{"numero_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_sha256": "db9df9626f45642c35e57b5441925bfd3be7e77c2e9e3d3577a4e61d88da66fe", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1905/03/15_01/bmtnabj_1905-03-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1905/03/15_01/bmtnabj_1905-03-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "177", "page_fin": "180", "image_debut": 1, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.1", "titre_corps": "UNE LETTRE DE CHERUBINI.", "titre_sommaire": "UNE LETTRE DE CHERUBINI.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3169, "texte": "UNE LETTRE DE CHERUBINI.\n\nLa collection d'autographes du Musée Dobrée à Nantes contient un important\nautographe de Cherubini. C'est une lettre que le musicien adressa à Mélesville (i),\nun des deux auteurs du livret $ Ali-Baba, trois ans avant la représentation de\ncet ouvrage à l Opéra ; elle est datée de Paris, 13 juillet 1830, comprend 2 pages 1/2\nin-40, et porte le n° 200 du catalogue provisoire de la collection Dobrée ; nous la\ntranscrivons ci-après :\nParis, ce 13 juillet 1830.\nMonsieur,\nUne foule d' occupations occasionnées par la cérémonie de Notre-Dame, qui a eu\nlieu dimanche (2), ainsi que les services particuliers à la Chapelle du Roi m'ont\nempêché de répondre plus tôt à la lettre que vous m avez fait Vhonneur de ni adresser\nle 8 du courant. Veuillez excuser ce retard qui (sic) n a pas dépendu de moi d'abré-\nger ,' après ce préambule f entre en matière.\nVous connaisse Monsieur, toutes les raisons que je vous ai exposées il y (sic)\ndéjà quelque tems, qui ont motivé la. suspension apportée à la composition entière\nde la musique oTAIi-Baba ; il est donc inutile de vous les rappeler ici ; permettez-moi\ncependant d'ajouter à cela que dans le mauvais état ou était le théâtre de f Opéra-\nComique depuis plus d'un an, relativement à 1 administration, aux acteurs, aux\nchœurs et à l'orchestre, et surtout à l'égard de celui où cet établissement se trouve\nen ce moment, il est heureux qu Ali-Baba n'ait pas encore été donné, car dans le cas\ncontraire, combien cet ouvrage aurait-il été déjà massacré et enfin pendu au croc\npar la circonstance actuelle. Ainsi un succès en espérance me semble préférable à\ncelui qu'on aurait obtenu par le passé qui, vraisemblablement, serait usé, sinon oublié\nmaintenant. Mais pour fonder quelque espérance pour l'avenir, il faut indispensable-\nment, le mérite de l'ouvrage à part, être sûr des élémeus qui en constitueront Vexé-\ncution dans tous ses rapports, afin d'obtenir un résultat tel qu'on le désire. Pour\natteindre ce but ni de votre volonté ni de la mienne, et dans l'hypothèse que l'Opéra-\nComique rouvre au mois d'octobre, ce que je doute (sic), qui peut assurer qu'à cette\népoque on aura de bons acteurs, si l'on ne s arrange pas avec même le petit nombre\ndes meilleurs d'à présent, parmi lesquels je n'en sais aucun qui soit capable de rem-\nplir le Rôle d Ali-Baba. Prenons bien garde à ce que nous risquerions par trop de\nprécipitation. Pour vous, Monsieur, et pour Monsieur Scribe qui avez du talent, qui\nêtes jeunes et habitués aux succès, si vous hazard quelque échec, celui-ci\nest immédiatement réparé ; mais quant à moi qui suis vieux, ma position est bien\n\n(1) Mélesville est le pseudonyme de Duveyrier (Anne Honoré-Joseph), fécond auteur drama-\ntique qui, soit seul, soit en collaboration avec Scribe, Boirie, Merle, Roger de Beauvoir, Charles\nDuveyrier son frère, Paul Vermont, Carmouche et Bayard, a donné plus de 300 pièces. Signalons\nparmi ses livrets, outre Ali-Baba, Zampa (1831) et le Chalet (1834).\n(2) Il s agit ici du Te Deum chanté à l'occasion de la prise d'Alger, Il eut lieu le dimanche\n11 juillet 1830 à Notre-Dame, en présence du roi, de la cour et des hauts dignitaires de l'Etat."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.3", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3122, "texte": "diffei ente de la votie. Si Ali-Baba ne réussissait pas9 soit puv ma faute ou puv celle\nde lu faiblesse des acteuis9 des chovistes et de l orchestre9 quel serait après celu mon\n1 ecoui s 9 puisque cet opéva se? u le dernier ouvrage dramatique que je composerai 9\net que si j en donne d auti es9 ce ne sevont que de nies unciens opevus que je remettrai\nau théâtrey si l'occasion s en présente.\nL) api es tout ce que jui eu l avantage de vous exposer, je vous prierai, soit en\nquelque soi te dans voti e intérêt, mais surtout dans celui qui se rapporte à nia posi-\ntion, de vouloir bien ne me presser d'achever la musique Ali-Baba, que lorsque\nnous serons assurés des moyens d'exécution que le théâtre de VOpéra-Comique\npossédera à l'époque où les affaires désastreuses dans lesquelles il se trouve actuelle-\nment seront définitivement et complètement arrangées.\nMais si toutefois vous croyez ne pouvoir temporiser davantage, en raison de la\nci amte que vous m ave% manifestée que d'autres auteurs pourraient s'emparer du\nsujet d Ali-Baba, je ne puis que vous dire? quoique avec le plus sincère et vij regret,\nque dans ce cas vous, Monsieur, d accord avec M. Scribe le jugeant nécessaire à\nvotie t? anquillité, vous serez les maîtres de me retirer votre ouvrage pour le confier\nà quelque jeune compositeur expéditif \\ qui n'aurait les mêmes sujets de crainte que\nmoi, ni la meme i esponsabihte pour sa réputation que jen ai pour la mienne. Je\npi ofte aussi de cette circonstance pour vous prier à mon tour de présenter mes\nhommages i espectueux à Madame Mèlesville, et mille complimens à celle-ci ainsi\nqu a vous de la pai tde Mme Cherubim. Les dernières lettres de M^e Rosellmi nous\nindiquaient qu'elle se portait aussi bien que possible, vu son état.\nAgréez, Monsieur, je vous prie, la nouvelle assurance de ma considération dis-\ntinguée, et de tous les sentimens que vous savez si bien inspirer.\nVotre très humble et très obéissant serviteur.\nL. CHERUBINI.\nLa suscription porte :\nMonsieur,\nMonsieur Mélesville, M. Scribe\nà Montalais près et par Meudon\nprès Pai 'is.\nLa lettre qui précède laisse percer les craintes qu'éprouvait Cherubini à la\npensée qu'Ali-Baba pût être représenté à TOpéra-Comique, dont la situation\nn était alors rien moins que favorable. Depuis le 20 avril 1829, cet établissement\navait quitté la rue Feydeau, dont la salle menaçait ruine, pour s'installer au\nthéâtre Ventadour, installation qui mécontenta tout le monde et qui inaugura\nla période vraiment désastreuse à laquelle Cherubini fait allusion. Au moment\noù il écrivait la lettre ci-dessus, le directeur Ducis venait de résigner ses fonctions\n(15 juin 1830), et la révolution de Juillet, toute proche, allait provoquer la fer-\nmeture du théâtre. En vain Singier, Lubbert et Laurent essayèrent-ils de\nremettre l'entreprise à flot ; la salle Ventadour devait être fatale à l'Opéra-\nComique (1).\n\n(1) Voir le livre de MM. boubies et Malherbe, Histoire de l Opéra-Comique (1892-1893)\npremière partie. Ce fut, cependant, à cette époqueque fOpéra-Comique enregistra deux grands\nsuccès, Fra Diavolo (1830) et Zampa (183 1)."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.4", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1450, "texte": "Ali-Baba ou les Quarante Voleurs, opéra en 4 actes et prologue, fut représenté\nà 1 Opéra le 22 juillet 1833. Les interprètes étaient : Nourrit (Nadir), Dabadie\n(Ourskan), Levasseur (Ali-Baba), Prévost (Aboul-Assan), F. Prévôt (Phaorj,\nMassol (Calaf), Dérivis (Thamar), Mme Damoreau (Délie), Mlle C. Falcon (Mor-\ngiane).\nLa presse montra quelque sévérité à l'égard du livret, et Jules Janin plaisanta\nagréablement sur « l'épicier Ali-Baba » (1). Il convient cependant de reconnaître\nque xMélesville et Scribe écrivirent Ali-Baba afin de fournir à Cherubini l'occa-\nsion de faire resservir, dans des conditions de sujet analogues, des morceaux\nqu'il avait composés près de quarante ans auparavant pour une mauvaise pièce\norientale gardée en portefeuille et intitulée Koukourgi (2). Le musicien ne con-\nserva, du reste, que quelques fragments de son ancien ouvrage, et Ali-Baba fut\nconstruit, en majeure partie, avec des matériaux neufs. On en goûta fort 1 Ou-\nverture, la mélancolique Romance chantée par Nourrit dans le Prologue, le\nQuatuor bouffe du lerIer acte, le Duo de Nourrit et de Levasseur au IIIe, ainsi que le\ncélèbre « Trio des Dormeurs » (3). Ce fut la dernière œuvre lyrique de Cherubini.\nL. DE LA LAURENCIE.\n\nji) Les Débats, 24 juillet 1833.\n(2) Revue musicale du 27 juillet 1833, n° 2C P* 203«\n(3) Ibid. Voir aussi \" Denne-Baron, Cherubini, sa vie, ses travaux, /ewr influence sur l'art\nParis, 1862, pp. 46, 47."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "177", "page_fin": "177", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.1.1", "titre_corps": "CHERUBINI (1760-1842) Directeur du Conservatoire de 1821 à 1842.", "titre_sommaire": "CHERUBINI (1760-1842) Directeur du Conservatoire de 1821 à 1842.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.1", "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 132, "texte": "CHERUBINI\n(1760-1842)\nDirecteur du Conservatoire de 1821 à 1842."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c004", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "181", "page_fin": "190", "image_debut": 5, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.2", "titre_corps": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "titre_sommaire": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.5", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nLA PENSÉE MUSICALE\n\nV. — L'ORGANISATION DES IMAGES\nCours du lundi. — Résumé.\n[suite).\nEn étudiant la genèse formelle de la musique, nous n'avons parlé jusqu'ici\nque de la manière dont on peut traiter un motif dans une partie ; mais la\ncomposition musicale est l'art des expressions simultanées et non pas seule-\nment successives. Elle n'a certainement pas eu ce caractère dès l'origine. On\npeut dire cependant que, le jour où on s'est aperçu que deux, trois et quatre\nvoix pouvaient chanter en même temps, sans dire la même mélodie (ou la\nmême partie de mélodie), et s'accorder néanmoins pour produire un effet har-\nmonieux, ce jour-là le pas décisif a été fait. (De même pour le drame antique,\nquand le dialogue a été créé.) Voyons donc comment on a pu passer de\nl'unité à la pluralité des éléments employés et arriver à une véritable construc-\ntion. Notre point de départ est toujours :\nLe moyen le plus simple est de donner d'abord un accompagnement au thème\nchoisi. Pour la détermination exacte de cette basse, intervient aujourd'hui la\nthéorie de la consonance et de la dissonance. Nous l'exposerons plus tard ;\nnous essayons ici de nous replacer dans l'état d'esprit de ceux qui, par tâtonne-\nments et par étapes, sont a rrivés à constituer les formes de la composition ; et\nnous indiquons comment, suivant les sollicitations de leur curiosité ou les pro-\ngrès de leur expérience, ils ont fait de fécondes découvertes. D'ailleurs, point\nn'est besoin d'une doctrine pour accompagner convenablement un air simple.\nD'instinct, le chanteur populaire comprend qu'il faut donner comme basse à une\nnote mélodique une note tirée de l'accord parfait dont cette note mélodique fait\npartie. Il trouvera quelque chose comme ceci :\nS'il s'agit d'une composition instrumentale, et non vocale, l'accompagnement\npourra être diversifié indéfiniment, comme la mélodie elle-même (v. les 62 Va-\nriations de Haendel, chacone en sol p majeur, dont nous avons déjà parlé, ou\ncelles de Beethoven sur le motif de valse donné par Diabelli).\n20 Une analyse un peu attentive montre que notre thème peut se servir à lui-\nmême cTaccompagnement :\nTel, encore, ce début d'une pièce de Sweelinck (commencement du xvne siècle)\nque je me borne à transposer de sol en ut :"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.6", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1987, "texte": "Imaginez une personne cheminant près d'une eau très transparente et toujours\nsuivie de sa propre image qui lui servirait de compagnon de route. Il y a même\nici une tentative évidente pour reproduire à la main gauche le dédoublement qui\nse fait à la main droite et créer ainsi un ensemble à quatre parties, symétriques\ndeux à deux. Cette combinaison peut-elle conduire bien loin? La pratique seule\nen montrera les difficultés; mais une forme nouvelle est créée : celle du canon.\n(Au lieu de le réaliser à l'octave, on peut le prendre à la tierce, à la douzième,\netc..) Une expérience assez longue a montré que cette forme était susceptible\ndes plus ingénieux traitements. Nanini (pour ne pas citer d'autre exemple), un\ndes célèbres compositeurs de l'Ecole romaine au xvie siècle, écrivit 150 contre-\npoints et canons, de 2 à 11 voix, sur un chant unique, un cantus firmus de Festa.\nIl y a des canons susceptibles de plus de mille solutions.\nDans le canon, on peut donner à une quelconque des parties un mouvement\nplus lent ou plus rapide. Exemple, le début de cette autre pièce de Sweelinck :\nC'est le lièvre et la tortue, partis à peu près ensemble cette fois et arrivant\ntous deux au but, mais avec des allures différentes, ce qui permet au plus agile\nde revenir au point de départ, de recommencer certaines étapes, et de faire en\nroute un peu d'éçole buissonnière.\n3° Notre thème, tel quel ou transposé, peut s'associer à un autre motif.\nler groupe de combinaisons :\nAprès avoir été entendu dans la tonalité donnée, le thème (A) est transposé\nà la dominante, et donne ainsi lieu à la naissance d'une seconde partie (A').\nPendant que A' est entendu, A continue de parler, mais nécessairement avec des\nnotes nouvelles constituant cet autre motif que nous appellerons B et qui est\nvariable, comme le montrent les exemples suivants que j'emprunte à Marx :\n2e groupe de combinaisons :\nAu lieu d'être transposé invariablement à la dominante, notre motif peut être"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.7", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1259, "texte": "transposé à la sous-dominante (fa fi), à la sus-dominante (la tt), ou à la tierce; ce\nqui, chaque fois, amène un changement du nouveau motif (B) et produit une\nconclusion tonale différente :\nSi, d'après le principe suivi par Sweelinck dans la Toccata citée plus haut,\nnous recommençons deux fois une opération de ce genre dans un quatuor vocal,\nd'abord avec le soprano et l'alto (voix des femmes), ensuite avec le ténor et la\nbasse (voix des hommes) ; si, en second lieu, nous transportons le résultat obtenu\nsur les claviers de l'orgue ou du piano, nous aurons un ensemble qui n'est autre\nqu'une exposition de fugue, avec son thème conducteur (A), sa réponse (A'), son\ncontre-sujet (B). Le dernier terme où nous conduit l'analyse et le traitement de\nnotre thème, c'est donc l'admirable pièce que J.-S. Bach a placée en tête de son\nClavecin bien tempéré :\nII\nLes analyses que nous venons de faire marquent les principales « époques » de\nla musique, et, pour les points essentiels, en résument l'histoire. Nous pouvons,\nen effet, reprendre toutes ces observations dans le même ordre, et les appuyer,\nnon plus sur des exemples mélodiques, mais sur des dates.\nLes premiers documents que nous possédons nous font connaître d'abord une"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.8", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 4074, "texte": "musique purement monodique, absolument étrangère aux superpositions de\nthèmes et aux « constructions ». C'est une période qu'il n'est guère possible\nd'enfermer dans des dates précises, mais qui s'étend jusqu'au xie siècle environ;\nelle est dominée par le plain chant. les textes antérieurs où il est question\nde chant à plusieurs parties, il est impossible de dire si les écrivains entendent\nparler d un art réel dont ils étaient les contemporains (i).\nLa seconde période s étend du xie siècle au milieu du xve ; elle commence avec\nFrancon de Cologne, lequel signale déjà la diversorum cantuum concordantia et\nen donne des exemples (v. Musicct et cantus mensurabilis, ch. n et xi\\ et va jus-\nqu'à Ockeghem, le maître célèbre de la seconde École néerlandaise. C'est alors\nque, avec une grande inexpérience esthétique et technique, maladroitement, et\nsuivant un goût bizarre, on cherche à « composer » et à « construire » : on pra-\ntique les règles du déchant ; on s'ingénie ; à un fragment d'antienne ou à un autre\nchant liturgique en latin, on associe des chansons telles que Long le rien de la\nfontaine, ou bien Daines sont en grand émoi... On ale sentiment que la\ngrande loi de 1 art musical, c'est 1 imitation, la socialisation d'une idée, mais on\nne sait pas conduire une imitation au delà de quelques mesures. Les musiciens\nressemblent aux architectes de la fin du xnc et du commencement du xine siècle,\npour lesquels se posent de difficiles problèmes de construction et qui n'arrivent\nà les résoudre qu après des échecs répétés. Pérotin, organiste de Notre-Dame au\nXII siècle, arrivait déjà, dans une composition à deux voix, à faire passer d'une\npartie dans une autre (et vice versa) un thème de 4 mesures. Après lui, on mul-\ntiplie les tentatives de ce genre; si on atteint le but, c'est partiellement, et, le\nplus souvent, aux dépens de la correction. Le canon Summer is icumen in (2)\n(xll ie siècle), qu'admirent encore les historiens de l'art musical, est une exception\nsplendide. 11 n'y a pas encore de canon réel, indépendant. Au xve siècle, dans les\nécoles du Nord, de notables progrès sont réalisés. G. Dufay (f 1432), qui appar-\ntient à la première École néerlandaise, arrive à pousser un canon jusqu'à la 9e\nmesure, cest lepiemier des compositeurs que j appellerai spéculatifs ,* avec\nconscience et réflexion, il s'applique à l'écriture canonique, et obtient des résul-\ntats qui ont rendu possible l'éclat de la seconde École néerlandaise, qu'on peut\nfaire commencer en 1450 avec Ockeghem, élève de Dufav.\nA partir de 1450, avec des praticiens tels que Ockeghem, Josquin des Prés,\nLaïue, Brumeh Févin, etc..., nous voyons cul'ivé avec outrance cet art de la\nconsti uction musicale systématique dont j ai essayé de donner une idée élémen-\ntaire, et qui, après avoir été poussé très loin par les Néerlandais jusque vers 1325,\n\nfi) Voici, au sujet de l'harmonie, quelques textes antérieurs au xe siècle. Le premier qui au\nmoyen âge, ait parlé d'harmonie, est Isidore de Séville (vne siècle: « Harmonica (musica)'est\nmodulatio vocis et concordantia plurimo:um sonorum et coaptatio ». Aurélien de Réomé ixe s):\n« In haimonica (musica quidem consideratio manet sonorum : uti scilicet graves soni acutis\ncongruenter copulati compagem efhciant voeu m. » Remi d Auxerre (id.) : « Harmonia est conso-\nnantia et coadunatio vocum. » Reginon 'abbé de Prum en 892Ï : a Concentus est similium vo-\ncum adunata societas : succentus vero est varii soni sibi maxime convenientes. sicut videmus i.i\norgano. » nfin, 1 auteur de la Musica enchiriadis : « Harmonia est diversarum vocum apta\ncoadunatio. »\n(*> Sur cette pièce étonnante découverte par Hawkins dans un ms. du BriLh Muséum, v.\nFoikel (Geschichte dei Musilc.ll, p 490, ei suiv., Kiesewetter ( Be lia-\nge». p. u), Ambros (Gesch. d. Mus., 11, p. 473 et 111, p. 440), de Coussemaker (L'art harmoni-\nque aux xiie et XIIIe siècles, p. 73), Grove (Dictionnary 0/ Music, à l'article spécial Summer is icumen\ntn et la recente Oxford s history of Music, qui consacre à ce sujet une excellente étude."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "-passe ensuite en France et en Italie, pour être modéré, restreint, assagi,\ndélivré d'un excès de pédantisme, par la série des grands maîtres du xvie siècle\ndont les derniers furent Gabriel! et Palestrina.\nAujourd hui les formes spéciales de la fugue et du canon peuvent être consi-\ndérées comme abandonnées par les compositeurs, qui les regarderaient volon-\ntiers comme une entrave à leur fantaisie : mais, dans cette troisième période qui\n.commence en 1450, à un moment où toute la musique se bornait au chant a cap-\npella, où 1 harmonie était très peu développée, et où l'orchestre n'existait pas on\nmettait tout 1 intérêt de la composition dans sa structure scolastique, et on ne\nconcevait guère une pièce sans la forme du canon, si bien qu'un historien du\ncontrepoint (il a pu dire que le développement de la musique ne faisait qu'un\n.avec celui de l'imitation.\nPour résumer tout cela, je dirais volontiers, en parodiant un mot célèbre de\nLeibnitz :la musique sommeille dans la monodie (ire période); elle rêve dans\nfies essais qui vont du xne siècle à 1450; elle se réveille et prend son essor avec\nles maîtres du contrepoint qui ont illustré 1 Ecole née.i landaise à partir de 1450.\nC'est dans 1' organisation d'un ensemble, dans les symétries et les contrastes\n» qu'il y dispose, dans les imitations et les oppositions, l'enchaînement des parties,\nles coupes du développement, le ponere iotum, en un mot, que consiste l'art du\n/'musicien. On écoute une symphonie (je prends ce mot dans son sens le plus\nlarge) comme on lit un livre : depuis la première mesure jusqu'à la dernière, il y\na un intérêt qui tient l'esprit en éveil ; intérêt qui peut faiblir ou croître à cer-\ntains moments, mais dont on saisit les causes immédiates et qu'on rattache à des\n• données précises. Il y a cependant cette différence, qu'un livre peut avoir une\ntrès haute valeur, sans être systématiquement construit ; une histoire, par exem-\n» pie (et surtout une histoire objectivement conçue), si elle s'étend à une période\n..assez grande de la civilisation, peut se borner à indiquer des successions de\nrfaits ;il semble même que la matière de ses récits lui impose une certaine inco-\nhérence. Il y a des mémoires, des livres de « Maximes », des romans, dont les\nne sont pas liées et coordonnées d'après un plan rigoureux, et qui peu-\nvent être des chefs-d'œuvre. En musique, rien de semblable. Si une symphonie\n.n'est pas construite, elle n'existe pas. C'est pour cela qu'on a comparé la musique\nà l'architecture. Dans aucune école musicale, et dans aucun genre (si on excepte\n,da rapsodie, qui est une juxtaposition de motifs non développés) il n'y a d œuvre\nmn peu sérieuse qui ne soit soumise à cette loi, pas plus qu'il n'y a d'édifice qui\nne soit autre chose qu'une superposition de pierres L'œuvre musicale est, par\n■ essence, une « composition ». Le plan a une telle importance, que l'établir, c'est\ns presque faire une bonne partie de l'œuvre elle-même.\nIII\nDirons-nous donc que cette sorte d'architecture sonore à la notion de laquelle\n-nous sommes arrivés, et qui a été poussée si loin aux xve et xvie siècles, repré-\nsente la musique parvenue à son point de maturité?\n\n(1) Otto KUuwell,. Der Canon in seiner geschichtlichen Entwickelung. Leipzig. Lahnt, sine d.,\nïp. '•)"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3676, "texte": "Nullement ; et notre analyse doit parcourir une autre étape.\nNous avons vu les exercices qui, en créant la langue des sons, en l'assouplis-\nsant, en la dotant de ressources très riches, ont préparé la pensée musicale et\nl'ont rendue possible, mais nous n'avons encore cette pensée qu'à l'état\nembryonnaire. On peut faire des canons de tout genre, des fugues, des cons-\ntructions vocales ou instrumentales très savantes, sans arriver à produire chez:\nl'auditeur cette émotion spéciale et profonde, ce trouble intime de l'être moral\ntout entier qui est comme le signe auquel on reconnaît la vraie musique. Les\npraticiens de la Renaissance ont surtout créé des cadres : l'œuvre des grands\nmaîtres du xvnie siècle a été les remplir. Avec quoil ont-ils fait?\nQuelques analogies vont nous éclairer.\nDans l'histoire de la poésie française, nous constatons ceci : avant le xvne siècley\net les derniers grands poètes de l'âge précédent qui l'annoncent, il y a des\nécrivains qui créent des combinaisons de rimes, de vers et de strophes extrê-\nmement subtiles ; mais ce qu'ils fondent surtout, c'est l'art de la versification ; ce\nqu'ils créent, c'est un instrument, et rien de plus ; après eux, viennent les vrais\ngrands poètes, les Corneille, les Molière, les Racine, qui, profitant de cette\nœuvre d'assouplissement et d'adaptation, se servent de la langue, non plus pour\ndes jeux d'esprit, des badinages ou des prouesses de grammairiens, mais pour\nexprimer des idées très hautes et des sentiments humains. Dans l'histoire de\nl'éloquence, la loi est la même : chez les anciens, paraissent d'abord les rhéteurs-\nqui trouvent la période et apprennent à la construire avec d'ingénieuses symé-\ntries ; puis paraît un Démosthène, qui, dans ce cadre verbal, introduit le mou-\nvement, la flamme, la vie. Chez les modernes, les Balzac et les Voiture préparent\nBossuet.\nEn musique, s'est passé quelque chose de semblable.\nAux contrepointistes dont j'ai parlé, dont l'âge d'or commence avec Ockeghemr\net dont Bach, placé sur la limite de deux mondes, est le dernier représentant,,\nsuccèdent les compositeurs modernes qui profitent de tout le savoir technique\ntransmis par leurs devanciers ; par suite d'une longue accoutumance, ils portent\navec une aisance parfaite le poids des règles fixées par les praticiens, et ils ont le\ndroit d'oublier la grammaire ou de ne plus s'y absorber, parce qu'ils la connais-\nsent parfaitement. Leur intelligence s'est familiarisée avec la langue des\nsons ; elle en fait, à cause de son immatérielle fluidité, un mode d'expression\nqui lui est plus commode et plus adéquat que les autres ; elle s'y met tout entière,,\ncar l'esprit ne subit pas ses moyens d'expression ; il les crée. En un mot, elle\ny introduit la PENSÉE. Par là, je le répète, je n'entends ni une synthèse de\nconcepts qu'on pourrait représenter par des mots, ni une sorte de logique\nabstraite comme les mathématiques supérieures, mais la plus fine subs-\ntance de la vie morale, ce qu'il y a de plus humain, de plus profond ou de\nplus délicat dans le sentiment, et ce qu'il y a de plus élevé dans la raison. Bach\nest déjà, comme l'a dit Philipp Spitta, « le maître de la libre fantaisie » ; si nous\nvoulons mesurer la distance qui sépare un contrepointiste néerlandais d'un sym-\nphoniste moderne distance que je comparerai à celle que Kant établissait\nentre les deux degrés de la raison : Verstand et Vernunft, nous n'avons qu'à\nnous rappeler cette parole célèbre de Beethoven : « La musique est une sagesse\nplus haute que la philosophie et la théologie » ; ou cette opinion de Schumannr\nqui, dans ses Notes théâtrales, juge ainsi YEuryanthe de Weber : « C'est du sang:"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.11", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3566, "texte": "de son cœur, cela, et du plus noble qu'il eût ; cet opéra lui a coûté un peu de sa\nvie. »Le même Schumann écrivait àsa fiancée ces lignes curieuses : « J'ai\nremarqué qu'il n'y avait jamais plus d'ailes à ma fantaisie que les jours oû mon.\nâme est tendue par le désir... Ces jours derniers, où j'attendais ta lettre, j'ai\ncomposé des livres pleins. En ce moment, je voudrais éclater de musique. »\nComme nous le voyons ici, le sentiment et la raison, la passion et la sagesse\nviennent remplir les cadres qu'on leur a préparés.\nAutre évolution. La Musique, d'abord ancilla vitœ, devient peu à peu un art\ndésintéressé en passant du concret à l'abstrait, du particulier au général. Cette\névolution ne saurait nous étonner, car nous la retrouvons dans plusieurs\nautres domaines.\nC'est celle du langage verbal. Le premier langage humain a été composé de\ncris instinctifs, gémissements de la douleur et de la faim, grognements de la\ncolère, appels de chasseurs dans les forêts, etc... Songeons un instant au che-\nmin qu'il a fallu parcourir pour arriver au style d'un Descartes ou d'un Voltaire !\nPrécisons davantage.\nLes grammairiens qui ont étudié les langues primitives nous montrent que\nles mots appelés « substantifs » et ayant un sens abstrait, puisqu'ils expriment\nl'idée d'une substance commune à des individus de même espèce, ont été d'a-\nbord des adjectifs exprimant un caractère très apparent et sensible de l'individu.\nL'étymologie en fait foi. Ainsi, xAoa? substantif grec signifiant /.% terre, a été\nd'abord un adjectif dont le sens est la sèche (par opposition à la mer) (i).\n©iXacrcra, la mer, signifie d'abord Y agitée, celle qui bondit (aXXto). Animal celui\nqui respire; serpens, celui qui rampe, etc... « Tous les substantifs sont des\nadjectifs en ce sens qu'ils désignent les objets par une de leurs qualités... Ils\ns'appliquaient donc proprement et originairement, non pas au genre réel et\nconcret qu'ils désignent actuellement, mais à la qualité générique et abstraite, le\nfait de bondir, de respirer, de ramper...). A l'origine, le substantif ou le nom\nd'un objet désignant cet objet par une de ses qualités équivaut à cet égard à\nun adjectif (i). » Entre l'adjectif (vocable sensualiste) et le substantif (vocable\nabstrait), entre la langue d'Homère et celle de Platon ou d'Aristote, il y a la\nmême distance qu'entre les chansons des trouvères et les fugues de Bach.\nMême évolution dans les idées religieuses, qui, de la conception de divinités à\npeine différentes de l'homme, s'élèvent assez tard à la conception d'une Intelli-\ngence souveraine, le NoS; d'Anaxagore. Même évolution dans les idées\nmorales. On a dit maintes fois avec raison que, dans Ylliade, il n'y a que des\npassions, des marchés d'homme à homme, ou d'homme à dieu : l'idée abstraite\ndu bien et du devoir n'apparaît que longtemps après. Elle est un fruit tardif de\nla réflexion et de la vie sociale. Même évolution dans la littérature, où les idées\ngénérales sont de date récente.\nA ce motif intellectuel de l'évolution, s'ajoute un motif esthétique.\nLa musique n'est pas seulement une tendance vers la liberté créatrice abso-\nlue de la raison ; elle est aussi une tendance vers la beauté. A ce second\npoint de vue, il y a, de l'utile vers le beau, un processus analogue à celui qui va\nde l'expression instinctive et réaliste du sentiment à l'expression abstraite, du\n\n(1) Paul Regnaud, Éléments de grammaire comparée du grec et du latin (Paris, Colin, 1896),\n2e partie, p. 4.— Cf. Gustave Meyer, Griechische Grammatik (Leipzig, Breitkopf, 1886), p. 49-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "cadre formel à la pensée qui le remplit et change sa valeur. Herbert Spencer,\ndans un de ses opuscules, a montré que souvent l'utile devient le beau, quand\nil cesse d'être l'utile. Ainsi, les cottes démaillés, les casques et les armes,\nqui jadis préservaient le corps contre les blessures, sont devenus dans la\nune parure pour des héros de roman ou pour des figurants d opéra ;\nles châteaux crénelés qui protégeaient la vie des barons féodaux sont\ndevenus des maisons de plaisance ; telle région, qui était jadis un terrain de\nchasse où l'homme primitif venait chercher de quoi vivre, est devenue un lieu\nd'agrément où l'on va se promener et ramasser des fleurs. Emerson (1) parle\nd un coquillage de mer chez lequel les organes, qui, à une certaine époque, ont\nété la bouche, se trouvent, aune autre période de sa croissance, rejetés en arrière\n-et deviennent des nœuds et des épines dont le coquillage est paré. Un phéno-\nmène d'ordre analogue apparaît dans 1 histoire cle la mélodie, qui, après avoir\nété vocale et unie à un texte littéraire en vue d'une fin déterminée, devient une\nmélodie instrumentale et sans paroles, n'ayant d'autre objet qu'elle-même.\nDe même, un exercice qui a été, à l'origine, composé de gestes et d'attitudes\ndétei minées par le souci cle la défensive et de l'offensive pratiques, a pu devenir\n-un exercice d'hygiène et enfin d'élégance pure (l'escrime1.\nIV\nCe qui nous a conduits à nos conclusions, c'est 1 étude du rythme. De l'analyse\ndu rythme et de ses développements, nous sommes arrivés à la constatation de\nla pensée musicale pure, affranchie, f ouveraine maîtresse des formes sonores.\nPour que cette thèse soit exacte, il faut, malgré l'importance du facteur temps\ndans une évolution, que, dès l'origine, on voie clairement un indice, un germe\nqui fasse pressentir la direction dans laquelle la musique doit se développer\n(sans quoi la musique serait un simple accident) ; il faut que, dès le début, le\nrythme musical n'apparaisse pas comme étant toujours sous la dépendance\nabsolue des paroles qui lui sont associées et qu'il manifeste une tendance vers le\nfarci da se. Or cette tendance a été constatée à toutes les époques (2). L'antiquité\ngréco-romaine l'a reconnue avec Denys d'Halicarnasse (3)1 Longin (4), Quin-\ntilien (5), Marius Victorinus (6), Varron (7). Pour le moyen âge, le recueil\n•de Gerbert [S) contient plus d'un texte significatif, et on trouvera dans la Paléo-\ngraphie musicale des Bénédictins l'analyse des cas nombreux où le rythme des\nparoles disparaît ou s'efface devant celui de la cantilène. Pour ce qui regarde\nles non-civilisés, sur lesquels je dois insister davantage dans l'intérêt de ma\n-démonstration, je citerai cette curieuse page de Grosse, tendant à montrer que\n\n(1) Regnaud, ibid.\n(2) Pour la période moderne, v. les faits cités dans mes Rapports de la musique et de la poésie\n•p. 266 et suiv.\n(3) De compositione verborum, édit. de Leipzig, 1774-77, t. V, p. 63.\n(4) Dans Vincent, Notices et extraits de manuscrits, t. XVL p. 160.\n•(5) lnst. or., ix, 4.\n(6) V, Putsch, col. 2481-2.\n(7) Rapporté par Diomède col. 512).\n.(8) Scriptores, t. I, p. 6 7. 58 ;t. 111, p. 41, etc."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3694, "texte": "chez eux ou certains d entre eux, car il ne faut pas généraliser (et ce n'est nulle-\nment nécessaire ici) la musique a une existence propre, distincte, organi-\nquement, de la poesie : « Ce qui n'est pas pour diminuer notre étonnement,\nc est d apprendre que les chansons célèbres sont chantées par des tribus qui ne\ncomprennent pas (le poème)... Il est évident que les auditeurs tiennent moins\nau fond des chansons qu'à leur forme. Il faut se rappeler que tout poète\nlyrique primitif est en même temps compositeur; que toute poésie primitive\nest une chanson. Pour le poète, les paroles de la chanson peuvent bien avoir\nune signification indépendante ; pour les autres, elles n ont de valeur que\nliées à une mélodie. Souvent, en effet, on sacrifie sans la moindre hésitation le\nsens d une chanson à la forme... » Beaucoup d Australiens, dit Evre, ne peuvent\nvous dire ce que signifient leurs propres chansons, et je crois que les expli-\ncations qu'ils donnent sont en général très incomplètes, car ils attribuent plus\nde valeur à la prosodie qu à l'idée (littéraire). Un autre auteur écrit: « Dans\ntoutes leurs chansons de Corrobori, ils répètent ou transportent les paroles\npour varier ou observer le rythme ; leurs chansons deviennent incompréhen-\nsibles (Barlow) ». Il en est à peu près de même chez les Minçopies : ils s'effor-\ncent avant tout, dit Man, d'observer la mesure; dans leurs chansons, tout,\nmême le sens, est subordonné au rythme. Ils prennent les plus grandes libertés,\nnon seulement avec les mots, mais avec la syntaxe... Il arrive assez souvent\nque 1 auteur d'une nouvelle chanson doit en expliquer le sens à ses auditeurs.\nParmi les chansons réunies par Boas chez les Esquimaux, il s'en trouve cinq\ndont le texte consiste uniquement en une répétition rythmique d'une interjection\ndépourvue de sens. La conclusion s impose donc que la lyrique primitive offre\navant tout une signification musicale, et que le sens poétique reste parfois au second\nplan, ce qui nous suffit pour notre thèse.\nEn terminant cette leçon, je tiens à indiquer une objection que je me suis posée\nà moi-même et la manière dont je l'ai résolue.\nEn somme, ce qui nous fait croire à une « pensée musicale » fine émanation\ndu sentiment et delà raison indissolublement unis,— ce sont les œuvres de maî-\ntres tels que Schumann et Bizet, Schubert et Weber, Beethoven et Mozart, Bach\net Haendel... Si de tels musiciens n'avaient pas existé, nous ne dirions probable-\nment pas qu'il est possible de « penser avec des sons », et que ce privilège est le\nproprium vraiment original de la musique. D'autre part, dès le début, j'ai annoncé\nque nous commencerions l'histoire de la musique au début même de la civilisa-\ntion, bien au delà des Grecs, en nous rapprochant le plus possible des origines\nréelles.\nComment concilier cesdeux façons de voir, puisqu'ilne sauraitêtre question de\npensée musicale chez les nègres de l'Afrique, les Australiens ou les Esquimaux ?\nNe semble-t-il pas que nous péchions contre la règle essentielle de toute bonne,\nméthode historique, en nous faisant d'abord une idée de l'art d'après les chefs-\nd'œuvre un peu exceptionnels qu'il a produits, et en voulant ensuite appliquer\nà toutes les périodes ce qui n'est peut être vrai que d'une seule, la dernière?\nJe pourrais d'abord répondre que, pour définir l'essence d'une chose qui se\ntransforme, il faut peut-être la considérer dans son état de plein développement,\net non à l'état embryonnaire. « Ta vraie nature n'est pas en toi, dit Nietzsche ;\nelle est infiniment au-dessus de toi. » (Malebranche disait, je crois/que pour\nbien observer et connaître 1 homme, WidoxX. prendre un autre tour et regarder Dieu,)"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.14", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 657, "texte": "Mais cette philosophie profonde ne nous est pas nécessaire. Il nous suffît de dire\nque la musique a évolué et s'est développée comme la littérature. On ne niera\npas l'existence d'une « pensée », dans les ouvrages de poésie; et cependant on est\nobligé de reconnaître que les essais de poésie, chez les primitifs ou les sauvages,\nsont très éloignés des poèmes d'un Pindare, d'un Virgile ou d'un Lamartine. Il\nen est absolument de même pour la musique. 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Elle n'a certainement pas eu ce caractère dès l'origine. On\npeut dire cependant que, le jour où on s'est aperçu que deux, trois et quatre\nvoix pouvaient chanter en même temps, sans dire la même mélodie (ou la\nmême partie de mélodie), et s'accorder néanmoins pour produire un effet har-\nmonieux, ce jour-là le pas décisif a été fait. (De même pour le drame antique,\nquand le dialogue a été créé.) Voyons donc comment on a pu passer de\nl'unité à la pluralité des éléments employés et arriver à une véritable construc-\ntion. Notre point de départ est toujours :\nLe moyen le plus simple est de donner d'abord un accompagnement au thème\nchoisi. Pour la détermination exacte de cette basse, intervient aujourd'hui la\nthéorie de la consonance et de la dissonance. Nous l'exposerons plus tard ;\nnous essayons ici de nous replacer dans l'état d'esprit de ceux qui, par tâtonne-\nments et par étapes, sont a rrivés à constituer les formes de la composition ; et\nnous indiquons comment, suivant les sollicitations de leur curiosité ou les pro-\ngrès de leur expérience, ils ont fait de fécondes découvertes. D'ailleurs, point\nn'est besoin d'une doctrine pour accompagner convenablement un air simple.\nD'instinct, le chanteur populaire comprend qu'il faut donner comme basse à une\nnote mélodique une note tirée de l'accord parfait dont cette note mélodique fait\npartie. 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Il y a même\nici une tentative évidente pour reproduire à la main gauche le dédoublement qui\nse fait à la main droite et créer ainsi un ensemble à quatre parties, symétriques\ndeux à deux. Cette combinaison peut-elle conduire bien loin? La pratique seule\nen montrera les difficultés; mais une forme nouvelle est créée : celle du canon.\n(Au lieu de le réaliser à l'octave, on peut le prendre à la tierce, à la douzième,\netc..) Une expérience assez longue a montré que cette forme était susceptible\ndes plus ingénieux traitements. Nanini (pour ne pas citer d'autre exemple), un\ndes célèbres compositeurs de l'Ecole romaine au xvie siècle, écrivit 150 contre-\npoints et canons, de 2 à 11 voix, sur un chant unique, un cantus firmus de Festa.\nIl y a des canons susceptibles de plus de mille solutions.\nDans le canon, on peut donner à une quelconque des parties un mouvement\nplus lent ou plus rapide. Exemple, le début de cette autre pièce de Sweelinck :\nC'est le lièvre et la tortue, partis à peu près ensemble cette fois et arrivant\ntous deux au but, mais avec des allures différentes, ce qui permet au plus agile\nde revenir au point de départ, de recommencer certaines étapes, et de faire en\nroute un peu d'éçole buissonnière.\n3° Notre thème, tel quel ou transposé, peut s'associer à un autre motif.\nler groupe de combinaisons :\nAprès avoir été entendu dans la tonalité donnée, le thème (A) est transposé\nà la dominante, et donne ainsi lieu à la naissance d'une seconde partie (A').\nPendant que A' est entendu, A continue de parler, mais nécessairement avec des\nnotes nouvelles constituant cet autre motif que nous appellerons B et qui est\nvariable, comme le montrent les exemples suivants que j'emprunte à Marx :\n2e groupe de combinaisons :\nAu lieu d'être transposé invariablement à la dominante, notre motif peut être"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.7", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1259, "texte": "transposé à la sous-dominante (fa fi), à la sus-dominante (la tt), ou à la tierce; ce\nqui, chaque fois, amène un changement du nouveau motif (B) et produit une\nconclusion tonale différente :\nSi, d'après le principe suivi par Sweelinck dans la Toccata citée plus haut,\nnous recommençons deux fois une opération de ce genre dans un quatuor vocal,\nd'abord avec le soprano et l'alto (voix des femmes), ensuite avec le ténor et la\nbasse (voix des hommes) ; si, en second lieu, nous transportons le résultat obtenu\nsur les claviers de l'orgue ou du piano, nous aurons un ensemble qui n'est autre\nqu'une exposition de fugue, avec son thème conducteur (A), sa réponse (A'), son\ncontre-sujet (B). Le dernier terme où nous conduit l'analyse et le traitement de\nnotre thème, c'est donc l'admirable pièce que J.-S. Bach a placée en tête de son\nClavecin bien tempéré :\nII\nLes analyses que nous venons de faire marquent les principales « époques » de\nla musique, et, pour les points essentiels, en résument l'histoire. Nous pouvons,\nen effet, reprendre toutes ces observations dans le même ordre, et les appuyer,\nnon plus sur des exemples mélodiques, mais sur des dates.\nLes premiers documents que nous possédons nous font connaître d'abord une"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.8", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 4074, "texte": "musique purement monodique, absolument étrangère aux superpositions de\nthèmes et aux « constructions ». C'est une période qu'il n'est guère possible\nd'enfermer dans des dates précises, mais qui s'étend jusqu'au xie siècle environ;\nelle est dominée par le plain chant. les textes antérieurs où il est question\nde chant à plusieurs parties, il est impossible de dire si les écrivains entendent\nparler d un art réel dont ils étaient les contemporains (i).\nLa seconde période s étend du xie siècle au milieu du xve ; elle commence avec\nFrancon de Cologne, lequel signale déjà la diversorum cantuum concordantia et\nen donne des exemples (v. Musicct et cantus mensurabilis, ch. n et xi\\ et va jus-\nqu'à Ockeghem, le maître célèbre de la seconde École néerlandaise. C'est alors\nque, avec une grande inexpérience esthétique et technique, maladroitement, et\nsuivant un goût bizarre, on cherche à « composer » et à « construire » : on pra-\ntique les règles du déchant ; on s'ingénie ; à un fragment d'antienne ou à un autre\nchant liturgique en latin, on associe des chansons telles que Long le rien de la\nfontaine, ou bien Daines sont en grand émoi... On ale sentiment que la\ngrande loi de 1 art musical, c'est 1 imitation, la socialisation d'une idée, mais on\nne sait pas conduire une imitation au delà de quelques mesures. Les musiciens\nressemblent aux architectes de la fin du xnc et du commencement du xine siècle,\npour lesquels se posent de difficiles problèmes de construction et qui n'arrivent\nà les résoudre qu après des échecs répétés. Pérotin, organiste de Notre-Dame au\nXII siècle, arrivait déjà, dans une composition à deux voix, à faire passer d'une\npartie dans une autre (et vice versa) un thème de 4 mesures. Après lui, on mul-\ntiplie les tentatives de ce genre; si on atteint le but, c'est partiellement, et, le\nplus souvent, aux dépens de la correction. Le canon Summer is icumen in (2)\n(xll ie siècle), qu'admirent encore les historiens de l'art musical, est une exception\nsplendide. 11 n'y a pas encore de canon réel, indépendant. Au xve siècle, dans les\nécoles du Nord, de notables progrès sont réalisés. G. Dufay (f 1432), qui appar-\ntient à la première École néerlandaise, arrive à pousser un canon jusqu'à la 9e\nmesure, cest lepiemier des compositeurs que j appellerai spéculatifs ,* avec\nconscience et réflexion, il s'applique à l'écriture canonique, et obtient des résul-\ntats qui ont rendu possible l'éclat de la seconde École néerlandaise, qu'on peut\nfaire commencer en 1450 avec Ockeghem, élève de Dufav.\nA partir de 1450, avec des praticiens tels que Ockeghem, Josquin des Prés,\nLaïue, Brumeh Févin, etc..., nous voyons cul'ivé avec outrance cet art de la\nconsti uction musicale systématique dont j ai essayé de donner une idée élémen-\ntaire, et qui, après avoir été poussé très loin par les Néerlandais jusque vers 1325,\n\nfi) Voici, au sujet de l'harmonie, quelques textes antérieurs au xe siècle. Le premier qui au\nmoyen âge, ait parlé d'harmonie, est Isidore de Séville (vne siècle: « Harmonica (musica)'est\nmodulatio vocis et concordantia plurimo:um sonorum et coaptatio ». Aurélien de Réomé ixe s):\n« In haimonica (musica quidem consideratio manet sonorum : uti scilicet graves soni acutis\ncongruenter copulati compagem efhciant voeu m. » Remi d Auxerre (id.) : « Harmonia est conso-\nnantia et coadunatio vocum. » Reginon 'abbé de Prum en 892Ï : a Concentus est similium vo-\ncum adunata societas : succentus vero est varii soni sibi maxime convenientes. sicut videmus i.i\norgano. » nfin, 1 auteur de la Musica enchiriadis : « Harmonia est diversarum vocum apta\ncoadunatio. »\n(*> Sur cette pièce étonnante découverte par Hawkins dans un ms. du BriLh Muséum, v.\nFoikel (Geschichte dei Musilc.ll, p 490, ei suiv., Kiesewetter ( Be lia-\nge». p. u), Ambros (Gesch. d. Mus., 11, p. 473 et 111, p. 440), de Coussemaker (L'art harmoni-\nque aux xiie et XIIIe siècles, p. 73), Grove (Dictionnary 0/ Music, à l'article spécial Summer is icumen\ntn et la recente Oxford s history of Music, qui consacre à ce sujet une excellente étude."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "-passe ensuite en France et en Italie, pour être modéré, restreint, assagi,\ndélivré d'un excès de pédantisme, par la série des grands maîtres du xvie siècle\ndont les derniers furent Gabriel! et Palestrina.\nAujourd hui les formes spéciales de la fugue et du canon peuvent être consi-\ndérées comme abandonnées par les compositeurs, qui les regarderaient volon-\ntiers comme une entrave à leur fantaisie : mais, dans cette troisième période qui\n.commence en 1450, à un moment où toute la musique se bornait au chant a cap-\npella, où 1 harmonie était très peu développée, et où l'orchestre n'existait pas on\nmettait tout 1 intérêt de la composition dans sa structure scolastique, et on ne\nconcevait guère une pièce sans la forme du canon, si bien qu'un historien du\ncontrepoint (il a pu dire que le développement de la musique ne faisait qu'un\n.avec celui de l'imitation.\nPour résumer tout cela, je dirais volontiers, en parodiant un mot célèbre de\nLeibnitz :la musique sommeille dans la monodie (ire période); elle rêve dans\nfies essais qui vont du xne siècle à 1450; elle se réveille et prend son essor avec\nles maîtres du contrepoint qui ont illustré 1 Ecole née.i landaise à partir de 1450.\nC'est dans 1' organisation d'un ensemble, dans les symétries et les contrastes\n» qu'il y dispose, dans les imitations et les oppositions, l'enchaînement des parties,\nles coupes du développement, le ponere iotum, en un mot, que consiste l'art du\n/'musicien. On écoute une symphonie (je prends ce mot dans son sens le plus\nlarge) comme on lit un livre : depuis la première mesure jusqu'à la dernière, il y\na un intérêt qui tient l'esprit en éveil ; intérêt qui peut faiblir ou croître à cer-\ntains moments, mais dont on saisit les causes immédiates et qu'on rattache à des\n• données précises. Il y a cependant cette différence, qu'un livre peut avoir une\ntrès haute valeur, sans être systématiquement construit ; une histoire, par exem-\n» pie (et surtout une histoire objectivement conçue), si elle s'étend à une période\n..assez grande de la civilisation, peut se borner à indiquer des successions de\nrfaits ;il semble même que la matière de ses récits lui impose une certaine inco-\nhérence. Il y a des mémoires, des livres de « Maximes », des romans, dont les\nne sont pas liées et coordonnées d'après un plan rigoureux, et qui peu-\nvent être des chefs-d'œuvre. En musique, rien de semblable. Si une symphonie\n.n'est pas construite, elle n'existe pas. C'est pour cela qu'on a comparé la musique\nà l'architecture. Dans aucune école musicale, et dans aucun genre (si on excepte\n,da rapsodie, qui est une juxtaposition de motifs non développés) il n'y a d œuvre\nmn peu sérieuse qui ne soit soumise à cette loi, pas plus qu'il n'y a d'édifice qui\nne soit autre chose qu'une superposition de pierres L'œuvre musicale est, par\n■ essence, une « composition ». Le plan a une telle importance, que l'établir, c'est\ns presque faire une bonne partie de l'œuvre elle-même.\nIII\nDirons-nous donc que cette sorte d'architecture sonore à la notion de laquelle\n-nous sommes arrivés, et qui a été poussée si loin aux xve et xvie siècles, repré-\nsente la musique parvenue à son point de maturité?\n\n(1) Otto KUuwell,. Der Canon in seiner geschichtlichen Entwickelung. Leipzig. Lahnt, sine d.,\nïp. '•)"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3676, "texte": "Nullement ; et notre analyse doit parcourir une autre étape.\nNous avons vu les exercices qui, en créant la langue des sons, en l'assouplis-\nsant, en la dotant de ressources très riches, ont préparé la pensée musicale et\nl'ont rendue possible, mais nous n'avons encore cette pensée qu'à l'état\nembryonnaire. On peut faire des canons de tout genre, des fugues, des cons-\ntructions vocales ou instrumentales très savantes, sans arriver à produire chez:\nl'auditeur cette émotion spéciale et profonde, ce trouble intime de l'être moral\ntout entier qui est comme le signe auquel on reconnaît la vraie musique. Les\npraticiens de la Renaissance ont surtout créé des cadres : l'œuvre des grands\nmaîtres du xvnie siècle a été les remplir. Avec quoil ont-ils fait?\nQuelques analogies vont nous éclairer.\nDans l'histoire de la poésie française, nous constatons ceci : avant le xvne siècley\net les derniers grands poètes de l'âge précédent qui l'annoncent, il y a des\nécrivains qui créent des combinaisons de rimes, de vers et de strophes extrê-\nmement subtiles ; mais ce qu'ils fondent surtout, c'est l'art de la versification ; ce\nqu'ils créent, c'est un instrument, et rien de plus ; après eux, viennent les vrais\ngrands poètes, les Corneille, les Molière, les Racine, qui, profitant de cette\nœuvre d'assouplissement et d'adaptation, se servent de la langue, non plus pour\ndes jeux d'esprit, des badinages ou des prouesses de grammairiens, mais pour\nexprimer des idées très hautes et des sentiments humains. Dans l'histoire de\nl'éloquence, la loi est la même : chez les anciens, paraissent d'abord les rhéteurs-\nqui trouvent la période et apprennent à la construire avec d'ingénieuses symé-\ntries ; puis paraît un Démosthène, qui, dans ce cadre verbal, introduit le mou-\nvement, la flamme, la vie. Chez les modernes, les Balzac et les Voiture préparent\nBossuet.\nEn musique, s'est passé quelque chose de semblable.\nAux contrepointistes dont j'ai parlé, dont l'âge d'or commence avec Ockeghemr\net dont Bach, placé sur la limite de deux mondes, est le dernier représentant,,\nsuccèdent les compositeurs modernes qui profitent de tout le savoir technique\ntransmis par leurs devanciers ; par suite d'une longue accoutumance, ils portent\navec une aisance parfaite le poids des règles fixées par les praticiens, et ils ont le\ndroit d'oublier la grammaire ou de ne plus s'y absorber, parce qu'ils la connais-\nsent parfaitement. Leur intelligence s'est familiarisée avec la langue des\nsons ; elle en fait, à cause de son immatérielle fluidité, un mode d'expression\nqui lui est plus commode et plus adéquat que les autres ; elle s'y met tout entière,,\ncar l'esprit ne subit pas ses moyens d'expression ; il les crée. En un mot, elle\ny introduit la PENSÉE. Par là, je le répète, je n'entends ni une synthèse de\nconcepts qu'on pourrait représenter par des mots, ni une sorte de logique\nabstraite comme les mathématiques supérieures, mais la plus fine subs-\ntance de la vie morale, ce qu'il y a de plus humain, de plus profond ou de\nplus délicat dans le sentiment, et ce qu'il y a de plus élevé dans la raison. Bach\nest déjà, comme l'a dit Philipp Spitta, « le maître de la libre fantaisie » ; si nous\nvoulons mesurer la distance qui sépare un contrepointiste néerlandais d'un sym-\nphoniste moderne distance que je comparerai à celle que Kant établissait\nentre les deux degrés de la raison : Verstand et Vernunft, nous n'avons qu'à\nnous rappeler cette parole célèbre de Beethoven : « La musique est une sagesse\nplus haute que la philosophie et la théologie » ; ou cette opinion de Schumannr\nqui, dans ses Notes théâtrales, juge ainsi YEuryanthe de Weber : « C'est du sang:"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.11", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3566, "texte": "de son cœur, cela, et du plus noble qu'il eût ; cet opéra lui a coûté un peu de sa\nvie. »Le même Schumann écrivait àsa fiancée ces lignes curieuses : « J'ai\nremarqué qu'il n'y avait jamais plus d'ailes à ma fantaisie que les jours oû mon.\nâme est tendue par le désir... Ces jours derniers, où j'attendais ta lettre, j'ai\ncomposé des livres pleins. En ce moment, je voudrais éclater de musique. »\nComme nous le voyons ici, le sentiment et la raison, la passion et la sagesse\nviennent remplir les cadres qu'on leur a préparés.\nAutre évolution. La Musique, d'abord ancilla vitœ, devient peu à peu un art\ndésintéressé en passant du concret à l'abstrait, du particulier au général. Cette\névolution ne saurait nous étonner, car nous la retrouvons dans plusieurs\nautres domaines.\nC'est celle du langage verbal. Le premier langage humain a été composé de\ncris instinctifs, gémissements de la douleur et de la faim, grognements de la\ncolère, appels de chasseurs dans les forêts, etc... Songeons un instant au che-\nmin qu'il a fallu parcourir pour arriver au style d'un Descartes ou d'un Voltaire !\nPrécisons davantage.\nLes grammairiens qui ont étudié les langues primitives nous montrent que\nles mots appelés « substantifs » et ayant un sens abstrait, puisqu'ils expriment\nl'idée d'une substance commune à des individus de même espèce, ont été d'a-\nbord des adjectifs exprimant un caractère très apparent et sensible de l'individu.\nL'étymologie en fait foi. Ainsi, xAoa? substantif grec signifiant /.% terre, a été\nd'abord un adjectif dont le sens est la sèche (par opposition à la mer) (i).\n©iXacrcra, la mer, signifie d'abord Y agitée, celle qui bondit (aXXto). Animal celui\nqui respire; serpens, celui qui rampe, etc... « Tous les substantifs sont des\nadjectifs en ce sens qu'ils désignent les objets par une de leurs qualités... Ils\ns'appliquaient donc proprement et originairement, non pas au genre réel et\nconcret qu'ils désignent actuellement, mais à la qualité générique et abstraite, le\nfait de bondir, de respirer, de ramper...). A l'origine, le substantif ou le nom\nd'un objet désignant cet objet par une de ses qualités équivaut à cet égard à\nun adjectif (i). » Entre l'adjectif (vocable sensualiste) et le substantif (vocable\nabstrait), entre la langue d'Homère et celle de Platon ou d'Aristote, il y a la\nmême distance qu'entre les chansons des trouvères et les fugues de Bach.\nMême évolution dans les idées religieuses, qui, de la conception de divinités à\npeine différentes de l'homme, s'élèvent assez tard à la conception d'une Intelli-\ngence souveraine, le NoS; d'Anaxagore. Même évolution dans les idées\nmorales. On a dit maintes fois avec raison que, dans Ylliade, il n'y a que des\npassions, des marchés d'homme à homme, ou d'homme à dieu : l'idée abstraite\ndu bien et du devoir n'apparaît que longtemps après. Elle est un fruit tardif de\nla réflexion et de la vie sociale. Même évolution dans la littérature, où les idées\ngénérales sont de date récente.\nA ce motif intellectuel de l'évolution, s'ajoute un motif esthétique.\nLa musique n'est pas seulement une tendance vers la liberté créatrice abso-\nlue de la raison ; elle est aussi une tendance vers la beauté. A ce second\npoint de vue, il y a, de l'utile vers le beau, un processus analogue à celui qui va\nde l'expression instinctive et réaliste du sentiment à l'expression abstraite, du\n\n(1) Paul Regnaud, Éléments de grammaire comparée du grec et du latin (Paris, Colin, 1896),\n2e partie, p. 4.— Cf. Gustave Meyer, Griechische Grammatik (Leipzig, Breitkopf, 1886), p. 49-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "cadre formel à la pensée qui le remplit et change sa valeur. Herbert Spencer,\ndans un de ses opuscules, a montré que souvent l'utile devient le beau, quand\nil cesse d'être l'utile. Ainsi, les cottes démaillés, les casques et les armes,\nqui jadis préservaient le corps contre les blessures, sont devenus dans la\nune parure pour des héros de roman ou pour des figurants d opéra ;\nles châteaux crénelés qui protégeaient la vie des barons féodaux sont\ndevenus des maisons de plaisance ; telle région, qui était jadis un terrain de\nchasse où l'homme primitif venait chercher de quoi vivre, est devenue un lieu\nd'agrément où l'on va se promener et ramasser des fleurs. Emerson (1) parle\nd un coquillage de mer chez lequel les organes, qui, à une certaine époque, ont\nété la bouche, se trouvent, aune autre période de sa croissance, rejetés en arrière\n-et deviennent des nœuds et des épines dont le coquillage est paré. Un phéno-\nmène d'ordre analogue apparaît dans 1 histoire cle la mélodie, qui, après avoir\nété vocale et unie à un texte littéraire en vue d'une fin déterminée, devient une\nmélodie instrumentale et sans paroles, n'ayant d'autre objet qu'elle-même.\nDe même, un exercice qui a été, à l'origine, composé de gestes et d'attitudes\ndétei minées par le souci cle la défensive et de l'offensive pratiques, a pu devenir\n-un exercice d'hygiène et enfin d'élégance pure (l'escrime1.\nIV\nCe qui nous a conduits à nos conclusions, c'est 1 étude du rythme. De l'analyse\ndu rythme et de ses développements, nous sommes arrivés à la constatation de\nla pensée musicale pure, affranchie, f ouveraine maîtresse des formes sonores.\nPour que cette thèse soit exacte, il faut, malgré l'importance du facteur temps\ndans une évolution, que, dès l'origine, on voie clairement un indice, un germe\nqui fasse pressentir la direction dans laquelle la musique doit se développer\n(sans quoi la musique serait un simple accident) ; il faut que, dès le début, le\nrythme musical n'apparaisse pas comme étant toujours sous la dépendance\nabsolue des paroles qui lui sont associées et qu'il manifeste une tendance vers le\nfarci da se. Or cette tendance a été constatée à toutes les époques (2). L'antiquité\ngréco-romaine l'a reconnue avec Denys d'Halicarnasse (3)1 Longin (4), Quin-\ntilien (5), Marius Victorinus (6), Varron (7). Pour le moyen âge, le recueil\n•de Gerbert [S) contient plus d'un texte significatif, et on trouvera dans la Paléo-\ngraphie musicale des Bénédictins l'analyse des cas nombreux où le rythme des\nparoles disparaît ou s'efface devant celui de la cantilène. Pour ce qui regarde\nles non-civilisés, sur lesquels je dois insister davantage dans l'intérêt de ma\n-démonstration, je citerai cette curieuse page de Grosse, tendant à montrer que\n\n(1) Regnaud, ibid.\n(2) Pour la période moderne, v. les faits cités dans mes Rapports de la musique et de la poésie\n•p. 266 et suiv.\n(3) De compositione verborum, édit. de Leipzig, 1774-77, t. V, p. 63.\n(4) Dans Vincent, Notices et extraits de manuscrits, t. XVL p. 160.\n•(5) lnst. or., ix, 4.\n(6) V, Putsch, col. 2481-2.\n(7) Rapporté par Diomède col. 512).\n.(8) Scriptores, t. I, p. 6 7. 58 ;t. 111, p. 41, etc."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3694, "texte": "chez eux ou certains d entre eux, car il ne faut pas généraliser (et ce n'est nulle-\nment nécessaire ici) la musique a une existence propre, distincte, organi-\nquement, de la poesie : « Ce qui n'est pas pour diminuer notre étonnement,\nc est d apprendre que les chansons célèbres sont chantées par des tribus qui ne\ncomprennent pas (le poème)... Il est évident que les auditeurs tiennent moins\nau fond des chansons qu'à leur forme. Il faut se rappeler que tout poète\nlyrique primitif est en même temps compositeur; que toute poésie primitive\nest une chanson. Pour le poète, les paroles de la chanson peuvent bien avoir\nune signification indépendante ; pour les autres, elles n ont de valeur que\nliées à une mélodie. Souvent, en effet, on sacrifie sans la moindre hésitation le\nsens d une chanson à la forme... » Beaucoup d Australiens, dit Evre, ne peuvent\nvous dire ce que signifient leurs propres chansons, et je crois que les expli-\ncations qu'ils donnent sont en général très incomplètes, car ils attribuent plus\nde valeur à la prosodie qu à l'idée (littéraire). Un autre auteur écrit: « Dans\ntoutes leurs chansons de Corrobori, ils répètent ou transportent les paroles\npour varier ou observer le rythme ; leurs chansons deviennent incompréhen-\nsibles (Barlow) ». Il en est à peu près de même chez les Minçopies : ils s'effor-\ncent avant tout, dit Man, d'observer la mesure; dans leurs chansons, tout,\nmême le sens, est subordonné au rythme. Ils prennent les plus grandes libertés,\nnon seulement avec les mots, mais avec la syntaxe... Il arrive assez souvent\nque 1 auteur d'une nouvelle chanson doit en expliquer le sens à ses auditeurs.\nParmi les chansons réunies par Boas chez les Esquimaux, il s'en trouve cinq\ndont le texte consiste uniquement en une répétition rythmique d'une interjection\ndépourvue de sens. La conclusion s impose donc que la lyrique primitive offre\navant tout une signification musicale, et que le sens poétique reste parfois au second\nplan, ce qui nous suffit pour notre thèse.\nEn terminant cette leçon, je tiens à indiquer une objection que je me suis posée\nà moi-même et la manière dont je l'ai résolue.\nEn somme, ce qui nous fait croire à une « pensée musicale » fine émanation\ndu sentiment et delà raison indissolublement unis,— ce sont les œuvres de maî-\ntres tels que Schumann et Bizet, Schubert et Weber, Beethoven et Mozart, Bach\net Haendel... Si de tels musiciens n'avaient pas existé, nous ne dirions probable-\nment pas qu'il est possible de « penser avec des sons », et que ce privilège est le\nproprium vraiment original de la musique. D'autre part, dès le début, j'ai annoncé\nque nous commencerions l'histoire de la musique au début même de la civilisa-\ntion, bien au delà des Grecs, en nous rapprochant le plus possible des origines\nréelles.\nComment concilier cesdeux façons de voir, puisqu'ilne sauraitêtre question de\npensée musicale chez les nègres de l'Afrique, les Australiens ou les Esquimaux ?\nNe semble-t-il pas que nous péchions contre la règle essentielle de toute bonne,\nméthode historique, en nous faisant d'abord une idée de l'art d'après les chefs-\nd'œuvre un peu exceptionnels qu'il a produits, et en voulant ensuite appliquer\nà toutes les périodes ce qui n'est peut être vrai que d'une seule, la dernière?\nJe pourrais d'abord répondre que, pour définir l'essence d'une chose qui se\ntransforme, il faut peut-être la considérer dans son état de plein développement,\net non à l'état embryonnaire. « Ta vraie nature n'est pas en toi, dit Nietzsche ;\nelle est infiniment au-dessus de toi. » (Malebranche disait, je crois/que pour\nbien observer et connaître 1 homme, WidoxX. prendre un autre tour et regarder Dieu,)"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.14", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 657, "texte": "Mais cette philosophie profonde ne nous est pas nécessaire. Il nous suffît de dire\nque la musique a évolué et s'est développée comme la littérature. On ne niera\npas l'existence d'une « pensée », dans les ouvrages de poésie; et cependant on est\nobligé de reconnaître que les essais de poésie, chez les primitifs ou les sauvages,\nsont très éloignés des poèmes d'un Pindare, d'un Virgile ou d'un Lamartine. Il\nen est absolument de même pour la musique. 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Alfred Bruneau, artiste\noriginal, critique impartial et courtois.\nSa dernière œuvre a été fort applaudie,\net j'en suis heureux. Certes, L\"Enfant-Roi\nest très au-dessus d'une Muguette, d'une\nTitania, d'une Reine Fiammette... C'est\nune « œuvre », qui se détache en relief\nsur le fond banal du répertoire et des choses ressassées, A chaque page, le\ntalent apparaît, supérieur, incontestable. J'ai pourtant quelque peine à louer\ndans toutes parties cette esthétique nouvelle, cette « ars nova », déjà si éloi-\ngnée de R. Wagner !\nOn sait avec quelle piété touchante et intransigeante M. Bruneau s'est exclu-\nsivement voué aux livrets de son illustre ami, E. Zola. Un artiste sérieux doit\navoir une foi. M. Bruneau en a une. Nous devons à cette foi le Rêve, Messidor\n\\ Attaque du Moulin, 1 Ouragan... Au lieu de papillonner dans « tous les lieux\ncommuns de morale lubrique » dont s'est alimenté l'ancien opéra, M. Bruneau,\nsincère et droit, suit une voie nouvelle et va de l'avant, sans une concession aux\nvieilles routines. Le caractère « noble », le personnage à casque et à pourpoint\nd autrefois sont-ils à regretter } Je n'ai pour eux aucune superstition, mais, si on\nnous transporte en pleine vie ouvrière et populaire, je voudrais qu'on ne prêtât\npas aux acteurs du drame un langage qui, dans la réalité, leur est vraiment\ntrès étranger !\nIl s agit de savoir si une mère sacrifiera à son mari un enfant qui n'est pas de\nlui, ou si elle lui restera acquise à jamais. Le mari qui, sur une dénonciation,\navait ciu 1 épouse infidèle, finit par accepter l'enfant et pardonne une faute anté-\nlieuie au mariage. L enfant triomphe: il est Roi. La scène se passe dans une\nboulangerie, et, accessoirement, au jardin des Tuileries, au marché aux fleurs de\nia Madeleine... Soit. 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Mais laissons\n■ces chicanes !\nLa partition est d'une intensité mélodique et d'une sincérité d'accent qu'on\n■est peu habitué à trouver dans les œuvres contemporaines, Rien de provoquant\n.dans l'écriture, comme dans certaines œuvres de début. Partout, une probité\nparfaite et une belle tenue artistique. L'emploi de quelques motifs populaires,\nencadrés dans une action très dramatique parfois, est d'un très heureux effet.\n<Çà et là, les hors-d'œuvre ne manquent pas (presque tout le 3e acte est épisodi-\nque) ; mais ils sont si agréables à l'œil et à l'oreille ! si joliment illustrés par la\nmise en scène de M. Carré ! Les personnages sont bien « posés » par le musi-\ncien ; des thèmes caractéristiques permettent de les reconnaître et de les suivre.\nL'entrée de François, au 2e acte, est vraiment émouvante; partout circule une\nsève de mélodie abondante et forte. Plusieurs habitués de l'Opéra-Comique ont\nregretté de ne pas pouvoir trouver dans ce spectacle un peu plus de grâce et de\nfantaisie; mais on se familiarise peu à peu à ce genre nouveau : c'est la tragédie\nouvrière traitée avec tout le soin et le sérieux qu'on accordait jadis à la tragédie\n.aristocratique. De tels poèmes ne sont pas faits pour Louis XIV, inhabile à com-\nprendre un Téniers ; ce sont des poèmes pour le xxe siècle ! Le talent ne doit\npas suivre le goût du jour ; il doit le créer.\nL'orchestre, dirigé par M. Luigini, a été excellent, bien que certains mouve-\nments soient d'une rapidité excessive. C'est l'usage, à présent, pour donner plus\n.de vie à l'action. Autrefois, on n'avait aucune idée d'une telle précipitation.\nParmi les interprètes chanteurs, il faut mettre hors de pair Mhe Friché, qui fut\nexcellente, et M. Dufrane, dont la voix est admirable.\n\nL. S.\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 26 février 1905.\n\nAntar, de Rimsky-Korsakof :\n.-solitude du désert et tristesse du héros qui fuit, comme le Bellérophon antique,\nles sentiers des hommes ; grâce irréelle de la fée, qui tremble, aux flûtes, prête\nà s'évaporer, à s'évanouir; repos dans le palais de lumière, au son des danses\nharmonieuses, et réveil dans la solitude immuable du désert ; délices de la ven-\ngeance, d'une vengeance de prince qui tient ses ennemis en son pouvoir et excite\nsa fureur au spectacle de leurs supplices, musique ardente et implacable, appuyée\n■sur la sonorité sinistre des gongs ; délices du pouvoir, marche de triomphe et\n-danses d'esclaves, cimeterres et tambourins ; délices de l'amour, un chant arabe,\nd'une tendresse si persuasive et si caressante, que la tristesse du héros se fond\n•en extase, et qu'il meurt, ayant encore aux yeux la douce vision incertaine delà\nfée : tel est ce poème symphonique, d'un charme peut-être plus délicat et d'un\ncoloris plus fondu que Chéhéra7hade, laquelle l'emporte en vigueur. 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Le Borne, a du mouvement, de\nl'animation, de la vigueur, mais manque de couleur, elle aussi ; cela grouille\nbien, mais dans la grisaille ; il est vrai que cet effet lui-même peut se justifier\npar le sujet : mer couleur de nuages, ciel de pluie, suroits délavés, tout cela\ndonne bien du gris, et j'aurais mauvaise grâce à m'en plaindre.\n\nL. L.\n\n5 mars.\nL. L.\nLa nouveauté du concert est la Fête du blé, de Verlaine, mise en*\nmusique par Pierre Hermant. Un rythme assez vigoureux, mais qui devient\nvite d'une insupportable monotonie ; trop de harpes et surtout trop de triangles;\non travaille donc à l'appel des sonneries électriques, en ces campagnes? La mé-\nlodie est assez agréable, péniblement chantée d'ailleurs par Mlle Picard, dont la\nvoix chevrote et s'étrangle. Quelle récompense que d'entendre ensuite le Prélude\nà Vaprès-midi d'un Faune, un Faune sans violences, qui rêve et tend les bras à\nla nature fuyante et rieuse, dans l'ivresse d'un été langoureux: tout cela d'une\ncouleur légère et chaude à la fois, et d'un accent inimitable, où 1 ardeur de la:\nvaine poursuite se tempère d'une exquise douceur, et où le désir devient lui-\nmême volupté ! La Fantaisie hongroise, de Liszt, commence avec ampleur et\nnoblesse, avant de dégénérer en acrobaties ; Mme Teresa Carreno a l'ampleur et\nla noblesse, et aussi le prestigieux mécanisme qui enthousiasme le public.\nMais je continue à ne pas aimer le son métallique du piano Steinway.\n\nCONCERTS COLONNE. — 26 février.\nA. L.\n— La belle ouverture du Carnaval Romainr\nque M. Mascagni dirigeait l'autre jour chez Chevillard avec trop de mollesse et\nde mièvrerie, et que l'orchestre de M. Colonne exécute supérieurement, est bissée\nd'acclamation Le deuxième Concerto de M. Widor (ire audition) est peu passion-\nnant: les idées» n'en sont pas très significatives ; l'instrumentation tapageuse\néçrase ordinairement le piano ; le petit andante qui relie la ire à la 3e partie est\nassez froid ; malgré de jolis détails dans le finale, qui ne manque pas de couleur\net de verve, ce Concerto ne se distingue pas de tant d'autres ouvrages du même\ngenre, il n'annonce rien de nouveau, et le public a semblé être d'avis que le\nbesoin ne s'en faisait pas sentir. M Philipp n'a pas montré dans l'interpréta-\ntion de qualités particulières. On a redemandé le Clair de Lune, de M. Fauré,\net l'air du Timbre d'argent, où l'excellent violoniste M. Firmin Touche a partagé\nle succès de Mlle Jeanne Leclerc. Nous avons ensuite admiré et applaudi Rédemp-\ntion, tout en regrettant que ce chef-d'œuvre musical soit inséparable d'un poème\nsi indigent de toute sérieuse pensée.\n\nSOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE. — 28 février.\n\nLe quatuor Forest (avec piano) joue\ndélicatement le lERIER Quatuor deMozart et le Quatuor de Brahms. Mnielda Ekman n'a\npas toute la virtuosité nécessaire pour l'air dt Rodelinda, de HaendeL mais elle\nprend sa revanche dans le Doppelgaenger, de Schubert, redemandé, l'Ode\nsapkique de Brahms, et le magnifique Fra Monte Pincio, de Grieg. Quelques\nmélodies suédoises (Heise, Sibelius, Farnefelt), ou finlandaises (Merikanto)\npourraient être moins allemandes, me semble-t-il, M. Monteux joue avec beau-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.17", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3129, "texte": "coup de sûreté et un peu de froideur les poétiques Contes de fée, de Schumann,\npour piano et alto.\n\nL. L.\n\nECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. —■ 2 mars. M. Romain Rolland nous\nfait connaître d'abord la vie, si touchante, d'Hugo Wolf (1860-1903), puis son\nœuvre : ces lieder, d'une intensité d'expression qui fait songer à Schubert, avec\nquelque chose de plus poignant encore et de plus raffiné peut-être. Mlle Pala-\nsara et M. Jan Reder les interprètent avec beaucoup de sentiment. C'est bien\nservir la cause de l'art que de faire connaître en France un musicien allemand\nqui paraît digne de sa renommée.\n13 mars. —M. Jean Chantavoine nous révèle une œuvre bien médiocre de\nLiszt qu'il valait mieux laisser dormir.\n\nECOLE SAINTE-GENEVIÈVE. 5 mars. En une conférence coupée d'auditions\nmusicales, M. Vincent d'lndy initie son auditoire (élèves et anciens élèves de\ncette illustre maison) à l'histoire de trois siècles de musique dramatique, depuis\nCarissimi et Schiitz jusqu'à Weber et Wagner. On a beaucoup goûté sa parole\nnette et ferme, vibrante de conviction sincère et comme d'une ardeur concentrée,\net l'orchestre et les chanteurs de la Schola Cantorum ont donné une interpréta-\ntion très vivante à ce vaste programme.\n\nSALONS MUSICAUX. 4 mars.\nL. L.\nNous avons eu le plaisir d'entendre, chez\nMme la Princesse de Gystria,le Quatuor pour piano et cordes de M. de Saussine,\nfort bien exécuté par MM. Zeitlin, Marchet, Fournier et l'auteur. M. Zeitlin, qui\njouait aussi un Caprice espagnol de Mme G. Ferrari, nous a paru fort en progrès\nsur l'année dernière pour le son, qui est ample et nourri ; quant au mécanisme,\nil est resté parfait.Mlle La nrezac chante délicatement deux mélodies d'E. Chausson\n[Nanny et Au temps des Lilas) : cette musique distinguée convient fort bien à son\ntalent.\n\nMATINÉES DANBÉ.\nS. S.\nLe mercredi 22 février, à la matinée Danbé, donnée selon\nl'habitude, au théâtre de l'Ambigu, nous avons eu le plaisir d'applaudir deux\nmélodies, subtilement écrites, et très émouvantes, du jeune compositeur Ad.\nMercier, dont le Grand-Théâtre de Bordeaux doit bientôt représenter un acte\nintitulé : /'Anniversaire.\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. 18 février.\nC. Z.\nOutre les deux nouvelles pièces de piano\nde Cl. Debussy [Masques et Ylsle joyeuse), NI. R. Vinès interprète deux petits\npoèmes pour piano de D. de Séverac(E/z Languedoc), d'un sentiment fort délicat.\nM. Jean Périer nous fait connaître des fragments des Heures d'Été d'Albert Groz ;\nce sont des mélodies écrites sur des poèmes d'A. Samain, mais avec la partie\nde piano fort développée et d'un grand intérêt musical. Un peu de wagnérisme\npeut-être dans la première (.Apporte-moi les cristaux dorés)] mais la seconde (Frêle\ncomme un harmonica) est fort jolie.\n\nSALLE DES AGRICULTEURS. — 6 mars. — IMME B. Wagner joue avec délica-\ntesse et sûreté le Concerto de Mendelssohn, et M. Oumirof chante, après un air\nàiHérodiade, d'admirables chansons tchèques, mélancoliques et larges ; sa voix\nest belle et son style excellent.\n— A signaler parmi les concerts les plus intéressants :\nLe 2 mars, le concert du Quatuor lyrique de Paris (MUes M. Garnier,L. Proska,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.18", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "G. Mauguière, P. Daraux), le 8 mars, le ier récital Enesco (Tartini, Bach, Ernst,\nPaganini, Sarasate) ;le 9, le ier concert de MM. Barmeister et Ed. Bernard\n(Mozart, Bach, Chopin, Mendelssohn, Debussy, etc.); le 11, le concert d'inaugu-\nration de la nouvelle Société Bach (Gustave Bret, directeur); le 13, le beau\nrécital d'orgue de M. Loth, avec le concours de Mme M. Capoy (Frescobaldi,\nBach, Cés. Franck),\nCitons encore parmi les virtuoses récemment applaudis : Mlle Marguerite\nCaponsacchi (violoncelliste) et Mlle Suzanne Richebourg ; xM. Dezsb Léderer\n(audition d'oeuvres de Léo Sachs) ; M. Jules Marneff, violoncelle solo des\nconcerts Lamoureux ; M. I. Philipp (œuvres de Ch. M. Wïdor, salle Erard,\n6 mars), et Mme Charles Max ; Mlle Andrée Geïlée (récital de piano).\n\nSALLE ERARD. Voici un aperçu des programmes des quatre concerts histo-\nriques que donnera à la salle Erard M. Ricardo Vinès :\nLa ire séance (27 mars) comprendra des œuvres de clavier depuis les ori-\ngines jusqu'à Haydn : la 2e (3 avril), de Mozart à Chopin : les 3e et 4e (10 et 17\navril) sont consacrées à la musique moderne de toutes les écoles.\nAjoutons que M. Vinès a institué pour ces séances des abonnements et des\nentrées à un prix tout à fait populaire (10 fr. et 2 fr.).\n\nSALLE PLEYEL. Concerts annoncés: le 16, Mlle Lapidus Dylion ;le 17,\nM. Catherine; le 18, M. S. Bûrger; le 20, M. Ed. Risler; le 23, à 4 h., Société\ndes Instruments à vent ;à 9 h., Société des Compositeurs; le 24, Mme Bernaudin\nJetot; le 25, M. Morpain ; le 27, M. Stavenhagen; le 28, M. Grovlez ; le 29,\nM. Tracol; le 31, MM. Granados et Crickhoom.\n\nÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES.] Les lundis 20, 27 mars et 5 avril, à\n4 h. 1/4, M.Louis Laloy étudiera quelques œuvres de musique dramatique\ncontemporaine: Fervaal, Louise, Pelléas et Mélisctnde.\n\nBAZAR DE LA CHARITÉ. Le 24 mars, à 4 h., concert dirigé par M. Vincent\nd'lndy, et précédé d'une causerie par xM. Louis Laloy : de Monteverdi à Rameau."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c015", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "190", "page_fin": "191", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.1", "titre_corps": "OPÉRA-COMIQUE. – 3 mars.", "titre_sommaire": "OPÉRA-COMIQUE. – 3 mars.", "signature_source": "L. 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J'ai pourtant quelque peine à louer\ndans toutes parties cette esthétique nouvelle, cette « ars nova », déjà si éloi-\ngnée de R. Wagner !\nOn sait avec quelle piété touchante et intransigeante M. Bruneau s'est exclu-\nsivement voué aux livrets de son illustre ami, E. Zola. Un artiste sérieux doit\navoir une foi. M. Bruneau en a une. Nous devons à cette foi le Rêve, Messidor\n\\ Attaque du Moulin, 1 Ouragan... Au lieu de papillonner dans « tous les lieux\ncommuns de morale lubrique » dont s'est alimenté l'ancien opéra, M. Bruneau,\nsincère et droit, suit une voie nouvelle et va de l'avant, sans une concession aux\nvieilles routines. Le caractère « noble », le personnage à casque et à pourpoint\nd autrefois sont-ils à regretter } Je n'ai pour eux aucune superstition, mais, si on\nnous transporte en pleine vie ouvrière et populaire, je voudrais qu'on ne prêtât\npas aux acteurs du drame un langage qui, dans la réalité, leur est vraiment\ntrès étranger !\nIl s agit de savoir si une mère sacrifiera à son mari un enfant qui n'est pas de\nlui, ou si elle lui restera acquise à jamais. Le mari qui, sur une dénonciation,\navait ciu 1 épouse infidèle, finit par accepter l'enfant et pardonne une faute anté-\nlieuie au mariage. L enfant triomphe: il est Roi. La scène se passe dans une\nboulangerie, et, accessoirement, au jardin des Tuileries, au marché aux fleurs de\nia Madeleine... Soit. Une boulangère peut tenir à son fils autant qu'Androma-"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.15", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 2386, "texte": ".que à Astyanax. Mais, au nom même de l'esthétique réaliste, je ne vou-\ndrais pas qu'on employât un langage comme celui-ci :\nMon François, mon Georget, la maison est joyeuse et prospère! Paris s'éveille ; il faut que\n!Paris ait du pain pour la besogne géante de son enfantement !\nOu bien encore :\nMinuit, c'est la sortie des théâtres, et Paris rentre par les rues, si vivantes encore ; et Paris se\n.couche, las de sa journée de travail, fiévreux de la soirée de plaisir et d'amour.\nCe n'est pas un boulanger, c'est un critique seul qui peut parler ainsi. Ailleurs,\nles paroles passent du lyrisme à une vulgarité un peu excessive. Mais laissons\n■ces chicanes !\nLa partition est d'une intensité mélodique et d'une sincérité d'accent qu'on\n■est peu habitué à trouver dans les œuvres contemporaines, Rien de provoquant\n.dans l'écriture, comme dans certaines œuvres de début. Partout, une probité\nparfaite et une belle tenue artistique. L'emploi de quelques motifs populaires,\nencadrés dans une action très dramatique parfois, est d'un très heureux effet.\n<Çà et là, les hors-d'œuvre ne manquent pas (presque tout le 3e acte est épisodi-\nque) ; mais ils sont si agréables à l'œil et à l'oreille ! si joliment illustrés par la\nmise en scène de M. Carré ! Les personnages sont bien « posés » par le musi-\ncien ; des thèmes caractéristiques permettent de les reconnaître et de les suivre.\nL'entrée de François, au 2e acte, est vraiment émouvante; partout circule une\nsève de mélodie abondante et forte. Plusieurs habitués de l'Opéra-Comique ont\nregretté de ne pas pouvoir trouver dans ce spectacle un peu plus de grâce et de\nfantaisie; mais on se familiarise peu à peu à ce genre nouveau : c'est la tragédie\nouvrière traitée avec tout le soin et le sérieux qu'on accordait jadis à la tragédie\n.aristocratique. De tels poèmes ne sont pas faits pour Louis XIV, inhabile à com-\nprendre un Téniers ; ce sont des poèmes pour le xxe siècle ! Le talent ne doit\npas suivre le goût du jour ; il doit le créer.\nL'orchestre, dirigé par M. Luigini, a été excellent, bien que certains mouve-\nments soient d'une rapidité excessive. C'est l'usage, à présent, pour donner plus\n.de vie à l'action. Autrefois, on n'avait aucune idée d'une telle précipitation.\nParmi les interprètes chanteurs, il faut mettre hors de pair Mhe Friché, qui fut\nexcellente, et M. Dufrane, dont la voix est admirable.\n\nL. 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Widor (ire audition) est peu passion-\nnant: les idées» n'en sont pas très significatives ; l'instrumentation tapageuse\néçrase ordinairement le piano ; le petit andante qui relie la ire à la 3e partie est\nassez froid ; malgré de jolis détails dans le finale, qui ne manque pas de couleur\net de verve, ce Concerto ne se distingue pas de tant d'autres ouvrages du même\ngenre, il n'annonce rien de nouveau, et le public a semblé être d'avis que le\nbesoin ne s'en faisait pas sentir. M Philipp n'a pas montré dans l'interpréta-\ntion de qualités particulières. On a redemandé le Clair de Lune, de M. Fauré,\net l'air du Timbre d'argent, où l'excellent violoniste M. Firmin Touche a partagé\nle succès de Mlle Jeanne Leclerc. Nous avons ensuite admiré et applaudi Rédemp-\ntion, tout en regrettant que ce chef-d'œuvre musical soit inséparable d'un poème\nsi indigent de toute sérieuse pensée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c020", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "192", "page_fin": "193", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.5", "titre_corps": "SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE. — 28 février.", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE. — 28 février.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.16", "debut_caractere": 3050, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "SOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE. — 28 février.\n\nLe quatuor Forest (avec piano) joue\ndélicatement le lERIER Quatuor deMozart et le Quatuor de Brahms. Mnielda Ekman n'a\npas toute la virtuosité nécessaire pour l'air dt Rodelinda, de HaendeL mais elle\nprend sa revanche dans le Doppelgaenger, de Schubert, redemandé, l'Ode\nsapkique de Brahms, et le magnifique Fra Monte Pincio, de Grieg. Quelques\nmélodies suédoises (Heise, Sibelius, Farnefelt), ou finlandaises (Merikanto)\npourraient être moins allemandes, me semble-t-il, M. Monteux joue avec beau-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.17", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 115, "texte": "coup de sûreté et un peu de froideur les poétiques Contes de fée, de Schumann,\npour piano et alto.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c021", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "193", "page_fin": "193", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.6", "titre_corps": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. —■ 2 mars. M. Romain Rolland nous", "titre_sommaire": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. —■ 2 mars. M. Romain Rolland nous", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.17", "debut_caractere": 117, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "ECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. —■ 2 mars. M. Romain Rolland nous\nfait connaître d'abord la vie, si touchante, d'Hugo Wolf (1860-1903), puis son\nœuvre : ces lieder, d'une intensité d'expression qui fait songer à Schubert, avec\nquelque chose de plus poignant encore et de plus raffiné peut-être. Mlle Pala-\nsara et M. Jan Reder les interprètent avec beaucoup de sentiment. C'est bien\nservir la cause de l'art que de faire connaître en France un musicien allemand\nqui paraît digne de sa renommée.\n13 mars. —M. Jean Chantavoine nous révèle une œuvre bien médiocre de\nLiszt qu'il valait mieux laisser dormir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c022", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "193", "page_fin": "193", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.7", "titre_corps": "ECOLE SAINTE-GENEVIÈVE. 5 mars. En une conférence coupée d'auditions", "titre_sommaire": "ECOLE SAINTE-GENEVIÈVE. 5 mars. En une conférence coupée d'auditions", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.17", "debut_caractere": 725, "fin_caractere_exclue": 1232, "texte": "ECOLE SAINTE-GENEVIÈVE. 5 mars. En une conférence coupée d'auditions\nmusicales, M. Vincent d'lndy initie son auditoire (élèves et anciens élèves de\ncette illustre maison) à l'histoire de trois siècles de musique dramatique, depuis\nCarissimi et Schiitz jusqu'à Weber et Wagner. On a beaucoup goûté sa parole\nnette et ferme, vibrante de conviction sincère et comme d'une ardeur concentrée,\net l'orchestre et les chanteurs de la Schola Cantorum ont donné une interpréta-\ntion très vivante à ce vaste programme."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c023", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "193", "page_fin": "193", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.8", "titre_corps": "SALONS MUSICAUX. 4 mars.", "titre_sommaire": "SALONS MUSICAUX. 4 mars.", "signature_source": "L. 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Chausson\n[Nanny et Au temps des Lilas) : cette musique distinguée convient fort bien à son\ntalent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c024", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "193", "page_fin": "193", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.9", "titre_corps": "MATINÉES DANBÉ.", "titre_sommaire": "MATINÉES DANBÉ.", "signature_source": "S. 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S.\nLe mercredi 22 février, à la matinée Danbé, donnée selon\nl'habitude, au théâtre de l'Ambigu, nous avons eu le plaisir d'applaudir deux\nmélodies, subtilement écrites, et très émouvantes, du jeune compositeur Ad.\nMercier, dont le Grand-Théâtre de Bordeaux doit bientôt représenter un acte\nintitulé : /'Anniversaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c025", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "193", "page_fin": "193", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.10", "titre_corps": "SOCIÉTÉ NATIONALE. 18 février.", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ NATIONALE. 18 février.", "signature_source": "C. 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Un peu de wagnérisme\npeut-être dans la première (.Apporte-moi les cristaux dorés)] mais la seconde (Frêle\ncomme un harmonica) est fort jolie."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c026", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "193", "page_fin": "194", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.11", "titre_corps": "SALLE DES AGRICULTEURS. — 6 mars. — IMME B. Wagner joue avec", "titre_sommaire": "SALLE DES AGRICULTEURS. — 6 mars. — IMME B. 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Daraux), le 8 mars, le ier récital Enesco (Tartini, Bach, Ernst,\nPaganini, Sarasate) ;le 9, le ier concert de MM. Barmeister et Ed. Bernard\n(Mozart, Bach, Chopin, Mendelssohn, Debussy, etc.); le 11, le concert d'inaugu-\nration de la nouvelle Société Bach (Gustave Bret, directeur); le 13, le beau\nrécital d'orgue de M. Loth, avec le concours de Mme M. Capoy (Frescobaldi,\nBach, Cés. Franck),\nCitons encore parmi les virtuoses récemment applaudis : Mlle Marguerite\nCaponsacchi (violoncelliste) et Mlle Suzanne Richebourg ; xM. Dezsb Léderer\n(audition d'oeuvres de Léo Sachs) ; M. Jules Marneff, violoncelle solo des\nconcerts Lamoureux ; M. I. Philipp (œuvres de Ch. M. Wïdor, salle Erard,\n6 mars), et Mme Charles Max ; Mlle Andrée Geïlée (récital de piano)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c027", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.12", "titre_corps": "SALLE ERARD. Voici un aperçu des programmes des quatre concerts", "titre_sommaire": "SALLE ERARD. 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Vinès a institué pour ces séances des abonnements et des\nentrées à un prix tout à fait populaire (10 fr. et 2 fr.)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c028", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.13", "titre_corps": "SALLE PLEYEL. Concerts annoncés: le 16, Mlle Lapidus Dylion ;le 17,", "titre_sommaire": "SALLE PLEYEL. 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Granados et Crickhoom."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c029", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.14", "titre_corps": "ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES.] Les lundis 20, 27 mars et 5 avril, à", "titre_sommaire": "ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES.] Les lundis 20, 27 mars et 5 avril, à", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.18", "debut_caractere": 1616, "fin_caractere_exclue": 1813, "texte": "ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES.] Les lundis 20, 27 mars et 5 avril, à\n4 h. 1/4, M.Louis Laloy étudiera quelques œuvres de musique dramatique\ncontemporaine: Fervaal, Louise, Pelléas et Mélisctnde."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c030", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.3.15", "titre_corps": "BAZAR DE LA CHARITÉ. Le 24 mars, à 4 h., concert dirigé par M. Vincent", "titre_sommaire": "BAZAR DE LA CHARITÉ. Le 24 mars, à 4 h., concert dirigé par M. Vincent", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.18", "debut_caractere": 1815, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "BAZAR DE LA CHARITÉ. Le 24 mars, à 4 h., concert dirigé par M. Vincent\nd'lndy, et précédé d'une causerie par xM. Louis Laloy : de Monteverdi à Rameau."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c032", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "195", "page_fin": "196", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.4", "titre_corps": "Publications nouvelles", "titre_sommaire": "Publications nouvelles", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.19", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2353, "texte": "Publications nouvelles\n\nGUSTAVE SAMAZEUILH.\n\nSonate, pour\nviolon et piano. Paris, Durand et fils.\nCette Sonate a eu le grand honneur\nd'être jouée par Ysaye. l'année passée, à\nla Société Nationale ; c'est à cette oc-\ncasion qu'un très jeune critique félicita\nM. Samazeuilh d'avoir eu « la fortune »\nde trouver un tel interprète. Nous ne\nrelèverions pas une aussi basse équivo-\nque, si nous ne savions qu'elle fut très\nsensible au grand artiste, dont le désinté-\nRessement connu proteste assez contre de telles insinuations. Mais quoi ? M. Sa-\nmazeuilh fréquente la Schola Cantorum, cela suffit pour que toutes les armes\nsoient bonnes contre lui. Et cependant, quelle pensée plus indépendante et\nmoins asservie que la sienne aux formules et aux Credo ? C'est ce que savent\nseulement ceux qui ont pris la peine de lire sa musique.\nBien plus que de Vincent d'lndy, Samazeuilh se réclame de César Franck, et\naussi d Ernest Chausson, qu'il connut personnellement. Et il occupe aujourd'hui\nune situation intermédiaire entre l'art architectural, fondé presque uniquement\nsur le contrepoint, de la Schola Cantorum, et l'art plus souple et plus harmoni-\nque d un Debussy et d'un Ravel. Il va sans dire que je ne fais pas ici de compa-\nraisons: je tâche de préciser, seulement, une situation Son œuvre, déjà consi-\ndérable, comprend plusieurs Mélodies pour chant et piano, une Suite pour piano,\nun Poème pour violon et piano, un Quatuor à cordes dont nous aurons occasion\nde parler bientôt, et la présente Sonate.\nUne introduction lente expose d'abord l'idée maîtresse, qui dominera l'œuvre\nentière :\nOn ne peut certes lui refuser la force et l'accent, et une œuvre qui s'annonce\nainsi ne peut être banale. Le premier thème du premier mouvement en dérive,\nsous une forme plus ramassée :\nEt le second thème, plus alangui, contraste très heureusement avec celui-ci ;\nla liberté et l'heureux choix des modulations donnent à ce premier mouvement\nune excellente allure. Le scherzo est rythmé à cinq temps, d'une manière très\nnaturelle et vivante. L'andante, annoncé par l'idée directrice bientôt muée en\nbasse obstinée, est, à mon sens, le meilleur morceau ; le chant du violon est très\nexpressif, sans rien de déclamatoire ni de forcé cependant ; cette musique révèle\nune nature vraiment distinguée. L idée dominante reparaît au finale, avec de"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "fortes harmonies, et amène un thème apparenté à celui du scherzo, mais d'un\nrythme plus carré. 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Radiguer et\nMasson.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 décembre 1904 au 19 janvier 1905."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 431, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 décembre 1904 au 19 janvier 1905.\nSur la proposition du Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, M.Bienvenu-\nMartin vient d'accorder, à titre d'encouragement, une somme de deux cents francs\nà la Société moderne d'lnstruments à vent ; deux cent cinquante francs à la\nSociété d'Auditions fondée par Emile Pichoz, et cent francs au Quatuor Beet-\nhoven qui vient de se fonder."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3111, "texte": "M. Hugues Imbert, en son vivant critique d'art, a légué sa bibliothèque et\nun violon au Conservatoire national de Musique et de Déclamation.\n- L'Académie des Beaux-Arts a présenté au choix du Sous-Secrétaire d'Etat\ncinq candidats, anciens prix de Rome, pour la création de l'opéra que doit\njouer, tous les deux ans, notre Académie nationale de musique.\nCes candidats sont, par ordre de présentation : MM. Savard, grand prix de*\n1886 ; Carraud, grand prix de 1890 ; Bachelet, prix de 1890 , Silver, « Romain »\nen 1891, et Bloch, prix de 1893.\nLe Sous-Secrétaire d'Etat choisira, entre ces cinq candidats, celui qui doit\ncréer l'œuvre « officielle» que doit jouer M. Gailhard.\n\nRENNES. Par arrêté du lERIER février de M. le préfet dllle- et - Vilaine,\nMl!e Lorans est nommée professeur titulaire àla classe de chant (élèves femmes)\nde l'Ecole Nationale de Musique, succursale du Conservatoire cle Paris.\nLe festival Paul Vidal a été un grand et immense succès. Le jeune Maître, qui\ndirigeait l'orchestre, a été l'objet d'ovations et de rappels pour ses admira-\nbles compositions : la Vision de Jeanne d'Arc, le Mystère de la Nativité, le\nBallet de la Burgonde, etc., etc Mlle Sirbain a été acclamée et bissée dans\nde charmantes œuvres du Maître: La Meneuse de jeu, Y Air d'Eros, Printemps\nnouveau.\nCette solennité, due à l'initiative de E. Boussagol, directeur du Conservatoire,,\nrestera longtemps gravée dans la mémoire des Rennais.\n\nANGERS. — Janvier 1905.\nA. D.\n— Je ne cite que pour mémoire le concert du ier\njanvier — date fâcheuse qui devait fatalement ajourer une salle moins emplie\nd'ordinaire — et celui du 29, quoiqu'on y ait joué d'excellent Berlioz et que\nM. Ossip Gabrilowitsch soit un pianiste bien remarquable.\nLa grande çianifestation musicale du mois aura été la matinée du 15, toute en\nl'honneur de Richard Wagner, et toute à l'honneur d'une ville qui a toujours\nmarqué sa place à la tête du mouvement artistique en province; j'en appelle à\nla propagande romantique qu'y dirigeait jadis Victor Pavie, et à une propa-\ngande wagnérienne qui remonte à un quart de siècle, c'est-à-dire à une date où\nla gloire du maître était encore plus que contestée à Paris.\nMaintenant que pour être trop consacrée elle subit peut-être - de la part des\nartistes — quelques atteintes, il est intéressant de noter des journées d enthou-\nsiasme public comme celle du 15. Rendons justice à tous, et disons que\nM. Brahy, avec son orchestre admirablement discipliné, méritait sa bonne part\ndes applaudissements. Et que dire de Mme Félia Litvinne qui n'ait été déjà dit,\nsinon qu'elle fut une révélation pour la plupart des Angevins, et qu'en l'écoutant\nils eurent tôt fait d'oublier qu'elle était une peu vaporeuse Eisa.\n\nGENÈVE.\n\n— Parmi les trop nombreux donneurs de concerts qui ont déjà sévi à\nGenève cet hiver, il ne faut citer et retenir que quelques noms vraiment dignes\ndu titre de virtuoses et dont le talent est connu de tous.\nCe furent pour le piano Mmes Panthès, Carreno, C. Kleeberg, B. Marx ;\nMM. Risler, Diemer et Reisenauer.\nPour le violon, MM. Marteau, Sarasate, Capet, Marsick et Flesch."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3190, "texte": "Pour le chant, Mmes M. Tracey, Maria Gay, Holmstrand, NinaFaliero, Cécile\nKetten et M. Frolich, et encore parmi ces illustres y eut-il bien des déconve-\nnues financières, l'abondance des concerts étant vraiment trop grande.\nL'Orchestre Lamoureux, annoncé pour le 28 février, n'aura pas cet ennui, car\nla salle est déjà presque toute louée et le triomphe artistique le plus éclatant\nest assuré.\nAu théâtre, les nouveautés déjà offertes aux abonnés et habitués ont été le\nJongleur de Notre-Dame et Grisélidis, de Massenet ; la Belle au Bois dormant, de\nSilver.\nLa réussite de ces œuvres ne fut pas égale, il est même pénible à dire qu'elle\nfut plutôt mauvaise qu'heureuse.\n\nPIERRE FERRARIS.\n\nMARSEILLE.\nERNEST GUEYDAN.\n— Il vient de se fonder en notre ville une association d'organistes\nsous le titre: Association des Organistes de Marseille.\nC'est sur 1 initiative de MM. Lajarrige et Michel que cette association a pris\nnaissance.\nJe m'empresse de dire tout d'abord que ce groupement n'a aucun but de syndi-\ncalisme. Il éloigne absolument toute idée de revendication, sous quelque forme\nque ce soit — ceci a été nettement établi dès les premières réunions, afin qu'il\nsoit bien entendu que l'association n'aura rien de commun avec les syndicats.\nLe but de l'association des organistes est donc purement artistique. Il con-\nsistera en réunions amicales, où diverses questions musicales seront mises en\ndiscussion. Le plain-chant offre beaucoup de prise à ces discussions. On sait\nque bien peu de théoriciens sont d'accord sur ses règles exactes. D'aucuns\napprouvent certaines relations mélodiques que d'autres répudient ; les uns sont\nparo'sans de la cadence avec emploi de la note sensible ; les autres repoussent ce\nprocédé. Les signes de notation, le rythme, l'accentuation ne sont pas identi-\nques sur tous les graduels ou antiphonaires, etc., etc...\nCes diverses questions seront donc l'objet des appréciations que chacun\npourra discuter et appuyer par des citations.\nD'autres points intéressants pourront être traités ; il sera même utile de\nconnaître l'avis de chacun sur le genre de musique qu'il convient d'exécuter à\nl'église. Cette question a été soulevée bien des fois et ne manque pas que\nd'êlre très captivante pour les professionnels de l'orgue.\nLes éléments ne manqueront donc pas pour intéresser les réunions de ladite\nassociation.\nOutre ce qui précède, il sera intéressant de connaître les productions\nmusicales de chacun des sociétaires. Il en résultera pour tous une stimulation\nsalutaire et une intimité plus étroite ; et il se pourrait, si les circonstances s'y\nprêtent, et si, comme je l'espère, l'association se fortifie et s'appuie sur des prin-\ncipes d'égalité et de cordialité, il se pourrait, dis-je, que dans les temps à venir\nles organistes aient un orgue à eux, dans un local ad hoc. Des tournois d'impro-\nvisation pourraient alors s'engager,et des concerts de musique pure s'organiser.\nIl est donc à souhaiter que l'Association des Organistes de Marseille prospère\net se développe, et c'est notre plus cher désir.\n\nMONTE-CARLO. NICE.\nNous sommes en pleine saison; les auditions musicales sont fort nombreuses.\nJe serai donc obligé d'être concis."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2645, "texte": "Aux concerts de Monte-Carlo, en dehors des morceaux qui font partie du\nrépertoire courant, il faut mentionner :\nAu vie concert, Léonore (ire audition), d'après la ballade de Bûrger, poème\nsymphonique de M. H. Duparc, intéressant et d'une jolie instrumentation.\nAu viie? la Procession nocturne, de M. Rabaud.\nAu vnie, Profils païens {Dryades àla source), de M. Ed. Tremisot, d'une ins-\npiration fraîche et agréable.\nAu xie, la Noce villageoise, de Goldmark, symphonie en 5 parties, jouée sou-\nvent à Monte-Carlo ; et Namouna, le si joli ballet de Lalo.\nAu xme, première audition de Brumaire, ouverture de M. Massenet poui le\ndrame de M. Edouard Noël ; instrumentation puissante ; effet théâtral.\nAu xve, Sur la mer lointaine, de M. Léon Moreau, poème symphonique de\nfacture très soignée, dont je me rappelle la première audition, en janvier 1900,\naux concerts Lamoureux. Le jeune compositeur s'est en outre fait applaudir,\nau concert moderne du dimanche, comme pianiste. Jeu correct, concis et un\npeu froid.\nA Nice, au Casino, il n'y a guère à mentionner que le Jongleur de Notre-\nDame, assez médiocrement monté et joué. M. Massenet a assisté aux dernières\nrépétitions de son œuvre.\nA l'Opéra, après une série d'ouvrages du vieux répertoire donnés avec le ténor\nDuc, il faut citer une bonne reprise de Salammbô à laquelle M. Reyer est venu\nassister. Mlle Ch. Wyns a composé et chanté de façon remarquable le rôle de\nl'héroïne carthaginoise ; mais elle s'est surpassée et a été vraiment superbe\ndans celui de Vita, de b Etranger.\nM. Vincent d'lndy a dirigé lui-même la première représentation de son opéra\nqui, ce jour-là, a été acclamé par une élite de fidèles et d'admirateurs. Mais le\npublic ordinaire, et même la critique, a paru ne pas comprendre grand'chose à\ncette œuvre sévère et a fait un accueil beaucoup plus chaleureux à la Reine\nFiammette. Le* succès de ce conte lyrique a été considérable ; l'auteur et sa déli-\ncieuse interprète, Mlle Garden, ont été l'objet d'ovations sans fin (et, entre nous,\nun peu préparées). La musique de l'auteur A Astarté, chantante, chatoyante,\npassionnée jusqu'à l'outrance même, et assez facile, devait plaire dans un pays\nde soleil où elle semblerait avoir été conçue.\nLa mise en scène de ces deux derniers ouvrages était irréprochable, et l'exécu-\ntion très convenable pour l'ensemble. Comme M. Vincent d'lndy, M. X. Leroux\na conduit l'orchestre, qui a été bon.\nMentionnons encore le succès de M. Alvarez et de Mme Heglon dans Samson\net Dalila, et le demi-succès seulement de Mile Soyer dans le Prophète."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c039", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "196", "page_fin": "196", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.5.1", "titre_corps": "M. V. Charpentier doit donner des soirées musicales dans la grande salle", "titre_sommaire": "M. V. 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Wagner.\nVerdi. Léo Delibes.\nR. Wagner.\nVerdi.\nR. Wagner.\nR. Wagner.\nR. Wagner.\nGounod.\nR. Wagner.\nG. Erlanger.\nR. Wagner.\nReyer.\nR. Wagner.\nSaint-Saëns. Leon-\ncavallo.\nReyer.\n14.782 76\n21.144 34\n16.420 »\n19.401 41\n10.952 76\n20.671 34\n19.452 91\n15.740 76\n13.890 41\n13.288 5o\n14.049 91\n15.256 26\n18.280 41\n12.488 5o\n13.789 91\n12.772 76"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c042", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "197", "page_fin": "198", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.5.3", "titre_corps": "II. – Opéra-Comique. 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Hugues Imbert, en son vivant critique d'art, a légué sa bibliothèque et\nun violon au Conservatoire national de Musique et de Déclamation.\n- L'Académie des Beaux-Arts a présenté au choix du Sous-Secrétaire d'Etat\ncinq candidats, anciens prix de Rome, pour la création de l'opéra que doit\njouer, tous les deux ans, notre Académie nationale de musique.\nCes candidats sont, par ordre de présentation : MM. Savard, grand prix de*\n1886 ; Carraud, grand prix de 1890 ; Bachelet, prix de 1890 , Silver, « Romain »\nen 1891, et Bloch, prix de 1893.\nLe Sous-Secrétaire d'Etat choisira, entre ces cinq candidats, celui qui doit\ncréer l'œuvre « officielle» que doit jouer M. Gailhard."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c043", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "197", "page_fin": "197", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.5.3.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.21", "debut_caractere": 433, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "DATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 Déc. 1904\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n4.714 5o\n21 —\nDon Juan.\nMozart.\n7.656 »\n22 —\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n9.22a 3o\n23 —\nCarmen.\nBizet.\n10.862 »\n24 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.835 40\n2 5 —matinée\nCavalleria Rusticana. — La\nVie de Bohême.\nMascagni. Puccini.\n7.i38 5o\n25 — soirée\nMignon.\nA. Thomas.\n6.174 »\n26 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n4.631 »\n27 —\nManon.\nMassenet.\n6.883 »\n28 —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n1.824 »\n29 —\nCavalleria Rusticana.— Lakmé.\nMascagni.L. Delibes.\n8.5O2 5O\n3o —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n6.406 »\n31 —\nCavalleria Rusticana. — Le\n1er Janv. 1905\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n9.676 25\nmatinée\nLa Traviata. — Le Chalet.\nVerdi. Adam.\n5.628 5o\n— soirée\nLakmé. — Les Noces de Jean-\nnette.\nL. Delibes. V. Massé.\n8.438 5o\n2 —matinée\nLa Fille du Régiment. — Le\n9.368 5o\nJongleur de Notre-Dame.\nDonizetti. Massenet.\n2 — soirée\nManon.\nMassenet.\n8.421 5o\n3 —matinée\nDon Juan.\nMozart.\n7.i36 5o\n3 — soirée\nCarmen.\nBizet.\n8.779 5°\n4 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n5.427 5o\n5 —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n9.460 80\n6 —\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n7.413 5o\n7 —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n9.614 40\n8 — matinée\nCavalleria Rusticana.— Lakmé.\nMascagni.L. Delibes.\n7.792 »\n8 — soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.648 5o\n9 —\nLes Dragons de Villars.\nMaillard.\n4.335 »\n10 —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n7.571 »\n11 —\nCavalleria Rusticana. — La Vie\nde Bohême.\nMascagni. Puccini.\n8.137 5o\n12 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.612 5o\n13 —\nManon.\nMassenet.\n9.108 5o\n*4 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n7.839 25\n: 5 — matinée\nCarmen.\nBizet.\n7.56i 5o\n15 — soirée\nLes Dragons de Villars. —\nMaillart. Mascagni.\nCavalleria Rusticana.\n4.743 »\n16 —\nLakmé.\nL. Delibes.\n4.620 »\n17 —\nManon.\nMassenet.\n5.655 »\n18 —\nXavière. — Hélène.\nThéodore Dubois .\nSaint-Saëns.\ni.63o »\nIQ —\nXavière. — Hélène.\nThéodore Dubois .\nZ7\nSaint-Saëns.\n5.026 65"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c044", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "198", "page_fin": "198", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.5.4", "titre_corps": "RENNES. Par arrêté du lERIER février de M. le préfet dllle- et - Vilaine,", "titre_sommaire": "RENNES. Par arrêté du lERIER février de M. le préfet dllle- et - Vilaine,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.22", "debut_caractere": 690, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "RENNES. Par arrêté du lERIER février de M. le préfet dllle- et - Vilaine,\nMl!e Lorans est nommée professeur titulaire àla classe de chant (élèves femmes)\nde l'Ecole Nationale de Musique, succursale du Conservatoire cle Paris.\nLe festival Paul Vidal a été un grand et immense succès. Le jeune Maître, qui\ndirigeait l'orchestre, a été l'objet d'ovations et de rappels pour ses admira-\nbles compositions : la Vision de Jeanne d'Arc, le Mystère de la Nativité, le\nBallet de la Burgonde, etc., etc Mlle Sirbain a été acclamée et bissée dans\nde charmantes œuvres du Maître: La Meneuse de jeu, Y Air d'Eros, Printemps\nnouveau.\nCette solennité, due à l'initiative de E. Boussagol, directeur du Conservatoire,,\nrestera longtemps gravée dans la mémoire des Rennais."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c045", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "198", "page_fin": "198", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.5.5", "titre_corps": "ANGERS. — Janvier 1905.", "titre_sommaire": "ANGERS. — Janvier 1905.", "signature_source": "A. D", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.22", "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "ANGERS. — Janvier 1905.\nA. D.\n— Je ne cite que pour mémoire le concert du ier\njanvier — date fâcheuse qui devait fatalement ajourer une salle moins emplie\nd'ordinaire — et celui du 29, quoiqu'on y ait joué d'excellent Berlioz et que\nM. Ossip Gabrilowitsch soit un pianiste bien remarquable.\nLa grande çianifestation musicale du mois aura été la matinée du 15, toute en\nl'honneur de Richard Wagner, et toute à l'honneur d'une ville qui a toujours\nmarqué sa place à la tête du mouvement artistique en province; j'en appelle à\nla propagande romantique qu'y dirigeait jadis Victor Pavie, et à une propa-\ngande wagnérienne qui remonte à un quart de siècle, c'est-à-dire à une date où\nla gloire du maître était encore plus que contestée à Paris.\nMaintenant que pour être trop consacrée elle subit peut-être - de la part des\nartistes — quelques atteintes, il est intéressant de noter des journées d enthou-\nsiasme public comme celle du 15. Rendons justice à tous, et disons que\nM. Brahy, avec son orchestre admirablement discipliné, méritait sa bonne part\ndes applaudissements. Et que dire de Mme Félia Litvinne qui n'ait été déjà dit,\nsinon qu'elle fut une révélation pour la plupart des Angevins, et qu'en l'écoutant\nils eurent tôt fait d'oublier qu'elle était une peu vaporeuse Eisa."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c046", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "198", "page_fin": "199", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.5.6", "titre_corps": "GENÈVE.", "titre_sommaire": "GENÈVE.", "signature_source": "PIERRE FERRARIS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.22", "debut_caractere": 2728, "fin_caractere_exclue": 3111, "texte": "GENÈVE.\n\n— Parmi les trop nombreux donneurs de concerts qui ont déjà sévi à\nGenève cet hiver, il ne faut citer et retenir que quelques noms vraiment dignes\ndu titre de virtuoses et dont le talent est connu de tous.\nCe furent pour le piano Mmes Panthès, Carreno, C. Kleeberg, B. Marx ;\nMM. Risler, Diemer et Reisenauer.\nPour le violon, MM. Marteau, Sarasate, Capet, Marsick et Flesch."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "Pour le chant, Mmes M. Tracey, Maria Gay, Holmstrand, NinaFaliero, Cécile\nKetten et M. Frolich, et encore parmi ces illustres y eut-il bien des déconve-\nnues financières, l'abondance des concerts étant vraiment trop grande.\nL'Orchestre Lamoureux, annoncé pour le 28 février, n'aura pas cet ennui, car\nla salle est déjà presque toute louée et le triomphe artistique le plus éclatant\nest assuré.\nAu théâtre, les nouveautés déjà offertes aux abonnés et habitués ont été le\nJongleur de Notre-Dame et Grisélidis, de Massenet ; la Belle au Bois dormant, de\nSilver.\nLa réussite de ces œuvres ne fut pas égale, il est même pénible à dire qu'elle\nfut plutôt mauvaise qu'heureuse.\n\nPIERRE FERRARIS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c047", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "199", "page_fin": "199", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.5.7", "titre_corps": "MARSEILLE.", "titre_sommaire": "MARSEILLE.", "signature_source": "ERNEST GUEYDAN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.23", "debut_caractere": 704, "fin_caractere_exclue": 3058, "texte": "MARSEILLE.\nERNEST GUEYDAN.\n— Il vient de se fonder en notre ville une association d'organistes\nsous le titre: Association des Organistes de Marseille.\nC'est sur 1 initiative de MM. Lajarrige et Michel que cette association a pris\nnaissance.\nJe m'empresse de dire tout d'abord que ce groupement n'a aucun but de syndi-\ncalisme. Il éloigne absolument toute idée de revendication, sous quelque forme\nque ce soit — ceci a été nettement établi dès les premières réunions, afin qu'il\nsoit bien entendu que l'association n'aura rien de commun avec les syndicats.\nLe but de l'association des organistes est donc purement artistique. Il con-\nsistera en réunions amicales, où diverses questions musicales seront mises en\ndiscussion. Le plain-chant offre beaucoup de prise à ces discussions. On sait\nque bien peu de théoriciens sont d'accord sur ses règles exactes. D'aucuns\napprouvent certaines relations mélodiques que d'autres répudient ; les uns sont\nparo'sans de la cadence avec emploi de la note sensible ; les autres repoussent ce\nprocédé. Les signes de notation, le rythme, l'accentuation ne sont pas identi-\nques sur tous les graduels ou antiphonaires, etc., etc...\nCes diverses questions seront donc l'objet des appréciations que chacun\npourra discuter et appuyer par des citations.\nD'autres points intéressants pourront être traités ; il sera même utile de\nconnaître l'avis de chacun sur le genre de musique qu'il convient d'exécuter à\nl'église. Cette question a été soulevée bien des fois et ne manque pas que\nd'êlre très captivante pour les professionnels de l'orgue.\nLes éléments ne manqueront donc pas pour intéresser les réunions de ladite\nassociation.\nOutre ce qui précède, il sera intéressant de connaître les productions\nmusicales de chacun des sociétaires. Il en résultera pour tous une stimulation\nsalutaire et une intimité plus étroite ; et il se pourrait, si les circonstances s'y\nprêtent, et si, comme je l'espère, l'association se fortifie et s'appuie sur des prin-\ncipes d'égalité et de cordialité, il se pourrait, dis-je, que dans les temps à venir\nles organistes aient un orgue à eux, dans un local ad hoc. Des tournois d'impro-\nvisation pourraient alors s'engager,et des concerts de musique pure s'organiser.\nIl est donc à souhaiter que l'Association des Organistes de Marseille prospère\net se développe, et c'est notre plus cher désir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-03-15-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-03-15_01#c048", "volume": "bmtnabj_1905-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "199", "page_fin": "200", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.2.5.8", "titre_corps": "MONTE-CARLO. NICE.", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO. NICE.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.23", "debut_caractere": 3060, "fin_caractere_exclue": 3190, "texte": "MONTE-CARLO. NICE.\nNous sommes en pleine saison; les auditions musicales sont fort nombreuses.\nJe serai donc obligé d'être concis."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2645, "texte": "Aux concerts de Monte-Carlo, en dehors des morceaux qui font partie du\nrépertoire courant, il faut mentionner :\nAu vie concert, Léonore (ire audition), d'après la ballade de Bûrger, poème\nsymphonique de M. H. Duparc, intéressant et d'une jolie instrumentation.\nAu viie? la Procession nocturne, de M. Rabaud.\nAu vnie, Profils païens {Dryades àla source), de M. Ed. Tremisot, d'une ins-\npiration fraîche et agréable.\nAu xie, la Noce villageoise, de Goldmark, symphonie en 5 parties, jouée sou-\nvent à Monte-Carlo ; et Namouna, le si joli ballet de Lalo.\nAu xme, première audition de Brumaire, ouverture de M. Massenet poui le\ndrame de M. Edouard Noël ; instrumentation puissante ; effet théâtral.\nAu xve, Sur la mer lointaine, de M. Léon Moreau, poème symphonique de\nfacture très soignée, dont je me rappelle la première audition, en janvier 1900,\naux concerts Lamoureux. Le jeune compositeur s'est en outre fait applaudir,\nau concert moderne du dimanche, comme pianiste. Jeu correct, concis et un\npeu froid.\nA Nice, au Casino, il n'y a guère à mentionner que le Jongleur de Notre-\nDame, assez médiocrement monté et joué. M. Massenet a assisté aux dernières\nrépétitions de son œuvre.\nA l'Opéra, après une série d'ouvrages du vieux répertoire donnés avec le ténor\nDuc, il faut citer une bonne reprise de Salammbô à laquelle M. Reyer est venu\nassister. Mlle Ch. Wyns a composé et chanté de façon remarquable le rôle de\nl'héroïne carthaginoise ; mais elle s'est surpassée et a été vraiment superbe\ndans celui de Vita, de b Etranger.\nM. Vincent d'lndy a dirigé lui-même la première représentation de son opéra\nqui, ce jour-là, a été acclamé par une élite de fidèles et d'admirateurs. Mais le\npublic ordinaire, et même la critique, a paru ne pas comprendre grand'chose à\ncette œuvre sévère et a fait un accueil beaucoup plus chaleureux à la Reine\nFiammette. Le* succès de ce conte lyrique a été considérable ; l'auteur et sa déli-\ncieuse interprète, Mlle Garden, ont été l'objet d'ovations sans fin (et, entre nous,\nun peu préparées). La musique de l'auteur A Astarté, chantante, chatoyante,\npassionnée jusqu'à l'outrance même, et assez facile, devait plaire dans un pays\nde soleil où elle semblerait avoir été conçue.\nLa mise en scène de ces deux derniers ouvrages était irréprochable, et l'exécu-\ntion très convenable pour l'ensemble. Comme M. Vincent d'lndy, M. X. Leroux\na conduit l'orchestre, qui a été bon.\nMentionnons encore le succès de M. Alvarez et de Mme Heglon dans Samson\net Dalila, et le demi-succès seulement de Mile Soyer dans le Prophète."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "177", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN<> 6 (cinquième année) . ~15 Mars\n1805,\nR. M.\n3\n\nCHERUBINI\n(1760-1842)\nDirecteur du Conservatoire de 1821 à 1842."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "178", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.2", "texte": "UNE LETTRE DE CHERUBINI.\n\nLa collection d'autographes du Musée Dobrée à Nantes contient un important\nautographe de Cherubini. C'est une lettre que le musicien adressa à Mélesville (i),\nun des deux auteurs du livret $ Ali-Baba, trois ans avant la représentation de\ncet ouvrage à l Opéra ; elle est datée de Paris, 13 juillet 1830, comprend 2 pages 1/2\nin-40, et porte le n° 200 du catalogue provisoire de la collection Dobrée ; nous la\ntranscrivons ci-après :\nParis, ce 13 juillet 1830.\nMonsieur,\nUne foule d' occupations occasionnées par la cérémonie de Notre-Dame, qui a eu\nlieu dimanche (2), ainsi que les services particuliers à la Chapelle du Roi m'ont\nempêché de répondre plus tôt à la lettre que vous m avez fait Vhonneur de ni adresser\nle 8 du courant. Veuillez excuser ce retard qui (sic) n a pas dépendu de moi d'abré-\nger ,' après ce préambule f entre en matière.\nVous connaisse Monsieur, toutes les raisons que je vous ai exposées il y (sic)\ndéjà quelque tems, qui ont motivé la. suspension apportée à la composition entière\nde la musique oTAIi-Baba ; il est donc inutile de vous les rappeler ici ; permettez-moi\ncependant d'ajouter à cela que dans le mauvais état ou était le théâtre de f Opéra-\nComique depuis plus d'un an, relativement à 1 administration, aux acteurs, aux\nchœurs et à l'orchestre, et surtout à l'égard de celui où cet établissement se trouve\nen ce moment, il est heureux qu Ali-Baba n'ait pas encore été donné, car dans le cas\ncontraire, combien cet ouvrage aurait-il été déjà massacré et enfin pendu au croc\npar la circonstance actuelle. Ainsi un succès en espérance me semble préférable à\ncelui qu'on aurait obtenu par le passé qui, vraisemblablement, serait usé, sinon oublié\nmaintenant. Mais pour fonder quelque espérance pour l'avenir, il faut indispensable-\nment, le mérite de l'ouvrage à part, être sûr des élémeus qui en constitueront Vexé-\ncution dans tous ses rapports, afin d'obtenir un résultat tel qu'on le désire. Pour\natteindre ce but ni de votre volonté ni de la mienne, et dans l'hypothèse que l'Opéra-\nComique rouvre au mois d'octobre, ce que je doute (sic), qui peut assurer qu'à cette\népoque on aura de bons acteurs, si l'on ne s arrange pas avec même le petit nombre\ndes meilleurs d'à présent, parmi lesquels je n'en sais aucun qui soit capable de rem-\nplir le Rôle d Ali-Baba. Prenons bien garde à ce que nous risquerions par trop de\nprécipitation. Pour vous, Monsieur, et pour Monsieur Scribe qui avez du talent, qui\nêtes jeunes et habitués aux succès, si vous hazard quelque échec, celui-ci\nest immédiatement réparé ; mais quant à moi qui suis vieux, ma position est bien\n\n(1) Mélesville est le pseudonyme de Duveyrier (Anne Honoré-Joseph), fécond auteur drama-\ntique qui, soit seul, soit en collaboration avec Scribe, Boirie, Merle, Roger de Beauvoir, Charles\nDuveyrier son frère, Paul Vermont, Carmouche et Bayard, a donné plus de 300 pièces. Signalons\nparmi ses livrets, outre Ali-Baba, Zampa (1831) et le Chalet (1834).\n(2) Il s agit ici du Te Deum chanté à l'occasion de la prise d'Alger, Il eut lieu le dimanche\n11 juillet 1830 à Notre-Dame, en présence du roi, de la cour et des hauts dignitaires de l'Etat."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "179", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.3", "texte": "UNE LETTRE DE CHERUBINI\n\ndiffei ente de la votie. Si Ali-Baba ne réussissait pas9 soit puv ma faute ou puv celle\nde lu faiblesse des acteuis9 des chovistes et de l orchestre9 quel serait après celu mon\n1 ecoui s 9 puisque cet opéva se? u le dernier ouvrage dramatique que je composerai 9\net que si j en donne d auti es9 ce ne sevont que de nies unciens opevus que je remettrai\nau théâtrey si l'occasion s en présente.\nL) api es tout ce que jui eu l avantage de vous exposer, je vous prierai, soit en\nquelque soi te dans voti e intérêt, mais surtout dans celui qui se rapporte à nia posi-\ntion, de vouloir bien ne me presser d'achever la musique Ali-Baba, que lorsque\nnous serons assurés des moyens d'exécution que le théâtre de VOpéra-Comique\npossédera à l'époque où les affaires désastreuses dans lesquelles il se trouve actuelle-\nment seront définitivement et complètement arrangées.\nMais si toutefois vous croyez ne pouvoir temporiser davantage, en raison de la\nci amte que vous m ave% manifestée que d'autres auteurs pourraient s'emparer du\nsujet d Ali-Baba, je ne puis que vous dire? quoique avec le plus sincère et vij regret,\nque dans ce cas vous, Monsieur, d accord avec M. Scribe le jugeant nécessaire à\nvotie t? anquillité, vous serez les maîtres de me retirer votre ouvrage pour le confier\nà quelque jeune compositeur expéditif \\ qui n'aurait les mêmes sujets de crainte que\nmoi, ni la meme i esponsabihte pour sa réputation que jen ai pour la mienne. Je\npi ofte aussi de cette circonstance pour vous prier à mon tour de présenter mes\nhommages i espectueux à Madame Mèlesville, et mille complimens à celle-ci ainsi\nqu a vous de la pai tde Mme Cherubim. Les dernières lettres de M^e Rosellmi nous\nindiquaient qu'elle se portait aussi bien que possible, vu son état.\nAgréez, Monsieur, je vous prie, la nouvelle assurance de ma considération dis-\ntinguée, et de tous les sentimens que vous savez si bien inspirer.\nVotre très humble et très obéissant serviteur.\nL. CHERUBINI.\nLa suscription porte :\nMonsieur,\nMonsieur Mélesville, M. Scribe\nà Montalais près et par Meudon\nprès Pai 'is.\nLa lettre qui précède laisse percer les craintes qu'éprouvait Cherubini à la\npensée qu'Ali-Baba pût être représenté à TOpéra-Comique, dont la situation\nn était alors rien moins que favorable. Depuis le 20 avril 1829, cet établissement\navait quitté la rue Feydeau, dont la salle menaçait ruine, pour s'installer au\nthéâtre Ventadour, installation qui mécontenta tout le monde et qui inaugura\nla période vraiment désastreuse à laquelle Cherubini fait allusion. Au moment\noù il écrivait la lettre ci-dessus, le directeur Ducis venait de résigner ses fonctions\n(15 juin 1830), et la révolution de Juillet, toute proche, allait provoquer la fer-\nmeture du théâtre. En vain Singier, Lubbert et Laurent essayèrent-ils de\nremettre l'entreprise à flot ; la salle Ventadour devait être fatale à l'Opéra-\nComique (1).\n\n(1) Voir le livre de MM. boubies et Malherbe, Histoire de l Opéra-Comique (1892-1893)\npremière partie. Ce fut, cependant, à cette époqueque fOpéra-Comique enregistra deux grands\nsuccès, Fra Diavolo (1830) et Zampa (183 1)."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "180", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.4", "texte": "UNE LETTRE DE CHERUBINI\n\nAli-Baba ou les Quarante Voleurs, opéra en 4 actes et prologue, fut représenté\nà 1 Opéra le 22 juillet 1833. Les interprètes étaient : Nourrit (Nadir), Dabadie\n(Ourskan), Levasseur (Ali-Baba), Prévost (Aboul-Assan), F. Prévôt (Phaorj,\nMassol (Calaf), Dérivis (Thamar), Mme Damoreau (Délie), Mlle C. Falcon (Mor-\ngiane).\nLa presse montra quelque sévérité à l'égard du livret, et Jules Janin plaisanta\nagréablement sur « l'épicier Ali-Baba » (1). Il convient cependant de reconnaître\nque xMélesville et Scribe écrivirent Ali-Baba afin de fournir à Cherubini l'occa-\nsion de faire resservir, dans des conditions de sujet analogues, des morceaux\nqu'il avait composés près de quarante ans auparavant pour une mauvaise pièce\norientale gardée en portefeuille et intitulée Koukourgi (2). Le musicien ne con-\nserva, du reste, que quelques fragments de son ancien ouvrage, et Ali-Baba fut\nconstruit, en majeure partie, avec des matériaux neufs. On en goûta fort 1 Ou-\nverture, la mélancolique Romance chantée par Nourrit dans le Prologue, le\nQuatuor bouffe du lerIer acte, le Duo de Nourrit et de Levasseur au IIIe, ainsi que le\ncélèbre « Trio des Dormeurs » (3). Ce fut la dernière œuvre lyrique de Cherubini.\nL. DE LA LAURENCIE.\n\nji) Les Débats, 24 juillet 1833.\n(2) Revue musicale du 27 juillet 1833, n° 2C P* 203«\n(3) Ibid. Voir aussi \" Denne-Baron, Cherubini, sa vie, ses travaux, /ewr influence sur l'art\nParis, 1862, pp. 46, 47."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.5", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nLA PENSÉE MUSICALE\n\nV. — L'ORGANISATION DES IMAGES\nCours du lundi. — Résumé.\n[suite).\nEn étudiant la genèse formelle de la musique, nous n'avons parlé jusqu'ici\nque de la manière dont on peut traiter un motif dans une partie ; mais la\ncomposition musicale est l'art des expressions simultanées et non pas seule-\nment successives. Elle n'a certainement pas eu ce caractère dès l'origine. On\npeut dire cependant que, le jour où on s'est aperçu que deux, trois et quatre\nvoix pouvaient chanter en même temps, sans dire la même mélodie (ou la\nmême partie de mélodie), et s'accorder néanmoins pour produire un effet har-\nmonieux, ce jour-là le pas décisif a été fait. (De même pour le drame antique,\nquand le dialogue a été créé.) Voyons donc comment on a pu passer de\nl'unité à la pluralité des éléments employés et arriver à une véritable construc-\ntion. Notre point de départ est toujours :\nLe moyen le plus simple est de donner d'abord un accompagnement au thème\nchoisi. Pour la détermination exacte de cette basse, intervient aujourd'hui la\nthéorie de la consonance et de la dissonance. Nous l'exposerons plus tard ;\nnous essayons ici de nous replacer dans l'état d'esprit de ceux qui, par tâtonne-\nments et par étapes, sont a rrivés à constituer les formes de la composition ; et\nnous indiquons comment, suivant les sollicitations de leur curiosité ou les pro-\ngrès de leur expérience, ils ont fait de fécondes découvertes. D'ailleurs, point\nn'est besoin d'une doctrine pour accompagner convenablement un air simple.\nD'instinct, le chanteur populaire comprend qu'il faut donner comme basse à une\nnote mélodique une note tirée de l'accord parfait dont cette note mélodique fait\npartie. Il trouvera quelque chose comme ceci :\nS'il s'agit d'une composition instrumentale, et non vocale, l'accompagnement\npourra être diversifié indéfiniment, comme la mélodie elle-même (v. les 62 Va-\nriations de Haendel, chacone en sol p majeur, dont nous avons déjà parlé, ou\ncelles de Beethoven sur le motif de valse donné par Diabelli).\n20 Une analyse un peu attentive montre que notre thème peut se servir à lui-\nmême cTaccompagnement :\nTel, encore, ce début d'une pièce de Sweelinck (commencement du xvne siècle)\nque je me borne à transposer de sol en ut :"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.6", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nImaginez une personne cheminant près d'une eau très transparente et toujours\nsuivie de sa propre image qui lui servirait de compagnon de route. Il y a même\nici une tentative évidente pour reproduire à la main gauche le dédoublement qui\nse fait à la main droite et créer ainsi un ensemble à quatre parties, symétriques\ndeux à deux. Cette combinaison peut-elle conduire bien loin? La pratique seule\nen montrera les difficultés; mais une forme nouvelle est créée : celle du canon.\n(Au lieu de le réaliser à l'octave, on peut le prendre à la tierce, à la douzième,\netc..) Une expérience assez longue a montré que cette forme était susceptible\ndes plus ingénieux traitements. Nanini (pour ne pas citer d'autre exemple), un\ndes célèbres compositeurs de l'Ecole romaine au xvie siècle, écrivit 150 contre-\npoints et canons, de 2 à 11 voix, sur un chant unique, un cantus firmus de Festa.\nIl y a des canons susceptibles de plus de mille solutions.\nDans le canon, on peut donner à une quelconque des parties un mouvement\nplus lent ou plus rapide. Exemple, le début de cette autre pièce de Sweelinck :\nC'est le lièvre et la tortue, partis à peu près ensemble cette fois et arrivant\ntous deux au but, mais avec des allures différentes, ce qui permet au plus agile\nde revenir au point de départ, de recommencer certaines étapes, et de faire en\nroute un peu d'éçole buissonnière.\n3° Notre thème, tel quel ou transposé, peut s'associer à un autre motif.\nler groupe de combinaisons :\nAprès avoir été entendu dans la tonalité donnée, le thème (A) est transposé\nà la dominante, et donne ainsi lieu à la naissance d'une seconde partie (A').\nPendant que A' est entendu, A continue de parler, mais nécessairement avec des\nnotes nouvelles constituant cet autre motif que nous appellerons B et qui est\nvariable, comme le montrent les exemples suivants que j'emprunte à Marx :\n2e groupe de combinaisons :\nAu lieu d'être transposé invariablement à la dominante, notre motif peut être"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.7", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRrANCE\n\ntransposé à la sous-dominante (fa fi), à la sus-dominante (la tt), ou à la tierce; ce\nqui, chaque fois, amène un changement du nouveau motif (B) et produit une\nconclusion tonale différente :\nSi, d'après le principe suivi par Sweelinck dans la Toccata citée plus haut,\nnous recommençons deux fois une opération de ce genre dans un quatuor vocal,\nd'abord avec le soprano et l'alto (voix des femmes), ensuite avec le ténor et la\nbasse (voix des hommes) ; si, en second lieu, nous transportons le résultat obtenu\nsur les claviers de l'orgue ou du piano, nous aurons un ensemble qui n'est autre\nqu'une exposition de fugue, avec son thème conducteur (A), sa réponse (A'), son\ncontre-sujet (B). Le dernier terme où nous conduit l'analyse et le traitement de\nnotre thème, c'est donc l'admirable pièce que J.-S. Bach a placée en tête de son\nClavecin bien tempéré :\nII\nLes analyses que nous venons de faire marquent les principales « époques » de\nla musique, et, pour les points essentiels, en résument l'histoire. Nous pouvons,\nen effet, reprendre toutes ces observations dans le même ordre, et les appuyer,\nnon plus sur des exemples mélodiques, mais sur des dates.\nLes premiers documents que nous possédons nous font connaître d'abord une"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.8", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nmusique purement monodique, absolument étrangère aux superpositions de\nthèmes et aux « constructions ». C'est une période qu'il n'est guère possible\nd'enfermer dans des dates précises, mais qui s'étend jusqu'au xie siècle environ;\nelle est dominée par le plain chant. les textes antérieurs où il est question\nde chant à plusieurs parties, il est impossible de dire si les écrivains entendent\nparler d un art réel dont ils étaient les contemporains (i).\nLa seconde période s étend du xie siècle au milieu du xve ; elle commence avec\nFrancon de Cologne, lequel signale déjà la diversorum cantuum concordantia et\nen donne des exemples (v. Musicct et cantus mensurabilis, ch. n et xi\\ et va jus-\nqu'à Ockeghem, le maître célèbre de la seconde École néerlandaise. C'est alors\nque, avec une grande inexpérience esthétique et technique, maladroitement, et\nsuivant un goût bizarre, on cherche à « composer » et à « construire » : on pra-\ntique les règles du déchant ; on s'ingénie ; à un fragment d'antienne ou à un autre\nchant liturgique en latin, on associe des chansons telles que Long le rien de la\nfontaine, ou bien Daines sont en grand émoi... On ale sentiment que la\ngrande loi de 1 art musical, c'est 1 imitation, la socialisation d'une idée, mais on\nne sait pas conduire une imitation au delà de quelques mesures. Les musiciens\nressemblent aux architectes de la fin du xnc et du commencement du xine siècle,\npour lesquels se posent de difficiles problèmes de construction et qui n'arrivent\nà les résoudre qu après des échecs répétés. Pérotin, organiste de Notre-Dame au\nXII siècle, arrivait déjà, dans une composition à deux voix, à faire passer d'une\npartie dans une autre (et vice versa) un thème de 4 mesures. Après lui, on mul-\ntiplie les tentatives de ce genre; si on atteint le but, c'est partiellement, et, le\nplus souvent, aux dépens de la correction. Le canon Summer is icumen in (2)\n(xll ie siècle), qu'admirent encore les historiens de l'art musical, est une exception\nsplendide. 11 n'y a pas encore de canon réel, indépendant. Au xve siècle, dans les\nécoles du Nord, de notables progrès sont réalisés. G. Dufay (f 1432), qui appar-\ntient à la première École néerlandaise, arrive à pousser un canon jusqu'à la 9e\nmesure, cest lepiemier des compositeurs que j appellerai spéculatifs ,* avec\nconscience et réflexion, il s'applique à l'écriture canonique, et obtient des résul-\ntats qui ont rendu possible l'éclat de la seconde École néerlandaise, qu'on peut\nfaire commencer en 1450 avec Ockeghem, élève de Dufav.\nA partir de 1450, avec des praticiens tels que Ockeghem, Josquin des Prés,\nLaïue, Brumeh Févin, etc..., nous voyons cul'ivé avec outrance cet art de la\nconsti uction musicale systématique dont j ai essayé de donner une idée élémen-\ntaire, et qui, après avoir été poussé très loin par les Néerlandais jusque vers 1325,\n\nfi) Voici, au sujet de l'harmonie, quelques textes antérieurs au xe siècle. Le premier qui au\nmoyen âge, ait parlé d'harmonie, est Isidore de Séville (vne siècle: « Harmonica (musica)'est\nmodulatio vocis et concordantia plurimo:um sonorum et coaptatio ». Aurélien de Réomé ixe s):\n« In haimonica (musica quidem consideratio manet sonorum : uti scilicet graves soni acutis\ncongruenter copulati compagem efhciant voeu m. » Remi d Auxerre (id.) : « Harmonia est conso-\nnantia et coadunatio vocum. » Reginon 'abbé de Prum en 892Ï : a Concentus est similium vo-\ncum adunata societas : succentus vero est varii soni sibi maxime convenientes. sicut videmus i.i\norgano. » nfin, 1 auteur de la Musica enchiriadis : « Harmonia est diversarum vocum apta\ncoadunatio. »\n(*> Sur cette pièce étonnante découverte par Hawkins dans un ms. du BriLh Muséum, v.\nFoikel (Geschichte dei Musilc.ll, p 490, ei suiv., Kiesewetter ( Be lia-\nge». p. u), Ambros (Gesch. d. Mus., 11, p. 473 et 111, p. 440), de Coussemaker (L'art harmoni-\nque aux xiie et XIIIe siècles, p. 73), Grove (Dictionnary 0/ Music, à l'article spécial Summer is icumen\ntn et la recente Oxford s history of Music, qui consacre à ce sujet une excellente étude."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.9", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\n-passe ensuite en France et en Italie, pour être modéré, restreint, assagi,\ndélivré d'un excès de pédantisme, par la série des grands maîtres du xvie siècle\ndont les derniers furent Gabriel! et Palestrina.\nAujourd hui les formes spéciales de la fugue et du canon peuvent être consi-\ndérées comme abandonnées par les compositeurs, qui les regarderaient volon-\ntiers comme une entrave à leur fantaisie : mais, dans cette troisième période qui\n.commence en 1450, à un moment où toute la musique se bornait au chant a cap-\npella, où 1 harmonie était très peu développée, et où l'orchestre n'existait pas on\nmettait tout 1 intérêt de la composition dans sa structure scolastique, et on ne\nconcevait guère une pièce sans la forme du canon, si bien qu'un historien du\ncontrepoint (il a pu dire que le développement de la musique ne faisait qu'un\n.avec celui de l'imitation.\nPour résumer tout cela, je dirais volontiers, en parodiant un mot célèbre de\nLeibnitz :la musique sommeille dans la monodie (ire période); elle rêve dans\nfies essais qui vont du xne siècle à 1450; elle se réveille et prend son essor avec\nles maîtres du contrepoint qui ont illustré 1 Ecole née.i landaise à partir de 1450.\nC'est dans 1' organisation d'un ensemble, dans les symétries et les contrastes\n» qu'il y dispose, dans les imitations et les oppositions, l'enchaînement des parties,\nles coupes du développement, le ponere iotum, en un mot, que consiste l'art du\n/'musicien. On écoute une symphonie (je prends ce mot dans son sens le plus\nlarge) comme on lit un livre : depuis la première mesure jusqu'à la dernière, il y\na un intérêt qui tient l'esprit en éveil ; intérêt qui peut faiblir ou croître à cer-\ntains moments, mais dont on saisit les causes immédiates et qu'on rattache à des\n• données précises. Il y a cependant cette différence, qu'un livre peut avoir une\ntrès haute valeur, sans être systématiquement construit ; une histoire, par exem-\n» pie (et surtout une histoire objectivement conçue), si elle s'étend à une période\n..assez grande de la civilisation, peut se borner à indiquer des successions de\nrfaits ;il semble même que la matière de ses récits lui impose une certaine inco-\nhérence. Il y a des mémoires, des livres de « Maximes », des romans, dont les\nne sont pas liées et coordonnées d'après un plan rigoureux, et qui peu-\nvent être des chefs-d'œuvre. En musique, rien de semblable. Si une symphonie\n.n'est pas construite, elle n'existe pas. C'est pour cela qu'on a comparé la musique\nà l'architecture. Dans aucune école musicale, et dans aucun genre (si on excepte\n,da rapsodie, qui est une juxtaposition de motifs non développés) il n'y a d œuvre\nmn peu sérieuse qui ne soit soumise à cette loi, pas plus qu'il n'y a d'édifice qui\nne soit autre chose qu'une superposition de pierres L'œuvre musicale est, par\n■ essence, une « composition ». Le plan a une telle importance, que l'établir, c'est\ns presque faire une bonne partie de l'œuvre elle-même.\nIII\nDirons-nous donc que cette sorte d'architecture sonore à la notion de laquelle\n-nous sommes arrivés, et qui a été poussée si loin aux xve et xvie siècles, repré-\nsente la musique parvenue à son point de maturité?\n\n(1) Otto KUuwell,. Der Canon in seiner geschichtlichen Entwickelung. Leipzig. Lahnt, sine d.,\nïp. '•)"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.10", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nNullement ; et notre analyse doit parcourir une autre étape.\nNous avons vu les exercices qui, en créant la langue des sons, en l'assouplis-\nsant, en la dotant de ressources très riches, ont préparé la pensée musicale et\nl'ont rendue possible, mais nous n'avons encore cette pensée qu'à l'état\nembryonnaire. On peut faire des canons de tout genre, des fugues, des cons-\ntructions vocales ou instrumentales très savantes, sans arriver à produire chez:\nl'auditeur cette émotion spéciale et profonde, ce trouble intime de l'être moral\ntout entier qui est comme le signe auquel on reconnaît la vraie musique. Les\npraticiens de la Renaissance ont surtout créé des cadres : l'œuvre des grands\nmaîtres du xvnie siècle a été les remplir. Avec quoil ont-ils fait?\nQuelques analogies vont nous éclairer.\nDans l'histoire de la poésie française, nous constatons ceci : avant le xvne siècley\net les derniers grands poètes de l'âge précédent qui l'annoncent, il y a des\nécrivains qui créent des combinaisons de rimes, de vers et de strophes extrê-\nmement subtiles ; mais ce qu'ils fondent surtout, c'est l'art de la versification ; ce\nqu'ils créent, c'est un instrument, et rien de plus ; après eux, viennent les vrais\ngrands poètes, les Corneille, les Molière, les Racine, qui, profitant de cette\nœuvre d'assouplissement et d'adaptation, se servent de la langue, non plus pour\ndes jeux d'esprit, des badinages ou des prouesses de grammairiens, mais pour\nexprimer des idées très hautes et des sentiments humains. Dans l'histoire de\nl'éloquence, la loi est la même : chez les anciens, paraissent d'abord les rhéteurs-\nqui trouvent la période et apprennent à la construire avec d'ingénieuses symé-\ntries ; puis paraît un Démosthène, qui, dans ce cadre verbal, introduit le mou-\nvement, la flamme, la vie. Chez les modernes, les Balzac et les Voiture préparent\nBossuet.\nEn musique, s'est passé quelque chose de semblable.\nAux contrepointistes dont j'ai parlé, dont l'âge d'or commence avec Ockeghemr\net dont Bach, placé sur la limite de deux mondes, est le dernier représentant,,\nsuccèdent les compositeurs modernes qui profitent de tout le savoir technique\ntransmis par leurs devanciers ; par suite d'une longue accoutumance, ils portent\navec une aisance parfaite le poids des règles fixées par les praticiens, et ils ont le\ndroit d'oublier la grammaire ou de ne plus s'y absorber, parce qu'ils la connais-\nsent parfaitement. Leur intelligence s'est familiarisée avec la langue des\nsons ; elle en fait, à cause de son immatérielle fluidité, un mode d'expression\nqui lui est plus commode et plus adéquat que les autres ; elle s'y met tout entière,,\ncar l'esprit ne subit pas ses moyens d'expression ; il les crée. En un mot, elle\ny introduit la PENSÉE. Par là, je le répète, je n'entends ni une synthèse de\nconcepts qu'on pourrait représenter par des mots, ni une sorte de logique\nabstraite comme les mathématiques supérieures, mais la plus fine subs-\ntance de la vie morale, ce qu'il y a de plus humain, de plus profond ou de\nplus délicat dans le sentiment, et ce qu'il y a de plus élevé dans la raison. Bach\nest déjà, comme l'a dit Philipp Spitta, « le maître de la libre fantaisie » ; si nous\nvoulons mesurer la distance qui sépare un contrepointiste néerlandais d'un sym-\nphoniste moderne distance que je comparerai à celle que Kant établissait\nentre les deux degrés de la raison : Verstand et Vernunft, nous n'avons qu'à\nnous rappeler cette parole célèbre de Beethoven : « La musique est une sagesse\nplus haute que la philosophie et la théologie » ; ou cette opinion de Schumannr\nqui, dans ses Notes théâtrales, juge ainsi YEuryanthe de Weber : « C'est du sang:"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.11", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nde son cœur, cela, et du plus noble qu'il eût ; cet opéra lui a coûté un peu de sa\nvie. »Le même Schumann écrivait àsa fiancée ces lignes curieuses : « J'ai\nremarqué qu'il n'y avait jamais plus d'ailes à ma fantaisie que les jours oû mon.\nâme est tendue par le désir... Ces jours derniers, où j'attendais ta lettre, j'ai\ncomposé des livres pleins. En ce moment, je voudrais éclater de musique. »\nComme nous le voyons ici, le sentiment et la raison, la passion et la sagesse\nviennent remplir les cadres qu'on leur a préparés.\nAutre évolution. La Musique, d'abord ancilla vitœ, devient peu à peu un art\ndésintéressé en passant du concret à l'abstrait, du particulier au général. Cette\névolution ne saurait nous étonner, car nous la retrouvons dans plusieurs\nautres domaines.\nC'est celle du langage verbal. Le premier langage humain a été composé de\ncris instinctifs, gémissements de la douleur et de la faim, grognements de la\ncolère, appels de chasseurs dans les forêts, etc... Songeons un instant au che-\nmin qu'il a fallu parcourir pour arriver au style d'un Descartes ou d'un Voltaire !\nPrécisons davantage.\nLes grammairiens qui ont étudié les langues primitives nous montrent que\nles mots appelés « substantifs » et ayant un sens abstrait, puisqu'ils expriment\nl'idée d'une substance commune à des individus de même espèce, ont été d'a-\nbord des adjectifs exprimant un caractère très apparent et sensible de l'individu.\nL'étymologie en fait foi. Ainsi, xAoa? substantif grec signifiant /.% terre, a été\nd'abord un adjectif dont le sens est la sèche (par opposition à la mer) (i).\n©iXacrcra, la mer, signifie d'abord Y agitée, celle qui bondit (aXXto). Animal celui\nqui respire; serpens, celui qui rampe, etc... « Tous les substantifs sont des\nadjectifs en ce sens qu'ils désignent les objets par une de leurs qualités... Ils\ns'appliquaient donc proprement et originairement, non pas au genre réel et\nconcret qu'ils désignent actuellement, mais à la qualité générique et abstraite, le\nfait de bondir, de respirer, de ramper...). A l'origine, le substantif ou le nom\nd'un objet désignant cet objet par une de ses qualités équivaut à cet égard à\nun adjectif (i). » Entre l'adjectif (vocable sensualiste) et le substantif (vocable\nabstrait), entre la langue d'Homère et celle de Platon ou d'Aristote, il y a la\nmême distance qu'entre les chansons des trouvères et les fugues de Bach.\nMême évolution dans les idées religieuses, qui, de la conception de divinités à\npeine différentes de l'homme, s'élèvent assez tard à la conception d'une Intelli-\ngence souveraine, le NoS; d'Anaxagore. Même évolution dans les idées\nmorales. On a dit maintes fois avec raison que, dans Ylliade, il n'y a que des\npassions, des marchés d'homme à homme, ou d'homme à dieu : l'idée abstraite\ndu bien et du devoir n'apparaît que longtemps après. Elle est un fruit tardif de\nla réflexion et de la vie sociale. Même évolution dans la littérature, où les idées\ngénérales sont de date récente.\nA ce motif intellectuel de l'évolution, s'ajoute un motif esthétique.\nLa musique n'est pas seulement une tendance vers la liberté créatrice abso-\nlue de la raison ; elle est aussi une tendance vers la beauté. A ce second\npoint de vue, il y a, de l'utile vers le beau, un processus analogue à celui qui va\nde l'expression instinctive et réaliste du sentiment à l'expression abstraite, du\n\n(1) Paul Regnaud, Éléments de grammaire comparée du grec et du latin (Paris, Colin, 1896),\n2e partie, p. 4.— Cf. Gustave Meyer, Griechische Grammatik (Leipzig, Breitkopf, 1886), p. 49-"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.12", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ncadre formel à la pensée qui le remplit et change sa valeur. Herbert Spencer,\ndans un de ses opuscules, a montré que souvent l'utile devient le beau, quand\nil cesse d'être l'utile. Ainsi, les cottes démaillés, les casques et les armes,\nqui jadis préservaient le corps contre les blessures, sont devenus dans la\nune parure pour des héros de roman ou pour des figurants d opéra ;\nles châteaux crénelés qui protégeaient la vie des barons féodaux sont\ndevenus des maisons de plaisance ; telle région, qui était jadis un terrain de\nchasse où l'homme primitif venait chercher de quoi vivre, est devenue un lieu\nd'agrément où l'on va se promener et ramasser des fleurs. Emerson (1) parle\nd un coquillage de mer chez lequel les organes, qui, à une certaine époque, ont\nété la bouche, se trouvent, aune autre période de sa croissance, rejetés en arrière\n-et deviennent des nœuds et des épines dont le coquillage est paré. Un phéno-\nmène d'ordre analogue apparaît dans 1 histoire cle la mélodie, qui, après avoir\nété vocale et unie à un texte littéraire en vue d'une fin déterminée, devient une\nmélodie instrumentale et sans paroles, n'ayant d'autre objet qu'elle-même.\nDe même, un exercice qui a été, à l'origine, composé de gestes et d'attitudes\ndétei minées par le souci cle la défensive et de l'offensive pratiques, a pu devenir\n-un exercice d'hygiène et enfin d'élégance pure (l'escrime1.\nIV\nCe qui nous a conduits à nos conclusions, c'est 1 étude du rythme. De l'analyse\ndu rythme et de ses développements, nous sommes arrivés à la constatation de\nla pensée musicale pure, affranchie, f ouveraine maîtresse des formes sonores.\nPour que cette thèse soit exacte, il faut, malgré l'importance du facteur temps\ndans une évolution, que, dès l'origine, on voie clairement un indice, un germe\nqui fasse pressentir la direction dans laquelle la musique doit se développer\n(sans quoi la musique serait un simple accident) ; il faut que, dès le début, le\nrythme musical n'apparaisse pas comme étant toujours sous la dépendance\nabsolue des paroles qui lui sont associées et qu'il manifeste une tendance vers le\nfarci da se. Or cette tendance a été constatée à toutes les époques (2). L'antiquité\ngréco-romaine l'a reconnue avec Denys d'Halicarnasse (3)1 Longin (4), Quin-\ntilien (5), Marius Victorinus (6), Varron (7). Pour le moyen âge, le recueil\n•de Gerbert [S) contient plus d'un texte significatif, et on trouvera dans la Paléo-\ngraphie musicale des Bénédictins l'analyse des cas nombreux où le rythme des\nparoles disparaît ou s'efface devant celui de la cantilène. Pour ce qui regarde\nles non-civilisés, sur lesquels je dois insister davantage dans l'intérêt de ma\n-démonstration, je citerai cette curieuse page de Grosse, tendant à montrer que\n\n(1) Regnaud, ibid.\n(2) Pour la période moderne, v. les faits cités dans mes Rapports de la musique et de la poésie\n•p. 266 et suiv.\n(3) De compositione verborum, édit. de Leipzig, 1774-77, t. V, p. 63.\n(4) Dans Vincent, Notices et extraits de manuscrits, t. XVL p. 160.\n•(5) lnst. or., ix, 4.\n(6) V, Putsch, col. 2481-2.\n(7) Rapporté par Diomède col. 512).\n.(8) Scriptores, t. I, p. 6 7. 58 ;t. 111, p. 41, etc."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.13", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nchez eux ou certains d entre eux, car il ne faut pas généraliser (et ce n'est nulle-\nment nécessaire ici) la musique a une existence propre, distincte, organi-\nquement, de la poesie : « Ce qui n'est pas pour diminuer notre étonnement,\nc est d apprendre que les chansons célèbres sont chantées par des tribus qui ne\ncomprennent pas (le poème)... Il est évident que les auditeurs tiennent moins\nau fond des chansons qu'à leur forme. Il faut se rappeler que tout poète\nlyrique primitif est en même temps compositeur; que toute poésie primitive\nest une chanson. Pour le poète, les paroles de la chanson peuvent bien avoir\nune signification indépendante ; pour les autres, elles n ont de valeur que\nliées à une mélodie. Souvent, en effet, on sacrifie sans la moindre hésitation le\nsens d une chanson à la forme... » Beaucoup d Australiens, dit Evre, ne peuvent\nvous dire ce que signifient leurs propres chansons, et je crois que les expli-\ncations qu'ils donnent sont en général très incomplètes, car ils attribuent plus\nde valeur à la prosodie qu à l'idée (littéraire). Un autre auteur écrit: « Dans\ntoutes leurs chansons de Corrobori, ils répètent ou transportent les paroles\npour varier ou observer le rythme ; leurs chansons deviennent incompréhen-\nsibles (Barlow) ». Il en est à peu près de même chez les Minçopies : ils s'effor-\ncent avant tout, dit Man, d'observer la mesure; dans leurs chansons, tout,\nmême le sens, est subordonné au rythme. Ils prennent les plus grandes libertés,\nnon seulement avec les mots, mais avec la syntaxe... Il arrive assez souvent\nque 1 auteur d'une nouvelle chanson doit en expliquer le sens à ses auditeurs.\nParmi les chansons réunies par Boas chez les Esquimaux, il s'en trouve cinq\ndont le texte consiste uniquement en une répétition rythmique d'une interjection\ndépourvue de sens. La conclusion s impose donc que la lyrique primitive offre\navant tout une signification musicale, et que le sens poétique reste parfois au second\nplan, ce qui nous suffit pour notre thèse.\nEn terminant cette leçon, je tiens à indiquer une objection que je me suis posée\nà moi-même et la manière dont je l'ai résolue.\nEn somme, ce qui nous fait croire à une « pensée musicale » fine émanation\ndu sentiment et delà raison indissolublement unis,— ce sont les œuvres de maî-\ntres tels que Schumann et Bizet, Schubert et Weber, Beethoven et Mozart, Bach\net Haendel... Si de tels musiciens n'avaient pas existé, nous ne dirions probable-\nment pas qu'il est possible de « penser avec des sons », et que ce privilège est le\nproprium vraiment original de la musique. D'autre part, dès le début, j'ai annoncé\nque nous commencerions l'histoire de la musique au début même de la civilisa-\ntion, bien au delà des Grecs, en nous rapprochant le plus possible des origines\nréelles.\nComment concilier cesdeux façons de voir, puisqu'ilne sauraitêtre question de\npensée musicale chez les nègres de l'Afrique, les Australiens ou les Esquimaux ?\nNe semble-t-il pas que nous péchions contre la règle essentielle de toute bonne,\nméthode historique, en nous faisant d'abord une idée de l'art d'après les chefs-\nd'œuvre un peu exceptionnels qu'il a produits, et en voulant ensuite appliquer\nà toutes les périodes ce qui n'est peut être vrai que d'une seule, la dernière?\nJe pourrais d'abord répondre que, pour définir l'essence d'une chose qui se\ntransforme, il faut peut-être la considérer dans son état de plein développement,\net non à l'état embryonnaire. « Ta vraie nature n'est pas en toi, dit Nietzsche ;\nelle est infiniment au-dessus de toi. » (Malebranche disait, je crois/que pour\nbien observer et connaître 1 homme, WidoxX. prendre un autre tour et regarder Dieu,)"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.14", "texte": "CONCERTS\n\nMais cette philosophie profonde ne nous est pas nécessaire. Il nous suffît de dire\nque la musique a évolué et s'est développée comme la littérature. On ne niera\npas l'existence d'une « pensée », dans les ouvrages de poésie; et cependant on est\nobligé de reconnaître que les essais de poésie, chez les primitifs ou les sauvages,\nsont très éloignés des poèmes d'un Pindare, d'un Virgile ou d'un Lamartine. Il\nen est absolument de même pour la musique. Quand je serai en présence des\nmanifestations musicales des Bochimans ou des Mincopees, je ne dirai pas :\n« c'est de la pensée », mais plutôt : « c'est leur pensée ».\n(.A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\nThéâtres et Concerts.\n\nOPÉRA-COMIQUE. - 3 mars.\n\nLEn-\nfant-Roi, comédie lyrique en 5 actes, pa-\nroles d'Emile Zola, musique d'Alfred\nBruneau.\nJ'ai la plus profonde estime pour le\ncaractère de M. Alfred Bruneau, artiste\noriginal, critique impartial et courtois.\nSa dernière œuvre a été fort applaudie,\net j'en suis heureux. Certes, L\"Enfant-Roi\nest très au-dessus d'une Muguette, d'une\nTitania, d'une Reine Fiammette... C'est\nune « œuvre », qui se détache en relief\nsur le fond banal du répertoire et des choses ressassées, A chaque page, le\ntalent apparaît, supérieur, incontestable. J'ai pourtant quelque peine à louer\ndans toutes parties cette esthétique nouvelle, cette « ars nova », déjà si éloi-\ngnée de R. Wagner !\nOn sait avec quelle piété touchante et intransigeante M. Bruneau s'est exclu-\nsivement voué aux livrets de son illustre ami, E. Zola. Un artiste sérieux doit\navoir une foi. M. Bruneau en a une. Nous devons à cette foi le Rêve, Messidor\n\\ Attaque du Moulin, 1 Ouragan... Au lieu de papillonner dans « tous les lieux\ncommuns de morale lubrique » dont s'est alimenté l'ancien opéra, M. Bruneau,\nsincère et droit, suit une voie nouvelle et va de l'avant, sans une concession aux\nvieilles routines. Le caractère « noble », le personnage à casque et à pourpoint\nd autrefois sont-ils à regretter } Je n'ai pour eux aucune superstition, mais, si on\nnous transporte en pleine vie ouvrière et populaire, je voudrais qu'on ne prêtât\npas aux acteurs du drame un langage qui, dans la réalité, leur est vraiment\ntrès étranger !\nIl s agit de savoir si une mère sacrifiera à son mari un enfant qui n'est pas de\nlui, ou si elle lui restera acquise à jamais. Le mari qui, sur une dénonciation,\navait ciu 1 épouse infidèle, finit par accepter l'enfant et pardonne une faute anté-\nlieuie au mariage. L enfant triomphe: il est Roi. La scène se passe dans une\nboulangerie, et, accessoirement, au jardin des Tuileries, au marché aux fleurs de\nia Madeleine... Soit. Une boulangère peut tenir à son fils autant qu'Androma-"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.15", "texte": "CONCERTS\n\n.que à Astyanax. Mais, au nom même de l'esthétique réaliste, je ne vou-\ndrais pas qu'on employât un langage comme celui-ci :\nMon François, mon Georget, la maison est joyeuse et prospère! Paris s'éveille ; il faut que\n!Paris ait du pain pour la besogne géante de son enfantement !\nOu bien encore :\nMinuit, c'est la sortie des théâtres, et Paris rentre par les rues, si vivantes encore ; et Paris se\n.couche, las de sa journée de travail, fiévreux de la soirée de plaisir et d'amour.\nCe n'est pas un boulanger, c'est un critique seul qui peut parler ainsi. Ailleurs,\nles paroles passent du lyrisme à une vulgarité un peu excessive. Mais laissons\n■ces chicanes !\nLa partition est d'une intensité mélodique et d'une sincérité d'accent qu'on\n■est peu habitué à trouver dans les œuvres contemporaines, Rien de provoquant\n.dans l'écriture, comme dans certaines œuvres de début. Partout, une probité\nparfaite et une belle tenue artistique. L'emploi de quelques motifs populaires,\nencadrés dans une action très dramatique parfois, est d'un très heureux effet.\n<Çà et là, les hors-d'œuvre ne manquent pas (presque tout le 3e acte est épisodi-\nque) ; mais ils sont si agréables à l'œil et à l'oreille ! si joliment illustrés par la\nmise en scène de M. Carré ! Les personnages sont bien « posés » par le musi-\ncien ; des thèmes caractéristiques permettent de les reconnaître et de les suivre.\nL'entrée de François, au 2e acte, est vraiment émouvante; partout circule une\nsève de mélodie abondante et forte. Plusieurs habitués de l'Opéra-Comique ont\nregretté de ne pas pouvoir trouver dans ce spectacle un peu plus de grâce et de\nfantaisie; mais on se familiarise peu à peu à ce genre nouveau : c'est la tragédie\nouvrière traitée avec tout le soin et le sérieux qu'on accordait jadis à la tragédie\n.aristocratique. De tels poèmes ne sont pas faits pour Louis XIV, inhabile à com-\nprendre un Téniers ; ce sont des poèmes pour le xxe siècle ! Le talent ne doit\npas suivre le goût du jour ; il doit le créer.\nL'orchestre, dirigé par M. Luigini, a été excellent, bien que certains mouve-\nments soient d'une rapidité excessive. C'est l'usage, à présent, pour donner plus\n.de vie à l'action. Autrefois, on n'avait aucune idée d'une telle précipitation.\nParmi les interprètes chanteurs, il faut mettre hors de pair Mhe Friché, qui fut\nexcellente, et M. Dufrane, dont la voix est admirable.\n\nL. S.\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 26 février 1905.\n\nAntar, de Rimsky-Korsakof :\n.-solitude du désert et tristesse du héros qui fuit, comme le Bellérophon antique,\nles sentiers des hommes ; grâce irréelle de la fée, qui tremble, aux flûtes, prête\nà s'évaporer, à s'évanouir; repos dans le palais de lumière, au son des danses\nharmonieuses, et réveil dans la solitude immuable du désert ; délices de la ven-\ngeance, d'une vengeance de prince qui tient ses ennemis en son pouvoir et excite\nsa fureur au spectacle de leurs supplices, musique ardente et implacable, appuyée\n■sur la sonorité sinistre des gongs ; délices du pouvoir, marche de triomphe et\n-danses d'esclaves, cimeterres et tambourins ; délices de l'amour, un chant arabe,\nd'une tendresse si persuasive et si caressante, que la tristesse du héros se fond\n•en extase, et qu'il meurt, ayant encore aux yeux la douce vision incertaine delà\nfée : tel est ce poème symphonique, d'un charme peut-être plus délicat et d'un\ncoloris plus fondu que Chéhéra7hade, laquelle l'emporte en vigueur. Combien\n-pâles, et presque enfantines, ont paru ensuite les trois chansons orchestrées de"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.16", "texte": "CONCERTS\n\nG. Mahler, gentiment chantées d'ailleurs par MME Faliero Dalcroze! Je ne puis;-\nadmirer non plus le de Liszt, malgré tout l'intérêt historique qui s\nche à une oeuvre de ce genre: les idées manquent, à l'excès vraiment, de couleur,\net la dernière qn irche royale) est presque orphéonesque : c'est du romantisme\nclassique et de l'orientalisme académique, bien dans la manière de Victor Hugo,\nd'ailleurs. La Fête populaire flamande, de F. Le Borne, a du mouvement, de\nl'animation, de la vigueur, mais manque de couleur, elle aussi ; cela grouille\nbien, mais dans la grisaille ; il est vrai que cet effet lui-même peut se justifier\npar le sujet : mer couleur de nuages, ciel de pluie, suroits délavés, tout cela\ndonne bien du gris, et j'aurais mauvaise grâce à m'en plaindre.\n\nL. L.\n\n5 mars.\nL. L.\nLa nouveauté du concert est la Fête du blé, de Verlaine, mise en*\nmusique par Pierre Hermant. Un rythme assez vigoureux, mais qui devient\nvite d'une insupportable monotonie ; trop de harpes et surtout trop de triangles;\non travaille donc à l'appel des sonneries électriques, en ces campagnes? La mé-\nlodie est assez agréable, péniblement chantée d'ailleurs par Mlle Picard, dont la\nvoix chevrote et s'étrangle. Quelle récompense que d'entendre ensuite le Prélude\nà Vaprès-midi d'un Faune, un Faune sans violences, qui rêve et tend les bras à\nla nature fuyante et rieuse, dans l'ivresse d'un été langoureux: tout cela d'une\ncouleur légère et chaude à la fois, et d'un accent inimitable, où 1 ardeur de la:\nvaine poursuite se tempère d'une exquise douceur, et où le désir devient lui-\nmême volupté ! La Fantaisie hongroise, de Liszt, commence avec ampleur et\nnoblesse, avant de dégénérer en acrobaties ; Mme Teresa Carreno a l'ampleur et\nla noblesse, et aussi le prestigieux mécanisme qui enthousiasme le public.\nMais je continue à ne pas aimer le son métallique du piano Steinway.\n\nCONCERTS COLONNE. — 26 février.\nA. L.\n— La belle ouverture du Carnaval Romainr\nque M. Mascagni dirigeait l'autre jour chez Chevillard avec trop de mollesse et\nde mièvrerie, et que l'orchestre de M. Colonne exécute supérieurement, est bissée\nd'acclamation Le deuxième Concerto de M. Widor (ire audition) est peu passion-\nnant: les idées» n'en sont pas très significatives ; l'instrumentation tapageuse\néçrase ordinairement le piano ; le petit andante qui relie la ire à la 3e partie est\nassez froid ; malgré de jolis détails dans le finale, qui ne manque pas de couleur\net de verve, ce Concerto ne se distingue pas de tant d'autres ouvrages du même\ngenre, il n'annonce rien de nouveau, et le public a semblé être d'avis que le\nbesoin ne s'en faisait pas sentir. M Philipp n'a pas montré dans l'interpréta-\ntion de qualités particulières. On a redemandé le Clair de Lune, de M. Fauré,\net l'air du Timbre d'argent, où l'excellent violoniste M. Firmin Touche a partagé\nle succès de Mlle Jeanne Leclerc. Nous avons ensuite admiré et applaudi Rédemp-\ntion, tout en regrettant que ce chef-d'œuvre musical soit inséparable d'un poème\nsi indigent de toute sérieuse pensée.\n\nSOCIÉTÉ PHILHARMONIQUE. — 28 février.\n\nLe quatuor Forest (avec piano) joue\ndélicatement le lERIER Quatuor deMozart et le Quatuor de Brahms. Mnielda Ekman n'a\npas toute la virtuosité nécessaire pour l'air dt Rodelinda, de HaendeL mais elle\nprend sa revanche dans le Doppelgaenger, de Schubert, redemandé, l'Ode\nsapkique de Brahms, et le magnifique Fra Monte Pincio, de Grieg. Quelques\nmélodies suédoises (Heise, Sibelius, Farnefelt), ou finlandaises (Merikanto)\npourraient être moins allemandes, me semble-t-il, M. Monteux joue avec beau-"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.17", "texte": "CONCERTS\n\ncoup de sûreté et un peu de froideur les poétiques Contes de fée, de Schumann,\npour piano et alto.\n\nL. L.\n\nECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. —■ 2 mars. M. Romain Rolland nous\nfait connaître d'abord la vie, si touchante, d'Hugo Wolf (1860-1903), puis son\nœuvre : ces lieder, d'une intensité d'expression qui fait songer à Schubert, avec\nquelque chose de plus poignant encore et de plus raffiné peut-être. Mlle Pala-\nsara et M. Jan Reder les interprètent avec beaucoup de sentiment. C'est bien\nservir la cause de l'art que de faire connaître en France un musicien allemand\nqui paraît digne de sa renommée.\n13 mars. —M. Jean Chantavoine nous révèle une œuvre bien médiocre de\nLiszt qu'il valait mieux laisser dormir.\n\nECOLE SAINTE-GENEVIÈVE. 5 mars. En une conférence coupée d'auditions\nmusicales, M. Vincent d'lndy initie son auditoire (élèves et anciens élèves de\ncette illustre maison) à l'histoire de trois siècles de musique dramatique, depuis\nCarissimi et Schiitz jusqu'à Weber et Wagner. On a beaucoup goûté sa parole\nnette et ferme, vibrante de conviction sincère et comme d'une ardeur concentrée,\net l'orchestre et les chanteurs de la Schola Cantorum ont donné une interpréta-\ntion très vivante à ce vaste programme.\n\nSALONS MUSICAUX. 4 mars.\nL. L.\nNous avons eu le plaisir d'entendre, chez\nMme la Princesse de Gystria,le Quatuor pour piano et cordes de M. de Saussine,\nfort bien exécuté par MM. Zeitlin, Marchet, Fournier et l'auteur. M. Zeitlin, qui\njouait aussi un Caprice espagnol de Mme G. Ferrari, nous a paru fort en progrès\nsur l'année dernière pour le son, qui est ample et nourri ; quant au mécanisme,\nil est resté parfait.Mlle La nrezac chante délicatement deux mélodies d'E. Chausson\n[Nanny et Au temps des Lilas) : cette musique distinguée convient fort bien à son\ntalent.\n\nMATINÉES DANBÉ.\nS. S.\nLe mercredi 22 février, à la matinée Danbé, donnée selon\nl'habitude, au théâtre de l'Ambigu, nous avons eu le plaisir d'applaudir deux\nmélodies, subtilement écrites, et très émouvantes, du jeune compositeur Ad.\nMercier, dont le Grand-Théâtre de Bordeaux doit bientôt représenter un acte\nintitulé : /'Anniversaire.\n\nSOCIÉTÉ NATIONALE. 18 février.\nC. Z.\nOutre les deux nouvelles pièces de piano\nde Cl. Debussy [Masques et Ylsle joyeuse), NI. R. Vinès interprète deux petits\npoèmes pour piano de D. de Séverac(E/z Languedoc), d'un sentiment fort délicat.\nM. Jean Périer nous fait connaître des fragments des Heures d'Été d'Albert Groz ;\nce sont des mélodies écrites sur des poèmes d'A. Samain, mais avec la partie\nde piano fort développée et d'un grand intérêt musical. Un peu de wagnérisme\npeut-être dans la première (.Apporte-moi les cristaux dorés)] mais la seconde (Frêle\ncomme un harmonica) est fort jolie.\n\nSALLE DES AGRICULTEURS. — 6 mars. — IMME B. Wagner joue avec délica-\ntesse et sûreté le Concerto de Mendelssohn, et M. Oumirof chante, après un air\nàiHérodiade, d'admirables chansons tchèques, mélancoliques et larges ; sa voix\nest belle et son style excellent.\n— A signaler parmi les concerts les plus intéressants :\nLe 2 mars, le concert du Quatuor lyrique de Paris (MUes M. Garnier,L. Proska,"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.18", "texte": "CONCERTS\n\nG. Mauguière, P. Daraux), le 8 mars, le ier récital Enesco (Tartini, Bach, Ernst,\nPaganini, Sarasate) ;le 9, le ier concert de MM. Barmeister et Ed. Bernard\n(Mozart, Bach, Chopin, Mendelssohn, Debussy, etc.); le 11, le concert d'inaugu-\nration de la nouvelle Société Bach (Gustave Bret, directeur); le 13, le beau\nrécital d'orgue de M. Loth, avec le concours de Mme M. Capoy (Frescobaldi,\nBach, Cés. Franck),\nCitons encore parmi les virtuoses récemment applaudis : Mlle Marguerite\nCaponsacchi (violoncelliste) et Mlle Suzanne Richebourg ; xM. Dezsb Léderer\n(audition d'oeuvres de Léo Sachs) ; M. Jules Marneff, violoncelle solo des\nconcerts Lamoureux ; M. I. Philipp (œuvres de Ch. M. Wïdor, salle Erard,\n6 mars), et Mme Charles Max ; Mlle Andrée Geïlée (récital de piano).\n\nSALLE ERARD. Voici un aperçu des programmes des quatre concerts histo-\nriques que donnera à la salle Erard M. Ricardo Vinès :\nLa ire séance (27 mars) comprendra des œuvres de clavier depuis les ori-\ngines jusqu'à Haydn : la 2e (3 avril), de Mozart à Chopin : les 3e et 4e (10 et 17\navril) sont consacrées à la musique moderne de toutes les écoles.\nAjoutons que M. Vinès a institué pour ces séances des abonnements et des\nentrées à un prix tout à fait populaire (10 fr. et 2 fr.).\n\nSALLE PLEYEL. Concerts annoncés: le 16, Mlle Lapidus Dylion ;le 17,\nM. Catherine; le 18, M. S. Bûrger; le 20, M. Ed. Risler; le 23, à 4 h., Société\ndes Instruments à vent ;à 9 h., Société des Compositeurs; le 24, Mme Bernaudin\nJetot; le 25, M. Morpain ; le 27, M. Stavenhagen; le 28, M. Grovlez ; le 29,\nM. Tracol; le 31, MM. Granados et Crickhoom.\n\nÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES SOCIALES.] Les lundis 20, 27 mars et 5 avril, à\n4 h. 1/4, M.Louis Laloy étudiera quelques œuvres de musique dramatique\ncontemporaine: Fervaal, Louise, Pelléas et Mélisctnde.\n\nBAZAR DE LA CHARITÉ. Le 24 mars, à 4 h., concert dirigé par M. Vincent\nd'lndy, et précédé d'une causerie par xM. Louis Laloy : de Monteverdi à Rameau."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.19", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles\n\nGUSTAVE SAMAZEUILH.\n\nSonate, pour\nviolon et piano. Paris, Durand et fils.\nCette Sonate a eu le grand honneur\nd'être jouée par Ysaye. l'année passée, à\nla Société Nationale ; c'est à cette oc-\ncasion qu'un très jeune critique félicita\nM. Samazeuilh d'avoir eu « la fortune »\nde trouver un tel interprète. Nous ne\nrelèverions pas une aussi basse équivo-\nque, si nous ne savions qu'elle fut très\nsensible au grand artiste, dont le désinté-\nRessement connu proteste assez contre de telles insinuations. Mais quoi ? M. Sa-\nmazeuilh fréquente la Schola Cantorum, cela suffit pour que toutes les armes\nsoient bonnes contre lui. Et cependant, quelle pensée plus indépendante et\nmoins asservie que la sienne aux formules et aux Credo ? C'est ce que savent\nseulement ceux qui ont pris la peine de lire sa musique.\nBien plus que de Vincent d'lndy, Samazeuilh se réclame de César Franck, et\naussi d Ernest Chausson, qu'il connut personnellement. Et il occupe aujourd'hui\nune situation intermédiaire entre l'art architectural, fondé presque uniquement\nsur le contrepoint, de la Schola Cantorum, et l'art plus souple et plus harmoni-\nque d un Debussy et d'un Ravel. Il va sans dire que je ne fais pas ici de compa-\nraisons: je tâche de préciser, seulement, une situation Son œuvre, déjà consi-\ndérable, comprend plusieurs Mélodies pour chant et piano, une Suite pour piano,\nun Poème pour violon et piano, un Quatuor à cordes dont nous aurons occasion\nde parler bientôt, et la présente Sonate.\nUne introduction lente expose d'abord l'idée maîtresse, qui dominera l'œuvre\nentière :\nOn ne peut certes lui refuser la force et l'accent, et une œuvre qui s'annonce\nainsi ne peut être banale. Le premier thème du premier mouvement en dérive,\nsous une forme plus ramassée :\nEt le second thème, plus alangui, contraste très heureusement avec celui-ci ;\nla liberté et l'heureux choix des modulations donnent à ce premier mouvement\nune excellente allure. Le scherzo est rythmé à cinq temps, d'une manière très\nnaturelle et vivante. L'andante, annoncé par l'idée directrice bientôt muée en\nbasse obstinée, est, à mon sens, le meilleur morceau ; le chant du violon est très\nexpressif, sans rien de déclamatoire ni de forcé cependant ; cette musique révèle\nune nature vraiment distinguée. L idée dominante reparaît au finale, avec de"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\nfortes harmonies, et amène un thème apparenté à celui du scherzo, mais d'un\nrythme plus carré. Il y a de la verve en ce finale, qui cependant me plaît moins\nque bandante. Mais ce dont cette trop brève analyse ne peut donner l'idée, c'est\nla parfaite musicalité de tout l'ensemble, musicalité qui à elle seule est aujour-\nd'hui un grand et rare mérite.\n\nC. Z.\n\nOUVRAGES REÇUS.\nN. CLÉRAMBAULT. Airs tirés de différentes cantates. Paris, Durand et fils.\nA. MAGNARD. Promenades, pour piano. Paris, Durand et fils.\nJ.-PH. RAMEAU. Pièces de clavecin. Nouvelle édition avec préface de C. Saint-\nSaëns. Paris, Durand et fils.\nAirs tirés de différentes cantates. Paris, Durand et fils.\nC. SAINT-SAENS. Quatuor pour deux violons, alto et violoncelle. Paris,\nDurand et fils.\n\nInformations.\n\nM. V. Charpentier doit donner des soirées musicales dans la grande salle\ndes Fêtes du palais du Trocadéroles 16 avril, 21 mai et 11 juin prochain.\nM.Dujardin-Beaumetz, Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, a assisté à\nune répétition d'ensemble de l'Ecole de Chant choral, le dimanche 5 mars, dans\nune des salles du palais du Trocadéro.\nIl a vivement félicité M. J. d'Estournelles de Constant, président du Comité\nde patronage de l'Ecole, ainsi que les deux directeurs, MM. Radiguer et\nMasson.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 décembre 1904 au 19 janvier 1905.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n21 Déc. 1904\n23 —\n24 —■\n26 —\n28\n3o —\n2 Janv. 1905\n4 —\n6 —\n7 —\n9 —\nr 1 —\n13 —\n14 —\nr 6 —\n18 —\nLa Favorite.\nTristan et Isolde.\nRigoletto. — Coppélia.\nTristan et Isolde.\nLe Trouvère.\nTristan et Isolde.\nTristan et Isolde.\nTristan et Isolde.\nRoméo et Juliette.\nTristan et Isolde.\nLe Fils de VEtoile.\nTristan et Isolde.\nSigurd.\nTristan et Isolde.\nSamson et Dalila. — Paillasse.\nSigurd.\nDonizetti.\nR. Wagner.\nVerdi. Léo Delibes.\nR. Wagner.\nVerdi.\nR. Wagner.\nR. Wagner.\nR. Wagner.\nGounod.\nR. Wagner.\nG. Erlanger.\nR. Wagner.\nReyer.\nR. Wagner.\nSaint-Saëns. Leon-\ncavallo.\nReyer.\n14.782 76\n21.144 34\n16.420 »\n19.401 41\n10.952 76\n20.671 34\n19.452 91\n15.740 76\n13.890 41\n13.288 5o\n14.049 91\n15.256 26\n18.280 41\n12.488 5o\n13.789 91\n12.772 76"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 décembre 1904 au 19 janvier 1905.\nSur la proposition du Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, M.Bienvenu-\nMartin vient d'accorder, à titre d'encouragement, une somme de deux cents francs\nà la Société moderne d'lnstruments à vent ; deux cent cinquante francs à la\nSociété d'Auditions fondée par Emile Pichoz, et cent francs au Quatuor Beet-\nhoven qui vient de se fonder.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 Déc. 1904\nLa Reine Fiammette.\nXavier Leroux.\n4.714 5o\n21 —\nDon Juan.\nMozart.\n7.656 »\n22 —\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n9.22a 3o\n23 —\nCarmen.\nBizet.\n10.862 »\n24 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.835 40\n2 5 —matinée\nCavalleria Rusticana. — La\nVie de Bohême.\nMascagni. Puccini.\n7.i38 5o\n25 — soirée\nMignon.\nA. Thomas.\n6.174 »\n26 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n4.631 »\n27 —\nManon.\nMassenet.\n6.883 »\n28 —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n1.824 »\n29 —\nCavalleria Rusticana.— Lakmé.\nMascagni.L. Delibes.\n8.5O2 5O\n3o —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n6.406 »\n31 —\nCavalleria Rusticana. — Le\n1er Janv. 1905\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n9.676 25\nmatinée\nLa Traviata. — Le Chalet.\nVerdi. Adam.\n5.628 5o\n— soirée\nLakmé. — Les Noces de Jean-\nnette.\nL. Delibes. V. Massé.\n8.438 5o\n2 —matinée\nLa Fille du Régiment. — Le\n9.368 5o\nJongleur de Notre-Dame.\nDonizetti. Massenet.\n2 — soirée\nManon.\nMassenet.\n8.421 5o\n3 —matinée\nDon Juan.\nMozart.\n7.i36 5o\n3 — soirée\nCarmen.\nBizet.\n8.779 5°\n4 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n5.427 5o\n5 —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n9.460 80\n6 —\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n7.413 5o\n7 —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n9.614 40\n8 — matinée\nCavalleria Rusticana.— Lakmé.\nMascagni.L. Delibes.\n7.792 »\n8 — soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.648 5o\n9 —\nLes Dragons de Villars.\nMaillard.\n4.335 »\n10 —\nLe Vaisseau Fantôme.\nR. Wagner.\n7.571 »\n11 —\nCavalleria Rusticana. — La Vie\nde Bohême.\nMascagni. Puccini.\n8.137 5o\n12 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.612 5o\n13 —\nManon.\nMassenet.\n9.108 5o\n*4 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n7.839 25\n: 5 — matinée\nCarmen.\nBizet.\n7.56i 5o\n15 — soirée\nLes Dragons de Villars. —\nMaillart. Mascagni.\nCavalleria Rusticana.\n4.743 »\n16 —\nLakmé.\nL. Delibes.\n4.620 »\n17 —\nManon.\nMassenet.\n5.655 »\n18 —\nXavière. — Hélène.\nThéodore Dubois .\nSaint-Saëns.\ni.63o »\nIQ —\nXavière. — Hélène.\nThéodore Dubois .\nZ7\nSaint-Saëns.\n5.026 65"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nM. Hugues Imbert, en son vivant critique d'art, a légué sa bibliothèque et\nun violon au Conservatoire national de Musique et de Déclamation.\n- L'Académie des Beaux-Arts a présenté au choix du Sous-Secrétaire d'Etat\ncinq candidats, anciens prix de Rome, pour la création de l'opéra que doit\njouer, tous les deux ans, notre Académie nationale de musique.\nCes candidats sont, par ordre de présentation : MM. Savard, grand prix de*\n1886 ; Carraud, grand prix de 1890 ; Bachelet, prix de 1890 , Silver, « Romain »\nen 1891, et Bloch, prix de 1893.\nLe Sous-Secrétaire d'Etat choisira, entre ces cinq candidats, celui qui doit\ncréer l'œuvre « officielle» que doit jouer M. Gailhard.\n\nRENNES. Par arrêté du lERIER février de M. le préfet dllle- et - Vilaine,\nMl!e Lorans est nommée professeur titulaire àla classe de chant (élèves femmes)\nde l'Ecole Nationale de Musique, succursale du Conservatoire cle Paris.\nLe festival Paul Vidal a été un grand et immense succès. Le jeune Maître, qui\ndirigeait l'orchestre, a été l'objet d'ovations et de rappels pour ses admira-\nbles compositions : la Vision de Jeanne d'Arc, le Mystère de la Nativité, le\nBallet de la Burgonde, etc., etc Mlle Sirbain a été acclamée et bissée dans\nde charmantes œuvres du Maître: La Meneuse de jeu, Y Air d'Eros, Printemps\nnouveau.\nCette solennité, due à l'initiative de E. Boussagol, directeur du Conservatoire,,\nrestera longtemps gravée dans la mémoire des Rennais.\n\nANGERS. — Janvier 1905.\nA. D.\n— Je ne cite que pour mémoire le concert du ier\njanvier — date fâcheuse qui devait fatalement ajourer une salle moins emplie\nd'ordinaire — et celui du 29, quoiqu'on y ait joué d'excellent Berlioz et que\nM. Ossip Gabrilowitsch soit un pianiste bien remarquable.\nLa grande çianifestation musicale du mois aura été la matinée du 15, toute en\nl'honneur de Richard Wagner, et toute à l'honneur d'une ville qui a toujours\nmarqué sa place à la tête du mouvement artistique en province; j'en appelle à\nla propagande romantique qu'y dirigeait jadis Victor Pavie, et à une propa-\ngande wagnérienne qui remonte à un quart de siècle, c'est-à-dire à une date où\nla gloire du maître était encore plus que contestée à Paris.\nMaintenant que pour être trop consacrée elle subit peut-être - de la part des\nartistes — quelques atteintes, il est intéressant de noter des journées d enthou-\nsiasme public comme celle du 15. Rendons justice à tous, et disons que\nM. Brahy, avec son orchestre admirablement discipliné, méritait sa bonne part\ndes applaudissements. Et que dire de Mme Félia Litvinne qui n'ait été déjà dit,\nsinon qu'elle fut une révélation pour la plupart des Angevins, et qu'en l'écoutant\nils eurent tôt fait d'oublier qu'elle était une peu vaporeuse Eisa.\n\nGENÈVE.\n\n— Parmi les trop nombreux donneurs de concerts qui ont déjà sévi à\nGenève cet hiver, il ne faut citer et retenir que quelques noms vraiment dignes\ndu titre de virtuoses et dont le talent est connu de tous.\nCe furent pour le piano Mmes Panthès, Carreno, C. Kleeberg, B. Marx ;\nMM. Risler, Diemer et Reisenauer.\nPour le violon, MM. Marteau, Sarasate, Capet, Marsick et Flesch."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nPour le chant, Mmes M. Tracey, Maria Gay, Holmstrand, NinaFaliero, Cécile\nKetten et M. Frolich, et encore parmi ces illustres y eut-il bien des déconve-\nnues financières, l'abondance des concerts étant vraiment trop grande.\nL'Orchestre Lamoureux, annoncé pour le 28 février, n'aura pas cet ennui, car\nla salle est déjà presque toute louée et le triomphe artistique le plus éclatant\nest assuré.\nAu théâtre, les nouveautés déjà offertes aux abonnés et habitués ont été le\nJongleur de Notre-Dame et Grisélidis, de Massenet ; la Belle au Bois dormant, de\nSilver.\nLa réussite de ces œuvres ne fut pas égale, il est même pénible à dire qu'elle\nfut plutôt mauvaise qu'heureuse.\n\nPIERRE FERRARIS.\n\nMARSEILLE.\nERNEST GUEYDAN.\n— Il vient de se fonder en notre ville une association d'organistes\nsous le titre: Association des Organistes de Marseille.\nC'est sur 1 initiative de MM. Lajarrige et Michel que cette association a pris\nnaissance.\nJe m'empresse de dire tout d'abord que ce groupement n'a aucun but de syndi-\ncalisme. Il éloigne absolument toute idée de revendication, sous quelque forme\nque ce soit — ceci a été nettement établi dès les premières réunions, afin qu'il\nsoit bien entendu que l'association n'aura rien de commun avec les syndicats.\nLe but de l'association des organistes est donc purement artistique. Il con-\nsistera en réunions amicales, où diverses questions musicales seront mises en\ndiscussion. Le plain-chant offre beaucoup de prise à ces discussions. On sait\nque bien peu de théoriciens sont d'accord sur ses règles exactes. D'aucuns\napprouvent certaines relations mélodiques que d'autres répudient ; les uns sont\nparo'sans de la cadence avec emploi de la note sensible ; les autres repoussent ce\nprocédé. Les signes de notation, le rythme, l'accentuation ne sont pas identi-\nques sur tous les graduels ou antiphonaires, etc., etc...\nCes diverses questions seront donc l'objet des appréciations que chacun\npourra discuter et appuyer par des citations.\nD'autres points intéressants pourront être traités ; il sera même utile de\nconnaître l'avis de chacun sur le genre de musique qu'il convient d'exécuter à\nl'église. Cette question a été soulevée bien des fois et ne manque pas que\nd'êlre très captivante pour les professionnels de l'orgue.\nLes éléments ne manqueront donc pas pour intéresser les réunions de ladite\nassociation.\nOutre ce qui précède, il sera intéressant de connaître les productions\nmusicales de chacun des sociétaires. Il en résultera pour tous une stimulation\nsalutaire et une intimité plus étroite ; et il se pourrait, si les circonstances s'y\nprêtent, et si, comme je l'espère, l'association se fortifie et s'appuie sur des prin-\ncipes d'égalité et de cordialité, il se pourrait, dis-je, que dans les temps à venir\nles organistes aient un orgue à eux, dans un local ad hoc. Des tournois d'impro-\nvisation pourraient alors s'engager,et des concerts de musique pure s'organiser.\nIl est donc à souhaiter que l'Association des Organistes de Marseille prospère\net se développe, et c'est notre plus cher désir.\n\nMONTE-CARLO. NICE.\nNous sommes en pleine saison; les auditions musicales sont fort nombreuses.\nJe serai donc obligé d'être concis."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050315-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nAux concerts de Monte-Carlo, en dehors des morceaux qui font partie du\nrépertoire courant, il faut mentionner :\nAu vie concert, Léonore (ire audition), d'après la ballade de Bûrger, poème\nsymphonique de M. H. Duparc, intéressant et d'une jolie instrumentation.\nAu viie? la Procession nocturne, de M. Rabaud.\nAu vnie, Profils païens {Dryades àla source), de M. Ed. Tremisot, d'une ins-\npiration fraîche et agréable.\nAu xie, la Noce villageoise, de Goldmark, symphonie en 5 parties, jouée sou-\nvent à Monte-Carlo ; et Namouna, le si joli ballet de Lalo.\nAu xme, première audition de Brumaire, ouverture de M. Massenet poui le\ndrame de M. Edouard Noël ; instrumentation puissante ; effet théâtral.\nAu xve, Sur la mer lointaine, de M. Léon Moreau, poème symphonique de\nfacture très soignée, dont je me rappelle la première audition, en janvier 1900,\naux concerts Lamoureux. Le jeune compositeur s'est en outre fait applaudir,\nau concert moderne du dimanche, comme pianiste. Jeu correct, concis et un\npeu froid.\nA Nice, au Casino, il n'y a guère à mentionner que le Jongleur de Notre-\nDame, assez médiocrement monté et joué. M. Massenet a assisté aux dernières\nrépétitions de son œuvre.\nA l'Opéra, après une série d'ouvrages du vieux répertoire donnés avec le ténor\nDuc, il faut citer une bonne reprise de Salammbô à laquelle M. Reyer est venu\nassister. Mlle Ch. Wyns a composé et chanté de façon remarquable le rôle de\nl'héroïne carthaginoise ; mais elle s'est surpassée et a été vraiment superbe\ndans celui de Vita, de b Etranger.\nM. Vincent d'lndy a dirigé lui-même la première représentation de son opéra\nqui, ce jour-là, a été acclamé par une élite de fidèles et d'admirateurs. Mais le\npublic ordinaire, et même la critique, a paru ne pas comprendre grand'chose à\ncette œuvre sévère et a fait un accueil beaucoup plus chaleureux à la Reine\nFiammette. Le* succès de ce conte lyrique a été considérable ; l'auteur et sa déli-\ncieuse interprète, Mlle Garden, ont été l'objet d'ovations sans fin (et, entre nous,\nun peu préparées). La musique de l'auteur A Astarté, chantante, chatoyante,\npassionnée jusqu'à l'outrance même, et assez facile, devait plaire dans un pays\nde soleil où elle semblerait avoir été conçue.\nLa mise en scène de ces deux derniers ouvrages était irréprochable, et l'exécu-\ntion très convenable pour l'ensemble. Comme M. Vincent d'lndy, M. X. Leroux\na conduit l'orchestre, qui a été bon.\nMentionnons encore le succès de M. Alvarez et de Mme Heglon dans Samson\net Dalila, et le demi-succès seulement de Mile Soyer dans le Prophète."}]}