{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_sha256": "96978f1ba234b79787c23825b833719b0a42f5f0b9ab8e943af8b4186ccac25a", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/11/01_01/bmtnabj_1904-11-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/11/01_01/bmtnabj_1904-11-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "513", "page_fin": "520", "image_debut": 1, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.1", "titre_corps": "Johannes Brahms. (SOUVENIRS PERSONNELS.)", "titre_sommaire": "Johannes Brahms. (SOUVENIRS PERSONNELS.)", "signature_source": "HUGO CONRAT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "514", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3302, "texte": "Johannes Brahms.\n(SOUVENIRS PERSONNELS.)\n\nC'est en 1887 dix ans avant sa mort, qui eut lieu le 6 avril 1897 que j entrai\nen relations avec Brahms ; il avait mis en musique des poésies dont j'étais Fau-\nteur. Mais nos rapports demeurèrent, pendant les premières semaines, tout\nextérieurs : mes poèmes lui avaient plu, et je me trouvais très flatté de ce que\nle maître, qui usait de tant de soin et de prudence dans le choix de ses sujets,\neût trouvé mes modestes tentatives dignes d'être mises en musique. Mais bien-\ntôt un événement de peu d'importance me rapprocha de lui. J'étais amateur\nd'autographes et je suivais toutes les ventes ; un jour, je vis dans le catalogue\nd'un commissaire priseur de Berlin (( une lettre de jeunesse de Brahms à son père ».\nJe racontai ce fait alors que nous déjeunions chez un ami commun, et cela le\nmit en fureur. Il ne comprenait pas par quelle indiscrétion ou par quelle négli-\ngence de tels papiers, qui contenaient tant de choses intimes, pouvaient tomber\ndans le public : ,'( quand on ade tels documents en sa possession et qu'on ne\npeut les tenir sous clef, on devrait les brûler tout de suite, » etc., etc Nous pas-\nsâmes bientôt à un autre sujet de conversation, et la chose parut terminée. Pour\nmoi, j'écrivis aussitôt au marchand d'acheter cette lettre et de me l'envoyer bien\net dûment scellée du cachet de sa maison. Il en fut ainsi, et peu de jours après\nj'eus le grand plaisir de retirer de la circulation la lettre qui paraissait si impor-\ntante à son auteur, et de la lui envoyer, sans l'avoir lue moi-même. Ce trait, que je\nlui entendis raconter bien souvent par la suite, me procura sa confiance jusqu'à\nses derniers jours. Nous nous voyions la plupart du temps toutes les semaines,\nquelquefois plus, soit chez moi, soit dans son modeste appartement de garçon,\naux soirées du (( Tonkûnstler Verein », chez des amis où nous étions invités\ntous deux ; nous faisions aussi des promenades ensemble : l'été j'allais souvent\nle voir en Styrie, et il était fâché si l'on passait à Ischl sans lui dire bonjour.\nC'était un promeneur infatigable : le médecin lui avait sans doute conseillé de\nprendre régulièrement du mouvement, car à un âge avancé il avait tendance à\ns'alourdir. On pouvait le rencontrer souvent dans les quartiers qui mènent au\n(( Prater », ce vaste parc qu'on peut comparer au bois de Boulogne. De taille\nmoyenne, trapu, pas précisément élégant, le visage rouge de santé avec une\ngrande barbe grisonnante, le corps un peu penché en avant, les mains jointes\nderrière le dos c'était aussi l'habitude de Beethoven, il avait quelque chose\nde remarquable, de caractéristique, et surtout l'été, quand il avait son chapeau\nà la main, sa tête léonine apparaissant tout entière : c'était une des apparitions\ntypiques des rues de Vienne. On le voyait régulièrement, pendant la\npasser tranquillement son chemin, tout seul il était entièrement maître de son\ntemps : aucun emploi, aucune obligation professionnelle ne venaient le retenir.\nAu commencement de l'automne, revenu de la campagne où il passait l'été, il ne\nmanquait pas de joyeux compagnons pour faire régulièrement avec lui des\nexcursions de toute une journée Tous les dimanches, à dix heures précises, un\npetit groupe se réunissait devant le café qui se trouve en face de l'Opéra ; et l'on"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "515", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.3", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 3504, "texte": "partait de là, en omnibus d'abord, puis, l'océan des maisons dépassé, à pied,\ndans les vendanges fraîches ou plus loin dans la campagne. Ces jours-là Brahms\nétait particulièrement de bonne humeur. Dans le fond il aimait la société, mais\nil ne se plaisait guère aux discussions violentes, sur un ton raide et cassant, bien\nqu'il sût, lorsqu il était obligé de prendre parti, se conduire dans de telles situa-\ntions avec le tact qui lui était naturel.\nIl y avait alors quinze ans que Robert Schumann avait proclamé dans la\nNeue Zeitschrift fur Musik qu'un nouveau Messie était né à la musique. La\npremière remarque ayant trait à Brahms se trouve dans une lettre à un musi-\ncien allemand (1) datée du 28 octobre 1853 : « Un jeune homme de Hambourg.\nJoannes Brahms, vient d'arriver ici. Il est véritablement génial et il me semble\nsurpasser de beaucoup tous les artistes de son âge. Vous ne pouvez manquer de\nconnaître bientôt quelques-unes de ses œuvres admirables, notamment ses lie-\nder. )) Et dans un passage célèbre de la Neue Zeitschrift, il s'écrie : « Il est\narrivé ! Il vient de Hambourg, recommandé par un maître connu et respecté.\nIl a travaillé là dans le silence et l'obscurité, mais guidé par un maître (2) excel-\nlent et dévoué, plein d'enthousiasme, qui l'a instruit dans les préceptes les plus\ndifficiles de l'art. Rien ne lui manque des signes extérieurs auxquels on recon-\nnaît la vocation... S'il met sa baguette magique au service de forces orchestrales\npuissantes, il nous ouvrira des perspectives nouvelles et admirables sur les mys-\ntères du monde de l'esprit. Que le plus puissant génie l'inspire et lui donne\nla force d'accomplir ce que nous attendons de lui, car il est modeste. Ses con-\nfrères le saluent à son entrée dans le monde, où peut-être l'attendent des bles-\nsures, mais aussi des lauriers : nous souhaitons la bienvenue au lutteur vail-\nlant. ))\nFidèle à lui-même, Brahms a tenté d'accomplir la mission que Schumann\nl'avait jugé digne de remplir. Qu'importe s'il n'a pas suivi à la lettre ces paroles\nprophétiques !\nSous un extérieur rude, Brahms cachait un caractère tendre et ingénu : tous\nceux-là s'en sont aperçus qui ont rencontré, ne fût-ce qu'une fois, le regard loyal\nde ses yeux bleus. Son affection pour les enfants suffirait à le prouver. Il em-\nportait dans ses promenades toutes sortes de friandises. Il n'a pas rencontré à\nla campagne un seul enfant et il yen a beaucoup dans les environs de Vienne\nsans lui parler et lui faire quelque cadeau. Il ne lui fallait pas trop compter\nsur la reconnaissance des petites filles : son extérieur un peu négligé, sa grande\nbarbe grise, mais surtout son dialecte étranger (Brahms, bien qu'il eût séjourné\nlongtemps dans le Sud, parlait toujours la langue de l'Allemagne du Nord), les\neffarouchait ; les enfants répondaient rarement à ses questions qu'ils compre-\nnaient à peine, et ils commençaient à respirer quand « l'étranger » qui leur rap-\npelait sans doute quelque génie de leurs livres d'histoires avait tourné le dos.\nBrahms n'avait pas toujours été un homme agréable, toujours gai et d'un\ncommerce facile. Mais il avait, je le répète, une cinquantaine d'années quand je\nle connus plus intimement. Il était au sommet de la gloire et avait atteint, au\ncours de longues années, ce que l'artiste qui veut voir son œuvre appréciée à sa\njuste valeur et sa vie aisée et facile peut regarder comme le comble de ses vœux.\n\n(i) H. Erler, Robert Schumann, Leben. Berlin, 1887.\n(a) E Marxen (1806-1887)."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "516", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.4", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3731, "texte": "J'ai entendu dire de plusieurs côtés que Brahms, plus jeune, était un homme\nrude, hérissé et récalcitrant. Le succès, qui n'était, à vrai dire, venu qu'après ses\nluttes acharnées, avait eu sur sa personne, sur sa manière de vivre et, par suite,\nsur ses relations avec le monde extérieur, 1 influence la plus salutane. Et pour\ntant, à cette époque de son existence, très brillante extérieurement, la solitude et\nle vide de sa vie de garçon semblaient lui être doublement sensibles. (( Heureux\nhomme!(( avait-il coutume de dire, lorsque nous nous rencontrions dans la rue,\nle soir, et qu'attendu chez moi, je devais prendre congé de lui : « Vous allez\nmaintenant rentrer dans votre home ; vous y trouverez femme et enfants , moi,\npauvre vieux garçon solitaire... »\nC'est généralement ainsi qu'il exprimait ses regrets de ne pas s'être marié :\nune sorte d'humour où l'on ne percevait que trop une nuance de îegiet. Il lui\narrivait de dire à des dames trop curieuses : (( Hélas ! chère Madame, je ne suis\ntoujours pas marié, Dieu merci ! )) Widmann (i) nous laconte qu un joui, en\nvisite à Berne, il s'expliqua là-dessus avec assez de détail et exprima sa pensée\nintime. « J'ai laissé passer l'occasion. Lorsque j'en aurais eu envie, je ne pouvais\noffrir à une femme ce qu'il aurait fallu pouvoir lui offrir. )) Il ne voulait pas dire\npar là qu'il n'avait pas la certitude de pouvoir entretenir femme et enfants ; mais\nil pensait à l'époque où il aurait aimé se marier il avait alors une trentaine\nd'annés, et c'est à ce moment que ses œuvres étaient sifflées dans les concerts\nou reçues avec une froideur glaciale : (( Cela ne me faisait aucune peine, car je\nconnaissais leur valeur et je savais que les choses changeraient de face. Et quand,\naprès de tels insuccès, je rentrais dans ma chambre solitaire, je n'étais pas dans\nune disposition d esprit désagréable. Mais s'il m'avait fallu alors paraître devant\nma femme, voir ses regards anxieux m'interroger et dire : « Ce n'est pas encore\npour cetie fois )), je n'aurais pas eu la force de le supporter ! Et si elle avait\nvoulu me consoler, s'il m'avait fallu voir ma propre femme compatir à mes in-\nsuccès j'aime mieux ne pas m'imaginer quel enfer cela aurait été pour moi ! »\nD'ailleurs, il est certain que les droits que lui paya son éditeur jusqu'au milieu\nde sa carrière ne furent pas précisément brillants. Je 1 entendais dire un jour à\npropos de son Requiem allemand qui porte le numéro d'œuvre 45 et date\nde 1868: « Regardez un peu le manuscrit de mon Requiem. Vous trouverez là\ndu papier de toutes les sortes et de tous les formats possibles et impossibles.\nC'est que je n'étais pas riche en ce temps-là ; je n'avais pas assez d'argent pour\nme procurer d'un seul coup une grande quantité de papier » ; et il ajoutait,\navec un sourire de satisfaction : (( Maintenant je suis dans l'opulence ! ))\nBrahms avait plusieurs fois changé de résidence, mais il avait fini par s'éta-\nblir à Vienne. Il se sentait à son aise dans la vieille ville impériale, où il avait\nd'ailleurs retrouvé plus d'un ami de jeunesse. Mais un grand nombre d'artistes\nplus jeunes était venu renforcer le noyau qui se réunissait autour de lui, et ce\ngroupement ne laissait pas d'être en butte à de nombreuses attaques. Lui-même\nétait très apprécié et honoré de tous ; seuls quelques grands seigneurs, à qui\nson sans-gêne et sa brusquerie ne convenaient guère, s'abstenaient de toute\ndémonstration à son égard. Il aimait son pays et il était resté très attaché à la\npatrie allemande. J'étais, moi aussi, originaire de l'Allemagne du Nord et j'étais\nvenu, comme lui, m'établir à Vienne; aussi nous ne manquions pas de nous\n\n(1) J. V. Widmann, Johannes Brahms in Erinnerungen (Berlin, 1898)»"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "517", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.5", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 3725, "texte": "communiquer nos impressions toutes les fois qu'une nouvelle, nous remplissant\nde fierté et d'envie, arrivait de « l'Empire )). « Allons, vous pouvez attendre\nlongtemps avant de voir cela en Autriche )), disait-il, non sans amertume. Peut-\nêtre allait-il trop loin dans ce sens, non pas qu'il exagérât l'expression de ses\nsentiments, mais son patriotisme couvait au plus profond de lui-même et lui\nrendait antipathique tout ce qui était étranger. Il était sûrement plus porté à la\nteutomanie qu'au cosmopolitisme. Il ne paraît pas avoir été à Paris ni en France\nje ne le lui entendis du moins jamais dire ; je ne crois pas non plus qu'il sût\nassez le français pour le parler. Par contre, il connaissait à fond la musique\nfrançaise: des œuvres modernes il aimait surtout Carmen bien qu'il n'en par-\nlât pas. L'Angleterre semblait l'intéresser davantage : il y a d'ailleurs dans les\nmœurs et les idées des Anglais et des Allemands plus d'un point commun. Il\nn'a cependant jamais été en Angleterre. Joseph Joachim, qui depuis des années\nva régulièrement à Londres, au printemps, donner des concerts, s'est donné\nbeaucoup de peine pour décider son ami d'enfance à l'accompagner, mais en\nvain. Peut-être la langue qu'il ne parlait pas couramment et la réserve qui règne\ndans la société anglaise le détournèrent-elles de ce voyage. Il aimait avant tout\nses aises et sa liberté! Ses sympathies allaient à l'ltalie; il y fit plusieurs\nvoyages, poussa même jusqu'en Sicile, et en revint toujours charmé.\nIl était dans son élément aux soirées hebdomadaires du « Tonkunstler-Verein ».\nCe n'était pas une société de concerts oû quiconque paie sa place peut entrer,\nmais une sorte de cercle dont tous les membres se connaissaient plus ou moins,\nune réunion familière d'où toute contrainte était bannie ; il y avait de la musique\nle programme était réglé d'avance mais sans cérémonie ; un souper\nsuivait le concert. Le maître était là, généralement entouré de jolies femmes,\nplaisantait, riait, taquinait chacun ; il était président d'honneur de la\nsociété ; il s'amusait des plus vieilles plaisanteries comme s'il les entendait\npour la première fois de sa vie. Vers minuit on apportait le café très fort et\ntrès chaud, et c'était la fin de la « charmante soirée ». Un musicien étranger\nde quelque importance venait-il à Vienne, il était le bienvenu à ces réunions\nqui avaient lieu dans un local laid et peu vaste, mis à la disposition de la société\npar le Conservatoire de musique. Et j'ai souvent entendu dire à ces hôtes de\npassage: « C'est lui le maître! Je m'étais fait de Brahms une tout autre\nidée ! »\nBrahms n'aimait pas précisément à favoriser les jeunes ; certains prétendent\nmême qu'il n'était pas éloigné de regarder avec jalousie et envie les succès des\njeunes musiciens ; mais ce serait dépasser le cadre de cette esquisse que de\nm'attarder sur ce sujet. Je dois dire du moins que, membre du jury à plusieurs\nconcours, il s'acquitta de son emploi avec la plus grande conscience et qu'il\nrecommanda à son éditeur Simrok deux jeunes gens dont les travaux lui avaient\nbeaucoup plu. Il n'avait jamais eu 1 intention de faire des élèves, mais lisait et\ncritiquait à l'occasion les œuvres qu'on lui présentait et était toujours prêt à\nindiquer des corrections ou des retouches nécessaires. Ce n'était évidemment\npas un critique tendre. Un de nos plus jeunes compositeurs, plusieurs fois cou-\nronné, s'arma un jour de courage et alla lui montrer ses dernières productions.\nBrahms, qui s'intéressait à lui, les lut avec lui en détail, mais y trouva tant à\ncritiquer et à corriger que le jeune musicien, découragé, s'écria : « Mais, maître,\nsi vous devez me blâmer ainsi, j'aimerais mieux cesser de composer. » A quoi"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "518", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.6", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 3709, "texte": "Brahms, très calme (( Oui, mon cher Z., c est ce qu on ne se dit pas assez souvent !)>\nBrahms était toujours prêt àla repartie, mais n'en voulait pas à celui qui lui\nrépondait de même. (( Ne supportez rien de lui )), me disait un jour un artiste\nqui le connaissait bien, « sinon il pensera que vous êtes une bête. )) J'en fis\nmon profit, et nous nous sommes toujours bien entendus. Je voudrais mainte-\nnant citer quelques traits, qui, s'il m'en souvient bien, sont caractéristiques. Je\nsuis malheureusement persuadé que transcrits, ces mots perdront infiniment de\nleur charme, quand je me souviens que, malgré tout leur mordant, dits avec une\nfinesse ironique, c'est à peine s'ils mettaient l'interlocuteur dans l'embarras.\nNous revenions d'excursion ; dans le chemin de fer, je rencontrai un de mes\namis, bon philologue, mais non musicien ; je le présente à mes compagnons, et\nbientôt il entre en conversation avec Brahms. «Eh bien, vous pouvei bien venir\nvous promener avec nous, lui dit le maître; dimanche prochain, si vous voule£.\nMais quel visage ferai-je, Saiil au milieu des prophètes ! » repartit modestement\nle docteur. Et Brahms aussitôt : « Tiens, croyez-vous par hasard avoir f air si\nroyal ? » Une autre fois nous étions à la brasserie, et la conversation tomba sur\nune cTe nos meilleures maîtresses de chant, dont la voix était très belle, mais l'ex-\ntérieur très désavantageux. Chacun faisait ses réflexions sur la laideur de la\ndame ; pour moi, j'attachais moins d'importance à son extérieur et je ne faisais\nressortir que l'art de la cantatrice. (( Oui, cest bon pour les musiciens ; moi, je\nsuis pour la vue », répliqua-t-il. Cette même dame donnait un concert consacré à\ndes lieder et fit une visite au maître pour le prier de lui indiquer quelques-uns\nde ses lieder les moins connus qu'elle interpréterait à cette occasion. (( Prenez-les\ndans mes œuvres posthumes, personne ne les connaîtra », fut, paraît-il, le conseil\nqu'il lui donna.\nNous parlions un jour du livre de Rubinstein : la Musique et ses représen-\ntants, entretiens sur la musique, qui venait de paraître (1892). Faisons remar-\nquer en passant que l'auteur a visiblement omis d'y faire mention de Brahms.\nassure, Rubinstein sera depuis longtemps grand-père, arrière-grand-père, arrière-\narrière-grand-père... quand Haydn sera encore le papa Haydn. )) Très fine et très\njuste est encore la remarque qu'il fit à propos de la visite d'un artiste étranger\nqui alla le voir avec sa femme. C'était un homme encore jeune qui, en l'espace\nde quelques années, s'était marié trois fois. Brahms, qui eut l'occasion de le\nrencontrer plusieurs fois dans la même semaine, en profita pour lui dire un jour :\n(( Comment ! Toujours la même femme ? Quel ennui ! Quelle monotonie ! »\nBrahms avait pleinement conscience de la hauteur de sa situation dans le\nmonde musical. Mais il n'aimait pas les manifestations publiques et bruyantes ;\nil détestait les hommages, surtout ceux qui ne lui paraissaient contenir que des\nphrases vides, ne reposant pas sur la connaissance profonde de ses œuvres et ne\nprouvant pas qu'on les admirât sincèrement. Widmann nous raconte à cepropos\nune jolie anecdote. A l'occasion d'un grand concert dans une petite ville de\nSuisse, un maître d école quelque peu importun s'approcha de Brahms et, dans\nle courant delà conversation, assura, avec les marques du plus profond respect,\nqu'il connaissait toutes ses œuvres. La musique jouait ; Brahms lui fit signe de\nse tenir tranquille : c'était quelque chose de lui. C'était en fait une marche mili-\ntaire de Gungl, ce qui n'empêcha pas notre homme d'écouter bouche bée et\nplein de recueillement la musique fort ordinaire de ce pseudo-Brahms. Tout ce"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "519", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.7", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 3363, "texte": "qui avait ne fût ce que l'apparence de l'importunité lui était odieux. Je l'en-\ntendis un jour répondre à la femme d'un musicien italien qui le poursuivait\nde son éventail à autographes : « Revenez demain! Il faut d'abord que je\nni exerce ! ))\nBrahms n'épargnait pas le moins du monde ses collègues. Il était très exi-\ngeant pour lui-même, mais aussi pour les autres : lesnatures d'élite ne s'en lais-\nsaient pas troubler dans leur respect pour le maître, mais montraient par la\nsuite, surtout les hommes d'un certain âge, plus de ménagements et de retenue.\nIl jouait un jour avec un de ses plus vieux amis la sonate pour violoncelle de Bee-\nthoven et traitait le piano avec un peu trop d'énergie ce n'était pas un pianiste\nparfait ; le violoncelliste s'écrie :(( Mais, maître, je n'entends plus mon violon-\ncelle! » Et là-dessus Brahms : (( A-t-il de la chance ! » Une autre fois un jeune\nmusicien, impatient de voir enfin paraître sa première œuvre qui était depuis\nlongtemps chez l'éditeur, entendit ces mots éternellement vrais : (( Patience,\njeune homme ! Le monde ne vous attend pas! Ce n est pas un malheur d'être immortel\npendant quelques semaines ! ))\nIl ne voulait pas démentir sa nature forte et virile, ni paraître sensible ou déli-\ncat. Une sorte de pudeur l'empêchait de trahir ses sentiments intimes, et il lui\narrivait souvent, en cherchant le mot juste et l'attitude convenable, de manquer\nle but. A l'enterrement d'un de ses amis les plus intimes, Billroth, il se promena\navec quelqu'un dans les allées du cimetière, parlant de choses indifférentes, tan-\ndis que tous les autres, pleins d'émotion, entouraient la tombe qu'on allait fer-\nmer. Il était comique de le voir, pendant nos excursions aux collines des envi-\nrons de Vienne, ne pas vouloir avouer que cela le fatiguait de monter une côte.\n« Là, Conrat, arrêtez-vous et regardez-moi ce paysage ! » Je comprenais et\nm'arrêtais à contempler la vallée, tandis qu'il se réjouissait de pouvoir se repo-\nser un peu.\nDans ses dernières années il s'adoucit de plus en plus ; plus il souffrait, plus il\nnous apparaissait indulgent et conciliant. Il passait en lui comme un souffle\nélégiaque ; aucun mot dur et mordant ne vint plus sur ses lèvres. Peut-être\nsoupçonnait-il tout le monde le lui cachait cependant que son mal était in-\ncurable et que la vie a un terme et qu'il faut partir (i).\nPendant l'hiver 1896-1897 il sortait rarement ; au printemps sa mine faisait\npitié. Tant que la température fut supportable, il déjeuna à midi avec des amis;\nle soir, une main chère lui préparait le repas qu'il mangeait seul dans sa cellule\nsolitaire.\nJe le vis pour la dernière fois, chez lui, le 25 mars. Comme d'habitude, il\napporta, se traînant péniblement, ses célèbres cigarettes (très grandes et\nd'un tabac très fort), et nous bavardâmes, comme d'habitude, sur les derniers\névénements du jour, quand tout à coup il baissa la tête et murmura tout bas :\n(( Il faut pourtant qu'il y ait quelque chose ! )) C'était à sa maladie qu'il pen-\nsait. Je m'éloignai tout doucement, sans le déranger ; c'était la première\nfois depuis dix ans qu'il ne venait pas me reconduire, bavardant et plaisantant\nencore.\nTriste, je m'en allai par les rues calmes en ce jour de fête, pressentant que\nje lui avais serré la main pour la dernière fois. Le lendemain on me dit qu'il lui\n\n(i) Requiem allemand."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "520", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.8", "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 829, "texte": "avait fallu garder le lit. Il ne devait plus le quitter. Une semaine plus tard,\ntout était fini. ; . .\nIl faut aussi que la beauté meure (1).\nPar un jugement récent, le tribunal de Vienne a repoussé la demande en rem-\nboursement d impôts introduite par les héritiers de Brahms résidant en Alle-\nmagne, et au nombre de 22. La succession, qui se monte à 500 000 couronnes\net était déposée à la Banque impériale de Berlin, a été disputée entre les héri-\ntiers testamentaires et les héritiers naturels : d'où un long procès qui s est ter-\nminé à l'avantage de ces derniers. Au cours de ce procès, les valeurs, sur la\ndemande du tribunal civil, ont été rapportées à Vienne, où l'administration des\nfinances les soumit à l'impôt sur le revenu. D'où la réclamation des héritiers,\nqui vient d'être rejetée.\n\nHUGO CONRAT."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "520", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.8", "debut_caractere": 3167, "fin_caractere_exclue": 3196, "texte": "(1) Nanie, Schiller (Brahms)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "513", "page_fin": "513", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.1.1", "titre_corps": "Johannes BRAHMS", "titre_sommaire": "Johannes BRAHMS", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "513", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.1", "debut_caractere": 74, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "Johannes BRAHMS"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c003", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "520", "page_fin": "521", "image_debut": 8, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.2", "titre_corps": "Actes officiels.", "titre_sommaire": "Actes officiels.", "signature_source": "J. 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Vincent d'lndy, avec une autorité unique et uneémo-\ntion sincère, a rendu au Maître un hommage complet : il a rappelé les relations\nhistoriques unissant les musiciens du pays wallon à ceux du pays de France ; il\na loué Franck d'avoir introduit et créé chez nous l'art de la grande construction\nsymphonique, et caractérisé sa noblesse morale. Son très beau discours est celui\nd'un historien, d'un artiste, d'un chrétien, d'un émule qui s'efface. Dans un lan-\ngage très élevé, M. de Selves, préfet de la Seine, a rappelé les services rendus\npar Franck à la Ville de Paris dans les concours institués par M. Herold, et pro-\nclamé la nécessité deces grands artistes désintéressés qui font respirer à la foule\nhumaine l'air vivifiant des cimes. Ce thème a été repris avec une admirable\nélégance et beaucoup de force par M. Henry Marcel, directeur des Beaux-Arts,\nreprésentant du gouvernement, qui s'est révélé critique musical de premier\nordre. Après lui, avec une autorité incontestable, une convenance et une bonne\ngrâce parfaites, M. Th. Dubois a parlé au nom du Conservatoire, et, à l aide de\nsouvenirs très personnels, loué César Franck, dont il fut si longtemps l'ami. Son\ndiscours a dissipé quelques malentendus auxquels il faudra désormais renon-\ncer. Enfin, avec sa finesse coutumière, M. Ed. Colonne est venu s'excuser de\nprononcer une brève et charmante allocution. Cette cérémonie fut belle, récon-\nfortante : quelques feuilles d'or que les arbres du square firent soudain pleuvoir\nsur un des orateurs y ajoutèrent une pénétrante mélancolie. A l'église Sainte-\nClotilde, eut lieu ensuite une séance artistique d'une incomparable poésie. Un\nchoix de chefs-d œuvre pour orgue, où régnaient la flûte, le hautbois, le cor\nanglais et les voix célestes, y fut exécuté par des organistes d'élite : le choral en\nmi majeur, par M. Mahaut; la Pastorale (rappelant parfois les Reflets f Orient de\nSchumann), par M. Pierné ; Y Ave Maria, par MM. Delpouget et la maîtrise ; les"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "521", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.9", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "Prélude, fugue et variation, par Al. Dallier ;le séraphique cantabile, par\nM. Gigout... MM. Alazalbert, Chassaing, Destombes, Tournemire, eurent aussi\n1 honneur de figurer au programme. Et entre deux exécutions, comme dans les\ncérémonies du culte, M. Gardey, curé de la basilique, prononça un très noble\ndiscours. Dans le cadre très doux de l'automne, au milieu des vitraux et dans le\ngrand recueillement de l'église, cette fête d'art eut une intense beauté. Elle a\nréveillé cet idéalisme généreux qui est au fond de tous les cœurs, et que la\nmusique a pour fonction spéciale d'entretenir.\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "521", "page_fin": "523", "image_debut": 9, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.3", "titre_corps": "Simples notes de lecture musicale.", "titre_sommaire": "Simples notes de lecture musicale.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "521", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.9", "debut_caractere": 635, "fin_caractere_exclue": 2889, "texte": "Simples notes de lecture musicale.\n\nOn sait que, quand on émet un son sur les instruments à cordes ou sur cer-\ntains instruments à vent (sur les autres, les choses se passent tout autrement),\nce son n'est pas simple, mais formé d'une multitudede sons supérieurs, appelés\nObertône en allemand, et en français, harmoniques. Ainsi, quand on frappe un ut\ngrave sur le piano, on entend toute la série suivante :\nPour former ces différents sons, la corde, ou la colonne d'air, se subdivise\nd'elle-même et forme des vibrations distinctes, analogue à la vague de l'océan,\nlaquelle, dans son ensemble, est un composé de petites vagues superposées. Ce\nphénomène a été mis en lumière, pour la première fois, par le savant français\nSauveur (xvme siècle). Helmholtz l'a pris pour base de la théorie du timbre et de\nla consonance. Mais la région de ces harmoniques est une région de bataille. Il\nestd'abordtrès difficile de les percevoir; Helmholtz a dû inventer des instruments\nspéciaux pour les isoler ; M. Stumpf a écrit un opuscule où il indique toutes les\nprécautions à prendre si on veut les entendre sans aucune chance d'erreur. M. A.\nCamiolo a dit, non sans raison, que toute notre musique était fondée sur le si-\nlence et le mutisme des harmoniques, non sur leur émission (en effet, si chaque\nnote frappée sur un clavier éveillait toujours une suite d'autres notes, il nous\nserait impossible d'isoler un son quelconque, et l'harmonie n'existerait pas) ;\nenfin, dans un ouvrage récent dont j'ai parlé ici, M. Guillemin, très radical, a dit\naux harmoniques, idoles de certains théoriciens : (( Je crois bien, entre nous, que\nvous n'existez pas )) H Je ne veux point débattre ici cette grave question, qui\nc ...\néchapperait trop souvent à ma compétence, mais rappeler simplement quelques\nfaits dignes d'attention. Le lecteur voudra bien remarquer que le premier har-\nmonique produit par le son fondamental {ut), après la répétition de ce dernier à\nl'octave, est la quinte sol, et se rappeler que, d'après la théorie courante, plus un\nharmonique est voisin du son fondamental, plus forts sont entre eux les liens\nde parenté. . ..\"\nLa modulation la plus simple et la plus satisfaisante pour l'oreille est celle qui\nva de majeur à majeur par le mouvement suivant '•"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "522", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.10", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1614, "texte": "Pourquoi ? La raison paraît en être que tous les sons composant le pre-\nmier accord sont des harmoniques du premier degré (quinte) produits par les\nsons du dernier accord. En effet, dans l'accord parfait\nfa a pour premier\nharmonique sa quinte do ; la a pour premier harmonique sa quinte mi ; do a\npour premier harmonique sa quinte sol ; si bien qu'en allant de l'accord parfait\nut-mi-sol à l'accord parfait fa-la-do, on remonte, pour ainsi dire, de l'effet à la\ncause ; on va du fils au père. De là l'impression de sécurité produite sur l'oreille.\nLe fragment suivant de Beethoven (Symphonie \\ lIIj peut se ramener à une sé-\nrie de modulations analogues, à la quinte, par le procédé que je viens d'indiquer.\nCe passage de la quinte à la tonique est aussi fréquent que le passage inverse,\nde la tonique à la quinte. Il est une des règles essentielles de la composition.\nPour préciser les idées, je citerai les exemples suivants, où on remarquera l'en-\ntrée et la position des parties :\n\nFRESCOBALDI (I). Hymne Ave maris Stella.\n\n(i) Frescobaldi, grand organiste et compositeur né à Ferrare à la fin du xvic siècle, près de\ncent ans avant J.-S. Bach. L'original d'où est tiré ce fragment est écrit en clé dut et offre les\nparticularités suivantes : portée de six lignes à la main droite avec une clé de fa sur la 4e ligne\net une clé dut à la 6e ; portée de huit lignes (et clé de fa) à la main gauche. Frohberger, prédé-\ncesseur de Bach comme organiste virtuose, fut son meilleur élève. La plupart des manuscrits de\nFrescobaldi et de Frohberger sont à la Hofbibliothek de Vienne."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "523", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.11", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "FRESCOBALDI. Fugue.\n\nFROHBERGER. - Capriccio II (p. 76 de l'édition de G. Adier, t. IV des Denkmäler\nder Tonkunst in Österreich).\n\nJ.-S. BACH.— Ire fugue du Clavecin bien tempéré.\n\nM. le Dr Guillemin ne pense-t-il pas qu'il y a dans ces exemples (que j'ai pris\ndans trois grands maîtres classiques de l'orgue, mais qu'on pourrait multiplier\nindéfiniment) une confirmation de la théorie qui voit dans la position des harmo-\nniques une des bases de l'harmonie et de la composition ? —\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c010", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "522", "page_fin": "522", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.3.6", "titre_corps": "FRESCOBALDI (I). 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L'église Saint-Germain-des-Prés, commencée\nen 1001, consacrée en 1063, l'année où l'on posait la première pierre de Notre-\nDame, est, je crois, la plus ancienne de Paris. Mais elle estj surtout la plus\nintéressante et, à mes yeux, la plus sympathique.\nJ'aime son vieux clocher qui se dresse rébarbatif et rude, sans une fenêtre,\nsans un ornement jusqu'au sommet, où s'épanouit, comme une fleur à l'extré-\nmité d'une tige rugueuse, le logis des cloches, orné de tout ce que l'art roman\navait de plus délicat. Toute la tristesse du haut moyen âge est là, avec l'espoir\nqui renaît après le fatidique an mille.\nJ'aimerais aussi être le paroissien de cette église. Les chapiteaux ornés de\npersonnages et d'animaux exerceraient ma sagacité pendant les sermons un peu\ntraînants, je méditerais sur le symbolisme inconnu de ses lions ailés à tête\nhumaine, de ses oiseaux affrontés qui tantôt semblent se congratuler cérémo-\nnieusement, tantôt parodier le baiser de paix (pax vobiscum) que les prêtres se\ntransmettent, après la communion ; et puis Hippolyte Flandrin a revêtu ses\nmurs de peintures aux tons pâlis, qu'il serait doux de regarder, sans penser à\nrien. Mais revenons à nos affaires. La musique que l'on fait à Saint-Germain-\ndes-Prés a quelques rapports avec les peintures de Flandrin: elle est douce,\nquelquefois avec excès.\n\" Et d'abord, je-suis obligé de répéter, comme à peu près partout, que l'on y\nchante Y Asperges me, Y Introït et le Graduel beaucoup trop lentement. Les\nchantres ont l'air de somnoler, et cependant ils ont dit dans un bon mouve-\nment le Kyrie, le Gloria, le Credo et le Sanctus du 5e ton, édition de Ratisbonne.\nIl me semble qu'il leur serait facile de se mettre partout à cette allure.\nA l'élévation, on nous a donné un bon O salutaris de Viret, ancien maître de\nchapelle de Saint-Germain-1' Auxerrois.\nCette œuvre, dite d'abord en solo, puis à l'unisson, est simple et religieuse ;\nseule la fin trahit sa modernité.\nj J'ai eu également beaucoup de plaisir à l'offertoire en écoutant le 2e pré-\nlude de Mendelssohn, en sol majeur. L'équilibre solide et aimable de cette\nœuvre, la sérénité d'un esprit tranquille qu'on y trouve, lui assignent une place\nhonorable dans nos églises. J'en dirai autant du prélude et fugue en ut mineur\nde Bach exécuté à la sortie avec beaucoup de goût et de netteté par l'organiste,\nM. Woltz.\nAux vêpres, j'appellerai l'attention du maître de chapelle, M. Minard, sur\nle fait que les faux-bourdons doivent être un accompagnement, et ne jamais\ncouvrir la psalmodie. Celle-ci était dite par une voix de contralto qui n'avait pas\nassez de mordant et qui disparaissait sous la coalition des autres chanteurs.\nEn revanche, la maîtrise a très bien exécuté un O salutaris transporté sur une\nprière de Méhul. C'était simple, fort et doux; et quand le sentiment religieux\nn'y perd rien, je ne vois aucun inconvénient à ces adaptations. Mais que\nd'efforts dépensés en pure perte pour nous donner, très bien du reste, un Mous-\ntra te esse Matrem de Loisel, beaucoup trop doux, beaucoup trop bien balancé et\n\n(1) Suite. Voir la Revue du 15 juillet 1904 et les Revues précédentes."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "525", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.13", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "qui me rappelait que certains critiques comparent quelques piliers vert-clair\nde Saint-Germain-des-Prés à de gigantesques bâtons de sucre d'orge ! C'était,\nsi j'ose ainsi parler, de la confiserie musicale.\nEn résumé, la maîtrise est bonne, et, à part la lenteur signalée plus haut,\net qu'il serait facile de faire disparaître, elle est parfaitement à même d'entrer\ndans les voies nouvelles de la musique sacrée. 11 se peut, d'ailleurs, que le choix\ndes morceaux lui soit imposé par le goût de ceux qui les entendent. Dans ce cas:,\nc est ce goût qu'il faudrait réformer.\nJ'ai remarqué avec plaisir que l'organiste a le bon esprit, quand il répond au\nchœur, de rester dans la tonalité du verset qui vient de finir, de la prolonger, de\nmanière que l'auditeur ne sorte pas du sens général du morceau. Combien\nd'autres placent ici leurs productions souvent sans rapport avec l'hymne ou le\npsaume qu'ils remplacent! Il est vrai que les organistes ont peu d'occasions de\nfaire entendre leurs œuvres, ni de les entendre eux-mêmes.\n\nCONSTANT ZAKONE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "525", "page_fin": "528", "image_debut": 13, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.5", "titre_corps": "Les fonctions variables des accords d'après M. Hugo Riemann.", "titre_sommaire": "Les fonctions variables des accords d'après M. Hugo Riemann.", "signature_source": "PAUL LANDORMY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "525", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.13", "debut_caractere": 1079, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "Les fonctions variables des accords d'après M. Hugo Riemann.\n\nCe qui contribue à donner de la souplesse à la doctrine de M. Riemann, c'est\nla part qu'il fait à la liberté de l'esprit, à l'action déterminante du jugement dans\nla constitution des règles de l'harmonie. Il ne voit pas dans les accords des choses\nimmobiles, mais des fonctions variables qui dépendent principalement de l'orien-\ntation de notre pensée. C'est nous qui choisissons les points de vue d'où il nous\nsera provisoirement plus facile de systématiser toutes nos impressions. La na-\nture nous fournit une foule de relations dont nous négligeons fie plus grand\nnombre pour ne considérer d'abord que les plus simples en cherchant à y rame-\nner les autres ; et dans la manière d'établir cette hiérarchie de rapports nous\npouvons suivre plusieurs méthodes ; en adopter une de préférence à toutes les\nautres, c'est prendre un parti qui ne nous est pas dicté absolument par des exi-\ngences extérieures à nous. Il y aurait toute une étude à faire du rôle de la pensée\nou de la volonté humaine dans la constitution des lois de la musique, et l'expli-\ncation des règles de l'harmonie ne saurait être tout entière fondée sur la physique\net sur la physiologie. (( La théorie de Helmholtz, dit fort justement M. Riemann,\nramène la nature propre de la dissonance d'une agrégation de sons à l'existence\nde « battements », mais cette explication est insuffisante, car elle ne nous permet\npas d'analyser les consonances apparentes, et ne nous démontre pas davantage\npourquoi une harmonie dont l'intonation n'est pas absolument juste ne sera ja-\nmais envisagée comme dissonance, malgré les battements les plus durs(i). »\nCette critique est tout à fait pénétrante. Remarquons cependant que si Helmholtz\na eu le tort de simplifier outre mesure un problème très complexe et très délicat\nen ramenant l'impression de dissonance à celle de discontinuité, d'autre part il a\nété un des premiers à faire valoir le rôle de la pensée dans le choix des éléments de\nla gamme et des accords de la tonalité, et ainsi il a préparé la théorie riemanienne\nde la fonction. (( En musique, dit encore M. Riemann, la consonance est une\n\n(i) Manuel de Vharmonie, p. 171, note."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "526", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.14", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 3301, "texte": "conception psychologique plutôt que physique ou physiologique ; elle est la\nrésultante, non de la coïncidence de certaines ondes sonores ou de certaines\nsensations auditives, mais bien de la combinaison des valeurs données par l'es-\nprit à plusieurs notes. Ce n'est que lorsqu'un accord est en rapport avec d'autres,\nc'est-à-dire lorsqu'on en comprend le sens en tant que partie d'un tout, qu'on\npeut dire de lui qu'il est consonant ou dissonant... Il pourra devenir possible\net même indispensable d'envisager comme dissonance un accord parfait majeur\nou mineur. » Ainsi le sens d'une harmonie dépend de l'orientation de la pensée,\norientation qui résulte elle-même d'un choix entre des nécessités naturelles.\nCette façon de comprendre et de définir les consonances et les dissonances a\npour conséquence cet excellent paradoxe : un accord de dominante est plus con-\nsonant avec adjonction de la septième que s il n'est formé que de la tierce et de\nla quinte. « Tout accord qui n'est pas accord de tonique sera entendu, non à\nl'état indépendant, mais bien plutôt au point de vue de ses rapports avec l'accord\nde tonique, c'est-à dire qu'il n'y a qu'une seule consonance absolue, 1 accord de\ntonique même. Ce n'est qu'une fois cela établi que nous arriverons à expliquer\nce mystère, à savoir que l'adjonction de leurs dissonances caractéristiques à\ncertains accords (la sixte à la sous-dominante en majeur, la septième inférieure\nà la sous-dominante en mineur, la septième à la dominante majeure dans les\ndeux modes) ne change pas la valeur harmonique de ces accords, mais au con-\ntraire l'établit d'une façon plus claire. Car tous ces accords de trois sons ne sont\nqu'imparfaitement consonants ; leur signification logique est expliquée par\nl'adjonction d'une quatrième note, et se comprend dès lors plus aisément. »\nNous avons exposé la partie, selon nous, la plus féconde des travaux de\nM. Riemann ; sa conception de l'unité tonale et des fonctions des accords nous\nparaît à peu près indiscutable. Mais ce n'est pas là le côté le plus original de la\ndoctrine de M. Riemann. S'il s'est rendu si rapidement célèbre, s'il passe à juste\ntitre pour le plus hardi des novateurs de la science musicale contemporaine,\nc'est à sa théorie de la formation des modes majeur et mineur qu'il doit cette\nbrillante renommée. La thèse qu'il soutient le met en opposition avec la plupart\nde ses devanciers; elle implique des conséquences qui bouleversent l'harmonie\ntraditionnelle ; elle déroute à tel point nos habitudes qu'elle arrive à nous faire\ndouter de la valeur de nos impressions en apparence les plus significatives.\nOn aurait cependant tort de croire que la théorie dualiste de l'harmonie soit à\ntous égards une nouveauté. Ni. Riemann lui-même prend soin de nous en indi-\nquer les origines et de nous en faire suivre à travers les âges la lente évolution.\nIl signale tout d'abord ce fait très curieux que, pour les Grecs, les mouvements\nmélodiques descendants semblaient avoir plus de beauté que les mouvements\nascendants : leur gammeprincipale était une gamme mineure dont la progression\nnaturelle allait de l'aigu au grave par une succession devons et de demi-tons\nsymétrique à la disposition de ces intervalles dans notre gamme majeure, essen-\ntiellement ascendante :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "527", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.15", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 3698, "texte": "En 1558, un célèbre théoricien de la musique, Giuseppe Zarlino, oppose pour\nla première fois la consonance majeure et la consonance mineure, en fondant l'une\nsur la « division harmonique » (1, 1/2, 1/3, 1/4, 1/5, etc.)de la corde, et l'autre sur\nla (( division arithmétique » (1, 2, 3, 4, s,etc.) ; et ainsi Zarlino ne connaît qu'une\ntierce, la tierce majeure (4 :5). Le principe du système dualiste était posé ; mais\nles conséquences n'en furent pas aperçues tout d'abord. La théorie de la basse\nchiffrée fit pendant longtemps oublier les indications de Zarlino. Seul, au\nxyine siècle, Tartini reprit la définition de l'harmonie mineure déjà donnée par\nZarlino ; et, après lui, l'idée d'une opposition irréductible entre le majeur et le\nmineur fut tellement oubliée qu'en 1853 M. Hauptmann putla donner pour une\nconception absolument nouvelle. Malheureusement il n'osa pas encore la déve-\nlopper jusqu'à ses dernières conséquences, et c'est seulement avec A. von Oet-\ntingen (Harmoniesystem in dualer Entwickelung , 1866) et M. Hugo Riemann\n(Musikalische Logik, thèse de doctorat, 1873) qu'elle fut appliquée, avec une\nentière rigueur dans la déduction, à tout le détail de la science harmonique.\nM. Riemann pose en principe que l'octave, la quinte et la tierce majeure sont\nles seuls intervalles simples, c'est-à-dire les seuls que notre oreille puisse per-\ncevoir directement. Les autres intervalles sont toujours perçus à l'aide d'un in-\ntermédiaire exprimé ou sous-entendu et se ramènent à des combinaisons plus\nou moins complexes d'intervalles simples. La tierce mineure, par exemple, se\ntrouve en dehors du groupe des intervalles simples. C'est un intervalle com-\nplexe qui ne devient perceptible que par la comparaison du rapport de quinte\net du rapport de tierce majeure. Lorsque j'entends les deux sons mi-sol> je ne\nperçois pas directement 1 intervalle qui les sépare, et même je ne perçois pas du\ntout cet intervalle, mais je perçois l'intervalle ut sol d'une part et d'autre part\nl'intervalle ut-mi, et ces deux perceptions se juxtaposent sans se résoudre en\nune seule; la position du mi et celle du sol se trouvent déterminées sur l'échelle\nmusicale par rapport à w/, sans que la distance de mi à sol soit appréciée en elle-\nmême. Mais si la tierce mineure n'est pas un intervalle simple, comment expli-\nquer qu'elle serve de fondement au mode mineur, dont le rôle dans la musique\ntant ancienne que moderne paraît aussi considérable que celui du mode majeur?\nC'est le problème que les théoriciens de l'harmonie ont jusqu'à ce jour été\nimpuissants à résoudre d'une façon satisfaisante. Pour M. Riemann, la ques-\ntion est mal posée : on a tort de considérer la tierce mineure comme constitu-\ntive du mode mineur. Pour que la symétrie des deux modes reste intelligible,\nil faut admettre que tout accord parfait ne se compose que d'intervalles simples ;\nl'accord parfait mineur est formé d'une quinte et d'une tierce majeure, comme\nl'accord parfait majeur, seulement ces intervalles sont alors comptés de haut\nen bas, et non plus de bas en haut. Ainsi l'accord\nest formé d'une quinte\nmi-la et d'une tierce majeure mi-do La tierce mineure do-la n'est perçue qu'indi-\nrectement. La différence des modes ne réside que dans la direction suivie par la\npensée qui construit les intervalles, et non dans la nature des intervalles : mi, par\nexemple, est à la fois le point de départ ou la fondamentale d une harmonie as-\ncendante ou majeure mi-sol £ -si et d'une harmonie descendante ou mineure, mi-\ndo-la.\nLa théorie de M. Riemann a l'avantage de présenter l'accord mineur comme\nun accord véritablement parfait, à l'égal de l'accord majeur. Pour qu'un accord"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "528", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2010, "texte": "soit parfait, il faut en effet que tousses éléments puissent être ramenés à l'unité ;\ndans l'accord majeur ut-mi-sol par exemple, j'ai trois sons, mais je n'ai qu'une\nharmonie ; car les sons mi et sol sont des sons partiels ou harmoniques que con-\ntient toujours le son ut et que nous ne faisons, en somme, que renforcer en pro-\nduisant Taccord ut-mi-sol ; nous développons seulement, ou nous analysons le\nson complexe ut, sans y ajouter aucun son étranger. Au contraire, si je me place\nau point de vue de Helmholtz et des anciens théoriciens de l'harmonie, l'accord\nmineur la-do-mi se compose d éléments qu'on ne saurait réduire à l'unité. Les\néléments naturels duson complexe la sont do* et mi ; si l'on prend la pour fon-\ndamentale, do 3 est étranger à l'harmonie de la. D'autre part, do 3 a pour sons\npartiels mi et sol ; par rapport àdo 3, la est un élément étranger ; enfin mi ne\ncomprend parmi ses harmoniques ni do ni la. L'accord mineur ne se présente\ndonc pas, dans la théorie classique, sous les caractères d'un accord parfait, mais\nbien plutôt d'une dissonance. Au contraire, en le considérant comme une har-\nmonie descendante, M. Riemann en réduit les éléments à l'unité. Dans l'accord\nmi-do-la9 do et la sont les harmoniques inférieurs de mi et constituent par suite\nune consonance parfaite avec cette fondamentale. Ainsi l'on comprend que l'ac-\ncord parfait mineur nous donne une impression de repos sans trouble quand il\nprécède ou vient clore une phrase musicale, et qu'apparaissant dès lors comme\nl'harmonie naturelle d'une tonique, il puisse servir de point de départ à la con-\nstruction d'une gamme mineure et d'un système d'accords également mineurs.\nCette solution d'un des problèmes les plus délicats de l'harmonie théorique\nest, à coup sûr, fort élégante ; mais elle soulève toutes sortes de difficultés, dont\nla solution ne paraît pas aisée, et dont quelques-unes nous ont particulièrement\nfrappé : nous les exposerons rapidement une autre fois.\n\nPAUL LANDORMY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c018", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "528", "page_fin": "530", "image_debut": 16, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.6", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "528", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.16", "debut_caractere": 2012, "fin_caractere_exclue": 2802, "texte": "Publications nouvelles.\n\nRICHARD WAGNER : Lettres à Mathilde\nWesendonck (1853-1871), publiées par\nle prof. Wolfgang Golther chez\nDuncker, 1904, in-8° de 396 p. avec por-\ntraits et autographe). Voici un livre\nque Sainte-Beuve eût lu et commenté avec\nprédilection. Mathilde Wesendonck\nsorte de Charlotte musicienne, ingénue,\nfemmed'un industriel américain-allemand\nfixé à Zurich, et chargée d'enfants a\nété la grande inspiratrice de Tristan et\nYseult. C'est en 1853 (elle avait alors\n-sans, que Wagner la connut et I aima peu à peu avec passion, mais d'un amour\nretenu, et à la Werther, qui semble avoir remplacé le coup de pistolet par un\nopéra. L accent des lettres est tendre, profond, volontiers paternel, avec cette\ngiâce germanique nullement pédante d'ailleurs qui, au cours d'un entre-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "529", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.17", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "tien très intime, apprécie certaines théoriesde Schopenhauer (p. 79) ou s'applique\nà distinguer la poésie musicale de celle qui ne Test pas (p. 125). Wagner se\nmontre là très sincere et très humain, maître de lui (bien qu'il lui arrive une\nfois de dire qu'z/ ne croit plus à rien), nullement vaincu par l'orage intérieur\ncomme Berlioz, et non détourné de ses grandes idées coutumières, mais pris,\npénétré du charme de l'amitié féminine, se donnant tout entier, sans attitude\ncomposée, et infiniment sympathique, malgré quelques touches un peu brutales.\nUn Allemand ne saurait sans regret le voir appeler une procession eine unsaglich\nWiderliche Flittereligions Komôdie, (( une indicible et répugnante comédie de\nclinquant )) (p. 156), ou parler des Allemands eux-mêmes avec mépris. Ce qu'il\nfaut surtout retenir, c'est que Malhilde Wesendonck occupait son esprit et son\ncœur quand il composa l'œuvre qu'il appelait en 1859 (p. 114 du livre) «le\nsommet de son art ». Cette publication, plus encore que les lettres à Heckel, est\nun document de premier ordre pour l'histoire morale de Wagner.\nCH. FÉRÉ : Travail et plaisir, 1 vol. gr. in-B°, 463 p. avec nombreuses plan-\nches, chez Alcan. —Dans ce livre, M. Féré, qui est médecin de Bicêtre, donne\nle résultat de très consciencieuses expériences faites pour répondre à cette ques-\ntion : Quelle est l'influence, sur l'énergie musculaire, de certaines impressions\npurement physiques imposées au travailleur ? Il s'est servi d'un appareil (l'er-\ngographe de Mosso) qui, lorsqu'on soulève un poids, inscrit de lui-même la\nsomme d'effort donnée ; les sujets employés par lui ont été soumis à des excita-\ntions diverses de l'odorat, du goût, du toucher, des poisons nerveux, de l'alcool,\ndu thé, du café, du tabac, enfin des sons musicaux ; et après chaque expérience,\nil donne, avec les évalutions en chiffres, le graphique fourni par l'instrument lui-\nmême. M. Féré a constaté que les intervalles « dissonants » sont dépressifs, et\nque les intervalles consonants sont excitants (p. 129 et suiv.j. Résultats de mince\nimportance ! dira-t-on. Ce n'est pas très exact ; car M. Féré, ayant employé des\nsujets atteints de surdité musicale (c'est-à-dire incapables de distinguer les\nintervalles entre eux), réfute ainsi, implicitement, la thèse d'Euler et de Leibnitz\nd'après laquelle la sensation musicale serait due à une numération inconsciente\ndes ondes rythmiques, et il nous oblige à attribuer aux sons un effet purement\nphysiologique. Ce livre est d'une extrême précision scientifique, mais peu net\nen ses conclusions ; on ne voit pas au juste si, oui ou non, l'auteur conseille de\nfaire entendre de la musique à ceux qui travaillent : à vrai dire, il ne s'est pas\noccupé de musique, mais des sons musicaux, ce qui est différent. 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Partie d'harmonium\net de piano, o fr.4o. —WEBER: Preciosa. Ouverture arrangée par le même. Par-\ntie d'harmonium et de piano, 2 fr. —• Technique instrumentale. Etudes d'orchestre\npour alto (Recueil de passages difficiles tirés d'œuvres pour église, théâtre, salle\nde concert), par Fr. Hermann, 4 fr. F. TOGNI : Le développement de la main\ngauche (Exercices pour violon), 4 fr. Bibliothèque de la jeunesse pour piano\nà 4 mains. 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Partie d'harmonium\net de piano, o fr.4o. —WEBER: Preciosa. Ouverture arrangée par le même. Par-\ntie d'harmonium et de piano, 2 fr. —• Technique instrumentale. Etudes d'orchestre\npour alto (Recueil de passages difficiles tirés d'œuvres pour église, théâtre, salle\nde concert), par Fr. Hermann, 4 fr. F. TOGNI : Le développement de la main\ngauche (Exercices pour violon), 4 fr. Bibliothèque de la jeunesse pour piano\nà 4 mains. Cahier I, Beethoven ; cahier 11, Weber, édit. pop. ; chaque, 2 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "530", "page_fin": "531", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.7", "titre_corps": "Concerts Colonne : festival César Franck.—Concerts Lamoureux", "titre_sommaire": "Concerts Colonne : festival César Franck.—Concerts Lamoureux", "signature_source": "J. 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Ni Mozart, ni Haendel, ni les plus grands,\nne pourraient occuper à eux seuls un programme dans de pareilles conditions\nsans lasser un peu l'auditeur. Ceci soit dit tout à l'honneur de Franck, qui ne\nfaiblit jamais ! Le choix des pièces exécutées a été excellent ; à la place des Varia-\ntions symphoniques, nous eussions préféré, comme hommage rendu au maître,\nl'admirable Sonate pour piano et violon ; mais les Variations nous ont permis\nd'applaudir M. Raoul Pugno,dont la délicatesse, l'agilité, le rythme impeccable,\nont transformé le succès en triomphe. La Symphonie en ré mineur, conduite par\nxM. Colonne avec un soin extrême et un sentiment artistique profond, a été reli-\ngieusement écoutée et acclamée ; c'est une œuvre d'intense poésie où apparais-\nsent bien les traits caractéristiques du génie de Franck : condensation de l'idée\nmélodique en formules très simples, composées de notes voisines, où l'expres-\nsion résulte d'une force concentrée et retenue plutôt qu'étalée ; retour fréquent\ndes motifs, mais avec un sens nouveau, superposition des thèmes dans de gran-\ndioses ensembles, et ampleur du développement. Le 3e acte de Hulda que\nM. Albert Carré nous a plusieurs fois promis de monter à l'Opéra-Comique\nn'a pas fait une médiocre impression. C'est une musique qu'il faut jouer tout\nautrement que la Symphonie en ré ; pour que sa couleur ressorte bien, il faut\nlui donner une vive allure et en découper avec attention certaines formes. On a\ntrop souvent dit que César Franck était un (( mystique », une manière de saint\nqui occupa sa vie à sculpter sa propre châsse. Il convient de réparer à son égard"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2047, "texte": "une dernière injustice en faisant connaître son sens dramatique. M. Colonne, qui\nlui consacre le môme culte qu'à Berlioz, n'y aura pas peu contribué. Quant au\npoème de Psyché, qui terminait le concert, le public s'est montré infiniment sen-\nsible à cette pénétrante caresse de poésie musicale. La scène de (( Psyché trans-\nportée par les Zéphyrs dans les jardins d Eros », pour n'en pas citer d'autres, a\nune grâce que nul n'a dépassée. C est frais comme la nature, quand passent les\npremiers souffles du printemps. Les chœurs dans la coulisse, très fondus et\nd une valeur toujours juste, ont donné à ce poème l'irrésistible pouvoir d'un\nenchantement. T d\nAu concert du 24 octobre, reprise de 1 exquise Psyché de César Franck\navec 1 ouverture du Roi cfYs) et, après cette seconde promenade dans les jardins\nd Eros, magistrale exécution de la ixe Symphonie avec chœurs, de Beethoven.\nCONCERTS LAMOUREUX. M. Chevillard vient d'accomplir en Allemagne, avec\nson orchestre, un triomphal voyage. Les journaux d'outre-Rhin (voir la Neue\nZeitschrift du 19 octobre) louent beaucoup son (( tempérament artistique )) et la\nhaute valeur de la Société qu'il dirige. « Elle est, disent-ils, de premier ordre »\nieine erstklassige Kunstlerische Korporation) et elle a obtenu des succès (( d'en-\nthousiasme » (Stùrmischen Beifall), bien que les salles de concert, comme il est\narrivé à Berlin, fussent parfois défavorables. Aux programmes, avec les grands\nmaîtres allemands, figuraient les noms de Berlioz, Chabrier, Lalo, Debussy,\nDukas, I. de Camondo. Pour sa rentrée à Paris, 23 octobre, l'excellent chef\nd orchestre a repris la série de ces programmes de grande envergure où les\nchefs-d'œuvre les plus importants sont exécutés par les artistes rares : avec la\nSymphonie en ré mineur de César Franck, il nous a donné le troisième acte du\n(( Crépuscule des Dieux ». M. Van Dyck, très loué par les uns, a été discuté par\nles autres. Il est certain que la musique de Wagner, avec sa jeunesse et son\naisance incomparables, écrase les chanteurs.\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "531", "page_fin": "533", "image_debut": 19, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.8", "titre_corps": "Informations.", "titre_sommaire": "Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.19", "debut_caractere": 2049, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "Informations.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 septembre au 19 octobre 1904."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "532", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 septembre au 19 octobre 1904.\n\nLYCÉE LOUIS-L.E-GRAND. Par arrêté du 19 octobre,M. Schwartz, professeur\nde solfège au Conservatoire et chef des chœurs de la Société des Concerts, a été\ndélégué dans les fonctions de professeur de chant aux lycées Louis-le-Grand et\nMontaigne, avec mission spéciale de constituer une chorale dans les deux lycées.\n\nROUBAIX. Par arrêté préfectoral du 8 octobre courant, M. Jules Bacquart\nest nommé professeur du cours de violoncelle et du cours de solfège (adultes,\nre classe) à l'École de musique, succursale du Conservatoire national.\nMlle Perez de Brambilla, dont on connaît la grande expérience et l'autorité"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.21", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "en matière musicale, vient de reprendre, 6, rue de Saint-Pétersbourg, avec des\nartistes de choix, ses cours de piano, harmonie et accompagnement.\n\nCORRESPONDANCES. L'abondance des matières nous empêche d'insérer :\nune lettre de notre correspondant de Berlin, M. René-L. Dircks, relatant le très\ngrand succès obtenu à Berlin (surtoutdans l'exécution des œuvres de R. Wagner)\npar M. C. Chevillard, devant un public de choix où se trouvaient R. Strauss,\nJoachim, Humperdinck, Gerushemi, Munck, M Bihourd, ambassadeur de\nFrance, et M. de Hiilsen, Intendant général des Théâtres Royaux, représentant\nl'Empereur d'Allemagne ; une lettre d'un de nos correspondants de Londres,\nM. Maurice Tessier, nous disant que le public londonien est présentement sous\nle charme des violonistes : au St-James Hill, Bronislaw Hubermann, protégé de\nla reine Carmen Sylva, virtuose étonnant (c'est lui qui, le 16 mai]i9o3, dans un\nconcert donné à Gênes, joua pendant une heure sur le violon de Paganini) ; au\nCrystal Palace, Kubelick donnant ses dernières auditions ; et, dans quelques\njours, Sarasate; une lettre de notre correspondant de Tours, M. E. Moreau,\nnous apprenant l'heureuse nouvelle de la réorganisation des Concerts classiques\ndans cette ville ; une lettre de M. Bertiau, professeur de musique à Amiens,\nsignalant une très solide conférence sur la diction faite par M. Seguy, de l'Opéra,\ndevant les instituteurs de la Somme.\n\nORCHESTRE D'HARMONIE. Au Trocadéro, viennent de se réunir les anciens\nmusiciens de l'armée, fondateurs de l'Orchestre d'Harmonie qui, pour de grandes\nfêtes musicales populaires, complète l'organisation de l'Ecole de Chant choral,\ncréée sous les auspices de M. G. d'Estournelles de Constant.\nIls ont élu président du conseil d'administration de leur société de secours\nmutuels et de retraite le virtuose Edouard Lachanaud, ex-cornet solo de la\nmusique de la Garde républicaine.\nLes adhésions sont reçues par M. H. Radiguer, au palais du Trocadéro.\nDès maintenant, les universités populaires peuvent faire appel au concours de\n1 Harmonie des Anciens Musiciens de F Armée pour leurs concerts.\nL'effort des membres de Y Harmonie des Anciens Musiciens de F Armée sera\ndirigé vers ce but. Il tendra aussi à réhabiliter dans l'opinion des musiciens\nl'orchestre d'harmonie, pour lequel ont écrit jadis, dans un temps où son orga-\nnisation était cependant moins parfaite, et les fondateurs de l'Ecole française,\nMéhul, Cherubini, Lesueur, Gossec, et les fondateurs de 1 Ecole allemande,\nMozart, Beethoven, et aussi Mendelssohn, Berlioz, Richard Wagner.\n\nNotre Supplément musical. Avec la charmante pièce que M. Humperdinck, le\ncélèbre compositeur allemand, a bien voulu nous envoyer, nous publions, comme\nsuite à une note précédente sur Armide au théâtre, un fragment du Renaud de\nSacchini. C'est un air extrêmement pathétique, vraiment digne de Gluck. La Ga-\nvotte, tirée du même opéra, ne manque pas de grâce archaïque.\n\nErratum : dans notre numéro du ier octobre, p. 472, 1. 7(a fine), lire : « Jenny\nLind », au lieu de : (( Rosine Stolz »."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "531", "page_fin": "531", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.8.1", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Recettes détaillées du 20 septembre au 19 octobre 1904.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. 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Wagner.\n17.035 92\n23\n—\nLohengrin.\nLes Huguenots.\nR. Wagner.\n16.619 84\n26\n—\nMeyerbeer.\n18.736 91\n28\n—\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n16.369 92\n3o\n—\nRigoletto. — Coppélia.\nVerdi. Léo Delibes.\n19.738 34\n3\nOctobre\nLe Fils de VEtoile.\nG. Erlanger.\n17.047 91\n5\n—\nFaust.\nGounod.\n17.994 92\n7\n—\nTannhauser.\nR. Wagner.\n16.496 84\n8\n—\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n12.097 »\n10\n—\nRigoletto. — La Korrigane.\nVerdi. Widor.\n14.938 41\n12\n—\nLe Fils de l'Etoile.\nG. Erlanger.\nI 5.01 I 92\nH\n—\nTannhauser.\nR. Wagner.\n16.639 34\n15\n—\nFaust.\nGounod.\ni5.o3o »\n17\n—\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n16.723 41\n19\nLa Valkyrie.\nR. 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Thomas.\n6.235 5o\n23\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n6.379 »\n24\n—\nAlceste.\nGluck.\n7.539 5o\n25\n— matinée\nMignon.\nA. Thomas.\n3.240 5o\n25\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.646 5o\n26\n—\nMireille.\nGounod.\n4 543 5o\n27\n—\nLe Toréador. — Le Jongleur\nde Notre-Dame.\nAdam. Massenet.\n5.864 »\n28\n—\nLlceste.\nGluck.\n5 236 »\n29\n—\nAe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n5.384 »\n3o\nAlceste.\nGluck.\n6.199 5o\nIER Octobre\nManon.\nMassenet.\n8.737 5o\n2\n— matinée\nCarmen.\nBizet.\n5.629 5o\n2\n— soirée\nLa Vie de Bohême. — Les ren-\n>\ndez-vous bourgeois.\nPuccini. Nicolo.\n5.908 5o\n3\n—\nLe Domino noir.\nAuber.\n4.I5O 5O\n4\n—\nAlceste.\nGluck.\n5.793 5o\n5\n—\nManon.\nMassenet.\n6.834 »\n6\n—\nLouise.\nG. Charpentier.\n8.274 5o\nÎ R\n7\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n9.341 5o\n8\n—\nAlceste.\nGluck.\n6.672 5o\n9\n— matinée\nManon.\nMassenet.\n5.Q2Q »\n9\n— soirée\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.2i3 5o\n10\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.576 »\n11\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.434 5o\n12\n—\nLa Vie de Bohême. — Le Por-\ntrait de Manon.\nPuccini. Massenet.\n6.457 »\ni3\n—\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.242 5o\n'4\n—\nManon.\nMassenet.\n7.668 5o\n1 5\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\n16\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n9.319 5o\n— matinée\nAlceste.\nGluck.\n8.5o6 5o\n[6\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.233 5o\n17\n—\nLe Roi d: Ys.\nLalo.\n4.574 5o\n18\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\n1 / 1\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n7.3QO »\n19\nLouise.\nG. 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Schwartz, professeur\nde solfège au Conservatoire et chef des chœurs de la Société des Concerts, a été\ndélégué dans les fonctions de professeur de chant aux lycées Louis-le-Grand et\nMontaigne, avec mission spéciale de constituer une chorale dans les deux lycées."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "532", "page_fin": "533", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.8.4", "titre_corps": "ROUBAIX. Par arrêté préfectoral du 8 octobre courant, M. Jules Bacquart", "titre_sommaire": "ROUBAIX. Par arrêté préfectoral du 8 octobre courant, M. 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Jules Bacquart\nest nommé professeur du cours de violoncelle et du cours de solfège (adultes,\nre classe) à l'École de musique, succursale du Conservatoire national.\nMlle Perez de Brambilla, dont on connaît la grande expérience et l'autorité"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.21", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 166, "texte": "en matière musicale, vient de reprendre, 6, rue de Saint-Pétersbourg, avec des\nartistes de choix, ses cours de piano, harmonie et accompagnement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "533", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.8.5", "titre_corps": "CORRESPONDANCES. L'abondance des matières nous empêche d'insérer :", "titre_sommaire": "CORRESPONDANCES. L'abondance des matières nous empêche d'insérer :", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.21", "debut_caractere": 168, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "CORRESPONDANCES. L'abondance des matières nous empêche d'insérer :\nune lettre de notre correspondant de Berlin, M. René-L. Dircks, relatant le très\ngrand succès obtenu à Berlin (surtoutdans l'exécution des œuvres de R. Wagner)\npar M. C. Chevillard, devant un public de choix où se trouvaient R. Strauss,\nJoachim, Humperdinck, Gerushemi, Munck, M Bihourd, ambassadeur de\nFrance, et M. de Hiilsen, Intendant général des Théâtres Royaux, représentant\nl'Empereur d'Allemagne ; une lettre d'un de nos correspondants de Londres,\nM. Maurice Tessier, nous disant que le public londonien est présentement sous\nle charme des violonistes : au St-James Hill, Bronislaw Hubermann, protégé de\nla reine Carmen Sylva, virtuose étonnant (c'est lui qui, le 16 mai]i9o3, dans un\nconcert donné à Gênes, joua pendant une heure sur le violon de Paganini) ; au\nCrystal Palace, Kubelick donnant ses dernières auditions ; et, dans quelques\njours, Sarasate; une lettre de notre correspondant de Tours, M. E. Moreau,\nnous apprenant l'heureuse nouvelle de la réorganisation des Concerts classiques\ndans cette ville ; une lettre de M. Bertiau, professeur de musique à Amiens,\nsignalant une très solide conférence sur la diction faite par M. Seguy, de l'Opéra,\ndevant les instituteurs de la Somme."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "533", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.8.6", "titre_corps": "ORCHESTRE D'HARMONIE. Au Trocadéro, viennent de se réunir les anciens", "titre_sommaire": "ORCHESTRE D'HARMONIE. Au Trocadéro, viennent de se réunir les anciens", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.21", "debut_caractere": 1437, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "ORCHESTRE D'HARMONIE. Au Trocadéro, viennent de se réunir les anciens\nmusiciens de l'armée, fondateurs de l'Orchestre d'Harmonie qui, pour de grandes\nfêtes musicales populaires, complète l'organisation de l'Ecole de Chant choral,\ncréée sous les auspices de M. G. d'Estournelles de Constant.\nIls ont élu président du conseil d'administration de leur société de secours\nmutuels et de retraite le virtuose Edouard Lachanaud, ex-cornet solo de la\nmusique de la Garde républicaine.\nLes adhésions sont reçues par M. H. Radiguer, au palais du Trocadéro.\nDès maintenant, les universités populaires peuvent faire appel au concours de\n1 Harmonie des Anciens Musiciens de F Armée pour leurs concerts.\nL'effort des membres de Y Harmonie des Anciens Musiciens de F Armée sera\ndirigé vers ce but. Il tendra aussi à réhabiliter dans l'opinion des musiciens\nl'orchestre d'harmonie, pour lequel ont écrit jadis, dans un temps où son orga-\nnisation était cependant moins parfaite, et les fondateurs de l'Ecole française,\nMéhul, Cherubini, Lesueur, Gossec, et les fondateurs de 1 Ecole allemande,\nMozart, Beethoven, et aussi Mendelssohn, Berlioz, Richard Wagner."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "533", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.8.7", "titre_corps": "Notre Supplément musical. Avec la charmante pièce que M. Humperdinck, le", "titre_sommaire": "Notre Supplément musical. Avec la charmante pièce que M. Humperdinck, le", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.21", "debut_caractere": 2582, "fin_caractere_exclue": 2949, "texte": "Notre Supplément musical. Avec la charmante pièce que M. Humperdinck, le\ncélèbre compositeur allemand, a bien voulu nous envoyer, nous publions, comme\nsuite à une note précédente sur Armide au théâtre, un fragment du Renaud de\nSacchini. C'est un air extrêmement pathétique, vraiment digne de Gluck. La Ga-\nvotte, tirée du même opéra, ne manque pas de grâce archaïque."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "533", "page_fin": "533", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.8.8", "titre_corps": "Erratum : dans notre numéro du ier octobre, p. 472, 1. 7(a fine), lire : « Jenny", "titre_sommaire": "Erratum : dans notre numéro du ier octobre, p. 472, 1. 7(a fine), lire : « Jenny", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.21", "debut_caractere": 2951, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "Erratum : dans notre numéro du ier octobre, p. 472, 1. 7(a fine), lire : « Jenny\nLind », au lieu de : (( Rosine Stolz »."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "534", "page_fin": "534", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.9", "titre_corps": "Nous continuerons, au cours de 1905, à publier un certain nombre", "titre_sommaire": "Nous continuerons, au cours de 1905, à publier un certain nombre", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "534", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.22", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 281, "texte": "Nous continuerons, au cours de 1905, à publier un certain nombre\nde numéros exceptionnels consacrés à des compositeurs et à des sujets\nintéressant particulièrement l'histoire de la musique.\nLa Revue musicale publiera prochainement un numéro spécial\nconsacré à la chanson populaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "534", "page_fin": "535", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.10", "titre_corps": "REVUE MUSICALE", "titre_sommaire": "REVUE MUSICALE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "534", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.22", "debut_caractere": 283, "fin_caractere_exclue": 2765, "texte": "REVUE MUSICALE\nLa collection complète de la Revue musicale est en vente dans nos\nbureaux {5l, rue de Paradis) au prix de 20 fr. pour chaque année.\nA nos nouveaux abonnés, nous offrons tout ce qui a paru (années\n1901, 1902, 1903 et 1904 jusqu'à ce jour) au prix d'ensemble de 30 fr.\nVoici les sommaires de quelques numéros de la Revue musicale :\nSOMMAIRE DU ler JUIN 1903\nTexte littéraire :\nPortrait de Louis Marchand, organiste (1671 1732).\nVincent d'lndy César Franck.\nRomain Rolland. Echo et Narcisse, opéra de\nGluck.\nGilbert Desvallons. La musique et la danse au\nGabon.\nJules Combarieu. Esthétique musicale : IX. La\nmusique au point de vue sociologique.\nJulien Tiersot. La musique et la Convention\nnationale.\nLouis Laloy. Phonographe et gramophone\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin\n(suite).\nSupplément musical :\nSaint-Saëns. Scherzetto.\nGluck. Air d Echo et Narcisse (1779), réduit pour\npiano.\nEd. Missa. Ballade flamande.\nSOMMAIRE DU 15 JUIN 1903\n(Consacré à l'Opéra)\nTexte littéraire :\nPortrait de Ch. Garnier, architecte de l'Opéra (1825\"\n1898). 1\nLa Rédaction. A propos du monument de Ch.\nGarnier.\nLouise Garnier. Charles Garnier (1825-1898),\nCharles Malherbe. La bibliothèque de l Opéra.\nNotes sur l'histoire de l'Opéra.\nRomain Rolland. Les origines de 1 Opéra italien.\nSupplément musical :\nA. \\ivaldi (1680-1/43). - Gigue de la Suite en la\n(réduite pour piano).\nW. Chaumet. Femmes et fleurs (scène).\nSOMMAIRE DU ler JUILLET 1903\nTexte littéraire :\nVincent d'lndy. César Franck (suite).\nLouis Laloy. Ambroise Thomas (1811-1896).\nHector Berlioz. La première œuvre d'A. Thomas\n(1837).\nAndré Pirro. Un organiste au xvne siècle : Nicolas\nGigault.\nConstant Zakone. J.-Ph. Rameau au Théâtre.\nSupplément musical :\nLulli. Air de Persée (1682).\nMarchand (1669-1733). Deux pièces pour orgue (ou\npiano).\nA. Thomas. Air de la Double Echelle (1837).\nSOMMAIRE DU 15 JUILLET 1903\n(Consacré au Conservatoire)\nTexte littéraire :\nConstant Pierre. Le Conservatoire national de musi-\nque : le budget, les maîtres, les concours, les élèves et\nrenseignement Devoirs d'élèves.\nDT A. Kirchfeld. La Musique et l'Enseignement supé-\nrieur en France et à l'Etranger.\nJ. C. La Musique dans l'Enseignement secondaire.\nHenri de Reuilly. Promenades et visites musicales.\nAuguste Lassery. Notes bibliographiques.\nSupplément musical :\nL. Adam. Morceau de lecture donné au concours du\nConservatoire en 1833.\nA. Pugno. Morceau de lecture donné au concours du\nConservatoire en 1902.\nE. Reycr. Mélodie."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "535", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.23", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3453, "texte": "SOMMAIRE DU ler AOUT 1903\nTexte littéraire :\nM. Guidé, Directeur du théâtre de la Monnaie de\nBruxelles : portrait et notice.\nJules Combarieu. Esthétique musicale (X). Les origi-\nnes de la Symphonie.\nGaston Duval. Un nouveau cas de vandalisme musical :\nUne édition de M. J. Leclair (1687-1764).\nHenri Quittard. Un chanteur compositeur : Nicolas\nFormé (1567-1638).\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin (suite).\nSupplément musical :\nJ.-Ph. Rameau. Scène l'e de f a Guirlande (1751).\nJ.-Ph. Rameau. Air de ballet de La Guirlande.\nSOMMAIRE DU 15 AOUT 1903\n(Consacré à Hector Berlioz)\nTexte littéraire :\nPortraits de Berlioz et d'Henriette Smithson.\nJules Combarieu. Berlioz, lord Byron et E. Delacroix.\nA. Lascoux. Documents biographiques sur Berlioz.\nR. de Saint-Arroman. Quatre lettres inédites de et\nsur Berlioz.\nJ. C. Henriette Smithson : Une idylle tragique ra-\ncontée par les documents.\nSaint-SaënB. Anecdotes sur Berlioz.\nJulien Tiersot. Nouvelles lettres inédites de Berlioz à\nMeyerbeer, Mme Viardot, etc.\nR. Wagner, Camille Saint-Saëns, Hanslick, Hugo Rie-\nmann. Opinions sur Berlioz musicien.\nP.Morillot, A. Hallays, L. Lalog. Berlioz écrivain et\ncritique.\nSupplément musical :\nAirs de YArmide de Gluck (1777) et de YArmide de\nLulli (1686).\nSOMMAIRE DU ler SEPTEMBRE 1903\nTexte littéraire :\nAlexandre Guilmant : portrait et notice.\nX... Massenet intime. Souvenirs de Monte-Carlo.\nVincent djndg. César Franck (Souvenirs person-\nnels).\nJules Combarieu. —La musique au point de vue socio-\nlogique (suite). Analyse d'une sonate de J.-S. Bach.\nEug. de Bricqueville. Les ressources de l'Orgue mo-\nderne.\nPaul Viardot. Trompettes marines et violes.\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin (suite).\nSupplément musical:\nJ.-S. Bach.— Prélude, gavotte, loure, courante, bourrée\n(1719).\nSOMMAIRE DU 15 SEPTEMBRE 1903\nTexte littéraire :\nMme^Tassu-Spencer, professeur au Conservatoire : por-\ntrait et notice.\nAmédée Lemoine. L'Enlèvement au Sérail, de Mo-\nzart.\nJules Combarieu. La musique au point de vue socio-\nlogique. Analyse d'une sonate de J.-S. Bach (suite).\nLouis Lalog. - Le Vandalisme musical (à propos d'une\nnouvelle édition de la Damnation de Faust).\nPierre Aubry. La musique au moyen âge.\nG' Tricou. Philibert Jambe-de-Fer, musicien lyonnais.\n(reorges Pfeiffer. De l'interprétation des signes d'or-\nnement chez les maîtres anciens.\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin (suite).\nSupplément musical :\nGrétry. Ouverture de la Rosière de Salency (1774),\nréduite pour piano.\nSOMMAIRE DU 1\" OCTOBRE 1903\nTexte littéraire :\nTh. O. Manoury, professeur au Conservatoire : por-\ntrait et notice.\nJules Combarieu. La danse et son rythme dans la\nsonate de Bach (suite).\nM.- D. Calvocoressi. Le système d'harmonie de\nM. Hugo Riemann.\nLouis Laloy. Le rythme grégorien, â propos d'un ou-\nvrage récent.\nAndré Pirro. Nicolas Gigault. Un organiste au\nxvne siècle (fin).\nSupplément musical :\nVeraeini (1665-1750). Gigue.\nGigault. Pièce pour orgue ou piano. Mélodie grégo-\nrienne.\nSOMMAIRE DU 15 OCTOBRE 1903\nPortrait de M. E. Lemoine, directeur de la Trompette,\net notice.\nTexte littéraire :\nLa Revue musicale. Nos concours.\nM.-D. Calvocoressi. Les théories de M. Hugo Rie-\nmann (suite).\nMichel Brenet. La musique funèbre.\nE. Lemoine. Une société de musique de chambre.\nL. Schneider. M. Puccini et la Tosca.\nBibliographie. Informations. Publications nou-\nvelles.\nSupplément musical :\nBach. Petite fugue.\nFrançois Couperin. Les Barricades mystérieuses."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1904-11-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "535", "page_fin": "535", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.2.11", "titre_corps": "A ses nouveaux abonnés d'un an (20 francs et 25 francs pour l'Étranger), la", "titre_sommaire": "A ses nouveaux abonnés d'un an (20 francs et 25 francs pour l'Étranger), la", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "535", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.23", "debut_caractere": 3455, "fin_caractere_exclue": 4042, "texte": "A ses nouveaux abonnés d'un an (20 francs et 25 francs pour l'Étranger), la\nRevue musicale offre deux primes :\ni° Une partition, piano et chant ;\n2° Un volume de théorie musicale (couronné par l'lnstitut).\nLa Revue musicale, par mesure exceptionnelle, envoie les huit numéros (de\n48 pages chacun) où elle vient de publier la Correspondance inédite de Chopin, de\nsa famille, de ses élèves, contre mandat de 3 fr. 50. Cette correspondance com-\nprend plus de cent lettres nouvelles (avec photographies, fac-similé, etc.) qui\néclairent d'un jour nouveau la biographie de l'illustre pianiste."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "513", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nNo 21 (quatrième année)\nler1er Novembre\n1904.\nK. M.\n39\n\nJohannes BRAHMS"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "514", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.2", "texte": "Johannes Brahms.\n(SOUVENIRS PERSONNELS.)\n\nC'est en 1887 dix ans avant sa mort, qui eut lieu le 6 avril 1897 que j entrai\nen relations avec Brahms ; il avait mis en musique des poésies dont j'étais Fau-\nteur. Mais nos rapports demeurèrent, pendant les premières semaines, tout\nextérieurs : mes poèmes lui avaient plu, et je me trouvais très flatté de ce que\nle maître, qui usait de tant de soin et de prudence dans le choix de ses sujets,\neût trouvé mes modestes tentatives dignes d'être mises en musique. Mais bien-\ntôt un événement de peu d'importance me rapprocha de lui. J'étais amateur\nd'autographes et je suivais toutes les ventes ; un jour, je vis dans le catalogue\nd'un commissaire priseur de Berlin (( une lettre de jeunesse de Brahms à son père ».\nJe racontai ce fait alors que nous déjeunions chez un ami commun, et cela le\nmit en fureur. Il ne comprenait pas par quelle indiscrétion ou par quelle négli-\ngence de tels papiers, qui contenaient tant de choses intimes, pouvaient tomber\ndans le public : ,'( quand on ade tels documents en sa possession et qu'on ne\npeut les tenir sous clef, on devrait les brûler tout de suite, » etc., etc Nous pas-\nsâmes bientôt à un autre sujet de conversation, et la chose parut terminée. Pour\nmoi, j'écrivis aussitôt au marchand d'acheter cette lettre et de me l'envoyer bien\net dûment scellée du cachet de sa maison. Il en fut ainsi, et peu de jours après\nj'eus le grand plaisir de retirer de la circulation la lettre qui paraissait si impor-\ntante à son auteur, et de la lui envoyer, sans l'avoir lue moi-même. Ce trait, que je\nlui entendis raconter bien souvent par la suite, me procura sa confiance jusqu'à\nses derniers jours. Nous nous voyions la plupart du temps toutes les semaines,\nquelquefois plus, soit chez moi, soit dans son modeste appartement de garçon,\naux soirées du (( Tonkûnstler Verein », chez des amis où nous étions invités\ntous deux ; nous faisions aussi des promenades ensemble : l'été j'allais souvent\nle voir en Styrie, et il était fâché si l'on passait à Ischl sans lui dire bonjour.\nC'était un promeneur infatigable : le médecin lui avait sans doute conseillé de\nprendre régulièrement du mouvement, car à un âge avancé il avait tendance à\ns'alourdir. On pouvait le rencontrer souvent dans les quartiers qui mènent au\n(( Prater », ce vaste parc qu'on peut comparer au bois de Boulogne. De taille\nmoyenne, trapu, pas précisément élégant, le visage rouge de santé avec une\ngrande barbe grisonnante, le corps un peu penché en avant, les mains jointes\nderrière le dos c'était aussi l'habitude de Beethoven, il avait quelque chose\nde remarquable, de caractéristique, et surtout l'été, quand il avait son chapeau\nà la main, sa tête léonine apparaissant tout entière : c'était une des apparitions\ntypiques des rues de Vienne. On le voyait régulièrement, pendant la\npasser tranquillement son chemin, tout seul il était entièrement maître de son\ntemps : aucun emploi, aucune obligation professionnelle ne venaient le retenir.\nAu commencement de l'automne, revenu de la campagne où il passait l'été, il ne\nmanquait pas de joyeux compagnons pour faire régulièrement avec lui des\nexcursions de toute une journée Tous les dimanches, à dix heures précises, un\npetit groupe se réunissait devant le café qui se trouve en face de l'Opéra ; et l'on"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "515", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.3", "texte": "JOIIANNES BRAHMS\n\npartait de là, en omnibus d'abord, puis, l'océan des maisons dépassé, à pied,\ndans les vendanges fraîches ou plus loin dans la campagne. Ces jours-là Brahms\nétait particulièrement de bonne humeur. Dans le fond il aimait la société, mais\nil ne se plaisait guère aux discussions violentes, sur un ton raide et cassant, bien\nqu'il sût, lorsqu il était obligé de prendre parti, se conduire dans de telles situa-\ntions avec le tact qui lui était naturel.\nIl y avait alors quinze ans que Robert Schumann avait proclamé dans la\nNeue Zeitschrift fur Musik qu'un nouveau Messie était né à la musique. La\npremière remarque ayant trait à Brahms se trouve dans une lettre à un musi-\ncien allemand (1) datée du 28 octobre 1853 : « Un jeune homme de Hambourg.\nJoannes Brahms, vient d'arriver ici. Il est véritablement génial et il me semble\nsurpasser de beaucoup tous les artistes de son âge. Vous ne pouvez manquer de\nconnaître bientôt quelques-unes de ses œuvres admirables, notamment ses lie-\nder. )) Et dans un passage célèbre de la Neue Zeitschrift, il s'écrie : « Il est\narrivé ! Il vient de Hambourg, recommandé par un maître connu et respecté.\nIl a travaillé là dans le silence et l'obscurité, mais guidé par un maître (2) excel-\nlent et dévoué, plein d'enthousiasme, qui l'a instruit dans les préceptes les plus\ndifficiles de l'art. Rien ne lui manque des signes extérieurs auxquels on recon-\nnaît la vocation... S'il met sa baguette magique au service de forces orchestrales\npuissantes, il nous ouvrira des perspectives nouvelles et admirables sur les mys-\ntères du monde de l'esprit. Que le plus puissant génie l'inspire et lui donne\nla force d'accomplir ce que nous attendons de lui, car il est modeste. Ses con-\nfrères le saluent à son entrée dans le monde, où peut-être l'attendent des bles-\nsures, mais aussi des lauriers : nous souhaitons la bienvenue au lutteur vail-\nlant. ))\nFidèle à lui-même, Brahms a tenté d'accomplir la mission que Schumann\nl'avait jugé digne de remplir. Qu'importe s'il n'a pas suivi à la lettre ces paroles\nprophétiques !\nSous un extérieur rude, Brahms cachait un caractère tendre et ingénu : tous\nceux-là s'en sont aperçus qui ont rencontré, ne fût-ce qu'une fois, le regard loyal\nde ses yeux bleus. Son affection pour les enfants suffirait à le prouver. Il em-\nportait dans ses promenades toutes sortes de friandises. Il n'a pas rencontré à\nla campagne un seul enfant et il yen a beaucoup dans les environs de Vienne\nsans lui parler et lui faire quelque cadeau. Il ne lui fallait pas trop compter\nsur la reconnaissance des petites filles : son extérieur un peu négligé, sa grande\nbarbe grise, mais surtout son dialecte étranger (Brahms, bien qu'il eût séjourné\nlongtemps dans le Sud, parlait toujours la langue de l'Allemagne du Nord), les\neffarouchait ; les enfants répondaient rarement à ses questions qu'ils compre-\nnaient à peine, et ils commençaient à respirer quand « l'étranger » qui leur rap-\npelait sans doute quelque génie de leurs livres d'histoires avait tourné le dos.\nBrahms n'avait pas toujours été un homme agréable, toujours gai et d'un\ncommerce facile. Mais il avait, je le répète, une cinquantaine d'années quand je\nle connus plus intimement. Il était au sommet de la gloire et avait atteint, au\ncours de longues années, ce que l'artiste qui veut voir son œuvre appréciée à sa\njuste valeur et sa vie aisée et facile peut regarder comme le comble de ses vœux.\n\n(i) H. Erler, Robert Schumann, Leben. Berlin, 1887.\n(a) E Marxen (1806-1887)."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "516", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.4", "texte": "JOHANNES BRAHMS\n\nJ'ai entendu dire de plusieurs côtés que Brahms, plus jeune, était un homme\nrude, hérissé et récalcitrant. Le succès, qui n'était, à vrai dire, venu qu'après ses\nluttes acharnées, avait eu sur sa personne, sur sa manière de vivre et, par suite,\nsur ses relations avec le monde extérieur, 1 influence la plus salutane. Et pour\ntant, à cette époque de son existence, très brillante extérieurement, la solitude et\nle vide de sa vie de garçon semblaient lui être doublement sensibles. (( Heureux\nhomme!(( avait-il coutume de dire, lorsque nous nous rencontrions dans la rue,\nle soir, et qu'attendu chez moi, je devais prendre congé de lui : « Vous allez\nmaintenant rentrer dans votre home ; vous y trouverez femme et enfants , moi,\npauvre vieux garçon solitaire... »\nC'est généralement ainsi qu'il exprimait ses regrets de ne pas s'être marié :\nune sorte d'humour où l'on ne percevait que trop une nuance de îegiet. Il lui\narrivait de dire à des dames trop curieuses : (( Hélas ! chère Madame, je ne suis\ntoujours pas marié, Dieu merci ! )) Widmann (i) nous laconte qu un joui, en\nvisite à Berne, il s'expliqua là-dessus avec assez de détail et exprima sa pensée\nintime. « J'ai laissé passer l'occasion. Lorsque j'en aurais eu envie, je ne pouvais\noffrir à une femme ce qu'il aurait fallu pouvoir lui offrir. )) Il ne voulait pas dire\npar là qu'il n'avait pas la certitude de pouvoir entretenir femme et enfants ; mais\nil pensait à l'époque où il aurait aimé se marier il avait alors une trentaine\nd'annés, et c'est à ce moment que ses œuvres étaient sifflées dans les concerts\nou reçues avec une froideur glaciale : (( Cela ne me faisait aucune peine, car je\nconnaissais leur valeur et je savais que les choses changeraient de face. Et quand,\naprès de tels insuccès, je rentrais dans ma chambre solitaire, je n'étais pas dans\nune disposition d esprit désagréable. Mais s'il m'avait fallu alors paraître devant\nma femme, voir ses regards anxieux m'interroger et dire : « Ce n'est pas encore\npour cetie fois )), je n'aurais pas eu la force de le supporter ! Et si elle avait\nvoulu me consoler, s'il m'avait fallu voir ma propre femme compatir à mes in-\nsuccès j'aime mieux ne pas m'imaginer quel enfer cela aurait été pour moi ! »\nD'ailleurs, il est certain que les droits que lui paya son éditeur jusqu'au milieu\nde sa carrière ne furent pas précisément brillants. Je 1 entendais dire un jour à\npropos de son Requiem allemand qui porte le numéro d'œuvre 45 et date\nde 1868: « Regardez un peu le manuscrit de mon Requiem. Vous trouverez là\ndu papier de toutes les sortes et de tous les formats possibles et impossibles.\nC'est que je n'étais pas riche en ce temps-là ; je n'avais pas assez d'argent pour\nme procurer d'un seul coup une grande quantité de papier » ; et il ajoutait,\navec un sourire de satisfaction : (( Maintenant je suis dans l'opulence ! ))\nBrahms avait plusieurs fois changé de résidence, mais il avait fini par s'éta-\nblir à Vienne. Il se sentait à son aise dans la vieille ville impériale, où il avait\nd'ailleurs retrouvé plus d'un ami de jeunesse. Mais un grand nombre d'artistes\nplus jeunes était venu renforcer le noyau qui se réunissait autour de lui, et ce\ngroupement ne laissait pas d'être en butte à de nombreuses attaques. Lui-même\nétait très apprécié et honoré de tous ; seuls quelques grands seigneurs, à qui\nson sans-gêne et sa brusquerie ne convenaient guère, s'abstenaient de toute\ndémonstration à son égard. Il aimait son pays et il était resté très attaché à la\npatrie allemande. J'étais, moi aussi, originaire de l'Allemagne du Nord et j'étais\nvenu, comme lui, m'établir à Vienne; aussi nous ne manquions pas de nous\n\n(1) J. V. Widmann, Johannes Brahms in Erinnerungen (Berlin, 1898)»"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "517", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.5", "texte": "JOIIANNES BRAHMS\n\ncommuniquer nos impressions toutes les fois qu'une nouvelle, nous remplissant\nde fierté et d'envie, arrivait de « l'Empire )). « Allons, vous pouvez attendre\nlongtemps avant de voir cela en Autriche )), disait-il, non sans amertume. Peut-\nêtre allait-il trop loin dans ce sens, non pas qu'il exagérât l'expression de ses\nsentiments, mais son patriotisme couvait au plus profond de lui-même et lui\nrendait antipathique tout ce qui était étranger. Il était sûrement plus porté à la\nteutomanie qu'au cosmopolitisme. Il ne paraît pas avoir été à Paris ni en France\nje ne le lui entendis du moins jamais dire ; je ne crois pas non plus qu'il sût\nassez le français pour le parler. Par contre, il connaissait à fond la musique\nfrançaise: des œuvres modernes il aimait surtout Carmen bien qu'il n'en par-\nlât pas. L'Angleterre semblait l'intéresser davantage : il y a d'ailleurs dans les\nmœurs et les idées des Anglais et des Allemands plus d'un point commun. Il\nn'a cependant jamais été en Angleterre. Joseph Joachim, qui depuis des années\nva régulièrement à Londres, au printemps, donner des concerts, s'est donné\nbeaucoup de peine pour décider son ami d'enfance à l'accompagner, mais en\nvain. Peut-être la langue qu'il ne parlait pas couramment et la réserve qui règne\ndans la société anglaise le détournèrent-elles de ce voyage. Il aimait avant tout\nses aises et sa liberté! Ses sympathies allaient à l'ltalie; il y fit plusieurs\nvoyages, poussa même jusqu'en Sicile, et en revint toujours charmé.\nIl était dans son élément aux soirées hebdomadaires du « Tonkunstler-Verein ».\nCe n'était pas une société de concerts oû quiconque paie sa place peut entrer,\nmais une sorte de cercle dont tous les membres se connaissaient plus ou moins,\nune réunion familière d'où toute contrainte était bannie ; il y avait de la musique\nle programme était réglé d'avance mais sans cérémonie ; un souper\nsuivait le concert. Le maître était là, généralement entouré de jolies femmes,\nplaisantait, riait, taquinait chacun ; il était président d'honneur de la\nsociété ; il s'amusait des plus vieilles plaisanteries comme s'il les entendait\npour la première fois de sa vie. Vers minuit on apportait le café très fort et\ntrès chaud, et c'était la fin de la « charmante soirée ». Un musicien étranger\nde quelque importance venait-il à Vienne, il était le bienvenu à ces réunions\nqui avaient lieu dans un local laid et peu vaste, mis à la disposition de la société\npar le Conservatoire de musique. Et j'ai souvent entendu dire à ces hôtes de\npassage: « C'est lui le maître! Je m'étais fait de Brahms une tout autre\nidée ! »\nBrahms n'aimait pas précisément à favoriser les jeunes ; certains prétendent\nmême qu'il n'était pas éloigné de regarder avec jalousie et envie les succès des\njeunes musiciens ; mais ce serait dépasser le cadre de cette esquisse que de\nm'attarder sur ce sujet. Je dois dire du moins que, membre du jury à plusieurs\nconcours, il s'acquitta de son emploi avec la plus grande conscience et qu'il\nrecommanda à son éditeur Simrok deux jeunes gens dont les travaux lui avaient\nbeaucoup plu. Il n'avait jamais eu 1 intention de faire des élèves, mais lisait et\ncritiquait à l'occasion les œuvres qu'on lui présentait et était toujours prêt à\nindiquer des corrections ou des retouches nécessaires. Ce n'était évidemment\npas un critique tendre. Un de nos plus jeunes compositeurs, plusieurs fois cou-\nronné, s'arma un jour de courage et alla lui montrer ses dernières productions.\nBrahms, qui s'intéressait à lui, les lut avec lui en détail, mais y trouva tant à\ncritiquer et à corriger que le jeune musicien, découragé, s'écria : « Mais, maître,\nsi vous devez me blâmer ainsi, j'aimerais mieux cesser de composer. » A quoi"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "518", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.6", "texte": "JOIIANNES BRAHMS\n\nBrahms, très calme (( Oui, mon cher Z., c est ce qu on ne se dit pas assez souvent !)>\nBrahms était toujours prêt àla repartie, mais n'en voulait pas à celui qui lui\nrépondait de même. (( Ne supportez rien de lui )), me disait un jour un artiste\nqui le connaissait bien, « sinon il pensera que vous êtes une bête. )) J'en fis\nmon profit, et nous nous sommes toujours bien entendus. Je voudrais mainte-\nnant citer quelques traits, qui, s'il m'en souvient bien, sont caractéristiques. Je\nsuis malheureusement persuadé que transcrits, ces mots perdront infiniment de\nleur charme, quand je me souviens que, malgré tout leur mordant, dits avec une\nfinesse ironique, c'est à peine s'ils mettaient l'interlocuteur dans l'embarras.\nNous revenions d'excursion ; dans le chemin de fer, je rencontrai un de mes\namis, bon philologue, mais non musicien ; je le présente à mes compagnons, et\nbientôt il entre en conversation avec Brahms. «Eh bien, vous pouvei bien venir\nvous promener avec nous, lui dit le maître; dimanche prochain, si vous voule£.\nMais quel visage ferai-je, Saiil au milieu des prophètes ! » repartit modestement\nle docteur. Et Brahms aussitôt : « Tiens, croyez-vous par hasard avoir f air si\nroyal ? » Une autre fois nous étions à la brasserie, et la conversation tomba sur\nune cTe nos meilleures maîtresses de chant, dont la voix était très belle, mais l'ex-\ntérieur très désavantageux. Chacun faisait ses réflexions sur la laideur de la\ndame ; pour moi, j'attachais moins d'importance à son extérieur et je ne faisais\nressortir que l'art de la cantatrice. (( Oui, cest bon pour les musiciens ; moi, je\nsuis pour la vue », répliqua-t-il. Cette même dame donnait un concert consacré à\ndes lieder et fit une visite au maître pour le prier de lui indiquer quelques-uns\nde ses lieder les moins connus qu'elle interpréterait à cette occasion. (( Prenez-les\ndans mes œuvres posthumes, personne ne les connaîtra », fut, paraît-il, le conseil\nqu'il lui donna.\nNous parlions un jour du livre de Rubinstein : la Musique et ses représen-\ntants, entretiens sur la musique, qui venait de paraître (1892). Faisons remar-\nquer en passant que l'auteur a visiblement omis d'y faire mention de Brahms.\nassure, Rubinstein sera depuis longtemps grand-père, arrière-grand-père, arrière-\narrière-grand-père... quand Haydn sera encore le papa Haydn. )) Très fine et très\njuste est encore la remarque qu'il fit à propos de la visite d'un artiste étranger\nqui alla le voir avec sa femme. C'était un homme encore jeune qui, en l'espace\nde quelques années, s'était marié trois fois. Brahms, qui eut l'occasion de le\nrencontrer plusieurs fois dans la même semaine, en profita pour lui dire un jour :\n(( Comment ! Toujours la même femme ? Quel ennui ! Quelle monotonie ! »\nBrahms avait pleinement conscience de la hauteur de sa situation dans le\nmonde musical. Mais il n'aimait pas les manifestations publiques et bruyantes ;\nil détestait les hommages, surtout ceux qui ne lui paraissaient contenir que des\nphrases vides, ne reposant pas sur la connaissance profonde de ses œuvres et ne\nprouvant pas qu'on les admirât sincèrement. Widmann nous raconte à cepropos\nune jolie anecdote. A l'occasion d'un grand concert dans une petite ville de\nSuisse, un maître d école quelque peu importun s'approcha de Brahms et, dans\nle courant delà conversation, assura, avec les marques du plus profond respect,\nqu'il connaissait toutes ses œuvres. La musique jouait ; Brahms lui fit signe de\nse tenir tranquille : c'était quelque chose de lui. C'était en fait une marche mili-\ntaire de Gungl, ce qui n'empêcha pas notre homme d'écouter bouche bée et\nplein de recueillement la musique fort ordinaire de ce pseudo-Brahms. Tout ce"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "519", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.7", "texte": "JOHANNES BRAHMS\n\nqui avait ne fût ce que l'apparence de l'importunité lui était odieux. Je l'en-\ntendis un jour répondre à la femme d'un musicien italien qui le poursuivait\nde son éventail à autographes : « Revenez demain! Il faut d'abord que je\nni exerce ! ))\nBrahms n'épargnait pas le moins du monde ses collègues. Il était très exi-\ngeant pour lui-même, mais aussi pour les autres : lesnatures d'élite ne s'en lais-\nsaient pas troubler dans leur respect pour le maître, mais montraient par la\nsuite, surtout les hommes d'un certain âge, plus de ménagements et de retenue.\nIl jouait un jour avec un de ses plus vieux amis la sonate pour violoncelle de Bee-\nthoven et traitait le piano avec un peu trop d'énergie ce n'était pas un pianiste\nparfait ; le violoncelliste s'écrie :(( Mais, maître, je n'entends plus mon violon-\ncelle! » Et là-dessus Brahms : (( A-t-il de la chance ! » Une autre fois un jeune\nmusicien, impatient de voir enfin paraître sa première œuvre qui était depuis\nlongtemps chez l'éditeur, entendit ces mots éternellement vrais : (( Patience,\njeune homme ! Le monde ne vous attend pas! Ce n est pas un malheur d'être immortel\npendant quelques semaines ! ))\nIl ne voulait pas démentir sa nature forte et virile, ni paraître sensible ou déli-\ncat. Une sorte de pudeur l'empêchait de trahir ses sentiments intimes, et il lui\narrivait souvent, en cherchant le mot juste et l'attitude convenable, de manquer\nle but. A l'enterrement d'un de ses amis les plus intimes, Billroth, il se promena\navec quelqu'un dans les allées du cimetière, parlant de choses indifférentes, tan-\ndis que tous les autres, pleins d'émotion, entouraient la tombe qu'on allait fer-\nmer. Il était comique de le voir, pendant nos excursions aux collines des envi-\nrons de Vienne, ne pas vouloir avouer que cela le fatiguait de monter une côte.\n« Là, Conrat, arrêtez-vous et regardez-moi ce paysage ! » Je comprenais et\nm'arrêtais à contempler la vallée, tandis qu'il se réjouissait de pouvoir se repo-\nser un peu.\nDans ses dernières années il s'adoucit de plus en plus ; plus il souffrait, plus il\nnous apparaissait indulgent et conciliant. Il passait en lui comme un souffle\nélégiaque ; aucun mot dur et mordant ne vint plus sur ses lèvres. Peut-être\nsoupçonnait-il tout le monde le lui cachait cependant que son mal était in-\ncurable et que la vie a un terme et qu'il faut partir (i).\nPendant l'hiver 1896-1897 il sortait rarement ; au printemps sa mine faisait\npitié. Tant que la température fut supportable, il déjeuna à midi avec des amis;\nle soir, une main chère lui préparait le repas qu'il mangeait seul dans sa cellule\nsolitaire.\nJe le vis pour la dernière fois, chez lui, le 25 mars. Comme d'habitude, il\napporta, se traînant péniblement, ses célèbres cigarettes (très grandes et\nd'un tabac très fort), et nous bavardâmes, comme d'habitude, sur les derniers\névénements du jour, quand tout à coup il baissa la tête et murmura tout bas :\n(( Il faut pourtant qu'il y ait quelque chose ! )) C'était à sa maladie qu'il pen-\nsait. Je m'éloignai tout doucement, sans le déranger ; c'était la première\nfois depuis dix ans qu'il ne venait pas me reconduire, bavardant et plaisantant\nencore.\nTriste, je m'en allai par les rues calmes en ce jour de fête, pressentant que\nje lui avais serré la main pour la dernière fois. Le lendemain on me dit qu'il lui\n\n(i) Requiem allemand."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "520", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.8", "texte": "ACTES OFFICIELS\n\navait fallu garder le lit. Il ne devait plus le quitter. Une semaine plus tard,\ntout était fini. ; . .\nIl faut aussi que la beauté meure (1).\nPar un jugement récent, le tribunal de Vienne a repoussé la demande en rem-\nboursement d impôts introduite par les héritiers de Brahms résidant en Alle-\nmagne, et au nombre de 22. La succession, qui se monte à 500 000 couronnes\net était déposée à la Banque impériale de Berlin, a été disputée entre les héri-\ntiers testamentaires et les héritiers naturels : d'où un long procès qui s est ter-\nminé à l'avantage de ces derniers. Au cours de ce procès, les valeurs, sur la\ndemande du tribunal civil, ont été rapportées à Vienne, où l'administration des\nfinances les soumit à l'impôt sur le revenu. D'où la réclamation des héritiers,\nqui vient d'être rejetée.\n\nHUGO CONRAT.\n\nActes officiels.\n\nINAUGURATION DU MONUMENT DE CÉSAR FRANCK. Les théologiens disent qu un\nrepentir vaut mieux que deux persévérances. La cérémonie solennelle du 22\noctobre, dans le square de l'église Sainte-Clotilde, a donc une valeur exception-\nnelle ; elle fut la réparation éclatante d une injustice. Devant tous les musiciens de\nParis (ou presque tous...), M. Vincent d'lndy, avec une autorité unique et uneémo-\ntion sincère, a rendu au Maître un hommage complet : il a rappelé les relations\nhistoriques unissant les musiciens du pays wallon à ceux du pays de France ; il\na loué Franck d'avoir introduit et créé chez nous l'art de la grande construction\nsymphonique, et caractérisé sa noblesse morale. Son très beau discours est celui\nd'un historien, d'un artiste, d'un chrétien, d'un émule qui s'efface. Dans un lan-\ngage très élevé, M. de Selves, préfet de la Seine, a rappelé les services rendus\npar Franck à la Ville de Paris dans les concours institués par M. Herold, et pro-\nclamé la nécessité deces grands artistes désintéressés qui font respirer à la foule\nhumaine l'air vivifiant des cimes. Ce thème a été repris avec une admirable\nélégance et beaucoup de force par M. Henry Marcel, directeur des Beaux-Arts,\nreprésentant du gouvernement, qui s'est révélé critique musical de premier\nordre. Après lui, avec une autorité incontestable, une convenance et une bonne\ngrâce parfaites, M. Th. Dubois a parlé au nom du Conservatoire, et, à l aide de\nsouvenirs très personnels, loué César Franck, dont il fut si longtemps l'ami. Son\ndiscours a dissipé quelques malentendus auxquels il faudra désormais renon-\ncer. Enfin, avec sa finesse coutumière, M. Ed. Colonne est venu s'excuser de\nprononcer une brève et charmante allocution. Cette cérémonie fut belle, récon-\nfortante : quelques feuilles d'or que les arbres du square firent soudain pleuvoir\nsur un des orateurs y ajoutèrent une pénétrante mélancolie. A l'église Sainte-\nClotilde, eut lieu ensuite une séance artistique d'une incomparable poésie. Un\nchoix de chefs-d œuvre pour orgue, où régnaient la flûte, le hautbois, le cor\nanglais et les voix célestes, y fut exécuté par des organistes d'élite : le choral en\nmi majeur, par M. Mahaut; la Pastorale (rappelant parfois les Reflets f Orient de\nSchumann), par M. Pierné ; Y Ave Maria, par MM. Delpouget et la maîtrise ; les\n\n(1) Nanie, Schiller (Brahms)."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "521", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.9", "texte": "SIMPLES NOTES DE LECTURES MUSICALES\n\nPrélude, fugue et variation, par Al. Dallier ;le séraphique cantabile, par\nM. Gigout... MM. Alazalbert, Chassaing, Destombes, Tournemire, eurent aussi\n1 honneur de figurer au programme. Et entre deux exécutions, comme dans les\ncérémonies du culte, M. Gardey, curé de la basilique, prononça un très noble\ndiscours. Dans le cadre très doux de l'automne, au milieu des vitraux et dans le\ngrand recueillement de l'église, cette fête d'art eut une intense beauté. Elle a\nréveillé cet idéalisme généreux qui est au fond de tous les cœurs, et que la\nmusique a pour fonction spéciale d'entretenir.\n\nJ. C.\n\nSimples notes de lecture musicale.\n\nOn sait que, quand on émet un son sur les instruments à cordes ou sur cer-\ntains instruments à vent (sur les autres, les choses se passent tout autrement),\nce son n'est pas simple, mais formé d'une multitudede sons supérieurs, appelés\nObertône en allemand, et en français, harmoniques. Ainsi, quand on frappe un ut\ngrave sur le piano, on entend toute la série suivante :\nPour former ces différents sons, la corde, ou la colonne d'air, se subdivise\nd'elle-même et forme des vibrations distinctes, analogue à la vague de l'océan,\nlaquelle, dans son ensemble, est un composé de petites vagues superposées. Ce\nphénomène a été mis en lumière, pour la première fois, par le savant français\nSauveur (xvme siècle). Helmholtz l'a pris pour base de la théorie du timbre et de\nla consonance. Mais la région de ces harmoniques est une région de bataille. Il\nestd'abordtrès difficile de les percevoir; Helmholtz a dû inventer des instruments\nspéciaux pour les isoler ; M. Stumpf a écrit un opuscule où il indique toutes les\nprécautions à prendre si on veut les entendre sans aucune chance d'erreur. M. A.\nCamiolo a dit, non sans raison, que toute notre musique était fondée sur le si-\nlence et le mutisme des harmoniques, non sur leur émission (en effet, si chaque\nnote frappée sur un clavier éveillait toujours une suite d'autres notes, il nous\nserait impossible d'isoler un son quelconque, et l'harmonie n'existerait pas) ;\nenfin, dans un ouvrage récent dont j'ai parlé ici, M. Guillemin, très radical, a dit\naux harmoniques, idoles de certains théoriciens : (( Je crois bien, entre nous, que\nvous n'existez pas )) H Je ne veux point débattre ici cette grave question, qui\nc ...\néchapperait trop souvent à ma compétence, mais rappeler simplement quelques\nfaits dignes d'attention. Le lecteur voudra bien remarquer que le premier har-\nmonique produit par le son fondamental {ut), après la répétition de ce dernier à\nl'octave, est la quinte sol, et se rappeler que, d'après la théorie courante, plus un\nharmonique est voisin du son fondamental, plus forts sont entre eux les liens\nde parenté. . ..\"\nLa modulation la plus simple et la plus satisfaisante pour l'oreille est celle qui\nva de majeur à majeur par le mouvement suivant '•"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "522", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.10", "texte": "SIMPLES NOTES DE LECTURES MUSICALES\n\nPourquoi ? La raison paraît en être que tous les sons composant le pre-\nmier accord sont des harmoniques du premier degré (quinte) produits par les\nsons du dernier accord. En effet, dans l'accord parfait\nfa a pour premier\nharmonique sa quinte do ; la a pour premier harmonique sa quinte mi ; do a\npour premier harmonique sa quinte sol ; si bien qu'en allant de l'accord parfait\nut-mi-sol à l'accord parfait fa-la-do, on remonte, pour ainsi dire, de l'effet à la\ncause ; on va du fils au père. De là l'impression de sécurité produite sur l'oreille.\nLe fragment suivant de Beethoven (Symphonie \\ lIIj peut se ramener à une sé-\nrie de modulations analogues, à la quinte, par le procédé que je viens d'indiquer.\nCe passage de la quinte à la tonique est aussi fréquent que le passage inverse,\nde la tonique à la quinte. Il est une des règles essentielles de la composition.\nPour préciser les idées, je citerai les exemples suivants, où on remarquera l'en-\ntrée et la position des parties :\n\nFRESCOBALDI (I). Hymne Ave maris Stella.\n\n(i) Frescobaldi, grand organiste et compositeur né à Ferrare à la fin du xvic siècle, près de\ncent ans avant J.-S. Bach. L'original d'où est tiré ce fragment est écrit en clé dut et offre les\nparticularités suivantes : portée de six lignes à la main droite avec une clé de fa sur la 4e ligne\net une clé dut à la 6e ; portée de huit lignes (et clé de fa) à la main gauche. Frohberger, prédé-\ncesseur de Bach comme organiste virtuose, fut son meilleur élève. La plupart des manuscrits de\nFrescobaldi et de Frohberger sont à la Hofbibliothek de Vienne."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "523", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.11", "texte": "SIMPLES NOTES DE LECTURES MUSICALES\n\nFRESCOBALDI. Fugue.\n\nFROHBERGER. - Capriccio II (p. 76 de l'édition de G. Adier, t. IV des Denkmäler\nder Tonkunst in Österreich).\n\nJ.-S. BACH.— Ire fugue du Clavecin bien tempéré.\n\nM. le Dr Guillemin ne pense-t-il pas qu'il y a dans ces exemples (que j'ai pris\ndans trois grands maîtres classiques de l'orgue, mais qu'on pourrait multiplier\nindéfiniment) une confirmation de la théorie qui voit dans la position des harmo-\nniques une des bases de l'harmonie et de la composition ? —\n\nJULES COMBARIEU."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "524", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.12", "texte": "LE CHANT DANS LES ÉGLISES DE PARIS\n\nLe chant dans les églises de Paris\n\n(i).\nSAINT-GERMAIN-DES-PRÉS. L'église Saint-Germain-des-Prés, commencée\nen 1001, consacrée en 1063, l'année où l'on posait la première pierre de Notre-\nDame, est, je crois, la plus ancienne de Paris. Mais elle estj surtout la plus\nintéressante et, à mes yeux, la plus sympathique.\nJ'aime son vieux clocher qui se dresse rébarbatif et rude, sans une fenêtre,\nsans un ornement jusqu'au sommet, où s'épanouit, comme une fleur à l'extré-\nmité d'une tige rugueuse, le logis des cloches, orné de tout ce que l'art roman\navait de plus délicat. Toute la tristesse du haut moyen âge est là, avec l'espoir\nqui renaît après le fatidique an mille.\nJ'aimerais aussi être le paroissien de cette église. Les chapiteaux ornés de\npersonnages et d'animaux exerceraient ma sagacité pendant les sermons un peu\ntraînants, je méditerais sur le symbolisme inconnu de ses lions ailés à tête\nhumaine, de ses oiseaux affrontés qui tantôt semblent se congratuler cérémo-\nnieusement, tantôt parodier le baiser de paix (pax vobiscum) que les prêtres se\ntransmettent, après la communion ; et puis Hippolyte Flandrin a revêtu ses\nmurs de peintures aux tons pâlis, qu'il serait doux de regarder, sans penser à\nrien. Mais revenons à nos affaires. La musique que l'on fait à Saint-Germain-\ndes-Prés a quelques rapports avec les peintures de Flandrin: elle est douce,\nquelquefois avec excès.\n\" Et d'abord, je-suis obligé de répéter, comme à peu près partout, que l'on y\nchante Y Asperges me, Y Introït et le Graduel beaucoup trop lentement. Les\nchantres ont l'air de somnoler, et cependant ils ont dit dans un bon mouve-\nment le Kyrie, le Gloria, le Credo et le Sanctus du 5e ton, édition de Ratisbonne.\nIl me semble qu'il leur serait facile de se mettre partout à cette allure.\nA l'élévation, on nous a donné un bon O salutaris de Viret, ancien maître de\nchapelle de Saint-Germain-1' Auxerrois.\nCette œuvre, dite d'abord en solo, puis à l'unisson, est simple et religieuse ;\nseule la fin trahit sa modernité.\nj J'ai eu également beaucoup de plaisir à l'offertoire en écoutant le 2e pré-\nlude de Mendelssohn, en sol majeur. L'équilibre solide et aimable de cette\nœuvre, la sérénité d'un esprit tranquille qu'on y trouve, lui assignent une place\nhonorable dans nos églises. J'en dirai autant du prélude et fugue en ut mineur\nde Bach exécuté à la sortie avec beaucoup de goût et de netteté par l'organiste,\nM. Woltz.\nAux vêpres, j'appellerai l'attention du maître de chapelle, M. Minard, sur\nle fait que les faux-bourdons doivent être un accompagnement, et ne jamais\ncouvrir la psalmodie. Celle-ci était dite par une voix de contralto qui n'avait pas\nassez de mordant et qui disparaissait sous la coalition des autres chanteurs.\nEn revanche, la maîtrise a très bien exécuté un O salutaris transporté sur une\nprière de Méhul. C'était simple, fort et doux; et quand le sentiment religieux\nn'y perd rien, je ne vois aucun inconvénient à ces adaptations. Mais que\nd'efforts dépensés en pure perte pour nous donner, très bien du reste, un Mous-\ntra te esse Matrem de Loisel, beaucoup trop doux, beaucoup trop bien balancé et\n\n(1) Suite. Voir la Revue du 15 juillet 1904 et les Revues précédentes."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "525", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.13", "texte": "LÈS FONCTIONS VARIABLES DES ACCORDS\n\nqui me rappelait que certains critiques comparent quelques piliers vert-clair\nde Saint-Germain-des-Prés à de gigantesques bâtons de sucre d'orge ! C'était,\nsi j'ose ainsi parler, de la confiserie musicale.\nEn résumé, la maîtrise est bonne, et, à part la lenteur signalée plus haut,\net qu'il serait facile de faire disparaître, elle est parfaitement à même d'entrer\ndans les voies nouvelles de la musique sacrée. 11 se peut, d'ailleurs, que le choix\ndes morceaux lui soit imposé par le goût de ceux qui les entendent. Dans ce cas:,\nc est ce goût qu'il faudrait réformer.\nJ'ai remarqué avec plaisir que l'organiste a le bon esprit, quand il répond au\nchœur, de rester dans la tonalité du verset qui vient de finir, de la prolonger, de\nmanière que l'auditeur ne sorte pas du sens général du morceau. Combien\nd'autres placent ici leurs productions souvent sans rapport avec l'hymne ou le\npsaume qu'ils remplacent! Il est vrai que les organistes ont peu d'occasions de\nfaire entendre leurs œuvres, ni de les entendre eux-mêmes.\n\nCONSTANT ZAKONE.\n\nLes fonctions variables des accords d'après M. Hugo Riemann.\n\nCe qui contribue à donner de la souplesse à la doctrine de M. Riemann, c'est\nla part qu'il fait à la liberté de l'esprit, à l'action déterminante du jugement dans\nla constitution des règles de l'harmonie. Il ne voit pas dans les accords des choses\nimmobiles, mais des fonctions variables qui dépendent principalement de l'orien-\ntation de notre pensée. C'est nous qui choisissons les points de vue d'où il nous\nsera provisoirement plus facile de systématiser toutes nos impressions. La na-\nture nous fournit une foule de relations dont nous négligeons fie plus grand\nnombre pour ne considérer d'abord que les plus simples en cherchant à y rame-\nner les autres ; et dans la manière d'établir cette hiérarchie de rapports nous\npouvons suivre plusieurs méthodes ; en adopter une de préférence à toutes les\nautres, c'est prendre un parti qui ne nous est pas dicté absolument par des exi-\ngences extérieures à nous. Il y aurait toute une étude à faire du rôle de la pensée\nou de la volonté humaine dans la constitution des lois de la musique, et l'expli-\ncation des règles de l'harmonie ne saurait être tout entière fondée sur la physique\net sur la physiologie. (( La théorie de Helmholtz, dit fort justement M. Riemann,\nramène la nature propre de la dissonance d'une agrégation de sons à l'existence\nde « battements », mais cette explication est insuffisante, car elle ne nous permet\npas d'analyser les consonances apparentes, et ne nous démontre pas davantage\npourquoi une harmonie dont l'intonation n'est pas absolument juste ne sera ja-\nmais envisagée comme dissonance, malgré les battements les plus durs(i). »\nCette critique est tout à fait pénétrante. Remarquons cependant que si Helmholtz\na eu le tort de simplifier outre mesure un problème très complexe et très délicat\nen ramenant l'impression de dissonance à celle de discontinuité, d'autre part il a\nété un des premiers à faire valoir le rôle de la pensée dans le choix des éléments de\nla gamme et des accords de la tonalité, et ainsi il a préparé la théorie riemanienne\nde la fonction. (( En musique, dit encore M. Riemann, la consonance est une\n\n(i) Manuel de Vharmonie, p. 171, note."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "526", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.14", "texte": "LES FONCTIONS VARIABLES DES ACCORDS\n\nconception psychologique plutôt que physique ou physiologique ; elle est la\nrésultante, non de la coïncidence de certaines ondes sonores ou de certaines\nsensations auditives, mais bien de la combinaison des valeurs données par l'es-\nprit à plusieurs notes. Ce n'est que lorsqu'un accord est en rapport avec d'autres,\nc'est-à-dire lorsqu'on en comprend le sens en tant que partie d'un tout, qu'on\npeut dire de lui qu'il est consonant ou dissonant... Il pourra devenir possible\net même indispensable d'envisager comme dissonance un accord parfait majeur\nou mineur. » Ainsi le sens d'une harmonie dépend de l'orientation de la pensée,\norientation qui résulte elle-même d'un choix entre des nécessités naturelles.\nCette façon de comprendre et de définir les consonances et les dissonances a\npour conséquence cet excellent paradoxe : un accord de dominante est plus con-\nsonant avec adjonction de la septième que s il n'est formé que de la tierce et de\nla quinte. « Tout accord qui n'est pas accord de tonique sera entendu, non à\nl'état indépendant, mais bien plutôt au point de vue de ses rapports avec l'accord\nde tonique, c'est-à dire qu'il n'y a qu'une seule consonance absolue, 1 accord de\ntonique même. Ce n'est qu'une fois cela établi que nous arriverons à expliquer\nce mystère, à savoir que l'adjonction de leurs dissonances caractéristiques à\ncertains accords (la sixte à la sous-dominante en majeur, la septième inférieure\nà la sous-dominante en mineur, la septième à la dominante majeure dans les\ndeux modes) ne change pas la valeur harmonique de ces accords, mais au con-\ntraire l'établit d'une façon plus claire. Car tous ces accords de trois sons ne sont\nqu'imparfaitement consonants ; leur signification logique est expliquée par\nl'adjonction d'une quatrième note, et se comprend dès lors plus aisément. »\nNous avons exposé la partie, selon nous, la plus féconde des travaux de\nM. Riemann ; sa conception de l'unité tonale et des fonctions des accords nous\nparaît à peu près indiscutable. Mais ce n'est pas là le côté le plus original de la\ndoctrine de M. Riemann. S'il s'est rendu si rapidement célèbre, s'il passe à juste\ntitre pour le plus hardi des novateurs de la science musicale contemporaine,\nc'est à sa théorie de la formation des modes majeur et mineur qu'il doit cette\nbrillante renommée. La thèse qu'il soutient le met en opposition avec la plupart\nde ses devanciers; elle implique des conséquences qui bouleversent l'harmonie\ntraditionnelle ; elle déroute à tel point nos habitudes qu'elle arrive à nous faire\ndouter de la valeur de nos impressions en apparence les plus significatives.\nOn aurait cependant tort de croire que la théorie dualiste de l'harmonie soit à\ntous égards une nouveauté. Ni. Riemann lui-même prend soin de nous en indi-\nquer les origines et de nous en faire suivre à travers les âges la lente évolution.\nIl signale tout d'abord ce fait très curieux que, pour les Grecs, les mouvements\nmélodiques descendants semblaient avoir plus de beauté que les mouvements\nascendants : leur gammeprincipale était une gamme mineure dont la progression\nnaturelle allait de l'aigu au grave par une succession devons et de demi-tons\nsymétrique à la disposition de ces intervalles dans notre gamme majeure, essen-\ntiellement ascendante :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "527", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.15", "texte": "LES FONCTIONS VARIABLES DES ACCORDS\n\nEn 1558, un célèbre théoricien de la musique, Giuseppe Zarlino, oppose pour\nla première fois la consonance majeure et la consonance mineure, en fondant l'une\nsur la « division harmonique » (1, 1/2, 1/3, 1/4, 1/5, etc.)de la corde, et l'autre sur\nla (( division arithmétique » (1, 2, 3, 4, s,etc.) ; et ainsi Zarlino ne connaît qu'une\ntierce, la tierce majeure (4 :5). Le principe du système dualiste était posé ; mais\nles conséquences n'en furent pas aperçues tout d'abord. La théorie de la basse\nchiffrée fit pendant longtemps oublier les indications de Zarlino. Seul, au\nxyine siècle, Tartini reprit la définition de l'harmonie mineure déjà donnée par\nZarlino ; et, après lui, l'idée d'une opposition irréductible entre le majeur et le\nmineur fut tellement oubliée qu'en 1853 M. Hauptmann putla donner pour une\nconception absolument nouvelle. Malheureusement il n'osa pas encore la déve-\nlopper jusqu'à ses dernières conséquences, et c'est seulement avec A. von Oet-\ntingen (Harmoniesystem in dualer Entwickelung , 1866) et M. Hugo Riemann\n(Musikalische Logik, thèse de doctorat, 1873) qu'elle fut appliquée, avec une\nentière rigueur dans la déduction, à tout le détail de la science harmonique.\nM. Riemann pose en principe que l'octave, la quinte et la tierce majeure sont\nles seuls intervalles simples, c'est-à-dire les seuls que notre oreille puisse per-\ncevoir directement. Les autres intervalles sont toujours perçus à l'aide d'un in-\ntermédiaire exprimé ou sous-entendu et se ramènent à des combinaisons plus\nou moins complexes d'intervalles simples. La tierce mineure, par exemple, se\ntrouve en dehors du groupe des intervalles simples. C'est un intervalle com-\nplexe qui ne devient perceptible que par la comparaison du rapport de quinte\net du rapport de tierce majeure. Lorsque j'entends les deux sons mi-sol> je ne\nperçois pas directement 1 intervalle qui les sépare, et même je ne perçois pas du\ntout cet intervalle, mais je perçois l'intervalle ut sol d'une part et d'autre part\nl'intervalle ut-mi, et ces deux perceptions se juxtaposent sans se résoudre en\nune seule; la position du mi et celle du sol se trouvent déterminées sur l'échelle\nmusicale par rapport à w/, sans que la distance de mi à sol soit appréciée en elle-\nmême. Mais si la tierce mineure n'est pas un intervalle simple, comment expli-\nquer qu'elle serve de fondement au mode mineur, dont le rôle dans la musique\ntant ancienne que moderne paraît aussi considérable que celui du mode majeur?\nC'est le problème que les théoriciens de l'harmonie ont jusqu'à ce jour été\nimpuissants à résoudre d'une façon satisfaisante. Pour M. Riemann, la ques-\ntion est mal posée : on a tort de considérer la tierce mineure comme constitu-\ntive du mode mineur. Pour que la symétrie des deux modes reste intelligible,\nil faut admettre que tout accord parfait ne se compose que d'intervalles simples ;\nl'accord parfait mineur est formé d'une quinte et d'une tierce majeure, comme\nl'accord parfait majeur, seulement ces intervalles sont alors comptés de haut\nen bas, et non plus de bas en haut. Ainsi l'accord\nest formé d'une quinte\nmi-la et d'une tierce majeure mi-do La tierce mineure do-la n'est perçue qu'indi-\nrectement. La différence des modes ne réside que dans la direction suivie par la\npensée qui construit les intervalles, et non dans la nature des intervalles : mi, par\nexemple, est à la fois le point de départ ou la fondamentale d une harmonie as-\ncendante ou majeure mi-sol £ -si et d'une harmonie descendante ou mineure, mi-\ndo-la.\nLa théorie de M. Riemann a l'avantage de présenter l'accord mineur comme\nun accord véritablement parfait, à l'égal de l'accord majeur. Pour qu'un accord"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "528", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.16", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nsoit parfait, il faut en effet que tousses éléments puissent être ramenés à l'unité ;\ndans l'accord majeur ut-mi-sol par exemple, j'ai trois sons, mais je n'ai qu'une\nharmonie ; car les sons mi et sol sont des sons partiels ou harmoniques que con-\ntient toujours le son ut et que nous ne faisons, en somme, que renforcer en pro-\nduisant Taccord ut-mi-sol ; nous développons seulement, ou nous analysons le\nson complexe ut, sans y ajouter aucun son étranger. Au contraire, si je me place\nau point de vue de Helmholtz et des anciens théoriciens de l'harmonie, l'accord\nmineur la-do-mi se compose d éléments qu'on ne saurait réduire à l'unité. Les\néléments naturels duson complexe la sont do* et mi ; si l'on prend la pour fon-\ndamentale, do 3 est étranger à l'harmonie de la. D'autre part, do 3 a pour sons\npartiels mi et sol ; par rapport àdo 3, la est un élément étranger ; enfin mi ne\ncomprend parmi ses harmoniques ni do ni la. L'accord mineur ne se présente\ndonc pas, dans la théorie classique, sous les caractères d'un accord parfait, mais\nbien plutôt d'une dissonance. Au contraire, en le considérant comme une har-\nmonie descendante, M. Riemann en réduit les éléments à l'unité. Dans l'accord\nmi-do-la9 do et la sont les harmoniques inférieurs de mi et constituent par suite\nune consonance parfaite avec cette fondamentale. Ainsi l'on comprend que l'ac-\ncord parfait mineur nous donne une impression de repos sans trouble quand il\nprécède ou vient clore une phrase musicale, et qu'apparaissant dès lors comme\nl'harmonie naturelle d'une tonique, il puisse servir de point de départ à la con-\nstruction d'une gamme mineure et d'un système d'accords également mineurs.\nCette solution d'un des problèmes les plus délicats de l'harmonie théorique\nest, à coup sûr, fort élégante ; mais elle soulève toutes sortes de difficultés, dont\nla solution ne paraît pas aisée, et dont quelques-unes nous ont particulièrement\nfrappé : nous les exposerons rapidement une autre fois.\n\nPAUL LANDORMY.\n\nPublications nouvelles.\n\nRICHARD WAGNER : Lettres à Mathilde\nWesendonck (1853-1871), publiées par\nle prof. Wolfgang Golther chez\nDuncker, 1904, in-8° de 396 p. avec por-\ntraits et autographe). Voici un livre\nque Sainte-Beuve eût lu et commenté avec\nprédilection. Mathilde Wesendonck\nsorte de Charlotte musicienne, ingénue,\nfemmed'un industriel américain-allemand\nfixé à Zurich, et chargée d'enfants a\nété la grande inspiratrice de Tristan et\nYseult. C'est en 1853 (elle avait alors\n-sans, que Wagner la connut et I aima peu à peu avec passion, mais d'un amour\nretenu, et à la Werther, qui semble avoir remplacé le coup de pistolet par un\nopéra. L accent des lettres est tendre, profond, volontiers paternel, avec cette\ngiâce germanique nullement pédante d'ailleurs qui, au cours d'un entre-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "529", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.17", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\nR. M.\n40\n\ntien très intime, apprécie certaines théoriesde Schopenhauer (p. 79) ou s'applique\nà distinguer la poésie musicale de celle qui ne Test pas (p. 125). Wagner se\nmontre là très sincere et très humain, maître de lui (bien qu'il lui arrive une\nfois de dire qu'z/ ne croit plus à rien), nullement vaincu par l'orage intérieur\ncomme Berlioz, et non détourné de ses grandes idées coutumières, mais pris,\npénétré du charme de l'amitié féminine, se donnant tout entier, sans attitude\ncomposée, et infiniment sympathique, malgré quelques touches un peu brutales.\nUn Allemand ne saurait sans regret le voir appeler une procession eine unsaglich\nWiderliche Flittereligions Komôdie, (( une indicible et répugnante comédie de\nclinquant )) (p. 156), ou parler des Allemands eux-mêmes avec mépris. Ce qu'il\nfaut surtout retenir, c'est que Malhilde Wesendonck occupait son esprit et son\ncœur quand il composa l'œuvre qu'il appelait en 1859 (p. 114 du livre) «le\nsommet de son art ». Cette publication, plus encore que les lettres à Heckel, est\nun document de premier ordre pour l'histoire morale de Wagner.\nCH. FÉRÉ : Travail et plaisir, 1 vol. gr. in-B°, 463 p. avec nombreuses plan-\nches, chez Alcan. —Dans ce livre, M. Féré, qui est médecin de Bicêtre, donne\nle résultat de très consciencieuses expériences faites pour répondre à cette ques-\ntion : Quelle est l'influence, sur l'énergie musculaire, de certaines impressions\npurement physiques imposées au travailleur ? Il s'est servi d'un appareil (l'er-\ngographe de Mosso) qui, lorsqu'on soulève un poids, inscrit de lui-même la\nsomme d'effort donnée ; les sujets employés par lui ont été soumis à des excita-\ntions diverses de l'odorat, du goût, du toucher, des poisons nerveux, de l'alcool,\ndu thé, du café, du tabac, enfin des sons musicaux ; et après chaque expérience,\nil donne, avec les évalutions en chiffres, le graphique fourni par l'instrument lui-\nmême. M. Féré a constaté que les intervalles « dissonants » sont dépressifs, et\nque les intervalles consonants sont excitants (p. 129 et suiv.j. Résultats de mince\nimportance ! dira-t-on. Ce n'est pas très exact ; car M. Féré, ayant employé des\nsujets atteints de surdité musicale (c'est-à-dire incapables de distinguer les\nintervalles entre eux), réfute ainsi, implicitement, la thèse d'Euler et de Leibnitz\nd'après laquelle la sensation musicale serait due à une numération inconsciente\ndes ondes rythmiques, et il nous oblige à attribuer aux sons un effet purement\nphysiologique. Ce livre est d'une extrême précision scientifique, mais peu net\nen ses conclusions ; on ne voit pas au juste si, oui ou non, l'auteur conseille de\nfaire entendre de la musique à ceux qui travaillent : à vrai dire, il ne s'est pas\noccupé de musique, mais des sons musicaux, ce qui est différent. Dans son dernier\nchapitre, où il abandonne le domaine expérimental pour philosopher un peu, et\noù l'on voit cités dans une même page Bossuet, Ovide, Dante, Balzac, M. de\nTarde, etc..., il y a un peu trop de vague; et, comme si le savant médecin passait\nd'un extrême à l'autre, la pensée scientifique se perd dans un nuage de littérature.\nViennent de paraître chez Breitkopf et Martel (Leipzig) :\nHECTOR BERLIOZ, Œuvres musicales, vol. XVI, chants à plusieurs voix avec\nacc. de piano, et vol. XVII, chants à une voix. Edit. critique publiée par Félix\nWeingartner et Charles Malherbe. Partition in-f°, chaque vol. 29 fr. 70.\nORLANDO DI LASSO, vol. XIV des Œuvres : compositions avec paroles françaises,\n27 fr. VICTORIA, vol. 111 des Œuvres (Magnificat et Canticum Simeonis) publié\npar Felipe Pedrell, 27 fr. J.-S. BACH, Cantates religieuses (partition) publiées\npar la Société de Bach. Du même, Musique d'orgue vol. I (Préludes, chorals),"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "530", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.18", "texte": "CONCERTS\n\nédition populaire, 2fr. 70, et vol. II (Préludes, fugues, etc...,id.), 4 fr. BEETHO-\nVEN, nouvelle édition des Sonates pour piano, revue et doigtée par Ad. F. Wou-\nters, n° 13, op. 31 n° 3, Sonate en mi majeur, 2 fr. 70.—FR. LISZT : poèmes\nsymphoniques, arr. p. piano à 2 mains, par Aug. Stradal : Hungaria, 4 fr. ,\nTasso, Lamento e Trion/o, 4 fr. —PAUL LACOMBE, op. 112, Feuilles volantes, 3\ncahiers : Pour un album, Valse triste, A l'absente, Intermezzo Scherzoso, Chant des\npèlerins, Duettino, Sicilienne, marche (p. piano), chaque, 1 fr. 50.\nArrangements et musique de chambre. : Sonates pour flûte, hautbois\net piano, arrangées par Max Seiffert. BEETHOVEN: Première Symphonie, en ut\nmajeur, arrangée pour musique de chambre par A. Faerber. Partie d'harmonium\net de piano, o fr.4o. —WEBER: Preciosa. Ouverture arrangée par le même. Par-\ntie d'harmonium et de piano, 2 fr. —• Technique instrumentale. Etudes d'orchestre\npour alto (Recueil de passages difficiles tirés d'œuvres pour église, théâtre, salle\nde concert), par Fr. Hermann, 4 fr. F. TOGNI : Le développement de la main\ngauche (Exercices pour violon), 4 fr. Bibliothèque de la jeunesse pour piano\nà 4 mains. Cahier I, Beethoven ; cahier 11, Weber, édit. pop. ; chaque, 2 fr.\n\nConcerts Colonne : festival César Franck.—Concerts Lamoureux\n\nPour reparaître devant son fidèle public, M. Ed. Colonne ne pouvait mieux\nfaire que de consacrer le premier concert de la saison aux œuvres de César\nFranck. D'une façon générale, il n'y a pas d'épreuve plus redoutable pour un\ncompositeur. La personnalité d'un Beethoven ressort beaucoup mieux, lorsqu'on\nse borne à jouer une symphonie ou un quatuor, à côté d'ouvrages d'une autre\nécole, que quand on joue, trois heures durant, des œuvres diverses du même,\ntantôt instrumentales, tantôt vocales. Ni Mozart, ni Haendel, ni les plus grands,\nne pourraient occuper à eux seuls un programme dans de pareilles conditions\nsans lasser un peu l'auditeur. Ceci soit dit tout à l'honneur de Franck, qui ne\nfaiblit jamais ! Le choix des pièces exécutées a été excellent ; à la place des Varia-\ntions symphoniques, nous eussions préféré, comme hommage rendu au maître,\nl'admirable Sonate pour piano et violon ; mais les Variations nous ont permis\nd'applaudir M. Raoul Pugno,dont la délicatesse, l'agilité, le rythme impeccable,\nont transformé le succès en triomphe. La Symphonie en ré mineur, conduite par\nxM. Colonne avec un soin extrême et un sentiment artistique profond, a été reli-\ngieusement écoutée et acclamée ; c'est une œuvre d'intense poésie où apparais-\nsent bien les traits caractéristiques du génie de Franck : condensation de l'idée\nmélodique en formules très simples, composées de notes voisines, où l'expres-\nsion résulte d'une force concentrée et retenue plutôt qu'étalée ; retour fréquent\ndes motifs, mais avec un sens nouveau, superposition des thèmes dans de gran-\ndioses ensembles, et ampleur du développement. Le 3e acte de Hulda que\nM. Albert Carré nous a plusieurs fois promis de monter à l'Opéra-Comique\nn'a pas fait une médiocre impression. C'est une musique qu'il faut jouer tout\nautrement que la Symphonie en ré ; pour que sa couleur ressorte bien, il faut\nlui donner une vive allure et en découper avec attention certaines formes. On a\ntrop souvent dit que César Franck était un (( mystique », une manière de saint\nqui occupa sa vie à sculpter sa propre châsse. Il convient de réparer à son égard"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "531", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.19", "texte": "INFORMATIONS\n\nune dernière injustice en faisant connaître son sens dramatique. M. Colonne, qui\nlui consacre le môme culte qu'à Berlioz, n'y aura pas peu contribué. Quant au\npoème de Psyché, qui terminait le concert, le public s'est montré infiniment sen-\nsible à cette pénétrante caresse de poésie musicale. La scène de (( Psyché trans-\nportée par les Zéphyrs dans les jardins d Eros », pour n'en pas citer d'autres, a\nune grâce que nul n'a dépassée. C est frais comme la nature, quand passent les\npremiers souffles du printemps. Les chœurs dans la coulisse, très fondus et\nd une valeur toujours juste, ont donné à ce poème l'irrésistible pouvoir d'un\nenchantement. T d\nAu concert du 24 octobre, reprise de 1 exquise Psyché de César Franck\navec 1 ouverture du Roi cfYs) et, après cette seconde promenade dans les jardins\nd Eros, magistrale exécution de la ixe Symphonie avec chœurs, de Beethoven.\nCONCERTS LAMOUREUX. M. Chevillard vient d'accomplir en Allemagne, avec\nson orchestre, un triomphal voyage. Les journaux d'outre-Rhin (voir la Neue\nZeitschrift du 19 octobre) louent beaucoup son (( tempérament artistique )) et la\nhaute valeur de la Société qu'il dirige. « Elle est, disent-ils, de premier ordre »\nieine erstklassige Kunstlerische Korporation) et elle a obtenu des succès (( d'en-\nthousiasme » (Stùrmischen Beifall), bien que les salles de concert, comme il est\narrivé à Berlin, fussent parfois défavorables. Aux programmes, avec les grands\nmaîtres allemands, figuraient les noms de Berlioz, Chabrier, Lalo, Debussy,\nDukas, I. de Camondo. Pour sa rentrée à Paris, 23 octobre, l'excellent chef\nd orchestre a repris la série de ces programmes de grande envergure où les\nchefs-d'œuvre les plus importants sont exécutés par les artistes rares : avec la\nSymphonie en ré mineur de César Franck, il nous a donné le troisième acte du\n(( Crépuscule des Dieux ». M. Van Dyck, très loué par les uns, a été discuté par\nles autres. Il est certain que la musique de Wagner, avec sa jeunesse et son\naisance incomparables, écrase les chanteurs.\n\nJ. C.\n\nInformations.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 septembre au 19 octobre 1904.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2 I\nSept.\nTannhauser.\nR. Wagner.\n17.035 92\n23\n—\nLohengrin.\nLes Huguenots.\nR. Wagner.\n16.619 84\n26\n—\nMeyerbeer.\n18.736 91\n28\n—\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n16.369 92\n3o\n—\nRigoletto. — Coppélia.\nVerdi. Léo Delibes.\n19.738 34\n3\nOctobre\nLe Fils de VEtoile.\nG. Erlanger.\n17.047 91\n5\n—\nFaust.\nGounod.\n17.994 92\n7\n—\nTannhauser.\nR. Wagner.\n16.496 84\n8\n—\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n12.097 »\n10\n—\nRigoletto. — La Korrigane.\nVerdi. Widor.\n14.938 41\n12\n—\nLe Fils de l'Etoile.\nG. Erlanger.\nI 5.01 I 92\nH\n—\nTannhauser.\nR. Wagner.\n16.639 34\n15\n—\nFaust.\nGounod.\ni5.o3o »\n17\n—\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\n16.723 41\n19\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\n22.245 92"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "532", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 septembre au 19 octobre 1904.\n\nLYCÉE LOUIS-L.E-GRAND. Par arrêté du 19 octobre,M. Schwartz, professeur\nde solfège au Conservatoire et chef des chœurs de la Société des Concerts, a été\ndélégué dans les fonctions de professeur de chant aux lycées Louis-le-Grand et\nMontaigne, avec mission spéciale de constituer une chorale dans les deux lycées.\n\nROUBAIX. Par arrêté préfectoral du 8 octobre courant, M. Jules Bacquart\nest nommé professeur du cours de violoncelle et du cours de solfège (adultes,\nre classe) à l'École de musique, succursale du Conservatoire national.\nMlle Perez de Brambilla, dont on connaît la grande expérience et l'autorité\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nSept.\nWerther.\nMassenet.\n5.284 »\n21\n—\nManon\nMassenet.\n7.409 5o\n2 2\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n6.235 5o\n23\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n6.379 »\n24\n—\nAlceste.\nGluck.\n7.539 5o\n25\n— matinée\nMignon.\nA. Thomas.\n3.240 5o\n25\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.646 5o\n26\n—\nMireille.\nGounod.\n4 543 5o\n27\n—\nLe Toréador. — Le Jongleur\nde Notre-Dame.\nAdam. Massenet.\n5.864 »\n28\n—\nLlceste.\nGluck.\n5 236 »\n29\n—\nAe Jongleur de Notre-Dame. —\nLe Toréador.\nMassenet. Adam.\n5.384 »\n3o\nAlceste.\nGluck.\n6.199 5o\nIER Octobre\nManon.\nMassenet.\n8.737 5o\n2\n— matinée\nCarmen.\nBizet.\n5.629 5o\n2\n— soirée\nLa Vie de Bohême. — Les ren-\n>\ndez-vous bourgeois.\nPuccini. Nicolo.\n5.908 5o\n3\n—\nLe Domino noir.\nAuber.\n4.I5O 5O\n4\n—\nAlceste.\nGluck.\n5.793 5o\n5\n—\nManon.\nMassenet.\n6.834 »\n6\n—\nLouise.\nG. Charpentier.\n8.274 5o\nÎ R\n7\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n9.341 5o\n8\n—\nAlceste.\nGluck.\n6.672 5o\n9\n— matinée\nManon.\nMassenet.\n5.Q2Q »\n9\n— soirée\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.2i3 5o\n10\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.576 »\n11\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.434 5o\n12\n—\nLa Vie de Bohême. — Le Por-\ntrait de Manon.\nPuccini. Massenet.\n6.457 »\ni3\n—\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.242 5o\n'4\n—\nManon.\nMassenet.\n7.668 5o\n1 5\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\n16\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n9.319 5o\n— matinée\nAlceste.\nGluck.\n8.5o6 5o\n[6\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.233 5o\n17\n—\nLe Roi d: Ys.\nLalo.\n4.574 5o\n18\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\n1 / 1\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n7.3QO »\n19\nLouise.\nG. Charpentier.\nA\nO\n»\nUS\n.m"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "533", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.21", "texte": "SUPPLÉMENT. ERRATUM\n\nen matière musicale, vient de reprendre, 6, rue de Saint-Pétersbourg, avec des\nartistes de choix, ses cours de piano, harmonie et accompagnement.\n\nCORRESPONDANCES. L'abondance des matières nous empêche d'insérer :\nune lettre de notre correspondant de Berlin, M. René-L. Dircks, relatant le très\ngrand succès obtenu à Berlin (surtoutdans l'exécution des œuvres de R. Wagner)\npar M. C. Chevillard, devant un public de choix où se trouvaient R. Strauss,\nJoachim, Humperdinck, Gerushemi, Munck, M Bihourd, ambassadeur de\nFrance, et M. de Hiilsen, Intendant général des Théâtres Royaux, représentant\nl'Empereur d'Allemagne ; une lettre d'un de nos correspondants de Londres,\nM. Maurice Tessier, nous disant que le public londonien est présentement sous\nle charme des violonistes : au St-James Hill, Bronislaw Hubermann, protégé de\nla reine Carmen Sylva, virtuose étonnant (c'est lui qui, le 16 mai]i9o3, dans un\nconcert donné à Gênes, joua pendant une heure sur le violon de Paganini) ; au\nCrystal Palace, Kubelick donnant ses dernières auditions ; et, dans quelques\njours, Sarasate; une lettre de notre correspondant de Tours, M. E. Moreau,\nnous apprenant l'heureuse nouvelle de la réorganisation des Concerts classiques\ndans cette ville ; une lettre de M. Bertiau, professeur de musique à Amiens,\nsignalant une très solide conférence sur la diction faite par M. Seguy, de l'Opéra,\ndevant les instituteurs de la Somme.\n\nORCHESTRE D'HARMONIE. Au Trocadéro, viennent de se réunir les anciens\nmusiciens de l'armée, fondateurs de l'Orchestre d'Harmonie qui, pour de grandes\nfêtes musicales populaires, complète l'organisation de l'Ecole de Chant choral,\ncréée sous les auspices de M. G. d'Estournelles de Constant.\nIls ont élu président du conseil d'administration de leur société de secours\nmutuels et de retraite le virtuose Edouard Lachanaud, ex-cornet solo de la\nmusique de la Garde républicaine.\nLes adhésions sont reçues par M. H. Radiguer, au palais du Trocadéro.\nDès maintenant, les universités populaires peuvent faire appel au concours de\n1 Harmonie des Anciens Musiciens de F Armée pour leurs concerts.\nL'effort des membres de Y Harmonie des Anciens Musiciens de F Armée sera\ndirigé vers ce but. Il tendra aussi à réhabiliter dans l'opinion des musiciens\nl'orchestre d'harmonie, pour lequel ont écrit jadis, dans un temps où son orga-\nnisation était cependant moins parfaite, et les fondateurs de l'Ecole française,\nMéhul, Cherubini, Lesueur, Gossec, et les fondateurs de 1 Ecole allemande,\nMozart, Beethoven, et aussi Mendelssohn, Berlioz, Richard Wagner.\n\nNotre Supplément musical. Avec la charmante pièce que M. Humperdinck, le\ncélèbre compositeur allemand, a bien voulu nous envoyer, nous publions, comme\nsuite à une note précédente sur Armide au théâtre, un fragment du Renaud de\nSacchini. C'est un air extrêmement pathétique, vraiment digne de Gluck. La Ga-\nvotte, tirée du même opéra, ne manque pas de grâce archaïque.\n\nErratum : dans notre numéro du ier octobre, p. 472, 1. 7(a fine), lire : « Jenny\nLind », au lieu de : (( Rosine Stolz »."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "534", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.22", "texte": "Nous continuerons, au cours de 1905, à publier un certain nombre\nde numéros exceptionnels consacrés à des compositeurs et à des sujets\nintéressant particulièrement l'histoire de la musique.\nLa Revue musicale publiera prochainement un numéro spécial\nconsacré à la chanson populaire.\n\nREVUE MUSICALE\nLa collection complète de la Revue musicale est en vente dans nos\nbureaux {5l, rue de Paradis) au prix de 20 fr. pour chaque année.\nA nos nouveaux abonnés, nous offrons tout ce qui a paru (années\n1901, 1902, 1903 et 1904 jusqu'à ce jour) au prix d'ensemble de 30 fr.\nVoici les sommaires de quelques numéros de la Revue musicale :\nSOMMAIRE DU ler JUIN 1903\nTexte littéraire :\nPortrait de Louis Marchand, organiste (1671 1732).\nVincent d'lndy César Franck.\nRomain Rolland. Echo et Narcisse, opéra de\nGluck.\nGilbert Desvallons. La musique et la danse au\nGabon.\nJules Combarieu. Esthétique musicale : IX. La\nmusique au point de vue sociologique.\nJulien Tiersot. La musique et la Convention\nnationale.\nLouis Laloy. Phonographe et gramophone\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin\n(suite).\nSupplément musical :\nSaint-Saëns. Scherzetto.\nGluck. Air d Echo et Narcisse (1779), réduit pour\npiano.\nEd. Missa. Ballade flamande.\nSOMMAIRE DU 15 JUIN 1903\n(Consacré à l'Opéra)\nTexte littéraire :\nPortrait de Ch. Garnier, architecte de l'Opéra (1825\"\n1898). 1\nLa Rédaction. A propos du monument de Ch.\nGarnier.\nLouise Garnier. Charles Garnier (1825-1898),\nCharles Malherbe. La bibliothèque de l Opéra.\nNotes sur l'histoire de l'Opéra.\nRomain Rolland. Les origines de 1 Opéra italien.\nSupplément musical :\nA. \\ivaldi (1680-1/43). - Gigue de la Suite en la\n(réduite pour piano).\nW. Chaumet. Femmes et fleurs (scène).\nSOMMAIRE DU ler JUILLET 1903\nTexte littéraire :\nVincent d'lndy. César Franck (suite).\nLouis Laloy. Ambroise Thomas (1811-1896).\nHector Berlioz. La première œuvre d'A. Thomas\n(1837).\nAndré Pirro. Un organiste au xvne siècle : Nicolas\nGigault.\nConstant Zakone. J.-Ph. Rameau au Théâtre.\nSupplément musical :\nLulli. Air de Persée (1682).\nMarchand (1669-1733). Deux pièces pour orgue (ou\npiano).\nA. Thomas. Air de la Double Echelle (1837).\nSOMMAIRE DU 15 JUILLET 1903\n(Consacré au Conservatoire)\nTexte littéraire :\nConstant Pierre. Le Conservatoire national de musi-\nque : le budget, les maîtres, les concours, les élèves et\nrenseignement Devoirs d'élèves.\nDT A. Kirchfeld. La Musique et l'Enseignement supé-\nrieur en France et à l'Etranger.\nJ. C. La Musique dans l'Enseignement secondaire.\nHenri de Reuilly. Promenades et visites musicales.\nAuguste Lassery. Notes bibliographiques.\nSupplément musical :\nL. Adam. Morceau de lecture donné au concours du\nConservatoire en 1833.\nA. Pugno. Morceau de lecture donné au concours du\nConservatoire en 1902.\nE. Reycr. Mélodie."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "535", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.23", "texte": "SOMMAIRE DU ler AOUT 1903\nTexte littéraire :\nM. Guidé, Directeur du théâtre de la Monnaie de\nBruxelles : portrait et notice.\nJules Combarieu. Esthétique musicale (X). Les origi-\nnes de la Symphonie.\nGaston Duval. Un nouveau cas de vandalisme musical :\nUne édition de M. J. Leclair (1687-1764).\nHenri Quittard. Un chanteur compositeur : Nicolas\nFormé (1567-1638).\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin (suite).\nSupplément musical :\nJ.-Ph. Rameau. Scène l'e de f a Guirlande (1751).\nJ.-Ph. Rameau. Air de ballet de La Guirlande.\nSOMMAIRE DU 15 AOUT 1903\n(Consacré à Hector Berlioz)\nTexte littéraire :\nPortraits de Berlioz et d'Henriette Smithson.\nJules Combarieu. Berlioz, lord Byron et E. Delacroix.\nA. Lascoux. Documents biographiques sur Berlioz.\nR. de Saint-Arroman. Quatre lettres inédites de et\nsur Berlioz.\nJ. C. Henriette Smithson : Une idylle tragique ra-\ncontée par les documents.\nSaint-SaënB. Anecdotes sur Berlioz.\nJulien Tiersot. Nouvelles lettres inédites de Berlioz à\nMeyerbeer, Mme Viardot, etc.\nR. Wagner, Camille Saint-Saëns, Hanslick, Hugo Rie-\nmann. Opinions sur Berlioz musicien.\nP.Morillot, A. Hallays, L. Lalog. Berlioz écrivain et\ncritique.\nSupplément musical :\nAirs de YArmide de Gluck (1777) et de YArmide de\nLulli (1686).\nSOMMAIRE DU ler SEPTEMBRE 1903\nTexte littéraire :\nAlexandre Guilmant : portrait et notice.\nX... Massenet intime. Souvenirs de Monte-Carlo.\nVincent djndg. César Franck (Souvenirs person-\nnels).\nJules Combarieu. —La musique au point de vue socio-\nlogique (suite). Analyse d'une sonate de J.-S. Bach.\nEug. de Bricqueville. Les ressources de l'Orgue mo-\nderne.\nPaul Viardot. Trompettes marines et violes.\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin (suite).\nSupplément musical:\nJ.-S. Bach.— Prélude, gavotte, loure, courante, bourrée\n(1719).\nSOMMAIRE DU 15 SEPTEMBRE 1903\nTexte littéraire :\nMme^Tassu-Spencer, professeur au Conservatoire : por-\ntrait et notice.\nAmédée Lemoine. L'Enlèvement au Sérail, de Mo-\nzart.\nJules Combarieu. La musique au point de vue socio-\nlogique. Analyse d'une sonate de J.-S. Bach (suite).\nLouis Lalog. - Le Vandalisme musical (à propos d'une\nnouvelle édition de la Damnation de Faust).\nPierre Aubry. La musique au moyen âge.\nG' Tricou. Philibert Jambe-de-Fer, musicien lyonnais.\n(reorges Pfeiffer. De l'interprétation des signes d'or-\nnement chez les maîtres anciens.\nKarlowicz. Correspondance inédite de Chopin (suite).\nSupplément musical :\nGrétry. Ouverture de la Rosière de Salency (1774),\nréduite pour piano.\nSOMMAIRE DU 1\" OCTOBRE 1903\nTexte littéraire :\nTh. O. Manoury, professeur au Conservatoire : por-\ntrait et notice.\nJules Combarieu. La danse et son rythme dans la\nsonate de Bach (suite).\nM.- D. Calvocoressi. Le système d'harmonie de\nM. Hugo Riemann.\nLouis Laloy. Le rythme grégorien, â propos d'un ou-\nvrage récent.\nAndré Pirro. Nicolas Gigault. Un organiste au\nxvne siècle (fin).\nSupplément musical :\nVeraeini (1665-1750). Gigue.\nGigault. Pièce pour orgue ou piano. Mélodie grégo-\nrienne.\nSOMMAIRE DU 15 OCTOBRE 1903\nPortrait de M. E. Lemoine, directeur de la Trompette,\net notice.\nTexte littéraire :\nLa Revue musicale. Nos concours.\nM.-D. Calvocoressi. Les théories de M. Hugo Rie-\nmann (suite).\nMichel Brenet. La musique funèbre.\nE. Lemoine. Une société de musique de chambre.\nL. Schneider. M. Puccini et la Tosca.\nBibliographie. Informations. Publications nou-\nvelles.\nSupplément musical :\nBach. Petite fugue.\nFrançois Couperin. Les Barricades mystérieuses.\n\nA ses nouveaux abonnés d'un an (20 francs et 25 francs pour l'Étranger), la\nRevue musicale offre deux primes :\ni° Une partition, piano et chant ;\n2° Un volume de théorie musicale (couronné par l'lnstitut).\nLa Revue musicale, par mesure exceptionnelle, envoie les huit numéros (de\n48 pages chacun) où elle vient de publier la Correspondance inédite de Chopin, de\nsa famille, de ses élèves, contre mandat de 3 fr. 50. Cette correspondance com-\nprend plus de cent lettres nouvelles (avec photographies, fac-similé, etc.) qui\néclairent d'un jour nouveau la biographie de l'illustre pianiste."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "536", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041101-01.1.24", "texte": "Bulletin d'Abonnement à la \" REVUE MUSICALE \"\nJe déclare souscrire à un abonnement de.\nà dater du - pour la somme\ns que je joins ci-inclus.\n( que je vous autorise à faire toucher.\nSIGNATURE :\nNom : - -\nAdresse : : . 1\nMettre ce Bulletin sous enveloppe à l'adresse de la Revue musicale, si, rue de Paradis.\nNous rappelons à nos Abonnés le Concours de Composition chorale\n(prix offert : 600 fr.) dont nous avons indiqué le programme dans un\nnuméro antérieur de la Revue Musicale.-\nt'•\\ i . .\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie."}]}