{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_sha256": "ed44602484b25980131f23da1efdc5471d91b4dc174b1a95eff00091a666dc3d", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/11/15_01/bmtnabj_1904-11-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/11/15_01/bmtnabj_1904-11-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "537", "page_fin": "538", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.1", "titre_corps": "ALEXANDRE LUIGINI.", "titre_sommaire": "ALEXANDRE LUIGINI.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "538", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "ALEXANDRE LUIGINI.\n\nNé à Lyon le g mars iByo, Directeur de la musique au théâtre de VOpéra-Comi-\nque, M. Luigini méritait de figurer dans la galerie des maîtres, que nous avons com-\nmencée, à côté des Colonne, des Chevillard, des Tajfanelet des Marty. Chef d'or-\nchestre exigeant beaucoup, mais obtenant beaucoup aussi de ses musiciens (auxquels\nil fit parfois répéter, dans le détail, les oeuvres qu ils croyaient posséder pleinement),\nil a le geste aussi autorisé que le jugement sur ; avec les artistes, sa parole est tour à\ntour incisive et caressante... Il a rendu à Vart musical les plus beaux services. Nous\nne reproduirons pas sa biographie, que tous les habitués du théâtre ont eue sous les\nyeux dans les programmes ; nous nous bornerons à rappeler les ouvrages [créa-\ntion) qu il a montés à ïOpéra-Comique : le Spahi, 18 octobre iBgy ; la Bohême,\niy juin 18g8 ; l'Angelus, 2 mars 7599 ;le Cygne, 20 avril iBgg; Cendrillon,\n24 mai iBgg; Javotte, 29 octobre iBgg ; Bastien et Bastienne, 9 juin igoo ; la\nMarseillaise, 14 juillet igoo ; l'Ouragan, 29 avril Igo 1 ; le Légataire univer-\nsel, 6 juillet igoi ; Maître Wolfram, 7 février igo2 ; la Troupe Jolicœur,\n90 mai igo2 ; Titania, 20 janvier igoy; Muguette, 18 mars igoy ;le Jongleur\nde Notre-Dame, 10 mai igoy ; Alceste, yo mai igoy. Au théâtre de la Gaieté,\nM. Luigini a repris Ilérodiade, 21 octobre igoy la Flamenca, 90 octobre\nigoy ; la Juive, 21 novembre igoy ; Messaline, 24 décembre igoy. Voilà des\ntiti es qui justifient la réputation de M. Luigini et lui assurait la reconnaissance\nde tous les musiciens."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "537", "page_fin": "537", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.1.1", "titre_corps": "Alexandre LUIGINI", "titre_sommaire": "Alexandre LUIGINI", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "537", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.1", "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "Alexandre LUIGINI"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c003", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "538", "page_fin": "538", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.2", "titre_corps": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL. Ilsvndel ne soutient peut-être pas la comparaison", "titre_sommaire": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL. Ilsvndel ne soutient peut-être pas la comparaison", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "538", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.2", "debut_caractere": 1576, "fin_caractere_exclue": 2295, "texte": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL. Ilsvndel ne soutient peut-être pas la comparaison\navec Bach pour la profondeur du sentiment religieux ; mais il est son égal pour la\nfoi CL et la mei veilleuse abondance de l inspiration, ainsi que pour l'absolue maîtrise\ndu style. Les deux morceaux que nous publions aujourd'hui sont des (( airs\ntendres j), empruntés aux opéras de Radamiste (1720) et Rodelinde (7727). La\nligne pure et gracieuse de la mélodie, la fermeté de l'harmonie, l'art discret et déli-\ncat du contrepoint, tout en fines imitations et en délicates broderies, font de ces\nans des mei veilles dont le secret est perdu aujourd hui. Heureuse époque que celle\nou la musique savait sourire sans rien perdre de sa puissance !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c005", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "539", "page_fin": "544", "image_debut": 3, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.3", "titre_corps": "Notes sur l'enseignement et l'étude du piano. DE L'IMMOBILITÉ. LA MUSIQUE SERT-ELLE à DÉVELOPPER L'ATTENTION ?", "titre_sommaire": "Notes sur l'enseignement et l'étude du piano. DE L'IMMOBILITÉ. LA MUSIQUE SERT-ELLE à DÉVELOPPER L'ATTENTION ?", "signature_source": "Dr A. LOMBARD", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "539", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.3", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3206, "texte": "Notes sur l'enseignement et l'étude du piano.\nDE L'IMMOBILITÉ. LA MUSIQUE SERT-ELLE à DÉVELOPPER L'ATTENTION ?\n\nCe que Gratiolet dans son Traité de la physionomie et desmouvements dexpression.\nFéré dans sa Pathologie des émotions, ainsi que Spencer, Paulhan et Th. Ribot\nau cours de leurs études physiologiques, ont affirmé sur la valeur éducatrice de\nla musique, Mme Jaëll l'a développé dans un livre très exact, la Musique et la Psy-\nchologie, qu'une artiste seule pouvait rendre autorisé. Physiologiste moi-même,\nje crois l'avoir comprise mieux que tout autre, et voici la chaîne de ses raison-\nnements.\nQu'est-ce que l'étude de la musique ? C'est, avant tout, l'étude des moyens\nmatériels destinés à réaliser la beauté des sons. Toute musique est faite pour\nêtre exécutée, et cette exécution, si elle ne peut avoir lieu sans l'application sou-\ntenue de l'esprit, exige en outre la tension musculaire du corps tout entier. Le\npiano, la flûte, la voix elle-même, offrent un monde de résistances, une inertie\ncontre laquelle toute notre énergie motrice doit se soulever. Le processus méca-\nnique de la musique n'est plus contestable. Mais puisque l'harmonie et la mélo-\ndie se résolvent en mouvements et que tout mouvement se décompose en actions\net en réactions dont l'intensité, la direction, la relativité enfin selon tous les\nmodes de 1 espace et du temps sont mesurables, l'exécution de la moindre note\nmusicale se présente à nous comme un problème de mécanique, et les données\nde ce problème ne nous paraissent se fondre dans une fluidité insaisissable que\nparce qu'elles se composent de petits faits extrêmement nombreux, liés par\nd'autres faits infinitésimaux et dont la science, appliquant enfin aux sensations\nauditives ses procédés d'investigation microscopique, commence seulement à\nsoupçonner les lois.\nMais entrons dans les détails et suivons ici Mme Jaëll, et avec elle tous les\nphysiologistes.\nMme Jaëll, afin de mieux convaincre, procède négativement :\nQuelles sont, demande-t-elle, les causes de l'inefficacité de l'enseignement\nmusical ?\nEn ce qui concerne le piano —et ceci peut être étendu à n'importe quel in-\nstrument, ces causes sont au nomore cie quatre :\ni° Insuffisance de l'immobilité des doigts, avant de projeter le mouvement\nde l'attaque.\nIl peut sembler étrange d'affirmer, comme l'implique cette remarque, que\nl'immobilité musculaire est la condition fondamentale de toutebonne instruction\nmusicale. Mais si l'on réfléchit que (( l'énergie d'un mouvement est en rapport\navec la représentation mentale de ce mouvement )) (Bain, L'esprit et le corps),\non arrive à en conclure qu'afin de donner à cette représentation le relief et le ca-\nractère presque hallucinatoire qui résultent de sa netteté, il faut qu'elle se pro-\nduise dans l'esprit au moment où toute autre impression étant affaiblie ou éteinte,\nun calme absolu la favorise et laisse libre le jeu des cellules correspondantes. En\nun mot, le geste le plus insignifiant et yen a-t-il, en apparence, de plus banal\nque celui de soulever un doigt pour le laisser retomber sur le clavier ? ne\ns'effectuera dans des conditions de durée, d'intensité, de vitesse et de direction"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "540", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.4", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3659, "texte": "conformes à l'ordre mental, que si cet ordre mental a pu, d'abord, se formuler\net se transmettre au milieu du plus grand silence intérieur, dans la paix pro-\nfonde de tous les organes. Avant toute chose, il convient donc que 1 exécutant\natteigne ce degré d immobilité musculaire parfaite. Et notons, avec Bérard, que\nl'immobilité n'est pas le repos. Il s'agit ici d'un calme conscient, d'une tran-\nquillité d'ordre spécial, d'une sorte d'action statique, pareille à celle que les\nanimaux imposent, dans toute la clairvoyance et la puissance de l'instinct, à leurs\nnerfs au moment qui précède un acte de force ou de rapidité foudroyante. L ac-\ntion statique, qui n'est que de l'énergie en réserve, dépasse de beaucoup 1 action\ndynamique ou 1 énergie agissante, car il est manifeste qu'aucun organisme ne\nsaurait, sous peine d auto-destruction immédiate, projeter au dehors la somme\ntotale de ses forces.\nL'immobilité musculaire constitue donc le premier degré de 1 attention. Elle\ncrée la sphère entièrement vide, entièrement silencieuse où, à travers des tissus\nque rien ne trouble, le processus intellectuel pourra se propager jusqu'aux\nphalanges et s'extérioriser en un geste d'une précision absolue.\nAinsi, quand même la note exécutée dans de telles conditions serait fausse,\nelle n'en répondrait pas moins à unétat mental parfaitement conforme aux lois de\nfonctionnement de 1 intelligence ; elle résulterait d'un exercice d attention suprê-\nmement efficace pour le développement de la conscience ; elle prouverait que si\nl'exécutant, trahi par une ouïe encore grossière, s'est trompé sur les propor-\ntions de temps, d'intensité ou de vitesse imposées par la tonalité de cette note,\nil n'a point cependant commis d'erreur, il n'a point éprouvé de faiblesse, il ne\ns est point relâché, négligé ou abandonné en ce qui concernait la préparation de\nses forces à l'accomplissement du geste manqué. Son mécanisme musculaire et\nnerveux apu se détendre sur une fausse indication, mais il s'est détendu dans\ntoute la plénitude d'un effort tranquille et savamment appliqué à un seul point.\nQui ne voit que 1 attention, fondée sur l'immobilité musculaire, prend ainsi\nune ampleur indéfinie?\nNous en déduirons avec P'éré (( que l'exercice de 1 immobilité est l'exercice le\nplus favorable au développement de 1 intelligence ; une éducation qui néglige-\ngerait cet exercice supprimerait l'attention ; ce seraitune éducation régressive )).\n(.Pathologie des émotions.)\n2° L'organisme ainsi préparé par une concentration puissante de toute l'atten-\ntion sur un seul geste, ce serait maintenant une erreur de croire, comme on a\nl'habitude de le persuader aux débutants, que ce geste doit d abord être effectué\nlentement, puis selon une échelle de vitesse croissante.\nErreur grossière ! Lorsque, après avoir mis au point une machine quelconque\net avoir amené à leur degré exact d énergie latente tous ses organes, vous lui\ndemandez la réalisation immédiate d'un travail, quelle raison auriez-vous de\nne pas exiger d'elle le total des forces nécessaires à ce travail ? Représentez-\nvous le pianiste dans l'état de conscience parfaite où nous l'avons laissé. Le\nchamp de son activité intérieure est libre. Aucune sensation, aucune sollici-\ntation étrangère à l'acte qu'il doit accomplir ne le trouble. Il sait ce qu'il veut\nfaire et comment. L'ordre qu'il s'apprête à lancer du fond de son cerveau a\ndevant lui la voie ouverte à travers un organisme souverainement calme. En\nun mot, son énergie, tendue au suprême degré, ne se connaît pas, ne craint pas\nde résistance possible. Pourquoi mesurait-il alors son élan? Pourquoi le res-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "541", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.5", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3817, "texte": "treindre, le différer, l'user dans l'attente ? Pourquoi ne pas accomplir le geste\ndemandé avec toute la puissance motrice accumulée à dessein? Il y aurait là une\ncontradiction avec les lois les plus élémentaires du mouvement, qui veulent que,\nlorsque les conditions de possibilité d un mouvement se trouvent réalisées, il se\ndéveloppe et aille jusqu'au bout de lui-même. Laissons donc, au contraire, le\ngeste s exécuter rapidement. Ne brisons point, par une contraction intempestive,\nl'activité en marche. Un muscle brusquement arrêté dans sa détente se détruit.\n11 faut que le mouvement soit aussi complet que l'appel au mouvement.\nMais remarquons bien, avec Mm« Jaëll, que si elle recommande par là le\nmaximum de vitesse au moment de l'exécution, elle se garde d'en déduire que\n1 exécution tout entière doit être précipitée. Nous verrons plus loin que, fidèle\nen cela aux règles de la physiologie elle défend de mettre entre deux ordres\nmentaux successifs un intervalle inférieur au degré 72 du métronome. Au-\ndessous de cette limite, qui équivaut à peu près à trois quarts de seconde, il se\nproduirait un encombrement dans les muscles chargés de transmettre à la fois\nplusieurs ordres. Car il est très beau et très pittoresque de célébrer ((la rapi-\ndité instantanée de la pensée » ; mais pour le savant cette rapidité n'existe pas.\nDes mesures très précises nous permettent ( 1 ) de supposer que l'intervalle de o 72\nde seconde est absolument indispensable à la conception, à la transmission et à\nl'exécution d un ordre mental. Du moins, si l'organisme réussit, par une répé-\ntition extrêmement fréquente, à restreindre ce délai, ce qu'il gagne ainsi en\nvitesse, il le perd, en vertu d'une loi fatale, en durée. Autrement dit, la tension\nmusculaire cesse après quelques minutes d'exaspération, de se maintenir et\ntombe même au-dessous du niveau initial.\nNous voyons donc avec quelle précision les principes d'une bonne exécution\nmusicale se rapportent à ceux de la mécanique. Que se passe-t-il, au contraire,\naujourd hui dans l'enseignement ? D'abord, on néglige absolument d'instruire\nl'élève de la nécessité de l'immobilité préparatoire. On l'amène au piano, encore\ntout plein de sensations disparates, l'imagination dispersée, la mémoire sur-\nchargée d'impressions sans suite, puis, au lieu de laisser ce chaos se tasser, cet\nincendie s'éteindre, on demande à ses nerfs, à ses muscles parcourus par des\nordres mentaux désordonnés, un effort brusque, une soudaine concentration.\nEnfin, pour achever le mal ainsi commencé, dès qu'il est parvenu à se maîtriseï\net à coordonner ses mouvements, on lui ordonne de marcher avec lenteur, c'est-\nà-dire de briser, par une contraction rétractile, l'élan qu'il vient d'acquérir au\nprix d'un si dur effort. Quelle contradiction ! Quelle ignorance fâcheuse des\nlois de la mécanique mentale !\n30 II y a plus Tout s'enchaîne dans l'erreur ; Mme Marie Jaëll nous le fait com-\nprendre en étudiant le troisième défaut de notre enseignement du piano, je veux\ndire, le défaut de réaction du doigt après l'attaque.\nCombien de professeurs savent-ils que, lorsqu'un organe quelconque vient\nd accomplir un mouvement, ce mouvement revient en quelque sorte sur lui-\n\n(1 ) (( Dans les expériences psychophysiques sur l'appréciation des battements chronométriques,\non remarque que le point où lintervalle du temps apprécié est en moyenne égal à l'intervalle du\ntemps réel et le reproduit fidèlement, est autour de 0.72 par seconde ; or, c'est aussi la valeur\nmoyenne de la durée nécessaiie en général pour la reproduction de la mémoire ou représentation.\nUne vitesse de trois quarts de seconde environ est donc celle où les processus de reproduction\net d'association s'accomplissent le plus facilement. » GUYAU (.La Genèse de Vidée du temps)."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "542", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.6", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3713, "texte": "même et doit se dépenser, jusqu'à extinction complète, en actions accessoires et\ngraduellement décroissantes? Savent-ils aussi que cet élan régressif constitue,\nentre les divers mouvements qui lorment la trame ininterrompue de notre vie\ncérébrale et musculaire, une transition indispensable, une ressource infiniment\nprécieuse ? On peut dire, au point de vue mécanique, que si un mouvement ne\nmourait pas, il tuerait autour de lui tous les autres, car il ne s opposeiait pas\nde raison suffisante à son développement géométrique dans toutes les directions.\nIl faut donc qu'un geste commencé meure, mais il faut aussi que sa période\nde décroissance serve de substratum, de tremplin, pour ainsi dire, à une autre\nmanifestation de l'énergie. En un mot, nos actes ne peuvent naître que liés les\nuns aux autres et s'engendrant mutuellement. Rompre cette chaîne ou ne pas\nen observer les points de jonction délicats, c est laisser inutilisée une part\nénorme d'énergie, et détruire l'organisme par une suite d'arrêts inintelligents.\nQuand on néglige, après avoir exigé de l'élève une attaque franche et vive, de\nlui faireutiliser l'élan acquis pour l'attaque d'une autre note, on pèche encore une\nfois contre les principes de la mécanique. Les muscles, encore pleins de l'action\nà peine terminée, se trouvent admirablement préparés pour une nouvelle orienta-\ntion. Le doigt, appuyé sur la touche, doitcloncs'en retirer par une sorte de glis-\nsement doux, que favorise d'ailleurs le poids de l'avant-bras, et non point rester\nenfoncé puis, brusquement, se relever. Mme Marie Jaëll conseille même d impri-\nmer à l'extrémité de la phalange un mouvement légèrement circulaire, ce qui\npermet au doigt de quitter la touche avec plus d'aisance, car le glissement se\ntrouve ainsi prolongé et arrive à son terme au moment précis où la touche revient\nau point d'arrêt. On évite donc d'abandonner celle-ci dans sa période d'activité ;\non l'accompagne constamment, et si l'on réfléchit que cette possession de l'in-\nstrument par l'exécutant doit se continuer jusqu'à la fin du morceau, on compren-\ndra que toute lacune dans l'exécution devient impossible, puisque à aucun instant\nles doigts n'ont cessé de gouverner, depuis l'attaque jusqu'à la fin de l'attaque,\nle mouvement complet de la touche. Ainsi s'acquiert ce moelleux, cette liaison\nparfaite, cette unité sans lesquelles aucun effet esthétique n'est réalisable.\nLa réaction qu'il est facile d'obtenir parle procédé qu'indique Mme Jaëll a les\nplus heureux résultats, parmi lesquels ceux qui consistent :\na) A établir la durée absolue des notes écrites, si ces notes ne sont ni liées, ni\ndétachées ;\nb) A établir une variété infinie de leur amoindrissement dans le détaché ;\nc) A établir avec des rapports précis la prolongation de la durée dans le lié.\nSi nous passons maintenant à la quatrième conséquence de l'infériorité de l'en-\nseignement actuel, nous la trouverons,\n4° Dans l'impossibilité de faire correspondre l'immobilité de certains doigts\navec l'activité motrice de certains autres.\nCe dernier défaut était facile à prévoir. Celui qui ne sait ni préparer, ni\neffectuer dans les conditions voulues un mouvement unique, ne parviendra pas\ndavantage à coordonner ou à disjoindre convenablement une série successive ou\nsimultanée de mouvements. Toute coordination doit être complète ; toute dis-\njonction doit être précise. Comment un élève dont le cerveau ne réussit pas à se\nfaire obéir par les organes pour 1 exécution d un ordre mental unique y arrivera-\nt-il lorsqu'il s'agira de plusieurs ? Et comment un cerveau qui ne sait point mé-\nnager entre ses manifestations volontaires les intervalles exigés pour leur exacte"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "543", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.7", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3318, "texte": "transmission aux doigts réussira-t-il à disjoindre, en temps utile, ses divers\ngroupes d'ordres mentaux ?\nOr, le piano impose cette double faculté. Elle ne se développera donc, elle ne\nprendra toute sa valeur que si l'on a égard, dès le début, au principe de l'immo-\nbilité musculaire. C'est par lui que l'élève, devenu conscient de chaque acte\nmental, en saisira l'individualité, le trait idiosyncrasique, et se rappellera par\nsuite plus facilement l'effet produit. Plus les ordres mentaux se succéderont dans\nla clarté d'une genèse méthodique, plus l'esprit distinguera nettement les\nmoindres phases de l'exécution.\nMme Jaëll s'exprime là-dessus avec éloquence :\n((L'exécutant qui arrive à jouer une sonate de Beethoven selon les moindres\ndétails de l'écriture musicale sentira que l'action puissante des plus petites dif-\nférences de sonorité et de rythme réalisées crée un principe de dissemblance si\nfluide entre les notes qu'elles semblent s'éloigner les unes des autres. Mais il sen-\ntira aussitôt subsister entre elles un lien qui lui paraîtra plus vivant que les\nnotes. Pour le musicien qui sent vivement son art, l'espace interstellaire ne\nsemble pas exister uniquement au firmament étoilé ; pour lui un phénomène ana-\nlogue existe dans l'art musical dès que les notes réalisent une haute conception\nesthétique. ))\nNous étendre davantage sur la technique musicale serait sortir de notre\ncadre.\nNotre but n'était pas de montrer comment on peut réformer l'enseignement de\nla musique en se fondant sur la physiologie. Nous désirions surtout faire sentir\nles effets qu aurait cette réforme surle développement de l'attention chez l'enfant.\nEt, si l'on nous a bien suivi, on a pu voir que l'exercice du piano, ainsi pratiqué,\ncesserait d'être un inutile et dangereux passe-temps pour devenir une source ad-\nmirable de progrès. Par l'habitude de l'immobilité musculaire, l'enfant appren-\ndrait un fait essentiel : c'est qu'il est oiseux et même nuisible de commencer un\neffort quelconque avant d'avoir mis l'organisme tout entier dans le calme profond\nnécessaire à l'exécution parfaite d'un acte voulu. Il saurait que la plus simple\nopération mathématique, le raisonnement le plus banal, l'acte de mémoire ou\nd imagination le moins complexe, veulent s'accomplir dans le sens de la moindre\nrésistance et qu'il faut, auparavant, chercher cet état de moindre résistance. Une\ntelle condition réalisée, il saurait que toute tergiversation devient inutile, qu'il\nfaut agir, c'est-à-dire penser sans tâtonnements, sans reprises, avec la rapidité\nque l'absence de sollicitations étrangères rend dès lors facile. Le résultat pourra\nêtre faux, car les données antérieures auront pu être acquises trop sommaire-\nment, mais l'esprit n'en aura pas moins réalisé, dans des conditions parfaites\nd'équilibre physiologique, un effort complet. Et tout mouvement normalement\naccompli dans sa plénitude laissant les cellules encore fraîches et disposesj la\nvoie sera ouverte pour d'autres actes de mieux en mieux préparés, de plus en\nplus prompts.\nQu'est-ce que cela, sinon le processus même de l'attention? Quand 1 étude de la\nmusique instrumentale ne laisserait aucune trace d'érudition technique dans la\nmémoire de l'élève, il faudrait encore la pratiquer. Car ce qu'elle lui aura com-"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "544", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.8", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "muniqué d'énergie mentale garde une valeur incalculable. Nous n'avons pas en\neffet, dans le répertoire énorme des engins pédagogiques, un seul outil de tra-\nvail comparable à celui-là On parle à l'enfant de toutes les sciences, mais nulle\npart on ne lui indique le moyen de concentrer ses facultés sur un point donné.\nOn croit exercer sa mémoire en l'astreignant à des exercices de mémoire, c'est-à-\n--dire que, par une contradiction vraiment risible, on lui demande, pour lui ap-\nprendre à se souvenir, de se souvenir, c'est-à-dire de faire d abord la chose qu'il\nne sait pas ! On évite avec soin de lui conseiller l'état de tranquillité intérieure\nsans lequel toute opération de l'esprit devient une souffrance et un danger. On\nparaît ne pas savoir qu'il n'a même pas la conscience de son propre mécanisme\nphysiologique et qu'on ne peut pas perfectionner un instrument qu'on ne con-\nnaît pas !\nLa musique, ramenée enfin à ses origines mécaniques, comblerait donc cette\nlacune de la pédagogie moderne II serait à souhaiter que nos programmes tins-\nsent compte désormais du concours qu'elle apporterait au développement-intel-\nlectuel de l'enfant.\n\nDr A. LOMBARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c006", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "544", "page_fin": "548", "image_debut": 8, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.4", "titre_corps": "Le chant et les méthodes.", "titre_sommaire": "Le chant et les méthodes.", "signature_source": "Alix LENOEL ZEVORT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "544", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.8", "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 2098, "texte": "Le chant et les méthodes.\n\nMARTINI. PANSERON. — Egide\nSchwartzendorf, dit Martini il\nTedesco, mérite de nous faire ré-\ntrograder un instant pour exami-\nner sa méthodede chant. L'Art du\nchant réduit en principes ou Mélo-\npée moderne, fut publié en 1792, et\ndédié à M Lenormand d'Etuilles.\nCette méthode offre ceci de parti-\nculier qu'elle est, dit-on, la repro-\nduction presque intégrale d'un\nTraité de chant, publié en Alle-\nmagne en 1780, par un excellent\nmusicien : Hiller, Traité qui eut\nune influence sérieuse sur la mu-\nsique allemande. Martini, compo-\nsiteur charmant (le Droit du Sei-\ngneur ; Plaisir d'amour, etc.), mais\nthéoricien médiocre, a bien fait\nd'emprunter à son pays les con-\nseils qu'il apportait au nôtre. Il\nnous laisse au moins une bonne\ntraduction, ce qui est déjà chose\nrare.\nGrâce à la composition de quel-\nques chants patriotiques, Martini passa de la musique du prince de Condé et"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "545", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.9", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 457, "texte": "du Comte d'Artois à la situation d'inspecteur du Conservatoire vers 1798, ce qui\nne l'empêcha pas (il était éclectique), sous la Restauration, de devenir surin-\ntendant de la musique du roi.\nM artini le premier en France a écrit des romances ou morceaux détachés avec\naccompagnement de piano. Jusque-là on se contentait d'une basse chiffrée.\nEx. : Plaisir d'amour, la romance charmante qui suffirait à la réputation d'un\nmusicien :"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "546", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.10", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "La phrase en mineur : (( Tant que cette eau coulera doucement )) mesure de\ni à 3. si caractéristique, par ses notes répétés, de la mélancolie qui se dégage\ndes phénomènes de la nature, est soulignée par une basse chantante du plus\nheureux effet (mesures de 1 à 7). Cette basse accuse par ses notes chromatiques\nla langueur des êtres et des choses ; elle soutient le chant avec vigueur,\nquand l'intonation se révèle (mesure 6).\nL'accompagnement plus fourni et en partie plaqué des mesures 8,9 10, 11,\ndonne de la force au serment (( je t aimerai, me répétait Sylvie )). On remar-\nque que la phrase mineure ne se termine pas sur une cadence définitive, ce qui\nétait général, en mineur, à cette époque ; mais le vague delà terminaison ajoute\nau charme, aux sous-entendus du sentiment de regret qu'il exprime ; regret mis\nen relief à la basse (mesure 16) par la répétition de Y ut.\nMartini dit avec raison que pour apprendre à chanter juste, le violon vaut\nmieux que le piano (tempérament), mais que l'accompagnement au piano donne\nl'habitude de l'orchestre. Il conseille de développer la force, seulement après la\nmue ; et de ne pas trop faire solfier l'élève, qui peut contracter de mauvaises\nhabitudes vocales par l'exercice mal conduit du solfège.\nMartini ou Miller, qui ne savent rien du timbre, remarquent cependant avec"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "547", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.11", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3617, "texte": "raison que la bouche, trop petite ou trop ronde, contribue à étouffer les sons ; que,\ntrop ouverte, elle gêne la glande thyroïde (textuel). En rejetant les mots scientifi-\nquement faux, on trouverait peut-être des faits justes, mais mal exprimés dans\ncette théorie. Cette méthode reconnaît trois genres de voix par personne (évidem-\nmant trois registres: poitrine, gosier et tête); et nous, les modernes, qui ne\nsommes pas contents parce que la voix glottique n'a pas dit le dernier mot du\nfausset !\nAucune indication à propos de la respiration, mais le conseil très net de res-\npirer promptement sans râle et de ménager le souffle, de ne respirer qu'après\nY enchaînement harmonique avant une longue ou un trait, après les intervalles\nconsonants ou le soupir, et jamais au milieu d'un mot.\nOn perd la voix, dit l'auteur, en chantant trop vite, trop haut, trop fort, trop\nlongtemps. Décidément la première République avait eu la main heureuse en\nnommant inspecteur du Conservatoire ce professeur ; oiseau rare qui ne voulait\npas casser les voix des jeunes élèves ! Nous trouvons à côté de ces excellents pré-\nceptes des enfantillages scientifiques : (( Le chanteur doit craindre la pulmonie ;\nquand les veines du cou et les nerfs s enflent, s arrêter ». On peut se douter que\nl'auteur engage l'élève à éviter les troubles circulatoires ; mais il le fait dans des\ntermes peu compréhensibles.\nRien de bien net sur le trille ; le conseil excellent de faire correspondre les\nagréments de la mélodie à l'harmonie, pour que ces agréments ne tombent point\nà faux. Pour le port de voix, appuyer sur la première noteafin d'atteindre l'autre.\nL\"indication des notes tenues ou des intervalles par degrés conjoints et disjoints ;\ndes notes liées et des notes piquées, plutôt que Y explication des moyens à em-\nployer pour arriver au résultat.\nDans un bel organe, dit encore l'auteur, la voix ne doit pas être éteinte,\nfêlée, rauque, glapissante, criarde, laborieuse ; pas de hoquets, de glissades, de\ntraînées, de chevrottement, de trilles à la tierce ou à la quarte.\nLa précision dans la mesure, la netteté des traits, les trilles bien terminés\net enfin la grande simplicité qui est la perfection dans tous les arts, voilà ce qui\ncaractérise un bon chanteur. Je crois que les desiderata de Martini pourraient à\npeu de chose près être encore les nôtres. Quant à la science appliquée au chant,\nnous ne pouvons en parler à propos de cette méthode plus que l'auteur n'en\nparle lui-même.\nEt maintenant un mot de Panseron, professeur au Conservatoire en janvier\n1836. Sa méthode a le mérite rare d'oser prendre la science pour base ; malheu-\nreusement le laryngoscope n'existait pas alors ; et les données avancées dans\ncette méthode, données empruntées à Colombat et à Benatti, ont été abandonnées\npresque généralement. Voici comment Panseron s'exprime: (( Voix laryngienne.\nPlus le larynx est rétréci, et plus les cordes vocales sont tendues par l'action des\nmuscles constricteurs de ces parties, plus le son sera aigu ; plus la distance qui\nsépare Vouverture extérieure du tuyau vocal, du point ou le son se produit, est dimi-\nnuée par l'action des muscles élévateurs du larynx, plus le son sera aigu. »\nActuellement on n'admet pas que le plus ou moins de hauteur ou de profondeur\ndu tuyau vocal agisse sur la hauteur de la voix, mais bien sur le timbre.\nLa théorie sur la voix empruntée à Benatti est encore plus singulière ; pharyn-\ngienne, (( si dans la plus grande étendue de l'échelle musicale, la glotte est l'organe\ngénérateur des sons, il n'en est pas ainsi lorsque le larynx est parvenu à son plus"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "548", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.12", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "haut point d'ascension, et le chanteur est obligé d'avoir recours à une autre espèce\nde voix », etc... Pendant le mécanisme du fausset, le larynx ou plutôt la glotte ne\nvibre plus d'une manière apparente ; son usage est de rétrécir l'orifice par où\ns'échappe le petit filet d'air qui avec celui de la bouche suffit pour les sons du\nfausset.\nDans ce cas les muscles du pharynx, ceux des voiles du palais, la luette, la\nbase de la langue et tous les organes qui composent l isthme du gosier sont les\nprincipaux modificateurs de ces sons dont l'ensemble constitue la voix pharyn-\ngienne. Et dire que de pauvres élèves du Conservatoire ont dû chercher avec\npersévérance la voix pharyngienne ! Inutile d'ajouter que Panseron prenait\nl'effet pour la cause, la constriction pharyngienne qui accompagne la voix de\nfausset, pour la voix de fausset elle-même.\nPanseron, du reste, avait au moins le mérite de s'en rapporter aux théories\némises par les savants ; ce n'était pas lui qui faisait fausse route; mais sa science\net le fait seul d'avoir voulu le progrès, même dans des errements, font l'éloge de\nce maître ; actuellement encore certains professeurs du Conservatoire ont lutté\nou luttent pour la même cause; saluons-les en passant ; ils ont la sympathie\nde tous ceux qui ne séparent pas l'art de la science ; souhaitons-leur le succès\net souhaitons à leurs détracteurs d'être éclairés par la science ou aveuglés par\nla vérité.\nLa méthode de Panseron était simple, graduée et bien comprise. Elle fut\npresque seule en usage pendant un demi-siècle. Nous aurons du reste 1 occasion\nde reparler de cet auteur à propos de son traité d'harmonie. Remarquons\ncependant qu'il indique peu le mécanisme de ses exercices\nIl paraissait comprendre l'importance du travail de lémission sur toutes les\nvoyelles ; toutefois, sacrifiant à l'usage, il recommande de vocaliser sur a ê seu-\nlement, tout en engageant le chanteur à se rendre maître des autres sons. Il\nattache une grande importance à la respiration, sans en donner les règles. Le\nchapitre qui traite de la classification des chanteurs d'après leur conformation\nthoracique laryngienne et sus-laryngienne est assez remarquable. Appareil\nvocal supérieur développé et mobile, arrière-bouche grande, narines étroites,\nluette très forte, voile du palais grand, langue grosse, large : les soprani auraient\nces organes plus développés parce qu'ils exercent davantage la partie supérieure\ndu tube vocal.\nCeci paraît juste.\n(( Chez les basses, le larynx est beaucoup plus grand et descend presque jus-\nqu au milieu du cou ; la saillie antérieure du cartilage thiroïde (pomme d'A-\ndam) est plus piononcée , le nez est plus allongé, les sinus nasaux plus vastes\npaice que 1 an les tiaveise constamment, les épaules et la poitrine plus larges.\nMais la bouche au contraire est plus petite ; le voile du palais plus épais et\nmoins giand, la luette moins saillante et moins mobile. Enfin toutes les par-\nties du gosier sont rétrécies. ))\nL observation paraît confirmer ces règles.\n\nAlix LENOEL ZEVORT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c009", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "549", "page_fin": "551", "image_debut": 13, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.5", "titre_corps": "La sonate en la mineur, pour violon et piano, de M. Henri Février", "titre_sommaire": "La sonate en la mineur, pour violon et piano, de M. Henri Février", "signature_source": "ADALBERT MERCIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "549", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.13", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 2459, "texte": "La sonate en la mineur, pour violon et piano, de M. Henri\nFévrier\n\ni 1 ) Chez Henri Gregh, successeur de Quinzard et Cie, 8. faubourg Montmartre.\n(2) M. Février a été nommé l'année dernière membre du comité de cette Société.\n\n(l).\nAl. Henri Février, que nous présentons pour la première fois à nos lecteurs,\nest un jeune : il est à peine âgé de vingt-huit ans. Il fit ses premières études mu-\nsicales au Conservatoire, dans la classe d'harmonie de M. Pugno, puis dans\ncelle de M. Xavier Leroux, qui succéda à ce dernier. M. Février travailla la com-\nposition avec M. Gabriel Fauré, et Ton peut dire qu'il reçut de ce maître une heu-\nreuse influence musicale. En effet, la nature délicate et expressive de ce jeune\ncompositeur ne pouvait que s'épanouir au contact de 1 art si personnel et si élevé\nde M. Gabriel Fauré. Et M. Février, outre la science de la technique musicale,\nqu'il -possède supérieurement, présente des qualités d'expression très person-\nnelles. J'en profite pour rapporter ici une opinion, qui est de lui, et qui contri-\nbuera à définir ses tendances musicales auprès de nos lecteurs : « J'ai horreur\ndes complications inutiles et de la musique des mathématiciens : la musique est\nun art d'expression, et ceux qui veulent en faire un art de raison et d'explication\nsont des musiciens ingénieux, mais dépourvus d'émotion et de sensibilité. Je\npréfère le plus léger frisson à des pages froides et voulues. »\nAl. Février est l'auteur de nombreuses mélodies, souvent chantées ; d'un\nchœur avec accompagnement d'orchestre, exécuté dernièrement au concert de la\nSociété nationalefV, sous la direction de Al. Cortot. De plus, nous connaissons\nde lui un trio très intéressant, œuvre d'une haute valeur musicale. Il est aussi\nl'auteur d'un ouvrage en deux actes, reçu récemment à l'Opéra-Comique : le\nRoi Aveugle, légende Scandinave, en collaboration avec Al. Hugues Le Roux.\nEnfin, —et c'est ce qui nous occupe ici, —il est l'auteur d'une sonate en la\nmineur.\nCette sonate est construite classiquement ; elle dérive, par la forme, des so-\nnates de Beethoven, et se divise en quatre parties :\ni° Allegro risoluto ;\n2° Andante cantabile ,\n3° Allegretto moderato ;\n4° Animato.\nLe premier mouvement, Y Allegro risoluto, est d'un caractère énergique et\nvigoureux :\nAprès la complète exposition de cette idée, nous arrivons à un nouveau et\ngracieux motif de plusieurs mesures qui sert de transition pont) à la seconde\nidée :"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "550", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.14", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 1623, "texte": "Exposée d'abord au piano pendant que le violon syncope une pédale intérieure\nde dominante, la seconde idée en fa majeur se dégage avec charme et poésie :\nCombien j'aime les accents expressifs de ces harmonies si personnelles !\nLa partie de développement qui succède à l'exposition des deux premières\nidées est du plus vif intérêt. Elle renferme une richesse réelle. C'est dans les\ndéveloppements que hauteur excelle. N'est-ce pas là qu'il nous est donné d'appré-\ncier, non seulement le talent du technicien, mais encore les qualités musicales\ndu compositeur ? Elles se révèlent ici complètes et sans défaillances, toujours\nfécondes en trouvailles ingénieuses et débordantes de pure musique. La ri-\nchesse, toujours soutenue, des harmonies, nous fait songer à la palette d'un\nMoreau.\nLe second morceau, hAndante cantabile, est une page de pur romantisme\noù l'on peut voir l'aveu d'un cœur tendrement épris :\nU Allegretto moderato, en mi mineur, a l'allure d'un scherzo. C'est un mor-\nceau d'une grâce délicate :\nOn devine chez l'auteur un esprit subtil et fin. J'apprécie vivement le parti\npris des accords de 7e majeure sans préparation qui ornent la partie d'accompa-\ngnement. Ces accords, outre leur richesse harmonique, sont du plus heureux\neffet.\nJ aime aussi 1 expression mélancolique de la seconde phrase en si majeur, où\n1 esprit ingénieux de 1 auteur fait revenir à propos le fragment rythmique du\nmotif du premier morceau, qu'il développe durant deux pages :\nEt c est avec ce même fragment qu'il forme un nouveau dessin pour servir de\ncontrepoint à la rentrée du motif principal de :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "551", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.15", "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 937, "texte": "L'Amwa/o est presque entièrement construit sur le motif suivant :\nC'est lui qui servira surtout pour le développement de la seconde idée, qui,\nsans être autre chose que le retour du motif initial modifié du premier morceau,\nse présente toutefois ici sous forme mélodique :\nAprès un développement de plusieurs pages revient, un peu transformée\naussi, la première phrase de VAnimato, dans un mouvement plus lent et en\ncanon :\nEnfin, après s'être diverti dans des combinaisons variées où il associe ces\nthèmes, l'auteur reprend la seconde idée en la majeur et conclut.\nNous terminerons cette trop brève analyse en disant que cette sonate, dédiée\nau violoniste Marteau, a été lancée par lui et, depuis, souvent exécutée en France\net à l'étranger par de célèbres virtuoses. Enfin, tout dernièrement, elle a été\ndéfinitivement consacrée par MM. Ysaye et Pugno, à un récital donné salle\nPleyel.\n\nADALBERT MERCIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c020", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "552", "page_fin": "553", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.6", "titre_corps": "La 2e Symphonie de M. Vincent d'Indy aux concerts Lamoureux", "titre_sommaire": "La 2e Symphonie de M. Vincent d'Indy aux concerts Lamoureux", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "552", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.16", "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3533, "texte": "La 2e Symphonie de M. Vincent d'Indy aux concerts Lamoureux\n\nAu concert du 31 octobre, M. Chevillard a redonné ce troisième acte du\nCrépuscule des Dieux que nous savons maintenant par cœur, mais qu'on entend\ntoujours avec plaisir. Le dimanche précédent (même audition), je n'avais eu\nqu'une réserve à faire au sujet des cuivres qui, soit pour l'attaque, soit pour la\njustesse, avaient eu quelques légères défaillances. Le sentiment de sécurité était\ncompromis chez l'auditeur. Au concert suivant, cette impression s est améliorée,\nmais n'a pas tout à fait disparu. Y a-t-il donc quelque chose de changé dans\ncette région de l'excellent orchestre? Mme Litvinne, dont la voix et le style sont\nparfaits, a eu le plus grand succès. Qu'attend M. Gailhard pour engager cette\nartiste à 1 Opéra ? Est-ce 1 encombrement des belles voix qui l'en empêche ?...\nMoins familière à notre oreille que le Crépuscule est la Symphonie de\nM. Vincent d'lndy qui figurait en tête du programme. M. Laloy en a donné ici\nmême une analyse précise et enthousiaste. Si je 11e vais pas aussi loin que lui\ndans l'éloge, et si mes impressions sont un peu moins nettes, je souhaite de tout\ncœur que ce soit moi qui me trompe, et non pas lui; mais comment ne pas dire\nsimplement ce qu'on a ressenti, quand on parle d un maître comme M. d'lndy, qui\nest la sincérité même ? Je commence par dire que son œuvre a été vivement ap-\nplaudie, plus applaudie que ne le sont d'habitude les compositions de l'auteur\nde Fervaal et de l'Etranger. Le public a été visiblement touché, intéressé, et a\neu l'impression d une chose de très grande valeur. Rien n'est plus légitime. Cette\nSymphonie est en dehors de toutes les banalités de 1 art musical ; elle apparaît\ncomme un monde de possibles où se joue une liberté adroite et savante. Ce qu'elle\nade plus étonnant, c'est la couleur de l'orchestre, qui est toujours imprévue et\nrare. Le contrepoint y fait merveille ; à la fin, se trouve une fugue admirable,\nparce que très mélodique z t expressive. L'harmonie en est subtile et nouvelle ; pour\nécrire son poème, M. d Indy semble avoir adopté une division de la gamme en\nsix parties égales :\nce qui permet les combinaisons\nles plus ingénieuses, loin des sentiers battus. Voici cependantles points de résis-\ntance qu'il y a eu chez moi, en dehors de toute opinion préconçue et même de\nconsidérations techniques venant gêner l'auditeur. L'œuvre abuse vraiment de\nla dissonance, et cela, dès le début. A peine les premiers mots de la conversation\nont-ils été engagés, et voilà nos gens en querelle ! C est un peu trop tôt pour une\nentrée de jeu. Et ce ne sont pas seulement des accords différents que superpose\nune passagère rencontre ; ce sont les parties entières qui semblent se mouvoir\navec une allure agressive, dans des tonalités différentes. M. d'lndy a écrit une\nu Symphonie », une indépendante et fière Symphonie, et cependant\nsa musique me paraît être surtout dramatique, pittoresque, descriptive,\nmorcelée en petites taches de couleur très fine et très suggestive, soulignée\ncl oppositions qui, soit par le timbre, soit par le dessin, évoquent des\nsituations de théâtre, de pénétrantes analyses de sentiment des décors\nfantastiques, des images de ballade allemande. Voici qui est peut-être plus\ngrave. La construction d'ensemble est peu nette, ainsi que le développement lo-\ngique des idées. L auteur paraît un peu esclave de ses thèmes. Je m'abandoiînais\ncomplètement à lui et ne demandais qu à me laisser conduire par lui : à de cer-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "553", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.17", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1012, "texte": "tains moments, il m'a semblé que j'étais lâché, ou que l'intérêt du voyage faiblis-\nsait, le but de la route s'estompant et se perdant dans la brume. Combien plus\nsûre et plus « allante» est la Symphonie de Beethoven ! Celle de M. d Indy a\ndes parties un peu longues ; j'ai même noté, à la fin, une conclusion trompeuse,\nsuivie d un recommencement\". Une autre qualité de Beethoven, c'est la jeunesse,\nla joie, la verve, l'entraînement que provoque une cordialité toujours jaillissante :\ntout cela est remplacé ici par un art moins frais et moins jeune, plus riche de\nmatériaux à mettre en œuvre que de spontanéité, trop ralenti par la recherche\ntoujours heureuse, mais visible) d effets autres. Malgré une pièce exquise à cinq\ntemps, les rythmes ont, en général, peu de prise sur l'auditeur. —Au surplus, ce\nne sont là que des impressions de concert ; une seconde audition les modifiera\npeut-être, en me permettant de voir plus clair dans cette œuvre exceptionnelle.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c022", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "553", "page_fin": "554", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.7", "titre_corps": "Nouveaux claviers .", "titre_sommaire": "Nouveaux claviers .", "signature_source": "A. GUILLEMIN, Processeur de physique à l'Ecole de médecine d'Alger", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "553", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.17", "debut_caractere": 1014, "fin_caractere_exclue": 3034, "texte": "Nouveaux claviers .\n\nA M. le Directeur de la Revue Musicale.\nJe vous remercie d abord des articles fort bienveillants que vous avez consa-\ncrés à mes Premiers éléments d'Acoustique musicale, et maintenant je vous prie\nd'accueillir quelques observations.\nOn me fait dire que je propose (( une nouvelle gamme avec un n ouveau clavier,\nle clavier de Costeley, ayant 19 touches à l'octave et réalisant pour tous les tons\nune réforme que Rameau avait proposée pour les tons usuels seulement )).\nOr je propose en réalité plusieurs nouveaux claviers, et aucune gamme nou-\nvelle. F\nMes claviers sont tous tempérés, et les deux principaux sont ceux que j'ai dédiés\nl'un à Rameau, l'autre à Costeley. parce qu ils réalisent des perfectionnements\ndésirés par ces deux grands musiciens.\nMon clavier Rameau est à 12 touches par octaves. 11 diffère du clavier actuel\nen ceci : j'y fais les quartes justes, ce qui amène un léger raccourcissement des\noctaves (1% 17), alors qu'actuellement on fait soi-disant les quintes justes, ce qui\nallonge les octaves ; Stumpf et Meyer les trouvent allongées de chez les\nviolonistes qui prennent des précautions pour les faire justes.\nMon clavier Costeley a 19 touches par octave: i° il donne, avec une améliora-\ntion très notable, tous les accords du clavier actuel, même ceux du clavier Ra-\nmeau ; 20 il réalise le rêve des musiciens d'avoir des touches différentes pour les\nnotes diéséeset les notes bémolisées, et 30 il permet des combinaisons nouvelles.\nEnfin je donne les moyens pratiques de réaliser, ces deux claviers avec une\nprécision inconnue jusqu'ici.\nTout ce que j'avance là n a rien d'hypothétique ; j'énonce des vérités qui dé-\ncoulent des travaux des acousticiens qui ont étudié les accords isolés (non leur\nenchaînement) et les battements. Reste à savoir à quelle époque on voudra pro-\nfiter des avantages que je signale !\nLe premier perfectionnement (clavier Rameau) pourrait être appliqué sans\nretard et sans difficulté aux orgues qui jouent des solos : il suffit d'un accordeur"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "554", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.18", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3208, "texte": "de bonne volonté. Quant à l'appliquer à tous les instruments d oichestie, c est\nune autre affaire ! Pour ce qui est du clavier Costeley, il exige une révolution\ntotale dans les notations, le langage, les instruments, etc. Je ne 1 entrevois qu en\nrêve !\nDans tout cela, je le répète, je ne fais qu utiliser des faits connus ; je ne fais pas\nde théorie ( i).\nOn savait faire de bonne cuisine longtemps avant que la chimie fût venue au\nmonde ; et même la chimie, depuis qu'elle est devenue grande fille, n'a pas beau-\ncoup servi à perfectionner la cuisine; d'aucuns prétendent qu elle lui a nui.\n11 doit être de même en musique : les musiciens avaient découvert les inter-\nvalles consonants d'octave, de quinte, etc., bien longtemps avant que les physi-\nciens aient expliqué leur consonance par la simplicité du rapport des nombres\nde vibrations des notes formant ces intervalles. Il en sera de même pour la\ngamme : si elle existe, elle sera trouvée par les musiciens ; les savants cherche-\nront ensuite à l'expliquer, s'ils peuvent.\nActuellement que voyons nous ? Aucune gamme n'est expliquée, pas même\nla gamme majeure diatonique. Il existe des convaincus qui croient à la gamme\nde Pythagore, ou à celle de Zarlin, ou même à celle de M. Aleerens ; mais la foi\nde ces croyants ne convainc pas les voisins. Quant aux explications qu'on en\ndonne, elles sont d'une pauvreté désolante !\nCette constatation est pour moi la preuve qu'il n existe pas une gamme,\nenfermée dans des compartiments ayant pour longueur une octave. Chaque mu-\nsicien écrit, suivant son inspiration du moment, des séquences de notes ascen-\ndantes ou descendantes, qui sont, si lon veut, des fragments de gammes,\nchromatiques le plus souvent, mais avec des trous, fragments qui ne sont ni\nexpliqués ni explicables, qui souvent sont à cheval sur deux octaves, et que l'on\ns'efforce de faire différents.\nLa non-existence d'une gamme ne résulte-t-elle pas aussi des problèmes que\nvous posez à vos lecteurs? expliquer les harmonies du prélude de Tristan et Iseult,\nde Pelléas et Mélisande, etc. Les plus forts théoriciens, après avoir fait preuve\nd'une ingéniosité prodigieuse, tombent rarement d'accord ; et comme il subsiste\nplusieurs explications reposant sur certaines gammes, c'est que la vraie explica-\ntion fait défaut, et que la vraie gamme n'existe pas.\nEn résumé, mon travail sur les claviers de Rameau, de Costeley et autres vise\nsurtout à montrer que les musiciens ne sont pas à perpétuité condamnés au cla-\nvier actuel, qu il en existe d'autres, que ces autres offrent des ressources nou-\nvelles, et qu'il y aurait profit pour eux à les essayer.\nPour qu ils puissent s'en rendre compte de auditu, il faudrait qu'un facteur\nintrépide et résolu s'occupât de réaliser mes claviers. J'ai apporté les idées, je\nserai heureux si d'autres les utilisent Dans les orgues, la complication des tim-\nbres a été poussée à ses extrêmes limites; il est peut-être temps de perfec-\ntionner les claviers.\n(i) Dans mon livre j'ai promis de ne pas aborder les théories musicales, et si j'ai cité les théo-\nries des gammes, c'est uniquement pour en montrer le néant.\n\nA. GUILLEMIN,\nProcesseur de physique à l'Ecole de médecine d'Alger."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "555", "page_fin": "560", "image_debut": 19, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.8", "titre_corps": "Concerts.", "titre_sommaire": "Concerts.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "555", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.19", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 2878, "texte": "Concerts.\n\nCONCERTS COLONNE. - 30 octobre.\n\nNous avons eu, outre le plaisir de la\nmusique, celui d'une conférence laconique\nde M. Colonne.\nM. Colonne, dans une improvisation\nadroite, a posé la question du concerto,\ndepuis longtemps à l'ordre du jour, et,\ns'élevant plus haut encore, soutenu le\ndroit qu'ont de se faire entendre aux\ngrands concerts symphoniques les vir-\ntuoses de tout genre et de tout sexe, vir-\ntuoses instrumentistes et virtuoses du\nchant. Il voulait nous prévenir qu'une cabale menaçait le ye Concerto de\nM. Saint-Saëns, que devait exécuter M. Thibaud, ou l'archet de M. Thibaud, qui\ndevait être 1 interprète de M. Saint-Saëns. Cette épée de Damoclès était-elle\nsuspendue sur la tête du compositeur ou sur la tête du violoniste, ou encore\nsur les deux têtes à la fois ? Horrible mystère ! Douloureuse énigme ! Quant\nà moi, je penche pour le pire. Ces trois redoutables anabaptistes du sifflet,\nétendant leurs vues sur 1 avenir, prétendaient en outre opposer désormais\nvictorieusement à tout solo vocal ou instrumental formant un numéro à part\nle dogme de la symphonie pure. Mais M. Colonne a parlé, M. Thibaud a\njoué, et la paix n'a pas été troublée.\nSi j'osais dire mon mot là-dessus, j'insinuerais que la grosse majorité du\npublic adore le soliste, se réjouit les yeux de sa tête, de son visage,de ses atti-\ntudes. de ses gestes, et, faisant bon marché de l'œuvre, est heureuse d'applaudir\n1 exécutant. Le soliste de talent, se sentant soutenu par l'auditoire, ne fait pas\ntoujours un choix sévère parmi les morceaux de son répertoire. Qu'importe\nla musique ? pense-t-il, et il se met au-dessus de la musique. Le grand triomphe\npour lui est de faire oublier par la supériorité de son jeu la médiocrité d'une\nœuvre. De là les colères de ceux qui ne peuvent l'oublier, des purs, des in-\ntransigeants, qui en somme mènent l'opinion et qui ont fait la fortune de nos\ngrands concerts. Ces gens ont raison, encore que M. Colonne n'ait pas tort.\nLe concerto lasse les vrais amateurs de musique, fussent-ils eux-mêmes instru-\nmentistes ; le concerto vieillit, il mourra sans doute lentement, mais il mourra.\nL'évolution de l'art et du goût passe à côté de lui : la fantaisie sur des airs d'o-\npéra que produisaient les anciens rois du violon, les Allard, les Sivori, gît de-\npuis longtemps blessée à mort, le concerto sera probablement un jour l'autre\ndébris qui la consolera. M. Colonne n'est-il pas de son époque ? Oserait-il au-\njourd hui mettre sur son programme 1 Ouverture de Li Muette, qu'il nous joua,\nil y a bien des années ?\nCes siffleurs marchent trop vite, ils ne sont pas suivis, mais ils tiennent le bon\nbout.\nCela dit, je rends justice à M. Thibaud comme tout le monde, mais j'aurais\nmieux aimé le Concerto de Beethoven, et encore ! Je préfère à tous ces concertos\nbrillants de Mendelssohn, de Max Bruch, etc., qui font s'incliner sous les"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "556", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.20", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3401, "texte": "bravos, dans les théâtres, les virtuoses talentueusement chevelus, une bonne\nvieillesonateclassique, jouée dans l intimitépar un bonamatetir. Quem'importent\nces difficultés, tierces, trilles à l'aigre, octaves, arpèges et traits d'aspect ré-\nbarbatif ? Je ne viens pas au concert pour entendre des exercices admirable-\nment sus.\nLe Jour des Morts extrait des Scènes gothiques de M. A. Périlhou, avec de\nProfundis et Dies irce, est un tableau poétique embrumé de tristesse ; nous re-\ngrettons qu'on ne nous ait pas donné la suite entière de cet excellent mu-\nsicien.\nLa Symphonie en ut majeur et la Symphonie avec chœurs de Beethoven ont\nété exécutées dans un saisissant contraste, qui a fait saillir la grâce, la légèreté,\n1 esprit de la première, et l'énergie, la grandeur, la joie exubérante de la der-\nnière. -\n\nB.\n\n6 novembre.\nJ. C.\nDANSES DE M. DEBUSSY POUR LA HARPE CHROMATIQUE. LE \"MAN-\nFRED\" DE SCHUMANN. Programme magnifique et plein. D'abord, exécution de la\ndeuxième Symphonie de Beethoven, chef-d'œuvre d'esprit, de gaieté, de construc-\ntion solide et bien équilibrée, dont le finale, en particulier, semble écrit par Mozart\npour une vive et légère action scénique. Et tout de suite après, M. Colonne nous\nconduit à l'autre pôle de la musique, dans un pays de magiciens où tout est im-\npondérable, imprévu et charmant, où les formes s'évanouissent dès qu'on les\nregarde avec attention, et où des ballets sont exécutés par les couleurs du prisme.\nLes deux Danses de M. Debussy pour harpe chromatique ont beaucoup plu. Art\nultia-i allîné, idéaliste et sensuel, absolument neuf, d'une grâce unique, affirmant\nla sou\\ei aine libeité créatrice de 1 esprit musical !La harpe chromatique de\nM. L\\ on ne pou\\ait paraître aux Concerts du Châtelet sous de meilleurs aus-\npices. Malgré le puissant orchestre qui l'entourait, sa sonorité a été parfaite, très\nsupérieure, de 1 aveu de tous, à celle de l'an dernier au concours du Conservatoire\nde Paris. 11 est vrai que ce bel instrument, si bien approprié aux nouveautés\nexquises et hardies de 1 art contemporain, était manié par une artiste de premier\nordre : Mme \\\\ urmser-Delcourt, dont le charme est aussi grand que le talent.\nMan fred, exécuté ensuite, a été très beau, avec MAL Mounet-Sully pour la\npaitie déclamée, mais non pas à cause d eux, car j'aurais voulu un peu plus de\nsubordination du comédien à Schumann. Cette musique est admirable, malgré\nquelques défauts Inférieure àla Damnation de Faust, en ce sens qu elle est moins\ncolorée, moins appliquée à faire valoir l'individualité de certains instruments,\nmoins descriptive en un mot, elle manque un peu d'air et de lumière ; elle traite\n1 instiumentation par paquets d ensemble ; elle ne sait pas subordonner les plans,\ndégrader la couleur, ouvrir des perspectives, mettre une atmosphère autour d'un\nmotif-type. Mais, au pointde vue purement musical, pour la qualité, la profondeur\net la poésie des idées, gardez-vous de croire qu'elle n'est pas très supérieure àla\nmusique de Berlioz !\n\nCONCERTS CHEVILLARD.\n\n6 novembre. Je serai bref sur les fragments de\n1 ristan et Iseult, où Al. Chevillard est presque sans rival, et sur la /re Symphonie\nde Beethoven, qui terminait allègrement le concert. L'ouverture de Léonore :n° 3)\na eie bien icndue dans 1 ensemble, avec ses fortes oppositions de lumière et\nd'ombre; j'aurais voulu encore un peu plus d obscurité au début. LWpprenti"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "557", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.21", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3617, "texte": "sorcier, de Dukas, a paru, comme l'an passé (i), merveilleux d'esprit, de couleur\net de mouvement. Quant à la je Symphonie d'Albéric Magnard, c'est une des\nœuvres maîtresses de l'école néo-classique, et peut-être son chef-d'œuvre. L'au-\nteur n'est pas un inconnu pour les lecteurs de cette Revue, qui vient de lui con-\nsacrer un article (2) ; mais sa musique n'est guère familière, hélas ! qu'à un petit\ngroupe d initiés. Exécutée pour la première fois au Nouveau-Théâtre, en mai 1899,\ncette Symphonie trouva asile ensuite à Bruxelles et à Nancy, où M. Guy\nRopartz fit preuve d'un beau courage en l'imposant à son public. Aujourd'hui\nencore les partisans de la (( vieille musique » et de la (( mélodie )) se souviennent\navec terreur du supplice qui leur fut infligé, et peu s'en faut qu'on ne se signe au\nseul nom de Magnard l'Antéchrist. Or, c'est là une erreur énorme, un malentendu\ncomique, un quiproquo grossier, dont je m'étonnerais davantage, si l'histoire mu-\nsicale, littéraire et politique de mon pays ne m'en offrait tant d'autres exemples.\nLa ye Symphonie, que M. Chevillard a eu l'heureuse idée de nous restituer\naujourd'hui, est une œuvre de clarté, de raison et de sincérité. Très moderne par\nson écriture serrée et concise, elle est en même temps, et surtout, classique par\nla construction des morceaux, par la nature des idées, qui expriment des senti-\nments profonds, mais généraux, enfin par la couleur de l'orchestre, solidement\nétabli sur le quatuor à cordes, et dédaigneux de ces effets de timbre qui. après\nWagner, ont envahi la musique symphonique. Par tous ces caractères, l'art de\nM. Magnard rejoint directement Beethoven ; et cependant le style est bien fran-\nçais, parce qu'il est précis, concentré, ramassé sur lui-même et puissamment\nrythmique.\nLe premier mouvement débute par une introduction lente que nous retrouve-\nrons plus loin : des quintes mystérieuses posent un motif auquel répond une\nplainte très expressive des violoncelles. \\A Allegro qui suit est nettement construit\nsur deux idées qui s imposent à l'esprit du premier coup ; le développement est\ntrès sobre, on n'y rencontre aucune de ces longueurs trop fréquentes dans l'é-\ncole de Franck, et chez Franck lui même ; on sent que 1 auteur n a pas mis une\nnote qui ne fût dans sa pensée. La structure polyphonique est très simple aussi :\non reconnaît toujours sans effort les deux ou trois mélodies superposées, et\nl'harmonie, ferme et soutenue, n'a rien qui puisse étonner l'oreille la plus sus-\nceptible. Le Scherzo qui suit est une vraie fête du rythme, où la voix délicate du\nviolon solo chante et s'égaye ; la clarinette expose doucement le motif du trio :\nrien de plus plaisant que ce petit morceau, dont 1 allure discrètement populaire\nfait parfois songer à Schumann. \\A Andante est un récit de hautbois, coupé par\ndes répliques de l'orchestre. Le Finale a une première idée fort entraînante,\nune deuxième qui me rappelle un peu Saint-Saëns (finale de la Sonate de vio-\nloncelle), mais ce n'est là qu'un détail ; les quintes du début le traversent encore,\net tout s'achève en un triomphe que la trompette affirme. Telle est, sommaire-\nment analysée, cette œuvre si vivante et si claire, sur laquelle je reviendrai, et\nqui certainement peut rendre bon espoir aux partisans de la musique pure et des\nformes classiques. Pour ma part, je ne me risquerai pas à vaticiner aujourd hui ;\n1 avenir m'est indifférent d ailleurs ; peu m'importe de savoir si Magnar.d aura\ndes héritiers et Debussy des successeurs. J'aime leurs œuvres, à l'un et à l'autre,\n\n(1) Revue du ier février 1904.\n(2) Revue du 10 septembre 1903."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "558", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.22", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "et elles sont trop différentes pour que je cherche même à les comparer, ou à\nles préférer entre elles. Et je tiens à remercier M. Chevillard pour son beau\nconcert d hier, et aussi pour les 3 Esquisses symphomques de Debussy, qu il\nnous promet.\n\nLouis LALOY.\n\nSOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE, 8 rue d'Athènes. — Le premier concert aura lieu\nle 29 novembre, avec le concours de Mlle Bréval et du Quatuor russe. Pour les\nabonnements, prière de s'adresser à MM. Rey ou de Morsier, administrateurs,\n32, rue Louis le-Grand,ou chez M. Durand et fils 4, place de la Madeleine.\n\nOPÉRA ET OPÉRA-COMIQUE. —Nous avons eu le regret de voir reparaître Don\nJuan sur l'affiche de l'un et l'autre théâtre, — non pas le Don Juan de Mozart,\nhélas ! mais l'œuvre dérangée méconnaissable, mise (( en cinq actes », affublée\nde pots-pourris, etc...\nC'est toujours Orphée mis en pièces par les Bacchantes. Que pense M. Adrien\nBernheim de cette récidive? Ce qui serait permis à des théâtres quelconques peut-\nil hêtre à de grandes scènes subventionnées et officielles ? Ne convient-il pas de\nles astreindre au respect des maîtres ? M. Adrien Bernheim est commissaire du\ngouvernement ; il a le droit, pour bien des raisons, de parler avec autorité : il\ndevrait servir la mémoire de Mozart par un beau geste et un veto inflexible. —\n/, lictor, deliga ad palum ! disait Berlioz.\n\nLES CONCERTS ET LE THÉÂTRE DE MONTE-CARLO.\n\n— Les concerts classiques\ncommenceront le i, novembre. La saison théâtrale débutera, comme d habitude,\npar des représentations d'opérettes et de comédies, suivies d'une série de grands\nopéras, dont deux inédits, qui seront créés probablement en février. Ce sont :\nArnica, deMascagni, et Chérubin, de Massenet dont Mmes Marguerite Carré,\nGarden Cavalieri et M. Renaud seront les principaux interprètes.\nLa célébrité des concerts et des représentations théâtrales de Monte-Carlo ne\nremonte qu'à quelques années.\nJusqu'en 1872, l'orchestre du Casino n'était composé que d'une quinzaine de\nmusiciens. En prenant possession du pupitre, Eugène Lucas fit augmenter\nleur nombre jusqu'à 45. Ses concerts étaient donnés très irrégulièrement dans\nune salle pouvant contenir environ 300 personnes, et qui est devenue depuis\n1879 une sorte de grand vestibule-promenoir. On n'y entendait quedes danses et\ndes morceaux légers, auxquels vinrent s'ajouter, dès l'année suivante, quelques\nfragments des œuvres de Mozart, de Beethoven et même de Wagner (marche\nde Tannhauser ; prélude de Lohengrin). L éclectisme de ces concerts faisait\nse rencontrer sur le même programme les œuvres les plus disparates, telles\nque : l'ouverture d'Egmont et une Mazurka ; la 2e Symphonie de Gounod et le\nquadrille de la Belle Hélène. Le soir, des solistes se faisaient quelquefois en-\ntendre.\nEn 1874, Eugène Lucas fonda les concerts classiques du jeudi, devenus cé-\nlèbres.\nEn 1875, toutes les symphonies de Beethoven, et la Symphonie en sol mineur\nde Mozart, sont exécutées intégralement, ainsi que le Rouet d'Omphale et la plu-\npart des œuvres de Berlioz. Des virtuoses tels que Sivori, MM. Planté, Taffanel\nse font applaudir. Comme théâtre, on ne joue que des opérettes, et pendant un\nmois seulement."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "559", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.23", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3475, "texte": "Après Lucas, 1 orchestre est dirigé successivement par Roméo Accursi\niier prix de violon de Conservatoire en 1865), qui augmenta encore le nombre\ndes exécutants , par Pasdeloup, dont ce fut la fin de carrière\nChaque concei t Pasdeloup était varié ou terminé par un fragment, parfois par\nun acte d opéra chantés en costume, ou même avec décor.\nPasdeloup, qui ne resta qu une demi-saison, fut remplacé par A. Steck, à qui\nsuccéda en 1894 le chef actuel, M. Jehin.\nAl. Léon-Noël-Joseph Jehin, qui passe avec raison pour un des meilleurs chefs\ndOl chestre de notie époque, est né à Spa. le 17 juillet 1853 Son père, directeur\nde 1 école de musique cle cette ville, commença son éducation musicale, com-\nplétée au Conseï vatoire de Liège (1864), puis à celui de Bruxelles (1865) avec\nLéonaid pour le violon, et MAI. Kufferath et Gevaert pour la composition.\nAL Jehin devint un violoniste de premier ordre, après avoir suivi les cours de\nVieuxtemps et de AA ieniawski. Il fît partie de l'orchestre de la Monnaie (1870-\n1880), fut chef d orchestre du théâtre d'Anvers,ensuite de la Monnaie (1882-1888;\net en même temps professeur d'harmonie au Conservatoire de Bruxelles. 11 dirigea\naussi dans cette ville les concerts du Vauxhall et de l'Association des artistes\nmusiciens.\nDu compositeui on connaît surtout ! la Marche jubilaire, composée en 1880,\na 1 occasion du centenaire de 1 indépendance belge ; une Suite de ballet ; une\nElégie ; des Mélodies, pour piano et chant.\nComme chef d'orchestre, outre les Maîtres-chanteurs (Bruxelles, 7 mars 1885),\nla II alkyrie, Tristan et Iseult, Mephistophele, il a monté les opéras suivants, à\nla ci éation desquels il coopérait. D abord ! Sigurd (1884) \\ Saint-Mégrin, des\nfrères Hillemacher (mars 1886; ; Gwendoline (avril 1886) à Bruxelles. Ensuite :\nHulda (1894] ; la Jacquerie (1895) ; Ghiselle (1896) ; Renaud d'Arles, de M. Noël\nDesjoyeaux (1900) ; Messaline (1901); la Damnation de Faust, mise à la scène par\nAl. Gunsbourg (1901) ;le Jongleur de Notre-Dame <1902) ;le Tasse, de Al. d'Har-\ncourt (190?) ; /yi ame et Thisbé, de Al. Ed. Trémisot ( 1904) ; Hélène ( 1904) à Monte-\nCarlo, avec la précieuse collaboration pour la mise en scène de M. R. Gunsbourg,\nle distingué directeur actuel du théâtre.\nAl. Jehin est naturalisé français et a épousé en 1891 l'éminente cantatrice\nMaiie-Blanche Deschamps, qui débuta le 9 décembre de la même année à l'Opéra.\nSon orchestre est composé d une centaine d'exécutants, tous instrumentistes de\npremier ordie, foimés par les grands conservatoires. Les programmes de ses\nconceits, tiès variés, ouverts à toutes les écoles, contiennent un grand nombre\nde premières auditions. L étude de ces oeuvres est très soignée, et l'exécution en\nest toujours irréprochable\nLa recette des concerts du jeudi est affectée à des œuvres de charité. Le di-\nmanche apiès-midi sont en outre donnés, depuis quelque temps, des concerts\nmodernes.\nLa nouvelle salle des fêtes où ont heu les séances musicales, les représentations\nthéâtrales et même les bals, le plancher étant mobile, date de 1879 et a été cons-\nti uite pai Chai les Gainier. Elle est ornée à 1 extérieur de deux sculptures 1 la\nMusique, par AInu Sarah Bernhardt, et la Danse. par Gustave Doré. Elle est décorée\nà l'intérieur par des peintures représentant le Chant (Feyen-Perrinq la Musique\ninstrumentale {G. Boulanger), la Danse (Clairin) et la Comédie (Lix). Elle con-\ntient un peu plus de 600 places d une seule catégorie et d un même prix."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "560", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.24", "debut_caractere": 93, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "Presque en face de cette salle, sur la terrasse, en vue de la met, a été înauguié,\nle 7 mars 1903, un monument Berlioz. Le grand compositeur y est représenté\nsous des traits plus vieux que sur la place Vintimille, et semble se trouver là un\npeu dépaysé.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS POPULAIRES DE LILLE.\nDr GAUDIER.\nLa Société des Concerts popu-\nlaires de Lille reprenait dimanche dernier, 30 octobre, la série de ses séances.\nC est malheureusement devant une salle vide, ou à peu près, que se faisait cette\nreprise, et il est permis de se demander pourquoi une Société qui comprend des\nmusiciens de réelle valeur parmi ses membres jouit d'aussi peu de succès auprès\ndu public lillois. La réponse est facile. Une influence débilitante a anémié depuis\nplusieurs années la santé de cette association, qui jadis, sous l'énergie et la\nmaîtrise des Martin et des Viardot, avait connu de si beaux jours Actuellement\nl'orchestre se contente des modestes dividendes que lui fournissent les subven-\ntions de l'Etat et de la municipalité. Pour ne pas se grever d'artistes chers, la\nDirection appelle des amis, ou des jeunes, ou des inconnus qui veulent se faire\nconnaître... et voilà pourquoi l'on ne se dérange pas.\nAu programme, des fragments de Slruensèe : l'Ouverture, la Polonaise et\nscène de l'arrestation. Le manque de répétitions a certes nui à l'exécution de\nl'Ouverture, qui demande à être enlevée avec brio et sonorité La Polonaise fut\nbien jouée.\nMllc Juliette Martens. pianiste belge, n'a pas fait applaudir le Concerto de\nSaint-Saëns en sol mineur, mais s'est montrée intéressante et fine dans des\npièces de Liszt, xMendelssohn (un peu d abus de la pédale gauche) et douée d'un\nbon mécanisme dans une étude en staccato de Max Wogrich.\nUn professeur de piano, officier I. P., offrant de sérieuses garanties, pren-\ndrait la direction d'un cours bien organisé. S'adresser à la Revue musicale.\nOUVRAGES REÇUS.\nCL. DEBUSSY. Danses, pour harpe chromatique et orchestre à cordes. Ré-\nduction de l'orchestre au piano. Paris, Durand et fils.\nCL. DEBUSSY. —L'lsle joyeuse, pour piano. Paris, Durand et fils.\nCL. DEBUSSY. Masques, pour piano. Paris, Durand et fils.\nCL. DEBUSSY. Fêtes galantes (2e recueil), pour chant et piano. Paris, Du-\nrand et fils.\nFR. COUPERIN. F Apothéose de Lulli, quatuor pour 2 violons, violoncelle et\npiano. Transcription par G. Marty. Paris, Durand et fils.\nG. S AMAZEUILH. Sonate, pour violon et piano. Paris, Durand et fils.\nA. SERIEYX. Sonate, pour violon et piano. Paris, Demets."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c024", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "555", "page_fin": "556", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.8.1", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE. – 30 octobre.", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE. – 30 octobre.", "signature_source": "B", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "555", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.19", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2878, "texte": "CONCERTS COLONNE. - 30 octobre.\n\nNous avons eu, outre le plaisir de la\nmusique, celui d'une conférence laconique\nde M. Colonne.\nM. Colonne, dans une improvisation\nadroite, a posé la question du concerto,\ndepuis longtemps à l'ordre du jour, et,\ns'élevant plus haut encore, soutenu le\ndroit qu'ont de se faire entendre aux\ngrands concerts symphoniques les vir-\ntuoses de tout genre et de tout sexe, vir-\ntuoses instrumentistes et virtuoses du\nchant. Il voulait nous prévenir qu'une cabale menaçait le ye Concerto de\nM. Saint-Saëns, que devait exécuter M. Thibaud, ou l'archet de M. Thibaud, qui\ndevait être 1 interprète de M. Saint-Saëns. Cette épée de Damoclès était-elle\nsuspendue sur la tête du compositeur ou sur la tête du violoniste, ou encore\nsur les deux têtes à la fois ? Horrible mystère ! Douloureuse énigme ! Quant\nà moi, je penche pour le pire. Ces trois redoutables anabaptistes du sifflet,\nétendant leurs vues sur 1 avenir, prétendaient en outre opposer désormais\nvictorieusement à tout solo vocal ou instrumental formant un numéro à part\nle dogme de la symphonie pure. Mais M. Colonne a parlé, M. Thibaud a\njoué, et la paix n'a pas été troublée.\nSi j'osais dire mon mot là-dessus, j'insinuerais que la grosse majorité du\npublic adore le soliste, se réjouit les yeux de sa tête, de son visage,de ses atti-\ntudes. de ses gestes, et, faisant bon marché de l'œuvre, est heureuse d'applaudir\n1 exécutant. Le soliste de talent, se sentant soutenu par l'auditoire, ne fait pas\ntoujours un choix sévère parmi les morceaux de son répertoire. Qu'importe\nla musique ? pense-t-il, et il se met au-dessus de la musique. Le grand triomphe\npour lui est de faire oublier par la supériorité de son jeu la médiocrité d'une\nœuvre. De là les colères de ceux qui ne peuvent l'oublier, des purs, des in-\ntransigeants, qui en somme mènent l'opinion et qui ont fait la fortune de nos\ngrands concerts. Ces gens ont raison, encore que M. Colonne n'ait pas tort.\nLe concerto lasse les vrais amateurs de musique, fussent-ils eux-mêmes instru-\nmentistes ; le concerto vieillit, il mourra sans doute lentement, mais il mourra.\nL'évolution de l'art et du goût passe à côté de lui : la fantaisie sur des airs d'o-\npéra que produisaient les anciens rois du violon, les Allard, les Sivori, gît de-\npuis longtemps blessée à mort, le concerto sera probablement un jour l'autre\ndébris qui la consolera. M. Colonne n'est-il pas de son époque ? Oserait-il au-\njourd hui mettre sur son programme 1 Ouverture de Li Muette, qu'il nous joua,\nil y a bien des années ?\nCes siffleurs marchent trop vite, ils ne sont pas suivis, mais ils tiennent le bon\nbout.\nCela dit, je rends justice à M. Thibaud comme tout le monde, mais j'aurais\nmieux aimé le Concerto de Beethoven, et encore ! Je préfère à tous ces concertos\nbrillants de Mendelssohn, de Max Bruch, etc., qui font s'incliner sous les"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "556", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.20", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 827, "texte": "bravos, dans les théâtres, les virtuoses talentueusement chevelus, une bonne\nvieillesonateclassique, jouée dans l intimitépar un bonamatetir. Quem'importent\nces difficultés, tierces, trilles à l'aigre, octaves, arpèges et traits d'aspect ré-\nbarbatif ? Je ne viens pas au concert pour entendre des exercices admirable-\nment sus.\nLe Jour des Morts extrait des Scènes gothiques de M. A. Périlhou, avec de\nProfundis et Dies irce, est un tableau poétique embrumé de tristesse ; nous re-\ngrettons qu'on ne nous ait pas donné la suite entière de cet excellent mu-\nsicien.\nLa Symphonie en ut majeur et la Symphonie avec chœurs de Beethoven ont\nété exécutées dans un saisissant contraste, qui a fait saillir la grâce, la légèreté,\n1 esprit de la première, et l'énergie, la grandeur, la joie exubérante de la der-\nnière. -\n\nB."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c026", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "556", "page_fin": "556", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.8.2", "titre_corps": "6 novembre.", "titre_sommaire": "6 novembre.", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "556", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.20", "debut_caractere": 829, "fin_caractere_exclue": 3011, "texte": "6 novembre.\nJ. C.\nDANSES DE M. DEBUSSY POUR LA HARPE CHROMATIQUE. LE \"MAN-\nFRED\" DE SCHUMANN. Programme magnifique et plein. D'abord, exécution de la\ndeuxième Symphonie de Beethoven, chef-d'œuvre d'esprit, de gaieté, de construc-\ntion solide et bien équilibrée, dont le finale, en particulier, semble écrit par Mozart\npour une vive et légère action scénique. Et tout de suite après, M. Colonne nous\nconduit à l'autre pôle de la musique, dans un pays de magiciens où tout est im-\npondérable, imprévu et charmant, où les formes s'évanouissent dès qu'on les\nregarde avec attention, et où des ballets sont exécutés par les couleurs du prisme.\nLes deux Danses de M. Debussy pour harpe chromatique ont beaucoup plu. Art\nultia-i allîné, idéaliste et sensuel, absolument neuf, d'une grâce unique, affirmant\nla sou\\ei aine libeité créatrice de 1 esprit musical !La harpe chromatique de\nM. L\\ on ne pou\\ait paraître aux Concerts du Châtelet sous de meilleurs aus-\npices. Malgré le puissant orchestre qui l'entourait, sa sonorité a été parfaite, très\nsupérieure, de 1 aveu de tous, à celle de l'an dernier au concours du Conservatoire\nde Paris. 11 est vrai que ce bel instrument, si bien approprié aux nouveautés\nexquises et hardies de 1 art contemporain, était manié par une artiste de premier\nordre : Mme \\\\ urmser-Delcourt, dont le charme est aussi grand que le talent.\nMan fred, exécuté ensuite, a été très beau, avec MAL Mounet-Sully pour la\npaitie déclamée, mais non pas à cause d eux, car j'aurais voulu un peu plus de\nsubordination du comédien à Schumann. Cette musique est admirable, malgré\nquelques défauts Inférieure àla Damnation de Faust, en ce sens qu elle est moins\ncolorée, moins appliquée à faire valoir l'individualité de certains instruments,\nmoins descriptive en un mot, elle manque un peu d'air et de lumière ; elle traite\n1 instiumentation par paquets d ensemble ; elle ne sait pas subordonner les plans,\ndégrader la couleur, ouvrir des perspectives, mettre une atmosphère autour d'un\nmotif-type. Mais, au pointde vue purement musical, pour la qualité, la profondeur\net la poésie des idées, gardez-vous de croire qu'elle n'est pas très supérieure àla\nmusique de Berlioz !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c027", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "556", "page_fin": "558", "image_debut": 20, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.8.3", "titre_corps": "CONCERTS CHEVILLARD.", "titre_sommaire": "CONCERTS CHEVILLARD.", "signature_source": "Louis LALOY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "556", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.20", "debut_caractere": 3013, "fin_caractere_exclue": 3401, "texte": "CONCERTS CHEVILLARD.\n\n6 novembre. Je serai bref sur les fragments de\n1 ristan et Iseult, où Al. Chevillard est presque sans rival, et sur la /re Symphonie\nde Beethoven, qui terminait allègrement le concert. L'ouverture de Léonore :n° 3)\na eie bien icndue dans 1 ensemble, avec ses fortes oppositions de lumière et\nd'ombre; j'aurais voulu encore un peu plus d obscurité au début. LWpprenti"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "557", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.21", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3617, "texte": "sorcier, de Dukas, a paru, comme l'an passé (i), merveilleux d'esprit, de couleur\net de mouvement. Quant à la je Symphonie d'Albéric Magnard, c'est une des\nœuvres maîtresses de l'école néo-classique, et peut-être son chef-d'œuvre. L'au-\nteur n'est pas un inconnu pour les lecteurs de cette Revue, qui vient de lui con-\nsacrer un article (2) ; mais sa musique n'est guère familière, hélas ! qu'à un petit\ngroupe d initiés. Exécutée pour la première fois au Nouveau-Théâtre, en mai 1899,\ncette Symphonie trouva asile ensuite à Bruxelles et à Nancy, où M. Guy\nRopartz fit preuve d'un beau courage en l'imposant à son public. Aujourd'hui\nencore les partisans de la (( vieille musique » et de la (( mélodie )) se souviennent\navec terreur du supplice qui leur fut infligé, et peu s'en faut qu'on ne se signe au\nseul nom de Magnard l'Antéchrist. Or, c'est là une erreur énorme, un malentendu\ncomique, un quiproquo grossier, dont je m'étonnerais davantage, si l'histoire mu-\nsicale, littéraire et politique de mon pays ne m'en offrait tant d'autres exemples.\nLa ye Symphonie, que M. Chevillard a eu l'heureuse idée de nous restituer\naujourd'hui, est une œuvre de clarté, de raison et de sincérité. Très moderne par\nson écriture serrée et concise, elle est en même temps, et surtout, classique par\nla construction des morceaux, par la nature des idées, qui expriment des senti-\nments profonds, mais généraux, enfin par la couleur de l'orchestre, solidement\nétabli sur le quatuor à cordes, et dédaigneux de ces effets de timbre qui. après\nWagner, ont envahi la musique symphonique. Par tous ces caractères, l'art de\nM. Magnard rejoint directement Beethoven ; et cependant le style est bien fran-\nçais, parce qu'il est précis, concentré, ramassé sur lui-même et puissamment\nrythmique.\nLe premier mouvement débute par une introduction lente que nous retrouve-\nrons plus loin : des quintes mystérieuses posent un motif auquel répond une\nplainte très expressive des violoncelles. \\A Allegro qui suit est nettement construit\nsur deux idées qui s imposent à l'esprit du premier coup ; le développement est\ntrès sobre, on n'y rencontre aucune de ces longueurs trop fréquentes dans l'é-\ncole de Franck, et chez Franck lui même ; on sent que 1 auteur n a pas mis une\nnote qui ne fût dans sa pensée. La structure polyphonique est très simple aussi :\non reconnaît toujours sans effort les deux ou trois mélodies superposées, et\nl'harmonie, ferme et soutenue, n'a rien qui puisse étonner l'oreille la plus sus-\nceptible. Le Scherzo qui suit est une vraie fête du rythme, où la voix délicate du\nviolon solo chante et s'égaye ; la clarinette expose doucement le motif du trio :\nrien de plus plaisant que ce petit morceau, dont 1 allure discrètement populaire\nfait parfois songer à Schumann. \\A Andante est un récit de hautbois, coupé par\ndes répliques de l'orchestre. Le Finale a une première idée fort entraînante,\nune deuxième qui me rappelle un peu Saint-Saëns (finale de la Sonate de vio-\nloncelle), mais ce n'est là qu'un détail ; les quintes du début le traversent encore,\net tout s'achève en un triomphe que la trompette affirme. Telle est, sommaire-\nment analysée, cette œuvre si vivante et si claire, sur laquelle je reviendrai, et\nqui certainement peut rendre bon espoir aux partisans de la musique pure et des\nformes classiques. Pour ma part, je ne me risquerai pas à vaticiner aujourd hui ;\n1 avenir m'est indifférent d ailleurs ; peu m'importe de savoir si Magnar.d aura\ndes héritiers et Debussy des successeurs. J'aime leurs œuvres, à l'un et à l'autre,\n\n(1) Revue du ier février 1904.\n(2) Revue du 10 septembre 1903."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "558", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.22", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "et elles sont trop différentes pour que je cherche même à les comparer, ou à\nles préférer entre elles. Et je tiens à remercier M. Chevillard pour son beau\nconcert d hier, et aussi pour les 3 Esquisses symphomques de Debussy, qu il\nnous promet.\n\nLouis LALOY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c028", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "558", "page_fin": "558", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.8.4", "titre_corps": "SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE, 8 rue d'Athènes. — Le premier concert aura lieu", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE, 8 rue d'Athènes. — Le premier concert aura lieu", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "558", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.22", "debut_caractere": 269, "fin_caractere_exclue": 569, "texte": "SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE, 8 rue d'Athènes. — Le premier concert aura lieu\nle 29 novembre, avec le concours de Mlle Bréval et du Quatuor russe. 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Durand et fils 4, place de la Madeleine."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c029", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "558", "page_fin": "558", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.8.5", "titre_corps": "OPÉRA ET OPÉRA-COMIQUE. —Nous avons eu le regret de voir reparaître Don", "titre_sommaire": "OPÉRA ET OPÉRA-COMIQUE. —Nous avons eu le regret de voir reparaître Don", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "558", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.22", "debut_caractere": 571, "fin_caractere_exclue": 1351, "texte": "OPÉRA ET OPÉRA-COMIQUE. —Nous avons eu le regret de voir reparaître Don\nJuan sur l'affiche de l'un et l'autre théâtre, — non pas le Don Juan de Mozart,\nhélas ! mais l'œuvre dérangée méconnaissable, mise (( en cinq actes », affublée\nde pots-pourris, etc...\nC'est toujours Orphée mis en pièces par les Bacchantes. Que pense M. Adrien\nBernheim de cette récidive? Ce qui serait permis à des théâtres quelconques peut-\nil hêtre à de grandes scènes subventionnées et officielles ? Ne convient-il pas de\nles astreindre au respect des maîtres ? M. Adrien Bernheim est commissaire du\ngouvernement ; il a le droit, pour bien des raisons, de parler avec autorité : il\ndevrait servir la mémoire de Mozart par un beau geste et un veto inflexible. —\n/, lictor, deliga ad palum ! disait Berlioz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "558", "page_fin": "560", "image_debut": 22, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.8.6", "titre_corps": "LES CONCERTS ET LE THÉÂTRE DE MONTE-CARLO.", "titre_sommaire": "LES CONCERTS ET LE THÉÂTRE DE MONTE-CARLO.", "signature_source": "EDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "558", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.22", "debut_caractere": 1353, "fin_caractere_exclue": 3166, "texte": "LES CONCERTS ET LE THÉÂTRE DE MONTE-CARLO.\n\n— Les concerts classiques\ncommenceront le i, novembre. La saison théâtrale débutera, comme d habitude,\npar des représentations d'opérettes et de comédies, suivies d'une série de grands\nopéras, dont deux inédits, qui seront créés probablement en février. Ce sont :\nArnica, deMascagni, et Chérubin, de Massenet dont Mmes Marguerite Carré,\nGarden Cavalieri et M. Renaud seront les principaux interprètes.\nLa célébrité des concerts et des représentations théâtrales de Monte-Carlo ne\nremonte qu'à quelques années.\nJusqu'en 1872, l'orchestre du Casino n'était composé que d'une quinzaine de\nmusiciens. En prenant possession du pupitre, Eugène Lucas fit augmenter\nleur nombre jusqu'à 45. Ses concerts étaient donnés très irrégulièrement dans\nune salle pouvant contenir environ 300 personnes, et qui est devenue depuis\n1879 une sorte de grand vestibule-promenoir. On n'y entendait quedes danses et\ndes morceaux légers, auxquels vinrent s'ajouter, dès l'année suivante, quelques\nfragments des œuvres de Mozart, de Beethoven et même de Wagner (marche\nde Tannhauser ; prélude de Lohengrin). L éclectisme de ces concerts faisait\nse rencontrer sur le même programme les œuvres les plus disparates, telles\nque : l'ouverture d'Egmont et une Mazurka ; la 2e Symphonie de Gounod et le\nquadrille de la Belle Hélène. Le soir, des solistes se faisaient quelquefois en-\ntendre.\nEn 1874, Eugène Lucas fonda les concerts classiques du jeudi, devenus cé-\nlèbres.\nEn 1875, toutes les symphonies de Beethoven, et la Symphonie en sol mineur\nde Mozart, sont exécutées intégralement, ainsi que le Rouet d'Omphale et la plu-\npart des œuvres de Berlioz. Des virtuoses tels que Sivori, MM. Planté, Taffanel\nse font applaudir. Comme théâtre, on ne joue que des opérettes, et pendant un\nmois seulement."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "559", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.23", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3475, "texte": "Après Lucas, 1 orchestre est dirigé successivement par Roméo Accursi\niier prix de violon de Conservatoire en 1865), qui augmenta encore le nombre\ndes exécutants , par Pasdeloup, dont ce fut la fin de carrière\nChaque concei t Pasdeloup était varié ou terminé par un fragment, parfois par\nun acte d opéra chantés en costume, ou même avec décor.\nPasdeloup, qui ne resta qu une demi-saison, fut remplacé par A. Steck, à qui\nsuccéda en 1894 le chef actuel, M. Jehin.\nAl. Léon-Noël-Joseph Jehin, qui passe avec raison pour un des meilleurs chefs\ndOl chestre de notie époque, est né à Spa. le 17 juillet 1853 Son père, directeur\nde 1 école de musique cle cette ville, commença son éducation musicale, com-\nplétée au Conseï vatoire de Liège (1864), puis à celui de Bruxelles (1865) avec\nLéonaid pour le violon, et MAI. Kufferath et Gevaert pour la composition.\nAL Jehin devint un violoniste de premier ordre, après avoir suivi les cours de\nVieuxtemps et de AA ieniawski. Il fît partie de l'orchestre de la Monnaie (1870-\n1880), fut chef d orchestre du théâtre d'Anvers,ensuite de la Monnaie (1882-1888;\net en même temps professeur d'harmonie au Conservatoire de Bruxelles. 11 dirigea\naussi dans cette ville les concerts du Vauxhall et de l'Association des artistes\nmusiciens.\nDu compositeui on connaît surtout ! la Marche jubilaire, composée en 1880,\na 1 occasion du centenaire de 1 indépendance belge ; une Suite de ballet ; une\nElégie ; des Mélodies, pour piano et chant.\nComme chef d'orchestre, outre les Maîtres-chanteurs (Bruxelles, 7 mars 1885),\nla II alkyrie, Tristan et Iseult, Mephistophele, il a monté les opéras suivants, à\nla ci éation desquels il coopérait. D abord ! Sigurd (1884) \\ Saint-Mégrin, des\nfrères Hillemacher (mars 1886; ; Gwendoline (avril 1886) à Bruxelles. Ensuite :\nHulda (1894] ; la Jacquerie (1895) ; Ghiselle (1896) ; Renaud d'Arles, de M. Noël\nDesjoyeaux (1900) ; Messaline (1901); la Damnation de Faust, mise à la scène par\nAl. Gunsbourg (1901) ;le Jongleur de Notre-Dame <1902) ;le Tasse, de Al. d'Har-\ncourt (190?) ; /yi ame et Thisbé, de Al. Ed. Trémisot ( 1904) ; Hélène ( 1904) à Monte-\nCarlo, avec la précieuse collaboration pour la mise en scène de M. R. Gunsbourg,\nle distingué directeur actuel du théâtre.\nAl. Jehin est naturalisé français et a épousé en 1891 l'éminente cantatrice\nMaiie-Blanche Deschamps, qui débuta le 9 décembre de la même année à l'Opéra.\nSon orchestre est composé d une centaine d'exécutants, tous instrumentistes de\npremier ordie, foimés par les grands conservatoires. Les programmes de ses\nconceits, tiès variés, ouverts à toutes les écoles, contiennent un grand nombre\nde premières auditions. L étude de ces oeuvres est très soignée, et l'exécution en\nest toujours irréprochable\nLa recette des concerts du jeudi est affectée à des œuvres de charité. Le di-\nmanche apiès-midi sont en outre donnés, depuis quelque temps, des concerts\nmodernes.\nLa nouvelle salle des fêtes où ont heu les séances musicales, les représentations\nthéâtrales et même les bals, le plancher étant mobile, date de 1879 et a été cons-\nti uite pai Chai les Gainier. Elle est ornée à 1 extérieur de deux sculptures 1 la\nMusique, par AInu Sarah Bernhardt, et la Danse. par Gustave Doré. Elle est décorée\nà l'intérieur par des peintures représentant le Chant (Feyen-Perrinq la Musique\ninstrumentale {G. Boulanger), la Danse (Clairin) et la Comédie (Lix). Elle con-\ntient un peu plus de 600 places d une seule catégorie et d un même prix."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "560", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.24", "debut_caractere": 93, "fin_caractere_exclue": 363, "texte": "Presque en face de cette salle, sur la terrasse, en vue de la met, a été înauguié,\nle 7 mars 1903, un monument Berlioz. Le grand compositeur y est représenté\nsous des traits plus vieux que sur la place Vintimille, et semble se trouver là un\npeu dépaysé.\n\nEDOUARD PERRIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-11-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-11-15_01#c031", "volume": "bmtnabj_1904-11-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "560", "page_fin": "560", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.2.8.7", "titre_corps": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS POPULAIRES DE LILLE.", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS POPULAIRES DE LILLE.", "signature_source": "Dr GAUDIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "560", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.24", "debut_caractere": 365, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "SOCIÉTÉ DES CONCERTS POPULAIRES DE LILLE.\nDr GAUDIER.\nLa Société des Concerts popu-\nlaires de Lille reprenait dimanche dernier, 30 octobre, la série de ses séances.\nC est malheureusement devant une salle vide, ou à peu près, que se faisait cette\nreprise, et il est permis de se demander pourquoi une Société qui comprend des\nmusiciens de réelle valeur parmi ses membres jouit d'aussi peu de succès auprès\ndu public lillois. La réponse est facile. Une influence débilitante a anémié depuis\nplusieurs années la santé de cette association, qui jadis, sous l'énergie et la\nmaîtrise des Martin et des Viardot, avait connu de si beaux jours Actuellement\nl'orchestre se contente des modestes dividendes que lui fournissent les subven-\ntions de l'Etat et de la municipalité. Pour ne pas se grever d'artistes chers, la\nDirection appelle des amis, ou des jeunes, ou des inconnus qui veulent se faire\nconnaître... et voilà pourquoi l'on ne se dérange pas.\nAu programme, des fragments de Slruensèe : l'Ouverture, la Polonaise et\nscène de l'arrestation. Le manque de répétitions a certes nui à l'exécution de\nl'Ouverture, qui demande à être enlevée avec brio et sonorité La Polonaise fut\nbien jouée.\nMllc Juliette Martens. pianiste belge, n'a pas fait applaudir le Concerto de\nSaint-Saëns en sol mineur, mais s'est montrée intéressante et fine dans des\npièces de Liszt, xMendelssohn (un peu d abus de la pédale gauche) et douée d'un\nbon mécanisme dans une étude en staccato de Max Wogrich.\nUn professeur de piano, officier I. P., offrant de sérieuses garanties, pren-\ndrait la direction d'un cours bien organisé. S'adresser à la Revue musicale.\nOUVRAGES REÇUS.\nCL. DEBUSSY. Danses, pour harpe chromatique et orchestre à cordes. Ré-\nduction de l'orchestre au piano. Paris, Durand et fils.\nCL. DEBUSSY. —L'lsle joyeuse, pour piano. Paris, Durand et fils.\nCL. DEBUSSY. Masques, pour piano. Paris, Durand et fils.\nCL. DEBUSSY. Fêtes galantes (2e recueil), pour chant et piano. Paris, Du-\nrand et fils.\nFR. COUPERIN. F Apothéose de Lulli, quatuor pour 2 violons, violoncelle et\npiano. Transcription par G. Marty. Paris, Durand et fils.\nG. S AMAZEUILH. Sonate, pour violon et piano. Paris, Durand et fils.\nA. SERIEYX. Sonate, pour violon et piano. Paris, Demets."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "537", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nNo 22 (quatrième année)\n15 Novembre\n1904.\nR. M.\n4 1\n\nAlexandre LUIGINI"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "538", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.2", "texte": "ALEXANDRE LUIGINI.\n\nNé à Lyon le g mars iByo, Directeur de la musique au théâtre de VOpéra-Comi-\nque, M. Luigini méritait de figurer dans la galerie des maîtres, que nous avons com-\nmencée, à côté des Colonne, des Chevillard, des Tajfanelet des Marty. Chef d'or-\nchestre exigeant beaucoup, mais obtenant beaucoup aussi de ses musiciens (auxquels\nil fit parfois répéter, dans le détail, les oeuvres qu ils croyaient posséder pleinement),\nil a le geste aussi autorisé que le jugement sur ; avec les artistes, sa parole est tour à\ntour incisive et caressante... Il a rendu à Vart musical les plus beaux services. Nous\nne reproduirons pas sa biographie, que tous les habitués du théâtre ont eue sous les\nyeux dans les programmes ; nous nous bornerons à rappeler les ouvrages [créa-\ntion) qu il a montés à ïOpéra-Comique : le Spahi, 18 octobre iBgy ; la Bohême,\niy juin 18g8 ; l'Angelus, 2 mars 7599 ;le Cygne, 20 avril iBgg; Cendrillon,\n24 mai iBgg; Javotte, 29 octobre iBgg ; Bastien et Bastienne, 9 juin igoo ; la\nMarseillaise, 14 juillet igoo ; l'Ouragan, 29 avril Igo 1 ; le Légataire univer-\nsel, 6 juillet igoi ; Maître Wolfram, 7 février igo2 ; la Troupe Jolicœur,\n90 mai igo2 ; Titania, 20 janvier igoy; Muguette, 18 mars igoy ;le Jongleur\nde Notre-Dame, 10 mai igoy ; Alceste, yo mai igoy. Au théâtre de la Gaieté,\nM. Luigini a repris Ilérodiade, 21 octobre igoy la Flamenca, 90 octobre\nigoy ; la Juive, 21 novembre igoy ; Messaline, 24 décembre igoy. Voilà des\ntiti es qui justifient la réputation de M. Luigini et lui assurait la reconnaissance\nde tous les musiciens.\n\nNOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL. Ilsvndel ne soutient peut-être pas la comparaison\navec Bach pour la profondeur du sentiment religieux ; mais il est son égal pour la\nfoi CL et la mei veilleuse abondance de l inspiration, ainsi que pour l'absolue maîtrise\ndu style. Les deux morceaux que nous publions aujourd'hui sont des (( airs\ntendres j), empruntés aux opéras de Radamiste (1720) et Rodelinde (7727). La\nligne pure et gracieuse de la mélodie, la fermeté de l'harmonie, l'art discret et déli-\ncat du contrepoint, tout en fines imitations et en délicates broderies, font de ces\nans des mei veilles dont le secret est perdu aujourd hui. Heureuse époque que celle\nou la musique savait sourire sans rien perdre de sa puissance !"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "539", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.3", "texte": "NOTES SUR L ENSEIGNEMENT ET L'ÉTUDE DU PIANO\n\nNotes sur l'enseignement et l'étude du piano.\nDE L'IMMOBILITÉ. LA MUSIQUE SERT-ELLE à DÉVELOPPER L'ATTENTION ?\n\nCe que Gratiolet dans son Traité de la physionomie et desmouvements dexpression.\nFéré dans sa Pathologie des émotions, ainsi que Spencer, Paulhan et Th. Ribot\nau cours de leurs études physiologiques, ont affirmé sur la valeur éducatrice de\nla musique, Mme Jaëll l'a développé dans un livre très exact, la Musique et la Psy-\nchologie, qu'une artiste seule pouvait rendre autorisé. Physiologiste moi-même,\nje crois l'avoir comprise mieux que tout autre, et voici la chaîne de ses raison-\nnements.\nQu'est-ce que l'étude de la musique ? C'est, avant tout, l'étude des moyens\nmatériels destinés à réaliser la beauté des sons. Toute musique est faite pour\nêtre exécutée, et cette exécution, si elle ne peut avoir lieu sans l'application sou-\ntenue de l'esprit, exige en outre la tension musculaire du corps tout entier. Le\npiano, la flûte, la voix elle-même, offrent un monde de résistances, une inertie\ncontre laquelle toute notre énergie motrice doit se soulever. Le processus méca-\nnique de la musique n'est plus contestable. Mais puisque l'harmonie et la mélo-\ndie se résolvent en mouvements et que tout mouvement se décompose en actions\net en réactions dont l'intensité, la direction, la relativité enfin selon tous les\nmodes de 1 espace et du temps sont mesurables, l'exécution de la moindre note\nmusicale se présente à nous comme un problème de mécanique, et les données\nde ce problème ne nous paraissent se fondre dans une fluidité insaisissable que\nparce qu'elles se composent de petits faits extrêmement nombreux, liés par\nd'autres faits infinitésimaux et dont la science, appliquant enfin aux sensations\nauditives ses procédés d'investigation microscopique, commence seulement à\nsoupçonner les lois.\nMais entrons dans les détails et suivons ici Mme Jaëll, et avec elle tous les\nphysiologistes.\nMme Jaëll, afin de mieux convaincre, procède négativement :\nQuelles sont, demande-t-elle, les causes de l'inefficacité de l'enseignement\nmusical ?\nEn ce qui concerne le piano —et ceci peut être étendu à n'importe quel in-\nstrument, ces causes sont au nomore cie quatre :\ni° Insuffisance de l'immobilité des doigts, avant de projeter le mouvement\nde l'attaque.\nIl peut sembler étrange d'affirmer, comme l'implique cette remarque, que\nl'immobilité musculaire est la condition fondamentale de toutebonne instruction\nmusicale. Mais si l'on réfléchit que (( l'énergie d'un mouvement est en rapport\navec la représentation mentale de ce mouvement )) (Bain, L'esprit et le corps),\non arrive à en conclure qu'afin de donner à cette représentation le relief et le ca-\nractère presque hallucinatoire qui résultent de sa netteté, il faut qu'elle se pro-\nduise dans l'esprit au moment où toute autre impression étant affaiblie ou éteinte,\nun calme absolu la favorise et laisse libre le jeu des cellules correspondantes. En\nun mot, le geste le plus insignifiant et yen a-t-il, en apparence, de plus banal\nque celui de soulever un doigt pour le laisser retomber sur le clavier ? ne\ns'effectuera dans des conditions de durée, d'intensité, de vitesse et de direction"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "540", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.4", "texte": "NOTES SUR L'ENSEIGNEMENT ET L'ÉTUDE DU PIANO\n\nconformes à l'ordre mental, que si cet ordre mental a pu, d'abord, se formuler\net se transmettre au milieu du plus grand silence intérieur, dans la paix pro-\nfonde de tous les organes. Avant toute chose, il convient donc que 1 exécutant\natteigne ce degré d immobilité musculaire parfaite. Et notons, avec Bérard, que\nl'immobilité n'est pas le repos. Il s'agit ici d'un calme conscient, d'une tran-\nquillité d'ordre spécial, d'une sorte d'action statique, pareille à celle que les\nanimaux imposent, dans toute la clairvoyance et la puissance de l'instinct, à leurs\nnerfs au moment qui précède un acte de force ou de rapidité foudroyante. L ac-\ntion statique, qui n'est que de l'énergie en réserve, dépasse de beaucoup 1 action\ndynamique ou 1 énergie agissante, car il est manifeste qu'aucun organisme ne\nsaurait, sous peine d auto-destruction immédiate, projeter au dehors la somme\ntotale de ses forces.\nL'immobilité musculaire constitue donc le premier degré de 1 attention. Elle\ncrée la sphère entièrement vide, entièrement silencieuse où, à travers des tissus\nque rien ne trouble, le processus intellectuel pourra se propager jusqu'aux\nphalanges et s'extérioriser en un geste d'une précision absolue.\nAinsi, quand même la note exécutée dans de telles conditions serait fausse,\nelle n'en répondrait pas moins à unétat mental parfaitement conforme aux lois de\nfonctionnement de 1 intelligence ; elle résulterait d'un exercice d attention suprê-\nmement efficace pour le développement de la conscience ; elle prouverait que si\nl'exécutant, trahi par une ouïe encore grossière, s'est trompé sur les propor-\ntions de temps, d'intensité ou de vitesse imposées par la tonalité de cette note,\nil n'a point cependant commis d'erreur, il n'a point éprouvé de faiblesse, il ne\ns est point relâché, négligé ou abandonné en ce qui concernait la préparation de\nses forces à l'accomplissement du geste manqué. Son mécanisme musculaire et\nnerveux apu se détendre sur une fausse indication, mais il s'est détendu dans\ntoute la plénitude d'un effort tranquille et savamment appliqué à un seul point.\nQui ne voit que 1 attention, fondée sur l'immobilité musculaire, prend ainsi\nune ampleur indéfinie?\nNous en déduirons avec P'éré (( que l'exercice de 1 immobilité est l'exercice le\nplus favorable au développement de 1 intelligence ; une éducation qui néglige-\ngerait cet exercice supprimerait l'attention ; ce seraitune éducation régressive )).\n(.Pathologie des émotions.)\n2° L'organisme ainsi préparé par une concentration puissante de toute l'atten-\ntion sur un seul geste, ce serait maintenant une erreur de croire, comme on a\nl'habitude de le persuader aux débutants, que ce geste doit d abord être effectué\nlentement, puis selon une échelle de vitesse croissante.\nErreur grossière ! Lorsque, après avoir mis au point une machine quelconque\net avoir amené à leur degré exact d énergie latente tous ses organes, vous lui\ndemandez la réalisation immédiate d'un travail, quelle raison auriez-vous de\nne pas exiger d'elle le total des forces nécessaires à ce travail ? Représentez-\nvous le pianiste dans l'état de conscience parfaite où nous l'avons laissé. Le\nchamp de son activité intérieure est libre. Aucune sensation, aucune sollici-\ntation étrangère à l'acte qu'il doit accomplir ne le trouble. Il sait ce qu'il veut\nfaire et comment. L'ordre qu'il s'apprête à lancer du fond de son cerveau a\ndevant lui la voie ouverte à travers un organisme souverainement calme. En\nun mot, son énergie, tendue au suprême degré, ne se connaît pas, ne craint pas\nde résistance possible. Pourquoi mesurait-il alors son élan? Pourquoi le res-"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "541", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.5", "texte": "NOTES SUR L ENSEIGNEMENT ET L'ÉTUDE DU PIANO\n\ntreindre, le différer, l'user dans l'attente ? Pourquoi ne pas accomplir le geste\ndemandé avec toute la puissance motrice accumulée à dessein? Il y aurait là une\ncontradiction avec les lois les plus élémentaires du mouvement, qui veulent que,\nlorsque les conditions de possibilité d un mouvement se trouvent réalisées, il se\ndéveloppe et aille jusqu'au bout de lui-même. Laissons donc, au contraire, le\ngeste s exécuter rapidement. Ne brisons point, par une contraction intempestive,\nl'activité en marche. Un muscle brusquement arrêté dans sa détente se détruit.\n11 faut que le mouvement soit aussi complet que l'appel au mouvement.\nMais remarquons bien, avec Mm« Jaëll, que si elle recommande par là le\nmaximum de vitesse au moment de l'exécution, elle se garde d'en déduire que\n1 exécution tout entière doit être précipitée. Nous verrons plus loin que, fidèle\nen cela aux règles de la physiologie elle défend de mettre entre deux ordres\nmentaux successifs un intervalle inférieur au degré 72 du métronome. Au-\ndessous de cette limite, qui équivaut à peu près à trois quarts de seconde, il se\nproduirait un encombrement dans les muscles chargés de transmettre à la fois\nplusieurs ordres. Car il est très beau et très pittoresque de célébrer ((la rapi-\ndité instantanée de la pensée » ; mais pour le savant cette rapidité n'existe pas.\nDes mesures très précises nous permettent ( 1 ) de supposer que l'intervalle de o 72\nde seconde est absolument indispensable à la conception, à la transmission et à\nl'exécution d un ordre mental. Du moins, si l'organisme réussit, par une répé-\ntition extrêmement fréquente, à restreindre ce délai, ce qu'il gagne ainsi en\nvitesse, il le perd, en vertu d'une loi fatale, en durée. Autrement dit, la tension\nmusculaire cesse après quelques minutes d'exaspération, de se maintenir et\ntombe même au-dessous du niveau initial.\nNous voyons donc avec quelle précision les principes d'une bonne exécution\nmusicale se rapportent à ceux de la mécanique. Que se passe-t-il, au contraire,\naujourd hui dans l'enseignement ? D'abord, on néglige absolument d'instruire\nl'élève de la nécessité de l'immobilité préparatoire. On l'amène au piano, encore\ntout plein de sensations disparates, l'imagination dispersée, la mémoire sur-\nchargée d'impressions sans suite, puis, au lieu de laisser ce chaos se tasser, cet\nincendie s'éteindre, on demande à ses nerfs, à ses muscles parcourus par des\nordres mentaux désordonnés, un effort brusque, une soudaine concentration.\nEnfin, pour achever le mal ainsi commencé, dès qu'il est parvenu à se maîtriseï\net à coordonner ses mouvements, on lui ordonne de marcher avec lenteur, c'est-\nà-dire de briser, par une contraction rétractile, l'élan qu'il vient d'acquérir au\nprix d'un si dur effort. Quelle contradiction ! Quelle ignorance fâcheuse des\nlois de la mécanique mentale !\n30 II y a plus Tout s'enchaîne dans l'erreur ; Mme Marie Jaëll nous le fait com-\nprendre en étudiant le troisième défaut de notre enseignement du piano, je veux\ndire, le défaut de réaction du doigt après l'attaque.\nCombien de professeurs savent-ils que, lorsqu'un organe quelconque vient\nd accomplir un mouvement, ce mouvement revient en quelque sorte sur lui-\n\n(1 ) (( Dans les expériences psychophysiques sur l'appréciation des battements chronométriques,\non remarque que le point où lintervalle du temps apprécié est en moyenne égal à l'intervalle du\ntemps réel et le reproduit fidèlement, est autour de 0.72 par seconde ; or, c'est aussi la valeur\nmoyenne de la durée nécessaiie en général pour la reproduction de la mémoire ou représentation.\nUne vitesse de trois quarts de seconde environ est donc celle où les processus de reproduction\net d'association s'accomplissent le plus facilement. » GUYAU (.La Genèse de Vidée du temps)."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "542", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.6", "texte": "NOTES SUR L'ENSEIGNEMENT ET L'ÉTUDE DU PIANO\n\nmême et doit se dépenser, jusqu'à extinction complète, en actions accessoires et\ngraduellement décroissantes? Savent-ils aussi que cet élan régressif constitue,\nentre les divers mouvements qui lorment la trame ininterrompue de notre vie\ncérébrale et musculaire, une transition indispensable, une ressource infiniment\nprécieuse ? On peut dire, au point de vue mécanique, que si un mouvement ne\nmourait pas, il tuerait autour de lui tous les autres, car il ne s opposeiait pas\nde raison suffisante à son développement géométrique dans toutes les directions.\nIl faut donc qu'un geste commencé meure, mais il faut aussi que sa période\nde décroissance serve de substratum, de tremplin, pour ainsi dire, à une autre\nmanifestation de l'énergie. En un mot, nos actes ne peuvent naître que liés les\nuns aux autres et s'engendrant mutuellement. Rompre cette chaîne ou ne pas\nen observer les points de jonction délicats, c est laisser inutilisée une part\nénorme d'énergie, et détruire l'organisme par une suite d'arrêts inintelligents.\nQuand on néglige, après avoir exigé de l'élève une attaque franche et vive, de\nlui faireutiliser l'élan acquis pour l'attaque d'une autre note, on pèche encore une\nfois contre les principes de la mécanique. Les muscles, encore pleins de l'action\nà peine terminée, se trouvent admirablement préparés pour une nouvelle orienta-\ntion. Le doigt, appuyé sur la touche, doitcloncs'en retirer par une sorte de glis-\nsement doux, que favorise d'ailleurs le poids de l'avant-bras, et non point rester\nenfoncé puis, brusquement, se relever. Mme Marie Jaëll conseille même d impri-\nmer à l'extrémité de la phalange un mouvement légèrement circulaire, ce qui\npermet au doigt de quitter la touche avec plus d'aisance, car le glissement se\ntrouve ainsi prolongé et arrive à son terme au moment précis où la touche revient\nau point d'arrêt. On évite donc d'abandonner celle-ci dans sa période d'activité ;\non l'accompagne constamment, et si l'on réfléchit que cette possession de l'in-\nstrument par l'exécutant doit se continuer jusqu'à la fin du morceau, on compren-\ndra que toute lacune dans l'exécution devient impossible, puisque à aucun instant\nles doigts n'ont cessé de gouverner, depuis l'attaque jusqu'à la fin de l'attaque,\nle mouvement complet de la touche. Ainsi s'acquiert ce moelleux, cette liaison\nparfaite, cette unité sans lesquelles aucun effet esthétique n'est réalisable.\nLa réaction qu'il est facile d'obtenir parle procédé qu'indique Mme Jaëll a les\nplus heureux résultats, parmi lesquels ceux qui consistent :\na) A établir la durée absolue des notes écrites, si ces notes ne sont ni liées, ni\ndétachées ;\nb) A établir une variété infinie de leur amoindrissement dans le détaché ;\nc) A établir avec des rapports précis la prolongation de la durée dans le lié.\nSi nous passons maintenant à la quatrième conséquence de l'infériorité de l'en-\nseignement actuel, nous la trouverons,\n4° Dans l'impossibilité de faire correspondre l'immobilité de certains doigts\navec l'activité motrice de certains autres.\nCe dernier défaut était facile à prévoir. Celui qui ne sait ni préparer, ni\neffectuer dans les conditions voulues un mouvement unique, ne parviendra pas\ndavantage à coordonner ou à disjoindre convenablement une série successive ou\nsimultanée de mouvements. Toute coordination doit être complète ; toute dis-\njonction doit être précise. Comment un élève dont le cerveau ne réussit pas à se\nfaire obéir par les organes pour 1 exécution d un ordre mental unique y arrivera-\nt-il lorsqu'il s'agira de plusieurs ? Et comment un cerveau qui ne sait point mé-\nnager entre ses manifestations volontaires les intervalles exigés pour leur exacte"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "543", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.7", "texte": "NOTES SUR L'ENSEIGNEMENT ET L'ÉTUDE DU PIANO\n\ntransmission aux doigts réussira-t-il à disjoindre, en temps utile, ses divers\ngroupes d'ordres mentaux ?\nOr, le piano impose cette double faculté. Elle ne se développera donc, elle ne\nprendra toute sa valeur que si l'on a égard, dès le début, au principe de l'immo-\nbilité musculaire. C'est par lui que l'élève, devenu conscient de chaque acte\nmental, en saisira l'individualité, le trait idiosyncrasique, et se rappellera par\nsuite plus facilement l'effet produit. Plus les ordres mentaux se succéderont dans\nla clarté d'une genèse méthodique, plus l'esprit distinguera nettement les\nmoindres phases de l'exécution.\nMme Jaëll s'exprime là-dessus avec éloquence :\n((L'exécutant qui arrive à jouer une sonate de Beethoven selon les moindres\ndétails de l'écriture musicale sentira que l'action puissante des plus petites dif-\nférences de sonorité et de rythme réalisées crée un principe de dissemblance si\nfluide entre les notes qu'elles semblent s'éloigner les unes des autres. Mais il sen-\ntira aussitôt subsister entre elles un lien qui lui paraîtra plus vivant que les\nnotes. Pour le musicien qui sent vivement son art, l'espace interstellaire ne\nsemble pas exister uniquement au firmament étoilé ; pour lui un phénomène ana-\nlogue existe dans l'art musical dès que les notes réalisent une haute conception\nesthétique. ))\nNous étendre davantage sur la technique musicale serait sortir de notre\ncadre.\nNotre but n'était pas de montrer comment on peut réformer l'enseignement de\nla musique en se fondant sur la physiologie. Nous désirions surtout faire sentir\nles effets qu aurait cette réforme surle développement de l'attention chez l'enfant.\nEt, si l'on nous a bien suivi, on a pu voir que l'exercice du piano, ainsi pratiqué,\ncesserait d'être un inutile et dangereux passe-temps pour devenir une source ad-\nmirable de progrès. Par l'habitude de l'immobilité musculaire, l'enfant appren-\ndrait un fait essentiel : c'est qu'il est oiseux et même nuisible de commencer un\neffort quelconque avant d'avoir mis l'organisme tout entier dans le calme profond\nnécessaire à l'exécution parfaite d'un acte voulu. Il saurait que la plus simple\nopération mathématique, le raisonnement le plus banal, l'acte de mémoire ou\nd imagination le moins complexe, veulent s'accomplir dans le sens de la moindre\nrésistance et qu'il faut, auparavant, chercher cet état de moindre résistance. Une\ntelle condition réalisée, il saurait que toute tergiversation devient inutile, qu'il\nfaut agir, c'est-à-dire penser sans tâtonnements, sans reprises, avec la rapidité\nque l'absence de sollicitations étrangères rend dès lors facile. Le résultat pourra\nêtre faux, car les données antérieures auront pu être acquises trop sommaire-\nment, mais l'esprit n'en aura pas moins réalisé, dans des conditions parfaites\nd'équilibre physiologique, un effort complet. Et tout mouvement normalement\naccompli dans sa plénitude laissant les cellules encore fraîches et disposesj la\nvoie sera ouverte pour d'autres actes de mieux en mieux préparés, de plus en\nplus prompts.\nQu'est-ce que cela, sinon le processus même de l'attention? Quand 1 étude de la\nmusique instrumentale ne laisserait aucune trace d'érudition technique dans la\nmémoire de l'élève, il faudrait encore la pratiquer. Car ce qu'elle lui aura com-"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "544", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.8", "texte": "LE CHANT ET LES MÉTHODES\n\nmuniqué d'énergie mentale garde une valeur incalculable. Nous n'avons pas en\neffet, dans le répertoire énorme des engins pédagogiques, un seul outil de tra-\nvail comparable à celui-là On parle à l'enfant de toutes les sciences, mais nulle\npart on ne lui indique le moyen de concentrer ses facultés sur un point donné.\nOn croit exercer sa mémoire en l'astreignant à des exercices de mémoire, c'est-à-\n--dire que, par une contradiction vraiment risible, on lui demande, pour lui ap-\nprendre à se souvenir, de se souvenir, c'est-à-dire de faire d abord la chose qu'il\nne sait pas ! On évite avec soin de lui conseiller l'état de tranquillité intérieure\nsans lequel toute opération de l'esprit devient une souffrance et un danger. On\nparaît ne pas savoir qu'il n'a même pas la conscience de son propre mécanisme\nphysiologique et qu'on ne peut pas perfectionner un instrument qu'on ne con-\nnaît pas !\nLa musique, ramenée enfin à ses origines mécaniques, comblerait donc cette\nlacune de la pédagogie moderne II serait à souhaiter que nos programmes tins-\nsent compte désormais du concours qu'elle apporterait au développement-intel-\nlectuel de l'enfant.\n\nDr A. LOMBARD.\n\nLe chant et les méthodes.\n\nMARTINI. PANSERON. — Egide\nSchwartzendorf, dit Martini il\nTedesco, mérite de nous faire ré-\ntrograder un instant pour exami-\nner sa méthodede chant. L'Art du\nchant réduit en principes ou Mélo-\npée moderne, fut publié en 1792, et\ndédié à M Lenormand d'Etuilles.\nCette méthode offre ceci de parti-\nculier qu'elle est, dit-on, la repro-\nduction presque intégrale d'un\nTraité de chant, publié en Alle-\nmagne en 1780, par un excellent\nmusicien : Hiller, Traité qui eut\nune influence sérieuse sur la mu-\nsique allemande. Martini, compo-\nsiteur charmant (le Droit du Sei-\ngneur ; Plaisir d'amour, etc.), mais\nthéoricien médiocre, a bien fait\nd'emprunter à son pays les con-\nseils qu'il apportait au nôtre. Il\nnous laisse au moins une bonne\ntraduction, ce qui est déjà chose\nrare.\nGrâce à la composition de quel-\nques chants patriotiques, Martini passa de la musique du prince de Condé et"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "545", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.9", "texte": "LE CHANT ET LES MÉTHODES\n\ndu Comte d'Artois à la situation d'inspecteur du Conservatoire vers 1798, ce qui\nne l'empêcha pas (il était éclectique), sous la Restauration, de devenir surin-\ntendant de la musique du roi.\nM artini le premier en France a écrit des romances ou morceaux détachés avec\naccompagnement de piano. Jusque-là on se contentait d'une basse chiffrée.\nEx. : Plaisir d'amour, la romance charmante qui suffirait à la réputation d'un\nmusicien :"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "546", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.10", "texte": "LE CHANT ET LES MÉTHODES\n\nLa phrase en mineur : (( Tant que cette eau coulera doucement )) mesure de\ni à 3. si caractéristique, par ses notes répétés, de la mélancolie qui se dégage\ndes phénomènes de la nature, est soulignée par une basse chantante du plus\nheureux effet (mesures de 1 à 7). Cette basse accuse par ses notes chromatiques\nla langueur des êtres et des choses ; elle soutient le chant avec vigueur,\nquand l'intonation se révèle (mesure 6).\nL'accompagnement plus fourni et en partie plaqué des mesures 8,9 10, 11,\ndonne de la force au serment (( je t aimerai, me répétait Sylvie )). On remar-\nque que la phrase mineure ne se termine pas sur une cadence définitive, ce qui\nétait général, en mineur, à cette époque ; mais le vague delà terminaison ajoute\nau charme, aux sous-entendus du sentiment de regret qu'il exprime ; regret mis\nen relief à la basse (mesure 16) par la répétition de Y ut.\nMartini dit avec raison que pour apprendre à chanter juste, le violon vaut\nmieux que le piano (tempérament), mais que l'accompagnement au piano donne\nl'habitude de l'orchestre. Il conseille de développer la force, seulement après la\nmue ; et de ne pas trop faire solfier l'élève, qui peut contracter de mauvaises\nhabitudes vocales par l'exercice mal conduit du solfège.\nMartini ou Miller, qui ne savent rien du timbre, remarquent cependant avec"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "547", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.11", "texte": "LE CHANT ET LES MÉTHODES\n\nraison que la bouche, trop petite ou trop ronde, contribue à étouffer les sons ; que,\ntrop ouverte, elle gêne la glande thyroïde (textuel). En rejetant les mots scientifi-\nquement faux, on trouverait peut-être des faits justes, mais mal exprimés dans\ncette théorie. Cette méthode reconnaît trois genres de voix par personne (évidem-\nmant trois registres: poitrine, gosier et tête); et nous, les modernes, qui ne\nsommes pas contents parce que la voix glottique n'a pas dit le dernier mot du\nfausset !\nAucune indication à propos de la respiration, mais le conseil très net de res-\npirer promptement sans râle et de ménager le souffle, de ne respirer qu'après\nY enchaînement harmonique avant une longue ou un trait, après les intervalles\nconsonants ou le soupir, et jamais au milieu d'un mot.\nOn perd la voix, dit l'auteur, en chantant trop vite, trop haut, trop fort, trop\nlongtemps. Décidément la première République avait eu la main heureuse en\nnommant inspecteur du Conservatoire ce professeur ; oiseau rare qui ne voulait\npas casser les voix des jeunes élèves ! Nous trouvons à côté de ces excellents pré-\nceptes des enfantillages scientifiques : (( Le chanteur doit craindre la pulmonie ;\nquand les veines du cou et les nerfs s enflent, s arrêter ». On peut se douter que\nl'auteur engage l'élève à éviter les troubles circulatoires ; mais il le fait dans des\ntermes peu compréhensibles.\nRien de bien net sur le trille ; le conseil excellent de faire correspondre les\nagréments de la mélodie à l'harmonie, pour que ces agréments ne tombent point\nà faux. Pour le port de voix, appuyer sur la première noteafin d'atteindre l'autre.\nL\"indication des notes tenues ou des intervalles par degrés conjoints et disjoints ;\ndes notes liées et des notes piquées, plutôt que Y explication des moyens à em-\nployer pour arriver au résultat.\nDans un bel organe, dit encore l'auteur, la voix ne doit pas être éteinte,\nfêlée, rauque, glapissante, criarde, laborieuse ; pas de hoquets, de glissades, de\ntraînées, de chevrottement, de trilles à la tierce ou à la quarte.\nLa précision dans la mesure, la netteté des traits, les trilles bien terminés\net enfin la grande simplicité qui est la perfection dans tous les arts, voilà ce qui\ncaractérise un bon chanteur. Je crois que les desiderata de Martini pourraient à\npeu de chose près être encore les nôtres. Quant à la science appliquée au chant,\nnous ne pouvons en parler à propos de cette méthode plus que l'auteur n'en\nparle lui-même.\nEt maintenant un mot de Panseron, professeur au Conservatoire en janvier\n1836. Sa méthode a le mérite rare d'oser prendre la science pour base ; malheu-\nreusement le laryngoscope n'existait pas alors ; et les données avancées dans\ncette méthode, données empruntées à Colombat et à Benatti, ont été abandonnées\npresque généralement. Voici comment Panseron s'exprime: (( Voix laryngienne.\nPlus le larynx est rétréci, et plus les cordes vocales sont tendues par l'action des\nmuscles constricteurs de ces parties, plus le son sera aigu ; plus la distance qui\nsépare Vouverture extérieure du tuyau vocal, du point ou le son se produit, est dimi-\nnuée par l'action des muscles élévateurs du larynx, plus le son sera aigu. »\nActuellement on n'admet pas que le plus ou moins de hauteur ou de profondeur\ndu tuyau vocal agisse sur la hauteur de la voix, mais bien sur le timbre.\nLa théorie sur la voix empruntée à Benatti est encore plus singulière ; pharyn-\ngienne, (( si dans la plus grande étendue de l'échelle musicale, la glotte est l'organe\ngénérateur des sons, il n'en est pas ainsi lorsque le larynx est parvenu à son plus"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "548", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.12", "texte": "LE CHANT ET LES METHODES\n\nhaut point d'ascension, et le chanteur est obligé d'avoir recours à une autre espèce\nde voix », etc... Pendant le mécanisme du fausset, le larynx ou plutôt la glotte ne\nvibre plus d'une manière apparente ; son usage est de rétrécir l'orifice par où\ns'échappe le petit filet d'air qui avec celui de la bouche suffit pour les sons du\nfausset.\nDans ce cas les muscles du pharynx, ceux des voiles du palais, la luette, la\nbase de la langue et tous les organes qui composent l isthme du gosier sont les\nprincipaux modificateurs de ces sons dont l'ensemble constitue la voix pharyn-\ngienne. Et dire que de pauvres élèves du Conservatoire ont dû chercher avec\npersévérance la voix pharyngienne ! Inutile d'ajouter que Panseron prenait\nl'effet pour la cause, la constriction pharyngienne qui accompagne la voix de\nfausset, pour la voix de fausset elle-même.\nPanseron, du reste, avait au moins le mérite de s'en rapporter aux théories\némises par les savants ; ce n'était pas lui qui faisait fausse route; mais sa science\net le fait seul d'avoir voulu le progrès, même dans des errements, font l'éloge de\nce maître ; actuellement encore certains professeurs du Conservatoire ont lutté\nou luttent pour la même cause; saluons-les en passant ; ils ont la sympathie\nde tous ceux qui ne séparent pas l'art de la science ; souhaitons-leur le succès\net souhaitons à leurs détracteurs d'être éclairés par la science ou aveuglés par\nla vérité.\nLa méthode de Panseron était simple, graduée et bien comprise. Elle fut\npresque seule en usage pendant un demi-siècle. Nous aurons du reste 1 occasion\nde reparler de cet auteur à propos de son traité d'harmonie. Remarquons\ncependant qu'il indique peu le mécanisme de ses exercices\nIl paraissait comprendre l'importance du travail de lémission sur toutes les\nvoyelles ; toutefois, sacrifiant à l'usage, il recommande de vocaliser sur a ê seu-\nlement, tout en engageant le chanteur à se rendre maître des autres sons. Il\nattache une grande importance à la respiration, sans en donner les règles. Le\nchapitre qui traite de la classification des chanteurs d'après leur conformation\nthoracique laryngienne et sus-laryngienne est assez remarquable. Appareil\nvocal supérieur développé et mobile, arrière-bouche grande, narines étroites,\nluette très forte, voile du palais grand, langue grosse, large : les soprani auraient\nces organes plus développés parce qu'ils exercent davantage la partie supérieure\ndu tube vocal.\nCeci paraît juste.\n(( Chez les basses, le larynx est beaucoup plus grand et descend presque jus-\nqu au milieu du cou ; la saillie antérieure du cartilage thiroïde (pomme d'A-\ndam) est plus piononcée , le nez est plus allongé, les sinus nasaux plus vastes\npaice que 1 an les tiaveise constamment, les épaules et la poitrine plus larges.\nMais la bouche au contraire est plus petite ; le voile du palais plus épais et\nmoins giand, la luette moins saillante et moins mobile. Enfin toutes les par-\nties du gosier sont rétrécies. ))\nL observation paraît confirmer ces règles.\n\nAlix LENOEL ZEVORT."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "549", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.13", "texte": "LA SONATE DE M. HENRI FÉVRIER\n\nLa sonate en la mineur, pour violon et piano, de M. Henri\nFévrier\n\ni 1 ) Chez Henri Gregh, successeur de Quinzard et Cie, 8. faubourg Montmartre.\n(2) M. Février a été nommé l'année dernière membre du comité de cette Société.\n\n(l).\nAl. Henri Février, que nous présentons pour la première fois à nos lecteurs,\nest un jeune : il est à peine âgé de vingt-huit ans. Il fit ses premières études mu-\nsicales au Conservatoire, dans la classe d'harmonie de M. Pugno, puis dans\ncelle de M. Xavier Leroux, qui succéda à ce dernier. M. Février travailla la com-\nposition avec M. Gabriel Fauré, et Ton peut dire qu'il reçut de ce maître une heu-\nreuse influence musicale. En effet, la nature délicate et expressive de ce jeune\ncompositeur ne pouvait que s'épanouir au contact de 1 art si personnel et si élevé\nde M. Gabriel Fauré. Et M. Février, outre la science de la technique musicale,\nqu'il -possède supérieurement, présente des qualités d'expression très person-\nnelles. J'en profite pour rapporter ici une opinion, qui est de lui, et qui contri-\nbuera à définir ses tendances musicales auprès de nos lecteurs : « J'ai horreur\ndes complications inutiles et de la musique des mathématiciens : la musique est\nun art d'expression, et ceux qui veulent en faire un art de raison et d'explication\nsont des musiciens ingénieux, mais dépourvus d'émotion et de sensibilité. Je\npréfère le plus léger frisson à des pages froides et voulues. »\nAl. Février est l'auteur de nombreuses mélodies, souvent chantées ; d'un\nchœur avec accompagnement d'orchestre, exécuté dernièrement au concert de la\nSociété nationalefV, sous la direction de Al. Cortot. De plus, nous connaissons\nde lui un trio très intéressant, œuvre d'une haute valeur musicale. Il est aussi\nl'auteur d'un ouvrage en deux actes, reçu récemment à l'Opéra-Comique : le\nRoi Aveugle, légende Scandinave, en collaboration avec Al. Hugues Le Roux.\nEnfin, —et c'est ce qui nous occupe ici, —il est l'auteur d'une sonate en la\nmineur.\nCette sonate est construite classiquement ; elle dérive, par la forme, des so-\nnates de Beethoven, et se divise en quatre parties :\ni° Allegro risoluto ;\n2° Andante cantabile ,\n3° Allegretto moderato ;\n4° Animato.\nLe premier mouvement, Y Allegro risoluto, est d'un caractère énergique et\nvigoureux :\nAprès la complète exposition de cette idée, nous arrivons à un nouveau et\ngracieux motif de plusieurs mesures qui sert de transition pont) à la seconde\nidée :"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "550", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.14", "texte": "LA SONATE DE M. HENRI FÉVRIER\n\nExposée d'abord au piano pendant que le violon syncope une pédale intérieure\nde dominante, la seconde idée en fa majeur se dégage avec charme et poésie :\nCombien j'aime les accents expressifs de ces harmonies si personnelles !\nLa partie de développement qui succède à l'exposition des deux premières\nidées est du plus vif intérêt. Elle renferme une richesse réelle. C'est dans les\ndéveloppements que hauteur excelle. N'est-ce pas là qu'il nous est donné d'appré-\ncier, non seulement le talent du technicien, mais encore les qualités musicales\ndu compositeur ? Elles se révèlent ici complètes et sans défaillances, toujours\nfécondes en trouvailles ingénieuses et débordantes de pure musique. La ri-\nchesse, toujours soutenue, des harmonies, nous fait songer à la palette d'un\nMoreau.\nLe second morceau, hAndante cantabile, est une page de pur romantisme\noù l'on peut voir l'aveu d'un cœur tendrement épris :\nU Allegretto moderato, en mi mineur, a l'allure d'un scherzo. C'est un mor-\nceau d'une grâce délicate :\nOn devine chez l'auteur un esprit subtil et fin. J'apprécie vivement le parti\npris des accords de 7e majeure sans préparation qui ornent la partie d'accompa-\ngnement. Ces accords, outre leur richesse harmonique, sont du plus heureux\neffet.\nJ aime aussi 1 expression mélancolique de la seconde phrase en si majeur, où\n1 esprit ingénieux de 1 auteur fait revenir à propos le fragment rythmique du\nmotif du premier morceau, qu'il développe durant deux pages :\nEt c est avec ce même fragment qu'il forme un nouveau dessin pour servir de\ncontrepoint à la rentrée du motif principal de :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "551", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.15", "texte": "LA SONATE DE M. HENRI FÉVRIER\n\nL'Amwa/o est presque entièrement construit sur le motif suivant :\nC'est lui qui servira surtout pour le développement de la seconde idée, qui,\nsans être autre chose que le retour du motif initial modifié du premier morceau,\nse présente toutefois ici sous forme mélodique :\nAprès un développement de plusieurs pages revient, un peu transformée\naussi, la première phrase de VAnimato, dans un mouvement plus lent et en\ncanon :\nEnfin, après s'être diverti dans des combinaisons variées où il associe ces\nthèmes, l'auteur reprend la seconde idée en la majeur et conclut.\nNous terminerons cette trop brève analyse en disant que cette sonate, dédiée\nau violoniste Marteau, a été lancée par lui et, depuis, souvent exécutée en France\net à l'étranger par de célèbres virtuoses. Enfin, tout dernièrement, elle a été\ndéfinitivement consacrée par MM. Ysaye et Pugno, à un récital donné salle\nPleyel.\n\nADALBERT MERCIER."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "552", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.16", "texte": "LA 2e SYMPHONIE DE M. VINCENT D INDY\n\nLa 2e Symphonie de M. Vincent d'Indy aux concerts Lamoureux\n\nAu concert du 31 octobre, M. Chevillard a redonné ce troisième acte du\nCrépuscule des Dieux que nous savons maintenant par cœur, mais qu'on entend\ntoujours avec plaisir. Le dimanche précédent (même audition), je n'avais eu\nqu'une réserve à faire au sujet des cuivres qui, soit pour l'attaque, soit pour la\njustesse, avaient eu quelques légères défaillances. Le sentiment de sécurité était\ncompromis chez l'auditeur. Au concert suivant, cette impression s est améliorée,\nmais n'a pas tout à fait disparu. Y a-t-il donc quelque chose de changé dans\ncette région de l'excellent orchestre? Mme Litvinne, dont la voix et le style sont\nparfaits, a eu le plus grand succès. Qu'attend M. Gailhard pour engager cette\nartiste à 1 Opéra ? Est-ce 1 encombrement des belles voix qui l'en empêche ?...\nMoins familière à notre oreille que le Crépuscule est la Symphonie de\nM. Vincent d'lndy qui figurait en tête du programme. M. Laloy en a donné ici\nmême une analyse précise et enthousiaste. Si je 11e vais pas aussi loin que lui\ndans l'éloge, et si mes impressions sont un peu moins nettes, je souhaite de tout\ncœur que ce soit moi qui me trompe, et non pas lui; mais comment ne pas dire\nsimplement ce qu'on a ressenti, quand on parle d un maître comme M. d'lndy, qui\nest la sincérité même ? Je commence par dire que son œuvre a été vivement ap-\nplaudie, plus applaudie que ne le sont d'habitude les compositions de l'auteur\nde Fervaal et de l'Etranger. Le public a été visiblement touché, intéressé, et a\neu l'impression d une chose de très grande valeur. Rien n'est plus légitime. Cette\nSymphonie est en dehors de toutes les banalités de 1 art musical ; elle apparaît\ncomme un monde de possibles où se joue une liberté adroite et savante. Ce qu'elle\nade plus étonnant, c'est la couleur de l'orchestre, qui est toujours imprévue et\nrare. Le contrepoint y fait merveille ; à la fin, se trouve une fugue admirable,\nparce que très mélodique z t expressive. L'harmonie en est subtile et nouvelle ; pour\nécrire son poème, M. d Indy semble avoir adopté une division de la gamme en\nsix parties égales :\nce qui permet les combinaisons\nles plus ingénieuses, loin des sentiers battus. Voici cependantles points de résis-\ntance qu'il y a eu chez moi, en dehors de toute opinion préconçue et même de\nconsidérations techniques venant gêner l'auditeur. L'œuvre abuse vraiment de\nla dissonance, et cela, dès le début. A peine les premiers mots de la conversation\nont-ils été engagés, et voilà nos gens en querelle ! C est un peu trop tôt pour une\nentrée de jeu. Et ce ne sont pas seulement des accords différents que superpose\nune passagère rencontre ; ce sont les parties entières qui semblent se mouvoir\navec une allure agressive, dans des tonalités différentes. M. d'lndy a écrit une\nu Symphonie », une indépendante et fière Symphonie, et cependant\nsa musique me paraît être surtout dramatique, pittoresque, descriptive,\nmorcelée en petites taches de couleur très fine et très suggestive, soulignée\ncl oppositions qui, soit par le timbre, soit par le dessin, évoquent des\nsituations de théâtre, de pénétrantes analyses de sentiment des décors\nfantastiques, des images de ballade allemande. Voici qui est peut-être plus\ngrave. La construction d'ensemble est peu nette, ainsi que le développement lo-\ngique des idées. L auteur paraît un peu esclave de ses thèmes. Je m'abandoiînais\ncomplètement à lui et ne demandais qu à me laisser conduire par lui : à de cer-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "553", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.17", "texte": "NOUVEAUX CLAVIERS\nR. M.\n42\n\ntains moments, il m'a semblé que j'étais lâché, ou que l'intérêt du voyage faiblis-\nsait, le but de la route s'estompant et se perdant dans la brume. Combien plus\nsûre et plus « allante» est la Symphonie de Beethoven ! Celle de M. d Indy a\ndes parties un peu longues ; j'ai même noté, à la fin, une conclusion trompeuse,\nsuivie d un recommencement\". Une autre qualité de Beethoven, c'est la jeunesse,\nla joie, la verve, l'entraînement que provoque une cordialité toujours jaillissante :\ntout cela est remplacé ici par un art moins frais et moins jeune, plus riche de\nmatériaux à mettre en œuvre que de spontanéité, trop ralenti par la recherche\ntoujours heureuse, mais visible) d effets autres. Malgré une pièce exquise à cinq\ntemps, les rythmes ont, en général, peu de prise sur l'auditeur. —Au surplus, ce\nne sont là que des impressions de concert ; une seconde audition les modifiera\npeut-être, en me permettant de voir plus clair dans cette œuvre exceptionnelle.\n\nJULES COMBARIEU.\n\nNouveaux claviers .\n\nA M. le Directeur de la Revue Musicale.\nJe vous remercie d abord des articles fort bienveillants que vous avez consa-\ncrés à mes Premiers éléments d'Acoustique musicale, et maintenant je vous prie\nd'accueillir quelques observations.\nOn me fait dire que je propose (( une nouvelle gamme avec un n ouveau clavier,\nle clavier de Costeley, ayant 19 touches à l'octave et réalisant pour tous les tons\nune réforme que Rameau avait proposée pour les tons usuels seulement )).\nOr je propose en réalité plusieurs nouveaux claviers, et aucune gamme nou-\nvelle. F\nMes claviers sont tous tempérés, et les deux principaux sont ceux que j'ai dédiés\nl'un à Rameau, l'autre à Costeley. parce qu ils réalisent des perfectionnements\ndésirés par ces deux grands musiciens.\nMon clavier Rameau est à 12 touches par octaves. 11 diffère du clavier actuel\nen ceci : j'y fais les quartes justes, ce qui amène un léger raccourcissement des\noctaves (1% 17), alors qu'actuellement on fait soi-disant les quintes justes, ce qui\nallonge les octaves ; Stumpf et Meyer les trouvent allongées de chez les\nviolonistes qui prennent des précautions pour les faire justes.\nMon clavier Costeley a 19 touches par octave: i° il donne, avec une améliora-\ntion très notable, tous les accords du clavier actuel, même ceux du clavier Ra-\nmeau ; 20 il réalise le rêve des musiciens d'avoir des touches différentes pour les\nnotes diéséeset les notes bémolisées, et 30 il permet des combinaisons nouvelles.\nEnfin je donne les moyens pratiques de réaliser, ces deux claviers avec une\nprécision inconnue jusqu'ici.\nTout ce que j'avance là n a rien d'hypothétique ; j'énonce des vérités qui dé-\ncoulent des travaux des acousticiens qui ont étudié les accords isolés (non leur\nenchaînement) et les battements. Reste à savoir à quelle époque on voudra pro-\nfiter des avantages que je signale !\nLe premier perfectionnement (clavier Rameau) pourrait être appliqué sans\nretard et sans difficulté aux orgues qui jouent des solos : il suffit d'un accordeur"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "554", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.18", "texte": "NOUVEAUX CLAVIERS\n\nde bonne volonté. Quant à l'appliquer à tous les instruments d oichestie, c est\nune autre affaire ! Pour ce qui est du clavier Costeley, il exige une révolution\ntotale dans les notations, le langage, les instruments, etc. Je ne 1 entrevois qu en\nrêve !\nDans tout cela, je le répète, je ne fais qu utiliser des faits connus ; je ne fais pas\nde théorie ( i).\nOn savait faire de bonne cuisine longtemps avant que la chimie fût venue au\nmonde ; et même la chimie, depuis qu'elle est devenue grande fille, n'a pas beau-\ncoup servi à perfectionner la cuisine; d'aucuns prétendent qu elle lui a nui.\n11 doit être de même en musique : les musiciens avaient découvert les inter-\nvalles consonants d'octave, de quinte, etc., bien longtemps avant que les physi-\nciens aient expliqué leur consonance par la simplicité du rapport des nombres\nde vibrations des notes formant ces intervalles. Il en sera de même pour la\ngamme : si elle existe, elle sera trouvée par les musiciens ; les savants cherche-\nront ensuite à l'expliquer, s'ils peuvent.\nActuellement que voyons nous ? Aucune gamme n'est expliquée, pas même\nla gamme majeure diatonique. Il existe des convaincus qui croient à la gamme\nde Pythagore, ou à celle de Zarlin, ou même à celle de M. Aleerens ; mais la foi\nde ces croyants ne convainc pas les voisins. Quant aux explications qu'on en\ndonne, elles sont d'une pauvreté désolante !\nCette constatation est pour moi la preuve qu'il n existe pas une gamme,\nenfermée dans des compartiments ayant pour longueur une octave. Chaque mu-\nsicien écrit, suivant son inspiration du moment, des séquences de notes ascen-\ndantes ou descendantes, qui sont, si lon veut, des fragments de gammes,\nchromatiques le plus souvent, mais avec des trous, fragments qui ne sont ni\nexpliqués ni explicables, qui souvent sont à cheval sur deux octaves, et que l'on\ns'efforce de faire différents.\nLa non-existence d'une gamme ne résulte-t-elle pas aussi des problèmes que\nvous posez à vos lecteurs? expliquer les harmonies du prélude de Tristan et Iseult,\nde Pelléas et Mélisande, etc. Les plus forts théoriciens, après avoir fait preuve\nd'une ingéniosité prodigieuse, tombent rarement d'accord ; et comme il subsiste\nplusieurs explications reposant sur certaines gammes, c'est que la vraie explica-\ntion fait défaut, et que la vraie gamme n'existe pas.\nEn résumé, mon travail sur les claviers de Rameau, de Costeley et autres vise\nsurtout à montrer que les musiciens ne sont pas à perpétuité condamnés au cla-\nvier actuel, qu il en existe d'autres, que ces autres offrent des ressources nou-\nvelles, et qu'il y aurait profit pour eux à les essayer.\nPour qu ils puissent s'en rendre compte de auditu, il faudrait qu'un facteur\nintrépide et résolu s'occupât de réaliser mes claviers. J'ai apporté les idées, je\nserai heureux si d'autres les utilisent Dans les orgues, la complication des tim-\nbres a été poussée à ses extrêmes limites; il est peut-être temps de perfec-\ntionner les claviers.\n(i) Dans mon livre j'ai promis de ne pas aborder les théories musicales, et si j'ai cité les théo-\nries des gammes, c'est uniquement pour en montrer le néant.\n\nA. GUILLEMIN,\nProcesseur de physique à l'Ecole de médecine d'Alger."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "555", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.19", "texte": "CONCERTS\n\nConcerts.\n\nCONCERTS COLONNE. - 30 octobre.\n\nNous avons eu, outre le plaisir de la\nmusique, celui d'une conférence laconique\nde M. Colonne.\nM. Colonne, dans une improvisation\nadroite, a posé la question du concerto,\ndepuis longtemps à l'ordre du jour, et,\ns'élevant plus haut encore, soutenu le\ndroit qu'ont de se faire entendre aux\ngrands concerts symphoniques les vir-\ntuoses de tout genre et de tout sexe, vir-\ntuoses instrumentistes et virtuoses du\nchant. Il voulait nous prévenir qu'une cabale menaçait le ye Concerto de\nM. Saint-Saëns, que devait exécuter M. Thibaud, ou l'archet de M. Thibaud, qui\ndevait être 1 interprète de M. Saint-Saëns. Cette épée de Damoclès était-elle\nsuspendue sur la tête du compositeur ou sur la tête du violoniste, ou encore\nsur les deux têtes à la fois ? Horrible mystère ! Douloureuse énigme ! Quant\nà moi, je penche pour le pire. Ces trois redoutables anabaptistes du sifflet,\nétendant leurs vues sur 1 avenir, prétendaient en outre opposer désormais\nvictorieusement à tout solo vocal ou instrumental formant un numéro à part\nle dogme de la symphonie pure. Mais M. Colonne a parlé, M. Thibaud a\njoué, et la paix n'a pas été troublée.\nSi j'osais dire mon mot là-dessus, j'insinuerais que la grosse majorité du\npublic adore le soliste, se réjouit les yeux de sa tête, de son visage,de ses atti-\ntudes. de ses gestes, et, faisant bon marché de l'œuvre, est heureuse d'applaudir\n1 exécutant. Le soliste de talent, se sentant soutenu par l'auditoire, ne fait pas\ntoujours un choix sévère parmi les morceaux de son répertoire. Qu'importe\nla musique ? pense-t-il, et il se met au-dessus de la musique. Le grand triomphe\npour lui est de faire oublier par la supériorité de son jeu la médiocrité d'une\nœuvre. De là les colères de ceux qui ne peuvent l'oublier, des purs, des in-\ntransigeants, qui en somme mènent l'opinion et qui ont fait la fortune de nos\ngrands concerts. Ces gens ont raison, encore que M. Colonne n'ait pas tort.\nLe concerto lasse les vrais amateurs de musique, fussent-ils eux-mêmes instru-\nmentistes ; le concerto vieillit, il mourra sans doute lentement, mais il mourra.\nL'évolution de l'art et du goût passe à côté de lui : la fantaisie sur des airs d'o-\npéra que produisaient les anciens rois du violon, les Allard, les Sivori, gît de-\npuis longtemps blessée à mort, le concerto sera probablement un jour l'autre\ndébris qui la consolera. M. Colonne n'est-il pas de son époque ? Oserait-il au-\njourd hui mettre sur son programme 1 Ouverture de Li Muette, qu'il nous joua,\nil y a bien des années ?\nCes siffleurs marchent trop vite, ils ne sont pas suivis, mais ils tiennent le bon\nbout.\nCela dit, je rends justice à M. Thibaud comme tout le monde, mais j'aurais\nmieux aimé le Concerto de Beethoven, et encore ! Je préfère à tous ces concertos\nbrillants de Mendelssohn, de Max Bruch, etc., qui font s'incliner sous les"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "556", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.20", "texte": "CONCERTS\n\nbravos, dans les théâtres, les virtuoses talentueusement chevelus, une bonne\nvieillesonateclassique, jouée dans l intimitépar un bonamatetir. Quem'importent\nces difficultés, tierces, trilles à l'aigre, octaves, arpèges et traits d'aspect ré-\nbarbatif ? Je ne viens pas au concert pour entendre des exercices admirable-\nment sus.\nLe Jour des Morts extrait des Scènes gothiques de M. A. Périlhou, avec de\nProfundis et Dies irce, est un tableau poétique embrumé de tristesse ; nous re-\ngrettons qu'on ne nous ait pas donné la suite entière de cet excellent mu-\nsicien.\nLa Symphonie en ut majeur et la Symphonie avec chœurs de Beethoven ont\nété exécutées dans un saisissant contraste, qui a fait saillir la grâce, la légèreté,\n1 esprit de la première, et l'énergie, la grandeur, la joie exubérante de la der-\nnière. -\n\nB.\n\n6 novembre.\nJ. C.\nDANSES DE M. DEBUSSY POUR LA HARPE CHROMATIQUE. LE \"MAN-\nFRED\" DE SCHUMANN. Programme magnifique et plein. D'abord, exécution de la\ndeuxième Symphonie de Beethoven, chef-d'œuvre d'esprit, de gaieté, de construc-\ntion solide et bien équilibrée, dont le finale, en particulier, semble écrit par Mozart\npour une vive et légère action scénique. Et tout de suite après, M. Colonne nous\nconduit à l'autre pôle de la musique, dans un pays de magiciens où tout est im-\npondérable, imprévu et charmant, où les formes s'évanouissent dès qu'on les\nregarde avec attention, et où des ballets sont exécutés par les couleurs du prisme.\nLes deux Danses de M. Debussy pour harpe chromatique ont beaucoup plu. Art\nultia-i allîné, idéaliste et sensuel, absolument neuf, d'une grâce unique, affirmant\nla sou\\ei aine libeité créatrice de 1 esprit musical !La harpe chromatique de\nM. L\\ on ne pou\\ait paraître aux Concerts du Châtelet sous de meilleurs aus-\npices. Malgré le puissant orchestre qui l'entourait, sa sonorité a été parfaite, très\nsupérieure, de 1 aveu de tous, à celle de l'an dernier au concours du Conservatoire\nde Paris. 11 est vrai que ce bel instrument, si bien approprié aux nouveautés\nexquises et hardies de 1 art contemporain, était manié par une artiste de premier\nordre : Mme \\\\ urmser-Delcourt, dont le charme est aussi grand que le talent.\nMan fred, exécuté ensuite, a été très beau, avec MAL Mounet-Sully pour la\npaitie déclamée, mais non pas à cause d eux, car j'aurais voulu un peu plus de\nsubordination du comédien à Schumann. Cette musique est admirable, malgré\nquelques défauts Inférieure àla Damnation de Faust, en ce sens qu elle est moins\ncolorée, moins appliquée à faire valoir l'individualité de certains instruments,\nmoins descriptive en un mot, elle manque un peu d'air et de lumière ; elle traite\n1 instiumentation par paquets d ensemble ; elle ne sait pas subordonner les plans,\ndégrader la couleur, ouvrir des perspectives, mettre une atmosphère autour d'un\nmotif-type. Mais, au pointde vue purement musical, pour la qualité, la profondeur\net la poésie des idées, gardez-vous de croire qu'elle n'est pas très supérieure àla\nmusique de Berlioz !\n\nCONCERTS CHEVILLARD.\n\n6 novembre. Je serai bref sur les fragments de\n1 ristan et Iseult, où Al. Chevillard est presque sans rival, et sur la /re Symphonie\nde Beethoven, qui terminait allègrement le concert. L'ouverture de Léonore :n° 3)\na eie bien icndue dans 1 ensemble, avec ses fortes oppositions de lumière et\nd'ombre; j'aurais voulu encore un peu plus d obscurité au début. LWpprenti"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "557", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.21", "texte": "CONCERTS\n\nsorcier, de Dukas, a paru, comme l'an passé (i), merveilleux d'esprit, de couleur\net de mouvement. Quant à la je Symphonie d'Albéric Magnard, c'est une des\nœuvres maîtresses de l'école néo-classique, et peut-être son chef-d'œuvre. L'au-\nteur n'est pas un inconnu pour les lecteurs de cette Revue, qui vient de lui con-\nsacrer un article (2) ; mais sa musique n'est guère familière, hélas ! qu'à un petit\ngroupe d initiés. Exécutée pour la première fois au Nouveau-Théâtre, en mai 1899,\ncette Symphonie trouva asile ensuite à Bruxelles et à Nancy, où M. Guy\nRopartz fit preuve d'un beau courage en l'imposant à son public. Aujourd'hui\nencore les partisans de la (( vieille musique » et de la (( mélodie )) se souviennent\navec terreur du supplice qui leur fut infligé, et peu s'en faut qu'on ne se signe au\nseul nom de Magnard l'Antéchrist. Or, c'est là une erreur énorme, un malentendu\ncomique, un quiproquo grossier, dont je m'étonnerais davantage, si l'histoire mu-\nsicale, littéraire et politique de mon pays ne m'en offrait tant d'autres exemples.\nLa ye Symphonie, que M. Chevillard a eu l'heureuse idée de nous restituer\naujourd'hui, est une œuvre de clarté, de raison et de sincérité. Très moderne par\nson écriture serrée et concise, elle est en même temps, et surtout, classique par\nla construction des morceaux, par la nature des idées, qui expriment des senti-\nments profonds, mais généraux, enfin par la couleur de l'orchestre, solidement\nétabli sur le quatuor à cordes, et dédaigneux de ces effets de timbre qui. après\nWagner, ont envahi la musique symphonique. Par tous ces caractères, l'art de\nM. Magnard rejoint directement Beethoven ; et cependant le style est bien fran-\nçais, parce qu'il est précis, concentré, ramassé sur lui-même et puissamment\nrythmique.\nLe premier mouvement débute par une introduction lente que nous retrouve-\nrons plus loin : des quintes mystérieuses posent un motif auquel répond une\nplainte très expressive des violoncelles. \\A Allegro qui suit est nettement construit\nsur deux idées qui s imposent à l'esprit du premier coup ; le développement est\ntrès sobre, on n'y rencontre aucune de ces longueurs trop fréquentes dans l'é-\ncole de Franck, et chez Franck lui même ; on sent que 1 auteur n a pas mis une\nnote qui ne fût dans sa pensée. La structure polyphonique est très simple aussi :\non reconnaît toujours sans effort les deux ou trois mélodies superposées, et\nl'harmonie, ferme et soutenue, n'a rien qui puisse étonner l'oreille la plus sus-\nceptible. Le Scherzo qui suit est une vraie fête du rythme, où la voix délicate du\nviolon solo chante et s'égaye ; la clarinette expose doucement le motif du trio :\nrien de plus plaisant que ce petit morceau, dont 1 allure discrètement populaire\nfait parfois songer à Schumann. \\A Andante est un récit de hautbois, coupé par\ndes répliques de l'orchestre. Le Finale a une première idée fort entraînante,\nune deuxième qui me rappelle un peu Saint-Saëns (finale de la Sonate de vio-\nloncelle), mais ce n'est là qu'un détail ; les quintes du début le traversent encore,\net tout s'achève en un triomphe que la trompette affirme. Telle est, sommaire-\nment analysée, cette œuvre si vivante et si claire, sur laquelle je reviendrai, et\nqui certainement peut rendre bon espoir aux partisans de la musique pure et des\nformes classiques. Pour ma part, je ne me risquerai pas à vaticiner aujourd hui ;\n1 avenir m'est indifférent d ailleurs ; peu m'importe de savoir si Magnar.d aura\ndes héritiers et Debussy des successeurs. J'aime leurs œuvres, à l'un et à l'autre,\n\n(1) Revue du ier février 1904.\n(2) Revue du 10 septembre 1903."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "558", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.22", "texte": "CONCERTS\n\net elles sont trop différentes pour que je cherche même à les comparer, ou à\nles préférer entre elles. Et je tiens à remercier M. Chevillard pour son beau\nconcert d hier, et aussi pour les 3 Esquisses symphomques de Debussy, qu il\nnous promet.\n\nLouis LALOY.\n\nSOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE, 8 rue d'Athènes. — Le premier concert aura lieu\nle 29 novembre, avec le concours de Mlle Bréval et du Quatuor russe. Pour les\nabonnements, prière de s'adresser à MM. Rey ou de Morsier, administrateurs,\n32, rue Louis le-Grand,ou chez M. Durand et fils 4, place de la Madeleine.\n\nOPÉRA ET OPÉRA-COMIQUE. —Nous avons eu le regret de voir reparaître Don\nJuan sur l'affiche de l'un et l'autre théâtre, — non pas le Don Juan de Mozart,\nhélas ! mais l'œuvre dérangée méconnaissable, mise (( en cinq actes », affublée\nde pots-pourris, etc...\nC'est toujours Orphée mis en pièces par les Bacchantes. Que pense M. Adrien\nBernheim de cette récidive? Ce qui serait permis à des théâtres quelconques peut-\nil hêtre à de grandes scènes subventionnées et officielles ? Ne convient-il pas de\nles astreindre au respect des maîtres ? M. Adrien Bernheim est commissaire du\ngouvernement ; il a le droit, pour bien des raisons, de parler avec autorité : il\ndevrait servir la mémoire de Mozart par un beau geste et un veto inflexible. —\n/, lictor, deliga ad palum ! disait Berlioz.\n\nLES CONCERTS ET LE THÉÂTRE DE MONTE-CARLO.\n\n— Les concerts classiques\ncommenceront le i, novembre. La saison théâtrale débutera, comme d habitude,\npar des représentations d'opérettes et de comédies, suivies d'une série de grands\nopéras, dont deux inédits, qui seront créés probablement en février. Ce sont :\nArnica, deMascagni, et Chérubin, de Massenet dont Mmes Marguerite Carré,\nGarden Cavalieri et M. Renaud seront les principaux interprètes.\nLa célébrité des concerts et des représentations théâtrales de Monte-Carlo ne\nremonte qu'à quelques années.\nJusqu'en 1872, l'orchestre du Casino n'était composé que d'une quinzaine de\nmusiciens. En prenant possession du pupitre, Eugène Lucas fit augmenter\nleur nombre jusqu'à 45. Ses concerts étaient donnés très irrégulièrement dans\nune salle pouvant contenir environ 300 personnes, et qui est devenue depuis\n1879 une sorte de grand vestibule-promenoir. On n'y entendait quedes danses et\ndes morceaux légers, auxquels vinrent s'ajouter, dès l'année suivante, quelques\nfragments des œuvres de Mozart, de Beethoven et même de Wagner (marche\nde Tannhauser ; prélude de Lohengrin). L éclectisme de ces concerts faisait\nse rencontrer sur le même programme les œuvres les plus disparates, telles\nque : l'ouverture d'Egmont et une Mazurka ; la 2e Symphonie de Gounod et le\nquadrille de la Belle Hélène. Le soir, des solistes se faisaient quelquefois en-\ntendre.\nEn 1874, Eugène Lucas fonda les concerts classiques du jeudi, devenus cé-\nlèbres.\nEn 1875, toutes les symphonies de Beethoven, et la Symphonie en sol mineur\nde Mozart, sont exécutées intégralement, ainsi que le Rouet d'Omphale et la plu-\npart des œuvres de Berlioz. Des virtuoses tels que Sivori, MM. Planté, Taffanel\nse font applaudir. Comme théâtre, on ne joue que des opérettes, et pendant un\nmois seulement."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "559", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.23", "texte": "CONCERTS\n\nAprès Lucas, 1 orchestre est dirigé successivement par Roméo Accursi\niier prix de violon de Conservatoire en 1865), qui augmenta encore le nombre\ndes exécutants , par Pasdeloup, dont ce fut la fin de carrière\nChaque concei t Pasdeloup était varié ou terminé par un fragment, parfois par\nun acte d opéra chantés en costume, ou même avec décor.\nPasdeloup, qui ne resta qu une demi-saison, fut remplacé par A. Steck, à qui\nsuccéda en 1894 le chef actuel, M. Jehin.\nAl. Léon-Noël-Joseph Jehin, qui passe avec raison pour un des meilleurs chefs\ndOl chestre de notie époque, est né à Spa. le 17 juillet 1853 Son père, directeur\nde 1 école de musique cle cette ville, commença son éducation musicale, com-\nplétée au Conseï vatoire de Liège (1864), puis à celui de Bruxelles (1865) avec\nLéonaid pour le violon, et MAI. Kufferath et Gevaert pour la composition.\nAL Jehin devint un violoniste de premier ordre, après avoir suivi les cours de\nVieuxtemps et de AA ieniawski. Il fît partie de l'orchestre de la Monnaie (1870-\n1880), fut chef d orchestre du théâtre d'Anvers,ensuite de la Monnaie (1882-1888;\net en même temps professeur d'harmonie au Conservatoire de Bruxelles. 11 dirigea\naussi dans cette ville les concerts du Vauxhall et de l'Association des artistes\nmusiciens.\nDu compositeui on connaît surtout ! la Marche jubilaire, composée en 1880,\na 1 occasion du centenaire de 1 indépendance belge ; une Suite de ballet ; une\nElégie ; des Mélodies, pour piano et chant.\nComme chef d'orchestre, outre les Maîtres-chanteurs (Bruxelles, 7 mars 1885),\nla II alkyrie, Tristan et Iseult, Mephistophele, il a monté les opéras suivants, à\nla ci éation desquels il coopérait. D abord ! Sigurd (1884) \\ Saint-Mégrin, des\nfrères Hillemacher (mars 1886; ; Gwendoline (avril 1886) à Bruxelles. Ensuite :\nHulda (1894] ; la Jacquerie (1895) ; Ghiselle (1896) ; Renaud d'Arles, de M. Noël\nDesjoyeaux (1900) ; Messaline (1901); la Damnation de Faust, mise à la scène par\nAl. Gunsbourg (1901) ;le Jongleur de Notre-Dame <1902) ;le Tasse, de Al. d'Har-\ncourt (190?) ; /yi ame et Thisbé, de Al. Ed. Trémisot ( 1904) ; Hélène ( 1904) à Monte-\nCarlo, avec la précieuse collaboration pour la mise en scène de M. R. Gunsbourg,\nle distingué directeur actuel du théâtre.\nAl. Jehin est naturalisé français et a épousé en 1891 l'éminente cantatrice\nMaiie-Blanche Deschamps, qui débuta le 9 décembre de la même année à l'Opéra.\nSon orchestre est composé d une centaine d'exécutants, tous instrumentistes de\npremier ordie, foimés par les grands conservatoires. Les programmes de ses\nconceits, tiès variés, ouverts à toutes les écoles, contiennent un grand nombre\nde premières auditions. L étude de ces oeuvres est très soignée, et l'exécution en\nest toujours irréprochable\nLa recette des concerts du jeudi est affectée à des œuvres de charité. Le di-\nmanche apiès-midi sont en outre donnés, depuis quelque temps, des concerts\nmodernes.\nLa nouvelle salle des fêtes où ont heu les séances musicales, les représentations\nthéâtrales et même les bals, le plancher étant mobile, date de 1879 et a été cons-\nti uite pai Chai les Gainier. Elle est ornée à 1 extérieur de deux sculptures 1 la\nMusique, par AInu Sarah Bernhardt, et la Danse. par Gustave Doré. Elle est décorée\nà l'intérieur par des peintures représentant le Chant (Feyen-Perrinq la Musique\ninstrumentale {G. Boulanger), la Danse (Clairin) et la Comédie (Lix). Elle con-\ntient un peu plus de 600 places d une seule catégorie et d un même prix."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "560", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041115-01.1.24", "texte": "CONCERTS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nPresque en face de cette salle, sur la terrasse, en vue de la met, a été înauguié,\nle 7 mars 1903, un monument Berlioz. Le grand compositeur y est représenté\nsous des traits plus vieux que sur la place Vintimille, et semble se trouver là un\npeu dépaysé.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nSOCIÉTÉ DES CONCERTS POPULAIRES DE LILLE.\nDr GAUDIER.\nLa Société des Concerts popu-\nlaires de Lille reprenait dimanche dernier, 30 octobre, la série de ses séances.\nC est malheureusement devant une salle vide, ou à peu près, que se faisait cette\nreprise, et il est permis de se demander pourquoi une Société qui comprend des\nmusiciens de réelle valeur parmi ses membres jouit d'aussi peu de succès auprès\ndu public lillois. La réponse est facile. Une influence débilitante a anémié depuis\nplusieurs années la santé de cette association, qui jadis, sous l'énergie et la\nmaîtrise des Martin et des Viardot, avait connu de si beaux jours Actuellement\nl'orchestre se contente des modestes dividendes que lui fournissent les subven-\ntions de l'Etat et de la municipalité. Pour ne pas se grever d'artistes chers, la\nDirection appelle des amis, ou des jeunes, ou des inconnus qui veulent se faire\nconnaître... et voilà pourquoi l'on ne se dérange pas.\nAu programme, des fragments de Slruensèe : l'Ouverture, la Polonaise et\nscène de l'arrestation. Le manque de répétitions a certes nui à l'exécution de\nl'Ouverture, qui demande à être enlevée avec brio et sonorité La Polonaise fut\nbien jouée.\nMllc Juliette Martens. pianiste belge, n'a pas fait applaudir le Concerto de\nSaint-Saëns en sol mineur, mais s'est montrée intéressante et fine dans des\npièces de Liszt, xMendelssohn (un peu d abus de la pédale gauche) et douée d'un\nbon mécanisme dans une étude en staccato de Max Wogrich.\nUn professeur de piano, officier I. P., offrant de sérieuses garanties, pren-\ndrait la direction d'un cours bien organisé. S'adresser à la Revue musicale.\nOUVRAGES REÇUS.\nCL. DEBUSSY. Danses, pour harpe chromatique et orchestre à cordes. Ré-\nduction de l'orchestre au piano. Paris, Durand et fils.\nCL. DEBUSSY. —L'lsle joyeuse, pour piano. Paris, Durand et fils.\nCL. DEBUSSY. Masques, pour piano. Paris, Durand et fils.\nCL. DEBUSSY. Fêtes galantes (2e recueil), pour chant et piano. Paris, Du-\nrand et fils.\nFR. COUPERIN. F Apothéose de Lulli, quatuor pour 2 violons, violoncelle et\npiano. Transcription par G. Marty. Paris, Durand et fils.\nG. S AMAZEUILH. Sonate, pour violon et piano. Paris, Durand et fils.\nA. SERIEYX. Sonate, pour violon et piano. Paris, Demets."}]}