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L'Association des sous la direc-\ntion de M. Camille Chevillard, a donné pendant l'année 1905-1906 les ouvrages\nsuivants :\nOUVRAGES NOUVEAUX. COMPOSITEURS FRANÇAIS.\nEté pastoral, suite pour orchestre Pierre Kunc.\nChevauchée de la Chimère, poème symphonique. . . . Gaston Carraud.\nSoleil couchant, poème symphonique Lefèvre-Derodé.\nDiane et Aciéon (cantate à une voix avec symphonie). . J.-Ph. Rameau.\nKermesse Jaques Dalcroze.\nMessidor, prélude A. Bruneau.\nTrois mélodies, pour chant et orchestre Jean Gay.\nQuasimodo, poème symphonique Fr, Casadesus.\n%\nDeux poèmes, pour chant et orchestre Silvio Lazzari.\nEn Norvège, suite symphonique A. Coquard.\nLa Cloche fêlée, poème symphonique F. Pécoud.\nRécits de guerre et d'amour, poème symphonique. . . J. Jemain.\nConcerto en ré majeur, pour piano A. de Castillon.\nEntracte symphonique A.-M. 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Il y a donc une augmentation de\nmoyenne de 712 francs sur l'année précédente.\nCONCERTS COLONNE. —L'Association des concerts Colonne a donné, pendant\nla saison 1905-1906, les ouvrages ou fragments d'ouvrages suivants :\nPrélude de Y Enfant Roi A. Bruneau.\nBallade pour flûte, harpe et orchestre Perilhou.\nAllegro appasionato Saint-Saëns.\nDans la cathédrale Max d'Ollone.\n2e poème lyrique (livre de Job). ....... Rabaud.\nToggènburç Ch. Lefebvre.\nSymphonie en mi bémol G Enesco.\nChant d'automne Guyßopartz.\nJour d'été a la montagne V. d Indy.\nLd Angélus Trepard.\nLes Girondins Le Borne.\nSi:: Lieder. . Beethoven.\nA la bien-aimée lointaine Beethoven.\nAdélaïde Beethoven.\nTrio de Y Oratorio de Noël Saint-Saëns.\nChœur du Messie (alléluia) Haendel.\nAir du Roi pasteur Mozart.\nAndante du Concerto pour flûte et harpe Mozart.\nConcerto en mi bémol Mozart.\n( AirdeTamino |\nLa Flûte enchantée Scène et trio des Fées > Mozart.\nI Ouverture \\\n\\ % j\nRequiem : i° Tuba mirum ; 20 Recordare Mozart.\nAriette sur des paroles françaises Mozart.\nCosi fan tut le :i° Air de Fernand ;20 quintette. , . . Mozart.\nSuite en si mineur pour violon Bach.\nBefreit (mélodie) R.Strauss.\nIch Grolle nicht Schumann.\nSapphische ode Brahms.\nLe crépuscule des Dieux {récit) R. Wagner.\nArmide (2e, 3e et 5e acte) Gluck.\nPa rsifal (duo du 2e acte) R. Wagner.\nLa moyenne des recettes de cette saison a été de 9.075 fr. 83 ; elle étaiten 1904-\n1905 de 7.389 fr. ; l'augmentation de cette moyenne est donc de plus de 1 600 h*.\nDans le prochain numéro, nous parlerons de l'œuvre de M. 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Le sujet en est\nétrange. Dans un article du 15 janvier 1905 consacré au musicien, la Revue musi-\ncale l'exposa brièvement. Il ne sera point hors de propos de le rappeler ici. Chré-\ntien fervent, Gérontius, sur son lit de mort, agonise, exhalant ses prières, ses\nrepentirs, ses terreurs. Pieusement, ses amis l'assistent à cette heure redoutable.\nIl défaille et la voix du prêtre convie son âme inquiète et croyante au suprême\nvoyage.\nL'âme de Gérontius traverse l'infini de l'espace qui mène au séjour des béa-\ntitudes. Un ange, veillant sur elle, l'assiste et la réconforte, tandis qu'au loin\nles démons font entendre leurs effroyables chœurs, et les âmes souffrantes du\npurgatoire leurs plaintes consolées. Mais le ciel s ouvre. L'éternel hosannah des\nbienheureux retentit, les splendeurs des célestes parvis se révèlent. L'âme s'ap-\nprête à paraître devant son souverain Juge... Mais ce n'était qu'une vision. Les\ndestins de Gérontius ne sont pas encore accomplis.\nLes difficultés d'un pareil sujet apparaissent assez d'elles-mêmes. Je ne doute\npoint, ne 1 ayant point lu dans le texte, que le poème du cardinal Newman ne\nsoit un chef-d'œuvre de poésie et d'expression. Nulle de ses beautés n'a passé\ndans la traduction française, exacte peut-être mais terne et sans couleur. Les\nlongs monologues de Gérontius, ses actes de loi, ses dialogues interminables\navec l'ange sur divers points de mystique ou de doctrine paraissent bien vides\net bien froids, privés de la paruœ du verbe. La monotonie est excessive,\nmonotonie que la musique est impuissante à dissimuler longtemps.\nC'est le défaut de tous les poèmes qui n'ont point été faits expressément pour\nla musique et dont maintes pages, forcément, sont rebelles à l'expression qui lui\nest propre. L'art réussit quelquefois à rendre de tels passages intéressants,\nsinon touchants et pathétiques. Mais la musique d Edward Elgar, d'une sin-\ncérité et d une conviction profonde, ignore de tels raffinements. Elle veut\némouvoir, elle y réussit souvent. Elle se refuse de parti pris aux délices\néquivoques de l'art pour l'art.\nC est assez dire que 1 oratorio du compositeur anglais ne saurait plaire d'un\nbout à 1 autre. Il paraît à 1 audition d une longueur extrême, et la simplicité vou-\nlue des formes mises en œuvre ne contribue guère à atténuer cet inconvénient.\nJe ne sais d ailleurs si l'ordre de sentiments dans lesquels le poème évolue est\nvéritablement musical. La puissance des arts d'expression ne se limite-t-elle pas\nà ce que l'esprit peut concevoir et sentir? Les mystères de la vie future, tels que la\ndoctrine catholique les enseigne, sont-ils véritablement concevables à l intelli-\ngence ?Je ne sais. Mais je ne connais point de musicien, quelque grand qu'il\nsoit, qui ait donné du ciel et de ses splendeurs une vision autre que convention-\nnelle ou superficielle, ce qui est la chose la plus aisée du monde ; ni qui ait su\nfaire des esprits du mal autre chose que des grotesques à la façon romantique."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "286", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.4", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 2970, "texte": "Edward Elgar pouvait-il réussir pleinement là où tant de grands maîtres ont,\nen somme, échoué ?\nIl s'ensuit que tout le côté supra-terrestre de l'œuvre reste au-dessous de ce\nqu'a dû rêver sa conscience d'artiste et de catholique. Le chœur céleste « Gloire\nau suprême Roi dans le ciel » n'est qu'un chœur de triomphe comme tant d'au-\ntres : il a d'ailleurs de l'éclat et quelque grandeur. Celui des démons, mouve-\nmenté, violent, soutenu d'un orchestre coloré, n'effraiera personne. Il traduit\npeu ou point les idées, d'une psychologie bien compliquée, à dire le vrai, que\nle poète a prêtées aux esprits du mal.\nQuand la fiction demeure purement humaine, le musicien est inspiré plus\nheureusement. Aussi la première partie de l'ouvrage où pleurent, souffrent et\nprient des hommes, non de purs esprits, est-elle à mon avis bien au-dessus de\nla seconde. J'ai peu goûté l'air où Gérontius expose et affirme sa foi catholique.\nMais ses gémissements, ses plaintes, ses appels au Dieu miséricordieux ne sont\nni sans expression ni sans grandeur. Plus touchants encore les chœurs des\namis autour de sa couche. Et l'appel du prêtre avec l'ensemble qui suit : « Va,\nmarche au nom de l'ange et de l'archange », constitue un morceau admirable et\nbien près d'être un chef-d'œuvre.\nC'est dans les passages tels que celui-ci que s'affirme le mieux l'originalité\ndu musicien. Son écriture chorale est véritablement supérieure. Il en tire des\neffets puissants, trop ignorés ou dédaignés des maîtres de notre école. Car nous\navons perdu, il faut le dire, le sens du style choral.\nLa polyphonie des chœurs de cet oratorio n'emprunte presque rien aux pro-\ncédés des anciens. Très divisée (Elgar emploie presque toujours deux chœurs\nde force inégale), elle reste aussi très libre. Des phrases caractéristiques, indé-\npendantes, très mélodiques, s'y superposent volontiers, avec une singulière\naisance. C'est en somme un contrepoint assez particulier où l'imitation ne joue\npresque aucun rôle, à l'inverse de la tradition classique.\nIl en résulte des effets d'une ampleur extraordinaire et magnifique. Ce finale\nde la première partie en est la preuve. Peu de pages sont aussi vivantes et aussi\némouvantes que celle-là.\nL'orchestre joue un rôle important en plusieurs autres endroits. Il est visible\ncependant que le musicien se soucie peu des curiosités d'instrumentation\nou d'harmonie dont nous sommes peut-être épris plus qu'il n'est légitime. Mais\nil sait à l'occasion prêter aux instruments une voix éloquente. Le prélude, pu-\nblié ici même autrefois, est une belle page. L'introduction de la deuxième\npartie, qui se continue par un air expressif de ténor, est d'un calme et d'une\nfraîcheur vraiment célestes en même temps que d'une exquise simplicité. A l'or-\nchestre encore est dévolu le soin d'exposer le thème admirable de la conclusion,\ncheminant sous les voix de l'ange ou des chœurs, les dominant toujours de sa\npureté radieuse et tendre :"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "287", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.5", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1459, "texte": "Cette belle phrase paraît apparentée d'assez près à celle de l'entr'acte célèbre\nde Rédemption, de César Franck. 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Les\nchœurs, dont l'importance est capitale, parurent quelquefois manquer de préci-\nsion et de puissance. La faute en est surtout à l'acoustique déplorable de cette\nsalle du Trocadéro, bien faite pour glacer la verve et la chaleur des ensembles\nles meilleurs, jusqu'au moment oû les améliorations proposées par M. 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Il en tire des\neffets puissants, trop ignorés ou dédaignés des maîtres de notre école. Car nous\navons perdu, il faut le dire, le sens du style choral.\nLa polyphonie des chœurs de cet oratorio n'emprunte presque rien aux pro-\ncédés des anciens. Très divisée (Elgar emploie presque toujours deux chœurs\nde force inégale), elle reste aussi très libre. Des phrases caractéristiques, indé-\npendantes, très mélodiques, s'y superposent volontiers, avec une singulière\naisance. C'est en somme un contrepoint assez particulier où l'imitation ne joue\npresque aucun rôle, à l'inverse de la tradition classique.\nIl en résulte des effets d'une ampleur extraordinaire et magnifique. Ce finale\nde la première partie en est la preuve. Peu de pages sont aussi vivantes et aussi\némouvantes que celle-là.\nL'orchestre joue un rôle important en plusieurs autres endroits. Il est visible\ncependant que le musicien se soucie peu des curiosités d'instrumentation\nou d'harmonie dont nous sommes peut-être épris plus qu'il n'est légitime. Mais\nil sait à l'occasion prêter aux instruments une voix éloquente. Le prélude, pu-\nblié ici même autrefois, est une belle page. L'introduction de la deuxième\npartie, qui se continue par un air expressif de ténor, est d'un calme et d'une\nfraîcheur vraiment célestes en même temps que d'une exquise simplicité. A l'or-\nchestre encore est dévolu le soin d'exposer le thème admirable de la conclusion,\ncheminant sous les voix de l'ange ou des chœurs, les dominant toujours de sa\npureté radieuse et tendre :"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "287", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.5", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1459, "texte": "Cette belle phrase paraît apparentée d'assez près à celle de l'entr'acte célèbre\nde Rédemption, de César Franck. 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Les\nchœurs, dont l'importance est capitale, parurent quelquefois manquer de préci-\nsion et de puissance. La faute en est surtout à l'acoustique déplorable de cette\nsalle du Trocadéro, bien faite pour glacer la verve et la chaleur des ensembles\nles meilleurs, jusqu'au moment oû les améliorations proposées par M. Gustave\nLyon auront été réalisées.\n\nHENRI QUITTARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c007", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "287", "page_fin": "290", "image_debut": 5, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.3", "titre_corps": "Correspondance.", "titre_sommaire": "Correspondance.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "287", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.5", "debut_caractere": 1461, "fin_caractere_exclue": 2469, "texte": "Correspondance.\n\nUNE LETTRE DE M. MACEDONSKI\n\nM. Alexandre Macedonski est le poêle français et l'homme de lettres le plus célèbre de la Rouma-\nnie. Il a écrit dans notre langue des recueils de vers et, tout récemment, une sorte d'épopée en\nprose, le Calvaire de feu (chez Sansot, rue St-André-des-Arts) que pourrait signer un de nos\nmeilleurs écrivains nationaux. A cet artiste puissant et délicat j'avais posé, au cours d'un voyage\nen Italie, une question : Quelles furent vos impressions musicales les plus profondes ? Bien\ncurieuse est la réponse, évidemment très sincère, que M. Macedonski me fait l'honneur de m'en-\nvoyer. Ce qu'il dit en poète, à la façon d'un d'Annunzio, c'est ce que Schopenhauer a dit dans la\nthéorie admirable où, avec autant de profondeur que d audace, il considère la musique comme\nexprimant et comme étant l'essence des choses (universalia ante 1 em) ; c'est ce que pensaient les\npeuples primitifs qui se servaient du chant dans leurs opérations magiques (j'ai longuement expli-"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "288", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.6", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3602, "texte": "qué cela ici même et ailleurs), parce que tout comme le grand métaphysicien allemand ils\nidentifiaient la musique avec l'âme des choses. Je remercie et félicite bien vivement M. Macedonski\nde sa charmante lettre, qui est un vrai document. (Je prie le lecteur de songer qu'en Roumanie, le\nmot (( Maître )) est sans doute synonyme d'ami. )\n\nJ. C.\n\nVous m'ave\\, mon cher Maître, posé une question délicate, sur les sensations\nmusicales que j'éprouve. Seulement,pour moi, tout étant harmonie, —/a couleur,\n/es lignes, /e parfum, limage en soi, ce n'es/ point en quelques mots hâtifs\nque je pourrais m'exprimer. Ainsi, /enej{ : se/on moi, /n vze elle-même, j'en-\ntends la vie organique, n'es/ qu'une grande, qu'une délirante symphonie.\nTon/ y/Z>re e/ /on/ chante en nous, et par nous, et autour de nous. Les yeux\nqui savent voir perçoivent mille éclats divers de lumière éblouissante, e/\ntout des milliers de scintillements de couleur, des infléchissements de lignes,\ndes méandres moelleux, des traits droits et puissamment audacieux, arpèges\nqui, de toutes parts,pénètrent en notre âme par la vue et la ravissent au delà de\nla mesquine animalité humaine. L'odorat, le goût, /e toucher, s'unissent pour\ncompléter cette symphonie que l'ouïe parachève de si énergique et délicate fa-\nçon. Tout cela, mon c/zer Maître,ce sont des sensations musicales, c'est de la mu-\nsique, ou je me trompe fort. Aussi le vrai raffiné de musique entendra toujours\ndes sons dans la lumière et la couleur ; il en percevra de très délicieux et de\ntrès harmonieux par le toucher et par le sens olfactif. Pareillement enfin, il\ndécouvrira dans la musique auditive la gamme complète de toutes les autres\nsensations. Une sonate de Mozart, tel morceau de Wagner, tel autre de Verdi,\nde Bach, de Haydn, de Gounod et de tant d'autres grands maîtres, suggèrent\ndes images, tout un monde de formes et de couleurs... Ce sont, ainsi, des clairs\nde lune que les sons dévoilent tout à coup, des envolées de colombes qu'ils\nfont partir en essaims pressés et rapides, des eaux tranquilles et bleues dont\nils réveillent les sonores échos, de superbes vallées qui dormaient dans nos\nâmes et qu ils font soudain revivre tout ensoleillées de printemvs roses. Puis,\nd'autres images, avec, en elles, toutes nos aspirations présentes, tous nos\nrêves d'avenir et tous ceux qu'on a déjà vécus !...\nLt c est notre jeunesse ou notre enfance. Et des moulins ronronnent. Et des\nsources pleurent en s'égouttant doucement dans les vasques des fontaines. Et le\nbeau soleil d'avril sourit. Et la voix maternelle tant caressante, et mille êtres\nchers qui ne sont plus, et qui pourtant reviennent sous l'archet ou sous les\ndoigts d'ivoire de l'inspiré, du demi-dieu...\nCependant, pour vous tout dire, je ne vous cacherai point que les plus\ngrandes sensations musicales n'ont point été éprouvées par moi à l'état de veille.\nVoici, et ce n est pas un conte à dormir debout que ie vous fais là, mais\nbien la vérité :\nJe me revois, et c'est comme en un rêve, oh ! ces temps ! Ils sont si loin dans\nle passe que tout ne m'apparaît que brouillé de brume, voilé d'incertitude, et\npourtant cela fut ! l'enfant malingre que j'étais, le petit être beau quand\nmême à for ce de boucles blondes, épis d'or qui lui nimbaient le front,\net me revoyant tel, je me ressouviens de certains accidents nerveux, inquié-\ntants pour ma mère, mais dont mon père ne tenait nul compte, lui enjoignant\nde ne se point troubler, car, lui disait-il, « ton trouble à toi retentira sur l'âme\nde l enfant, et donnera naissance à toute une autre série de phénomènes,\nceux-ci sérieux"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "289", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.7", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "Quoi qu'il en soit, c'est de ces accidents que datent mes premières et mes plus\npuissantes sensations musicales auditives, accidents qui, survenus après de\ngrandes dépressions physiques, me jetaient dans un état d'inconscience mo-\nmentané et abolissaient en quelque sorte, pour moi, la réalité, me dévêtaient\nde ma personnalité, et tout en me permettant d'entendre et de voir, enlevaient\naux sens et aux images leurs valeurs vraies.\nEt comme ma mère, de plus en plus angoissée, se penchait sur moi et me don-\nnait les soins les plus tendres, ravi à la terre, une musique que rien ne peut\nrendre, une musique comme on doit en entendre dans les cieux, s'élevait à\nl improviste au fond de mon âme, et venue comme d'abîmes insondables, m em-\nplissait de vibrations sonores et graves, douces mais douloureuses, faisait sur-\ngir en moi un vague ressouvenir d'une joie en d'autres vies éclose, amour de\nfemme ou triomphe d'orgueil, Dieu sait quoi de senti et d'évanoui, de vécu et\nde mort, et ces sons-là coulaient comme une rivière, dévalaient comme un\ntorrent, montaient comme une mer, m'emportaient dans leur maèlstrom, me\nsubmergeaient, et finalement me faisaient éclater en sanglots.\nOr, ce sont les plus grandes sensations musicales qui m'aient jamais fait fré-\nmir, et qu:, ajoutées à celles qui, quelque vingt ans se sont déjà passés depuis,\ndurant le songe d'une nuit quelconque, hantèrent mon sommeil et le muèrent;\nle lendemain, en transposition de poème, en floraison de vers que, pour ainsi\ndire, j'écrivis sans presque m'en rendre compte, et dont le retentissement ne\nfut point petit dans mon pays.\nPour moi, la musique est tout : Sentiment, pensée, image, et quand je dis\nimage, je dis forme et couleur. Vous parlerai-je des indicibles jouissances\nque me donnent ceux qui en sont les grands maîtres, quelle que soit leur na-\ntionalité...\nIl y a des choses que l'on sent si bien et qu'il est si malaisé d'exprimer !\nSur ce, mon cher Maître, je vous serre bien cordialement la main,\nBucarest, 1906.\n\nA. MACÉDONSKI.\n\nLe Salon musical.\n\nLe Temps du 30 mai a publié la lettre suivante :\nMON CHER DIRECTEUR,\nComme complément aux excellentes observations de votre collaborateur mu-\nsical clans sa chronique du 29 mai, voulez-vous me permettre de revenir ici sur\nune idée qui intéresse un très grand nombre d'artistes et qui ne paraît pas avoir\nété bien comprise par eux ? • -\nIl s'agit du Salon musical. Qui a organisé ce Salon ? C'est la Société nationale\ndes beaux-arts; c'est elle, comme le dit le critique du Temps, qui « donne des\nconcerts » soumis à sa direction et à son autorité ; c'est un aréopage d'artistes\npeintres, sculpteurs ou architectes, c'est une société chargée de représenter les\narts du dessin, qui a constitué un jury pour organiser une exposition des arts et\ndu rythme et qui fait des opérations de ce jury, comme des auditions qui les\nsuivent, une simple annexe, un ornement supplémentaire et facultatif du Salon\nprincipal."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "290", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.8", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 3224, "texte": "Une telle situation est difficilement admissible pour le bon sens ; non pas seu-\nlement parce qu'un art se trouve placé sous la tutelle des autres arts\nmais parce que cette sujétion peu équitable peut empêcher ou retarder, en se sub-\nstituant à elle, une organisation sociale des musiciens français qui est infiniment,\ndésirable.\nCe qu'il faudrait, pour avoir un « Salon musical » digne de ce nom, et\nl'expérience d'aujourd'hui prouve que cette nouveauté ne gênerait personne,\nc'est que les musiciens, renonçant à leurs petites chapelles sans renoncer à 1 ori-\nginalité d'écoles diverses, se concertent, se réunissent, s'entendent, et par des\nvoies régulières, nomment eux-mêmes un jury, dont les membres puiseraient\nleur autorité dans les suffrages de leurs pairs, auraient qualité pour défendre\ndes intérêts spéciaux devant l'administration des beaux-arts, et obtenir que la\nmusique fût partout mise à son rang\nLes musiciens compositeurs et exécutants sont dans un état de disper-\nsion et de morcellement où beaucoup de forces s'épuisent. Ils ignorent l'inap-\npréciable avantage des volontés unies. Pourquoi ne s'organisent ils pas comme\nles peintres ? Les jeunes virtuoses qui demandent à tous les échos une occasion\nde faire connaître leur talent, les jeunes compositeurs qui voudraient arriver\njusqu'au public, sont vraiment peu avisés. La ville de Paris leur construit un\npalais : ils n'y entrent qu'en sous-ordre, pour l'agrément du locataire principal,\nalors qu'ils auraient le droit de s'y installer pour partager un privilège.\nAux musiciens devraient se joindre les poètes ; je voudrais enfin que 'si, d'a-\nventure, une Zambelli ou une Isadora Duncan avait imaginé une danse d'un ca-\nractère très esthétique, elle pût la produire. Le Grand Palais a-t-il été fait pour\nles arts plastiques seulement ou pour les beaux-arts? Ne contient-il pas précisé-\nment une salle appropriée à la musique, à la poésie et à la danse ?\nTant qu'on n'aura pas fait, dans la pratique, la coordination sérieuse et com-\nplète des arts du rythme aux arts du dessin, nous aurons sans doute des\n« auditions » charmantes comme celles que la Société nationale nous a déjà pro-\ncurées ; mais nous n'aurons pas de « Salon musical ». Ce qui importe sur-\ntout, c'est que les musiciens s'organisent eux-mêmes, régulièrement; tant qu'ils\nse laisseront mener à la lisière par d'autres artistes, aussi éminents que soient\nces derniers, j'aurai l'impertinence de penser que ce sont des maladroits.\nVeuillez agréer, mon cher Directeur, l'assurance de mes meilleurs sentiments,\n\nJULES COMBARIEU,\nchargé du cours d'histoire de la musique\nau Collège de France.\n\nA. SABATHIÉ,\n67, rue de Passy, Paris.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR,\nA propos de la thèse récente de M. Ecorcheville, je ferai une simple re-\nmarque. On a beaucoup reproché au candidat une bibliographie inexacte\ndans les détails. Or un de ses juges, M. Emmanuel, a commis une faute\nautrement grave : dans la liste de ses oeuvres, il a introduit un « opéra lyrique »\n(rien que cela î), Prométhée, lequel ri a jamais existé... à moins que ce ne soit\nM. Constant Pierre qui endosse la responsabilité de ce bluff énorme ! (V. le\nConservatoire national, p. 750.)\nVeuillez agréer, etc...\n•*v"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c008", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "287", "page_fin": "288", "image_debut": 5, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.3.1", "titre_corps": "UNE LETTRE DE M. MACEDONSKI", "titre_sommaire": "UNE LETTRE DE M. MACEDONSKI", "signature_source": "J. 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Ils sont si loin dans\nle passe que tout ne m'apparaît que brouillé de brume, voilé d'incertitude, et\npourtant cela fut ! l'enfant malingre que j'étais, le petit être beau quand\nmême à for ce de boucles blondes, épis d'or qui lui nimbaient le front,\net me revoyant tel, je me ressouviens de certains accidents nerveux, inquié-\ntants pour ma mère, mais dont mon père ne tenait nul compte, lui enjoignant\nde ne se point troubler, car, lui disait-il, « ton trouble à toi retentira sur l'âme\nde l enfant, et donnera naissance à toute une autre série de phénomènes,\nceux-ci sérieux"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "289", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.7", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2036, "texte": "Quoi qu'il en soit, c'est de ces accidents que datent mes premières et mes plus\npuissantes sensations musicales auditives, accidents qui, survenus après de\ngrandes dépressions physiques, me jetaient dans un état d'inconscience mo-\nmentané et abolissaient en quelque sorte, pour moi, la réalité, me dévêtaient\nde ma personnalité, et tout en me permettant d'entendre et de voir, enlevaient\naux sens et aux images leurs valeurs vraies.\nEt comme ma mère, de plus en plus angoissée, se penchait sur moi et me don-\nnait les soins les plus tendres, ravi à la terre, une musique que rien ne peut\nrendre, une musique comme on doit en entendre dans les cieux, s'élevait à\nl improviste au fond de mon âme, et venue comme d'abîmes insondables, m em-\nplissait de vibrations sonores et graves, douces mais douloureuses, faisait sur-\ngir en moi un vague ressouvenir d'une joie en d'autres vies éclose, amour de\nfemme ou triomphe d'orgueil, Dieu sait quoi de senti et d'évanoui, de vécu et\nde mort, et ces sons-là coulaient comme une rivière, dévalaient comme un\ntorrent, montaient comme une mer, m'emportaient dans leur maèlstrom, me\nsubmergeaient, et finalement me faisaient éclater en sanglots.\nOr, ce sont les plus grandes sensations musicales qui m'aient jamais fait fré-\nmir, et qu:, ajoutées à celles qui, quelque vingt ans se sont déjà passés depuis,\ndurant le songe d'une nuit quelconque, hantèrent mon sommeil et le muèrent;\nle lendemain, en transposition de poème, en floraison de vers que, pour ainsi\ndire, j'écrivis sans presque m'en rendre compte, et dont le retentissement ne\nfut point petit dans mon pays.\nPour moi, la musique est tout : Sentiment, pensée, image, et quand je dis\nimage, je dis forme et couleur. Vous parlerai-je des indicibles jouissances\nque me donnent ceux qui en sont les grands maîtres, quelle que soit leur na-\ntionalité...\nIl y a des choses que l'on sent si bien et qu'il est si malaisé d'exprimer !\nSur ce, mon cher Maître, je vous serre bien cordialement la main,\nBucarest, 1906.\n\nA. MACÉDONSKI."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c010", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "289", "page_fin": "290", "image_debut": 7, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.3.3", "titre_corps": "Le Salon musical.", "titre_sommaire": "Le Salon musical.", "signature_source": "JULES COMBARIEU, chargé du cours d'histoire de la musique au Collège de France", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "289", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.7", "debut_caractere": 2038, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "Le Salon musical.\n\nLe Temps du 30 mai a publié la lettre suivante :\nMON CHER DIRECTEUR,\nComme complément aux excellentes observations de votre collaborateur mu-\nsical clans sa chronique du 29 mai, voulez-vous me permettre de revenir ici sur\nune idée qui intéresse un très grand nombre d'artistes et qui ne paraît pas avoir\nété bien comprise par eux ? • -\nIl s'agit du Salon musical. Qui a organisé ce Salon ? C'est la Société nationale\ndes beaux-arts; c'est elle, comme le dit le critique du Temps, qui « donne des\nconcerts » soumis à sa direction et à son autorité ; c'est un aréopage d'artistes\npeintres, sculpteurs ou architectes, c'est une société chargée de représenter les\narts du dessin, qui a constitué un jury pour organiser une exposition des arts et\ndu rythme et qui fait des opérations de ce jury, comme des auditions qui les\nsuivent, une simple annexe, un ornement supplémentaire et facultatif du Salon\nprincipal."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "290", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.8", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2645, "texte": "Une telle situation est difficilement admissible pour le bon sens ; non pas seu-\nlement parce qu'un art se trouve placé sous la tutelle des autres arts\nmais parce que cette sujétion peu équitable peut empêcher ou retarder, en se sub-\nstituant à elle, une organisation sociale des musiciens français qui est infiniment,\ndésirable.\nCe qu'il faudrait, pour avoir un « Salon musical » digne de ce nom, et\nl'expérience d'aujourd'hui prouve que cette nouveauté ne gênerait personne,\nc'est que les musiciens, renonçant à leurs petites chapelles sans renoncer à 1 ori-\nginalité d'écoles diverses, se concertent, se réunissent, s'entendent, et par des\nvoies régulières, nomment eux-mêmes un jury, dont les membres puiseraient\nleur autorité dans les suffrages de leurs pairs, auraient qualité pour défendre\ndes intérêts spéciaux devant l'administration des beaux-arts, et obtenir que la\nmusique fût partout mise à son rang\nLes musiciens compositeurs et exécutants sont dans un état de disper-\nsion et de morcellement où beaucoup de forces s'épuisent. Ils ignorent l'inap-\npréciable avantage des volontés unies. Pourquoi ne s'organisent ils pas comme\nles peintres ? Les jeunes virtuoses qui demandent à tous les échos une occasion\nde faire connaître leur talent, les jeunes compositeurs qui voudraient arriver\njusqu'au public, sont vraiment peu avisés. La ville de Paris leur construit un\npalais : ils n'y entrent qu'en sous-ordre, pour l'agrément du locataire principal,\nalors qu'ils auraient le droit de s'y installer pour partager un privilège.\nAux musiciens devraient se joindre les poètes ; je voudrais enfin que 'si, d'a-\nventure, une Zambelli ou une Isadora Duncan avait imaginé une danse d'un ca-\nractère très esthétique, elle pût la produire. Le Grand Palais a-t-il été fait pour\nles arts plastiques seulement ou pour les beaux-arts? Ne contient-il pas précisé-\nment une salle appropriée à la musique, à la poésie et à la danse ?\nTant qu'on n'aura pas fait, dans la pratique, la coordination sérieuse et com-\nplète des arts du rythme aux arts du dessin, nous aurons sans doute des\n« auditions » charmantes comme celles que la Société nationale nous a déjà pro-\ncurées ; mais nous n'aurons pas de « Salon musical ». Ce qui importe sur-\ntout, c'est que les musiciens s'organisent eux-mêmes, régulièrement; tant qu'ils\nse laisseront mener à la lisière par d'autres artistes, aussi éminents que soient\nces derniers, j'aurai l'impertinence de penser que ce sont des maladroits.\nVeuillez agréer, mon cher Directeur, l'assurance de mes meilleurs sentiments,\n\nJULES COMBARIEU,\nchargé du cours d'histoire de la musique\nau Collège de France."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c011", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "290", "page_fin": "290", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.3.4", "titre_corps": "MONSIEUR LE DIRECTEUR,", "titre_sommaire": "MONSIEUR LE DIRECTEUR,", "signature_source": "A. SABATHIÉ, 67, rue de Passy, Paris", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "290", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.8", "debut_caractere": 2647, "fin_caractere_exclue": 3224, "texte": "A. SABATHIÉ,\n67, rue de Passy, Paris.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR,\nA propos de la thèse récente de M. Ecorcheville, je ferai une simple re-\nmarque. On a beaucoup reproché au candidat une bibliographie inexacte\ndans les détails. Or un de ses juges, M. Emmanuel, a commis une faute\nautrement grave : dans la liste de ses oeuvres, il a introduit un « opéra lyrique »\n(rien que cela î), Prométhée, lequel ri a jamais existé... à moins que ce ne soit\nM. Constant Pierre qui endosse la responsabilité de ce bluff énorme ! (V. le\nConservatoire national, p. 750.)\nVeuillez agréer, etc...\n•*v"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c012", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "291", "page_fin": "297", "image_debut": 9, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.4", "titre_corps": "Musique française.", "titre_sommaire": "Musique française.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "291", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.9", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "Musique française.\n\nQUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIe SIÈCLE I LES LE CLERC.\n\nLes lecteurs de la Revue musicale n'ont certainement pas oublié un très inté-\nressant article de M. de La Laurencie (i \\ servant en quelque sorte de complé-\nment à d'autres excellents travaux du même auteur consacrés à Jean-Marie\nLeclair l'aîné et à Jean-Marie Leclair le second (2), et concernant spécialement\nune méprise de Fétis, qui avait cru reconnaître dans un certain Leclerc, violoniste\nà l'Opéra, l'illustre Leclair aîné en personne. Rien ne subsiste plus de l'assertion\nde Pétis, après la démonstration de M. de La Laurencie. Mais il reste, à l'égard\ndes nombreux Leclerc, d'autres obscurités, aux dangers desquelles notre érudit\nconfrère n'a lui-même pas échappé, puisque à son tour il a confondu le violoniste\net compositeur Jean Leclerc avec le violoniste et éditeur Charles-Nicolas Leclerc.\nEn réunissant ici quelques notes sur un groupe assez mal connu de musiciens\ndu même nom, nous sommes loin de prétendre résoudre ces difficultés et plus\nloin encore de vouloir critiquer le travail d'un musicologue dont personne mieux\nque nous n'apprécie les rares qualités de savoir, de méthode et dégoût. Notre\nseul but est d'aider au classement provisoire de quelques musiciens français du\nxvme siècle, et de faire en particulier ressortir le rôle de l'un d'eux, Charles-\nNicolas Le Clerc, dans l'histoire de la librairie musicale.\nDe 1718 à 1780, une quinzaine de Le Clerc se présentent à nous dans les\ndiverses branches de la culture musicale. Le meilleur moyen de les distinguer\nles uns des autres est, croyons-nous, de les énumérer successivement, selon\nl'ordre chronologique des documents qui mentionnent chacun d'eux pour la\npremière fois.\n1. LE CLERC...., marchand de musique. «Le Sieur Le Clerc » dont nous\nn'avons pu découvrir le prénom, tenait un commerce de musique « rue du\nRoule, àla Croix d'Or ». Il n'était pas éditeur, mais marchand, simple déposi-\ntaire d'oeuvres musicales éditées aux frais de leurs auteurs et qùi se vendaient à\nla fois chez lui et à une ou plusieurs autres adresses, y compris généralement\ncelle du compositeur lui-même. A notre connaissance, la plus ancienne œuvre\ndatée dont il ait ainsi été chargé de débiter des exemplaires fut les Caractères de\nla danse, de Rebel, qui parut en 1715 (3). En 1760, La Chevardière lui avait\nsuccédé et continuait son commerce, sous la même enseigne (4).\n2. LE CLERC (Sébastien) était trompette dans la musique de l'Ecurie en\n1718 (5). Il mourut le 29 décembre 1729, laissant trois fils, Nicolas, Jacques et\nLouis (6).\n\n(1) Une assertion de Fétis : Jean-Marie Leclair l'aîné à l'orchestre de l'Opéra, dans la Revue\nmusicale du 15 octobre 1904, tome IV, pp. 496-503.\n(2) L'origine de J.-M. Leclair l'aîné, dans le Courrier musical du 15 mai 1904 ; J.-M. Leclair\nle second, idem, ler juillet 1905 ; J.-M. Leclair l'aîné, d'après des documents inédits, dans le Recueil\ntrimestriel de la Société intern. de musique, 6e année, pp. 250-273.\n(3) Sur cette œuvre, voy. l'étude de MM. Pierre Aubry et Emile Dacier, publiée ici même,\ntome V,pp. 301, 324, 365, et en brochure, Paris, Champion, 1905, in-4,\n(4) La Chevardière eut à son tour pour successeur Leduc, dont le nom yst resté attaché à\nl'une de nos principales maisons d'éditions musicales.\n(5) Bibl. nat. ms. Clair. 814.\n(6) J. Ecorcheville, Quelques documents sur la musique de la grande écurie du Roi, dans le\nRecueil trimestriel de la Soc. intern. de mus., t. 11, 1901, p. 642."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "292", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.10", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "3. LE CLERC... était violoniste dans la musique du duc de Lorraine, à Nancy,\nen 1722 (1).\n4. LE CLERC (Guy), violoniste, titulaire en 1722 de la charge de « lun des\nvingt quatre violons du Roi » (2), démissionna en 1733, ayant le sieur Belle-\nville en survivance (3).\n5. LE CLERC (Jean), violoniste et compositeur, faisait partie dès 1722 de la\nbande des 24 violons, où il jouait de la « basse de violon (4) ». Le 31 décembre\n1729 il obtint un « privilège général », qu'il fit enregistrer le 16 lévrier, pour\nla publication de « plusieurs sonates pour le violon, flûte et hautbois et autres\nsonates et recueils de plusieurs menuets et contredanses tant anciens que nou-\nveaux de différents auteurs français et italiens » (5). Ce privilège, accordé à\n<( Jean Le Clerc, l'un des vingt-quatre violons ordinaires de notre chambre », fut\nrenouvelé pour huit ans, le 22 décembre 1736, et enregistré le 2 janvier 1737, en\ntermes un peu différents : « pour plusieurs sonates de sa composition pour les\nviolons, flûtes, hautbois, muzettes, et vielles et recueils de Noels, Menuets et\nContredances tant anciens que nouveaux, françois, italiens, mesme ceux qui se\nferont parla suitte » (6). C'est de ce second privilège qu'il se servit pour publier\nen 1742 un ouvrage intitulé : SEPTIÈME RECUEIL | DE CONTREDANSES ] et la\ntable par lettre alphabétique | avec la basse continue \\ et chifrée | Recueilly et\nmis en ordre \\ par Mv Le Clerc | Se vend à Paris | chez le SR Le Clerc, rue\ndu Roule àla Croix d'Or | Avec privilège du Roi. | 2742. » (7 . La pagina-\ntion de ce septième recueil continue celle des recueils précédents, dont ni\nM. de La Laurencie, ni nous, ne connaissons d'exemplaire ; elle va des pages\n200 à 235 et contient 96 contredanses, numérotées de 604 à 700 et portant\nchacune un titre particulier. L'une d'elles (page 224), intitulée « la queux du\nchat », n'est autre que le joli et célèbre cc Tambourin » du livre de Pièces de\nClavecin de Rameau de 1724. légèrement modifié, avec dans la partie de basse\nune insistance curieuse à répéter un dessin employé plus modérément chez\nRameau, et qui pourrait avoir eu l'intention de représenter le mouvement du\nchat qui tourne sur lui-même en courant après sa propre queue.\nNi dans le texte des privilèges, ni au titre de son recueil, Jean Le Clerc ne se\nqualifie « ordinaire de l'Académie royale de musique ». 11 ne faisait donc point\npartie de l'orchestre de l'Opéra. On pourrait se hasarder à l'identifier avec le\nvioloniste que YAlmanach des spectacles pour l'année 1753 appelle Le Cler, et\nmentionne, en cette année seulement, dans l'orchestre de l'Opéra-Comique\n(théâtre de la Foire) ; la mince qualité et le genre inférieur de ses compositions\npourraient appuyer cette hypothèse. Les huitième et neuvième recueils de contre-\ndanses de Jean Le Clerc, publiés en 1744 et 1745, et ses premier et deuxième\nrecueils de menuets en duo, ont été mentionnés par M. de La Laurencie, qui en\nsignale des exemplaires à la bibliothèque du Conservatoire. Les menuets se ven-\ndaient « chez M. Le Clerc, rue Saint-Honoré, vis-à-vis l'Oratoire », qui était,\n\ni) Jacquot, la Musique en Lorraine, p. 121.\n(2) L'Etat de France, 1722.— La Laurencie, art. cité, Revue musicale, tome IV, p. 498.\n(3) Bibl. nat. ms. fr. 7676, fol. 14 v°.\n(4) La Laurencie, art. cité, Rev. mus., t. IV, p. 498.\n(5) Bibl. nat. ms.fr. 21954, p. 464.\n(6) Bibl. nat. ms. fr. 21956, p. 367. —M. de La Laurencie a cité ce second privilège.\n(7) M. de La Laurencie a cité ce titré d ouvrage."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "293", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.11", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3750, "texte": "comme nous allons en donner les preuves, Charles-Nicolas Le Clerc, le violo-\nniste de l'Opéra.\nL' « Etat » des 24 violons de la chambre du roi pour l'année 1760 contient\nencore le nom de Jean Le Clerc (1), qui comptait alors plus de 38 ans de services.\nNous perdons sa trace depuis cette époque, et, ne le trouvant pas sur une liste\ndes « vétérans » pour l'année 1773, nous devons conclure qu'il était mort entre\nces deux dates, 1760 et 1772.\n6. LE CLERC (Charles Nicolas), violoniste et éditeur, est bien le musicien dont\nl'entrée en 1729 dans l'orchestre de l'Opéra a été indiquée par Fétis et confirmée\npar M. de La Laurencie. Il fut mis àla retraite le 22 mai 1750, après 22 ans de\nservices, avec une pension fixée à la moitié de ses appointements, qui étaient de\n600 livres (2). Une pièce de procédure publiée par Campardon, datée du\n8 février 1748, ajoute à son nom les mots « de l'Académie de musique », et précise\nexactement ses prénoms, Charles-Nicolas, et son domicile, « rue SaintTlonoré,\nvis-à-vis l'Oratoire » (3). Il était en même temps « l'un des 24 violons du roi ».\nSon premier privilège d'éditeur, en 1736, lui donnant déjà ce titre, nous pouvons\nle reconnaître dans « le sieur Le Clerc » qui obtint le 6 janvier 1733 la survi-\nvance de la charge de l'un des 24 violons, vacante par la démission de Jacques\nJolly (4). Il figure, avec ses prénoms Charles-Nicolas, à côté de Jean Le Clerc,\nsur 1' « Etat » de 1760 (5). Il était encore en fonctions en 1765, époque à laquelle\nil prit son troisième et dernier privilège d'éditeur ; mais en 1773 on le trouve sur\n1' « Etat des vétérans » sans que soit indiquée la date de sa retraite. D'autre\npart, la liste des pensionnaires de l'Opéra, donnée annuellement par YAlmanach\ndes spectacles, le mentionne jusqu'à l'année 1775, après quoi sa disparition\nindique naturellement son décès (6). Le voisinage de son domicile avec le car-\nrefour appelé <( la Croix du Trahoir » peut également identifier Charles-Nicolas\nLe Clerc avec le « maître de violon et de pardessus de viole » que de Jèze, en\n1759, appelle simplement « Le Clerc » et dont il place assez vaguement la de-\nmeure « près la Croix du Trahoir » (7).\nCharles-Nicolas Le Clerc n'a laissé aucune composition, pas même du genre\nmodeste que cultivait son homonyme et collègue Jean Le Clerc. Mais il a droit à\nun souvenir dans l'histoire de la musique en France, par la grande activité qu'il\na pendant plus de vingt -cinq ans déployée comme éditeur. Les documents qui\nse rapportent à ses entreprises dans ce domaine ont une réelle importance en ce\nque d'une part ils peuvent révéler la publication en France de quelques ouvrages\ndont on ne connaît plus d'exemplaires, et que d'autre part ils aident à fixer la\ndate de certaines éditions. Pour ce double motif, nous ne croyons pas inutile de\nles reproduire, soit en entier, soit en abrégé.\nLe premier de ces documents est un privilège du roi, obtenu le 9 mars 1736,\nenregistré le 6 avril, pour une durée de quinze ans, et motivé ainsi qu'il suit :\n\n(1) Archives nat. O1 842.\n(2) La Laurencie, art cité, Rev. mus. IV, p. 497 et suiv.\n(3) Camparclon, l Académie royale de musique au XVIIIe siècle, t. 11, p. 93. En commentant\ncette pièce, Campardon a confondu Charles-Nicolas Le Clerc avec le chanteur Pierre Le Clerc.\nFétis l'avait pris pour Leclair l'aîné, et M. de La Laurencie l'a confondu avec Jean Le Clerc.\n(4) Bibl. nat. ms. fr. 7676, fol. 14. A cette époque, Jean Le Clerc faisait depuis longtemps\npartie de la bande des 24 violons, et Guy Le Clerc était à la veille de démissionner.\n(5) Arch. nat. Ol 842.\n(6) Il ne figure plus sur l'Etat des vétérans en 1779.\n(7) De Jèze, Tableau de Paris pour Vannée 17 Cité par M. de La Laurencie."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "294", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.12", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 4375, "texte": "(( ... Le sr Charles Nicolas Le Clerc, l'un de nos vingt-quatre violons ordinaires, nous ayant\nfait remontrer qu'il souhaitteroit faire imprimer, graver et donner au public plusieurs ouviages\nde musique de différens auteurs qui ont pour titre : tout Corelli, douze œuvres e ival 1, neu\nœuvres d'Albinoni, neuf œuvres de V alentini, deux livres de pièces de clavecin et un livre solo\nde Hendel, un livre de Veracini, un livre solo, cinq œuvres de Thelemann. Mais comme ces ou-\nvrages sont d'une très grande dépense et qu'il craint que quelque personne ne s avisassent de\nles copier ou contrefaire ce qui lui feroit un tort considérable après en avoit fait les îecheic es\net les perquisitions requises qu'il en a fait sçachant que le public en manquoit, nous lui avons\npermis et permettons, » etc. (1).\nQuatre ans après l obtention de ce privilège, Charles-Nicolas Le Clei c avait\ndéjà constitué un fonds d édition considérable, dont il publiait le catalogue dans\nle Mercure de France du mois de décembre 1740 :\n« CATALOGUE DE MUSIQUE françoise et italienne, que le sr Le Clerc, ordinaire de la chambre\ndu Roy et de l'Académie royale de musique, a fait graver, qui se vendent à Paris, aux adresses\nordinaires, et chés lui, rue S. Honoré, près l'Oratoire. Il continue de faire graver tous les\nmeilleurs auteurs, tant anciens que nouveaux :\nSonates à violon seul et basse : Corelly, lERIER oeuvre ; Rane, lERIER œuvre ; Guillemain, lEl'1E1' œuvre ;\nGuillemain, II livre, 3e œuvre ; Tremais, ier œuvre ; Veracini, ier œuvre ; Locatelli, 6e œuvre ,\nGeminiani, 2e œuvre ; Guerini, ier œuvre ; Telemann, Sonatine ; Caprice et boutade de Reoel.\nSonates à deux violons : Tessarini, ier et 2e œuvres ; Forster, à 2 violons et basse ad libitum ;\nFesch, ier œuvre : Tremais, 2e ; Guillemain, 4e et se.5e.\nPièces de clavecin: Handel, ier-4e livres ; Scarlatti, lel'1e1' et 2e volumes.\nSonate à flûte et basse : Locatelli, 2e œuvre ; Mahault, ier ; Quantz, nouveau ; M. B ;\nIRE partie du 5e œuvre de Corelly ; Santis, 40 œuvre ; Hasse, lERIER ; San Martini, IEI1E1 ; Weidemen,\nI«r.\nSonates à deux flûtes : Telemann, à 2 flûtes ou 2 violons; Lœillel, 50 œuvre, à 2 flûtes,\n2 violons ou 2 hautbois; Groneman, ier œuvre; 2e partie du 5e œuvre de Corelly ; Quignaid,\n2e œuvre ; Valentini, à 2 flûtes ou 2 violons.\nVielles et musettes : Derochet, menuets et plusieurs airs ; les nouvelles bagatelles, du même.\nTrios pour les violons, flûtes et hautbois : Corelly, ier-4e œuvres; Vivaldy, iu ; Abaco, 3e ;\ntrietti de Telemann; Corellyzantes de Telemann; Pichler, ier œuvre; Handel; Porpora, dif-\nférents auteurs, ier et 2e œuvres; Smalle, ier : Brevio, ier et 2e; Alberto Gallo, 2e œuvre;\nTortoriti, ier ; San Martini, ier ; Locatelli, se;5e; Guillemain, 2e, 6e, 8e œuvres.\nQuatuors et concertos : iers quatuors de Telemann ; Vivaldi, l'Estro armonico ;le même, les\nQuatre saisons; ier concerto de Tremais; Guillemain, 7e œuvre.\nSonates pour le violoncelle : Lanzetty, ier œuvre ; Triemer, icr; Batta Somis, 12 sonates ;\nDefech, 2e œuvre ; Giacomo Klein, 2e ; Vivaldy ;de Fesch, 3e ; Klein le jeune, icr livre (2).\nLe document publié par Campardon se classe chronologiquement après ce\ncatalogue, et se rapporte à l'industrie de Le Clerc comme éditeur. C'est une\nplainte déposée « l'an 1748, le jeudi 8 février », par « le sieur Charles-Nicolas\nLeclerc, de l'Académie royale de musique, demeurant rue Saint-Honoré, vis-à-\n-vis l'Oratoire », contre un nommé Galbrun, auquel il avait confié « deux parti-\ntions de six sonates en trio de la composition du sieur Deselles, musicien du\nroi de Pologne Stanislas, pour les copier en parties séparées », et qui en avait\nperdu ou dérobé la moitié (3).\nLe privilège de 1736 avait une durée de quinze ans. A l'approche du moment\noù il devait arriver à son expiration, Le Clerc se pourvut d'un nouveau privi-\nlège, qui lui fut accordé pour vingt ans, le 18 novembre 1750. et qu'il fît enre-\ngistrer lei2 janvier 1751. Beaucoup plus étendu que le précédent, ce second\ndocument énumérait non sans défigurer l'orthographe de la plupart d'entre\n\n(1) Bibl. nat. ms. fr. 21956, p. 248. Nous respectons l'orthographe fautive du document.\n(2) Mercure de France, décembre 1740, 2e vol., p. 2917 et suiv. Nous avons conservé l'or-\nthographe, souvent fautive, du Mercure.\n(3) Campardon, VAcadémie de musique, tome 11, p. 93."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "295", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.13", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 4549, "texte": "eux, plus de quatre-vingts noms de musiciens dont « Charles-Nicolas Le\nClerc, l'un des vingt-quatre violons de notre chambre », était autorisé à\n« donner au public » les œuvres :\n... Cantates et cantatilles mises en musique par le sieur Bourgeois, intitulées l'Amante vo-\nlage, Minerve et l'amour, l'inconstance, les souhaits de l'amour, Télémaque et Eucharis,\nBacchus, la symphonie italienne, Céphale et l'aurore, Zéphire et la rose, le Concert, les amours\nmutuels, le dépit de l'amour, Calypso, et l'Aveu sincère ; et les œuvres instrumentales compo-\nsées par Abaco père et fils, Albinoni, Angelini, Alberto Gallo, Bezzossi (Besozzi), Boni, Baptista\nBriouschi, Brevio, Corelli, Kamerloquer (Camerlocher), Servetto (Bassevi dit Cervetto), Canabi\n(Cannabich), Cavalari, Costanzi, Desplanes (Piani, dit Des Planes), Daniello (Aniello Sant' An-\ngelo), Dall'Oglio, Du Tartre, De Monceaux, Forceter (Forster), Ferlingue, Fech (Fesch), Fritz,\nForni, Gronemay, Guerini, Gray, Guillemain, Geminiani, Gottwalt, Handel, Hasse, Hamal,\nHevard, Hanot, Klein, Kennis, l'ami du clavier, Locatelli, Lanzetto, Lœillet, Lavallière, Le\nMaire, Maho (Mahault), Madonis, Melanco, Martini (San Martini), Marcello, Mangean, Masse,\nMiroglio l'aîné, Merci (Merchi), Morri, Moreau dalai (Mauro d'Alay), Patoni, Paganelli, Por-\npora, Pichler, Perez, Quantz, Quinard (Quignard), Repel per (Rebel père), Santio (de Santis),\nSmalle Spourni, Schmitz, Somis l'aîné, Somis cadet, Scarjatti, Soulallez (?), Thelleman (Tele-\nmann), Tartini), Themanza (Temanza), Thessarini (Tessarini), Thriermeo (Triemer ? , Tortoriti,\nTremais, Vivaldi, Wermand (?), Valenlini, Valentine, Veracini, Zani (1).\nUn ouvrage sans date, publié vers la même époque, L'Echo du Danube, conte-\nnant six sonates... à une viole de gambe... par Jean Schenck... œuvre IXe (2).\noffre ces deux particularités intéressantes de contenir au titre la triple adresse :\n« à Paris chez M Le Clerc le Cadet, rue Saint-Honoré vis-à-vis l'Oratoire, Le\nsieur Le Clerc, rue du Roule àla Croix d'Or, Mme Boivin rue Saint-Honoré àla\nRègle d'Or », où le surnom « le cadet » indique la parenté de Charles-Nicolas\nLe Clerc avec l'un de ses homonymes, encore indéterminé ; et au verso une\nreproduction à peu près littérale du Catalogue inséré dans le Mercure en 1740.\nTelle était alors la bizarre réglementation du commerce de la librairie en\nFrance, qu'un éditeur aussi actif que Ch.-Nie. Le Clerc, et dont le fonds était\nconsidérable, comptait, administrativement, parmi les « marchands merciers »,\nses rivaux à la même époque étant, soit « marchands papetiers », comme la\nChevardière après 1760, soit comme Mme Hue « marchande lingère ».\nLe 7 août 1765, un troisième et dernier privilège fut accordé à « Charles-\nNicolas Le Clerc, l'un des 24 violons » etc., qui le fit enregistrer le 21 août, pour\nune durée de douze ans. Ce nouveau document visait les ouvrages suivants :\n... le Devin du village, le Soldat magicien, Gilles garçon peintre, les deux Sœurs rivales, les\ndeux cousines, la Serva padrona (3), cantatilles, motets et autres musiques de Le Maire, 22e can-\ntatille et l'Eloge de l'amour, de Le Febvre, Corelli, œuvres de Mouret, les cantatilles de M. Légat\nde Furcy, le Songe de Zirphée, les plaisirs de l'Amour, et l'indifférence, la paix, de du Tartre,\nplusieurs recueils de parodies à l'usage des jeunes demoiselles, pièces d'Alberti, trio d'Angelini,\nmusique de Bordier, Bourgoin, Braun l'aîné et le cadet, Bellanger, Bode, Delange, Bessoni,\nCapia le jeune (Cupis ?), Corelli, Croes, Canabi (Cannabich) Camerloker, Campione, recueil des\nfanfares de Dampierre, Doeschi (Toeschi), Fesets (Fesch). Forster, Fritz, Gianotti, Geminiani,\nGuillemain, Gossei (Gossec) ier et 2e (œuvres), Gasparini, Galeotti, Guiglini (Guglielmi ?), Gue-\nrini, Gronemann icr et 20, Handet (Handel), Hasse, Hainsse, Jomelli, Kennis, Krafft, Lauretti (r),\nL'availlier (Lavallière) pour le tambourin, Locatelli, l'ami du clavier, Saint-Sevin dit l'Abbé,\nPrincipes de violon, Martini (San Martini), Melanco, Mahault, Mangean, Morigi, Mascitti, Noels\nde La Lande, Paganelli, Porpora, Pere (Perez r), Pichler, Patoni ier, 2e et 3e, Paradis, Pagnani\n2e (Pugnani), Quantz, Roget, Spurni (Spourni), Savonetti (Schiavonetti), Smalle ■(?), Scarlatti,\nSchwindel, Vivaldi, Windelingue (Wendling), Wodicka, Wanguinseil (Wagenseil), plusieurs\n\n(1) Bibl. nat. ms. fr. 21959 P- 394-\n(2) Bibl. nat. Vm7, 6284.\n(3) On a reconnu les titres des opéras de J.-J. Rousseau, Philidor, Laborde, Desbrosses et Per-\ngolèse."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "296", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.14", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3471, "texte": "recueils d'airs, menuets, concordances (contredanses) ajustées pour le violon, basses, vielles et\nmusettes, les œuvres de Kohaut, un traité de composition de M. Bernier(i).\n7. LECLERC (Pierre), chanteur. M. de La Laurencie a mentionné, d'après\nle Mercure, la présence de cemusicien parmi les chanteurs du Concert de la reine,\nde 1731 à 1741 (2). Nous le voyons encore figurer en 1760, comme « chanteur\ntaille », dans la musique du roi (3). Retraité en 1769, il est encore nommé eni779\ndans l'état des « vétérans ».\n8. LE CLERC... flûtiste. —Fétis, copiant Choron et Fayolle, appelle cemusi-\ncien Lecler, le dit fils d'un facteur de clavecins, frère aîné de Jean-Pierre Le\nClerc, dont il sera parlé plus loin, et ajoute qu'il fut attaché en 1739 a l'orchestre\nde l'Opéra, et qu'il fit en 1752 un voyage en Angleterre (4). Dittersdorf le ren-\ncontra vers 1750 à Vienne (5), et quelques œuvres et copies manuscrites, datées\nde 1753 et 1754, et dédiées au margrave de Baden-Durlach, indiquent à cette\népoque sa présence en Allemagne. Ces œuvres, qui sont conservées à la biblio-\nthèque de Karlsruhe,consistent en un livre de 6 Sonates pour flûte et basse,deux\nlivres de chacun 6 Sonates pour 2 flûtes, et un recueil de 30 solos pour la flûte,\nanonymes, sauf deux, qui sont de Camerlocher et de Tartini (6). L'un de ces\ndeux livres de Sonates à 2 flûtes est probablement une copie de l'ouvrage sui-\nvant, qui fut gravé sans date, à Paris, après 1745 (7) : Six | SONATES | A DEUX\nFLÛTES | sans basse | composées | par |M. le Clerc. | Œuvre lerIer | gravé\npar Mlle Vandome | A Paris | chez le Sr Maupetit l'éditeur, cloître S.Ger-\nmain l'Auxerrois | Madame Boivin, marchande, rue Saint-Honoré, à la règle\nd'or | le Sr LeClerc, marchand, rue du Roule, àla Croix d'Or. | A Lyon,\nM. de Brotonne, rue Mercière, au Saint-Esprit (8).\n9. LE CLERC, facteur d'instruments à vent. Il est connu par un document que\nPontécoulant a découvert aux Archives nationales et qu'il a résumé sans en\nindiquer la cote. C'est une requête par laquelle, en 1752, François Ferry, gendre\ndu feu sieur Leclerc, et son élève, demande mainlevée d'une opposition formée\nà sa maîtrise par cinq maîtres luthiers faiseurs d'instruments (9).\n10. LE CLERC... Grétry,dans ses Mémoires, dit avoir reçu à Liège,vers 1752,\nles leçons de ce musicien, qu'il assure avoir été ensuite maître de chapelle à\nStrasbourg, fait que jusqu'ici n'ont pas confirmé les historiens de la musique\nen Alsace.\n11. LE CLERC... luthier, demeurait à Paris, « aux Quinze-Vingts »M. Cons-\ntant Pierre avu de lui des étiquettes de 1761, 1768 et 1777 ( 10).\n12. LECLERC... organiste et claveciniste. D'après une annonce insérée dans\nl'Avant-Coureur du ior juillet 1765, le « Pneumacorde », nouveau clavecin de\n\n(1) Bibl. nat. Ms. fr. 21963, p. 357.\n(2) L. de La Laurencie, J:-M. Leclair Vaîné, dans le Recueil trimestriel de la Soc. intern. de\nmus., t. VI, 1905, p. 257.\n(3) Arch. nat. Ol 842.\n(4) Fétis, Biogr. des mus., t. V, p. 246.\n(5) Eitner, Quellen-Lexikon, t. VI, p. 100, art. Le Clair.\n(6) Eitner, t. VI, p. 102, art. Leclerc.\n(7) Le privilège invoqué pour cette publication par J.-B. Edme Maupetit est daté du 18 sep-\ntembre 1745 et vise collectivement un nombre indéterminé de compositions dont les auteurs ne\nsont pas désignés.\n(8) Bibl. nat. Vm7, 6527.\n(9) De Pontécoulant, Essai sur la facture instrumentale, 1857, p. 125.\n(10) C. Pierre, les Facteurs d'instr. de mus., pp. 66 et 108"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "297", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.15", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3351, "texte": "Berger, avec jeu d'orgue et crescendo « qui renfle les sons à volonté », était tou-\nché tous les jours « par Le Clerc » dans une salle des Tuileries. Il nous paraît\nvraisemblable d'assimiler ce claveciniste à l'organiste qui publia quinze ans\nplus tard, en 1780 (et non en 1785., comme l'a dit Fétis), l'ouvrage suivant:\nJournal de pièces d'orgue formant huit Magnificat et quatre messes, composé par\nM. LeClerc, organiste des révérends Pères de la Mercy.Gravé par Mme Frere (1).\n13. LE CLERC... violoniste, figure en 176$ et 1766, dans VA Imanach des specta-\ncles, parmi les premiers violons de l'orchestre de la Comédie-Française. Son\ndomicile est « rue des Cordeliers chez un tapissier,entre la rue de l'Observance et\nla rue de Touraine ». En 1768, il est passé de l'orchestre de la Comédie-Française à\ncelui de l'Académie royale de musique, d'où il disparaît en 1771, quoique en\n1773 YAlmanach parisien en faveur des étrangers le nomme encore parmi les\n« maîtres de violon, du nombre de ceux de l'Opéra ». Vers la même époque, il\nfaisait partie del'orchestre du Concert spirituel et de la musiquedu roi. Un «Etat\ndes appointements conservés à différents musiciens du roi qui sont obligés de\ncontinuer le service jusqu'à ce qu'il y ait des places de vétéran vacantes », indi-\nque, en 1780, un violoniste, Leclerc, comptant dix ans de services, qui est cer-\ntainement le même personnage (2).\n14. LECLER,... facteur d'instruments à vent, travaillait, selon G. Chouquet,\nvers 1769. Les musées d'instruments de musique de Paris et de Bruxelles possè-\ndent de lui un flageolet et une flûte (3).\n15. LE CLERC (Jean-Pierre\\ facteur de clavecins, demeurait, d'après M. C.\nPierre, en 1777\"178 rue Chapon; en 1788-89, rue Beaubourg ; en l'an VIII, rue\nSimon-Lefranc (4). Peut-être faut-il voir en lui le frère du flûtiste, et le fils d'un\nfacteur de clavecins, dont Fétis a parlé vaguement à l'article Lecler de sa Bio-\ngraphie des musiciens (5).\n16. LECLERC (Michel), joueur de vielle, ne nous est connu que par un portrait\ngravé par Ingouf, dont une reproduction réduite a été donnée par Chouquet,\ndans la 2E édition de son Catalogue du musée du Conservatoire de Paris.\n\nMICHEL BRENET.\n\nNOTRE SUPPLÉMENT MUSICAI. Du remarquable et récent ouvrage de M. Henri\nFévrier, le Roi aveugle, oû nous avons apprécié une solide construction sym-\nphonique et de jolis effets de timbres, nous donnons un « interlude » original,\noû les successions de quartes produisent, à l'orchestre, un pittoresque effet.\nLe fiagment de 1 admirable Symphonie de Beethoven permettra de suivre l'ana-\nlyse qui est faite plus loin.\n\nv 1) Cet ouvrage fut annoncé dans le Journal de Paris du 27 décembre 1779 Parut en douze\nlivraisons, dont chacune est datée dun des mois de l'année 1780.Ce qui a causé l'erreur de Fétis,\nc est que 1 exemplaire de la bibliothèque du Conservatoire de Paris, incomplet du titre et des\nderniers feuillets, a été complété par un certain G. Eppel, qui l'a daté de 1784 et 1785. - V.\nFétis, t. V, p. 246, art. Lecler, etEitner.t VI, p. 102, qui attribue dubitativement au même\nmusicien des contredanses de Jean Leclerc.\n(2) Arch. nat. Ol 842.\n(3) Chouquet, le Musée du Conservatoire, édit. 1884, P- IQo, n° 375* Mahillon, Catalogue du\nmusée instrum., etc., p. 209, n° 197.\n(4) C. Pierre, ouvr. cité, p. 134.\n(5 ; Fétis, tome V, p. 246."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c013", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "291", "page_fin": "297", "image_debut": 9, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.4.1", "titre_corps": "QUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIe SIÈCLE I LES LE CLERC.", "titre_sommaire": "QUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIe SIÈCLE I LES LE CLERC.", "signature_source": "MICHEL BRENET", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "291", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.9", "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "QUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIe SIÈCLE I LES LE CLERC.\n\nLes lecteurs de la Revue musicale n'ont certainement pas oublié un très inté-\nressant article de M. de La Laurencie (i \\ servant en quelque sorte de complé-\nment à d'autres excellents travaux du même auteur consacrés à Jean-Marie\nLeclair l'aîné et à Jean-Marie Leclair le second (2), et concernant spécialement\nune méprise de Fétis, qui avait cru reconnaître dans un certain Leclerc, violoniste\nà l'Opéra, l'illustre Leclair aîné en personne. Rien ne subsiste plus de l'assertion\nde Pétis, après la démonstration de M. de La Laurencie. Mais il reste, à l'égard\ndes nombreux Leclerc, d'autres obscurités, aux dangers desquelles notre érudit\nconfrère n'a lui-même pas échappé, puisque à son tour il a confondu le violoniste\net compositeur Jean Leclerc avec le violoniste et éditeur Charles-Nicolas Leclerc.\nEn réunissant ici quelques notes sur un groupe assez mal connu de musiciens\ndu même nom, nous sommes loin de prétendre résoudre ces difficultés et plus\nloin encore de vouloir critiquer le travail d'un musicologue dont personne mieux\nque nous n'apprécie les rares qualités de savoir, de méthode et dégoût. Notre\nseul but est d'aider au classement provisoire de quelques musiciens français du\nxvme siècle, et de faire en particulier ressortir le rôle de l'un d'eux, Charles-\nNicolas Le Clerc, dans l'histoire de la librairie musicale.\nDe 1718 à 1780, une quinzaine de Le Clerc se présentent à nous dans les\ndiverses branches de la culture musicale. Le meilleur moyen de les distinguer\nles uns des autres est, croyons-nous, de les énumérer successivement, selon\nl'ordre chronologique des documents qui mentionnent chacun d'eux pour la\npremière fois.\n1. LE CLERC...., marchand de musique. «Le Sieur Le Clerc » dont nous\nn'avons pu découvrir le prénom, tenait un commerce de musique « rue du\nRoule, àla Croix d'Or ». Il n'était pas éditeur, mais marchand, simple déposi-\ntaire d'oeuvres musicales éditées aux frais de leurs auteurs et qùi se vendaient à\nla fois chez lui et à une ou plusieurs autres adresses, y compris généralement\ncelle du compositeur lui-même. A notre connaissance, la plus ancienne œuvre\ndatée dont il ait ainsi été chargé de débiter des exemplaires fut les Caractères de\nla danse, de Rebel, qui parut en 1715 (3). En 1760, La Chevardière lui avait\nsuccédé et continuait son commerce, sous la même enseigne (4).\n2. LE CLERC (Sébastien) était trompette dans la musique de l'Ecurie en\n1718 (5). Il mourut le 29 décembre 1729, laissant trois fils, Nicolas, Jacques et\nLouis (6).\n\n(1) Une assertion de Fétis : Jean-Marie Leclair l'aîné à l'orchestre de l'Opéra, dans la Revue\nmusicale du 15 octobre 1904, tome IV, pp. 496-503.\n(2) L'origine de J.-M. Leclair l'aîné, dans le Courrier musical du 15 mai 1904 ; J.-M. Leclair\nle second, idem, ler juillet 1905 ; J.-M. Leclair l'aîné, d'après des documents inédits, dans le Recueil\ntrimestriel de la Société intern. de musique, 6e année, pp. 250-273.\n(3) Sur cette œuvre, voy. l'étude de MM. Pierre Aubry et Emile Dacier, publiée ici même,\ntome V,pp. 301, 324, 365, et en brochure, Paris, Champion, 1905, in-4,\n(4) La Chevardière eut à son tour pour successeur Leduc, dont le nom yst resté attaché à\nl'une de nos principales maisons d'éditions musicales.\n(5) Bibl. nat. ms. Clair. 814.\n(6) J. Ecorcheville, Quelques documents sur la musique de la grande écurie du Roi, dans le\nRecueil trimestriel de la Soc. intern. de mus., t. 11, 1901, p. 642."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "292", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.10", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3540, "texte": "3. LE CLERC... était violoniste dans la musique du duc de Lorraine, à Nancy,\nen 1722 (1).\n4. LE CLERC (Guy), violoniste, titulaire en 1722 de la charge de « lun des\nvingt quatre violons du Roi » (2), démissionna en 1733, ayant le sieur Belle-\nville en survivance (3).\n5. LE CLERC (Jean), violoniste et compositeur, faisait partie dès 1722 de la\nbande des 24 violons, où il jouait de la « basse de violon (4) ». Le 31 décembre\n1729 il obtint un « privilège général », qu'il fit enregistrer le 16 lévrier, pour\nla publication de « plusieurs sonates pour le violon, flûte et hautbois et autres\nsonates et recueils de plusieurs menuets et contredanses tant anciens que nou-\nveaux de différents auteurs français et italiens » (5). Ce privilège, accordé à\n<( Jean Le Clerc, l'un des vingt-quatre violons ordinaires de notre chambre », fut\nrenouvelé pour huit ans, le 22 décembre 1736, et enregistré le 2 janvier 1737, en\ntermes un peu différents : « pour plusieurs sonates de sa composition pour les\nviolons, flûtes, hautbois, muzettes, et vielles et recueils de Noels, Menuets et\nContredances tant anciens que nouveaux, françois, italiens, mesme ceux qui se\nferont parla suitte » (6). C'est de ce second privilège qu'il se servit pour publier\nen 1742 un ouvrage intitulé : SEPTIÈME RECUEIL | DE CONTREDANSES ] et la\ntable par lettre alphabétique | avec la basse continue \\ et chifrée | Recueilly et\nmis en ordre \\ par Mv Le Clerc | Se vend à Paris | chez le SR Le Clerc, rue\ndu Roule àla Croix d'Or | Avec privilège du Roi. | 2742. » (7 . La pagina-\ntion de ce septième recueil continue celle des recueils précédents, dont ni\nM. de La Laurencie, ni nous, ne connaissons d'exemplaire ; elle va des pages\n200 à 235 et contient 96 contredanses, numérotées de 604 à 700 et portant\nchacune un titre particulier. L'une d'elles (page 224), intitulée « la queux du\nchat », n'est autre que le joli et célèbre cc Tambourin » du livre de Pièces de\nClavecin de Rameau de 1724. légèrement modifié, avec dans la partie de basse\nune insistance curieuse à répéter un dessin employé plus modérément chez\nRameau, et qui pourrait avoir eu l'intention de représenter le mouvement du\nchat qui tourne sur lui-même en courant après sa propre queue.\nNi dans le texte des privilèges, ni au titre de son recueil, Jean Le Clerc ne se\nqualifie « ordinaire de l'Académie royale de musique ». 11 ne faisait donc point\npartie de l'orchestre de l'Opéra. On pourrait se hasarder à l'identifier avec le\nvioloniste que YAlmanach des spectacles pour l'année 1753 appelle Le Cler, et\nmentionne, en cette année seulement, dans l'orchestre de l'Opéra-Comique\n(théâtre de la Foire) ; la mince qualité et le genre inférieur de ses compositions\npourraient appuyer cette hypothèse. Les huitième et neuvième recueils de contre-\ndanses de Jean Le Clerc, publiés en 1744 et 1745, et ses premier et deuxième\nrecueils de menuets en duo, ont été mentionnés par M. de La Laurencie, qui en\nsignale des exemplaires à la bibliothèque du Conservatoire. Les menuets se ven-\ndaient « chez M. Le Clerc, rue Saint-Honoré, vis-à-vis l'Oratoire », qui était,\n\ni) Jacquot, la Musique en Lorraine, p. 121.\n(2) L'Etat de France, 1722.— La Laurencie, art. cité, Revue musicale, tome IV, p. 498.\n(3) Bibl. nat. ms. fr. 7676, fol. 14 v°.\n(4) La Laurencie, art. cité, Rev. mus., t. IV, p. 498.\n(5) Bibl. nat. ms.fr. 21954, p. 464.\n(6) Bibl. nat. ms. fr. 21956, p. 367. —M. de La Laurencie a cité ce second privilège.\n(7) M. de La Laurencie a cité ce titré d ouvrage."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "293", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.11", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3750, "texte": "comme nous allons en donner les preuves, Charles-Nicolas Le Clerc, le violo-\nniste de l'Opéra.\nL' « Etat » des 24 violons de la chambre du roi pour l'année 1760 contient\nencore le nom de Jean Le Clerc (1), qui comptait alors plus de 38 ans de services.\nNous perdons sa trace depuis cette époque, et, ne le trouvant pas sur une liste\ndes « vétérans » pour l'année 1773, nous devons conclure qu'il était mort entre\nces deux dates, 1760 et 1772.\n6. LE CLERC (Charles Nicolas), violoniste et éditeur, est bien le musicien dont\nl'entrée en 1729 dans l'orchestre de l'Opéra a été indiquée par Fétis et confirmée\npar M. de La Laurencie. Il fut mis àla retraite le 22 mai 1750, après 22 ans de\nservices, avec une pension fixée à la moitié de ses appointements, qui étaient de\n600 livres (2). Une pièce de procédure publiée par Campardon, datée du\n8 février 1748, ajoute à son nom les mots « de l'Académie de musique », et précise\nexactement ses prénoms, Charles-Nicolas, et son domicile, « rue SaintTlonoré,\nvis-à-vis l'Oratoire » (3). Il était en même temps « l'un des 24 violons du roi ».\nSon premier privilège d'éditeur, en 1736, lui donnant déjà ce titre, nous pouvons\nle reconnaître dans « le sieur Le Clerc » qui obtint le 6 janvier 1733 la survi-\nvance de la charge de l'un des 24 violons, vacante par la démission de Jacques\nJolly (4). Il figure, avec ses prénoms Charles-Nicolas, à côté de Jean Le Clerc,\nsur 1' « Etat » de 1760 (5). Il était encore en fonctions en 1765, époque à laquelle\nil prit son troisième et dernier privilège d'éditeur ; mais en 1773 on le trouve sur\n1' « Etat des vétérans » sans que soit indiquée la date de sa retraite. D'autre\npart, la liste des pensionnaires de l'Opéra, donnée annuellement par YAlmanach\ndes spectacles, le mentionne jusqu'à l'année 1775, après quoi sa disparition\nindique naturellement son décès (6). Le voisinage de son domicile avec le car-\nrefour appelé <( la Croix du Trahoir » peut également identifier Charles-Nicolas\nLe Clerc avec le « maître de violon et de pardessus de viole » que de Jèze, en\n1759, appelle simplement « Le Clerc » et dont il place assez vaguement la de-\nmeure « près la Croix du Trahoir » (7).\nCharles-Nicolas Le Clerc n'a laissé aucune composition, pas même du genre\nmodeste que cultivait son homonyme et collègue Jean Le Clerc. Mais il a droit à\nun souvenir dans l'histoire de la musique en France, par la grande activité qu'il\na pendant plus de vingt -cinq ans déployée comme éditeur. Les documents qui\nse rapportent à ses entreprises dans ce domaine ont une réelle importance en ce\nque d'une part ils peuvent révéler la publication en France de quelques ouvrages\ndont on ne connaît plus d'exemplaires, et que d'autre part ils aident à fixer la\ndate de certaines éditions. Pour ce double motif, nous ne croyons pas inutile de\nles reproduire, soit en entier, soit en abrégé.\nLe premier de ces documents est un privilège du roi, obtenu le 9 mars 1736,\nenregistré le 6 avril, pour une durée de quinze ans, et motivé ainsi qu'il suit :\n\n(1) Archives nat. O1 842.\n(2) La Laurencie, art cité, Rev. mus. IV, p. 497 et suiv.\n(3) Camparclon, l Académie royale de musique au XVIIIe siècle, t. 11, p. 93. En commentant\ncette pièce, Campardon a confondu Charles-Nicolas Le Clerc avec le chanteur Pierre Le Clerc.\nFétis l'avait pris pour Leclair l'aîné, et M. de La Laurencie l'a confondu avec Jean Le Clerc.\n(4) Bibl. nat. ms. fr. 7676, fol. 14. A cette époque, Jean Le Clerc faisait depuis longtemps\npartie de la bande des 24 violons, et Guy Le Clerc était à la veille de démissionner.\n(5) Arch. nat. Ol 842.\n(6) Il ne figure plus sur l'Etat des vétérans en 1779.\n(7) De Jèze, Tableau de Paris pour Vannée 17 Cité par M. de La Laurencie."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "294", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.12", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 4375, "texte": "(( ... Le sr Charles Nicolas Le Clerc, l'un de nos vingt-quatre violons ordinaires, nous ayant\nfait remontrer qu'il souhaitteroit faire imprimer, graver et donner au public plusieurs ouviages\nde musique de différens auteurs qui ont pour titre : tout Corelli, douze œuvres e ival 1, neu\nœuvres d'Albinoni, neuf œuvres de V alentini, deux livres de pièces de clavecin et un livre solo\nde Hendel, un livre de Veracini, un livre solo, cinq œuvres de Thelemann. Mais comme ces ou-\nvrages sont d'une très grande dépense et qu'il craint que quelque personne ne s avisassent de\nles copier ou contrefaire ce qui lui feroit un tort considérable après en avoit fait les îecheic es\net les perquisitions requises qu'il en a fait sçachant que le public en manquoit, nous lui avons\npermis et permettons, » etc. (1).\nQuatre ans après l obtention de ce privilège, Charles-Nicolas Le Clei c avait\ndéjà constitué un fonds d édition considérable, dont il publiait le catalogue dans\nle Mercure de France du mois de décembre 1740 :\n« CATALOGUE DE MUSIQUE françoise et italienne, que le sr Le Clerc, ordinaire de la chambre\ndu Roy et de l'Académie royale de musique, a fait graver, qui se vendent à Paris, aux adresses\nordinaires, et chés lui, rue S. Honoré, près l'Oratoire. Il continue de faire graver tous les\nmeilleurs auteurs, tant anciens que nouveaux :\nSonates à violon seul et basse : Corelly, lERIER oeuvre ; Rane, lERIER œuvre ; Guillemain, lEl'1E1' œuvre ;\nGuillemain, II livre, 3e œuvre ; Tremais, ier œuvre ; Veracini, ier œuvre ; Locatelli, 6e œuvre ,\nGeminiani, 2e œuvre ; Guerini, ier œuvre ; Telemann, Sonatine ; Caprice et boutade de Reoel.\nSonates à deux violons : Tessarini, ier et 2e œuvres ; Forster, à 2 violons et basse ad libitum ;\nFesch, ier œuvre : Tremais, 2e ; Guillemain, 4e et se.5e.\nPièces de clavecin: Handel, ier-4e livres ; Scarlatti, lel'1e1' et 2e volumes.\nSonate à flûte et basse : Locatelli, 2e œuvre ; Mahault, ier ; Quantz, nouveau ; M. B ;\nIRE partie du 5e œuvre de Corelly ; Santis, 40 œuvre ; Hasse, lERIER ; San Martini, IEI1E1 ; Weidemen,\nI«r.\nSonates à deux flûtes : Telemann, à 2 flûtes ou 2 violons; Lœillel, 50 œuvre, à 2 flûtes,\n2 violons ou 2 hautbois; Groneman, ier œuvre; 2e partie du 5e œuvre de Corelly ; Quignaid,\n2e œuvre ; Valentini, à 2 flûtes ou 2 violons.\nVielles et musettes : Derochet, menuets et plusieurs airs ; les nouvelles bagatelles, du même.\nTrios pour les violons, flûtes et hautbois : Corelly, ier-4e œuvres; Vivaldy, iu ; Abaco, 3e ;\ntrietti de Telemann; Corellyzantes de Telemann; Pichler, ier œuvre; Handel; Porpora, dif-\nférents auteurs, ier et 2e œuvres; Smalle, ier : Brevio, ier et 2e; Alberto Gallo, 2e œuvre;\nTortoriti, ier ; San Martini, ier ; Locatelli, se;5e; Guillemain, 2e, 6e, 8e œuvres.\nQuatuors et concertos : iers quatuors de Telemann ; Vivaldi, l'Estro armonico ;le même, les\nQuatre saisons; ier concerto de Tremais; Guillemain, 7e œuvre.\nSonates pour le violoncelle : Lanzetty, ier œuvre ; Triemer, icr; Batta Somis, 12 sonates ;\nDefech, 2e œuvre ; Giacomo Klein, 2e ; Vivaldy ;de Fesch, 3e ; Klein le jeune, icr livre (2).\nLe document publié par Campardon se classe chronologiquement après ce\ncatalogue, et se rapporte à l'industrie de Le Clerc comme éditeur. C'est une\nplainte déposée « l'an 1748, le jeudi 8 février », par « le sieur Charles-Nicolas\nLeclerc, de l'Académie royale de musique, demeurant rue Saint-Honoré, vis-à-\n-vis l'Oratoire », contre un nommé Galbrun, auquel il avait confié « deux parti-\ntions de six sonates en trio de la composition du sieur Deselles, musicien du\nroi de Pologne Stanislas, pour les copier en parties séparées », et qui en avait\nperdu ou dérobé la moitié (3).\nLe privilège de 1736 avait une durée de quinze ans. A l'approche du moment\noù il devait arriver à son expiration, Le Clerc se pourvut d'un nouveau privi-\nlège, qui lui fut accordé pour vingt ans, le 18 novembre 1750. et qu'il fît enre-\ngistrer lei2 janvier 1751. Beaucoup plus étendu que le précédent, ce second\ndocument énumérait non sans défigurer l'orthographe de la plupart d'entre\n\n(1) Bibl. nat. ms. fr. 21956, p. 248. Nous respectons l'orthographe fautive du document.\n(2) Mercure de France, décembre 1740, 2e vol., p. 2917 et suiv. Nous avons conservé l'or-\nthographe, souvent fautive, du Mercure.\n(3) Campardon, VAcadémie de musique, tome 11, p. 93."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "295", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.13", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 4549, "texte": "eux, plus de quatre-vingts noms de musiciens dont « Charles-Nicolas Le\nClerc, l'un des vingt-quatre violons de notre chambre », était autorisé à\n« donner au public » les œuvres :\n... Cantates et cantatilles mises en musique par le sieur Bourgeois, intitulées l'Amante vo-\nlage, Minerve et l'amour, l'inconstance, les souhaits de l'amour, Télémaque et Eucharis,\nBacchus, la symphonie italienne, Céphale et l'aurore, Zéphire et la rose, le Concert, les amours\nmutuels, le dépit de l'amour, Calypso, et l'Aveu sincère ; et les œuvres instrumentales compo-\nsées par Abaco père et fils, Albinoni, Angelini, Alberto Gallo, Bezzossi (Besozzi), Boni, Baptista\nBriouschi, Brevio, Corelli, Kamerloquer (Camerlocher), Servetto (Bassevi dit Cervetto), Canabi\n(Cannabich), Cavalari, Costanzi, Desplanes (Piani, dit Des Planes), Daniello (Aniello Sant' An-\ngelo), Dall'Oglio, Du Tartre, De Monceaux, Forceter (Forster), Ferlingue, Fech (Fesch), Fritz,\nForni, Gronemay, Guerini, Gray, Guillemain, Geminiani, Gottwalt, Handel, Hasse, Hamal,\nHevard, Hanot, Klein, Kennis, l'ami du clavier, Locatelli, Lanzetto, Lœillet, Lavallière, Le\nMaire, Maho (Mahault), Madonis, Melanco, Martini (San Martini), Marcello, Mangean, Masse,\nMiroglio l'aîné, Merci (Merchi), Morri, Moreau dalai (Mauro d'Alay), Patoni, Paganelli, Por-\npora, Pichler, Perez, Quantz, Quinard (Quignard), Repel per (Rebel père), Santio (de Santis),\nSmalle Spourni, Schmitz, Somis l'aîné, Somis cadet, Scarjatti, Soulallez (?), Thelleman (Tele-\nmann), Tartini), Themanza (Temanza), Thessarini (Tessarini), Thriermeo (Triemer ? , Tortoriti,\nTremais, Vivaldi, Wermand (?), Valenlini, Valentine, Veracini, Zani (1).\nUn ouvrage sans date, publié vers la même époque, L'Echo du Danube, conte-\nnant six sonates... à une viole de gambe... par Jean Schenck... œuvre IXe (2).\noffre ces deux particularités intéressantes de contenir au titre la triple adresse :\n« à Paris chez M Le Clerc le Cadet, rue Saint-Honoré vis-à-vis l'Oratoire, Le\nsieur Le Clerc, rue du Roule àla Croix d'Or, Mme Boivin rue Saint-Honoré àla\nRègle d'Or », où le surnom « le cadet » indique la parenté de Charles-Nicolas\nLe Clerc avec l'un de ses homonymes, encore indéterminé ; et au verso une\nreproduction à peu près littérale du Catalogue inséré dans le Mercure en 1740.\nTelle était alors la bizarre réglementation du commerce de la librairie en\nFrance, qu'un éditeur aussi actif que Ch.-Nie. Le Clerc, et dont le fonds était\nconsidérable, comptait, administrativement, parmi les « marchands merciers »,\nses rivaux à la même époque étant, soit « marchands papetiers », comme la\nChevardière après 1760, soit comme Mme Hue « marchande lingère ».\nLe 7 août 1765, un troisième et dernier privilège fut accordé à « Charles-\nNicolas Le Clerc, l'un des 24 violons » etc., qui le fit enregistrer le 21 août, pour\nune durée de douze ans. Ce nouveau document visait les ouvrages suivants :\n... le Devin du village, le Soldat magicien, Gilles garçon peintre, les deux Sœurs rivales, les\ndeux cousines, la Serva padrona (3), cantatilles, motets et autres musiques de Le Maire, 22e can-\ntatille et l'Eloge de l'amour, de Le Febvre, Corelli, œuvres de Mouret, les cantatilles de M. Légat\nde Furcy, le Songe de Zirphée, les plaisirs de l'Amour, et l'indifférence, la paix, de du Tartre,\nplusieurs recueils de parodies à l'usage des jeunes demoiselles, pièces d'Alberti, trio d'Angelini,\nmusique de Bordier, Bourgoin, Braun l'aîné et le cadet, Bellanger, Bode, Delange, Bessoni,\nCapia le jeune (Cupis ?), Corelli, Croes, Canabi (Cannabich) Camerloker, Campione, recueil des\nfanfares de Dampierre, Doeschi (Toeschi), Fesets (Fesch). Forster, Fritz, Gianotti, Geminiani,\nGuillemain, Gossei (Gossec) ier et 2e (œuvres), Gasparini, Galeotti, Guiglini (Guglielmi ?), Gue-\nrini, Gronemann icr et 20, Handet (Handel), Hasse, Hainsse, Jomelli, Kennis, Krafft, Lauretti (r),\nL'availlier (Lavallière) pour le tambourin, Locatelli, l'ami du clavier, Saint-Sevin dit l'Abbé,\nPrincipes de violon, Martini (San Martini), Melanco, Mahault, Mangean, Morigi, Mascitti, Noels\nde La Lande, Paganelli, Porpora, Pere (Perez r), Pichler, Patoni ier, 2e et 3e, Paradis, Pagnani\n2e (Pugnani), Quantz, Roget, Spurni (Spourni), Savonetti (Schiavonetti), Smalle ■(?), Scarlatti,\nSchwindel, Vivaldi, Windelingue (Wendling), Wodicka, Wanguinseil (Wagenseil), plusieurs\n\n(1) Bibl. nat. ms. fr. 21959 P- 394-\n(2) Bibl. nat. Vm7, 6284.\n(3) On a reconnu les titres des opéras de J.-J. Rousseau, Philidor, Laborde, Desbrosses et Per-\ngolèse."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "296", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.14", "debut_caractere": 46, "fin_caractere_exclue": 3471, "texte": "recueils d'airs, menuets, concordances (contredanses) ajustées pour le violon, basses, vielles et\nmusettes, les œuvres de Kohaut, un traité de composition de M. Bernier(i).\n7. LECLERC (Pierre), chanteur. M. de La Laurencie a mentionné, d'après\nle Mercure, la présence de cemusicien parmi les chanteurs du Concert de la reine,\nde 1731 à 1741 (2). Nous le voyons encore figurer en 1760, comme « chanteur\ntaille », dans la musique du roi (3). Retraité en 1769, il est encore nommé eni779\ndans l'état des « vétérans ».\n8. LE CLERC... flûtiste. —Fétis, copiant Choron et Fayolle, appelle cemusi-\ncien Lecler, le dit fils d'un facteur de clavecins, frère aîné de Jean-Pierre Le\nClerc, dont il sera parlé plus loin, et ajoute qu'il fut attaché en 1739 a l'orchestre\nde l'Opéra, et qu'il fit en 1752 un voyage en Angleterre (4). Dittersdorf le ren-\ncontra vers 1750 à Vienne (5), et quelques œuvres et copies manuscrites, datées\nde 1753 et 1754, et dédiées au margrave de Baden-Durlach, indiquent à cette\népoque sa présence en Allemagne. Ces œuvres, qui sont conservées à la biblio-\nthèque de Karlsruhe,consistent en un livre de 6 Sonates pour flûte et basse,deux\nlivres de chacun 6 Sonates pour 2 flûtes, et un recueil de 30 solos pour la flûte,\nanonymes, sauf deux, qui sont de Camerlocher et de Tartini (6). L'un de ces\ndeux livres de Sonates à 2 flûtes est probablement une copie de l'ouvrage sui-\nvant, qui fut gravé sans date, à Paris, après 1745 (7) : Six | SONATES | A DEUX\nFLÛTES | sans basse | composées | par |M. le Clerc. | Œuvre lerIer | gravé\npar Mlle Vandome | A Paris | chez le Sr Maupetit l'éditeur, cloître S.Ger-\nmain l'Auxerrois | Madame Boivin, marchande, rue Saint-Honoré, à la règle\nd'or | le Sr LeClerc, marchand, rue du Roule, àla Croix d'Or. | A Lyon,\nM. de Brotonne, rue Mercière, au Saint-Esprit (8).\n9. LE CLERC, facteur d'instruments à vent. Il est connu par un document que\nPontécoulant a découvert aux Archives nationales et qu'il a résumé sans en\nindiquer la cote. C'est une requête par laquelle, en 1752, François Ferry, gendre\ndu feu sieur Leclerc, et son élève, demande mainlevée d'une opposition formée\nà sa maîtrise par cinq maîtres luthiers faiseurs d'instruments (9).\n10. LE CLERC... Grétry,dans ses Mémoires, dit avoir reçu à Liège,vers 1752,\nles leçons de ce musicien, qu'il assure avoir été ensuite maître de chapelle à\nStrasbourg, fait que jusqu'ici n'ont pas confirmé les historiens de la musique\nen Alsace.\n11. LE CLERC... luthier, demeurait à Paris, « aux Quinze-Vingts »M. Cons-\ntant Pierre avu de lui des étiquettes de 1761, 1768 et 1777 ( 10).\n12. LECLERC... organiste et claveciniste. D'après une annonce insérée dans\nl'Avant-Coureur du ior juillet 1765, le « Pneumacorde », nouveau clavecin de\n\n(1) Bibl. nat. Ms. fr. 21963, p. 357.\n(2) L. de La Laurencie, J:-M. Leclair Vaîné, dans le Recueil trimestriel de la Soc. intern. de\nmus., t. VI, 1905, p. 257.\n(3) Arch. nat. Ol 842.\n(4) Fétis, Biogr. des mus., t. V, p. 246.\n(5) Eitner, Quellen-Lexikon, t. VI, p. 100, art. Le Clair.\n(6) Eitner, t. VI, p. 102, art. Leclerc.\n(7) Le privilège invoqué pour cette publication par J.-B. Edme Maupetit est daté du 18 sep-\ntembre 1745 et vise collectivement un nombre indéterminé de compositions dont les auteurs ne\nsont pas désignés.\n(8) Bibl. nat. Vm7, 6527.\n(9) De Pontécoulant, Essai sur la facture instrumentale, 1857, p. 125.\n(10) C. Pierre, les Facteurs d'instr. de mus., pp. 66 et 108"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "297", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.15", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2206, "texte": "Berger, avec jeu d'orgue et crescendo « qui renfle les sons à volonté », était tou-\nché tous les jours « par Le Clerc » dans une salle des Tuileries. Il nous paraît\nvraisemblable d'assimiler ce claveciniste à l'organiste qui publia quinze ans\nplus tard, en 1780 (et non en 1785., comme l'a dit Fétis), l'ouvrage suivant:\nJournal de pièces d'orgue formant huit Magnificat et quatre messes, composé par\nM. LeClerc, organiste des révérends Pères de la Mercy.Gravé par Mme Frere (1).\n13. LE CLERC... violoniste, figure en 176$ et 1766, dans VA Imanach des specta-\ncles, parmi les premiers violons de l'orchestre de la Comédie-Française. Son\ndomicile est « rue des Cordeliers chez un tapissier,entre la rue de l'Observance et\nla rue de Touraine ». En 1768, il est passé de l'orchestre de la Comédie-Française à\ncelui de l'Académie royale de musique, d'où il disparaît en 1771, quoique en\n1773 YAlmanach parisien en faveur des étrangers le nomme encore parmi les\n« maîtres de violon, du nombre de ceux de l'Opéra ». Vers la même époque, il\nfaisait partie del'orchestre du Concert spirituel et de la musiquedu roi. Un «Etat\ndes appointements conservés à différents musiciens du roi qui sont obligés de\ncontinuer le service jusqu'à ce qu'il y ait des places de vétéran vacantes », indi-\nque, en 1780, un violoniste, Leclerc, comptant dix ans de services, qui est cer-\ntainement le même personnage (2).\n14. LECLER,... facteur d'instruments à vent, travaillait, selon G. Chouquet,\nvers 1769. Les musées d'instruments de musique de Paris et de Bruxelles possè-\ndent de lui un flageolet et une flûte (3).\n15. LE CLERC (Jean-Pierre\\ facteur de clavecins, demeurait, d'après M. C.\nPierre, en 1777\"178 rue Chapon; en 1788-89, rue Beaubourg ; en l'an VIII, rue\nSimon-Lefranc (4). Peut-être faut-il voir en lui le frère du flûtiste, et le fils d'un\nfacteur de clavecins, dont Fétis a parlé vaguement à l'article Lecler de sa Bio-\ngraphie des musiciens (5).\n16. LECLERC (Michel), joueur de vielle, ne nous est connu que par un portrait\ngravé par Ingouf, dont une reproduction réduite a été donnée par Chouquet,\ndans la 2E édition de son Catalogue du musée du Conservatoire de Paris.\n\nMICHEL BRENET."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "297", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.15", "debut_caractere": 2623, "fin_caractere_exclue": 3351, "texte": "v 1) Cet ouvrage fut annoncé dans le Journal de Paris du 27 décembre 1779 Parut en douze\nlivraisons, dont chacune est datée dun des mois de l'année 1780.Ce qui a causé l'erreur de Fétis,\nc est que 1 exemplaire de la bibliothèque du Conservatoire de Paris, incomplet du titre et des\nderniers feuillets, a été complété par un certain G. Eppel, qui l'a daté de 1784 et 1785. - V.\nFétis, t. V, p. 246, art. Lecler, etEitner.t VI, p. 102, qui attribue dubitativement au même\nmusicien des contredanses de Jean Leclerc.\n(2) Arch. nat. Ol 842.\n(3) Chouquet, le Musée du Conservatoire, édit. 1884, P- IQo, n° 375* Mahillon, Catalogue du\nmusée instrum., etc., p. 209, n° 197.\n(4) C. Pierre, ouvr. cité, p. 134.\n(5 ; Fétis, tome V, p. 246."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c014", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "297", "page_fin": "297", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.4.2", "titre_corps": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAI. Du remarquable et récent ouvrage de M. Henri", "titre_sommaire": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAI. Du remarquable et récent ouvrage de M. 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Henri\nFévrier, le Roi aveugle, oû nous avons apprécié une solide construction sym-\nphonique et de jolis effets de timbres, nous donnons un « interlude » original,\noû les successions de quartes produisent, à l'orchestre, un pittoresque effet.\nLe fiagment de 1 admirable Symphonie de Beethoven permettra de suivre l'ana-\nlyse qui est faite plus loin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c015", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "298", "page_fin": "298", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.5", "titre_corps": "Opéra-Comique. — Le Clos, de M. Charles Silver.", "titre_sommaire": "Opéra-Comique. — Le Clos, de M. Charles Silver.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "298", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.16", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2039, "texte": "Opéra-Comique. — Le Clos, de M. Charles Silver.\nLes amateurs, s'il en reste encore, de l'ancien opéra comique, auront pour\ncette fois l'occasion de se réjouir. Le nouvel ouvrage que vient de monter\nM. Carré appartient bien à ce genre traditionnel qui fît si longtemps la joie des\nâmes simples. Le livret disposé et réalisé suivant les conventions jadis obliga-\ntoires n'incitait guère le musicien à l'audace, ni à l'originalité. Et la musique de\nM. Silver, s'il est permis de le dire, s'y adapte avec une facilité qu'on pourrait\nsouhaiter, pour cette fois, moins exacte.\nLe sujet est une paysannerie sans grand intérêt. Il serait peut-être fastidieux\nd'en narrer par le menu les péripéties puériles Les amours villageoises de Gene-\nviève, ses déceptions conjugales et l'ingénieux subterfuge par quoi Pierre Henne-\nbault, son mari, raffermit, heureusement pour la morale, sa vertu prête à dé-\nfaillir dans les bras de Jean Simon, son ancien amoureux, tout cela, à la scène,\npeut avoir quelque agrément. P'roidement raconté, je crains qu'il n'en soit plus\nde même.\nSur cette incolore anecdote, M. Silver, ancien prix de Rome et musicien expert,\nécrivit une partition aimable, sans grande nouveauté et sans beaucoup de\nvigueur. Quelques romances sentimentales, quelques airs faciles et bien venus\nrappelent les charmes un peu désuets des chefs-d'œuvre du genre. J'aime\nmoins le musicien lorsque, ainsi que dans le prélude du dernier acte, il s'essaie\nau style dramatique à grand effet. Mais, en somme, cet opéra comique, dont les\nprétentions sont modestes, s'entendra sans doute quelque temps avec plaisir.\nL'interprétation en est excellente d'ailleurs. Mme Thiéry s'y montra fine comé-\ndienne et chanteuse habile. MM. Clément, Vieuille et Cazeneuve, pour ne citer\nque ceux-là, y firent preuve, une fois de plus, d'un talent qui n'attendit pas cette\noccasion pour s'affirmer. Et ces artistes évoluent en des décors exquis, encadrés\nd'une pittoresque mise en scène, ainsi qu'il est de tradition à l'Opéra-Comique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c016", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "298", "page_fin": "304", "image_debut": 16, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.6", "titre_corps": "La Ve Symphonie de Beethoven.", "titre_sommaire": "La Ve Symphonie de Beethoven.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "298", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.16", "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2830, "texte": "La Ve Symphonie de Beethoven.\nAnalyse rythmique\n\n(0-\nLe rythme est l'ordre systématique dans lequel se succèdent les valeurs qui\nconstituent l'œuvre musicale. Ces valeurs sont : le temps premier, le pied (don-\nnant lieu à une mesure simple ou composée), le membre de phrase (ou kôlon,\npluriel kola), la phrase ou période, la strophe. D'autres parties du rythme, plus\nconsidérables (syzygie ou couple de strophes ; périkope ou ensemble de plus de\ndeux strophes formant un tout soumis à répétition), peuvent être négligées\nici.\nCes parties du rythme sont subordonnées et non coordonnées ; cela signifie\nqu'elles ne se juxtaposent pas,mais s'enveloppent : la plus grande contient la moins\ngrande.\n\n(1) Résumé cl une leçon du Collège de France par E. Dusseiier (voir notre Supplément musical)."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "299", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.17", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2655, "texte": "I. Le temps premier et la mesure.\nIci, le temps premier, cellule de tout l'organisme, est la croche. Il est indi-\nvisible (conformément à l'usage antique), puisqu'on ne trouve nulle part de va-\nleur plus petite. Cette indivisibilité du temps premier est certainement une des\ncaractéristiques essentielles de la composition ; elle lui donne l'unité de\nstyle.\nAvec ce temps premier est constituée la mesure ; elle est dactylique. Le dactyle\npeut avoir les formes suivantes : »)-w ; b) - - ; c) que Beethoven emploie\ntour à tour (avec les formes nouvelles, d,\nCette mesure, d'un bout à l'autre de la pièce, est simple, c'est-à-dire formée\nd un seul pied ou dactyle. Beethoven l'a indiquée par la formule f. Il ya là une\ncontradiction imputable à l'incohérence de la théorie moderne, et qu'il importe\nde signaler. Dans l'évaluation de la mesure dactylique, les modernes ne comp-\ntent pas le nombre des temps premiers (comme dans la mesure trochaïque ou à\n3 temps), mais le nombre de pieds : par exemple, si Bach met dans une mesure\n4 groupes de notes contenant 3 doubles croches chacun (ex. : fugue en do # mineur\ndu Clavecin bien tempéré, 11,4), ii note ainsi cette mesure :f§ (chaque double croche\nest un temps premier, et le nombre de ces temps premiers détermine le numé-\nrateur de la fraction) ; mais s'il y a 3 groupes de notes contenant chacun 4 doubles\ncroches (genre dactylique), il prendra comme numérateur de la fraction indi-\nquant la mesure, le chiffre 3, représentant ici des pieds et non des temps. En\nvertu de ce principe, il notera £le groupe\n(dans la mu-\nsique vocale religieuse), le groupe Q s ou d d, etc. Le signe j|z indique toujours\ndeux pieds. C'est une convention, admissible pourvu qu'on s'y tienne, une fois\nqu'on l'a-adoptée. Malheureusement les compositeurs modernes (postérieurs à\nBach), ne sont pas conséquents avec eux-mêmes ; pour la mesure dactylique\nsimple, ou monopodique (absente des fugues instrumentales de Bach), ils em-\nploient souvent les signes E, et J, usités déjà pour la mesure composée. Il\npeut en résulter un malentendu dénaturant la vraie physionomie d'une œuvre.\nPar exemple, si, dans cette Ve Symphonie de Beethoven, on ne considérait pas\nla mesure comme simple, on aurait à peu près ceci (avec 2 ictus au lieu\nd'un) :\nLa formule de la mesure vraiment conforme au principe adopté par les mo-\ndernes, devrait être ici :|. Il n'y a, en effet, qu'un ictus (après chaque barre de\nmesure).\n11. Observation générale.\nCet ensemble de deux pages forme une seulQ strophe (suivie d une reprise qui\nconstitue 1 antistrophe). Cette strophe se décompose en périodes dont les limites"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "300", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.18", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3319, "texte": "sont marquées par deux petits traits verticaux (II) ; les périodes se décomposent\nen membres de phrase (ou kola) marqués par un seul trait (I). Cette analyse est\nanalogue à la ponctuation dans un texte littéraire ; elle est nécessaire pour\nl'intelligence d'une composition quelconque ; mais dans la pratique, il peut ar-\nriver qu elle n'ait rien de rigoureux et même de sûr. Enécrivantune lettre, il nous\narrive d hésiter à mettre un point, ou un point et virgule, ou deux points à telle\nplace ; et si nous écrivons pour l'imprimeur, un petit problème se posera. Tous\nceux qui ont corrigé des épreuves le savent bien. On a parfois le choix entre\ndeux procédés également raisonnables. Cela n empêche pas qu il faut une ponc-\ntuation. De même ici, j'admettrais fort bien quelques variantes dans la manière\nde scander: au début delà 5e mesure (dernière ligne de la première page), on\npourrait indiquer la fin d'une période (II) au lieu de la fin d'un kôlon (I, ; à la fin\nde la 5e ligne (2e page), la césure pourrait être modifiée, etc... Les grandes\ndivisions théoriques du rythme n'en subsistent pas moins, et l'exécutant doit\ns'en rendre co-mpte.\nAutre observation générale.\nAvant d'entrer dans le détail, notons une impression d'ensemble due au témoi-\ngnage des yeux autant qu'à celui de l'oreille : cette strophe est écrite tout en-\ntière avec un thème très bref, de caractère énergique et décidé, d'une nature\ntelle que la pensée musicale semble s'être présentée à l'esprit du compositeur\nsous forme rythmique (et non sous la forme d'une mélodie, ou d un coloris ins-\ntrumental, comme il arrive en certains cas). Parfois même, Beethoven reproduit\nson thème sous la forme du rythme pur (3e ligne de la 2e page; :\nPour traduire l'impression que me fait une telle oeuvre, si brillante, et faite\ncependant avec si peu de chose, je me servirai d une comparaison.\nDans la classe de dessin, le maître dit souvent à l'élève : Voici une fleur, une\nmarguerite, une pensée, ou bien une feuille de lierre, une feuille d iris: avec cet\nélément simple, dont vous disposerez comme vous 1 entendrez, au gré de votre\nfantaisie et de votre goût, faites-nous une composition d ensemble, soit pour un\ncouvercle de boîte, pour coussin, pour tapis, pour mosaïque, etc. ; de là un tra-\nvail d'ingéniosité et d invention réelle, même dans les limites étroites où il faut\nse contenir, qui consiste à tirer le meilleur parti possible de la donnée dont on\ndispose, àla présenter de diverses manières, à imaginer les combinaisons les\nplus agréables où on peut la faire entrer ; on lui adjoint, d habitude, quelques\nidées accessoires qui ont avec elle une liaison naturelle; mais le triomphe de\nl'habileté, c'est d'arriver à faire quelque chose de complexe et de riche en s'é-\ncartant le moins possible de l'image prise comme type initial et comme point\nde départ. Si je ne craignais de faire une digression trop longue, je pourrais\nmontrer que certains grands artistes décorateurs y ont magnifiquement réussi,\net qu'en somme, dans les vrais chefs-d'œuvre, la complication la plus grande\nen apparence peut se ramener à l'unité, je dirai même à la persistance delà\nmême pensée, et que là est le secret de la forte impression qu'ils nous font.\nNous avons ici quelque chose d'analogue à une composition décorative exé-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "301", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.19", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3385, "texte": "cutée d'après la méthode que je viens de dire, avec cette seule différence que le\nmusicien opère sur une formule rythmique et non sur une forme plastique.\nElle est faite avec ces quatre notes :\n(Cf. Schumann, Sym-\nphonie en si <? ; Meyerbeer, Ouverture de Robert le Diable, etc..)\nDe telles idées sont assez banales ; on les rencontre fréquemment chez les pri-\nmitifs. U y a des peuplades sauvages, à peu près dénuées de culture, qui ont\ntrouvé quelque chose de tout à fait semblable\nMais elles ne\nvont pas plus loin. Le génie musical consiste à créer une symphonie avec cette\nmaigre donnée. Le compositeur est un démiurge souverain qui, avec presque\nrien, fait de la pensée, et construit un chef-d'œuvre éblouissant. (Voir dans le\nler recueil de la Légende des siècles de V. Hugo, la pièce se terminant par ce\nvers : Car Dieu, de /'araignée avait fait le soleil ! Brahms a excellé dans ces sortes\nde mise en œuvre d'un motif. Il est même tombé assez souvent dans l'excès.)\nJe sais bien qu'on attribue à ce motif de 4 notes un sens dramatique. Bee-\nthoven lui-même l'a accompagné de cette mention :« So pocht das Schiksal an die\np forte,ainsi frappe le destin à [notre] porte. » C'est là une glose faite après coup,\net qu'il faut entendre, je crois, cum grano salis. Cette symphonie a été achevée en\n1808 ; mais le projet, l'idée première, remontent à 1801. Je ne me représente pas\nBeethoven concevant d'abord la lutte du Destin et de l'homme, et cherchant en-\nsuite à l'exprimer en musique. Ce que l'on regarde habituellement comme le\nprincipe profond de cette œuvre me paraît être une association d'idées dont il ne\nfaut pas exagérer l'importance.\n111. Analyse.\nL'œuvre débute par deux èpiphonèmes (exclamations) qui sont tous deux\ndéveloppés, le premier dans une période, le second dans une antipériode com-\nplémentaire ; c'est une forme assez fréquente en poésie. Ex. :le monologue\nde Don Diègue :\nO rage ! ô désespoir ! ..\nCes èpiphonèmes, à peu près absents des sonates de Beethoven, sont fréquents\ndans la symphonie, à laquelle ils donnent plus d'ampleur oratoire et de solen-\nnité. Quelquefois il n'y en a qu'un seul (début de la 2e symphonie) ; d'autres\nfois il y en a deux (début de l'héroïque) ou même un assez grand nombre. L'ada-\ngio d'introduction, chez Haydn, pourrait être considéré comme un épiphonème\ndéveloppé.\nLes deux périodes initiales se trouvent réduites chacune àun kôlon compre-\nnant 2 mesures. Ce membre de phrase a deux particularités :il est acéphale, sans\ntête, commençant par un soupir, et il se termine sur un point d'orgue, avec\ncésure féminine. Quelle est la valeur exacte de ce point d'orgue ? Les chefs\nd'orchestre s'y arrêtent indéfiniment, sans doute en imaginant 1 histoire suivante :\nLe Destin frappe à la porte de Beethoven, sourd et malade, révolté contre les\nhommes et un peu contre lui-même. On ne lui répond pas. Silence dramatique.\nPoint d'orgue... angoisse. Le Destin frappe de nouveau. On ne répond pas encore,\nnouveau point d'orgue. L'angoisse redouble... Cela, c'est de la psychologie fan-\ntaisiste et non de la musique. En réalité, la blanche surmontée d'un point d'orgue\nest, selon le mot de Martianus Capella, une « valeur soumise à l'allongement\nirrationnel ». Cela signifie que la note doit avoir une durée supplémentaire telle\nque son rapport avec le temps premier soit exprimable, non par un nombre"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "302", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.20", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 3424, "texte": "entier, mais par ce nombre plus une fraction, de telle sorte que le rythme soit\nmomentanément rompu. Le mi\\> vaudra une mesure -f- 1/2, au lieu d une. C est\nl'interprétation régulière qui a été proposée pour les points d orgue dans les\nchorals de Bach, et il n'y a pas de raison pour la repousser ici.\nIV. Avec cette formule de 4 notes, Beethoven construit une série de phrases\nqui vont s'enchaîner de façon presque continue. Cependant, pas d autres éléments\nque le motif initial ! Quels sont donc les moyens à 1 aide desquels le compositeur\narrive à cette richesse ? J'en distingue quatre.\na) L'harmonie.\nLe ier épiphonèmedu début se trouve repris,transposé dans deux phrases par-\nticulières, puis dans une 3e, où les deux transpositions sont réunies.\ni° A quelle tonalité appartenait-il ? L'hésitation était permise. Beethoven pré-\ncise ; il rattache le thème à la tonalité d'ut mineur et il le reproduit sur chacune\ndes notes de l'accord parfait (mi b, sol, do).\n20 11 le reprend àla période suivante et le répète sur chacun des degrés où se\nplacent les notes de l'accord de 7e de dominante d'ut mineur.\n30 II fait la synthèse de ces 2 formes dans une 3e période qui associe 3 fois de\nsuite l'accord de tonique et celui de dominante: Dans cette évolution harmonique\nla note sol, qui était d'abord perçue comme dominante d'ut, devient àla fin, grâce\nà l'introduction du fa £ dans l'avant-dernier accord, tonique à son tour.\nb) Mélodie.\nIl faut remarquer : le renversement du motif (3e ligne) et de légères altérations :\nà la 7e et à la 8e mesure, substitution d'un intervalle de 1/2 ton à l'intervalle de tierce\n(substitution justifiée, comme aux mesures 10 et 11, par le désir d'accentuer\nl'impression tonale). Le renversement donne une forme nouvelle de construction.\nc) Rythme pur.\nLes 3 croches de l'épiphonème initial faisaient partie d'un kôlon sans tête\n(acéphale) avec une césure féminine. Dans les phrases explicatives qui suivent,\nelles deviennent une anacrouse quidonne lieu à une césure masculine et qui d'un\nbout à l'autre de la pièce,— sauf dans une phrase qui, au milieu, est un contraste,\nfera chevaucher le pied dactylique sur 2 mesures. Pour bien marquer cela, j'ai\nemployé presque partout la diérèse d'écriture\nau lieu de\nd) Les timbres.\nIci nous touchons à un domaine nouveau. Tout ce qui précède peut se résumer\nen 2 mots : c'est une analyse tonale et un développement rythmique ; mais, en\nmeme temps qu'elle est faite au point de vue « harmonie », cette analyse apparaît\nici sous un second aspect : Y orchestration.\nC'est le quatuor à cordes qui (avec les clarinettes) émet le motif initial.\nBeethoven décompose le quatuor, procédé analogue à celui qui consistait à dé-\ncomposer un accord de tonique et un accord de dominante ; il confie chaque\npartie du ier membre de phrase à un groupe différent : d'abord les seconds\nviolons, puis les altos, puis les lers violons, pendant que les violoncelles et les\ncontre-basses tiennent la tonique. Et après qu'il a ainsi usé de l'analyse, il\nrevient à la synthèse : les 2 accords de la fin sont un tutti. Il y a donc parallé-\nlisme entre l'analyse par les timbres et l'analyse par l'harmonie.\nCette première phrase se termine sur la note sol, mise en relief par une\nblanche, comme une pierre d'attente. Une pareille note ne nous donne pas l'im-\npression d'un repos. C'est un point et virgule ; ce n'est pas un point. Nousn'aurons"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "303", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.21", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2249, "texte": "l'impression de repos que quand nous serons revenus à la tonique (mesure 33,\ncadence imparf. ; mesure 37, mesure parfaite).\nIci commence donc une seconde phrase, qui est à la précédente ce que le con-\nséquent est à Y antécédent et qui forme avec elle une antipériode.\nCette seconde phrase est le développement du fa fa fa ré initial, de même que\nla phrase précédente est le développement de sol sol sol mi ; elle est faite avec le\nmême motif que la première, mais elle en est en même temps très différente. Elle\nforme avec elle une symétrie par renversement, à la fois dans la mélodie et\ndans l'harmonie.\na) La suite des mesures 25-29 a un mouvement contraire (descendant) à celui\ndes mesures 6-9 (mouvement ascendant).\nb) Cette seconde phrase, au lieu d'aller 2 fois de la tonique à la dominante,\ncomme la première, va 2 fois de la dominante àla tonique. Il yalà un 2e ren-\nversement.\nA la mesure ?4 commence un épisode où nous retrouvons notre motif\nencore renversé légèrement, modifié par une nouvelle altération organique (do\ndo mi mi au lieu de do do do mi), et passant d'abord par tous les degrés de la\ngamme mineure (do ré mi fa sol la si do, mesures 37-44), redescendant ensuite\npour se poser seulement sur les notes de l'accord parfait (mesures 44-47), revenant\nensuite à l'accord de 7e de dominante pour conclure sur la tonique, et de là\nmoduler sur le ton de si.\nIci, second thème, débutant par une anacrouse et ayant une parenté évidente\navec le ier :\nD'abord parenté rythmique et mélodique ; ensuite parenté tonale. Beethoven a\nd'abord traité le sol sol sol mi initial, comme appartenant àla tonalité à\"ut mineur ;\nil le traite ici comme appartenant à celle de mi ; car le si de la mesure précé-\ndente change de fonction ; perçu comme tonique, il est repris ici comme domi-\nnante du ton de mi.\nIl ne se borne pas à une simple répétition.\nIl donne une suite à la formule-type, il la complète et en tire ce membre de\nphrase :\njoué par les cors.\nA quoi le quatuor répond :\nCe second thème superposé au précédent est un renversement du ler (si-mi au\nlieu de mi-si), ou une reprise par mouvement contraire. Il a des césures fémi-\nnines, ce qui oppose la douceur à l'énergie. De plus, il y a une altération ryth-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "304", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.22", "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "mique importante : des 3 notes essentielles de ce dessin fa, si), la 110 passe\ndu temps fort au temps faible; il en est de même pour la dernière qui est re-\ntardée par le do ; et pour éviter que cette sorte de variation ne fasse perdre de\nvue l'idée première, les basses donnent un renversement du thème fondamental\n(si si si mi). Ce rappel se renouvelle, d'abord sous la forme mélodique du ren-\nversement, puis sous forme purement rythmique (la la la la), etc., pendant que\nle quatuor, doublé de la flûte, reprend ce thème de variation :\net le continue par progression ascendante, en substituant peu à peu les cé-\nsures masculines aux césures féminines jusqu'à l'accord auquel on arrive par\nCet accord, premier\nl'intervalle de seconde augmentée.\nrenversement de l'accord majeur de la dominante (ré si fa la) est le point\nculminant de toute cette irc partie :de là, on redescend par un mouvement plein\nde grâce qui contient le rythme du thème fondamental, mais qui en varie le\ndessin par des broderies et des notes de passage de façon à réunir en trame\ncontinue ce qui était jusqu'ici morcelé. Dans\nil est facile de retrouver\nle soupir initial de cette mesure\nest remplacé par une appoggiature la (c'est-à-dire par une note qui se substitue à\ncelle que l'harmonie devait faire entendre et qui retarde un instant l'émission de\ncette dernière) ; il y a ensuite une note de passage [fa) \\ de là, pour finir, on passe\nà une reprise éclatante, triomphale, du motif, et Beethoven conclut par une pè-\nroraison qui a 2 cadences : l'une imparfaite\nl'autre parfaite,\nconstituée par une triple résolution de l'accord de dominante sur l'accord de\ntonique.\nEn somme, je ne vois là aucune trace d'angoisse tragique, mais un modèle de\nconstruction aussi riche que simple.\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c033", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "305", "page_fin": "306", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.7", "titre_corps": "Concerts et Informations.", "titre_sommaire": "Concerts et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "305", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.23", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "Concerts et Informations.\n\nParmi les plus brillants concerts de la dernière quinzaine nous citerons :\nSalle Erard. — 30 mai, récital de piano donné par Victor Gille(au programme\nœuvres de Beethoven, Chopin, Mendelssohn, etc.).\nSalle Pleyel. — Jeudi 31 mai, 7e concert donné parla Société des compositeurs\nde musique, orchestre de l'Opéra, dirigé par M. Paul Vidal (au programme,\nœuvres de G. Pfeiffer, Samuel Rousseau, V. Joncières, etc.).\nier juin, concert avec orchestre donné par Mme Hall. — 7 juin, concert donné\npar Mme Roger Miclos-Bataille. — 8 juin, concert donné par M. Alfred Cortot.\n— to juin, en matinée, concert donné par M. L.. Wurmser et ses élèves.\n\nATHÈNES. — Les concerts d orchestre du conservatoire d Athènes ont exécuté\ndurant l'hiver dernier lesoeuvres suivantes sous la direction de M.Frank-Choisy,\néphore du conservatoire :\nLa Sinfonia Eroïca de Beethoven, celle en si mineur n° 2 de Borodine,\nRoméo et Juliette de Svendsen, des poèmes d'Elgar, une Sérénade espagnole du\nchef d'orchestre Frank-Choisy, les ouvertures de Tannhàuser et des Maîtres\nChanteurs de Wagner, la Première Ouverture, sur des thèmes grecs, de Glazou-\nnow, etc.. etc.\nSuivant une habitude consacrée, M. Choisy dirigeait par cœur ces différents\nprogrammes, ne comprenant que des œuvres données en première audition en\nGrèce.\n\nCONSERVATOIRE. — On annonce que les concours publics de fin d'année pour\nles élèves du Conservatoire de musique et de déclamation auront lieu, comme\nl'année précédente, dans la salle du théâtre national de l'Opéra-Comique.\n\nPÉRIGUEUX, ORAN. — Une médaille de vermeil grand module a été accordée\npour être décernée comme prix du ministère des Beaux-Arts, à 1 une des sociétés\nayant pris part aux concours de musique organisés les 3 et 4 juin courant dans\nles villes d'Oran et de Périgueux.\n\nORPHÉONS SCOLAIRES DE LA SEINE. — Une médaille de vermeil est mise à la\ndisposition de M. 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Maurice Pottecher.\n\nECOLES NATIONALES DE MUSIQUE — L'administration des Beaux-Arts fait ac-\ntuellement frapper à la Monnaie les médailles de vermeil qui doivent être dis-\ntribuées, comme prix du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,\naux lauréats des Ecoles nationales de musique des départements et de 1 Ecole\nde musique classique à Boulogne-sur-Seine."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "306", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.24", "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 1458, "texte": "CONCOURS CRESSENT. — Le jury du IEI concours de composition musicale\nsymphonique (fondation Cressent) vient de terminet 1 examen des ouxiages\ndéposés et a décerné deux prix :\ni° L'un à M. Eugène Cools, compositeur de musique à Paris, pour une sym-\nphonie avec orchestre seul, en ut mineur ;\n2° L'autre à M. 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Demets, éditeur, Paris)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-06-15-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-06-15_01#c045", "volume": "bmtnabj_1906-06-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "306", "page_fin": "306", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.2.8.1", "titre_corps": "D. Ch. Prevot : i° « Sylvie », poésie de", "titre_sommaire": "D. Ch. 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Demets, édi-\nteur, Paris) ; 20 « Minuetto »,pour piano (2 fr. ibid.) ; 30 <t Valse, en sol mineur »,\npour piano (2 fr. 50, ibid.).\nA. Mariotte : « Sonatines d'automne » (Douceur, le Calvaire, Brume d'Au-\ntomne), poèmes de C. Mauclair (5 fr., chez E. Demets, éditeur, Paris)."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "283", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\n(Honorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction publique.)\nNo 12 (sixième année)\n15 Juin\n1906.\nR. M.\n2 I\n\nBilan musical.\n\nAu moment de l'année où nous sommes, on aime a jeter un coup d'oeil sur le\nchemin parcouru.\nCONCERTS LAMOUREUX. L'Association des sous la direc-\ntion de M. Camille Chevillard, a donné pendant l'année 1905-1906 les ouvrages\nsuivants :\nOUVRAGES NOUVEAUX. COMPOSITEURS FRANÇAIS.\nEté pastoral, suite pour orchestre Pierre Kunc.\nChevauchée de la Chimère, poème symphonique. . . . Gaston Carraud.\nSoleil couchant, poème symphonique Lefèvre-Derodé.\nDiane et Aciéon (cantate à une voix avec symphonie). . J.-Ph. Rameau.\nKermesse Jaques Dalcroze.\nMessidor, prélude A. Bruneau.\nTrois mélodies, pour chant et orchestre Jean Gay.\nQuasimodo, poème symphonique Fr, Casadesus.\n%\nDeux poèmes, pour chant et orchestre Silvio Lazzari.\nEn Norvège, suite symphonique A. Coquard.\nLa Cloche fêlée, poème symphonique F. Pécoud.\nRécits de guerre et d'amour, poème symphonique. . . J. Jemain.\nConcerto en ré majeur, pour piano A. de Castillon.\nEntracte symphonique A.-M. Auzende.\nLa Mer, 3 esquisses symphoniques Claude Debussy.\nCOMPOSITEURS ÉTRANGERS.\nSymphonie en ré majeur, n° 2 Haydn.\nLe Cygne de 7uonela, légende pour orchestre. ... J. Sibélius.\nNocturne, mélodie C. Franck.\nConcerto pour piano Rimsky-Korsakow.\nSymphonie en si bémol, n° 12 Haydn.\nUne nuit sur le Mont Chauve. poème symphonique. . . M. Moussorgsky.\n6e symphonie, en ut mineur Glazounow.\nSérénade pour quintette à cordes Mozart."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "284", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.2", "texte": "BILAN MUSICAL\n\nRoméo et Juliette, ouverture fantaisie Tschaikowsky.\nq esquisses pour piano à pédales, orchestrées par\nC. Chevillard Schumann.\nLa moyenne pour chaque concert a été de 8.174 fr. 95 ; cette moyenne avait été,\npendant la saison 1904-1905, de 7. 462 francs. Il y a donc une augmentation de\nmoyenne de 712 francs sur l'année précédente.\nCONCERTS COLONNE. —L'Association des concerts Colonne a donné, pendant\nla saison 1905-1906, les ouvrages ou fragments d'ouvrages suivants :\nPrélude de Y Enfant Roi A. Bruneau.\nBallade pour flûte, harpe et orchestre Perilhou.\nAllegro appasionato Saint-Saëns.\nDans la cathédrale Max d'Ollone.\n2e poème lyrique (livre de Job). ....... Rabaud.\nToggènburç Ch. Lefebvre.\nSymphonie en mi bémol G Enesco.\nChant d'automne Guyßopartz.\nJour d'été a la montagne V. d Indy.\nLd Angélus Trepard.\nLes Girondins Le Borne.\nSi:: Lieder. . Beethoven.\nA la bien-aimée lointaine Beethoven.\nAdélaïde Beethoven.\nTrio de Y Oratorio de Noël Saint-Saëns.\nChœur du Messie (alléluia) Haendel.\nAir du Roi pasteur Mozart.\nAndante du Concerto pour flûte et harpe Mozart.\nConcerto en mi bémol Mozart.\n( AirdeTamino |\nLa Flûte enchantée Scène et trio des Fées > Mozart.\nI Ouverture \\\n\\ % j\nRequiem : i° Tuba mirum ; 20 Recordare Mozart.\nAriette sur des paroles françaises Mozart.\nCosi fan tut le :i° Air de Fernand ;20 quintette. , . . Mozart.\nSuite en si mineur pour violon Bach.\nBefreit (mélodie) R.Strauss.\nIch Grolle nicht Schumann.\nSapphische ode Brahms.\nLe crépuscule des Dieux {récit) R. Wagner.\nArmide (2e, 3e et 5e acte) Gluck.\nPa rsifal (duo du 2e acte) R. Wagner.\nLa moyenne des recettes de cette saison a été de 9.075 fr. 83 ; elle étaiten 1904-\n1905 de 7.389 fr. ; l'augmentation de cette moyenne est donc de plus de 1 600 h*.\nDans le prochain numéro, nous parlerons de l'œuvre de M. Albert Carré, à\nl'Opéra-Comique."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "285", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.3", "texte": "LE « SONGE DE GÉROMTIUS » DEDWARD ELGARD\n\nMusique anglaise.\n\nLE «SONGE DE GÉRONTIUS» D'EDWARD ELGAR\n\nGrâce à l'initiative généreuse de la Société des Grandes Auditions musicales\nde France, l'oeuvre la plus caractéristique du compositeur contemporain anglais,\nEdward William Elgar, le Songe de Gérontius, fut exécutéele 25 mai au Trocadéro.\nLe Songe de Gérontius est une œuvre singulière, oratorio d'un transcendant\nmysticisme et d une austérité parfois un peu déconcertante. Le sujet en est\nétrange. Dans un article du 15 janvier 1905 consacré au musicien, la Revue musi-\ncale l'exposa brièvement. Il ne sera point hors de propos de le rappeler ici. Chré-\ntien fervent, Gérontius, sur son lit de mort, agonise, exhalant ses prières, ses\nrepentirs, ses terreurs. Pieusement, ses amis l'assistent à cette heure redoutable.\nIl défaille et la voix du prêtre convie son âme inquiète et croyante au suprême\nvoyage.\nL'âme de Gérontius traverse l'infini de l'espace qui mène au séjour des béa-\ntitudes. Un ange, veillant sur elle, l'assiste et la réconforte, tandis qu'au loin\nles démons font entendre leurs effroyables chœurs, et les âmes souffrantes du\npurgatoire leurs plaintes consolées. Mais le ciel s ouvre. L'éternel hosannah des\nbienheureux retentit, les splendeurs des célestes parvis se révèlent. L'âme s'ap-\nprête à paraître devant son souverain Juge... Mais ce n'était qu'une vision. Les\ndestins de Gérontius ne sont pas encore accomplis.\nLes difficultés d'un pareil sujet apparaissent assez d'elles-mêmes. Je ne doute\npoint, ne 1 ayant point lu dans le texte, que le poème du cardinal Newman ne\nsoit un chef-d'œuvre de poésie et d'expression. Nulle de ses beautés n'a passé\ndans la traduction française, exacte peut-être mais terne et sans couleur. Les\nlongs monologues de Gérontius, ses actes de loi, ses dialogues interminables\navec l'ange sur divers points de mystique ou de doctrine paraissent bien vides\net bien froids, privés de la paruœ du verbe. La monotonie est excessive,\nmonotonie que la musique est impuissante à dissimuler longtemps.\nC'est le défaut de tous les poèmes qui n'ont point été faits expressément pour\nla musique et dont maintes pages, forcément, sont rebelles à l'expression qui lui\nest propre. L'art réussit quelquefois à rendre de tels passages intéressants,\nsinon touchants et pathétiques. Mais la musique d Edward Elgar, d'une sin-\ncérité et d une conviction profonde, ignore de tels raffinements. Elle veut\némouvoir, elle y réussit souvent. Elle se refuse de parti pris aux délices\néquivoques de l'art pour l'art.\nC est assez dire que 1 oratorio du compositeur anglais ne saurait plaire d'un\nbout à 1 autre. Il paraît à 1 audition d une longueur extrême, et la simplicité vou-\nlue des formes mises en œuvre ne contribue guère à atténuer cet inconvénient.\nJe ne sais d ailleurs si l'ordre de sentiments dans lesquels le poème évolue est\nvéritablement musical. La puissance des arts d'expression ne se limite-t-elle pas\nà ce que l'esprit peut concevoir et sentir? Les mystères de la vie future, tels que la\ndoctrine catholique les enseigne, sont-ils véritablement concevables à l intelli-\ngence ?Je ne sais. Mais je ne connais point de musicien, quelque grand qu'il\nsoit, qui ait donné du ciel et de ses splendeurs une vision autre que convention-\nnelle ou superficielle, ce qui est la chose la plus aisée du monde ; ni qui ait su\nfaire des esprits du mal autre chose que des grotesques à la façon romantique."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "286", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.4", "texte": "LE (( SONGE DE GÉRONTIUS » DEDWARD ELGAR\n\nEdward Elgar pouvait-il réussir pleinement là où tant de grands maîtres ont,\nen somme, échoué ?\nIl s'ensuit que tout le côté supra-terrestre de l'œuvre reste au-dessous de ce\nqu'a dû rêver sa conscience d'artiste et de catholique. Le chœur céleste « Gloire\nau suprême Roi dans le ciel » n'est qu'un chœur de triomphe comme tant d'au-\ntres : il a d'ailleurs de l'éclat et quelque grandeur. Celui des démons, mouve-\nmenté, violent, soutenu d'un orchestre coloré, n'effraiera personne. Il traduit\npeu ou point les idées, d'une psychologie bien compliquée, à dire le vrai, que\nle poète a prêtées aux esprits du mal.\nQuand la fiction demeure purement humaine, le musicien est inspiré plus\nheureusement. Aussi la première partie de l'ouvrage où pleurent, souffrent et\nprient des hommes, non de purs esprits, est-elle à mon avis bien au-dessus de\nla seconde. J'ai peu goûté l'air où Gérontius expose et affirme sa foi catholique.\nMais ses gémissements, ses plaintes, ses appels au Dieu miséricordieux ne sont\nni sans expression ni sans grandeur. Plus touchants encore les chœurs des\namis autour de sa couche. Et l'appel du prêtre avec l'ensemble qui suit : « Va,\nmarche au nom de l'ange et de l'archange », constitue un morceau admirable et\nbien près d'être un chef-d'œuvre.\nC'est dans les passages tels que celui-ci que s'affirme le mieux l'originalité\ndu musicien. Son écriture chorale est véritablement supérieure. Il en tire des\neffets puissants, trop ignorés ou dédaignés des maîtres de notre école. Car nous\navons perdu, il faut le dire, le sens du style choral.\nLa polyphonie des chœurs de cet oratorio n'emprunte presque rien aux pro-\ncédés des anciens. Très divisée (Elgar emploie presque toujours deux chœurs\nde force inégale), elle reste aussi très libre. Des phrases caractéristiques, indé-\npendantes, très mélodiques, s'y superposent volontiers, avec une singulière\naisance. C'est en somme un contrepoint assez particulier où l'imitation ne joue\npresque aucun rôle, à l'inverse de la tradition classique.\nIl en résulte des effets d'une ampleur extraordinaire et magnifique. Ce finale\nde la première partie en est la preuve. Peu de pages sont aussi vivantes et aussi\némouvantes que celle-là.\nL'orchestre joue un rôle important en plusieurs autres endroits. Il est visible\ncependant que le musicien se soucie peu des curiosités d'instrumentation\nou d'harmonie dont nous sommes peut-être épris plus qu'il n'est légitime. Mais\nil sait à l'occasion prêter aux instruments une voix éloquente. Le prélude, pu-\nblié ici même autrefois, est une belle page. L'introduction de la deuxième\npartie, qui se continue par un air expressif de ténor, est d'un calme et d'une\nfraîcheur vraiment célestes en même temps que d'une exquise simplicité. A l'or-\nchestre encore est dévolu le soin d'exposer le thème admirable de la conclusion,\ncheminant sous les voix de l'ange ou des chœurs, les dominant toujours de sa\npureté radieuse et tendre :"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "287", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.5", "texte": "CORRESPONDANCE\n\nCette belle phrase paraît apparentée d'assez près à celle de l'entr'acte célèbre\nde Rédemption, de César Franck. Communauté d'idée (car il ne s'agit pas ici\nde réminiscence proprement dite), qui ne semble pas indifférente. Car c'est à l'au-\nteur immortel des Béatitudes que la musique d'Elgar fait songer en ses plus\nbeaux endroits. Avec une technique beaucoup moins riche, infiniment moins\nparfaite, avec des procédés tout autres (car il s'interdit presque complètement le\ndéveloppement symphonique que Franck au contraire excelle à pratiquer), le\ncompositeur, anglais arrive presque aux mêmes effets. Et certes ce rapproche-\nment, qu'il ne convient pas de pousser trop loin, ne saurait déplaire à Elgar,\ncar Franck doit être à coup sûr le maître préféré.\nLe Songe de Gérontius, dont M. C. Chevillard dirigeait l'exécution, fut parfai-\ntement rendu. Les solistes, MM. Plamondon et M. Frolich, l'interprétèrent avec\nintelligence et sentiment. Mlle Croiza, dans le rôle assez ingrat de l'ange, montra\nun goût très sûr et un excellent style, servis par une voix généreuse et pure. Les\nchœurs, dont l'importance est capitale, parurent quelquefois manquer de préci-\nsion et de puissance. La faute en est surtout à l'acoustique déplorable de cette\nsalle du Trocadéro, bien faite pour glacer la verve et la chaleur des ensembles\nles meilleurs, jusqu'au moment oû les améliorations proposées par M. Gustave\nLyon auront été réalisées.\n\nHENRI QUITTARD.\n\nCorrespondance.\n\nUNE LETTRE DE M. MACEDONSKI\n\nM. Alexandre Macedonski est le poêle français et l'homme de lettres le plus célèbre de la Rouma-\nnie. Il a écrit dans notre langue des recueils de vers et, tout récemment, une sorte d'épopée en\nprose, le Calvaire de feu (chez Sansot, rue St-André-des-Arts) que pourrait signer un de nos\nmeilleurs écrivains nationaux. A cet artiste puissant et délicat j'avais posé, au cours d'un voyage\nen Italie, une question : Quelles furent vos impressions musicales les plus profondes ? Bien\ncurieuse est la réponse, évidemment très sincère, que M. Macedonski me fait l'honneur de m'en-\nvoyer. Ce qu'il dit en poète, à la façon d'un d'Annunzio, c'est ce que Schopenhauer a dit dans la\nthéorie admirable où, avec autant de profondeur que d audace, il considère la musique comme\nexprimant et comme étant l'essence des choses (universalia ante 1 em) ; c'est ce que pensaient les\npeuples primitifs qui se servaient du chant dans leurs opérations magiques (j'ai longuement expli-"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "288", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.6", "texte": "CORRESPONDANCE\n\nqué cela ici même et ailleurs), parce que tout comme le grand métaphysicien allemand ils\nidentifiaient la musique avec l'âme des choses. Je remercie et félicite bien vivement M. Macedonski\nde sa charmante lettre, qui est un vrai document. (Je prie le lecteur de songer qu'en Roumanie, le\nmot (( Maître )) est sans doute synonyme d'ami. )\n\nJ. C.\n\nVous m'ave\\, mon cher Maître, posé une question délicate, sur les sensations\nmusicales que j'éprouve. Seulement,pour moi, tout étant harmonie, —/a couleur,\n/es lignes, /e parfum, limage en soi, ce n'es/ point en quelques mots hâtifs\nque je pourrais m'exprimer. Ainsi, /enej{ : se/on moi, /n vze elle-même, j'en-\ntends la vie organique, n'es/ qu'une grande, qu'une délirante symphonie.\nTon/ y/Z>re e/ /on/ chante en nous, et par nous, et autour de nous. Les yeux\nqui savent voir perçoivent mille éclats divers de lumière éblouissante, e/\ntout des milliers de scintillements de couleur, des infléchissements de lignes,\ndes méandres moelleux, des traits droits et puissamment audacieux, arpèges\nqui, de toutes parts,pénètrent en notre âme par la vue et la ravissent au delà de\nla mesquine animalité humaine. L'odorat, le goût, /e toucher, s'unissent pour\ncompléter cette symphonie que l'ouïe parachève de si énergique et délicate fa-\nçon. Tout cela, mon c/zer Maître,ce sont des sensations musicales, c'est de la mu-\nsique, ou je me trompe fort. Aussi le vrai raffiné de musique entendra toujours\ndes sons dans la lumière et la couleur ; il en percevra de très délicieux et de\ntrès harmonieux par le toucher et par le sens olfactif. Pareillement enfin, il\ndécouvrira dans la musique auditive la gamme complète de toutes les autres\nsensations. Une sonate de Mozart, tel morceau de Wagner, tel autre de Verdi,\nde Bach, de Haydn, de Gounod et de tant d'autres grands maîtres, suggèrent\ndes images, tout un monde de formes et de couleurs... Ce sont, ainsi, des clairs\nde lune que les sons dévoilent tout à coup, des envolées de colombes qu'ils\nfont partir en essaims pressés et rapides, des eaux tranquilles et bleues dont\nils réveillent les sonores échos, de superbes vallées qui dormaient dans nos\nâmes et qu ils font soudain revivre tout ensoleillées de printemvs roses. Puis,\nd'autres images, avec, en elles, toutes nos aspirations présentes, tous nos\nrêves d'avenir et tous ceux qu'on a déjà vécus !...\nLt c est notre jeunesse ou notre enfance. Et des moulins ronronnent. Et des\nsources pleurent en s'égouttant doucement dans les vasques des fontaines. Et le\nbeau soleil d'avril sourit. Et la voix maternelle tant caressante, et mille êtres\nchers qui ne sont plus, et qui pourtant reviennent sous l'archet ou sous les\ndoigts d'ivoire de l'inspiré, du demi-dieu...\nCependant, pour vous tout dire, je ne vous cacherai point que les plus\ngrandes sensations musicales n'ont point été éprouvées par moi à l'état de veille.\nVoici, et ce n est pas un conte à dormir debout que ie vous fais là, mais\nbien la vérité :\nJe me revois, et c'est comme en un rêve, oh ! ces temps ! Ils sont si loin dans\nle passe que tout ne m'apparaît que brouillé de brume, voilé d'incertitude, et\npourtant cela fut ! l'enfant malingre que j'étais, le petit être beau quand\nmême à for ce de boucles blondes, épis d'or qui lui nimbaient le front,\net me revoyant tel, je me ressouviens de certains accidents nerveux, inquié-\ntants pour ma mère, mais dont mon père ne tenait nul compte, lui enjoignant\nde ne se point troubler, car, lui disait-il, « ton trouble à toi retentira sur l'âme\nde l enfant, et donnera naissance à toute une autre série de phénomènes,\nceux-ci sérieux"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "289", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.7", "texte": "CORRESPONDANCE\n\nQuoi qu'il en soit, c'est de ces accidents que datent mes premières et mes plus\npuissantes sensations musicales auditives, accidents qui, survenus après de\ngrandes dépressions physiques, me jetaient dans un état d'inconscience mo-\nmentané et abolissaient en quelque sorte, pour moi, la réalité, me dévêtaient\nde ma personnalité, et tout en me permettant d'entendre et de voir, enlevaient\naux sens et aux images leurs valeurs vraies.\nEt comme ma mère, de plus en plus angoissée, se penchait sur moi et me don-\nnait les soins les plus tendres, ravi à la terre, une musique que rien ne peut\nrendre, une musique comme on doit en entendre dans les cieux, s'élevait à\nl improviste au fond de mon âme, et venue comme d'abîmes insondables, m em-\nplissait de vibrations sonores et graves, douces mais douloureuses, faisait sur-\ngir en moi un vague ressouvenir d'une joie en d'autres vies éclose, amour de\nfemme ou triomphe d'orgueil, Dieu sait quoi de senti et d'évanoui, de vécu et\nde mort, et ces sons-là coulaient comme une rivière, dévalaient comme un\ntorrent, montaient comme une mer, m'emportaient dans leur maèlstrom, me\nsubmergeaient, et finalement me faisaient éclater en sanglots.\nOr, ce sont les plus grandes sensations musicales qui m'aient jamais fait fré-\nmir, et qu:, ajoutées à celles qui, quelque vingt ans se sont déjà passés depuis,\ndurant le songe d'une nuit quelconque, hantèrent mon sommeil et le muèrent;\nle lendemain, en transposition de poème, en floraison de vers que, pour ainsi\ndire, j'écrivis sans presque m'en rendre compte, et dont le retentissement ne\nfut point petit dans mon pays.\nPour moi, la musique est tout : Sentiment, pensée, image, et quand je dis\nimage, je dis forme et couleur. Vous parlerai-je des indicibles jouissances\nque me donnent ceux qui en sont les grands maîtres, quelle que soit leur na-\ntionalité...\nIl y a des choses que l'on sent si bien et qu'il est si malaisé d'exprimer !\nSur ce, mon cher Maître, je vous serre bien cordialement la main,\nBucarest, 1906.\n\nA. MACÉDONSKI.\n\nLe Salon musical.\n\nLe Temps du 30 mai a publié la lettre suivante :\nMON CHER DIRECTEUR,\nComme complément aux excellentes observations de votre collaborateur mu-\nsical clans sa chronique du 29 mai, voulez-vous me permettre de revenir ici sur\nune idée qui intéresse un très grand nombre d'artistes et qui ne paraît pas avoir\nété bien comprise par eux ? • -\nIl s'agit du Salon musical. Qui a organisé ce Salon ? C'est la Société nationale\ndes beaux-arts; c'est elle, comme le dit le critique du Temps, qui « donne des\nconcerts » soumis à sa direction et à son autorité ; c'est un aréopage d'artistes\npeintres, sculpteurs ou architectes, c'est une société chargée de représenter les\narts du dessin, qui a constitué un jury pour organiser une exposition des arts et\ndu rythme et qui fait des opérations de ce jury, comme des auditions qui les\nsuivent, une simple annexe, un ornement supplémentaire et facultatif du Salon\nprincipal."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "290", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.8", "texte": "CORRESPONDANCE\n\nUne telle situation est difficilement admissible pour le bon sens ; non pas seu-\nlement parce qu'un art se trouve placé sous la tutelle des autres arts\nmais parce que cette sujétion peu équitable peut empêcher ou retarder, en se sub-\nstituant à elle, une organisation sociale des musiciens français qui est infiniment,\ndésirable.\nCe qu'il faudrait, pour avoir un « Salon musical » digne de ce nom, et\nl'expérience d'aujourd'hui prouve que cette nouveauté ne gênerait personne,\nc'est que les musiciens, renonçant à leurs petites chapelles sans renoncer à 1 ori-\nginalité d'écoles diverses, se concertent, se réunissent, s'entendent, et par des\nvoies régulières, nomment eux-mêmes un jury, dont les membres puiseraient\nleur autorité dans les suffrages de leurs pairs, auraient qualité pour défendre\ndes intérêts spéciaux devant l'administration des beaux-arts, et obtenir que la\nmusique fût partout mise à son rang\nLes musiciens compositeurs et exécutants sont dans un état de disper-\nsion et de morcellement où beaucoup de forces s'épuisent. Ils ignorent l'inap-\npréciable avantage des volontés unies. Pourquoi ne s'organisent ils pas comme\nles peintres ? Les jeunes virtuoses qui demandent à tous les échos une occasion\nde faire connaître leur talent, les jeunes compositeurs qui voudraient arriver\njusqu'au public, sont vraiment peu avisés. La ville de Paris leur construit un\npalais : ils n'y entrent qu'en sous-ordre, pour l'agrément du locataire principal,\nalors qu'ils auraient le droit de s'y installer pour partager un privilège.\nAux musiciens devraient se joindre les poètes ; je voudrais enfin que 'si, d'a-\nventure, une Zambelli ou une Isadora Duncan avait imaginé une danse d'un ca-\nractère très esthétique, elle pût la produire. Le Grand Palais a-t-il été fait pour\nles arts plastiques seulement ou pour les beaux-arts? Ne contient-il pas précisé-\nment une salle appropriée à la musique, à la poésie et à la danse ?\nTant qu'on n'aura pas fait, dans la pratique, la coordination sérieuse et com-\nplète des arts du rythme aux arts du dessin, nous aurons sans doute des\n« auditions » charmantes comme celles que la Société nationale nous a déjà pro-\ncurées ; mais nous n'aurons pas de « Salon musical ». Ce qui importe sur-\ntout, c'est que les musiciens s'organisent eux-mêmes, régulièrement; tant qu'ils\nse laisseront mener à la lisière par d'autres artistes, aussi éminents que soient\nces derniers, j'aurai l'impertinence de penser que ce sont des maladroits.\nVeuillez agréer, mon cher Directeur, l'assurance de mes meilleurs sentiments,\n\nJULES COMBARIEU,\nchargé du cours d'histoire de la musique\nau Collège de France.\n\nA. SABATHIÉ,\n67, rue de Passy, Paris.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR,\nA propos de la thèse récente de M. Ecorcheville, je ferai une simple re-\nmarque. On a beaucoup reproché au candidat une bibliographie inexacte\ndans les détails. Or un de ses juges, M. Emmanuel, a commis une faute\nautrement grave : dans la liste de ses oeuvres, il a introduit un « opéra lyrique »\n(rien que cela î), Prométhée, lequel ri a jamais existé... à moins que ce ne soit\nM. Constant Pierre qui endosse la responsabilité de ce bluff énorme ! (V. le\nConservatoire national, p. 750.)\nVeuillez agréer, etc...\n•*v"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "291", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.9", "texte": "QUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIE SIÈCLE\n\nMusique française.\n\nQUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIe SIÈCLE I LES LE CLERC.\n\nLes lecteurs de la Revue musicale n'ont certainement pas oublié un très inté-\nressant article de M. de La Laurencie (i \\ servant en quelque sorte de complé-\nment à d'autres excellents travaux du même auteur consacrés à Jean-Marie\nLeclair l'aîné et à Jean-Marie Leclair le second (2), et concernant spécialement\nune méprise de Fétis, qui avait cru reconnaître dans un certain Leclerc, violoniste\nà l'Opéra, l'illustre Leclair aîné en personne. Rien ne subsiste plus de l'assertion\nde Pétis, après la démonstration de M. de La Laurencie. Mais il reste, à l'égard\ndes nombreux Leclerc, d'autres obscurités, aux dangers desquelles notre érudit\nconfrère n'a lui-même pas échappé, puisque à son tour il a confondu le violoniste\net compositeur Jean Leclerc avec le violoniste et éditeur Charles-Nicolas Leclerc.\nEn réunissant ici quelques notes sur un groupe assez mal connu de musiciens\ndu même nom, nous sommes loin de prétendre résoudre ces difficultés et plus\nloin encore de vouloir critiquer le travail d'un musicologue dont personne mieux\nque nous n'apprécie les rares qualités de savoir, de méthode et dégoût. Notre\nseul but est d'aider au classement provisoire de quelques musiciens français du\nxvme siècle, et de faire en particulier ressortir le rôle de l'un d'eux, Charles-\nNicolas Le Clerc, dans l'histoire de la librairie musicale.\nDe 1718 à 1780, une quinzaine de Le Clerc se présentent à nous dans les\ndiverses branches de la culture musicale. Le meilleur moyen de les distinguer\nles uns des autres est, croyons-nous, de les énumérer successivement, selon\nl'ordre chronologique des documents qui mentionnent chacun d'eux pour la\npremière fois.\n1. LE CLERC...., marchand de musique. «Le Sieur Le Clerc » dont nous\nn'avons pu découvrir le prénom, tenait un commerce de musique « rue du\nRoule, àla Croix d'Or ». Il n'était pas éditeur, mais marchand, simple déposi-\ntaire d'oeuvres musicales éditées aux frais de leurs auteurs et qùi se vendaient à\nla fois chez lui et à une ou plusieurs autres adresses, y compris généralement\ncelle du compositeur lui-même. A notre connaissance, la plus ancienne œuvre\ndatée dont il ait ainsi été chargé de débiter des exemplaires fut les Caractères de\nla danse, de Rebel, qui parut en 1715 (3). En 1760, La Chevardière lui avait\nsuccédé et continuait son commerce, sous la même enseigne (4).\n2. LE CLERC (Sébastien) était trompette dans la musique de l'Ecurie en\n1718 (5). Il mourut le 29 décembre 1729, laissant trois fils, Nicolas, Jacques et\nLouis (6).\n\n(1) Une assertion de Fétis : Jean-Marie Leclair l'aîné à l'orchestre de l'Opéra, dans la Revue\nmusicale du 15 octobre 1904, tome IV, pp. 496-503.\n(2) L'origine de J.-M. Leclair l'aîné, dans le Courrier musical du 15 mai 1904 ; J.-M. Leclair\nle second, idem, ler juillet 1905 ; J.-M. Leclair l'aîné, d'après des documents inédits, dans le Recueil\ntrimestriel de la Société intern. de musique, 6e année, pp. 250-273.\n(3) Sur cette œuvre, voy. l'étude de MM. Pierre Aubry et Emile Dacier, publiée ici même,\ntome V,pp. 301, 324, 365, et en brochure, Paris, Champion, 1905, in-4,\n(4) La Chevardière eut à son tour pour successeur Leduc, dont le nom yst resté attaché à\nl'une de nos principales maisons d'éditions musicales.\n(5) Bibl. nat. ms. Clair. 814.\n(6) J. Ecorcheville, Quelques documents sur la musique de la grande écurie du Roi, dans le\nRecueil trimestriel de la Soc. intern. de mus., t. 11, 1901, p. 642."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "292", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.10", "texte": "QUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIE SIÈCLE\n\n3. LE CLERC... était violoniste dans la musique du duc de Lorraine, à Nancy,\nen 1722 (1).\n4. LE CLERC (Guy), violoniste, titulaire en 1722 de la charge de « lun des\nvingt quatre violons du Roi » (2), démissionna en 1733, ayant le sieur Belle-\nville en survivance (3).\n5. LE CLERC (Jean), violoniste et compositeur, faisait partie dès 1722 de la\nbande des 24 violons, où il jouait de la « basse de violon (4) ». Le 31 décembre\n1729 il obtint un « privilège général », qu'il fit enregistrer le 16 lévrier, pour\nla publication de « plusieurs sonates pour le violon, flûte et hautbois et autres\nsonates et recueils de plusieurs menuets et contredanses tant anciens que nou-\nveaux de différents auteurs français et italiens » (5). Ce privilège, accordé à\n<( Jean Le Clerc, l'un des vingt-quatre violons ordinaires de notre chambre », fut\nrenouvelé pour huit ans, le 22 décembre 1736, et enregistré le 2 janvier 1737, en\ntermes un peu différents : « pour plusieurs sonates de sa composition pour les\nviolons, flûtes, hautbois, muzettes, et vielles et recueils de Noels, Menuets et\nContredances tant anciens que nouveaux, françois, italiens, mesme ceux qui se\nferont parla suitte » (6). C'est de ce second privilège qu'il se servit pour publier\nen 1742 un ouvrage intitulé : SEPTIÈME RECUEIL | DE CONTREDANSES ] et la\ntable par lettre alphabétique | avec la basse continue \\ et chifrée | Recueilly et\nmis en ordre \\ par Mv Le Clerc | Se vend à Paris | chez le SR Le Clerc, rue\ndu Roule àla Croix d'Or | Avec privilège du Roi. | 2742. » (7 . La pagina-\ntion de ce septième recueil continue celle des recueils précédents, dont ni\nM. de La Laurencie, ni nous, ne connaissons d'exemplaire ; elle va des pages\n200 à 235 et contient 96 contredanses, numérotées de 604 à 700 et portant\nchacune un titre particulier. L'une d'elles (page 224), intitulée « la queux du\nchat », n'est autre que le joli et célèbre cc Tambourin » du livre de Pièces de\nClavecin de Rameau de 1724. légèrement modifié, avec dans la partie de basse\nune insistance curieuse à répéter un dessin employé plus modérément chez\nRameau, et qui pourrait avoir eu l'intention de représenter le mouvement du\nchat qui tourne sur lui-même en courant après sa propre queue.\nNi dans le texte des privilèges, ni au titre de son recueil, Jean Le Clerc ne se\nqualifie « ordinaire de l'Académie royale de musique ». 11 ne faisait donc point\npartie de l'orchestre de l'Opéra. On pourrait se hasarder à l'identifier avec le\nvioloniste que YAlmanach des spectacles pour l'année 1753 appelle Le Cler, et\nmentionne, en cette année seulement, dans l'orchestre de l'Opéra-Comique\n(théâtre de la Foire) ; la mince qualité et le genre inférieur de ses compositions\npourraient appuyer cette hypothèse. Les huitième et neuvième recueils de contre-\ndanses de Jean Le Clerc, publiés en 1744 et 1745, et ses premier et deuxième\nrecueils de menuets en duo, ont été mentionnés par M. de La Laurencie, qui en\nsignale des exemplaires à la bibliothèque du Conservatoire. Les menuets se ven-\ndaient « chez M. Le Clerc, rue Saint-Honoré, vis-à-vis l'Oratoire », qui était,\n\ni) Jacquot, la Musique en Lorraine, p. 121.\n(2) L'Etat de France, 1722.— La Laurencie, art. cité, Revue musicale, tome IV, p. 498.\n(3) Bibl. nat. ms. fr. 7676, fol. 14 v°.\n(4) La Laurencie, art. cité, Rev. mus., t. IV, p. 498.\n(5) Bibl. nat. ms.fr. 21954, p. 464.\n(6) Bibl. nat. ms. fr. 21956, p. 367. —M. de La Laurencie a cité ce second privilège.\n(7) M. de La Laurencie a cité ce titré d ouvrage."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "293", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.11", "texte": "QUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIE SIÈCLE\n\ncomme nous allons en donner les preuves, Charles-Nicolas Le Clerc, le violo-\nniste de l'Opéra.\nL' « Etat » des 24 violons de la chambre du roi pour l'année 1760 contient\nencore le nom de Jean Le Clerc (1), qui comptait alors plus de 38 ans de services.\nNous perdons sa trace depuis cette époque, et, ne le trouvant pas sur une liste\ndes « vétérans » pour l'année 1773, nous devons conclure qu'il était mort entre\nces deux dates, 1760 et 1772.\n6. LE CLERC (Charles Nicolas), violoniste et éditeur, est bien le musicien dont\nl'entrée en 1729 dans l'orchestre de l'Opéra a été indiquée par Fétis et confirmée\npar M. de La Laurencie. Il fut mis àla retraite le 22 mai 1750, après 22 ans de\nservices, avec une pension fixée à la moitié de ses appointements, qui étaient de\n600 livres (2). Une pièce de procédure publiée par Campardon, datée du\n8 février 1748, ajoute à son nom les mots « de l'Académie de musique », et précise\nexactement ses prénoms, Charles-Nicolas, et son domicile, « rue SaintTlonoré,\nvis-à-vis l'Oratoire » (3). Il était en même temps « l'un des 24 violons du roi ».\nSon premier privilège d'éditeur, en 1736, lui donnant déjà ce titre, nous pouvons\nle reconnaître dans « le sieur Le Clerc » qui obtint le 6 janvier 1733 la survi-\nvance de la charge de l'un des 24 violons, vacante par la démission de Jacques\nJolly (4). Il figure, avec ses prénoms Charles-Nicolas, à côté de Jean Le Clerc,\nsur 1' « Etat » de 1760 (5). Il était encore en fonctions en 1765, époque à laquelle\nil prit son troisième et dernier privilège d'éditeur ; mais en 1773 on le trouve sur\n1' « Etat des vétérans » sans que soit indiquée la date de sa retraite. D'autre\npart, la liste des pensionnaires de l'Opéra, donnée annuellement par YAlmanach\ndes spectacles, le mentionne jusqu'à l'année 1775, après quoi sa disparition\nindique naturellement son décès (6). Le voisinage de son domicile avec le car-\nrefour appelé <( la Croix du Trahoir » peut également identifier Charles-Nicolas\nLe Clerc avec le « maître de violon et de pardessus de viole » que de Jèze, en\n1759, appelle simplement « Le Clerc » et dont il place assez vaguement la de-\nmeure « près la Croix du Trahoir » (7).\nCharles-Nicolas Le Clerc n'a laissé aucune composition, pas même du genre\nmodeste que cultivait son homonyme et collègue Jean Le Clerc. Mais il a droit à\nun souvenir dans l'histoire de la musique en France, par la grande activité qu'il\na pendant plus de vingt -cinq ans déployée comme éditeur. Les documents qui\nse rapportent à ses entreprises dans ce domaine ont une réelle importance en ce\nque d'une part ils peuvent révéler la publication en France de quelques ouvrages\ndont on ne connaît plus d'exemplaires, et que d'autre part ils aident à fixer la\ndate de certaines éditions. Pour ce double motif, nous ne croyons pas inutile de\nles reproduire, soit en entier, soit en abrégé.\nLe premier de ces documents est un privilège du roi, obtenu le 9 mars 1736,\nenregistré le 6 avril, pour une durée de quinze ans, et motivé ainsi qu'il suit :\n\n(1) Archives nat. O1 842.\n(2) La Laurencie, art cité, Rev. mus. IV, p. 497 et suiv.\n(3) Camparclon, l Académie royale de musique au XVIIIe siècle, t. 11, p. 93. En commentant\ncette pièce, Campardon a confondu Charles-Nicolas Le Clerc avec le chanteur Pierre Le Clerc.\nFétis l'avait pris pour Leclair l'aîné, et M. de La Laurencie l'a confondu avec Jean Le Clerc.\n(4) Bibl. nat. ms. fr. 7676, fol. 14. A cette époque, Jean Le Clerc faisait depuis longtemps\npartie de la bande des 24 violons, et Guy Le Clerc était à la veille de démissionner.\n(5) Arch. nat. Ol 842.\n(6) Il ne figure plus sur l'Etat des vétérans en 1779.\n(7) De Jèze, Tableau de Paris pour Vannée 17 Cité par M. de La Laurencie."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "294", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.12", "texte": "QUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIe SIÈCLE\n\n(( ... Le sr Charles Nicolas Le Clerc, l'un de nos vingt-quatre violons ordinaires, nous ayant\nfait remontrer qu'il souhaitteroit faire imprimer, graver et donner au public plusieurs ouviages\nde musique de différens auteurs qui ont pour titre : tout Corelli, douze œuvres e ival 1, neu\nœuvres d'Albinoni, neuf œuvres de V alentini, deux livres de pièces de clavecin et un livre solo\nde Hendel, un livre de Veracini, un livre solo, cinq œuvres de Thelemann. Mais comme ces ou-\nvrages sont d'une très grande dépense et qu'il craint que quelque personne ne s avisassent de\nles copier ou contrefaire ce qui lui feroit un tort considérable après en avoit fait les îecheic es\net les perquisitions requises qu'il en a fait sçachant que le public en manquoit, nous lui avons\npermis et permettons, » etc. (1).\nQuatre ans après l obtention de ce privilège, Charles-Nicolas Le Clei c avait\ndéjà constitué un fonds d édition considérable, dont il publiait le catalogue dans\nle Mercure de France du mois de décembre 1740 :\n« CATALOGUE DE MUSIQUE françoise et italienne, que le sr Le Clerc, ordinaire de la chambre\ndu Roy et de l'Académie royale de musique, a fait graver, qui se vendent à Paris, aux adresses\nordinaires, et chés lui, rue S. Honoré, près l'Oratoire. Il continue de faire graver tous les\nmeilleurs auteurs, tant anciens que nouveaux :\nSonates à violon seul et basse : Corelly, lERIER oeuvre ; Rane, lERIER œuvre ; Guillemain, lEl'1E1' œuvre ;\nGuillemain, II livre, 3e œuvre ; Tremais, ier œuvre ; Veracini, ier œuvre ; Locatelli, 6e œuvre ,\nGeminiani, 2e œuvre ; Guerini, ier œuvre ; Telemann, Sonatine ; Caprice et boutade de Reoel.\nSonates à deux violons : Tessarini, ier et 2e œuvres ; Forster, à 2 violons et basse ad libitum ;\nFesch, ier œuvre : Tremais, 2e ; Guillemain, 4e et se.5e.\nPièces de clavecin: Handel, ier-4e livres ; Scarlatti, lel'1e1' et 2e volumes.\nSonate à flûte et basse : Locatelli, 2e œuvre ; Mahault, ier ; Quantz, nouveau ; M. B ;\nIRE partie du 5e œuvre de Corelly ; Santis, 40 œuvre ; Hasse, lERIER ; San Martini, IEI1E1 ; Weidemen,\nI«r.\nSonates à deux flûtes : Telemann, à 2 flûtes ou 2 violons; Lœillel, 50 œuvre, à 2 flûtes,\n2 violons ou 2 hautbois; Groneman, ier œuvre; 2e partie du 5e œuvre de Corelly ; Quignaid,\n2e œuvre ; Valentini, à 2 flûtes ou 2 violons.\nVielles et musettes : Derochet, menuets et plusieurs airs ; les nouvelles bagatelles, du même.\nTrios pour les violons, flûtes et hautbois : Corelly, ier-4e œuvres; Vivaldy, iu ; Abaco, 3e ;\ntrietti de Telemann; Corellyzantes de Telemann; Pichler, ier œuvre; Handel; Porpora, dif-\nférents auteurs, ier et 2e œuvres; Smalle, ier : Brevio, ier et 2e; Alberto Gallo, 2e œuvre;\nTortoriti, ier ; San Martini, ier ; Locatelli, se;5e; Guillemain, 2e, 6e, 8e œuvres.\nQuatuors et concertos : iers quatuors de Telemann ; Vivaldi, l'Estro armonico ;le même, les\nQuatre saisons; ier concerto de Tremais; Guillemain, 7e œuvre.\nSonates pour le violoncelle : Lanzetty, ier œuvre ; Triemer, icr; Batta Somis, 12 sonates ;\nDefech, 2e œuvre ; Giacomo Klein, 2e ; Vivaldy ;de Fesch, 3e ; Klein le jeune, icr livre (2).\nLe document publié par Campardon se classe chronologiquement après ce\ncatalogue, et se rapporte à l'industrie de Le Clerc comme éditeur. C'est une\nplainte déposée « l'an 1748, le jeudi 8 février », par « le sieur Charles-Nicolas\nLeclerc, de l'Académie royale de musique, demeurant rue Saint-Honoré, vis-à-\n-vis l'Oratoire », contre un nommé Galbrun, auquel il avait confié « deux parti-\ntions de six sonates en trio de la composition du sieur Deselles, musicien du\nroi de Pologne Stanislas, pour les copier en parties séparées », et qui en avait\nperdu ou dérobé la moitié (3).\nLe privilège de 1736 avait une durée de quinze ans. A l'approche du moment\noù il devait arriver à son expiration, Le Clerc se pourvut d'un nouveau privi-\nlège, qui lui fut accordé pour vingt ans, le 18 novembre 1750. et qu'il fît enre-\ngistrer lei2 janvier 1751. Beaucoup plus étendu que le précédent, ce second\ndocument énumérait non sans défigurer l'orthographe de la plupart d'entre\n\n(1) Bibl. nat. ms. fr. 21956, p. 248. Nous respectons l'orthographe fautive du document.\n(2) Mercure de France, décembre 1740, 2e vol., p. 2917 et suiv. Nous avons conservé l'or-\nthographe, souvent fautive, du Mercure.\n(3) Campardon, VAcadémie de musique, tome 11, p. 93."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "295", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.13", "texte": "QUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIe SIÈCLE\n\neux, plus de quatre-vingts noms de musiciens dont « Charles-Nicolas Le\nClerc, l'un des vingt-quatre violons de notre chambre », était autorisé à\n« donner au public » les œuvres :\n... Cantates et cantatilles mises en musique par le sieur Bourgeois, intitulées l'Amante vo-\nlage, Minerve et l'amour, l'inconstance, les souhaits de l'amour, Télémaque et Eucharis,\nBacchus, la symphonie italienne, Céphale et l'aurore, Zéphire et la rose, le Concert, les amours\nmutuels, le dépit de l'amour, Calypso, et l'Aveu sincère ; et les œuvres instrumentales compo-\nsées par Abaco père et fils, Albinoni, Angelini, Alberto Gallo, Bezzossi (Besozzi), Boni, Baptista\nBriouschi, Brevio, Corelli, Kamerloquer (Camerlocher), Servetto (Bassevi dit Cervetto), Canabi\n(Cannabich), Cavalari, Costanzi, Desplanes (Piani, dit Des Planes), Daniello (Aniello Sant' An-\ngelo), Dall'Oglio, Du Tartre, De Monceaux, Forceter (Forster), Ferlingue, Fech (Fesch), Fritz,\nForni, Gronemay, Guerini, Gray, Guillemain, Geminiani, Gottwalt, Handel, Hasse, Hamal,\nHevard, Hanot, Klein, Kennis, l'ami du clavier, Locatelli, Lanzetto, Lœillet, Lavallière, Le\nMaire, Maho (Mahault), Madonis, Melanco, Martini (San Martini), Marcello, Mangean, Masse,\nMiroglio l'aîné, Merci (Merchi), Morri, Moreau dalai (Mauro d'Alay), Patoni, Paganelli, Por-\npora, Pichler, Perez, Quantz, Quinard (Quignard), Repel per (Rebel père), Santio (de Santis),\nSmalle Spourni, Schmitz, Somis l'aîné, Somis cadet, Scarjatti, Soulallez (?), Thelleman (Tele-\nmann), Tartini), Themanza (Temanza), Thessarini (Tessarini), Thriermeo (Triemer ? , Tortoriti,\nTremais, Vivaldi, Wermand (?), Valenlini, Valentine, Veracini, Zani (1).\nUn ouvrage sans date, publié vers la même époque, L'Echo du Danube, conte-\nnant six sonates... à une viole de gambe... par Jean Schenck... œuvre IXe (2).\noffre ces deux particularités intéressantes de contenir au titre la triple adresse :\n« à Paris chez M Le Clerc le Cadet, rue Saint-Honoré vis-à-vis l'Oratoire, Le\nsieur Le Clerc, rue du Roule àla Croix d'Or, Mme Boivin rue Saint-Honoré àla\nRègle d'Or », où le surnom « le cadet » indique la parenté de Charles-Nicolas\nLe Clerc avec l'un de ses homonymes, encore indéterminé ; et au verso une\nreproduction à peu près littérale du Catalogue inséré dans le Mercure en 1740.\nTelle était alors la bizarre réglementation du commerce de la librairie en\nFrance, qu'un éditeur aussi actif que Ch.-Nie. Le Clerc, et dont le fonds était\nconsidérable, comptait, administrativement, parmi les « marchands merciers »,\nses rivaux à la même époque étant, soit « marchands papetiers », comme la\nChevardière après 1760, soit comme Mme Hue « marchande lingère ».\nLe 7 août 1765, un troisième et dernier privilège fut accordé à « Charles-\nNicolas Le Clerc, l'un des 24 violons » etc., qui le fit enregistrer le 21 août, pour\nune durée de douze ans. Ce nouveau document visait les ouvrages suivants :\n... le Devin du village, le Soldat magicien, Gilles garçon peintre, les deux Sœurs rivales, les\ndeux cousines, la Serva padrona (3), cantatilles, motets et autres musiques de Le Maire, 22e can-\ntatille et l'Eloge de l'amour, de Le Febvre, Corelli, œuvres de Mouret, les cantatilles de M. Légat\nde Furcy, le Songe de Zirphée, les plaisirs de l'Amour, et l'indifférence, la paix, de du Tartre,\nplusieurs recueils de parodies à l'usage des jeunes demoiselles, pièces d'Alberti, trio d'Angelini,\nmusique de Bordier, Bourgoin, Braun l'aîné et le cadet, Bellanger, Bode, Delange, Bessoni,\nCapia le jeune (Cupis ?), Corelli, Croes, Canabi (Cannabich) Camerloker, Campione, recueil des\nfanfares de Dampierre, Doeschi (Toeschi), Fesets (Fesch). Forster, Fritz, Gianotti, Geminiani,\nGuillemain, Gossei (Gossec) ier et 2e (œuvres), Gasparini, Galeotti, Guiglini (Guglielmi ?), Gue-\nrini, Gronemann icr et 20, Handet (Handel), Hasse, Hainsse, Jomelli, Kennis, Krafft, Lauretti (r),\nL'availlier (Lavallière) pour le tambourin, Locatelli, l'ami du clavier, Saint-Sevin dit l'Abbé,\nPrincipes de violon, Martini (San Martini), Melanco, Mahault, Mangean, Morigi, Mascitti, Noels\nde La Lande, Paganelli, Porpora, Pere (Perez r), Pichler, Patoni ier, 2e et 3e, Paradis, Pagnani\n2e (Pugnani), Quantz, Roget, Spurni (Spourni), Savonetti (Schiavonetti), Smalle ■(?), Scarlatti,\nSchwindel, Vivaldi, Windelingue (Wendling), Wodicka, Wanguinseil (Wagenseil), plusieurs\n\n(1) Bibl. nat. ms. fr. 21959 P- 394-\n(2) Bibl. nat. Vm7, 6284.\n(3) On a reconnu les titres des opéras de J.-J. Rousseau, Philidor, Laborde, Desbrosses et Per-\ngolèse."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "296", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.14", "texte": "QUELQUES MUSICIENS FRANÇAIS DU XVIIIE SIECLE\n\nrecueils d'airs, menuets, concordances (contredanses) ajustées pour le violon, basses, vielles et\nmusettes, les œuvres de Kohaut, un traité de composition de M. Bernier(i).\n7. LECLERC (Pierre), chanteur. M. de La Laurencie a mentionné, d'après\nle Mercure, la présence de cemusicien parmi les chanteurs du Concert de la reine,\nde 1731 à 1741 (2). Nous le voyons encore figurer en 1760, comme « chanteur\ntaille », dans la musique du roi (3). Retraité en 1769, il est encore nommé eni779\ndans l'état des « vétérans ».\n8. LE CLERC... flûtiste. —Fétis, copiant Choron et Fayolle, appelle cemusi-\ncien Lecler, le dit fils d'un facteur de clavecins, frère aîné de Jean-Pierre Le\nClerc, dont il sera parlé plus loin, et ajoute qu'il fut attaché en 1739 a l'orchestre\nde l'Opéra, et qu'il fit en 1752 un voyage en Angleterre (4). Dittersdorf le ren-\ncontra vers 1750 à Vienne (5), et quelques œuvres et copies manuscrites, datées\nde 1753 et 1754, et dédiées au margrave de Baden-Durlach, indiquent à cette\népoque sa présence en Allemagne. Ces œuvres, qui sont conservées à la biblio-\nthèque de Karlsruhe,consistent en un livre de 6 Sonates pour flûte et basse,deux\nlivres de chacun 6 Sonates pour 2 flûtes, et un recueil de 30 solos pour la flûte,\nanonymes, sauf deux, qui sont de Camerlocher et de Tartini (6). L'un de ces\ndeux livres de Sonates à 2 flûtes est probablement une copie de l'ouvrage sui-\nvant, qui fut gravé sans date, à Paris, après 1745 (7) : Six | SONATES | A DEUX\nFLÛTES | sans basse | composées | par |M. le Clerc. | Œuvre lerIer | gravé\npar Mlle Vandome | A Paris | chez le Sr Maupetit l'éditeur, cloître S.Ger-\nmain l'Auxerrois | Madame Boivin, marchande, rue Saint-Honoré, à la règle\nd'or | le Sr LeClerc, marchand, rue du Roule, àla Croix d'Or. | A Lyon,\nM. de Brotonne, rue Mercière, au Saint-Esprit (8).\n9. LE CLERC, facteur d'instruments à vent. Il est connu par un document que\nPontécoulant a découvert aux Archives nationales et qu'il a résumé sans en\nindiquer la cote. C'est une requête par laquelle, en 1752, François Ferry, gendre\ndu feu sieur Leclerc, et son élève, demande mainlevée d'une opposition formée\nà sa maîtrise par cinq maîtres luthiers faiseurs d'instruments (9).\n10. LE CLERC... Grétry,dans ses Mémoires, dit avoir reçu à Liège,vers 1752,\nles leçons de ce musicien, qu'il assure avoir été ensuite maître de chapelle à\nStrasbourg, fait que jusqu'ici n'ont pas confirmé les historiens de la musique\nen Alsace.\n11. LE CLERC... luthier, demeurait à Paris, « aux Quinze-Vingts »M. Cons-\ntant Pierre avu de lui des étiquettes de 1761, 1768 et 1777 ( 10).\n12. LECLERC... organiste et claveciniste. D'après une annonce insérée dans\nl'Avant-Coureur du ior juillet 1765, le « Pneumacorde », nouveau clavecin de\n\n(1) Bibl. nat. Ms. fr. 21963, p. 357.\n(2) L. de La Laurencie, J:-M. Leclair Vaîné, dans le Recueil trimestriel de la Soc. intern. de\nmus., t. VI, 1905, p. 257.\n(3) Arch. nat. Ol 842.\n(4) Fétis, Biogr. des mus., t. V, p. 246.\n(5) Eitner, Quellen-Lexikon, t. VI, p. 100, art. Le Clair.\n(6) Eitner, t. VI, p. 102, art. Leclerc.\n(7) Le privilège invoqué pour cette publication par J.-B. Edme Maupetit est daté du 18 sep-\ntembre 1745 et vise collectivement un nombre indéterminé de compositions dont les auteurs ne\nsont pas désignés.\n(8) Bibl. nat. Vm7, 6527.\n(9) De Pontécoulant, Essai sur la facture instrumentale, 1857, p. 125.\n(10) C. Pierre, les Facteurs d'instr. de mus., pp. 66 et 108"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "297", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.15", "texte": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL\n\nBerger, avec jeu d'orgue et crescendo « qui renfle les sons à volonté », était tou-\nché tous les jours « par Le Clerc » dans une salle des Tuileries. Il nous paraît\nvraisemblable d'assimiler ce claveciniste à l'organiste qui publia quinze ans\nplus tard, en 1780 (et non en 1785., comme l'a dit Fétis), l'ouvrage suivant:\nJournal de pièces d'orgue formant huit Magnificat et quatre messes, composé par\nM. LeClerc, organiste des révérends Pères de la Mercy.Gravé par Mme Frere (1).\n13. LE CLERC... violoniste, figure en 176$ et 1766, dans VA Imanach des specta-\ncles, parmi les premiers violons de l'orchestre de la Comédie-Française. Son\ndomicile est « rue des Cordeliers chez un tapissier,entre la rue de l'Observance et\nla rue de Touraine ». En 1768, il est passé de l'orchestre de la Comédie-Française à\ncelui de l'Académie royale de musique, d'où il disparaît en 1771, quoique en\n1773 YAlmanach parisien en faveur des étrangers le nomme encore parmi les\n« maîtres de violon, du nombre de ceux de l'Opéra ». Vers la même époque, il\nfaisait partie del'orchestre du Concert spirituel et de la musiquedu roi. Un «Etat\ndes appointements conservés à différents musiciens du roi qui sont obligés de\ncontinuer le service jusqu'à ce qu'il y ait des places de vétéran vacantes », indi-\nque, en 1780, un violoniste, Leclerc, comptant dix ans de services, qui est cer-\ntainement le même personnage (2).\n14. LECLER,... facteur d'instruments à vent, travaillait, selon G. Chouquet,\nvers 1769. Les musées d'instruments de musique de Paris et de Bruxelles possè-\ndent de lui un flageolet et une flûte (3).\n15. LE CLERC (Jean-Pierre\\ facteur de clavecins, demeurait, d'après M. C.\nPierre, en 1777\"178 rue Chapon; en 1788-89, rue Beaubourg ; en l'an VIII, rue\nSimon-Lefranc (4). Peut-être faut-il voir en lui le frère du flûtiste, et le fils d'un\nfacteur de clavecins, dont Fétis a parlé vaguement à l'article Lecler de sa Bio-\ngraphie des musiciens (5).\n16. LECLERC (Michel), joueur de vielle, ne nous est connu que par un portrait\ngravé par Ingouf, dont une reproduction réduite a été donnée par Chouquet,\ndans la 2E édition de son Catalogue du musée du Conservatoire de Paris.\n\nMICHEL BRENET.\n\nNOTRE SUPPLÉMENT MUSICAI. Du remarquable et récent ouvrage de M. Henri\nFévrier, le Roi aveugle, oû nous avons apprécié une solide construction sym-\nphonique et de jolis effets de timbres, nous donnons un « interlude » original,\noû les successions de quartes produisent, à l'orchestre, un pittoresque effet.\nLe fiagment de 1 admirable Symphonie de Beethoven permettra de suivre l'ana-\nlyse qui est faite plus loin.\n\nv 1) Cet ouvrage fut annoncé dans le Journal de Paris du 27 décembre 1779 Parut en douze\nlivraisons, dont chacune est datée dun des mois de l'année 1780.Ce qui a causé l'erreur de Fétis,\nc est que 1 exemplaire de la bibliothèque du Conservatoire de Paris, incomplet du titre et des\nderniers feuillets, a été complété par un certain G. Eppel, qui l'a daté de 1784 et 1785. - V.\nFétis, t. V, p. 246, art. Lecler, etEitner.t VI, p. 102, qui attribue dubitativement au même\nmusicien des contredanses de Jean Leclerc.\n(2) Arch. nat. Ol 842.\n(3) Chouquet, le Musée du Conservatoire, édit. 1884, P- IQo, n° 375* Mahillon, Catalogue du\nmusée instrum., etc., p. 209, n° 197.\n(4) C. Pierre, ouvr. cité, p. 134.\n(5 ; Fétis, tome V, p. 246."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "298", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.16", "texte": "LA Ve SYMPHONIE DE BEETHOVEN\n\nOpéra-Comique. — Le Clos, de M. Charles Silver.\nLes amateurs, s'il en reste encore, de l'ancien opéra comique, auront pour\ncette fois l'occasion de se réjouir. Le nouvel ouvrage que vient de monter\nM. Carré appartient bien à ce genre traditionnel qui fît si longtemps la joie des\nâmes simples. Le livret disposé et réalisé suivant les conventions jadis obliga-\ntoires n'incitait guère le musicien à l'audace, ni à l'originalité. Et la musique de\nM. Silver, s'il est permis de le dire, s'y adapte avec une facilité qu'on pourrait\nsouhaiter, pour cette fois, moins exacte.\nLe sujet est une paysannerie sans grand intérêt. Il serait peut-être fastidieux\nd'en narrer par le menu les péripéties puériles Les amours villageoises de Gene-\nviève, ses déceptions conjugales et l'ingénieux subterfuge par quoi Pierre Henne-\nbault, son mari, raffermit, heureusement pour la morale, sa vertu prête à dé-\nfaillir dans les bras de Jean Simon, son ancien amoureux, tout cela, à la scène,\npeut avoir quelque agrément. P'roidement raconté, je crains qu'il n'en soit plus\nde même.\nSur cette incolore anecdote, M. Silver, ancien prix de Rome et musicien expert,\nécrivit une partition aimable, sans grande nouveauté et sans beaucoup de\nvigueur. Quelques romances sentimentales, quelques airs faciles et bien venus\nrappelent les charmes un peu désuets des chefs-d'œuvre du genre. J'aime\nmoins le musicien lorsque, ainsi que dans le prélude du dernier acte, il s'essaie\nau style dramatique à grand effet. Mais, en somme, cet opéra comique, dont les\nprétentions sont modestes, s'entendra sans doute quelque temps avec plaisir.\nL'interprétation en est excellente d'ailleurs. Mme Thiéry s'y montra fine comé-\ndienne et chanteuse habile. MM. Clément, Vieuille et Cazeneuve, pour ne citer\nque ceux-là, y firent preuve, une fois de plus, d'un talent qui n'attendit pas cette\noccasion pour s'affirmer. Et ces artistes évoluent en des décors exquis, encadrés\nd'une pittoresque mise en scène, ainsi qu'il est de tradition à l'Opéra-Comique.\n\nLa Ve Symphonie de Beethoven.\nAnalyse rythmique\n\n(0-\nLe rythme est l'ordre systématique dans lequel se succèdent les valeurs qui\nconstituent l'œuvre musicale. Ces valeurs sont : le temps premier, le pied (don-\nnant lieu à une mesure simple ou composée), le membre de phrase (ou kôlon,\npluriel kola), la phrase ou période, la strophe. D'autres parties du rythme, plus\nconsidérables (syzygie ou couple de strophes ; périkope ou ensemble de plus de\ndeux strophes formant un tout soumis à répétition), peuvent être négligées\nici.\nCes parties du rythme sont subordonnées et non coordonnées ; cela signifie\nqu'elles ne se juxtaposent pas,mais s'enveloppent : la plus grande contient la moins\ngrande.\n\n(1) Résumé cl une leçon du Collège de France par E. Dusseiier (voir notre Supplément musical)."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "299", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.17", "texte": "LA Ve SYMPHONIE DE BEETHOVEN\nR. M.\n22\n\nI. Le temps premier et la mesure.\nIci, le temps premier, cellule de tout l'organisme, est la croche. Il est indi-\nvisible (conformément à l'usage antique), puisqu'on ne trouve nulle part de va-\nleur plus petite. Cette indivisibilité du temps premier est certainement une des\ncaractéristiques essentielles de la composition ; elle lui donne l'unité de\nstyle.\nAvec ce temps premier est constituée la mesure ; elle est dactylique. Le dactyle\npeut avoir les formes suivantes : »)-w ; b) - - ; c) que Beethoven emploie\ntour à tour (avec les formes nouvelles, d,\nCette mesure, d'un bout à l'autre de la pièce, est simple, c'est-à-dire formée\nd un seul pied ou dactyle. Beethoven l'a indiquée par la formule f. Il ya là une\ncontradiction imputable à l'incohérence de la théorie moderne, et qu'il importe\nde signaler. Dans l'évaluation de la mesure dactylique, les modernes ne comp-\ntent pas le nombre des temps premiers (comme dans la mesure trochaïque ou à\n3 temps), mais le nombre de pieds : par exemple, si Bach met dans une mesure\n4 groupes de notes contenant 3 doubles croches chacun (ex. : fugue en do # mineur\ndu Clavecin bien tempéré, 11,4), ii note ainsi cette mesure :f§ (chaque double croche\nest un temps premier, et le nombre de ces temps premiers détermine le numé-\nrateur de la fraction) ; mais s'il y a 3 groupes de notes contenant chacun 4 doubles\ncroches (genre dactylique), il prendra comme numérateur de la fraction indi-\nquant la mesure, le chiffre 3, représentant ici des pieds et non des temps. En\nvertu de ce principe, il notera £le groupe\n(dans la mu-\nsique vocale religieuse), le groupe Q s ou d d, etc. Le signe j|z indique toujours\ndeux pieds. C'est une convention, admissible pourvu qu'on s'y tienne, une fois\nqu'on l'a-adoptée. Malheureusement les compositeurs modernes (postérieurs à\nBach), ne sont pas conséquents avec eux-mêmes ; pour la mesure dactylique\nsimple, ou monopodique (absente des fugues instrumentales de Bach), ils em-\nploient souvent les signes E, et J, usités déjà pour la mesure composée. Il\npeut en résulter un malentendu dénaturant la vraie physionomie d'une œuvre.\nPar exemple, si, dans cette Ve Symphonie de Beethoven, on ne considérait pas\nla mesure comme simple, on aurait à peu près ceci (avec 2 ictus au lieu\nd'un) :\nLa formule de la mesure vraiment conforme au principe adopté par les mo-\ndernes, devrait être ici :|. Il n'y a, en effet, qu'un ictus (après chaque barre de\nmesure).\n11. Observation générale.\nCet ensemble de deux pages forme une seulQ strophe (suivie d une reprise qui\nconstitue 1 antistrophe). Cette strophe se décompose en périodes dont les limites"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "300", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.18", "texte": "LA Vb SYMPHONIE DE BEETHOVEN\n\nsont marquées par deux petits traits verticaux (II) ; les périodes se décomposent\nen membres de phrase (ou kola) marqués par un seul trait (I). Cette analyse est\nanalogue à la ponctuation dans un texte littéraire ; elle est nécessaire pour\nl'intelligence d'une composition quelconque ; mais dans la pratique, il peut ar-\nriver qu elle n'ait rien de rigoureux et même de sûr. Enécrivantune lettre, il nous\narrive d hésiter à mettre un point, ou un point et virgule, ou deux points à telle\nplace ; et si nous écrivons pour l'imprimeur, un petit problème se posera. Tous\nceux qui ont corrigé des épreuves le savent bien. On a parfois le choix entre\ndeux procédés également raisonnables. Cela n empêche pas qu il faut une ponc-\ntuation. De même ici, j'admettrais fort bien quelques variantes dans la manière\nde scander: au début delà 5e mesure (dernière ligne de la première page), on\npourrait indiquer la fin d'une période (II) au lieu de la fin d'un kôlon (I, ; à la fin\nde la 5e ligne (2e page), la césure pourrait être modifiée, etc... Les grandes\ndivisions théoriques du rythme n'en subsistent pas moins, et l'exécutant doit\ns'en rendre co-mpte.\nAutre observation générale.\nAvant d'entrer dans le détail, notons une impression d'ensemble due au témoi-\ngnage des yeux autant qu'à celui de l'oreille : cette strophe est écrite tout en-\ntière avec un thème très bref, de caractère énergique et décidé, d'une nature\ntelle que la pensée musicale semble s'être présentée à l'esprit du compositeur\nsous forme rythmique (et non sous la forme d'une mélodie, ou d un coloris ins-\ntrumental, comme il arrive en certains cas). Parfois même, Beethoven reproduit\nson thème sous la forme du rythme pur (3e ligne de la 2e page; :\nPour traduire l'impression que me fait une telle oeuvre, si brillante, et faite\ncependant avec si peu de chose, je me servirai d une comparaison.\nDans la classe de dessin, le maître dit souvent à l'élève : Voici une fleur, une\nmarguerite, une pensée, ou bien une feuille de lierre, une feuille d iris: avec cet\nélément simple, dont vous disposerez comme vous 1 entendrez, au gré de votre\nfantaisie et de votre goût, faites-nous une composition d ensemble, soit pour un\ncouvercle de boîte, pour coussin, pour tapis, pour mosaïque, etc. ; de là un tra-\nvail d'ingéniosité et d invention réelle, même dans les limites étroites où il faut\nse contenir, qui consiste à tirer le meilleur parti possible de la donnée dont on\ndispose, àla présenter de diverses manières, à imaginer les combinaisons les\nplus agréables où on peut la faire entrer ; on lui adjoint, d habitude, quelques\nidées accessoires qui ont avec elle une liaison naturelle; mais le triomphe de\nl'habileté, c'est d'arriver à faire quelque chose de complexe et de riche en s'é-\ncartant le moins possible de l'image prise comme type initial et comme point\nde départ. Si je ne craignais de faire une digression trop longue, je pourrais\nmontrer que certains grands artistes décorateurs y ont magnifiquement réussi,\net qu'en somme, dans les vrais chefs-d'œuvre, la complication la plus grande\nen apparence peut se ramener à l'unité, je dirai même à la persistance delà\nmême pensée, et que là est le secret de la forte impression qu'ils nous font.\nNous avons ici quelque chose d'analogue à une composition décorative exé-"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "301", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.19", "texte": "LA Ve SYMPHONIE DE BEETHOVEN\n\ncutée d'après la méthode que je viens de dire, avec cette seule différence que le\nmusicien opère sur une formule rythmique et non sur une forme plastique.\nElle est faite avec ces quatre notes :\n(Cf. Schumann, Sym-\nphonie en si <? ; Meyerbeer, Ouverture de Robert le Diable, etc..)\nDe telles idées sont assez banales ; on les rencontre fréquemment chez les pri-\nmitifs. U y a des peuplades sauvages, à peu près dénuées de culture, qui ont\ntrouvé quelque chose de tout à fait semblable\nMais elles ne\nvont pas plus loin. Le génie musical consiste à créer une symphonie avec cette\nmaigre donnée. Le compositeur est un démiurge souverain qui, avec presque\nrien, fait de la pensée, et construit un chef-d'œuvre éblouissant. (Voir dans le\nler recueil de la Légende des siècles de V. Hugo, la pièce se terminant par ce\nvers : Car Dieu, de /'araignée avait fait le soleil ! Brahms a excellé dans ces sortes\nde mise en œuvre d'un motif. Il est même tombé assez souvent dans l'excès.)\nJe sais bien qu'on attribue à ce motif de 4 notes un sens dramatique. Bee-\nthoven lui-même l'a accompagné de cette mention :« So pocht das Schiksal an die\np forte,ainsi frappe le destin à [notre] porte. » C'est là une glose faite après coup,\net qu'il faut entendre, je crois, cum grano salis. Cette symphonie a été achevée en\n1808 ; mais le projet, l'idée première, remontent à 1801. Je ne me représente pas\nBeethoven concevant d'abord la lutte du Destin et de l'homme, et cherchant en-\nsuite à l'exprimer en musique. Ce que l'on regarde habituellement comme le\nprincipe profond de cette œuvre me paraît être une association d'idées dont il ne\nfaut pas exagérer l'importance.\n111. Analyse.\nL'œuvre débute par deux èpiphonèmes (exclamations) qui sont tous deux\ndéveloppés, le premier dans une période, le second dans une antipériode com-\nplémentaire ; c'est une forme assez fréquente en poésie. Ex. :le monologue\nde Don Diègue :\nO rage ! ô désespoir ! ..\nCes èpiphonèmes, à peu près absents des sonates de Beethoven, sont fréquents\ndans la symphonie, à laquelle ils donnent plus d'ampleur oratoire et de solen-\nnité. Quelquefois il n'y en a qu'un seul (début de la 2e symphonie) ; d'autres\nfois il y en a deux (début de l'héroïque) ou même un assez grand nombre. L'ada-\ngio d'introduction, chez Haydn, pourrait être considéré comme un épiphonème\ndéveloppé.\nLes deux périodes initiales se trouvent réduites chacune àun kôlon compre-\nnant 2 mesures. Ce membre de phrase a deux particularités :il est acéphale, sans\ntête, commençant par un soupir, et il se termine sur un point d'orgue, avec\ncésure féminine. Quelle est la valeur exacte de ce point d'orgue ? Les chefs\nd'orchestre s'y arrêtent indéfiniment, sans doute en imaginant 1 histoire suivante :\nLe Destin frappe à la porte de Beethoven, sourd et malade, révolté contre les\nhommes et un peu contre lui-même. On ne lui répond pas. Silence dramatique.\nPoint d'orgue... angoisse. Le Destin frappe de nouveau. On ne répond pas encore,\nnouveau point d'orgue. L'angoisse redouble... Cela, c'est de la psychologie fan-\ntaisiste et non de la musique. En réalité, la blanche surmontée d'un point d'orgue\nest, selon le mot de Martianus Capella, une « valeur soumise à l'allongement\nirrationnel ». Cela signifie que la note doit avoir une durée supplémentaire telle\nque son rapport avec le temps premier soit exprimable, non par un nombre"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "302", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.20", "texte": "LA Ve SYMPHONIE DE BEETHOVEN\n\nentier, mais par ce nombre plus une fraction, de telle sorte que le rythme soit\nmomentanément rompu. Le mi\\> vaudra une mesure -f- 1/2, au lieu d une. C est\nl'interprétation régulière qui a été proposée pour les points d orgue dans les\nchorals de Bach, et il n'y a pas de raison pour la repousser ici.\nIV. Avec cette formule de 4 notes, Beethoven construit une série de phrases\nqui vont s'enchaîner de façon presque continue. Cependant, pas d autres éléments\nque le motif initial ! Quels sont donc les moyens à 1 aide desquels le compositeur\narrive à cette richesse ? J'en distingue quatre.\na) L'harmonie.\nLe ier épiphonèmedu début se trouve repris,transposé dans deux phrases par-\nticulières, puis dans une 3e, où les deux transpositions sont réunies.\ni° A quelle tonalité appartenait-il ? L'hésitation était permise. Beethoven pré-\ncise ; il rattache le thème à la tonalité d'ut mineur et il le reproduit sur chacune\ndes notes de l'accord parfait (mi b, sol, do).\n20 11 le reprend àla période suivante et le répète sur chacun des degrés où se\nplacent les notes de l'accord de 7e de dominante d'ut mineur.\n30 II fait la synthèse de ces 2 formes dans une 3e période qui associe 3 fois de\nsuite l'accord de tonique et celui de dominante: Dans cette évolution harmonique\nla note sol, qui était d'abord perçue comme dominante d'ut, devient àla fin, grâce\nà l'introduction du fa £ dans l'avant-dernier accord, tonique à son tour.\nb) Mélodie.\nIl faut remarquer : le renversement du motif (3e ligne) et de légères altérations :\nà la 7e et à la 8e mesure, substitution d'un intervalle de 1/2 ton à l'intervalle de tierce\n(substitution justifiée, comme aux mesures 10 et 11, par le désir d'accentuer\nl'impression tonale). Le renversement donne une forme nouvelle de construction.\nc) Rythme pur.\nLes 3 croches de l'épiphonème initial faisaient partie d'un kôlon sans tête\n(acéphale) avec une césure féminine. Dans les phrases explicatives qui suivent,\nelles deviennent une anacrouse quidonne lieu à une césure masculine et qui d'un\nbout à l'autre de la pièce,— sauf dans une phrase qui, au milieu, est un contraste,\nfera chevaucher le pied dactylique sur 2 mesures. Pour bien marquer cela, j'ai\nemployé presque partout la diérèse d'écriture\nau lieu de\nd) Les timbres.\nIci nous touchons à un domaine nouveau. Tout ce qui précède peut se résumer\nen 2 mots : c'est une analyse tonale et un développement rythmique ; mais, en\nmeme temps qu'elle est faite au point de vue « harmonie », cette analyse apparaît\nici sous un second aspect : Y orchestration.\nC'est le quatuor à cordes qui (avec les clarinettes) émet le motif initial.\nBeethoven décompose le quatuor, procédé analogue à celui qui consistait à dé-\ncomposer un accord de tonique et un accord de dominante ; il confie chaque\npartie du ier membre de phrase à un groupe différent : d'abord les seconds\nviolons, puis les altos, puis les lers violons, pendant que les violoncelles et les\ncontre-basses tiennent la tonique. Et après qu'il a ainsi usé de l'analyse, il\nrevient à la synthèse : les 2 accords de la fin sont un tutti. Il y a donc parallé-\nlisme entre l'analyse par les timbres et l'analyse par l'harmonie.\nCette première phrase se termine sur la note sol, mise en relief par une\nblanche, comme une pierre d'attente. Une pareille note ne nous donne pas l'im-\npression d'un repos. C'est un point et virgule ; ce n'est pas un point. Nousn'aurons"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "303", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.21", "texte": "LA Ve SYMPHONIE DE BEETHOVEN\n\nl'impression de repos que quand nous serons revenus à la tonique (mesure 33,\ncadence imparf. ; mesure 37, mesure parfaite).\nIci commence donc une seconde phrase, qui est à la précédente ce que le con-\nséquent est à Y antécédent et qui forme avec elle une antipériode.\nCette seconde phrase est le développement du fa fa fa ré initial, de même que\nla phrase précédente est le développement de sol sol sol mi ; elle est faite avec le\nmême motif que la première, mais elle en est en même temps très différente. Elle\nforme avec elle une symétrie par renversement, à la fois dans la mélodie et\ndans l'harmonie.\na) La suite des mesures 25-29 a un mouvement contraire (descendant) à celui\ndes mesures 6-9 (mouvement ascendant).\nb) Cette seconde phrase, au lieu d'aller 2 fois de la tonique à la dominante,\ncomme la première, va 2 fois de la dominante àla tonique. Il yalà un 2e ren-\nversement.\nA la mesure ?4 commence un épisode où nous retrouvons notre motif\nencore renversé légèrement, modifié par une nouvelle altération organique (do\ndo mi mi au lieu de do do do mi), et passant d'abord par tous les degrés de la\ngamme mineure (do ré mi fa sol la si do, mesures 37-44), redescendant ensuite\npour se poser seulement sur les notes de l'accord parfait (mesures 44-47), revenant\nensuite à l'accord de 7e de dominante pour conclure sur la tonique, et de là\nmoduler sur le ton de si.\nIci, second thème, débutant par une anacrouse et ayant une parenté évidente\navec le ier :\nD'abord parenté rythmique et mélodique ; ensuite parenté tonale. Beethoven a\nd'abord traité le sol sol sol mi initial, comme appartenant àla tonalité à\"ut mineur ;\nil le traite ici comme appartenant à celle de mi ; car le si de la mesure précé-\ndente change de fonction ; perçu comme tonique, il est repris ici comme domi-\nnante du ton de mi.\nIl ne se borne pas à une simple répétition.\nIl donne une suite à la formule-type, il la complète et en tire ce membre de\nphrase :\njoué par les cors.\nA quoi le quatuor répond :\nCe second thème superposé au précédent est un renversement du ler (si-mi au\nlieu de mi-si), ou une reprise par mouvement contraire. Il a des césures fémi-\nnines, ce qui oppose la douceur à l'énergie. De plus, il y a une altération ryth-"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "304", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.22", "texte": "LA VE SYMPHONIE DE BEETHOVEN\n\nmique importante : des 3 notes essentielles de ce dessin fa, si), la 110 passe\ndu temps fort au temps faible; il en est de même pour la dernière qui est re-\ntardée par le do ; et pour éviter que cette sorte de variation ne fasse perdre de\nvue l'idée première, les basses donnent un renversement du thème fondamental\n(si si si mi). Ce rappel se renouvelle, d'abord sous la forme mélodique du ren-\nversement, puis sous forme purement rythmique (la la la la), etc., pendant que\nle quatuor, doublé de la flûte, reprend ce thème de variation :\net le continue par progression ascendante, en substituant peu à peu les cé-\nsures masculines aux césures féminines jusqu'à l'accord auquel on arrive par\nCet accord, premier\nl'intervalle de seconde augmentée.\nrenversement de l'accord majeur de la dominante (ré si fa la) est le point\nculminant de toute cette irc partie :de là, on redescend par un mouvement plein\nde grâce qui contient le rythme du thème fondamental, mais qui en varie le\ndessin par des broderies et des notes de passage de façon à réunir en trame\ncontinue ce qui était jusqu'ici morcelé. Dans\nil est facile de retrouver\nle soupir initial de cette mesure\nest remplacé par une appoggiature la (c'est-à-dire par une note qui se substitue à\ncelle que l'harmonie devait faire entendre et qui retarde un instant l'émission de\ncette dernière) ; il y a ensuite une note de passage [fa) \\ de là, pour finir, on passe\nà une reprise éclatante, triomphale, du motif, et Beethoven conclut par une pè-\nroraison qui a 2 cadences : l'une imparfaite\nl'autre parfaite,\nconstituée par une triple résolution de l'accord de dominante sur l'accord de\ntonique.\nEn somme, je ne vois là aucune trace d'angoisse tragique, mais un modèle de\nconstruction aussi riche que simple.\n\nJULES COMBARIEU."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "305", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.23", "texte": "CONCERTS ET INFORMATIONS\n\nConcerts et Informations.\n\nParmi les plus brillants concerts de la dernière quinzaine nous citerons :\nSalle Erard. — 30 mai, récital de piano donné par Victor Gille(au programme\nœuvres de Beethoven, Chopin, Mendelssohn, etc.).\nSalle Pleyel. — Jeudi 31 mai, 7e concert donné parla Société des compositeurs\nde musique, orchestre de l'Opéra, dirigé par M. Paul Vidal (au programme,\nœuvres de G. Pfeiffer, Samuel Rousseau, V. Joncières, etc.).\nier juin, concert avec orchestre donné par Mme Hall. — 7 juin, concert donné\npar Mme Roger Miclos-Bataille. — 8 juin, concert donné par M. Alfred Cortot.\n— to juin, en matinée, concert donné par M. L.. Wurmser et ses élèves.\n\nATHÈNES. — Les concerts d orchestre du conservatoire d Athènes ont exécuté\ndurant l'hiver dernier lesoeuvres suivantes sous la direction de M.Frank-Choisy,\néphore du conservatoire :\nLa Sinfonia Eroïca de Beethoven, celle en si mineur n° 2 de Borodine,\nRoméo et Juliette de Svendsen, des poèmes d'Elgar, une Sérénade espagnole du\nchef d'orchestre Frank-Choisy, les ouvertures de Tannhàuser et des Maîtres\nChanteurs de Wagner, la Première Ouverture, sur des thèmes grecs, de Glazou-\nnow, etc.. etc.\nSuivant une habitude consacrée, M. Choisy dirigeait par cœur ces différents\nprogrammes, ne comprenant que des œuvres données en première audition en\nGrèce.\n\nCONSERVATOIRE. — On annonce que les concours publics de fin d'année pour\nles élèves du Conservatoire de musique et de déclamation auront lieu, comme\nl'année précédente, dans la salle du théâtre national de l'Opéra-Comique.\n\nPÉRIGUEUX, ORAN. — Une médaille de vermeil grand module a été accordée\npour être décernée comme prix du ministère des Beaux-Arts, à 1 une des sociétés\nayant pris part aux concours de musique organisés les 3 et 4 juin courant dans\nles villes d'Oran et de Périgueux.\n\nORPHÉONS SCOLAIRES DE LA SEINE. — Une médaille de vermeil est mise à la\ndisposition de M. Laurent de Rillé, inspecteur principal du chant pour être\ndécernée comme récompense du ministère des Beaux-Arts à 1 école communale\nqui remportera le Ier prix au concours de juillet prochain organisé entre les\norphéons scolaires du département delà Seine.\n\nTHÉÂTRE DU PEUPLE A BUSSANG. — Par arrêté en date du 6 juin courant, une\nsomme de 2.500 francs a été accordée, à titre d encouragement, au Théâtre du\nPeuple dirigé par M. Maurice Pottecher.\n\nECOLES NATIONALES DE MUSIQUE — L'administration des Beaux-Arts fait ac-\ntuellement frapper à la Monnaie les médailles de vermeil qui doivent être dis-\ntribuées, comme prix du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts,\naux lauréats des Ecoles nationales de musique des départements et de 1 Ecole\nde musique classique à Boulogne-sur-Seine."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "306", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060615-01.1.24", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nCONCOURS CRESSENT. — Le jury du IEI concours de composition musicale\nsymphonique (fondation Cressent) vient de terminet 1 examen des ouxiages\ndéposés et a décerné deux prix :\ni° L'un à M. Eugène Cools, compositeur de musique à Paris, pour une sym-\nphonie avec orchestre seul, en ut mineur ;\n2° L'autre à M. Guy Ropartz, compositeur de musique à Nancy, pour une\nsymphonie en mi majeur, avec orchestre, soli et chœurs.\nChacun des lauréats aura droit à une prime de io.ooo francs et à une somme\nde 1.500 francs pour frais de copie.\n\nOPÉRA. M. le ministre des Beaux-Arts a approuvé, à la date du 19 mai dei-\nnier, le choix de M. Henri Busser, qui lui a été proposé pat M. Gailhard en\nqualité de chef d'orchestre du théâtre national de l'Opéra.\n\nVENTE DE LA HARPE DE L'IMPÉRATRICE JOSÉPHINE.\nH. ROUGET.\nDans l'ensemble de\nmeubles et de bronzes de l'époque du Premier Empire collectionnés par\nM. Autocolsky, et dont la dispersion vient d'être faite, à l'Hôtel Drouot, par les\nsoins des Mes Boudin et Lair-Dubreuil, une harpe en bois sculpté et doré dE-\nrard, ayant appartenu à l'impératrice Joséphine, a été adjugée à 6500 fiancs.\nCette harpe, qui est posée sur une estrade ovale, est accompagnée d un fauteuil\ntournant à fond vert et rehauts d'or, d'une boîte à cordes et d un pupitre.\nToutes ces pièces, comme la harpe, sont de l'époque du Premier Empire.\n\nPublications nouvelles.\n\nD. Ch. Prevot : i° « Sylvie », poésie de Boi-\nleau-Despréaux, mélodie p.ténor (i fr. 70, chez P.Decourcelle, Nice); 20 « Soleil\ncouchant», poésie de Victor Hugo, mélodie p. baryton (1 fr. 70, ibid.) ; 30 « Som-\nmeil d'enfant », berceuse (1 fr. 70 ibid.) ; 40 «La jeune Morte », sonnet de José\nMaria de Heredia (1 fr. 70 ibid.) ; 50 «Ma Vie a son secret », sonnet de Félix\nArvers, p. baryton (1 fr. 75, chez H. Martin, Nice).\nA. Brugnoli : « i° Mazurka italienne »,pour piano (2 fr., chez E. Demets, édi-\nteur, Paris) ; 20 « Minuetto »,pour piano (2 fr. ibid.) ; 30 <t Valse, en sol mineur »,\npour piano (2 fr. 50, ibid.).\nA. Mariotte : « Sonatines d'automne » (Douceur, le Calvaire, Brume d'Au-\ntomne), poèmes de C. Mauclair (5 fr., chez E. Demets, éditeur, Paris)."}]}