{"numero_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_sha256": "fac265e71f0bbca4e57f6d0de8dc92305010721e2e2131cd1457dab5c30e39d1", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1904/12/01_01/bmtnabj_1904-12-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1904/12/01_01/bmtnabj_1904-12-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "561", "page_fin": "567", "image_debut": 1, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.1", "titre_corps": "FRÉDÉRIC SMETANA", "titre_sommaire": "FRÉDÉRIC SMETANA", "signature_source": "HENRI HANTICH", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "562", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3633, "texte": "FRÉDÉRIC SMETANA\n\nLe relèvement national de la Bohême, pays qui était de tout temps 1 un des\nplus musiciens de l'Europe, ne pouvait se borner à la littérature et à la politique,\ncomme ce fut le cas jusqu'en 1860.\nIl devait avoir nécessairement aussi sa répercussion dans les arts. Les\nTchèques eurent leurs novateurs dans la peinture et dans la statuaire : Manès,\nLévy, Myslbeck, sont des maîtres qui portèrent l'originalité de 1 art tchèque loin\nau delà du petit centre où il était créé ; ils eurent aussi leur barde national qui\ndonna à la Bohême ressuscitée, désireuse de vivre et de penser par elle-même,\nl'œuvre attendue où se reflète l'âme de la nation tchèque dans ses joies comme\ndans sa douleur.\nCe poète était Frédéric Smetana (1), son œuvre : IJbusse, dans le genre hé-\nroïque, la Fiancée vendue, dans le genre comique, et Ma Patrie, dans celui de la\nmusique pure. Ce qui donne à l'œuvre de Smetana cette saveur originale que sont\nobligés de lui reconnaître ceux même qui l'avaient toujours âprement combattu,\nc'est la claire intelligence que le maître tchèque avait dès le début de sa période\nvraiment créatrice (1860), de sa haute mission qui n'était autre que de dramati-\nser la musique tchèque et de lui imprimer le caractère national.\nIl y parvint en s'assimilant, par sa puissance créatrice, la sève des chansons\npopulaires du pays et en revêtant ses ingénieuses inventions de formes artisti-\nques personnelles, à la hauteur de son époque. Cette double tendance ressort\ndéjà assez distinctement dans le premier opéra du maître, les Brandebourgs en\nBohême, écrit en 1863.\n\n(i) Fr. Smetana (1824-1884), né à Litomysle, montra dès sa 5e année des dispositions extraor-\ndinaires pour la musique.\nAgé de 6 ans, il interpréta publiquement, à l'occasion de la fête patronymique de l'empereur\nFrançois ler,Ier, un morceau pour piano.\nLe goût que l'enfant prit à la musique devint plus tard une vraie passion, contre laquelle\nl'autorité paternelle était impuissante\nAu lieu de chercher à faire sa carrière, selon le désir de son père, dans une profession bour-\ngeoise, il alla à Prague (1843b décidé à se vouer entièrement à son art préféré.\nIl se perfectionna comme pianiste à l'école de Proksch, étudia avec ferveur la composition,\nn'ayant point d'autres ressources que les maigres appointements de répétiteur dans la famille du\ncomte Léopool Thun.\nGrand admirateur de Liszt, il ne put résister au désir d'aller à Weimar (1848) pour se faire\nconsacrer virtuose par le célébré maestro hongrois.\nIl dirigea ensuite à Prague une école de musique et s'essaya dans la composition de pièces de\npiano : polkas, fantaisies, danses, auxquelles succédèrent plus tard quelques compositions pour\norchestre : Ouverture solennelle en ré majeur, une symphonie sur les mot fs de l'hymne autri-\nchien de Haydn, etc.\nAyant contracté, en 1856, un engagement en Suède, il passa 5 années à Goteborg à titre de\nchef de la société philharmonique de cette ville. Il écrivit alors, sous l'influence de Liszt, trois\npoèmes symphoniques : Richard 111, le Camp de Wallenstein et Hakon-Jarl, où il cherche encore\nsa voie.\nLa perte de sa jeune et aimée compagne fut la première grande douleur qu'endura Smetana.\nIl se remaria et revint, après une triomphale tournée en Suède et en Allemagne, à Prague (1861).\nPendant cinq années, il fut àla tête de toutes les grandes entreprises artistiques. En 1866,\naprès le succès de sa Fiancée vendue, nommé chef d'orchestre du théâtre tchèque, il garda ce\nposte jusqu'en 1874. Il enrichit la littérature musicale de plusieurs œuvres magistrales, et mou-\nrut le 12 mai 1884, vénéré et regretté de tous les Tchèques."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "563", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.3", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2440, "texte": "L'esprit vif et robuste que respire chaque page, l'heureuse expression musicale\ndes émotions les plus profondes et les plus complexes, et l'ingénieuse application\ndes procédés de l'art moderne à des éléments nationaux se faisant valoir sur-\ntout dans les chœurs, sont les principales qualités de cette œuvre forte et origi-\nnale, qualités que le maître n'a fait que développer plus tard.\nAussi, dès la première représentation des Brandebourgs, qui souleva un véri *\ntable enthousiasme patriotique, l'opinion publique ne doutait plus de la pro-\nchaine naissance de 1 opéra tchèque.\nConstatons, en passant, que Smetana, obligé de tenir compte du goût du\npublic, habitué aux politesses, aux langoureuses douceurs et aux mièvreries de\nla musique italienne et française, ignorant encore la véhémence artistique de\nWagner, alors dominant en Allemagne, devait faire certains sacrifices déformé\ncontré ses intimes convictions, ce qui fait qu'il n'est pas ici si bien à son aise\nque dans Libusse et les ouvrages ultérieurs.\ndelà guerre austro-allemande (1866) vit passer sur la scène du\nthéâtre tchèque la Fiancée vendue, opéra comique appelé à devenir, à cause\nde l'esprit national qu'il reflète avec tant d'intensité, l'œuvre la plus populaire du\nmaître.\nLe progrès sur les Brandebourgs se manifeste ici dans l exquis rajeunissement,\nau point de vue du rythme et de l'harmonie, des formes existantes, par des in-\nventions neuves, pimpantes, inspirées des thèmes populaires. La note comique,\npiquante et point triviale, est exprimée à merveille par l'orchestre. Les divisions\nen numéros rappellent encore les traditions du répertoire ancien.\nLe sujet, pris dans la vie des villageois, est d'une simplicité évangélique; les\npersonnages sont des prototypes des paysans tchèques, peints avec un grand\nsens de la réalité.\nUn thème fondamental sur lequel est bâtie l'ouverture porte l'action à son\napogée :\nD'autres motifs viennent s'y joindre, repris et développés tantôt par l'orchestre,\ntantôt par le chant :\nMalgré le goût très fort de terroir qu'exhale cette œuvre et la difficulté de\nrendre certaines pointes qui perdent beaucoup de leur sel en traduction, la\nFiancée vendue fut acclamée partout où elle fut jouée : en Allemagne, en Russie,\nen Hongrie, etc. Elle eut au Théâtre-National de Prague plus de 400 représen-\ntations.\nLa grande popularité de la Fiancée vendue ne fut pas sans porter ombrage\n\nCHOEUR DE LA Fiancée vendue"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "564", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.4", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "à l'œuvre suivante de Smetana, Dalibor, opéra héroïque composé d'après les\nprocédés de l'école de Berlioz, Liszt, Wagner (1868).Quoique l'œuvre elle-même\nsoit très personnelle, nullement du Wagner, comme les nombreux antagonistes\nde Smetana s'efforçaient de le faire croire, Dalibor n'eut, du vivant du maître,\nque six représentations.\nLes motifs conducteurs peuvent être ramenés à un thème fondamental, que\nl'on entend déjà dans la courte introduction de cet opéra. C'est ce qui fait que\nDalibor est la composition lyrique la plus uue de Smetana.\nLe public, troublé dans ses habitudes, peu préparé au renouveau de la mu-\nsique savante, hésita d'abord, ne sachant quel parti prendre. Les détracteurs du\nmaître profitèrent de cette indécision, pour crier à la germanisation de l'art\ntchèque ; ce mot suffit pour que la pièce fût retirée du répertoire.\nLe maître, très touché de l'échec subi, ne se découragea pas.\nConvaincu d'avoir frappé juste, il laissa les réactionnaires brailler et se lança\ndroit vers son idéal, le drame lyrique.\nLibusse, écrit uniquement pour de grandes représentations de gala, jette\nl'éclat le plus intense sur l'œuvre de Smetana.\nAchevé en 1871, Libusse ne fut joué qu'en 1881, à l'occasion de l'inaugura-\ntion du Théâtre-National de Prague.\nDans une lettre adressée à M. Cech, chef d'orchestre du Théâtre-National,\nSmetana s'exprime ainsi sur son œuvre : Libusse n'est pas un opéra d'ancien\nstyle ; c'est un grand tableau dramatique, traduit en musique avec le respect\ndes principes que Wagner a posés au drame musical.\nSauf les chants et les danses des moissonneurs, on n'y trouve point de nu-\nméros détachés. La phrase musicale se dessine naturellement selon les règles\nde la déclamation qui détermine aussi le rythme et la mélodie. L'orchestre riche-\nment polyphonique fait ressortir les leitmotivs qui s'enchevêtrent symphonique-\nment dans des modulations sans repos. Le tout est pénétré de l'esprit et delà\npoésie purement tchèques.\nCe drame débute par un prélude où pointent tous les thèmes essentiels. Le\npremier motif, doux et souple, caractérise l'esprit de la princesse Libusse :\nLe second, celui de Premysl, peint un caractère mâle, foncièrement autoritaire.\nCes deux thèmes se pénètrent très souvent en belles figures harmoniques.\nLe ier acte (Jugement de Libusse) de cette œuvre, dans laquelle le génie de\nSmetana atteint son apogée, date de 1869."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "565", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.5", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2101, "texte": "Deux années après, le maître termina le 2e acte (Epousailles de Libusse).\nEnfin, en 1871, alors que tous les Tchèques croyaient que l'empereur François-\nJoseph se ferait couronner roi de Bohême, il mit au point le 3e acte (Prédiction\nde Libusse), sorte d'apothéose de la renaissance bohème.\nAvec les trois opéras comiques qui suivirent à des intervalles de deux années\nl'achèvement du 3e acte de Libusse, les Deux Veuves [ 1874), le Baiser {1876), le\nSecret [ 1878), Smetana fournit une nouvelle preuve de la souplesse de son talent.\nLes Deux Veuves, ravissant tableau de la vie élégante (\"deux actes), se rappro-\nchent, par le style, de l'opéra comique français, genre Auber. Dans les chœurs et\nles danses on trouve quelques réminiscences de la Fiancée vendue.\nLa critique fait certaines réserves au sujet de la déclamation musicale, qui\nest un peu imprécise, surtout lorsqu'on la met en parallèle avec le Baiser, où la\nparole et le dessin de la phrase s'adaptent admirablement à la musique.\nLes combinaisons rythmiques et mélodiques donnèrent ici naissance à des\nformes musicales très curieuses. Comme dans la Fiancée vendue, le maître se\nretrempe aux sources populaires. On remarque cependant un grand progrès\ndans le style ; le Baiser est déjà un acheminement vers la comédie musicale :\nDans le Secret, œuvre de joie et de grâce, tout imprégnée de la poésie vil-\nlageoise, le maître s'attache particulièrement à élargir le pouvoir d'ex-\npression.\nLes figures sont solidement tracées, la déclamation est impeccable, la mu-\nsique pleine de verve et d'action :\nLe premier acte, très réussi au point de vue dramatique, produit l'impression\nnette de la vie villageoise avec le charme de sa poétique naïveté.\nLa dernière œuvre dramatique de Smetana {Le Château enchanté), cet ultime\nrayonnement de la muse du maître tchèque, fut reçue assez froidement par le\npublic, à cause du peu d'intérêt et du manque de clarté du livret ; voici l'un des\nthèmes :\n\nCHANT DE LA JEUNE FILLE BARÇA [Le Baiser)\n\nMOTIF DU TRÉSOR [Le Secret) MOTIF DE KALINA (Le Secret)\n\nMOTIF DU DÉMON [Le Mur du Diable)"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "566", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.6", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "Poussé par un impérieux désir de chercher des voies nouvelles pour 1 art,\nSmetana écrivit, de 1874 à 1879, un magnifique cycle de poèmes symphoniques\nintitulé Ma Patrie, et inspiré de la légende, de l'histoire et de la beauté natu-\nrelle de la Bohême. C'est une œuvre magistrale, très personnelle, remarquable\npar la précision descriptive qui s'y fait valoir.\nCes six grands poèmes, composés à la gloire du pays de Bohême, s appellent :\nVychehrad, brillante évocation des souvenirs du siège sacré des premiers prin-\nces de Bohême. (Notons que ce fut en écrivant cette superbe page que Smetana\nsentit les premières atteintes des troubles nerveux qui aboutirent chez lui à la\nsurdité complète, qui s'est déclarée en 1874.)\nVltava, une ravissante composition dépeignant, depuis, sa naissance jusqu à\nl'imposante largeur qu'elle atteint sous le Uradchine, la belle rivière de ce nom,\nsur les bords de laquelle est sise la Prague dorée, capitale de la Bohême. Le\npoème est émaillé de quelques intermèdes : hallalis, fanfares de noces de village,\nronde des nayades, etc.\nSârka est un tableau très vivant, où le poète dépeint une fameuse discorde\néclatée dans le pays et chantée par des bardes.\nBois et Campagnes de Bohême est une composition essentiellement polypho-\nnique, embaumée du charme pénétrant qu'exhalent les vallées de Bohême.\nTâbor, grande fantaisie polyphonique, bâtie sur les motifs du choral hussite :\n(( Vous qui êtes les combattants de Dieu», sert de point de départ à Blanik,\nhymne victorieux, magnifiant la renaissance de la nation tchèque.\nLa musique à programme compte certes peu de compositions orchestrales où\n1 étroite union de la poésie et de la musique soit accomplie de façon aussi heu-\nîeuse que dans cette vaste composition symphonique où le maître mit le meil-\nleur de lui-même.\nLe quatuor de Smetana, De ma Vie, ayant été plusieurs fois joué à Paris, il\nserait oiseux de trop insister sur la pureté de style, la richesse d'invention et\n1 unité parfaite de cette belle et touchante page, brillante de couleurs, qui est\nl'autobiographie du maître par trop éprouvé.\nParmi les compositions de piano, les Danses tchèques et les Rêves, pages\npleines de giace et de tendresse, prennent une place à part. La renommée de\nplusieuî s œuvres de Smetana finit par pénétrer au delà des frontières de leur\npa\\s d oiigine, ce sont, parmi les opéras : la Fiancée vendue, les Deux Veuves et\nDalibor ; parmi les compositions dorchestre, citons : Ma Patrie (au Troca-\n\nMOTIFS DE Vltava (la Moldau)"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "567", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.7", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1398, "texte": "déro), l'ouverture de la Fiancée vendue (interprétée par l'orchestre Lamoureux)\net De ma Vie, joué bien des fois par le quatuor tchèque.\nOn a de Smetana aussi une belle floraison de compositions vocales : le Chant\nde la Mer, Mon Etoile, le Coucher du Soleil, la Dot, le Chant du Soir, etc.\nDans l'ensemble de compositions que l'on peut considérer comme ses essais\njuvéniles dominent les Polkas, genre qu'il affectionnait beaucoup et qu'il éleva\nplus tard à la môme distinction de forme que l'on admire dans les valses de\nChopin.\nLes maîtres favoris de Smetana étaient Bach, Beethoven, Berlioz, Liszt, Cho-\npin et Wagner.\nFervent adepte de l'école néo-romantique, il concentrait tout son effort à ren-\ndre intimes au possible les rapports existants entre l'art et la vie. Le secret de\nson originalité consiste en ce qu'il se montre dans ses plus belles créations ar-\ntistiques supérieurement respectueux des lois régissant la langue nationale.\nC'est en saisissant les infinies combinaisons du rythme (trochées, dactyles,\netc.), de l'accent (à la première syllabe) et de la parole soigneusement déclamée,\net en pliant la mélodie aux nuances de la pensée, qu'il devint le fondateur de\nl'opéra tchèque, créateur en même temps d'une musique qui, pour être nationale,\nn'en est pas moins humaine, susceptible d'émouvoir toutes les âmes sensibles,\ntous les cœurs vibrants.\n\nHENRI HANTICH."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "561", "page_fin": "561", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; 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Smetana. (Fr. A. Urbánek, Prague, éditeur.) MUSIQUE D'ORCHESTRE.", "titre_sommaire": "Œuvres de F. Smetana. (Fr. A. Urbánek, Prague, éditeur.) MUSIQUE D'ORCHESTRE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "567", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.7", "debut_caractere": 1400, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "Œuvres de F. Smetana.\n(Fr. A. Urbánek, Prague, éditeur.)\nMUSIQUE D'ORCHESTRE.\nMa Patrie. Poèmes symphoniques.\n1. Vysehrad Partition net. frcs. 10 »\n2. Vltava 14 »\nJoué à Paris aux concerts Colonne à l'Exposition 1900.\n3. Sdrka Partition net. frcs. 10 »\n4. Bois et Campagnes de Bohême 14 »\n5. Tâbor 12 »\n6. Blanik 16 »\n~ Réfléchis bien, Marion pour sextuor à cordes. Partitions et parties net frcs. 3 »\nPIANO A DEUX MAINS.\nOp. 1. Six morceaux caractéristiques net. frcs. 5 »\nOp. 2. Six feuillets dé Album 3 »\nDanses tchèques. I. Quatre polkas de concert (.Fa maj. La min.\nFa maj. Si \\> maj.) 5 »\n11. N° 1. Furiant.— La poulette 3 »\n2. L'avoine. L'ours 3 »\n3. L'oignon.— Le trèpigneur (dupâk) 3 »\n—4. Le Uhlan. A califourchon 3 »\n5. Valse lente. Sousedskà. —La sauteuse 3 »\nVysehrad. Transcript.facile par Stëtka 3 »\nVltava. -- 3 »\nDe ma vie. Quatuor à cordes. .. j Grandes Transcriptions 760\nVltava. Poème symphonique. . . de Concert par H. de 760\nVysehrad. Poème symphonique. . ; Kàan 6 >"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "568", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.8", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1580, "texte": "Bois et Campagnes de Bohême net- rcs-\nSàrka, Tâbor, Blanik 6 »\nGrande fantaisie sur les motifs de \"Ma Patrie Par Henri de\nKàan ~~ 7 20\nRéminiscences sur les mélodies de \"Ma Patrie Par Henri de\nKàan D\n— \" 2\nCOMPOSITIONS D'OPÉRAS.\nDalibor.\nPar J. Malât net. frcs. 4 »\nPar B. Stëtka ~ 5 »\nLe Baiser.\nPar J. Low ~ ~~ 2 40\nPar J. Low. Deux suites très faciles, chacune 1 »\nPar J. Malât • ~~ 3 »\nOuverture transcrite pour piano par l'auteur. 240\nMarche par J. Rabe 120\nLibuse.\nPar J. Malât 4 >}\nLa Fiancée vendue.\nPar J. Low. Deux suites très faciles, chacune - 1 »\nPar J. Low. Deux suites, chacune 3 »\nPar J. Malât 3 »\nPar B. Stëtka 6 »\nSextett. ParJ. Low 5o\nLe Secret.\nPar J. Malât -- 3 »\n\\\nMarche funèbre sur des motifs d'opëras de Smetana. Par A. Cech. 120\nFantaisie sur des motifs d'opéras de Smetana. Par K. Kovaroviç. 4 »\nBouquet de Mélodies d'opéras de Smetana. Par J. Malât ... 4 »\nQuadrille sur des motifs de la \" Fiancée vendue \". Par J. Ka-\nlensky 120\nPARTITIONS D'OPÉRAS.\nLe Baiser. Opéra comique en deux actes. Paroles tchèques et\nallemandes net. frcs. 16 »\nDalibor. Opéra en trois actes. Paroles tchèques 8 »\nLa Fiancée vendue. Opéra comique en trois actes. Paroles\ntchèques 8 »\nLe Secret. Opéra comique en trois actes. Paroles tchèques . . 8 »\nLes Brandebourgs en Bohême. Opéra en trois actes. Paroles\ntchèques 12 »\nLibuse. Grand opéra en trois actes. Paroles tchèques .... 8 »\nPIANO A QUATRE MAINS.\nMa Patrie. 1. Vysehrad net. frcs. 6 »\nArrangement facile 5 »\n2. Vltava 5 ,)\n3. Sàrka 6 »\n4. Bois et Campagnes de Bohême 6 »\n5. Tâbor _ 6 »\n6. Blanik 6 »"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "569", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.9", "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 968, "texte": "SÉLECTIONS.\nDalibor. Par Stëtka net. frcs. 4 »\nLe Baiser. Par J. Malât. Deux cahiers à — — 4 »\nLibusa. Par J. Malât — — 5 »\nLa Fiancée vendue. Par J. Low. Deux cahiers à — — 3 20\nLe Secret. Par J. Malât — — 6 »\nOuverture, par J. Knittl — — 4 »\nDEUX PIANOS A QUATRE MAINS.\nMa Patrie. 1. Vysehrad. Par H. Trnecek net. frcs. 5 »\n2. Vltava — — 8 »\nHARMONIUM.\nLe Baiser. Par J. Wahaus net. frcs. 3 »\nLa Fiancée vendue. Par J. Wahaus — — 3 »\nHARMONIUM ET PIANO.\nLe Baiser. Par J. Low net. frcs. 3 »\nLa Fiancée vendue. Par J. Low . . . — — 3 60\nLe Secret. Par J. Malât. Deux cahiers à , . — — 2 »\nDalibor. Par J. Malât. Deux cahiers à — — 2 »\nLibusa. Par J. Malât. Deux cahiers à — — 2 40\nDEUX VIOLONS.\nLe Baiser. Dalibor. La Fiancée vendue. Marche de Vopéra u Le\nBaiser \" net. frcs. 1 20\nMORCEAUX CHOISIS.\nVltava. Pour piano, deux violons, alto et violoncelle, arrangé\npar J. Merâk net. frcs. 10 »\nVltava. Pour violon et piano, arrangé par J. Merâk — — 6 »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c013", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "569", "page_fin": "569", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.3", "titre_corps": "Une école de chant choral.", "titre_sommaire": "Une école de chant choral.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "569", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.9", "debut_caractere": 970, "fin_caractere_exclue": 2160, "texte": "Une école de chant choral.\nM. Henry Marcel, directeur des Beaux-Arts, a accepté la présidence d'honneur\ndu comité de patronage de l'Ecole de chant choral, fondée sous les auspices de\nM. G. d'Estournelles de Constant, chef du bureau des théâttes.\nSix sections, ayant leur siège dans les 16e, 18e, 11e, 13e, 6e et 2e arrondisse-\nments, groupent les élèves de Paris et de la banlieue, qui se sont déjà fait inscrire\nau Trocadéro. Elles vont ouvrir successivement, à partir du 28 novembre, en\ncommençant par la section Hector Berlioz, palais du Trocadéro.\nLes cours gratuits de l'Ecole de chant choral, section Hector Berlioz, palais du\nTrocadéro, sont ainsi organisés :\nDe Bh. 1/2 àlO h. 1/2 du soir, lundi, solfège supérieur femmes, Mmc Gilly ;\nmardi, solfège élémentaire femmes, Mme Berthier ; mercredi, solfège supérieur\nhommes, Mme Cattier-Demanet ; jeudi, chant femmes, Mlle M. R. Buhl, de\nTOpéra-Comique ; vendredi, solfège élémentaire hommes, Mlle G. Guéreau :\nsamedi, chant hommes, M. Emm. Lafarge, de l'Opéra. De 3 h. à 4 h. jeudi,\nsolfège enfants, Mme Morel ;de4 h. à 6 h. chant, Mlle Roberty.\nLes inscriptions sont reçues au siège de la section tous les soirs, et le dimanche\nmatin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "570", "page_fin": "571", "image_debut": 10, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.4", "titre_corps": "De la compréhension musicale.", "titre_sommaire": "De la compréhension musicale.", "signature_source": "ARMANDE DE POLIGNAC", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "570", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.10", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "De la compréhension musicale.\n\nPlusieurs articles, parus dans cette Revue, ont initié nos lecteurs aux théories de H. Riemann\nsur l'harmonie, aux recherches du Dr Guillemin sur la gamme, enfin aux principes excellents dont\ns'inspire Mme M. Jaëll ;de mon côté, je vais bientôt publier un trop gros livre où j'essaye de sous-\ntraire la musique au joug pesant des nombres. Les quelques réflexions qui vont suivre affirment\nle même idéal d'émancipation; nul, plus que moi, n'est heureux de voir nos laboiieux raisonne-\nments justifiés et devancés par les intuitions d'une âme artiste. L. L.\nBeaucoup de gens (hélas! combien trop!) ont un piano; d innombrables\npersonnes se vouent à l'étude d'un instrument, mais combien n'y en a-t-il pas qui,\ndevenus acrobates sur la dent d'éléphant ou le boyau de chat, nous choquent\npar leur ignorance ou leur science trop sommaire : quelques préceptes appliqués\nindifféremment partout et n'importe où ! Que de fois nous souffrons en entendant\ndes rythmes beethoveniens refoulés entre deux barres de mesure, au lieu de\nplaner au large, les effets de dynamique mal ménagés avec une ignorance ou\nplutôt une incurie complète de la structure à ce point de vue, l'arbitraire inter-\nprétation des signes accompagnant la note (staccati, etc.; ! Combien, en jouant\nune fugue, ignorent qu'il y a un contre-sujet, ou bien s'écrient, en entendant un\ncanon ou une simple imitation : « Ah! voilà une fugue! )) De même les laïques\nde l'art, c'est-à-dire ceux qui veulent écouter, comprendre rien de plus et,\npar amour de la musique, la pénétrer plus sérieusement, sont rebutés par les\nsécheresses inutiles de l'harmonie. Au lieu d'énumérer, par exemple, les demi-\ntons que peut contenir un accord, ne vaudrait-il pas mieux leur montrer le rôle\nsi important et si personnel de cet accord dans la tonalité, si difféient suivant\nqu'il est médiante ou sous-dominante, dominante ou placé sur le 6e degré?\nL'empirisme des amateurs énergumènes se résume en une règle : « la note ».\nDans l'amoncellement des traits, des difficultés, sombrent à la fois ligne,\narchitecture, pensée, et la fleur du sentiment. Quelqu'un a dit d'un peintre :'« Il\ny a tout, et on ne voit rien ». C'est une parole d'une profonde justesse, et que l'on\npourrait appliquer à ceux qui travaillent la musique avec les doigts, au lieu de la\ntravailler avec le cerveau.\nLa (( note » est bien une des choses les moins stables : on l'a changée si sou-\nvent ! Le système tempéré est relativement moderne, et il n'en est pas plus\nsatisfaisant. Le bruit est à peine séparé de la musique, et celle-ci est bien près\ndu bruit. Avec une oreille quelque peu pervertie ou très exercée, le bruit des rues\npourrait nous paraître de la musique. Il y a dans ce bruit beaucoup de vibrations\négales qui sont des notes, et dans l'orchestre des instruments sans note qui font\ndu bruit. Que dirons-nous aussi des frottements des archets, du souffle dans les\ninstruments à vent et dans la voix humaine, de la percussion dans la batterie,\nqui forment la moitié du son de l'orchestre? Le seul instrument parfait est peut-\nêtre la castagnette, car le son ne s'y distingue point de son mode de production.\nIl n'y a pas de notes pures, telles qu'on les entend, avec un si grand désir de les\nretenir, dans l'imagination. Même le son échappé des harmoniques d'une harpe\nou un autre son, le plus doux et immatériel qu'on puisse produire, n'est pas\nlimpide, car on en sent ou on entend encore plus la vibration que le son.\nLa musique devrait être un art ésotérique. C'est en effet, entre tous les arts,\ncelui qui n'a pas de bases pratiques ou logiques ; il est, peut-être à cause de cela,\nle plus élevé et le moins à notre portée, celui que nous n'avons fait qu'entrevoir"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "571", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.11", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "ou pressentir. C est celui qui a passé par le plus de transformations, par une série\nde tâtonnements. Il n'est pas fondé sur des lois scientifiques ' on a fait des\ncompromis, on a pris des moyennes de commas, vulgarisations ad usum auris.\nQuel faible point d'appui aussi que les harmoniques, dont plusieurs complète-\nment faux (selon notre système) et sortant delà gamme tempérée! De même, les\nsons résultants supérieurs, découverts par Helmholtz (dont la hauteur est mesurée\npar la somme des nombres de vibrations des composants), se trouvent souvent\nentre deux demi-tons. Notre oreille est un instrument peu délicat. Un tel accor-\ndera la quinte de son violon un peu aiguë, un autre plus grave, tout cela imper-\nceptiblement, et cependant les deux quintes seront justes, même si elles n'ont pas\nle nombre exact de vibrations dans la proportion de 2 à 3.\nDe plus, l'oreille s'habitue à tout. N'aurait-on pu créer une gamme d'après un\nsystème rationnel de division des vibrations et fonder là-dessus une théorie\narithmétique de l'harmonie? Cette dernière science se faisant a posteriori est des\nplus élastiques.\nDans le dessin nous avons la géométrie; dans l'architecture, les lois de la\npesanteur; dans la musique, nous n'avons même pas des lois euphoniques.\nL'organum et le déchant nous paraissent faux maintenant. Le hasard a fait\nnaître des lois. Nous avons créé une petite série d'intervalles aboutissant à\nl'octave. Quanta moi, l'octave ne m'a jamais paru être nécessairement la répé-\ntition de la même note, mais bien un intervalle aussi différent et défini que\nn'importe quel autre. Mais ne parlons pas ici de sensations personnelles.\nLes maîtres ont précédé les lois que les théoriciens ont extraites de leurs\nœuvres.\nIl faut donc, puisque la musique est un trésor dont nous avons eu tant de\npeine à nous emparer, protéger ses délicatesses, ses subtilités, qui sont ce\nqu'elle a de plus vrai avec son grand pilier, son axe : le rythme et sa puissance\ninfinie..\nEt pour cela il faut ouvrir toutes grandes aux jeunes amateurs qui pâlissent\nsur leur travail mécanique les fenêtres sur la vraie et intime compréhension\nmusicale ; et les fantômes des dièses et bémols, tons et demi-tons, s'évanouiront\npour faire place à l'enchantement surpris devant ce qui est au-dessus des no-\nmenclatures et des écoles.\n\nARMANDE DE POLIGNAC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "571", "page_fin": "573", "image_debut": 11, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.5", "titre_corps": "Ce qu'on sait en Allemagne de la musique française.", "titre_sommaire": "Ce qu'on sait en Allemagne de la musique française.", "signature_source": "CONSTANT ZAKONE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "571", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.11", "debut_caractere": 2386, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "Ce qu'on sait en Allemagne de la musique française.\n\nOn pouvait lire, dans le n° du 24 février 1904 de la Neue Zeitschrift fur Musik,\nun curieux article du Dr Niemann, intitulé : Les genres secondaires dans la jeune\nécolefrançaise ( Neue jungfranzosische Kleinkunst). Une collection de morceaux\nde piano et de romances était tombée sous les yeux de l'auteur, et il y avait\ndécouvert, à défaut de ces qualités d'émotion profonde qu'on ne rencontre qu'en\nAllemagne, du moins beaucoup de charme, d'esprit, et une grâce ravissante,\nenfin tout ce qui constitue le modeste idéal artistique d'un peuple latin. Lack et\nThomé, Rhené Bâton, Vanzande, V. d'lndy, H. Duparc, E. Chausson, C. Erlan-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "572", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.12", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 3575, "texte": "ger, L. de Flagny, étaient cités à tour de rôle, et M. E. Lacroix était mis au pre-\nmier rang de cette brillante pléiade; en revanche, on n'y rencontrait pas 1 auteur\ndes Ariettes et des Pièces pour piano que le même journal, dans un n° piécé-\ndent, avait anobli en le nommant Glou de Debussy. Tel quel,l aiticle était intéres-\nsant : écrit par un critique bienveillant et relativement éclairé, il nous montrai1\nsous quel jour singulier apparaît la musique française, lorsqu on 1 étudie depuis\nl'Allemagne, et combien peu de nos gloires véritables ont passé la frontière,\ncette frontière-là tout au moins. Il est probable d'ailleurs que nous commettons\ndes bévues toutes pareilles, quand nous parlons de la musique allemande con-\ntemporaine ; et la preuve, c'est que nous ignorons encore un symphoniste comme\nBruckner, un auteur de lieder comme H. Wolf, et que Brahms nous a été révélé\njuste au moment où son étoile pâlissait en son propre pays. Il faut donc s abste-\nnir de toute ironie lorsqu'on voit un Allemand chercher à s'instruire de notre\nmusique et à la comprendre.\nMais il y a mieux. La Strassburger Post publie, dans son n() du 20 août i9°4? un\narticle intitulé la Musique allemande à Paris, qui n'est qu'un long dénigrement\nde notre musique. Après avoir commencé par cet aphorisme bien frappé, que\nl'ltalien est chanteur, le Français virtuose et l'Allemand musicien, l'auteur\nrevendique pour la seule Allemagne le privilèged'exprimer des idées en musique,\net le monopole de la rêverie, que la langue désigne par le mot (( intraduisible »\nde Wahn. Quant à la France, elle n'a jamais eu, n'aura jamais de musique\nnationale. Jugez-en plutôt. Aux xve et xvie siècles, que trouvons- nous? Peut-être\nGoudimel, récemment découvert (1) par M. Bellaigue (Revue des Deux-Mondes,\n15 juin 1904). Quant à Claudin, Jannequin, Lejeune, Costeley, et à tous les\nmaîtres exhumés par un certain M. Expert (2), nous n'en parlons pas, par igno-\nrance sans doute. Au xvne siècle, rien : Dumont et Charpentier sont passés sous\nsilence, peut-être pour la même raison. Au xvme siècle, rien : Couperin et\nLeclair ne sont pasnommés,et Rameau est cité incidemment, à titre de transition\nentre l'ltalien Lulli et l'Allemand Gluck. Nous arrivons ainsi sans encombre\njusqu'à l'opéra de Rossini et Meyerbeer ; un regret, en passant, pour l'influence\ncorruptrice que Paris a exercée sur ce noble génie, et passons à Berlioz. Ici plus\nde doute possible ; nous avons son aveu : « Je suis, a-t-il dit un jour, un mu-\nsicien aux trois quarts allemand. )) La France le revendique donc en vain; et\nd'ailleurs, si ce texte ne suffît pas, voici un argument : sans Beethoven, Berlioz\naurait-il existé ?\nQuant aux trente dernières années, l'influence de Wagner est énorme, souve-\nraine, indiscutée, sauf dans certains cercles (( soi-disant élégants î) auxquels\nM. Camille Mauclair donne le ton. Lapreuve? Depuis 3oans il a paru en France\ndeux fois plus de livres sur la musique que durant toute la période qui va de\nLulli à Berlioz.\nParmi les compositeurs modernes, Saint-Saëns est le plus « musical )) ;\naussi ressemble-t-il beaucoup aux Allemands, surtout à Haendel. V. d'lndy est\nun wagnérien fervent, comme aussi Chausson, élève « du Belge C. Franck»\ndont le nom n'est cité qu'entre parenthèses. Que signifie cela ? Tout simplement\nqu'on veut nous retirer C. Franck comme on a fait, avec tant de succès, pour\n\n(1) Du moins une note de l'auteur nous invite à le croire.\n(2) Voir, sur ce sujet, les articles parus dans la première année de cette Revue."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "573", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.13", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "Berlioz. On n'ose le qualifier d'Allemand, on s'en tire en le traitant de\nBelge, comme si la Belgique, n'en déplaise à nos voisins d'outre-Rhin,\nn'était pas la vraie France du Nord. Et surtout on se garde d'insister,\non laisse croire au bon lecteur que ce Belge peu connu fut un obscur\nprofesseur de composition. Debussy a été wagnérien autrefois; il n'a fait que\nbaisser depuis qu'il aVessé de l'être, et qu'il cherche du nouveau (etwas noch nie\ndagewesenes) ; ces derniers mots accompagnés d'un spirituel point d'exclamation,\npoignard destiné à blesser au vif l'auteur de Pelléas. Chacun ne sait-il pas\nd'ailleurs qu'il s'est borné à raffiner un peu sur Schumann et Moszkowsky ?\nCe serait à mon tour de multiplier ici les points d'exclamation et les sic gros\nd'ironie, si je pratiquais l'esprit typographique.\nEn somme, on voit le procédé. La France se glorifie de quelques grands\nnoms. Nous en faisons trois parts : les premiers, nous les ignorons purement et\nsimplement, comme c'est le droit de tout ignorant ; nous passons sous silence\nun certain nombre d'autres gêneurs ; et quant à ceux dont on ne peut se débar-\nrasser, nous les baptiserons Allemands ; en effet, n'avons-nous pas posé ce prin-\ncipe que la musique est, par essence, allemande ? Donc qui dit musicien dit, du\nmême coup, Allemand. Ce qu'il fallait démontrer.\nCet article est daté de Paris ; la haine et le mépris y percent à chaque ligne ;\nil est donc fort bien à sa place dans le grand journal gallophobe, allié, si je ne\nme trompe, de la Gazette de Cologne. La signature me réservait une dernière\nsurprise ; car j'y lisais un nom assez connu du public parisien, et même des\nlecteurs de cette Revue, un nom dont l'apparence au moins est française : celui\nde M. Eugène de Solenière. Je ne doute pas que le disert conférencier ne\nproteste contre l'abus indigne qu'on a fait de sa marque. 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Bret s'est mis au rang des meilleurs virtuoses de l'orgue en interprétant\navec une correction impeccable les trois chorals d'orgue :la registration fut"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "576", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.16", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 611, "texte": "excellente (j'aurais aimé cependant Cju au début du choral en si, la pédale qui\nexpose le thème fût plus timbrée, moins grosse et plus distincte de la tenue du\nmanuale), et les énormes difficultés techniques de ces œuvres grandioses ont\ntoutes disparu devant le talent du jeune interprète. On aurait pu désirer par place\nun peu plus de lyrisme, plus de mouvement ; mais il fut bon, dans l'ensemble,\nd'entendre jouer avec sobriété ces pièces qui sont quelquefois défigurées par\ndes organistes trop nerveux qui oublient que Franck eut la pensee fotte et ne\nfut pas un malade.\n\nGEORGES LOTH."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "576", "page_fin": "576", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.6.5.1", "titre_corps": "Le violoncelliste Raymond Marthe vient de consacrer une soirée musicale", "titre_sommaire": "Le violoncelliste Raymond Marthe vient de consacrer une soirée musicale", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "576", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.16", "debut_caractere": 613, "fin_caractere_exclue": 1682, "texte": "Le violoncelliste Raymond Marthe vient de consacrer une soirée musicale\naux œuvres de Théodore Dubois. Parmi les morceaux les plus applaudis, le Trio\nen ut mineur, la Sonate de piano et violon, le Nocturne pour piano et violoncelle,\nles mélodies que Mme L. Génicoud a chantées d'une voix superbe et que l'éminent\ndirecteur du Conservatoire accompagnait lui-même au piano. Les autres inter-\nprètes étaient : M. Alfred Brun, professeur de violon au Conservatoire, dont.on\nconnaît le jeu classique et le style excellent, le jeune et brillant pianiste Edouard\nBernard, un amateur, M. A. C., qui nous touche de trop près pour en parler\nici, et enfin le musicien et professeur accompli qu'est M. Raymond Marthe. En\nsomme, belle soirée, où la musique a été honorée et fêtée dans les œuvres d'un\nmaître qui honore l'art français et qui exerce, par son enseignement et son\nexemple, une salutaire influence.\nNous rendrons compte dans notre prochain numéro du beau concert de\nmusique ancienne avec instruments anciens, organisé à Versailles par M. de\nBricqueville, le 24 novembre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "576", "page_fin": "577", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.7", "titre_corps": "Recettes des Théâtres", "titre_sommaire": "Recettes des Théâtres", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "576", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.16", "debut_caractere": 1684, "fin_caractere_exclue": 1796, "texte": "Recettes des Théâtres\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 octobre au 19 novembre 1904."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "577", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.17", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 octobre au 19 novembre 1904."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "576", "page_fin": "576", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.7.1", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. 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Erlanger.\nVerdi. Léo Delibes.\n16.012 84\n2 2\n—\nRigoletto. — Coppelia.\n13.5 3 5 »\n24\n—\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\nIQ.O53 41\n26\n—\nLe Trouvere.\nVerdi.\n16.829 92\n28\n—\nDon Juan.\nMozart.\n19.016 34\n29\n—\nLe Fils de l'Etoile.\nG. Erlanger.\n11.044 »\n31\n—\nSalammbô.\nReyer.\n17.418 41\n2\nNov.\nDon Juan.\nMozart.\n13.802 92\n4\n—\nLa Valkyrie\nR. Wagner.\n20.575 34\n5\n—\nLe Trouvère.\nVerdi.\nI3.O3I »\n7\n—\nRigoletto. — Paillasse.\nVerdi. Leoncavallo.\n16.091 91\n9\n—\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\n16.210 92\ni 1\n—\nSalam mbô.\nReyer.\n16.405 34\n12\n—\nDon Juan.\nMozart.\n1 1.915 5o\nr4\n—\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\n1 5.71 5 41\n16\n—\nLe Fils de l'Etoile.\nG. 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Delibes.\n8.270 »\n21\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.456 »\n22\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n8.017 5o\n2D\n— matinée\nAlceste.\nGluck.\n/\n6.Q5Q 5O\n23\n— soirée\nCavalleria Rusticana.—Lakmé.\nMascagni. L.Delibes.\n7.034 5o\n24\n—\nLe Domino noir.\nAuber.\n4.i63 5o\n25\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n7.373 5o\n26\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n4.514 5o\n27\n—\nCarmen.\nBizet.\n7.678 5o\n28\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.611 »\n29\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n9 240 »\n3o\n— matinée\nLes Noces de Jeannette. —\nLakmé.\nV. Massé. L. Delibes.\n7.100 5o\n3o\n— soirée\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.341 5o\n31\n—\nLe Roi d Ys.\nLalo.\n4.576 »\nier NOV.\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.397 5o\n2\n—\nManon.\nMassenet.\n6.6o3 5o\n3\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.852 65\n4\n—\nLa Reine Fiammette.\nL. Delibes.\n4.859 5o\n5\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.748 25\n6\n— matinée\nCarmen.\nBizet.\n7.087 5o\n6\n— soirée\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n6.835 5o\n7\n—\nMireille.\nGounod.\n4.564 5o\n8\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.716 »\n9\n—\nManon.\nMassenet.\n6.321 »\n10\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.6I5 »\n11\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.o33 5o\n12\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.737 40\ni3\n— matinée\nLouise.\nG. Charpentier.\n5.586 5o\n13\n— soirée\nLa Vie de Bohême. — Cavalle-\nria Rusticana.\nPuccini. Massenet.\n6.8lO )>\n14\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.564 5o\n1 5\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.044 5o\n16\n—\nManon.\nMassenet.\n7.708 »\n17\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.451 »\n18\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.698 »\n<9\n——■\nAlceste.\nGluck.\n9.611 3o"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "577", "page_fin": "584", "image_debut": 17, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "577", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.17", "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nCOURS D'HISTOIRE DE LA MUSIQUE. Par un arrêté du 7 novembre, après avis\ndu conseil d'État, M. le Ministre de l'lnstruction publique a accepté une donation\nde M. Louis Mors, ingénieur, en vue d'instituer un cours d'histoire de l'art\nmusical. Par un arrêté du même jour, M. le Ministre a décidé que ce cours\naurait lieu au Collège de France et serait fait par M. Combarieu, docteur ès\nlettres, Directeur de la Revue Musicale."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "578", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "CONSERVATOIRE. Par arrêté ministériel du 25 octobre dernier, M. Wagner\n(Charles-Eugène), lauréat du Conservatoire national, est nommé, pour une\npériode de trois années scolaires, répétiteur pour l'étude des rôles dans les\nclasses d'opéra comique, en remplacement de M. Estyle, démissionnaire.\nPar décret du 30 octobre 1904, le Ministre de l'lnstruction publique et des\nBeaux-Arts est autorisé à accepter, pour la bibliothèque et le musée du Conser-\nvatoire national, les objets ci-après, légués à cet établissement par Mme veuve\nTastet :\ni° Œuvres manuscrites de Félicien David :\nLa Captive, opéra en 3 actes avec ouverture, poème de Michel Carré père ; Le\nJugement dernier ; Quatuor en la ; Quatuor en ré ; Quatuor en mi ; un opéra en\nun acte avec introduction intitulé : le Bon Fermier de Franconville, poème de\nCharles Joliet ;\n20 Le buste en plâtre de Félicien David par Dautan et le tableau de ses déco-\nrations et médailles.\nM. Laloy, Rédacteur en chef de la Revue Musicale, soutiendra le 6 dé-\ncembre, en Sorbonne, une thèse de doctorat sur ce sujet : Aristoxène de Tarenle\net la Musique de /'Antiquité.\n\nANGERS.\n\nLe concert extraordinaire du 29 octobre a brillamment inauguré\nici la saison musicale. Le public angevin a été heureux de retrouver >— à quelques\nchangements près son orchestre de l'hiver dernier, et il salua une fois de plus\nM. Brahy, qui le dirige avec une science et une autorité incontestables.\nIl a eu la joie plus rare d'applaudir, à la fois comme virtuose et comme chef\nd'orchestre, le maître Eugène Ysaye, et si la prestance, la chevelure et le profil\nquasi néronien du célèbre violoniste lui ont valu un succès de curiosité, recon-\nnaissons bien volontiers que son merveilleux coup d'archet et son beau style\ndans le Concerto en mi de Bach et le Concerto en ré majeur de Beethoven ont\nprovoqué un légitime enthousiasme.\nOutre ces deux concertos, l'orchestre a donné, sous la direction de M. Brahy,\nune Suite en ré majeur de Bach et Y Ouverture de Léonore. Ainsi, l'exécution\nmise à part, et exception faite pour une orchestration d'Airs wallons, par\nM. Théo. Ysaye, c'est encore à Bach et à Beethoven que sont revenus les\nhonneurs de cette première journée.\nLe premier des concerts réguliers a eu lieu le dimanche suivant, 5 novembre,\navec le concours de M. Paul Daraux, dont la belle voix de baryton a su mettre\nen valeur l'air de Demetrio dans Bérénice et l'air de Xercès. Cette musique de\nHaendel, qui pour une bonne partie de l'auditoire a paru une révélation, est\néminemment dramatique par la souplesse avec laquelle elle suit et renforce le\nsens des mots.\nJe n'en dirai pas autant des mélodies qu'a chantées le même M. Daraux sur\nun sonnet de Baudelaire. Recueillement, et un autre de Bouilhet, Moisson pro-\nchaine. Il est hors de doute que leurs auteurs, MM. Doret et Kœchlin, ont\ncompris leur texte. Il est plus certain encore que ces alexandrins sont terribles\nà chanter, et que le mieux pourrait être de ne s'y risquer point.\nIl y avait au programme de ce concert la toujours neuve Symphonie Pastorale\nde Beetho\\ tn, le Romeo et Juliette de bchaflcovsky, pas si shakspearien"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "579", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3384, "texte": "qu'on pourrait s'y attendre et d'une science où il se glisse, ce me semble, trop\nde procédés, enfin du Mendelssohn, Y Ouverture d'Athalie.\nExécution excellente pour ne rien changer à nos habitudes.\n\nA. D.\n\nBORDEAUX.\nJOS. GRIMO.\nGrand-Théâtre. S'il est une soirée à retenir parmi beaucoup\nde fort réussies, je citerais volontiers celle où nous eûmes le plaisir d'entendre\nM. Clément, dans Lakmé. Jamais sa voix ne fut si belle, si souple et ne mérita\ntant de succès.\nMme Charpentier s'est, par contre, peut-être un peu ressentie de tant d'éclat ;\nmais que la charmante artiste se console, son prestige ne sera pas souvent\ntroublé par la venue incessante d'artistes tels que M. Clément.\nMM. Granier et Sylvain ont fait leurs débuts dans les Huguenots.\nDans le rôle de Raoul, M. Granier nous a fait admirer une superbe voix de\nhaute-contre. C'est peut-être la première fois que nous entendons un artiste\npossédant avec autant de sûreté le registre élevé : l'émission est brillante, facile,\net la note conserve tout son éclat. Nous avons eu à regretter que le médium\nsoit loin d'atteindre cette perfection.\nQuant à M. Sylvain, sa voix profonde et sonore, sa belle tenue, lui ont valu\ntoutes les sympathies.\nM. Frédéric Boyer, directeur du Grand-Théâtre à Bordeaux, vient de recevoir\nun drame musical en un acte : /'Anniversaire, de M. Adalbert Mercier, sur un\nlivret de MM. Jean Harold et Jean Ferval. Cet ouvrage sera représenté dans\nle courant de la saison.\n\nBRUXELLES.\n\nElle aura été extrêmement brillante et elle sera certes mémo-\nRable, cette reprise ou plutôt cette nouvelle première de Faust, donné le 3 novembre\nau profit de la (( mutualité » des journalistes, et honorée, faveur rarissime, de la\nprésence du Roi. Depuis des semaines, on ne parlait plus que de ce grand événe-\nment et on l'attendait avec une curiosité impatiente.\nSongez donc: Faust complètement remis à neuf et élevé matériellement à la\nhauteur des progrès de l'art des décorateurs, des machinistes, des gaziers, costu-\nmiers et régisseurs modernes.\nJe veux la jeunesse ! s'écrie le vieux nécromancien dans son laboratoire.\nEt MM. Kufferathet Guidé, faisant l'office de diables providentiels aussi pres-\ntigieux que Méphistophélès lui-même, la lui ont restituée et largement cette belle\njeunesse, ce don enviable par excellence. Et grâce à l'érudition de MM. Dubosq\net Fernand Khnopff, grâce aussi aux trouvailles de mise en scène de M. De Beer,\nau sens rythmique du maître de ballet Ambrosiny, aux ingéniosités mécaniques\nde M. Bogaerts, voilà le vieux chef-d'œuvre vêtu, installé, meublé, étoffé, illu-\nminé avec plus de munificence, de pittoresque et aussi de logique, d'exactitude\nhistorique ou du moins légendaire, qu'il ne le fut au premier jour.\nGounod et même Gœthe seraient ravis de la façon dont la Monnaie a compris\nl'illustration scénique de leur musique et de leur poème, depuis le laboratoire\navec sa fugace apparition de la blonde Marguerite au rouet, jusqu'à l'apothéose\nfinale. Admirons cette kermesse si bellement médiévale et germanique ; le jardin\nde Marguerite si ingénu et si printanier d'abord, puis si capiteux ou si captieux,\nprêtant au tentateur la complicité de ses floraisons perverties et de ses lumières\nmaléfiques ; le tableau de l'église réuni à celui du duel, fusion qui nous ménage\nune gradation d'un vivant et intense archaïsme: les fidèles se rendant à l'office,"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "580", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3561, "texte": "s'ameutant ensuite aux fanfares lointaines, la rentrée des reîtres et des lansque-\nnets dans leurs foyers ; le hourvari dans la rue nocturne avec le duelliste ago-\nnisant sous la fumeuse lueur des torches. Tout cela éminemment suggestif\nd'architecture, d'éclairage, de mouvement, de physionomie et de ton : autant de\nfresques de Leys descendues de leurs murailles pour nous ressusciter le moyen\nâge à la fois belliqueux et patriarcal.\nEt la (( Nuit de Walpurgis )), cette progression de changements à vue : le\nBrocken avec ses gorges découpant leurs roches noires et tailladées sur un ciel\nd'incendie, puis ce palais infernal aux colonnades et auxenfîlades comme recuites\net calcinées par la fournaise éternelle, ce hall aux flamboyances sourdes latentes,\ndans lesquelles chorégraphient des ballerines vêtues de la couleur ineffable des\nrêves, des chimères et des sphinx. Une merveille d'harmonie et de fondu, dans\nlaquelle le style élégant et l'art discret de la prima ballerina Boni est un délice.\nL'interprétation vocale et instrumentale aura été digne de la féerique mise en\nscène. Le ténor Laffïtte fait un excellent Faust, un Faust amoureux mais viril.\nLe chant de M. Laffïtte a été aussi parfait, aussi distingué, passionné aussi à\npropos que son jeu. M. D'Assv est un Méphistophélès d'élégante allure et de voix\nsonore. M. Bourbon, un excellent Valentin qui relève encore de sa voix opulente\net de sa mimique convaincue la plastique du tableau de son duel et de sa mort.\nMlle Eyreams est un charmant Siebel, et Mme Paulin, une accorte dame Marthe.\nQuant à Marguerite, elle a été incarnée avec grâce et intelligence par Mlle Aida,\nqui a chanté le rôle d'une voix souple, vraiment délicieuse, d'une fraîcheur quasi\ningénue, tour à tour rêveuse et radieuse, suffisamment passionnée aux passages\nrequérant un peu au delà du charme et de l'agrément.\nTous les interprètes ont été largement applaudis et rappelés : les auditeurs\nayant lieu de se montrer aussi enthousiastes que les spectateurs, et le concert\nvalant le spectacle, car l'orchestre aeu des délicatesses charmantes, et les chœurs\nde l'entrain et de belles sonorités, sous la maîtresse direction de Sylvain\nDupuis.\n\nG. E.\n\nBRUXELLES.\nA R.\nM. Guidet fait merveille au théâtre de la Monnaie. Après la\nsensationnelle reprise de Faust, c'est Tannhauser qui, avec M. Van Dyck, a été\nune représentation de tous points parfaite.\nM. Laffitte, dont le talent est si apprécié, vient de faire une très belle création\ndans le rôle de Jean, du Jongleur de Notre-Dame. Son succès a été très grand,\net à l'occasion de la première représentation de l'œuvre de M. Massenet à la\nMonnaie, le journal 1 Eventail, de Bruxelles rappelle comment le grand compo-\nsiteur français fut amené à mettre en musique le poème de M. Léna.\n(( M. Massenet reçoit journellement, de partout, des livrets en quantité telle\nqu il les donne tout d abord à lire à des secrétaires qui lui font rapport sur\nl'ouvrage envoyé. Il ne lit que les livrets qui lui sont particulièrement signalés.\n(( Or, un beau jour, partant pour la campagne, on lui remit, comme il sortait\nde sa maison, un rouleau de papiers. Il le prit et, se trouvant seul dans le train.\n1 ou\\ lit et y tiouva une lettre et un livret. Il fut charmé par la grâce, la fraîcheur\nexquise du poème et, le soir même, il écrivit à l'auteur, dont il n'avait jamais\nentendu pailei, M.Maurice Léna, professeur d'humanités au lycée Concordet,\nqu il se lerait un plaisir de mettre 1 œuvre en musique.\n(( Voilà qui est bien fait pour encourager les librettistes débutants. ))"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "581", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3424, "texte": "SOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE LILLE.\nDocteur L. GAUDIER.\nDimanche lERIER novembre, au premier concert\ndelà saison, J. Thibaud et la Symphonie en si bémol majeur de Chausson. La\nSymphonie est peu connue en F'rance ; elle fut révélée en Belgique par Ysaye\nen 1891, et Nikisch la conduisit à Paris en 1897. Chausson s'y montre tout\npénétré des formes wagnériennes et le disciple tendre et fidèle de Franck. L'in-\nfluence de ces deux inspirations est bien nette, et à chaque page I on pourrait\ndire ce qui revient à l'une et à kautre. Mais Chausson y a laissé aussi son em-\npreinte personnelle, mélange de mélodie mystique et de grandeur farouche.\nPour qui connaît son œuvre, se retrouve l'auteur du quatuor, de la Chanson per-\npétuelle, du Roi Arthus... Si la Symphonie étonne d'abord l'oreille par ses dis-\nsonances, plus tard elle vous empoigne par je ne sais quel charme doux et puis-\nsant et son caractère si mélodique.\nL'on en connaît le thème initial, rythmé à quatre temps, d'abord calme et\nmystérieux, puis s'enflant progressivement, accélérant l'allure, sans cesser d'être\nmajestueux jusqu'au changement de mesure où à trois temps il chante au qua-\ntuor, dans un bel accès de lyrisme, et se transforme ensuite sous les pizzicati\nheurtés des contrebasses et des altos alternant. Modulations aux cors et aux\nbois pendant les longues ondulations des cordes, et dernière modification du\nthème qui, à quatre temps, conclut sur une chevauchée des cordes pendant que\nles cuivres clament fiers.\nAprès le molto lento de, la deuxième partie, dont les altos exposent d'abord la\nphrase initiale curieuse avec son rythme syncopé, reprise ensuite par les bois,\npuis modulant sur des arpèges wagnériens et concluant simplement, sonne Y ani-\nmato delà troisième partie, dont le début rappelle Franck et Saint-Saëns.\nLe thème primitif, après s'être par deux fois fait reconnaître sous une forme\nsauvage, haché en grands accords précipités, réapparaît à la fin, aux seuls cuivres,\nchanté lentement et religieusement par la trompette, tandis que les cordes\nattendent, pour finir l'apothéose par de lents arpèges que des réminiscences du\nthème percent par instants.\nM. Maquet a donné cette œuvre avec beaucoup de sûreté et de force. Sous sa\ndirection si large et aussi si analytique, l'orchestre a fait merveille. Les esprits\nchagrins eux-mêmes sont forcés de reconnaître la puissante maîtrise du chef qui\na créé et qui dirige un si bel ensemble d'artistes distingués et tous unis dans le\nmême amour du beau. L'orchestre réduit accompagnait J. Thibaud dans le Con-\ncerto en mi bémol de Mozart. C'est dans de telles œuvres qu'il faut entendre cet\nartiste incomparable en son genre. Là rien qui masque l'instrument, qui tou-\njours en solo ne doit chercher le suc:ès que dans sa seule sonorité et dans son\nstyle. Thibaud a le style, le son et le charme de demi-teintes exquises. Il se fit\nacclamer après l'exécution brillante de la banale Havanaise de Saint-Saëns et\nde Y Aria de Bach.\nL'orchestre seul avait commencé le concert par l'ouverture du Jeune Henry de\nMéhul et le termina par l'exotique Rapsodie cambodgienne de Bourgault-Ducou-\ndray, très curieusement écrite, mais trop sonore et un peu vide.\n\nELBERFELD.\n\n—Le nouveau poème symphonique de Fr. Délius, Appalachia, qui\nvient d'être exécuté ici avec un grand succès, est inspiré, comme son opéra de\nKoanga, par les paysages de la Floride joù s'est passée la jeunesse du compo-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "582", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "siteur. Bâtie sur un thème unique, un chant de nègres esclaves, qui passe par\ndifférents états, s'égaye et s'attriste tour à tour, l'œuvre est très vivante et colorée ;\non y remarque, au début, un délicieux effet de voix perdues dans l'orchestre,\npuis, par contraste, un chœur sans accompagnement, une marche funèbre\nétrange et saisissante, enfin un retour àla joie, inattendu et charmant. Et, par-\ndessus tout, une liberté d'allures, une ingénuité de sentiments, qui nous dit\nl ame d'une race neuve, et rappelle un peu, quoique avec d'autres accents, 1 art\ntout de plein air de Debussy.\n\nC. F.\n\nLONDRES.\nHUGO CONRAT.\n« Le roi est mort, vive le roi )) ; l'ancienne formule du royaume\nde France a trouvé un écho dans le monde musical du moment. Nous avons\nassisté au dernier concert de la saison au mois de juillet dernier, et le 6 août les\nconcerts de la musique d'orchestre donnés au Queens Hall ont inauguré la saison\nd'hiver. Il y a eu soixante-dix concerts (en l'espace de deux mois et demi), dont\nles programmes furent pour la plupart très intéressants. L'aristocratie étant en\nvoyage à cette époque, les auditoires furent assez mélangés. Plusieurs des\nmeilleurs ouvrages ont été exécutés caviare to the generale, comme dit\nHamlet. A présent, l'aristocratie financière est de retour à Londres et se presse\nchaque soir à l'Opéra pour assister aux représentations de la troupe du théâtre\nSaint-Charles de Naples, malgré le récent départ de l'attraction principale,\nM. Caruso, qui vient de quitter Londres pour un monde meilleur, l'Amé-\nrique. Nous avons eu le plaisir d'entendre M. Raoul Pugno dans le Concerto de\nMozart en ré. Il ferait grand plaisir au public s'il introduisait quelques chan-\ngements dans son programme classique : Beethoven par exemple.\nMmeMarchesi a donné un concert comprenant 14 lieder de l'école allemande\nla plus moderne ; elle en a chanté 4en français, de Bruneau, Charpentier, Faure\net Moret. La romance de ce dernier, Si mon rival, a été entendue pour la pre-\nmière fois ici ; j'espère un peu que ce sera la dernière. Mais que diraient les\nParisiens, s'ils étaient condamnés à passer une heure et demie sans entendre un\nseul mot de français ?\n\nLe succès du violoniste Hubermann a été si grand qu'il a donné une audition\nextraordinaire à Saint-James Hall.\nMAURICE TESSIER.\nIl a exécuté avec une virtuosité incomparable le Concerto n° 2 de Max Bruch,\net dans la Sonate I de Bach il nous a émerveillés une fois de plus par la\nsûreté impeccable de son doigté. De nombreux rappels lui ont montré que les\nLondoniens le reverront avec plaisir l'an prochain.\nLe concert de miss Gladys Law à la Bechstein Hall a été des plus réussis.\nCette jeune pianiste possède une rare assurance et un jeu presque masculin;\ndans les Ungarische Zigeunerweisen de Tausig, elle a fait preuve d'un\nmécanisme irréprochable, d'une étonnante vélocité, ainsi que dans la Ballade\nn° 2 de Chopin. C'est une artiste de grand avenir.\nA Covent Garden, une innovation a été lancée : ce sont les soirées à prix\nréduits. Le résultat a été si brillant que le Daily Mail, le journal qui les\navait organisées, a dû renvoyer pour 400 livres sterling de places louées par\nmandats-poste.\nLa ti oupe italienne de Caruso a donné comme soirée d adieu la Bohême de\nPuccini. Les îiches mélodies du compositeur latin ont été vivement applaudies\nune foule brillante et très « Smart ))."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "583", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3177, "texte": "MARSEILLE.\nERNEST GUEYDAN.\nLes débuts au Grand-Théâtre se sont effectués de façon très\nsatisfaisante. Tous les artistes présentés par M. Valcourt ont été admis, sauf\nM. Bonna, basse noble, qui est remplacé par M. Bouxman.\nDepuis la réouverture, les œuvres suivantes ont été représentées : les Hu-\nguenots, Guillaume Tell, Manon, Sapho, Carmen, Lakmé, le Barbier de\nSéville, h Africaine. Ce sont les pièces habituelles des débuts, parce qu'elles\npermettent aux artistes de développer toutes leurs facultés sous tous leurs\naspects.\nLa troupe de M. Valcourt est suffisamment homogène pour que nous puis-\nsions présager d'excellentes représentations. L'école des chœurs, sous la direc-\ntion de M. Bergier, progresse à souhait, et nous en augurons des ensembles\nplus fondus et moins hésitants que les années précédentes. Regrettons, en\npassant, que M. Valcourt n'encourage pas mieux le chef de cette école et ait\ncru devoir supprimer les entrées de faveur qu'il lui accordait l'année der-\nnière.\nL'orchestre est au-dessus de tout éloge, et nous ne saurions trop féliciter\nM. Miranne des résultats qu'il en obtient.\nLa campagne qui vient de commencer paraît devoir être féconde en bonnes\nreprésentations ; car, ainsi que nous le disons plus haut, les artistes sont à la\nhauteur de leur tâche. Ce serait une raison pour que la direction voulût bien\nnous faire entendre quelques œuvres nouvelles. Cependant, sauf la Tosca, de\nPuccini, et le Jongleur de Notre-Dame, de Alassenet, nous n'espérons pas enten-\ndre d'autre œuvres que celles, très belles mais trop entendues, qui reviennent\ntoutes les années à pareille époque. Ainsi que l'écrivait ces jours-ci M. Claude\nRial dans le Petit Marseillais, nous demandons pourquoi M. Valcourt, qui\ns'efforce à nous faire apprendre par cœur tous les vieux opéras, ne nous don-\nnerait pas quelques œuvres nouvelles ?\nMais nous n'ignorons pas que la profession de directeur de théâtre est dif-\nficile et délicate, et nous n'insisterons pas pour avoir le mieux, alors que nous\navons le bien.\nLes concerts classiques ont effectué leur réouverture le 23 octobre.\nDès les premiers concerts, Ai. Michaud, l'estimé président de l'Association,\ncompose ses programmes avec un soin dont nous le félicitons. Citons,\nentre autres œuvres exécutées dans les trois premiers concerts : la Symphonie\nhéroïque, de Beethoven; Marche funèbre du Crépuscule des Dieux, de Wagner ;\nRoméo et Juliette (2e partie), Berlioz; Symphonie n° 41, en ut majeur, Mozart ;\nImpressions d'ltalie, G. Charpentier; Symphonie en si mineur, F. Schubert;\nPelléas et Mélisande, G Fauré.\nM. Michaud nous promet en outre le Faust de Liszt, et Antigone, de Men-\ndelssohn.\nCes œuvres, dont s'organisent les répétitions, sont encore inconnues à Mar-\nseille, et ce sera une bonne fortune pour nous que de les entendre ; car elles\nseront sûrement rendues dans d'excellentes conditions, eu égard au beau talent\nde M. Gabriel Marie, dont l'activité ne se dément pas un instant, au milieu\ndes fatigues de ces longues répétitions.\n\nROUEN.\n\nLa période des débuts se poursuit activement au théâtre des Arts.\nSeuls les emplois de contralto et de ténor d'opéra sont encore sans titulaires."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "584", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2754, "texte": "Dans son ensemble, la troupe paraît très bonne, et il faut louer les directeurs,\nMM. Metot et Queval, d'avoir apporté un soin tout particulier à recruter les\nartistes devant tenir les seconds emplois.\nJe crois donc que nous pouvons compter sur une bonne saison lyrique, et\nles œuvres nouvelles qui nous sont promises, Gwendohne, la Reine\nFiammette et quatre ou cinq œuvres inédites me semblent devoir bénéficier\nd'une excellente interprétation.\nCréation d'une école de musique. Le conseil d'administration de la Musique\nmunicipale va créer dans notre ville une école de musique accessible aux deux\nsexes et établie sur les bases des écoles musicales de France. Elle aura pour\nbut de concourir à la diffusion des connaissances musicales, de fermer des mu-\nsiciens capables de faire partie des orchestres de la ville et de préparer leur\nadmission au Conservatoire national de Paris. Les ressources de la Musique\nmunicipale ne lui permettant pas de prendre entièrement à sa charge les dé-\npenses occasionnées par l'école, cette société se propose d'organiser plusieurs\nconcerts par an. Le premier de ces concerts aura lieu dans les premiers jours\nd'octobre et sera dirigé par M. Lenepveu.\nTout au début de leur tentative, je ne voudrais pas décourager les organisateurs\nde la future école de musique, et cependant je crains qu'ils n'entreprennent là\nune bien lourde tâche. Assurer le bon fonctionnement d'une école de musique\ngratuite et sérieusement établie nécessite des capitaux, et je ne pense pas que les\nfaibles ressources d'une société parviennent à y suffire. Aussi je crois, que, créée\nsur d'aussi faibles bases, cette école n'est pas susceptible de rendre de notables\nservices à l'art musical ni d'être d'une institution durable.\n— La Sourdine exécutera prochainement le Quatuor à cordes d'A. de Polignac.\nDu même auteur, signalons un Thème varié, aussi savant que brillant et cha-\nleureux, qui paraîtra bientôt, nous l'espérons.\n— Mlle Casamajor-Larrivette, O. A., directrice du cours Hsendel, reçoit dans\nsa villa des jeunes filles pensionnaires et élèves pour terminer leurs études\n(la musique tout spécialement), sous la direction des meilleurs professeurs\nde Paris (n, rue de Berlin).\nOUVRAGES REÇUS.\nALBÉRIC MAGNARD. Troisième Symphonie. Partition d'orchestre. Chez l'auteur,\nà Baron, par Nanteuil-sur-Haudouin (Oise).\nALBÉRIC MAGNARD. Hymne à la Justice. Partition d'orchestre. Même adresse.\nCLAUDE DEBUSSY. Tv Quatuor. Réduction pour piano à 4 mains, par A. Benfeld.\nParis, Durand et fils.\nCAMILLE SAINT-SAENS. Caprice andalous, pour violon et orchestre. Réduction\nde 1 oichestre au piano par 1 auteur. Paris, Durand et fils.\n\nGEO. MONTREUIL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "577", "page_fin": "577", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.1", "titre_corps": "COURS D'HISTOIRE DE LA MUSIQUE. Par un arrêté du 7 novembre, après avis", "titre_sommaire": "COURS D'HISTOIRE DE LA MUSIQUE. 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Estyle, démissionnaire.\nPar décret du 30 octobre 1904, le Ministre de l'lnstruction publique et des\nBeaux-Arts est autorisé à accepter, pour la bibliothèque et le musée du Conser-\nvatoire national, les objets ci-après, légués à cet établissement par Mme veuve\nTastet :\ni° Œuvres manuscrites de Félicien David :\nLa Captive, opéra en 3 actes avec ouverture, poème de Michel Carré père ; Le\nJugement dernier ; Quatuor en la ; Quatuor en ré ; Quatuor en mi ; un opéra en\nun acte avec introduction intitulé : le Bon Fermier de Franconville, poème de\nCharles Joliet ;\n20 Le buste en plâtre de Félicien David par Dautan et le tableau de ses déco-\nrations et médailles.\nM. Laloy, Rédacteur en chef de la Revue Musicale, soutiendra le 6 dé-\ncembre, en Sorbonne, une thèse de doctorat sur ce sujet : Aristoxène de Tarenle\net la Musique de /'Antiquité."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "578", "page_fin": "579", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.3", "titre_corps": "ANGERS.", "titre_sommaire": "ANGERS.", "signature_source": "A. 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Brahy, qui le dirige avec une science et une autorité incontestables.\nIl a eu la joie plus rare d'applaudir, à la fois comme virtuose et comme chef\nd'orchestre, le maître Eugène Ysaye, et si la prestance, la chevelure et le profil\nquasi néronien du célèbre violoniste lui ont valu un succès de curiosité, recon-\nnaissons bien volontiers que son merveilleux coup d'archet et son beau style\ndans le Concerto en mi de Bach et le Concerto en ré majeur de Beethoven ont\nprovoqué un légitime enthousiasme.\nOutre ces deux concertos, l'orchestre a donné, sous la direction de M. Brahy,\nune Suite en ré majeur de Bach et Y Ouverture de Léonore. Ainsi, l'exécution\nmise à part, et exception faite pour une orchestration d'Airs wallons, par\nM. Théo. Ysaye, c'est encore à Bach et à Beethoven que sont revenus les\nhonneurs de cette première journée.\nLe premier des concerts réguliers a eu lieu le dimanche suivant, 5 novembre,\navec le concours de M. Paul Daraux, dont la belle voix de baryton a su mettre\nen valeur l'air de Demetrio dans Bérénice et l'air de Xercès. Cette musique de\nHaendel, qui pour une bonne partie de l'auditoire a paru une révélation, est\néminemment dramatique par la souplesse avec laquelle elle suit et renforce le\nsens des mots.\nJe n'en dirai pas autant des mélodies qu'a chantées le même M. Daraux sur\nun sonnet de Baudelaire. Recueillement, et un autre de Bouilhet, Moisson pro-\nchaine. Il est hors de doute que leurs auteurs, MM. Doret et Kœchlin, ont\ncompris leur texte. Il est plus certain encore que ces alexandrins sont terribles\nà chanter, et que le mieux pourrait être de ne s'y risquer point.\nIl y avait au programme de ce concert la toujours neuve Symphonie Pastorale\nde Beetho\\ tn, le Romeo et Juliette de bchaflcovsky, pas si shakspearien"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "579", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 218, "texte": "qu'on pourrait s'y attendre et d'une science où il se glisse, ce me semble, trop\nde procédés, enfin du Mendelssohn, Y Ouverture d'Athalie.\nExécution excellente pour ne rien changer à nos habitudes.\n\nA. D."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "579", "page_fin": "579", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.4", "titre_corps": "BORDEAUX.", "titre_sommaire": "BORDEAUX.", "signature_source": "JOS. GRIMO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "579", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.19", "debut_caractere": 220, "fin_caractere_exclue": 1469, "texte": "BORDEAUX.\nJOS. GRIMO.\nGrand-Théâtre. S'il est une soirée à retenir parmi beaucoup\nde fort réussies, je citerais volontiers celle où nous eûmes le plaisir d'entendre\nM. Clément, dans Lakmé. Jamais sa voix ne fut si belle, si souple et ne mérita\ntant de succès.\nMme Charpentier s'est, par contre, peut-être un peu ressentie de tant d'éclat ;\nmais que la charmante artiste se console, son prestige ne sera pas souvent\ntroublé par la venue incessante d'artistes tels que M. Clément.\nMM. Granier et Sylvain ont fait leurs débuts dans les Huguenots.\nDans le rôle de Raoul, M. Granier nous a fait admirer une superbe voix de\nhaute-contre. C'est peut-être la première fois que nous entendons un artiste\npossédant avec autant de sûreté le registre élevé : l'émission est brillante, facile,\net la note conserve tout son éclat. Nous avons eu à regretter que le médium\nsoit loin d'atteindre cette perfection.\nQuant à M. Sylvain, sa voix profonde et sonore, sa belle tenue, lui ont valu\ntoutes les sympathies.\nM. Frédéric Boyer, directeur du Grand-Théâtre à Bordeaux, vient de recevoir\nun drame musical en un acte : /'Anniversaire, de M. Adalbert Mercier, sur un\nlivret de MM. Jean Harold et Jean Ferval. Cet ouvrage sera représenté dans\nle courant de la saison."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "579", "page_fin": "580", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.5", "titre_corps": "BRUXELLES.", "titre_sommaire": "BRUXELLES.", "signature_source": "G. 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Kufferathet Guidé, faisant l'office de diables providentiels aussi pres-\ntigieux que Méphistophélès lui-même, la lui ont restituée et largement cette belle\njeunesse, ce don enviable par excellence. Et grâce à l'érudition de MM. Dubosq\net Fernand Khnopff, grâce aussi aux trouvailles de mise en scène de M. De Beer,\nau sens rythmique du maître de ballet Ambrosiny, aux ingéniosités mécaniques\nde M. Bogaerts, voilà le vieux chef-d'œuvre vêtu, installé, meublé, étoffé, illu-\nminé avec plus de munificence, de pittoresque et aussi de logique, d'exactitude\nhistorique ou du moins légendaire, qu'il ne le fut au premier jour.\nGounod et même Gœthe seraient ravis de la façon dont la Monnaie a compris\nl'illustration scénique de leur musique et de leur poème, depuis le laboratoire\navec sa fugace apparition de la blonde Marguerite au rouet, jusqu'à l'apothéose\nfinale. Admirons cette kermesse si bellement médiévale et germanique ; le jardin\nde Marguerite si ingénu et si printanier d'abord, puis si capiteux ou si captieux,\nprêtant au tentateur la complicité de ses floraisons perverties et de ses lumières\nmaléfiques ; le tableau de l'église réuni à celui du duel, fusion qui nous ménage\nune gradation d'un vivant et intense archaïsme: les fidèles se rendant à l'office,"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "580", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2198, "texte": "s'ameutant ensuite aux fanfares lointaines, la rentrée des reîtres et des lansque-\nnets dans leurs foyers ; le hourvari dans la rue nocturne avec le duelliste ago-\nnisant sous la fumeuse lueur des torches. Tout cela éminemment suggestif\nd'architecture, d'éclairage, de mouvement, de physionomie et de ton : autant de\nfresques de Leys descendues de leurs murailles pour nous ressusciter le moyen\nâge à la fois belliqueux et patriarcal.\nEt la (( Nuit de Walpurgis )), cette progression de changements à vue : le\nBrocken avec ses gorges découpant leurs roches noires et tailladées sur un ciel\nd'incendie, puis ce palais infernal aux colonnades et auxenfîlades comme recuites\net calcinées par la fournaise éternelle, ce hall aux flamboyances sourdes latentes,\ndans lesquelles chorégraphient des ballerines vêtues de la couleur ineffable des\nrêves, des chimères et des sphinx. Une merveille d'harmonie et de fondu, dans\nlaquelle le style élégant et l'art discret de la prima ballerina Boni est un délice.\nL'interprétation vocale et instrumentale aura été digne de la féerique mise en\nscène. Le ténor Laffïtte fait un excellent Faust, un Faust amoureux mais viril.\nLe chant de M. Laffïtte a été aussi parfait, aussi distingué, passionné aussi à\npropos que son jeu. M. D'Assv est un Méphistophélès d'élégante allure et de voix\nsonore. M. Bourbon, un excellent Valentin qui relève encore de sa voix opulente\net de sa mimique convaincue la plastique du tableau de son duel et de sa mort.\nMlle Eyreams est un charmant Siebel, et Mme Paulin, une accorte dame Marthe.\nQuant à Marguerite, elle a été incarnée avec grâce et intelligence par Mlle Aida,\nqui a chanté le rôle d'une voix souple, vraiment délicieuse, d'une fraîcheur quasi\ningénue, tour à tour rêveuse et radieuse, suffisamment passionnée aux passages\nrequérant un peu au delà du charme et de l'agrément.\nTous les interprètes ont été largement applaudis et rappelés : les auditeurs\nayant lieu de se montrer aussi enthousiastes que les spectateurs, et le concert\nvalant le spectacle, car l'orchestre aeu des délicatesses charmantes, et les chœurs\nde l'entrain et de belles sonorités, sous la maîtresse direction de Sylvain\nDupuis.\n\nG. E."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "580", "page_fin": "580", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.6", "titre_corps": "BRUXELLES.", "titre_sommaire": "BRUXELLES.", "signature_source": "A R", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "580", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.20", "debut_caractere": 2200, "fin_caractere_exclue": 3561, "texte": "BRUXELLES.\nA R.\nM. Guidet fait merveille au théâtre de la Monnaie. Après la\nsensationnelle reprise de Faust, c'est Tannhauser qui, avec M. Van Dyck, a été\nune représentation de tous points parfaite.\nM. Laffitte, dont le talent est si apprécié, vient de faire une très belle création\ndans le rôle de Jean, du Jongleur de Notre-Dame. Son succès a été très grand,\net à l'occasion de la première représentation de l'œuvre de M. Massenet à la\nMonnaie, le journal 1 Eventail, de Bruxelles rappelle comment le grand compo-\nsiteur français fut amené à mettre en musique le poème de M. Léna.\n(( M. Massenet reçoit journellement, de partout, des livrets en quantité telle\nqu il les donne tout d abord à lire à des secrétaires qui lui font rapport sur\nl'ouvrage envoyé. Il ne lit que les livrets qui lui sont particulièrement signalés.\n(( Or, un beau jour, partant pour la campagne, on lui remit, comme il sortait\nde sa maison, un rouleau de papiers. Il le prit et, se trouvant seul dans le train.\n1 ou\\ lit et y tiouva une lettre et un livret. Il fut charmé par la grâce, la fraîcheur\nexquise du poème et, le soir même, il écrivit à l'auteur, dont il n'avait jamais\nentendu pailei, M.Maurice Léna, professeur d'humanités au lycée Concordet,\nqu il se lerait un plaisir de mettre 1 œuvre en musique.\n(( Voilà qui est bien fait pour encourager les librettistes débutants. ))"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "581", "page_fin": "581", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.7", "titre_corps": "SOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE LILLE.", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE LILLE.", "signature_source": "Docteur L. GAUDIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "581", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "SOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE LILLE.\nDocteur L. GAUDIER.\nDimanche lERIER novembre, au premier concert\ndelà saison, J. Thibaud et la Symphonie en si bémol majeur de Chausson. La\nSymphonie est peu connue en F'rance ; elle fut révélée en Belgique par Ysaye\nen 1891, et Nikisch la conduisit à Paris en 1897. Chausson s'y montre tout\npénétré des formes wagnériennes et le disciple tendre et fidèle de Franck. L'in-\nfluence de ces deux inspirations est bien nette, et à chaque page I on pourrait\ndire ce qui revient à l'une et à kautre. Mais Chausson y a laissé aussi son em-\npreinte personnelle, mélange de mélodie mystique et de grandeur farouche.\nPour qui connaît son œuvre, se retrouve l'auteur du quatuor, de la Chanson per-\npétuelle, du Roi Arthus... Si la Symphonie étonne d'abord l'oreille par ses dis-\nsonances, plus tard elle vous empoigne par je ne sais quel charme doux et puis-\nsant et son caractère si mélodique.\nL'on en connaît le thème initial, rythmé à quatre temps, d'abord calme et\nmystérieux, puis s'enflant progressivement, accélérant l'allure, sans cesser d'être\nmajestueux jusqu'au changement de mesure où à trois temps il chante au qua-\ntuor, dans un bel accès de lyrisme, et se transforme ensuite sous les pizzicati\nheurtés des contrebasses et des altos alternant. Modulations aux cors et aux\nbois pendant les longues ondulations des cordes, et dernière modification du\nthème qui, à quatre temps, conclut sur une chevauchée des cordes pendant que\nles cuivres clament fiers.\nAprès le molto lento de, la deuxième partie, dont les altos exposent d'abord la\nphrase initiale curieuse avec son rythme syncopé, reprise ensuite par les bois,\npuis modulant sur des arpèges wagnériens et concluant simplement, sonne Y ani-\nmato delà troisième partie, dont le début rappelle Franck et Saint-Saëns.\nLe thème primitif, après s'être par deux fois fait reconnaître sous une forme\nsauvage, haché en grands accords précipités, réapparaît à la fin, aux seuls cuivres,\nchanté lentement et religieusement par la trompette, tandis que les cordes\nattendent, pour finir l'apothéose par de lents arpèges que des réminiscences du\nthème percent par instants.\nM. Maquet a donné cette œuvre avec beaucoup de sûreté et de force. Sous sa\ndirection si large et aussi si analytique, l'orchestre a fait merveille. Les esprits\nchagrins eux-mêmes sont forcés de reconnaître la puissante maîtrise du chef qui\na créé et qui dirige un si bel ensemble d'artistes distingués et tous unis dans le\nmême amour du beau. L'orchestre réduit accompagnait J. Thibaud dans le Con-\ncerto en mi bémol de Mozart. C'est dans de telles œuvres qu'il faut entendre cet\nartiste incomparable en son genre. Là rien qui masque l'instrument, qui tou-\njours en solo ne doit chercher le suc:ès que dans sa seule sonorité et dans son\nstyle. Thibaud a le style, le son et le charme de demi-teintes exquises. Il se fit\nacclamer après l'exécution brillante de la banale Havanaise de Saint-Saëns et\nde Y Aria de Bach.\nL'orchestre seul avait commencé le concert par l'ouverture du Jeune Henry de\nMéhul et le termina par l'exotique Rapsodie cambodgienne de Bourgault-Ducou-\ndray, très curieusement écrite, mais trop sonore et un peu vide."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "581", "page_fin": "582", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.8", "titre_corps": "ELBERFELD.", "titre_sommaire": "ELBERFELD.", "signature_source": "C. F", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "581", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.21", "debut_caractere": 3195, "fin_caractere_exclue": 3424, "texte": "ELBERFELD.\n\n—Le nouveau poème symphonique de Fr. Délius, Appalachia, qui\nvient d'être exécuté ici avec un grand succès, est inspiré, comme son opéra de\nKoanga, par les paysages de la Floride joù s'est passée la jeunesse du compo-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "582", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 608, "texte": "siteur. Bâtie sur un thème unique, un chant de nègres esclaves, qui passe par\ndifférents états, s'égaye et s'attriste tour à tour, l'œuvre est très vivante et colorée ;\non y remarque, au début, un délicieux effet de voix perdues dans l'orchestre,\npuis, par contraste, un chœur sans accompagnement, une marche funèbre\nétrange et saisissante, enfin un retour àla joie, inattendu et charmant. Et, par-\ndessus tout, une liberté d'allures, une ingénuité de sentiments, qui nous dit\nl ame d'une race neuve, et rappelle un peu, quoique avec d'autres accents, 1 art\ntout de plein air de Debussy.\n\nC. F."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "582", "page_fin": "582", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.9", "titre_corps": "LONDRES.", "titre_sommaire": "LONDRES.", "signature_source": "HUGO CONRAT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "582", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.22", "debut_caractere": 610, "fin_caractere_exclue": 2187, "texte": "LONDRES.\nHUGO CONRAT.\n« Le roi est mort, vive le roi )) ; l'ancienne formule du royaume\nde France a trouvé un écho dans le monde musical du moment. Nous avons\nassisté au dernier concert de la saison au mois de juillet dernier, et le 6 août les\nconcerts de la musique d'orchestre donnés au Queens Hall ont inauguré la saison\nd'hiver. Il y a eu soixante-dix concerts (en l'espace de deux mois et demi), dont\nles programmes furent pour la plupart très intéressants. L'aristocratie étant en\nvoyage à cette époque, les auditoires furent assez mélangés. Plusieurs des\nmeilleurs ouvrages ont été exécutés caviare to the generale, comme dit\nHamlet. A présent, l'aristocratie financière est de retour à Londres et se presse\nchaque soir à l'Opéra pour assister aux représentations de la troupe du théâtre\nSaint-Charles de Naples, malgré le récent départ de l'attraction principale,\nM. Caruso, qui vient de quitter Londres pour un monde meilleur, l'Amé-\nrique. Nous avons eu le plaisir d'entendre M. Raoul Pugno dans le Concerto de\nMozart en ré. Il ferait grand plaisir au public s'il introduisait quelques chan-\ngements dans son programme classique : Beethoven par exemple.\nMmeMarchesi a donné un concert comprenant 14 lieder de l'école allemande\nla plus moderne ; elle en a chanté 4en français, de Bruneau, Charpentier, Faure\net Moret. La romance de ce dernier, Si mon rival, a été entendue pour la pre-\nmière fois ici ; j'espère un peu que ce sera la dernière. Mais que diraient les\nParisiens, s'ils étaient condamnés à passer une heure et demie sans entendre un\nseul mot de français ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "582", "page_fin": "582", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.10", "titre_corps": "Le succès du violoniste Hubermann a été si grand qu'il a donné une audition extraordinaire à Saint-James Hall.", "titre_sommaire": "Le succès du violoniste Hubermann a été si grand qu'il a donné une audition extraordinaire à Saint-James Hall.", "signature_source": "MAURICE TESSIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "582", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.22", "debut_caractere": 2189, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "Le succès du violoniste Hubermann a été si grand qu'il a donné une audition\nextraordinaire à Saint-James Hall.\nMAURICE TESSIER.\nIl a exécuté avec une virtuosité incomparable le Concerto n° 2 de Max Bruch,\net dans la Sonate I de Bach il nous a émerveillés une fois de plus par la\nsûreté impeccable de son doigté. De nombreux rappels lui ont montré que les\nLondoniens le reverront avec plaisir l'an prochain.\nLe concert de miss Gladys Law à la Bechstein Hall a été des plus réussis.\nCette jeune pianiste possède une rare assurance et un jeu presque masculin;\ndans les Ungarische Zigeunerweisen de Tausig, elle a fait preuve d'un\nmécanisme irréprochable, d'une étonnante vélocité, ainsi que dans la Ballade\nn° 2 de Chopin. C'est une artiste de grand avenir.\nA Covent Garden, une innovation a été lancée : ce sont les soirées à prix\nréduits. Le résultat a été si brillant que le Daily Mail, le journal qui les\navait organisées, a dû renvoyer pour 400 livres sterling de places louées par\nmandats-poste.\nLa ti oupe italienne de Caruso a donné comme soirée d adieu la Bohême de\nPuccini. 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Tous les artistes présentés par M. Valcourt ont été admis, sauf\nM. Bonna, basse noble, qui est remplacé par M. Bouxman.\nDepuis la réouverture, les œuvres suivantes ont été représentées : les Hu-\nguenots, Guillaume Tell, Manon, Sapho, Carmen, Lakmé, le Barbier de\nSéville, h Africaine. Ce sont les pièces habituelles des débuts, parce qu'elles\npermettent aux artistes de développer toutes leurs facultés sous tous leurs\naspects.\nLa troupe de M. Valcourt est suffisamment homogène pour que nous puis-\nsions présager d'excellentes représentations. L'école des chœurs, sous la direc-\ntion de M. Bergier, progresse à souhait, et nous en augurons des ensembles\nplus fondus et moins hésitants que les années précédentes. Regrettons, en\npassant, que M. Valcourt n'encourage pas mieux le chef de cette école et ait\ncru devoir supprimer les entrées de faveur qu'il lui accordait l'année der-\nnière.\nL'orchestre est au-dessus de tout éloge, et nous ne saurions trop féliciter\nM. Miranne des résultats qu'il en obtient.\nLa campagne qui vient de commencer paraît devoir être féconde en bonnes\nreprésentations ; car, ainsi que nous le disons plus haut, les artistes sont à la\nhauteur de leur tâche. Ce serait une raison pour que la direction voulût bien\nnous faire entendre quelques œuvres nouvelles. Cependant, sauf la Tosca, de\nPuccini, et le Jongleur de Notre-Dame, de Alassenet, nous n'espérons pas enten-\ndre d'autre œuvres que celles, très belles mais trop entendues, qui reviennent\ntoutes les années à pareille époque. Ainsi que l'écrivait ces jours-ci M. Claude\nRial dans le Petit Marseillais, nous demandons pourquoi M. Valcourt, qui\ns'efforce à nous faire apprendre par cœur tous les vieux opéras, ne nous don-\nnerait pas quelques œuvres nouvelles ?\nMais nous n'ignorons pas que la profession de directeur de théâtre est dif-\nficile et délicate, et nous n'insisterons pas pour avoir le mieux, alors que nous\navons le bien.\nLes concerts classiques ont effectué leur réouverture le 23 octobre.\nDès les premiers concerts, Ai. Michaud, l'estimé président de l'Association,\ncompose ses programmes avec un soin dont nous le félicitons. Citons,\nentre autres œuvres exécutées dans les trois premiers concerts : la Symphonie\nhéroïque, de Beethoven; Marche funèbre du Crépuscule des Dieux, de Wagner ;\nRoméo et Juliette (2e partie), Berlioz; Symphonie n° 41, en ut majeur, Mozart ;\nImpressions d'ltalie, G. Charpentier; Symphonie en si mineur, F. Schubert;\nPelléas et Mélisande, G Fauré.\nM. Michaud nous promet en outre le Faust de Liszt, et Antigone, de Men-\ndelssohn.\nCes œuvres, dont s'organisent les répétitions, sont encore inconnues à Mar-\nseille, et ce sera une bonne fortune pour nous que de les entendre ; car elles\nseront sûrement rendues dans d'excellentes conditions, eu égard au beau talent\nde M. Gabriel Marie, dont l'activité ne se dément pas un instant, au milieu\ndes fatigues de ces longues répétitions."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1904-12-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1904-12-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1904-12-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "583", "page_fin": "584", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.2.8.12", "titre_corps": "ROUEN.", "titre_sommaire": "ROUEN.", "signature_source": "GEO. MONTREUIL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "583", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.23", "debut_caractere": 3024, "fin_caractere_exclue": 3177, "texte": "ROUEN.\n\nLa période des débuts se poursuit activement au théâtre des Arts.\nSeuls les emplois de contralto et de ténor d'opéra sont encore sans titulaires."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "584", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2754, "texte": "Dans son ensemble, la troupe paraît très bonne, et il faut louer les directeurs,\nMM. Metot et Queval, d'avoir apporté un soin tout particulier à recruter les\nartistes devant tenir les seconds emplois.\nJe crois donc que nous pouvons compter sur une bonne saison lyrique, et\nles œuvres nouvelles qui nous sont promises, Gwendohne, la Reine\nFiammette et quatre ou cinq œuvres inédites me semblent devoir bénéficier\nd'une excellente interprétation.\nCréation d'une école de musique. Le conseil d'administration de la Musique\nmunicipale va créer dans notre ville une école de musique accessible aux deux\nsexes et établie sur les bases des écoles musicales de France. Elle aura pour\nbut de concourir à la diffusion des connaissances musicales, de fermer des mu-\nsiciens capables de faire partie des orchestres de la ville et de préparer leur\nadmission au Conservatoire national de Paris. Les ressources de la Musique\nmunicipale ne lui permettant pas de prendre entièrement à sa charge les dé-\npenses occasionnées par l'école, cette société se propose d'organiser plusieurs\nconcerts par an. Le premier de ces concerts aura lieu dans les premiers jours\nd'octobre et sera dirigé par M. Lenepveu.\nTout au début de leur tentative, je ne voudrais pas décourager les organisateurs\nde la future école de musique, et cependant je crains qu'ils n'entreprennent là\nune bien lourde tâche. Assurer le bon fonctionnement d'une école de musique\ngratuite et sérieusement établie nécessite des capitaux, et je ne pense pas que les\nfaibles ressources d'une société parviennent à y suffire. Aussi je crois, que, créée\nsur d'aussi faibles bases, cette école n'est pas susceptible de rendre de notables\nservices à l'art musical ni d'être d'une institution durable.\n— La Sourdine exécutera prochainement le Quatuor à cordes d'A. de Polignac.\nDu même auteur, signalons un Thème varié, aussi savant que brillant et cha-\nleureux, qui paraîtra bientôt, nous l'espérons.\n— Mlle Casamajor-Larrivette, O. A., directrice du cours Hsendel, reçoit dans\nsa villa des jeunes filles pensionnaires et élèves pour terminer leurs études\n(la musique tout spécialement), sous la direction des meilleurs professeurs\nde Paris (n, rue de Berlin).\nOUVRAGES REÇUS.\nALBÉRIC MAGNARD. Troisième Symphonie. Partition d'orchestre. Chez l'auteur,\nà Baron, par Nanteuil-sur-Haudouin (Oise).\nALBÉRIC MAGNARD. Hymne à la Justice. Partition d'orchestre. Même adresse.\nCLAUDE DEBUSSY. Tv Quatuor. Réduction pour piano à 4 mains, par A. Benfeld.\nParis, Durand et fils.\nCAMILLE SAINT-SAENS. Caprice andalous, pour violon et orchestre. Réduction\nde 1 oichestre au piano par 1 auteur. Paris, Durand et fils.\n\nGEO. MONTREUIL."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "561", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nNo 23 (quatrième année)\nler1er Décembre\n1904.\nR. M.\n43\n\nFrédéric SMETANA"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "562", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.2", "texte": "FRÉDÉRIC SMETANA\n\nLe relèvement national de la Bohême, pays qui était de tout temps 1 un des\nplus musiciens de l'Europe, ne pouvait se borner à la littérature et à la politique,\ncomme ce fut le cas jusqu'en 1860.\nIl devait avoir nécessairement aussi sa répercussion dans les arts. Les\nTchèques eurent leurs novateurs dans la peinture et dans la statuaire : Manès,\nLévy, Myslbeck, sont des maîtres qui portèrent l'originalité de 1 art tchèque loin\nau delà du petit centre où il était créé ; ils eurent aussi leur barde national qui\ndonna à la Bohême ressuscitée, désireuse de vivre et de penser par elle-même,\nl'œuvre attendue où se reflète l'âme de la nation tchèque dans ses joies comme\ndans sa douleur.\nCe poète était Frédéric Smetana (1), son œuvre : IJbusse, dans le genre hé-\nroïque, la Fiancée vendue, dans le genre comique, et Ma Patrie, dans celui de la\nmusique pure. Ce qui donne à l'œuvre de Smetana cette saveur originale que sont\nobligés de lui reconnaître ceux même qui l'avaient toujours âprement combattu,\nc'est la claire intelligence que le maître tchèque avait dès le début de sa période\nvraiment créatrice (1860), de sa haute mission qui n'était autre que de dramati-\nser la musique tchèque et de lui imprimer le caractère national.\nIl y parvint en s'assimilant, par sa puissance créatrice, la sève des chansons\npopulaires du pays et en revêtant ses ingénieuses inventions de formes artisti-\nques personnelles, à la hauteur de son époque. Cette double tendance ressort\ndéjà assez distinctement dans le premier opéra du maître, les Brandebourgs en\nBohême, écrit en 1863.\n\n(i) Fr. Smetana (1824-1884), né à Litomysle, montra dès sa 5e année des dispositions extraor-\ndinaires pour la musique.\nAgé de 6 ans, il interpréta publiquement, à l'occasion de la fête patronymique de l'empereur\nFrançois ler,Ier, un morceau pour piano.\nLe goût que l'enfant prit à la musique devint plus tard une vraie passion, contre laquelle\nl'autorité paternelle était impuissante\nAu lieu de chercher à faire sa carrière, selon le désir de son père, dans une profession bour-\ngeoise, il alla à Prague (1843b décidé à se vouer entièrement à son art préféré.\nIl se perfectionna comme pianiste à l'école de Proksch, étudia avec ferveur la composition,\nn'ayant point d'autres ressources que les maigres appointements de répétiteur dans la famille du\ncomte Léopool Thun.\nGrand admirateur de Liszt, il ne put résister au désir d'aller à Weimar (1848) pour se faire\nconsacrer virtuose par le célébré maestro hongrois.\nIl dirigea ensuite à Prague une école de musique et s'essaya dans la composition de pièces de\npiano : polkas, fantaisies, danses, auxquelles succédèrent plus tard quelques compositions pour\norchestre : Ouverture solennelle en ré majeur, une symphonie sur les mot fs de l'hymne autri-\nchien de Haydn, etc.\nAyant contracté, en 1856, un engagement en Suède, il passa 5 années à Goteborg à titre de\nchef de la société philharmonique de cette ville. Il écrivit alors, sous l'influence de Liszt, trois\npoèmes symphoniques : Richard 111, le Camp de Wallenstein et Hakon-Jarl, où il cherche encore\nsa voie.\nLa perte de sa jeune et aimée compagne fut la première grande douleur qu'endura Smetana.\nIl se remaria et revint, après une triomphale tournée en Suède et en Allemagne, à Prague (1861).\nPendant cinq années, il fut àla tête de toutes les grandes entreprises artistiques. En 1866,\naprès le succès de sa Fiancée vendue, nommé chef d'orchestre du théâtre tchèque, il garda ce\nposte jusqu'en 1874. Il enrichit la littérature musicale de plusieurs œuvres magistrales, et mou-\nrut le 12 mai 1884, vénéré et regretté de tous les Tchèques."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "563", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.3", "texte": "FRÉDÉRIC SMETANA\n\nL'esprit vif et robuste que respire chaque page, l'heureuse expression musicale\ndes émotions les plus profondes et les plus complexes, et l'ingénieuse application\ndes procédés de l'art moderne à des éléments nationaux se faisant valoir sur-\ntout dans les chœurs, sont les principales qualités de cette œuvre forte et origi-\nnale, qualités que le maître n'a fait que développer plus tard.\nAussi, dès la première représentation des Brandebourgs, qui souleva un véri *\ntable enthousiasme patriotique, l'opinion publique ne doutait plus de la pro-\nchaine naissance de 1 opéra tchèque.\nConstatons, en passant, que Smetana, obligé de tenir compte du goût du\npublic, habitué aux politesses, aux langoureuses douceurs et aux mièvreries de\nla musique italienne et française, ignorant encore la véhémence artistique de\nWagner, alors dominant en Allemagne, devait faire certains sacrifices déformé\ncontré ses intimes convictions, ce qui fait qu'il n'est pas ici si bien à son aise\nque dans Libusse et les ouvrages ultérieurs.\ndelà guerre austro-allemande (1866) vit passer sur la scène du\nthéâtre tchèque la Fiancée vendue, opéra comique appelé à devenir, à cause\nde l'esprit national qu'il reflète avec tant d'intensité, l'œuvre la plus populaire du\nmaître.\nLe progrès sur les Brandebourgs se manifeste ici dans l exquis rajeunissement,\nau point de vue du rythme et de l'harmonie, des formes existantes, par des in-\nventions neuves, pimpantes, inspirées des thèmes populaires. La note comique,\npiquante et point triviale, est exprimée à merveille par l'orchestre. Les divisions\nen numéros rappellent encore les traditions du répertoire ancien.\nLe sujet, pris dans la vie des villageois, est d'une simplicité évangélique; les\npersonnages sont des prototypes des paysans tchèques, peints avec un grand\nsens de la réalité.\nUn thème fondamental sur lequel est bâtie l'ouverture porte l'action à son\napogée :\nD'autres motifs viennent s'y joindre, repris et développés tantôt par l'orchestre,\ntantôt par le chant :\nMalgré le goût très fort de terroir qu'exhale cette œuvre et la difficulté de\nrendre certaines pointes qui perdent beaucoup de leur sel en traduction, la\nFiancée vendue fut acclamée partout où elle fut jouée : en Allemagne, en Russie,\nen Hongrie, etc. Elle eut au Théâtre-National de Prague plus de 400 représen-\ntations.\nLa grande popularité de la Fiancée vendue ne fut pas sans porter ombrage\n\nCHOEUR DE LA Fiancée vendue"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "564", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.4", "texte": "FRÉDÉRIC SMETANA\n\nà l'œuvre suivante de Smetana, Dalibor, opéra héroïque composé d'après les\nprocédés de l'école de Berlioz, Liszt, Wagner (1868).Quoique l'œuvre elle-même\nsoit très personnelle, nullement du Wagner, comme les nombreux antagonistes\nde Smetana s'efforçaient de le faire croire, Dalibor n'eut, du vivant du maître,\nque six représentations.\nLes motifs conducteurs peuvent être ramenés à un thème fondamental, que\nl'on entend déjà dans la courte introduction de cet opéra. C'est ce qui fait que\nDalibor est la composition lyrique la plus uue de Smetana.\nLe public, troublé dans ses habitudes, peu préparé au renouveau de la mu-\nsique savante, hésita d'abord, ne sachant quel parti prendre. Les détracteurs du\nmaître profitèrent de cette indécision, pour crier à la germanisation de l'art\ntchèque ; ce mot suffit pour que la pièce fût retirée du répertoire.\nLe maître, très touché de l'échec subi, ne se découragea pas.\nConvaincu d'avoir frappé juste, il laissa les réactionnaires brailler et se lança\ndroit vers son idéal, le drame lyrique.\nLibusse, écrit uniquement pour de grandes représentations de gala, jette\nl'éclat le plus intense sur l'œuvre de Smetana.\nAchevé en 1871, Libusse ne fut joué qu'en 1881, à l'occasion de l'inaugura-\ntion du Théâtre-National de Prague.\nDans une lettre adressée à M. Cech, chef d'orchestre du Théâtre-National,\nSmetana s'exprime ainsi sur son œuvre : Libusse n'est pas un opéra d'ancien\nstyle ; c'est un grand tableau dramatique, traduit en musique avec le respect\ndes principes que Wagner a posés au drame musical.\nSauf les chants et les danses des moissonneurs, on n'y trouve point de nu-\nméros détachés. La phrase musicale se dessine naturellement selon les règles\nde la déclamation qui détermine aussi le rythme et la mélodie. L'orchestre riche-\nment polyphonique fait ressortir les leitmotivs qui s'enchevêtrent symphonique-\nment dans des modulations sans repos. Le tout est pénétré de l'esprit et delà\npoésie purement tchèques.\nCe drame débute par un prélude où pointent tous les thèmes essentiels. Le\npremier motif, doux et souple, caractérise l'esprit de la princesse Libusse :\nLe second, celui de Premysl, peint un caractère mâle, foncièrement autoritaire.\nCes deux thèmes se pénètrent très souvent en belles figures harmoniques.\nLe ier acte (Jugement de Libusse) de cette œuvre, dans laquelle le génie de\nSmetana atteint son apogée, date de 1869."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "565", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.5", "texte": "FRÉDÉRIC SMETANA\n\nDeux années après, le maître termina le 2e acte (Epousailles de Libusse).\nEnfin, en 1871, alors que tous les Tchèques croyaient que l'empereur François-\nJoseph se ferait couronner roi de Bohême, il mit au point le 3e acte (Prédiction\nde Libusse), sorte d'apothéose de la renaissance bohème.\nAvec les trois opéras comiques qui suivirent à des intervalles de deux années\nl'achèvement du 3e acte de Libusse, les Deux Veuves [ 1874), le Baiser {1876), le\nSecret [ 1878), Smetana fournit une nouvelle preuve de la souplesse de son talent.\nLes Deux Veuves, ravissant tableau de la vie élégante (\"deux actes), se rappro-\nchent, par le style, de l'opéra comique français, genre Auber. Dans les chœurs et\nles danses on trouve quelques réminiscences de la Fiancée vendue.\nLa critique fait certaines réserves au sujet de la déclamation musicale, qui\nest un peu imprécise, surtout lorsqu'on la met en parallèle avec le Baiser, où la\nparole et le dessin de la phrase s'adaptent admirablement à la musique.\nLes combinaisons rythmiques et mélodiques donnèrent ici naissance à des\nformes musicales très curieuses. Comme dans la Fiancée vendue, le maître se\nretrempe aux sources populaires. On remarque cependant un grand progrès\ndans le style ; le Baiser est déjà un acheminement vers la comédie musicale :\nDans le Secret, œuvre de joie et de grâce, tout imprégnée de la poésie vil-\nlageoise, le maître s'attache particulièrement à élargir le pouvoir d'ex-\npression.\nLes figures sont solidement tracées, la déclamation est impeccable, la mu-\nsique pleine de verve et d'action :\nLe premier acte, très réussi au point de vue dramatique, produit l'impression\nnette de la vie villageoise avec le charme de sa poétique naïveté.\nLa dernière œuvre dramatique de Smetana {Le Château enchanté), cet ultime\nrayonnement de la muse du maître tchèque, fut reçue assez froidement par le\npublic, à cause du peu d'intérêt et du manque de clarté du livret ; voici l'un des\nthèmes :\n\nCHANT DE LA JEUNE FILLE BARÇA [Le Baiser)\n\nMOTIF DU TRÉSOR [Le Secret) MOTIF DE KALINA (Le Secret)\n\nMOTIF DU DÉMON [Le Mur du Diable)"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "566", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.6", "texte": "FRÉDÉRIC SMETANA\n\nPoussé par un impérieux désir de chercher des voies nouvelles pour 1 art,\nSmetana écrivit, de 1874 à 1879, un magnifique cycle de poèmes symphoniques\nintitulé Ma Patrie, et inspiré de la légende, de l'histoire et de la beauté natu-\nrelle de la Bohême. C'est une œuvre magistrale, très personnelle, remarquable\npar la précision descriptive qui s'y fait valoir.\nCes six grands poèmes, composés à la gloire du pays de Bohême, s appellent :\nVychehrad, brillante évocation des souvenirs du siège sacré des premiers prin-\nces de Bohême. (Notons que ce fut en écrivant cette superbe page que Smetana\nsentit les premières atteintes des troubles nerveux qui aboutirent chez lui à la\nsurdité complète, qui s'est déclarée en 1874.)\nVltava, une ravissante composition dépeignant, depuis, sa naissance jusqu à\nl'imposante largeur qu'elle atteint sous le Uradchine, la belle rivière de ce nom,\nsur les bords de laquelle est sise la Prague dorée, capitale de la Bohême. Le\npoème est émaillé de quelques intermèdes : hallalis, fanfares de noces de village,\nronde des nayades, etc.\nSârka est un tableau très vivant, où le poète dépeint une fameuse discorde\néclatée dans le pays et chantée par des bardes.\nBois et Campagnes de Bohême est une composition essentiellement polypho-\nnique, embaumée du charme pénétrant qu'exhalent les vallées de Bohême.\nTâbor, grande fantaisie polyphonique, bâtie sur les motifs du choral hussite :\n(( Vous qui êtes les combattants de Dieu», sert de point de départ à Blanik,\nhymne victorieux, magnifiant la renaissance de la nation tchèque.\nLa musique à programme compte certes peu de compositions orchestrales où\n1 étroite union de la poésie et de la musique soit accomplie de façon aussi heu-\nîeuse que dans cette vaste composition symphonique où le maître mit le meil-\nleur de lui-même.\nLe quatuor de Smetana, De ma Vie, ayant été plusieurs fois joué à Paris, il\nserait oiseux de trop insister sur la pureté de style, la richesse d'invention et\n1 unité parfaite de cette belle et touchante page, brillante de couleurs, qui est\nl'autobiographie du maître par trop éprouvé.\nParmi les compositions de piano, les Danses tchèques et les Rêves, pages\npleines de giace et de tendresse, prennent une place à part. La renommée de\nplusieuî s œuvres de Smetana finit par pénétrer au delà des frontières de leur\npa\\s d oiigine, ce sont, parmi les opéras : la Fiancée vendue, les Deux Veuves et\nDalibor ; parmi les compositions dorchestre, citons : Ma Patrie (au Troca-\n\nMOTIFS DE Vltava (la Moldau)"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "567", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.7", "texte": "FRÉDÉRIC SMETANA\n\ndéro), l'ouverture de la Fiancée vendue (interprétée par l'orchestre Lamoureux)\net De ma Vie, joué bien des fois par le quatuor tchèque.\nOn a de Smetana aussi une belle floraison de compositions vocales : le Chant\nde la Mer, Mon Etoile, le Coucher du Soleil, la Dot, le Chant du Soir, etc.\nDans l'ensemble de compositions que l'on peut considérer comme ses essais\njuvéniles dominent les Polkas, genre qu'il affectionnait beaucoup et qu'il éleva\nplus tard à la môme distinction de forme que l'on admire dans les valses de\nChopin.\nLes maîtres favoris de Smetana étaient Bach, Beethoven, Berlioz, Liszt, Cho-\npin et Wagner.\nFervent adepte de l'école néo-romantique, il concentrait tout son effort à ren-\ndre intimes au possible les rapports existants entre l'art et la vie. Le secret de\nson originalité consiste en ce qu'il se montre dans ses plus belles créations ar-\ntistiques supérieurement respectueux des lois régissant la langue nationale.\nC'est en saisissant les infinies combinaisons du rythme (trochées, dactyles,\netc.), de l'accent (à la première syllabe) et de la parole soigneusement déclamée,\net en pliant la mélodie aux nuances de la pensée, qu'il devint le fondateur de\nl'opéra tchèque, créateur en même temps d'une musique qui, pour être nationale,\nn'en est pas moins humaine, susceptible d'émouvoir toutes les âmes sensibles,\ntous les cœurs vibrants.\n\nHENRI HANTICH.\n\nŒuvres de F. Smetana.\n(Fr. A. Urbánek, Prague, éditeur.)\nMUSIQUE D'ORCHESTRE.\nMa Patrie. Poèmes symphoniques.\n1. Vysehrad Partition net. frcs. 10 »\n2. Vltava 14 »\nJoué à Paris aux concerts Colonne à l'Exposition 1900.\n3. Sdrka Partition net. frcs. 10 »\n4. Bois et Campagnes de Bohême 14 »\n5. Tâbor 12 »\n6. Blanik 16 »\n~ Réfléchis bien, Marion pour sextuor à cordes. Partitions et parties net frcs. 3 »\nPIANO A DEUX MAINS.\nOp. 1. Six morceaux caractéristiques net. frcs. 5 »\nOp. 2. Six feuillets dé Album 3 »\nDanses tchèques. I. Quatre polkas de concert (.Fa maj. La min.\nFa maj. Si \\> maj.) 5 »\n11. N° 1. Furiant.— La poulette 3 »\n2. L'avoine. L'ours 3 »\n3. L'oignon.— Le trèpigneur (dupâk) 3 »\n—4. Le Uhlan. A califourchon 3 »\n5. Valse lente. Sousedskà. —La sauteuse 3 »\nVysehrad. Transcript.facile par Stëtka 3 »\nVltava. -- 3 »\nDe ma vie. Quatuor à cordes. .. j Grandes Transcriptions 760\nVltava. Poème symphonique. . . de Concert par H. de 760\nVysehrad. Poème symphonique. . ; Kàan 6 >"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "568", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.8", "texte": "FRÉDÉRIC SMETANA\n\nBois et Campagnes de Bohême net- rcs-\nSàrka, Tâbor, Blanik 6 »\nGrande fantaisie sur les motifs de \"Ma Patrie Par Henri de\nKàan ~~ 7 20\nRéminiscences sur les mélodies de \"Ma Patrie Par Henri de\nKàan D\n— \" 2\nCOMPOSITIONS D'OPÉRAS.\nDalibor.\nPar J. Malât net. frcs. 4 »\nPar B. Stëtka ~ 5 »\nLe Baiser.\nPar J. Low ~ ~~ 2 40\nPar J. Low. Deux suites très faciles, chacune 1 »\nPar J. Malât • ~~ 3 »\nOuverture transcrite pour piano par l'auteur. 240\nMarche par J. Rabe 120\nLibuse.\nPar J. Malât 4 >}\nLa Fiancée vendue.\nPar J. Low. Deux suites très faciles, chacune - 1 »\nPar J. Low. Deux suites, chacune 3 »\nPar J. Malât 3 »\nPar B. Stëtka 6 »\nSextett. ParJ. Low 5o\nLe Secret.\nPar J. Malât -- 3 »\n\\\nMarche funèbre sur des motifs d'opëras de Smetana. Par A. Cech. 120\nFantaisie sur des motifs d'opéras de Smetana. Par K. Kovaroviç. 4 »\nBouquet de Mélodies d'opéras de Smetana. Par J. Malât ... 4 »\nQuadrille sur des motifs de la \" Fiancée vendue \". Par J. Ka-\nlensky 120\nPARTITIONS D'OPÉRAS.\nLe Baiser. Opéra comique en deux actes. Paroles tchèques et\nallemandes net. frcs. 16 »\nDalibor. Opéra en trois actes. Paroles tchèques 8 »\nLa Fiancée vendue. Opéra comique en trois actes. Paroles\ntchèques 8 »\nLe Secret. Opéra comique en trois actes. Paroles tchèques . . 8 »\nLes Brandebourgs en Bohême. Opéra en trois actes. Paroles\ntchèques 12 »\nLibuse. Grand opéra en trois actes. Paroles tchèques .... 8 »\nPIANO A QUATRE MAINS.\nMa Patrie. 1. Vysehrad net. frcs. 6 »\nArrangement facile 5 »\n2. Vltava 5 ,)\n3. Sàrka 6 »\n4. Bois et Campagnes de Bohême 6 »\n5. Tâbor _ 6 »\n6. Blanik 6 »"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "569", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.9", "texte": "FRÉDÉRIC SMETANA\n\nSÉLECTIONS.\nDalibor. Par Stëtka net. frcs. 4 »\nLe Baiser. Par J. Malât. Deux cahiers à — — 4 »\nLibusa. Par J. Malât — — 5 »\nLa Fiancée vendue. Par J. Low. Deux cahiers à — — 3 20\nLe Secret. Par J. Malât — — 6 »\nOuverture, par J. Knittl — — 4 »\nDEUX PIANOS A QUATRE MAINS.\nMa Patrie. 1. Vysehrad. Par H. Trnecek net. frcs. 5 »\n2. Vltava — — 8 »\nHARMONIUM.\nLe Baiser. Par J. Wahaus net. frcs. 3 »\nLa Fiancée vendue. Par J. Wahaus — — 3 »\nHARMONIUM ET PIANO.\nLe Baiser. Par J. Low net. frcs. 3 »\nLa Fiancée vendue. Par J. Low . . . — — 3 60\nLe Secret. Par J. Malât. Deux cahiers à , . — — 2 »\nDalibor. Par J. Malât. Deux cahiers à — — 2 »\nLibusa. Par J. Malât. Deux cahiers à — — 2 40\nDEUX VIOLONS.\nLe Baiser. Dalibor. La Fiancée vendue. Marche de Vopéra u Le\nBaiser \" net. frcs. 1 20\nMORCEAUX CHOISIS.\nVltava. Pour piano, deux violons, alto et violoncelle, arrangé\npar J. Merâk net. frcs. 10 »\nVltava. Pour violon et piano, arrangé par J. Merâk — — 6 »\n\nUne école de chant choral.\nM. Henry Marcel, directeur des Beaux-Arts, a accepté la présidence d'honneur\ndu comité de patronage de l'Ecole de chant choral, fondée sous les auspices de\nM. G. d'Estournelles de Constant, chef du bureau des théâttes.\nSix sections, ayant leur siège dans les 16e, 18e, 11e, 13e, 6e et 2e arrondisse-\nments, groupent les élèves de Paris et de la banlieue, qui se sont déjà fait inscrire\nau Trocadéro. Elles vont ouvrir successivement, à partir du 28 novembre, en\ncommençant par la section Hector Berlioz, palais du Trocadéro.\nLes cours gratuits de l'Ecole de chant choral, section Hector Berlioz, palais du\nTrocadéro, sont ainsi organisés :\nDe Bh. 1/2 àlO h. 1/2 du soir, lundi, solfège supérieur femmes, Mmc Gilly ;\nmardi, solfège élémentaire femmes, Mme Berthier ; mercredi, solfège supérieur\nhommes, Mme Cattier-Demanet ; jeudi, chant femmes, Mlle M. R. Buhl, de\nTOpéra-Comique ; vendredi, solfège élémentaire hommes, Mlle G. Guéreau :\nsamedi, chant hommes, M. Emm. Lafarge, de l'Opéra. De 3 h. à 4 h. jeudi,\nsolfège enfants, Mme Morel ;de4 h. à 6 h. chant, Mlle Roberty.\nLes inscriptions sont reçues au siège de la section tous les soirs, et le dimanche\nmatin."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "570", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.10", "texte": "DE LA COMPRÉHENSION MUSICALE\n\nDe la compréhension musicale.\n\nPlusieurs articles, parus dans cette Revue, ont initié nos lecteurs aux théories de H. Riemann\nsur l'harmonie, aux recherches du Dr Guillemin sur la gamme, enfin aux principes excellents dont\ns'inspire Mme M. Jaëll ;de mon côté, je vais bientôt publier un trop gros livre où j'essaye de sous-\ntraire la musique au joug pesant des nombres. Les quelques réflexions qui vont suivre affirment\nle même idéal d'émancipation; nul, plus que moi, n'est heureux de voir nos laboiieux raisonne-\nments justifiés et devancés par les intuitions d'une âme artiste. L. L.\nBeaucoup de gens (hélas! combien trop!) ont un piano; d innombrables\npersonnes se vouent à l'étude d'un instrument, mais combien n'y en a-t-il pas qui,\ndevenus acrobates sur la dent d'éléphant ou le boyau de chat, nous choquent\npar leur ignorance ou leur science trop sommaire : quelques préceptes appliqués\nindifféremment partout et n'importe où ! Que de fois nous souffrons en entendant\ndes rythmes beethoveniens refoulés entre deux barres de mesure, au lieu de\nplaner au large, les effets de dynamique mal ménagés avec une ignorance ou\nplutôt une incurie complète de la structure à ce point de vue, l'arbitraire inter-\nprétation des signes accompagnant la note (staccati, etc.; ! Combien, en jouant\nune fugue, ignorent qu'il y a un contre-sujet, ou bien s'écrient, en entendant un\ncanon ou une simple imitation : « Ah! voilà une fugue! )) De même les laïques\nde l'art, c'est-à-dire ceux qui veulent écouter, comprendre rien de plus et,\npar amour de la musique, la pénétrer plus sérieusement, sont rebutés par les\nsécheresses inutiles de l'harmonie. Au lieu d'énumérer, par exemple, les demi-\ntons que peut contenir un accord, ne vaudrait-il pas mieux leur montrer le rôle\nsi important et si personnel de cet accord dans la tonalité, si difféient suivant\nqu'il est médiante ou sous-dominante, dominante ou placé sur le 6e degré?\nL'empirisme des amateurs énergumènes se résume en une règle : « la note ».\nDans l'amoncellement des traits, des difficultés, sombrent à la fois ligne,\narchitecture, pensée, et la fleur du sentiment. Quelqu'un a dit d'un peintre :'« Il\ny a tout, et on ne voit rien ». C'est une parole d'une profonde justesse, et que l'on\npourrait appliquer à ceux qui travaillent la musique avec les doigts, au lieu de la\ntravailler avec le cerveau.\nLa (( note » est bien une des choses les moins stables : on l'a changée si sou-\nvent ! Le système tempéré est relativement moderne, et il n'en est pas plus\nsatisfaisant. Le bruit est à peine séparé de la musique, et celle-ci est bien près\ndu bruit. Avec une oreille quelque peu pervertie ou très exercée, le bruit des rues\npourrait nous paraître de la musique. Il y a dans ce bruit beaucoup de vibrations\négales qui sont des notes, et dans l'orchestre des instruments sans note qui font\ndu bruit. Que dirons-nous aussi des frottements des archets, du souffle dans les\ninstruments à vent et dans la voix humaine, de la percussion dans la batterie,\nqui forment la moitié du son de l'orchestre? Le seul instrument parfait est peut-\nêtre la castagnette, car le son ne s'y distingue point de son mode de production.\nIl n'y a pas de notes pures, telles qu'on les entend, avec un si grand désir de les\nretenir, dans l'imagination. Même le son échappé des harmoniques d'une harpe\nou un autre son, le plus doux et immatériel qu'on puisse produire, n'est pas\nlimpide, car on en sent ou on entend encore plus la vibration que le son.\nLa musique devrait être un art ésotérique. C'est en effet, entre tous les arts,\ncelui qui n'a pas de bases pratiques ou logiques ; il est, peut-être à cause de cela,\nle plus élevé et le moins à notre portée, celui que nous n'avons fait qu'entrevoir"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "571", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.11", "texte": "CE QU'ON SAIT EN ALLEMAGNE DE LA MUSIQUE FRANÇAISE\n\nou pressentir. C est celui qui a passé par le plus de transformations, par une série\nde tâtonnements. Il n'est pas fondé sur des lois scientifiques ' on a fait des\ncompromis, on a pris des moyennes de commas, vulgarisations ad usum auris.\nQuel faible point d'appui aussi que les harmoniques, dont plusieurs complète-\nment faux (selon notre système) et sortant delà gamme tempérée! De même, les\nsons résultants supérieurs, découverts par Helmholtz (dont la hauteur est mesurée\npar la somme des nombres de vibrations des composants), se trouvent souvent\nentre deux demi-tons. Notre oreille est un instrument peu délicat. Un tel accor-\ndera la quinte de son violon un peu aiguë, un autre plus grave, tout cela imper-\nceptiblement, et cependant les deux quintes seront justes, même si elles n'ont pas\nle nombre exact de vibrations dans la proportion de 2 à 3.\nDe plus, l'oreille s'habitue à tout. N'aurait-on pu créer une gamme d'après un\nsystème rationnel de division des vibrations et fonder là-dessus une théorie\narithmétique de l'harmonie? Cette dernière science se faisant a posteriori est des\nplus élastiques.\nDans le dessin nous avons la géométrie; dans l'architecture, les lois de la\npesanteur; dans la musique, nous n'avons même pas des lois euphoniques.\nL'organum et le déchant nous paraissent faux maintenant. Le hasard a fait\nnaître des lois. Nous avons créé une petite série d'intervalles aboutissant à\nl'octave. Quanta moi, l'octave ne m'a jamais paru être nécessairement la répé-\ntition de la même note, mais bien un intervalle aussi différent et défini que\nn'importe quel autre. Mais ne parlons pas ici de sensations personnelles.\nLes maîtres ont précédé les lois que les théoriciens ont extraites de leurs\nœuvres.\nIl faut donc, puisque la musique est un trésor dont nous avons eu tant de\npeine à nous emparer, protéger ses délicatesses, ses subtilités, qui sont ce\nqu'elle a de plus vrai avec son grand pilier, son axe : le rythme et sa puissance\ninfinie..\nEt pour cela il faut ouvrir toutes grandes aux jeunes amateurs qui pâlissent\nsur leur travail mécanique les fenêtres sur la vraie et intime compréhension\nmusicale ; et les fantômes des dièses et bémols, tons et demi-tons, s'évanouiront\npour faire place à l'enchantement surpris devant ce qui est au-dessus des no-\nmenclatures et des écoles.\n\nARMANDE DE POLIGNAC.\n\nCe qu'on sait en Allemagne de la musique française.\n\nOn pouvait lire, dans le n° du 24 février 1904 de la Neue Zeitschrift fur Musik,\nun curieux article du Dr Niemann, intitulé : Les genres secondaires dans la jeune\nécolefrançaise ( Neue jungfranzosische Kleinkunst). Une collection de morceaux\nde piano et de romances était tombée sous les yeux de l'auteur, et il y avait\ndécouvert, à défaut de ces qualités d'émotion profonde qu'on ne rencontre qu'en\nAllemagne, du moins beaucoup de charme, d'esprit, et une grâce ravissante,\nenfin tout ce qui constitue le modeste idéal artistique d'un peuple latin. Lack et\nThomé, Rhené Bâton, Vanzande, V. d'lndy, H. Duparc, E. Chausson, C. Erlan-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "572", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.12", "texte": "CE QU ON SAIT EN ALLEMAGNE DE LA MUSIQUE IRANÇAISE\n\nger, L. de Flagny, étaient cités à tour de rôle, et M. E. Lacroix était mis au pre-\nmier rang de cette brillante pléiade; en revanche, on n'y rencontrait pas 1 auteur\ndes Ariettes et des Pièces pour piano que le même journal, dans un n° piécé-\ndent, avait anobli en le nommant Glou de Debussy. Tel quel,l aiticle était intéres-\nsant : écrit par un critique bienveillant et relativement éclairé, il nous montrai1\nsous quel jour singulier apparaît la musique française, lorsqu on 1 étudie depuis\nl'Allemagne, et combien peu de nos gloires véritables ont passé la frontière,\ncette frontière-là tout au moins. Il est probable d'ailleurs que nous commettons\ndes bévues toutes pareilles, quand nous parlons de la musique allemande con-\ntemporaine ; et la preuve, c'est que nous ignorons encore un symphoniste comme\nBruckner, un auteur de lieder comme H. Wolf, et que Brahms nous a été révélé\njuste au moment où son étoile pâlissait en son propre pays. Il faut donc s abste-\nnir de toute ironie lorsqu'on voit un Allemand chercher à s'instruire de notre\nmusique et à la comprendre.\nMais il y a mieux. La Strassburger Post publie, dans son n() du 20 août i9°4? un\narticle intitulé la Musique allemande à Paris, qui n'est qu'un long dénigrement\nde notre musique. Après avoir commencé par cet aphorisme bien frappé, que\nl'ltalien est chanteur, le Français virtuose et l'Allemand musicien, l'auteur\nrevendique pour la seule Allemagne le privilèged'exprimer des idées en musique,\net le monopole de la rêverie, que la langue désigne par le mot (( intraduisible »\nde Wahn. Quant à la France, elle n'a jamais eu, n'aura jamais de musique\nnationale. Jugez-en plutôt. Aux xve et xvie siècles, que trouvons- nous? Peut-être\nGoudimel, récemment découvert (1) par M. Bellaigue (Revue des Deux-Mondes,\n15 juin 1904). Quant à Claudin, Jannequin, Lejeune, Costeley, et à tous les\nmaîtres exhumés par un certain M. Expert (2), nous n'en parlons pas, par igno-\nrance sans doute. Au xvne siècle, rien : Dumont et Charpentier sont passés sous\nsilence, peut-être pour la même raison. Au xvme siècle, rien : Couperin et\nLeclair ne sont pasnommés,et Rameau est cité incidemment, à titre de transition\nentre l'ltalien Lulli et l'Allemand Gluck. Nous arrivons ainsi sans encombre\njusqu'à l'opéra de Rossini et Meyerbeer ; un regret, en passant, pour l'influence\ncorruptrice que Paris a exercée sur ce noble génie, et passons à Berlioz. Ici plus\nde doute possible ; nous avons son aveu : « Je suis, a-t-il dit un jour, un mu-\nsicien aux trois quarts allemand. )) La France le revendique donc en vain; et\nd'ailleurs, si ce texte ne suffît pas, voici un argument : sans Beethoven, Berlioz\naurait-il existé ?\nQuant aux trente dernières années, l'influence de Wagner est énorme, souve-\nraine, indiscutée, sauf dans certains cercles (( soi-disant élégants î) auxquels\nM. Camille Mauclair donne le ton. Lapreuve? Depuis 3oans il a paru en France\ndeux fois plus de livres sur la musique que durant toute la période qui va de\nLulli à Berlioz.\nParmi les compositeurs modernes, Saint-Saëns est le plus « musical )) ;\naussi ressemble-t-il beaucoup aux Allemands, surtout à Haendel. V. d'lndy est\nun wagnérien fervent, comme aussi Chausson, élève « du Belge C. Franck»\ndont le nom n'est cité qu'entre parenthèses. Que signifie cela ? Tout simplement\nqu'on veut nous retirer C. Franck comme on a fait, avec tant de succès, pour\n\n(1) Du moins une note de l'auteur nous invite à le croire.\n(2) Voir, sur ce sujet, les articles parus dans la première année de cette Revue."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "573", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.13", "texte": "CONCERTS\n\nBerlioz. On n'ose le qualifier d'Allemand, on s'en tire en le traitant de\nBelge, comme si la Belgique, n'en déplaise à nos voisins d'outre-Rhin,\nn'était pas la vraie France du Nord. Et surtout on se garde d'insister,\non laisse croire au bon lecteur que ce Belge peu connu fut un obscur\nprofesseur de composition. Debussy a été wagnérien autrefois; il n'a fait que\nbaisser depuis qu'il aVessé de l'être, et qu'il cherche du nouveau (etwas noch nie\ndagewesenes) ; ces derniers mots accompagnés d'un spirituel point d'exclamation,\npoignard destiné à blesser au vif l'auteur de Pelléas. Chacun ne sait-il pas\nd'ailleurs qu'il s'est borné à raffiner un peu sur Schumann et Moszkowsky ?\nCe serait à mon tour de multiplier ici les points d'exclamation et les sic gros\nd'ironie, si je pratiquais l'esprit typographique.\nEn somme, on voit le procédé. La France se glorifie de quelques grands\nnoms. Nous en faisons trois parts : les premiers, nous les ignorons purement et\nsimplement, comme c'est le droit de tout ignorant ; nous passons sous silence\nun certain nombre d'autres gêneurs ; et quant à ceux dont on ne peut se débar-\nrasser, nous les baptiserons Allemands ; en effet, n'avons-nous pas posé ce prin-\ncipe que la musique est, par essence, allemande ? Donc qui dit musicien dit, du\nmême coup, Allemand. Ce qu'il fallait démontrer.\nCet article est daté de Paris ; la haine et le mépris y percent à chaque ligne ;\nil est donc fort bien à sa place dans le grand journal gallophobe, allié, si je ne\nme trompe, de la Gazette de Cologne. La signature me réservait une dernière\nsurprise ; car j'y lisais un nom assez connu du public parisien, et même des\nlecteurs de cette Revue, un nom dont l'apparence au moins est française : celui\nde M. Eugène de Solenière. Je ne doute pas que le disert conférencier ne\nproteste contre l'abus indigne qu'on a fait de sa marque. Que deviendrons-nous,\nsi l'on imprime à l'étranger des articles que nous n'avons pas écrits, que nous\nsommes incapables d'écrire ?\n\nCONSTANT ZAKONE.\n\nConcerts.\n\nCONCOURS MUSICAL DE LA VILLE DE\nPARIS\n\nLe sang de la Sirène, drame sym-\nphonique de Ch. Tournemire, poème de\nBrennure. —L'œuvre couronnée au der-\nnier concours, que nous avons entendue\nau théâtre de la Gaieté le 17 novembre,\nest tirée d'un roman de M. Le Braz. La\nlégende parle d'une sirène qui, dans les\ntemps anciens, abandonna ses sœurs pour\ndevenir la femme d'un pêcheur d'Oues-\nsant, un Morvarc'h. Et depuis, toutes les\nfilles de la race des Morvarc'h ont l'étrange\net captivante beauté de leur lointaine aïeule ; toutes aussi portent malheur à"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "574", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.14", "texte": "CONCERTS\n\nceux qui les aiment : tôt ou tard ils périssent en mer, et jamais on ne retrouve\nleurs cadavres.\nC'est ainsi que va disparaître Jean Morvarc'h, mari de la Fleur d'Ouessant,\nMarie-Ange : chant des femmes des marins, chants des sirènes, dialogues\nanxieux, chants de mort, on voit que ce simple récit offrait une suffisante\nmatière musicale.\nPourquoi y avoir ajouté un (( poète », originaire de 1' (( Armor trégorrois »,\ntémoin superflu et dépourvu d'intérêt ? C'est ce que je ne devine pas très bien.\nPourquoi surtout avoir écrit une musique correcte certainement et soignée, mais\ndénuée à tel point de vie et de couleur ? Est-ce pour nous peindre la Bretagne\nbrumeuse, rêveuse, voilée, mélancolique, et douce à pleurer, que les descriptions\nde Pêcheur d'lslande ont révélée à tant de FVançais ? Mais il s'agit là d'un tout\npetit coin de Bretagne, le pays de Goelo ; les parages d'Ouessant n'ont pas ces\nteintes grises, ni ceux de Camaret, ni le pays de Penmarc'h, ni le Morbihan :ce\nsont de beaux et solides pays de hautes roches, où la race est saine et va joyeuse-\nment se risquer sur la plus redoutable mer de 1 Europe ;et cette mer elle-\nmême sait sourire, et mirer ses falaises en des flots d'un bleu presque méditer-\nranéen. Il serait temps que I on renonce à ces effets de tristesse et de mono-\ntonie, qui deviennent en effet monotones ; des peintres, comme Cottetou Wéry,\nl'ont compris il y a quelques années; nous attendons les musiciens. D'ailleurs,\nil se peut que je me trompe, et que M. Tournemire ait écrit dans ce style en\nvertu d une disposition personnelle, et non d'une intention spéciale Alors ce\nserait plus grave. L'orchestre, sous la direction de M. Marty, a été excellent, et\nl'on a beaucoup admiré la belle voix de contralto de iMme Marty. Mlle Vix a une\nbonne diction, mais sa voix nous a paru un peu fatiguée ce jour-là. M. Dubois,\navec un organe agréable, manque de sûreté.\n\nCONCERTS CHEVILLARD.\n\nL. L.\n\n13 novembre. Entre une symphonie de Beetho-\nven (n° 7) et une symphonie de Berlioz (scène d'amour de Roméo et Juliette), le\nCaprice andalouspour violon et orchestre de M. Saint-Saëns a paru un peu\nmince : des airs populaires ingénieusement arrangés, où alternent la gaieté et le\nsentiment, mais sans vulgarité ni emphase. M. Saint-Saëns excelle dans ces\npetites compositions faciles, peut-être trop faciles, où, sur le point de verser dans\nle trivial, il s'en sauve par ce je ne sais quoi de distingué qui lui est naturel ;on\na la sensation d'un écueil habilement évité. M. Johannès Wolff a joué sa partie\navec une aisance et une finesse extraordinaires.\nEtou 1 dissante, 1 inteipiétation de 1 ouverture des Noces de Figpciro. C est un\nsouffle qui passe dans 1 air, des gammes de rêve ; tout est vapeur, frisson, mys-\ntèie , légèreté d ailes, allute vertigineuse. Mais je doute que ce soit bien là le\nstyle de Mozart. Est-ce un opéra comique, est ce la comédie si intellectuelle de\nBeaumarchais que nous allons entendre ?11 m'a semblé que j'étais transporté\nclans le Songe d une nuit d été. Mais à quoi bon ces chicanes ? c était pure-\nment exquis. La Symphonie en la a été exécutée en perfection. Quelle belle oppo-\nsition entre la tendresse de 1 allegretto et la lourde gaieté qui éclate dans le\nfinale 1 Mais M. Chevillard asu conserver à l'œuvre son unité: pas d'affecta-\ntion, pas de brutalité : toujours de la souplesse et des nuances. Dans Roméo et\nJuliette il a bien mis en relief le dialogue sensuel des violons et des violoncelles,\noù nous sentons palpiter deux corps et deux âmes. Grand succès et bis pour le"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "575", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.15", "texte": "CONCERTS\n\nConcerto en ré mineur de Haendel (2 violons, violoncelle et instruments à cordes).\nPour finir, les Préludes, de Liszt, dont le romantisme est décidément bien infé-\nrieur à celui de Berlioz.\n\nA. L.\n\n20 novembre.\nJ. TRILLAT.\nLa Faust-Symphonie de Liszt est une esquisse de drame trai-\ntée dans la forme symphonique, triomphe de musique pure. Trois tableaux\ndéfilent devant nous, qui réalisent trois caractères et trois moments scéniques ;\nmais cette musique si pittoresque défie cependant toute représentation, toute\névocation matérielle. Elle est une vision, et elle ne sort pas de l'âme. Elle est\naction et mouvement, et elle ne dessine aucune scène ou forme sensible. Elle\nréussit, par un tour de force prodigieux, àne saisir et ramasser, dans une nota-\ntion pleine de fantaisie et de saveur, que le sens profond et la poésie intime\ndu drame de Goethe. Liszt se révèle ainsi créateur d'idées et metteur en œuvre\nadmirable, et, dans la deuxième partie, capable d'une tendresse fine et envelop-\npante, qu'il a bien économisée dans ses œuvres. Il a trouvé la formule wagné-\nrienne, sobre, vigoureuse et grave, ramassant une pensée puissante dans une\nphase courte. —M. I. Philipp, sans rechercher, comme d'autres, de grêles\nsonorités de clavecin, a joué avec une netteté et une ampleur très expressives\nle cinquième concerto de Bach. Il est de ce petit nombre de virtuoses chez qui\nune haute intelligence musicale crée à chaque instant l'artiste.\nQuant aux deux Nocturnes de Debussy (Nuages, Fêtes) que M. Chevil-\nlard nous a rendus, ce sont toujours deux chefs-d'œuvre d'émotion idéale et\nde pure musique.\n\nCONCERTS COLONNE. /Y novembre. La Symphonie héroïque a été fort bien\nrendue, notamment le finale, où l'on a pu toujours reconnaître et suivre le\nthème sous les mélodies qui l'enveloppent. Les Scènes Gothiques de M. Périlhou\nsont d'assez agréables variations sur quelques airs d'église (Adoro te, O filii, De\nprofundis, Venite adoremus) ; ce qui fait défaut, c'est la couleur, et la couleur\n(( gothique » en particulier. Malgré les assurances du programme, cette musique\nn'évoque en rien (( le moyen âge vu par un poète et un rêveur à travers les\nvitraux dorés d'une vieille cathédrale » ; l'image qu'elle fait flotter devant mes\nyeux est celle d'un organiste assis à son banc, et s'ingéniant à répondre aux\nchants de la maîtrise. Le Manfred de Schumann, toujours admirable, terminait\nle concert.\n\nSCHOLA CANTORUM.\n\n—75 novembre. Mlle Selva et M. Bret ont heureusement\nchoisi le moment où toutes les pensées sont tournées vers César Franck pour\nnous faire entendre les deux grandes pièces de piano et les trois chorals d'orgue.\nCe fut une belle soirée, où l'âme du maître fut évoquée avec toutes ses qualités\nde noblesse, de vigueur et de mystique douceur. En entendant Mlle Selva, on ne\npense ni à sa merveilleuse virtuosité ni au piano qui semble manquer de souffle\npour exprimer des accents si chaleureux, et rien ne distrait de la musique qui\nrègne seule et sans partage. Mlle Selva n'étonne pas : elle émeut profondément :\nelle est plus qu'une parfaite pianiste, elle est une grande artiste. 11 faut que je\nme souvienne de mon vilain rôle de critique pour oser dire que le premier morceau\nde Prélude, aria et final, m'a semblé être joué un peu trop vite.\nM. Bret s'est mis au rang des meilleurs virtuoses de l'orgue en interprétant\navec une correction impeccable les trois chorals d'orgue :la registration fut"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "576", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.16", "texte": "RECETTES DES THÉÂTRES\n\nexcellente (j'aurais aimé cependant Cju au début du choral en si, la pédale qui\nexpose le thème fût plus timbrée, moins grosse et plus distincte de la tenue du\nmanuale), et les énormes difficultés techniques de ces œuvres grandioses ont\ntoutes disparu devant le talent du jeune interprète. On aurait pu désirer par place\nun peu plus de lyrisme, plus de mouvement ; mais il fut bon, dans l'ensemble,\nd'entendre jouer avec sobriété ces pièces qui sont quelquefois défigurées par\ndes organistes trop nerveux qui oublient que Franck eut la pensee fotte et ne\nfut pas un malade.\n\nGEORGES LOTH.\n\nLe violoncelliste Raymond Marthe vient de consacrer une soirée musicale\naux œuvres de Théodore Dubois. Parmi les morceaux les plus applaudis, le Trio\nen ut mineur, la Sonate de piano et violon, le Nocturne pour piano et violoncelle,\nles mélodies que Mme L. Génicoud a chantées d'une voix superbe et que l'éminent\ndirecteur du Conservatoire accompagnait lui-même au piano. Les autres inter-\nprètes étaient : M. Alfred Brun, professeur de violon au Conservatoire, dont.on\nconnaît le jeu classique et le style excellent, le jeune et brillant pianiste Edouard\nBernard, un amateur, M. A. C., qui nous touche de trop près pour en parler\nici, et enfin le musicien et professeur accompli qu'est M. Raymond Marthe. En\nsomme, belle soirée, où la musique a été honorée et fêtée dans les œuvres d'un\nmaître qui honore l'art français et qui exerce, par son enseignement et son\nexemple, une salutaire influence.\nNous rendrons compte dans notre prochain numéro du beau concert de\nmusique ancienne avec instruments anciens, organisé à Versailles par M. de\nBricqueville, le 24 novembre.\n\nRecettes des Théâtres\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 octobre au 19 novembre 1904.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2 I\nOctobre\nLe Fils de VEtoile.\nG. Erlanger.\nVerdi. Léo Delibes.\n16.012 84\n2 2\n—\nRigoletto. — Coppelia.\n13.5 3 5 »\n24\n—\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\nIQ.O53 41\n26\n—\nLe Trouvere.\nVerdi.\n16.829 92\n28\n—\nDon Juan.\nMozart.\n19.016 34\n29\n—\nLe Fils de l'Etoile.\nG. Erlanger.\n11.044 »\n31\n—\nSalammbô.\nReyer.\n17.418 41\n2\nNov.\nDon Juan.\nMozart.\n13.802 92\n4\n—\nLa Valkyrie\nR. Wagner.\n20.575 34\n5\n—\nLe Trouvère.\nVerdi.\nI3.O3I »\n7\n—\nRigoletto. — Paillasse.\nVerdi. Leoncavallo.\n16.091 91\n9\n—\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\n16.210 92\ni 1\n—\nSalam mbô.\nReyer.\n16.405 34\n12\n—\nDon Juan.\nMozart.\n1 1.915 5o\nr4\n—\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\n1 5.71 5 41\n16\n—\nLe Fils de l'Etoile.\nG. Erlanger.\n14.106 42\n18\n—\nDon Juan.\nMozart.\n14.646 34\nl9\nSalammbô.\nReyer.\n11.906 »"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "577", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.17", "texte": "INFO RM AT lONS\nR. M.\n44\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 octobre au 19 novembre 1904.\n\nActes officiels et Informations.\n\nCOURS D'HISTOIRE DE LA MUSIQUE. Par un arrêté du 7 novembre, après avis\ndu conseil d'État, M. le Ministre de l'lnstruction publique a accepté une donation\nde M. Louis Mors, ingénieur, en vue d'instituer un cours d'histoire de l'art\nmusical. Par un arrêté du même jour, M. le Ministre a décidé que ce cours\naurait lieu au Collège de France et serait fait par M. Combarieu, docteur ès\nlettres, Directeur de la Revue Musicale.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nOctobre\nLakmé.\nL. Delibes.\n8.270 »\n21\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.456 »\n22\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n8.017 5o\n2D\n— matinée\nAlceste.\nGluck.\n/\n6.Q5Q 5O\n23\n— soirée\nCavalleria Rusticana.—Lakmé.\nMascagni. L.Delibes.\n7.034 5o\n24\n—\nLe Domino noir.\nAuber.\n4.i63 5o\n25\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n7.373 5o\n26\n—\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n4.514 5o\n27\n—\nCarmen.\nBizet.\n7.678 5o\n28\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.611 »\n29\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n9 240 »\n3o\n— matinée\nLes Noces de Jeannette. —\nLakmé.\nV. Massé. L. Delibes.\n7.100 5o\n3o\n— soirée\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.341 5o\n31\n—\nLe Roi d Ys.\nLalo.\n4.576 »\nier NOV.\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.397 5o\n2\n—\nManon.\nMassenet.\n6.6o3 5o\n3\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.852 65\n4\n—\nLa Reine Fiammette.\nL. Delibes.\n4.859 5o\n5\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.748 25\n6\n— matinée\nCarmen.\nBizet.\n7.087 5o\n6\n— soirée\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n6.835 5o\n7\n—\nMireille.\nGounod.\n4.564 5o\n8\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.716 »\n9\n—\nManon.\nMassenet.\n6.321 »\n10\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.6I5 »\n11\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.o33 5o\n12\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.737 40\ni3\n— matinée\nLouise.\nG. Charpentier.\n5.586 5o\n13\n— soirée\nLa Vie de Bohême. — Cavalle-\nria Rusticana.\nPuccini. Massenet.\n6.8lO )>\n14\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.564 5o\n1 5\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.044 5o\n16\n—\nManon.\nMassenet.\n7.708 »\n17\n—\nDon Juan.\nMozart.\n9.451 »\n18\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nCavalleria Rusticana.\nMassenet. Mascagni.\n8.698 »\n<9\n——■\nAlceste.\nGluck.\n9.611 3o"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "578", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.18", "texte": "INFORMATIONS\n\nCONSERVATOIRE. Par arrêté ministériel du 25 octobre dernier, M. Wagner\n(Charles-Eugène), lauréat du Conservatoire national, est nommé, pour une\npériode de trois années scolaires, répétiteur pour l'étude des rôles dans les\nclasses d'opéra comique, en remplacement de M. Estyle, démissionnaire.\nPar décret du 30 octobre 1904, le Ministre de l'lnstruction publique et des\nBeaux-Arts est autorisé à accepter, pour la bibliothèque et le musée du Conser-\nvatoire national, les objets ci-après, légués à cet établissement par Mme veuve\nTastet :\ni° Œuvres manuscrites de Félicien David :\nLa Captive, opéra en 3 actes avec ouverture, poème de Michel Carré père ; Le\nJugement dernier ; Quatuor en la ; Quatuor en ré ; Quatuor en mi ; un opéra en\nun acte avec introduction intitulé : le Bon Fermier de Franconville, poème de\nCharles Joliet ;\n20 Le buste en plâtre de Félicien David par Dautan et le tableau de ses déco-\nrations et médailles.\nM. Laloy, Rédacteur en chef de la Revue Musicale, soutiendra le 6 dé-\ncembre, en Sorbonne, une thèse de doctorat sur ce sujet : Aristoxène de Tarenle\net la Musique de /'Antiquité.\n\nANGERS.\n\nLe concert extraordinaire du 29 octobre a brillamment inauguré\nici la saison musicale. Le public angevin a été heureux de retrouver >— à quelques\nchangements près son orchestre de l'hiver dernier, et il salua une fois de plus\nM. Brahy, qui le dirige avec une science et une autorité incontestables.\nIl a eu la joie plus rare d'applaudir, à la fois comme virtuose et comme chef\nd'orchestre, le maître Eugène Ysaye, et si la prestance, la chevelure et le profil\nquasi néronien du célèbre violoniste lui ont valu un succès de curiosité, recon-\nnaissons bien volontiers que son merveilleux coup d'archet et son beau style\ndans le Concerto en mi de Bach et le Concerto en ré majeur de Beethoven ont\nprovoqué un légitime enthousiasme.\nOutre ces deux concertos, l'orchestre a donné, sous la direction de M. Brahy,\nune Suite en ré majeur de Bach et Y Ouverture de Léonore. Ainsi, l'exécution\nmise à part, et exception faite pour une orchestration d'Airs wallons, par\nM. Théo. Ysaye, c'est encore à Bach et à Beethoven que sont revenus les\nhonneurs de cette première journée.\nLe premier des concerts réguliers a eu lieu le dimanche suivant, 5 novembre,\navec le concours de M. Paul Daraux, dont la belle voix de baryton a su mettre\nen valeur l'air de Demetrio dans Bérénice et l'air de Xercès. Cette musique de\nHaendel, qui pour une bonne partie de l'auditoire a paru une révélation, est\néminemment dramatique par la souplesse avec laquelle elle suit et renforce le\nsens des mots.\nJe n'en dirai pas autant des mélodies qu'a chantées le même M. Daraux sur\nun sonnet de Baudelaire. Recueillement, et un autre de Bouilhet, Moisson pro-\nchaine. Il est hors de doute que leurs auteurs, MM. Doret et Kœchlin, ont\ncompris leur texte. Il est plus certain encore que ces alexandrins sont terribles\nà chanter, et que le mieux pourrait être de ne s'y risquer point.\nIl y avait au programme de ce concert la toujours neuve Symphonie Pastorale\nde Beetho\\ tn, le Romeo et Juliette de bchaflcovsky, pas si shakspearien"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "579", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.19", "texte": "INFORMATIONS\n\nqu'on pourrait s'y attendre et d'une science où il se glisse, ce me semble, trop\nde procédés, enfin du Mendelssohn, Y Ouverture d'Athalie.\nExécution excellente pour ne rien changer à nos habitudes.\n\nA. D.\n\nBORDEAUX.\nJOS. GRIMO.\nGrand-Théâtre. S'il est une soirée à retenir parmi beaucoup\nde fort réussies, je citerais volontiers celle où nous eûmes le plaisir d'entendre\nM. Clément, dans Lakmé. Jamais sa voix ne fut si belle, si souple et ne mérita\ntant de succès.\nMme Charpentier s'est, par contre, peut-être un peu ressentie de tant d'éclat ;\nmais que la charmante artiste se console, son prestige ne sera pas souvent\ntroublé par la venue incessante d'artistes tels que M. Clément.\nMM. Granier et Sylvain ont fait leurs débuts dans les Huguenots.\nDans le rôle de Raoul, M. Granier nous a fait admirer une superbe voix de\nhaute-contre. C'est peut-être la première fois que nous entendons un artiste\npossédant avec autant de sûreté le registre élevé : l'émission est brillante, facile,\net la note conserve tout son éclat. Nous avons eu à regretter que le médium\nsoit loin d'atteindre cette perfection.\nQuant à M. Sylvain, sa voix profonde et sonore, sa belle tenue, lui ont valu\ntoutes les sympathies.\nM. Frédéric Boyer, directeur du Grand-Théâtre à Bordeaux, vient de recevoir\nun drame musical en un acte : /'Anniversaire, de M. Adalbert Mercier, sur un\nlivret de MM. Jean Harold et Jean Ferval. Cet ouvrage sera représenté dans\nle courant de la saison.\n\nBRUXELLES.\n\nElle aura été extrêmement brillante et elle sera certes mémo-\nRable, cette reprise ou plutôt cette nouvelle première de Faust, donné le 3 novembre\nau profit de la (( mutualité » des journalistes, et honorée, faveur rarissime, de la\nprésence du Roi. Depuis des semaines, on ne parlait plus que de ce grand événe-\nment et on l'attendait avec une curiosité impatiente.\nSongez donc: Faust complètement remis à neuf et élevé matériellement à la\nhauteur des progrès de l'art des décorateurs, des machinistes, des gaziers, costu-\nmiers et régisseurs modernes.\nJe veux la jeunesse ! s'écrie le vieux nécromancien dans son laboratoire.\nEt MM. Kufferathet Guidé, faisant l'office de diables providentiels aussi pres-\ntigieux que Méphistophélès lui-même, la lui ont restituée et largement cette belle\njeunesse, ce don enviable par excellence. Et grâce à l'érudition de MM. Dubosq\net Fernand Khnopff, grâce aussi aux trouvailles de mise en scène de M. De Beer,\nau sens rythmique du maître de ballet Ambrosiny, aux ingéniosités mécaniques\nde M. Bogaerts, voilà le vieux chef-d'œuvre vêtu, installé, meublé, étoffé, illu-\nminé avec plus de munificence, de pittoresque et aussi de logique, d'exactitude\nhistorique ou du moins légendaire, qu'il ne le fut au premier jour.\nGounod et même Gœthe seraient ravis de la façon dont la Monnaie a compris\nl'illustration scénique de leur musique et de leur poème, depuis le laboratoire\navec sa fugace apparition de la blonde Marguerite au rouet, jusqu'à l'apothéose\nfinale. Admirons cette kermesse si bellement médiévale et germanique ; le jardin\nde Marguerite si ingénu et si printanier d'abord, puis si capiteux ou si captieux,\nprêtant au tentateur la complicité de ses floraisons perverties et de ses lumières\nmaléfiques ; le tableau de l'église réuni à celui du duel, fusion qui nous ménage\nune gradation d'un vivant et intense archaïsme: les fidèles se rendant à l'office,"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "580", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\ns'ameutant ensuite aux fanfares lointaines, la rentrée des reîtres et des lansque-\nnets dans leurs foyers ; le hourvari dans la rue nocturne avec le duelliste ago-\nnisant sous la fumeuse lueur des torches. Tout cela éminemment suggestif\nd'architecture, d'éclairage, de mouvement, de physionomie et de ton : autant de\nfresques de Leys descendues de leurs murailles pour nous ressusciter le moyen\nâge à la fois belliqueux et patriarcal.\nEt la (( Nuit de Walpurgis )), cette progression de changements à vue : le\nBrocken avec ses gorges découpant leurs roches noires et tailladées sur un ciel\nd'incendie, puis ce palais infernal aux colonnades et auxenfîlades comme recuites\net calcinées par la fournaise éternelle, ce hall aux flamboyances sourdes latentes,\ndans lesquelles chorégraphient des ballerines vêtues de la couleur ineffable des\nrêves, des chimères et des sphinx. Une merveille d'harmonie et de fondu, dans\nlaquelle le style élégant et l'art discret de la prima ballerina Boni est un délice.\nL'interprétation vocale et instrumentale aura été digne de la féerique mise en\nscène. Le ténor Laffïtte fait un excellent Faust, un Faust amoureux mais viril.\nLe chant de M. Laffïtte a été aussi parfait, aussi distingué, passionné aussi à\npropos que son jeu. M. D'Assv est un Méphistophélès d'élégante allure et de voix\nsonore. M. Bourbon, un excellent Valentin qui relève encore de sa voix opulente\net de sa mimique convaincue la plastique du tableau de son duel et de sa mort.\nMlle Eyreams est un charmant Siebel, et Mme Paulin, une accorte dame Marthe.\nQuant à Marguerite, elle a été incarnée avec grâce et intelligence par Mlle Aida,\nqui a chanté le rôle d'une voix souple, vraiment délicieuse, d'une fraîcheur quasi\ningénue, tour à tour rêveuse et radieuse, suffisamment passionnée aux passages\nrequérant un peu au delà du charme et de l'agrément.\nTous les interprètes ont été largement applaudis et rappelés : les auditeurs\nayant lieu de se montrer aussi enthousiastes que les spectateurs, et le concert\nvalant le spectacle, car l'orchestre aeu des délicatesses charmantes, et les chœurs\nde l'entrain et de belles sonorités, sous la maîtresse direction de Sylvain\nDupuis.\n\nG. E.\n\nBRUXELLES.\nA R.\nM. Guidet fait merveille au théâtre de la Monnaie. Après la\nsensationnelle reprise de Faust, c'est Tannhauser qui, avec M. Van Dyck, a été\nune représentation de tous points parfaite.\nM. Laffitte, dont le talent est si apprécié, vient de faire une très belle création\ndans le rôle de Jean, du Jongleur de Notre-Dame. Son succès a été très grand,\net à l'occasion de la première représentation de l'œuvre de M. Massenet à la\nMonnaie, le journal 1 Eventail, de Bruxelles rappelle comment le grand compo-\nsiteur français fut amené à mettre en musique le poème de M. Léna.\n(( M. Massenet reçoit journellement, de partout, des livrets en quantité telle\nqu il les donne tout d abord à lire à des secrétaires qui lui font rapport sur\nl'ouvrage envoyé. Il ne lit que les livrets qui lui sont particulièrement signalés.\n(( Or, un beau jour, partant pour la campagne, on lui remit, comme il sortait\nde sa maison, un rouleau de papiers. Il le prit et, se trouvant seul dans le train.\n1 ou\\ lit et y tiouva une lettre et un livret. Il fut charmé par la grâce, la fraîcheur\nexquise du poème et, le soir même, il écrivit à l'auteur, dont il n'avait jamais\nentendu pailei, M.Maurice Léna, professeur d'humanités au lycée Concordet,\nqu il se lerait un plaisir de mettre 1 œuvre en musique.\n(( Voilà qui est bien fait pour encourager les librettistes débutants. ))"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "581", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nSOCIÉTÉ DE MUSIQUE DE LILLE.\nDocteur L. GAUDIER.\nDimanche lERIER novembre, au premier concert\ndelà saison, J. Thibaud et la Symphonie en si bémol majeur de Chausson. La\nSymphonie est peu connue en F'rance ; elle fut révélée en Belgique par Ysaye\nen 1891, et Nikisch la conduisit à Paris en 1897. Chausson s'y montre tout\npénétré des formes wagnériennes et le disciple tendre et fidèle de Franck. L'in-\nfluence de ces deux inspirations est bien nette, et à chaque page I on pourrait\ndire ce qui revient à l'une et à kautre. Mais Chausson y a laissé aussi son em-\npreinte personnelle, mélange de mélodie mystique et de grandeur farouche.\nPour qui connaît son œuvre, se retrouve l'auteur du quatuor, de la Chanson per-\npétuelle, du Roi Arthus... Si la Symphonie étonne d'abord l'oreille par ses dis-\nsonances, plus tard elle vous empoigne par je ne sais quel charme doux et puis-\nsant et son caractère si mélodique.\nL'on en connaît le thème initial, rythmé à quatre temps, d'abord calme et\nmystérieux, puis s'enflant progressivement, accélérant l'allure, sans cesser d'être\nmajestueux jusqu'au changement de mesure où à trois temps il chante au qua-\ntuor, dans un bel accès de lyrisme, et se transforme ensuite sous les pizzicati\nheurtés des contrebasses et des altos alternant. Modulations aux cors et aux\nbois pendant les longues ondulations des cordes, et dernière modification du\nthème qui, à quatre temps, conclut sur une chevauchée des cordes pendant que\nles cuivres clament fiers.\nAprès le molto lento de, la deuxième partie, dont les altos exposent d'abord la\nphrase initiale curieuse avec son rythme syncopé, reprise ensuite par les bois,\npuis modulant sur des arpèges wagnériens et concluant simplement, sonne Y ani-\nmato delà troisième partie, dont le début rappelle Franck et Saint-Saëns.\nLe thème primitif, après s'être par deux fois fait reconnaître sous une forme\nsauvage, haché en grands accords précipités, réapparaît à la fin, aux seuls cuivres,\nchanté lentement et religieusement par la trompette, tandis que les cordes\nattendent, pour finir l'apothéose par de lents arpèges que des réminiscences du\nthème percent par instants.\nM. Maquet a donné cette œuvre avec beaucoup de sûreté et de force. Sous sa\ndirection si large et aussi si analytique, l'orchestre a fait merveille. Les esprits\nchagrins eux-mêmes sont forcés de reconnaître la puissante maîtrise du chef qui\na créé et qui dirige un si bel ensemble d'artistes distingués et tous unis dans le\nmême amour du beau. L'orchestre réduit accompagnait J. Thibaud dans le Con-\ncerto en mi bémol de Mozart. C'est dans de telles œuvres qu'il faut entendre cet\nartiste incomparable en son genre. Là rien qui masque l'instrument, qui tou-\njours en solo ne doit chercher le suc:ès que dans sa seule sonorité et dans son\nstyle. Thibaud a le style, le son et le charme de demi-teintes exquises. Il se fit\nacclamer après l'exécution brillante de la banale Havanaise de Saint-Saëns et\nde Y Aria de Bach.\nL'orchestre seul avait commencé le concert par l'ouverture du Jeune Henry de\nMéhul et le termina par l'exotique Rapsodie cambodgienne de Bourgault-Ducou-\ndray, très curieusement écrite, mais trop sonore et un peu vide.\n\nELBERFELD.\n\n—Le nouveau poème symphonique de Fr. Délius, Appalachia, qui\nvient d'être exécuté ici avec un grand succès, est inspiré, comme son opéra de\nKoanga, par les paysages de la Floride joù s'est passée la jeunesse du compo-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "582", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nsiteur. Bâtie sur un thème unique, un chant de nègres esclaves, qui passe par\ndifférents états, s'égaye et s'attriste tour à tour, l'œuvre est très vivante et colorée ;\non y remarque, au début, un délicieux effet de voix perdues dans l'orchestre,\npuis, par contraste, un chœur sans accompagnement, une marche funèbre\nétrange et saisissante, enfin un retour àla joie, inattendu et charmant. Et, par-\ndessus tout, une liberté d'allures, une ingénuité de sentiments, qui nous dit\nl ame d'une race neuve, et rappelle un peu, quoique avec d'autres accents, 1 art\ntout de plein air de Debussy.\n\nC. F.\n\nLONDRES.\nHUGO CONRAT.\n« Le roi est mort, vive le roi )) ; l'ancienne formule du royaume\nde France a trouvé un écho dans le monde musical du moment. Nous avons\nassisté au dernier concert de la saison au mois de juillet dernier, et le 6 août les\nconcerts de la musique d'orchestre donnés au Queens Hall ont inauguré la saison\nd'hiver. Il y a eu soixante-dix concerts (en l'espace de deux mois et demi), dont\nles programmes furent pour la plupart très intéressants. L'aristocratie étant en\nvoyage à cette époque, les auditoires furent assez mélangés. Plusieurs des\nmeilleurs ouvrages ont été exécutés caviare to the generale, comme dit\nHamlet. A présent, l'aristocratie financière est de retour à Londres et se presse\nchaque soir à l'Opéra pour assister aux représentations de la troupe du théâtre\nSaint-Charles de Naples, malgré le récent départ de l'attraction principale,\nM. Caruso, qui vient de quitter Londres pour un monde meilleur, l'Amé-\nrique. Nous avons eu le plaisir d'entendre M. Raoul Pugno dans le Concerto de\nMozart en ré. Il ferait grand plaisir au public s'il introduisait quelques chan-\ngements dans son programme classique : Beethoven par exemple.\nMmeMarchesi a donné un concert comprenant 14 lieder de l'école allemande\nla plus moderne ; elle en a chanté 4en français, de Bruneau, Charpentier, Faure\net Moret. La romance de ce dernier, Si mon rival, a été entendue pour la pre-\nmière fois ici ; j'espère un peu que ce sera la dernière. Mais que diraient les\nParisiens, s'ils étaient condamnés à passer une heure et demie sans entendre un\nseul mot de français ?\n\nLe succès du violoniste Hubermann a été si grand qu'il a donné une audition\nextraordinaire à Saint-James Hall.\nMAURICE TESSIER.\nIl a exécuté avec une virtuosité incomparable le Concerto n° 2 de Max Bruch,\net dans la Sonate I de Bach il nous a émerveillés une fois de plus par la\nsûreté impeccable de son doigté. De nombreux rappels lui ont montré que les\nLondoniens le reverront avec plaisir l'an prochain.\nLe concert de miss Gladys Law à la Bechstein Hall a été des plus réussis.\nCette jeune pianiste possède une rare assurance et un jeu presque masculin;\ndans les Ungarische Zigeunerweisen de Tausig, elle a fait preuve d'un\nmécanisme irréprochable, d'une étonnante vélocité, ainsi que dans la Ballade\nn° 2 de Chopin. C'est une artiste de grand avenir.\nA Covent Garden, une innovation a été lancée : ce sont les soirées à prix\nréduits. Le résultat a été si brillant que le Daily Mail, le journal qui les\navait organisées, a dû renvoyer pour 400 livres sterling de places louées par\nmandats-poste.\nLa ti oupe italienne de Caruso a donné comme soirée d adieu la Bohême de\nPuccini. Les îiches mélodies du compositeur latin ont été vivement applaudies\nune foule brillante et très « Smart ))."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "583", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nMARSEILLE.\nERNEST GUEYDAN.\nLes débuts au Grand-Théâtre se sont effectués de façon très\nsatisfaisante. Tous les artistes présentés par M. Valcourt ont été admis, sauf\nM. Bonna, basse noble, qui est remplacé par M. Bouxman.\nDepuis la réouverture, les œuvres suivantes ont été représentées : les Hu-\nguenots, Guillaume Tell, Manon, Sapho, Carmen, Lakmé, le Barbier de\nSéville, h Africaine. Ce sont les pièces habituelles des débuts, parce qu'elles\npermettent aux artistes de développer toutes leurs facultés sous tous leurs\naspects.\nLa troupe de M. Valcourt est suffisamment homogène pour que nous puis-\nsions présager d'excellentes représentations. L'école des chœurs, sous la direc-\ntion de M. Bergier, progresse à souhait, et nous en augurons des ensembles\nplus fondus et moins hésitants que les années précédentes. Regrettons, en\npassant, que M. Valcourt n'encourage pas mieux le chef de cette école et ait\ncru devoir supprimer les entrées de faveur qu'il lui accordait l'année der-\nnière.\nL'orchestre est au-dessus de tout éloge, et nous ne saurions trop féliciter\nM. Miranne des résultats qu'il en obtient.\nLa campagne qui vient de commencer paraît devoir être féconde en bonnes\nreprésentations ; car, ainsi que nous le disons plus haut, les artistes sont à la\nhauteur de leur tâche. Ce serait une raison pour que la direction voulût bien\nnous faire entendre quelques œuvres nouvelles. Cependant, sauf la Tosca, de\nPuccini, et le Jongleur de Notre-Dame, de Alassenet, nous n'espérons pas enten-\ndre d'autre œuvres que celles, très belles mais trop entendues, qui reviennent\ntoutes les années à pareille époque. Ainsi que l'écrivait ces jours-ci M. Claude\nRial dans le Petit Marseillais, nous demandons pourquoi M. Valcourt, qui\ns'efforce à nous faire apprendre par cœur tous les vieux opéras, ne nous don-\nnerait pas quelques œuvres nouvelles ?\nMais nous n'ignorons pas que la profession de directeur de théâtre est dif-\nficile et délicate, et nous n'insisterons pas pour avoir le mieux, alors que nous\navons le bien.\nLes concerts classiques ont effectué leur réouverture le 23 octobre.\nDès les premiers concerts, Ai. Michaud, l'estimé président de l'Association,\ncompose ses programmes avec un soin dont nous le félicitons. Citons,\nentre autres œuvres exécutées dans les trois premiers concerts : la Symphonie\nhéroïque, de Beethoven; Marche funèbre du Crépuscule des Dieux, de Wagner ;\nRoméo et Juliette (2e partie), Berlioz; Symphonie n° 41, en ut majeur, Mozart ;\nImpressions d'ltalie, G. Charpentier; Symphonie en si mineur, F. Schubert;\nPelléas et Mélisande, G Fauré.\nM. Michaud nous promet en outre le Faust de Liszt, et Antigone, de Men-\ndelssohn.\nCes œuvres, dont s'organisent les répétitions, sont encore inconnues à Mar-\nseille, et ce sera une bonne fortune pour nous que de les entendre ; car elles\nseront sûrement rendues dans d'excellentes conditions, eu égard au beau talent\nde M. Gabriel Marie, dont l'activité ne se dément pas un instant, au milieu\ndes fatigues de ces longues répétitions.\n\nROUEN.\n\nLa période des débuts se poursuit activement au théâtre des Arts.\nSeuls les emplois de contralto et de ténor d'opéra sont encore sans titulaires."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "584", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19041201-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nDans son ensemble, la troupe paraît très bonne, et il faut louer les directeurs,\nMM. Metot et Queval, d'avoir apporté un soin tout particulier à recruter les\nartistes devant tenir les seconds emplois.\nJe crois donc que nous pouvons compter sur une bonne saison lyrique, et\nles œuvres nouvelles qui nous sont promises, Gwendohne, la Reine\nFiammette et quatre ou cinq œuvres inédites me semblent devoir bénéficier\nd'une excellente interprétation.\nCréation d'une école de musique. Le conseil d'administration de la Musique\nmunicipale va créer dans notre ville une école de musique accessible aux deux\nsexes et établie sur les bases des écoles musicales de France. Elle aura pour\nbut de concourir à la diffusion des connaissances musicales, de fermer des mu-\nsiciens capables de faire partie des orchestres de la ville et de préparer leur\nadmission au Conservatoire national de Paris. Les ressources de la Musique\nmunicipale ne lui permettant pas de prendre entièrement à sa charge les dé-\npenses occasionnées par l'école, cette société se propose d'organiser plusieurs\nconcerts par an. Le premier de ces concerts aura lieu dans les premiers jours\nd'octobre et sera dirigé par M. Lenepveu.\nTout au début de leur tentative, je ne voudrais pas décourager les organisateurs\nde la future école de musique, et cependant je crains qu'ils n'entreprennent là\nune bien lourde tâche. Assurer le bon fonctionnement d'une école de musique\ngratuite et sérieusement établie nécessite des capitaux, et je ne pense pas que les\nfaibles ressources d'une société parviennent à y suffire. Aussi je crois, que, créée\nsur d'aussi faibles bases, cette école n'est pas susceptible de rendre de notables\nservices à l'art musical ni d'être d'une institution durable.\n— La Sourdine exécutera prochainement le Quatuor à cordes d'A. de Polignac.\nDu même auteur, signalons un Thème varié, aussi savant que brillant et cha-\nleureux, qui paraîtra bientôt, nous l'espérons.\n— Mlle Casamajor-Larrivette, O. A., directrice du cours Hsendel, reçoit dans\nsa villa des jeunes filles pensionnaires et élèves pour terminer leurs études\n(la musique tout spécialement), sous la direction des meilleurs professeurs\nde Paris (n, rue de Berlin).\nOUVRAGES REÇUS.\nALBÉRIC MAGNARD. Troisième Symphonie. Partition d'orchestre. Chez l'auteur,\nà Baron, par Nanteuil-sur-Haudouin (Oise).\nALBÉRIC MAGNARD. Hymne à la Justice. Partition d'orchestre. Même adresse.\nCLAUDE DEBUSSY. Tv Quatuor. Réduction pour piano à 4 mains, par A. Benfeld.\nParis, Durand et fils.\nCAMILLE SAINT-SAENS. Caprice andalous, pour violon et orchestre. Réduction\nde 1 oichestre au piano par 1 auteur. Paris, Durand et fils.\n\nGEO. MONTREUIL."}]}