{"numero_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_sha256": "1fa92d694a5f964a07024f7cf6c5e594b957c63140d89b29fa20150042b25d7d", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1906/03/15_01/bmtnabj_1906-03-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1906/03/15_01/bmtnabj_1906-03-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "139", "page_fin": "141", "image_debut": 1, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.1", "titre_corps": "Deux lettres de Charles Gounod.", "titre_sommaire": "Deux lettres de Charles Gounod.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.1", "debut_caractere": 133, "fin_caractere_exclue": 3383, "texte": "Deux lettres de Charles Gounod.\na première des deux lettres qu'on va lire, conservée à la Bibliothèque nationale (i), fixe une\nate intéressante dans la biographie de Ch. Gounod. Elle est charmante de ton, pleine de mo-\ncestie et de sensibilité. On y surprend l'enthousiasme sincère, l'admirable ferveur artistique du\njeune compositeur débutant dans la musique sacrée, qui semble, a joliment dit Octave Feuillet\n(( renvoyer à Dieu le plus, beau de ses dons (2). »\nNe en 1818, Gounod, quand il l'écrivit, avait vingt-cinq ans à peine. Lauréat, en 1829, du\ngrand pnx de Rome, il s était adonné, pendant ses séjours à Rome et à Vienne, à la musique\nd egl.se. On avait meme cru, rappellent ses biographes, - et lui, tout le premier, y croyait,\" - à\nsa vocation ecclésiastique. Une seneuse étude des vieux maîtres religieux, de J.-S. Bach en par-\nticulier, exerça sur ses tendances, son inspiration et son style, une influence très notable : il en\ngarda jusqu au bout 1 indelebile empreinte. On sait qu'il fut, durant plusieurs années, directeur de\nmielaues0\"8 etrangeres' Plus tard' vers iBs'- n visita l'Angleterre, où l'exécution, au\nconcert, de quelques-unes denses œuvres, fit pressentir ses triomphes futurs. Si fêté qu'il fût sur\nla scene lyrique, il semble qu il soit revenu volontiers, à partir de Roméo, aux préférences mysti-\nques et religieuses de sa jeunesse. Il avait composé deux messes, en 1842 et en 1849. Vin<n ans\nPa|l U' 11 multlphe à profusion les pages musicales écrites pour l'orgue ou l'or-\nChacun rr gieUfXVT°tetrS-' cantlq,ues (3). oratorios, toutes pièces d'un caractère très élevé.\nVita, Rédemption.' ' ** Tibériadeet enfin ces deux chefs-d'œuvre, et\net Huérateur'trêc 1\" Première lettre Amédée-David, marquis de Pastoret, homme politique\néLit fi fi 1 D °ubhe,de \"os ,ours' ne a Pans le 2 janvier 1791, mort à Paris le 19 mai .857\nd !. 1 du Pastoret ('756-1840) qui fut un jurisconsulte et un érudit assez connu, membre'\nde Académie française. Am. de Pastoret, sous-préfet à Corbe.l sous le premier Empire devint\nmaître des requêtes et conseiller d'Etat (,825) sous la Restauration, et membre libre de' Îlca\ndem.e des Beaux-Arts en ,823. Il ne servit point la monarchie de Juillet, mais se rallia au second\nIl étà'it' qU'' 6 ' senateul (31 déc. 1852) et membre de la commission municipale de Paris\nchudTvEmli>\" S6S T* ; °ncCit? de lui que,ques romans historiques, et une Histoire de là\ncnute de i Lmpu e grec ( 1400-1480 J (4).\nVoici maintenant le texte de la lettre de Gounod :\nVienne, samedi 2 5 mars 1843.\n\nMonsieur le Comte (5),\nVeuilleï m excuser de n'avoir pas répondu de suite (6) à votre bien\nexcellente lettre : ûaidû me contraindre à retarder la mienne de quelques\n\nri li^p^R,TEMEr}T DE® m^nuscrits. Manuscrits rançais ; nouvelles acquisitions ; cote : 10.177;\no . 289 et 290. Recueil de lettres adressées au marquis de Pastoret.\n(2) Dctlila, p.\na ÏÏ.'M 7a tm\" dédié 3UX premiers communiants, qui est resté bien célèbre, classique : Ciel\ndel'lnf[utli™Pé>-M France. Funérailles de M. le marquis de Pastoret, le 22\nmai 1057 • discours de M. Hittorf ; Paris, in-40.\nô! Sk Cnm!!°.V •?,nsieur' M?nsieur 'ô comte A. de Pastoret, place Louis XV, n° 6. Paris.\nv ' -ou ce suite ; incorrection très fréquente, comme chacun sait."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.2", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "jours afin de pouvoir satisfaire un peu à vos questions sur mon travail et mon\nséjour ici. Ce matin même vient d'être exécutée à V église Saint-Char les (1) une\nmesse vocale de ma composition {travaillée à peu près dans le style de la cha-\npelle Sixtine). Vexécution en a été asse\\ satisfaisante. Quant à la composi-\ntion, je ri en puis rien dire, tant je sens qu'il faut être bien supérieur à ce que\nje suis pour avoir la force et le droit de se juger. Dieu veuille que je sois\n[comme j'espère l'être) maintenant dans la voie véritablement juste et bonne de\nla musique sacrée! Je ne sais ce qui résultera pour moi dans l'avenir, ou pour\nl'avenir par moi, de la route musicale dans laquelle j'entrerai ; si seulement\nje serai digne d'être un organe tel que j'aurais été bien heureux de le devenir,\net si enfin mon œuvre répondra à mes plus sincères et plus profonds désirs :\nmais ils sont bien grands et le but est bien loin. L'Art religieux, dont la trace\ns'est perdue en France depuis tant de temps, rien appelle qu'à des réparateurs\ncourageux et capables : plusieurs seraient capables ; moi, je suis sûr d'être cou-\nrageux : mais ce courage, il faut que je l'aide de tous les appuis, de toutes\nles recherches, de toutes les méditations possibles. J'espère, Monsieur le Comte,\nque vous qui voule\\ bien me porter un si réel intérêt, vous sere\\ asse\\ bon pour\nme parler quelquefois de mon but, pour m'aider àle voir, à l'apprécier ; car\nje serais aussi fier de votre suffrage que je suis heureux de votre affection ; et\ncomme je sais que vous ne pouvez en quoi que ce soit aimer une chose qui ne\nmérite pas de l'être, votre approbation me donnera toujours la plus grande\nconfiance. Dans les premiers essais de la jeunesse, je vois tout s'effacer devant\nun seul sentiment : l'enthousiasme (2) ; il est beau, mais il égare souvent quand\nil existe avant l'intelligence ou au-dessous d'elle : quand on parvient à la lui\ndonner pour base, on est sauvé. Outre que cela ne veut pas dire que je me croie\nl'un, je voudrais bien avoir l'autre ; c'est à cela que je veux travailler de toutes\nmes forces, et c est à quoi la vie ne suffit jamais. Voilà ce que m'a démontré\nmon séjour à Vienne ;et n'en eusse fe retiré que cette conviction fie la crois de\nnature à ne me jamais laisser regretter d'avoir ravi six grands mois à la plus\nchère et àla plus douce existence, celle de vivre auprès de ma bonne mère.\nPlaise à Dieu que, quelque jour, je la dédommage de tous les sacrifices de tout\ngenre dont sa vie a été remplie pour nous !\nJe ne sais, Monsieur le Comte, ce qui sera pensé et écrit sur mon dernier\nouvrage : s'il en parait quelque chose, flatteur ou non, je l'enverrai à ma\nmère ; car je ne demande pas que l'on me dore la pilule ; ici ce n'est pas comme\nen médecine : che\\ nous il les faut avaler au naturel ; c'est tout profit quand\nelles sont distillées par des hommes de mérite, et c'est de ceux-là que j'attends\nl'avis avec impatience et anxiété.\nAdieu, Monsieur le Comte, que je vous remercie encore du fond du\ncœur de votre constante sollicitude envers moi : veuille\\ croire que j'en con-\nserverai une éternelle reconnaissance, et agrée\\ les hommages les plus affec-\ntueux de votre très humble et très dévoué serviteur,\nCHARLES GOUNOD.\n\n(1) Patron de Gounod : coïncidence bizarre.\n(2) Gounod, au témoignage de ceux qui l'ont le mieux connu, a conservé jusque dans l'âge mûr\net la vieillesse cette flamme d'enthousiasme et de générosité juvéniles. Voir, à ce propos, les\ndernières lignes de l'article que lui a consacré M. Lavoix dans la Grande Encyclopédie."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.3", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2422, "texte": "L'écriture est droite, ferme, très nette et lisible. La lettre est simplement pliée et ne porte\npoint de timbre : elle fut remise directement, de la main à la main, par une tierce personne.\nA cette curieuse épître, où l'illustre auteur de Faust consigne le souvenir de ses débuts et ses\npremiers rêves, nous joignons un billet, écrit quelques années plus tard, que nous avons re-\ntrouvé dans nos papiers de famille, et qui n'est pas absolument dépourvu d'intérêt.\nIl s'agit de l'organisation des orphéons, qui devait être la tâche essentielle d'un artiste qui fut\ndans son genre, une manière d'apôtre : Laurent de Rillé. Le voici :\nSus ci iption . Monsieur Ravaisson, 6, place du Palais-Bourbon (i).\nEn-tete impi imé . VILLE DE PARIS. ÉCOLES COMMUNALES. DIRECTION DE\nL'ORPHÉON.\nParis, le 22 avril i 855.\nMonsieur,\nIl y a une personne de laquelle je n'ai pas pensé à vous parler dans les courts\nmoments que j'ai eu l'honneur de passer avec vous dans le cabinet de M. For-\ntoul : cest M. Delaporte, que vous connaisse{ peut-être déjà de nom.\nM. Delaporte exerce depuis plusieurs années déjà une sorte d'apostolat bé-\nnévole, très (2) gratuit [sauf pour ses frais de voyages, lesquels sont même\nsouvent insuffisants). Cet apostolat a pour but, et pour résultat déjà sur bien des\npoints, l'organisation d'orphéons qui se développent chacun isolément d'abord,\narrivent à se stimuler plus tard par une lutte musicale engagée dans ces fré-\nquents tournois connus sous le nom de concours d'orphéons dans plusieurs\nchef (sic) lieux de départements.\nSi donc vous voule{ bien parler avec M. For toul de M. Delaporte, qui, du\nreste, a déjà l honneur d'être connu de lui, et que M. Fortoul y consente, je\nci ois que sa pi ésence dans la commission consultative dont vous deve% préparer\n101 ganisation serait loin de nous etre inutile. Ayant beaucoup vu, beaucoup\n01 ganisepar lui-même, M. Delaporte peut et doit avoir des choses intéres-\nsantes à dire dans une semblable question.\nVeuille\\ agréer, Monsieur, Vassurance de ma parfaite considération et du\nplaisir que j éprouve à être appelé à des relations avec vous.\nCH. GOUNOD,\nDir. de l'Orphéon.\nM. Delaporte demeure 81, rue du Marais-du-Temple.\nTels sont les deux documents qui mont paru devoir intéresser l'histoire musicale.\nVICTOR GLACHANT.\n(1) Au-dessous de cette adresse, la mention : affranchir.\n(2) Gounod veut dire, sans doute : tout gratuit."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c003", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "142", "page_fin": "142", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.2", "titre_corps": "Notre supplément musical.", "titre_sommaire": "Notre supplément musical.", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.4", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "Notre supplément musical.\nJ. C.\nNous devons expliquer à nos lecteurs pourquoi nous publions cette pièce\nde Girolamo Diruta, compositeur né en isy3, en Vextrayant de la publication\nrécente de M. Luigi Torchi, L'Arte musicale in Italia (xiv° Secolo al xvin°,\ncheç Ricordi, Milan, vol. 111). Si nous en reproduisons le texte, c'est pour y\nintroduire quelques changements nécessaires et importants, qui ont échappé à\nVhonorable éditeur. Cette pièce est écrite en mode ionien (ut-ut); mais, dès la\nfin de la 3e mesure, ce mode est transposé une quinte plus bas, ce qui constitue\nle « genus molle », obtenu à l'aide du si t? dans ! échelle de fa : c est cette trans-\nposition que Véditeur semble n avoir pas aperçue, puisqu'il a omis le si t? là\noù nous le plaçons ; ailleurs, la transposition se fait en mixolydien ionique\n(sol-sol avec fa#). Il nous a paru indispensable de signaler cette omission\nfâcheuse et de la réparer, au moins pour une des pièces du Recueil. L'œuvre\nest intéressante par sa construction et a du caractère, bien que la mélodie soit\nparfois un peu gauche et procède par enjambées un peu lourdes, comme une\npersonne qui n'est pas encore habituée aux belles manières."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c004", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "142", "page_fin": "143", "image_debut": 4, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.3", "titre_corps": "Notes sur la musique orientale.", "titre_sommaire": "Notes sur la musique orientale.", "signature_source": "D.M. COLLANGETTE, Professeur de physique à l'Ecole de Médecine de Beyrouth", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.4", "debut_caractere": 1217, "fin_caractere_exclue": 2859, "texte": "Notes sur la musique orientale.\n\nNous recevons la lettre suivante :\nBeyrouth (Syrie), le 20 février.\nMonsieur le Directeur,\nJe vous avais promis de vous communiquer le résultat de mes recherches\nmusicales à Damas et à Alep, veuille•{ m\"excuser d'avoir tant tardé àle faire.\nA Damas je n'ai rien trouvé de bien nouveau ; mais à Alep j'ai été plus\nheureux, j'y ai fait la connaissance d'un Imam militaire très fort en\nmusique, et président d'une sorte de société philharmonique composée\nd'une quarantaine de musulmans, tous passionnés pour la musique an-\ncienne ; ils m'ont offert concerts, danses, etc., et j'ai obtenu d'eux beaucoup de\nrenseignements techniques. Leurs danses, moitié profanes, moitié religieuses,\nn'ont rien de commun avec la danse du ventre ou celles des Aimées : elles sont\ngraves, artistiques, et me faisaient songer aux chœurs grecs antiques, car\ntous les danseurs chantent : elles ont également une certaine analogie avec des\ndanses religieuses que j'ai vues en Espagne et qui doivent être un reste de l'oc-\ncupation maure. Les musulmans ont encore les « Zikres » ou « Allahou »,\ncérémonies purement religieuses se pratiquant soit à la mosquée, soit àla\nmaison, et dans lesquelles le rythme joue un grand rôle. Mon Imam possède\nun énorme manuscrit en deux volumes, sorte de traité de musique et de danse\ndont il est Vauteur> et où se trouvent décrits minutieusement tous les Zikres,\navec figures à l'appui. Ce manuscrit est très intéressant ; j'ai insisté pour qu'il\nfût imprimé, mais l'lmam recule devant la dépense, et d'autre part ne veut pas\nme permettre de copier ou de photographier. Si je trouve des fonds pour le"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.5", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1443, "texte": "faire imprimer à mes frais, ou si je décide Vauteur àme livrer son œuvre, je\nme ferai un plaisir de vous traduire les chapitres qui pourraient vous intéres-\nser ; il parle longuement delà corrélation entre la musique et les astres, l'état\nd'âme, etc. J'ai demandé à l'auteur s'il croyait à l'évocation des esprits par la\nmusique : il m'a répondu qu'il y avait des djinns qui présidaient à tous les\nmorceaux, mais qu'on ne les voyait pas ; il a cependant connu un musicien\nqui voyait toujours le djinn du mode « raharvi », il le montrait dans un coin\nde la salle et en avait grand'peur ; d'autres musulmans m'ont affirmé la même\nchose. Je vous envoie un numéro de notre Revue arabe, où se trouvent repro-\nduites d'antiques orgues grecques, d'après un très ancien manuscrit que nous\nvenons de découvrir. C'est la traduction arabe d'un certain nombre d'opuscules\ngrecs sur les sciences, et il y en a cinq sur la musique. Trois sont attribués à\nun certain Myrthos ou Myristhos (les deux noms se trouvent); il nous a été\nimpossible, vu la pauvreté de notre bibliothèque sur cette matière, d'identifier\ncet auteur...\nA mon retour de mon long voyage dans l'intérieur, j'ai trouvé la brochure\nde M. Rouanet, que vous ave\\ eu lobligeance de m'envoyer ; j'ai craint qu'il\nne fût bien tard pour en rendre compte.\nVeuille{ agréer, etc...\n\nD.M. COLLANGETTE,\nProfesseur de physique à l'Ecole de Médecine de Beyrouth."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c005", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "143", "page_fin": "147", "image_debut": 5, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.4", "titre_corps": "L'Orchestre et les instruments à cordes à l'époque de Haendel et de Bach.", "titre_sommaire": "L'Orchestre et les instruments à cordes à l'époque de Haendel et de Bach.", "signature_source": "G.-MARIE ADENIS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.5", "debut_caractere": 1445, "fin_caractere_exclue": 3201, "texte": "L'Orchestre et les instruments à cordes à l'époque de Haendel\net de Bach.\n\nUn abonné de la Revue musicale veut bien nous envoyer l'article suivant, qui a une sérieuse\nvaleur. Nous croyons réparer un simple oubli de notre honorable correspondant et répondre à\nses propres intentions en ajoutant que ce travail est une libre traduction d'un chapitre de la\ntrès bonne Oxford History of music (Oxford, at the Clarendon Press).\nAvant la fin delà période de Bach et de Haendel, l'expression « orchestre com-\nplet » qui, de nos jours, est exactement comprise de la même manière par tous\nles musiciens, aurait été définie d'une manière différente par chacun de ceux à\nqui on aurait demandé de l'expliquer. L'idée moderne d'un corps fixe et\ninvariable d'instruments divisé en groupes et composé de tels ou tels ins-\ntruments particuliers n'avait pas encore pris forme à l'époque de ces grands\nmaîtres. A l'examen d'un grand nombre des ouvrages de Bach, de Haendel,\nde leurs prédécesseurs et de leurs contemporains , il est évident que les\ncompositeurs ne se sentaient obligés en aucune manière, dans aucune partie de\nleurs compositions, d'employer la totalité du corps des instruments d'orchestre.\nEn ce qui concerne les instruments à cordes au grand complet, rarement ils\ns'écartèrent de l'usage qu'on en fait encore aujourd'hui ; mais ils les divisèrent\nen deux groupes, un de violons et un de violes, alors qu'ils faisaient générale\nment jouer les violoncelles et les contrebasses à l'unisson, à l'octave les uns des\nautres. A l'égard de l'emploi des instruments à vent, on a quelquefois émis l'opi-\nnion que leur choix était restreint par les conditions diverses dans lesquelles se\nfaisait l'audition de leurs compositions et le nombre des instruments employés."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.6", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3563, "texte": "Mais il est établi qu il n'en était pas ainsi dans un grand nombre de cas, par\nles partitions des grandes œuvres de Bach et de Haendel, où l'on voit les instru-\nments à vent employés plus ou moins à la manière d'un obligato, leur présence\nn étant pas du tout indispensable dans les passages à grand orchestre. Le Messie\ncommence avec les instruments à cordes seuls, aucun instrument à vent d'au-\ncune sorte ne faisant son apparition dans la partition originale jusqu'à l'entrée\ndes trompettes au passage Gloire à Dieu ; et exactement de la même ma-\nnière, et probablement avec la même intention artistique de réserver ces effets\nspéciaux jusqu à ce qu ils soient nécessaires, Bach commence sa messe en si\nmineur avec des flûtes, des hautbois, des bassons et des instruments à\ncordes, ajoutant trois trompettes au Gloria. Mais même dans ce cas il ne\nfait pas usage de tous les instruments requis pour la composition, car le\ncoi no da caccia qui, avec deux bassons, fait l'accompagnement du Quoniam tu\nsolus sanctus, ne se montre dans aucun des autres passages. Dans le Sanctus, une\ntroisième partie de hautbois est une addition faite pour ce numérô seulement.\nUne manière analogue doit avoir été en usage dans toutes les parties du monde\nmusical ; la messe à cinq parties (i) de Durante commence par être accompa-\ngnée par deux hautbois, deux cors et les instruments à cordes, les trompettes\nétant ajoutées au trio Domine Deus. - / ,\nSoit dans les symphonies, soit dans l'accompagnement des soli, certains ins-\ntiuments sont choisis correspondant au caractère général du mouvement à\nemployei ou à 1 expression qu on veut rendre. Une fois le choix fait pour chaque\nsection, instrument à vent, ou quelque autre que ce soit, il est continué pendant\ntout le mouvement comme une vraie partie, sans l'aide d'aucun autre timbre, et\nsouvent même sans autre appur que celui de la basse rndrquée. Chaque mouve-\nment ou sectron possède sa propre esquisse colorrée ou peut être considérée\ncomme une peinture monochrome, dans laquelle la variété et 1 intérêt sont seu-\nlement obtenus par 1 ai rangement des contours ou 1 opposition des clairs et des\nombres. On trouve à peine trace de couleur d'ensemble, au cours dune seule\nsection, jusqu'à ce que nous arrivions à Gluck, dans sa période de maturité.\nLe mot couleui est employé depuis si longtemps pour exprimer le sentiment\ndes dî\\ ei ses qualités du son que nous n avons pas besoin d'excuser son\nemploi aujourd hui. Quant à la manière de faire de Bach et de Haendel à\ncet égard, et la comparaison de leuis méthodes, IVloservius a émis l'étrange\nopinion que dans Bach les instruments à cordes formaient pour ainsi dire la\nbase de 1 accompagnement, les instruments à vent étant employés pour donner\nla couleui , tandis que dans Haendel, 1 orgue était la base de tout, et les diverses\nparties de l'orchestre, instruments à cordes et instruments à vent, étaient consi-\ndérés comme une partie des ressources du coloriste. Une manière de voir plus\nexacte est celle deSpitta(3),quidit que Bach établissait ses groupes d'instruments\n•avec l'orgue comme base, traitant les instruments à cordes comme un groupe,\nles hautbois et les bassons comme un autre ; qu'il formait un troisième groupe\ndu cornet à pistons et des trombones, et un quatrième des trompettes, ou des\ncois, et des tambours.- Les flûtes occupaient une place moins indépendante\n\n1) Brit. Mus. Add. ms. 31,610.\n(2) Mosèrvius, J. S. Bach in seinen Kirchen-Cantaten, p. 25.\n(l Sppita, Vie de Bach ;traduction anglaise), ii. 303 fF."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "145", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.7", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3776, "texte": "dans l'orchestre de Bach ; mais, au xvii° siècle, elles formèrent un groupe par\nelles mêmes. Le mot cornet à pistons, ci-dessus, s'applique naturellement au\nsuranné Zinke, d'où est sorti le serpent, autrefois d'un usage général dans les\néglises anglaises.\nL'histoire de la constitution du groupe des instruments à cordes contient\nplusieurs points intéressants, dont quelques-uns ne sont pas faciles à expliquer.\nLe membre le plus ancien du groupe, la viole, eut bien l'honneur d'être la forme\nprimitive du titre, tous les autres instruments étant nommés d'après elle, avec\ndes terminaisons indiquant ou diminution ou augmentation ; mais, en dépit de\ncela, elle n'acquit que par degrés sa place dans l'orchestre. Gomme elle existait\nen deux grandeurs, le grand violon ténor, et le petit alto tel qu'il est ordinaire-\nment employé de nos jours, il a bien pu se faire que les bons exécutants sur les\ndeux instruments aient été rares, et que la qualité spéciale de son, à laquelle\non accorde aujourd'hui une si grande valeur dans l'orchestre et dans la musique\nde chambre, ait été négligée, puisqu'elle était seulement le caractère propre de\nla variété la plus petite. D'anciens exemples de son emploi dans la musique de\nchambre italienne sont cités dans Grove, Dict., S. V. Violon ténor, vol. IV,\np. 89 ; mais il semble avoir été démodé comme instrument de solo, car dans la\nplus grande partie des xvne et xvme siècles, deux et quelquefois trois parties\nde violon sont employées au-dessus des basses, dans la musique de chambre\nconcertante, comme dans les sonates de Purcell et de Corelli. Dans les « Con-\ncerti grossi » de ce dernier il est à remarquer que le groupe des instruments\nsoli, appelé « Concertino », est toujours composé de deux violons avec basse,\ntandis que le « ripieno » (chœur plein, tutti) a une partie de viole à la place\nhabituelle entre les violons et la basse. Parmi les essais de Bach comme\ninventeur d'instruments de musique, est celui de la « viola pomposa », qui\nsemble avoir été identique au « violoncello piccolo », avec une cinquième corde\najoutée au-dessus des quatre du violoncelle ordinaire ; le sixième de ces soli\npour violoncelle fut écrit pour cet instrument, et on le rencontre quelquefois\ncomme un obligato dans les cantates d'église. Dans la fête d'Alexandre Haendel\nemploie les ténors dans le but spécial de susciter ou d'inspirer l'horreur, comme\nlorsque Timothée s'écrie : Ce sont des fantômes grecs, etc., les arrangeant en\ndeux catégories pour l'une desquelles il écrit dans la clef d'alto et pour l'autre\ndans celle de ténor, les violons gardant le silence pendant ce temps-là.\nLe violon, quoique existant sous une forme entièrement distincte de celle de\nla famille de la viole aussi loin que le milieu du xvie siècle en Italie, remplaça les\nanciens instruments dans ce pays et en Allemagne durant le xvne siècle, tandis\nqu'en Angleterre et en France il n'obtint pas sa victoire définitive avant le\nxvnie siècle. La perfection de l'école des luthiers de Crémone et les progrès de\nla virtuosité sur le violon chez les Italiens expliquent suffisamment la supériorité\nqu'il acquit ainsi en Italie. Quoique le son des premiers violons ne ressemblât\nen rien àce que nous sommes habitués à entendre maintenant, les améliora-\ntions à cet égard étant en partie dues à l'influence du temps, et en partie à cer-\ntains changements dans la disposition de l'âme, ils étaient cependant bien\nplus puissants que les violes et possédaient de nombreux autres avantages qui\nrendirent leur triomphe certain et permanent. La faveur dont ils jouissaient est\nprouvée par les sonates de chambre de Vitali, Bassani, Purcell, Corelli, dall\nAbaco et de beaucoup d'autres, dans la grande majorité desquelles deux parties"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.8", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3795, "texte": "de violon et une basse sont seulement employées; parfois, comme dans les trois\nsonates de 1 Opéra qninta de Vitali, une viole ou une viola alta est employée ;\nmais aucun exemple de cette sorte n'est trouvé dans aucune des deux collections\nde Purcell, ou dans les sonates de Corelli, où on emploie seulement les violons\nau-dessus de la basse. Le fait que les moyens d'obtenir une harmonie plus com-\nplète se montre dans les recueils anciens, dans des compositions datant d'avant\nle milieu du xviie siècle, tandis que la partie de viole semble être devenue hors\nd usage vers la fin du siècle, offre une curieuse contre-partie à la tendance\nremarquée dans la musique d'église italienne, et à la préférence qui s'y déve-\nloppait pour 1 emploi de deux voix de soprano sur une basse vocale ou instru-\nmentale. Il est impossible de dire avec quelque certitude si la musique vocale\nsuivit la musique instrumentale dans cette voie, ou si ce fut le contraire ; des\npreuves justificatives sembleraient indiquer que les productions instrumentales\nfurent plus vraisemblablement celles qui lancèrent la mode ; mais cette priorité\neffective est de très peu d'importance, comparée au fait hors de doute que la\ncombinaison de deux parties hautes avec une seule basse pour les supporter\nétait en vogue dans toutes sortes de musique, plus spécialement en Italie. En\nmême temps, on doit se souvenir que dans les premiers spécimens de cet arran-\ngement les parties constitutives des harmonies ne faisaient pas complètement\ndéfaut, étant fournies par la basse jouée sur le clavecin ou l'orgue, de telle sorte\nque la ténuité de l'effet ne pouvait frapper l'auditeur ordinaire jusqu'à l'appari-\ntion de la chanson anglaise à reprises, qui, n'étant pas accompagnée, montre la\ncombinaison dans toute sa pauvreté non dissimulée. La coutume d'employer\ntrois violons dans certaines parties (tutti) et spécialement dans les premiers\nmouvements des ouvertures d'opéra semble être venue de l'époque de Lulli ;\nce cas se présente dans son Bellérophon, et dans beaucoup d'autres endroits où\nles cinq portées des instruments à cordes dans les « pleins » passages sont mar-\nquées des clefs suivantes : la clef de sol sur la ligne inférieure de la portée, la\nclef d ut sur la même ligne, la clef d'ut sur la seconde ligne (ces trois lignes étant\névidemment les lignes des violons), la clef d9ut àla place habituelle sur la ligne\ndu milieu, pour la viole, et la clef de fa à l'endroit habituel pour les basses sur\nla quatrième ligne, portée inférieure. Déjà, lors de son Agrippine, Ilaendel a\nadopté cet arrangement qui se montre encore dans l'acte qu'il a écrit pour\nMuzio Scevola, dans Ottone, Alessandro (commencement du deuxième acte),\nSiroe (ouverture) et Orlando ; et dans Bérénice et Faramondo, écrits vers la fin\nde la période de ses opéras, il n'avait pas encore abandonné cette habitude,\nqui devait être plus ou moins hors de mode à cette époque.\nL'Angleterre fut apparemment la seule exception à la règle qui voulait que\ndans l'opéra, comme ailleurs, les harmonies fussent remplies par les instruments\nà clefs, laissant seulement au violoncelle et à la contrebasse l'émission des notes\neffectives de la partie de la basse, et rien de plus. L'usage de fournir les harmo-\nnies dans les- récitatifs non accompagnés, au moyen du violoncelle et de la con-\ntrebasse usage qui atteignit son apogée aux temps de Lindley et Dragonetti\nne peut pas être reporté plus loin que la première partie du xixe siècle; mais\nil est difficile de dire à quelle époque reculée il a bien pu naître. Au temps de\nHaendel, en effet, l'emploi du-clavecin était universel en Angleterre aussi bien\nqu'à l'étranger. La position des instruments à cordes sur lesquels on joue avec\nla main est quelque peu curieuse."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.9", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1560, "texte": "Ce fut longtemps après cette période que la harpe devint un membre reconnu\nde l'orchestre régulier ; ce fut Berlioz qui découvrit ses qualités dans la com-\nposition de l'orchestre ; cependant dans le voyage de Burney en Allemagne (i),\net dans la liste des exécutants de l'Opéra de Berlin, une harpe est incluse; et\ndans le même livre (p. 166) nous trouvons la mention que Weiss joue du luth\nà l'opéra de Dresde. Un exemple remarquable de l'emploi du luth, d'une\nmanière très importante, se rencontre dans la Passion selon saint Jean, de\nBach, où le bel air de basse, Betrachte, meine Seele, est accompagné d'un\nobligato élaboré de luth, avec un accompagnement courant en arpèges sur des\nnotes basses répétées pendant que deux violes d'amour font en haut un accom-\npagnement doux, et que la partie basse soutient l'harmonie, le « pianissimo »\nfaisant son apparition sur la ligne de basse, en raison, sans doute, du ton\nfaible du luth.\nLa harpe et le téorbe, ou luth arqué, se montrent tous deux dans la partition\nde Haendel, Jiulio Césare (1723) ; mais il est évident que la forme pittoresque des\ninstruments fut la cause de leur introduction dans une scène d'apothéose, dans\nlaquelle le Parnasse était ouvert, et où les instruments et les exécutants étaient\nvus du public. Un orchestre ordinaire accomplit le travail habituel de l'accom-\npagnement dans cet opéra, et presque pour la première fois nous y rencontrons\ncomme des essais d'orchestration.\n\nG.-MARIE ADENIS.\n\n(1) Burney, Etat actuel de la musique en Allemagne"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c007", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "148", "page_fin": "150", "image_debut": 10, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.5", "titre_corps": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "titre_sommaire": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.10", "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2884, "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nÉLÉMENTS DE GRAMMAIRE MUSICALE\nLE MODE MINEUR (II)\n(Résumé, par M. E. Dusselier.)\n\nQuelle est l'origine du mode mineur ? Comment se fait-il qu'à côté de l'accord\nparfait majeur, nous ayons un autre accord parfait donnant lieu à un système\noriginal, soit pour la mélodie, soit pour 1 harmonie ? Quel est le principe\nauquel on peut rattacher ce système très ancien qui occupe une si grande place\ndans l'art populaire et dont les compositeurs classiques ont tiré de si beaux\neffets d'expression ?\nCette partie de la grammaire musicale est un peu la région des nuages et des\nbatailles, celle des hypothèses, des solutions ingénieuses, des doctrines contra-\ndictoires et des discussions qui n'aboutissent pas. Depuis le milieu du xvie siècle\njusqu'aujourd'hui, des écrivains de tout ordre philosophes, physiciens,\ncompositeurs, ont essayé de s'y établir en maîtres ou d'y faire la lumière ; mais\nleurs efforts, au lieu d'aboutir à un de ces succès décisifs que tout le monde\naccepte, semblent n'avoir produit qu'une accumulation d idées assez déconcer-\ntante. Il faut se reconnaître au milieu de ce fatras et savoir choisir. Les opinions\nles plus étranges ont été soutenues. Mon but est de classer les idées, d'ex-\nposer les thèses principales en les résumant d'une façon aussi claire que possible,\net enfin de présenter quelques observations critiques. Dans son Harmonie\nuniverselle (livr. 111, Des genres de musique, p. 149), le P. Mersenne suggère\nl'idée que l'homme aurait pu arriver au mineur en imitant d'autres êtres vivants :\n« On a observé, dit-il, que plusieurs oiseaux et autres animaux font des conso-\nnances en chantant et en criant : par exemple, les coucous font la tierce mineure\nen chantant » ! Ailleurs (Ier livre, Des Consonances, p. 75) et un peu plus sérieu-\nsement, il dit que le mineur n'est qu'un reste, une sorte de résidu et de déchet\ndu majeur. C'est l'opinion la plus accréditée. D'autres sont allés plus loin ; ils\naffirment que le mineur 11 existe pas. J'aurai à réfuter ce paradoxe.\nLes ouvrages les plus importants et pour ainsi dire classiques où la question\ndu mineur est traitée et dont je résumerai la doctrine, sont les suivants :\nZarlino, Istitutioni harmonische, 1558. Mersenne, Harmonie universelle,\n1636, lerIer livr., Des Consonances, et livr. 111, Des genres de musique. Rameau,\nTraité de /'harmonie (1722), Nouveau système théorique (1726), Génération harmo-\nnique (1737), Démonstration du principe de l'harmonie (1750).— D'Alembert,\nEléments de musique théorique et pratique, 1752, 2eédit. 1766. Helmholtz, Die\nLehrevon der Tonempfindungen, 1863, 4eèdit. 1877, tr. fr. de Guéroult. Haupt-\nmann, Die natur der Harmonik und Metrik, 1853, 2e édit. 1873. Von Ôttin-\ngen, Harmonie System in dualer Entwickelung, 1866. Hugo Riemann : Musi-\nkalische Logik (1873), Die objective Existen7L der Untertône in Schalwelle (1876),"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.11", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "Musikalische Syntaxis, 1877. 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Fa implique do ; et do implique sol.\nDe plus, chacune de ces notes implique l'accord construit sur elle : fa implique\nla, do ; do implique mi, sol ; sol implique si, ré. Tout se tient donc, tout est so-\nlidement uni. C'est la même force qui circule partout.\nDans l'accord do-mi-sol, aucune équivoque n'est possible pour la détermination\nde Tordre, des préséances et de la genèse des sons : ni do ni mi ne peuvent être\nconsidérés comme les harmoniques de sol et, par conséquent, comme engendrés\npar lui ; ni ut ni sol ne peuvent être rattachés par un lien semblable à mi. En\neffet, les harmoniques desol sont : sol, ré, sol, si... ; les harmoniques de mi\nsont : mi, si, mi, sol £... ; mais je peux et dois considérerez et sol comme issus de\ndo, les harmoniques de ce dernier son étant : do, sol, do, mi... Cette interpréta-\ntion par l'auditeur est la seule possible ; elle s'impose à son oreille. 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Telle était la règle en général suivie par les anciens compositeurs ; et\nelle se comprend : au moment où tout doit rentrer dans l'ordre, comment faire\nentendre un accord dont on ne peut rattacher les notes à la fondamentale sans\nqu'elles apparaissent comme des harmoniques faux, ou comme des dissonances\nàla suite desquelles il faudrait quelque chose encore, pour les résoudre ? Bach\ntermine bien des Préludes, c'est-à-dire des morceaux d'introduction, par un accord\nmineur, mais jamais des fugues ou des chorals. Dans Hàndel et Mozart, la\nconclusion mineure alterne, il est vrai, avec la conclusion majeure, mais elle est\nmotivée parle genre d'expression que le musicien veut obtenir (par ex. le Dies irce\ndans le Requiem de Mozart). D'autres fois, on use d'un artifice pour dissimuler\nle conflit de la tierce avec la tonique : on donne à celle-ci, par l'accumulation de\nplusieurs parties sur le même point, une prépondérance etuneforce qui relèguent\ndans l'ombre et subordonnent tout le reste; à la fin de ses oratorios, au lieu de\ndistribuer les parties suivant la règle usitée en majeur (2 voix sur la tonique, une\nà la quinte, l'autre à la tierce), Hàndel met une seule voix à la tierce et con-\ncentre les autres sur la fondamentale.\nHelmholtz considère donc le mineur comme une altération de la vraie musi-\nque ; il voit en lui un repoussoir, un moyen d'expression exceptionnel.\nDans le groupe ut-mi t? *sol, il voit un ACCORD FAUX.\nA cette doctrine, on peut opposer les faits suivants :\ni° D'après la propre thèse de Helmholtz, si on en suivait les conséquences,\nl'accord ut-mi Cl -sol serait, lui aussi, un accord faux. En effet : mi H a pour second\nharmonique si H qui est en conflit avec ut ; sol a pour second harmonique ré H qui\nest en conflit avec mi Cl !\n20 Si l'impression de consonance (base de la théorie des deux modes) vient\ndes harmoniques, nous ne devrions pas avoir cette impression quand nous\nentendons des sons simples (comme ceux de plusieurs diapasons).\n30 II est impossible d'admettre que dans des œuvres comme la sonate pathé-\ntique et YAppassionata, Beethoven se soit écarté de la vraie musique...\n40 II est inexact que les grands maîtres se soient interdit de conclure sur un\naccord mineur ; cf. les chorals de Bach nos 57, 130, 167, 251, 271, 336, 440... A\neux seuls, de tels faits permettent de dire que Helmholtz n'a pas le droit d'attri-\nbuer le caractère d'une « loi » à ses affirmations. Une loi (comme celle de la\nchute des corps, etc...) ne doit pas souffrir d'exceptions. Lorsqu'il y a des excep-\ntions, on doit se dire qu'on est en présence non pas d\\ine loi, mais de deux lois ;\net c'est bien le cas pour le majeur et le mineur.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c008", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "148", "page_fin": "150", "image_debut": 10, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.5.1", "titre_corps": "ÉLÉMENTS DE GRAMMAIRE MUSICALE", "titre_sommaire": "ÉLÉMENTS DE GRAMMAIRE MUSICALE", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2884, "texte": "ÉLÉMENTS DE GRAMMAIRE MUSICALE\nLE MODE MINEUR (II)\n(Résumé, par M. 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Do est la\nnote fondamentale de l'accord et ni le mi ni le sol ne peuvent se substituer à lui\npour jouer ce rôle. Tout est donc parfaitement ordonné dans la construction des\ntrois accords qui forment les harmonies essentielles du mode majeur, comme\naussi dans leur rattachement à la tonique, « centre harmonique » de tout le sys-\ntème. De là la clarté du mode majeur : clarté pour l'oreille qui perçoit, clarté\npour l'esprit qui, calculateur inconscient, compare et classe les sensations, et\nse reconnaît tout de suite, sans effort, au milieu d'elles. Ce qu'il y a de plus\nremarquable, c'est que le majeur diatonique a pu passer de la mélodie pure à la\nmusique à plusieurs parties, sans subir la plus légère altération. Il n'a eu aucun\ntribut à payer à la polyphonie.\n11. Il n'en est pas de même du mode mineur qui, d abord, est entaché d'ambi-\nguité. Dans l'accord do-mi\\> -sol, on est gêné pour disposer les éléments compo-\nsants sur une même ligne d'harmoniques. 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Certes, mib ne peut être rattaché ni à ut ni à sol ,* ut ne peut\nêtre rattaché ni à sol ni àmit> , et voilà une première constatation qui déblaie\nle terrain ; mais 50/ permet deux hypothèses : il peut être considéré comme son\npartiel (3e harmonique) d'ut ou comme son partiel (5e harmonique; de mi .\nDans le premier cas, nous avons un accord d'ut, auquel est venu s'ajouter un élé-\nment étranger, MI t> , prenant ici la place du 50 harmonique mi 5 ; dans le second\ncas, nous avons un accord de mi t> , auquel est venu s'ajouter un élément encore"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3146, "texte": "étranger UT, prenant ici la place du 3e harmonique si .Il y a donc deux inter-\nprétations possibles et aucune n'est pleinement satisfaisante ; et comme, surtout à\nla fin d'une composition quelconque, l'esprit et l'oreille ont besoin d'une sécurité\nparfaite, laquelle serait incompatible avec cette situation un peu flottante, il en\nrésulte une première conséquence : c'est qu'on ne peut pas finir sur un accord\nmineur. Telle était la règle en général suivie par les anciens compositeurs ; et\nelle se comprend : au moment où tout doit rentrer dans l'ordre, comment faire\nentendre un accord dont on ne peut rattacher les notes à la fondamentale sans\nqu'elles apparaissent comme des harmoniques faux, ou comme des dissonances\nàla suite desquelles il faudrait quelque chose encore, pour les résoudre ? Bach\ntermine bien des Préludes, c'est-à-dire des morceaux d'introduction, par un accord\nmineur, mais jamais des fugues ou des chorals. Dans Hàndel et Mozart, la\nconclusion mineure alterne, il est vrai, avec la conclusion majeure, mais elle est\nmotivée parle genre d'expression que le musicien veut obtenir (par ex. le Dies irce\ndans le Requiem de Mozart). D'autres fois, on use d'un artifice pour dissimuler\nle conflit de la tierce avec la tonique : on donne à celle-ci, par l'accumulation de\nplusieurs parties sur le même point, une prépondérance etuneforce qui relèguent\ndans l'ombre et subordonnent tout le reste; à la fin de ses oratorios, au lieu de\ndistribuer les parties suivant la règle usitée en majeur (2 voix sur la tonique, une\nà la quinte, l'autre à la tierce), Hàndel met une seule voix à la tierce et con-\ncentre les autres sur la fondamentale.\nHelmholtz considère donc le mineur comme une altération de la vraie musi-\nque ; il voit en lui un repoussoir, un moyen d'expression exceptionnel.\nDans le groupe ut-mi t? *sol, il voit un ACCORD FAUX.\nA cette doctrine, on peut opposer les faits suivants :\ni° D'après la propre thèse de Helmholtz, si on en suivait les conséquences,\nl'accord ut-mi Cl -sol serait, lui aussi, un accord faux. En effet : mi H a pour second\nharmonique si H qui est en conflit avec ut ; sol a pour second harmonique ré H qui\nest en conflit avec mi Cl !\n20 Si l'impression de consonance (base de la théorie des deux modes) vient\ndes harmoniques, nous ne devrions pas avoir cette impression quand nous\nentendons des sons simples (comme ceux de plusieurs diapasons).\n30 II est impossible d'admettre que dans des œuvres comme la sonate pathé-\ntique et YAppassionata, Beethoven se soit écarté de la vraie musique...\n40 II est inexact que les grands maîtres se soient interdit de conclure sur un\naccord mineur ; cf. les chorals de Bach nos 57, 130, 167, 251, 271, 336, 440... A\neux seuls, de tels faits permettent de dire que Helmholtz n'a pas le droit d'attri-\nbuer le caractère d'une « loi » à ses affirmations. Une loi (comme celle de la\nchute des corps, etc...) ne doit pas souffrir d'exceptions. Lorsqu'il y a des excep-\ntions, on doit se dire qu'on est en présence non pas d\\ine loi, mais de deux lois ;\net c'est bien le cas pour le majeur et le mineur.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c010", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "151", "page_fin": "152", "image_debut": 13, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.6", "titre_corps": "Quelques nouveautés de la littérature allemande sur la Musique.", "titre_sommaire": "Quelques nouveautés de la littérature allemande sur la Musique.", "signature_source": "AD. NEUMANN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.13", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 3436, "texte": "Quelques nouveautés de la littérature allemande\nsur la Musique.\n\nLa littérature allemande a produit durant ces quatre derniers mois bien peu\nde choses intéressantes: des comptes rendus sur des phénomènes littéraires sont\nfaits régulièrement chaque semaine, et personne ne s'en étonne ! Le profane\nlisant les journaux spéciaux pour y voir les grandes publications de la saison\ntrouverait à peine un ouvrage satisfaisant, dont il pourrait dire : « En voilà un\nqui dévoile des secrets ! » Depuis le livre de Guido Adler sur Richard Wagner,\naucun pas important n'a été fait.\nDes livres aidant à célébrer Mozart comme le héros du monde musical, je\ncite La Vie de Mozart , en 3e édition (L'Harmonie, Berlin W.), par Louis Nohl,\net Mozarts Kunst der Instrumentation (l'Art instrumental de par le\nDr Egon de Komarczynski (chez Charles Griininger, Stuttgart) ; dans ces ou-\nvrages, Mozart est vulgarisé. Le style savant a forcé les Allemands à créer une\nforme d'exposition nouvelle, qui soit à la portée de tous. Ce qui est la règle pour\nles Français est encore une exception pour les Allemands. L œuvre classique de\nM. Otto Jahn ne pouvait être lue que par des gensconnaissant l'art musical ; c'est\nen cela que l'ouvrage de M. Nohl a beaucoup de mérite. Son style se lit facile-\nment ; il évite les banalités et les lieux communs. Toute la biographie est\nd'ailleurs parsemée d'un pathos, d'une sublimité soutenue, devenant monotone\nà la longue. Le plan est simple. Il est vrai que la connexion de la vie extérieure\nde Mozart et de ses œuvres est parfois éclaircie; mais dans la peinture de sa vie\ndominent les contrariétés et la lumière, tâche difficile pour l'écrivain que de ra-\nconter des faits qui se répètent, tout en demandant une expression continuel-\nlement variée. Une contrainte en résulte, un ton pathétique violent qui carac-\ntérise la plupart des biographies. Je ne voudrais pas dire pour cela que la\nbiographie écrite par M. Nohl n'est pas lisible ; mais elle vous lasse un peu\npar le pathos qui domine.\nMalgré le ton populaire, je crois que ce livre, avec ses anecdotes et histo-\nriettes sans fin, est beaucoup trop estimé en Allemagne.\nQuant à Y Art de V Instrumentation de Mozart par le Dr Egon de Komar-\nczynski, l'auteur a réuni très brièvement dans ce traité les résultats de recherches\nrécentes, et tout le monde pourra lire ce livre sans difficultés. Après avoir dé-\nmontré les innovations audacieuses de Mozart concernant l'instrumentation, et\nce qu il était lui-même, lui qui a créé le fondement sur lequel s'élève l'art de\ntraiter l'orchestre tel que l'ont conçu Berlioz, Richard Wagner et Liszt, M. de\nKomarczynski attire notre attention sur les phases historiques de l'art de l'instru-\nmentation chez Mozart, qu'il suit affectueusement à travers ses opéras, sympho-\nnies et musique sacrée ; et c'est là qu'il nous présente de fines observations\nnouvelles que 1 on peut regarder comme des faits acquis.\nMozart en voyage à Prague (Mozart auf der Reise nach Prag), par Edouard\nMàrike, n a aucun rapport avec la littérature sur la musique, je parle ici d'un\nouvrage très délicat de poésie allemande, plein d'une tendresse charmante,\nd une gaieté tranquille, d'un parfum délicieux et enchanteur, exprimant d'une\nmanière tout ineffaçable les traits doux et idylliques, les qualités merveilleuses\net gaies du caractère de Mozart ; n'existe-t-il donc pas un homme comme Baude-"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.14", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1080, "texte": "làire ou Maupassant pour traduire eu français Mozart en voyage à Prague >\nL'édition d'oeuvres scientifiques à prix modérés à l'usage de tout le monde et\nprincipalement des écoles se répand de plus en plus en Allemagne ; de même\nles « Catéchismes » édités à Leipzig par Max Messe, qui ne sont pas autre\nchose que la récapitulation d'une matière, dans un ordre spécial.\nJ'ai parcouru plusieurs de ces catéchismes. i° Cal. delà Théorie de V Harmonie,\npar Hugo Riemann (3e édition). M. Riemann commence à voir le succès de sa\ncampagne contre la basse fondamentale. Un autre catéchisme, par G. Winter,\nest relatif à la Chanson populaire allemande. Nous autres, de l'Allemagne méri-\ndionale, nous désirons vivement pouvoir faire connaissance plus intime avec la\nchanson populaire française. Je dois citer encore deux «catéchismes » : Y Art de\njouer du piano (du même) et, de R. Dannenberg, Y Art du chant. Au surplus, on\ntend à abandonner aujourd'hui cette manière d'exposition en « catéchisme »,\ndont on a reconnu la futilité.\nVienne, le 6 mars»\n\nAD. NEUMANN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c011", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "152", "page_fin": "160", "image_debut": 14, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.7", "titre_corps": "Concerts, premières représentations et Informations.", "titre_sommaire": "Concerts, premières représentations et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.14", "debut_caractere": 1082, "fin_caractere_exclue": 3219, "texte": "Concerts, premières représentations et Informations.\n\nConcerts Colonne.\n\nFévrier et mars. La première audition d'une œuvre toute\nrécente de M. Vincent d'lndy est un événement musical. Elle se compose de\ntrois parties, Aurore, Jour,[Soir, et est intitulée Jourd'été sur la montagne. L'idée\npremière de cette symphonie très originale a, paraît-il, été suggérée au maître\npar un poème en prose de M. Roger de Pampelonne. J'ai peine à croire que\nM. d'lndy, qui pense par lui-même, ait puisé son inspiration dans cet amas de\npuérilités boursouflées que ne pourrait édifier qu'un esprit étranger à toute\nsaine littérature. Mais passons. M. d'lndy nous fait entendre les murmures\nproches et lointains de la montagne, les bruissements épars de la vie, les harmo-\nnies de la nature, dans une polyphonie d'un art souverain ; malgré la complica-\ntion et la recherche des timbres et des accords, on suit nettement le dessin des\nphrases, et tout se fond dans une satisfaisante unité. On ne peut posséder plus\npleinement que M. Vincent d Indy le secret d'enchanter par les sons. Mais si\nj'ai été charmé, je n'ai guère été ému ; il faut que ce soit la faute de ma sensibi-\nlité qui ne s'accorde pas avec celle du compositeur ; le langage des sons et des\nmots n'est pas entendu de la même manière par toutes les âmes et tous les esprits.\nCe nouvel ouvrage du grand musicien a été vigoureusement applaudi. Il en a\nété de même de l'Après-midi d'un Faune, redemandé. La Symphonie en la mineur\nde M. Saint-Saëns, si franche, si classique, qu'on croirait parfois entendre du\nBeethoven, terminait le concert. M. Enesco exécuta la belle, mais longue\nChaconne de Bach, et Mlle WandaLandowska le Concerto en mi bémol de Mozart,\nbien mince, bien insignifiant : n'était la main gauche qui de temps en temps\nconsent à ne pas rester inactive, j'aurais pu croire entendre en fermant les yeux\nun morceau de flûte d'un timbre particulier. Le concert avait commencé par\nles fragments les plus intéressants du Manfred de Schumann, joués avec énergie\net passion par l'orchestre de M. Colonne. M. Paul Brun, cor anglais, a été un\nsoliste remarquable et justement acclamé. ,"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.15", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3569, "texte": "Dans VAngélus, M. Trépard a cherché à rendre les espérances et les angoisses\nd'un artiste, F anéantissement momentané, puis le réveil de tout son être, sous le\ncoup d'une émotion presque religieuse. Cela est bien du domaine de la musi-\nque, er on admet très bien que l'orchestre serve à traduire un tel état d'âme.\nMais comment exprimera-t-il des choses aussi précises que celles-ci par\nexemple : l'Aimée n'est pas làpourquoi tarde-t-elle à venu ?... Aloi s laitiste\nabandonne tout pour courir après Voublieuse. Ou ceci encore , Il maudit la\nterre sur laquelle il croit voir la place de ses pas... il tombe épuisé sous les giands\narbres que dore le soleil couchant ? Trop de littérature dans tout cela ! des mots,\ndes mots ! Trop de bruit, pas assez de musique! La fin est mieux : Y Angélus et\nles cloches ont bien inspire 1 auteur . jolies sonorités, pas banales, habileté de\nfacture ; en somme, œuvre un peu prétentieuse et superficielle.\nJe reviens sur le Jour d'été sur la montagne de M. d Indy, après 1 avoir\nentendu une seconde fois. Orchestration prodigieuse, richesse extiaorchnaiie\ndans les combinaisons de rythmes et de timbres, dextérité, maîtiise incom-\nparable ; pas trace d'effort ; l'orchestre si plein, si varié, si complexe d'apparence,\ntoujours clair \\ chaque motif se détachant avec une netteté singuhèie . personne\nne joue de l'orchestre comme d'lndy ! Mais les choses sont vues du côté extérieur ;\nl'auteur ne l'a peut-être pas voulu, mais on a trop l'impression qu il décrit pour\ndécrire. Tous les bruits de la nature qui s'éveille ou s'endort, on les retrouve\ndans l'orchestre ', il y a là des trésors d invention et d ingéniosité, mais cela\nlaisse froid... Notre curiosité n'est jamais déçue, mais notre désir d émotion n est\nque rarement satisfait; c'est de la musique intellectuelle. Des trois parties que\ncomprend le Jour d'été sur la montagne, la première, la fin de la seconde et de\nla troisième sont peut-être les mieux réussies, sans doute parce qu'elles offraient\nune ample matière au talent descriptif de l'auteur. Maintes idées métaphysiques\ndu poème ne m'intéressent pas : comment serais-je ému par le commentaire musi-\ncal de cette phrase : Je n'aperçois plus ce qui périt, mais ce qui renaît sur les ruines ;\nle grand Guide semble y régner seul ? Ah! la musique à programme (et quels\nprogrammes !), qui nous en délivrera ?\nExcellente exécution, très grand et très légitime succès pour Mmt Schumann-\nHeink. De la force, de l'éclat, voix admirablement conduite, pas d afféterie, pas\nde mièvrerie ; ne cherche pas à faire un sort à chaque note ; style simple et\nlarge ; bref, une personnalité ! Très bien secondée par la clarinette dans 1 air de\nla Clémence de Fitus et par le violcn solo dans les Irois Bohémiens de Liszt,\n\nR. PRIEUR.\n\nL'opéra de M. Arrigo Boïto, Mejistofele,\njustement célèbre en Italie, obtint à Monte-Carlo, l'an passé, un succès éclatant\nqui s'est d'ailleurs renouvelé, l'été dernier, lorsque M. Gunsbourg en donna\nune inoubliable représentation au théâtre d'Orange.\nL'abondante inspiration de cette œuvre, sa facture qui décèle un sérieux souci\nd'art, la mise en scène qu'elle comporte et l'intérêt vocal offert par chacun des\nrôles lorsque l interprétation réunit des artistes habilement choisis, tout con-\ncourt à faire de Mejistofele un spectacle extrêmement attrayant pour les yeux,\nautant que l'oreille y trouve de l'agrément.\nLa reprise que vient d'en faire le théâtre de Monte-Carlo a obtenu du public\nle même chaleureux accueil que l'an passé.\n\nCourrier théâtral de Monte Carlo."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.16", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3333, "texte": "Il faut dire que la mise en scène de M. Raoul Gunsbourg est de toute beauté,\net que certains tableaux, entre autres celui de l'Enfer, sont d'une décoration et\nd'une vie saisissantes.\nM. Chaliapine a fait du rôle de Mefïstofele une création qui lui est bien per-\nsonnelle; sa façon de composer ce rôle dénote un sentiment artistique peu\ncommun : il y est d une originalité effrayante : nulle réalisation du rôle de\nSatan ne fut jamais aussi diabolique, aussi émouvante et même aussi terrible,\ncar M. Chaliapine ne recule devant rien et arrive, dans l'acte de l'Enfer, à la\ngrande terreur tragique.\nM. de Marchi, dans le rôle de Faust, fait admirer sa belle voix de ténor,\ndont il se sert avec une rare habileté.\nMme Lina Cavalieri, dans le double personnage de Marguerite et d'Hélène,\nest tout à fait remarquable; elle a chanté Y air de la prison avec une véhémence\nsuperbe.\nMme Deschamps-Jehin dessine avec adresse et non sans malice le type de\nDame Marthe, où elle chante avec le style parfait et l'autorité qu'on lui connaît.\nLes décors de M. Visconti sont fort beaux. Et les transformations lumineuses\nde M. Eugène Frey donnent une illusion féerique.\nL'orchestre et les chœurs, dirigés par M. Léon Jehien, méritent les plus\nsincères éloges.\nSamedi iomars,a eu lieu la représentation de Don Procopio, opéra bouffe\nen deux actes, d'après des comédies italiennes du xvne et du xvine siècle, poème\nde MM. Paul Collin et Paul Bérel, récitatifs de M. Charles Malherbe, musique\nde Georges Bizet. Avec MM. Jean Périer, Rousselière, Bouvet, Chalmin,\nAnanian, Mlles Angèle Pornot, Jeanne Morlet, Don Procopio était accompagné\nsur l'affiche par Paillasse, de M. Léoncavallo, joué par MM. Rousselière, Bou-\nvet, Dangosse, Ananian et Mlle Farrar, qui ont eu le plus vif succès.\nOn connaissait, par la correspondance de Bizet, l'existence et l'histoire de ce\nDon Procopio, composé en 1858 à Rome, alors que le futur auteur de Carmen\nn'avait que vingt ans et se doutait peu que cette œuvre de jeunesse devrait\nattendre un demi-siècle pour être jouée, loin de Paris.\nDepuis hier, on connaît enfin cette œuvre exquise, dont le succès réparateur\nva assurer les lendemains dans le monde entier : le vif plaisir que le public a\npris à la pièce, qui est très amusante, et à la musique, qui est adorable, se renou-\nvellera sans aucun doute devant tous les publics, et pour de longues années.\nDon Procopio est un vieil avare qui s'est mis en tête d'épouser une riche héri-\ntière, la jolie Bettina. L'oncle de la jeune fille, Don Andronico, est un vieux bour-\ngeois madré qui croit, dans ce mariage, conclure une bonne affaire. Mais Bet-\ntina ne veut point de Don Procopio : elle aime le bel officier Odoardo. Avec\nl'aide de son frère Ernesto et de sa tante Eufémia, elle déjoue le complot des\ndeux barbons, les brouille, se débarrasse malicieusement de Procopio, et finit\npar décider Andronico à l'unir à celui qu'elle aime.\nOn ne saurait imaginer rien de plus jeune, de plus délicieux, de plus finement\nenjoué, déplus pittoresquement bouffon, que la musique de ces deux actes, où la\nmélodie, fraîche et originale, coule et déborde, où l'orchestre babille avec un\nesprit espiègle, et d'où jaillit une joie irrésistible. On y éprouve le même délice\nqu'au Barbier de Séville. Aucun point de ressemblance, pourtant, entre ces deux"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.17", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 3657, "texte": "œuvres, sinon qu'elles sont deux chefs-d'œuvre d'où se dégage le même charme.\n\nD. IMBERT.\n\nBerlin.\n\nL'Opéra Royal. Der lange Kerl, opéra comique de Victor von\nWoikowsky-Biedau. Première représentation. —Le titre de l'opéra est le sobri-\nquet que Frédéric II donnait à ses grenadiers de la garde, et on peut voir que le\ncompositeur voulait servir deux maîtres à la fois [comparez le Roland de Berlin\nde Leoncavallo]. Heureusement, l'art a le dessus. On sait que Frédéric II avait\nune grande prédilection pour les grenadiers de haute taille et qu'il leur faisait\népouser des filles grandes et fortes. Supposez qu'un maître d'école de village et\nun de ces grenadiers deviennent épris de la même fille, que ce brave instituteur\nessaye de supplanter son rival et qu'il n'y réussisse pas parce que la fille aime\nle grenadier ; on peut s'imaginer clairement la jovialité du sujet. Le rôle muet\ndu « Lange Kerl », qui est joué par un véritable grenadier de Potsdam et le\ntalent de M. Lieban, l'excellent sociétaire de l'Opéra Royal, sont les seuls à re-\nmercier pour la gaieté qui règne pendant toute la pièce. La musique, au\ncontraire, est trop wagnérienne, pleine d'une polyphonie trop dure pour s'a-\ndapter sans contrainte au sujet. M. de Woikowsky est sans doute un composi-\nteur sérieux, malheureusement trop sérieux pour ne pas ennuyer dans cet opéra\ncomique avec son lourd pathos. M. Erick Schmédès, le ténor de l'Opéra Royal\nde Vienne, était l'invité de l'Opéra de Berlin. J'ai eu l'occasion de l'entendre dans\nRienqi et Tristan et Yseult,et, quoiqu'il soit un acteur de goût et un chanteur très\nsûr de soi, il ne peut pas satisfaire entièrement. Il est trop inégal. Quelquefois\nil nous charme avec une voix magnifique, et d'autres fois il est médiocre. Sa\nforce est dans les sons graves qui sont presque ceux du baryton, pendant qu'il\nsemble chanter avec beaucoup de difficulté dans les sons aigus. Mais les bons\nténors sont si rares maintenant qu'on ne peut pas facilement refuser des applau-\ndissements à un artiste sérieux tel que M. Schmédès.\nL'Opéra-Comique. —Le Corrégidor, opéra comique de Hugo Wolff (après\nles Contes dßloffmann, la Bohème de Leoncavallo et le Jongleur de Notre-\nDame, dont la « première » est restée sans lendemain) a élargi le répertoire avec\nDon Pasquale de Donizetti. L'œuvre de Wolff, le seul opéra du composi-\nteur de romances très connu, qui est malheureusement mort fou, fut terminée\nen 1896, mais la représentation de l'Opéra-Comique de Berlin était la première\naudition dans la capitale. Manheim, Strasbourg, Prague, Graz et Vienne ont\ndepuis longtemps inscrit l'opéra dans leur programme. Rosa Mayreder a écrit\nle livret d après une nouvelle de l'auteur espagnol Harcon. Le vieux corrégidor,\nqui courtise une jolie meunière, est rossé à coups de bâton dans sa propre maison\npar le meunier, qui s'y est introduit après avoir revêtu les habits de son rival.\nHugo Wolff ne peut dissimuler sa vocation musicale pour les romances, qui,\ncomme on lésait, sont tellement expressives que seul l'orchestre peut reproduire\n1 effet brillant voulu par le compositeur; mais un opéra demande un traitement\ndramatique du sujet, et cela est hors de son talent musical ; on n'entend que de\ncharmants passages de mélodies mal assemblées ; aussi l'impression générale\nn est-elle que médiocre. Mais ce serait une grande faute de vouloir laisser tomber\ncette œuvre dans 1 obscurité, car elle renferme d'exquises beautés, dignes d'être\nconnues. Il faut remercier le directeur, H. Cyrégor, d'avoir eu le courage de\nmettre le Corrégidor au répertoire. La mise en scène et la représentation étaient\nexcellentes."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.18", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3474, "texte": "Don Pasquale de Donizetti montra également le soin de M. Cyrégor, et c est\nà lui que revint la plus grande partie des applaudissements. Mais la comparai-\nson naturelle avec l'excellent bel cantor Signorßouci et sa troupe italienne laissa\nvoir toutes les petites imperfections de l'interprétation allemande. On jouait\ntrop lourdement, et malgré cela on négligea la musique, qui demande particuliè-\nrement dans cette œuvre un traitement artistique. Don Pasquale est presque\nune nouveauté pour les Berlinois ; et avec sa musique charmante, avec\nun tempérament un peu plus vif de la part des artistes, un succès durable\nme semble certain. M. Hans Cyrégor s'est procuré le droit de représenta-\ntion des opéras suivants : le Barbier de Séville de Rossini, le Mariage de\nFigaro de Mozart, le Démon de Rubenstein, Iris de Mascagni et Carmen de\nBizet.\nF Agence de Concerts Jules Sachs m'informe que Salomé, l'opéra de\nRichard Strauss, sera bientôt représenté à Berlin. Si 1 Opéra Royal refuse de\nle faire, l'Agence des Concerts Jules Sachs a fait avec le comte Seebach, direc-\nteur en chef de l'Opéra Royal de Dresde, un contrat provisoire qui autorise une\nreprésentation à Berlin par les 170 membres de l'Opéra de Dresde. On se rap-\npellera qu'une représentation de cette œuvre est liée à beaucoup de difficultés\nconcernant la mise en scène et l'exécution musicale.\nLes Concerts Philharmoniques, sous la direction d'Arthur Nikisch, avec\nFritz Krrisler comme soliste de piano, nous ont donné le Concerto en\nla mineur de Viotti. Parler de la technique du pianiste serait inutile, car\nM. Krnsler n'appartient plus au genre d'il y a quelques ans, mais à une élite\nd'artistes véritables. Il nous joua l'adagio avec un charme délicieux et le\nfinale avec beaucoup d'esprit. Le succès fut grand. Till Eulenspiegel de\nRichard Strauss, Byschrad de Smetana et la Seconde Symphonie de Brahms\nfurent exécutés magnifiquement par l'orchestre philharmonique, particulière-\nment Till Eulenspiegel, une des compositions de Strauss qui me paraît peut-\nêtre la plus naturelle et la plus vivante.\nA l'occasion du centenaire de Mozart, le professeur Nikisch nous fît entendre,\noutre la symphonie Jupiter et l'ouverture de la Flûte enchantée, une œuvre\nmoins souvent exécutée, la Concertante en mi bémol, pour violon et viole\n(MM. Witek et Klingler). —La soliste vocale de cette fête était Mme Luca Mysz-\nCymeiner. Elle chanta avec une belle voix l'air de la Vitellia {Titus) et inter-\npréta en maître quelques chansons avec accompagnement de piano.\nLe VIIIe concert philharmonique nôus donna pour la première fois le Man-\nfred de Tschaikowsky. Cette œuvre géniale et très intéressante du maëstro\nrusse nous révèle des beautés extrêmement fines mêlées à des passages peu\nsympathiques. Le compositeur veut nous illustrer dans sa musique toute cette\nexistence que le drame de Manfred nous déroule; et sans doute il a des mo-\nments heureux, par exemple dans la deuxième des quatre parties, le Chant de\nla Fée et dans le finale en mi majeur, qui firent une impression grandiose\net émouvante.\nDer Mensch d'Ertel, une nouveauté pour les Berlinois, est un travail sérieux\nau point de vue musical, quoique la conception poétique reste parfaitement em-\nbrouillée pour l'auditoire. La soliste Annette Essipoff interpréta Chopin\ndans le Concerto en la mineur. Il y a à peu près 20 ans que cette pianiste n'a pas\njoué à Berlin, et elle nous donna une interprétation dans la manière du « boii"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.19", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "vieux temps », gracieuse et spirituelle, qui peut-être est préférable à celle de nos\njours, où on développe plus de passion.\nSur le programme du IXe concert figurait le nom d'une artiste qui seule avait\nrempli la salle de la Philharmonie, celui d'Ernestine Schumann-Heink.\nDans les derniers temps on a eu très rarement le plaisir de jouir de sa belle\nvoix, qui nous chanta le Récitatif et la Prière de Pénélope de Y Odyssée de Bruck,\nles Trois Bohémiens de Liszt et Allmacht de Schubert, avec une grandeur simple\net un effet émouvant. Mais l'orchestre n'intéressait pas moins que la soliste.\nAvec une poésie admirable, le Philharmonische joua le Songé d'une nuit Tété de\nMendelssohn, et l'exécution de la Symphonie en mi mineur fut superbe ;je ne\ncpeux pas m'imaginer une interprétation plus parfaite. —La nouveauté du\nsoir était la Mort de Tintagile, du compositeur Ch.-M. Loffler, qui voulait\ninterpréter musicalement la tragédie de Maeterlink. L'œuvre nous montra la\nfaiblesse qu'on trouve généralement dans la Programm-musik, c'est-à-dire l'in-\ncertitude de la conception ; cependant le maître spirituel nous paraît avoir un\ngrand talent qui n'est pas encore suffisamment formé, et une fantaisie brillante\nquoique un peu inquiète. L'habile orchestration, l'originalité dans l'harmonie et\nl'introduction de la viole d'amour donnent à l'œuvre le droit d'occuper une place\nhonorable parmi les productions musicales. A bientôt une prochaine lettre.\n\nRENÉ L. DIRCKS.\n\nLondres.\nA. R.\nLa saison d'opéra sera ouverte au Théâtre Royal de Covent\nGarden le 3 mai prochain sous la direction de M. André Messager, dont la\nRevue musicale a eu, récemment encore, l'occasion de faire l'éloge. Elle prendra\nfin avec la « season » londonienne, c'est-à-dire à la fin de juillet, après\n12 semaines de durée.\nMM. Messager, Campanini et Mans Richter conduiront chacun l'orchestre\npendant le cours des représentations. Le programme comprendra, après les deux\ncycles du Ring der Nibelungen et à côté d'oeuvres données lors de la dernière\n« season» : le Barbier de Bagdad, —Armide, Eugène One gin, —■ the Flying\nDutchman, —Romeo, —le Jongleur de Notre-Dame, Tristan.\n, En tête des principaux artistes engagés, citons :\nSoprani : Mme Aida (Bruxelles), Frl. Burchardt (Schwerin), Mlle Das (Bruxel-\nles) ;M. Destinn (Berlin), Mme Gilibert-Lejeune, Mme Melba ;\nContralti-mezzo-soprani : Mme Kirkby Lunn, Mme Paulin (Bruxelles) ;\n: Ténors : Signor Caruso î Herr Cornad (Cologne), M. Laffite (Bruxelles), Herr\nLieban (Berlin) ;\nBasses-Barytons: MM. Fraude Arthur, Battistini, Crabbé, Sammarco, Scotti.\nCette série de représentations promet d'être remarquablement brillante,\ncomme on le voit par cette liste d'artistes, et déjà nombre de fidèles abonnés ont\ncommencé à se faire inscrire en vue de s'assurer des places.\nParmi les concerts de la dernière quinzaine, nous citerons :\nSalle Erard. — 5 mars, concert donné par M. Montoriel Tarrès (au pro-\ngramme, œuvres de Weber, Schumann, Chopin, Bourgault-Ducoudray,\nWagner, etc.). —9 mars, M. Rey. Gaufrés, avec MM. Arnold Rosé et Friedrich\nBuxbaum (au programme,.œuvres de Mozart, Beethoven, Schumann, ChopinK"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.20", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3101, "texte": "Salle Pleyel. 3 mars, 335e concert (au programme, œuvres de Vincent\nd'dndy, Debussy, Jean d Udine, etc.). 6 mars, premier concert donné par\nM. Eugène Saury avec Mlles Louise Grandjean, de l'Opéra, et Antoinette Lamy\n(au programme, œuvres de Camille Chevillard, C Franck, Schumann, Gabriel\nFauré, etc.).— 9mars,M. Daniel Hermann, avecMmeDurand-Texte, et Mlles Boutet\nde Monvel et Marguerite Long (au programme, œuvres de Gabriel Fauré).\n12 mars, sonates de piano et violon, par MM. Arthur de Greef et Jules Bou-\nchent (au programme, œuvres de Bach, Beethoven, Schumann). Matinées\nmusicales et populaires. Le mercredi 7 mars, M. Luigini a donné sa onzième\nmatinée, au théâtre de l'Ambigu, avec le concours de Mme Auguez de Montalant\n(au programme, œuvres de Beethoven, Mozart, Godard, Messager, etc.) ; le\n6 mars, Mme Ch. Mellot-Joubert avec M. Paul Viardot (au programme,\nœuvres de Lully, Haendel, Gluck, Schubert, Schumann, etc.); 10 mars,\nM. Bruno Lisner (au programme, œuvres de Chopin, Beethoven, etc.); 14 mars,\nrécital de piano donné par Mlle Marcelle Weiss (au programme, œuvres de\nMozart, Beethoven, Schumann, Saint-Saëns, Mendelssohn, etc.). Salle Pleyel :\n8 mars, Mlle Cécile Meiidt, avec MM. Marcel Bâillon, René Schidenhelm (au\nprogramme, œuvres de Bach, Beethoven, Haendel, Schumann, etc.). Salle des\nAgriculteurs : 7 mars, concert donné par le Quatuor vocal de Paris, Mme Marie\nMayrand, Mlle Alice Deville, MM. Noël Nansen, Jan Reder (au programme,\nœuvres de Palestrina, Monteclair, Massenet, etc.).\n12 mars, Mme Olga de Névosky avec Mmc Caristie Martel et M. Edmond\nHertz (au programme, œuvres de Schumann, Franck, Berlioz, Chopin, etc.).\n—l5 mars, Mlle Minnie Tracey, avec le concours de Mlle Hélène Zielinska\net de M. Enesco (au programme, œuvres de Bach, Schubert, Massenet,\nFranck, etc.).\nLe 2 mars, Mlle Gabrielle Monchablon avec le concours de M. Bourgault-\nDucoudray (au programme, œuvres de Bach, Massenet, Haendel, Bourgault-\nDucoudray, etc.). Salle des Agriculteurs : 3 mars, M. Alphonse Mustel avec\nM\"es Marie-Louise Humbers, Madeleine Neyrat (au programme, œuvres de\nMozart, Beethoven, Gabriel Pierné, etc.). Salle Pleyel. 7 mars, récital de\npiano, donné par Mlle Charlotte Lamy (au programme, œuvres de Mozart,\nSchumann, Haendel, Paganini, etc.).\n\nConcerts annoncés :\nSalle Pleyel. l9 mars, récital de violon donné par M. Joseph Debroux avec\nMlle Marguerite Delcourt (au programme, œuvres de Branche, Jean-Marie\nLeclair, François du Val (voir à la fin de ce numéro).\n\nSalle des Agriculteurs. l9 mars à 9 h., concert donné, par la Société des Soi-\nrées d'Art, M. Wilhelm Backhaus (au programme, œuvres de Bach, Beethoven,\nChopin, Schumann, etc.). 2l mars à4h. de l'après-midi, M. Wilhelm Bac-\nkhaus (au programme, œuvres de Bach, Mozart, Liszt, Chopin).\nM. J.-Joachim Nin donnera l'audition d'oeuvres de Jean-Sébastien Bach à\nla salle Hïolian le mercredi 21 mars, à neuf heures du soir; au programme :\nCapriccio sopra la del suo fratello dilettissimo, fragments des Suites,\ndes Suites françaises et anglaises, Sarabande avec 16 Variations, Invention"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.21", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "en fa majeur, Sinfonia en jet mineur, Prélude et Fugue en si bémol mineur\n(Clav. bien tempéré), Fugue n° i de Y Art de la Fugue, Fantaisie chromatique\net Fuguey etc.\n\nParis. —La Commission consultative instituée au Sous-Secrétariat d'Etat\ndes Beaux-Arts en vue d'examiner les mesures à prendre pour favoriser les\nintérêts de l'art dramatique et lyrique et le développement des théâtres popu-\nlaires, s'est réunie le vendredi 26 janvier 1906, à 9 heures 1/2 du matin, au Sous-\nSecrétariat d'Etat des Beaux-Arts, 3, rue de Valois. Elle a voté la création de\nquatre théâtres populaires à Paris.\n\nToulon. Par arrêté ministériel en date du 9 janvier 1906, M. Grégoire, an-\ncien professeur d'harmonie à la succursale du Conservatoire national, à Nîmes,\nest nommé directeur de l'Ecole nationale de musique de Toulon ; M. Stenger,\nancien directeur de l'Ecole municipale de musique de cette ville, est nommé\ndirecteur adjoint.\n\nCambrai. —A la suite du rattachement aux Ecoles nationales de musique de\nl'Ecole municipale de musique de Cambrai, le Préfet du Nord, par arrêté du\n10 janvier 1906, a nommé professeurs à cette école :\nMM. Muguet, classe de clarinette et saxophone ;\nVanderberghe, classe de solfège élémentaire et moyen ;\nMascret, classe de flûte, hautbois et basson ;\nLangrand, classe de violon et d'alto ;\nDevred, classe de solfège supérieur (garçons), violoncelle et contre-\nbasse ;\nLarondelle, classe d'instruments de cuivre ;\nCormont, classe de solfège préparatoire ;\nMme Compas, classe de piano.\n\nAmiens, Par arrêté de M. le Préfet de la Somme en date du 23 février der-\nnier, M. Coze a été nommé professeur du cours supérieur de piano à l'Ecole\nnationale de musique de cette ville, et M. Bulot, professeur du cours élémentaire\nde piano.\n\nAbbeville. Par arrêté préfectoral en date du 2 mars, ont été nommés profes-\nseurs à l'Ecole nationale de musique d'Abbeville :\nMlle Taboux, classe de piano ;\nM. Brassart, cours supérieur de violoncelle et de contrebasse.\n\nNous sommes heureux d'appren-\ndre que cette chorale va être incessamment fondée sur des bases très larges et\nde façon précise. Elle se réunira prochainement à la Sorbonne pour des exécu-\ntions d'ensemble. Un compositeur célèbre, à la fois grand artiste et praticien\némérite, M Gabriel Pierné, a bien voulu accepter de diriger et d'organiser les\npremières répétitions. Il achève en ce moment une tournée dans les lycées de\nParis, et nous croyons savoir que les premières impressions sont encoura-\ngeantes. D'immenses progrès ont été accomplis depuis un an. Nous tiendrons\nnos lecteurs au courant de ce qui va être fait.\n\nChorale de jeunes filles des lycées de Paris."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.22", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "Ventes d'autographes àFHôtel Drouot. M. Noël Charavay, le savant expert,\nà vendu récemment, à l'Hôtel Drouot, avec le concours de Me Delestre, commis-\nsaire priseur, une collection d'autographes parmi lesquels on remarquait des\nlettres et des manuscrits de musique de compositeurs célèbres. Parmi les plus\nintéressants, nous indiquerons : un morceau de musique {Ballade), autographié\npar Chopin, qui a été payé 1600 francs ; un morceau de musique (Chœur d'A-\nthalie), autographié et signé avec paroles par Mendelssohn-Bartholdy, adjugé à\n300 francs. A citer aussi dans l'ordre alphabétique : Le rêve du bonheur, aut. et\nsig. mars 1845, par Adam, auteurdu Chalet, 10 francs ; une jolie lettre deßerlioz,\noù il exprime son admiration pour Beethoven et pour Gluck, « ces deux dieux\nsupérieurs de son art », allée à 105 francs ; une lettre de Bizet à un directeur\nde théâtre, 30 francs ; une lettre de Chérubini au comte Turpin de Crissé (datée\n1826), 17 francs ; un morceau de musique : Fragment de Lakmé, par Léo\nDelibes, 31 francs; une lettre en français de Donizetti à Auguste de Coussy\n(1845), où il le gourmande à propos d'un prêt qu'il a fait malgré son avis, 37\nfrancs.\nc Une lettre ..de Charles Gounod à Georges Bousquet (27 août 1840), dans\nlaquelle le grand compositeur fait une description enthousiaste de la campagne\nnapolitaine, et donne quelques détails sur une Marche militaire suisse qu'il\navait composée, a été acquise pour 32 francs, et une autre lettre de Charles\nGounod à Vizentini (24 juin 1873), où il s'en remet à lui pour l'exécution de\nsa Jeanne d'Arc, 24 francs; ,\nEnfin, on a payé 43 francs une lettre de Grétry à Pougens (17 mars 1809) ;\n26 francs, une jolie pièce d'album intitulée : Le Maure de Grenade, autographiée\npar Halévy ; 16 francs, une lettre d'Hervé à Wolf (24 avrih 1875), piquante\népître à propos d'une critique de Wolf sur Alice de Nevers \\ 28 francs, une lettre\nen français de Liszt, datée de Weimar, 15 mai 1882 ; 25 francs, uneylettre de\nMéhul àPersuis; 20 francs, Solfèges composés pour Monseigneur le Prince de\nJoinville, morceau de musique, avec dédicace, autographié et signé par Paer ;\n\"35 francs, Marche funèbre, par Reyer ; 90 francs,morceau de musique parßossini;\n31 francs, d'intéressantes lettres de Saint-Saëns, relatives à- Proserpine ;\n18 francs, plusieurs lettres de Victorien Sardou à Déjazet ;51 francs,une lettre de\nSpontini ; 46 francs, un morceau de musique d'Ambroise Thomas ; 21 francs,\nune lettre en français de Verdi ; on a donné 95 francs d'une lettre de Richard\n\"Wagner à Georges Herwegh (juillet -1852).\n\nHÉBERT ROUGET."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c012", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "152", "page_fin": "153", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.7.1", "titre_corps": "Concerts Colonne.", "titre_sommaire": "Concerts Colonne.", "signature_source": "R. PRIEUR", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.14", "debut_caractere": 1136, "fin_caractere_exclue": 3219, "texte": "Concerts Colonne.\n\nFévrier et mars. La première audition d'une œuvre toute\nrécente de M. Vincent d'lndy est un événement musical. Elle se compose de\ntrois parties, Aurore, Jour,[Soir, et est intitulée Jourd'été sur la montagne. L'idée\npremière de cette symphonie très originale a, paraît-il, été suggérée au maître\npar un poème en prose de M. Roger de Pampelonne. J'ai peine à croire que\nM. d'lndy, qui pense par lui-même, ait puisé son inspiration dans cet amas de\npuérilités boursouflées que ne pourrait édifier qu'un esprit étranger à toute\nsaine littérature. Mais passons. M. d'lndy nous fait entendre les murmures\nproches et lointains de la montagne, les bruissements épars de la vie, les harmo-\nnies de la nature, dans une polyphonie d'un art souverain ; malgré la complica-\ntion et la recherche des timbres et des accords, on suit nettement le dessin des\nphrases, et tout se fond dans une satisfaisante unité. On ne peut posséder plus\npleinement que M. Vincent d Indy le secret d'enchanter par les sons. Mais si\nj'ai été charmé, je n'ai guère été ému ; il faut que ce soit la faute de ma sensibi-\nlité qui ne s'accorde pas avec celle du compositeur ; le langage des sons et des\nmots n'est pas entendu de la même manière par toutes les âmes et tous les esprits.\nCe nouvel ouvrage du grand musicien a été vigoureusement applaudi. Il en a\nété de même de l'Après-midi d'un Faune, redemandé. La Symphonie en la mineur\nde M. Saint-Saëns, si franche, si classique, qu'on croirait parfois entendre du\nBeethoven, terminait le concert. M. Enesco exécuta la belle, mais longue\nChaconne de Bach, et Mlle WandaLandowska le Concerto en mi bémol de Mozart,\nbien mince, bien insignifiant : n'était la main gauche qui de temps en temps\nconsent à ne pas rester inactive, j'aurais pu croire entendre en fermant les yeux\nun morceau de flûte d'un timbre particulier. Le concert avait commencé par\nles fragments les plus intéressants du Manfred de Schumann, joués avec énergie\net passion par l'orchestre de M. Colonne. M. Paul Brun, cor anglais, a été un\nsoliste remarquable et justement acclamé. ,"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.15", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "Dans VAngélus, M. Trépard a cherché à rendre les espérances et les angoisses\nd'un artiste, F anéantissement momentané, puis le réveil de tout son être, sous le\ncoup d'une émotion presque religieuse. Cela est bien du domaine de la musi-\nque, er on admet très bien que l'orchestre serve à traduire un tel état d'âme.\nMais comment exprimera-t-il des choses aussi précises que celles-ci par\nexemple : l'Aimée n'est pas làpourquoi tarde-t-elle à venu ?... Aloi s laitiste\nabandonne tout pour courir après Voublieuse. Ou ceci encore , Il maudit la\nterre sur laquelle il croit voir la place de ses pas... il tombe épuisé sous les giands\narbres que dore le soleil couchant ? Trop de littérature dans tout cela ! des mots,\ndes mots ! Trop de bruit, pas assez de musique! La fin est mieux : Y Angélus et\nles cloches ont bien inspire 1 auteur . jolies sonorités, pas banales, habileté de\nfacture ; en somme, œuvre un peu prétentieuse et superficielle.\nJe reviens sur le Jour d'été sur la montagne de M. d Indy, après 1 avoir\nentendu une seconde fois. Orchestration prodigieuse, richesse extiaorchnaiie\ndans les combinaisons de rythmes et de timbres, dextérité, maîtiise incom-\nparable ; pas trace d'effort ; l'orchestre si plein, si varié, si complexe d'apparence,\ntoujours clair \\ chaque motif se détachant avec une netteté singuhèie . personne\nne joue de l'orchestre comme d'lndy ! Mais les choses sont vues du côté extérieur ;\nl'auteur ne l'a peut-être pas voulu, mais on a trop l'impression qu il décrit pour\ndécrire. Tous les bruits de la nature qui s'éveille ou s'endort, on les retrouve\ndans l'orchestre ', il y a là des trésors d invention et d ingéniosité, mais cela\nlaisse froid... Notre curiosité n'est jamais déçue, mais notre désir d émotion n est\nque rarement satisfait; c'est de la musique intellectuelle. Des trois parties que\ncomprend le Jour d'été sur la montagne, la première, la fin de la seconde et de\nla troisième sont peut-être les mieux réussies, sans doute parce qu'elles offraient\nune ample matière au talent descriptif de l'auteur. Maintes idées métaphysiques\ndu poème ne m'intéressent pas : comment serais-je ému par le commentaire musi-\ncal de cette phrase : Je n'aperçois plus ce qui périt, mais ce qui renaît sur les ruines ;\nle grand Guide semble y régner seul ? Ah! la musique à programme (et quels\nprogrammes !), qui nous en délivrera ?\nExcellente exécution, très grand et très légitime succès pour Mmt Schumann-\nHeink. De la force, de l'éclat, voix admirablement conduite, pas d afféterie, pas\nde mièvrerie ; ne cherche pas à faire un sort à chaque note ; style simple et\nlarge ; bref, une personnalité ! Très bien secondée par la clarinette dans 1 air de\nla Clémence de Fitus et par le violcn solo dans les Irois Bohémiens de Liszt,\n\nR. 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Gunsbourg en donna\nune inoubliable représentation au théâtre d'Orange.\nL'abondante inspiration de cette œuvre, sa facture qui décèle un sérieux souci\nd'art, la mise en scène qu'elle comporte et l'intérêt vocal offert par chacun des\nrôles lorsque l interprétation réunit des artistes habilement choisis, tout con-\ncourt à faire de Mejistofele un spectacle extrêmement attrayant pour les yeux,\nautant que l'oreille y trouve de l'agrément.\nLa reprise que vient d'en faire le théâtre de Monte-Carlo a obtenu du public\nle même chaleureux accueil que l'an passé.\n\nCourrier théâtral de Monte Carlo."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.16", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3333, "texte": "Il faut dire que la mise en scène de M. Raoul Gunsbourg est de toute beauté,\net que certains tableaux, entre autres celui de l'Enfer, sont d'une décoration et\nd'une vie saisissantes.\nM. Chaliapine a fait du rôle de Mefïstofele une création qui lui est bien per-\nsonnelle; sa façon de composer ce rôle dénote un sentiment artistique peu\ncommun : il y est d une originalité effrayante : nulle réalisation du rôle de\nSatan ne fut jamais aussi diabolique, aussi émouvante et même aussi terrible,\ncar M. Chaliapine ne recule devant rien et arrive, dans l'acte de l'Enfer, à la\ngrande terreur tragique.\nM. de Marchi, dans le rôle de Faust, fait admirer sa belle voix de ténor,\ndont il se sert avec une rare habileté.\nMme Lina Cavalieri, dans le double personnage de Marguerite et d'Hélène,\nest tout à fait remarquable; elle a chanté Y air de la prison avec une véhémence\nsuperbe.\nMme Deschamps-Jehin dessine avec adresse et non sans malice le type de\nDame Marthe, où elle chante avec le style parfait et l'autorité qu'on lui connaît.\nLes décors de M. Visconti sont fort beaux. Et les transformations lumineuses\nde M. Eugène Frey donnent une illusion féerique.\nL'orchestre et les chœurs, dirigés par M. Léon Jehien, méritent les plus\nsincères éloges.\nSamedi iomars,a eu lieu la représentation de Don Procopio, opéra bouffe\nen deux actes, d'après des comédies italiennes du xvne et du xvine siècle, poème\nde MM. Paul Collin et Paul Bérel, récitatifs de M. Charles Malherbe, musique\nde Georges Bizet. Avec MM. Jean Périer, Rousselière, Bouvet, Chalmin,\nAnanian, Mlles Angèle Pornot, Jeanne Morlet, Don Procopio était accompagné\nsur l'affiche par Paillasse, de M. Léoncavallo, joué par MM. Rousselière, Bou-\nvet, Dangosse, Ananian et Mlle Farrar, qui ont eu le plus vif succès.\nOn connaissait, par la correspondance de Bizet, l'existence et l'histoire de ce\nDon Procopio, composé en 1858 à Rome, alors que le futur auteur de Carmen\nn'avait que vingt ans et se doutait peu que cette œuvre de jeunesse devrait\nattendre un demi-siècle pour être jouée, loin de Paris.\nDepuis hier, on connaît enfin cette œuvre exquise, dont le succès réparateur\nva assurer les lendemains dans le monde entier : le vif plaisir que le public a\npris à la pièce, qui est très amusante, et à la musique, qui est adorable, se renou-\nvellera sans aucun doute devant tous les publics, et pour de longues années.\nDon Procopio est un vieil avare qui s'est mis en tête d'épouser une riche héri-\ntière, la jolie Bettina. L'oncle de la jeune fille, Don Andronico, est un vieux bour-\ngeois madré qui croit, dans ce mariage, conclure une bonne affaire. Mais Bet-\ntina ne veut point de Don Procopio : elle aime le bel officier Odoardo. Avec\nl'aide de son frère Ernesto et de sa tante Eufémia, elle déjoue le complot des\ndeux barbons, les brouille, se débarrasse malicieusement de Procopio, et finit\npar décider Andronico à l'unir à celui qu'elle aime.\nOn ne saurait imaginer rien de plus jeune, de plus délicieux, de plus finement\nenjoué, déplus pittoresquement bouffon, que la musique de ces deux actes, où la\nmélodie, fraîche et originale, coule et déborde, où l'orchestre babille avec un\nesprit espiègle, et d'où jaillit une joie irrésistible. On y éprouve le même délice\nqu'au Barbier de Séville. Aucun point de ressemblance, pourtant, entre ces deux"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.17", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 124, "texte": "œuvres, sinon qu'elles sont deux chefs-d'œuvre d'où se dégage le même charme.\n\nD. IMBERT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c014", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "155", "page_fin": "157", "image_debut": 17, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.7.3", "titre_corps": "Berlin.", "titre_sommaire": "Berlin.", "signature_source": "RENÉ L. DIRCKS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.17", "debut_caractere": 126, "fin_caractere_exclue": 3657, "texte": "Berlin.\n\nL'Opéra Royal. Der lange Kerl, opéra comique de Victor von\nWoikowsky-Biedau. Première représentation. —Le titre de l'opéra est le sobri-\nquet que Frédéric II donnait à ses grenadiers de la garde, et on peut voir que le\ncompositeur voulait servir deux maîtres à la fois [comparez le Roland de Berlin\nde Leoncavallo]. Heureusement, l'art a le dessus. On sait que Frédéric II avait\nune grande prédilection pour les grenadiers de haute taille et qu'il leur faisait\népouser des filles grandes et fortes. Supposez qu'un maître d'école de village et\nun de ces grenadiers deviennent épris de la même fille, que ce brave instituteur\nessaye de supplanter son rival et qu'il n'y réussisse pas parce que la fille aime\nle grenadier ; on peut s'imaginer clairement la jovialité du sujet. Le rôle muet\ndu « Lange Kerl », qui est joué par un véritable grenadier de Potsdam et le\ntalent de M. Lieban, l'excellent sociétaire de l'Opéra Royal, sont les seuls à re-\nmercier pour la gaieté qui règne pendant toute la pièce. La musique, au\ncontraire, est trop wagnérienne, pleine d'une polyphonie trop dure pour s'a-\ndapter sans contrainte au sujet. M. de Woikowsky est sans doute un composi-\nteur sérieux, malheureusement trop sérieux pour ne pas ennuyer dans cet opéra\ncomique avec son lourd pathos. M. Erick Schmédès, le ténor de l'Opéra Royal\nde Vienne, était l'invité de l'Opéra de Berlin. J'ai eu l'occasion de l'entendre dans\nRienqi et Tristan et Yseult,et, quoiqu'il soit un acteur de goût et un chanteur très\nsûr de soi, il ne peut pas satisfaire entièrement. Il est trop inégal. Quelquefois\nil nous charme avec une voix magnifique, et d'autres fois il est médiocre. Sa\nforce est dans les sons graves qui sont presque ceux du baryton, pendant qu'il\nsemble chanter avec beaucoup de difficulté dans les sons aigus. Mais les bons\nténors sont si rares maintenant qu'on ne peut pas facilement refuser des applau-\ndissements à un artiste sérieux tel que M. Schmédès.\nL'Opéra-Comique. —Le Corrégidor, opéra comique de Hugo Wolff (après\nles Contes dßloffmann, la Bohème de Leoncavallo et le Jongleur de Notre-\nDame, dont la « première » est restée sans lendemain) a élargi le répertoire avec\nDon Pasquale de Donizetti. L'œuvre de Wolff, le seul opéra du composi-\nteur de romances très connu, qui est malheureusement mort fou, fut terminée\nen 1896, mais la représentation de l'Opéra-Comique de Berlin était la première\naudition dans la capitale. Manheim, Strasbourg, Prague, Graz et Vienne ont\ndepuis longtemps inscrit l'opéra dans leur programme. Rosa Mayreder a écrit\nle livret d après une nouvelle de l'auteur espagnol Harcon. Le vieux corrégidor,\nqui courtise une jolie meunière, est rossé à coups de bâton dans sa propre maison\npar le meunier, qui s'y est introduit après avoir revêtu les habits de son rival.\nHugo Wolff ne peut dissimuler sa vocation musicale pour les romances, qui,\ncomme on lésait, sont tellement expressives que seul l'orchestre peut reproduire\n1 effet brillant voulu par le compositeur; mais un opéra demande un traitement\ndramatique du sujet, et cela est hors de son talent musical ; on n'entend que de\ncharmants passages de mélodies mal assemblées ; aussi l'impression générale\nn est-elle que médiocre. Mais ce serait une grande faute de vouloir laisser tomber\ncette œuvre dans 1 obscurité, car elle renferme d'exquises beautés, dignes d'être\nconnues. Il faut remercier le directeur, H. Cyrégor, d'avoir eu le courage de\nmettre le Corrégidor au répertoire. La mise en scène et la représentation étaient\nexcellentes."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.18", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3474, "texte": "Don Pasquale de Donizetti montra également le soin de M. Cyrégor, et c est\nà lui que revint la plus grande partie des applaudissements. Mais la comparai-\nson naturelle avec l'excellent bel cantor Signorßouci et sa troupe italienne laissa\nvoir toutes les petites imperfections de l'interprétation allemande. On jouait\ntrop lourdement, et malgré cela on négligea la musique, qui demande particuliè-\nrement dans cette œuvre un traitement artistique. Don Pasquale est presque\nune nouveauté pour les Berlinois ; et avec sa musique charmante, avec\nun tempérament un peu plus vif de la part des artistes, un succès durable\nme semble certain. M. Hans Cyrégor s'est procuré le droit de représenta-\ntion des opéras suivants : le Barbier de Séville de Rossini, le Mariage de\nFigaro de Mozart, le Démon de Rubenstein, Iris de Mascagni et Carmen de\nBizet.\nF Agence de Concerts Jules Sachs m'informe que Salomé, l'opéra de\nRichard Strauss, sera bientôt représenté à Berlin. Si 1 Opéra Royal refuse de\nle faire, l'Agence des Concerts Jules Sachs a fait avec le comte Seebach, direc-\nteur en chef de l'Opéra Royal de Dresde, un contrat provisoire qui autorise une\nreprésentation à Berlin par les 170 membres de l'Opéra de Dresde. On se rap-\npellera qu'une représentation de cette œuvre est liée à beaucoup de difficultés\nconcernant la mise en scène et l'exécution musicale.\nLes Concerts Philharmoniques, sous la direction d'Arthur Nikisch, avec\nFritz Krrisler comme soliste de piano, nous ont donné le Concerto en\nla mineur de Viotti. Parler de la technique du pianiste serait inutile, car\nM. Krnsler n'appartient plus au genre d'il y a quelques ans, mais à une élite\nd'artistes véritables. Il nous joua l'adagio avec un charme délicieux et le\nfinale avec beaucoup d'esprit. Le succès fut grand. Till Eulenspiegel de\nRichard Strauss, Byschrad de Smetana et la Seconde Symphonie de Brahms\nfurent exécutés magnifiquement par l'orchestre philharmonique, particulière-\nment Till Eulenspiegel, une des compositions de Strauss qui me paraît peut-\nêtre la plus naturelle et la plus vivante.\nA l'occasion du centenaire de Mozart, le professeur Nikisch nous fît entendre,\noutre la symphonie Jupiter et l'ouverture de la Flûte enchantée, une œuvre\nmoins souvent exécutée, la Concertante en mi bémol, pour violon et viole\n(MM. Witek et Klingler). —La soliste vocale de cette fête était Mme Luca Mysz-\nCymeiner. Elle chanta avec une belle voix l'air de la Vitellia {Titus) et inter-\npréta en maître quelques chansons avec accompagnement de piano.\nLe VIIIe concert philharmonique nôus donna pour la première fois le Man-\nfred de Tschaikowsky. Cette œuvre géniale et très intéressante du maëstro\nrusse nous révèle des beautés extrêmement fines mêlées à des passages peu\nsympathiques. Le compositeur veut nous illustrer dans sa musique toute cette\nexistence que le drame de Manfred nous déroule; et sans doute il a des mo-\nments heureux, par exemple dans la deuxième des quatre parties, le Chant de\nla Fée et dans le finale en mi majeur, qui firent une impression grandiose\net émouvante.\nDer Mensch d'Ertel, une nouveauté pour les Berlinois, est un travail sérieux\nau point de vue musical, quoique la conception poétique reste parfaitement em-\nbrouillée pour l'auditoire. La soliste Annette Essipoff interpréta Chopin\ndans le Concerto en la mineur. Il y a à peu près 20 ans que cette pianiste n'a pas\njoué à Berlin, et elle nous donna une interprétation dans la manière du « boii"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.19", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "vieux temps », gracieuse et spirituelle, qui peut-être est préférable à celle de nos\njours, où on développe plus de passion.\nSur le programme du IXe concert figurait le nom d'une artiste qui seule avait\nrempli la salle de la Philharmonie, celui d'Ernestine Schumann-Heink.\nDans les derniers temps on a eu très rarement le plaisir de jouir de sa belle\nvoix, qui nous chanta le Récitatif et la Prière de Pénélope de Y Odyssée de Bruck,\nles Trois Bohémiens de Liszt et Allmacht de Schubert, avec une grandeur simple\net un effet émouvant. Mais l'orchestre n'intéressait pas moins que la soliste.\nAvec une poésie admirable, le Philharmonische joua le Songé d'une nuit Tété de\nMendelssohn, et l'exécution de la Symphonie en mi mineur fut superbe ;je ne\ncpeux pas m'imaginer une interprétation plus parfaite. —La nouveauté du\nsoir était la Mort de Tintagile, du compositeur Ch.-M. Loffler, qui voulait\ninterpréter musicalement la tragédie de Maeterlink. L'œuvre nous montra la\nfaiblesse qu'on trouve généralement dans la Programm-musik, c'est-à-dire l'in-\ncertitude de la conception ; cependant le maître spirituel nous paraît avoir un\ngrand talent qui n'est pas encore suffisamment formé, et une fantaisie brillante\nquoique un peu inquiète. L'habile orchestration, l'originalité dans l'harmonie et\nl'introduction de la viole d'amour donnent à l'œuvre le droit d'occuper une place\nhonorable parmi les productions musicales. A bientôt une prochaine lettre.\n\nRENÉ L. DIRCKS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c015", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "157", "page_fin": "158", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.7.4", "titre_corps": "Londres.", "titre_sommaire": "Londres.", "signature_source": "A. R", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.19", "debut_caractere": 1493, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "Londres.\nA. R.\nLa saison d'opéra sera ouverte au Théâtre Royal de Covent\nGarden le 3 mai prochain sous la direction de M. André Messager, dont la\nRevue musicale a eu, récemment encore, l'occasion de faire l'éloge. Elle prendra\nfin avec la « season » londonienne, c'est-à-dire à la fin de juillet, après\n12 semaines de durée.\nMM. Messager, Campanini et Mans Richter conduiront chacun l'orchestre\npendant le cours des représentations. Le programme comprendra, après les deux\ncycles du Ring der Nibelungen et à côté d'oeuvres données lors de la dernière\n« season» : le Barbier de Bagdad, —Armide, Eugène One gin, —■ the Flying\nDutchman, —Romeo, —le Jongleur de Notre-Dame, Tristan.\n, En tête des principaux artistes engagés, citons :\nSoprani : Mme Aida (Bruxelles), Frl. Burchardt (Schwerin), Mlle Das (Bruxel-\nles) ;M. Destinn (Berlin), Mme Gilibert-Lejeune, Mme Melba ;\nContralti-mezzo-soprani : Mme Kirkby Lunn, Mme Paulin (Bruxelles) ;\n: Ténors : Signor Caruso î Herr Cornad (Cologne), M. Laffite (Bruxelles), Herr\nLieban (Berlin) ;\nBasses-Barytons: MM. Fraude Arthur, Battistini, Crabbé, Sammarco, Scotti.\nCette série de représentations promet d'être remarquablement brillante,\ncomme on le voit par cette liste d'artistes, et déjà nombre de fidèles abonnés ont\ncommencé à se faire inscrire en vue de s'assurer des places.\nParmi les concerts de la dernière quinzaine, nous citerons :\nSalle Erard. — 5 mars, concert donné par M. Montoriel Tarrès (au pro-\ngramme, œuvres de Weber, Schumann, Chopin, Bourgault-Ducoudray,\nWagner, etc.). —9 mars, M. Rey. Gaufrés, avec MM. Arnold Rosé et Friedrich\nBuxbaum (au programme,.œuvres de Mozart, Beethoven, Schumann, ChopinK"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.20", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2299, "texte": "Salle Pleyel. 3 mars, 335e concert (au programme, œuvres de Vincent\nd'dndy, Debussy, Jean d Udine, etc.). 6 mars, premier concert donné par\nM. Eugène Saury avec Mlles Louise Grandjean, de l'Opéra, et Antoinette Lamy\n(au programme, œuvres de Camille Chevillard, C Franck, Schumann, Gabriel\nFauré, etc.).— 9mars,M. Daniel Hermann, avecMmeDurand-Texte, et Mlles Boutet\nde Monvel et Marguerite Long (au programme, œuvres de Gabriel Fauré).\n12 mars, sonates de piano et violon, par MM. Arthur de Greef et Jules Bou-\nchent (au programme, œuvres de Bach, Beethoven, Schumann). Matinées\nmusicales et populaires. Le mercredi 7 mars, M. Luigini a donné sa onzième\nmatinée, au théâtre de l'Ambigu, avec le concours de Mme Auguez de Montalant\n(au programme, œuvres de Beethoven, Mozart, Godard, Messager, etc.) ; le\n6 mars, Mme Ch. Mellot-Joubert avec M. Paul Viardot (au programme,\nœuvres de Lully, Haendel, Gluck, Schubert, Schumann, etc.); 10 mars,\nM. Bruno Lisner (au programme, œuvres de Chopin, Beethoven, etc.); 14 mars,\nrécital de piano donné par Mlle Marcelle Weiss (au programme, œuvres de\nMozart, Beethoven, Schumann, Saint-Saëns, Mendelssohn, etc.). Salle Pleyel :\n8 mars, Mlle Cécile Meiidt, avec MM. Marcel Bâillon, René Schidenhelm (au\nprogramme, œuvres de Bach, Beethoven, Haendel, Schumann, etc.). Salle des\nAgriculteurs : 7 mars, concert donné par le Quatuor vocal de Paris, Mme Marie\nMayrand, Mlle Alice Deville, MM. Noël Nansen, Jan Reder (au programme,\nœuvres de Palestrina, Monteclair, Massenet, etc.).\n12 mars, Mme Olga de Névosky avec Mmc Caristie Martel et M. Edmond\nHertz (au programme, œuvres de Schumann, Franck, Berlioz, Chopin, etc.).\n—l5 mars, Mlle Minnie Tracey, avec le concours de Mlle Hélène Zielinska\net de M. Enesco (au programme, œuvres de Bach, Schubert, Massenet,\nFranck, etc.).\nLe 2 mars, Mlle Gabrielle Monchablon avec le concours de M. Bourgault-\nDucoudray (au programme, œuvres de Bach, Massenet, Haendel, Bourgault-\nDucoudray, etc.). Salle des Agriculteurs : 3 mars, M. Alphonse Mustel avec\nM\"es Marie-Louise Humbers, Madeleine Neyrat (au programme, œuvres de\nMozart, Beethoven, Gabriel Pierné, etc.). 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Wilhelm Backhaus (au programme, œuvres de Bach, Beethoven,\nChopin, Schumann, etc.). 2l mars à4h. de l'après-midi, M. Wilhelm Bac-\nkhaus (au programme, œuvres de Bach, Mozart, Liszt, Chopin).\nM. J.-Joachim Nin donnera l'audition d'oeuvres de Jean-Sébastien Bach à\nla salle Hïolian le mercredi 21 mars, à neuf heures du soir; au programme :\nCapriccio sopra la del suo fratello dilettissimo, fragments des Suites,\ndes Suites françaises et anglaises, Sarabande avec 16 Variations, Invention"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.21", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 191, "texte": "en fa majeur, Sinfonia en jet mineur, Prélude et Fugue en si bémol mineur\n(Clav. bien tempéré), Fugue n° i de Y Art de la Fugue, Fantaisie chromatique\net Fuguey etc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c018", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "159", "page_fin": "159", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.7.7", "titre_corps": "Paris. —La Commission consultative instituée au Sous-Secrétariat d'Etat", "titre_sommaire": "Paris. —La Commission consultative instituée au Sous-Secrétariat d'Etat", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.21", "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 617, "texte": "Paris. —La Commission consultative instituée au Sous-Secrétariat d'Etat\ndes Beaux-Arts en vue d'examiner les mesures à prendre pour favoriser les\nintérêts de l'art dramatique et lyrique et le développement des théâtres popu-\nlaires, s'est réunie le vendredi 26 janvier 1906, à 9 heures 1/2 du matin, au Sous-\nSecrétariat d'Etat des Beaux-Arts, 3, rue de Valois. 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Muguet, classe de clarinette et saxophone ;\nVanderberghe, classe de solfège élémentaire et moyen ;\nMascret, classe de flûte, hautbois et basson ;\nLangrand, classe de violon et d'alto ;\nDevred, classe de solfège supérieur (garçons), violoncelle et contre-\nbasse ;\nLarondelle, classe d'instruments de cuivre ;\nCormont, classe de solfège préparatoire ;\nMme Compas, classe de piano."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c021", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "159", "page_fin": "159", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.7.10", "titre_corps": "Amiens, Par arrêté de M. le Préfet de la Somme en date du 23 février", "titre_sommaire": "Amiens, Par arrêté de M. le Préfet de la Somme en date du 23 février", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.21", "debut_caractere": 1530, "fin_caractere_exclue": 1770, "texte": "Amiens, Par arrêté de M. le Préfet de la Somme en date du 23 février der-\nnier, M. Coze a été nommé professeur du cours supérieur de piano à l'Ecole\nnationale de musique de cette ville, et M. Bulot, professeur du cours élémentaire\nde piano."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c022", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "159", "page_fin": "159", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.7.11", "titre_corps": "Abbeville. Par arrêté préfectoral en date du 2 mars, ont été nommés", "titre_sommaire": "Abbeville. Par arrêté préfectoral en date du 2 mars, ont été nommés", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.21", "debut_caractere": 1772, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "Abbeville. Par arrêté préfectoral en date du 2 mars, ont été nommés profes-\nseurs à l'Ecole nationale de musique d'Abbeville :\nMlle Taboux, classe de piano ;\nM. Brassart, cours supérieur de violoncelle et de contrebasse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c023", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "159", "page_fin": "160", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.7.12", "titre_corps": "Chorale de jeunes filles des lycées de Paris.", "titre_sommaire": "Chorale de jeunes filles des lycées de Paris.", "signature_source": "HÉBERT ROUGET", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.21", "debut_caractere": 1994, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "Nous sommes heureux d'appren-\ndre que cette chorale va être incessamment fondée sur des bases très larges et\nde façon précise. Elle se réunira prochainement à la Sorbonne pour des exécu-\ntions d'ensemble. Un compositeur célèbre, à la fois grand artiste et praticien\némérite, M Gabriel Pierné, a bien voulu accepter de diriger et d'organiser les\npremières répétitions. Il achève en ce moment une tournée dans les lycées de\nParis, et nous croyons savoir que les premières impressions sont encoura-\ngeantes. D'immenses progrès ont été accomplis depuis un an. Nous tiendrons\nnos lecteurs au courant de ce qui va être fait.\n\nChorale de jeunes filles des lycées de Paris."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.22", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "Ventes d'autographes àFHôtel Drouot. M. Noël Charavay, le savant expert,\nà vendu récemment, à l'Hôtel Drouot, avec le concours de Me Delestre, commis-\nsaire priseur, une collection d'autographes parmi lesquels on remarquait des\nlettres et des manuscrits de musique de compositeurs célèbres. Parmi les plus\nintéressants, nous indiquerons : un morceau de musique {Ballade), autographié\npar Chopin, qui a été payé 1600 francs ; un morceau de musique (Chœur d'A-\nthalie), autographié et signé avec paroles par Mendelssohn-Bartholdy, adjugé à\n300 francs. A citer aussi dans l'ordre alphabétique : Le rêve du bonheur, aut. et\nsig. mars 1845, par Adam, auteurdu Chalet, 10 francs ; une jolie lettre deßerlioz,\noù il exprime son admiration pour Beethoven et pour Gluck, « ces deux dieux\nsupérieurs de son art », allée à 105 francs ; une lettre de Bizet à un directeur\nde théâtre, 30 francs ; une lettre de Chérubini au comte Turpin de Crissé (datée\n1826), 17 francs ; un morceau de musique : Fragment de Lakmé, par Léo\nDelibes, 31 francs; une lettre en français de Donizetti à Auguste de Coussy\n(1845), où il le gourmande à propos d'un prêt qu'il a fait malgré son avis, 37\nfrancs.\nc Une lettre ..de Charles Gounod à Georges Bousquet (27 août 1840), dans\nlaquelle le grand compositeur fait une description enthousiaste de la campagne\nnapolitaine, et donne quelques détails sur une Marche militaire suisse qu'il\navait composée, a été acquise pour 32 francs, et une autre lettre de Charles\nGounod à Vizentini (24 juin 1873), où il s'en remet à lui pour l'exécution de\nsa Jeanne d'Arc, 24 francs; ,\nEnfin, on a payé 43 francs une lettre de Grétry à Pougens (17 mars 1809) ;\n26 francs, une jolie pièce d'album intitulée : Le Maure de Grenade, autographiée\npar Halévy ; 16 francs, une lettre d'Hervé à Wolf (24 avrih 1875), piquante\népître à propos d'une critique de Wolf sur Alice de Nevers \\ 28 francs, une lettre\nen français de Liszt, datée de Weimar, 15 mai 1882 ; 25 francs, uneylettre de\nMéhul àPersuis; 20 francs, Solfèges composés pour Monseigneur le Prince de\nJoinville, morceau de musique, avec dédicace, autographié et signé par Paer ;\n\"35 francs, Marche funèbre, par Reyer ; 90 francs,morceau de musique parßossini;\n31 francs, d'intéressantes lettres de Saint-Saëns, relatives à- Proserpine ;\n18 francs, plusieurs lettres de Victorien Sardou à Déjazet ;51 francs,une lettre de\nSpontini ; 46 francs, un morceau de musique d'Ambroise Thomas ; 21 francs,\nune lettre en français de Verdi ; on a donné 95 francs d'une lettre de Richard\n\"Wagner à Georges Herwegh (juillet -1852).\n\nHÉBERT ROUGET."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c025", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "161", "page_fin": "161", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.8", "titre_corps": "CONCERTS MARS 1906", "titre_sommaire": "CONCERTS MARS 1906", "signature_source": "Concerts Pleyel", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.23", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 59, "texte": "CONCERTS MARS 1906\nConcerts Pleyel."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.23", "debut_caractere": 884, "fin_caractere_exclue": 2418, "texte": "GRANDE SALLE\nSALLE DES QUATUORS\n1\n»\n2\n3\n4\n5\n6\n7\n8\n9\n10\n11\n12\n13\n14\n15\n»\n16\n17\nLa Société des Instruments à vent. .\nLa Soc. des Compositeurs de musique\nMlle J Lyon\nLa Société Nationale de musique. .\nMme Breton Halmagrand (élèves).\nMM. de Greef et B ucherit. . . .\nM E. Saury. . . .\nMllc (Charlotte Lamy\nMlle Cécile Meiidt\nM. Daniel Hermann\nM. David Blitz. .......\nM1Ie Toulouse (élèves)\nMM. de Greef et Boucherit. . . .\nMM. Canivet et Oberdœrffer. . . .\nMUe Waltener\nLa Société des Instruments à vent.\nMM. de Greef et Boucherit. . . .\nMmc Contoux-Quanté\n4 h\n8 h\n»\n»\n1 h.\n8 h.\n»\n»\n»\n» -\n»\n1 h\n8 h.\n»\n»\n4 h.\n8 h.\n»\n1\n2\n3\n4\n6\n7\n8\n)>\n9\n11\n14\n15\n16\nxMme L. Vaillant\nM. Ch. Bouvet\nMlle Henriette Gaston\nMme Ferant (élèves)\nM. C. Colling . .\nM. Raphaël Cisin\nM. Martinet. . . . . . . .\nMm0 Garnier-Hubert\nM. Bomposi\nMlle Hortense Parent\nMlle Hortense Parent\nM,le Hortense Parent\nMUe Hortense Parent\n8 h.\na h\n»\n1 h\n8 h\n»\n1 h\n8 h.\n»\n1 h.\n1 h.\n1 h.\n1 h.\n»\n18\n19\n20\n21\n22\n23\n24\nMlles Suire (élèves)\nM. Joseph Debroux\nM. E. Saury\nMlle H.-H. Hansen\n(mi-Carême).\nMlle Labarthe\nMrae Chevillard\n1 h\n8 h.\n»\n»\n8 h\n1 h\n18\n19\n21\n22\n24\nM11* .Hortense Parent\nMllè Baudin\nLe Quatuor Calliat\n(mi-Carême).\nM1Ie d'Albas et M. J. Dumas. . . .\n1 h.\n8 h\n8 h.\n8 h.\n»\n25\n26\n27\n28\n29\n»\n30\n31\nMme Gruet (élèves)\nMlle Hélène Collin\nMUe Fernande Reboul\nMlle Pastoureau\nLa Société des Instruments à vent. .\nLa Soc. des Compositeurs de musique\nMme W. Landowska\nM. Morpain\n1 h.\n8 h.\n»\n»\n4 h.\n8 h.\n»\n»\n25\n27\n31\nMme Ed. Lyon (élèves)\nMlle Dennery\nMlle J. 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Vingt Suites d'or-\nchestre du XVIIe siècle français (1640-1670), publiées pour la première fois\nd'après un manuscrit de la Landesbibliothek de Cassel. Paris et Berlin, LÉO\nLIEPMANNSSOIIN, librairie ancienne, 2 volumes grand in-40, 10 mark.\nCes Suites ont été remises en partition et accompagnées d'une réduction de\npiano ; elles forment environ 300 pages de musique. Leur importance pour\nl'histoire delà musique est capitale, puisque ce sont à peu près les seules œu-\nvres que nous ont laissées les « vingt-quatre violons du Roy » de cette époque.\nLe premier volume contient une étude historique, ornée de gravures hors texte,\nreprésentant des scènes musicales de ce temps, et suivie de la reproduction en\nlacsimilé de tout le manuscrit*"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.24", "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "Musique Française ancienne.\nViennent de paraître :\nLA CHANSON DE BELE AELIS, par le trouvère Baude de la Quarière, élégante\nbrochure de 23 pages, avec textes musicaux (chez Alphonse Picard). L\"étude\nmétrique du texte est faite par R. Meyer ; Y essai d'interprétation, par J. Bédier,\nprofesseur au Collège de France ; Yétude musicale, par M. Pierre Aubry. De\ntels noms et de telles compétences recommandent suffisamment cette publica-\ntion.\nCHANSONS PATOISES DU PÉRIGORD, avec adaptation en vers blancs au rythme\nmusical, traduction littérale par Eug. Chaminade et E. Casse (brochure de 67 p.\navec musique, à Paris, chez Champion).\nNous reviendrons sur ces deux ouvrages."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-03-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-03-15_01#c028", "volume": "bmtnabj_1906-03-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "161", "page_fin": "161", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.2.9.1", "titre_corps": "Musique française du XVIIe siècle. - ECORCHËVÎLLE (JÛLËS). Vingt Suites", "titre_sommaire": "Musique française du XVIIe siècle. - ECORCHËVÎLLE (JÛLËS). Vingt Suites", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.23", "debut_caractere": 86, "fin_caractere_exclue": 882, "texte": "Musique française du XVIIe siècle. - ECORCHËVÎLLE (JÛLËS). Vingt Suites d'or-\nchestre du XVIIe siècle français (1640-1670), publiées pour la première fois\nd'après un manuscrit de la Landesbibliothek de Cassel. Paris et Berlin, LÉO\nLIEPMANNSSOIIN, librairie ancienne, 2 volumes grand in-40, 10 mark.\nCes Suites ont été remises en partition et accompagnées d'une réduction de\npiano ; elles forment environ 300 pages de musique. 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L\"étude\nmétrique du texte est faite par R. Meyer ; Y essai d'interprétation, par J. Bédier,\nprofesseur au Collège de France ; Yétude musicale, par M. Pierre Aubry. De\ntels noms et de telles compétences recommandent suffisamment cette publica-\ntion.\nCHANSONS PATOISES DU PÉRIGORD, avec adaptation en vers blancs au rythme\nmusical, traduction littérale par Eug. Chaminade et E. Casse (brochure de 67 p.\navec musique, à Paris, chez Champion).\nNous reviendrons sur ces deux ouvrages."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "139", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.1", "texte": "L A\nREVUE MUSICALE\n(Honorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction publique.)\nN° 6 (sixième année)\n15 Mars\n1906.\nR. M.\n11\n\nDeux lettres de Charles Gounod.\na première des deux lettres qu'on va lire, conservée à la Bibliothèque nationale (i), fixe une\nate intéressante dans la biographie de Ch. Gounod. Elle est charmante de ton, pleine de mo-\ncestie et de sensibilité. On y surprend l'enthousiasme sincère, l'admirable ferveur artistique du\njeune compositeur débutant dans la musique sacrée, qui semble, a joliment dit Octave Feuillet\n(( renvoyer à Dieu le plus, beau de ses dons (2). »\nNe en 1818, Gounod, quand il l'écrivit, avait vingt-cinq ans à peine. Lauréat, en 1829, du\ngrand pnx de Rome, il s était adonné, pendant ses séjours à Rome et à Vienne, à la musique\nd egl.se. On avait meme cru, rappellent ses biographes, - et lui, tout le premier, y croyait,\" - à\nsa vocation ecclésiastique. Une seneuse étude des vieux maîtres religieux, de J.-S. Bach en par-\nticulier, exerça sur ses tendances, son inspiration et son style, une influence très notable : il en\ngarda jusqu au bout 1 indelebile empreinte. On sait qu'il fut, durant plusieurs années, directeur de\nmielaues0\"8 etrangeres' Plus tard' vers iBs'- n visita l'Angleterre, où l'exécution, au\nconcert, de quelques-unes denses œuvres, fit pressentir ses triomphes futurs. Si fêté qu'il fût sur\nla scene lyrique, il semble qu il soit revenu volontiers, à partir de Roméo, aux préférences mysti-\nques et religieuses de sa jeunesse. Il avait composé deux messes, en 1842 et en 1849. Vin<n ans\nPa|l U' 11 multlphe à profusion les pages musicales écrites pour l'orgue ou l'or-\nChacun rr gieUfXVT°tetrS-' cantlq,ues (3). oratorios, toutes pièces d'un caractère très élevé.\nVita, Rédemption.' ' ** Tibériadeet enfin ces deux chefs-d'œuvre, et\net Huérateur'trêc 1\" Première lettre Amédée-David, marquis de Pastoret, homme politique\néLit fi fi 1 D °ubhe,de \"os ,ours' ne a Pans le 2 janvier 1791, mort à Paris le 19 mai .857\nd !. 1 du Pastoret ('756-1840) qui fut un jurisconsulte et un érudit assez connu, membre'\nde Académie française. Am. de Pastoret, sous-préfet à Corbe.l sous le premier Empire devint\nmaître des requêtes et conseiller d'Etat (,825) sous la Restauration, et membre libre de' Îlca\ndem.e des Beaux-Arts en ,823. Il ne servit point la monarchie de Juillet, mais se rallia au second\nIl étà'it' qU'' 6 ' senateul (31 déc. 1852) et membre de la commission municipale de Paris\nchudTvEmli>\" S6S T* ; °ncCit? de lui que,ques romans historiques, et une Histoire de là\ncnute de i Lmpu e grec ( 1400-1480 J (4).\nVoici maintenant le texte de la lettre de Gounod :\nVienne, samedi 2 5 mars 1843.\n\nMonsieur le Comte (5),\nVeuilleï m excuser de n'avoir pas répondu de suite (6) à votre bien\nexcellente lettre : ûaidû me contraindre à retarder la mienne de quelques\n\nri li^p^R,TEMEr}T DE® m^nuscrits. Manuscrits rançais ; nouvelles acquisitions ; cote : 10.177;\no . 289 et 290. Recueil de lettres adressées au marquis de Pastoret.\n(2) Dctlila, p.\na ÏÏ.'M 7a tm\" dédié 3UX premiers communiants, qui est resté bien célèbre, classique : Ciel\ndel'lnf[utli™Pé>-M France. Funérailles de M. le marquis de Pastoret, le 22\nmai 1057 • discours de M. Hittorf ; Paris, in-40.\nô! Sk Cnm!!°.V •?,nsieur' M?nsieur 'ô comte A. de Pastoret, place Louis XV, n° 6. Paris.\nv ' -ou ce suite ; incorrection très fréquente, comme chacun sait."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "140", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.2", "texte": "DEUX LETTRES DE CHARLES GOUNÛD\n\njours afin de pouvoir satisfaire un peu à vos questions sur mon travail et mon\nséjour ici. Ce matin même vient d'être exécutée à V église Saint-Char les (1) une\nmesse vocale de ma composition {travaillée à peu près dans le style de la cha-\npelle Sixtine). Vexécution en a été asse\\ satisfaisante. Quant à la composi-\ntion, je ri en puis rien dire, tant je sens qu'il faut être bien supérieur à ce que\nje suis pour avoir la force et le droit de se juger. Dieu veuille que je sois\n[comme j'espère l'être) maintenant dans la voie véritablement juste et bonne de\nla musique sacrée! Je ne sais ce qui résultera pour moi dans l'avenir, ou pour\nl'avenir par moi, de la route musicale dans laquelle j'entrerai ; si seulement\nje serai digne d'être un organe tel que j'aurais été bien heureux de le devenir,\net si enfin mon œuvre répondra à mes plus sincères et plus profonds désirs :\nmais ils sont bien grands et le but est bien loin. L'Art religieux, dont la trace\ns'est perdue en France depuis tant de temps, rien appelle qu'à des réparateurs\ncourageux et capables : plusieurs seraient capables ; moi, je suis sûr d'être cou-\nrageux : mais ce courage, il faut que je l'aide de tous les appuis, de toutes\nles recherches, de toutes les méditations possibles. J'espère, Monsieur le Comte,\nque vous qui voule\\ bien me porter un si réel intérêt, vous sere\\ asse\\ bon pour\nme parler quelquefois de mon but, pour m'aider àle voir, à l'apprécier ; car\nje serais aussi fier de votre suffrage que je suis heureux de votre affection ; et\ncomme je sais que vous ne pouvez en quoi que ce soit aimer une chose qui ne\nmérite pas de l'être, votre approbation me donnera toujours la plus grande\nconfiance. Dans les premiers essais de la jeunesse, je vois tout s'effacer devant\nun seul sentiment : l'enthousiasme (2) ; il est beau, mais il égare souvent quand\nil existe avant l'intelligence ou au-dessous d'elle : quand on parvient à la lui\ndonner pour base, on est sauvé. Outre que cela ne veut pas dire que je me croie\nl'un, je voudrais bien avoir l'autre ; c'est à cela que je veux travailler de toutes\nmes forces, et c est à quoi la vie ne suffit jamais. Voilà ce que m'a démontré\nmon séjour à Vienne ;et n'en eusse fe retiré que cette conviction fie la crois de\nnature à ne me jamais laisser regretter d'avoir ravi six grands mois à la plus\nchère et àla plus douce existence, celle de vivre auprès de ma bonne mère.\nPlaise à Dieu que, quelque jour, je la dédommage de tous les sacrifices de tout\ngenre dont sa vie a été remplie pour nous !\nJe ne sais, Monsieur le Comte, ce qui sera pensé et écrit sur mon dernier\nouvrage : s'il en parait quelque chose, flatteur ou non, je l'enverrai à ma\nmère ; car je ne demande pas que l'on me dore la pilule ; ici ce n'est pas comme\nen médecine : che\\ nous il les faut avaler au naturel ; c'est tout profit quand\nelles sont distillées par des hommes de mérite, et c'est de ceux-là que j'attends\nl'avis avec impatience et anxiété.\nAdieu, Monsieur le Comte, que je vous remercie encore du fond du\ncœur de votre constante sollicitude envers moi : veuille\\ croire que j'en con-\nserverai une éternelle reconnaissance, et agrée\\ les hommages les plus affec-\ntueux de votre très humble et très dévoué serviteur,\nCHARLES GOUNOD.\n\n(1) Patron de Gounod : coïncidence bizarre.\n(2) Gounod, au témoignage de ceux qui l'ont le mieux connu, a conservé jusque dans l'âge mûr\net la vieillesse cette flamme d'enthousiasme et de générosité juvéniles. Voir, à ce propos, les\ndernières lignes de l'article que lui a consacré M. Lavoix dans la Grande Encyclopédie."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "141", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.3", "texte": "DEUX LETTRES DÈ CHARLES GOUNOD\n\nL'écriture est droite, ferme, très nette et lisible. La lettre est simplement pliée et ne porte\npoint de timbre : elle fut remise directement, de la main à la main, par une tierce personne.\nA cette curieuse épître, où l'illustre auteur de Faust consigne le souvenir de ses débuts et ses\npremiers rêves, nous joignons un billet, écrit quelques années plus tard, que nous avons re-\ntrouvé dans nos papiers de famille, et qui n'est pas absolument dépourvu d'intérêt.\nIl s'agit de l'organisation des orphéons, qui devait être la tâche essentielle d'un artiste qui fut\ndans son genre, une manière d'apôtre : Laurent de Rillé. Le voici :\nSus ci iption . Monsieur Ravaisson, 6, place du Palais-Bourbon (i).\nEn-tete impi imé . VILLE DE PARIS. ÉCOLES COMMUNALES. DIRECTION DE\nL'ORPHÉON.\nParis, le 22 avril i 855.\nMonsieur,\nIl y a une personne de laquelle je n'ai pas pensé à vous parler dans les courts\nmoments que j'ai eu l'honneur de passer avec vous dans le cabinet de M. For-\ntoul : cest M. Delaporte, que vous connaisse{ peut-être déjà de nom.\nM. Delaporte exerce depuis plusieurs années déjà une sorte d'apostolat bé-\nnévole, très (2) gratuit [sauf pour ses frais de voyages, lesquels sont même\nsouvent insuffisants). Cet apostolat a pour but, et pour résultat déjà sur bien des\npoints, l'organisation d'orphéons qui se développent chacun isolément d'abord,\narrivent à se stimuler plus tard par une lutte musicale engagée dans ces fré-\nquents tournois connus sous le nom de concours d'orphéons dans plusieurs\nchef (sic) lieux de départements.\nSi donc vous voule{ bien parler avec M. For toul de M. Delaporte, qui, du\nreste, a déjà l honneur d'être connu de lui, et que M. Fortoul y consente, je\nci ois que sa pi ésence dans la commission consultative dont vous deve% préparer\n101 ganisation serait loin de nous etre inutile. Ayant beaucoup vu, beaucoup\n01 ganisepar lui-même, M. Delaporte peut et doit avoir des choses intéres-\nsantes à dire dans une semblable question.\nVeuille\\ agréer, Monsieur, Vassurance de ma parfaite considération et du\nplaisir que j éprouve à être appelé à des relations avec vous.\nCH. GOUNOD,\nDir. de l'Orphéon.\nM. Delaporte demeure 81, rue du Marais-du-Temple.\nTels sont les deux documents qui mont paru devoir intéresser l'histoire musicale.\nVICTOR GLACHANT.\n(1) Au-dessous de cette adresse, la mention : affranchir.\n(2) Gounod veut dire, sans doute : tout gratuit."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "142", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.4", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE\n\nNotre supplément musical.\nJ. C.\nNous devons expliquer à nos lecteurs pourquoi nous publions cette pièce\nde Girolamo Diruta, compositeur né en isy3, en Vextrayant de la publication\nrécente de M. Luigi Torchi, L'Arte musicale in Italia (xiv° Secolo al xvin°,\ncheç Ricordi, Milan, vol. 111). Si nous en reproduisons le texte, c'est pour y\nintroduire quelques changements nécessaires et importants, qui ont échappé à\nVhonorable éditeur. Cette pièce est écrite en mode ionien (ut-ut); mais, dès la\nfin de la 3e mesure, ce mode est transposé une quinte plus bas, ce qui constitue\nle « genus molle », obtenu à l'aide du si t? dans ! échelle de fa : c est cette trans-\nposition que Véditeur semble n avoir pas aperçue, puisqu'il a omis le si t? là\noù nous le plaçons ; ailleurs, la transposition se fait en mixolydien ionique\n(sol-sol avec fa#). Il nous a paru indispensable de signaler cette omission\nfâcheuse et de la réparer, au moins pour une des pièces du Recueil. L'œuvre\nest intéressante par sa construction et a du caractère, bien que la mélodie soit\nparfois un peu gauche et procède par enjambées un peu lourdes, comme une\npersonne qui n'est pas encore habituée aux belles manières.\n\nNotes sur la musique orientale.\n\nNous recevons la lettre suivante :\nBeyrouth (Syrie), le 20 février.\nMonsieur le Directeur,\nJe vous avais promis de vous communiquer le résultat de mes recherches\nmusicales à Damas et à Alep, veuille•{ m\"excuser d'avoir tant tardé àle faire.\nA Damas je n'ai rien trouvé de bien nouveau ; mais à Alep j'ai été plus\nheureux, j'y ai fait la connaissance d'un Imam militaire très fort en\nmusique, et président d'une sorte de société philharmonique composée\nd'une quarantaine de musulmans, tous passionnés pour la musique an-\ncienne ; ils m'ont offert concerts, danses, etc., et j'ai obtenu d'eux beaucoup de\nrenseignements techniques. Leurs danses, moitié profanes, moitié religieuses,\nn'ont rien de commun avec la danse du ventre ou celles des Aimées : elles sont\ngraves, artistiques, et me faisaient songer aux chœurs grecs antiques, car\ntous les danseurs chantent : elles ont également une certaine analogie avec des\ndanses religieuses que j'ai vues en Espagne et qui doivent être un reste de l'oc-\ncupation maure. Les musulmans ont encore les « Zikres » ou « Allahou »,\ncérémonies purement religieuses se pratiquant soit à la mosquée, soit àla\nmaison, et dans lesquelles le rythme joue un grand rôle. Mon Imam possède\nun énorme manuscrit en deux volumes, sorte de traité de musique et de danse\ndont il est Vauteur> et où se trouvent décrits minutieusement tous les Zikres,\navec figures à l'appui. Ce manuscrit est très intéressant ; j'ai insisté pour qu'il\nfût imprimé, mais l'lmam recule devant la dépense, et d'autre part ne veut pas\nme permettre de copier ou de photographier. Si je trouve des fonds pour le"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "143", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.5", "texte": "L'ORCHESTRE ET LES INSTRUMENTS A CORDES\n\nfaire imprimer à mes frais, ou si je décide Vauteur àme livrer son œuvre, je\nme ferai un plaisir de vous traduire les chapitres qui pourraient vous intéres-\nser ; il parle longuement delà corrélation entre la musique et les astres, l'état\nd'âme, etc. J'ai demandé à l'auteur s'il croyait à l'évocation des esprits par la\nmusique : il m'a répondu qu'il y avait des djinns qui présidaient à tous les\nmorceaux, mais qu'on ne les voyait pas ; il a cependant connu un musicien\nqui voyait toujours le djinn du mode « raharvi », il le montrait dans un coin\nde la salle et en avait grand'peur ; d'autres musulmans m'ont affirmé la même\nchose. Je vous envoie un numéro de notre Revue arabe, où se trouvent repro-\nduites d'antiques orgues grecques, d'après un très ancien manuscrit que nous\nvenons de découvrir. C'est la traduction arabe d'un certain nombre d'opuscules\ngrecs sur les sciences, et il y en a cinq sur la musique. Trois sont attribués à\nun certain Myrthos ou Myristhos (les deux noms se trouvent); il nous a été\nimpossible, vu la pauvreté de notre bibliothèque sur cette matière, d'identifier\ncet auteur...\nA mon retour de mon long voyage dans l'intérieur, j'ai trouvé la brochure\nde M. Rouanet, que vous ave\\ eu lobligeance de m'envoyer ; j'ai craint qu'il\nne fût bien tard pour en rendre compte.\nVeuille{ agréer, etc...\n\nD.M. COLLANGETTE,\nProfesseur de physique à l'Ecole de Médecine de Beyrouth.\n\nL'Orchestre et les instruments à cordes à l'époque de Haendel\net de Bach.\n\nUn abonné de la Revue musicale veut bien nous envoyer l'article suivant, qui a une sérieuse\nvaleur. Nous croyons réparer un simple oubli de notre honorable correspondant et répondre à\nses propres intentions en ajoutant que ce travail est une libre traduction d'un chapitre de la\ntrès bonne Oxford History of music (Oxford, at the Clarendon Press).\nAvant la fin delà période de Bach et de Haendel, l'expression « orchestre com-\nplet » qui, de nos jours, est exactement comprise de la même manière par tous\nles musiciens, aurait été définie d'une manière différente par chacun de ceux à\nqui on aurait demandé de l'expliquer. L'idée moderne d'un corps fixe et\ninvariable d'instruments divisé en groupes et composé de tels ou tels ins-\ntruments particuliers n'avait pas encore pris forme à l'époque de ces grands\nmaîtres. A l'examen d'un grand nombre des ouvrages de Bach, de Haendel,\nde leurs prédécesseurs et de leurs contemporains , il est évident que les\ncompositeurs ne se sentaient obligés en aucune manière, dans aucune partie de\nleurs compositions, d'employer la totalité du corps des instruments d'orchestre.\nEn ce qui concerne les instruments à cordes au grand complet, rarement ils\ns'écartèrent de l'usage qu'on en fait encore aujourd'hui ; mais ils les divisèrent\nen deux groupes, un de violons et un de violes, alors qu'ils faisaient générale\nment jouer les violoncelles et les contrebasses à l'unisson, à l'octave les uns des\nautres. A l'égard de l'emploi des instruments à vent, on a quelquefois émis l'opi-\nnion que leur choix était restreint par les conditions diverses dans lesquelles se\nfaisait l'audition de leurs compositions et le nombre des instruments employés."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "144", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.6", "texte": "LORCHESTRE ET LES INSTRUMENTS A CORDES'\n\nMais il est établi qu il n'en était pas ainsi dans un grand nombre de cas, par\nles partitions des grandes œuvres de Bach et de Haendel, où l'on voit les instru-\nments à vent employés plus ou moins à la manière d'un obligato, leur présence\nn étant pas du tout indispensable dans les passages à grand orchestre. Le Messie\ncommence avec les instruments à cordes seuls, aucun instrument à vent d'au-\ncune sorte ne faisant son apparition dans la partition originale jusqu'à l'entrée\ndes trompettes au passage Gloire à Dieu ; et exactement de la même ma-\nnière, et probablement avec la même intention artistique de réserver ces effets\nspéciaux jusqu à ce qu ils soient nécessaires, Bach commence sa messe en si\nmineur avec des flûtes, des hautbois, des bassons et des instruments à\ncordes, ajoutant trois trompettes au Gloria. Mais même dans ce cas il ne\nfait pas usage de tous les instruments requis pour la composition, car le\ncoi no da caccia qui, avec deux bassons, fait l'accompagnement du Quoniam tu\nsolus sanctus, ne se montre dans aucun des autres passages. Dans le Sanctus, une\ntroisième partie de hautbois est une addition faite pour ce numérô seulement.\nUne manière analogue doit avoir été en usage dans toutes les parties du monde\nmusical ; la messe à cinq parties (i) de Durante commence par être accompa-\ngnée par deux hautbois, deux cors et les instruments à cordes, les trompettes\nétant ajoutées au trio Domine Deus. - / ,\nSoit dans les symphonies, soit dans l'accompagnement des soli, certains ins-\ntiuments sont choisis correspondant au caractère général du mouvement à\nemployei ou à 1 expression qu on veut rendre. Une fois le choix fait pour chaque\nsection, instrument à vent, ou quelque autre que ce soit, il est continué pendant\ntout le mouvement comme une vraie partie, sans l'aide d'aucun autre timbre, et\nsouvent même sans autre appur que celui de la basse rndrquée. Chaque mouve-\nment ou sectron possède sa propre esquisse colorrée ou peut être considérée\ncomme une peinture monochrome, dans laquelle la variété et 1 intérêt sont seu-\nlement obtenus par 1 ai rangement des contours ou 1 opposition des clairs et des\nombres. On trouve à peine trace de couleur d'ensemble, au cours dune seule\nsection, jusqu'à ce que nous arrivions à Gluck, dans sa période de maturité.\nLe mot couleui est employé depuis si longtemps pour exprimer le sentiment\ndes dî\\ ei ses qualités du son que nous n avons pas besoin d'excuser son\nemploi aujourd hui. Quant à la manière de faire de Bach et de Haendel à\ncet égard, et la comparaison de leuis méthodes, IVloservius a émis l'étrange\nopinion que dans Bach les instruments à cordes formaient pour ainsi dire la\nbase de 1 accompagnement, les instruments à vent étant employés pour donner\nla couleui , tandis que dans Haendel, 1 orgue était la base de tout, et les diverses\nparties de l'orchestre, instruments à cordes et instruments à vent, étaient consi-\ndérés comme une partie des ressources du coloriste. Une manière de voir plus\nexacte est celle deSpitta(3),quidit que Bach établissait ses groupes d'instruments\n•avec l'orgue comme base, traitant les instruments à cordes comme un groupe,\nles hautbois et les bassons comme un autre ; qu'il formait un troisième groupe\ndu cornet à pistons et des trombones, et un quatrième des trompettes, ou des\ncois, et des tambours.- Les flûtes occupaient une place moins indépendante\n\n1) Brit. Mus. Add. ms. 31,610.\n(2) Mosèrvius, J. S. Bach in seinen Kirchen-Cantaten, p. 25.\n(l Sppita, Vie de Bach ;traduction anglaise), ii. 303 fF."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "145", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.7", "texte": "L ORCHESTKE ET LES INSTRUMENTS A CORDES\n\ndans l'orchestre de Bach ; mais, au xvii° siècle, elles formèrent un groupe par\nelles mêmes. Le mot cornet à pistons, ci-dessus, s'applique naturellement au\nsuranné Zinke, d'où est sorti le serpent, autrefois d'un usage général dans les\néglises anglaises.\nL'histoire de la constitution du groupe des instruments à cordes contient\nplusieurs points intéressants, dont quelques-uns ne sont pas faciles à expliquer.\nLe membre le plus ancien du groupe, la viole, eut bien l'honneur d'être la forme\nprimitive du titre, tous les autres instruments étant nommés d'après elle, avec\ndes terminaisons indiquant ou diminution ou augmentation ; mais, en dépit de\ncela, elle n'acquit que par degrés sa place dans l'orchestre. Gomme elle existait\nen deux grandeurs, le grand violon ténor, et le petit alto tel qu'il est ordinaire-\nment employé de nos jours, il a bien pu se faire que les bons exécutants sur les\ndeux instruments aient été rares, et que la qualité spéciale de son, à laquelle\non accorde aujourd'hui une si grande valeur dans l'orchestre et dans la musique\nde chambre, ait été négligée, puisqu'elle était seulement le caractère propre de\nla variété la plus petite. D'anciens exemples de son emploi dans la musique de\nchambre italienne sont cités dans Grove, Dict., S. V. Violon ténor, vol. IV,\np. 89 ; mais il semble avoir été démodé comme instrument de solo, car dans la\nplus grande partie des xvne et xvme siècles, deux et quelquefois trois parties\nde violon sont employées au-dessus des basses, dans la musique de chambre\nconcertante, comme dans les sonates de Purcell et de Corelli. Dans les « Con-\ncerti grossi » de ce dernier il est à remarquer que le groupe des instruments\nsoli, appelé « Concertino », est toujours composé de deux violons avec basse,\ntandis que le « ripieno » (chœur plein, tutti) a une partie de viole à la place\nhabituelle entre les violons et la basse. Parmi les essais de Bach comme\ninventeur d'instruments de musique, est celui de la « viola pomposa », qui\nsemble avoir été identique au « violoncello piccolo », avec une cinquième corde\najoutée au-dessus des quatre du violoncelle ordinaire ; le sixième de ces soli\npour violoncelle fut écrit pour cet instrument, et on le rencontre quelquefois\ncomme un obligato dans les cantates d'église. Dans la fête d'Alexandre Haendel\nemploie les ténors dans le but spécial de susciter ou d'inspirer l'horreur, comme\nlorsque Timothée s'écrie : Ce sont des fantômes grecs, etc., les arrangeant en\ndeux catégories pour l'une desquelles il écrit dans la clef d'alto et pour l'autre\ndans celle de ténor, les violons gardant le silence pendant ce temps-là.\nLe violon, quoique existant sous une forme entièrement distincte de celle de\nla famille de la viole aussi loin que le milieu du xvie siècle en Italie, remplaça les\nanciens instruments dans ce pays et en Allemagne durant le xvne siècle, tandis\nqu'en Angleterre et en France il n'obtint pas sa victoire définitive avant le\nxvnie siècle. La perfection de l'école des luthiers de Crémone et les progrès de\nla virtuosité sur le violon chez les Italiens expliquent suffisamment la supériorité\nqu'il acquit ainsi en Italie. Quoique le son des premiers violons ne ressemblât\nen rien àce que nous sommes habitués à entendre maintenant, les améliora-\ntions à cet égard étant en partie dues à l'influence du temps, et en partie à cer-\ntains changements dans la disposition de l'âme, ils étaient cependant bien\nplus puissants que les violes et possédaient de nombreux autres avantages qui\nrendirent leur triomphe certain et permanent. La faveur dont ils jouissaient est\nprouvée par les sonates de chambre de Vitali, Bassani, Purcell, Corelli, dall\nAbaco et de beaucoup d'autres, dans la grande majorité desquelles deux parties"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "146", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.8", "texte": "L'ORCHESTRE ET LES INSTRUMENTS A CORDES\n\nde violon et une basse sont seulement employées; parfois, comme dans les trois\nsonates de 1 Opéra qninta de Vitali, une viole ou une viola alta est employée ;\nmais aucun exemple de cette sorte n'est trouvé dans aucune des deux collections\nde Purcell, ou dans les sonates de Corelli, où on emploie seulement les violons\nau-dessus de la basse. Le fait que les moyens d'obtenir une harmonie plus com-\nplète se montre dans les recueils anciens, dans des compositions datant d'avant\nle milieu du xviie siècle, tandis que la partie de viole semble être devenue hors\nd usage vers la fin du siècle, offre une curieuse contre-partie à la tendance\nremarquée dans la musique d'église italienne, et à la préférence qui s'y déve-\nloppait pour 1 emploi de deux voix de soprano sur une basse vocale ou instru-\nmentale. Il est impossible de dire avec quelque certitude si la musique vocale\nsuivit la musique instrumentale dans cette voie, ou si ce fut le contraire ; des\npreuves justificatives sembleraient indiquer que les productions instrumentales\nfurent plus vraisemblablement celles qui lancèrent la mode ; mais cette priorité\neffective est de très peu d'importance, comparée au fait hors de doute que la\ncombinaison de deux parties hautes avec une seule basse pour les supporter\nétait en vogue dans toutes sortes de musique, plus spécialement en Italie. En\nmême temps, on doit se souvenir que dans les premiers spécimens de cet arran-\ngement les parties constitutives des harmonies ne faisaient pas complètement\ndéfaut, étant fournies par la basse jouée sur le clavecin ou l'orgue, de telle sorte\nque la ténuité de l'effet ne pouvait frapper l'auditeur ordinaire jusqu'à l'appari-\ntion de la chanson anglaise à reprises, qui, n'étant pas accompagnée, montre la\ncombinaison dans toute sa pauvreté non dissimulée. La coutume d'employer\ntrois violons dans certaines parties (tutti) et spécialement dans les premiers\nmouvements des ouvertures d'opéra semble être venue de l'époque de Lulli ;\nce cas se présente dans son Bellérophon, et dans beaucoup d'autres endroits où\nles cinq portées des instruments à cordes dans les « pleins » passages sont mar-\nquées des clefs suivantes : la clef de sol sur la ligne inférieure de la portée, la\nclef d ut sur la même ligne, la clef d'ut sur la seconde ligne (ces trois lignes étant\névidemment les lignes des violons), la clef d9ut àla place habituelle sur la ligne\ndu milieu, pour la viole, et la clef de fa à l'endroit habituel pour les basses sur\nla quatrième ligne, portée inférieure. Déjà, lors de son Agrippine, Ilaendel a\nadopté cet arrangement qui se montre encore dans l'acte qu'il a écrit pour\nMuzio Scevola, dans Ottone, Alessandro (commencement du deuxième acte),\nSiroe (ouverture) et Orlando ; et dans Bérénice et Faramondo, écrits vers la fin\nde la période de ses opéras, il n'avait pas encore abandonné cette habitude,\nqui devait être plus ou moins hors de mode à cette époque.\nL'Angleterre fut apparemment la seule exception à la règle qui voulait que\ndans l'opéra, comme ailleurs, les harmonies fussent remplies par les instruments\nà clefs, laissant seulement au violoncelle et à la contrebasse l'émission des notes\neffectives de la partie de la basse, et rien de plus. L'usage de fournir les harmo-\nnies dans les- récitatifs non accompagnés, au moyen du violoncelle et de la con-\ntrebasse usage qui atteignit son apogée aux temps de Lindley et Dragonetti\nne peut pas être reporté plus loin que la première partie du xixe siècle; mais\nil est difficile de dire à quelle époque reculée il a bien pu naître. Au temps de\nHaendel, en effet, l'emploi du-clavecin était universel en Angleterre aussi bien\nqu'à l'étranger. La position des instruments à cordes sur lesquels on joue avec\nla main est quelque peu curieuse."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "147", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.9", "texte": "L'ORCHESTRE ET LES INSTRUMENTS A CORDES\n\nCe fut longtemps après cette période que la harpe devint un membre reconnu\nde l'orchestre régulier ; ce fut Berlioz qui découvrit ses qualités dans la com-\nposition de l'orchestre ; cependant dans le voyage de Burney en Allemagne (i),\net dans la liste des exécutants de l'Opéra de Berlin, une harpe est incluse; et\ndans le même livre (p. 166) nous trouvons la mention que Weiss joue du luth\nà l'opéra de Dresde. Un exemple remarquable de l'emploi du luth, d'une\nmanière très importante, se rencontre dans la Passion selon saint Jean, de\nBach, où le bel air de basse, Betrachte, meine Seele, est accompagné d'un\nobligato élaboré de luth, avec un accompagnement courant en arpèges sur des\nnotes basses répétées pendant que deux violes d'amour font en haut un accom-\npagnement doux, et que la partie basse soutient l'harmonie, le « pianissimo »\nfaisant son apparition sur la ligne de basse, en raison, sans doute, du ton\nfaible du luth.\nLa harpe et le téorbe, ou luth arqué, se montrent tous deux dans la partition\nde Haendel, Jiulio Césare (1723) ; mais il est évident que la forme pittoresque des\ninstruments fut la cause de leur introduction dans une scène d'apothéose, dans\nlaquelle le Parnasse était ouvert, et où les instruments et les exécutants étaient\nvus du public. Un orchestre ordinaire accomplit le travail habituel de l'accom-\npagnement dans cet opéra, et presque pour la première fois nous y rencontrons\ncomme des essais d'orchestration.\n\nG.-MARIE ADENIS.\n\n(1) Burney, Etat actuel de la musique en Allemagne"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "148", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.10", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nÉLÉMENTS DE GRAMMAIRE MUSICALE\nLE MODE MINEUR (II)\n(Résumé, par M. E. Dusselier.)\n\nQuelle est l'origine du mode mineur ? Comment se fait-il qu'à côté de l'accord\nparfait majeur, nous ayons un autre accord parfait donnant lieu à un système\noriginal, soit pour la mélodie, soit pour 1 harmonie ? Quel est le principe\nauquel on peut rattacher ce système très ancien qui occupe une si grande place\ndans l'art populaire et dont les compositeurs classiques ont tiré de si beaux\neffets d'expression ?\nCette partie de la grammaire musicale est un peu la région des nuages et des\nbatailles, celle des hypothèses, des solutions ingénieuses, des doctrines contra-\ndictoires et des discussions qui n'aboutissent pas. Depuis le milieu du xvie siècle\njusqu'aujourd'hui, des écrivains de tout ordre philosophes, physiciens,\ncompositeurs, ont essayé de s'y établir en maîtres ou d'y faire la lumière ; mais\nleurs efforts, au lieu d'aboutir à un de ces succès décisifs que tout le monde\naccepte, semblent n'avoir produit qu'une accumulation d idées assez déconcer-\ntante. Il faut se reconnaître au milieu de ce fatras et savoir choisir. Les opinions\nles plus étranges ont été soutenues. Mon but est de classer les idées, d'ex-\nposer les thèses principales en les résumant d'une façon aussi claire que possible,\net enfin de présenter quelques observations critiques. Dans son Harmonie\nuniverselle (livr. 111, Des genres de musique, p. 149), le P. Mersenne suggère\nl'idée que l'homme aurait pu arriver au mineur en imitant d'autres êtres vivants :\n« On a observé, dit-il, que plusieurs oiseaux et autres animaux font des conso-\nnances en chantant et en criant : par exemple, les coucous font la tierce mineure\nen chantant » ! Ailleurs (Ier livre, Des Consonances, p. 75) et un peu plus sérieu-\nsement, il dit que le mineur n'est qu'un reste, une sorte de résidu et de déchet\ndu majeur. C'est l'opinion la plus accréditée. D'autres sont allés plus loin ; ils\naffirment que le mineur 11 existe pas. J'aurai à réfuter ce paradoxe.\nLes ouvrages les plus importants et pour ainsi dire classiques où la question\ndu mineur est traitée et dont je résumerai la doctrine, sont les suivants :\nZarlino, Istitutioni harmonische, 1558. Mersenne, Harmonie universelle,\n1636, lerIer livr., Des Consonances, et livr. 111, Des genres de musique. Rameau,\nTraité de /'harmonie (1722), Nouveau système théorique (1726), Génération harmo-\nnique (1737), Démonstration du principe de l'harmonie (1750).— D'Alembert,\nEléments de musique théorique et pratique, 1752, 2eédit. 1766. Helmholtz, Die\nLehrevon der Tonempfindungen, 1863, 4eèdit. 1877, tr. fr. de Guéroult. Haupt-\nmann, Die natur der Harmonik und Metrik, 1853, 2e édit. 1873. Von Ôttin-\ngen, Harmonie System in dualer Entwickelung, 1866. Hugo Riemann : Musi-\nkalische Logik (1873), Die objective Existen7L der Untertône in Schalwelle (1876),"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "149", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.11", "texte": "COURS BU COLLÈGE DE FRANCE\n\nMusikalische Syntaxis, 1877. Hostinsky, Die Klangzweiheit des Mollaccords,\n1879.\nJe diviserai les doctrines contenues dans ces ouvrages en deux groupes : d'un\ncôté, celles qui reconnaissent l'existence légitime du mineur et cherchent à l'ex-\npliquer ; d'autre part, une doctrine purement négative, celle de Helmholtz.\nC'est par celle-ci que je commencerai, pour m'en débarrasser.\nHelmholtz rabaisse et nie le mineur en l opposant au majeur. Voici les traits\nprincipaux de sa théorie des deux modes.\nI. Le mode majeur réalise excellemment le principe de l'unité dans la famille.\nIl satisfait complètement aux exigences d'une parenté des accords et des sons qui\nest exclusive de tout élément étranger. Il est formé de quatre accords en relation\ndirecte avee la tonique :\nToutes les notes de la gamme où il se réalise et qui peuvent être employées\ndans l'harmonisation d'une mélodie font partie de ces accords entre lesquels il y\na l'étroite relation de quinte {fa-do, do-sol). Fa implique do ; et do implique sol.\nDe plus, chacune de ces notes implique l'accord construit sur elle : fa implique\nla, do ; do implique mi, sol ; sol implique si, ré. Tout se tient donc, tout est so-\nlidement uni. C'est la même force qui circule partout.\nDans l'accord do-mi-sol, aucune équivoque n'est possible pour la détermination\nde Tordre, des préséances et de la genèse des sons : ni do ni mi ne peuvent être\nconsidérés comme les harmoniques de sol et, par conséquent, comme engendrés\npar lui ; ni ut ni sol ne peuvent être rattachés par un lien semblable à mi. En\neffet, les harmoniques desol sont : sol, ré, sol, si... ; les harmoniques de mi\nsont : mi, si, mi, sol £... ; mais je peux et dois considérerez et sol comme issus de\ndo, les harmoniques de ce dernier son étant : do, sol, do, mi... Cette interpréta-\ntion par l'auditeur est la seule possible ; elle s'impose à son oreille. Do est la\nnote fondamentale de l'accord et ni le mi ni le sol ne peuvent se substituer à lui\npour jouer ce rôle. Tout est donc parfaitement ordonné dans la construction des\ntrois accords qui forment les harmonies essentielles du mode majeur, comme\naussi dans leur rattachement à la tonique, « centre harmonique » de tout le sys-\ntème. De là la clarté du mode majeur : clarté pour l'oreille qui perçoit, clarté\npour l'esprit qui, calculateur inconscient, compare et classe les sensations, et\nse reconnaît tout de suite, sans effort, au milieu d'elles. Ce qu'il y a de plus\nremarquable, c'est que le majeur diatonique a pu passer de la mélodie pure à la\nmusique à plusieurs parties, sans subir la plus légère altération. Il n'a eu aucun\ntribut à payer à la polyphonie.\n11. Il n'en est pas de même du mode mineur qui, d abord, est entaché d'ambi-\nguité. Dans l'accord do-mi\\> -sol, on est gêné pour disposer les éléments compo-\nsants sur une même ligne d'harmoniques. L'esprit de l'auditeur hésite entre\ndeux directions. Certes, mib ne peut être rattaché ni à ut ni à sol ,* ut ne peut\nêtre rattaché ni à sol ni àmit> , et voilà une première constatation qui déblaie\nle terrain ; mais 50/ permet deux hypothèses : il peut être considéré comme son\npartiel (3e harmonique) d'ut ou comme son partiel (5e harmonique; de mi .\nDans le premier cas, nous avons un accord d'ut, auquel est venu s'ajouter un élé-\nment étranger, MI t> , prenant ici la place du 50 harmonique mi 5 ; dans le second\ncas, nous avons un accord de mi t> , auquel est venu s'ajouter un élément encore"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "150", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.12", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nétranger UT, prenant ici la place du 3e harmonique si .Il y a donc deux inter-\nprétations possibles et aucune n'est pleinement satisfaisante ; et comme, surtout à\nla fin d'une composition quelconque, l'esprit et l'oreille ont besoin d'une sécurité\nparfaite, laquelle serait incompatible avec cette situation un peu flottante, il en\nrésulte une première conséquence : c'est qu'on ne peut pas finir sur un accord\nmineur. Telle était la règle en général suivie par les anciens compositeurs ; et\nelle se comprend : au moment où tout doit rentrer dans l'ordre, comment faire\nentendre un accord dont on ne peut rattacher les notes à la fondamentale sans\nqu'elles apparaissent comme des harmoniques faux, ou comme des dissonances\nàla suite desquelles il faudrait quelque chose encore, pour les résoudre ? Bach\ntermine bien des Préludes, c'est-à-dire des morceaux d'introduction, par un accord\nmineur, mais jamais des fugues ou des chorals. Dans Hàndel et Mozart, la\nconclusion mineure alterne, il est vrai, avec la conclusion majeure, mais elle est\nmotivée parle genre d'expression que le musicien veut obtenir (par ex. le Dies irce\ndans le Requiem de Mozart). D'autres fois, on use d'un artifice pour dissimuler\nle conflit de la tierce avec la tonique : on donne à celle-ci, par l'accumulation de\nplusieurs parties sur le même point, une prépondérance etuneforce qui relèguent\ndans l'ombre et subordonnent tout le reste; à la fin de ses oratorios, au lieu de\ndistribuer les parties suivant la règle usitée en majeur (2 voix sur la tonique, une\nà la quinte, l'autre à la tierce), Hàndel met une seule voix à la tierce et con-\ncentre les autres sur la fondamentale.\nHelmholtz considère donc le mineur comme une altération de la vraie musi-\nque ; il voit en lui un repoussoir, un moyen d'expression exceptionnel.\nDans le groupe ut-mi t? *sol, il voit un ACCORD FAUX.\nA cette doctrine, on peut opposer les faits suivants :\ni° D'après la propre thèse de Helmholtz, si on en suivait les conséquences,\nl'accord ut-mi Cl -sol serait, lui aussi, un accord faux. En effet : mi H a pour second\nharmonique si H qui est en conflit avec ut ; sol a pour second harmonique ré H qui\nest en conflit avec mi Cl !\n20 Si l'impression de consonance (base de la théorie des deux modes) vient\ndes harmoniques, nous ne devrions pas avoir cette impression quand nous\nentendons des sons simples (comme ceux de plusieurs diapasons).\n30 II est impossible d'admettre que dans des œuvres comme la sonate pathé-\ntique et YAppassionata, Beethoven se soit écarté de la vraie musique...\n40 II est inexact que les grands maîtres se soient interdit de conclure sur un\naccord mineur ; cf. les chorals de Bach nos 57, 130, 167, 251, 271, 336, 440... A\neux seuls, de tels faits permettent de dire que Helmholtz n'a pas le droit d'attri-\nbuer le caractère d'une « loi » à ses affirmations. Une loi (comme celle de la\nchute des corps, etc...) ne doit pas souffrir d'exceptions. Lorsqu'il y a des excep-\ntions, on doit se dire qu'on est en présence non pas d\\ine loi, mais de deux lois ;\net c'est bien le cas pour le majeur et le mineur.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "151", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.13", "texte": "QUELQUES NOUVEAUTÉS DE LA LITTÉRATURE ALLEMANDE\n\nQuelques nouveautés de la littérature allemande\nsur la Musique.\n\nLa littérature allemande a produit durant ces quatre derniers mois bien peu\nde choses intéressantes: des comptes rendus sur des phénomènes littéraires sont\nfaits régulièrement chaque semaine, et personne ne s'en étonne ! Le profane\nlisant les journaux spéciaux pour y voir les grandes publications de la saison\ntrouverait à peine un ouvrage satisfaisant, dont il pourrait dire : « En voilà un\nqui dévoile des secrets ! » Depuis le livre de Guido Adler sur Richard Wagner,\naucun pas important n'a été fait.\nDes livres aidant à célébrer Mozart comme le héros du monde musical, je\ncite La Vie de Mozart , en 3e édition (L'Harmonie, Berlin W.), par Louis Nohl,\net Mozarts Kunst der Instrumentation (l'Art instrumental de par le\nDr Egon de Komarczynski (chez Charles Griininger, Stuttgart) ; dans ces ou-\nvrages, Mozart est vulgarisé. Le style savant a forcé les Allemands à créer une\nforme d'exposition nouvelle, qui soit à la portée de tous. Ce qui est la règle pour\nles Français est encore une exception pour les Allemands. L œuvre classique de\nM. Otto Jahn ne pouvait être lue que par des gensconnaissant l'art musical ; c'est\nen cela que l'ouvrage de M. Nohl a beaucoup de mérite. Son style se lit facile-\nment ; il évite les banalités et les lieux communs. Toute la biographie est\nd'ailleurs parsemée d'un pathos, d'une sublimité soutenue, devenant monotone\nà la longue. Le plan est simple. Il est vrai que la connexion de la vie extérieure\nde Mozart et de ses œuvres est parfois éclaircie; mais dans la peinture de sa vie\ndominent les contrariétés et la lumière, tâche difficile pour l'écrivain que de ra-\nconter des faits qui se répètent, tout en demandant une expression continuel-\nlement variée. Une contrainte en résulte, un ton pathétique violent qui carac-\ntérise la plupart des biographies. Je ne voudrais pas dire pour cela que la\nbiographie écrite par M. Nohl n'est pas lisible ; mais elle vous lasse un peu\npar le pathos qui domine.\nMalgré le ton populaire, je crois que ce livre, avec ses anecdotes et histo-\nriettes sans fin, est beaucoup trop estimé en Allemagne.\nQuant à Y Art de V Instrumentation de Mozart par le Dr Egon de Komar-\nczynski, l'auteur a réuni très brièvement dans ce traité les résultats de recherches\nrécentes, et tout le monde pourra lire ce livre sans difficultés. Après avoir dé-\nmontré les innovations audacieuses de Mozart concernant l'instrumentation, et\nce qu il était lui-même, lui qui a créé le fondement sur lequel s'élève l'art de\ntraiter l'orchestre tel que l'ont conçu Berlioz, Richard Wagner et Liszt, M. de\nKomarczynski attire notre attention sur les phases historiques de l'art de l'instru-\nmentation chez Mozart, qu'il suit affectueusement à travers ses opéras, sympho-\nnies et musique sacrée ; et c'est là qu'il nous présente de fines observations\nnouvelles que 1 on peut regarder comme des faits acquis.\nMozart en voyage à Prague (Mozart auf der Reise nach Prag), par Edouard\nMàrike, n a aucun rapport avec la littérature sur la musique, je parle ici d'un\nouvrage très délicat de poésie allemande, plein d'une tendresse charmante,\nd une gaieté tranquille, d'un parfum délicieux et enchanteur, exprimant d'une\nmanière tout ineffaçable les traits doux et idylliques, les qualités merveilleuses\net gaies du caractère de Mozart ; n'existe-t-il donc pas un homme comme Baude-"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "152", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.14", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\n\nlàire ou Maupassant pour traduire eu français Mozart en voyage à Prague >\nL'édition d'oeuvres scientifiques à prix modérés à l'usage de tout le monde et\nprincipalement des écoles se répand de plus en plus en Allemagne ; de même\nles « Catéchismes » édités à Leipzig par Max Messe, qui ne sont pas autre\nchose que la récapitulation d'une matière, dans un ordre spécial.\nJ'ai parcouru plusieurs de ces catéchismes. i° Cal. delà Théorie de V Harmonie,\npar Hugo Riemann (3e édition). M. Riemann commence à voir le succès de sa\ncampagne contre la basse fondamentale. Un autre catéchisme, par G. Winter,\nest relatif à la Chanson populaire allemande. Nous autres, de l'Allemagne méri-\ndionale, nous désirons vivement pouvoir faire connaissance plus intime avec la\nchanson populaire française. Je dois citer encore deux «catéchismes » : Y Art de\njouer du piano (du même) et, de R. Dannenberg, Y Art du chant. Au surplus, on\ntend à abandonner aujourd'hui cette manière d'exposition en « catéchisme »,\ndont on a reconnu la futilité.\nVienne, le 6 mars»\n\nAD. NEUMANN.\n\nConcerts, premières représentations et Informations.\n\nConcerts Colonne.\n\nFévrier et mars. La première audition d'une œuvre toute\nrécente de M. Vincent d'lndy est un événement musical. Elle se compose de\ntrois parties, Aurore, Jour,[Soir, et est intitulée Jourd'été sur la montagne. L'idée\npremière de cette symphonie très originale a, paraît-il, été suggérée au maître\npar un poème en prose de M. Roger de Pampelonne. J'ai peine à croire que\nM. d'lndy, qui pense par lui-même, ait puisé son inspiration dans cet amas de\npuérilités boursouflées que ne pourrait édifier qu'un esprit étranger à toute\nsaine littérature. Mais passons. M. d'lndy nous fait entendre les murmures\nproches et lointains de la montagne, les bruissements épars de la vie, les harmo-\nnies de la nature, dans une polyphonie d'un art souverain ; malgré la complica-\ntion et la recherche des timbres et des accords, on suit nettement le dessin des\nphrases, et tout se fond dans une satisfaisante unité. On ne peut posséder plus\npleinement que M. Vincent d Indy le secret d'enchanter par les sons. Mais si\nj'ai été charmé, je n'ai guère été ému ; il faut que ce soit la faute de ma sensibi-\nlité qui ne s'accorde pas avec celle du compositeur ; le langage des sons et des\nmots n'est pas entendu de la même manière par toutes les âmes et tous les esprits.\nCe nouvel ouvrage du grand musicien a été vigoureusement applaudi. Il en a\nété de même de l'Après-midi d'un Faune, redemandé. La Symphonie en la mineur\nde M. Saint-Saëns, si franche, si classique, qu'on croirait parfois entendre du\nBeethoven, terminait le concert. M. Enesco exécuta la belle, mais longue\nChaconne de Bach, et Mlle WandaLandowska le Concerto en mi bémol de Mozart,\nbien mince, bien insignifiant : n'était la main gauche qui de temps en temps\nconsent à ne pas rester inactive, j'aurais pu croire entendre en fermant les yeux\nun morceau de flûte d'un timbre particulier. Le concert avait commencé par\nles fragments les plus intéressants du Manfred de Schumann, joués avec énergie\net passion par l'orchestre de M. Colonne. M. Paul Brun, cor anglais, a été un\nsoliste remarquable et justement acclamé. ,"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "153", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.15", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\n\nDans VAngélus, M. Trépard a cherché à rendre les espérances et les angoisses\nd'un artiste, F anéantissement momentané, puis le réveil de tout son être, sous le\ncoup d'une émotion presque religieuse. Cela est bien du domaine de la musi-\nque, er on admet très bien que l'orchestre serve à traduire un tel état d'âme.\nMais comment exprimera-t-il des choses aussi précises que celles-ci par\nexemple : l'Aimée n'est pas làpourquoi tarde-t-elle à venu ?... Aloi s laitiste\nabandonne tout pour courir après Voublieuse. Ou ceci encore , Il maudit la\nterre sur laquelle il croit voir la place de ses pas... il tombe épuisé sous les giands\narbres que dore le soleil couchant ? Trop de littérature dans tout cela ! des mots,\ndes mots ! Trop de bruit, pas assez de musique! La fin est mieux : Y Angélus et\nles cloches ont bien inspire 1 auteur . jolies sonorités, pas banales, habileté de\nfacture ; en somme, œuvre un peu prétentieuse et superficielle.\nJe reviens sur le Jour d'été sur la montagne de M. d Indy, après 1 avoir\nentendu une seconde fois. Orchestration prodigieuse, richesse extiaorchnaiie\ndans les combinaisons de rythmes et de timbres, dextérité, maîtiise incom-\nparable ; pas trace d'effort ; l'orchestre si plein, si varié, si complexe d'apparence,\ntoujours clair \\ chaque motif se détachant avec une netteté singuhèie . personne\nne joue de l'orchestre comme d'lndy ! Mais les choses sont vues du côté extérieur ;\nl'auteur ne l'a peut-être pas voulu, mais on a trop l'impression qu il décrit pour\ndécrire. Tous les bruits de la nature qui s'éveille ou s'endort, on les retrouve\ndans l'orchestre ', il y a là des trésors d invention et d ingéniosité, mais cela\nlaisse froid... Notre curiosité n'est jamais déçue, mais notre désir d émotion n est\nque rarement satisfait; c'est de la musique intellectuelle. Des trois parties que\ncomprend le Jour d'été sur la montagne, la première, la fin de la seconde et de\nla troisième sont peut-être les mieux réussies, sans doute parce qu'elles offraient\nune ample matière au talent descriptif de l'auteur. Maintes idées métaphysiques\ndu poème ne m'intéressent pas : comment serais-je ému par le commentaire musi-\ncal de cette phrase : Je n'aperçois plus ce qui périt, mais ce qui renaît sur les ruines ;\nle grand Guide semble y régner seul ? Ah! la musique à programme (et quels\nprogrammes !), qui nous en délivrera ?\nExcellente exécution, très grand et très légitime succès pour Mmt Schumann-\nHeink. De la force, de l'éclat, voix admirablement conduite, pas d afféterie, pas\nde mièvrerie ; ne cherche pas à faire un sort à chaque note ; style simple et\nlarge ; bref, une personnalité ! Très bien secondée par la clarinette dans 1 air de\nla Clémence de Fitus et par le violcn solo dans les Irois Bohémiens de Liszt,\n\nR. PRIEUR.\n\nL'opéra de M. Arrigo Boïto, Mejistofele,\njustement célèbre en Italie, obtint à Monte-Carlo, l'an passé, un succès éclatant\nqui s'est d'ailleurs renouvelé, l'été dernier, lorsque M. Gunsbourg en donna\nune inoubliable représentation au théâtre d'Orange.\nL'abondante inspiration de cette œuvre, sa facture qui décèle un sérieux souci\nd'art, la mise en scène qu'elle comporte et l'intérêt vocal offert par chacun des\nrôles lorsque l interprétation réunit des artistes habilement choisis, tout con-\ncourt à faire de Mejistofele un spectacle extrêmement attrayant pour les yeux,\nautant que l'oreille y trouve de l'agrément.\nLa reprise que vient d'en faire le théâtre de Monte-Carlo a obtenu du public\nle même chaleureux accueil que l'an passé.\n\nCourrier théâtral de Monte Carlo."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "154", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.16", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\n\nIl faut dire que la mise en scène de M. Raoul Gunsbourg est de toute beauté,\net que certains tableaux, entre autres celui de l'Enfer, sont d'une décoration et\nd'une vie saisissantes.\nM. Chaliapine a fait du rôle de Mefïstofele une création qui lui est bien per-\nsonnelle; sa façon de composer ce rôle dénote un sentiment artistique peu\ncommun : il y est d une originalité effrayante : nulle réalisation du rôle de\nSatan ne fut jamais aussi diabolique, aussi émouvante et même aussi terrible,\ncar M. Chaliapine ne recule devant rien et arrive, dans l'acte de l'Enfer, à la\ngrande terreur tragique.\nM. de Marchi, dans le rôle de Faust, fait admirer sa belle voix de ténor,\ndont il se sert avec une rare habileté.\nMme Lina Cavalieri, dans le double personnage de Marguerite et d'Hélène,\nest tout à fait remarquable; elle a chanté Y air de la prison avec une véhémence\nsuperbe.\nMme Deschamps-Jehin dessine avec adresse et non sans malice le type de\nDame Marthe, où elle chante avec le style parfait et l'autorité qu'on lui connaît.\nLes décors de M. Visconti sont fort beaux. Et les transformations lumineuses\nde M. Eugène Frey donnent une illusion féerique.\nL'orchestre et les chœurs, dirigés par M. Léon Jehien, méritent les plus\nsincères éloges.\nSamedi iomars,a eu lieu la représentation de Don Procopio, opéra bouffe\nen deux actes, d'après des comédies italiennes du xvne et du xvine siècle, poème\nde MM. Paul Collin et Paul Bérel, récitatifs de M. Charles Malherbe, musique\nde Georges Bizet. Avec MM. Jean Périer, Rousselière, Bouvet, Chalmin,\nAnanian, Mlles Angèle Pornot, Jeanne Morlet, Don Procopio était accompagné\nsur l'affiche par Paillasse, de M. Léoncavallo, joué par MM. Rousselière, Bou-\nvet, Dangosse, Ananian et Mlle Farrar, qui ont eu le plus vif succès.\nOn connaissait, par la correspondance de Bizet, l'existence et l'histoire de ce\nDon Procopio, composé en 1858 à Rome, alors que le futur auteur de Carmen\nn'avait que vingt ans et se doutait peu que cette œuvre de jeunesse devrait\nattendre un demi-siècle pour être jouée, loin de Paris.\nDepuis hier, on connaît enfin cette œuvre exquise, dont le succès réparateur\nva assurer les lendemains dans le monde entier : le vif plaisir que le public a\npris à la pièce, qui est très amusante, et à la musique, qui est adorable, se renou-\nvellera sans aucun doute devant tous les publics, et pour de longues années.\nDon Procopio est un vieil avare qui s'est mis en tête d'épouser une riche héri-\ntière, la jolie Bettina. L'oncle de la jeune fille, Don Andronico, est un vieux bour-\ngeois madré qui croit, dans ce mariage, conclure une bonne affaire. Mais Bet-\ntina ne veut point de Don Procopio : elle aime le bel officier Odoardo. Avec\nl'aide de son frère Ernesto et de sa tante Eufémia, elle déjoue le complot des\ndeux barbons, les brouille, se débarrasse malicieusement de Procopio, et finit\npar décider Andronico à l'unir à celui qu'elle aime.\nOn ne saurait imaginer rien de plus jeune, de plus délicieux, de plus finement\nenjoué, déplus pittoresquement bouffon, que la musique de ces deux actes, où la\nmélodie, fraîche et originale, coule et déborde, où l'orchestre babille avec un\nesprit espiègle, et d'où jaillit une joie irrésistible. On y éprouve le même délice\nqu'au Barbier de Séville. Aucun point de ressemblance, pourtant, entre ces deux"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "155", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.17", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\nR. M.\n12\n\nœuvres, sinon qu'elles sont deux chefs-d'œuvre d'où se dégage le même charme.\n\nD. IMBERT.\n\nBerlin.\n\nL'Opéra Royal. Der lange Kerl, opéra comique de Victor von\nWoikowsky-Biedau. Première représentation. —Le titre de l'opéra est le sobri-\nquet que Frédéric II donnait à ses grenadiers de la garde, et on peut voir que le\ncompositeur voulait servir deux maîtres à la fois [comparez le Roland de Berlin\nde Leoncavallo]. Heureusement, l'art a le dessus. On sait que Frédéric II avait\nune grande prédilection pour les grenadiers de haute taille et qu'il leur faisait\népouser des filles grandes et fortes. Supposez qu'un maître d'école de village et\nun de ces grenadiers deviennent épris de la même fille, que ce brave instituteur\nessaye de supplanter son rival et qu'il n'y réussisse pas parce que la fille aime\nle grenadier ; on peut s'imaginer clairement la jovialité du sujet. Le rôle muet\ndu « Lange Kerl », qui est joué par un véritable grenadier de Potsdam et le\ntalent de M. Lieban, l'excellent sociétaire de l'Opéra Royal, sont les seuls à re-\nmercier pour la gaieté qui règne pendant toute la pièce. La musique, au\ncontraire, est trop wagnérienne, pleine d'une polyphonie trop dure pour s'a-\ndapter sans contrainte au sujet. M. de Woikowsky est sans doute un composi-\nteur sérieux, malheureusement trop sérieux pour ne pas ennuyer dans cet opéra\ncomique avec son lourd pathos. M. Erick Schmédès, le ténor de l'Opéra Royal\nde Vienne, était l'invité de l'Opéra de Berlin. J'ai eu l'occasion de l'entendre dans\nRienqi et Tristan et Yseult,et, quoiqu'il soit un acteur de goût et un chanteur très\nsûr de soi, il ne peut pas satisfaire entièrement. Il est trop inégal. Quelquefois\nil nous charme avec une voix magnifique, et d'autres fois il est médiocre. Sa\nforce est dans les sons graves qui sont presque ceux du baryton, pendant qu'il\nsemble chanter avec beaucoup de difficulté dans les sons aigus. Mais les bons\nténors sont si rares maintenant qu'on ne peut pas facilement refuser des applau-\ndissements à un artiste sérieux tel que M. Schmédès.\nL'Opéra-Comique. —Le Corrégidor, opéra comique de Hugo Wolff (après\nles Contes dßloffmann, la Bohème de Leoncavallo et le Jongleur de Notre-\nDame, dont la « première » est restée sans lendemain) a élargi le répertoire avec\nDon Pasquale de Donizetti. L'œuvre de Wolff, le seul opéra du composi-\nteur de romances très connu, qui est malheureusement mort fou, fut terminée\nen 1896, mais la représentation de l'Opéra-Comique de Berlin était la première\naudition dans la capitale. Manheim, Strasbourg, Prague, Graz et Vienne ont\ndepuis longtemps inscrit l'opéra dans leur programme. Rosa Mayreder a écrit\nle livret d après une nouvelle de l'auteur espagnol Harcon. Le vieux corrégidor,\nqui courtise une jolie meunière, est rossé à coups de bâton dans sa propre maison\npar le meunier, qui s'y est introduit après avoir revêtu les habits de son rival.\nHugo Wolff ne peut dissimuler sa vocation musicale pour les romances, qui,\ncomme on lésait, sont tellement expressives que seul l'orchestre peut reproduire\n1 effet brillant voulu par le compositeur; mais un opéra demande un traitement\ndramatique du sujet, et cela est hors de son talent musical ; on n'entend que de\ncharmants passages de mélodies mal assemblées ; aussi l'impression générale\nn est-elle que médiocre. Mais ce serait une grande faute de vouloir laisser tomber\ncette œuvre dans 1 obscurité, car elle renferme d'exquises beautés, dignes d'être\nconnues. Il faut remercier le directeur, H. Cyrégor, d'avoir eu le courage de\nmettre le Corrégidor au répertoire. La mise en scène et la représentation étaient\nexcellentes."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "156", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.18", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\n\nDon Pasquale de Donizetti montra également le soin de M. Cyrégor, et c est\nà lui que revint la plus grande partie des applaudissements. Mais la comparai-\nson naturelle avec l'excellent bel cantor Signorßouci et sa troupe italienne laissa\nvoir toutes les petites imperfections de l'interprétation allemande. On jouait\ntrop lourdement, et malgré cela on négligea la musique, qui demande particuliè-\nrement dans cette œuvre un traitement artistique. Don Pasquale est presque\nune nouveauté pour les Berlinois ; et avec sa musique charmante, avec\nun tempérament un peu plus vif de la part des artistes, un succès durable\nme semble certain. M. Hans Cyrégor s'est procuré le droit de représenta-\ntion des opéras suivants : le Barbier de Séville de Rossini, le Mariage de\nFigaro de Mozart, le Démon de Rubenstein, Iris de Mascagni et Carmen de\nBizet.\nF Agence de Concerts Jules Sachs m'informe que Salomé, l'opéra de\nRichard Strauss, sera bientôt représenté à Berlin. Si 1 Opéra Royal refuse de\nle faire, l'Agence des Concerts Jules Sachs a fait avec le comte Seebach, direc-\nteur en chef de l'Opéra Royal de Dresde, un contrat provisoire qui autorise une\nreprésentation à Berlin par les 170 membres de l'Opéra de Dresde. On se rap-\npellera qu'une représentation de cette œuvre est liée à beaucoup de difficultés\nconcernant la mise en scène et l'exécution musicale.\nLes Concerts Philharmoniques, sous la direction d'Arthur Nikisch, avec\nFritz Krrisler comme soliste de piano, nous ont donné le Concerto en\nla mineur de Viotti. Parler de la technique du pianiste serait inutile, car\nM. Krnsler n'appartient plus au genre d'il y a quelques ans, mais à une élite\nd'artistes véritables. Il nous joua l'adagio avec un charme délicieux et le\nfinale avec beaucoup d'esprit. Le succès fut grand. Till Eulenspiegel de\nRichard Strauss, Byschrad de Smetana et la Seconde Symphonie de Brahms\nfurent exécutés magnifiquement par l'orchestre philharmonique, particulière-\nment Till Eulenspiegel, une des compositions de Strauss qui me paraît peut-\nêtre la plus naturelle et la plus vivante.\nA l'occasion du centenaire de Mozart, le professeur Nikisch nous fît entendre,\noutre la symphonie Jupiter et l'ouverture de la Flûte enchantée, une œuvre\nmoins souvent exécutée, la Concertante en mi bémol, pour violon et viole\n(MM. Witek et Klingler). —La soliste vocale de cette fête était Mme Luca Mysz-\nCymeiner. Elle chanta avec une belle voix l'air de la Vitellia {Titus) et inter-\npréta en maître quelques chansons avec accompagnement de piano.\nLe VIIIe concert philharmonique nôus donna pour la première fois le Man-\nfred de Tschaikowsky. Cette œuvre géniale et très intéressante du maëstro\nrusse nous révèle des beautés extrêmement fines mêlées à des passages peu\nsympathiques. Le compositeur veut nous illustrer dans sa musique toute cette\nexistence que le drame de Manfred nous déroule; et sans doute il a des mo-\nments heureux, par exemple dans la deuxième des quatre parties, le Chant de\nla Fée et dans le finale en mi majeur, qui firent une impression grandiose\net émouvante.\nDer Mensch d'Ertel, une nouveauté pour les Berlinois, est un travail sérieux\nau point de vue musical, quoique la conception poétique reste parfaitement em-\nbrouillée pour l'auditoire. La soliste Annette Essipoff interpréta Chopin\ndans le Concerto en la mineur. Il y a à peu près 20 ans que cette pianiste n'a pas\njoué à Berlin, et elle nous donna une interprétation dans la manière du « boii"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "157", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.19", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\n\nvieux temps », gracieuse et spirituelle, qui peut-être est préférable à celle de nos\njours, où on développe plus de passion.\nSur le programme du IXe concert figurait le nom d'une artiste qui seule avait\nrempli la salle de la Philharmonie, celui d'Ernestine Schumann-Heink.\nDans les derniers temps on a eu très rarement le plaisir de jouir de sa belle\nvoix, qui nous chanta le Récitatif et la Prière de Pénélope de Y Odyssée de Bruck,\nles Trois Bohémiens de Liszt et Allmacht de Schubert, avec une grandeur simple\net un effet émouvant. Mais l'orchestre n'intéressait pas moins que la soliste.\nAvec une poésie admirable, le Philharmonische joua le Songé d'une nuit Tété de\nMendelssohn, et l'exécution de la Symphonie en mi mineur fut superbe ;je ne\ncpeux pas m'imaginer une interprétation plus parfaite. —La nouveauté du\nsoir était la Mort de Tintagile, du compositeur Ch.-M. Loffler, qui voulait\ninterpréter musicalement la tragédie de Maeterlink. L'œuvre nous montra la\nfaiblesse qu'on trouve généralement dans la Programm-musik, c'est-à-dire l'in-\ncertitude de la conception ; cependant le maître spirituel nous paraît avoir un\ngrand talent qui n'est pas encore suffisamment formé, et une fantaisie brillante\nquoique un peu inquiète. L'habile orchestration, l'originalité dans l'harmonie et\nl'introduction de la viole d'amour donnent à l'œuvre le droit d'occuper une place\nhonorable parmi les productions musicales. A bientôt une prochaine lettre.\n\nRENÉ L. DIRCKS.\n\nLondres.\nA. R.\nLa saison d'opéra sera ouverte au Théâtre Royal de Covent\nGarden le 3 mai prochain sous la direction de M. André Messager, dont la\nRevue musicale a eu, récemment encore, l'occasion de faire l'éloge. Elle prendra\nfin avec la « season » londonienne, c'est-à-dire à la fin de juillet, après\n12 semaines de durée.\nMM. Messager, Campanini et Mans Richter conduiront chacun l'orchestre\npendant le cours des représentations. Le programme comprendra, après les deux\ncycles du Ring der Nibelungen et à côté d'oeuvres données lors de la dernière\n« season» : le Barbier de Bagdad, —Armide, Eugène One gin, —■ the Flying\nDutchman, —Romeo, —le Jongleur de Notre-Dame, Tristan.\n, En tête des principaux artistes engagés, citons :\nSoprani : Mme Aida (Bruxelles), Frl. Burchardt (Schwerin), Mlle Das (Bruxel-\nles) ;M. Destinn (Berlin), Mme Gilibert-Lejeune, Mme Melba ;\nContralti-mezzo-soprani : Mme Kirkby Lunn, Mme Paulin (Bruxelles) ;\n: Ténors : Signor Caruso î Herr Cornad (Cologne), M. Laffite (Bruxelles), Herr\nLieban (Berlin) ;\nBasses-Barytons: MM. Fraude Arthur, Battistini, Crabbé, Sammarco, Scotti.\nCette série de représentations promet d'être remarquablement brillante,\ncomme on le voit par cette liste d'artistes, et déjà nombre de fidèles abonnés ont\ncommencé à se faire inscrire en vue de s'assurer des places.\nParmi les concerts de la dernière quinzaine, nous citerons :\nSalle Erard. — 5 mars, concert donné par M. Montoriel Tarrès (au pro-\ngramme, œuvres de Weber, Schumann, Chopin, Bourgault-Ducoudray,\nWagner, etc.). —9 mars, M. Rey. Gaufrés, avec MM. Arnold Rosé et Friedrich\nBuxbaum (au programme,.œuvres de Mozart, Beethoven, Schumann, ChopinK"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "158", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.20", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\n\nSalle Pleyel. 3 mars, 335e concert (au programme, œuvres de Vincent\nd'dndy, Debussy, Jean d Udine, etc.). 6 mars, premier concert donné par\nM. Eugène Saury avec Mlles Louise Grandjean, de l'Opéra, et Antoinette Lamy\n(au programme, œuvres de Camille Chevillard, C Franck, Schumann, Gabriel\nFauré, etc.).— 9mars,M. Daniel Hermann, avecMmeDurand-Texte, et Mlles Boutet\nde Monvel et Marguerite Long (au programme, œuvres de Gabriel Fauré).\n12 mars, sonates de piano et violon, par MM. Arthur de Greef et Jules Bou-\nchent (au programme, œuvres de Bach, Beethoven, Schumann). Matinées\nmusicales et populaires. Le mercredi 7 mars, M. Luigini a donné sa onzième\nmatinée, au théâtre de l'Ambigu, avec le concours de Mme Auguez de Montalant\n(au programme, œuvres de Beethoven, Mozart, Godard, Messager, etc.) ; le\n6 mars, Mme Ch. Mellot-Joubert avec M. Paul Viardot (au programme,\nœuvres de Lully, Haendel, Gluck, Schubert, Schumann, etc.); 10 mars,\nM. Bruno Lisner (au programme, œuvres de Chopin, Beethoven, etc.); 14 mars,\nrécital de piano donné par Mlle Marcelle Weiss (au programme, œuvres de\nMozart, Beethoven, Schumann, Saint-Saëns, Mendelssohn, etc.). Salle Pleyel :\n8 mars, Mlle Cécile Meiidt, avec MM. Marcel Bâillon, René Schidenhelm (au\nprogramme, œuvres de Bach, Beethoven, Haendel, Schumann, etc.). Salle des\nAgriculteurs : 7 mars, concert donné par le Quatuor vocal de Paris, Mme Marie\nMayrand, Mlle Alice Deville, MM. Noël Nansen, Jan Reder (au programme,\nœuvres de Palestrina, Monteclair, Massenet, etc.).\n12 mars, Mme Olga de Névosky avec Mmc Caristie Martel et M. Edmond\nHertz (au programme, œuvres de Schumann, Franck, Berlioz, Chopin, etc.).\n—l5 mars, Mlle Minnie Tracey, avec le concours de Mlle Hélène Zielinska\net de M. Enesco (au programme, œuvres de Bach, Schubert, Massenet,\nFranck, etc.).\nLe 2 mars, Mlle Gabrielle Monchablon avec le concours de M. Bourgault-\nDucoudray (au programme, œuvres de Bach, Massenet, Haendel, Bourgault-\nDucoudray, etc.). Salle des Agriculteurs : 3 mars, M. Alphonse Mustel avec\nM\"es Marie-Louise Humbers, Madeleine Neyrat (au programme, œuvres de\nMozart, Beethoven, Gabriel Pierné, etc.). Salle Pleyel. 7 mars, récital de\npiano, donné par Mlle Charlotte Lamy (au programme, œuvres de Mozart,\nSchumann, Haendel, Paganini, etc.).\n\nConcerts annoncés :\nSalle Pleyel. l9 mars, récital de violon donné par M. Joseph Debroux avec\nMlle Marguerite Delcourt (au programme, œuvres de Branche, Jean-Marie\nLeclair, François du Val (voir à la fin de ce numéro).\n\nSalle des Agriculteurs. l9 mars à 9 h., concert donné, par la Société des Soi-\nrées d'Art, M. Wilhelm Backhaus (au programme, œuvres de Bach, Beethoven,\nChopin, Schumann, etc.). 2l mars à4h. de l'après-midi, M. Wilhelm Bac-\nkhaus (au programme, œuvres de Bach, Mozart, Liszt, Chopin).\nM. J.-Joachim Nin donnera l'audition d'oeuvres de Jean-Sébastien Bach à\nla salle Hïolian le mercredi 21 mars, à neuf heures du soir; au programme :\nCapriccio sopra la del suo fratello dilettissimo, fragments des Suites,\ndes Suites françaises et anglaises, Sarabande avec 16 Variations, Invention"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "159", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.21", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\n\nen fa majeur, Sinfonia en jet mineur, Prélude et Fugue en si bémol mineur\n(Clav. bien tempéré), Fugue n° i de Y Art de la Fugue, Fantaisie chromatique\net Fuguey etc.\n\nParis. —La Commission consultative instituée au Sous-Secrétariat d'Etat\ndes Beaux-Arts en vue d'examiner les mesures à prendre pour favoriser les\nintérêts de l'art dramatique et lyrique et le développement des théâtres popu-\nlaires, s'est réunie le vendredi 26 janvier 1906, à 9 heures 1/2 du matin, au Sous-\nSecrétariat d'Etat des Beaux-Arts, 3, rue de Valois. Elle a voté la création de\nquatre théâtres populaires à Paris.\n\nToulon. Par arrêté ministériel en date du 9 janvier 1906, M. Grégoire, an-\ncien professeur d'harmonie à la succursale du Conservatoire national, à Nîmes,\nest nommé directeur de l'Ecole nationale de musique de Toulon ; M. Stenger,\nancien directeur de l'Ecole municipale de musique de cette ville, est nommé\ndirecteur adjoint.\n\nCambrai. —A la suite du rattachement aux Ecoles nationales de musique de\nl'Ecole municipale de musique de Cambrai, le Préfet du Nord, par arrêté du\n10 janvier 1906, a nommé professeurs à cette école :\nMM. Muguet, classe de clarinette et saxophone ;\nVanderberghe, classe de solfège élémentaire et moyen ;\nMascret, classe de flûte, hautbois et basson ;\nLangrand, classe de violon et d'alto ;\nDevred, classe de solfège supérieur (garçons), violoncelle et contre-\nbasse ;\nLarondelle, classe d'instruments de cuivre ;\nCormont, classe de solfège préparatoire ;\nMme Compas, classe de piano.\n\nAmiens, Par arrêté de M. le Préfet de la Somme en date du 23 février der-\nnier, M. Coze a été nommé professeur du cours supérieur de piano à l'Ecole\nnationale de musique de cette ville, et M. Bulot, professeur du cours élémentaire\nde piano.\n\nAbbeville. Par arrêté préfectoral en date du 2 mars, ont été nommés profes-\nseurs à l'Ecole nationale de musique d'Abbeville :\nMlle Taboux, classe de piano ;\nM. Brassart, cours supérieur de violoncelle et de contrebasse.\n\nNous sommes heureux d'appren-\ndre que cette chorale va être incessamment fondée sur des bases très larges et\nde façon précise. Elle se réunira prochainement à la Sorbonne pour des exécu-\ntions d'ensemble. Un compositeur célèbre, à la fois grand artiste et praticien\némérite, M Gabriel Pierné, a bien voulu accepter de diriger et d'organiser les\npremières répétitions. Il achève en ce moment une tournée dans les lycées de\nParis, et nous croyons savoir que les premières impressions sont encoura-\ngeantes. D'immenses progrès ont été accomplis depuis un an. Nous tiendrons\nnos lecteurs au courant de ce qui va être fait.\n\nChorale de jeunes filles des lycées de Paris."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "160", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.22", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\n\nVentes d'autographes àFHôtel Drouot. M. Noël Charavay, le savant expert,\nà vendu récemment, à l'Hôtel Drouot, avec le concours de Me Delestre, commis-\nsaire priseur, une collection d'autographes parmi lesquels on remarquait des\nlettres et des manuscrits de musique de compositeurs célèbres. Parmi les plus\nintéressants, nous indiquerons : un morceau de musique {Ballade), autographié\npar Chopin, qui a été payé 1600 francs ; un morceau de musique (Chœur d'A-\nthalie), autographié et signé avec paroles par Mendelssohn-Bartholdy, adjugé à\n300 francs. A citer aussi dans l'ordre alphabétique : Le rêve du bonheur, aut. et\nsig. mars 1845, par Adam, auteurdu Chalet, 10 francs ; une jolie lettre deßerlioz,\noù il exprime son admiration pour Beethoven et pour Gluck, « ces deux dieux\nsupérieurs de son art », allée à 105 francs ; une lettre de Bizet à un directeur\nde théâtre, 30 francs ; une lettre de Chérubini au comte Turpin de Crissé (datée\n1826), 17 francs ; un morceau de musique : Fragment de Lakmé, par Léo\nDelibes, 31 francs; une lettre en français de Donizetti à Auguste de Coussy\n(1845), où il le gourmande à propos d'un prêt qu'il a fait malgré son avis, 37\nfrancs.\nc Une lettre ..de Charles Gounod à Georges Bousquet (27 août 1840), dans\nlaquelle le grand compositeur fait une description enthousiaste de la campagne\nnapolitaine, et donne quelques détails sur une Marche militaire suisse qu'il\navait composée, a été acquise pour 32 francs, et une autre lettre de Charles\nGounod à Vizentini (24 juin 1873), où il s'en remet à lui pour l'exécution de\nsa Jeanne d'Arc, 24 francs; ,\nEnfin, on a payé 43 francs une lettre de Grétry à Pougens (17 mars 1809) ;\n26 francs, une jolie pièce d'album intitulée : Le Maure de Grenade, autographiée\npar Halévy ; 16 francs, une lettre d'Hervé à Wolf (24 avrih 1875), piquante\népître à propos d'une critique de Wolf sur Alice de Nevers \\ 28 francs, une lettre\nen français de Liszt, datée de Weimar, 15 mai 1882 ; 25 francs, uneylettre de\nMéhul àPersuis; 20 francs, Solfèges composés pour Monseigneur le Prince de\nJoinville, morceau de musique, avec dédicace, autographié et signé par Paer ;\n\"35 francs, Marche funèbre, par Reyer ; 90 francs,morceau de musique parßossini;\n31 francs, d'intéressantes lettres de Saint-Saëns, relatives à- Proserpine ;\n18 francs, plusieurs lettres de Victorien Sardou à Déjazet ;51 francs,une lettre de\nSpontini ; 46 francs, un morceau de musique d'Ambroise Thomas ; 21 francs,\nune lettre en français de Verdi ; on a donné 95 francs d'une lettre de Richard\n\"Wagner à Georges Herwegh (juillet -1852).\n\nHÉBERT ROUGET."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "161", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.23", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nCONCERTS MARS 1906\nConcerts Pleyel.\n\nPublications nouvelles.\n\nMusique française du XVIIe siècle. - ECORCHËVÎLLE (JÛLËS). Vingt Suites d'or-\nchestre du XVIIe siècle français (1640-1670), publiées pour la première fois\nd'après un manuscrit de la Landesbibliothek de Cassel. Paris et Berlin, LÉO\nLIEPMANNSSOIIN, librairie ancienne, 2 volumes grand in-40, 10 mark.\nCes Suites ont été remises en partition et accompagnées d'une réduction de\npiano ; elles forment environ 300 pages de musique. Leur importance pour\nl'histoire delà musique est capitale, puisque ce sont à peu près les seules œu-\nvres que nous ont laissées les « vingt-quatre violons du Roy » de cette époque.\nLe premier volume contient une étude historique, ornée de gravures hors texte,\nreprésentant des scènes musicales de ce temps, et suivie de la reproduction en\nlacsimilé de tout le manuscrit*\n\nGRANDE SALLE\nSALLE DES QUATUORS\n1\n»\n2\n3\n4\n5\n6\n7\n8\n9\n10\n11\n12\n13\n14\n15\n»\n16\n17\nLa Société des Instruments à vent. .\nLa Soc. des Compositeurs de musique\nMlle J Lyon\nLa Société Nationale de musique. .\nMme Breton Halmagrand (élèves).\nMM. de Greef et B ucherit. . . .\nM E. Saury. . . .\nMllc (Charlotte Lamy\nMlle Cécile Meiidt\nM. Daniel Hermann\nM. David Blitz. .......\nM1Ie Toulouse (élèves)\nMM. de Greef et Boucherit. . . .\nMM. Canivet et Oberdœrffer. . . .\nMUe Waltener\nLa Société des Instruments à vent.\nMM. de Greef et Boucherit. . . .\nMmc Contoux-Quanté\n4 h\n8 h\n»\n»\n1 h.\n8 h.\n»\n»\n»\n» -\n»\n1 h\n8 h.\n»\n»\n4 h.\n8 h.\n»\n1\n2\n3\n4\n6\n7\n8\n)>\n9\n11\n14\n15\n16\nxMme L. Vaillant\nM. Ch. Bouvet\nMlle Henriette Gaston\nMme Ferant (élèves)\nM. C. Colling . .\nM. Raphaël Cisin\nM. Martinet. . . . . . . .\nMm0 Garnier-Hubert\nM. Bomposi\nMlle Hortense Parent\nMlle Hortense Parent\nM,le Hortense Parent\nMUe Hortense Parent\n8 h.\na h\n»\n1 h\n8 h\n»\n1 h\n8 h.\n»\n1 h.\n1 h.\n1 h.\n1 h.\n»\n18\n19\n20\n21\n22\n23\n24\nMlles Suire (élèves)\nM. Joseph Debroux\nM. E. Saury\nMlle H.-H. Hansen\n(mi-Carême).\nMlle Labarthe\nMrae Chevillard\n1 h\n8 h.\n»\n»\n8 h\n1 h\n18\n19\n21\n22\n24\nM11* .Hortense Parent\nMllè Baudin\nLe Quatuor Calliat\n(mi-Carême).\nM1Ie d'Albas et M. J. Dumas. . . .\n1 h.\n8 h\n8 h.\n8 h.\n»\n25\n26\n27\n28\n29\n»\n30\n31\nMme Gruet (élèves)\nMlle Hélène Collin\nMUe Fernande Reboul\nMlle Pastoureau\nLa Société des Instruments à vent. .\nLa Soc. des Compositeurs de musique\nMme W. Landowska\nM. Morpain\n1 h.\n8 h.\n»\n»\n4 h.\n8 h.\n»\n»\n25\n27\n31\nMme Ed. Lyon (élèves)\nMlle Dennery\nMlle J. Dumont\n1 h.\n8 h.\n8 h"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "162", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060315-01.1.24", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nMusique Française ancienne.\nViennent de paraître :\nLA CHANSON DE BELE AELIS, par le trouvère Baude de la Quarière, élégante\nbrochure de 23 pages, avec textes musicaux (chez Alphonse Picard). L\"étude\nmétrique du texte est faite par R. Meyer ; Y essai d'interprétation, par J. Bédier,\nprofesseur au Collège de France ; Yétude musicale, par M. Pierre Aubry. De\ntels noms et de telles compétences recommandent suffisamment cette publica-\ntion.\nCHANSONS PATOISES DU PÉRIGORD, avec adaptation en vers blancs au rythme\nmusical, traduction littérale par Eug. Chaminade et E. Casse (brochure de 67 p.\navec musique, à Paris, chez Champion).\nNous reviendrons sur ces deux ouvrages."}]}