{"numero_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_sha256": "b2a54412f7683c677c7753245c4a8beda8b57ab82b284c79d835d1accbfffe98", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1906/08/01_01/bmtnabj_1906-08-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1906/08/01_01/bmtnabj_1906-08-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "363", "page_fin": "369", "image_debut": 1, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.1", "titre_corps": "Concours de fin d'année du Conservatoire.", "titre_sommaire": "Concours de fin d'année du Conservatoire.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "363", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.1", "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 2792, "texte": "Concours de fin d'année du Conservatoire.\n\nAu sujet cle ces concours, si chers au public parisien, et qui furent, cette année très brillants,\nnous donnons d'abord quelques impressions d'ensemble; en premier lieu, voici une note que nous\nadresse un membre des jurys:\n...Il y a deux points sur lesquels je regrette, en matière de chant,de me trouver\nen désaccord avec quelques critiques de la presse quotidienne, critiques pour\nlesquels j'ai une grande estime et dont quelques-uns sont mes amis personnels.\nIls se félicitent de voir que les morceaux de style ont remplacé les morceaux de\nbravoure; ils louent une des concurrentes (qui, d'ailleurs fut justement applau-\ndie) de, nous avoir fait entendre un simple Lied de Schubert. Ils disent : « Enfin,\nnous voilà délivrés de la vocalise ! » Je ne partage nullement cette manière de\nvoir. S'il s'agissait de constituer l'esthétique du drame musical, je n'aurais\npeut-être aucune objection à faire ; mais il s'agit d'un concours, où le candidat\ndoit nous montrer s'il est un chanteur formé, complet. Les « vocalises », voire\ncelles qu'on trouve dans les opéras les plus surannés, ne peuvent, pour ce motif ,\nêtre dédaignées ni par lui ni par ses juges. Suppose\\ qu'il s'agisse d'un concours\nde danse : alle\\-vous décerner le premier prix à celle qui se bornera à montrer\na de la ligne » et à prendre, au repos, de belles poses plastiques ? Ne lui deman-\ndere\\-vous pas de prouver quelle est capable d'exécuter les mouvements clas-\nsiques de son art ?La « difficulté » ne devient-elle pas ici une des choses prin-\ncipales, sinon l'objet unique de l'épreuve ? Il en est de même pour le chant. Pour\nqu'un brevet de maîtrise puisse être décerné, j'exige, sans doute, de Vintelli-\ngence musicale, un sentiment juste, du style ; il me faut aussi de la virtuosité :\ndu volume, des roulades, des trilles, des traits nettement faits en notes liées ou\npiquées, la demi-teinte avec la puissance. Vous ne voule\\ plus de vocalises\ndansle drame lyrique? soit ! mais le répertoire ? Alle\\-vous\nexclure de nos théâtres officiels tous ces maîtres qui ont tant écrit de vocalises :\nHaendel, Rossini, Meyerber, Gounod, Ambroise Thomas? Il arrivera vraiment\nun jour, si on ne corrige pas la tendance actuelle, où les lauréats de notre Con-\nservatoire ne sauront chanter ni la musique religieuse de Bach, ni l'air des\nbijoux de Faust, ni les Huguenots, ni le Prophète; ils excelleront dans le seul\nrécitatif. L'influence de Wagner est un peu la cause de ce déclin du chant.\nMais, de grâce, ne confondons pas une épreuve scolaire avec l'esthétique nou-\nvelle: rappelons-nous que le Conservatoire est chargé de fournir des sujets à"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.2", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 3036, "texte": "nos théâtres officiels, et que le rôle de ces théâtres est d'assurer l'exécution du\nrépertoire !\nVoici le second point sur lequel je me sépare de quelques-uns de mes con-\nfrères. Il s'agit du monologue de Don Carlos de Verdi (1867), que nous enten-\ndîmes trois fois, au concours des hommes. Quelques musiciens très compétents,\net non des moindres, ont dit et écrit que ce monologue était « insupportable ».\nJ'avoue que (sauf la cadence unpeuponcive qui le termine)je le trouve admirable.\nComme justesse dans le pathétique, c'est une des choses les plus belles que je\nconnaisse au théâtre : la douleur de ce roi maître du monde, mais obsédé d'une\nseule pensée, « elle ne m'aime pas»; la majesté et la passion, la mélancolie\ngrave qui les enveloppe, tout cela est grand, humain, émouvant, lyrique au\npremier chef. Il est vrai que ces quelques notes du début :\n(;je cite de mémoire) constituent une épreuve terriblement difficile pour un chan-\nteuret que les fautes possibles sont très nombreuses : faute de diction (ALle\nne m'aime pas), faute de rythme (changement et altération des durées),\nfautes de style, attaque en clair, au lieu du timbre un peu sombre qui convient\nici, expression trop en dehors, exagération de l'accent pathétique, manque\nd'homogénéité dans la phrase, oubli de la dignité et du « manteau royal »\ndans lequel cet amour malheureux est drapé ; oui, il faut être un grand\nchanteur maître de soi, et quelque chose de plus encore : il faut être un\nhomme de cœur ou d'imagination très intelligente ; et si on n'a pas cette expé-\nrience qui ne s'enseigne pas à l'Ecole, il faut avoir un instinct supérieur du\nthéâtre, pour dire convenablement cela ; mais c'est bien beau! Les mythologies\nwagnériennes me touchent moins que cette mesure,dans une pareille situation]\n\nX....\n\nPIANO. Nous sommes entièrement de lavis de notre très distingué corres-\npondant, surtout en ce qui concerne la difficulté de dire avec justesse une phrase\nsimple et très expressive, comme le début du monologue de Don Carlos. Une\nremarque du même genre s'applique au concours de piano.\nLes concurrents, élèves de MM. Diémer et Philipp, tous très forts, tous\nfaisant honneur à ces deux maîtres excellents et renommés avaient à dire\nbandante et le finale de TAppassionata de Beethoven (op. sy). Le thème de cet\nandante, suivi de variations, est d'une simplicité admirable dans la gran-\ndeur.\nEn consultant mes notes, je ne trouve queM. Dorival à qui j'aie donné, comme\nmemento, la cote Bien, pour cette phrase spéciale. MM. Gayraud, Poillot,\nNat, Théroine, Etlin, Ehrhard ont été assez bons ; les autres, médiocres ou\nmauvais. Défauts relevés : inégalité trop brusque d'intensité dans le son (sous\nprétexte d'expression); dérangement des durées et du rythme (même motif) ;\naccents porte-à-faux (ex. le réb dans la seconde partie du thème); tendance àla\npréciosité et àla manière; trop d'énergie (sous prétexte de netteté), pas asse\\\nde douceur dans le dessin des basses... Quelques-uns ont oublié que dans les"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "365", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.3", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "Variations (surtout la seconde) il fallait chanter aussi bien que dans 1 exécution\ndu thème. La clausule du membre de phrase suivante :\na été jouée, presque toujours, d'une façon égale, plate, quelconque. Dtfzzs\n/e finale, 5/ difficile à doigter et qui réclame une parfaite indépendance des\ndeux mains, les concurrents, sa/zs exception se sont montrés admirables.\nM.Chevillard, qui mérite autant d'éloges comme compositeur que comme chef\nd'orchestre, avait écrit, poz/r l'épreuve de déchiffrage, zz/ze pfièce distin-\nguée et charmante, zz/z peu facile, qui a été jouée avec une aisance et une sûreté\nremarquables par MM. Nat, Schwaab, Ehrhard, Claveau, Frey, Gayraud,\nVerd, Gallon, Gauntlett, Crassous, Poillot. A ce propos, revenons sur un vieux\ndesideratum : Il serait indispensable d'imposer aux chanteurs {dont l'éduca-\ntion musicale laisse trop souvent à désirer) zzzze épreuve de solfège à première\nvue, comme aux instrumentistes. Lezzr amour-propre en serait peut-être gêné ;\n/a valeur du concours y gagnerait beaucoup.\n\nHARPES.—Pourquoi faut-il que le concours de harpe chromatique et de\nharpe à pédal s soit présenté par certains comme une « bataille » de celle-là\ncontre celle-ci ? Quand nous délivrera-t-on des coteries ? N'y a-t-il pas place\nau soleil pour deux instruments différents ? Mme Tassu-Spencer, rémi-\nnent professeur de harpe chromatique au Conservatoire, présentait six\nélèves, qui ont fait le plus grand honneur à son enseignement et à la harpe\nchromatique. iWlle Labatut (i 5 ans !) a émerveillé le public par le méca-\nnisme brillant, le sens artistique et la sûreté de son jeu. Aille Chalot (même\nâge) a provoqué, pour les mêmes motifs, d'unanimes applaudissements.\nMUe Jeanne Joffroy (second prix de igos) et MUe Blot (idem) ont paru mériter\nun premier prix, quune sévérité un peu excessive leur refusa. MUe Forgues,\nd'un talent déjà formé, a dû à un peu de trouble et de timidité de ne pas\ndonner toute sa mesure; et Aille Goudeket (i 3 ans!) nous étonna par sa\nvirtuosité précoce, comme par la perfection de son déchiffrage. Si la classe\nexcellente de Mmc Tassu-Spencer aeu comme la classe de tragédie —la\ndéception passagère de n'obtenir que des seconds prix, elle le doit incontestable-\nment à l'écrasante difficulté du morceau d'exécution écrit par MM. Lucien et\nPaul Hillemacher. Ce sont deux grands musiciens ; mais leur « pièce de con-\ncert » est vraiment excessive, par la longueur comme par l'accumulation inso-\nlite des difficultés ! (Quant à leur morceau de déchiffrage, j'avoue ne l'avoir\npas compris.) Au contraire, le morceau de concours pour la harpe à pédales\nBallade en mil? de Zabel sans avoir certainement l'allure très artistique du\nprécédent, était net, bien rythmé, aéré, léger, fort agréable. Il n'est pas dou-\nteux que cette circonstance a beaucoup influé sur les résultats.\nIl faut aimer la tradition —quand elle est bonne autant que le progrès.\nLa harpe chromatique est un progrès certain et constaté, car elle continue\nl'évolution qui a transformé les instruments de Vorchestre parallèlement à\nl'écriture des compositeurs de diatoniques en chromatiques ;ce fait domine\nles petites critiques adressées encore par des attardés à un instrument et à une"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "366", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.4", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "classe qui existent depuis très peu de temps. La harpe à pédales est une t? adi-\ntion dont les droits à l'existence ne sont pas compromis par l'apparition d'une\nsœur cadette. M. Hasselmans présentait six élèves qui, toutes, ont montré de\nbrillantes qualités. Je mets hors de pair MUe Laskine (12 ans), qui est déjà une\nartiste de premier ordre. Entre MUcs Janet, Delgado-Pere\\, Chau-\nmeil, Laggé, on pourrait hésiter, pour distribuer les premiers éloges. Dans ce\nconcours, on n'abusa pas du glissando, et on eut bien raison ; le glissando,\nignoré de presque tous les grands maîtres, est si peu musical! Il y a des gens\nqui aiment cette acrobatie con un dito : avouez; qu elle est d'ordre inférieur pour\nun musicien sérieux.\n\nCONCOURS D'OPÉRA COMIQUE. La séance fut longue (17 concurrents !), mais\ncharmante en son ensemble. Deux artistes, déjà complètement formés, concou-\nraient dans une scène de la Tosca : /'wrc, M. Petit, esf àla fois très bon chanteur\net excellent comédien, maître de son jeu, qui est toujours juste; Vautre, Mlu La-\nmare,?ïa qu'un léger défaut (une taille un peu petite). Mais quelle chose affreuse,\nrépugnante et dégoûtante que cette scène de la Tosca !la torture, /e viol,\nVassassinat, un cadavre entre deux flambeaux et le crucifix sur la poitrine\nSommes-nous à la Porte-Saint-Martin ou à VOpéra-Comique ? Il n'y a pas là\nquinze mesures de vrai chant. Des gestes ! des cris !... Heureusement, il y eut\ndes compensations. Le joyau de cette séance fut le quatuor et le quintette ado-\nrables du Cosi fan tutte, de Mozart. Quelle grâce! Quelle distinction sou-\nriante ! Quelle divine fraîcheur de jeunesse ! On n'entend jamais, à Paris, cet\nopéra; il faut aller au Residenz Theater de Munich. C'est bien dommage !\nDénonçons M. qui, à la fin de la mélodie « Aimer, c'est la vie », s'est\npermis un point d'orgue sur une note ajoutée, en voix de tête. A ce tripatouillage\ninfligé à Mozart, M. Fauré aurait dû faire entendre sa cloche de Président et\nrappeler à l'ordre le candidat. Il faut que je signale aussi les Folies Amou-\nreuses, de M. Pessard, comme rappelant étrangement la musique de café-con-\ncert. Voilà mes trois impressions dominantes au point de vue purement mu-\nsical. Les premiers prix ont été, comme celui de M. Petit, ratifiés par le\npublic : M. Dommier [scène de /'Amour Médecin de Poise, 1880) a du natu-\nrel, un jeu intéressant, une voix agréable, et ne fait pas de fautes, bien qu'il\nm'ait paru un peu froid ;M. Francell, ténor élégant, a dit, de façon très\nplaisante, avec de jolis effets de douceur, quelques pages de Manon (il méritait\nnéanmoins un avertissement pour avoir transformé un rail, en point d'orgue\nsur les mots : Le bonheur est si passager, et le Ciel l'a fait si léger, qu'on a tou-\njours peur qu'lL... s'envole) ; MUe Lassai le qui a terminé une scène du troi-\nsième acte de Werther sur un magnifique cri de passion a de la puissance\ndramatique, un jeu très juste, une voix d'un beau métal [laissant un peu à dési-\nrer dans le médium). Les autres épreuves ont révélé de jolies voix légères et\nfraîches, des talents sérieux mais de valeur inégale. MnQ Cornes, dans Carmen,\na cru très bien faire en prenant une allure ultra-espagnole et provocante : le\npublic a été un peu choqué de cette exagération. Dans le Médecin malgré lui\n[scène du 2e acte), M. Saraillé, malgré ses efforts, n'est point parvenu à faire\nrire le public. M. Payan, dans La Jolie Fille de Perth (scène célèbre du 2e acte),\nn'a pas montré asse\\ de pathétique ; M. Nansen, dans le rôle de D. José, a été\nun peu froid, et a chanté de la gorge ; M. Canaux (rôle de Leporello) a montré"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.5", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 3450, "texte": "un peu de lourdeur et de gaucherie, pas assez de sens de comique, une diction\ninégale, très inexpérimentée. Mne Thasia (de La Vie de Bohème) qui\nimite vaguement Mlle Garden, a une voix pointue, peu posée, une diction natu-\nrelle, mais pas toujours juste, et la dernière note qu'elle a poussée dans la cou-\nlisse a été coupée trop tôt. Mne Allard a une jolie voix de chanteuse légère, de\nla simplicité, pas assez ecoquetterie (dans une scène de Manon) : elle est plus\nMichaëla que Manon IMUe Delimoges (scène des Folies Amoureuses) a aussi\nune très jolie voix, elle a excellemment dit pas assez de\nMne Bloch, dans le Pré aux Clercs, a été très bonne (sauf une note d'une jus-\ntesse douteuse, à la fin). Dans le rôle de Figaro, des Noces, M. Vigneau a peu\ncompris son personnage ; il a été exagéré, trop mélodramatique, monotone,\npas assez comédien.\n\nCONCOURS D'OPÉRA. —Le concours a été bon dans Vensemble, mais inégal.\nCertaines élèves avaient choisi des morceaux de concours que leur genre de\nvoix devait leur interdire (ceci, pour quelques-unes qui se produisirent dans\nSamson et Dalila). Il y a des voix excellentes, mais les meilleurs de ces jeunes\ngens se tromperaient si, dès maintenant, ils croyaient savoir leur métier. Je\nmets hors de pair M. Carbelly ; il est peu comédien (il le deviendra sans\ndoute) : mais quel organe admirable ! Cette voix sonne comme une cloche (bien\nfondue) ; c'est la voix de Gresse, celle de Gailhard à 25 ans ! Parmi les ténors\ntrop rares M. Sorrè\\e, qui s'est prodigué dans une multitude de répli-\nques, est un fort ténor solide, sûr de lui, correct (avec quelques accrocs) et\nM. Nansen est un ténorinoplein de charme. M. ( est une sorte de\nDelmas jeune), M. Meurisse, qui a du volume et un excellent timbre, M. Férol,\nméritent de grands éloges, bien que, je le répète, la plupart d'entre eux soient\npeu comédiens encore. Du côté féminin, M 11\" Lam une grande\npuissance dramatique, dans une scène pitoyable (musicalement) du Mefistofele\nde Boïto. Mne Bailac a été distinguée par le jury est fort jolie, mais\nc'est une Dalila sans puissance, chantant un peu de la gorge ; et la justesse ne\nfut pas toujours irréprochable. Mlle Gustin, qui est un agréable soprano, eut\nle tort de chanter un air de contralto (Aida). MUc Irma Akté (i g ans) est aussi\nartiste et aussi charmante que sa sœur Aïno : mais elle n'est pas encore mûre\npour chanter Orphée ; Mne Galle a une très jolie voix, mais d'opéra comique ;\nMUe Lapeyrelte,avec un peu de fougue mal réglée encore, a montré beaucoup\nde pathétique dans le rôle de Didon, et une voix qui, parfois, me rappela celle\nde Delna ; MUe Daubigny, dans le rôle de la Reine (Hamlet), a été bonne,\nmalgré une légère défaillance de mémoire. Mnc Delalo\\ière a chanté l air de\nDalila avec une très belle voix de contralto, et, bien que son jeu ait été bon\n(surtout dans le silence, où les attitudes sont si elle n a pas été\nséductrice et dominatrice. Au total, isrécompenses pour ig concurrents ; c'est\nbeaucoup! 2 ténors, sur g hommes ;ce n'est voix de sur\n1 o femmes ; c'est peu !\n\nCONCOURS DE PIANO (femmes). Elle al 3 ans,' c est Landsmann et\nelle joue les Études symphoniques (op. i3)de est le morceau de\nconcours. Il faut, pour le bien exécuter, avoir une solide éducation artistique,\net une main de géant /ily alà des successions de dixièmes (Etude AII), aes\nintervalles de quatorzième (Etude XI) et toutes les difficultés accumulées."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "368", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.6", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 3441, "texte": "Certes, on devine que des réserves peuvent être faites sur le jeu de ces char-\nmantes virtuoses : dans l'Etude XI, on oublie quily aun contre-chant, et que\nla main droite doit donner Vimpression d'un dialogue ; l'Etude IX « Presto\npossibile », toute en détaché, n'a pas été toujours nette et légère ; le brillant\nfinale (presque toujours) a été accentué comme un 2/4, avec deux ictus et quasi\nescamotage de la double croche, ce qui est mauvais. Mais toutes les concur-\nrentes ont fait preuve de talent ;et quelques-unes, que nous citons plus loin,\nont été justement récompensées.\n\nCONTREBASSE, ALTO ET VIOLONCELLE. Ce fut une journée grave entre toutes.\nNous y avons entendu d'excellents musiciens, d'impeccables solfégistes; mais\nquand le dernier coup d'archet se fut arrêté sur la dernière note, on en était\nencore à attendre l'artiste hors pair qui empoigne et qui force V attention:\naucun des trente-deux concurrents de cette journée n'a dépassé une très honnête\nmoyenne. Nous remarquerons encore la suppression du quatuor d'accompa-\ngnement remplacé sans avantage par un prosaïque piano.\nLe concours de contrebasse mettait dix concurrents aux prises avec un con-\ncerto sordide, signé d'un saint Benoît-Labro de la contrebasse et digne d'une\ntelle origine. En revanche, le morceau de lecture d'Aug. Chapuis nous a paru\nd'une élégance peu familière au massif instrument qui avait les honneurs de la\nséance. Il nous a semblé comme toujours que le jury avait des sévérités\naussi inexplicables que ses généreuses tendresses : nous avons depuis longtemps\nrenoncé à comprendre. Pourquoi MM. Gibier et Darriena eurent-ils le premier\nprix, tandis que M. Joli n'eut, malgré son mécanisme sûr et son jeu délicat,\nqu'un second prix en partage avec MM. Hardy et Cortiglioni ? C'est ce que\nnous ne saurions dire. La belle qualité de son de M. Anrès justifiait bien son\npremier accessit. En revanche, le second accessit de MUe Cisin nous parut aussi\ninattendu que la présence d'une jeune fille dans un concours qui semblait réservé\nau sexe fort. Cette gracieuse concurrente, qui tendait désespérément ses bras\nvers la tête de son instrument, dans une posture renouvelée du baiser d 'Eunice,\nmanquait de force et sa contrebasse, insuffisamment maîtrisée, restait\nrebelle aux appels de l'archet.\nNous ne saurions faire les mêmes critiques à la Fantaisie de concert de\nMlle Fleury, imposée aux altistes comme morceau de concours ; mais elle en\nmérite d'autres, que la simplicité de ligne et la belle tenue du morceau de lec-\nture de M. Tournemire, pièce écrite dans le goût de l'instrument, mettaient\nparticulièrement en relief.\nSix concurrents, six récompenses ; six appelés, six élus! L'avenir nous\ndira si parmi eux était véritablement l'artiste que nous n'avons su dis-\ntinguer.\nLe Concerto de Davidoff nous a ramenés aux pires jours de l'inutile virtuo -\nsité. Encore une fois, le morceau de lecture écrit par M. Chapuis fut un soula-\ngement pour l'audition : on ne saurait lui objecter que sa simplicité facile. En\nM. Benedette, premier des premiers prix, le jury a récompensé le chevrotement\nélevé à la hauteur d'un principe artistique, et en M. Ringrisen, autre premier\nprix, le jeu très sûr et la belle sonorité d'un violoncelliste fait. M. Boulnois,\nhabit noir, plastron blanc, violoncelle rouge et crinière jaune, bref, jeu très\ncoloré, partagea le second prix avec M. Gervais. Il y eut Mas et Maas au"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "369", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.7", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 2962, "texte": "premier accessit. Enfin, une dernière nomination : M. Ruyssens fut encore un\nheureux.\n\nVIOLON.\nP. A.\n— La séance a débuté par un piquant intermède : « Il faut qu'un\npiano soit ouvert ou fermé », joué en toute perfection par MM. Fauré et\nNadaud. Comme la raison du plus fort est toujours la meilleure, ce fut la thèse\nde Fauré qui prévalut et le piano d'accompagnement eut son couvercle fermé.\nAprès quoi la revue des classes Berthelier, Lefort, Remy et Nadaud com-\nmença. De gentilles commères alternèrent sur 1 estrade avec des compères de\ntalent et chacun nous dit son couplet. Malheureusement ce fut trente-trois fois\nle même et plus malheureusement encore ce fut un concerto de Vieuxtemps.\nF exceptionnelle générosité du jury a faii vingt-deux lauréats et, dans le nom-\nbre, pas moins de quatorze jeunes filles. Le féminisme gagne dans les instru-\nmentistes : il semble que lesprivilèges du sexe laid et fort vont être très menacés,\net le bruit nous revient que telle grande société de concerts modifie ses statuts\npour enrayer les progrès de l'invasion féminine. Quoi qu'il en soit, le premier\nnommé des premiers prix, primus inter pares, fut un homme ou pour mieux\ndire un enfant : M. Zighera a quinze ans. Mais quelle fougue ! quelle sou-\nplesse ! et, à notre sens,quel génie pour avoir réussi à musicaliser un concerto\nde Vieuxtemps ! MUe Baudot, un autre premier prix, avait, Van dernier, joué\navec un charme exquis le concerto de Saint-Saens inscrit comme morceau de\nconcours: il nous parut que Vieuxtemps l'avait glacée cette fois-ci. Autres\npremiers prix : A4lles Billard, Lapié, qui tint le record de la vélocité, Morhange,\nà qui on décerna le premier prix parce quon ne pouvait lui donner autre chose,\net enfin M. Matignon, qui ne brilla guère par la personnalité de son jeu. Les\ndeuxièmes prix ont affirmé la victoire féministe : MUe Novi, la « Benjamine »\nde la journée, ravissante avec ses treize ans à peine révolus, a dû sans doute au\ndésir du jury de la garder encore de n avoir pas la plus haute récompense.\nMUes Sauvaistre et Augieras ont eu une exécution très sûre. M. Elchecopar\nnous a révélé une belle nature d'artiste. M. Michelon a une tenue désagréable\nil se tient sur la jambe gauche pendant les deux premiers temps de la mesure\net sur la droite pendant les deux autres !\nLes premiers accessits ont été dévolus à MUes Hélène Wolff et Pierre, des\ngrisailles, ainsi que M. Spathy, auquel pour notre part nous avons préféré, en\nraison de leur jeu énergique et coloré, MM. Tinlot et Soudant.\nEnfin les demi-teintes charmantes de MUe Talluef, le jeu classique et sûr de\nMUe Neuburger, la correcte élégance de MUes Fidide, de la Hardrouyère et\nDeschamps désignaient ces jeunes personnes à une récompense : le jury leur\na accordé le second accessit.\n( Voir plus loin les noms des autres lauréats).\n\nN.B. Le prochain numéro de la Revue musicale sera distribué dans les pre-\nmiers jours de septembre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "363", "page_fin": "364", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.1.1", "titre_corps": "Au sujet cle ces concours, si chers au public parisien, et qui furent, cette année très brillants,", "titre_sommaire": "Au sujet cle ces concours, si chers au public parisien, et qui furent, cette année très brillants,", "signature_source": "X", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "363", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.1", "debut_caractere": 180, "fin_caractere_exclue": 2792, "texte": "Au sujet cle ces concours, si chers au public parisien, et qui furent, cette année très brillants,\nnous donnons d'abord quelques impressions d'ensemble; en premier lieu, voici une note que nous\nadresse un membre des jurys:\n...Il y a deux points sur lesquels je regrette, en matière de chant,de me trouver\nen désaccord avec quelques critiques de la presse quotidienne, critiques pour\nlesquels j'ai une grande estime et dont quelques-uns sont mes amis personnels.\nIls se félicitent de voir que les morceaux de style ont remplacé les morceaux de\nbravoure; ils louent une des concurrentes (qui, d'ailleurs fut justement applau-\ndie) de, nous avoir fait entendre un simple Lied de Schubert. Ils disent : « Enfin,\nnous voilà délivrés de la vocalise ! » Je ne partage nullement cette manière de\nvoir. S'il s'agissait de constituer l'esthétique du drame musical, je n'aurais\npeut-être aucune objection à faire ; mais il s'agit d'un concours, où le candidat\ndoit nous montrer s'il est un chanteur formé, complet. Les « vocalises », voire\ncelles qu'on trouve dans les opéras les plus surannés, ne peuvent, pour ce motif ,\nêtre dédaignées ni par lui ni par ses juges. Suppose\\ qu'il s'agisse d'un concours\nde danse : alle\\-vous décerner le premier prix à celle qui se bornera à montrer\na de la ligne » et à prendre, au repos, de belles poses plastiques ? Ne lui deman-\ndere\\-vous pas de prouver quelle est capable d'exécuter les mouvements clas-\nsiques de son art ?La « difficulté » ne devient-elle pas ici une des choses prin-\ncipales, sinon l'objet unique de l'épreuve ? Il en est de même pour le chant. Pour\nqu'un brevet de maîtrise puisse être décerné, j'exige, sans doute, de Vintelli-\ngence musicale, un sentiment juste, du style ; il me faut aussi de la virtuosité :\ndu volume, des roulades, des trilles, des traits nettement faits en notes liées ou\npiquées, la demi-teinte avec la puissance. Vous ne voule\\ plus de vocalises\ndansle drame lyrique? soit ! mais le répertoire ? Alle\\-vous\nexclure de nos théâtres officiels tous ces maîtres qui ont tant écrit de vocalises :\nHaendel, Rossini, Meyerber, Gounod, Ambroise Thomas? Il arrivera vraiment\nun jour, si on ne corrige pas la tendance actuelle, où les lauréats de notre Con-\nservatoire ne sauront chanter ni la musique religieuse de Bach, ni l'air des\nbijoux de Faust, ni les Huguenots, ni le Prophète; ils excelleront dans le seul\nrécitatif. L'influence de Wagner est un peu la cause de ce déclin du chant.\nMais, de grâce, ne confondons pas une épreuve scolaire avec l'esthétique nou-\nvelle: rappelons-nous que le Conservatoire est chargé de fournir des sujets à"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.2", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "nos théâtres officiels, et que le rôle de ces théâtres est d'assurer l'exécution du\nrépertoire !\nVoici le second point sur lequel je me sépare de quelques-uns de mes con-\nfrères. Il s'agit du monologue de Don Carlos de Verdi (1867), que nous enten-\ndîmes trois fois, au concours des hommes. Quelques musiciens très compétents,\net non des moindres, ont dit et écrit que ce monologue était « insupportable ».\nJ'avoue que (sauf la cadence unpeuponcive qui le termine)je le trouve admirable.\nComme justesse dans le pathétique, c'est une des choses les plus belles que je\nconnaisse au théâtre : la douleur de ce roi maître du monde, mais obsédé d'une\nseule pensée, « elle ne m'aime pas»; la majesté et la passion, la mélancolie\ngrave qui les enveloppe, tout cela est grand, humain, émouvant, lyrique au\npremier chef. Il est vrai que ces quelques notes du début :\n(;je cite de mémoire) constituent une épreuve terriblement difficile pour un chan-\nteuret que les fautes possibles sont très nombreuses : faute de diction (ALle\nne m'aime pas), faute de rythme (changement et altération des durées),\nfautes de style, attaque en clair, au lieu du timbre un peu sombre qui convient\nici, expression trop en dehors, exagération de l'accent pathétique, manque\nd'homogénéité dans la phrase, oubli de la dignité et du « manteau royal »\ndans lequel cet amour malheureux est drapé ; oui, il faut être un grand\nchanteur maître de soi, et quelque chose de plus encore : il faut être un\nhomme de cœur ou d'imagination très intelligente ; et si on n'a pas cette expé-\nrience qui ne s'enseigne pas à l'Ecole, il faut avoir un instinct supérieur du\nthéâtre, pour dire convenablement cela ; mais c'est bien beau! Les mythologies\nwagnériennes me touchent moins que cette mesure,dans une pareille situation]\n\nX...."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "364", "page_fin": "365", "image_debut": 2, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.1.2", "titre_corps": "PIANO. Nous sommes entièrement de lavis de notre très distingué", "titre_sommaire": "PIANO. Nous sommes entièrement de lavis de notre très distingué", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.2", "debut_caractere": 1830, "fin_caractere_exclue": 3036, "texte": "PIANO. Nous sommes entièrement de lavis de notre très distingué corres-\npondant, surtout en ce qui concerne la difficulté de dire avec justesse une phrase\nsimple et très expressive, comme le début du monologue de Don Carlos. Une\nremarque du même genre s'applique au concours de piano.\nLes concurrents, élèves de MM. Diémer et Philipp, tous très forts, tous\nfaisant honneur à ces deux maîtres excellents et renommés avaient à dire\nbandante et le finale de TAppassionata de Beethoven (op. sy). Le thème de cet\nandante, suivi de variations, est d'une simplicité admirable dans la gran-\ndeur.\nEn consultant mes notes, je ne trouve queM. Dorival à qui j'aie donné, comme\nmemento, la cote Bien, pour cette phrase spéciale. MM. Gayraud, Poillot,\nNat, Théroine, Etlin, Ehrhard ont été assez bons ; les autres, médiocres ou\nmauvais. Défauts relevés : inégalité trop brusque d'intensité dans le son (sous\nprétexte d'expression); dérangement des durées et du rythme (même motif) ;\naccents porte-à-faux (ex. le réb dans la seconde partie du thème); tendance àla\npréciosité et àla manière; trop d'énergie (sous prétexte de netteté), pas asse\\\nde douceur dans le dessin des basses... Quelques-uns ont oublié que dans les"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "365", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.3", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 1068, "texte": "Variations (surtout la seconde) il fallait chanter aussi bien que dans 1 exécution\ndu thème. La clausule du membre de phrase suivante :\na été jouée, presque toujours, d'une façon égale, plate, quelconque. Dtfzzs\n/e finale, 5/ difficile à doigter et qui réclame une parfaite indépendance des\ndeux mains, les concurrents, sa/zs exception se sont montrés admirables.\nM.Chevillard, qui mérite autant d'éloges comme compositeur que comme chef\nd'orchestre, avait écrit, poz/r l'épreuve de déchiffrage, zz/ze pfièce distin-\nguée et charmante, zz/z peu facile, qui a été jouée avec une aisance et une sûreté\nremarquables par MM. Nat, Schwaab, Ehrhard, Claveau, Frey, Gayraud,\nVerd, Gallon, Gauntlett, Crassous, Poillot. A ce propos, revenons sur un vieux\ndesideratum : Il serait indispensable d'imposer aux chanteurs {dont l'éduca-\ntion musicale laisse trop souvent à désirer) zzzze épreuve de solfège à première\nvue, comme aux instrumentistes. Lezzr amour-propre en serait peut-être gêné ;\n/a valeur du concours y gagnerait beaucoup."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c006", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "365", "page_fin": "366", "image_debut": 3, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.1.3", "titre_corps": "HARPES.—Pourquoi faut-il que le concours de harpe chromatique et de", "titre_sommaire": "HARPES.—Pourquoi faut-il que le concours de harpe chromatique et de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "365", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.3", "debut_caractere": 1070, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "HARPES.—Pourquoi faut-il que le concours de harpe chromatique et de\nharpe à pédal s soit présenté par certains comme une « bataille » de celle-là\ncontre celle-ci ? Quand nous délivrera-t-on des coteries ? N'y a-t-il pas place\nau soleil pour deux instruments différents ? Mme Tassu-Spencer, rémi-\nnent professeur de harpe chromatique au Conservatoire, présentait six\nélèves, qui ont fait le plus grand honneur à son enseignement et à la harpe\nchromatique. iWlle Labatut (i 5 ans !) a émerveillé le public par le méca-\nnisme brillant, le sens artistique et la sûreté de son jeu. Aille Chalot (même\nâge) a provoqué, pour les mêmes motifs, d'unanimes applaudissements.\nMUe Jeanne Joffroy (second prix de igos) et MUe Blot (idem) ont paru mériter\nun premier prix, quune sévérité un peu excessive leur refusa. MUe Forgues,\nd'un talent déjà formé, a dû à un peu de trouble et de timidité de ne pas\ndonner toute sa mesure; et Aille Goudeket (i 3 ans!) nous étonna par sa\nvirtuosité précoce, comme par la perfection de son déchiffrage. Si la classe\nexcellente de Mmc Tassu-Spencer aeu comme la classe de tragédie —la\ndéception passagère de n'obtenir que des seconds prix, elle le doit incontestable-\nment à l'écrasante difficulté du morceau d'exécution écrit par MM. Lucien et\nPaul Hillemacher. Ce sont deux grands musiciens ; mais leur « pièce de con-\ncert » est vraiment excessive, par la longueur comme par l'accumulation inso-\nlite des difficultés ! (Quant à leur morceau de déchiffrage, j'avoue ne l'avoir\npas compris.) Au contraire, le morceau de concours pour la harpe à pédales\nBallade en mil? de Zabel sans avoir certainement l'allure très artistique du\nprécédent, était net, bien rythmé, aéré, léger, fort agréable. Il n'est pas dou-\nteux que cette circonstance a beaucoup influé sur les résultats.\nIl faut aimer la tradition —quand elle est bonne autant que le progrès.\nLa harpe chromatique est un progrès certain et constaté, car elle continue\nl'évolution qui a transformé les instruments de Vorchestre parallèlement à\nl'écriture des compositeurs de diatoniques en chromatiques ;ce fait domine\nles petites critiques adressées encore par des attardés à un instrument et à une"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "366", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.4", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 765, "texte": "classe qui existent depuis très peu de temps. La harpe à pédales est une t? adi-\ntion dont les droits à l'existence ne sont pas compromis par l'apparition d'une\nsœur cadette. M. Hasselmans présentait six élèves qui, toutes, ont montré de\nbrillantes qualités. Je mets hors de pair MUe Laskine (12 ans), qui est déjà une\nartiste de premier ordre. Entre MUcs Janet, Delgado-Pere\\, Chau-\nmeil, Laggé, on pourrait hésiter, pour distribuer les premiers éloges. Dans ce\nconcours, on n'abusa pas du glissando, et on eut bien raison ; le glissando,\nignoré de presque tous les grands maîtres, est si peu musical! Il y a des gens\nqui aiment cette acrobatie con un dito : avouez; qu elle est d'ordre inférieur pour\nun musicien sérieux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "366", "page_fin": "367", "image_debut": 4, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.1.4", "titre_corps": "CONCOURS D'OPÉRA COMIQUE. La séance fut longue (17 concurrents !), mais", "titre_sommaire": "CONCOURS D'OPÉRA COMIQUE. La séance fut longue (17 concurrents !), mais", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "366", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.4", "debut_caractere": 767, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "CONCOURS D'OPÉRA COMIQUE. La séance fut longue (17 concurrents !), mais\ncharmante en son ensemble. Deux artistes, déjà complètement formés, concou-\nraient dans une scène de la Tosca : /'wrc, M. Petit, esf àla fois très bon chanteur\net excellent comédien, maître de son jeu, qui est toujours juste; Vautre, Mlu La-\nmare,?ïa qu'un léger défaut (une taille un peu petite). Mais quelle chose affreuse,\nrépugnante et dégoûtante que cette scène de la Tosca !la torture, /e viol,\nVassassinat, un cadavre entre deux flambeaux et le crucifix sur la poitrine\nSommes-nous à la Porte-Saint-Martin ou à VOpéra-Comique ? Il n'y a pas là\nquinze mesures de vrai chant. Des gestes ! des cris !... Heureusement, il y eut\ndes compensations. Le joyau de cette séance fut le quatuor et le quintette ado-\nrables du Cosi fan tutte, de Mozart. Quelle grâce! Quelle distinction sou-\nriante ! Quelle divine fraîcheur de jeunesse ! On n'entend jamais, à Paris, cet\nopéra; il faut aller au Residenz Theater de Munich. C'est bien dommage !\nDénonçons M. qui, à la fin de la mélodie « Aimer, c'est la vie », s'est\npermis un point d'orgue sur une note ajoutée, en voix de tête. A ce tripatouillage\ninfligé à Mozart, M. Fauré aurait dû faire entendre sa cloche de Président et\nrappeler à l'ordre le candidat. Il faut que je signale aussi les Folies Amou-\nreuses, de M. Pessard, comme rappelant étrangement la musique de café-con-\ncert. Voilà mes trois impressions dominantes au point de vue purement mu-\nsical. Les premiers prix ont été, comme celui de M. Petit, ratifiés par le\npublic : M. Dommier [scène de /'Amour Médecin de Poise, 1880) a du natu-\nrel, un jeu intéressant, une voix agréable, et ne fait pas de fautes, bien qu'il\nm'ait paru un peu froid ;M. Francell, ténor élégant, a dit, de façon très\nplaisante, avec de jolis effets de douceur, quelques pages de Manon (il méritait\nnéanmoins un avertissement pour avoir transformé un rail, en point d'orgue\nsur les mots : Le bonheur est si passager, et le Ciel l'a fait si léger, qu'on a tou-\njours peur qu'lL... s'envole) ; MUe Lassai le qui a terminé une scène du troi-\nsième acte de Werther sur un magnifique cri de passion a de la puissance\ndramatique, un jeu très juste, une voix d'un beau métal [laissant un peu à dési-\nrer dans le médium). Les autres épreuves ont révélé de jolies voix légères et\nfraîches, des talents sérieux mais de valeur inégale. MnQ Cornes, dans Carmen,\na cru très bien faire en prenant une allure ultra-espagnole et provocante : le\npublic a été un peu choqué de cette exagération. Dans le Médecin malgré lui\n[scène du 2e acte), M. Saraillé, malgré ses efforts, n'est point parvenu à faire\nrire le public. M. Payan, dans La Jolie Fille de Perth (scène célèbre du 2e acte),\nn'a pas montré asse\\ de pathétique ; M. Nansen, dans le rôle de D. José, a été\nun peu froid, et a chanté de la gorge ; M. Canaux (rôle de Leporello) a montré"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.5", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "un peu de lourdeur et de gaucherie, pas assez de sens de comique, une diction\ninégale, très inexpérimentée. Mne Thasia (de La Vie de Bohème) qui\nimite vaguement Mlle Garden, a une voix pointue, peu posée, une diction natu-\nrelle, mais pas toujours juste, et la dernière note qu'elle a poussée dans la cou-\nlisse a été coupée trop tôt. Mne Allard a une jolie voix de chanteuse légère, de\nla simplicité, pas assez ecoquetterie (dans une scène de Manon) : elle est plus\nMichaëla que Manon IMUe Delimoges (scène des Folies Amoureuses) a aussi\nune très jolie voix, elle a excellemment dit pas assez de\nMne Bloch, dans le Pré aux Clercs, a été très bonne (sauf une note d'une jus-\ntesse douteuse, à la fin). Dans le rôle de Figaro, des Noces, M. Vigneau a peu\ncompris son personnage ; il a été exagéré, trop mélodramatique, monotone,\npas assez comédien."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "367", "page_fin": "367", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.1.5", "titre_corps": "CONCOURS D'OPÉRA. —Le concours a été bon dans Vensemble, mais inégal.", "titre_sommaire": "CONCOURS D'OPÉRA. —Le concours a été bon dans Vensemble, mais inégal.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.5", "debut_caractere": 891, "fin_caractere_exclue": 3091, "texte": "CONCOURS D'OPÉRA. —Le concours a été bon dans Vensemble, mais inégal.\nCertaines élèves avaient choisi des morceaux de concours que leur genre de\nvoix devait leur interdire (ceci, pour quelques-unes qui se produisirent dans\nSamson et Dalila). Il y a des voix excellentes, mais les meilleurs de ces jeunes\ngens se tromperaient si, dès maintenant, ils croyaient savoir leur métier. Je\nmets hors de pair M. Carbelly ; il est peu comédien (il le deviendra sans\ndoute) : mais quel organe admirable ! Cette voix sonne comme une cloche (bien\nfondue) ; c'est la voix de Gresse, celle de Gailhard à 25 ans ! Parmi les ténors\ntrop rares M. Sorrè\\e, qui s'est prodigué dans une multitude de répli-\nques, est un fort ténor solide, sûr de lui, correct (avec quelques accrocs) et\nM. Nansen est un ténorinoplein de charme. M. ( est une sorte de\nDelmas jeune), M. Meurisse, qui a du volume et un excellent timbre, M. Férol,\nméritent de grands éloges, bien que, je le répète, la plupart d'entre eux soient\npeu comédiens encore. Du côté féminin, M 11\" Lam une grande\npuissance dramatique, dans une scène pitoyable (musicalement) du Mefistofele\nde Boïto. Mne Bailac a été distinguée par le jury est fort jolie, mais\nc'est une Dalila sans puissance, chantant un peu de la gorge ; et la justesse ne\nfut pas toujours irréprochable. Mlle Gustin, qui est un agréable soprano, eut\nle tort de chanter un air de contralto (Aida). MUc Irma Akté (i g ans) est aussi\nartiste et aussi charmante que sa sœur Aïno : mais elle n'est pas encore mûre\npour chanter Orphée ; Mne Galle a une très jolie voix, mais d'opéra comique ;\nMUe Lapeyrelte,avec un peu de fougue mal réglée encore, a montré beaucoup\nde pathétique dans le rôle de Didon, et une voix qui, parfois, me rappela celle\nde Delna ; MUe Daubigny, dans le rôle de la Reine (Hamlet), a été bonne,\nmalgré une légère défaillance de mémoire. Mnc Delalo\\ière a chanté l air de\nDalila avec une très belle voix de contralto, et, bien que son jeu ait été bon\n(surtout dans le silence, où les attitudes sont si elle n a pas été\nséductrice et dominatrice. Au total, isrécompenses pour ig concurrents ; c'est\nbeaucoup! 2 ténors, sur g hommes ;ce n'est voix de sur\n1 o femmes ; c'est peu !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c009", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "367", "page_fin": "368", "image_debut": 5, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.1.6", "titre_corps": "CONCOURS DE PIANO (femmes). Elle al 3 ans,' c est Landsmann et", "titre_sommaire": "CONCOURS DE PIANO (femmes). Elle al 3 ans,' c est Landsmann et", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.5", "debut_caractere": 3093, "fin_caractere_exclue": 3450, "texte": "CONCOURS DE PIANO (femmes). Elle al 3 ans,' c est Landsmann et\nelle joue les Études symphoniques (op. i3)de est le morceau de\nconcours. Il faut, pour le bien exécuter, avoir une solide éducation artistique,\net une main de géant /ily alà des successions de dixièmes (Etude AII), aes\nintervalles de quatorzième (Etude XI) et toutes les difficultés accumulées."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "368", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.6", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 621, "texte": "Certes, on devine que des réserves peuvent être faites sur le jeu de ces char-\nmantes virtuoses : dans l'Etude XI, on oublie quily aun contre-chant, et que\nla main droite doit donner Vimpression d'un dialogue ; l'Etude IX « Presto\npossibile », toute en détaché, n'a pas été toujours nette et légère ; le brillant\nfinale (presque toujours) a été accentué comme un 2/4, avec deux ictus et quasi\nescamotage de la double croche, ce qui est mauvais. 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Nous remarquerons encore la suppression du quatuor d'accompa-\ngnement remplacé sans avantage par un prosaïque piano.\nLe concours de contrebasse mettait dix concurrents aux prises avec un con-\ncerto sordide, signé d'un saint Benoît-Labro de la contrebasse et digne d'une\ntelle origine. En revanche, le morceau de lecture d'Aug. Chapuis nous a paru\nd'une élégance peu familière au massif instrument qui avait les honneurs de la\nséance. Il nous a semblé comme toujours que le jury avait des sévérités\naussi inexplicables que ses généreuses tendresses : nous avons depuis longtemps\nrenoncé à comprendre. Pourquoi MM. Gibier et Darriena eurent-ils le premier\nprix, tandis que M. Joli n'eut, malgré son mécanisme sûr et son jeu délicat,\nqu'un second prix en partage avec MM. Hardy et Cortiglioni ? C'est ce que\nnous ne saurions dire. La belle qualité de son de M. Anrès justifiait bien son\npremier accessit. En revanche, le second accessit de MUe Cisin nous parut aussi\ninattendu que la présence d'une jeune fille dans un concours qui semblait réservé\nau sexe fort. Cette gracieuse concurrente, qui tendait désespérément ses bras\nvers la tête de son instrument, dans une posture renouvelée du baiser d 'Eunice,\nmanquait de force et sa contrebasse, insuffisamment maîtrisée, restait\nrebelle aux appels de l'archet.\nNous ne saurions faire les mêmes critiques à la Fantaisie de concert de\nMlle Fleury, imposée aux altistes comme morceau de concours ; mais elle en\nmérite d'autres, que la simplicité de ligne et la belle tenue du morceau de lec-\nture de M. Tournemire, pièce écrite dans le goût de l'instrument, mettaient\nparticulièrement en relief.\nSix concurrents, six récompenses ; six appelés, six élus! L'avenir nous\ndira si parmi eux était véritablement l'artiste que nous n'avons su dis-\ntinguer.\nLe Concerto de Davidoff nous a ramenés aux pires jours de l'inutile virtuo -\nsité. Encore une fois, le morceau de lecture écrit par M. Chapuis fut un soula-\ngement pour l'audition : on ne saurait lui objecter que sa simplicité facile. En\nM. Benedette, premier des premiers prix, le jury a récompensé le chevrotement\nélevé à la hauteur d'un principe artistique, et en M. Ringrisen, autre premier\nprix, le jeu très sûr et la belle sonorité d'un violoncelliste fait. M. Boulnois,\nhabit noir, plastron blanc, violoncelle rouge et crinière jaune, bref, jeu très\ncoloré, partagea le second prix avec M. Gervais. Il y eut Mas et Maas au"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "369", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.7", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 127, "texte": "premier accessit. Enfin, une dernière nomination : M. Ruyssens fut encore un\nheureux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c011", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "369", "page_fin": "369", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.1.8", "titre_corps": "VIOLON.", "titre_sommaire": "VIOLON.", "signature_source": "P. A", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "369", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.7", "debut_caractere": 129, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "VIOLON.\nP. A.\n— La séance a débuté par un piquant intermède : « Il faut qu'un\npiano soit ouvert ou fermé », joué en toute perfection par MM. Fauré et\nNadaud. Comme la raison du plus fort est toujours la meilleure, ce fut la thèse\nde Fauré qui prévalut et le piano d'accompagnement eut son couvercle fermé.\nAprès quoi la revue des classes Berthelier, Lefort, Remy et Nadaud com-\nmença. De gentilles commères alternèrent sur 1 estrade avec des compères de\ntalent et chacun nous dit son couplet. Malheureusement ce fut trente-trois fois\nle même et plus malheureusement encore ce fut un concerto de Vieuxtemps.\nF exceptionnelle générosité du jury a faii vingt-deux lauréats et, dans le nom-\nbre, pas moins de quatorze jeunes filles. Le féminisme gagne dans les instru-\nmentistes : il semble que lesprivilèges du sexe laid et fort vont être très menacés,\net le bruit nous revient que telle grande société de concerts modifie ses statuts\npour enrayer les progrès de l'invasion féminine. Quoi qu'il en soit, le premier\nnommé des premiers prix, primus inter pares, fut un homme ou pour mieux\ndire un enfant : M. Zighera a quinze ans. Mais quelle fougue ! quelle sou-\nplesse ! et, à notre sens,quel génie pour avoir réussi à musicaliser un concerto\nde Vieuxtemps ! MUe Baudot, un autre premier prix, avait, Van dernier, joué\navec un charme exquis le concerto de Saint-Saens inscrit comme morceau de\nconcours: il nous parut que Vieuxtemps l'avait glacée cette fois-ci. Autres\npremiers prix : A4lles Billard, Lapié, qui tint le record de la vélocité, Morhange,\nà qui on décerna le premier prix parce quon ne pouvait lui donner autre chose,\net enfin M. Matignon, qui ne brilla guère par la personnalité de son jeu. Les\ndeuxièmes prix ont affirmé la victoire féministe : MUe Novi, la « Benjamine »\nde la journée, ravissante avec ses treize ans à peine révolus, a dû sans doute au\ndésir du jury de la garder encore de n avoir pas la plus haute récompense.\nMUes Sauvaistre et Augieras ont eu une exécution très sûre. M. Elchecopar\nnous a révélé une belle nature d'artiste. M. Michelon a une tenue désagréable\nil se tient sur la jambe gauche pendant les deux premiers temps de la mesure\net sur la droite pendant les deux autres !\nLes premiers accessits ont été dévolus à MUes Hélène Wolff et Pierre, des\ngrisailles, ainsi que M. Spathy, auquel pour notre part nous avons préféré, en\nraison de leur jeu énergique et coloré, MM. Tinlot et Soudant.\nEnfin les demi-teintes charmantes de MUe Talluef, le jeu classique et sûr de\nMUe Neuburger, la correcte élégance de MUes Fidide, de la Hardrouyère et\nDeschamps désignaient ces jeunes personnes à une récompense : le jury leur\na accordé le second accessit.\n( Voir plus loin les noms des autres lauréats)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c012", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "369", "page_fin": "369", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.1.9", "titre_corps": "N.B. Le prochain numéro de la Revue musicale sera distribué dans les", "titre_sommaire": "N.B. 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L. Marcel-Fortin, éditeur.\n\nL'ouvrage de M. Ecorcheville, thèse pour le doctorat soutenue tout récem-\nment avec succès devant la F'aculté des lettres de l'Université de Paris, constitue\nune contribution précieuse à l'histoire de la musique française. On sait com-\nbien, en dépit des efforts louables de divers érudits, cette histoire est encore\nmal connue et avec quelle peine les historiens arrivent à émouvoir depuis\nquelques années l'intérêt du grand public et des musiciens eux-mêmes, si long-\ntemps désintéressés de ces questions. Il faut bien le dire : si trop de personnes\nn'ont apporté qu'une attention distraite aux labeurs des musicologues, la raison\nprincipale en est que, pendant de longues années, l'absence de rééditions pra-\ntiques des œuvres originales eût fait de cette étude une déception perpétuelle. Le\nmoyen de s'intéresser vraiment à des musiciens dont il est impossible, ou pres-\nque, de se procurer une seule page, à une école d'art dont les monuments inac-\ncessibles reposent dans le silence des bibliothèques !\nC'est donc un service signalé que M. Ecorcheville aura rendu à la science\nmusicale en reproduisant sous une forme commode et luxueuse la collection con-\nsidérable de pièces instrumentales qu'il aura le premier tirées de l'oubli et dont\nl'étude approfondie fait l'objet de son travail. Quel que soit l'intérêt de ce com-\nmentaire et il est considérable n'est-il pas évident qu'il eût été, pour ainsi\ndire, réduit à rien si le lecteur ne pouvait à chaque instant se reporter au texte\nmusical des divers morceaux ?\nVingt-cinq pièces symphoniques, trois ballets, cent treize danses à quatre,\nplus souvent à cinq parties instrumentales, tel est le contenu du manuscrit de\nla Landes-Bibliothek de Cassel. Et ces cahiers, seuls subsistant aujourd'hui, pa-\nraissent être le reste d'une collection plus considérable encore. La présence de\nces œuvres ainsi réunies, à l'usage sans doute de quelque orchestre princier,\nn'est-elle pas caractéristique de l'expansion de l'art français au dehors, au milieu\ndu xviie siècle ?Il n'est pas inutile de multiplier les preuves surtout telles que\ncelles-ci d'un fait que n'ignorent plus les érudits, mais que trop de personnes,\nparmi celles qui font profession de contester l'originalité de notre musique, tant\nen P'rance qu'à l'étranger, sont portées à méconnaître.\nEtudiant tout d'abord les auteurs (dont les noms sont indiqués en tête d'un\ngrand nombre de ces pièces), M. Ecorcheville n'a point de peine à établir leur\norigine, voire une date approximativement exacte. En effet, quelques noms\nétrangers mis à part, tels ceux de Dresen, de Pohle, de Christian Herwig, du\nlandgrave de Hesse, Guillaume le Juste, tous ces auteurs sont des musiciens\nfrançais : la plupart virtuoses violonistes de cette première école du XVIIc siècle\ndont les œuvres jusqu'ici étaient à peu près perdues.\nQue savions-nous en eflet des Belleville, des Dumanoir, des Constantin, des\nBruslart, des Mazuel,des Verdier, de ces membres, illustres en leur temps, de la\ncompagnie des vingt-quatre violons, lesquels, depuis Lulli, on s'est plu à con-\nsidérer presque comme d'ignares et négligeables ménétriers r Rien ou peu de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 983, "texte": "chose, haute d'œuvres, la critique moderne, tout en soupçonnant à bon droit le\ntort qu'on leur faisait, ne pouvait reviser complètement le procès. Et Lulli restait,\nen ce domaine comme en bien d'autres, injustement en possession d'une gloire\nusurpée parce faiseur génial au détriment de ses rivaux.\nLa lecture de maintes de ces pièces, de celle dite Le Testament de Belleville\npar exemple, des grandes Allemandes deMazuel, des Bransles de Dumanoir et de\nbien d'autres, montrera jusqu'à l'évidence que, ni dans leur technique de vio-\nlonistes, ni dans leurs procédés de compositeurs, ces maîtres n'avaient rien à\napprendre de Lulli. Le Florentin n'a fait que reproduire leurs procédés, sans\nrien y ajouter de son cru. Voyez, par exemple, le début de ce morceau, Le Testa-\nment de hellevilie, que je citais à 1 instant. Croit-on qu il ne représente point un\nart aussi avancé, aussi sûr que n'importe laquelle des symphonies introduites\npar Lulli en ses opéras ?"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.10", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "Du chapitre consacré à l'étude de la polyphonie, de la contexture harmoni-\nque, de la conception et de la structure de la trame mélodique ou rythmi-\nque, résultera pareillement l'affirmation suffisamment établie que cette mu-\nsique, toute limitée qu'elle soit dans ses ambitions et ses effets, n'est nullement\ncomposée au hasard par des musiciens sans culture, mais qu'elle est le fruit d'un\nart réfléchi, conscient de ce qu'il peut et sait faire. S'il m'est permis là-dessus\nde dire mon sentiment, je me féliciterai de ce que l'oeuvre de M. Ecorcheville\napporte, peut-être contre son gré, une confirmation nouvelle à une idée qui\nm'est chère : à savoir que l'influence de Lulli, loin de représenter, comme on\nse le figure encore, un progrès dans l'évolution de notre art national, a été la\ncause d'une décadence sensible. Musicien très inférieur à beaucoup de ceux qui\nétaient classiques avant lui, artiste en somme secondaire et surtout prodigieuse-\nment incomplet, Lulli représente une notable régression pour tout ce qui re-\ngarde la souplesse du rythme,- l'indépendance harmonique et la liberté delà\ncomposition.\nAssurément il ne convient pas pour cela d'exagérer outre mesure la valeur des\nmaîtres que le présent travail fait en quelque sorte revivre. Même en leur temps,\ntous ne furent pas des musiciens de premier ordre, et même les plus éminents\nd'entre eux ne furent pas toujours également bien inspirés. Un certain nombre\nde ces pièces nous paraîtront donc d'intérêt médiocre, si nous y cherchons autre\nchose qu'un document historique. Il se peut aussi que les puristes y relèvent des\nincorrections assez nombreuses et des gaucheries d'écriture qu'ils jugeront fort\ndéplaisantes.\nA mon sens, il y aura quelque injustice à ces reproches. Car ces œuvres ne sont\npoint d'un temps où l'on se fût imaginé que l'harmonie, suivant l'illusion des\nmodernes, est une science fondée sur des principes scientifiques et immuables.\nOn n'avait point encore songé à se scandaliser, au nom de la nature et de la\nraison, si quelques quintes ou octaves consécutives se glissaient entre les parties.\nLes hommes de ce temps prenaient plaisir à certains heurts de notes, à certains\nfroissements évités aujourd'hui avec soin par ceux qui se piquent d écrire correc-\ntement. Ces duretés harmoniques sont ici trop évidemment recherchées pour\nqu'on n'y voie point un effet voulu."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "373", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "Dans les appoggiatures et les anticipations, par exemple,ce n'est point par ma-\nladresse que les auteurs de ces pièces se plaisent à faire entendre simultanément\nà écrire tout au moins la note principale et celle sur laquelle l'appoggia-\nture se résout ou celle que l'anticipation fait pressentir. Il se peut que l'exécution,\nen altérant tant soit peu les valeurs ou en introduisant des notes d'ornement, ait\nbeaucoup atténué ces irrégularités apparentes. Il en reste assez cependant pour\nqu'on puisse remarquer ce caractère particulier. Mais il ne faut pas oublier que\nde telles incorrections, si on tient à ce mot, en réalité ici vide de sens, sont\nusuelles dans toute la musique de ce temps, en France comme à l'étranger, et que\nles plus illustres maîtres polyphonistes ne s'en sont pas généralement privés\ndavantage. Si cette constatation pouvait convaincre les harmonistes de conser-\nvatoire de la relativité de préceptes qu'ils érigent arbitrairement en dogmes\nindiscutables, il n'y aurait qu'à s'en féliciter. Mais ne l'espérons pas.\nQuoi qu'il en soit de ces réserves, je pense qu'à beaucoup de pièces de ce\nrecueil, un public intelligent trouverait, aujourd'hui encore, un charme très\nréel, surtout si, comme l'auteur du livre a pris grand soin de le faire entendre,\non s'efforce de recréer par l'imagination le milieu où ces musiciens ont vécu.\nM. Ecorcheville a déterminé très finement ce par quoi la conception que les\nhommes du xvne siècle avaient de la musique et surtout de celle-ci, destinée aux\nassemblées, aux bals, aux loisirs de la vie mondaine, diffère de la nôtre. Il a pris\nla peine, en un chapitre fort neuf et des plus intéressants, d'étudier minutieuse-\nment les rythmes des diverses danses du temps, pratiquement superposés aux\ninflexions mélodiques des thèmes. La vie intérieure, si l'on peut dire, de ces suites,\ns'éclaire singulièrement à cette comparaison. Qu'elles appartiennent aux réper-\ntoires des bals de cour, des ballets, ou au genre plus symphonique des Alleman-\ndes, ces musiques, en effet, sont en rapport étroit avec la mimique et le geste\nchorégraphiques. Les contemporains ne les comprenaient point autrement. Et\npour en sentir véritablement le mérite, il faut, dans une certaine mesure au\nmoins, s'efforcer de sentir comme ils ont senti. M. Ecorcheville s'est plu à\nnous faciliter cette tâche.\nIl serait superflu de s'étendre plus longtemps sur ce livre, dont l'érudition\ncopieuse et sûre et la méthode rigoureuse plairont aux érudits, pendant que\nl'intérêt du sujet et la clarté du récit charmeront les profanes. Le volume est\ntrès luxueusement imprimé. Il est enrichi de plusieurs belles reproductions d'es-\ntampes du temps et contient en outre la reproduction photographique intégrale\ndu manuscrit de Cassel. En une seconde partie, M. Ecorcheville a donné le\ntexte musical des œuvres en partition, accompagné d'une réduction pratique au\npiano. J aurai peut-être quelques réserves à faire sur cette réduction. Non pas\nsur les indications de temps et de nuances, toutes fort judicieusement établies ;\nmais sur le parti pris adopté de négliger trop volontiers l'exactitude de la repro-\nduction au profit de la facilité pianistique. Dans l'esprit de l'auteur, cette réduc-\ntion est faite pour être entendue, non pour être lue. L'un ne va pas sans l'autre\net il y a tant de suggestion inconsciente dans ce que l'on croit entendre au piano\nqu'il est toujours utile, à mon sens, de corriger les impressions de l'ouïe par\ncelles de l'œil. Heureusement la présence de la partition, placée au-dessus de la\npartie de piano, atténue ici presque entièrement l'inconvénient que je signale.\n\nHENRI QUITTARD."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "374", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.12", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3803, "texte": "ANDRÉ PIRRO: J.-S. Bach, I vol. in-16, 244 p., chez Alcan, collection Jean\nChantavoine, 3 fr. 50.\n\nM. André Pirro est très estimé de tous ceux qui s'occupent d'histoire musicale :\nil a donné déjà des preuves brillantes de sa compétence technique, de son savoir\nétendu et de son goût pour les recherches minutieuses de l'érudition. Le livre\nqu'il nous donne aujourd'hui mérite cependant quelques réserves. Il est divisé en\ndeux partie, dont la séparation si tranchée est bien contestable : i° la vie (1685-\n1750); 20 les œuvres ; les cantates de 170). à 1725 ; les cantates après 1727 ;\nœuvres diverses ; les œuvres de musique instrumentale; catalogue des œuvres\nde Bach ; bibliographie. M. Pirro a eu constamment sous les yeux les éditions\ndonnées par la Bachgeselschaft II rend un juste hommage à ceux qui ont déjà\ntraité ce grand et redoutable sujet, ou qui en ont éclairé certaines parties. Je lui\nsais gré d'avoir ainsi parlé de mon ancien professeur à l'Université de Berlin :\n« J'emprunte ces détails à l'ouvrage admirable de Philipp Spitta : Johann\nSébastian Bach (2 volumes, Leipzig, 1873 et 1880). Cette étude monumentale\ndomine toute étude qu'on puisse entreprendre sur Bach. L'auteur y a parlé du\nmaître de Leipzig avec une érudition scrupuleuse et avec une sorte de divination.\nC'est à la fois un livre et un trésor de documents ».\nM. Pirro ne s'est pas contenté de résumer ce qu'on savait déjà sur Bach. Il a\nfait des recherches personnelles. Mais cette biographie déçoit un peu le lecteur.\nElle ne distingue pas de périodes ; c'est une série de petits faits juxtaposés ; il ne\ns'en dégagepas une idée nette du caractère deßach. Tout est mis sur le même plan.\nL'homme (type supérieur de l'Allemand protestant, solide, bourgeois et naïf) n'est\nni expliqué, ni analysé. La partie du livre consacrée à la musique témoigne d'une\ngrande connaissance des Cantates ; mais ici encore, l'auteur ne voit pas son sujet\nd'assez haut. Il ne nous montre pas que, pour Bach (très différent en cela de nos\ncompositeurs modernes), la musique n'a pas été une« fin » poursuivie avec un sen-\ntiment désintéressé d'artiste, mais avant tout, une fonction, un ministère, un ser-\nvice régulièrement fait pour une communauté un peu comme les « oraisons » d'un\nBossuet, qui est un évêque et non un littérateur). Cette analyse des cantates, élé-\ngamment écrite, est abstraite, un peu en l'air, d'un profit médiocre pour le lecteur\nqui n'a pas les textes musicaux sous les yeux. M. Pirro (moins que M. Schweitzer,\nen cédant cependant à la même tendance) relève complaisamment certains traits\nd'un détail pittoresque, dans lesquels il ne faut voir que des fautes de goût\n(comme dans certaines puérilités des oratorios de Haydn). Tout ce qui n'est pas\ncantate est laissé dans l'ombre ou la pénombre. C'est dommage. Il y a un\nBach ancien régime, un Bach d'une suprême grâce et d'un optimisme très sou-\nriant qu'il fallait dégager. Il y a aussi une foule de questions auxquelles l'auteur\nne répond pas. Comment se caractérise le contrepoint de Bach ? Quelles har-\ndiesses s'est-il permises? (voir les concertos de Brandebourg) ; comment écrit-il\npour les voix ? Comment son orchestre est-il constitué ? Que doit-il exactement\nà l'ltalie, à la France et à ses prédécesseurs allemands ? Pour tout cela, il fallait\nquelque chose de plus que des analyses formelles : de la psychologie, un peu de\nsociologie, un sens vraiment historique. Avec ces lacunes, le principal défaut du\nlivre de M. Pirro est l'absence de proportion. Rien n'est plus difficile que de ra-\nmasser en 200 pages un sujet qui demanderait un très gros volume ; un tel travail\nexige, avec une possession complète du sujet, une véritable science de la compo-\nsition. M. Pirro donne parfois un développement considérable à des détails de"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "375", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 4196, "texte": "troisième ordre, au point de vue de l'importance, et consacre à peine quelques\nlignes aux parties capitales de son sujet J'en voudrais donner un exemple. Voici\ncomment il parle de la maison où naquit Bach :\nBien des parties de la vieille maison ont dû rester presque telles qu'il les aperçut, dès que ses\nyeux furent capables de distinguer les objets et de les reconnaître. La serrure de la porte d'entrée\nest garnie d'une plaque ouvragée dont les contours chimériques lui ont semblé, sans doute, dessi-\nner de prodigieux visages. Le large vestibule aux carreaux de brique put lui donner l'idée d'un\ndésert sombre et l'escalier tortueux qui monte, au fond, vers la droite, put lui paraître la route\nde quelque voyage périlleux. Mais je veux croire qu'il ressentit, dans le petit jardin, les premières\nimpressions delà nature. Elle l'y accueillit d'abord, sous cet aspect diminué qui charme l'enfant,\neffrayé des grands espaces. Il prit le goût des paysages verts dans le modeste verger. Dans cet\nenclos étroit, borné par la muraille de la maison tapissée de vigne, fermé d'une haie vive, divisé\npar des lignes de haut buis, il se trouva assez protégé pour oser contempler les mirages mouvants\ndu ciel immense encore, bien que limité par le faîte des maisons voisines. L'est là qu'il s'habitua\nau spectacle des nuées suspendues au-dessus de lui, et c'est là que sa mère put lui apprendre,\nen se servant des paroles de Martin Luther, le miracle journalier de la main qui soutient dans\nles airs ces masses flottantes et nous garde de leur chute.\nOr, quand il arrive au Clavecin bien tempéré, à cette œuvre capitale qui est une\ndes assises de tout le système musical moderne, il en parle... par prétérition :\nJe ne tenterai même pas d'analyser ici la première partie du Clavecin bien tempéré, non plus\nque la série de préludes et de fugues dont l'ensemble, réuni sans doute de 1740 à 1744, est con-\nsidéré comme la seconde partie de ce recueil. Ce sont des œuvres que l'on ne peut effleurer, et\nqu'il faut examiner dans le détail, quant à la technique et quant au sentiment. Je renvoie donc\naux études publiées sur ces compositions et, surtout, aux textes mêmes.\nLe Clavecin bien tempéré, pour ne parler que de lui, a pourtant une autre\nimportance que la serrure de la porte d'entrée de la maison où naquit Bach !\nM. Pirro prépare une thèse de doctorat sur J.-S. Bach. Il s'est sans doute\nréservé pour cet ouvrage, que nous attendons, et qui nous permettra de le juger\ndans de meilleures conditions (1).\n\nC.\n\nJ.-G. PROD'HOMME: les Symphonies de Beethoven (1800-1827), avec préface de\nM. Ed Colonne, 1 vol. 481 p., librairie Delagrave, 5 fr.\n\n— M. Prod homme étudie\nune à une les symphonies. A propos de chacune d'elles, il donne d'abord une\ntranche de la biographie de Beethoven ; puis il analyse l'œuvre, un peu comme\non le fait aujourd'hui sur les programmes de concert (il ne va guère plus loin) ;\nil signale l'accueil fait à la première exécution, réunit des témoignages de con-\ntemporains, accumule le plus de renseignements possible. Le livre, à la fois bio-\ngraphique et de description technique, témoigne d'un sérieux travail et constitue\nune vulgarisation très utile. Ce qui lui manque un peu, ce sont les idées di-\nrectrices. J'en signalerai une qui aurait dû, à mon sens, trouver ici sa place.\nBeethoven est (avec Weber) le compositeur qui permet de constater le plus\nsouvent un désaccord absolu entre la vie de l'homme et l'œuvre de l'artiste.\n\n(1) M. Pirro ne parle pas assez pour le lecteur ; il a souvent l'air de faire un monologue ; ainsi,\ndes mots tels,que chrie (exercice d'amplification oratoire donné aux collégiens), mettenchor (chan-\nteurs de malines) ne sont pas expliqués et demandaient une note.— Çà et là, diverses coquilles;\np. 29, que signifie la phrase : « On y rencontre des passages où l'emploi des accords à plu-\nsieurs parties, etc... ».- Dins la bibliographie, même défaut de proportion que dans le reste\ndu livre. On y voit cités de simples programmes de concert, et des travaux importants ne sont\npas mentionnés. 'vPour les omissions, je renvoie à une excellente note de M. Rudolf Schwartz\npubliée en mars dernier, Signale f. musik. Weet)."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "376", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3732, "texte": "Prenons un exemple : la IIe Symphonie (op. 36, 1802). Ace moment, Beethoven\nest très malheureux, je n'ai, pour le prouver, qu'à citer M. Prod homme :\nLes premières années du siècle marquent l'apparition de ces « puissances de ténèbres » (fins-\ntere Mâchte, dit Wasielewski) qui assombrirent l'existence de Beethoven dès 1 âge de vingt-huit\nou trente ans. Lors de l'exécution delà Ire Symphonie, en 1800, Beethoven avait déjà ressenti les\npremières atteintes du mal qui ne devait plus le quitter, et dont aucuns soins ne purent jamais\nle guérir :la surdité. Peut être même, en 1796 et en 97, l'infirmité incurable avait-elle fait\nson apparition, à la suite d'un refroidissement. Les lettres de Beethoven, assez nombreuses à cette\népoque, nous révèlent les premières attaques sérieuses en 1800-1801 ; ce sont des confidences\ntrès intimes faites à son ami d'enfance, le docteur Wegeler, et à Cari Amenda, pasteur en Cour-\nlande ; à celui-ci, il écrit vers le mois de juin 1800 :\n« Mon cher, mon bon Amenda, mon ami de cœur, c'est avec une profonde émotion, avec un\nmélange de douleur et de plaisir que j'ai reçu et lu ta dernière lettre. A quoi comparer ta fidélité,\nton attachement pour moi ! Oh 1 cela est bien beau que tu sois toujours resté si bon pour moi!\nOui, je sais que tu es un ami éprouvé, à part, tu n'es pas un ami viennois ; non : tu es un ami pareil\nà ceux que le sol de ma patrie sait produire ! combien de fois te souhaité-je auprès de moi ! car ton\nBeethoven vit très malheureux ; sache que la plus noble partie de moi même, mon ouïe, a beau-\ncoup perdu ; déjà, lorsque tu étais auprès de moi, j'en sentais des symptômes, mais je le taisais,\nmaintenant cela n'a fait qu'empirer ; une guérison est-elle possible? J'en suis encore à l'attendre. »\n(Prod'homme, p. 31-32.)\nBeethoven écrit à Wegeler :\nPour te donner une idée de cette étrange surdité, je te dirai qu'au théâtre je dois me pencher\ntout contre l'orchestre pour comprendre l'acteur. Les sons élevés des instruments, les voix, si je\nsuis un peu loin, je ne les entends pas ; dans la conversation, chose étonnante, il y a des gens\nqui ne l'ont jamais remarqué; comme j'avais très souvent des distractions, on croit que c'est cela.\nParfois aussi j'entends à peine si on parle doucement et encore rien que les sons, pas les\nmots; pourtant, sitôt que quelqu'un crie, cela m'est insupportable. Qu'en adviendra t-il ? Le ciel\nle sait. Vering dit que cela ira mieux, sinon tout à fait bien. —J'ai souvent maudit mon existence\net le créateur; Plutarque m'a conduit à la résignation. Je veux, si je ne puis faire autrement, bra-\nver mon destin, bien qu'il doive y avoir des moments de ma vie où je serai la créature la plus\nmalheureuse de Dieu, (cité ibid., p. 34.)\nL\"homme est, alors, si malheureux, qu'il écrit ainsi son testament célèbre :\nG hommes qui me croyez ou me déclarez vindicatif, morose ou misanthrope, comme vous me\nfaites tort ! vous ne connaissez pas le motif secret de ce qui vous semble tel. Mon cœur et mon\ncaractère étaient dès mon enfance enclins au doux sentiment de la bienveillance. Je fus même\ntoujours disposé à accomplir de grandes actions. Mais rappelez-vous seulement que depuis six\nans je me trouve dans un état douloureux, aggravé par des médecins incapables, déçu d'année\nen année de 1 espoir de guérir, accablé enfin par la perspective d'une maladie chronique (dont la\nguérison demandera peut-être des années, si même elle n'est impossible).\nJe borne là cette énumération de documents. Ainsi, l'homme, en 1802, est\ndans un abîme de détresse. Or le Compositeur écrit, à ce moment précis, une\nœuvre tout ensoleillée de joie :\nC'est une poussée de jeunesse triomphante, avec une pointe d'insouciance ou\nde malice :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "377", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "Le larghetto de ce poème de printemps a bien, comme dit Grove, « une élé-\ngante et indolente beauté», surtout de la tendresse, de la grâce, de la légèreté ;\net le scherzo est « franchement gai dans sa capricieuse fantaisie » (Berlioz) ! Et\nle finale est un badinage plein de finesse et de piquant ! Comment expliquer cette\ncontradiction, ignorée de Taine, entre la vie et fart? M. Prod'homme, qui,\nd'habitude, choisit d'autres autorités, cite l'opinion de M. Bellaigue, d'après\nlequel Beethoven, écrivant la IIe Symphonie, aurait composé « un héroïque men-\nsonge ». Je ne crois pas à Beethoven se mentant à lui-même pour faire un chef-\nd'œuvre, chose impossible absolument. L'admirable musicien était parfaite-\nment sincère ; mais ne nous imaginons pas que la musique traduise, ou ait à\ntraduire ces misères (maladie, amour déçu, besoin d'argent) qui sont à la sur-\nface d'une personnalité, et auxquelles nous, qui n'écrivons pas de symphonies,\nnous sommes surtout sensibles; ce qu'elle exprime, c'est la nature foncière de\nl'artiste ; à l'égard de ce qui fait la vie commune, notre vie, elle est plutôt une\nlibération. Or, ce qu'il y avait, au tréfonds d'un Beethoven, c'était la joie expan-\nsive, jeune, aimante, débordante. On la trouve dans toutes les symphonies. Les\nmots inscrits en tête de la Ve (Ainsi frappe le Destin à notre porte) sont une\nplaisanterie, que M. Homais seul peut prendre au sérieux. Le premier mouve-\nment de la IXe n'est sombre que pour une raison d'ordre artistique : contraste\nétabli instinctivement, pour aboutir à Y Hymne à la joie!\nLes symphonies devront être étudiées, un jour, à un autre point de vue. La\nsymphonie réunit en elle les types principaux de composition : prélude religieux,\nchant et danse. Pour expliquer comment ces pièces, d'origine si différente, sont\narrivées à former un tout, il faudra autre chose que de petits témoignages\nrecueillis un peu partout. Une large étude sociologique sera nécessaire.\n\nC.\n\nMAURICE GANDILLOT : Essai sur la gamme, i vol., 675 pages, avec nombreuses\nplanches et textes musicaux, chez Gauthier-Villars, 32 fr. Cet énorme et\nsavant ouvrage est divisé en dix parties dont voici les titres : Consonance ;\ngenèse des échelles et des gammes ; contrepoint ; dissonance rattachements ; en-\nharmonie ; intervalles ; gammes diverses ; applications musicales / tempérament. A\nla fin de chacune de ces parties se trouve un « résumé » qui donne la substance\nde tout le développement antérieur. La préface est écrite sous la forme d'un dia-\nlogue entre un compositeur et l'auteur qui défend et explique sa méthode. On ne\nrésume pas un ouvrage de ce genre, car il est lui-même, à chaque page, un ré-\nsumé, puisqu'il condense les faits musicaux dans les formules de la science.\nCritiquant le dogmatisme trop absolu des professeurs d'harmonie, M. Gandillot\nleur reproche de dire: « on doit faire telle chose », alors que, se bornant à décrire\nles usages des maîtres, ils auraient dû dire : « on peut ». Il a parfaitement raison,\nmais il a le tort d'oublier que les traités d'harmonie s'adressent aux élèves du\nConservatoire, c'est-à-dire à des enfants ; or, il n'y a d'enseignement que là où il\ny aun dogmatisme très net. Dogmatisme de circonstance, d'ailleurs, et tout à\nfait provisoire! Les propositions et les analyses de M. Gandillot reposent sur le\nprincipe des rapports simples ; c'est une base qui nous paraît bien fragile ! La\ndéfinition de la dissonance (p. 105 : un accord dissonant est celui qui réunit les\nnotes provenant d'échelles différentes) est inadmissible. Cet ouvrage, témoignant\nd'autant de savoir que de vigueur d'esprit, est d'une étendue exceptionnelle, et\ncependant je lui reprocherai d'être incomplet sur trois points importans : il ne dit"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3518, "texte": "rien des gammes exotiques ; il ne donne pas de bibliographie ; il laisse complè-\ntement de côté l'histoire des théories sur la gamme. Souhaitons cependant que\nl'auteur trouve, dans le public, la récompense méritée par ce grand travail !\n\nBIBLIOGRAPHIE DES BÉNÉDICTINS DE LA CONGRÉGATION DE FRANCE. Sous ce\ntitre vient de paraître (chez Champion) un volume qui semble surtout destiné\naux membres de la congrégation, mais où les musiciens profanes sont heureux\nde retrouver l'indication des travaux de Dom Pothier, D. Schmit, D. André\nMocquereau, D. Jean Parisot, D. Etienne Bourigaud, D. Charles Mégret,\nD. Augustin Gatard, D. Casiano Rojo, etc. ; n'oublions pas Dom Antoine\nDelpech, collaborateur des premiers volumes delà Paléographie musicale, auteur\nd'accompagnements d'orgue pour le Kyriale et les psaumes, ni les Noëls\nanciens de Dom Legeay. Cette bibliographie bénédictine si brillante est précé-\ndée d'une Introduction ; elle contient une notice sur le cardinal Pitra, et, avec le\nportrait de ce dernier, celui de Dom Guéranger. Elle est présentée suivant\nl'ordre alphabétique des noms propres ; dans un travail destiné au public, on\neût probablement adopté un autre plan.\n\nD. ANDRÉ MOCQUEREAU :Le décret du iq février igoô de la S. Congrégation\ndes Rites et les Signes rythmiques des Bénédictins de Solesmes, brochure de 25 p.,\nchez Desclée. Sous ce titre, le savant directeur de la Paléographie musicale\npublie une brochure (chez Desclée) où il démontre : i° que les signes rythmiques\nintroduits dans la notation du plain-chant (allongement de la queue de cer-\ntaines notes, petit trait vertical placé sur le côté des notes en losange) sont la\npropriété des Bénédictins ; 20 que la Cour romaine, tout en éditant elle-même les\nlivres de chant, grâce au généreux abandon que les Bénédictins lui ont fait de\nleurs travaux en 1904, a autorisé, à maintes reprises, l'emploi de ces signes\nrythmiques, pourvu quils ne changent pas la forme de la note. Démonstration\nun peu surprenante, en vérité, et qui laisse soupçonner des dessous, de vagues\nschismes typographiques ! Il y a bien, dans les textes officiels, tout ce que leur\nfait dire Dom Mocquereau : mais il y a aussi des réserves, des ambiguités dont\nil ne tient pas compte. Dans ses divers actes, la cour romaine a montré une\ndiplomatie italienne qui, trop souvent, manqua de netteté. Pour nous, l'école\nnormale du plain-chant est chez les Bénédictins (bien que nous n'acceptions pas\nleurs dernières théories sur le rythme) et non ailleurs. Tout le reste (privilèges,\ndroit d'imprimer, etc...) est affaire de commerce. Dans sa brochure, Dom\nMocquereau cite une circulaire du président du Conseil français, qui, après la\nfin du privilège de fait concédé à un éditeur de Ratisbonne, invite les évêques\nà n'adopter dans leurs diocèses que des livres imprimés par des travailleurs\nfrançais. Pourquoi faut-il que l'auteur raille cette circulaire et y voie « un acte\nd'hostilité contre Solesmes » ? Elle est irréprochable.\n\nEMILE BOUANT : Leçons de physique à V usage des lycées de jeunes filles, 1 vol.,\n235 gravures d?nsle texte, chez Alcan, 2 fr. 80. Ce petit livre, écrit par un\nancien élève de 1 Ecole normale, aujourd hui professeur au lycée Charlemagne,\nmérite d'être signalé ici, car, dans les 47 premières pages, il résume et expose\ntrès clairement les lois de l'acoustique.\n\nADOLPHE BOSCHOT :A a jeunesse d'un romantique, Hector Berlioz (1803-1831),\nd'après de nombreux documents inédits, avec trois portraits, 1 vol., 541 p., chez"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "379", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.17", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 2356, "texte": "Pion, 4 fr. —(( J'ai travaillé, dit l'auteur, à cette histoire d'un romantique avec\namour, en toute simplicité, et dans le seul désir d'approcher autant que possible\nde la vérité, — de la vie. » Le livre justifie cette déclaration ; il réunit tous les\ndocuments que l'auteur a pu se procurer, mais il est déjà en retard sur quelques\npoints. La Revue musicale (n° du 15 février 1906) a publié deux lettres du grand\ncompositeur à Mme Lesueur (plus la fameuse lettre où Berlioz se déclare classique)\nqui résument la psychologie du sujet, et que M. Boschot paraît ignorer. La la-\ncune de son livre, c'est qu'il est exclusivement littéraire ; on y cherche vaine-\nment la musique : n'est-ce pas cependant elle qui pouvait permettre au biographe\nnon seulement d? « approcher » la vie, mais de l'atteindre ? L'ouvrage n'en est\npas moins très consciencieux, utile, et nous paraît assuré du succès.\n\nEMILE BAUMANN, Les grandes formes de la musique ; l'œuvre de Camille Saint-Saëns,\n1 vol. 475 p., Ollendorf, 1905,3 fr. 50.\nS.\n- L'auteur a une plume élégante\net il aime beaucoup la musique de Camille Saint-Saëns ; deux qualités dont\nnous le louons très vivement. Mais ce livre a un grave défaut : il n'est point\nmusical. Le titre, qui annonce un travail précis, paraît être une simple formule\nde panégyrique en l'air, un trait de chic. Le chapitre 111 est intitulé : les formes.\nJe vais droit à lui, pensant que là se trouve l'idée maîtresse du volume. Je n'y\nrencontre qu'une phrase de... Spinoza, noyée dans des généralités et une rhéto-\nrique insuffisantes. L'étude des « grandes formes » musicales, avec un Saint-\nSaëns pour base d'observation, devait être tout autre ; il y faut autant de pré-\ncision que si on voulait décrire les grandes formes en architecture. Dans une\nnote de la p. 9, l'auteur (s'appropriant une définition donnée par les philosophes\ngrecs, mais ici hors de propos), dit : «Nous entendons par forme la somme des\naspects limités où se définit un être, soit dans l'espace tangible, soit dans la\npensée. » Il n'est pas possible qu'en reproduisant cette définition classique,\nl'auteur ait cru caractériser les formes de la composition musicale.\nP. ET L. HILLEMACHER : Pièce de concert pour harpe chromatique, (chez Joanin,\n22 rue des Saints-Pères, 5 fr.). Œuvre d'une allure très artistique, mais difficile."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "370", "page_fin": "373", "image_debut": 8, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.1", "titre_corps": "JULES ÉCORCHEVILLE: Vingt Suites d'Orchestre du XVIIe siècle français (1640-1670), publiées pour la première fois d'après un manusçrit de la bibliothèque de Cassel. L. Marcel-Fortin, éditeur.", "titre_sommaire": "JULES ÉCORCHEVILLE: Vingt Suites d'Orchestre du XVIIe siècle français (1640-1670), publiées pour la première fois d'après un manusçrit de la bibliothèque de Cassel. L. 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On sait com-\nbien, en dépit des efforts louables de divers érudits, cette histoire est encore\nmal connue et avec quelle peine les historiens arrivent à émouvoir depuis\nquelques années l'intérêt du grand public et des musiciens eux-mêmes, si long-\ntemps désintéressés de ces questions. Il faut bien le dire : si trop de personnes\nn'ont apporté qu'une attention distraite aux labeurs des musicologues, la raison\nprincipale en est que, pendant de longues années, l'absence de rééditions pra-\ntiques des œuvres originales eût fait de cette étude une déception perpétuelle. Le\nmoyen de s'intéresser vraiment à des musiciens dont il est impossible, ou pres-\nque, de se procurer une seule page, à une école d'art dont les monuments inac-\ncessibles reposent dans le silence des bibliothèques !\nC'est donc un service signalé que M. Ecorcheville aura rendu à la science\nmusicale en reproduisant sous une forme commode et luxueuse la collection con-\nsidérable de pièces instrumentales qu'il aura le premier tirées de l'oubli et dont\nl'étude approfondie fait l'objet de son travail. Quel que soit l'intérêt de ce com-\nmentaire et il est considérable n'est-il pas évident qu'il eût été, pour ainsi\ndire, réduit à rien si le lecteur ne pouvait à chaque instant se reporter au texte\nmusical des divers morceaux ?\nVingt-cinq pièces symphoniques, trois ballets, cent treize danses à quatre,\nplus souvent à cinq parties instrumentales, tel est le contenu du manuscrit de\nla Landes-Bibliothek de Cassel. Et ces cahiers, seuls subsistant aujourd'hui, pa-\nraissent être le reste d'une collection plus considérable encore. La présence de\nces œuvres ainsi réunies, à l'usage sans doute de quelque orchestre princier,\nn'est-elle pas caractéristique de l'expansion de l'art français au dehors, au milieu\ndu xviie siècle ?Il n'est pas inutile de multiplier les preuves surtout telles que\ncelles-ci d'un fait que n'ignorent plus les érudits, mais que trop de personnes,\nparmi celles qui font profession de contester l'originalité de notre musique, tant\nen P'rance qu'à l'étranger, sont portées à méconnaître.\nEtudiant tout d'abord les auteurs (dont les noms sont indiqués en tête d'un\ngrand nombre de ces pièces), M. Ecorcheville n'a point de peine à établir leur\norigine, voire une date approximativement exacte. En effet, quelques noms\nétrangers mis à part, tels ceux de Dresen, de Pohle, de Christian Herwig, du\nlandgrave de Hesse, Guillaume le Juste, tous ces auteurs sont des musiciens\nfrançais : la plupart virtuoses violonistes de cette première école du XVIIc siècle\ndont les œuvres jusqu'ici étaient à peu près perdues.\nQue savions-nous en eflet des Belleville, des Dumanoir, des Constantin, des\nBruslart, des Mazuel,des Verdier, de ces membres, illustres en leur temps, de la\ncompagnie des vingt-quatre violons, lesquels, depuis Lulli, on s'est plu à con-\nsidérer presque comme d'ignares et négligeables ménétriers r Rien ou peu de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 983, "texte": "chose, haute d'œuvres, la critique moderne, tout en soupçonnant à bon droit le\ntort qu'on leur faisait, ne pouvait reviser complètement le procès. Et Lulli restait,\nen ce domaine comme en bien d'autres, injustement en possession d'une gloire\nusurpée parce faiseur génial au détriment de ses rivaux.\nLa lecture de maintes de ces pièces, de celle dite Le Testament de Belleville\npar exemple, des grandes Allemandes deMazuel, des Bransles de Dumanoir et de\nbien d'autres, montrera jusqu'à l'évidence que, ni dans leur technique de vio-\nlonistes, ni dans leurs procédés de compositeurs, ces maîtres n'avaient rien à\napprendre de Lulli. Le Florentin n'a fait que reproduire leurs procédés, sans\nrien y ajouter de son cru. Voyez, par exemple, le début de ce morceau, Le Testa-\nment de hellevilie, que je citais à 1 instant. Croit-on qu il ne représente point un\nart aussi avancé, aussi sûr que n'importe laquelle des symphonies introduites\npar Lulli en ses opéras ?"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.10", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2388, "texte": "Du chapitre consacré à l'étude de la polyphonie, de la contexture harmoni-\nque, de la conception et de la structure de la trame mélodique ou rythmi-\nque, résultera pareillement l'affirmation suffisamment établie que cette mu-\nsique, toute limitée qu'elle soit dans ses ambitions et ses effets, n'est nullement\ncomposée au hasard par des musiciens sans culture, mais qu'elle est le fruit d'un\nart réfléchi, conscient de ce qu'il peut et sait faire. S'il m'est permis là-dessus\nde dire mon sentiment, je me féliciterai de ce que l'oeuvre de M. Ecorcheville\napporte, peut-être contre son gré, une confirmation nouvelle à une idée qui\nm'est chère : à savoir que l'influence de Lulli, loin de représenter, comme on\nse le figure encore, un progrès dans l'évolution de notre art national, a été la\ncause d'une décadence sensible. Musicien très inférieur à beaucoup de ceux qui\nétaient classiques avant lui, artiste en somme secondaire et surtout prodigieuse-\nment incomplet, Lulli représente une notable régression pour tout ce qui re-\ngarde la souplesse du rythme,- l'indépendance harmonique et la liberté delà\ncomposition.\nAssurément il ne convient pas pour cela d'exagérer outre mesure la valeur des\nmaîtres que le présent travail fait en quelque sorte revivre. Même en leur temps,\ntous ne furent pas des musiciens de premier ordre, et même les plus éminents\nd'entre eux ne furent pas toujours également bien inspirés. Un certain nombre\nde ces pièces nous paraîtront donc d'intérêt médiocre, si nous y cherchons autre\nchose qu'un document historique. Il se peut aussi que les puristes y relèvent des\nincorrections assez nombreuses et des gaucheries d'écriture qu'ils jugeront fort\ndéplaisantes.\nA mon sens, il y aura quelque injustice à ces reproches. Car ces œuvres ne sont\npoint d'un temps où l'on se fût imaginé que l'harmonie, suivant l'illusion des\nmodernes, est une science fondée sur des principes scientifiques et immuables.\nOn n'avait point encore songé à se scandaliser, au nom de la nature et de la\nraison, si quelques quintes ou octaves consécutives se glissaient entre les parties.\nLes hommes de ce temps prenaient plaisir à certains heurts de notes, à certains\nfroissements évités aujourd'hui avec soin par ceux qui se piquent d écrire correc-\ntement. Ces duretés harmoniques sont ici trop évidemment recherchées pour\nqu'on n'y voie point un effet voulu."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "373", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "Dans les appoggiatures et les anticipations, par exemple,ce n'est point par ma-\nladresse que les auteurs de ces pièces se plaisent à faire entendre simultanément\nà écrire tout au moins la note principale et celle sur laquelle l'appoggia-\nture se résout ou celle que l'anticipation fait pressentir. Il se peut que l'exécution,\nen altérant tant soit peu les valeurs ou en introduisant des notes d'ornement, ait\nbeaucoup atténué ces irrégularités apparentes. Il en reste assez cependant pour\nqu'on puisse remarquer ce caractère particulier. Mais il ne faut pas oublier que\nde telles incorrections, si on tient à ce mot, en réalité ici vide de sens, sont\nusuelles dans toute la musique de ce temps, en France comme à l'étranger, et que\nles plus illustres maîtres polyphonistes ne s'en sont pas généralement privés\ndavantage. Si cette constatation pouvait convaincre les harmonistes de conser-\nvatoire de la relativité de préceptes qu'ils érigent arbitrairement en dogmes\nindiscutables, il n'y aurait qu'à s'en féliciter. Mais ne l'espérons pas.\nQuoi qu'il en soit de ces réserves, je pense qu'à beaucoup de pièces de ce\nrecueil, un public intelligent trouverait, aujourd'hui encore, un charme très\nréel, surtout si, comme l'auteur du livre a pris grand soin de le faire entendre,\non s'efforce de recréer par l'imagination le milieu où ces musiciens ont vécu.\nM. Ecorcheville a déterminé très finement ce par quoi la conception que les\nhommes du xvne siècle avaient de la musique et surtout de celle-ci, destinée aux\nassemblées, aux bals, aux loisirs de la vie mondaine, diffère de la nôtre. Il a pris\nla peine, en un chapitre fort neuf et des plus intéressants, d'étudier minutieuse-\nment les rythmes des diverses danses du temps, pratiquement superposés aux\ninflexions mélodiques des thèmes. La vie intérieure, si l'on peut dire, de ces suites,\ns'éclaire singulièrement à cette comparaison. Qu'elles appartiennent aux réper-\ntoires des bals de cour, des ballets, ou au genre plus symphonique des Alleman-\ndes, ces musiques, en effet, sont en rapport étroit avec la mimique et le geste\nchorégraphiques. Les contemporains ne les comprenaient point autrement. Et\npour en sentir véritablement le mérite, il faut, dans une certaine mesure au\nmoins, s'efforcer de sentir comme ils ont senti. M. Ecorcheville s'est plu à\nnous faciliter cette tâche.\nIl serait superflu de s'étendre plus longtemps sur ce livre, dont l'érudition\ncopieuse et sûre et la méthode rigoureuse plairont aux érudits, pendant que\nl'intérêt du sujet et la clarté du récit charmeront les profanes. Le volume est\ntrès luxueusement imprimé. Il est enrichi de plusieurs belles reproductions d'es-\ntampes du temps et contient en outre la reproduction photographique intégrale\ndu manuscrit de Cassel. En une seconde partie, M. Ecorcheville a donné le\ntexte musical des œuvres en partition, accompagné d'une réduction pratique au\npiano. J aurai peut-être quelques réserves à faire sur cette réduction. Non pas\nsur les indications de temps et de nuances, toutes fort judicieusement établies ;\nmais sur le parti pris adopté de négliger trop volontiers l'exactitude de la repro-\nduction au profit de la facilité pianistique. Dans l'esprit de l'auteur, cette réduc-\ntion est faite pour être entendue, non pour être lue. L'un ne va pas sans l'autre\net il y a tant de suggestion inconsciente dans ce que l'on croit entendre au piano\nqu'il est toujours utile, à mon sens, de corriger les impressions de l'ouïe par\ncelles de l'œil. Heureusement la présence de la partition, placée au-dessus de la\npartie de piano, atténue ici presque entièrement l'inconvénient que je signale.\n\nHENRI QUITTARD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "371", "page_fin": "372", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.1.1", "titre_corps": "LE TESTAMENT DU Sr BELLEVILLE, A 4", "titre_sommaire": "LE TESTAMENT DU Sr BELLEVILLE, A 4", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.9", "debut_caractere": 985, "fin_caractere_exclue": 1019, "texte": "LE TESTAMENT DU Sr BELLEVILLE, A 4"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c016", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "374", "page_fin": "375", "image_debut": 12, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.2", "titre_corps": "ANDRÉ PIRRO: J.-S. Bach, I vol. in-16, 244 p., chez Alcan, collection Jean Chantavoine, 3 fr. 50.", "titre_sommaire": "ANDRÉ PIRRO: J.-S. Bach, I vol. in-16, 244 p., chez Alcan, collection Jean Chantavoine, 3 fr. 50.", "signature_source": "C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "374", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.12", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3803, "texte": "ANDRÉ PIRRO: J.-S. Bach, I vol. in-16, 244 p., chez Alcan, collection Jean\nChantavoine, 3 fr. 50.\n\nM. André Pirro est très estimé de tous ceux qui s'occupent d'histoire musicale :\nil a donné déjà des preuves brillantes de sa compétence technique, de son savoir\nétendu et de son goût pour les recherches minutieuses de l'érudition. Le livre\nqu'il nous donne aujourd'hui mérite cependant quelques réserves. Il est divisé en\ndeux partie, dont la séparation si tranchée est bien contestable : i° la vie (1685-\n1750); 20 les œuvres ; les cantates de 170). à 1725 ; les cantates après 1727 ;\nœuvres diverses ; les œuvres de musique instrumentale; catalogue des œuvres\nde Bach ; bibliographie. M. Pirro a eu constamment sous les yeux les éditions\ndonnées par la Bachgeselschaft II rend un juste hommage à ceux qui ont déjà\ntraité ce grand et redoutable sujet, ou qui en ont éclairé certaines parties. Je lui\nsais gré d'avoir ainsi parlé de mon ancien professeur à l'Université de Berlin :\n« J'emprunte ces détails à l'ouvrage admirable de Philipp Spitta : Johann\nSébastian Bach (2 volumes, Leipzig, 1873 et 1880). Cette étude monumentale\ndomine toute étude qu'on puisse entreprendre sur Bach. L'auteur y a parlé du\nmaître de Leipzig avec une érudition scrupuleuse et avec une sorte de divination.\nC'est à la fois un livre et un trésor de documents ».\nM. Pirro ne s'est pas contenté de résumer ce qu'on savait déjà sur Bach. Il a\nfait des recherches personnelles. Mais cette biographie déçoit un peu le lecteur.\nElle ne distingue pas de périodes ; c'est une série de petits faits juxtaposés ; il ne\ns'en dégagepas une idée nette du caractère deßach. Tout est mis sur le même plan.\nL'homme (type supérieur de l'Allemand protestant, solide, bourgeois et naïf) n'est\nni expliqué, ni analysé. La partie du livre consacrée à la musique témoigne d'une\ngrande connaissance des Cantates ; mais ici encore, l'auteur ne voit pas son sujet\nd'assez haut. Il ne nous montre pas que, pour Bach (très différent en cela de nos\ncompositeurs modernes), la musique n'a pas été une« fin » poursuivie avec un sen-\ntiment désintéressé d'artiste, mais avant tout, une fonction, un ministère, un ser-\nvice régulièrement fait pour une communauté un peu comme les « oraisons » d'un\nBossuet, qui est un évêque et non un littérateur). Cette analyse des cantates, élé-\ngamment écrite, est abstraite, un peu en l'air, d'un profit médiocre pour le lecteur\nqui n'a pas les textes musicaux sous les yeux. M. Pirro (moins que M. Schweitzer,\nen cédant cependant à la même tendance) relève complaisamment certains traits\nd'un détail pittoresque, dans lesquels il ne faut voir que des fautes de goût\n(comme dans certaines puérilités des oratorios de Haydn). Tout ce qui n'est pas\ncantate est laissé dans l'ombre ou la pénombre. C'est dommage. Il y a un\nBach ancien régime, un Bach d'une suprême grâce et d'un optimisme très sou-\nriant qu'il fallait dégager. Il y a aussi une foule de questions auxquelles l'auteur\nne répond pas. Comment se caractérise le contrepoint de Bach ? Quelles har-\ndiesses s'est-il permises? (voir les concertos de Brandebourg) ; comment écrit-il\npour les voix ? Comment son orchestre est-il constitué ? Que doit-il exactement\nà l'ltalie, à la France et à ses prédécesseurs allemands ? Pour tout cela, il fallait\nquelque chose de plus que des analyses formelles : de la psychologie, un peu de\nsociologie, un sens vraiment historique. Avec ces lacunes, le principal défaut du\nlivre de M. Pirro est l'absence de proportion. Rien n'est plus difficile que de ra-\nmasser en 200 pages un sujet qui demanderait un très gros volume ; un tel travail\nexige, avec une possession complète du sujet, une véritable science de la compo-\nsition. M. Pirro donne parfois un développement considérable à des détails de"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "375", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2527, "texte": "troisième ordre, au point de vue de l'importance, et consacre à peine quelques\nlignes aux parties capitales de son sujet J'en voudrais donner un exemple. Voici\ncomment il parle de la maison où naquit Bach :\nBien des parties de la vieille maison ont dû rester presque telles qu'il les aperçut, dès que ses\nyeux furent capables de distinguer les objets et de les reconnaître. La serrure de la porte d'entrée\nest garnie d'une plaque ouvragée dont les contours chimériques lui ont semblé, sans doute, dessi-\nner de prodigieux visages. Le large vestibule aux carreaux de brique put lui donner l'idée d'un\ndésert sombre et l'escalier tortueux qui monte, au fond, vers la droite, put lui paraître la route\nde quelque voyage périlleux. Mais je veux croire qu'il ressentit, dans le petit jardin, les premières\nimpressions delà nature. Elle l'y accueillit d'abord, sous cet aspect diminué qui charme l'enfant,\neffrayé des grands espaces. Il prit le goût des paysages verts dans le modeste verger. Dans cet\nenclos étroit, borné par la muraille de la maison tapissée de vigne, fermé d'une haie vive, divisé\npar des lignes de haut buis, il se trouva assez protégé pour oser contempler les mirages mouvants\ndu ciel immense encore, bien que limité par le faîte des maisons voisines. L'est là qu'il s'habitua\nau spectacle des nuées suspendues au-dessus de lui, et c'est là que sa mère put lui apprendre,\nen se servant des paroles de Martin Luther, le miracle journalier de la main qui soutient dans\nles airs ces masses flottantes et nous garde de leur chute.\nOr, quand il arrive au Clavecin bien tempéré, à cette œuvre capitale qui est une\ndes assises de tout le système musical moderne, il en parle... par prétérition :\nJe ne tenterai même pas d'analyser ici la première partie du Clavecin bien tempéré, non plus\nque la série de préludes et de fugues dont l'ensemble, réuni sans doute de 1740 à 1744, est con-\nsidéré comme la seconde partie de ce recueil. Ce sont des œuvres que l'on ne peut effleurer, et\nqu'il faut examiner dans le détail, quant à la technique et quant au sentiment. Je renvoie donc\naux études publiées sur ces compositions et, surtout, aux textes mêmes.\nLe Clavecin bien tempéré, pour ne parler que de lui, a pourtant une autre\nimportance que la serrure de la porte d'entrée de la maison où naquit Bach !\nM. Pirro prépare une thèse de doctorat sur J.-S. Bach. Il s'est sans doute\nréservé pour cet ouvrage, que nous attendons, et qui nous permettra de le juger\ndans de meilleures conditions (1).\n\nC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "375", "page_fin": "377", "image_debut": 13, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.3", "titre_corps": "J.-G. PROD'HOMME: les Symphonies de Beethoven (1800-1827), avec préface de M. Ed Colonne, 1 vol. 481 p., librairie Delagrave, 5 fr.", "titre_sommaire": "J.-G. PROD'HOMME: les Symphonies de Beethoven (1800-1827), avec préface de M. Ed Colonne, 1 vol. 481 p., librairie Delagrave, 5 fr.", "signature_source": "C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "375", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.13", "debut_caractere": 2529, "fin_caractere_exclue": 4196, "texte": "J.-G. PROD'HOMME: les Symphonies de Beethoven (1800-1827), avec préface de\nM. Ed Colonne, 1 vol. 481 p., librairie Delagrave, 5 fr.\n\n— M. Prod homme étudie\nune à une les symphonies. A propos de chacune d'elles, il donne d'abord une\ntranche de la biographie de Beethoven ; puis il analyse l'œuvre, un peu comme\non le fait aujourd'hui sur les programmes de concert (il ne va guère plus loin) ;\nil signale l'accueil fait à la première exécution, réunit des témoignages de con-\ntemporains, accumule le plus de renseignements possible. Le livre, à la fois bio-\ngraphique et de description technique, témoigne d'un sérieux travail et constitue\nune vulgarisation très utile. Ce qui lui manque un peu, ce sont les idées di-\nrectrices. J'en signalerai une qui aurait dû, à mon sens, trouver ici sa place.\nBeethoven est (avec Weber) le compositeur qui permet de constater le plus\nsouvent un désaccord absolu entre la vie de l'homme et l'œuvre de l'artiste.\n\n(1) M. Pirro ne parle pas assez pour le lecteur ; il a souvent l'air de faire un monologue ; ainsi,\ndes mots tels,que chrie (exercice d'amplification oratoire donné aux collégiens), mettenchor (chan-\nteurs de malines) ne sont pas expliqués et demandaient une note.— Çà et là, diverses coquilles;\np. 29, que signifie la phrase : « On y rencontre des passages où l'emploi des accords à plu-\nsieurs parties, etc... ».- Dins la bibliographie, même défaut de proportion que dans le reste\ndu livre. On y voit cités de simples programmes de concert, et des travaux importants ne sont\npas mentionnés. 'vPour les omissions, je renvoie à une excellente note de M. Rudolf Schwartz\npubliée en mars dernier, Signale f. musik. Weet)."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "376", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3732, "texte": "Prenons un exemple : la IIe Symphonie (op. 36, 1802). Ace moment, Beethoven\nest très malheureux, je n'ai, pour le prouver, qu'à citer M. Prod homme :\nLes premières années du siècle marquent l'apparition de ces « puissances de ténèbres » (fins-\ntere Mâchte, dit Wasielewski) qui assombrirent l'existence de Beethoven dès 1 âge de vingt-huit\nou trente ans. Lors de l'exécution delà Ire Symphonie, en 1800, Beethoven avait déjà ressenti les\npremières atteintes du mal qui ne devait plus le quitter, et dont aucuns soins ne purent jamais\nle guérir :la surdité. Peut être même, en 1796 et en 97, l'infirmité incurable avait-elle fait\nson apparition, à la suite d'un refroidissement. Les lettres de Beethoven, assez nombreuses à cette\népoque, nous révèlent les premières attaques sérieuses en 1800-1801 ; ce sont des confidences\ntrès intimes faites à son ami d'enfance, le docteur Wegeler, et à Cari Amenda, pasteur en Cour-\nlande ; à celui-ci, il écrit vers le mois de juin 1800 :\n« Mon cher, mon bon Amenda, mon ami de cœur, c'est avec une profonde émotion, avec un\nmélange de douleur et de plaisir que j'ai reçu et lu ta dernière lettre. A quoi comparer ta fidélité,\nton attachement pour moi ! Oh 1 cela est bien beau que tu sois toujours resté si bon pour moi!\nOui, je sais que tu es un ami éprouvé, à part, tu n'es pas un ami viennois ; non : tu es un ami pareil\nà ceux que le sol de ma patrie sait produire ! combien de fois te souhaité-je auprès de moi ! car ton\nBeethoven vit très malheureux ; sache que la plus noble partie de moi même, mon ouïe, a beau-\ncoup perdu ; déjà, lorsque tu étais auprès de moi, j'en sentais des symptômes, mais je le taisais,\nmaintenant cela n'a fait qu'empirer ; une guérison est-elle possible? J'en suis encore à l'attendre. »\n(Prod'homme, p. 31-32.)\nBeethoven écrit à Wegeler :\nPour te donner une idée de cette étrange surdité, je te dirai qu'au théâtre je dois me pencher\ntout contre l'orchestre pour comprendre l'acteur. Les sons élevés des instruments, les voix, si je\nsuis un peu loin, je ne les entends pas ; dans la conversation, chose étonnante, il y a des gens\nqui ne l'ont jamais remarqué; comme j'avais très souvent des distractions, on croit que c'est cela.\nParfois aussi j'entends à peine si on parle doucement et encore rien que les sons, pas les\nmots; pourtant, sitôt que quelqu'un crie, cela m'est insupportable. Qu'en adviendra t-il ? Le ciel\nle sait. Vering dit que cela ira mieux, sinon tout à fait bien. —J'ai souvent maudit mon existence\net le créateur; Plutarque m'a conduit à la résignation. Je veux, si je ne puis faire autrement, bra-\nver mon destin, bien qu'il doive y avoir des moments de ma vie où je serai la créature la plus\nmalheureuse de Dieu, (cité ibid., p. 34.)\nL\"homme est, alors, si malheureux, qu'il écrit ainsi son testament célèbre :\nG hommes qui me croyez ou me déclarez vindicatif, morose ou misanthrope, comme vous me\nfaites tort ! vous ne connaissez pas le motif secret de ce qui vous semble tel. Mon cœur et mon\ncaractère étaient dès mon enfance enclins au doux sentiment de la bienveillance. Je fus même\ntoujours disposé à accomplir de grandes actions. Mais rappelez-vous seulement que depuis six\nans je me trouve dans un état douloureux, aggravé par des médecins incapables, déçu d'année\nen année de 1 espoir de guérir, accablé enfin par la perspective d'une maladie chronique (dont la\nguérison demandera peut-être des années, si même elle n'est impossible).\nJe borne là cette énumération de documents. Ainsi, l'homme, en 1802, est\ndans un abîme de détresse. Or le Compositeur écrit, à ce moment précis, une\nœuvre tout ensoleillée de joie :\nC'est une poussée de jeunesse triomphante, avec une pointe d'insouciance ou\nde malice :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "377", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1977, "texte": "Le larghetto de ce poème de printemps a bien, comme dit Grove, « une élé-\ngante et indolente beauté», surtout de la tendresse, de la grâce, de la légèreté ;\net le scherzo est « franchement gai dans sa capricieuse fantaisie » (Berlioz) ! Et\nle finale est un badinage plein de finesse et de piquant ! Comment expliquer cette\ncontradiction, ignorée de Taine, entre la vie et fart? M. Prod'homme, qui,\nd'habitude, choisit d'autres autorités, cite l'opinion de M. Bellaigue, d'après\nlequel Beethoven, écrivant la IIe Symphonie, aurait composé « un héroïque men-\nsonge ». Je ne crois pas à Beethoven se mentant à lui-même pour faire un chef-\nd'œuvre, chose impossible absolument. L'admirable musicien était parfaite-\nment sincère ; mais ne nous imaginons pas que la musique traduise, ou ait à\ntraduire ces misères (maladie, amour déçu, besoin d'argent) qui sont à la sur-\nface d'une personnalité, et auxquelles nous, qui n'écrivons pas de symphonies,\nnous sommes surtout sensibles; ce qu'elle exprime, c'est la nature foncière de\nl'artiste ; à l'égard de ce qui fait la vie commune, notre vie, elle est plutôt une\nlibération. Or, ce qu'il y avait, au tréfonds d'un Beethoven, c'était la joie expan-\nsive, jeune, aimante, débordante. On la trouve dans toutes les symphonies. Les\nmots inscrits en tête de la Ve (Ainsi frappe le Destin à notre porte) sont une\nplaisanterie, que M. Homais seul peut prendre au sérieux. Le premier mouve-\nment de la IXe n'est sombre que pour une raison d'ordre artistique : contraste\nétabli instinctivement, pour aboutir à Y Hymne à la joie!\nLes symphonies devront être étudiées, un jour, à un autre point de vue. La\nsymphonie réunit en elle les types principaux de composition : prélude religieux,\nchant et danse. Pour expliquer comment ces pièces, d'origine si différente, sont\narrivées à former un tout, il faudra autre chose que de petits témoignages\nrecueillis un peu partout. Une large étude sociologique sera nécessaire.\n\nC."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c020", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "377", "page_fin": "378", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.4", "titre_corps": "MAURICE GANDILLOT : Essai sur la gamme, i vol., 675 pages, avec nombreuses", "titre_sommaire": "MAURICE GANDILLOT : Essai sur la gamme, i vol., 675 pages, avec nombreuses", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "377", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.15", "debut_caractere": 1979, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "MAURICE GANDILLOT : Essai sur la gamme, i vol., 675 pages, avec nombreuses\nplanches et textes musicaux, chez Gauthier-Villars, 32 fr. Cet énorme et\nsavant ouvrage est divisé en dix parties dont voici les titres : Consonance ;\ngenèse des échelles et des gammes ; contrepoint ; dissonance rattachements ; en-\nharmonie ; intervalles ; gammes diverses ; applications musicales / tempérament. A\nla fin de chacune de ces parties se trouve un « résumé » qui donne la substance\nde tout le développement antérieur. La préface est écrite sous la forme d'un dia-\nlogue entre un compositeur et l'auteur qui défend et explique sa méthode. On ne\nrésume pas un ouvrage de ce genre, car il est lui-même, à chaque page, un ré-\nsumé, puisqu'il condense les faits musicaux dans les formules de la science.\nCritiquant le dogmatisme trop absolu des professeurs d'harmonie, M. Gandillot\nleur reproche de dire: « on doit faire telle chose », alors que, se bornant à décrire\nles usages des maîtres, ils auraient dû dire : « on peut ». Il a parfaitement raison,\nmais il a le tort d'oublier que les traités d'harmonie s'adressent aux élèves du\nConservatoire, c'est-à-dire à des enfants ; or, il n'y a d'enseignement que là où il\ny aun dogmatisme très net. Dogmatisme de circonstance, d'ailleurs, et tout à\nfait provisoire! Les propositions et les analyses de M. Gandillot reposent sur le\nprincipe des rapports simples ; c'est une base qui nous paraît bien fragile ! La\ndéfinition de la dissonance (p. 105 : un accord dissonant est celui qui réunit les\nnotes provenant d'échelles différentes) est inadmissible. Cet ouvrage, témoignant\nd'autant de savoir que de vigueur d'esprit, est d'une étendue exceptionnelle, et\ncependant je lui reprocherai d'être incomplet sur trois points importans : il ne dit"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 260, "texte": "rien des gammes exotiques ; il ne donne pas de bibliographie ; il laisse complè-\ntement de côté l'histoire des théories sur la gamme. Souhaitons cependant que\nl'auteur trouve, dans le public, la récompense méritée par ce grand travail !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "378", "page_fin": "378", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.5", "titre_corps": "BIBLIOGRAPHIE DES BÉNÉDICTINS DE LA CONGRÉGATION DE FRANCE. Sous ce", "titre_sommaire": "BIBLIOGRAPHIE DES BÉNÉDICTINS DE LA CONGRÉGATION DE FRANCE. Sous ce", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.16", "debut_caractere": 262, "fin_caractere_exclue": 1203, "texte": "BIBLIOGRAPHIE DES BÉNÉDICTINS DE LA CONGRÉGATION DE FRANCE. Sous ce\ntitre vient de paraître (chez Champion) un volume qui semble surtout destiné\naux membres de la congrégation, mais où les musiciens profanes sont heureux\nde retrouver l'indication des travaux de Dom Pothier, D. Schmit, D. André\nMocquereau, D. Jean Parisot, D. Etienne Bourigaud, D. Charles Mégret,\nD. Augustin Gatard, D. Casiano Rojo, etc. ; n'oublions pas Dom Antoine\nDelpech, collaborateur des premiers volumes delà Paléographie musicale, auteur\nd'accompagnements d'orgue pour le Kyriale et les psaumes, ni les Noëls\nanciens de Dom Legeay. Cette bibliographie bénédictine si brillante est précé-\ndée d'une Introduction ; elle contient une notice sur le cardinal Pitra, et, avec le\nportrait de ce dernier, celui de Dom Guéranger. Elle est présentée suivant\nl'ordre alphabétique des noms propres ; dans un travail destiné au public, on\neût probablement adopté un autre plan."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "378", "page_fin": "378", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.6", "titre_corps": "D. ANDRÉ MOCQUEREAU :Le décret du iq février igoô de la S. Congrégation", "titre_sommaire": "D. ANDRÉ MOCQUEREAU :Le décret du iq février igoô de la S. Congrégation", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.16", "debut_caractere": 1205, "fin_caractere_exclue": 2999, "texte": "D. ANDRÉ MOCQUEREAU :Le décret du iq février igoô de la S. Congrégation\ndes Rites et les Signes rythmiques des Bénédictins de Solesmes, brochure de 25 p.,\nchez Desclée. Sous ce titre, le savant directeur de la Paléographie musicale\npublie une brochure (chez Desclée) où il démontre : i° que les signes rythmiques\nintroduits dans la notation du plain-chant (allongement de la queue de cer-\ntaines notes, petit trait vertical placé sur le côté des notes en losange) sont la\npropriété des Bénédictins ; 20 que la Cour romaine, tout en éditant elle-même les\nlivres de chant, grâce au généreux abandon que les Bénédictins lui ont fait de\nleurs travaux en 1904, a autorisé, à maintes reprises, l'emploi de ces signes\nrythmiques, pourvu quils ne changent pas la forme de la note. Démonstration\nun peu surprenante, en vérité, et qui laisse soupçonner des dessous, de vagues\nschismes typographiques ! Il y a bien, dans les textes officiels, tout ce que leur\nfait dire Dom Mocquereau : mais il y a aussi des réserves, des ambiguités dont\nil ne tient pas compte. Dans ses divers actes, la cour romaine a montré une\ndiplomatie italienne qui, trop souvent, manqua de netteté. Pour nous, l'école\nnormale du plain-chant est chez les Bénédictins (bien que nous n'acceptions pas\nleurs dernières théories sur le rythme) et non ailleurs. Tout le reste (privilèges,\ndroit d'imprimer, etc...) est affaire de commerce. Dans sa brochure, Dom\nMocquereau cite une circulaire du président du Conseil français, qui, après la\nfin du privilège de fait concédé à un éditeur de Ratisbonne, invite les évêques\nà n'adopter dans leurs diocèses que des livres imprimés par des travailleurs\nfrançais. Pourquoi faut-il que l'auteur raille cette circulaire et y voie « un acte\nd'hostilité contre Solesmes » ? Elle est irréprochable."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "378", "page_fin": "378", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.7", "titre_corps": "EMILE BOUANT : Leçons de physique à V usage des lycées de jeunes filles, 1 vol.,", "titre_sommaire": "EMILE BOUANT : Leçons de physique à V usage des lycées de jeunes filles, 1 vol.,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.16", "debut_caractere": 3001, "fin_caractere_exclue": 3360, "texte": "EMILE BOUANT : Leçons de physique à V usage des lycées de jeunes filles, 1 vol.,\n235 gravures d?nsle texte, chez Alcan, 2 fr. 80. Ce petit livre, écrit par un\nancien élève de 1 Ecole normale, aujourd hui professeur au lycée Charlemagne,\nmérite d'être signalé ici, car, dans les 47 premières pages, il résume et expose\ntrès clairement les lois de l'acoustique."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "378", "page_fin": "379", "image_debut": 16, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.8", "titre_corps": "ADOLPHE BOSCHOT :A a jeunesse d'un romantique, Hector Berlioz (1803-1831),", "titre_sommaire": "ADOLPHE BOSCHOT :A a jeunesse d'un romantique, Hector Berlioz (1803-1831),", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.16", "debut_caractere": 3362, "fin_caractere_exclue": 3518, "texte": "ADOLPHE BOSCHOT :A a jeunesse d'un romantique, Hector Berlioz (1803-1831),\nd'après de nombreux documents inédits, avec trois portraits, 1 vol., 541 p., chez"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "379", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.17", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 925, "texte": "Pion, 4 fr. —(( J'ai travaillé, dit l'auteur, à cette histoire d'un romantique avec\namour, en toute simplicité, et dans le seul désir d'approcher autant que possible\nde la vérité, — de la vie. » Le livre justifie cette déclaration ; il réunit tous les\ndocuments que l'auteur a pu se procurer, mais il est déjà en retard sur quelques\npoints. La Revue musicale (n° du 15 février 1906) a publié deux lettres du grand\ncompositeur à Mme Lesueur (plus la fameuse lettre où Berlioz se déclare classique)\nqui résument la psychologie du sujet, et que M. Boschot paraît ignorer. La la-\ncune de son livre, c'est qu'il est exclusivement littéraire ; on y cherche vaine-\nment la musique : n'est-ce pas cependant elle qui pouvait permettre au biographe\nnon seulement d? « approcher » la vie, mais de l'atteindre ? L'ouvrage n'en est\npas moins très consciencieux, utile, et nous paraît assuré du succès."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "379", "page_fin": "379", "image_debut": 17, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.2.9", "titre_corps": "EMILE BAUMANN, Les grandes formes de la musique ; l'œuvre de Camille Saint-Saëns, 1 vol. 475 p., Ollendorf, 1905,3 fr. 50.", "titre_sommaire": "EMILE BAUMANN, Les grandes formes de la musique ; l'œuvre de Camille Saint-Saëns, 1 vol. 475 p., Ollendorf, 1905,3 fr. 50.", "signature_source": "S", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "379", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.17", "debut_caractere": 927, "fin_caractere_exclue": 2356, "texte": "EMILE BAUMANN, Les grandes formes de la musique ; l'œuvre de Camille Saint-Saëns,\n1 vol. 475 p., Ollendorf, 1905,3 fr. 50.\nS.\n- L'auteur a une plume élégante\net il aime beaucoup la musique de Camille Saint-Saëns ; deux qualités dont\nnous le louons très vivement. Mais ce livre a un grave défaut : il n'est point\nmusical. Le titre, qui annonce un travail précis, paraît être une simple formule\nde panégyrique en l'air, un trait de chic. Le chapitre 111 est intitulé : les formes.\nJe vais droit à lui, pensant que là se trouve l'idée maîtresse du volume. Je n'y\nrencontre qu'une phrase de... Spinoza, noyée dans des généralités et une rhéto-\nrique insuffisantes. L'étude des « grandes formes » musicales, avec un Saint-\nSaëns pour base d'observation, devait être tout autre ; il y faut autant de pré-\ncision que si on voulait décrire les grandes formes en architecture. Dans une\nnote de la p. 9, l'auteur (s'appropriant une définition donnée par les philosophes\ngrecs, mais ici hors de propos), dit : «Nous entendons par forme la somme des\naspects limités où se définit un être, soit dans l'espace tangible, soit dans la\npensée. » Il n'est pas possible qu'en reproduisant cette définition classique,\nl'auteur ait cru caractériser les formes de la composition musicale.\nP. ET L. HILLEMACHER : Pièce de concert pour harpe chromatique, (chez Joanin,\n22 rue des Saints-Pères, 5 fr.). Œuvre d'une allure très artistique, mais difficile."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "379", "page_fin": "384", "image_debut": 17, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.3", "titre_corps": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "titre_sommaire": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "379", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.17", "debut_caractere": 2358, "fin_caractere_exclue": 3342, "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nLÉS MODES DIATONIQUES (Suite): LE MODE HYPODORIEN\n\n(résumé par Emile Dusselier).\nOn sait que si le roi Henri IV a régné en France, c'est à la vertu d'une incan-\ntation magique qu'on le doit. Un écrivain du xvie siècle, Favyn, nous a transmis\nles faits suivants. Henri d'Albret avait promis àsa fille Jeanne, si, au moment\nde ses couches, elle chantait certaine chanson béarnaise « pour ne pas faire url\nenfant rechigné », de lui donner une chaîne d'or qui pùt faire vingt-cinq fois le\ntour de son cou, et une boîte d'or contenant son testament. « Les douleurs pour\n« enfanter, dit Favyn, la prirent entre minuit et une heure... Leroy, averti par\n« Cotin, descend tout aussi tôt. La princesse, l'oyant entrer dans sa chambre,\n« commença de chanter ce motet en langue béarnaise: Notre-Dume du bout du\n« pont... Au bout du pont du Gave, qui passe en Béarn, en allant à luranson,\n« était pour lors un oratoire dédié à la Vierge sacrée, illustrée de miracles, à"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "380", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.18", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 870, "texte": "« laquelle les femmes grosses se vouaient pour avoir heureux et bref accouche-\n« ment. La princesse n'eut pas plutôt rachevé cette prière, qu'elle accoucha du\n<( prince qui commande à présent à la France. Le bon Henry, rempli d'une joie\n« indicible, mit la chaîne d'or au col, et la boîte où était son testament dans la\n« main de la princesse sa fille, lui disant : Voilà qui est à vous, ma fille, mais\n« ceci est à moi ; et prenant l'enfant dans sa grand robe, il l'emporta dans sa\n(( chambre où il le fit accommoder ». Suit l'anecdote sur la gousse d'ail dont les\nlèvres du nouveau-né furent frottées, et sur la coupe de vin dont on lui mit\nen la bouche « une goutte qu'il avalla fort bien ».\nVoici cette incantation (je l'appelle ainsi, car le sens de la prière adressée à la\nVierge se rattache aux plus antiques croyances des primitifs) :"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "381", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.19", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2255, "texte": "Cette chanson a été recueillie et harmonisée (à la moderne !) par Frédéric Rivarès (Chansons\net airs populaires du Béarn, 1868, en dépôt à Paris, chez Champion, éditeur). Voici la\ntraduction des paroles :\nNotre-Dame du bout du pont, Secourez-moi à cette heure ; Demandez au Dieu du ciel\nQu'il veuille venir me délivrer promptement ; D'un garçon qu'il me fasse le don : Tout,\njusqu au haut des monts, l'implore. Notre-Dame du bout du pont, Secourez moi à celte\nheure !\nCelte charmante mélodie est écrite dans le ton de fa, sur une gamme où la\nthéorie moderne voit une variété de notre mineur. Mais peu importe le ton, arbi-\ntraire et facultatif. Ce qui nous intéresse présentement, c'est le mode. La gamme\nn'est qu'une transposition de la gamme\nCette dernière réalisation du mode est la plus ancienne ; c'est celle dont nous\nallons nous occuper. Sa présence dans les mélodies populaires du Béarn n'est\nqu un cas particulier; c'est une construction musicale fort ancienne.\nL'échelle modale de la H à la S s'appelait chez les anciens harmonie hypodo-\nvienne ou éolienne. D'après Gaudence (écrivain du ne siècle de l'ère chrétienne\nqui, dans son Introduction harmonique, a reproduit la doctrine de son maître\nAristoxène), nous voyons que c'était un mode entièrement semblable à notre\nmineur descendant. De cette gamme antique est sortie notre mineur-type mo-\nderne ; sur ce point, il y a un témoignage curieux, celui de la seconde femme\nde Bach, Anna Magdalena. L'octave hypodorienne avait sa division sur mi (une\nquinte au grave et une quarte à l'aigu). Parmi les monuments de la musique\ngréco-romaine, nous possédons quelques petites compositions, d'ailleurs sans\nimportance, où la note mi, au début et à la conclusion de la mélodie, joue le plus\nsouvent le rôle d'une dominante subordonnée à la tonique hypodorienne la (un\nExercice, ou accompagnement instrumental, xpouGiq, et une mélodie instrumentale,\ntirés d'un traité anonyme : publiés par Westphal, Metrik der Griechen, 2e éd.,\nLeipzig, 1867, vol. I, suppl. p. 50-65. Cf. Gevaert, Histoire de la musique de\nl Antiquité, I, p. 141). Dans le système de Ptolémée, la gamme hypodorienne\nn'est autre qu'une gamme dorienne àito J„S<7Y;Ç, c'est-à-dire qu'elle a sa finale .sur\nmi."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "382", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.20", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 4564, "texte": "Cette division de l'octave sur mi— importante pour la construction d une mé-\nlodie nous permet de trouver son équivalent exact dans le système musical du\nmoyen âge et de prévenir quelques confusions. Celui des modes du plain-chant\nqui peut être regardé comme identique à l'hypodorien. ce n est pas le plagal {la)\ndu « Protus authentus » {ré), mais le ixe ton, la-mi-la. On retrouve cependant le\nmode hypodorien dans la plupart des chants du protus authentus {ré\\ parce que\ncette dernière gamme remplace le plus souvent le si S par le si b et qu'alors la\ngamme ré-mi-fa-sol-la-sib-do-ré devient une transposition de la-si-do-ré mi-fa-\nsol-la (ex. l'introït Da potcem, Domine, dimanche XVIII après la Pentecôte, p. 345\ndu graduel de Solesmes, l'offertoire Super flumina Babylonis, Dom. XX post\nPentec., ibid., p. 3 50, etc...) Cette transformation du si Û en si b est presque de\nrègle, et là où le si est éliminé (ex. les introïts : Domnius, fortitudo plebis mece,\nDom. VI post Pent. ; le répons-graduel Justus utpalma florebit9 etc. , c'est unsfb\nqu'on se plaît à sous-entendre. « Ce trait caractéristique, dit M- Gevaert, qui se\nreproduit avec une fidélité surprenante dans les mélodies de la plupart des\npeuples européens, semble être dans la nature de ce mode ; car il n'est pas pos-\nsible de supposer qu'il se soit transmis d'âge en âge par une tradition conti-\nnue. »\nM. Gevaert (Hist. de la musique dans VAntiquité, I, p. 143) cite les mélodies hypodoriennes\nsuivantes: Souterliedekens (c'est-à-dire Psautier, imprimé à Anvers en 1540), ps. 3, 33, 40, 45,\n49, 62, etc. ; Chardavoine (en un Recueil des voix de ville, Paris, 1576, qu'à la Bibliothèque du\nConservatoire de Bruxelles on m'a déclaré avoir appartenu à Fétis, mais être actuellement perdu),\npp. 1, 20, 29, 30, 50, 56, etc. ; Ahlstrôm, Nordiska folksvisor, n°s 26, 42, 48, 54, 67, 101, 162,\n185, 269 etc.\nA ces références j'ajouterai : le Recueil de chants populaires grecs publié par Georgios A.\nPachticos (t. A', Athènes, 1905) ;on trouve la gamme de ré à ré avec si b aux nos 3, 5, 6, 8, 12,\n15, 19, 30, 37, 44, 56,61, 66, 73,83, 85, 103, 116; ibid. Chants populaires de la Thrace, nos 137,\n149 (ce dernier avec un do# qui est une broderie dure), 155, 158 (?), 166; ibid. Chants de VEpire\net de l'Albanie, 219, 228, 230. La gamme diatonique de la se trouve: dans le recueil de Pachticos,\nhos 36, 54 (début avec anacrouse sur sol) ; 80, 82, 89, 117, 119, 123 (ce dernier avec broderie\ninférieure et supérieure du la, à la fin de la mélodie) ; 156, 169, 174, 184, 204 (chants de la\nMacédoine). Pour les mélodies slaves et Slovènes: mode hypodorien (en la pur) dans le Recueil\nSlovenské Spevy, Diel 11, Turc. S. V. Martin, 1893, nos 375, 384, 386, 390, 423 ; transposition du\nmême en ré avec si\\>, ibid. Noi 350, 356 et 357 (avec un sit comme note de passage) ; transpo\nsition en fa (avec la \\>, si b, rè\\>, et mi\\>), ibid. 354 ; en mi (avec fa Jf), ibid. 360 ; en sol\n(avec si \\) et mi b), 331, 368, 371, 422, 424, 425, 430. Cf. Chants nationaux russes par Rimsky-\nKorsakof, Petersbourg, 1870, n° 30, et le recueil Ludvik Kuba, Bartos, 2e cahier, Chants populaires\nmoraves, 1888, n° 15. Pour les transpositions du mode hypodorien dans une autre gamme que rg,\ncf. Slovenské Spévy, etc., nos 335, 338, 343, 345.. ; Ludvik Kuba, etc., 12 (avec le 2e couplet),\n19, etc., etc... Dans les Chansons populaires des Alpes françaises (Tiersot, Grenoble, 1903) cf. La\npéronelle, chanson du xve siècle, p. 13 (avec broderie inf. de la finale), le Dépai t des soldats pic-\nmontais (refrain d'après la version Morel Retz, p. 79), la Complainte du chaudronnier (p. 150,\navec brod. inf.) ; l'Enlèvement en mer (p. 173, n° 3) ; le Galant indiscret (p. 272) ; les Filles sont\ncomme les roses (p. 285), la Maumarièe p. 3 9) ; le Salut àla mariée (p. 324) ; le Pauvre Labou-\nreur (p. 463) ; Marmotte (p. 480, avec une musique de Beethoven) ; la danse Baccu-Ber, p.\netc... Comme on le voit, il y a là un nouveau témoignage en faveur de l'universalité du mode\nmineur.\nAu xviè siècle, dans la musique savante, l'échelle de la est devenue, avec Gla-\nréau, le mode éolien, qui désormais est traité à un point de vue nouveau, celui\nde la polyphonie. A 1 idée de division arithmétique et harmonique se substitue\npeu à peu l'idée de tonique et de dominante. Voici ce qu'on peut dire du mode\néolien dans cette 3e période de son histoire.\nComme ses notes caractéristiques sont Yut B et le fa H, il en résulte que sur sa\ntonique et sur ses deux dominantes (ré, mi) l'éolien (maintenant, nous désignons"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "383", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.21", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "ainsi l'hypodorien) a trois harmonies mineures; mais comme la septième, 50/ G,\nn'est pas un de ses sons caractéristiques, elle peut être diésée ; il s'ensuit que\nle mode peut avoir sur sa dominante un accord majeur, et donner par consé-\nquent lieu à une cadence précise et régulière, au sens moderne de ces mots.\nD'autres modulations (normales au point de vue du système moderne) lui sont\ninterdites et voici pourquoi. 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Notre-Dame du bout du pont, Secourez moi à celte\nheure !\nCelte charmante mélodie est écrite dans le ton de fa, sur une gamme où la\nthéorie moderne voit une variété de notre mineur. Mais peu importe le ton, arbi-\ntraire et facultatif. Ce qui nous intéresse présentement, c'est le mode. La gamme\nn'est qu'une transposition de la gamme\nCette dernière réalisation du mode est la plus ancienne ; c'est celle dont nous\nallons nous occuper. Sa présence dans les mélodies populaires du Béarn n'est\nqu un cas particulier; c'est une construction musicale fort ancienne.\nL'échelle modale de la H à la S s'appelait chez les anciens harmonie hypodo-\nvienne ou éolienne. D'après Gaudence (écrivain du ne siècle de l'ère chrétienne\nqui, dans son Introduction harmonique, a reproduit la doctrine de son maître\nAristoxène), nous voyons que c'était un mode entièrement semblable à notre\nmineur descendant. De cette gamme antique est sortie notre mineur-type mo-\nderne ; sur ce point, il y a un témoignage curieux, celui de la seconde femme\nde Bach, Anna Magdalena. L'octave hypodorienne avait sa division sur mi (une\nquinte au grave et une quarte à l'aigu). Parmi les monuments de la musique\ngréco-romaine, nous possédons quelques petites compositions, d'ailleurs sans\nimportance, où la note mi, au début et à la conclusion de la mélodie, joue le plus\nsouvent le rôle d'une dominante subordonnée à la tonique hypodorienne la (un\nExercice, ou accompagnement instrumental, xpouGiq, et une mélodie instrumentale,\ntirés d'un traité anonyme : publiés par Westphal, Metrik der Griechen, 2e éd.,\nLeipzig, 1867, vol. I, suppl. p. 50-65. Cf. Gevaert, Histoire de la musique de\nl Antiquité, I, p. 141). Dans le système de Ptolémée, la gamme hypodorienne\nn'est autre qu'une gamme dorienne àito J„S<7Y;Ç, c'est-à-dire qu'elle a sa finale .sur\nmi."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "382", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.20", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 4564, "texte": "Cette division de l'octave sur mi— importante pour la construction d une mé-\nlodie nous permet de trouver son équivalent exact dans le système musical du\nmoyen âge et de prévenir quelques confusions. Celui des modes du plain-chant\nqui peut être regardé comme identique à l'hypodorien. ce n est pas le plagal {la)\ndu « Protus authentus » {ré), mais le ixe ton, la-mi-la. On retrouve cependant le\nmode hypodorien dans la plupart des chants du protus authentus {ré\\ parce que\ncette dernière gamme remplace le plus souvent le si S par le si b et qu'alors la\ngamme ré-mi-fa-sol-la-sib-do-ré devient une transposition de la-si-do-ré mi-fa-\nsol-la (ex. l'introït Da potcem, Domine, dimanche XVIII après la Pentecôte, p. 345\ndu graduel de Solesmes, l'offertoire Super flumina Babylonis, Dom. XX post\nPentec., ibid., p. 3 50, etc...) Cette transformation du si Û en si b est presque de\nrègle, et là où le si est éliminé (ex. les introïts : Domnius, fortitudo plebis mece,\nDom. VI post Pent. ; le répons-graduel Justus utpalma florebit9 etc. , c'est unsfb\nqu'on se plaît à sous-entendre. « Ce trait caractéristique, dit M- Gevaert, qui se\nreproduit avec une fidélité surprenante dans les mélodies de la plupart des\npeuples européens, semble être dans la nature de ce mode ; car il n'est pas pos-\nsible de supposer qu'il se soit transmis d'âge en âge par une tradition conti-\nnue. »\nM. Gevaert (Hist. de la musique dans VAntiquité, I, p. 143) cite les mélodies hypodoriennes\nsuivantes: Souterliedekens (c'est-à-dire Psautier, imprimé à Anvers en 1540), ps. 3, 33, 40, 45,\n49, 62, etc. ; Chardavoine (en un Recueil des voix de ville, Paris, 1576, qu'à la Bibliothèque du\nConservatoire de Bruxelles on m'a déclaré avoir appartenu à Fétis, mais être actuellement perdu),\npp. 1, 20, 29, 30, 50, 56, etc. ; Ahlstrôm, Nordiska folksvisor, n°s 26, 42, 48, 54, 67, 101, 162,\n185, 269 etc.\nA ces références j'ajouterai : le Recueil de chants populaires grecs publié par Georgios A.\nPachticos (t. A', Athènes, 1905) ;on trouve la gamme de ré à ré avec si b aux nos 3, 5, 6, 8, 12,\n15, 19, 30, 37, 44, 56,61, 66, 73,83, 85, 103, 116; ibid. Chants populaires de la Thrace, nos 137,\n149 (ce dernier avec un do# qui est une broderie dure), 155, 158 (?), 166; ibid. Chants de VEpire\net de l'Albanie, 219, 228, 230. 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Le premier choral, tiré du recueil de\nMarx (n° 1, Ach, Gott vom Himmel) nous montre un mode qui semble hésiter\nentre le dorien (mi) et 1 hypodorien. Par trois fois (périodes 1, 3, 5) le chant\nconclut sur le si G, c'est-à-dire sur la dominante de la dominante de la G :\nA la 3e période, l'échelle diatonique de la est transposée en mi :\nMais à chaque instant l'harmonisateur moderne introduit la note sensible pour\nsimplifier son travail ; et il conclut (sans nécessité) en mi ionien, soit en majeur.\n- Dans le choral n° 2, mêmes altérations, sauf dans la première période. Il est\ndommage d oter leur vrai caractère (par un fa%) à des clausules comme celle-ci\n(dernière période) :\nLa mélodie populaire n° 3 est analogue, pour les modulations, au choral n° 1 ;\nelle conclut deux fois de suite à la dominante de sa dominante. Le fragment de\nRimsky-Korsakof (n° 4) nous fait voir un cas extrêmement fréquent : 1 échelle de\nré avec un si ce qui l'assimile àun hypodorien transposé. 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C'est la Cantate en ïhonneur de Ghnka, de Bala-\nkrrew (écrite par ce dernier, pour le centenaire de son ancien maître, en 1904) :\nOn voit 1 identité modale\nDans l'harmonisation de cette cantate, aucune note étrangère au mode ne vient\ndéranger l'ordre des intervalles.\n[A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "380", "page_fin": "381", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.3.1.6", "titre_corps": "CANTIQUE DE JEANNE D'ALBRET", "titre_sommaire": "CANTIQUE DE JEANNE D'ALBRET", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "380", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.18", "debut_caractere": 872, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "CANTIQUE DE JEANNE D'ALBRET"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "384", "page_fin": "389", "image_debut": 22, "image_fin": 27, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.4", "titre_corps": "Notes sur la musique orientale.", "titre_sommaire": "Notes sur la musique orientale.", "signature_source": "P.-J. THIBAULT, Des Aug. de l'Assomption", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "384", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.22", "debut_caractere": 1033, "fin_caractere_exclue": 1849, "texte": "Notes sur la musique orientale.\nLE RYTHME ET LA MESURE.\n\nLe rythme c'est-à-dire l'harmonie des nombres et des mouvements appliquée\nà la mélodie constituait chez les anciens l'élément principal et prédominant de\ntoute œuvre musicale. Les Hellènes, en particulier, ont porté cette partie de l'art\nà un degré de perfection que n atteindra certes jamais la musique moderne, pat\nla raison bien simple qu'elle est essentiellement métrique, ce que nous appelons\nrythme n'étant en réalité que la perception d'un mètre musical. Aussi bien, force\nnous est, encore aujourd'hui, de recourir à l'Orient, gardien fidèle des traditions\ndu passé, pour nous faire, par voie directe d'expérimentation, une idée exacte du\nrôle et de l'importance d'un rythme logiquement préposé comme élément essen-\ntiel et informateur de la mélopée.\n."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "385", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.23", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3500, "texte": "Malheureusement pour nous, les quelques pages que les Kossegarten (1), les\nKiesseveter (2) et les Fétis (3) ont consacrées à l'étude de la musique et du rythme\ndans la musique arabe sont insuffisantes, et leur enseignement est trop vague et\ntrop superficiel pour n'être pas sujet à caution. Tout le mérite de ces savants\nauteurs a été d ouvrir la voie ; d'autres, espérons-le, ne tarderont pas à reprendre\net à parachever leur œuvre.\nL'art oriental est essentiellement lyrique; il unit d'ordinaire, comme jadis chez\nles Grecs, les trois arts qui réalisent l'harmonie dans la durée : la poésie, la\nmusique, la danse. Toutefois, chacun d'eux a sa technique propre, et, contraire-\nment à ce qu'enseigne Fétis, les théoriciens arabes et persans tels que Farabbi\net Abd-el-Kader ont bel et bien « traité dans leurs ouvrages de la mesure des\ntemps et de leurs combinaisons au point de vue musical ».\nPour eux, la mesure et le rythme représentent deux entités, deux choses cor-\nrélatives parfaitement et toujours distinctes.\nLa mesure, élément inférieur et pour ainsi dire latent, établit simplement sur la\nbase immuable du « temps premier » des anciens la longueur du mètre ou vers\nmusical. C'est la trame indispensable, l invisible et léger canevas sur lequel\nd'une main délicate et patiente l'artiste fixera au gré de son inspiration ou de son\ngénie les fines et chatoyantes broderies de la mélopée.\nLe temps premier adopté pour la composition d'une mélodie quelconque ayant\nla valeur conventionnelle d'une noire, le vers musical renferme-t-il 6, 9, 12, 13,\n16, 28, 60, 64 et jusqu'à 88 fois cette valeur, la mesure de cette mélodie est le\n6/4, le 9/4, le 12/4, le 13/4, le 16/4, le 28/4, le 60/4, le 64/4, voire le 88/4.\nLe temps premier adopté étant la croche; le vers musical renferme-t-il 7, 8, 9,\n10 fois cette valeur, la mesure de la mélodie est le 7/8, le 8/8, le 9/8, le 10/8, etc.\nLe temps premier étant la double croche, le vers musical renferme-t-il 10 fois\ncette valeur, la mesure de la mélodie est le 10/16, soit la mesure du rythme\nDjourdjouna, la seule de ce genre.\nLe rythme, élément supérieur et prédominant, met la régularité dans la suite\ndes temps rigoureusement mesurés, soumis à certaines proportions et en oppo-\nsition d intensité, de sons et de mouvements.\nLa musique orientale emprunte en majeure partie son originalité, son énergie\npropre à la rigueur de la mesure et du rythme, tandis que la musique européenne\ncherche la sienne à maîtriser à son gré la mesure, à la presser, à la ralentir selon\nque l'exige le goût du chant, le degré d'habileté de l'instrumentiste ou le degré\nde flexibilité des organes du chanteur.\nA défaut d'instruments de percussion tels que le /e/r(tambour de basque), les\nhoudiims (timbales aux sons variés et les mcizlars (cymbales de cuivre), le rythme\nse marque à l'orientale, par un claquement de doigt, lepolicis ictus d'Horace (4)\ndont nous retrouvons également l'usage parmi les populations de l'Europe méri-\ndionale (5), ou plus ordinairement par un frappé à plat de main sur les genoux.\n\n(1) Alii Hispanensis liber cantilenarum magnus ex codicibus arabice editus. Gripsvalice <'pp. 126-\n183).\n(2) Die Music der Araber ivcr, Abschnitt, pp. 49-54.\n(3) Hist. générale de la musique, t. 11, pp. 64-70.\n(4) Od., îv, 6.\n(5) Pour rendre ce claquement plus distinct et plus agréable, les Orientaux se fixent parfois\nau pouce et à 1 index de chaque main une sorte de cymbales minuscules au son cristallin, appe-\nlées zil."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "386", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.24", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "Le frappé sur le genou droit marque le temps fort ou thesis ; le frappé sur le\ngenou gauche, le temps faible ou arsis.\nSuivant leur degré d'intensité et leur genre de mouvement, les thesis et les\narsis sont caractérisées par des termes spéciaux empruntés à l'onomatopée ins-\ntrumentale. Les Persans disent ten téné ten, pour simuler par ces consonances\nsyllabiques la résonance du tambour (1) et des instruments à cordes en général.\nLes Arabes et les Turcs par imitation du frappé des instruments de percussion\net surtout des mazlar (cymbales) disent : Doum, tek, tekké tekkia, tahek.\nLe doum est proprement la thesis ou temps fort ; le tek l'arsis ou temps faible.\nLe tekkéytekkia ou tekka est un doum-tek successif et moins intense.\nLe tahek est un frappé d'une exécution difficile ; sa composition est assez\ncomplexe et des plus originales. Il comprend deux parties généralement iso-\nchrones : une arsis, soit : un tek battu de la main gauche, suivi d'un doum-teck\nbattu simultanément des deux mains sur les deux genoux.\nSi tant est que les Orientaux n'aient pas directement emprunté aux anciens\nl'ensemble ou le mode général de leurs procédés rythmiques, soit en poésie, soit\nen musique, ils n'ont certes que fort peu à leur envier à ce sujet. Rien n'égale,\nen effet, la richesse et l'étonnante variété des rythmes de la musique arabe, per-\nsane et turque, désignés d'ordinaire sous le nom générique d'ousouls.\nJusqu'ici j'ai pu en recueillir jusqu'à trente-neuf d'un caractère bien déterminé.\nC. Fronton, « jeune » de langue, de France à Gonstantinople (q 75 F, en avait déjà\nsignalé le plus grand nombre, sans toutefois en marquer la véritable physiono-\nmie, dans un intéressant mémoire, resté inédit et dédié à Mgr Rouillé, marquis\nde Jouy, ministre de la marine et secrétaire d'Etat sous Louis XV (2).\nEn attendant que ce curieux travail obtienne enfin les honneurs d'une édition\ncritique auxquels il a droit, je crois utile et opportun de dresser ici sans retard la\nnomenclature exacte des rythmes traditionnels de la musique orientale.\n\nOUSOULS OU RYTHMES DE LA MUSIQUE ORIENTALE\n\n(1) Espèce de mandoline à manche très allongé qu'il ne faut pas confondre avec notre instru-\nment à percussion de même nom.\n(2) Cf. Bibl. Nat. de France, m 5.4023, nouv. acq fr., pp. 65-77."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "388", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.26", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "(r) Zendjir signifie chaîne. Ce rythme com-\nposé est formé par l'enchaînement des cinq\nrythmes suivants : i° lchifté-duyek, 20 Fakhté,\nAchember, 40 Dévri Kébir, 50 Bérefchan.\n\nQuelques-unes de ces formules, on le voit, sont de véritables phrases ryth-\nmiques ; elles méritent l'attention d'un compositeur occidental, à qui elles offrent\ndes cadres originaux et bien intéressants\n— M. le Résident p. i. au Tonkin nous transmet une lettre de M. Jean\nRouet, Président du Comité delà Société philharmonique annamite de Hanoi.\nPar cette lettre, M. Rouet nous informe : i° Que la Société philharmonique de\nHanoï a expédié, le 14 mai, à VExposition coloniale de Marseille, une caisse\nrenfermant une collection complète des instruments de musique en usage parmi\nles Annamites de VIndo-Chine française ; 20 que cet envoi est accompagné\n\nP.-J. THIBAULT,\nDes Aug. de l'Assomption."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "389", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.27", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1246, "texte": "d'un livre explicatif qui nous est destiné [l'auteur en gardant, d'ailleurs, la\npropriété littéraire) ; 3° que les instruments, une fois l'Exposition terminée,\nseront à notre disposition. iVoz/s envoyons à M, Jean Rouet nos plus sincères\nremerciements. Nous serions heureux d'avoir, de lui, quelques renseignements\nsur la Société philharmonique de Hanoï.\n—Le Directeur du collège Jules-Ferry à Nam Dinh ( Tonkin), Aime Geyer,\nl'instituteur Du et ses élèves du collège veulent bien nous envoyer, tfvec z/zze\nexcellente notice sur la musique orientale, une admirable collection de dessins\nen couleur représentant tous les instruments indigènes. Lto/zs z/n rfe zzos lycées\nde France, un Oriental aurait difficilement obtenu un travail aussi exact et\naussi soigné ! Nous envoyons à nos honorables correspondants et compa-\ntriotes nos plus vifs remerciements pour ce très bel envoi que nous avons\nsignalé à M. Georges Leygues, ministre des Colonies,\nDe Nice, M. Edouard Perrin nous signale quun amateur de musique\nmort récemment, M. Gautier, vient de léguer au musée de la ville une\nimportante collection d'instruments anciens et exotiques, originaires de\nl'lnde, la Perse, la Chine, le Japon, et quelques peuplades sauvages."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "386", "page_fin": "386", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.4.1", "titre_corps": "OUSOULS OU RYTHMES DE LA MUSIQUE ORIENTALE", "titre_sommaire": "OUSOULS OU RYTHMES DE LA MUSIQUE ORIENTALE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "386", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.24", "debut_caractere": 2079, "fin_caractere_exclue": 2121, "texte": "OUSOULS OU RYTHMES DE LA MUSIQUE ORIENTALE"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c043", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c043", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "389", "page_fin": "391", "image_debut": 27, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.5", "titre_corps": "La musique des Malgaches.", "titre_sommaire": "La musique des Malgaches.", "signature_source": "A. SICHEL", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": "389", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.27", "debut_caractere": 1248, "fin_caractere_exclue": 2220, "texte": "La musique des Malgaches.\n\nLe mot Malgaches, qu'on emploie\nd'une façon générale pour désigner\nles habitants de la grande île sud-\nafricaine, ne répond ethnologique-\nment à rien. Madagascar est en\neffet habitée par de nombreuses\npeuplades d'origine et de civilisa-\ntion essentiellement différentes et\nqu'on peut classer en deux grandes\nfamilles: la famille malaise (Hovas)\net la famille polynésienne (Sakala-\nvas, Betsimisarakas, etc.). Sur ces\ndeux races principales sont venus se\ngreffer des éléments secondaires :\nArabes, Cafres, etc. Toutes ces\npeuplades se sont pénétrées plus ou\nmoins les unes les autres ; le métis-\nsage des diverses races originelles\na été poussé très loin au cours des\nsiècles, de sorte qu'il est bien diffi-\ncile, sinon impossible,de déterminer\navec quelque exactitude ce qu'a été\nl'apport de chacune d'elles dans ce\nqu'on est convenu d'appeler la civi-\nlisation malgache.\nD autre part, les indigènes ignorent encore aujourd'hui, à quelques rares"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "390", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.28", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3918, "texte": "èxceptions près, la notation musicale ; à l'avènement deßadama leGrand (1810?)\npersonne en Emyrne, sans en excepter le roi lui-même, ne savait écrire ; l'ab-\nsence de toute espèce de documents écrits fait que chacun interprète les airs\ntraditionnels à sa guise, en y ajoutant des variantes et des broderies mélodiques\nsouvent bien imprévues !\n« L'inconstance du caractère se traduit chez le musicien malgache. En appre-\n« nant un chantil se l'assimile, y ajoute quelques variantes dans le courant d'une\n« phrase, dans le finale, en sorte que plusieurs individus exécutant séparément\n« le même air le chanteront d'une façon diverse. » (R. P. Collin, S. J.)\nLeR. P. Collin, établi depuis près de quarante ans à Madagascar, est très au\ncourant des mœurs des indigènes et est le seul qui se soit occupé d'une façon\nsuivie de musicographie madécasse ; à ce titre, et quelque réserve qu'on puisse\nfaire sur sa science musicale, son opinion est précieuse et ne doit pas être né-\ngligée. . v . ( . . .\nAvant 1810, l'intérieur de Madagascar était complètement fermé aux voya-\ngeurs européens et ceux d'entre eux, peu nombreux, qui ont parcouru l'île\ndepuis cette époque, ont tout à fait oublié ou négligé de nous renseigner sur la\nmusique indigène ; Flacourt, qui s'était établi à Fort-Dàuphin au milieu du\nxviie siècle, ne parle que très brièvement, dans sa célèbre Histoire de la grande île\nMadagascar, du sujet qui nous intéresse ; encore ne pouvons-nous faire nul état\nde ses observations qui s'appliquent à la musique arabe ; la région qu'il habi-\ntait avait en effet été colonisée à une époque relativement récente 'quatre ou cinq\nsiècles auparavant) par les Arabes, qui ne tardèrent pas à imprimer fortement\nleurs mœurs, leur religion et leurs arts parmi les peuplades de la côte sud-est ;\ncette civilisation s'est peu modifiée au cours des années, et les principaux chefs\nde cette région sont aujourd'hui encore de descendance arabe.\nLes noms de la plupart des instruments de musique en usage à Madagascar avant l'arrivée\ndes Européens sont certainement d étymologie arabe. Seules la vdlilia et la lokodnga sont indis-\ncutablement des instruments autochtones. La sôdina ou flûte de bambou d Emyrne se nomme\nsur la côte est antsôdy et antsâly. Cette dernière forme se rapproche beaucoup de l'arabe al-tsolu.\nLes mots antsôdy et sôdina sont identiques, car les Hovas ajoutent presque toujours aux mots\nétrangers entrés dans leur langue une des trois syllabes terminales AÏ7, na, ou tra.\nCes terminaisons n'ont aucun sens spécial ; elles sont tout euphoniques, s'élident presque tou-\njours dans le corps d'une phrase, et la consonne initiale du mot qui les suit se change en une\nautre selon des règles trop longues à énoncer ici. Les mots étrangers importés dans la langue\nmalgache conservent l'article original ; il n'en a pas été autrement pour 1 arabe, dont l'article est\nal : le mot flûte se disant en arabe al tsolu est devenu en malgache de la côte est antsôly (l en\nmalgache par euphonie se changeant en n devant un t). Par corruption, antsoly est devenu antsôdy,\npuis, passant dans le dialecte hova est devenu sôdy, et avec la terminaison vague et imprécise\nna, dont nous avons parlé plus haut, sôdina.\nLes conques marines,dont on se servait beaucoup autrefois à Madagascar comme instrumenis de\nmusique, se nommaient kdrana, ou kdrany, akôra ou ankôra, ankârana ou akxrana, ce qui est\nproprement l'arabe al-kirana, coquille de mer.\nEnfin les indigènes ont une tendance fâcheuse à adopter les airs européens\nles plus vulgaires qu'ils ont entendu jouer ou chanter par des fonctionnaires ou\ndes colons et sur lesquels ils exercent cette curieuse faculté de déformation que\nj'ai signalée. La constitution de fanfares indigènes civiles et militaires aggrave\nencore cette disposition à oublier les vieux airs nationaux.\nAjoutons que certains de ces airs ont une origine très ancienne et que par"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "391", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 709, "texte": "suite le premier thème a pu et même a dû être modifié du tout au tout au\ncours des années.\nL'ethnographie avait déjà établi d'une façon indiscutable l'origine malaise et\nprobablement javanaise des populations du plateau central de Madagascar ;\nl'étude de leur musique confirme ce fait.\nIl résulte de tout ce qui précède que l'histoire de la musique des Malgaches est\nimpossible à écrire, parce que les documents écrits font défaut et que la fan-\ntaisie qui préside à l'exécution des airs traditionnels chez le musicien indi-\ngène en rend la notation très difficile. Ajoutons qu'à part quelques études du\nR. P. Collin il n'existe pas de biographie de la musique malgache.\n(A suivre. )\n\nA. SICHEL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "391", "page_fin": "394", "image_debut": 29, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.6", "titre_corps": "Informations.", "titre_sommaire": "Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "391", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.29", "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 3071, "texte": "Informations.\n\nDISTRIBUTION DES PRIX DU CONSERVATOIRE NATIONAL. — Voici les lauréats dont\nles noms ont été proclamés à la lecture du palmarès :\nConcours à huis clos. Fugue : ier prix, MM. Nibelle, A. Gailharcl, Motte-\nLacroix ; 2e, M. Flament. — Contrepoint : ierprix, MM Chevallier, Masson. —-\nHarmonie : ier prix, Mlles Milliaud, Delmasure, Dauly ; 2e, M1Ie Stroobants.\nHommes : ier prix, MM. Vidal et Ribollet ; 2e MM. Gallon, Defay, Boucher,\nParay. — Orgue: ierprix, MM. Bonnet, Barrié, Vierve; 2e M. Fauchet.\nChant (femmes) : ier prix, Mlle Lasalle, Mlle Martyl, Mlle Lamare, élèves de\nMM. Cazeneuveet de Martini ; 2e prix, Mlle Galle, Mlle Bailac, élèves de MM. Du-\nbulle etDuvernoy, Mlle Delimoges, élève de M. Dubulle; accessits, Mlles Daubigny,\nChantai, Jeanne Bloch etGustin. Chant (hommes) : ier prix, MM. Georges Petit\net Francell, élèves de M. Dubulle et de Mme Rose Caron ; 2e prix, MM. Nansen,\nSorrèze et Dupouy élèves de MM. Dubulle, Cazeneuve et de Mme Rose Caron;\naccessits, MM. Gilles et Dommier. — Contrebasse : ier prix, MM. Darrieux et\nGibier ; 2e prix, MM. Cartiglioni, Son et Hardy ; accessits, M. Aurès et\nMlle Çisin. —Alto : ier prix, M. Jurgensen; 2e prix, MM. Montefeuillard et\nMlle Dumont ; accessits, MM. Fenillon et Barrier. — Violoncelle : ier prix,\nMM. Benedetti et Ringeinsen ; 2e prix, MM. Boulmois et Gervais ; accessits,\nMxM. Paul-Jean Mas, Gérard Maas et Ruyssen. — Opéra comique{femmes) : ierprix,\nM1Ies Lamarre et Lassalle ; 2e prix, Mlle Delimoges ; accessits. Mlles Bloch, Allard\net Cornes. Opéra comique (hommes) : ier prix, MM. Petit, Fraiîcell et Dommier»\nélèves de MM. Isnardon et Bertin ; accessits, MM. Vigneau, Nansen, Sorrèze\net Payan.— Violon : ierprix,M. Zighera, MllesBillard,Lapié, Baudot, Morhange\net M. Matignon ; 2e prix, MllesNovi, Sauvaistre, Augieras, et MM. Etchecopar et\nMiquelon ; accessits, MM. Spathy, Tinlot Soudant, Corruette, et Mlles Wolff,\nPierre, Talluel, Neuburger et Fidide. — Opéra (femmes) : ier prix, Mlle Lamarre,\nélève de M. Bouvet ; 2e prix, Mlle Bailac, élève de M. 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Le quatuor Capet se propose d'organiser des séances dans\nla salle des fêtes du Conservatoire, les 2 décembre, 6 janvier, 24 février, 7 et 28\navril prochains, qui sont les seuls dimanches laissés libres par la Société des\nconcerts.\n\nTOUROOING.— M.Gabriel Fauré, directeur du Conservatoire national de musi-\nque et de déclamation, a présidé, comme délégué du ministre des beaux-arts, la\n3e fête fédérale des musiques du Nord et du Pas-de-Calais qui, à l'occasion de\nl'Exposition, s'est tenue dans la ville de Tourcoing.\n\nVALENCIENNES. —Un grand concours international de musique, réservé aux\nsociétés d'orphéons, d'harmonies et de fanfares des ires, 2es et 3es divisions, est\norganisé par la ville de Valenciennes pour le 12 août prochain.\n\nTHÉÂTRE DE LA NATURE A CAUTERETS. M. Rateau, directeurdu théâtre de la\nNature, est autorisé à faire répéter, dans la grande salle des fêtes du Trocadéro,\nLa Fille de Roland, Andromaque, Nicomède, qu il se propose de donner en repré-\nsentation à Cauterets avec le concours des artistes de la Comédie-Française\net de l'Odéon.\n\nCONCERTS DE TOULOUSE. Les concerts symphoniques fondés à Toulouse par\nM. Crocé-Spinelli obtiennent chaque jour, sous sa direction, de remarquables\nsuccès. Desireux d'encourager les efforts de cette association, M. le ministre des\nbeaux-arts vient de lui accorder une subvention de 2.000 francs.\n\nHARMONIE DES ANCIENS MUSICIENS DE L'ARMÉE. Cette Harmonie, dont le siège\nsocial est au Palais du Trocadéro, est dirigée par M. Henri Radiguer et placée\nsous le haut patronage de M. le sous-secrétaire d'Etat des beaux-arts. Elle a\ndonné l'année dernière, les 14 juin, 7et 8 juillet, trois auditions publiques, en\nplein air, des principaux hymnes écrits pour les fêtes de la ire République.\nDepuis, elle a poursuivi ses études et peut offrir un répertoire particulièrement\nintéressant pour nos fêtes patriotiques. Une décision du ministre de la guerre\nlui a permis de faire participer à ses travaux les meilleurs musiciens des régi-\nments de Paris. Enfin, grâce au concours d'artistes éminents de l'Opéra et de\nla musique de la Garde républicaine, l'Ecole d'Harmonie a institué un ensei-\ngnement gratuit et méthodique des instruments à vent qui suppléera aux classes\nde saxhorn et de saxophone professées avant 1870 au Conservatoire national.Le\nministère des beaux-arts lui alloue, sur ses crédits, une subvention de 1 200 fr.\n\nGRANDES AUDITIONS POPULAIRES ET GRATUITES. L'œuvre de M.Victor Char-\npentier,dont nous avons eu plusieurs fois occasion de parleraient de recevoir un\nnouveau témoignage d'encouragement de l'administration des Beaux-Arts sous\nforme d'une subvention. Depuis deux ans, onze concerts S3Tmphoniques et gra-\ntuits ont été donnés avec plein succès dans la grande salle des fêtes du Tro-\ncadéro.\n\nCONCERTS POPULAIRES DE LA SAINTE-CÉCILE A BORI EAUX. La société des Con-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "394", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "certs de Sainte-Cécile se maintient toujours à un niveau artistique très élevé. Les\nprogrammes,toujours plus variés et intéressants, témoignent d un effort soutenu\net couronné de succès, grâce surtout à 1 habile et énergique direction de M. G.\nPennequin. Les chœurs sont toujours remarquables par la franchise des attaques,\nla fraîcheur des voix et l'unité d'ensemble. 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Fugue : ier prix, MM. Nibelle, A. Gailharcl, Motte-\nLacroix ; 2e, M. Flament. — Contrepoint : ierprix, MM Chevallier, Masson. —-\nHarmonie : ier prix, Mlles Milliaud, Delmasure, Dauly ; 2e, M1Ie Stroobants.\nHommes : ier prix, MM. Vidal et Ribollet ; 2e MM. Gallon, Defay, Boucher,\nParay. — Orgue: ierprix, MM. Bonnet, Barrié, Vierve; 2e M. Fauchet.\nChant (femmes) : ier prix, Mlle Lasalle, Mlle Martyl, Mlle Lamare, élèves de\nMM. Cazeneuveet de Martini ; 2e prix, Mlle Galle, Mlle Bailac, élèves de MM. Du-\nbulle etDuvernoy, Mlle Delimoges, élève de M. Dubulle; accessits, Mlles Daubigny,\nChantai, Jeanne Bloch etGustin. Chant (hommes) : ier prix, MM. Georges Petit\net Francell, élèves de M. Dubulle et de Mme Rose Caron ; 2e prix, MM. Nansen,\nSorrèze et Dupouy élèves de MM. Dubulle, Cazeneuve et de Mme Rose Caron;\naccessits, MM. Gilles et Dommier. — Contrebasse : ier prix, MM. Darrieux et\nGibier ; 2e prix, MM. Cartiglioni, Son et Hardy ; accessits, M. 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Le quatuor Capet se propose d'organiser des séances dans\nla salle des fêtes du Conservatoire, les 2 décembre, 6 janvier, 24 février, 7 et 28\navril prochains, qui sont les seuls dimanches laissés libres par la Société des\nconcerts."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c053", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c053", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "393", "page_fin": "393", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.6.6", "titre_corps": "TOUROOING.— M.Gabriel Fauré, directeur du Conservatoire national de", "titre_sommaire": "TOUROOING.— M.Gabriel Fauré, directeur du Conservatoire national de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.31", "debut_caractere": 482, "fin_caractere_exclue": 767, "texte": "TOUROOING.— M.Gabriel Fauré, directeur du Conservatoire national de musi-\nque et de déclamation, a présidé, comme délégué du ministre des beaux-arts, la\n3e fête fédérale des musiques du Nord et du Pas-de-Calais qui, à l'occasion de\nl'Exposition, s'est tenue dans la ville de Tourcoing."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c054", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c054", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "393", "page_fin": "393", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.6.7", "titre_corps": "VALENCIENNES. —Un grand concours international de musique, réservé aux", "titre_sommaire": "VALENCIENNES. —Un grand concours international de musique, réservé aux", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.31", "debut_caractere": 769, "fin_caractere_exclue": 987, "texte": "VALENCIENNES. —Un grand concours international de musique, réservé aux\nsociétés d'orphéons, d'harmonies et de fanfares des ires, 2es et 3es divisions, est\norganisé par la ville de Valenciennes pour le 12 août prochain."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c055", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c055", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "393", "page_fin": "393", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.6.8", "titre_corps": "THÉÂTRE DE LA NATURE A CAUTERETS. 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Rateau, directeurdu théâtre de la\nNature, est autorisé à faire répéter, dans la grande salle des fêtes du Trocadéro,\nLa Fille de Roland, Andromaque, Nicomède, qu il se propose de donner en repré-\nsentation à Cauterets avec le concours des artistes de la Comédie-Française\net de l'Odéon."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c056", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c056", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "393", "page_fin": "393", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.6.9", "titre_corps": "CONCERTS DE TOULOUSE. Les concerts symphoniques fondés à Toulouse par", "titre_sommaire": "CONCERTS DE TOULOUSE. Les concerts symphoniques fondés à Toulouse par", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.31", "debut_caractere": 1314, "fin_caractere_exclue": 1608, "texte": "CONCERTS DE TOULOUSE. Les concerts symphoniques fondés à Toulouse par\nM. Crocé-Spinelli obtiennent chaque jour, sous sa direction, de remarquables\nsuccès. Desireux d'encourager les efforts de cette association, M. le ministre des\nbeaux-arts vient de lui accorder une subvention de 2.000 francs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c057", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c057", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "393", "page_fin": "393", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.6.10", "titre_corps": "HARMONIE DES ANCIENS MUSICIENS DE L'ARMÉE. Cette Harmonie, dont le siège", "titre_sommaire": "HARMONIE DES ANCIENS MUSICIENS DE L'ARMÉE. Cette Harmonie, dont le siège", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.31", "debut_caractere": 1610, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "HARMONIE DES ANCIENS MUSICIENS DE L'ARMÉE. Cette Harmonie, dont le siège\nsocial est au Palais du Trocadéro, est dirigée par M. Henri Radiguer et placée\nsous le haut patronage de M. le sous-secrétaire d'Etat des beaux-arts. Elle a\ndonné l'année dernière, les 14 juin, 7et 8 juillet, trois auditions publiques, en\nplein air, des principaux hymnes écrits pour les fêtes de la ire République.\nDepuis, elle a poursuivi ses études et peut offrir un répertoire particulièrement\nintéressant pour nos fêtes patriotiques. Une décision du ministre de la guerre\nlui a permis de faire participer à ses travaux les meilleurs musiciens des régi-\nments de Paris. Enfin, grâce au concours d'artistes éminents de l'Opéra et de\nla musique de la Garde républicaine, l'Ecole d'Harmonie a institué un ensei-\ngnement gratuit et méthodique des instruments à vent qui suppléera aux classes\nde saxhorn et de saxophone professées avant 1870 au Conservatoire national.Le\nministère des beaux-arts lui alloue, sur ses crédits, une subvention de 1 200 fr."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c058", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c058", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "393", "page_fin": "393", "image_debut": 31, "image_fin": 31, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.6.11", "titre_corps": "GRANDES AUDITIONS POPULAIRES ET GRATUITES. L'œuvre de M.Victor", "titre_sommaire": "GRANDES AUDITIONS POPULAIRES ET GRATUITES. L'œuvre de M.Victor", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.31", "debut_caractere": 2636, "fin_caractere_exclue": 3023, "texte": "GRANDES AUDITIONS POPULAIRES ET GRATUITES. L'œuvre de M.Victor Char-\npentier,dont nous avons eu plusieurs fois occasion de parleraient de recevoir un\nnouveau témoignage d'encouragement de l'administration des Beaux-Arts sous\nforme d'une subvention. Depuis deux ans, onze concerts S3Tmphoniques et gra-\ntuits ont été donnés avec plein succès dans la grande salle des fêtes du Tro-\ncadéro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c059", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c059", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "393", "page_fin": "394", "image_debut": 31, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.6.12", "titre_corps": "CONCERTS POPULAIRES DE LA SAINTE-CÉCILE A BORI EAUX. La société des", "titre_sommaire": "CONCERTS POPULAIRES DE LA SAINTE-CÉCILE A BORI EAUX. La société des", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.31", "debut_caractere": 3025, "fin_caractere_exclue": 3097, "texte": "CONCERTS POPULAIRES DE LA SAINTE-CÉCILE A BORI EAUX. La société des Con-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "394", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "certs de Sainte-Cécile se maintient toujours à un niveau artistique très élevé. Les\nprogrammes,toujours plus variés et intéressants, témoignent d un effort soutenu\net couronné de succès, grâce surtout à 1 habile et énergique direction de M. G.\nPennequin. Les chœurs sont toujours remarquables par la franchise des attaques,\nla fraîcheur des voix et l'unité d'ensemble. Une subvention de 3 000 fr. a été\naccordée à cette association sur les fonds du budget des beaux-arts."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1906-08-01-01-c060", "article_bluemountain": "bmtnabj_1906-08-01_01#c060", "volume": "bmtnabj_1906-08-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "394", "page_fin": "394", "image_debut": 32, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.2.7", "titre_corps": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL.", "titre_sommaire": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL.", "signature_source": "ALIX LENOËL ZÉVORT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": "394", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.32", "debut_caractere": 570, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL.\nALIX LENOËL ZÉVORT.\n— M. Wallerstein, ancien directeur de Covent-\nGarden, ancien maître de chapelle de la reine Victoria, auteur de musique de\nthéâtre, de mélodrames et de cinq ou six cents mélodies, ballades, duos et\nchœurs sur des paroles de Longfellow, le poète américain, veut bien donner à\nune collaboratrice de la Revue musicale, qui l'en remercie vivement, la primeur\nd'un adagio pour piano et violon. Cette charmante composition, d'une difficulté\nmoyenne, a déjà pleinement réussi sur la Riviera, dans des soirées privées; elle\nest encore inédite. L'auteur vit modeste et retiré dans une petite chartreuse du\nVal de Careï, à Menton. Des amitiés illustres lui rappellent le temps où, après\navoir fait chanter son violon dans le monde entier, il trouvait encore le loisir de\ndiriger l'éducation musicale et artistique de la princesse Béatrix d'Angleterre\nou bien d'accompagner Christine Nilson dans ses tournées triomphales."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "363", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\n(Honorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction publique.)\nNo 15 (sixième année)\nler1er Août\n1906.\nR. M.\n\"7\n\nConcours de fin d'année du Conservatoire.\n\nAu sujet cle ces concours, si chers au public parisien, et qui furent, cette année très brillants,\nnous donnons d'abord quelques impressions d'ensemble; en premier lieu, voici une note que nous\nadresse un membre des jurys:\n...Il y a deux points sur lesquels je regrette, en matière de chant,de me trouver\nen désaccord avec quelques critiques de la presse quotidienne, critiques pour\nlesquels j'ai une grande estime et dont quelques-uns sont mes amis personnels.\nIls se félicitent de voir que les morceaux de style ont remplacé les morceaux de\nbravoure; ils louent une des concurrentes (qui, d'ailleurs fut justement applau-\ndie) de, nous avoir fait entendre un simple Lied de Schubert. Ils disent : « Enfin,\nnous voilà délivrés de la vocalise ! » Je ne partage nullement cette manière de\nvoir. S'il s'agissait de constituer l'esthétique du drame musical, je n'aurais\npeut-être aucune objection à faire ; mais il s'agit d'un concours, où le candidat\ndoit nous montrer s'il est un chanteur formé, complet. Les « vocalises », voire\ncelles qu'on trouve dans les opéras les plus surannés, ne peuvent, pour ce motif ,\nêtre dédaignées ni par lui ni par ses juges. Suppose\\ qu'il s'agisse d'un concours\nde danse : alle\\-vous décerner le premier prix à celle qui se bornera à montrer\na de la ligne » et à prendre, au repos, de belles poses plastiques ? Ne lui deman-\ndere\\-vous pas de prouver quelle est capable d'exécuter les mouvements clas-\nsiques de son art ?La « difficulté » ne devient-elle pas ici une des choses prin-\ncipales, sinon l'objet unique de l'épreuve ? Il en est de même pour le chant. Pour\nqu'un brevet de maîtrise puisse être décerné, j'exige, sans doute, de Vintelli-\ngence musicale, un sentiment juste, du style ; il me faut aussi de la virtuosité :\ndu volume, des roulades, des trilles, des traits nettement faits en notes liées ou\npiquées, la demi-teinte avec la puissance. Vous ne voule\\ plus de vocalises\ndansle drame lyrique? soit ! mais le répertoire ? Alle\\-vous\nexclure de nos théâtres officiels tous ces maîtres qui ont tant écrit de vocalises :\nHaendel, Rossini, Meyerber, Gounod, Ambroise Thomas? Il arrivera vraiment\nun jour, si on ne corrige pas la tendance actuelle, où les lauréats de notre Con-\nservatoire ne sauront chanter ni la musique religieuse de Bach, ni l'air des\nbijoux de Faust, ni les Huguenots, ni le Prophète; ils excelleront dans le seul\nrécitatif. L'influence de Wagner est un peu la cause de ce déclin du chant.\nMais, de grâce, ne confondons pas une épreuve scolaire avec l'esthétique nou-\nvelle: rappelons-nous que le Conservatoire est chargé de fournir des sujets à"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "364", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.2", "texte": "CONCOURS DE FIN D'ANNÉE DU CONSERVATOIRE\n\nnos théâtres officiels, et que le rôle de ces théâtres est d'assurer l'exécution du\nrépertoire !\nVoici le second point sur lequel je me sépare de quelques-uns de mes con-\nfrères. Il s'agit du monologue de Don Carlos de Verdi (1867), que nous enten-\ndîmes trois fois, au concours des hommes. Quelques musiciens très compétents,\net non des moindres, ont dit et écrit que ce monologue était « insupportable ».\nJ'avoue que (sauf la cadence unpeuponcive qui le termine)je le trouve admirable.\nComme justesse dans le pathétique, c'est une des choses les plus belles que je\nconnaisse au théâtre : la douleur de ce roi maître du monde, mais obsédé d'une\nseule pensée, « elle ne m'aime pas»; la majesté et la passion, la mélancolie\ngrave qui les enveloppe, tout cela est grand, humain, émouvant, lyrique au\npremier chef. Il est vrai que ces quelques notes du début :\n(;je cite de mémoire) constituent une épreuve terriblement difficile pour un chan-\nteuret que les fautes possibles sont très nombreuses : faute de diction (ALle\nne m'aime pas), faute de rythme (changement et altération des durées),\nfautes de style, attaque en clair, au lieu du timbre un peu sombre qui convient\nici, expression trop en dehors, exagération de l'accent pathétique, manque\nd'homogénéité dans la phrase, oubli de la dignité et du « manteau royal »\ndans lequel cet amour malheureux est drapé ; oui, il faut être un grand\nchanteur maître de soi, et quelque chose de plus encore : il faut être un\nhomme de cœur ou d'imagination très intelligente ; et si on n'a pas cette expé-\nrience qui ne s'enseigne pas à l'Ecole, il faut avoir un instinct supérieur du\nthéâtre, pour dire convenablement cela ; mais c'est bien beau! Les mythologies\nwagnériennes me touchent moins que cette mesure,dans une pareille situation]\n\nX....\n\nPIANO. Nous sommes entièrement de lavis de notre très distingué corres-\npondant, surtout en ce qui concerne la difficulté de dire avec justesse une phrase\nsimple et très expressive, comme le début du monologue de Don Carlos. Une\nremarque du même genre s'applique au concours de piano.\nLes concurrents, élèves de MM. Diémer et Philipp, tous très forts, tous\nfaisant honneur à ces deux maîtres excellents et renommés avaient à dire\nbandante et le finale de TAppassionata de Beethoven (op. sy). Le thème de cet\nandante, suivi de variations, est d'une simplicité admirable dans la gran-\ndeur.\nEn consultant mes notes, je ne trouve queM. Dorival à qui j'aie donné, comme\nmemento, la cote Bien, pour cette phrase spéciale. MM. Gayraud, Poillot,\nNat, Théroine, Etlin, Ehrhard ont été assez bons ; les autres, médiocres ou\nmauvais. Défauts relevés : inégalité trop brusque d'intensité dans le son (sous\nprétexte d'expression); dérangement des durées et du rythme (même motif) ;\naccents porte-à-faux (ex. le réb dans la seconde partie du thème); tendance àla\npréciosité et àla manière; trop d'énergie (sous prétexte de netteté), pas asse\\\nde douceur dans le dessin des basses... Quelques-uns ont oublié que dans les"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "365", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.3", "texte": "CONCOURS DE FIN D~ANNEE DU CONSERVATOIRE\n\nVariations (surtout la seconde) il fallait chanter aussi bien que dans 1 exécution\ndu thème. La clausule du membre de phrase suivante :\na été jouée, presque toujours, d'une façon égale, plate, quelconque. Dtfzzs\n/e finale, 5/ difficile à doigter et qui réclame une parfaite indépendance des\ndeux mains, les concurrents, sa/zs exception se sont montrés admirables.\nM.Chevillard, qui mérite autant d'éloges comme compositeur que comme chef\nd'orchestre, avait écrit, poz/r l'épreuve de déchiffrage, zz/ze pfièce distin-\nguée et charmante, zz/z peu facile, qui a été jouée avec une aisance et une sûreté\nremarquables par MM. Nat, Schwaab, Ehrhard, Claveau, Frey, Gayraud,\nVerd, Gallon, Gauntlett, Crassous, Poillot. A ce propos, revenons sur un vieux\ndesideratum : Il serait indispensable d'imposer aux chanteurs {dont l'éduca-\ntion musicale laisse trop souvent à désirer) zzzze épreuve de solfège à première\nvue, comme aux instrumentistes. Lezzr amour-propre en serait peut-être gêné ;\n/a valeur du concours y gagnerait beaucoup.\n\nHARPES.—Pourquoi faut-il que le concours de harpe chromatique et de\nharpe à pédal s soit présenté par certains comme une « bataille » de celle-là\ncontre celle-ci ? Quand nous délivrera-t-on des coteries ? N'y a-t-il pas place\nau soleil pour deux instruments différents ? Mme Tassu-Spencer, rémi-\nnent professeur de harpe chromatique au Conservatoire, présentait six\nélèves, qui ont fait le plus grand honneur à son enseignement et à la harpe\nchromatique. iWlle Labatut (i 5 ans !) a émerveillé le public par le méca-\nnisme brillant, le sens artistique et la sûreté de son jeu. Aille Chalot (même\nâge) a provoqué, pour les mêmes motifs, d'unanimes applaudissements.\nMUe Jeanne Joffroy (second prix de igos) et MUe Blot (idem) ont paru mériter\nun premier prix, quune sévérité un peu excessive leur refusa. MUe Forgues,\nd'un talent déjà formé, a dû à un peu de trouble et de timidité de ne pas\ndonner toute sa mesure; et Aille Goudeket (i 3 ans!) nous étonna par sa\nvirtuosité précoce, comme par la perfection de son déchiffrage. Si la classe\nexcellente de Mmc Tassu-Spencer aeu comme la classe de tragédie —la\ndéception passagère de n'obtenir que des seconds prix, elle le doit incontestable-\nment à l'écrasante difficulté du morceau d'exécution écrit par MM. Lucien et\nPaul Hillemacher. Ce sont deux grands musiciens ; mais leur « pièce de con-\ncert » est vraiment excessive, par la longueur comme par l'accumulation inso-\nlite des difficultés ! (Quant à leur morceau de déchiffrage, j'avoue ne l'avoir\npas compris.) Au contraire, le morceau de concours pour la harpe à pédales\nBallade en mil? de Zabel sans avoir certainement l'allure très artistique du\nprécédent, était net, bien rythmé, aéré, léger, fort agréable. Il n'est pas dou-\nteux que cette circonstance a beaucoup influé sur les résultats.\nIl faut aimer la tradition —quand elle est bonne autant que le progrès.\nLa harpe chromatique est un progrès certain et constaté, car elle continue\nl'évolution qui a transformé les instruments de Vorchestre parallèlement à\nl'écriture des compositeurs de diatoniques en chromatiques ;ce fait domine\nles petites critiques adressées encore par des attardés à un instrument et à une"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "366", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.4", "texte": "CONCOURS DE FIN D'ANNÉE DU CONSERVATOIRE\n\nclasse qui existent depuis très peu de temps. La harpe à pédales est une t? adi-\ntion dont les droits à l'existence ne sont pas compromis par l'apparition d'une\nsœur cadette. M. Hasselmans présentait six élèves qui, toutes, ont montré de\nbrillantes qualités. Je mets hors de pair MUe Laskine (12 ans), qui est déjà une\nartiste de premier ordre. Entre MUcs Janet, Delgado-Pere\\, Chau-\nmeil, Laggé, on pourrait hésiter, pour distribuer les premiers éloges. Dans ce\nconcours, on n'abusa pas du glissando, et on eut bien raison ; le glissando,\nignoré de presque tous les grands maîtres, est si peu musical! Il y a des gens\nqui aiment cette acrobatie con un dito : avouez; qu elle est d'ordre inférieur pour\nun musicien sérieux.\n\nCONCOURS D'OPÉRA COMIQUE. La séance fut longue (17 concurrents !), mais\ncharmante en son ensemble. Deux artistes, déjà complètement formés, concou-\nraient dans une scène de la Tosca : /'wrc, M. Petit, esf àla fois très bon chanteur\net excellent comédien, maître de son jeu, qui est toujours juste; Vautre, Mlu La-\nmare,?ïa qu'un léger défaut (une taille un peu petite). Mais quelle chose affreuse,\nrépugnante et dégoûtante que cette scène de la Tosca !la torture, /e viol,\nVassassinat, un cadavre entre deux flambeaux et le crucifix sur la poitrine\nSommes-nous à la Porte-Saint-Martin ou à VOpéra-Comique ? Il n'y a pas là\nquinze mesures de vrai chant. Des gestes ! des cris !... Heureusement, il y eut\ndes compensations. Le joyau de cette séance fut le quatuor et le quintette ado-\nrables du Cosi fan tutte, de Mozart. Quelle grâce! Quelle distinction sou-\nriante ! Quelle divine fraîcheur de jeunesse ! On n'entend jamais, à Paris, cet\nopéra; il faut aller au Residenz Theater de Munich. C'est bien dommage !\nDénonçons M. qui, à la fin de la mélodie « Aimer, c'est la vie », s'est\npermis un point d'orgue sur une note ajoutée, en voix de tête. A ce tripatouillage\ninfligé à Mozart, M. Fauré aurait dû faire entendre sa cloche de Président et\nrappeler à l'ordre le candidat. Il faut que je signale aussi les Folies Amou-\nreuses, de M. Pessard, comme rappelant étrangement la musique de café-con-\ncert. Voilà mes trois impressions dominantes au point de vue purement mu-\nsical. Les premiers prix ont été, comme celui de M. Petit, ratifiés par le\npublic : M. Dommier [scène de /'Amour Médecin de Poise, 1880) a du natu-\nrel, un jeu intéressant, une voix agréable, et ne fait pas de fautes, bien qu'il\nm'ait paru un peu froid ;M. Francell, ténor élégant, a dit, de façon très\nplaisante, avec de jolis effets de douceur, quelques pages de Manon (il méritait\nnéanmoins un avertissement pour avoir transformé un rail, en point d'orgue\nsur les mots : Le bonheur est si passager, et le Ciel l'a fait si léger, qu'on a tou-\njours peur qu'lL... s'envole) ; MUe Lassai le qui a terminé une scène du troi-\nsième acte de Werther sur un magnifique cri de passion a de la puissance\ndramatique, un jeu très juste, une voix d'un beau métal [laissant un peu à dési-\nrer dans le médium). Les autres épreuves ont révélé de jolies voix légères et\nfraîches, des talents sérieux mais de valeur inégale. MnQ Cornes, dans Carmen,\na cru très bien faire en prenant une allure ultra-espagnole et provocante : le\npublic a été un peu choqué de cette exagération. Dans le Médecin malgré lui\n[scène du 2e acte), M. Saraillé, malgré ses efforts, n'est point parvenu à faire\nrire le public. M. Payan, dans La Jolie Fille de Perth (scène célèbre du 2e acte),\nn'a pas montré asse\\ de pathétique ; M. Nansen, dans le rôle de D. José, a été\nun peu froid, et a chanté de la gorge ; M. Canaux (rôle de Leporello) a montré"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "367", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.5", "texte": "CONCOURS DE FIN D'ANNÉE DU CONSERVATOIRE\n\nun peu de lourdeur et de gaucherie, pas assez de sens de comique, une diction\ninégale, très inexpérimentée. Mne Thasia (de La Vie de Bohème) qui\nimite vaguement Mlle Garden, a une voix pointue, peu posée, une diction natu-\nrelle, mais pas toujours juste, et la dernière note qu'elle a poussée dans la cou-\nlisse a été coupée trop tôt. Mne Allard a une jolie voix de chanteuse légère, de\nla simplicité, pas assez ecoquetterie (dans une scène de Manon) : elle est plus\nMichaëla que Manon IMUe Delimoges (scène des Folies Amoureuses) a aussi\nune très jolie voix, elle a excellemment dit pas assez de\nMne Bloch, dans le Pré aux Clercs, a été très bonne (sauf une note d'une jus-\ntesse douteuse, à la fin). Dans le rôle de Figaro, des Noces, M. Vigneau a peu\ncompris son personnage ; il a été exagéré, trop mélodramatique, monotone,\npas assez comédien.\n\nCONCOURS D'OPÉRA. —Le concours a été bon dans Vensemble, mais inégal.\nCertaines élèves avaient choisi des morceaux de concours que leur genre de\nvoix devait leur interdire (ceci, pour quelques-unes qui se produisirent dans\nSamson et Dalila). Il y a des voix excellentes, mais les meilleurs de ces jeunes\ngens se tromperaient si, dès maintenant, ils croyaient savoir leur métier. Je\nmets hors de pair M. Carbelly ; il est peu comédien (il le deviendra sans\ndoute) : mais quel organe admirable ! Cette voix sonne comme une cloche (bien\nfondue) ; c'est la voix de Gresse, celle de Gailhard à 25 ans ! Parmi les ténors\ntrop rares M. Sorrè\\e, qui s'est prodigué dans une multitude de répli-\nques, est un fort ténor solide, sûr de lui, correct (avec quelques accrocs) et\nM. Nansen est un ténorinoplein de charme. M. ( est une sorte de\nDelmas jeune), M. Meurisse, qui a du volume et un excellent timbre, M. Férol,\nméritent de grands éloges, bien que, je le répète, la plupart d'entre eux soient\npeu comédiens encore. Du côté féminin, M 11\" Lam une grande\npuissance dramatique, dans une scène pitoyable (musicalement) du Mefistofele\nde Boïto. Mne Bailac a été distinguée par le jury est fort jolie, mais\nc'est une Dalila sans puissance, chantant un peu de la gorge ; et la justesse ne\nfut pas toujours irréprochable. Mlle Gustin, qui est un agréable soprano, eut\nle tort de chanter un air de contralto (Aida). MUc Irma Akté (i g ans) est aussi\nartiste et aussi charmante que sa sœur Aïno : mais elle n'est pas encore mûre\npour chanter Orphée ; Mne Galle a une très jolie voix, mais d'opéra comique ;\nMUe Lapeyrelte,avec un peu de fougue mal réglée encore, a montré beaucoup\nde pathétique dans le rôle de Didon, et une voix qui, parfois, me rappela celle\nde Delna ; MUe Daubigny, dans le rôle de la Reine (Hamlet), a été bonne,\nmalgré une légère défaillance de mémoire. Mnc Delalo\\ière a chanté l air de\nDalila avec une très belle voix de contralto, et, bien que son jeu ait été bon\n(surtout dans le silence, où les attitudes sont si elle n a pas été\nséductrice et dominatrice. Au total, isrécompenses pour ig concurrents ; c'est\nbeaucoup! 2 ténors, sur g hommes ;ce n'est voix de sur\n1 o femmes ; c'est peu !\n\nCONCOURS DE PIANO (femmes). Elle al 3 ans,' c est Landsmann et\nelle joue les Études symphoniques (op. i3)de est le morceau de\nconcours. Il faut, pour le bien exécuter, avoir une solide éducation artistique,\net une main de géant /ily alà des successions de dixièmes (Etude AII), aes\nintervalles de quatorzième (Etude XI) et toutes les difficultés accumulées."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "368", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.6", "texte": "CONCOURS DE FIN D'ANNÉE DU CONSERVATOIRE\n\nCertes, on devine que des réserves peuvent être faites sur le jeu de ces char-\nmantes virtuoses : dans l'Etude XI, on oublie quily aun contre-chant, et que\nla main droite doit donner Vimpression d'un dialogue ; l'Etude IX « Presto\npossibile », toute en détaché, n'a pas été toujours nette et légère ; le brillant\nfinale (presque toujours) a été accentué comme un 2/4, avec deux ictus et quasi\nescamotage de la double croche, ce qui est mauvais. Mais toutes les concur-\nrentes ont fait preuve de talent ;et quelques-unes, que nous citons plus loin,\nont été justement récompensées.\n\nCONTREBASSE, ALTO ET VIOLONCELLE. Ce fut une journée grave entre toutes.\nNous y avons entendu d'excellents musiciens, d'impeccables solfégistes; mais\nquand le dernier coup d'archet se fut arrêté sur la dernière note, on en était\nencore à attendre l'artiste hors pair qui empoigne et qui force V attention:\naucun des trente-deux concurrents de cette journée n'a dépassé une très honnête\nmoyenne. Nous remarquerons encore la suppression du quatuor d'accompa-\ngnement remplacé sans avantage par un prosaïque piano.\nLe concours de contrebasse mettait dix concurrents aux prises avec un con-\ncerto sordide, signé d'un saint Benoît-Labro de la contrebasse et digne d'une\ntelle origine. En revanche, le morceau de lecture d'Aug. Chapuis nous a paru\nd'une élégance peu familière au massif instrument qui avait les honneurs de la\nséance. Il nous a semblé comme toujours que le jury avait des sévérités\naussi inexplicables que ses généreuses tendresses : nous avons depuis longtemps\nrenoncé à comprendre. Pourquoi MM. Gibier et Darriena eurent-ils le premier\nprix, tandis que M. Joli n'eut, malgré son mécanisme sûr et son jeu délicat,\nqu'un second prix en partage avec MM. Hardy et Cortiglioni ? C'est ce que\nnous ne saurions dire. La belle qualité de son de M. Anrès justifiait bien son\npremier accessit. En revanche, le second accessit de MUe Cisin nous parut aussi\ninattendu que la présence d'une jeune fille dans un concours qui semblait réservé\nau sexe fort. Cette gracieuse concurrente, qui tendait désespérément ses bras\nvers la tête de son instrument, dans une posture renouvelée du baiser d 'Eunice,\nmanquait de force et sa contrebasse, insuffisamment maîtrisée, restait\nrebelle aux appels de l'archet.\nNous ne saurions faire les mêmes critiques à la Fantaisie de concert de\nMlle Fleury, imposée aux altistes comme morceau de concours ; mais elle en\nmérite d'autres, que la simplicité de ligne et la belle tenue du morceau de lec-\nture de M. Tournemire, pièce écrite dans le goût de l'instrument, mettaient\nparticulièrement en relief.\nSix concurrents, six récompenses ; six appelés, six élus! L'avenir nous\ndira si parmi eux était véritablement l'artiste que nous n'avons su dis-\ntinguer.\nLe Concerto de Davidoff nous a ramenés aux pires jours de l'inutile virtuo -\nsité. Encore une fois, le morceau de lecture écrit par M. Chapuis fut un soula-\ngement pour l'audition : on ne saurait lui objecter que sa simplicité facile. En\nM. Benedette, premier des premiers prix, le jury a récompensé le chevrotement\nélevé à la hauteur d'un principe artistique, et en M. Ringrisen, autre premier\nprix, le jeu très sûr et la belle sonorité d'un violoncelliste fait. M. Boulnois,\nhabit noir, plastron blanc, violoncelle rouge et crinière jaune, bref, jeu très\ncoloré, partagea le second prix avec M. Gervais. Il y eut Mas et Maas au"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "369", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.7", "texte": "CONCOURS DE FIN D'ANNÉE DU CONSERVATOIRE\n\npremier accessit. Enfin, une dernière nomination : M. Ruyssens fut encore un\nheureux.\n\nVIOLON.\nP. A.\n— La séance a débuté par un piquant intermède : « Il faut qu'un\npiano soit ouvert ou fermé », joué en toute perfection par MM. Fauré et\nNadaud. Comme la raison du plus fort est toujours la meilleure, ce fut la thèse\nde Fauré qui prévalut et le piano d'accompagnement eut son couvercle fermé.\nAprès quoi la revue des classes Berthelier, Lefort, Remy et Nadaud com-\nmença. De gentilles commères alternèrent sur 1 estrade avec des compères de\ntalent et chacun nous dit son couplet. Malheureusement ce fut trente-trois fois\nle même et plus malheureusement encore ce fut un concerto de Vieuxtemps.\nF exceptionnelle générosité du jury a faii vingt-deux lauréats et, dans le nom-\nbre, pas moins de quatorze jeunes filles. Le féminisme gagne dans les instru-\nmentistes : il semble que lesprivilèges du sexe laid et fort vont être très menacés,\net le bruit nous revient que telle grande société de concerts modifie ses statuts\npour enrayer les progrès de l'invasion féminine. Quoi qu'il en soit, le premier\nnommé des premiers prix, primus inter pares, fut un homme ou pour mieux\ndire un enfant : M. Zighera a quinze ans. Mais quelle fougue ! quelle sou-\nplesse ! et, à notre sens,quel génie pour avoir réussi à musicaliser un concerto\nde Vieuxtemps ! MUe Baudot, un autre premier prix, avait, Van dernier, joué\navec un charme exquis le concerto de Saint-Saens inscrit comme morceau de\nconcours: il nous parut que Vieuxtemps l'avait glacée cette fois-ci. Autres\npremiers prix : A4lles Billard, Lapié, qui tint le record de la vélocité, Morhange,\nà qui on décerna le premier prix parce quon ne pouvait lui donner autre chose,\net enfin M. Matignon, qui ne brilla guère par la personnalité de son jeu. Les\ndeuxièmes prix ont affirmé la victoire féministe : MUe Novi, la « Benjamine »\nde la journée, ravissante avec ses treize ans à peine révolus, a dû sans doute au\ndésir du jury de la garder encore de n avoir pas la plus haute récompense.\nMUes Sauvaistre et Augieras ont eu une exécution très sûre. M. Elchecopar\nnous a révélé une belle nature d'artiste. M. Michelon a une tenue désagréable\nil se tient sur la jambe gauche pendant les deux premiers temps de la mesure\net sur la droite pendant les deux autres !\nLes premiers accessits ont été dévolus à MUes Hélène Wolff et Pierre, des\ngrisailles, ainsi que M. Spathy, auquel pour notre part nous avons préféré, en\nraison de leur jeu énergique et coloré, MM. Tinlot et Soudant.\nEnfin les demi-teintes charmantes de MUe Talluef, le jeu classique et sûr de\nMUe Neuburger, la correcte élégance de MUes Fidide, de la Hardrouyère et\nDeschamps désignaient ces jeunes personnes à une récompense : le jury leur\na accordé le second accessit.\n( Voir plus loin les noms des autres lauréats).\n\nN.B. Le prochain numéro de la Revue musicale sera distribué dans les pre-\nmiers jours de septembre."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "370", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.8", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles.\n\nJULES ÉCORCHEVILLE: Vingt Suites d'Orchestre du XVIIe siècle français (1640-1670),\npubliées pour la première fois d'après un manusçrit de la bibliothèque de\nCassel. L. Marcel-Fortin, éditeur.\n\nL'ouvrage de M. Ecorcheville, thèse pour le doctorat soutenue tout récem-\nment avec succès devant la F'aculté des lettres de l'Université de Paris, constitue\nune contribution précieuse à l'histoire de la musique française. On sait com-\nbien, en dépit des efforts louables de divers érudits, cette histoire est encore\nmal connue et avec quelle peine les historiens arrivent à émouvoir depuis\nquelques années l'intérêt du grand public et des musiciens eux-mêmes, si long-\ntemps désintéressés de ces questions. Il faut bien le dire : si trop de personnes\nn'ont apporté qu'une attention distraite aux labeurs des musicologues, la raison\nprincipale en est que, pendant de longues années, l'absence de rééditions pra-\ntiques des œuvres originales eût fait de cette étude une déception perpétuelle. Le\nmoyen de s'intéresser vraiment à des musiciens dont il est impossible, ou pres-\nque, de se procurer une seule page, à une école d'art dont les monuments inac-\ncessibles reposent dans le silence des bibliothèques !\nC'est donc un service signalé que M. Ecorcheville aura rendu à la science\nmusicale en reproduisant sous une forme commode et luxueuse la collection con-\nsidérable de pièces instrumentales qu'il aura le premier tirées de l'oubli et dont\nl'étude approfondie fait l'objet de son travail. Quel que soit l'intérêt de ce com-\nmentaire et il est considérable n'est-il pas évident qu'il eût été, pour ainsi\ndire, réduit à rien si le lecteur ne pouvait à chaque instant se reporter au texte\nmusical des divers morceaux ?\nVingt-cinq pièces symphoniques, trois ballets, cent treize danses à quatre,\nplus souvent à cinq parties instrumentales, tel est le contenu du manuscrit de\nla Landes-Bibliothek de Cassel. Et ces cahiers, seuls subsistant aujourd'hui, pa-\nraissent être le reste d'une collection plus considérable encore. La présence de\nces œuvres ainsi réunies, à l'usage sans doute de quelque orchestre princier,\nn'est-elle pas caractéristique de l'expansion de l'art français au dehors, au milieu\ndu xviie siècle ?Il n'est pas inutile de multiplier les preuves surtout telles que\ncelles-ci d'un fait que n'ignorent plus les érudits, mais que trop de personnes,\nparmi celles qui font profession de contester l'originalité de notre musique, tant\nen P'rance qu'à l'étranger, sont portées à méconnaître.\nEtudiant tout d'abord les auteurs (dont les noms sont indiqués en tête d'un\ngrand nombre de ces pièces), M. Ecorcheville n'a point de peine à établir leur\norigine, voire une date approximativement exacte. En effet, quelques noms\nétrangers mis à part, tels ceux de Dresen, de Pohle, de Christian Herwig, du\nlandgrave de Hesse, Guillaume le Juste, tous ces auteurs sont des musiciens\nfrançais : la plupart virtuoses violonistes de cette première école du XVIIc siècle\ndont les œuvres jusqu'ici étaient à peu près perdues.\nQue savions-nous en eflet des Belleville, des Dumanoir, des Constantin, des\nBruslart, des Mazuel,des Verdier, de ces membres, illustres en leur temps, de la\ncompagnie des vingt-quatre violons, lesquels, depuis Lulli, on s'est plu à con-\nsidérer presque comme d'ignares et négligeables ménétriers r Rien ou peu de"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "371", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.9", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nchose, haute d'œuvres, la critique moderne, tout en soupçonnant à bon droit le\ntort qu'on leur faisait, ne pouvait reviser complètement le procès. Et Lulli restait,\nen ce domaine comme en bien d'autres, injustement en possession d'une gloire\nusurpée parce faiseur génial au détriment de ses rivaux.\nLa lecture de maintes de ces pièces, de celle dite Le Testament de Belleville\npar exemple, des grandes Allemandes deMazuel, des Bransles de Dumanoir et de\nbien d'autres, montrera jusqu'à l'évidence que, ni dans leur technique de vio-\nlonistes, ni dans leurs procédés de compositeurs, ces maîtres n'avaient rien à\napprendre de Lulli. Le Florentin n'a fait que reproduire leurs procédés, sans\nrien y ajouter de son cru. Voyez, par exemple, le début de ce morceau, Le Testa-\nment de hellevilie, que je citais à 1 instant. Croit-on qu il ne représente point un\nart aussi avancé, aussi sûr que n'importe laquelle des symphonies introduites\npar Lulli en ses opéras ?\n\nLE TESTAMENT DU Sr BELLEVILLE, A 4"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "372", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.10", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nDu chapitre consacré à l'étude de la polyphonie, de la contexture harmoni-\nque, de la conception et de la structure de la trame mélodique ou rythmi-\nque, résultera pareillement l'affirmation suffisamment établie que cette mu-\nsique, toute limitée qu'elle soit dans ses ambitions et ses effets, n'est nullement\ncomposée au hasard par des musiciens sans culture, mais qu'elle est le fruit d'un\nart réfléchi, conscient de ce qu'il peut et sait faire. S'il m'est permis là-dessus\nde dire mon sentiment, je me féliciterai de ce que l'oeuvre de M. Ecorcheville\napporte, peut-être contre son gré, une confirmation nouvelle à une idée qui\nm'est chère : à savoir que l'influence de Lulli, loin de représenter, comme on\nse le figure encore, un progrès dans l'évolution de notre art national, a été la\ncause d'une décadence sensible. Musicien très inférieur à beaucoup de ceux qui\nétaient classiques avant lui, artiste en somme secondaire et surtout prodigieuse-\nment incomplet, Lulli représente une notable régression pour tout ce qui re-\ngarde la souplesse du rythme,- l'indépendance harmonique et la liberté delà\ncomposition.\nAssurément il ne convient pas pour cela d'exagérer outre mesure la valeur des\nmaîtres que le présent travail fait en quelque sorte revivre. Même en leur temps,\ntous ne furent pas des musiciens de premier ordre, et même les plus éminents\nd'entre eux ne furent pas toujours également bien inspirés. Un certain nombre\nde ces pièces nous paraîtront donc d'intérêt médiocre, si nous y cherchons autre\nchose qu'un document historique. Il se peut aussi que les puristes y relèvent des\nincorrections assez nombreuses et des gaucheries d'écriture qu'ils jugeront fort\ndéplaisantes.\nA mon sens, il y aura quelque injustice à ces reproches. Car ces œuvres ne sont\npoint d'un temps où l'on se fût imaginé que l'harmonie, suivant l'illusion des\nmodernes, est une science fondée sur des principes scientifiques et immuables.\nOn n'avait point encore songé à se scandaliser, au nom de la nature et de la\nraison, si quelques quintes ou octaves consécutives se glissaient entre les parties.\nLes hommes de ce temps prenaient plaisir à certains heurts de notes, à certains\nfroissements évités aujourd'hui avec soin par ceux qui se piquent d écrire correc-\ntement. Ces duretés harmoniques sont ici trop évidemment recherchées pour\nqu'on n'y voie point un effet voulu."}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "373", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.11", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nDans les appoggiatures et les anticipations, par exemple,ce n'est point par ma-\nladresse que les auteurs de ces pièces se plaisent à faire entendre simultanément\nà écrire tout au moins la note principale et celle sur laquelle l'appoggia-\nture se résout ou celle que l'anticipation fait pressentir. Il se peut que l'exécution,\nen altérant tant soit peu les valeurs ou en introduisant des notes d'ornement, ait\nbeaucoup atténué ces irrégularités apparentes. Il en reste assez cependant pour\nqu'on puisse remarquer ce caractère particulier. Mais il ne faut pas oublier que\nde telles incorrections, si on tient à ce mot, en réalité ici vide de sens, sont\nusuelles dans toute la musique de ce temps, en France comme à l'étranger, et que\nles plus illustres maîtres polyphonistes ne s'en sont pas généralement privés\ndavantage. Si cette constatation pouvait convaincre les harmonistes de conser-\nvatoire de la relativité de préceptes qu'ils érigent arbitrairement en dogmes\nindiscutables, il n'y aurait qu'à s'en féliciter. Mais ne l'espérons pas.\nQuoi qu'il en soit de ces réserves, je pense qu'à beaucoup de pièces de ce\nrecueil, un public intelligent trouverait, aujourd'hui encore, un charme très\nréel, surtout si, comme l'auteur du livre a pris grand soin de le faire entendre,\non s'efforce de recréer par l'imagination le milieu où ces musiciens ont vécu.\nM. Ecorcheville a déterminé très finement ce par quoi la conception que les\nhommes du xvne siècle avaient de la musique et surtout de celle-ci, destinée aux\nassemblées, aux bals, aux loisirs de la vie mondaine, diffère de la nôtre. Il a pris\nla peine, en un chapitre fort neuf et des plus intéressants, d'étudier minutieuse-\nment les rythmes des diverses danses du temps, pratiquement superposés aux\ninflexions mélodiques des thèmes. La vie intérieure, si l'on peut dire, de ces suites,\ns'éclaire singulièrement à cette comparaison. Qu'elles appartiennent aux réper-\ntoires des bals de cour, des ballets, ou au genre plus symphonique des Alleman-\ndes, ces musiques, en effet, sont en rapport étroit avec la mimique et le geste\nchorégraphiques. Les contemporains ne les comprenaient point autrement. Et\npour en sentir véritablement le mérite, il faut, dans une certaine mesure au\nmoins, s'efforcer de sentir comme ils ont senti. M. Ecorcheville s'est plu à\nnous faciliter cette tâche.\nIl serait superflu de s'étendre plus longtemps sur ce livre, dont l'érudition\ncopieuse et sûre et la méthode rigoureuse plairont aux érudits, pendant que\nl'intérêt du sujet et la clarté du récit charmeront les profanes. Le volume est\ntrès luxueusement imprimé. Il est enrichi de plusieurs belles reproductions d'es-\ntampes du temps et contient en outre la reproduction photographique intégrale\ndu manuscrit de Cassel. En une seconde partie, M. Ecorcheville a donné le\ntexte musical des œuvres en partition, accompagné d'une réduction pratique au\npiano. J aurai peut-être quelques réserves à faire sur cette réduction. Non pas\nsur les indications de temps et de nuances, toutes fort judicieusement établies ;\nmais sur le parti pris adopté de négliger trop volontiers l'exactitude de la repro-\nduction au profit de la facilité pianistique. Dans l'esprit de l'auteur, cette réduc-\ntion est faite pour être entendue, non pour être lue. L'un ne va pas sans l'autre\net il y a tant de suggestion inconsciente dans ce que l'on croit entendre au piano\nqu'il est toujours utile, à mon sens, de corriger les impressions de l'ouïe par\ncelles de l'œil. Heureusement la présence de la partition, placée au-dessus de la\npartie de piano, atténue ici presque entièrement l'inconvénient que je signale.\n\nHENRI QUITTARD."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "374", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.12", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nANDRÉ PIRRO: J.-S. Bach, I vol. in-16, 244 p., chez Alcan, collection Jean\nChantavoine, 3 fr. 50.\n\nM. André Pirro est très estimé de tous ceux qui s'occupent d'histoire musicale :\nil a donné déjà des preuves brillantes de sa compétence technique, de son savoir\nétendu et de son goût pour les recherches minutieuses de l'érudition. Le livre\nqu'il nous donne aujourd'hui mérite cependant quelques réserves. Il est divisé en\ndeux partie, dont la séparation si tranchée est bien contestable : i° la vie (1685-\n1750); 20 les œuvres ; les cantates de 170). à 1725 ; les cantates après 1727 ;\nœuvres diverses ; les œuvres de musique instrumentale; catalogue des œuvres\nde Bach ; bibliographie. M. Pirro a eu constamment sous les yeux les éditions\ndonnées par la Bachgeselschaft II rend un juste hommage à ceux qui ont déjà\ntraité ce grand et redoutable sujet, ou qui en ont éclairé certaines parties. Je lui\nsais gré d'avoir ainsi parlé de mon ancien professeur à l'Université de Berlin :\n« J'emprunte ces détails à l'ouvrage admirable de Philipp Spitta : Johann\nSébastian Bach (2 volumes, Leipzig, 1873 et 1880). Cette étude monumentale\ndomine toute étude qu'on puisse entreprendre sur Bach. L'auteur y a parlé du\nmaître de Leipzig avec une érudition scrupuleuse et avec une sorte de divination.\nC'est à la fois un livre et un trésor de documents ».\nM. Pirro ne s'est pas contenté de résumer ce qu'on savait déjà sur Bach. Il a\nfait des recherches personnelles. Mais cette biographie déçoit un peu le lecteur.\nElle ne distingue pas de périodes ; c'est une série de petits faits juxtaposés ; il ne\ns'en dégagepas une idée nette du caractère deßach. Tout est mis sur le même plan.\nL'homme (type supérieur de l'Allemand protestant, solide, bourgeois et naïf) n'est\nni expliqué, ni analysé. La partie du livre consacrée à la musique témoigne d'une\ngrande connaissance des Cantates ; mais ici encore, l'auteur ne voit pas son sujet\nd'assez haut. Il ne nous montre pas que, pour Bach (très différent en cela de nos\ncompositeurs modernes), la musique n'a pas été une« fin » poursuivie avec un sen-\ntiment désintéressé d'artiste, mais avant tout, une fonction, un ministère, un ser-\nvice régulièrement fait pour une communauté un peu comme les « oraisons » d'un\nBossuet, qui est un évêque et non un littérateur). Cette analyse des cantates, élé-\ngamment écrite, est abstraite, un peu en l'air, d'un profit médiocre pour le lecteur\nqui n'a pas les textes musicaux sous les yeux. M. Pirro (moins que M. Schweitzer,\nen cédant cependant à la même tendance) relève complaisamment certains traits\nd'un détail pittoresque, dans lesquels il ne faut voir que des fautes de goût\n(comme dans certaines puérilités des oratorios de Haydn). Tout ce qui n'est pas\ncantate est laissé dans l'ombre ou la pénombre. C'est dommage. Il y a un\nBach ancien régime, un Bach d'une suprême grâce et d'un optimisme très sou-\nriant qu'il fallait dégager. Il y a aussi une foule de questions auxquelles l'auteur\nne répond pas. Comment se caractérise le contrepoint de Bach ? Quelles har-\ndiesses s'est-il permises? (voir les concertos de Brandebourg) ; comment écrit-il\npour les voix ? Comment son orchestre est-il constitué ? Que doit-il exactement\nà l'ltalie, à la France et à ses prédécesseurs allemands ? Pour tout cela, il fallait\nquelque chose de plus que des analyses formelles : de la psychologie, un peu de\nsociologie, un sens vraiment historique. Avec ces lacunes, le principal défaut du\nlivre de M. Pirro est l'absence de proportion. Rien n'est plus difficile que de ra-\nmasser en 200 pages un sujet qui demanderait un très gros volume ; un tel travail\nexige, avec une possession complète du sujet, une véritable science de la compo-\nsition. M. Pirro donne parfois un développement considérable à des détails de"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "375", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.13", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\ntroisième ordre, au point de vue de l'importance, et consacre à peine quelques\nlignes aux parties capitales de son sujet J'en voudrais donner un exemple. Voici\ncomment il parle de la maison où naquit Bach :\nBien des parties de la vieille maison ont dû rester presque telles qu'il les aperçut, dès que ses\nyeux furent capables de distinguer les objets et de les reconnaître. La serrure de la porte d'entrée\nest garnie d'une plaque ouvragée dont les contours chimériques lui ont semblé, sans doute, dessi-\nner de prodigieux visages. Le large vestibule aux carreaux de brique put lui donner l'idée d'un\ndésert sombre et l'escalier tortueux qui monte, au fond, vers la droite, put lui paraître la route\nde quelque voyage périlleux. Mais je veux croire qu'il ressentit, dans le petit jardin, les premières\nimpressions delà nature. Elle l'y accueillit d'abord, sous cet aspect diminué qui charme l'enfant,\neffrayé des grands espaces. Il prit le goût des paysages verts dans le modeste verger. Dans cet\nenclos étroit, borné par la muraille de la maison tapissée de vigne, fermé d'une haie vive, divisé\npar des lignes de haut buis, il se trouva assez protégé pour oser contempler les mirages mouvants\ndu ciel immense encore, bien que limité par le faîte des maisons voisines. L'est là qu'il s'habitua\nau spectacle des nuées suspendues au-dessus de lui, et c'est là que sa mère put lui apprendre,\nen se servant des paroles de Martin Luther, le miracle journalier de la main qui soutient dans\nles airs ces masses flottantes et nous garde de leur chute.\nOr, quand il arrive au Clavecin bien tempéré, à cette œuvre capitale qui est une\ndes assises de tout le système musical moderne, il en parle... par prétérition :\nJe ne tenterai même pas d'analyser ici la première partie du Clavecin bien tempéré, non plus\nque la série de préludes et de fugues dont l'ensemble, réuni sans doute de 1740 à 1744, est con-\nsidéré comme la seconde partie de ce recueil. Ce sont des œuvres que l'on ne peut effleurer, et\nqu'il faut examiner dans le détail, quant à la technique et quant au sentiment. Je renvoie donc\naux études publiées sur ces compositions et, surtout, aux textes mêmes.\nLe Clavecin bien tempéré, pour ne parler que de lui, a pourtant une autre\nimportance que la serrure de la porte d'entrée de la maison où naquit Bach !\nM. Pirro prépare une thèse de doctorat sur J.-S. Bach. Il s'est sans doute\nréservé pour cet ouvrage, que nous attendons, et qui nous permettra de le juger\ndans de meilleures conditions (1).\n\nC.\n\nJ.-G. PROD'HOMME: les Symphonies de Beethoven (1800-1827), avec préface de\nM. Ed Colonne, 1 vol. 481 p., librairie Delagrave, 5 fr.\n\n— M. Prod homme étudie\nune à une les symphonies. A propos de chacune d'elles, il donne d'abord une\ntranche de la biographie de Beethoven ; puis il analyse l'œuvre, un peu comme\non le fait aujourd'hui sur les programmes de concert (il ne va guère plus loin) ;\nil signale l'accueil fait à la première exécution, réunit des témoignages de con-\ntemporains, accumule le plus de renseignements possible. Le livre, à la fois bio-\ngraphique et de description technique, témoigne d'un sérieux travail et constitue\nune vulgarisation très utile. Ce qui lui manque un peu, ce sont les idées di-\nrectrices. J'en signalerai une qui aurait dû, à mon sens, trouver ici sa place.\nBeethoven est (avec Weber) le compositeur qui permet de constater le plus\nsouvent un désaccord absolu entre la vie de l'homme et l'œuvre de l'artiste.\n\n(1) M. Pirro ne parle pas assez pour le lecteur ; il a souvent l'air de faire un monologue ; ainsi,\ndes mots tels,que chrie (exercice d'amplification oratoire donné aux collégiens), mettenchor (chan-\nteurs de malines) ne sont pas expliqués et demandaient une note.— Çà et là, diverses coquilles;\np. 29, que signifie la phrase : « On y rencontre des passages où l'emploi des accords à plu-\nsieurs parties, etc... ».- Dins la bibliographie, même défaut de proportion que dans le reste\ndu livre. On y voit cités de simples programmes de concert, et des travaux importants ne sont\npas mentionnés. 'vPour les omissions, je renvoie à une excellente note de M. Rudolf Schwartz\npubliée en mars dernier, Signale f. musik. Weet)."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "376", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.14", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPrenons un exemple : la IIe Symphonie (op. 36, 1802). Ace moment, Beethoven\nest très malheureux, je n'ai, pour le prouver, qu'à citer M. Prod homme :\nLes premières années du siècle marquent l'apparition de ces « puissances de ténèbres » (fins-\ntere Mâchte, dit Wasielewski) qui assombrirent l'existence de Beethoven dès 1 âge de vingt-huit\nou trente ans. Lors de l'exécution delà Ire Symphonie, en 1800, Beethoven avait déjà ressenti les\npremières atteintes du mal qui ne devait plus le quitter, et dont aucuns soins ne purent jamais\nle guérir :la surdité. Peut être même, en 1796 et en 97, l'infirmité incurable avait-elle fait\nson apparition, à la suite d'un refroidissement. Les lettres de Beethoven, assez nombreuses à cette\népoque, nous révèlent les premières attaques sérieuses en 1800-1801 ; ce sont des confidences\ntrès intimes faites à son ami d'enfance, le docteur Wegeler, et à Cari Amenda, pasteur en Cour-\nlande ; à celui-ci, il écrit vers le mois de juin 1800 :\n« Mon cher, mon bon Amenda, mon ami de cœur, c'est avec une profonde émotion, avec un\nmélange de douleur et de plaisir que j'ai reçu et lu ta dernière lettre. A quoi comparer ta fidélité,\nton attachement pour moi ! Oh 1 cela est bien beau que tu sois toujours resté si bon pour moi!\nOui, je sais que tu es un ami éprouvé, à part, tu n'es pas un ami viennois ; non : tu es un ami pareil\nà ceux que le sol de ma patrie sait produire ! combien de fois te souhaité-je auprès de moi ! car ton\nBeethoven vit très malheureux ; sache que la plus noble partie de moi même, mon ouïe, a beau-\ncoup perdu ; déjà, lorsque tu étais auprès de moi, j'en sentais des symptômes, mais je le taisais,\nmaintenant cela n'a fait qu'empirer ; une guérison est-elle possible? J'en suis encore à l'attendre. »\n(Prod'homme, p. 31-32.)\nBeethoven écrit à Wegeler :\nPour te donner une idée de cette étrange surdité, je te dirai qu'au théâtre je dois me pencher\ntout contre l'orchestre pour comprendre l'acteur. Les sons élevés des instruments, les voix, si je\nsuis un peu loin, je ne les entends pas ; dans la conversation, chose étonnante, il y a des gens\nqui ne l'ont jamais remarqué; comme j'avais très souvent des distractions, on croit que c'est cela.\nParfois aussi j'entends à peine si on parle doucement et encore rien que les sons, pas les\nmots; pourtant, sitôt que quelqu'un crie, cela m'est insupportable. Qu'en adviendra t-il ? Le ciel\nle sait. Vering dit que cela ira mieux, sinon tout à fait bien. —J'ai souvent maudit mon existence\net le créateur; Plutarque m'a conduit à la résignation. Je veux, si je ne puis faire autrement, bra-\nver mon destin, bien qu'il doive y avoir des moments de ma vie où je serai la créature la plus\nmalheureuse de Dieu, (cité ibid., p. 34.)\nL\"homme est, alors, si malheureux, qu'il écrit ainsi son testament célèbre :\nG hommes qui me croyez ou me déclarez vindicatif, morose ou misanthrope, comme vous me\nfaites tort ! vous ne connaissez pas le motif secret de ce qui vous semble tel. Mon cœur et mon\ncaractère étaient dès mon enfance enclins au doux sentiment de la bienveillance. Je fus même\ntoujours disposé à accomplir de grandes actions. Mais rappelez-vous seulement que depuis six\nans je me trouve dans un état douloureux, aggravé par des médecins incapables, déçu d'année\nen année de 1 espoir de guérir, accablé enfin par la perspective d'une maladie chronique (dont la\nguérison demandera peut-être des années, si même elle n'est impossible).\nJe borne là cette énumération de documents. Ainsi, l'homme, en 1802, est\ndans un abîme de détresse. Or le Compositeur écrit, à ce moment précis, une\nœuvre tout ensoleillée de joie :\nC'est une poussée de jeunesse triomphante, avec une pointe d'insouciance ou\nde malice :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "377", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.15", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nLe larghetto de ce poème de printemps a bien, comme dit Grove, « une élé-\ngante et indolente beauté», surtout de la tendresse, de la grâce, de la légèreté ;\net le scherzo est « franchement gai dans sa capricieuse fantaisie » (Berlioz) ! Et\nle finale est un badinage plein de finesse et de piquant ! Comment expliquer cette\ncontradiction, ignorée de Taine, entre la vie et fart? M. Prod'homme, qui,\nd'habitude, choisit d'autres autorités, cite l'opinion de M. Bellaigue, d'après\nlequel Beethoven, écrivant la IIe Symphonie, aurait composé « un héroïque men-\nsonge ». Je ne crois pas à Beethoven se mentant à lui-même pour faire un chef-\nd'œuvre, chose impossible absolument. L'admirable musicien était parfaite-\nment sincère ; mais ne nous imaginons pas que la musique traduise, ou ait à\ntraduire ces misères (maladie, amour déçu, besoin d'argent) qui sont à la sur-\nface d'une personnalité, et auxquelles nous, qui n'écrivons pas de symphonies,\nnous sommes surtout sensibles; ce qu'elle exprime, c'est la nature foncière de\nl'artiste ; à l'égard de ce qui fait la vie commune, notre vie, elle est plutôt une\nlibération. Or, ce qu'il y avait, au tréfonds d'un Beethoven, c'était la joie expan-\nsive, jeune, aimante, débordante. On la trouve dans toutes les symphonies. Les\nmots inscrits en tête de la Ve (Ainsi frappe le Destin à notre porte) sont une\nplaisanterie, que M. Homais seul peut prendre au sérieux. Le premier mouve-\nment de la IXe n'est sombre que pour une raison d'ordre artistique : contraste\nétabli instinctivement, pour aboutir à Y Hymne à la joie!\nLes symphonies devront être étudiées, un jour, à un autre point de vue. La\nsymphonie réunit en elle les types principaux de composition : prélude religieux,\nchant et danse. Pour expliquer comment ces pièces, d'origine si différente, sont\narrivées à former un tout, il faudra autre chose que de petits témoignages\nrecueillis un peu partout. Une large étude sociologique sera nécessaire.\n\nC.\n\nMAURICE GANDILLOT : Essai sur la gamme, i vol., 675 pages, avec nombreuses\nplanches et textes musicaux, chez Gauthier-Villars, 32 fr. Cet énorme et\nsavant ouvrage est divisé en dix parties dont voici les titres : Consonance ;\ngenèse des échelles et des gammes ; contrepoint ; dissonance rattachements ; en-\nharmonie ; intervalles ; gammes diverses ; applications musicales / tempérament. A\nla fin de chacune de ces parties se trouve un « résumé » qui donne la substance\nde tout le développement antérieur. La préface est écrite sous la forme d'un dia-\nlogue entre un compositeur et l'auteur qui défend et explique sa méthode. On ne\nrésume pas un ouvrage de ce genre, car il est lui-même, à chaque page, un ré-\nsumé, puisqu'il condense les faits musicaux dans les formules de la science.\nCritiquant le dogmatisme trop absolu des professeurs d'harmonie, M. Gandillot\nleur reproche de dire: « on doit faire telle chose », alors que, se bornant à décrire\nles usages des maîtres, ils auraient dû dire : « on peut ». Il a parfaitement raison,\nmais il a le tort d'oublier que les traités d'harmonie s'adressent aux élèves du\nConservatoire, c'est-à-dire à des enfants ; or, il n'y a d'enseignement que là où il\ny aun dogmatisme très net. Dogmatisme de circonstance, d'ailleurs, et tout à\nfait provisoire! Les propositions et les analyses de M. Gandillot reposent sur le\nprincipe des rapports simples ; c'est une base qui nous paraît bien fragile ! La\ndéfinition de la dissonance (p. 105 : un accord dissonant est celui qui réunit les\nnotes provenant d'échelles différentes) est inadmissible. Cet ouvrage, témoignant\nd'autant de savoir que de vigueur d'esprit, est d'une étendue exceptionnelle, et\ncependant je lui reprocherai d'être incomplet sur trois points importans : il ne dit"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "378", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.16", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nrien des gammes exotiques ; il ne donne pas de bibliographie ; il laisse complè-\ntement de côté l'histoire des théories sur la gamme. Souhaitons cependant que\nl'auteur trouve, dans le public, la récompense méritée par ce grand travail !\n\nBIBLIOGRAPHIE DES BÉNÉDICTINS DE LA CONGRÉGATION DE FRANCE. Sous ce\ntitre vient de paraître (chez Champion) un volume qui semble surtout destiné\naux membres de la congrégation, mais où les musiciens profanes sont heureux\nde retrouver l'indication des travaux de Dom Pothier, D. Schmit, D. André\nMocquereau, D. Jean Parisot, D. Etienne Bourigaud, D. Charles Mégret,\nD. Augustin Gatard, D. Casiano Rojo, etc. ; n'oublions pas Dom Antoine\nDelpech, collaborateur des premiers volumes delà Paléographie musicale, auteur\nd'accompagnements d'orgue pour le Kyriale et les psaumes, ni les Noëls\nanciens de Dom Legeay. Cette bibliographie bénédictine si brillante est précé-\ndée d'une Introduction ; elle contient une notice sur le cardinal Pitra, et, avec le\nportrait de ce dernier, celui de Dom Guéranger. Elle est présentée suivant\nl'ordre alphabétique des noms propres ; dans un travail destiné au public, on\neût probablement adopté un autre plan.\n\nD. ANDRÉ MOCQUEREAU :Le décret du iq février igoô de la S. Congrégation\ndes Rites et les Signes rythmiques des Bénédictins de Solesmes, brochure de 25 p.,\nchez Desclée. Sous ce titre, le savant directeur de la Paléographie musicale\npublie une brochure (chez Desclée) où il démontre : i° que les signes rythmiques\nintroduits dans la notation du plain-chant (allongement de la queue de cer-\ntaines notes, petit trait vertical placé sur le côté des notes en losange) sont la\npropriété des Bénédictins ; 20 que la Cour romaine, tout en éditant elle-même les\nlivres de chant, grâce au généreux abandon que les Bénédictins lui ont fait de\nleurs travaux en 1904, a autorisé, à maintes reprises, l'emploi de ces signes\nrythmiques, pourvu quils ne changent pas la forme de la note. Démonstration\nun peu surprenante, en vérité, et qui laisse soupçonner des dessous, de vagues\nschismes typographiques ! Il y a bien, dans les textes officiels, tout ce que leur\nfait dire Dom Mocquereau : mais il y a aussi des réserves, des ambiguités dont\nil ne tient pas compte. Dans ses divers actes, la cour romaine a montré une\ndiplomatie italienne qui, trop souvent, manqua de netteté. Pour nous, l'école\nnormale du plain-chant est chez les Bénédictins (bien que nous n'acceptions pas\nleurs dernières théories sur le rythme) et non ailleurs. Tout le reste (privilèges,\ndroit d'imprimer, etc...) est affaire de commerce. Dans sa brochure, Dom\nMocquereau cite une circulaire du président du Conseil français, qui, après la\nfin du privilège de fait concédé à un éditeur de Ratisbonne, invite les évêques\nà n'adopter dans leurs diocèses que des livres imprimés par des travailleurs\nfrançais. Pourquoi faut-il que l'auteur raille cette circulaire et y voie « un acte\nd'hostilité contre Solesmes » ? Elle est irréprochable.\n\nEMILE BOUANT : Leçons de physique à V usage des lycées de jeunes filles, 1 vol.,\n235 gravures d?nsle texte, chez Alcan, 2 fr. 80. Ce petit livre, écrit par un\nancien élève de 1 Ecole normale, aujourd hui professeur au lycée Charlemagne,\nmérite d'être signalé ici, car, dans les 47 premières pages, il résume et expose\ntrès clairement les lois de l'acoustique.\n\nADOLPHE BOSCHOT :A a jeunesse d'un romantique, Hector Berlioz (1803-1831),\nd'après de nombreux documents inédits, avec trois portraits, 1 vol., 541 p., chez"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "379", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.17", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\nR. M.\n28\n\nPion, 4 fr. —(( J'ai travaillé, dit l'auteur, à cette histoire d'un romantique avec\namour, en toute simplicité, et dans le seul désir d'approcher autant que possible\nde la vérité, — de la vie. » Le livre justifie cette déclaration ; il réunit tous les\ndocuments que l'auteur a pu se procurer, mais il est déjà en retard sur quelques\npoints. La Revue musicale (n° du 15 février 1906) a publié deux lettres du grand\ncompositeur à Mme Lesueur (plus la fameuse lettre où Berlioz se déclare classique)\nqui résument la psychologie du sujet, et que M. Boschot paraît ignorer. La la-\ncune de son livre, c'est qu'il est exclusivement littéraire ; on y cherche vaine-\nment la musique : n'est-ce pas cependant elle qui pouvait permettre au biographe\nnon seulement d? « approcher » la vie, mais de l'atteindre ? L'ouvrage n'en est\npas moins très consciencieux, utile, et nous paraît assuré du succès.\n\nEMILE BAUMANN, Les grandes formes de la musique ; l'œuvre de Camille Saint-Saëns,\n1 vol. 475 p., Ollendorf, 1905,3 fr. 50.\nS.\n- L'auteur a une plume élégante\net il aime beaucoup la musique de Camille Saint-Saëns ; deux qualités dont\nnous le louons très vivement. Mais ce livre a un grave défaut : il n'est point\nmusical. Le titre, qui annonce un travail précis, paraît être une simple formule\nde panégyrique en l'air, un trait de chic. Le chapitre 111 est intitulé : les formes.\nJe vais droit à lui, pensant que là se trouve l'idée maîtresse du volume. Je n'y\nrencontre qu'une phrase de... Spinoza, noyée dans des généralités et une rhéto-\nrique insuffisantes. L'étude des « grandes formes » musicales, avec un Saint-\nSaëns pour base d'observation, devait être tout autre ; il y faut autant de pré-\ncision que si on voulait décrire les grandes formes en architecture. Dans une\nnote de la p. 9, l'auteur (s'appropriant une définition donnée par les philosophes\ngrecs, mais ici hors de propos), dit : «Nous entendons par forme la somme des\naspects limités où se définit un être, soit dans l'espace tangible, soit dans la\npensée. » Il n'est pas possible qu'en reproduisant cette définition classique,\nl'auteur ait cru caractériser les formes de la composition musicale.\nP. ET L. HILLEMACHER : Pièce de concert pour harpe chromatique, (chez Joanin,\n22 rue des Saints-Pères, 5 fr.). Œuvre d'une allure très artistique, mais difficile.\n\nCOURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nLÉS MODES DIATONIQUES (Suite): LE MODE HYPODORIEN\n\n(résumé par Emile Dusselier).\nOn sait que si le roi Henri IV a régné en France, c'est à la vertu d'une incan-\ntation magique qu'on le doit. Un écrivain du xvie siècle, Favyn, nous a transmis\nles faits suivants. Henri d'Albret avait promis àsa fille Jeanne, si, au moment\nde ses couches, elle chantait certaine chanson béarnaise « pour ne pas faire url\nenfant rechigné », de lui donner une chaîne d'or qui pùt faire vingt-cinq fois le\ntour de son cou, et une boîte d'or contenant son testament. « Les douleurs pour\n« enfanter, dit Favyn, la prirent entre minuit et une heure... Leroy, averti par\n« Cotin, descend tout aussi tôt. La princesse, l'oyant entrer dans sa chambre,\n« commença de chanter ce motet en langue béarnaise: Notre-Dume du bout du\n« pont... Au bout du pont du Gave, qui passe en Béarn, en allant à luranson,\n« était pour lors un oratoire dédié à la Vierge sacrée, illustrée de miracles, à"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "380", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.18", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\n« laquelle les femmes grosses se vouaient pour avoir heureux et bref accouche-\n« ment. La princesse n'eut pas plutôt rachevé cette prière, qu'elle accoucha du\n<( prince qui commande à présent à la France. Le bon Henry, rempli d'une joie\n« indicible, mit la chaîne d'or au col, et la boîte où était son testament dans la\n« main de la princesse sa fille, lui disant : Voilà qui est à vous, ma fille, mais\n« ceci est à moi ; et prenant l'enfant dans sa grand robe, il l'emporta dans sa\n(( chambre où il le fit accommoder ». Suit l'anecdote sur la gousse d'ail dont les\nlèvres du nouveau-né furent frottées, et sur la coupe de vin dont on lui mit\nen la bouche « une goutte qu'il avalla fort bien ».\nVoici cette incantation (je l'appelle ainsi, car le sens de la prière adressée à la\nVierge se rattache aux plus antiques croyances des primitifs) :\n\nCANTIQUE DE JEANNE D'ALBRET"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "381", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.19", "texte": "COURS DU COLLEGE DE FRANCE\n\nCette chanson a été recueillie et harmonisée (à la moderne !) par Frédéric Rivarès (Chansons\net airs populaires du Béarn, 1868, en dépôt à Paris, chez Champion, éditeur). Voici la\ntraduction des paroles :\nNotre-Dame du bout du pont, Secourez-moi à cette heure ; Demandez au Dieu du ciel\nQu'il veuille venir me délivrer promptement ; D'un garçon qu'il me fasse le don : Tout,\njusqu au haut des monts, l'implore. Notre-Dame du bout du pont, Secourez moi à celte\nheure !\nCelte charmante mélodie est écrite dans le ton de fa, sur une gamme où la\nthéorie moderne voit une variété de notre mineur. Mais peu importe le ton, arbi-\ntraire et facultatif. Ce qui nous intéresse présentement, c'est le mode. La gamme\nn'est qu'une transposition de la gamme\nCette dernière réalisation du mode est la plus ancienne ; c'est celle dont nous\nallons nous occuper. Sa présence dans les mélodies populaires du Béarn n'est\nqu un cas particulier; c'est une construction musicale fort ancienne.\nL'échelle modale de la H à la S s'appelait chez les anciens harmonie hypodo-\nvienne ou éolienne. D'après Gaudence (écrivain du ne siècle de l'ère chrétienne\nqui, dans son Introduction harmonique, a reproduit la doctrine de son maître\nAristoxène), nous voyons que c'était un mode entièrement semblable à notre\nmineur descendant. De cette gamme antique est sortie notre mineur-type mo-\nderne ; sur ce point, il y a un témoignage curieux, celui de la seconde femme\nde Bach, Anna Magdalena. L'octave hypodorienne avait sa division sur mi (une\nquinte au grave et une quarte à l'aigu). Parmi les monuments de la musique\ngréco-romaine, nous possédons quelques petites compositions, d'ailleurs sans\nimportance, où la note mi, au début et à la conclusion de la mélodie, joue le plus\nsouvent le rôle d'une dominante subordonnée à la tonique hypodorienne la (un\nExercice, ou accompagnement instrumental, xpouGiq, et une mélodie instrumentale,\ntirés d'un traité anonyme : publiés par Westphal, Metrik der Griechen, 2e éd.,\nLeipzig, 1867, vol. I, suppl. p. 50-65. Cf. Gevaert, Histoire de la musique de\nl Antiquité, I, p. 141). Dans le système de Ptolémée, la gamme hypodorienne\nn'est autre qu'une gamme dorienne àito J„S<7Y;Ç, c'est-à-dire qu'elle a sa finale .sur\nmi."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "382", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.20", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nCette division de l'octave sur mi— importante pour la construction d une mé-\nlodie nous permet de trouver son équivalent exact dans le système musical du\nmoyen âge et de prévenir quelques confusions. Celui des modes du plain-chant\nqui peut être regardé comme identique à l'hypodorien. ce n est pas le plagal {la)\ndu « Protus authentus » {ré), mais le ixe ton, la-mi-la. On retrouve cependant le\nmode hypodorien dans la plupart des chants du protus authentus {ré\\ parce que\ncette dernière gamme remplace le plus souvent le si S par le si b et qu'alors la\ngamme ré-mi-fa-sol-la-sib-do-ré devient une transposition de la-si-do-ré mi-fa-\nsol-la (ex. l'introït Da potcem, Domine, dimanche XVIII après la Pentecôte, p. 345\ndu graduel de Solesmes, l'offertoire Super flumina Babylonis, Dom. XX post\nPentec., ibid., p. 3 50, etc...) Cette transformation du si Û en si b est presque de\nrègle, et là où le si est éliminé (ex. les introïts : Domnius, fortitudo plebis mece,\nDom. VI post Pent. ; le répons-graduel Justus utpalma florebit9 etc. , c'est unsfb\nqu'on se plaît à sous-entendre. « Ce trait caractéristique, dit M- Gevaert, qui se\nreproduit avec une fidélité surprenante dans les mélodies de la plupart des\npeuples européens, semble être dans la nature de ce mode ; car il n'est pas pos-\nsible de supposer qu'il se soit transmis d'âge en âge par une tradition conti-\nnue. »\nM. Gevaert (Hist. de la musique dans VAntiquité, I, p. 143) cite les mélodies hypodoriennes\nsuivantes: Souterliedekens (c'est-à-dire Psautier, imprimé à Anvers en 1540), ps. 3, 33, 40, 45,\n49, 62, etc. ; Chardavoine (en un Recueil des voix de ville, Paris, 1576, qu'à la Bibliothèque du\nConservatoire de Bruxelles on m'a déclaré avoir appartenu à Fétis, mais être actuellement perdu),\npp. 1, 20, 29, 30, 50, 56, etc. ; Ahlstrôm, Nordiska folksvisor, n°s 26, 42, 48, 54, 67, 101, 162,\n185, 269 etc.\nA ces références j'ajouterai : le Recueil de chants populaires grecs publié par Georgios A.\nPachticos (t. A', Athènes, 1905) ;on trouve la gamme de ré à ré avec si b aux nos 3, 5, 6, 8, 12,\n15, 19, 30, 37, 44, 56,61, 66, 73,83, 85, 103, 116; ibid. Chants populaires de la Thrace, nos 137,\n149 (ce dernier avec un do# qui est une broderie dure), 155, 158 (?), 166; ibid. Chants de VEpire\net de l'Albanie, 219, 228, 230. La gamme diatonique de la se trouve: dans le recueil de Pachticos,\nhos 36, 54 (début avec anacrouse sur sol) ; 80, 82, 89, 117, 119, 123 (ce dernier avec broderie\ninférieure et supérieure du la, à la fin de la mélodie) ; 156, 169, 174, 184, 204 (chants de la\nMacédoine). Pour les mélodies slaves et Slovènes: mode hypodorien (en la pur) dans le Recueil\nSlovenské Spevy, Diel 11, Turc. S. V. Martin, 1893, nos 375, 384, 386, 390, 423 ; transposition du\nmême en ré avec si\\>, ibid. Noi 350, 356 et 357 (avec un sit comme note de passage) ; transpo\nsition en fa (avec la \\>, si b, rè\\>, et mi\\>), ibid. 354 ; en mi (avec fa Jf), ibid. 360 ; en sol\n(avec si \\) et mi b), 331, 368, 371, 422, 424, 425, 430. Cf. Chants nationaux russes par Rimsky-\nKorsakof, Petersbourg, 1870, n° 30, et le recueil Ludvik Kuba, Bartos, 2e cahier, Chants populaires\nmoraves, 1888, n° 15. Pour les transpositions du mode hypodorien dans une autre gamme que rg,\ncf. Slovenské Spévy, etc., nos 335, 338, 343, 345.. ; Ludvik Kuba, etc., 12 (avec le 2e couplet),\n19, etc., etc... Dans les Chansons populaires des Alpes françaises (Tiersot, Grenoble, 1903) cf. La\npéronelle, chanson du xve siècle, p. 13 (avec broderie inf. de la finale), le Dépai t des soldats pic-\nmontais (refrain d'après la version Morel Retz, p. 79), la Complainte du chaudronnier (p. 150,\navec brod. inf.) ; l'Enlèvement en mer (p. 173, n° 3) ; le Galant indiscret (p. 272) ; les Filles sont\ncomme les roses (p. 285), la Maumarièe p. 3 9) ; le Salut àla mariée (p. 324) ; le Pauvre Labou-\nreur (p. 463) ; Marmotte (p. 480, avec une musique de Beethoven) ; la danse Baccu-Ber, p.\netc... Comme on le voit, il y a là un nouveau témoignage en faveur de l'universalité du mode\nmineur.\nAu xviè siècle, dans la musique savante, l'échelle de la est devenue, avec Gla-\nréau, le mode éolien, qui désormais est traité à un point de vue nouveau, celui\nde la polyphonie. A 1 idée de division arithmétique et harmonique se substitue\npeu à peu l'idée de tonique et de dominante. Voici ce qu'on peut dire du mode\néolien dans cette 3e période de son histoire.\nComme ses notes caractéristiques sont Yut B et le fa H, il en résulte que sur sa\ntonique et sur ses deux dominantes (ré, mi) l'éolien (maintenant, nous désignons"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "383", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.21", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nainsi l'hypodorien) a trois harmonies mineures; mais comme la septième, 50/ G,\nn'est pas un de ses sons caractéristiques, elle peut être diésée ; il s'ensuit que\nle mode peut avoir sur sa dominante un accord majeur, et donner par consé-\nquent lieu à une cadence précise et régulière, au sens moderne de ces mots.\nD'autres modulations (normales au point de vue du système moderne) lui sont\ninterdites et voici pourquoi. D'après les anciens théoriciens du contrepoint, trois\nnotes seulement pouvaient être « soutenues », c'est-à dire diésées : le sol, le fa et\nVut : «... Et est notandum, dit Jean de Mûris (ire moitié du xive siècle), quod in\ncontrapunctu, nullas aliae notae sustinentur nisi istae très, scilicet sol, fa, ut. » Il\nen résulte que l'éolien ne peut moduler, à la façon moderne, sur l'accord, mineur\nou majeur, de sa dominante (mi) ; il lui faudrait pour cela un accord du 2e degré\n(si-ré Jt -fa S) ou un accord de 7e (si S -ré # -fa $ - la) qui d'abord aurait une note\nignorée par l'ancienne théorie, ré Jt, et qui, de plus, altérerait une des notes essen-\ntielles du mode, fa G (devenu un fas). Il ne peut pas davantage moduler en ré\ndorien, car d'abord il aurait besoin pour cela d'un do% (et rfo G est une de ses\nnotes caractéristiques-; de plus, l'éolien ne gagnerait pas beaucoup à cette mo-\ndulation, car il retrouverait dans le dorien l'harmonie mineure qui lui est propre.\nIl en résulte que l'éolien n'a que des cadences imparfaites sur sa dominante\n(sans sortir du ton); ou bien il module dans le ton phrygien mi, et, de là, il passe\nen ionien ut.\nLe mode éolien est souvent construit dans la gamme de sol avec sib et mib ;\nmais, soit dans cette gamme, soit dans la gamme de la, il est traité fort souvent\nsous la forme plagale, ce qui accentue encore le caractère plaintif qui le distingue\nde tous les autres.\nLa feuille d'exemples encartée dans le supplément de ce numéro de la Revue\nmusicale permet d'étudier quelques formes. Le premier choral, tiré du recueil de\nMarx (n° 1, Ach, Gott vom Himmel) nous montre un mode qui semble hésiter\nentre le dorien (mi) et 1 hypodorien. Par trois fois (périodes 1, 3, 5) le chant\nconclut sur le si G, c'est-à-dire sur la dominante de la dominante de la G :\nA la 3e période, l'échelle diatonique de la est transposée en mi :\nMais à chaque instant l'harmonisateur moderne introduit la note sensible pour\nsimplifier son travail ; et il conclut (sans nécessité) en mi ionien, soit en majeur.\n- Dans le choral n° 2, mêmes altérations, sauf dans la première période. Il est\ndommage d oter leur vrai caractère (par un fa%) à des clausules comme celle-ci\n(dernière période) :\nLa mélodie populaire n° 3 est analogue, pour les modulations, au choral n° 1 ;\nelle conclut deux fois de suite à la dominante de sa dominante. Le fragment de\nRimsky-Korsakof (n° 4) nous fait voir un cas extrêmement fréquent : 1 échelle de\nré avec un si ce qui l'assimile àun hypodorien transposé. On s'étonnera sans"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "384", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.22", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE\n\ndoute de trouver ici le texte n° 5, emprunté au bel opéra de M. Bourgault-\nDucoudray. Le premier membre de phrase n'est-il pas écrit en mi% majeur, et le\nsecond dans le ton parallèle ou relatif? Il y a pourtant, à la dernière mesure, un\nsi 5 caractéristique et pittoresque, qui justifie l'identité de notre mineur et de\nl'antique échelle hypodorienne :\nBien rares, depuis le xviG siècle, sont les compositeurs qui, usant du mode\nhypodorien dans l'écriture à plusieurs parties, ne l'ont pas plus ou moins altéré.\nComme type pur, chez les modernes, je citerai un dernier exemple emprunté à la\nmusique russe, où l'influence mélodique et modale de l'art populaire a été à la\nfois si grande et si heureuse. C'est la Cantate en ïhonneur de Ghnka, de Bala-\nkrrew (écrite par ce dernier, pour le centenaire de son ancien maître, en 1904) :\nOn voit 1 identité modale\nDans l'harmonisation de cette cantate, aucune note étrangère au mode ne vient\ndéranger l'ordre des intervalles.\n[A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\nNotes sur la musique orientale.\nLE RYTHME ET LA MESURE.\n\nLe rythme c'est-à-dire l'harmonie des nombres et des mouvements appliquée\nà la mélodie constituait chez les anciens l'élément principal et prédominant de\ntoute œuvre musicale. Les Hellènes, en particulier, ont porté cette partie de l'art\nà un degré de perfection que n atteindra certes jamais la musique moderne, pat\nla raison bien simple qu'elle est essentiellement métrique, ce que nous appelons\nrythme n'étant en réalité que la perception d'un mètre musical. Aussi bien, force\nnous est, encore aujourd'hui, de recourir à l'Orient, gardien fidèle des traditions\ndu passé, pour nous faire, par voie directe d'expérimentation, une idée exacte du\nrôle et de l'importance d'un rythme logiquement préposé comme élément essen-\ntiel et informateur de la mélopée.\n."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "385", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.23", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE\n\nMalheureusement pour nous, les quelques pages que les Kossegarten (1), les\nKiesseveter (2) et les Fétis (3) ont consacrées à l'étude de la musique et du rythme\ndans la musique arabe sont insuffisantes, et leur enseignement est trop vague et\ntrop superficiel pour n'être pas sujet à caution. Tout le mérite de ces savants\nauteurs a été d ouvrir la voie ; d'autres, espérons-le, ne tarderont pas à reprendre\net à parachever leur œuvre.\nL'art oriental est essentiellement lyrique; il unit d'ordinaire, comme jadis chez\nles Grecs, les trois arts qui réalisent l'harmonie dans la durée : la poésie, la\nmusique, la danse. Toutefois, chacun d'eux a sa technique propre, et, contraire-\nment à ce qu'enseigne Fétis, les théoriciens arabes et persans tels que Farabbi\net Abd-el-Kader ont bel et bien « traité dans leurs ouvrages de la mesure des\ntemps et de leurs combinaisons au point de vue musical ».\nPour eux, la mesure et le rythme représentent deux entités, deux choses cor-\nrélatives parfaitement et toujours distinctes.\nLa mesure, élément inférieur et pour ainsi dire latent, établit simplement sur la\nbase immuable du « temps premier » des anciens la longueur du mètre ou vers\nmusical. C'est la trame indispensable, l invisible et léger canevas sur lequel\nd'une main délicate et patiente l'artiste fixera au gré de son inspiration ou de son\ngénie les fines et chatoyantes broderies de la mélopée.\nLe temps premier adopté pour la composition d'une mélodie quelconque ayant\nla valeur conventionnelle d'une noire, le vers musical renferme-t-il 6, 9, 12, 13,\n16, 28, 60, 64 et jusqu'à 88 fois cette valeur, la mesure de cette mélodie est le\n6/4, le 9/4, le 12/4, le 13/4, le 16/4, le 28/4, le 60/4, le 64/4, voire le 88/4.\nLe temps premier adopté étant la croche; le vers musical renferme-t-il 7, 8, 9,\n10 fois cette valeur, la mesure de la mélodie est le 7/8, le 8/8, le 9/8, le 10/8, etc.\nLe temps premier étant la double croche, le vers musical renferme-t-il 10 fois\ncette valeur, la mesure de la mélodie est le 10/16, soit la mesure du rythme\nDjourdjouna, la seule de ce genre.\nLe rythme, élément supérieur et prédominant, met la régularité dans la suite\ndes temps rigoureusement mesurés, soumis à certaines proportions et en oppo-\nsition d intensité, de sons et de mouvements.\nLa musique orientale emprunte en majeure partie son originalité, son énergie\npropre à la rigueur de la mesure et du rythme, tandis que la musique européenne\ncherche la sienne à maîtriser à son gré la mesure, à la presser, à la ralentir selon\nque l'exige le goût du chant, le degré d'habileté de l'instrumentiste ou le degré\nde flexibilité des organes du chanteur.\nA défaut d'instruments de percussion tels que le /e/r(tambour de basque), les\nhoudiims (timbales aux sons variés et les mcizlars (cymbales de cuivre), le rythme\nse marque à l'orientale, par un claquement de doigt, lepolicis ictus d'Horace (4)\ndont nous retrouvons également l'usage parmi les populations de l'Europe méri-\ndionale (5), ou plus ordinairement par un frappé à plat de main sur les genoux.\n\n(1) Alii Hispanensis liber cantilenarum magnus ex codicibus arabice editus. Gripsvalice <'pp. 126-\n183).\n(2) Die Music der Araber ivcr, Abschnitt, pp. 49-54.\n(3) Hist. générale de la musique, t. 11, pp. 64-70.\n(4) Od., îv, 6.\n(5) Pour rendre ce claquement plus distinct et plus agréable, les Orientaux se fixent parfois\nau pouce et à 1 index de chaque main une sorte de cymbales minuscules au son cristallin, appe-\nlées zil."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "386", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.24", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE\n\nLe frappé sur le genou droit marque le temps fort ou thesis ; le frappé sur le\ngenou gauche, le temps faible ou arsis.\nSuivant leur degré d'intensité et leur genre de mouvement, les thesis et les\narsis sont caractérisées par des termes spéciaux empruntés à l'onomatopée ins-\ntrumentale. Les Persans disent ten téné ten, pour simuler par ces consonances\nsyllabiques la résonance du tambour (1) et des instruments à cordes en général.\nLes Arabes et les Turcs par imitation du frappé des instruments de percussion\net surtout des mazlar (cymbales) disent : Doum, tek, tekké tekkia, tahek.\nLe doum est proprement la thesis ou temps fort ; le tek l'arsis ou temps faible.\nLe tekkéytekkia ou tekka est un doum-tek successif et moins intense.\nLe tahek est un frappé d'une exécution difficile ; sa composition est assez\ncomplexe et des plus originales. Il comprend deux parties généralement iso-\nchrones : une arsis, soit : un tek battu de la main gauche, suivi d'un doum-teck\nbattu simultanément des deux mains sur les deux genoux.\nSi tant est que les Orientaux n'aient pas directement emprunté aux anciens\nl'ensemble ou le mode général de leurs procédés rythmiques, soit en poésie, soit\nen musique, ils n'ont certes que fort peu à leur envier à ce sujet. Rien n'égale,\nen effet, la richesse et l'étonnante variété des rythmes de la musique arabe, per-\nsane et turque, désignés d'ordinaire sous le nom générique d'ousouls.\nJusqu'ici j'ai pu en recueillir jusqu'à trente-neuf d'un caractère bien déterminé.\nC. Fronton, « jeune » de langue, de France à Gonstantinople (q 75 F, en avait déjà\nsignalé le plus grand nombre, sans toutefois en marquer la véritable physiono-\nmie, dans un intéressant mémoire, resté inédit et dédié à Mgr Rouillé, marquis\nde Jouy, ministre de la marine et secrétaire d'Etat sous Louis XV (2).\nEn attendant que ce curieux travail obtienne enfin les honneurs d'une édition\ncritique auxquels il a droit, je crois utile et opportun de dresser ici sans retard la\nnomenclature exacte des rythmes traditionnels de la musique orientale.\n\nOUSOULS OU RYTHMES DE LA MUSIQUE ORIENTALE\n\n(1) Espèce de mandoline à manche très allongé qu'il ne faut pas confondre avec notre instru-\nment à percussion de même nom.\n(2) Cf. Bibl. Nat. de France, m 5.4023, nouv. acq fr., pp. 65-77."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "387", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.25", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "388", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.26", "texte": "NOTES SUR LA MUSIQUE ORIENTALE\n\n(r) Zendjir signifie chaîne. Ce rythme com-\nposé est formé par l'enchaînement des cinq\nrythmes suivants : i° lchifté-duyek, 20 Fakhté,\nAchember, 40 Dévri Kébir, 50 Bérefchan.\n\nQuelques-unes de ces formules, on le voit, sont de véritables phrases ryth-\nmiques ; elles méritent l'attention d'un compositeur occidental, à qui elles offrent\ndes cadres originaux et bien intéressants\n— M. le Résident p. i. au Tonkin nous transmet une lettre de M. Jean\nRouet, Président du Comité delà Société philharmonique annamite de Hanoi.\nPar cette lettre, M. Rouet nous informe : i° Que la Société philharmonique de\nHanoï a expédié, le 14 mai, à VExposition coloniale de Marseille, une caisse\nrenfermant une collection complète des instruments de musique en usage parmi\nles Annamites de VIndo-Chine française ; 20 que cet envoi est accompagné\n\nP.-J. THIBAULT,\nDes Aug. de l'Assomption."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "389", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.27", "texte": "LA MUSIQUE DES MALGACHES\n\nd'un livre explicatif qui nous est destiné [l'auteur en gardant, d'ailleurs, la\npropriété littéraire) ; 3° que les instruments, une fois l'Exposition terminée,\nseront à notre disposition. iVoz/s envoyons à M, Jean Rouet nos plus sincères\nremerciements. Nous serions heureux d'avoir, de lui, quelques renseignements\nsur la Société philharmonique de Hanoï.\n—Le Directeur du collège Jules-Ferry à Nam Dinh ( Tonkin), Aime Geyer,\nl'instituteur Du et ses élèves du collège veulent bien nous envoyer, tfvec z/zze\nexcellente notice sur la musique orientale, une admirable collection de dessins\nen couleur représentant tous les instruments indigènes. Lto/zs z/n rfe zzos lycées\nde France, un Oriental aurait difficilement obtenu un travail aussi exact et\naussi soigné ! Nous envoyons à nos honorables correspondants et compa-\ntriotes nos plus vifs remerciements pour ce très bel envoi que nous avons\nsignalé à M. Georges Leygues, ministre des Colonies,\nDe Nice, M. Edouard Perrin nous signale quun amateur de musique\nmort récemment, M. Gautier, vient de léguer au musée de la ville une\nimportante collection d'instruments anciens et exotiques, originaires de\nl'lnde, la Perse, la Chine, le Japon, et quelques peuplades sauvages.\n\nLa musique des Malgaches.\n\nLe mot Malgaches, qu'on emploie\nd'une façon générale pour désigner\nles habitants de la grande île sud-\nafricaine, ne répond ethnologique-\nment à rien. Madagascar est en\neffet habitée par de nombreuses\npeuplades d'origine et de civilisa-\ntion essentiellement différentes et\nqu'on peut classer en deux grandes\nfamilles: la famille malaise (Hovas)\net la famille polynésienne (Sakala-\nvas, Betsimisarakas, etc.). Sur ces\ndeux races principales sont venus se\ngreffer des éléments secondaires :\nArabes, Cafres, etc. Toutes ces\npeuplades se sont pénétrées plus ou\nmoins les unes les autres ; le métis-\nsage des diverses races originelles\na été poussé très loin au cours des\nsiècles, de sorte qu'il est bien diffi-\ncile, sinon impossible,de déterminer\navec quelque exactitude ce qu'a été\nl'apport de chacune d'elles dans ce\nqu'on est convenu d'appeler la civi-\nlisation malgache.\nD autre part, les indigènes ignorent encore aujourd'hui, à quelques rares"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "390", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.28", "texte": "LA MUSIQUE DES MALGACHES\n\nèxceptions près, la notation musicale ; à l'avènement deßadama leGrand (1810?)\npersonne en Emyrne, sans en excepter le roi lui-même, ne savait écrire ; l'ab-\nsence de toute espèce de documents écrits fait que chacun interprète les airs\ntraditionnels à sa guise, en y ajoutant des variantes et des broderies mélodiques\nsouvent bien imprévues !\n« L'inconstance du caractère se traduit chez le musicien malgache. En appre-\n« nant un chantil se l'assimile, y ajoute quelques variantes dans le courant d'une\n« phrase, dans le finale, en sorte que plusieurs individus exécutant séparément\n« le même air le chanteront d'une façon diverse. » (R. P. Collin, S. J.)\nLeR. P. Collin, établi depuis près de quarante ans à Madagascar, est très au\ncourant des mœurs des indigènes et est le seul qui se soit occupé d'une façon\nsuivie de musicographie madécasse ; à ce titre, et quelque réserve qu'on puisse\nfaire sur sa science musicale, son opinion est précieuse et ne doit pas être né-\ngligée. . v . ( . . .\nAvant 1810, l'intérieur de Madagascar était complètement fermé aux voya-\ngeurs européens et ceux d'entre eux, peu nombreux, qui ont parcouru l'île\ndepuis cette époque, ont tout à fait oublié ou négligé de nous renseigner sur la\nmusique indigène ; Flacourt, qui s'était établi à Fort-Dàuphin au milieu du\nxviie siècle, ne parle que très brièvement, dans sa célèbre Histoire de la grande île\nMadagascar, du sujet qui nous intéresse ; encore ne pouvons-nous faire nul état\nde ses observations qui s'appliquent à la musique arabe ; la région qu'il habi-\ntait avait en effet été colonisée à une époque relativement récente 'quatre ou cinq\nsiècles auparavant) par les Arabes, qui ne tardèrent pas à imprimer fortement\nleurs mœurs, leur religion et leurs arts parmi les peuplades de la côte sud-est ;\ncette civilisation s'est peu modifiée au cours des années, et les principaux chefs\nde cette région sont aujourd'hui encore de descendance arabe.\nLes noms de la plupart des instruments de musique en usage à Madagascar avant l'arrivée\ndes Européens sont certainement d étymologie arabe. Seules la vdlilia et la lokodnga sont indis-\ncutablement des instruments autochtones. La sôdina ou flûte de bambou d Emyrne se nomme\nsur la côte est antsôdy et antsâly. Cette dernière forme se rapproche beaucoup de l'arabe al-tsolu.\nLes mots antsôdy et sôdina sont identiques, car les Hovas ajoutent presque toujours aux mots\nétrangers entrés dans leur langue une des trois syllabes terminales AÏ7, na, ou tra.\nCes terminaisons n'ont aucun sens spécial ; elles sont tout euphoniques, s'élident presque tou-\njours dans le corps d'une phrase, et la consonne initiale du mot qui les suit se change en une\nautre selon des règles trop longues à énoncer ici. Les mots étrangers importés dans la langue\nmalgache conservent l'article original ; il n'en a pas été autrement pour 1 arabe, dont l'article est\nal : le mot flûte se disant en arabe al tsolu est devenu en malgache de la côte est antsôly (l en\nmalgache par euphonie se changeant en n devant un t). Par corruption, antsoly est devenu antsôdy,\npuis, passant dans le dialecte hova est devenu sôdy, et avec la terminaison vague et imprécise\nna, dont nous avons parlé plus haut, sôdina.\nLes conques marines,dont on se servait beaucoup autrefois à Madagascar comme instrumenis de\nmusique, se nommaient kdrana, ou kdrany, akôra ou ankôra, ankârana ou akxrana, ce qui est\nproprement l'arabe al-kirana, coquille de mer.\nEnfin les indigènes ont une tendance fâcheuse à adopter les airs européens\nles plus vulgaires qu'ils ont entendu jouer ou chanter par des fonctionnaires ou\ndes colons et sur lesquels ils exercent cette curieuse faculté de déformation que\nj'ai signalée. La constitution de fanfares indigènes civiles et militaires aggrave\nencore cette disposition à oublier les vieux airs nationaux.\nAjoutons que certains de ces airs ont une origine très ancienne et que par"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "391", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.29", "texte": "INFORMATIONS\n\nsuite le premier thème a pu et même a dû être modifié du tout au tout au\ncours des années.\nL'ethnographie avait déjà établi d'une façon indiscutable l'origine malaise et\nprobablement javanaise des populations du plateau central de Madagascar ;\nl'étude de leur musique confirme ce fait.\nIl résulte de tout ce qui précède que l'histoire de la musique des Malgaches est\nimpossible à écrire, parce que les documents écrits font défaut et que la fan-\ntaisie qui préside à l'exécution des airs traditionnels chez le musicien indi-\ngène en rend la notation très difficile. Ajoutons qu'à part quelques études du\nR. P. Collin il n'existe pas de biographie de la musique malgache.\n(A suivre. )\n\nA. SICHEL.\n\nInformations.\n\nDISTRIBUTION DES PRIX DU CONSERVATOIRE NATIONAL. — Voici les lauréats dont\nles noms ont été proclamés à la lecture du palmarès :\nConcours à huis clos. Fugue : ier prix, MM. Nibelle, A. Gailharcl, Motte-\nLacroix ; 2e, M. Flament. — Contrepoint : ierprix, MM Chevallier, Masson. —-\nHarmonie : ier prix, Mlles Milliaud, Delmasure, Dauly ; 2e, M1Ie Stroobants.\nHommes : ier prix, MM. Vidal et Ribollet ; 2e MM. Gallon, Defay, Boucher,\nParay. — Orgue: ierprix, MM. Bonnet, Barrié, Vierve; 2e M. Fauchet.\nChant (femmes) : ier prix, Mlle Lasalle, Mlle Martyl, Mlle Lamare, élèves de\nMM. Cazeneuveet de Martini ; 2e prix, Mlle Galle, Mlle Bailac, élèves de MM. Du-\nbulle etDuvernoy, Mlle Delimoges, élève de M. Dubulle; accessits, Mlles Daubigny,\nChantai, Jeanne Bloch etGustin. Chant (hommes) : ier prix, MM. Georges Petit\net Francell, élèves de M. Dubulle et de Mme Rose Caron ; 2e prix, MM. Nansen,\nSorrèze et Dupouy élèves de MM. Dubulle, Cazeneuve et de Mme Rose Caron;\naccessits, MM. Gilles et Dommier. — Contrebasse : ier prix, MM. Darrieux et\nGibier ; 2e prix, MM. Cartiglioni, Son et Hardy ; accessits, M. Aurès et\nMlle Çisin. —Alto : ier prix, M. Jurgensen; 2e prix, MM. Montefeuillard et\nMlle Dumont ; accessits, MM. Fenillon et Barrier. — Violoncelle : ier prix,\nMM. Benedetti et Ringeinsen ; 2e prix, MM. Boulmois et Gervais ; accessits,\nMxM. Paul-Jean Mas, Gérard Maas et Ruyssen. — Opéra comique{femmes) : ierprix,\nM1Ies Lamarre et Lassalle ; 2e prix, Mlle Delimoges ; accessits. Mlles Bloch, Allard\net Cornes. Opéra comique (hommes) : ier prix, MM. Petit, Fraiîcell et Dommier»\nélèves de MM. Isnardon et Bertin ; accessits, MM. Vigneau, Nansen, Sorrèze\net Payan.— Violon : ierprix,M. Zighera, MllesBillard,Lapié, Baudot, Morhange\net M. Matignon ; 2e prix, MllesNovi, Sauvaistre, Augieras, et MM. Etchecopar et\nMiquelon ; accessits, MM. Spathy, Tinlot Soudant, Corruette, et Mlles Wolff,\nPierre, Talluel, Neuburger et Fidide. — Opéra (femmes) : ier prix, Mlle Lamarre,\nélève de M. Bouvet ; 2e prix, Mlle Bailac, élève de M. Bouvet ; accessits,\nM,,es Madeski, Daubigny, Galle et Le Senne. Opéia (hommes) : ier prix,\nM. Carbelly, élève de M. Melchissédec ; 2e prix, MM. Meurisse et Sorrèze,\nélèves de M. Melchissédec ; accessits, MM. Dupouy, Pérol, Tessier et Gilles.\nPiano. ier prix, Mlles Le Son, Léon, Vendeurs, élèves de Marmontel et de"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "392", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.30", "texte": "INFORMATIONS\n\nDelà borde ;2e prix, Mlles Lefebvre, Willemin, Beuzon, Gellibert, Clapisson et.\nWeill ; accessits, Mllcs Pennequin, Boucheron, Bonvaist, Chassaing, Chardard,\nMarx, Abadie, Landsmann et Piltan. —Flûte : itl prix, MM Bergeon, Moyse ,\n2e prix, MM. Paul, Cliton ; accessits, M. Camus. Hautbois .Ie piix,\nMM. Serville, Vaillant ;2e prix, MM. Tournier, Stien ; accessits, MM. Lon-\ngatte, Riva, Durivaux, Rigot. Clarinette : lel1e 1 prix, M. Loterie ;2e prix, M. Bla-\nchet ; accessits, MM. Guet, Hocgstoel, Corbet. Basson . 1 prix. MM. Ram-\nbourg, Charpin 2e prix, MM. Sage, Fleurquin , accessits, MM. Thauvin,\nTaisne, Chastelain.— Trompette'. MM. Laurent, Villard etßlanquefoit. Coi .\nier prix, MM. Petiau, Delgrange ; 2e, MM. Bailleux et Deswarte Cornet à\npistons : ier prix, MM. Mager et Foveau. Trombone : ier prix, MM. Henne-\nbelle, Mendels, Vermynck.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 juin au 18 juillet 1906.\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 au 30 juin 1906.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 juin\n2 2 —\n25 —\n27 —\n2 9\n2 juillet\n4 —\n6 —\n9 ~\n11 —\n13 —\n14 —\n16 —\n18 —\nSigurd.\nSalammbô s\nSamson et Dalila. — La Mala-\ndetta.\nLe Cid.\nGuillaume Tell.\nLes Huguenots.\nLes Maîtres Chanteurs.\nLe Freischiit7. — Coppélia.\nArmide.\nSigurd.\nFaust.\nGuillaume Tell.\nTannhàuser.\nFaust.\nReyer.\nReyer.\nSt-Saëns. P. Vidal.\nMassenet.\nRossini.\nMeyerbeer.\nR. Wagner.\nWeber. L. Delibes.\nGluck.\nReyer.\nGounod.\nRossini.\nWagner.\nGounod.\n14.203 76\n17.657 41\n17.868 41\nI 3.006 76\n16.475 41\nI5.2O5 91\n16.064 76\n18.042 41\n14.308 41\n1 3.616 76\n20.262 41\n(gratuite)\n17.639 41\n16.859 76\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 juin\nLa Vie de Bohème. — Le Roi\n7-437\nAveugle.\nPuccini. Février.\nDO\n21 —\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n4-O36\n5o\n22 —\nLe Clos. — Cavalleria Rusti-\ncana.\nSilver. Massenet.\n2.476\n»\no\n20 —\nAphrodite.\nC. Erlanger.\n5 753\nDO\n24 —\nLakmé.— Cavalleria Rusticana.\nL. Delibes. Massenet.\n5.049\n»\n25,'populaire)\nMiarka.\nA. Georges.\n3.56o\n»\n26 — juin\nAphrodite.\nC. Erlanger.\n3.725\n»\n27 —\nCarmen.\nBizet.\n6.204\n5o\n28 —\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n3.186\n»\n29 —\nManon.\nMassenet.\n7-^49\n»\n3o —\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n6.927\n5o\nFermeture an\nnuelle."}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "393", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.31", "texte": "INFORMATIONS\n\nM. ALEXANDRE GUILMANT vient de terminer la cinquième année de ses\nséances historiques d'orgue du Trocadéro ; pendant ces cinq années, M. Guil-\nmant a fait entendre 425 œuvres différentes, par écoles et par nationalités.\n\nCONSERVATOIRE. Le quatuor Capet se propose d'organiser des séances dans\nla salle des fêtes du Conservatoire, les 2 décembre, 6 janvier, 24 février, 7 et 28\navril prochains, qui sont les seuls dimanches laissés libres par la Société des\nconcerts.\n\nTOUROOING.— M.Gabriel Fauré, directeur du Conservatoire national de musi-\nque et de déclamation, a présidé, comme délégué du ministre des beaux-arts, la\n3e fête fédérale des musiques du Nord et du Pas-de-Calais qui, à l'occasion de\nl'Exposition, s'est tenue dans la ville de Tourcoing.\n\nVALENCIENNES. —Un grand concours international de musique, réservé aux\nsociétés d'orphéons, d'harmonies et de fanfares des ires, 2es et 3es divisions, est\norganisé par la ville de Valenciennes pour le 12 août prochain.\n\nTHÉÂTRE DE LA NATURE A CAUTERETS. M. Rateau, directeurdu théâtre de la\nNature, est autorisé à faire répéter, dans la grande salle des fêtes du Trocadéro,\nLa Fille de Roland, Andromaque, Nicomède, qu il se propose de donner en repré-\nsentation à Cauterets avec le concours des artistes de la Comédie-Française\net de l'Odéon.\n\nCONCERTS DE TOULOUSE. Les concerts symphoniques fondés à Toulouse par\nM. Crocé-Spinelli obtiennent chaque jour, sous sa direction, de remarquables\nsuccès. Desireux d'encourager les efforts de cette association, M. le ministre des\nbeaux-arts vient de lui accorder une subvention de 2.000 francs.\n\nHARMONIE DES ANCIENS MUSICIENS DE L'ARMÉE. Cette Harmonie, dont le siège\nsocial est au Palais du Trocadéro, est dirigée par M. Henri Radiguer et placée\nsous le haut patronage de M. le sous-secrétaire d'Etat des beaux-arts. Elle a\ndonné l'année dernière, les 14 juin, 7et 8 juillet, trois auditions publiques, en\nplein air, des principaux hymnes écrits pour les fêtes de la ire République.\nDepuis, elle a poursuivi ses études et peut offrir un répertoire particulièrement\nintéressant pour nos fêtes patriotiques. Une décision du ministre de la guerre\nlui a permis de faire participer à ses travaux les meilleurs musiciens des régi-\nments de Paris. Enfin, grâce au concours d'artistes éminents de l'Opéra et de\nla musique de la Garde républicaine, l'Ecole d'Harmonie a institué un ensei-\ngnement gratuit et méthodique des instruments à vent qui suppléera aux classes\nde saxhorn et de saxophone professées avant 1870 au Conservatoire national.Le\nministère des beaux-arts lui alloue, sur ses crédits, une subvention de 1 200 fr.\n\nGRANDES AUDITIONS POPULAIRES ET GRATUITES. L'œuvre de M.Victor Char-\npentier,dont nous avons eu plusieurs fois occasion de parleraient de recevoir un\nnouveau témoignage d'encouragement de l'administration des Beaux-Arts sous\nforme d'une subvention. Depuis deux ans, onze concerts S3Tmphoniques et gra-\ntuits ont été donnés avec plein succès dans la grande salle des fêtes du Tro-\ncadéro.\n\nCONCERTS POPULAIRES DE LA SAINTE-CÉCILE A BORI EAUX. La société des Con-"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "394", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19060801-01.1.32", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'Imprimerie et de Librairie.\n\ncerts de Sainte-Cécile se maintient toujours à un niveau artistique très élevé. Les\nprogrammes,toujours plus variés et intéressants, témoignent d un effort soutenu\net couronné de succès, grâce surtout à 1 habile et énergique direction de M. G.\nPennequin. Les chœurs sont toujours remarquables par la franchise des attaques,\nla fraîcheur des voix et l'unité d'ensemble. Une subvention de 3 000 fr. a été\naccordée à cette association sur les fonds du budget des beaux-arts.\n\nNOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL.\nALIX LENOËL ZÉVORT.\n— M. Wallerstein, ancien directeur de Covent-\nGarden, ancien maître de chapelle de la reine Victoria, auteur de musique de\nthéâtre, de mélodrames et de cinq ou six cents mélodies, ballades, duos et\nchœurs sur des paroles de Longfellow, le poète américain, veut bien donner à\nune collaboratrice de la Revue musicale, qui l'en remercie vivement, la primeur\nd'un adagio pour piano et violon. Cette charmante composition, d'une difficulté\nmoyenne, a déjà pleinement réussi sur la Riviera, dans des soirées privées; elle\nest encore inédite. L'auteur vit modeste et retiré dans une petite chartreuse du\nVal de Careï, à Menton. Des amitiés illustres lui rappellent le temps où, après\navoir fait chanter son violon dans le monde entier, il trouvait encore le loisir de\ndiriger l'éducation musicale et artistique de la princesse Béatrix d'Angleterre\nou bien d'accompagner Christine Nilson dans ses tournées triomphales."}]}