{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_sha256": "fde77ab1c7aae865c1bd8b59fc92bcbe1984ab59fed84a3a22b45faba325cc17", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/10/15_01/bmtnabj_1904-10-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/10/15_01/bmtnabj_1904-10-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "481", "page_fin": "482", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.1", "titre_corps": "ENGELBERT HUMPERDINGK", "titre_sommaire": "ENGELBERT HUMPERDINGK", "signature_source": "J. 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C'est ainsi que, /e zzzozs dernier,\no/z a fètéle cinquantième anniversaire du compositeur Humperdinck, né le icr septem-\nbre 1854 à Sieberg sur le Rhin. iVozzs 11e pouvons laisser passer sans nous y associer\nVhommage rendu à un musicien de haute valeur, dont une œuvre, Hansel etGretel,\nest au répertoire de notre Opéra-Comique, e/ qui compte à Paris, non pas seulement\nparmi ses confrères d'art, <ie nombreux amis. Elève de Ferdinand Miller et de Joseph\nRheinberger, Humperdinck obtint, azz cours de sa vie d'étudiant, trois prix dont le\nnom ne laissait pas, en l espèce, d'être un peu ironique : prix Moqart, prix Mendels-\nsohn, prix Meyerbeer. Humperdinck est considéré en effet comme le meilleur disciple\nde R. Wagner, iozz/ il fut l'ami, e/ rfozz/ le fils, Af. Siegfried Wagner, fut son\nélève. C'est d'ailleurs un musicien très personnel et original. Il y a un mot excellent\ndont se servent les Allemands pour caractériser des œuvres comme celles de Humper-\ndinck : c'es/ rf Tondichtung », poème sonore ;il en est un autre qui pourrait s ap-\npliquer avec 11011 moins d'exactitude à plusieurs de ses œuvres : c'est (( Tonmalerei »,\npeinture sonore. C est l'impression que nous laissa la Symphonie mauresque (1898),\nexécutée avec succès à Paris, z'/jy a <iezzx a/zs, par la Société des Concerts du Con-\nservatoire. Humperdinck excelle dans le maniement de F orchestre, auquel il sait\ndonner une rare couleur. La liste de ses compositions 11 est pas très longue, zzzaz's /zzz\nassure un rang très élevé parmi les maîtres modernes. Deux autres œuvres, Die\nKônigskinder (1898), et Die Sieben Geislein {1897), accusent la même tendance\nque Hansel au merveilleux populaire. Il achève présentement l'orchestration d'un\nopéra en trois actes, le Mariage forcé, qui appartient, bien entendu, au genre comi-\nque. Les paroles sont de Mmc Humperdinck, femme du compositeur. Un de nos\namis qui a pu en entendre quelques fragments nous assure que la musique en est très\nmélodique, d'une clarté française, et assurée de plaire.\nNous prions M. Humperdinck de trouver dans ces quelques lignes un écho pari-\nsien des justes hommages qui l'ont entouré le mois dernier, en Allemagne.\n1 - 1\nSzzr zzo/re demande, M. Humperdinck a bien voulu nous envoyer, pour les lec-\nteurs de la Revue musicale, une charmante pièce pour piano, facile et pleine de\nsentiment. Elle nous est malheureusement parvenue au moment où notre supplé-\nment musical était déjà établi ; nous la publierons dans notre prochain numéro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "481", "page_fin": "481", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.1.1", "titre_corps": "Encjelbert HUMPERDINCK", "titre_sommaire": "Encjelbert HUMPERDINCK", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "481", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.1", "debut_caractere": 69, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "Encjelbert HUMPERDINCK"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c004", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "483", "page_fin": "494", "image_debut": 3, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.2", "titre_corps": "Un coin pittoresque de la vie artistique au XIIIe siècle.", "titre_sommaire": "Un coin pittoresque de la vie artistique au XIIIe siècle.", "signature_source": "PIERRE AUBRY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "483", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.3", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2901, "texte": "Un coin pittoresque de la vie artistique au XIIIe siècle.\n\nLa publication que AI. A. Longnon a faite, il y a quelques années,\nd'une chanson historique du xme siècle, la Procession du bon abbé\nPonce (1), avait attiré notre attention sur les deux pièces, ano-\nnymes également, qui la précèdent dans le manuscrit (2).\nA proprement parler, l'intérêt historique est moindre dans les\ndeux pièces qui nous occupent que dans la Procession; il se réduit à\ndes détails de la vie intime, à des scènes de ménage, qui se passent\nchez quelques seigneurs de Champagne 5 mais ces deux chansons sont\ncurieuses cependant. Elles nous font voir les jongleurs, tels qu'ils\nfurent dans la réalité quotidienne, dépouillés du prestige que le\nrecul des siècles et l'idéal de poésie avaient mis autour d'eux.\nLes deux chansons qui nous retiennent ici ont été conservées\ndans un seul manuscrit, qui appartint à Cangé avant de venir à\nla Bibliothèque Nationale de Paris. Il porte la cote 846 du fonds\nfrançais. C'est un volume sur vélin, écrit dans la seconde moitié du\nxme siècle. Le texte est disposé sur deux colonnes, ainsi que la nota-\ntion musicale. Certaines formes graphiques révèlent une prove-\nnance orientale. Au point de vue musical, ce manuscrit est un des\nplus précieux du corpus des chansonniers français, parce que l'écriture\nmusicale, d'une netteté parfaite, distingue très clairement les brèves des\nlongues et nous donne des indications de durée que les autres manus-\ncrits, même les meilleurs, négligent souvent (3).\nAu xvine siecle, un certain Coustelier, imprimeur et libraire, fit copier\ndans différents manuscrits un grand nombre d'anciennes poésies fran-\nçaises, qu'il avait l'intention de publier ensuite. Lacurne de Sainte-\nPalaye eut communication de ces copies et mit en marge ses correc-\ntions et ses annotations. Il les cite fréquemment dans son dictionnaire\nde 1 ancien français sous cette désignation : Recueil de poêles françois\navant Van i3oo. Aujourd'hui ces copies sont conservées à la Biblio-\nthèque de l'Arsenal et forment quatre volumes (4).\nQuand, en iBso, Tarbé publia ces deux chansons, qu'il considérait à\njuste titre comme faisant partie du patrimoine littéraire de la Cham-\npagne, il eut l'idée au moins singulière de prendre l'une de ces deux\npièces au manuscrit de Cangé et l'autre à la copie de l'Arsenal ! Il était\n\n(1) La Procession du bon abbé Ponce, art. de M. A. LONGNON, dans la Romania,\nannée 1901, p. ,198.\n(2) Bibl. Nationale, ms. franc. 846.\n(3) Nos deux chansons (Bibl. des chans. de G. RAYNAUD, nos 341 et ia3) occupent le\nfolio 44 v°. La pièce 341 se trouve également au fol. 160 du ms. fr. 20.050 de la Bibl.\nNat. Mais ce ms. ne donne que la première strophe et n'a point la musique.\n(4) Arsenal. —Recueil de poêles françois avant Van i3oo en 4 volumes, 3303-3306\n(anciennement 120. A. B. F.), tome I, p. 176."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "484", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.4", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 617, "texte": "si simple pourtant de transcrire les deux chansons sur l'original sans\navoir à assumer les fautes du premier transcripteur ! Mais la critique de\nTarbé n'était point pour s'embarrasser de ces menues vétilles, et les\nerreurs dont fourmille son édition (1) ne nous causent aucun scrupule\npour réimprimer à nouveau ces deux textes, qui nous semblent très in-\ntéressants pour l'histoire de la jonglerie.\nI\nTEXTE MUSICAL ANCIEN\n\n(i) Chansonniers de Champagne aux xnc et xine siècles, dans la Collection\ndes Poètes de Champagne antérieurs awxvie siècle, Reims, iBso."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "485", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.5", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2290, "texte": "L Devers Chastelvilain (1)\nme vient la robe au main\ncom uns oitours norrois. (2)\nBon jor doint (3) Dex demain\n5. le seignor que tant ain ! (4)\nProudons est et cortois.\nDe ci qu'en Navarrois\nn'a si bon chastelain :\nde son chastel a plain\n10. ne doute il les .11. rois. (5)\nIL Or vos di que Choisues (6)\nne me vaut mais .11. oes,\nqui me soloit valoir.\nTôt mainjuent vermues,\n15. vermin et escurues, (7)\nn'en puis mais point (8; avoir.\nEt s'ont mis lor avoir\nen vaiches (9) et en bues\net s'ont (10) fait uns murs nues, (11)\n20. que Dex gart de cheoir.\n\n(1) Châteauvillain, Haute-Marne, arr. de Chaumont. Voir ROSEROT, Dictionnaire\ntopographique de la Haute-Marne, Paris, 1903, in-4.\n(2) Ce vers est peu clair. Tarbé corrige ostours vorrois et fait une double faute\nde lecture sans profit pour le sens. L. de S.-P. avait cru pouvoir expliquer vorrois\npar vorace. Le mot en tout cas ne se retrouve pas dans Godefroy.\n(3) Tarbé : doinst.\n(4) Tarbé : aim.\n(5) Ce vers peut, comme on le verra plus loin, nous aider à dater cette chanson :\nles deux rois que « ne doute » le seigneur de Châteauvillain sont évidemment le roi\nde France Louis IX et le comte de Champagne, Thibaut IV, devenu roi de Navarre\nen 1234, à la mort de son oncle Sanche VII le Fort, roi de Navarre et frère de sa\nmère, la comtesse Blanche. Thibaut IV fut couronné à la cathédrale de Pampelune\nle 8 mai 1 234. Tarbé explique ce vers comme une ironie à l'endroit du seigneur de\nChâteauvillain, Simon, qui avait tenté de se soulever contre le comte de Champagne\net dut faire sa soumission.\n(6) Choiseul, Haute-Marne, arr. de Chaumont, canton de Clefmont. Voir ROSE-\nROT, op. cit.\n(7) Ces deux vers sont parfaitement obscurs. Tarbé : tôt main vint vermues, ce qui\nfait à la fois une faute de lecture, un non-sens et un vers incomplet. Déjà L. de\nS.-P., qui explique vermain par quelqu oiseau de chasse (?) et escurues par écureuil,\nne dit rien de vermues, qui est le mot difficile. Godefroy ne le donne pas et, citant\ndans son Dictionnaire les deux vers qui suivent d'après la copie de L. de S.-P.\nil écrit fautivement :\nvermain et escurnes n'en puis mais point avoir.\n(8) Tarbé : pas.\n(9) Tarbé : vaches.\n(10) Tarbé : si sont fais.\n(11) L. de S.-P. :« Je croy pour neuf »."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "486", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.6", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2553, "texte": "111. Or m'en vois a Soilli : (1)\npieçai que n'assenai\na si bone maison.\nLe seigneur demandai ; (2)\n25. maintes foiz m'a donné\nrobes et maint bel don.\nCe n'est pas en pardon\nse j'en sui retornez :\ns'il n'est empeorez, (3)\n30. j'en aurai guierredon. (4)\nIV. Perdu ai .11. chastelx,\ndont je sui mult engrex\net bien m'en doit chaloir ;\nc'est Vignoriz, (5) Rignez. (6)\n35. .11. seignors i a belx\nqui ne doignent valoir ;\ns'ont mis à nonchaloir\narmes et les cembelx. (7)\nIl n'ont part oumantel, (8)\n40. foi que doi saint Eloir ! (9)\n\n'\n(1) Soilly est une commune de la Marne, arr. d'Epernay, canton de Dormans,\npar suite assez éloignée des châtellenies que visite notre jongleur. Est citée en\n1175 au Clartulaire de Saint-Médard de Soissons comme une dépendance de cette\nabbaye. Il y a plus de vraisemblance à identifier ce nom avec l'actuelle localité de\nSailly (Haute-Marne, canton de Poissons), que nous trouvons écrit Sailley, puis,\nà la fin du xme siècle, sous la forme Salley, et en 1804 sous une autre forme, Seilly,\net qui est toute voisine de Vignory, de Reynel et de Choiseul. Voir pour ces dif-\nférentes graphies, ROSEROT, op. cit.\n(2) C'est le futur qu'on attendrait ici, au lieu du prétérit. Peut-être cependant\npourrait-on, en conservant le sens du passé, conjecturer une correction semblable :\nTôt quanque demandai\n25. le seigneur m'a donné,\nrobes et maint bel don.\n(3) Tarbé : s'il n'est or empeorés. Le vers est faussé par l'inutile adjonction\nde or.\n(4) Toute cette strophe est corrompue, Soilly ne rime pas avec assenai, ni deman-\ndai avec donné, ni avec retorne7 ou empeorey L'assonance se mélange avec la rime.\n(5) Vignory,Haute-Marne, arr. de Chaumont. Les formes anciennes de ce nom\nsont intéressantes à connaître. En lat. Wangionis Rivus, Vandionis Rivus ; franc.\nEngion le Ru, Guengnoru, Waignoru, Waugion le Ru, Woingnonrut ; c'est cette\ndernière forme que présente le texte de Colin Muset dans le ms. fr. 20050 de la\nBibl. Nat. de Paris. Voir ROSEROT, op. cit., et A. LONGNON, Documents relatifs\nau comté de Champagne et de Brie, dans la Coll. des doc. inéd. sur /'Hist.de France,\nParis, 1901.\n(6) Aujourd'hui Reynel, Haute-Marne, canton d'Andelot. Le lat. Rignellum,\nRisnellum, est devenu en franc. Riné, Rinel, Risnel.\n(7) Cembelx a sans doute ici le sens de tournoi.\n(8) Expression dont le sens nous échappe. La rime voudrait es mantelx.\n(9) L. de S.-P. voit dans ce vers une « espèce de jurement ».— Colin Muset, éd.\nBédier, carmen XII, v. 6 : Loi que doi sainte Marie !"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "487", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.7", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 81, "texte": "II\nTEXTE MUSICAL ANCIEN"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "488", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.8", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "I. Dex ! com m'ont mort norrices et enfant\net les clames, qui trop sont a cheval ! ( 1)\nMaint bon hostel nos ont chaciez a mal\n4. et les mariz, voincuz outreement,\ncil qui n'osent .1. tos soul mot grondir,\nen lor hostel le puet on bien choisir,\nassez puent faire comandement,\n8. mais c est a gas, (2) c'on n'en fera néant. (3)\n11. Puisqu'il sunt si dou tout obediant,\nor lor ferai .1. Mout bon assenai :\ndésormais gart uns chascuns son ostal !\n12. ensi porront estre riche et menant\net si pansent de lor enfant norrir\net bien pansent les hostex eschuir : (4)\nausi porront estre riche et poissant\n16. et pou lor chaut dou blasme de la gent.\nDroit a Choisuel (5) vuil mon chemin tenir\net a Soilli (6) par Clermont (7) resortir :\nsi lor ferai de mon joel présent\n20. que trop m'est bel de lor amendement !\nNous avons précisé dans les notes les remarques que suggère l'exa-\nmen philologique du texte. Nous n'y reviendrons pas. Or, pour la pre-\nmière des deux pièces du moins, le texte est corrompu et le manuscrit\nest unique, ce qui rend toute correction hypothétique et incertaine. Il\ny a des obscurités, que nous laissons subsister, par crainte d'introduire\ndans cette chanson des corrections mal assurées : c'est assez d'avoir à\nrejeter les détestables variantes de l'édition de Tarbé.\n\n(1) Etre a cheval, être fier, comme aujourd'hui on dit familièrement être collet\nmonté.\n(2) A gas, en pure perte.\n(3) Le ms. fr. 20050, Bibl. Nat., donne la première strophe ainsi :\nDeus ! com m'ont mort norrises et enfant\net le dames ki trop sont a chival ! t\nmains boins osteis nos ont chasiet a mal\net les maris vancut otreemant,\nsi k'il n'osent un tôt soul molt grondir,\na lor osteis les poïsiés veïr,\naseis puent fare conmandemant,\nmais folie est c'om n'an feroit niant.\n(4) Eschuir, dit L. de S.-P., « je ne say si c'est pour eschiver, fuir. » Ce vers\nsignifie que les seigneurs, dont il est ici question, pensent esquiver les dépenses\nqu'entraîne la réception des hôtes.\n(5) Choiseul, Haute-Marne, arr. de Chaumont, canton de Glefmont.\n(6) Voir la pièce précédente, page 486, note 1.\n(7) Clermont, aujourd'hui Glefmont, Haute-Marne, arr. de Chaumont. En lat.\nClarus Mons,Clarus Mons in Bassigneio ; dans les textes franc. Glemont, Glermont.\nVoir ROSEROT, op. cit."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "489", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.9", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2716, "texte": "Au point de vue musical, il y a plus à dire. Le manuscrit franc. 846\nest, on le sait déjà, excellent par sa netteté graphique : les longues s'y\ndistinguent des brèves et la mesure apparaît très clairement. La théorie\nmensuraliste du xnie siècle, qui considérait le rapport des notes entre\nelles comme formant moins des mesures que des proportions métri-\nques, appelait modes, modus ou maneriles diverses formules rythmi-\nques, au nombre de cinq ou six, sur lesquelles devaient être construites\nles mélodies mesurées. Malheureusement, en bon nombre de manuscrits\nchansonniers, la distinction des valeurs de durée n'apparaît pas, et\ncette incertitude a fait croire à M. Hugo Riemann et à quelques musico-\nlogues allemands que les mélodies des trouvères se chantaient libre-\nment et que les règles des mensuralistes n'existaient pas pour elles (1).\nLes deux chansons, que nous publions, font voir l'erreur de cette con-\nception. Elles sont construites toutes deux sur la formule des 3e et\n4e modes mensuralistes, qui correspondent, au dactyle\net à l'anapeste de l'antiquité, rythmes essentiellement binaires que\nle moyen âge, sous l'influence d'idées spéciales, a travestis en rythmes\nternaires :\nCe rythme est très net dans la première chanson : après une ana-\ncrouse de deux notes, qui lui sert de préparation, il se développe, inin-\nterrompu, jusqu'à la lin. Dans la seconde pièce, la longue est parfois\nreprésentée par une ligature de durée équivalente, ce qui ne modifie\npas le résultat. Vraisemblablement, l'envoi qui termine cette chanson\ndevait se chanter sur la mélodie des quatre derniers vers de la strophe\nprincipale, auxquels il se rattache par la rime. Enfin la tonalité, comme\nil arrive souvent, est indécise, et, tandis que pour la première pièce\nelle semble se rattacher au premier mode ecclésiastique, la seconde\nchanson se rapproche davantage du majeur moderne.\nUne dernière question se pose : est-il possible de dater cette chan-\nson ? L'absence de noms propres et de faits précis rend l'affirmative\nquelque peu délicate. Nous voyons bien qu'il est question des seigneurs\nde Chàteauvillain, de Choiseul, de Vignory, de Reynel, mais nous\nignorons pour chaque famille quel est celui dont il est précisément\nparlé. Un vers de la première strophe de la chanson I va peut-être\nnous apporter quelques éclaircissements. Il s'agit du seigneur de Chà-\nteauvillain, qui a été généreux avec notre jongleur. Aussitôt ce dernier\nde lui souhaiter toutes félicités et de lui décerner les louanges les plus\nchevaleresques :\n\n(i) Musikalisches Wochenblatt, E. W. Fritzsch, Leipzig. Articles de H. Riemann,\ndie Melodik der Minnesaenger,août et septembre 1897."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "490", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.10", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2702, "texte": "Proudons est et cortois.\nDe ci qu'en Navarrois\nn'a si bon chastelain :\nde son chastel a plain\nne doute il les . n . rois.\nNous avons donc un seigneur féodal, dont le château et les terres\nsont situés dans le comté de Champagne et qui, au xme siècle, ne craint\nrien des deux rois.\nOr, quels sont ces deux rois ? il semble bien qu'ici rien ne légitime\nl'hésitation, si l'on se souvient qu'en 1234, la mort de Sanche VII le\nFort, frère de la comtesse Blanche de Champagne, avait réuni la Na-\nvarre aux vastes domaines du comte de Champagne. Thibaut IV, fils\nde Thibaut 111 et de la comtesse Blanche, fut couronné, le 8 mai 1204,\ndans la cathédrale de Pampelune et réunit les deux titres de roi de\nNavarre et de comte de Champagne.\nL'autre roi ne peut guère être que le roi de France, Louis IX, qui\nétait monté sur le trône en 1226.\nUn premier point semble donc acquis : notre chanson est postérieure\nà l'année 1234.\nD'autre part, pourquoi cette allusion à l'esprit d'insubordination chez\nle seigneur de Chàteauvillain? Ce sont de mauvaises mœurs féodales,\nque le trouvère aurait grand tort de louer chez un seigneur qu'il dit\naimer, si le passé n'autorisait cette réminiscence. En effet, nous\ntrouvons à Chàteauvillain un seigneur, dont la trace nous apparaît dans\nles actes féodaux pendant tout un demi-siècle, de 1208 à 125 1, et qui\npourrait bien justifier l'allusion, ironique ou admirative, de la chanson.\nSimon ler,Ier, seigneur de Chàteauvillain, était fils d'Huguôs 11, seigneur\nde Broyés. II fit hommage lige de Chàteauvillain à Thibaut 111, au\nlieu de le faire à son frère, seigneur de Commercy, et, en 1208, Blan-\nche, veuve de Thibaut, lui assigna en dédommagement trente livrées de\nterre pour exécuter les engagements de son mari. Il est fait mention de\nSimon en 121 oet 1211 dans les Actes des comtes de Champagne. Proche\n/\nparent d'Erard de Brienne, il prit parti pour celui-ci dans ses préten-\ntions sur la Champagne et paraît avoir été en quelque sorte le lieute-\nnant d'Erard, car la trêve accordée par celui-ci à Blanche, le 24 février\n1218, est donnée en leurs noms. Simon ne dut point sans doute tarder\nà faire sa soumission, car, le i 5 juin de la même année, l'évêque de\nLangres reçut avis de lever les censures ecclésiastiques, que le seigneur\nrebelle avait encourues pour son adhésionau parti d'Erard, et le 20 sep-\ntembre, le pape Honorius 111 confirma cette absolution (1). Enfin, long-\n\n(1) Catalogue des actes des comtes de Champagne, nos 683, 737, 764, 821, iios,\n1127, 1172, 2268, 2333, dans Y Histoire des comtes de Champagne, par M. d'Arbois\nde Jubainville. On pourra pour plus de détails consulter André Duchesne,"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "491", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.11", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2488, "texte": "temps après, nous avons un acte de janvier 12 51, dans lequel Simon\nreconnaît tenir de Thibaut IV Chàteauvillain, Marmesse et tout ce\nqu'il possède à Autreville, Bricon, Orges, Dinteville, Villiers-le-Sec,\nBroyés, etc. (i).\nSimon de Chàteauvillain vivait donc encore en l'année 1251 : en-\nsuite on perd sa trace.\nNous croyons que c'est lui qui montra quelque générosité pour notre\ntrouvère anonyme, et de la sorte la chanson qui nous occupe ne sau-\nrait être postérieure à ï 251.\nC'est donc entre i23q et 1251 qu'il faut en placer la composition.\nRien dans la suite du texte ne vient contredire cette assertion, et il nous\nest même agréable de remarquer que la critique avisée de M. A. Lon-\ngnon, dans l'article cité plus haut, place en 1240 la rédaction de la\nProcession du bon abbé Ponce, qui, dans le manuscrit fr. 846, voi-\nsine immédiatement avec nos deux chansons. Il y a donc de grandes\nchances pour fixer avec raison au second quart du XIII0 siècle toutes\nces compositions. Il nous est dès maintenant facile d'identifier les\nautres seigneurs dont il est fait question.\nA Choiseul, nous trouvons, cité dans un acte de Thibaut IV en\ndate de septembre 1249, Renart 111 (2) ; puis, dans des chartes de\njuin 1249, d'octobre la même année, de 1261, Jean ler,Ier, fils sans doute\ndu précédent (3). A Vignory, un seigneur du nom de Gautier (4)\nnous apparaît dans plusieurs actes entre 1229 et 1262 : il est très pro-\nbable que c'est lui que notre jongleur a en vue. Il est intéressant pour\nl'histoire littéraire de n'oublier point que les seigneurs de Vignory\nfurent les protecteurs d'un autre trouvère, meilleur poète sans doute\nque l'auteur de notre chanson, Colin Mu set, qui en a conservé le sou-\nvenir dans une de ses chansons, qui se termine ainsi :\nMon boen seignor prieroie\nde Waignonrut le vaillant,\nque, por Deu, ne se recroie :\nil fu nés en bon croisant.\nMolt a mis son pris avant\nqu'il ne fausse ne ne ploie,\nne nule fois ne desment\nnés que piere d'aiemant.\n\nHistoire de la maison de Broyés et de Chasteauvillain, dans \\'Histoire généalogique\nde la maison royale de Dreux. Paris, 1631, in-fol.\n(1) Cat. n° 2959.\n(2) Catalogue des actes des comtes de Champagne, n° 1938.\n(3 ) Id.,n08 2870, 2890, 2995.\n(4) ld., n°s 2439, 25 m, 2863, 2989. La biographie de Gautier II de Vignory est\nesquissée dans le Cartulairedu prieuré de Saint-Etienne de Vignory, publié par\nJ. d'Arbaumont (Langres, 1882). Voir l'lntroduction, VIII."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "492", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.12", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "De Waignonrut la m'enroie\na Widemont maintenant :\nle bon conte prieroie\nqu'adès a le cuer joiant ;\nmolt en dient bien la gent ;\nal siecle a bien fait sa voie\nque nus hom ne li deffent,\ntant com le sauront vivant (1).\nA Reynel, les actes de 1224 à i 250 nous désignent un autre Gau-\ntier. Rappelons ici encore un souvenir de notre histoire littéraire : Jean\nde Joinville épousa en secondes noces Alix de Reynel, la fille de Gautier\n(1261). Ce seigneur dut mourir vers 1262, car, dès le mois de mars 1203,\nle père d'Alix de Reynel est, dans un acte, porté comme défunt (2).\nEnfin Gui ler, cinquième fils de Geoffroy IV de Joinville et de Héluis\nde Dampierre, reçut la seigneurie de Sailly, lorsque son frère Simon\ndevint sire de Joinville, sans doute en 1204. Gui se querella avec Simon\nau sujet de l'héritage de leur frère aîné, et ses prétentions s'étendirent\nmême jusqu'à la sénéchaussée de Champagne. La dispute prit fin en\n1215, et deux ans après, en juin 1217, le sire de Sailly se déclarait\nl'homme lige de son frère avant tous, sauf le comte de Champagne.\nGui ler,Ier, sire de Sailly, était donc l'oncle de Jean de Joinville, l'historien\nde saint Louis. Il mourut entre 1248 et 1254 (3).\nCherchons maintenant à quel état de choses répondent les deux\nchansons que nous venons de publier. Cequ'elles nousapprennent n'est\npoint nouveau, les coutumes qu'elles nous dévoilent ne sont point\nmoyenâgeuses par essence : on a vu de tous les temps l'art à la solde\nde la fortune, le talent au service de qui le paye. Les libéralités d'un\nCondé ou d'un Séguier n'ont point diminué le grand Corneille. Or, nos\njongleurs n'étaient point de si hauts génies : faut-il s'étonner qu'il leur\nait fallu parfois solliciter la générosité plus lente à venir que les besoins\nà satisfaire ?\nOn sait que le jongleur du xne et du xme siècle est en quelque ma-\nnière le parent pauvre du trouvère. On peut lire dans Léon Gautier (4)\ndes pages très vivantes et bien documentées sur l'existence étrangement\nmouvementée de ces diseurs de chansons, prêts à tous les métiers et\ndont l'esprit d'invention n'était jamais à court d'expédients. En effet,\nces artistes errants avaient quelque peine à vivre de leur art tout seul,\n\n(1) RAYNAUD, Bibl., n° (693. Trop volentiers chanteroie. —Bibl. Nat.,fr. 2Û050, fol.\n64 r°. Ed. JOSEPH BÉDIER, de Nicolao Museto, Paris, 1893, in-B°.\n(2) H.-FR. DEI.ABORDE, Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville, Paris, 1804,\nin-B°.\n(3) Voir l'ouvrage précédemment cité.\n(4) LÉON GAUTIER, Les Epopées françaises, t. 11, pp. i 36 et ss."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "493", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.13", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "qui n'assurait pas le lendemain. Une ressource restait : l'hospitalité\nd'un seigneur, et les jongleurs en usèrent sans scrupules.\nQuant je voi yver retorner,\nlors me voudroie sejorner,\nse je pooie oste trover,\nlarge qui ne vousist conter,\nqu'eust porc et buef et mouton,\nmaslarz, faisanz et venoison,\ngrasses gelines et chapons\net bons fromages englaon (i).\nLe comté de Champagne semble avoir été une terre promise pour la\njonglerie ; Thibaut IV ne fut-il pas un de nos plus illustres trouvères ?\nNous savons que les seigneurs de Vignory avaient été généreux pour\nColin Muset ; nos deux chansons nous apprennent que dans un temps\nles châtelains de Choiseul et de Reynel avaient comblé de leurs largesses\nnotre jongleur anonyme. Ce dernier n'exagère rien : les témoignages\nabondent dans la poésie et même dans les textes d'histoire, qui nous\nmontrent les seigneurs donnant sans compter à ceux qui venaient de\nles charmer par leurs récits ou par leurs chants. Les chansons de geste\nnous précisent la nature de ces dons.\nJe li donrai mon destrier arrabi !\nEt je mon mul, dist Ybersli floris.\n(Raoul de Cambrai, éd. Meyer et Longnon, v. 6087.)\nEt li quens fist doner chascun, lonc son labor,\nMantiaus, muls, palefrois, tant qu'il en a honor.\n{Enfances Godefroi, éd. Hippeau, v. 232.)\nIl ont souvent de bons deniers assez ,\nles bonnes robes, les roncins enselez,\nque li franc home lor donent por chanter.\n{Li moniage Guillaume, v. 1255.)\nAssés ot en la sale princes de grant renons,\net bons viéléors et cantéors de sons.\nLi Chevaliers le Chisne lor fait molt riches dons ;\nmantiax vairs lor dona et hermins pelichons,\net muls et palefrois et argent et mangons ;\naine le jor ne s'en plainst joglerres ne bretons\n(.Le Chevalier au Cygne, éd. Hippeau, v. 4090 et ss.)\n\n( 1 ) Publié par J. BÉDIER, de Nicolao Museto."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "494", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.14", "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 2469, "texte": "La furent départi maint paile alexandrin,\ncoupes et biax henas et d'argent et d'or fin\ndont menestrel ne furent pas adonque frerin\nde recevoir biax dras.\n[Charlemagne,de Girartd Amiens. Cité par LÉON GAUTIER, 11,\np. 133, d'après le ms. fr. B. N. 775, fol. 94.)\nLi menestrel qui la estoient\nn'avoient pas povoir d'entendre\nqu'il peûssent tous les dons prendre,\nc'on leur offroit de tous costez.\nDe paremens est si troussez\ncil qui tout le mains en avoit\nqui a paines aler povoit.\n(Liromans de Cleomades, éd. A. van llasselt, v. 17444 sso\nOn pourrait multiplier ces citations à l'infini : elles répondent, cer-\ntes, à un état d'esprit très répandu dans la société féodale, mais il faut\naussi tenir compte de l'intérêt personnel qu'avaient les jongleurs à l'en-\ntretenir. Ce qu'il faut retenir, une fois la part faite à une exagération\nintéressée, c'est qu'aux jongleurs tout était bon, et qu'ils acceptaient\ntout : chevaux, pièces d'orfèvrerie, fourrures, vêtements et victuailles.\nMais nous savons par ailleurs que la valeur de ces dons en nature était\nsurtout dans le prix qu'ils en retiraient après les avoir vendus. Le mé-\ntier n'était donc pas toujours mauvais, si le jongleur, après avoir quel-\nque temps mené grassement la vie de château, quittait ses hôtes en\nrecevant encore des dons en nature qu'il s'empressait de transformer\nun peu plus loin en beaux écus sonnants.\nMais que dire des mauvais jours ? n'y avait-il pas dans l'existence\nféodale des périodes appauvries comme à tous les âges de l'histoire ?\nOn peut bien supposer qu'après une guerre privée, que pendant une\npériode de disette, la première économie à réaliser sur le superflu de\nla vie quotidienne avait grand'chance d'atteindre le jongleur et ses\ncoûteuses récréations. Il faut croire que le nôtre connut cette crise\nfinancière et que ses protecteurs éprouvèrent le besoin de restreindre\nleurs dépenses, tout en augmentant la source de leurs revenus. On voit\nce qui se passe à Choiseul, où l'on refuse au jongleur la pauvre aumône\nde deux œufs. Notre homme trouve l'économie sordide, mais aussi\nle seigneur fait de l'élevage et il a dû relever les murailles de son\nchâteau, qui tombaient de vétusté. A Vignory et à Reynel, même\naventure. Partout on se restreint. Plus de tournois, plus de beaux faits\nd'armes. Le poète du roman de Percerai se plaint aussi qu'on donne\nmoins aux jongleurs. (Percerai, éd. Potvin, vi, p. 204.)\n\nPIERRE AUBRY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c008", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "495", "page_fin": "496", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.3", "titre_corps": "Orphée descendant aux Enfers. Cantate française de MARC-ANTHOINE CHARPENTIER (1634-1704).", "titre_sommaire": "Orphée descendant aux Enfers. Cantate française de MARC-ANTHOINE CHARPENTIER (1634-1704).", "signature_source": "HENRI QUITTARD", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "495", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.15", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "Orphée descendant aux Enfers.\nCantate française de MARC-ANTHOINE CHARPENTIER (1634-1704).\n\nNous connaissons bien peu de chose sur M.-A. Charpentier, un des maîtres\nqui honorent le plus l'école française du xvne siècle. De sa famille, du milieu où\nil grandit, tout nous est inconnu. La date même de sa naissance n'est pas cer-\ntaine, et celle à laquelle les historiens placent communément son séjour à Rome,\noù il travailla avec Carissimi, ne mérite pas plus de créance (i). Les différentes\nsituations qu'il occupa dès son retour en France, en revanche, sont un peu mieux\ndéterminées.\nChoisi par Molière, après sa brouille avec Lulli, en 1672, il écrit la musique\ndu Malade imaginaire, de la Comtesse d'Escarbagnas, du Mariage forcé, et jus-\nqu'en 1685 sa collaboration demeure acquise à la troupe du Théâtre-Français.\nEntre temps, il est au service de Mlle de Guise, qui lui donne un appartement\nen son hôtel du Marais; il compose les pièces chantées à la messe particulière\ndu dauphin ; il fait insérer des airs dans le Mercure et représenter des opéras de\nsalon chez divers personnages. Plus tard, il devient maître de musique des\nJésuites de la maison professe rue Saint-Antoine, et c'est pour eux qu'il a écrit la\nplus grande part de ses œuvres d'église. En même temps, dès 1687, son nom\nparaît au programme des spectacles du collège de Clermont, où les tragédies\nlatines et françaises, mêlées de danses et de musique et jouées par les élèves,\nattiraient deux fois par an la société la plus brillante de la ville et de la cour.\nEnfin, après avoir enseigné la composition au duc de Chartres, le futur régent,\nc'est à la Sainte-Chapelle de Paris, dont, en 1696, il obtient la maîtrise, qu'il\nachève sa carrière.\nLa cantate dlorphée descendant aux Enfers, dont la Revue musicale publie\naujourd'hui un air, fut très vraisemblablement une des compositions destinées\nau concert de Mlle de Guise. Nous ne pouvons l'affirmer avec autant de certi-\ntude que pour d'autres pièces, où Charpentier en son manuscrit autographe (2)\nprit soin d'écrire à côté de leur rôle le nom de chacun des douze ou quinze\nartistes qui composaient la musique de cette princesse : musique (( si bonne, dit\nle Mercure Galant, que l'on peut dire que celle de plusieurs souverains n'en\napprochoit pas )).\nLa date exacte de l'œuvre, non plus que sa destination, ne sauraient non plus\nêtre minutieusement précisées. Certains indices, tirés du manuscrit, permettent\ncependant d'en fixer la composition aux environs de l'an 1683.\nL œuvre paraît inachevée, à moins qu'une partie n'en ait été perdue. Elle ne\ncomporte que trois voix, soutenues de deux violons, d'une flûte à bec et d'une\nflûte allemande, avec la basse de viole et le clavecin pour la basse continue.\nC'est l'orchestre des petits concerts, et cette instrumentation réduite permet\nd'affirmer que la cantate fut toujours réservée aux auditions intimes, à la cham-\nbre et devant un auditoire restreint.\n\n(i) On trouvera tous les renseignements biographiques dont nous disposons actuellement dans la\nnotice de M. Michel Brenet qui sert d'introduction à la livraison consacrée à Charpentier dans la\ncollection des Concerts spirituels (série ancienne) éditée par la Schola Cantorum de Paris.\n{2) Très peu de compositions de Charpentier ont été imprimées. La plus grande part de son\nœuvre est contenue en vingt-huit volumes, manuscrits autographes, conservés à la Bibliothèque\nNationale."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "496", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2087, "texte": "Il est aussi très probable que le rôle d'Orphée était à l'origine chanté par le\ncompositeur en personne. Aux concerts de Mlle de Guise, Charpentier ne bornait\npas son rôle à écrire la musique ni à diriger l'exécution. Il se chargeait en outre\nde la partie de haute contre solo, et son nom figure toujours avec celui des autres\nchanteurs. Etait-ce un souvenir de son éducation italienne à Rome, où tant de\nmusiciens illustres furent aussi d'excellents virtuoses? Il se peut. Le fait montre\nau moins qu'il était assez maître de la pratique du chant pour ne point craindre\nde mêler sa voix à celle des meilleures artistes de Paris. Et comme la partie\nprincipale du petit orchestre porte ce titre (( Violon d'Orphée », on en peut bien\nconclure qu'il se la réservait et que, si cette cantate fut mise à la scène, il y\nparaissait, chantant son rôle le violon à la main, comme telle de ces images de\nla Renaissance où le chantre de Thrace remplace la lyre antique par l'instru-\nment représentatif de la musique moderne.\nQuoi qu'il en soit, cette cantate se recommande pas d'autres mérites que ces\ncuriosités. Outre certaines finesses d instrumentation assez ingénieuses et les\nrecherches d'une écriture harmonique où se laisse pressentir déjà le style des\nmaîtres du xvme siècle, il y faut noter la noblesse et le pathétique d'une décla-\nmation mélodique qui montre assez ce que Charpentier eût pu faire au théâtre\nsi le privilège concédé à Lulli ne lui eût fermé l'Opéra. L'air d'Orphée ici publié\nen est un bel exemple. Conçu sous une forme assez différente de celle dont\nGluck a fait usage, il peut soutenir la comparaison avec les pages les plus\nexpressives que ce maître ait jamais composées. L'italianisme de Charpentier\nparut à ses contemporains un suffisant motif de lui refuser la justice qui lui était\ndue ; mais ce n'est point par là qu'il se révèle. Car cette musique est de pure\ntradition française, et ne s'écarte du goût ordinaire du xvne siècle que dans la\nmesure où elle prépare l'art plus vivant et plus humain du siècle qui va suivre.\n\nHENRI QUITTARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c009", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "496", "page_fin": "503", "image_debut": 16, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.4", "titre_corps": "Leclair ; Une assertion de Fétis. JEAN-MARIE LECLAIR L'AÎNÉ A L'ORCHESTRE DE L'OPÉRA.", "titre_sommaire": "Leclair ; Une assertion de Fétis. JEAN-MARIE LECLAIR L'AÎNÉ A L'ORCHESTRE DE L'OPÉRA.", "signature_source": "L. DE LA LAURENCIE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "496", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.16", "debut_caractere": 2089, "fin_caractere_exclue": 3329, "texte": "Leclair ; Une assertion de Fétis.\nJEAN-MARIE LECLAIR L'AÎNÉ A L'ORCHESTRE DE L'OPÉRA.\n\nL'article de la Biographie universelle des Musiciens que Fétis a consacré\nà Jean-Marie Leclair l'aîné renferme le passage suivant: « Arrivé à Paris en\n1729, il entra dans la même année à l'orchestre de l'Opéra aux appointements\nde 450 livres. En 1735, ils furent augmentés de 50 livres. Un si faible traitement\npour un homme dont la supériorité sur tous les violonistes français de ce temps\nétait incontestable peut causer quelque étonnement, et ce qui peut paraître plus\nbizarre encore, c'est qu'un tel artiste ait été mis au dernier rang parmi les ri-\npiénistes qu'on appelait alors le grand chœur, comme le prouvent des documents\nauthentiques de la Direction de l'Opéra. Ce grand chœur ne jouait que dans les\nouvertures, chœurs et airs de danse : l'accompagnement du chant se faisait par\nle petit chœur, où, à 1 exception de Montéclair, il n'y avait que des hommes d'un\nmérite très inférieur à celui de Leclair, tels que Favre, les deux Baudy et les\ndeux Francœur. Mais, à cette époque, et longtemps après encore, les meilleurs\nemplois et les meilleurs appointements étaient donnés à l'ancienneté plutôt qu'à\nl'habileté dans l'orchestre de l'Opéra. »"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "497", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.17", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "F.étis a découvert la présence dans l'orchestre de l'Opéra, à partir de 1729,\nd'un violoniste du nom de Leclerc, et n'a pas hésité à l'identifier avec Jean-Marie\nLeclair, tout en manifestant quelques scrupules, qu'il s'efforce d'ailleurs de dis-\nsiper, et qui, comme nous allons le montrer, n'étaient que trop justifiés.\nTout d'abord, Fétis se trompe, lorsqu'il prétend que Leclair arriva à Paris\nen 1729. On lit, en effet, dans le compte rendu que le Mercure d'avril 1718\ndonne du Concert spirituel : (( Le 17 et le 19 avril, la demoiselle le Maure\nchanta la cantate & Orphée. Le sieur Le Clerc, fameux violon, joua une Sonate\nqui fut généralement et très vivement applaudie (1). ))\nAinsi, J.-M. Leclair était à Paris en 1728, et il y était déjà célèbre, puisqu'il\nse faisait entendre au Concert spirituel et qu'il y méritait la qualification de\n(( fameux violon )).\nIl convient, en outre, de remarquer qu'aucun des historiographes du xvme siècl\nne fait mentioa de la présence de Leclair parmi les symphonistes de l'Opéra. Ni\nDaquin, ni Durey de Noinville, ni de Rozoi, dans son article nécrologique du\nMercure, ni l'abbé de la Porte, ni l'abbé de Fontenay, ni La Borde, ni même\nChoron et Fayolle dans leur Dictionnaire, ne signalent cette particularité delà\nvie du violoniste, qui pourtant n'aurait pas dû passer inaperçue, et que l'on est\nd'autant plus surpris de voir omettre que la plupart des auteurs précités\ns'étendent longuement et minutieusement sur l'emploi obtenu par Leclair à\nla musique de la chapelle et de la chambre du Roi.\nDe plus, Leclair lui-même ne mentionne sur aucune de ses œuvres son titre\nde musicien de l'Académie royale, titre dont ses contemporains ne manquaient\npas de se glorifier. Aubert, par exemple, en signant ses Sonates, a bien soin\nde s'intituler (( ordinaire de la musique du roi et de Y Académie royale ». Fétis\nest donc le premier à attribuer cette qualité à Leclair ; il se fonde sur un manus-\ncrit fort curieux qui lui a appartenu, et dont M. Nuitter a conservé pour les\narchives de l'Opéra une copie écrite de sa main. Sous le titre : (( Détail de la\nrégie actuel [sic) de l'Académie Royalle de Musique », ce document renferme des\nnotes de police officieuse concernant les différents artistes de l'Opéra, donne les\ndétails les plus piquants et les plus \"crus sur les « demoiselles des rolles », les\ndanseuses et leurs protecteurs, et énumère, en outre, tous les symphonistes pré-\nsents à l'orchestre en 1738(2). C'est là que Fétis a relevé parmi les artistes du\n(( grand chœur » un violoniste appelé Leclerc avec l'indication suivante :\n(( Entré à l'Opéra en 1729. Appointements par an, qso livres. Pasques 1735,\n50 livres ; en tout 500 livres. » Nous constatons donc la parfaite concordance des\ndétails de dates et d'appointements donnés par Fétis avec ceux que fournit le\nmanuscrit en question. Il est même certain que ce manuscrit constitue la seule\npièce (( des documents authentiques de la Direction de l'Opéra » qu'ait consultée\nFétis, car un autre (( Etat des artistes » datant de 1750, et sur lequel Leclerc\n\n(1) Mercure, avril 1728, page 856.\n(2) «Académie Royalle de Musique. Vulgairement l'Opéra. Détails de la régie actuel de l'Aca-\ndémie Royalle de Musique. Avec un dénombrement de tout ce qui fait la Recette et la dépense de\nce spectacle en 1738. »\nLa première page du manuscrit, qui est copié de la main de M. Nuitter, porte la mention sui-\nvante : « Ce manuscrit m'a été prêté le 15 février 1865 par M. Fétis. La première partie n'est\nque la reproduction des pages 1 à 291 du manuscrit Amelot (Bibliothèque de la ville de Paris,\nlegs Beffara). Toutefois, on y trouve en plus, ou avec une rédaction différente, les pages qui sui-\nvent... » (Archives de l'Opéra.)"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "498", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.18", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3967, "texte": "figure au dernier rang des violons de l'orchestre, immédiatement avant un sur-\nnuméraire qui porte le nom symbolique de Rebut, n'a vraisemblablement pas\npassé entre ses mains, sans quoi, l'historien se fût empressé d'en citer la date,\net de corser ainsi la précision de son article ( 1).\nObservons, avant d'aller plus loin, qu'il y a beaucoup de Leclerc violonistes à\nl'époque qui nous intéresse. Les « États de la France » signalent en 1722 et 1727,\nau nombre des (( 24 violons de la Grande Bande », Guy Leclerc et Jean Leclerc.\nEn 1748, nous en voyons apparaître un autre, Charles-Nicolas Leclerc. On ne\nsaurait donc montrer trop de prudence dans l'identification d'un Leclerc avec tel\nou tel d'entre eux (2).\nOr, l'attribution à Leclair de la situation plus que modeste que nous venons\nde préciser, et cela, pendant un laps de temps considérable (de 1729 à 1750),\ncadre mal avec ce que nous savons du caractère de l'auteur des Sonates.\nL'argument invoqué par Fétis, et basé sur l'ancienneté, se retourne même contre\nlui, car il résulte de Y (( État généraldes Artistes », auquel nous nous rapportons,\nque le Leclerc de l Opéra était le 5e à l'ancienneté; il n'y avait, comme plus\nanciens que lui, que Paris (1718), Aubert (1727), Caraffe l'aîné (1728) et Aubert\nfils (1728). L'ancienneté (1729) de Leclerc aurait donc dû lui assurer la 5e place,\net non la 16e.\nTous les contemporains de Leclair sont unanimes à nous le représenter comme\nun artiste fier, ennemi des intrigues et conscient de son propre mérite : (( il n'a-\nvait, dit l'un d'eux dans un style balancé, ni cette modestie apprêtée qui semble\nmendier les éloges, ni cette vanité présomptueuse qui en rend indigne » (3), et\nl'anecdote que raconte Marpurg au sujet des démêlés de l'artiste avec Pierre Gui-\ngnon ne fait que confirmer cette appréciation. Leclair, au dire de Marpurg, qui\nn'indique pas ses sources, mais auquel sa qualité de contemporain a permis de\nrecueillir des renseignements verbaux, se trouvait en compétition avec Guignon\npour la place de lerIer violon de la musique de la chambre du roi. Ni Leclair ni\nGuignon ne voulait jouer le 2e violon, et les deux artistes convinrent de s'effacer\nchacun à tour de rôle(q). Tous les mois ils devaient changer de place,et Guignon,\nbeau joueur, commença par laisser le ler rang à Leclair ; mais lorsque le mois\nfut écoulé, et que Leclair dut céder la place à son rival, il préféra se retirer (5).\nEt ce serait cet homme, à la susceptibilité si chatouilleuse, qui serait resté\n\n(1) a Académie Royale de Musique. Etat général des Acteurs et Actrices du Chant, Danseurs\net Danseuses, simphonistes de l'orchestre, Maîtres des Ecolles de Musique et de Danse, Pension-\nnaires et autres Sujets de l'Académie et leurs Appointements, Gratifications et Pensions. Pre-\nmier avril 1750. » (Archives de l'Opéra). Nous remercions très vivement MM. Ch. Malherbe et\nM. Teneo pour 1 obligeance avec laquelle ils ont secondé nos recherches dans les Archives de\nl'Opéra.\n(2) Voir aussi les « États de personnel et de paiement des joueurs de violon de la chambre ».\n(Cour des Aides). (Arch. nat. Z'a 487). Les différents corps de la musique du roi ne comptent\npas moins de 3 violonistes du nom de Leclerc en 1736 : i° Jean-Marie Leclerc ; 20 Guy Leclerc ;\n30 Jean Leclerc. Voir : « État de la France de 1736 », chez de Heuqueville Pére (Bibl. Nat.,\nLe25, 14 Ay.).\n(3) Dictionnaire des Artistes de M. l'abbé de Fontenai, tome I, art. Leclair. Paris, Vincent,\nimprimeur-libraire, rue des Mathurins, 1776. On retrouve la même phrase dans VÉloge de\nLeclair, par De Bernis.\n(4) Über die Spielung der zweyten Geige, dit Marpurg. Fétis a mal traduit ce passage en\nparlant de « la place de chef des seconds violons ».\n(5) Marpurg, Historisch-Kritische Beytràge zur Aufnahme der Musik. Tome I, Band VII.\n« Nachricht von den verschiedenen beriihmten violonisten und Flôtenisten iziger Zeit zu Paris. »\nBerlin, 1754, pp. 466-467. (Bibl. nat. V. 25-165)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "499", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.19", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 4295, "texte": "pendant 22 ans au dernier rang des violonistes de l'orchestre de l'Opéra ! Il s'y\nserait trouvé :i° derrière Aubert, le ier violon que Boisgelou traite (( d'imitateur\nde Leclair » (1) ;20 derrière Labbé fils, son propre élève, entré en 1743 aux appoin-\ntements de 600 fr., tandis que Leclerc n'atteint ce chiffre de traitement qu'en 1749,\ncomme nous avons pu nous en assurer en collationnant la série des (( États de\npayement » de l'Opéra. En vérité, voilà des invraisemblances dont l'accumulation\nparaît excessive.\nL'invraisemblance s'accentue encore si on se rapporte aux termes dans lesquels\nest rédigé le titre de pension du Leclerc de Fétis, personnage qui fut mis à la\nretraite à partir du ier juin 1750, ainsi que l'annonce une pièce des Archives de\nl'Opéra portant la mention suivante :\n«Le sieur Leclerc, violon dans l'orchestre aux appointements de 600 livres, a\nbien servi pendant 22 ans, n'est plus d'une bonne santé et mérite d'avoir sa\npension de retraite (2). »\nSur 1' « État des Payements à faire aux cy-après nommés employés dans l'or-\nchestre de l'Opéra pour leurs appointements pendant le mois de may 1750 »,\nLeclerc signe pour la dernière fois, et émarge pour sa mensualité de 50 livres.\nEn juin 1750, il est remplacé parmi les 4 violons à 500 livres par Despréaux fils,\nlequel ne touche que 300 livres, et émarge pour une mensualité de 25 livres (3).\nAinsi, Leclerc n'avait pas avancé depuis 1729; mais il avait vu son traitement\ns'élever à 600 livres, particularité qui semble indiquer un artiste modeste que\nl'on augmente en raison de ses longs services, mais auquel la médiocrité de son\ntalent ne permet aucun avancement (4). Le « Brevet de pension viagère au\nsieur Leclerc » est signé du 22 mai 1750. En voici la teneur :\nCe jourd'huy, vingt-cleuxième may mil sept cent cinquante, Nous, Prévost des Marchands et\nEchevins de la Ville de Paris, assemblés au Bureau de la Ville avec le Procureur du Roy et de\nla Ville pour les affaires d'icelle, Monsieur le Prévost des Marchands a dit que le sieur Le Clerc, em-\nployé pour le violon dans l'orchestre de l'Opéra depuis vingt-deux années, se trouvant obligé par\nle mauvais état de sa santé de désirer aujourd huy sa retraite, le zèle et l'assiduité avec laquelle il\na rempli pendant un aussi long tems des fonctions, lui paroissent mériter que le Bureau auquel\nle Roy a bien voulu confier l'administration et direction de l'Académie royale de musique donne\nau dit sieur Le Clerc, avec la permission de se retirer, une marque de satisfaction et une récom-\npense de ses talens et de ses services, en lui accordant une pension sa vie durant, dont le montant\npourroit être fixé à la moitié de ses apointements de six cent Livres dont il jouît actuellement sur\nl'Etat des Simphonistes de la ditte Académie Royale, sur quoy la matière mise en délibération,\nouy et ce consentant, le Procureur du Roy et de la ville,\nNous avons, sous le bon plaisir de sa Majesté, arresté et délibéré, arrestons et délibérons qu'il\nsera permis au sieur Le Clerc de se retirer au premier du mois de juin prochain et que, pour ré-\ncompense de ses bons et utiles services, il luy est accordé, à compter dudit jour, une pension\nviagère de trois cent Livres assignée sur les fonds et produits de l'Académie Royale de musique\net payable par quartier de trois en trois mois sur ses simples quittances, à l'effet de quoy il sera\nemployé pour la ditte somme annuelle de trois cent Livres sa vie durant dans l'Etat des Pension-\nnaires de la ditte Accadémie.\nFait au bureau de la ville, les jour et an que dessus.\nSigné: DE BERNAGE ; SANTEUL ; RUELLE; ALLEN; COCHIN ; MORIAU (5).\n\n(1) Catalogue manuscrit de Boisgelou. (Bibl. nat. Réserve.)\n(2) Rentrée du Théâtre à Pasques 1750. Académie royale de musique. Réformes et pen-\nsions de retraite à commencer au ier juin 1750 : à Versailles, le 24 may 1750. Signé :\nde Voyer d'Argenson. (Archives de l'Opéra.)\n(3) États de Paiement de mai et juin 1750. (Arch. de l'Opéra.)\n(4) Il convient de remarquer en effet que, bien que touchant un traitement de 600 livres,\nLeclerc figure toujours au dernier rang des violons à 500 livres sur l'état où les symphonistes\nsont classés par catégories de traitements.\n(5) Brevet de pension viagère au sieur Le Clerc (Arch. de l'Opéra). De Bernage était le"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "500", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.20", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3873, "texte": "La pièce dont nous venons de donner copie n'a pas été connue de Fétis, qui\naurait certainement indiqué que Leclair fut pensionné à l'Opéra à la date du\n22 mai 1750. En la lisant, on est d'abord frappé de l'expression d'employé pour\nle violon appliquée à Leclerc, dont on vante le zèle et l'assiduité en des termes\nqui peuvent convenir à un honnête et consciencieux fonctionnaire, mais pas\nassurément au virtuose réputé que le Mercure louait en 1734 pour son\n(( exécution de la plus grande perfection »(1 ), que le même Mercure célébrait\nen 1738 comme l'auteur de Sonates capables de rebuter les plus courageux musi-\nciens (2), qu'Ancelet qualifiait d' (( habile homme auquel les violons français\nont le plus d'obligations )) (3), et que Daquin appelle Y (( admirable M. Le-\nclair )) (4b\nEn second lieu, on constate que ce document vise la mauvaise santé de Leclerc.\nSi on se place dans l'hypothèse avancée par Fétis, Leclair, étant né en 1697,\navait 53 ans en 1750. Or, dans sa Lettre àM. de la Place, auteur du Mercure,\npubliée quelques jours après la mort de Leclair, son contemporain et ami\nDe Rozoi écrivait : (( Il fallait le voir à 67 ans exécuter avec une vigueur éton-\nnante, communiquer à un orchestre tout son feu... (5) )) De telle sorte que nous\nnous trouvons en présence de deux affirmations difficilement conciliables : d'une\npart, Leclair, à 53 ans, sollicite sa pension de retraite en raison du mauvais état\nde sa santé, et d'autre part, ce même Leclair, 74 ans plus tard, fait preuve d'une\nvigueur étonnante, et surprend par son énergie et sa fougue tous ceux qui l'en-\ntendent ! N'est-il pas évident que le Leclerc pensionné en 1750 n'a, sauf le nom,\nrien de commun avec J.-M. Leclair l'aîné}\nCelui-ci, au moment où son homonyme prenait sa retraite, remplissait les\nfonctions de premier violon de la musique de M. le duc de Gramont. Le 19 juin\n1749, on joue en effet, au théâtre de Puteaux, une comédie en un acte intitulée :\nLe Danger des Epreuves, dont le Divertissement est composé par Leclair.\nSur le titre de cette pièce, le musicien ne souffle mot de sa qualité de sympho-\nniste de 1 Opéra, qualité dont il aurait pu faire état, puisque à cette époque (juin\n1749) il n'était pas encore retraité : il se donne simplement comme premier\nviolon du duc mélomane (6).\nEnfin, 2 pièces des Archives de l'Opéra viennent encore fortifiernos doutes. Le\n25 août 1750, une sérénade était exécutée aux Tuileries à l'occasion de la fête du\n\nprévôt des marchands. On sait, en effet, que, depuis le 25 août 1749, un arrêt du Conseil\ndonnait à la ville de Paris la direction de l'Opéra sous les ordres du marquis d'Argenson.\n(1 ) Mercure, Concert spirituel du 25 décembre 1734. Tome I, Décembre 1734, p. 2734.\n(2) Ibid., juin 1738, p. 1115.\n(3) Ancelet, Observations sur la Musique, les Musiciens et les Instrumens. A Amsterdam, 1757»\np. 13 (Bibl. nat., V. p., 6235.)\n>4) Daquin, Lettres sur les Hommes célèbres dans les Sciences, la Littérature et les Beaux-\nArts, sous le règne de Louis XV. A Amsterdam, et se trouvent à Paris chez Duchesne, libraire\nrue Saint-Jacques, au-dessous de la Fontaine Saint-Benoît, au Temple du Goût, 1752.\nLettre VI, tome I, p. 132. (Bibl. nat. Ln2, 17.)\n(5) Lettre à M. de La Place, auteur du Mercure, sur feu M. Le Clair, premier symphoniste\ndu roi. Mercure, novembre 1764» P- 19° suiv. —On trouve dans le Mercure de décembre 1764,\npage 206, un : « Supplément à la Lettre insérée dans le Mercure de novembre sur feu M. Le Clair,\npiemier symphoniste du roi », qui contient d intéressants détails biographiques sur notre musi-\ncien.\n(6) Le Danger des Epreuves, comédie en un acte avec un divertissement représentée pour la\npiemière fois sur le théâtre de Puteau, le dix-neuf juin 1749. A Paris. De l'imprimerie de\nGissey, rue de la Vieille-Bouclerie, à l'Arbre de Jessé, 1749. (Archives de M. le duc\nde Gramont.)"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "501", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.21", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3041, "texte": "roi, et les pièces comptables relatives à cette sérénade nous ont été conservées.\nElles comprennent :i\" une liste des musiciens ayant pris part à la cérémonie (1) ;\n20 un état d'émargement sur lequel chacun d'eux a apposé sa signature en regard\nde la somme touchée par lui (2).\nCette somme était uniformément de six livres, et le montant total des frais\nde la sérénade certifié par Rebel et payé par le caissier Deneuville s'élevait à\n351 livres.\nParmi les 17 violonistes qui figurent sur la première pièce on lit : Leclair\nl'aîné. Le musicien y est désigné avec l'orthographe habituelle de son nom et\nl'épithète caractéristique de l'ainé.\nLa seconde pièce (État d'émargement) a été dressée au moyen de la précédente\nparle commis de l'Opéra employé à la comptabilité, commis dont on reconnaît\naisément la main. Or, cet employé, habitué à écrire Leclerc sur les états de paye-\nment, a reproduit cette orthographe sur l'état d'émargement de la sérénade/ et\nau lieu de : Leclair l'aîné,il a transcrit : Leclerc\nSi l'on compare la signature tracée en face de cette dénomination avec celle\ndu Leclerc de Fétis, on constate immédiatement leur différence. Leclerc\nn est donc pas le Leclej cdes Etats de Payement de 1 Opéra. - Nous ne serions\npas éloigné de croire qu'il n'est autre que Jean-Marie Leclair. A vrai dire, celui-\nci a toujours adopté pour son nom l'orthographe de Leclair, ainsi qu'en témoi-\ngnent les signatures de ses oeuvres, et celles que nous avons relevées sur divers\nactes notai lés. Cependant ce musicien varie quelque peu dans sa façon de si-\ngner :en 1730, il signe Jean-Marie Le Clair (3), en 173 1 Leclair (4), en\n1758, Leclaii l aîné (5). Il se pourrait donc qu il ait voulu, en émargeant sur la\npièce en question, conserver à sa signature l'orthographe qu'avait adoptée le\ncomptable. Quoi qu il en soit, voilà tout un faisceau de présomptions suscepti-\nbles d'ébranler l'assertion de Fétis.\nMais il y a plus, car si maintenant nous comparons la signature authentique de\nJ.-M. Leclair avec celle du Leclerc de l'Opéra, nous avons la preuve matérielle et\nirréfragable de l'erreur de l'historien belge.\nVoici le fac-similé de ces 2 signatures :\nLa signature (A) est de mai 1750 (6). La signature (B) est celle que J.-M.\nLeclair a apposée sur l'acte en vertu duquel il se rendait acquéreur en 1758 de la\n\n(1) Etat des simphonistes externes qui ont joiïé au concert des Thuilleries donné par l'Académie\nRoyale de Musique pour la feste du Roy, le mardy 25 aoust 1750.\n(2) Etat des payements qui seront faits aux simphonistes externes et autres qui ont été employés\nà la sérénade donnée par l'Académie Royale de musique au château des Thuilleries, le 25 aoust\n1750, jour de Saint-Louis. (Archives de l'Opéra.)\n(3) Contrat de mariage du 8 septembre 1730. (Minutes Caron, Vincent successeur.)\n(4) Reconnaissance du 5 janvier 1731. (Mêmes minutes.)\n(5) Acte de vente du 18 novembre 1758. (Minutes Baron, Poisson successeur.)\n(6) C'est la dernière que Leclerc ait donnée sur les Etats de Payement de l'Opéra."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "502", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.22", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3857, "texte": "maison dans laquelle il devait mourir assassiné six ans plus tard ( 1 ). Aucune in-\ndécision ne saurait subsister après l'examen de ces deux signatures. L'assertion\nde Fétis relative à la présence de J.-M. Leclair à l'orchestre de l Opéra est donc\nerronée : jamais le grand violoniste lyonnais ne fît partie de cet orchestre, et\nFétis, dans sa hâte, a été trompé par une homonymie.\nOn peut se demander quel était le Leclerc que le musicographe belge a pris\npour J.-M. Leclair. La réponse est aisée, car nous trouvons un Le Clerc (( ordi-\nnaire de la chambre du Roy et de l'Académie royalle de xMusique », qui, vers le\nmilieu du xvme siècle, fait graver « tous les meilleurs auteurs tant anciens que\nnouveaux » (2). Ce Le Clerc habite rue Saint-I lonoré vis-à-vis le portail de « l'O-\nratoire, chez M. le Bon au deuxième étage » ; il publie une série de recueils de Me-\nnuetset de Contredanses aux titres badinsdontla Bibliothèque Nationale etla Bi-\nbliothèque du Conservatoire possèdent quelques exemplaires (3). Veut-on juger\nde ces menues œuvrettes de ménétrier? Qu'on lise quelques-uns de leurs titres les\nplus pittoresques :le Diable en Vair, la Nichon, la Latrine (sic), les Petits Jappons,\nMadelon friquet, le Petit Rien, la RocamboL le Ziste et le Zeste, etc. Nous voilà\nassurément bien loin des 4 Livres de Sonates de Jean-Marie Leclair ! Le Clerc\nrend cependant des services plus artistiques en éditant des Sonates de Corelli,\nde Veracini, de Locatelli, de Geminiani et de Tartini, des Quatuors et Concerts,\ndes Sonates en trio pour violon, flûte et basse, des pièces de clavecin d'Haendel et\nde Scarlatti, des (( musiques pour les vielles et musettes » (4).\nIl ne saurait y avoir aucun doute sur l'identité de ce Le Clerc avec celui de\nFétis, car lorsqu'il publie, en 1742, 1744, 1745, les œuvres dont nous avons\ndonné un aperçu, il s'intitule : a ordinaire de la chambre du Roi et de l'Aca-\ndémie royale ». De plus, le privilège de 1736, inséré à la dernière page de son\n7e Recueil de Contredanses, nous apprend qu'il appartient à la bande des\n24 violons. C'est donc un violoniste. Or, de 1729 à 1750, il n'existe à l'orchestre\nde l'Opéra qu'un seul violoniste du nom de Leclerc: c'est celui de Fétis, et par\nconséquent aussi l'auteur des Recueils de Contredanses.\nMais le (( Privilège » du Roy auquel nous venons de faire allusion va nous\npermettre de déterminer exactement le musicien. Il est, en effet, accordé : « à\nnotre bien-amé Jean le Clerc, l'un des 24 violons ordinaires de notre Cham-\nbre » (5). Nous reconnaissons donc ici Jean Le Clerc que nous signalions plus\nhaut, comme figurant depuis 1722 parmi les 24 violons de la chambre (6), et\n\n(1) Acte de vente du'iß novembre 1758, passé devant Maître Baron et son confrère, notaires à\nParis. (Minutes de Me Poisson.)\n(2) Voir la collection de concertos qui porte à la Bibliothèque Nationale la cote Vm\" 1 688/1697.\n(3) Premier et deuxième Recueil de Menuets en Duo, mis en ordre par M. Le Clerc. A Paris, chez\nM. Le Clerc, rue Saint-Honoré, vis-a-vis l'Oratoire et aux adresses ordinaires. (Bibl. du Conser-\nvatoire.)\nSeptième Recueil de Contredanses. Et la table par lettre alphabétique, avec la basse continue\net chiffrée, recueilly et mis en ordre par M. Le Clerc. A Paris, chez le Sr. Leclerc, riie du Roule à\nla Croix d'or, avec Privilège du Roy, 1742. (Bibl. nat. Vm\" 6778.)\nHuitième et Neuvième Recueils de Contredanses pour les Violons, Flûtes et Hautbois, recueillis\net mis en ordre par M. Le Clerc. Avec Privilège. Le 8° est de 1744 et le 9e de — (Bibl. du\nConservatoire.)\n(4) Voir la collection de concertos indiquée ci-dessus.\n(5) Privilège donné à Versailles le 22 décembre 1736. Enregistré à Paris le 2 janvier 1737.\n(B. M. Vm7. 6778.)\n(6) Etat de la France 1722. A Paris, chez Charles Osmont, rue St-Jacques, à l'Ecu de France.\nB. N. Le 23. 14. Atb"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "503", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.23", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "qui est encore en fonctions en 1760, ainsi qu'en fait foi une pièce des Archives\nde la Maison du Roi datée du 15 mai 1760, allouant au violoniste ses gages de\n365 livres pour cette même année 1760(1).\nJean Le Clerc se confond très probablement avec le (( maître de violon et de\npar-dessus de viole », qui, selon de Jèze, demeure en 1759 et 1760 (( près la Croix\ndu Trahoir ». La « Croix du Trahoir )) se trouve, en effet, à l'intersection delà\nrue de l'Arbre-Sec et delà rue Saint-Honoré, et à proximité de l'Oratoire (2).\nConcluons donc. Fétis a confondu Jean-Marie Leclair avec Jean Le Clerc,\nconfusion que peut excuser, jusqu'à un certain point, leur qualité commune\n(( d'ordinaires de la musique du Roi ».\nIl nous a paru d'autant plus intéressant de rectifier l'erreur commise par\nl'auteur de la Biograpie universelle des Musiciens que presque tous les musi-\ncographes l'ont répétée. Seul, Hermann Mendel passe prudemment sous\nsilence la présence de Leclair à l'orchestre de l'Opéra (3) ; mais MM. Riemann,\nGrove, Wasielewski, Vidal, Huet et Eitner, enregistrent, sans les contrôler, les\ndétails donnés par Fétis. Certains en profitent même pour dauber sur le goût\ndes Français du xvme siècle, qui méconnurent un artiste de la valeur de Leclair\nau point de le laisser végéter misérablement au dernier rang des musiciens de\nl'Opéra.\nWasielewski va plus loin, car il explique la présence de Leclair parmi les\nripiénistes du (( grand chœur » par la tendance qu'on aurait affichée de son\ntemps à repousser par tous les moyens possibles l'influence des écoles italiennes\nde violon, insinuation que le pontificat du Piémontais Guignon, roi des violons,\net premier symphoniste du roi, suffirait cependant à détruire (4). Enfin M. Rob.\nEitner, dans son Quellen-Lexikon, ajoute encore au désordre en confondant\nla musique de la Chambre avec l'orchestre de l'Opéra, et en racontant l'anec-\ndote de la rivalité de Leclair et de Guignon comme s'étant déroulée à l'Aca-\ndémie royale de musique.\nOn excusera la minutie des détails qui précèdent, en raison de la grande impor-\ntance de Leclair, que nous considérons comme un maître. La Revue musicale l'a\ndéjà fait connaître en publiant un fragment de Scylla et Glaucus dans son Sup-\nplément musical. Nous y reviendrons.\n\nL. DE LA LAURENCIE.\n\n(1) Archives nationales. 01.O1. 842.\n(2) Tableau de Paris pour l'année 1759. A Paris, chez C. Hérissant, rue Notre-Dame. (B. N.\nLk7. 6023). Voir page 208.\n(3) Hermann Mendel, Mùsikalisches Conversations, Lexikon, 2e Band, Berlin, 1872.\n(4) Wasielewski, Die Violine und Seine Meister, Leipzig, 1893 (page 314)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c013", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "504", "page_fin": "508", "image_debut": 24, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.5", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "504", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.24", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3249, "texte": "Publications nouvelles.\n\nTH. REINACH. Musica.\nLouis LALOY.\nArticle du\nDictionnaire des antiquités de Darenberg\net Saglio.\nCet exposé, très clair et d'une lecture\nagréable, résume, en quelques colonnes,\ntout ce que nous savons aujourd'hui de\nla musique antique. Ce sujet'semble bien\naride, si Ton considère les tableaux et les\ninterminables nomenclatures qui encom-\nbrent les ouvrages deWestphal et même\nceux de M. Gevaert : on croirait, à tourner\nces pages où s'alignent des régiments\nde gammes, que la musique, dans l'antiquité, n'était point un art, mais seulement\nun enseignement, une (( matière )) de « programme », un prétexte à manuel,\nune carrière ouverte au pédantisme, un fatras de formules dont se chargeait la\nmémoire des pauvres étudiants. 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Wagner, édité par l'Harmonie,\nBerlin, 1900, p. 25), pour montrer que les modulations de Wagner sont con-\nformes « aux règles classiques les plus sévères et les plus claires ». C'est quel-\nquefois parfaitement exact ; mais dans le cas étudié par Jadassohn (prélude de\nTristan), la tentative d assimilation aboutit à des , qui ne réclament\ncl ailleurs aucune massue d Hercule. Le bon sens suffit à en faire justice.\nDans quelques ouvrages de sérieuse valeur technique {Die Musikalische Akus-\ntik et Die Freiheit oder Unfreilieit der T'one, chez Kahnt, Leipzig), M. Georg Ca-\npellen a proposé un très judicieux moyen d'analyse. Selon lui, l'originalité, en\nmatière d harmonie , des compositeurs de 1 école moderne avancée, consiste en\nceci : ils ne se bornent pas à combiner des notes, composant un accord unique\nrégulier ; ils combinent des accords, lesquels n'ont rien d'anormal, si l'on consi-\ndère chacun d'eux à part, et dont la superposition seule est nouvelle. 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Bussler\nleur a consacré un chapitre spécial de son livre Partitur-Studium (§ 7, p. 66 :\nDurtonart mit Moll Sexte).\nEn somme, l'idée de G. Capellen n'est pas aussi neuve que le pense le\nDr Schiiz; tout accord dissonant, quel qu'il soit, ne vient-il pas de la superpo-\nsition de deux tonalités?\n\nJULES CCLWBARIEU.\n\nEMILE SCHWARTZ : Manuel théorique et pratique de lecture musicale (Paris,\nA Joanin, I fr. 15).\n\n— M. Emile Schwartz, professeur de solfège au Conserva-\ntoire et chef des chœurs de la Société des Concerts, était doublement qualifié,\ncomme maître et comme artiste, pour écrire un livre élémentaire ; et son manuel,\nplein de choses excellentes, ne manquera pas d'être favorablement accueilli. Il\ndonne lieu cependant à quelques observations. L'auteur s'est placé au point de\nvue de la musique instrumentale et vocale ; on le voit, non pas seulement au titre\nde son ouvrage, mais à certains sujets de leçons qui sont plutôt des exercices de\nlecture pour un violoniste que pour un chanteur. Ce point de vue est légitime ;\nmais il faut rappeler que les programmes de nos lycées ne demandent que du\nchant. M. Schwartz les dépasse. Il use assez souvent de formules qui sont trop\nabstraites pour les commençants de 8 à 10 ans. Ce qu'il dit sur la formation de la\ngamme (p. 60), en faisant intervenir les lois de la résonance d'un corps sonore\net les harmoniques, est un peu prématuré dans la pédagogie musicale du\njeune âge. D une façon générale, M. Schwartz débute par des « Notions pré-\nliminaires )) et va de l'abstrait au concret. La méthode que nous croyons la\nmeilleure, et que nous avons indiquée ici, consiste à suivre la voie inverse,\nc'est-à-dire à supprimer purement et simplement les notions préliminaires et à\nles rejeter plus loin, dans une période d'instruction plus avancée. Faire d'abord\nchanter les enfants, par imitation pure, sans aucune définition préalable ; ensuite,\nleur montrer comment on écrit les petits chants qu'ils ont exécutés, et les initier\nà tous les détails de l'écriture musicale, telle est la meilleure marche à suivre.\nQuant a la langue spéciale employée pour désigner (d'après M. Aimé Paris) les\nSubdivisions de Vunité provenant des souches binaire et ternaire (encore une\nformule trop abstraite !) — Ta té chu té ti, etc... — elle place au début des\nétudes une complication. Enfin, dans sa préface (p. 11), M. Schwartz reproche\nà l'enseignement courant d'obliger l'élève, dès le début, (( à porter son\nattention simultanément sur quatre points différents '. i° nom des notes, 20 me-\nsure, 30 groupement des valeurs, 40 intonations ». Je ne sais pas à qui\nM. Schwartz fait allusion ; mais je puis l'assurer que ni dans les écoles, ni dans\nles lycées de Paris, cette méthode n'est suivie. Dans l'enseignement libre,\nMlle Hortense Parent n'a cessé de formuler, et de pratiquer, le principe de la"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "508", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1117, "texte": "division des difficultés ; et on imagine difficilement un maître assez ignorant de\nson métier pour ne pas s'y conformer.\n\nC.\n\nM. LUCIEN DE FLAGNY nous envoie d'Allemagne cinq charmantes mélodies\npour enfants qu'il vient depublierà Berlin chez Chr. Fr. Vieweg(avecaccompa-\ngnement de piano, paroles en allemand et en français): Deux petits gourmands,F Es-\ncarpolette, Bonne fête, Cache-cache,la Maison Joli et utile cadeau (2 fr. 50) à faire\naux petits chanteurs ! M. A. REITLINGER vient de faire paraître, chez Costal-\nlat (15, rue Chaussée-d'Antin), de très bons Exercices chromatiques pour dévelop-\nper Vindépendance et /'égalité des doigts (dédiés à I. Philipp. Prix net : 6 fr.).\n\nCHANT GRÉGORIEN. Dans son dernier fascicule, la Paléographie musicale\ncontient la suite des pénétrantes études du bénédictin Dom Mocquereau sur le\nrythme, et la feuille avant-dernière (en phototypie) du manuscrit de Montpellier.\nA signaler, dans la première page de cette feuille, la notation bizarre des mots\nEripe me Domine :\nDans une édition de plain-chant, on sacrifierait sans remords quelques-unes\nde ces notes !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c014", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "504", "page_fin": "504", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.5.1", "titre_corps": "TH. REINACH. 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Bussler\nleur a consacré un chapitre spécial de son livre Partitur-Studium (§ 7, p. 66 :\nDurtonart mit Moll Sexte).\nEn somme, l'idée de G. Capellen n'est pas aussi neuve que le pense le\nDr Schiiz; tout accord dissonant, quel qu'il soit, ne vient-il pas de la superpo-\nsition de deux tonalités?\n\nJULES CCLWBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c026", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "507", "page_fin": "508", "image_debut": 27, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.5.4", "titre_corps": "EMILE SCHWARTZ : Manuel théorique et pratique de lecture musicale (Paris, A Joanin, I fr. 15).", "titre_sommaire": "EMILE SCHWARTZ : Manuel théorique et pratique de lecture musicale (Paris, A Joanin, I fr. 15).", "signature_source": "C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "507", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.27", "debut_caractere": 701, "fin_caractere_exclue": 3224, "texte": "EMILE SCHWARTZ : Manuel théorique et pratique de lecture musicale (Paris,\nA Joanin, I fr. 15).\n\n— M. Emile Schwartz, professeur de solfège au Conserva-\ntoire et chef des chœurs de la Société des Concerts, était doublement qualifié,\ncomme maître et comme artiste, pour écrire un livre élémentaire ; et son manuel,\nplein de choses excellentes, ne manquera pas d'être favorablement accueilli. Il\ndonne lieu cependant à quelques observations. L'auteur s'est placé au point de\nvue de la musique instrumentale et vocale ; on le voit, non pas seulement au titre\nde son ouvrage, mais à certains sujets de leçons qui sont plutôt des exercices de\nlecture pour un violoniste que pour un chanteur. Ce point de vue est légitime ;\nmais il faut rappeler que les programmes de nos lycées ne demandent que du\nchant. M. Schwartz les dépasse. Il use assez souvent de formules qui sont trop\nabstraites pour les commençants de 8 à 10 ans. Ce qu'il dit sur la formation de la\ngamme (p. 60), en faisant intervenir les lois de la résonance d'un corps sonore\net les harmoniques, est un peu prématuré dans la pédagogie musicale du\njeune âge. D une façon générale, M. Schwartz débute par des « Notions pré-\nliminaires )) et va de l'abstrait au concret. La méthode que nous croyons la\nmeilleure, et que nous avons indiquée ici, consiste à suivre la voie inverse,\nc'est-à-dire à supprimer purement et simplement les notions préliminaires et à\nles rejeter plus loin, dans une période d'instruction plus avancée. Faire d'abord\nchanter les enfants, par imitation pure, sans aucune définition préalable ; ensuite,\nleur montrer comment on écrit les petits chants qu'ils ont exécutés, et les initier\nà tous les détails de l'écriture musicale, telle est la meilleure marche à suivre.\nQuant a la langue spéciale employée pour désigner (d'après M. Aimé Paris) les\nSubdivisions de Vunité provenant des souches binaire et ternaire (encore une\nformule trop abstraite !) — Ta té chu té ti, etc... — elle place au début des\nétudes une complication. Enfin, dans sa préface (p. 11), M. Schwartz reproche\nà l'enseignement courant d'obliger l'élève, dès le début, (( à porter son\nattention simultanément sur quatre points différents '. i° nom des notes, 20 me-\nsure, 30 groupement des valeurs, 40 intonations ». Je ne sais pas à qui\nM. Schwartz fait allusion ; mais je puis l'assurer que ni dans les écoles, ni dans\nles lycées de Paris, cette méthode n'est suivie. Dans l'enseignement libre,\nMlle Hortense Parent n'a cessé de formuler, et de pratiquer, le principe de la"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "508", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "division des difficultés ; et on imagine difficilement un maître assez ignorant de\nson métier pour ne pas s'y conformer.\n\nC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c027", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "508", "page_fin": "508", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.5.5", "titre_corps": "M. LUCIEN DE FLAGNY nous envoie d'Allemagne cinq charmantes mélodies", "titre_sommaire": "M. LUCIEN DE FLAGNY nous envoie d'Allemagne cinq charmantes mélodies", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "508", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.28", "debut_caractere": 140, "fin_caractere_exclue": 697, "texte": "M. LUCIEN DE FLAGNY nous envoie d'Allemagne cinq charmantes mélodies\npour enfants qu'il vient depublierà Berlin chez Chr. Fr. Vieweg(avecaccompa-\ngnement de piano, paroles en allemand et en français): Deux petits gourmands,F Es-\ncarpolette, Bonne fête, Cache-cache,la Maison Joli et utile cadeau (2 fr. 50) à faire\naux petits chanteurs ! M. A. REITLINGER vient de faire paraître, chez Costal-\nlat (15, rue Chaussée-d'Antin), de très bons Exercices chromatiques pour dévelop-\nper Vindépendance et /'égalité des doigts (dédiés à I. Philipp. Prix net : 6 fr.)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c028", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "508", "page_fin": "508", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.5.6", "titre_corps": "CHANT GRÉGORIEN. Dans son dernier fascicule, la Paléographie musicale", "titre_sommaire": "CHANT GRÉGORIEN. 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Dans son dernier fascicule, la Paléographie musicale\ncontient la suite des pénétrantes études du bénédictin Dom Mocquereau sur le\nrythme, et la feuille avant-dernière (en phototypie) du manuscrit de Montpellier.\nA signaler, dans la première page de cette feuille, la notation bizarre des mots\nEripe me Domine :\nDans une édition de plain-chant, on sacrifierait sans remords quelques-unes\nde ces notes !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "508", "page_fin": "508", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.6", "titre_corps": "Nécrologie : Samuel Rousseau.", "titre_sommaire": "Nécrologie : Samuel Rousseau.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "508", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.28", "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "Nécrologie : Samuel Rousseau.\nAu moment où on célébrait le cinquantenaire de M. Humperdinck, Samuel\nRousseau, qui était du même âge, disparaissait, prématurément enlevé au monde\nmusical, à notre sincère et fidèle amitié. Né à Neuve-Maison (Aisne) le 11 juin\n1853, S. Rousseau obtint au Conservatoire le premier prix d'orgue en 1877, et\nle premier grand prix de composition (prix de Rome) en 1878. D'abord maître de\nchapelle à Sainte-Çlotilde, chef des chœurs de la Société des Concerts, critique\nmusical de l'Eclair, professeur d'harmonie au Conservatoire, Chevalier de la\nLégion d'honneur depuis 1900, il laisse des œuvres dont l'élégance, le goût, la\nclarté française seront longtemps appréciés : Dinorah (op. com ), Sabinus (1880),\nKaddir( 1881), la Florentine (1882), Merowig (drame lyrique, 1892), la Cloche du\nRhin (opéra, 1898), et un grand nombre de compositions religieuses : messes,\npsaumes, motets, chœurs, pièces pour orgue et harmonium, etc. C'était un com-\npositeur plein de charme, un professeur très apprécié, un ami sûr, au cœur\nexcellent. A sa veuve, à son fils (qui est un musicien de grand avenir), la Revue\nmusicale offre ses profondes condoléances."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "508", "page_fin": "512", "image_debut": 28, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.7", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "508", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.28", "debut_caractere": 2291, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nCONCERTS COLONNE.— Les concerts du Châtelet font demain leur réouverture\navec un très beau programme consacré à César Franck : Symphonie en RÉ mineur,\nyL acte de IIULDA ;1 aviations symphoniques (R. Pugno), et Psyché (250 exécutants).\nLES CONCERTS LAMOUREUX feront leur réouverture le 23 octobre."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "509", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3187, "texte": "OPÉRA-COMIQUE. M. Albert Carré a été autorisé, àla date du 5 octobre, à\ndonner le 27 octobre une matinée dont le produit sera affecté à la fondation,\ndans la Maison de retraite des Comédiens, d'un lit réservé aux artistes de lOpéra-\nComique.\nCette matinée se composera de la Tosca de Puccini, chantée en italien par\nMme Eames, MM. de Marchi et Scotti, sous la direction du maestro Campanini.\n\nLYON. Par arrêté du 3 octobre de M. le Préfet du Rhône, M. Archaimbaud\n(Emile), sous-chef d'orchestre au Grand-Théâtre, est nommé professeur de chant\n(femmes) à l'Ecole nationale de musique, succursale du Conservatoire national,\nen remplacement de M. Convert, décédé.\n\nNÎMES. Par arrêtés du 19 septembre de M. le Préfet du Gard, MM. Mou-\nluies, Breton et Causan sont respectivement chargés des cours d'harmonie, de\nsolfège élémentaire et de solfège secondaire à l'Ecole de musique, succursale du\nConservatoire national, pendant la durée du congé de M. Grégoire, professeur\ntitulaire de ces cours.\n\nCAEN. Par arrêté préfectoral du 22 septembre, M. Sarrazin (Eugène-Palé-\nmon) est nommé professeur de cornet à pistons et de trompette à l'Ecole natio-\nnale de musique en remplacement de M. Lagrange, démissionnaire.\n\nMARSEILLE. M. Valcourt, directeur de l'Opéra Municipal de Marseille, vient\nde communiquer le tableau de la nouvelle troupe pour la saison 1904-1905. En\nvoici les détails :\nM. H. Valcourt, directeur-administrateur (2e année) ; M. Miranne, premier\nchef d'orchestre; M. Almanz, directeur de la scène, metteur en scène du théâtre\nroyal de la Monnaie et de Covent Garden.\nArtistes du chant. M. Escalaïs, de l'Opéra, fort ténor ; M. Ronard, du\nThéâtre de Lyon, baryton de grand opéra ; M. Boussa, du Grand-Théâtre de\nBordeaux, basse noble; M. Delmas, du théâtre de la Monnaie, premier ténor\nléger; M. Demauroy, du théâtre de la Haye, premier ténor d'opéra ; M. Sarpe,\ndu Théâtre-Royal d'Anvers, deuxième ténor des premiers ; M. Dufour, de\nl'Opéra-Comique, baryton d'opéra comique, traductions ; M. Rothier, de TO-\npéra-Comique, basse chantante ; M. Santelli, baryton double ; M. Cargue,\npremière basse des deuxièmes ; M. Baroche, trial ; M. Rhuleau, laruette ;\nM. Paillassar, troisième ténor; M. Alys, troisième basse; MM. Pizoir, Bailly,\nDeville, Labarthe, Barbès, coryphées.\nMme Brejan-Silver, de l'Opéra-Comique, première chanteuse légère ;\nMlle Harriet-Strasy, forte chanteuse falcon; MUe Cambon, de l'Opéra de Nice,\npremière chanteuse légère d opéra, traduction ; Mlle Corot, du théâtre d'Anvers,\ncontralto mezzo soprano; Mlle Fobis, du Théâtre-Royal d'Anvers, première du-\ngazon ; Mlle Virgitti, première chanteuse légère ; Mlle Cahuzac, première duga-\nzon des deuxièmes ; Mlle Lambertha, deuxième dugazon des premières ;\nMllc C. Bony, mère-dugazon ; Mmes Larcher, Deville, Baillez, coryphées.\nChœurs et Ballet. —M. Natta, maître de ballet; Mllc Olga Mauri, première\ndanseuse noble ; Mlle Raulin, du théâtre de la Haye, première danseuse demi-\ncaractère; Mlle Charbonnel, du théâtre de la Monnaie, première danseuse demi-\ncaractère et travesti ; Mlles E. Casalegno, Timossi, deuxièmes danseuses.\nOrchestre. —M. Miranne, premier chef d'orchestre ;M. Tartanac, premier"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "510", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "chef d'orchestre adjoint; M. Bergier, premier chef (service de la scène);\nM. Hesse, organiste, chef du chant (deuxième chef d'orchestre).\nL'ouverture de la saison aura lieu dans le courant du mois d'octobre.\n\nPARIS, LYCÉE CARNOT. Notre collaborateur M. Henri Quittard, ancien élève\nde César Franck, licencié ès lettres, diplômé de l'Ecole des langues orientales\nvivantes, est nommé professeur de chant au lycée Carnot.\n\nBORDEAUX.\nJos. GRIMO.\nGrand-Théâtre. Voici le tableau du personnel engagé par\nl'excellent directeur, M. F. Boyer, pour la saison lyrique d'hiver (du 7 octobre\nau 6 mai 1905) : MM. Imbart de la Tour, Hugues, Leclercq, Hyacinthe (ténors) ;\nMézy, Deney, Albert (barytons) ; Bouxman, Blancard, Seurin (basses) ;\nMlles Alice Baron, Marg. Charpantier, de Perre, Y. Marignan, Pérès (soprani) ;\nNady Blancard, Jeanne Benda, Dupont (contralti) ; Vial, Clouzet, Fourès (mezzo).\nEn représentation, nous aurons : Emma Calvé, Jane Marcy, Emma Nevada,\nSuzanne Cesbron, Duc, Scaremberg, L. Escalaïs, Ed. Clément.\nMlle Irène Lovati conserve son poste de ire danseuse, avec Mlle Régina Badet\net Tenzi, ses coadjutrices (demi-caractère et travesti).\nQuant aux ouvrages n'ayant jamais été joués à Bordeaux et qui seront mis en\nétude : la Walkyrie, de Wagner, le Jongleur de Notre-Dame (J. Massenet),\nLe Tasse (d Harcourt), etc., tiennent le premier rang. Chef d'orchestre : M. Mon-\ntagne.\n\nNICE.\n\n— Par mesure d'économie, le Conseil municipal a réuni l'Opéra et le\nthéâtre du Casino sous une même direction. La troupe, les chœurs, l'orchestre,\nseront donc communs aux deux scènes et payés en partie par la Société fermière\ndu Casino, ce qui permettra de réduire la somme de 400.000 francs affectée par\nla ville à ce chapitre. Cette décision n'est pas unanimement approuvée, et l'on\ncraint, non sans raison, qu'elle n'influe fâcheusement sur la réussite de la pro-\nchaine saison théâtrale.\nCette saison commencera à l'Opéra le 17 novembre, et au Casino le 16 décembre.\nParmi les artistes engagés, quelques-uns en représentation, nous remarquons :\nMM. Alvarez, Duc, et Mme Lafargue, de l'Opéra; M. Thomas Salignac,\nMmes Charlotte Wyns, et Garden, qui jouera la Reine Fiammette, créée par elle\nà l'Opéra-Comique. Mlle Charlotte Wyns chantera 1 Étranger, et M. Vincent\nd'Indy viendra, paraît-il, assister à la première de son œuvre. Nous aurons, en\noutre, la création de /'Epreuve, opéra inédit de M. Ch. Pons, organiste à Nice;\nRenaud d\"Arles, de M. Noël Desjoyeaux, et Thamyris, de M. Noguès. Le peu de\nsuccès obtenu à la saison dernière par Siegfried empêchera probablement de\nreprésenter cette année le Crépuscule des Dieux, que M. Saugey avait l'intention\nde monter.\nPour le Casino, on annonce le Jongleur de Notre-Dame, et Rolande, œuvre iné-\ndite de M. Hirschmann.\nPuisque nous avons parlé de 1 Opéra, rappelons brièvement ses origines.\nLe premier théâtre construit à Nice était une maison en bois, située au bord\nde la mer, à peu près où se trouve l'Opéra actuel, et appartenant à un gentil-\nhomme qui la transforma, avec l'autorisation du roi de Sardaigne, en salle de\nspectacle ouverte au public en 1790. Pendant l'occupation de la ville par les\narmées républicaines françaises, il prit le nom de théâtre de la Montagne, et par"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "511", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3269, "texte": "décret de la municipalité il n'y était exécuté que des pièces patriotiques exal-\ntant la Révolution. Le répertoire était surtout dramatique ; on y joua cependant\nlongtemps, entre autres œuvres lyriques, la Famille suisse, le premier opéra de\nBoïeldieu. Les artistes étaient assez médiocres.\nEn 1830, fut construit au même endroit le théâtre municipal, qui brûla en 1881,\nfaisant une soixantaine de victimes. On jouait ce soir-là Lucia de Lctmermoor et\n•un ballet. Les œuvres étaient toutes chantées en italien sur ce théâtre, même\naprès l'annexion de 1860. On profita de la reconstruction de l'Opéra actuel sur\nle même emplacement pour imposer, après d'assez vives polémiques, les repré-\nsentations en français. C'est alors que se créèrent les petites scènes des faubourgs\noû l'on continue à chanter les œuvres de Donizetti, Bellini et Verdi dans la langue\nde leurs auteurs.\nParmi les directeurs qui ont été à la tête du théâtre municipal, figurent :\nM. S onzogno, l'éditeur milanais bien connu, et Tagliafico, l'auteur de la Chanson\nde Marinette. C'est ce dernier qui, trouvant le Mefistojele de Boïto beaucoup trop\ncompliqué, arrêta les répétitions de cet opéra, déjà commencées, joué d'ailleurs\navec succès à la saison dernière.\nLa subvention primitive était de .40.000 francs. Après l'incendie de 1881 elle\nfut beaucoup plus considérable, et vient d'être réduite à la suite de la combi-\nnaison dont j'ai parlé plus haut. La municipalité s'est, en outre, chargée depuis\nplusieurs années de la rémunération des musiciens, des chœurs et du ballet, dont\nelle peut ainsi disposer à son gré.\nTous les opéras nouveaux de quelque importance ont été montés à Nice dans\nces derniers temps. Il faut ajouter aussi quelques créations parmi lesquelles un\nballet de M. Gaston Pollonais et la mise à la scène de Marie Madeleine, l'oratorio\nde M. Massenet. Aujourd'hui le répertoire moderne s'est à peu près implanté,\ngrâce surtout aux hivernants dilettanti. Le public exclusivement niçois n'a pu\nencore se défaire de ses préférences pour le genre exclusivement italien.\nLe théâtre actuel, construit dans le goût italien, se compose, comme l'Opéra\nde Paris, d'un parterre, de trois rangs de loges et d'un amphithéâtre. Il est\nactuellement et depuis quelques années très habilement dirigé par M. Saugey.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nL'UNION DES SOCIÉTÉS MUSICALES DE FRANCE. La Commission provisoire\ninstituée au Congrès de la Fédération musicale de France (Suresnes, 15 août)\na décidé de provoquer une réunion des délégués des Sociétés musicales de France\net a lancé aux intéressés un appel dont nous extrayons quelques passages :\n(( En toutes occasions de la vie orphéonique, il a été surabondamment démontré\nque les revendications de tout ordre que poursuivent depuis tant d'années les\nSociétés musicales ne pourront avoir satisfaction que si tous les groupements\nsérieux existants s'unissent en un élan fraternel. ))\n(( Nous avons accepté la mission d'organiser une Fédération nouvelle\nreposant principalement sur l'omnipotence des Sociétés musicales au point de\nvue de la défense de leurs intérêts et de la poursuite de leurs revendications,\net sur l'autonomie complète des fédérations régionales.\n(( Nous vous convions donc à Paris le dimanche 30 octobre prochain (10 heures"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "512", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "du matin\\ à la salle Pleyel (22, rue Rochechouart), et nous espérons que de\nnos séances naîtra d'une façon définitive et immuable l'union de toutes les\nSociétés musicales de France.\n(( Les communications et adhésions peuvent être adressées indistinctement à\nl'un des signataires du présent appel. ))\nCet appel se termine par Tordre du jour du Congrès du 30 octobre, où toutes\nles questions intéressant les Sociétés musicales et les fêtes orphéoniques sont\nenvisagées.\nSuivent les signatures :\nClérisse (Président de l'Union des Sociétés musicales de l'Eure), à Evreux ;\nLamarre (Président delà Fédération des Sociétés musicales de la Seine et de\nSeine-et-Oise), 3, rue Ilumblot, à Paris ; Richart (Président de la Fédération du\nNord et du Pas-de-Calais), à Lens ; Chevrolat (administrateur général de la\nFédération de l'Ain), à Montluel ; Gasquet (Président de la Fédération musicale\ndu Var), à Toulon, et Henri Brody (Secrétaire de la Commission provisoire),\n3, rue Montholon, à Paris.\nMme Emma Calvé vient de signer un engagement avec J. Schurman et\npartira en tournée le 25 octobre, parcourra l'Allemagne, l'Autriche et la Rou-\nmanie, et, du ler au 31 janvier 1905, la France et la Belgique.\nL'éminente artiste interprétera seulement trois rôles, Carmen, Ophélie ,\nd'Hamlet, et Santuzza, de Cavalier a Rusticana, puis se fera entendre dans une\nsérie de concerts.\nL'orchestre Lamoureux, sous la direction de M. Camille Chevillard, entre-\nprendra, cet hiver, une tournée en Belgique et en Allemagne ; il donnera des con-\ncerts à Bruxelles, Anvers, Liège, Cologne, Dusseldorf, Elberfeld, Brème,\nHambourg, Berlin, Dresde, Leipzig. Frankfort-a-M., Mannheim, Stuttgart,\nStrasbourg.\nAloysia di Krebs Michalesi, qui chanta la première en Allemagne le rôle de\nFidès du Prophète, vient de mourir. Sa fille Mary, décédée avant elle, fut une\npianiste de grand talent.\nLa colonie italienne de New-York fera, paraît-il, ériger dans cette ville un\nmonument en l'honneur de Verdi. L'exécution de la statue a été confiée au\nsculpteur de Palerme, Pasquale Civiletti.\nLa ville de Leipzig vient de commander au statuaire Karl Seffner un\nénorme monument en l'honneur de J.-Sébastien Bach. Ce monument, de vastes\ndimensions, sera élevé près de l'église Saint-Thomas.\nC'est au théâtre San Carlo de Naples que sera représenté pour la première\nfois en Italie, après les représentations de Berlin qui doivent avoir lieu en\nnovembre, l'opéra de M. Leoncavallo, Roland de Berlin.\nLe théâtre du Weinsbergswege, construit sur le modèle du Prince-Régent\nde Munich, va s'ouvrir à Berlin le 15 courant. Ce théâtre contiendra plus de\n2.000 personnes. La pièce d'ouverture sera les Noces de Figaro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "508", "page_fin": "508", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.7.1", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE.— Les concerts du Châtelet font demain leur réouverture", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE.— Les concerts du Châtelet font demain leur réouverture", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "508", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.28", "debut_caractere": 2325, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "CONCERTS COLONNE.— Les concerts du Châtelet font demain leur réouverture\navec un très beau programme consacré à César Franck : Symphonie en RÉ mineur,\nyL acte de IIULDA ;1 aviations symphoniques (R. Pugno), et Psyché (250 exécutants).\nLES CONCERTS LAMOUREUX feront leur réouverture le 23 octobre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "509", "page_fin": "509", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.7.2", "titre_corps": "OPÉRA-COMIQUE. M. Albert Carré a été autorisé, àla date du 5 octobre, à", "titre_sommaire": "OPÉRA-COMIQUE. M. 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Delmas, du théâtre de la Monnaie, premier ténor\nléger; M. Demauroy, du théâtre de la Haye, premier ténor d'opéra ; M. Sarpe,\ndu Théâtre-Royal d'Anvers, deuxième ténor des premiers ; M. Dufour, de\nl'Opéra-Comique, baryton d'opéra comique, traductions ; M. Rothier, de TO-\npéra-Comique, basse chantante ; M. Santelli, baryton double ; M. Cargue,\npremière basse des deuxièmes ; M. Baroche, trial ; M. Rhuleau, laruette ;\nM. Paillassar, troisième ténor; M. Alys, troisième basse; MM. Pizoir, Bailly,\nDeville, Labarthe, Barbès, coryphées.\nMme Brejan-Silver, de l'Opéra-Comique, première chanteuse légère ;\nMlle Harriet-Strasy, forte chanteuse falcon; MUe Cambon, de l'Opéra de Nice,\npremière chanteuse légère d opéra, traduction ; Mlle Corot, du théâtre d'Anvers,\ncontralto mezzo soprano; Mlle Fobis, du Théâtre-Royal d'Anvers, première du-\ngazon ; Mlle Virgitti, première chanteuse légère ; Mlle Cahuzac, première duga-\nzon des deuxièmes ; Mlle Lambertha, deuxième dugazon des premières ;\nMllc C. Bony, mère-dugazon ; Mmes Larcher, Deville, Baillez, coryphées.\nChœurs et Ballet. —M. Natta, maître de ballet; Mllc Olga Mauri, première\ndanseuse noble ; Mlle Raulin, du théâtre de la Haye, première danseuse demi-\ncaractère; Mlle Charbonnel, du théâtre de la Monnaie, première danseuse demi-\ncaractère et travesti ; Mlles E. Casalegno, Timossi, deuxièmes danseuses.\nOrchestre. —M. Miranne, premier chef d'orchestre ;M. Tartanac, premier"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "510", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 221, "texte": "chef d'orchestre adjoint; M. Bergier, premier chef (service de la scène);\nM. Hesse, organiste, chef du chant (deuxième chef d'orchestre).\nL'ouverture de la saison aura lieu dans le courant du mois d'octobre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c038", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "510", "page_fin": "510", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.7.7", "titre_corps": "PARIS, LYCÉE CARNOT. Notre collaborateur M. Henri Quittard, ancien élève", "titre_sommaire": "PARIS, LYCÉE CARNOT. Notre collaborateur M. 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Henri Quittard, ancien élève\nde César Franck, licencié ès lettres, diplômé de l'Ecole des langues orientales\nvivantes, est nommé professeur de chant au lycée Carnot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c039", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "510", "page_fin": "510", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.7.8", "titre_corps": "BORDEAUX.", "titre_sommaire": "BORDEAUX.", "signature_source": "Jos. GRIMO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "510", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.30", "debut_caractere": 434, "fin_caractere_exclue": 1403, "texte": "BORDEAUX.\nJos. GRIMO.\nGrand-Théâtre. Voici le tableau du personnel engagé par\nl'excellent directeur, M. F. Boyer, pour la saison lyrique d'hiver (du 7 octobre\nau 6 mai 1905) : MM. Imbart de la Tour, Hugues, Leclercq, Hyacinthe (ténors) ;\nMézy, Deney, Albert (barytons) ; Bouxman, Blancard, Seurin (basses) ;\nMlles Alice Baron, Marg. Charpantier, de Perre, Y. Marignan, Pérès (soprani) ;\nNady Blancard, Jeanne Benda, Dupont (contralti) ; Vial, Clouzet, Fourès (mezzo).\nEn représentation, nous aurons : Emma Calvé, Jane Marcy, Emma Nevada,\nSuzanne Cesbron, Duc, Scaremberg, L. Escalaïs, Ed. Clément.\nMlle Irène Lovati conserve son poste de ire danseuse, avec Mlle Régina Badet\net Tenzi, ses coadjutrices (demi-caractère et travesti).\nQuant aux ouvrages n'ayant jamais été joués à Bordeaux et qui seront mis en\nétude : la Walkyrie, de Wagner, le Jongleur de Notre-Dame (J. Massenet),\nLe Tasse (d Harcourt), etc., tiennent le premier rang. Chef d'orchestre : M. Mon-\ntagne."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c040", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "510", "page_fin": "511", "image_debut": 30, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.7.9", "titre_corps": "NICE.", "titre_sommaire": "NICE.", "signature_source": "EDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "510", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.30", "debut_caractere": 1405, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "NICE.\n\n— Par mesure d'économie, le Conseil municipal a réuni l'Opéra et le\nthéâtre du Casino sous une même direction. La troupe, les chœurs, l'orchestre,\nseront donc communs aux deux scènes et payés en partie par la Société fermière\ndu Casino, ce qui permettra de réduire la somme de 400.000 francs affectée par\nla ville à ce chapitre. Cette décision n'est pas unanimement approuvée, et l'on\ncraint, non sans raison, qu'elle n'influe fâcheusement sur la réussite de la pro-\nchaine saison théâtrale.\nCette saison commencera à l'Opéra le 17 novembre, et au Casino le 16 décembre.\nParmi les artistes engagés, quelques-uns en représentation, nous remarquons :\nMM. Alvarez, Duc, et Mme Lafargue, de l'Opéra; M. Thomas Salignac,\nMmes Charlotte Wyns, et Garden, qui jouera la Reine Fiammette, créée par elle\nà l'Opéra-Comique. Mlle Charlotte Wyns chantera 1 Étranger, et M. Vincent\nd'Indy viendra, paraît-il, assister à la première de son œuvre. Nous aurons, en\noutre, la création de /'Epreuve, opéra inédit de M. Ch. Pons, organiste à Nice;\nRenaud d\"Arles, de M. Noël Desjoyeaux, et Thamyris, de M. Noguès. Le peu de\nsuccès obtenu à la saison dernière par Siegfried empêchera probablement de\nreprésenter cette année le Crépuscule des Dieux, que M. Saugey avait l'intention\nde monter.\nPour le Casino, on annonce le Jongleur de Notre-Dame, et Rolande, œuvre iné-\ndite de M. Hirschmann.\nPuisque nous avons parlé de 1 Opéra, rappelons brièvement ses origines.\nLe premier théâtre construit à Nice était une maison en bois, située au bord\nde la mer, à peu près où se trouve l'Opéra actuel, et appartenant à un gentil-\nhomme qui la transforma, avec l'autorisation du roi de Sardaigne, en salle de\nspectacle ouverte au public en 1790. Pendant l'occupation de la ville par les\narmées républicaines françaises, il prit le nom de théâtre de la Montagne, et par"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "511", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "décret de la municipalité il n'y était exécuté que des pièces patriotiques exal-\ntant la Révolution. Le répertoire était surtout dramatique ; on y joua cependant\nlongtemps, entre autres œuvres lyriques, la Famille suisse, le premier opéra de\nBoïeldieu. Les artistes étaient assez médiocres.\nEn 1830, fut construit au même endroit le théâtre municipal, qui brûla en 1881,\nfaisant une soixantaine de victimes. On jouait ce soir-là Lucia de Lctmermoor et\n•un ballet. Les œuvres étaient toutes chantées en italien sur ce théâtre, même\naprès l'annexion de 1860. On profita de la reconstruction de l'Opéra actuel sur\nle même emplacement pour imposer, après d'assez vives polémiques, les repré-\nsentations en français. C'est alors que se créèrent les petites scènes des faubourgs\noû l'on continue à chanter les œuvres de Donizetti, Bellini et Verdi dans la langue\nde leurs auteurs.\nParmi les directeurs qui ont été à la tête du théâtre municipal, figurent :\nM. S onzogno, l'éditeur milanais bien connu, et Tagliafico, l'auteur de la Chanson\nde Marinette. C'est ce dernier qui, trouvant le Mefistojele de Boïto beaucoup trop\ncompliqué, arrêta les répétitions de cet opéra, déjà commencées, joué d'ailleurs\navec succès à la saison dernière.\nLa subvention primitive était de .40.000 francs. Après l'incendie de 1881 elle\nfut beaucoup plus considérable, et vient d'être réduite à la suite de la combi-\nnaison dont j'ai parlé plus haut. La municipalité s'est, en outre, chargée depuis\nplusieurs années de la rémunération des musiciens, des chœurs et du ballet, dont\nelle peut ainsi disposer à son gré.\nTous les opéras nouveaux de quelque importance ont été montés à Nice dans\nces derniers temps. Il faut ajouter aussi quelques créations parmi lesquelles un\nballet de M. Gaston Pollonais et la mise à la scène de Marie Madeleine, l'oratorio\nde M. Massenet. Aujourd'hui le répertoire moderne s'est à peu près implanté,\ngrâce surtout aux hivernants dilettanti. Le public exclusivement niçois n'a pu\nencore se défaire de ses préférences pour le genre exclusivement italien.\nLe théâtre actuel, construit dans le goût italien, se compose, comme l'Opéra\nde Paris, d'un parterre, de trois rangs de loges et d'un amphithéâtre. Il est\nactuellement et depuis quelques années très habilement dirigé par M. Saugey.\n\nEDOUARD PERRIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-10-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-10-15_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-10-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "511", "page_fin": "512", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.2.7.10", "titre_corps": "L'UNION DES SOCIÉTÉS MUSICALES DE FRANCE. La Commission provisoire", "titre_sommaire": "L'UNION DES SOCIÉTÉS MUSICALES DE FRANCE. La Commission provisoire", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "511", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.31", "debut_caractere": 2322, "fin_caractere_exclue": 3269, "texte": "L'UNION DES SOCIÉTÉS MUSICALES DE FRANCE. La Commission provisoire\ninstituée au Congrès de la Fédération musicale de France (Suresnes, 15 août)\na décidé de provoquer une réunion des délégués des Sociétés musicales de France\net a lancé aux intéressés un appel dont nous extrayons quelques passages :\n(( En toutes occasions de la vie orphéonique, il a été surabondamment démontré\nque les revendications de tout ordre que poursuivent depuis tant d'années les\nSociétés musicales ne pourront avoir satisfaction que si tous les groupements\nsérieux existants s'unissent en un élan fraternel. ))\n(( Nous avons accepté la mission d'organiser une Fédération nouvelle\nreposant principalement sur l'omnipotence des Sociétés musicales au point de\nvue de la défense de leurs intérêts et de la poursuite de leurs revendications,\net sur l'autonomie complète des fédérations régionales.\n(( Nous vous convions donc à Paris le dimanche 30 octobre prochain (10 heures"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "512", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "du matin\\ à la salle Pleyel (22, rue Rochechouart), et nous espérons que de\nnos séances naîtra d'une façon définitive et immuable l'union de toutes les\nSociétés musicales de France.\n(( Les communications et adhésions peuvent être adressées indistinctement à\nl'un des signataires du présent appel. ))\nCet appel se termine par Tordre du jour du Congrès du 30 octobre, où toutes\nles questions intéressant les Sociétés musicales et les fêtes orphéoniques sont\nenvisagées.\nSuivent les signatures :\nClérisse (Président de l'Union des Sociétés musicales de l'Eure), à Evreux ;\nLamarre (Président delà Fédération des Sociétés musicales de la Seine et de\nSeine-et-Oise), 3, rue Ilumblot, à Paris ; Richart (Président de la Fédération du\nNord et du Pas-de-Calais), à Lens ; Chevrolat (administrateur général de la\nFédération de l'Ain), à Montluel ; Gasquet (Président de la Fédération musicale\ndu Var), à Toulon, et Henri Brody (Secrétaire de la Commission provisoire),\n3, rue Montholon, à Paris.\nMme Emma Calvé vient de signer un engagement avec J. Schurman et\npartira en tournée le 25 octobre, parcourra l'Allemagne, l'Autriche et la Rou-\nmanie, et, du ler au 31 janvier 1905, la France et la Belgique.\nL'éminente artiste interprétera seulement trois rôles, Carmen, Ophélie ,\nd'Hamlet, et Santuzza, de Cavalier a Rusticana, puis se fera entendre dans une\nsérie de concerts.\nL'orchestre Lamoureux, sous la direction de M. Camille Chevillard, entre-\nprendra, cet hiver, une tournée en Belgique et en Allemagne ; il donnera des con-\ncerts à Bruxelles, Anvers, Liège, Cologne, Dusseldorf, Elberfeld, Brème,\nHambourg, Berlin, Dresde, Leipzig. Frankfort-a-M., Mannheim, Stuttgart,\nStrasbourg.\nAloysia di Krebs Michalesi, qui chanta la première en Allemagne le rôle de\nFidès du Prophète, vient de mourir. Sa fille Mary, décédée avant elle, fut une\npianiste de grand talent.\nLa colonie italienne de New-York fera, paraît-il, ériger dans cette ville un\nmonument en l'honneur de Verdi. L'exécution de la statue a été confiée au\nsculpteur de Palerme, Pasquale Civiletti.\nLa ville de Leipzig vient de commander au statuaire Karl Seffner un\nénorme monument en l'honneur de J.-Sébastien Bach. Ce monument, de vastes\ndimensions, sera élevé près de l'église Saint-Thomas.\nC'est au théâtre San Carlo de Naples que sera représenté pour la première\nfois en Italie, après les représentations de Berlin qui doivent avoir lieu en\nnovembre, l'opéra de M. Leoncavallo, Roland de Berlin.\nLe théâtre du Weinsbergswege, construit sur le modèle du Prince-Régent\nde Munich, va s'ouvrir à Berlin le 15 courant. Ce théâtre contiendra plus de\n2.000 personnes. La pièce d'ouverture sera les Noces de Figaro."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "481", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nNo 20 (quatrième année)\n15 Octobre\n1904.\nK. M.\n37\n\nEncjelbert HUMPERDINCK"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "482", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.2", "texte": "ENGELBERT HUMPERDINGK\nJ. C.\n\nLa célébration du Geburtstag {jour anniversaire de naissance) est, en Allemagne,\nune institution nationale qui, aGzzs /es familles nombreuses, occupe durant toute\n1 année les doigts agiles des femmes pour la confection des petits cadeaux. Parfois\nelle donne lieu à de belles manifestations artistiques. C'est ainsi que, /e zzzozs dernier,\no/z a fètéle cinquantième anniversaire du compositeur Humperdinck, né le icr septem-\nbre 1854 à Sieberg sur le Rhin. iVozzs 11e pouvons laisser passer sans nous y associer\nVhommage rendu à un musicien de haute valeur, dont une œuvre, Hansel etGretel,\nest au répertoire de notre Opéra-Comique, e/ qui compte à Paris, non pas seulement\nparmi ses confrères d'art, <ie nombreux amis. Elève de Ferdinand Miller et de Joseph\nRheinberger, Humperdinck obtint, azz cours de sa vie d'étudiant, trois prix dont le\nnom ne laissait pas, en l espèce, d'être un peu ironique : prix Moqart, prix Mendels-\nsohn, prix Meyerbeer. Humperdinck est considéré en effet comme le meilleur disciple\nde R. Wagner, iozz/ il fut l'ami, e/ rfozz/ le fils, Af. Siegfried Wagner, fut son\nélève. C'est d'ailleurs un musicien très personnel et original. Il y a un mot excellent\ndont se servent les Allemands pour caractériser des œuvres comme celles de Humper-\ndinck : c'es/ rf Tondichtung », poème sonore ;il en est un autre qui pourrait s ap-\npliquer avec 11011 moins d'exactitude à plusieurs de ses œuvres : c'est (( Tonmalerei »,\npeinture sonore. C est l'impression que nous laissa la Symphonie mauresque (1898),\nexécutée avec succès à Paris, z'/jy a <iezzx a/zs, par la Société des Concerts du Con-\nservatoire. Humperdinck excelle dans le maniement de F orchestre, auquel il sait\ndonner une rare couleur. La liste de ses compositions 11 est pas très longue, zzzaz's /zzz\nassure un rang très élevé parmi les maîtres modernes. Deux autres œuvres, Die\nKônigskinder (1898), et Die Sieben Geislein {1897), accusent la même tendance\nque Hansel au merveilleux populaire. Il achève présentement l'orchestration d'un\nopéra en trois actes, le Mariage forcé, qui appartient, bien entendu, au genre comi-\nque. Les paroles sont de Mmc Humperdinck, femme du compositeur. Un de nos\namis qui a pu en entendre quelques fragments nous assure que la musique en est très\nmélodique, d'une clarté française, et assurée de plaire.\nNous prions M. Humperdinck de trouver dans ces quelques lignes un écho pari-\nsien des justes hommages qui l'ont entouré le mois dernier, en Allemagne.\n1 - 1\nSzzr zzo/re demande, M. Humperdinck a bien voulu nous envoyer, pour les lec-\nteurs de la Revue musicale, une charmante pièce pour piano, facile et pleine de\nsentiment. Elle nous est malheureusement parvenue au moment où notre supplé-\nment musical était déjà établi ; nous la publierons dans notre prochain numéro."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "483", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.3", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIe SIÈCLE\n\nUn coin pittoresque de la vie artistique au XIIIe siècle.\n\nLa publication que AI. A. Longnon a faite, il y a quelques années,\nd'une chanson historique du xme siècle, la Procession du bon abbé\nPonce (1), avait attiré notre attention sur les deux pièces, ano-\nnymes également, qui la précèdent dans le manuscrit (2).\nA proprement parler, l'intérêt historique est moindre dans les\ndeux pièces qui nous occupent que dans la Procession; il se réduit à\ndes détails de la vie intime, à des scènes de ménage, qui se passent\nchez quelques seigneurs de Champagne 5 mais ces deux chansons sont\ncurieuses cependant. Elles nous font voir les jongleurs, tels qu'ils\nfurent dans la réalité quotidienne, dépouillés du prestige que le\nrecul des siècles et l'idéal de poésie avaient mis autour d'eux.\nLes deux chansons qui nous retiennent ici ont été conservées\ndans un seul manuscrit, qui appartint à Cangé avant de venir à\nla Bibliothèque Nationale de Paris. Il porte la cote 846 du fonds\nfrançais. C'est un volume sur vélin, écrit dans la seconde moitié du\nxme siècle. Le texte est disposé sur deux colonnes, ainsi que la nota-\ntion musicale. Certaines formes graphiques révèlent une prove-\nnance orientale. Au point de vue musical, ce manuscrit est un des\nplus précieux du corpus des chansonniers français, parce que l'écriture\nmusicale, d'une netteté parfaite, distingue très clairement les brèves des\nlongues et nous donne des indications de durée que les autres manus-\ncrits, même les meilleurs, négligent souvent (3).\nAu xvine siecle, un certain Coustelier, imprimeur et libraire, fit copier\ndans différents manuscrits un grand nombre d'anciennes poésies fran-\nçaises, qu'il avait l'intention de publier ensuite. Lacurne de Sainte-\nPalaye eut communication de ces copies et mit en marge ses correc-\ntions et ses annotations. Il les cite fréquemment dans son dictionnaire\nde 1 ancien français sous cette désignation : Recueil de poêles françois\navant Van i3oo. Aujourd'hui ces copies sont conservées à la Biblio-\nthèque de l'Arsenal et forment quatre volumes (4).\nQuand, en iBso, Tarbé publia ces deux chansons, qu'il considérait à\njuste titre comme faisant partie du patrimoine littéraire de la Cham-\npagne, il eut l'idée au moins singulière de prendre l'une de ces deux\npièces au manuscrit de Cangé et l'autre à la copie de l'Arsenal ! Il était\n\n(1) La Procession du bon abbé Ponce, art. de M. A. LONGNON, dans la Romania,\nannée 1901, p. ,198.\n(2) Bibl. Nationale, ms. franc. 846.\n(3) Nos deux chansons (Bibl. des chans. de G. RAYNAUD, nos 341 et ia3) occupent le\nfolio 44 v°. La pièce 341 se trouve également au fol. 160 du ms. fr. 20.050 de la Bibl.\nNat. Mais ce ms. ne donne que la première strophe et n'a point la musique.\n(4) Arsenal. —Recueil de poêles françois avant Van i3oo en 4 volumes, 3303-3306\n(anciennement 120. A. B. F.), tome I, p. 176."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "484", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.4", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIe SIÈCLE\n\nsi simple pourtant de transcrire les deux chansons sur l'original sans\navoir à assumer les fautes du premier transcripteur ! Mais la critique de\nTarbé n'était point pour s'embarrasser de ces menues vétilles, et les\nerreurs dont fourmille son édition (1) ne nous causent aucun scrupule\npour réimprimer à nouveau ces deux textes, qui nous semblent très in-\ntéressants pour l'histoire de la jonglerie.\nI\nTEXTE MUSICAL ANCIEN\n\n(i) Chansonniers de Champagne aux xnc et xine siècles, dans la Collection\ndes Poètes de Champagne antérieurs awxvie siècle, Reims, iBso."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "485", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.5", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIE SIÈCLE\n\nL Devers Chastelvilain (1)\nme vient la robe au main\ncom uns oitours norrois. (2)\nBon jor doint (3) Dex demain\n5. le seignor que tant ain ! (4)\nProudons est et cortois.\nDe ci qu'en Navarrois\nn'a si bon chastelain :\nde son chastel a plain\n10. ne doute il les .11. rois. (5)\nIL Or vos di que Choisues (6)\nne me vaut mais .11. oes,\nqui me soloit valoir.\nTôt mainjuent vermues,\n15. vermin et escurues, (7)\nn'en puis mais point (8; avoir.\nEt s'ont mis lor avoir\nen vaiches (9) et en bues\net s'ont (10) fait uns murs nues, (11)\n20. que Dex gart de cheoir.\n\n(1) Châteauvillain, Haute-Marne, arr. de Chaumont. Voir ROSEROT, Dictionnaire\ntopographique de la Haute-Marne, Paris, 1903, in-4.\n(2) Ce vers est peu clair. Tarbé corrige ostours vorrois et fait une double faute\nde lecture sans profit pour le sens. L. de S.-P. avait cru pouvoir expliquer vorrois\npar vorace. Le mot en tout cas ne se retrouve pas dans Godefroy.\n(3) Tarbé : doinst.\n(4) Tarbé : aim.\n(5) Ce vers peut, comme on le verra plus loin, nous aider à dater cette chanson :\nles deux rois que « ne doute » le seigneur de Châteauvillain sont évidemment le roi\nde France Louis IX et le comte de Champagne, Thibaut IV, devenu roi de Navarre\nen 1234, à la mort de son oncle Sanche VII le Fort, roi de Navarre et frère de sa\nmère, la comtesse Blanche. Thibaut IV fut couronné à la cathédrale de Pampelune\nle 8 mai 1 234. Tarbé explique ce vers comme une ironie à l'endroit du seigneur de\nChâteauvillain, Simon, qui avait tenté de se soulever contre le comte de Champagne\net dut faire sa soumission.\n(6) Choiseul, Haute-Marne, arr. de Chaumont, canton de Clefmont. Voir ROSE-\nROT, op. cit.\n(7) Ces deux vers sont parfaitement obscurs. Tarbé : tôt main vint vermues, ce qui\nfait à la fois une faute de lecture, un non-sens et un vers incomplet. Déjà L. de\nS.-P., qui explique vermain par quelqu oiseau de chasse (?) et escurues par écureuil,\nne dit rien de vermues, qui est le mot difficile. Godefroy ne le donne pas et, citant\ndans son Dictionnaire les deux vers qui suivent d'après la copie de L. de S.-P.\nil écrit fautivement :\nvermain et escurnes n'en puis mais point avoir.\n(8) Tarbé : pas.\n(9) Tarbé : vaches.\n(10) Tarbé : si sont fais.\n(11) L. de S.-P. :« Je croy pour neuf »."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "486", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.6", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIe SIÈCLE\n\n111. Or m'en vois a Soilli : (1)\npieçai que n'assenai\na si bone maison.\nLe seigneur demandai ; (2)\n25. maintes foiz m'a donné\nrobes et maint bel don.\nCe n'est pas en pardon\nse j'en sui retornez :\ns'il n'est empeorez, (3)\n30. j'en aurai guierredon. (4)\nIV. Perdu ai .11. chastelx,\ndont je sui mult engrex\net bien m'en doit chaloir ;\nc'est Vignoriz, (5) Rignez. (6)\n35. .11. seignors i a belx\nqui ne doignent valoir ;\ns'ont mis à nonchaloir\narmes et les cembelx. (7)\nIl n'ont part oumantel, (8)\n40. foi que doi saint Eloir ! (9)\n\n'\n(1) Soilly est une commune de la Marne, arr. d'Epernay, canton de Dormans,\npar suite assez éloignée des châtellenies que visite notre jongleur. Est citée en\n1175 au Clartulaire de Saint-Médard de Soissons comme une dépendance de cette\nabbaye. Il y a plus de vraisemblance à identifier ce nom avec l'actuelle localité de\nSailly (Haute-Marne, canton de Poissons), que nous trouvons écrit Sailley, puis,\nà la fin du xme siècle, sous la forme Salley, et en 1804 sous une autre forme, Seilly,\net qui est toute voisine de Vignory, de Reynel et de Choiseul. Voir pour ces dif-\nférentes graphies, ROSEROT, op. cit.\n(2) C'est le futur qu'on attendrait ici, au lieu du prétérit. Peut-être cependant\npourrait-on, en conservant le sens du passé, conjecturer une correction semblable :\nTôt quanque demandai\n25. le seigneur m'a donné,\nrobes et maint bel don.\n(3) Tarbé : s'il n'est or empeorés. Le vers est faussé par l'inutile adjonction\nde or.\n(4) Toute cette strophe est corrompue, Soilly ne rime pas avec assenai, ni deman-\ndai avec donné, ni avec retorne7 ou empeorey L'assonance se mélange avec la rime.\n(5) Vignory,Haute-Marne, arr. de Chaumont. Les formes anciennes de ce nom\nsont intéressantes à connaître. En lat. Wangionis Rivus, Vandionis Rivus ; franc.\nEngion le Ru, Guengnoru, Waignoru, Waugion le Ru, Woingnonrut ; c'est cette\ndernière forme que présente le texte de Colin Muset dans le ms. fr. 20050 de la\nBibl. Nat. de Paris. Voir ROSEROT, op. cit., et A. LONGNON, Documents relatifs\nau comté de Champagne et de Brie, dans la Coll. des doc. inéd. sur /'Hist.de France,\nParis, 1901.\n(6) Aujourd'hui Reynel, Haute-Marne, canton d'Andelot. Le lat. Rignellum,\nRisnellum, est devenu en franc. Riné, Rinel, Risnel.\n(7) Cembelx a sans doute ici le sens de tournoi.\n(8) Expression dont le sens nous échappe. La rime voudrait es mantelx.\n(9) L. de S.-P. voit dans ce vers une « espèce de jurement ».— Colin Muset, éd.\nBédier, carmen XII, v. 6 : Loi que doi sainte Marie !"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "487", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.7", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIe SIÈCLE\n\nII\nTEXTE MUSICAL ANCIEN"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "488", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.8", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIE SIÈCLE\n\nI. Dex ! com m'ont mort norrices et enfant\net les clames, qui trop sont a cheval ! ( 1)\nMaint bon hostel nos ont chaciez a mal\n4. et les mariz, voincuz outreement,\ncil qui n'osent .1. tos soul mot grondir,\nen lor hostel le puet on bien choisir,\nassez puent faire comandement,\n8. mais c est a gas, (2) c'on n'en fera néant. (3)\n11. Puisqu'il sunt si dou tout obediant,\nor lor ferai .1. Mout bon assenai :\ndésormais gart uns chascuns son ostal !\n12. ensi porront estre riche et menant\net si pansent de lor enfant norrir\net bien pansent les hostex eschuir : (4)\nausi porront estre riche et poissant\n16. et pou lor chaut dou blasme de la gent.\nDroit a Choisuel (5) vuil mon chemin tenir\net a Soilli (6) par Clermont (7) resortir :\nsi lor ferai de mon joel présent\n20. que trop m'est bel de lor amendement !\nNous avons précisé dans les notes les remarques que suggère l'exa-\nmen philologique du texte. Nous n'y reviendrons pas. Or, pour la pre-\nmière des deux pièces du moins, le texte est corrompu et le manuscrit\nest unique, ce qui rend toute correction hypothétique et incertaine. Il\ny a des obscurités, que nous laissons subsister, par crainte d'introduire\ndans cette chanson des corrections mal assurées : c'est assez d'avoir à\nrejeter les détestables variantes de l'édition de Tarbé.\n\n(1) Etre a cheval, être fier, comme aujourd'hui on dit familièrement être collet\nmonté.\n(2) A gas, en pure perte.\n(3) Le ms. fr. 20050, Bibl. Nat., donne la première strophe ainsi :\nDeus ! com m'ont mort norrises et enfant\net le dames ki trop sont a chival ! t\nmains boins osteis nos ont chasiet a mal\net les maris vancut otreemant,\nsi k'il n'osent un tôt soul molt grondir,\na lor osteis les poïsiés veïr,\naseis puent fare conmandemant,\nmais folie est c'om n'an feroit niant.\n(4) Eschuir, dit L. de S.-P., « je ne say si c'est pour eschiver, fuir. » Ce vers\nsignifie que les seigneurs, dont il est ici question, pensent esquiver les dépenses\nqu'entraîne la réception des hôtes.\n(5) Choiseul, Haute-Marne, arr. de Chaumont, canton de Glefmont.\n(6) Voir la pièce précédente, page 486, note 1.\n(7) Clermont, aujourd'hui Glefmont, Haute-Marne, arr. de Chaumont. En lat.\nClarus Mons,Clarus Mons in Bassigneio ; dans les textes franc. Glemont, Glermont.\nVoir ROSEROT, op. cit."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "489", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.9", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIe SIÈCLE\n\nAu point de vue musical, il y a plus à dire. Le manuscrit franc. 846\nest, on le sait déjà, excellent par sa netteté graphique : les longues s'y\ndistinguent des brèves et la mesure apparaît très clairement. La théorie\nmensuraliste du xnie siècle, qui considérait le rapport des notes entre\nelles comme formant moins des mesures que des proportions métri-\nques, appelait modes, modus ou maneriles diverses formules rythmi-\nques, au nombre de cinq ou six, sur lesquelles devaient être construites\nles mélodies mesurées. Malheureusement, en bon nombre de manuscrits\nchansonniers, la distinction des valeurs de durée n'apparaît pas, et\ncette incertitude a fait croire à M. Hugo Riemann et à quelques musico-\nlogues allemands que les mélodies des trouvères se chantaient libre-\nment et que les règles des mensuralistes n'existaient pas pour elles (1).\nLes deux chansons, que nous publions, font voir l'erreur de cette con-\nception. Elles sont construites toutes deux sur la formule des 3e et\n4e modes mensuralistes, qui correspondent, au dactyle\net à l'anapeste de l'antiquité, rythmes essentiellement binaires que\nle moyen âge, sous l'influence d'idées spéciales, a travestis en rythmes\nternaires :\nCe rythme est très net dans la première chanson : après une ana-\ncrouse de deux notes, qui lui sert de préparation, il se développe, inin-\nterrompu, jusqu'à la lin. Dans la seconde pièce, la longue est parfois\nreprésentée par une ligature de durée équivalente, ce qui ne modifie\npas le résultat. Vraisemblablement, l'envoi qui termine cette chanson\ndevait se chanter sur la mélodie des quatre derniers vers de la strophe\nprincipale, auxquels il se rattache par la rime. Enfin la tonalité, comme\nil arrive souvent, est indécise, et, tandis que pour la première pièce\nelle semble se rattacher au premier mode ecclésiastique, la seconde\nchanson se rapproche davantage du majeur moderne.\nUne dernière question se pose : est-il possible de dater cette chan-\nson ? L'absence de noms propres et de faits précis rend l'affirmative\nquelque peu délicate. Nous voyons bien qu'il est question des seigneurs\nde Chàteauvillain, de Choiseul, de Vignory, de Reynel, mais nous\nignorons pour chaque famille quel est celui dont il est précisément\nparlé. Un vers de la première strophe de la chanson I va peut-être\nnous apporter quelques éclaircissements. Il s'agit du seigneur de Chà-\nteauvillain, qui a été généreux avec notre jongleur. Aussitôt ce dernier\nde lui souhaiter toutes félicités et de lui décerner les louanges les plus\nchevaleresques :\n\n(i) Musikalisches Wochenblatt, E. W. Fritzsch, Leipzig. Articles de H. Riemann,\ndie Melodik der Minnesaenger,août et septembre 1897."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "490", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.10", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIL SIÈCLE\n\nProudons est et cortois.\nDe ci qu'en Navarrois\nn'a si bon chastelain :\nde son chastel a plain\nne doute il les . n . rois.\nNous avons donc un seigneur féodal, dont le château et les terres\nsont situés dans le comté de Champagne et qui, au xme siècle, ne craint\nrien des deux rois.\nOr, quels sont ces deux rois ? il semble bien qu'ici rien ne légitime\nl'hésitation, si l'on se souvient qu'en 1234, la mort de Sanche VII le\nFort, frère de la comtesse Blanche de Champagne, avait réuni la Na-\nvarre aux vastes domaines du comte de Champagne. Thibaut IV, fils\nde Thibaut 111 et de la comtesse Blanche, fut couronné, le 8 mai 1204,\ndans la cathédrale de Pampelune et réunit les deux titres de roi de\nNavarre et de comte de Champagne.\nL'autre roi ne peut guère être que le roi de France, Louis IX, qui\nétait monté sur le trône en 1226.\nUn premier point semble donc acquis : notre chanson est postérieure\nà l'année 1234.\nD'autre part, pourquoi cette allusion à l'esprit d'insubordination chez\nle seigneur de Chàteauvillain? Ce sont de mauvaises mœurs féodales,\nque le trouvère aurait grand tort de louer chez un seigneur qu'il dit\naimer, si le passé n'autorisait cette réminiscence. En effet, nous\ntrouvons à Chàteauvillain un seigneur, dont la trace nous apparaît dans\nles actes féodaux pendant tout un demi-siècle, de 1208 à 125 1, et qui\npourrait bien justifier l'allusion, ironique ou admirative, de la chanson.\nSimon ler,Ier, seigneur de Chàteauvillain, était fils d'Huguôs 11, seigneur\nde Broyés. II fit hommage lige de Chàteauvillain à Thibaut 111, au\nlieu de le faire à son frère, seigneur de Commercy, et, en 1208, Blan-\nche, veuve de Thibaut, lui assigna en dédommagement trente livrées de\nterre pour exécuter les engagements de son mari. Il est fait mention de\nSimon en 121 oet 1211 dans les Actes des comtes de Champagne. Proche\n/\nparent d'Erard de Brienne, il prit parti pour celui-ci dans ses préten-\ntions sur la Champagne et paraît avoir été en quelque sorte le lieute-\nnant d'Erard, car la trêve accordée par celui-ci à Blanche, le 24 février\n1218, est donnée en leurs noms. Simon ne dut point sans doute tarder\nà faire sa soumission, car, le i 5 juin de la même année, l'évêque de\nLangres reçut avis de lever les censures ecclésiastiques, que le seigneur\nrebelle avait encourues pour son adhésionau parti d'Erard, et le 20 sep-\ntembre, le pape Honorius 111 confirma cette absolution (1). Enfin, long-\n\n(1) Catalogue des actes des comtes de Champagne, nos 683, 737, 764, 821, iios,\n1127, 1172, 2268, 2333, dans Y Histoire des comtes de Champagne, par M. d'Arbois\nde Jubainville. On pourra pour plus de détails consulter André Duchesne,"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "491", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.11", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIe SIÈCLE\n\ntemps après, nous avons un acte de janvier 12 51, dans lequel Simon\nreconnaît tenir de Thibaut IV Chàteauvillain, Marmesse et tout ce\nqu'il possède à Autreville, Bricon, Orges, Dinteville, Villiers-le-Sec,\nBroyés, etc. (i).\nSimon de Chàteauvillain vivait donc encore en l'année 1251 : en-\nsuite on perd sa trace.\nNous croyons que c'est lui qui montra quelque générosité pour notre\ntrouvère anonyme, et de la sorte la chanson qui nous occupe ne sau-\nrait être postérieure à ï 251.\nC'est donc entre i23q et 1251 qu'il faut en placer la composition.\nRien dans la suite du texte ne vient contredire cette assertion, et il nous\nest même agréable de remarquer que la critique avisée de M. A. Lon-\ngnon, dans l'article cité plus haut, place en 1240 la rédaction de la\nProcession du bon abbé Ponce, qui, dans le manuscrit fr. 846, voi-\nsine immédiatement avec nos deux chansons. Il y a donc de grandes\nchances pour fixer avec raison au second quart du XIII0 siècle toutes\nces compositions. Il nous est dès maintenant facile d'identifier les\nautres seigneurs dont il est fait question.\nA Choiseul, nous trouvons, cité dans un acte de Thibaut IV en\ndate de septembre 1249, Renart 111 (2) ; puis, dans des chartes de\njuin 1249, d'octobre la même année, de 1261, Jean ler,Ier, fils sans doute\ndu précédent (3). A Vignory, un seigneur du nom de Gautier (4)\nnous apparaît dans plusieurs actes entre 1229 et 1262 : il est très pro-\nbable que c'est lui que notre jongleur a en vue. Il est intéressant pour\nl'histoire littéraire de n'oublier point que les seigneurs de Vignory\nfurent les protecteurs d'un autre trouvère, meilleur poète sans doute\nque l'auteur de notre chanson, Colin Mu set, qui en a conservé le sou-\nvenir dans une de ses chansons, qui se termine ainsi :\nMon boen seignor prieroie\nde Waignonrut le vaillant,\nque, por Deu, ne se recroie :\nil fu nés en bon croisant.\nMolt a mis son pris avant\nqu'il ne fausse ne ne ploie,\nne nule fois ne desment\nnés que piere d'aiemant.\n\nHistoire de la maison de Broyés et de Chasteauvillain, dans \\'Histoire généalogique\nde la maison royale de Dreux. Paris, 1631, in-fol.\n(1) Cat. n° 2959.\n(2) Catalogue des actes des comtes de Champagne, n° 1938.\n(3 ) Id.,n08 2870, 2890, 2995.\n(4) ld., n°s 2439, 25 m, 2863, 2989. La biographie de Gautier II de Vignory est\nesquissée dans le Cartulairedu prieuré de Saint-Etienne de Vignory, publié par\nJ. d'Arbaumont (Langres, 1882). Voir l'lntroduction, VIII."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "492", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.12", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIE SIÈCLE\n\nDe Waignonrut la m'enroie\na Widemont maintenant :\nle bon conte prieroie\nqu'adès a le cuer joiant ;\nmolt en dient bien la gent ;\nal siecle a bien fait sa voie\nque nus hom ne li deffent,\ntant com le sauront vivant (1).\nA Reynel, les actes de 1224 à i 250 nous désignent un autre Gau-\ntier. Rappelons ici encore un souvenir de notre histoire littéraire : Jean\nde Joinville épousa en secondes noces Alix de Reynel, la fille de Gautier\n(1261). Ce seigneur dut mourir vers 1262, car, dès le mois de mars 1203,\nle père d'Alix de Reynel est, dans un acte, porté comme défunt (2).\nEnfin Gui ler, cinquième fils de Geoffroy IV de Joinville et de Héluis\nde Dampierre, reçut la seigneurie de Sailly, lorsque son frère Simon\ndevint sire de Joinville, sans doute en 1204. Gui se querella avec Simon\nau sujet de l'héritage de leur frère aîné, et ses prétentions s'étendirent\nmême jusqu'à la sénéchaussée de Champagne. La dispute prit fin en\n1215, et deux ans après, en juin 1217, le sire de Sailly se déclarait\nl'homme lige de son frère avant tous, sauf le comte de Champagne.\nGui ler,Ier, sire de Sailly, était donc l'oncle de Jean de Joinville, l'historien\nde saint Louis. Il mourut entre 1248 et 1254 (3).\nCherchons maintenant à quel état de choses répondent les deux\nchansons que nous venons de publier. Cequ'elles nousapprennent n'est\npoint nouveau, les coutumes qu'elles nous dévoilent ne sont point\nmoyenâgeuses par essence : on a vu de tous les temps l'art à la solde\nde la fortune, le talent au service de qui le paye. Les libéralités d'un\nCondé ou d'un Séguier n'ont point diminué le grand Corneille. Or, nos\njongleurs n'étaient point de si hauts génies : faut-il s'étonner qu'il leur\nait fallu parfois solliciter la générosité plus lente à venir que les besoins\nà satisfaire ?\nOn sait que le jongleur du xne et du xme siècle est en quelque ma-\nnière le parent pauvre du trouvère. On peut lire dans Léon Gautier (4)\ndes pages très vivantes et bien documentées sur l'existence étrangement\nmouvementée de ces diseurs de chansons, prêts à tous les métiers et\ndont l'esprit d'invention n'était jamais à court d'expédients. En effet,\nces artistes errants avaient quelque peine à vivre de leur art tout seul,\n\n(1) RAYNAUD, Bibl., n° (693. Trop volentiers chanteroie. —Bibl. Nat.,fr. 2Û050, fol.\n64 r°. Ed. JOSEPH BÉDIER, de Nicolao Museto, Paris, 1893, in-B°.\n(2) H.-FR. DEI.ABORDE, Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville, Paris, 1804,\nin-B°.\n(3) Voir l'ouvrage précédemment cité.\n(4) LÉON GAUTIER, Les Epopées françaises, t. 11, pp. i 36 et ss."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "493", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.13", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIIIE SIÈCLE\n\nqui n'assurait pas le lendemain. Une ressource restait : l'hospitalité\nd'un seigneur, et les jongleurs en usèrent sans scrupules.\nQuant je voi yver retorner,\nlors me voudroie sejorner,\nse je pooie oste trover,\nlarge qui ne vousist conter,\nqu'eust porc et buef et mouton,\nmaslarz, faisanz et venoison,\ngrasses gelines et chapons\net bons fromages englaon (i).\nLe comté de Champagne semble avoir été une terre promise pour la\njonglerie ; Thibaut IV ne fut-il pas un de nos plus illustres trouvères ?\nNous savons que les seigneurs de Vignory avaient été généreux pour\nColin Muset ; nos deux chansons nous apprennent que dans un temps\nles châtelains de Choiseul et de Reynel avaient comblé de leurs largesses\nnotre jongleur anonyme. Ce dernier n'exagère rien : les témoignages\nabondent dans la poésie et même dans les textes d'histoire, qui nous\nmontrent les seigneurs donnant sans compter à ceux qui venaient de\nles charmer par leurs récits ou par leurs chants. Les chansons de geste\nnous précisent la nature de ces dons.\nJe li donrai mon destrier arrabi !\nEt je mon mul, dist Ybersli floris.\n(Raoul de Cambrai, éd. Meyer et Longnon, v. 6087.)\nEt li quens fist doner chascun, lonc son labor,\nMantiaus, muls, palefrois, tant qu'il en a honor.\n{Enfances Godefroi, éd. Hippeau, v. 232.)\nIl ont souvent de bons deniers assez ,\nles bonnes robes, les roncins enselez,\nque li franc home lor donent por chanter.\n{Li moniage Guillaume, v. 1255.)\nAssés ot en la sale princes de grant renons,\net bons viéléors et cantéors de sons.\nLi Chevaliers le Chisne lor fait molt riches dons ;\nmantiax vairs lor dona et hermins pelichons,\net muls et palefrois et argent et mangons ;\naine le jor ne s'en plainst joglerres ne bretons\n(.Le Chevalier au Cygne, éd. Hippeau, v. 4090 et ss.)\n\n( 1 ) Publié par J. BÉDIER, de Nicolao Museto."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "494", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.14", "texte": "UN COIN PITTORESQUE DE LA VIE ARTISTIQUE AU XIII SIÈCLE\n\nLa furent départi maint paile alexandrin,\ncoupes et biax henas et d'argent et d'or fin\ndont menestrel ne furent pas adonque frerin\nde recevoir biax dras.\n[Charlemagne,de Girartd Amiens. Cité par LÉON GAUTIER, 11,\np. 133, d'après le ms. fr. B. N. 775, fol. 94.)\nLi menestrel qui la estoient\nn'avoient pas povoir d'entendre\nqu'il peûssent tous les dons prendre,\nc'on leur offroit de tous costez.\nDe paremens est si troussez\ncil qui tout le mains en avoit\nqui a paines aler povoit.\n(Liromans de Cleomades, éd. A. van llasselt, v. 17444 sso\nOn pourrait multiplier ces citations à l'infini : elles répondent, cer-\ntes, à un état d'esprit très répandu dans la société féodale, mais il faut\naussi tenir compte de l'intérêt personnel qu'avaient les jongleurs à l'en-\ntretenir. Ce qu'il faut retenir, une fois la part faite à une exagération\nintéressée, c'est qu'aux jongleurs tout était bon, et qu'ils acceptaient\ntout : chevaux, pièces d'orfèvrerie, fourrures, vêtements et victuailles.\nMais nous savons par ailleurs que la valeur de ces dons en nature était\nsurtout dans le prix qu'ils en retiraient après les avoir vendus. Le mé-\ntier n'était donc pas toujours mauvais, si le jongleur, après avoir quel-\nque temps mené grassement la vie de château, quittait ses hôtes en\nrecevant encore des dons en nature qu'il s'empressait de transformer\nun peu plus loin en beaux écus sonnants.\nMais que dire des mauvais jours ? n'y avait-il pas dans l'existence\nféodale des périodes appauvries comme à tous les âges de l'histoire ?\nOn peut bien supposer qu'après une guerre privée, que pendant une\npériode de disette, la première économie à réaliser sur le superflu de\nla vie quotidienne avait grand'chance d'atteindre le jongleur et ses\ncoûteuses récréations. Il faut croire que le nôtre connut cette crise\nfinancière et que ses protecteurs éprouvèrent le besoin de restreindre\nleurs dépenses, tout en augmentant la source de leurs revenus. On voit\nce qui se passe à Choiseul, où l'on refuse au jongleur la pauvre aumône\nde deux œufs. Notre homme trouve l'économie sordide, mais aussi\nle seigneur fait de l'élevage et il a dû relever les murailles de son\nchâteau, qui tombaient de vétusté. A Vignory et à Reynel, même\naventure. Partout on se restreint. Plus de tournois, plus de beaux faits\nd'armes. Le poète du roman de Percerai se plaint aussi qu'on donne\nmoins aux jongleurs. (Percerai, éd. Potvin, vi, p. 204.)\n\nPIERRE AUBRY."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "495", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.15", "texte": "ORPHEE DESCENDANT AUX ENFERS\n\nOrphée descendant aux Enfers.\nCantate française de MARC-ANTHOINE CHARPENTIER (1634-1704).\n\nNous connaissons bien peu de chose sur M.-A. Charpentier, un des maîtres\nqui honorent le plus l'école française du xvne siècle. De sa famille, du milieu où\nil grandit, tout nous est inconnu. La date même de sa naissance n'est pas cer-\ntaine, et celle à laquelle les historiens placent communément son séjour à Rome,\noù il travailla avec Carissimi, ne mérite pas plus de créance (i). Les différentes\nsituations qu'il occupa dès son retour en France, en revanche, sont un peu mieux\ndéterminées.\nChoisi par Molière, après sa brouille avec Lulli, en 1672, il écrit la musique\ndu Malade imaginaire, de la Comtesse d'Escarbagnas, du Mariage forcé, et jus-\nqu'en 1685 sa collaboration demeure acquise à la troupe du Théâtre-Français.\nEntre temps, il est au service de Mlle de Guise, qui lui donne un appartement\nen son hôtel du Marais; il compose les pièces chantées à la messe particulière\ndu dauphin ; il fait insérer des airs dans le Mercure et représenter des opéras de\nsalon chez divers personnages. Plus tard, il devient maître de musique des\nJésuites de la maison professe rue Saint-Antoine, et c'est pour eux qu'il a écrit la\nplus grande part de ses œuvres d'église. En même temps, dès 1687, son nom\nparaît au programme des spectacles du collège de Clermont, où les tragédies\nlatines et françaises, mêlées de danses et de musique et jouées par les élèves,\nattiraient deux fois par an la société la plus brillante de la ville et de la cour.\nEnfin, après avoir enseigné la composition au duc de Chartres, le futur régent,\nc'est à la Sainte-Chapelle de Paris, dont, en 1696, il obtient la maîtrise, qu'il\nachève sa carrière.\nLa cantate dlorphée descendant aux Enfers, dont la Revue musicale publie\naujourd'hui un air, fut très vraisemblablement une des compositions destinées\nau concert de Mlle de Guise. Nous ne pouvons l'affirmer avec autant de certi-\ntude que pour d'autres pièces, où Charpentier en son manuscrit autographe (2)\nprit soin d'écrire à côté de leur rôle le nom de chacun des douze ou quinze\nartistes qui composaient la musique de cette princesse : musique (( si bonne, dit\nle Mercure Galant, que l'on peut dire que celle de plusieurs souverains n'en\napprochoit pas )).\nLa date exacte de l'œuvre, non plus que sa destination, ne sauraient non plus\nêtre minutieusement précisées. Certains indices, tirés du manuscrit, permettent\ncependant d'en fixer la composition aux environs de l'an 1683.\nL œuvre paraît inachevée, à moins qu'une partie n'en ait été perdue. Elle ne\ncomporte que trois voix, soutenues de deux violons, d'une flûte à bec et d'une\nflûte allemande, avec la basse de viole et le clavecin pour la basse continue.\nC'est l'orchestre des petits concerts, et cette instrumentation réduite permet\nd'affirmer que la cantate fut toujours réservée aux auditions intimes, à la cham-\nbre et devant un auditoire restreint.\n\n(i) On trouvera tous les renseignements biographiques dont nous disposons actuellement dans la\nnotice de M. Michel Brenet qui sert d'introduction à la livraison consacrée à Charpentier dans la\ncollection des Concerts spirituels (série ancienne) éditée par la Schola Cantorum de Paris.\n{2) Très peu de compositions de Charpentier ont été imprimées. La plus grande part de son\nœuvre est contenue en vingt-huit volumes, manuscrits autographes, conservés à la Bibliothèque\nNationale."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "496", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.16", "texte": "UNE ASSERTION DE FÉTIS\n\nIl est aussi très probable que le rôle d'Orphée était à l'origine chanté par le\ncompositeur en personne. Aux concerts de Mlle de Guise, Charpentier ne bornait\npas son rôle à écrire la musique ni à diriger l'exécution. Il se chargeait en outre\nde la partie de haute contre solo, et son nom figure toujours avec celui des autres\nchanteurs. Etait-ce un souvenir de son éducation italienne à Rome, où tant de\nmusiciens illustres furent aussi d'excellents virtuoses? Il se peut. Le fait montre\nau moins qu'il était assez maître de la pratique du chant pour ne point craindre\nde mêler sa voix à celle des meilleures artistes de Paris. Et comme la partie\nprincipale du petit orchestre porte ce titre (( Violon d'Orphée », on en peut bien\nconclure qu'il se la réservait et que, si cette cantate fut mise à la scène, il y\nparaissait, chantant son rôle le violon à la main, comme telle de ces images de\nla Renaissance où le chantre de Thrace remplace la lyre antique par l'instru-\nment représentatif de la musique moderne.\nQuoi qu'il en soit, cette cantate se recommande pas d'autres mérites que ces\ncuriosités. Outre certaines finesses d instrumentation assez ingénieuses et les\nrecherches d'une écriture harmonique où se laisse pressentir déjà le style des\nmaîtres du xvme siècle, il y faut noter la noblesse et le pathétique d'une décla-\nmation mélodique qui montre assez ce que Charpentier eût pu faire au théâtre\nsi le privilège concédé à Lulli ne lui eût fermé l'Opéra. L'air d'Orphée ici publié\nen est un bel exemple. Conçu sous une forme assez différente de celle dont\nGluck a fait usage, il peut soutenir la comparaison avec les pages les plus\nexpressives que ce maître ait jamais composées. L'italianisme de Charpentier\nparut à ses contemporains un suffisant motif de lui refuser la justice qui lui était\ndue ; mais ce n'est point par là qu'il se révèle. Car cette musique est de pure\ntradition française, et ne s'écarte du goût ordinaire du xvne siècle que dans la\nmesure où elle prépare l'art plus vivant et plus humain du siècle qui va suivre.\n\nHENRI QUITTARD.\n\nLeclair ; Une assertion de Fétis.\nJEAN-MARIE LECLAIR L'AÎNÉ A L'ORCHESTRE DE L'OPÉRA.\n\nL'article de la Biographie universelle des Musiciens que Fétis a consacré\nà Jean-Marie Leclair l'aîné renferme le passage suivant: « Arrivé à Paris en\n1729, il entra dans la même année à l'orchestre de l'Opéra aux appointements\nde 450 livres. En 1735, ils furent augmentés de 50 livres. Un si faible traitement\npour un homme dont la supériorité sur tous les violonistes français de ce temps\nétait incontestable peut causer quelque étonnement, et ce qui peut paraître plus\nbizarre encore, c'est qu'un tel artiste ait été mis au dernier rang parmi les ri-\npiénistes qu'on appelait alors le grand chœur, comme le prouvent des documents\nauthentiques de la Direction de l'Opéra. Ce grand chœur ne jouait que dans les\nouvertures, chœurs et airs de danse : l'accompagnement du chant se faisait par\nle petit chœur, où, à 1 exception de Montéclair, il n'y avait que des hommes d'un\nmérite très inférieur à celui de Leclair, tels que Favre, les deux Baudy et les\ndeux Francœur. Mais, à cette époque, et longtemps après encore, les meilleurs\nemplois et les meilleurs appointements étaient donnés à l'ancienneté plutôt qu'à\nl'habileté dans l'orchestre de l'Opéra. »"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "497", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.17", "texte": "UNE ASSERTION DE FÉTIS\nR. M.\n38\n\nF.étis a découvert la présence dans l'orchestre de l'Opéra, à partir de 1729,\nd'un violoniste du nom de Leclerc, et n'a pas hésité à l'identifier avec Jean-Marie\nLeclair, tout en manifestant quelques scrupules, qu'il s'efforce d'ailleurs de dis-\nsiper, et qui, comme nous allons le montrer, n'étaient que trop justifiés.\nTout d'abord, Fétis se trompe, lorsqu'il prétend que Leclair arriva à Paris\nen 1729. On lit, en effet, dans le compte rendu que le Mercure d'avril 1718\ndonne du Concert spirituel : (( Le 17 et le 19 avril, la demoiselle le Maure\nchanta la cantate & Orphée. Le sieur Le Clerc, fameux violon, joua une Sonate\nqui fut généralement et très vivement applaudie (1). ))\nAinsi, J.-M. Leclair était à Paris en 1728, et il y était déjà célèbre, puisqu'il\nse faisait entendre au Concert spirituel et qu'il y méritait la qualification de\n(( fameux violon )).\nIl convient, en outre, de remarquer qu'aucun des historiographes du xvme siècl\nne fait mentioa de la présence de Leclair parmi les symphonistes de l'Opéra. Ni\nDaquin, ni Durey de Noinville, ni de Rozoi, dans son article nécrologique du\nMercure, ni l'abbé de la Porte, ni l'abbé de Fontenay, ni La Borde, ni même\nChoron et Fayolle dans leur Dictionnaire, ne signalent cette particularité delà\nvie du violoniste, qui pourtant n'aurait pas dû passer inaperçue, et que l'on est\nd'autant plus surpris de voir omettre que la plupart des auteurs précités\ns'étendent longuement et minutieusement sur l'emploi obtenu par Leclair à\nla musique de la chapelle et de la chambre du Roi.\nDe plus, Leclair lui-même ne mentionne sur aucune de ses œuvres son titre\nde musicien de l'Académie royale, titre dont ses contemporains ne manquaient\npas de se glorifier. Aubert, par exemple, en signant ses Sonates, a bien soin\nde s'intituler (( ordinaire de la musique du roi et de Y Académie royale ». Fétis\nest donc le premier à attribuer cette qualité à Leclair ; il se fonde sur un manus-\ncrit fort curieux qui lui a appartenu, et dont M. Nuitter a conservé pour les\narchives de l'Opéra une copie écrite de sa main. Sous le titre : (( Détail de la\nrégie actuel [sic) de l'Académie Royalle de Musique », ce document renferme des\nnotes de police officieuse concernant les différents artistes de l'Opéra, donne les\ndétails les plus piquants et les plus \"crus sur les « demoiselles des rolles », les\ndanseuses et leurs protecteurs, et énumère, en outre, tous les symphonistes pré-\nsents à l'orchestre en 1738(2). C'est là que Fétis a relevé parmi les artistes du\n(( grand chœur » un violoniste appelé Leclerc avec l'indication suivante :\n(( Entré à l'Opéra en 1729. Appointements par an, qso livres. Pasques 1735,\n50 livres ; en tout 500 livres. » Nous constatons donc la parfaite concordance des\ndétails de dates et d'appointements donnés par Fétis avec ceux que fournit le\nmanuscrit en question. Il est même certain que ce manuscrit constitue la seule\npièce (( des documents authentiques de la Direction de l'Opéra » qu'ait consultée\nFétis, car un autre (( Etat des artistes » datant de 1750, et sur lequel Leclerc\n\n(1) Mercure, avril 1728, page 856.\n(2) «Académie Royalle de Musique. Vulgairement l'Opéra. Détails de la régie actuel de l'Aca-\ndémie Royalle de Musique. Avec un dénombrement de tout ce qui fait la Recette et la dépense de\nce spectacle en 1738. »\nLa première page du manuscrit, qui est copié de la main de M. Nuitter, porte la mention sui-\nvante : « Ce manuscrit m'a été prêté le 15 février 1865 par M. Fétis. La première partie n'est\nque la reproduction des pages 1 à 291 du manuscrit Amelot (Bibliothèque de la ville de Paris,\nlegs Beffara). Toutefois, on y trouve en plus, ou avec une rédaction différente, les pages qui sui-\nvent... » (Archives de l'Opéra.)"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "498", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.18", "texte": "une assertion de fétis\n\nfigure au dernier rang des violons de l'orchestre, immédiatement avant un sur-\nnuméraire qui porte le nom symbolique de Rebut, n'a vraisemblablement pas\npassé entre ses mains, sans quoi, l'historien se fût empressé d'en citer la date,\net de corser ainsi la précision de son article ( 1).\nObservons, avant d'aller plus loin, qu'il y a beaucoup de Leclerc violonistes à\nl'époque qui nous intéresse. Les « États de la France » signalent en 1722 et 1727,\nau nombre des (( 24 violons de la Grande Bande », Guy Leclerc et Jean Leclerc.\nEn 1748, nous en voyons apparaître un autre, Charles-Nicolas Leclerc. On ne\nsaurait donc montrer trop de prudence dans l'identification d'un Leclerc avec tel\nou tel d'entre eux (2).\nOr, l'attribution à Leclair de la situation plus que modeste que nous venons\nde préciser, et cela, pendant un laps de temps considérable (de 1729 à 1750),\ncadre mal avec ce que nous savons du caractère de l'auteur des Sonates.\nL'argument invoqué par Fétis, et basé sur l'ancienneté, se retourne même contre\nlui, car il résulte de Y (( État généraldes Artistes », auquel nous nous rapportons,\nque le Leclerc de l Opéra était le 5e à l'ancienneté; il n'y avait, comme plus\nanciens que lui, que Paris (1718), Aubert (1727), Caraffe l'aîné (1728) et Aubert\nfils (1728). L'ancienneté (1729) de Leclerc aurait donc dû lui assurer la 5e place,\net non la 16e.\nTous les contemporains de Leclair sont unanimes à nous le représenter comme\nun artiste fier, ennemi des intrigues et conscient de son propre mérite : (( il n'a-\nvait, dit l'un d'eux dans un style balancé, ni cette modestie apprêtée qui semble\nmendier les éloges, ni cette vanité présomptueuse qui en rend indigne » (3), et\nl'anecdote que raconte Marpurg au sujet des démêlés de l'artiste avec Pierre Gui-\ngnon ne fait que confirmer cette appréciation. Leclair, au dire de Marpurg, qui\nn'indique pas ses sources, mais auquel sa qualité de contemporain a permis de\nrecueillir des renseignements verbaux, se trouvait en compétition avec Guignon\npour la place de lerIer violon de la musique de la chambre du roi. Ni Leclair ni\nGuignon ne voulait jouer le 2e violon, et les deux artistes convinrent de s'effacer\nchacun à tour de rôle(q). Tous les mois ils devaient changer de place,et Guignon,\nbeau joueur, commença par laisser le ler rang à Leclair ; mais lorsque le mois\nfut écoulé, et que Leclair dut céder la place à son rival, il préféra se retirer (5).\nEt ce serait cet homme, à la susceptibilité si chatouilleuse, qui serait resté\n\n(1) a Académie Royale de Musique. Etat général des Acteurs et Actrices du Chant, Danseurs\net Danseuses, simphonistes de l'orchestre, Maîtres des Ecolles de Musique et de Danse, Pension-\nnaires et autres Sujets de l'Académie et leurs Appointements, Gratifications et Pensions. Pre-\nmier avril 1750. » (Archives de l'Opéra). Nous remercions très vivement MM. Ch. Malherbe et\nM. Teneo pour 1 obligeance avec laquelle ils ont secondé nos recherches dans les Archives de\nl'Opéra.\n(2) Voir aussi les « États de personnel et de paiement des joueurs de violon de la chambre ».\n(Cour des Aides). (Arch. nat. Z'a 487). Les différents corps de la musique du roi ne comptent\npas moins de 3 violonistes du nom de Leclerc en 1736 : i° Jean-Marie Leclerc ; 20 Guy Leclerc ;\n30 Jean Leclerc. Voir : « État de la France de 1736 », chez de Heuqueville Pére (Bibl. Nat.,\nLe25, 14 Ay.).\n(3) Dictionnaire des Artistes de M. l'abbé de Fontenai, tome I, art. Leclair. Paris, Vincent,\nimprimeur-libraire, rue des Mathurins, 1776. On retrouve la même phrase dans VÉloge de\nLeclair, par De Bernis.\n(4) Über die Spielung der zweyten Geige, dit Marpurg. Fétis a mal traduit ce passage en\nparlant de « la place de chef des seconds violons ».\n(5) Marpurg, Historisch-Kritische Beytràge zur Aufnahme der Musik. Tome I, Band VII.\n« Nachricht von den verschiedenen beriihmten violonisten und Flôtenisten iziger Zeit zu Paris. »\nBerlin, 1754, pp. 466-467. (Bibl. nat. V. 25-165)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "499", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.19", "texte": "UNE ASSERTION DE FÉTIS\n\npendant 22 ans au dernier rang des violonistes de l'orchestre de l'Opéra ! Il s'y\nserait trouvé :i° derrière Aubert, le ier violon que Boisgelou traite (( d'imitateur\nde Leclair » (1) ;20 derrière Labbé fils, son propre élève, entré en 1743 aux appoin-\ntements de 600 fr., tandis que Leclerc n'atteint ce chiffre de traitement qu'en 1749,\ncomme nous avons pu nous en assurer en collationnant la série des (( États de\npayement » de l'Opéra. En vérité, voilà des invraisemblances dont l'accumulation\nparaît excessive.\nL'invraisemblance s'accentue encore si on se rapporte aux termes dans lesquels\nest rédigé le titre de pension du Leclerc de Fétis, personnage qui fut mis à la\nretraite à partir du ier juin 1750, ainsi que l'annonce une pièce des Archives de\nl'Opéra portant la mention suivante :\n«Le sieur Leclerc, violon dans l'orchestre aux appointements de 600 livres, a\nbien servi pendant 22 ans, n'est plus d'une bonne santé et mérite d'avoir sa\npension de retraite (2). »\nSur 1' « État des Payements à faire aux cy-après nommés employés dans l'or-\nchestre de l'Opéra pour leurs appointements pendant le mois de may 1750 »,\nLeclerc signe pour la dernière fois, et émarge pour sa mensualité de 50 livres.\nEn juin 1750, il est remplacé parmi les 4 violons à 500 livres par Despréaux fils,\nlequel ne touche que 300 livres, et émarge pour une mensualité de 25 livres (3).\nAinsi, Leclerc n'avait pas avancé depuis 1729; mais il avait vu son traitement\ns'élever à 600 livres, particularité qui semble indiquer un artiste modeste que\nl'on augmente en raison de ses longs services, mais auquel la médiocrité de son\ntalent ne permet aucun avancement (4). Le « Brevet de pension viagère au\nsieur Leclerc » est signé du 22 mai 1750. En voici la teneur :\nCe jourd'huy, vingt-cleuxième may mil sept cent cinquante, Nous, Prévost des Marchands et\nEchevins de la Ville de Paris, assemblés au Bureau de la Ville avec le Procureur du Roy et de\nla Ville pour les affaires d'icelle, Monsieur le Prévost des Marchands a dit que le sieur Le Clerc, em-\nployé pour le violon dans l'orchestre de l'Opéra depuis vingt-deux années, se trouvant obligé par\nle mauvais état de sa santé de désirer aujourd huy sa retraite, le zèle et l'assiduité avec laquelle il\na rempli pendant un aussi long tems des fonctions, lui paroissent mériter que le Bureau auquel\nle Roy a bien voulu confier l'administration et direction de l'Académie royale de musique donne\nau dit sieur Le Clerc, avec la permission de se retirer, une marque de satisfaction et une récom-\npense de ses talens et de ses services, en lui accordant une pension sa vie durant, dont le montant\npourroit être fixé à la moitié de ses apointements de six cent Livres dont il jouît actuellement sur\nl'Etat des Simphonistes de la ditte Académie Royale, sur quoy la matière mise en délibération,\nouy et ce consentant, le Procureur du Roy et de la ville,\nNous avons, sous le bon plaisir de sa Majesté, arresté et délibéré, arrestons et délibérons qu'il\nsera permis au sieur Le Clerc de se retirer au premier du mois de juin prochain et que, pour ré-\ncompense de ses bons et utiles services, il luy est accordé, à compter dudit jour, une pension\nviagère de trois cent Livres assignée sur les fonds et produits de l'Académie Royale de musique\net payable par quartier de trois en trois mois sur ses simples quittances, à l'effet de quoy il sera\nemployé pour la ditte somme annuelle de trois cent Livres sa vie durant dans l'Etat des Pension-\nnaires de la ditte Accadémie.\nFait au bureau de la ville, les jour et an que dessus.\nSigné: DE BERNAGE ; SANTEUL ; RUELLE; ALLEN; COCHIN ; MORIAU (5).\n\n(1) Catalogue manuscrit de Boisgelou. (Bibl. nat. Réserve.)\n(2) Rentrée du Théâtre à Pasques 1750. Académie royale de musique. Réformes et pen-\nsions de retraite à commencer au ier juin 1750 : à Versailles, le 24 may 1750. Signé :\nde Voyer d'Argenson. (Archives de l'Opéra.)\n(3) États de Paiement de mai et juin 1750. (Arch. de l'Opéra.)\n(4) Il convient de remarquer en effet que, bien que touchant un traitement de 600 livres,\nLeclerc figure toujours au dernier rang des violons à 500 livres sur l'état où les symphonistes\nsont classés par catégories de traitements.\n(5) Brevet de pension viagère au sieur Le Clerc (Arch. de l'Opéra). De Bernage était le"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "500", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.20", "texte": "UNE ASSERTION DE FÉTIS\n\nLa pièce dont nous venons de donner copie n'a pas été connue de Fétis, qui\naurait certainement indiqué que Leclair fut pensionné à l'Opéra à la date du\n22 mai 1750. En la lisant, on est d'abord frappé de l'expression d'employé pour\nle violon appliquée à Leclerc, dont on vante le zèle et l'assiduité en des termes\nqui peuvent convenir à un honnête et consciencieux fonctionnaire, mais pas\nassurément au virtuose réputé que le Mercure louait en 1734 pour son\n(( exécution de la plus grande perfection »(1 ), que le même Mercure célébrait\nen 1738 comme l'auteur de Sonates capables de rebuter les plus courageux musi-\nciens (2), qu'Ancelet qualifiait d' (( habile homme auquel les violons français\nont le plus d'obligations )) (3), et que Daquin appelle Y (( admirable M. Le-\nclair )) (4b\nEn second lieu, on constate que ce document vise la mauvaise santé de Leclerc.\nSi on se place dans l'hypothèse avancée par Fétis, Leclair, étant né en 1697,\navait 53 ans en 1750. Or, dans sa Lettre àM. de la Place, auteur du Mercure,\npubliée quelques jours après la mort de Leclair, son contemporain et ami\nDe Rozoi écrivait : (( Il fallait le voir à 67 ans exécuter avec une vigueur éton-\nnante, communiquer à un orchestre tout son feu... (5) )) De telle sorte que nous\nnous trouvons en présence de deux affirmations difficilement conciliables : d'une\npart, Leclair, à 53 ans, sollicite sa pension de retraite en raison du mauvais état\nde sa santé, et d'autre part, ce même Leclair, 74 ans plus tard, fait preuve d'une\nvigueur étonnante, et surprend par son énergie et sa fougue tous ceux qui l'en-\ntendent ! N'est-il pas évident que le Leclerc pensionné en 1750 n'a, sauf le nom,\nrien de commun avec J.-M. Leclair l'aîné}\nCelui-ci, au moment où son homonyme prenait sa retraite, remplissait les\nfonctions de premier violon de la musique de M. le duc de Gramont. Le 19 juin\n1749, on joue en effet, au théâtre de Puteaux, une comédie en un acte intitulée :\nLe Danger des Epreuves, dont le Divertissement est composé par Leclair.\nSur le titre de cette pièce, le musicien ne souffle mot de sa qualité de sympho-\nniste de 1 Opéra, qualité dont il aurait pu faire état, puisque à cette époque (juin\n1749) il n'était pas encore retraité : il se donne simplement comme premier\nviolon du duc mélomane (6).\nEnfin, 2 pièces des Archives de l'Opéra viennent encore fortifiernos doutes. Le\n25 août 1750, une sérénade était exécutée aux Tuileries à l'occasion de la fête du\n\nprévôt des marchands. On sait, en effet, que, depuis le 25 août 1749, un arrêt du Conseil\ndonnait à la ville de Paris la direction de l'Opéra sous les ordres du marquis d'Argenson.\n(1 ) Mercure, Concert spirituel du 25 décembre 1734. Tome I, Décembre 1734, p. 2734.\n(2) Ibid., juin 1738, p. 1115.\n(3) Ancelet, Observations sur la Musique, les Musiciens et les Instrumens. A Amsterdam, 1757»\np. 13 (Bibl. nat., V. p., 6235.)\n>4) Daquin, Lettres sur les Hommes célèbres dans les Sciences, la Littérature et les Beaux-\nArts, sous le règne de Louis XV. A Amsterdam, et se trouvent à Paris chez Duchesne, libraire\nrue Saint-Jacques, au-dessous de la Fontaine Saint-Benoît, au Temple du Goût, 1752.\nLettre VI, tome I, p. 132. (Bibl. nat. Ln2, 17.)\n(5) Lettre à M. de La Place, auteur du Mercure, sur feu M. Le Clair, premier symphoniste\ndu roi. Mercure, novembre 1764» P- 19° suiv. —On trouve dans le Mercure de décembre 1764,\npage 206, un : « Supplément à la Lettre insérée dans le Mercure de novembre sur feu M. Le Clair,\npiemier symphoniste du roi », qui contient d intéressants détails biographiques sur notre musi-\ncien.\n(6) Le Danger des Epreuves, comédie en un acte avec un divertissement représentée pour la\npiemière fois sur le théâtre de Puteau, le dix-neuf juin 1749. A Paris. De l'imprimerie de\nGissey, rue de la Vieille-Bouclerie, à l'Arbre de Jessé, 1749. (Archives de M. le duc\nde Gramont.)"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "501", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.21", "texte": "UNE ASSERTION DE FÉTfS\n\nroi, et les pièces comptables relatives à cette sérénade nous ont été conservées.\nElles comprennent :i\" une liste des musiciens ayant pris part à la cérémonie (1) ;\n20 un état d'émargement sur lequel chacun d'eux a apposé sa signature en regard\nde la somme touchée par lui (2).\nCette somme était uniformément de six livres, et le montant total des frais\nde la sérénade certifié par Rebel et payé par le caissier Deneuville s'élevait à\n351 livres.\nParmi les 17 violonistes qui figurent sur la première pièce on lit : Leclair\nl'aîné. Le musicien y est désigné avec l'orthographe habituelle de son nom et\nl'épithète caractéristique de l'ainé.\nLa seconde pièce (État d'émargement) a été dressée au moyen de la précédente\nparle commis de l'Opéra employé à la comptabilité, commis dont on reconnaît\naisément la main. Or, cet employé, habitué à écrire Leclerc sur les états de paye-\nment, a reproduit cette orthographe sur l'état d'émargement de la sérénade/ et\nau lieu de : Leclair l'aîné,il a transcrit : Leclerc\nSi l'on compare la signature tracée en face de cette dénomination avec celle\ndu Leclerc de Fétis, on constate immédiatement leur différence. Leclerc\nn est donc pas le Leclej cdes Etats de Payement de 1 Opéra. - Nous ne serions\npas éloigné de croire qu'il n'est autre que Jean-Marie Leclair. A vrai dire, celui-\nci a toujours adopté pour son nom l'orthographe de Leclair, ainsi qu'en témoi-\ngnent les signatures de ses oeuvres, et celles que nous avons relevées sur divers\nactes notai lés. Cependant ce musicien varie quelque peu dans sa façon de si-\ngner :en 1730, il signe Jean-Marie Le Clair (3), en 173 1 Leclair (4), en\n1758, Leclaii l aîné (5). Il se pourrait donc qu il ait voulu, en émargeant sur la\npièce en question, conserver à sa signature l'orthographe qu'avait adoptée le\ncomptable. Quoi qu il en soit, voilà tout un faisceau de présomptions suscepti-\nbles d'ébranler l'assertion de Fétis.\nMais il y a plus, car si maintenant nous comparons la signature authentique de\nJ.-M. Leclair avec celle du Leclerc de l'Opéra, nous avons la preuve matérielle et\nirréfragable de l'erreur de l'historien belge.\nVoici le fac-similé de ces 2 signatures :\nLa signature (A) est de mai 1750 (6). La signature (B) est celle que J.-M.\nLeclair a apposée sur l'acte en vertu duquel il se rendait acquéreur en 1758 de la\n\n(1) Etat des simphonistes externes qui ont joiïé au concert des Thuilleries donné par l'Académie\nRoyale de Musique pour la feste du Roy, le mardy 25 aoust 1750.\n(2) Etat des payements qui seront faits aux simphonistes externes et autres qui ont été employés\nà la sérénade donnée par l'Académie Royale de musique au château des Thuilleries, le 25 aoust\n1750, jour de Saint-Louis. (Archives de l'Opéra.)\n(3) Contrat de mariage du 8 septembre 1730. (Minutes Caron, Vincent successeur.)\n(4) Reconnaissance du 5 janvier 1731. (Mêmes minutes.)\n(5) Acte de vente du 18 novembre 1758. (Minutes Baron, Poisson successeur.)\n(6) C'est la dernière que Leclerc ait donnée sur les Etats de Payement de l'Opéra."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "502", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.22", "texte": "UNE ASSERTION DE FÉTIS\n\nmaison dans laquelle il devait mourir assassiné six ans plus tard ( 1 ). Aucune in-\ndécision ne saurait subsister après l'examen de ces deux signatures. L'assertion\nde Fétis relative à la présence de J.-M. Leclair à l'orchestre de l Opéra est donc\nerronée : jamais le grand violoniste lyonnais ne fît partie de cet orchestre, et\nFétis, dans sa hâte, a été trompé par une homonymie.\nOn peut se demander quel était le Leclerc que le musicographe belge a pris\npour J.-M. Leclair. La réponse est aisée, car nous trouvons un Le Clerc (( ordi-\nnaire de la chambre du Roy et de l'Académie royalle de xMusique », qui, vers le\nmilieu du xvme siècle, fait graver « tous les meilleurs auteurs tant anciens que\nnouveaux » (2). Ce Le Clerc habite rue Saint-I lonoré vis-à-vis le portail de « l'O-\nratoire, chez M. le Bon au deuxième étage » ; il publie une série de recueils de Me-\nnuetset de Contredanses aux titres badinsdontla Bibliothèque Nationale etla Bi-\nbliothèque du Conservatoire possèdent quelques exemplaires (3). Veut-on juger\nde ces menues œuvrettes de ménétrier? Qu'on lise quelques-uns de leurs titres les\nplus pittoresques :le Diable en Vair, la Nichon, la Latrine (sic), les Petits Jappons,\nMadelon friquet, le Petit Rien, la RocamboL le Ziste et le Zeste, etc. Nous voilà\nassurément bien loin des 4 Livres de Sonates de Jean-Marie Leclair ! Le Clerc\nrend cependant des services plus artistiques en éditant des Sonates de Corelli,\nde Veracini, de Locatelli, de Geminiani et de Tartini, des Quatuors et Concerts,\ndes Sonates en trio pour violon, flûte et basse, des pièces de clavecin d'Haendel et\nde Scarlatti, des (( musiques pour les vielles et musettes » (4).\nIl ne saurait y avoir aucun doute sur l'identité de ce Le Clerc avec celui de\nFétis, car lorsqu'il publie, en 1742, 1744, 1745, les œuvres dont nous avons\ndonné un aperçu, il s'intitule : a ordinaire de la chambre du Roi et de l'Aca-\ndémie royale ». De plus, le privilège de 1736, inséré à la dernière page de son\n7e Recueil de Contredanses, nous apprend qu'il appartient à la bande des\n24 violons. C'est donc un violoniste. Or, de 1729 à 1750, il n'existe à l'orchestre\nde l'Opéra qu'un seul violoniste du nom de Leclerc: c'est celui de Fétis, et par\nconséquent aussi l'auteur des Recueils de Contredanses.\nMais le (( Privilège » du Roy auquel nous venons de faire allusion va nous\npermettre de déterminer exactement le musicien. Il est, en effet, accordé : « à\nnotre bien-amé Jean le Clerc, l'un des 24 violons ordinaires de notre Cham-\nbre » (5). Nous reconnaissons donc ici Jean Le Clerc que nous signalions plus\nhaut, comme figurant depuis 1722 parmi les 24 violons de la chambre (6), et\n\n(1) Acte de vente du'iß novembre 1758, passé devant Maître Baron et son confrère, notaires à\nParis. (Minutes de Me Poisson.)\n(2) Voir la collection de concertos qui porte à la Bibliothèque Nationale la cote Vm\" 1 688/1697.\n(3) Premier et deuxième Recueil de Menuets en Duo, mis en ordre par M. Le Clerc. A Paris, chez\nM. Le Clerc, rue Saint-Honoré, vis-a-vis l'Oratoire et aux adresses ordinaires. (Bibl. du Conser-\nvatoire.)\nSeptième Recueil de Contredanses. Et la table par lettre alphabétique, avec la basse continue\net chiffrée, recueilly et mis en ordre par M. Le Clerc. A Paris, chez le Sr. Leclerc, riie du Roule à\nla Croix d'or, avec Privilège du Roy, 1742. (Bibl. nat. Vm\" 6778.)\nHuitième et Neuvième Recueils de Contredanses pour les Violons, Flûtes et Hautbois, recueillis\net mis en ordre par M. Le Clerc. Avec Privilège. Le 8° est de 1744 et le 9e de — (Bibl. du\nConservatoire.)\n(4) Voir la collection de concertos indiquée ci-dessus.\n(5) Privilège donné à Versailles le 22 décembre 1736. Enregistré à Paris le 2 janvier 1737.\n(B. M. Vm7. 6778.)\n(6) Etat de la France 1722. A Paris, chez Charles Osmont, rue St-Jacques, à l'Ecu de France.\nB. N. Le 23. 14. Atb"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "503", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.23", "texte": "UNE ASSERTION DE FÉTIS\n\nqui est encore en fonctions en 1760, ainsi qu'en fait foi une pièce des Archives\nde la Maison du Roi datée du 15 mai 1760, allouant au violoniste ses gages de\n365 livres pour cette même année 1760(1).\nJean Le Clerc se confond très probablement avec le (( maître de violon et de\npar-dessus de viole », qui, selon de Jèze, demeure en 1759 et 1760 (( près la Croix\ndu Trahoir ». La « Croix du Trahoir )) se trouve, en effet, à l'intersection delà\nrue de l'Arbre-Sec et delà rue Saint-Honoré, et à proximité de l'Oratoire (2).\nConcluons donc. Fétis a confondu Jean-Marie Leclair avec Jean Le Clerc,\nconfusion que peut excuser, jusqu'à un certain point, leur qualité commune\n(( d'ordinaires de la musique du Roi ».\nIl nous a paru d'autant plus intéressant de rectifier l'erreur commise par\nl'auteur de la Biograpie universelle des Musiciens que presque tous les musi-\ncographes l'ont répétée. Seul, Hermann Mendel passe prudemment sous\nsilence la présence de Leclair à l'orchestre de l'Opéra (3) ; mais MM. Riemann,\nGrove, Wasielewski, Vidal, Huet et Eitner, enregistrent, sans les contrôler, les\ndétails donnés par Fétis. Certains en profitent même pour dauber sur le goût\ndes Français du xvme siècle, qui méconnurent un artiste de la valeur de Leclair\nau point de le laisser végéter misérablement au dernier rang des musiciens de\nl'Opéra.\nWasielewski va plus loin, car il explique la présence de Leclair parmi les\nripiénistes du (( grand chœur » par la tendance qu'on aurait affichée de son\ntemps à repousser par tous les moyens possibles l'influence des écoles italiennes\nde violon, insinuation que le pontificat du Piémontais Guignon, roi des violons,\net premier symphoniste du roi, suffirait cependant à détruire (4). Enfin M. Rob.\nEitner, dans son Quellen-Lexikon, ajoute encore au désordre en confondant\nla musique de la Chambre avec l'orchestre de l'Opéra, et en racontant l'anec-\ndote de la rivalité de Leclair et de Guignon comme s'étant déroulée à l'Aca-\ndémie royale de musique.\nOn excusera la minutie des détails qui précèdent, en raison de la grande impor-\ntance de Leclair, que nous considérons comme un maître. La Revue musicale l'a\ndéjà fait connaître en publiant un fragment de Scylla et Glaucus dans son Sup-\nplément musical. Nous y reviendrons.\n\nL. DE LA LAURENCIE.\n\n(1) Archives nationales. 01.O1. 842.\n(2) Tableau de Paris pour l'année 1759. A Paris, chez C. Hérissant, rue Notre-Dame. (B. N.\nLk7. 6023). Voir page 208.\n(3) Hermann Mendel, Mùsikalisches Conversations, Lexikon, 2e Band, Berlin, 1872.\n(4) Wasielewski, Die Violine und Seine Meister, Leipzig, 1893 (page 314)."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "504", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.24", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles.\n\nTH. REINACH. Musica.\nLouis LALOY.\nArticle du\nDictionnaire des antiquités de Darenberg\net Saglio.\nCet exposé, très clair et d'une lecture\nagréable, résume, en quelques colonnes,\ntout ce que nous savons aujourd'hui de\nla musique antique. Ce sujet'semble bien\naride, si Ton considère les tableaux et les\ninterminables nomenclatures qui encom-\nbrent les ouvrages deWestphal et même\nceux de M. Gevaert : on croirait, à tourner\nces pages où s'alignent des régiments\nde gammes, que la musique, dans l'antiquité, n'était point un art, mais seulement\nun enseignement, une (( matière )) de « programme », un prétexte à manuel,\nune carrière ouverte au pédantisme, un fatras de formules dont se chargeait la\nmémoire des pauvres étudiants. Il n'en est rien cependant : aucun art n a été\nplus vivant, plus riche en œuvres variées, en tentatives originales, que celui de\nPindare, de 1 imothée et de Philoxène; aucun n'a suscité autant d'enthou-\nsiasmes, n a eu pareil empire sur les foules, pareil attrait pour les connaisseurs;\net c est pour la musique que se passionnaient les contemporains de Périclès,\npartisans fanatiques de la jeune école et de ses symphonies descriptives, ou fa-\nrouches défenseurs de 1 art classique. Il faut louer beaucoup M. Reinach d'avoir\nsu nous peindre, à grands traits, mais avec autant de précision que de couleur,\nla vie musicale de 1 antiquité, depuis les temps homériques où Achile (( charme\nses loisirs en chantant les gloires des preux », jusqu'aux grands festivals de\nRome et à ses festins où tout se fait en musique, et dont (( les sculptures des\nsarcophages romains ont conservé 1 image et comme le regret ». Voilà de\n1 excellente philologie, où 1 érudition arrive à ressusciter le passé.\nCeux qui ont fait le plus de tort à la musique antique, ce sont ses théoriciens,\n1 un surtout, contre qui j'ai peut-être un peu de rancune, car je vais bientôt lui\nconsacrer un très gros livre : Aristoxène de Tarente, l'un des esprits les plus\npuissants, les plus pénétrants, les plus prévenus aussi et les plus secs qui aient\njamais construit un système Admirable échafaudage de modes, de genres et de\ntons, ce système a longtemps été pris pour l'image exacte de la réalité. Mais au-\njourd hui il nous devient suspect en raison de sa régularité même. M. Reinach\nmontre fort bien que la Grèce n'a pas eu une musique, mais deux musiques, l une\nnationale et 1 autre importée de l'étranger. Ces deux arts très différents ont été à\nune certaine époque combinés ensemble, adaptés l'un à l'autre et enfin com-\nplètement remaniés lun et l'autre : les modes barbares et les modes grecs\ndevinrent superposables entre eux, et du coup perdirent leur originalité. Ce\ntravail, poursuivi par deux ou trois générations de théoriciens, fut achevé par\nAristoxène : on peut être certain que bon nombre de ces gammes symétriques\nne sont jamais sorties des traités où nous les lisons encore aujourd'hui ;et nous\ncommençons à entrevoir, sous la théorie qui le recouvre, l'art changeant et\ndivers qui fut 1 art vivant. Tel est le plus récent progrès de notre science ; nous\navons gagné là un point d une importance capitale, ainsi qu'on pourra aisément\ns en convaincre en lisant le bel article de M. Reinach"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "505", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.25", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nGABRIEL FAURÉ.\nL. L.\nImpromptu, pour la harpe. Paris, Durand et fils.\nCet Impromptu est solidement construit sur ces deux thèmes :\nOn y rencontre de charmants épisodes, une harmonie fine et personnelle, et\nde hautes difficultés qui le rendent digne du maître à qui il est dédié :M. Has-\nselmans.\n\nACCORDS « NON CLASSÉS ».\n\n—La théorie classique de l'harmonie a fort à\nfaire pour s'adapter à l'écriture de certains compositeurs de la fin du\nxixe siècle (et même à certaines hardiesses des vieux maîtres). Comme j'ai eu\noccasion de le montiei ici en examinant un très intéressant ouvrage de\nM. Malhomé, les traités d'école semblent avoir encore pour base la musique du\nxvie siècle qui n'admettait que les consonances pures, et où les notes « étran-\ngères à l'accord » étaient assez rares et exceptionnelles, pour pouvoir être classées\nsous des rubriques spéciales. (La conclusion à laquelle j'arrivais, c'est qu'il con-\nviendrait d'appeier notes mélodiques ce que l'école appelle encore, très impro-\nprement, notes non réelles.)Le majeur et le mineur, qui autrefois étaient des\nmodes distincts, se sontpénétrés de façon à former un troisième mode (!) chro-\nmatique ; et quand on veut faire entrer les formules modernes dans les cadres\nde l'ancienne grammaire, ces cadres éclatent ; ou bien il faut torturer les\ntextes musicaux en les couchant sur ce lit de Procuste. Aux amateurs d'excentri-\ncités dogmatiques, je signalerai 1 ingéniosité déployée par un maître allemand,\nM. Jadassohn (Melodik und Harmonik bei R. Wagner, édité par l'Harmonie,\nBerlin, 1900, p. 25), pour montrer que les modulations de Wagner sont con-\nformes « aux règles classiques les plus sévères et les plus claires ». C'est quel-\nquefois parfaitement exact ; mais dans le cas étudié par Jadassohn (prélude de\nTristan), la tentative d assimilation aboutit à des , qui ne réclament\ncl ailleurs aucune massue d Hercule. Le bon sens suffit à en faire justice.\nDans quelques ouvrages de sérieuse valeur technique {Die Musikalische Akus-\ntik et Die Freiheit oder Unfreilieit der T'one, chez Kahnt, Leipzig), M. Georg Ca-\npellen a proposé un très judicieux moyen d'analyse. Selon lui, l'originalité, en\nmatière d harmonie , des compositeurs de 1 école moderne avancée, consiste en\nceci : ils ne se bornent pas à combiner des notes, composant un accord unique\nrégulier ; ils combinent des accords, lesquels n'ont rien d'anormal, si l'on consi-\ndère chacun d'eux à part, et dont la superposition seule est nouvelle. S'inspirant\nde cette thèse. M. le D'A. Schuz vient de publier dans la Neue Zeitschri/t fur\nMusik (n()S 38 et 39} deux études qui méritent d'être signalées. L'idée qui en fait\nle point de départ est intéressante, mais les exemples qui lui servent d'appui\nparaissent bien contestables. L'auteur cite la cadence suivante :\nDans l'accord de sixte (do-mi-la) suivi de l'accord\nparfait, la théorie classique considère le la comme\nun retard de la quinte, mais ici ce n'est pas pos-\nsible, puisque le la subsiste dans le dernier accord.\nLe (( retard » devient point terminus. Il y a donc\nlà deux accords superposés. Evidemment ; mais\nde qui est cette cadence? de quel maître autorisé?"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "506", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.26", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nElle fait une singulière impression sur 1 oreille, à moins qu on ne 1 exécute de\nfaçon à faire entendre\nLa science de l'harmonie a pour objet de\nrendre compte de l'écriture des maîtres, et non d ériger en lois les exemples\nimaginés par les professeurs.\nLe D' Schuz cite encore ce passage (d'une étude deChr. Sinding) où il croit\nvoir une combinaison de deux accords, présentés, cette fois, mélodiquement (ou\nsous forme d'arpèges, à la main gauche) :\nJe ne comprends pas une telle interprétation. Le do fait partie de la gamme de\nmi bémol majeur ;et s'il plaît au musicien de l'employer, après les notes com-\nposant l'accord parfait, il n'y a pas là la moindre hardiesse !! Il y en a encore\nmoins dans ce passage du Crépuscule des Dieux (trio des Filles du Rhin) où\nl'auteur voit un nouvel exemple de (( combinaison d'accords » :\nEn revanche, la superposition d'accords hétérogènes apparaît en beaucoup\nd'autres endroits : j'ouvre la partition de Y Attaque du Moulin d'Alfred Bruneau\n(prélude du 3e acte), et je tombe sur l'accord\nsoutenu, à la basse, par\nl'accord parfait de fa * majeur ; on lit dans la page grandiose par laquelle\ns'ouvre VOuragan (dès la 4e mesure de la partition) :\nRien de plus net ; c'est bien ce que S. Sechter appelle Zwitterakkord, accord\nhybride, produit par la superposition de deux tonalités. Les deux accords,\ncependant, sont (( parents )) : ils ont des notes communes.\nJe ferai en outre remarquer, au sujet des 2e et 3e mesures, que 1 accord de\nneuvième— accord classé {do-mi-sol-si?-ré) n'est pas autre chose que la super-\nposition de deux accords parfaits, de tonalité différente.\nBien avant Bruneau et Wagner, les maîtres classiques (Bach, Beethoven,"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "507", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.27", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\npour citer les plus grands), avaient usé de formules analogues ; et Mozart lui-\nmême n'a-t-il pas dit, dans l'ouverture de Don Juan :\n(Cf. Bach, Wohltemp. Kl. I, n° 7, fin du Prélude en mi b majeur). De telles\nrencontres d'accords ont été déjà étiquetées par la théorie traditionnelle : Haupt-\nmann y voyait une (( Moll-Durtonart )) (tonalité mineure-majeure) ;L. Bussler\nleur a consacré un chapitre spécial de son livre Partitur-Studium (§ 7, p. 66 :\nDurtonart mit Moll Sexte).\nEn somme, l'idée de G. Capellen n'est pas aussi neuve que le pense le\nDr Schiiz; tout accord dissonant, quel qu'il soit, ne vient-il pas de la superpo-\nsition de deux tonalités?\n\nJULES CCLWBARIEU.\n\nEMILE SCHWARTZ : Manuel théorique et pratique de lecture musicale (Paris,\nA Joanin, I fr. 15).\n\n— M. Emile Schwartz, professeur de solfège au Conserva-\ntoire et chef des chœurs de la Société des Concerts, était doublement qualifié,\ncomme maître et comme artiste, pour écrire un livre élémentaire ; et son manuel,\nplein de choses excellentes, ne manquera pas d'être favorablement accueilli. Il\ndonne lieu cependant à quelques observations. L'auteur s'est placé au point de\nvue de la musique instrumentale et vocale ; on le voit, non pas seulement au titre\nde son ouvrage, mais à certains sujets de leçons qui sont plutôt des exercices de\nlecture pour un violoniste que pour un chanteur. Ce point de vue est légitime ;\nmais il faut rappeler que les programmes de nos lycées ne demandent que du\nchant. M. Schwartz les dépasse. Il use assez souvent de formules qui sont trop\nabstraites pour les commençants de 8 à 10 ans. Ce qu'il dit sur la formation de la\ngamme (p. 60), en faisant intervenir les lois de la résonance d'un corps sonore\net les harmoniques, est un peu prématuré dans la pédagogie musicale du\njeune âge. D une façon générale, M. Schwartz débute par des « Notions pré-\nliminaires )) et va de l'abstrait au concret. La méthode que nous croyons la\nmeilleure, et que nous avons indiquée ici, consiste à suivre la voie inverse,\nc'est-à-dire à supprimer purement et simplement les notions préliminaires et à\nles rejeter plus loin, dans une période d'instruction plus avancée. Faire d'abord\nchanter les enfants, par imitation pure, sans aucune définition préalable ; ensuite,\nleur montrer comment on écrit les petits chants qu'ils ont exécutés, et les initier\nà tous les détails de l'écriture musicale, telle est la meilleure marche à suivre.\nQuant a la langue spéciale employée pour désigner (d'après M. Aimé Paris) les\nSubdivisions de Vunité provenant des souches binaire et ternaire (encore une\nformule trop abstraite !) — Ta té chu té ti, etc... — elle place au début des\nétudes une complication. Enfin, dans sa préface (p. 11), M. Schwartz reproche\nà l'enseignement courant d'obliger l'élève, dès le début, (( à porter son\nattention simultanément sur quatre points différents '. i° nom des notes, 20 me-\nsure, 30 groupement des valeurs, 40 intonations ». Je ne sais pas à qui\nM. Schwartz fait allusion ; mais je puis l'assurer que ni dans les écoles, ni dans\nles lycées de Paris, cette méthode n'est suivie. Dans l'enseignement libre,\nMlle Hortense Parent n'a cessé de formuler, et de pratiquer, le principe de la"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "508", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.28", "texte": "INFORMATIONS\n\ndivision des difficultés ; et on imagine difficilement un maître assez ignorant de\nson métier pour ne pas s'y conformer.\n\nC.\n\nM. LUCIEN DE FLAGNY nous envoie d'Allemagne cinq charmantes mélodies\npour enfants qu'il vient depublierà Berlin chez Chr. Fr. Vieweg(avecaccompa-\ngnement de piano, paroles en allemand et en français): Deux petits gourmands,F Es-\ncarpolette, Bonne fête, Cache-cache,la Maison Joli et utile cadeau (2 fr. 50) à faire\naux petits chanteurs ! M. A. REITLINGER vient de faire paraître, chez Costal-\nlat (15, rue Chaussée-d'Antin), de très bons Exercices chromatiques pour dévelop-\nper Vindépendance et /'égalité des doigts (dédiés à I. Philipp. Prix net : 6 fr.).\n\nCHANT GRÉGORIEN. Dans son dernier fascicule, la Paléographie musicale\ncontient la suite des pénétrantes études du bénédictin Dom Mocquereau sur le\nrythme, et la feuille avant-dernière (en phototypie) du manuscrit de Montpellier.\nA signaler, dans la première page de cette feuille, la notation bizarre des mots\nEripe me Domine :\nDans une édition de plain-chant, on sacrifierait sans remords quelques-unes\nde ces notes !\n\nNécrologie : Samuel Rousseau.\nAu moment où on célébrait le cinquantenaire de M. Humperdinck, Samuel\nRousseau, qui était du même âge, disparaissait, prématurément enlevé au monde\nmusical, à notre sincère et fidèle amitié. Né à Neuve-Maison (Aisne) le 11 juin\n1853, S. Rousseau obtint au Conservatoire le premier prix d'orgue en 1877, et\nle premier grand prix de composition (prix de Rome) en 1878. D'abord maître de\nchapelle à Sainte-Çlotilde, chef des chœurs de la Société des Concerts, critique\nmusical de l'Eclair, professeur d'harmonie au Conservatoire, Chevalier de la\nLégion d'honneur depuis 1900, il laisse des œuvres dont l'élégance, le goût, la\nclarté française seront longtemps appréciés : Dinorah (op. com ), Sabinus (1880),\nKaddir( 1881), la Florentine (1882), Merowig (drame lyrique, 1892), la Cloche du\nRhin (opéra, 1898), et un grand nombre de compositions religieuses : messes,\npsaumes, motets, chœurs, pièces pour orgue et harmonium, etc. C'était un com-\npositeur plein de charme, un professeur très apprécié, un ami sûr, au cœur\nexcellent. A sa veuve, à son fils (qui est un musicien de grand avenir), la Revue\nmusicale offre ses profondes condoléances.\n\nActes officiels et Informations.\n\nCONCERTS COLONNE.— Les concerts du Châtelet font demain leur réouverture\navec un très beau programme consacré à César Franck : Symphonie en RÉ mineur,\nyL acte de IIULDA ;1 aviations symphoniques (R. Pugno), et Psyché (250 exécutants).\nLES CONCERTS LAMOUREUX feront leur réouverture le 23 octobre."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "509", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.29", "texte": "INFORMATIONS\n\nOPÉRA-COMIQUE. M. Albert Carré a été autorisé, àla date du 5 octobre, à\ndonner le 27 octobre une matinée dont le produit sera affecté à la fondation,\ndans la Maison de retraite des Comédiens, d'un lit réservé aux artistes de lOpéra-\nComique.\nCette matinée se composera de la Tosca de Puccini, chantée en italien par\nMme Eames, MM. de Marchi et Scotti, sous la direction du maestro Campanini.\n\nLYON. Par arrêté du 3 octobre de M. le Préfet du Rhône, M. Archaimbaud\n(Emile), sous-chef d'orchestre au Grand-Théâtre, est nommé professeur de chant\n(femmes) à l'Ecole nationale de musique, succursale du Conservatoire national,\nen remplacement de M. Convert, décédé.\n\nNÎMES. Par arrêtés du 19 septembre de M. le Préfet du Gard, MM. Mou-\nluies, Breton et Causan sont respectivement chargés des cours d'harmonie, de\nsolfège élémentaire et de solfège secondaire à l'Ecole de musique, succursale du\nConservatoire national, pendant la durée du congé de M. Grégoire, professeur\ntitulaire de ces cours.\n\nCAEN. Par arrêté préfectoral du 22 septembre, M. Sarrazin (Eugène-Palé-\nmon) est nommé professeur de cornet à pistons et de trompette à l'Ecole natio-\nnale de musique en remplacement de M. Lagrange, démissionnaire.\n\nMARSEILLE. M. Valcourt, directeur de l'Opéra Municipal de Marseille, vient\nde communiquer le tableau de la nouvelle troupe pour la saison 1904-1905. En\nvoici les détails :\nM. H. Valcourt, directeur-administrateur (2e année) ; M. Miranne, premier\nchef d'orchestre; M. Almanz, directeur de la scène, metteur en scène du théâtre\nroyal de la Monnaie et de Covent Garden.\nArtistes du chant. M. Escalaïs, de l'Opéra, fort ténor ; M. Ronard, du\nThéâtre de Lyon, baryton de grand opéra ; M. Boussa, du Grand-Théâtre de\nBordeaux, basse noble; M. Delmas, du théâtre de la Monnaie, premier ténor\nléger; M. Demauroy, du théâtre de la Haye, premier ténor d'opéra ; M. Sarpe,\ndu Théâtre-Royal d'Anvers, deuxième ténor des premiers ; M. Dufour, de\nl'Opéra-Comique, baryton d'opéra comique, traductions ; M. Rothier, de TO-\npéra-Comique, basse chantante ; M. Santelli, baryton double ; M. Cargue,\npremière basse des deuxièmes ; M. Baroche, trial ; M. Rhuleau, laruette ;\nM. Paillassar, troisième ténor; M. Alys, troisième basse; MM. Pizoir, Bailly,\nDeville, Labarthe, Barbès, coryphées.\nMme Brejan-Silver, de l'Opéra-Comique, première chanteuse légère ;\nMlle Harriet-Strasy, forte chanteuse falcon; MUe Cambon, de l'Opéra de Nice,\npremière chanteuse légère d opéra, traduction ; Mlle Corot, du théâtre d'Anvers,\ncontralto mezzo soprano; Mlle Fobis, du Théâtre-Royal d'Anvers, première du-\ngazon ; Mlle Virgitti, première chanteuse légère ; Mlle Cahuzac, première duga-\nzon des deuxièmes ; Mlle Lambertha, deuxième dugazon des premières ;\nMllc C. Bony, mère-dugazon ; Mmes Larcher, Deville, Baillez, coryphées.\nChœurs et Ballet. —M. Natta, maître de ballet; Mllc Olga Mauri, première\ndanseuse noble ; Mlle Raulin, du théâtre de la Haye, première danseuse demi-\ncaractère; Mlle Charbonnel, du théâtre de la Monnaie, première danseuse demi-\ncaractère et travesti ; Mlles E. Casalegno, Timossi, deuxièmes danseuses.\nOrchestre. —M. Miranne, premier chef d'orchestre ;M. Tartanac, premier"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "510", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.30", "texte": "INFORMATIONS\n\nchef d'orchestre adjoint; M. Bergier, premier chef (service de la scène);\nM. Hesse, organiste, chef du chant (deuxième chef d'orchestre).\nL'ouverture de la saison aura lieu dans le courant du mois d'octobre.\n\nPARIS, LYCÉE CARNOT. Notre collaborateur M. Henri Quittard, ancien élève\nde César Franck, licencié ès lettres, diplômé de l'Ecole des langues orientales\nvivantes, est nommé professeur de chant au lycée Carnot.\n\nBORDEAUX.\nJos. GRIMO.\nGrand-Théâtre. Voici le tableau du personnel engagé par\nl'excellent directeur, M. F. Boyer, pour la saison lyrique d'hiver (du 7 octobre\nau 6 mai 1905) : MM. Imbart de la Tour, Hugues, Leclercq, Hyacinthe (ténors) ;\nMézy, Deney, Albert (barytons) ; Bouxman, Blancard, Seurin (basses) ;\nMlles Alice Baron, Marg. Charpantier, de Perre, Y. Marignan, Pérès (soprani) ;\nNady Blancard, Jeanne Benda, Dupont (contralti) ; Vial, Clouzet, Fourès (mezzo).\nEn représentation, nous aurons : Emma Calvé, Jane Marcy, Emma Nevada,\nSuzanne Cesbron, Duc, Scaremberg, L. Escalaïs, Ed. Clément.\nMlle Irène Lovati conserve son poste de ire danseuse, avec Mlle Régina Badet\net Tenzi, ses coadjutrices (demi-caractère et travesti).\nQuant aux ouvrages n'ayant jamais été joués à Bordeaux et qui seront mis en\nétude : la Walkyrie, de Wagner, le Jongleur de Notre-Dame (J. Massenet),\nLe Tasse (d Harcourt), etc., tiennent le premier rang. Chef d'orchestre : M. Mon-\ntagne.\n\nNICE.\n\n— Par mesure d'économie, le Conseil municipal a réuni l'Opéra et le\nthéâtre du Casino sous une même direction. La troupe, les chœurs, l'orchestre,\nseront donc communs aux deux scènes et payés en partie par la Société fermière\ndu Casino, ce qui permettra de réduire la somme de 400.000 francs affectée par\nla ville à ce chapitre. Cette décision n'est pas unanimement approuvée, et l'on\ncraint, non sans raison, qu'elle n'influe fâcheusement sur la réussite de la pro-\nchaine saison théâtrale.\nCette saison commencera à l'Opéra le 17 novembre, et au Casino le 16 décembre.\nParmi les artistes engagés, quelques-uns en représentation, nous remarquons :\nMM. Alvarez, Duc, et Mme Lafargue, de l'Opéra; M. Thomas Salignac,\nMmes Charlotte Wyns, et Garden, qui jouera la Reine Fiammette, créée par elle\nà l'Opéra-Comique. Mlle Charlotte Wyns chantera 1 Étranger, et M. Vincent\nd'Indy viendra, paraît-il, assister à la première de son œuvre. Nous aurons, en\noutre, la création de /'Epreuve, opéra inédit de M. Ch. Pons, organiste à Nice;\nRenaud d\"Arles, de M. Noël Desjoyeaux, et Thamyris, de M. Noguès. Le peu de\nsuccès obtenu à la saison dernière par Siegfried empêchera probablement de\nreprésenter cette année le Crépuscule des Dieux, que M. Saugey avait l'intention\nde monter.\nPour le Casino, on annonce le Jongleur de Notre-Dame, et Rolande, œuvre iné-\ndite de M. Hirschmann.\nPuisque nous avons parlé de 1 Opéra, rappelons brièvement ses origines.\nLe premier théâtre construit à Nice était une maison en bois, située au bord\nde la mer, à peu près où se trouve l'Opéra actuel, et appartenant à un gentil-\nhomme qui la transforma, avec l'autorisation du roi de Sardaigne, en salle de\nspectacle ouverte au public en 1790. Pendant l'occupation de la ville par les\narmées républicaines françaises, il prit le nom de théâtre de la Montagne, et par"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "511", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.31", "texte": "INFORMATIONS\n\ndécret de la municipalité il n'y était exécuté que des pièces patriotiques exal-\ntant la Révolution. Le répertoire était surtout dramatique ; on y joua cependant\nlongtemps, entre autres œuvres lyriques, la Famille suisse, le premier opéra de\nBoïeldieu. Les artistes étaient assez médiocres.\nEn 1830, fut construit au même endroit le théâtre municipal, qui brûla en 1881,\nfaisant une soixantaine de victimes. On jouait ce soir-là Lucia de Lctmermoor et\n•un ballet. Les œuvres étaient toutes chantées en italien sur ce théâtre, même\naprès l'annexion de 1860. On profita de la reconstruction de l'Opéra actuel sur\nle même emplacement pour imposer, après d'assez vives polémiques, les repré-\nsentations en français. C'est alors que se créèrent les petites scènes des faubourgs\noû l'on continue à chanter les œuvres de Donizetti, Bellini et Verdi dans la langue\nde leurs auteurs.\nParmi les directeurs qui ont été à la tête du théâtre municipal, figurent :\nM. S onzogno, l'éditeur milanais bien connu, et Tagliafico, l'auteur de la Chanson\nde Marinette. C'est ce dernier qui, trouvant le Mefistojele de Boïto beaucoup trop\ncompliqué, arrêta les répétitions de cet opéra, déjà commencées, joué d'ailleurs\navec succès à la saison dernière.\nLa subvention primitive était de .40.000 francs. Après l'incendie de 1881 elle\nfut beaucoup plus considérable, et vient d'être réduite à la suite de la combi-\nnaison dont j'ai parlé plus haut. La municipalité s'est, en outre, chargée depuis\nplusieurs années de la rémunération des musiciens, des chœurs et du ballet, dont\nelle peut ainsi disposer à son gré.\nTous les opéras nouveaux de quelque importance ont été montés à Nice dans\nces derniers temps. Il faut ajouter aussi quelques créations parmi lesquelles un\nballet de M. Gaston Pollonais et la mise à la scène de Marie Madeleine, l'oratorio\nde M. Massenet. Aujourd'hui le répertoire moderne s'est à peu près implanté,\ngrâce surtout aux hivernants dilettanti. Le public exclusivement niçois n'a pu\nencore se défaire de ses préférences pour le genre exclusivement italien.\nLe théâtre actuel, construit dans le goût italien, se compose, comme l'Opéra\nde Paris, d'un parterre, de trois rangs de loges et d'un amphithéâtre. Il est\nactuellement et depuis quelques années très habilement dirigé par M. Saugey.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nL'UNION DES SOCIÉTÉS MUSICALES DE FRANCE. La Commission provisoire\ninstituée au Congrès de la Fédération musicale de France (Suresnes, 15 août)\na décidé de provoquer une réunion des délégués des Sociétés musicales de France\net a lancé aux intéressés un appel dont nous extrayons quelques passages :\n(( En toutes occasions de la vie orphéonique, il a été surabondamment démontré\nque les revendications de tout ordre que poursuivent depuis tant d'années les\nSociétés musicales ne pourront avoir satisfaction que si tous les groupements\nsérieux existants s'unissent en un élan fraternel. ))\n(( Nous avons accepté la mission d'organiser une Fédération nouvelle\nreposant principalement sur l'omnipotence des Sociétés musicales au point de\nvue de la défense de leurs intérêts et de la poursuite de leurs revendications,\net sur l'autonomie complète des fédérations régionales.\n(( Nous vous convions donc à Paris le dimanche 30 octobre prochain (10 heures"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "512", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041015-01.1.32", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\ndu matin\\ à la salle Pleyel (22, rue Rochechouart), et nous espérons que de\nnos séances naîtra d'une façon définitive et immuable l'union de toutes les\nSociétés musicales de France.\n(( Les communications et adhésions peuvent être adressées indistinctement à\nl'un des signataires du présent appel. ))\nCet appel se termine par Tordre du jour du Congrès du 30 octobre, où toutes\nles questions intéressant les Sociétés musicales et les fêtes orphéoniques sont\nenvisagées.\nSuivent les signatures :\nClérisse (Président de l'Union des Sociétés musicales de l'Eure), à Evreux ;\nLamarre (Président delà Fédération des Sociétés musicales de la Seine et de\nSeine-et-Oise), 3, rue Ilumblot, à Paris ; Richart (Président de la Fédération du\nNord et du Pas-de-Calais), à Lens ; Chevrolat (administrateur général de la\nFédération de l'Ain), à Montluel ; Gasquet (Président de la Fédération musicale\ndu Var), à Toulon, et Henri Brody (Secrétaire de la Commission provisoire),\n3, rue Montholon, à Paris.\nMme Emma Calvé vient de signer un engagement avec J. Schurman et\npartira en tournée le 25 octobre, parcourra l'Allemagne, l'Autriche et la Rou-\nmanie, et, du ler au 31 janvier 1905, la France et la Belgique.\nL'éminente artiste interprétera seulement trois rôles, Carmen, Ophélie ,\nd'Hamlet, et Santuzza, de Cavalier a Rusticana, puis se fera entendre dans une\nsérie de concerts.\nL'orchestre Lamoureux, sous la direction de M. Camille Chevillard, entre-\nprendra, cet hiver, une tournée en Belgique et en Allemagne ; il donnera des con-\ncerts à Bruxelles, Anvers, Liège, Cologne, Dusseldorf, Elberfeld, Brème,\nHambourg, Berlin, Dresde, Leipzig. Frankfort-a-M., Mannheim, Stuttgart,\nStrasbourg.\nAloysia di Krebs Michalesi, qui chanta la première en Allemagne le rôle de\nFidès du Prophète, vient de mourir. Sa fille Mary, décédée avant elle, fut une\npianiste de grand talent.\nLa colonie italienne de New-York fera, paraît-il, ériger dans cette ville un\nmonument en l'honneur de Verdi. L'exécution de la statue a été confiée au\nsculpteur de Palerme, Pasquale Civiletti.\nLa ville de Leipzig vient de commander au statuaire Karl Seffner un\nénorme monument en l'honneur de J.-Sébastien Bach. Ce monument, de vastes\ndimensions, sera élevé près de l'église Saint-Thomas.\nC'est au théâtre San Carlo de Naples que sera représenté pour la première\nfois en Italie, après les représentations de Berlin qui doivent avoir lieu en\nnovembre, l'opéra de M. Leoncavallo, Roland de Berlin.\nLe théâtre du Weinsbergswege, construit sur le modèle du Prince-Régent\nde Munich, va s'ouvrir à Berlin le 15 courant. Ce théâtre contiendra plus de\n2.000 personnes. La pièce d'ouverture sera les Noces de Figaro."}]}