{"numero_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_sha256": "b3a66b6cf85523d5b01bbe3515c06f5b8b4c7c53396949a658064010c48a5bff", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1906/04/15_01/bmtnabj_1906-04-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1906/04/15_01/bmtnabj_1906-04-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "187", "page_fin": "187", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.1", "titre_corps": "Par suite de circonstances indépendantes de notre volonté, certaines", "titre_sommaire": "Par suite de circonstances indépendantes de notre volonté, certaines", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.1", "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 455, "texte": "Par suite de circonstances indépendantes de notre volonté, certaines\népreuves du numéro que nous comptions publier le i 5 avril nous sont\narrivées très en retard ; d'autres ont été perdues avec les manuscrits qui\nles accompagnaient. Nous avons réuni en un seul fascicule les numéros\ndu i 5 avril et du Tv mai."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "187", "page_fin": "188", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.2", "titre_corps": "Le Salon musical. Un desideratum de la « Revue musicale » .", "titre_sommaire": "Le Salon musical. Un desideratum de la « Revue musicale » .", "signature_source": "J. 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Tout cela est fort bien , mais tout cela ne nous satisfait aucu-\nnement.\nCette entreprise fort agréable, dont M. Viardot garde le mérite, n'est pas\nau tout ce que nous demandions j elle ne peut être considérée que comme une\nexpérience préliminaire, nne première étape vers le but à atteindre.\nUn concert de plus ! Soit, pourvu que ce ne soit pas une chapelle de plus!\nmais ce qui nous répugne, c'est de voir la Musique subordonnée aux arts plas-\ntiques, entrant pour ainsi dire à leur service, acceptant leur tutelle, e/ ne\nprenant pas le rang auquel elle a droit ; car, an Champs-Elysées, /a\nmusique est à la fois la locataire et Vemployée des arts plastiques.\nCe que nous demandons, ces/ az7 un vrai Salon musical, encadré par\nle Salon traditionnel, mais non son locataire, non soumis au bon plaisir de telle\nou telle société de peintres ou de sculpteurs.\nCe que nous demandons, c'est qu'on fasse entendre de la musique inédite\n(tomme on expose des tableaux nouveaux), et que les virtuoses surtout les\njeunes, ceux qui ont besoin de se faire connaître soient admis à produire\nleur talent, au même titre que les compositeurs.\nCe que nous demandons enfin, et surtout, c'est qu'il y ait un jury composé"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.2", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1384, "texte": "de musiciens ne tirant pas leur autorité uniquement de la confiance qu ils ont\nen eux-mêmes,mais élus par les compositeurs et les virtuoses (par analogie avec\nce qui se passe à côté), et ainsi qualifiés régulièrement pour représenter au\nSalon l'art musical français. Alors seulement ils pourront refuser ou admettre\ncertains envois !\nTant que cette organisation ne sera pas faite, on aura des séances fort in-\ntéressantes, sans doute, si Von y joue du Rabaut, du Bourgault-Ducoudray\nou du Fauré ; on n'aura réalisé aucun progrès ! Bien plus : on aura donné un\ncaractère quasi officiel à la sujétion de la musique »\nNe confondons pas le Salon musical et le Salon avec musique !...\nLe Président de la Société nationale est un peintre de grand talent , mais s il\ns agit de musique, je le récuse. Je ne lui reconnais pas le droit de dire aux\nmusiciens, quand il lui plaira : « Messieurs, je vous ai asse\\ vus ! je suis ici\nche% moi : vous pouve\\ vous retirer ! » Le Palais des Beaux-Arts doit ctre à\ntous les arts et non à quelques-uns.\nC'est aux professionnels de Vart musical à sentir ce qu'une telle situation a\nde fâcheux, dé incomplet, de provisoire / c est à eux de se reunir, de se\nconcerter et de choisir des mandataires. S'ils restent cantonnés dans leur\nindividualisme ou dans leurs coteries, ce sont des maladroits qui méconnaissent\nleurs vrais intérêts.\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c003", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "188", "page_fin": "188", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.3", "titre_corps": "Notre Concours.", "titre_sommaire": "Notre Concours.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.2", "debut_caractere": 1386, "fin_caractere_exclue": 3145, "texte": "Notre Concours.\nNous recevons d'un de nos abonnés la lettre suivante :\nMonsieur le Directeur de la Revue musicale,\nJai Vintention de donner chez moi, lhiver prochain, sur invitations personnelles,\nune suite de quatre concerts caractéristiques, avec petit orchestre et huit ou dix chan-\nteurs au maximum. Voulez-vous me dire quelles seraient les œuvres originales,\nrarement jouées, d'une nature àla fois hardie et très artistique, qu on pourrait\nexécuter dans ces concerts caractéristiques ? Chaque programme aurait (selon\n1 étendue des ouvrages) de q à 6 numéros, de façon à faire 2 heures de musique,\net, dans chaque programme, il y aurait une œuvre prise à un compositeur vivant\n(français ou étranger).\nVeuillez agréer,etc.\nBien intéressante nous a paru cette lettre ! Au moment où nous allions lui\ndonner une réponse, nous nous sommes aperçu qu'elle impliquait les plus déli-\ncates questions de goût et qu'elle fournissait l'occasion de passer en revue toute\nl'histoire de l'art musical. Nous avons eu la pensée de soumettre ce cas à nos\nabonnés et à nos lecteurs. C'est un petit concours que nous ouvrons. Nous\nfaisons appel à nos amis : qu'ils veuillent bien, après réflexion, nous indiquer\ndes plans déprogrammés, soit pour orchestre seul, soit pour orchestre et chant,\nsoit pour chant a capella. Nous publierons ici leurs réponses (prière de donner,\nautant que possible, la date des œuvres indiquées, avec quelques renseignements\ntrès sommaires, si on le juge convenable). Aux auteurs des projets les plus beaux,\nnous enverrons, comme souvenir, une belle partition, et, ce qui leur fera le\nplus de plaisir, nous demanderons pour eux, à notre honorable correspondant,\nune invitation aux concerts si brillants qu'il songe à donner dans son théâtre privé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c004", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "189", "page_fin": "189", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.4", "titre_corps": "Chorale des lycées de jeunes filles de Paris.", "titre_sommaire": "Chorale des lycées de jeunes filles de Paris.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.3", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "Chorale des lycées de jeunes filles de Paris.\nLe 6 mai aura lieu, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le concert d'inau-\nguration solennelle de cette très belle Chorale (657 exécutantes, jusqu'à ce jour)\ndont nous avons annoncé la formation. Les artistes et compositeurs les plus émi-\nnents ont déjà promis leur concours. Les statuts de la Chorale vont être officielle-\nment arrêtés ; nous en publierons le texte intégral : ils prévoient des sections, un\ncomité de direction chargé de surveiller l'enseignement du chant, et un COMITÉ\nD'HONNEUR, dont les membres seront inscrits sur la première page des programmes\net de toutes les publications de la chorale (qui éditera elle-même les œuvres écrites\npour son usage). Seront Membres d'honneur tous ceux qui feront un don mini-\nmum de /50 fr., adressés à M. le Recteur de l'Académie de Paris, à la Sorbonne,\nsoit directement, soit par notre intermédiaire. Nous recommandons particulièrement\nà ceux de nos amis qui ont quelque fortune, une œuvre belle et française. dont le\nbut est d'élever l'éducation esthétique des jeunes filles de nos lycées."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c005", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "189", "page_fin": "193", "image_debut": 3, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.5", "titre_corps": "Notes sur la musique orientale.", "titre_sommaire": "Notes sur la musique orientale.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.3", "debut_caractere": 1134, "fin_caractere_exclue": 2760, "texte": "Notes sur la musique orientale.\nEGYPTE. Du Caire, M. Maspéro, membre de l'lnstitut de France, veut bien\nnous envoyer, avec une collection de photographies, une lettre d'où nous déta-\nchons les lignes suivantes :\nLe Caire (Service des antiquités).\nMonsieur et cher Confrère,\nTout ce qu'on a découvert en Egypte, depuis un quart de siècle, ne fait\nguère que répéter ce qui était connu auparavant : ce sont toujours les mêmes\ninstruments et les mêmes scènes. Je serai d'ailleurs très heureux de vous faire\n» *\nphotographier les monuments qui vous plairont, soit par nos inspecteurs pro-\nvinciaux, s ils sont encore in situ, soit par notre photographe, si ces mêmes ins-\ntruments sont au musée. A première vue, j'estime à une centaine au moins les\nmonuments nouveaux représentant des scènes musicales ; beaucoup d'entre eux\nse répètent à quelques nuances près, qui ne modifient en rien Vensemble. Je\nvous serai obligé de me dire combien à peu près de monuments de chaque\nespèce vous avoir. J'ai publié dans un de nos recueils (Grebant, Le\nMusée égyptien, t. /, 2e livraison), une scène de musique des temps memphites ;\ncette représentation vous suffirait-elle ? La livraison a dû paraître fin de i goo,\ncommencement de igoi. Je dois vous prévenir que nous ne pourrons pas aller\nfort vite ;ce qui est dans le musée [ou nous possédoîis un certain nombre d'ins-\ntruments, entre autres une fort belle lyre) sera fini dans trois ou quatre\nsemaines après votre réponse / mais il faudra très longtemps pour certains\nmonuments de province. De toute manière, je donnerai des ordres pour que\ntout marche au mieux.\nAgrée\\, etc...\nG. MASPÉRO»"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.4", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2968, "texte": "Grâce à la générosité d'un de nos collaborateurs, la Revue musicale pouira\ndisposer bientôt, par les soins de réminent savant, cl une centaine de pho-\ntographies (avec les clichés pour les documents les plus importants).\nMAROC. - Nous recevons de Tanger la lettre suivante dont nous retenons\nsurtout la partie bibliographique :\nTanger, 11 avril 1906.\n\\\nMonsieur,\n.. .Malgré mes recherches et mes efforts pour contribuer à vos études, je ne\nsuis pas arrivé à trouver des documents asse% sérieux pour vous et) e offerts.\nLes cartes postales ci-jointes n'ont pas la prétention de figurer dans les collec-\ntions de la Revue musicale! Tanger est l'endroit du Maroc ou l on trouve le\nmoins de musiciens marocains. Ici, les cafés chantants se sont transformés en\nmaisons de touristes, où plus rien n'est arabe : instruments, danses, chanteurs,\ntout est devenu espagnol, tandis qu à Fe% on voit les musiciens et musiciennes si\nbien décrits par Eug. Aubin dans le Maroc d'aujourd'hui. La fameuse danse\ndu ventre pratiquée à Tanger par des juives pour touristes, l'est à Fe\\ par de\nvéritables artistes mauresques qui y apportent une grâce et des attitudes\ninsoupçonnées dans les baraques de la « belle Fatma ». C est àL e\\ ou à Ai ara-\nkesh quil faudrait surprendre ces scènes, laissant à ceux qui les ont vues une\nimpression charmante. Au cours de mes voyages, comme je suis arrivé à m in-\ntroduire tout à fait dans certaines maisons de riches négociants, j'ai pu n'y\nplus être considéré comme un gêneur et assister à la fête de famille où, pendant\nplusieurs jours, on faisait de la musique et des danses. Les fonctionnaires de\nl'ambassade, eux-mêmes, n'ont pu les voir, car, pour eux, il y avait toujours\nune mise en scène spéciale qui dénaturait la chose. Je mentionne aussi ce\nque bien peu de gens connaissent les danses berbères des Riffanis et des\nDjbalas que j'ai pu voir che% le fameux brigand « Valiente ». Ces danses sont\ntoutes et uniquement dansées par des hommes, dont l'un fait le rôle de la\nfemme avec une merveilleuse science d'imitation.\nPour tout cela, j'ai pensé que le mieux était de donner à la Revue musicale\nune bibliographie faite d'après la bibliothèque de la Mission scientifique\nà Tanger. Je suis à voire disposition pour en faire des extraits ou des\nrésumés.\nBIBLIOGRAPHIE TIRÉE DE LA MISSION SCIENTIFIQUE DU MAROC (TANGER, MARS 1906)\nNotes sur la poésie et la musique arabe dans le Maghreb algérien, par E.\nDelphin et L. Guin, Paris, Leroux, 1886 ;\nEtude sur la musique arabe et maure, par M, Collangette (Journal Asiati-\nque, Ire série, fasc. 1 à 16, in-4°, igos-6. En préparation : fasc. 77 à 22;\nche% Paul Geuthner, Paris);\nLa musique arabe, ses rapports avec la musique grecque et le chant grégorien,\nSalvador Daniel (Alger, Jour dan, 187 g);\nLa musique arabe, par S. Rouanet (Bulletin de la Société géographique\nd'Alger et Afrique du Nord, année IX, igos) ;\nLe Maroc d'aujourd'hui, par Eug. Aubin (Paris, Colin);"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.5", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "Chants arabes du Maghreb, Etude sur le dialecte et la poésie populaire,\nC. Sommeck, t.ll,fasc. i, Guilmoto,ig\nEn préparation :\nEtude sur la musique à Fez, par Ben Ghabrit et M. Blanc, drogmans de la\nLégation de France.\nIl faut, bien entendu, joindre à cette liste le « Répertoire de musique arabe\net maure » dont M. Rouanet poursuit la publication, à Alger et à Pans si-\nmultanément, et dont la Revue musicale a déjà donné des analyses.\nVeuille\\ agréer, etc...\nMAXIME ALI.IER.\nOCÉANIE. M. l'abbé H. Trilles, missionnaire, qui est rentré en France où\nil rétablit sa santé éprouvée par un séjour de années dans l A frique equa-\ntoriale, nous envoie, de Tours, un curieux document que lui transmet un auti e\nmissionnaire, e/z ce moment che% les Baïnings de la Nouvelle Poméranie\n{Océanie). Les Baïnings n'ont qu'une connaissance très rudimentaire de la\nmusique, ils la connaissent pourtant. Voici un spécimen de leur chant ,\nLes Bainings, à en juger par ce document, n'emploieraient que trois notes\n{analogues en cela, d'ailleurs, à d'autres primitifs). De même, il y a des tribus\nsauvages où on ne sait compter que jusqu'à trois ! Mais ce qu' il ya de très remar-\nquable, c'est que les trois notes du chant ci-dessus forment Vaccord parfait ;\net si la transcription est exacte comme nous sommes autorises à le croire\npuisqu elle ala garantie de notre honorable correspondant c est une nouvelle\npreuve qu'il ya en musique certains principes universels.— Quelques mor-\nceaux de musique océanienne ont été donnés dans un livre édité il y a quatre\nans (Raïatéa la sacrée) sur lequel nous publierons prochainement une note, et\ndans la thèse pour le doctorat de Hagen, Die Musik einiger Naturvôlker ; l'ap-\npendice de ce livre, contenant les documents musicaux, n'est plus dans le com-\nmerce, mais il se trouve à la Bibliothèque nationale de Paris.\nTERRITOIRE DU TCHAD. Nous accusons réception de la lettre qui nous est\nenvoyée du « Territoire du Tchad, Poste de Fort-Bretonnet, 2o janvier Igo 6 »,\npar «le maréchal des logis d'artillerie Grenier, commandant le Poste de L<JÏ t\nBretonnet » qui nous annonce des photographies sur les musiciens et danseurs\nlocaux.\nNous accueillerons toujours, avec reconnaissance, les documents sérieux et\nauthentiques envoyés par nos lecteurs de tout pays."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.6", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3498, "texte": "ARABES ET BYZANTINS. Avec la lettre que nous avons publiée dans notre avant-dernier nu-\nméro, M. Collangette, professeur de physique à l'École de Beyrouth, nous avait adressé une\nRevue arabe, Al-Machriq, contenant des traités, récemment découverts, qui intéressent 1 histoire\nde la musique, et attirant l'attention sur un théoricien jusqu'ici inconnu : MYRTOS OU MAURISTOS,\nNOUS avons communiqué ces documents à notre éminentami M. Hartwig Derenbourg, membre\nde l'lnstitut, professeur d'arabe à l'École des Hautes Études et à l'École des Langues .orientales\nvivantes. M. Derenbourg veut bien nous répondre par la lettre suivante, où lon reconnaîtra\nle savant habitué aux recherches précises 1 :\nParis, ce 16 mars igo6.\nCher ami,\nCest avec le plus vif intérêt que j'ai lu dans Al-Machriq du ler janvier igoô\nle « Texte arabe de trois traités grecs perdus sur les orgues », publiés par\nle P. L. Cheïkho, S. J. Al-Machriq est la Revue catholique orientale bimen-\nsuelle [Sciences Lettres Arts) qui parait à Beyrouth depuis plus de huit\nans sous la direction des Pères de V Université Saint-Joseph. Or, le P. L.\nCheïkho ne compte plus les services qu'il a rendus à la littérature arabe et son\nactivité est à la hauteur de sa science.\nAmoureux de l'orchestre qu'est l'orgue, lorsqu'il est touché par Guilmant ou\nl'un de ses émules, j'en admire les voix et l'harmonie. Mais, les mystères de la\nfabrication ne m'étant pas révélés, je ne puis apprécier l'utilité pratique que\nles facteurs pourront tirer des trois opuscules dont je traduis les titres :\ni° Construction de l'instrument qu'a choisi Mauristos, instrument dont le son se\npropage à soixante milles ; 20 Confection de l'orgue qui réunit tous les sons;\n30 Description du djouldjoul(carillon) qui, mis en mouvement, produit des sons\ndivers, tour à tour émouvants et allègres. L'instrument du premier opuscule\nparait désigner les jeux de trompettes de l'orgue.\nQuel est ce Mauristos, auteur du premier opuscule et, très probablement,\ncomme l'a supposé le savant éditeur, des deux autres ? J'ai interrogé tous les\néchos, aucun ne m'a répondu. Ni les répertoires du patriarche si informé et\nsi vivant, Morit\\ Steinschneider, ni la science des deux hellénistes français\nles plus qualifiés en cette matière, Charles-ÉRuelle et Théodore\nn'ont pu venir au secours de mon ignorance. A la suite du P. L. Cheïkho, j'en\nsuis réduit à invoquer trois témoignages arabes, dont il a cité le texte dans\nson introduction, que je mets en français pour votre plus grande commodité et\npour celle de vos lecteurs. Aboû'l-Faradj Ibn An-Nadim, dans le Fihrist al-\n'ouloûm « Catalogue des sciences », rédigé en de notre ère (éd.\np. 20 7 ; cf. p. 285 et 3if), dit : « Myrtos (Mûptoç), appelé d'après d'autres\nMauristos (vocalisation incertaine), a composé, entre autres livres, un ouvrage\nsur les instruments de musique appelés l'orgue à jeux de trompettes et l'orgue\nà jeux'de flûtes et un autre sur l'instrument de musique dont le son se propage\nà soixante milles. » A\\-Zau\\arii,l'abréviateur écrit en 124 g\n(Ta'rtkh al-houkamâ,éd. Lippert, p. 322) : « Myrtos, appelé d'après d'autres\nMauristos, est un médecin grec, mathématicien et artiste, qui a composé des\nouvrages,parmi lesquels celui qu'il a consacré à l'instrument de musique nommé\n\n1. La Revue Musicale croit devoir rééditer, avec compléments et rectifications, cette lettre\nqui, par suite d'une épreuve égarée, avait été moins exactement reproduite dans son numéro\ndu ler avril."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.7", "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "l'orgue à jeux de trompettes et celui sur Forgue à jeux de flûtes.—Enfin\nAboû }l-Fida (Historia anteislamica, éd. Fleischer, p. i 56), écrit après i3oo :\n« Et parmi les Grecs il y a Myrtos ou Mauristos, médecin grec, mathéma-\nticien et artiste, qui a composé un livre sur Vinstrument appelé orgue, dont le\nson se propage à soixante milles. »\nDans quel pays, vers quelle époque a vécu Myrtos ou Mauristos ? Sur ces\ndeux points je m'enhardis à émettre des conjectures personnelles, ces questions\nayant été laissées en suspens par le P. L. Cheïkho. Dans le Fihrist al-fouloûm,\np. 314, Myrtos est appelé Ar-Roûmî, «le Grec »ou plutôt «le Byzantin ».\nOr, dans le premier opuscule, F auteur parle d'un orgue en cuivre, destiné au\nroi des Francs, et le P. L. Cheïkho annote : « Nous ne savons rien du roi des\nFrancs mentionné ici. » Je crois pouvoir affirmer qii il s'agit de Pépin le Bref,\nauquel F empereur Constantin V Kopronyme fit présent en ysy d'un orgue\nconstruit probablement dans la région de Byçance, sa capitale. Myrtos serait\ndonc une de ces « figures byzantines » que M. Charles Diehl excelle à dessi-\nner. Ainsi s'explique que les historiens de l'antiquité aient forcément ignoré\nce moderne par rapport à eux, que les Arabes l'aient traduit au IXe siècle en\nmême temps que les autres écrivains grecs, enfin que lbn An-Nadim Fait connu\nau IXe.\nHARTWIG DERENBOURG,\nMembre de l'lnstitut.\nP. S. L'orgue, offert en ysy au roi de France par l'empereur byzantin, le\npremier orgue qu'on ait vu en France, fut apporté à Compiègne, d'après les\nAnnales Einhardi, a. ysy (voir Pertz, Monumenta Germaniae, Scriptores, série\nin-f°,l,p. i4i)'.«Constantinus imperator misit Pippino régi multa munera, inter\nquee et organum, quee ad eum in Compendio villa pervenerunt, übi tune populi sui\ngeneralem convention habuit. » D'autres documents sur l'ambassade orientale et\nsur les présents qu'elle remit sont rassemblés et cités par L. Oelsner, Jahrbûcher des\nfrànkischen Reiches unter Konig Pippin (Leipzig, 1871), p. 2go et Une mono-\ngraphie sur les orgues, tant hydrauliques que pneumatiques, de fabrication byzantine,\na été• publiée par le P. J. Thibaut dans les Echos d'Orient, IV {Paris, igoi)t\np. 33g-347, et V {igo2), p. 343-353. Elle est une continuation utile du bel article\nHydraulus de M. Charles-Émile Ruelle, dans Daremberg et Saglio, Dictionnaire des\nantiquités grecques et romaines."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c007", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "193", "page_fin": "194", "image_debut": 7, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.6", "titre_corps": "L’ « Aphrodite » de M. Erlanger.", "titre_sommaire": "L’ « Aphrodite » de M. 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Le livret est d'une jolie extravagance\nperverse ; c'est surtout une suite de tableaux de genre, colorés d'un orientalisme\ncharmant et très faux ; un sensualisme très païen s'y étale, dfautant plus immoral\nquil est dépourvu de toute flamme de passion sincère {je parle de l'œuvre de\nM. Pierre Louys) ; inojfensif pourtant à force d'être contraire au bon sens, à"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.8", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 2422, "texte": "Vobservation et à la vérité. Chrysis est aimée du sculpteur Démètrios : elle ne se\ndonnera à lui que si elle obtien t le miroir et le peigne de deux rivales, plus le collier\nd'Aphrodite. Démètrios vole ces trois objets, mais ses crimes sont découverts, et la\ncourtisane Chrysis meurt en prison, condamnée comme Socrate à boire la ciguë. A\nun tel sujet, il fallait une musique d'art raffiné, mais toute de grâce et de lumière,\njolie, n appuyant pas trop, souriante et comme détachée, originale, à la façon de\nBizet ou de Claude Debussy. M. Erlanger a fait un efort visible et extrêmement\nméritoire pour atteindre le but, mais je ne crois pas {et je désire me tromper !) qu'il y\nait réussi. Il a écrit sans doute quelques pages de très haute valeur [le premier acte\nles préludes, le duo des courtisanes, accompagné par la flûte, qui viennent voir\nChrysis à travers les barreaux de la prison, etc...), mais il a cherché sans la trouver\nune musique adéquate au poème. Il est trop savant, trop abondant et un peu lourd.\nIl prend trop au sérieux des contes de décadence ; il traite à la façon de Wagner\n{sauf dans quelques scènes finales ou il paraît subir l'influence de Pelléas et Méli-\nsande) des choses qui méritent moins de fracas tragique, et qui voudraient plus de\nfantaisie déliée. Il tire, des combinaisons harmoniques, des effets souvent très curieux;\nil torture les gammes, use et abuse du chromatisme, des altérations, des intervalles\nde seconde augmentée, etc..., sans devenir un oriental séduisant. Ses idées n'arri-\nvent pas à se cristalliser en formules rythmiques assez nettes, et il cherche une com-\npensation dans la mise en œuvre un peu pénible d'une instrumentation excessive.\nIl appuie trop {sans s'en douter peut-être, car il est fort possible que ce que je lui\ni epi oche de n avou pas fait soit justement ce qu il a cru fairef Dans ce monde de\nmensonge que lui ouvrait Vimagination délicate de Pierre Louys, il met le poids\nde polyphonies compliquées, et il mai che, cuirassé de savoir, sur des cothurnes de\nbronze... , j ai peui qu en un tel appareil la marche au triomphe ne soit un peu\nlente ! La mise en scène est admirable \\ pour l interprétation, je maintiens ma\ncritique {abus des ports de voix) au sujet de MUe Garden, qui sacrifie le chant à\nCaction. Les autres (en particulier Mne Frické, M. Beyle) sont bons, mais sans\nexcès. L'œuvre fait en ce moment de très belles recettes ! —\n\nC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c008", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "194", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.7", "titre_corps": "Astarté. Notre supplément.", "titre_sommaire": "Astarté. 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Tout cela se rattache, de près ou de loin, à nos « Notes\nsur la musique orientale ». Il est impossible à notre musique de reproduire,\ndans la notation usuelle, les modes exacts de l'Orient ; et. si on pouvait les\nnoter, ils seraient inexécutables dans nos orchestres ; mais cela n'empêche pas\nde goûter le charme très grand de l'opéra de M. Leroux. Dès la première\npage, le fragment que nous donnons est délicieux. Le dessin en doubles croches\nauquel aboutit l introduction doit être très doux, en sourdine ; et, au-dessous,\nle chant des violoncelles, très expressif. Dans la suite, on n'aura pas de peine\nà reconnaître les raffinements employés par Vhabile compositeur, pour donner\nune idée de la nonchalance et de la volupté orientales."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c011", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "195", "page_fin": "196", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.8", "titre_corps": "Thamara. Une reprise attendue.", "titre_sommaire": "Thamara. 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Bourgault-Ducoudray ; on la souhaite vivement de plusieurs côtés : ceux qui\nont qualité pour faire entendre une parole influente ne peuvent manquer de s'as-\nsocier à ce désir, et une grande espérance se tourne en ce moment vers vous.\nThamara est une œuvre admirable, pleine de choses brillantes et séduisantes.\nNous lui avons déjà consacré une étude dans le dernier numéro de la Revue\nmusicale: nous allons montrer aujourd hui que notre opinion n'est pas isolée.\nM. Bourgault-Ducoudray est un artiste plein de talent, de foi et de savoir;\nreprendre une de ses plus belles œuvres, dont on peut presque dire qu'elle n'a\npas été représentée, et qui serait mieux comprise aujourd'hui qu'il y a quelques\nannées, serait une entreprise fort intéressante, et bonne de toute façon, quand\non songe à la carrière déjà longue de l'auteur, toute de dévouement à la cause de\nl'art musical.\nVoici comment la presse jugeait l'œuvre après la première représentation :\nARTUR POUGIN (le Ménestrel, :\nLes « chœurs» sontécritsde main d ouvrier, d'unesonorité superbe et merveilleusement dans les\nvoix ; tous ceux du ier acte sont pleins d éclat et d'un grand effet. L'orchestre est excellent, très\nvarié de couleur et, quoique très corsé, n'étouffant jamais la voix du chanteur. L'entr'acte qui\nouvre le 2° tableau est d'une couleur mystérieuse et poétique. Tout ce tableau est remarquable\nd'un bout à l'autre. Les stances dans lesquelles Nour-Eddin raconte son rêve sont d'un charme\ndélicat et caressant ; quant au chœur à 5 temps qui vient ensuite, il est tout à fait exquis. Toute\nla scène amoureuse de Thamara et de Nour Eddin est empreinte d'une passion brûlante ; bien\nconstruire, très développée, elle est variée de tons et de couleurs, tantôt tendre et touchante,\ntantôt dramatique, puissante, tantôt ardente et pathétique.\nCHARLES DARCOURS (le Figaro) ;\nLe deuxième acte de Thamara est d'une étonnante richesse d'invention et d'effets. Il faut citer\nd abord un Prélude instrumental d'un étonnant coloris, puis un délicieux chœur de femmes, à\nl'unisson. Le récit de Nour-Eddin, racontant son rêve, est une des heureuses trouvailles de la\npartition.\nUn deuxième chœur de femmes à 5 temps est d une mélancolie voluptueuse et pénétrante.\nLe 2° tableau de Thamara vaut, à lui seul, nombre d'opéras longuement vantés à 1 avance..\nNous croyons que le musicien si moderne qui vient de l'écrire est mûr pour une grande\nœuvre.\nFOURCAUD (le Gaulois) :\nL'auteur de Thamara a fait du 2e tableau le point lumineux de son œuvre. A mon avis, il y\na là plus de charme et de vraie musique que dans plusieurs gros ouvrages représentés au cours\ndes dernières saisons...\nCe qui m intéresse au plus haut point, dans Thamara, c'est l'emploi des thèmes et des\n« modes )) populaires. Aucun de ces thèmes n'apparaît dans l'œuvre, intégralement reproduit ;\nmais on en croit entendre l'écho sans cesse, et il en résulte une fraîcheur très inattendue de\nsentiment. Je signalerai à cet égard le délicieux prélude persan sic) du 2e acte et la déclaration\nd amour de Nour-Eddin, accompagnée par le violoncelle-so/o. M. Bourgault-Ducoudray se\nsert avec bonheur des combinaisons de rythme usitées dans le chant du peuple.\nThamara est en somme une œuvre musicale d'une valeur incontestable, et où s attestent des\naspirations théâtrales élevées."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.10", "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "H. BAUER {l'Écho de Paris) :\nLa partition de M. Bourgault-Ducoudray est originale et d'une inspiration sincere. Si toutes\nles parties ne sont pas d'un égal bonheur, on doit citer le 2e et le 3e tableau, d une passion très\nvivante et colorée, d'une forme pittoresque, d'un intense mouvement dramatique. Le quatrième\ntableau offre aussi un ou deux endroits intéressants ; mais, dans toute 1 œuvre, et c est son\nmérite, la part de passion est la mieux venue, la mieux rendue en tons chauds, comme ensoleilles.\nL'orchestration et les parties chorales se recommandent aussi par l'accent personnel.\nÉMILE PESSARD (VÉvénement) :\nTout le 2e tableau de Thamara est réussi. Le chœur dansé est empreint d'un charme,indéfi-\nnissable. Les motifs dont il se compose sont empruntés aux gammes asiatiques. M. Bourgault-\nDucoudray en a tiré très heureusement parti. Je signale le chœur à 5 temps : « Au charme uyant\nd'un rêve », qui est fin et gracieux, et, par-dessus tout, le beau Duo de Nour-Eddin et de\nThamara, dramatique, passionné, et d un tour très mélodique.\nALPHONSE DUVERNOY [la République jrançaise) :\nLa partition de Thamara, dans son ensemble, est vigoureuse, d'une architecture dun\ndessin bien arrêté Les chœurs sont en général franchement venus et fort bien traites. La\ndisposition des voix est parfois même très ingénieuse A côté des lamentations du ior tableau,\ndes ensembles éclatants, il convient de citer les jolis chœurs de femmes du 2e tableau et spécia-\nlement celui à 5 temps, qui est d'une couleur délicieuse. Toutes les phrases du grand Prêtre ont\nun caractère élevé, et Thamara, dès son entrée, chante quelques mesures expressives qui posent\nbien le personnage. Le point culminant de la partition est le Duo d'amour, qui tient poui ainsi\ndire, à lui seul, tout le 2e tableau.\nVous trouverez là une inspiration véritable, chaude, colorée, qui témoigne chez le compositeur\nd'un tempérament dramatique peu ordinaire. La salle entière a applaudi cette belle page,\ncomme elle le méritait.\nD'identiques appréciations [pour le fonds) étaient données dans toute la presse.\nNous avons sous les yeux 1 éloge très vif de Thamara par Dom Blasius (/ Intransi-\ngeant), Albert Dayrolles [le Parti national), Paul Lordon [le Mot Tordre), Victor\nWilder [Gil Blas), Scapin (l'Orchestre), Gustave Doret [la Gazette), A. Spoll [la\nBataille), Valère [VAutorité), Marcel Fouquier [XIXe Siècle), Charles Martel\n[la Justice), Henri des Houx [le Matin), de Lomagne [le Soir), A. Trust {le Siècle).\nSans doute, quelques-uns de ces honorables journalistes ne pèsent pas toutes\nleurs paroles ; et tel d'entre eux qui parle de « modes persans » eût été embarrassé\nsi on lui avait demandé ce qu'il entendait par là. Mais peu importe ; lefaitessentiel\nqui ressort avec une grande netteté de ces témoignages, c'est que Thamara fit,\ndès le début, une excellente impression. On m'assure que le Bon Marché a vendu\ndes chapeaux ou des ombrelles Thamara !.... Or, cette œuvre pour des causes\ndont il n est pas opportun de donner le détail n'a été jouée que trois fois. Nous\ndemandons qu'on nous la fasse entendre aujourd'hui à titre de nouveauté, et\nnous nous appuyons, pour formuler ce vœu, sur le témoignage unanime de la\npresse musicale.\nVers vous, Monsieur le Ministre, se tourne une sérieuse espérance !\n\nC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c012", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "197", "page_fin": "203", "image_debut": 11, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.9", "titre_corps": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "titre_sommaire": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.11", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3392, "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nLE MODE MINEUR ET L’ « OPPOSITION »\n(Résumé par M. E. Dusselier.)\n\n(suite)\nJe vais faire connaître les efforts de quelques modernes théoriciens pour ex-\npliquer l'accord mineur. 11 y a dans leurs doctrines beaucoup d'esprit, comme on\naurait dit autrefois, et un peu de subtilité. Ces doctrines sont des constructions\nhabiles à l aide desquelles on a essayé de rendre compte d'un fait. L'essentiel,\npour nous, est de savoir que ce fait est bien réel ; quant à sa genèse et à sa\ncause, il paraît téméraire de les chercher, et il n'est pas indispensable de les\ntrouver. Nous ne pouvons qu'examiner avec curiosité les explications proposées\net les inscrire dans l'histoire de la grammaire musicale, tout en les considérant\ncomme des manières de voir subjectives. J'ai déjà fait la bibliographie de ce\nsujet ; je n'y reviendrai pas.\nMoritz Hauptmann. qui est un philosophe en même temps qu'un artiste, déve-\nloppe un principe général qui peut être ainsi résumé: « Toute forme intelligible\nrepose sur un contraste donné qui la constitue. » Cette idée a fourni en France la\nmatière d'un livre très curieux et très beau, celui de M. Tarde (1897), que j'ai signalé\ndans ma dernière leçon (1) ;on peut même dire qu'elle est très ancienne. De très\nbonne heure, l'homme a été frappé de ce fait que les choses forment des couples de\ncontrastes enchaînés, et que toute notre connaissance du monde extérieur notre\nconnaissance même, sous la forme la plus générale et la plus abstraite consiste\nà trouver dans les objets qu'elle étudie des oppositions en même temps que des\nressemblances. Aristote s'en était préoccupé, et, avant lui, les Pythagoriciens (2)\navaient établi, de façon un peu naïve, la liste des contrastes fondamentaux de\nl'Univers. Le mérite propre de Hauptmann est d'avoir étudié ce principe dans le\ndomaine des arts du rythme, en particulier dans la musique, et de l'avoir\nintroduit dans l'explication du mode majeur et du mode mineur.\nIl veut prouver que 10 : 12 : 15 (formule du majeur) est 1 inverse ou l'opposé\nde 4 : 5 : 6 (formule du mineur). Pour cela, par une opération ingénieuse, il\nexprime la première série de rapports sous forme fractionnaire, et il pose\nt:f:11 ou 4 :45: 6- Ensuite, il constate qu'entre 12 et 15 il ya le même rapport\n\n(1) « D'un simple regard sur l'univers, nous croyons voir que tout s'y oppose : antipodes\nconcave et convexe qui se font vis-à-vis, équilibre des forces qui se neutralisent, réaction\npartout égale et contraire à l'action, polarité physique, interférences des ondes entre-heurtées,\nmouvements inverses des corps célestes, des molécules l une sur l'autre, des électricités de même\nnom qui se fuient, des électricités de nom contraire qui s'attirent. Et ce n'est pas tout : symétrie\nuniverselle des cristaux, symétrie universelle des formes vivantes, symétrie rayonnante ou bilaté-\nrale d'un bout à l'autre de la vie; lutte des êtres vivants, concurrence vitale; antithèse psycho-\nlogique du plaisir et de la douleur, du oui et du non, de l'amour et de la haine, delà crainte et\nde l'espoir; antinomie sociale des croyances qui s'entrenuisent, des volontés qui s'entre-combat-\ntent, des armées et des partis, des pouvoirs même qui, dit-on, doivent se contre-balancer. » (Tarde,\n/ Opposition universelle, p. 8-9). La musique peut figurer dans cette brillante énumération.\n(2) Ibid..p. 60."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3059, "texte": "qu'entre 4 et 5, puisque 12 et 15 soumis à un diviseur commun, 3, donnent jus-\ntement 4 et 5; et qu'entre 10 et 12 il y a le même rapport qu'entre 5 et 6,\npuisque les 2 valeurs, soumises àun diviseur commun, 2, donnent s'• si bien\nque l ordre des deux rapports est interverti dans les deux groupes. 11 présente\nles éléments du second groupe, comme il a fait pour le premier, sous forme\nfractionnaire :\nce qui équivaut, si I on supprime le rapport commun (jj et si 1 on réunit 1 en-\nsemble dans une même formule, à 5.3. 4- Enfin, s appuyant sur ce principe\nd'après lequel a-1 = il donne, comme dernier terme de son symbolisme, 1 aspect\nsuivant aux deux formules :\nComme on le voit, elles sont exactement l'opposé l'une de l'autre. Ilaupt-\nmann les commente avec un esprit philosophique et une terminologie qui ne\nlaissent pas de rappeler la manière de Hegel. Il y a dans l'accord majeur unité\npositive (+ i), dans l'accord mineur unité négative ( i). De lun à l'autre, tout se\nrenverse. Le premier est actif, le second est passif, etc...\nCela est fort ingénieux, mais rien ne nous dit qu'il y ait là autre chose qu'un\njeu d'écriture et d'arithmétique, une notation intéressante à faire sur le tableau\nnoir, un exercice récréatif analogue à ceux qu'on trouve à la quatrième page de\ncertains journaux illustrés. La réalité objective des choses, l'expérience confirme-\nt-elle cette vue de l'esprit ? Une réponse affirmative à cette question a été proposée\npar les deux théoriciens Von Ôttingen et Riemann. Le premier s'est flatté de\nfaire descendre et apparaître, dans une démonstration précise et scientifique,\ncette idée d'opposition et de renversement qui, avec Hauptmann, était restée\nencore dans les nuages de l'abstraction philosophique. Le livre de Von Ottingen\nressemble à celui de Helmholtz, quoiqu'il ait moins d ampleur ; c'est l'ouvrage\nd'un professeur de physique bien capable de rebuter le lecteur vulgaire, dépourvu\nde compétence spéciale ou de courage. Au fond, cependant, les choses sont très\nsimples et très claires (au moins si on les regarde dans l'exposition qui en est\nfaite).\nVon Ottingen introduit dans l'analyse d'un accord un double point de vue qui\nn'avait été ni celui de Hauptmann, ni celui de Helmholtz. Ce double point de vue\nconsiste : i° à rechercher le son dont les notes composant l'accord peuvent être\nconsidérées comme des harmoniques ; 2° à rechercher l'harmonique commun que\npeuvent avoir les trois notes. La première enquête est dirigée vers le registre\ngrave, la seconde vers le registre aigu. C'est la conlrontation des phénomènes\nqui se produisent dans l'une et l'autre région qui permet de comparer l'accord\nmajeur et l'accord mineur ; c'est d'elle que sortira, comme nous l'avons déjà vu\nà propos de Rameau, l'idée d'opposition et de symétrie parfaite.\nSoit l'accord : do-mi fi -sol.\nLes intervalles do-mi, mi-sol et do-sol peuvent tous être considérés comme\nles parties intégrantes et composantes d'un même son grave, ut. Mais, en même\ntemps, ces trois sons ont des harmoniques. Lesquels ?"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "Les deux notes de 1 intervalle do-mi ont pour harmonique commun mi (5e har-\nmonique de do) ;\nLes deux notes de l'intervalle mi-sol ont pour harmonique commun si (1\nmonique de do) ;\nLes deux notes de l'intervalle do-sol ont pour harmonique commun sol har-\nmonique de do).\nEt si nous cherchons Vharmonique commun à ces trois notes, nous trouvons la\nnote si (15e harmonique du do de l'accord majeur, note sensible de la gamme\nde do).\nSoit maintenant l'accord mineur do-mib -sol. Soumettons-le àla même ana-\nlyse.\nLes notes de l'intervalle mi \\> -sol peuvent être considérées comme les parties\nintégrantes et composantes d'un même son grave, mi ;\nLes notes de l'intervalle do-mi\\> peuvent être rattachées au son fondamental\nla ;\nLes notes de 1 intervalle do-sol peuvent enfin être rattachées au son fonda-\nmental do.\nEt si nous cherchons la note à laquelle les y notes do mi\\> sol peuvent être rat-\ntachées comme étant ses harmoniques, nous trouvons la note (dont le sol de\n1 accord mineur est le 15e harmonique), note sensible supérieure de la gamme\nde sol.\nCe sol aigu est l'harmonique commun des trois notes Do-mi-sol.\nAu tableau que Von Ôttingen a dressé de ces constatations, je substituerai,\npour plus de clarté, le schéma suivant :\nLes harmoniques supérieurs sont appelés sons phoniques ; et lorsque l'un\nd eux est commun aux trois notes d'un accord, ils constituent la phonicité de cet\naccord. Les sons graves sont appelés sons toniques ;et lorsque l'un d'eux est\ncommun aux trois notes d'un accord, il constitue la tonicité de cet accord. Telle\nest la terminologie nouvelle, d'ailleurs très légitime, imaginée par Von Ôttingen.\nIl suffit d examiner le schéma ci-dessus pour y voir de curieuses inversions\nde phénomènes, des contre-similitudes précises :\nr'Les notes de 1 accord parfait majeur ont des harmoniques (ou sons pho-\nniques) constituant un accord parfait mineur (mi-sol-sij ;\n2° Les notes de l'accord parfait mineur conséquence naturelle de cette\nsituation ont pour fondamentales trois notes constituant un accord parfait\nmajeur ;\n3° L accord parfait majeur est, au point de vue phonique, dissonant (puisque\nle si naturel ne s'accorde pas avec une des fondamentales, ut) ; mais, au point de\nvue tonique, il est consonant ;"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.14", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3612, "texte": "4° L'accord parfait mineur, inversement, est, au point de vue phonique, conso-\nnant (à cause de l'harmonique commun sol), mais, au point de vue tonique, il est\nofiso/îa;*/(puisque le la b ne s'accorde pas avec sol H) ;\n5° Si l'on compare la place des harmoniques, on trouve que ceux de 1 accord\nparfait (mi-sol-si) sont éloignés de la note grave de cet accord (do), juste par la\nmême distance qui sépare les sons toniques lab-do-mi & de la note supérieure de\nl'accord mineur (sol).\nTelles sont les observations faites par von Ôttingen; je ne crois pas en\ndiminuer le mérite en disant qu elles paraissent, à première vue, d une simplicité\nquasi enfantine. Il est certain que les deux groupes de phénomènes dans lesquels\non observe la connexion du mineur au majeur (en allant d'abord des sons\nphoniques à l'accord réel, puis, dans une seconde observation, de 1 accord réel\naux sons toniques), ces deux groupes, dis-je, se réduisent à un seul, si on admet\nle principe de la théorie et de la démonstration, le phénomène, la seconde fois,\nse produisant un peu plus bas, sur d'autres degrés de l'échelle des sons, mais\nrestant le même. Si la connexion est une première fois établie, elle doit forcément\nse reproduire partout, quelle que soit la place que l'on choisisse, et l'idée de\nrenversement semble se produire de la façon la plus naturelle du monde, lors-\nqu'on juxtapose la fin de la première série de faits avec le commencement de\nla nouvelle série répétée, dans laquelle les mêmes rapports se produisent avec\nle même ordre. Toute la question est de savoir si une opération de ce genre est\narbitraire; si les deux termes qui constituent l'opposition, dans chaque groupe,\nsont réels, ou bien si tous les deux (sons phoniques et sons toniques), Yun d'eux\ntout au moins, n'est pas autre chose qu'une vue de théoricien, un moyen d'ex-\nplication créé par l'esprit d'analyse. En d'autres termes : je sais que les sons\nd'un accord quelconque produisent des harmoniques, et que dans le cas où ils\nont un harmonique commun, on a là un moyen de les juger et de les coordonner\nen les ramenant à l'unité; je vois très bien d'autre part que si on considère ces\nsons comme étant eux-mêmes les harmoniques d'un ou plusieurs sons graves,\non a un autre point de vue pour apprécier leur cohésion ; et quesi cette méthode\nest appliquée à deux accords différents, elle provoque les constatations que\nnous avons faites. Mais les sons d'en bas (sons toniques) existent-ils au même\ntitre que les sons partiels d'en haut (harmoniques ou sons phoniques)? Les choses\nse passent-elles dans la nature telles qu'on les présente sur le papier imprimé\nou sur le tableau? La discussion de ce problème m'amène à parler de la der-\nnière partie de l'histoire de cette théorie dans laquelle réapparaissent, mais\npoussées parfois jusqu'à d'excessives exagérations (i), des idées que nous avons\ndéjà rencontrées dans les ouvrages de Rameau. Le mérite d'Ôttingen et de Rie-\nmann est d'avoir voulu faire la lumière dans une question agitée depuis si\nlongtemps.\nOn sait ce qu'est la vibration par influence. S'il y avait dans cette salle une\ncorde tendue qui, touchée à vide par un archet, donnerait un la, cette corde se\nmettrait à vibrer doucement, toutes les fois qu'une note (de même hauteur)\n\n(l) J appelle ainsi la prétention qu'on a eue de montrer que le phénomène dont il va être ques-\ntion (subdivision systématique d'un corps sonore) se passait dans notre oreille, et que les libres\nminuscules qu'elle contient (fibres dont le rôle est encore si mal connu) étaient soumises aux\nmêmes lois que les cordes vibrantes"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.15", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2982, "texte": "serait émise à côté d'elle soit par un instrument, soit par la voix humaine. Ce\nqu'il y a de plus remarquable, c'est la façon dont se comporte la corde lorsqu'on\német à côté d'elle un son qui n'est pas l'équivalent exact de celui qu'elle donne,\nmais un de ses harmoniques. Supposons que la corde observée donne le son 6.\nLorsque le son 24, 4e harmonique ou 2e octave, sera émis, la corde présentera\ndeux phénomènes qu'il faut distinguer : i° elle se subdivisera d'elle-même en\nplusieurs parties dont chacune, animée de vibrations indépendantes, don-\nnera le son 24; 20 elle sera animée d'un mouvement total, pas assez rapide pour\nproduire un son, mouvement réel cependant, et qui s'arrête dès que le son exci-\ntateur est supprimé. C'est l'expérience « reconnaissable à l'oreille, à l'œil et\nau tact », que Rameau soumit au jugement de l'Académie des Sciences et dont\ntrois commissaires Dortous de Mairan, Nicole et d'Alembert déclarèrent\navoir été témoins en 1749. Ainsi donc, si le son 6 produit le son 12, le son 12,\nà son tour, agit sur la corde ou partie de corde qui peut produire le son 6. Il y a\nréversibilité des deux actions. De là la croyance aux harmoniques inférieurs,\nsuite de rapports qui serait la série retournée des harmoniques supérieurs :\nSi on disposait les deux séries sur une même ligne verticale, si on représen-\ntait les sons et les intervalles par des objets et des distances matérielles, la série\ninférieure serait comme l'image de la série supérieure, réfléchie dans une surface\ntransparente. C'est ce que M. Riemann appelle la polarité des harmoniques (der\npolarische Gegensatz).\nTout cela est fort séduisant ; mais il reste toujours cette difficulté : c'est que\nles harmoniques inférieurs ne sont pas entendus ; on déduit seulement leur\nexistence des phénomènes qui les indiquent, et pourraient les réaliser. Ce qu'il\ny a de certain, c'est le mouvement léger, le « frémissement », commedisait\nRameau, qui ébauche la vibration d'où ils sortiraient ; ce qu'il y a de moins\nprouvé, c'est cette égalité d'importance qu'on attribue aux phénomènes produits\ndans la région grave et à ceux qui se produisent à l'aigu. 11 est donc très\ndifficile à la théorie de faire le dernier pas décisif qui la mettrait à l'abri de\ntoute objection.\nAvant de terminer je dois mentionner une dernière méthode d'exposition qui\nest moins ambitieuse, mais qui, par un côté, présente encore une certaine\nanalogie avec les précédentes, puisqu'elle permet de faire reparaître 1 idée\nd'opposition sous une autre forme. C'est la méthode pythagoricienne, repré-\nsentée aujourd'hui par M. Gevaert.\nVous savez que la genèse de notre gamme diatonique majeure a été expliquée\npar une série de quintes : fa-do-sol-ré-la-mi-si.\nDans cette série, la tonique occupe la seconde place. D'où il suit que pour\npasser au mineur (/a), la tonique doit avancer de trois quintes, ainsi que le degré\nqui la précède (sous-dominante) et les deux degrés qui la suivent (dominante"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.16", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "et 2e degré) ; ces quatre degrés vont donc se trouver, en mineur, à 1 extrémité\ndroite de la série ; et les trois degrés qui ont été dépossédés à droite viendront\nse placer à gauche :\nC'est un chassé-croisé qui aboutit à un renversement symétrique. Les trois\ndegrés la, mi, si (VI, 111 et VII) ont reculé chacun de 4 quintes. Le la, (VIe degré)\nqui était sixte majeure, est devenu sixte mineure ; le/wi, qui était tierce majeure, est\ndevenu tierce mineure : le si qui était septième majeure, est devenu sixte mineure.\nMais ce n'est là qu'un moyen d'exposition ; car il est superflu, comme je 1 ai\ndit, d'égrener le rosaire des quintes pour expliquer la gamme...\nIl faut maintenant conclure.\nJ'ai examiné consciencieusement les ouvrages dans lesquels on trouve une\nthéorie du mode mineur. Tous mettent en lumière, chacun à sa façon, une idée\nque j'ai présentée sous un grand nombre d'aspects et qui se retrouve partout :\nc'est que le mineur est Yopposé du majeur. Quant à expliquer la genèse de cette\nopposition, il n'y a pas une seule théorie qui soit absolument satisfaisante, c'est-\nà-dire sans lacune. Les Allemands, avec une ingéniosité singulière, se sont\nefforcés d'établir le contraste ou le renversement dont il s'agit sur des fait d'obser-\nvation ; mais une partie de ces faits échappe à l'expérience directe, et on peut\nreprocher à quelques penseurs d'avoir cédé à la tentation de faire quelquefois de\nfausses fenêtres, comme les architectes, pour la symétrie. Cette tendance a été\nsignalée chez les philosophes de l'Allemagne (Kant, Hegel) ; on la retrouve chez\nles théoriciens de la musique. Il faut accepter une idée quand elle est juste, mais\nil ne faut pas vouloir, à tout prix, la justifier par des faits qui lui sont rebelles\nou dont on n'est pas parfaitement sûr. Celui qui me paraît, en somme, être resté\ndans la mesure, et avoir montré la prudence la plus raisonnable, c'est Rameau.\nJe disais à propos d'une partie de son livre (Démonstration du principe de\nl'harmonie) qu'on y trouvait plus d'esprit que d'observation et de vérité ;\nmais je retire cette formule d'un jugement d'ensemble. Rameau a parfaitement\nvu l'opposition du majeur et du mineur; mais il s'est arrêté à temps lorsqu'il\nentreprenait de prouver cette opposition à 1 aide d'une double série d'harmo-\nniques.\nNous dirons donc, au risque d'aboutir à une conclusion bien banale, après\navoir suivi un chemin qui ne manquait pas de broussailles : l'accord parfait\nmineur est constitué par l'ordre inverse des rapports qui produisent l'accord\nmajeur. En musique, tout peut se ramener à ces deux types de consonances. Nous\nacceptons donc le dualisme, sans accepter toutes les prétendues démons-\ntrations qui lui font cortège.\nAux deux principes, nous accordons une importance égale. Non seulement\nnous n'acceptons pas que le mineur soit regardé comme une corruption du\nmajeur, mais nous lui attribuons, dans l'art populaire comme dans l'art\nclassique, un rôle aussi grand et aussi ancien."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.17", "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 749, "texte": "Ecartons une objection. Les règles concernant l'enchaînement des accords et\nleur résolution sont les mêmes pour les deux modes, et tout ce qui est dit, dans\nles traités d'harmonie, pour le majeur, vaut aussi pour le mineur. L'organisation\nétant la même des deux côtés, ne semble-t-il pas que le majeur ait seul une\nexistence réelle, et que le mineur ne vive que d'emprunts ?\nC'est un peu comme si on disait : « Voici deux êtres vivants. Ils n'ont pas la\nmême forme : mais, au point de vue anatomique et physiologique, ils sont faits\nsur le même plan. Donc, l'un d'eux seulement est réel ! Le second n'est que sa\ncopie !.... »-— Cette manière de voir serait inadmissible.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c013", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "197", "page_fin": "203", "image_debut": 11, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.9.1", "titre_corps": "LE MODE MINEUR ET L’ « OPPOSITION » (Résumé par M. E. Dusselier.)", "titre_sommaire": "LE MODE MINEUR ET L’ « OPPOSITION » (Résumé par M. E. 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Nous ne pouvons qu'examiner avec curiosité les explications proposées\net les inscrire dans l'histoire de la grammaire musicale, tout en les considérant\ncomme des manières de voir subjectives. J'ai déjà fait la bibliographie de ce\nsujet ; je n'y reviendrai pas.\nMoritz Hauptmann. qui est un philosophe en même temps qu'un artiste, déve-\nloppe un principe général qui peut être ainsi résumé: « Toute forme intelligible\nrepose sur un contraste donné qui la constitue. » Cette idée a fourni en France la\nmatière d'un livre très curieux et très beau, celui de M. Tarde (1897), que j'ai signalé\ndans ma dernière leçon (1) ;on peut même dire qu'elle est très ancienne. De très\nbonne heure, l'homme a été frappé de ce fait que les choses forment des couples de\ncontrastes enchaînés, et que toute notre connaissance du monde extérieur notre\nconnaissance même, sous la forme la plus générale et la plus abstraite consiste\nà trouver dans les objets qu'elle étudie des oppositions en même temps que des\nressemblances. Aristote s'en était préoccupé, et, avant lui, les Pythagoriciens (2)\navaient établi, de façon un peu naïve, la liste des contrastes fondamentaux de\nl'Univers. Le mérite propre de Hauptmann est d'avoir étudié ce principe dans le\ndomaine des arts du rythme, en particulier dans la musique, et de l'avoir\nintroduit dans l'explication du mode majeur et du mode mineur.\nIl veut prouver que 10 : 12 : 15 (formule du majeur) est 1 inverse ou l'opposé\nde 4 : 5 : 6 (formule du mineur). Pour cela, par une opération ingénieuse, il\nexprime la première série de rapports sous forme fractionnaire, et il pose\nt:f:11 ou 4 :45: 6- Ensuite, il constate qu'entre 12 et 15 il ya le même rapport\n\n(1) « D'un simple regard sur l'univers, nous croyons voir que tout s'y oppose : antipodes\nconcave et convexe qui se font vis-à-vis, équilibre des forces qui se neutralisent, réaction\npartout égale et contraire à l'action, polarité physique, interférences des ondes entre-heurtées,\nmouvements inverses des corps célestes, des molécules l une sur l'autre, des électricités de même\nnom qui se fuient, des électricités de nom contraire qui s'attirent. Et ce n'est pas tout : symétrie\nuniverselle des cristaux, symétrie universelle des formes vivantes, symétrie rayonnante ou bilaté-\nrale d'un bout à l'autre de la vie; lutte des êtres vivants, concurrence vitale; antithèse psycho-\nlogique du plaisir et de la douleur, du oui et du non, de l'amour et de la haine, delà crainte et\nde l'espoir; antinomie sociale des croyances qui s'entrenuisent, des volontés qui s'entre-combat-\ntent, des armées et des partis, des pouvoirs même qui, dit-on, doivent se contre-balancer. » (Tarde,\n/ Opposition universelle, p. 8-9). La musique peut figurer dans cette brillante énumération.\n(2) Ibid..p. 60."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3059, "texte": "qu'entre 4 et 5, puisque 12 et 15 soumis à un diviseur commun, 3, donnent jus-\ntement 4 et 5; et qu'entre 10 et 12 il y a le même rapport qu'entre 5 et 6,\npuisque les 2 valeurs, soumises àun diviseur commun, 2, donnent s'• si bien\nque l ordre des deux rapports est interverti dans les deux groupes. 11 présente\nles éléments du second groupe, comme il a fait pour le premier, sous forme\nfractionnaire :\nce qui équivaut, si I on supprime le rapport commun (jj et si 1 on réunit 1 en-\nsemble dans une même formule, à 5.3. 4- Enfin, s appuyant sur ce principe\nd'après lequel a-1 = il donne, comme dernier terme de son symbolisme, 1 aspect\nsuivant aux deux formules :\nComme on le voit, elles sont exactement l'opposé l'une de l'autre. Ilaupt-\nmann les commente avec un esprit philosophique et une terminologie qui ne\nlaissent pas de rappeler la manière de Hegel. Il y a dans l'accord majeur unité\npositive (+ i), dans l'accord mineur unité négative ( i). De lun à l'autre, tout se\nrenverse. Le premier est actif, le second est passif, etc...\nCela est fort ingénieux, mais rien ne nous dit qu'il y ait là autre chose qu'un\njeu d'écriture et d'arithmétique, une notation intéressante à faire sur le tableau\nnoir, un exercice récréatif analogue à ceux qu'on trouve à la quatrième page de\ncertains journaux illustrés. La réalité objective des choses, l'expérience confirme-\nt-elle cette vue de l'esprit ? Une réponse affirmative à cette question a été proposée\npar les deux théoriciens Von Ôttingen et Riemann. Le premier s'est flatté de\nfaire descendre et apparaître, dans une démonstration précise et scientifique,\ncette idée d'opposition et de renversement qui, avec Hauptmann, était restée\nencore dans les nuages de l'abstraction philosophique. Le livre de Von Ottingen\nressemble à celui de Helmholtz, quoiqu'il ait moins d ampleur ; c'est l'ouvrage\nd'un professeur de physique bien capable de rebuter le lecteur vulgaire, dépourvu\nde compétence spéciale ou de courage. Au fond, cependant, les choses sont très\nsimples et très claires (au moins si on les regarde dans l'exposition qui en est\nfaite).\nVon Ottingen introduit dans l'analyse d'un accord un double point de vue qui\nn'avait été ni celui de Hauptmann, ni celui de Helmholtz. Ce double point de vue\nconsiste : i° à rechercher le son dont les notes composant l'accord peuvent être\nconsidérées comme des harmoniques ; 2° à rechercher l'harmonique commun que\npeuvent avoir les trois notes. La première enquête est dirigée vers le registre\ngrave, la seconde vers le registre aigu. C'est la conlrontation des phénomènes\nqui se produisent dans l'une et l'autre région qui permet de comparer l'accord\nmajeur et l'accord mineur ; c'est d'elle que sortira, comme nous l'avons déjà vu\nà propos de Rameau, l'idée d'opposition et de symétrie parfaite.\nSoit l'accord : do-mi fi -sol.\nLes intervalles do-mi, mi-sol et do-sol peuvent tous être considérés comme\nles parties intégrantes et composantes d'un même son grave, ut. Mais, en même\ntemps, ces trois sons ont des harmoniques. Lesquels ?"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "Les deux notes de 1 intervalle do-mi ont pour harmonique commun mi (5e har-\nmonique de do) ;\nLes deux notes de l'intervalle mi-sol ont pour harmonique commun si (1\nmonique de do) ;\nLes deux notes de l'intervalle do-sol ont pour harmonique commun sol har-\nmonique de do).\nEt si nous cherchons Vharmonique commun à ces trois notes, nous trouvons la\nnote si (15e harmonique du do de l'accord majeur, note sensible de la gamme\nde do).\nSoit maintenant l'accord mineur do-mib -sol. 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Toute la question est de savoir si une opération de ce genre est\narbitraire; si les deux termes qui constituent l'opposition, dans chaque groupe,\nsont réels, ou bien si tous les deux (sons phoniques et sons toniques), Yun d'eux\ntout au moins, n'est pas autre chose qu'une vue de théoricien, un moyen d'ex-\nplication créé par l'esprit d'analyse. En d'autres termes : je sais que les sons\nd'un accord quelconque produisent des harmoniques, et que dans le cas où ils\nont un harmonique commun, on a là un moyen de les juger et de les coordonner\nen les ramenant à l'unité; je vois très bien d'autre part que si on considère ces\nsons comme étant eux-mêmes les harmoniques d'un ou plusieurs sons graves,\non a un autre point de vue pour apprécier leur cohésion ; et quesi cette méthode\nest appliquée à deux accords différents, elle provoque les constatations que\nnous avons faites. Mais les sons d'en bas (sons toniques) existent-ils au même\ntitre que les sons partiels d'en haut (harmoniques ou sons phoniques)? Les choses\nse passent-elles dans la nature telles qu'on les présente sur le papier imprimé\nou sur le tableau? La discussion de ce problème m'amène à parler de la der-\nnière partie de l'histoire de cette théorie dans laquelle réapparaissent, mais\npoussées parfois jusqu'à d'excessives exagérations (i), des idées que nous avons\ndéjà rencontrées dans les ouvrages de Rameau. Le mérite d'Ôttingen et de Rie-\nmann est d'avoir voulu faire la lumière dans une question agitée depuis si\nlongtemps.\nOn sait ce qu'est la vibration par influence. S'il y avait dans cette salle une\ncorde tendue qui, touchée à vide par un archet, donnerait un la, cette corde se\nmettrait à vibrer doucement, toutes les fois qu'une note (de même hauteur)\n\n(l) J appelle ainsi la prétention qu'on a eue de montrer que le phénomène dont il va être ques-\ntion (subdivision systématique d'un corps sonore) se passait dans notre oreille, et que les libres\nminuscules qu'elle contient (fibres dont le rôle est encore si mal connu) étaient soumises aux\nmêmes lois que les cordes vibrantes"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.15", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2982, "texte": "serait émise à côté d'elle soit par un instrument, soit par la voix humaine. Ce\nqu'il y a de plus remarquable, c'est la façon dont se comporte la corde lorsqu'on\német à côté d'elle un son qui n'est pas l'équivalent exact de celui qu'elle donne,\nmais un de ses harmoniques. Supposons que la corde observée donne le son 6.\nLorsque le son 24, 4e harmonique ou 2e octave, sera émis, la corde présentera\ndeux phénomènes qu'il faut distinguer : i° elle se subdivisera d'elle-même en\nplusieurs parties dont chacune, animée de vibrations indépendantes, don-\nnera le son 24; 20 elle sera animée d'un mouvement total, pas assez rapide pour\nproduire un son, mouvement réel cependant, et qui s'arrête dès que le son exci-\ntateur est supprimé. C'est l'expérience « reconnaissable à l'oreille, à l'œil et\nau tact », que Rameau soumit au jugement de l'Académie des Sciences et dont\ntrois commissaires Dortous de Mairan, Nicole et d'Alembert déclarèrent\navoir été témoins en 1749. Ainsi donc, si le son 6 produit le son 12, le son 12,\nà son tour, agit sur la corde ou partie de corde qui peut produire le son 6. Il y a\nréversibilité des deux actions. De là la croyance aux harmoniques inférieurs,\nsuite de rapports qui serait la série retournée des harmoniques supérieurs :\nSi on disposait les deux séries sur une même ligne verticale, si on représen-\ntait les sons et les intervalles par des objets et des distances matérielles, la série\ninférieure serait comme l'image de la série supérieure, réfléchie dans une surface\ntransparente. C'est ce que M. Riemann appelle la polarité des harmoniques (der\npolarische Gegensatz).\nTout cela est fort séduisant ; mais il reste toujours cette difficulté : c'est que\nles harmoniques inférieurs ne sont pas entendus ; on déduit seulement leur\nexistence des phénomènes qui les indiquent, et pourraient les réaliser. Ce qu'il\ny a de certain, c'est le mouvement léger, le « frémissement », commedisait\nRameau, qui ébauche la vibration d'où ils sortiraient ; ce qu'il y a de moins\nprouvé, c'est cette égalité d'importance qu'on attribue aux phénomènes produits\ndans la région grave et à ceux qui se produisent à l'aigu. 11 est donc très\ndifficile à la théorie de faire le dernier pas décisif qui la mettrait à l'abri de\ntoute objection.\nAvant de terminer je dois mentionner une dernière méthode d'exposition qui\nest moins ambitieuse, mais qui, par un côté, présente encore une certaine\nanalogie avec les précédentes, puisqu'elle permet de faire reparaître 1 idée\nd'opposition sous une autre forme. C'est la méthode pythagoricienne, repré-\nsentée aujourd'hui par M. Gevaert.\nVous savez que la genèse de notre gamme diatonique majeure a été expliquée\npar une série de quintes : fa-do-sol-ré-la-mi-si.\nDans cette série, la tonique occupe la seconde place. D'où il suit que pour\npasser au mineur (/a), la tonique doit avancer de trois quintes, ainsi que le degré\nqui la précède (sous-dominante) et les deux degrés qui la suivent (dominante"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.16", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "et 2e degré) ; ces quatre degrés vont donc se trouver, en mineur, à 1 extrémité\ndroite de la série ; et les trois degrés qui ont été dépossédés à droite viendront\nse placer à gauche :\nC'est un chassé-croisé qui aboutit à un renversement symétrique. Les trois\ndegrés la, mi, si (VI, 111 et VII) ont reculé chacun de 4 quintes. Le la, (VIe degré)\nqui était sixte majeure, est devenu sixte mineure ; le/wi, qui était tierce majeure, est\ndevenu tierce mineure : le si qui était septième majeure, est devenu sixte mineure.\nMais ce n'est là qu'un moyen d'exposition ; car il est superflu, comme je 1 ai\ndit, d'égrener le rosaire des quintes pour expliquer la gamme...\nIl faut maintenant conclure.\nJ'ai examiné consciencieusement les ouvrages dans lesquels on trouve une\nthéorie du mode mineur. Tous mettent en lumière, chacun à sa façon, une idée\nque j'ai présentée sous un grand nombre d'aspects et qui se retrouve partout :\nc'est que le mineur est Yopposé du majeur. Quant à expliquer la genèse de cette\nopposition, il n'y a pas une seule théorie qui soit absolument satisfaisante, c'est-\nà-dire sans lacune. Les Allemands, avec une ingéniosité singulière, se sont\nefforcés d'établir le contraste ou le renversement dont il s'agit sur des fait d'obser-\nvation ; mais une partie de ces faits échappe à l'expérience directe, et on peut\nreprocher à quelques penseurs d'avoir cédé à la tentation de faire quelquefois de\nfausses fenêtres, comme les architectes, pour la symétrie. Cette tendance a été\nsignalée chez les philosophes de l'Allemagne (Kant, Hegel) ; on la retrouve chez\nles théoriciens de la musique. Il faut accepter une idée quand elle est juste, mais\nil ne faut pas vouloir, à tout prix, la justifier par des faits qui lui sont rebelles\nou dont on n'est pas parfaitement sûr. Celui qui me paraît, en somme, être resté\ndans la mesure, et avoir montré la prudence la plus raisonnable, c'est Rameau.\nJe disais à propos d'une partie de son livre (Démonstration du principe de\nl'harmonie) qu'on y trouvait plus d'esprit que d'observation et de vérité ;\nmais je retire cette formule d'un jugement d'ensemble. Rameau a parfaitement\nvu l'opposition du majeur et du mineur; mais il s'est arrêté à temps lorsqu'il\nentreprenait de prouver cette opposition à 1 aide d'une double série d'harmo-\nniques.\nNous dirons donc, au risque d'aboutir à une conclusion bien banale, après\navoir suivi un chemin qui ne manquait pas de broussailles : l'accord parfait\nmineur est constitué par l'ordre inverse des rapports qui produisent l'accord\nmajeur. En musique, tout peut se ramener à ces deux types de consonances. Nous\nacceptons donc le dualisme, sans accepter toutes les prétendues démons-\ntrations qui lui font cortège.\nAux deux principes, nous accordons une importance égale. Non seulement\nnous n'acceptons pas que le mineur soit regardé comme une corruption du\nmajeur, mais nous lui attribuons, dans l'art populaire comme dans l'art\nclassique, un rôle aussi grand et aussi ancien."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.17", "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 749, "texte": "Ecartons une objection. Les règles concernant l'enchaînement des accords et\nleur résolution sont les mêmes pour les deux modes, et tout ce qui est dit, dans\nles traités d'harmonie, pour le majeur, vaut aussi pour le mineur. L'organisation\nétant la même des deux côtés, ne semble-t-il pas que le majeur ait seul une\nexistence réelle, et que le mineur ne vive que d'emprunts ?\nC'est un peu comme si on disait : « Voici deux êtres vivants. Ils n'ont pas la\nmême forme : mais, au point de vue anatomique et physiologique, ils sont faits\nsur le même plan. Donc, l'un d'eux seulement est réel ! Le second n'est que sa\ncopie !.... »-— Cette manière de voir serait inadmissible.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c019", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "203", "page_fin": "206", "image_debut": 17, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.10", "titre_corps": "L'orchestre à l'époque de J.-S. Bach et de Händel. Les instruments à vent : le hautbois, le basson, les cuivres.", "titre_sommaire": "L'orchestre à l'époque de J.-S. Bach et de Händel. 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Fait à noter : lors de la commémoration solennelle de Handel, en 1784,\nil y avait seulement six flûtes contre vingt-six hautbois et autant de bassons!\nLes hautbois étaient employés communément à l'unisson des violons. Bien\nsouvent, on leur confie la tâche de conduire un dialogue avec les trompettes ;\nnous devons nous souvenir, pour expliquer cela, du nombre énorme de haut-\nbois employés dans l'orchestre de Handel, et aussi de leur ancien emploi comme\nprincipaux exécutants des parties hautes dans la musique militaire. Eux et tes\nbassons étaient une partie essentielle du plein orchestre ; pour un petit corps de\nmusiciens, dans l'accompagnement des soli, aucune combinaison n'est plus sou-\nvent employée qu'une simple partie de hautbois avec des instruments à cordes ;\net en dépit de 1 « Evelina » de miss Burney, qui dit que le hautbois en plein air\nest céleste? nous nous heurtons à la difficulté de comprendre comment des audi-\ntoires du xvine siècle pouvaient supporter le son strident d'un nombre de haut-\nbois quelquefois égal à celui des violons, et jouant constamment. Le hautbois\nd amour, qui était 1 instrument favori de Bach, avait un son plus semblable à\ncelui du coi anglais, étant d une tierce mineure au-dessous du hautbois et la\nfoi me de 1 anche étant quelque peu différente. L'autre variété qui est fréquente\nchez Bach et ailleurs est le hautbois da caccia (de chasse), bien décrit dans le\ndictionnaire de Grove comme un basson élevé d une quarte, tandis que le cor\nanglais, avec lequel il est souvent confondu, est un hautbois baissé d'une\nquinte. Quoique le basson, et la chose est curieuse, ne se montre pas dans la\npaitition de la Passion selon saint Matthieu, Bach l'emploie fréquemment dans\nles cantates et ailleurs ; dans le Quomam de la messe en si mineur, il y a\ndeux parties obligato avec le « Corno da caccia ».\nAvant de passer aux instruments en cuivre en usage, il peut être bon de\n1 emai quer que la clarinette, quoique apparemment inventée, sous une forme\nou une autie, dès 1690, ne fit son entrée dans un orchestre régulier que long-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.18", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 3512, "texte": "temps après Bach et Hândel. Seulement, à l'époque de Mozart, elle fut définiti-\nvement établie comme un élément important du plein orchestre. Les qualités de\nson du hautbois et de la flûte sont énumérées ainsi dans un passage intéressant\nde Essay on musical expression, de Avison (i) :\n« Le hautbois exprimera mieux le « cantabile » ou le genre du chant, et peut\n(( être employé dans quelque mouvement que ce soit sous cette dénomination,\n(( spécialement dans les mouvements exprimant la gaieté et la joie. Dans les\n« compositions pour la flûte allemande on emploie la même méthode de procé-\n« der par « degrés conjoints » ou tels autres intervalles naturels qui, d'après la\n« nature du son, exprimeront le mieux la langueur ou la mélancolie. Pour ces\n« deux instruments l emploi des « clefs extrêmes », celui des « staccato » ou la\n« séparation distincte des notes, de même que tous les sauts irréguliers et les\n« intervalles inégaux et brisés doivent être évités ; c'est pour cette raison seule\n« que ces instruments ne devraient jamais être employés dans les parties ripieno\n« (tutti) des concerti pour violons, mais seulement dans les morceaux qui\n« sont composés pour eux ; et ces instruments pourraient être introduits comme\n« principaux dans quelques mouvements intermédiaires du concerto, et y appor-\n« ter ainsi, non seulement une variété agréable, mais aussi y montrer leur expres-\n« sion différente, fort avantageusement. »\nCet extrait nous donne une preuve définitive que la coutume du xvme siècle\nde s'en tenir à des instruments spéciaux, pour certains mouvements, était consi-\ndérée suffisante pour varier les nuances, et que l'idée de donner aux flûtes ou aux\nhautbois des parties individuelles à tenir dans l'orchestre, parties plus appro-\npriées à leur caractère que leur servile accompagnement du violon, était plus\nou moins éloignée de l'esprit des musiciens de l'époque.\nAvant de nous arrêter aux vrais instruments de cuivre, il conviendra de par-\nler du cornet, ou zinkè, famille d'instruments dont l usage disparaissait rapi-\ndement du temps de Bach, même en Allemagne, oû ils durèrent le plus longtemps.\nMattheson, dans Der vollkomme Kapellmeister, mentionne le fait qu'ils deve-\nnaient surannés, à cause de la force de poumons requise pour en jouer. Ils\navaient été très populaires dans l'exécution de la musique d'église, comme tenant\nle dessus parmi les trombones, leur nature étant quelque peu semblable à celle\ndu trombone. Ils étaient faits de bois, recouverts de cuir, et avaient six trous\npour les doigts, et un pour le pouce, sur le côté inférieur ; un membre de cette\nfamille, le serpent, est resté en usage en Angleterre, aussi longtemps que des\nmusiciens campagnards eurent pour fonctions d'accompagner le chœur dans les\néglises de village. Cet instrument paraît avoir été plus connu en Angleterre\nqu'en Allemagne, car on raconte (2) que, lorsque Hàndel l'entendit pour la pre-\nmière fois, après son établissement en Angleterre, il demanda : « Que diable\nest-ce donc là? »et lorsqu'on lui eut dit que cet instrument s'appelait serpent,\nil répondit : « Oui ; mais certainement ce n'est pas là le serpent qui a séduit\nEve I »\nLes plus petits membres de la famille, les cornets, se rencontrent dans quel-\nques partitions de Bach et sont surtout employés à supporter les voix ; dans le\ncurieux orchestre d instruments à vent, qui fait le seul accompagnement de la\n\n(1) Page 95.\n(2) Rockstro, Vie de Handel (Uje of Hahdèl, p; 294Î"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.19", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 3534, "texte": "cantate OJe su Christ, mein Lebens Licht, le cornet se montre avec ses compa-\ngnons habituels, les trois trombones et deux instruments marqués lituus, qui\nsont évidemment des espèces de trompettes n'appartenant pas à la famille du\ncornet, comme il est supposé dans le Lexique de Walther. (Voir la préface de\nla Bach-Gesellschaft, XXIV, p. xxxi.)\nArrivant maintenant aux vrais instruments de cuivre, nous voyons que les\neffets solennels des trombones, que nos compositeurs modernes ont employés\navec tant de succès, le furent déjà au temps de Bach. Bach fait usage de quatre\nparties de trombone dans Ich halte viel Bekummerniss, et dans beaucoup d autres\nendroits où une impression spéciale de grandeur est requise.\nL'usage spécial de certains instruments, comme celui des cors pour la chasse\net des trompettes pour signaux militaires, doit avoir suggéré leur emploi dans\nl'orchestre à une date fort éloignée, pour l'expression d'effets particuliers ; la\ntrompette obtint son entrée dans l'orchestre régulier bien avant le cor, et devint,\nau temps de Bach, un instrument favori pour les parties obligalo les plus élabo-\nrées, telles que celles de la messe en si mineur et dans beaucoup de cantates.\nCes passages étaient considérés injouables sur la trompette habituellement\nemp'oyée dans la musique moderne, et ce fut seulement par un heureux hasard\nqu'un Allemand, M. Kosleck, découvrit dans une boutique de curiosités, à Ber-\nlin, les débris d'une vieille trompette qui lui permirent de reconstituer l'instru-\nment pour lequel Bach écrivit ces parties. Quand cette trompette, découverte à\nnouveau, fut entendue pour la premièrefois en Angleterre, au Bachchoir festival,\nen 1885, à l'Albert Hall, l'effet qu'elle produisit fut étonnant parla beauté et la\ndouceur du son ; dans ses notes supérieures qui atteignent le ré élevé de la voix\nde soprano, le son est presque plus semblable à celui d'une puissante flûte qu'à\ncelui que nous associons généralement à la trompette.\nCe n'était pas une restitution absolue, car la nouvelle trompette a des clefs\ninconnues à l'ancienne ; mais c'est quelque chose ressemblant bien plus à elle\nque tout ce qui avait été fait jusqu'à ce jour. L'ancienne trompette est probable-\nment l instrument mentionné par Burney (1), comme la longue trompette enten-\ndue dernièrement à Londres ; s'il en est ainsi, il est curieux qu'aucune autre\ntradition ne reste de son emploi. Le groupe des trompettes était divisé en\nClarini et Principale comme dans le Te Deum de Hàndel et la cantate de Bach,\nDemi du wirst meine Seele ; de ces passages et d'autres similaires il est conclu\ndans le dictionnaire de Grove (s. v. Trumpet) que la Principale était, évidem-\nment, un instrument de fort calibre, d'un son hardi ressemblant à notre trom-\npette moderne. Apparemment c'était le son de huit pieds, actuellement en usage»\nLes passages fleuris, mais moins importants de la partition, étaient confiés\naux trompettes Clarini I et 11, une octave au-dessus de la trompette Princi-\npale. Elles étaient probablement d'un calibre moindre et entièrement subor-\ndonnées à la grande Principale, autant au point de vue du sujet que pour la\nsupériorité du son.\nLa difficulté de produire sur le cor de chasse [corno da caccia) les harmo-\nniques naturels semble avoir été la principale raison de son adoption tardive\ncomme partie de l'orchestre régulier, en 1717, Lady iMary Wartley Montagu se\n\n1) Présent state oj music in Gerrn.my, ii 42 (Etat actuel de la musique en Allemagne)»"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.20", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 785, "texte": "plaint du goût des Viennois pour cet instrument qui, à son avis, produit un\n« son assourdissant ».\nLe chœur final du Radamisto de Handel (1720) est un fameux piemier exemple\nde son emploi et àla date de la messe de Bach, en si mineur (où il est employé\ncomme un obligcito au solo de basse Quonictiri), il semble a\\oii perdu son îôle\nspécial de suggérer 1 idée d une musique de chasse. Handel emploie deux cois\ndans le passage auquel nous faisons allusion, et trois ans plus taid, en 1723,\ndans Giulio Cesare, il met quatre cors dans le premier chœur. A paitii de ce\nmoment les cors apparaissent d une manière assez régulière dans les partitions\nde ces opéras; mais, même dans ce cas, ils ne sont employés que poui de cer-\ntains numéros spéciaux.\n\nG.-MARIE ADENIS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c020", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "206", "page_fin": "218", "image_debut": 20, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11", "titre_corps": "Théâtres et Concerts.", "titre_sommaire": "Théâtres et Concerts.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.20", "debut_caractere": 787, "fin_caractere_exclue": 3139, "texte": "Théâtres et Concerts.\n\nMONTE-CARLO\n\n: Première représentation de Hans, le Joueur de flûte, opéra\ncomique en trois actes, de MM. Maurice Vaucaiie et Geoiges Mitchell,\nmusique de M. Louis Ganne.\nLa riche cité de Milkatz, dont les auteurs font la capitale d'un pays imaginaire\nsitué entre la Hollande et les Flandres, vers la fin du xvme siècle, n'est plus peu-\nplée que de citoyens âpres au gain, dépourvus de tout idéal, uniquement préoc-\ncupés d'un commerce des blés. Jadis, à la fête de saint Grégorius, on célébrait\nun concours de belles poupées artistiques; mais aujourd'hui la petite bête est\nmorte; et l'on bafoue le poète Yoris, qui voudrait, le jour de la fête revenu, ex-\nposer la poupée qu'il sculpta avec amour. Yoris a sa raison de vouloir faire\ncouronner sa poupée : il aime Lisbeth, fille du bourgmestre Pippermann, et a\nfait son chef-d'œuvre à l image de sa fiancée idéale. Le pauvre \\ oris n aurait\nplus, devant le refus unanime, qu à piquer une tête dans le canal si ne surve-\nnait un être bizarre, mi-mendiant, mi-sorcier, Hans, le joueur de flûte, qui s'en\nva, de ville en ville, ressusciter un peu le bel idéal d'antan que veulent étouffer\nles convoitives bourgeoises. Hans possède le moyen de triompher : sa flûte est\nenchantée. 11 lui suffit d'en jouer pour que les graves échevins dansent comme\nde petites folles, pour que les chats, protecteurs subventionnés des greniers\npublics, aillent se noyer jusqu'au dernier, pour que tout un peuple de souris\nprenne leur place auprès des sacs de graines, pour qu'un navire chargé de blé\nchavire en entrant au port, pour que les greniers se mettent à flamber. Hans\naffole de ses tours, qui sont de méchants tours, la population mercantile de\nMilkatz, et ne consent à réparer ses maléfices et à devenir, au contraire, le bien-\nfaiteur de la cité, que si les habitants, élevant plus haut leurs âmes, rétablissent\nles beaux concours artistiques de jadis, permettent aux amoureux qui s'adorent\nde s'épouser sans que soit agitée la question des gros sous ; bref, à la faveur\nde divers épisodes, ingénieux autant que variés, et qui vont de la scène senti-\nmentale de fine comédie aux facéties de bouffonnerie classique, Hans mène\nla pièce, et tout en mariant Lisbeth à Yoris, déduit la petite thèse de cette opé-\nrette (qui est une vraie comédie musicale), c'est-à-dire que nul ne peut être heu-"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.21", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3546, "texte": "reux sans un peu d'idéal. C'est le triomphe de l'amour et de la douce bonté.\nLes trois actes de ce gentil conte bleu sont très agréablement conduits par\ndeux hommes de théâtre qui ont voulu surtout rester artistes : à ce titre, leur\npièce est fort bien venue, adroitement filée, d'un tour délicat, et a la saveur\nd'un proverbe qui serait lyrique. Par sonsujet, parla manière dont l'action est\nmenée, par la forme du dialogue et des vers, cette pièce s'écarte franchement de\nl'opérette habituelle. Elle obtiendrait, je crois, un gros succès sur une scène\npopulaire : car c'est du théâtre populaire, fait pour plaire aux grands et aux\npetits enfants.\nLa partition de M. Ganne est bien jolie, d'une élégance et d'une distinction\nqui ont ravi le public. Lui aussi s'est écarté des formules de l'opérette. Il y a\ndans Hans le joueur de flûte deux éléments très caractéristiques : les ensembles\nsonores et rythmés, et les pages sentimentales, traitées en mélodies détachées,—\nle tout s'efforçant avec bonheur vers l'originalité, hors des sentiers battus. On\nne retrouve là ni les traditionnels petits couplets de diction ni les duos à refrain,\nni les chansons à boire, ni tout ce dont a vécu l'opérette. M. Ganne a su rester\nmusicien, et joli musicien, d'un bout à l'autre de son oeuvre. Il fut aussi artiste\nque les deux lettrés, auteurs délicats de ce livret qui mérite le titre de poème.\nParmi les morceaux qui ont été le plus chaleureusement applaudis, il faut\nmentionner :au premier acte, le chœur De sac en terre, qui est une heureuse\nadaptation delà vieille chanson bourguignonnede « la Vigneauvin » ; les stances\nde Yoris, Pauvres poupées] la jolie déclaration que lit la mignonne Lisbeth ; le\nRondo de Hans ; et, au finale, la délicieuse valse Petits minets, petits minous\n—au second acte: 1 Q Rondel d'ôoris : Vous ne pas me comprendre ; le\ndélicieux duo de Lisbeth et Hans : Mon cœur a des peines, avec son exquis dia-\nlogue de vocalises ;le délicat ensemble Mais il ny a pas de corne, la Chanson\ndelà flûte, d'une fière allure; et le finale, d'un tour bien populaire. Enfin,\nau troisième acte, l'ensemble de duo Un son de plaisir ; le cortège des poupées,\nd'une sonorité puissante ; et les couplets aux poupées, de Hans, Poupée aimable\net jolie, qui sont le clou de la partition.\nPièce et musique ont remporté un brillant succès.\nL'interprétation comporte deux sortes de rôles, nettement tranchés : les rôles\nmusicaux, et les rôles de comédie ; M. Ganne, par une innovation qu'il convient\nde signaler, a voulu que la partie musicale fût toute confiée à des voix, artistes\nou chœurs, et s est contenté de souligner par des accompagnements d'orchestre\nles dialogues destinés à être chantés par les comiques : la partition y gagne\nd'être beaucoup plus musicale, et les comédiens y gagnent, eux aussi, de pou-\nvoir rester naturels sans forcer leur talent.\nM. Jean Périer a délicieusement chanté le rôle de Hans, qu'il compose avec un\nart exquis : il y met de la fine ironie, de la malice, et un sentiment lyrique très\nprofond. Mllc Mariette Sully est une adorable Lisbeth, fine, légère, un brin\nespiègle, avec une pointe bien jolie d'émotion. Et M. Alberthal fait sonner sa\nbelle voix de baryton dans le rôle d'Yoris.\nM. Poudrier joue avec une rondeur comique très amusante le rôle du bourg-\nmestre Pippermann ; MM. Brunais et Maurice Lamy composent deux types\nbien pittoresques d'échevins. Les autres rôles sont tenus, en parfait ensemble,\npar Mmes Jeanne Lambert, Jane Evans, M. Fernal, Gamy, Dupont, Moret et\nDubuisson."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.22", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3147, "texte": "H ans le joueur de flûte comporte une mise en scène relativement simple : mais\nM. Coudert a voulu encadrer cette œuvre charmante dans des décors dignes\nd'elle. M. Visconti a brossé deux admirables décors. Et M. Landolff a exécuté\nde délicieux costumes.\nL'orchestre, dirigé par M, Ganne, a très brillamment détaillé cette délicieuse\npartition,\n' /\nv\n\nA. DE GUERCHE.\n\nAu 17e concert classique, M. Edouard Risler a interprété des œuvres clas-\nsiques de Beethoven, Wagner et des pages de Chabrier et de Liszt, avec une\nampleur et une pureté de style, une délicatesse et une puissance qui lui ont\nvalu un grand et beau triomphe.\nA signaler, au même concert, la première audition de Lustspiel-Ouverture, de\nM. Karl V. Kaskel, page d une orchestration savante et de belle sonorité.\nLe charmant opéra comique de M. André Messager, Véronique, avait ouvert\nla série des représentations de printemps que dirige M. Coudert. Tous les déli-\ncieux motifs de cette exquise partition ont retrouvé leur très vif succès habituel.\nC'étaient les principaux créateursparisiens de Véronique qui interprétaient ce joli\npetit chef-d'œuvre, Ml,e Mariette Sully et M. Jena Périer en tête, tous deux très\napplaudis, ainsi que MM. Maurice Lamy, Poudrier, Brunais, dont les trouvailles\ncomiques ont fait la joie du public. Mlle Lambert et Ml,e Jane Evans complétaient\nbrillamment cette excellente distribution. L'orchestre était dirigé par M. Dé-\nsiré Thibault.\nLa saison lyrique dirigée par M. Raoul Gunsbourg, sous le haut patronage\nde S.A. S. le p rince Albert de Monaco, a révélé le Démon, opéra fantastique\nen 3 actes et 6 tableaux, de Rubinstein après avoir duré deux mois qui furent\nbien remplis : car, en ce brel délai, le théâtre de Monte-Carlo a donné dix ou-\nvrages, dont sept n'avaient jamais été représentés sur la grande scène mo-\nnégasque ; ils ont donc nécessité un labeur considérable au point de vue des\nétudes comme de la mise en scène. Et, à constater l'éclat de ces belles soirées\nd art, on doit avouer que ce sont de véritables prodiges qui s'accomplissent à\nMonte-Carlo.\nParmi ces œuvres, trois étaient nouvelles : Mademoiselle de Belle-lsie, de\nM. Spiro Gamara, D Ancêtre, de M. Camille Saint-Saëns, et Don Procopio, de\nBizet. La restitution du Don Carlos, de Verdi, et la représentation du Démon de\nRubinstein équivalent à des créations. Ce fut une saison fructueuse pour l'art\nmusical.\n\nPAU.\n\nLes représentations théâtrales se succèdent au Palais d'Hiver toujours\navec le même succès. On a donné Carmen, Samson et Dalila avec Mlle Maria\nGav, une première, Hedda de M. Leborne avec Mllcs Mary Garnier et Gerville\nReache et M. Daubigné, fort ténor, sous la direction de l'auteur; Hamlet avec\nMmes Etty et Tournié, Carmen avec Mlle Thévenet. de l'Opéra-Comique, Roméo\net Juliette avec Mlle Vuillaume du même théâtre, etc.\nDans la salle du théâtre, les concerts de musique classique et moderne sont\ntoujours dirigés par M. Pennequin. Au 11e concert, à signaler la Symphonie en\nmi bémol de Georges Enesco (ile audition), Sur la mer lointaine, poème sympho-\nnique de M. Léon Moreau ( Ire audition' ; M,,e Etty a chanté d'une façon mer-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.23", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3543, "texte": "veilleuse un air de Gluck et un air de Hàndel. Au 12e concert, Rapsodie romaine\nde Georges Enesco (ire audition), César Franck, la Croisade des enfants, prélude\nde la 2e partie, de G. Pierné, Chabrier ; Mlle Etty a fait entendre un air à'Armide,\nde Gluck, et un air des Maîtres Chanteurs, de R. Wagner. Enfin au 13e concert\nclassique, Mendelssohn, Wagner; en Norvège, suite d'orchestre de M. Arthur\nCoquard (ire audition), Rimsky-Korsakow ;M. Loevensohn, du Quatuor Isaye,\na interprété sur le violoncelle un concerto de Haydn-Gevaci t et une Suite en 50/\nmajeur de J.-S. Bach, et Ml,e Mary Garnier a chanté avec une romance de\nM. Le Borne, un air de Judas Macchabée de Handel et les Variations de Proch.\nDans la salle des fêtes de l'hôtel Gassion ont eu lieu trois beaux concerts. Le\npremier a été donné par M. Luis Alonso, violoniste, avec le concouis de sa\nfemme, excellente pianiste • dans la première partie il a exécuté surune\\iole\nd'amour quelques morceaux de musique ancienne, et dans la 2e pattie trois\nconcertos de Mendelssohn, de Saint-Saëns et de Grieg, et la Symphonie con~\ncertante de L. Maurer pour quatre violons avec accompagnement d'orchestre. Le\nsecond concert a été donné par M. Luard, organiste d une chapelle anglaise : au\nprogramme, le Messie de Handel (soli, chœurs et orchestre). Le troisième con-\ncert a été donné par M. Henri Schidenhelm, avec le concours de Mme Chrétien\nVaguet et de son frère René, violoncelliste d'un grand talent.\n\nEMILE GRÉGOIRE.\n\nNICE. OPÉRA. Manon Lescaut de G. Puccini.\n\n(Création en France ;\nadaptation de M. Maurice Vaucaire.) -\nM. Puccini est le compositeur de l'école moderne italienne le plus apprécié en\nFrance. Il n'est cependant ni le plus original ni le plus puissant, mais il a su\néviter souvent la vulgarité dans laquelle tombent la plupart de ses compatriotes.\nDe plus, il est sincère, et chez lui les plus rares insignifiances, les mélodies\nles plus banalement sentimentales se mêlent à d'heureuses et assez jolies trou-\nvailles. Toutes ces qualités et tous ces défauts existent déjà dans sa Manon\nLescaut, une de ses premières œuvres, qui s'est maintenue au répertoire des\nthéâtres italiens et qui vient de faire son entrée en FTance par l'Opéra de Nice.\nSi Massenet aeu de l'influence sur M. Puccini et sur qui n'en a-t-il pas eu ?\nelle se fait peu sentir dans cet ouvrage. Je dirai même que l'influence française\nqu'a subie très fortement le compositeur dans la suite y est à peu près nulle.\nFout au plus, au deuxième acte, pourrait-on l'y entrevoir, mais l'ensemble de\nl'ouvrage est très italien, trop italien.\nLe livret de Manon Lescaut diffère sensiblement de celui de la Manon française.\nLa pièce est divisée en quatre actes ou plutôt en deux parties : l'une gaie, l'autre\ntriste. Dans les deux premiers actes, Manon a rencontré dans le coche d'A-\nmiens le vieux comte de Gerval qui lui fait la cour ; et Lescaut, qui accom-\npagne la jeune coquette, fait semblant de ne rien voir. Mais des Grieux et\nManon se rencontrent, s'aiment et s'enfuient après avoir berné le vieil amoureux.\nCelui-ci cependant est riche et Manon se laisse meubler par lui un coquet ap-\npartement où elle ne tarde pas à s'ennuyer et à regretter des Grieux qu'elle a\nquitté pour mener cette nouvelle vie de luxe et de plaisir. Elle fait venir son\nancien amant avec qui la surprend le comte de Gerval. Le gentilhomme vexé et\ntrès expéditifla fait emprisonner. 11 n'est pas besoin de faire remarquer combien\ncette action est menée rapidement, comme d'ailleurs dans tous les drames"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.24", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3521, "texte": "lyriques italiens modernes. Nous sommes un peu déçus de voir la pièce déjà\nterminée ; et cependant nous n'en sommes qu'à la moitié. Aux deux actes sui-\nvants nous assistons à l'embarquement assez émouvant de Manon pour l'Amé-\nrique où des Grieux obtient la faveur de la suivre ; et au dernier tableau nous la\nvoyons mourir, exténuée, dans les bras de son amant, au milieu d'un désert de\nla Louisiane. Cette mort est longue, fastidieusement longue, et le long duo final\nest sans point culminant comme du reste toute l'œuvre qui, intéressante dans\ncertaines de ses parties, n'en reste pas moins faible et peu équilibrée. Ce qu il y\na de mieux, à mon sens, c'est la partie bouffe, genre dans lequel excellent les\nItaliens, évidemment déplacée ici, mais réussie et qui donne beaucoup de vie\nexubérante à l'action qui sans cela s'alanguirait dans des airs trop convention-\nnels. On ne saurait établir de comparaison entre cette Manon et celle de Mas-\nsenet dont elle n'est qu'un diminutif. Il y a entre les deux la distance de l'œuvre\nd'un maître à celle de l'élève.\nC'est Mlle Ch. Wyns qui a créé le rôle de Manon avec une grâce et un charme\nréels. Le ténor Constantino, dont la voix est très agréable, personnifiait assez\nmal des Grieux. Il n'y a rien à dire des autres interprètes, de la mis en scène et\ndes décors, d'une honnête médiocrité. L'orchestre était bon. M. Puccini et\nM. Ricordi, son éditeur, étaient présents.\nIl est à peine besoin de faire remarquer combien grande est la tendance de\nnotre Opéra à jouer surtout les œuvres du répertoire italien. Cette tendance est\nallée jusqu'à fairechanter souvent ce répertoire dans le texte original. Cependant\nje dois aussi signaler d'assez bonnes représentations de Tannhaiiser, Lohengrin\net Salammbô avec MM. Saleza, Imbart de la Tour, Seveilhac et Mm° Mazarin.\nMlle Lize Landouzy a été très applaudie dans une reprise assez terne des contes\nd'Hoffmann, ainsi que Mme Marguerite Carré dans la Bohême.\nLes concerts sont assez nombreux au fort de la saison. Nous avons eu deux\nséances Sarasate-Goldschmitt au Casino ; trois séances Hubermann à la Jetée où\nsont donnés de temps en temps quelques bons concerts classiques. A l'un de\nceux-ci il faut mentionner une bonne exécution par l'orchestre Gervasio de la\nSymphonie pathétique. A la salle Rumpelmayer, le concert de la Société Bach\ndonné par M. Bret a été un véritable régal. A citer encore un récital Spalding et\nun autre Ricardo Prati, appréciés. A la salle Bellet plusieurs séances intéres-\nsantes : celle de M. Fairbank, très bon pianiste américain qui a interprété de\nfaçon impeccable la sonate de C. Franck avec M. d'Ambrosio, violoniste et\ncompositeur niçois de beaucoup de talent ; celle de M. Loveri, harpiste d'une\nforce et d'une habileté peu communes ; enfin celle de Mllc Germaine Arnaud, où\ncette jeune artiste, à peine âgée de 16 ans, a montré une virtuosité et un style\nqui la classent déjà au premier rang des pianistes femmes. Son interprétation in-\ntelligente et correcte de Bach, Beethoven, Schumann, Chopin et Saint-Saëns a\nété un véritable enchantement.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nGENÈVE.\n\nLa saison théâtrale qui vient de se terminer a été brillante à sou-\nhait, gi âce à 1 habile et énergique direction de M. I luguet, qui a monté, en 6 mois,\n34 œuvres musicales, sans parler de la comédie et du drame. L Ecole française,\nqui alimente le plus notre répertoire, a fourni 20 ouvrages de 14 auteurs; l'école\nitalienne 7 ouvrages de 6 compositeurs. Les principales nouveautés pour Genève"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.25", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "ont été : la Reine Fiammette, de X. Leroux ; Siberia, de Giordano, et la Fiancée\nde la Mer, de Blockx. Siberia ayant été donnée au commencement de la saison a\neu une plus longue carrière que la Reine Fiammette, montée un peu tardivement ;\nmais le succès de ce dernier opéra fut très, très grand, et l'auteur venu pour\ndonner les dernières retouches aux répétitions a été absolument charmé de\nl'accueil fait à son œuvre, délicieusement rendue par Mlle Charpentier, une future\npensionnaire de l'Opéra-Comique, si Ton en croit les on-dit.\nMagistralement secondé par M. Amalou, l'excellent chef d'orchestre, M. Le-\nroux, a remporté une véritable victoire avec cette œuvre. Signalons parmi les\nprincipales reprises : Louise, Manon, la Vie de Bohême, Werther, Lakmé, Carmen,\nqui sont toujours les meilleurs atouts dans le jeu des directeurs. A part\nMmes Landouzy, Maria Gay, Clossens, Blanche d'Albe, venues en représenta-\ntions, il est de toute justice de citer Mmes Charpentier, de Very, Vialas ; MM. Cam-\npagnola, Boyer, Vialas et Jacquin, artistes attitrés de la saison.\n\nFERRARIS.\n\nSTUTTGART.\nS.\nA propos d'un article, publié récemment dans Gil Blas, sur\nMunich et Richard Strauss, et où M. Louis Schneider déclarait que Munich est\nla ville d art par excellence, M Herwig nous envoie une lettre, trop longue pour\nêtre reproduite ici en entier, où il défend la ville d'où il nous écrit. Nous avons\nà Stuttgart, nous dit-il, un personnel artistique supérieur à celui de la capitale\nbavaroise : des cantatrices que Munich nous envie, telles que Mmes Hélène\nHieser, Anna Sutter, Martha . Bommer ; et la Bosetti, célèbre ailleurs, ne le\nserait probablement pas chez nous ; en revanche, un ténor comme M. Fritz\nSachs de lleilbronn serait célèbre, s'il était à Munich (où tout est « célèbre » ) ;\n« nous avons, ajoute notre correspondant, des chanteurs comme Bolz , Neu-\ndœrffer, Weil ; des compositeurs comme Josef-Anton Mayer, Albert Fauth (de\nPforzheim) qui fut maître d'école pendant sept ans ; parlerai-je des concerts in-\ncessants de MM. Risler, Eugen d Albert, John-Petrie Dunn, Cari Friedberg,\nMlks Elly Ney, Grœssler-Heim, Ruckbeil-Hiller, Ehrenbacher-Edenfeld, etc... ?\ndu Directeur de notre Conservatoire royal, M. Samuel de Lange, qui dirigeait\navec tant de succès, il y a quelques jours, le « Lied de la tempête » ? de la société\nélégante qui vient d'applaudir Anna de Bertrand, le dr. Jean Kirchholz ? »\nNous accueillons volontiers ces déclarations, tout en faisant remarquer à notre\nhonorable correspondant que ces artistes de Stuttgart sont inconnus en France ;\nd ailleurs, cela ne signifie pas nécessairement qu ils soient inférieurs à ceux de\nMunich.\n\nCONCERTS COLONNE. Le programme du vendredi saint (consacré à Bach et à\nWagner) avait été composé avec un gout parfait, et M. Colonne en a dirigé\nl'exécution avec son autorité coutumière comme avec tout son cœur de grand\nartiste. Un incident, qui mérite son attention, est à signaler. Lorsque M. Van\nDyck, après avoir dit le chant d'amour de la Walkûre, a été rappelé, deux coups\nde sifflet très nets se sont mêlés aux bravos. Le célèbre ténor avait-il donc mal\nchanté ? Non, certes ; ce soir-là, il s'est même surpassé, mais il avait chanté en\nallemand!— «En français ! comme à l'Opéra ! » ont crié les siffleurs avec\ninsistance. Et M. Van Dyck, qui est un musicien polyglotte, a redit sa chanson\nen français, ce qui a soulevé une tempête de bravos. M. Colonne ferait bien de\ntenir compte, l'an prochain, de cet incident. La langue allemande détonne vrai-"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.26", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3186, "texte": "ment, dans une salle comme celle du Châtelet. Question de patiiotisme à paît,\ncette langue est si dure ! si dépourvue d harmonie et antimusicale !... Au\nmême concert, M. Jacques Thibaud a joué le concerto en nu majeui dej. S. Bach.\nL'excellent violoniste m'a paru, ce soir-là, un peu inférieur à lui-même. Çà et la,\nquelques sons douteux, pour la justesse ou la pureté. Les pièces de Bach,\nBourrée, Polona-ise, surtout la charmante et légère (( Badinerie » avec M. Blan-\nquart comme flûtiste, ont paru d une grâce exquise et ont eu le plus vif succès.\nDans le duo du 2e acte de Pcivsifcil, Mme Kaschowska (Kundiy) s est montrée\nassez bonne, pas aussi puissante qu'il eût fallu. Au moment oû nous mettons\nsous presse, le noble (et désintéressé !) Weingartner dirige le festival Berlioz-\nBeethoven avec le succès prévu et attendu .\n\nCONSERVATOIRE. Comme tous les ans, M. Planté s est fait entendre au\nConservatoire pendant la semaine sainte On ne 1 accusera pas d être un révolu-\ntionnaire en quête d'émotions violentes ; il nous a joué ce bon et vieux concerto\nen sol mineur deMendelssohn, qui est d ailleurs un modèle d agréable et correcte\nécriture, et dans lequel il montre depuis bien longtemps!... des qualités\nfort appréciées. Mais, au nom du ciel! que M. Planté soit plus simple, moins miel\net sucre !... Il y a des moments oû il décourage l'amitié et la sympathie par son\nmaniérisme. Il se cherche trop lui-même dans les choses qu il joue ; 1 interpréta-\ntion des chefs-d'œuvre réclame un jeu plus franc et plus viril. A signaler,\ndans « l'exercice annuel des élèves », une charmante chanson du xvie siècle (G.\nCosteley) tirée du Recueil de M. Henry Expert (les Maîtres Compositeurs de la\nrenaissance française) : elle a eu un grand et légitime succès.\n\nVARIA. La Croisade des enfants de M. Gabriel Pierné, récemment exécutée à\nLille, continue son tour de France (et pays voisins). Elle va être donnée avec\nun exceptionnel éclat au Trocadéro, oû 15 00 chanteurs parisiens et hollandais\nont pu se faire entendre très agréablement, grâce aux améliorations que\nM. Gustave Lyon a introduites dans l'immense salle. A l'Opéra, il faut signaler\nune très bonne reprise des Maîtres chanteurs, œuvre si pittoresque et si originale\nque tous les musiciens de Paris savent aujourd'hui par cœur. Et n'oublions pas\nde saisir au passage cet excellent mot qu'on prête à M. Gailhard : « Si mon pri-\nvilège est renouvelé, il y a deux opéras que j'ai l'intention de monter : Armor,\nde Sylvio Lazzari, et Jhamara, de Bourgault-Ducoudray ». Souhaitons que\nl'honorable directeur réalise une telle promesse !\nParmi les plus brillants concerts de la dernière quinzaine nous citerons :\nSalle Pleyel.\ntoinette Lamy (au programme, œuvres de Schumann, Beethoven, C. F'ranck,\netc.).— 21 mars, Ml,e Hansen (au programme, œuvres de Schumann, Beethoven,\nLeclair, Brahms, etc.). —3O mars, Mme Wanda Landowska (au programme,\nmusiques Pastorales des xvne et xvme siècles).\nMlle Marie Lasne, MM. Cros Saint-Ange, Marcel Labey (au programme,\nœuvres de Bach, Haendel. Rameau, etc.h —7 avril, concert donné par le quatuor\nBâillon avec le concours de Mme Alem-Chéné et de M. de Valmar(au programme,"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "œuvres de Schumann,Wagner, Gabriel Fauré, etc.). g avril, Al. Degso Szigeti,\navec Mlle de Buck et M. Georges de Lausnay (au programme, œuvres de Bee-\nthoven, Schumann, Schubert, etc.).\nSalle Erard. Mlle Liszt, avec Mme Thénard et M. Francis Thomé\n(au programme, œuvres de Mozart, Handel, Massenet, Debussy, etc.).\n24 mars, M. Gabriel Jaudoin (au programme, œuvres d'auteurs français vi-\nvants, Diémer, Fauré, etc.). —3l mars, Mlle Gerda Magnus, avec Mme Ingeborg\nMagnus, Malkine (au programme, œuvres de Schumann, Bach, Saint-\nSaëns, etc.).\ndelssohn, Debussy, etc.).\nprogramme, œuvres de Chopin, Beethoven, Chabrier, Georges Marty, etc.).\nSalle Aeolian.\nMme Marie Marti 1 ly, Mlle Alice Raulin, MM. Noël Nansen et Sigwalt, avec\nle concours de M. Gabriel Fauré (au programme, œuvres de Gabriel\nFauré).\nUne mention très spéciale est due à M. J. Joachim Nin, qui poursuit, salle\nOEolian. douze auditions consacrées à la composition pour piano. A la\ndernière séance, J.-S. Bach occupait le programme (2e concert) ; M. Nina\njoué ces œuvres difficiles avec une netteté toute classique et une grande\nautorité.\nParmi les plus brillants concerts de la 20 quinzaine d'avril nous citerons :\nSalle Pleyel. Mlle Flora Joutard (au programme, œuvres de Schu-\nmann. Gluck, Franck, etc.) —2l avril, 338e concert (au programme, œuvres\nde Ch. Tournemire, F. Schmitt, etc.).\nle 6e concert de la Société des compositeurs de musique, avec MM. Albert\nGélaso, Joseph Debroux, etc. (au programme, œuvres de C. Saint-Saëns, E.\nGoupil, etc.).\nSalle Erard. Les vendredis 20 et 27 avril, deux récitals de piano donnés\npar M. Jacques Pintel (au programme, œuvres de Bach, Beethoven, Liszt,\nChopin, Mendelssohn, etc.).— 23 avril, concert donné par MUt Florica Solacoglu\navec MllcJane Vieu et M. Paul Darvez (au programme, œuvres de Schumann,\nChopin, Bach, etc.).\nLa Société des matinées musicales et populaires, sous la direction de M. Lui-\ngini, a donné, le 28 mars, sa seconde matinée extraordinaire au Théâtre de\nl'Ambigu.\nLe programme a été exécuté par les artistes suivants :\nMme Auguez de Montalant, Mlle Vauthrin, Mme Mellot-Joubert, Mme Marguerite\nLong ; quatre des meilleures élèves du remarquable professeur de harpe Has-\nselmans, et le quatuor Soudant.\nLe Concert s'est terminé par les six chansons à danser d'Alfred Bruneau\nchantées par Mmc Auguez de xMontalant avec accompagnement d'orchestre sous\nla direction de 1 auteur et exécutées par Mlle Régina Badet, danseuse-étoile, et"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.28", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "Mlles Kerf, Richeaume, Dugué etLuparia, iers sujets ducorpsdeballet de 1 Opéra-\nComique.\nC'est Mme Mariquita, la célèbre maîtresse de ballet, qui a bien voulu régler ces\ndélicieuses pièces.\nSalle des Fêtes du Journal. Mlle Monduit avec MM. Pillitz et\nPaul Laudikar (au programme, œuvres de Schumann, Bendel, etc.).\nSchola Cantorum. —3l mars, 337e concert (au programme, œuvres de C.\nFranck, H. Thiébaut, etc.).\nSalle de Géographie. —26 mars, Mlle Lucile Bartzi (au programme, œuvres\nde Saint-Saëns, Gluck, Haendel).\nSalle des agriculteurs. —2l mars, M. Alcibiade Anemoyanni avec Mme Adiny\n(au programme, œuvres de Wagner, Lalo, Beethoven, etc.).\nLundi 9 avril, concert donné au bénéfice des victimes de la catastrophe de\nCourrières par l'Edition A. Z. Mathot, avec le concours de M. Dufranne, de\nrOpéra-Comique: Mme Jane Bathori et MM. Georges Enesco, Ph. Gaubert,\netc. (au programme, œuvres de Alfred Casella, Jean Muré, etc.).\n\nBERLIN.\n\nL'Opéra Royal perdra dans le courant de l'année prochaine plu-\nsieurs de ses meilleurs membres, par exemple, Mlles Farrar, Destinn, etc., etc. ;\nc'est pourquoi nous avons eu des visites de différents artistes étrangers,\ncomme Mlle Rose, de l'Opéra de Breslau, et M. Hérold, de l'Opéra de Copen-\nhague. Mlle Rose nous intéresse seulement parce qu'elle fut engagée par\nl'Opéra de Berlin, et l'artiste danois par ses qualités artistiques. L'impression\nd'intelligence qu'il nous produit comme acteur habile est augmentée par\nsa manière de chanter avec beaucoup de goût et d'aise, et sa belle voix\nne provoque jamais une critique, quoiqu'elle manque de ce certain brio qui\nexcite l'enthousiasme. L'Opéra-Comique agrandit son répertoire avec le Ma-\nriage de Figaro. La mise en scène, les décors et la partie théâtrale étaient\ncomme pour les autres représentations de l'Opéra-Comique dignes de satisfaire\nun goût difficile, mais l'exécution musicale ne s'adaptait pas toujours à l'action\ndramatique, qui était trop en relief. L'orchestre n'accompagnait pas assez déli-\ncatement, et même les tempi étaient souvent trop accélérés. Comme très bons\ninterprètes de la musique de Mozart, il n'y avait que Mlle Artôt de Padilla,\nqui chantait la comtesse, et M. Egenieff, le comte. Pour atteindre son but artis-\ntique, il me semble que l'Opéra-Comique a besoin d'un « régisseur musical »\nen rapport avec son collègue de la scène.\nLe Theater des Hestins nous offrit un nouvel opéra comique de Wolff-Fer-\nrari, Die vier Grobiane (Rusteghi). Le livret est d'après Goldoni. On ne pou-\nvait pas constater un vif succès, mais le travail achevé trouvera certainement des\namis. La musique, qui ne montre pas toujours le talent personnel de l'auteur,\na 1 a\\antage d êtie aisée et naturelle, et elle s adapte bien à la bonne humeur du\nsujet. Le jeune compositeur nous a déjà prouvé dans son premier opéra,\nDes femmes cuiieuses, qu il maîtrisait la technique, laquelle ne manquait cepen-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.29", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "dantpas non plus dans sa nouvelle œuvre. Wolff-Ferrari est sans doute un\nartiste sérieux, et on peut espérer qu'il gravira l'échelle du succès.\nLe dernier concert philharmonique sous la direction de Nikisch nous fit entendre\nla Symphonie pathétique (si mineur) de Tschaikowsky. On sait comme le\nmaëstro russe s'entend à saisir son auditoire dans cette œuvre, comme cette\nmusique pénétrante et mélancolique nous force d'écouter et nous enivre avec le\ncharme de son langage.\nQuoique la première partie soit un peu décousue et la « coda » de la troisième\ntrès bruyante, on oublie ses faiblesses, dans l'impression conquérante. Le\n« Philharmonische » jouait de nouveau avec sa perfection connue, et Nikisch\nfut l'objet d'ovations enthousiastes, qu'il a bien méritées.\nLe même concert renfermait encore l'ouverture du Mariage de Figaro et\nl'acte d'entrée de Rosamond de Schubert. Mme Ernestine Schumann-Heink,\navec le concours du « Berliner-Lehrer-Gesangverein » chantait la Rapsodie\nde Brahms et l'air de Titus, et quoiqu'elle chantât la Rapsodie avec noblesse,\nl'interprétation artistique ne me plut pas, particulièrement dans l'air de\nTitus.\nLa Besoirée8esoirée symphonique de l'orchestre de l'Opéra Royal, sous la direction de\nWeingartner, était mêlée d'un sentiment de regret, parce que le fameux capel-\nmeister veut se retirer. On jouait la IIe Symphonie de Brahms, celle de Schubert\nen ut majeur et l'ouverture de Fidelio. Je considère comme inutile de faire\ndes éloges.\nComme soliste, Weingartner figurait dans le « Dessau-Quatuor », qui était\nconsacré à Beethoven. Dans le dernier « Elite Concert », d'Albert et Burmester\nétaient les représentants de la partie instrumentale, et Hélène Staegemann, le\nProf. Johannes Messchairt, nous charmèrent avec leurs belles voix. D'Albert\njoua plusieurs petits soli de piano avec sa maestria connue et Burmester des\nmenuets et gavottes et « la danse des sorcières » de Paganini, qui lui rapporta\ndes ovations continuelles. Mlle Staegemann eut beaucoup de succès avec des\nromances de Weingartner, et M. Messchairt chanta avec une voix magnifique\ndes romances de Lœwe, Schumann et Schubert. Le dernier des (( Neue Con-\ncerto » dut jêtre remis, quant au programme, à cause de difficultés survenues.\nEt Beethoven dut ainsi remplir la soirée avec l'ouverture de « Léonore », le con-\ncerto en sol majeur et la symphonie en ut mineur. M. Fried montra de nouveau\nson talent éminent de chef d'orchestre, mais malheureusement il paraît qu'il\nquittera sa place pour îemplir un contrat plus rémunérateur à Boston. Le\npianiste du soir, Arthur Schnabel, joua le concerto avec la technique nécessaire,\nmais sans montrer la grandeur qu'on exige chez Beethoven.\n\nAXA N. HAMMERSTEIN.\n\nHOTEL DES VENTES.\n\n—Un amateur lyonnais, qui avait fourni des collections\nd objets d'art de toutes les époques, avait également groupé quelques instru-\nments de musique anciens qui viennent d'être vendus aux enchères publiques par\nles soins de Me Gazagne, commissaire priseur à Lyon. Ils sont assez curieux\npour être signalés. En voici la description sommaire et les prix auxquels ils ont\nété adjugés. Une très belle mandoline italienne (Bologne, 1735), incrustée\nd ivoire sur écaille, plaquée en ébène à filets d'ivoire richement ornée et signée :"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.30", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1953, "texte": "Giusepe Fontanelli, a été payée 225 francs. Une autre mandoline, inciustée\nde nacre et écaille, filets en ivoire, datée 1733> 51 francs > une guitaie espagnole,\nen sapin et manche d ébène incrusté d ivoire, a été adjugée à6l fiancs, une\nflûte à hec, en buis et ivoire du xvne siècle, atteint $2 francs. Enfin, une\nharpe Louis XVI, en bois sculpté et doré, colonne cannelée et chapiteau à\nfeuilles d'acanthe, signée : Pollet, Paris, a fait 130 francs.\n4 * 4\" * .. *' T ' * y\n\nHÉBERT ROUGET.\n\nMONTE-CARLO.\nJ. O.\nLa Sniegourka (flocon de neige), ballet en 3 actes et un pro-\nlogue ; livret de M. Heneté; musique de M Narici. Sniegourka, fille de l'Hiver,\njeune et belle, paraît destinée à ignorer 1 amour. Mais, à 1 occasion des\nfiançailles de la riche héritière Koupava avec le brillant boyard Mizguire, elle\nest remarquée par ce dernier qui s'éprend de sa rare beauté et abandonne Kou-\npava . Après une longue résistance et mille incidents qui retardent le dénouement,\nSniegourka finit par succomber aux sollicitations enflammées de Mizguire. Mais\nà peine l'amour a-t-il échauffé son cœur, à peine la lèvre de l'amoureux a-t-elle\neffleuré le front de l'adorée, que Flocon de neige, s'évanouit et fond sous\nla tiède haleine et disparaît comme une chimère.\nCe sont les gracieux détails, plus encore que l'action principale, qui ont fourni\nau compositeur, M. Narici, les meilleures occasions de faire valoir son imagi-\nnation lyrique. D'un cachet essentiellement personnel, sa partition, pleine de\nmouvement, de gaieté, de sentiment, de trouvailles rythmiques, sort du moule\nordinaire de ce genre de divertissement. L'interprétation fut le sujet de l'apo-\nthéose de Mlle Trouhanowa, la merveilleuse étoile chorégraphique, pour laquelle\nont été épuisés tous les termes dithyrambiques qu'inspire l'admiration de son\nincomparable talent et de sa beauté.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nReceltes détaillées du 20 mars au 19 avril 1906."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.31", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 397, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nReceltes détaillées du 20 mars au 19 avril 1906.\n\nAu NOUVEAU-THÉATRE. La répétition générale du Clown, œuvre lyrique de\nM. Capoul pour les paroles, et du comte L de Camondo pour la musique, a été\ndonnée le dimanche 22 avril, au Nouveau-Théâtre ; nous n'avons que le temps et\nla place d'enregistrer la bonne impression de cette brillante soirée. Le Clown,"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.32", "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 1867, "texte": "dont M. Capoul a peut-être écrit quelques pages en se rappelant sa jeunesse, est\nune œuvre réaliste, l'action se passe àla foire de Neuilly, rimée avec faci-\nlité, rappelant un peu la Fille de Tabarin : le drame passionnel sous des pitreries\nde foire. Sur ce livret rapide, M. de Camondo, dont nous n avons pas toujours\napprouvé toutes les audaces, a écrit une partition originale, intéressante. Nous\navons ici pour règle de ne jamais apprécier publiquement une œuvre après une\nseule audition et surtout après une « répétition », séance unique à laquelle nous\nfûmes convié. Aussi nous bornons-nous à souhaiter que MM. de Camondo et\nCapoul, ainsi que leurs charmants interprètes, nous fournissent prochainement\nl'occasion d'un compte rendu sérieux.\nConcerts annoncés :\nSalle Berlioz—2 mai, concert donné par M. A. Luzzatti, pianiste, avec\nxMlle Darmières, de l'Opéra-Comique, et M. Alberto Bachmann (au programme,\nœuvres de Beethoven, Chopin, Bach, etc.)- 3 mai, une heure de musique\ndonnée par Mlle Mary Mac Evily avec MM. Dulac et Géoris, de l'Opéra-Comique\n(au programme, œuvres de Saint-Saéns, Massenet, Berlioz, etc.).\nSalle Aeolian. 3 mai, Mlle Dorothy Swainson et M. Albert le Guillard (au\nprogramme, œuvres de Bach, Chopin, Grieg, etc.).\nParmi les plus brillants concerts de la 2e quinzaine d'avril nous citerons :\nSalle Erard. —2B avril, M. Lucien de Flagny (au programme, œuvres de\nLiszt, Bach, Lucien deFlagny, etc.). 3O avril, concert avec orchestre donné\npar Mlle Geneviève Dehelly, sous la direction de M. Camille Chevillard (au\nprogramme, œuvres de Beethoven, Schubert, Camille Chevillard, etc.).\nThéâtre Molière. —26 avril, 14e Concert, avec le concours de Mlle Demangeot,\nde l Opéra-Comique (au programme, œuvres de Mozart, Bruneau, G. Erlanger!."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c021", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "206", "page_fin": "208", "image_debut": 20, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.1", "titre_corps": "MONTE-CARLO", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO", "signature_source": "A. DE GUERCHE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.20", "debut_caractere": 810, "fin_caractere_exclue": 3139, "texte": "MONTE-CARLO\n\n: Première représentation de Hans, le Joueur de flûte, opéra\ncomique en trois actes, de MM. Maurice Vaucaiie et Geoiges Mitchell,\nmusique de M. Louis Ganne.\nLa riche cité de Milkatz, dont les auteurs font la capitale d'un pays imaginaire\nsitué entre la Hollande et les Flandres, vers la fin du xvme siècle, n'est plus peu-\nplée que de citoyens âpres au gain, dépourvus de tout idéal, uniquement préoc-\ncupés d'un commerce des blés. Jadis, à la fête de saint Grégorius, on célébrait\nun concours de belles poupées artistiques; mais aujourd'hui la petite bête est\nmorte; et l'on bafoue le poète Yoris, qui voudrait, le jour de la fête revenu, ex-\nposer la poupée qu'il sculpta avec amour. Yoris a sa raison de vouloir faire\ncouronner sa poupée : il aime Lisbeth, fille du bourgmestre Pippermann, et a\nfait son chef-d'œuvre à l image de sa fiancée idéale. Le pauvre \\ oris n aurait\nplus, devant le refus unanime, qu à piquer une tête dans le canal si ne surve-\nnait un être bizarre, mi-mendiant, mi-sorcier, Hans, le joueur de flûte, qui s'en\nva, de ville en ville, ressusciter un peu le bel idéal d'antan que veulent étouffer\nles convoitives bourgeoises. Hans possède le moyen de triompher : sa flûte est\nenchantée. 11 lui suffit d'en jouer pour que les graves échevins dansent comme\nde petites folles, pour que les chats, protecteurs subventionnés des greniers\npublics, aillent se noyer jusqu'au dernier, pour que tout un peuple de souris\nprenne leur place auprès des sacs de graines, pour qu'un navire chargé de blé\nchavire en entrant au port, pour que les greniers se mettent à flamber. Hans\naffole de ses tours, qui sont de méchants tours, la population mercantile de\nMilkatz, et ne consent à réparer ses maléfices et à devenir, au contraire, le bien-\nfaiteur de la cité, que si les habitants, élevant plus haut leurs âmes, rétablissent\nles beaux concours artistiques de jadis, permettent aux amoureux qui s'adorent\nde s'épouser sans que soit agitée la question des gros sous ; bref, à la faveur\nde divers épisodes, ingénieux autant que variés, et qui vont de la scène senti-\nmentale de fine comédie aux facéties de bouffonnerie classique, Hans mène\nla pièce, et tout en mariant Lisbeth à Yoris, déduit la petite thèse de cette opé-\nrette (qui est une vraie comédie musicale), c'est-à-dire que nul ne peut être heu-"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.21", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3546, "texte": "reux sans un peu d'idéal. C'est le triomphe de l'amour et de la douce bonté.\nLes trois actes de ce gentil conte bleu sont très agréablement conduits par\ndeux hommes de théâtre qui ont voulu surtout rester artistes : à ce titre, leur\npièce est fort bien venue, adroitement filée, d'un tour délicat, et a la saveur\nd'un proverbe qui serait lyrique. Par sonsujet, parla manière dont l'action est\nmenée, par la forme du dialogue et des vers, cette pièce s'écarte franchement de\nl'opérette habituelle. Elle obtiendrait, je crois, un gros succès sur une scène\npopulaire : car c'est du théâtre populaire, fait pour plaire aux grands et aux\npetits enfants.\nLa partition de M. Ganne est bien jolie, d'une élégance et d'une distinction\nqui ont ravi le public. Lui aussi s'est écarté des formules de l'opérette. Il y a\ndans Hans le joueur de flûte deux éléments très caractéristiques : les ensembles\nsonores et rythmés, et les pages sentimentales, traitées en mélodies détachées,—\nle tout s'efforçant avec bonheur vers l'originalité, hors des sentiers battus. On\nne retrouve là ni les traditionnels petits couplets de diction ni les duos à refrain,\nni les chansons à boire, ni tout ce dont a vécu l'opérette. M. Ganne a su rester\nmusicien, et joli musicien, d'un bout à l'autre de son oeuvre. Il fut aussi artiste\nque les deux lettrés, auteurs délicats de ce livret qui mérite le titre de poème.\nParmi les morceaux qui ont été le plus chaleureusement applaudis, il faut\nmentionner :au premier acte, le chœur De sac en terre, qui est une heureuse\nadaptation delà vieille chanson bourguignonnede « la Vigneauvin » ; les stances\nde Yoris, Pauvres poupées] la jolie déclaration que lit la mignonne Lisbeth ; le\nRondo de Hans ; et, au finale, la délicieuse valse Petits minets, petits minous\n—au second acte: 1 Q Rondel d'ôoris : Vous ne pas me comprendre ; le\ndélicieux duo de Lisbeth et Hans : Mon cœur a des peines, avec son exquis dia-\nlogue de vocalises ;le délicat ensemble Mais il ny a pas de corne, la Chanson\ndelà flûte, d'une fière allure; et le finale, d'un tour bien populaire. Enfin,\nau troisième acte, l'ensemble de duo Un son de plaisir ; le cortège des poupées,\nd'une sonorité puissante ; et les couplets aux poupées, de Hans, Poupée aimable\net jolie, qui sont le clou de la partition.\nPièce et musique ont remporté un brillant succès.\nL'interprétation comporte deux sortes de rôles, nettement tranchés : les rôles\nmusicaux, et les rôles de comédie ; M. Ganne, par une innovation qu'il convient\nde signaler, a voulu que la partie musicale fût toute confiée à des voix, artistes\nou chœurs, et s est contenté de souligner par des accompagnements d'orchestre\nles dialogues destinés à être chantés par les comiques : la partition y gagne\nd'être beaucoup plus musicale, et les comédiens y gagnent, eux aussi, de pou-\nvoir rester naturels sans forcer leur talent.\nM. Jean Périer a délicieusement chanté le rôle de Hans, qu'il compose avec un\nart exquis : il y met de la fine ironie, de la malice, et un sentiment lyrique très\nprofond. Mllc Mariette Sully est une adorable Lisbeth, fine, légère, un brin\nespiègle, avec une pointe bien jolie d'émotion. Et M. Alberthal fait sonner sa\nbelle voix de baryton dans le rôle d'Yoris.\nM. Poudrier joue avec une rondeur comique très amusante le rôle du bourg-\nmestre Pippermann ; MM. Brunais et Maurice Lamy composent deux types\nbien pittoresques d'échevins. Les autres rôles sont tenus, en parfait ensemble,\npar Mmes Jeanne Lambert, Jane Evans, M. Fernal, Gamy, Dupont, Moret et\nDubuisson."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.22", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 386, "texte": "H ans le joueur de flûte comporte une mise en scène relativement simple : mais\nM. Coudert a voulu encadrer cette œuvre charmante dans des décors dignes\nd'elle. M. Visconti a brossé deux admirables décors. Et M. Landolff a exécuté\nde délicieux costumes.\nL'orchestre, dirigé par M, Ganne, a très brillamment détaillé cette délicieuse\npartition,\n' /\nv\n\nA. DE GUERCHE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c022", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "208", "page_fin": "208", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.2", "titre_corps": "Au 17e concert classique, M. Edouard Risler a interprété des œuvres", "titre_sommaire": "Au 17e concert classique, M. Edouard Risler a interprété des œuvres", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.22", "debut_caractere": 388, "fin_caractere_exclue": 2403, "texte": "Au 17e concert classique, M. Edouard Risler a interprété des œuvres clas-\nsiques de Beethoven, Wagner et des pages de Chabrier et de Liszt, avec une\nampleur et une pureté de style, une délicatesse et une puissance qui lui ont\nvalu un grand et beau triomphe.\nA signaler, au même concert, la première audition de Lustspiel-Ouverture, de\nM. Karl V. Kaskel, page d une orchestration savante et de belle sonorité.\nLe charmant opéra comique de M. André Messager, Véronique, avait ouvert\nla série des représentations de printemps que dirige M. Coudert. Tous les déli-\ncieux motifs de cette exquise partition ont retrouvé leur très vif succès habituel.\nC'étaient les principaux créateursparisiens de Véronique qui interprétaient ce joli\npetit chef-d'œuvre, Ml,e Mariette Sully et M. Jena Périer en tête, tous deux très\napplaudis, ainsi que MM. Maurice Lamy, Poudrier, Brunais, dont les trouvailles\ncomiques ont fait la joie du public. Mlle Lambert et Ml,e Jane Evans complétaient\nbrillamment cette excellente distribution. L'orchestre était dirigé par M. Dé-\nsiré Thibault.\nLa saison lyrique dirigée par M. Raoul Gunsbourg, sous le haut patronage\nde S.A. S. le p rince Albert de Monaco, a révélé le Démon, opéra fantastique\nen 3 actes et 6 tableaux, de Rubinstein après avoir duré deux mois qui furent\nbien remplis : car, en ce brel délai, le théâtre de Monte-Carlo a donné dix ou-\nvrages, dont sept n'avaient jamais été représentés sur la grande scène mo-\nnégasque ; ils ont donc nécessité un labeur considérable au point de vue des\nétudes comme de la mise en scène. Et, à constater l'éclat de ces belles soirées\nd art, on doit avouer que ce sont de véritables prodiges qui s'accomplissent à\nMonte-Carlo.\nParmi ces œuvres, trois étaient nouvelles : Mademoiselle de Belle-lsie, de\nM. Spiro Gamara, D Ancêtre, de M. Camille Saint-Saëns, et Don Procopio, de\nBizet. La restitution du Don Carlos, de Verdi, et la représentation du Démon de\nRubinstein équivalent à des créations. Ce fut une saison fructueuse pour l'art\nmusical."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c023", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "208", "page_fin": "209", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.3", "titre_corps": "PAU.", "titre_sommaire": "PAU.", "signature_source": "EMILE GRÉGOIRE", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.22", "debut_caractere": 2405, "fin_caractere_exclue": 3147, "texte": "PAU.\n\nLes représentations théâtrales se succèdent au Palais d'Hiver toujours\navec le même succès. On a donné Carmen, Samson et Dalila avec Mlle Maria\nGav, une première, Hedda de M. Leborne avec Mllcs Mary Garnier et Gerville\nReache et M. Daubigné, fort ténor, sous la direction de l'auteur; Hamlet avec\nMmes Etty et Tournié, Carmen avec Mlle Thévenet. de l'Opéra-Comique, Roméo\net Juliette avec Mlle Vuillaume du même théâtre, etc.\nDans la salle du théâtre, les concerts de musique classique et moderne sont\ntoujours dirigés par M. Pennequin. Au 11e concert, à signaler la Symphonie en\nmi bémol de Georges Enesco (ile audition), Sur la mer lointaine, poème sympho-\nnique de M. Léon Moreau ( Ire audition' ; M,,e Etty a chanté d'une façon mer-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.23", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "veilleuse un air de Gluck et un air de Hàndel. Au 12e concert, Rapsodie romaine\nde Georges Enesco (ire audition), César Franck, la Croisade des enfants, prélude\nde la 2e partie, de G. Pierné, Chabrier ; Mlle Etty a fait entendre un air à'Armide,\nde Gluck, et un air des Maîtres Chanteurs, de R. Wagner. Enfin au 13e concert\nclassique, Mendelssohn, Wagner; en Norvège, suite d'orchestre de M. Arthur\nCoquard (ire audition), Rimsky-Korsakow ;M. Loevensohn, du Quatuor Isaye,\na interprété sur le violoncelle un concerto de Haydn-Gevaci t et une Suite en 50/\nmajeur de J.-S. Bach, et Ml,e Mary Garnier a chanté avec une romance de\nM. Le Borne, un air de Judas Macchabée de Handel et les Variations de Proch.\nDans la salle des fêtes de l'hôtel Gassion ont eu lieu trois beaux concerts. Le\npremier a été donné par M. Luis Alonso, violoniste, avec le concouis de sa\nfemme, excellente pianiste • dans la première partie il a exécuté surune\\iole\nd'amour quelques morceaux de musique ancienne, et dans la 2e pattie trois\nconcertos de Mendelssohn, de Saint-Saëns et de Grieg, et la Symphonie con~\ncertante de L. Maurer pour quatre violons avec accompagnement d'orchestre. Le\nsecond concert a été donné par M. Luard, organiste d une chapelle anglaise : au\nprogramme, le Messie de Handel (soli, chœurs et orchestre). Le troisième con-\ncert a été donné par M. Henri Schidenhelm, avec le concours de Mme Chrétien\nVaguet et de son frère René, violoncelliste d'un grand talent.\n\nEMILE GRÉGOIRE."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c024", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "209", "page_fin": "210", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.4", "titre_corps": "NICE. OPÉRA. Manon Lescaut de G. Puccini.", "titre_sommaire": "NICE. OPÉRA. Manon Lescaut de G. Puccini.", "signature_source": "EDOUARD PERRIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.23", "debut_caractere": 1501, "fin_caractere_exclue": 3543, "texte": "NICE. OPÉRA. Manon Lescaut de G. Puccini.\n\n(Création en France ;\nadaptation de M. Maurice Vaucaire.) -\nM. Puccini est le compositeur de l'école moderne italienne le plus apprécié en\nFrance. Il n'est cependant ni le plus original ni le plus puissant, mais il a su\néviter souvent la vulgarité dans laquelle tombent la plupart de ses compatriotes.\nDe plus, il est sincère, et chez lui les plus rares insignifiances, les mélodies\nles plus banalement sentimentales se mêlent à d'heureuses et assez jolies trou-\nvailles. Toutes ces qualités et tous ces défauts existent déjà dans sa Manon\nLescaut, une de ses premières œuvres, qui s'est maintenue au répertoire des\nthéâtres italiens et qui vient de faire son entrée en FTance par l'Opéra de Nice.\nSi Massenet aeu de l'influence sur M. Puccini et sur qui n'en a-t-il pas eu ?\nelle se fait peu sentir dans cet ouvrage. Je dirai même que l'influence française\nqu'a subie très fortement le compositeur dans la suite y est à peu près nulle.\nFout au plus, au deuxième acte, pourrait-on l'y entrevoir, mais l'ensemble de\nl'ouvrage est très italien, trop italien.\nLe livret de Manon Lescaut diffère sensiblement de celui de la Manon française.\nLa pièce est divisée en quatre actes ou plutôt en deux parties : l'une gaie, l'autre\ntriste. Dans les deux premiers actes, Manon a rencontré dans le coche d'A-\nmiens le vieux comte de Gerval qui lui fait la cour ; et Lescaut, qui accom-\npagne la jeune coquette, fait semblant de ne rien voir. Mais des Grieux et\nManon se rencontrent, s'aiment et s'enfuient après avoir berné le vieil amoureux.\nCelui-ci cependant est riche et Manon se laisse meubler par lui un coquet ap-\npartement où elle ne tarde pas à s'ennuyer et à regretter des Grieux qu'elle a\nquitté pour mener cette nouvelle vie de luxe et de plaisir. Elle fait venir son\nancien amant avec qui la surprend le comte de Gerval. Le gentilhomme vexé et\ntrès expéditifla fait emprisonner. 11 n'est pas besoin de faire remarquer combien\ncette action est menée rapidement, comme d'ailleurs dans tous les drames"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.24", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3115, "texte": "lyriques italiens modernes. Nous sommes un peu déçus de voir la pièce déjà\nterminée ; et cependant nous n'en sommes qu'à la moitié. Aux deux actes sui-\nvants nous assistons à l'embarquement assez émouvant de Manon pour l'Amé-\nrique où des Grieux obtient la faveur de la suivre ; et au dernier tableau nous la\nvoyons mourir, exténuée, dans les bras de son amant, au milieu d'un désert de\nla Louisiane. Cette mort est longue, fastidieusement longue, et le long duo final\nest sans point culminant comme du reste toute l'œuvre qui, intéressante dans\ncertaines de ses parties, n'en reste pas moins faible et peu équilibrée. Ce qu il y\na de mieux, à mon sens, c'est la partie bouffe, genre dans lequel excellent les\nItaliens, évidemment déplacée ici, mais réussie et qui donne beaucoup de vie\nexubérante à l'action qui sans cela s'alanguirait dans des airs trop convention-\nnels. On ne saurait établir de comparaison entre cette Manon et celle de Mas-\nsenet dont elle n'est qu'un diminutif. Il y a entre les deux la distance de l'œuvre\nd'un maître à celle de l'élève.\nC'est Mlle Ch. Wyns qui a créé le rôle de Manon avec une grâce et un charme\nréels. Le ténor Constantino, dont la voix est très agréable, personnifiait assez\nmal des Grieux. Il n'y a rien à dire des autres interprètes, de la mis en scène et\ndes décors, d'une honnête médiocrité. L'orchestre était bon. M. Puccini et\nM. Ricordi, son éditeur, étaient présents.\nIl est à peine besoin de faire remarquer combien grande est la tendance de\nnotre Opéra à jouer surtout les œuvres du répertoire italien. Cette tendance est\nallée jusqu'à fairechanter souvent ce répertoire dans le texte original. Cependant\nje dois aussi signaler d'assez bonnes représentations de Tannhaiiser, Lohengrin\net Salammbô avec MM. Saleza, Imbart de la Tour, Seveilhac et Mm° Mazarin.\nMlle Lize Landouzy a été très applaudie dans une reprise assez terne des contes\nd'Hoffmann, ainsi que Mme Marguerite Carré dans la Bohême.\nLes concerts sont assez nombreux au fort de la saison. Nous avons eu deux\nséances Sarasate-Goldschmitt au Casino ; trois séances Hubermann à la Jetée où\nsont donnés de temps en temps quelques bons concerts classiques. A l'un de\nceux-ci il faut mentionner une bonne exécution par l'orchestre Gervasio de la\nSymphonie pathétique. A la salle Rumpelmayer, le concert de la Société Bach\ndonné par M. Bret a été un véritable régal. A citer encore un récital Spalding et\nun autre Ricardo Prati, appréciés. A la salle Bellet plusieurs séances intéres-\nsantes : celle de M. Fairbank, très bon pianiste américain qui a interprété de\nfaçon impeccable la sonate de C. Franck avec M. d'Ambrosio, violoniste et\ncompositeur niçois de beaucoup de talent ; celle de M. Loveri, harpiste d'une\nforce et d'une habileté peu communes ; enfin celle de Mllc Germaine Arnaud, où\ncette jeune artiste, à peine âgée de 16 ans, a montré une virtuosité et un style\nqui la classent déjà au premier rang des pianistes femmes. Son interprétation in-\ntelligente et correcte de Bach, Beethoven, Schumann, Chopin et Saint-Saëns a\nété un véritable enchantement.\n\nEDOUARD PERRIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c025", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "210", "page_fin": "211", "image_debut": 24, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.5", "titre_corps": "GENÈVE.", "titre_sommaire": "GENÈVE.", "signature_source": "FERRARIS", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.24", "debut_caractere": 3117, "fin_caractere_exclue": 3521, "texte": "GENÈVE.\n\nLa saison théâtrale qui vient de se terminer a été brillante à sou-\nhait, gi âce à 1 habile et énergique direction de M. I luguet, qui a monté, en 6 mois,\n34 œuvres musicales, sans parler de la comédie et du drame. L Ecole française,\nqui alimente le plus notre répertoire, a fourni 20 ouvrages de 14 auteurs; l'école\nitalienne 7 ouvrages de 6 compositeurs. Les principales nouveautés pour Genève"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.25", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "ont été : la Reine Fiammette, de X. Leroux ; Siberia, de Giordano, et la Fiancée\nde la Mer, de Blockx. Siberia ayant été donnée au commencement de la saison a\neu une plus longue carrière que la Reine Fiammette, montée un peu tardivement ;\nmais le succès de ce dernier opéra fut très, très grand, et l'auteur venu pour\ndonner les dernières retouches aux répétitions a été absolument charmé de\nl'accueil fait à son œuvre, délicieusement rendue par Mlle Charpentier, une future\npensionnaire de l'Opéra-Comique, si Ton en croit les on-dit.\nMagistralement secondé par M. Amalou, l'excellent chef d'orchestre, M. Le-\nroux, a remporté une véritable victoire avec cette œuvre. Signalons parmi les\nprincipales reprises : Louise, Manon, la Vie de Bohême, Werther, Lakmé, Carmen,\nqui sont toujours les meilleurs atouts dans le jeu des directeurs. A part\nMmes Landouzy, Maria Gay, Clossens, Blanche d'Albe, venues en représenta-\ntions, il est de toute justice de citer Mmes Charpentier, de Very, Vialas ; MM. Cam-\npagnola, Boyer, Vialas et Jacquin, artistes attitrés de la saison.\n\nFERRARIS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c026", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "211", "page_fin": "211", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.6", "titre_corps": "STUTTGART.", "titre_sommaire": "STUTTGART.", "signature_source": "S", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.25", "debut_caractere": 1103, "fin_caractere_exclue": 2682, "texte": "STUTTGART.\nS.\nA propos d'un article, publié récemment dans Gil Blas, sur\nMunich et Richard Strauss, et où M. Louis Schneider déclarait que Munich est\nla ville d art par excellence, M Herwig nous envoie une lettre, trop longue pour\nêtre reproduite ici en entier, où il défend la ville d'où il nous écrit. Nous avons\nà Stuttgart, nous dit-il, un personnel artistique supérieur à celui de la capitale\nbavaroise : des cantatrices que Munich nous envie, telles que Mmes Hélène\nHieser, Anna Sutter, Martha . Bommer ; et la Bosetti, célèbre ailleurs, ne le\nserait probablement pas chez nous ; en revanche, un ténor comme M. Fritz\nSachs de lleilbronn serait célèbre, s'il était à Munich (où tout est « célèbre » ) ;\n« nous avons, ajoute notre correspondant, des chanteurs comme Bolz , Neu-\ndœrffer, Weil ; des compositeurs comme Josef-Anton Mayer, Albert Fauth (de\nPforzheim) qui fut maître d'école pendant sept ans ; parlerai-je des concerts in-\ncessants de MM. Risler, Eugen d Albert, John-Petrie Dunn, Cari Friedberg,\nMlks Elly Ney, Grœssler-Heim, Ruckbeil-Hiller, Ehrenbacher-Edenfeld, etc... ?\ndu Directeur de notre Conservatoire royal, M. Samuel de Lange, qui dirigeait\navec tant de succès, il y a quelques jours, le « Lied de la tempête » ? de la société\nélégante qui vient d'applaudir Anna de Bertrand, le dr. Jean Kirchholz ? »\nNous accueillons volontiers ces déclarations, tout en faisant remarquer à notre\nhonorable correspondant que ces artistes de Stuttgart sont inconnus en France ;\nd ailleurs, cela ne signifie pas nécessairement qu ils soient inférieurs à ceux de\nMunich."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c027", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "211", "page_fin": "212", "image_debut": 25, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.7", "titre_corps": "CONCERTS COLONNE. Le programme du vendredi saint (consacré à Bach et à", "titre_sommaire": "CONCERTS COLONNE. Le programme du vendredi saint (consacré à Bach et à", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.25", "debut_caractere": 2684, "fin_caractere_exclue": 3539, "texte": "CONCERTS COLONNE. Le programme du vendredi saint (consacré à Bach et à\nWagner) avait été composé avec un gout parfait, et M. Colonne en a dirigé\nl'exécution avec son autorité coutumière comme avec tout son cœur de grand\nartiste. Un incident, qui mérite son attention, est à signaler. Lorsque M. Van\nDyck, après avoir dit le chant d'amour de la Walkûre, a été rappelé, deux coups\nde sifflet très nets se sont mêlés aux bravos. Le célèbre ténor avait-il donc mal\nchanté ? Non, certes ; ce soir-là, il s'est même surpassé, mais il avait chanté en\nallemand!— «En français ! comme à l'Opéra ! » ont crié les siffleurs avec\ninsistance. Et M. Van Dyck, qui est un musicien polyglotte, a redit sa chanson\nen français, ce qui a soulevé une tempête de bravos. M. Colonne ferait bien de\ntenir compte, l'an prochain, de cet incident. La langue allemande détonne vrai-"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.26", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 851, "texte": "ment, dans une salle comme celle du Châtelet. Question de patiiotisme à paît,\ncette langue est si dure ! si dépourvue d harmonie et antimusicale !... Au\nmême concert, M. Jacques Thibaud a joué le concerto en nu majeui dej. S. Bach.\nL'excellent violoniste m'a paru, ce soir-là, un peu inférieur à lui-même. Çà et la,\nquelques sons douteux, pour la justesse ou la pureté. Les pièces de Bach,\nBourrée, Polona-ise, surtout la charmante et légère (( Badinerie » avec M. Blan-\nquart comme flûtiste, ont paru d une grâce exquise et ont eu le plus vif succès.\nDans le duo du 2e acte de Pcivsifcil, Mme Kaschowska (Kundiy) s est montrée\nassez bonne, pas aussi puissante qu'il eût fallu. Au moment oû nous mettons\nsous presse, le noble (et désintéressé !) Weingartner dirige le festival Berlioz-\nBeethoven avec le succès prévu et attendu ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c028", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "212", "page_fin": "212", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.8", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. Comme tous les ans, M. Planté s est fait entendre au", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. Comme tous les ans, M. Planté s est fait entendre au", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.26", "debut_caractere": 853, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "CONSERVATOIRE. Comme tous les ans, M. Planté s est fait entendre au\nConservatoire pendant la semaine sainte On ne 1 accusera pas d être un révolu-\ntionnaire en quête d'émotions violentes ; il nous a joué ce bon et vieux concerto\nen sol mineur deMendelssohn, qui est d ailleurs un modèle d agréable et correcte\nécriture, et dans lequel il montre depuis bien longtemps!... des qualités\nfort appréciées. Mais, au nom du ciel! que M. Planté soit plus simple, moins miel\net sucre !... Il y a des moments oû il décourage l'amitié et la sympathie par son\nmaniérisme. Il se cherche trop lui-même dans les choses qu il joue ; 1 interpréta-\ntion des chefs-d'œuvre réclame un jeu plus franc et plus viril. A signaler,\ndans « l'exercice annuel des élèves », une charmante chanson du xvie siècle (G.\nCosteley) tirée du Recueil de M. Henry Expert (les Maîtres Compositeurs de la\nrenaissance française) : elle a eu un grand et légitime succès."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c029", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "212", "page_fin": "214", "image_debut": 26, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.9", "titre_corps": "VARIA. La Croisade des enfants de M. Gabriel Pierné, récemment exécutée à", "titre_sommaire": "VARIA. La Croisade des enfants de M. Gabriel Pierné, récemment exécutée à", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.26", "debut_caractere": 1783, "fin_caractere_exclue": 3186, "texte": "VARIA. La Croisade des enfants de M. Gabriel Pierné, récemment exécutée à\nLille, continue son tour de France (et pays voisins). Elle va être donnée avec\nun exceptionnel éclat au Trocadéro, oû 15 00 chanteurs parisiens et hollandais\nont pu se faire entendre très agréablement, grâce aux améliorations que\nM. Gustave Lyon a introduites dans l'immense salle. A l'Opéra, il faut signaler\nune très bonne reprise des Maîtres chanteurs, œuvre si pittoresque et si originale\nque tous les musiciens de Paris savent aujourd'hui par cœur. Et n'oublions pas\nde saisir au passage cet excellent mot qu'on prête à M. Gailhard : « Si mon pri-\nvilège est renouvelé, il y a deux opéras que j'ai l'intention de monter : Armor,\nde Sylvio Lazzari, et Jhamara, de Bourgault-Ducoudray ». Souhaitons que\nl'honorable directeur réalise une telle promesse !\nParmi les plus brillants concerts de la dernière quinzaine nous citerons :\nSalle Pleyel.\ntoinette Lamy (au programme, œuvres de Schumann, Beethoven, C. F'ranck,\netc.).— 21 mars, Ml,e Hansen (au programme, œuvres de Schumann, Beethoven,\nLeclair, Brahms, etc.). —3O mars, Mme Wanda Landowska (au programme,\nmusiques Pastorales des xvne et xvme siècles).\nMlle Marie Lasne, MM. Cros Saint-Ange, Marcel Labey (au programme,\nœuvres de Bach, Haendel. Rameau, etc.h —7 avril, concert donné par le quatuor\nBâillon avec le concours de Mme Alem-Chéné et de M. de Valmar(au programme,"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.27", "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "œuvres de Schumann,Wagner, Gabriel Fauré, etc.). g avril, Al. Degso Szigeti,\navec Mlle de Buck et M. Georges de Lausnay (au programme, œuvres de Bee-\nthoven, Schumann, Schubert, etc.).\nSalle Erard. Mlle Liszt, avec Mme Thénard et M. Francis Thomé\n(au programme, œuvres de Mozart, Handel, Massenet, Debussy, etc.).\n24 mars, M. Gabriel Jaudoin (au programme, œuvres d'auteurs français vi-\nvants, Diémer, Fauré, etc.). —3l mars, Mlle Gerda Magnus, avec Mme Ingeborg\nMagnus, Malkine (au programme, œuvres de Schumann, Bach, Saint-\nSaëns, etc.).\ndelssohn, Debussy, etc.).\nprogramme, œuvres de Chopin, Beethoven, Chabrier, Georges Marty, etc.).\nSalle Aeolian.\nMme Marie Marti 1 ly, Mlle Alice Raulin, MM. Noël Nansen et Sigwalt, avec\nle concours de M. Gabriel Fauré (au programme, œuvres de Gabriel\nFauré).\nUne mention très spéciale est due à M. J. Joachim Nin, qui poursuit, salle\nOEolian. douze auditions consacrées à la composition pour piano. A la\ndernière séance, J.-S. Bach occupait le programme (2e concert) ; M. Nina\njoué ces œuvres difficiles avec une netteté toute classique et une grande\nautorité.\nParmi les plus brillants concerts de la 20 quinzaine d'avril nous citerons :\nSalle Pleyel. Mlle Flora Joutard (au programme, œuvres de Schu-\nmann. Gluck, Franck, etc.) —2l avril, 338e concert (au programme, œuvres\nde Ch. Tournemire, F. Schmitt, etc.).\nle 6e concert de la Société des compositeurs de musique, avec MM. Albert\nGélaso, Joseph Debroux, etc. (au programme, œuvres de C. Saint-Saëns, E.\nGoupil, etc.).\nSalle Erard. Les vendredis 20 et 27 avril, deux récitals de piano donnés\npar M. Jacques Pintel (au programme, œuvres de Bach, Beethoven, Liszt,\nChopin, Mendelssohn, etc.).— 23 avril, concert donné par MUt Florica Solacoglu\navec MllcJane Vieu et M. Paul Darvez (au programme, œuvres de Schumann,\nChopin, Bach, etc.).\nLa Société des matinées musicales et populaires, sous la direction de M. Lui-\ngini, a donné, le 28 mars, sa seconde matinée extraordinaire au Théâtre de\nl'Ambigu.\nLe programme a été exécuté par les artistes suivants :\nMme Auguez de Montalant, Mlle Vauthrin, Mme Mellot-Joubert, Mme Marguerite\nLong ; quatre des meilleures élèves du remarquable professeur de harpe Has-\nselmans, et le quatuor Soudant.\nLe Concert s'est terminé par les six chansons à danser d'Alfred Bruneau\nchantées par Mmc Auguez de xMontalant avec accompagnement d'orchestre sous\nla direction de 1 auteur et exécutées par Mlle Régina Badet, danseuse-étoile, et"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.28", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 950, "texte": "Mlles Kerf, Richeaume, Dugué etLuparia, iers sujets ducorpsdeballet de 1 Opéra-\nComique.\nC'est Mme Mariquita, la célèbre maîtresse de ballet, qui a bien voulu régler ces\ndélicieuses pièces.\nSalle des Fêtes du Journal. Mlle Monduit avec MM. Pillitz et\nPaul Laudikar (au programme, œuvres de Schumann, Bendel, etc.).\nSchola Cantorum. —3l mars, 337e concert (au programme, œuvres de C.\nFranck, H. Thiébaut, etc.).\nSalle de Géographie. —26 mars, Mlle Lucile Bartzi (au programme, œuvres\nde Saint-Saëns, Gluck, Haendel).\nSalle des agriculteurs. —2l mars, M. Alcibiade Anemoyanni avec Mme Adiny\n(au programme, œuvres de Wagner, Lalo, Beethoven, etc.).\nLundi 9 avril, concert donné au bénéfice des victimes de la catastrophe de\nCourrières par l'Edition A. Z. Mathot, avec le concours de M. Dufranne, de\nrOpéra-Comique: Mme Jane Bathori et MM. Georges Enesco, Ph. Gaubert,\netc. (au programme, œuvres de Alfred Casella, Jean Muré, etc.)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c030", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "214", "page_fin": "215", "image_debut": 28, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.10", "titre_corps": "BERLIN.", "titre_sommaire": "BERLIN.", "signature_source": "AXA N. HAMMERSTEIN", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.28", "debut_caractere": 952, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "BERLIN.\n\nL'Opéra Royal perdra dans le courant de l'année prochaine plu-\nsieurs de ses meilleurs membres, par exemple, Mlles Farrar, Destinn, etc., etc. ;\nc'est pourquoi nous avons eu des visites de différents artistes étrangers,\ncomme Mlle Rose, de l'Opéra de Breslau, et M. Hérold, de l'Opéra de Copen-\nhague. Mlle Rose nous intéresse seulement parce qu'elle fut engagée par\nl'Opéra de Berlin, et l'artiste danois par ses qualités artistiques. L'impression\nd'intelligence qu'il nous produit comme acteur habile est augmentée par\nsa manière de chanter avec beaucoup de goût et d'aise, et sa belle voix\nne provoque jamais une critique, quoiqu'elle manque de ce certain brio qui\nexcite l'enthousiasme. L'Opéra-Comique agrandit son répertoire avec le Ma-\nriage de Figaro. La mise en scène, les décors et la partie théâtrale étaient\ncomme pour les autres représentations de l'Opéra-Comique dignes de satisfaire\nun goût difficile, mais l'exécution musicale ne s'adaptait pas toujours à l'action\ndramatique, qui était trop en relief. L'orchestre n'accompagnait pas assez déli-\ncatement, et même les tempi étaient souvent trop accélérés. Comme très bons\ninterprètes de la musique de Mozart, il n'y avait que Mlle Artôt de Padilla,\nqui chantait la comtesse, et M. Egenieff, le comte. Pour atteindre son but artis-\ntique, il me semble que l'Opéra-Comique a besoin d'un « régisseur musical »\nen rapport avec son collègue de la scène.\nLe Theater des Hestins nous offrit un nouvel opéra comique de Wolff-Fer-\nrari, Die vier Grobiane (Rusteghi). Le livret est d'après Goldoni. On ne pou-\nvait pas constater un vif succès, mais le travail achevé trouvera certainement des\namis. La musique, qui ne montre pas toujours le talent personnel de l'auteur,\na 1 a\\antage d êtie aisée et naturelle, et elle s adapte bien à la bonne humeur du\nsujet. Le jeune compositeur nous a déjà prouvé dans son premier opéra,\nDes femmes cuiieuses, qu il maîtrisait la technique, laquelle ne manquait cepen-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.29", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "dantpas non plus dans sa nouvelle œuvre. Wolff-Ferrari est sans doute un\nartiste sérieux, et on peut espérer qu'il gravira l'échelle du succès.\nLe dernier concert philharmonique sous la direction de Nikisch nous fit entendre\nla Symphonie pathétique (si mineur) de Tschaikowsky. On sait comme le\nmaëstro russe s'entend à saisir son auditoire dans cette œuvre, comme cette\nmusique pénétrante et mélancolique nous force d'écouter et nous enivre avec le\ncharme de son langage.\nQuoique la première partie soit un peu décousue et la « coda » de la troisième\ntrès bruyante, on oublie ses faiblesses, dans l'impression conquérante. Le\n« Philharmonische » jouait de nouveau avec sa perfection connue, et Nikisch\nfut l'objet d'ovations enthousiastes, qu'il a bien méritées.\nLe même concert renfermait encore l'ouverture du Mariage de Figaro et\nl'acte d'entrée de Rosamond de Schubert. Mme Ernestine Schumann-Heink,\navec le concours du « Berliner-Lehrer-Gesangverein » chantait la Rapsodie\nde Brahms et l'air de Titus, et quoiqu'elle chantât la Rapsodie avec noblesse,\nl'interprétation artistique ne me plut pas, particulièrement dans l'air de\nTitus.\nLa Besoirée8esoirée symphonique de l'orchestre de l'Opéra Royal, sous la direction de\nWeingartner, était mêlée d'un sentiment de regret, parce que le fameux capel-\nmeister veut se retirer. On jouait la IIe Symphonie de Brahms, celle de Schubert\nen ut majeur et l'ouverture de Fidelio. Je considère comme inutile de faire\ndes éloges.\nComme soliste, Weingartner figurait dans le « Dessau-Quatuor », qui était\nconsacré à Beethoven. Dans le dernier « Elite Concert », d'Albert et Burmester\nétaient les représentants de la partie instrumentale, et Hélène Staegemann, le\nProf. Johannes Messchairt, nous charmèrent avec leurs belles voix. D'Albert\njoua plusieurs petits soli de piano avec sa maestria connue et Burmester des\nmenuets et gavottes et « la danse des sorcières » de Paganini, qui lui rapporta\ndes ovations continuelles. Mlle Staegemann eut beaucoup de succès avec des\nromances de Weingartner, et M. Messchairt chanta avec une voix magnifique\ndes romances de Lœwe, Schumann et Schubert. Le dernier des (( Neue Con-\ncerto » dut jêtre remis, quant au programme, à cause de difficultés survenues.\nEt Beethoven dut ainsi remplir la soirée avec l'ouverture de « Léonore », le con-\ncerto en sol majeur et la symphonie en ut mineur. M. Fried montra de nouveau\nson talent éminent de chef d'orchestre, mais malheureusement il paraît qu'il\nquittera sa place pour îemplir un contrat plus rémunérateur à Boston. Le\npianiste du soir, Arthur Schnabel, joua le concerto avec la technique nécessaire,\nmais sans montrer la grandeur qu'on exige chez Beethoven.\n\nAXA N. HAMMERSTEIN."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c031", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "215", "page_fin": "216", "image_debut": 29, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.11", "titre_corps": "HOTEL DES VENTES.", "titre_sommaire": "HOTEL DES VENTES.", "signature_source": "HÉBERT ROUGET", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.29", "debut_caractere": 2731, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "HOTEL DES VENTES.\n\n—Un amateur lyonnais, qui avait fourni des collections\nd objets d'art de toutes les époques, avait également groupé quelques instru-\nments de musique anciens qui viennent d'être vendus aux enchères publiques par\nles soins de Me Gazagne, commissaire priseur à Lyon. Ils sont assez curieux\npour être signalés. En voici la description sommaire et les prix auxquels ils ont\nété adjugés. Une très belle mandoline italienne (Bologne, 1735), incrustée\nd ivoire sur écaille, plaquée en ébène à filets d'ivoire richement ornée et signée :"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.30", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 511, "texte": "Giusepe Fontanelli, a été payée 225 francs. Une autre mandoline, inciustée\nde nacre et écaille, filets en ivoire, datée 1733> 51 francs > une guitaie espagnole,\nen sapin et manche d ébène incrusté d ivoire, a été adjugée à6l fiancs, une\nflûte à hec, en buis et ivoire du xvne siècle, atteint $2 francs. Enfin, une\nharpe Louis XVI, en bois sculpté et doré, colonne cannelée et chapiteau à\nfeuilles d'acanthe, signée : Pollet, Paris, a fait 130 francs.\n4 * 4\" * .. *' T ' * y\n\nHÉBERT ROUGET."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c032", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "216", "page_fin": "216", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.12", "titre_corps": "MONTE-CARLO.", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO.", "signature_source": "J. O", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.30", "debut_caractere": 513, "fin_caractere_exclue": 1868, "texte": "MONTE-CARLO.\nJ. O.\nLa Sniegourka (flocon de neige), ballet en 3 actes et un pro-\nlogue ; livret de M. Heneté; musique de M Narici. Sniegourka, fille de l'Hiver,\njeune et belle, paraît destinée à ignorer 1 amour. Mais, à 1 occasion des\nfiançailles de la riche héritière Koupava avec le brillant boyard Mizguire, elle\nest remarquée par ce dernier qui s'éprend de sa rare beauté et abandonne Kou-\npava . Après une longue résistance et mille incidents qui retardent le dénouement,\nSniegourka finit par succomber aux sollicitations enflammées de Mizguire. Mais\nà peine l'amour a-t-il échauffé son cœur, à peine la lèvre de l'amoureux a-t-elle\neffleuré le front de l'adorée, que Flocon de neige, s'évanouit et fond sous\nla tiède haleine et disparaît comme une chimère.\nCe sont les gracieux détails, plus encore que l'action principale, qui ont fourni\nau compositeur, M. Narici, les meilleures occasions de faire valoir son imagi-\nnation lyrique. D'un cachet essentiellement personnel, sa partition, pleine de\nmouvement, de gaieté, de sentiment, de trouvailles rythmiques, sort du moule\nordinaire de ce genre de divertissement. L'interprétation fut le sujet de l'apo-\nthéose de Mlle Trouhanowa, la merveilleuse étoile chorégraphique, pour laquelle\nont été épuisés tous les termes dithyrambiques qu'inspire l'admiration de son\nincomparable talent et de sa beauté."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c033", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "216", "page_fin": "216", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.13", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Receltes détaillées du 20 mars au 19 avril 1906.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Receltes détaillées du 20 mars au 19 avril 1906.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.30", "debut_caractere": 1870, "fin_caractere_exclue": 1953, "texte": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nReceltes détaillées du 20 mars au 19 avril 1906."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c034", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "216", "page_fin": "216", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.13.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.30", "debut_caractere": 1955, "fin_caractere_exclue": 2586, "texte": "DATES\nPIÈCES REPRESENTEES\nAUTEURS\nRECETTES\n21 mars\n23 -\n24 —\n26 —\n28 —\n30 —\n31 —\n2 avril\n4 —\n6 —\n7 -\n9 ~\n11 —\n16 —\n18 —\nTristan et Isolde.\nFaust.\nRoméo et Juliette.\nA ïda.\nLe Prophète.\nA rmide.\nLe Freischiitj. — La Ronde des\nSaisons.\nLes Huguenots.\nLes Maîtres Chanteurs.\nTannhâuser.\nA rmide.\nFaust.\nLes Maîtres Chanteurs.\nFaust.\nArmide.\nR. Wagner.\nGounod.\nGounod.\nVerdi.\nMeyerbeer.\nGluck.\nWeber. H. Bùsser.\nMeyerbeer.\nR Wagner.\nR. Wagner.\nGluck.\nGounod.\nR. Wagner.\nGounod.\nGluck.\n15.445 26\n20.828 41\n12.695 »\n14.938 41\n14.931 26\n16 826 91\n11.206 5o\n15.7 5 5 41\n20.188 76\n18.631 41\niî.253 5o\n16.419 91\n18.048 76\n22 414 41\n19.626 76"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c035", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "217", "page_fin": "217", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.14", "titre_corps": "II. – Opéra-Comique. Receltes détaillées du 20 mars au 19 avril 1906.", "titre_sommaire": "II. – Opéra-Comique. 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Mascagni.\n7 856 5o\n2 2\n—\nLe Chalet. — Le Jongleur de\nNotre-Dame.\nAdam. Massenet.\n9. I II ! O\n23\n—\nMireille.\nGounod.\n4.304 ))\n24\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\ns\nLe Chalet.\nMassenet. Adam.\n8.609 38\n2 5\n— matinée\nLa Traviata. — La Fille du\nRégiment.\nVerdi. Donizetti.\n4.324 D\n25\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.483 »\n26\n—\nGrisélidis..\nMassenet,\n4.547 ))\n27\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n6.576 »\n28\n—\nLa Vie de Bohême.— Cavallcria\n<■,\nRusticana.\nPuccini. Mascagni.\n7.449 »\n29\n—\nAphrodite.\nC. Erlanger.\n9.715 5o\n3o\n—\nCarmen.\nBizet.\n6.606 »\n31\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.843 72\n1er avril mat\nLe Caïd. — Les Pêcheurs de\nSaint-Jean.\nA. Thomas. Widor.\n0 't „ r\na..070 5o\nter\n— soirée\nLakmé.— Cavalleria Rusiicana.\nL.Delibes. Mascagni.\n6 654 5o\n2\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n3.995 5o\nO\n:>\n—\nAphrodite.\nC. Erlanger.\n5.587 5o\n4\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLa Navarraise.\nMassenet.\n6.340 5o\n5\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.833 60\n6\n—\nManon.\nMassenet.\n8.713 5o\n7\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.854 38\n8\n— matinée\nLe Barbier de Séville. — Caval-\nleria Rusticana.\nRossini. Mascagni.\n3.2 5O »\n8\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.344 5°\n9\n—\nLa Traviata. — Les Rendez-\nvous Bourgeois.\nVerdi. Nicolo.\n4.33o 5O\n10\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.834 5o\n11\n%\nManon.\nMassenet.\n7.149 5o\n12\n—\nMarie-Magdeleine.\nMassenet.\n7.781 5o\nH\n—\nM arie-M agdeleine.\nMassenet.\n7.845 »\n1 5\n— matinée\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n7.890 »\nf 5\n— soirée\nLa Viede Bohême.— Cavalleria\nRusticana.\nPuccini. Mascagni.\n8.045 5o\n16\n— matinée\nLakmé. — La Fille du Régiment.\nL. Delibes. Donizetti.\n6.O52 5O\n16\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n8.o5o 5o\n17\n— matinée\nMignon. —Les Noces de Jean-\nnette.\nA. Thomas. V. Massé.\n5.631 »\nr7\n— soirée\nManon.\nMassenet.\n8.961 5o\n18\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.775 5o\n19\n— matinée\nMa rie-Magdele ine.\nMassenet.\n7.119 5o\nl9\n— soirée\nLe Barbier de Séville. — La\nNavarraise.\nRossini. Massenet.\nco\nHH\nGO\n00"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-04-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-04-15_01#c037", "volume": "bmtnabj_1906-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "217", "page_fin": "218", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.2.11.15", "titre_corps": "Au NOUVEAU-THÉATRE. La répétition générale du Clown, œuvre lyrique de", "titre_sommaire": "Au NOUVEAU-THÉATRE. 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Capoul a peut-être écrit quelques pages en se rappelant sa jeunesse, est\nune œuvre réaliste, l'action se passe àla foire de Neuilly, rimée avec faci-\nlité, rappelant un peu la Fille de Tabarin : le drame passionnel sous des pitreries\nde foire. Sur ce livret rapide, M. de Camondo, dont nous n avons pas toujours\napprouvé toutes les audaces, a écrit une partition originale, intéressante. Nous\navons ici pour règle de ne jamais apprécier publiquement une œuvre après une\nseule audition et surtout après une « répétition », séance unique à laquelle nous\nfûmes convié. Aussi nous bornons-nous à souhaiter que MM. de Camondo et\nCapoul, ainsi que leurs charmants interprètes, nous fournissent prochainement\nl'occasion d'un compte rendu sérieux.\nConcerts annoncés :\nSalle Berlioz—2 mai, concert donné par M. A. Luzzatti, pianiste, avec\nxMlle Darmières, de l'Opéra-Comique, et M. Alberto Bachmann (au programme,\nœuvres de Beethoven, Chopin, Bach, etc.)- 3 mai, une heure de musique\ndonnée par Mlle Mary Mac Evily avec MM. Dulac et Géoris, de l'Opéra-Comique\n(au programme, œuvres de Saint-Saéns, Massenet, Berlioz, etc.).\nSalle Aeolian. 3 mai, Mlle Dorothy Swainson et M. Albert le Guillard (au\nprogramme, œuvres de Bach, Chopin, Grieg, etc.).\nParmi les plus brillants concerts de la 2e quinzaine d'avril nous citerons :\nSalle Erard. —2B avril, M. Lucien de Flagny (au programme, œuvres de\nLiszt, Bach, Lucien deFlagny, etc.). 3O avril, concert avec orchestre donné\npar Mlle Geneviève Dehelly, sous la direction de M. Camille Chevillard (au\nprogramme, œuvres de Beethoven, Schubert, Camille Chevillard, etc.).\nThéâtre Molière. —26 avril, 14e Concert, avec le concours de Mlle Demangeot,\nde l Opéra-Comique (au programme, œuvres de Mozart, Bruneau, G. Erlanger!."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\n(Honorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction publique.)\nN°* 8-9 (sixième année)\n15 Avril- ler Mai\n1906.\nK. M.\nj 5\n\nPar suite de circonstances indépendantes de notre volonté, certaines\népreuves du numéro que nous comptions publier le i 5 avril nous sont\narrivées très en retard ; d'autres ont été perdues avec les manuscrits qui\nles accompagnaient. Nous avons réuni en un seul fascicule les numéros\ndu i 5 avril et du Tv mai.\n\nLe Salon musical. Un desideratum de la « Revue musicale » .\n\nNous avons déjà demandé, ici et dans la presse quotidienne, que le palais\ndes Champs-Elysées ne fût pas réservé uniquement aux arts du dessin, mais\nque les musiciens, eux aussi, fussent admis à « exposer » dans le Salon annuel.\nPour la première fois, celte année, des auditions musicales viennent d'avoir\nlieu dans une des salles jusqu'ici réservées aux peintres. Comme entrée de jeu,\non a exécuté un « deuxième quatuor » rfe M. Fanre fauteur étant au piano),\ndes mélodies de M. Bourgault-Ducoudray, une suite pour piano et flûte de\nM. Rabaut... Tout cela est fort bien , mais tout cela ne nous satisfait aucu-\nnement.\nCette entreprise fort agréable, dont M. Viardot garde le mérite, n'est pas\nau tout ce que nous demandions j elle ne peut être considérée que comme une\nexpérience préliminaire, nne première étape vers le but à atteindre.\nUn concert de plus ! Soit, pourvu que ce ne soit pas une chapelle de plus!\nmais ce qui nous répugne, c'est de voir la Musique subordonnée aux arts plas-\ntiques, entrant pour ainsi dire à leur service, acceptant leur tutelle, e/ ne\nprenant pas le rang auquel elle a droit ; car, an Champs-Elysées, /a\nmusique est à la fois la locataire et Vemployée des arts plastiques.\nCe que nous demandons, ces/ az7 un vrai Salon musical, encadré par\nle Salon traditionnel, mais non son locataire, non soumis au bon plaisir de telle\nou telle société de peintres ou de sculpteurs.\nCe que nous demandons, c'est qu'on fasse entendre de la musique inédite\n(tomme on expose des tableaux nouveaux), et que les virtuoses surtout les\njeunes, ceux qui ont besoin de se faire connaître soient admis à produire\nleur talent, au même titre que les compositeurs.\nCe que nous demandons enfin, et surtout, c'est qu'il y ait un jury composé"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.2", "texte": "NOTRE CONCOURS\n\nde musiciens ne tirant pas leur autorité uniquement de la confiance qu ils ont\nen eux-mêmes,mais élus par les compositeurs et les virtuoses (par analogie avec\nce qui se passe à côté), et ainsi qualifiés régulièrement pour représenter au\nSalon l'art musical français. Alors seulement ils pourront refuser ou admettre\ncertains envois !\nTant que cette organisation ne sera pas faite, on aura des séances fort in-\ntéressantes, sans doute, si Von y joue du Rabaut, du Bourgault-Ducoudray\nou du Fauré ; on n'aura réalisé aucun progrès ! Bien plus : on aura donné un\ncaractère quasi officiel à la sujétion de la musique »\nNe confondons pas le Salon musical et le Salon avec musique !...\nLe Président de la Société nationale est un peintre de grand talent , mais s il\ns agit de musique, je le récuse. Je ne lui reconnais pas le droit de dire aux\nmusiciens, quand il lui plaira : « Messieurs, je vous ai asse\\ vus ! je suis ici\nche% moi : vous pouve\\ vous retirer ! » Le Palais des Beaux-Arts doit ctre à\ntous les arts et non à quelques-uns.\nC'est aux professionnels de Vart musical à sentir ce qu'une telle situation a\nde fâcheux, dé incomplet, de provisoire / c est à eux de se reunir, de se\nconcerter et de choisir des mandataires. S'ils restent cantonnés dans leur\nindividualisme ou dans leurs coteries, ce sont des maladroits qui méconnaissent\nleurs vrais intérêts.\n\nJ. C.\n\nNotre Concours.\nNous recevons d'un de nos abonnés la lettre suivante :\nMonsieur le Directeur de la Revue musicale,\nJai Vintention de donner chez moi, lhiver prochain, sur invitations personnelles,\nune suite de quatre concerts caractéristiques, avec petit orchestre et huit ou dix chan-\nteurs au maximum. Voulez-vous me dire quelles seraient les œuvres originales,\nrarement jouées, d'une nature àla fois hardie et très artistique, qu on pourrait\nexécuter dans ces concerts caractéristiques ? Chaque programme aurait (selon\n1 étendue des ouvrages) de q à 6 numéros, de façon à faire 2 heures de musique,\net, dans chaque programme, il y aurait une œuvre prise à un compositeur vivant\n(français ou étranger).\nVeuillez agréer,etc.\nBien intéressante nous a paru cette lettre ! Au moment où nous allions lui\ndonner une réponse, nous nous sommes aperçu qu'elle impliquait les plus déli-\ncates questions de goût et qu'elle fournissait l'occasion de passer en revue toute\nl'histoire de l'art musical. Nous avons eu la pensée de soumettre ce cas à nos\nabonnés et à nos lecteurs. C'est un petit concours que nous ouvrons. Nous\nfaisons appel à nos amis : qu'ils veuillent bien, après réflexion, nous indiquer\ndes plans déprogrammés, soit pour orchestre seul, soit pour orchestre et chant,\nsoit pour chant a capella. Nous publierons ici leurs réponses (prière de donner,\nautant que possible, la date des œuvres indiquées, avec quelques renseignements\ntrès sommaires, si on le juge convenable). Aux auteurs des projets les plus beaux,\nnous enverrons, comme souvenir, une belle partition, et, ce qui leur fera le\nplus de plaisir, nous demanderons pour eux, à notre honorable correspondant,\nune invitation aux concerts si brillants qu'il songe à donner dans son théâtre privé."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.3", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE\n\nChorale des lycées de jeunes filles de Paris.\nLe 6 mai aura lieu, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le concert d'inau-\nguration solennelle de cette très belle Chorale (657 exécutantes, jusqu'à ce jour)\ndont nous avons annoncé la formation. Les artistes et compositeurs les plus émi-\nnents ont déjà promis leur concours. Les statuts de la Chorale vont être officielle-\nment arrêtés ; nous en publierons le texte intégral : ils prévoient des sections, un\ncomité de direction chargé de surveiller l'enseignement du chant, et un COMITÉ\nD'HONNEUR, dont les membres seront inscrits sur la première page des programmes\net de toutes les publications de la chorale (qui éditera elle-même les œuvres écrites\npour son usage). Seront Membres d'honneur tous ceux qui feront un don mini-\nmum de /50 fr., adressés à M. le Recteur de l'Académie de Paris, à la Sorbonne,\nsoit directement, soit par notre intermédiaire. Nous recommandons particulièrement\nà ceux de nos amis qui ont quelque fortune, une œuvre belle et française. dont le\nbut est d'élever l'éducation esthétique des jeunes filles de nos lycées.\n\nNotes sur la musique orientale.\nEGYPTE. Du Caire, M. Maspéro, membre de l'lnstitut de France, veut bien\nnous envoyer, avec une collection de photographies, une lettre d'où nous déta-\nchons les lignes suivantes :\nLe Caire (Service des antiquités).\nMonsieur et cher Confrère,\nTout ce qu'on a découvert en Egypte, depuis un quart de siècle, ne fait\nguère que répéter ce qui était connu auparavant : ce sont toujours les mêmes\ninstruments et les mêmes scènes. Je serai d'ailleurs très heureux de vous faire\n» *\nphotographier les monuments qui vous plairont, soit par nos inspecteurs pro-\nvinciaux, s ils sont encore in situ, soit par notre photographe, si ces mêmes ins-\ntruments sont au musée. A première vue, j'estime à une centaine au moins les\nmonuments nouveaux représentant des scènes musicales ; beaucoup d'entre eux\nse répètent à quelques nuances près, qui ne modifient en rien Vensemble. Je\nvous serai obligé de me dire combien à peu près de monuments de chaque\nespèce vous avoir. J'ai publié dans un de nos recueils (Grebant, Le\nMusée égyptien, t. /, 2e livraison), une scène de musique des temps memphites ;\ncette représentation vous suffirait-elle ? La livraison a dû paraître fin de i goo,\ncommencement de igoi. Je dois vous prévenir que nous ne pourrons pas aller\nfort vite ;ce qui est dans le musée [ou nous possédoîis un certain nombre d'ins-\ntruments, entre autres une fort belle lyre) sera fini dans trois ou quatre\nsemaines après votre réponse / mais il faudra très longtemps pour certains\nmonuments de province. De toute manière, je donnerai des ordres pour que\ntout marche au mieux.\nAgrée\\, etc...\nG. MASPÉRO»"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.4", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE\n\nGrâce à la générosité d'un de nos collaborateurs, la Revue musicale pouira\ndisposer bientôt, par les soins de réminent savant, cl une centaine de pho-\ntographies (avec les clichés pour les documents les plus importants).\nMAROC. - Nous recevons de Tanger la lettre suivante dont nous retenons\nsurtout la partie bibliographique :\nTanger, 11 avril 1906.\n\\\nMonsieur,\n.. .Malgré mes recherches et mes efforts pour contribuer à vos études, je ne\nsuis pas arrivé à trouver des documents asse% sérieux pour vous et) e offerts.\nLes cartes postales ci-jointes n'ont pas la prétention de figurer dans les collec-\ntions de la Revue musicale! Tanger est l'endroit du Maroc ou l on trouve le\nmoins de musiciens marocains. Ici, les cafés chantants se sont transformés en\nmaisons de touristes, où plus rien n'est arabe : instruments, danses, chanteurs,\ntout est devenu espagnol, tandis qu à Fe% on voit les musiciens et musiciennes si\nbien décrits par Eug. Aubin dans le Maroc d'aujourd'hui. La fameuse danse\ndu ventre pratiquée à Tanger par des juives pour touristes, l'est à Fe\\ par de\nvéritables artistes mauresques qui y apportent une grâce et des attitudes\ninsoupçonnées dans les baraques de la « belle Fatma ». C est àL e\\ ou à Ai ara-\nkesh quil faudrait surprendre ces scènes, laissant à ceux qui les ont vues une\nimpression charmante. Au cours de mes voyages, comme je suis arrivé à m in-\ntroduire tout à fait dans certaines maisons de riches négociants, j'ai pu n'y\nplus être considéré comme un gêneur et assister à la fête de famille où, pendant\nplusieurs jours, on faisait de la musique et des danses. Les fonctionnaires de\nl'ambassade, eux-mêmes, n'ont pu les voir, car, pour eux, il y avait toujours\nune mise en scène spéciale qui dénaturait la chose. Je mentionne aussi ce\nque bien peu de gens connaissent les danses berbères des Riffanis et des\nDjbalas que j'ai pu voir che% le fameux brigand « Valiente ». Ces danses sont\ntoutes et uniquement dansées par des hommes, dont l'un fait le rôle de la\nfemme avec une merveilleuse science d'imitation.\nPour tout cela, j'ai pensé que le mieux était de donner à la Revue musicale\nune bibliographie faite d'après la bibliothèque de la Mission scientifique\nà Tanger. Je suis à voire disposition pour en faire des extraits ou des\nrésumés.\nBIBLIOGRAPHIE TIRÉE DE LA MISSION SCIENTIFIQUE DU MAROC (TANGER, MARS 1906)\nNotes sur la poésie et la musique arabe dans le Maghreb algérien, par E.\nDelphin et L. Guin, Paris, Leroux, 1886 ;\nEtude sur la musique arabe et maure, par M, Collangette (Journal Asiati-\nque, Ire série, fasc. 1 à 16, in-4°, igos-6. En préparation : fasc. 77 à 22;\nche% Paul Geuthner, Paris);\nLa musique arabe, ses rapports avec la musique grecque et le chant grégorien,\nSalvador Daniel (Alger, Jour dan, 187 g);\nLa musique arabe, par S. Rouanet (Bulletin de la Société géographique\nd'Alger et Afrique du Nord, année IX, igos) ;\nLe Maroc d'aujourd'hui, par Eug. Aubin (Paris, Colin);"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.5", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE\n\nChants arabes du Maghreb, Etude sur le dialecte et la poésie populaire,\nC. Sommeck, t.ll,fasc. i, Guilmoto,ig\nEn préparation :\nEtude sur la musique à Fez, par Ben Ghabrit et M. Blanc, drogmans de la\nLégation de France.\nIl faut, bien entendu, joindre à cette liste le « Répertoire de musique arabe\net maure » dont M. Rouanet poursuit la publication, à Alger et à Pans si-\nmultanément, et dont la Revue musicale a déjà donné des analyses.\nVeuille\\ agréer, etc...\nMAXIME ALI.IER.\nOCÉANIE. M. l'abbé H. Trilles, missionnaire, qui est rentré en France où\nil rétablit sa santé éprouvée par un séjour de années dans l A frique equa-\ntoriale, nous envoie, de Tours, un curieux document que lui transmet un auti e\nmissionnaire, e/z ce moment che% les Baïnings de la Nouvelle Poméranie\n{Océanie). Les Baïnings n'ont qu'une connaissance très rudimentaire de la\nmusique, ils la connaissent pourtant. Voici un spécimen de leur chant ,\nLes Bainings, à en juger par ce document, n'emploieraient que trois notes\n{analogues en cela, d'ailleurs, à d'autres primitifs). De même, il y a des tribus\nsauvages où on ne sait compter que jusqu'à trois ! Mais ce qu' il ya de très remar-\nquable, c'est que les trois notes du chant ci-dessus forment Vaccord parfait ;\net si la transcription est exacte comme nous sommes autorises à le croire\npuisqu elle ala garantie de notre honorable correspondant c est une nouvelle\npreuve qu'il ya en musique certains principes universels.— Quelques mor-\nceaux de musique océanienne ont été donnés dans un livre édité il y a quatre\nans (Raïatéa la sacrée) sur lequel nous publierons prochainement une note, et\ndans la thèse pour le doctorat de Hagen, Die Musik einiger Naturvôlker ; l'ap-\npendice de ce livre, contenant les documents musicaux, n'est plus dans le com-\nmerce, mais il se trouve à la Bibliothèque nationale de Paris.\nTERRITOIRE DU TCHAD. Nous accusons réception de la lettre qui nous est\nenvoyée du « Territoire du Tchad, Poste de Fort-Bretonnet, 2o janvier Igo 6 »,\npar «le maréchal des logis d'artillerie Grenier, commandant le Poste de L<JÏ t\nBretonnet » qui nous annonce des photographies sur les musiciens et danseurs\nlocaux.\nNous accueillerons toujours, avec reconnaissance, les documents sérieux et\nauthentiques envoyés par nos lecteurs de tout pays."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.6", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE\n\nARABES ET BYZANTINS. Avec la lettre que nous avons publiée dans notre avant-dernier nu-\nméro, M. Collangette, professeur de physique à l'École de Beyrouth, nous avait adressé une\nRevue arabe, Al-Machriq, contenant des traités, récemment découverts, qui intéressent 1 histoire\nde la musique, et attirant l'attention sur un théoricien jusqu'ici inconnu : MYRTOS OU MAURISTOS,\nNOUS avons communiqué ces documents à notre éminentami M. Hartwig Derenbourg, membre\nde l'lnstitut, professeur d'arabe à l'École des Hautes Études et à l'École des Langues .orientales\nvivantes. M. Derenbourg veut bien nous répondre par la lettre suivante, où lon reconnaîtra\nle savant habitué aux recherches précises 1 :\nParis, ce 16 mars igo6.\nCher ami,\nCest avec le plus vif intérêt que j'ai lu dans Al-Machriq du ler janvier igoô\nle « Texte arabe de trois traités grecs perdus sur les orgues », publiés par\nle P. L. Cheïkho, S. J. Al-Machriq est la Revue catholique orientale bimen-\nsuelle [Sciences Lettres Arts) qui parait à Beyrouth depuis plus de huit\nans sous la direction des Pères de V Université Saint-Joseph. Or, le P. L.\nCheïkho ne compte plus les services qu'il a rendus à la littérature arabe et son\nactivité est à la hauteur de sa science.\nAmoureux de l'orchestre qu'est l'orgue, lorsqu'il est touché par Guilmant ou\nl'un de ses émules, j'en admire les voix et l'harmonie. Mais, les mystères de la\nfabrication ne m'étant pas révélés, je ne puis apprécier l'utilité pratique que\nles facteurs pourront tirer des trois opuscules dont je traduis les titres :\ni° Construction de l'instrument qu'a choisi Mauristos, instrument dont le son se\npropage à soixante milles ; 20 Confection de l'orgue qui réunit tous les sons;\n30 Description du djouldjoul(carillon) qui, mis en mouvement, produit des sons\ndivers, tour à tour émouvants et allègres. L'instrument du premier opuscule\nparait désigner les jeux de trompettes de l'orgue.\nQuel est ce Mauristos, auteur du premier opuscule et, très probablement,\ncomme l'a supposé le savant éditeur, des deux autres ? J'ai interrogé tous les\néchos, aucun ne m'a répondu. Ni les répertoires du patriarche si informé et\nsi vivant, Morit\\ Steinschneider, ni la science des deux hellénistes français\nles plus qualifiés en cette matière, Charles-ÉRuelle et Théodore\nn'ont pu venir au secours de mon ignorance. A la suite du P. L. Cheïkho, j'en\nsuis réduit à invoquer trois témoignages arabes, dont il a cité le texte dans\nson introduction, que je mets en français pour votre plus grande commodité et\npour celle de vos lecteurs. Aboû'l-Faradj Ibn An-Nadim, dans le Fihrist al-\n'ouloûm « Catalogue des sciences », rédigé en de notre ère (éd.\np. 20 7 ; cf. p. 285 et 3if), dit : « Myrtos (Mûptoç), appelé d'après d'autres\nMauristos (vocalisation incertaine), a composé, entre autres livres, un ouvrage\nsur les instruments de musique appelés l'orgue à jeux de trompettes et l'orgue\nà jeux'de flûtes et un autre sur l'instrument de musique dont le son se propage\nà soixante milles. » A\\-Zau\\arii,l'abréviateur écrit en 124 g\n(Ta'rtkh al-houkamâ,éd. Lippert, p. 322) : « Myrtos, appelé d'après d'autres\nMauristos, est un médecin grec, mathématicien et artiste, qui a composé des\nouvrages,parmi lesquels celui qu'il a consacré à l'instrument de musique nommé\n\n1. La Revue Musicale croit devoir rééditer, avec compléments et rectifications, cette lettre\nqui, par suite d'une épreuve égarée, avait été moins exactement reproduite dans son numéro\ndu ler avril."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.7", "texte": "APHRODITE\n\nl'orgue à jeux de trompettes et celui sur Forgue à jeux de flûtes.—Enfin\nAboû }l-Fida (Historia anteislamica, éd. Fleischer, p. i 56), écrit après i3oo :\n« Et parmi les Grecs il y a Myrtos ou Mauristos, médecin grec, mathéma-\nticien et artiste, qui a composé un livre sur Vinstrument appelé orgue, dont le\nson se propage à soixante milles. »\nDans quel pays, vers quelle époque a vécu Myrtos ou Mauristos ? Sur ces\ndeux points je m'enhardis à émettre des conjectures personnelles, ces questions\nayant été laissées en suspens par le P. L. Cheïkho. Dans le Fihrist al-fouloûm,\np. 314, Myrtos est appelé Ar-Roûmî, «le Grec »ou plutôt «le Byzantin ».\nOr, dans le premier opuscule, F auteur parle d'un orgue en cuivre, destiné au\nroi des Francs, et le P. L. Cheïkho annote : « Nous ne savons rien du roi des\nFrancs mentionné ici. » Je crois pouvoir affirmer qii il s'agit de Pépin le Bref,\nauquel F empereur Constantin V Kopronyme fit présent en ysy d'un orgue\nconstruit probablement dans la région de Byçance, sa capitale. Myrtos serait\ndonc une de ces « figures byzantines » que M. Charles Diehl excelle à dessi-\nner. Ainsi s'explique que les historiens de l'antiquité aient forcément ignoré\nce moderne par rapport à eux, que les Arabes l'aient traduit au IXe siècle en\nmême temps que les autres écrivains grecs, enfin que lbn An-Nadim Fait connu\nau IXe.\nHARTWIG DERENBOURG,\nMembre de l'lnstitut.\nP. S. L'orgue, offert en ysy au roi de France par l'empereur byzantin, le\npremier orgue qu'on ait vu en France, fut apporté à Compiègne, d'après les\nAnnales Einhardi, a. ysy (voir Pertz, Monumenta Germaniae, Scriptores, série\nin-f°,l,p. i4i)'.«Constantinus imperator misit Pippino régi multa munera, inter\nquee et organum, quee ad eum in Compendio villa pervenerunt, übi tune populi sui\ngeneralem convention habuit. » D'autres documents sur l'ambassade orientale et\nsur les présents qu'elle remit sont rassemblés et cités par L. Oelsner, Jahrbûcher des\nfrànkischen Reiches unter Konig Pippin (Leipzig, 1871), p. 2go et Une mono-\ngraphie sur les orgues, tant hydrauliques que pneumatiques, de fabrication byzantine,\na été• publiée par le P. J. Thibaut dans les Echos d'Orient, IV {Paris, igoi)t\np. 33g-347, et V {igo2), p. 343-353. Elle est une continuation utile du bel article\nHydraulus de M. Charles-Émile Ruelle, dans Daremberg et Saglio, Dictionnaire des\nantiquités grecques et romaines.\n\nL’ « Aphrodite » de M. Erlanger.\n\nJe suis allé réentendre, à 1 Opéra-Comique, /'Aphrodite de M. Camille Erlanger,\net f ai fait une double constatation contradictoire : la salle n'avait plus une seule\nplace inoccupée (f ai dû me tenir debout), et cependant le public était froid ou légè-\nrement réfractaire. Il faut espérer que cette antinomie se résoudra tout à ! honneur\nde M. Erlanger ; mais, en souhaitant vivement un succès durable, je suis obligé\nde faire des réserves sur la valeur de 1 œuvre. Le livret est d'une jolie extravagance\nperverse ; c'est surtout une suite de tableaux de genre, colorés d'un orientalisme\ncharmant et très faux ; un sensualisme très païen s'y étale, dfautant plus immoral\nquil est dépourvu de toute flamme de passion sincère {je parle de l'œuvre de\nM. Pierre Louys) ; inojfensif pourtant à force d'être contraire au bon sens, à"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.8", "texte": "ASTARTE\n\nVobservation et à la vérité. Chrysis est aimée du sculpteur Démètrios : elle ne se\ndonnera à lui que si elle obtien t le miroir et le peigne de deux rivales, plus le collier\nd'Aphrodite. Démètrios vole ces trois objets, mais ses crimes sont découverts, et la\ncourtisane Chrysis meurt en prison, condamnée comme Socrate à boire la ciguë. A\nun tel sujet, il fallait une musique d'art raffiné, mais toute de grâce et de lumière,\njolie, n appuyant pas trop, souriante et comme détachée, originale, à la façon de\nBizet ou de Claude Debussy. M. Erlanger a fait un efort visible et extrêmement\nméritoire pour atteindre le but, mais je ne crois pas {et je désire me tromper !) qu'il y\nait réussi. Il a écrit sans doute quelques pages de très haute valeur [le premier acte\nles préludes, le duo des courtisanes, accompagné par la flûte, qui viennent voir\nChrysis à travers les barreaux de la prison, etc...), mais il a cherché sans la trouver\nune musique adéquate au poème. Il est trop savant, trop abondant et un peu lourd.\nIl prend trop au sérieux des contes de décadence ; il traite à la façon de Wagner\n{sauf dans quelques scènes finales ou il paraît subir l'influence de Pelléas et Méli-\nsande) des choses qui méritent moins de fracas tragique, et qui voudraient plus de\nfantaisie déliée. Il tire, des combinaisons harmoniques, des effets souvent très curieux;\nil torture les gammes, use et abuse du chromatisme, des altérations, des intervalles\nde seconde augmentée, etc..., sans devenir un oriental séduisant. Ses idées n'arri-\nvent pas à se cristalliser en formules rythmiques assez nettes, et il cherche une com-\npensation dans la mise en œuvre un peu pénible d'une instrumentation excessive.\nIl appuie trop {sans s'en douter peut-être, car il est fort possible que ce que je lui\ni epi oche de n avou pas fait soit justement ce qu il a cru fairef Dans ce monde de\nmensonge que lui ouvrait Vimagination délicate de Pierre Louys, il met le poids\nde polyphonies compliquées, et il mai che, cuirassé de savoir, sur des cothurnes de\nbronze... , j ai peui qu en un tel appareil la marche au triomphe ne soit un peu\nlente ! La mise en scène est admirable \\ pour l interprétation, je maintiens ma\ncritique {abus des ports de voix) au sujet de MUe Garden, qui sacrifie le chant à\nCaction. Les autres (en particulier Mne Frické, M. Beyle) sont bons, mais sans\nexcès. L'œuvre fait en ce moment de très belles recettes ! —\n\nC.\n\nAstarté. Notre supplément.\n\nAprès Thamara, et au moment ou Aphrodite attire la foule, nous donnons\nun fragment d'Astarté. Tout cela se rattache, de près ou de loin, à nos « Notes\nsur la musique orientale ». Il est impossible à notre musique de reproduire,\ndans la notation usuelle, les modes exacts de l'Orient ; et. si on pouvait les\nnoter, ils seraient inexécutables dans nos orchestres ; mais cela n'empêche pas\nde goûter le charme très grand de l'opéra de M. Leroux. Dès la première\npage, le fragment que nous donnons est délicieux. Le dessin en doubles croches\nauquel aboutit l introduction doit être très doux, en sourdine ; et, au-dessous,\nle chant des violoncelles, très expressif. Dans la suite, on n'aura pas de peine\nà reconnaître les raffinements employés par Vhabile compositeur, pour donner\nune idée de la nonchalance et de la volupté orientales."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.9", "texte": "THAMARA\n\nThamara. Une reprise attendue.\n\nA M. Dujardin-Beaumetz,\nSous-Secrétaire d Etat aux Beaux-Arts.\nIl y a quelque temps, Monsieur le Ministre, vous vouliez bien demander à 1 au-\nteur de ces lignes, dans un salon ami : « Que pensez-vous qu'il y aurait à faire, à\nl'Opéra? » Je ne sais plus au juste ce qui fut dit, à cette question soudaine et\nbienveillante; je me permets d'y répondre ici, après mûre réflexion, connaissant\nvotre désir passionné d'être utile aux vrais artistes, et la simplicité avec laquelle\nvous accueillez leurs vœux. On parle de la reprise de Thamara, l'œuvre de\nM. Bourgault-Ducoudray ; on la souhaite vivement de plusieurs côtés : ceux qui\nont qualité pour faire entendre une parole influente ne peuvent manquer de s'as-\nsocier à ce désir, et une grande espérance se tourne en ce moment vers vous.\nThamara est une œuvre admirable, pleine de choses brillantes et séduisantes.\nNous lui avons déjà consacré une étude dans le dernier numéro de la Revue\nmusicale: nous allons montrer aujourd hui que notre opinion n'est pas isolée.\nM. Bourgault-Ducoudray est un artiste plein de talent, de foi et de savoir;\nreprendre une de ses plus belles œuvres, dont on peut presque dire qu'elle n'a\npas été représentée, et qui serait mieux comprise aujourd'hui qu'il y a quelques\nannées, serait une entreprise fort intéressante, et bonne de toute façon, quand\non songe à la carrière déjà longue de l'auteur, toute de dévouement à la cause de\nl'art musical.\nVoici comment la presse jugeait l'œuvre après la première représentation :\nARTUR POUGIN (le Ménestrel, :\nLes « chœurs» sontécritsde main d ouvrier, d'unesonorité superbe et merveilleusement dans les\nvoix ; tous ceux du ier acte sont pleins d éclat et d'un grand effet. L'orchestre est excellent, très\nvarié de couleur et, quoique très corsé, n'étouffant jamais la voix du chanteur. L'entr'acte qui\nouvre le 2° tableau est d'une couleur mystérieuse et poétique. Tout ce tableau est remarquable\nd'un bout à l'autre. Les stances dans lesquelles Nour-Eddin raconte son rêve sont d'un charme\ndélicat et caressant ; quant au chœur à 5 temps qui vient ensuite, il est tout à fait exquis. Toute\nla scène amoureuse de Thamara et de Nour Eddin est empreinte d'une passion brûlante ; bien\nconstruire, très développée, elle est variée de tons et de couleurs, tantôt tendre et touchante,\ntantôt dramatique, puissante, tantôt ardente et pathétique.\nCHARLES DARCOURS (le Figaro) ;\nLe deuxième acte de Thamara est d'une étonnante richesse d'invention et d'effets. Il faut citer\nd abord un Prélude instrumental d'un étonnant coloris, puis un délicieux chœur de femmes, à\nl'unisson. Le récit de Nour-Eddin, racontant son rêve, est une des heureuses trouvailles de la\npartition.\nUn deuxième chœur de femmes à 5 temps est d une mélancolie voluptueuse et pénétrante.\nLe 2° tableau de Thamara vaut, à lui seul, nombre d'opéras longuement vantés à 1 avance..\nNous croyons que le musicien si moderne qui vient de l'écrire est mûr pour une grande\nœuvre.\nFOURCAUD (le Gaulois) :\nL'auteur de Thamara a fait du 2e tableau le point lumineux de son œuvre. A mon avis, il y\na là plus de charme et de vraie musique que dans plusieurs gros ouvrages représentés au cours\ndes dernières saisons...\nCe qui m intéresse au plus haut point, dans Thamara, c'est l'emploi des thèmes et des\n« modes )) populaires. Aucun de ces thèmes n'apparaît dans l'œuvre, intégralement reproduit ;\nmais on en croit entendre l'écho sans cesse, et il en résulte une fraîcheur très inattendue de\nsentiment. Je signalerai à cet égard le délicieux prélude persan sic) du 2e acte et la déclaration\nd amour de Nour-Eddin, accompagnée par le violoncelle-so/o. M. Bourgault-Ducoudray se\nsert avec bonheur des combinaisons de rythme usitées dans le chant du peuple.\nThamara est en somme une œuvre musicale d'une valeur incontestable, et où s attestent des\naspirations théâtrales élevées."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.10", "texte": "THAMARA\n\nH. BAUER {l'Écho de Paris) :\nLa partition de M. Bourgault-Ducoudray est originale et d'une inspiration sincere. Si toutes\nles parties ne sont pas d'un égal bonheur, on doit citer le 2e et le 3e tableau, d une passion très\nvivante et colorée, d'une forme pittoresque, d'un intense mouvement dramatique. Le quatrième\ntableau offre aussi un ou deux endroits intéressants ; mais, dans toute 1 œuvre, et c est son\nmérite, la part de passion est la mieux venue, la mieux rendue en tons chauds, comme ensoleilles.\nL'orchestration et les parties chorales se recommandent aussi par l'accent personnel.\nÉMILE PESSARD (VÉvénement) :\nTout le 2e tableau de Thamara est réussi. Le chœur dansé est empreint d'un charme,indéfi-\nnissable. Les motifs dont il se compose sont empruntés aux gammes asiatiques. M. Bourgault-\nDucoudray en a tiré très heureusement parti. Je signale le chœur à 5 temps : « Au charme uyant\nd'un rêve », qui est fin et gracieux, et, par-dessus tout, le beau Duo de Nour-Eddin et de\nThamara, dramatique, passionné, et d un tour très mélodique.\nALPHONSE DUVERNOY [la République jrançaise) :\nLa partition de Thamara, dans son ensemble, est vigoureuse, d'une architecture dun\ndessin bien arrêté Les chœurs sont en général franchement venus et fort bien traites. La\ndisposition des voix est parfois même très ingénieuse A côté des lamentations du ior tableau,\ndes ensembles éclatants, il convient de citer les jolis chœurs de femmes du 2e tableau et spécia-\nlement celui à 5 temps, qui est d'une couleur délicieuse. Toutes les phrases du grand Prêtre ont\nun caractère élevé, et Thamara, dès son entrée, chante quelques mesures expressives qui posent\nbien le personnage. Le point culminant de la partition est le Duo d'amour, qui tient poui ainsi\ndire, à lui seul, tout le 2e tableau.\nVous trouverez là une inspiration véritable, chaude, colorée, qui témoigne chez le compositeur\nd'un tempérament dramatique peu ordinaire. La salle entière a applaudi cette belle page,\ncomme elle le méritait.\nD'identiques appréciations [pour le fonds) étaient données dans toute la presse.\nNous avons sous les yeux 1 éloge très vif de Thamara par Dom Blasius (/ Intransi-\ngeant), Albert Dayrolles [le Parti national), Paul Lordon [le Mot Tordre), Victor\nWilder [Gil Blas), Scapin (l'Orchestre), Gustave Doret [la Gazette), A. Spoll [la\nBataille), Valère [VAutorité), Marcel Fouquier [XIXe Siècle), Charles Martel\n[la Justice), Henri des Houx [le Matin), de Lomagne [le Soir), A. Trust {le Siècle).\nSans doute, quelques-uns de ces honorables journalistes ne pèsent pas toutes\nleurs paroles ; et tel d'entre eux qui parle de « modes persans » eût été embarrassé\nsi on lui avait demandé ce qu'il entendait par là. Mais peu importe ; lefaitessentiel\nqui ressort avec une grande netteté de ces témoignages, c'est que Thamara fit,\ndès le début, une excellente impression. On m'assure que le Bon Marché a vendu\ndes chapeaux ou des ombrelles Thamara !.... Or, cette œuvre pour des causes\ndont il n est pas opportun de donner le détail n'a été jouée que trois fois. Nous\ndemandons qu'on nous la fasse entendre aujourd'hui à titre de nouveauté, et\nnous nous appuyons, pour formuler ce vœu, sur le témoignage unanime de la\npresse musicale.\nVers vous, Monsieur le Ministre, se tourne une sérieuse espérance !\n\nC."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.11", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nCOURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nLE MODE MINEUR ET L’ « OPPOSITION »\n(Résumé par M. E. Dusselier.)\n\n(suite)\nJe vais faire connaître les efforts de quelques modernes théoriciens pour ex-\npliquer l'accord mineur. 11 y a dans leurs doctrines beaucoup d'esprit, comme on\naurait dit autrefois, et un peu de subtilité. Ces doctrines sont des constructions\nhabiles à l aide desquelles on a essayé de rendre compte d'un fait. L'essentiel,\npour nous, est de savoir que ce fait est bien réel ; quant à sa genèse et à sa\ncause, il paraît téméraire de les chercher, et il n'est pas indispensable de les\ntrouver. Nous ne pouvons qu'examiner avec curiosité les explications proposées\net les inscrire dans l'histoire de la grammaire musicale, tout en les considérant\ncomme des manières de voir subjectives. J'ai déjà fait la bibliographie de ce\nsujet ; je n'y reviendrai pas.\nMoritz Hauptmann. qui est un philosophe en même temps qu'un artiste, déve-\nloppe un principe général qui peut être ainsi résumé: « Toute forme intelligible\nrepose sur un contraste donné qui la constitue. » Cette idée a fourni en France la\nmatière d'un livre très curieux et très beau, celui de M. Tarde (1897), que j'ai signalé\ndans ma dernière leçon (1) ;on peut même dire qu'elle est très ancienne. De très\nbonne heure, l'homme a été frappé de ce fait que les choses forment des couples de\ncontrastes enchaînés, et que toute notre connaissance du monde extérieur notre\nconnaissance même, sous la forme la plus générale et la plus abstraite consiste\nà trouver dans les objets qu'elle étudie des oppositions en même temps que des\nressemblances. Aristote s'en était préoccupé, et, avant lui, les Pythagoriciens (2)\navaient établi, de façon un peu naïve, la liste des contrastes fondamentaux de\nl'Univers. Le mérite propre de Hauptmann est d'avoir étudié ce principe dans le\ndomaine des arts du rythme, en particulier dans la musique, et de l'avoir\nintroduit dans l'explication du mode majeur et du mode mineur.\nIl veut prouver que 10 : 12 : 15 (formule du majeur) est 1 inverse ou l'opposé\nde 4 : 5 : 6 (formule du mineur). Pour cela, par une opération ingénieuse, il\nexprime la première série de rapports sous forme fractionnaire, et il pose\nt:f:11 ou 4 :45: 6- Ensuite, il constate qu'entre 12 et 15 il ya le même rapport\n\n(1) « D'un simple regard sur l'univers, nous croyons voir que tout s'y oppose : antipodes\nconcave et convexe qui se font vis-à-vis, équilibre des forces qui se neutralisent, réaction\npartout égale et contraire à l'action, polarité physique, interférences des ondes entre-heurtées,\nmouvements inverses des corps célestes, des molécules l une sur l'autre, des électricités de même\nnom qui se fuient, des électricités de nom contraire qui s'attirent. Et ce n'est pas tout : symétrie\nuniverselle des cristaux, symétrie universelle des formes vivantes, symétrie rayonnante ou bilaté-\nrale d'un bout à l'autre de la vie; lutte des êtres vivants, concurrence vitale; antithèse psycho-\nlogique du plaisir et de la douleur, du oui et du non, de l'amour et de la haine, delà crainte et\nde l'espoir; antinomie sociale des croyances qui s'entrenuisent, des volontés qui s'entre-combat-\ntent, des armées et des partis, des pouvoirs même qui, dit-on, doivent se contre-balancer. » (Tarde,\n/ Opposition universelle, p. 8-9). La musique peut figurer dans cette brillante énumération.\n(2) Ibid..p. 60."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.12", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nqu'entre 4 et 5, puisque 12 et 15 soumis à un diviseur commun, 3, donnent jus-\ntement 4 et 5; et qu'entre 10 et 12 il y a le même rapport qu'entre 5 et 6,\npuisque les 2 valeurs, soumises àun diviseur commun, 2, donnent s'• si bien\nque l ordre des deux rapports est interverti dans les deux groupes. 11 présente\nles éléments du second groupe, comme il a fait pour le premier, sous forme\nfractionnaire :\nce qui équivaut, si I on supprime le rapport commun (jj et si 1 on réunit 1 en-\nsemble dans une même formule, à 5.3. 4- Enfin, s appuyant sur ce principe\nd'après lequel a-1 = il donne, comme dernier terme de son symbolisme, 1 aspect\nsuivant aux deux formules :\nComme on le voit, elles sont exactement l'opposé l'une de l'autre. Ilaupt-\nmann les commente avec un esprit philosophique et une terminologie qui ne\nlaissent pas de rappeler la manière de Hegel. Il y a dans l'accord majeur unité\npositive (+ i), dans l'accord mineur unité négative ( i). De lun à l'autre, tout se\nrenverse. Le premier est actif, le second est passif, etc...\nCela est fort ingénieux, mais rien ne nous dit qu'il y ait là autre chose qu'un\njeu d'écriture et d'arithmétique, une notation intéressante à faire sur le tableau\nnoir, un exercice récréatif analogue à ceux qu'on trouve à la quatrième page de\ncertains journaux illustrés. La réalité objective des choses, l'expérience confirme-\nt-elle cette vue de l'esprit ? Une réponse affirmative à cette question a été proposée\npar les deux théoriciens Von Ôttingen et Riemann. Le premier s'est flatté de\nfaire descendre et apparaître, dans une démonstration précise et scientifique,\ncette idée d'opposition et de renversement qui, avec Hauptmann, était restée\nencore dans les nuages de l'abstraction philosophique. Le livre de Von Ottingen\nressemble à celui de Helmholtz, quoiqu'il ait moins d ampleur ; c'est l'ouvrage\nd'un professeur de physique bien capable de rebuter le lecteur vulgaire, dépourvu\nde compétence spéciale ou de courage. Au fond, cependant, les choses sont très\nsimples et très claires (au moins si on les regarde dans l'exposition qui en est\nfaite).\nVon Ottingen introduit dans l'analyse d'un accord un double point de vue qui\nn'avait été ni celui de Hauptmann, ni celui de Helmholtz. Ce double point de vue\nconsiste : i° à rechercher le son dont les notes composant l'accord peuvent être\nconsidérées comme des harmoniques ; 2° à rechercher l'harmonique commun que\npeuvent avoir les trois notes. La première enquête est dirigée vers le registre\ngrave, la seconde vers le registre aigu. C'est la conlrontation des phénomènes\nqui se produisent dans l'une et l'autre région qui permet de comparer l'accord\nmajeur et l'accord mineur ; c'est d'elle que sortira, comme nous l'avons déjà vu\nà propos de Rameau, l'idée d'opposition et de symétrie parfaite.\nSoit l'accord : do-mi fi -sol.\nLes intervalles do-mi, mi-sol et do-sol peuvent tous être considérés comme\nles parties intégrantes et composantes d'un même son grave, ut. Mais, en même\ntemps, ces trois sons ont des harmoniques. Lesquels ?"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.13", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nLes deux notes de 1 intervalle do-mi ont pour harmonique commun mi (5e har-\nmonique de do) ;\nLes deux notes de l'intervalle mi-sol ont pour harmonique commun si (1\nmonique de do) ;\nLes deux notes de l'intervalle do-sol ont pour harmonique commun sol har-\nmonique de do).\nEt si nous cherchons Vharmonique commun à ces trois notes, nous trouvons la\nnote si (15e harmonique du do de l'accord majeur, note sensible de la gamme\nde do).\nSoit maintenant l'accord mineur do-mib -sol. Soumettons-le àla même ana-\nlyse.\nLes notes de l'intervalle mi \\> -sol peuvent être considérées comme les parties\nintégrantes et composantes d'un même son grave, mi ;\nLes notes de l'intervalle do-mi\\> peuvent être rattachées au son fondamental\nla ;\nLes notes de 1 intervalle do-sol peuvent enfin être rattachées au son fonda-\nmental do.\nEt si nous cherchons la note à laquelle les y notes do mi\\> sol peuvent être rat-\ntachées comme étant ses harmoniques, nous trouvons la note (dont le sol de\n1 accord mineur est le 15e harmonique), note sensible supérieure de la gamme\nde sol.\nCe sol aigu est l'harmonique commun des trois notes Do-mi-sol.\nAu tableau que Von Ôttingen a dressé de ces constatations, je substituerai,\npour plus de clarté, le schéma suivant :\nLes harmoniques supérieurs sont appelés sons phoniques ; et lorsque l'un\nd eux est commun aux trois notes d'un accord, ils constituent la phonicité de cet\naccord. Les sons graves sont appelés sons toniques ;et lorsque l'un d'eux est\ncommun aux trois notes d'un accord, il constitue la tonicité de cet accord. Telle\nest la terminologie nouvelle, d'ailleurs très légitime, imaginée par Von Ôttingen.\nIl suffit d examiner le schéma ci-dessus pour y voir de curieuses inversions\nde phénomènes, des contre-similitudes précises :\nr'Les notes de 1 accord parfait majeur ont des harmoniques (ou sons pho-\nniques) constituant un accord parfait mineur (mi-sol-sij ;\n2° Les notes de l'accord parfait mineur conséquence naturelle de cette\nsituation ont pour fondamentales trois notes constituant un accord parfait\nmajeur ;\n3° L accord parfait majeur est, au point de vue phonique, dissonant (puisque\nle si naturel ne s'accorde pas avec une des fondamentales, ut) ; mais, au point de\nvue tonique, il est consonant ;"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.14", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\n4° L'accord parfait mineur, inversement, est, au point de vue phonique, conso-\nnant (à cause de l'harmonique commun sol), mais, au point de vue tonique, il est\nofiso/îa;*/(puisque le la b ne s'accorde pas avec sol H) ;\n5° Si l'on compare la place des harmoniques, on trouve que ceux de 1 accord\nparfait (mi-sol-si) sont éloignés de la note grave de cet accord (do), juste par la\nmême distance qui sépare les sons toniques lab-do-mi & de la note supérieure de\nl'accord mineur (sol).\nTelles sont les observations faites par von Ôttingen; je ne crois pas en\ndiminuer le mérite en disant qu elles paraissent, à première vue, d une simplicité\nquasi enfantine. Il est certain que les deux groupes de phénomènes dans lesquels\non observe la connexion du mineur au majeur (en allant d'abord des sons\nphoniques à l'accord réel, puis, dans une seconde observation, de 1 accord réel\naux sons toniques), ces deux groupes, dis-je, se réduisent à un seul, si on admet\nle principe de la théorie et de la démonstration, le phénomène, la seconde fois,\nse produisant un peu plus bas, sur d'autres degrés de l'échelle des sons, mais\nrestant le même. Si la connexion est une première fois établie, elle doit forcément\nse reproduire partout, quelle que soit la place que l'on choisisse, et l'idée de\nrenversement semble se produire de la façon la plus naturelle du monde, lors-\nqu'on juxtapose la fin de la première série de faits avec le commencement de\nla nouvelle série répétée, dans laquelle les mêmes rapports se produisent avec\nle même ordre. Toute la question est de savoir si une opération de ce genre est\narbitraire; si les deux termes qui constituent l'opposition, dans chaque groupe,\nsont réels, ou bien si tous les deux (sons phoniques et sons toniques), Yun d'eux\ntout au moins, n'est pas autre chose qu'une vue de théoricien, un moyen d'ex-\nplication créé par l'esprit d'analyse. En d'autres termes : je sais que les sons\nd'un accord quelconque produisent des harmoniques, et que dans le cas où ils\nont un harmonique commun, on a là un moyen de les juger et de les coordonner\nen les ramenant à l'unité; je vois très bien d'autre part que si on considère ces\nsons comme étant eux-mêmes les harmoniques d'un ou plusieurs sons graves,\non a un autre point de vue pour apprécier leur cohésion ; et quesi cette méthode\nest appliquée à deux accords différents, elle provoque les constatations que\nnous avons faites. Mais les sons d'en bas (sons toniques) existent-ils au même\ntitre que les sons partiels d'en haut (harmoniques ou sons phoniques)? Les choses\nse passent-elles dans la nature telles qu'on les présente sur le papier imprimé\nou sur le tableau? La discussion de ce problème m'amène à parler de la der-\nnière partie de l'histoire de cette théorie dans laquelle réapparaissent, mais\npoussées parfois jusqu'à d'excessives exagérations (i), des idées que nous avons\ndéjà rencontrées dans les ouvrages de Rameau. Le mérite d'Ôttingen et de Rie-\nmann est d'avoir voulu faire la lumière dans une question agitée depuis si\nlongtemps.\nOn sait ce qu'est la vibration par influence. S'il y avait dans cette salle une\ncorde tendue qui, touchée à vide par un archet, donnerait un la, cette corde se\nmettrait à vibrer doucement, toutes les fois qu'une note (de même hauteur)\n\n(l) J appelle ainsi la prétention qu'on a eue de montrer que le phénomène dont il va être ques-\ntion (subdivision systématique d'un corps sonore) se passait dans notre oreille, et que les libres\nminuscules qu'elle contient (fibres dont le rôle est encore si mal connu) étaient soumises aux\nmêmes lois que les cordes vibrantes"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.15", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nserait émise à côté d'elle soit par un instrument, soit par la voix humaine. Ce\nqu'il y a de plus remarquable, c'est la façon dont se comporte la corde lorsqu'on\német à côté d'elle un son qui n'est pas l'équivalent exact de celui qu'elle donne,\nmais un de ses harmoniques. Supposons que la corde observée donne le son 6.\nLorsque le son 24, 4e harmonique ou 2e octave, sera émis, la corde présentera\ndeux phénomènes qu'il faut distinguer : i° elle se subdivisera d'elle-même en\nplusieurs parties dont chacune, animée de vibrations indépendantes, don-\nnera le son 24; 20 elle sera animée d'un mouvement total, pas assez rapide pour\nproduire un son, mouvement réel cependant, et qui s'arrête dès que le son exci-\ntateur est supprimé. C'est l'expérience « reconnaissable à l'oreille, à l'œil et\nau tact », que Rameau soumit au jugement de l'Académie des Sciences et dont\ntrois commissaires Dortous de Mairan, Nicole et d'Alembert déclarèrent\navoir été témoins en 1749. Ainsi donc, si le son 6 produit le son 12, le son 12,\nà son tour, agit sur la corde ou partie de corde qui peut produire le son 6. Il y a\nréversibilité des deux actions. De là la croyance aux harmoniques inférieurs,\nsuite de rapports qui serait la série retournée des harmoniques supérieurs :\nSi on disposait les deux séries sur une même ligne verticale, si on représen-\ntait les sons et les intervalles par des objets et des distances matérielles, la série\ninférieure serait comme l'image de la série supérieure, réfléchie dans une surface\ntransparente. C'est ce que M. Riemann appelle la polarité des harmoniques (der\npolarische Gegensatz).\nTout cela est fort séduisant ; mais il reste toujours cette difficulté : c'est que\nles harmoniques inférieurs ne sont pas entendus ; on déduit seulement leur\nexistence des phénomènes qui les indiquent, et pourraient les réaliser. Ce qu'il\ny a de certain, c'est le mouvement léger, le « frémissement », commedisait\nRameau, qui ébauche la vibration d'où ils sortiraient ; ce qu'il y a de moins\nprouvé, c'est cette égalité d'importance qu'on attribue aux phénomènes produits\ndans la région grave et à ceux qui se produisent à l'aigu. 11 est donc très\ndifficile à la théorie de faire le dernier pas décisif qui la mettrait à l'abri de\ntoute objection.\nAvant de terminer je dois mentionner une dernière méthode d'exposition qui\nest moins ambitieuse, mais qui, par un côté, présente encore une certaine\nanalogie avec les précédentes, puisqu'elle permet de faire reparaître 1 idée\nd'opposition sous une autre forme. C'est la méthode pythagoricienne, repré-\nsentée aujourd'hui par M. Gevaert.\nVous savez que la genèse de notre gamme diatonique majeure a été expliquée\npar une série de quintes : fa-do-sol-ré-la-mi-si.\nDans cette série, la tonique occupe la seconde place. D'où il suit que pour\npasser au mineur (/a), la tonique doit avancer de trois quintes, ainsi que le degré\nqui la précède (sous-dominante) et les deux degrés qui la suivent (dominante"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.16", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\net 2e degré) ; ces quatre degrés vont donc se trouver, en mineur, à 1 extrémité\ndroite de la série ; et les trois degrés qui ont été dépossédés à droite viendront\nse placer à gauche :\nC'est un chassé-croisé qui aboutit à un renversement symétrique. Les trois\ndegrés la, mi, si (VI, 111 et VII) ont reculé chacun de 4 quintes. Le la, (VIe degré)\nqui était sixte majeure, est devenu sixte mineure ; le/wi, qui était tierce majeure, est\ndevenu tierce mineure : le si qui était septième majeure, est devenu sixte mineure.\nMais ce n'est là qu'un moyen d'exposition ; car il est superflu, comme je 1 ai\ndit, d'égrener le rosaire des quintes pour expliquer la gamme...\nIl faut maintenant conclure.\nJ'ai examiné consciencieusement les ouvrages dans lesquels on trouve une\nthéorie du mode mineur. Tous mettent en lumière, chacun à sa façon, une idée\nque j'ai présentée sous un grand nombre d'aspects et qui se retrouve partout :\nc'est que le mineur est Yopposé du majeur. Quant à expliquer la genèse de cette\nopposition, il n'y a pas une seule théorie qui soit absolument satisfaisante, c'est-\nà-dire sans lacune. Les Allemands, avec une ingéniosité singulière, se sont\nefforcés d'établir le contraste ou le renversement dont il s'agit sur des fait d'obser-\nvation ; mais une partie de ces faits échappe à l'expérience directe, et on peut\nreprocher à quelques penseurs d'avoir cédé à la tentation de faire quelquefois de\nfausses fenêtres, comme les architectes, pour la symétrie. Cette tendance a été\nsignalée chez les philosophes de l'Allemagne (Kant, Hegel) ; on la retrouve chez\nles théoriciens de la musique. Il faut accepter une idée quand elle est juste, mais\nil ne faut pas vouloir, à tout prix, la justifier par des faits qui lui sont rebelles\nou dont on n'est pas parfaitement sûr. Celui qui me paraît, en somme, être resté\ndans la mesure, et avoir montré la prudence la plus raisonnable, c'est Rameau.\nJe disais à propos d'une partie de son livre (Démonstration du principe de\nl'harmonie) qu'on y trouvait plus d'esprit que d'observation et de vérité ;\nmais je retire cette formule d'un jugement d'ensemble. Rameau a parfaitement\nvu l'opposition du majeur et du mineur; mais il s'est arrêté à temps lorsqu'il\nentreprenait de prouver cette opposition à 1 aide d'une double série d'harmo-\nniques.\nNous dirons donc, au risque d'aboutir à une conclusion bien banale, après\navoir suivi un chemin qui ne manquait pas de broussailles : l'accord parfait\nmineur est constitué par l'ordre inverse des rapports qui produisent l'accord\nmajeur. En musique, tout peut se ramener à ces deux types de consonances. Nous\nacceptons donc le dualisme, sans accepter toutes les prétendues démons-\ntrations qui lui font cortège.\nAux deux principes, nous accordons une importance égale. Non seulement\nnous n'acceptons pas que le mineur soit regardé comme une corruption du\nmajeur, mais nous lui attribuons, dans l'art populaire comme dans l'art\nclassique, un rôle aussi grand et aussi ancien."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.17", "texte": "L ORCHESTRE A L ÉPOQUE DE J.-S. BACH ET DE HYENDEL\nR. M.\n16\n\nEcartons une objection. Les règles concernant l'enchaînement des accords et\nleur résolution sont les mêmes pour les deux modes, et tout ce qui est dit, dans\nles traités d'harmonie, pour le majeur, vaut aussi pour le mineur. L'organisation\nétant la même des deux côtés, ne semble-t-il pas que le majeur ait seul une\nexistence réelle, et que le mineur ne vive que d'emprunts ?\nC'est un peu comme si on disait : « Voici deux êtres vivants. Ils n'ont pas la\nmême forme : mais, au point de vue anatomique et physiologique, ils sont faits\nsur le même plan. Donc, l'un d'eux seulement est réel ! Le second n'est que sa\ncopie !.... »-— Cette manière de voir serait inadmissible.\n\nJULES COMBARIEU.\n\nL'orchestre à l'époque de J.-S. Bach et de Händel.\nLes instruments à vent : le hautbois, le basson, les cuivres.\n\n(D'après Mr. J.-A. Fuller Maitland, dans le vol. IV deI'OxFORD lIISTORY OF\nMUSIC, publication commencée en 1901, Oxford, at the Clarendon Press.)\nLes hautbois sont les plus anciens des instruments de l'orchestre en bois et à\nvent ; ils ont tenu la première place durant toute la période de Bach et de Ilàn-\ndel. Fait à noter : lors de la commémoration solennelle de Handel, en 1784,\nil y avait seulement six flûtes contre vingt-six hautbois et autant de bassons!\nLes hautbois étaient employés communément à l'unisson des violons. Bien\nsouvent, on leur confie la tâche de conduire un dialogue avec les trompettes ;\nnous devons nous souvenir, pour expliquer cela, du nombre énorme de haut-\nbois employés dans l'orchestre de Handel, et aussi de leur ancien emploi comme\nprincipaux exécutants des parties hautes dans la musique militaire. Eux et tes\nbassons étaient une partie essentielle du plein orchestre ; pour un petit corps de\nmusiciens, dans l'accompagnement des soli, aucune combinaison n'est plus sou-\nvent employée qu'une simple partie de hautbois avec des instruments à cordes ;\net en dépit de 1 « Evelina » de miss Burney, qui dit que le hautbois en plein air\nest céleste? nous nous heurtons à la difficulté de comprendre comment des audi-\ntoires du xvine siècle pouvaient supporter le son strident d'un nombre de haut-\nbois quelquefois égal à celui des violons, et jouant constamment. Le hautbois\nd amour, qui était 1 instrument favori de Bach, avait un son plus semblable à\ncelui du coi anglais, étant d une tierce mineure au-dessous du hautbois et la\nfoi me de 1 anche étant quelque peu différente. L'autre variété qui est fréquente\nchez Bach et ailleurs est le hautbois da caccia (de chasse), bien décrit dans le\ndictionnaire de Grove comme un basson élevé d une quarte, tandis que le cor\nanglais, avec lequel il est souvent confondu, est un hautbois baissé d'une\nquinte. Quoique le basson, et la chose est curieuse, ne se montre pas dans la\npaitition de la Passion selon saint Matthieu, Bach l'emploie fréquemment dans\nles cantates et ailleurs ; dans le Quomam de la messe en si mineur, il y a\ndeux parties obligato avec le « Corno da caccia ».\nAvant de passer aux instruments en cuivre en usage, il peut être bon de\n1 emai quer que la clarinette, quoique apparemment inventée, sous une forme\nou une autie, dès 1690, ne fit son entrée dans un orchestre régulier que long-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.18", "texte": "L'ORCHESTRE A L'ÉPOQUE DE j.-s. BACH ET DE H^ENDÈL\n\ntemps après Bach et Hândel. Seulement, à l'époque de Mozart, elle fut définiti-\nvement établie comme un élément important du plein orchestre. Les qualités de\nson du hautbois et de la flûte sont énumérées ainsi dans un passage intéressant\nde Essay on musical expression, de Avison (i) :\n« Le hautbois exprimera mieux le « cantabile » ou le genre du chant, et peut\n(( être employé dans quelque mouvement que ce soit sous cette dénomination,\n(( spécialement dans les mouvements exprimant la gaieté et la joie. Dans les\n« compositions pour la flûte allemande on emploie la même méthode de procé-\n« der par « degrés conjoints » ou tels autres intervalles naturels qui, d'après la\n« nature du son, exprimeront le mieux la langueur ou la mélancolie. Pour ces\n« deux instruments l emploi des « clefs extrêmes », celui des « staccato » ou la\n« séparation distincte des notes, de même que tous les sauts irréguliers et les\n« intervalles inégaux et brisés doivent être évités ; c'est pour cette raison seule\n« que ces instruments ne devraient jamais être employés dans les parties ripieno\n« (tutti) des concerti pour violons, mais seulement dans les morceaux qui\n« sont composés pour eux ; et ces instruments pourraient être introduits comme\n« principaux dans quelques mouvements intermédiaires du concerto, et y appor-\n« ter ainsi, non seulement une variété agréable, mais aussi y montrer leur expres-\n« sion différente, fort avantageusement. »\nCet extrait nous donne une preuve définitive que la coutume du xvme siècle\nde s'en tenir à des instruments spéciaux, pour certains mouvements, était consi-\ndérée suffisante pour varier les nuances, et que l'idée de donner aux flûtes ou aux\nhautbois des parties individuelles à tenir dans l'orchestre, parties plus appro-\npriées à leur caractère que leur servile accompagnement du violon, était plus\nou moins éloignée de l'esprit des musiciens de l'époque.\nAvant de nous arrêter aux vrais instruments de cuivre, il conviendra de par-\nler du cornet, ou zinkè, famille d'instruments dont l usage disparaissait rapi-\ndement du temps de Bach, même en Allemagne, oû ils durèrent le plus longtemps.\nMattheson, dans Der vollkomme Kapellmeister, mentionne le fait qu'ils deve-\nnaient surannés, à cause de la force de poumons requise pour en jouer. Ils\navaient été très populaires dans l'exécution de la musique d'église, comme tenant\nle dessus parmi les trombones, leur nature étant quelque peu semblable à celle\ndu trombone. Ils étaient faits de bois, recouverts de cuir, et avaient six trous\npour les doigts, et un pour le pouce, sur le côté inférieur ; un membre de cette\nfamille, le serpent, est resté en usage en Angleterre, aussi longtemps que des\nmusiciens campagnards eurent pour fonctions d'accompagner le chœur dans les\néglises de village. Cet instrument paraît avoir été plus connu en Angleterre\nqu'en Allemagne, car on raconte (2) que, lorsque Hàndel l'entendit pour la pre-\nmière fois, après son établissement en Angleterre, il demanda : « Que diable\nest-ce donc là? »et lorsqu'on lui eut dit que cet instrument s'appelait serpent,\nil répondit : « Oui ; mais certainement ce n'est pas là le serpent qui a séduit\nEve I »\nLes plus petits membres de la famille, les cornets, se rencontrent dans quel-\nques partitions de Bach et sont surtout employés à supporter les voix ; dans le\ncurieux orchestre d instruments à vent, qui fait le seul accompagnement de la\n\n(1) Page 95.\n(2) Rockstro, Vie de Handel (Uje of Hahdèl, p; 294Î"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.19", "texte": "L'ORCHESTRE A L'ÉPOQUE DE j.-s. BACH ET DE H/ENDEL\n\ncantate OJe su Christ, mein Lebens Licht, le cornet se montre avec ses compa-\ngnons habituels, les trois trombones et deux instruments marqués lituus, qui\nsont évidemment des espèces de trompettes n'appartenant pas à la famille du\ncornet, comme il est supposé dans le Lexique de Walther. (Voir la préface de\nla Bach-Gesellschaft, XXIV, p. xxxi.)\nArrivant maintenant aux vrais instruments de cuivre, nous voyons que les\neffets solennels des trombones, que nos compositeurs modernes ont employés\navec tant de succès, le furent déjà au temps de Bach. Bach fait usage de quatre\nparties de trombone dans Ich halte viel Bekummerniss, et dans beaucoup d autres\nendroits où une impression spéciale de grandeur est requise.\nL'usage spécial de certains instruments, comme celui des cors pour la chasse\net des trompettes pour signaux militaires, doit avoir suggéré leur emploi dans\nl'orchestre à une date fort éloignée, pour l'expression d'effets particuliers ; la\ntrompette obtint son entrée dans l'orchestre régulier bien avant le cor, et devint,\nau temps de Bach, un instrument favori pour les parties obligalo les plus élabo-\nrées, telles que celles de la messe en si mineur et dans beaucoup de cantates.\nCes passages étaient considérés injouables sur la trompette habituellement\nemp'oyée dans la musique moderne, et ce fut seulement par un heureux hasard\nqu'un Allemand, M. Kosleck, découvrit dans une boutique de curiosités, à Ber-\nlin, les débris d'une vieille trompette qui lui permirent de reconstituer l'instru-\nment pour lequel Bach écrivit ces parties. Quand cette trompette, découverte à\nnouveau, fut entendue pour la premièrefois en Angleterre, au Bachchoir festival,\nen 1885, à l'Albert Hall, l'effet qu'elle produisit fut étonnant parla beauté et la\ndouceur du son ; dans ses notes supérieures qui atteignent le ré élevé de la voix\nde soprano, le son est presque plus semblable à celui d'une puissante flûte qu'à\ncelui que nous associons généralement à la trompette.\nCe n'était pas une restitution absolue, car la nouvelle trompette a des clefs\ninconnues à l'ancienne ; mais c'est quelque chose ressemblant bien plus à elle\nque tout ce qui avait été fait jusqu'à ce jour. L'ancienne trompette est probable-\nment l instrument mentionné par Burney (1), comme la longue trompette enten-\ndue dernièrement à Londres ; s'il en est ainsi, il est curieux qu'aucune autre\ntradition ne reste de son emploi. Le groupe des trompettes était divisé en\nClarini et Principale comme dans le Te Deum de Hàndel et la cantate de Bach,\nDemi du wirst meine Seele ; de ces passages et d'autres similaires il est conclu\ndans le dictionnaire de Grove (s. v. Trumpet) que la Principale était, évidem-\nment, un instrument de fort calibre, d'un son hardi ressemblant à notre trom-\npette moderne. Apparemment c'était le son de huit pieds, actuellement en usage»\nLes passages fleuris, mais moins importants de la partition, étaient confiés\naux trompettes Clarini I et 11, une octave au-dessus de la trompette Princi-\npale. Elles étaient probablement d'un calibre moindre et entièrement subor-\ndonnées à la grande Principale, autant au point de vue du sujet que pour la\nsupériorité du son.\nLa difficulté de produire sur le cor de chasse [corno da caccia) les harmo-\nniques naturels semble avoir été la principale raison de son adoption tardive\ncomme partie de l'orchestre régulier, en 1717, Lady iMary Wartley Montagu se\n\n1) Présent state oj music in Gerrn.my, ii 42 (Etat actuel de la musique en Allemagne)»"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.20", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n\nplaint du goût des Viennois pour cet instrument qui, à son avis, produit un\n« son assourdissant ».\nLe chœur final du Radamisto de Handel (1720) est un fameux piemier exemple\nde son emploi et àla date de la messe de Bach, en si mineur (où il est employé\ncomme un obligcito au solo de basse Quonictiri), il semble a\\oii perdu son îôle\nspécial de suggérer 1 idée d une musique de chasse. Handel emploie deux cois\ndans le passage auquel nous faisons allusion, et trois ans plus taid, en 1723,\ndans Giulio Cesare, il met quatre cors dans le premier chœur. A paitii de ce\nmoment les cors apparaissent d une manière assez régulière dans les partitions\nde ces opéras; mais, même dans ce cas, ils ne sont employés que poui de cer-\ntains numéros spéciaux.\n\nG.-MARIE ADENIS.\n\nThéâtres et Concerts.\n\nMONTE-CARLO\n\n: Première représentation de Hans, le Joueur de flûte, opéra\ncomique en trois actes, de MM. Maurice Vaucaiie et Geoiges Mitchell,\nmusique de M. Louis Ganne.\nLa riche cité de Milkatz, dont les auteurs font la capitale d'un pays imaginaire\nsitué entre la Hollande et les Flandres, vers la fin du xvme siècle, n'est plus peu-\nplée que de citoyens âpres au gain, dépourvus de tout idéal, uniquement préoc-\ncupés d'un commerce des blés. Jadis, à la fête de saint Grégorius, on célébrait\nun concours de belles poupées artistiques; mais aujourd'hui la petite bête est\nmorte; et l'on bafoue le poète Yoris, qui voudrait, le jour de la fête revenu, ex-\nposer la poupée qu'il sculpta avec amour. Yoris a sa raison de vouloir faire\ncouronner sa poupée : il aime Lisbeth, fille du bourgmestre Pippermann, et a\nfait son chef-d'œuvre à l image de sa fiancée idéale. Le pauvre \\ oris n aurait\nplus, devant le refus unanime, qu à piquer une tête dans le canal si ne surve-\nnait un être bizarre, mi-mendiant, mi-sorcier, Hans, le joueur de flûte, qui s'en\nva, de ville en ville, ressusciter un peu le bel idéal d'antan que veulent étouffer\nles convoitives bourgeoises. Hans possède le moyen de triompher : sa flûte est\nenchantée. 11 lui suffit d'en jouer pour que les graves échevins dansent comme\nde petites folles, pour que les chats, protecteurs subventionnés des greniers\npublics, aillent se noyer jusqu'au dernier, pour que tout un peuple de souris\nprenne leur place auprès des sacs de graines, pour qu'un navire chargé de blé\nchavire en entrant au port, pour que les greniers se mettent à flamber. Hans\naffole de ses tours, qui sont de méchants tours, la population mercantile de\nMilkatz, et ne consent à réparer ses maléfices et à devenir, au contraire, le bien-\nfaiteur de la cité, que si les habitants, élevant plus haut leurs âmes, rétablissent\nles beaux concours artistiques de jadis, permettent aux amoureux qui s'adorent\nde s'épouser sans que soit agitée la question des gros sous ; bref, à la faveur\nde divers épisodes, ingénieux autant que variés, et qui vont de la scène senti-\nmentale de fine comédie aux facéties de bouffonnerie classique, Hans mène\nla pièce, et tout en mariant Lisbeth à Yoris, déduit la petite thèse de cette opé-\nrette (qui est une vraie comédie musicale), c'est-à-dire que nul ne peut être heu-"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.21", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n\nreux sans un peu d'idéal. C'est le triomphe de l'amour et de la douce bonté.\nLes trois actes de ce gentil conte bleu sont très agréablement conduits par\ndeux hommes de théâtre qui ont voulu surtout rester artistes : à ce titre, leur\npièce est fort bien venue, adroitement filée, d'un tour délicat, et a la saveur\nd'un proverbe qui serait lyrique. Par sonsujet, parla manière dont l'action est\nmenée, par la forme du dialogue et des vers, cette pièce s'écarte franchement de\nl'opérette habituelle. Elle obtiendrait, je crois, un gros succès sur une scène\npopulaire : car c'est du théâtre populaire, fait pour plaire aux grands et aux\npetits enfants.\nLa partition de M. Ganne est bien jolie, d'une élégance et d'une distinction\nqui ont ravi le public. Lui aussi s'est écarté des formules de l'opérette. Il y a\ndans Hans le joueur de flûte deux éléments très caractéristiques : les ensembles\nsonores et rythmés, et les pages sentimentales, traitées en mélodies détachées,—\nle tout s'efforçant avec bonheur vers l'originalité, hors des sentiers battus. On\nne retrouve là ni les traditionnels petits couplets de diction ni les duos à refrain,\nni les chansons à boire, ni tout ce dont a vécu l'opérette. M. Ganne a su rester\nmusicien, et joli musicien, d'un bout à l'autre de son oeuvre. Il fut aussi artiste\nque les deux lettrés, auteurs délicats de ce livret qui mérite le titre de poème.\nParmi les morceaux qui ont été le plus chaleureusement applaudis, il faut\nmentionner :au premier acte, le chœur De sac en terre, qui est une heureuse\nadaptation delà vieille chanson bourguignonnede « la Vigneauvin » ; les stances\nde Yoris, Pauvres poupées] la jolie déclaration que lit la mignonne Lisbeth ; le\nRondo de Hans ; et, au finale, la délicieuse valse Petits minets, petits minous\n—au second acte: 1 Q Rondel d'ôoris : Vous ne pas me comprendre ; le\ndélicieux duo de Lisbeth et Hans : Mon cœur a des peines, avec son exquis dia-\nlogue de vocalises ;le délicat ensemble Mais il ny a pas de corne, la Chanson\ndelà flûte, d'une fière allure; et le finale, d'un tour bien populaire. Enfin,\nau troisième acte, l'ensemble de duo Un son de plaisir ; le cortège des poupées,\nd'une sonorité puissante ; et les couplets aux poupées, de Hans, Poupée aimable\net jolie, qui sont le clou de la partition.\nPièce et musique ont remporté un brillant succès.\nL'interprétation comporte deux sortes de rôles, nettement tranchés : les rôles\nmusicaux, et les rôles de comédie ; M. Ganne, par une innovation qu'il convient\nde signaler, a voulu que la partie musicale fût toute confiée à des voix, artistes\nou chœurs, et s est contenté de souligner par des accompagnements d'orchestre\nles dialogues destinés à être chantés par les comiques : la partition y gagne\nd'être beaucoup plus musicale, et les comédiens y gagnent, eux aussi, de pou-\nvoir rester naturels sans forcer leur talent.\nM. Jean Périer a délicieusement chanté le rôle de Hans, qu'il compose avec un\nart exquis : il y met de la fine ironie, de la malice, et un sentiment lyrique très\nprofond. Mllc Mariette Sully est une adorable Lisbeth, fine, légère, un brin\nespiègle, avec une pointe bien jolie d'émotion. Et M. Alberthal fait sonner sa\nbelle voix de baryton dans le rôle d'Yoris.\nM. Poudrier joue avec une rondeur comique très amusante le rôle du bourg-\nmestre Pippermann ; MM. Brunais et Maurice Lamy composent deux types\nbien pittoresques d'échevins. Les autres rôles sont tenus, en parfait ensemble,\npar Mmes Jeanne Lambert, Jane Evans, M. Fernal, Gamy, Dupont, Moret et\nDubuisson."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.22", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n\nH ans le joueur de flûte comporte une mise en scène relativement simple : mais\nM. Coudert a voulu encadrer cette œuvre charmante dans des décors dignes\nd'elle. M. Visconti a brossé deux admirables décors. Et M. Landolff a exécuté\nde délicieux costumes.\nL'orchestre, dirigé par M, Ganne, a très brillamment détaillé cette délicieuse\npartition,\n' /\nv\n\nA. DE GUERCHE.\n\nAu 17e concert classique, M. Edouard Risler a interprété des œuvres clas-\nsiques de Beethoven, Wagner et des pages de Chabrier et de Liszt, avec une\nampleur et une pureté de style, une délicatesse et une puissance qui lui ont\nvalu un grand et beau triomphe.\nA signaler, au même concert, la première audition de Lustspiel-Ouverture, de\nM. Karl V. Kaskel, page d une orchestration savante et de belle sonorité.\nLe charmant opéra comique de M. André Messager, Véronique, avait ouvert\nla série des représentations de printemps que dirige M. Coudert. Tous les déli-\ncieux motifs de cette exquise partition ont retrouvé leur très vif succès habituel.\nC'étaient les principaux créateursparisiens de Véronique qui interprétaient ce joli\npetit chef-d'œuvre, Ml,e Mariette Sully et M. Jena Périer en tête, tous deux très\napplaudis, ainsi que MM. Maurice Lamy, Poudrier, Brunais, dont les trouvailles\ncomiques ont fait la joie du public. Mlle Lambert et Ml,e Jane Evans complétaient\nbrillamment cette excellente distribution. L'orchestre était dirigé par M. Dé-\nsiré Thibault.\nLa saison lyrique dirigée par M. Raoul Gunsbourg, sous le haut patronage\nde S.A. S. le p rince Albert de Monaco, a révélé le Démon, opéra fantastique\nen 3 actes et 6 tableaux, de Rubinstein après avoir duré deux mois qui furent\nbien remplis : car, en ce brel délai, le théâtre de Monte-Carlo a donné dix ou-\nvrages, dont sept n'avaient jamais été représentés sur la grande scène mo-\nnégasque ; ils ont donc nécessité un labeur considérable au point de vue des\nétudes comme de la mise en scène. Et, à constater l'éclat de ces belles soirées\nd art, on doit avouer que ce sont de véritables prodiges qui s'accomplissent à\nMonte-Carlo.\nParmi ces œuvres, trois étaient nouvelles : Mademoiselle de Belle-lsie, de\nM. Spiro Gamara, D Ancêtre, de M. Camille Saint-Saëns, et Don Procopio, de\nBizet. La restitution du Don Carlos, de Verdi, et la représentation du Démon de\nRubinstein équivalent à des créations. Ce fut une saison fructueuse pour l'art\nmusical.\n\nPAU.\n\nLes représentations théâtrales se succèdent au Palais d'Hiver toujours\navec le même succès. On a donné Carmen, Samson et Dalila avec Mlle Maria\nGav, une première, Hedda de M. Leborne avec Mllcs Mary Garnier et Gerville\nReache et M. Daubigné, fort ténor, sous la direction de l'auteur; Hamlet avec\nMmes Etty et Tournié, Carmen avec Mlle Thévenet. de l'Opéra-Comique, Roméo\net Juliette avec Mlle Vuillaume du même théâtre, etc.\nDans la salle du théâtre, les concerts de musique classique et moderne sont\ntoujours dirigés par M. Pennequin. Au 11e concert, à signaler la Symphonie en\nmi bémol de Georges Enesco (ile audition), Sur la mer lointaine, poème sympho-\nnique de M. Léon Moreau ( Ire audition' ; M,,e Etty a chanté d'une façon mer-"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.23", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n\nveilleuse un air de Gluck et un air de Hàndel. Au 12e concert, Rapsodie romaine\nde Georges Enesco (ire audition), César Franck, la Croisade des enfants, prélude\nde la 2e partie, de G. Pierné, Chabrier ; Mlle Etty a fait entendre un air à'Armide,\nde Gluck, et un air des Maîtres Chanteurs, de R. Wagner. Enfin au 13e concert\nclassique, Mendelssohn, Wagner; en Norvège, suite d'orchestre de M. Arthur\nCoquard (ire audition), Rimsky-Korsakow ;M. Loevensohn, du Quatuor Isaye,\na interprété sur le violoncelle un concerto de Haydn-Gevaci t et une Suite en 50/\nmajeur de J.-S. Bach, et Ml,e Mary Garnier a chanté avec une romance de\nM. Le Borne, un air de Judas Macchabée de Handel et les Variations de Proch.\nDans la salle des fêtes de l'hôtel Gassion ont eu lieu trois beaux concerts. Le\npremier a été donné par M. Luis Alonso, violoniste, avec le concouis de sa\nfemme, excellente pianiste • dans la première partie il a exécuté surune\\iole\nd'amour quelques morceaux de musique ancienne, et dans la 2e pattie trois\nconcertos de Mendelssohn, de Saint-Saëns et de Grieg, et la Symphonie con~\ncertante de L. Maurer pour quatre violons avec accompagnement d'orchestre. Le\nsecond concert a été donné par M. Luard, organiste d une chapelle anglaise : au\nprogramme, le Messie de Handel (soli, chœurs et orchestre). Le troisième con-\ncert a été donné par M. Henri Schidenhelm, avec le concours de Mme Chrétien\nVaguet et de son frère René, violoncelliste d'un grand talent.\n\nEMILE GRÉGOIRE.\n\nNICE. OPÉRA. Manon Lescaut de G. Puccini.\n\n(Création en France ;\nadaptation de M. Maurice Vaucaire.) -\nM. Puccini est le compositeur de l'école moderne italienne le plus apprécié en\nFrance. Il n'est cependant ni le plus original ni le plus puissant, mais il a su\néviter souvent la vulgarité dans laquelle tombent la plupart de ses compatriotes.\nDe plus, il est sincère, et chez lui les plus rares insignifiances, les mélodies\nles plus banalement sentimentales se mêlent à d'heureuses et assez jolies trou-\nvailles. Toutes ces qualités et tous ces défauts existent déjà dans sa Manon\nLescaut, une de ses premières œuvres, qui s'est maintenue au répertoire des\nthéâtres italiens et qui vient de faire son entrée en FTance par l'Opéra de Nice.\nSi Massenet aeu de l'influence sur M. Puccini et sur qui n'en a-t-il pas eu ?\nelle se fait peu sentir dans cet ouvrage. Je dirai même que l'influence française\nqu'a subie très fortement le compositeur dans la suite y est à peu près nulle.\nFout au plus, au deuxième acte, pourrait-on l'y entrevoir, mais l'ensemble de\nl'ouvrage est très italien, trop italien.\nLe livret de Manon Lescaut diffère sensiblement de celui de la Manon française.\nLa pièce est divisée en quatre actes ou plutôt en deux parties : l'une gaie, l'autre\ntriste. Dans les deux premiers actes, Manon a rencontré dans le coche d'A-\nmiens le vieux comte de Gerval qui lui fait la cour ; et Lescaut, qui accom-\npagne la jeune coquette, fait semblant de ne rien voir. Mais des Grieux et\nManon se rencontrent, s'aiment et s'enfuient après avoir berné le vieil amoureux.\nCelui-ci cependant est riche et Manon se laisse meubler par lui un coquet ap-\npartement où elle ne tarde pas à s'ennuyer et à regretter des Grieux qu'elle a\nquitté pour mener cette nouvelle vie de luxe et de plaisir. Elle fait venir son\nancien amant avec qui la surprend le comte de Gerval. Le gentilhomme vexé et\ntrès expéditifla fait emprisonner. 11 n'est pas besoin de faire remarquer combien\ncette action est menée rapidement, comme d'ailleurs dans tous les drames"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.24", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n\nlyriques italiens modernes. Nous sommes un peu déçus de voir la pièce déjà\nterminée ; et cependant nous n'en sommes qu'à la moitié. Aux deux actes sui-\nvants nous assistons à l'embarquement assez émouvant de Manon pour l'Amé-\nrique où des Grieux obtient la faveur de la suivre ; et au dernier tableau nous la\nvoyons mourir, exténuée, dans les bras de son amant, au milieu d'un désert de\nla Louisiane. Cette mort est longue, fastidieusement longue, et le long duo final\nest sans point culminant comme du reste toute l'œuvre qui, intéressante dans\ncertaines de ses parties, n'en reste pas moins faible et peu équilibrée. Ce qu il y\na de mieux, à mon sens, c'est la partie bouffe, genre dans lequel excellent les\nItaliens, évidemment déplacée ici, mais réussie et qui donne beaucoup de vie\nexubérante à l'action qui sans cela s'alanguirait dans des airs trop convention-\nnels. On ne saurait établir de comparaison entre cette Manon et celle de Mas-\nsenet dont elle n'est qu'un diminutif. Il y a entre les deux la distance de l'œuvre\nd'un maître à celle de l'élève.\nC'est Mlle Ch. Wyns qui a créé le rôle de Manon avec une grâce et un charme\nréels. Le ténor Constantino, dont la voix est très agréable, personnifiait assez\nmal des Grieux. Il n'y a rien à dire des autres interprètes, de la mis en scène et\ndes décors, d'une honnête médiocrité. L'orchestre était bon. M. Puccini et\nM. Ricordi, son éditeur, étaient présents.\nIl est à peine besoin de faire remarquer combien grande est la tendance de\nnotre Opéra à jouer surtout les œuvres du répertoire italien. Cette tendance est\nallée jusqu'à fairechanter souvent ce répertoire dans le texte original. Cependant\nje dois aussi signaler d'assez bonnes représentations de Tannhaiiser, Lohengrin\net Salammbô avec MM. Saleza, Imbart de la Tour, Seveilhac et Mm° Mazarin.\nMlle Lize Landouzy a été très applaudie dans une reprise assez terne des contes\nd'Hoffmann, ainsi que Mme Marguerite Carré dans la Bohême.\nLes concerts sont assez nombreux au fort de la saison. Nous avons eu deux\nséances Sarasate-Goldschmitt au Casino ; trois séances Hubermann à la Jetée où\nsont donnés de temps en temps quelques bons concerts classiques. A l'un de\nceux-ci il faut mentionner une bonne exécution par l'orchestre Gervasio de la\nSymphonie pathétique. A la salle Rumpelmayer, le concert de la Société Bach\ndonné par M. Bret a été un véritable régal. A citer encore un récital Spalding et\nun autre Ricardo Prati, appréciés. A la salle Bellet plusieurs séances intéres-\nsantes : celle de M. Fairbank, très bon pianiste américain qui a interprété de\nfaçon impeccable la sonate de C. Franck avec M. d'Ambrosio, violoniste et\ncompositeur niçois de beaucoup de talent ; celle de M. Loveri, harpiste d'une\nforce et d'une habileté peu communes ; enfin celle de Mllc Germaine Arnaud, où\ncette jeune artiste, à peine âgée de 16 ans, a montré une virtuosité et un style\nqui la classent déjà au premier rang des pianistes femmes. Son interprétation in-\ntelligente et correcte de Bach, Beethoven, Schumann, Chopin et Saint-Saëns a\nété un véritable enchantement.\n\nEDOUARD PERRIN.\n\nGENÈVE.\n\nLa saison théâtrale qui vient de se terminer a été brillante à sou-\nhait, gi âce à 1 habile et énergique direction de M. I luguet, qui a monté, en 6 mois,\n34 œuvres musicales, sans parler de la comédie et du drame. L Ecole française,\nqui alimente le plus notre répertoire, a fourni 20 ouvrages de 14 auteurs; l'école\nitalienne 7 ouvrages de 6 compositeurs. Les principales nouveautés pour Genève"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.25", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n\nont été : la Reine Fiammette, de X. Leroux ; Siberia, de Giordano, et la Fiancée\nde la Mer, de Blockx. Siberia ayant été donnée au commencement de la saison a\neu une plus longue carrière que la Reine Fiammette, montée un peu tardivement ;\nmais le succès de ce dernier opéra fut très, très grand, et l'auteur venu pour\ndonner les dernières retouches aux répétitions a été absolument charmé de\nl'accueil fait à son œuvre, délicieusement rendue par Mlle Charpentier, une future\npensionnaire de l'Opéra-Comique, si Ton en croit les on-dit.\nMagistralement secondé par M. Amalou, l'excellent chef d'orchestre, M. Le-\nroux, a remporté une véritable victoire avec cette œuvre. Signalons parmi les\nprincipales reprises : Louise, Manon, la Vie de Bohême, Werther, Lakmé, Carmen,\nqui sont toujours les meilleurs atouts dans le jeu des directeurs. A part\nMmes Landouzy, Maria Gay, Clossens, Blanche d'Albe, venues en représenta-\ntions, il est de toute justice de citer Mmes Charpentier, de Very, Vialas ; MM. Cam-\npagnola, Boyer, Vialas et Jacquin, artistes attitrés de la saison.\n\nFERRARIS.\n\nSTUTTGART.\nS.\nA propos d'un article, publié récemment dans Gil Blas, sur\nMunich et Richard Strauss, et où M. Louis Schneider déclarait que Munich est\nla ville d art par excellence, M Herwig nous envoie une lettre, trop longue pour\nêtre reproduite ici en entier, où il défend la ville d'où il nous écrit. Nous avons\nà Stuttgart, nous dit-il, un personnel artistique supérieur à celui de la capitale\nbavaroise : des cantatrices que Munich nous envie, telles que Mmes Hélène\nHieser, Anna Sutter, Martha . Bommer ; et la Bosetti, célèbre ailleurs, ne le\nserait probablement pas chez nous ; en revanche, un ténor comme M. Fritz\nSachs de lleilbronn serait célèbre, s'il était à Munich (où tout est « célèbre » ) ;\n« nous avons, ajoute notre correspondant, des chanteurs comme Bolz , Neu-\ndœrffer, Weil ; des compositeurs comme Josef-Anton Mayer, Albert Fauth (de\nPforzheim) qui fut maître d'école pendant sept ans ; parlerai-je des concerts in-\ncessants de MM. Risler, Eugen d Albert, John-Petrie Dunn, Cari Friedberg,\nMlks Elly Ney, Grœssler-Heim, Ruckbeil-Hiller, Ehrenbacher-Edenfeld, etc... ?\ndu Directeur de notre Conservatoire royal, M. Samuel de Lange, qui dirigeait\navec tant de succès, il y a quelques jours, le « Lied de la tempête » ? de la société\nélégante qui vient d'applaudir Anna de Bertrand, le dr. Jean Kirchholz ? »\nNous accueillons volontiers ces déclarations, tout en faisant remarquer à notre\nhonorable correspondant que ces artistes de Stuttgart sont inconnus en France ;\nd ailleurs, cela ne signifie pas nécessairement qu ils soient inférieurs à ceux de\nMunich.\n\nCONCERTS COLONNE. Le programme du vendredi saint (consacré à Bach et à\nWagner) avait été composé avec un gout parfait, et M. Colonne en a dirigé\nl'exécution avec son autorité coutumière comme avec tout son cœur de grand\nartiste. Un incident, qui mérite son attention, est à signaler. Lorsque M. Van\nDyck, après avoir dit le chant d'amour de la Walkûre, a été rappelé, deux coups\nde sifflet très nets se sont mêlés aux bravos. Le célèbre ténor avait-il donc mal\nchanté ? Non, certes ; ce soir-là, il s'est même surpassé, mais il avait chanté en\nallemand!— «En français ! comme à l'Opéra ! » ont crié les siffleurs avec\ninsistance. Et M. Van Dyck, qui est un musicien polyglotte, a redit sa chanson\nen français, ce qui a soulevé une tempête de bravos. M. Colonne ferait bien de\ntenir compte, l'an prochain, de cet incident. La langue allemande détonne vrai-"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.26", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n\nment, dans une salle comme celle du Châtelet. Question de patiiotisme à paît,\ncette langue est si dure ! si dépourvue d harmonie et antimusicale !... Au\nmême concert, M. Jacques Thibaud a joué le concerto en nu majeui dej. S. Bach.\nL'excellent violoniste m'a paru, ce soir-là, un peu inférieur à lui-même. Çà et la,\nquelques sons douteux, pour la justesse ou la pureté. Les pièces de Bach,\nBourrée, Polona-ise, surtout la charmante et légère (( Badinerie » avec M. Blan-\nquart comme flûtiste, ont paru d une grâce exquise et ont eu le plus vif succès.\nDans le duo du 2e acte de Pcivsifcil, Mme Kaschowska (Kundiy) s est montrée\nassez bonne, pas aussi puissante qu'il eût fallu. Au moment oû nous mettons\nsous presse, le noble (et désintéressé !) Weingartner dirige le festival Berlioz-\nBeethoven avec le succès prévu et attendu .\n\nCONSERVATOIRE. Comme tous les ans, M. Planté s est fait entendre au\nConservatoire pendant la semaine sainte On ne 1 accusera pas d être un révolu-\ntionnaire en quête d'émotions violentes ; il nous a joué ce bon et vieux concerto\nen sol mineur deMendelssohn, qui est d ailleurs un modèle d agréable et correcte\nécriture, et dans lequel il montre depuis bien longtemps!... des qualités\nfort appréciées. Mais, au nom du ciel! que M. Planté soit plus simple, moins miel\net sucre !... Il y a des moments oû il décourage l'amitié et la sympathie par son\nmaniérisme. Il se cherche trop lui-même dans les choses qu il joue ; 1 interpréta-\ntion des chefs-d'œuvre réclame un jeu plus franc et plus viril. A signaler,\ndans « l'exercice annuel des élèves », une charmante chanson du xvie siècle (G.\nCosteley) tirée du Recueil de M. Henry Expert (les Maîtres Compositeurs de la\nrenaissance française) : elle a eu un grand et légitime succès.\n\nVARIA. La Croisade des enfants de M. Gabriel Pierné, récemment exécutée à\nLille, continue son tour de France (et pays voisins). Elle va être donnée avec\nun exceptionnel éclat au Trocadéro, oû 15 00 chanteurs parisiens et hollandais\nont pu se faire entendre très agréablement, grâce aux améliorations que\nM. Gustave Lyon a introduites dans l'immense salle. A l'Opéra, il faut signaler\nune très bonne reprise des Maîtres chanteurs, œuvre si pittoresque et si originale\nque tous les musiciens de Paris savent aujourd'hui par cœur. Et n'oublions pas\nde saisir au passage cet excellent mot qu'on prête à M. Gailhard : « Si mon pri-\nvilège est renouvelé, il y a deux opéras que j'ai l'intention de monter : Armor,\nde Sylvio Lazzari, et Jhamara, de Bourgault-Ducoudray ». Souhaitons que\nl'honorable directeur réalise une telle promesse !\nParmi les plus brillants concerts de la dernière quinzaine nous citerons :\nSalle Pleyel.\ntoinette Lamy (au programme, œuvres de Schumann, Beethoven, C. F'ranck,\netc.).— 21 mars, Ml,e Hansen (au programme, œuvres de Schumann, Beethoven,\nLeclair, Brahms, etc.). —3O mars, Mme Wanda Landowska (au programme,\nmusiques Pastorales des xvne et xvme siècles).\nMlle Marie Lasne, MM. Cros Saint-Ange, Marcel Labey (au programme,\nœuvres de Bach, Haendel. Rameau, etc.h —7 avril, concert donné par le quatuor\nBâillon avec le concours de Mme Alem-Chéné et de M. de Valmar(au programme,"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.27", "texte": "'THÉÂTRES IT CONCERTS\n\nœuvres de Schumann,Wagner, Gabriel Fauré, etc.). g avril, Al. Degso Szigeti,\navec Mlle de Buck et M. Georges de Lausnay (au programme, œuvres de Bee-\nthoven, Schumann, Schubert, etc.).\nSalle Erard. Mlle Liszt, avec Mme Thénard et M. Francis Thomé\n(au programme, œuvres de Mozart, Handel, Massenet, Debussy, etc.).\n24 mars, M. Gabriel Jaudoin (au programme, œuvres d'auteurs français vi-\nvants, Diémer, Fauré, etc.). —3l mars, Mlle Gerda Magnus, avec Mme Ingeborg\nMagnus, Malkine (au programme, œuvres de Schumann, Bach, Saint-\nSaëns, etc.).\ndelssohn, Debussy, etc.).\nprogramme, œuvres de Chopin, Beethoven, Chabrier, Georges Marty, etc.).\nSalle Aeolian.\nMme Marie Marti 1 ly, Mlle Alice Raulin, MM. Noël Nansen et Sigwalt, avec\nle concours de M. Gabriel Fauré (au programme, œuvres de Gabriel\nFauré).\nUne mention très spéciale est due à M. J. Joachim Nin, qui poursuit, salle\nOEolian. douze auditions consacrées à la composition pour piano. A la\ndernière séance, J.-S. Bach occupait le programme (2e concert) ; M. Nina\njoué ces œuvres difficiles avec une netteté toute classique et une grande\nautorité.\nParmi les plus brillants concerts de la 20 quinzaine d'avril nous citerons :\nSalle Pleyel. Mlle Flora Joutard (au programme, œuvres de Schu-\nmann. Gluck, Franck, etc.) —2l avril, 338e concert (au programme, œuvres\nde Ch. Tournemire, F. Schmitt, etc.).\nle 6e concert de la Société des compositeurs de musique, avec MM. Albert\nGélaso, Joseph Debroux, etc. (au programme, œuvres de C. Saint-Saëns, E.\nGoupil, etc.).\nSalle Erard. Les vendredis 20 et 27 avril, deux récitals de piano donnés\npar M. Jacques Pintel (au programme, œuvres de Bach, Beethoven, Liszt,\nChopin, Mendelssohn, etc.).— 23 avril, concert donné par MUt Florica Solacoglu\navec MllcJane Vieu et M. Paul Darvez (au programme, œuvres de Schumann,\nChopin, Bach, etc.).\nLa Société des matinées musicales et populaires, sous la direction de M. Lui-\ngini, a donné, le 28 mars, sa seconde matinée extraordinaire au Théâtre de\nl'Ambigu.\nLe programme a été exécuté par les artistes suivants :\nMme Auguez de Montalant, Mlle Vauthrin, Mme Mellot-Joubert, Mme Marguerite\nLong ; quatre des meilleures élèves du remarquable professeur de harpe Has-\nselmans, et le quatuor Soudant.\nLe Concert s'est terminé par les six chansons à danser d'Alfred Bruneau\nchantées par Mmc Auguez de xMontalant avec accompagnement d'orchestre sous\nla direction de 1 auteur et exécutées par Mlle Régina Badet, danseuse-étoile, et"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.28", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n\nMlles Kerf, Richeaume, Dugué etLuparia, iers sujets ducorpsdeballet de 1 Opéra-\nComique.\nC'est Mme Mariquita, la célèbre maîtresse de ballet, qui a bien voulu régler ces\ndélicieuses pièces.\nSalle des Fêtes du Journal. Mlle Monduit avec MM. Pillitz et\nPaul Laudikar (au programme, œuvres de Schumann, Bendel, etc.).\nSchola Cantorum. —3l mars, 337e concert (au programme, œuvres de C.\nFranck, H. Thiébaut, etc.).\nSalle de Géographie. —26 mars, Mlle Lucile Bartzi (au programme, œuvres\nde Saint-Saëns, Gluck, Haendel).\nSalle des agriculteurs. —2l mars, M. Alcibiade Anemoyanni avec Mme Adiny\n(au programme, œuvres de Wagner, Lalo, Beethoven, etc.).\nLundi 9 avril, concert donné au bénéfice des victimes de la catastrophe de\nCourrières par l'Edition A. Z. Mathot, avec le concours de M. Dufranne, de\nrOpéra-Comique: Mme Jane Bathori et MM. Georges Enesco, Ph. Gaubert,\netc. (au programme, œuvres de Alfred Casella, Jean Muré, etc.).\n\nBERLIN.\n\nL'Opéra Royal perdra dans le courant de l'année prochaine plu-\nsieurs de ses meilleurs membres, par exemple, Mlles Farrar, Destinn, etc., etc. ;\nc'est pourquoi nous avons eu des visites de différents artistes étrangers,\ncomme Mlle Rose, de l'Opéra de Breslau, et M. Hérold, de l'Opéra de Copen-\nhague. Mlle Rose nous intéresse seulement parce qu'elle fut engagée par\nl'Opéra de Berlin, et l'artiste danois par ses qualités artistiques. L'impression\nd'intelligence qu'il nous produit comme acteur habile est augmentée par\nsa manière de chanter avec beaucoup de goût et d'aise, et sa belle voix\nne provoque jamais une critique, quoiqu'elle manque de ce certain brio qui\nexcite l'enthousiasme. L'Opéra-Comique agrandit son répertoire avec le Ma-\nriage de Figaro. La mise en scène, les décors et la partie théâtrale étaient\ncomme pour les autres représentations de l'Opéra-Comique dignes de satisfaire\nun goût difficile, mais l'exécution musicale ne s'adaptait pas toujours à l'action\ndramatique, qui était trop en relief. L'orchestre n'accompagnait pas assez déli-\ncatement, et même les tempi étaient souvent trop accélérés. Comme très bons\ninterprètes de la musique de Mozart, il n'y avait que Mlle Artôt de Padilla,\nqui chantait la comtesse, et M. Egenieff, le comte. Pour atteindre son but artis-\ntique, il me semble que l'Opéra-Comique a besoin d'un « régisseur musical »\nen rapport avec son collègue de la scène.\nLe Theater des Hestins nous offrit un nouvel opéra comique de Wolff-Fer-\nrari, Die vier Grobiane (Rusteghi). Le livret est d'après Goldoni. On ne pou-\nvait pas constater un vif succès, mais le travail achevé trouvera certainement des\namis. La musique, qui ne montre pas toujours le talent personnel de l'auteur,\na 1 a\\antage d êtie aisée et naturelle, et elle s adapte bien à la bonne humeur du\nsujet. Le jeune compositeur nous a déjà prouvé dans son premier opéra,\nDes femmes cuiieuses, qu il maîtrisait la technique, laquelle ne manquait cepen-"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.29", "texte": "THÉÂTRES ET CONCERTS\n\ndantpas non plus dans sa nouvelle œuvre. Wolff-Ferrari est sans doute un\nartiste sérieux, et on peut espérer qu'il gravira l'échelle du succès.\nLe dernier concert philharmonique sous la direction de Nikisch nous fit entendre\nla Symphonie pathétique (si mineur) de Tschaikowsky. On sait comme le\nmaëstro russe s'entend à saisir son auditoire dans cette œuvre, comme cette\nmusique pénétrante et mélancolique nous force d'écouter et nous enivre avec le\ncharme de son langage.\nQuoique la première partie soit un peu décousue et la « coda » de la troisième\ntrès bruyante, on oublie ses faiblesses, dans l'impression conquérante. Le\n« Philharmonische » jouait de nouveau avec sa perfection connue, et Nikisch\nfut l'objet d'ovations enthousiastes, qu'il a bien méritées.\nLe même concert renfermait encore l'ouverture du Mariage de Figaro et\nl'acte d'entrée de Rosamond de Schubert. Mme Ernestine Schumann-Heink,\navec le concours du « Berliner-Lehrer-Gesangverein » chantait la Rapsodie\nde Brahms et l'air de Titus, et quoiqu'elle chantât la Rapsodie avec noblesse,\nl'interprétation artistique ne me plut pas, particulièrement dans l'air de\nTitus.\nLa Besoirée8esoirée symphonique de l'orchestre de l'Opéra Royal, sous la direction de\nWeingartner, était mêlée d'un sentiment de regret, parce que le fameux capel-\nmeister veut se retirer. On jouait la IIe Symphonie de Brahms, celle de Schubert\nen ut majeur et l'ouverture de Fidelio. Je considère comme inutile de faire\ndes éloges.\nComme soliste, Weingartner figurait dans le « Dessau-Quatuor », qui était\nconsacré à Beethoven. Dans le dernier « Elite Concert », d'Albert et Burmester\nétaient les représentants de la partie instrumentale, et Hélène Staegemann, le\nProf. Johannes Messchairt, nous charmèrent avec leurs belles voix. D'Albert\njoua plusieurs petits soli de piano avec sa maestria connue et Burmester des\nmenuets et gavottes et « la danse des sorcières » de Paganini, qui lui rapporta\ndes ovations continuelles. Mlle Staegemann eut beaucoup de succès avec des\nromances de Weingartner, et M. Messchairt chanta avec une voix magnifique\ndes romances de Lœwe, Schumann et Schubert. Le dernier des (( Neue Con-\ncerto » dut jêtre remis, quant au programme, à cause de difficultés survenues.\nEt Beethoven dut ainsi remplir la soirée avec l'ouverture de « Léonore », le con-\ncerto en sol majeur et la symphonie en ut mineur. M. Fried montra de nouveau\nson talent éminent de chef d'orchestre, mais malheureusement il paraît qu'il\nquittera sa place pour îemplir un contrat plus rémunérateur à Boston. Le\npianiste du soir, Arthur Schnabel, joua le concerto avec la technique nécessaire,\nmais sans montrer la grandeur qu'on exige chez Beethoven.\n\nAXA N. HAMMERSTEIN.\n\nHOTEL DES VENTES.\n\n—Un amateur lyonnais, qui avait fourni des collections\nd objets d'art de toutes les époques, avait également groupé quelques instru-\nments de musique anciens qui viennent d'être vendus aux enchères publiques par\nles soins de Me Gazagne, commissaire priseur à Lyon. Ils sont assez curieux\npour être signalés. En voici la description sommaire et les prix auxquels ils ont\nété adjugés. Une très belle mandoline italienne (Bologne, 1735), incrustée\nd ivoire sur écaille, plaquée en ébène à filets d'ivoire richement ornée et signée :"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.30", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n\nGiusepe Fontanelli, a été payée 225 francs. Une autre mandoline, inciustée\nde nacre et écaille, filets en ivoire, datée 1733> 51 francs > une guitaie espagnole,\nen sapin et manche d ébène incrusté d ivoire, a été adjugée à6l fiancs, une\nflûte à hec, en buis et ivoire du xvne siècle, atteint $2 francs. Enfin, une\nharpe Louis XVI, en bois sculpté et doré, colonne cannelée et chapiteau à\nfeuilles d'acanthe, signée : Pollet, Paris, a fait 130 francs.\n4 * 4\" * .. *' T ' * y\n\nHÉBERT ROUGET.\n\nMONTE-CARLO.\nJ. O.\nLa Sniegourka (flocon de neige), ballet en 3 actes et un pro-\nlogue ; livret de M. Heneté; musique de M Narici. Sniegourka, fille de l'Hiver,\njeune et belle, paraît destinée à ignorer 1 amour. Mais, à 1 occasion des\nfiançailles de la riche héritière Koupava avec le brillant boyard Mizguire, elle\nest remarquée par ce dernier qui s'éprend de sa rare beauté et abandonne Kou-\npava . Après une longue résistance et mille incidents qui retardent le dénouement,\nSniegourka finit par succomber aux sollicitations enflammées de Mizguire. Mais\nà peine l'amour a-t-il échauffé son cœur, à peine la lèvre de l'amoureux a-t-elle\neffleuré le front de l'adorée, que Flocon de neige, s'évanouit et fond sous\nla tiède haleine et disparaît comme une chimère.\nCe sont les gracieux détails, plus encore que l'action principale, qui ont fourni\nau compositeur, M. Narici, les meilleures occasions de faire valoir son imagi-\nnation lyrique. D'un cachet essentiellement personnel, sa partition, pleine de\nmouvement, de gaieté, de sentiment, de trouvailles rythmiques, sort du moule\nordinaire de ce genre de divertissement. L'interprétation fut le sujet de l'apo-\nthéose de Mlle Trouhanowa, la merveilleuse étoile chorégraphique, pour laquelle\nont été épuisés tous les termes dithyrambiques qu'inspire l'admiration de son\nincomparable talent et de sa beauté.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nReceltes détaillées du 20 mars au 19 avril 1906.\n\nDATES\nPIÈCES REPRESENTEES\nAUTEURS\nRECETTES\n21 mars\n23 -\n24 —\n26 —\n28 —\n30 —\n31 —\n2 avril\n4 —\n6 —\n7 -\n9 ~\n11 —\n16 —\n18 —\nTristan et Isolde.\nFaust.\nRoméo et Juliette.\nA ïda.\nLe Prophète.\nA rmide.\nLe Freischiitj. — La Ronde des\nSaisons.\nLes Huguenots.\nLes Maîtres Chanteurs.\nTannhâuser.\nA rmide.\nFaust.\nLes Maîtres Chanteurs.\nFaust.\nArmide.\nR. Wagner.\nGounod.\nGounod.\nVerdi.\nMeyerbeer.\nGluck.\nWeber. H. Bùsser.\nMeyerbeer.\nR Wagner.\nR. Wagner.\nGluck.\nGounod.\nR. Wagner.\nGounod.\nGluck.\n15.445 26\n20.828 41\n12.695 »\n14.938 41\n14.931 26\n16 826 91\n11.206 5o\n15.7 5 5 41\n20.188 76\n18.631 41\niî.253 5o\n16.419 91\n18.048 76\n22 414 41\n19.626 76"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.31", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\n\nII. - Opéra-Comique.\nReceltes détaillées du 20 mars au 19 avril 1906.\n\nAu NOUVEAU-THÉATRE. La répétition générale du Clown, œuvre lyrique de\nM. Capoul pour les paroles, et du comte L de Camondo pour la musique, a été\ndonnée le dimanche 22 avril, au Nouveau-Théâtre ; nous n'avons que le temps et\nla place d'enregistrer la bonne impression de cette brillante soirée. Le Clown,\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nmars\nCarmen.\nBizet.\n6.780 ))\n2 I\n—\nLakmé.— Cavalleria Rusticana.\nL.Delibes. Mascagni.\n7 856 5o\n2 2\n—\nLe Chalet. — Le Jongleur de\nNotre-Dame.\nAdam. Massenet.\n9. I II ! O\n23\n—\nMireille.\nGounod.\n4.304 ))\n24\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\ns\nLe Chalet.\nMassenet. Adam.\n8.609 38\n2 5\n— matinée\nLa Traviata. — La Fille du\nRégiment.\nVerdi. Donizetti.\n4.324 D\n25\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.483 »\n26\n—\nGrisélidis..\nMassenet,\n4.547 ))\n27\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n6.576 »\n28\n—\nLa Vie de Bohême.— Cavallcria\n<■,\nRusticana.\nPuccini. Mascagni.\n7.449 »\n29\n—\nAphrodite.\nC. Erlanger.\n9.715 5o\n3o\n—\nCarmen.\nBizet.\n6.606 »\n31\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.843 72\n1er avril mat\nLe Caïd. — Les Pêcheurs de\nSaint-Jean.\nA. Thomas. Widor.\n0 't „ r\na..070 5o\nter\n— soirée\nLakmé.— Cavalleria Rusiicana.\nL.Delibes. Mascagni.\n6 654 5o\n2\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n3.995 5o\nO\n:>\n—\nAphrodite.\nC. Erlanger.\n5.587 5o\n4\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nLa Navarraise.\nMassenet.\n6.340 5o\n5\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.833 60\n6\n—\nManon.\nMassenet.\n8.713 5o\n7\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.854 38\n8\n— matinée\nLe Barbier de Séville. — Caval-\nleria Rusticana.\nRossini. Mascagni.\n3.2 5O »\n8\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n5.344 5°\n9\n—\nLa Traviata. — Les Rendez-\nvous Bourgeois.\nVerdi. Nicolo.\n4.33o 5O\n10\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.834 5o\n11\n%\nManon.\nMassenet.\n7.149 5o\n12\n—\nMarie-Magdeleine.\nMassenet.\n7.781 5o\nH\n—\nM arie-M agdeleine.\nMassenet.\n7.845 »\n1 5\n— matinée\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n7.890 »\nf 5\n— soirée\nLa Viede Bohême.— Cavalleria\nRusticana.\nPuccini. Mascagni.\n8.045 5o\n16\n— matinée\nLakmé. — La Fille du Régiment.\nL. Delibes. Donizetti.\n6.O52 5O\n16\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n8.o5o 5o\n17\n— matinée\nMignon. —Les Noces de Jean-\nnette.\nA. Thomas. V. Massé.\n5.631 »\nr7\n— soirée\nManon.\nMassenet.\n8.961 5o\n18\n—\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.775 5o\n19\n— matinée\nMa rie-Magdele ine.\nMassenet.\n7.119 5o\nl9\n— soirée\nLe Barbier de Séville. — La\nNavarraise.\nRossini. Massenet.\nco\nHH\nGO\n00"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060415-01.1.32", "texte": "THEATRES ET CONCERTS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\ndont M. Capoul a peut-être écrit quelques pages en se rappelant sa jeunesse, est\nune œuvre réaliste, l'action se passe àla foire de Neuilly, rimée avec faci-\nlité, rappelant un peu la Fille de Tabarin : le drame passionnel sous des pitreries\nde foire. Sur ce livret rapide, M. de Camondo, dont nous n avons pas toujours\napprouvé toutes les audaces, a écrit une partition originale, intéressante. Nous\navons ici pour règle de ne jamais apprécier publiquement une œuvre après une\nseule audition et surtout après une « répétition », séance unique à laquelle nous\nfûmes convié. Aussi nous bornons-nous à souhaiter que MM. de Camondo et\nCapoul, ainsi que leurs charmants interprètes, nous fournissent prochainement\nl'occasion d'un compte rendu sérieux.\nConcerts annoncés :\nSalle Berlioz—2 mai, concert donné par M. A. Luzzatti, pianiste, avec\nxMlle Darmières, de l'Opéra-Comique, et M. Alberto Bachmann (au programme,\nœuvres de Beethoven, Chopin, Bach, etc.)- 3 mai, une heure de musique\ndonnée par Mlle Mary Mac Evily avec MM. Dulac et Géoris, de l'Opéra-Comique\n(au programme, œuvres de Saint-Saéns, Massenet, Berlioz, etc.).\nSalle Aeolian. 3 mai, Mlle Dorothy Swainson et M. Albert le Guillard (au\nprogramme, œuvres de Bach, Chopin, Grieg, etc.).\nParmi les plus brillants concerts de la 2e quinzaine d'avril nous citerons :\nSalle Erard. —2B avril, M. Lucien de Flagny (au programme, œuvres de\nLiszt, Bach, Lucien deFlagny, etc.). 3O avril, concert avec orchestre donné\npar Mlle Geneviève Dehelly, sous la direction de M. Camille Chevillard (au\nprogramme, œuvres de Beethoven, Schubert, Camille Chevillard, etc.).\nThéâtre Molière. —26 avril, 14e Concert, avec le concours de Mlle Demangeot,\nde l Opéra-Comique (au programme, œuvres de Mozart, Bruneau, G. Erlanger!."}]}