{"numero_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_sha256": "d6e4f457cea5da74d73d798f6103eaa60f2efe73597d0716510e5ebcecec2a6c", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1905/07/01_01/bmtnabj_1905-07-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1905/07/01_01/bmtnabj_1905-07-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "349", "page_fin": "350", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.1", "titre_corps": "Notre Supplément musical: Le Prélude de Bach en ré majeur.", "titre_sommaire": "Notre Supplément musical: Le Prélude de Bach en ré majeur.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "349", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.1", "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 1308, "texte": "Notre Supplément musical: Le Prélude de Bach en ré majeur.\n\nUn des deux morceaux dési-\ngnés au Conservatoire pour le\nprochain concours de piano est\nle Prélude V du Clavecin bien\ntempéré. Nous avons jugé utile\nde le donner dans notre Supplé-\nment avec une écriture inusitée,\nmais que nous croyons indispen-\nsable pour indiquer une règle de\nbonne exécution dont les pianistes,\nmalheureusement, ne se préoccu-\npent presque jamais.\nDans les éditions courantes\n(en particulier dans celle de Pe-\nter s, vol. /, le texte\nmusical est reproduit de la ma-\nnière suivante :\net ainsi de suite jusqu'à la fin. C'est une masse compacte, indéterminée, zme\nsor/e période oratoire qui tiendrait deux pages, ozz il n'y aurait ni\npoints ni virgules. Rien n'est moins artistique. L'exécutant ne voit là quune\népreuve dé agilité, comparable aux concours de vitesse des bicyclettes et des\nautomobiles.\nCette uniformité est contraire à l'esprit de la musique ; elle néglige le carac-\ntère essentiel de toute composition classique : le rythme.\nIl ya, dans ce Prélude de Bach bien que ce soit une œuvre de libre fan-\ntaisie la logique habituelle de toute composition musicale. L'unité ryth-"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "350", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.2", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2952, "texte": "mique est le dactyle, composé d'une longue et de 2 brèves ( - ), ou, avec\nla résolution de la longue, de brèves, soit 4 doubles croches. Avec cette unité,\nle compositeur construit des membres de phrase et des périodes. Les premiers\nse composent d'une tétrapodie dactylique (4 pieds, dont chacun est composé\nde 4 doubles croches), laquelle prend fin après la première note de la mesure,\ndevant le signe ' . Cette note initiale de la mesure compense la note absente du\npremier pied (mesure 1), lequel est, si Ton peut dire, acéphale ; ainsi, comme\non dit vulgairement, « /e compte y est ». ZJow zzzze règle essentielle : à partir de\nla mesure 2, tous les membres de phrase doivent commencer en levant et après\nla première note, comme le membre de phrase initial, qui fournit une règle pour\ntout l'ensemble. Si cette règle est inobservée9 ce Prélude perd toute force et\ntout nerf : c'est une matière inorganique.\nQuant aux périodes, leur étendue est plus malaisée à établir. Nous la con-\nsidérons ici comme formée habituellement de 2 membres de phrase [Kola) et\nnous en marquons la fin par le signe I'. On peut adoptersur ce second\npoint, une autre manière de rythmer ; l'important, c'est d'en avoir une: c'est\nde comprendre que le discours musical est construit comme le discours en vers,\net que n'établir aucune division serait faire un exercice vain, dépourvu de\ntoute signification, de tout bon sens et de toute valeur musicale. La meilleure\nfaçon de déclamer un texte littéraire n'est pas de le dire très vite ; c'est d'en\ndégager le vrai sens avec netteté. En musique, le mouvement a sans doute\nplus d'importance que dans la déclamation ; mais il n'est que la condition\nd'une pensée qu'il faut d'abord comprendre ; et pour la comprendre, il faut\nanalyser sa structure.\nVoici maintenant une autre question, infiniment délicate : les divisions en\nmembres de phrase et en périodes une fois établies conformément aux lois du\nrythme, comment convient-il de les faire sentir, à Vexécution ?\nThéoriquement, il faudrait lever la main à la fin du membre de phrase et\nobserver un petit arrêt à la fin de la période, en assimilant le signe ' à une\nvirgule [ou à la fin d'un vers), et le signe H à un point ou à un point et vir-\ngule. Qu'on se garde bien de rien faire de semblable ! Une telle exécution\nserait lourde, saccadée, haletante, ridicule et insupportable ! La grande habi-\nleté du virtuose doit être de donner à Y auditeur le sentiment de la claire et\nlogique construction du texte, sans tomber dans le défaut qui consisterait\nà briser à tout instant la vive allure et la souplesse de la composition. C'est\npar l'intensité du son, par de légers accents, par une rupture à peine sensible\ndu lié, que l'exécutant indiquera le rythme. Qu'il commence par faire bien\nattentivement l'analyse rythmique de ce Prélude : instinctivement—s'il est\nautre chose qu'un véloce croque-notes il conformera Y exécution à cette\nanalyse.\n\nJ. 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A côté de son nom, certains amis ont\ninscrit celui de Schumann, un des plus grands poètes de la musique, et celui\nde l'intarissable et délicieux Schubert ; M. Fauré est certainement le pre-\nmier à regretter ces éloges excessifs. De lui nous avons de jolies esquisses ;\nnous attendons /'œuvre, celle qui impose un nom à la mémoire du grand\npublic. Il n'a pas d'ennemis : cette consécration lui viendra peut-être un\njour. Mais ce n'est pas de lui et de son mérite incontestable que nous voulons\nparler; c'est de l'idée qu'on se fait, à propos de lui, du Directeur du Conser-\nvatoire et de son rôle. A en croire la plupart de nos confrères, le Directeur\ndu Conservatoire est d'abord « à la tête de la musique frarcaise » ; et le choix\nde tel ou tel, pour ce poste éminent, devait entraîner, selon le cas, une orien-\ntation de notre art national vers le théâtre, ou vers la symphonie, vers\nune esthétique spéciale, etc... D'abord, malgré son importance et son éclat,\nle Conservatoire n'est qu'une moitié de notre musique: il est la force conserva-\ntrice, traditionnelle, classique, faisant contrepoids à la force révolutionnaire,\nqui est ailleurs. De plus, gardez-vous bien de croire que, personnellement, le\nDirecteur exerce une action quelconque sur les études ! Prenons les classes\nde déclamation : pensez-vous qu'un Silvain, un Lebargy, un Féraudy, admet-\ntrait qu'on vint lui donner des conseils et des directions dans son enseigne-\nment ? Si le ministre lui-même s'en mêlait, il serait mal accueilli. Tenez\npour certain que, en ce qui concerne la musique, c'est la même chose. Les\nprofesseurs de composition (lesquels. au Conservatoire, ont une situation\nexceptionnelle) ne relèvent, en matière d'art, que d'eux-mêmes, de leur tem-\npérament, de leur goût ;et il est impossible qu'il en soit autrement. Le vrai\nrôle du Directeur n'est pas de faire des « réformes ». A lui seul, il est impuis-\nsant pour cela ; c'est de faire observer le règlement dont il est le gardien, et,\npar son caractère, d'en inspirer le respect ; c'est de discipliner le personnel\ndont il est entouré ; c'est d'astreindre les maîtres à faire leurs classes aux\nheures obligatoires, etfà ne pas prendre de congés sans y être autorisés ; c'est\nde faire le budget de la maison et de surveiller de près le bon fonctionne-\nment de tous les services ; c est surtout de faire régner la stricte justice autour\nde lui et d'opposer une volonté ferme aux petites comme aux grandes intri-\ngues. A ce point de vue, qui est le seul vrai, M. Th. Dubois était un\nDirecteur modèle, que d unanimes et sincères regrets accompagnent dans sa\nretraite volontaire. Nous sommes certains que M. Gabriel Fauré, n'apparte-\nnant à aucune coterie, s'inspirera de son exemple."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "352", "page_fin": "359", "image_debut": 4, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.3", "titre_corps": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "titre_sommaire": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "352", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.4", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3005, "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nINTRODUCTION A L'HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA\nMUSIQUE. — X.\nL'OEIL ET L'OREILLE. LE SON ET LA COULEUR.\n\n(D'après la sténographie de M. Flachat, sténographe à Montreuil-s/-Bois)\nMESDAMES ET MESSIEURS,\nL'œil et l'oreille seuls ont des impressions d'ordre artistique. L'odorat, le goût,\nle toucher, bien que susceptibles de l'éducation la plus fine et nullement bornés\nà un rôle utilitaire, n'ont pas donné lieu à des créations de caractère vraiment\nesthétique. S'il fallait établir une préséance entre ces deux chefs-d'œuvre de\nla nature, l'organe de la vision et l'organe de l'ouïe, c'est à ce dernier qu'il fau-\ndrait attribuer le premier rang. L'œil ne sait pas analyser ses impressions. Aper-\nçoit-il une couleur verte ? il est incapable de dire les éléments qui ont pu entrer\ndans sa formation ; il ne saisit qu'une synthèse. De même, si nous mettons sur\nun disque des petites bandes de toutes les couleurs et si nous faisons tourner ce\ndisque très rapidement, l'œil ne percevra que la résultante : une couleur blan-\nche. Au contraire, faites sonner un accord parfait : si l'auditeur est un peu édu-\nqué, non seulement il saisira les trois notes composantes, mais il dira que la\npremière est émise par tel instrument, la seconde par tel autre, etc... Il pourra\nmême juger si, parmi les trois notes, il y en a une qui est un peu trop basse ou\ntrop haute. Et plus l'accord sera complexe, mieux il en saisira la complexité.\nAjoutons que l'œil ne saisit bien que les ondes situées en face de lui. L'oreille, au\ncontraire, reçoit également les ondes sonores, alors que le sujet tourne le dos à\nleur source, leur fait face, ou se trouve placé de côté.\nSi nous nous bornons à interroger l'expérience commune, elle nous dit que\nces deux sens ont des domaines distincts et sont irréductibles. Beaucoup de\npersonnes ont un œil excellent avec une oreille déplorable, et inversement.\nL'ouïe a même des degrés que la vision ne connaît pas (en dehors des cas\npathologiques) ; on peut avoir une oreille très fine, sans avoir une oreille mu-\nsicale.\nChaque jour, cependant, nous voyons ces deux ordres de sensations, et par\nsuite, les arts qui leur correspondent, confondus par la critique, et, ce qui est\nplus grave, par les artistes. Eugène Fromentin juge ainsi Y Assomption de Ru-\nbens : « (sa) palette... y retentitdé)k dans les quelques notes dominantes, le rouge,\nle jaune, le noir, le gris ». Th. Sylvestre dit en parlant de Delacroix «Il tire\ndu violet de sombres gémissements. » Taine, Charles Blanc, M. Sully Prud-\nhomme, mille autres, ont parlé un langage analogue. Un prêtre de la Flandre\noccidentale, M. l'abbé de Lescluze, a prétendu réduire en système ce qui passait\npour une simple formule oratoire. D'après lui, un peintre comme Memling\n(( joue une mélodie nouvelle» dans chacune de ses toiles ; ce qui caractérise chaque\npeintre ou chaque école, c'est l'emploi d'une gamme particulière de couleurs,\nfournie par un nombre simple et par ses multiples : il y a la gamme espagnole,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "353", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.5", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3528, "texte": "fournie parles multiples de 5 et ayant l'orangé pour tonique ; la gamme de Jor-\ndaëns, fournie par les multiples de 9 et ayant pour tonique le rouge ; la gamme\nde Rembrandt, la gamme italienne, la gamme japonaise, etc... Tous les arts,\nd'ailleurs, semblent avoir subi, au cours du xixe siècle, le contre-coup de l'évolu-\ntion suivant laquelle les diverses classes de la société ont une tendance à se con-\nfondre ou à se pénétrer. Il y a aujourd'hui peu de frontières qui ne soient con-\ntestées. Ruskin disait : « Le sculpteur doit peindre avec son ciseau. » Nietzsche\na porté sur R. Wagner le jugement suivant, à la fois profond, paradoxal et sin-\ngulier : (( Wagner, en tant que musicien, doit être classé parmi les peintres ;\nen tant que poète, parmi les musiciens ; en tant qu'artiste, dans un sens plus gé-\nnéral, parmi les acteurs ». A côté de ces documents verbaux, je n'ai pas besoin\nd énumérer tous les compositeurs qui ont voulu faire de la peinture en musique,\nTonmalerei, comme disent les Allemands : Kuhnau, Haydn, Weber, Wagner,\nFélicien David, Liszt, Berlioz, Saint-Saëns... Dans la 3e partie de la Création\n(Introduction), Haydn veut bien représenter les fraîches couleurs du matin, lors-\nqu'il emploie les flûtes et les cors avecles instruments à cordes. Bach lui-même,\nl'auteur du Clavecin bien tempéré, serait, à en croire son dernier juge, plus pein-\ntre que musicien : « Son symbolisme est visuel, comme celui d'un peintre...\nBon nombre de ses thèmes procèdent plutôt de la vision que de l'imagination\nmusicale proprement dite. En cherchant à reproduire une vision nouvelle, il se\nlaisse entraîner à créer des thèmes qui sont admirablement caractérisés, mais qui\nn'ont plus rien de la phrase musicale » (1). Il y a quelques années enfin, a paru\nun petit livre, intitulé la Musique des couleurs (2), qui préconise une transforma-\ntion radicale de nos orchestres. De telles confusions me paraissent à la fois illé-\ngitimes et dangereuses. Je les considère même comme antiartistiques (et n'attei-\ngnant pas, d'ailleurs, les grands musiciens). Il y a, entre les arts, les mêmes dif-\nférences qu'entre les genres qui appartiennent à un même art. On ne doit pas\njuger une gravure ou une aquarelle comme on jugerait une peinture à l'huile ;\na fortiori ne doit-on pas juger une symphonie comme un tableau. Il est sans doute\nexact que nos impressions sensibles se substituent constamment ou s'ajoutent\nl'une à l'autre, et qu'il y a même là une source de jouissances très délicates ;\nmais cette substitution est due à un phénomène d'association d'idées : elle ne\nvient pas d'une similitude objective ou d'une connexion anatomique dans nos\norganes. Et le plus grand intérêt de l'artiste, c'est de se borner à créer des asso-\nciations d'idées ! c'est de ne pas chercher à les remplacer par des sensations di-\nrectes ! Avant de présenter, d'après ce principe, une classification des Beaux-\nArts, j'examinerai brièvement les deux thèses (historique et psychologique) d'a-\nprès lesquelles il y aurait assimilation plus ou moins complète des impressions\nauditives et des impressions visuelles.\nI\nLes doctrines concernant les unes et les autres ont d'abord traversé la même\npériode d'erreur. On croyait autrefois que les impressions de l'oreille étaient\n*\n\n(1) Schweitzer, J.-S. Bach, le musicien-poète, Leipzig, Breitkopf, 1905, p. 336 et 340.\nSur cette question, cf. l'excellent exposé de M. Lechalas, dans ses Etudes d'esthétique (Alcan).\n(2) Chez Schleicher, Paris, par M. L. Favre, ingénieur."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "354", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.6", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "dues à un agent particulier appelé son, ayant une existence réelle et objective :\nconception métaphysique (due aux pythagoriciens, reprise par les stoïciens),\ndoublée d'un cercle vicieux ; elle est analogue à l'hypothèse primitive d'après\nlaquelle la sensation de lumière serait produite par des corpuscules lumineux.\nOn sait aujourd'hui que le sonet la lumière ne sont autre chose que la percep-\ntion d'un mode particulier de mouvement. Mais remarquons que l'erreur sur la\nlumière s'est prolongée beaucoup plus longtemps que l'autre. C'est depuis le\nxvne siècle (Descartes et Huyghens) seulement, que la doctrine de 1 ondulation\na remplacé celle de l'émission ; or, déjà dans l'antiquité, plusieurs savants\nou philosophes, à la tête desquels il faut mettre Platon et Aristote, avaient\npressenti la vraie nature du son (1). Mais ceci est pour nous peu de chose. Il est\nplus intéressant de rechercher s'il y a eu parallélisme entre la formation des no-\ntions de couleur et 1 organisation des éléments de la musique. Voici un résumé\nde la question.\nLe coup d'oeil le plus superficiel jeté sur l'histoire fait voir que le passage du\nsimple au composé a été la loi de l'évolution musicale. Nos énormes orchestres\nmodernes ont eu les plus humbles commencements. De la lyre primitive à\n4 cordes décrite par Boèce [De mus. I, 20) à la harpe chromatique contemporaine,\nil y a la même distance que de la monodie à la fugue, ou de l'expression rudi-\nmentaire des premiers chants aux infinies nuances qui sont notées sur les parti-\ntions de nos compositeurs. La gamme elle-même est l'œuvre de plusieurs siècles.\nElle s'est formée, suivant la tradition, en commençant par fixer les intervalles\nfondamentaux, ceux sur lesquels on a toujours été d'accord, et qui, suggérés à\nla fois par les intonations du langage et par la théorie, jouent un rôle capital\ndans la composition : la quinte, et la quarte qui en dérive ; ut, fa, sol, ut : telles\nétaient, d'après Boèce, lesseules notes ou cordes que possédait la lyre d'Orphée.\nLe reste a été trouvé peu à peu, non sans tâtonnements. Le la et le mi auraient\nété introduits par Terpandre ; le si et le ré par Pythagore... Dans la période\nmoderne, même tendance vers la multiplicité. A l'époque de la Renaissance,\nl'emploi des seuls intervalles consonants est, en général, la règle ; puis, ce\nqu'on a si improprement appelé les « accidents », apparaît, s'installe, s'empare\ndu premier rang, finit par transformer la règle en exception. Aujourd'hui, le\nmode majeur et le mode mineur se sont pénétrés mutuellement ; désormais une\nétude de 1 harmonie peut avoir pour base le chromatisme.\nOr, un processus analogue caractérise, nous dit-on, l'histoire de la notion des\ncouleurs. M. Hugo Magnus (2) croit pouvoir en indiquer avec précision les\nétapes. A l'origine, l'homme ne distingue que le clair et 1 obscur, les divers\ndegrés d intensité de la lumière, mais non sa qualité. Dans les hymnes du Rig-\nVéda, ni la couleur de la terre, ni celle du ciel, ne sont notées. Gladstone, en 1858,\na remarqué dans les poèmes homériques l'absence de mots désignant les cou-\nleurs prismatiques : pas plus que la Bible ou le Koran, pas plus que le Zend-\nAvesta, ils ne mentionnent la couleur bleue du ciel. Le rouget t le jaune sont\n\n(1) Dans le fragment de sensibus de son traité perdu «Êoaixat o6£at, Théophraste dit que « le\nson est un ébranlement par l'intermédiaire de l'air, du cerveau et du sang, de l'oreille à l'âme ».\nIl prête un tel langage à Platon (édit. Wimmer, 111, p. 32, dans Diels, Doxographi Grœci, 1879,\np. 525 , 18).\n(2) Histoire de Vévolution du sens des couleurs, par Hugo Magnus, professeur d'ophthalmologie\nà l'Université de Breslau, avec une introduction par Jules Soury (Paris, chez Reinwald, 1878)."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "355", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.7", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3713, "texte": "les premières différenciations effectuées, parce qu'ils correspondent aux ondes\nd'éther les plus longues et les plus puissantes ; on peut voir en eux des « do-\nminantes ». Pour Aristote encore (Météorol. 111, 4, § 25), l'arc-en-ciel n'a que\ntrois couleurs. Les couleurs d'une intensité lumineuse moyenne, le vert, le bleu,\net leurs nuances, ne sont devenues qu'assez tard des sensations spécifiques.\nL'histoire de la peinture confirme ces témoignages littéraires. Nous savons par\nPline que les anciens tableaux étaient peints avec un ton rouge unique, le\ncinabre ou minium d'Ephèse (puis l'ocre rouge, ou une espèce particulière\nappelée sinopide). Aujourd'hui, le coloriste de profession dispose d'autant de\nressources que le symphoniste. La fabrique pontificale du Vatican, qui est le\nplus important des établissements de mosaïque en activité, possède 28.000\npierres de nuances différentes.\nAinsi, les organes de l'ouïe et de la vue auraient été bornés d'abord aux\nmanifestations fonctionnelles les plus simples, et se seraient ensuite développés\nparallèlement (1). La chasse, la guerre, les relations de la vie sociale auraient\naffiné peu à peu l'oreille ; quant à la rétine, elle se serait formée par réaction et\naccommodation, sous le choc incessant des molécules de l'éther. Ne peut-on pas\nen conclure d'abord que l'évolution des deux sens n'est pas terminée ? Que la\nvue s'étendra un jour au delà de l'extrémité violette du spectre, dernière limite\nde la vision actuelle, et que l'oreille, elle aussi, pourra nous donner des sen-\nsations insoupçonnées ? Et enfin, s'il en est ainsi, la fusion des couleurs et des\nsons, déjà annoncée par tant de phénomènes communs, n'est-elle pas possible?\nTelle est la thèse. Il y a dans le livre de Magnus une doctrine matérialiste,\nassez grossièrement hostile au système dit des causes finales. Je la laisse de côté.\nCe qu il me suffit de dire, c'est que la comparaison qui vient d'être indiquée n'a\naucun fondement solide. Quand nous essayons de retracer l'évolution musicale,\nnous ne saisissons que la partie artistique ou scientifique de la question, consi-\ngnée dans les livres ; mais que se passait-il dans le chant populaire ? Nous n'en\nsa\\ ons rien. 11 est fort possible qu'au moment où les pythagoriciens dissertaient\nsui la légitimité de tel ou tel rapport, le peuple celui qui agit d'instinct et que\n1 histoire ignore les avait dépassés. De ce que la théorie n'avait encore mesuré\nque 3 ou 4 intervalles, s ensuit-il que tous les autres étaient ignorés dans la\npratique ? En ce qui concerne la couleur, a-t-on le droit de dire que telle sensa-\ntion n existait pas, parce que le motjuste qui nous paraît lui correspondre n'était\npas employé ? Les Italiens disent vino nero et nous disons vin blanc pour désigner\ndes vins qui ne sont ni blancs ni noirs ; en conclura-t-on que cette terminologie\ncache une ignorance de la couleur réelle ? Shakspeare fait dire à Macbeth (11, 3)\nracontant 1 assassinat de Duncan, qu' « un sang d'or » (golden blood) s'échap-\npait de sa blessure ; allons-nous dire que les Anglais du xvie siècle ne savaient\npas distinguer le jaune et le rouge ? Schiller parle, à la manière antique, de\n« ténèbres de pourpre » : faut-il lui reprocher de n'avoir pas su distinguer le jour\net la nuit ?Le langage peut être en retard sur l'éducation des sens, beaucoup\nplus que sur celle de 1 esprit. Aujourd'hui encore, nous avons très peu de mots\npoui désigner exactement les diverses douleurs physiques ; et cependant\n\n(ij C est surtout Geiger qui a affirmé ce parallélisme (Zur Entwickelungs Geschichte der\nMenschheit, p. 56) ; mais cette idée est fort ancienne ; cf. Helmholtz, Optique physiologique,\np. 348-19, 355-56."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "356", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.8", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "nous n'ignorons pas en quoi un mal de dents diffère d'une brûlure, d'un mal\nau pied, d'un rhumatisme, etc... Le langage des primitifs peut aussi corres-\npondre à des nuances d'idées qui échappent à un physiologiste. Homère com-\npare les cheveux d'Ulysse à la fleur d'hyacinthe ( 1 ) ; est-ce leur couleur qu'il vou-\nlait caractériser ? Je croirais plutôt qu'il s'agit ici de leur souplesse. Pour la\nmusique, il a pu en être de même. Certaines lacunes attribuées aux primitifs\nn'existent peut-être que dans notre esprit.\nRenonçons donc à tirer argument de l'histoire pour rapprocher deux ordres de\nsensations différents (2). La thèse purement psychologique est-elle plus solide ?\nII\nDepuis quelques années, on s'est préoccupé de déterminer la corrélation\nqui s'établit entre les divers domaines sensoriels, ou si l'on préfère, entre les\nréactions de nos organes aux impressions du dehors. On a constaté que certains\nsujets associaient toujours l'idée d'une couleur à celle d'un son (phénomène\nappelé audition colorée), et il n'en a pas fallu davantage pour qu'une voie nou-\nvelle fût ouverte aux investigations des physiologistes et à leurs systèmes. En\n1892, la bibliographie de ce genre d études dressée par un Américain (M. Krohn)\nne comprenait pas moins de 85 numéros. Depuis, des ouvrages importants ont\nenrichi cette liste ; je citerai seulement celui de M. Flournoy, professeur de\npsychologie expérimentale à l'Université de Genève : Les phénomènes de syno-\npsie {Paris, Alcan, 1893). Il contient un grand nombre défaits, et l'auteur a le\nmérite d une grande prudence. Sa conclusion est qu'il serait prématuré de con-\nclure. Mais son travail mérite de ne pas passer inaperçu.\nLa méthode employée au cours de ces recherches, dont le but est d'étudier\nnotre « imagerie mentale », est celle de l'interview, ou de la consultation plus\nou moins étendue,par voie de circulaire. On interroge des hommes, des femmes,\ndes jeunes gens. Quand votre oreille est impressionnée, quelque\nchose ? quoi ? depuis quand avez-vous cette habitude ? a-t-elle varié ? etc.\nLes réponses sont curieuses. Pour beaucoup de gens, voir et entendre sont\ndes actes inséparables. Ils ont des « photismes ». Il y a des photismes al-\nphabétiques : certains sujets « ont a blanc » ; ils se représentent i rouge, o jaune\nvif, wvert, etc... Il y a des photismes de noms : pour tel sujet, « Cécile est jaune\nbrillant ; Susanne, jaune de chrome ; Marie, gris-perle ; Alice, rose-cerise ;\nHenri, vert-myrte ; Lucy, bleu intense ; Edmond, bleu foncé \\Jean, gris-bleu ;\nLéon, jaune d'or ». Il y a des photismes musicaux, produits par certaines des\nnotes de la gamme, par les tonalités, par les instruments, par la musique de tel\ncompositeur. Pour l'un, le fait de diéser ou de bémoliser une note se borne à\n\n(1) Odyssée, vi, 231.\n(2) J'emprunte à M. Jules Soury (ibid., Introd., p. XVIIJ) l'indication suivante, qui contredit\nMagnus : « les fouilles de sir Henry Rawlinson à Babylone ont établi que les sept étages de la\ntour de Borsippa portaient des revêtements aux couleurs symboliques des sept planètes, disposés\ndans cet ordre, de bas en haut : noir blanc (Vénus), pourpre (Jupiter), bleu (Mercure),\nvermillon (Mars), argent (la Lune), or (le Soleil). La Ziggurrat du palais assyrien de Khorsabad\navait également, d'après les recherches de MM. Place et Thomas, sept étages aux couleurs plané-\ntaires ». Il y a néanmoins une curieuse analogie entre cette astronomie colorée et l'attribution\npythagoricienne des sept notes de la gamme aux sept planètes."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "357", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2945, "texte": "modifier légèrement sa teinte : mi R est bleu foncé, et mi b est bleu clair ; fa fi\nest violet clair, et fa tf est améthyste ou bleu saphir. Pour l'autre, une opéra-\ntion de ce genre change complètement la couleur : si IX est vert, et si b est lilas,\netc.\nLe meilleur moyen de montrer la très faible valeur scientifique du livre de\nM. Flournoy serait d'en exposer les résultats. Ils ne concordent nullement ; et\nl'auteur, qui est la loyauté même, n'essaie même pas de le dissimuler. Voici le\nrésultat d'une de ses enquêtes, indiquant le sexe et l'âge des personnes interro-\ngées et les couleurs que chacune d'elles attribue aux notes de la gamme :\n« J'ai quelques doutes, dit M. Flournoy, sur l'origine vraiment musicale de\nces photismes. » En effet : tel auditeur classe le ré dans le vert, uniquement\nparce que le mot « ré » a le son e, et que, pour lui, cette voyelle est verte! Les tim-\nbres des instruments ont donné lieu à des opinions tout aussi disparates. La trom-\npette est déclarée rouge, par plusieurs individus ; mais le violoncelle est déclaré\ntour à tour jaune doré, vert pomme, bleu céleste ; le violon est gris, jaune, violet,\nbrun ; l'orgue est rouge, bleu ; le piano rouge vif, jaune, noir et blanc... « Quant\naux couleurs suggérées par les grands maîtres, les seules velléités d'entente sont\nrelatives à Gounod, dont la musique éveille des colorations violettes chez un\nindividu, et bleues chez un autre ; et à Beethoven, qui est noir pour un sujet et\ndont certains passages amènent chez un autre un manque total de sensations\nvisuelles ; encore la vision noire et la vision nulle ne doivent-elles pas être con-\nfondues ! »\nEvidemment, nous sommes ici en présence de phénomènes d'associations\nd'idées, et non d'une sorte de correspondance mécanique, déterminée par la\nnature des organes. Ce qui le prouve, c'est que très souvent la question sug-\ngère la réponse, par une sorte d'imitation involontaire. «Je n'ai songé à la cou-,\nleur des voyelles, écrit M. P. M., que quand j'ai eu connaissance des vers des\ndécadents sur les voyelles colorées. )) Avez-vous, dans vos rêves, des sensa-\ntions de l'odorat? demande un jour M. Ribot à M. B. Non ! répond M. B.\naprès avoir beaucoup réfléchi. La nuit suivante, M. B. avait précisément un\nrêve avec sensations olfactives. Si un autre savant l'avait interrogé le lendemain\nsur le même fait, il aurait donc été obligé de faire une réponse affirmative sur la\nmême question qui, la veille, avait provoqué une réponse négative ! Dans les\nconsultations musicales, des cas analogues ont dû se présenter. Ce qui prouve le\nrôle capital joué par l'association des idées, ce sont les rapports établis entre d'au-\ntres sens que l'œil et l'oreille. « Un grand amateur de musique et de peinture,\n46 ans, a trouvé de tout temps que la rose sent le la majeur » (Flournoy, loc. cit.\np. 101). Une jeune fille écrit que, pour elle, « la couleur de l'héliotrope a la saveur"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "358", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3291, "texte": "des amandes douces, et réciproquement ». La couleur verte a été attribuée « au\npiquant du Champagne, à la saveur du fromage, à celle du poivre, au parfum de\nla verveine, à celui de l'eau de Cologne, etc. » (ibid., p. uo) Tous ces faits relè-\nvent de l'imagination pure ; et la « Science » perd un peu son temps quand elle\ncherche des lois, car l'imagination varie avec chaque individu.\nIII\nAprès cette enquête rapide, nous devons conclure.\nLe musicien ne donne pâture qu'à notre oreille, et il faut pouvoir le com-\nprendre les yeux fermés. Mais n'oublions pas que, par le moyen de l'oreille, il\ntouche l'intelligence ; il parle un langage que l'esprit doit et peut comprendre,\ncar il exprime une pensée. Par l'intelligence, il gouverne tout le reste.\nLa musique ne peint pas : elle touche, elle fait penser, et elle suggère. Le\ncompositeur qui voudrait faire sérieusement du paysage serait aussi maladroit\nque le peintre qui, pour donner l'illusion d'un arbre, mettrait sur sa toile un peu\nde feuillage réel. Mais, grâce à l'association des idées (laquelle dépend du goût,\ndu tempérament, de 1 imagination, de la vivacité, des habitudes de chaque\nsujet), le compositeur peut étendre indéfiniment son domaine, et faire à peu près\ntout ce qu il veut. Même quand il veut saisir les formes du monde physique, c est\nau centre de la vie intérieure qu'il doit s'installer et régner : de là, il règle notre\nactivité tout entière. Un tel rôle est assez beau pour lui suffire ! Nous avons\nassisté, il y a quelques années, à la tentative de créer une poésie purement\nmusicale, où le sens logique des mots et des phrases était négligé, comme\nsuranné ; les résultats obtenus sont un avertissement pour ceux des autres\narts qui voudraient empiéter sur leurs voisins. La musique picturale ne vaut\npas mieux que la peinture littéraire.\nLes ressources qui s'offrent au compositeur voulant procéder par imitation di-\nrecte (et non par association d'idées) pour décrire les objets sont très peu de chose.\nJe dois cependant les indiquer ici avec précision.\na) Le compositeur peut faire d'abord de simples citations : ainsi Berlioz in-\ntercale un coup de tonnerre dans sa Symphonie fantastique. M. Puccini, au début\ndu dernier acte de la Tosca, fait entendre successivement une multitude de\ncarillons ; Beethoven lui-même (et on le lui a reproché) introduit le chant du\ncoucou dans la Pastorale;\nb) De la couleur, il ne peut imiter que Xintensité. Dans la première leçon de ce\ncours, je me suis efforcé de montrer que le compositeur ne pouvait reproduire\nque le dynamisme des sentiments ; pour la couleur, il en est absolument de même.\nAinsi, avec des violons en sourdine, on imitera la couleur grise ; avec des trom-\npettes, l éclat du soleil. Tout ce qu'on peut accorder, c'est qu'il y a une\nanalogie entre les timbres d'instruments qui composent les divers groupes de\n1 orchestre et les nuances des couleurs. La couleur verte comprend le vert tendre,\nle vert Véronèse, le vert émeraude, le vert-noir... ;de même, du violon àla contre*\nbasse, il y a 1 alto et le violoncelle. En regard du bleu (bleu cobalt, outremer,\nbleu de Prusse...), on peut placer le hautbois, le cor anglais, le basson. Entre\nles divers jaunes (jaune de Naples, ocre, terre d'ltalie...), il y a une différence"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 758, "texte": "analogue à celle qui sépare la petite flûte, la flûte, la clarinette. Mais tout,\nici, se ramène encore à une question d'intensité.\nc) En ce qui concerne les objets en mouvement, le compositeur peut reproduire\nle rythme de ce mouvement, sa durée, sa direction, sa légèreté ou sa lourdeur.\nAu delà de ces ressources, je ne vois rien de sérieux.\nPour terminer, je donnerai la classification suivante des Beaux-Arts, que\nWestphal a reconstituée d'après une indication conservée par hasard clans une\nscholie de la grammaire de Denys le Thrace. Elle est due à undisciple d Aristote\ntrès peu connu, Lucius de Tarrha (cf. Fabricius, Bibl. gr., IV, 265), mais elle n a\nrien perdu de sa valeur et de son admirable netteté (1).\n\nJULES COMBARIEU."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.11", "debut_caractere": 1507, "fin_caractere_exclue": 2133, "texte": "(\\) Une seule réserve à faire. Nous disons avec raison qu'il y a des sons hauts, moyens, bas, ce\nqui implique des éléments musicaux empruntés au concept de l'espace. Cette manière de parler\nest légitime, car, instinctivement, nous ramenons toute mélodie entendue au type de la musique,\nla voix humaine. Or, la voix a 3 registres : le registre de poitrine, le registre palatal, le registre\nde tête. C'est la position de ces parties du corps qui détermine ce que nous appelons la hauteur\ndu son. Il en résulte que dans une composition à plusieurs parties, le musicien peut donner une\nidée de la position relative de deux objets."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "352", "page_fin": "359", "image_debut": 4, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.3.1", "titre_corps": "INTRODUCTION A L'HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE. — X.", "titre_sommaire": "INTRODUCTION A L'HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA MUSIQUE. — X.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "352", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.4", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3005, "texte": "INTRODUCTION A L'HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA\nMUSIQUE. — X.\nL'OEIL ET L'OREILLE. LE SON ET LA COULEUR.\n\n(D'après la sténographie de M. Flachat, sténographe à Montreuil-s/-Bois)\nMESDAMES ET MESSIEURS,\nL'œil et l'oreille seuls ont des impressions d'ordre artistique. L'odorat, le goût,\nle toucher, bien que susceptibles de l'éducation la plus fine et nullement bornés\nà un rôle utilitaire, n'ont pas donné lieu à des créations de caractère vraiment\nesthétique. S'il fallait établir une préséance entre ces deux chefs-d'œuvre de\nla nature, l'organe de la vision et l'organe de l'ouïe, c'est à ce dernier qu'il fau-\ndrait attribuer le premier rang. L'œil ne sait pas analyser ses impressions. Aper-\nçoit-il une couleur verte ? il est incapable de dire les éléments qui ont pu entrer\ndans sa formation ; il ne saisit qu'une synthèse. De même, si nous mettons sur\nun disque des petites bandes de toutes les couleurs et si nous faisons tourner ce\ndisque très rapidement, l'œil ne percevra que la résultante : une couleur blan-\nche. Au contraire, faites sonner un accord parfait : si l'auditeur est un peu édu-\nqué, non seulement il saisira les trois notes composantes, mais il dira que la\npremière est émise par tel instrument, la seconde par tel autre, etc... Il pourra\nmême juger si, parmi les trois notes, il y en a une qui est un peu trop basse ou\ntrop haute. Et plus l'accord sera complexe, mieux il en saisira la complexité.\nAjoutons que l'œil ne saisit bien que les ondes situées en face de lui. L'oreille, au\ncontraire, reçoit également les ondes sonores, alors que le sujet tourne le dos à\nleur source, leur fait face, ou se trouve placé de côté.\nSi nous nous bornons à interroger l'expérience commune, elle nous dit que\nces deux sens ont des domaines distincts et sont irréductibles. Beaucoup de\npersonnes ont un œil excellent avec une oreille déplorable, et inversement.\nL'ouïe a même des degrés que la vision ne connaît pas (en dehors des cas\npathologiques) ; on peut avoir une oreille très fine, sans avoir une oreille mu-\nsicale.\nChaque jour, cependant, nous voyons ces deux ordres de sensations, et par\nsuite, les arts qui leur correspondent, confondus par la critique, et, ce qui est\nplus grave, par les artistes. Eugène Fromentin juge ainsi Y Assomption de Ru-\nbens : « (sa) palette... y retentitdé)k dans les quelques notes dominantes, le rouge,\nle jaune, le noir, le gris ». Th. Sylvestre dit en parlant de Delacroix «Il tire\ndu violet de sombres gémissements. » Taine, Charles Blanc, M. Sully Prud-\nhomme, mille autres, ont parlé un langage analogue. Un prêtre de la Flandre\noccidentale, M. l'abbé de Lescluze, a prétendu réduire en système ce qui passait\npour une simple formule oratoire. D'après lui, un peintre comme Memling\n(( joue une mélodie nouvelle» dans chacune de ses toiles ; ce qui caractérise chaque\npeintre ou chaque école, c'est l'emploi d'une gamme particulière de couleurs,\nfournie par un nombre simple et par ses multiples : il y a la gamme espagnole,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "353", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.5", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3528, "texte": "fournie parles multiples de 5 et ayant l'orangé pour tonique ; la gamme de Jor-\ndaëns, fournie par les multiples de 9 et ayant pour tonique le rouge ; la gamme\nde Rembrandt, la gamme italienne, la gamme japonaise, etc... Tous les arts,\nd'ailleurs, semblent avoir subi, au cours du xixe siècle, le contre-coup de l'évolu-\ntion suivant laquelle les diverses classes de la société ont une tendance à se con-\nfondre ou à se pénétrer. Il y a aujourd'hui peu de frontières qui ne soient con-\ntestées. Ruskin disait : « Le sculpteur doit peindre avec son ciseau. » Nietzsche\na porté sur R. Wagner le jugement suivant, à la fois profond, paradoxal et sin-\ngulier : (( Wagner, en tant que musicien, doit être classé parmi les peintres ;\nen tant que poète, parmi les musiciens ; en tant qu'artiste, dans un sens plus gé-\nnéral, parmi les acteurs ». A côté de ces documents verbaux, je n'ai pas besoin\nd énumérer tous les compositeurs qui ont voulu faire de la peinture en musique,\nTonmalerei, comme disent les Allemands : Kuhnau, Haydn, Weber, Wagner,\nFélicien David, Liszt, Berlioz, Saint-Saëns... Dans la 3e partie de la Création\n(Introduction), Haydn veut bien représenter les fraîches couleurs du matin, lors-\nqu'il emploie les flûtes et les cors avecles instruments à cordes. Bach lui-même,\nl'auteur du Clavecin bien tempéré, serait, à en croire son dernier juge, plus pein-\ntre que musicien : « Son symbolisme est visuel, comme celui d'un peintre...\nBon nombre de ses thèmes procèdent plutôt de la vision que de l'imagination\nmusicale proprement dite. En cherchant à reproduire une vision nouvelle, il se\nlaisse entraîner à créer des thèmes qui sont admirablement caractérisés, mais qui\nn'ont plus rien de la phrase musicale » (1). Il y a quelques années enfin, a paru\nun petit livre, intitulé la Musique des couleurs (2), qui préconise une transforma-\ntion radicale de nos orchestres. De telles confusions me paraissent à la fois illé-\ngitimes et dangereuses. Je les considère même comme antiartistiques (et n'attei-\ngnant pas, d'ailleurs, les grands musiciens). Il y a, entre les arts, les mêmes dif-\nférences qu'entre les genres qui appartiennent à un même art. On ne doit pas\njuger une gravure ou une aquarelle comme on jugerait une peinture à l'huile ;\na fortiori ne doit-on pas juger une symphonie comme un tableau. Il est sans doute\nexact que nos impressions sensibles se substituent constamment ou s'ajoutent\nl'une à l'autre, et qu'il y a même là une source de jouissances très délicates ;\nmais cette substitution est due à un phénomène d'association d'idées : elle ne\nvient pas d'une similitude objective ou d'une connexion anatomique dans nos\norganes. Et le plus grand intérêt de l'artiste, c'est de se borner à créer des asso-\nciations d'idées ! c'est de ne pas chercher à les remplacer par des sensations di-\nrectes ! Avant de présenter, d'après ce principe, une classification des Beaux-\nArts, j'examinerai brièvement les deux thèses (historique et psychologique) d'a-\nprès lesquelles il y aurait assimilation plus ou moins complète des impressions\nauditives et des impressions visuelles.\nI\nLes doctrines concernant les unes et les autres ont d'abord traversé la même\npériode d'erreur. On croyait autrefois que les impressions de l'oreille étaient\n*\n\n(1) Schweitzer, J.-S. Bach, le musicien-poète, Leipzig, Breitkopf, 1905, p. 336 et 340.\nSur cette question, cf. l'excellent exposé de M. Lechalas, dans ses Etudes d'esthétique (Alcan).\n(2) Chez Schleicher, Paris, par M. L. Favre, ingénieur."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "354", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.6", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3768, "texte": "dues à un agent particulier appelé son, ayant une existence réelle et objective :\nconception métaphysique (due aux pythagoriciens, reprise par les stoïciens),\ndoublée d'un cercle vicieux ; elle est analogue à l'hypothèse primitive d'après\nlaquelle la sensation de lumière serait produite par des corpuscules lumineux.\nOn sait aujourd'hui que le sonet la lumière ne sont autre chose que la percep-\ntion d'un mode particulier de mouvement. Mais remarquons que l'erreur sur la\nlumière s'est prolongée beaucoup plus longtemps que l'autre. C'est depuis le\nxvne siècle (Descartes et Huyghens) seulement, que la doctrine de 1 ondulation\na remplacé celle de l'émission ; or, déjà dans l'antiquité, plusieurs savants\nou philosophes, à la tête desquels il faut mettre Platon et Aristote, avaient\npressenti la vraie nature du son (1). Mais ceci est pour nous peu de chose. Il est\nplus intéressant de rechercher s'il y a eu parallélisme entre la formation des no-\ntions de couleur et 1 organisation des éléments de la musique. Voici un résumé\nde la question.\nLe coup d'oeil le plus superficiel jeté sur l'histoire fait voir que le passage du\nsimple au composé a été la loi de l'évolution musicale. Nos énormes orchestres\nmodernes ont eu les plus humbles commencements. De la lyre primitive à\n4 cordes décrite par Boèce [De mus. I, 20) à la harpe chromatique contemporaine,\nil y a la même distance que de la monodie à la fugue, ou de l'expression rudi-\nmentaire des premiers chants aux infinies nuances qui sont notées sur les parti-\ntions de nos compositeurs. La gamme elle-même est l'œuvre de plusieurs siècles.\nElle s'est formée, suivant la tradition, en commençant par fixer les intervalles\nfondamentaux, ceux sur lesquels on a toujours été d'accord, et qui, suggérés à\nla fois par les intonations du langage et par la théorie, jouent un rôle capital\ndans la composition : la quinte, et la quarte qui en dérive ; ut, fa, sol, ut : telles\nétaient, d'après Boèce, lesseules notes ou cordes que possédait la lyre d'Orphée.\nLe reste a été trouvé peu à peu, non sans tâtonnements. Le la et le mi auraient\nété introduits par Terpandre ; le si et le ré par Pythagore... Dans la période\nmoderne, même tendance vers la multiplicité. A l'époque de la Renaissance,\nl'emploi des seuls intervalles consonants est, en général, la règle ; puis, ce\nqu'on a si improprement appelé les « accidents », apparaît, s'installe, s'empare\ndu premier rang, finit par transformer la règle en exception. Aujourd'hui, le\nmode majeur et le mode mineur se sont pénétrés mutuellement ; désormais une\nétude de 1 harmonie peut avoir pour base le chromatisme.\nOr, un processus analogue caractérise, nous dit-on, l'histoire de la notion des\ncouleurs. M. Hugo Magnus (2) croit pouvoir en indiquer avec précision les\nétapes. A l'origine, l'homme ne distingue que le clair et 1 obscur, les divers\ndegrés d intensité de la lumière, mais non sa qualité. Dans les hymnes du Rig-\nVéda, ni la couleur de la terre, ni celle du ciel, ne sont notées. Gladstone, en 1858,\na remarqué dans les poèmes homériques l'absence de mots désignant les cou-\nleurs prismatiques : pas plus que la Bible ou le Koran, pas plus que le Zend-\nAvesta, ils ne mentionnent la couleur bleue du ciel. Le rouget t le jaune sont\n\n(1) Dans le fragment de sensibus de son traité perdu «Êoaixat o6£at, Théophraste dit que « le\nson est un ébranlement par l'intermédiaire de l'air, du cerveau et du sang, de l'oreille à l'âme ».\nIl prête un tel langage à Platon (édit. Wimmer, 111, p. 32, dans Diels, Doxographi Grœci, 1879,\np. 525 , 18).\n(2) Histoire de Vévolution du sens des couleurs, par Hugo Magnus, professeur d'ophthalmologie\nà l'Université de Breslau, avec une introduction par Jules Soury (Paris, chez Reinwald, 1878)."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "355", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.7", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3713, "texte": "les premières différenciations effectuées, parce qu'ils correspondent aux ondes\nd'éther les plus longues et les plus puissantes ; on peut voir en eux des « do-\nminantes ». Pour Aristote encore (Météorol. 111, 4, § 25), l'arc-en-ciel n'a que\ntrois couleurs. Les couleurs d'une intensité lumineuse moyenne, le vert, le bleu,\net leurs nuances, ne sont devenues qu'assez tard des sensations spécifiques.\nL'histoire de la peinture confirme ces témoignages littéraires. Nous savons par\nPline que les anciens tableaux étaient peints avec un ton rouge unique, le\ncinabre ou minium d'Ephèse (puis l'ocre rouge, ou une espèce particulière\nappelée sinopide). Aujourd'hui, le coloriste de profession dispose d'autant de\nressources que le symphoniste. La fabrique pontificale du Vatican, qui est le\nplus important des établissements de mosaïque en activité, possède 28.000\npierres de nuances différentes.\nAinsi, les organes de l'ouïe et de la vue auraient été bornés d'abord aux\nmanifestations fonctionnelles les plus simples, et se seraient ensuite développés\nparallèlement (1). La chasse, la guerre, les relations de la vie sociale auraient\naffiné peu à peu l'oreille ; quant à la rétine, elle se serait formée par réaction et\naccommodation, sous le choc incessant des molécules de l'éther. Ne peut-on pas\nen conclure d'abord que l'évolution des deux sens n'est pas terminée ? Que la\nvue s'étendra un jour au delà de l'extrémité violette du spectre, dernière limite\nde la vision actuelle, et que l'oreille, elle aussi, pourra nous donner des sen-\nsations insoupçonnées ? Et enfin, s'il en est ainsi, la fusion des couleurs et des\nsons, déjà annoncée par tant de phénomènes communs, n'est-elle pas possible?\nTelle est la thèse. Il y a dans le livre de Magnus une doctrine matérialiste,\nassez grossièrement hostile au système dit des causes finales. Je la laisse de côté.\nCe qu il me suffit de dire, c'est que la comparaison qui vient d'être indiquée n'a\naucun fondement solide. Quand nous essayons de retracer l'évolution musicale,\nnous ne saisissons que la partie artistique ou scientifique de la question, consi-\ngnée dans les livres ; mais que se passait-il dans le chant populaire ? Nous n'en\nsa\\ ons rien. 11 est fort possible qu'au moment où les pythagoriciens dissertaient\nsui la légitimité de tel ou tel rapport, le peuple celui qui agit d'instinct et que\n1 histoire ignore les avait dépassés. De ce que la théorie n'avait encore mesuré\nque 3 ou 4 intervalles, s ensuit-il que tous les autres étaient ignorés dans la\npratique ? En ce qui concerne la couleur, a-t-on le droit de dire que telle sensa-\ntion n existait pas, parce que le motjuste qui nous paraît lui correspondre n'était\npas employé ? Les Italiens disent vino nero et nous disons vin blanc pour désigner\ndes vins qui ne sont ni blancs ni noirs ; en conclura-t-on que cette terminologie\ncache une ignorance de la couleur réelle ? Shakspeare fait dire à Macbeth (11, 3)\nracontant 1 assassinat de Duncan, qu' « un sang d'or » (golden blood) s'échap-\npait de sa blessure ; allons-nous dire que les Anglais du xvie siècle ne savaient\npas distinguer le jaune et le rouge ? Schiller parle, à la manière antique, de\n« ténèbres de pourpre » : faut-il lui reprocher de n'avoir pas su distinguer le jour\net la nuit ?Le langage peut être en retard sur l'éducation des sens, beaucoup\nplus que sur celle de 1 esprit. Aujourd'hui encore, nous avons très peu de mots\npoui désigner exactement les diverses douleurs physiques ; et cependant\n\n(ij C est surtout Geiger qui a affirmé ce parallélisme (Zur Entwickelungs Geschichte der\nMenschheit, p. 56) ; mais cette idée est fort ancienne ; cf. Helmholtz, Optique physiologique,\np. 348-19, 355-56."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "356", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.8", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "nous n'ignorons pas en quoi un mal de dents diffère d'une brûlure, d'un mal\nau pied, d'un rhumatisme, etc... Le langage des primitifs peut aussi corres-\npondre à des nuances d'idées qui échappent à un physiologiste. Homère com-\npare les cheveux d'Ulysse à la fleur d'hyacinthe ( 1 ) ; est-ce leur couleur qu'il vou-\nlait caractériser ? Je croirais plutôt qu'il s'agit ici de leur souplesse. Pour la\nmusique, il a pu en être de même. Certaines lacunes attribuées aux primitifs\nn'existent peut-être que dans notre esprit.\nRenonçons donc à tirer argument de l'histoire pour rapprocher deux ordres de\nsensations différents (2). La thèse purement psychologique est-elle plus solide ?\nII\nDepuis quelques années, on s'est préoccupé de déterminer la corrélation\nqui s'établit entre les divers domaines sensoriels, ou si l'on préfère, entre les\nréactions de nos organes aux impressions du dehors. On a constaté que certains\nsujets associaient toujours l'idée d'une couleur à celle d'un son (phénomène\nappelé audition colorée), et il n'en a pas fallu davantage pour qu'une voie nou-\nvelle fût ouverte aux investigations des physiologistes et à leurs systèmes. En\n1892, la bibliographie de ce genre d études dressée par un Américain (M. Krohn)\nne comprenait pas moins de 85 numéros. Depuis, des ouvrages importants ont\nenrichi cette liste ; je citerai seulement celui de M. Flournoy, professeur de\npsychologie expérimentale à l'Université de Genève : Les phénomènes de syno-\npsie {Paris, Alcan, 1893). Il contient un grand nombre défaits, et l'auteur a le\nmérite d une grande prudence. Sa conclusion est qu'il serait prématuré de con-\nclure. Mais son travail mérite de ne pas passer inaperçu.\nLa méthode employée au cours de ces recherches, dont le but est d'étudier\nnotre « imagerie mentale », est celle de l'interview, ou de la consultation plus\nou moins étendue,par voie de circulaire. On interroge des hommes, des femmes,\ndes jeunes gens. Quand votre oreille est impressionnée, quelque\nchose ? quoi ? depuis quand avez-vous cette habitude ? a-t-elle varié ? etc.\nLes réponses sont curieuses. Pour beaucoup de gens, voir et entendre sont\ndes actes inséparables. Ils ont des « photismes ». Il y a des photismes al-\nphabétiques : certains sujets « ont a blanc » ; ils se représentent i rouge, o jaune\nvif, wvert, etc... Il y a des photismes de noms : pour tel sujet, « Cécile est jaune\nbrillant ; Susanne, jaune de chrome ; Marie, gris-perle ; Alice, rose-cerise ;\nHenri, vert-myrte ; Lucy, bleu intense ; Edmond, bleu foncé \\Jean, gris-bleu ;\nLéon, jaune d'or ». Il y a des photismes musicaux, produits par certaines des\nnotes de la gamme, par les tonalités, par les instruments, par la musique de tel\ncompositeur. Pour l'un, le fait de diéser ou de bémoliser une note se borne à\n\n(1) Odyssée, vi, 231.\n(2) J'emprunte à M. Jules Soury (ibid., Introd., p. XVIIJ) l'indication suivante, qui contredit\nMagnus : « les fouilles de sir Henry Rawlinson à Babylone ont établi que les sept étages de la\ntour de Borsippa portaient des revêtements aux couleurs symboliques des sept planètes, disposés\ndans cet ordre, de bas en haut : noir blanc (Vénus), pourpre (Jupiter), bleu (Mercure),\nvermillon (Mars), argent (la Lune), or (le Soleil). La Ziggurrat du palais assyrien de Khorsabad\navait également, d'après les recherches de MM. Place et Thomas, sept étages aux couleurs plané-\ntaires ». Il y a néanmoins une curieuse analogie entre cette astronomie colorée et l'attribution\npythagoricienne des sept notes de la gamme aux sept planètes."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "357", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2945, "texte": "modifier légèrement sa teinte : mi R est bleu foncé, et mi b est bleu clair ; fa fi\nest violet clair, et fa tf est améthyste ou bleu saphir. Pour l'autre, une opéra-\ntion de ce genre change complètement la couleur : si IX est vert, et si b est lilas,\netc.\nLe meilleur moyen de montrer la très faible valeur scientifique du livre de\nM. Flournoy serait d'en exposer les résultats. Ils ne concordent nullement ; et\nl'auteur, qui est la loyauté même, n'essaie même pas de le dissimuler. Voici le\nrésultat d'une de ses enquêtes, indiquant le sexe et l'âge des personnes interro-\ngées et les couleurs que chacune d'elles attribue aux notes de la gamme :\n« J'ai quelques doutes, dit M. Flournoy, sur l'origine vraiment musicale de\nces photismes. » En effet : tel auditeur classe le ré dans le vert, uniquement\nparce que le mot « ré » a le son e, et que, pour lui, cette voyelle est verte! Les tim-\nbres des instruments ont donné lieu à des opinions tout aussi disparates. La trom-\npette est déclarée rouge, par plusieurs individus ; mais le violoncelle est déclaré\ntour à tour jaune doré, vert pomme, bleu céleste ; le violon est gris, jaune, violet,\nbrun ; l'orgue est rouge, bleu ; le piano rouge vif, jaune, noir et blanc... « Quant\naux couleurs suggérées par les grands maîtres, les seules velléités d'entente sont\nrelatives à Gounod, dont la musique éveille des colorations violettes chez un\nindividu, et bleues chez un autre ; et à Beethoven, qui est noir pour un sujet et\ndont certains passages amènent chez un autre un manque total de sensations\nvisuelles ; encore la vision noire et la vision nulle ne doivent-elles pas être con-\nfondues ! »\nEvidemment, nous sommes ici en présence de phénomènes d'associations\nd'idées, et non d'une sorte de correspondance mécanique, déterminée par la\nnature des organes. Ce qui le prouve, c'est que très souvent la question sug-\ngère la réponse, par une sorte d'imitation involontaire. «Je n'ai songé à la cou-,\nleur des voyelles, écrit M. P. M., que quand j'ai eu connaissance des vers des\ndécadents sur les voyelles colorées. )) Avez-vous, dans vos rêves, des sensa-\ntions de l'odorat? demande un jour M. Ribot à M. B. Non ! répond M. B.\naprès avoir beaucoup réfléchi. La nuit suivante, M. B. avait précisément un\nrêve avec sensations olfactives. Si un autre savant l'avait interrogé le lendemain\nsur le même fait, il aurait donc été obligé de faire une réponse affirmative sur la\nmême question qui, la veille, avait provoqué une réponse négative ! Dans les\nconsultations musicales, des cas analogues ont dû se présenter. Ce qui prouve le\nrôle capital joué par l'association des idées, ce sont les rapports établis entre d'au-\ntres sens que l'œil et l'oreille. « Un grand amateur de musique et de peinture,\n46 ans, a trouvé de tout temps que la rose sent le la majeur » (Flournoy, loc. cit.\np. 101). Une jeune fille écrit que, pour elle, « la couleur de l'héliotrope a la saveur"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "358", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3291, "texte": "des amandes douces, et réciproquement ». La couleur verte a été attribuée « au\npiquant du Champagne, à la saveur du fromage, à celle du poivre, au parfum de\nla verveine, à celui de l'eau de Cologne, etc. » (ibid., p. uo) Tous ces faits relè-\nvent de l'imagination pure ; et la « Science » perd un peu son temps quand elle\ncherche des lois, car l'imagination varie avec chaque individu.\nIII\nAprès cette enquête rapide, nous devons conclure.\nLe musicien ne donne pâture qu'à notre oreille, et il faut pouvoir le com-\nprendre les yeux fermés. Mais n'oublions pas que, par le moyen de l'oreille, il\ntouche l'intelligence ; il parle un langage que l'esprit doit et peut comprendre,\ncar il exprime une pensée. Par l'intelligence, il gouverne tout le reste.\nLa musique ne peint pas : elle touche, elle fait penser, et elle suggère. Le\ncompositeur qui voudrait faire sérieusement du paysage serait aussi maladroit\nque le peintre qui, pour donner l'illusion d'un arbre, mettrait sur sa toile un peu\nde feuillage réel. Mais, grâce à l'association des idées (laquelle dépend du goût,\ndu tempérament, de 1 imagination, de la vivacité, des habitudes de chaque\nsujet), le compositeur peut étendre indéfiniment son domaine, et faire à peu près\ntout ce qu il veut. Même quand il veut saisir les formes du monde physique, c est\nau centre de la vie intérieure qu'il doit s'installer et régner : de là, il règle notre\nactivité tout entière. Un tel rôle est assez beau pour lui suffire ! Nous avons\nassisté, il y a quelques années, à la tentative de créer une poésie purement\nmusicale, où le sens logique des mots et des phrases était négligé, comme\nsuranné ; les résultats obtenus sont un avertissement pour ceux des autres\narts qui voudraient empiéter sur leurs voisins. La musique picturale ne vaut\npas mieux que la peinture littéraire.\nLes ressources qui s'offrent au compositeur voulant procéder par imitation di-\nrecte (et non par association d'idées) pour décrire les objets sont très peu de chose.\nJe dois cependant les indiquer ici avec précision.\na) Le compositeur peut faire d'abord de simples citations : ainsi Berlioz in-\ntercale un coup de tonnerre dans sa Symphonie fantastique. M. Puccini, au début\ndu dernier acte de la Tosca, fait entendre successivement une multitude de\ncarillons ; Beethoven lui-même (et on le lui a reproché) introduit le chant du\ncoucou dans la Pastorale;\nb) De la couleur, il ne peut imiter que Xintensité. Dans la première leçon de ce\ncours, je me suis efforcé de montrer que le compositeur ne pouvait reproduire\nque le dynamisme des sentiments ; pour la couleur, il en est absolument de même.\nAinsi, avec des violons en sourdine, on imitera la couleur grise ; avec des trom-\npettes, l éclat du soleil. Tout ce qu'on peut accorder, c'est qu'il y a une\nanalogie entre les timbres d'instruments qui composent les divers groupes de\n1 orchestre et les nuances des couleurs. La couleur verte comprend le vert tendre,\nle vert Véronèse, le vert émeraude, le vert-noir... ;de même, du violon àla contre*\nbasse, il y a 1 alto et le violoncelle. En regard du bleu (bleu cobalt, outremer,\nbleu de Prusse...), on peut placer le hautbois, le cor anglais, le basson. Entre\nles divers jaunes (jaune de Naples, ocre, terre d'ltalie...), il y a une différence"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 758, "texte": "analogue à celle qui sépare la petite flûte, la flûte, la clarinette. Mais tout,\nici, se ramène encore à une question d'intensité.\nc) En ce qui concerne les objets en mouvement, le compositeur peut reproduire\nle rythme de ce mouvement, sa durée, sa direction, sa légèreté ou sa lourdeur.\nAu delà de ces ressources, je ne vois rien de sérieux.\nPour terminer, je donnerai la classification suivante des Beaux-Arts, que\nWestphal a reconstituée d'après une indication conservée par hasard clans une\nscholie de la grammaire de Denys le Thrace. Elle est due à undisciple d Aristote\ntrès peu connu, Lucius de Tarrha (cf. Fabricius, Bibl. gr., IV, 265), mais elle n a\nrien perdu de sa valeur et de son admirable netteté (1).\n\nJULES COMBARIEU."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.11", "debut_caractere": 1507, "fin_caractere_exclue": 2133, "texte": "(\\) Une seule réserve à faire. Nous disons avec raison qu'il y a des sons hauts, moyens, bas, ce\nqui implique des éléments musicaux empruntés au concept de l'espace. Cette manière de parler\nest légitime, car, instinctivement, nous ramenons toute mélodie entendue au type de la musique,\nla voix humaine. Or, la voix a 3 registres : le registre de poitrine, le registre palatal, le registre\nde tête. C'est la position de ces parties du corps qui détermine ce que nous appelons la hauteur\ndu son. Il en résulte que dans une composition à plusieurs parties, le musicien peut donner une\nidée de la position relative de deux objets."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c010", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "359", "page_fin": "359", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.3.1.2", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.11", "debut_caractere": 2135, "fin_caractere_exclue": 2506, "texte": "ARTS PLASTIQUES\nArts du repos et de l'espace.\nARTS MUSICAUX\nArts du mouvement et de la durée.\ns\np\nb\n(x>\n10\np\nO\nA : arts subjectifs.\nArchitecture. | Musique.\nB : arts subjectifs-objectifs.\nPeinture. 1 Poésie.\ns\np\nN:\n;s\no.\nn\n£\nC : arts objectifs.\nSculpture. 1 Danse.\nLoi formelle générale : Répétition.\nLoi des arts de l'espace : Symétrie. 1 Loi des arts musicaux : Rythme."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c011", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "359", "page_fin": "361", "image_debut": 11, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.4", "titre_corps": "La musique et la magie", "titre_sommaire": "La musique et la magie", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.11", "debut_caractere": 760, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "La musique et la magie\n\n[Suite).\nFolklore, mythes, légendes orientales. Il peut paraître singulier qu'en général\nles peuples n'aient pas, sur les fondateurs de leur musique vocale, des récits\ntraditionnels et merveilleux comme ils en ont sur les inventeurs de leurs instru-\nments de musique. La raison s'en explique cependant : comme le langage, le\nchant est naturel chez l'homme ; et, par suite, on n'a aucun motif de rechercher\nsi le chant est d'invention divine. (Il y a une exception à faire, comme nous le\nmontrerons, pour les Egyptiens.) 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L'épouse de Brahma,\nSaraswati, peut être regardée comme la Minerve des Hindous : c'est la déesse\nde la musique et de l'éloquence ; c'est à elle qu'on attribue l'invention d'un\narrangement systématique des sons suivant une échelle musicale ; on la repré-\nsente assise sur un paon et jouant d'un instrument à cordes du genre de la\nguitare. Brahma lui-même est peint comme un homme robuste qui a quatre\ntêtes très belles et qui, de ses mains, frappe une petite caisse. Vishnu, incarné\nen Krishna, est représenté comme un très beau jeune homme qui joue de la\nflûte ; les Hindous ont encore aujourd'hui une flûte d'espèce particulière qu'ils\nregardent comme l'instrument préféré de Krishna. En outre, une de leurs divi-\nnités, Genesa, le dieu de la sagesse, tient entre ses mains une tamboura, sorte\nde luth au col allongé.\nEn Chine, nous trouvons une tradition suivant laquelle la gamme est due à un\noiseau merveilleux nommé Foung-hoang, lequel semble avoir été une sorte de\nphénix. Pour l'invention des instruments de musique, les Chinois possèdent\ndiverses traditions : l'une d'elles nous dit que l'origine de certains instruments,\nparmi les plus usuels, remonte à l'époque oû la Chine était gouvernée par des\nesprits célestes, nommés les Ki ; une autre attribue l'invention de plusieurs\ninstruments à cordes au grand Fohi, nommé « le Fils du Ciel », qui fut, à ce que\nl'on dit, le fondateur de 1 empire chinois, et dont on place l'existence environ\n3.000 ans avant Jésus-Christ, c'est-à-dire longtemps après la domination des\nKi, ou Esprits. Une autre tradition prétend que les principaux instruments de\nmusique chinois et que l'arrangement raisonné des sons viennent d'une femme\nsurnaturelle, vierge et mère, Ninva, qui vivait au temps de Fohi. Lorsque le\ngrand philosophe chinois Confucius entendait une musique sublime, il entrait\ndans une extase telle que, pendant trois mois, il pouvait se passer de nourri-\nture ; la musique qui avait un pouvoir aussi merveilleux était celle de Konei,\nOrphée chinois, qui, jouant du King, espèce d'harmonica fait avec d s plaques\nde pierre sonore, attirait autour de lui les bêtes sauvages, et les rendait\nesclaves de sa volonté. —Je ne reviens pas sur les Japonais, dont nous avons\nparlé.\nLes Kalmuks voisins de la mer Caspienne adorent une divinité bienfaisante,\nappelée Maidari, et représentée comme un homme à l'aspectplutôt jovial, avec\nune moustache et une impériale, jouant d'un instrument à trois cordes qui res-\nsemble quelque peu à la balalaïka russe.\nPresque toutes ces vieilles traditions se retrouvent chez les nations euro-\npéennes, quoique plus ou moins modifiées.\nOdin, le principal dieu des anciens Scandinaves, était 1 inventeur des chants\nmagiques et de l'écriture runique.\nDans la mythologie finnoise, le divin Vaïnamoïnen passe poui avoir construit\nla harpe à cinq cordes appelée kantele, vieil instrument national des Finnois. Il\nen fabriqua la charpente avec les arêtes du brochet ; et les dents du brochet"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "361", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "furent les chevilles qui servent à accorder l'instrument; les cordes furent faites\navec les crins de la queue d'un cheval fougueux. Lorsque sa harpe tomba dans\nla mer et fut perdue, il en fit une autre dont la charpente était en bois de bou-\nleau : les chevilles étaient tirées des branches du chêne; et les cordes étaient les\ncheveux soyeux d'une jeune fille Vaïnamoïnen prit alors sa harpe, s'assit sur une\nbutte près d'un ruisseau, et joua avec une telle puissance qu'il plongeait dans\nl'extase tous ceux qui venaient à portée de sa musique : hommes et animaux\nécoutaient, ravis ; les bêtes les plus sauvages des forêts n'avaient plus leur féro-\ncité ; les oiseaux des airs étaient attirés vers lui; les poissons montaient à la\nsurface de l'eau et demeuraient immobiles ; comme dit un de nos poèmes épiques\ndu xviie siècle,\nLes arbres prenaient part eux-mêmes à la fête ;\nNe le pouvant du pied, ils dansaient de la tête!\nle ruisseau retenait son cours et le vent son haleine ; l'écho moqueur lui-même\ns'approcha furtivement pour écouter avec la plus grande attention ces sons\ncélestes. Bientôt les femmes, les vieillards et les enfants se mirent aussi à san-\ngloter d'émotion voluptueuse : puis les filles, puis les jeunes hommes, tous.\nEnfin Vaïnamoïnen pleura lui aussi, et les grosses larmes qui coulant sur sa\nbarbe roulèrent dans l'eau, devinrent les belles perles qui sont au fond de la mer.\n(A suivre.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c012", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "359", "page_fin": "361", "image_debut": 11, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.4.1", "titre_corps": "[Suite).", "titre_sommaire": "[Suite).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.11", "debut_caractere": 784, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "[Suite).\nFolklore, mythes, légendes orientales. Il peut paraître singulier qu'en général\nles peuples n'aient pas, sur les fondateurs de leur musique vocale, des récits\ntraditionnels et merveilleux comme ils en ont sur les inventeurs de leurs instru-\nments de musique. La raison s'en explique cependant : comme le langage, le\nchant est naturel chez l'homme ; et, par suite, on n'a aucun motif de rechercher\nsi le chant est d'invention divine. (Il y a une exception à faire, comme nous le\nmontrerons, pour les Egyptiens.) La musique instrumentale est tout autre : on\nla regarde partout comme ayant une origine surnaturelle et un pouvoir magique.\nIl est inutile de rapporter ici les traditions mythologiques bien connues des"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "360", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.12", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3492, "texte": "anciens Grecs et Romains sur l'origine de leurs instruments les plus usuels.\nIl suffit de rappeler que Mercure et Apollon passent pour avoir inventé la lyre et\nla cithare, Minerve la flûte, Pan la syrinx... Quelques récits analogues des\nOrientaux sont plus dignes de notre attention, car jusqu'ici c'est à peine si on les\na signalés dans les livres sur la musique.\nDans la mythologie hindoue, le dieu Nareda est l'inventeur de la vina, l'ins-\ntrument de musique national le plus important de l'lnde. L'épouse de Brahma,\nSaraswati, peut être regardée comme la Minerve des Hindous : c'est la déesse\nde la musique et de l'éloquence ; c'est à elle qu'on attribue l'invention d'un\narrangement systématique des sons suivant une échelle musicale ; on la repré-\nsente assise sur un paon et jouant d'un instrument à cordes du genre de la\nguitare. Brahma lui-même est peint comme un homme robuste qui a quatre\ntêtes très belles et qui, de ses mains, frappe une petite caisse. Vishnu, incarné\nen Krishna, est représenté comme un très beau jeune homme qui joue de la\nflûte ; les Hindous ont encore aujourd'hui une flûte d'espèce particulière qu'ils\nregardent comme l'instrument préféré de Krishna. En outre, une de leurs divi-\nnités, Genesa, le dieu de la sagesse, tient entre ses mains une tamboura, sorte\nde luth au col allongé.\nEn Chine, nous trouvons une tradition suivant laquelle la gamme est due à un\noiseau merveilleux nommé Foung-hoang, lequel semble avoir été une sorte de\nphénix. Pour l'invention des instruments de musique, les Chinois possèdent\ndiverses traditions : l'une d'elles nous dit que l'origine de certains instruments,\nparmi les plus usuels, remonte à l'époque oû la Chine était gouvernée par des\nesprits célestes, nommés les Ki ; une autre attribue l'invention de plusieurs\ninstruments à cordes au grand Fohi, nommé « le Fils du Ciel », qui fut, à ce que\nl'on dit, le fondateur de 1 empire chinois, et dont on place l'existence environ\n3.000 ans avant Jésus-Christ, c'est-à-dire longtemps après la domination des\nKi, ou Esprits. Une autre tradition prétend que les principaux instruments de\nmusique chinois et que l'arrangement raisonné des sons viennent d'une femme\nsurnaturelle, vierge et mère, Ninva, qui vivait au temps de Fohi. Lorsque le\ngrand philosophe chinois Confucius entendait une musique sublime, il entrait\ndans une extase telle que, pendant trois mois, il pouvait se passer de nourri-\nture ; la musique qui avait un pouvoir aussi merveilleux était celle de Konei,\nOrphée chinois, qui, jouant du King, espèce d'harmonica fait avec d s plaques\nde pierre sonore, attirait autour de lui les bêtes sauvages, et les rendait\nesclaves de sa volonté. —Je ne reviens pas sur les Japonais, dont nous avons\nparlé.\nLes Kalmuks voisins de la mer Caspienne adorent une divinité bienfaisante,\nappelée Maidari, et représentée comme un homme à l'aspectplutôt jovial, avec\nune moustache et une impériale, jouant d'un instrument à trois cordes qui res-\nsemble quelque peu à la balalaïka russe.\nPresque toutes ces vieilles traditions se retrouvent chez les nations euro-\npéennes, quoique plus ou moins modifiées.\nOdin, le principal dieu des anciens Scandinaves, était 1 inventeur des chants\nmagiques et de l'écriture runique.\nDans la mythologie finnoise, le divin Vaïnamoïnen passe poui avoir construit\nla harpe à cinq cordes appelée kantele, vieil instrument national des Finnois. Il\nen fabriqua la charpente avec les arêtes du brochet ; et les dents du brochet"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "361", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "furent les chevilles qui servent à accorder l'instrument; les cordes furent faites\navec les crins de la queue d'un cheval fougueux. 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Le secret des Neumes;\nPaléographie du chant grégorien,\navec un grand nombre de fac-similés de\nmanuscrits du moyen âge. Fribourg en\nSuisse, librairie de l'Université (O.\nGschwend), grand in-8° de XVI et 356 p.,\n12 fr. 50.\n\nCet ouvrage,remarquable à la\nfois par sa forme, sa doctrine, l'abondance\ndes sources et des références, est le plus\ncomplet qui ait été écrit sur la question\ndepuis vingt ans.\nLe mot « neume » apparaît à nombre de personnes comme environné d'un\nsens mystérieux : il est comme l'expression de je ne sais quel arcane nébuleux\nde la musique.\nLe monsieur qui connaît les neumes est à certains égards le Persan du\nxvne siècle : « Ah ! Monsieur, vous lisez les neumes ! Comment peut-on être\nneumatisant ? »\nCependant, depuis les travaux gigantesques de dépouillement et de confronta-\ntion des manuscrits médiévaux accomplis par Dom Pothier et ses disciples, la\nclarté s'est faite ; des ouvrages de vulgarisation scientifique (tel celui de notre"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "362", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "directeur M. J. Combarieu (i), ont ouvert les yeux de beaucoup. On a trans-\ncrit ces neumes mystérieux, on les chante, on en répand la science de tous\ncôtés. Malgré cela, la question est encore fréquemment posée : « Qu'est-ce donc\nqu'un neume ? »\nCe terme est celui dont on se sert couramment depuis le ixe siècle ou le xe pour\ndésigner les signes de la notation usuelle de ce temps, connue sous le nom de\nnota ou nota romana.\nCette notation romaine, celle de l'antiphonaire grégorien, est une sorte de mé-\nmorandum, un dessin de la mélodie apprise à l'école de chant mélodie que les\nmaîtres enseignaient au moyen du monocorde.\nLa nota n'indique point le son lui-même, mais sa hauteur relative vis-à-vis des\nsons voisins ou de l'échelle tonale. L'accent aigu, l'accent grave, le point, sont\nles éléments de cette notation. Elle dit simplement : ici il faut monter, là il faut\ndescendre.\nLe fait même que la note aiguë s'indique par un accent aigu, et que très sou-\nvent l'une et l'autre correspondent à l'accent tonique, recule bien loin l'origine\nde cette notation, à une époque historique où l'accent latin, tout en ayant la force\nqu'on lui connaît, avait pris de l'accent grec la hauteur tonale, plus élevée que\ncelle des autres syllabes De fait, c'est ce qui se produit dans les compositions\ngréco-romaines des premiers siècles de notre ère, comme les odes de Mésomède ;\nle grammairien Censorin, au 111 e siècle, mentionne l'utilité musicale des accents,\net un anonyme en cite formellement l'emploi pour désigner les sons des tuyaux\nde l'orgue : habes organum ex diversis fistulis... aptatum quibusdam accentibus,\ngravi, acuto et circumflexo.\nOn a voulu voir dans les neumes les combinaisons de musique mesurée les\nplus folles et les plus extravagantes : l'un, parce que le rythme antique ne le\nsatisfait pas; un autre, parce que si les auteurs de ces chants avaient vécu de\nnotre temps, ils auraient autrement rythmé leurs mélodies ; un troisième, parce\nqu'il est fait mention dans les vieux auteurs, de chants métriques (sans s'aperce-\nvoir que ce terme n'a qu'un rapport apparent avec mesuré),\nLa doctrine traditionnelle qui fait dériver les neumes des accents (,aigu, grave,\ncirconflexe), vient d'être pleinement confirmée par les faits ; la découverte et la\npublication, par le Dr Wagner, du plus ancien écrit didactique sur les neumes,\ndans le manuscrit latin Palatin 235 de la Bibliothèque du Vatican [op. cit.,\n214 ss.)\nEt comme si cette confirmation de l'enseignement traditionnel amenait en\nmême temps la réfutation des doctrines opposées, il se trouve que ce traité a été\nécrit pour l'école de Saint-Gall, dont précisément la notation neumatique, avec\nses signes spéciaux, servait d'appui aux fantaisies les plus fausses, désormais\nprivées de l'obscurité qui était leur meilleur appui.\nOn me permettra de citer ici deux textes, d'une grande importance pour la\nrythmique musicale grégorienne, et qui, ce me semble, n'ont point encore été\nallégués, au moins avec les conclusions qu'ils imposent.\nLe premier de ces textes fait partie des Regesta du roi goth Théodoric, au début\ndu vie siècle; et c'est peut-être Cassiodore qui a tenu la plume : Naturalis autem\n\n(1) Essai sur l'archéologie musicale au XIXe siècle et le problème de Vorigine des neumes (Paris,\nA. Picard, 1897)."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "363", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3473, "texte": "rythmas animatce voci cognoscitur attributus : qui tune pulchre melos custodit, si\napte taceat, congruenter loquatur, et PER ACCENTUS VIAM MUSICIS PEDIBUS compo-\nsita voce gradiatur ; c'est-à-dire : « c'est à la voix animée, on le sait, que le\nrythme naturel est attribué ; il observe la mélodie dans sa pureté, s'il se tait\nà propos et parle quand il convient, et si, PAR L'ACCENT, la voix bien ordon-\nnée s'avance dans la voie des pieds musicaux. » (Edition de 1679, page 38 ;\nPatrologie latine, LXIX, C. 570.)\nLe second texte est une réflexion d'un étudiant anglais à Rome, au vne siècle,\nAldhelm, dans une de ses lettres à un ami d'Angleterre :il se plaint d'être obligé\nd'apprendre « centena scilicet metrorum généra pedestri régula discernere, et AD-\nMISTA CANTILENVE MODULAMINA recto syllabarum tramite lustrare. Cujus rei studiosis\nlectoribus tanto inextricabilior obscuritas prœtenditur, quanto rarior doctorum\nnumerositas reperitur : « discerner DANS LA PROSE des centaines d'espèces de mè-\ntres, et en trouver l'application, par le droit chemin des syllabes, DANS LES MÉLAN-\nGES des modulations du chant. La chose paraît aux étudiants studieux d'une\nobscurité aussi impénétrable, qu'est rare le nombre de ceux qui s'en sont rendus\nmaîtres. » (Epist. IV, Patr. Lat., LXXXIX.)\n\nAMÉDÉE GASTOUÉ.\n\nTH. DUREAU: Cours théorique et pratique dé instrumentation et dé orchestration,\nIer vol. (chez A. Leduc, 8 fr.).\nS.\nCe premier volume est consacré à l'étude\ndes instruments, que M. Dureau décrit en détail, avec autant de compétence que\nd'autorité. Nous sommes heureux de voir que l'auteur définit l'orchestre\nd 1 « Harmonie » comme la sous-commission du Congrès de Paris, à l'Exposi-\ntion de 1900 (composée de MM. Vincent d'lndy, Dureau, colonel Baudot,\nPares) : i° Instruments à souffle et anches doubles : petite flûte en , gran-\ndes flûtes en ut, hautbois en ut, cor anglais en fa (*), bassons en ut, saruso-\nphone contrebasse en mi ou fa (*) ;20 Instruments en bois à anches simples :\npetite clarinette en mi ou fa, grandes clarinettes en si ou ut, clarinette alto\nen mify ou fa, clarinette basse en si\\> ou ut ; 30 Instruments en cuivre à anches\nsimples (saxophones) : saxophone soprano en si {7 ou ut, saxophone alto en mi [7\nou Ja, saxophone ténor en si {7 ou ut, saxophone baryton en mi ou fa, saxo-\nphone basse en si ou ut ;40 Instruments en cuivre à embouchure et à sons\nclairs : trompettes en mi ou fa, cornets à pistons en si ou ut, cors en mi h, ou\nfa, trombone alto en mi ou fa (*), trombone ténor en ut, trombone basse en\nfa (*) ; 50 Instruments en cuivre à embouchure et à sons doux : petit bugle\n(soprano) en mi ou fa, bugles (contraltos) en si 9ou ut, altos (saxhorns) en mi\nou fa, barytons (saxhorns Ken si '9 ou ut, barytons (saxhorns) en si ou ut, basses en\nsi ou ut, contrebasse en mi y, ou fa, contrebasse en si ou ut, contrebasse à cor-\ndes ; 6° Instruments à percussion : timbales (une paire), triangles et accessoires.\nQuand les instruments dits « transpositeurs » seront-ils ramenés, dans la pra-\ntique, aux seuls tons d ut et de fa ? Les compositeurs qui désirent la vulgarisa-\ntion de leurs œuvres auraient le plus grand intérêt à insister pour que l'écriture\nde la partition d 1 harmonie soit la même que celle de la partition d'orchestre sym-\nphonique. —L'excellent ouvrage de M. Dureau n'intéresse pas seulement tous\nles chefs, mais les jeunes musiciens, et tous ceux qui veulent se rendre compte.\n(*) Facultatif."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3177, "texte": "JOHANNES WOLF: Histoire de la notation mesurée, de 1250 à 1460, 2e partie,\ncontenant les textes musicaux du XIIIe au XVe siècle (I vol. in-8°, 150 p. de musique,\nLeipzig, Breitkopf).\nA. L.\nCette publication, qui complète brillamment les\ntravaux de M. Wolf, offre des matériaux de travail à tous ceux qui, pour étu-\ndier la notation mesurée, n'ont pas le loisir ou les moyens de se transporter dans\nles bibliothèques de l'Europe. L'ouvrage ne comprend pas moins de 78 pièces,\ndont 29 sont tirées des manuscrits de la Bibliothèque Nationale de Paris ;il y\nen a 17 de Guillaume de Machaut, et un assez grand nombre emprunté au Ro-\nman de Fauvel. Il faut en ajouter une, tirée de Montpellier (motet de Petrus de\nCruce) et 2de Chantilly (Guido, J. Cunelier). M. Wolf a transcrit 20 pièces de la\nLaurentienne de Florence ; 7 du Liceo de Bologne; 5 de Modène; 3 de Vienne,\n3 du British Muséum ;2 de Munich, 2de Padoue,2 de la Vaticane. Ce recueil est\nun excellent instrument de travail. Les notes critiques - sont très peu nom-\nbreuses.\n\nWALTER NIEMANN: Musique et musiciens du XIXe siècle, jusqu'au temps pré-\nsent, en 20 tableaux de couleur (Leipzig, chez Senff, in-4°).\nS.\nEn matière\nd'histoire musicale, les Allemands ont cultivé tous les genres. Avec les ouvrages\nd'ampleur considérable, illustrés ou non, ils ont des manuels, des catéchismes,\nenfin des « tableaux synoptiques » ; Czerny (en 1851), Bohme (1890), Par\n(1903) ont donné des spécimens de cette dernière sorte d'ouvrage qui n'est pas\nsans utilité. M. Niemann s'est ingénié, par une claire disposition du texte, par\nl'emploi judicieux des couleurs et des signes, à présenter un ensemble méthodi-\nque du xixe sièclemusical en Europe. Il prend comme point de départ les grandes\nécoles, sans négliger les influences étrangères, et s'efforce de n'oublier personne.\nL'importance de chaque nom est indiquée par la grosseur des lettres, et une date\n(ou deux) les accompagne. Les indications en flèche du côté gauche marquent\nl'influence d'un compositeur ou d'une école sur le musicien désigné immédiate-\nment à côté, ainsi que sur tous ceux dont les noms sont au-dessus ; les indications\nen flèche du côté droit, marquent les influences limitées à un seul compositeur\n(l'usage de ces signes est indiqué dans une courte préface écrite en allemand,\nfrançais, anglais, italien, hollandais). On peut ainsi avoir en très peu de temps\ndes idées d'ensemble, avec des notions précises (et des titres d'oeuvres) sur tous\nles pays. Mais ces dispositions résultent souvent de jugements contestables.\nPour la France, C. Franck n'est pas en plus gros caractères (pour le théâtre)\nque H. Reber et Maillart ; et la série de nos musiciens ayant subi l'influence de\nWagner commence ainsi : Th. Dubois, G. Bizet, Vict. de Jo'ncières, Bourgeault-\nDucoudray (sic), etc... Il y aurait beaucoup à dire sur la plupart de ces tableaux.\n\nL.-A BOURGAULT-DUCOUDRAY : Esquisses d'après nature (A saint Herbot,\nDanse rustique, Dans la lande, —En chasse Contemplation sidérale), recueil\npour piano (chez A. Leduc). —Nous nous bornons aujourd'hui à annoncer cette\ntrès belle publication, sur laquelle nous reviendrons prochainement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "361", "page_fin": "363", "image_debut": 13, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.5.1", "titre_corps": "Dr PETER WAGNER. 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Comment peut-on être\nneumatisant ? »\nCependant, depuis les travaux gigantesques de dépouillement et de confronta-\ntion des manuscrits médiévaux accomplis par Dom Pothier et ses disciples, la\nclarté s'est faite ; des ouvrages de vulgarisation scientifique (tel celui de notre"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "362", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "directeur M. J. Combarieu (i), ont ouvert les yeux de beaucoup. On a trans-\ncrit ces neumes mystérieux, on les chante, on en répand la science de tous\ncôtés. Malgré cela, la question est encore fréquemment posée : « Qu'est-ce donc\nqu'un neume ? »\nCe terme est celui dont on se sert couramment depuis le ixe siècle ou le xe pour\ndésigner les signes de la notation usuelle de ce temps, connue sous le nom de\nnota ou nota romana.\nCette notation romaine, celle de l'antiphonaire grégorien, est une sorte de mé-\nmorandum, un dessin de la mélodie apprise à l'école de chant mélodie que les\nmaîtres enseignaient au moyen du monocorde.\nLa nota n'indique point le son lui-même, mais sa hauteur relative vis-à-vis des\nsons voisins ou de l'échelle tonale. L'accent aigu, l'accent grave, le point, sont\nles éléments de cette notation. Elle dit simplement : ici il faut monter, là il faut\ndescendre.\nLe fait même que la note aiguë s'indique par un accent aigu, et que très sou-\nvent l'une et l'autre correspondent à l'accent tonique, recule bien loin l'origine\nde cette notation, à une époque historique où l'accent latin, tout en ayant la force\nqu'on lui connaît, avait pris de l'accent grec la hauteur tonale, plus élevée que\ncelle des autres syllabes De fait, c'est ce qui se produit dans les compositions\ngréco-romaines des premiers siècles de notre ère, comme les odes de Mésomède ;\nle grammairien Censorin, au 111 e siècle, mentionne l'utilité musicale des accents,\net un anonyme en cite formellement l'emploi pour désigner les sons des tuyaux\nde l'orgue : habes organum ex diversis fistulis... aptatum quibusdam accentibus,\ngravi, acuto et circumflexo.\nOn a voulu voir dans les neumes les combinaisons de musique mesurée les\nplus folles et les plus extravagantes : l'un, parce que le rythme antique ne le\nsatisfait pas; un autre, parce que si les auteurs de ces chants avaient vécu de\nnotre temps, ils auraient autrement rythmé leurs mélodies ; un troisième, parce\nqu'il est fait mention dans les vieux auteurs, de chants métriques (sans s'aperce-\nvoir que ce terme n'a qu'un rapport apparent avec mesuré),\nLa doctrine traditionnelle qui fait dériver les neumes des accents (,aigu, grave,\ncirconflexe), vient d'être pleinement confirmée par les faits ; la découverte et la\npublication, par le Dr Wagner, du plus ancien écrit didactique sur les neumes,\ndans le manuscrit latin Palatin 235 de la Bibliothèque du Vatican [op. cit.,\n214 ss.)\nEt comme si cette confirmation de l'enseignement traditionnel amenait en\nmême temps la réfutation des doctrines opposées, il se trouve que ce traité a été\nécrit pour l'école de Saint-Gall, dont précisément la notation neumatique, avec\nses signes spéciaux, servait d'appui aux fantaisies les plus fausses, désormais\nprivées de l'obscurité qui était leur meilleur appui.\nOn me permettra de citer ici deux textes, d'une grande importance pour la\nrythmique musicale grégorienne, et qui, ce me semble, n'ont point encore été\nallégués, au moins avec les conclusions qu'ils imposent.\nLe premier de ces textes fait partie des Regesta du roi goth Théodoric, au début\ndu vie siècle; et c'est peut-être Cassiodore qui a tenu la plume : Naturalis autem\n\n(1) Essai sur l'archéologie musicale au XIXe siècle et le problème de Vorigine des neumes (Paris,\nA. Picard, 1897)."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "363", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1326, "texte": "rythmas animatce voci cognoscitur attributus : qui tune pulchre melos custodit, si\napte taceat, congruenter loquatur, et PER ACCENTUS VIAM MUSICIS PEDIBUS compo-\nsita voce gradiatur ; c'est-à-dire : « c'est à la voix animée, on le sait, que le\nrythme naturel est attribué ; il observe la mélodie dans sa pureté, s'il se tait\nà propos et parle quand il convient, et si, PAR L'ACCENT, la voix bien ordon-\nnée s'avance dans la voie des pieds musicaux. » (Edition de 1679, page 38 ;\nPatrologie latine, LXIX, C. 570.)\nLe second texte est une réflexion d'un étudiant anglais à Rome, au vne siècle,\nAldhelm, dans une de ses lettres à un ami d'Angleterre :il se plaint d'être obligé\nd'apprendre « centena scilicet metrorum généra pedestri régula discernere, et AD-\nMISTA CANTILENVE MODULAMINA recto syllabarum tramite lustrare. Cujus rei studiosis\nlectoribus tanto inextricabilior obscuritas prœtenditur, quanto rarior doctorum\nnumerositas reperitur : « discerner DANS LA PROSE des centaines d'espèces de mè-\ntres, et en trouver l'application, par le droit chemin des syllabes, DANS LES MÉLAN-\nGES des modulations du chant. La chose paraît aux étudiants studieux d'une\nobscurité aussi impénétrable, qu'est rare le nombre de ceux qui s'en sont rendus\nmaîtres. » (Epist. IV, Patr. Lat., LXXXIX.)\n\nAMÉDÉE GASTOUÉ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c016", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "363", "page_fin": "363", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.5.2", "titre_corps": "TH. DUREAU: Cours théorique et pratique dé instrumentation et dé orchestration, Ier vol. (chez A. Leduc, 8 fr.).", "titre_sommaire": "TH. DUREAU: Cours théorique et pratique dé instrumentation et dé orchestration, Ier vol. (chez A. Leduc, 8 fr.).", "signature_source": "S", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "363", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.15", "debut_caractere": 1328, "fin_caractere_exclue": 3473, "texte": "TH. DUREAU: Cours théorique et pratique dé instrumentation et dé orchestration,\nIer vol. (chez A. Leduc, 8 fr.).\nS.\nCe premier volume est consacré à l'étude\ndes instruments, que M. Dureau décrit en détail, avec autant de compétence que\nd'autorité. Nous sommes heureux de voir que l'auteur définit l'orchestre\nd 1 « Harmonie » comme la sous-commission du Congrès de Paris, à l'Exposi-\ntion de 1900 (composée de MM. Vincent d'lndy, Dureau, colonel Baudot,\nPares) : i° Instruments à souffle et anches doubles : petite flûte en , gran-\ndes flûtes en ut, hautbois en ut, cor anglais en fa (*), bassons en ut, saruso-\nphone contrebasse en mi ou fa (*) ;20 Instruments en bois à anches simples :\npetite clarinette en mi ou fa, grandes clarinettes en si ou ut, clarinette alto\nen mify ou fa, clarinette basse en si\\> ou ut ; 30 Instruments en cuivre à anches\nsimples (saxophones) : saxophone soprano en si {7 ou ut, saxophone alto en mi [7\nou Ja, saxophone ténor en si {7 ou ut, saxophone baryton en mi ou fa, saxo-\nphone basse en si ou ut ;40 Instruments en cuivre à embouchure et à sons\nclairs : trompettes en mi ou fa, cornets à pistons en si ou ut, cors en mi h, ou\nfa, trombone alto en mi ou fa (*), trombone ténor en ut, trombone basse en\nfa (*) ; 50 Instruments en cuivre à embouchure et à sons doux : petit bugle\n(soprano) en mi ou fa, bugles (contraltos) en si 9ou ut, altos (saxhorns) en mi\nou fa, barytons (saxhorns Ken si '9 ou ut, barytons (saxhorns) en si ou ut, basses en\nsi ou ut, contrebasse en mi y, ou fa, contrebasse en si ou ut, contrebasse à cor-\ndes ; 6° Instruments à percussion : timbales (une paire), triangles et accessoires.\nQuand les instruments dits « transpositeurs » seront-ils ramenés, dans la pra-\ntique, aux seuls tons d ut et de fa ? Les compositeurs qui désirent la vulgarisa-\ntion de leurs œuvres auraient le plus grand intérêt à insister pour que l'écriture\nde la partition d 1 harmonie soit la même que celle de la partition d'orchestre sym-\nphonique. —L'excellent ouvrage de M. Dureau n'intéresse pas seulement tous\nles chefs, mais les jeunes musiciens, et tous ceux qui veulent se rendre compte.\n(*) Facultatif."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "364", "page_fin": "364", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.5.3", "titre_corps": "JOHANNES WOLF: Histoire de la notation mesurée, de 1250 à 1460, 2e partie, contenant les textes musicaux du XIIIe au XVe siècle (I vol. in-8°, 150 p. de musique, Leipzig, Breitkopf).", "titre_sommaire": "JOHANNES WOLF: Histoire de la notation mesurée, de 1250 à 1460, 2e partie, contenant les textes musicaux du XIIIe au XVe siècle (I vol. in-8°, 150 p. de musique, Leipzig, Breitkopf).", "signature_source": "A. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "JOHANNES WOLF: Histoire de la notation mesurée, de 1250 à 1460, 2e partie,\ncontenant les textes musicaux du XIIIe au XVe siècle (I vol. in-8°, 150 p. de musique,\nLeipzig, Breitkopf).\nA. L.\nCette publication, qui complète brillamment les\ntravaux de M. Wolf, offre des matériaux de travail à tous ceux qui, pour étu-\ndier la notation mesurée, n'ont pas le loisir ou les moyens de se transporter dans\nles bibliothèques de l'Europe. L'ouvrage ne comprend pas moins de 78 pièces,\ndont 29 sont tirées des manuscrits de la Bibliothèque Nationale de Paris ;il y\nen a 17 de Guillaume de Machaut, et un assez grand nombre emprunté au Ro-\nman de Fauvel. Il faut en ajouter une, tirée de Montpellier (motet de Petrus de\nCruce) et 2de Chantilly (Guido, J. Cunelier). M. Wolf a transcrit 20 pièces de la\nLaurentienne de Florence ; 7 du Liceo de Bologne; 5 de Modène; 3 de Vienne,\n3 du British Muséum ;2 de Munich, 2de Padoue,2 de la Vaticane. Ce recueil est\nun excellent instrument de travail. Les notes critiques - sont très peu nom-\nbreuses."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c018", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "364", "page_fin": "364", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.5.4", "titre_corps": "WALTER NIEMANN: Musique et musiciens du XIXe siècle, jusqu'au temps présent, en 20 tableaux de couleur (Leipzig, chez Senff, in-4°).", "titre_sommaire": "WALTER NIEMANN: Musique et musiciens du XIXe siècle, jusqu'au temps présent, en 20 tableaux de couleur (Leipzig, chez Senff, in-4°).", "signature_source": "S", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.16", "debut_caractere": 1055, "fin_caractere_exclue": 2887, "texte": "WALTER NIEMANN: Musique et musiciens du XIXe siècle, jusqu'au temps pré-\nsent, en 20 tableaux de couleur (Leipzig, chez Senff, in-4°).\nS.\nEn matière\nd'histoire musicale, les Allemands ont cultivé tous les genres. Avec les ouvrages\nd'ampleur considérable, illustrés ou non, ils ont des manuels, des catéchismes,\nenfin des « tableaux synoptiques » ; Czerny (en 1851), Bohme (1890), Par\n(1903) ont donné des spécimens de cette dernière sorte d'ouvrage qui n'est pas\nsans utilité. M. Niemann s'est ingénié, par une claire disposition du texte, par\nl'emploi judicieux des couleurs et des signes, à présenter un ensemble méthodi-\nque du xixe sièclemusical en Europe. Il prend comme point de départ les grandes\nécoles, sans négliger les influences étrangères, et s'efforce de n'oublier personne.\nL'importance de chaque nom est indiquée par la grosseur des lettres, et une date\n(ou deux) les accompagne. Les indications en flèche du côté gauche marquent\nl'influence d'un compositeur ou d'une école sur le musicien désigné immédiate-\nment à côté, ainsi que sur tous ceux dont les noms sont au-dessus ; les indications\nen flèche du côté droit, marquent les influences limitées à un seul compositeur\n(l'usage de ces signes est indiqué dans une courte préface écrite en allemand,\nfrançais, anglais, italien, hollandais). On peut ainsi avoir en très peu de temps\ndes idées d'ensemble, avec des notions précises (et des titres d'oeuvres) sur tous\nles pays. Mais ces dispositions résultent souvent de jugements contestables.\nPour la France, C. Franck n'est pas en plus gros caractères (pour le théâtre)\nque H. Reber et Maillart ; et la série de nos musiciens ayant subi l'influence de\nWagner commence ainsi : Th. Dubois, G. Bizet, Vict. de Jo'ncières, Bourgeault-\nDucoudray (sic), etc... Il y aurait beaucoup à dire sur la plupart de ces tableaux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c019", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "364", "page_fin": "364", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.5.5", "titre_corps": "L.-A BOURGAULT-DUCOUDRAY : Esquisses d'après nature (A saint Herbot,", "titre_sommaire": "L.-A BOURGAULT-DUCOUDRAY : Esquisses d'après nature (A saint Herbot,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.16", "debut_caractere": 2889, "fin_caractere_exclue": 3177, "texte": "L.-A BOURGAULT-DUCOUDRAY : Esquisses d'après nature (A saint Herbot,\nDanse rustique, Dans la lande, —En chasse Contemplation sidérale), recueil\npour piano (chez A. Leduc). —Nous nous bornons aujourd'hui à annoncer cette\ntrès belle publication, sur laquelle nous reviendrons prochainement."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c020", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "365", "page_fin": "367", "image_debut": 17, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.6", "titre_corps": "Les Caractères de la Danse.", "titre_sommaire": "Les Caractères de la Danse.", "signature_source": "ÉMILE DACIER", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "365", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.17", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2673, "texte": "Les Caractères de la Danse.\n\n[Fin.)\nChose curieuse, ce n'est pas à l'Opéra que nous les retrouvons,\nmais... àla Comédie-Française! Une nièce de MllO Duclos, âgée de neuf\nans et demi, « la petite Lolotte Cammasse », y a débuté le 14 avril « dans\nun pot-pourry de danses contrefaisant Caractères de la danse », et\ntout Paris s'est pris d'enthousiasme pour ce nouveau petit prodige.\n« Il y a dix ans, écrivent les nouvellistes le 20 avril, que le spectacle\nn'a été si brillant ni si remply qu'il le fut hier à la Comédie-Fran-\nçoise, quoy qu'on aye renvoyé quasy autant de monde faute de place.\nLa petite danseuse a beaucoup contribué à attirer cette foule, aussy\na-t-elle charmé tous les spectateurs. M\"es Sallé et Mariette y estoient,\nqui en ont été surprises et enchantées, et qui l'ont accablée de caresses\ndans le foyer, après la pièce ».\nLe divertissement qu'elle dansait à la fin de la petite comédie du Fat\npuni (1) comprenait surtout, nous apprend le , « un morceau\nde symphonie où tous les mouvemens et les divers caractères de la\ndanse sont exprimés : d'abord par un air de sarabande, de bourée et\nde menuet', ensuite de chaconne,de , de de ,\nde musette, et cela finit par un nouveau tambourin ».\nEt tout cela est charmant, sauf en un point : à savoir que ces Carac-\ntères de la danse ne sont plus ceux de Jean-Ferry Rebel, et que « la\nmusique du divertissement est l'œuvre de Grandval le père dont per-\nsonne n'ignore les grands talens ».\nGrandval le père renchérit encore l'année suivante, et quand la petite\nLolotte Cammasse vient de nouveau danser à la Comédie-Française, il\nJ /\ncompose pour elle le divertissement du Triple mariage (2), que le\nMercure du mois d'avril analyse tout au long. La page est à citer :\n« Son entrée commença par une marche simple et noble, laquelle\npourroit servir de modèle sur les mouvemens et la dignité avec laquelle\non doit marcher et ouvrir les bras au théâtre ', le second air est\nune espèce de sonattoet alegrod'un mouvement gai, où l'on voit l'en-\nthousiasme d'une danseuse qui forme des pas et des attitudes sur un\nair qui lui fait plaisir et qui l'anime ; - viennent deux ,\ndansés dans le caractère d'une jeune personne devant son maître, qui\nlui montre à lever les bras pour donner la main gracieusement 5-— suit\nune gavotte : c'est une idée de la simplicité et de l'enjouement des\ndanses les plus ordinaires des bals ; dans le cinquième air, l'ai-\n\n(1) Le Fat puni, comédie en un acte et en prose de Pont-de-Veyle, représentée\npour la première fois le 14 avril 1738.\n(2) C'était une reprise. La comédie de Néricault-Destouches avait été donnée pour\nla première fois le 7 juillet 1716."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "366", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.18", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3036, "texte": "mable enfant peint les grâces naïves d'une bergère qui danse au\nson de la musette de son berger ; dans la chacùnne à deux mouve-\nmens qui suit, elle imite le grand caractère de danse noble, gràcieux et\nimposant, et tel qu'on l'admire dans l'illustre Dupré à l'Opéra ;\nle septième air de violon est une tempête dans laquelle la danseuse\nexprime la-crainte et l'épouvante de l'orage et de la foudre qui\ngronde ; à quoi succède un espoir flatteur, et, par une transition et\nune gradation admirable, de la plus grande agitation elle passe dans\nun état tranquille ; dans le neuvième air, les violons imitent le\nchant des oiseaux qui, écartés par la tempête, reviennent en célébrer\nla fin ; les pas, les divers mouvemens et les yeux expriment très bien\nle plaisir que lui fait leur ramage, et, transportée par l'aproche des\noiseaux, elle court à pas précipités à diverses reprises pour en attraper ;\nelle est interrompue par un air de vielle, puis par un autre de bas-\nsons, et termine par deux tambourins d'un mouvement très gai et très\nvif dont les pas sont de la composition de l'aimable danseuse.\n«Elle a dansé cette suite d'airs, composée de 244 mesures, tout d'une\nhaleine et partout avec la même fermeté, les mêmes grâces, la même\npropreté et le même degré de justesse i> (1).\nEt voilà ce qu'était devenu, en 1739, le divertissement-pantomime\ncréé vers 1720 sur la musique de Rebel le père : une sorte de pot-pourri\nconfus, dont les éléments disparates ont été empruntés de-ci de-là et\ntant bien que mal soudés les uns aux autres. Tel air rappelle le diver-\ntissement primitif imaginé par Mlle Prévost ; tel autre, tout de virtuo-\nsité, éveille le souvenir du temps où M\"e Camargo le dansait ; un autre\nenfin, celui de la tempête, fait songer à certain passage de la Terpsi-\nchore de Htendel, où MUe Sallé avait à représenter la rapidité des vents.\nEn vérité, c'est bien là la meilleure synthèse de toute cette histoire, et\nM\"e Lolotte Cammasse ne s'en est pas doutée !\nIl faut regretter seulement que la musique de Grandval soit per-\ndue (2), car elle devait sans doute pareillement... synthétiser c'est\nun euphémisme les compositions antérieures, et il eût été curieux\nde l'examiner à ce titre.\nCe qu'il y a de certain, c'est que la composition nouvelle acheva de\nfaire oublier l'ancienne. De temps à autre, pour des spectacles coupés,\n\n(1) Il faut remarquer qu'il y eut deux compositions de Grandval bien distinctes :\nMUe Lolotte Gammasse, en effet, créa celle qui est analysée ici, à la fin du Triple\nmariage (7 avril 1739), et quelques jours après, le 29 avril, elle dansa dans le divertis-\nsement des Vendanges de Suresnes « les mêmes Caractères de la danse de l'année\ndernière [1738] » (Mercure d'avril 1739).\n(2) Le très curieux recueil de musique gravée conservé à la Comédie-Française\nne contient, comme son titre l'indique, que les airs des vaudevilles (Recueil complet\nde vaudevilles et airs choisis qui ont été chantés à la Comédie-Françoise depuis L'an-\nnée i6sg jusqu'à Cannée présente iys3)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.19", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 523, "texte": "Rebel fils empruntera bien quelques airs à la « fantaisie » de son\npère (1), et Mlle Camargo, rentrée en 1740, après être restée cinq ans\néloignée du théâtre, aura la curiosité de reprendre, le 3 mai 1746, son\nsuccès d'antan ; mais ce seront là des cas tout isolés, et désormais,\nquand une danseuse débutera, comme Mlle Lany cadette àla Foire\nSaint-Laurent de 1748, on prendra soin de nous dire qu'elle danse\n« les NOUVEAUX Caractères de la danse » (2).\nEt ceci marque la fin de cette étude (3).\n\nÉMILE DACIER"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.19", "debut_caractere": 1523, "fin_caractere_exclue": 3050, "texte": "(1) Par exemple, le menuet, qui est dansé àla Cour, le 22 juin 1740 (Mercure,\njuillet 1740).\n(2) On ne le dit pas toujours. Par exemple, à propos de Mlle Puvigné, qui a débuté\nen 1743 à Page de 7 ans, le Mercure de juillet 1744 dit que la danseuse a exécuté\n« quelques jours auparavant sur le même théâtre les Caractères de la danse avec\ntoute la précision et la vivacité possibles et fort au-dessus de son âge ». Mais\nMlle Puvigné dansait, à la Foire Saint-Laurent, sur le même théâtre de POpéra-Co-\nmique que Mlle Lany : il est donc à présumer qu'il s'agit ici de l'œuvre de Grandval.\nMlle Mimi Dallemand danse les Caractères à l'Opéra, les 9 et 14 mars 1789, sans\nqu'on nous dise de quelle œuvre il s'agit. Aucune indication non plus pour\nMlle Cochois, qui les danse le 3i octobre 1741 (Mercure de novembre), quelques mois\naprès ses débuts à l'Opéra.\n(3) Indiquons, en terminant, les sources principales de ce travail.\nPour les documents imprimés, on a vu qu'il avait été souvent fait usage du Mer-\ncure de France, et les dates des citations ont été données dans le texte ; pour le\nséjour de Mlle Sallé en Angleterre, il faut citer les journaux du temps, notamment\nle Daily Advertiser, dont le British Muséum possède une collection malheureuse-\nment incomplète, et où l'on trouve sommairement indiquées les annonces de spec-\ntacles.\nLes quelques documents manuscrits utilisés ont été empruntés à des Nouvelles à la\nmain inédites, et en particulier à celles que garde la bibliothèque Lepelletier de\nSaint-Fargeau (Ms. 26700)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "367", "page_fin": "372", "image_debut": 19, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7", "titre_corps": "Actes officiels et informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.19", "debut_caractere": 525, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "Actes officiels et informations.\n\nPrix de Rome.— C'est lundi, 19 juin dernier, àlO heures du matin, en pré-\nsence de M. Dumonthier, sous-chef du bureau des théâtres, représentant l'ad-\nministration des Beaux-Arts, que s'est effectuée la sortie de loge, au palais de\nCompiègne, des candidats au concours définitif pour le grand prix de compo-\nsition musicale. Le tirage au sort pour l'exécution des cantates aeu lieu le 22\njuin dernier au sous-secrétariat des Beaux-Arts. Le jugement préparatoire a\nété rendu au Conservatoire le vendredi 3o du même mois, à midi. C'est enfin le\nier juillet courant à midi que sera prononcé à l'lnstitut le jugement définitif.\nRappelons que les six concurrents qui se disputent le grand prix sont par ordre\nde classement aux épreuves du concours d essai : MM. Dumas, Rousseau,\nGaubert, Motte-Lacroix, Gallois et Estyle.\n\nConservatoire. Ainsi que nous Pavons annoncé dans notre dernier nu-\nméro, M. Gabriel Fauré, inspecteur de l'Enseignement musical, professeur cle"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "368", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3132, "texte": "composition musicale au Conservatoire national de musique et de déclamation,\nest nommé, pour 5 années consécutives, directeur de cet établissement, en rem-\nplacement de M. Th. Dubois, admis à la retraite.\nCe décret aura son effet à dater du ieP octobre prochain,\nM. Théodore Dubois, directeur du Conservatoire national de musique et de\ndéclamation, admis sur sa demande à faire valoir ses droits à la retraite, est\nnommé directeur honoraire à dater du ier octobre prochain.\nCONSEIL SUPÉRIEUR D'ENSEIGNEMENT. Suivant les prescriptions du décret du\n5 mai 1896, le Conseil supérieur d'enseignement du Conservatoire national de\nmusique et de déclamation (section des études musicales), dans sa séance du\n14 juin dernier, a formé, en vue de la nomination d'un professeur de la classe\nde clarinette, en remplacement de M. Turban, décédé, la liste suivante de candi-\ndats qui a été présentée au choix de M. le Ministre :\nEn ire ligne M. Mimart\nEn 2e ligne M. Lefebvre.\nLe Conseil, à l'unanimité, a décidé qu'il n'y avait pas lieu d'accueillir les\ndemandes présentées par Mme Ritter Ciampi et par M. Sujol en vue d'obtenir la\ncréation de classes préparatoires de chant au Conservatoire national.\nLes vœux suivants ont été ensuite adoptés :\n10 Les concours d'admission aux classes de violon comporteront à l'avenir deux\népreuves, la première éliminatoire, la seconde définitive. Il sera procédé pour\nces concours dans les formes adoptées pour les concours d'admission aux classes\nde piano ;\n20 Ala suite de chacun des concours d'admission, le jury pourra être invité\nà émettre un vote spécial pour décider s'il y a lieu de désigner un certain nom-\nbre d'aspirants qui, par ordre de mérite, seraient appelés à remplacer, dans leurs\nclasses, les élèves admis qui viendraient à démissionner avant le 31 décembre.\nCette désignation, quand elle n'aura pas été suivie de l'entrée effective,\ncomme élève, de l'aspirant qui en aura été l'objet, ne créera à ce dernier aucun\ntitre pour les concours d'admission des années suivantes.\nAprès la séance, les membres de la section des études musicales, remerciant\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts des bienveillantes dispositions dont\nil est animé à leur égard, ont émis le vœu que l'attention des pouvoirs publics\nfût attirée sur l'impossibilité d'assurer l'avancement normal du personnel en-\nseignant en raison, d'une part, de l'insuffisance des crédits budgétaires, et,\nd'autre part, de la suppression, par suite des dispositions inscrites à l'art. 18 de\nla loi de finances de 1904, des limites d'âge qui permettaient les mises à la\nretraite des professeurs.\nSont admis à prendre part aux concours publics qui auront lieu à l'Opéra-\nComique, à partir du 17 juillet, les élèves dont les noms suivent :\nPour le chant :\nClasse de M. Warot : MM. Corpait, Engels, Ziégler, Gilles, Mlles Lassalle,\nMirai, Lamare. Classe de M. Duvernoy : MM. Balclous, Meurisse, Mlles Al-\nlard, Bailac. Classe de M. Masson :MM Pérol, Lucazeau, Mlles Gozate-\ngui, Mancini, Alice Comès, Lapeyrette. Classe de M. Dubulle: MM. Geor-\nges Petit, Sarraillé, Cazaux, Nansen, Mlles Mathieu, Delimoges. Classe de"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "369", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3493, "texte": "M. de Martini : MM. Eymond, Payan, Carbelly, Mlles Chenal, Delalozière, Ker-\njean. Classe de Mme Rose Caron : MM. Dupouy, Francell, Mlles Jane Bloch,\nVieu, Madesky. Classe de M. Manoury ;M. Donnier, Mlle Dupré. —Classe\nde M. Lassalle : xMM. Torrent, Clamer, Vœurs, Mlles Ennerie, Tasso, Faye.\nPour l'opéra comique :\nClasse de M. Isnardon : MM Lucazeau, Payan, Georges Petit, Francell ;\nMllesLamare, Delimoges. Jane Bloch, Mirai. —Classe de M. Bertin :MM. Donnier,\nSaraillé, Nansen, Cazeaux, Mlles Lassalle, Ennerie, Tasso, Mathieu, Alice Comès.\nPour l'opéra :\nClasse de M. Melchissédec : MM. Corpait, Meurisse. Lucazeau, Carbelli,\nMlles Mancini, Chenal, Delalozière. Classe de M. Lhérie : MM. Dupouy,\nZiégler, Pérol, Georges Petit, Mlles Lamare, Lapeyrette, Bailac.\nM. Pedro Traversari, sous-directeur du Conservatoire national de Quito,\na été officiellement chargé par le gouvernement de la République de l'Equa-\nteur, d'étudier l'organisation du Conservatoire de musique de Paris.\nToutes facilités seront accordées par le Ministère des Beaux-Arts à M. Tra-\nversari pour l'accomplissement de sa mission.\n\nEXAMENS TRIMESTRIELS. Le 24 juin, ont eu lieu les examens trimestriels, de-\nvant les parents des élèves et un jury de professeurs présidé par le Directeur\n(y prennent part les élèves ayant obtenu un prix ou un accessit les années pré-\ncédentes). L'épreuve ne donne lieu ni à des notes ni à un classement ; aux classes\nd'instruments, on forme avant tout des solistes, et 1 objectif des études est le\nprix de fin d'année, qui est le couronnement de la virtuosité individuelle. Le pro-\ngramme est intéressant, parce qu'il indique des tendances générales. Il com-\nprenait les pièces suivantes : allegro et trio en mi du trio de Mozart, avec\nMlles Beuzon et Landry (piano), Bernardi et Sauvaistre (violon), M. Vergnet\n(violoncelle) ; un fragment de la Sonate en la de Hœndel, avec MM. Etlin et\nSpathy ; l'intermezzo du quatuor en sol mineur de Brahms, avec Mlle Lefebvre,\nMxM. de Francmesnil, Etchecopar, Olivier , adagio et gigue d'une Sonate de\nCorelli, avec Mlles Lapié et Augiéras ;le largo et allegro du quintette en mi b de\nBeethoven, avec Mlle Morillon, MM. Victor, Moulin, Blot, Charpin (hautbois,\nclarinette, cor et basson) ; le finale de la deuxième Sonate de Schumann, avec\nM. Dorival et Mlle Baudot (violon) ; l'allégro, transcrit pour alto, de la Sonate\nen mi de J.-S. Bach, avec Mlle Coudart ; l'allégro, le largo et le finale du trio en\nré de Beethoven, avec Mlles Leson et Vizentini, M. Dupré, —Mlles Pierre et Dau-\nmain, M. Cantrelle,— MM. Pelet, Ruigeisen, Séan; l'allégro du quintette à\ncordes de Mozart, avec MM. Bittar, Maçon, Jurgenson, Doucet... ,le quintette de\nSchumann, avec (successivement) MM. Boscoff et Dumesnil, Mlles Aussenac et\nArnaud pour le piano ; Mlles Billard, Spathy, Augiéras, Daumain, Morlange,\nCantrelle, Sauvaistre, M. Matignon, pour le violon ; Mlle Lefebvre, MM. Rous-\nseau, Lefranc, Jurgenson pour l'alto ; MM. Pelet, Rosoor, Séau, Vergnet pour\nle violoncelle ; 1 allegro du quintette avec hautbois de Th. Dubois, avec Mlle Ch.\nLamy ( ier prix de piano), MM. Bastide, Maçon, Ringeisen et Rouzené ;la Sonate\nen la mineur de Schumann, avec, successivement, Mlles Willemin. de Laulerie et\nVendeur (piano), Mlles Julien et Lapié, M. Bastide (violon) ; l'allégro du trio en\nla mineur de Lalo, avec Mlle Kastler pour le piano, M. Bittar, M. Séan ; bandante\nde la Sonate pour alto de Rubinstein, avec M. Lefranc et Mlle Weil (piano); l'in-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "370", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3265, "texte": "troduction et l'allégro de la 2e Sonate en sol de Grieg. avec Mlle Weiss (ier prix\nde piano) et M Saury (violon) ; le nocturne et le finale de la Sonate en ré de\nMendelssohn, avec, successivement, Mlles Lefebvre et Léon pour le piano,\nMM. Doucet et Rosoor pour le violoncelle ; le menuet et le thème varié de la\nSonate en i;é de Beethoven, avec Mlles Julien et Billard (piano) ; Mlle Coudart et\nM. Rousseau (alto) ;le largo à 2 violons de J-S. Bach, avec Mlle Vendeur (piano),\nMUe Morhange et M. Matignon; l'allégro du 2e trio de Saint-Saëns, avec Mlle Ant.\nLamy, MM. Saury et Doucet.\n\nOpéra et Opéra-Comique. Nous renvoyons à notre prochain numéro, faute\nde place, le tableau des recettes effectuées du 20 mai au 19 juin. A l'Opéra, les\ndeux recettes les plus élevées ont été celles de Faust (22,172 fr. 41), et Armide\n(22,068 fr. 41) ; à l Opêra-Comique, celles de Chérubin et du Roi d'Ys ont dé-\npassé 9,000 fr.\n\nMetzys. Chez M. L. Mors, en son théâtre privé, le 15 juin, nous avons eu\nl'agréable surprise d'entendre Metzys, comédie lyrique en trois actes de MM. C.\nGirard pour la musique et R. Meyer pour les paroles. Cette œuvre fort intéres-\nsante expose les débuts de Metzys, qui, de forgeron, se fait peintre par amour et\ndevient bientôt l'égal de Memling.\nSujet délicat et charmant, évoquant les inoubliables souvenirs d'Anvers et de\nBruges, et auquel une mise en scène extrêmement soignée donnait un cadre\ntrès approprié, dans un théâtre qui est lui-même une exquise œuvre d'art. Un\npublic select en a fort goûté le mouvement, la grâce pittoresque et la valeur mé-\nlodique. Parmi les 43 interprètes plusieurs venaient de l'Opéra-Comique et de\nl'Opéra ; les chœurs se composaient, avec un certain nombre d'amateurs, d'élèves\nde M. Manoury et du Conservatoire. Il faut citer particulièrement Mlle Margue-\nrite Louvet (Edwige), iMme Rozel d'Arzac (l'apprenti Otto ,M. Georges Laver\n(Metzys), qui est un ténor des plus agréables, M. Servant (van Tuylt), M. G.\nPetit (Memling).\nLa critique la plus exigeante n'eût pas relevé le moindre accroc dans cette\nreprésentation élégante et brillante. M. Mors sert magnifiquement la cause de\nl'art en montant lui-même avec le plus grand soin l'œuvre d'un compositeur de\ntalent à qui les circonstances n'ont pas permis d'être joué sur une scène offi-\ncielle !\n\nFête des écoles. Le dimanche 18 juin, au Pré Catelan ( Théâtre de Verdurey\nla Fête des Ecoles, de Paris, donnée par la municipalité, a été fort réussie. Nous\navons eu, une fois de plus, l'occasion d'y entendre les excellents chœurs d'en-\nfants organisés et dirigés parM. Chapuis, inspecteur.\n\nÉcole Niedermeyer. Pour célébrer le quarantenaire de l'Administration et\nde l'enseignement de son Directeur, M Lefebvre, l'Ecole Niedermeyer vient de\ndonner une fête brillante à laquelle ont pris part les anciens élèves de la maison\nqui (à commencer par M. Fauré) sont aujourd'hui des compositeurs renommés.\n\nM. Guilmant. —Le 22 juin, M. A. Guilmant a donné chez lui, à Meudon (sur\ninvitations personnelles), une très belle séance d'orgue, avec le concours de\nMme Maurice Gallet et de M. Daniel Hermann.\n\nBoulogne-sur-Mer. La Commission municipale des Fêtes organise cette\nannée, pour remplacer son festival permanent, des concerts pour 1 exécution des-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3192, "texte": "quels elle fait appel aux musiques et harmonies de division supérieure et d'ex-\ncellence.\nUne allocation très importante (500 fr., croyons nous) sera accordée pour\nchaque concert. Nous avisons les sociétés intéressées que leurs offres doivent\nêtre adressées, le plus rapidement possible, à M. le Président de la Commission\nmunicipale des Fêtes, mairie de Boulogne-sur-Mer. Elles devront faire connaître\nle nombre des exécutants, la date possible du concert et la composition du pro-\ngramme.\n\n« L'Art pour tous». L'Administration des Beaux-Arts a tenu aussi à en-\ncourager les concerts populaires de « 1 Art pour tous » en allouant à cette asso-\nciation une subvention de 1800 francs. Ces concerts, dirigés par M. Louis Lumet,\nont été inaugurés au mois de janvier de l'année dernière par M. Chaumié. Po-\npulaires par le prix des places, qui va de o fr. 50 à 2 francs, et par les entrées\ngratuites accordées aux élèves des écoles, ils permettent de faire entendre de\nbelles œuvres musicales, classiques et modernes. Depuis 1904 ils ont pris une\nextension considérable et se transporteront pendant cet été dans la banlieue pa-\nrisienne, dont la population est privée de toute récréation artistique.\n\nSociété Sainte-Cécile de Bordeaux. Cette société se maintient à un niveau\nartistique très élevé Les programmes, toujours plus variés et intéressants,\ntémoignent d'un effort soutenu et couronné de succès , grâce surtout à\n1 habile et énergique direction de M. Pennequin.Depuis 1903, cette société a pu\ns'adjoindre une section chorale qui lui permet de donner un plus vaste déve-\nloppement à ses programmes, en y introduisant les œuvres importantes qui né-\ncessitent le concours des voix. Heureux de témoigner 1 intérêt qu'il porte à cette\nassociation, M. le ministre des Beaux Arts vient de lui accorder une subvention\nde 3.000 francs\n\nŒuvre de la Chanson française. Cette œuvre, présidée par M. Chebroux,\nréunit aujourd'hui 250 adhérents, et compte parmi ses présidents d'honneur\nMM Roujon, secrétaire perpétuel de l'académie des Beaux-Arts, et Maurice\nBoukay. Elle a pour but d'apprendre aux jeunes ouvrières des chansons\naimables et jolies au lieu des productions déplorables des cafés-concerts. Dé-\nsireuse d'encourager cette initiative, l'administration des Beaux-Arts vient d ac-\ncorder une allocation de 300 francs à cette œuvre, que subventionne également\nla Ville de Paris.\n\nPerpignan.— Par arrêté préfectoral en date du 15 juin dernier, Mlle Elisa\nBorallo est nommée professeur de chant et de déclamation à la succursale du\nConservatoire national, en remplacement de M. Fraixe, décédé.\n\nConcerts de Lille. Par arrêté en date du 17 juin, M. le ministre des Beaux-\nArts a accordé une subvention de 2.500 francs à la Société des concerts popu-\nlaires dirigée par M. Ratez.\nL'emploi de professeur du cours supérieur de piano (élèves-femmes),\nà la succursale du Conservatoire national, est actuellement vacant. Pour tous\nrenseignements, les candidats doivent s'adresser à la municipalité de Lille ou à\nla préfecture du Nord.\n\nAu Covent Garden Royal Opéra, la reprise d^Aïda mérite d'être\nclassée parmi les soirées les plus réussies de la « season » actuelle La troupe\n\nLondres."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "d'élite chargée d'interpréter l'œuvre de Verdi comprenait : Mmes Destinn, Kirkby-\nLunn, MM. Garuso, Scotti, Journet. Le troisième acte a été rendu d'une façon\nadmirable ; M. Mancinelli a dirigé l'orchestre avec son brio habituel et contri-\nbué pour une large part au succès général. Le Terry's Theatre a été choisi par\nMme Rejanepour y faire applaudir un répertoire choisi avec le plus grand soin\net qui comprend, entre autres pièces : Mme Sans-Gêne, la Petite Marquise, et la\nrécente pièce à sensation du Gymnase : F Age d'aimer. La grande comédienne est\nacclamée tous les soirs par une assistance nombreuse et des plus choisies.\nMme Sarah Bernhardt, venue à Londrespour troissemaines, a reçu un chaleureux\naccueil au Goronet Theatre, où elle donnait le grand drame de Victor Hugo,\nAngelo, devant une salle comble ; Adrienne Lecouvreur fera aussi partie de la\nsérie des représentations annoncées. Mme Le Bargy a joué avec le grand artiste\nlondonien M. George Alexander, dans une langue étrangère, une version an-\nglaise de Y Adversaire très ingénieusement traduite par M. Harry Melvill. La déli-\ncieuse artiste parisienne— ainsi est-elle dénommée parla presse anglaise s'en\nest tirée à merveille. Le Shaftesbury Theatre vient d'avoir pour quelques jours,\nque beaucoup ont trouvés trop courts, les trois Coquelin ; et Mme Georgette\nLeblanc, depuis quelques jours à Londres, donne en ce moment au Criterion\nTheatre une série de ces matinées d'un caractère si original qui ont déjà valu à\nla grande artiste de nombreux succès au Théâtre des Capucines à Paris et\nau Théâtre du Parc de Bruxelles.\n\nA. R.\n\nChant grégorien. Un Congrès international pour le chant grégorien aura\nlieu à Strasbourg les 16-19 août igos, sous la présidence de M. P. Wagner, di-\nrecteur de l'Académie grégorienne de Fribourg (Suisse). Parmi les Français déjà\ninscrits, nous relevons les noms de MM. Délépine, maître de chapelle de la\ncathédrale d'Arras;A. Gastoué, professeur à la Schola Cantorum ; les cha-\nnoines Grospellier, de Grenoble, et Perriot, de Langres; le R. P. Dom Pothier,\nabbé de Saint-Wandrille.\n\nThéâtre de Béziers. Les dimanches 27 et mardi 29 août, à 3 h. de l'après-\nmidi, seront représentés au « théâtre des Arènes » les Hérétiques, opéra en\ntrois actes, poème de Ferdinand Hérold, musique de Charles Lévadé (250 mu\nsiciens d'orchestre symphonique, 250 choristes)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "367", "page_fin": "367", "image_debut": 19, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.1", "titre_corps": "Prix de Rome.— C'est lundi, 19 juin dernier, àlO heures du matin, en", "titre_sommaire": "Prix de Rome.— C'est lundi, 19 juin dernier, àlO heures du matin, en", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.19", "debut_caractere": 559, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "Prix de Rome.— C'est lundi, 19 juin dernier, àlO heures du matin, en pré-\nsence de M. 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Ainsi que nous Pavons annoncé dans notre dernier", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.19", "debut_caractere": 1377, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "Conservatoire. Ainsi que nous Pavons annoncé dans notre dernier nu-\nméro, M. Gabriel Fauré, inspecteur de l'Enseignement musical, professeur cle"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "368", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3132, "texte": "composition musicale au Conservatoire national de musique et de déclamation,\nest nommé, pour 5 années consécutives, directeur de cet établissement, en rem-\nplacement de M. Th. Dubois, admis à la retraite.\nCe décret aura son effet à dater du ieP octobre prochain,\nM. Théodore Dubois, directeur du Conservatoire national de musique et de\ndéclamation, admis sur sa demande à faire valoir ses droits à la retraite, est\nnommé directeur honoraire à dater du ier octobre prochain.\nCONSEIL SUPÉRIEUR D'ENSEIGNEMENT. Suivant les prescriptions du décret du\n5 mai 1896, le Conseil supérieur d'enseignement du Conservatoire national de\nmusique et de déclamation (section des études musicales), dans sa séance du\n14 juin dernier, a formé, en vue de la nomination d'un professeur de la classe\nde clarinette, en remplacement de M. Turban, décédé, la liste suivante de candi-\ndats qui a été présentée au choix de M. le Ministre :\nEn ire ligne M. Mimart\nEn 2e ligne M. Lefebvre.\nLe Conseil, à l'unanimité, a décidé qu'il n'y avait pas lieu d'accueillir les\ndemandes présentées par Mme Ritter Ciampi et par M. Sujol en vue d'obtenir la\ncréation de classes préparatoires de chant au Conservatoire national.\nLes vœux suivants ont été ensuite adoptés :\n10 Les concours d'admission aux classes de violon comporteront à l'avenir deux\népreuves, la première éliminatoire, la seconde définitive. Il sera procédé pour\nces concours dans les formes adoptées pour les concours d'admission aux classes\nde piano ;\n20 Ala suite de chacun des concours d'admission, le jury pourra être invité\nà émettre un vote spécial pour décider s'il y a lieu de désigner un certain nom-\nbre d'aspirants qui, par ordre de mérite, seraient appelés à remplacer, dans leurs\nclasses, les élèves admis qui viendraient à démissionner avant le 31 décembre.\nCette désignation, quand elle n'aura pas été suivie de l'entrée effective,\ncomme élève, de l'aspirant qui en aura été l'objet, ne créera à ce dernier aucun\ntitre pour les concours d'admission des années suivantes.\nAprès la séance, les membres de la section des études musicales, remerciant\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts des bienveillantes dispositions dont\nil est animé à leur égard, ont émis le vœu que l'attention des pouvoirs publics\nfût attirée sur l'impossibilité d'assurer l'avancement normal du personnel en-\nseignant en raison, d'une part, de l'insuffisance des crédits budgétaires, et,\nd'autre part, de la suppression, par suite des dispositions inscrites à l'art. 18 de\nla loi de finances de 1904, des limites d'âge qui permettaient les mises à la\nretraite des professeurs.\nSont admis à prendre part aux concours publics qui auront lieu à l'Opéra-\nComique, à partir du 17 juillet, les élèves dont les noms suivent :\nPour le chant :\nClasse de M. Warot : MM. Corpait, Engels, Ziégler, Gilles, Mlles Lassalle,\nMirai, Lamare. Classe de M. Duvernoy : MM. Balclous, Meurisse, Mlles Al-\nlard, Bailac. Classe de M. Masson :MM Pérol, Lucazeau, Mlles Gozate-\ngui, Mancini, Alice Comès, Lapeyrette. Classe de M. Dubulle: MM. Geor-\nges Petit, Sarraillé, Cazaux, Nansen, Mlles Mathieu, Delimoges. Classe de"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "369", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1118, "texte": "M. de Martini : MM. Eymond, Payan, Carbelly, Mlles Chenal, Delalozière, Ker-\njean. Classe de Mme Rose Caron : MM. Dupouy, Francell, Mlles Jane Bloch,\nVieu, Madesky. Classe de M. Manoury ;M. Donnier, Mlle Dupré. —Classe\nde M. Lassalle : xMM. Torrent, Clamer, Vœurs, Mlles Ennerie, Tasso, Faye.\nPour l'opéra comique :\nClasse de M. Isnardon : MM Lucazeau, Payan, Georges Petit, Francell ;\nMllesLamare, Delimoges. Jane Bloch, Mirai. —Classe de M. Bertin :MM. Donnier,\nSaraillé, Nansen, Cazeaux, Mlles Lassalle, Ennerie, Tasso, Mathieu, Alice Comès.\nPour l'opéra :\nClasse de M. Melchissédec : MM. Corpait, Meurisse. Lucazeau, Carbelli,\nMlles Mancini, Chenal, Delalozière. Classe de M. Lhérie : MM. Dupouy,\nZiégler, Pérol, Georges Petit, Mlles Lamare, Lapeyrette, Bailac.\nM. Pedro Traversari, sous-directeur du Conservatoire national de Quito,\na été officiellement chargé par le gouvernement de la République de l'Equa-\nteur, d'étudier l'organisation du Conservatoire de musique de Paris.\nToutes facilités seront accordées par le Ministère des Beaux-Arts à M. Tra-\nversari pour l'accomplissement de sa mission."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "369", "page_fin": "370", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.3", "titre_corps": "EXAMENS TRIMESTRIELS. Le 24 juin, ont eu lieu les examens trimestriels,", "titre_sommaire": "EXAMENS TRIMESTRIELS. 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Il com-\nprenait les pièces suivantes : allegro et trio en mi du trio de Mozart, avec\nMlles Beuzon et Landry (piano), Bernardi et Sauvaistre (violon), M. Vergnet\n(violoncelle) ; un fragment de la Sonate en la de Hœndel, avec MM. Etlin et\nSpathy ; l'intermezzo du quatuor en sol mineur de Brahms, avec Mlle Lefebvre,\nMxM. de Francmesnil, Etchecopar, Olivier , adagio et gigue d'une Sonate de\nCorelli, avec Mlles Lapié et Augiéras ;le largo et allegro du quintette en mi b de\nBeethoven, avec Mlle Morillon, MM. Victor, Moulin, Blot, Charpin (hautbois,\nclarinette, cor et basson) ; le finale de la deuxième Sonate de Schumann, avec\nM. Dorival et Mlle Baudot (violon) ; l'allégro, transcrit pour alto, de la Sonate\nen mi de J.-S. Bach, avec Mlle Coudart ; l'allégro, le largo et le finale du trio en\nré de Beethoven, avec Mlles Leson et Vizentini, M. Dupré, —Mlles Pierre et Dau-\nmain, M. Cantrelle,— MM. Pelet, Ruigeisen, Séan; l'allégro du quintette à\ncordes de Mozart, avec MM. Bittar, Maçon, Jurgenson, Doucet... ,le quintette de\nSchumann, avec (successivement) MM. Boscoff et Dumesnil, Mlles Aussenac et\nArnaud pour le piano ; Mlles Billard, Spathy, Augiéras, Daumain, Morlange,\nCantrelle, Sauvaistre, M. Matignon, pour le violon ; Mlle Lefebvre, MM. Rous-\nseau, Lefranc, Jurgenson pour l'alto ; MM. Pelet, Rosoor, Séau, Vergnet pour\nle violoncelle ; 1 allegro du quintette avec hautbois de Th. Dubois, avec Mlle Ch.\nLamy ( ier prix de piano), MM. Bastide, Maçon, Ringeisen et Rouzené ;la Sonate\nen la mineur de Schumann, avec, successivement, Mlles Willemin. de Laulerie et\nVendeur (piano), Mlles Julien et Lapié, M. Bastide (violon) ; l'allégro du trio en\nla mineur de Lalo, avec Mlle Kastler pour le piano, M. Bittar, M. Séan ; bandante\nde la Sonate pour alto de Rubinstein, avec M. Lefranc et Mlle Weil (piano); l'in-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "370", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 598, "texte": "troduction et l'allégro de la 2e Sonate en sol de Grieg. avec Mlle Weiss (ier prix\nde piano) et M Saury (violon) ; le nocturne et le finale de la Sonate en ré de\nMendelssohn, avec, successivement, Mlles Lefebvre et Léon pour le piano,\nMM. Doucet et Rosoor pour le violoncelle ; le menuet et le thème varié de la\nSonate en i;é de Beethoven, avec Mlles Julien et Billard (piano) ; Mlle Coudart et\nM. Rousseau (alto) ;le largo à 2 violons de J-S. Bach, avec Mlle Vendeur (piano),\nMUe Morhange et M. Matignon; l'allégro du 2e trio de Saint-Saëns, avec Mlle Ant.\nLamy, MM. Saury et Doucet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "370", "page_fin": "370", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.4", "titre_corps": "Opéra et Opéra-Comique. Nous renvoyons à notre prochain numéro, faute", "titre_sommaire": "Opéra et Opéra-Comique. 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A l'Opéra, les\ndeux recettes les plus élevées ont été celles de Faust (22,172 fr. 41), et Armide\n(22,068 fr. 41) ; à l Opêra-Comique, celles de Chérubin et du Roi d'Ys ont dé-\npassé 9,000 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "370", "page_fin": "370", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.5", "titre_corps": "Metzys. Chez M. L. Mors, en son théâtre privé, le 15 juin, nous avons eu", "titre_sommaire": "Metzys. Chez M. L. 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Un\npublic select en a fort goûté le mouvement, la grâce pittoresque et la valeur mé-\nlodique. Parmi les 43 interprètes plusieurs venaient de l'Opéra-Comique et de\nl'Opéra ; les chœurs se composaient, avec un certain nombre d'amateurs, d'élèves\nde M. Manoury et du Conservatoire. Il faut citer particulièrement Mlle Margue-\nrite Louvet (Edwige), iMme Rozel d'Arzac (l'apprenti Otto ,M. Georges Laver\n(Metzys), qui est un ténor des plus agréables, M. Servant (van Tuylt), M. G.\nPetit (Memling).\nLa critique la plus exigeante n'eût pas relevé le moindre accroc dans cette\nreprésentation élégante et brillante. M. Mors sert magnifiquement la cause de\nl'art en montant lui-même avec le plus grand soin l'œuvre d'un compositeur de\ntalent à qui les circonstances n'ont pas permis d'être joué sur une scène offi-\ncielle !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "370", "page_fin": "370", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.6", "titre_corps": "Fête des écoles. Le dimanche 18 juin, au Pré Catelan ( Théâtre de Verdurey", "titre_sommaire": "Fête des écoles. Le dimanche 18 juin, au Pré Catelan ( Théâtre de Verdurey", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "370", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.22", "debut_caractere": 2319, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "Fête des écoles. Le dimanche 18 juin, au Pré Catelan ( Théâtre de Verdurey\nla Fête des Ecoles, de Paris, donnée par la municipalité, a été fort réussie. Nous\navons eu, une fois de plus, l'occasion d'y entendre les excellents chœurs d'en-\nfants organisés et dirigés parM. Chapuis, inspecteur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "370", "page_fin": "370", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.7", "titre_corps": "École Niedermeyer. Pour célébrer le quarantenaire de l'Administration et", "titre_sommaire": "École Niedermeyer. 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Fauré) sont aujourd'hui des compositeurs renommés."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "370", "page_fin": "370", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.8", "titre_corps": "M. Guilmant. —Le 22 juin, M. A. Guilmant a donné chez lui, à Meudon (sur", "titre_sommaire": "M. Guilmant. —Le 22 juin, M. A. 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Daniel Hermann."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "370", "page_fin": "371", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.9", "titre_corps": "Boulogne-sur-Mer. La Commission municipale des Fêtes organise cette", "titre_sommaire": "Boulogne-sur-Mer. 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Nous avisons les sociétés intéressées que leurs offres doivent\nêtre adressées, le plus rapidement possible, à M. le Président de la Commission\nmunicipale des Fêtes, mairie de Boulogne-sur-Mer. Elles devront faire connaître\nle nombre des exécutants, la date possible du concert et la composition du pro-\ngramme."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "371", "page_fin": "371", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.10", "titre_corps": "« L'Art pour tous». L'Administration des Beaux-Arts a tenu aussi à", "titre_sommaire": "« L'Art pour tous». 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Depuis 1904 ils ont pris une\nextension considérable et se transporteront pendant cet été dans la banlieue pa-\nrisienne, dont la population est privée de toute récréation artistique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "371", "page_fin": "371", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.11", "titre_corps": "Société Sainte-Cécile de Bordeaux. Cette société se maintient à un niveau", "titre_sommaire": "Société Sainte-Cécile de Bordeaux. Cette société se maintient à un niveau", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.23", "debut_caractere": 1211, "fin_caractere_exclue": 1844, "texte": "Société Sainte-Cécile de Bordeaux. Cette société se maintient à un niveau\nartistique très élevé Les programmes, toujours plus variés et intéressants,\ntémoignent d'un effort soutenu et couronné de succès , grâce surtout à\n1 habile et énergique direction de M. Pennequin.Depuis 1903, cette société a pu\ns'adjoindre une section chorale qui lui permet de donner un plus vaste déve-\nloppement à ses programmes, en y introduisant les œuvres importantes qui né-\ncessitent le concours des voix. Heureux de témoigner 1 intérêt qu'il porte à cette\nassociation, M. le ministre des Beaux Arts vient de lui accorder une subvention\nde 3.000 francs"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "371", "page_fin": "371", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.12", "titre_corps": "Œuvre de la Chanson française. Cette œuvre, présidée par M. Chebroux,", "titre_sommaire": "Œuvre de la Chanson française. Cette œuvre, présidée par M. Chebroux,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.23", "debut_caractere": 1846, "fin_caractere_exclue": 2392, "texte": "Œuvre de la Chanson française. Cette œuvre, présidée par M. Chebroux,\nréunit aujourd'hui 250 adhérents, et compte parmi ses présidents d'honneur\nMM Roujon, secrétaire perpétuel de l'académie des Beaux-Arts, et Maurice\nBoukay. Elle a pour but d'apprendre aux jeunes ouvrières des chansons\naimables et jolies au lieu des productions déplorables des cafés-concerts. Dé-\nsireuse d'encourager cette initiative, l'administration des Beaux-Arts vient d ac-\ncorder une allocation de 300 francs à cette œuvre, que subventionne également\nla Ville de Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "371", "page_fin": "371", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.13", "titre_corps": "Perpignan.— Par arrêté préfectoral en date du 15 juin dernier, Mlle Elisa", "titre_sommaire": "Perpignan.— Par arrêté préfectoral en date du 15 juin dernier, Mlle Elisa", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.23", "debut_caractere": 2394, "fin_caractere_exclue": 2605, "texte": "Perpignan.— Par arrêté préfectoral en date du 15 juin dernier, Mlle Elisa\nBorallo est nommée professeur de chant et de déclamation à la succursale du\nConservatoire national, en remplacement de M. Fraixe, décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c035", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "371", "page_fin": "371", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.14", "titre_corps": "Concerts de Lille. Par arrêté en date du 17 juin, M. le ministre des", "titre_sommaire": "Concerts de Lille. Par arrêté en date du 17 juin, M. le ministre des", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.23", "debut_caractere": 2607, "fin_caractere_exclue": 3039, "texte": "Concerts de Lille. Par arrêté en date du 17 juin, M. le ministre des Beaux-\nArts a accordé une subvention de 2.500 francs à la Société des concerts popu-\nlaires dirigée par M. Ratez.\nL'emploi de professeur du cours supérieur de piano (élèves-femmes),\nà la succursale du Conservatoire national, est actuellement vacant. Pour tous\nrenseignements, les candidats doivent s'adresser à la municipalité de Lille ou à\nla préfecture du Nord."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c036", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "371", "page_fin": "372", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.15", "titre_corps": "Londres.", "titre_sommaire": "Londres.", "signature_source": "A. R", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.23", "debut_caractere": 3041, "fin_caractere_exclue": 3192, "texte": "Au Covent Garden Royal Opéra, la reprise d^Aïda mérite d'être\nclassée parmi les soirées les plus réussies de la « season » actuelle La troupe\n\nLondres."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "d'élite chargée d'interpréter l'œuvre de Verdi comprenait : Mmes Destinn, Kirkby-\nLunn, MM. Garuso, Scotti, Journet. Le troisième acte a été rendu d'une façon\nadmirable ; M. Mancinelli a dirigé l'orchestre avec son brio habituel et contri-\nbué pour une large part au succès général. Le Terry's Theatre a été choisi par\nMme Rejanepour y faire applaudir un répertoire choisi avec le plus grand soin\net qui comprend, entre autres pièces : Mme Sans-Gêne, la Petite Marquise, et la\nrécente pièce à sensation du Gymnase : F Age d'aimer. La grande comédienne est\nacclamée tous les soirs par une assistance nombreuse et des plus choisies.\nMme Sarah Bernhardt, venue à Londrespour troissemaines, a reçu un chaleureux\naccueil au Goronet Theatre, où elle donnait le grand drame de Victor Hugo,\nAngelo, devant une salle comble ; Adrienne Lecouvreur fera aussi partie de la\nsérie des représentations annoncées. Mme Le Bargy a joué avec le grand artiste\nlondonien M. George Alexander, dans une langue étrangère, une version an-\nglaise de Y Adversaire très ingénieusement traduite par M. Harry Melvill. La déli-\ncieuse artiste parisienne— ainsi est-elle dénommée parla presse anglaise s'en\nest tirée à merveille. Le Shaftesbury Theatre vient d'avoir pour quelques jours,\nque beaucoup ont trouvés trop courts, les trois Coquelin ; et Mme Georgette\nLeblanc, depuis quelques jours à Londres, donne en ce moment au Criterion\nTheatre une série de ces matinées d'un caractère si original qui ont déjà valu à\nla grande artiste de nombreux succès au Théâtre des Capucines à Paris et\nau Théâtre du Parc de Bruxelles.\n\nA. R."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "372", "page_fin": "372", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.16", "titre_corps": "Chant grégorien. Un Congrès international pour le chant grégorien aura", "titre_sommaire": "Chant grégorien. Un Congrès international pour le chant grégorien aura", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.24", "debut_caractere": 1698, "fin_caractere_exclue": 2180, "texte": "Chant grégorien. Un Congrès international pour le chant grégorien aura\nlieu à Strasbourg les 16-19 août igos, sous la présidence de M. P. Wagner, di-\nrecteur de l'Académie grégorienne de Fribourg (Suisse). Parmi les Français déjà\ninscrits, nous relevons les noms de MM. Délépine, maître de chapelle de la\ncathédrale d'Arras;A. Gastoué, professeur à la Schola Cantorum ; les cha-\nnoines Grospellier, de Grenoble, et Perriot, de Langres; le R. P. Dom Pothier,\nabbé de Saint-Wandrille."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1905-07-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1905-07-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1905-07-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "372", "page_fin": "372", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.2.7.17", "titre_corps": "Théâtre de Béziers. Les dimanches 27 et mardi 29 août, à 3 h. de", "titre_sommaire": "Théâtre de Béziers. Les dimanches 27 et mardi 29 août, à 3 h. de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.24", "debut_caractere": 2182, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "Théâtre de Béziers. Les dimanches 27 et mardi 29 août, à 3 h. de l'après-\nmidi, seront représentés au « théâtre des Arènes » les Hérétiques, opéra en\ntrois actes, poème de Ferdinand Hérold, musique de Charles Lévadé (250 mu\nsiciens d'orchestre symphonique, 250 choristes)."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "349", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\n(Honorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction publique,)\nNo 13 (cinquième année)\nler1er Juillet\n1905.\nR. M.\n2 6\n\nNotre Supplément musical: Le Prélude de Bach en ré majeur.\n\nUn des deux morceaux dési-\ngnés au Conservatoire pour le\nprochain concours de piano est\nle Prélude V du Clavecin bien\ntempéré. Nous avons jugé utile\nde le donner dans notre Supplé-\nment avec une écriture inusitée,\nmais que nous croyons indispen-\nsable pour indiquer une règle de\nbonne exécution dont les pianistes,\nmalheureusement, ne se préoccu-\npent presque jamais.\nDans les éditions courantes\n(en particulier dans celle de Pe-\nter s, vol. /, le texte\nmusical est reproduit de la ma-\nnière suivante :\net ainsi de suite jusqu'à la fin. C'est une masse compacte, indéterminée, zme\nsor/e période oratoire qui tiendrait deux pages, ozz il n'y aurait ni\npoints ni virgules. Rien n'est moins artistique. L'exécutant ne voit là quune\népreuve dé agilité, comparable aux concours de vitesse des bicyclettes et des\nautomobiles.\nCette uniformité est contraire à l'esprit de la musique ; elle néglige le carac-\ntère essentiel de toute composition classique : le rythme.\nIl ya, dans ce Prélude de Bach bien que ce soit une œuvre de libre fan-\ntaisie la logique habituelle de toute composition musicale. L'unité ryth-"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "350", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.2", "texte": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL\n\nmique est le dactyle, composé d'une longue et de 2 brèves ( - ), ou, avec\nla résolution de la longue, de brèves, soit 4 doubles croches. Avec cette unité,\nle compositeur construit des membres de phrase et des périodes. Les premiers\nse composent d'une tétrapodie dactylique (4 pieds, dont chacun est composé\nde 4 doubles croches), laquelle prend fin après la première note de la mesure,\ndevant le signe ' . Cette note initiale de la mesure compense la note absente du\npremier pied (mesure 1), lequel est, si Ton peut dire, acéphale ; ainsi, comme\non dit vulgairement, « /e compte y est ». ZJow zzzze règle essentielle : à partir de\nla mesure 2, tous les membres de phrase doivent commencer en levant et après\nla première note, comme le membre de phrase initial, qui fournit une règle pour\ntout l'ensemble. Si cette règle est inobservée9 ce Prélude perd toute force et\ntout nerf : c'est une matière inorganique.\nQuant aux périodes, leur étendue est plus malaisée à établir. Nous la con-\nsidérons ici comme formée habituellement de 2 membres de phrase [Kola) et\nnous en marquons la fin par le signe I'. On peut adoptersur ce second\npoint, une autre manière de rythmer ; l'important, c'est d'en avoir une: c'est\nde comprendre que le discours musical est construit comme le discours en vers,\net que n'établir aucune division serait faire un exercice vain, dépourvu de\ntoute signification, de tout bon sens et de toute valeur musicale. La meilleure\nfaçon de déclamer un texte littéraire n'est pas de le dire très vite ; c'est d'en\ndégager le vrai sens avec netteté. En musique, le mouvement a sans doute\nplus d'importance que dans la déclamation ; mais il n'est que la condition\nd'une pensée qu'il faut d'abord comprendre ; et pour la comprendre, il faut\nanalyser sa structure.\nVoici maintenant une autre question, infiniment délicate : les divisions en\nmembres de phrase et en périodes une fois établies conformément aux lois du\nrythme, comment convient-il de les faire sentir, à Vexécution ?\nThéoriquement, il faudrait lever la main à la fin du membre de phrase et\nobserver un petit arrêt à la fin de la période, en assimilant le signe ' à une\nvirgule [ou à la fin d'un vers), et le signe H à un point ou à un point et vir-\ngule. Qu'on se garde bien de rien faire de semblable ! Une telle exécution\nserait lourde, saccadée, haletante, ridicule et insupportable ! La grande habi-\nleté du virtuose doit être de donner à Y auditeur le sentiment de la claire et\nlogique construction du texte, sans tomber dans le défaut qui consisterait\nà briser à tout instant la vive allure et la souplesse de la composition. C'est\npar l'intensité du son, par de légers accents, par une rupture à peine sensible\ndu lié, que l'exécutant indiquera le rythme. Qu'il commence par faire bien\nattentivement l'analyse rythmique de ce Prélude : instinctivement—s'il est\nautre chose qu'un véloce croque-notes il conformera Y exécution à cette\nanalyse.\n\nJ. C."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "351", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.3", "texte": "M. GABRIEL FAURÉ ET LA DIRECTION DU CONSERVATOIRE\n\nM. GABRIEL FAURÉ\nET LA DIRECTION DU CONSERVATOIRE\nLa nomination de M. Fauré a été bien accueillie par le public, mais a pro-\nvoqué dans la presse des commentaires tellement bigarres et à côté, qu'une\nremise au point s'impose.\nLa Revue musicale a publié déjà le portrait du distingué professeur et\nlui a consacré une notice où elle a manifesté sa grande estime. M. Fauré\nest un artiste de grand talent, de souffle un peu court dans la composi-\ntion, mais auteur de quelques œuvres charmantes contenant la promesse et\nl'ebauche d'une sérieuse personnalité. A côté de son nom, certains amis ont\ninscrit celui de Schumann, un des plus grands poètes de la musique, et celui\nde l'intarissable et délicieux Schubert ; M. Fauré est certainement le pre-\nmier à regretter ces éloges excessifs. De lui nous avons de jolies esquisses ;\nnous attendons /'œuvre, celle qui impose un nom à la mémoire du grand\npublic. Il n'a pas d'ennemis : cette consécration lui viendra peut-être un\njour. Mais ce n'est pas de lui et de son mérite incontestable que nous voulons\nparler; c'est de l'idée qu'on se fait, à propos de lui, du Directeur du Conser-\nvatoire et de son rôle. A en croire la plupart de nos confrères, le Directeur\ndu Conservatoire est d'abord « à la tête de la musique frarcaise » ; et le choix\nde tel ou tel, pour ce poste éminent, devait entraîner, selon le cas, une orien-\ntation de notre art national vers le théâtre, ou vers la symphonie, vers\nune esthétique spéciale, etc... D'abord, malgré son importance et son éclat,\nle Conservatoire n'est qu'une moitié de notre musique: il est la force conserva-\ntrice, traditionnelle, classique, faisant contrepoids à la force révolutionnaire,\nqui est ailleurs. De plus, gardez-vous bien de croire que, personnellement, le\nDirecteur exerce une action quelconque sur les études ! Prenons les classes\nde déclamation : pensez-vous qu'un Silvain, un Lebargy, un Féraudy, admet-\ntrait qu'on vint lui donner des conseils et des directions dans son enseigne-\nment ? Si le ministre lui-même s'en mêlait, il serait mal accueilli. Tenez\npour certain que, en ce qui concerne la musique, c'est la même chose. Les\nprofesseurs de composition (lesquels. au Conservatoire, ont une situation\nexceptionnelle) ne relèvent, en matière d'art, que d'eux-mêmes, de leur tem-\npérament, de leur goût ;et il est impossible qu'il en soit autrement. Le vrai\nrôle du Directeur n'est pas de faire des « réformes ». A lui seul, il est impuis-\nsant pour cela ; c'est de faire observer le règlement dont il est le gardien, et,\npar son caractère, d'en inspirer le respect ; c'est de discipliner le personnel\ndont il est entouré ; c'est d'astreindre les maîtres à faire leurs classes aux\nheures obligatoires, etfà ne pas prendre de congés sans y être autorisés ; c'est\nde faire le budget de la maison et de surveiller de près le bon fonctionne-\nment de tous les services ; c est surtout de faire régner la stricte justice autour\nde lui et d'opposer une volonté ferme aux petites comme aux grandes intri-\ngues. A ce point de vue, qui est le seul vrai, M. Th. Dubois était un\nDirecteur modèle, que d unanimes et sincères regrets accompagnent dans sa\nretraite volontaire. Nous sommes certains que M. Gabriel Fauré, n'apparte-\nnant à aucune coterie, s'inspirera de son exemple."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "352", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.4", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nINTRODUCTION A L'HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA\nMUSIQUE. — X.\nL'OEIL ET L'OREILLE. LE SON ET LA COULEUR.\n\n(D'après la sténographie de M. Flachat, sténographe à Montreuil-s/-Bois)\nMESDAMES ET MESSIEURS,\nL'œil et l'oreille seuls ont des impressions d'ordre artistique. L'odorat, le goût,\nle toucher, bien que susceptibles de l'éducation la plus fine et nullement bornés\nà un rôle utilitaire, n'ont pas donné lieu à des créations de caractère vraiment\nesthétique. S'il fallait établir une préséance entre ces deux chefs-d'œuvre de\nla nature, l'organe de la vision et l'organe de l'ouïe, c'est à ce dernier qu'il fau-\ndrait attribuer le premier rang. L'œil ne sait pas analyser ses impressions. Aper-\nçoit-il une couleur verte ? il est incapable de dire les éléments qui ont pu entrer\ndans sa formation ; il ne saisit qu'une synthèse. De même, si nous mettons sur\nun disque des petites bandes de toutes les couleurs et si nous faisons tourner ce\ndisque très rapidement, l'œil ne percevra que la résultante : une couleur blan-\nche. Au contraire, faites sonner un accord parfait : si l'auditeur est un peu édu-\nqué, non seulement il saisira les trois notes composantes, mais il dira que la\npremière est émise par tel instrument, la seconde par tel autre, etc... Il pourra\nmême juger si, parmi les trois notes, il y en a une qui est un peu trop basse ou\ntrop haute. Et plus l'accord sera complexe, mieux il en saisira la complexité.\nAjoutons que l'œil ne saisit bien que les ondes situées en face de lui. L'oreille, au\ncontraire, reçoit également les ondes sonores, alors que le sujet tourne le dos à\nleur source, leur fait face, ou se trouve placé de côté.\nSi nous nous bornons à interroger l'expérience commune, elle nous dit que\nces deux sens ont des domaines distincts et sont irréductibles. Beaucoup de\npersonnes ont un œil excellent avec une oreille déplorable, et inversement.\nL'ouïe a même des degrés que la vision ne connaît pas (en dehors des cas\npathologiques) ; on peut avoir une oreille très fine, sans avoir une oreille mu-\nsicale.\nChaque jour, cependant, nous voyons ces deux ordres de sensations, et par\nsuite, les arts qui leur correspondent, confondus par la critique, et, ce qui est\nplus grave, par les artistes. Eugène Fromentin juge ainsi Y Assomption de Ru-\nbens : « (sa) palette... y retentitdé)k dans les quelques notes dominantes, le rouge,\nle jaune, le noir, le gris ». Th. Sylvestre dit en parlant de Delacroix «Il tire\ndu violet de sombres gémissements. » Taine, Charles Blanc, M. Sully Prud-\nhomme, mille autres, ont parlé un langage analogue. Un prêtre de la Flandre\noccidentale, M. l'abbé de Lescluze, a prétendu réduire en système ce qui passait\npour une simple formule oratoire. D'après lui, un peintre comme Memling\n(( joue une mélodie nouvelle» dans chacune de ses toiles ; ce qui caractérise chaque\npeintre ou chaque école, c'est l'emploi d'une gamme particulière de couleurs,\nfournie par un nombre simple et par ses multiples : il y a la gamme espagnole,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "353", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.5", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nfournie parles multiples de 5 et ayant l'orangé pour tonique ; la gamme de Jor-\ndaëns, fournie par les multiples de 9 et ayant pour tonique le rouge ; la gamme\nde Rembrandt, la gamme italienne, la gamme japonaise, etc... Tous les arts,\nd'ailleurs, semblent avoir subi, au cours du xixe siècle, le contre-coup de l'évolu-\ntion suivant laquelle les diverses classes de la société ont une tendance à se con-\nfondre ou à se pénétrer. Il y a aujourd'hui peu de frontières qui ne soient con-\ntestées. Ruskin disait : « Le sculpteur doit peindre avec son ciseau. » Nietzsche\na porté sur R. Wagner le jugement suivant, à la fois profond, paradoxal et sin-\ngulier : (( Wagner, en tant que musicien, doit être classé parmi les peintres ;\nen tant que poète, parmi les musiciens ; en tant qu'artiste, dans un sens plus gé-\nnéral, parmi les acteurs ». A côté de ces documents verbaux, je n'ai pas besoin\nd énumérer tous les compositeurs qui ont voulu faire de la peinture en musique,\nTonmalerei, comme disent les Allemands : Kuhnau, Haydn, Weber, Wagner,\nFélicien David, Liszt, Berlioz, Saint-Saëns... Dans la 3e partie de la Création\n(Introduction), Haydn veut bien représenter les fraîches couleurs du matin, lors-\nqu'il emploie les flûtes et les cors avecles instruments à cordes. Bach lui-même,\nl'auteur du Clavecin bien tempéré, serait, à en croire son dernier juge, plus pein-\ntre que musicien : « Son symbolisme est visuel, comme celui d'un peintre...\nBon nombre de ses thèmes procèdent plutôt de la vision que de l'imagination\nmusicale proprement dite. En cherchant à reproduire une vision nouvelle, il se\nlaisse entraîner à créer des thèmes qui sont admirablement caractérisés, mais qui\nn'ont plus rien de la phrase musicale » (1). Il y a quelques années enfin, a paru\nun petit livre, intitulé la Musique des couleurs (2), qui préconise une transforma-\ntion radicale de nos orchestres. De telles confusions me paraissent à la fois illé-\ngitimes et dangereuses. Je les considère même comme antiartistiques (et n'attei-\ngnant pas, d'ailleurs, les grands musiciens). Il y a, entre les arts, les mêmes dif-\nférences qu'entre les genres qui appartiennent à un même art. On ne doit pas\njuger une gravure ou une aquarelle comme on jugerait une peinture à l'huile ;\na fortiori ne doit-on pas juger une symphonie comme un tableau. Il est sans doute\nexact que nos impressions sensibles se substituent constamment ou s'ajoutent\nl'une à l'autre, et qu'il y a même là une source de jouissances très délicates ;\nmais cette substitution est due à un phénomène d'association d'idées : elle ne\nvient pas d'une similitude objective ou d'une connexion anatomique dans nos\norganes. Et le plus grand intérêt de l'artiste, c'est de se borner à créer des asso-\nciations d'idées ! c'est de ne pas chercher à les remplacer par des sensations di-\nrectes ! Avant de présenter, d'après ce principe, une classification des Beaux-\nArts, j'examinerai brièvement les deux thèses (historique et psychologique) d'a-\nprès lesquelles il y aurait assimilation plus ou moins complète des impressions\nauditives et des impressions visuelles.\nI\nLes doctrines concernant les unes et les autres ont d'abord traversé la même\npériode d'erreur. On croyait autrefois que les impressions de l'oreille étaient\n*\n\n(1) Schweitzer, J.-S. Bach, le musicien-poète, Leipzig, Breitkopf, 1905, p. 336 et 340.\nSur cette question, cf. l'excellent exposé de M. Lechalas, dans ses Etudes d'esthétique (Alcan).\n(2) Chez Schleicher, Paris, par M. L. Favre, ingénieur."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "354", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.6", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ndues à un agent particulier appelé son, ayant une existence réelle et objective :\nconception métaphysique (due aux pythagoriciens, reprise par les stoïciens),\ndoublée d'un cercle vicieux ; elle est analogue à l'hypothèse primitive d'après\nlaquelle la sensation de lumière serait produite par des corpuscules lumineux.\nOn sait aujourd'hui que le sonet la lumière ne sont autre chose que la percep-\ntion d'un mode particulier de mouvement. Mais remarquons que l'erreur sur la\nlumière s'est prolongée beaucoup plus longtemps que l'autre. C'est depuis le\nxvne siècle (Descartes et Huyghens) seulement, que la doctrine de 1 ondulation\na remplacé celle de l'émission ; or, déjà dans l'antiquité, plusieurs savants\nou philosophes, à la tête desquels il faut mettre Platon et Aristote, avaient\npressenti la vraie nature du son (1). Mais ceci est pour nous peu de chose. Il est\nplus intéressant de rechercher s'il y a eu parallélisme entre la formation des no-\ntions de couleur et 1 organisation des éléments de la musique. Voici un résumé\nde la question.\nLe coup d'oeil le plus superficiel jeté sur l'histoire fait voir que le passage du\nsimple au composé a été la loi de l'évolution musicale. Nos énormes orchestres\nmodernes ont eu les plus humbles commencements. De la lyre primitive à\n4 cordes décrite par Boèce [De mus. I, 20) à la harpe chromatique contemporaine,\nil y a la même distance que de la monodie à la fugue, ou de l'expression rudi-\nmentaire des premiers chants aux infinies nuances qui sont notées sur les parti-\ntions de nos compositeurs. La gamme elle-même est l'œuvre de plusieurs siècles.\nElle s'est formée, suivant la tradition, en commençant par fixer les intervalles\nfondamentaux, ceux sur lesquels on a toujours été d'accord, et qui, suggérés à\nla fois par les intonations du langage et par la théorie, jouent un rôle capital\ndans la composition : la quinte, et la quarte qui en dérive ; ut, fa, sol, ut : telles\nétaient, d'après Boèce, lesseules notes ou cordes que possédait la lyre d'Orphée.\nLe reste a été trouvé peu à peu, non sans tâtonnements. Le la et le mi auraient\nété introduits par Terpandre ; le si et le ré par Pythagore... Dans la période\nmoderne, même tendance vers la multiplicité. A l'époque de la Renaissance,\nl'emploi des seuls intervalles consonants est, en général, la règle ; puis, ce\nqu'on a si improprement appelé les « accidents », apparaît, s'installe, s'empare\ndu premier rang, finit par transformer la règle en exception. Aujourd'hui, le\nmode majeur et le mode mineur se sont pénétrés mutuellement ; désormais une\nétude de 1 harmonie peut avoir pour base le chromatisme.\nOr, un processus analogue caractérise, nous dit-on, l'histoire de la notion des\ncouleurs. M. Hugo Magnus (2) croit pouvoir en indiquer avec précision les\nétapes. A l'origine, l'homme ne distingue que le clair et 1 obscur, les divers\ndegrés d intensité de la lumière, mais non sa qualité. Dans les hymnes du Rig-\nVéda, ni la couleur de la terre, ni celle du ciel, ne sont notées. Gladstone, en 1858,\na remarqué dans les poèmes homériques l'absence de mots désignant les cou-\nleurs prismatiques : pas plus que la Bible ou le Koran, pas plus que le Zend-\nAvesta, ils ne mentionnent la couleur bleue du ciel. Le rouget t le jaune sont\n\n(1) Dans le fragment de sensibus de son traité perdu «Êoaixat o6£at, Théophraste dit que « le\nson est un ébranlement par l'intermédiaire de l'air, du cerveau et du sang, de l'oreille à l'âme ».\nIl prête un tel langage à Platon (édit. Wimmer, 111, p. 32, dans Diels, Doxographi Grœci, 1879,\np. 525 , 18).\n(2) Histoire de Vévolution du sens des couleurs, par Hugo Magnus, professeur d'ophthalmologie\nà l'Université de Breslau, avec une introduction par Jules Soury (Paris, chez Reinwald, 1878)."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "355", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.7", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nles premières différenciations effectuées, parce qu'ils correspondent aux ondes\nd'éther les plus longues et les plus puissantes ; on peut voir en eux des « do-\nminantes ». Pour Aristote encore (Météorol. 111, 4, § 25), l'arc-en-ciel n'a que\ntrois couleurs. Les couleurs d'une intensité lumineuse moyenne, le vert, le bleu,\net leurs nuances, ne sont devenues qu'assez tard des sensations spécifiques.\nL'histoire de la peinture confirme ces témoignages littéraires. Nous savons par\nPline que les anciens tableaux étaient peints avec un ton rouge unique, le\ncinabre ou minium d'Ephèse (puis l'ocre rouge, ou une espèce particulière\nappelée sinopide). Aujourd'hui, le coloriste de profession dispose d'autant de\nressources que le symphoniste. La fabrique pontificale du Vatican, qui est le\nplus important des établissements de mosaïque en activité, possède 28.000\npierres de nuances différentes.\nAinsi, les organes de l'ouïe et de la vue auraient été bornés d'abord aux\nmanifestations fonctionnelles les plus simples, et se seraient ensuite développés\nparallèlement (1). La chasse, la guerre, les relations de la vie sociale auraient\naffiné peu à peu l'oreille ; quant à la rétine, elle se serait formée par réaction et\naccommodation, sous le choc incessant des molécules de l'éther. Ne peut-on pas\nen conclure d'abord que l'évolution des deux sens n'est pas terminée ? Que la\nvue s'étendra un jour au delà de l'extrémité violette du spectre, dernière limite\nde la vision actuelle, et que l'oreille, elle aussi, pourra nous donner des sen-\nsations insoupçonnées ? Et enfin, s'il en est ainsi, la fusion des couleurs et des\nsons, déjà annoncée par tant de phénomènes communs, n'est-elle pas possible?\nTelle est la thèse. Il y a dans le livre de Magnus une doctrine matérialiste,\nassez grossièrement hostile au système dit des causes finales. Je la laisse de côté.\nCe qu il me suffit de dire, c'est que la comparaison qui vient d'être indiquée n'a\naucun fondement solide. Quand nous essayons de retracer l'évolution musicale,\nnous ne saisissons que la partie artistique ou scientifique de la question, consi-\ngnée dans les livres ; mais que se passait-il dans le chant populaire ? Nous n'en\nsa\\ ons rien. 11 est fort possible qu'au moment où les pythagoriciens dissertaient\nsui la légitimité de tel ou tel rapport, le peuple celui qui agit d'instinct et que\n1 histoire ignore les avait dépassés. De ce que la théorie n'avait encore mesuré\nque 3 ou 4 intervalles, s ensuit-il que tous les autres étaient ignorés dans la\npratique ? En ce qui concerne la couleur, a-t-on le droit de dire que telle sensa-\ntion n existait pas, parce que le motjuste qui nous paraît lui correspondre n'était\npas employé ? Les Italiens disent vino nero et nous disons vin blanc pour désigner\ndes vins qui ne sont ni blancs ni noirs ; en conclura-t-on que cette terminologie\ncache une ignorance de la couleur réelle ? Shakspeare fait dire à Macbeth (11, 3)\nracontant 1 assassinat de Duncan, qu' « un sang d'or » (golden blood) s'échap-\npait de sa blessure ; allons-nous dire que les Anglais du xvie siècle ne savaient\npas distinguer le jaune et le rouge ? Schiller parle, à la manière antique, de\n« ténèbres de pourpre » : faut-il lui reprocher de n'avoir pas su distinguer le jour\net la nuit ?Le langage peut être en retard sur l'éducation des sens, beaucoup\nplus que sur celle de 1 esprit. Aujourd'hui encore, nous avons très peu de mots\npoui désigner exactement les diverses douleurs physiques ; et cependant\n\n(ij C est surtout Geiger qui a affirmé ce parallélisme (Zur Entwickelungs Geschichte der\nMenschheit, p. 56) ; mais cette idée est fort ancienne ; cf. Helmholtz, Optique physiologique,\np. 348-19, 355-56."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "356", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.8", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nnous n'ignorons pas en quoi un mal de dents diffère d'une brûlure, d'un mal\nau pied, d'un rhumatisme, etc... Le langage des primitifs peut aussi corres-\npondre à des nuances d'idées qui échappent à un physiologiste. Homère com-\npare les cheveux d'Ulysse à la fleur d'hyacinthe ( 1 ) ; est-ce leur couleur qu'il vou-\nlait caractériser ? Je croirais plutôt qu'il s'agit ici de leur souplesse. Pour la\nmusique, il a pu en être de même. Certaines lacunes attribuées aux primitifs\nn'existent peut-être que dans notre esprit.\nRenonçons donc à tirer argument de l'histoire pour rapprocher deux ordres de\nsensations différents (2). La thèse purement psychologique est-elle plus solide ?\nII\nDepuis quelques années, on s'est préoccupé de déterminer la corrélation\nqui s'établit entre les divers domaines sensoriels, ou si l'on préfère, entre les\nréactions de nos organes aux impressions du dehors. On a constaté que certains\nsujets associaient toujours l'idée d'une couleur à celle d'un son (phénomène\nappelé audition colorée), et il n'en a pas fallu davantage pour qu'une voie nou-\nvelle fût ouverte aux investigations des physiologistes et à leurs systèmes. En\n1892, la bibliographie de ce genre d études dressée par un Américain (M. Krohn)\nne comprenait pas moins de 85 numéros. Depuis, des ouvrages importants ont\nenrichi cette liste ; je citerai seulement celui de M. Flournoy, professeur de\npsychologie expérimentale à l'Université de Genève : Les phénomènes de syno-\npsie {Paris, Alcan, 1893). Il contient un grand nombre défaits, et l'auteur a le\nmérite d une grande prudence. Sa conclusion est qu'il serait prématuré de con-\nclure. Mais son travail mérite de ne pas passer inaperçu.\nLa méthode employée au cours de ces recherches, dont le but est d'étudier\nnotre « imagerie mentale », est celle de l'interview, ou de la consultation plus\nou moins étendue,par voie de circulaire. On interroge des hommes, des femmes,\ndes jeunes gens. Quand votre oreille est impressionnée, quelque\nchose ? quoi ? depuis quand avez-vous cette habitude ? a-t-elle varié ? etc.\nLes réponses sont curieuses. Pour beaucoup de gens, voir et entendre sont\ndes actes inséparables. Ils ont des « photismes ». Il y a des photismes al-\nphabétiques : certains sujets « ont a blanc » ; ils se représentent i rouge, o jaune\nvif, wvert, etc... Il y a des photismes de noms : pour tel sujet, « Cécile est jaune\nbrillant ; Susanne, jaune de chrome ; Marie, gris-perle ; Alice, rose-cerise ;\nHenri, vert-myrte ; Lucy, bleu intense ; Edmond, bleu foncé \\Jean, gris-bleu ;\nLéon, jaune d'or ». Il y a des photismes musicaux, produits par certaines des\nnotes de la gamme, par les tonalités, par les instruments, par la musique de tel\ncompositeur. Pour l'un, le fait de diéser ou de bémoliser une note se borne à\n\n(1) Odyssée, vi, 231.\n(2) J'emprunte à M. Jules Soury (ibid., Introd., p. XVIIJ) l'indication suivante, qui contredit\nMagnus : « les fouilles de sir Henry Rawlinson à Babylone ont établi que les sept étages de la\ntour de Borsippa portaient des revêtements aux couleurs symboliques des sept planètes, disposés\ndans cet ordre, de bas en haut : noir blanc (Vénus), pourpre (Jupiter), bleu (Mercure),\nvermillon (Mars), argent (la Lune), or (le Soleil). La Ziggurrat du palais assyrien de Khorsabad\navait également, d'après les recherches de MM. Place et Thomas, sept étages aux couleurs plané-\ntaires ». Il y a néanmoins une curieuse analogie entre cette astronomie colorée et l'attribution\npythagoricienne des sept notes de la gamme aux sept planètes."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "357", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.9", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nmodifier légèrement sa teinte : mi R est bleu foncé, et mi b est bleu clair ; fa fi\nest violet clair, et fa tf est améthyste ou bleu saphir. Pour l'autre, une opéra-\ntion de ce genre change complètement la couleur : si IX est vert, et si b est lilas,\netc.\nLe meilleur moyen de montrer la très faible valeur scientifique du livre de\nM. Flournoy serait d'en exposer les résultats. Ils ne concordent nullement ; et\nl'auteur, qui est la loyauté même, n'essaie même pas de le dissimuler. Voici le\nrésultat d'une de ses enquêtes, indiquant le sexe et l'âge des personnes interro-\ngées et les couleurs que chacune d'elles attribue aux notes de la gamme :\n« J'ai quelques doutes, dit M. Flournoy, sur l'origine vraiment musicale de\nces photismes. » En effet : tel auditeur classe le ré dans le vert, uniquement\nparce que le mot « ré » a le son e, et que, pour lui, cette voyelle est verte! Les tim-\nbres des instruments ont donné lieu à des opinions tout aussi disparates. La trom-\npette est déclarée rouge, par plusieurs individus ; mais le violoncelle est déclaré\ntour à tour jaune doré, vert pomme, bleu céleste ; le violon est gris, jaune, violet,\nbrun ; l'orgue est rouge, bleu ; le piano rouge vif, jaune, noir et blanc... « Quant\naux couleurs suggérées par les grands maîtres, les seules velléités d'entente sont\nrelatives à Gounod, dont la musique éveille des colorations violettes chez un\nindividu, et bleues chez un autre ; et à Beethoven, qui est noir pour un sujet et\ndont certains passages amènent chez un autre un manque total de sensations\nvisuelles ; encore la vision noire et la vision nulle ne doivent-elles pas être con-\nfondues ! »\nEvidemment, nous sommes ici en présence de phénomènes d'associations\nd'idées, et non d'une sorte de correspondance mécanique, déterminée par la\nnature des organes. Ce qui le prouve, c'est que très souvent la question sug-\ngère la réponse, par une sorte d'imitation involontaire. «Je n'ai songé à la cou-,\nleur des voyelles, écrit M. P. M., que quand j'ai eu connaissance des vers des\ndécadents sur les voyelles colorées. )) Avez-vous, dans vos rêves, des sensa-\ntions de l'odorat? demande un jour M. Ribot à M. B. Non ! répond M. B.\naprès avoir beaucoup réfléchi. La nuit suivante, M. B. avait précisément un\nrêve avec sensations olfactives. Si un autre savant l'avait interrogé le lendemain\nsur le même fait, il aurait donc été obligé de faire une réponse affirmative sur la\nmême question qui, la veille, avait provoqué une réponse négative ! Dans les\nconsultations musicales, des cas analogues ont dû se présenter. Ce qui prouve le\nrôle capital joué par l'association des idées, ce sont les rapports établis entre d'au-\ntres sens que l'œil et l'oreille. « Un grand amateur de musique et de peinture,\n46 ans, a trouvé de tout temps que la rose sent le la majeur » (Flournoy, loc. cit.\np. 101). Une jeune fille écrit que, pour elle, « la couleur de l'héliotrope a la saveur"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "358", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.10", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ndes amandes douces, et réciproquement ». La couleur verte a été attribuée « au\npiquant du Champagne, à la saveur du fromage, à celle du poivre, au parfum de\nla verveine, à celui de l'eau de Cologne, etc. » (ibid., p. uo) Tous ces faits relè-\nvent de l'imagination pure ; et la « Science » perd un peu son temps quand elle\ncherche des lois, car l'imagination varie avec chaque individu.\nIII\nAprès cette enquête rapide, nous devons conclure.\nLe musicien ne donne pâture qu'à notre oreille, et il faut pouvoir le com-\nprendre les yeux fermés. Mais n'oublions pas que, par le moyen de l'oreille, il\ntouche l'intelligence ; il parle un langage que l'esprit doit et peut comprendre,\ncar il exprime une pensée. Par l'intelligence, il gouverne tout le reste.\nLa musique ne peint pas : elle touche, elle fait penser, et elle suggère. Le\ncompositeur qui voudrait faire sérieusement du paysage serait aussi maladroit\nque le peintre qui, pour donner l'illusion d'un arbre, mettrait sur sa toile un peu\nde feuillage réel. Mais, grâce à l'association des idées (laquelle dépend du goût,\ndu tempérament, de 1 imagination, de la vivacité, des habitudes de chaque\nsujet), le compositeur peut étendre indéfiniment son domaine, et faire à peu près\ntout ce qu il veut. Même quand il veut saisir les formes du monde physique, c est\nau centre de la vie intérieure qu'il doit s'installer et régner : de là, il règle notre\nactivité tout entière. Un tel rôle est assez beau pour lui suffire ! Nous avons\nassisté, il y a quelques années, à la tentative de créer une poésie purement\nmusicale, où le sens logique des mots et des phrases était négligé, comme\nsuranné ; les résultats obtenus sont un avertissement pour ceux des autres\narts qui voudraient empiéter sur leurs voisins. La musique picturale ne vaut\npas mieux que la peinture littéraire.\nLes ressources qui s'offrent au compositeur voulant procéder par imitation di-\nrecte (et non par association d'idées) pour décrire les objets sont très peu de chose.\nJe dois cependant les indiquer ici avec précision.\na) Le compositeur peut faire d'abord de simples citations : ainsi Berlioz in-\ntercale un coup de tonnerre dans sa Symphonie fantastique. M. Puccini, au début\ndu dernier acte de la Tosca, fait entendre successivement une multitude de\ncarillons ; Beethoven lui-même (et on le lui a reproché) introduit le chant du\ncoucou dans la Pastorale;\nb) De la couleur, il ne peut imiter que Xintensité. Dans la première leçon de ce\ncours, je me suis efforcé de montrer que le compositeur ne pouvait reproduire\nque le dynamisme des sentiments ; pour la couleur, il en est absolument de même.\nAinsi, avec des violons en sourdine, on imitera la couleur grise ; avec des trom-\npettes, l éclat du soleil. Tout ce qu'on peut accorder, c'est qu'il y a une\nanalogie entre les timbres d'instruments qui composent les divers groupes de\n1 orchestre et les nuances des couleurs. La couleur verte comprend le vert tendre,\nle vert Véronèse, le vert émeraude, le vert-noir... ;de même, du violon àla contre*\nbasse, il y a 1 alto et le violoncelle. En regard du bleu (bleu cobalt, outremer,\nbleu de Prusse...), on peut placer le hautbois, le cor anglais, le basson. Entre\nles divers jaunes (jaune de Naples, ocre, terre d'ltalie...), il y a une différence"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "359", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.11", "texte": "LA MUSIQUE ET LA MAGIE\n\nanalogue à celle qui sépare la petite flûte, la flûte, la clarinette. Mais tout,\nici, se ramène encore à une question d'intensité.\nc) En ce qui concerne les objets en mouvement, le compositeur peut reproduire\nle rythme de ce mouvement, sa durée, sa direction, sa légèreté ou sa lourdeur.\nAu delà de ces ressources, je ne vois rien de sérieux.\nPour terminer, je donnerai la classification suivante des Beaux-Arts, que\nWestphal a reconstituée d'après une indication conservée par hasard clans une\nscholie de la grammaire de Denys le Thrace. Elle est due à undisciple d Aristote\ntrès peu connu, Lucius de Tarrha (cf. Fabricius, Bibl. gr., IV, 265), mais elle n a\nrien perdu de sa valeur et de son admirable netteté (1).\n\nJULES COMBARIEU.\n\nLa musique et la magie\n\n[Suite).\nFolklore, mythes, légendes orientales. Il peut paraître singulier qu'en général\nles peuples n'aient pas, sur les fondateurs de leur musique vocale, des récits\ntraditionnels et merveilleux comme ils en ont sur les inventeurs de leurs instru-\nments de musique. La raison s'en explique cependant : comme le langage, le\nchant est naturel chez l'homme ; et, par suite, on n'a aucun motif de rechercher\nsi le chant est d'invention divine. (Il y a une exception à faire, comme nous le\nmontrerons, pour les Egyptiens.) La musique instrumentale est tout autre : on\nla regarde partout comme ayant une origine surnaturelle et un pouvoir magique.\nIl est inutile de rapporter ici les traditions mythologiques bien connues des\n\n(\\) Une seule réserve à faire. Nous disons avec raison qu'il y a des sons hauts, moyens, bas, ce\nqui implique des éléments musicaux empruntés au concept de l'espace. Cette manière de parler\nest légitime, car, instinctivement, nous ramenons toute mélodie entendue au type de la musique,\nla voix humaine. Or, la voix a 3 registres : le registre de poitrine, le registre palatal, le registre\nde tête. C'est la position de ces parties du corps qui détermine ce que nous appelons la hauteur\ndu son. Il en résulte que dans une composition à plusieurs parties, le musicien peut donner une\nidée de la position relative de deux objets.\n\nARTS PLASTIQUES\nArts du repos et de l'espace.\nARTS MUSICAUX\nArts du mouvement et de la durée.\ns\np\nb\n(x>\n10\np\nO\nA : arts subjectifs.\nArchitecture. | Musique.\nB : arts subjectifs-objectifs.\nPeinture. 1 Poésie.\ns\np\nN:\n;s\no.\nn\n£\nC : arts objectifs.\nSculpture. 1 Danse.\nLoi formelle générale : Répétition.\nLoi des arts de l'espace : Symétrie. 1 Loi des arts musicaux : Rythme."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "360", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.12", "texte": "LA MUSIQUE ET LA MAGIE\n\nanciens Grecs et Romains sur l'origine de leurs instruments les plus usuels.\nIl suffit de rappeler que Mercure et Apollon passent pour avoir inventé la lyre et\nla cithare, Minerve la flûte, Pan la syrinx... Quelques récits analogues des\nOrientaux sont plus dignes de notre attention, car jusqu'ici c'est à peine si on les\na signalés dans les livres sur la musique.\nDans la mythologie hindoue, le dieu Nareda est l'inventeur de la vina, l'ins-\ntrument de musique national le plus important de l'lnde. L'épouse de Brahma,\nSaraswati, peut être regardée comme la Minerve des Hindous : c'est la déesse\nde la musique et de l'éloquence ; c'est à elle qu'on attribue l'invention d'un\narrangement systématique des sons suivant une échelle musicale ; on la repré-\nsente assise sur un paon et jouant d'un instrument à cordes du genre de la\nguitare. Brahma lui-même est peint comme un homme robuste qui a quatre\ntêtes très belles et qui, de ses mains, frappe une petite caisse. Vishnu, incarné\nen Krishna, est représenté comme un très beau jeune homme qui joue de la\nflûte ; les Hindous ont encore aujourd'hui une flûte d'espèce particulière qu'ils\nregardent comme l'instrument préféré de Krishna. En outre, une de leurs divi-\nnités, Genesa, le dieu de la sagesse, tient entre ses mains une tamboura, sorte\nde luth au col allongé.\nEn Chine, nous trouvons une tradition suivant laquelle la gamme est due à un\noiseau merveilleux nommé Foung-hoang, lequel semble avoir été une sorte de\nphénix. Pour l'invention des instruments de musique, les Chinois possèdent\ndiverses traditions : l'une d'elles nous dit que l'origine de certains instruments,\nparmi les plus usuels, remonte à l'époque oû la Chine était gouvernée par des\nesprits célestes, nommés les Ki ; une autre attribue l'invention de plusieurs\ninstruments à cordes au grand Fohi, nommé « le Fils du Ciel », qui fut, à ce que\nl'on dit, le fondateur de 1 empire chinois, et dont on place l'existence environ\n3.000 ans avant Jésus-Christ, c'est-à-dire longtemps après la domination des\nKi, ou Esprits. Une autre tradition prétend que les principaux instruments de\nmusique chinois et que l'arrangement raisonné des sons viennent d'une femme\nsurnaturelle, vierge et mère, Ninva, qui vivait au temps de Fohi. Lorsque le\ngrand philosophe chinois Confucius entendait une musique sublime, il entrait\ndans une extase telle que, pendant trois mois, il pouvait se passer de nourri-\nture ; la musique qui avait un pouvoir aussi merveilleux était celle de Konei,\nOrphée chinois, qui, jouant du King, espèce d'harmonica fait avec d s plaques\nde pierre sonore, attirait autour de lui les bêtes sauvages, et les rendait\nesclaves de sa volonté. —Je ne reviens pas sur les Japonais, dont nous avons\nparlé.\nLes Kalmuks voisins de la mer Caspienne adorent une divinité bienfaisante,\nappelée Maidari, et représentée comme un homme à l'aspectplutôt jovial, avec\nune moustache et une impériale, jouant d'un instrument à trois cordes qui res-\nsemble quelque peu à la balalaïka russe.\nPresque toutes ces vieilles traditions se retrouvent chez les nations euro-\npéennes, quoique plus ou moins modifiées.\nOdin, le principal dieu des anciens Scandinaves, était 1 inventeur des chants\nmagiques et de l'écriture runique.\nDans la mythologie finnoise, le divin Vaïnamoïnen passe poui avoir construit\nla harpe à cinq cordes appelée kantele, vieil instrument national des Finnois. Il\nen fabriqua la charpente avec les arêtes du brochet ; et les dents du brochet"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "361", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.13", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nfurent les chevilles qui servent à accorder l'instrument; les cordes furent faites\navec les crins de la queue d'un cheval fougueux. Lorsque sa harpe tomba dans\nla mer et fut perdue, il en fit une autre dont la charpente était en bois de bou-\nleau : les chevilles étaient tirées des branches du chêne; et les cordes étaient les\ncheveux soyeux d'une jeune fille Vaïnamoïnen prit alors sa harpe, s'assit sur une\nbutte près d'un ruisseau, et joua avec une telle puissance qu'il plongeait dans\nl'extase tous ceux qui venaient à portée de sa musique : hommes et animaux\nécoutaient, ravis ; les bêtes les plus sauvages des forêts n'avaient plus leur féro-\ncité ; les oiseaux des airs étaient attirés vers lui; les poissons montaient à la\nsurface de l'eau et demeuraient immobiles ; comme dit un de nos poèmes épiques\ndu xviie siècle,\nLes arbres prenaient part eux-mêmes à la fête ;\nNe le pouvant du pied, ils dansaient de la tête!\nle ruisseau retenait son cours et le vent son haleine ; l'écho moqueur lui-même\ns'approcha furtivement pour écouter avec la plus grande attention ces sons\ncélestes. Bientôt les femmes, les vieillards et les enfants se mirent aussi à san-\ngloter d'émotion voluptueuse : puis les filles, puis les jeunes hommes, tous.\nEnfin Vaïnamoïnen pleura lui aussi, et les grosses larmes qui coulant sur sa\nbarbe roulèrent dans l'eau, devinrent les belles perles qui sont au fond de la mer.\n(A suivre.)\n\nPublications nouvelles.\n\nDr PETER WAGNER. Le secret des Neumes;\nPaléographie du chant grégorien,\navec un grand nombre de fac-similés de\nmanuscrits du moyen âge. Fribourg en\nSuisse, librairie de l'Université (O.\nGschwend), grand in-8° de XVI et 356 p.,\n12 fr. 50.\n\nCet ouvrage,remarquable à la\nfois par sa forme, sa doctrine, l'abondance\ndes sources et des références, est le plus\ncomplet qui ait été écrit sur la question\ndepuis vingt ans.\nLe mot « neume » apparaît à nombre de personnes comme environné d'un\nsens mystérieux : il est comme l'expression de je ne sais quel arcane nébuleux\nde la musique.\nLe monsieur qui connaît les neumes est à certains égards le Persan du\nxvne siècle : « Ah ! Monsieur, vous lisez les neumes ! Comment peut-on être\nneumatisant ? »\nCependant, depuis les travaux gigantesques de dépouillement et de confronta-\ntion des manuscrits médiévaux accomplis par Dom Pothier et ses disciples, la\nclarté s'est faite ; des ouvrages de vulgarisation scientifique (tel celui de notre"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "362", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.14", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\ndirecteur M. J. Combarieu (i), ont ouvert les yeux de beaucoup. On a trans-\ncrit ces neumes mystérieux, on les chante, on en répand la science de tous\ncôtés. Malgré cela, la question est encore fréquemment posée : « Qu'est-ce donc\nqu'un neume ? »\nCe terme est celui dont on se sert couramment depuis le ixe siècle ou le xe pour\ndésigner les signes de la notation usuelle de ce temps, connue sous le nom de\nnota ou nota romana.\nCette notation romaine, celle de l'antiphonaire grégorien, est une sorte de mé-\nmorandum, un dessin de la mélodie apprise à l'école de chant mélodie que les\nmaîtres enseignaient au moyen du monocorde.\nLa nota n'indique point le son lui-même, mais sa hauteur relative vis-à-vis des\nsons voisins ou de l'échelle tonale. L'accent aigu, l'accent grave, le point, sont\nles éléments de cette notation. Elle dit simplement : ici il faut monter, là il faut\ndescendre.\nLe fait même que la note aiguë s'indique par un accent aigu, et que très sou-\nvent l'une et l'autre correspondent à l'accent tonique, recule bien loin l'origine\nde cette notation, à une époque historique où l'accent latin, tout en ayant la force\nqu'on lui connaît, avait pris de l'accent grec la hauteur tonale, plus élevée que\ncelle des autres syllabes De fait, c'est ce qui se produit dans les compositions\ngréco-romaines des premiers siècles de notre ère, comme les odes de Mésomède ;\nle grammairien Censorin, au 111 e siècle, mentionne l'utilité musicale des accents,\net un anonyme en cite formellement l'emploi pour désigner les sons des tuyaux\nde l'orgue : habes organum ex diversis fistulis... aptatum quibusdam accentibus,\ngravi, acuto et circumflexo.\nOn a voulu voir dans les neumes les combinaisons de musique mesurée les\nplus folles et les plus extravagantes : l'un, parce que le rythme antique ne le\nsatisfait pas; un autre, parce que si les auteurs de ces chants avaient vécu de\nnotre temps, ils auraient autrement rythmé leurs mélodies ; un troisième, parce\nqu'il est fait mention dans les vieux auteurs, de chants métriques (sans s'aperce-\nvoir que ce terme n'a qu'un rapport apparent avec mesuré),\nLa doctrine traditionnelle qui fait dériver les neumes des accents (,aigu, grave,\ncirconflexe), vient d'être pleinement confirmée par les faits ; la découverte et la\npublication, par le Dr Wagner, du plus ancien écrit didactique sur les neumes,\ndans le manuscrit latin Palatin 235 de la Bibliothèque du Vatican [op. cit.,\n214 ss.)\nEt comme si cette confirmation de l'enseignement traditionnel amenait en\nmême temps la réfutation des doctrines opposées, il se trouve que ce traité a été\nécrit pour l'école de Saint-Gall, dont précisément la notation neumatique, avec\nses signes spéciaux, servait d'appui aux fantaisies les plus fausses, désormais\nprivées de l'obscurité qui était leur meilleur appui.\nOn me permettra de citer ici deux textes, d'une grande importance pour la\nrythmique musicale grégorienne, et qui, ce me semble, n'ont point encore été\nallégués, au moins avec les conclusions qu'ils imposent.\nLe premier de ces textes fait partie des Regesta du roi goth Théodoric, au début\ndu vie siècle; et c'est peut-être Cassiodore qui a tenu la plume : Naturalis autem\n\n(1) Essai sur l'archéologie musicale au XIXe siècle et le problème de Vorigine des neumes (Paris,\nA. Picard, 1897)."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "363", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.15", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nrythmas animatce voci cognoscitur attributus : qui tune pulchre melos custodit, si\napte taceat, congruenter loquatur, et PER ACCENTUS VIAM MUSICIS PEDIBUS compo-\nsita voce gradiatur ; c'est-à-dire : « c'est à la voix animée, on le sait, que le\nrythme naturel est attribué ; il observe la mélodie dans sa pureté, s'il se tait\nà propos et parle quand il convient, et si, PAR L'ACCENT, la voix bien ordon-\nnée s'avance dans la voie des pieds musicaux. » (Edition de 1679, page 38 ;\nPatrologie latine, LXIX, C. 570.)\nLe second texte est une réflexion d'un étudiant anglais à Rome, au vne siècle,\nAldhelm, dans une de ses lettres à un ami d'Angleterre :il se plaint d'être obligé\nd'apprendre « centena scilicet metrorum généra pedestri régula discernere, et AD-\nMISTA CANTILENVE MODULAMINA recto syllabarum tramite lustrare. Cujus rei studiosis\nlectoribus tanto inextricabilior obscuritas prœtenditur, quanto rarior doctorum\nnumerositas reperitur : « discerner DANS LA PROSE des centaines d'espèces de mè-\ntres, et en trouver l'application, par le droit chemin des syllabes, DANS LES MÉLAN-\nGES des modulations du chant. La chose paraît aux étudiants studieux d'une\nobscurité aussi impénétrable, qu'est rare le nombre de ceux qui s'en sont rendus\nmaîtres. » (Epist. IV, Patr. Lat., LXXXIX.)\n\nAMÉDÉE GASTOUÉ.\n\nTH. DUREAU: Cours théorique et pratique dé instrumentation et dé orchestration,\nIer vol. (chez A. Leduc, 8 fr.).\nS.\nCe premier volume est consacré à l'étude\ndes instruments, que M. Dureau décrit en détail, avec autant de compétence que\nd'autorité. Nous sommes heureux de voir que l'auteur définit l'orchestre\nd 1 « Harmonie » comme la sous-commission du Congrès de Paris, à l'Exposi-\ntion de 1900 (composée de MM. Vincent d'lndy, Dureau, colonel Baudot,\nPares) : i° Instruments à souffle et anches doubles : petite flûte en , gran-\ndes flûtes en ut, hautbois en ut, cor anglais en fa (*), bassons en ut, saruso-\nphone contrebasse en mi ou fa (*) ;20 Instruments en bois à anches simples :\npetite clarinette en mi ou fa, grandes clarinettes en si ou ut, clarinette alto\nen mify ou fa, clarinette basse en si\\> ou ut ; 30 Instruments en cuivre à anches\nsimples (saxophones) : saxophone soprano en si {7 ou ut, saxophone alto en mi [7\nou Ja, saxophone ténor en si {7 ou ut, saxophone baryton en mi ou fa, saxo-\nphone basse en si ou ut ;40 Instruments en cuivre à embouchure et à sons\nclairs : trompettes en mi ou fa, cornets à pistons en si ou ut, cors en mi h, ou\nfa, trombone alto en mi ou fa (*), trombone ténor en ut, trombone basse en\nfa (*) ; 50 Instruments en cuivre à embouchure et à sons doux : petit bugle\n(soprano) en mi ou fa, bugles (contraltos) en si 9ou ut, altos (saxhorns) en mi\nou fa, barytons (saxhorns Ken si '9 ou ut, barytons (saxhorns) en si ou ut, basses en\nsi ou ut, contrebasse en mi y, ou fa, contrebasse en si ou ut, contrebasse à cor-\ndes ; 6° Instruments à percussion : timbales (une paire), triangles et accessoires.\nQuand les instruments dits « transpositeurs » seront-ils ramenés, dans la pra-\ntique, aux seuls tons d ut et de fa ? Les compositeurs qui désirent la vulgarisa-\ntion de leurs œuvres auraient le plus grand intérêt à insister pour que l'écriture\nde la partition d 1 harmonie soit la même que celle de la partition d'orchestre sym-\nphonique. —L'excellent ouvrage de M. Dureau n'intéresse pas seulement tous\nles chefs, mais les jeunes musiciens, et tous ceux qui veulent se rendre compte.\n(*) Facultatif."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.16", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nJOHANNES WOLF: Histoire de la notation mesurée, de 1250 à 1460, 2e partie,\ncontenant les textes musicaux du XIIIe au XVe siècle (I vol. in-8°, 150 p. de musique,\nLeipzig, Breitkopf).\nA. L.\nCette publication, qui complète brillamment les\ntravaux de M. Wolf, offre des matériaux de travail à tous ceux qui, pour étu-\ndier la notation mesurée, n'ont pas le loisir ou les moyens de se transporter dans\nles bibliothèques de l'Europe. L'ouvrage ne comprend pas moins de 78 pièces,\ndont 29 sont tirées des manuscrits de la Bibliothèque Nationale de Paris ;il y\nen a 17 de Guillaume de Machaut, et un assez grand nombre emprunté au Ro-\nman de Fauvel. Il faut en ajouter une, tirée de Montpellier (motet de Petrus de\nCruce) et 2de Chantilly (Guido, J. Cunelier). M. Wolf a transcrit 20 pièces de la\nLaurentienne de Florence ; 7 du Liceo de Bologne; 5 de Modène; 3 de Vienne,\n3 du British Muséum ;2 de Munich, 2de Padoue,2 de la Vaticane. Ce recueil est\nun excellent instrument de travail. Les notes critiques - sont très peu nom-\nbreuses.\n\nWALTER NIEMANN: Musique et musiciens du XIXe siècle, jusqu'au temps pré-\nsent, en 20 tableaux de couleur (Leipzig, chez Senff, in-4°).\nS.\nEn matière\nd'histoire musicale, les Allemands ont cultivé tous les genres. Avec les ouvrages\nd'ampleur considérable, illustrés ou non, ils ont des manuels, des catéchismes,\nenfin des « tableaux synoptiques » ; Czerny (en 1851), Bohme (1890), Par\n(1903) ont donné des spécimens de cette dernière sorte d'ouvrage qui n'est pas\nsans utilité. M. Niemann s'est ingénié, par une claire disposition du texte, par\nl'emploi judicieux des couleurs et des signes, à présenter un ensemble méthodi-\nque du xixe sièclemusical en Europe. Il prend comme point de départ les grandes\nécoles, sans négliger les influences étrangères, et s'efforce de n'oublier personne.\nL'importance de chaque nom est indiquée par la grosseur des lettres, et une date\n(ou deux) les accompagne. Les indications en flèche du côté gauche marquent\nl'influence d'un compositeur ou d'une école sur le musicien désigné immédiate-\nment à côté, ainsi que sur tous ceux dont les noms sont au-dessus ; les indications\nen flèche du côté droit, marquent les influences limitées à un seul compositeur\n(l'usage de ces signes est indiqué dans une courte préface écrite en allemand,\nfrançais, anglais, italien, hollandais). On peut ainsi avoir en très peu de temps\ndes idées d'ensemble, avec des notions précises (et des titres d'oeuvres) sur tous\nles pays. Mais ces dispositions résultent souvent de jugements contestables.\nPour la France, C. Franck n'est pas en plus gros caractères (pour le théâtre)\nque H. Reber et Maillart ; et la série de nos musiciens ayant subi l'influence de\nWagner commence ainsi : Th. Dubois, G. Bizet, Vict. de Jo'ncières, Bourgeault-\nDucoudray (sic), etc... Il y aurait beaucoup à dire sur la plupart de ces tableaux.\n\nL.-A BOURGAULT-DUCOUDRAY : Esquisses d'après nature (A saint Herbot,\nDanse rustique, Dans la lande, —En chasse Contemplation sidérale), recueil\npour piano (chez A. Leduc). —Nous nous bornons aujourd'hui à annoncer cette\ntrès belle publication, sur laquelle nous reviendrons prochainement."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "365", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.17", "texte": "LES CARACTÈRES DE LA DANSE\nR. M.\n27\n\nLes Caractères de la Danse.\n\n[Fin.)\nChose curieuse, ce n'est pas à l'Opéra que nous les retrouvons,\nmais... àla Comédie-Française! Une nièce de MllO Duclos, âgée de neuf\nans et demi, « la petite Lolotte Cammasse », y a débuté le 14 avril « dans\nun pot-pourry de danses contrefaisant Caractères de la danse », et\ntout Paris s'est pris d'enthousiasme pour ce nouveau petit prodige.\n« Il y a dix ans, écrivent les nouvellistes le 20 avril, que le spectacle\nn'a été si brillant ni si remply qu'il le fut hier à la Comédie-Fran-\nçoise, quoy qu'on aye renvoyé quasy autant de monde faute de place.\nLa petite danseuse a beaucoup contribué à attirer cette foule, aussy\na-t-elle charmé tous les spectateurs. M\"es Sallé et Mariette y estoient,\nqui en ont été surprises et enchantées, et qui l'ont accablée de caresses\ndans le foyer, après la pièce ».\nLe divertissement qu'elle dansait à la fin de la petite comédie du Fat\npuni (1) comprenait surtout, nous apprend le , « un morceau\nde symphonie où tous les mouvemens et les divers caractères de la\ndanse sont exprimés : d'abord par un air de sarabande, de bourée et\nde menuet', ensuite de chaconne,de , de de ,\nde musette, et cela finit par un nouveau tambourin ».\nEt tout cela est charmant, sauf en un point : à savoir que ces Carac-\ntères de la danse ne sont plus ceux de Jean-Ferry Rebel, et que « la\nmusique du divertissement est l'œuvre de Grandval le père dont per-\nsonne n'ignore les grands talens ».\nGrandval le père renchérit encore l'année suivante, et quand la petite\nLolotte Cammasse vient de nouveau danser à la Comédie-Française, il\nJ /\ncompose pour elle le divertissement du Triple mariage (2), que le\nMercure du mois d'avril analyse tout au long. La page est à citer :\n« Son entrée commença par une marche simple et noble, laquelle\npourroit servir de modèle sur les mouvemens et la dignité avec laquelle\non doit marcher et ouvrir les bras au théâtre ', le second air est\nune espèce de sonattoet alegrod'un mouvement gai, où l'on voit l'en-\nthousiasme d'une danseuse qui forme des pas et des attitudes sur un\nair qui lui fait plaisir et qui l'anime ; - viennent deux ,\ndansés dans le caractère d'une jeune personne devant son maître, qui\nlui montre à lever les bras pour donner la main gracieusement 5-— suit\nune gavotte : c'est une idée de la simplicité et de l'enjouement des\ndanses les plus ordinaires des bals ; dans le cinquième air, l'ai-\n\n(1) Le Fat puni, comédie en un acte et en prose de Pont-de-Veyle, représentée\npour la première fois le 14 avril 1738.\n(2) C'était une reprise. La comédie de Néricault-Destouches avait été donnée pour\nla première fois le 7 juillet 1716."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "366", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.18", "texte": "LES CARACTÈRES DE LA DANSE\n\nmable enfant peint les grâces naïves d'une bergère qui danse au\nson de la musette de son berger ; dans la chacùnne à deux mouve-\nmens qui suit, elle imite le grand caractère de danse noble, gràcieux et\nimposant, et tel qu'on l'admire dans l'illustre Dupré à l'Opéra ;\nle septième air de violon est une tempête dans laquelle la danseuse\nexprime la-crainte et l'épouvante de l'orage et de la foudre qui\ngronde ; à quoi succède un espoir flatteur, et, par une transition et\nune gradation admirable, de la plus grande agitation elle passe dans\nun état tranquille ; dans le neuvième air, les violons imitent le\nchant des oiseaux qui, écartés par la tempête, reviennent en célébrer\nla fin ; les pas, les divers mouvemens et les yeux expriment très bien\nle plaisir que lui fait leur ramage, et, transportée par l'aproche des\noiseaux, elle court à pas précipités à diverses reprises pour en attraper ;\nelle est interrompue par un air de vielle, puis par un autre de bas-\nsons, et termine par deux tambourins d'un mouvement très gai et très\nvif dont les pas sont de la composition de l'aimable danseuse.\n«Elle a dansé cette suite d'airs, composée de 244 mesures, tout d'une\nhaleine et partout avec la même fermeté, les mêmes grâces, la même\npropreté et le même degré de justesse i> (1).\nEt voilà ce qu'était devenu, en 1739, le divertissement-pantomime\ncréé vers 1720 sur la musique de Rebel le père : une sorte de pot-pourri\nconfus, dont les éléments disparates ont été empruntés de-ci de-là et\ntant bien que mal soudés les uns aux autres. Tel air rappelle le diver-\ntissement primitif imaginé par Mlle Prévost ; tel autre, tout de virtuo-\nsité, éveille le souvenir du temps où M\"e Camargo le dansait ; un autre\nenfin, celui de la tempête, fait songer à certain passage de la Terpsi-\nchore de Htendel, où MUe Sallé avait à représenter la rapidité des vents.\nEn vérité, c'est bien là la meilleure synthèse de toute cette histoire, et\nM\"e Lolotte Cammasse ne s'en est pas doutée !\nIl faut regretter seulement que la musique de Grandval soit per-\ndue (2), car elle devait sans doute pareillement... synthétiser c'est\nun euphémisme les compositions antérieures, et il eût été curieux\nde l'examiner à ce titre.\nCe qu'il y a de certain, c'est que la composition nouvelle acheva de\nfaire oublier l'ancienne. De temps à autre, pour des spectacles coupés,\n\n(1) Il faut remarquer qu'il y eut deux compositions de Grandval bien distinctes :\nMUe Lolotte Gammasse, en effet, créa celle qui est analysée ici, à la fin du Triple\nmariage (7 avril 1739), et quelques jours après, le 29 avril, elle dansa dans le divertis-\nsement des Vendanges de Suresnes « les mêmes Caractères de la danse de l'année\ndernière [1738] » (Mercure d'avril 1739).\n(2) Le très curieux recueil de musique gravée conservé à la Comédie-Française\nne contient, comme son titre l'indique, que les airs des vaudevilles (Recueil complet\nde vaudevilles et airs choisis qui ont été chantés à la Comédie-Françoise depuis L'an-\nnée i6sg jusqu'à Cannée présente iys3)."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.19", "texte": "INFORMATIONS\n\nRebel fils empruntera bien quelques airs à la « fantaisie » de son\npère (1), et Mlle Camargo, rentrée en 1740, après être restée cinq ans\néloignée du théâtre, aura la curiosité de reprendre, le 3 mai 1746, son\nsuccès d'antan ; mais ce seront là des cas tout isolés, et désormais,\nquand une danseuse débutera, comme Mlle Lany cadette àla Foire\nSaint-Laurent de 1748, on prendra soin de nous dire qu'elle danse\n« les NOUVEAUX Caractères de la danse » (2).\nEt ceci marque la fin de cette étude (3).\n\nÉMILE DACIER\n\nActes officiels et informations.\n\nPrix de Rome.— C'est lundi, 19 juin dernier, àlO heures du matin, en pré-\nsence de M. Dumonthier, sous-chef du bureau des théâtres, représentant l'ad-\nministration des Beaux-Arts, que s'est effectuée la sortie de loge, au palais de\nCompiègne, des candidats au concours définitif pour le grand prix de compo-\nsition musicale. Le tirage au sort pour l'exécution des cantates aeu lieu le 22\njuin dernier au sous-secrétariat des Beaux-Arts. Le jugement préparatoire a\nété rendu au Conservatoire le vendredi 3o du même mois, à midi. C'est enfin le\nier juillet courant à midi que sera prononcé à l'lnstitut le jugement définitif.\nRappelons que les six concurrents qui se disputent le grand prix sont par ordre\nde classement aux épreuves du concours d essai : MM. Dumas, Rousseau,\nGaubert, Motte-Lacroix, Gallois et Estyle.\n\nConservatoire. Ainsi que nous Pavons annoncé dans notre dernier nu-\nméro, M. Gabriel Fauré, inspecteur de l'Enseignement musical, professeur cle\n\n(1) Par exemple, le menuet, qui est dansé àla Cour, le 22 juin 1740 (Mercure,\njuillet 1740).\n(2) On ne le dit pas toujours. Par exemple, à propos de Mlle Puvigné, qui a débuté\nen 1743 à Page de 7 ans, le Mercure de juillet 1744 dit que la danseuse a exécuté\n« quelques jours auparavant sur le même théâtre les Caractères de la danse avec\ntoute la précision et la vivacité possibles et fort au-dessus de son âge ». Mais\nMlle Puvigné dansait, à la Foire Saint-Laurent, sur le même théâtre de POpéra-Co-\nmique que Mlle Lany : il est donc à présumer qu'il s'agit ici de l'œuvre de Grandval.\nMlle Mimi Dallemand danse les Caractères à l'Opéra, les 9 et 14 mars 1789, sans\nqu'on nous dise de quelle œuvre il s'agit. Aucune indication non plus pour\nMlle Cochois, qui les danse le 3i octobre 1741 (Mercure de novembre), quelques mois\naprès ses débuts à l'Opéra.\n(3) Indiquons, en terminant, les sources principales de ce travail.\nPour les documents imprimés, on a vu qu'il avait été souvent fait usage du Mer-\ncure de France, et les dates des citations ont été données dans le texte ; pour le\nséjour de Mlle Sallé en Angleterre, il faut citer les journaux du temps, notamment\nle Daily Advertiser, dont le British Muséum possède une collection malheureuse-\nment incomplète, et où l'on trouve sommairement indiquées les annonces de spec-\ntacles.\nLes quelques documents manuscrits utilisés ont été empruntés à des Nouvelles à la\nmain inédites, et en particulier à celles que garde la bibliothèque Lepelletier de\nSaint-Fargeau (Ms. 26700)."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "368", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\ncomposition musicale au Conservatoire national de musique et de déclamation,\nest nommé, pour 5 années consécutives, directeur de cet établissement, en rem-\nplacement de M. Th. Dubois, admis à la retraite.\nCe décret aura son effet à dater du ieP octobre prochain,\nM. Théodore Dubois, directeur du Conservatoire national de musique et de\ndéclamation, admis sur sa demande à faire valoir ses droits à la retraite, est\nnommé directeur honoraire à dater du ier octobre prochain.\nCONSEIL SUPÉRIEUR D'ENSEIGNEMENT. Suivant les prescriptions du décret du\n5 mai 1896, le Conseil supérieur d'enseignement du Conservatoire national de\nmusique et de déclamation (section des études musicales), dans sa séance du\n14 juin dernier, a formé, en vue de la nomination d'un professeur de la classe\nde clarinette, en remplacement de M. Turban, décédé, la liste suivante de candi-\ndats qui a été présentée au choix de M. le Ministre :\nEn ire ligne M. Mimart\nEn 2e ligne M. Lefebvre.\nLe Conseil, à l'unanimité, a décidé qu'il n'y avait pas lieu d'accueillir les\ndemandes présentées par Mme Ritter Ciampi et par M. Sujol en vue d'obtenir la\ncréation de classes préparatoires de chant au Conservatoire national.\nLes vœux suivants ont été ensuite adoptés :\n10 Les concours d'admission aux classes de violon comporteront à l'avenir deux\népreuves, la première éliminatoire, la seconde définitive. Il sera procédé pour\nces concours dans les formes adoptées pour les concours d'admission aux classes\nde piano ;\n20 Ala suite de chacun des concours d'admission, le jury pourra être invité\nà émettre un vote spécial pour décider s'il y a lieu de désigner un certain nom-\nbre d'aspirants qui, par ordre de mérite, seraient appelés à remplacer, dans leurs\nclasses, les élèves admis qui viendraient à démissionner avant le 31 décembre.\nCette désignation, quand elle n'aura pas été suivie de l'entrée effective,\ncomme élève, de l'aspirant qui en aura été l'objet, ne créera à ce dernier aucun\ntitre pour les concours d'admission des années suivantes.\nAprès la séance, les membres de la section des études musicales, remerciant\nM. le Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts des bienveillantes dispositions dont\nil est animé à leur égard, ont émis le vœu que l'attention des pouvoirs publics\nfût attirée sur l'impossibilité d'assurer l'avancement normal du personnel en-\nseignant en raison, d'une part, de l'insuffisance des crédits budgétaires, et,\nd'autre part, de la suppression, par suite des dispositions inscrites à l'art. 18 de\nla loi de finances de 1904, des limites d'âge qui permettaient les mises à la\nretraite des professeurs.\nSont admis à prendre part aux concours publics qui auront lieu à l'Opéra-\nComique, à partir du 17 juillet, les élèves dont les noms suivent :\nPour le chant :\nClasse de M. Warot : MM. Corpait, Engels, Ziégler, Gilles, Mlles Lassalle,\nMirai, Lamare. Classe de M. Duvernoy : MM. Balclous, Meurisse, Mlles Al-\nlard, Bailac. Classe de M. Masson :MM Pérol, Lucazeau, Mlles Gozate-\ngui, Mancini, Alice Comès, Lapeyrette. Classe de M. Dubulle: MM. Geor-\nges Petit, Sarraillé, Cazaux, Nansen, Mlles Mathieu, Delimoges. Classe de"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "369", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nM. de Martini : MM. Eymond, Payan, Carbelly, Mlles Chenal, Delalozière, Ker-\njean. Classe de Mme Rose Caron : MM. Dupouy, Francell, Mlles Jane Bloch,\nVieu, Madesky. Classe de M. Manoury ;M. Donnier, Mlle Dupré. —Classe\nde M. Lassalle : xMM. Torrent, Clamer, Vœurs, Mlles Ennerie, Tasso, Faye.\nPour l'opéra comique :\nClasse de M. Isnardon : MM Lucazeau, Payan, Georges Petit, Francell ;\nMllesLamare, Delimoges. Jane Bloch, Mirai. —Classe de M. Bertin :MM. Donnier,\nSaraillé, Nansen, Cazeaux, Mlles Lassalle, Ennerie, Tasso, Mathieu, Alice Comès.\nPour l'opéra :\nClasse de M. Melchissédec : MM. Corpait, Meurisse. Lucazeau, Carbelli,\nMlles Mancini, Chenal, Delalozière. Classe de M. Lhérie : MM. Dupouy,\nZiégler, Pérol, Georges Petit, Mlles Lamare, Lapeyrette, Bailac.\nM. Pedro Traversari, sous-directeur du Conservatoire national de Quito,\na été officiellement chargé par le gouvernement de la République de l'Equa-\nteur, d'étudier l'organisation du Conservatoire de musique de Paris.\nToutes facilités seront accordées par le Ministère des Beaux-Arts à M. Tra-\nversari pour l'accomplissement de sa mission.\n\nEXAMENS TRIMESTRIELS. Le 24 juin, ont eu lieu les examens trimestriels, de-\nvant les parents des élèves et un jury de professeurs présidé par le Directeur\n(y prennent part les élèves ayant obtenu un prix ou un accessit les années pré-\ncédentes). L'épreuve ne donne lieu ni à des notes ni à un classement ; aux classes\nd'instruments, on forme avant tout des solistes, et 1 objectif des études est le\nprix de fin d'année, qui est le couronnement de la virtuosité individuelle. Le pro-\ngramme est intéressant, parce qu'il indique des tendances générales. Il com-\nprenait les pièces suivantes : allegro et trio en mi du trio de Mozart, avec\nMlles Beuzon et Landry (piano), Bernardi et Sauvaistre (violon), M. Vergnet\n(violoncelle) ; un fragment de la Sonate en la de Hœndel, avec MM. Etlin et\nSpathy ; l'intermezzo du quatuor en sol mineur de Brahms, avec Mlle Lefebvre,\nMxM. de Francmesnil, Etchecopar, Olivier , adagio et gigue d'une Sonate de\nCorelli, avec Mlles Lapié et Augiéras ;le largo et allegro du quintette en mi b de\nBeethoven, avec Mlle Morillon, MM. Victor, Moulin, Blot, Charpin (hautbois,\nclarinette, cor et basson) ; le finale de la deuxième Sonate de Schumann, avec\nM. Dorival et Mlle Baudot (violon) ; l'allégro, transcrit pour alto, de la Sonate\nen mi de J.-S. Bach, avec Mlle Coudart ; l'allégro, le largo et le finale du trio en\nré de Beethoven, avec Mlles Leson et Vizentini, M. Dupré, —Mlles Pierre et Dau-\nmain, M. Cantrelle,— MM. Pelet, Ruigeisen, Séan; l'allégro du quintette à\ncordes de Mozart, avec MM. Bittar, Maçon, Jurgenson, Doucet... ,le quintette de\nSchumann, avec (successivement) MM. Boscoff et Dumesnil, Mlles Aussenac et\nArnaud pour le piano ; Mlles Billard, Spathy, Augiéras, Daumain, Morlange,\nCantrelle, Sauvaistre, M. Matignon, pour le violon ; Mlle Lefebvre, MM. Rous-\nseau, Lefranc, Jurgenson pour l'alto ; MM. Pelet, Rosoor, Séau, Vergnet pour\nle violoncelle ; 1 allegro du quintette avec hautbois de Th. Dubois, avec Mlle Ch.\nLamy ( ier prix de piano), MM. Bastide, Maçon, Ringeisen et Rouzené ;la Sonate\nen la mineur de Schumann, avec, successivement, Mlles Willemin. de Laulerie et\nVendeur (piano), Mlles Julien et Lapié, M. Bastide (violon) ; l'allégro du trio en\nla mineur de Lalo, avec Mlle Kastler pour le piano, M. Bittar, M. Séan ; bandante\nde la Sonate pour alto de Rubinstein, avec M. Lefranc et Mlle Weil (piano); l'in-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "370", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\ntroduction et l'allégro de la 2e Sonate en sol de Grieg. avec Mlle Weiss (ier prix\nde piano) et M Saury (violon) ; le nocturne et le finale de la Sonate en ré de\nMendelssohn, avec, successivement, Mlles Lefebvre et Léon pour le piano,\nMM. Doucet et Rosoor pour le violoncelle ; le menuet et le thème varié de la\nSonate en i;é de Beethoven, avec Mlles Julien et Billard (piano) ; Mlle Coudart et\nM. Rousseau (alto) ;le largo à 2 violons de J-S. Bach, avec Mlle Vendeur (piano),\nMUe Morhange et M. Matignon; l'allégro du 2e trio de Saint-Saëns, avec Mlle Ant.\nLamy, MM. Saury et Doucet.\n\nOpéra et Opéra-Comique. Nous renvoyons à notre prochain numéro, faute\nde place, le tableau des recettes effectuées du 20 mai au 19 juin. A l'Opéra, les\ndeux recettes les plus élevées ont été celles de Faust (22,172 fr. 41), et Armide\n(22,068 fr. 41) ; à l Opêra-Comique, celles de Chérubin et du Roi d'Ys ont dé-\npassé 9,000 fr.\n\nMetzys. Chez M. L. Mors, en son théâtre privé, le 15 juin, nous avons eu\nl'agréable surprise d'entendre Metzys, comédie lyrique en trois actes de MM. C.\nGirard pour la musique et R. Meyer pour les paroles. Cette œuvre fort intéres-\nsante expose les débuts de Metzys, qui, de forgeron, se fait peintre par amour et\ndevient bientôt l'égal de Memling.\nSujet délicat et charmant, évoquant les inoubliables souvenirs d'Anvers et de\nBruges, et auquel une mise en scène extrêmement soignée donnait un cadre\ntrès approprié, dans un théâtre qui est lui-même une exquise œuvre d'art. Un\npublic select en a fort goûté le mouvement, la grâce pittoresque et la valeur mé-\nlodique. Parmi les 43 interprètes plusieurs venaient de l'Opéra-Comique et de\nl'Opéra ; les chœurs se composaient, avec un certain nombre d'amateurs, d'élèves\nde M. Manoury et du Conservatoire. Il faut citer particulièrement Mlle Margue-\nrite Louvet (Edwige), iMme Rozel d'Arzac (l'apprenti Otto ,M. Georges Laver\n(Metzys), qui est un ténor des plus agréables, M. Servant (van Tuylt), M. G.\nPetit (Memling).\nLa critique la plus exigeante n'eût pas relevé le moindre accroc dans cette\nreprésentation élégante et brillante. M. Mors sert magnifiquement la cause de\nl'art en montant lui-même avec le plus grand soin l'œuvre d'un compositeur de\ntalent à qui les circonstances n'ont pas permis d'être joué sur une scène offi-\ncielle !\n\nFête des écoles. Le dimanche 18 juin, au Pré Catelan ( Théâtre de Verdurey\nla Fête des Ecoles, de Paris, donnée par la municipalité, a été fort réussie. Nous\navons eu, une fois de plus, l'occasion d'y entendre les excellents chœurs d'en-\nfants organisés et dirigés parM. Chapuis, inspecteur.\n\nÉcole Niedermeyer. Pour célébrer le quarantenaire de l'Administration et\nde l'enseignement de son Directeur, M Lefebvre, l'Ecole Niedermeyer vient de\ndonner une fête brillante à laquelle ont pris part les anciens élèves de la maison\nqui (à commencer par M. Fauré) sont aujourd'hui des compositeurs renommés.\n\nM. Guilmant. —Le 22 juin, M. A. Guilmant a donné chez lui, à Meudon (sur\ninvitations personnelles), une très belle séance d'orgue, avec le concours de\nMme Maurice Gallet et de M. Daniel Hermann.\n\nBoulogne-sur-Mer. La Commission municipale des Fêtes organise cette\nannée, pour remplacer son festival permanent, des concerts pour 1 exécution des-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nquels elle fait appel aux musiques et harmonies de division supérieure et d'ex-\ncellence.\nUne allocation très importante (500 fr., croyons nous) sera accordée pour\nchaque concert. Nous avisons les sociétés intéressées que leurs offres doivent\nêtre adressées, le plus rapidement possible, à M. le Président de la Commission\nmunicipale des Fêtes, mairie de Boulogne-sur-Mer. Elles devront faire connaître\nle nombre des exécutants, la date possible du concert et la composition du pro-\ngramme.\n\n« L'Art pour tous». L'Administration des Beaux-Arts a tenu aussi à en-\ncourager les concerts populaires de « 1 Art pour tous » en allouant à cette asso-\nciation une subvention de 1800 francs. Ces concerts, dirigés par M. Louis Lumet,\nont été inaugurés au mois de janvier de l'année dernière par M. Chaumié. Po-\npulaires par le prix des places, qui va de o fr. 50 à 2 francs, et par les entrées\ngratuites accordées aux élèves des écoles, ils permettent de faire entendre de\nbelles œuvres musicales, classiques et modernes. Depuis 1904 ils ont pris une\nextension considérable et se transporteront pendant cet été dans la banlieue pa-\nrisienne, dont la population est privée de toute récréation artistique.\n\nSociété Sainte-Cécile de Bordeaux. Cette société se maintient à un niveau\nartistique très élevé Les programmes, toujours plus variés et intéressants,\ntémoignent d'un effort soutenu et couronné de succès , grâce surtout à\n1 habile et énergique direction de M. Pennequin.Depuis 1903, cette société a pu\ns'adjoindre une section chorale qui lui permet de donner un plus vaste déve-\nloppement à ses programmes, en y introduisant les œuvres importantes qui né-\ncessitent le concours des voix. Heureux de témoigner 1 intérêt qu'il porte à cette\nassociation, M. le ministre des Beaux Arts vient de lui accorder une subvention\nde 3.000 francs\n\nŒuvre de la Chanson française. Cette œuvre, présidée par M. Chebroux,\nréunit aujourd'hui 250 adhérents, et compte parmi ses présidents d'honneur\nMM Roujon, secrétaire perpétuel de l'académie des Beaux-Arts, et Maurice\nBoukay. Elle a pour but d'apprendre aux jeunes ouvrières des chansons\naimables et jolies au lieu des productions déplorables des cafés-concerts. Dé-\nsireuse d'encourager cette initiative, l'administration des Beaux-Arts vient d ac-\ncorder une allocation de 300 francs à cette œuvre, que subventionne également\nla Ville de Paris.\n\nPerpignan.— Par arrêté préfectoral en date du 15 juin dernier, Mlle Elisa\nBorallo est nommée professeur de chant et de déclamation à la succursale du\nConservatoire national, en remplacement de M. Fraixe, décédé.\n\nConcerts de Lille. Par arrêté en date du 17 juin, M. le ministre des Beaux-\nArts a accordé une subvention de 2.500 francs à la Société des concerts popu-\nlaires dirigée par M. Ratez.\nL'emploi de professeur du cours supérieur de piano (élèves-femmes),\nà la succursale du Conservatoire national, est actuellement vacant. Pour tous\nrenseignements, les candidats doivent s'adresser à la municipalité de Lille ou à\nla préfecture du Nord.\n\nAu Covent Garden Royal Opéra, la reprise d^Aïda mérite d'être\nclassée parmi les soirées les plus réussies de la « season » actuelle La troupe\n\nLondres."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19050701-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nd'élite chargée d'interpréter l'œuvre de Verdi comprenait : Mmes Destinn, Kirkby-\nLunn, MM. Garuso, Scotti, Journet. Le troisième acte a été rendu d'une façon\nadmirable ; M. Mancinelli a dirigé l'orchestre avec son brio habituel et contri-\nbué pour une large part au succès général. Le Terry's Theatre a été choisi par\nMme Rejanepour y faire applaudir un répertoire choisi avec le plus grand soin\net qui comprend, entre autres pièces : Mme Sans-Gêne, la Petite Marquise, et la\nrécente pièce à sensation du Gymnase : F Age d'aimer. La grande comédienne est\nacclamée tous les soirs par une assistance nombreuse et des plus choisies.\nMme Sarah Bernhardt, venue à Londrespour troissemaines, a reçu un chaleureux\naccueil au Goronet Theatre, où elle donnait le grand drame de Victor Hugo,\nAngelo, devant une salle comble ; Adrienne Lecouvreur fera aussi partie de la\nsérie des représentations annoncées. Mme Le Bargy a joué avec le grand artiste\nlondonien M. George Alexander, dans une langue étrangère, une version an-\nglaise de Y Adversaire très ingénieusement traduite par M. Harry Melvill. La déli-\ncieuse artiste parisienne— ainsi est-elle dénommée parla presse anglaise s'en\nest tirée à merveille. Le Shaftesbury Theatre vient d'avoir pour quelques jours,\nque beaucoup ont trouvés trop courts, les trois Coquelin ; et Mme Georgette\nLeblanc, depuis quelques jours à Londres, donne en ce moment au Criterion\nTheatre une série de ces matinées d'un caractère si original qui ont déjà valu à\nla grande artiste de nombreux succès au Théâtre des Capucines à Paris et\nau Théâtre du Parc de Bruxelles.\n\nA. R.\n\nChant grégorien. Un Congrès international pour le chant grégorien aura\nlieu à Strasbourg les 16-19 août igos, sous la présidence de M. P. Wagner, di-\nrecteur de l'Académie grégorienne de Fribourg (Suisse). Parmi les Français déjà\ninscrits, nous relevons les noms de MM. Délépine, maître de chapelle de la\ncathédrale d'Arras;A. Gastoué, professeur à la Schola Cantorum ; les cha-\nnoines Grospellier, de Grenoble, et Perriot, de Langres; le R. P. Dom Pothier,\nabbé de Saint-Wandrille.\n\nThéâtre de Béziers. Les dimanches 27 et mardi 29 août, à 3 h. de l'après-\nmidi, seront représentés au « théâtre des Arènes » les Hérétiques, opéra en\ntrois actes, poème de Ferdinand Hérold, musique de Charles Lévadé (250 mu\nsiciens d'orchestre symphonique, 250 choristes)."}]}