{"numero_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_sha256": "a3dda5a95f9292b66982f70416d18cf40eccf5ddcf0c2f33c1bfdcaeb1000425", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1905/02/01_01/bmtnabj_1905-02-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1905/02/01_01/bmtnabj_1905-02-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "73", "page_fin": "74", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.1", "titre_corps": "GEORGES PFEIFFER", "titre_sommaire": "GEORGES PFEIFFER", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "74", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "GEORGES PFEIFFER\n\nElève de Damcke et de sa mère, qui fut elle-même élève de Kalkbrenner, et de\nChopin, M. Georges Pfeiffer s'est d'abord fait connaître comme pianiste, èi Paris et\nà Londres, puis ci la Société des Concerts du Conservatoire. Bientôt il écrivait un\nconcerto pour son instrument, qui fut adopté par Auber pour les classes du Conser-\nvatoire. De nombreuses œuvres pour piano (Mazurkas, Etudes, Scherzos, 2e et\n3e Concerto \\ des mélodies et plusieurs œuvres de musique de chambre entre autres\nun Quintette souvent joué par Léonard) attestèrent l'activité et le talent du jeune\ncompositeur. Mais ce n'est que plus tard, encouragé par une mention honorable au\nconcoursßossini (la fille de Jaïre) et la 2eplace obtenue au concours Cressent (les Pan-\ntins) que M. Pfeiffer abandonna le piano pour le théâtre: en 188 A il donnait /'En-\nclume (paroles de P. Barbier),jouée avec succès cil' Opéra-Comique et reprise en 1888.\nLe Légataire universel, écrit cette même année, ne fut joué qu'en 1901, avec le succès\nque l'on sait. Cette œuvre a passé ci Bruxelles et dans plusieurs autres villes impor-\ntantes ; on la reprend ce mois-ci à VOpéra-Comique. Un grand drame lyrique, les\nTruands [d'après Richepin), sera prochainement représenté sur une grande scène,\nnous l'espérons.\nM. Georges Pfeiffer, chevalier de la Légion d'honneur depuis 190k, membre de\nVOrdre de Charles IIR etc., a été récemment élu président de la Société des\nCompositeurs de musique. Il fait partie, comme critique musical, du comité de\nF Association de la critique, dont il a été déjà vice-président.\nIl serait trop long d'énumérer les diverses œuvres instrumentales souvent entendues\nau Conservatoire ou à la Société Nationale, dont M. Pfeiffer fut un des premiers\nmembres. Et cette musique est trop connue de nos lecteurs pour que nous en entrepre-\nnions ici l'éloge. Disons seulement que l'homme est aussi digne d'estime que le musi-\ncien : son affabilité, sa culture et la sûreté de ses relations sont à la hauteur de son\ntalent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "73", "page_fin": "73", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.1.1", "titre_corps": "Georges PFEIFFER Compositeur de musique.", "titre_sommaire": "Georges PFEIFFER Compositeur de musique.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "73", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.1", "debut_caractere": 70, "fin_caractere_exclue": 110, "texte": "Georges PFEIFFER\nCompositeur de musique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "75", "page_fin": "76", "image_debut": 3, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.2", "titre_corps": "G. Bouzignac", "titre_sommaire": "G. Bouzignac", "signature_source": "HENRI QUITTARD", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.3", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3310, "texte": "G. Bouzignac\n\n(Compositeur du xvne siècle).\nVoici le nom d'un musicien français du xvne siècle que ne connaissent guère\nles historiens. Aucun répertoire biographique, ni Fétis, ni Eitner ne le citent,\nbien que cependant, en quelques lignes de son Harmonie universelle, le P. Mer-\nsenne beût rangé parmi les plus excellents compositeurs de son temps.\nAu surplus, eûtbil été mentionné en passant, sa notice eût été brève. Rien\nde son œuvre n'a été imprimé et ne paraissait avoir subsisté en manuscrit.\nQuant à sa vie, presque rien n'en est connu. Nous savons que Bouzignac a vécu\ndans les premières années du xvne siècle et que sa période de production peut\nse placer de 1620 à 1640 ; qu'il fut originaire du midi de la France, fît ses études\nmusicales à la maîtrise de Narbonne et qu'il dut séjourner assez longtemps en\ndiverses villes de Languedoc ou de Guienne, au moment où ces pays étaient en\nproie aux guerres religieuses et civiles des débuts du règne de Louis XIII.\nA-t-il résidé ailleurs? Est-il venu à Paris, où, malgré les louanges du P. Mer-\nsenne, sa réputation semble avoir assez peu pénétré ? Autant de questions qui\nrestent à résoudre.\nSi sa personne demeure encore ignorée, son œuvre ne l'est heureusement\nplus. Un manuscrit inédit de la Bibliothèque de Tours, que rien dans le cata-\nlogue ne recommandait particulièrement à l'attention, contenait heureusement\nune ample collection de ses compositions Plus de cent pièces, ordinairement de\ngrandes dimensions y figurent ; et la simple lecture suffit pour en révéler l'ori-\nginalité saisissante et l'importance historique. Avec elles, toute une face de l'art\nfrançais du xvne siècle réapparaît, dont rien ne laissait soupçonner l'existence.\nNous avons là un témoignage, unique peut-être, du travail de ces écoles pro-\nvinciales, vivaces encore à cette époque (surtout dans les provinces méridionales),\net dont malheureusement les monuments paraissent avoir péri presque tous.\nSuivant la tradition classique du xvie siècle, ces œuvres sont exclusivement\nvocales. Elles ignorent la basse continue à quoi s'essayaient déjà d'autres\nmusiciens à Paris et dans le Nord. Le style, très varié, est souvent tout à fait à\npart. De très belles pièces polyphoniques qui, pour la pureté de la forme, ne\nseraient pas indignes des bons maîtres de l'école romaine, y voisinent avec\nd'autres, écrites à deux chœurs dans la manière mise à la mode par Formé\nvers 1610 à la Chapelle royale ; avec d'autres encore, qui se rattacheraient mieux\nà l'école de Du Caurroy. De telles compositions, fermement tracées d'une main\nsûre et experte, prouvent une fois de plus combien est erronée l'idée qui,\ndepuis Fétis, a cours : que la musique française avait en ce temps-là oublié la\ntechnique du siècle précédent et perdu toutes les traditions du grand art.\nMais la plupart sont remarquables encore par le souci d'expression précise\nqui s'y fait jour au travers des entraves du contrepoint. Les thèmes engagés\ndans la trame polyphonique ont une allure mélodique bien différente de celle\ndes maîtres anciens. Cela reste visible surtout dans quelques chansons françaises\nque contient le volume, où se trahit en maints endroits un curieux effort de\ntraduction littérale du texte (1).\n\n(1) Nous donnons une de ces chansons dans 1 Q Supplément musical de ce numéro."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.4", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3018, "texte": "Gès aspirations nouvelles ont obligé le musicien bien souvent à rompre les\ncadres consacrés. 11 veut plier son écriture chorale aux exigences d'une forme\ndéjà presque dramatique, dans les nombreux motets en dialogue où divers per-\nsonnages, réels ou symboliques, conversent entre eux ou bien commentent, en\ngroupes alternés, tel ou tel passage de l'Ecriture.\nCe sont déjà de véritables fragments & Histoires sacrées que ces motets dont il\nn'y a pas d'autre exemple dans la musique française. Ils ne diffèrent guère de ceux\nque Carissimi écrivait presque vers le même temps. Pour 1 intention du moins,\ncar la réalisation en est tout autre. En effet, tandis que Carissimi use du style\nrécitatif et de la voix seule accompagnée d'une basse continue d'orgue, suivant\nl'exemple des Florentins créateurs du drame lyrique, ce sont des groupes vocaux\nque Bouzignac a fait dialoguer, et c'est à ces petits ensembles de voix qu'il con-\nfère une personnalité récitante. Quelquefois, un seul chanteur vient s'opposer au\nchœur : ordinairement, deux ou trois voix différentes figurent ensemble\nchaque acteur du drame.\nCette convention singulière n'avait pas effrayé, longtemps auparavant, les\npremiers Italiens qui s'essayèrent au drame lyrique. Elle doit d'autant moins\nnous surprendre que les petits drames sacrés que sont ces motets ne visent pas à\nl'exactitude d'une représentation dramatique véritable. Encore mieux que les\ncomédies madrigalesques d'Orazio Vecchi, - à quoi elles font songer immédiate-\nment ces œuvres ne veulent émouvoir que par la seule puissance de la mu-\nsique. C'est donc à l'esthétique du poème symphonique, non du drame, qu'il les\nfaut rapporter. Nous ne nous choquerons point de ce que les voix y soient traitées\ncomme les instruments dans l'orchestre moderne.\nQuoi qu'il en soit, la tentative du musicien français suffirait à sauver sa mé-\nmoire de l'oubli. Que l'idée lui en soit personnelle, qu'il ait seulement eu la pen-\nsée de transférer à l'église les procédés que Vecchi avait appliqués à ses divertis-\nsements comiques, il n'importe et d'ailleurs nous ne saurions encore trancher\ncette question. Il garderait toutefois, l imitation fût-elle prouvée, assez d'origi-\nnalité, car son style ne rappelle guère celui du compositeur italien. Beaucoup de\nces pièces sont expressives et touchantes, d'une charmante naïveté et d une\ngrâce singulière. En serait-il autrement, l'intérêt historique en serait assez grand\nencore pour qu'il y ait à se féliciter qu'un hasard heureux ait conservé le ma-\nnuscrit qui les renferme. Alors que Bouzignac faisait exécuter cette musique en\nquelque cathédrale du Languedoc, bien du temps devait encore s'écouler avant\nl'apparition du drame lyrique en France. N'est-il pas curieux de voir déjà, dans\nles tendances qu'elle révèle, la preuve que nos maîtres ne demeuraient point en\ndehors du travail d'évolution qui se poursuivait partout et qu'ils avaient souci\nd'apporter leur solution au problème qui passionnait ailleurs les esprits ?\n\nHENRI QUITTARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c005", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "77", "page_fin": "81", "image_debut": 5, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.3", "titre_corps": "COURS DU COLLEGE DE FRANCE", "titre_sommaire": "COURS DU COLLEGE DE FRANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "COURS DU COLLEGE DE FRANCE\n\nLA PENSÉE MUSICALE\n\nIII. - LES IMAGES DANS LA MUSIQUE.\n(Cours du lundi. — Résumé.)\nDans une lettre du 17 mars 1828, adressée à son ami Flechsig, le compositeur\nle plus sentimental, celui qu'on a appelé avec raison un des poètes de la musique,\nRobert Schumann, s'exprime ainsi : « L'amour et l'amitié passent sur cette\nterre un voile au front et les lèvres closes ; aucun être humain ne peut dire à un\nautre comment il l'aime ; il sent seulement qu'il l'aime. L'homme intérieur n'a\npas de langage, il est muet. » Cette déclaration (que Schumann emprunte à\nJean-Paul) est répétée dans une autre lettre du même (28 avril 1828, recueil\ndes Jugendbriefe, publié par Clara Schumann, 3e édit.5 Leipzig, 1900). Ma der-\nnière leçon n'a pas été autre chose que le commentaire de ce texte, que je cite\npour résumer ce qui a été dit. J'ai essayé de prouver par des analyses précises\nque nous connaissons bien et pouvons représenter les effets du sentiment, mais\nque nous ne pouvons l'atteindre directement en lui-même que par la conscience.\nLa musique est le dynamomètre des états affectifs. Parle choix du mouvement\n(depuis le prestissimo jusqu'à Vadaio) et par l'intensité des sons (depuis le\nfff jusqu'aux smorzcindo, perdendosi, etc...), elle représente les accélérations\nou les ralentissements, les gains ou les pertes de la force vitale. Comme « imi-\ntation » réaliste et directe, elle ne peut rien de plus.\nD'autre part cependant, la musique est habituellement considérée comme « le\nlangage du cœur », et il ne manque pas de musiciens aussi autorisés que Schu-\nmann qui sont en contradiction formelle avec lui. J'ai annoncé que je mettrais\nd'accord ces opinions extrêmes et intransigeantes, en dissipant un malentendu.\nC'est ce que je vais tâcher de faire aujourd'hui.\nQuand on ne peut pas atteindre un but en suivant la ligne droite, on prend\nun détour. Quand on ne peut pas représenter directement un phénomène psycho-\nlogique, un sentiment ou une idée abstraite, on emploie un symbole, une\nimage, dont l'exactitude repose non sur la ressemblance réelle du signe et de"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.6", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3496, "texte": "la chose signifiée, mais sur les associations d'idées qui interviennent et servent\nde lien entre les deux termes. Tel est le procédé constamment usité dans le\nlangage courant, dans le langage artistique (poésie) et dans le langage musical.\nDans le langagecourant, nous prêtons aux idées : un poids ; on dit, en effet, des\nidées graves, légères ; une couleur ;on dit : des idées claires, sombres, bril-\nlantes, troubles, noires (cf. voir tout en rose, être dans le bleu, etc...) ; une\ndimension; on dit: des idées larges, étroites, projondes... ; une localisation\ndans l'espace ;on dit : des idées élevées, sublimes, terre à terre... \\ une qualité\nde résistance; on dit: des idées fortes, solides, un coeur dur, tendre, etc. ;\ndes propriétés géométriques ; on dit : un esprit pointu, carré, un homme rond en\naffaires, un « cercle » ou une « sphère d'idées », un esprit à facettes, etc... ;\nune saveur ; on dit : des pensées amères, douces, fades, de bon ou de mauvais\ngoût ; une température ;on dit :un cœur chaud, froid, glacé... Tels sont les\nintermédiaires que l'instinct nous fait trouver pour exprimer un phénomène de\nla vie morale.\nDans le langage artistique de la poésie, se multiplient et se développent ces\nimages. Le rôle habituel du poète n'est pas d'inventer des sentiments, mais de\ntraduire avec des formes plus brillantes des états affectifs communs. Victor\nIlugo ne connaît pas la vie de l'âme mieux que Racine ; on peut dire cependant\nqu'il est plus grand poète que Racine, parce qu'il a plus d'images. Les images\nne sont pas tout, il s'en faut ! dans a lpoésie ; mais elles ont une importance\ncapitale. Prenez une pièce de vers ou une page de grande éloquence ; dépouillez-\nla de ses métaphores : il ne restera qu'un squelette. Le poète prend un état\naffectif banal, et l'enveloppe dans ce que Th. Gautier appelle\nLe manteau que lui file, à son rouet d'ivoire,\nL'imagination !...\nEn musique, l'expression se fait avec des sensations sonores et non avec des\nconcepts, mais le procédé est lemême, car ces sensations sonores(sortes d'images\nréalisées) n'ont de valeur « imitative » que par les associations d idées qu'elles\néveillent. Essayons de nous représenter Chopin improvisant au piano, sous le\ncoup d'une grande émotion, un nocturne ou uneballade : il domine sa sensibilité ;\nle problème qui se pose pour lui (problème qu'il résout sans effort, et d'instinct,\nparce qu il a du génie), c'est de créer, avec les sons, une forme plastique capable\nde représenter ce qui, par nature, répugne à toute forme plastique. Il supprime\nainsi l'antinomie du monde moral et du monde sensible; il projette l'âme [her-\nvorruft) dans un système de formes ; il fait une sorte de miracle qui nous étonne,\nmais par des procédés qui consistent à créer des associations d'idées, et dont\non peut dire à la fois qu ils n' « imitent » rien (directement) et qu'ils peuvent tout\n(( imiter » (indirectement). Considérée au point de vue de l'expression, la musi-\nque est une suite de métaphores constituées par des sensations et non des con-\ncepts. Prenons quelques exemples.\nVoici, dans le plain-chant, une forme musicale très ancienne : Y alléluia. Bien\nque, d'après l'étymologie (Hallelu, impér. plur. du verbe Hillel, louer, et Y ah,\nabrv. deJéhovah), il signifie loue^Dieu, l'alleluia peut être considéré comme\nl'expression de la joie (v. saint Augustin, in Psalm. XXXII, n° 8 ; Cassiodore,\nPatr. lat. de Aligne, t. LXX, col. 742, etc...). Immensa latitudo gaudiorum, aula"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.7", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "Domini lœta respondet, telles sont les formules qui caractérisent cette acclama-\ntionliturgique. Comment le compositeur s'y est-il pris pourexprimer l'allégresse ?\nil a réalisé une image. Sur la dernière syllabe du mot alléluia, il a placé une mé-\nlodie très étendue, unjubilus, d'abord très libre (symétriquement ordonné plus\ntard),où le chanteur prend ses ébats. La joie est un sentiment expansif et explosif.\nPour l'exprimer, le musicien a imaginé une végétation très riche de notes sur le\ntexte littéraire. L'association des idées établit instinctivement une convenance entre\nces termes : i°la joie; 20 la liberté du dessin mélodique et son étendue inusitée.\nPourexprimer l'humilité (par exemple sur les mots « vermis sum », je suis un ver\nde terreur. 2 Feria VI post Bam8am SS. Corporis Christi), la mélodie n'aura qu'une\nnote pour chaque syllabe. Le plain-chant n'est pas, à proprement parler, une\nmusique expressive et descriptive; il obéit cependant, assez souvent, aux lois gé-\nnérales de l'art musical. Quand il doit marquer la gloire et la puissance de Dieu,\nil n'emploie pas les mêmes images que quand il parle de la misère du pécheur.\nDans la musique moderne, dans les opéras et les opérettes (y compris l'admi-\nrable chanson d'Aristée dans Orphée), inutile de montrer que les vocalises, les\ncadences ad libitum, etc. sont presque de règle pour exprimer la joie.\nLa musique excelle à représenterl'état affectif opposé : la tristesse, ledécoura-\ngement, l'ennui. Voici la formule imaginée par Wagner au début de son ouver-\nture pour Faust :\nIci, l'association des idées établit une analogie entre la tristesse et i° la couleur\nsombre (obtenue par l'emploi du registre grave et des contre-basses); 2° la len-\nteur et la direction descendante du dessin mélodique, où les intervalles de\nseptième et d'octave et les dernières notes donnent une image de lassitude, d'im-\npuissance, de chute. L'assimilation de ces sentiments à la couleur sombre est\nclassique dans la poésie. (Cf. Homère, Iliade, xvm, 22; Euripide, Hp. goe.v.\nv. 1139 ; Shakspeare faisant dire à Hamlet par Clodius : « Pourquoi ces nuages\nqui continuent à vous envelopper ? » etc...)\nSchumann, ayant à représenter le désir (op. 51, n° 1), imagine la formule\nsuivante I"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.8", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "Ce double dessin, où les parties semblent se poursuivre, ces méandres ca-\npricieux de la mélodie, réalisent assez bien l'image employée par Lamartine\nparlant du désir :\nLe vol du papillon qui jamais ne se pose...\nJe citerai encore les premières mesures du prélude de Tristan et Isolde :\nCet accord dissonant (dont le caractère douloureux est produit par le triton\nfa-si, par le mélange de deux tonalités différentes, par l'emploi d'instruments\nplaintifs : 2 hautbois, 2 clarinettes en la, un cor anglais, un violoncelle, un ler\net un 2e basson pour accentuer la couleur), accord dissonant qui se résout sur\nune autre dissonance et qui, suivant un chromatisme lent où les notes reposan-\ntes sont retardées par desàppoggiatures, c'est Fimage du conflit créé parla ren-\ncontre de deux forces qui ne peuvent se pénétrer et se disjoignent comme sous\nl'empire d'une loi supérieure ; c'est la représentation de deux âmes qui s'étrei-\ngnent un instant puis se séparent et se perdent dans un abîme de mystère :\nShakspeare compare deux amis qui se séparent aux deux planches de la\nbarque qui se disjoignent, pour s'enfoncer chacune d'un côté de l'abîme. Nous\navons ici quelque chose d'analogue.\nOn pourrait multiplier ces exemples (1). Je me bornerai à quelques observa-\ntions générales.\ni° Les images musicales sont une œuvre de l'esprit créateur de l'artiste, et\nnon une œuvre d'observation, comme il faudrait le dire si on admettait qu'il y\na « un langage naturel du sentiment. » L'imagination y déploie les ressources les\nplus hautes et les plus délicates de l'invention et de 1 ingéniosité, car le compo-\nsiteur, toutes les fois qu'il traite un sujet de ce genre, est oblige de créer une\nlangue nouvelle ; et le problème qu'il résout à chaque instant consiste à ima-\nginer des symboles capables d'exprimer ce qui, par nature, est inexprimable.\n20 Ces images sont toujours très incomplètes, et ne doivent leur effet qu'à une\nanalogie de détail, établie sur deux ou trois points seulement, entre les sensations\nde l'oreille et des phénomènes d'un ordre tout différent. Mais il suffît que, sur\nquelques points bien choisis, le musicien nous fasse apercevoir un rapport de\nressemblance entre le langage qu'il nous parle et le sujet qu'il traite, pour\nqu'aussitôt notre imagination, collaborant avec la sienne, entre en jeu et recons-\ntruise tout un ensemble.\n\n(i) Je renvoie à mes Rapports de la musique et de la poésie (Alcan, 1894), ch. 11 et m."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.9", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "Il en résulte que pour comprendre la musique, il faut avoir soi-même de l'ima-\ngination. Il faut que l'auditeur, cédant à l'impulsion que lui donne le musicien,\nsoit capable de reconstituer l'ensemble dont on veut lui donner l'idée. Et comme\ncette reconstitution se fait à l'aide d'association d'idées, et que les associations\nd'idées ne sont pas les mêmes dans tous les esprits, il en résulte que la musique\nn'est pas comprise de la même façon par tout le monde.\n4° Dans nos analyses, nous avons posé d'abord un sentiment, puis nous\navons cherché les analogies que peuvent présenter avec lui les symboles réalisés\npar l'art musical. Le véritable artiste ne procède pas ainsi. Cette méthode est\nbonne pour un exposé fait par un professeur, et pour un enseignement d'école ;\nelle n'est pas celle du musicien. Le compositeur voit tout de suite l'image à cons-\ntituer, et l'effet esthétique qu'elle produira ; c'est là ce qui détermine son acte\ncréateur, et met en mouvement son inspiration. Ce que nous considérons comme\nson modèle(c'est-à-dire l'état effectif à représenter) est souvent,pour lui, une chose\nsurajoutée. C'est ainsi, je crois, que certains grands poètes (Shakspeare par\nexemple) ont des idées profondes sur la nature humaine, non pas parce qu'ils\ncommencent par être d'abord des philosophes, mais parce qu'ils ont une grande\nimagination ; c'est l'habitude des images brillantes qui, souvent, leur fait trou-\nver des pensées profondes. Pareillement, le grand compositeur « voit le drame\nlyrique dans la musique qui l'exprime ». (R.Wagner.)\nLes images tendent donc à avoir une existence propre, à se détacher du senti-\nment qui les a provoquées. Elles se transforment d'abord en vue d'une certaine\nbeauté à réaliser ; elles se systématisent, de façon à former un ensemble qui se\nsuffît à lui-même, qui n'a plus besoin, pour être goûté et même compris, d'un\ncommentaire fait avec des idées qu'on emprunte à la vie réelle ; le sentiment\ny reste à l'état diffus, mais il n'y joue plus le rôle essentiel. Les images se sont\norganisées à part, selon la fantaisie du compositeur, de façon à offrir un sens\nindépendant et nouveau.\nCeci nous conduit à étudier la pensée musicale, et ce sera l'objet de la pro-\nchaine leçon.\n\nJULES COMBARIEU"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c006", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "77", "page_fin": "81", "image_debut": 5, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.3.1", "titre_corps": "LA PENSÉE MUSICALE", "titre_sommaire": "LA PENSÉE MUSICALE", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.5", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "LA PENSÉE MUSICALE\n\nIII. - LES IMAGES DANS LA MUSIQUE.\n(Cours du lundi. — Résumé.)\nDans une lettre du 17 mars 1828, adressée à son ami Flechsig, le compositeur\nle plus sentimental, celui qu'on a appelé avec raison un des poètes de la musique,\nRobert Schumann, s'exprime ainsi : « L'amour et l'amitié passent sur cette\nterre un voile au front et les lèvres closes ; aucun être humain ne peut dire à un\nautre comment il l'aime ; il sent seulement qu'il l'aime. L'homme intérieur n'a\npas de langage, il est muet. » Cette déclaration (que Schumann emprunte à\nJean-Paul) est répétée dans une autre lettre du même (28 avril 1828, recueil\ndes Jugendbriefe, publié par Clara Schumann, 3e édit.5 Leipzig, 1900). Ma der-\nnière leçon n'a pas été autre chose que le commentaire de ce texte, que je cite\npour résumer ce qui a été dit. J'ai essayé de prouver par des analyses précises\nque nous connaissons bien et pouvons représenter les effets du sentiment, mais\nque nous ne pouvons l'atteindre directement en lui-même que par la conscience.\nLa musique est le dynamomètre des états affectifs. Parle choix du mouvement\n(depuis le prestissimo jusqu'à Vadaio) et par l'intensité des sons (depuis le\nfff jusqu'aux smorzcindo, perdendosi, etc...), elle représente les accélérations\nou les ralentissements, les gains ou les pertes de la force vitale. Comme « imi-\ntation » réaliste et directe, elle ne peut rien de plus.\nD'autre part cependant, la musique est habituellement considérée comme « le\nlangage du cœur », et il ne manque pas de musiciens aussi autorisés que Schu-\nmann qui sont en contradiction formelle avec lui. J'ai annoncé que je mettrais\nd'accord ces opinions extrêmes et intransigeantes, en dissipant un malentendu.\nC'est ce que je vais tâcher de faire aujourd'hui.\nQuand on ne peut pas atteindre un but en suivant la ligne droite, on prend\nun détour. Quand on ne peut pas représenter directement un phénomène psycho-\nlogique, un sentiment ou une idée abstraite, on emploie un symbole, une\nimage, dont l'exactitude repose non sur la ressemblance réelle du signe et de"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.6", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3496, "texte": "la chose signifiée, mais sur les associations d'idées qui interviennent et servent\nde lien entre les deux termes. Tel est le procédé constamment usité dans le\nlangage courant, dans le langage artistique (poésie) et dans le langage musical.\nDans le langagecourant, nous prêtons aux idées : un poids ; on dit, en effet, des\nidées graves, légères ; une couleur ;on dit : des idées claires, sombres, bril-\nlantes, troubles, noires (cf. voir tout en rose, être dans le bleu, etc...) ; une\ndimension; on dit: des idées larges, étroites, projondes... ; une localisation\ndans l'espace ;on dit : des idées élevées, sublimes, terre à terre... \\ une qualité\nde résistance; on dit: des idées fortes, solides, un coeur dur, tendre, etc. ;\ndes propriétés géométriques ; on dit : un esprit pointu, carré, un homme rond en\naffaires, un « cercle » ou une « sphère d'idées », un esprit à facettes, etc... ;\nune saveur ; on dit : des pensées amères, douces, fades, de bon ou de mauvais\ngoût ; une température ;on dit :un cœur chaud, froid, glacé... Tels sont les\nintermédiaires que l'instinct nous fait trouver pour exprimer un phénomène de\nla vie morale.\nDans le langage artistique de la poésie, se multiplient et se développent ces\nimages. Le rôle habituel du poète n'est pas d'inventer des sentiments, mais de\ntraduire avec des formes plus brillantes des états affectifs communs. Victor\nIlugo ne connaît pas la vie de l'âme mieux que Racine ; on peut dire cependant\nqu'il est plus grand poète que Racine, parce qu'il a plus d'images. Les images\nne sont pas tout, il s'en faut ! dans a lpoésie ; mais elles ont une importance\ncapitale. Prenez une pièce de vers ou une page de grande éloquence ; dépouillez-\nla de ses métaphores : il ne restera qu'un squelette. Le poète prend un état\naffectif banal, et l'enveloppe dans ce que Th. Gautier appelle\nLe manteau que lui file, à son rouet d'ivoire,\nL'imagination !...\nEn musique, l'expression se fait avec des sensations sonores et non avec des\nconcepts, mais le procédé est lemême, car ces sensations sonores(sortes d'images\nréalisées) n'ont de valeur « imitative » que par les associations d idées qu'elles\néveillent. Essayons de nous représenter Chopin improvisant au piano, sous le\ncoup d'une grande émotion, un nocturne ou uneballade : il domine sa sensibilité ;\nle problème qui se pose pour lui (problème qu'il résout sans effort, et d'instinct,\nparce qu il a du génie), c'est de créer, avec les sons, une forme plastique capable\nde représenter ce qui, par nature, répugne à toute forme plastique. Il supprime\nainsi l'antinomie du monde moral et du monde sensible; il projette l'âme [her-\nvorruft) dans un système de formes ; il fait une sorte de miracle qui nous étonne,\nmais par des procédés qui consistent à créer des associations d'idées, et dont\non peut dire à la fois qu ils n' « imitent » rien (directement) et qu'ils peuvent tout\n(( imiter » (indirectement). Considérée au point de vue de l'expression, la musi-\nque est une suite de métaphores constituées par des sensations et non des con-\ncepts. Prenons quelques exemples.\nVoici, dans le plain-chant, une forme musicale très ancienne : Y alléluia. Bien\nque, d'après l'étymologie (Hallelu, impér. plur. du verbe Hillel, louer, et Y ah,\nabrv. deJéhovah), il signifie loue^Dieu, l'alleluia peut être considéré comme\nl'expression de la joie (v. saint Augustin, in Psalm. XXXII, n° 8 ; Cassiodore,\nPatr. lat. de Aligne, t. LXX, col. 742, etc...). Immensa latitudo gaudiorum, aula"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.7", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "Domini lœta respondet, telles sont les formules qui caractérisent cette acclama-\ntionliturgique. Comment le compositeur s'y est-il pris pourexprimer l'allégresse ?\nil a réalisé une image. Sur la dernière syllabe du mot alléluia, il a placé une mé-\nlodie très étendue, unjubilus, d'abord très libre (symétriquement ordonné plus\ntard),où le chanteur prend ses ébats. La joie est un sentiment expansif et explosif.\nPour l'exprimer, le musicien a imaginé une végétation très riche de notes sur le\ntexte littéraire. L'association des idées établit instinctivement une convenance entre\nces termes : i°la joie; 20 la liberté du dessin mélodique et son étendue inusitée.\nPourexprimer l'humilité (par exemple sur les mots « vermis sum », je suis un ver\nde terreur. 2 Feria VI post Bam8am SS. Corporis Christi), la mélodie n'aura qu'une\nnote pour chaque syllabe. Le plain-chant n'est pas, à proprement parler, une\nmusique expressive et descriptive; il obéit cependant, assez souvent, aux lois gé-\nnérales de l'art musical. Quand il doit marquer la gloire et la puissance de Dieu,\nil n'emploie pas les mêmes images que quand il parle de la misère du pécheur.\nDans la musique moderne, dans les opéras et les opérettes (y compris l'admi-\nrable chanson d'Aristée dans Orphée), inutile de montrer que les vocalises, les\ncadences ad libitum, etc. sont presque de règle pour exprimer la joie.\nLa musique excelle à représenterl'état affectif opposé : la tristesse, ledécoura-\ngement, l'ennui. Voici la formule imaginée par Wagner au début de son ouver-\nture pour Faust :\nIci, l'association des idées établit une analogie entre la tristesse et i° la couleur\nsombre (obtenue par l'emploi du registre grave et des contre-basses); 2° la len-\nteur et la direction descendante du dessin mélodique, où les intervalles de\nseptième et d'octave et les dernières notes donnent une image de lassitude, d'im-\npuissance, de chute. L'assimilation de ces sentiments à la couleur sombre est\nclassique dans la poésie. (Cf. Homère, Iliade, xvm, 22; Euripide, Hp. goe.v.\nv. 1139 ; Shakspeare faisant dire à Hamlet par Clodius : « Pourquoi ces nuages\nqui continuent à vous envelopper ? » etc...)\nSchumann, ayant à représenter le désir (op. 51, n° 1), imagine la formule\nsuivante I"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.8", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2466, "texte": "Ce double dessin, où les parties semblent se poursuivre, ces méandres ca-\npricieux de la mélodie, réalisent assez bien l'image employée par Lamartine\nparlant du désir :\nLe vol du papillon qui jamais ne se pose...\nJe citerai encore les premières mesures du prélude de Tristan et Isolde :\nCet accord dissonant (dont le caractère douloureux est produit par le triton\nfa-si, par le mélange de deux tonalités différentes, par l'emploi d'instruments\nplaintifs : 2 hautbois, 2 clarinettes en la, un cor anglais, un violoncelle, un ler\net un 2e basson pour accentuer la couleur), accord dissonant qui se résout sur\nune autre dissonance et qui, suivant un chromatisme lent où les notes reposan-\ntes sont retardées par desàppoggiatures, c'est Fimage du conflit créé parla ren-\ncontre de deux forces qui ne peuvent se pénétrer et se disjoignent comme sous\nl'empire d'une loi supérieure ; c'est la représentation de deux âmes qui s'étrei-\ngnent un instant puis se séparent et se perdent dans un abîme de mystère :\nShakspeare compare deux amis qui se séparent aux deux planches de la\nbarque qui se disjoignent, pour s'enfoncer chacune d'un côté de l'abîme. Nous\navons ici quelque chose d'analogue.\nOn pourrait multiplier ces exemples (1). Je me bornerai à quelques observa-\ntions générales.\ni° Les images musicales sont une œuvre de l'esprit créateur de l'artiste, et\nnon une œuvre d'observation, comme il faudrait le dire si on admettait qu'il y\na « un langage naturel du sentiment. » L'imagination y déploie les ressources les\nplus hautes et les plus délicates de l'invention et de 1 ingéniosité, car le compo-\nsiteur, toutes les fois qu'il traite un sujet de ce genre, est oblige de créer une\nlangue nouvelle ; et le problème qu'il résout à chaque instant consiste à ima-\nginer des symboles capables d'exprimer ce qui, par nature, est inexprimable.\n20 Ces images sont toujours très incomplètes, et ne doivent leur effet qu'à une\nanalogie de détail, établie sur deux ou trois points seulement, entre les sensations\nde l'oreille et des phénomènes d'un ordre tout différent. Mais il suffît que, sur\nquelques points bien choisis, le musicien nous fasse apercevoir un rapport de\nressemblance entre le langage qu'il nous parle et le sujet qu'il traite, pour\nqu'aussitôt notre imagination, collaborant avec la sienne, entre en jeu et recons-\ntruise tout un ensemble.\n\n(i) Je renvoie à mes Rapports de la musique et de la poésie (Alcan, 1894), ch. 11 et m."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.9", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "Il en résulte que pour comprendre la musique, il faut avoir soi-même de l'ima-\ngination. Il faut que l'auditeur, cédant à l'impulsion que lui donne le musicien,\nsoit capable de reconstituer l'ensemble dont on veut lui donner l'idée. Et comme\ncette reconstitution se fait à l'aide d'association d'idées, et que les associations\nd'idées ne sont pas les mêmes dans tous les esprits, il en résulte que la musique\nn'est pas comprise de la même façon par tout le monde.\n4° Dans nos analyses, nous avons posé d'abord un sentiment, puis nous\navons cherché les analogies que peuvent présenter avec lui les symboles réalisés\npar l'art musical. Le véritable artiste ne procède pas ainsi. Cette méthode est\nbonne pour un exposé fait par un professeur, et pour un enseignement d'école ;\nelle n'est pas celle du musicien. Le compositeur voit tout de suite l'image à cons-\ntituer, et l'effet esthétique qu'elle produira ; c'est là ce qui détermine son acte\ncréateur, et met en mouvement son inspiration. Ce que nous considérons comme\nson modèle(c'est-à-dire l'état effectif à représenter) est souvent,pour lui, une chose\nsurajoutée. C'est ainsi, je crois, que certains grands poètes (Shakspeare par\nexemple) ont des idées profondes sur la nature humaine, non pas parce qu'ils\ncommencent par être d'abord des philosophes, mais parce qu'ils ont une grande\nimagination ; c'est l'habitude des images brillantes qui, souvent, leur fait trou-\nver des pensées profondes. Pareillement, le grand compositeur « voit le drame\nlyrique dans la musique qui l'exprime ». (R.Wagner.)\nLes images tendent donc à avoir une existence propre, à se détacher du senti-\nment qui les a provoquées. Elles se transforment d'abord en vue d'une certaine\nbeauté à réaliser ; elles se systématisent, de façon à former un ensemble qui se\nsuffît à lui-même, qui n'a plus besoin, pour être goûté et même compris, d'un\ncommentaire fait avec des idées qu'on emprunte à la vie réelle ; le sentiment\ny reste à l'état diffus, mais il n'y joue plus le rôle essentiel. 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Le savant collaborateur de la Neue Zeitschrift s'oppose aujourd'hui à lin-\nsertion de cette lettre dans notre Revue, et je le regrette, car elle était fort cour-\ntoise et bien tournée ; c'est un plaisir que de discuter avec un adversaire dont\nles manières et le style disent assez la haute culture. L'accusation de chauvi-\nnisme, qu'il portait contre moi, n'était point tant que cela pour me déplaire : je\nm'y attendais d'ailleurs ;je ferai seulement remarquer au Dr Niemann que si\nj'étais un vrai « chauvin », je ne m'inquiéterais pas tant que cela de l'opinion de\n\n(i) Suite. Voir les Revues du ier décembre 1904 et du i*ei janvier 1905."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.10", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 3464, "texte": "l'Allemagne. Au fond, je suis absolument de son avis: l'art ne doit pas con-\nnaître de frontières ; c'est pourquoi je souhaite que le nôtre dépasse celles de\nnotre pays.\nMon honorable contradicteur semble un peu piqué, d'autre part, d'avoir été\ntraité de « critique relativement éclairé ». J'entendais par là qu'il connaissait la\nmusique française un peu mieux que ses confrères, et je ne voulais point du tout\ndiminuer sa compétence en ce qui touche àla musique allemande ancienne ou\nmoderne.\nMais il est temps de venir au fait. «Je n'ai pas voulu, déclare à peu près le\nDr Niemann, tracer le tableau de la musique française à la fin du xixe siècle,\nmais seulement rassembler les caractères dominants des quelques nouveautés\nmusicales que la parcimonie des éditeurs français avait laissé pénétrer dans\nnotre pays en ces derniers temps. » Voilà qui est fort bien ; mais il fallait le\ndire. Je ne trouve rien de pareil dans l'article de la Nene Zeitschrijt, mais seule-\nment ces lignes ambiguës :\nJ'ai sous les yeux une petite collection de ces œuvrettes, et je veux signaler ici les meilleures.\nSans doute on n'y rencontrera pas les maîtres les plus illustres de la musique française, d'lndy,\nFauré, Bruneau, Gilson(i), Charpentier, Dukas, mais Dupont, Duparc, Lacroix, Chausson, et\nautres auteurs de mérite, dont je parie bien que nous ignorons jusqu'aux noms.\nN'est-ce pas ainsi que l'on annonce une étude d'ensemble, et non une simple\nrevue de quelques publications nouvelles ? Je ferai remarquer en outre que ce\nnuméro de la Zeitschrift porte comme titre général :La Musique en France, et ne\ncontient, à côté de l'étude du Dr Niemann, qu'un relevé des sommaires de nos\nprincipales revues de musique, et un court, un piètre, un lamentable article sur\nE. Chausson, où nous apprenons que « son Concerto pour piano et orchestre et\nson Quatuor avec piano sont des œuvres de premier rang », que « sa Symphonie,\nsa Chanson perpétuelle et quelques-unes de ses Romances feront toujours honneur\nà son nom », et que «le Roi Arthus est peut-être celle de toutes ses œuvres qui\ncontribuera le plus à lui assurer la popularité ». En revanche, on ne nous laisse\npas ignorerqu'il était riche, qu'il avait épousé une charmante femme, qu'il avait\n« cette inquiétude morale qui est la sauvegarde des riches et des heureux », et\nque sa vie fut « un songe mélancolique, mêlé de peu de joies et voilé par la\ntristesse d une âme mécontente d'elle-même et de l'univers pour n'avoir pas\nborné ses aspirations ». Cet article a pour auteur un Français ; mais, comme le\nchauvinisme ne m'aveugle pas, je reconnais que cette rhétorique larmoyante ne\nfait guère honneur ni à Chausson ni à la critique française. Et c'est tout : on\nn'a même pas essayé, en ce numéro qui nous était cependant consacré, d'in-\ndiquer les caractères généraux de notre musique moderne, les influences qui se\nla partagent, les écoles qui s'y dessinent, les principes qui s'y combattent. Rien\nsur Franck, rien sur d'lndy et le groupe de la Schola, lien sur le Conservatoire\net ses doctrines, rien sur Debussy et les voies nouvelles qu'il ouvre à nos jeunes\ncompositeurs. Est-ce là une manière acceptable de nous étudier et de nous faire\nconnaître ?\nQuant au peu d'empressement de nos éditeurs à se dessaisir de leur musique,\n\n(i) On voit que le Dr Niemann ne craint au moins pas de mettre les Belges au compte de la\nFrance. E. de Solenière n'était pas de cet avis."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.11", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 677, "texte": "les plaintesduD1' Niemann sont fondées ; mais nous pouvonsy joindre les nôtres.\nIl y a trois ou quatre maisons à Paris où l'on comprend le rôle de la critique ;\npartout ailleurs, nous sommes traités en suspects ou en ennemis ; nous ne rece-\nvons ni les publications nouvelles, ni même le catalogue qui nous permettrait de\nnous tenir au courant. La renommée seule nous guide ; et nous sommes mieux\nplacés, pour entendre se's voix, que le Dr Niemann, je le reconnais. Mais, encore\nune fois, c'est dans l'article même qu il fallait faire ces réserves et indiquer\nqu'une étude entreprise dans d'aussi mauvaises conditions serait forcément très\nincomplète."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c012", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "83", "page_fin": "83", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.5", "titre_corps": "Les ennemis de la Schola.", "titre_sommaire": "Les ennemis de la Schola.", "signature_source": "CONSTANT ZAKONE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.11", "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 2762, "texte": "Les ennemis de la Schola.\nCONSTANT ZAKONE.\nC'est, d'abord, la Sorbonne tout entière. Voici, en effet, le « conseil » que l'on\ndonne aux jeunes artistes, àla fin des Tablettes de la Schola du 15 décembre 1904 ;\nN'entrez pas à la Sorbonne pour écouter les inutiles verbiages universitaires, mais pour con-\ntempler dans l'hémicycle le pur chef-d'œuvre de Puvis de Chavannes, qui ne fut jamais membre\nd'aucune Académie.\nVoilà qui est net : Faculté des Lettres avec ses cours et ses conférences, Fa-\nculté des Sciences avec ses laboratoires, Ecole des Hautes Etudes, Ecole des\nChartes, tout est condamné sans appel. Sans doute parce qu'on ne s'y occupe\npoint de musique ? Eh non ! car alors on aurait fait au moins une exception pour\nle cours de M. Romain Rolland sur Gluck, si bien documenté d'ailleurs, si in-\ntelligent et si vivant. S'imagine-t-onpeut-être queles professeurs de la Sorbonne\nsont tous membres de quelque Académie, ce qui, comme on sait, est un brevet\nde médiocrité ? Ou que, salariés par l'Etat, ils ont sur toute chose des opinions\nd'Etat, haïssables par cela même ? Je ne sais, mais j'ai vu souvent, aux Concerts\ndelà Schola, des étudiants et des professeurs de la Sorbonne, voire des membres\nde nos cinq Académies. Va-t on les consigner à la porte, pour que leur savoir\nnéfaste ne corrompe pas la sainte ignorance des jeunes gens de la maison ?\nLes malheureux proscrits seront d'ailleurs en bonne compagnie : Madame de\nNoailles, si je sais lire, reçoit aussi son anathème un peu plus loin, pour avoir\nécrit le Visage émerveillé. Quel rapport entre ce joli livre et le contrepoint ou la\nfugue ? Je renonce à le découvrir. Ou bien a-t-on pris au sérieux la trame légère\noù s'inscrivent tant de délicates impressions, et la nonne innocemment cou-\npable a-t-elle paru suspecte d'anticléricalisme? C est possible, mais j'aimerais\ncertes mieux qu'on ne se mêlât point de critique littéraire à la Schola, ni de\npolitique, et que l'on ne donnât pas à une entreprise aussi noble et aussi géné-\nreuse en son principe tous les ridicules des coteries que l'on prétend combattre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "84", "page_fin": "86", "image_debut": 12, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.6", "titre_corps": "A propos de harpe.", "titre_sommaire": "A propos de harpe.", "signature_source": "GEORGES PFEIFFER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.12", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3341, "texte": "A propos de harpe.\n\nL'histoire se renouvelle sans cesse dans les grandes comme dans les petites\nchoses, et les révolutions ne sont pas seulement du domaine de la politique.\nL'histoire de la musique, en particulier, nous en donne la preuve par les trans-\nformations successives de tous les instruments ; d'abord simples et suffisants\npour les besoins de l'art à l'origine, ils ont été toujours se compliquant, pour\nrépondre à la complication continue de la musique elle-même.\nA chaque étape, les perfectionnements ont été surtout combattus par les vir-\ntuoses de l'instrument transformé, ceux-ci voyant anéantir une partie de leur\nvirtuosité, par conséquent de leur valeur personnelle.\nSans remonter au déluge, nous voyons le piano-forte apparaître en public à\nLondres en 1764, pour la première fois, sousles doigts d'undes fils de J.-S. Bach.\nOr, dans les célèbres Etudes sur la musique de Delaborde (1780), on lit ceci :\n(( On ose opposer à notre magnifique et noble clavecin le piano-forte, secet criard».\nC'était à ses débuts, il est vrai, un instrument incomplet; nous voyons ce qu'il\nest devenu depuis.\nPrès d'un siècle plus tard, c'est la flûte, perfectionnée par Boehm, qui lutte à\nson tour contre la routine.\nTulou, le grand virtuose, n'en veutpas. Victor Coche, son répétiteur à la classe,\nla préconise. Une commission de l'lnstitut juge la bataille. Une page est écrite\npar Chérubini pour le nouvel instrument ; Tulou la déclare injouable, tandis\nque Victor Coche la lit sans faute, malgré ses modulations chromatiques, et fait\ntriompher le système nouveau.\nLa clarinette Boehm éprouva les mêmes difficultés au début. Enfin, ce ne fut\nque trente ans après, que le cor et la trompette à pistons chromatiques délogè-\nrent officiellement à leur tour le système simple. Je sais d'autant mieux la date\nde l'adoption du cor à pistons au Conservatoire, que mon Concertstuck pour cet\ninstrument est le premier morceau qui ait été joué à un examen delà classe ;\nquelques années après, ce Concertstuck servait de morceau de concours.\nAujourd'hui, c'est la harpe chromatique qui est sur la sellette ; maisc'est l'hon-\nneur du Conservatoire et de son éminent directeur, M. Théodore Dubois, de\nl'avoir moins fait attendre que les instruments de bois et de cuivre perfectionnés.\nVoici son histoire. Je me plaignais un jour à M. Gustave Lyon de ce que ce\ndélicieux instrument fût le seul rétrograde, la musique marchant de plus en plus\nvers un chromatisme effréné. Je lui disais l'ennui du compositeur, obligé de cal-\nculer si les pieds de l'instrumentiste avaient le temps, à chaque dièse, bémol ou\nbécarre, d'accrocher ou de décrocher les pédales d'un ou deux crans, le résultat\nétant une gymnastique désordonnée rendant presque impossible l'exécution des\nœuvres modernes. C'est ce mouvement pénible, disgracieux et difficile, qui a tué\nla harpe dans les salons et l'a fait abandonner par les femmes. Rien n'était plus\njoli jadis, sous leurs doigts, que la harpe accompagnant la simple mélodie de\nGarat, sans aucun besoin de modulations et par conséquent de pédales.\nJe citais Wagner ne connaissant pas d'obstacle et écrivant dansla Walkyrie une\npartie délicieuse et importante que deux artistes réunis ne parviennent pas à\nexécuter fidèlement à l'Opéra.\nEnfin, je demandais à M. G. Lyon si l'on pouvait appliquer àla harpe à"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.13", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3361, "texte": "pédales le système de l'exécution à quatre mains, en fabriquant une harpe basse\net une harpe dessus, toutes deux chromatiques, l'instrument actuel ne pouvant\ncontenir les 80 cordes nécessaires.\nMon idée était impraticable ; doubles frais pour un instrument que les pédales\nrendent si cher ; doubles frais de cachet d'artiste, en supposant que chaque har-\npiste se résigne à n'être que la moitié d'un musicien.\nCette conversation germa dans l'esprit ingénieux et inventif de M. G. Lyon\n(cette famille est décidément chromatique, car M. Coche, dont je parlais plus\nhaut, était son grand-père).\nIl eut l'idée décroiser les cordes comme dans les vieilles harpes galloises, en\nles partageant en blanches et noires, de façon à figurer exactement la disposition\net la couleur des touches du piano. Le problème était victorieusement résolu.\nDepuis, que d efforts il lui a fallu pour amener la harpe chromatique à sa per-\nfection actuelle ! c est-à-dire à la plénitude et à la force des sons, à une énergie\ndans les basses inconnue jusque-là!\nQu'il y ait des détracteurs encore, cela est bien naturel ;mais il suffit de constater\nque le jeune instrument, datant à peine de sept ans, a déjà pris droit de cité dans\nles Conservatoires de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Milan, Florence, Venise,\nLille, Nîmes, etc... Bien plus, cette année, la harpe chromatique seule présentait\ndes élèves à Bruxelles et à Lille.\nM. L. M. Tedeschi, le célèbre harpiste italien, enseigne les deux harpes con-\ncurremment dans sa classe, à Milan ; les illustres chefs d'orchestre Richter, Motl,\nWood, demandent les harpistes nouveaux. Parmi les compositeurs, Masse-\nnet préconise la harpe chromatique tout comme les novateurs les plus hardis,\ntels que X. Leroux, Erlanger et Debussy. Celui-ci écrivait, cette année, le mor-\nceau de concours de harpe chromatique pour le Conservatoire de Bruxelles La\ncommission du Conservatoire de Paris voulait bien choisir ma Fantaisie-Ballade\npour la nouvelle classe, tandis que Fauré écrivait sa jolie Fantaisie pour le\nconcours de harpe ancienne.\nLe piquant delà chose est qu il eût été impossible d'échanger ces deux der-\nniers morceaux entre les deux classes, le mien étant trop chromatique pour la\nharpe à pédales, et la Fantaisie de Fauré ayant réuni toutes les variétés de glis-\nsades qui sont spéciales à celle-ci.\nLa glissade, en faveur au piano du temps de Dussek, dellummel et de Weber,\na disparu ; il ne m'étonnerait pas qu'il en fût de même pour la harpe ; et pourtant\nla plus grosse objection opposée au nouvel instrument est qu'il a peu de vérita-\nbles glissades à sa disposition. Ma Fantaisie-Ballade en contient cependant deux\nexemples.\nEn tous cas, l'objection n'a guèrede valeur, puisque les glissades, par exemple,\ndu Crépuscule des Dieux ont été exécutées de telle manière que les auditeurs ont\ncru entendre la harpe à pédales. En effet, les mains se partageant très rapide-\nment la gamme de si bémol qui existe dans cette partition, donnent l'illusion de\nla glissade.\nUn compositeur y lut pris un jour ; ayant écrit une glissade au début de son\nmorceau et ayant entendu l'effet désiré, il n'en pouvait croire ses oreilles en\nconstatant qu'il avait affaire à une harpe chromatique. Enfin, les glissades de\nseptième diminuée sont exécutées à l'orchestre de façon à ne pouvoir être distin-\nguées des glissades homophones."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.14", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1910, "texte": "Est-il utile de répondre aux objections excentriques recueillies parmi les flots\nd'encre répandus à propos du dernier concours ? J'ai lu que la harpechromatique\nétait un retour en arrière, puisqu'elle supprimait le perfectionnement des pé-\ndales ; mais il fallait ajouter que ces pédales sont remplacées par les cordes de\ntoutes les notes que donnaient les accrochements.\nOn a dit que les cordes étaient trop serrées pour vibrer sur la table d'harmo-\nnie. On n'ajoute pas que cette table d'harmonie est doublée de largeur dans la\nharpe chromatique. On a opposé aux récompenses décernées à la classe nou-\nvelle, celles plus nombreuses obtenues par l'ancienne. Mais la classe toujours\nadmirable de M. Hasselmans possède des élèves de troisième et de quatrième\nannée, tandis que celle de Mme Tassu-Spencer ne présentait que des débutants\nde première année au Conservatoire.\nOn trouve inutile que la harpe nouvelle se prête à la musique écrite pour le\npiano : on ne peut cependant reprocher à un instrument cette extension magni-\nfique de son répertoire. Certains critiques la trouvent moins moelleuse ; mais\nd'autres, et non des moindres, la déclarent plus puissante ; c'est là affaire de goût.\nD'ailleurs le progrès est de tous les jours ; si la harpe à pédales a atteint dans le\ncours du dernier siècle son maximum de perfection, ne peut-on accorder à la\nharpe chromatique, sortant à peine du berceau, le bénéfice de l'avenir ?\nL'essentiel est ceci: 1 instrument nouveau envahit chaque jour davantage le\nmonde musical ; il a pris déjà droit de cité aux concerts Colonne il y a peu de\nsemaines : le succès du morceau de M. Debussy, sous les doigts habiles de\nMme Wurmser-Delcour, lui a donné là une triomphale entrée. Enfin les rai-\nsons qui ont fait abandonner les flûtes, clarinettes, cors et trompettes d'antan,\nproduiront les mêmes résultats en sa faveur.\n\nGEORGES PFEIFFER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "86", "page_fin": "89", "image_debut": 14, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.7", "titre_corps": "Essai sur le contrepoint mélodique", "titre_sommaire": "Essai sur le contrepoint mélodique", "signature_source": "AUGUSTE SÉRIEYX", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.14", "debut_caractere": 1912, "fin_caractere_exclue": 2951, "texte": "Essai sur le contrepoint mélodique\n\n(i).\nII. - LE RYTHME ET LA TONALITÉ DANS LE CONTREPOINT NOTE CONTRE NOTE.\nLe thème mélodique complet, tel qu'il vient d'être décrit et étudié, est soumis\nselon nous à certaines lois rythmiques et tonales qui doivent nécessairement\nêtre étendues à toute construction contrapontique susceptible de lui être ulté-\nrieurement superposée.\nToutefois, deux différences apparaissent immédiatement, au point de vue\ndidactique qui nous occupe, entre le thème et le contrepoint, de quelque espèce\nqu'il soit :\ni° Le thème est invariable par définition, puisqu'il est donné à l'élève sans\nmodification possible. C'est là une simple nécessité d'enseignement, qui dispa-\nraît dans la composition libre, comme disparaissent les « sujets donnés » dans\ntoute application de notre activité, une fois l'étude terminée. Cette fixité du\nthème a pour corollaire nécessaire sa plus haute perfection possible.\nLe contrepoint, au contraire, est éminemment variable ; il est subordonné au\n\n(i) Suite. Voir la Revue du 15 janvier."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.15", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "thème, dont il imite les qualités sans en affaiblir l'équilibre rythmique et tonal;\n20 Le thème est isolé : il est monodique par nature et doit pouvoir se passer de\ntout commentaire contrapontique.\nLe contrepoint, au contraire, est lié au thème et ne peut se passer de lui ; il est\npolyphonique par définition et apporte par cela même, outre son caractère princi-\npalement mélodique, un élément nouveau de simultanéité avec les notes du thème.\nLa première de ces deux différences n'a guère d'autre effet pratique que l'obli-\ngation pour l'élève de remanier indéfiniment les contrepoints jusqu'à leur\nmaximum de perfectionnement, sans jamais introduire dans le thème aucune\nmodification matérielle autre que la transposition totale dans une tonalité plus\navantageuse pour l'étendue des voix qui font entendre le ou les contrepoints. En\nprincipe, aucune modification tonale ne devrait être admise non plus dans la\nfonction de chaque note du thème : nous verrons par la suite comment la rigueur\nde cette règle peut être atténuée.\nQuant à la seconde différence, son rôle est capital et doit être examiné ici\nplus en détail, car toutes les formes contrapontiques sont soumises à cette loi de\nsimultanéité des sons, loi naturelle s'il en fut, dont l'étude et la discussion com-\nplètes ne peuvent trouver place dans cet essai.\nSans entrer dans aucune controverse, nous considérerons cette loi comme\nadmise et expressible dans la forme suivante :\nLe nombre des vibrations totales émises dans le même temps par des corps\nsonores dont la grandeur relative varie toutes choses égales d'ailleurs\ncomme\nlil i I I\nI» 2' 3' '4' d' 0\" • eLL*\nest respectivement égal à\ni, 2, 3, 4, 5, 6..., etc.\net réciproquement.\nLes sons fournis par les six premiers termes de ces deux progressions sont\nconsidérés comme consonants dans l'état actuel de notre système musical. Ils\nforment par rapporta leur point de départ des intervalles qu'on appelle commu-\nnément :\n( i à 2) octave ;\n(1 à 3) quinte juste de l'octave ;\n(1 à 4) double octave ;\n(1 à 5) tierce majeure delà double octave ;\n(1 à 6) quinte juste de la double octave..., etc.\nNotre oreille ayant l'habitude de considérer toutes les octaves d'un son comme\nidentiques à ce son, au point de vue des relations tonales, ces divers intervalles\nse réduisent à :\n(1 à 2), octave ;\n(2 à 3), quinte juste ;\n(4 à 5), tierce majeure.\nConsidérés les uns par rapport aux autres, les sons ainsi établis forment encore\nentre eux les intervalles de :\n(3 à 4), quarte juste ;\n(3 à 5), sixte majeure ;\n(5 à 6), tierce mineure,"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.16", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "Enfin, en vertu de cette substitution d'octaves indéfiniment admise par notre\noreille, la tierce majeure (4 à 5) entendue avec l'une de ses deux notes transposée\nà l'octave prend le nom de :\n(5 à 8) sixte mineure ;\ntoutes les fois que cette modification place le son grave de la tierce à Yaigu, ou\nréciproquement.\nTous les phénomènes succinctement rappelés ici sont, en effet, réversibles,\nc'est-à-dire qu'ils se produisent du grave à Y aigu lorsqu'il s'agit de corps sonores\ndont la grandeur diminue et dont le nombre de vibrations augmente, suivant\nles progressions indiquées, et de Y aigu au grave lorsqu'il s'agit de corps dont\nla grandeur augmente et dont le nombre de vibrations diminue dans les\nmêmes proportions (1).\nTelle est, dans ses grandes lignes, la loi générale de consonance ou d'équi-\nlibre des sons, connue aussi sous le nom de la loi de résonance naturelle (ou\nharmonique) des corps sonores, loi aussi simple, aussi impérieuse, aussi défi-\nnitive dans son principe, qu'elle est multiple, souple et modifiable dans ses\ninnombrables effets. ■- -\nTous les sons consonants, reproduisant partiellement ou totalement Y équi-\nlibre, à l'aide des intervalles qui viennent d'être énumérés, et dont la provenance\nnous est maintenant connue, sorti généralement superposables en contrepoint (2).\nNous verrons par la suite que l'usage a fait subir à cette règle quelques exten-\nsions et restrictions plus apparentes que réelles. - -\nLe contrepoint note contre note consiste clone en une mélodie formée de notes\négales en nombre et en durée à celles du chant donné, et superposables à celles-\nci, chacune à chacune, dans la même tonalité.\nOn peut conclure de cette définition :\ni° Que le contrepoint note contre note est avant toute chose une mélodie,\nc'est-à-dire qu'il reste soumis aux principes cl équilibre rythmique, de variété\nexpressive et d'unité tonale reconnus nécessaires au thème musical quel qu'il\nsoit ;\n20 Que cette mélodie, supposée, dans un but de simplification didactique, sem-\nblable par le nombre et la durée de ses notes au chant donné, doit former avec\nlui une succession ininterrompue d'intervalles consonants (octave, quinte, tierce\nmajeure; quarte, sixte majeure, tierce mineure ; sixte mineure), qu'elle soit écrite\nau-dessus ou au-dessous; . ...\n30 Que l'unité de tonalité existe non seulement dans le thème d'une part et\nclans le contrepoint de l'autre, mais encore et surtout dans leur ensemble,\nentendu simultanément : d'où la nécessité d'un certain discernement dans le\nchoix des consonances employées par le contrepoint superposé au chant, afin\nd'obtenir un renforcement et par une atténuation de la tonalité préétablie dans\n\n(1) Ce qu'on appelle accord parfait, clans la terminologie usuelle de l'harmonie, n'est pas\nautre chose que l'émission simultanée des sons dont le nombre de vibrations correspond aux pro-\nportions ci-dessus indiquées, soit en ordre ascendant (i, 2, 3,4, 5,6) accord parfait majeur.\nsoit en ordre descendant (f, |, |, |, §, §) accord parfait mineur.\n(2) En vertu du principe de réversibilité des consonances, il est à peine utile de remarquer que\nle mot superposable doit être appliqué ici à toute note consonante qui peut s'écrire soit au-\ndessus soit au-dessous d'une note donnée."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.17", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 775, "texte": "ce chant lui-même. Ce choix doit donc faciliter le plus possible la comparaison\ndirecte qui permet d'apprécier presque instinctivement les relations existant\nentre les notes du contrepoint ou du chant et le point de repère commun,\nc'est-à-dire la tonique.\nLes divers intervalles, issus d'un son principal suivant les progressions dont\nil vient d'être parlé, sont plus ou moins aptes à remplir ce but, suivant leur rang-\nvers l'aigu ou vers le grave, et la complexité plus ou moins grande de leurs\nrapports de vibrations avec la tonique.\nPar là se révèle entre ces intervalles une sorte de hiérarchie qui permet de\njustifier une grande partie des usages établis dans l'élaboration du contrepoint\nnote contre note.\n(.A suivre.)\n\nAUGUSTE SÉRIEYX."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c016", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "89", "page_fin": "90", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.8", "titre_corps": "Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.17", "debut_caractere": 777, "fin_caractere_exclue": 2576, "texte": "Publications nouvelles.\n\nJ.-M. MAY AN. Le Chant et la Voix ; la\nProsodie lyrique. Paul Dupont, éditeur.\n— Dans cet ouvrage sérieux l'auteur\nénonce une grande vérité : « Pour tout\nle monde, dit-il, le fonctionnement de la\nvoix est le même ; le son se produit par\nles mêmes effets et avec le secours des\nmêmes organes ». De là pour l'auteur\nnécessité d'instituer des règles pour le\njeu régulier de l'organe, comme il y a des\nrègles de prosodie ou de style.\nPour éviter les inconvénients du passage de voix de poitrine en voix de tête,\n« la seule solution, dit encore M. Mayan, est celle de l'unité démission, c'est-à-\n-« dire une seule manière d'émettre, d'attaquer, de diriger le son, pour\n« toute l'étendue de la voix... La voix prend son appui, sa force et son timbre\n(( dans le masque ». Il y aurait lieu ici de faire des réserves : l'unité d'émission\nest à rechercher par la jonction des registres, et non par suppression, suppres-\nsion qui nous priverait des plus belles notes de la plupart de nos chanteurs, et\ndu registre entier et très naturel de certains autres. Quant à la force vocale, elle\ndépend du courant d'air expirateur.\nM. Mayan est d'avis, avec raison, de ne pas multiplier les exercices de voca-\nlises et de les faire sur toutes les voyelles. La partie prosodique de son ou-\nvrage sur l'art du chant est à remarquer, par la netteté des données et par les\nexemples. A propos du classement des voix, il indique le répertoire de chaque\ngenre de voix ; ce qui est utile et pratique. Toutes réserves faites pour 1 attaque\nen tête, qui est en désaccord avec les faits observés jusqu'à présent, l'ouvrage est\nsérieux et instructif.\n\nPAUL LACOMBE. Feuilles volantes. Danse à cinq temps.\n\nLeipzig, Breitkopf et\nHsertel. Ces pièces sont charmantes, et si l'auteur n'y a point recours à cer-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.18", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 800, "texte": "tains raffinements modernes, c'est peut-être que le genre ne lui semble point\nles comporter. « Vous voulez, Acis, me dire qu'il fait froid ? Que ne disiez-\nvous : Il fait froid ?» Il faut savoir être simple à propos, ce qui n'empêche pas\nd'être exquis. Le Duettino, entre tous, m'a paru d une inspiration délicate et\nsincère. La Danse à cinq temps est ingénieuse, quoique M. Lacombe ait fait\nmieux sur ce rythme, qui lui est, comme on sait, familier. Recommandé à\ntous les pianistes.\n\nL. L.\n\nALBERT ROUSSEL. Trio pour piano, violon et violoncelle. Paris, Bellon Pons-\ncarme. Cette œuvre remarquable, bien construite, claire, sincère en toutes\nses parties, et profondément pensée, sera jouée au Concert de la Société\nNationale du 4 février. Nous aurons alors occasion de l'étudier en détail."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "89", "page_fin": "89", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.8.1", "titre_corps": "J.-M. MAY AN. Le Chant et la Voix ; la", "titre_sommaire": "J.-M. MAY AN. Le Chant et la Voix ; la", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.17", "debut_caractere": 802, "fin_caractere_exclue": 2420, "texte": "J.-M. MAY AN. Le Chant et la Voix ; la\nProsodie lyrique. Paul Dupont, éditeur.\n— Dans cet ouvrage sérieux l'auteur\nénonce une grande vérité : « Pour tout\nle monde, dit-il, le fonctionnement de la\nvoix est le même ; le son se produit par\nles mêmes effets et avec le secours des\nmêmes organes ». De là pour l'auteur\nnécessité d'instituer des règles pour le\njeu régulier de l'organe, comme il y a des\nrègles de prosodie ou de style.\nPour éviter les inconvénients du passage de voix de poitrine en voix de tête,\n« la seule solution, dit encore M. Mayan, est celle de l'unité démission, c'est-à-\n-« dire une seule manière d'émettre, d'attaquer, de diriger le son, pour\n« toute l'étendue de la voix... La voix prend son appui, sa force et son timbre\n(( dans le masque ». Il y aurait lieu ici de faire des réserves : l'unité d'émission\nest à rechercher par la jonction des registres, et non par suppression, suppres-\nsion qui nous priverait des plus belles notes de la plupart de nos chanteurs, et\ndu registre entier et très naturel de certains autres. Quant à la force vocale, elle\ndépend du courant d'air expirateur.\nM. Mayan est d'avis, avec raison, de ne pas multiplier les exercices de voca-\nlises et de les faire sur toutes les voyelles. La partie prosodique de son ou-\nvrage sur l'art du chant est à remarquer, par la netteté des données et par les\nexemples. A propos du classement des voix, il indique le répertoire de chaque\ngenre de voix ; ce qui est utile et pratique. Toutes réserves faites pour 1 attaque\nen tête, qui est en désaccord avec les faits observés jusqu'à présent, l'ouvrage est\nsérieux et instructif."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c019", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "89", "page_fin": "90", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.8.2", "titre_corps": "PAUL LACOMBE. Feuilles volantes. Danse à cinq temps.", "titre_sommaire": "PAUL LACOMBE. Feuilles volantes. Danse à cinq temps.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.17", "debut_caractere": 2422, "fin_caractere_exclue": 2576, "texte": "PAUL LACOMBE. Feuilles volantes. Danse à cinq temps.\n\nLeipzig, Breitkopf et\nHsertel. Ces pièces sont charmantes, et si l'auteur n'y a point recours à cer-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.18", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 500, "texte": "tains raffinements modernes, c'est peut-être que le genre ne lui semble point\nles comporter. « Vous voulez, Acis, me dire qu'il fait froid ? Que ne disiez-\nvous : Il fait froid ?» Il faut savoir être simple à propos, ce qui n'empêche pas\nd'être exquis. Le Duettino, entre tous, m'a paru d une inspiration délicate et\nsincère. La Danse à cinq temps est ingénieuse, quoique M. Lacombe ait fait\nmieux sur ce rythme, qui lui est, comme on sait, familier. Recommandé à\ntous les pianistes.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c020", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "90", "page_fin": "90", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.8.3", "titre_corps": "ALBERT ROUSSEL. Trio pour piano, violon et violoncelle. Paris, Bellon", "titre_sommaire": "ALBERT ROUSSEL. Trio pour piano, violon et violoncelle. 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Nous aurons alors occasion de l'étudier en détail."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "90", "page_fin": "95", "image_debut": 18, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9", "titre_corps": "Théâtres et Concerts.", "titre_sommaire": "Théâtres et Concerts.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.18", "debut_caractere": 802, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "Théâtres et Concerts.\n\nOPÉRA. Daria Jivret de MM. Aderer\net Iphraïm) a reçu bon accueil. C'est un\ndrame bien fait, 4rès clair, un peu sec\npour l'Opéra. La musique de M. Marty,\nd'une couleur russe un peu intermittente,\nest pleine de talent. Nous en rendrons\ncompte dans notre prochain numéro.\n\nOPÉRA-COMIQUE.\n\nReprise de Xavière,\nde Théodore Dubois, poème de Louis\nGallet ; première représentation d'//e-\nlène, poème lyrique en un acte,de Camille Saint-Saëns.\nIl y a des pages charmantes dans Xavière ; l'harmonie est fine, l'orchestre inté-\nressant et clair; la chanson de saint François d'Assise, celle de la Grive et la\nbourrée d'Auvergne sont traitées d'une exquise manière. J'aime moins les airs\nsentimentaux que M Devriès ténorise avec une voix de beurre. M. Fugère est\nun chanoine Fulcran plein de bonhomie, Mlle Thiéry une fort gracieuse Xavière ;\nMmes Marié de l'lsle, Tiphaine et Cocyte, MM. Jean Périer et Huberdeau, com-\nplètent cette excellente interprétation. Il m'a semble que la bourrée d'Auvergne,\nréglée par Mme Mariquita, sentait un peu trop son cake-walk.— Sur l'oeuvre de\nM. Th. Dubois, nous publierons prochainement une étude d'ensemble.\nLe poème lyrique d'Hélène est, en effet, un poème plus qu'un drame, puisque\nl'œuvre se termine au moment où l'action, par le départ d'Hélène, se trouve\nengagée C'est d'abord un simple tableau, le palais de Sparte, la nuit, une nuit\nde fête qui rougeoie de la lueur des torches. C'est ensuite un long monologue\nd'Hélène, qui a quitté son palais pour fuir, non pas Ménélas, mais la tentatrice\nAphrodite ; et la déesse apparaît encore, sortant de l'onde amère, et reste impi-\ntoyable aux supplications de la possédée. Pâris se montre alors, et triomphe\nsans peine, malgré l'apparition d'Athênè et la vision de Troie incendiée. Les\ndeux amants s'embarquent, et c'est fini. La musique est d'une clarté, d'une"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.19", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3490, "texte": "simplicité, d'une élégance suprêmes ; le premier décor, très beau ; Mlle Garden\na une royale noblesse d'attitudes, une tunique mauve exquise, et une voix pure,\navec, toujours, un petit reste d'accent anglais. M. Clément, en prince phrygien\ntout bleu, semble taillé dans l'outremer ; et c'est un excellent chanteur.\nMlle Sauvaget (Vénus) ferait mieux de ne pas chanter.\n\nC. Z.\n\nCONCERTS CHEVILLARD.\nL. L.\n—75 janvier,— Après la Symphonie en lil mineur\n(mauvais départ des violons, au début), on nous offrait une œuvre nouvelle,\nde M. Malherbe, Amour sacré et amour profane. Je n'aime pas mieux lun que\nl'autre, dans la musique de M Malherbe, s'entend. On a trouvé en général les\nidées plus vulgaires que celles du morceau de Pl. Schmitt, apprécié au dernier\nconcert : cela tient peut-être àce qu'elles sont plus à découvert. J'ai beaucoup\naimé, en revanche, la brève allocution de M. Chevillard, qui a suivi : « Mesdames,\nMessieurs, M. Pablo Casais n'étant pas encore arrivé, nous allons jouer Shéhé-\nrazade (1) de Rimsky-Korsakof. » Ainsi se trouva devancée, par le retard d'un\nvirtuose, l'heure de notre plaisir. Cette Shéhérazade est une merveille, un joyau\noriental tout étincelant de rubis, de perles et de diamants :et les mélodies qui\nen forment l'armature sont toutes d'or massif. Art de sensation, dira-t-on. Sans\ndoute, et pourquoi pas? Que serait l'art sans la sensation, et en quoi la sensa-\ntion est-elle inférieure au sentiment, ou à l'idée ?Il y a des assemblages cle cou-\nleurs ou de notes qui parlent plus à l'âme que les plus « expressives » mélodies\net les plus logiques architectures. Tel est le cas ici : dans le conte arabe comme\ndans la musique du maître russe, la mer lourde où vogue Sinbad le marin, les\nmonstres, les tempêtes, les combats, les jardins fleuris, le jeune prince et la\njeune princesse, la fête à Bagdad, le naufrage, tout est une fantasmagorie\naux vives couleurs, tout nous séduit, et nous captive, et nous transporte sans\neffort au pays des rêves. Cette musique qui ignore le développement classique\nest toujours nette en ses contours, riche en sa sonorité, soutenue de rythmes\nalertes et vivants, et d'une harmonie simple et large. Au fond, c'est le poème\nsymphonique de Berlioz, harmonisé par Liszt, et nourri des libres mélodies de\nl'Orient. Il n'est point de plus savoureux mélange ;et l'on trouve en outre ici\nune forte unité d'inspiration qui manque à d'autres œuvres de l'école russe, et\nfait de Shéhérazade notre préférée peut-être.\nLe Soncerto de violoncelle deSchumann, bien joué par M. Casais, quoique\ndans une sonorité un peu rude, est une œuvre manquée qu'il valait mieux ne\npas tirer de l'oubli.\n\n22 janvier. Prix des places augmentés, services supprimés, en l'honneur\nde M. Pietro Mascagni. Grande affluence d'étrangers, Anglais, Américains,\nRoumains, Italiens, toutes les races : tableau. Deux messieurs olivâtres se per-\ndent dans le programme, et prennent le second mouvement de la Symphonie\npathétique de Tchaïkovsky pour l'Ouverture de la Fiancée vendue de Smetana,\n(( un Italien sans doute »; Y allegro qui suit, pour un Scherzo de Cherubini : « Il\ny a longtemps que je n'ai entendu ce Cherubini », déclare le plus âgé ; et quand\nc'est fini, le premier moment de stupeur passé : « Comme on sent bien le souffle\ndu Maître î » Un public ainsi composé ne pouvait que faire un vif succès au\n\n1) J'écris ainsi, comme j'écris Pouchkine, Tchaïkovsky : nous n'avons aucune raison pour\nprerésenter le son ch par un sch allemand."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.20", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3558, "texte": "maestro italien, qui s'agite, glabre et bedonnant, et salue aux applaudisse-\nments, en désignant l'orchestre d'un geste de figurant d'opéra. Tout est mé-\ndiocre, d'ailleurs, en cette interprétation dénuée d'accent et de rythme ; tout, sauf\nles pianissimos, qui sont remarquables :on ne les entend plus du tout. La Sym-\nphonie pathétique de Tchaïkovsky m'a paru plus emphatique et plus vide que\njamais. L'Ouverture de la Fiancée vendue, dont on parlait récemment ici même,\nest fort gracieuse, et animée de rythmes charmants, autant que M. Mascagni me\npermet d'en juger. Une incroyable exécution de l'Ouverture des Maîtres Chan-\nteurs amène enfin quelques protestations. Ah ! quand M. Chevillard nous sera-\nt-il rendu ?\n\nL. L.\n\nCONCERTS COLONNE.\n\n75 janvier. Manfred, la Symphonie fantastique.\nRien à ajouter, ni à retrancher, aux éloges que nous a déjà paru mériter 1 in-\nterprétation de ces deux œuvres.\n22 janvier. La Croisade des Enfants, de G. Pierné (mention honorable au\nConcours de la Ville de Paris). La chronique du moyen âge raconte qu'une\ntroupe nombreuse d'enfants, suivant l'exemple des bandes de croisés qui\nl'avaient précédée, s'achemina vers Jérusalem et périt dispersée sur les grands\nchemins ou engloutie dans la mer. Voilà le fond historique du poème cle\nM. Schwob. Des voix d'en haut ordonnent aux enfants de partir pour la Terre-\nSainte. Un petit aveugle, Alain, que guide par charité la petite Allys, ne peut\nrésister à l'appel divin ; malgré les supplications des parents, ils s'en vont tous\nvers l'Orient (Le départ). Le chemin est long, le soleil brûlant ; ils chantent une\nronde populaire, qui est le leit-motiv de cette 2e partie (La grande route). Sur\nla grève, ils ramassent des étoiles de mer, qu'ils prennent pour de vraies étoiles\ntombées du ciel, et le marinier leur conte la légende de l'étoile... (La mer). Ils\ns'embarquent et font naufrage, mais Jésus leur apparaît, et ils ressuscitent en\nlui (Le Sauveur dans la tempête). La narration du récitant relie ces quelques\népisodes.\nCe poème, qui voudrait être très simple et très naïf, sent le lettré moderne. Je\ntrouve les réflexions suivantes plus dignes d'un théologien qui sait sa rhétorique\nque d'enfantelets du xne siècle : « Que toute angoisse sur terre soit volupté au\nCiel ! Les yeux qui étaient fermés sont ouverts pour toujours. La fin de toute\nchose sainte est dans la joie. » Voilà le style du chœur final. Alain semble\navoir lu Maeterlinck quand il dit à son aimée : « Le Seigneur est ici, dans le\nsouffle de l'air, dans tes cheveux qui couvrent nos figures. » Partant de Jéru-\nsalem, il s'écrie en tribun : « Enfants, levez-vous, les chevaliers ont déposé leurs\narmes, les rois ne savent plus commander. » Si le poème n'a qu'une fausse\nnaïveté, la partition, excepté dans la 2e partie animée par un thème populaire, m'a\nparu d'un style un peu trop savant ou, pour mieux dire, trop moderne. J'y aurais\nvoulu une couleur plus particulière, un accent plus archaïque, des mélodies, des\nrythmes, des timbres qui me transportent à une époque très reculée ; j'avoue\nque cela est très difficile, peut-être impossible, j'aurais désiré que l'auteur me\nressuscitât ou m'inventât le moyen âge. Et néanmoins que de talent dans cette\nlégende musicale !Je louerai particulièrement tout le début de la ire partie, qui a\nde la vie et de la chaleur ; la scène sur la grève, où la musique avec force et pré-\ncision donne vraiment l'impression du flot, sans tomber clans de puérils détails\ndescriptifs; la puissance delà tempête, qui gagnerait pourtant, à mon sens, à être"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.21", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "plus courte et moins assourdissante. En somme, cette musique d'un style tou-\njours élevé et soutenu, d'une inspiration sincère, fait grand honneur àM. Pierné,\net lui a valu une manifestation d'estime et de sympathie à laquelle sa modestie\na presque donné les proportions d'un triomphe. L interprétation a été conve-\nnable.\n\nA. L.\n\nCONCERTS LE REY. —22 janvier. Grand succès pour Mlle J. Lanrezac dans\nla Chanson triste de Duparc, la Marguerite de Schubert et la Chanson ancienne\nde Sauzay.\n\nSALLE ÉRARD.\nL. L.\n—loet 23 janvier. MM. Ferté et Chailley font connaître la\nSonate pour piano et violon de Jean Huré, tirent de l'oubli le Quatuor {avec\npiano) de Castillon, et un Quatuor de Brahms. La dernière de ces belles séances\naura lieu le ier février: œuvres de Bœllmann, Rhené Bâton, Février, Quatuor\nde Saint-Saëns.\n16 janvier. Mlle Hélène Barry n'est certainement pas une virtuose ; elle\nn'a pas l'agilité acrobatique des doigts, ni l'impeccable mémoire ; mais elle a,\nce qui vaut mieux sans doute, un jeu délicat, une jolie sonorité, et le sentiment\nmusical. La Sonate en sol majeur de Brahms a été interprétée avec beaucoup de\ngrâce et de fraîcheur parMlle Barry et l'excellent violoniste Lucien Capet. Parmi\nles morceaux de piano, je citerai, comme particulièrement réussis, le Prélude en\nut dièse mineur de Bach, le Bavolet flottant, de Couperin, une Gavotte de\nCorelli, et une charmante Berceuse de Stephen Heller. Concert très intéressant.\n18 janvier. Quatuor Luquin (MM. Luquin, Dumont, Roelens et Richet).\nJe ne crois pas que la Salle Erard ait souvent retenti d'acclamations plus\nnourries, plus sincères ni plus méritées.lmpossible, en effet, de jouer le Quatuor\nde Debussy avec plus d'intelligence et de sentiment, ni dans une sonorité plus\nfondue et mieux équilibrée : les interprètes ont été dignes de l'œuvre, et je ne\nconnais pas pour eux de plus bel éloge. La Sonate de Haëndelpour deux violons\net piano a fait apprécier le style large, et cependant ému, de MM. Luquin, Du-\nmont et de Lausnay. Une Romance de Fauré. un Scherzo de Chopin, le Trio de\nTh. Dubois et le très intéressant Quintette de Brahms figuraient encore au pro-\ngramme. Le Quatuor Luquin est une toute jeune société ; mais par le sérieux,\nle respect des œuvres et 1 unité de l'interprétation, elle se place déjà au pre-\nmier rang.\n\nSALLE PLEYEL. — 18 janvier, — Quatuor Calliat (Mmc Calliat, MM. Calliat,\nBittar Le Métayer, Jullien). Quatuor n\" 72 de Haydn ; Trio n° 6 de Beethoven,\nQuatuor n° 12 de Beethoven. Très intéressante séance.\n\nMME MARIE MOCKEL. — Mme Marie Mockel a donné avec son succès habituel,\nle jeudi 27, une soirée où furent chantées des œuvres de G. Fauréet de l'excel-\nlent maître Sylvio Lazzari.\nM. JOSEPH DEBROUXdonnera les 2 février, 8 mars et 5 avril 1905, trois Récitals,\nconsacrés uniquement aux œuvres de J~M. Leclair (1697-1764), Senallié ( 1687-\n1730', Francœur (1698-1787), l'Abbé (1727-1787), Louis Aubert (1720-1771). Ces\nœuvres anciennes sont toutes nouvelles pour nous : remercions l'admirable\nartiste qui nous les fait connaître.\n\nSALLE ZEOLIAN. — IJ janvier. — Concert donné par Arthur Rubinstein."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.22", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 2744, "texte": "Œuvres de Bach, Beethoven, Schumann [Carnaval) et Chopin. Jeu agréable,\nsans rien de saillant ni de personnel.\nVoici le programme des douze séances que donnera cette année le Quatuor\nParent, et qui auront lieu àla salle les vendredis 27 janvier ;3, 10, 17,\n24 février; 10, 17, 24, 31 mars ; 7 avril 1905, à 9 h. très précises du soir.\nBeethoven. . . (Quatuors à cordes) 11e, 14e et Grande Fugue.\nMozart . . . Quintette et Quatuor à cordes.\nHaydn. . . . Quatuor à cordes.\nSchumann . . 2 Quatuors à cordes, 1 Quatuor avec piano.\nBrahms ... 2 Quatuors à cordes, Sonate (piano et alto).\nCésar Franck. Quatuor, Sonate, Quintette.\nVincent d'lndy 2e Quatuor à cordes, Poème des Montagnes (pour piano),\nSonate pour piano et violon (ire audition).\nErnest Chausson. Quatuor et sextuor avec piano.\nDebussy . . . Quatuor à cordes, Œuvres pour piano.\nDe Wailly. . . Sonate (piano et violon). OEuvre nouvelle.\nV. Vreuls . . Trio (piano, violon, violoncelle). OEuvre nouvelle.\nRavel. . . . Quatuor à cordes. OEuvre nouvelle.\nSamazeuilh. . Sonate (piano et violon). OEuvre nouvelle.\nJean Huré. . Sonate (piano et violoncelle). OEuvre nouvelle.\nSvendsen . . Quintette à cordes.\nIl est inutile d'insister sur le haut intérêt de cet ensemble, ni sur les services\nque rendent aux jeunes musiciens M. Parent et son excellente phalange. Etant\ndonnée aussi la modicité du prix de l'abonnement (de 40 à 25 francs pour la\nsérie), nul doute que tous les vrais amateurs de musique ne tiennent à enten-\ndre ces beaux concerts.\n\nINSTITUT CATHOLIQUE. -Au cours pratique de Chant grégorien, dirigé par\nM. Amédée Gastoué et qui obtient tant de succès, vient de s'adjoindre un nouvel\nattrait.\nA partir du 10 janvier, un ensemble de conférences est donnépar M. P. Aubry,\narchiviste paléographe, sur (( les à-côté du chant grégorien ». Sous ce titre,\n1 érudit musicologue traitera de 1 origine des proses, des séquences, des tropes,\ndes chants des mystères, de la paléographie grégorienne.\nSauf modifications ultérieures, ces conférences auront lieu : les mardis 10\njanvier, 7 février, 4 avril, 9 mai et 6 juin.\nL'inscription au cours est de 20 francs. Les personnes non inscrites paient un\ndroit de 1 fr. par conférence.\n\nSCHOLA CANTORUM. —' Y 1 janvier. MLLE BL. Sel va continue la série de ses con-\ncerts historiques : au programme, la 2e Sonate de Kuhnau sur des scènes de la\nBible, pièces de Louperin, Rameau, Scarlati et Bach. Les prochaines séances\nauront lieu le 28 février, les 14 et 28 mars, 11 avril 1905.\n27 janvier. Reprise de ÏOrfeo de Monteverdi (1670), dont on n'a pas\noublié le succès de Tan passé.\nConcerts annoncés : les 2et 16 février, 2et 16 mars, audition intégrale des\nœuvres dorgue de Cés. Franck (M. G. Bret, Mllc 81. Selva, le Quatuor Parent);"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.23", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 2914, "texte": "au programme du 2 février: Pièce héroïque, Prélude, Fugue et Variations, Grande\npièce symphonique pour orgue.\nLe 8 février, concert donné par Mmß Camille Fourrier : mélodies de Cl.\nDebussy et Moussorgsky; Quatuor de Debussy (le Quatuor Hayot), Sonate pour\nflûte de Bach (M. Barrère), Suite, avec trompette, de V. d'lndy (M. Lachanaud).\nLes œuvres, comme l'interprétation, seront, on le voit, de tout premier ordre.\n\nTHÉÂTRE TRIANON. — 21 janvier. — Première des séances Engel-Bathori [Une\nheure de musique) consacrée à Cés. FYanck. Causerie par M. Arthur Coquarcl.\nLa 2e séance a lieu le 28 janvier, à 5 heures : œuvres de M. Gédalge.\n\nCONCERTS ALFRED CORTOT.\nM.-D. C.\n—JQ janvier. —Le programme de cette séance\nest aussi intéressant, aussi varié qu'on le peut souhaiter ; sauf le Concerto de\nviolon de Beethoven, il ne comprend pas une seule œuvre qui figure au réper-\ntoire des autres concerts. Voilà qui est fort bien, cl autant plus que tout fut excel-\nlemment présenté par M. Cortot et son orchestre. M. Cortot dirige d'incompa-\nrable façon la musique de Liszt :il sait donner à l'interprétation toute la souplesse\ndésirable, sans pourtant tomber dans l'excès.\nLe poème symphonique Festhlaenge est une superbe page musicale, lucide,\nd'un parfait équilibre, d'une grande intensité de couleur, et qui, comme bien\nd'autres compositions de Liszt, laissées de côté on ne sait pourquoi, devrait depuis\nlongtemps déjà avoir été popularisée ici. Peut-être, en quelque journée de loisir,\nsera-t-il amusant d établir un parallèle entre cette page et Fêtes de M. Debussy.\nJ'aurais besoin d'entendre encore la Rhapsodie moderne de M. Vreuls ; à cette\npremière audition, j'ai trouvé fort intéressant le travail thématique et orchestral\nde l'œuvre. J'ai dit récemment toute l'admiration que j'ai pour les mélodies de\nMoussorgsky et pour Mme Olénine qui en est l'interprète idéale. La grande artiste\na remporté en l'occasion présente son succès coutumier avec la Chambre d'\nainsi qu'avec deux autres pièces orchestrées par M. Cortot avec tact et de très\nheureuse façon. Des fragments symphoniques de YOrfeo de Monteverdi complé-\ntaient le programme.\n\nELYSÉE PALACE. —26 janvier.-—• Œuvres de Louis Lombard, dirigées par\nl'auteur : Air de Ballet, les Lacs Lombards, Guignol, Elégie.\nSOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE. - 24 janvier. MM. Sapellnikof et Henri Marteau\ndonnent une correcte interprétation de la Sonate en mi bémol de Beethoven.\nMme Jeanne Raunay est exquise dans la Phidylé de Duparc.\nCONCERTS ANNONCÉS : Il>E QUINZAINE DE FÉVRIER, Grande Salle Pleyel.\nLe lERIER M. Raymond Marthe, violoncelliste, soir.\n2 M. Joseph Debroux, violoniste,\n4 La Société nationale de musique,\n5 Mme Breton Halmagrand (élèves de), journée.\n6 M. Vincent d'lndy, soir.\n7 M. Armand Forest, —-\n9 M. Daniel Herrmann,\n10 Mme Landowska (re séance),\n11 Mme Olénine d'Alheim,\n13 Mlle Cécile Meiidt, —-\n14 Mlle Gau d a,\n15 Mlle Henriette Menjaud,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "90", "page_fin": "90", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.2", "titre_corps": "OPÉRA. Daria Jivret de MM. Aderer", "titre_sommaire": "OPÉRA. Daria Jivret de MM. 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Jean Périer et Huberdeau, com-\nplètent cette excellente interprétation. Il m'a semble que la bourrée d'Auvergne,\nréglée par Mme Mariquita, sentait un peu trop son cake-walk.— Sur l'oeuvre de\nM. Th. Dubois, nous publierons prochainement une étude d'ensemble.\nLe poème lyrique d'Hélène est, en effet, un poème plus qu'un drame, puisque\nl'œuvre se termine au moment où l'action, par le départ d'Hélène, se trouve\nengagée C'est d'abord un simple tableau, le palais de Sparte, la nuit, une nuit\nde fête qui rougeoie de la lueur des torches. C'est ensuite un long monologue\nd'Hélène, qui a quitté son palais pour fuir, non pas Ménélas, mais la tentatrice\nAphrodite ; et la déesse apparaît encore, sortant de l'onde amère, et reste impi-\ntoyable aux supplications de la possédée. Pâris se montre alors, et triomphe\nsans peine, malgré l'apparition d'Athênè et la vision de Troie incendiée. Les\ndeux amants s'embarquent, et c'est fini. 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L.\n—75 janvier,— Après la Symphonie en lil mineur\n(mauvais départ des violons, au début), on nous offrait une œuvre nouvelle,\nde M. Malherbe, Amour sacré et amour profane. Je n'aime pas mieux lun que\nl'autre, dans la musique de M Malherbe, s'entend. On a trouvé en général les\nidées plus vulgaires que celles du morceau de Pl. Schmitt, apprécié au dernier\nconcert : cela tient peut-être àce qu'elles sont plus à découvert. J'ai beaucoup\naimé, en revanche, la brève allocution de M. Chevillard, qui a suivi : « Mesdames,\nMessieurs, M. Pablo Casais n'étant pas encore arrivé, nous allons jouer Shéhé-\nrazade (1) de Rimsky-Korsakof. » Ainsi se trouva devancée, par le retard d'un\nvirtuose, l'heure de notre plaisir. Cette Shéhérazade est une merveille, un joyau\noriental tout étincelant de rubis, de perles et de diamants :et les mélodies qui\nen forment l'armature sont toutes d'or massif. Art de sensation, dira-t-on. Sans\ndoute, et pourquoi pas? Que serait l'art sans la sensation, et en quoi la sensa-\ntion est-elle inférieure au sentiment, ou à l'idée ?Il y a des assemblages cle cou-\nleurs ou de notes qui parlent plus à l'âme que les plus « expressives » mélodies\net les plus logiques architectures. Tel est le cas ici : dans le conte arabe comme\ndans la musique du maître russe, la mer lourde où vogue Sinbad le marin, les\nmonstres, les tempêtes, les combats, les jardins fleuris, le jeune prince et la\njeune princesse, la fête à Bagdad, le naufrage, tout est une fantasmagorie\naux vives couleurs, tout nous séduit, et nous captive, et nous transporte sans\neffort au pays des rêves. Cette musique qui ignore le développement classique\nest toujours nette en ses contours, riche en sa sonorité, soutenue de rythmes\nalertes et vivants, et d'une harmonie simple et large. Au fond, c'est le poème\nsymphonique de Berlioz, harmonisé par Liszt, et nourri des libres mélodies de\nl'Orient. Il n'est point de plus savoureux mélange ;et l'on trouve en outre ici\nune forte unité d'inspiration qui manque à d'autres œuvres de l'école russe, et\nfait de Shéhérazade notre préférée peut-être.\nLe Soncerto de violoncelle deSchumann, bien joué par M. Casais, quoique\ndans une sonorité un peu rude, est une œuvre manquée qu'il valait mieux ne\npas tirer de l'oubli."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "91", "page_fin": "92", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.5", "titre_corps": "22 janvier. Prix des places augmentés, services supprimés, en l'honneur", "titre_sommaire": "22 janvier. Prix des places augmentés, services supprimés, en l'honneur", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.19", "debut_caractere": 2661, "fin_caractere_exclue": 3490, "texte": "22 janvier. Prix des places augmentés, services supprimés, en l'honneur\nde M. Pietro Mascagni. Grande affluence d'étrangers, Anglais, Américains,\nRoumains, Italiens, toutes les races : tableau. Deux messieurs olivâtres se per-\ndent dans le programme, et prennent le second mouvement de la Symphonie\npathétique de Tchaïkovsky pour l'Ouverture de la Fiancée vendue de Smetana,\n(( un Italien sans doute »; Y allegro qui suit, pour un Scherzo de Cherubini : « Il\ny a longtemps que je n'ai entendu ce Cherubini », déclare le plus âgé ; et quand\nc'est fini, le premier moment de stupeur passé : « Comme on sent bien le souffle\ndu Maître î » Un public ainsi composé ne pouvait que faire un vif succès au\n\n1) J'écris ainsi, comme j'écris Pouchkine, Tchaïkovsky : nous n'avons aucune raison pour\nprerésenter le son ch par un sch allemand."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.20", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "maestro italien, qui s'agite, glabre et bedonnant, et salue aux applaudisse-\nments, en désignant l'orchestre d'un geste de figurant d'opéra. Tout est mé-\ndiocre, d'ailleurs, en cette interprétation dénuée d'accent et de rythme ; tout, sauf\nles pianissimos, qui sont remarquables :on ne les entend plus du tout. La Sym-\nphonie pathétique de Tchaïkovsky m'a paru plus emphatique et plus vide que\njamais. L'Ouverture de la Fiancée vendue, dont on parlait récemment ici même,\nest fort gracieuse, et animée de rythmes charmants, autant que M. Mascagni me\npermet d'en juger. Une incroyable exécution de l'Ouverture des Maîtres Chan-\nteurs amène enfin quelques protestations. Ah ! quand M. Chevillard nous sera-\nt-il rendu ?\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "92", "page_fin": "93", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.6", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE.", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE.", "signature_source": "A. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.20", "debut_caractere": 736, "fin_caractere_exclue": 3558, "texte": "CONCERTS COLONNE.\n\n75 janvier. Manfred, la Symphonie fantastique.\nRien à ajouter, ni à retrancher, aux éloges que nous a déjà paru mériter 1 in-\nterprétation de ces deux œuvres.\n22 janvier. La Croisade des Enfants, de G. Pierné (mention honorable au\nConcours de la Ville de Paris). La chronique du moyen âge raconte qu'une\ntroupe nombreuse d'enfants, suivant l'exemple des bandes de croisés qui\nl'avaient précédée, s'achemina vers Jérusalem et périt dispersée sur les grands\nchemins ou engloutie dans la mer. Voilà le fond historique du poème cle\nM. Schwob. Des voix d'en haut ordonnent aux enfants de partir pour la Terre-\nSainte. Un petit aveugle, Alain, que guide par charité la petite Allys, ne peut\nrésister à l'appel divin ; malgré les supplications des parents, ils s'en vont tous\nvers l'Orient (Le départ). Le chemin est long, le soleil brûlant ; ils chantent une\nronde populaire, qui est le leit-motiv de cette 2e partie (La grande route). Sur\nla grève, ils ramassent des étoiles de mer, qu'ils prennent pour de vraies étoiles\ntombées du ciel, et le marinier leur conte la légende de l'étoile... (La mer). Ils\ns'embarquent et font naufrage, mais Jésus leur apparaît, et ils ressuscitent en\nlui (Le Sauveur dans la tempête). La narration du récitant relie ces quelques\népisodes.\nCe poème, qui voudrait être très simple et très naïf, sent le lettré moderne. Je\ntrouve les réflexions suivantes plus dignes d'un théologien qui sait sa rhétorique\nque d'enfantelets du xne siècle : « Que toute angoisse sur terre soit volupté au\nCiel ! Les yeux qui étaient fermés sont ouverts pour toujours. La fin de toute\nchose sainte est dans la joie. » Voilà le style du chœur final. Alain semble\navoir lu Maeterlinck quand il dit à son aimée : « Le Seigneur est ici, dans le\nsouffle de l'air, dans tes cheveux qui couvrent nos figures. » Partant de Jéru-\nsalem, il s'écrie en tribun : « Enfants, levez-vous, les chevaliers ont déposé leurs\narmes, les rois ne savent plus commander. » Si le poème n'a qu'une fausse\nnaïveté, la partition, excepté dans la 2e partie animée par un thème populaire, m'a\nparu d'un style un peu trop savant ou, pour mieux dire, trop moderne. J'y aurais\nvoulu une couleur plus particulière, un accent plus archaïque, des mélodies, des\nrythmes, des timbres qui me transportent à une époque très reculée ; j'avoue\nque cela est très difficile, peut-être impossible, j'aurais désiré que l'auteur me\nressuscitât ou m'inventât le moyen âge. Et néanmoins que de talent dans cette\nlégende musicale !Je louerai particulièrement tout le début de la ire partie, qui a\nde la vie et de la chaleur ; la scène sur la grève, où la musique avec force et pré-\ncision donne vraiment l'impression du flot, sans tomber clans de puérils détails\ndescriptifs; la puissance delà tempête, qui gagnerait pourtant, à mon sens, à être"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.21", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 339, "texte": "plus courte et moins assourdissante. En somme, cette musique d'un style tou-\njours élevé et soutenu, d'une inspiration sincère, fait grand honneur àM. Pierné,\net lui a valu une manifestation d'estime et de sympathie à laquelle sa modestie\na presque donné les proportions d'un triomphe. L interprétation a été conve-\nnable.\n\nA. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "93", "page_fin": "93", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.7", "titre_corps": "CONCERTS LE REY. —22 janvier. Grand succès pour Mlle J. Lanrezac dans", "titre_sommaire": "CONCERTS LE REY. —22 janvier. Grand succès pour Mlle J. 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La Sonate en sol majeur de Brahms a été interprétée avec beaucoup de\ngrâce et de fraîcheur parMlle Barry et l'excellent violoniste Lucien Capet. Parmi\nles morceaux de piano, je citerai, comme particulièrement réussis, le Prélude en\nut dièse mineur de Bach, le Bavolet flottant, de Couperin, une Gavotte de\nCorelli, et une charmante Berceuse de Stephen Heller. Concert très intéressant.\n18 janvier. Quatuor Luquin (MM. Luquin, Dumont, Roelens et Richet).\nJe ne crois pas que la Salle Erard ait souvent retenti d'acclamations plus\nnourries, plus sincères ni plus méritées.lmpossible, en effet, de jouer le Quatuor\nde Debussy avec plus d'intelligence et de sentiment, ni dans une sonorité plus\nfondue et mieux équilibrée : les interprètes ont été dignes de l'œuvre, et je ne\nconnais pas pour eux de plus bel éloge. La Sonate de Haëndelpour deux violons\net piano a fait apprécier le style large, et cependant ému, de MM. Luquin, Du-\nmont et de Lausnay. Une Romance de Fauré. un Scherzo de Chopin, le Trio de\nTh. Dubois et le très intéressant Quintette de Brahms figuraient encore au pro-\ngramme. Le Quatuor Luquin est une toute jeune société ; mais par le sérieux,\nle respect des œuvres et 1 unité de l'interprétation, elle se place déjà au pre-\nmier rang."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "93", "page_fin": "93", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.9", "titre_corps": "SALLE PLEYEL. — 18 janvier, — Quatuor Calliat (Mmc Calliat, MM. 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Très intéressante séance."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "93", "page_fin": "93", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.10", "titre_corps": "MME MARIE MOCKEL. — Mme Marie Mockel a donné avec son succès habituel,", "titre_sommaire": "MME MARIE MOCKEL. — Mme Marie Mockel a donné avec son succès habituel,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.21", "debut_caractere": 2532, "fin_caractere_exclue": 3058, "texte": "MME MARIE MOCKEL. — Mme Marie Mockel a donné avec son succès habituel,\nle jeudi 27, une soirée où furent chantées des œuvres de G. Fauréet de l'excel-\nlent maître Sylvio Lazzari.\nM. JOSEPH DEBROUXdonnera les 2 février, 8 mars et 5 avril 1905, trois Récitals,\nconsacrés uniquement aux œuvres de J~M. Leclair (1697-1764), Senallié ( 1687-\n1730', Francœur (1698-1787), l'Abbé (1727-1787), Louis Aubert (1720-1771). Ces\nœuvres anciennes sont toutes nouvelles pour nous : remercions l'admirable\nartiste qui nous les fait connaître."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "93", "page_fin": "94", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.11", "titre_corps": "SALLE ZEOLIAN. — IJ janvier. — Concert donné par Arthur Rubinstein.", "titre_sommaire": "SALLE ZEOLIAN. — IJ janvier. — Concert donné par Arthur Rubinstein.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.21", "debut_caractere": 3060, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "SALLE ZEOLIAN. — IJ janvier. — Concert donné par Arthur Rubinstein."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.22", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1508, "texte": "Œuvres de Bach, Beethoven, Schumann [Carnaval) et Chopin. Jeu agréable,\nsans rien de saillant ni de personnel.\nVoici le programme des douze séances que donnera cette année le Quatuor\nParent, et qui auront lieu àla salle les vendredis 27 janvier ;3, 10, 17,\n24 février; 10, 17, 24, 31 mars ; 7 avril 1905, à 9 h. très précises du soir.\nBeethoven. . . (Quatuors à cordes) 11e, 14e et Grande Fugue.\nMozart . . . Quintette et Quatuor à cordes.\nHaydn. . . . Quatuor à cordes.\nSchumann . . 2 Quatuors à cordes, 1 Quatuor avec piano.\nBrahms ... 2 Quatuors à cordes, Sonate (piano et alto).\nCésar Franck. Quatuor, Sonate, Quintette.\nVincent d'lndy 2e Quatuor à cordes, Poème des Montagnes (pour piano),\nSonate pour piano et violon (ire audition).\nErnest Chausson. Quatuor et sextuor avec piano.\nDebussy . . . Quatuor à cordes, Œuvres pour piano.\nDe Wailly. . . Sonate (piano et violon). OEuvre nouvelle.\nV. Vreuls . . Trio (piano, violon, violoncelle). OEuvre nouvelle.\nRavel. . . . Quatuor à cordes. OEuvre nouvelle.\nSamazeuilh. . Sonate (piano et violon). OEuvre nouvelle.\nJean Huré. . Sonate (piano et violoncelle). OEuvre nouvelle.\nSvendsen . . Quintette à cordes.\nIl est inutile d'insister sur le haut intérêt de cet ensemble, ni sur les services\nque rendent aux jeunes musiciens M. Parent et son excellente phalange. Etant\ndonnée aussi la modicité du prix de l'abonnement (de 40 à 25 francs pour la\nsérie), nul doute que tous les vrais amateurs de musique ne tiennent à enten-\ndre ces beaux concerts."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "94", "page_fin": "94", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.12", "titre_corps": "INSTITUT CATHOLIQUE. -Au cours pratique de Chant grégorien, dirigé par", "titre_sommaire": "INSTITUT CATHOLIQUE. -Au cours pratique de Chant grégorien, dirigé par", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.22", "debut_caractere": 1510, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "INSTITUT CATHOLIQUE. -Au cours pratique de Chant grégorien, dirigé par\nM. Amédée Gastoué et qui obtient tant de succès, vient de s'adjoindre un nouvel\nattrait.\nA partir du 10 janvier, un ensemble de conférences est donnépar M. P. Aubry,\narchiviste paléographe, sur (( les à-côté du chant grégorien ». Sous ce titre,\n1 érudit musicologue traitera de 1 origine des proses, des séquences, des tropes,\ndes chants des mystères, de la paléographie grégorienne.\nSauf modifications ultérieures, ces conférences auront lieu : les mardis 10\njanvier, 7 février, 4 avril, 9 mai et 6 juin.\nL'inscription au cours est de 20 francs. 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Sel va continue la série de ses", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.22", "debut_caractere": 2198, "fin_caractere_exclue": 2744, "texte": "SCHOLA CANTORUM. —' Y 1 janvier. MLLE BL. Sel va continue la série de ses con-\ncerts historiques : au programme, la 2e Sonate de Kuhnau sur des scènes de la\nBible, pièces de Louperin, Rameau, Scarlati et Bach. Les prochaines séances\nauront lieu le 28 février, les 14 et 28 mars, 11 avril 1905.\n27 janvier. Reprise de ÏOrfeo de Monteverdi (1670), dont on n'a pas\noublié le succès de Tan passé.\nConcerts annoncés : les 2et 16 février, 2et 16 mars, audition intégrale des\nœuvres dorgue de Cés. Franck (M. G. Bret, Mllc 81. Selva, le Quatuor Parent);"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.23", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 424, "texte": "au programme du 2 février: Pièce héroïque, Prélude, Fugue et Variations, Grande\npièce symphonique pour orgue.\nLe 8 février, concert donné par Mmß Camille Fourrier : mélodies de Cl.\nDebussy et Moussorgsky; Quatuor de Debussy (le Quatuor Hayot), Sonate pour\nflûte de Bach (M. Barrère), Suite, avec trompette, de V. d'lndy (M. Lachanaud).\nLes œuvres, comme l'interprétation, seront, on le voit, de tout premier ordre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "95", "page_fin": "95", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.14", "titre_corps": "THÉÂTRE TRIANON. — 21 janvier. — Première des séances Engel-Bathori [Une", "titre_sommaire": "THÉÂTRE TRIANON. — 21 janvier. — Première des séances Engel-Bathori [Une", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.23", "debut_caractere": 426, "fin_caractere_exclue": 644, "texte": "THÉÂTRE TRIANON. — 21 janvier. — Première des séances Engel-Bathori [Une\nheure de musique) consacrée à Cés. FYanck. Causerie par M. Arthur Coquarcl.\nLa 2e séance a lieu le 28 janvier, à 5 heures : œuvres de M. Gédalge."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "95", "page_fin": "95", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.15", "titre_corps": "CONCERTS ALFRED CORTOT.", "titre_sommaire": "CONCERTS ALFRED CORTOT.", "signature_source": "M.-D. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.23", "debut_caractere": 646, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "CONCERTS ALFRED CORTOT.\nM.-D. C.\n—JQ janvier. —Le programme de cette séance\nest aussi intéressant, aussi varié qu'on le peut souhaiter ; sauf le Concerto de\nviolon de Beethoven, il ne comprend pas une seule œuvre qui figure au réper-\ntoire des autres concerts. Voilà qui est fort bien, cl autant plus que tout fut excel-\nlemment présenté par M. Cortot et son orchestre. M. Cortot dirige d'incompa-\nrable façon la musique de Liszt :il sait donner à l'interprétation toute la souplesse\ndésirable, sans pourtant tomber dans l'excès.\nLe poème symphonique Festhlaenge est une superbe page musicale, lucide,\nd'un parfait équilibre, d'une grande intensité de couleur, et qui, comme bien\nd'autres compositions de Liszt, laissées de côté on ne sait pourquoi, devrait depuis\nlongtemps déjà avoir été popularisée ici. Peut-être, en quelque journée de loisir,\nsera-t-il amusant d établir un parallèle entre cette page et Fêtes de M. Debussy.\nJ'aurais besoin d'entendre encore la Rhapsodie moderne de M. Vreuls ; à cette\npremière audition, j'ai trouvé fort intéressant le travail thématique et orchestral\nde l'œuvre. J'ai dit récemment toute l'admiration que j'ai pour les mélodies de\nMoussorgsky et pour Mme Olénine qui en est l'interprète idéale. La grande artiste\na remporté en l'occasion présente son succès coutumier avec la Chambre d'\nainsi qu'avec deux autres pièces orchestrées par M. Cortot avec tact et de très\nheureuse façon. Des fragments symphoniques de YOrfeo de Monteverdi complé-\ntaient le programme."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "95", "page_fin": "95", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.9.16", "titre_corps": "ELYSÉE PALACE. —26 janvier.-—• Œuvres de Louis Lombard, dirigées par", "titre_sommaire": "ELYSÉE PALACE. —26 janvier.-—• Œuvres de Louis Lombard, dirigées par", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.23", "debut_caractere": 2151, "fin_caractere_exclue": 2914, "texte": "ELYSÉE PALACE. —26 janvier.-—• Œuvres de Louis Lombard, dirigées par\nl'auteur : Air de Ballet, les Lacs Lombards, Guignol, Elégie.\nSOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE. - 24 janvier. MM. Sapellnikof et Henri Marteau\ndonnent une correcte interprétation de la Sonate en mi bémol de Beethoven.\nMme Jeanne Raunay est exquise dans la Phidylé de Duparc.\nCONCERTS ANNONCÉS : Il>E QUINZAINE DE FÉVRIER, Grande Salle Pleyel.\nLe lERIER M. Raymond Marthe, violoncelliste, soir.\n2 M. Joseph Debroux, violoniste,\n4 La Société nationale de musique,\n5 Mme Breton Halmagrand (élèves de), journée.\n6 M. Vincent d'lndy, soir.\n7 M. Armand Forest, —-\n9 M. Daniel Herrmann,\n10 Mme Landowska (re séance),\n11 Mme Olénine d'Alheim,\n13 Mlle Cécile Meiidt, —-\n14 Mlle Gau d a,\n15 Mlle Henriette Menjaud,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "96", "page_fin": "104", "image_debut": 24, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10", "titre_corps": "Actes officiels, Informations et Correspondances", "titre_sommaire": "Actes officiels, Informations et Correspondances", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.24", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1710, "texte": "Actes officiels, Informations et Correspondances\n\nLÉGION D'HONNEUR. Tous nos compliments à M. Arthur Coquard, l'excel-\nlent compositeur (dont les titres seraient vraiment trop longs à énumérer !...), et\nà M. Nadaud, le professeur éminent du Conservatoire, récemment nommés cheva-\niers de la Légion d'honneur.\n\nCONCOURS CRESSENT. Le Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-\nArts, sur la proposition de M. Henry Marcel, directeur des Beaux-Arts, vient de\ndécider, avec le consentement des représentants actuels des héritiers Cressent,\nque le Concours Cressent, qui jusqu'ici avait été exclusivement ouvert aux\nœuvres de composition musicale dramatique, serait, cette année, réservé aux\nœuvres de compositions musicales symphoniques.\nAux termes du règlement élaboré à ce sujet, les compositeurs qui désireront\nprendre part au concours auront le choix entre les trois formes suivantes :\ni° Symphonie proprement dite ;\n20 Suite d'orchestre ;\n30 Poème symphonique avec soliet chœurs.\nSont exclues du concours les œuvres présentant un caractère liturgique et\ncelles qui ne seront pas entièrement inédites.\nLes partitions devront être adressées franco à la Direction des Beaux-Arts,\nbureau des théâtres, 3, rue de Valois, du ier au 31 mars 1906.\nLa Direction des Beaux-Arts fait parvenir le programme du concours à toute\npersonne qui en fait la demande.\n\nCONSERVATOIRE. Par arrêté du 9 décembre, M. Busser, ancien grand prix\nde Rome, chef d'orchestre et chef des chœurs de h Opéra-Comique, est nommé\nprofesseur de la classe d'ensemble vocal, en remplacement de M. G. Marty, ap-\npelé à d'autres fonctions.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 novembre au 19 décembre 1904."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.25", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 novembre au 19 décembre 1904.\n\nLYON. Par arrêté du 19 décembre 1904 de M. le Préfet du Rhône, Mlle Bas,\nrépétiteur à l'Ecole de musique succursale du Conservatoire national, à Lyon,\nest nommée professeur adjoint audit établissement.\n\nMONTPELLIER. Par arrêté préfectoral du 21 décembre 1904, M. Forestier\n(Xavier), chargé du cours préparatoire de solfège à l'Ecole de musique, succur-\nsale du Conservatoire national, à Montpellier, est nommé professeur titulaire à\ncette Ecole."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3049, "texte": "DIJON. —A la date du 23 décembre 1904, M. le Préfet de la Côte-d'Or a\nnommé Mlle Matthieu et Mme Cuinat-Lagrange, professeurs suppléants à\nl'Ecole de musique, succursale du Conservatoire national, pour renseignement\ndu chant.\n\nMOULINS. Par arrêté de M. le Préfet de l'Allier, en date du 30 décembre\ndernier, M. Cornier (Charles) est nommé professeur de clarinette à l'Ecole na-\ntionale de musique de Moulins en remplacement de M. E. Valude, démission-\nnaire.\n\nBORDEAUX.\n\nLa seconde partie de la tétralogie wagnérienne, La Valkyrie,\nvient d'être créée dans notre ville avec une splendeur inaccoutumée. Leconcours\nde Mme Jane Marcy et de M. Cornubert n'a pas peu contribué à mettre en relief\net à faire savourer les parties les plus ténébreuses de cette partition.\nL'enthousiasme très grand professé pour le génie de Bayreuth, qui avait réuni\nl'élite de nos compatriotes, s'est cependant manifesté avec une mesure tant soit\npeu provinciale ; cela tient surtout àla difficulté toujours nouvelle pour la plupart\nd'assimiler à leur tempérament cette musique qui ne demande cependant qu'un\npeu de perspicacité pour être comprise et qui atteint le plus haut point du\nsublime lyrique.\nSauf cette petite restriction, ce chef-d'œuvre admirablement monté par\nnotre excellent directeur M. F. Boyer a soulevé d'innombrables ovations et la\nplus large partdu succès revient sans contredit à MmeJ. Marcy qui, dans le rôle de\nla Valkyrie, a déployé toutes les ressources dramatiques que sa magnifique voix,\nà la fois puissante et tendre, lui a permis de nous offrir —ce qui lui a valu du\nreste une superbe palme et chaleureuses ovations. —M. Cornubert (Siegmund)\na composé son rôle avec science et ampleur ; l'organe n'est cependant pas par-\nfait et le style quelque peu affecté.\nLe reste de l'interprétation était confié à nos artistes, MM. Blancard, Syl-\nvain, M. A. Baron, Nacly-Blancard, qui ont justifié une fois de plus la belle con-\nfiance et le haut témoignage de satisfaction qu'ils reçoivent chaque jour. Le jeune\nmaestro E. Montagne conduit toujours et à coup sûr sa pléiade d'artistes, qu'il\nmène véritablement àla victoire. Nos sincères félicitations pour ce nouveau\ntriomphe.\nUn des plus chaleureux accueils est réservé àla musique de la Garde républi-\ncaine, autorisée par le Ministre à prêter son concours à l'inauguration du monu-\nment Gambetta, qui aura lieu le printemps prochain.\nNotre gracieuse ballerine, Mlle Régina Badet, qui a prêté son concours àla\n1000E de Carmen, est engagée à l'Opéra-Comique, à partir du mois de mai.\nLe 4e Concert à Sainte Cécile, avec le concours de M. ChaSsang, des concerts\nLamoureux, et M. G. Enesco, dont la Revue Musicale a récemment publié le\nportrait et la brillante biographie, était composé des morceaux suivants :\nI. Symphonie en ré mineur CÉSAR FRANCK.\n11. Edith au col de cygne. .... .. G. HUE.\n111. Concerto pour violon BEETHOVEN.\nIV. Les Chansons de Miarka A. GEORGES.\nV- Suite d'Orchestre (IRE audition) G. ENESCO.\nLe succès du Jongleur de Notre-Dame s accentue de jour en jour dans notre"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3441, "texte": "ville ; c'est ainsi que la 10e représentation a fait salle comble. Brillamment inter-\nprété par MM. Boyer, notre sympathique directeur (dans Boniface), Leclerc\n(Jean) et Blancard (le prieur), l'heureux chef-d'œuvre de Massenet est certai-\nnement une des meilleures créations lyriques offertes aux Bordelais depuis quel-\nques années.\n\nJos. GRIMO.\n\nBRUXELLES.\nA. REBECQ.\nLa direction du théâtre de la Monnaie s'est particulièrement\ndistinguée pendant le mois de décembre, où il nous a été donné d'assister à une\nsérie de représentations en tous points réussies et qui font honneur àla direction\naussi bien qu'aux exécutants.\nCe fut d'abord la première dAlceste, qui aura été l'événement par excellence de\nla saison artistique. Mise en scène irréprochable, interprétation unique, rien\nn'avait été négligé pour assurer le succès de cette pièce qui a répondu à toutes\nles espérances. La voix opulente et sonore de Mme Litvinne s'est déployée à\nmerveille, en même temps que son âme d'artiste s'épanchait tout entière, avec un\nenthousiasme qui ne s'est pas démenti un instant. L'air de « Divinités du Styx »,\nenlevé avec unepuissance et un éclat vraiment tragiques, a transporté l'auditoire,\nqui a fait ovation sur ovation à la grande artiste, laquelle a d'ailleurs montré\nla même conviction, la même flamme inspirée jusqu'au dernier acte.\nSignalons qu'à la différence de ce qui s'était fait à 1 Opéra-Comique de Paris,\noù l'Apollon qui se dressait au milieu du temple, dans le décor du 2E acte, était\nune statue en bronze, très belle reproduction de Y Apollon Didymien du Louvre,\non a choisi un Apollon hiératique dont un plâtre existe ici, au musée du Cin-\nquantenaire, l'Apollon de Tenea, avec les yeux en émail bleu, la bouche et les\ncheveux dorés, suivant les traditions de l'art grec primitif.\nLe chef-d'œuvre de Gluck avait été donné une fois àla Monnaie, àla fin du\nxvme siècle ; mais il est certain que cette représentation fut loin d avoir reçu les\nmêmes soins que celles auxquelles nous avons pu assister et dont 011 peut\nconsidérer la reprise comme une véritable première qui fera époque dans les\nannales de la Monnaie.\nM. VanDyck, qui était déjà en représentations à Bruxelles, a chanté la Valky-\nrie à côté de Mme Litvinne, imprimant un éclat exceptionnel aux deux représenta-\ntions extraordinaires données les 27 et 31 décembre, qui réunirent deux des plus\ngrands chanteurs wagnériens de l'époque.\nLe 3 janvier, nous assistions à la première de deux œuvres de M. Albeniz qui\ncaractérisent bien les tendances actuelles de l'école espagnole.\nPépita Jimenez est une adaptation scénique d'un conte de Juan Valera\ndont une traduction a paru chez Calmann-Lévy sous le nom de Récits anda-\nlous. Dans cette comédie lyrique toutes les situations sont commentées par\nun accompagnement orchestral très fouillé, très étudié, variant très loin les\nthèmes mélodiques dont le caractère s'apparente étroitement au rythme ternaire\npresque exclusivement employé pour souligner les danses et les jeux, aussi bien\nque les lamentations, à quelques récits près. Sur un sujet assez peu consistant,\nl'auteur a brodé de main exporte une musique sérieuse, mais délicate et spon-\ntanée. Nous sommes ici en plein système de mélodie continue, conservant strie-\ntement son caractère de finesse et de distinction.\n\nLILLE.\n\n—• Société de musique. 18 décembre. —La Vestale de Spontini (1).\n\n(i) Il existe une Vestale de Mercadante, représentée en 1841."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3454, "texte": "La, Société de musique de Lille a consacré son deuxième concert à l'exécution\nintégrale, ou presque, de cet opéra fameux, et cela avec un succès remarquable,\ndevant plus de trois mille personnes.\nLa Vestale est le chef-d'œuvre de Spontini, et le meilleur opéra qui ait été\ncomposé sous l'Empire. Représenté pour la première fois à l'Académie impé-\nriale de musique, le 15 septembre 1807, il fut joué avec un succès immense qui\na duré 30 ans. Les reprises (en 1854; laissèrent le public indifférent.\nVOuverture est d'un beau caractère, et, par certains détails d instrumenta-\ntion qu'on retrouve dans l'introduction de Tancrède, on voit combien Rossin\na emprunté à son compatriote. Commencée par un andante très expressif, elle se\ncontinue et se termine par un presto agitato plein de mouvement.\nLe premier acte avec ses grands récitatifs est d'une belle et noble exposition.\nL'hymne du matin que chantent les vestales est tout à fait dans le style de Gluck,\nainsi que l'air de la grande prêtresse : Lîamour est un monstre barbare, morceau\nqui rappelle l'air de la haine d'Armée. Très touchante, la scène où Julia restée\nseule se débat entre l'amour qu'elle éprouve pour Licinius et ses devoirs de\nvestale, et quelle passion dans l'air admirable : Licinius, je vais donc te revoir,\ndont les cris douloureux se prolongent jusqu'à la marche triomphale, à laquelle\nBerlioz a emprunté certaines sonorités pour la marche des Troyens !\nLe second acte est un chef-d'œuvre. Nous rappellerons entre autres l'air si\npathétique en ut mineur : Impitoyables Dieux ; celui de Licinius : Les Dieux\nprendront pitié ; le duo classique : Sur cet autel sacré, et enfin le finale joué si sou-\nvent dans les concerts et avec tant de succès (Luigini le donna aux concerts du\nConservatoire de Lyon en 1885).\nLe dernier acte, moins important, renferme encore de grandes beautés : l'air\nde Licinius, le duo avec le grand prêtre, la marche funèbre, la plainte de Julia :\nToi que je laisse sur la terre, le chœur d'allégresse final, en si bémol, dont\nRossini s'est souvenu dans Moïse.\nL'interprétation était de premier ordre : Mmes Litvinne, Auguez deMontalant,\net pour les hommes Cazeneuve, et Baer qui, par la beauté de sa voix, l'autorité\nde son style dans les récitatifs, écueil de tant de nos chanteurs, s'est affirmé un\nartiste de premier ordre.\nNous avons dit déjà ici ce que nous pensions des chœurs de la Société. Je répète\nqu'à l'heure actuelle je ne connais pas, en France, d'exemple de masses chorales\nde cette importance possédant autant d'intelligence musicale, de talent et de\nqualité de voix. Il faudrait aller en Allemagne, et encore...\nL'orchestre, un peu réduit au rôle ingrat et difficile d'accompagnateur, s'est\ntiré adroitement de cette musique un peu vieille pour notre époque sous la\nbaguette sagace de M. Maquet, dont le talent sait se plier à tous les styles et\nà toutes les musiques.\n\nDr GAUDIER.\n\nLONDRES.\n\nCe mois-ci nous avons plutôt souffert d'un embarras de richesses,\ncar presque tous les soirs il y a eu concerts, principalement dans les salles Erard,\nSteinway, Bechstein et Broadwood ; quelquefois même il y a eu concert l'après-\nmidi aussi bien que le soir. Néanmoins leurs longs programmes n'ont qu'un\nmédiocre intérêt pour un pays étranger. Les concerts d'orchestre ont été beau-\ncoup plus intéressants, quoique l'orchestre de Queen's Hall ait eu un succès\nassez douteux dans le Poème symphonique Penthesileia (Hugo Wolff) et dans"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3394, "texte": "Hexenlaid, cle Schillings. L Après-Midi d'un faune, de Claude Debussy, a été appré-\nciée. Vict or Maurel a eu un énorme succès au concert qu'il a donné dernièrement\nici, et a prouvé qu'il est aussi artiste dans la salle de concert que sur la scène de\nCovent-Garden. Le London Symphony Orchester, sous l'habile direction de\nSteinbach, a donné une superbe audition d'oeuvres magistrales des fameux\nmaîtres Bach, Beethoven, Brahms.\nM. Edward Elgar a accepté la chaire de musique récemment créée à Bir-\nmingham. Les amis de son art espèrent que la chaire ne deviendra pas un « fau-\nteuil ». Le programme du concert d'orchestre du jour de l'an du Queens Hall\ncontient une nouveauté intéressante, qui n'est rien moins que trois nouvelles\nouvertures écrites par Richard Wagner, il ya à peu près cinquante ans : Polo-\nma, Rule Britannia, Christophe Colomb.\n\nHUGO CONRAT.\n\nMONTPELLIER.\n\nLes concerts. A défaut de concerts de musique, nous avons\ndes concerts de virtuoses. Quand ils ont nom Thibaud, on ne songerait pas à\ns'en plaindre, si l'on ne trouvait au programme des jongleries telles que les\nAirs bohémiens de Sarasate. Pourquoi faut-il qu'un artiste de cette valeur,\naprès avoir interprété avec respect et émotion la Sonate de Franck, et surtout\naprès l'avoir fait comprendre à l'intégralité d'un public plutôt modéré dans ses\nsympathies, se croie obligé de montrer l'agilité de ses doigts ? Quand donc com-\nprendra-t-on que, même en province, nous désirons seulement de la musique et\nnon des études ?\nApart ce détail, d'ailleurs essentiel, on ne saurait trop admirer l'intensité\nde l'expression et la pureté du style de M. Jacques Thibaud.\nM. Julien Ihibaud, qui l'accompagnait, a interprété avec vigueur sinon avec\nâme YApassionata. Il fut meilleur dans la Sonate de Franck.\nConcert Wurmser. Que faut-il reprocher à M. Wurmser ? comment se fait-\nil qu avec 1 élégance infinie de son doigté et de son toucher, on n'ait pas une\nminute 1 impression de la pensée de l'auteur, mais simplement celle d'une perpé-\ntuelle recherche d effets malheureux ? On s'est aussi demandé sans cesse quelle\noccupation urgente poussait M. Wurmser à accélérer et à précipiter le mouve-\nment de tout ce qu il a interprété. Ajoutons que les fantaisies pour piano sur\ndes opéras, serait-ce Don Juan, ne nous paraissent pas si précieuses qu'à nos\npères. La musique de piano manquerait-elle ?\nAvec M. Wurmser, Mlle Povla Frisch a chanté une très intéressante série de\nlieds, allemands et français. On ne saurait trop l'en remercier, car cette forme\nmusicale, une des plus émouvantes et des plus expressives, est généralement\npeu donnée en province. Mll Frisch, dont la diction est excellente, a été particu-\nlièrement intéressante dans 1 Impatience de Schubert, et dans la très voluptueuse\nOde Saphique de Brahms.\nSociété de concerts de Musique classique. Une compagnie de quartettistes\ncomposée de MM. Caries et Bouillon, violonistes, Ballé, altiste, et Flouch, vio-\nloncelliste, et un pianiste,M. Bérard, ont entrepris de donner une série d'auditions\nde musique de chambre. Nous n'insisterons pas sur l'intérêt de cette tentative.\nPour des raisons probablement mystérieuses, la musique de chambre, la plus\nintime et la plus émue, la plus profonde et la plus expressive, est de toutes les\nmusiques la moins répandue en province.\nAu programme de la première audition se trouvaient le Quatuor i de Beethoven"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "et le Quintette de Franck. Un peu flou, le quatuor, et manquant visiblement de\ntravail, au moins dans Yallegro initial. En revanche, l'interprétation du quintette\nfut remarquable. Il fut rendu avec respect et émotion, les thèmes suffisamment\nmis en relief, le sentiment soutenu et homogène. Une pareille exécution nous\npermet d espérer des auditions intéressantes.\nDans le même concert M. Raymond Bérard, qui avait montre un sentiment\nmusical très profond dans sa partie du quintette de Franck, donna une interpré-\ntation très fougueuse et très romantique d'une polonaise de Chopin.\nGrand-Théâtre. Après avoir somnolé pendant près de trois ans et chômé\ncomplètement ces derniers temps, le Théâtre de Montpellier, sous la direction de\nM. Marius Granier, vient à nouveau apporter sa part au mouvement artistique.\nNous ne parlerons pas aujourd'hui des pièces représentées : éternellement\nsemblables. Quand donc sera-t-on débarrassé des Mignon et des Lakmé} On\nnous promet d'ailleurs à bref délai la Reine Fiamette et le Jongleur de Notre-\nDame.\nCependant il nous a été permis d'apprécier la valeur des artistes qui donnent\nun ensemble très satisfaisant. Je mentionnerai spécialement M. Galland, de\nl'Opéra-Comique, M. Van Neym et surtout Mlle J. Mérey. Cette artiste joint à\nune voix d'une richesse infinie le jeu le plus naturel et le plus vécu. On doit lui\nêtre particulièrement reconnaissant d'adopter dans un théâtre méridional, où les\nsuccès de roulades sont si faciles, la méthode plus sobre du Théâtre de la Mon-\nnaie, où elle était précédemment. Il est certes très agréable d'entendre une jolie\nvoix, mais le plaisir esthétique est tellement supérieur à sentir une belle création\nclu génie dramatique et lyrique ! C'est avec impatience qu'on attend Mlle Mérey\ndans le personnage si délicat et si vivant de la petite reine Fiametta.\n\nANDRÉ ARON.\n\nMONTE-CARLO. Les concerts de Monte-Carlo ont commencé le 24 novembre\npar la 9e Symphonie... sans les chœurs, et jouée clans Tordre suivant : Allegro,\nadagio, scherzo. La suppression de la partie vocale et la terminaison brusque\nsur les trois mesures en unisson du scherzo sont d'un effet un peu décevant.\nAu même programme : Ce que Von entend sur la montagne, le premier des douze\npoèmes symphoniques de Liszt.\nAu 2e concert (ier décembre), la symphoniejupiter ;In der natur, une des trois\nouvertures composées par Dvorak en Amérique, et les trois premières parties\nde la délicieuse Psyché de César Franck. Là encore nous avons regretté que\nl'absence de chœurs n'ait pas permis d'exécuter entièrement ce chef-d'œuvre.\nEt c'est encore sans chanteurs que nous furent donnés les Adieux de Wotan,\njoués au 3e concert (8 décembre) par l'orchestre seul après VApprenti sorcier et\nSadko, deux perles. On ne saurait comparer l'œuvre de Rimsky-Korsakow à la\nJeanne d'Arc de Mozskowski, bien inférieure, par laquelle commençait la séance.\nCe poème symphonique, divisé en quatre parties : Vie pastorale et visions ; médi-\ntations sur le passé ; entrée à Reims ; prison, mort et apothéose, a paru très long et\npas toujours à la hauteur du sujet qui l'a inspiré.\nA noter encore une très brillante interprétation de la Symphonie en ut majeur\nde Schumann au 4e concert (16 décembre), et au 5e la reprise de la 6e Symphonie\nde Glazounow, déjà jouée avec succès à la saison dernière, ainsi qu'une fine\nexécution de Casse-noisette, deTchaïkowsky, ballet gentillet, mais un peu mince."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3458, "texte": "Comme Ton voit, l'école russe était largement représentée sur les programmes\nde ces derniers concerts\n\nNICE.\n\nOpéra. Le 26 décembre a eu lieu la création de Y Epreuve,\nopéra de M. Ch. Pons, dont ce sont les débuts au théâtre.\nPrésentée comme oratorio et sous le titre du Christ au désert, cette œuvre\nobtint un classement très honorable au dernier concours de la ville de Paris.\nCe premier succès a engagé les auteurs à remanier leur drame sacré afin de lui\nfaire voir les feux de la rampe.\nLes trois actes ainsi obtenus nous montrent Satan essayant de tenter le Christ\net le soumettant à trois épreuves : la faim, la puissance et 1 amour. C est cette\ndernière tentation qui constitue la principale action dramatique. Une caravane\ncomposée surtout de femmes esclaves traverse le désert où se tient en prière\nJésus (que les auteurs appellent Jehozuah pour ne froisser aucune susceptibilité).\nLe pas alourdi des voyageurs fatigués est marqué à l'orchestre par une marche\npesante d une jolie couleur. Le Nazaréen, par sa parole persuasive, fait libérer\nles malheureuses esclaves. L'une d'elles, Medhora, en garde pour son libérateur\nplus que de la reconnaissance, et au deuxième acte c'est de cette affranchie,\ndevenue une courtisane célèbre, que se sert Satan pour tenter de nouveau Jésus.\nCette tentatrice, qui semble vouloir résumer en elle Salomé, Marie Madeleine,\nKundry et Thaïs, échoue dans son entreprise, et c'est elle au contraire qui,\ntouchée par la grâce, renonce aux joies de ce monde.\nLe défaut de ce poème est d'être trop sacré pour un opéra et trop profane pour\nun oratorio. La forme primitive de l'ouvrage reste forcément prédominante, de\nsorte que les caractères sont musicalement insuffisamment développés et les\npersonnages ne vivent pas. Du reste, la partie vocale est assez mal écrite et sans\nintérêt, et c'est surtout par la partie orchestrale que vaut cet ouvrage.\nLe compositeur, contrairement à ce que l'on pourrait supposer à la lecture\ndu sujet, s'inspire beaucoup plus de Gounod que de Massenet. Il a de ces\ndeux maîtres la tournure mélodique et le charme, moins l'originalité. Ses\nphrases ont un contour ondoyant et caressant et passent par une série de\nmodulations, peut-être trop nombreuses, mais très douces : l'auteur semble éviter\nles dissonances de l'école moderne. Les parties purement dramatiques sont\ngauchement écrites ; mais tout le reste est composé dans un style polyphonique\nsupérieurement traité. L instrumentation de M. Ch. Pons est assez variée,\nquoique timide, et le musicien semble affectionner surtout les timbres composites\nchers à Wagner. Elle a une qualité très appréciable : elle n'est pas bruyante.\nEn résumé, œuvre de début musicalement intéressante.\nDécors et mise en scène très soignés. Interprétation médiocre et sans nuance ;\nil est vrai que la faute n'en est pas entièrement aux acteurs. Au contraire,\nl'orchestre, conduit par M. Dobelaer, a été parfait\nLa saison théâtrale a commencé à l'Opéra par Sigurd. La troupe, bonne\ndans son ensemble, vient d'être admise entièrement par la commission\nthéâtrale, à qui incombe à Nice le soin de juger et de recevoir les artistes\nlyriques après leurs débuts. Parmi ces artistes il faut surtout citer les soprani\nH. Therry, Vera Nimidoff ; les ténors J. Gautier, Th. Salignac, Flachat ; les\nbasses Layolle, Lafont et Laskin. A noter le succès de Mrae Charlotte Wyns dans\nses divers rôles, et les heureux débuts de Mlie Cesbron (de l'Opéra-Comique)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "dans la Bohême et dans Louise, qu elle joue avec une simplicité émouvante.\nLe succès (relatif) de l'œuvre de M. Charpentier et son maintien au répertoire\nde notre première scène suggèrent quelques réflexions. J'ai ouï dire que hauteur ne\nvoyait pas, au début, d'un bon œil, son roman musical représenté à Nice. Il re-\ndoutait sans doute l'indifférence, l'hostilité peut-être cl un public élégant et super-\nficiel qui, cherchant surtout des plaisirs faciles, eût pu s'offusquer du sujet et ne\npas avoir la patience d'écouter une musique indépendante et forte (quoique non\nexempte d'une certaine recherche de l'effet). Le sujet, au contraire, 1 a ému par\nson côté sentimental et la musique a plu à quelques-uns qui, critiques et public,\nl'assimilent volontiers à celle de la nouvelle école italienne, plus réaliste qu'im-\npressionniste, fort en honneur dans la région.\n—Au Casino, la saison cl'opéra comique s'est ouverte avec succès par Lakmé\net Carmen, avec Mme Charlotte Wyns et M. Thomas Salignac.\nA la Jetée-Promenade, legrand orchestre deM. Gervasio, unchef très remar-\nquable, nous donne de beaux concerts. Depuis le commencement de l'hiver nous\navons eu des festivals Massenet, Reyer, Saint-Saëns, des concerts classiques et\ndes avant-midi-concerts (c'est le titre donné à des séances qui ont lieu dans la\nmatinée) aux programmes heureusement composés.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nNEW-YORK. Une curieuse reprise des Folies amoureuses de Regnard vient\nd'être donnée en Amérique par le Cercle français de l'Université Harvard, qui\ndepuis dix-huit ans s'efforce de faire connaître au public américain les chefs-\nd'œuvre de notre scène. La pièce était accompagnée du Prologue et du Ballet de\nla Folie, c'est-à-dire telle qu'elle fut présentée au public parisien en 1704 par\nl auteur lui-même. Poussant même leur esprit d'initiative intelligente plus loin,\nles membres du Cercle français, qui représentaient il y a quelques années la\npremière du Pédant joué, de Cyrano de Bergerac, réussirent à découvrir le\nmanuscrit original de la musique qu'écrivit Gilliet pour la représentation de 1704,\nmusique qui ne fut jamais imprimée et qui a disparu du répertoire de la Comédie-\nFrançaise. Malgré les difficultés techniques cl interprétation, la partie musicale\na eu le plus vif succès, et le jeu sûr et fin des acteurs a soulevé 1 enthousiasme\ndes nombreux spectateurs. C'est là une très intéressante reconstitution qui\nmérite d'être signalée et qui témoigne unç fois de plus de la manière si entendue\navec laquelle la Fédération de l'Alliance française aux Etats-Unis s'occupe de\nla langue française et de notre littératu/ë en Amérique.\n\nLe numéro sur la chanson populaire en dehors de la France, annoncé pour\nle 15 février, ne paraîtra que le iQV mars /905, les renseignements demandés en\nRussie et en Finlande ayant été retardés par les troubles de Saint-Pétersbourg.\n\nErratum.\nUne transposition de paragraphes s'est produite dans l'article de M. Calvoco-\nressi sur Edward Elgar (numéro du 15 janvier).\nPrière d'intercaler, entre la cinquième et la sixième ligne de la page 43, tout\nce qui vient, pageqq, après ces mots :En 1882, M. Elgar... jusqu ' h... la sincérité\n(page 4<5, ligne 29)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "96", "page_fin": "96", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.1", "titre_corps": "LÉGION D'HONNEUR. Tous nos compliments à M. Arthur Coquard,", "titre_sommaire": "LÉGION D'HONNEUR. Tous nos compliments à M. 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Henry Marcel, directeur des Beaux-Arts, vient de\ndécider, avec le consentement des représentants actuels des héritiers Cressent,\nque le Concours Cressent, qui jusqu'ici avait été exclusivement ouvert aux\nœuvres de composition musicale dramatique, serait, cette année, réservé aux\nœuvres de compositions musicales symphoniques.\nAux termes du règlement élaboré à ce sujet, les compositeurs qui désireront\nprendre part au concours auront le choix entre les trois formes suivantes :\ni° Symphonie proprement dite ;\n20 Suite d'orchestre ;\n30 Poème symphonique avec soliet chœurs.\nSont exclues du concours les œuvres présentant un caractère liturgique et\ncelles qui ne seront pas entièrement inédites.\nLes partitions devront être adressées franco à la Direction des Beaux-Arts,\nbureau des théâtres, 3, rue de Valois, du ier au 31 mars 1906.\nLa Direction des Beaux-Arts fait parvenir le programme du concours à toute\npersonne qui en fait la demande."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "96", "page_fin": "96", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.3", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. 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Marty, ap-\npelé à d'autres fonctions."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "96", "page_fin": "96", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.4", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Recettes détaillées du 20 novembre au 19 décembre 1904.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. 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Wagner.\n16.798 84\n26 —\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n13.492 5o\n28 —\nSamson et Dalda. — Coppélia.\nSaint-Saëns. L. De-\nlibes.\n16.809 91\n3o —\nLa Favorite.\nDonizetti.\n14.741 76\n2 Décemb.\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n14.64.5 84\n3 —\nLa Val kyrie.\nR. Wagner.\n13.616 5o\n5 —\nSalammbô.\nReyer.\n13.327 91\n7 —\nFaust.\nGounod.\n16.982 26\n9\nLe Fils de VEtoile.\nG. Erlanger.\n15.040 34\n10 —\nLa F^avorite.\nDonizetti.\n12.197 5°\n1 1 —\nTristan et Isolde.\nR. Wagner.\n6.677 5°\n12 —\nSamson et Dalila. — La Mala-\ndetta.\nSaint-Saëns. Vidal.\n14.673 4Ï\n14 —\nTristan et Isolde.\nR. Wagner.\n15.248 26\n16 —\nSalammbô.\nReyer.\n14.731 84\nl7 ~\nSamson et Dalila. — La Mala-\ndetta.\nSaint-Saëns. Vidal.\n1 2.610 5o\n19 —\nTristan et Isolde.\nR. 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Massenet.\n2 I\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n4.5 0 5 »\n2 2\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n6.270 5o\n8.653 5o\no\n2 3\n—\nDo 11 Juan.\nMozart.\n24\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.936 80\n8.368 5o\n>5\nCavalleria Rusticana. —\nJongleur de Notre-Dame.\nLe\nMascagni. Massenet.\n26\n—\nAlceste.\nGluck.\n9.549 40\n— matinée\nDon Juan.\nMozart.\n9.463 5o\n2 7\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.528 5o\n28\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.602 5o\n29\n—\nCavalleria Rusticana. —\nLe\nJongleur de Noire-Dame.\nMascagni. Massenet.\n5.629\n3o\nDéc.\nLouise.\nCharpentier.\n6.373 5o\n1t>r\nManon.\nMassenet.\n0. 5 2Q »\n2\nCavalleria Rusticana. —\nJongleur de Notre-Dame.\nLe\nMascagni. Massenet.\n7-638 »\n0\n3\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.302 40\n4\n— matinée\nLa Fille du Régiment. —\nLe\nJongleur de Notre-Dame.\nDonizetti. Massenet.\n8.742 5o\n4\n— soirée\nCavalleria Rusticana. — La Vie\nde Bohême.\nMascagni. Puccini.\n6.733 5o\n5\n—\nLouise.\nCharpentier.\n4.591 »\n6\n—\nLes Noces de Jeannette.\n—\nLe Jongleur de Noire-Dame.\nMassé. Massenet.\n5.I54 5o\n7\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.664 5o\n8\n—\nManon.\nMassenet.\nQ.30I 3o\n9\n—\nDon Juan.\nMozart.\n7.616 ))\n9.473 88\n10\n*\nCavalleria Rusticana. —\nJongleur de Notre-Dame.\nLe\nMascagni. Massenet.\n11\n— matinée\nLe Chalet. — La Traviata.\nAdam. Verdi.\n7-38I 5o\n5.538 5o\n11\n— soirée\nLe Toréador. — Lakmè.\nAdam. L. Delibes.\n12\n—\nMireille.\nGounod.\n4.581 »\n13\n—\nDon Juan.\nMozart.\n7.533 5o\n: 4\n—\nCavalleria Rusticana. —\nLe\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n7T77 5o\n1 5\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n8.255 w\n7.102 »\n16\n——\nCavalleria Rusticana. —\nJongleur de Notre-Dame.\nLe\nMascagni. Massenet.\n*7\n—\nManon.\nMassenet.\n9.692 40\n18\n— matinée\nLa Fille du Régiment. —\nLe\nJongleur de Notre-Dame.\nDonizetti. Massenet.\n7.032 »\n6.753 5o\n18\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\nl9\nLakmé.\nL. 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Par arrêté de M. le Préfet de l'Allier, en date du 30 décembre", "titre_sommaire": "MOULINS. Par arrêté de M. le Préfet de l'Allier, en date du 30 décembre", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.26", "debut_caractere": 241, "fin_caractere_exclue": 472, "texte": "MOULINS. Par arrêté de M. le Préfet de l'Allier, en date du 30 décembre\ndernier, M. Cornier (Charles) est nommé professeur de clarinette à l'Ecole na-\ntionale de musique de Moulins en remplacement de M. E. Valude, démission-\nnaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c050", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "98", "page_fin": "99", "image_debut": 26, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.10", "titre_corps": "BORDEAUX.", "titre_sommaire": "BORDEAUX.", "signature_source": "Jos. GRIMO", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.26", "debut_caractere": 474, "fin_caractere_exclue": 3049, "texte": "BORDEAUX.\n\nLa seconde partie de la tétralogie wagnérienne, La Valkyrie,\nvient d'être créée dans notre ville avec une splendeur inaccoutumée. Leconcours\nde Mme Jane Marcy et de M. Cornubert n'a pas peu contribué à mettre en relief\net à faire savourer les parties les plus ténébreuses de cette partition.\nL'enthousiasme très grand professé pour le génie de Bayreuth, qui avait réuni\nl'élite de nos compatriotes, s'est cependant manifesté avec une mesure tant soit\npeu provinciale ; cela tient surtout àla difficulté toujours nouvelle pour la plupart\nd'assimiler à leur tempérament cette musique qui ne demande cependant qu'un\npeu de perspicacité pour être comprise et qui atteint le plus haut point du\nsublime lyrique.\nSauf cette petite restriction, ce chef-d'œuvre admirablement monté par\nnotre excellent directeur M. F. Boyer a soulevé d'innombrables ovations et la\nplus large partdu succès revient sans contredit à MmeJ. Marcy qui, dans le rôle de\nla Valkyrie, a déployé toutes les ressources dramatiques que sa magnifique voix,\nà la fois puissante et tendre, lui a permis de nous offrir —ce qui lui a valu du\nreste une superbe palme et chaleureuses ovations. —M. Cornubert (Siegmund)\na composé son rôle avec science et ampleur ; l'organe n'est cependant pas par-\nfait et le style quelque peu affecté.\nLe reste de l'interprétation était confié à nos artistes, MM. Blancard, Syl-\nvain, M. A. Baron, Nacly-Blancard, qui ont justifié une fois de plus la belle con-\nfiance et le haut témoignage de satisfaction qu'ils reçoivent chaque jour. Le jeune\nmaestro E. Montagne conduit toujours et à coup sûr sa pléiade d'artistes, qu'il\nmène véritablement àla victoire. Nos sincères félicitations pour ce nouveau\ntriomphe.\nUn des plus chaleureux accueils est réservé àla musique de la Garde républi-\ncaine, autorisée par le Ministre à prêter son concours à l'inauguration du monu-\nment Gambetta, qui aura lieu le printemps prochain.\nNotre gracieuse ballerine, Mlle Régina Badet, qui a prêté son concours àla\n1000E de Carmen, est engagée à l'Opéra-Comique, à partir du mois de mai.\nLe 4e Concert à Sainte Cécile, avec le concours de M. ChaSsang, des concerts\nLamoureux, et M. G. Enesco, dont la Revue Musicale a récemment publié le\nportrait et la brillante biographie, était composé des morceaux suivants :\nI. Symphonie en ré mineur CÉSAR FRANCK.\n11. Edith au col de cygne. .... .. G. HUE.\n111. Concerto pour violon BEETHOVEN.\nIV. Les Chansons de Miarka A. GEORGES.\nV- Suite d'Orchestre (IRE audition) G. ENESCO.\nLe succès du Jongleur de Notre-Dame s accentue de jour en jour dans notre"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.27", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 359, "texte": "ville ; c'est ainsi que la 10e représentation a fait salle comble. Brillamment inter-\nprété par MM. Boyer, notre sympathique directeur (dans Boniface), Leclerc\n(Jean) et Blancard (le prieur), l'heureux chef-d'œuvre de Massenet est certai-\nnement une des meilleures créations lyriques offertes aux Bordelais depuis quel-\nques années.\n\nJos. GRIMO."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c051", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "99", "page_fin": "99", "image_debut": 27, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.11", "titre_corps": "BRUXELLES.", "titre_sommaire": "BRUXELLES.", "signature_source": "A. REBECQ", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.27", "debut_caractere": 361, "fin_caractere_exclue": 3304, "texte": "BRUXELLES.\nA. REBECQ.\nLa direction du théâtre de la Monnaie s'est particulièrement\ndistinguée pendant le mois de décembre, où il nous a été donné d'assister à une\nsérie de représentations en tous points réussies et qui font honneur àla direction\naussi bien qu'aux exécutants.\nCe fut d'abord la première dAlceste, qui aura été l'événement par excellence de\nla saison artistique. Mise en scène irréprochable, interprétation unique, rien\nn'avait été négligé pour assurer le succès de cette pièce qui a répondu à toutes\nles espérances. La voix opulente et sonore de Mme Litvinne s'est déployée à\nmerveille, en même temps que son âme d'artiste s'épanchait tout entière, avec un\nenthousiasme qui ne s'est pas démenti un instant. L'air de « Divinités du Styx »,\nenlevé avec unepuissance et un éclat vraiment tragiques, a transporté l'auditoire,\nqui a fait ovation sur ovation à la grande artiste, laquelle a d'ailleurs montré\nla même conviction, la même flamme inspirée jusqu'au dernier acte.\nSignalons qu'à la différence de ce qui s'était fait à 1 Opéra-Comique de Paris,\noù l'Apollon qui se dressait au milieu du temple, dans le décor du 2E acte, était\nune statue en bronze, très belle reproduction de Y Apollon Didymien du Louvre,\non a choisi un Apollon hiératique dont un plâtre existe ici, au musée du Cin-\nquantenaire, l'Apollon de Tenea, avec les yeux en émail bleu, la bouche et les\ncheveux dorés, suivant les traditions de l'art grec primitif.\nLe chef-d'œuvre de Gluck avait été donné une fois àla Monnaie, àla fin du\nxvme siècle ; mais il est certain que cette représentation fut loin d avoir reçu les\nmêmes soins que celles auxquelles nous avons pu assister et dont 011 peut\nconsidérer la reprise comme une véritable première qui fera époque dans les\nannales de la Monnaie.\nM. VanDyck, qui était déjà en représentations à Bruxelles, a chanté la Valky-\nrie à côté de Mme Litvinne, imprimant un éclat exceptionnel aux deux représenta-\ntions extraordinaires données les 27 et 31 décembre, qui réunirent deux des plus\ngrands chanteurs wagnériens de l'époque.\nLe 3 janvier, nous assistions à la première de deux œuvres de M. Albeniz qui\ncaractérisent bien les tendances actuelles de l'école espagnole.\nPépita Jimenez est une adaptation scénique d'un conte de Juan Valera\ndont une traduction a paru chez Calmann-Lévy sous le nom de Récits anda-\nlous. Dans cette comédie lyrique toutes les situations sont commentées par\nun accompagnement orchestral très fouillé, très étudié, variant très loin les\nthèmes mélodiques dont le caractère s'apparente étroitement au rythme ternaire\npresque exclusivement employé pour souligner les danses et les jeux, aussi bien\nque les lamentations, à quelques récits près. Sur un sujet assez peu consistant,\nl'auteur a brodé de main exporte une musique sérieuse, mais délicate et spon-\ntanée. Nous sommes ici en plein système de mélodie continue, conservant strie-\ntement son caractère de finesse et de distinction."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c052", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "99", "page_fin": "100", "image_debut": 27, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.12", "titre_corps": "LILLE.", "titre_sommaire": "LILLE.", "signature_source": "Dr GAUDIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.27", "debut_caractere": 3306, "fin_caractere_exclue": 3441, "texte": "LILLE.\n\n—• Société de musique. 18 décembre. —La Vestale de Spontini (1).\n\n(i) Il existe une Vestale de Mercadante, représentée en 1841."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2909, "texte": "La, Société de musique de Lille a consacré son deuxième concert à l'exécution\nintégrale, ou presque, de cet opéra fameux, et cela avec un succès remarquable,\ndevant plus de trois mille personnes.\nLa Vestale est le chef-d'œuvre de Spontini, et le meilleur opéra qui ait été\ncomposé sous l'Empire. Représenté pour la première fois à l'Académie impé-\nriale de musique, le 15 septembre 1807, il fut joué avec un succès immense qui\na duré 30 ans. Les reprises (en 1854; laissèrent le public indifférent.\nVOuverture est d'un beau caractère, et, par certains détails d instrumenta-\ntion qu'on retrouve dans l'introduction de Tancrède, on voit combien Rossin\na emprunté à son compatriote. Commencée par un andante très expressif, elle se\ncontinue et se termine par un presto agitato plein de mouvement.\nLe premier acte avec ses grands récitatifs est d'une belle et noble exposition.\nL'hymne du matin que chantent les vestales est tout à fait dans le style de Gluck,\nainsi que l'air de la grande prêtresse : Lîamour est un monstre barbare, morceau\nqui rappelle l'air de la haine d'Armée. Très touchante, la scène où Julia restée\nseule se débat entre l'amour qu'elle éprouve pour Licinius et ses devoirs de\nvestale, et quelle passion dans l'air admirable : Licinius, je vais donc te revoir,\ndont les cris douloureux se prolongent jusqu'à la marche triomphale, à laquelle\nBerlioz a emprunté certaines sonorités pour la marche des Troyens !\nLe second acte est un chef-d'œuvre. Nous rappellerons entre autres l'air si\npathétique en ut mineur : Impitoyables Dieux ; celui de Licinius : Les Dieux\nprendront pitié ; le duo classique : Sur cet autel sacré, et enfin le finale joué si sou-\nvent dans les concerts et avec tant de succès (Luigini le donna aux concerts du\nConservatoire de Lyon en 1885).\nLe dernier acte, moins important, renferme encore de grandes beautés : l'air\nde Licinius, le duo avec le grand prêtre, la marche funèbre, la plainte de Julia :\nToi que je laisse sur la terre, le chœur d'allégresse final, en si bémol, dont\nRossini s'est souvenu dans Moïse.\nL'interprétation était de premier ordre : Mmes Litvinne, Auguez deMontalant,\net pour les hommes Cazeneuve, et Baer qui, par la beauté de sa voix, l'autorité\nde son style dans les récitatifs, écueil de tant de nos chanteurs, s'est affirmé un\nartiste de premier ordre.\nNous avons dit déjà ici ce que nous pensions des chœurs de la Société. Je répète\nqu'à l'heure actuelle je ne connais pas, en France, d'exemple de masses chorales\nde cette importance possédant autant d'intelligence musicale, de talent et de\nqualité de voix. Il faudrait aller en Allemagne, et encore...\nL'orchestre, un peu réduit au rôle ingrat et difficile d'accompagnateur, s'est\ntiré adroitement de cette musique un peu vieille pour notre époque sous la\nbaguette sagace de M. Maquet, dont le talent sait se plier à tous les styles et\nà toutes les musiques.\n\nDr GAUDIER."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c053", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "100", "page_fin": "101", "image_debut": 28, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.13", "titre_corps": "LONDRES.", "titre_sommaire": "LONDRES.", "signature_source": "HUGO CONRAT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.28", "debut_caractere": 2911, "fin_caractere_exclue": 3454, "texte": "LONDRES.\n\nCe mois-ci nous avons plutôt souffert d'un embarras de richesses,\ncar presque tous les soirs il y a eu concerts, principalement dans les salles Erard,\nSteinway, Bechstein et Broadwood ; quelquefois même il y a eu concert l'après-\nmidi aussi bien que le soir. Néanmoins leurs longs programmes n'ont qu'un\nmédiocre intérêt pour un pays étranger. Les concerts d'orchestre ont été beau-\ncoup plus intéressants, quoique l'orchestre de Queen's Hall ait eu un succès\nassez douteux dans le Poème symphonique Penthesileia (Hugo Wolff) et dans"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 876, "texte": "Hexenlaid, cle Schillings. L Après-Midi d'un faune, de Claude Debussy, a été appré-\nciée. Vict or Maurel a eu un énorme succès au concert qu'il a donné dernièrement\nici, et a prouvé qu'il est aussi artiste dans la salle de concert que sur la scène de\nCovent-Garden. Le London Symphony Orchester, sous l'habile direction de\nSteinbach, a donné une superbe audition d'oeuvres magistrales des fameux\nmaîtres Bach, Beethoven, Brahms.\nM. Edward Elgar a accepté la chaire de musique récemment créée à Bir-\nmingham. Les amis de son art espèrent que la chaire ne deviendra pas un « fau-\nteuil ». Le programme du concert d'orchestre du jour de l'an du Queens Hall\ncontient une nouveauté intéressante, qui n'est rien moins que trois nouvelles\nouvertures écrites par Richard Wagner, il ya à peu près cinquante ans : Polo-\nma, Rule Britannia, Christophe Colomb.\n\nHUGO CONRAT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c054", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "101", "page_fin": "102", "image_debut": 29, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.14", "titre_corps": "MONTPELLIER.", "titre_sommaire": "MONTPELLIER.", "signature_source": "ANDRÉ ARON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.29", "debut_caractere": 878, "fin_caractere_exclue": 3394, "texte": "MONTPELLIER.\n\nLes concerts. A défaut de concerts de musique, nous avons\ndes concerts de virtuoses. Quand ils ont nom Thibaud, on ne songerait pas à\ns'en plaindre, si l'on ne trouvait au programme des jongleries telles que les\nAirs bohémiens de Sarasate. Pourquoi faut-il qu'un artiste de cette valeur,\naprès avoir interprété avec respect et émotion la Sonate de Franck, et surtout\naprès l'avoir fait comprendre à l'intégralité d'un public plutôt modéré dans ses\nsympathies, se croie obligé de montrer l'agilité de ses doigts ? Quand donc com-\nprendra-t-on que, même en province, nous désirons seulement de la musique et\nnon des études ?\nApart ce détail, d'ailleurs essentiel, on ne saurait trop admirer l'intensité\nde l'expression et la pureté du style de M. Jacques Thibaud.\nM. Julien Ihibaud, qui l'accompagnait, a interprété avec vigueur sinon avec\nâme YApassionata. Il fut meilleur dans la Sonate de Franck.\nConcert Wurmser. Que faut-il reprocher à M. Wurmser ? comment se fait-\nil qu avec 1 élégance infinie de son doigté et de son toucher, on n'ait pas une\nminute 1 impression de la pensée de l'auteur, mais simplement celle d'une perpé-\ntuelle recherche d effets malheureux ? On s'est aussi demandé sans cesse quelle\noccupation urgente poussait M. Wurmser à accélérer et à précipiter le mouve-\nment de tout ce qu il a interprété. Ajoutons que les fantaisies pour piano sur\ndes opéras, serait-ce Don Juan, ne nous paraissent pas si précieuses qu'à nos\npères. La musique de piano manquerait-elle ?\nAvec M. Wurmser, Mlle Povla Frisch a chanté une très intéressante série de\nlieds, allemands et français. On ne saurait trop l'en remercier, car cette forme\nmusicale, une des plus émouvantes et des plus expressives, est généralement\npeu donnée en province. Mll Frisch, dont la diction est excellente, a été particu-\nlièrement intéressante dans 1 Impatience de Schubert, et dans la très voluptueuse\nOde Saphique de Brahms.\nSociété de concerts de Musique classique. Une compagnie de quartettistes\ncomposée de MM. Caries et Bouillon, violonistes, Ballé, altiste, et Flouch, vio-\nloncelliste, et un pianiste,M. Bérard, ont entrepris de donner une série d'auditions\nde musique de chambre. Nous n'insisterons pas sur l'intérêt de cette tentative.\nPour des raisons probablement mystérieuses, la musique de chambre, la plus\nintime et la plus émue, la plus profonde et la plus expressive, est de toutes les\nmusiques la moins répandue en province.\nAu programme de la première audition se trouvaient le Quatuor i de Beethoven"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1863, "texte": "et le Quintette de Franck. Un peu flou, le quatuor, et manquant visiblement de\ntravail, au moins dans Yallegro initial. En revanche, l'interprétation du quintette\nfut remarquable. Il fut rendu avec respect et émotion, les thèmes suffisamment\nmis en relief, le sentiment soutenu et homogène. Une pareille exécution nous\npermet d espérer des auditions intéressantes.\nDans le même concert M. Raymond Bérard, qui avait montre un sentiment\nmusical très profond dans sa partie du quintette de Franck, donna une interpré-\ntation très fougueuse et très romantique d'une polonaise de Chopin.\nGrand-Théâtre. Après avoir somnolé pendant près de trois ans et chômé\ncomplètement ces derniers temps, le Théâtre de Montpellier, sous la direction de\nM. Marius Granier, vient à nouveau apporter sa part au mouvement artistique.\nNous ne parlerons pas aujourd'hui des pièces représentées : éternellement\nsemblables. Quand donc sera-t-on débarrassé des Mignon et des Lakmé} On\nnous promet d'ailleurs à bref délai la Reine Fiamette et le Jongleur de Notre-\nDame.\nCependant il nous a été permis d'apprécier la valeur des artistes qui donnent\nun ensemble très satisfaisant. Je mentionnerai spécialement M. Galland, de\nl'Opéra-Comique, M. Van Neym et surtout Mlle J. Mérey. Cette artiste joint à\nune voix d'une richesse infinie le jeu le plus naturel et le plus vécu. On doit lui\nêtre particulièrement reconnaissant d'adopter dans un théâtre méridional, où les\nsuccès de roulades sont si faciles, la méthode plus sobre du Théâtre de la Mon-\nnaie, où elle était précédemment. Il est certes très agréable d'entendre une jolie\nvoix, mais le plaisir esthétique est tellement supérieur à sentir une belle création\nclu génie dramatique et lyrique ! C'est avec impatience qu'on attend Mlle Mérey\ndans le personnage si délicat et si vivant de la petite reine Fiametta.\n\nANDRÉ ARON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c055", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "102", "page_fin": "103", "image_debut": 30, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.15", "titre_corps": "MONTE-CARLO. Les concerts de Monte-Carlo ont commencé le 24 novembre", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO. Les concerts de Monte-Carlo ont commencé le 24 novembre", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.30", "debut_caractere": 1865, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "MONTE-CARLO. Les concerts de Monte-Carlo ont commencé le 24 novembre\npar la 9e Symphonie... sans les chœurs, et jouée clans Tordre suivant : Allegro,\nadagio, scherzo. La suppression de la partie vocale et la terminaison brusque\nsur les trois mesures en unisson du scherzo sont d'un effet un peu décevant.\nAu même programme : Ce que Von entend sur la montagne, le premier des douze\npoèmes symphoniques de Liszt.\nAu 2e concert (ier décembre), la symphoniejupiter ;In der natur, une des trois\nouvertures composées par Dvorak en Amérique, et les trois premières parties\nde la délicieuse Psyché de César Franck. Là encore nous avons regretté que\nl'absence de chœurs n'ait pas permis d'exécuter entièrement ce chef-d'œuvre.\nEt c'est encore sans chanteurs que nous furent donnés les Adieux de Wotan,\njoués au 3e concert (8 décembre) par l'orchestre seul après VApprenti sorcier et\nSadko, deux perles. On ne saurait comparer l'œuvre de Rimsky-Korsakow à la\nJeanne d'Arc de Mozskowski, bien inférieure, par laquelle commençait la séance.\nCe poème symphonique, divisé en quatre parties : Vie pastorale et visions ; médi-\ntations sur le passé ; entrée à Reims ; prison, mort et apothéose, a paru très long et\npas toujours à la hauteur du sujet qui l'a inspiré.\nA noter encore une très brillante interprétation de la Symphonie en ut majeur\nde Schumann au 4e concert (16 décembre), et au 5e la reprise de la 6e Symphonie\nde Glazounow, déjà jouée avec succès à la saison dernière, ainsi qu'une fine\nexécution de Casse-noisette, deTchaïkowsky, ballet gentillet, mais un peu mince."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 115, "texte": "Comme Ton voit, l'école russe était largement représentée sur les programmes\nde ces derniers concerts"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c056", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "103", "page_fin": "104", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.16", "titre_corps": "NICE.", "titre_sommaire": "NICE.", "signature_source": "EDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.31", "debut_caractere": 117, "fin_caractere_exclue": 3458, "texte": "NICE.\n\nOpéra. Le 26 décembre a eu lieu la création de Y Epreuve,\nopéra de M. Ch. Pons, dont ce sont les débuts au théâtre.\nPrésentée comme oratorio et sous le titre du Christ au désert, cette œuvre\nobtint un classement très honorable au dernier concours de la ville de Paris.\nCe premier succès a engagé les auteurs à remanier leur drame sacré afin de lui\nfaire voir les feux de la rampe.\nLes trois actes ainsi obtenus nous montrent Satan essayant de tenter le Christ\net le soumettant à trois épreuves : la faim, la puissance et 1 amour. C est cette\ndernière tentation qui constitue la principale action dramatique. Une caravane\ncomposée surtout de femmes esclaves traverse le désert où se tient en prière\nJésus (que les auteurs appellent Jehozuah pour ne froisser aucune susceptibilité).\nLe pas alourdi des voyageurs fatigués est marqué à l'orchestre par une marche\npesante d une jolie couleur. Le Nazaréen, par sa parole persuasive, fait libérer\nles malheureuses esclaves. L'une d'elles, Medhora, en garde pour son libérateur\nplus que de la reconnaissance, et au deuxième acte c'est de cette affranchie,\ndevenue une courtisane célèbre, que se sert Satan pour tenter de nouveau Jésus.\nCette tentatrice, qui semble vouloir résumer en elle Salomé, Marie Madeleine,\nKundry et Thaïs, échoue dans son entreprise, et c'est elle au contraire qui,\ntouchée par la grâce, renonce aux joies de ce monde.\nLe défaut de ce poème est d'être trop sacré pour un opéra et trop profane pour\nun oratorio. La forme primitive de l'ouvrage reste forcément prédominante, de\nsorte que les caractères sont musicalement insuffisamment développés et les\npersonnages ne vivent pas. Du reste, la partie vocale est assez mal écrite et sans\nintérêt, et c'est surtout par la partie orchestrale que vaut cet ouvrage.\nLe compositeur, contrairement à ce que l'on pourrait supposer à la lecture\ndu sujet, s'inspire beaucoup plus de Gounod que de Massenet. Il a de ces\ndeux maîtres la tournure mélodique et le charme, moins l'originalité. Ses\nphrases ont un contour ondoyant et caressant et passent par une série de\nmodulations, peut-être trop nombreuses, mais très douces : l'auteur semble éviter\nles dissonances de l'école moderne. Les parties purement dramatiques sont\ngauchement écrites ; mais tout le reste est composé dans un style polyphonique\nsupérieurement traité. L instrumentation de M. Ch. Pons est assez variée,\nquoique timide, et le musicien semble affectionner surtout les timbres composites\nchers à Wagner. Elle a une qualité très appréciable : elle n'est pas bruyante.\nEn résumé, œuvre de début musicalement intéressante.\nDécors et mise en scène très soignés. Interprétation médiocre et sans nuance ;\nil est vrai que la faute n'en est pas entièrement aux acteurs. Au contraire,\nl'orchestre, conduit par M. Dobelaer, a été parfait\nLa saison théâtrale a commencé à l'Opéra par Sigurd. La troupe, bonne\ndans son ensemble, vient d'être admise entièrement par la commission\nthéâtrale, à qui incombe à Nice le soin de juger et de recevoir les artistes\nlyriques après leurs débuts. Parmi ces artistes il faut surtout citer les soprani\nH. Therry, Vera Nimidoff ; les ténors J. Gautier, Th. Salignac, Flachat ; les\nbasses Layolle, Lafont et Laskin. A noter le succès de Mrae Charlotte Wyns dans\nses divers rôles, et les heureux débuts de Mlie Cesbron (de l'Opéra-Comique)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 1472, "texte": "dans la Bohême et dans Louise, qu elle joue avec une simplicité émouvante.\nLe succès (relatif) de l'œuvre de M. Charpentier et son maintien au répertoire\nde notre première scène suggèrent quelques réflexions. J'ai ouï dire que hauteur ne\nvoyait pas, au début, d'un bon œil, son roman musical représenté à Nice. Il re-\ndoutait sans doute l'indifférence, l'hostilité peut-être cl un public élégant et super-\nficiel qui, cherchant surtout des plaisirs faciles, eût pu s'offusquer du sujet et ne\npas avoir la patience d'écouter une musique indépendante et forte (quoique non\nexempte d'une certaine recherche de l'effet). Le sujet, au contraire, 1 a ému par\nson côté sentimental et la musique a plu à quelques-uns qui, critiques et public,\nl'assimilent volontiers à celle de la nouvelle école italienne, plus réaliste qu'im-\npressionniste, fort en honneur dans la région.\n—Au Casino, la saison cl'opéra comique s'est ouverte avec succès par Lakmé\net Carmen, avec Mme Charlotte Wyns et M. Thomas Salignac.\nA la Jetée-Promenade, legrand orchestre deM. Gervasio, unchef très remar-\nquable, nous donne de beaux concerts. Depuis le commencement de l'hiver nous\navons eu des festivals Massenet, Reyer, Saint-Saëns, des concerts classiques et\ndes avant-midi-concerts (c'est le titre donné à des séances qui ont lieu dans la\nmatinée) aux programmes heureusement composés.\n\nEDOUARD PERRIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c057", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "104", "page_fin": "104", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.17", "titre_corps": "NEW-YORK. Une curieuse reprise des Folies amoureuses de Regnard vient", "titre_sommaire": "NEW-YORK. Une curieuse reprise des Folies amoureuses de Regnard vient", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.32", "debut_caractere": 1474, "fin_caractere_exclue": 2720, "texte": "NEW-YORK. Une curieuse reprise des Folies amoureuses de Regnard vient\nd'être donnée en Amérique par le Cercle français de l'Université Harvard, qui\ndepuis dix-huit ans s'efforce de faire connaître au public américain les chefs-\nd'œuvre de notre scène. La pièce était accompagnée du Prologue et du Ballet de\nla Folie, c'est-à-dire telle qu'elle fut présentée au public parisien en 1704 par\nl auteur lui-même. Poussant même leur esprit d'initiative intelligente plus loin,\nles membres du Cercle français, qui représentaient il y a quelques années la\npremière du Pédant joué, de Cyrano de Bergerac, réussirent à découvrir le\nmanuscrit original de la musique qu'écrivit Gilliet pour la représentation de 1704,\nmusique qui ne fut jamais imprimée et qui a disparu du répertoire de la Comédie-\nFrançaise. Malgré les difficultés techniques cl interprétation, la partie musicale\na eu le plus vif succès, et le jeu sûr et fin des acteurs a soulevé 1 enthousiasme\ndes nombreux spectateurs. C'est là une très intéressante reconstitution qui\nmérite d'être signalée et qui témoigne unç fois de plus de la manière si entendue\navec laquelle la Fédération de l'Alliance française aux Etats-Unis s'occupe de\nla langue française et de notre littératu/ë en Amérique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c058", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "104", "page_fin": "104", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.18", "titre_corps": "Le numéro sur la chanson populaire en dehors de la France, annoncé pour", "titre_sommaire": "Le numéro sur la chanson populaire en dehors de la France, annoncé pour", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.32", "debut_caractere": 2722, "fin_caractere_exclue": 2953, "texte": "Le numéro sur la chanson populaire en dehors de la France, annoncé pour\nle 15 février, ne paraîtra que le iQV mars /905, les renseignements demandés en\nRussie et en Finlande ayant été retardés par les troubles de Saint-Pétersbourg."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-02-01-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-02-01_01#c059", "volume": "bmtnabj_1905-02-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "104", "page_fin": "104", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.2.10.19", "titre_corps": "Erratum.", "titre_sommaire": "Erratum.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.32", "debut_caractere": 2955, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "Erratum.\nUne transposition de paragraphes s'est produite dans l'article de M. 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Bientôt il écrivait un\nconcerto pour son instrument, qui fut adopté par Auber pour les classes du Conser-\nvatoire. De nombreuses œuvres pour piano (Mazurkas, Etudes, Scherzos, 2e et\n3e Concerto \\ des mélodies et plusieurs œuvres de musique de chambre entre autres\nun Quintette souvent joué par Léonard) attestèrent l'activité et le talent du jeune\ncompositeur. Mais ce n'est que plus tard, encouragé par une mention honorable au\nconcoursßossini (la fille de Jaïre) et la 2eplace obtenue au concours Cressent (les Pan-\ntins) que M. Pfeiffer abandonna le piano pour le théâtre: en 188 A il donnait /'En-\nclume (paroles de P. Barbier),jouée avec succès cil' Opéra-Comique et reprise en 1888.\nLe Légataire universel, écrit cette même année, ne fut joué qu'en 1901, avec le succès\nque l'on sait. Cette œuvre a passé ci Bruxelles et dans plusieurs autres villes impor-\ntantes ; on la reprend ce mois-ci à VOpéra-Comique. Un grand drame lyrique, les\nTruands [d'après Richepin), sera prochainement représenté sur une grande scène,\nnous l'espérons.\nM. Georges Pfeiffer, chevalier de la Légion d'honneur depuis 190k, membre de\nVOrdre de Charles IIR etc., a été récemment élu président de la Société des\nCompositeurs de musique. Il fait partie, comme critique musical, du comité de\nF Association de la critique, dont il a été déjà vice-président.\nIl serait trop long d'énumérer les diverses œuvres instrumentales souvent entendues\nau Conservatoire ou à la Société Nationale, dont M. Pfeiffer fut un des premiers\nmembres. Et cette musique est trop connue de nos lecteurs pour que nous en entrepre-\nnions ici l'éloge. Disons seulement que l'homme est aussi digne d'estime que le musi-\ncien : son affabilité, sa culture et la sûreté de ses relations sont à la hauteur de son\ntalent."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "75", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.3", "texte": "G. BOUZIGNAC\n\nG. Bouzignac\n\n(Compositeur du xvne siècle).\nVoici le nom d'un musicien français du xvne siècle que ne connaissent guère\nles historiens. Aucun répertoire biographique, ni Fétis, ni Eitner ne le citent,\nbien que cependant, en quelques lignes de son Harmonie universelle, le P. Mer-\nsenne beût rangé parmi les plus excellents compositeurs de son temps.\nAu surplus, eûtbil été mentionné en passant, sa notice eût été brève. Rien\nde son œuvre n'a été imprimé et ne paraissait avoir subsisté en manuscrit.\nQuant à sa vie, presque rien n'en est connu. Nous savons que Bouzignac a vécu\ndans les premières années du xvne siècle et que sa période de production peut\nse placer de 1620 à 1640 ; qu'il fut originaire du midi de la France, fît ses études\nmusicales à la maîtrise de Narbonne et qu'il dut séjourner assez longtemps en\ndiverses villes de Languedoc ou de Guienne, au moment où ces pays étaient en\nproie aux guerres religieuses et civiles des débuts du règne de Louis XIII.\nA-t-il résidé ailleurs? Est-il venu à Paris, où, malgré les louanges du P. Mer-\nsenne, sa réputation semble avoir assez peu pénétré ? Autant de questions qui\nrestent à résoudre.\nSi sa personne demeure encore ignorée, son œuvre ne l'est heureusement\nplus. Un manuscrit inédit de la Bibliothèque de Tours, que rien dans le cata-\nlogue ne recommandait particulièrement à l'attention, contenait heureusement\nune ample collection de ses compositions Plus de cent pièces, ordinairement de\ngrandes dimensions y figurent ; et la simple lecture suffit pour en révéler l'ori-\nginalité saisissante et l'importance historique. Avec elles, toute une face de l'art\nfrançais du xvne siècle réapparaît, dont rien ne laissait soupçonner l'existence.\nNous avons là un témoignage, unique peut-être, du travail de ces écoles pro-\nvinciales, vivaces encore à cette époque (surtout dans les provinces méridionales),\net dont malheureusement les monuments paraissent avoir péri presque tous.\nSuivant la tradition classique du xvie siècle, ces œuvres sont exclusivement\nvocales. Elles ignorent la basse continue à quoi s'essayaient déjà d'autres\nmusiciens à Paris et dans le Nord. Le style, très varié, est souvent tout à fait à\npart. De très belles pièces polyphoniques qui, pour la pureté de la forme, ne\nseraient pas indignes des bons maîtres de l'école romaine, y voisinent avec\nd'autres, écrites à deux chœurs dans la manière mise à la mode par Formé\nvers 1610 à la Chapelle royale ; avec d'autres encore, qui se rattacheraient mieux\nà l'école de Du Caurroy. De telles compositions, fermement tracées d'une main\nsûre et experte, prouvent une fois de plus combien est erronée l'idée qui,\ndepuis Fétis, a cours : que la musique française avait en ce temps-là oublié la\ntechnique du siècle précédent et perdu toutes les traditions du grand art.\nMais la plupart sont remarquables encore par le souci d'expression précise\nqui s'y fait jour au travers des entraves du contrepoint. Les thèmes engagés\ndans la trame polyphonique ont une allure mélodique bien différente de celle\ndes maîtres anciens. Cela reste visible surtout dans quelques chansons françaises\nque contient le volume, où se trahit en maints endroits un curieux effort de\ntraduction littérale du texte (1).\n\n(1) Nous donnons une de ces chansons dans 1 Q Supplément musical de ce numéro."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "76", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.4", "texte": "G. BOUZIGNAC\n\nGès aspirations nouvelles ont obligé le musicien bien souvent à rompre les\ncadres consacrés. 11 veut plier son écriture chorale aux exigences d'une forme\ndéjà presque dramatique, dans les nombreux motets en dialogue où divers per-\nsonnages, réels ou symboliques, conversent entre eux ou bien commentent, en\ngroupes alternés, tel ou tel passage de l'Ecriture.\nCe sont déjà de véritables fragments & Histoires sacrées que ces motets dont il\nn'y a pas d'autre exemple dans la musique française. Ils ne diffèrent guère de ceux\nque Carissimi écrivait presque vers le même temps. Pour 1 intention du moins,\ncar la réalisation en est tout autre. En effet, tandis que Carissimi use du style\nrécitatif et de la voix seule accompagnée d'une basse continue d'orgue, suivant\nl'exemple des Florentins créateurs du drame lyrique, ce sont des groupes vocaux\nque Bouzignac a fait dialoguer, et c'est à ces petits ensembles de voix qu'il con-\nfère une personnalité récitante. Quelquefois, un seul chanteur vient s'opposer au\nchœur : ordinairement, deux ou trois voix différentes figurent ensemble\nchaque acteur du drame.\nCette convention singulière n'avait pas effrayé, longtemps auparavant, les\npremiers Italiens qui s'essayèrent au drame lyrique. Elle doit d'autant moins\nnous surprendre que les petits drames sacrés que sont ces motets ne visent pas à\nl'exactitude d'une représentation dramatique véritable. Encore mieux que les\ncomédies madrigalesques d'Orazio Vecchi, - à quoi elles font songer immédiate-\nment ces œuvres ne veulent émouvoir que par la seule puissance de la mu-\nsique. C'est donc à l'esthétique du poème symphonique, non du drame, qu'il les\nfaut rapporter. Nous ne nous choquerons point de ce que les voix y soient traitées\ncomme les instruments dans l'orchestre moderne.\nQuoi qu'il en soit, la tentative du musicien français suffirait à sauver sa mé-\nmoire de l'oubli. Que l'idée lui en soit personnelle, qu'il ait seulement eu la pen-\nsée de transférer à l'église les procédés que Vecchi avait appliqués à ses divertis-\nsements comiques, il n'importe et d'ailleurs nous ne saurions encore trancher\ncette question. Il garderait toutefois, l imitation fût-elle prouvée, assez d'origi-\nnalité, car son style ne rappelle guère celui du compositeur italien. Beaucoup de\nces pièces sont expressives et touchantes, d'une charmante naïveté et d une\ngrâce singulière. En serait-il autrement, l'intérêt historique en serait assez grand\nencore pour qu'il y ait à se féliciter qu'un hasard heureux ait conservé le ma-\nnuscrit qui les renferme. Alors que Bouzignac faisait exécuter cette musique en\nquelque cathédrale du Languedoc, bien du temps devait encore s'écouler avant\nl'apparition du drame lyrique en France. N'est-il pas curieux de voir déjà, dans\nles tendances qu'elle révèle, la preuve que nos maîtres ne demeuraient point en\ndehors du travail d'évolution qui se poursuivait partout et qu'ils avaient souci\nd'apporter leur solution au problème qui passionnait ailleurs les esprits ?\n\nHENRI QUITTARD."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "77", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.5", "texte": "COURS DU COLLEGE DE FRANCE\n\nLA PENSÉE MUSICALE\n\nIII. - LES IMAGES DANS LA MUSIQUE.\n(Cours du lundi. — Résumé.)\nDans une lettre du 17 mars 1828, adressée à son ami Flechsig, le compositeur\nle plus sentimental, celui qu'on a appelé avec raison un des poètes de la musique,\nRobert Schumann, s'exprime ainsi : « L'amour et l'amitié passent sur cette\nterre un voile au front et les lèvres closes ; aucun être humain ne peut dire à un\nautre comment il l'aime ; il sent seulement qu'il l'aime. L'homme intérieur n'a\npas de langage, il est muet. » Cette déclaration (que Schumann emprunte à\nJean-Paul) est répétée dans une autre lettre du même (28 avril 1828, recueil\ndes Jugendbriefe, publié par Clara Schumann, 3e édit.5 Leipzig, 1900). Ma der-\nnière leçon n'a pas été autre chose que le commentaire de ce texte, que je cite\npour résumer ce qui a été dit. J'ai essayé de prouver par des analyses précises\nque nous connaissons bien et pouvons représenter les effets du sentiment, mais\nque nous ne pouvons l'atteindre directement en lui-même que par la conscience.\nLa musique est le dynamomètre des états affectifs. Parle choix du mouvement\n(depuis le prestissimo jusqu'à Vadaio) et par l'intensité des sons (depuis le\nfff jusqu'aux smorzcindo, perdendosi, etc...), elle représente les accélérations\nou les ralentissements, les gains ou les pertes de la force vitale. Comme « imi-\ntation » réaliste et directe, elle ne peut rien de plus.\nD'autre part cependant, la musique est habituellement considérée comme « le\nlangage du cœur », et il ne manque pas de musiciens aussi autorisés que Schu-\nmann qui sont en contradiction formelle avec lui. J'ai annoncé que je mettrais\nd'accord ces opinions extrêmes et intransigeantes, en dissipant un malentendu.\nC'est ce que je vais tâcher de faire aujourd'hui.\nQuand on ne peut pas atteindre un but en suivant la ligne droite, on prend\nun détour. Quand on ne peut pas représenter directement un phénomène psycho-\nlogique, un sentiment ou une idée abstraite, on emploie un symbole, une\nimage, dont l'exactitude repose non sur la ressemblance réelle du signe et de"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "78", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.6", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nla chose signifiée, mais sur les associations d'idées qui interviennent et servent\nde lien entre les deux termes. Tel est le procédé constamment usité dans le\nlangage courant, dans le langage artistique (poésie) et dans le langage musical.\nDans le langagecourant, nous prêtons aux idées : un poids ; on dit, en effet, des\nidées graves, légères ; une couleur ;on dit : des idées claires, sombres, bril-\nlantes, troubles, noires (cf. voir tout en rose, être dans le bleu, etc...) ; une\ndimension; on dit: des idées larges, étroites, projondes... ; une localisation\ndans l'espace ;on dit : des idées élevées, sublimes, terre à terre... \\ une qualité\nde résistance; on dit: des idées fortes, solides, un coeur dur, tendre, etc. ;\ndes propriétés géométriques ; on dit : un esprit pointu, carré, un homme rond en\naffaires, un « cercle » ou une « sphère d'idées », un esprit à facettes, etc... ;\nune saveur ; on dit : des pensées amères, douces, fades, de bon ou de mauvais\ngoût ; une température ;on dit :un cœur chaud, froid, glacé... Tels sont les\nintermédiaires que l'instinct nous fait trouver pour exprimer un phénomène de\nla vie morale.\nDans le langage artistique de la poésie, se multiplient et se développent ces\nimages. Le rôle habituel du poète n'est pas d'inventer des sentiments, mais de\ntraduire avec des formes plus brillantes des états affectifs communs. Victor\nIlugo ne connaît pas la vie de l'âme mieux que Racine ; on peut dire cependant\nqu'il est plus grand poète que Racine, parce qu'il a plus d'images. Les images\nne sont pas tout, il s'en faut ! dans a lpoésie ; mais elles ont une importance\ncapitale. Prenez une pièce de vers ou une page de grande éloquence ; dépouillez-\nla de ses métaphores : il ne restera qu'un squelette. Le poète prend un état\naffectif banal, et l'enveloppe dans ce que Th. Gautier appelle\nLe manteau que lui file, à son rouet d'ivoire,\nL'imagination !...\nEn musique, l'expression se fait avec des sensations sonores et non avec des\nconcepts, mais le procédé est lemême, car ces sensations sonores(sortes d'images\nréalisées) n'ont de valeur « imitative » que par les associations d idées qu'elles\néveillent. Essayons de nous représenter Chopin improvisant au piano, sous le\ncoup d'une grande émotion, un nocturne ou uneballade : il domine sa sensibilité ;\nle problème qui se pose pour lui (problème qu'il résout sans effort, et d'instinct,\nparce qu il a du génie), c'est de créer, avec les sons, une forme plastique capable\nde représenter ce qui, par nature, répugne à toute forme plastique. Il supprime\nainsi l'antinomie du monde moral et du monde sensible; il projette l'âme [her-\nvorruft) dans un système de formes ; il fait une sorte de miracle qui nous étonne,\nmais par des procédés qui consistent à créer des associations d'idées, et dont\non peut dire à la fois qu ils n' « imitent » rien (directement) et qu'ils peuvent tout\n(( imiter » (indirectement). Considérée au point de vue de l'expression, la musi-\nque est une suite de métaphores constituées par des sensations et non des con-\ncepts. Prenons quelques exemples.\nVoici, dans le plain-chant, une forme musicale très ancienne : Y alléluia. Bien\nque, d'après l'étymologie (Hallelu, impér. plur. du verbe Hillel, louer, et Y ah,\nabrv. deJéhovah), il signifie loue^Dieu, l'alleluia peut être considéré comme\nl'expression de la joie (v. saint Augustin, in Psalm. XXXII, n° 8 ; Cassiodore,\nPatr. lat. de Aligne, t. LXX, col. 742, etc...). Immensa latitudo gaudiorum, aula"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "79", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.7", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nDomini lœta respondet, telles sont les formules qui caractérisent cette acclama-\ntionliturgique. Comment le compositeur s'y est-il pris pourexprimer l'allégresse ?\nil a réalisé une image. Sur la dernière syllabe du mot alléluia, il a placé une mé-\nlodie très étendue, unjubilus, d'abord très libre (symétriquement ordonné plus\ntard),où le chanteur prend ses ébats. La joie est un sentiment expansif et explosif.\nPour l'exprimer, le musicien a imaginé une végétation très riche de notes sur le\ntexte littéraire. L'association des idées établit instinctivement une convenance entre\nces termes : i°la joie; 20 la liberté du dessin mélodique et son étendue inusitée.\nPourexprimer l'humilité (par exemple sur les mots « vermis sum », je suis un ver\nde terreur. 2 Feria VI post Bam8am SS. Corporis Christi), la mélodie n'aura qu'une\nnote pour chaque syllabe. Le plain-chant n'est pas, à proprement parler, une\nmusique expressive et descriptive; il obéit cependant, assez souvent, aux lois gé-\nnérales de l'art musical. Quand il doit marquer la gloire et la puissance de Dieu,\nil n'emploie pas les mêmes images que quand il parle de la misère du pécheur.\nDans la musique moderne, dans les opéras et les opérettes (y compris l'admi-\nrable chanson d'Aristée dans Orphée), inutile de montrer que les vocalises, les\ncadences ad libitum, etc. sont presque de règle pour exprimer la joie.\nLa musique excelle à représenterl'état affectif opposé : la tristesse, ledécoura-\ngement, l'ennui. Voici la formule imaginée par Wagner au début de son ouver-\nture pour Faust :\nIci, l'association des idées établit une analogie entre la tristesse et i° la couleur\nsombre (obtenue par l'emploi du registre grave et des contre-basses); 2° la len-\nteur et la direction descendante du dessin mélodique, où les intervalles de\nseptième et d'octave et les dernières notes donnent une image de lassitude, d'im-\npuissance, de chute. L'assimilation de ces sentiments à la couleur sombre est\nclassique dans la poésie. (Cf. Homère, Iliade, xvm, 22; Euripide, Hp. goe.v.\nv. 1139 ; Shakspeare faisant dire à Hamlet par Clodius : « Pourquoi ces nuages\nqui continuent à vous envelopper ? » etc...)\nSchumann, ayant à représenter le désir (op. 51, n° 1), imagine la formule\nsuivante I"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "80", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.8", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nCe double dessin, où les parties semblent se poursuivre, ces méandres ca-\npricieux de la mélodie, réalisent assez bien l'image employée par Lamartine\nparlant du désir :\nLe vol du papillon qui jamais ne se pose...\nJe citerai encore les premières mesures du prélude de Tristan et Isolde :\nCet accord dissonant (dont le caractère douloureux est produit par le triton\nfa-si, par le mélange de deux tonalités différentes, par l'emploi d'instruments\nplaintifs : 2 hautbois, 2 clarinettes en la, un cor anglais, un violoncelle, un ler\net un 2e basson pour accentuer la couleur), accord dissonant qui se résout sur\nune autre dissonance et qui, suivant un chromatisme lent où les notes reposan-\ntes sont retardées par desàppoggiatures, c'est Fimage du conflit créé parla ren-\ncontre de deux forces qui ne peuvent se pénétrer et se disjoignent comme sous\nl'empire d'une loi supérieure ; c'est la représentation de deux âmes qui s'étrei-\ngnent un instant puis se séparent et se perdent dans un abîme de mystère :\nShakspeare compare deux amis qui se séparent aux deux planches de la\nbarque qui se disjoignent, pour s'enfoncer chacune d'un côté de l'abîme. Nous\navons ici quelque chose d'analogue.\nOn pourrait multiplier ces exemples (1). Je me bornerai à quelques observa-\ntions générales.\ni° Les images musicales sont une œuvre de l'esprit créateur de l'artiste, et\nnon une œuvre d'observation, comme il faudrait le dire si on admettait qu'il y\na « un langage naturel du sentiment. » L'imagination y déploie les ressources les\nplus hautes et les plus délicates de l'invention et de 1 ingéniosité, car le compo-\nsiteur, toutes les fois qu'il traite un sujet de ce genre, est oblige de créer une\nlangue nouvelle ; et le problème qu'il résout à chaque instant consiste à ima-\nginer des symboles capables d'exprimer ce qui, par nature, est inexprimable.\n20 Ces images sont toujours très incomplètes, et ne doivent leur effet qu'à une\nanalogie de détail, établie sur deux ou trois points seulement, entre les sensations\nde l'oreille et des phénomènes d'un ordre tout différent. Mais il suffît que, sur\nquelques points bien choisis, le musicien nous fasse apercevoir un rapport de\nressemblance entre le langage qu'il nous parle et le sujet qu'il traite, pour\nqu'aussitôt notre imagination, collaborant avec la sienne, entre en jeu et recons-\ntruise tout un ensemble.\n\n(i) Je renvoie à mes Rapports de la musique et de la poésie (Alcan, 1894), ch. 11 et m."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "81", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.9", "texte": "CE QU'ON SAIT EN ALLEMAGNE DE LA MUSIQUE FRANÇAISE\n\nIl en résulte que pour comprendre la musique, il faut avoir soi-même de l'ima-\ngination. Il faut que l'auditeur, cédant à l'impulsion que lui donne le musicien,\nsoit capable de reconstituer l'ensemble dont on veut lui donner l'idée. Et comme\ncette reconstitution se fait à l'aide d'association d'idées, et que les associations\nd'idées ne sont pas les mêmes dans tous les esprits, il en résulte que la musique\nn'est pas comprise de la même façon par tout le monde.\n4° Dans nos analyses, nous avons posé d'abord un sentiment, puis nous\navons cherché les analogies que peuvent présenter avec lui les symboles réalisés\npar l'art musical. Le véritable artiste ne procède pas ainsi. Cette méthode est\nbonne pour un exposé fait par un professeur, et pour un enseignement d'école ;\nelle n'est pas celle du musicien. Le compositeur voit tout de suite l'image à cons-\ntituer, et l'effet esthétique qu'elle produira ; c'est là ce qui détermine son acte\ncréateur, et met en mouvement son inspiration. Ce que nous considérons comme\nson modèle(c'est-à-dire l'état effectif à représenter) est souvent,pour lui, une chose\nsurajoutée. C'est ainsi, je crois, que certains grands poètes (Shakspeare par\nexemple) ont des idées profondes sur la nature humaine, non pas parce qu'ils\ncommencent par être d'abord des philosophes, mais parce qu'ils ont une grande\nimagination ; c'est l'habitude des images brillantes qui, souvent, leur fait trou-\nver des pensées profondes. Pareillement, le grand compositeur « voit le drame\nlyrique dans la musique qui l'exprime ». (R.Wagner.)\nLes images tendent donc à avoir une existence propre, à se détacher du senti-\nment qui les a provoquées. Elles se transforment d'abord en vue d'une certaine\nbeauté à réaliser ; elles se systématisent, de façon à former un ensemble qui se\nsuffît à lui-même, qui n'a plus besoin, pour être goûté et même compris, d'un\ncommentaire fait avec des idées qu'on emprunte à la vie réelle ; le sentiment\ny reste à l'état diffus, mais il n'y joue plus le rôle essentiel. Les images se sont\norganisées à part, selon la fantaisie du compositeur, de façon à offrir un sens\nindépendant et nouveau.\nCeci nous conduit à étudier la pensée musicale, et ce sera l'objet de la pro-\nchaine leçon.\n\nJULES COMBARIEU\n\nCe qu'on sait en Allemagne de la musique française\n(i).\nEn réponse au premier article paru ici sous ce titre, j'avais reçu une lettre du\nDr Niemann, qui me paraissait destinée, dans la pensée de son auteur, à la publi-\ncité. Le savant collaborateur de la Neue Zeitschrift s'oppose aujourd'hui à lin-\nsertion de cette lettre dans notre Revue, et je le regrette, car elle était fort cour-\ntoise et bien tournée ; c'est un plaisir que de discuter avec un adversaire dont\nles manières et le style disent assez la haute culture. L'accusation de chauvi-\nnisme, qu'il portait contre moi, n'était point tant que cela pour me déplaire : je\nm'y attendais d'ailleurs ;je ferai seulement remarquer au Dr Niemann que si\nj'étais un vrai « chauvin », je ne m'inquiéterais pas tant que cela de l'opinion de\n\n(i) Suite. Voir les Revues du ier décembre 1904 et du i*ei janvier 1905."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "82", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.10", "texte": "CE QU'ON SAIT EN ALLEMAGNE DE LA MUSIQUE FRANÇAISE\n\nl'Allemagne. Au fond, je suis absolument de son avis: l'art ne doit pas con-\nnaître de frontières ; c'est pourquoi je souhaite que le nôtre dépasse celles de\nnotre pays.\nMon honorable contradicteur semble un peu piqué, d'autre part, d'avoir été\ntraité de « critique relativement éclairé ». J'entendais par là qu'il connaissait la\nmusique française un peu mieux que ses confrères, et je ne voulais point du tout\ndiminuer sa compétence en ce qui touche àla musique allemande ancienne ou\nmoderne.\nMais il est temps de venir au fait. «Je n'ai pas voulu, déclare à peu près le\nDr Niemann, tracer le tableau de la musique française à la fin du xixe siècle,\nmais seulement rassembler les caractères dominants des quelques nouveautés\nmusicales que la parcimonie des éditeurs français avait laissé pénétrer dans\nnotre pays en ces derniers temps. » Voilà qui est fort bien ; mais il fallait le\ndire. Je ne trouve rien de pareil dans l'article de la Nene Zeitschrijt, mais seule-\nment ces lignes ambiguës :\nJ'ai sous les yeux une petite collection de ces œuvrettes, et je veux signaler ici les meilleures.\nSans doute on n'y rencontrera pas les maîtres les plus illustres de la musique française, d'lndy,\nFauré, Bruneau, Gilson(i), Charpentier, Dukas, mais Dupont, Duparc, Lacroix, Chausson, et\nautres auteurs de mérite, dont je parie bien que nous ignorons jusqu'aux noms.\nN'est-ce pas ainsi que l'on annonce une étude d'ensemble, et non une simple\nrevue de quelques publications nouvelles ? Je ferai remarquer en outre que ce\nnuméro de la Zeitschrift porte comme titre général :La Musique en France, et ne\ncontient, à côté de l'étude du Dr Niemann, qu'un relevé des sommaires de nos\nprincipales revues de musique, et un court, un piètre, un lamentable article sur\nE. Chausson, où nous apprenons que « son Concerto pour piano et orchestre et\nson Quatuor avec piano sont des œuvres de premier rang », que « sa Symphonie,\nsa Chanson perpétuelle et quelques-unes de ses Romances feront toujours honneur\nà son nom », et que «le Roi Arthus est peut-être celle de toutes ses œuvres qui\ncontribuera le plus à lui assurer la popularité ». En revanche, on ne nous laisse\npas ignorerqu'il était riche, qu'il avait épousé une charmante femme, qu'il avait\n« cette inquiétude morale qui est la sauvegarde des riches et des heureux », et\nque sa vie fut « un songe mélancolique, mêlé de peu de joies et voilé par la\ntristesse d une âme mécontente d'elle-même et de l'univers pour n'avoir pas\nborné ses aspirations ». Cet article a pour auteur un Français ; mais, comme le\nchauvinisme ne m'aveugle pas, je reconnais que cette rhétorique larmoyante ne\nfait guère honneur ni à Chausson ni à la critique française. Et c'est tout : on\nn'a même pas essayé, en ce numéro qui nous était cependant consacré, d'in-\ndiquer les caractères généraux de notre musique moderne, les influences qui se\nla partagent, les écoles qui s'y dessinent, les principes qui s'y combattent. Rien\nsur Franck, rien sur d'lndy et le groupe de la Schola, lien sur le Conservatoire\net ses doctrines, rien sur Debussy et les voies nouvelles qu'il ouvre à nos jeunes\ncompositeurs. Est-ce là une manière acceptable de nous étudier et de nous faire\nconnaître ?\nQuant au peu d'empressement de nos éditeurs à se dessaisir de leur musique,\n\n(i) On voit que le Dr Niemann ne craint au moins pas de mettre les Belges au compte de la\nFrance. E. de Solenière n'était pas de cet avis."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "83", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.11", "texte": "LES ENNEMIS DE LA SCHOLA\n\nles plaintesduD1' Niemann sont fondées ; mais nous pouvonsy joindre les nôtres.\nIl y a trois ou quatre maisons à Paris où l'on comprend le rôle de la critique ;\npartout ailleurs, nous sommes traités en suspects ou en ennemis ; nous ne rece-\nvons ni les publications nouvelles, ni même le catalogue qui nous permettrait de\nnous tenir au courant. La renommée seule nous guide ; et nous sommes mieux\nplacés, pour entendre se's voix, que le Dr Niemann, je le reconnais. Mais, encore\nune fois, c'est dans l'article même qu il fallait faire ces réserves et indiquer\nqu'une étude entreprise dans d'aussi mauvaises conditions serait forcément très\nincomplète.\n\nLes ennemis de la Schola.\nCONSTANT ZAKONE.\nC'est, d'abord, la Sorbonne tout entière. Voici, en effet, le « conseil » que l'on\ndonne aux jeunes artistes, àla fin des Tablettes de la Schola du 15 décembre 1904 ;\nN'entrez pas à la Sorbonne pour écouter les inutiles verbiages universitaires, mais pour con-\ntempler dans l'hémicycle le pur chef-d'œuvre de Puvis de Chavannes, qui ne fut jamais membre\nd'aucune Académie.\nVoilà qui est net : Faculté des Lettres avec ses cours et ses conférences, Fa-\nculté des Sciences avec ses laboratoires, Ecole des Hautes Etudes, Ecole des\nChartes, tout est condamné sans appel. Sans doute parce qu'on ne s'y occupe\npoint de musique ? Eh non ! car alors on aurait fait au moins une exception pour\nle cours de M. Romain Rolland sur Gluck, si bien documenté d'ailleurs, si in-\ntelligent et si vivant. S'imagine-t-onpeut-être queles professeurs de la Sorbonne\nsont tous membres de quelque Académie, ce qui, comme on sait, est un brevet\nde médiocrité ? Ou que, salariés par l'Etat, ils ont sur toute chose des opinions\nd'Etat, haïssables par cela même ? Je ne sais, mais j'ai vu souvent, aux Concerts\ndelà Schola, des étudiants et des professeurs de la Sorbonne, voire des membres\nde nos cinq Académies. Va-t on les consigner à la porte, pour que leur savoir\nnéfaste ne corrompe pas la sainte ignorance des jeunes gens de la maison ?\nLes malheureux proscrits seront d'ailleurs en bonne compagnie : Madame de\nNoailles, si je sais lire, reçoit aussi son anathème un peu plus loin, pour avoir\nécrit le Visage émerveillé. Quel rapport entre ce joli livre et le contrepoint ou la\nfugue ? Je renonce à le découvrir. Ou bien a-t-on pris au sérieux la trame légère\noù s'inscrivent tant de délicates impressions, et la nonne innocemment cou-\npable a-t-elle paru suspecte d'anticléricalisme? C est possible, mais j'aimerais\ncertes mieux qu'on ne se mêlât point de critique littéraire à la Schola, ni de\npolitique, et que l'on ne donnât pas à une entreprise aussi noble et aussi géné-\nreuse en son principe tous les ridicules des coteries que l'on prétend combattre."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "84", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.12", "texte": "A PROPOS DE HARPE\n\nA propos de harpe.\n\nL'histoire se renouvelle sans cesse dans les grandes comme dans les petites\nchoses, et les révolutions ne sont pas seulement du domaine de la politique.\nL'histoire de la musique, en particulier, nous en donne la preuve par les trans-\nformations successives de tous les instruments ; d'abord simples et suffisants\npour les besoins de l'art à l'origine, ils ont été toujours se compliquant, pour\nrépondre à la complication continue de la musique elle-même.\nA chaque étape, les perfectionnements ont été surtout combattus par les vir-\ntuoses de l'instrument transformé, ceux-ci voyant anéantir une partie de leur\nvirtuosité, par conséquent de leur valeur personnelle.\nSans remonter au déluge, nous voyons le piano-forte apparaître en public à\nLondres en 1764, pour la première fois, sousles doigts d'undes fils de J.-S. Bach.\nOr, dans les célèbres Etudes sur la musique de Delaborde (1780), on lit ceci :\n(( On ose opposer à notre magnifique et noble clavecin le piano-forte, secet criard».\nC'était à ses débuts, il est vrai, un instrument incomplet; nous voyons ce qu'il\nest devenu depuis.\nPrès d'un siècle plus tard, c'est la flûte, perfectionnée par Boehm, qui lutte à\nson tour contre la routine.\nTulou, le grand virtuose, n'en veutpas. Victor Coche, son répétiteur à la classe,\nla préconise. Une commission de l'lnstitut juge la bataille. Une page est écrite\npar Chérubini pour le nouvel instrument ; Tulou la déclare injouable, tandis\nque Victor Coche la lit sans faute, malgré ses modulations chromatiques, et fait\ntriompher le système nouveau.\nLa clarinette Boehm éprouva les mêmes difficultés au début. Enfin, ce ne fut\nque trente ans après, que le cor et la trompette à pistons chromatiques délogè-\nrent officiellement à leur tour le système simple. Je sais d'autant mieux la date\nde l'adoption du cor à pistons au Conservatoire, que mon Concertstuck pour cet\ninstrument est le premier morceau qui ait été joué à un examen delà classe ;\nquelques années après, ce Concertstuck servait de morceau de concours.\nAujourd'hui, c'est la harpe chromatique qui est sur la sellette ; maisc'est l'hon-\nneur du Conservatoire et de son éminent directeur, M. Théodore Dubois, de\nl'avoir moins fait attendre que les instruments de bois et de cuivre perfectionnés.\nVoici son histoire. Je me plaignais un jour à M. Gustave Lyon de ce que ce\ndélicieux instrument fût le seul rétrograde, la musique marchant de plus en plus\nvers un chromatisme effréné. Je lui disais l'ennui du compositeur, obligé de cal-\nculer si les pieds de l'instrumentiste avaient le temps, à chaque dièse, bémol ou\nbécarre, d'accrocher ou de décrocher les pédales d'un ou deux crans, le résultat\nétant une gymnastique désordonnée rendant presque impossible l'exécution des\nœuvres modernes. C'est ce mouvement pénible, disgracieux et difficile, qui a tué\nla harpe dans les salons et l'a fait abandonner par les femmes. Rien n'était plus\njoli jadis, sous leurs doigts, que la harpe accompagnant la simple mélodie de\nGarat, sans aucun besoin de modulations et par conséquent de pédales.\nJe citais Wagner ne connaissant pas d'obstacle et écrivant dansla Walkyrie une\npartie délicieuse et importante que deux artistes réunis ne parviennent pas à\nexécuter fidèlement à l'Opéra.\nEnfin, je demandais à M. G. Lyon si l'on pouvait appliquer àla harpe à"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "85", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.13", "texte": "A PROPOS DE HARPE\n\npédales le système de l'exécution à quatre mains, en fabriquant une harpe basse\net une harpe dessus, toutes deux chromatiques, l'instrument actuel ne pouvant\ncontenir les 80 cordes nécessaires.\nMon idée était impraticable ; doubles frais pour un instrument que les pédales\nrendent si cher ; doubles frais de cachet d'artiste, en supposant que chaque har-\npiste se résigne à n'être que la moitié d'un musicien.\nCette conversation germa dans l'esprit ingénieux et inventif de M. G. Lyon\n(cette famille est décidément chromatique, car M. Coche, dont je parlais plus\nhaut, était son grand-père).\nIl eut l'idée décroiser les cordes comme dans les vieilles harpes galloises, en\nles partageant en blanches et noires, de façon à figurer exactement la disposition\net la couleur des touches du piano. Le problème était victorieusement résolu.\nDepuis, que d efforts il lui a fallu pour amener la harpe chromatique à sa per-\nfection actuelle ! c est-à-dire à la plénitude et à la force des sons, à une énergie\ndans les basses inconnue jusque-là!\nQu'il y ait des détracteurs encore, cela est bien naturel ;mais il suffit de constater\nque le jeune instrument, datant à peine de sept ans, a déjà pris droit de cité dans\nles Conservatoires de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Milan, Florence, Venise,\nLille, Nîmes, etc... Bien plus, cette année, la harpe chromatique seule présentait\ndes élèves à Bruxelles et à Lille.\nM. L. M. Tedeschi, le célèbre harpiste italien, enseigne les deux harpes con-\ncurremment dans sa classe, à Milan ; les illustres chefs d'orchestre Richter, Motl,\nWood, demandent les harpistes nouveaux. Parmi les compositeurs, Masse-\nnet préconise la harpe chromatique tout comme les novateurs les plus hardis,\ntels que X. Leroux, Erlanger et Debussy. Celui-ci écrivait, cette année, le mor-\nceau de concours de harpe chromatique pour le Conservatoire de Bruxelles La\ncommission du Conservatoire de Paris voulait bien choisir ma Fantaisie-Ballade\npour la nouvelle classe, tandis que Fauré écrivait sa jolie Fantaisie pour le\nconcours de harpe ancienne.\nLe piquant delà chose est qu il eût été impossible d'échanger ces deux der-\nniers morceaux entre les deux classes, le mien étant trop chromatique pour la\nharpe à pédales, et la Fantaisie de Fauré ayant réuni toutes les variétés de glis-\nsades qui sont spéciales à celle-ci.\nLa glissade, en faveur au piano du temps de Dussek, dellummel et de Weber,\na disparu ; il ne m'étonnerait pas qu'il en fût de même pour la harpe ; et pourtant\nla plus grosse objection opposée au nouvel instrument est qu'il a peu de vérita-\nbles glissades à sa disposition. Ma Fantaisie-Ballade en contient cependant deux\nexemples.\nEn tous cas, l'objection n'a guèrede valeur, puisque les glissades, par exemple,\ndu Crépuscule des Dieux ont été exécutées de telle manière que les auditeurs ont\ncru entendre la harpe à pédales. En effet, les mains se partageant très rapide-\nment la gamme de si bémol qui existe dans cette partition, donnent l'illusion de\nla glissade.\nUn compositeur y lut pris un jour ; ayant écrit une glissade au début de son\nmorceau et ayant entendu l'effet désiré, il n'en pouvait croire ses oreilles en\nconstatant qu'il avait affaire à une harpe chromatique. Enfin, les glissades de\nseptième diminuée sont exécutées à l'orchestre de façon à ne pouvoir être distin-\nguées des glissades homophones."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "86", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.14", "texte": "COURS ÉLÉMENTAIRE DE CONTREPOINT\n\nEst-il utile de répondre aux objections excentriques recueillies parmi les flots\nd'encre répandus à propos du dernier concours ? J'ai lu que la harpechromatique\nétait un retour en arrière, puisqu'elle supprimait le perfectionnement des pé-\ndales ; mais il fallait ajouter que ces pédales sont remplacées par les cordes de\ntoutes les notes que donnaient les accrochements.\nOn a dit que les cordes étaient trop serrées pour vibrer sur la table d'harmo-\nnie. On n'ajoute pas que cette table d'harmonie est doublée de largeur dans la\nharpe chromatique. On a opposé aux récompenses décernées à la classe nou-\nvelle, celles plus nombreuses obtenues par l'ancienne. Mais la classe toujours\nadmirable de M. Hasselmans possède des élèves de troisième et de quatrième\nannée, tandis que celle de Mme Tassu-Spencer ne présentait que des débutants\nde première année au Conservatoire.\nOn trouve inutile que la harpe nouvelle se prête à la musique écrite pour le\npiano : on ne peut cependant reprocher à un instrument cette extension magni-\nfique de son répertoire. Certains critiques la trouvent moins moelleuse ; mais\nd'autres, et non des moindres, la déclarent plus puissante ; c'est là affaire de goût.\nD'ailleurs le progrès est de tous les jours ; si la harpe à pédales a atteint dans le\ncours du dernier siècle son maximum de perfection, ne peut-on accorder à la\nharpe chromatique, sortant à peine du berceau, le bénéfice de l'avenir ?\nL'essentiel est ceci: 1 instrument nouveau envahit chaque jour davantage le\nmonde musical ; il a pris déjà droit de cité aux concerts Colonne il y a peu de\nsemaines : le succès du morceau de M. Debussy, sous les doigts habiles de\nMme Wurmser-Delcour, lui a donné là une triomphale entrée. Enfin les rai-\nsons qui ont fait abandonner les flûtes, clarinettes, cors et trompettes d'antan,\nproduiront les mêmes résultats en sa faveur.\n\nGEORGES PFEIFFER.\n\nEssai sur le contrepoint mélodique\n\n(i).\nII. - LE RYTHME ET LA TONALITÉ DANS LE CONTREPOINT NOTE CONTRE NOTE.\nLe thème mélodique complet, tel qu'il vient d'être décrit et étudié, est soumis\nselon nous à certaines lois rythmiques et tonales qui doivent nécessairement\nêtre étendues à toute construction contrapontique susceptible de lui être ulté-\nrieurement superposée.\nToutefois, deux différences apparaissent immédiatement, au point de vue\ndidactique qui nous occupe, entre le thème et le contrepoint, de quelque espèce\nqu'il soit :\ni° Le thème est invariable par définition, puisqu'il est donné à l'élève sans\nmodification possible. C'est là une simple nécessité d'enseignement, qui dispa-\nraît dans la composition libre, comme disparaissent les « sujets donnés » dans\ntoute application de notre activité, une fois l'étude terminée. Cette fixité du\nthème a pour corollaire nécessaire sa plus haute perfection possible.\nLe contrepoint, au contraire, est éminemment variable ; il est subordonné au\n\n(i) Suite. Voir la Revue du 15 janvier."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "87", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.15", "texte": "COURS ÉLÉMENTAIRE DE CONTREPOINT\n\nthème, dont il imite les qualités sans en affaiblir l'équilibre rythmique et tonal;\n20 Le thème est isolé : il est monodique par nature et doit pouvoir se passer de\ntout commentaire contrapontique.\nLe contrepoint, au contraire, est lié au thème et ne peut se passer de lui ; il est\npolyphonique par définition et apporte par cela même, outre son caractère princi-\npalement mélodique, un élément nouveau de simultanéité avec les notes du thème.\nLa première de ces deux différences n'a guère d'autre effet pratique que l'obli-\ngation pour l'élève de remanier indéfiniment les contrepoints jusqu'à leur\nmaximum de perfectionnement, sans jamais introduire dans le thème aucune\nmodification matérielle autre que la transposition totale dans une tonalité plus\navantageuse pour l'étendue des voix qui font entendre le ou les contrepoints. En\nprincipe, aucune modification tonale ne devrait être admise non plus dans la\nfonction de chaque note du thème : nous verrons par la suite comment la rigueur\nde cette règle peut être atténuée.\nQuant à la seconde différence, son rôle est capital et doit être examiné ici\nplus en détail, car toutes les formes contrapontiques sont soumises à cette loi de\nsimultanéité des sons, loi naturelle s'il en fut, dont l'étude et la discussion com-\nplètes ne peuvent trouver place dans cet essai.\nSans entrer dans aucune controverse, nous considérerons cette loi comme\nadmise et expressible dans la forme suivante :\nLe nombre des vibrations totales émises dans le même temps par des corps\nsonores dont la grandeur relative varie toutes choses égales d'ailleurs\ncomme\nlil i I I\nI» 2' 3' '4' d' 0\" • eLL*\nest respectivement égal à\ni, 2, 3, 4, 5, 6..., etc.\net réciproquement.\nLes sons fournis par les six premiers termes de ces deux progressions sont\nconsidérés comme consonants dans l'état actuel de notre système musical. Ils\nforment par rapporta leur point de départ des intervalles qu'on appelle commu-\nnément :\n( i à 2) octave ;\n(1 à 3) quinte juste de l'octave ;\n(1 à 4) double octave ;\n(1 à 5) tierce majeure delà double octave ;\n(1 à 6) quinte juste de la double octave..., etc.\nNotre oreille ayant l'habitude de considérer toutes les octaves d'un son comme\nidentiques à ce son, au point de vue des relations tonales, ces divers intervalles\nse réduisent à :\n(1 à 2), octave ;\n(2 à 3), quinte juste ;\n(4 à 5), tierce majeure.\nConsidérés les uns par rapport aux autres, les sons ainsi établis forment encore\nentre eux les intervalles de :\n(3 à 4), quarte juste ;\n(3 à 5), sixte majeure ;\n(5 à 6), tierce mineure,"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "88", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.16", "texte": "COURS ÉLÉMENTAIRE DE CONTREPOINT\n\nEnfin, en vertu de cette substitution d'octaves indéfiniment admise par notre\noreille, la tierce majeure (4 à 5) entendue avec l'une de ses deux notes transposée\nà l'octave prend le nom de :\n(5 à 8) sixte mineure ;\ntoutes les fois que cette modification place le son grave de la tierce à Yaigu, ou\nréciproquement.\nTous les phénomènes succinctement rappelés ici sont, en effet, réversibles,\nc'est-à-dire qu'ils se produisent du grave à Y aigu lorsqu'il s'agit de corps sonores\ndont la grandeur diminue et dont le nombre de vibrations augmente, suivant\nles progressions indiquées, et de Y aigu au grave lorsqu'il s'agit de corps dont\nla grandeur augmente et dont le nombre de vibrations diminue dans les\nmêmes proportions (1).\nTelle est, dans ses grandes lignes, la loi générale de consonance ou d'équi-\nlibre des sons, connue aussi sous le nom de la loi de résonance naturelle (ou\nharmonique) des corps sonores, loi aussi simple, aussi impérieuse, aussi défi-\nnitive dans son principe, qu'elle est multiple, souple et modifiable dans ses\ninnombrables effets. ■- -\nTous les sons consonants, reproduisant partiellement ou totalement Y équi-\nlibre, à l'aide des intervalles qui viennent d'être énumérés, et dont la provenance\nnous est maintenant connue, sorti généralement superposables en contrepoint (2).\nNous verrons par la suite que l'usage a fait subir à cette règle quelques exten-\nsions et restrictions plus apparentes que réelles. - -\nLe contrepoint note contre note consiste clone en une mélodie formée de notes\négales en nombre et en durée à celles du chant donné, et superposables à celles-\nci, chacune à chacune, dans la même tonalité.\nOn peut conclure de cette définition :\ni° Que le contrepoint note contre note est avant toute chose une mélodie,\nc'est-à-dire qu'il reste soumis aux principes cl équilibre rythmique, de variété\nexpressive et d'unité tonale reconnus nécessaires au thème musical quel qu'il\nsoit ;\n20 Que cette mélodie, supposée, dans un but de simplification didactique, sem-\nblable par le nombre et la durée de ses notes au chant donné, doit former avec\nlui une succession ininterrompue d'intervalles consonants (octave, quinte, tierce\nmajeure; quarte, sixte majeure, tierce mineure ; sixte mineure), qu'elle soit écrite\nau-dessus ou au-dessous; . ...\n30 Que l'unité de tonalité existe non seulement dans le thème d'une part et\nclans le contrepoint de l'autre, mais encore et surtout dans leur ensemble,\nentendu simultanément : d'où la nécessité d'un certain discernement dans le\nchoix des consonances employées par le contrepoint superposé au chant, afin\nd'obtenir un renforcement et par une atténuation de la tonalité préétablie dans\n\n(1) Ce qu'on appelle accord parfait, clans la terminologie usuelle de l'harmonie, n'est pas\nautre chose que l'émission simultanée des sons dont le nombre de vibrations correspond aux pro-\nportions ci-dessus indiquées, soit en ordre ascendant (i, 2, 3,4, 5,6) accord parfait majeur.\nsoit en ordre descendant (f, |, |, |, §, §) accord parfait mineur.\n(2) En vertu du principe de réversibilité des consonances, il est à peine utile de remarquer que\nle mot superposable doit être appliqué ici à toute note consonante qui peut s'écrire soit au-\ndessus soit au-dessous d'une note donnée."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "89", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.17", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\nR. M.\n7\n\nce chant lui-même. Ce choix doit donc faciliter le plus possible la comparaison\ndirecte qui permet d'apprécier presque instinctivement les relations existant\nentre les notes du contrepoint ou du chant et le point de repère commun,\nc'est-à-dire la tonique.\nLes divers intervalles, issus d'un son principal suivant les progressions dont\nil vient d'être parlé, sont plus ou moins aptes à remplir ce but, suivant leur rang-\nvers l'aigu ou vers le grave, et la complexité plus ou moins grande de leurs\nrapports de vibrations avec la tonique.\nPar là se révèle entre ces intervalles une sorte de hiérarchie qui permet de\njustifier une grande partie des usages établis dans l'élaboration du contrepoint\nnote contre note.\n(.A suivre.)\n\nAUGUSTE SÉRIEYX.\n\nPublications nouvelles.\n\nJ.-M. MAY AN. Le Chant et la Voix ; la\nProsodie lyrique. Paul Dupont, éditeur.\n— Dans cet ouvrage sérieux l'auteur\nénonce une grande vérité : « Pour tout\nle monde, dit-il, le fonctionnement de la\nvoix est le même ; le son se produit par\nles mêmes effets et avec le secours des\nmêmes organes ». De là pour l'auteur\nnécessité d'instituer des règles pour le\njeu régulier de l'organe, comme il y a des\nrègles de prosodie ou de style.\nPour éviter les inconvénients du passage de voix de poitrine en voix de tête,\n« la seule solution, dit encore M. Mayan, est celle de l'unité démission, c'est-à-\n-« dire une seule manière d'émettre, d'attaquer, de diriger le son, pour\n« toute l'étendue de la voix... La voix prend son appui, sa force et son timbre\n(( dans le masque ». Il y aurait lieu ici de faire des réserves : l'unité d'émission\nest à rechercher par la jonction des registres, et non par suppression, suppres-\nsion qui nous priverait des plus belles notes de la plupart de nos chanteurs, et\ndu registre entier et très naturel de certains autres. Quant à la force vocale, elle\ndépend du courant d'air expirateur.\nM. Mayan est d'avis, avec raison, de ne pas multiplier les exercices de voca-\nlises et de les faire sur toutes les voyelles. La partie prosodique de son ou-\nvrage sur l'art du chant est à remarquer, par la netteté des données et par les\nexemples. A propos du classement des voix, il indique le répertoire de chaque\ngenre de voix ; ce qui est utile et pratique. Toutes réserves faites pour 1 attaque\nen tête, qui est en désaccord avec les faits observés jusqu'à présent, l'ouvrage est\nsérieux et instructif.\n\nPAUL LACOMBE. Feuilles volantes. Danse à cinq temps.\n\nLeipzig, Breitkopf et\nHsertel. Ces pièces sont charmantes, et si l'auteur n'y a point recours à cer-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "90", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.18", "texte": "CONCERTS\n\ntains raffinements modernes, c'est peut-être que le genre ne lui semble point\nles comporter. « Vous voulez, Acis, me dire qu'il fait froid ? Que ne disiez-\nvous : Il fait froid ?» Il faut savoir être simple à propos, ce qui n'empêche pas\nd'être exquis. Le Duettino, entre tous, m'a paru d une inspiration délicate et\nsincère. La Danse à cinq temps est ingénieuse, quoique M. Lacombe ait fait\nmieux sur ce rythme, qui lui est, comme on sait, familier. Recommandé à\ntous les pianistes.\n\nL. L.\n\nALBERT ROUSSEL. Trio pour piano, violon et violoncelle. Paris, Bellon Pons-\ncarme. Cette œuvre remarquable, bien construite, claire, sincère en toutes\nses parties, et profondément pensée, sera jouée au Concert de la Société\nNationale du 4 février. Nous aurons alors occasion de l'étudier en détail.\n\nThéâtres et Concerts.\n\nOPÉRA. Daria Jivret de MM. Aderer\net Iphraïm) a reçu bon accueil. C'est un\ndrame bien fait, 4rès clair, un peu sec\npour l'Opéra. La musique de M. Marty,\nd'une couleur russe un peu intermittente,\nest pleine de talent. Nous en rendrons\ncompte dans notre prochain numéro.\n\nOPÉRA-COMIQUE.\n\nReprise de Xavière,\nde Théodore Dubois, poème de Louis\nGallet ; première représentation d'//e-\nlène, poème lyrique en un acte,de Camille Saint-Saëns.\nIl y a des pages charmantes dans Xavière ; l'harmonie est fine, l'orchestre inté-\nressant et clair; la chanson de saint François d'Assise, celle de la Grive et la\nbourrée d'Auvergne sont traitées d'une exquise manière. J'aime moins les airs\nsentimentaux que M Devriès ténorise avec une voix de beurre. M. Fugère est\nun chanoine Fulcran plein de bonhomie, Mlle Thiéry une fort gracieuse Xavière ;\nMmes Marié de l'lsle, Tiphaine et Cocyte, MM. Jean Périer et Huberdeau, com-\nplètent cette excellente interprétation. Il m'a semble que la bourrée d'Auvergne,\nréglée par Mme Mariquita, sentait un peu trop son cake-walk.— Sur l'oeuvre de\nM. Th. Dubois, nous publierons prochainement une étude d'ensemble.\nLe poème lyrique d'Hélène est, en effet, un poème plus qu'un drame, puisque\nl'œuvre se termine au moment où l'action, par le départ d'Hélène, se trouve\nengagée C'est d'abord un simple tableau, le palais de Sparte, la nuit, une nuit\nde fête qui rougeoie de la lueur des torches. C'est ensuite un long monologue\nd'Hélène, qui a quitté son palais pour fuir, non pas Ménélas, mais la tentatrice\nAphrodite ; et la déesse apparaît encore, sortant de l'onde amère, et reste impi-\ntoyable aux supplications de la possédée. Pâris se montre alors, et triomphe\nsans peine, malgré l'apparition d'Athênè et la vision de Troie incendiée. Les\ndeux amants s'embarquent, et c'est fini. La musique est d'une clarté, d'une"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "91", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.19", "texte": "CONCERTS\n\nsimplicité, d'une élégance suprêmes ; le premier décor, très beau ; Mlle Garden\na une royale noblesse d'attitudes, une tunique mauve exquise, et une voix pure,\navec, toujours, un petit reste d'accent anglais. M. Clément, en prince phrygien\ntout bleu, semble taillé dans l'outremer ; et c'est un excellent chanteur.\nMlle Sauvaget (Vénus) ferait mieux de ne pas chanter.\n\nC. Z.\n\nCONCERTS CHEVILLARD.\nL. L.\n—75 janvier,— Après la Symphonie en lil mineur\n(mauvais départ des violons, au début), on nous offrait une œuvre nouvelle,\nde M. Malherbe, Amour sacré et amour profane. Je n'aime pas mieux lun que\nl'autre, dans la musique de M Malherbe, s'entend. On a trouvé en général les\nidées plus vulgaires que celles du morceau de Pl. Schmitt, apprécié au dernier\nconcert : cela tient peut-être àce qu'elles sont plus à découvert. J'ai beaucoup\naimé, en revanche, la brève allocution de M. Chevillard, qui a suivi : « Mesdames,\nMessieurs, M. Pablo Casais n'étant pas encore arrivé, nous allons jouer Shéhé-\nrazade (1) de Rimsky-Korsakof. » Ainsi se trouva devancée, par le retard d'un\nvirtuose, l'heure de notre plaisir. Cette Shéhérazade est une merveille, un joyau\noriental tout étincelant de rubis, de perles et de diamants :et les mélodies qui\nen forment l'armature sont toutes d'or massif. Art de sensation, dira-t-on. Sans\ndoute, et pourquoi pas? Que serait l'art sans la sensation, et en quoi la sensa-\ntion est-elle inférieure au sentiment, ou à l'idée ?Il y a des assemblages cle cou-\nleurs ou de notes qui parlent plus à l'âme que les plus « expressives » mélodies\net les plus logiques architectures. Tel est le cas ici : dans le conte arabe comme\ndans la musique du maître russe, la mer lourde où vogue Sinbad le marin, les\nmonstres, les tempêtes, les combats, les jardins fleuris, le jeune prince et la\njeune princesse, la fête à Bagdad, le naufrage, tout est une fantasmagorie\naux vives couleurs, tout nous séduit, et nous captive, et nous transporte sans\neffort au pays des rêves. Cette musique qui ignore le développement classique\nest toujours nette en ses contours, riche en sa sonorité, soutenue de rythmes\nalertes et vivants, et d'une harmonie simple et large. Au fond, c'est le poème\nsymphonique de Berlioz, harmonisé par Liszt, et nourri des libres mélodies de\nl'Orient. Il n'est point de plus savoureux mélange ;et l'on trouve en outre ici\nune forte unité d'inspiration qui manque à d'autres œuvres de l'école russe, et\nfait de Shéhérazade notre préférée peut-être.\nLe Soncerto de violoncelle deSchumann, bien joué par M. Casais, quoique\ndans une sonorité un peu rude, est une œuvre manquée qu'il valait mieux ne\npas tirer de l'oubli.\n\n22 janvier. Prix des places augmentés, services supprimés, en l'honneur\nde M. Pietro Mascagni. Grande affluence d'étrangers, Anglais, Américains,\nRoumains, Italiens, toutes les races : tableau. Deux messieurs olivâtres se per-\ndent dans le programme, et prennent le second mouvement de la Symphonie\npathétique de Tchaïkovsky pour l'Ouverture de la Fiancée vendue de Smetana,\n(( un Italien sans doute »; Y allegro qui suit, pour un Scherzo de Cherubini : « Il\ny a longtemps que je n'ai entendu ce Cherubini », déclare le plus âgé ; et quand\nc'est fini, le premier moment de stupeur passé : « Comme on sent bien le souffle\ndu Maître î » Un public ainsi composé ne pouvait que faire un vif succès au\n\n1) J'écris ainsi, comme j'écris Pouchkine, Tchaïkovsky : nous n'avons aucune raison pour\nprerésenter le son ch par un sch allemand."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "92", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.20", "texte": "CONCERTS\n\nmaestro italien, qui s'agite, glabre et bedonnant, et salue aux applaudisse-\nments, en désignant l'orchestre d'un geste de figurant d'opéra. Tout est mé-\ndiocre, d'ailleurs, en cette interprétation dénuée d'accent et de rythme ; tout, sauf\nles pianissimos, qui sont remarquables :on ne les entend plus du tout. La Sym-\nphonie pathétique de Tchaïkovsky m'a paru plus emphatique et plus vide que\njamais. L'Ouverture de la Fiancée vendue, dont on parlait récemment ici même,\nest fort gracieuse, et animée de rythmes charmants, autant que M. Mascagni me\npermet d'en juger. Une incroyable exécution de l'Ouverture des Maîtres Chan-\nteurs amène enfin quelques protestations. Ah ! quand M. Chevillard nous sera-\nt-il rendu ?\n\nL. L.\n\nCONCERTS COLONNE.\n\n75 janvier. Manfred, la Symphonie fantastique.\nRien à ajouter, ni à retrancher, aux éloges que nous a déjà paru mériter 1 in-\nterprétation de ces deux œuvres.\n22 janvier. La Croisade des Enfants, de G. Pierné (mention honorable au\nConcours de la Ville de Paris). La chronique du moyen âge raconte qu'une\ntroupe nombreuse d'enfants, suivant l'exemple des bandes de croisés qui\nl'avaient précédée, s'achemina vers Jérusalem et périt dispersée sur les grands\nchemins ou engloutie dans la mer. Voilà le fond historique du poème cle\nM. Schwob. Des voix d'en haut ordonnent aux enfants de partir pour la Terre-\nSainte. Un petit aveugle, Alain, que guide par charité la petite Allys, ne peut\nrésister à l'appel divin ; malgré les supplications des parents, ils s'en vont tous\nvers l'Orient (Le départ). Le chemin est long, le soleil brûlant ; ils chantent une\nronde populaire, qui est le leit-motiv de cette 2e partie (La grande route). Sur\nla grève, ils ramassent des étoiles de mer, qu'ils prennent pour de vraies étoiles\ntombées du ciel, et le marinier leur conte la légende de l'étoile... (La mer). Ils\ns'embarquent et font naufrage, mais Jésus leur apparaît, et ils ressuscitent en\nlui (Le Sauveur dans la tempête). La narration du récitant relie ces quelques\népisodes.\nCe poème, qui voudrait être très simple et très naïf, sent le lettré moderne. Je\ntrouve les réflexions suivantes plus dignes d'un théologien qui sait sa rhétorique\nque d'enfantelets du xne siècle : « Que toute angoisse sur terre soit volupté au\nCiel ! Les yeux qui étaient fermés sont ouverts pour toujours. La fin de toute\nchose sainte est dans la joie. » Voilà le style du chœur final. Alain semble\navoir lu Maeterlinck quand il dit à son aimée : « Le Seigneur est ici, dans le\nsouffle de l'air, dans tes cheveux qui couvrent nos figures. » Partant de Jéru-\nsalem, il s'écrie en tribun : « Enfants, levez-vous, les chevaliers ont déposé leurs\narmes, les rois ne savent plus commander. » Si le poème n'a qu'une fausse\nnaïveté, la partition, excepté dans la 2e partie animée par un thème populaire, m'a\nparu d'un style un peu trop savant ou, pour mieux dire, trop moderne. J'y aurais\nvoulu une couleur plus particulière, un accent plus archaïque, des mélodies, des\nrythmes, des timbres qui me transportent à une époque très reculée ; j'avoue\nque cela est très difficile, peut-être impossible, j'aurais désiré que l'auteur me\nressuscitât ou m'inventât le moyen âge. Et néanmoins que de talent dans cette\nlégende musicale !Je louerai particulièrement tout le début de la ire partie, qui a\nde la vie et de la chaleur ; la scène sur la grève, où la musique avec force et pré-\ncision donne vraiment l'impression du flot, sans tomber clans de puérils détails\ndescriptifs; la puissance delà tempête, qui gagnerait pourtant, à mon sens, à être"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "93", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.21", "texte": "CONCERTS\n\nplus courte et moins assourdissante. En somme, cette musique d'un style tou-\njours élevé et soutenu, d'une inspiration sincère, fait grand honneur àM. Pierné,\net lui a valu une manifestation d'estime et de sympathie à laquelle sa modestie\na presque donné les proportions d'un triomphe. L interprétation a été conve-\nnable.\n\nA. L.\n\nCONCERTS LE REY. —22 janvier. Grand succès pour Mlle J. Lanrezac dans\nla Chanson triste de Duparc, la Marguerite de Schubert et la Chanson ancienne\nde Sauzay.\n\nSALLE ÉRARD.\nL. L.\n—loet 23 janvier. MM. Ferté et Chailley font connaître la\nSonate pour piano et violon de Jean Huré, tirent de l'oubli le Quatuor {avec\npiano) de Castillon, et un Quatuor de Brahms. La dernière de ces belles séances\naura lieu le ier février: œuvres de Bœllmann, Rhené Bâton, Février, Quatuor\nde Saint-Saëns.\n16 janvier. Mlle Hélène Barry n'est certainement pas une virtuose ; elle\nn'a pas l'agilité acrobatique des doigts, ni l'impeccable mémoire ; mais elle a,\nce qui vaut mieux sans doute, un jeu délicat, une jolie sonorité, et le sentiment\nmusical. La Sonate en sol majeur de Brahms a été interprétée avec beaucoup de\ngrâce et de fraîcheur parMlle Barry et l'excellent violoniste Lucien Capet. Parmi\nles morceaux de piano, je citerai, comme particulièrement réussis, le Prélude en\nut dièse mineur de Bach, le Bavolet flottant, de Couperin, une Gavotte de\nCorelli, et une charmante Berceuse de Stephen Heller. Concert très intéressant.\n18 janvier. Quatuor Luquin (MM. Luquin, Dumont, Roelens et Richet).\nJe ne crois pas que la Salle Erard ait souvent retenti d'acclamations plus\nnourries, plus sincères ni plus méritées.lmpossible, en effet, de jouer le Quatuor\nde Debussy avec plus d'intelligence et de sentiment, ni dans une sonorité plus\nfondue et mieux équilibrée : les interprètes ont été dignes de l'œuvre, et je ne\nconnais pas pour eux de plus bel éloge. La Sonate de Haëndelpour deux violons\net piano a fait apprécier le style large, et cependant ému, de MM. Luquin, Du-\nmont et de Lausnay. Une Romance de Fauré. un Scherzo de Chopin, le Trio de\nTh. Dubois et le très intéressant Quintette de Brahms figuraient encore au pro-\ngramme. Le Quatuor Luquin est une toute jeune société ; mais par le sérieux,\nle respect des œuvres et 1 unité de l'interprétation, elle se place déjà au pre-\nmier rang.\n\nSALLE PLEYEL. — 18 janvier, — Quatuor Calliat (Mmc Calliat, MM. Calliat,\nBittar Le Métayer, Jullien). Quatuor n\" 72 de Haydn ; Trio n° 6 de Beethoven,\nQuatuor n° 12 de Beethoven. Très intéressante séance.\n\nMME MARIE MOCKEL. — Mme Marie Mockel a donné avec son succès habituel,\nle jeudi 27, une soirée où furent chantées des œuvres de G. Fauréet de l'excel-\nlent maître Sylvio Lazzari.\nM. JOSEPH DEBROUXdonnera les 2 février, 8 mars et 5 avril 1905, trois Récitals,\nconsacrés uniquement aux œuvres de J~M. Leclair (1697-1764), Senallié ( 1687-\n1730', Francœur (1698-1787), l'Abbé (1727-1787), Louis Aubert (1720-1771). Ces\nœuvres anciennes sont toutes nouvelles pour nous : remercions l'admirable\nartiste qui nous les fait connaître.\n\nSALLE ZEOLIAN. — IJ janvier. — Concert donné par Arthur Rubinstein."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "94", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.22", "texte": "CONCERTS\n\nŒuvres de Bach, Beethoven, Schumann [Carnaval) et Chopin. Jeu agréable,\nsans rien de saillant ni de personnel.\nVoici le programme des douze séances que donnera cette année le Quatuor\nParent, et qui auront lieu àla salle les vendredis 27 janvier ;3, 10, 17,\n24 février; 10, 17, 24, 31 mars ; 7 avril 1905, à 9 h. très précises du soir.\nBeethoven. . . (Quatuors à cordes) 11e, 14e et Grande Fugue.\nMozart . . . Quintette et Quatuor à cordes.\nHaydn. . . . Quatuor à cordes.\nSchumann . . 2 Quatuors à cordes, 1 Quatuor avec piano.\nBrahms ... 2 Quatuors à cordes, Sonate (piano et alto).\nCésar Franck. Quatuor, Sonate, Quintette.\nVincent d'lndy 2e Quatuor à cordes, Poème des Montagnes (pour piano),\nSonate pour piano et violon (ire audition).\nErnest Chausson. Quatuor et sextuor avec piano.\nDebussy . . . Quatuor à cordes, Œuvres pour piano.\nDe Wailly. . . Sonate (piano et violon). OEuvre nouvelle.\nV. Vreuls . . Trio (piano, violon, violoncelle). OEuvre nouvelle.\nRavel. . . . Quatuor à cordes. OEuvre nouvelle.\nSamazeuilh. . Sonate (piano et violon). OEuvre nouvelle.\nJean Huré. . Sonate (piano et violoncelle). OEuvre nouvelle.\nSvendsen . . Quintette à cordes.\nIl est inutile d'insister sur le haut intérêt de cet ensemble, ni sur les services\nque rendent aux jeunes musiciens M. Parent et son excellente phalange. Etant\ndonnée aussi la modicité du prix de l'abonnement (de 40 à 25 francs pour la\nsérie), nul doute que tous les vrais amateurs de musique ne tiennent à enten-\ndre ces beaux concerts.\n\nINSTITUT CATHOLIQUE. -Au cours pratique de Chant grégorien, dirigé par\nM. Amédée Gastoué et qui obtient tant de succès, vient de s'adjoindre un nouvel\nattrait.\nA partir du 10 janvier, un ensemble de conférences est donnépar M. P. Aubry,\narchiviste paléographe, sur (( les à-côté du chant grégorien ». Sous ce titre,\n1 érudit musicologue traitera de 1 origine des proses, des séquences, des tropes,\ndes chants des mystères, de la paléographie grégorienne.\nSauf modifications ultérieures, ces conférences auront lieu : les mardis 10\njanvier, 7 février, 4 avril, 9 mai et 6 juin.\nL'inscription au cours est de 20 francs. Les personnes non inscrites paient un\ndroit de 1 fr. par conférence.\n\nSCHOLA CANTORUM. —' Y 1 janvier. MLLE BL. Sel va continue la série de ses con-\ncerts historiques : au programme, la 2e Sonate de Kuhnau sur des scènes de la\nBible, pièces de Louperin, Rameau, Scarlati et Bach. Les prochaines séances\nauront lieu le 28 février, les 14 et 28 mars, 11 avril 1905.\n27 janvier. Reprise de ÏOrfeo de Monteverdi (1670), dont on n'a pas\noublié le succès de Tan passé.\nConcerts annoncés : les 2et 16 février, 2et 16 mars, audition intégrale des\nœuvres dorgue de Cés. Franck (M. G. Bret, Mllc 81. Selva, le Quatuor Parent);"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "95", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.23", "texte": "CONCERTS\n\nau programme du 2 février: Pièce héroïque, Prélude, Fugue et Variations, Grande\npièce symphonique pour orgue.\nLe 8 février, concert donné par Mmß Camille Fourrier : mélodies de Cl.\nDebussy et Moussorgsky; Quatuor de Debussy (le Quatuor Hayot), Sonate pour\nflûte de Bach (M. Barrère), Suite, avec trompette, de V. d'lndy (M. Lachanaud).\nLes œuvres, comme l'interprétation, seront, on le voit, de tout premier ordre.\n\nTHÉÂTRE TRIANON. — 21 janvier. — Première des séances Engel-Bathori [Une\nheure de musique) consacrée à Cés. FYanck. Causerie par M. Arthur Coquarcl.\nLa 2e séance a lieu le 28 janvier, à 5 heures : œuvres de M. Gédalge.\n\nCONCERTS ALFRED CORTOT.\nM.-D. C.\n—JQ janvier. —Le programme de cette séance\nest aussi intéressant, aussi varié qu'on le peut souhaiter ; sauf le Concerto de\nviolon de Beethoven, il ne comprend pas une seule œuvre qui figure au réper-\ntoire des autres concerts. Voilà qui est fort bien, cl autant plus que tout fut excel-\nlemment présenté par M. Cortot et son orchestre. M. Cortot dirige d'incompa-\nrable façon la musique de Liszt :il sait donner à l'interprétation toute la souplesse\ndésirable, sans pourtant tomber dans l'excès.\nLe poème symphonique Festhlaenge est une superbe page musicale, lucide,\nd'un parfait équilibre, d'une grande intensité de couleur, et qui, comme bien\nd'autres compositions de Liszt, laissées de côté on ne sait pourquoi, devrait depuis\nlongtemps déjà avoir été popularisée ici. Peut-être, en quelque journée de loisir,\nsera-t-il amusant d établir un parallèle entre cette page et Fêtes de M. Debussy.\nJ'aurais besoin d'entendre encore la Rhapsodie moderne de M. Vreuls ; à cette\npremière audition, j'ai trouvé fort intéressant le travail thématique et orchestral\nde l'œuvre. J'ai dit récemment toute l'admiration que j'ai pour les mélodies de\nMoussorgsky et pour Mme Olénine qui en est l'interprète idéale. La grande artiste\na remporté en l'occasion présente son succès coutumier avec la Chambre d'\nainsi qu'avec deux autres pièces orchestrées par M. Cortot avec tact et de très\nheureuse façon. Des fragments symphoniques de YOrfeo de Monteverdi complé-\ntaient le programme.\n\nELYSÉE PALACE. —26 janvier.-—• Œuvres de Louis Lombard, dirigées par\nl'auteur : Air de Ballet, les Lacs Lombards, Guignol, Elégie.\nSOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE. - 24 janvier. MM. Sapellnikof et Henri Marteau\ndonnent une correcte interprétation de la Sonate en mi bémol de Beethoven.\nMme Jeanne Raunay est exquise dans la Phidylé de Duparc.\nCONCERTS ANNONCÉS : Il>E QUINZAINE DE FÉVRIER, Grande Salle Pleyel.\nLe lERIER M. Raymond Marthe, violoncelliste, soir.\n2 M. Joseph Debroux, violoniste,\n4 La Société nationale de musique,\n5 Mme Breton Halmagrand (élèves de), journée.\n6 M. Vincent d'lndy, soir.\n7 M. Armand Forest, —-\n9 M. Daniel Herrmann,\n10 Mme Landowska (re séance),\n11 Mme Olénine d'Alheim,\n13 Mlle Cécile Meiidt, —-\n14 Mlle Gau d a,\n15 Mlle Henriette Menjaud,"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "96", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels, Informations et Correspondances\n\nLÉGION D'HONNEUR. Tous nos compliments à M. Arthur Coquard, l'excel-\nlent compositeur (dont les titres seraient vraiment trop longs à énumérer !...), et\nà M. Nadaud, le professeur éminent du Conservatoire, récemment nommés cheva-\niers de la Légion d'honneur.\n\nCONCOURS CRESSENT. Le Ministre de l'lnstruction publique et des Beaux-\nArts, sur la proposition de M. Henry Marcel, directeur des Beaux-Arts, vient de\ndécider, avec le consentement des représentants actuels des héritiers Cressent,\nque le Concours Cressent, qui jusqu'ici avait été exclusivement ouvert aux\nœuvres de composition musicale dramatique, serait, cette année, réservé aux\nœuvres de compositions musicales symphoniques.\nAux termes du règlement élaboré à ce sujet, les compositeurs qui désireront\nprendre part au concours auront le choix entre les trois formes suivantes :\ni° Symphonie proprement dite ;\n20 Suite d'orchestre ;\n30 Poème symphonique avec soliet chœurs.\nSont exclues du concours les œuvres présentant un caractère liturgique et\ncelles qui ne seront pas entièrement inédites.\nLes partitions devront être adressées franco à la Direction des Beaux-Arts,\nbureau des théâtres, 3, rue de Valois, du ier au 31 mars 1906.\nLa Direction des Beaux-Arts fait parvenir le programme du concours à toute\npersonne qui en fait la demande.\n\nCONSERVATOIRE. Par arrêté du 9 décembre, M. Busser, ancien grand prix\nde Rome, chef d'orchestre et chef des chœurs de h Opéra-Comique, est nommé\nprofesseur de la classe d'ensemble vocal, en remplacement de M. G. Marty, ap-\npelé à d'autres fonctions.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 novembre au 19 décembre 1904.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n21 Novemb.\nFaust.\nGounod.\n18.125 41\n->\n2 3 —\nSalammbô.\nReyer.\n12.585 92\n2 5 —\nLa Val kyrie.\nR. Wagner.\n16.798 84\n26 —\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n13.492 5o\n28 —\nSamson et Dalda. — Coppélia.\nSaint-Saëns. L. De-\nlibes.\n16.809 91\n3o —\nLa Favorite.\nDonizetti.\n14.741 76\n2 Décemb.\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n14.64.5 84\n3 —\nLa Val kyrie.\nR. Wagner.\n13.616 5o\n5 —\nSalammbô.\nReyer.\n13.327 91\n7 —\nFaust.\nGounod.\n16.982 26\n9\nLe Fils de VEtoile.\nG. Erlanger.\n15.040 34\n10 —\nLa F^avorite.\nDonizetti.\n12.197 5°\n1 1 —\nTristan et Isolde.\nR. Wagner.\n6.677 5°\n12 —\nSamson et Dalila. — La Mala-\ndetta.\nSaint-Saëns. Vidal.\n14.673 4Ï\n14 —\nTristan et Isolde.\nR. Wagner.\n15.248 26\n16 —\nSalammbô.\nReyer.\n14.731 84\nl7 ~\nSamson et Dalila. — La Mala-\ndetta.\nSaint-Saëns. Vidal.\n1 2.610 5o\n19 —\nTristan et Isolde.\nR. Wagner.\n20.099 41"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "97", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.25", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 novembre au 19 décembre 1904.\n\nLYON. Par arrêté du 19 décembre 1904 de M. le Préfet du Rhône, Mlle Bas,\nrépétiteur à l'Ecole de musique succursale du Conservatoire national, à Lyon,\nest nommée professeur adjoint audit établissement.\n\nMONTPELLIER. Par arrêté préfectoral du 21 décembre 1904, M. Forestier\n(Xavier), chargé du cours préparatoire de solfège à l'Ecole de musique, succur-\nsale du Conservatoire national, à Montpellier, est nommé professeur titulaire à\ncette Ecole.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nNov. mat.\nCarmen.\nBizet.\n7.329 5o\n5.787 5o\n2 0\n— soirée\nCavalleria Rusticana. —\nJongleur de Notre-Dame.\nLe\nMascagni. Massenet.\n2 I\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n4.5 0 5 »\n2 2\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n6.270 5o\n8.653 5o\no\n2 3\n—\nDo 11 Juan.\nMozart.\n24\n—\nAlceste.\nGluck.\n8.936 80\n8.368 5o\n>5\nCavalleria Rusticana. —\nJongleur de Notre-Dame.\nLe\nMascagni. Massenet.\n26\n—\nAlceste.\nGluck.\n9.549 40\n— matinée\nDon Juan.\nMozart.\n9.463 5o\n2 7\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.528 5o\n28\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.602 5o\n29\n—\nCavalleria Rusticana. —\nLe\nJongleur de Noire-Dame.\nMascagni. Massenet.\n5.629\n3o\nDéc.\nLouise.\nCharpentier.\n6.373 5o\n1t>r\nManon.\nMassenet.\n0. 5 2Q »\n2\nCavalleria Rusticana. —\nJongleur de Notre-Dame.\nLe\nMascagni. Massenet.\n7-638 »\n0\n3\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.302 40\n4\n— matinée\nLa Fille du Régiment. —\nLe\nJongleur de Notre-Dame.\nDonizetti. Massenet.\n8.742 5o\n4\n— soirée\nCavalleria Rusticana. — La Vie\nde Bohême.\nMascagni. Puccini.\n6.733 5o\n5\n—\nLouise.\nCharpentier.\n4.591 »\n6\n—\nLes Noces de Jeannette.\n—\nLe Jongleur de Noire-Dame.\nMassé. Massenet.\n5.I54 5o\n7\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.664 5o\n8\n—\nManon.\nMassenet.\nQ.30I 3o\n9\n—\nDon Juan.\nMozart.\n7.616 ))\n9.473 88\n10\n*\nCavalleria Rusticana. —\nJongleur de Notre-Dame.\nLe\nMascagni. Massenet.\n11\n— matinée\nLe Chalet. — La Traviata.\nAdam. Verdi.\n7-38I 5o\n5.538 5o\n11\n— soirée\nLe Toréador. — Lakmè.\nAdam. L. Delibes.\n12\n—\nMireille.\nGounod.\n4.581 »\n13\n—\nDon Juan.\nMozart.\n7.533 5o\n: 4\n—\nCavalleria Rusticana. —\nLe\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n7T77 5o\n1 5\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n8.255 w\n7.102 »\n16\n——\nCavalleria Rusticana. —\nJongleur de Notre-Dame.\nLe\nMascagni. Massenet.\n*7\n—\nManon.\nMassenet.\n9.692 40\n18\n— matinée\nLa Fille du Régiment. —\nLe\nJongleur de Notre-Dame.\nDonizetti. Massenet.\n7.032 »\n6.753 5o\n18\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\nl9\nLakmé.\nL. Delibes.\n/\n4.613 5o"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "98", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.26", "texte": "INFORMATIONS\n\nDIJON. —A la date du 23 décembre 1904, M. le Préfet de la Côte-d'Or a\nnommé Mlle Matthieu et Mme Cuinat-Lagrange, professeurs suppléants à\nl'Ecole de musique, succursale du Conservatoire national, pour renseignement\ndu chant.\n\nMOULINS. Par arrêté de M. le Préfet de l'Allier, en date du 30 décembre\ndernier, M. Cornier (Charles) est nommé professeur de clarinette à l'Ecole na-\ntionale de musique de Moulins en remplacement de M. E. Valude, démission-\nnaire.\n\nBORDEAUX.\n\nLa seconde partie de la tétralogie wagnérienne, La Valkyrie,\nvient d'être créée dans notre ville avec une splendeur inaccoutumée. Leconcours\nde Mme Jane Marcy et de M. Cornubert n'a pas peu contribué à mettre en relief\net à faire savourer les parties les plus ténébreuses de cette partition.\nL'enthousiasme très grand professé pour le génie de Bayreuth, qui avait réuni\nl'élite de nos compatriotes, s'est cependant manifesté avec une mesure tant soit\npeu provinciale ; cela tient surtout àla difficulté toujours nouvelle pour la plupart\nd'assimiler à leur tempérament cette musique qui ne demande cependant qu'un\npeu de perspicacité pour être comprise et qui atteint le plus haut point du\nsublime lyrique.\nSauf cette petite restriction, ce chef-d'œuvre admirablement monté par\nnotre excellent directeur M. F. Boyer a soulevé d'innombrables ovations et la\nplus large partdu succès revient sans contredit à MmeJ. Marcy qui, dans le rôle de\nla Valkyrie, a déployé toutes les ressources dramatiques que sa magnifique voix,\nà la fois puissante et tendre, lui a permis de nous offrir —ce qui lui a valu du\nreste une superbe palme et chaleureuses ovations. —M. Cornubert (Siegmund)\na composé son rôle avec science et ampleur ; l'organe n'est cependant pas par-\nfait et le style quelque peu affecté.\nLe reste de l'interprétation était confié à nos artistes, MM. Blancard, Syl-\nvain, M. A. Baron, Nacly-Blancard, qui ont justifié une fois de plus la belle con-\nfiance et le haut témoignage de satisfaction qu'ils reçoivent chaque jour. Le jeune\nmaestro E. Montagne conduit toujours et à coup sûr sa pléiade d'artistes, qu'il\nmène véritablement àla victoire. Nos sincères félicitations pour ce nouveau\ntriomphe.\nUn des plus chaleureux accueils est réservé àla musique de la Garde républi-\ncaine, autorisée par le Ministre à prêter son concours à l'inauguration du monu-\nment Gambetta, qui aura lieu le printemps prochain.\nNotre gracieuse ballerine, Mlle Régina Badet, qui a prêté son concours àla\n1000E de Carmen, est engagée à l'Opéra-Comique, à partir du mois de mai.\nLe 4e Concert à Sainte Cécile, avec le concours de M. ChaSsang, des concerts\nLamoureux, et M. G. Enesco, dont la Revue Musicale a récemment publié le\nportrait et la brillante biographie, était composé des morceaux suivants :\nI. Symphonie en ré mineur CÉSAR FRANCK.\n11. Edith au col de cygne. .... .. G. HUE.\n111. Concerto pour violon BEETHOVEN.\nIV. Les Chansons de Miarka A. GEORGES.\nV- Suite d'Orchestre (IRE audition) G. ENESCO.\nLe succès du Jongleur de Notre-Dame s accentue de jour en jour dans notre"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "99", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.27", "texte": "INFORMATIONS\n\nville ; c'est ainsi que la 10e représentation a fait salle comble. Brillamment inter-\nprété par MM. Boyer, notre sympathique directeur (dans Boniface), Leclerc\n(Jean) et Blancard (le prieur), l'heureux chef-d'œuvre de Massenet est certai-\nnement une des meilleures créations lyriques offertes aux Bordelais depuis quel-\nques années.\n\nJos. GRIMO.\n\nBRUXELLES.\nA. REBECQ.\nLa direction du théâtre de la Monnaie s'est particulièrement\ndistinguée pendant le mois de décembre, où il nous a été donné d'assister à une\nsérie de représentations en tous points réussies et qui font honneur àla direction\naussi bien qu'aux exécutants.\nCe fut d'abord la première dAlceste, qui aura été l'événement par excellence de\nla saison artistique. Mise en scène irréprochable, interprétation unique, rien\nn'avait été négligé pour assurer le succès de cette pièce qui a répondu à toutes\nles espérances. La voix opulente et sonore de Mme Litvinne s'est déployée à\nmerveille, en même temps que son âme d'artiste s'épanchait tout entière, avec un\nenthousiasme qui ne s'est pas démenti un instant. L'air de « Divinités du Styx »,\nenlevé avec unepuissance et un éclat vraiment tragiques, a transporté l'auditoire,\nqui a fait ovation sur ovation à la grande artiste, laquelle a d'ailleurs montré\nla même conviction, la même flamme inspirée jusqu'au dernier acte.\nSignalons qu'à la différence de ce qui s'était fait à 1 Opéra-Comique de Paris,\noù l'Apollon qui se dressait au milieu du temple, dans le décor du 2E acte, était\nune statue en bronze, très belle reproduction de Y Apollon Didymien du Louvre,\non a choisi un Apollon hiératique dont un plâtre existe ici, au musée du Cin-\nquantenaire, l'Apollon de Tenea, avec les yeux en émail bleu, la bouche et les\ncheveux dorés, suivant les traditions de l'art grec primitif.\nLe chef-d'œuvre de Gluck avait été donné une fois àla Monnaie, àla fin du\nxvme siècle ; mais il est certain que cette représentation fut loin d avoir reçu les\nmêmes soins que celles auxquelles nous avons pu assister et dont 011 peut\nconsidérer la reprise comme une véritable première qui fera époque dans les\nannales de la Monnaie.\nM. VanDyck, qui était déjà en représentations à Bruxelles, a chanté la Valky-\nrie à côté de Mme Litvinne, imprimant un éclat exceptionnel aux deux représenta-\ntions extraordinaires données les 27 et 31 décembre, qui réunirent deux des plus\ngrands chanteurs wagnériens de l'époque.\nLe 3 janvier, nous assistions à la première de deux œuvres de M. Albeniz qui\ncaractérisent bien les tendances actuelles de l'école espagnole.\nPépita Jimenez est une adaptation scénique d'un conte de Juan Valera\ndont une traduction a paru chez Calmann-Lévy sous le nom de Récits anda-\nlous. Dans cette comédie lyrique toutes les situations sont commentées par\nun accompagnement orchestral très fouillé, très étudié, variant très loin les\nthèmes mélodiques dont le caractère s'apparente étroitement au rythme ternaire\npresque exclusivement employé pour souligner les danses et les jeux, aussi bien\nque les lamentations, à quelques récits près. Sur un sujet assez peu consistant,\nl'auteur a brodé de main exporte une musique sérieuse, mais délicate et spon-\ntanée. Nous sommes ici en plein système de mélodie continue, conservant strie-\ntement son caractère de finesse et de distinction.\n\nLILLE.\n\n—• Société de musique. 18 décembre. —La Vestale de Spontini (1).\n\n(i) Il existe une Vestale de Mercadante, représentée en 1841."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "100", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.28", "texte": "INFORMATIONS\n\nLa, Société de musique de Lille a consacré son deuxième concert à l'exécution\nintégrale, ou presque, de cet opéra fameux, et cela avec un succès remarquable,\ndevant plus de trois mille personnes.\nLa Vestale est le chef-d'œuvre de Spontini, et le meilleur opéra qui ait été\ncomposé sous l'Empire. Représenté pour la première fois à l'Académie impé-\nriale de musique, le 15 septembre 1807, il fut joué avec un succès immense qui\na duré 30 ans. Les reprises (en 1854; laissèrent le public indifférent.\nVOuverture est d'un beau caractère, et, par certains détails d instrumenta-\ntion qu'on retrouve dans l'introduction de Tancrède, on voit combien Rossin\na emprunté à son compatriote. Commencée par un andante très expressif, elle se\ncontinue et se termine par un presto agitato plein de mouvement.\nLe premier acte avec ses grands récitatifs est d'une belle et noble exposition.\nL'hymne du matin que chantent les vestales est tout à fait dans le style de Gluck,\nainsi que l'air de la grande prêtresse : Lîamour est un monstre barbare, morceau\nqui rappelle l'air de la haine d'Armée. Très touchante, la scène où Julia restée\nseule se débat entre l'amour qu'elle éprouve pour Licinius et ses devoirs de\nvestale, et quelle passion dans l'air admirable : Licinius, je vais donc te revoir,\ndont les cris douloureux se prolongent jusqu'à la marche triomphale, à laquelle\nBerlioz a emprunté certaines sonorités pour la marche des Troyens !\nLe second acte est un chef-d'œuvre. Nous rappellerons entre autres l'air si\npathétique en ut mineur : Impitoyables Dieux ; celui de Licinius : Les Dieux\nprendront pitié ; le duo classique : Sur cet autel sacré, et enfin le finale joué si sou-\nvent dans les concerts et avec tant de succès (Luigini le donna aux concerts du\nConservatoire de Lyon en 1885).\nLe dernier acte, moins important, renferme encore de grandes beautés : l'air\nde Licinius, le duo avec le grand prêtre, la marche funèbre, la plainte de Julia :\nToi que je laisse sur la terre, le chœur d'allégresse final, en si bémol, dont\nRossini s'est souvenu dans Moïse.\nL'interprétation était de premier ordre : Mmes Litvinne, Auguez deMontalant,\net pour les hommes Cazeneuve, et Baer qui, par la beauté de sa voix, l'autorité\nde son style dans les récitatifs, écueil de tant de nos chanteurs, s'est affirmé un\nartiste de premier ordre.\nNous avons dit déjà ici ce que nous pensions des chœurs de la Société. Je répète\nqu'à l'heure actuelle je ne connais pas, en France, d'exemple de masses chorales\nde cette importance possédant autant d'intelligence musicale, de talent et de\nqualité de voix. Il faudrait aller en Allemagne, et encore...\nL'orchestre, un peu réduit au rôle ingrat et difficile d'accompagnateur, s'est\ntiré adroitement de cette musique un peu vieille pour notre époque sous la\nbaguette sagace de M. Maquet, dont le talent sait se plier à tous les styles et\nà toutes les musiques.\n\nDr GAUDIER.\n\nLONDRES.\n\nCe mois-ci nous avons plutôt souffert d'un embarras de richesses,\ncar presque tous les soirs il y a eu concerts, principalement dans les salles Erard,\nSteinway, Bechstein et Broadwood ; quelquefois même il y a eu concert l'après-\nmidi aussi bien que le soir. Néanmoins leurs longs programmes n'ont qu'un\nmédiocre intérêt pour un pays étranger. Les concerts d'orchestre ont été beau-\ncoup plus intéressants, quoique l'orchestre de Queen's Hall ait eu un succès\nassez douteux dans le Poème symphonique Penthesileia (Hugo Wolff) et dans"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "101", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.29", "texte": "INFORMATIONS\n\nHexenlaid, cle Schillings. L Après-Midi d'un faune, de Claude Debussy, a été appré-\nciée. Vict or Maurel a eu un énorme succès au concert qu'il a donné dernièrement\nici, et a prouvé qu'il est aussi artiste dans la salle de concert que sur la scène de\nCovent-Garden. Le London Symphony Orchester, sous l'habile direction de\nSteinbach, a donné une superbe audition d'oeuvres magistrales des fameux\nmaîtres Bach, Beethoven, Brahms.\nM. Edward Elgar a accepté la chaire de musique récemment créée à Bir-\nmingham. Les amis de son art espèrent que la chaire ne deviendra pas un « fau-\nteuil ». Le programme du concert d'orchestre du jour de l'an du Queens Hall\ncontient une nouveauté intéressante, qui n'est rien moins que trois nouvelles\nouvertures écrites par Richard Wagner, il ya à peu près cinquante ans : Polo-\nma, Rule Britannia, Christophe Colomb.\n\nHUGO CONRAT.\n\nMONTPELLIER.\n\nLes concerts. A défaut de concerts de musique, nous avons\ndes concerts de virtuoses. Quand ils ont nom Thibaud, on ne songerait pas à\ns'en plaindre, si l'on ne trouvait au programme des jongleries telles que les\nAirs bohémiens de Sarasate. Pourquoi faut-il qu'un artiste de cette valeur,\naprès avoir interprété avec respect et émotion la Sonate de Franck, et surtout\naprès l'avoir fait comprendre à l'intégralité d'un public plutôt modéré dans ses\nsympathies, se croie obligé de montrer l'agilité de ses doigts ? Quand donc com-\nprendra-t-on que, même en province, nous désirons seulement de la musique et\nnon des études ?\nApart ce détail, d'ailleurs essentiel, on ne saurait trop admirer l'intensité\nde l'expression et la pureté du style de M. Jacques Thibaud.\nM. Julien Ihibaud, qui l'accompagnait, a interprété avec vigueur sinon avec\nâme YApassionata. Il fut meilleur dans la Sonate de Franck.\nConcert Wurmser. Que faut-il reprocher à M. Wurmser ? comment se fait-\nil qu avec 1 élégance infinie de son doigté et de son toucher, on n'ait pas une\nminute 1 impression de la pensée de l'auteur, mais simplement celle d'une perpé-\ntuelle recherche d effets malheureux ? On s'est aussi demandé sans cesse quelle\noccupation urgente poussait M. Wurmser à accélérer et à précipiter le mouve-\nment de tout ce qu il a interprété. Ajoutons que les fantaisies pour piano sur\ndes opéras, serait-ce Don Juan, ne nous paraissent pas si précieuses qu'à nos\npères. La musique de piano manquerait-elle ?\nAvec M. Wurmser, Mlle Povla Frisch a chanté une très intéressante série de\nlieds, allemands et français. On ne saurait trop l'en remercier, car cette forme\nmusicale, une des plus émouvantes et des plus expressives, est généralement\npeu donnée en province. Mll Frisch, dont la diction est excellente, a été particu-\nlièrement intéressante dans 1 Impatience de Schubert, et dans la très voluptueuse\nOde Saphique de Brahms.\nSociété de concerts de Musique classique. Une compagnie de quartettistes\ncomposée de MM. Caries et Bouillon, violonistes, Ballé, altiste, et Flouch, vio-\nloncelliste, et un pianiste,M. Bérard, ont entrepris de donner une série d'auditions\nde musique de chambre. Nous n'insisterons pas sur l'intérêt de cette tentative.\nPour des raisons probablement mystérieuses, la musique de chambre, la plus\nintime et la plus émue, la plus profonde et la plus expressive, est de toutes les\nmusiques la moins répandue en province.\nAu programme de la première audition se trouvaient le Quatuor i de Beethoven"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "102", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.30", "texte": "INFORMATIONS\n\net le Quintette de Franck. Un peu flou, le quatuor, et manquant visiblement de\ntravail, au moins dans Yallegro initial. En revanche, l'interprétation du quintette\nfut remarquable. Il fut rendu avec respect et émotion, les thèmes suffisamment\nmis en relief, le sentiment soutenu et homogène. Une pareille exécution nous\npermet d espérer des auditions intéressantes.\nDans le même concert M. Raymond Bérard, qui avait montre un sentiment\nmusical très profond dans sa partie du quintette de Franck, donna une interpré-\ntation très fougueuse et très romantique d'une polonaise de Chopin.\nGrand-Théâtre. Après avoir somnolé pendant près de trois ans et chômé\ncomplètement ces derniers temps, le Théâtre de Montpellier, sous la direction de\nM. Marius Granier, vient à nouveau apporter sa part au mouvement artistique.\nNous ne parlerons pas aujourd'hui des pièces représentées : éternellement\nsemblables. Quand donc sera-t-on débarrassé des Mignon et des Lakmé} On\nnous promet d'ailleurs à bref délai la Reine Fiamette et le Jongleur de Notre-\nDame.\nCependant il nous a été permis d'apprécier la valeur des artistes qui donnent\nun ensemble très satisfaisant. Je mentionnerai spécialement M. Galland, de\nl'Opéra-Comique, M. Van Neym et surtout Mlle J. Mérey. Cette artiste joint à\nune voix d'une richesse infinie le jeu le plus naturel et le plus vécu. On doit lui\nêtre particulièrement reconnaissant d'adopter dans un théâtre méridional, où les\nsuccès de roulades sont si faciles, la méthode plus sobre du Théâtre de la Mon-\nnaie, où elle était précédemment. Il est certes très agréable d'entendre une jolie\nvoix, mais le plaisir esthétique est tellement supérieur à sentir une belle création\nclu génie dramatique et lyrique ! C'est avec impatience qu'on attend Mlle Mérey\ndans le personnage si délicat et si vivant de la petite reine Fiametta.\n\nANDRÉ ARON.\n\nMONTE-CARLO. Les concerts de Monte-Carlo ont commencé le 24 novembre\npar la 9e Symphonie... sans les chœurs, et jouée clans Tordre suivant : Allegro,\nadagio, scherzo. La suppression de la partie vocale et la terminaison brusque\nsur les trois mesures en unisson du scherzo sont d'un effet un peu décevant.\nAu même programme : Ce que Von entend sur la montagne, le premier des douze\npoèmes symphoniques de Liszt.\nAu 2e concert (ier décembre), la symphoniejupiter ;In der natur, une des trois\nouvertures composées par Dvorak en Amérique, et les trois premières parties\nde la délicieuse Psyché de César Franck. Là encore nous avons regretté que\nl'absence de chœurs n'ait pas permis d'exécuter entièrement ce chef-d'œuvre.\nEt c'est encore sans chanteurs que nous furent donnés les Adieux de Wotan,\njoués au 3e concert (8 décembre) par l'orchestre seul après VApprenti sorcier et\nSadko, deux perles. On ne saurait comparer l'œuvre de Rimsky-Korsakow à la\nJeanne d'Arc de Mozskowski, bien inférieure, par laquelle commençait la séance.\nCe poème symphonique, divisé en quatre parties : Vie pastorale et visions ; médi-\ntations sur le passé ; entrée à Reims ; prison, mort et apothéose, a paru très long et\npas toujours à la hauteur du sujet qui l'a inspiré.\nA noter encore une très brillante interprétation de la Symphonie en ut majeur\nde Schumann au 4e concert (16 décembre), et au 5e la reprise de la 6e Symphonie\nde Glazounow, déjà jouée avec succès à la saison dernière, ainsi qu'une fine\nexécution de Casse-noisette, deTchaïkowsky, ballet gentillet, mais un peu mince."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "103", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.31", "texte": "INFORMATIONS\n\nComme Ton voit, l'école russe était largement représentée sur les programmes\nde ces derniers concerts\n\nNICE.\n\nOpéra. Le 26 décembre a eu lieu la création de Y Epreuve,\nopéra de M. Ch. Pons, dont ce sont les débuts au théâtre.\nPrésentée comme oratorio et sous le titre du Christ au désert, cette œuvre\nobtint un classement très honorable au dernier concours de la ville de Paris.\nCe premier succès a engagé les auteurs à remanier leur drame sacré afin de lui\nfaire voir les feux de la rampe.\nLes trois actes ainsi obtenus nous montrent Satan essayant de tenter le Christ\net le soumettant à trois épreuves : la faim, la puissance et 1 amour. C est cette\ndernière tentation qui constitue la principale action dramatique. Une caravane\ncomposée surtout de femmes esclaves traverse le désert où se tient en prière\nJésus (que les auteurs appellent Jehozuah pour ne froisser aucune susceptibilité).\nLe pas alourdi des voyageurs fatigués est marqué à l'orchestre par une marche\npesante d une jolie couleur. Le Nazaréen, par sa parole persuasive, fait libérer\nles malheureuses esclaves. L'une d'elles, Medhora, en garde pour son libérateur\nplus que de la reconnaissance, et au deuxième acte c'est de cette affranchie,\ndevenue une courtisane célèbre, que se sert Satan pour tenter de nouveau Jésus.\nCette tentatrice, qui semble vouloir résumer en elle Salomé, Marie Madeleine,\nKundry et Thaïs, échoue dans son entreprise, et c'est elle au contraire qui,\ntouchée par la grâce, renonce aux joies de ce monde.\nLe défaut de ce poème est d'être trop sacré pour un opéra et trop profane pour\nun oratorio. La forme primitive de l'ouvrage reste forcément prédominante, de\nsorte que les caractères sont musicalement insuffisamment développés et les\npersonnages ne vivent pas. Du reste, la partie vocale est assez mal écrite et sans\nintérêt, et c'est surtout par la partie orchestrale que vaut cet ouvrage.\nLe compositeur, contrairement à ce que l'on pourrait supposer à la lecture\ndu sujet, s'inspire beaucoup plus de Gounod que de Massenet. Il a de ces\ndeux maîtres la tournure mélodique et le charme, moins l'originalité. Ses\nphrases ont un contour ondoyant et caressant et passent par une série de\nmodulations, peut-être trop nombreuses, mais très douces : l'auteur semble éviter\nles dissonances de l'école moderne. Les parties purement dramatiques sont\ngauchement écrites ; mais tout le reste est composé dans un style polyphonique\nsupérieurement traité. L instrumentation de M. Ch. Pons est assez variée,\nquoique timide, et le musicien semble affectionner surtout les timbres composites\nchers à Wagner. Elle a une qualité très appréciable : elle n'est pas bruyante.\nEn résumé, œuvre de début musicalement intéressante.\nDécors et mise en scène très soignés. Interprétation médiocre et sans nuance ;\nil est vrai que la faute n'en est pas entièrement aux acteurs. Au contraire,\nl'orchestre, conduit par M. Dobelaer, a été parfait\nLa saison théâtrale a commencé à l'Opéra par Sigurd. La troupe, bonne\ndans son ensemble, vient d'être admise entièrement par la commission\nthéâtrale, à qui incombe à Nice le soin de juger et de recevoir les artistes\nlyriques après leurs débuts. Parmi ces artistes il faut surtout citer les soprani\nH. Therry, Vera Nimidoff ; les ténors J. Gautier, Th. Salignac, Flachat ; les\nbasses Layolle, Lafont et Laskin. A noter le succès de Mrae Charlotte Wyns dans\nses divers rôles, et les heureux débuts de Mlie Cesbron (de l'Opéra-Comique)"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "104", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050201-01.1.32", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\ndans la Bohême et dans Louise, qu elle joue avec une simplicité émouvante.\nLe succès (relatif) de l'œuvre de M. Charpentier et son maintien au répertoire\nde notre première scène suggèrent quelques réflexions. J'ai ouï dire que hauteur ne\nvoyait pas, au début, d'un bon œil, son roman musical représenté à Nice. Il re-\ndoutait sans doute l'indifférence, l'hostilité peut-être cl un public élégant et super-\nficiel qui, cherchant surtout des plaisirs faciles, eût pu s'offusquer du sujet et ne\npas avoir la patience d'écouter une musique indépendante et forte (quoique non\nexempte d'une certaine recherche de l'effet). Le sujet, au contraire, 1 a ému par\nson côté sentimental et la musique a plu à quelques-uns qui, critiques et public,\nl'assimilent volontiers à celle de la nouvelle école italienne, plus réaliste qu'im-\npressionniste, fort en honneur dans la région.\n—Au Casino, la saison cl'opéra comique s'est ouverte avec succès par Lakmé\net Carmen, avec Mme Charlotte Wyns et M. Thomas Salignac.\nA la Jetée-Promenade, legrand orchestre deM. Gervasio, unchef très remar-\nquable, nous donne de beaux concerts. Depuis le commencement de l'hiver nous\navons eu des festivals Massenet, Reyer, Saint-Saëns, des concerts classiques et\ndes avant-midi-concerts (c'est le titre donné à des séances qui ont lieu dans la\nmatinée) aux programmes heureusement composés.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nNEW-YORK. Une curieuse reprise des Folies amoureuses de Regnard vient\nd'être donnée en Amérique par le Cercle français de l'Université Harvard, qui\ndepuis dix-huit ans s'efforce de faire connaître au public américain les chefs-\nd'œuvre de notre scène. La pièce était accompagnée du Prologue et du Ballet de\nla Folie, c'est-à-dire telle qu'elle fut présentée au public parisien en 1704 par\nl auteur lui-même. Poussant même leur esprit d'initiative intelligente plus loin,\nles membres du Cercle français, qui représentaient il y a quelques années la\npremière du Pédant joué, de Cyrano de Bergerac, réussirent à découvrir le\nmanuscrit original de la musique qu'écrivit Gilliet pour la représentation de 1704,\nmusique qui ne fut jamais imprimée et qui a disparu du répertoire de la Comédie-\nFrançaise. Malgré les difficultés techniques cl interprétation, la partie musicale\na eu le plus vif succès, et le jeu sûr et fin des acteurs a soulevé 1 enthousiasme\ndes nombreux spectateurs. C'est là une très intéressante reconstitution qui\nmérite d'être signalée et qui témoigne unç fois de plus de la manière si entendue\navec laquelle la Fédération de l'Alliance française aux Etats-Unis s'occupe de\nla langue française et de notre littératu/ë en Amérique.\n\nLe numéro sur la chanson populaire en dehors de la France, annoncé pour\nle 15 février, ne paraîtra que le iQV mars /905, les renseignements demandés en\nRussie et en Finlande ayant été retardés par les troubles de Saint-Pétersbourg.\n\nErratum.\nUne transposition de paragraphes s'est produite dans l'article de M. Calvoco-\nressi sur Edward Elgar (numéro du 15 janvier).\nPrière d'intercaler, entre la cinquième et la sixième ligne de la page 43, tout\nce qui vient, pageqq, après ces mots :En 1882, M. Elgar... jusqu ' h... la sincérité\n(page 4<5, ligne 29)."}]}