lauréat trouvera, en dehors du prix de 1.500 francs, un\navantage appréciable : celui d'être exécuté à l'Académie nationale de musique\npar un orchestre complet, mis absolument à sa disposition, y compris l'orgue et\nles fanfares. Souhaitons que cette intéressante initiative permette à quelque\nauteur nouveau de se révéler."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c044", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "476", "page_fin": "476", "image_debut": 44, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.15", "titre_corps": "OPÉRA-COMIQUE POPULAIRE. Poursuivant l'idée d'un théâtre lyrique ouvert", "titre_sommaire": "OPÉRA-COMIQUE POPULAIRE. Poursuivant l'idée d'un théâtre lyrique ouvert", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "476", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.44", "debut_caractere": 436, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "OPÉRA-COMIQUE POPULAIRE. Poursuivant l'idée d'un théâtre lyrique ouvert\nau peuple, idée dont il cherche depuis plusieurs années la réalisation pratique,\net qui a valu déjà au petit public la création des représentations populaires heb-\ndomaires du lundi à l'Opéra-Comique, M. Albert Carré vient, avec l'approbation\ndu Ministre et du directeur des Beaux-Arts, de s'entendre avec MM. Larochelle,\nRomain et Lacroix, propriétaires et directeurs des théâtres de Montparnasse, de\nGrenelle et des Gobelins, pour aller donner des représentations dans leurs théâ-\ntres, avec la troupe de l'Opéra-Comique.\nCes représentations seront données au prix le plus bas qu'il sera possible\nd'établir, M. Carré ne demandant qu'à couvrir ses frais et les directeurs des trois\nthéâtres de la rive gauche, dont nous venons de parler, ayant consenti avec un\nempressement fort louable à faciliter par tous les moyens en leur pouvoir le\nprojet conçu par M. Albert Carré, projet qui ne saurait être accueilli qu'avec le\nplus grand plaisir par le public des quartiers de Montparnasse, de Grenelle et\ndes Gobelins."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "476", "page_fin": "476", "image_debut": 44, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.16", "titre_corps": "M ATINÉES DU DIMANCHE. L'Opéra-Comique a recommencé la série de ses", "titre_sommaire": "M ATINÉES DU DIMANCHE. L'Opéra-Comique a recommencé la série de ses", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "476", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.44", "debut_caractere": 1523, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "M ATINÉES DU DIMANCHE. L'Opéra-Comique a recommencé la série de ses\nmatinées du dimanche avec des spectacles spécialement composés d'oeuvres du\nrépertoire. La il>e de ces matinées a eu lieu le dimanche 18 septembre avec Mi-\nreille pour les débuts de Mme Vallandri et de M. Chevallier avec M. Dufranne.\nMme Vallandri, le brillant lERIER prix du dernier concours du Conservatoire, a obtenu\nle plus grand succès par sa délicieuse beauté, sa voix exquise et son intelligence\nscénique faite de charme discret et d'émotion contenue. Elle nous réserve une\nartiste du plus brillant avenir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c046", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "476", "page_fin": "476", "image_debut": 44, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.17", "titre_corps": "ECOLE DES CHOEURS DE L'OPÉRA-COMIQUE. Un nouvel examen pour", "titre_sommaire": "ECOLE DES CHOEURS DE L'OPÉRA-COMIQUE. 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Albert Carré s'est trouvé dans l'obligation d'augmenter le nombre\nde ses choristes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c047", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "476", "page_fin": "476", "image_debut": 44, "image_fin": 44, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.18", "titre_corps": "AUTEURS ET COMPOSITEURS. Le 25 septembre dernier aeu lieu, à Nancy,", "titre_sommaire": "AUTEURS ET COMPOSITEURS. Le 25 septembre dernier aeu lieu, à Nancy,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "476", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.44", "debut_caractere": 2504, "fin_caractere_exclue": 3160, "texte": "AUTEURS ET COMPOSITEURS. Le 25 septembre dernier aeu lieu, à Nancy,\nsous la présidence de M. Alfred Capus, un grand congrès international des\nauteurs et compositeurs. Un grand nombre de délégués de l'Allemagne, de la\nBelgique, de 1 Espagne et de la Suisse assistaient à ce congrès. Parmi les ques-\ntions d ordre général qui y ont été discutées, nous remarquons celles relatives au\n(( Théâtre populaire )), à l'interprétation des œuvres des (( jeunes )) sur les scènes\nétrangères et à leur traduction; à l'organisation des moyens pour obtenir des\ndirecteurs de théâtres subventionnés l'interprétation d'ouvrages d'auteurs et\ncompositeurs habitant la région."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c048", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "476", "page_fin": "477", "image_debut": 44, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.19", "titre_corps": "SCIIOLA CANTORUM. La réouverture des cours aura lieu le lundi 3 octobre", "titre_sommaire": "SCIIOLA CANTORUM. La réouverture des cours aura lieu le lundi 3 octobre", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": "476", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.44", "debut_caractere": 3162, "fin_caractere_exclue": 3233, "texte": "SCIIOLA CANTORUM. La réouverture des cours aura lieu le lundi 3 octobre"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 155, "texte": "prochain. Les inscriptions des nouveaux élèves sont reçues, à partir du 15 sep-\ntembre, au secrétariat de la Scliola, 269. rue Saint-Jacques."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c049", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "477", "page_fin": "477", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.20", "titre_corps": "FROCADÉRO. Jeudi 6 octobre prochain, la grande salle des fêtes du Palais", "titre_sommaire": "FROCADÉRO. Jeudi 6 octobre prochain, la grande salle des fêtes du Palais", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "debut_caractere": 157, "fin_caractere_exclue": 384, "texte": "FROCADÉRO. Jeudi 6 octobre prochain, la grande salle des fêtes du Palais\ndu Frocadéro sera mise à la disposition de M. Georges Bureau pour y organiser\nune grande matinée au profit de l'œuvre française des Trente Ans de Théâtre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c050", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "477", "page_fin": "477", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.21", "titre_corps": "SOCIÉTÉS MUSICALES. —La Sirène de Paris organise pour le dimanche 18", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉS MUSICALES. —La Sirène de Paris organise pour le dimanche 18", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "debut_caractere": 386, "fin_caractere_exclue": 665, "texte": "SOCIÉTÉS MUSICALES. —La Sirène de Paris organise pour le dimanche 18 dé-\ncembre prochain une grande audition artistique populaire dans l'immense salle\ndu Gymnase Huygens (14E arrondissement).\nAu programme : l'ouverture de Phèdre (Massenet) ; la /,e Symphonie de Bee-\nthoven, etc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c051", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "477", "page_fin": "477", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.22", "titre_corps": "ECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à 1 Ecole de musique", "titre_sommaire": "ECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à 1 Ecole de musique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "debut_caractere": 667, "fin_caractere_exclue": 865, "texte": "ECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à 1 Ecole de musique clas-\nsique de Boulogne-sur-Seine est accordée, à dater du ier octobre courant, à\nM. Lebail Albert-Marie, demeurant à Thiais (Seine)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c052", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "477", "page_fin": "477", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.23", "titre_corps": "ASSOCIATION LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE. L'Association littéraire et", "titre_sommaire": "ASSOCIATION LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE. L'Association littéraire et", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 1069, "texte": "ASSOCIATION LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE. L'Association littéraire et artis-\ntique internationale, dont le siège est à Paris, a tenu cette année son vingt sixième\ncongrès à Marseille, du 24 au 29 septembre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c053", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "477", "page_fin": "477", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.24", "titre_corps": "ODÉON. M. Massenet a remis à M. Ginisty la petite partition de musique", "titre_sommaire": "ODÉON. M. Massenet a remis à M. 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Cette partie musicale ne comprendra\nqu'une dizaine de numéros assez courts, qui seront interprétés dans la coulisse\npar une quinzaine d'exécutants seulement, tant instrumentistes que chanteurs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c054", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "477", "page_fin": "477", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.25", "titre_corps": "CONCOURS MUSICAL DE LA VILLE DE PARIS. La Ville de Paris ouvre un", "titre_sommaire": "CONCOURS MUSICAL DE LA VILLE DE PARIS. La Ville de Paris ouvre un", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "debut_caractere": 1456, "fin_caractere_exclue": 2180, "texte": "CONCOURS MUSICAL DE LA VILLE DE PARIS. La Ville de Paris ouvre un con-\ncours 'pour la période de 1904 à 1906) entre les musiciens français pour la pro-\nduction d'une œuvre musicale de haute composition avec soli, chœurs et\norchestre sous la forme symphonique ou dramatique.\nToutefois, ne pourront prendre part à ce concours les compositeurs ayant eu\nune œuvre de 3 actes au moins représentée dans un théâtre subventionné.\nOutre un prix de 10.000 fr. en espèces que recevra le lauréat, la Ville de\nParis prend à sa charge de faire représenter son œuvre dans une solennité pu-\nblique dont les détails sont spécifiés en un programme que la Préfecture de la\nSeine (service des Beaux-Arts) tient à la disposition des concurrents."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c055", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "477", "page_fin": "477", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.26", "titre_corps": "M. AR MAND CHEVÉ. M. Armand Chevé, professeur de chant aux lycées", "titre_sommaire": "M. AR MAND CHEVÉ. M. Armand Chevé, professeur de chant aux lycées", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "debut_caractere": 2182, "fin_caractere_exclue": 2363, "texte": "M. AR MAND CHEVÉ. M. Armand Chevé, professeur de chant aux lycées\nLouis-le-Grand et Montaigne, à Paris, vient d'être admis à la retraite après une\nlongue et très honorable carrière."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c056", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "477", "page_fin": "477", "image_debut": 45, "image_fin": 45, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.9.27", "titre_corps": "MAYENCE.", "titre_sommaire": "MAYENCE.", "signature_source": "LUCIEN DE FLAGNY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "debut_caractere": 2365, "fin_caractere_exclue": 3135, "texte": "MAYENCE.\nLUCIEN DE FLAGNY.\n— On nous écrit : « La saison vient d'être brillamment inaugurée\npar une représentation de Siegfried dirigée par le maître Emil Steinbach et in-\nterprétée avec grand talent par Mme Materna (Brunhild) et M. Bolz (Siegfried).\nParmi les nouveautés dont s'enrichira, cet hiver, le répertoire, notons Rose\nBerndt (Hauptmann , Salome (Wilde), John Gabriel Borkmann (Ibsen1, Novella\ndWndua (Fulda), le Perroquet vert, le Joueur de poupées, Littérature (Schnitzler),\nElectra (Hofmansthal), la Passerelle (Grésac et Croisset), le Scrupule (Mir-\nbeau), etc. ; la Reine de Saba Goldmark ), le Jongleur de Notre-Dame (xMassenet),\nbrilleront aussi dans ce programme composite qui fait honneur à M. Steinert,\nl'intelligent directeur du théâtre de Mayence. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c058", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "478", "page_fin": "478", "image_debut": 46, "image_fin": 46, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.11", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": "478", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.46", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2798, "texte": "Nous continuerons, au cours de à un certain nombre\nde numéros exceptionnels consacrés à des compositeurs et à des sujets\nintéressant particulièrement l'histoire de la musique.\nLa Revue musicale publiera prochainement un numéro spécial\nconsacré à la chanson populaire.\nREVUE MUSICALE\nLa collection complète de la Revue musicale est en vente dans nos\nbureaux (51, rue de Paradis) au prix de 20 fr. pour chaque année.\nA. nos nouveaux abonnés, nous offrons tout ce qui a paru (années\n1901, 1902, 1903 et 1904 jusqu'à ce jour) au prix d'ensemble de 30 fr.\nVoici les sommaires de quelques numéros de la Revue musicale:\nSOMMAIRE DU JUIN -1903\nTexte littéraire :\nPortrait de Louis Marchand, organiste (1671 1732).\nVincent d'Indy — César Franck.\nRomain Rolland. — Echo et Narcisse, opéra de\nGluck.\nGilbert Desvallons. — La musique et la danse au\nGabon\nJules Combarieu. — Esthétique musicale : IX. La\nmusique au point de vue sociologique.\nJulien Tiersot. — La musique et la Convention\nnationale.\nLouis Laloy. — Phonographe et gramophone\nKarlowicz. — Correspondance inédite de Chopin\n(suite).\nSupplément musical :\nSaint-Saëns. — Scherzetto.\nGluck Air d Echo et Narcisse (1779). réduit pour\npiano.\nEd. Missa. — Ballade flamande.\nSOMMAIRE DU 15 JUIN 1903\n(Consacré à l'Opéra)\nTexte littéraire :\nPortrait de Ch. Garnier, architecte de lOpéra (1825-\n1898).\nLa Rédaction. — A propos du monument de Ch.\nGarnier.\nLouise Garnier. — Charles Garnier (1825-1898),\nCharles Malherbe — La bibliothèque de lOpéra.\n— Notes sur l'histoire de l'Opéra.\nRomain Rolland. — Les origines de 1 Opéra italien.\nSupplément musical :\nA. Vivaldi (1680-1743). — Gigue de la Suite en la\n(réduite pour piano).\nW. Chaumet. — Femmes et fleurs (scène).\nSOMMAIRE DU 1er JUILLET 1903\nTexte littéraire :\nVincent d'Indy. — César Franck (suite).\nLouis Laloy. — Ambroise Thomas (1811-1896).\nHector Berlioz. — La première oeuvre d'A. Thomas\n(1837).\nAndré Pirro. — Un organiste au xvne siècle : Nicolas\nGigault.\nConstant Zakone. — J.-Ph. Rameau au Théâtre.\nSupplément musical :\nLulli. — Air de Persée (1682).\nMarchand (1669-1733). — Deux pièces pour orgue (ou\npiano).\nA. Thomas. — Air de la Double Echelle (1837).\nSOMMAIRE DU 15 JUILLET 1903\n(Consacré au Conservatoire)\nTexte littéraire\nConstant Pierre. — Le Conservatoire national de musi-\nque : le budget, les maîtres, les concours, les élèves et\nl'enseignement Devoirs d'élèves.\nDr A. Kirchfeld — La Musique et l'Enseignement supé-\nrieur en France et à l'Etranger.\nJ. C. — La Musique dans l'Enseignement secondaire.\nHenri de Reuilly. — Promenades et visites musicales\nAuguste Lassery. — Notes bibliographiques.\nSupplément musical :\nL Adam. — Morceau de lecture donné au concours du\nConservatoire en 1833.\nA. Pugno — Morceau de lecture donné au concours du\nConservatoire en 1902.\nE. Reyer. — Mélodie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-01-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-01_01#c059", "volume": "bmtnabj_1904-10-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "479", "page_fin": "479", "image_debut": 47, "image_fin": 47, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.2.12", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": "479", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.47", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4101, "texte": "SOMMAIRE DU 1er AOUT 1903\nTexte littéraire :\nM. Guidé, Directeur du théâtre de la Monnaie de\nBruxelles. Portrait et notice.\nJules Combarieu. — Esthétique musicale (X). Les origi-\nnes de la Symphonie.\nGaston Duval. — Un nouveau cas de vandalisme musical :\nUne édition de M. J. Leelair (1G87-1764).\nHenri Quittard — Un chanteur compositeur : Nicolas\nFormé (1567-1638).\nKarlowicz. — Correspondance inédite de Chopin (suite)\nSupplément musical :\nJ.-Ph. Rameau. — Scène l,c de fa Guirlande (1751).\nJ.-Ph. Rameau. — Air de ballet de La Guirlande.\nSOMMAIRE DU 15 AOUT 1903\n(Consacré à Hector Berlioz)\nTexte littéraire :\nPortraits de Berlioz et d'Henriette Smilhson.\nJules Combarieu — Berlioz, lord Bvron et E. Delacroix.\nA. Lascoux. — Documents biographiques sur Berlioz.\nR. de Saint-Arroman. — Quatre lettres inédites de et\nsur Berlioz.\nJ- C. — Henriette Smithson : Une idylle tragique ra-\ncontée par les documents.\nSaint-Saëns. — Anecdotes sur Berlioz\nJulien Tiersot. — Nouvelles lettres inédites de Berlioz à\nMeyerbeer, Mme Viardot, etc.\nR. Wagner, Camille Saint-Saëns, Ilanslick, Hugo Rie-\nmann. — Opinions sur Berlioz musicien\nP. Morillot, A. Hallays, L Lalog. — Berlioz écrivain et\ncritique.\nSupplément musical :\nAirs de YArmide de Gluck (1777) et de YArmide de\nLulli (1686).\nSOMMAIRE DU 1er SEPTEMBRE 1903\nTexte littéraire :\nAlexandre Guilmant : Portrait et Notice.\nX... — Massenet intime. Souvenirs de Monte-Carlo.\n1 incent dlndy. — César Franck (Souvenirs person-\nnels).\nJules Combarieu. — La musique au point de vue socio-\nlogique (suite). Analyse d une sonate de J -S. Bach.\nEug. de Bricqueville. — Les ressources de l'Orgue mo-\nderne.\nPaul Viardot. — Trompettes marines et violes.\nKarlowicz. — Correspondance inédite de Chopin (suite).\nSupplément musical:\nJ.-S Rach.— Prélude, gavotte, loure, courante, bourrée\n(1719).\nSOMMAIRE DU 15 SEPTEMBRE 1903\nTexte littéraire :\nMme Tassu-Spencer, professeur au Conservatoire : por-\ntrait et notice.\nAmédée Lemoine. — L'Enlèvement au Sérail, de Mo-\nzart.\nJules Combarieu. — La musique au point de vue socio-\nlogique. Analyse d'une sonate de J.-S Bach (suite)\nLouis Laloy - Le Vandalisme musical (à propos dune\nnouvelle édition de la Damnation de Faust).\nPierre Aubry. — La musique au moyen âge.\nTricou. — Philibert Jambe-de-Fer. musicien lyonnais.\n(reorges Pfeiffer. De l interprétation des signes d or-\nnement chez les maîtres anciens\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin (suite)\nSupplément musical :\nGrétry. — Ouverture de la Rosière de Salency (1774),\nréduite pour piano.\nSOMMAIRE DU 1\" OCTOBRE 1903\nTexte littéraire :\nJ h. O. Manoury, professeur au Conservatoire : por-\ntrait et notice.\nJules Combarieu. — La danse et son rythme dans la\nsonate de Bach (suite).\nTL- D. Calvocoressi. — Le système d harmonie de\nM. Hugo Riemann.\nLouis Latoy. — Le rythme grégorien, à propos d'un ou-\nvrage récent.\nAndré Pirro. — Nicolas Gigault. Un organiste au\nxvne siècle (fin).\nSupplément musical :\nYeracini (1665-1750). Gigue.\nGigault. — Pièce pour orgue ou piano. Mélodie grégo-\nrienne.\nSOMMAIRE DU 15 OCTOBRE 1903\nPortrait de M. F. Lemoine, directeur de la Trompette,\net notice.\nTexte littéraire :\nLa Revue musicale. — Nos concours.\nM.-D. Calvocoressi. — Les théories de M. Hugo Rie-\nmann (suite).\nMichel Brenet. — La musique funèbre.\nE. Lemoine. — Une société de musique de chambre.\nL. Schneider. — M. Puceini et la Tosca\nBibliographie — Informations -r- Publications nou-\nvelles.\nSupplément musical :\nBach. — Petite fugue.\nFrançois Couperin. — Les Barricades mystérieuses.\nA ses nouveaux abonnés d'un an (20 francs et 25 francs pour l'Étranger), la\nRevue musicale offre deux primes :\ni° Une partition, piano et chant ;\n2° Un volume de théorie musicale (couronné par l'Institut).\nLa Revue musicale, par mesure exceptionnelle, envoie les huit numéros (de\n48 pages chacun) où elle vient de publier la Correspondance inédite de Chopin, de\nsa famille, de ses élèves, contre mandat de 3 fr. 50. Cette correspondance com-\nprend plus de cent lettres nouvelles (avec photographies, fac-similé, etc. qui\néclairenUd'un jour nouveau la biographie de l'illustre pianiste."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "433", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN° 19 (quatrième année)\nler1er Octobre\n1904.\nK. M.\n34\n\nMEYERBEER"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "434", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.2", "texte": "MEYERBEER.\n(1791-1864)\n\nDans cette Revue qui répudie l'esprit de coterie et où nous aimons à\nparler librement des compositeurs les plus opposés nous avons voulu consa-\ncrer à Meyerbeer un numéro spécial, à la fois pour réveiller le souvenir d'une\ngrande époque et pour essayer de mettre au point une question d'histoire.\nRien n est plus difficile que la justice en matière d'art. Ou bien on exalte un\nmusicien outre mesure ; ou bien on le traîne dans la boue, à moins qu'on ne\nle passe dédaigneusement sous silence Sachons, en parlant cl une même oeuvre\nou d un même artiste, reconnaître les pires défauts, et admirer ce qui est admi-\nI able ! Me} ci beei a de graves défauts ; il n en est pas moins digne d'admiration.\nII a été victime de deux injustices qu'il faut signaler.\n\\ oici un ciitique dont le nom est illustre entre tous, dont le témoignage a une\nexceptionnelle autorité, et qui se montre particulièrement dur : c'est Robert\nSchumann. Il affirme que la valeur de Meyerbeer est nulle ; il le met immédiate-\nment au-dessous de lien Et savez-vous pourquoi ? Il nous le dit naïvement.\nSchumann était protestant. Ce qu'il ne pardonne pas à Meyerbeer, c'est d'avoir\nécrit un opéra dont la scène principale est empruntée à la page la plus tragique\net la plus douloureuse de 1 histoiredu protestantisme (Bénédiction des poignards,\ndans les Huguenots) ! c est d avoir commis le sacrilège de mettre sur la scène le\nchoi al de Luther ! Lne pareille critique est la négation de la critique ; elle est en\ndehors de 1 art musical. Malheureusement, elle est plus fréquente qu'on ne pense\na\\ ec moins de fi anchise et de foi respectable). Mendelssohn, par exemple émi-\nnent génie de second ordre, - en a souffert : encore aujourd hui, après Wagner,\nil \\ a des gens qui déclarent sa musique méprisable, parce qu il était juif...\nUn repioche d un autre ordre a été adressé à 1 auteur du Prophète, et ne laisse\npasdêtie réjouissant. On 1 accuse d avoir été un compositeur intéressé, qui,\naxant toute chose, chei chait l effet. Ceci demanderait une longue discussion. Je\nme bornerai à demander : faire du théâtre, qu'est-ce autre chose que chercher\ndes effets ? Sauf de rarissimes exceptions, quel est le naïf, le tartuffe d'art ou le\nmaladroit ignorant son métier, qui, étant appliqué à monter cette énorme machine\nqu on appelle un « drame lyrique », osera dire qu'il n a pas la préoccupation\nstante de 1 effet a produire? Croyez-vous qu'on organise une œuvre en cinq actes\n(soumise à combien d exigences à côtél) uniquement pour épancher son âme ?...\nQuelle plaisanterie! Ce ne serait plus la négation de la critique mais la négation\nde l'art lui-même. Alexandre Dumas a dit que la loi du théâtre littéraire était Y art\ndes préparations ; c est aussi la loi du théâtre lyrique, et ce n'est pas autre chose\nque 1 ait de l effet. Raisonnons un peu. L opéra est une œuvre de synthèse où se\nréunissent tous les arts du rythme et du dessin. A supposer que le musicien soil"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "435", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.3", "texte": "MEYERBEER\n\nétranger à la recherche pratique du succès, demandera-t-on le même désintéres-\nsement au librettiste ? Le demandera-t-on aux chanteurs ? au décorateur ? aux\ndanseuses r au costumier ? à 1 électricien ?... Réservons cet innocent état d'âme\nou cette fierté aux symphonistes purs ; et n'insistons pas.\nIl y a des « effets » qui réussissent ;ily en a qui avortent. Meverbeer avec\nson excellent collaborateur Scribe en trouva un grand nombre, qui ont\nséduit, ébloui, enchanté son public, et plusieurs générations après lui. 11 ne faut\npas lui en faire un crime, car il réalisa une des principales lois du genre, qui est\nde plaire à des spectateurs mondains et de faire, pendant très longtemps, de belles\nrecettes. Certes, il a des défauts évidents, que le succès n'excuse pas ; et je ne\ncrois pas qu'un critique sérieux entreprenne de réhabiliter ce qui n'est pas dé-\nfendable. Avec ses négligences incroyables, ses fins d'actes bâclées à coup de\ngrosse caisse, son orchestration trop maigre, sa prosodie trop libre, Meyerbeer\noffre une prise facile, en maint endroit, à la dent des Aristarques. Il a certaines\nmélodies en paraphes d'écriture anglaise, et certains rythmes communs qui irri-\ntent le musicien. 11 lui arrive de confondre les styles (non pas seulement le style\nallemand et le style italien, comme Haendel, mais le style du concerto instru-\nmental avec celui des voix). Il est trop souvent boursouflé, tapageur, orphéo-\nnique, Altesse en ruolz, commeditV. Hugo. Entre lui et Rossini, on peut hésiter;\nentre lui et Weber, on ne le peut pas. Son tort fut de croire qu'au théâtre (n'est-\nce pas la théorie de nos meilleurs comédiens ?) beaucoup de choses peuvent être\nnégligées,ou ((déblayées », parce que d'autres plus importantesferont la compen-\nsation et que 1 ensemble seul comptera. Enfin, Meyerbeern'a pas eu cette sponta-\nnéité de production qui caractérise la plupart des compositeurs de premier ordre.\nOn sait le temps qu il a mis à préparer son Africaine. Il ignorait qu'une œuvre\nbelle (( doit être la fleur d'un seul été ». Malgré ces taches et ces lacunes, Meyerbeer\nn en est pas moins un grand et noble artiste. Rendons-lui cette justice, aujour-\nd hui que nous voyons tant d'essais extravagants affronter la scène : comme\nScribe, il connaissait son métier ; il savait ce qui convient au théâtre et ce qui\nlui répugne. (Voir plus loin ses curieuses remarques sur le livret de 1 Etoile du\nNord.) Il avait un peu à froid, il est vrai cette brillante imagination décora-\ntive, ce goût du grandiose et des spectacles pompeux qu on retrouve dans Rienzi,\ndans Tonnhauser, dans Lohengrin, dans presque tous les opéras de Wagner. lia\nété un précurseur ; il a dégagé le drame lyrique des fadaises de la mytho-\nlogie à perruque, et l'a pénétré d'unlarge courant d'histoire et de romantisme. Il\neut parfois plus d adresse que de conviction, c'est entendu ; mais cette adresse\nfut une adresse de génie. Ce qu on ne peut lui refuser, c'est le don supérieur de\nl'invention mélodique et rythmique. Il a su être pathétique et fort, léger, tendre,\nélégant, inspiré ; il y a des (( airs » de lui (ne dédaignons pas ce mot) qui restent\ninoubliables ; ils ressemblent, selon un mot de Schumann, à la halte sous les\npalmiers, au milieu des sables arides..\nMeyerbeer est pourtant le contraire d'un romantique. Il n'a ni la rêverie pro-\nfonde de Weber, ni la poésie de Schumann, ni la fièvre d'un Berlioz. C est un\nclassique très avisé, qui s'adapte; un Prométhée bourgeois, qui eut de l'ampleur\net de la puissance quand il le fallait, et qui excella dans le duo bouffe. Ce fut\nun homme de théâtre, très hardi, pour le temps où il vivait. Nous avons aujour-\nd'hui d'autres idées, que nous croyons justes; peut-être feront-elles sourire dans\ncinquante ans !..."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "436", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.4", "texte": "BIBLIOGRAPHIE DES OEUVRES DE MEYERBEER\n\nNous devons, nous Français, de particuliers égards à cette mémoire. Le nom de\nMeyerbeerévoque le souvenir d'une époque glorieuse entre toutes, où les meilleurs\nmusiciens de l'étranger venaient à Paris pour faire leurs opéras, et rendre ainsi\nhommage à la suprématie artistique de la France. Cette période est-elle close ?\nUn César Cui, un Humperdinck en ont-ils marqué la fin ? Il faut espérer que nos\nvoisins ne se borneront pas désormais à nous envoyer leurs chefs d'orchestre et\nleurs pianistes. Ceci dit, nous nous attacherons à donner quelques faits précis\nsur Meyerbeer, en commençant par la liste de ses œuvres complètes qui n'a\njamais été dressée, et que nous établirons d'après les papiers posthumes.\n\nJULES COMBARIEU.\n\nBibliographie des œuvres de G. Meyerbeer.\n\n(Les papiers posthumes d'où sont tirées beaucoup d'indications ci-dessous, sont la propriété de\nM. le Dr Raoul Richter, docent à l'Université de Leipzig.)\nI. OPÉRAS ET MUSIQUE DRAMATIQUE.\n1. Der Fischer und das Milchm'idchen (le Pêcheur et la Laitière), opérette ;\ni 1 e représentation le 26 juin 1810 (sans le nom de l'auteur), Berlin. Papiers\nposthumes.\n2. Les Amours de Thevelinde (en allemand), monodrame pour soprano, chœur\net clarinette obligée. L'instrumentiste figure comme personnage du drame. Exé-\ncuté à Vienne, ISI3, par MlleS Harlass etßaermann. Papiers posthumes.\n3. Alimélech ou Les deux Califes (connu aussi sous le titre Wirth und Gast),\nopéra comique en 2 actes, texte de Wohlbruck ; exécuté en 1813 à Stuttgart et le\n20 novembre 1814 à Vienne. Copie dans les papiers posthumes.\n4. Robert und Elise (1814b non représenté. Papiers posthumes.\n5. Der Junggeselle von Salamanca, 1814 ; non représenté, ibid.\n6. Romilda e Constanqx, opéra semiseria ; représenté le 19 juillet 1818 au\nNouveau Théâtre de Padoue. (Ricordi, Milan.) Manuscrit de la partition du\nlel'1e1' acte dans les papiers posthumes.\n7. Semiramide riconosciuta (livret de Metastasio) ; représenté en 1819, à\nTurin. (Ricordi.) Partition originale dans les papiers posthumes.\n8. Emma di Resburgo (Emma von Roxburg, Emma von Leicester), tragédie\nlyrique (tragische Oper) en 2 actes; représenté en 1819 au théâtre Benedetto,\nVenise. (Ricordi.) Original dans les papiers posthumes.\n9. Margherita d'Angiù, 2 actes, texte de Rossi. Exécuté le 14 nov 1820, à la\nScala de Milan.( Ricordi ; Brandus, Paris.) Copie dans les papiers posthumes.\n10 UEsuledi Granada, opéra sérieux de Romani. Représenté le 12 mars 1822,\nScala de Milan. Papiers posthumes.\n11. Almanzor, opéra sérieux (livret de Romani), commencé pour Rome en\niBe3; inachevé. Papiers posthumes.\n12. Das B randerburger Tor (la. porte de Brandebourg), 1 acte de 9 nos, texte et\nmusique; commencé en 1823 pour Berlin; non représenté. Papiers posthumes.\n13. Il Crociato in Egitto, opéra comique en 2 actes (de Rossi), exécuté le\n16 décembre 1824 au Teatro-P'enice, Venise. (Brandus, Paris; Simrock, Bonn;\nRicordi, Milan.) Original dans les pap. posth."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "437", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.5", "texte": "BIBLIOGRAPHIE DES OEUVRES DE MEYERBEER\n\n1 3 a). Scène et Cavatine du (( Crociato )), composées pour MmePasta. (Brandus.)\n14. Robert le Diable, opéra fantastique en 5 actes, paroles de Scribe et C. Dela-\nvigne. Représenté à l'Académie royale de musique de Paris, le 21 nov. 1831.\n; Brandus ; Schlesinger, Berlin.) Partition originale dans les pap. posth.\n14 a). Scène et prière composées pour les débuts de Mario ténor) dans Ro-\nbert le Diable (1839). (Brandus.)\n15. Les Huguenots, opéra en 5 actes, paroles de Scribe, représentés le 21 févr.\n1836, Paris. (Brandus; Breitkopf; Ricordi.)\n15 a). Die Gibelinen vor Pisa, titre sous lequel les Huguenots furent joués dans\ncertains pays catholiques. (Breitkopf et Hârtel, Leipzig.)\n15 b). Rondeau composé pour Mlle Alboni (à Londres), dans le rôle du page des\nHuguenots (1848). (Brandus.)\n16. Das Feldlager in Schlesien, opéra (de Rellstab), représenté le 7 déc. 1844,\nà Berlin, pour l'inauguration du théâtre nouveau, et le 18 févrieri 847, à Vienne\nsous le titre Vielka.\n16 a). Frïdericus Magnus (de Rellstab), pour une voix et orchestre ; introduit\ndans le précédent, pour l'inauguration du monument de Frédéric le Grand. (Schle-\nsinger.)\n17. Musique pour Struensee, tragédie en 5 actes de Michael Beer, représentée\nle 19 sept. 1846 au Kgl. Schauspielhaus de Berlin. (Schlesinger; Brandus.) Ori-\nginal dans pap. posth.\n18. Le Prophète, opéra en cinq actes de Scribe, représenté le 16 avril 1849 à\nParis. (Brandus, Paris; Breitkopf et Martel, Leipzig.) Partition oiiginale dans\nles pap. posth.\n19. LFtoile du Nord (remaniement du Camp de Silésie), opéra comique en\ntrois actes, paroles de Scribe ; représenté le 16 février 1854 à l'Opéra-Comique\nde Paris. (Brandus, Paris ; Schlesinger, Berlin.)\n19 a). Polonaise : (( Wem Mut )), pour ténor et orchestre inséré dans XEtoile\ndu Nord composé pour Tichatschek. (Schlesinger, Berlin.)\n19 b). Arioso : Ach wie so matt schmachtend und bleich ! composé pour\nTichatschek. (Schlesinger, Berlin.)\n20. Dinorah ou Le Pardon de Ploërmel (Die Goldsucher), opéra comique en\ntrois actes, paroles de Michel Carré et Jules Barbier, représenté le 4 avril 1859 à\nParis. (Brandus, Paris; Bote et Bock, Berlin.)\n20 a). Scène et can^onetta, chantées par Mme Nantier-Didiée dans le Pardon\nde Ploermel à Londres. (Brandus, Paris.)\n21. F Africaine, opéra en cinq actes, paroles de Scribe, représenté en 1865 à\nParis. (Brandus, Paris; Bote et Bock, Berlin.) Partition originale dans les\npap. posth.\n22. Judith, opéra biblique. Esquisses dans les pap. posth.\nII. ORATORIOS.\n1. Gott und die Natur (Dieu et la Nature) oratorio de Scheile représenté le\n2 mai 1811 à Berlin (Singakademie (?? . Partition originale dans les pap. posth.\n2. Jephtas Geliïbde {Vœu de Jephté), texte de A. de Schreiber, oratorio en\ntrois actes et en action, représenté le 23 décembre 1812 au théâtre de Munich\n(>?), partition dans les pap. posth.\n2 a). Duo de Jephtas Geliïbde : Den Liebe ist meut Lieben. (Falser, Munchen.)"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "438", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.6", "texte": "BIBLIOGRAPHIE DES ŒUVRES DE MEYERBEER\n\nIII. CANTATES.\n1. Sept chants spirituels de Klopstock, pour soprano, haute-contre, ténor et\nbasse, avec piano ad lib. (dédié à Gottfried Weber). (Brandus, Paris, et Schle-\nsinger, Berlin.)\n2. An Gott, Hymne deGubitzpour 2 soprani, ténor et basse. (Peters, Leipzig.).\n3. La Visite céleste, cantate dramatique pour la fête de sa mère, exécutée le\n16 février 1813 en famille (? ?).\n4. Der Wanderer und die Geisler am Grabe Beethovens, pour 2 soprani, con-\ntralto et basse solo, poésie de Braun (v. le suivant), (Aug. Cranz, Hambourg, et\nGloggl Vienne.)\n4 a). Le Voyageur au tombeau de Beethoven (Le Génie de la musique à la tombe\nde Beethoven), avec choeur à trois voix de femmes. (Brandus, Paris.)\n5. Chant de féte (Dr C. Rosenberg) pour l'inauguration du monument Guten-\nberg à Mayence, à 4 voix d'hommes, chœur et accompagnement de piano ad. lib.\n(Schott Shone, Mayence.)\n6. Fête de cour à Ferrare, Festspiel avec tableaux vivants, composé pour S. M.\nle Roi de Prusse au château royal en 1843. Papiers posthumes.\n6 a). Romance d 1 Erminia, tirée du précédent. (Schlesinger, Berlin.)\n7. Maria etson génie, cantate pour soprano, ténor, soli, chœur et piano-forte.\nTexte de Goldtammer. Exécutée le 26 mai 1852 pour l'anniversaire du mariage\ndu prince et de la princesse Cari von Preussen au château Glienicke (Schle-\nsinger, Berlin.)\n8. Brautgeleiteausder Heimat (voir le suivant), lied pour chœur mixte à huit\nvoix, composé à l'occasion du mariage de Louise de Prusse avec le grand-duc\nde Bade. (Bote et Bock, Berlin ; Ricordi, Milan.)\n8 a). Adieu aux jeunes mariés (La Fiancée conduite à sa demeure), sérénade à\n8 voix et 2 chœurs. (Brandus, Paris.)\n9. Marsch der bayrischen Schïitzengilde (Marche des archers bavarois), cantate\npour chœur, solo et instruments à vent, poésie du roi Louis de Bavière exécutée\nen 1850 à Berlin (? r).\n10. Ode an Rauch : Stehtauf und empfangt mit Feiergesang, pour solo, chœur\net orchestre; paroles deKopisch, pour l'inauguration de la statue de Frédéric\nle Grand. Exécutée le 9 juin 1851 à la Singakademie par le Domchor royal et\nl'orchestre royal. Exécutée aussi (à Londres entre autres) avec un autre texte\ncomme Ode an Jupiter. (Bote et Bock, Berlin.)\n10 a). Opfer-hymnus à Zeus, pour solo, chœur et orchestre. (Bote et Bock,\nBerlin.)\n11. Hymne pour le 25e anniversaire du mariage de L. M. le Roi et la Reine\nde Prusse {Du, der iiber Ruhm und Zeit), poésie de Winkler, pour solo, chœur et\naccompagnement au piano; exécuté le 4 juin 1851 par le Domchor de Berlin.\n(Brandus, Paris.)\n12. Nice à Stéphanie, cantate pour l'anniversaire de la Grande-Duchesse Sté-\nphanie de Bade. (Brandus, Paris.)\n13. Schiller, cantate pour soli, chœur et orchestre. Paroles allemandes de\nL. Pfau, traduction française de J. Duesburg. Exécutée pour la fête de Schiller\nen 1859. (Schlesinger, Berlin ; Brandus, Paris.)"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "439", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.7", "texte": "BIBLIOGRAPHIE DES ŒUVRES DE MEYERBEER\n\nIV. MUSIQUE RELIGIEUSE.\n1. Le 97e Psaume (consolation dans un danger de mort), pour 2 chœurs et\nsolo, exécuté le 8 mai 1853 dans l'église de la Paix à Potsdam. (Bote et Bock,\nBerlin ; Brandus, Paris.)\n2. Pater noster, motet pour chœur mixte (1858). (Bote et Bock, Berlin ; Aug.\nCranz, Hambourg, et Brandus, Paris.)\n3. Salve Regina, chœur avec paroles latines. (Brandus, Paris.)\n4. Busslied (cantique tiré de llmitation de Jésus-Christ), pour basse solo et\nchœur mixte à 6 voix avec orgue, texte de L. Rellstab (1852). (Bartholf Senff de\nLeipzig, et Brandus Paris.)\n5. Prière du matin : (( Seigneur, au seuil du Temple )), pour huit voix en\ndeux chœurs avec accompagnement de piano ad lib. Papiers posthumes.\n6. TeDeum. Papiers posthumes.\n8. Stabat Mater\n7. Miserere\nV. MÉLODIES (AVEC ACCOMPAGNEMENT DE PIANO).\n1. Le Moine. (Brandus, Paris; Schlesinger, Berlin.)\n2. Marguerites de mes prairies, fantaisie. (Brandus, Paris; Schlesinger, Berlin;\nBreitkopfet Hartel, Leipzig.)\n3. Chant de mai. (Brandus, Paris; Breitkopf et Martel, Leipzig.)\n4. Le Poète mourant\n5. La Chanson de Maître Floh. (Brandus, Paris ; Schlesinger, Berlin.)\n6. Chanson du dimanche (prière d'une jeune fille). (Brandus, Paris; Breitkopf\net Hartel, Leipzig.)\n7 Le Ran% des vaches dé Appenzell, duo. (Schlesinger; Cranz ; Brandus.)\n8. Le Baptême. (Schlesinger; Bote et Bock; Brandus.)\n9. Cantique du Trappiste. (Brandus; Schotte Sohne, M ayence.)\n10. Le Pénitent. (Brandus.)\n11. Prière d'enfants à 3 voix, sans accompagnement. (Schlesinger. Brandus.)\n12. La Fille de l'air. (Brandus; Breitkopfet Hartel.)\n13. La Ricordanza (Les Souvenirs) son questi icari. (Schlesinger, Brandus ;\nRicordi.)\n14. Suleika : (( Avec quel nouveau délire )). (Brandus et Schlesinger.)\n15. Sirocco: (( Pauvre Enfant )). (Brandus et Schlesinger.)\n16. De ma première amie\n17. Elle et Moi\n18. Sicilienne. (Brandus, Paris ; Schott Sohne, Mayence.)\n19. A une jeune mère : (( Console-toi )). (Brandus et Schlesinger.)\n20. Nella :(( Quelle chante\\\\ )) (Brandus; Schlesinger; Schott Shône.)\n21. Printemps caché (Brandus ; Bote et Bock.)\n22. La Barque légère : Lise sur le rivage. (Brandus et Schlesinger.)\n23. La Grand' Mère, nocturne à deux voix. (Brandus et Schlesinger.)\n23 b). La Nonn.x : (( la Grand' Mère >), à deux voix Brandus et Schlesinger.\n24 Ballade de la reine Marguerite de Valois\n25. Le vœu pendant lorage"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "440", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.8", "texte": "Fragment d'un manuscrit autographe de Meyerbee"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "441", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.9", "texte": "communiqué par M. DANIEL OSIRIS. (Voir, page précédente, V, 15)."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "442", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.10", "texte": "BIBLIOGRAPHIE DES OEUVRES DE MEYERBEER\n\n26. Rachel à Nephtali, romance biblique. (Brandus ; Schlesinger ; Schott\nSi >hne.)\n27. La Marguerite du Poète. (Brandus ; Breitkopfet Martel, de Leipzig.)\n28. La Sérénade. (Brandus.)\n29. Sur le balcon. (Brandus ; Schott Sohne.)\n30. La Dame invisible (chanson persane). (Brandus ; Schott Sohne.)\n31. Chant des Moissonneurs vendéens. (Brandus; Schlesinger.)\n32. Délire. (Brandus; Breitkopf et Martel.)\n33. Seul : Ah !je hais tout... (Brandus ; Schlesinger)\n34. Guide au bord ta nacelle. (Brandus; Schlesinger ; Schott Shone.)\n35. Le Jardin du cœur. (Schlesinger ; Brandus.)\n36 La Folle de Saint-Joseph. (Brandus ; Breitkopf et Martel.)\n37. (Brandus; Schlesinger.)\n38. A Venezia, barcarolle. (Brandus ; Schloss, Cologne.)\n39. C'est Elle. (Brandus.)\n40. Confidences. (Brandus).\n41. Murillo ou le peintre mendiant un modèle. (Brandus; Bote et Bock.)\n42. La Lavandière. (Brandus; Aug. Cranz.)\n43. Le Revenant du vieux château de Bade, légende et ballade. (Brandus, Paris.)\n44. Près de toi ( avec acc1 obligé de violoncelle). (Brandus; Schlesinger).\n45. Chant du Berger, avec acc. obbligé de clarinette. (Brandus ; Schlesinger.)\n46. Trois lieder allemands :\na) Die Rose, die Lilie, die Taube\nb) Wirf Rosenblàtter in die Flut.\nc) Lied du Gondolier vénitien [Konim Liebchen, komm die Nacht ist hell.)\n(Les trois lieder : Breitkopf et Martel, Leipzig.)\n46 b). Les Feuilles de Rose. (Brandus, Paris.)\n47. La Devise du Poète (canon à trois voix) G T)\nVI. CHOEURS D'HOMMES.\n1. Freundschaft, (( Amitié )). (Brandus ; Schlesinger )\n2. Das Lied vom Blinden Hessen, (( Chant des exilés », texte de Altmiiller\ncomposé pour la Liedertafel à Schwalback. (Brandus ; Bote et Bock.)\n3. Dem Vaterlande, « A la Patrie ». —-\n4. Bundes-Lied, (( Invocation à la terre natale ».\n5. Die lust'gen Jàgersleute, (( Les joyeux Chasseurs ». —•\n6. Des Preussen Vaterland, Ich ein bin Preusse (Mélodie aus den Kreuzrittern\nund Kreutzers Schwarz und Weiss. (Schlesinger, Berlin.)\nVII. MUSIQUE INSTRUMENTALE\ni Schillermarsch. ( Schlesinger; Brandus.)\n2. Krônungsmarsch, Marche du couronnement de Wilhehm I, exécutée le\n24 octobre 1861 à Konigsberg. (Schlesinger ; Brandus.)\n3. Fest-Ouverture, en style de marche pour l'ouverture de l'exposition de l'in-\ndustrie anglaise en 1862. (Bote et Bock; Brandus.)\n4. Fackelsthnze (quatre marches aux flambeaux, pour les mariages de Marie,\nprincesse de Prusse (n° 1, B dur), Charlotte, princesse de Prusse (n° 2, Es dur),"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "443", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.11", "texte": "BIBLIOGRAPHIE DES OEUVRES DE MEYERBEER\n\nAnna, princesse de Prusse (n° 3, E moll) et « Kronprinzen )) de Prusse (n° 4, C.\ndur), 1844, 1850, 185 C 1858. (Bote et Bock ; Brandus.)\nVIII. RECITATIV ED ARIA NEL OPERA RINALDO DA HAENDEL\nP. MEZZO-SOPRANO ED ORCHESTRA. INSTRUMENTAZIONE DE J. MEYERBEER.\n(Schlesinger.)\nIX. OEUVRES QUI SE TROUVENT ENCORE PARMI LES PAPIERS POSTHUMES.\n1. La Fede, quatuor avec texte italien.\n2. Festhymne, lied pour cor (original).\n3. 3» Vierstimmige Lieder, chants à quatre voix pour la Teutonia.\n4. Lw// vom Morgen (Air du matin). A\\\n5. Supplément de /'ouverture anglaise (chant).\n6. Des Dichters Wahlspruch.\n7. Mailied, chant de mai, avec instrumentation.\n8. Lied de Goldbauer, de Mme Birch-Pfeiffer.\n9. Cantique à six voix.\n10. Konigslied eines freien Volkes (Chant royal d'un peuple libre).\n11. Kronungshymne Wilhelm /, 1861 (original).\n12. 12 Davidianische Gesange (chants de David)\n13. Un paquet avec le titre : Psaumes.\n14. 5 Psaumes en oratorio.\n15. 4 Chorals, sans textes.\n16. 16 Chorals, 1805.\n17. Der heilige Lucas (le Saint Lucas), Berlin, 1813.\n18. Halleluja, cavatine.\n19. Cantate pour Vanniversaire de sa mère, 1809.\n20. Cantate pour la fête de Vogler.\n21. Roses et Myrtes, cantate.\n22. Messe à 16 voix.\n23. Lieder, etc. (Auerbachs Schwarzzwâlder Dorfgeschichten).\n24. Douze Ariettes italiennes.\n25. 6 Chansonnettes italiennes.\n26. ArLi co/i chori pour S. Grunbaum (3 octobre 1816).\n27. Aria pour messo soprano, Naples, 20 juillet 1816.\n28. Il Canto del Improvisatore, Nice, Ier janvier 1858.\n29. Giuseppe in carcere (Joseph en prison), monologue lyrique.\n30. Chant à q voix.\n31. Arie inséré dans l'opéra le Déserteur, pour son ami Ehlers.\n32. Lia welch, ein Sturm ! pour basse et orchestre, Paris, 1838.\n33. Sonate pour piano-forte, 1803.\n34. Fuge.\n35. Marche.\n36. Pièces pour piano avec accompagnement d orchestre.\n37. Concerto pour piano avec accompagnement d orchestre.\n38. Compositions pour piano : a) Polonaise ; b) Valse ; c) Marche avec varia\ntions ; d) Variations pour piano et orchestre.\n39. Sonate pour clarinette."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "444", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.12", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES DE MEYERBEER\n\n40. 6 Duos pour harpe et voloncelle.\n41. Chant d'amour.\n42. F Etudiant de Strasbourg (la Jeunesse de Goethe, d I lenry Blaze de Bury).\n43. 1 paquet contenant : 10 An den Neugeborenen : 20 Unbekanntes Balletstiïck.\n44. 1 paquet contenant: a)Chor: b) Rundgesang; c) Récitât.et Ane; d)Schluss-\nchor.\n45. 1 paquet avec l'inscription : 1810-1813 Neuere hleinere Compositionen.\n46. Ans meiner Kindheit and Jùnglingsjahren.\n47. Morceaux inutilisés : a) de Robert; b) du Pardon; c) du Prophète.\n48. Divers livres d'esquisses.\nLeipzig, ier juillet 1904.\n\nCARL ETTLER.\n\nQuelques Lettres inédites de Meyerbeer.\n\nMonsieur Armand Bertin,\n\nrue des Prêtres-Saint-Germain-fAuxerrois, n° 17,\nBureau du Journal des Débats,\nParis,\nBade, ce 30 mars 1833.\nMON CHER AMI !\nLa bonté et l'amitié que vous avez témoignées depuis si longtemps pour\nmon frère Michel m impose le triste devoir de vous annoncer que nous avons\neu le malheur de perdre cet excellent frère à Munich le 22 de ce mois àla\nsuite d'une fièvre nerveuse. Au moment même où j'appris sa maladie, quoique\nmalade moi-même, j'ai couru la poste jour et nuit pour lui prêter mes soins,\nmais, hélas ! je ne l'ai plus trouvé au nombre des vivants. La fièvre était si ter-\nrible qu'elle l'a tué en peu de jours.\nQuoique âgé à peine de 32 ans, Michel laisse un nom très honorable dans la\nlittérature allemande. Il était très précoce. A l'âge de 9 à 10 ans, on avait déjà\nimprimé de lui des vers dans les journaux qui firent sensation. A 12 ans il\ndonna une traduction en vers de la célèbre tragédie italienne de Monti, VAris-\ntodemo. qui eut tellement l'approbation de ses professeurs et autres gens de\nlettres célèbres, qu'il résolut dès alors de consacrer sa vie à la poésie. Deux\nans après, à l'âge de 14 ans, il donna au théâtre de Berlin sa première tra-\ngédie en 5 actes Clytemnestre, qui, quoique faible d'intrigue, obtint du succès\npar les beautés du style et une profondeur de pensées étonnante pour un\njeune homme de cet âge. Elle fut suivie d'une autre tragédie en 5 actes, Les\nFiancés F Aragon, et bientôt après il donna le Paria (en 1 acte), qui eut un\nsuccès prodigieux sur tous les théâtres de l'Allemagne, et reste toujours\nune pièce favorite du répertoire allemand. Quelque temps après il fit re-\nprésenter à Munich un grand drame d'une haute portée poétique et politique,\nSlruensée. Les connaisseurs regardent cet ouvrage comme son chef-d œuvre,\nmais la censure des autres théâtres d'Allemagne en défendit la représenta-"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "445", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.13", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES DE MEYERBEER\n\ntion parce que beaucoup de personnages politiques de la cour de Dane-\nmarck, dont les descendants vivent encore, y jouent un grand rôle. Enfin\nla dernière tragédie (qu il a fait représenter l'année dernière à Berlin) s'appelle\nYEpèe à la main. Il est mort à l'âge de 32 ans, très aimé de tous ceux qui le\nconnaissaient, car il sut unir à un esprit supérieur et très cultivé une bonté\nde cœur inaltérable ; sa bienfaisance était extrême et pleine de délicatesse.\nIl laisse beaucoup de manuscrits, mais surtout deux comédies, et deux vo-\nlumes de poésies lyriques qu'il s'occupait à revoir, car il voulait les publier\nincessamment.\nJ'espère, mon cher Armand, que vous voudrez bien consacrer quelques lignes\nà la mémoire de cet excellent frère. La perte est irréparable pour moi, car il\nétait le confident de mes plus intimes pensées et sentiments depuis notre plus\n'1 c< :\ntendre enfance. Pardonnez au désordre de cette lettre, mais je ne suis de retour\nque depuis le 12 de Munich et je vous écris ces lignes abîmé de fatigue et de\ndouleur, car je tiens qu'un ami comme vous ne sache pas ce malheur par les\njournaux. Quoique malade, je me prépare d'aller bientôt à Berlin, car je\nprésume que ma pauvre vieille mère aura besoin à présent de mes consolations\naprès ce coup terrible. Je tremble d'apprendre quel effet cela aura produit\nsur sa santé.\nJ'aurais encore à vous entretenir d'une chose qui nous regarde relativement\nà cet événement, mais je vous demande la permission de vous écrire un autre\njour encore, car pour aujourd'hui je n'ai plus la force de rien ajouter.\nVeuillez me rappeler au souvenir de messieurs votre père et frère et de M.Ja-\nnin, et leur communiquer dema part ce triste événement.\nBade (près Rastadt),\nce 30 mars 33.\n\nVotre tout dévoué,\nMEYERBEER.\n\nA Monsieur Lard,\n\nchez M. Maurice Schlesinger,\néditeur de musique,\n97, rue de Richelieu, à Paris,\nSpa, 27 août 1836.\nMON CHER MONSIEUR !\nj'ai reçu votre paquet, contenant les épreuves des 4e et 5e actes de la partition\nde piano de Robert le Diable, et un acte de la grande partition. Quoique malade\net très souffrant, j'ai revu et arrangé la partie du IERIER final de la grande partition\nque vous m'avez envoyée ; j'ai corrigé de même les épreuves des 4e et 5e actes\nde la partion'de piano, et je vous ai envoyé le tout par la diligence qui est partie\nhier au soir pour Paris (celle de Gaillard et Lafitte). J envoie la quittance à\nM. Gouin, qui vous la donnera si le paquet tardait à arriver. Je me suis très\nhâté, malgréma maladie, pour faire avancerun peu cette pauvre partition de piano,\nque chez vous on paraît prendre plaisir à reculer. Il y a peu de fausses notes"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "446", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.14", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES DE MEYERBEER\n\ndans cette épreuve, mais beaucoup d'autres petites omissions et fautes ; moi-même\nj'ai trouvé que j'avais oublié de corriger plusieurs choses, d'indiquer plusieurs\nautres. En somme, une troisième épreuve est encore à refaire, mais je suis sûr que\nsi M. Devienne veut, il peut exécuter les corrections que je vous viens d'envoyer\nen 3 jours. En 24 heures un actif correcteur peut avoir revu la dernière épreuve,\nde manière que 4 ou 6 jours après le reçu de mon paquet les corrections peuvent\nêtre faites et revues, et vous pouvez commencer d'imprimer ces deux actes.\nNous étions toujours convenus que vous reverriez les paroles, mais vous ne l'avez\npas fait, car j'ai eu à corriger beaucoup de fautes dans cette partie. En ma\nqualité d'étranger, j'en aurai laissé échapper certainement beaucoup d'autres\nencore ; ainsi je vous prie, revoyez les paroles, avant de livrer les épreuves des\n4e et 5e actes à M. Devienne. Veuillez aussi revoir les numéros que portent les\nmorceaux de ces deux actes, et s'ils cadrent avec ceux de la table que nous avons\nfaite pour la partition, je crois que non.\nEn général, je vous prie de donner un coup d'oeil à ces deux actes. Vous y\ntrouverez diverses notes qui s'adressent à vous.\nJe prierai que l'on conserve mes épreuves des 4e et 5e actes, même quand la\n3e épreuve sera faite. Il sera toujours utile qu'à mon arrivée à Paris je puisse\nconfronter les deux épreuves, et voir s'il n'y a rien d'oublié. — Et à propos de\ncela, je vous prie de dire à M. Devienne de veiller que toutes mes corrections,\nquelque petites qu'elles soient, lui parussent-elles même être tout à fait inutiles,\nsoient fidèlement exécutées. Je n efface ni ne change jamais la plus petite\nchose sans de bonnes raisons, mais je ne puis passer un temps à écrire le\npourquoi de toute une correction sur les épreuves. Je dis cela parce qu'on\nn'exécute pas toujours les petites corrections. — Faites-moi le plaisir, mon cher\nMonsieur Lard, dès que la seconde épreuve des 4e et 5* actes sera corrigée,\nd'envoyer ces deux actes à MM. Breitkopf et Hàrtel. Je regarderai cela comme un\nservice personnel que vous me rendrez. — Je m'étonne beaucoup que vous ne\nm'ayez pas encore donné avis d'avoir reçu le premier acte de la grande partition.\nCependant elle doit être depuis six jours dans vos mains. Veuille1 lire la feuille\ndes observations pour le graveur que ai mise avant Vouverture. — Je m'étonne\naussi beaucoup que vous ne m'ayez pas encore envoyé les épreuves d'un autre\nacte de la partition de piano. Je vous avais pourtant écrit d'en demander l'auto-\nrisation au chef de votre maison (sans aucune responsabilité de ma part, bien\nentendu). Puisqu'il vous importe si peu de faire avancer la partition de piano,\nj'en prendrai mon parti quant à moi ; mais je ne m'occuperai pas du 2e acte de\nla grande partition jusqu'à ce que j'aye un autre acte de la partition de piano :\ncar j ai aussi peu 1 obligation de m occuper de la revision de l'un que de l'autre.\nAdieu, mon cher Monsieur Lard. Je vous salue bien cordialement, et je vous\nprie de saluer aussi vos deux excellents jeunes gens du magasin.\nBerlin, ce 20 mars 1860.\n\nMEYERBEER.\n\nMON CHER AMI ! (de Bury)\nC'est avec un double plaisir que j'ai reçu votre aimable lettre : d'abord vous\nm y donnez de vos nouvelles, et puis vous savez combien j'aime tout ce qui sort"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "447", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.15", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES DE MEYERBEER\n\nde votre plume spirituelle et philosophique. Cependant, comme on n'est jamais\ncontent, je n'ai été satisfait qu'à demi, je vous l'avoue ; vous ne me parlez en\neffet ni de madame de Bury ni de votre charmante Jetta, dont j entretiens cons-\ntamment ma femme et mes enfants. Je vois par votre lettre, mon cher ami,\nque les lettres posthumes de M. Humboldt à M. Varnhagen font une aussi\ngrande sensation à Paris qu'à Berlin. Ca n'est pas étonnant ; tant de personnes\nencore vivantes sont atteintes de quelques-unes de ses « chevrotines )) î Malgré\nle grand esprit, les fines malignités, les vues larges et les vérités dont ces lettres\nsont remplies, il eût néanmoins été à souhaiter, pour la pureté de la mémoire\nde ce grand homme, qu'elles fussent restées inédites. Vous savez déjà peut-être\nque la famille de M. de Humboldt a publié dans différents journaux une lettre\nadressée par lui, il y a quelques années, à son neveu le général Hédemann. Il\nle priait dans cet écrit de veiller, après sa mort, à ce que aucune des nombreuses\nlettres qu'il a lancées dans toutes les parties du monde, et cela durant tant\nd'années, ne fût livrée à la publicité.\nM. de Humboldt protestait également à l'avance contre toute publication de\nce genre. Cela rendrait très invraisemblable que M. de Humbolt eût désiré la\npublicité de la correspondance avec V... et autres, comme on le pouvait\nsupposer par une de ses lettres, à ce que vous aurez vu. Par contre, mademoiselle\nLudmilla Assing, nièce de V..., a publié ces jours-ci, dans un journal de Berlin,\nun factum où elle cherche à démontrer que cette défense de publication de\nlettres..après la mort, n'a nullement trait à celles adressées à V... Elle établit\nce fait avec une logique si serrée et si imminente que, pour ma paît, je flotte\nau sujet de la vérité. Ce morceau étant d'ailleurs remarquablement bien écrit,\nje pense que vous le lirez volontiers. Et je le joins àce pli. Vous avez l'air,\nmon cher ami, de douter un peu que je tienne la parole que je vous ai donnée de\nmettre en musique la scène du 4e acte de votre drame de Gothe, scène que vous\nm'avez remise à mon départ de Paris, et dont je vous ai promis d'achever la\ncomposition pour cet automne, époque à laquelle, m'avez-vous dit, votre drame\ndoit entrer en répétition. Je n'ai jamais failli à aucune de mes promesses envers\nqui que ce soit, et ce ne sera pas vis-à-vis d'un ami tel que vous que j'y manquerai\npour la première fois. Vous ne me parlez pas de votre tragédie de Pétrarque\nque vous avez l'intention de donner cet hiver à l'Odéon. L'ouvrage n'est-il pas\nachevé, ou bien des difficultés de théâtre vous empêchent-elles de le donner ?\nVous savez combien tout ce qui a trait à vous, mon cher ami, et à vos poétiques\nproductions m'inspire d'intérêt !\nVeuillez me rappeler au souvenir de madame de Bury, de monsieur et\nmadame Buloz, mais avant tout et surtout à celui de mes charmantes protectrices,\nde mes bons avocats mademoiselle Marie Buloz et mademoiselle Jetta de Bury.\nDites-leur en même temps, s'il vous plaît, qu'on publiera incessamment la marche\nque j'ai composée pour la fête de Schiller à Paris, et que j ai donné ordre à un\néditeur d'en offrir un exemplaire à chacune d'elles.\nAdieu et mille compliments affectueux de votre tout dévoué, MEYERBEER."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "448", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.16", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES DE MEYERBEER\n\nA Monsieur Auber.\nMEYERBEER.\nCHER ET ILLUSTRE MAÎTRE !\nDepuis hier au soir je suis pris d'un violent mal de gorge accompagné de\nfièvre.\nJe suis obligé de garder la maison aujourd'hui, et je crains bien ne pas être\nencore assez rétabli demain pour pouvoir sortir et assister aux concours du chant.\nJe suis bien fâché de ce contretemps qui m empêchera de remplir un devoir\nqui m'est bien cher, puisqu il me procure 1 honneur et le plaisir de pouvoir\nsiéger à côté de vous, cher et illustre maître, pendant quelques heures. Veuillez\nagréer l'expression des sentiments les plus distingués de votre tout dévoué,\nVendredi.\n\nMON CHER MONSIEUR, (?)\nJ'ai reçu votre bonne lettre et je vous remercie infiniment de l'aimable envoi\net des sentiments qui l'ont dictée. Il n'y a malheureusement aucune baignoire"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "449", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.17", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES DE MEYERBEER\nR. M.\n35\n\nà l'Opéra qui ne soit louée à l'année. Mais la loge que j'ai l'honneur de vous\nadresser ci-jointe est une entre-colonnes où l'on est très peu vu. Je le sais\nd'expérience, car j'y vais fort souvent. Je m'étais proposé de vous faire cette com-\nmunication de vive voix, pour avoir l'honneur de vous voir, mais une répétition\nm'en empêche, et M. Brandus (l'éditeur de mes opéras) aura la bonté de vous\nremettre ce petit mot.\nVeuillez agréer, Monsieur, l'expression des sentiments les plus distingués de\nvotre dévoué,\nDimanche soir.\nDans les deux curieux documents qui suivent, on verra comment Meyerbeer,\ndoué d'un sens très pratique de la scène, collaborait avec Scribe.\n\nMEYERBEER.\n\nREMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE I/Etoile du Nord.\n(1) Motiver le titre de la pièce.\n(2) Trouver un moyen scénique de faire lever le rideau pour la stretta de l'ou-\nverture à cause du second orchestre sur la scène, sauf à le faire baisser après. Mais\nil faudrait trouver une raison scénique pour cela.\n(3) Pierre est ivrogne, brutal et cruel, et ne compense pas cela par des moments\nde grandeur d'âme.\n(4) Catherine est un caractère noble, mais qui, à l'exception du souvenir de sa\nmère, manque de sensibilité et de tendresse : elle n'est jamais touchante.\n(5) En général: il y a manque de sensibilité et de tendresse dans tous les rôles et\ndans tout l'ouvrage.\n(* a b) (6) Le rôle de Danilowicz, qui est important pour le compositeur, à cause\ndes morceaux d'ensemble, et que je voudrais donner à Boulo, n'a absolument\nrien à chanter SEUL. Boulo est très bien dans la romance à sentiment. Il faudrait\ndonc lui en faire une à la place du duo n° 2, ou mieux encore, lui faire un joli air\ndéveloppé de son air d'entrée dans l'introduction.\n(* a b) (7) Dans l'air de Prascovia je désirerais deux vers d'une expression vraie\net chantante pour les autres personnages qui sont en scène, et cherchent à saluer\nPrascovia et la prient d'expliquer la cause de la frayeur ; je désirerais également\ndeux vers qui permettraient un joli motif pour Prascovia, au lieu du vers : « c'est ma\nchère, à faire tomber le tonnerre. »\n(* a b) (8) 11 serait bien heureux si M. Scribe pouvait donner la première partie\ndu duo entre Pierre et Catherine de façon à faire usage de la première moité du duo\ndu camp de Silésie.\n(* B) (9) Est-ce que à la fin du ier acte on ne pourrait faire entendre un appel\nvenant de l'église qui appelle les fiancés à l'église, ou le prêtre qui viendrait bénir\nles fiancés, ou quelque autre signe religieux qui interrompe la stretta bouffe et\nfasse agenouiller avec 4 vers de prière le chœur et les personnages, pour que le\nchant de Catherine : « Tu m'avais dit, ma mère », se détache bien ?\n(* B) (10) Pour le dernier mouvement du duo entre Prascovia et Catherine, une\ninvocation à Vamour, bien tendre, en forme de nocturne.\nACTE II\n(u) Avec la décoration du grand arbre au milieu, sur une scène aussi petite que\ncelle de l'Opéra-Comique, les trois orchestres obligés sur le théâtre seraient impossi-\nbles à placer. Il faut un pont à gauche dans le fond, un monticule à droite pour\ncela. M. Scribe a dit dans le temps qu'il fallait trouver un motif scénique pour abattre\nl'arbre quand il aura servi pour la tente.\n(12) Comme il y a énormément de dialogue au 2e acte qui lui nuit, et qui pourtant"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "450", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.18", "texte": "QUELQUES LETTRES INÉDITES DE MEYERBEER\n\nest nécessaire à l'action, ne pourrait-on pas, pour l'entremêler davantage avec la\nmusique, faire commencer les 2 chansons et le petit trio de la scène ire seulement\nAPRÈS la scène entre les deux vivandières et Catherine? On pourrait peut-être arran-\nger aussi les paroles de la chanson du Grenadier (chantée par Gritzenko) de façon à\nce qu'il donnât là-dessus une leçon d'exercice à Catherine.\n(* B) (i 3) Je voudrais une autre romance pour Catherine, bien tendre et amou-\nreuse, avec des effets d'ÉCHO pour la voix de Mme Ugalde. Elle dirait,avant de com-\nmencer la romance : «Ah ! que la nuit est noire ! on me laisse là toute seule, et je com-\nmence à avoir peur, et je n'ose pas même parler haut pour me donner du courage,\nparce qu'il y a là ce vilain écho qui répète, qui répète comme si c'était une voix\nhumaine (et puis elle commencerait à voix très basse la romance). La pauvre senti-\nnelle, loin de l'objet de ton amour et pleine d'ailarmes, ne rêve qu'à toi (elle l'oublie\net chante à voix haute). Pierre, m'es-tu aussi fidèle ? (l'écho répond fidèle : alors\nelle s'effraye et rechante le même trait pianissimo, puis elle oublie de nouveau et\nfait une autre question amoureuse \"à voix haute : Pierre, te reverrai-je encore ? l'écho\nrépond encore : elle s'effraye et répète la question à voix très basse (il faudrait qu'il\ny eût une raison scénique pour faire des traits dans les questions : Pierre, mon\ncœur vole vers toi); après cela viendrait le refrain qui serait toujours : Ah, c'est\nl'écho seul qui répond à mon amoureuse plainte !\nDans la chanson des vivandières, au [second couplet, je veux que le 3e ou 4e vers\nexplique que c'est par les dés que la querelle doit se décider.\n(i 5) Motiver dans le poème pourquoi il y a trois marches différentes à la fin de\nl'acte, et que la première de ces marches est cet antique et sacré appel au son duquel\nsaint Nicolas est descendu du ciel et a aidé les Russes à battre les infidèles autre-\nfois.\nACTE III\n(16) Dans la 2e scène, le caractère de Pierre n'est pas dessiné à son avantage.\n(17) Est-ce qu'il ne vaudrait pas mieux que jusqu'à l'apparition de Catherine\nla décoration représentât une tente, et que seulement quand Catherine serait entrée\nen scène, cette tente se levât devant ses yeux, et découvrît la décoration du ler\nacte ?\n(18) Pour agrandir musicalement le rôle de Gritzenko, on pourrait faire d'une partie\nde la scène 3 un grand air bouffe pour Gritzenko, accompagné par ci et par là par\nles voix de Prascovia et Georges.\n(B) (19) Dans les scènes où apparaissent devant Catherine le site et les personna-\nges du ier acte, je voudrais pour elle un couplet bien rêveur et doux dont le com-\nmencement et la fin exprimeraient : « C'est un rêve qui va s'évanouir », et à chaque\nnouvelle apparition d'un personnage du ier acte qui se présente à elle, elle chante-\nrait ce refrain. J'ai indiqué les endroits dans le poème où je vois que ce refrain\npourrait revenir.\n(20) La dernière scène entre Pierre et Catherine est trop vague. Il faudrait une\népreuve plus décisive, qui mît le courage et le dévouement de Catherine pour Pierre\nplus en évidence, et qui présentât en même temps un coup de théâtre et une mise\nen scène plus saisissante.\n\nAUTRES REMARQUES DE MEYERBEER POUR LE LIVRET DE l'Étoile du Nord.\n(1) Le caractère n'inspire pas assez d'intérêt comme il est développé ici. On ne le\nvoit que tapageur, ivrogne, sans souci pour sa gloire, ne voulant signer, au 3e acte,\nqu'à condition qu'on lui dira où est Catherine, etc. Il faut tâcher de le relever par\nquelques traits d'héroïsme, de noblesse et de sentiment. Danilowicz dans la 2e scène\ndu icr acte pourrait parler des grandes qualités de son empereur.\n(2) Il n'est pas question du tout de Pierre le Grand au premier acte, et ceux des\nspectateurs qui ignorent l'histoire de Russie ne comprendront rien à son apparition\nau 2e acte. On pourrait, dans la scène du ler acte entre Danilowicz et Pierre, parler\nde la vie aventureuse et des voyages du Czar."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "451", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.19", "texte": "QUELQUES LETTEES INÉDITES DE MEYERBEER\n\n(3) 11 y a une des trois marches du finale du 2e acte qui a une importance extrême\ndans la musique, parce qu'autour d'elle pivotent les deux autres marches et elle\ns'unit avec ces ? morceaux de musique. Il faudrait donc éveiller l'attention du\nspectateur sur elle, et la rattacher à l'action. On l'appellerait la marche sacrée\net on inventerait comme quoi le Gzar l'a entendue pour lapremière fois dans un mo-\nment décisif de sa vie, qu'il a gagné toutes les victoires avec elle, et qu'elle lui\nporte bonheur. Cette croyance devrait être aussi répandue dans l'armée.\n(4) 11 faut trouver une action pantomimique sur le devant du théâtre à la fin du\nler acte, pendant que Catherine chante sur le vaisseau l'invocation àsa mère pour\nle bonheur du mariage de son frère. Pendant ce temps la noce ne doit ni chanter ni\nvoir Catherine. Il faut donc occuper pendant ce temps les personnages par des\ncérémonies de mariage que l'on inventerait : des demoiselles d'honneur de la fiancée\ny seraient occupées. La vieille mère de Prascovia la ferait agenouiller, et lui poserait\nla couronne de fiancée sur la tête ; quand la noce est entrée à l'église, et que levais-\nseau sera parti, il faudra comme une autre pantomime sur le théâtre pendant que\nl'on entendra les vocalises de Catherine dans la coulisse.\n(5) Justifier le nouveau titre cc l'Etoile du Nord ».\n(6) Il ne faut pas que l'on dise au ler acte que Pierre joue toujours le même air de\nflûte parce qu'il ne fait pas de progrès (car l'air est brillant et difficile, et surtout dans\nson développement au 3e acte) ; il vaudra mieux dire qu'il joue cet air-là souvent\nparce que c'est l'air favori de Catherine.\n(7) Quand Catherine parlera au ier acte de sa mère, et de la prédiction qu'elle lui\na faite sur son lit de mort, je désire accompagner son récit mélodramatiquement\navec la phrase qui traverse son rôle : mais je désire que les phrases parlées sous la\nmusique soient toujours des phrases courtes, et soient faites de façon à pouvoir\nêtre interrompues par la musique.\n(8) Même remarque pour la phrase musicale de Pierre, exprimant son emporte-\nment et sa colère (voyez l'introduction) et que je voudrais pouvoir répéter mélodra-\nmatiquement à plusieurs endroits de son rôle.\n(9) Il y a au final du 2e acte trois musiques militaires, qui jouent chacune une\nmarche différente de mélodie et de rythme. Ces marches sont combinées de façon à\nêtre jouées ensemble à la fin de l'acte. Il faudrait justifier ces trois marches diverses\npar l'action. Est-ce que les 2e et 3emarches ne pourraient pas être celles des ennemis\n(Suédois et Turcs) qui viendraient occuper deux montagnes situées à droite •et\nà gauche du théâtre, défilés que les généraux russes conspirateurs contre Pierre\nont livrés secrètement à l'ennemi?\n(10) Je crois qu'il sera impossible au 2e acte d'ériger en vue du public une tente\ntelle qu'il la faudrait pour les besoins de la scène du Trio et du Sextuor (déjà dans\nle Prophète nous avons échoué devant une pareille difficulté, et il a fallu recourir à\nun changement à vue). Il faut peser bien mûrement d'avance cette difficulté, d'autant\nplus que la nécessité de placer les trois musiques militaires sur une scène étroite\nnécessitera plusieurs praticables dans le décor du 2e acte.\n(11) Il y a au second acte le rôle d'un hussard qui a une chanson et puis un trio\nbouffe ; ne pourrait-on pas développer ce rôle un peu comiquement dans le dialogue\npour que Saint-Foix acceptât ce rôle ?\n(12) Dans la chanson à l'honneur de l'infanterie que chante Gritzenko, il pourrait\ndonner une leçon d'exercice aux recrues qui seraient toutes des danseuses, peut-\nêtre Calherine à leur tête.\n(13) Il serait bon défaire quelques petits rôles d'hommes encore au 2e acte pour\navoir le prétexte de faire chanter dans les chœurs des chanteurs de rôles.\n(15) Le morceau d'ensemble du 2e acte dans la tente est tellement long qu'il faut\nle couper en deux et faire du dialogue entre le trio et le septuor.\n(16) Il vaut mieux que Danilowicz ne dise pas au 3e acte à Georges que Peters est\nle Czar. Georges pourra alors être plus naturellement étonné dans le morceau des\nflûtes d'entendre jouer son air s'il ignore que Péter est à Pétersbourg.\n(17) Il faut trouver un effet de décor pour la fin.\n(18) Le 3e acte doit d'abord représenter une tente fermée, ou un cabinet fermé par\nune cloison mobile. Catherine doit entrer d'abord dans le cabinet (ou tente), et le"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "452", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.20", "texte": "MEYERBEER. SOUVENIRS D'AUTREFOIS\n\nrideau du fond ne doit disparaître pour lui montrer son village qu'après le ler chœur\ndes Finlandais. Si c'est un cabinet au lieu d'une tente, il faut que la cloison de der-\nrière puisse se séparer en deux et être retirée à droite et à gauche dans les coulisses\ncomme les décors anglais.\n(19) Dans la fin mélodramatique du sextuor du 2° acte, il vaudrait mieux, tout en\nlaissant parler tous les autres personnages, faire chanter à Catherine la partie ; il\nfaut donc changer la prose en vers.\n(20) Ne vaudrait-il pas mieux choisir, au lieu de Wyborg, un port de mer en\nFinlande, pour que Pierre y puisse exercer son métier de charpentier de vaisseaux?\n(21) Il faut faire parler au ier acte de la marche sacrée, la marche favorite de l'em-\npereur.\n(22) Laisser au choix du décorateur si pour le décor final du 3e acte il vaut mieux\nprendre Pétersbourg ou Morkar.\n\nMeyerbeer.\nSOUVENIRS D'AUTREFOIS.\n\nLe nom de Meyerbeer se rattache à mes plus anciennes impressions musicales\nJe me souviens d une phrase, tombée dans mon oreille d'enfant, que j'entendis\nun jour prononcer par un des mélomanes les plus « avancés >) de ma ville natale,\nalors que le Prophète était encore dans sa nouveauté : a Je viens, disait ce fer-\nvent admirateur de Meyerbeer, de consacrer huit jours à l'étude de la partition\ndu Prophète ; il n'y a absolument rien dans cet opéra ; cette œuvre, toute scienti-\nfique, ne renferme pas une seule mélodie. )) Dans ma province, les plus hardis\nmusiciens d alors se bornaient à admirer timidement la jolie phrase chantée\npar Jean au second acte :\nLe jour baisse et ma mère\nBientôt sera de retour.\nLe succès du Prophète, si contesté à son apparition, finit pourtant par s'im-\nposer; mais jamais, dans le milieu où je vivais à cette époque, il n'atteignit le\ndegré de popularité conquis par les Huguenots. Ce dernier ouvrage y jouissait\nd'une faveur extraordinaire, exempte de tout snobisme. Jamais je n'ai rencontré\nune œuvre dramatique pénétrant aussi profondément dans l'âme des auditeurs\net aussi « adéquate » à leur compréhension musicale. On peut dire que cette\npartition, accueillie avec un enthousiasme universel, était applaudie (( dévote-\nment )). Un fêtard endurci, que ses camarades de bombance voulaient entraîner\naprès le spectacle à quelque joyeuse équipée, leur répondit un jour : (( Impos-\nsible ! je viens d entendre le duo du 4e acte des Huguenots )).\nL esprit humain évolue sans cesse. Dans l'art musical surtout, les transforma-\ntions du goût sont aussi rapides que profondes. La musique de Meyerbeer, jugée\na son apparition compliquée et savante, nous paraît aujourd hui d'une clarté\nrythmique et d'une simplicité harmonique presque enfantine. Mais ce n'est pas"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "453", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.21", "texte": "MEYERBEER. SOUVENIRS DAUTREFOIS\n\nla simplicité relative de la musique de Meyerbeer qui a contribué le plus à la\nfaire vieillir. Les œuvres de Gluck, quoique beaucoup plus simples et deux fois\nplus anciennes, ont autrement résisté aux outrages du temps. A mes yeux, les\ndeux principales causes du dommage que les années ont fait subir à l'œuvre de\nMeyerbeer sont le manque d'unité de style et la préoccupation constante de\n« l'effet )).\nA l'époque où Meyerbeer écrivait, le public se livrait avec transport aux\ndélices du bel canto, dont le secret était alors religieusement conservé par une\npléiade de chanteurs admirables, parfois doublés de comédiens surprenants.\nMeyerbeer, visant à mettre tous les atouts dans son jeu, ne pouvait se résigner à\nbannir, même des scènes les plus dramatiques, ces points d'orgue aujourd'hui\nsurannés, qui permettaient aux chanteurs d'alors d'exhiber une virtuosité aussi\ntriomphante qu'inopportune.\nL'illustre créatrice du rôle de Fidès dans le Prophète, Mme Pauline Viardot,\nm'a raconté que pendant les répétitions Meyerbeer voulait tous les jours ajouter\nà son rôle de nouveaux points d'orgue ; et c'était elle, la noble cantatrice, la vir-\ntuose désintéressée, qui se révoltait, et conjurait le maître de ne pas multiplier\noutre mesure l'emploi de ces (( petits moyens » qui lui semblaient diminuer\nl'œuvre et rabaisser l'art.\nJe n'ai pas eu la joie d'applaudir Mme Viardot dans le Prophète. Mais j'ai goûté\nl'incomparable bonheur de l'entendre et de la voir dans XOrphée de Gluck. Son\ndouble talent de cantatrice et de tragédienne atteignait dans ce rôle la dernière\nlimite de l'art. Jamais, avant de ressentir ces émotions inoubliables, je n'aurais\npu me douter du degré d'intensité dramatique dont est capable la virtuosité\nvocale, mise au service d'une âme de cette trempe et d'une intelligence de cette\nenvergure.\nA quelle hauteur devait s'élever la magnifique création du rôle de Fidès,\ninterprété par cette artiste de génie ! Quel frisson devait envahir l'âme du spec-\ntateur, lorsqu'elle chantait l'Arioso du 2e acte et quand, dans l'admirable\ntableau de la Cathédrale, elle proférait ces accents qui rendent avec tant\nd'énergie les inexprimables angoisses de l'amour maternel !\nCette scène, si puissamment expressive et si largement taillée, me paraîtrait\nun chef-d'œuvre, si, pai une regrettable confusion du style vocal et du style ins-\ntrumental, Meyerbeer n'avait confié aux voix du chœur, dans plusieurs passages,\ndes dessins d'altos et de seconds violons.\nCet oubli de la convenance des styles n'est pas la seule critique qui puisse être\nadressée à l'auteur du Prophète.\nDepuis que l'influence de Wagner a provoqué une réaction vigoureuse contre\nles abus de « l'opéra-concert », une école jeune, très hardie, très savante,\néprise d'un idéal, très élevé, s'est élancée à la poursuite de la vérité dans le\ndrame lyrique, cherchant avec autant d'ardeur que les premiers pionniers de la\nmusique dramatique à la fin du xvie siècle, la solution du problème éternel :\ntrouver une forme d'art aussi une dans sa variété, aussi harmonieuse dans sa\ncomplexité que le fut la tragédie antique.\nPour atteindre ce but, la nouvelle école, prenant le contre-pied des procédés\nemployés par les compositeurs qui fleurissaient de 1830 à 1850, devait con-\ndamner impitoyablement les défauts qui choquent dans Meyerbeer.\nUn respect insuffisant de la langue, une prosodie trop fréquemment défec-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "454", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.22", "texte": "MEYERBEER. SOUVENIRS DAUTREFOIS\n\ntueuse, des répétitions de mots injustifiées, des rythmes souvent triviaux et d'une\ncarrure par trop primitive, un système de modulations dites (( plaques tour-\nnantes )), un travail de composition procédant par fragments juxtaposés, à la\nfaçon de la mosaïque, des ritournelles de guinguette se glissant aux endroits\nmarqués pour les applaudissements, là préoccupation constante du « motif ))\ndégénérant parfois en (( rengaine )) mélodique, le maintien de la division de la\ntrame musicale en morceaux séparés, scindant l'action dramatique au lieu de se\nfondre avec elle, une part insuffisante faite à l'élément symphonique, telles sont\nen partie les causes du peu d'estime que la plupart des (( jeunes » professent\nactuellement pour l'auteur des Huguenots.\nTout en reconnaissant l'existence des taches qui déparent les œuvres de\nMeyerbeer, gardons-nous de méconnaître, par snobisme, les qualités de premier\nordre qui les ont maintenues si longtemps au répertoire. Quelle que soit l'école\nà laquelle on appai tienne, on doit convenir que ce grand compositeur était\ndoué d'invention, avait des idées et qu'il a fait mainte trouvaille géniale.\nDans l'ordre des sentiments purement humains, Meyerbeer n'a été surpassé\npar aucun compositeur dramatique du xixe siècle ; il ne l'a pas été non plus\ndans l'expression de la véritable couleur historique.\nLorsque j'entends le couvre-feu du 3e acte des Huguenots et le chant religieux\ndes femmes qui suit le chœur du (( rataplan )), il me semble voir ressusciter toute\nune époque et revivre tout un passé.\nQuant à la phrase de trompette qui exprime au 5e acte des Huguenots la féro-\ncité sanguinaire des meurtriers, je la considère comme une des trouvailles les\nplus extraordinaires de la musique dramatique.\nSi du vaste édifice d'ordre composite construit par Meyerbeer beaucoup de\nparties sont endommagées, deux imposantes façades se dressent encore fière-\nment, malgré la tempête déchaînée par la mode et l'esprit nouveau.\nLe Prophète et les Huguenots vivent encore, grâce au relief puissant des ca-\nractères, à l'éclat du coloris, à l'intensité de la force tragique, grâce aussi, il faut\nle dire, à des qualités de clarté, de franchise et de concision bien conformes à\nnotre tempérament dramatique, ennemi juré des divagations et des longueurs.\nTandis que Wagner, d'abord émule de l'auteur des Huguenots, ne parvenait\nà dégager complètement sa très haute et très puissante personnalité qu'en\ns'enfonçant dans un germanisme de plus en plus accentué, Meyerbeer, jusqu'à\nla fin de sa vie, s'est efforcé de se conformer aux tendances et au tempérament\nde notre race.\nCe grand esprit, à la fois très autoritaire et très souple, savait s'inspirer des\nimpressions de son milieu et faire plier son orgueil devant un bon conseil, même\nquand il contrariait les combinaisons les plus profondes de sa stratégie musi-\ncale.\nC'est un fait avéré que le grand duo du |e acte des Huguenots fut ajouté au\ncours des répétitions. Dans la conception primitive, le rideau tombait après la\nBénédiction des poignards ; Meyerbeer, avec son profond sentiment dramatique,\navait sans doute flairé la belle situation omise, la grande scène à faire ; mais il\ncraignait qu'un duo, si réussi qu'il fût, succédant à un tableau puissant où il\navait employé tous les renforts et concentré toutes les ressources de l'expression\nmusicale, ne parût terne et décoloré. Telle n'était pas l'opinion d'Adolphe Nour-\nrit, créateur du rôle de Raoul. Cet artiste éminent, doublé d'un lettré, pen-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "455", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.23", "texte": "MEYERBEER EN ALLEMAGNE\n\nsait que le maître se défiait à tort de son génie, et passait, par excès de pru-\ndence, à côté d'un gros effet.\nPlusieurs fois déjà il avait essayé sans succès de tenter Meyerbeer, en lui\ndéveloppant le plan de la scène qui devait se passer logiquement entre Raoul\net Valentine avant la fin de l'acte. Heureusement Nourrit était tenace. Au noble\namour de l'art venait s'unir chez lui un mobile moins désintéressé. Le duo du\n3e acte entre Valentine et Marcel avait obtenu au cours des répétitions un\nsuccès énorme.\nNourrit, piqué au vif, voulait éclipser ce triomphe dans la scène d'amour si\nprofondément dramatique qu'il entrevoyait à la fin du 4e acte.\nIl sentait que sa partenaire, Mme Falcon, Valentine admirable, dont on le\ndisait fort épris, lui inspirerait là des accents d'une tendresse (( réelle », qui\ndevaient atteindre les dernières limites du pathétique.\nUn jour, à la fin d une répétition, Nourrit revint à la charge. Il sut déployer\nune éloquence si persuasive que l'obstination de Meyerbeer sembla mollir un\npeu. Pier de cette demi-victoire, il court aussitôt chez Scribe pour le prier d'é-\ncrire les paroles du grand duo convoité. Mais Scribe était absent !\nC'est alors qu'au théâtre on eut l'idée de s'adresser au poète Emile Deschamps\nqui, électrisé par l'exposé de la situation, écrivit d'un seul jet les vers de la\nbelle scène entre Valentine et Raoul.\nLe lendemain les répétitions étaient suspendues et Meyerbeer très contra-\nrié, mais à moitié convaincu, partait pour Berlin en emportant le] manuscrit.\nHuit jours après, Nourrit recevait du maître la lettre suivante :\nd'écrire la musique de votre duo et j'avoue que je n'en suis pas trop mécon-\ntent ». Aussitôt Meyerbeer de retour à Paris, on s'empressa de mettre le nou-\nveau duo à l'étude et l'on attendit que la mise en scène en eût été réglée, pour\nconvoquer au théâtre le compositeur, tant on avait peur qu'il ne se rétractât.\nIl est permis d'affirmer que sans le (( flair » de son ténor, Meyerbeer n'eût\npoint écrit ces pages immortelles qui ont si puissamment contribué à maintenir\nson œuvre au répertoire pendant plus de soixante ans !\n\nL.-A. BOURGAULT-DUCOUDRAY.\n\nMeyerbeer en Allemagne.\n\nL'œuvre posthume de Meyerbeer n'a pas encore été publiée par ses héritiers.\nQuant à son séjour artistique en Allemagne, il est important, en ce sens qu'il a\nproduit des opéras allemands (1), achevés, mais non exécutés. En outre, l'acti-\nvité du maître s'y est manifestée d'une façon nouvelle.\nCe séjour, jusqu'à l'émigration définitive à Paris, peut se répartir ainsi :\nI. Jeunesse à Berlin (leçons,de Lauska, Zelter ;le 19 octobre 1800, il s'est\nproduit pour la première fois comme pianiste ;\n11. Années d'études à Darmstadt (avril 18io avec l'abbé Vogler) (2) ;\n\n(i) Le Procès, non représenté. Le Pêcheur tt la Laitière, 26 mars, représentation anonyme à Ber-\nin. Les Amours de Thevelinde, joué à Vienne en 1815. Le Vœu de Jephtè, à Munich, 27 janvier\n1813.\nVoir le jugement de Weber sur ce point, et ce qui est dit plus loin dans la présente Revue."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "456", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.24", "texte": "MEYERBEER EN ALLEMAGNE\n\n1 111. Voyages à Munich (1) (les deux Califes, 1814, sans succès. Weber seule-\nment parvint à faire représenter cet opéra à Prague, 22 octobre 1815, et à\nVienne, où il réussit).\nA Vienne, Meyerbeer perfectionne son talent de pianiste. Ce n'est que sur le\nconseil de Salieri qu'il se décide à partir pour l'ltalie et à se vouer définitivement\nà la composition dramatique. En 1816 il arrive en Italie, et y assiste à la repré-\nsentation de Tancrède, de Rossini. Avec Emma de Roxburg il réussira bientôt\nà se faire une place à côté du maître italien.\nLe 30 août (2), l'intendant général du théâtre de la Cour à Berlin, comte\nBruhl, s'adresse au père de Meyerbeer en vue d'obtenir un opéra pour sa scène.\nIl fut d'abord question de Romilda e mais finalement on se décida\nà faire représenter Emma de Roxburg (11 février 1820). Ce fut donc la pre-\nt\nmière œuvre du Maître, dont la critique allemande seule nous a laissé des\ntraces. Un critique berlinois nous apprend que cet opéra (3) fut joué 3 fois (avec\nballet composé par le maître de chapelle Telia), et qu'il devait plaire à tous ceux\nqui ne font aucune distinction entre la musique de concert et la musique de\nthéâtre. A Stuttgard, on trouve l'œuvre composée (( au sens propre du mot ».\nLe critique de Vienne l'appelle du « Rossini mieux développé ». Déjà ici on parle\nen termes caractéristiques de « Réclame » précédant la représentation. Le chœur\ndes Juges est cité comme la partie la meilleure ; Y Allgemeine Musik Zeitung le\nfait même graver et publier. Pour m'en faire au moins une idée sommaire, j'ai\nparcouru la partition de piano (publiée à cette époque par Schmidt) de cet opéra,\nvraiment important si l'on veut porter un jugement sur son auteur. Le passage :\n(( Ah! crudele n arrestât e », prouve une sérieuse étude de la musique dramatique\nitalienne.\nEnsuite paraît l'œuvre intitulée les Croisés. Bien que dans Y Allgemeine Musik\nZeitung il soit question de la partition de piano, je n'ai trouvé à son sujet\naucune critique sérieuse, ni surtout élogieuse. Cet opéra fut joué à Berlin le\n15 octobre 1832 au théâtre Royal, et arriva jusqu'à la sixième représentation ; le\nchœur Nel silenzio fut même bissé.\nA Cassel, Spohr, qui devait le diriger le lundi de Pentecôte 1838, dut au\ndernier moment remettre à un autre son bâton de chef d'orchestre. Il en est\nquestion encore à Dresde, 14 novembre 1827 ; à Stuttgart, 1829; àLeipzig, 1830;\nà Vienne, Strasbourg et Munich, 1835.\nL'auteur déjà cité des Recherches sur Meyerbeer publie à ce sujet des lettres du\nMaître au comte Bruhl, soi-disant dans le but de montrer sous un jour favo-\nrable les intentions artistiques de leur auteur : c'est-à-dire que Meyerbeer se\nrefuse obstinément à la traduction allemande de sa partition des Croisés, et\nmotive son refus sur ce que le poème, malgré l'infinie complication du drame,\nest monotone et fatigant, qu'il manque de sens et de suite.\nCependant cet homme si indépendant de par sa fortune n'a pu être forcé par\nqui que ce soit à mettre en musique pareil texte, et ensuite... il n'a pas persisté\ndans son refus de livrer sa pièce à une scène allemande.\n\n(1) L'opéra connu sous le nom des Deux Califes y fut représenté; il était primitivement destiné\nà Stuttgard sous le titre d Alimelek.\n(2) Ce qui suit en grande partie d'après Altmann, Recherches sur Meyerbeer. (Collection de la\nI. M. G., IV, 3, p. 519.)\n(3) Comme unique opéra nouveau du Carnaval. (Voir A. M. Z.)"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "457", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.25", "texte": "MEYERBEER EN ALLEMAGNE\n\nL'opinion est plus favorable à Marguerite d'Anjou, qui eut à Munich (fé-\nvrier 1820) un grand succès : on lui trouve des idées nouvelles à profusion, du feu,\nde la vie et un mérite sérieux. A Dresde, où cette œuvre fut jouée le 20 mars\n(4 fois), on vante sa superbe inspiration, sa puissante orchestration. Toutefois à\nBerlin on lui reconnaît une •'( tendance à l'effet, qui cependant n'arrive pas à\nl'expression dramatique )). On en juge mieux à Prague : Spontini prouve sa\nsaine compréhension de l'œuvre, en la désignant pour le théâtre de Berlin (1).\nLe véritable intérêt est naturellement excité par Robert le Diable. Avant de\npasser à cette œuvre, il nous faut mettre en lumière les rapports de Meyerbeer\navec le théâtre de la Cour de Berlin. Il est heureux que dans un cahier précé-\ndent, au même endroit, Altmann ait décrit les rapports de Spontini avec ce même\nthéâtre. Les mérites de ce maître sont connus ; mais si les documents sont bien\ncompris, nous apprenons par ces dernières recherches la part active qu'il prit au\nprogrès de la vie musicale à Berlin. Par contre, il est vraiment pénible de lire ses\ndifférends avec l intendant général. Par ordre royal, Spontini avait été nommé\nDirecteur général de la musique, et on avait passé avec lui un contrat, dont\nl'intendant ignorait l'existence. Altmann prouve son impartialité en admettant\ncomme raison de ces différends le manque de précision des instructions publiées\npar lui.\nPour nous, l'importance en est plus réelle, car il s'agit de la priorité du drame\nsur l'opéra ; du reste, les écrits de Wagner nous ont édifiés sur la sagesse des\nintendants. Bref, Spontini fut congédié le 25 août 1841 et remplacé par Meyer-\nbeer le 11 juin 1842. Dès ce moment fut créée l'intendance générale de la mu-\nsique, indépendamment de celle du drame.\nOn ne peut nier que Meyerbeer ait récolté les fruits du travail de son prédé-\ncesseur, homme très capable, quoique peu pratique et de caractère violent. Tout\nau plus Spontini fut-il vengé en ce sens que Meyerbeer considérait en quelque\nsorte l'Opéra de Berlin comme une succursale de la scène parisienne.\nRobert le Diable a provoqué en Allemagne (2), au début, des critiques vraiment\nindignées ; et cette indignation n'est ni feinte, ni envieuse, mais elle découle\ntout naturellement des circonstances. Les accusations de plagiat, autrefois expri-\nmées faiblement, se font plus bruyantes maintenant que le Maître a gagné en\nimportance. Puisqu'on cite des noms de compositeurs plagiés (entre autres\nBeethoven, Weber, Stamitz) ainsi que des chansons et refrains alors en vogue,\nil faudrait une fois pour toutes faire la lumière sur cette question d'histoire mu-\nsicale.\nIl est donc important de certifier ici que,malgré un effort sincère pour apprécier\nles qualités de détail de l'œuvre, la critique allemande, de plus en plus abondante,\nn'a jamais pu s'entendre avec Meyerbeer, et je passe sous silence l'opinion bien\nconnue de Schumann, qui réduit à néant la partition des Huguenots. Un impor-\ntant journal spécial publie deux articles sur la première représentation de Robert\nà Berlin (20 juin 1832). Le premier, favorable, et signé J. P. S. (probablement\n\n( i ) Voir Altmann sur ce point.\n(2) Berlin, 20 juin 1832 (jusqu'à 1896 : 226 représentations).\n. 1832. Hambourg, Weimar.\n1832. Hanovre, Brunswick, Leipzig, Vienne (Hofopera), Karlsruhe, Brème.\n1834. Dresde, Stuttgart, Munich, Kassel, Briinn.\n1835. Prague, Darmstadt, Mannheim, etc."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "458", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.26", "texte": "MEYERBEER EN ALLEMAGNE\n\nFauteur de la réduction de piano d'Emma de Roxburg), s'efforce d'y trouver des\nparties louables, sans parvenir toutefois à nous donner une impression vivante\nde la représentation.\nQuelques détails, tels que la trompette chromatique dans la boîte du souffleur,\nne peuvent vraiment figurer ici qu'à titre de curiosité. Le deuxième article débute\npar cette devise : Quousque tandem ? Ma tâche n'est pas d'enregistrer toutes les\ninjures adressées au Maître, et, du reste, loin d'attacher de l'importance à toutes\nles épithètes indignées des critiques d'alors, je ne veux en rechercher que le\ncôté sérieux et caractéristique : tel est le blâme de l'instrumentation, de l'emplol\ndes timbales pour les passages de douceur, des flûtes et instruments à vent aux\nendroits retentissants. Aujourd'hui encore j'éprouve pareille impression à celle\ndes critiques du temps ; je renvoie à l'lntroduction des Huguenots.\nIl est certain qu'en Allemagne un artiste est jugé d'après la phase de dévelop-\npement qu'il traverse. Dès l'apparition des premières œuvres de Meyerbeer, les\ncritiques se demandent si ses effets pourront aller en augmentant ; ils font un\nretour sur les œuvres passées et comparent Robert aux Huguenots (i). Je trouve\nici le second reproche, qui aujourd'hui encore est bien compréhensible (2) :\nMeyerbeer ne développe pas ses idées, mais les répète à l'infini.\nCette opinion est exprimée de façon peut-être un peu vive, mais bien conforme\nau sentiment allemand : « Tout Robert n'est qu'un bal masqué où tournoie une\npoussière d'idées, et où l'on danse ! ))\nPour l'Allemagne, les Huguenots sont avec Y Africaine l'œuvre la plus impor-\ntante du Maître. C'est de Paris maintenant qu'arrivent aux journaux spéciaux les\ncritiques toutes faites, et une fois de plus nous avons l'avantage de choisir entre\nplusieurs critiques différentes d'une seule et même publication.\nNous y voyons qu'à cette époque l'Opéra à Paris avait atteint le point culmi-\nnant de sa splendeur.\nLe journaliste, tout en remarquant judicieusement qu'en France « la religion\nest traitée avec une chevaleresque indifférence », reçoit du Choral « Ein feste\nBurg », une impression de profonde gravité, de piété recueillie. Cette opinion\ndoit être produite par la remarquable supériorité en France des instruments à\nvent, dont le jeu expressif me surprend aujourd'hui encore à Paris.\nJusqu'à présent je n'ai trouvé aucun article allemand qui se soit attaché à rele-\nver ce point ; par contre, toutes les innovations de Meyerbeer, dans ses opéras,\nsont vivement critiquées.\nLe 4e acte des Huguenots a valu à son auteur une véritable gloire en Allema-\ngne. A propos du duo du 3e acte, nous lisons : Jusqu'à présent Meyerbeer n'avait\npas réussi à trouvera dans un élan mélodieux des accents aussi expressifs ».\nLe hasard m'a amené à expliquer une partie de ce 4e acte à des élèves de\nl'Académie de Munich. On n'arrive vraiment à la complète appréciation de la\nméthode du Maître que lorsqu'il faut, par des exemples si probants, convaincre\nde la nécessité du travail des esprits auxquels le rythme même en musique\nest chose inconnue. Tous les opéras de Meyerbeer [h l'exception peut-être des\nHuguenots) auraient disparu de la scène, que ses œuvres serviraient longtemps\nencore de (( grammaire dramatique ».\n\n(1) D'après mes recherches dans les journaux.\n(2) Exprimé à l'occasion du duo."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "459", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.27", "texte": "MEYERBEER EN ALLEMAGNE\n\nJ'ai sous les yeux deux appréciations bien différentes publiées par un même\njournal spécial : une critique de dilettante, exubérante d'enthousiasme, relève\ncependant des longueurs de texte, « un sentiment traînant )), et traite même l'air\nconnu de Marcel au icr acte d' « aberration capricieuse ». La seconde critique,\nquoique très élogieuse, est sans valeur, parce qu'elle ne repose pas sur l'impres-\nsion scénique.\nNous trouvons à Leipzig un jugement plus sérieux.\nLa représentation des Huguenots, troublée le 9 avril 1837 par 1 indisposition\nd'un artiste, eut lieu dans de bonnes conditions le 15 avril.\nA la vérité, l'opéra fut trouvé plus « en dehors », plus « agissant sur les sens »\nque Robert ; par contre, l'impression réelle en est ainsi caractérisée : (( plus\ngigantesque, plus pénétrant, plus aigu, plus mordant ». Ce sont les opinions\nvenant de Paris qui se retrouvent dans cette critique.\n11 semble que l'harmonie et la rythmique énergique de Meyerbeer aient enfin\ndélivré chacun des molles mélodies italiennes.\nNous pouvons dire en passant que, non seulement Schumann, mais d'autres\nencore, se sont trouvés froissés à l'extrême par le sujet des Huguenots : un jour-\nnaliste dit à ce sujet, non sans raison, que les Huguenots ont dû être confondus\navec les Hussites.\nMais la véritable hostilité de la critique allemande éclate surtout après la\nreprésentation du Prophète.\nCette hostilité est absolument légitime, car avec cette œuvre Meyerbeer va\nviolemment à l'encontre d'un mouvement esthétique en vogue en Allemagne à\nce moment.\nAvec Weber, le règne de l'opéra italien était détruit, et de tous côtés s'éveil-\nlaient les désirs de voir renaître l'opéra allemand. En même temps, l'apparition\nde quantité de compositions nouvelles pour musique symphonique de concert\navait affiné le goût, qui de plus en plus se portait vers des formes plus fines,\nplus délicates. Et cinq actes (même ceux du Don Juan de Mozart) paraissent longs\nà un public désireux de reposer son oreille fatiguée par un dialogue interrom-\npant la musique de temps en temps. Avec beaucoup de raison, un critique déplore\nla plate transformation de l'opérette allemande en vaudeville (Flotow).\nLe Prophète est précisément la contradiction de tous ces dires : car dans cette\nœuvre, la Marche du Sacre est le pivot autour duquel tourne toute la pièce. Le\ncritique de la ire représentation à Dresde caractérise ainsi l'intention de l'auteur :\n(( Au lieu d'une impression esthétique, c'est Y ivresse qu'il a voulu communiquer\nà son auditoire. »\nJe veux encore répéter ici deux jugements typiques ; le Signal écrit: « Nulle\npart nous n'apercevons le Génie véritable, cette force primordiale de celui qui\ntoujours crée, toujours renouvelle. Qui ne connaît ces fausses cadences finales,\nces chutes tonales trop souvent employées et si monotones à la longue, aussi ces\ntransformations rythmiques et harmoniques, avec leur développement souvent\nsi pénible, et bien d'autres curiosités musicales encore? Tantôt l'orchestre est un\nvolcan en ébullition, tantôt il n'est qu'un léger bruissement et se réduit à la\nmaigre gracilité de quelques instruments. »\nVoici ce que dit un critique à propos d'une représentation de Y Etoile du Nord\n(1855): (( Il n'est pas douteux que Meyerbeer soit un musicien dramatique de\nrace, je veux dire qu'il en possède l'étoffe. Nous avons toujours pensé qu'en se"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "460", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.28", "texte": "MEYERBEER ET WAGNER\n\njetant dans les bras de la France, Meyerbeer a perdu la conception véritable de\nla musique dramatique, ainsi que ses maximes et conséquences, qu il a appris à\ndédaigner la sincérité de 1 effort artistique, le don entiei de soi à son oeu\\ie, à\nl'exclusion de tout autre motif, la vérité dans le fond et dans la foi me. L Ftoile\ndu Nord nous en donne la certitude absolue, et ce n est pas sans tristesse que\nnous nous séparons d'un tel esprit »...\nIl faut avoir été en France et avoir parcouru une paitition fiançaise des\nHuguenots pour comprendre que Meyerbeer peut être apprécié hautement à titre\nde problème de race, mais qu'il faut le renier comme Allemand. C est ainsi\nqu'à Paris la valse de Faust de Gounod est très bien comprise, tandis que\nnous la trouvons exécrable, et cette différence ne résulte pas le moins du monde\nde l'exécution technique de l'œuvre.\nSi nous résumons ce qu'en Allemagne il peut y avoir à dire sur Meyerbeer,\nnous devons regretter que la scène française, si brillante à cette époque (1828,\nMuette ; 1830, Guillaume Tell), nous ait enlevé notre maître, qui, par son origine,\nsa fortune et son intelligence, s'est senti destiné à un rôle international, auquel\nl'Allemagne, ne pouvait, à cette époque, prendre aucune part.\n\nDr FRITZ BRüCKNER.\n\nMeyerbeer et Wagner.\n\nMeyerbeer, que Ton déprécie parfois injustement, n'a-t-il pas exercé une cer-\ntaine influence sur Wagner ? L'auteur de Tanhàuser et de Lohengrin ne lui\ndoit-il pas quelque chose ?\nMeyerbeer est aujourd'hui le musicien le plus décrié ; ceux dont il est convenu\nde dire qu ils mènent le mouvement musical n'ont pas assez d'épithètes mépri-\nsantes pour le qualifier, et lui, qui bénéficia vivant des succès les plus considé-\nrables, se trouve relégué maintenant tout à fait au second plan. Il est incon-\ntestable que Meyerbeer ne mérita jamais la gloire universelle qu'il obtint à\nun moment donné, il est non moins certain que ce furent jadis Schumann (i)\net les critiques de Leipzig (2) qui avaient raison contre les panégyristes ; mais\nil est non moins indéniable que Meyerbeer occupe une place essentielle\ndans l'évolution de la musique dramatique, et que le dédain, un peu\nconventionnel peut-être, sous lequel on l'accable à présent est injustifié et pro-\nvient d'un évident parti pris, sinon d'un malentendu.\nL'action de Meyerbeer est absolument évidente. Il a non seulement exercé une\ninfluence caractérisée sur les musiciens de son temps, mais aussi sur le goût\nmusical public, c'est-à-dire sur ceux que la musique intéresse en dehors du\nthéâtre. Schumann en gémissait assez (3). Peu de compositeurs dramatiques de\n\n(1) L'égide de Schumann sur les Huguenots est évidemment trop sévère ; n'empêche qu'il\ny fait de bien exactes constatations. « Son manque de style et d'originalité sont aussi absolus que\nson talent adroit à apprêter, à rendre brillant, à traiter dramatiquement, à instrumenter... »\n(Gesammelte Schriften, édition Jansen, tome 11, page 62.)\n(2) Suivant eux, sa méthode actuelle est un alliage dont les éléments sont plutôt juxtaposes\nque fondus. (Un homme de rien. Meyerbeer ; page 33. Paris, 1841.\n(3) Voir Gesammelte Schriften, édition Jansen, tome 11, page 34."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "461", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.29", "texte": "MEYERBEER ET WAGNER\n\n.a période 1835-1880 ne lui doivent quelque chose. Berlioz (voir le finale de\nRoméo notamment, directement inspiré des Huguenots), Donizetti [Don Sébastien),\nGounod, Halévy (Meyerbeer à son tour fit à celui-ci quelques emprunts), A.\n1 homas, Mermet, Massenet, Paladilhe, Reyer lui-même, ont subi son empire ;\nc est certes un peu par lui aussi que Verdi transforma sa première manière et\nécrivit les Vêpres Siciliennes, Don Carlos, Aïda.\nWagner lui-même fut, à une certaine période au moins, attiré par Meyerbeer.\nMax Kalbeck, le critique musical viennois, a publié dans le Neues Wiener Tag-\nblatt (31 octobre 1902) un fragment d'article datant de 1841 et où celui qui devait\nécrire le Judaïsme dans la musique célèbre sur le ton le plus emphatique la gloire\nde l'auteur des Huguenots, insiste sur son caractère (( profondément allemand »\net déclare que son style, qui fut auparavant sous /' influence des plus diverses écoles,\ns est élevé à Vindépendance idéale et pure... Il yen a plusieurs pages sur le même\nton. Cet article ne parut pas à l'époque et n'a jamais été publié du vivant de\nWagner... Toutefois Wagner n'était pas homme à écrire absolument le con-\ntraire de ce qu il pensait, et une bonne partie de l'article reflète au moins un des\ncôtés de son opinion momentanée. Certes, Wagner n'a jamais (( aimé )) Meyer-\nbeer, il était trop intimement, trop profondément Allemand pour cela ; mais il\nfut au début ébloui, fasciné par le prestige qui s'attachait à ses œuvres, par la\nmagnificence des spectacles de l'Opéra de Paris et il exagéra la louange par désir\nde réussir de même, par envie de bénéficier de similaires avantages, comme\nplus tard il accentua la note contraire (1). Wagner fut-il par la suite si exagéré-\nment injuste envers Aleyerbeer ? Hanslik (Ausdem Tagebuche eines Musikers) cite\ntriomphalement cette phrase extraite d Opéra et drame : « Dans la musique\nmeyerbeerienne se manifeste un vide si effrayant, une telle fadeur, une telle\nnullité artistique, que nous sommes tentés d'égaler à zéro son aptitude musicale\nspécifique. »Ce que Hanslick néglige depréciser, c'est que Wagnerdit surtout cela\ncomme argument à la thèse qu'il expose, et qu'il ajoute plus loin, dans le même\nintérêt, que Meyerbeer a trouvé au 4e acte des Huguenots, (( le plus riche, le plus\nnoble et le plus pathétique accent musical )), et l'on ne peut réellement lui en vouloir\nd avoir parlé de la pauvreté misérable (bettelhaften Armut) de la musique meyer\nbeerienne quand on songe à certains « seconds actes )) de ce répertoire. En réa-\nlité, Wagner a été moins sévère pour Meyerbeer que Schumann écrivant par\nexemple : « Je méprise cette gloire meyerbeerienne du plus profond de mon\ncœur » (Gesammelte Schnften, p. 64). Peut-il vraiment être question de l'in-\nfluence de Meyerbeer sur Wagner ? Il semble assez difficile de le préciser. En\nprincipe, un inventeur bénéficie toujours plus ou moins des découvertes faites\npar ses prédécesseurs : il faut toutefois constater que Meyerbeer a fort peu décou-\nvert : il a surtout su mettre à profit les multiples intentions et inventions des\nmusiciens les plus divers, il est essentiellement un résultat d'influences (( et pour\n\n(1) Hanslick,au chapitre « Meyerbeer » dans.4«s dem Tagebuche eines Musikers, parle aussi de\ncet article, dont 1 original appartient à M. Lippmansohn, à Berlin.\nOn a beaucoup parlé de l'ingratitude de Wagner envers Meyerbeer ; peut-être s'exagère-\nt-on les services que ce dernier lui rendit. Meyerbeer garda-t il ensuite réellement le silence neutre\nque lui prêle notamment Mendel ? Les biographes ne sont pas d'accord à ce sujet. Pour les\nrapports entre Wagner et Meyerbeer, voir spécialement : Hermann Mendel, Meyerbeer, sein Leben\nund W'irken, Berlin, 1869 (PP* 9° et suiv.) ; Dr J. Schucht, Meyerbeer s Leben und Bildungs-\ngang, Leipzig, 1869 (chap. 20) ; Blaze de Bury, Meyerbeer et son temps, Paris, 1865 »\nDr A. Kohut, Meyerbeer, Leipzig (p. 78)."}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "462", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.30", "texte": "MEYERBEER ET WAGNER\n\npréciser, nous devons dire que c'est à travers Meyerbeer que des hommes comme\nGluck, Spontini, Rossini, Auber, etc. (Schumann en cite bien d'autres), eurent\npeut-être le plus d'action. )) Hanslik écrit que sans Meyerbeer, et Tann-\nhceuser eussent difficilement existé [ans dem Tagebuche) ; il affirme même une\nautre fois (Moderne oper, p. 139) que sans l'antériorité meyerbeerienne (( on\nne pourrait même supposer Tannhœuser et le Vaisseau Fantôme )). Cela\nparait fort exact au premier abord, surtout en ce qui concerne\nnous devons à la vérité de constater que Wagner, qui s'était appelé en 1842 (( le\nplus sincère élève de Meyerbeer », avait pour Spontini une profonde admiration.\n(Voir dans ses Gesammelte Schriften : Souvenirs sur Spontini.) C'est Meyerbeer\nqu il a suivi en choisissant un sujet historique à grande mise en scène, en ac-\ncentuant le tapage des extériorités ; mais Meyerbeer n'est pas seul responsable\nde\ntini... ? Hanslick dirait donc peut-être plus justement que sans Spontini notam-\nment, Meyerbeer aurait probablement bien moins donné à Wagner l'occasion\nde l'imiter dans (facture à part : c'est d'ailleurs au Prophète, qu'il précéda\nde sept années, que cet ouvrage ressemble le plus'. En ce qui concerne Tann-\nWagner l'eût certes traité autrement sil n'avait connu le grand\nopéra français, et certaines formes de cet ouvrage en dérivent apparemment ',\nmais 1 influence meyerbeerienne est ici plus encore qu'ailleurs purement exté-\nrieure, et la suggestion de Weber beaucoup plus prépondérante. Il y a du\nMeyerbeer dans le finale du premier acte, dans le défilé, la marche (qui est\nd'ailleurs un peu une réminiscence mendelssohnienne) et le finale du second ;\nmais le sublime sentiment poétique, mais tout ce qui fait de cette partition une\ndes plus élevées créations du maître vient d'ailleurs, et la différence de point de\nvue qu il y a toujours entre Meyerbeer et Wagner a bien été établie par Camille\nBellaigue lorsqu il écrivit : (( De l'idée religieuse que Wagner lui-même, le\nWagner de Parsijal, devait prendre un jour pour thème de ses imaginations\nsublimes et de ses attendrissantes rêveries, de cette idée le Meyerbeer du Pro-\nphète et des Huguenots surtout a fait un ressort dramatique, un principe d'action\npar lequel on vit, pour lequel on tue et pour lequel on meurt. » (Portraits et\nsilhouettes de musiciens, Paris, 1896.) T annhœuser pourrait, à la rigueur, avoir\nquelques points de contact avec Robert le Diable ; la scène dernière de cet opéra\na peut-être un peu influencé Wagner en ce qui concerne le finale de son drame.\nMais, s'il y a des analogies, quelles différences !\nEst-ce que, moralement et psychologiquement, tout ne sépare pas Wagner\nde Meyerbeer ? Le premier était, voulait encore plus être une manifestation\nessentiellement germanique, tandis que l'autre, au contraire, était un cos-\nmopolite qui essaya, non pas en réalité d'amalgamer, mais de faire valoir tour\nà tour en un ensemble composite les styles musicaux les plus dissemblables\nd Allemagne, de France et d Italie. Comparez d'ailleurs leur mélodique : en\ndehors de quelques phrases splendides dont ses partitions essentielles contien-\nnent toutes un certain nombre, Meyerbeer abuse du refrain, du motif pimpant\nqu il emprunte carrément à Auber, en l'alourdissant ; il développe à peine la\nphiase, en soude plusieurs sans façon bout à bout, ne s'inquiète pas le moins\ndu monde du rapport exact qu il doit y avoir entre le mot et la note. On se de-\nmande parfois si la mélodie a vraiment été écrite sous les paroles entendues. Or\nce sont justement les qualités contraires qui caractérisent"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "463", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.31", "texte": "MEYERBEER ET WAGNER\n\ndélaie et étend, étend un motif jusqu'à la dernière limite. On ne saurait d'ail-\nleurs mieux comparer la manière de procéder des deux compositeurs qu'en\nétablissant un parallèle entre les façons dont chacun travaille un motif iden-\ntique. Rapprochez en effet le thème du tournoi, du 2e acte de Robert, des deux\npremières mesures de l'ouverture des Maîtres Chanteurs !...\nL'étude de leur mélodique est des plus significatives pour préciser à quel\ndegré Meyerbeer et Wagner sont, sous certains rapports, étrangers l'un à l'autre.\nMeyerbeer a souvent de beaux débuts de phrases, il a quelquefois de superbes\naccents, mais il adore les rythmes vulgaires, l'éclat trivial, les couplets secs ;\nde plus, il sait peu développer une mélodie ; ses inspirations sont morcelées,\nfaites de bribes et de pièces, il ne sait pas dégager la conséquence naturelle, en\nun mot faire aboutir un thème ; de plus, il se soucie de faire briller l'interprète\net sacrifie le chant au chanteur.\nWagner, lui, possède ces facultés à l'excès ; il les exagère môme ; peu de\nmusiciens savent comme lui faire valoir un motif; mais la couleur est tout\nautre. Les inspirations de Wagner sont beaucoup plus capiteuses, sa phrase\nest celle d'un symphoniste ; il a l'amour du chromatique, dont Meyerbeer\nn'use presque pas ; enfin il n'écrit jamais de (( rôles )) et veut des interprètes.\nCe qui sépare particulièrement Meyerbeer de Wagner, c'est que chez\ncelui-ci les événements extérieurs sont, sinon négligés, du moins tout à fait mis\nen arrière, tandis que chez le premier ils représentent l'intérêt à peu près\nunique et la raison d'être même de l'ouvrage. Wagner veut dégager la synthèse\nmême du sujet qu'il traite, en extraire les divers sentiments latents, ne pas\nseulement faire mouvoirl'apparence extérieure de figures plus ou moins conven-\ntionnellement déterminées, mais nous initier à leur nature même et à ce qu'elles\nreprésentent et signifient. Meyerbeer fait bénéficier 1 intrigue de l'intérêt des\npersonnages ;il nous campe ces derniers dans l'attitude qui convient le plus\naisément au mouvement scéniqueet ne s'inquiète pas le moins du monde de leur\ncaractère et de leur signification. Ce sont de vagues silhouettes qui servent à\ntoutes fins.\nPour ce qui est de Y expression, Meyerbeer et Wagner sont également très éloi-\ngnés l'un de l'autre :le premier ne s'attarde jamais,aie talent de frapper par une\nnote brève et un cri juste; l'autre dilue, prolonge. Meyerbeer excelle dans l'in-\nterjection soudaine, Wagner dans la progression lente ; l'un agit rapidement,\nl'autre expose : l'un saisit et décore, le second rêve, contemple et explique.\nMeyerbeer enfin a une certaine familiarité de langage. (Parlant d'un refrain\nmeyerbeerien, Lionel Dauriac emploie les termes suivants : (( La marque de roture\nreste ineffaçable )), dans la Psychologie de Vopéra français, Paris, 1897, p 100.)\nWagner est toujours un peu emphatique ; c'est le lied germain quelquefois\nteinté d'italianisme, la déclamation majestueuse unie à la symphonie, c'est enfin\nun complexe qui analyse et exprime des situations et des états d'âme avec des\nréflexions de philosophe. Il y a chez Wagner un fataliste, un ambitieux, un\nprodigue ; Meyerbeer a le génie clair et pratique ; il présente admirablement\nson affaire, il est habile au suprême degré, il ménage ses effets, son public,\net sait comme nul autre déguiser ses défauts, pousser ses qualités et tirer parti\nde tout. Que conclure de tout cela ? Ayant constaté les considérables diver-\nsités morales, psychologiques et sentimentales des deux compositeurs, devons-\nnous finalement déclarer que Wagner ne doit rien à Meyerbeer? Nullement."}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "464", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.32", "texte": "MEYERBEER A PARIS\n\nCette influence fut évidemment diffuse, et Wagner ne la subit qu'involontaire-\nment ; n'empêche que c'est à cause de Meyerbeer, sinon par lui absolument,\nqu'il suivit sa première voie, et que c'est ce dernier qui lui donna l'ocasion de\ndévelopper et de modifier certaines formes. En réalité, les constructions de\nWagner ont bénéficié des (( châssis )) de Meyerbeer ; celui-ci lui donna éga-\nlement l'amour des grandes machines scéniques, des mouvements de masse.\nWagner se souvient involontairement de Meyerbeer, presque chaque fois qu'il\ntraite des ensembles.\nAbsolument séparés par leur tendance objective, ils se rencontrent en défi-\nnitive sur le même terrain parce qu'ils ont choisi un champ d'action iden-\ntique : le théâtre.Tous deux voulurent faire du drame, c'est-à-dire émouvoir des\nfoules ; ils virent les choses à des points de vue absolument différents ; mais en\nsomme Wagner aspire par des moyens plus élevés à l'effet que Meyerbeer ob-\ntient par des procédés plus gros, et Max Kalbeck n'a pas absolument tort\nlorsqu'il conclut (article cité plus haut) : (( La musique de Wagner se rapporte\nà celle de Meyerbeer comme un tableau à l'huile, dont les couleurs se di-\nlueraient dans des demi-teintes innombrables, à une fresque brossée d'un pin-\nceau large et énergique. ))\n\nE. DE SOLENIÈRE.\n\nMeyerbeer à Paris.\n\n(NOTES).\nUn de nos amis, dont nous aimons à interroger l'expérience, et qui dissimule trop modeste-\nment sous un pseudonyme une grande connaissance des choses du théâtre, veut bien nous\nadresser la lettre suivante :\nVous me demandez, mon cher ami, quelques souvenirs sur Meyerbeer ; c'est\ntoute ma jeunesse que votre lettre a fait revivre, en imagination, hélas! Je ne\nsuis pas encore assez « ancêtre » pour avoir\nassisté à la première de Robert ; mais j'ai\nvécu dans l'intimité de personnes qui avaient\nreçu l'impression directe de cette grande\népoque; et aujourd'hui encore les noms de\nNourrit, de Damoreau, de Taglioni, de tant\nd'autres grands artistes, ont sur moi un\npouvoir d'évocation magique : ils ressusci-\ntent un passé de gloire, d'enthousiasme,\nd élégance romantique, d art tout à fait (( Re-\nnaissance », et de beauté. Mais rassurez-\nvous, je ne vous infligerai pas la lecture d'un\nsimple panégyrique. Je sais que les grands\nhommes ont leurs faiblesses; je vous parle-\nrai de celles de Meyerber, bien que je sois\nun de ses admirateurs.\nIl faut cependant être juste. On a reproché\nà l'auteur des Huguenots d'être un peu... comment dirai-je?... «faiseur»,\nmais pas au sens où les Grecs prenaient ce mot pour désigner le poète. Au\n\nMeyerbeer à 20 ans."}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": "465", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.33", "texte": "MEYERBEER A PARIS\nR. M.\n36\n\nrisque de vous sembler paradoxal, je n'hésite pas à expliquer toute cette partie\nun peu fâcheuse clu caractère de Meyerbeer par l'influence qu'exerça sur lui son\npremier maître, l'abbé Vogler. Il y a sur cet abbé Vogler, grand entrepreneur\nde choses musicales, des jugements de\nMozart bien sévères, qui ont été réunis par\nM. Otto Jahn, au 2e volume de son classique\nouvrage (p. 765). cc M. le vice kapellmeister\nVogler, écrit Mozart, est un bouffon musical\ncreux (ein oder musikalischer Spassmacher ).\nIl apprend beaucoup plus à compter qu'à\ncomposer ; il se vante en effet de former un\nchanteur en 3 semaines, un compositeur\nen 6 .. » Cet abbé, qui savait l'art de la\nfugue, qui était fort habile, et inventait à\nchaque instant des nouveautés retentis-\nsantes, à la Fétis, a écrit un opéra comique,\nla Kermesse de la foire flamande, tombé en\n1783, et que Grimm juge ainsi dans la Cor-\nrespondance littéraire (XI, p. 466) : «... C'est peut-être ce qui a été donné depuis\nlongtemps de plus trivial. )) Tel est cependant le maître à l'école duquel fut\nélevé celui qui plus tard devait disputer à Rossini la gloire d'être, au théâtre, le\npremier musicien de son temps. Comment oublier que son condisciple, à cette\nmême école Vogler, fut Weber,\nl'auteur du Freischïit4, plus âgé de\n10 ans ? Une étroite amitié lia les\ndeux grands musiciens ; mais quelle\ndifférence entre ces deux natures!\nL'un, Allemand obstiné, et Alle-\nmand romantique par-dessus le\nmarché; l'autre, souple et divers,\ncosmopolite, et d'éclectisme un peu\nflottant ; tous deux inspirés sans\ndoute et merveilleusement doués,\nmais l'un ayant au plus haut degré\nle sens de l'orchestre et le génie de\nla couleur instrumentale, l'autre\nsacrifiant volontiers la symphonie\nà l'effet purement vocal. Je ne sais\nrien de plus brillant, malgré l'oppo-\nsition et l'évidente inégalité des\ndeux génies, que les ouvrages de ces deux Maîtres.\nMeyerbeer se rajeunissait volontiers. Eugène de Mirecourt, en rapports suivis\navec lui au moment où il préparait sa biographie, nous dit : « Né à Berlin le\n5 septembre 1794. » La date exacte a été donnée « d'après les registres delà com-\nmune israélite de Berlin » par un des secrétaires de Meyerbeer, Johannès W eber,\nl'ancien critique du Temps : c'est le 23 septembre 1791- Je ne vous rappellerai\npas les succès que l'élève de Lauska et de Clementi obtint, tout enfant, comme\npianiste prodige, obligé cependant, à Vienne, de battre en retraite devant\n\nL'abbé Vogler, maître de Meyerbeer.\n\nC. M. Von Weber. condisciple et ami de\nMeyerbeer."}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": "466", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.34", "texte": "MEYERBEER A PARIS\n\nIlummel, qu'il devait bientôt surpasser, après un labeur obstiné de six mois. Je\nme bornerai à quelques faits qui ont marqué sa carrière dramatique, laissant aux\nprofessionnels le soin de l'apprécier artistiquement.\nAu cours de ses succès en Italie, Meyerbeer avait eu pour interprètes les plus\ncélèbres artistes de la péninsule : Mme Pisaroni dans Romilda e Costanza (Padoue,\n1813) ; Mme Carolina Bassi dans Semiramide mconosciuta (Turin, 1819) ; Levas-\nseur, pour ses débuts italiens dans Margherita d'Angiu (Milan, 1820) ; Labla-\nche et Mme Pisaroni, dans VEsnle di Granada (Milan 1822» ; enfin Mme Meric-\nLalande dans Crociato in Egitto (Venise, 1824). Lorsque le surintendant des\nthéâtres de Paris, Sosthènes de la Rochefoucauld, écrivit à Meyerbeer sur le\ndésir exprimé par Charles X, le compositeur n'hésita pas un instant, et vint mon-\nter aux Bouffes le Crociato, son dernier et son plus grand succès. Mais ce n est\nqu'en 1830 après son mariage, qui eut lieu en 1827 qu'il revint en France\npour les répétitions et la mise en scène de Robert le Diable, qu'il voulait diriger\nlui-même. C'est alors qu'il transforma son nom de Jacob en Giacomo, au grand\nscandale de son ami Weber.\nA l'époque où Meyerbeer arrivait à Paris, le vent soufflait aux révolutions\nlittéraires, musicales, politiques. Le maestro se jeta résolument dans la mêlée,\ndevinant que le Romantisme convenait à son tempérament et lui offrirait l'occa-\nsion de développer ses qualités dramatiques. Auber, avec la Muette de Portici,\net Rossini, avec Guillaume Tell, venaient d'ouvrir une voie nouvelle ; mais il y\navait encore à faire après eux ou à côté d'eux.\nLe collaborateur principal de Meyerbeer fut Scribe, qui signa presque tous les\nopéras du Maître. Les autres ne furent que des sous-ordres malgré leur noto-\nriété personnelle : C. Delavigne pour Robert le Diable ; E. Deschamps, l'ai-\nmable poète, pour les Huguenots ; - Jules Barbier et Michel Carré pour le Pa>-\ndon de Ploermel. Scribe prit pour lui seul la responsabilité du Prophète, de\n1 Etoile du Nord et de 1 Africaine. Chose curieuse, ce fut Scribe, le plus bour-\ngeois des écrivains, qui donna à son compositeur, pour Robert et les Huguenots,\ndes livrets romantiques à souhait, et qui, malgré la vulgarité de son style et\nla pauvreté de ses rimes, contribua pour une part que l'on ne saurait nier au\nsuccès toujours constant du répertoire de Meyerbeer !\nPuisque je parle des collaborateurs littéraires de Meyerbeer, il n'est que juste\nde dire quelques mots de Gouin et d'Auguste, qui furent eux aussi, à leur façon,\ndes collaborateurs dont le maître appréciait les services. Le premier, Gouin,\npréparait les traités avec les éditeurs, entretenait les relations avec la presse,\nrendait visite aux artistes et réchauffait leur zèle, faisait enfin tout ce que Meyer-\nbeer, par dignité ou par empêchement, ne pouvait faire lui-même. Quant au\nsecond, Auguste, c'était tout simplement le chef de claque de l'Opéra; mais quel\nchef, et quel claqueur ! On savait que pendant les répétitions Meyerbeer n'hési-\ntait pas à prendre les avis d'Auguste. Il arriva même que certains morceaux\nfurent supprimés, qui paraissaient dangereux à ce prudent conseiller :\n« Il s'y connaît mieux que moi », disait plaisamment l'illustre compositeur.\nHenri Heine raillait impitoyablement son coreligionnaire et compatriote du\nsoin avec lequel il surveillait les petits côtés de son œuvre : « Qui donc s'occupera\nde sa gloire quand il sera mort? )) disait-il. Meyerbeer comptait certainement\nque ses œuvres seraient suffisantes pour suppléer à son absence."}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": "467", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.35", "texte": "MEYERBEER A PARIS\n\nOn sait que Rossini et Meyerbeer, très bons amis en apparence, se détestaient\n™ Et' *«•,. « * nombreux souvenirs\"; témois„e„, de ce„e\nvalue fâcheuse mais bien humaine. Rossini. très fin et très mordant, ne se\nf a Pas Pour faire connaître ce qu'il pensait de son confrère, sous une forme\numonstique. Un certain jour que plusieurs amis le pressaient de donner une\nsuite a sonchef-d œuvre, Guillaume Tell : « Patientez, faites comme moi : j'attends\n\"\" u attendez-vous donc — Que les Juifs aient fini leur sabbat ! » Tou-\ntefois cela se passait en l'absence de Meyerbeer. Voici qui est plus direct. Un\nsoir que les deux rivaux assistaient à une représentation des Huguenots, Meyer-\nbeer, très aimable, interrogeait : « Pourquoi, cher ami; ne pas nous donner\" un\nnouveau chef-d œuvre.- »Et Rossini de répondre : « Vous vovez bien que ces mms-là\n-il indiquait du geste tout l'orchestre - n'entendent plus rien à la musique. »,\nMeyerbeer prenait sa revanche de façon plus discrète. Il payait, disait-on, des\nspectateurs pour aller somnoler aux opéras de Rossini. Parfois même il jouait\nui-meme le rôle de dormeur. Jules Sandeau, se trouvant à une représentation\nce Semiramide aux Bouffes, vit Meyerbeer applaudir frénétiquement Mme Bosio,\nque sans doute il voulait ménager ; mais dès que l'artiste eut cessé de chanter',\ne maître ferma les yeux et parut plongé en un profond sommeil. « Voici Meyer-\nbeer qui s économise un dormeur ! » murmura Sandeau à l'oreille de son voisin.\nujourd hui, les deux maîtres réconciliés figurent côte à côte en notre Aca-\ndémie nationale de musiq ue et de danse. Meyerbeer a son buste en bronze doré\ndans 1 un des œils-de-bœuf de la façade.\nMais il est temps de parler des opéras de Meyerbeer.\nRobert le Diable, 1831. — On était alors, je vous l'ai dit, en plein romantisme.\nAlexandre Dumas donnait, cette année-là, Antony à la Porte Saint-Martin ( 3 mai),\nRichard d Arlington(même théâtre, 10 décembre), et Charles VU à l'Odéon\n(22 octobre)... Le public était tout préparé pour Robert le Diable, premier opéra\ninédit de Meyerbeer à Paris.\nA la suite de la Révolution de 1830, l'Académie royale de musique était devenue\nentreprise particulière dépendant du ministre de l'intérieur.\nLe D1 Véron fut nommé directeur (2 mars 1831) et trouva le Diable\ncans son cahier des charges. Il n'en témoigna qu'une médiocre satisfaction Cet\nouvrage, qui devait faire sa fortune et celle de l'Opéra, ne lui inspirait pas\nconfiance ; il est même à peu près démontré que si le compositeur, heureusement\nfort riche et généreux, n'avait pas avancé une trentaine de mille francs au rusé\nc octeur, Robert le Diable eût été remis aux calendes. Meyerbeer écrivit à ce sujet\nune lettre fort élogieuse qui parut dans les Mémoires d'un Bourgeois de Paris, et\ndéclara fausses « ces rumeurs accréditées par une foule de journaux d'après\nlesquelles vous n'auriez monté Robert le Diable que malgré vous... ; d'après les-\nquelles j'aurais même été obligé de payer de mes deniers personnels l'orgue\nemployé au 5e acte de cet ouvrage..., etc. » Mais cette lettre, datée du 9 février\n1854, a 23 ans de distance, indique seulement que le docteur Véron\navait sur le cœur ce fameux orgue qu'on ne cessait de lui rappeler, et que Meyer-\nbeer usait au besoin de magnanimité. Quand on interrogeait le maître dans l'inti-\nmité, ses dénégations étaient plutôt timides."}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": "468", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.36", "texte": "MEYERBEER A PARIS\n\nToutefois, les questions d'intérêt réglées entre les intéressés, Yéron fit bien\nles choses. Vous savez que Robert le Diable avait tout d'abord été traité en opéra\ncomique. Il en résulta des hésitations pour la distribution des rôles. Ainsi le\nrôle de Bertram était primitivement échu au baryton Dabadie; c est Véron qui\ndécida Meyerbeer à modifier pour Levasseur ce rôle de basse qui prit une impor-\ntance capitale.\nMme Schrœder-Devrient, artiste de talent, devait interpréter le personnage\nd'Alice, et au dernier moment se retira. Ce fut alors Mme Dorus qui créa le rôle\navec succès. Mais à partir de la trentième, Mme Falcon, l'incomparable canta-\ntrice, qui chantait de deux jours l'un, finit par éclipser complètement la créatrice.\nNourrit prit le rôle de Robert et lui imprima un cachet ineffaçable. Mme Damo-\nreau était supérieure dans la princesse Isabelle. Enfin Lafont, excellent artiste\nde second ordre, tenait le personnage de Raimbaud. Mme Taglioni, l'inoubliable\nballerine, Mmes Montessu, Noblet et Julia étaient àla tête du corps de ballet.\nMme Dupont, au second acte, dansa un pas de cinq qui a été supprimé plus\ntard.\nLe ballet avait été réglé par Coralli.\nLe succès de Robert fut sans précédent, malgré les incidents de la première\nreprésentation et les craintes de Meyerbeer. L'illustre maître, très superstitieux,\nétait allé consulter la célèbre somnambule Mlle Lenormand, qui pronostiqua\ntrois chutes ! De là les craintes qui assaillirent le compositeur au dernier mo-\nment. Le curieux de l'affaire, c'est que la triple prédiction se réalisa, et voici\ncomment.\nUn portant surchargé de lampes s'écroula, pendant le 3e acte, aux pieds de\nMme Dorus ; l'artiste, impassible, recula d'un pas et continua de chanter son rôle.\nAu troisième acte, un rideau de nuages s'abattit sur le tombeau où Mme Ta-\nglioni attendait, couchée, le signal du chef d'orchestre; l'artiste bondit et,\ngrâce à son agilité, évita le danger. Au cinquième acte, l'accident faillit tourner\nau tragique; Nourrit, entraîné par Bertram-Levasseur dans la trappe anglaise\nqui l'engloutissait, ne dut qu'à un hasard providentiel une chute non mortelle ;\nmais l'excellent artiste, sain et sauf, se fit saigner le soir même, pour éviter des\nsuites fâcheuses ; c'était alors le remède obligé.\nMeyerbeer n eut donc rien à reprocher à Mlle Lenormand, ce qui n était pas\nfait pour le guérir de ses superstitieuses coutumes.\nxMeyerbeer eut encore des interprètes de premier ordre pour la première des\nHuguenots (29 février 1836) : Nourrit (Raoul), Levasseur (Marcel), Lafont\n(Raimbaud), Mlle Falcon ( Valentine), M,le Fdécheux-Urbain (Le page). Le soliste\nqui accompagnait la célèbre romance « Plus blanche que la blanche hermine )),\nétait l'altiste Uhran, que ses camarades avaient surnommé l'Alto du bon Dieu,\nà cause de son mysticisme. Uhran exécutait ses morceaux en tournant le dos à la\nscène, pour éviter la vue de ce spectacle profane. Les plus grands artistes ont\nrepris les rôles des Huguenots ; je citerai Duprez, Roger et Gueymard pour\nRaoul ; Edouard de Reské pour Marcel en 1889 ; Delmas pour Saint-Bris ; et\nMmes Vandenheuvel-Duprez, Alboni, Cruvelli ( 1853), Gueymard Lauters pour\nles rôles de femmes. Lors de l'inauguration de la salle actuelle ( Théâtre national\nde VOpéra, disaient les affiches du 5 janvier 1875), la Bénédiction des poignards\nfigurait au programme; c'est M. Gailhard (l'artiste distingué, aujourd'hui direc-\nteur de l'Opéra) qui tenait le rôle de Saint-Bris."}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": "469", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.37", "texte": "MEYERBEER A PARIS\n\nLes Huguenots atteignirent leur 100e représentation en 3 ans et 5 mois. Dans\nl'incendie de la salle de la rue le Peletier disparut la fameuse cloche qui, sui-\nvant la tradition, avait donné le signal de la Saint-Barthélemy dans le beffroi de\nSaint-Germain-I'Auxerrois.\nLes artistes de la création du Prophète {iô avril 1849) furent : Roger {Jean de\nLeyde) ; Levasseur, Gueymard (qui débutait) et Euzet (les trois anabaptistes) ;\nMme Pauline Viardot (Fidès) Mlle Castellan (.Bertha). —Le beau xMario chanta\nle rôle de Jean à Londres ; Gueymard, Villaret, Jean de Reské, en 1891, le reprirent\navec succès. L'Alboni après Mme Viardot fut remarquable dans le rôle de Fidès.\nLe Prophète fut le dernier opéra représenté rue le Peletier la veille de l'incen-\ndie qui se produisit à 1 issue d'une répétition de Jeanne d'Arc J2B octobre 1875).\nLes décors du Prophète brûlèrent à leur tour dans les magasins de décors de la\nrue Bergère, en 1894.\nPour Y Etoile du Nord, opéra de demi-caractère, représenté pour la première\nfois à l'Opéra-Comique (16 février Meyerbeer s'est contenté à peu près de\nrecoudre ensemble les morceaux du Camp de Silésie. opéra allemand représenté\nà Berlin le 7 décembre 1844 pour l'inauguration du Théâtre royal. Rompant avec\nses habitudes, il a écrit pour cette partition une ouverture d'un très bel effet.\nLes artistes de la création furent : Bataille-Peters (Michaeloff, basse) ; Jourdan\n\nMeyerbeer."}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": "470", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.38", "texte": "MEYERBEER A PARIS\n\n( Georges, ténor); Mocker (Danilowitz, ténor)-, HermannLéon (Gritzenko, basse);\nM\"eDuprez (Catherine, soprano); Mlle Lefebvre (Prascovia,soprano) ; MllosLemer-\ncier et Decroix (les Vivandières).\nLe Pardon de Ploërmcl (4 avril 1859) est le seul opéra de Meyerbeer représenté\nen France auquel Scribe ne prêta pas sa collaboration. Il fut remplacé on ne\nsaurait direavec avantage parMM. Julesßarbier et Michel Carré. Commepour\n1 Ltoiledu PJoid, le maître écrivit une ouverture et, de 1 avis des critiques les\nplus sévères, cette ouverture longuement développée est excellente. Tous les\nrôles de la création furent tenus par des artistes de valeur qui ont laissé un\nnom au théâtre :M. Faure (.Hoël); Mme Cabel (.Dinorah) ; Sainte-Foy{Corentin);\nWarot et Bareille dirent les airs du Faucheur et du Chasseur ; enfin les rôles\npresque insignifiants étaient confiés à MM. Lemaire et Palianti et à Mmes Belia,\nBreuillé, Decroix et Dupuy.\nFa p rem ici e îepiésentation de 1 *4/7 'icainefut don née le vend red 1 28 avril 1865.\nMeyerbeer était mort l'année précédente, quelques jours après avoir remis au\nDiiecteui de 1 Opéra sa partition revue et définitive. Si le maître eût vécu, il est\nprobable cependant qu un certain nombre de modifications y eût été apporté.\nFétis, ami intime et exécuteur testamentaire, fut chargé de surveiller la mise au\npoint poui la scène , mais le manuscrit original ne dut subir aucune modifica-\ntion. Le même h étis allîmait que 1 AJncaine avait été composée en même temps\nque le / rophète, et que dès 1849 e^e était terminée. Seize années d'attente pour\n''illustre compositeur qui régnait à peu près en maître absolu à l'Opéra, cela\nparaît invraisemblable! Si Meyerbeer eût vécu, la première n'eût certainement\npas été donnée un vendredi, en raison de sa superstition un peu puérile ; mais\non peut dire que cela n eut pasd influence fâcheuse sur les destinées de\ncaine, qui obtint cent représentations en dix mois. Ce fut le succès le plus fou-\ndioxant que j aie IU à 1 Opéra. Naudin, indiqué par Meyerbeer, fut exigé par\nI étis et engagé poui le rôle de Vasco de Gama à raison de 110.000 francs ;\nce ténor 1 un des artistes les moins complets qui parurent sur notre grande\nscene lyrique, a, je crois, obtenu les plus gros appointements accordés jusqu'à ce\njour. ViHaret le remplaça avec avantage Faure créa Nelusko, on sait avec\nquel succès ; il eut pour successeurs Devoyod et Lassalle, qui, malgré leurs bril-\nlantes qualités, ne le firent pas oublier. Belval était un superbe Don Pedro : c'est\nObin, artiste excellent, qui continua le rôle. Warot (Don Alvar , Castelmary\n(Don Diégo), Obin (giand piètre de Brahma , David (grand inquisiteur), com-\nplétaient un excellent ensemble. Enfin M- Marie Sasse (Sélika) a pu être\nremplacée, mais n'a jamais été surpassée. M!lé Marie Batua fut parfaite dans le\nlôle d Inès. L. Africaine fait toujours partie du répertoire. La dernière reprise,\naprès une interruption de quelque durée, date du 28 février 1902. La distribution\ndes rôles, honorable, mais sans aucun relief, sauf le rôle de Nelusko, confié à\nNoté, n'était pas laite pour déterminer un emballement du public. Et cependant\n_/; tcatne,malgié son grand âge, obtint en cette année-là encore 1 3 représenta-\ntions ,1a Xalkyrien en eut que 11, Lohengr 12, et 6. Ces chiffres,\nSeins commentaires, ont leur éloQuence.\nPour faire suite à ces notes sur Meyerbeer, voici un détail spécial d'un\ncertain intérêt. C'est delà première représentation de Robert que date la prospé-"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": "471", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.39", "texte": "MEYERBEER A PARIS\n\nrite des marchands de billets,. Ces industriels, jusqu'à cette époque, tolérés par\nla police, mais non reconnus, vivaient au jour le jour. Le docteur \\ éron, qui ne\nreculait pas devant le scandale, fît une opposition arbitraire à ces collaborateurs\nobscurs, ses meilleurs amis, disait Malitourne, qui faisaient mieux que personne\nle succès de Robert en enlevant toutes les places dès l'ouverture du bureau de\nlocation. Traqués de toutes parts, les marchands de billets prirent bureaux\nsur rue, et par conséquent patente officielle. C'était l'existence légale ! Cela leur\npermit de former des sociétés et de distribuer des dividendes. Certains offices\nfurent vendus 50.000 francs et plus. Depuis ils ont traité d'égal à égal avec\nles auteurs, dont ils sont devenus parfois les banquiers... ils ont même, fort sou-\nvent, commandité des directeurs de théâtre dans l'embarras !\nIl faut ici s'arrêter.' Sat prata biberunt... Jai dû laisser de côté bien des sou-\nvenirs, bien des faits intéressants qui me revenaient en mémoire ; mais « ils sont\ntrop ». C'est ainsi que je n'ai rien dit des petites querelles de Meyerbeer et de\nDupré, que le maître n'aimait pas, peut-être parce qu il avait été l'artiste préféré\nde Rossini. J'ai également passé sous silence les discussions orageuses avec\nCastil-Blaze, l'outrecuidant critique, qui a rendu de réels services à 1 art musical,\nmais qui les faisait chèrement payer. Et cependant, que d'anecdotes amusantes\nde ce côté ! C'est Castil-Blaze qui, rencontrant un ami au sortir de l'Opéra,\ns'écriait, rouge d'indignation : u Ce Meyerbeer... il me prend ma place: » Le\nmême critique a écrit (( qu'on nedevraitconserverdes Huguenots que leqfi acte »,\nparce que : (( Cet ouvragedoit la plus grande partie de son existence à son 4e acte.\nPourquoi n'a-t-on pas imaginé de séparer ce fragment superbe de son entou-\nrage?)) Au moyen d une heureuse démolition, les Huguenots passaient à 1 état\nde chef-d'œuvre ! On reconnaît bien là le cuisinier musical qui arrangeait Weber\net l'exaspérait, tout en prétendant le servir. J'aurais aimé à parler des relations\nde Meyerbeer et de Berlioz, qui sur la fin devinrent moins cordiales, mais qui\npendant de longues années furent sincères et affectueuses de part et d autre.\nEnfin, du côté de Wagner, que de détails curieux à signaler ! Mais ici le terrain\ndevient brûlant, et mieux vaut décidément se taire.\nL'œuvre de Meyerbeer est appréciée d autre part avec une parfaite compé-\ntence ; je n'ai donc pas à y revenir. Mais je peux rappeler que, de son vivant,\nle maître fut honoré comme un dieu, à légal de Mozart et de Beethoven. Ses\npanégyristes, à la tête desquels nous devons mettre Blaze deßury, étaientinnom-\nbrables, et (( son succès étourdissant », comme disait Rossini, empêchait d en-\ntendre les protestations des frères Escudier et de Fiorentino, seuls adversaires\nou à peu près qu'il rencontra de son vivant. Aujourd'hui que certains musiciens\n(( avancés » veulent rabaisser Meyerbeer, je conclurai, dans l'espoir de remettre\nles choses à leur place, en reproduisant quelques lignes de 1 Eloge prononcé\nsous la Coupole par Beulé, le regretté secrétaire perpétuel de 1 Académie des\nBeaux-Arts : a II (Meyerbeer) a aimé son art jusqu'à l'adoration... Il n'a pas\ncessé d'étudier les plus belles créations des maîtres, alors qu il avait lui-même\nle droit de se croire un maître ;... il n'a reculé devant aucun labeur, et, en luttant\navec une louable opiniâtreté, il a montré une fois de plus que la patience est la\nmoitié du génie. »\nOn ne saurait mieux dire, à mon avis, pour résumer la carrière de Meyerbeer,\net lui rendre hommage en toute impartialité.\n\nJAN SOL."}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": "472", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.40", "texte": "UN MUSICIEN ROMANTIQUE AU TEMPS DE MEYERBEER\n\nUn musicien romantique au temps de Meyerbeer.\nChapeau à larges bords, lévite descendant jusqu'aux talons, cravate blanche,\nlongs cheveux, souliers lacés, physionomie ascétique, regard exprimant une sorte\nde nostalgiecéleste, sorte de moine paraissant arraché à la cellule, Hoffmann\ncatholique, tel était le voisin de table qu'avait au Café Anglais, durant la\nsemaine sainte de 1842, A. de Pontmartin. Cet homme singulier (qu'il a por-\ntraituré dans ses Souvenirs d'un mélomane), remarquable àla fois par sa piété\nprofonde et par un amour quasi mystique de l'art musical était premier alto\nà l'orchestre de l'Opéra. Il se nommait Chrétien Urhan, (( l'Alto du bon Dieu )),\ncomme disaient ses confrères. On eût dit qu'il vivait dans un rêve continu.\nSa vie était d'une austérité exemplaire. Au théâtre, il ne regardait jamais la\nscène. Tout jeune il avait voulu entrer dans les ordres ; mais la voix de Rosine\nStolz, entendue à l'église, une nuit de Noël, avait bouleversé son cœur. Le\npère Anthelme (du couvent d'Einsiedeln) lui avait dit alors : (( Vous êtes inca-\npable de servir Dieu ; restez dans le monde ! La musique peut être une\nvierge céleste ou une dangereuse sirène. Si votre art vous met en contact avec\nle théâtre, méfiez-vous de la sirène et soyez fidèle à la vierge. ! »\nUrhan fit un serment solennel ; de loin, et au milieu des somptuosités le\nl'Opéra, il observait la règle du couvent, gardant toujours en lui l'inoubliabie\nsouvenir de la cantatrice entendue...\nUn jour animé d'un enthousiasme extraordinaire, il conduit Pontmartin à tra-\nvers la sombre galerie qui allait du passage de l'Horloge à la rue Grange-\nBatelière, et, par l'entrée des artistes, l'introduit à l'Opéra pour assister à une\n(( audition ». Halévy, Nestor Roqueplan, Duponchel, étaient seuls présents, avec\nle directeur. La chanteuse se fait entendre. Elle n'était ni jolie, ni belle, mais\n(( sur son front pur et dans son limpide regard, on trouvait un reflet des clartés\nmystérieuses qui révèlent au monde extérieur le monde invisible )). Et la voix\nétait splendide. Meyerbeer l'a ainsi caractérisée : « C'est l'expression la plus\ndélicate de 1 art le plus virginal )) ; c'était Rosine Stolz !\nLe lendemain, Urhan retrouve Pontmartin et lui dit avec un sanglot :\n(( Ah ! les malheureux! les misérables! ils n'en veulent pas! Ils ne la méri-\ntaient pas !... Moi, j'ai donné ma démission. Je ne puis plus, je ne dois plus\nappartenir qu'à Dieu. Paris et l'Opéra me font horreur... »\nEt Chrétien Urhan, fils d'un pauvre pâtre des environs d'Einsiedeln, re-\nvint à son couvent."}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": "473", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.41", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels et Informations.\n\nOPÉRA-COIVIIQUE. Sur 1 avis conforme et sur la proposition du directeur des\nBeaux-Arts, M.Albert Carré a été autorisé à engager au théâtre national de\nl'Opéra-Comique, Mlle Duchêne, M\\l. Chevalier, Morati et Poumayrac, élèves\ndes classes .d'opéra comique au Conservatoire national.\n\nŒUVRE DE MIMI-PINSON. Par arrêté en date du 2 septembre courant, M. le\nministre des Beaux-Arts a mis une somme de 1.000 francs à la disposition de\nM. Gustave Charpentier, pour l'encouragement de l'Œuvre de Mimi-Pinson,\ndont il est le directeur-fondateur.\n\nTHÉÂTRE POPULAIRE DE GÉRARDMER. Une subvention de 1.500 fr. a été\naccordée, par arrêté du 31 août dernier, à titre d'encouragement, au Théâtre\npopulaire « du Saut des Cuves », dirigé par M. L. Géhin, à Gérardmer\n(Vosges).\n\nPRIX DE ROME. On sait qu'aux termes de son cahier des charges, le Direc-\nteur de 1 Opéra est tenu de faire représenter tous les 2 ans, sur la scène de ce\nthéâtre, un ouvrage en 1, 2 ou 3 actes (opéra ou ballet) dont la partition doit\nêtre écrite par un élève de Rome grand prix de composition musicale.\nC'est M. Marty, professeur au Conservatoire, chef d'orchestre de la Société\ndes Concerts, qui a été désigné cette année pour écrire cette partition.\nSon ouvrage Daria, dont le poème est de M. Aderer, se compose de 2 actes\net doit être répété au lendemain de la ire représentation de Tristan et Iseult.\nL'auteur met en ce moment la dernière main à l'orchestration de sa parti-\ntion, qui aura pour interprètes Mlles Vix ou Borgo, ainsi que MM. Delmas et\nGaston Dubois.\n\nCOURS DE MUSIQUE. —Un professeur de piano, officier de l'lnstruction pu-\nblique et pouvant offrir de sérieuses garanties, désirerait prendre la direction\nd'un cours de musique bien organisé.\nS'adresser au bureau du journal.\n\nMUSÉE INSTRUMENTAL DU CONSERVATOIRE NATIONAL. Par testament ologra-\nphe, déposé en l'étude de Me Beirnaert, notaire à Bourbourg (Nord), Mlle Emilie\nQuaisin, propriétaire-rentière, domiciliée à Walten (Nord), et décédée à Saint-\nOmer, le 20 mai dernier, lègue au Conservatoire national de musique, pour fi-\ngurer dans la collection du Musée instrumental :\n1 violon de Chanot (forme guitare).\n2 autres violons dont l'un est daté de 1830.\n1 guitare en palissandre.\n1 guitare-lyre.\n1 serpent d'église.\n1 violoncelle de Guersan.\n1 alto marquetterie.\n1 mandoline dite espagnole, fabrication française.\n1 guitare d'enfant\nCes très intéressants instruments ont été acceptés par le Conservatoire et"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": "474", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.42", "texte": "INFORMATIONS\n\ncompléteront heureusement la collection qui existe déjà au musée de cet éta-\nblissement.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : Opéra.\nRecettes détaillées du 20 août au 19 septembre 1904.\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 au 30 juin 1904.\n\nBIBLIOTHÈQUE DE L'OPÉRA. Des travaux d'aménagement viennent d'être\neffectués cette année dans la salle de la Bibliothèque de l'Opéra ; c'est pour\nce motil que la fermeture annuelle de cet établissement a dû être retardée\njusqu'au 15 septembre.\n\nDATES\nPIECES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2 2 Août\nLe Trouvère.\nVerdi.\ni6.o36 91\n24 —\nLohengrin.\nR. Wagner.\n16 089 92\n26 —\nFaust.\nGounod.\n14.942 04\n29 —\nGuillaume Tell.\nRossini.\n1 3.267 41\n31 —\nTannliàuser.\nR. Wagner.\n1 5.868 q2\n2 Sept.\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n17.677 84\n5 —\nLes Huguenots.\nM eyerbeer.\n16.448 41\n7 —\nLe Trouvère.\nVerdi.\n17.721 92\nQ —\nFaust.\nGounod.\n1Q.928 34\n12 —\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n18.169 41\n14 —\nLohengrin.\nR. Wagner.\n17.054 92\n16 —\nTannhàuser.\nR. Wagner.\ni8.1 56 34\n19 —\nFaust.\nGounod.\n20.143 21\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\nI\nSept.\nCarmen.\nBizet.\n7.207\n5o\n2\n—\nLa Vie de Bohême. .\nPuccini.\n5.967\n5o\no\n—\nMireille.\nGounod.\n3.917\n5o\n4\n—\nLakme. — Le Farfadet.\nL. Delibes.\n5.187\n5°\n3\n(Popul.)\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n4 198\n6\nSept.\nLe Roi a Ys.\nLalo.\n3.899\n5o\n/\n—\nLes Noces de Jeannette. —\nLe\nBarbier de Seville.\nMassé. — Rossini.\n5.622\n5o\n8\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.704\n5o\n9\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n6.378\n5o\nIO\n—\nWerther.\nMassenet.\n6.248\n5°\ni i\n—\nMireille.\nGounod.\n4.489\n5o\nI 2\n—\nLe Caïd. — Le Farfadet.\nA. Thomas.\n2.647\n5o\nl3\n—\nLakmé.\nL. Delibes.\n5.669\n5o\ni4\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n5.5o3\n5o\n13\n—\nLes Noces de Jeannette. —\nLe\nBarbier de Séville.\nMassé. — Rossini.\n5.374\n5.660\n5o\n16\n—\nLa Traviaia.\nVerdi.\n5o\n!7\n—\nManon\nMassenet.\n8 416\n5o\n18\n— matinée\nMireille.\nGounod.\n2.795\n5o\ni8\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.753\n5o\n19\n—\nPhilémon et Baucis. — Le Mé-\ndecin malgré lui.\nGounod.\n3.064\n5o"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": "475", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.43", "texte": "INFORMATIONS\n\nAMIENS. -- Par arrêté préfectoral, Mile Darret, Marie, a été nommée profes-\nseur du cours préparatoire de solfège pour les jeunes filles à l'Ecole nationale\nde musique.\n\nECOLE DE CHANT CHORAL. En vue de manifestations artistiques en plein\nair, l'organisation de 1 Ecole de chant choral, dont nous avons déjà parlé, est\ncomplétée par la création d'un orchestre d'harmonie, composé d'anciens mu-\nsiciens militaires.\nDès maintenant les inscriptions d'élèves sont reçues, et toutes communications\npeuvent être transmises au siège de l administration, palais du Troca-\ndéro.\n\nCONSERVATOIRE. Les dates de clôture des listes d inscription pour les\nconcours d'admission au Conservatoire, en 1904, sont ainsi fixées.\nHarpes, Pianos (hommes». . . Lundi. . . . 10 octobre, à 4 heures.\nDéclamation \\ hommes. . . . Mardi. ...11 — —\nDramatique t femmes .... Mercredi. 12 — —\nChant (hommes et femmes). . Mardi. ... 18 — —\nPiano (femmes) Samedi. ... 29 — —\nContrebasse Alto\nVioloncelle , Mercredi. . . 2 novembre, -\nFlûte, Hautbois .\n; eudi 3 — —\nClarinette, Basson I\nViolon Lundi. ... 7 — —\nCor, Cornet à pistons, Trom- ( ,.\n— . r • Mercredi. . . 9 — —\npette, 1 rombone . . . . (\nLes concours pour l'admission ont lieu dans la huitaine qui suit la clôture\ndes listes d'inscription.\nLes aspirants inscrits sont prévenus, par lettre, du jour et de l'heure où\nils seront entendus par le jury. Ceux qui, trois jours après la clôture des\ninscriptions, n'auraient pas reçu de convocation sont invités à en aviser le\nSecrétariat.\n\nNANTES. Un comité vient de se constituer à Nantes (4, rue Vauban) en vue\nd'étudier les moyens de créer dans cette ville une société de « Concerts classi-\nques )) semblable à celles qui existent déjà dans quelques grands centres comme\nMarseille, Bordeaux, Nancy, etc. Le public serait préparé aux auditions que\ndonnerait cette association artistique au moyen d'une analyse des œuvres les\nplus répandues, ainsi que par des causeries-conférences précédant immédiate-\nment les Concerts. Ce que désire avant tout le comité pour mener à bien cette\nentreprise, c'est de pouvoir s'assurer le concours d un chef d'orchestre, jeune,\nactif, très bon musicien, connaissant bien toutes les symphonies classiques,\nayant déjà commencé à diriger des concerts similaires. 11 trouverait là, tout en\nformant son orchestre, matière à se compléter lui-même.\n\nOPÉRA. Des considérations d'ordre budgétaire ayant obligé M. Gailhard à\nrenoncer, bien malgré lui, aux « Concerts de l'Opéra » qui contribuèrent si lar-\ngement à établir la renommée des jeunes maîtres de l'école française, comme\nVincent d'lndy, Camille Erlanger, Georges Marty, il vient d'ouvrir, comme com-"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": "476", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.44", "texte": "INFORMATIONS\n\npensation offerte aux compositeurs, un grand concours symphonique entre les\nmusiciens français. Le lauréat trouvera, en dehors du prix de 1.500 francs, un\navantage appréciable : celui d'être exécuté à l'Académie nationale de musique\npar un orchestre complet, mis absolument à sa disposition, y compris l'orgue et\nles fanfares. Souhaitons que cette intéressante initiative permette à quelque\nauteur nouveau de se révéler.\n\nOPÉRA-COMIQUE POPULAIRE. Poursuivant l'idée d'un théâtre lyrique ouvert\nau peuple, idée dont il cherche depuis plusieurs années la réalisation pratique,\net qui a valu déjà au petit public la création des représentations populaires heb-\ndomaires du lundi à l'Opéra-Comique, M. Albert Carré vient, avec l'approbation\ndu Ministre et du directeur des Beaux-Arts, de s'entendre avec MM. Larochelle,\nRomain et Lacroix, propriétaires et directeurs des théâtres de Montparnasse, de\nGrenelle et des Gobelins, pour aller donner des représentations dans leurs théâ-\ntres, avec la troupe de l'Opéra-Comique.\nCes représentations seront données au prix le plus bas qu'il sera possible\nd'établir, M. Carré ne demandant qu'à couvrir ses frais et les directeurs des trois\nthéâtres de la rive gauche, dont nous venons de parler, ayant consenti avec un\nempressement fort louable à faciliter par tous les moyens en leur pouvoir le\nprojet conçu par M. Albert Carré, projet qui ne saurait être accueilli qu'avec le\nplus grand plaisir par le public des quartiers de Montparnasse, de Grenelle et\ndes Gobelins.\n\nM ATINÉES DU DIMANCHE. L'Opéra-Comique a recommencé la série de ses\nmatinées du dimanche avec des spectacles spécialement composés d'oeuvres du\nrépertoire. La il>e de ces matinées a eu lieu le dimanche 18 septembre avec Mi-\nreille pour les débuts de Mme Vallandri et de M. Chevallier avec M. Dufranne.\nMme Vallandri, le brillant lERIER prix du dernier concours du Conservatoire, a obtenu\nle plus grand succès par sa délicieuse beauté, sa voix exquise et son intelligence\nscénique faite de charme discret et d'émotion contenue. Elle nous réserve une\nartiste du plus brillant avenir.\n\nECOLE DES CHOEURS DE L'OPÉRA-COMIQUE. Un nouvel examen pour l'admis-\nsion à l'Ecole des chœurs (hommes et femmes) a eu lieu le samedi 17 septembre\ndernier au théâtre national de l'Opéra-Comique. En vue des représentations\nqu'il donnera cet hiver dans les théâtres de Montparnasse, de Grenelle et des\nGobelins, M. Albert Carré s'est trouvé dans l'obligation d'augmenter le nombre\nde ses choristes.\n\nAUTEURS ET COMPOSITEURS. Le 25 septembre dernier aeu lieu, à Nancy,\nsous la présidence de M. Alfred Capus, un grand congrès international des\nauteurs et compositeurs. Un grand nombre de délégués de l'Allemagne, de la\nBelgique, de 1 Espagne et de la Suisse assistaient à ce congrès. Parmi les ques-\ntions d ordre général qui y ont été discutées, nous remarquons celles relatives au\n(( Théâtre populaire )), à l'interprétation des œuvres des (( jeunes )) sur les scènes\nétrangères et à leur traduction; à l'organisation des moyens pour obtenir des\ndirecteurs de théâtres subventionnés l'interprétation d'ouvrages d'auteurs et\ncompositeurs habitant la région.\n\nSCIIOLA CANTORUM. La réouverture des cours aura lieu le lundi 3 octobre"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": "477", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.45", "texte": "INFORMATIONS\n\nprochain. Les inscriptions des nouveaux élèves sont reçues, à partir du 15 sep-\ntembre, au secrétariat de la Scliola, 269. rue Saint-Jacques.\n\nFROCADÉRO. Jeudi 6 octobre prochain, la grande salle des fêtes du Palais\ndu Frocadéro sera mise à la disposition de M. Georges Bureau pour y organiser\nune grande matinée au profit de l'œuvre française des Trente Ans de Théâtre.\n\nSOCIÉTÉS MUSICALES. —La Sirène de Paris organise pour le dimanche 18 dé-\ncembre prochain une grande audition artistique populaire dans l'immense salle\ndu Gymnase Huygens (14E arrondissement).\nAu programme : l'ouverture de Phèdre (Massenet) ; la /,e Symphonie de Bee-\nthoven, etc.\n\nECOLE DE MUSIQUE CLASSIQUE. Une demi-bourse à 1 Ecole de musique clas-\nsique de Boulogne-sur-Seine est accordée, à dater du ier octobre courant, à\nM. Lebail Albert-Marie, demeurant à Thiais (Seine).\n\nASSOCIATION LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE. L'Association littéraire et artis-\ntique internationale, dont le siège est à Paris, a tenu cette année son vingt sixième\ncongrès à Marseille, du 24 au 29 septembre.\n\nODÉON. M. Massenet a remis à M. Ginisty la petite partition de musique\nde scène qui accompagnera le Grillon du Foyer, pièce avec laquelle le théâtre\nde FOdéon fera sa prochaine réouverture. Cette partie musicale ne comprendra\nqu'une dizaine de numéros assez courts, qui seront interprétés dans la coulisse\npar une quinzaine d'exécutants seulement, tant instrumentistes que chanteurs.\n\nCONCOURS MUSICAL DE LA VILLE DE PARIS. La Ville de Paris ouvre un con-\ncours 'pour la période de 1904 à 1906) entre les musiciens français pour la pro-\nduction d'une œuvre musicale de haute composition avec soli, chœurs et\norchestre sous la forme symphonique ou dramatique.\nToutefois, ne pourront prendre part à ce concours les compositeurs ayant eu\nune œuvre de 3 actes au moins représentée dans un théâtre subventionné.\nOutre un prix de 10.000 fr. en espèces que recevra le lauréat, la Ville de\nParis prend à sa charge de faire représenter son œuvre dans une solennité pu-\nblique dont les détails sont spécifiés en un programme que la Préfecture de la\nSeine (service des Beaux-Arts) tient à la disposition des concurrents.\n\nM. AR MAND CHEVÉ. M. Armand Chevé, professeur de chant aux lycées\nLouis-le-Grand et Montaigne, à Paris, vient d'être admis à la retraite après une\nlongue et très honorable carrière.\n\nMAYENCE.\nLUCIEN DE FLAGNY.\n— On nous écrit : « La saison vient d'être brillamment inaugurée\npar une représentation de Siegfried dirigée par le maître Emil Steinbach et in-\nterprétée avec grand talent par Mme Materna (Brunhild) et M. Bolz (Siegfried).\nParmi les nouveautés dont s'enrichira, cet hiver, le répertoire, notons Rose\nBerndt (Hauptmann , Salome (Wilde), John Gabriel Borkmann (Ibsen1, Novella\ndWndua (Fulda), le Perroquet vert, le Joueur de poupées, Littérature (Schnitzler),\nElectra (Hofmansthal), la Passerelle (Grésac et Croisset), le Scrupule (Mir-\nbeau), etc. ; la Reine de Saba Goldmark ), le Jongleur de Notre-Dame (xMassenet),\nbrilleront aussi dans ce programme composite qui fait honneur à M. Steinert,\nl'intelligent directeur du théâtre de Mayence. »"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": "478", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.46", "texte": "Nous continuerons, au cours de à un certain nombre\nde numéros exceptionnels consacrés à des compositeurs et à des sujets\nintéressant particulièrement l'histoire de la musique.\nLa Revue musicale publiera prochainement un numéro spécial\nconsacré à la chanson populaire.\nREVUE MUSICALE\nLa collection complète de la Revue musicale est en vente dans nos\nbureaux (51, rue de Paradis) au prix de 20 fr. pour chaque année.\nA. nos nouveaux abonnés, nous offrons tout ce qui a paru (années\n1901, 1902, 1903 et 1904 jusqu'à ce jour) au prix d'ensemble de 30 fr.\nVoici les sommaires de quelques numéros de la Revue musicale:\nSOMMAIRE DU JUIN -1903\nTexte littéraire :\nPortrait de Louis Marchand, organiste (1671 1732).\nVincent d'Indy — César Franck.\nRomain Rolland. — Echo et Narcisse, opéra de\nGluck.\nGilbert Desvallons. — La musique et la danse au\nGabon\nJules Combarieu. — Esthétique musicale : IX. La\nmusique au point de vue sociologique.\nJulien Tiersot. — La musique et la Convention\nnationale.\nLouis Laloy. — Phonographe et gramophone\nKarlowicz. — Correspondance inédite de Chopin\n(suite).\nSupplément musical :\nSaint-Saëns. — Scherzetto.\nGluck Air d Echo et Narcisse (1779). réduit pour\npiano.\nEd. Missa. — Ballade flamande.\nSOMMAIRE DU 15 JUIN 1903\n(Consacré à l'Opéra)\nTexte littéraire :\nPortrait de Ch. Garnier, architecte de lOpéra (1825-\n1898).\nLa Rédaction. — A propos du monument de Ch.\nGarnier.\nLouise Garnier. — Charles Garnier (1825-1898),\nCharles Malherbe — La bibliothèque de lOpéra.\n— Notes sur l'histoire de l'Opéra.\nRomain Rolland. — Les origines de 1 Opéra italien.\nSupplément musical :\nA. Vivaldi (1680-1743). — Gigue de la Suite en la\n(réduite pour piano).\nW. Chaumet. — Femmes et fleurs (scène).\nSOMMAIRE DU 1er JUILLET 1903\nTexte littéraire :\nVincent d'Indy. — César Franck (suite).\nLouis Laloy. — Ambroise Thomas (1811-1896).\nHector Berlioz. — La première oeuvre d'A. Thomas\n(1837).\nAndré Pirro. — Un organiste au xvne siècle : Nicolas\nGigault.\nConstant Zakone. — J.-Ph. Rameau au Théâtre.\nSupplément musical :\nLulli. — Air de Persée (1682).\nMarchand (1669-1733). — Deux pièces pour orgue (ou\npiano).\nA. Thomas. — Air de la Double Echelle (1837).\nSOMMAIRE DU 15 JUILLET 1903\n(Consacré au Conservatoire)\nTexte littéraire\nConstant Pierre. — Le Conservatoire national de musi-\nque : le budget, les maîtres, les concours, les élèves et\nl'enseignement Devoirs d'élèves.\nDr A. Kirchfeld — La Musique et l'Enseignement supé-\nrieur en France et à l'Etranger.\nJ. C. — La Musique dans l'Enseignement secondaire.\nHenri de Reuilly. — Promenades et visites musicales\nAuguste Lassery. — Notes bibliographiques.\nSupplément musical :\nL Adam. — Morceau de lecture donné au concours du\nConservatoire en 1833.\nA. Pugno — Morceau de lecture donné au concours du\nConservatoire en 1902.\nE. Reyer. — Mélodie."}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": "479", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.47", "texte": "SOMMAIRE DU 1er AOUT 1903\nTexte littéraire :\nM. Guidé, Directeur du théâtre de la Monnaie de\nBruxelles. Portrait et notice.\nJules Combarieu. — Esthétique musicale (X). Les origi-\nnes de la Symphonie.\nGaston Duval. — Un nouveau cas de vandalisme musical :\nUne édition de M. J. Leelair (1G87-1764).\nHenri Quittard — Un chanteur compositeur : Nicolas\nFormé (1567-1638).\nKarlowicz. — Correspondance inédite de Chopin (suite)\nSupplément musical :\nJ.-Ph. Rameau. — Scène l,c de fa Guirlande (1751).\nJ.-Ph. Rameau. — Air de ballet de La Guirlande.\nSOMMAIRE DU 15 AOUT 1903\n(Consacré à Hector Berlioz)\nTexte littéraire :\nPortraits de Berlioz et d'Henriette Smilhson.\nJules Combarieu — Berlioz, lord Bvron et E. Delacroix.\nA. Lascoux. — Documents biographiques sur Berlioz.\nR. de Saint-Arroman. — Quatre lettres inédites de et\nsur Berlioz.\nJ- C. — Henriette Smithson : Une idylle tragique ra-\ncontée par les documents.\nSaint-Saëns. — Anecdotes sur Berlioz\nJulien Tiersot. — Nouvelles lettres inédites de Berlioz à\nMeyerbeer, Mme Viardot, etc.\nR. Wagner, Camille Saint-Saëns, Ilanslick, Hugo Rie-\nmann. — Opinions sur Berlioz musicien\nP. Morillot, A. Hallays, L Lalog. — Berlioz écrivain et\ncritique.\nSupplément musical :\nAirs de YArmide de Gluck (1777) et de YArmide de\nLulli (1686).\nSOMMAIRE DU 1er SEPTEMBRE 1903\nTexte littéraire :\nAlexandre Guilmant : Portrait et Notice.\nX... — Massenet intime. Souvenirs de Monte-Carlo.\n1 incent dlndy. — César Franck (Souvenirs person-\nnels).\nJules Combarieu. — La musique au point de vue socio-\nlogique (suite). Analyse d une sonate de J -S. Bach.\nEug. de Bricqueville. — Les ressources de l'Orgue mo-\nderne.\nPaul Viardot. — Trompettes marines et violes.\nKarlowicz. — Correspondance inédite de Chopin (suite).\nSupplément musical:\nJ.-S Rach.— Prélude, gavotte, loure, courante, bourrée\n(1719).\nSOMMAIRE DU 15 SEPTEMBRE 1903\nTexte littéraire :\nMme Tassu-Spencer, professeur au Conservatoire : por-\ntrait et notice.\nAmédée Lemoine. — L'Enlèvement au Sérail, de Mo-\nzart.\nJules Combarieu. — La musique au point de vue socio-\nlogique. Analyse d'une sonate de J.-S Bach (suite)\nLouis Laloy - Le Vandalisme musical (à propos dune\nnouvelle édition de la Damnation de Faust).\nPierre Aubry. — La musique au moyen âge.\nTricou. — Philibert Jambe-de-Fer. musicien lyonnais.\n(reorges Pfeiffer. De l interprétation des signes d or-\nnement chez les maîtres anciens\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin (suite)\nSupplément musical :\nGrétry. — Ouverture de la Rosière de Salency (1774),\nréduite pour piano.\nSOMMAIRE DU 1\" OCTOBRE 1903\nTexte littéraire :\nJ h. O. Manoury, professeur au Conservatoire : por-\ntrait et notice.\nJules Combarieu. — La danse et son rythme dans la\nsonate de Bach (suite).\nTL- D. Calvocoressi. — Le système d harmonie de\nM. Hugo Riemann.\nLouis Latoy. — Le rythme grégorien, à propos d'un ou-\nvrage récent.\nAndré Pirro. — Nicolas Gigault. Un organiste au\nxvne siècle (fin).\nSupplément musical :\nYeracini (1665-1750). Gigue.\nGigault. — Pièce pour orgue ou piano. Mélodie grégo-\nrienne.\nSOMMAIRE DU 15 OCTOBRE 1903\nPortrait de M. F. Lemoine, directeur de la Trompette,\net notice.\nTexte littéraire :\nLa Revue musicale. — Nos concours.\nM.-D. Calvocoressi. — Les théories de M. Hugo Rie-\nmann (suite).\nMichel Brenet. — La musique funèbre.\nE. Lemoine. — Une société de musique de chambre.\nL. Schneider. — M. Puceini et la Tosca\nBibliographie — Informations -r- Publications nou-\nvelles.\nSupplément musical :\nBach. — Petite fugue.\nFrançois Couperin. — Les Barricades mystérieuses.\nA ses nouveaux abonnés d'un an (20 francs et 25 francs pour l'Étranger), la\nRevue musicale offre deux primes :\ni° Une partition, piano et chant ;\n2° Un volume de théorie musicale (couronné par l'Institut).\nLa Revue musicale, par mesure exceptionnelle, envoie les huit numéros (de\n48 pages chacun) où elle vient de publier la Correspondance inédite de Chopin, de\nsa famille, de ses élèves, contre mandat de 3 fr. 50. Cette correspondance com-\nprend plus de cent lettres nouvelles (avec photographies, fac-similé, etc. qui\néclairenUd'un jour nouveau la biographie de l'illustre pianiste."}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": "480", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041001-01.1.48", "texte": "Bulletin d'Abonnement à la \" REVUE MUSICALE \"\nJe déclare souscrire à un abonnement de\nà dater du pour la somme\n\\ que je joins ci-inclus.\n\"e tque je vous autorise à faire toucher.\nSIGNATURE :\nNom : •••••'•\nAdresse -\nMettre ce Bulletin sous enveloppe à l'adresse de la Revue ,51, rue de Paradis.\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'Imprimerie et de Librairie."}]}