{"numero_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_sha256": "dd51af1c867036ace9ffb0bdc12625fbfd821401d7ecb13624c180d84207e492", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1905/04/01_01/bmtnabj_1905-04-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1905/04/01_01/bmtnabj_1905-04-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "201", "page_fin": "202", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.1", "titre_corps": "ZDENKO FIBICH (1850-1900)", "titre_sommaire": "ZDENKO FIBICH (1850-1900)", "signature_source": "HENRI HANTICH", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.2", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3241, "texte": "ZDENKO FIBICH (1850-1900)\nHENRI HANTICH.\n\nZdenko Fibich, un très distingué compositeur tchèque, intéressant par le\ncharme poétique de son esprit rêveur, les hautes qualités de style et de facture\nqui se retrouvent dans toutes ses compositions, et ses tendances émancipatrices\nd' anciennes formules musicales, trahit dans l œuvre qu'il a laissée V influence de\ntrois maîtres : Wagner, Schumann et Smetana. La Fiancée de Messine, obérez\nen 3 actes, paroles dfOtokar H ostinsky, où il déploie pour la première fois sa\npuissance dramatique, est composée dans Vesprit de l'ecole néo-allemande.\nDans ses ouvrages lyriques, chants et compositions pour piano, plus ci1 un\nirait rappelle la langueur pénétrante du prince des Lieder, R. Schumann. La\ntendance enfin qu'on remarque en lui d'atteindre le maximum de simplicité et\nd'expression le range parmi les adeptes les plus fervents du maître Smetana.\nParvenu à la possession complète de tous les moyens et à la pleine maturité\nde son talent, il s'attache à élargir la forme musicale reçue. Il rompt avec les\nhabitudes en ce qu'il substitue à la voix chantée la parole poétique libre de toute\nentrave, colorée seulement par l'orchestre symphonique moderne, et se fait\nainsi créateur du mélodrame scénique moderne.\nLa trilogie Hippodamie (le texte est du poète tchèque 1. Frida-Vrchlicky),\ncomposée de trois drames remplissant chacun une soirée, Les Fiançailles\nde Pelops (i), l'Expiation de Tantale et la Mort d'Hippodamie, —estime\nœuvre originale, abondante en scènes dramatiques très émouvantes, qui as-\nsure à Fibich une belle place parmi les premiers compositeurs contemporains.\nIl donna ensuite la Tempête, d'après la pièce de Shakspeare ; Hedy, d'après\nByron ; Sarka, opéra national, où il s'est inspiré d'une légende bohème [la\nguerre des Amazones), et la Chute d'Arcune, drame lyrique d'inspiration très\nélevée.\nChacune de ces œuvres marque une nouvelle étape dans la recherche de li-\ndéal que Fibich poursuivit toute sa vie.\nIl fait montre d'admirables qualités de style et d'invention dans ses sympho-\nnies, surtout celle en mi bémol majeur, et dans ses ouvertures.\nSes meilleurs poèmes symphoniques s'appellent Zaboj, Slavoj et Ludick,\nle sujet en est tiré d'une autre légende bohème ; puis Tomanet la Fée, Othello,\net enfin A la tombée delà nuit, particulièrement goûté par ses compatriotes.\nOn joue souvent aussi son Quatuor en sol majeur et son Quintette\npour piano, violon, clarinette, cor et violoncelle.\nSes compositions pour piano, ses ballades et ses chants, qui révèlent un goût\ntrès délicat, sont très nombreuses. On en compte plus de cinq cents. Les plus\nintéressantes en sont : les Impressions et Souvenirs, les Veillées, l'Age, Sur la\nMontagne et les Silhouettes de peintres. Les qualités de pittoresque de Fibich\nsont mises le mieux en valeur dans ses compositions pour chœur et orchestre,\ndont les plus réussies sont : les Romances printanières et la Mélusine.\nIl est né le 21 décembre iBso à Seborschit*, fit ses études musicales à\nPrague, et fut chef d'orchestre dans cette ville. Le lecteur éclairé doit retenir\nson nom.\n(1) Cette œuvre a passé sur la scène non seulement à Prague, mais aussi à l'étranger. Elle\nfut reçue avec beaucoup de faveur à Amsterdam et à Vienne."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "201", "page_fin": "201", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.1.1", "titre_corps": "Zdenko FIBICH", "titre_sommaire": "Zdenko FIBICH", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.1", "debut_caractere": 69, "fin_caractere_exclue": 82, "texte": "Zdenko FIBICH"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c003", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "203", "page_fin": "213", "image_debut": 3, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.2", "titre_corps": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "titre_sommaire": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.3", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2979, "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nVIe LEÇON (cours du lundi), d'après une sténographie.\nLA MUSIQUE ET LA PHYSIOLOGIE.\n\nMESDAMES ET MESSIEURS,\nNous sommes arrivés à la conception suivante de la musique :\nIl y a, dans toute composition musicale (comme, d'ailleurs, dans toute compo-\nsition poétique), i°un sentiment, dont quelques caractères seulement (intensité,\nmodification, durée...) peuvent être « imités » avec exactitude, mais qui, étant le\npoint de départ de 1 œuvre tout entière, s'y retrouve à l'état diffus ; 2° des images\n** 1 O\nqui provoquent des associations d'idées très variables ; 30 un sens plus ou moins\nprofond, plus ou moins banal, intraduisible parle langage des mots, et dont\n1 esprit musical, seul, est juge. Nous nous sommes bornés, pour justifier ces trois\npropositions, à des analyses d ordre psychologique et artistique ; ce qui a déter-\nminé notre méthode, c'est le souci de commencer par ce qu'il y a de plus sûr et de\nmoins exposé aux négations systématiques, c'est-à-dire le sentiment musical lui-\nmême. Nous devons maintenant sortir de ce domaine purement subjectif, soit\npour examiner les causes extérieures qui peuvent jouer un rôle plus ou moins\nimportant dans les phénomènes étudiés jusqu'ici, soit pour connaître les théories\ndifférentes de la nôtre, et soumettre ainsi nos idées à l'épreuve de la discus-\nsion.\nEn affirmant que le fait capital est 1 existence d une pensée musicale, nous n'en-\ntendons nullement réduire l'étude delà musique à la psychologie pure, et sup-\nprimer tous les liens qui la rattachent à des lois positives régissant l'organisation\nclu monde extérieur et matériel. Les systèmes que nous allons examiner ne nous\ngênent en rien ; ils sont légitimes, car ils correspondent à divers ordres de re-\ncherches nécessaires et à d'autres besoins de l'esprit ; nous ne ferons aucune\ndifficulté de recueillir, tout en nous efforçant de lui assigner sa vraie place, la\npart de vérité qu'ils nous apportent. Nous ne réfuterons que la prétention de\nchacun d'eux à donner une explication d'ensemble et à rendre tous les autres\ninutiles. Dans cette manière de voir, qui consiste à tout concilier par voie de\nsubordination, il n'y a aucun parti pris d'éclectisme. Il est impossible de ne pas\nreconnaître en 1 homme un esprit raisonnable ; mais cette raison est déterminée\ntrès souvent par des causes extérieures, et elle a une genèse qu'on peut étudier\nchez l'enfant ; il en est de même pour la musique. Rien n'est isolé ; les choses\nforment un nexus infini. Tout réagit sur tout. Quand le matérialisme montre\nl'influence du physique sur le moral, il est dans le vrai ; il ne devient inadmis-\nsible que quand il veut faire sortir toute la vie morale de la vie physique. Cette\nanalogie précise l'état d'esprit avec lequel nous abordons l'examen critique d'un\ncertain nombre d'idées.\nI\nLa première doctrine que nous rencontrons, en abandonnant notre premier point\nde vue, est la doctrine physiologique. Elle a pour objet d'expliquer l'émotion"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.4", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3822, "texte": "musicale par l'action purement physique qu'exercent les sons sur notre orga-\nnisme, en vertu de lois indépendantes de nous ; et elle s'efforce de ramener au\ndéterminisme de la sensation commune les phénomènes auxquels nous avons\ncru pouvoir attribuer un caractère rationnel-spécifique. Cette doctrine veut prou-\nver que la musique ne produit pas des effets directs sur l'intelligence, limagina-\ntion, la sensibilité morale, mais que les rythmes, les consonances et les disso-\nnances qui la constituent ont sur nous une action analogue à celle d'un phéno-\nmène purement matériel : par exemple, un breuvage amer ou sucré, une caresse\nou une piqûre sur la peau, un objet glacé ou brûlant ; et elle considère cette ac-\ntion quasi mécanique comme déterminant l'émotion musicale. C'est l'opinion\nde Helmholtz, qui, dès les premières pages de son livre (4e édit. Einl., p. 4),\ndéclare que la physiologie acoustique, en nous expliquant le mécanisme des sen-\nsations sonores, peut seule nous donner le secret de la musique ; c'est aussil'opi-\nnion de Wundt, qui, dans ses Eléments d'une psychologie physiologique parus en\n1874, douze ans après le livre de Helmholtz, a écrit que (( considérer la conso-\nnance et la dissonance comme des phénomènes de sensation pure, et les dégager\ndes sentiments qui s'y trouvent liés, est la première condition d'une bonne mé-\nthode de recherches ». En réduisant la musique à la sensation, Wundt était tenu\nd'expliquer pourquoi certains sens (l'odorat, le goût) n'ontpas donnélieu à des arts\nspéciaux comme le sens de l'ouïe ; il s'en est tiré, fort ingénieusement, en disant\nque les sensations de l'oreille sont seules désintéressées. Un mets a-t-il un fumet\ndélicat ? on désire le manger ; mais un violon a t-il de beaux sons sous les\ndoigts d'un artiste ? la sonorité seule nous plaît, et l'instrument ne nous inté-\nresse pas. Le même point de vue est celui de deux autres Allemands d'autorité\nconsidérable, M. Lipps, M. Stumpf. D'après Hausegger (F, les mouvements so-\nnores produisent en nous, par un processus purement physiologique, des mou-\nvements semblables, lesquels, par régression, font naître des sentiments analogues\nà ceux qui les ont inspirés chez le compositeur : «dans la musique de Beethoven,\ndit-il, ce n'est pas l'esprit qui parle à l'esprit, mais » la matière qui affecte le\ncorps. Analogue est l'opinion de Hennig (Esthétique de Ici musique, 1897,\np. 40-62). En Russie, on peut citer les travaux de M. Dogiel ; en Italie, ceux\nde M. Patrizi ; en France, ceux de MM. Binet et Couturier (travail sur la\nVie émotive dont la troisième partie est consacrée à l'influence de la musique sur\nla respiration, le cœur, et la circulation capillaire, Année psychol., 1896); ceux de\nM. le Dr Ferrand (Communication à l'Académie de médecine de Paris, dans le\nBulletin, 1895, P- 226-270); de M. N. Vaschide, chef des travaux au Laboratoire\nde psychologie expérimentale de 1 Ecole des Hautes Etudes de Paris, et de M. J\nLahy {les coefficients respiratoires et circulatoires de la musique, dans la Rivista\nmusicale de Turin, 1902, fasc. 1 et suiv.) ; de M. Féré, médecin de Bicêtre (Tra-\nvail et plaisir, Alcan, 1904). Dans sa Psychologie des émotions, M. Th. Ribot,\ndéfendant la doctrine de James, d'après laquelle un certain habitus physique n'est\npas la conséquence mais la cause de l'émotion, a cru trouver dans la musique\nun argument décisif en faveur de sa thèse; et comme il dit ailleurs que la créa-\ntion musicale est faite avec des états émotionnels abstraits, on voit le rôle capi-\ntal qu'il conviendrait, d'après lui, d'attribuer à l'action physique des sons. Ce\n\n(1) Dozent pour l'histoire et la théorie de la musique à l'Université de Graz [La Musique comme\nexpression, 1885, p. 121). Cf. Lipps, Psychologische Studien (Heidelberg, 1885, 2e partie)."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.5", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3673, "texte": "n'est là qu'une esquisse bibliographique très incomplète. Mais plusieurs des ou-\nvrages que je viens de citer indiquent tout le nécessaire.\nEn réagissant contre l'abus des discussions métaphysiques et en s'engageant\ndans les voies de l'observation précise, cette doctrine a rendu de grands services\net mis en lumière des faits très intéressants. Le principe qui lui sert de point de\ndépart n est nullement embarrassant pour ceux-là mêmes qui n'admettraient pas\ntoutes les conclusions.\nQuela musique soit, à certains égards, très sensuelle, et nous procure un plai-\nsir ou un déplaisir physiques, liés à la qualité des sons entendus, il n'en saurait\nêtre autrement, puisque la musique a pour point de départ les sensations de l'o-\nreille. Une fausse note nous arrache des exclamations involontaires, des gestes\nd impatience, et donne à notre visage une expression de malaise ; la sonorité\nd'une belle voix ou d'un bon instrument peut être au contraire, par elle-même,\nune cause de réelle jouissance. Remarquons cependant que la beauté des sons\nne nous touche guère quand elle n est pas liée à un sens sérieux de la phrase jouée.\nVoici une expérience que nous avons tous faite. Un virtuose peut exécuter un\nmorceau de pacotille sur un excellent violon ou un piano Pleyel : il ne nous\némeut pas, il nous déplaît même et nous irrite. Au contraire, avec une voix mau-\nvaise et en s accompagnant d'un piano médiocre, un compositeur de talent\nchante une de ses œuvres : il peut nous donner la sensation d'art la plus fine et\nla plus agréable.\nVoici quelques autres observations générales.\nI Pour que la doctrine physiologique pût s'imposer et remplacer toutes les\nautres, il faudrait qu'elle pût expliquer, d'une façon complète et définitive, le mé-\ncanisme de l'audition Or, l'oreille est encore mal connue. Les savants y font des\ndécouvertes, auxquelles ils donnent leur nom, comme les voyageurs qui explo-\nrent des pays nouveaux. 11 y a deux hypothèses, entre lesquelles on peut hésiter.\nLa première est celle que Helmholtz a adoptée (p. 227 de l'édit. ail. de 1877 et\nd'après laquelle l'oreille aurait, pour la perception de chaque son, un organe\nspécial (piliers dits de Corti, fibres de Hensen). Un partisan de ces idées (Mach,\nBeitrage zur analyse der Empfindungen, lena, 1866, p. 113) est mêmeallé jusqu'à\ndire que chacun de ces piliers, vibrant sous l'influence d'un son déterminé et ve-\nnant frapper les filets nerveux comme les touches d'un piano, pouvait se diviser\nainsi qu'une corde donnant les harmoniques du son fondamental, ce qui paraît\nbien étrange ! On a fait observer que le nombre des sonsperceptibles est de beau-\ncoup inférieur à celui des fibres (3.000 environ). Admettons qu'il y ait 200 fibres\npour la perception des bruits ; resteraient 2 800 pour les sons musicaux, c'est-à-\n-dire pour 7 octaves. Cela ferait 400 fibres pour chaque octave, c'est à-dire un\npeu plus de 33 pour chaque intervalle de ton. En d'autres termes, entre ut fi et\nré fi nous devrions percevoir très facilement (puisque nous avons, par hypothèse,\nun organe spécial pour chacun d'eux) 33 sons différents !... On a fait observer\naussi que les oiseaux, qui ont l'ouïe si fine, le sens musical relativement déve-\nloppé, n'ont pas de piliers ; alors on s'est rejeté sur les fibres de Hensen (au nom-\nbre de 60.000) dontchacune seraitaccordée pour un son déterminé... En tout cela,\nrien de certain ! La seconde hypothèse est celle de Y accommodation ; elle admet\nque l'oreille est un instrument très souple dont les éléments n'ontpas de fonction\nspéciale, mais qui se modifierait selon les sollicitations du dehors en s ajustant\naux divers sons à percevoir."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.6", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3139, "texte": "Cette dernière opinion est celle que nous accepterions volontiers, à une con-\ndition toutefois: c'est qu'on admette que 1 oreille s'accommode non pas seulement\net nécessairement d'après la sensation venue du dehors, mais souvent auss1\nd'après le sens musical lui-même, c'est-à-dire d'après une idée qui domine la\nsensation et lui impose sa forme. Prenons un exemple, en nous servant du\npiano dont l'insuffisance, si souvent dénoncée par les ennemis du tempérament,\nva précisément servir de base à notre démonstration. Dans la formule suivante\n(Rheingold) de Wagner :\netc., je perçois sol-mi\ncomme un intervalle de sixte, appartenant à l'accord parfait renversé de mi 3\nmineur. Mais dans cette autre formule de la même partition (plainte des Filles\ndu Rhin qui ont perdu l'Or) :\nle même intervalle - toujours réalisé au piano produit une impression tout\nautre, je le perçois comme septième diminuée. C'est une plainte douloureuse et\nvoilée, d'un effet poétique étrange. Il y a cependant, entre les deux intervalles,\nles notes restant les mêmes, - une différence notable :\nLe rapport de mi qh fa est donc jff. C'est un intervalle qui n'est nullement\nnégligeable, même si on ne va pas jusqu'à dire, avecEngel,que l'oreille musicale\nla plus fine peut distinguer la 120 e partie d'un demi-ton ( 1). Pourquoi, avec un ins-\ntrument à notes fixes, comme le piano, ai-je deux impressions très distinctes ?\nPourquoi sol-mi $ me produit-il l'effet d'une consonance (accord parfait ren-\nversé) ? Pourquoi sol-fa me paraît-il une dissonance tirée d'un tout autre accord\n(7ème diminuée de la dominante A\"ut) ? N'est-ce pas à cause de ce qui précède et\nde ce qui suit ? L'impression se ramène donc ici à la perception d'un rapport ; or\nun rapport est créé par l'intelligence, qui fait la synthèse de la formule mélo-\ndique. Il n'y a pas de rapports dans la nature ; il n'y en a pas davantage qui\nsoient donnés dans la sensation. L'oreille semble donc s\"accommoder, ici, d'après\nune idée. Toute modulation enharmonique offrirait des exemples analogues.\nSi c'était la structure de l'oreille qui produit le plaisir ou le déplaisir\nattaché à telle formule mélodique, les impressions musicales, incapables\nd'échapper au déterminisme des lois naturelles, devraient être les mêmes chez\ntous les hommes. Au moins seraient-elles toujours identiques dans un même\nsujet. Une brûlure (pour reprendre les comparaisons de M. Ribot) ne laisse ja-\nmais d'être douloureuse ; tout le monde s'accorde à dire qu'on éprouve une vive\nsouffrance en mettant la main sur un tison ardent. Ce sont là des phénomènes\nqui dominent notre sensibilité. Au contraire, comment se fait-il que les impres-\nsions musicales soient si contradictoires ? Pourquoi est-ce seulement à la fin\ndu xiie siècle (avec Franco de Cologne) que la tierce est considérée comme con-\nsonante ? Pourquoi est-ce seulement aux xme et xive siècles que la sixte est rangée\n\n(1) JEsthetik, p. 295. Cf. Wundt, Grundzùge der physiologischen Psychologie, 4e édit , p. 453-55.\nD'après Weber, l'oreille pourrait saisir le rapport koî vibrations, ce qui équivaudrait à distinguer\nk de 1/2 ton."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.7", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3746, "texte": "aussi parmi les consonances ? Pourquoi la quarte, considérée d'abord comme\nconsonante, est-elle regardée par Dehn (Traité d'Harmonie, 1840) comme une\ndissonance qui appelle une résolution ?... Pourquoi un même sujet est-il diver-\nsement affecté par la même symphonie, suivant les circonstances ? M. Paul\nBourget nous apprend que ses sensations de musicien sont très mobiles. Ce qui\nl'enchantait hier, lui déplaît aujourd'hui, ou le laisse indifférent. Son oreille,\npourtant, ne change pas !... C'est sans doute parce que les phénomènes musi-\ncaux ne sont pas le résultat d'un pur mécanisme ; l'oreille ne les crée pas comme\nle moule crée la forme de la matière fluide qu'on y verse ; l'intelligence inter-\nvient pour apprécier, défaire et refaire l'œuvre du sens auditif, et lui donner, par\nune seconde création, un sens définitif, ou provisoire et variable comme l'esprit\nlui-même. Il y a là une transformation du phénomène sonore en phénomène mu-\nsical, transformation où la libre activité de l'intelligence joue un rôle plus grand\nque l'oreille. Avoir une impression vraiment musicale, ce n'est pas s'accommo-\nder, par une sorte de réceptivité passive, à des sollicitations venant du dehors ;\nsouvent, c'est imposer le cachet d'une personne morale, plus ou moins riche et\néduquée, à une matière indéterminée. Il est peu probable que l'oreille française\nait changé d'organisation depuis un siècle ; cependant, nous goûtons peu cer-\ntaines romances qui faisaient les délices de nos grands-pères, et nous applaudis-\nsons des œuvres qui leur étaient pénibles : c'est que dans les unes et les autres\nnous mettons autre chose que ce qu'ils y mettaient. Pourquoi Berlioz déclarait-\nil ne pas comprendre le prélude de Tristan et Iseidt ? Est-ce qu'on hésite jamais\nà dire si on s'est brûlé en mettant la main dans le feu ?\n« L'homme civilisé, dit M. Ribot, est sensible à la musique (sauf des excep-\ntions) à des degrés divers, depuis le populaire qui préfère comme le sauvage\nles airs bien rythmés, jusqu'au plus raffiné mélomane ; mais, pour tous, le pre-\nmier effet est physique ». D'accord ; l'homme ne peut prendre connaissance\nd'une chose objective quelconque autrement que par ses sens qui sont d'abord\naffectés d'une certaine manière. Mais, s'il y a un degré très inférieur de culture\noû l'esprit subit ses sensations, il y a un moment oû l'esprit s'affranchit du dé-\nterminisme physiologique, et fait ses affaires lui-même, directement, en se ser-\nvant de son oreille comme on se sert d'une paire de lunettes pour lire ou pour\nécrire. La musique est pour lui un texte qu'il déchiffre sans avoir besoin de re-\ncourir à une traduction (par l'organisme). Il est tellement maître des nerfs,\nqu'il arrive à aimer pour des raisons dont le sens esthétique est seul juge\ndes dissonances déchirantes ; et la musique « gaie » de certaines opérettes\nlui paraît triste à pleurer.\n11.-Quand les physiologistes, pour montrer les)effets de la sensation musicale\n(ou sonore), prennent des graphiques delà respiration, du pouls capillaire, des\nmouvements cardiaques ; lorsqu'une circonstance particulière leur permet de\nconstater l'afflux sanguin qui, sous l'influence des sons, augmente le volume du\ncerveau, ou lorsqu'ils enregistrent, avec l'ergogramme de Mosso, l'énergie muscu-\nlaire dépensée, ils font d'utiles travaux, mais dont les conclusions ne sont\nnullement incompatibles avec une théorie intellectualiste de l'art musical. Leurs\nexpériences sont-elles incapables d'arriver à des conclusions générales, c'est-à-dire\nscientifiques? Les résultats n'en doivent-ils pas nécessairement varier avec chaque\nsujet? C'est ce qui paraît bien probable.\nCe qu'on peut au moins affirmer, c'est que, en voulant généraliser, ils s'ap-"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.8", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "puient assez souvent sur des faits de légende, ou mal interprétés. Je crois de-\nvoir en signaler brièvement quelques-uns qui reparaissent dans beaucoup\nde publications (1) :\ni° Les expériences faites sur les animaux (par ex. sur les célèbres éléphants du\nJardin des Plantes, l'araignée de Grétry, etc...) ; elles ne prouvent absolument\nrien, la psychologie de l'animal nous étant très inconnue ; 20 Les légendes\n(comme celle de Timothée, faisant entrer Alexandre en fureur ou le calmant à\nvolonté avec des airs de musique) ; 30 Les affirmations de romanciers (celle de\nTolstoï, par ex., dans la Guerre et la Paix, tr. fr. par « une Russe», vol. 11, p. 117);\n40 Le pouvoir attribué par tradition à la musique de guérir certaines maladies. Il y\nalà une erreur d'interprétation. Il est parfaitement exact que, chez les anciens\net même chez les modernes, on a eu recours à la musique pour essayer de guérir\ncertaines maladies ; mais c'est parce qu'on attribuait autrefois au chant le pouvoir\nmagique (ce qui n'a rien de commun avec la physiologie) de débarrasser le\nmalade du mauvais Esprit qui était censé le posséder ; l'opinion des modernes\n(jusques et y compris la thèse peu décisive de M. Soula, 1883), attribuant à la\nmusique un pouvoir réel, n'est qu'une survivance de cette très antique croyance.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\nDeux anciennes mélodies de la Vénétie occidentale\n\n(2).\nII\nCONSIDÉRATIONS FINALES.\nEn examinant bien les cinq phrases de notre mélodie n° 1, celle de /'Oiseau,\nil n'aura pas échappé au patient lecteur qui aura suivi avec attention la\nstructure de h version première, ceîle de San Fl.orian, que deux d'entre elles,\nla troisième et la quatrième, ne forment point, comme les autres, des membres\nà part, bien définis, mais que leurs lignes mélodiques s'entrecroisent : elles sont\npour ainsi dire soudées ensemble. En efiet, la fin de la troisième et le commen-\ncement cle la quatrième phrase ne sont point séparés par un arrêt, une\ninterposition ; la même mesure contient, sans interruption de la ligne mélodique,\nla cadence, la chute de l'une et la mesure initiai , le commencement de l'autre,\nla fin du vers b) et le commencement du vers a).\nC'est là qu'a lieu la transformation du distique ou quatrain en pentamètre,\nc'est ici qu'est l'originalité de ce chant et qu'il dévie de la structure normale.\nVoici comme il aurait dû être :\n\n(1) V. dans la Rivista musicale le travail de MM. Vaschide et Lahy, cité plus haut.\n(2) Suite et fin. Voir la Revue du icr mars."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.9", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 2459, "texte": "pour faire concorder les longues et les brèves, former des mesures initiales con-\nformes au levé.\nC'est de cette manière, c'est-à-dire avec une césure bien définie, voire des\npauses pour donner au chanteur le temps cle respirer, que ces deux phrases\n(la 3e et la 4e) se présentent dans la version de la Lombardie :\nLes arcs ici ne se rencontrent pas, ne fusionnent pas : chacun achève sa para-\nbole : la distinction est parfaite et la structure pentamétrique en ressort claire-\nment, correctement, selon toutes les règles de la musique d'art.\nQue la mélodie se chante ainsi en Lombardie, nous n'avons aucune raison de\nle mettre en doute, puisqu'elle a été notée par un musicien expert, et jusqu'à\npreuve du contraire nous devons admettre que sa mémoire aura été fidèle,\nbien que, s'agissant de mélodie populaire, le musicien professionnel, le musi-\ncien d'art soit toujours exposé, lorsqu'il écrit de mémoire un air populaire, à\nsubstituer les rythmes réguliers établis par les lois et adoptés par l'habitude aux\nrythmes libres du génie populaire. Il faut se garder et se méfier de tout essai de\nfaire entrer les mélodies traditionnelles dans les formes préconçues des mesures\nconventionnelles. C'est pourquoi nous avons cru devoir noter nos deux mélodies\nnon en 6/8, c'est-à-dire en rythme binaire composé:\npréférant les\ninscrire en rythme ternaire simple :\nen prenant pour ypovoç irp&Toç\nla noire au lieu cle la croche, ce qui nous a paru aussi plus rationnel, vu le\nmouvement lent cle la cantilène. Ceci nous a conduit à la constatation du mètre\nsupérieur de trois mesures (a tre battute) (1 ), dont l'allure ailée, comme nous\nl'avons dit, prête un si grand charme à la ballade de /'Oiseau tel que nous\nl'entendîmes à San Florian et à Serravalle (2). Dans la version lombarde,\ntrouvée dans le recueil susdit, tout se passe plus correctement,- chaque\nphrase se compose de deux mesures isochrones, l'élément binaire symétrique\npréside à chacune.\nOr, correction et chant populaire se rencontrent rarement, et si la mélodie d'art\net sa structure artificielle peut se comparer souvent aux cristallisations, aux\nformes similaires, la vraie chanson populaire est, elle, plutôt une plante, un\norganisme vivant, à mouvement libre, et animée d'une vie particulière dans\n\n(1) Pendant de la tripodie ïambique du vers.\n(2) Et qui ne se trouve pas dans la structure de la mélodie notée de mémoire par le Maestro\nSacchi."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.10", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 3019, "texte": "chaque part de ses manifestations, dans chacune de ses branches, dont l'une\nne sera jamais l'exacte reproduction de l'autre. Que l'on compare entre elles\nces trois versions recueillies de la bouche du peuple, sur cette route qui de la\nplaine lombardo-vénitienne monte lentement vers les Dolomites et dont ces\ntrois versions marquent autant d'étapes : quelle diversité ! quelle désinvolture,\ndans celle surtout que chantent là haut sur le haut plateau des montagnes qui\ns'élèvent à pic en face de Longarone au delà du torrent qui va devenir le Piave,\net quelle poésie ! —ces jeunes paysannes de montagne entonnant cette\nlente ligne mélodique fleurie comme les ondulations des prés sur leur haute\nplaine (hoch-plateau)l Ce sont en effet les « fioritures », les « appoggiatures »,\nqui distinguent la version du hameau Erdt de celle de San Florian, de celle de\nSerravalle; on dirait que plus haut cette mélodie est allée, plus elle s'est\naffranchie des règles préconçues, des formes stylisées ; c'est la version à\n2.000111 de hauteur qui ressemble le moins à celle de la plaine ! C'est à peine\nsi on y découvre encore les traces d'une structure quelconque, outre la division\nprimaire en deux membres de période, et, ce qui est bien plus curieux : la struc-\nture de cinq phrases en est complètement disparue ! Ce n'est plus la forme\na a | b a b que nous avions constatée dans les versions de San Elorian et de\nSerravalle, et qui ressort si clairement dans celle de la Lombardie : c'est la\nforme suivante: a + a || b -f- b, en tant que nous considérons la base mé-\ntrique proprement dite du distique, le même qui a servi aux autres versions.\nLa phrase initiale, le premier vers a): « (E) Li Uzelin du bosc », est répétée, et le\nsecond vers per la campagna vola aussi sans [que la phrase première y re-\nvienne pour la troisième fois, ce qui avait déterminé le pentamètre. En\nrevanche, nous voyons une phrase étrangère surajoutée à la fin du premier\nmembre de la période (Vordersatzh\nSi cet épiphthegme, ou phrase surajoutée ( 1), ne doit compter pour rien dans\nla quantité du vers, il ne doit pas non plus être compté, du moins en ce cas,\nil nous semble, dans la quantité de la mélodie ; c'est un ornement, une prolon-\ngation volontaire, au gré du chanteur, de la note finale, comme le paraphe\ndans une signature.\nEt nous voici à la mesure finale si importante comme complément de la\nmesure initiale, si caractéristique au point de vue de l'éthos, si déterminante et\nindicatrice comme document ethnologique d'origine, de provenance.\nVoici la physionomie des mesures finales des quatre versions des deux\npremiers vers de VOiseau mis en regard de leurs mesures initiales respectives ;\n\n(i) «On appelait £7i(cpÔ£Yp.a dans l'antiquité, et l'on appelle yop taga en grec moderne, une\nphrase ou un mot surajouté'qui s'intercale soit à la fin, soit au milieu d'un vers, et qui ne compte\npour rien dans la quantité. » {Mél. pop. de Grèce, de Bourgault-Ducoudray, p. 24. Introduction.)"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.11", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "Sur huit mesures initiales, il y en a 6 ait levé correspondant au mètre ïambique\navec anacrouse (San Florian, a et b ; Serravalle, a et b ; Erdt b ; Lombardie, b) et\ndeux au frappé: l'une, de la version de Erdt, correspondant au mètre trochaïque\nsans anacrouse du premier vers, qui a changé sa nature par suite de l'élision de\nla première syllabe (E ou Quell) et est devenue tripodie trochaïque cataleptique ;\nl'autre, de la version de Lombardie, où la syllabe Eè reçoit l'ictus et le frappé,\nde légère devient accentuée, ce qui est à noter."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.12", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "Quant aux mesures finales, il devrait y avoir quatre mesures catalectiques et\nquatre acatalectiques pour correspondre avec la rime masculine et féminine du\ndistique del b'osc w JL et vola -L\nOr elles ont toutes la tendance à transformer les valeurs des syllabes : le\nmot tronqué bosc, catalectique qui devrait finir sur le temps fort, et virtuelle-\nment finit sur le premier temps de la troisième mesure :\nreçoit presque toujours, à l'exception de la version de Serravalle, une prolonga-\ntion, des notes surnuméraires:\nc'est-à-dire une mesure finale acatalectique, qui dans la version de la\nmontagne se développe en une agogée descendante, à degrés conjoints, tandis\nque dans celle de la plaine cette agogée est ascendante, à degrés disjoints.\nCette adjonction ajoute à la structure un élément ornemental et caractérise\ncomme signe distinctif ethnologique et topographique les diverses versions.\n»\nIII\nRÉSUMÉ.\nEn résumant les considérations principales sur la structure pentamétrique\nque nous a suggérées l'analyse de ces deux chansons-ballades du Veneto occi-\ndental, et spécialement celle dont les diverses versions donnaient lieu à l'ana-\nlyse comparative : l'ancienne mélodie de Y Oiseau dans la forêt (i ), nous arrivons\naux conclusions suivantes :\n1. La structure à cinq divisions ou phrases musicales (pentakolon mélodique)\nse rencontre dans les traditions anciennes du chant populaire du Veneto et\nnotamment dans le district de Belluno et les communes de Vittorio-Veneto\njusqu'à Longarone.\n2. Cette forme à cinq phrases s'y présente sous diverses variantes, et avec\ndifférents textes.\n\n(i) Qui se chante, nous a-t-on assuré, même au delà des Alpes du Tyrol (information que nous\nn'avons pas encore pu contrôler nous-même)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.13", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "3. Les deux spécimens principaux de ce type, les plus répandus et ayant con-\nservé jusqu'à présent leur popularité, sont les chansons-ballades ÏUselin del\nbosc et la Figlia del paesan.\n4. Le pentamètre musical a pour base un dimètre (2 + 2) poétique (distique).\n5. Le pentamètre musical est déterminé non pas par dilatation, ni adjonction,\nni répétitions de paroles, ni par intercalation d'un vers ou de mots hors cadre\n(sTuicpOsyp-*)? mais par la répétition entière et non fragmentaire des deux vers\n(xaAa) qui composent le distique et notamment par une répétition (reprise)\nnon symétrique des deux parties, le premier vers étant chanté trois fois, le\nsecond vers deux fois.\n6. La répétition des vers ne s'y fait pas d'une façon suivie, mais d'une\nfaçon mélangée ; le vers a étant, à sa troisième reprise, placé entre les deux\nrépétitions du vers b :\n7. La première partie de ce pentamètre d'ordre supérieur est toujours exposée\npar une voix seule (coryphée), la seconde chantée par le chœur.\n8. La première partie, lors même qu'elle est chantée par plusieurs voix, est\ntoujours à l'unisson ; la seconde partie, toujours avec harmonie à deux, trois,\nquatre parties, presque toujours en tierces.\n9. La structure musicale pentainétrique déterminée par une disposition par-\nticulière du dimètre poétique apparaît plus clairement dans la version de la\nplaine et moins distinctement dans les versions des pré-Alpes, pour s'effacer\npresque entièrement dans les hautes Alpes.\n10. Cette disposition alternative d'un chant solo suivi d'un chœur, propre\naux chants populaires d'ancienne tradition, et qui était en usage chez les anciens\nGrecs (première Ode pythique de Pindare), indique l'origine ancienne de ces\ndeux chansons-ballades 'Oiseau dans la forêt et la Fille du paysan) du Veneto\noccidental et ajoute, au charme musical de la structure pentamétrique qui leur\nsert de base, l'intérêt et le mérite d'une tradition ancienne parfaitement\nconservée.\nVenise, oct. 1903.\nERRATA\nDans les « Deux anciennes Mélodies de la Vénétie occidentale » de E. Adaïews-\nky, n° du ler mars, pcig. 146 (notice au bas de la page), lire :\nFadalto au lieu de Fadutto ;\nFatto alto au lieu de Jutto alto ;\npag. 747, schéma métrique de la Fille du paysan :\nid. (notice au bas de la page)\nlire : phrase initiale au lieu de phrase immédiate,\np. 151 lire : tutti dican, au lieu de tutti dicau.\nid. inflexion qui la rend propre, au lieu de veut.\n\nE. ADAÏEWSKY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "203", "page_fin": "208", "image_debut": 3, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.2.1", "titre_corps": "VIe LEÇON (cours du lundi), d'après une sténographie. LA MUSIQUE ET LA PHYSIOLOGIE.", "titre_sommaire": "VIe LEÇON (cours du lundi), d'après une sténographie. 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Nous nous sommes bornés, pour justifier ces trois\npropositions, à des analyses d ordre psychologique et artistique ; ce qui a déter-\nminé notre méthode, c'est le souci de commencer par ce qu'il y a de plus sûr et de\nmoins exposé aux négations systématiques, c'est-à-dire le sentiment musical lui-\nmême. Nous devons maintenant sortir de ce domaine purement subjectif, soit\npour examiner les causes extérieures qui peuvent jouer un rôle plus ou moins\nimportant dans les phénomènes étudiés jusqu'ici, soit pour connaître les théories\ndifférentes de la nôtre, et soumettre ainsi nos idées à l'épreuve de la discus-\nsion.\nEn affirmant que le fait capital est 1 existence d une pensée musicale, nous n'en-\ntendons nullement réduire l'étude delà musique à la psychologie pure, et sup-\nprimer tous les liens qui la rattachent à des lois positives régissant l'organisation\nclu monde extérieur et matériel. Les systèmes que nous allons examiner ne nous\ngênent en rien ; ils sont légitimes, car ils correspondent à divers ordres de re-\ncherches nécessaires et à d'autres besoins de l'esprit ; nous ne ferons aucune\ndifficulté de recueillir, tout en nous efforçant de lui assigner sa vraie place, la\npart de vérité qu'ils nous apportent. Nous ne réfuterons que la prétention de\nchacun d'eux à donner une explication d'ensemble et à rendre tous les autres\ninutiles. Dans cette manière de voir, qui consiste à tout concilier par voie de\nsubordination, il n'y a aucun parti pris d'éclectisme. Il est impossible de ne pas\nreconnaître en 1 homme un esprit raisonnable ; mais cette raison est déterminée\ntrès souvent par des causes extérieures, et elle a une genèse qu'on peut étudier\nchez l'enfant ; il en est de même pour la musique. Rien n'est isolé ; les choses\nforment un nexus infini. Tout réagit sur tout. Quand le matérialisme montre\nl'influence du physique sur le moral, il est dans le vrai ; il ne devient inadmis-\nsible que quand il veut faire sortir toute la vie morale de la vie physique. Cette\nanalogie précise l'état d'esprit avec lequel nous abordons l'examen critique d'un\ncertain nombre d'idées.\nI\nLa première doctrine que nous rencontrons, en abandonnant notre premier point\nde vue, est la doctrine physiologique. Elle a pour objet d'expliquer l'émotion"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.4", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3822, "texte": "musicale par l'action purement physique qu'exercent les sons sur notre orga-\nnisme, en vertu de lois indépendantes de nous ; et elle s'efforce de ramener au\ndéterminisme de la sensation commune les phénomènes auxquels nous avons\ncru pouvoir attribuer un caractère rationnel-spécifique. Cette doctrine veut prou-\nver que la musique ne produit pas des effets directs sur l'intelligence, limagina-\ntion, la sensibilité morale, mais que les rythmes, les consonances et les disso-\nnances qui la constituent ont sur nous une action analogue à celle d'un phéno-\nmène purement matériel : par exemple, un breuvage amer ou sucré, une caresse\nou une piqûre sur la peau, un objet glacé ou brûlant ; et elle considère cette ac-\ntion quasi mécanique comme déterminant l'émotion musicale. C'est l'opinion\nde Helmholtz, qui, dès les premières pages de son livre (4e édit. Einl., p. 4),\ndéclare que la physiologie acoustique, en nous expliquant le mécanisme des sen-\nsations sonores, peut seule nous donner le secret de la musique ; c'est aussil'opi-\nnion de Wundt, qui, dans ses Eléments d'une psychologie physiologique parus en\n1874, douze ans après le livre de Helmholtz, a écrit que (( considérer la conso-\nnance et la dissonance comme des phénomènes de sensation pure, et les dégager\ndes sentiments qui s'y trouvent liés, est la première condition d'une bonne mé-\nthode de recherches ». En réduisant la musique à la sensation, Wundt était tenu\nd'expliquer pourquoi certains sens (l'odorat, le goût) n'ontpas donnélieu à des arts\nspéciaux comme le sens de l'ouïe ; il s'en est tiré, fort ingénieusement, en disant\nque les sensations de l'oreille sont seules désintéressées. Un mets a-t-il un fumet\ndélicat ? on désire le manger ; mais un violon a t-il de beaux sons sous les\ndoigts d'un artiste ? la sonorité seule nous plaît, et l'instrument ne nous inté-\nresse pas. Le même point de vue est celui de deux autres Allemands d'autorité\nconsidérable, M. Lipps, M. Stumpf. D'après Hausegger (F, les mouvements so-\nnores produisent en nous, par un processus purement physiologique, des mou-\nvements semblables, lesquels, par régression, font naître des sentiments analogues\nà ceux qui les ont inspirés chez le compositeur : «dans la musique de Beethoven,\ndit-il, ce n'est pas l'esprit qui parle à l'esprit, mais » la matière qui affecte le\ncorps. Analogue est l'opinion de Hennig (Esthétique de Ici musique, 1897,\np. 40-62). En Russie, on peut citer les travaux de M. Dogiel ; en Italie, ceux\nde M. Patrizi ; en France, ceux de MM. Binet et Couturier (travail sur la\nVie émotive dont la troisième partie est consacrée à l'influence de la musique sur\nla respiration, le cœur, et la circulation capillaire, Année psychol., 1896); ceux de\nM. le Dr Ferrand (Communication à l'Académie de médecine de Paris, dans le\nBulletin, 1895, P- 226-270); de M. N. Vaschide, chef des travaux au Laboratoire\nde psychologie expérimentale de 1 Ecole des Hautes Etudes de Paris, et de M. J\nLahy {les coefficients respiratoires et circulatoires de la musique, dans la Rivista\nmusicale de Turin, 1902, fasc. 1 et suiv.) ; de M. Féré, médecin de Bicêtre (Tra-\nvail et plaisir, Alcan, 1904). Dans sa Psychologie des émotions, M. Th. Ribot,\ndéfendant la doctrine de James, d'après laquelle un certain habitus physique n'est\npas la conséquence mais la cause de l'émotion, a cru trouver dans la musique\nun argument décisif en faveur de sa thèse; et comme il dit ailleurs que la créa-\ntion musicale est faite avec des états émotionnels abstraits, on voit le rôle capi-\ntal qu'il conviendrait, d'après lui, d'attribuer à l'action physique des sons. Ce\n\n(1) Dozent pour l'histoire et la théorie de la musique à l'Université de Graz [La Musique comme\nexpression, 1885, p. 121). Cf. Lipps, Psychologische Studien (Heidelberg, 1885, 2e partie)."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.5", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3673, "texte": "n'est là qu'une esquisse bibliographique très incomplète. Mais plusieurs des ou-\nvrages que je viens de citer indiquent tout le nécessaire.\nEn réagissant contre l'abus des discussions métaphysiques et en s'engageant\ndans les voies de l'observation précise, cette doctrine a rendu de grands services\net mis en lumière des faits très intéressants. Le principe qui lui sert de point de\ndépart n est nullement embarrassant pour ceux-là mêmes qui n'admettraient pas\ntoutes les conclusions.\nQuela musique soit, à certains égards, très sensuelle, et nous procure un plai-\nsir ou un déplaisir physiques, liés à la qualité des sons entendus, il n'en saurait\nêtre autrement, puisque la musique a pour point de départ les sensations de l'o-\nreille. Une fausse note nous arrache des exclamations involontaires, des gestes\nd impatience, et donne à notre visage une expression de malaise ; la sonorité\nd'une belle voix ou d'un bon instrument peut être au contraire, par elle-même,\nune cause de réelle jouissance. Remarquons cependant que la beauté des sons\nne nous touche guère quand elle n est pas liée à un sens sérieux de la phrase jouée.\nVoici une expérience que nous avons tous faite. Un virtuose peut exécuter un\nmorceau de pacotille sur un excellent violon ou un piano Pleyel : il ne nous\némeut pas, il nous déplaît même et nous irrite. Au contraire, avec une voix mau-\nvaise et en s accompagnant d'un piano médiocre, un compositeur de talent\nchante une de ses œuvres : il peut nous donner la sensation d'art la plus fine et\nla plus agréable.\nVoici quelques autres observations générales.\nI Pour que la doctrine physiologique pût s'imposer et remplacer toutes les\nautres, il faudrait qu'elle pût expliquer, d'une façon complète et définitive, le mé-\ncanisme de l'audition Or, l'oreille est encore mal connue. Les savants y font des\ndécouvertes, auxquelles ils donnent leur nom, comme les voyageurs qui explo-\nrent des pays nouveaux. 11 y a deux hypothèses, entre lesquelles on peut hésiter.\nLa première est celle que Helmholtz a adoptée (p. 227 de l'édit. ail. de 1877 et\nd'après laquelle l'oreille aurait, pour la perception de chaque son, un organe\nspécial (piliers dits de Corti, fibres de Hensen). Un partisan de ces idées (Mach,\nBeitrage zur analyse der Empfindungen, lena, 1866, p. 113) est mêmeallé jusqu'à\ndire que chacun de ces piliers, vibrant sous l'influence d'un son déterminé et ve-\nnant frapper les filets nerveux comme les touches d'un piano, pouvait se diviser\nainsi qu'une corde donnant les harmoniques du son fondamental, ce qui paraît\nbien étrange ! On a fait observer que le nombre des sonsperceptibles est de beau-\ncoup inférieur à celui des fibres (3.000 environ). Admettons qu'il y ait 200 fibres\npour la perception des bruits ; resteraient 2 800 pour les sons musicaux, c'est-à-\n-dire pour 7 octaves. Cela ferait 400 fibres pour chaque octave, c'est à-dire un\npeu plus de 33 pour chaque intervalle de ton. En d'autres termes, entre ut fi et\nré fi nous devrions percevoir très facilement (puisque nous avons, par hypothèse,\nun organe spécial pour chacun d'eux) 33 sons différents !... On a fait observer\naussi que les oiseaux, qui ont l'ouïe si fine, le sens musical relativement déve-\nloppé, n'ont pas de piliers ; alors on s'est rejeté sur les fibres de Hensen (au nom-\nbre de 60.000) dontchacune seraitaccordée pour un son déterminé... En tout cela,\nrien de certain ! La seconde hypothèse est celle de Y accommodation ; elle admet\nque l'oreille est un instrument très souple dont les éléments n'ontpas de fonction\nspéciale, mais qui se modifierait selon les sollicitations du dehors en s ajustant\naux divers sons à percevoir."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.6", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3139, "texte": "Cette dernière opinion est celle que nous accepterions volontiers, à une con-\ndition toutefois: c'est qu'on admette que 1 oreille s'accommode non pas seulement\net nécessairement d'après la sensation venue du dehors, mais souvent auss1\nd'après le sens musical lui-même, c'est-à-dire d'après une idée qui domine la\nsensation et lui impose sa forme. Prenons un exemple, en nous servant du\npiano dont l'insuffisance, si souvent dénoncée par les ennemis du tempérament,\nva précisément servir de base à notre démonstration. Dans la formule suivante\n(Rheingold) de Wagner :\netc., je perçois sol-mi\ncomme un intervalle de sixte, appartenant à l'accord parfait renversé de mi 3\nmineur. Mais dans cette autre formule de la même partition (plainte des Filles\ndu Rhin qui ont perdu l'Or) :\nle même intervalle - toujours réalisé au piano produit une impression tout\nautre, je le perçois comme septième diminuée. C'est une plainte douloureuse et\nvoilée, d'un effet poétique étrange. Il y a cependant, entre les deux intervalles,\nles notes restant les mêmes, - une différence notable :\nLe rapport de mi qh fa est donc jff. C'est un intervalle qui n'est nullement\nnégligeable, même si on ne va pas jusqu'à dire, avecEngel,que l'oreille musicale\nla plus fine peut distinguer la 120 e partie d'un demi-ton ( 1). Pourquoi, avec un ins-\ntrument à notes fixes, comme le piano, ai-je deux impressions très distinctes ?\nPourquoi sol-mi $ me produit-il l'effet d'une consonance (accord parfait ren-\nversé) ? Pourquoi sol-fa me paraît-il une dissonance tirée d'un tout autre accord\n(7ème diminuée de la dominante A\"ut) ? N'est-ce pas à cause de ce qui précède et\nde ce qui suit ? L'impression se ramène donc ici à la perception d'un rapport ; or\nun rapport est créé par l'intelligence, qui fait la synthèse de la formule mélo-\ndique. Il n'y a pas de rapports dans la nature ; il n'y en a pas davantage qui\nsoient donnés dans la sensation. L'oreille semble donc s\"accommoder, ici, d'après\nune idée. Toute modulation enharmonique offrirait des exemples analogues.\nSi c'était la structure de l'oreille qui produit le plaisir ou le déplaisir\nattaché à telle formule mélodique, les impressions musicales, incapables\nd'échapper au déterminisme des lois naturelles, devraient être les mêmes chez\ntous les hommes. Au moins seraient-elles toujours identiques dans un même\nsujet. Une brûlure (pour reprendre les comparaisons de M. Ribot) ne laisse ja-\nmais d'être douloureuse ; tout le monde s'accorde à dire qu'on éprouve une vive\nsouffrance en mettant la main sur un tison ardent. Ce sont là des phénomènes\nqui dominent notre sensibilité. Au contraire, comment se fait-il que les impres-\nsions musicales soient si contradictoires ? Pourquoi est-ce seulement à la fin\ndu xiie siècle (avec Franco de Cologne) que la tierce est considérée comme con-\nsonante ? Pourquoi est-ce seulement aux xme et xive siècles que la sixte est rangée\n\n(1) JEsthetik, p. 295. Cf. Wundt, Grundzùge der physiologischen Psychologie, 4e édit , p. 453-55.\nD'après Weber, l'oreille pourrait saisir le rapport koî vibrations, ce qui équivaudrait à distinguer\nk de 1/2 ton."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.7", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3746, "texte": "aussi parmi les consonances ? Pourquoi la quarte, considérée d'abord comme\nconsonante, est-elle regardée par Dehn (Traité d'Harmonie, 1840) comme une\ndissonance qui appelle une résolution ?... Pourquoi un même sujet est-il diver-\nsement affecté par la même symphonie, suivant les circonstances ? M. Paul\nBourget nous apprend que ses sensations de musicien sont très mobiles. Ce qui\nl'enchantait hier, lui déplaît aujourd'hui, ou le laisse indifférent. Son oreille,\npourtant, ne change pas !... C'est sans doute parce que les phénomènes musi-\ncaux ne sont pas le résultat d'un pur mécanisme ; l'oreille ne les crée pas comme\nle moule crée la forme de la matière fluide qu'on y verse ; l'intelligence inter-\nvient pour apprécier, défaire et refaire l'œuvre du sens auditif, et lui donner, par\nune seconde création, un sens définitif, ou provisoire et variable comme l'esprit\nlui-même. Il y a là une transformation du phénomène sonore en phénomène mu-\nsical, transformation où la libre activité de l'intelligence joue un rôle plus grand\nque l'oreille. Avoir une impression vraiment musicale, ce n'est pas s'accommo-\nder, par une sorte de réceptivité passive, à des sollicitations venant du dehors ;\nsouvent, c'est imposer le cachet d'une personne morale, plus ou moins riche et\néduquée, à une matière indéterminée. Il est peu probable que l'oreille française\nait changé d'organisation depuis un siècle ; cependant, nous goûtons peu cer-\ntaines romances qui faisaient les délices de nos grands-pères, et nous applaudis-\nsons des œuvres qui leur étaient pénibles : c'est que dans les unes et les autres\nnous mettons autre chose que ce qu'ils y mettaient. Pourquoi Berlioz déclarait-\nil ne pas comprendre le prélude de Tristan et Iseidt ? Est-ce qu'on hésite jamais\nà dire si on s'est brûlé en mettant la main dans le feu ?\n« L'homme civilisé, dit M. Ribot, est sensible à la musique (sauf des excep-\ntions) à des degrés divers, depuis le populaire qui préfère comme le sauvage\nles airs bien rythmés, jusqu'au plus raffiné mélomane ; mais, pour tous, le pre-\nmier effet est physique ». D'accord ; l'homme ne peut prendre connaissance\nd'une chose objective quelconque autrement que par ses sens qui sont d'abord\naffectés d'une certaine manière. Mais, s'il y a un degré très inférieur de culture\noû l'esprit subit ses sensations, il y a un moment oû l'esprit s'affranchit du dé-\nterminisme physiologique, et fait ses affaires lui-même, directement, en se ser-\nvant de son oreille comme on se sert d'une paire de lunettes pour lire ou pour\nécrire. La musique est pour lui un texte qu'il déchiffre sans avoir besoin de re-\ncourir à une traduction (par l'organisme). Il est tellement maître des nerfs,\nqu'il arrive à aimer pour des raisons dont le sens esthétique est seul juge\ndes dissonances déchirantes ; et la musique « gaie » de certaines opérettes\nlui paraît triste à pleurer.\n11.-Quand les physiologistes, pour montrer les)effets de la sensation musicale\n(ou sonore), prennent des graphiques delà respiration, du pouls capillaire, des\nmouvements cardiaques ; lorsqu'une circonstance particulière leur permet de\nconstater l'afflux sanguin qui, sous l'influence des sons, augmente le volume du\ncerveau, ou lorsqu'ils enregistrent, avec l'ergogramme de Mosso, l'énergie muscu-\nlaire dépensée, ils font d'utiles travaux, mais dont les conclusions ne sont\nnullement incompatibles avec une théorie intellectualiste de l'art musical. Leurs\nexpériences sont-elles incapables d'arriver à des conclusions générales, c'est-à-dire\nscientifiques? Les résultats n'en doivent-ils pas nécessairement varier avec chaque\nsujet? C'est ce qui paraît bien probable.\nCe qu'on peut au moins affirmer, c'est que, en voulant généraliser, ils s'ap-"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.8", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "puient assez souvent sur des faits de légende, ou mal interprétés. Je crois de-\nvoir en signaler brièvement quelques-uns qui reparaissent dans beaucoup\nde publications (1) :\ni° Les expériences faites sur les animaux (par ex. sur les célèbres éléphants du\nJardin des Plantes, l'araignée de Grétry, etc...) ; elles ne prouvent absolument\nrien, la psychologie de l'animal nous étant très inconnue ; 20 Les légendes\n(comme celle de Timothée, faisant entrer Alexandre en fureur ou le calmant à\nvolonté avec des airs de musique) ; 30 Les affirmations de romanciers (celle de\nTolstoï, par ex., dans la Guerre et la Paix, tr. fr. par « une Russe», vol. 11, p. 117);\n40 Le pouvoir attribué par tradition à la musique de guérir certaines maladies. Il y\nalà une erreur d'interprétation. Il est parfaitement exact que, chez les anciens\net même chez les modernes, on a eu recours à la musique pour essayer de guérir\ncertaines maladies ; mais c'est parce qu'on attribuait autrefois au chant le pouvoir\nmagique (ce qui n'a rien de commun avec la physiologie) de débarrasser le\nmalade du mauvais Esprit qui était censé le posséder ; l'opinion des modernes\n(jusques et y compris la thèse peu décisive de M. Soula, 1883), attribuant à la\nmusique un pouvoir réel, n'est qu'une survivance de cette très antique croyance.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "208", "page_fin": "213", "image_debut": 8, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.2.2", "titre_corps": "Deux anciennes mélodies de la Vénétie occidentale", "titre_sommaire": "Deux anciennes mélodies de la Vénétie occidentale", "signature_source": "E. ADAÏEWSKY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.8", "debut_caractere": 1383, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "Deux anciennes mélodies de la Vénétie occidentale\n\n(2).\nII\nCONSIDÉRATIONS FINALES.\nEn examinant bien les cinq phrases de notre mélodie n° 1, celle de /'Oiseau,\nil n'aura pas échappé au patient lecteur qui aura suivi avec attention la\nstructure de h version première, ceîle de San Fl.orian, que deux d'entre elles,\nla troisième et la quatrième, ne forment point, comme les autres, des membres\nà part, bien définis, mais que leurs lignes mélodiques s'entrecroisent : elles sont\npour ainsi dire soudées ensemble. En efiet, la fin de la troisième et le commen-\ncement cle la quatrième phrase ne sont point séparés par un arrêt, une\ninterposition ; la même mesure contient, sans interruption de la ligne mélodique,\nla cadence, la chute de l'une et la mesure initiai , le commencement de l'autre,\nla fin du vers b) et le commencement du vers a).\nC'est là qu'a lieu la transformation du distique ou quatrain en pentamètre,\nc'est ici qu'est l'originalité de ce chant et qu'il dévie de la structure normale.\nVoici comme il aurait dû être :\n\n(1) V. dans la Rivista musicale le travail de MM. Vaschide et Lahy, cité plus haut.\n(2) Suite et fin. Voir la Revue du icr mars."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.9", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 2459, "texte": "pour faire concorder les longues et les brèves, former des mesures initiales con-\nformes au levé.\nC'est de cette manière, c'est-à-dire avec une césure bien définie, voire des\npauses pour donner au chanteur le temps cle respirer, que ces deux phrases\n(la 3e et la 4e) se présentent dans la version de la Lombardie :\nLes arcs ici ne se rencontrent pas, ne fusionnent pas : chacun achève sa para-\nbole : la distinction est parfaite et la structure pentamétrique en ressort claire-\nment, correctement, selon toutes les règles de la musique d'art.\nQue la mélodie se chante ainsi en Lombardie, nous n'avons aucune raison de\nle mettre en doute, puisqu'elle a été notée par un musicien expert, et jusqu'à\npreuve du contraire nous devons admettre que sa mémoire aura été fidèle,\nbien que, s'agissant de mélodie populaire, le musicien professionnel, le musi-\ncien d'art soit toujours exposé, lorsqu'il écrit de mémoire un air populaire, à\nsubstituer les rythmes réguliers établis par les lois et adoptés par l'habitude aux\nrythmes libres du génie populaire. Il faut se garder et se méfier de tout essai de\nfaire entrer les mélodies traditionnelles dans les formes préconçues des mesures\nconventionnelles. C'est pourquoi nous avons cru devoir noter nos deux mélodies\nnon en 6/8, c'est-à-dire en rythme binaire composé:\npréférant les\ninscrire en rythme ternaire simple :\nen prenant pour ypovoç irp&Toç\nla noire au lieu cle la croche, ce qui nous a paru aussi plus rationnel, vu le\nmouvement lent cle la cantilène. Ceci nous a conduit à la constatation du mètre\nsupérieur de trois mesures (a tre battute) (1 ), dont l'allure ailée, comme nous\nl'avons dit, prête un si grand charme à la ballade de /'Oiseau tel que nous\nl'entendîmes à San Florian et à Serravalle (2). Dans la version lombarde,\ntrouvée dans le recueil susdit, tout se passe plus correctement,- chaque\nphrase se compose de deux mesures isochrones, l'élément binaire symétrique\npréside à chacune.\nOr, correction et chant populaire se rencontrent rarement, et si la mélodie d'art\net sa structure artificielle peut se comparer souvent aux cristallisations, aux\nformes similaires, la vraie chanson populaire est, elle, plutôt une plante, un\norganisme vivant, à mouvement libre, et animée d'une vie particulière dans\n\n(1) Pendant de la tripodie ïambique du vers.\n(2) Et qui ne se trouve pas dans la structure de la mélodie notée de mémoire par le Maestro\nSacchi."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.10", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 3019, "texte": "chaque part de ses manifestations, dans chacune de ses branches, dont l'une\nne sera jamais l'exacte reproduction de l'autre. Que l'on compare entre elles\nces trois versions recueillies de la bouche du peuple, sur cette route qui de la\nplaine lombardo-vénitienne monte lentement vers les Dolomites et dont ces\ntrois versions marquent autant d'étapes : quelle diversité ! quelle désinvolture,\ndans celle surtout que chantent là haut sur le haut plateau des montagnes qui\ns'élèvent à pic en face de Longarone au delà du torrent qui va devenir le Piave,\net quelle poésie ! —ces jeunes paysannes de montagne entonnant cette\nlente ligne mélodique fleurie comme les ondulations des prés sur leur haute\nplaine (hoch-plateau)l Ce sont en effet les « fioritures », les « appoggiatures »,\nqui distinguent la version du hameau Erdt de celle de San Florian, de celle de\nSerravalle; on dirait que plus haut cette mélodie est allée, plus elle s'est\naffranchie des règles préconçues, des formes stylisées ; c'est la version à\n2.000111 de hauteur qui ressemble le moins à celle de la plaine ! C'est à peine\nsi on y découvre encore les traces d'une structure quelconque, outre la division\nprimaire en deux membres de période, et, ce qui est bien plus curieux : la struc-\nture de cinq phrases en est complètement disparue ! Ce n'est plus la forme\na a | b a b que nous avions constatée dans les versions de San Elorian et de\nSerravalle, et qui ressort si clairement dans celle de la Lombardie : c'est la\nforme suivante: a + a || b -f- b, en tant que nous considérons la base mé-\ntrique proprement dite du distique, le même qui a servi aux autres versions.\nLa phrase initiale, le premier vers a): « (E) Li Uzelin du bosc », est répétée, et le\nsecond vers per la campagna vola aussi sans [que la phrase première y re-\nvienne pour la troisième fois, ce qui avait déterminé le pentamètre. En\nrevanche, nous voyons une phrase étrangère surajoutée à la fin du premier\nmembre de la période (Vordersatzh\nSi cet épiphthegme, ou phrase surajoutée ( 1), ne doit compter pour rien dans\nla quantité du vers, il ne doit pas non plus être compté, du moins en ce cas,\nil nous semble, dans la quantité de la mélodie ; c'est un ornement, une prolon-\ngation volontaire, au gré du chanteur, de la note finale, comme le paraphe\ndans une signature.\nEt nous voici à la mesure finale si importante comme complément de la\nmesure initiale, si caractéristique au point de vue de l'éthos, si déterminante et\nindicatrice comme document ethnologique d'origine, de provenance.\nVoici la physionomie des mesures finales des quatre versions des deux\npremiers vers de VOiseau mis en regard de leurs mesures initiales respectives ;\n\n(i) «On appelait £7i(cpÔ£Yp.a dans l'antiquité, et l'on appelle yop taga en grec moderne, une\nphrase ou un mot surajouté'qui s'intercale soit à la fin, soit au milieu d'un vers, et qui ne compte\npour rien dans la quantité. » {Mél. pop. de Grèce, de Bourgault-Ducoudray, p. 24. Introduction.)"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.11", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "Sur huit mesures initiales, il y en a 6 ait levé correspondant au mètre ïambique\navec anacrouse (San Florian, a et b ; Serravalle, a et b ; Erdt b ; Lombardie, b) et\ndeux au frappé: l'une, de la version de Erdt, correspondant au mètre trochaïque\nsans anacrouse du premier vers, qui a changé sa nature par suite de l'élision de\nla première syllabe (E ou Quell) et est devenue tripodie trochaïque cataleptique ;\nl'autre, de la version de Lombardie, où la syllabe Eè reçoit l'ictus et le frappé,\nde légère devient accentuée, ce qui est à noter."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.12", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "Quant aux mesures finales, il devrait y avoir quatre mesures catalectiques et\nquatre acatalectiques pour correspondre avec la rime masculine et féminine du\ndistique del b'osc w JL et vola -L\nOr elles ont toutes la tendance à transformer les valeurs des syllabes : le\nmot tronqué bosc, catalectique qui devrait finir sur le temps fort, et virtuelle-\nment finit sur le premier temps de la troisième mesure :\nreçoit presque toujours, à l'exception de la version de Serravalle, une prolonga-\ntion, des notes surnuméraires:\nc'est-à-dire une mesure finale acatalectique, qui dans la version de la\nmontagne se développe en une agogée descendante, à degrés conjoints, tandis\nque dans celle de la plaine cette agogée est ascendante, à degrés disjoints.\nCette adjonction ajoute à la structure un élément ornemental et caractérise\ncomme signe distinctif ethnologique et topographique les diverses versions.\n»\nIII\nRÉSUMÉ.\nEn résumant les considérations principales sur la structure pentamétrique\nque nous a suggérées l'analyse de ces deux chansons-ballades du Veneto occi-\ndental, et spécialement celle dont les diverses versions donnaient lieu à l'ana-\nlyse comparative : l'ancienne mélodie de Y Oiseau dans la forêt (i ), nous arrivons\naux conclusions suivantes :\n1. La structure à cinq divisions ou phrases musicales (pentakolon mélodique)\nse rencontre dans les traditions anciennes du chant populaire du Veneto et\nnotamment dans le district de Belluno et les communes de Vittorio-Veneto\njusqu'à Longarone.\n2. Cette forme à cinq phrases s'y présente sous diverses variantes, et avec\ndifférents textes.\n\n(i) Qui se chante, nous a-t-on assuré, même au delà des Alpes du Tyrol (information que nous\nn'avons pas encore pu contrôler nous-même)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.13", "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "3. Les deux spécimens principaux de ce type, les plus répandus et ayant con-\nservé jusqu'à présent leur popularité, sont les chansons-ballades ÏUselin del\nbosc et la Figlia del paesan.\n4. Le pentamètre musical a pour base un dimètre (2 + 2) poétique (distique).\n5. Le pentamètre musical est déterminé non pas par dilatation, ni adjonction,\nni répétitions de paroles, ni par intercalation d'un vers ou de mots hors cadre\n(sTuicpOsyp-*)? mais par la répétition entière et non fragmentaire des deux vers\n(xaAa) qui composent le distique et notamment par une répétition (reprise)\nnon symétrique des deux parties, le premier vers étant chanté trois fois, le\nsecond vers deux fois.\n6. La répétition des vers ne s'y fait pas d'une façon suivie, mais d'une\nfaçon mélangée ; le vers a étant, à sa troisième reprise, placé entre les deux\nrépétitions du vers b :\n7. La première partie de ce pentamètre d'ordre supérieur est toujours exposée\npar une voix seule (coryphée), la seconde chantée par le chœur.\n8. La première partie, lors même qu'elle est chantée par plusieurs voix, est\ntoujours à l'unisson ; la seconde partie, toujours avec harmonie à deux, trois,\nquatre parties, presque toujours en tierces.\n9. La structure musicale pentainétrique déterminée par une disposition par-\nticulière du dimètre poétique apparaît plus clairement dans la version de la\nplaine et moins distinctement dans les versions des pré-Alpes, pour s'effacer\npresque entièrement dans les hautes Alpes.\n10. Cette disposition alternative d'un chant solo suivi d'un chœur, propre\naux chants populaires d'ancienne tradition, et qui était en usage chez les anciens\nGrecs (première Ode pythique de Pindare), indique l'origine ancienne de ces\ndeux chansons-ballades 'Oiseau dans la forêt et la Fille du paysan) du Veneto\noccidental et ajoute, au charme musical de la structure pentamétrique qui leur\nsert de base, l'intérêt et le mérite d'une tradition ancienne parfaitement\nconservée.\nVenise, oct. 1903.\nERRATA\nDans les « Deux anciennes Mélodies de la Vénétie occidentale » de E. Adaïews-\nky, n° du ler mars, pcig. 146 (notice au bas de la page), lire :\nFadalto au lieu de Fadutto ;\nFatto alto au lieu de Jutto alto ;\npag. 747, schéma métrique de la Fille du paysan :\nid. (notice au bas de la page)\nlire : phrase initiale au lieu de phrase immédiate,\np. 151 lire : tutti dican, au lieu de tutti dicau.\nid. inflexion qui la rend propre, au lieu de veut.\n\nE. ADAÏEWSKY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "214", "page_fin": "217", "image_debut": 14, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.3", "titre_corps": "Théâtres et Concerts", "titre_sommaire": "Théâtres et Concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.14", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 2880, "texte": "Théâtres et Concerts\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 12 et 19\nmars.\nL. L.\n— La Damnation de Faust, conduite\navec beaucoup de précision, et avec la\nreprise traditionnelle de la Marche hon-\ngroise\\ Mais pourquoi alors nous avoir\nprivés naguère, avec tant d'obstination,\ndu plaisir d'entendre deux fois le Prélude\nà VAprès-Midi d'un Faune ? Mme Raunay\nest une Marguerite délicieuse, et M. Laf-\nfîte un Faust excellent.\n\nCONCERTS COLONNE. - 19 mars.\nA. L.\nire audition de Y Ave Maria de Max Bruch.\nCe morceau, sans accent religieux, qui est plutôt un air de théâtre qu'une prière,\npeut cependant appartenir au genre de la musique mondaine pour église catho-\nlique par un certain accompagnement de harpe ; les arpèges de harpe sont de\nrigueur pour tout Ave Maria qui se respecte. MmeLola Rally a chanté en allemand\navec assez de succès. Le violoncelle solo de l'orchestre, M. Ch. Baretti, a joué\nle Concerto en ré de Lalo. Il s'est tiré à son honneur des difficultés du finale, sans\ntrop de fausses notes ; son style est bon, et sa sonorité charmante. Ce concerto,\nà peu près dénué de traits de virtuosité pure, bien écrit pour l'instrument, sauf\nquelques passages scabreux, a été écouté avec plaisir et a valu à l'interprète\nd unanimes applaudissements.— L'ouverture des Noces de Figaro, exécutée dans\nun mouvement modéré, sans exagération de nuances, m'a fait plus de plaisir\nchez M. Colonne que chez M. Chevillard, où le vertige de la vitesse et le mys-\ntère du pianissimo m'avaient étrangement surpris. Pour terminer, le Requiem\nde Berlioz ( 13e audition), sans doute trop rempli d'effets romantiques, une ou\ndeux fois agaçant par des puérilités démodées, mais admirable cantate de deuil\net de terreur, profondément religieuse et faite pour l'église. M. Emile Cazeneuve\nm'a ému comme d'habitude dans son simple et poignant San dus.\nM. Colonne avait donné, le dimanche précédent, la ire audition d une Elégie\nsymphomque, de M. Armand Marsick. Je reprocherai à ce musicien des visées\ntrop ambitieuses. Son talent s'accommoderait mieux, il me semble, d'un\ngenre de musique intime et tempéré Ce haut style qui amalgame Verdi, Masse-\nnet et Wagner, est un peu inexpérimenté : que M. Marsick cherche ce que ses\népaules peuvent porter, et je ne doute pas qu'il ne montre alors des qualités plus\npersonnelles.\n\nWASHINGTON PALACE. — 15 mars.\nL. L.\n— Deuxième concert de M. Ed. Bernard et\nWilly-Burmester. Ce dernier est un violoniste sérieux, d'un mécanisme sûr,\nmais trop épris de difficultés : le Rondo de Saint-Saëns, Y Étude de Chopin Bur-\nmester, la Danse des sorcières de P aganini-Burmester, témoignent de ce goût\nfâcheux. M. Ed. Bernard triomphe dans le Prélude, aria et finale de Franck, et\ndans le Nocturne et la Polonaise de Chopin, par son jeu ample, puissant, et en\nmême temps bien ménagé et réfléchi. 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C'est\nsur un clavecin authentique que sont exécutées les oeuvres anciennes, jusqu'au\nXVIIIC siècle : les variations sur le Chant du chevalier, du vieux maître espa-\ngnol Cabezon (1510-1566), œuvre admirable, dont la forme un peu austère s'ac-\ncompagne de tant de grâce et d'émotion ; un charmant Minuetto inédit de Moreno\n(xvme siècle) ; puis des œuvres de l'école anglaise, plus sèches, sauf le beau\nPrélude de Purcell ; une fugue de Frescobaldi, et une Sonate de Scarlati, fort\njolie, avec quelques tendances à la virtuosité italienne ; nos clavecinistes enfin\ntriomphent, avec une danse de Chambonnières, les Vieux Seigneurs de Coupe-\nrin, que l'on croit voir glisser à pas menus sur le parquet, et son Arlequine,\nd'une recherche harmonique exquise ; les Tourbillons de Rameau (sur un forte-\npiano du XVIIIC siècle), et le Concert des oiseaux de Dandrieu, gazouillis confus et\ncharmant qui parfois s'arrête essoufflé, comme pour reprendre haleine. Les œu-\nvres de l'école allemande ont paru moins colorées, moins poétiques : la minia-\nture convient mieux à Rameau qu'à Haendel, à Couperin qu'à J.-S. Bach. On\nne saurait rêver interprétation plus souple et plus sobre, plus émue et plus im-\npeccable, plus délicate et plus vigoureuse que celle de M. R. Vihès.\nJeudi yo mars. — Brillant concert donné par Mlle Gerda Magnus, avec le\nconcours de M. Joseph Hollman (au programme : Saint-Saëns, Max Bruch,\nScarlatti, Schubert, Chopin, Hollman).\n\nECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. — 20 mars. — M. Laloy, dans sa pre-\nmière conférence, étudie Fervaal, de V. d Indy, et montre que si l'influence wa-\ngnérienne s est exercée sur le drame, la musique, par son caractère de netteté,\nde fermeté, de précision, même un peu minutieuse, révèle une personnalité bien\naccusée Le 27 mars, deux oeuvres de l'école vériste française, Y Ouragan, de\nBruneau, et Louise, de Charpentier, sont analysées à leur tour. Le 3 avril, il sera\nquestion de Pelléas et Mélisande.\n— 2y mars. — M. Calvocoressi retrace fort agréablement l'histoire de l'école\nrusse contemporaine. Un concert fait suite à cette conférence : le quatuor Luquin\nenlève de verve la Sérénade espagnole du quatuor Bélaief (cette partie du quatuor\nest deBorodine). Mlle Tomasset chante avec expression, mais parfois dans un\nmouvement trop lent, des mélodies de Borodine, Moussorgsky, Rimsky-Kor-\nsakof et Balakiref. Et M. Vinès est merveilleux de délicatesse, de poésie et de\nvirtuosité dans les Tableaux Tune Exposition, de Moussorgsky, et l'orientale\nIslamey, de Balakiref.\n\nSALLE DES GALERIES DE LA CHARITÉ. — 24 mars\n\n. •— Ce concert, composé de\nfragments de 1 Orfeo, du Couronnement de Poppée, de YArmide de Lulli, des\nEléments de Destouches, et de Castor et Pollux, permettait de suivre le dévelop-\npement de la musique dramatique jusqu'au milieu du xvine siècle. C'est ce que\nj'ai essayé de montrer dans une courte causerie préliminaire, en dégageant sur-\ntout le caractère dominant de ce genre de l'opéra, aristocratique et mondain dans\nson principe, dans ses origines, et encore aujourd'hui dans l'opinion d'une bonne\npartie du public M. d'Indy, qui devait diriger le concert, retenu au dernier\nmoment par un deuil de famille, avait désigné, pour le remplacer, M. de Lacerda,\nqui voulut bien assumer cette lourde tâche. Il faut lui en savoir beaucoup de gré,\ncar l'exécution a été parfaite de correction, de précision, de finesse et d'intelli-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.16", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3199, "texte": "gence ; et ainsi s'est affirmée une fois de plus devant un nombreux\npublic, la maîtrise de ce jeune maître. Mmes M. Legrand, Pironnay et L. Fié,\nMM. Bourgeois et David ont eu leur bonne part des applaudissements : ne crai-\ngnons pas de dire que, pour le style, les chanteurs de la Schola n'ont guère de\nrivaux.\n\nL. L.\n\nSALLE DU JOURNAL. 2j> mars. —La conférence de MME de Sémo est\nsuivie d'un concert où l'on exécute quelques-uns de ces chants arabes, si inté-\nressants et si pieusement recueillis par M. Rouanet, notre collaborateur (n° du\nier mars).\n\nSALONS MUSICAUX.\nC.\n— Toujours très brillants et très recherchés du monde\nartistique et littéraire, sont les samedis de M. Dujardin-Beaumetz, le très\nbienveillant sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts. Au programme de la der-\nnière soirée donnée rue de Valois : un fragment (correct, académique, un peu\nfroid) de la Symphonie en ut majeur de Jules Mouquet. un des derniers prix de\nRome ; le délicieux Rondino en mib de Beethoven (pour 2 hautbois, 2 clarinet-\ntes, 2 cors, 2 bassons) ; le Preludio et fughetta, op. 40 — pétillant d'esprit et de\ngrâce — de Gabriel Pierné (parles mêmes instruments, plus 2 flûtes) ; Pair de\nla folie de Lucia (bien peu de jolie dans \"cette virtuosité !) par Mlle Courtenay ;\nArabesque de Debussy et Napoli, de Liszt, exécutés par M. Ecl. Bernard ; quel-\nques pièces de Massenet ; un Madrigal aimable de Lauweryns, le menuet de\nY Orphée de Gluck, un Scherzo de Widor par M. Georges Barrère. et le ier acte\nde Lakmè (avec MM. Clément et Delvoye, Mmes Vallandri, Pierron, etc.). Je ne\nparle pas de la partie littéraire de cet éblouissant programme (Ad. Le Bargy,\nMlle Sylvie, etc.).\n\n18 mars.\n\nTrès intéressante matinée chez le sculpteur Alexandre\nZeitlin, dont le frère, M. L. Zeitlin, joue avec beaucoup d'ampleur et de sûreté\nle Poème de Chausson. M. Ricardo Vinès nous fait entendre la Toccata de\nDebussy, et la* Pavane pour une Infante défunte, de Ravel, d'un charme mélan-\ncolique si raffiné ; je compte beaucoup sur Ravel pour l'avenir de notre musique.\nM. Llobet est un virtuose de la guitare, qui tire de son instrument une éton-\nnante variété de timbres et de nuances ; on a beaucoup goûté le Caprice arabe de\nTarrega, et les variations sur l'air de la Jota. Enfin Mme Georgette Leblanc\nchante, dit et mime à la fois les poèmes chinois de Judith Gautier, mis en\nmusique par M. G. Fabre, ainsi qu'une chanson de Maeterlinck, et le Dansons la\nGigue de Ch. Bordes ; l'effet est grand et saisissant ; c'est là un art nouveau et\nunique en son genre, et le goût le plus pur préside à cette union de la plastique\net de la musique.\nLe lendemain, c'était àun concert tout moderne que nous conviait Mme la\nprincesse de Cystria. Un joli duo de la Tempête de Chausson, puis la Sonate de\nFranck, fort délicatement interprétée par MM. Vinès et Zeitlin, les Masques et\nVile joyeuse de Debussy, que M. Vinès enlève avec une fougue et une souplesse\nmerveilleuses, le Balcon et le Clair de lune, de Debussy, où nous retrouvons\nMme C. Fourrier et ses qualités si personnelles d'émotion intense et de construc-\ntion intelligente, enfin deux mélodies nouvelles d'A. de Polignac : Jardin du Roy (1 )\n\n(1) Astruc éditeur."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.17", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "et Rêverie (i) : j'aime beaucoup la langueur mélancolique de la première et le\npetit développement par imitation du milieu, qui dit si bien la tristesse des cho-\nses anciennes ; et j'aime mieux encore la seconde, pour les inflexions tendres du\nchant, et 1 accompagnement où 1 on croit voir se lever, pour retomber lentement\nensuite, les voiles du souvenir. Il y a là, comme dans toutes les œuvres de l'au-\nteur, un charme particulier etjnimitable, le charme d'une pensée subtile et pure,\nnouirie de rêve et presque étrangère àce monde. Mme Fourrier a merveilleuse-\nment compris et mis en valeui ces deux pièces qui lui ont valu un grand succès.\nPuis, le salon à moitié vide déjà, M. Vihès consent à se remettre au piano et nous\njoue la Pavcine et les Je aux d eau de Ravel, qu'on ne se lasse point d'entendre\nLe même jour, très intéressant concert du Double Quintette, dans les salons\nde Mm® Postel-Vinay.\n\nL. L.\n\nGRANDE SALLE PLEYEL. —— Concerts d avril. —Le lER,IER, M. Franz Fischer, chef\nd orchestre des théâtres de Munich et Bayreuth ;2, Mme Bertrand Papin(élèves) ;\n3, Mme Pasque Jétot; 5, M. Joseph Debroux ;6, M. Albert Geloso ;7, M. Max\nBerhens, professeur au conservatoire de Genève ; 8, la Société de Concerts des\nInstruments anciens ,9? Mme Anna Fabre (élèves) ; 10, M. Franz Fischer\n(2e séance) ; 11, M. Edouard Tourey, avec orchestre ; 12, Mme Lucile Wurmser,\nharpiste; 13, la Société des Instruments à vent, à 4 heures; Mlle Schnitzer ;\nM. Paul Viardot ; 16, MUe Fernet (élèves); 17, M. Gustave Borde; 18, la\nSociété des Compositeurs de musique (avecorchestre).\nLes cinq matinées musicales consacrées à l'audition annuelle des élèves\ndes Cours Hortense Parent auront lieu les dimanches 2, mercredi 5, jeudi 6,\nvendredi 7, et dimanche 9 avril (salons Pleyel). On sait que ces cours pour les\njeunes filles du monde représentent l'école d'application de l'excellente école\npréparatoire au professorat du piano fondée par Mlle Parent en 1882.\nOUVRAGES REÇUS ' L\nROGER DUCASSE. Petite Suite, pour piano à quatre mains. Paris, Astruc.\nGABRIEL DUPONT. Poèmes d'Automne, pour piano et chant. Paris, Astruc.\nMAURICE RAVEL. Quatuor pour instruments à archet. Paris, Astruc.\nLIONEL DE LA LAURENCIE.— Essai sur le goût musical. Paris, Joanin. (Ouvrage\nrempli de faits et d idées intéressantes, qui [sera le régal de tous les délicats.)\nEMILE TRÉPARD. - Le cantique de Bethphagé, piano et chant. Paris, Grus.\nGUIDO ADLER. Richard Wagner, leçons professées à l'Université de\nVienne, 1 vol. Leipzig, chez Breitkopf (magistral).\n■*■■■ * •••\" ■ '■' •• . '• V <V. 4/• i.i ri :„s0 -s' À-\" s-:- —-> \"U. I O •\" •. •• *■)' fc -®b •'y! v. . » .... 1»\n4.\n(i) Demets éditeur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "214", "page_fin": "214", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.3.1", "titre_corps": "CONCERTS CHEVILLARD. — 12 et 19 mars.", "titre_sommaire": "CONCERTS CHEVILLARD. — 12 et 19 mars.", "signature_source": "L. 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Laf-\nfîte un Faust excellent."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "214", "page_fin": "214", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.3.2", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE. – 19 mars.", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE. – 19 mars.", "signature_source": "A. 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Ce concerto,\nà peu près dénué de traits de virtuosité pure, bien écrit pour l'instrument, sauf\nquelques passages scabreux, a été écouté avec plaisir et a valu à l'interprète\nd unanimes applaudissements.— L'ouverture des Noces de Figaro, exécutée dans\nun mouvement modéré, sans exagération de nuances, m'a fait plus de plaisir\nchez M. Colonne que chez M. Chevillard, où le vertige de la vitesse et le mys-\ntère du pianissimo m'avaient étrangement surpris. Pour terminer, le Requiem\nde Berlioz ( 13e audition), sans doute trop rempli d'effets romantiques, une ou\ndeux fois agaçant par des puérilités démodées, mais admirable cantate de deuil\net de terreur, profondément religieuse et faite pour l'église. M. Emile Cazeneuve\nm'a ému comme d'habitude dans son simple et poignant San dus.\nM. Colonne avait donné, le dimanche précédent, la ire audition d une Elégie\nsymphomque, de M. Armand Marsick. Je reprocherai à ce musicien des visées\ntrop ambitieuses. Son talent s'accommoderait mieux, il me semble, d'un\ngenre de musique intime et tempéré Ce haut style qui amalgame Verdi, Masse-\nnet et Wagner, est un peu inexpérimenté : que M. Marsick cherche ce que ses\népaules peuvent porter, et je ne doute pas qu'il ne montre alors des qualités plus\npersonnelles."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "214", "page_fin": "214", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.3.3", "titre_corps": "WASHINGTON PALACE. — 15 mars.", "titre_sommaire": "WASHINGTON PALACE. — 15 mars.", "signature_source": "L. 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Je connais peu de pianistes qui appro-\nchent de cette haute intelligence."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "215", "page_fin": "215", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.3.4", "titre_corps": "SALLE ERARD. — 27 mars.", "titre_sommaire": "SALLE ERARD. — 27 mars.", "signature_source": "C. 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Les œu-\nvres de l'école allemande ont paru moins colorées, moins poétiques : la minia-\nture convient mieux à Rameau qu'à Haendel, à Couperin qu'à J.-S. Bach. On\nne saurait rêver interprétation plus souple et plus sobre, plus émue et plus im-\npeccable, plus délicate et plus vigoureuse que celle de M. R. Vihès.\nJeudi yo mars. — Brillant concert donné par Mlle Gerda Magnus, avec le\nconcours de M. 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C'est ce que\nj'ai essayé de montrer dans une courte causerie préliminaire, en dégageant sur-\ntout le caractère dominant de ce genre de l'opéra, aristocratique et mondain dans\nson principe, dans ses origines, et encore aujourd'hui dans l'opinion d'une bonne\npartie du public M. d'Indy, qui devait diriger le concert, retenu au dernier\nmoment par un deuil de famille, avait désigné, pour le remplacer, M. de Lacerda,\nqui voulut bien assumer cette lourde tâche. Il faut lui en savoir beaucoup de gré,\ncar l'exécution a été parfaite de correction, de précision, de finesse et d'intelli-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.16", "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "gence ; et ainsi s'est affirmée une fois de plus devant un nombreux\npublic, la maîtrise de ce jeune maître. Mmes M. Legrand, Pironnay et L. Fié,\nMM. Bourgeois et David ont eu leur bonne part des applaudissements : ne crai-\ngnons pas de dire que, pour le style, les chanteurs de la Schola n'ont guère de\nrivaux.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "216", "page_fin": "216", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.3.7", "titre_corps": "SALLE DU JOURNAL. 2j> mars. —La conférence de MME de Sémo est", "titre_sommaire": "SALLE DU JOURNAL. 2j> mars. —La conférence de MME de Sémo est", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.16", "debut_caractere": 329, "fin_caractere_exclue": 561, "texte": "SALLE DU JOURNAL. 2j> mars. —La conférence de MME de Sémo est\nsuivie d'un concert où l'on exécute quelques-uns de ces chants arabes, si inté-\nressants et si pieusement recueillis par M. Rouanet, notre collaborateur (n° du\nier mars)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "216", "page_fin": "216", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.3.8", "titre_corps": "SALONS MUSICAUX.", "titre_sommaire": "SALONS MUSICAUX.", "signature_source": "C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.16", "debut_caractere": 563, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "SALONS MUSICAUX.\nC.\n— Toujours très brillants et très recherchés du monde\nartistique et littéraire, sont les samedis de M. Dujardin-Beaumetz, le très\nbienveillant sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts. Au programme de la der-\nnière soirée donnée rue de Valois : un fragment (correct, académique, un peu\nfroid) de la Symphonie en ut majeur de Jules Mouquet. un des derniers prix de\nRome ; le délicieux Rondino en mib de Beethoven (pour 2 hautbois, 2 clarinet-\ntes, 2 cors, 2 bassons) ; le Preludio et fughetta, op. 40 — pétillant d'esprit et de\ngrâce — de Gabriel Pierné (parles mêmes instruments, plus 2 flûtes) ; Pair de\nla folie de Lucia (bien peu de jolie dans \"cette virtuosité !) par Mlle Courtenay ;\nArabesque de Debussy et Napoli, de Liszt, exécutés par M. Ecl. Bernard ; quel-\nques pièces de Massenet ; un Madrigal aimable de Lauweryns, le menuet de\nY Orphée de Gluck, un Scherzo de Widor par M. Georges Barrère. et le ier acte\nde Lakmè (avec MM. Clément et Delvoye, Mmes Vallandri, Pierron, etc.). Je ne\nparle pas de la partie littéraire de cet éblouissant programme (Ad. Le Bargy,\nMlle Sylvie, etc.)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "216", "page_fin": "217", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.3.9", "titre_corps": "18 mars.", "titre_sommaire": "18 mars.", "signature_source": "L. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.16", "debut_caractere": 1675, "fin_caractere_exclue": 3199, "texte": "18 mars.\n\nTrès intéressante matinée chez le sculpteur Alexandre\nZeitlin, dont le frère, M. L. Zeitlin, joue avec beaucoup d'ampleur et de sûreté\nle Poème de Chausson. M. Ricardo Vinès nous fait entendre la Toccata de\nDebussy, et la* Pavane pour une Infante défunte, de Ravel, d'un charme mélan-\ncolique si raffiné ; je compte beaucoup sur Ravel pour l'avenir de notre musique.\nM. Llobet est un virtuose de la guitare, qui tire de son instrument une éton-\nnante variété de timbres et de nuances ; on a beaucoup goûté le Caprice arabe de\nTarrega, et les variations sur l'air de la Jota. Enfin Mme Georgette Leblanc\nchante, dit et mime à la fois les poèmes chinois de Judith Gautier, mis en\nmusique par M. G. Fabre, ainsi qu'une chanson de Maeterlinck, et le Dansons la\nGigue de Ch. Bordes ; l'effet est grand et saisissant ; c'est là un art nouveau et\nunique en son genre, et le goût le plus pur préside à cette union de la plastique\net de la musique.\nLe lendemain, c'était àun concert tout moderne que nous conviait Mme la\nprincesse de Cystria. Un joli duo de la Tempête de Chausson, puis la Sonate de\nFranck, fort délicatement interprétée par MM. Vinès et Zeitlin, les Masques et\nVile joyeuse de Debussy, que M. Vinès enlève avec une fougue et une souplesse\nmerveilleuses, le Balcon et le Clair de lune, de Debussy, où nous retrouvons\nMme C. Fourrier et ses qualités si personnelles d'émotion intense et de construc-\ntion intelligente, enfin deux mélodies nouvelles d'A. de Polignac : Jardin du Roy (1 )\n\n(1) Astruc éditeur."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.17", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 936, "texte": "et Rêverie (i) : j'aime beaucoup la langueur mélancolique de la première et le\npetit développement par imitation du milieu, qui dit si bien la tristesse des cho-\nses anciennes ; et j'aime mieux encore la seconde, pour les inflexions tendres du\nchant, et 1 accompagnement où 1 on croit voir se lever, pour retomber lentement\nensuite, les voiles du souvenir. Il y a là, comme dans toutes les œuvres de l'au-\nteur, un charme particulier etjnimitable, le charme d'une pensée subtile et pure,\nnouirie de rêve et presque étrangère àce monde. Mme Fourrier a merveilleuse-\nment compris et mis en valeui ces deux pièces qui lui ont valu un grand succès.\nPuis, le salon à moitié vide déjà, M. Vihès consent à se remettre au piano et nous\njoue la Pavcine et les Je aux d eau de Ravel, qu'on ne se lasse point d'entendre\nLe même jour, très intéressant concert du Double Quintette, dans les salons\nde Mm® Postel-Vinay.\n\nL. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "217", "page_fin": "217", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.3.10", "titre_corps": "GRANDE SALLE PLEYEL. —— Concerts d avril. —Le lER,IER, M. Franz Fischer, chef", "titre_sommaire": "GRANDE SALLE PLEYEL. —— Concerts d avril. —Le lER,IER, M. Franz Fischer, chef", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.17", "debut_caractere": 938, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "GRANDE SALLE PLEYEL. —— Concerts d avril. —Le lER,IER, M. Franz Fischer, chef\nd orchestre des théâtres de Munich et Bayreuth ;2, Mme Bertrand Papin(élèves) ;\n3, Mme Pasque Jétot; 5, M. Joseph Debroux ;6, M. Albert Geloso ;7, M. Max\nBerhens, professeur au conservatoire de Genève ; 8, la Société de Concerts des\nInstruments anciens ,9? Mme Anna Fabre (élèves) ; 10, M. Franz Fischer\n(2e séance) ; 11, M. Edouard Tourey, avec orchestre ; 12, Mme Lucile Wurmser,\nharpiste; 13, la Société des Instruments à vent, à 4 heures; Mlle Schnitzer ;\nM. Paul Viardot ; 16, MUe Fernet (élèves); 17, M. Gustave Borde; 18, la\nSociété des Compositeurs de musique (avecorchestre).\nLes cinq matinées musicales consacrées à l'audition annuelle des élèves\ndes Cours Hortense Parent auront lieu les dimanches 2, mercredi 5, jeudi 6,\nvendredi 7, et dimanche 9 avril (salons Pleyel). On sait que ces cours pour les\njeunes filles du monde représentent l'école d'application de l'excellente école\npréparatoire au professorat du piano fondée par Mlle Parent en 1882.\nOUVRAGES REÇUS ' L\nROGER DUCASSE. Petite Suite, pour piano à quatre mains. Paris, Astruc.\nGABRIEL DUPONT. Poèmes d'Automne, pour piano et chant. Paris, Astruc.\nMAURICE RAVEL. Quatuor pour instruments à archet. Paris, Astruc.\nLIONEL DE LA LAURENCIE.— Essai sur le goût musical. Paris, Joanin. (Ouvrage\nrempli de faits et d idées intéressantes, qui [sera le régal de tous les délicats.)\nEMILE TRÉPARD. - Le cantique de Bethphagé, piano et chant. Paris, Grus.\nGUIDO ADLER. Richard Wagner, leçons professées à l'Université de\nVienne, 1 vol. Leipzig, chez Breitkopf (magistral).\n■*■■■ * •••\" ■ '■' •• . '• V <V. 4/• i.i ri :„s0 -s' À-\" s-:- —-> \"U. I O •\" •. •• *■)' fc -®b •'y! v. . » .... 1»\n4.\n(i) Demets éditeur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "218", "page_fin": "224", "image_debut": 18, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4", "titre_corps": "Informations.", "titre_sommaire": "Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.18", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2563, "texte": "Informations.\n\nSur la proposition du Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, M. Bienvenu-\nMartin vient d'accorder une somme de six cents francs à la Société quatuor\nHaydn-Mozart-Beethoven, et une somme de deux mille quatre cents francs à\nl'Ecole de Chant choral.\n\nROUBAIX. Par arrêté du 4 mars de M. le Préfet du Nord, MM. Beyls (Yvon)\net Mercier (Hector) ont été nommés professeurs du Cours élémentaire de solfège\net du Cours de contrebasse à cordes, à l'Ecole de musique, succursale du Con-\nservatoire national, en remplacement de M. Turbelin, décédé.\nSOCIÉTÉ DES COMPOSITEURS. Les concours ouverts en 1904 par la Société\ndes Compositeurs de Musique ont donné les résultats suivants :\nI. Symphonie à grand orchestre :\nPrix de 1.000 francs, offert par M. le Ministre des Beaux-Arts, non décerné.\nDeux mentions honorables :\ni° Avec prime de 300 francs, à M. Georges Sporck ;\n20 Avec prime de 200 francs, à l'auteur de l'œuvre ayant pour devise :\nThalassa.\n11. Œuvre symphonique pour piano et orchestre :\nPrix de 500 francs (fondation Pleyel-Wolf-Lyon), non décerné.\n111. Mélodie, avec accompagnement de huit instruments concertants :\nPrix de 500 francs, offert par M. Albert Glandaz, décerné à M. Marcel\nBertrand, :\nDeux mentions honorables :\ni° A l'auteur de l'œuvre ayant pour devise : Expression et Sincérité \\\n20 AM. Aloys Claussmann.\nIV. Quatuor pour deux violons, alto et violoncelle :\nPrix de 500 francs offert par la Société, décerné à M. Emile Goupil.\nMention à l'auteur de l'œuvre ayant pour devise : Lasl fen tremble...\nV. Suite pour harpe chromatique et deux instruments à vent :\nPrix de 200 francs offert par la Société, décerné à M. Edouard Mignan.\nDeux mentions honorables :\ni° A l'unanimité, à l'auteur de l'œuvre avant pour devise : Instar omnium;\n- 20 AM. Aloys Claussmann.\nIl ne sera pris connaissance des noms des auteurs ayant obtenu des mentions\nqu'avec leur assentiment.\n\nBORDEAUX. Grand-Théâtre.\n\n— Quelques manifestations hostiles à la direc-\ntion se sont produites ces jours derniers au Grand-Théâtre au sujet de diverses\nrécriminations formulées par quelques énergumènes Je suis extrêmement heu-\nreux de constater que leur but a totalement échoué et que notre sympathique\ndirecteur, M. F. Boyer, a montré, dans une lettre justificative, la situation\ntoujours florissante de notre scène, en rapport avec les moyens qui lui sont\nfournis et les besoins du répertoire moderne.\nDans Manon et Lakmé, M. Ed. Clément vient de remporter un énorme succès.\nIl semble même que son merveilleux organe ait gagné en sonorité et en ampleur"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3348, "texte": "dans le médium ; dans ces conditions, notre plus vif désir est de le voir le plus\nsouvent possible revenir parmi nous. _ .\nM. Jérôme est engagé sur notre scène pour le restant delà saison.\n\nJos. GRIMO.\n\nLILLE.\nDr H. GAUDIER.\n—Le dernier concert de la Société de musique de Lille, dimanche 12\nmars, débutait par la Pastorale que M. Maquet conduisit avec une grande auto-\nrité. Il la joue « à l'allemande », et ses mouvements rappellent plus ceux de\nNikisch que ceux de Chevillard. Quoi qu'il en soit, l'exécution a fait grand\nplaisir, justement parce qu'elle n'était pas ce qu'on entend tous les jours, et la\ndeuxième partie a été écoutée religieusement, car l'orchestre l'a rendue avec un\ncharme infini.\nLe Mazeppa de Liszt, qui suivait, n'a pas enthousiasmé la salle, non que l'exé-\ncution n'en fût pleine de feu, mais cette œuvre contient par trop de « ferblan-\nterie romantique » et manque de conviction, principalement dans la petite\nmarche finale, fantaisiste mais banale. Mlle Reniera lait entendre le Concerto\npour harpe de Pierné. Ecrit pour l'orchestre dans une tonalité désagréable, le\nConcerto fait briller toutes les ressources de la harpe, débutant par un thème\nqui n'est pas sans analogie avec celui de VAprès-Midi d'un Faune, avec, après\nquelques modulations, un allegretto point désagréable par ses pizzicati de\ncordes.\nMlle Renier possède plus de force et de virtuosité que de charme réel, mais il\nest vrai, point de mièvrerie, et son beau talent s est exercé plus à 1 aise dans des\npièces pour harpe seule et surtout dans la Gavotte de la sonate de violon de\nBach en si mineur, arrangée pour piano ou harpe par Saint-Saëns.\nMme Brema, par son style et son autorité admirables, éclipse, à mon avis,\ntoutes les cantatrices dramatiques actuelles, chantant à mi-voix 1 air d'Orphée\nde Gluck avec des demi-teintes exquises; elle a ensuite déployé son talent dra-\nmatique dans le finale du Crépuscule, où elle arrache 1 admiration des moins\nconvaincus, tant par son art que par la noblesse de ses attitudes. L orchestre,\nqui l'accompagnait sans répétition, acquiert de jour en jour plus de souplesse,\nde sonorité et de cohésion. Lille renaît d'ailleurs à la musique : fondation d une\nSociété d'instruments à vent et d'une Société de musique de chambre que dirige\nRieu et son excellent quatuor à cordes. Au dernier programme, Monsuez a joué\nà ravir la Sonate pour violoncelle de Strauss, et Rieu celle de Benjamin Godard,\nMlle Chrétien, qui les accompagnait, est une belle artiste ; mais pourquoi\ns'opiniâtre-t-elle à écraser de la sonorité de son Steinway 1 instrumentiste qui\nn'en peut mais ? C'est à décourager de faire de la musique de chambre !\nPendant ce temps, la Société des Concerts populaires poursuit sa marche\nmonotone et n'a pas d'histoire. Après un concert Dubois Duvernoy, honnête,\nmais terne, elle s'apprête à donner un festival Blockx. Le Directeur du Conser-\nvatoire d'Anvers saura galvaniser, par sa maîtrise, 1 orchestre languissant et\ndonnera à M. Gédalge, qui y assistera, l'idée qu il se trouve devant une\nassociation pleine de vie et de sentiments artistiques....\n\nROUEN.\n\n— Après bien des incidents — en octobre grève dune partie du per-\nsonnel, en novembre dissolution de la société formée entre lesdirecteurs,MM. Mé-\ntot et Queval, qui ne s'entendent plus, en janvier liquidation judiciaire de la"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2134, "texte": "direction Queval, le calme semble revenu au Théâtre des Arts et la saison\ns'achève aussi brillamment que possible, grâce à l'intelligente administration du\ndirecteur actuel. A4. Raoul François n est pas un inconnu à Rouen ; tout le\nmonde ici a gardé un excellent souvenir des deux années durant lesquelles il\na v ait déjà administré le Théâtre. Ses deux saisons furent superbes pécuniairement,\nce qui est quelque chose, et artistiquement, ce qui est beaucoup. C'est alors, je\ntiens à le rappeler, que Siegfried, à cette époque non encore représenté en\nFrance, le fut pour la première fois à Rouen.\nCette année, M. François assuma une lourde tâche en consentant à prendre\nla direction du Théâtre pour les deux mois qui restaient à courir. La troupe\nléguée était sans répertoire, et, pour amener le public, on devrait changer laffi-\nche le plus souvent possible. Certes, les résultats obtenus n'ont pas toujours\nété fameux, mais je dois reconnaître que la faute n'en est pas au directeur, et\nmalgré tout il y eut plusieurs soirées intéressantes, entre autres celles données\navec les concours de Mlles Thevenet, Soyer, MM. Zocchi, Fournets, etc.\nQuant aux nouveautés de cette année, elles se résumeront à la Reine Fiammetle,\nd André Pollonais et Gnsèhdis. Le délicieux conte dramatique de MM. Xa-\nviei Leroux et Catulle Mendès, joué sous le règne de M. Queval, retrouva au\nThéâtre des Arts le succès qui 1 accueillit à Paris lors de son apparation. L'au-\nteur dirigeait et sut parfaitement vivifier 1 orchestre ; je fus surtout frappé des\nnombreuses qualités de l'exécution orchestrale\nSuzel, de MM. Julien Goujon, Bernède et André Pollonais, compte parmi les\nmauvais legs forcément recueillis par A4. François. Sur un sujet bien anodin,\nA4. Pollonais écrivit une partition où lon trouve encore roulades et romances d une\ninspii ation pai tiop facile *, on en est aussi resté à la première représentation.\nM. Camoin, actuellement directeur du Théâtre d Angers, est nommé pour\ntrois ans directeur du Théâtre des Arts.\n\nGEO. MONTREUIL.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nReceltes détaillées du 20 janvier au 19 février 1905."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "II. - Opéra - Comique.\nRecettes détaillées du 20 janvier au 19 février 1905.\n\nMONTE-CARLO. Première représentation (création) de Arnica, opéra en 2 ac-\ntes, poème de M. Paul de Choudens, musique de Mascagni.\nLe nouvel opéra du célèbre compositeur italien témoigne d'un certain effort.\nOn sent que les critiques adressées à ses précédents ouvrages ne l'ont pas laissé\nindifférent. Mais si la musique d'Arnica serre de plus près le texte du livret,"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "elle est bien toujours de M. Mascagni, très italienne, heurtée, violente, recher-\nchant les effets un peu gros, et dédaignant quelquefois la distinction.\nLe poème est de M. Paul de Choudens. C'est un drame court qui, en peu de\nscènes, se hâte vers le dénouement. Un fermier, veuf, veut épouser une belle\nfille qui l'a ensorcelé ; mais il est gêné pour cela par Arnica, sa fille, dont il se\ndébarrasse en la fiançant à un de ses serviteurs, le timide Giorgio, qui est amou-\nreux d'elle. Arnica préfère le propre frère de son fiancé, Rinaldo, qui a été\nrecueilli autrefois avec Giorgio à la ferme. De caractère indépendant, il s'est\nretiré depuis longtemps dans la montagne, où son amoureuse va le re-\ntrouver.\nCeci est l'action du premier acte, au début pastoral et se passant dans un site\nalpestre. A la fin de l'acte, Arnica s'enfuit au milieu d'un orage classique d'un\neffet peu nouveau.\nAu deuxième acte, beaucoup de sentiments passionnés sont exprimés violem-\nment. Giorgio, renseigné parla nouvelle fermière, poursuit sa fiancée, la trouve\ndans les bras de son frère et hésite entre son amour et son affection fraternelle.\nNouvelle chevalerie rustique, Rinaldo cède généreusement Arnica à son rival et\ns'enfuit après avoir franchi un torrent sur un tronc d'arbre servant de pont. Mais\nArnica ne veut que lui et pour le suivre s'engage sur cette passerelle dangereuse;\nelle tombe dans le précipice où elle se noie. Les deux frères, unis par la douleur,\npleurent dans les bras l'un de l'autre.\nLe rôle d'Arnica devait primitivement être créé par Mme Emma Calvé. Il a été\nappris un peu à la hâte par Mile Farrar, et un peu d'indécision s'en est suivi à la\npremière représentation, qui n'en a pas moins été très bonne avec Mme Rainaldi,\nMM. Renaud, Rousselière, Lequien et l'orchestre de M. Jehin.\nCette œuvre, ainsi que la plupart des premières représentations à Monte-Carlo,\nfaisait partie d'une fête de bienfaisance donnée au profit de la caisse de secours\nde la colonie italienne.\nHélène, de Mi Camille Saint-Saëns, vient de triompher de nouveau, avec\nune interprétation admirable : Mme Litvinne a chanté et joué le rôle d'Hélène\nen grande tragédienne lyrique ; la voix généreuse de M. Rousselière a sonné à\nmerveille dans le rôle de Paris ; Mme Deschamps-Jehin fut une Pallas hautaine,\nfatale, de superbe allure. Et Mlle de Rubo a délicieusement chanté les phrases\nde Vénus.\nL'orchestre, dirigé par M. Léon Jehin, a exécuté en absolue perfection cette\npartition magistrale. ■ •\nLes Concerts classiques et modernes, en ce moment de grande saison, atti-\nrent un public nombreux qui emplit la salle Garnier et applaudit les œuvres\ninscrites au programme par M. Léon Jehin, et les virtuoses qui prêtent leur con-\ncours à ces belles séances musicales.\nAprès MM. Léon Moreau et Hugo Heermann, le maître pianiste Raoul Pugno\na remporté un succès enthousiaste : il a admirablement joué Mozart, avec une\nfidélité d interprétation telle que le génial compositeur de Don Juan revivait\nsous les doigts évocateurs du génial interprète. Dans ÏA/rica. de Saint-Saëns\net le Rondo de Weber, M. Raoul Pugno a fait acclamer sa virtuosité unique au\nmonde, et surtout sa profonde fidélité d'interprétation : l'extraordinaire musi-\ncalité, qui fait la personnalité de réminent concertiste, assure au public des sen-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3445, "texte": "sations d'art pur,— ce qui est le privilège de M. Puguo, — et conquiert au\ngrand artiste un succès qui va croissant d'année en année, et consolide sa triom-\nphale réputation aujourd'hui mondiale.\n\nNICE.\n\n— Première représentation (création) dQ Rolande, opéra en 3 actes et\n4 tableaux, poème de M. Paul de Berel, musique de M. Hirschmann.\nParmi les compositeurs de la jeune école française, plusieurs cherchent à s'im-\nposer à un public encore indécis dans ses préférences, en lui faisant de nom-\nbreuses concessions. Ils usent volontiers des harmonies modernes afin que l'on\nsache bien qu'ils connaissent leur affaire, mais sont assez réactionnaires dans\nleurs conceptions dramatiques. Cette tendance se remarque dans beaucoup\nd'oeuvres nouvelles ; je l'avais constaté déjà, entre autres dans Guernica, dans la\nFlamenca, et même dans la Reine Fiammette, qui, au moins, est traitée, elle,\navec originalité et une maîtrise remarquable. Je la constate encore dans Ro-\nlande,\nM. Paul de Choudens, dont Paul de Berel est le pseudonyme, a favorisé cette\ntendance en offrant à M. Hirschmann un livret en prose rythmée, découpé en\nmorceaux bien distincts, qui pourrait avoir été écrit pour Hérold ou Auber. Les\neffets les plus connus y sont accumulés le long d'une action assez simple, se\npassant sous le Directoire, et qui rappelle la Proserpine de Saint-Saëns ou la\nCoupe et les lèvres de Musset.\nAprès un prélude aux harmonies originales et cherchées, le premier acte\ns'ouvre sur le jardin des Tuileries, où, entre autres couples, devisent un jeune\nofficier, retour d'Italie, et Rolande, sa fiancée. Dès le lever du rideau, la musique\na changé de style ; elle est devenue monodique, rythmée, mélodique. Elle\névite de couvrir les voix. Elle se compose le plus souvent de morceaux détachés\nprécédés d'une ritournelle, et se terminant sur la tonique après un point d'orgue.\nLe jeune officier est également aimé par une courtisane, Margha, son ancienne\nmaîtresse. La rupture inévitable rend cette amante enragée. Elle fait provoquer\nson ancien amant par un bretteur dangereux avec qui il se battra le lendemain.\nLe deuxième acte débute de nouveau par un prélude polyphonique qui fait\nplace ensuite à des danses, vieux style, assez mal amenées, destinées évidem-\nment à faire contraste avec la situation dramatique des deux jeunes époux. Car\nl'officier, marié delà matinée, a été obligé de quitter, en prenant un prétexte\nquelconque, son épouse pour aller se battre. Au 3e tableau, nous assistons à ce\nduel, ce qui allonge inutilement la pièce. Mais il y avait là encore un effet à pro-\nduire : la scène se passe derrière un couvent à l'intérieur duquel chantent des\nmoines qui se taisent, comme par hasard, au moment du combat, et se remettent\nà chanter, toujours comme par hasard, au moment où le spadassin est tué par\nson adversaire.\nAu dernier acte, nouveau contraster Au début, leçon de danse très longue,\ngavotte qui semble écrite pour un Petit Duc quelconque, cela exécuté dans un\nvestibule, donnant sur un salon illuminé que l'on aperçoit de biais dans le fond.\nMargha pénètre dans ce vestibule alors que la fête est commencée. Elle offre à\nRolande confiante des fleurs empoisonnées. La jeune femme les respire et meurt\ndans les bras de son époux, qui revient vainqueur de son duel, pendant que\ndans le grand salon on entend une valse genre Johann Strauss.\nMlle Cesbron est naturelle et gracieuse dans le rôle de Rolande : Mme Heglon"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.24", "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "est très belle dans celui de la courtisane jalouse Le compositeur a écrit\npour elle des notes basses tout le long de là partition, et l'abus finit par émous-\nser leur effet. M. Salignac personnifiait le jeune officier très convenablement.\nMise en scène et orchestre très suffisants. Succès contestable.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nLe journal les Beaux-Arts illustrés, qui va paraître prochainement sous la\ndirection de M. Arthur Bloche, expert près la cour d appel, avec M. Gaston\nG'Sell, rédacteur en chef, sera, grâce à son organisation et à ses éminents colla-\nborateurs spéciaux, l'organe le mieux renseigné sur le mouvement des choses\nd'art dans les musées nationaux et étrangers et dans les expositions.\nIntroduisant ses lecteurs chez fes grands collectionneurs, dans les ateliers\nd'artistes, d'industries appliquées aux beaux arts, il donnera les comptes rendus\nles plus complets des ventes publiques avec physionomie des salles, prendra\nl'initiative de toutes les œuvres de bienfaisance au profit des artistes en détresse,\nafin de propager le développement de 1 art français et d'encourager toutes les\nbonnes volontés.\nLa littérature, la musique, la poésie, l'archéologie, tout ce qui touche à l'art,\naux sports, trouvera, dans le journal les Beaux-Arts illustrés, tant par le texte\nque parles gravures, un cadre digne d'eux\nLes chroniques immobilière, financière et delà mode, y occuperont une place\nimportante.\nL'abonnement pour Paris et la province : six mois, 7 fr ; un an, 12 fr. ; pour\nl'étranger: six mois, 8 fr., un an, 15 fr.\nS'adresser, pour toute communication, en l'hôtel des Beaux-Arts illustrés, 51,\nrue Saint-Georges. (Téléphone 155 -48.)\n» .... ■ . . . •\n\nNous rappelons à nos abonnés le Concours de Composition qui a été ou-\nvert par la Revue Musicale, pour un chœur à voix mixtes destiné à\nêtre exécuté dans les écoles. Nous avons déjà donné le programme de\nce Concours (prix offert : 600 fr.),pour lequel les délais d'envoi expire-\nront le ier août IQOS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "218", "page_fin": "218", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.1", "titre_corps": "Sur la proposition du Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, M.", "titre_sommaire": "Sur la proposition du Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, M.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.18", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 275, "texte": "Sur la proposition du Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, M. Bienvenu-\nMartin vient d'accorder une somme de six cents francs à la Société quatuor\nHaydn-Mozart-Beethoven, et une somme de deux mille quatre cents francs à\nl'Ecole de Chant choral."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "218", "page_fin": "218", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.2", "titre_corps": "ROUBAIX. Par arrêté du 4 mars de M. le Préfet du Nord, MM. Beyls (Yvon)", "titre_sommaire": "ROUBAIX. Par arrêté du 4 mars de M. le Préfet du Nord, MM. 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Georges Sporck ;\n20 Avec prime de 200 francs, à l'auteur de l'œuvre ayant pour devise :\nThalassa.\n11. Œuvre symphonique pour piano et orchestre :\nPrix de 500 francs (fondation Pleyel-Wolf-Lyon), non décerné.\n111. Mélodie, avec accompagnement de huit instruments concertants :\nPrix de 500 francs, offert par M. Albert Glandaz, décerné à M. Marcel\nBertrand, :\nDeux mentions honorables :\ni° A l'auteur de l'œuvre ayant pour devise : Expression et Sincérité \\\n20 AM. Aloys Claussmann.\nIV. Quatuor pour deux violons, alto et violoncelle :\nPrix de 500 francs offert par la Société, décerné à M. Emile Goupil.\nMention à l'auteur de l'œuvre ayant pour devise : Lasl fen tremble...\nV. Suite pour harpe chromatique et deux instruments à vent :\nPrix de 200 francs offert par la Société, décerné à M. Edouard Mignan.\nDeux mentions honorables :\ni° A l'unanimité, à l'auteur de l'œuvre avant pour devise : Instar omnium;\n- 20 AM. Aloys Claussmann.\nIl ne sera pris connaissance des noms des auteurs ayant obtenu des mentions\nqu'avec leur assentiment."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "218", "page_fin": "219", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.3", "titre_corps": "BORDEAUX. Grand-Théâtre.", "titre_sommaire": "BORDEAUX. Grand-Théâtre.", "signature_source": "Jos. 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Clément vient de remporter un énorme succès.\nIl semble même que son merveilleux organe ait gagné en sonorité et en ampleur"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 215, "texte": "dans le médium ; dans ces conditions, notre plus vif désir est de le voir le plus\nsouvent possible revenir parmi nous. _ .\nM. Jérôme est engagé sur notre scène pour le restant delà saison.\n\nJos. GRIMO."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "219", "page_fin": "219", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.4", "titre_corps": "LILLE.", "titre_sommaire": "LILLE.", "signature_source": "Dr H. GAUDIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.19", "debut_caractere": 217, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "LILLE.\nDr H. GAUDIER.\n—Le dernier concert de la Société de musique de Lille, dimanche 12\nmars, débutait par la Pastorale que M. Maquet conduisit avec une grande auto-\nrité. Il la joue « à l'allemande », et ses mouvements rappellent plus ceux de\nNikisch que ceux de Chevillard. Quoi qu'il en soit, l'exécution a fait grand\nplaisir, justement parce qu'elle n'était pas ce qu'on entend tous les jours, et la\ndeuxième partie a été écoutée religieusement, car l'orchestre l'a rendue avec un\ncharme infini.\nLe Mazeppa de Liszt, qui suivait, n'a pas enthousiasmé la salle, non que l'exé-\ncution n'en fût pleine de feu, mais cette œuvre contient par trop de « ferblan-\nterie romantique » et manque de conviction, principalement dans la petite\nmarche finale, fantaisiste mais banale. Mlle Reniera lait entendre le Concerto\npour harpe de Pierné. Ecrit pour l'orchestre dans une tonalité désagréable, le\nConcerto fait briller toutes les ressources de la harpe, débutant par un thème\nqui n'est pas sans analogie avec celui de VAprès-Midi d'un Faune, avec, après\nquelques modulations, un allegretto point désagréable par ses pizzicati de\ncordes.\nMlle Renier possède plus de force et de virtuosité que de charme réel, mais il\nest vrai, point de mièvrerie, et son beau talent s est exercé plus à 1 aise dans des\npièces pour harpe seule et surtout dans la Gavotte de la sonate de violon de\nBach en si mineur, arrangée pour piano ou harpe par Saint-Saëns.\nMme Brema, par son style et son autorité admirables, éclipse, à mon avis,\ntoutes les cantatrices dramatiques actuelles, chantant à mi-voix 1 air d'Orphée\nde Gluck avec des demi-teintes exquises; elle a ensuite déployé son talent dra-\nmatique dans le finale du Crépuscule, où elle arrache 1 admiration des moins\nconvaincus, tant par son art que par la noblesse de ses attitudes. L orchestre,\nqui l'accompagnait sans répétition, acquiert de jour en jour plus de souplesse,\nde sonorité et de cohésion. Lille renaît d'ailleurs à la musique : fondation d une\nSociété d'instruments à vent et d'une Société de musique de chambre que dirige\nRieu et son excellent quatuor à cordes. Au dernier programme, Monsuez a joué\nà ravir la Sonate pour violoncelle de Strauss, et Rieu celle de Benjamin Godard,\nMlle Chrétien, qui les accompagnait, est une belle artiste ; mais pourquoi\ns'opiniâtre-t-elle à écraser de la sonorité de son Steinway 1 instrumentiste qui\nn'en peut mais ? C'est à décourager de faire de la musique de chambre !\nPendant ce temps, la Société des Concerts populaires poursuit sa marche\nmonotone et n'a pas d'histoire. Après un concert Dubois Duvernoy, honnête,\nmais terne, elle s'apprête à donner un festival Blockx. Le Directeur du Conser-\nvatoire d'Anvers saura galvaniser, par sa maîtrise, 1 orchestre languissant et\ndonnera à M. Gédalge, qui y assistera, l'idée qu il se trouve devant une\nassociation pleine de vie et de sentiments artistiques...."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "219", "page_fin": "220", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.5", "titre_corps": "ROUEN.", "titre_sommaire": "ROUEN.", "signature_source": "GEO. MONTREUIL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.19", "debut_caractere": 3114, "fin_caractere_exclue": 3348, "texte": "ROUEN.\n\n— Après bien des incidents — en octobre grève dune partie du per-\nsonnel, en novembre dissolution de la société formée entre lesdirecteurs,MM. Mé-\ntot et Queval, qui ne s'entendent plus, en janvier liquidation judiciaire de la"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2044, "texte": "direction Queval, le calme semble revenu au Théâtre des Arts et la saison\ns'achève aussi brillamment que possible, grâce à l'intelligente administration du\ndirecteur actuel. A4. Raoul François n est pas un inconnu à Rouen ; tout le\nmonde ici a gardé un excellent souvenir des deux années durant lesquelles il\na v ait déjà administré le Théâtre. Ses deux saisons furent superbes pécuniairement,\nce qui est quelque chose, et artistiquement, ce qui est beaucoup. C'est alors, je\ntiens à le rappeler, que Siegfried, à cette époque non encore représenté en\nFrance, le fut pour la première fois à Rouen.\nCette année, M. François assuma une lourde tâche en consentant à prendre\nla direction du Théâtre pour les deux mois qui restaient à courir. La troupe\nléguée était sans répertoire, et, pour amener le public, on devrait changer laffi-\nche le plus souvent possible. Certes, les résultats obtenus n'ont pas toujours\nété fameux, mais je dois reconnaître que la faute n'en est pas au directeur, et\nmalgré tout il y eut plusieurs soirées intéressantes, entre autres celles données\navec les concours de Mlles Thevenet, Soyer, MM. Zocchi, Fournets, etc.\nQuant aux nouveautés de cette année, elles se résumeront à la Reine Fiammetle,\nd André Pollonais et Gnsèhdis. Le délicieux conte dramatique de MM. Xa-\nviei Leroux et Catulle Mendès, joué sous le règne de M. Queval, retrouva au\nThéâtre des Arts le succès qui 1 accueillit à Paris lors de son apparation. L'au-\nteur dirigeait et sut parfaitement vivifier 1 orchestre ; je fus surtout frappé des\nnombreuses qualités de l'exécution orchestrale\nSuzel, de MM. Julien Goujon, Bernède et André Pollonais, compte parmi les\nmauvais legs forcément recueillis par A4. François. Sur un sujet bien anodin,\nA4. Pollonais écrivit une partition où lon trouve encore roulades et romances d une\ninspii ation pai tiop facile *, on en est aussi resté à la première représentation.\nM. Camoin, actuellement directeur du Théâtre d Angers, est nommé pour\ntrois ans directeur du Théâtre des Arts.\n\nGEO. MONTREUIL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "220", "page_fin": "220", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.6", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Receltes détaillées du 20 janvier au 19 février 1905.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. 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Erlanger.\nG. Marty. VerJi.\nWagner.\nWagner.\nG. Marty. Verdi.\nMeyerbeer.\nReyer.\nWagner.\nG. Marty. Verdi.\nWagner.\nGounod.\nMeyerbeer.\n17.692 41\nII.4O7 »\n14.319 91\ni5.265 76\n11.828 91\ni4.i35 91\nI4-795 76\n18.509 41\n12.346 »\n13.796 91\n14.632 76\n16.167 41\n13.793 »\n12.173 41\n13-463 26\n21.317 41\n11.700 »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "221", "page_fin": "221", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.7", "titre_corps": "II. – Opéra – Comique. 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Dubois. Saint-\n. . . . -. 7 .\nSaëns.\n6.912 88\n22\n— matinée\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n9.608 5o\n22\n— soirée\nCavalleria Rusticana.— La Vie\n23\nde Bohême.\nMascagni. Puecini.\n5.828 5o\n— .\nMireille.\nGounod.\n4.53 i 5o\n24\n■—\nCarmen.\nBizet.\n6.3 06 »\n25\nXavière. — Hélène.\nTh. Dubois. Saint-\n26\nSaëns.\n/- 0\nO.OIJ »\n—\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n9.807 52\n27\n■—\nManon.\nMassenet.\n6 865 »\n28\n—\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n9.904 74\n6.666 5o\n29\n— matinée\nLouise.\nCharpentier.\n29\nsoirée\nCavalleria Rusticana.— Lakmé\nMascagni. L.Delibes.\n5.8o6 5o\n3o\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.625 5o\n31\nManon.\nMassenet.\n6.556 5o\nI er\nFévrier\nCarmen.\nBizet.\n6.234 »\n2\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n8.479 64\n3\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n8.497 >}\n4\nWerther.\nMassenet.\n9.740 38\n5\n— matinée\nLa Fille du Régiment. — Xa-\nvière.\nDonizetti.Th.Dubois.\n5.494 5o\n5\n— soirée\nLes Rendez-vous Bourgeois. —\nLa Traviata.\nNicolo. Verdi.\n5.211 5o\n6\n—\nLe Domino noir.\nAuber.\n4.543 »\n7\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n5.768 5o\n8\n—\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n5.823 5o\n9\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.372 52\n10\n— ■\nCavalleria Rusticana. —~ Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n7.309 5o\n11\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.726 74\n12\n— matinée\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n7.2 11 5o\n12\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.23i 5o\n13\n-—\nXavière. —■ Les Rendez-vous\nBourgeois.\nTh. Dubois. Nicolo.\n4.297 »\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame\nMascagni. Massenet.\n5.1 58 5o\n: 5\n—\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n6.356 5o\n16\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.o53 64\n*7\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. 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Première représentation (création) de Arnica, opéra en 2", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.21", "debut_caractere": 92, "fin_caractere_exclue": 460, "texte": "MONTE-CARLO. Première représentation (création) de Arnica, opéra en 2 ac-\ntes, poème de M. Paul de Choudens, musique de Mascagni.\nLe nouvel opéra du célèbre compositeur italien témoigne d'un certain effort.\nOn sent que les critiques adressées à ses précédents ouvrages ne l'ont pas laissé\nindifférent. Mais si la musique d'Arnica serre de plus près le texte du livret,"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "elle est bien toujours de M. Mascagni, très italienne, heurtée, violente, recher-\nchant les effets un peu gros, et dédaignant quelquefois la distinction.\nLe poème est de M. Paul de Choudens. C'est un drame court qui, en peu de\nscènes, se hâte vers le dénouement. Un fermier, veuf, veut épouser une belle\nfille qui l'a ensorcelé ; mais il est gêné pour cela par Arnica, sa fille, dont il se\ndébarrasse en la fiançant à un de ses serviteurs, le timide Giorgio, qui est amou-\nreux d'elle. Arnica préfère le propre frère de son fiancé, Rinaldo, qui a été\nrecueilli autrefois avec Giorgio à la ferme. De caractère indépendant, il s'est\nretiré depuis longtemps dans la montagne, où son amoureuse va le re-\ntrouver.\nCeci est l'action du premier acte, au début pastoral et se passant dans un site\nalpestre. A la fin de l'acte, Arnica s'enfuit au milieu d'un orage classique d'un\neffet peu nouveau.\nAu deuxième acte, beaucoup de sentiments passionnés sont exprimés violem-\nment. Giorgio, renseigné parla nouvelle fermière, poursuit sa fiancée, la trouve\ndans les bras de son frère et hésite entre son amour et son affection fraternelle.\nNouvelle chevalerie rustique, Rinaldo cède généreusement Arnica à son rival et\ns'enfuit après avoir franchi un torrent sur un tronc d'arbre servant de pont. Mais\nArnica ne veut que lui et pour le suivre s'engage sur cette passerelle dangereuse;\nelle tombe dans le précipice où elle se noie. Les deux frères, unis par la douleur,\npleurent dans les bras l'un de l'autre.\nLe rôle d'Arnica devait primitivement être créé par Mme Emma Calvé. Il a été\nappris un peu à la hâte par Mile Farrar, et un peu d'indécision s'en est suivi à la\npremière représentation, qui n'en a pas moins été très bonne avec Mme Rainaldi,\nMM. Renaud, Rousselière, Lequien et l'orchestre de M. Jehin.\nCette œuvre, ainsi que la plupart des premières représentations à Monte-Carlo,\nfaisait partie d'une fête de bienfaisance donnée au profit de la caisse de secours\nde la colonie italienne.\nHélène, de Mi Camille Saint-Saëns, vient de triompher de nouveau, avec\nune interprétation admirable : Mme Litvinne a chanté et joué le rôle d'Hélène\nen grande tragédienne lyrique ; la voix généreuse de M. Rousselière a sonné à\nmerveille dans le rôle de Paris ; Mme Deschamps-Jehin fut une Pallas hautaine,\nfatale, de superbe allure. Et Mlle de Rubo a délicieusement chanté les phrases\nde Vénus.\nL'orchestre, dirigé par M. Léon Jehin, a exécuté en absolue perfection cette\npartition magistrale. ■ •\nLes Concerts classiques et modernes, en ce moment de grande saison, atti-\nrent un public nombreux qui emplit la salle Garnier et applaudit les œuvres\ninscrites au programme par M. Léon Jehin, et les virtuoses qui prêtent leur con-\ncours à ces belles séances musicales.\nAprès MM. Léon Moreau et Hugo Heermann, le maître pianiste Raoul Pugno\na remporté un succès enthousiaste : il a admirablement joué Mozart, avec une\nfidélité d interprétation telle que le génial compositeur de Don Juan revivait\nsous les doigts évocateurs du génial interprète. Dans ÏA/rica. de Saint-Saëns\net le Rondo de Weber, M. Raoul Pugno a fait acclamer sa virtuosité unique au\nmonde, et surtout sa profonde fidélité d'interprétation : l'extraordinaire musi-\ncalité, qui fait la personnalité de réminent concertiste, assure au public des sen-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 209, "texte": "sations d'art pur,— ce qui est le privilège de M. Puguo, — et conquiert au\ngrand artiste un succès qui va croissant d'année en année, et consolide sa triom-\nphale réputation aujourd'hui mondiale."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "224", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.9", "titre_corps": "NICE.", "titre_sommaire": "NICE.", "signature_source": "EDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.23", "debut_caractere": 211, "fin_caractere_exclue": 3445, "texte": "NICE.\n\n— Première représentation (création) dQ Rolande, opéra en 3 actes et\n4 tableaux, poème de M. Paul de Berel, musique de M. Hirschmann.\nParmi les compositeurs de la jeune école française, plusieurs cherchent à s'im-\nposer à un public encore indécis dans ses préférences, en lui faisant de nom-\nbreuses concessions. Ils usent volontiers des harmonies modernes afin que l'on\nsache bien qu'ils connaissent leur affaire, mais sont assez réactionnaires dans\nleurs conceptions dramatiques. Cette tendance se remarque dans beaucoup\nd'oeuvres nouvelles ; je l'avais constaté déjà, entre autres dans Guernica, dans la\nFlamenca, et même dans la Reine Fiammette, qui, au moins, est traitée, elle,\navec originalité et une maîtrise remarquable. Je la constate encore dans Ro-\nlande,\nM. Paul de Choudens, dont Paul de Berel est le pseudonyme, a favorisé cette\ntendance en offrant à M. Hirschmann un livret en prose rythmée, découpé en\nmorceaux bien distincts, qui pourrait avoir été écrit pour Hérold ou Auber. Les\neffets les plus connus y sont accumulés le long d'une action assez simple, se\npassant sous le Directoire, et qui rappelle la Proserpine de Saint-Saëns ou la\nCoupe et les lèvres de Musset.\nAprès un prélude aux harmonies originales et cherchées, le premier acte\ns'ouvre sur le jardin des Tuileries, où, entre autres couples, devisent un jeune\nofficier, retour d'Italie, et Rolande, sa fiancée. Dès le lever du rideau, la musique\na changé de style ; elle est devenue monodique, rythmée, mélodique. Elle\névite de couvrir les voix. Elle se compose le plus souvent de morceaux détachés\nprécédés d'une ritournelle, et se terminant sur la tonique après un point d'orgue.\nLe jeune officier est également aimé par une courtisane, Margha, son ancienne\nmaîtresse. La rupture inévitable rend cette amante enragée. Elle fait provoquer\nson ancien amant par un bretteur dangereux avec qui il se battra le lendemain.\nLe deuxième acte débute de nouveau par un prélude polyphonique qui fait\nplace ensuite à des danses, vieux style, assez mal amenées, destinées évidem-\nment à faire contraste avec la situation dramatique des deux jeunes époux. Car\nl'officier, marié delà matinée, a été obligé de quitter, en prenant un prétexte\nquelconque, son épouse pour aller se battre. Au 3e tableau, nous assistons à ce\nduel, ce qui allonge inutilement la pièce. Mais il y avait là encore un effet à pro-\nduire : la scène se passe derrière un couvent à l'intérieur duquel chantent des\nmoines qui se taisent, comme par hasard, au moment du combat, et se remettent\nà chanter, toujours comme par hasard, au moment où le spadassin est tué par\nson adversaire.\nAu dernier acte, nouveau contraster Au début, leçon de danse très longue,\ngavotte qui semble écrite pour un Petit Duc quelconque, cela exécuté dans un\nvestibule, donnant sur un salon illuminé que l'on aperçoit de biais dans le fond.\nMargha pénètre dans ce vestibule alors que la fête est commencée. Elle offre à\nRolande confiante des fleurs empoisonnées. La jeune femme les respire et meurt\ndans les bras de son époux, qui revient vainqueur de son duel, pendant que\ndans le grand salon on entend une valse genre Johann Strauss.\nMlle Cesbron est naturelle et gracieuse dans le rôle de Rolande : Mme Heglon"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.24", "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "est très belle dans celui de la courtisane jalouse Le compositeur a écrit\npour elle des notes basses tout le long de là partition, et l'abus finit par émous-\nser leur effet. M. Salignac personnifiait le jeune officier très convenablement.\nMise en scène et orchestre très suffisants. Succès contestable.\n\nEDOUARD PERRIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c046", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "224", "page_fin": "224", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.10", "titre_corps": "Le journal les Beaux-Arts illustrés, qui va paraître prochainement sous la", "titre_sommaire": "Le journal les Beaux-Arts illustrés, qui va paraître prochainement sous la", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.24", "debut_caractere": 419, "fin_caractere_exclue": 1766, "texte": "Le journal les Beaux-Arts illustrés, qui va paraître prochainement sous la\ndirection de M. Arthur Bloche, expert près la cour d appel, avec M. Gaston\nG'Sell, rédacteur en chef, sera, grâce à son organisation et à ses éminents colla-\nborateurs spéciaux, l'organe le mieux renseigné sur le mouvement des choses\nd'art dans les musées nationaux et étrangers et dans les expositions.\nIntroduisant ses lecteurs chez fes grands collectionneurs, dans les ateliers\nd'artistes, d'industries appliquées aux beaux arts, il donnera les comptes rendus\nles plus complets des ventes publiques avec physionomie des salles, prendra\nl'initiative de toutes les œuvres de bienfaisance au profit des artistes en détresse,\nafin de propager le développement de 1 art français et d'encourager toutes les\nbonnes volontés.\nLa littérature, la musique, la poésie, l'archéologie, tout ce qui touche à l'art,\naux sports, trouvera, dans le journal les Beaux-Arts illustrés, tant par le texte\nque parles gravures, un cadre digne d'eux\nLes chroniques immobilière, financière et delà mode, y occuperont une place\nimportante.\nL'abonnement pour Paris et la province : six mois, 7 fr ; un an, 12 fr. ; pour\nl'étranger: six mois, 8 fr., un an, 15 fr.\nS'adresser, pour toute communication, en l'hôtel des Beaux-Arts illustrés, 51,\nrue Saint-Georges. (Téléphone 155 -48.)\n» .... ■ . . . •"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-04-01-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-04-01_01#c047", "volume": "bmtnabj_1905-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "224", "page_fin": "224", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.2.4.11", "titre_corps": "Nous rappelons à nos abonnés le Concours de Composition qui a été", "titre_sommaire": "Nous rappelons à nos abonnés le Concours de Composition qui a été", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.24", "debut_caractere": 1768, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "Nous rappelons à nos abonnés le Concours de Composition qui a été ou-\nvert par la Revue Musicale, pour un chœur à voix mixtes destiné à\nêtre exécuté dans les écoles. Nous avons déjà donné le programme de\nce Concours (prix offert : 600 fr.),pour lequel les délais d'envoi expire-\nront le ier août IQOS."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\nN° 7 (cinquième année)\nler1er Avril\n1905.\nR. M.\nM\n\nZdenko FIBICH"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.2", "texte": "ZDENKO FIBICH (1850-1900)\nHENRI HANTICH.\n\nZdenko Fibich, un très distingué compositeur tchèque, intéressant par le\ncharme poétique de son esprit rêveur, les hautes qualités de style et de facture\nqui se retrouvent dans toutes ses compositions, et ses tendances émancipatrices\nd' anciennes formules musicales, trahit dans l œuvre qu'il a laissée V influence de\ntrois maîtres : Wagner, Schumann et Smetana. La Fiancée de Messine, obérez\nen 3 actes, paroles dfOtokar H ostinsky, où il déploie pour la première fois sa\npuissance dramatique, est composée dans Vesprit de l'ecole néo-allemande.\nDans ses ouvrages lyriques, chants et compositions pour piano, plus ci1 un\nirait rappelle la langueur pénétrante du prince des Lieder, R. Schumann. La\ntendance enfin qu'on remarque en lui d'atteindre le maximum de simplicité et\nd'expression le range parmi les adeptes les plus fervents du maître Smetana.\nParvenu à la possession complète de tous les moyens et à la pleine maturité\nde son talent, il s'attache à élargir la forme musicale reçue. Il rompt avec les\nhabitudes en ce qu'il substitue à la voix chantée la parole poétique libre de toute\nentrave, colorée seulement par l'orchestre symphonique moderne, et se fait\nainsi créateur du mélodrame scénique moderne.\nLa trilogie Hippodamie (le texte est du poète tchèque 1. Frida-Vrchlicky),\ncomposée de trois drames remplissant chacun une soirée, Les Fiançailles\nde Pelops (i), l'Expiation de Tantale et la Mort d'Hippodamie, —estime\nœuvre originale, abondante en scènes dramatiques très émouvantes, qui as-\nsure à Fibich une belle place parmi les premiers compositeurs contemporains.\nIl donna ensuite la Tempête, d'après la pièce de Shakspeare ; Hedy, d'après\nByron ; Sarka, opéra national, où il s'est inspiré d'une légende bohème [la\nguerre des Amazones), et la Chute d'Arcune, drame lyrique d'inspiration très\nélevée.\nChacune de ces œuvres marque une nouvelle étape dans la recherche de li-\ndéal que Fibich poursuivit toute sa vie.\nIl fait montre d'admirables qualités de style et d'invention dans ses sympho-\nnies, surtout celle en mi bémol majeur, et dans ses ouvertures.\nSes meilleurs poèmes symphoniques s'appellent Zaboj, Slavoj et Ludick,\nle sujet en est tiré d'une autre légende bohème ; puis Tomanet la Fée, Othello,\net enfin A la tombée delà nuit, particulièrement goûté par ses compatriotes.\nOn joue souvent aussi son Quatuor en sol majeur et son Quintette\npour piano, violon, clarinette, cor et violoncelle.\nSes compositions pour piano, ses ballades et ses chants, qui révèlent un goût\ntrès délicat, sont très nombreuses. On en compte plus de cinq cents. Les plus\nintéressantes en sont : les Impressions et Souvenirs, les Veillées, l'Age, Sur la\nMontagne et les Silhouettes de peintres. Les qualités de pittoresque de Fibich\nsont mises le mieux en valeur dans ses compositions pour chœur et orchestre,\ndont les plus réussies sont : les Romances printanières et la Mélusine.\nIl est né le 21 décembre iBso à Seborschit*, fit ses études musicales à\nPrague, et fut chef d'orchestre dans cette ville. Le lecteur éclairé doit retenir\nson nom.\n(1) Cette œuvre a passé sur la scène non seulement à Prague, mais aussi à l'étranger. Elle\nfut reçue avec beaucoup de faveur à Amsterdam et à Vienne."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.3", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nVIe LEÇON (cours du lundi), d'après une sténographie.\nLA MUSIQUE ET LA PHYSIOLOGIE.\n\nMESDAMES ET MESSIEURS,\nNous sommes arrivés à la conception suivante de la musique :\nIl y a, dans toute composition musicale (comme, d'ailleurs, dans toute compo-\nsition poétique), i°un sentiment, dont quelques caractères seulement (intensité,\nmodification, durée...) peuvent être « imités » avec exactitude, mais qui, étant le\npoint de départ de 1 œuvre tout entière, s'y retrouve à l'état diffus ; 2° des images\n** 1 O\nqui provoquent des associations d'idées très variables ; 30 un sens plus ou moins\nprofond, plus ou moins banal, intraduisible parle langage des mots, et dont\n1 esprit musical, seul, est juge. Nous nous sommes bornés, pour justifier ces trois\npropositions, à des analyses d ordre psychologique et artistique ; ce qui a déter-\nminé notre méthode, c'est le souci de commencer par ce qu'il y a de plus sûr et de\nmoins exposé aux négations systématiques, c'est-à-dire le sentiment musical lui-\nmême. Nous devons maintenant sortir de ce domaine purement subjectif, soit\npour examiner les causes extérieures qui peuvent jouer un rôle plus ou moins\nimportant dans les phénomènes étudiés jusqu'ici, soit pour connaître les théories\ndifférentes de la nôtre, et soumettre ainsi nos idées à l'épreuve de la discus-\nsion.\nEn affirmant que le fait capital est 1 existence d une pensée musicale, nous n'en-\ntendons nullement réduire l'étude delà musique à la psychologie pure, et sup-\nprimer tous les liens qui la rattachent à des lois positives régissant l'organisation\nclu monde extérieur et matériel. Les systèmes que nous allons examiner ne nous\ngênent en rien ; ils sont légitimes, car ils correspondent à divers ordres de re-\ncherches nécessaires et à d'autres besoins de l'esprit ; nous ne ferons aucune\ndifficulté de recueillir, tout en nous efforçant de lui assigner sa vraie place, la\npart de vérité qu'ils nous apportent. Nous ne réfuterons que la prétention de\nchacun d'eux à donner une explication d'ensemble et à rendre tous les autres\ninutiles. Dans cette manière de voir, qui consiste à tout concilier par voie de\nsubordination, il n'y a aucun parti pris d'éclectisme. Il est impossible de ne pas\nreconnaître en 1 homme un esprit raisonnable ; mais cette raison est déterminée\ntrès souvent par des causes extérieures, et elle a une genèse qu'on peut étudier\nchez l'enfant ; il en est de même pour la musique. Rien n'est isolé ; les choses\nforment un nexus infini. Tout réagit sur tout. Quand le matérialisme montre\nl'influence du physique sur le moral, il est dans le vrai ; il ne devient inadmis-\nsible que quand il veut faire sortir toute la vie morale de la vie physique. Cette\nanalogie précise l'état d'esprit avec lequel nous abordons l'examen critique d'un\ncertain nombre d'idées.\nI\nLa première doctrine que nous rencontrons, en abandonnant notre premier point\nde vue, est la doctrine physiologique. Elle a pour objet d'expliquer l'émotion"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.4", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nmusicale par l'action purement physique qu'exercent les sons sur notre orga-\nnisme, en vertu de lois indépendantes de nous ; et elle s'efforce de ramener au\ndéterminisme de la sensation commune les phénomènes auxquels nous avons\ncru pouvoir attribuer un caractère rationnel-spécifique. Cette doctrine veut prou-\nver que la musique ne produit pas des effets directs sur l'intelligence, limagina-\ntion, la sensibilité morale, mais que les rythmes, les consonances et les disso-\nnances qui la constituent ont sur nous une action analogue à celle d'un phéno-\nmène purement matériel : par exemple, un breuvage amer ou sucré, une caresse\nou une piqûre sur la peau, un objet glacé ou brûlant ; et elle considère cette ac-\ntion quasi mécanique comme déterminant l'émotion musicale. C'est l'opinion\nde Helmholtz, qui, dès les premières pages de son livre (4e édit. Einl., p. 4),\ndéclare que la physiologie acoustique, en nous expliquant le mécanisme des sen-\nsations sonores, peut seule nous donner le secret de la musique ; c'est aussil'opi-\nnion de Wundt, qui, dans ses Eléments d'une psychologie physiologique parus en\n1874, douze ans après le livre de Helmholtz, a écrit que (( considérer la conso-\nnance et la dissonance comme des phénomènes de sensation pure, et les dégager\ndes sentiments qui s'y trouvent liés, est la première condition d'une bonne mé-\nthode de recherches ». En réduisant la musique à la sensation, Wundt était tenu\nd'expliquer pourquoi certains sens (l'odorat, le goût) n'ontpas donnélieu à des arts\nspéciaux comme le sens de l'ouïe ; il s'en est tiré, fort ingénieusement, en disant\nque les sensations de l'oreille sont seules désintéressées. Un mets a-t-il un fumet\ndélicat ? on désire le manger ; mais un violon a t-il de beaux sons sous les\ndoigts d'un artiste ? la sonorité seule nous plaît, et l'instrument ne nous inté-\nresse pas. Le même point de vue est celui de deux autres Allemands d'autorité\nconsidérable, M. Lipps, M. Stumpf. D'après Hausegger (F, les mouvements so-\nnores produisent en nous, par un processus purement physiologique, des mou-\nvements semblables, lesquels, par régression, font naître des sentiments analogues\nà ceux qui les ont inspirés chez le compositeur : «dans la musique de Beethoven,\ndit-il, ce n'est pas l'esprit qui parle à l'esprit, mais » la matière qui affecte le\ncorps. Analogue est l'opinion de Hennig (Esthétique de Ici musique, 1897,\np. 40-62). En Russie, on peut citer les travaux de M. Dogiel ; en Italie, ceux\nde M. Patrizi ; en France, ceux de MM. Binet et Couturier (travail sur la\nVie émotive dont la troisième partie est consacrée à l'influence de la musique sur\nla respiration, le cœur, et la circulation capillaire, Année psychol., 1896); ceux de\nM. le Dr Ferrand (Communication à l'Académie de médecine de Paris, dans le\nBulletin, 1895, P- 226-270); de M. N. Vaschide, chef des travaux au Laboratoire\nde psychologie expérimentale de 1 Ecole des Hautes Etudes de Paris, et de M. J\nLahy {les coefficients respiratoires et circulatoires de la musique, dans la Rivista\nmusicale de Turin, 1902, fasc. 1 et suiv.) ; de M. Féré, médecin de Bicêtre (Tra-\nvail et plaisir, Alcan, 1904). Dans sa Psychologie des émotions, M. Th. Ribot,\ndéfendant la doctrine de James, d'après laquelle un certain habitus physique n'est\npas la conséquence mais la cause de l'émotion, a cru trouver dans la musique\nun argument décisif en faveur de sa thèse; et comme il dit ailleurs que la créa-\ntion musicale est faite avec des états émotionnels abstraits, on voit le rôle capi-\ntal qu'il conviendrait, d'après lui, d'attribuer à l'action physique des sons. Ce\n\n(1) Dozent pour l'histoire et la théorie de la musique à l'Université de Graz [La Musique comme\nexpression, 1885, p. 121). Cf. Lipps, Psychologische Studien (Heidelberg, 1885, 2e partie)."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.5", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nn'est là qu'une esquisse bibliographique très incomplète. Mais plusieurs des ou-\nvrages que je viens de citer indiquent tout le nécessaire.\nEn réagissant contre l'abus des discussions métaphysiques et en s'engageant\ndans les voies de l'observation précise, cette doctrine a rendu de grands services\net mis en lumière des faits très intéressants. Le principe qui lui sert de point de\ndépart n est nullement embarrassant pour ceux-là mêmes qui n'admettraient pas\ntoutes les conclusions.\nQuela musique soit, à certains égards, très sensuelle, et nous procure un plai-\nsir ou un déplaisir physiques, liés à la qualité des sons entendus, il n'en saurait\nêtre autrement, puisque la musique a pour point de départ les sensations de l'o-\nreille. Une fausse note nous arrache des exclamations involontaires, des gestes\nd impatience, et donne à notre visage une expression de malaise ; la sonorité\nd'une belle voix ou d'un bon instrument peut être au contraire, par elle-même,\nune cause de réelle jouissance. Remarquons cependant que la beauté des sons\nne nous touche guère quand elle n est pas liée à un sens sérieux de la phrase jouée.\nVoici une expérience que nous avons tous faite. Un virtuose peut exécuter un\nmorceau de pacotille sur un excellent violon ou un piano Pleyel : il ne nous\némeut pas, il nous déplaît même et nous irrite. Au contraire, avec une voix mau-\nvaise et en s accompagnant d'un piano médiocre, un compositeur de talent\nchante une de ses œuvres : il peut nous donner la sensation d'art la plus fine et\nla plus agréable.\nVoici quelques autres observations générales.\nI Pour que la doctrine physiologique pût s'imposer et remplacer toutes les\nautres, il faudrait qu'elle pût expliquer, d'une façon complète et définitive, le mé-\ncanisme de l'audition Or, l'oreille est encore mal connue. Les savants y font des\ndécouvertes, auxquelles ils donnent leur nom, comme les voyageurs qui explo-\nrent des pays nouveaux. 11 y a deux hypothèses, entre lesquelles on peut hésiter.\nLa première est celle que Helmholtz a adoptée (p. 227 de l'édit. ail. de 1877 et\nd'après laquelle l'oreille aurait, pour la perception de chaque son, un organe\nspécial (piliers dits de Corti, fibres de Hensen). Un partisan de ces idées (Mach,\nBeitrage zur analyse der Empfindungen, lena, 1866, p. 113) est mêmeallé jusqu'à\ndire que chacun de ces piliers, vibrant sous l'influence d'un son déterminé et ve-\nnant frapper les filets nerveux comme les touches d'un piano, pouvait se diviser\nainsi qu'une corde donnant les harmoniques du son fondamental, ce qui paraît\nbien étrange ! On a fait observer que le nombre des sonsperceptibles est de beau-\ncoup inférieur à celui des fibres (3.000 environ). Admettons qu'il y ait 200 fibres\npour la perception des bruits ; resteraient 2 800 pour les sons musicaux, c'est-à-\n-dire pour 7 octaves. Cela ferait 400 fibres pour chaque octave, c'est à-dire un\npeu plus de 33 pour chaque intervalle de ton. En d'autres termes, entre ut fi et\nré fi nous devrions percevoir très facilement (puisque nous avons, par hypothèse,\nun organe spécial pour chacun d'eux) 33 sons différents !... On a fait observer\naussi que les oiseaux, qui ont l'ouïe si fine, le sens musical relativement déve-\nloppé, n'ont pas de piliers ; alors on s'est rejeté sur les fibres de Hensen (au nom-\nbre de 60.000) dontchacune seraitaccordée pour un son déterminé... En tout cela,\nrien de certain ! La seconde hypothèse est celle de Y accommodation ; elle admet\nque l'oreille est un instrument très souple dont les éléments n'ontpas de fonction\nspéciale, mais qui se modifierait selon les sollicitations du dehors en s ajustant\naux divers sons à percevoir."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.6", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nCette dernière opinion est celle que nous accepterions volontiers, à une con-\ndition toutefois: c'est qu'on admette que 1 oreille s'accommode non pas seulement\net nécessairement d'après la sensation venue du dehors, mais souvent auss1\nd'après le sens musical lui-même, c'est-à-dire d'après une idée qui domine la\nsensation et lui impose sa forme. Prenons un exemple, en nous servant du\npiano dont l'insuffisance, si souvent dénoncée par les ennemis du tempérament,\nva précisément servir de base à notre démonstration. Dans la formule suivante\n(Rheingold) de Wagner :\netc., je perçois sol-mi\ncomme un intervalle de sixte, appartenant à l'accord parfait renversé de mi 3\nmineur. Mais dans cette autre formule de la même partition (plainte des Filles\ndu Rhin qui ont perdu l'Or) :\nle même intervalle - toujours réalisé au piano produit une impression tout\nautre, je le perçois comme septième diminuée. C'est une plainte douloureuse et\nvoilée, d'un effet poétique étrange. Il y a cependant, entre les deux intervalles,\nles notes restant les mêmes, - une différence notable :\nLe rapport de mi qh fa est donc jff. C'est un intervalle qui n'est nullement\nnégligeable, même si on ne va pas jusqu'à dire, avecEngel,que l'oreille musicale\nla plus fine peut distinguer la 120 e partie d'un demi-ton ( 1). Pourquoi, avec un ins-\ntrument à notes fixes, comme le piano, ai-je deux impressions très distinctes ?\nPourquoi sol-mi $ me produit-il l'effet d'une consonance (accord parfait ren-\nversé) ? Pourquoi sol-fa me paraît-il une dissonance tirée d'un tout autre accord\n(7ème diminuée de la dominante A\"ut) ? N'est-ce pas à cause de ce qui précède et\nde ce qui suit ? L'impression se ramène donc ici à la perception d'un rapport ; or\nun rapport est créé par l'intelligence, qui fait la synthèse de la formule mélo-\ndique. Il n'y a pas de rapports dans la nature ; il n'y en a pas davantage qui\nsoient donnés dans la sensation. L'oreille semble donc s\"accommoder, ici, d'après\nune idée. Toute modulation enharmonique offrirait des exemples analogues.\nSi c'était la structure de l'oreille qui produit le plaisir ou le déplaisir\nattaché à telle formule mélodique, les impressions musicales, incapables\nd'échapper au déterminisme des lois naturelles, devraient être les mêmes chez\ntous les hommes. Au moins seraient-elles toujours identiques dans un même\nsujet. Une brûlure (pour reprendre les comparaisons de M. Ribot) ne laisse ja-\nmais d'être douloureuse ; tout le monde s'accorde à dire qu'on éprouve une vive\nsouffrance en mettant la main sur un tison ardent. Ce sont là des phénomènes\nqui dominent notre sensibilité. Au contraire, comment se fait-il que les impres-\nsions musicales soient si contradictoires ? Pourquoi est-ce seulement à la fin\ndu xiie siècle (avec Franco de Cologne) que la tierce est considérée comme con-\nsonante ? Pourquoi est-ce seulement aux xme et xive siècles que la sixte est rangée\n\n(1) JEsthetik, p. 295. Cf. Wundt, Grundzùge der physiologischen Psychologie, 4e édit , p. 453-55.\nD'après Weber, l'oreille pourrait saisir le rapport koî vibrations, ce qui équivaudrait à distinguer\nk de 1/2 ton."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.7", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\naussi parmi les consonances ? Pourquoi la quarte, considérée d'abord comme\nconsonante, est-elle regardée par Dehn (Traité d'Harmonie, 1840) comme une\ndissonance qui appelle une résolution ?... Pourquoi un même sujet est-il diver-\nsement affecté par la même symphonie, suivant les circonstances ? M. Paul\nBourget nous apprend que ses sensations de musicien sont très mobiles. Ce qui\nl'enchantait hier, lui déplaît aujourd'hui, ou le laisse indifférent. Son oreille,\npourtant, ne change pas !... C'est sans doute parce que les phénomènes musi-\ncaux ne sont pas le résultat d'un pur mécanisme ; l'oreille ne les crée pas comme\nle moule crée la forme de la matière fluide qu'on y verse ; l'intelligence inter-\nvient pour apprécier, défaire et refaire l'œuvre du sens auditif, et lui donner, par\nune seconde création, un sens définitif, ou provisoire et variable comme l'esprit\nlui-même. Il y a là une transformation du phénomène sonore en phénomène mu-\nsical, transformation où la libre activité de l'intelligence joue un rôle plus grand\nque l'oreille. Avoir une impression vraiment musicale, ce n'est pas s'accommo-\nder, par une sorte de réceptivité passive, à des sollicitations venant du dehors ;\nsouvent, c'est imposer le cachet d'une personne morale, plus ou moins riche et\néduquée, à une matière indéterminée. Il est peu probable que l'oreille française\nait changé d'organisation depuis un siècle ; cependant, nous goûtons peu cer-\ntaines romances qui faisaient les délices de nos grands-pères, et nous applaudis-\nsons des œuvres qui leur étaient pénibles : c'est que dans les unes et les autres\nnous mettons autre chose que ce qu'ils y mettaient. Pourquoi Berlioz déclarait-\nil ne pas comprendre le prélude de Tristan et Iseidt ? Est-ce qu'on hésite jamais\nà dire si on s'est brûlé en mettant la main dans le feu ?\n« L'homme civilisé, dit M. Ribot, est sensible à la musique (sauf des excep-\ntions) à des degrés divers, depuis le populaire qui préfère comme le sauvage\nles airs bien rythmés, jusqu'au plus raffiné mélomane ; mais, pour tous, le pre-\nmier effet est physique ». D'accord ; l'homme ne peut prendre connaissance\nd'une chose objective quelconque autrement que par ses sens qui sont d'abord\naffectés d'une certaine manière. Mais, s'il y a un degré très inférieur de culture\noû l'esprit subit ses sensations, il y a un moment oû l'esprit s'affranchit du dé-\nterminisme physiologique, et fait ses affaires lui-même, directement, en se ser-\nvant de son oreille comme on se sert d'une paire de lunettes pour lire ou pour\nécrire. La musique est pour lui un texte qu'il déchiffre sans avoir besoin de re-\ncourir à une traduction (par l'organisme). Il est tellement maître des nerfs,\nqu'il arrive à aimer pour des raisons dont le sens esthétique est seul juge\ndes dissonances déchirantes ; et la musique « gaie » de certaines opérettes\nlui paraît triste à pleurer.\n11.-Quand les physiologistes, pour montrer les)effets de la sensation musicale\n(ou sonore), prennent des graphiques delà respiration, du pouls capillaire, des\nmouvements cardiaques ; lorsqu'une circonstance particulière leur permet de\nconstater l'afflux sanguin qui, sous l'influence des sons, augmente le volume du\ncerveau, ou lorsqu'ils enregistrent, avec l'ergogramme de Mosso, l'énergie muscu-\nlaire dépensée, ils font d'utiles travaux, mais dont les conclusions ne sont\nnullement incompatibles avec une théorie intellectualiste de l'art musical. Leurs\nexpériences sont-elles incapables d'arriver à des conclusions générales, c'est-à-dire\nscientifiques? Les résultats n'en doivent-ils pas nécessairement varier avec chaque\nsujet? C'est ce qui paraît bien probable.\nCe qu'on peut au moins affirmer, c'est que, en voulant généraliser, ils s'ap-"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.8", "texte": "DKUX ANCIENNES MÉLODIES DE LA VÉNÉTIE OCCIDENTALE\n\npuient assez souvent sur des faits de légende, ou mal interprétés. Je crois de-\nvoir en signaler brièvement quelques-uns qui reparaissent dans beaucoup\nde publications (1) :\ni° Les expériences faites sur les animaux (par ex. sur les célèbres éléphants du\nJardin des Plantes, l'araignée de Grétry, etc...) ; elles ne prouvent absolument\nrien, la psychologie de l'animal nous étant très inconnue ; 20 Les légendes\n(comme celle de Timothée, faisant entrer Alexandre en fureur ou le calmant à\nvolonté avec des airs de musique) ; 30 Les affirmations de romanciers (celle de\nTolstoï, par ex., dans la Guerre et la Paix, tr. fr. par « une Russe», vol. 11, p. 117);\n40 Le pouvoir attribué par tradition à la musique de guérir certaines maladies. Il y\nalà une erreur d'interprétation. Il est parfaitement exact que, chez les anciens\net même chez les modernes, on a eu recours à la musique pour essayer de guérir\ncertaines maladies ; mais c'est parce qu'on attribuait autrefois au chant le pouvoir\nmagique (ce qui n'a rien de commun avec la physiologie) de débarrasser le\nmalade du mauvais Esprit qui était censé le posséder ; l'opinion des modernes\n(jusques et y compris la thèse peu décisive de M. Soula, 1883), attribuant à la\nmusique un pouvoir réel, n'est qu'une survivance de cette très antique croyance.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\nDeux anciennes mélodies de la Vénétie occidentale\n\n(2).\nII\nCONSIDÉRATIONS FINALES.\nEn examinant bien les cinq phrases de notre mélodie n° 1, celle de /'Oiseau,\nil n'aura pas échappé au patient lecteur qui aura suivi avec attention la\nstructure de h version première, ceîle de San Fl.orian, que deux d'entre elles,\nla troisième et la quatrième, ne forment point, comme les autres, des membres\nà part, bien définis, mais que leurs lignes mélodiques s'entrecroisent : elles sont\npour ainsi dire soudées ensemble. En efiet, la fin de la troisième et le commen-\ncement cle la quatrième phrase ne sont point séparés par un arrêt, une\ninterposition ; la même mesure contient, sans interruption de la ligne mélodique,\nla cadence, la chute de l'une et la mesure initiai , le commencement de l'autre,\nla fin du vers b) et le commencement du vers a).\nC'est là qu'a lieu la transformation du distique ou quatrain en pentamètre,\nc'est ici qu'est l'originalité de ce chant et qu'il dévie de la structure normale.\nVoici comme il aurait dû être :\n\n(1) V. dans la Rivista musicale le travail de MM. Vaschide et Lahy, cité plus haut.\n(2) Suite et fin. Voir la Revue du icr mars."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.9", "texte": "DEUX ANCIENNES MÉLODIES DE LA VÉNÉTIE OCCIDENTALE\n\npour faire concorder les longues et les brèves, former des mesures initiales con-\nformes au levé.\nC'est de cette manière, c'est-à-dire avec une césure bien définie, voire des\npauses pour donner au chanteur le temps cle respirer, que ces deux phrases\n(la 3e et la 4e) se présentent dans la version de la Lombardie :\nLes arcs ici ne se rencontrent pas, ne fusionnent pas : chacun achève sa para-\nbole : la distinction est parfaite et la structure pentamétrique en ressort claire-\nment, correctement, selon toutes les règles de la musique d'art.\nQue la mélodie se chante ainsi en Lombardie, nous n'avons aucune raison de\nle mettre en doute, puisqu'elle a été notée par un musicien expert, et jusqu'à\npreuve du contraire nous devons admettre que sa mémoire aura été fidèle,\nbien que, s'agissant de mélodie populaire, le musicien professionnel, le musi-\ncien d'art soit toujours exposé, lorsqu'il écrit de mémoire un air populaire, à\nsubstituer les rythmes réguliers établis par les lois et adoptés par l'habitude aux\nrythmes libres du génie populaire. Il faut se garder et se méfier de tout essai de\nfaire entrer les mélodies traditionnelles dans les formes préconçues des mesures\nconventionnelles. C'est pourquoi nous avons cru devoir noter nos deux mélodies\nnon en 6/8, c'est-à-dire en rythme binaire composé:\npréférant les\ninscrire en rythme ternaire simple :\nen prenant pour ypovoç irp&Toç\nla noire au lieu cle la croche, ce qui nous a paru aussi plus rationnel, vu le\nmouvement lent cle la cantilène. Ceci nous a conduit à la constatation du mètre\nsupérieur de trois mesures (a tre battute) (1 ), dont l'allure ailée, comme nous\nl'avons dit, prête un si grand charme à la ballade de /'Oiseau tel que nous\nl'entendîmes à San Florian et à Serravalle (2). Dans la version lombarde,\ntrouvée dans le recueil susdit, tout se passe plus correctement,- chaque\nphrase se compose de deux mesures isochrones, l'élément binaire symétrique\npréside à chacune.\nOr, correction et chant populaire se rencontrent rarement, et si la mélodie d'art\net sa structure artificielle peut se comparer souvent aux cristallisations, aux\nformes similaires, la vraie chanson populaire est, elle, plutôt une plante, un\norganisme vivant, à mouvement libre, et animée d'une vie particulière dans\n\n(1) Pendant de la tripodie ïambique du vers.\n(2) Et qui ne se trouve pas dans la structure de la mélodie notée de mémoire par le Maestro\nSacchi."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.10", "texte": "DEUX ANCIENNES MÉLODIES DE LA VÉNÉTIE OCCIDENTALE\n\nchaque part de ses manifestations, dans chacune de ses branches, dont l'une\nne sera jamais l'exacte reproduction de l'autre. Que l'on compare entre elles\nces trois versions recueillies de la bouche du peuple, sur cette route qui de la\nplaine lombardo-vénitienne monte lentement vers les Dolomites et dont ces\ntrois versions marquent autant d'étapes : quelle diversité ! quelle désinvolture,\ndans celle surtout que chantent là haut sur le haut plateau des montagnes qui\ns'élèvent à pic en face de Longarone au delà du torrent qui va devenir le Piave,\net quelle poésie ! —ces jeunes paysannes de montagne entonnant cette\nlente ligne mélodique fleurie comme les ondulations des prés sur leur haute\nplaine (hoch-plateau)l Ce sont en effet les « fioritures », les « appoggiatures »,\nqui distinguent la version du hameau Erdt de celle de San Florian, de celle de\nSerravalle; on dirait que plus haut cette mélodie est allée, plus elle s'est\naffranchie des règles préconçues, des formes stylisées ; c'est la version à\n2.000111 de hauteur qui ressemble le moins à celle de la plaine ! C'est à peine\nsi on y découvre encore les traces d'une structure quelconque, outre la division\nprimaire en deux membres de période, et, ce qui est bien plus curieux : la struc-\nture de cinq phrases en est complètement disparue ! Ce n'est plus la forme\na a | b a b que nous avions constatée dans les versions de San Elorian et de\nSerravalle, et qui ressort si clairement dans celle de la Lombardie : c'est la\nforme suivante: a + a || b -f- b, en tant que nous considérons la base mé-\ntrique proprement dite du distique, le même qui a servi aux autres versions.\nLa phrase initiale, le premier vers a): « (E) Li Uzelin du bosc », est répétée, et le\nsecond vers per la campagna vola aussi sans [que la phrase première y re-\nvienne pour la troisième fois, ce qui avait déterminé le pentamètre. En\nrevanche, nous voyons une phrase étrangère surajoutée à la fin du premier\nmembre de la période (Vordersatzh\nSi cet épiphthegme, ou phrase surajoutée ( 1), ne doit compter pour rien dans\nla quantité du vers, il ne doit pas non plus être compté, du moins en ce cas,\nil nous semble, dans la quantité de la mélodie ; c'est un ornement, une prolon-\ngation volontaire, au gré du chanteur, de la note finale, comme le paraphe\ndans une signature.\nEt nous voici à la mesure finale si importante comme complément de la\nmesure initiale, si caractéristique au point de vue de l'éthos, si déterminante et\nindicatrice comme document ethnologique d'origine, de provenance.\nVoici la physionomie des mesures finales des quatre versions des deux\npremiers vers de VOiseau mis en regard de leurs mesures initiales respectives ;\n\n(i) «On appelait £7i(cpÔ£Yp.a dans l'antiquité, et l'on appelle yop taga en grec moderne, une\nphrase ou un mot surajouté'qui s'intercale soit à la fin, soit au milieu d'un vers, et qui ne compte\npour rien dans la quantité. » {Mél. pop. de Grèce, de Bourgault-Ducoudray, p. 24. Introduction.)"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.11", "texte": "DEUX ANCIENNES MÉLODIES DE LA VÉNÉTIE OCCIDENTALE\n\nSur huit mesures initiales, il y en a 6 ait levé correspondant au mètre ïambique\navec anacrouse (San Florian, a et b ; Serravalle, a et b ; Erdt b ; Lombardie, b) et\ndeux au frappé: l'une, de la version de Erdt, correspondant au mètre trochaïque\nsans anacrouse du premier vers, qui a changé sa nature par suite de l'élision de\nla première syllabe (E ou Quell) et est devenue tripodie trochaïque cataleptique ;\nl'autre, de la version de Lombardie, où la syllabe Eè reçoit l'ictus et le frappé,\nde légère devient accentuée, ce qui est à noter."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.12", "texte": "DEUX ANCIENNES MÉLODIES DE LA VÉNÉTIE OCCIDENTALE\n\nQuant aux mesures finales, il devrait y avoir quatre mesures catalectiques et\nquatre acatalectiques pour correspondre avec la rime masculine et féminine du\ndistique del b'osc w JL et vola -L\nOr elles ont toutes la tendance à transformer les valeurs des syllabes : le\nmot tronqué bosc, catalectique qui devrait finir sur le temps fort, et virtuelle-\nment finit sur le premier temps de la troisième mesure :\nreçoit presque toujours, à l'exception de la version de Serravalle, une prolonga-\ntion, des notes surnuméraires:\nc'est-à-dire une mesure finale acatalectique, qui dans la version de la\nmontagne se développe en une agogée descendante, à degrés conjoints, tandis\nque dans celle de la plaine cette agogée est ascendante, à degrés disjoints.\nCette adjonction ajoute à la structure un élément ornemental et caractérise\ncomme signe distinctif ethnologique et topographique les diverses versions.\n»\nIII\nRÉSUMÉ.\nEn résumant les considérations principales sur la structure pentamétrique\nque nous a suggérées l'analyse de ces deux chansons-ballades du Veneto occi-\ndental, et spécialement celle dont les diverses versions donnaient lieu à l'ana-\nlyse comparative : l'ancienne mélodie de Y Oiseau dans la forêt (i ), nous arrivons\naux conclusions suivantes :\n1. La structure à cinq divisions ou phrases musicales (pentakolon mélodique)\nse rencontre dans les traditions anciennes du chant populaire du Veneto et\nnotamment dans le district de Belluno et les communes de Vittorio-Veneto\njusqu'à Longarone.\n2. Cette forme à cinq phrases s'y présente sous diverses variantes, et avec\ndifférents textes.\n\n(i) Qui se chante, nous a-t-on assuré, même au delà des Alpes du Tyrol (information que nous\nn'avons pas encore pu contrôler nous-même)."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.13", "texte": "DEUX ANCIENNES MÉLODIES DE LA VENÉTIE OCCIDENTALE\n\n3. Les deux spécimens principaux de ce type, les plus répandus et ayant con-\nservé jusqu'à présent leur popularité, sont les chansons-ballades ÏUselin del\nbosc et la Figlia del paesan.\n4. Le pentamètre musical a pour base un dimètre (2 + 2) poétique (distique).\n5. Le pentamètre musical est déterminé non pas par dilatation, ni adjonction,\nni répétitions de paroles, ni par intercalation d'un vers ou de mots hors cadre\n(sTuicpOsyp-*)? mais par la répétition entière et non fragmentaire des deux vers\n(xaAa) qui composent le distique et notamment par une répétition (reprise)\nnon symétrique des deux parties, le premier vers étant chanté trois fois, le\nsecond vers deux fois.\n6. La répétition des vers ne s'y fait pas d'une façon suivie, mais d'une\nfaçon mélangée ; le vers a étant, à sa troisième reprise, placé entre les deux\nrépétitions du vers b :\n7. La première partie de ce pentamètre d'ordre supérieur est toujours exposée\npar une voix seule (coryphée), la seconde chantée par le chœur.\n8. La première partie, lors même qu'elle est chantée par plusieurs voix, est\ntoujours à l'unisson ; la seconde partie, toujours avec harmonie à deux, trois,\nquatre parties, presque toujours en tierces.\n9. La structure musicale pentainétrique déterminée par une disposition par-\nticulière du dimètre poétique apparaît plus clairement dans la version de la\nplaine et moins distinctement dans les versions des pré-Alpes, pour s'effacer\npresque entièrement dans les hautes Alpes.\n10. Cette disposition alternative d'un chant solo suivi d'un chœur, propre\naux chants populaires d'ancienne tradition, et qui était en usage chez les anciens\nGrecs (première Ode pythique de Pindare), indique l'origine ancienne de ces\ndeux chansons-ballades 'Oiseau dans la forêt et la Fille du paysan) du Veneto\noccidental et ajoute, au charme musical de la structure pentamétrique qui leur\nsert de base, l'intérêt et le mérite d'une tradition ancienne parfaitement\nconservée.\nVenise, oct. 1903.\nERRATA\nDans les « Deux anciennes Mélodies de la Vénétie occidentale » de E. Adaïews-\nky, n° du ler mars, pcig. 146 (notice au bas de la page), lire :\nFadalto au lieu de Fadutto ;\nFatto alto au lieu de Jutto alto ;\npag. 747, schéma métrique de la Fille du paysan :\nid. (notice au bas de la page)\nlire : phrase initiale au lieu de phrase immédiate,\np. 151 lire : tutti dican, au lieu de tutti dicau.\nid. inflexion qui la rend propre, au lieu de veut.\n\nE. ADAÏEWSKY."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.14", "texte": "CONCERTS\n\nThéâtres et Concerts\n\nCONCERTS CHEVILLARD. — 12 et 19\nmars.\nL. L.\n— La Damnation de Faust, conduite\navec beaucoup de précision, et avec la\nreprise traditionnelle de la Marche hon-\ngroise\\ Mais pourquoi alors nous avoir\nprivés naguère, avec tant d'obstination,\ndu plaisir d'entendre deux fois le Prélude\nà VAprès-Midi d'un Faune ? Mme Raunay\nest une Marguerite délicieuse, et M. Laf-\nfîte un Faust excellent.\n\nCONCERTS COLONNE. - 19 mars.\nA. L.\nire audition de Y Ave Maria de Max Bruch.\nCe morceau, sans accent religieux, qui est plutôt un air de théâtre qu'une prière,\npeut cependant appartenir au genre de la musique mondaine pour église catho-\nlique par un certain accompagnement de harpe ; les arpèges de harpe sont de\nrigueur pour tout Ave Maria qui se respecte. MmeLola Rally a chanté en allemand\navec assez de succès. Le violoncelle solo de l'orchestre, M. Ch. Baretti, a joué\nle Concerto en ré de Lalo. Il s'est tiré à son honneur des difficultés du finale, sans\ntrop de fausses notes ; son style est bon, et sa sonorité charmante. Ce concerto,\nà peu près dénué de traits de virtuosité pure, bien écrit pour l'instrument, sauf\nquelques passages scabreux, a été écouté avec plaisir et a valu à l'interprète\nd unanimes applaudissements.— L'ouverture des Noces de Figaro, exécutée dans\nun mouvement modéré, sans exagération de nuances, m'a fait plus de plaisir\nchez M. Colonne que chez M. Chevillard, où le vertige de la vitesse et le mys-\ntère du pianissimo m'avaient étrangement surpris. Pour terminer, le Requiem\nde Berlioz ( 13e audition), sans doute trop rempli d'effets romantiques, une ou\ndeux fois agaçant par des puérilités démodées, mais admirable cantate de deuil\net de terreur, profondément religieuse et faite pour l'église. M. Emile Cazeneuve\nm'a ému comme d'habitude dans son simple et poignant San dus.\nM. Colonne avait donné, le dimanche précédent, la ire audition d une Elégie\nsymphomque, de M. Armand Marsick. Je reprocherai à ce musicien des visées\ntrop ambitieuses. Son talent s'accommoderait mieux, il me semble, d'un\ngenre de musique intime et tempéré Ce haut style qui amalgame Verdi, Masse-\nnet et Wagner, est un peu inexpérimenté : que M. Marsick cherche ce que ses\népaules peuvent porter, et je ne doute pas qu'il ne montre alors des qualités plus\npersonnelles.\n\nWASHINGTON PALACE. — 15 mars.\nL. L.\n— Deuxième concert de M. Ed. Bernard et\nWilly-Burmester. Ce dernier est un violoniste sérieux, d'un mécanisme sûr,\nmais trop épris de difficultés : le Rondo de Saint-Saëns, Y Étude de Chopin Bur-\nmester, la Danse des sorcières de P aganini-Burmester, témoignent de ce goût\nfâcheux. M. Ed. Bernard triomphe dans le Prélude, aria et finale de Franck, et\ndans le Nocturne et la Polonaise de Chopin, par son jeu ample, puissant, et en\nmême temps bien ménagé et réfléchi. Je connais peu de pianistes qui appro-\nchent de cette haute intelligence."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.15", "texte": "CONCERTS\n\nSALLE ERARD. — 27 mars.\nC. Z.\n— Premier concert historique de M. R. Vinès. C'est\nsur un clavecin authentique que sont exécutées les oeuvres anciennes, jusqu'au\nXVIIIC siècle : les variations sur le Chant du chevalier, du vieux maître espa-\ngnol Cabezon (1510-1566), œuvre admirable, dont la forme un peu austère s'ac-\ncompagne de tant de grâce et d'émotion ; un charmant Minuetto inédit de Moreno\n(xvme siècle) ; puis des œuvres de l'école anglaise, plus sèches, sauf le beau\nPrélude de Purcell ; une fugue de Frescobaldi, et une Sonate de Scarlati, fort\njolie, avec quelques tendances à la virtuosité italienne ; nos clavecinistes enfin\ntriomphent, avec une danse de Chambonnières, les Vieux Seigneurs de Coupe-\nrin, que l'on croit voir glisser à pas menus sur le parquet, et son Arlequine,\nd'une recherche harmonique exquise ; les Tourbillons de Rameau (sur un forte-\npiano du XVIIIC siècle), et le Concert des oiseaux de Dandrieu, gazouillis confus et\ncharmant qui parfois s'arrête essoufflé, comme pour reprendre haleine. Les œu-\nvres de l'école allemande ont paru moins colorées, moins poétiques : la minia-\nture convient mieux à Rameau qu'à Haendel, à Couperin qu'à J.-S. Bach. On\nne saurait rêver interprétation plus souple et plus sobre, plus émue et plus im-\npeccable, plus délicate et plus vigoureuse que celle de M. R. Vihès.\nJeudi yo mars. — Brillant concert donné par Mlle Gerda Magnus, avec le\nconcours de M. Joseph Hollman (au programme : Saint-Saëns, Max Bruch,\nScarlatti, Schubert, Chopin, Hollman).\n\nECOLE DES HAUTES ETUDES SOCIALES. — 20 mars. — M. Laloy, dans sa pre-\nmière conférence, étudie Fervaal, de V. d Indy, et montre que si l'influence wa-\ngnérienne s est exercée sur le drame, la musique, par son caractère de netteté,\nde fermeté, de précision, même un peu minutieuse, révèle une personnalité bien\naccusée Le 27 mars, deux oeuvres de l'école vériste française, Y Ouragan, de\nBruneau, et Louise, de Charpentier, sont analysées à leur tour. Le 3 avril, il sera\nquestion de Pelléas et Mélisande.\n— 2y mars. — M. Calvocoressi retrace fort agréablement l'histoire de l'école\nrusse contemporaine. Un concert fait suite à cette conférence : le quatuor Luquin\nenlève de verve la Sérénade espagnole du quatuor Bélaief (cette partie du quatuor\nest deBorodine). Mlle Tomasset chante avec expression, mais parfois dans un\nmouvement trop lent, des mélodies de Borodine, Moussorgsky, Rimsky-Kor-\nsakof et Balakiref. Et M. Vinès est merveilleux de délicatesse, de poésie et de\nvirtuosité dans les Tableaux Tune Exposition, de Moussorgsky, et l'orientale\nIslamey, de Balakiref.\n\nSALLE DES GALERIES DE LA CHARITÉ. — 24 mars\n\n. •— Ce concert, composé de\nfragments de 1 Orfeo, du Couronnement de Poppée, de YArmide de Lulli, des\nEléments de Destouches, et de Castor et Pollux, permettait de suivre le dévelop-\npement de la musique dramatique jusqu'au milieu du xvine siècle. C'est ce que\nj'ai essayé de montrer dans une courte causerie préliminaire, en dégageant sur-\ntout le caractère dominant de ce genre de l'opéra, aristocratique et mondain dans\nson principe, dans ses origines, et encore aujourd'hui dans l'opinion d'une bonne\npartie du public M. d'Indy, qui devait diriger le concert, retenu au dernier\nmoment par un deuil de famille, avait désigné, pour le remplacer, M. de Lacerda,\nqui voulut bien assumer cette lourde tâche. Il faut lui en savoir beaucoup de gré,\ncar l'exécution a été parfaite de correction, de précision, de finesse et d'intelli-"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.16", "texte": "CONCERTS\n\ngence ; et ainsi s'est affirmée une fois de plus devant un nombreux\npublic, la maîtrise de ce jeune maître. Mmes M. Legrand, Pironnay et L. Fié,\nMM. Bourgeois et David ont eu leur bonne part des applaudissements : ne crai-\ngnons pas de dire que, pour le style, les chanteurs de la Schola n'ont guère de\nrivaux.\n\nL. L.\n\nSALLE DU JOURNAL. 2j> mars. —La conférence de MME de Sémo est\nsuivie d'un concert où l'on exécute quelques-uns de ces chants arabes, si inté-\nressants et si pieusement recueillis par M. Rouanet, notre collaborateur (n° du\nier mars).\n\nSALONS MUSICAUX.\nC.\n— Toujours très brillants et très recherchés du monde\nartistique et littéraire, sont les samedis de M. Dujardin-Beaumetz, le très\nbienveillant sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts. Au programme de la der-\nnière soirée donnée rue de Valois : un fragment (correct, académique, un peu\nfroid) de la Symphonie en ut majeur de Jules Mouquet. un des derniers prix de\nRome ; le délicieux Rondino en mib de Beethoven (pour 2 hautbois, 2 clarinet-\ntes, 2 cors, 2 bassons) ; le Preludio et fughetta, op. 40 — pétillant d'esprit et de\ngrâce — de Gabriel Pierné (parles mêmes instruments, plus 2 flûtes) ; Pair de\nla folie de Lucia (bien peu de jolie dans \"cette virtuosité !) par Mlle Courtenay ;\nArabesque de Debussy et Napoli, de Liszt, exécutés par M. Ecl. Bernard ; quel-\nques pièces de Massenet ; un Madrigal aimable de Lauweryns, le menuet de\nY Orphée de Gluck, un Scherzo de Widor par M. Georges Barrère. et le ier acte\nde Lakmè (avec MM. Clément et Delvoye, Mmes Vallandri, Pierron, etc.). Je ne\nparle pas de la partie littéraire de cet éblouissant programme (Ad. Le Bargy,\nMlle Sylvie, etc.).\n\n18 mars.\n\nTrès intéressante matinée chez le sculpteur Alexandre\nZeitlin, dont le frère, M. L. Zeitlin, joue avec beaucoup d'ampleur et de sûreté\nle Poème de Chausson. M. Ricardo Vinès nous fait entendre la Toccata de\nDebussy, et la* Pavane pour une Infante défunte, de Ravel, d'un charme mélan-\ncolique si raffiné ; je compte beaucoup sur Ravel pour l'avenir de notre musique.\nM. Llobet est un virtuose de la guitare, qui tire de son instrument une éton-\nnante variété de timbres et de nuances ; on a beaucoup goûté le Caprice arabe de\nTarrega, et les variations sur l'air de la Jota. Enfin Mme Georgette Leblanc\nchante, dit et mime à la fois les poèmes chinois de Judith Gautier, mis en\nmusique par M. G. Fabre, ainsi qu'une chanson de Maeterlinck, et le Dansons la\nGigue de Ch. Bordes ; l'effet est grand et saisissant ; c'est là un art nouveau et\nunique en son genre, et le goût le plus pur préside à cette union de la plastique\net de la musique.\nLe lendemain, c'était àun concert tout moderne que nous conviait Mme la\nprincesse de Cystria. Un joli duo de la Tempête de Chausson, puis la Sonate de\nFranck, fort délicatement interprétée par MM. Vinès et Zeitlin, les Masques et\nVile joyeuse de Debussy, que M. Vinès enlève avec une fougue et une souplesse\nmerveilleuses, le Balcon et le Clair de lune, de Debussy, où nous retrouvons\nMme C. Fourrier et ses qualités si personnelles d'émotion intense et de construc-\ntion intelligente, enfin deux mélodies nouvelles d'A. de Polignac : Jardin du Roy (1 )\n\n(1) Astruc éditeur."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.17", "texte": "OUVRAGES REÇUS\nR. M\n15\n\net Rêverie (i) : j'aime beaucoup la langueur mélancolique de la première et le\npetit développement par imitation du milieu, qui dit si bien la tristesse des cho-\nses anciennes ; et j'aime mieux encore la seconde, pour les inflexions tendres du\nchant, et 1 accompagnement où 1 on croit voir se lever, pour retomber lentement\nensuite, les voiles du souvenir. Il y a là, comme dans toutes les œuvres de l'au-\nteur, un charme particulier etjnimitable, le charme d'une pensée subtile et pure,\nnouirie de rêve et presque étrangère àce monde. Mme Fourrier a merveilleuse-\nment compris et mis en valeui ces deux pièces qui lui ont valu un grand succès.\nPuis, le salon à moitié vide déjà, M. Vihès consent à se remettre au piano et nous\njoue la Pavcine et les Je aux d eau de Ravel, qu'on ne se lasse point d'entendre\nLe même jour, très intéressant concert du Double Quintette, dans les salons\nde Mm® Postel-Vinay.\n\nL. L.\n\nGRANDE SALLE PLEYEL. —— Concerts d avril. —Le lER,IER, M. Franz Fischer, chef\nd orchestre des théâtres de Munich et Bayreuth ;2, Mme Bertrand Papin(élèves) ;\n3, Mme Pasque Jétot; 5, M. Joseph Debroux ;6, M. Albert Geloso ;7, M. Max\nBerhens, professeur au conservatoire de Genève ; 8, la Société de Concerts des\nInstruments anciens ,9? Mme Anna Fabre (élèves) ; 10, M. Franz Fischer\n(2e séance) ; 11, M. Edouard Tourey, avec orchestre ; 12, Mme Lucile Wurmser,\nharpiste; 13, la Société des Instruments à vent, à 4 heures; Mlle Schnitzer ;\nM. Paul Viardot ; 16, MUe Fernet (élèves); 17, M. Gustave Borde; 18, la\nSociété des Compositeurs de musique (avecorchestre).\nLes cinq matinées musicales consacrées à l'audition annuelle des élèves\ndes Cours Hortense Parent auront lieu les dimanches 2, mercredi 5, jeudi 6,\nvendredi 7, et dimanche 9 avril (salons Pleyel). On sait que ces cours pour les\njeunes filles du monde représentent l'école d'application de l'excellente école\npréparatoire au professorat du piano fondée par Mlle Parent en 1882.\nOUVRAGES REÇUS ' L\nROGER DUCASSE. Petite Suite, pour piano à quatre mains. Paris, Astruc.\nGABRIEL DUPONT. Poèmes d'Automne, pour piano et chant. Paris, Astruc.\nMAURICE RAVEL. Quatuor pour instruments à archet. Paris, Astruc.\nLIONEL DE LA LAURENCIE.— Essai sur le goût musical. Paris, Joanin. (Ouvrage\nrempli de faits et d idées intéressantes, qui [sera le régal de tous les délicats.)\nEMILE TRÉPARD. - Le cantique de Bethphagé, piano et chant. Paris, Grus.\nGUIDO ADLER. Richard Wagner, leçons professées à l'Université de\nVienne, 1 vol. Leipzig, chez Breitkopf (magistral).\n■*■■■ * •••\" ■ '■' •• . '• V <V. 4/• i.i ri :„s0 -s' À-\" s-:- —-> \"U. I O •\" •. •• *■)' fc -®b •'y! v. . » .... 1»\n4.\n(i) Demets éditeur."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.18", "texte": "INFORMATIONS\n\nInformations.\n\nSur la proposition du Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts, M. Bienvenu-\nMartin vient d'accorder une somme de six cents francs à la Société quatuor\nHaydn-Mozart-Beethoven, et une somme de deux mille quatre cents francs à\nl'Ecole de Chant choral.\n\nROUBAIX. Par arrêté du 4 mars de M. le Préfet du Nord, MM. Beyls (Yvon)\net Mercier (Hector) ont été nommés professeurs du Cours élémentaire de solfège\net du Cours de contrebasse à cordes, à l'Ecole de musique, succursale du Con-\nservatoire national, en remplacement de M. Turbelin, décédé.\nSOCIÉTÉ DES COMPOSITEURS. Les concours ouverts en 1904 par la Société\ndes Compositeurs de Musique ont donné les résultats suivants :\nI. Symphonie à grand orchestre :\nPrix de 1.000 francs, offert par M. le Ministre des Beaux-Arts, non décerné.\nDeux mentions honorables :\ni° Avec prime de 300 francs, à M. Georges Sporck ;\n20 Avec prime de 200 francs, à l'auteur de l'œuvre ayant pour devise :\nThalassa.\n11. Œuvre symphonique pour piano et orchestre :\nPrix de 500 francs (fondation Pleyel-Wolf-Lyon), non décerné.\n111. Mélodie, avec accompagnement de huit instruments concertants :\nPrix de 500 francs, offert par M. Albert Glandaz, décerné à M. Marcel\nBertrand, :\nDeux mentions honorables :\ni° A l'auteur de l'œuvre ayant pour devise : Expression et Sincérité \\\n20 AM. Aloys Claussmann.\nIV. Quatuor pour deux violons, alto et violoncelle :\nPrix de 500 francs offert par la Société, décerné à M. Emile Goupil.\nMention à l'auteur de l'œuvre ayant pour devise : Lasl fen tremble...\nV. Suite pour harpe chromatique et deux instruments à vent :\nPrix de 200 francs offert par la Société, décerné à M. Edouard Mignan.\nDeux mentions honorables :\ni° A l'unanimité, à l'auteur de l'œuvre avant pour devise : Instar omnium;\n- 20 AM. Aloys Claussmann.\nIl ne sera pris connaissance des noms des auteurs ayant obtenu des mentions\nqu'avec leur assentiment.\n\nBORDEAUX. Grand-Théâtre.\n\n— Quelques manifestations hostiles à la direc-\ntion se sont produites ces jours derniers au Grand-Théâtre au sujet de diverses\nrécriminations formulées par quelques énergumènes Je suis extrêmement heu-\nreux de constater que leur but a totalement échoué et que notre sympathique\ndirecteur, M. F. Boyer, a montré, dans une lettre justificative, la situation\ntoujours florissante de notre scène, en rapport avec les moyens qui lui sont\nfournis et les besoins du répertoire moderne.\nDans Manon et Lakmé, M. Ed. Clément vient de remporter un énorme succès.\nIl semble même que son merveilleux organe ait gagné en sonorité et en ampleur"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.19", "texte": "INFORMATIONS\n\ndans le médium ; dans ces conditions, notre plus vif désir est de le voir le plus\nsouvent possible revenir parmi nous. _ .\nM. Jérôme est engagé sur notre scène pour le restant delà saison.\n\nJos. GRIMO.\n\nLILLE.\nDr H. GAUDIER.\n—Le dernier concert de la Société de musique de Lille, dimanche 12\nmars, débutait par la Pastorale que M. Maquet conduisit avec une grande auto-\nrité. Il la joue « à l'allemande », et ses mouvements rappellent plus ceux de\nNikisch que ceux de Chevillard. Quoi qu'il en soit, l'exécution a fait grand\nplaisir, justement parce qu'elle n'était pas ce qu'on entend tous les jours, et la\ndeuxième partie a été écoutée religieusement, car l'orchestre l'a rendue avec un\ncharme infini.\nLe Mazeppa de Liszt, qui suivait, n'a pas enthousiasmé la salle, non que l'exé-\ncution n'en fût pleine de feu, mais cette œuvre contient par trop de « ferblan-\nterie romantique » et manque de conviction, principalement dans la petite\nmarche finale, fantaisiste mais banale. Mlle Reniera lait entendre le Concerto\npour harpe de Pierné. Ecrit pour l'orchestre dans une tonalité désagréable, le\nConcerto fait briller toutes les ressources de la harpe, débutant par un thème\nqui n'est pas sans analogie avec celui de VAprès-Midi d'un Faune, avec, après\nquelques modulations, un allegretto point désagréable par ses pizzicati de\ncordes.\nMlle Renier possède plus de force et de virtuosité que de charme réel, mais il\nest vrai, point de mièvrerie, et son beau talent s est exercé plus à 1 aise dans des\npièces pour harpe seule et surtout dans la Gavotte de la sonate de violon de\nBach en si mineur, arrangée pour piano ou harpe par Saint-Saëns.\nMme Brema, par son style et son autorité admirables, éclipse, à mon avis,\ntoutes les cantatrices dramatiques actuelles, chantant à mi-voix 1 air d'Orphée\nde Gluck avec des demi-teintes exquises; elle a ensuite déployé son talent dra-\nmatique dans le finale du Crépuscule, où elle arrache 1 admiration des moins\nconvaincus, tant par son art que par la noblesse de ses attitudes. L orchestre,\nqui l'accompagnait sans répétition, acquiert de jour en jour plus de souplesse,\nde sonorité et de cohésion. Lille renaît d'ailleurs à la musique : fondation d une\nSociété d'instruments à vent et d'une Société de musique de chambre que dirige\nRieu et son excellent quatuor à cordes. Au dernier programme, Monsuez a joué\nà ravir la Sonate pour violoncelle de Strauss, et Rieu celle de Benjamin Godard,\nMlle Chrétien, qui les accompagnait, est une belle artiste ; mais pourquoi\ns'opiniâtre-t-elle à écraser de la sonorité de son Steinway 1 instrumentiste qui\nn'en peut mais ? C'est à décourager de faire de la musique de chambre !\nPendant ce temps, la Société des Concerts populaires poursuit sa marche\nmonotone et n'a pas d'histoire. Après un concert Dubois Duvernoy, honnête,\nmais terne, elle s'apprête à donner un festival Blockx. Le Directeur du Conser-\nvatoire d'Anvers saura galvaniser, par sa maîtrise, 1 orchestre languissant et\ndonnera à M. Gédalge, qui y assistera, l'idée qu il se trouve devant une\nassociation pleine de vie et de sentiments artistiques....\n\nROUEN.\n\n— Après bien des incidents — en octobre grève dune partie du per-\nsonnel, en novembre dissolution de la société formée entre lesdirecteurs,MM. Mé-\ntot et Queval, qui ne s'entendent plus, en janvier liquidation judiciaire de la"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\ndirection Queval, le calme semble revenu au Théâtre des Arts et la saison\ns'achève aussi brillamment que possible, grâce à l'intelligente administration du\ndirecteur actuel. A4. Raoul François n est pas un inconnu à Rouen ; tout le\nmonde ici a gardé un excellent souvenir des deux années durant lesquelles il\na v ait déjà administré le Théâtre. Ses deux saisons furent superbes pécuniairement,\nce qui est quelque chose, et artistiquement, ce qui est beaucoup. C'est alors, je\ntiens à le rappeler, que Siegfried, à cette époque non encore représenté en\nFrance, le fut pour la première fois à Rouen.\nCette année, M. François assuma une lourde tâche en consentant à prendre\nla direction du Théâtre pour les deux mois qui restaient à courir. La troupe\nléguée était sans répertoire, et, pour amener le public, on devrait changer laffi-\nche le plus souvent possible. Certes, les résultats obtenus n'ont pas toujours\nété fameux, mais je dois reconnaître que la faute n'en est pas au directeur, et\nmalgré tout il y eut plusieurs soirées intéressantes, entre autres celles données\navec les concours de Mlles Thevenet, Soyer, MM. Zocchi, Fournets, etc.\nQuant aux nouveautés de cette année, elles se résumeront à la Reine Fiammetle,\nd André Pollonais et Gnsèhdis. Le délicieux conte dramatique de MM. Xa-\nviei Leroux et Catulle Mendès, joué sous le règne de M. Queval, retrouva au\nThéâtre des Arts le succès qui 1 accueillit à Paris lors de son apparation. L'au-\nteur dirigeait et sut parfaitement vivifier 1 orchestre ; je fus surtout frappé des\nnombreuses qualités de l'exécution orchestrale\nSuzel, de MM. Julien Goujon, Bernède et André Pollonais, compte parmi les\nmauvais legs forcément recueillis par A4. François. Sur un sujet bien anodin,\nA4. Pollonais écrivit une partition où lon trouve encore roulades et romances d une\ninspii ation pai tiop facile *, on en est aussi resté à la première représentation.\nM. Camoin, actuellement directeur du Théâtre d Angers, est nommé pour\ntrois ans directeur du Théâtre des Arts.\n\nGEO. MONTREUIL.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nReceltes détaillées du 20 janvier au 19 février 1905.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 Janvier\n•21 —\n2 3 —\n2 3'\n27 —\n3-0;,:'; _\nier Février\n3 —\n4 —\n6 - —\n8 —\n10 —\n11 —\ni3 —\n15 —\n'7 —\nr 8 y —\nTristan et Isolde.\nSigurd.\nTannhduser.\nTristan et Isolde.\nDaria. — Coppelia.\nLe Fils de VEtoile.\nDaria. — Rigoletto.\nTristan et Isolde.\nTannhànser.\nDaria. — Rigoletto.\nLe Prophète.\nSigurd.\nTristan et Isolde.\nDaria. — Rigoletto.\nTristan et Isolde,\nFaust,\nLe Prophète.\nWagner.\nReyer.\nWagner.\nWagner.\nG.Marty.LéoDelibes.\nG. Erlanger.\nG. Marty. VerJi.\nWagner.\nWagner.\nG. Marty. Verdi.\nMeyerbeer.\nReyer.\nWagner.\nG. Marty. Verdi.\nWagner.\nGounod.\nMeyerbeer.\n17.692 41\nII.4O7 »\n14.319 91\ni5.265 76\n11.828 91\ni4.i35 91\nI4-795 76\n18.509 41\n12.346 »\n13.796 91\n14.632 76\n16.167 41\n13.793 »\n12.173 41\n13-463 26\n21.317 41\n11.700 »"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra - Comique.\nRecettes détaillées du 20 janvier au 19 février 1905.\n\nMONTE-CARLO. Première représentation (création) de Arnica, opéra en 2 ac-\ntes, poème de M. Paul de Choudens, musique de Mascagni.\nLe nouvel opéra du célèbre compositeur italien témoigne d'un certain effort.\nOn sent que les critiques adressées à ses précédents ouvrages ne l'ont pas laissé\nindifférent. Mais si la musique d'Arnica serre de plus près le texte du livret,\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nJanvier\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n8.863 »\n2 1\n—\nXavière. — Hélène.\nTh. Dubois. Saint-\n. . . . -. 7 .\nSaëns.\n6.912 88\n22\n— matinée\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n9.608 5o\n22\n— soirée\nCavalleria Rusticana.— La Vie\n23\nde Bohême.\nMascagni. Puecini.\n5.828 5o\n— .\nMireille.\nGounod.\n4.53 i 5o\n24\n■—\nCarmen.\nBizet.\n6.3 06 »\n25\nXavière. — Hélène.\nTh. Dubois. Saint-\n26\nSaëns.\n/- 0\nO.OIJ »\n—\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n9.807 52\n27\n■—\nManon.\nMassenet.\n6 865 »\n28\n—\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n9.904 74\n6.666 5o\n29\n— matinée\nLouise.\nCharpentier.\n29\nsoirée\nCavalleria Rusticana.— Lakmé\nMascagni. L.Delibes.\n5.8o6 5o\n3o\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.625 5o\n31\nManon.\nMassenet.\n6.556 5o\nI er\nFévrier\nCarmen.\nBizet.\n6.234 »\n2\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n8.479 64\n3\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n8.497 >}\n4\nWerther.\nMassenet.\n9.740 38\n5\n— matinée\nLa Fille du Régiment. — Xa-\nvière.\nDonizetti.Th.Dubois.\n5.494 5o\n5\n— soirée\nLes Rendez-vous Bourgeois. —\nLa Traviata.\nNicolo. Verdi.\n5.211 5o\n6\n—\nLe Domino noir.\nAuber.\n4.543 »\n7\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n5.768 5o\n8\n—\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n5.823 5o\n9\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.372 52\n10\n— ■\nCavalleria Rusticana. —~ Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n7.309 5o\n11\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.726 74\n12\n— matinée\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n7.2 11 5o\n12\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.23i 5o\n13\n-—\nXavière. —■ Les Rendez-vous\nBourgeois.\nTh. Dubois. Nicolo.\n4.297 »\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame\nMascagni. Massenet.\n5.1 58 5o\n: 5\n—\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n6.356 5o\n16\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.o53 64\n*7\n—\nCavalleria Rusticana. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nMascagni. Massenet.\n7,1 5 3 5 0\n18\n■—\nOrphée.\nGluck.\n9.6o3 88\nIQ\n— matinée\nLe Vaisseau Fantôme.\nWagner.\n7.079 »\n*9\n— soirée\nLes Noces de Jeannette —Lakmé.\nMassé. L. Delibes.\n6.140 5o"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nelle est bien toujours de M. Mascagni, très italienne, heurtée, violente, recher-\nchant les effets un peu gros, et dédaignant quelquefois la distinction.\nLe poème est de M. Paul de Choudens. C'est un drame court qui, en peu de\nscènes, se hâte vers le dénouement. Un fermier, veuf, veut épouser une belle\nfille qui l'a ensorcelé ; mais il est gêné pour cela par Arnica, sa fille, dont il se\ndébarrasse en la fiançant à un de ses serviteurs, le timide Giorgio, qui est amou-\nreux d'elle. Arnica préfère le propre frère de son fiancé, Rinaldo, qui a été\nrecueilli autrefois avec Giorgio à la ferme. De caractère indépendant, il s'est\nretiré depuis longtemps dans la montagne, où son amoureuse va le re-\ntrouver.\nCeci est l'action du premier acte, au début pastoral et se passant dans un site\nalpestre. A la fin de l'acte, Arnica s'enfuit au milieu d'un orage classique d'un\neffet peu nouveau.\nAu deuxième acte, beaucoup de sentiments passionnés sont exprimés violem-\nment. Giorgio, renseigné parla nouvelle fermière, poursuit sa fiancée, la trouve\ndans les bras de son frère et hésite entre son amour et son affection fraternelle.\nNouvelle chevalerie rustique, Rinaldo cède généreusement Arnica à son rival et\ns'enfuit après avoir franchi un torrent sur un tronc d'arbre servant de pont. Mais\nArnica ne veut que lui et pour le suivre s'engage sur cette passerelle dangereuse;\nelle tombe dans le précipice où elle se noie. Les deux frères, unis par la douleur,\npleurent dans les bras l'un de l'autre.\nLe rôle d'Arnica devait primitivement être créé par Mme Emma Calvé. Il a été\nappris un peu à la hâte par Mile Farrar, et un peu d'indécision s'en est suivi à la\npremière représentation, qui n'en a pas moins été très bonne avec Mme Rainaldi,\nMM. Renaud, Rousselière, Lequien et l'orchestre de M. Jehin.\nCette œuvre, ainsi que la plupart des premières représentations à Monte-Carlo,\nfaisait partie d'une fête de bienfaisance donnée au profit de la caisse de secours\nde la colonie italienne.\nHélène, de Mi Camille Saint-Saëns, vient de triompher de nouveau, avec\nune interprétation admirable : Mme Litvinne a chanté et joué le rôle d'Hélène\nen grande tragédienne lyrique ; la voix généreuse de M. Rousselière a sonné à\nmerveille dans le rôle de Paris ; Mme Deschamps-Jehin fut une Pallas hautaine,\nfatale, de superbe allure. Et Mlle de Rubo a délicieusement chanté les phrases\nde Vénus.\nL'orchestre, dirigé par M. Léon Jehin, a exécuté en absolue perfection cette\npartition magistrale. ■ •\nLes Concerts classiques et modernes, en ce moment de grande saison, atti-\nrent un public nombreux qui emplit la salle Garnier et applaudit les œuvres\ninscrites au programme par M. Léon Jehin, et les virtuoses qui prêtent leur con-\ncours à ces belles séances musicales.\nAprès MM. Léon Moreau et Hugo Heermann, le maître pianiste Raoul Pugno\na remporté un succès enthousiaste : il a admirablement joué Mozart, avec une\nfidélité d interprétation telle que le génial compositeur de Don Juan revivait\nsous les doigts évocateurs du génial interprète. Dans ÏA/rica. de Saint-Saëns\net le Rondo de Weber, M. Raoul Pugno a fait acclamer sa virtuosité unique au\nmonde, et surtout sa profonde fidélité d'interprétation : l'extraordinaire musi-\ncalité, qui fait la personnalité de réminent concertiste, assure au public des sen-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nsations d'art pur,— ce qui est le privilège de M. Puguo, — et conquiert au\ngrand artiste un succès qui va croissant d'année en année, et consolide sa triom-\nphale réputation aujourd'hui mondiale.\n\nNICE.\n\n— Première représentation (création) dQ Rolande, opéra en 3 actes et\n4 tableaux, poème de M. Paul de Berel, musique de M. Hirschmann.\nParmi les compositeurs de la jeune école française, plusieurs cherchent à s'im-\nposer à un public encore indécis dans ses préférences, en lui faisant de nom-\nbreuses concessions. Ils usent volontiers des harmonies modernes afin que l'on\nsache bien qu'ils connaissent leur affaire, mais sont assez réactionnaires dans\nleurs conceptions dramatiques. Cette tendance se remarque dans beaucoup\nd'oeuvres nouvelles ; je l'avais constaté déjà, entre autres dans Guernica, dans la\nFlamenca, et même dans la Reine Fiammette, qui, au moins, est traitée, elle,\navec originalité et une maîtrise remarquable. Je la constate encore dans Ro-\nlande,\nM. Paul de Choudens, dont Paul de Berel est le pseudonyme, a favorisé cette\ntendance en offrant à M. Hirschmann un livret en prose rythmée, découpé en\nmorceaux bien distincts, qui pourrait avoir été écrit pour Hérold ou Auber. Les\neffets les plus connus y sont accumulés le long d'une action assez simple, se\npassant sous le Directoire, et qui rappelle la Proserpine de Saint-Saëns ou la\nCoupe et les lèvres de Musset.\nAprès un prélude aux harmonies originales et cherchées, le premier acte\ns'ouvre sur le jardin des Tuileries, où, entre autres couples, devisent un jeune\nofficier, retour d'Italie, et Rolande, sa fiancée. Dès le lever du rideau, la musique\na changé de style ; elle est devenue monodique, rythmée, mélodique. Elle\névite de couvrir les voix. Elle se compose le plus souvent de morceaux détachés\nprécédés d'une ritournelle, et se terminant sur la tonique après un point d'orgue.\nLe jeune officier est également aimé par une courtisane, Margha, son ancienne\nmaîtresse. La rupture inévitable rend cette amante enragée. Elle fait provoquer\nson ancien amant par un bretteur dangereux avec qui il se battra le lendemain.\nLe deuxième acte débute de nouveau par un prélude polyphonique qui fait\nplace ensuite à des danses, vieux style, assez mal amenées, destinées évidem-\nment à faire contraste avec la situation dramatique des deux jeunes époux. Car\nl'officier, marié delà matinée, a été obligé de quitter, en prenant un prétexte\nquelconque, son épouse pour aller se battre. Au 3e tableau, nous assistons à ce\nduel, ce qui allonge inutilement la pièce. Mais il y avait là encore un effet à pro-\nduire : la scène se passe derrière un couvent à l'intérieur duquel chantent des\nmoines qui se taisent, comme par hasard, au moment du combat, et se remettent\nà chanter, toujours comme par hasard, au moment où le spadassin est tué par\nson adversaire.\nAu dernier acte, nouveau contraster Au début, leçon de danse très longue,\ngavotte qui semble écrite pour un Petit Duc quelconque, cela exécuté dans un\nvestibule, donnant sur un salon illuminé que l'on aperçoit de biais dans le fond.\nMargha pénètre dans ce vestibule alors que la fête est commencée. Elle offre à\nRolande confiante des fleurs empoisonnées. La jeune femme les respire et meurt\ndans les bras de son époux, qui revient vainqueur de son duel, pendant que\ndans le grand salon on entend une valse genre Johann Strauss.\nMlle Cesbron est naturelle et gracieuse dans le rôle de Rolande : Mme Heglon"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050401-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\n.Poitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nest très belle dans celui de la courtisane jalouse Le compositeur a écrit\npour elle des notes basses tout le long de là partition, et l'abus finit par émous-\nser leur effet. M. Salignac personnifiait le jeune officier très convenablement.\nMise en scène et orchestre très suffisants. Succès contestable.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nLe journal les Beaux-Arts illustrés, qui va paraître prochainement sous la\ndirection de M. Arthur Bloche, expert près la cour d appel, avec M. Gaston\nG'Sell, rédacteur en chef, sera, grâce à son organisation et à ses éminents colla-\nborateurs spéciaux, l'organe le mieux renseigné sur le mouvement des choses\nd'art dans les musées nationaux et étrangers et dans les expositions.\nIntroduisant ses lecteurs chez fes grands collectionneurs, dans les ateliers\nd'artistes, d'industries appliquées aux beaux arts, il donnera les comptes rendus\nles plus complets des ventes publiques avec physionomie des salles, prendra\nl'initiative de toutes les œuvres de bienfaisance au profit des artistes en détresse,\nafin de propager le développement de 1 art français et d'encourager toutes les\nbonnes volontés.\nLa littérature, la musique, la poésie, l'archéologie, tout ce qui touche à l'art,\naux sports, trouvera, dans le journal les Beaux-Arts illustrés, tant par le texte\nque parles gravures, un cadre digne d'eux\nLes chroniques immobilière, financière et delà mode, y occuperont une place\nimportante.\nL'abonnement pour Paris et la province : six mois, 7 fr ; un an, 12 fr. ; pour\nl'étranger: six mois, 8 fr., un an, 15 fr.\nS'adresser, pour toute communication, en l'hôtel des Beaux-Arts illustrés, 51,\nrue Saint-Georges. (Téléphone 155 -48.)\n» .... ■ . . . •\n\nNous rappelons à nos abonnés le Concours de Composition qui a été ou-\nvert par la Revue Musicale, pour un chœur à voix mixtes destiné à\nêtre exécuté dans les écoles. Nous avons déjà donné le programme de\nce Concours (prix offert : 600 fr.),pour lequel les délais d'envoi expire-\nront le ier août IQOS."}]}