{"numero_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_sha256": "0389f2368976b8cd483afcb5998fca5e765c3370730435e37bbf64e89fb88b5f", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1907/01/01_01/bmtnabj_1907-01-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1907/01/01_01/bmtnabj_1907-01-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.1", "titre_corps": "Notre supplément musical : fragments de l' «Atys» de Lulli.", "titre_sommaire": "Notre supplément musical : fragments de l' «Atys» de Lulli.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.1", "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "Notre supplément musical : fragments de l' «Atys» de Lulli.\n\nLa tragédie lyrique d Atys, dont Ja Revue musicale a déjà publié les extraits,\na été représentée pour la première fois au château de Saint-Germain-en-Laye,\nle 10 janvier 1676. La deuxième représentation eut lieu à Paris, en août 1677\n(paroles de Quinault). Le sujet de la pièce, dont l'action se passe en Phrygie,\nest emprunté à la mythologie et à une légende de métamorphose ; on peut\nle îésumer en quelques mots. Kybèle, la mère des Dieux, aime le jeune\nAtys.; pour lui, elle quitte l'Olympe et l'autorité suprême. Mais Atys aime en\nsecret la nymphe Sangaride ; Kybèle, pour se venger de son dédain, le métamor-\nphose en pin. Selon 1 usage, cet opéra (cinq actes) commence par un prologue\ndestiné à vanter la gloire, le courage, etc.., de Louis XIV, et se termine par un\nballet. Atys eut d abord beaucoup de succès; les contemporains l'appe-\nlaient « 1 opéra du Roy ». Les danses furent exécutées, le soir de la pre-\nmière, à Paris, parles dames et les seigneurs de la Cour, « mêlés aux acteurs\nde 1 Académie ». Le Dauphin, le prince de La Roche-sur-Yon, le duc de Ver-\nmandois, le comte cle Brionne, le marquis de Mouy ; la princesse de Conti,\nMlles de Lislebonne, de Tonnerre, de Laval, de Loubès, remplissaient des rôles\ndansants d Égyptiens, d Égyptiennes et de divinités des eaux, tandis que les\n«sieurs» Favier, Lestang, du Mirail et Bouteville dansaient à côté d'eux,\ncostumés en dieux des bois. L'ouvrage fut redemandé par Louis XIV le\n15 janvier 1678, puis le 7 janvier 1682 (Histoire manuscrite des Frères Parfaict).\nIl fut repris en 1709? commença à décliner dans l'opinion alors tournée vers\nd auties modèles. Saint-Évremond, dans sa comédie les Opéras, loue beaucoup\n1 œuvre de Lulli, mais lui reproche d engendrer l'ennui par « un chant continué\ntrop longtemps ». La dernière reprise eut lieu en 1738 (un an après Castor et\nPollux de Rameau, 24 octobre 1737).\nNous donnons les deux pièces de 1 œuvre qui nous paraissent les mieux\nconstruites au point cle vue purement musical,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "1", "page_fin": "1", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.1.1", "titre_corps": "La tragédie lyrique d Atys, dont Ja Revue musicale a déjà publié les extraits,", "titre_sommaire": "La tragédie lyrique d Atys, dont Ja Revue musicale a déjà publié les extraits,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "1", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.1", "debut_caractere": 203, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "La tragédie lyrique d Atys, dont Ja Revue musicale a déjà publié les extraits,\na été représentée pour la première fois au château de Saint-Germain-en-Laye,\nle 10 janvier 1676. 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Un moderne n'eût pas manqué\nde donner aux cuivres, en pareil sujet, un rôle de premier plan. Beethoven ne le\nfait pas. Ici encore, c'est un compositeur qui s'élève au-dessus des contingences\nde « programme », pour faire de la musique pure. Son œuvre est fondée sur\nl'accord parfait et se ramène, en dernière analyse, à un développement très\ningénieux de cet accord parfait. Il le fait d'abord entendre deux fois de suite\npuis il le décompose :\net. c!e cette donnée, il s'ingénie à tirer tout le parti possible en la tournant et\nretournant de mille façons. Il la renverse en dessin descendant et la complète\npar des notes de passage :\nil la transpose, en retenant seulement une partie (3e mesure du thème initial) :\nou bien encore il l'enrichit et l'amplifie avec un rythme nouveau :\nDans le troisième mouvement, nous la retrouvons, avec un rythme encore\nnouveau, caractérisé par le déplacement des temps forts avec lesquels coïncident\nles notes essentielles :\nElle reparaît dans le trio de cette partie :\nLe génie musical consiste à savoir imiter, transposer, renverser, varier (par le\nrythme), développer; et Beethoven excelle en cela : il est le maître de la con-"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3093, "texte": "struction sonore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de son art. Ses sentiments à\nl'égard de Napoléon et des héros de Plutarque sont indifférents ou n'intéressent\nque les littérateurs. Nous pouvons les laisser de côté, comme 1 idée du « Destin »,\ndans la Symphonie en ut mineur. Dans le premier mouvement de cette\nSymphonie héroïque se trouve le curieux passage où l'entrée du cor fait disso-\nnance et semble être la maladresse d'un instrumentiste qui, ayant mal compté\nles mesures de silence, commence trop tôt :\nOn a expliqué ces dissonances, au point de vue classique, celui de\nY harmonie, en considérant le mi\\> et le sol comme une double appoggiature\nsupérieure :le mi se substitue à. la note ré g, mais, au lieu d'arriver à cette note,\naboutit àun si ;le sol se substitue (?) àla note fa, émise, une mesure plus loin,\npar le 3e cor, et rachetant cet écart par un f. succédant aux p. p. Pour un contre-\npointiste, qui voit les choses autrement, il n'y a pas à s'embarrasser de ces\ndifficultés : Beethoven ne se préoccupe que de la marche des parties et annonce\nle retour du thème principal, sans s'arrêter aux frottements éventuels, en les\nutilisant même, pour mieux mettre ce motif à découvert et en relief. C'est comme\nun intrus qui, au cours d'un entretien, couperait brusquement la parole aux\ninterlocuteurs, pour aborder un autre sujet ou précipiter une transition. Quoi\nqu'il en soit, ce passage était sans doute de ceux qui, au début du xixe siècle,\nalors que Beethoven faisait peu à peu son entrée en France, effarouchaient\ncertains critiques. Voici ce qu'on lit dans les Tablettes de Polymnie, à l'époque où\nHabeneck « découvrait» le grand symphoniste : « Cet auteur (Beethoven), souvent\nbizarre et baroque, étincelle quelquefois de beautés extraordinaires. Tantôt il\nprend le vol majestueux de l'aigle, tantôt il rampe dans les sentiers rocailleux. »\n\nJ. C.\n\nMUSIQUES DE PLEIN AIR, DE M. FL. SCHMITT (CONCERTS LAMOUREUX). — Le\ncas de M. Schmitt est intéressant, bien qu'il ne soit pas nouveau. Si le Conser-\nvatoire donne du talent, il n'apprend pas à en tirer un bon parti. Prix de Rome\nen 1900, élève de M. G. Fauré, M. Schmitt a évidemment beaucoup de savoir-\nfaire; toutes les cordes et toutes les ficelles de la lyre lui sont familières.\nMais, si j'étais son maître, je me hasarderais à lui donner quelques conseils\npratiques. Je lui dirais : Avant d'écrire, il n'est pas mauvais d'avoir quelque\nchose à dire. Pour avoir quelque chose à dire, réfléchissez, observez, regardez,\nayez des idées à vous, laissez-vous aller à vos impressions sincères, ne vous\noccupez pas des sensations de votre voisin, etc. Vous avez voyagé, me direz-vous,\nen Espagne, en Allemagne, en Turquie : vous auriez peut-être plus profité en res-\ntant chez vous. Au lieu de vous inspirer de la nature ou des chefs-d'œuvre de tous\nles arts, vous vous mettez à la remorque de M. Paul Fargue, dont les poèmes me\nsemblent d'une cocasse insanité, surtout aujourd'hui où la littérature décadente\nn'a plus guère de public. Vous me décrivez par des sons une Procession dans la"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3409, "texte": "montagne ; je pense à des gens qui sont tous à l'unisson dans la prière et la piété,\net votre musique se hérisse de dissonances. Vous déchaînez un orchestre formi-\ndable pour faire chanter de braves paysans dans un sentier. Il y a là un manque\nde proportion évident. D'ailleurs tous vos effets d'instrumentation sont\nconnus ; ils ont servi à satiété dans des douzaines de descriptions, de légendes,\nde poèmes symphoniques. Et que signifie cette Danse désuète, où, dit votre\nauteur, un cratère de musique s'ouvre, avant que la croûte d'un masque tombe?\nRentrez en vous-même, comme Octave, oubliez les proses de M. Fargue et\ntâchez d'avoir plus de sens commun que lui.\n\nSÉRÉNADE POUR ORCHESTRE A CORDES, DE M. ED. ELGAR (CONCERTS LAMOU-\nREUX). —M. Elgar est un des compositeurs les plus réputés de l'école anglaise\nmoderne. Ici, nous lui avons consacré antérieurement une étude; nous avons\nloué son Rêve de Gèrontius. D'après cette Sérénade, j'aurais plutôt cru qu'il était\nun élève bien sage et attardé de Mendelssohn. Dès les premières mesures de\nl'Allégro, on se dit : Tiens, c'est un quatuor de Mendelssohn ! et après quelques\nminutes on n'en doute plus. Grâce molle, phrases flasques, mélodies sans force,\nsans vie et sans couleur. Mais non, ce n'est pas du vrai Mendelssohn ! c'en\nest la contrefaçon, ou c'est du posthume de la première jeunesse...\n\nFAUST, DE R. SCIIUMANN (CONCERTS DU CHATELET). Avec un énorme dé-\nploiement de forces instrumentales et vocales, M. Ed. Colonne nous a donné une\nexécution intégrale du Faust de Schumann. L'œuvre est belle, sans doute ; c'est\ncomme un dessin de maître, d'une facture toujours remarquable; mais j'avoue\nqu elle a été pour moi une déception. Déception, si je la compare à la Damnation\nde Berlioz, incohérente, mal équilibrée, mais d'une couleur magnifique et\ninoubliable ; déception si je la compare aux autres œuvres de Schumann. Je\nn'y retrouve pas la poésie pénétrante, qui fait leur originalité. Comparer, c'est\npresque toujours tuer quelque chose. Si, pour échapper à ce reproche, on\nexamine Faust en lui-même, on est obligé de constater que Schumann s'y\nmontre classique avec exagération, trop froid, trop terne, sans coloris instru-\nmental, sans envergure pour l'ensemble Là où le livret 1 invitait à se lancer en\nplein romantisme, il reste correct, timide même, régulier, consciencieux, à la\nfaçon d'un Mendelssohn. Le chant des « lémures », qui, à l'appel de Méphisto-\nphélès, sortent « du fond des froids abîmes », pour creuser la fosse de Faust,\nn'arrive pas à le faire sortir des voies régulières et à débrider son imagination.\nIl note sans enthousiasme, et avec une tenue de style irréprochable les vers\nsuivants sur l'amour :\nL'amour divin anime, éclaire,\nféconde et crée tout en ces lieux.\nLa dernière partie (bien que le chœur ultime soit beau et puissant) est un peu\ntraînante et fait longueur. Ajoutez que l'exécution (vocale) n'a pas été parfaite.\n\nLA MARCHE AUX FLAMBEAUX, DE MEYERBEER (CONCERTS TOUCHE). J'ai pris\nle plus vif plaisir à réentendre ce poème, que tous les jeunes pianistes ont cer-\ntainement joué d'après l'arrangement à quatre mains. Au milieu du déchaîne-\nment assez trouble des œuvres contemporaines, il est infiniment agréable de\nrenouer connaissance avec certaines compositions du passé, non pour rabaisser\nceci au profit de cela, mais pour refaire ou maintenir en soi une appréciation"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "équitable des écoles. Meyerbeer apparaît ici comme un artiste merveilleusement\ndoué. Sa Marche aux flambeaux est vraiment belle. C'est de 1 art noble, oratoire,\naimant le paraphe et la pompe, mais élégant et brillant, riche, divers, très\ndécoratif, supérieur par deux qualités inestimables : l'invention mélodique et\nl'invention rythmique. Il y a là une abondance de thèmes et un éclat tout à fait\nremarquables. A peine relèverai-je un peu de banalité dans le chant de la\nclarinette accompagné par les harpes (suppléées par le piano dans le petit\norchestre) ; l'ensemble est d'un excellent effet.\n\nŒUVRES DE J.-S. BACH ET DE SES FILS (SALLE DES QUATUORS PLEYEL, FONDA-\nTION J.-S. BACH, DE PARIS, DIRIGÉE PAR CHARLES BOUVET). Le nom de Bach\nparaît de plus en plus souvent sur les programmes parisiens. Il y a quelques\nsemaines, M. Bret lui consacrait une séance très remarquable. Le dimanche\n16 décembre, Y Oratorio de la nui t de Noël était exécuté en 1 église de la\nSorbonne ; et le 17 M. Charles Bouvet consacrait une soirée au grand compo-\nsiteur et à ses fils. Les fils de Bach ne sont pas aussi nombreux que les étoiles\ndu ciel et les grains de sable du rivage de la mer, mais peu s'en faut. Les prin-\ncipaux descendants de cette extraordinaire famille d'organistes sont: Wilhelm-\nFriedemann Bach, fils aîné de Jean-Sébastien, musicien de premier ordre, auteur\nde compositions dont une grande partie est à la bibliothèque de Berlin ; Karl-\nPhilipp-Emmanuel, le second fils (né à Weimar en 1714), en qui on voit un des\ncréateurs de la sonate et du morceau musical caractéristique; Johann-Christian,\nle plus jeune (né à Leipzig en 1735). Pour dénombrer et caractériser tous les\nmusiciens qui ont porté ce nom écrasant de Bach, il faut recourir à un diction-\nnaire. M. Bouvet avait entrepris une œuvre délicate. Avant chaque exécution, il\nlisait une brève notice ; et à la façon dont il prononçait certains noms, on voyait\nbien qu'il est peu familier avec la biographie et la bibliographie de son sujet. Mais\npeu importe. Ce que je reprocherai à ses exécutions, c'est d'être un peu froides,\nmolles et grises (je parle du piano autant quedu violon) et sans énergie suffisante.\nIl n'y a pas de musique plus vive et plus allante que celle de Bach. C'est de la\nmusique ailée, toujours improvisée, ou écrite au courant de la plume, comme il\nsied à un compositeur qui est, avant tout, un organiste pratiquant par habitude,\npar goût et par nécessité professionnelle, l'art de l'improvisation. Parmi les\npièces entendues, je signalerai Vendante (édité chez Breitkopf, à Leipzig) et le\nduo pour contralto et soprano, Gia la notte Savicina, de Johann-Christian. C'est\ndu pur Mozart. Ceux qui connaissent les sonates de Mozart pour piano\nauront plaisir à en retrouver les aimables formules dans la première de ces deux\npièces.\n\nLES «HEURES DOLENTES» DE GABRIEL DUPONT, 14 PIÈGES EXÉCUTÉES AU PIANO\nPAR M. MAURICE DUMESNIL (SALLE DE LA RUE D'ATHÈNES)\n\n— Epigraphe, Le Soir\ntombe dans la chambre, L)u Soleil au jardin, Chanson de la pluie, Api es-midi de\ndimanche, Ze Médecin, Amie est venue avec des fleurs, la Chanson du vent,\nAu Coin du feu, Coquetteries, La Mort rôde, Des Enfants jouent dans le jardin,\nA/W/ blanche, Hallucinations, Calme, tels sont les titres des pièces, de valeur\ninégale, qui remplirent le programme de cette soirée. M. Gabriel Dupont,\nl heureux lauréat du concours Sonzogno, a trouvé un excellent interprète en\nM. Dumesnil, né à Caen comme lui, et premier prix de piano du Conservatoire\n(1905, classe de M. Philipp). Il a connu la maladie et, comme tant d autres"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2952, "texte": "artistes célèbres, il a noté ce qu'il éprouvait dans la langue des sons, aussi claire\npour lui et aussi expressive que la langue des mots l'est pour le littérateur. Si\non rattache une pareille oeuvre à ses origines réelles, on ne peut épiouvei poui\nelle que respect et profonde sympathie. Au point de vue musical pur, elle a une\nsérieuse valeur, à condition qu'on ne la juge pas d'après l'esthétique suivie par\nd'autres musiciens, dans d'autres ouvrages. On a rarement poussé aussi loin la\nliberté de la fantaisie. 11 y a là de très jolies incohérences pittoresques, beaucoup\nde couleur, des débris de rythme, un choix ingénieux de tout ce qui est défendu\ndans l'écriture d'école, un florilège savant des dissonances les plus osées, — des\ntraits de génie, un métier qui sait retrouver l'unité dans le désordre, — des\nminuties un peu puériles, du Moussorgski, du Grieg, du Chabrier, — des\nmélodies fort délicates qui semblent marcher pieds nus sur de la porcelaine\ncassée, des airs populaires qui paraissent un instant et s'en vont aussitôt en\ngrimaçant, des commencements qui n'ont pas de suite, et des suites qui n'ont\nni tête ni fin, en un mot tous les exercices d'assouplissement et de dislocation\nauxquels peut se livrer la pensée musicale. Ce genre de travail est admissible\nquand il est, comme dans le cas présent, très sincère et pratiqué par un maître.\nMais il ne faut pas en abuser. La musique n'est pas faite de cauchemars ; si elle\nintervient au chevet du malade, elle doit conserver le titre que lui donnait\nSchumann : celui de « consolatrice divine ». Il faut que M. Gabriel Dupont\ndonne comme épilogue à ses Heures dolentes un chant d'allégresse.\n\nJ. C.\n\n«KYBÈLE», CHOEURS, SOLO ET ORCHESTRE, PAR TH. DUBOIS (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).\n\n— Kybèle, dont le culte avait pour siège la Phrygie, est un nom\névocateur de brillantes mythologies orientales. Kybèle est la mère des dieux.\nLe long des mers d'azur aux sonores rivages, elle était représentée par les\nanciens sur un char attelé de lions, suivie d'un cortège de Korybantes aux bonds\neffrénés. Vierge majestueuse et éclatante, ouvrière de tous les hymens, elle était\nconsidérée comme le principe de la [vie. Un tel sujet est éminemment favorable\nà la musique, à la haute généralité de son pouvoir expressif, comme aussi à\nl'imagination du compositeur qui, en certains cas, peut et doit être un peintre.\nSur les beaux vers de Leconte de Lisle, M. Th. Dubois a écrit une belle partition,\nforte, brillante, solidement et sobrement construite, où l'idée mélodique a\nparfois une ampleur grandiose ; mais il ne paraît pas avoir voulu se mettre tout\nentier dans son sujet, en lui donnant le maximum de couleur, de diversité, de\ndéploiement dont il est susceptible. Son œuvre est d'une tenue très classique.\nDe l'introduction (dont Berlioz eût bien fait de méditer les basses s'il les avait\nconnues), je citerai cette belle idée mélodique, chantante et large :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.7", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3235, "texte": "reproduite plus loin par le soprano solo. Elle est le centre, le noyau de la\ncomposition. Les chœurs qui l'encadrent sont agréables, mais bien brefs. L'en-\nsemble de l'œuvre est écourté. J'y voudrais aussi des rythmes plus variés ;\nl'invention rythmique me paraît devoir jouer un rôle très important en un sujet\noù il n'y a pas seulement de la force et de l'éclat, mais de la volupté et une\nrichesse rare. Pour la couleur, je m'étonne que l'auteur ne se soit pas permis de\nplus grandes libertés harmoniques et se borne, çà et là, aux classiques altéra-\ntions de la quinte ou de la sixte, en usant assez fréquemment du chromatisme.\nLes modulations, sans être poussées à l'excès, comme dans Y Astartè de Xavier\nLeroux, auraient pu être plus fréquentes. Quelques formules sans grand intérêt,\npar exemple :\nse répètent trop. Dans l'orchestre, il y a un peu d'abus du fortissimo. Telles\nsont les impressions que m'a laissées cette œuvre en somme très distinguée,\nlumineuse et vigoureuse, à qui il ne manque peut-être, pour étonner le snobisme\ndu jour, qu'un peu de dévergondage romantique.\n\nJ. C.\n\n« ROSAMONDE » DE SCHUBERT (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE). —\nL'opéra Rosamonde (cette Rosamonde était la favorite du roi Henri II d'Angle-\nterre) fut joué en 1823. Fut-il jamais repris? — Schubert répète trop souvent\nses motifs ; il étire ses thèmes plus qu'il ne les développe, il ne mûrit pas ses\nidées, et toutes ses œuvres de longue haleine se ressentent singulièrement de\ncette facilité. Il y a pourtant des choses exquises dans ces quelques pages de Rosa-\nmonde que la Société des concerts donnait pour la première fois à ses abonnés.\nA citer une piquante conversation des bois accompagnés par les cordes, et\nune sorte de marche, coupée d'airs de ballet, qui devait faire très bon effet au\nthéâtre, et qui certes nous charma au concert. Mais dans quel théâtre verrons-\nnous jamais jouer en France un opéra de Schubert ?\n\nHENRI BRODY.\n« SUITE EN UT MAJEUR » DE J.-S. BACH (ibid.). A côté de la 4E Symphonie de\nSchumann, de l'ouverture célèbre de la Fiancée vendue et de l'air de Suzanne\ndes Noces de Figaro, que Mlle Demougeot chanta avec un art infini, la Société\ndes concerts nous a gratifiés d'une autre première audition, celle de la Suite en\nut majeur de Bach. Il est extraordinaire que la Société des concerts ait attendu\nquatre-vingts ans pour nous donner cette œuvre... Sans atteindre à la pro-\nfondeur de certaines autres suites plus connues, cette œuvre est d'une grande\nvariété de rythmes et de mélodie. L'orchestration en est fort simple (les cordes\ndeux hautbois et un basson), et pourtant Bach a tiré des effets étonnants de ces\néléments. Malgré la lassitude que peut causer à notre oreille, habituée à d'autres\njeux, l'emploi permanent d'une même tonalité, tous les morceaux de la Suite :\nouverture, courante, gavottes, menuets, bourrées, forlane, passe-pieds, ont\ndélicieusement plu.\n\nMME ROGER-MICLOS. —LE QUATUOR BATTAILLE. Avec le concours de\nM. Johannès Wolf, dont le violon a une qualité et une ampleur de son très\nlouables, Mmeßoger-Miclos nous a fait entendre (salle Pleyel) trois chefs-d'œuvre\nqu'elle excelle à interpréter : la Sonate de R. Strauss (digne des plus grands"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.8", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3630, "texte": "maîtres, bien que, au cours de l'œuvre, la netteté de dessin laisse parfois à\ndésirer), la Sonate de C. Franck, que tous les musiciens placent (aujourd'hui !)\nau même rang que celles de Beethoven, et la Sonate en si b de Mozart, charmant\nbadinage dont la seule difficulté réside dans l'exécution des petites notes d'a-\ngrément. Je n'attache pas beaucoup d'importance à telle ou telle façon de les\ncomprendre ; mais il faut que le piano et le violon se mettent d'accord sur ce\npoint délicat et que l'un ne fasse pas un coulé là où 1 autre fait un brisé. Le\nquatuor Battaille nous a donné des pièces de C. Cui, un Madrigal de Fauré (le\nmot madrigal est pris ici dans le sens littéraire, et non musical) et quelques\ncompositions anciennes. Bien qu'inégales pour le volume, les voix du quatuor\nBattaille sont brillantes, bien d'accord, appliquées à de justes nuances, et le\npublic leur a fait un succès mérité. Dans les exécutions a capella, l'accord initial\net final du piano est à supprimer.\n\nCONCERT RAYMOND MARTHE (SALLE PLEYEL). M. Raymond Marthe a donné\nson concert annuel, à la salle Pleyel, le 20 décembre, et y a retrouvé son succès\nhabituel.— L'éminent professeur a exécuté avec une sûreté de goût parfaite et\nune probité musicale devenue rare aujourd'hui, la Suite en ré majeur pour violon-\ncelle seul de J.-S. Bach, et le Concerto en si mineur de Dvorak. Ce que nous\naimons à louer chez ce virtuose, c'est la souplesse et la parfaite tenue de son\narchet. C'est par la main droite que se distinguent ou pèchent nos violoncellistes\net violonistes ; l'habileté de la main gauche est une qualité banale et commune\naujourd'hui/Mais l'archet ! Combien en compte-t-on dans Paris qui soient sans\ndéfaut ? Une dizaine peut-être ! M. Marthe est de ceux-là. Le concert a débuté\npar un trio de M. Tournemire (M. Marthe, M. Rieu et l'auteur au piano), qui est\nune œuvre d'imagination plus que de sentiment, plus compliquée que sincère,\nd'un « avancé » un peu excessif, mais qui n'a pas laissé de plaire au public.\nDans l'intervalle, des mélodies de A. Bruneau et de Schubert furent chantées\navec goût par Mlle Jane Bernardeh\n\n« MADAME BUTTERFLY», 3 ACTES, DE PUCCINI (OPÉRA-COMIQUE).— Ah! comme\ncet opéra commençait bien !... Une ouverture en style fugué, avec exposition du\nthème par quatre parties successives, ce qui donne tout de suite une impression\nde mouvement et de verve très favorable à la comédie lyrique ; une première\nscène très plaisante, dans un décor charmant, comme en imagine seul M. Albert\nCarré, qui s'est encore surpassé (et qui est allé, pour la circonstance, jusqu'à\nfaire faire un second grand rideau, tout neuf) : tout annonçait une œuvre ori-\nginale, vive, pimpante, rare Après ce gracieux début, nous n'avons eu, hélas 1\nqu'un mélodrame équivoque, sans poésie, de musique bariolée et brutalement\nexpressive. Mme Butterfly est une Japonaise qui épouse —à la manière des\nmariages Extrême-Orient de Loti un jeune officier américain, en service provi-\nsoire dans les eaux du Japon. L'officier revient bientôt aux Etats-Unis, où il se\nmarie pour de bon cette fois ; mais sa première femme reste inconsolable et\nattend avec foi son retour. Il fait un second voyage auprès d'elle, en se faisant\naccompagner de sa femme américaine, et vient réclamer... le petit Japonais né de\nses amours. Livret dépourvu de sens commun ! La musique est d'un réalisme\nviolent. Pas de construction. En revanche, des taches de couleur, du fracas,\nde l'étrangeté, et tous les styles ; tour à tour on pense à Debussy, à Gounod, à\nMassenet, à Meyerbeer, à Verdi, aux Italiens barbouillés d'instrumentation"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1969, "texte": "cosmopolite. Il y a des scènes, comme clans la Tosca, où on ne chante plus ; on\ncrie, on sanglote : on se demande si on est à l'Ambigu ou à l'Opéra-Comique...\nUne fantaisie légère et souriante, avec des touches moins appuyées, eût beaucoup\nmieux convenu à ces ravissants décors.\n\n« ANTAR », DE RIMSKY-KORSAKOW (CONCERTS LAMOUREUX). Cette symphonie\nest très vantée par des juges sérieux, trop vantée à mon sens. Je note les applau-\ndissements chaleureux qui l'accueillent ; je suis sensible à cette débauche de cou-\nleurs, à ce feu d'artifice, si j 'ose m'exprimer ainsi ; je loue la p partie, non moins\néblouissante que ies autres, mais d'un accent plus pénétrant. Cependant, si\nmon oreille est satisfaite, je reste froid. Cette musique n'éveille en moi presque\naucune émotion. Elle n'est pas vraie ; elle est tout extérieure ; elle est en outre\nmonotone et fragmentaire. Les motifs de cette rhapsodie manquent un peu de\ncaractère ; les rythmes ne sont pas toujours exempts de vulgarité ; on voudrait\nplus d'étoffe et moins de broderies ; l'auteur abuse presque constamment de la\nharpe et parfois des instruments à percussion. Enfin je reprocherais au créateur\nde la symphonie russe de trop subir l'influence de Berlioz et surtout de Liszt,\nc'est-à-dire de l'art romantique français et de l'art romantique allemand. C'est\nl'œuvre d'un homme admirablement doué pour la musique, mais non pas d'un\ntrès grand artiste.\n\nENVOIS DE ROME (OEUVRES DE M. SCHMITT). —Je sors du Conservatoire, et suis\nabsolument, sur M. Schmitt, de lavis exprimé plus haut par notre éminent colla-\nborateur. Le Palais hanté est une musique franchement laide, à force d'incohé-\nrences, de dissonances et de contorsions. Le Psaume XLVI, pour chœurs et\norchestre, n'est pas sans puissance, mais très lourd et déplaisant. Il y a là un\nchoquant abus des cymbales et de la trompette: en somme, c'est une caricature\nde la vraie musique, par un homme qui pourrait mieux faire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "2", "page_fin": "3", "image_debut": 2, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.1", "titre_corps": "BEETHOVEN, SYMPHONIE HÉROIQUE (CONCERTS BERLIOZ).", "titre_sommaire": "BEETHOVEN, SYMPHONIE HÉROIQUE (CONCERTS BERLIOZ).", "signature_source": "J. 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Il le fait d'abord entendre deux fois de suite\npuis il le décompose :\net. c!e cette donnée, il s'ingénie à tirer tout le parti possible en la tournant et\nretournant de mille façons. Il la renverse en dessin descendant et la complète\npar des notes de passage :\nil la transpose, en retenant seulement une partie (3e mesure du thème initial) :\nou bien encore il l'enrichit et l'amplifie avec un rythme nouveau :\nDans le troisième mouvement, nous la retrouvons, avec un rythme encore\nnouveau, caractérisé par le déplacement des temps forts avec lesquels coïncident\nles notes essentielles :\nElle reparaît dans le trio de cette partie :\nLe génie musical consiste à savoir imiter, transposer, renverser, varier (par le\nrythme), développer; et Beethoven excelle en cela : il est le maître de la con-"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1905, "texte": "struction sonore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de son art. Ses sentiments à\nl'égard de Napoléon et des héros de Plutarque sont indifférents ou n'intéressent\nque les littérateurs. Nous pouvons les laisser de côté, comme 1 idée du « Destin »,\ndans la Symphonie en ut mineur. Dans le premier mouvement de cette\nSymphonie héroïque se trouve le curieux passage où l'entrée du cor fait disso-\nnance et semble être la maladresse d'un instrumentiste qui, ayant mal compté\nles mesures de silence, commence trop tôt :\nOn a expliqué ces dissonances, au point de vue classique, celui de\nY harmonie, en considérant le mi\\> et le sol comme une double appoggiature\nsupérieure :le mi se substitue à. la note ré g, mais, au lieu d'arriver à cette note,\naboutit àun si ;le sol se substitue (?) àla note fa, émise, une mesure plus loin,\npar le 3e cor, et rachetant cet écart par un f. succédant aux p. p. Pour un contre-\npointiste, qui voit les choses autrement, il n'y a pas à s'embarrasser de ces\ndifficultés : Beethoven ne se préoccupe que de la marche des parties et annonce\nle retour du thème principal, sans s'arrêter aux frottements éventuels, en les\nutilisant même, pour mieux mettre ce motif à découvert et en relief. C'est comme\nun intrus qui, au cours d'un entretien, couperait brusquement la parole aux\ninterlocuteurs, pour aborder un autre sujet ou précipiter une transition. Quoi\nqu'il en soit, ce passage était sans doute de ceux qui, au début du xixe siècle,\nalors que Beethoven faisait peu à peu son entrée en France, effarouchaient\ncertains critiques. Voici ce qu'on lit dans les Tablettes de Polymnie, à l'époque où\nHabeneck « découvrait» le grand symphoniste : « Cet auteur (Beethoven), souvent\nbizarre et baroque, étincelle quelquefois de beautés extraordinaires. Tantôt il\nprend le vol majestueux de l'aigle, tantôt il rampe dans les sentiers rocailleux. »\n\nJ. 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SCHMITT (CONCERTS LAMOUREUX). — Le", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.3", "debut_caractere": 1907, "fin_caractere_exclue": 3093, "texte": "MUSIQUES DE PLEIN AIR, DE M. FL. SCHMITT (CONCERTS LAMOUREUX). — Le\ncas de M. Schmitt est intéressant, bien qu'il ne soit pas nouveau. Si le Conser-\nvatoire donne du talent, il n'apprend pas à en tirer un bon parti. Prix de Rome\nen 1900, élève de M. G. Fauré, M. Schmitt a évidemment beaucoup de savoir-\nfaire; toutes les cordes et toutes les ficelles de la lyre lui sont familières.\nMais, si j'étais son maître, je me hasarderais à lui donner quelques conseils\npratiques. Je lui dirais : Avant d'écrire, il n'est pas mauvais d'avoir quelque\nchose à dire. Pour avoir quelque chose à dire, réfléchissez, observez, regardez,\nayez des idées à vous, laissez-vous aller à vos impressions sincères, ne vous\noccupez pas des sensations de votre voisin, etc. Vous avez voyagé, me direz-vous,\nen Espagne, en Allemagne, en Turquie : vous auriez peut-être plus profité en res-\ntant chez vous. Au lieu de vous inspirer de la nature ou des chefs-d'œuvre de tous\nles arts, vous vous mettez à la remorque de M. Paul Fargue, dont les poèmes me\nsemblent d'une cocasse insanité, surtout aujourd'hui où la littérature décadente\nn'a plus guère de public. Vous me décrivez par des sons une Procession dans la"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 699, "texte": "montagne ; je pense à des gens qui sont tous à l'unisson dans la prière et la piété,\net votre musique se hérisse de dissonances. Vous déchaînez un orchestre formi-\ndable pour faire chanter de braves paysans dans un sentier. Il y a là un manque\nde proportion évident. D'ailleurs tous vos effets d'instrumentation sont\nconnus ; ils ont servi à satiété dans des douzaines de descriptions, de légendes,\nde poèmes symphoniques. Et que signifie cette Danse désuète, où, dit votre\nauteur, un cratère de musique s'ouvre, avant que la croûte d'un masque tombe?\nRentrez en vous-même, comme Octave, oubliez les proses de M. Fargue et\ntâchez d'avoir plus de sens commun que lui."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c013", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "4", "page_fin": "4", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.3", "titre_corps": "SÉRÉNADE POUR ORCHESTRE A CORDES, DE M. ED. ELGAR (CONCERTS", "titre_sommaire": "SÉRÉNADE POUR ORCHESTRE A CORDES, DE M. ED. 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Mais non, ce n'est pas du vrai Mendelssohn ! c'en\nest la contrefaçon, ou c'est du posthume de la première jeunesse..."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "4", "page_fin": "4", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.4", "titre_corps": "FAUST, DE R. SCIIUMANN (CONCERTS DU CHATELET). Avec un énorme", "titre_sommaire": "FAUST, DE R. SCIIUMANN (CONCERTS DU CHATELET). Avec un énorme", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.4", "debut_caractere": 1387, "fin_caractere_exclue": 2950, "texte": "FAUST, DE R. SCIIUMANN (CONCERTS DU CHATELET). Avec un énorme dé-\nploiement de forces instrumentales et vocales, M. Ed. Colonne nous a donné une\nexécution intégrale du Faust de Schumann. L'œuvre est belle, sans doute ; c'est\ncomme un dessin de maître, d'une facture toujours remarquable; mais j'avoue\nqu elle a été pour moi une déception. Déception, si je la compare à la Damnation\nde Berlioz, incohérente, mal équilibrée, mais d'une couleur magnifique et\ninoubliable ; déception si je la compare aux autres œuvres de Schumann. Je\nn'y retrouve pas la poésie pénétrante, qui fait leur originalité. Comparer, c'est\npresque toujours tuer quelque chose. Si, pour échapper à ce reproche, on\nexamine Faust en lui-même, on est obligé de constater que Schumann s'y\nmontre classique avec exagération, trop froid, trop terne, sans coloris instru-\nmental, sans envergure pour l'ensemble Là où le livret 1 invitait à se lancer en\nplein romantisme, il reste correct, timide même, régulier, consciencieux, à la\nfaçon d'un Mendelssohn. Le chant des « lémures », qui, à l'appel de Méphisto-\nphélès, sortent « du fond des froids abîmes », pour creuser la fosse de Faust,\nn'arrive pas à le faire sortir des voies régulières et à débrider son imagination.\nIl note sans enthousiasme, et avec une tenue de style irréprochable les vers\nsuivants sur l'amour :\nL'amour divin anime, éclaire,\nféconde et crée tout en ces lieux.\nLa dernière partie (bien que le chœur ultime soit beau et puissant) est un peu\ntraînante et fait longueur. 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J'ai pris", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.4", "debut_caractere": 2952, "fin_caractere_exclue": 3409, "texte": "LA MARCHE AUX FLAMBEAUX, DE MEYERBEER (CONCERTS TOUCHE). J'ai pris\nle plus vif plaisir à réentendre ce poème, que tous les jeunes pianistes ont cer-\ntainement joué d'après l'arrangement à quatre mains. Au milieu du déchaîne-\nment assez trouble des œuvres contemporaines, il est infiniment agréable de\nrenouer connaissance avec certaines compositions du passé, non pour rabaisser\nceci au profit de cela, mais pour refaire ou maintenir en soi une appréciation"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 629, "texte": "équitable des écoles. Meyerbeer apparaît ici comme un artiste merveilleusement\ndoué. Sa Marche aux flambeaux est vraiment belle. C'est de 1 art noble, oratoire,\naimant le paraphe et la pompe, mais élégant et brillant, riche, divers, très\ndécoratif, supérieur par deux qualités inestimables : l'invention mélodique et\nl'invention rythmique. Il y a là une abondance de thèmes et un éclat tout à fait\nremarquables. 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BACH ET DE SES FILS (SALLE DES QUATUORS PLEYEL,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.5", "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "ŒUVRES DE J.-S. BACH ET DE SES FILS (SALLE DES QUATUORS PLEYEL, FONDA-\nTION J.-S. BACH, DE PARIS, DIRIGÉE PAR CHARLES BOUVET). Le nom de Bach\nparaît de plus en plus souvent sur les programmes parisiens. Il y a quelques\nsemaines, M. Bret lui consacrait une séance très remarquable. Le dimanche\n16 décembre, Y Oratorio de la nui t de Noël était exécuté en 1 église de la\nSorbonne ; et le 17 M. Charles Bouvet consacrait une soirée au grand compo-\nsiteur et à ses fils. Les fils de Bach ne sont pas aussi nombreux que les étoiles\ndu ciel et les grains de sable du rivage de la mer, mais peu s'en faut. Les prin-\ncipaux descendants de cette extraordinaire famille d'organistes sont: Wilhelm-\nFriedemann Bach, fils aîné de Jean-Sébastien, musicien de premier ordre, auteur\nde compositions dont une grande partie est à la bibliothèque de Berlin ; Karl-\nPhilipp-Emmanuel, le second fils (né à Weimar en 1714), en qui on voit un des\ncréateurs de la sonate et du morceau musical caractéristique; Johann-Christian,\nle plus jeune (né à Leipzig en 1735). Pour dénombrer et caractériser tous les\nmusiciens qui ont porté ce nom écrasant de Bach, il faut recourir à un diction-\nnaire. M. Bouvet avait entrepris une œuvre délicate. Avant chaque exécution, il\nlisait une brève notice ; et à la façon dont il prononçait certains noms, on voyait\nbien qu'il est peu familier avec la biographie et la bibliographie de son sujet. Mais\npeu importe. Ce que je reprocherai à ses exécutions, c'est d'être un peu froides,\nmolles et grises (je parle du piano autant quedu violon) et sans énergie suffisante.\nIl n'y a pas de musique plus vive et plus allante que celle de Bach. C'est de la\nmusique ailée, toujours improvisée, ou écrite au courant de la plume, comme il\nsied à un compositeur qui est, avant tout, un organiste pratiquant par habitude,\npar goût et par nécessité professionnelle, l'art de l'improvisation. Parmi les\npièces entendues, je signalerai Vendante (édité chez Breitkopf, à Leipzig) et le\nduo pour contralto et soprano, Gia la notte Savicina, de Johann-Christian. C'est\ndu pur Mozart. Ceux qui connaissent les sonates de Mozart pour piano\nauront plaisir à en retrouver les aimables formules dans la première de ces deux\npièces."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "5", "page_fin": "6", "image_debut": 5, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.7", "titre_corps": "LES «HEURES DOLENTES» DE GABRIEL DUPONT, 14 PIÈGES EXÉCUTÉES AU PIANO PAR M. MAURICE DUMESNIL (SALLE DE LA RUE D'ATHÈNES)", "titre_sommaire": "LES «HEURES DOLENTES» DE GABRIEL DUPONT, 14 PIÈGES EXÉCUTÉES AU PIANO PAR M. MAURICE DUMESNIL (SALLE DE LA RUE D'ATHÈNES)", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.5", "debut_caractere": 2852, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "LES «HEURES DOLENTES» DE GABRIEL DUPONT, 14 PIÈGES EXÉCUTÉES AU PIANO\nPAR M. MAURICE DUMESNIL (SALLE DE LA RUE D'ATHÈNES)\n\n— Epigraphe, Le Soir\ntombe dans la chambre, L)u Soleil au jardin, Chanson de la pluie, Api es-midi de\ndimanche, Ze Médecin, Amie est venue avec des fleurs, la Chanson du vent,\nAu Coin du feu, Coquetteries, La Mort rôde, Des Enfants jouent dans le jardin,\nA/W/ blanche, Hallucinations, Calme, tels sont les titres des pièces, de valeur\ninégale, qui remplirent le programme de cette soirée. M. Gabriel Dupont,\nl heureux lauréat du concours Sonzogno, a trouvé un excellent interprète en\nM. Dumesnil, né à Caen comme lui, et premier prix de piano du Conservatoire\n(1905, classe de M. Philipp). Il a connu la maladie et, comme tant d autres"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1700, "texte": "artistes célèbres, il a noté ce qu'il éprouvait dans la langue des sons, aussi claire\npour lui et aussi expressive que la langue des mots l'est pour le littérateur. Si\non rattache une pareille oeuvre à ses origines réelles, on ne peut épiouvei poui\nelle que respect et profonde sympathie. Au point de vue musical pur, elle a une\nsérieuse valeur, à condition qu'on ne la juge pas d'après l'esthétique suivie par\nd'autres musiciens, dans d'autres ouvrages. On a rarement poussé aussi loin la\nliberté de la fantaisie. 11 y a là de très jolies incohérences pittoresques, beaucoup\nde couleur, des débris de rythme, un choix ingénieux de tout ce qui est défendu\ndans l'écriture d'école, un florilège savant des dissonances les plus osées, — des\ntraits de génie, un métier qui sait retrouver l'unité dans le désordre, — des\nminuties un peu puériles, du Moussorgski, du Grieg, du Chabrier, — des\nmélodies fort délicates qui semblent marcher pieds nus sur de la porcelaine\ncassée, des airs populaires qui paraissent un instant et s'en vont aussitôt en\ngrimaçant, des commencements qui n'ont pas de suite, et des suites qui n'ont\nni tête ni fin, en un mot tous les exercices d'assouplissement et de dislocation\nauxquels peut se livrer la pensée musicale. Ce genre de travail est admissible\nquand il est, comme dans le cas présent, très sincère et pratiqué par un maître.\nMais il ne faut pas en abuser. La musique n'est pas faite de cauchemars ; si elle\nintervient au chevet du malade, elle doit conserver le titre que lui donnait\nSchumann : celui de « consolatrice divine ». Il faut que M. Gabriel Dupont\ndonne comme épilogue à ses Heures dolentes un chant d'allégresse.\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c018", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "6", "page_fin": "7", "image_debut": 6, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.8", "titre_corps": "«KYBÈLE», CHOEURS, SOLO ET ORCHESTRE, PAR TH. DUBOIS (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).", "titre_sommaire": "«KYBÈLE», CHOEURS, SOLO ET ORCHESTRE, PAR TH. DUBOIS (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.6", "debut_caractere": 1702, "fin_caractere_exclue": 2952, "texte": "«KYBÈLE», CHOEURS, SOLO ET ORCHESTRE, PAR TH. DUBOIS (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).\n\n— Kybèle, dont le culte avait pour siège la Phrygie, est un nom\névocateur de brillantes mythologies orientales. Kybèle est la mère des dieux.\nLe long des mers d'azur aux sonores rivages, elle était représentée par les\nanciens sur un char attelé de lions, suivie d'un cortège de Korybantes aux bonds\neffrénés. Vierge majestueuse et éclatante, ouvrière de tous les hymens, elle était\nconsidérée comme le principe de la [vie. Un tel sujet est éminemment favorable\nà la musique, à la haute généralité de son pouvoir expressif, comme aussi à\nl'imagination du compositeur qui, en certains cas, peut et doit être un peintre.\nSur les beaux vers de Leconte de Lisle, M. Th. Dubois a écrit une belle partition,\nforte, brillante, solidement et sobrement construite, où l'idée mélodique a\nparfois une ampleur grandiose ; mais il ne paraît pas avoir voulu se mettre tout\nentier dans son sujet, en lui donnant le maximum de couleur, de diversité, de\ndéploiement dont il est susceptible. Son œuvre est d'une tenue très classique.\nDe l'introduction (dont Berlioz eût bien fait de méditer les basses s'il les avait\nconnues), je citerai cette belle idée mélodique, chantante et large :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.7", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1124, "texte": "reproduite plus loin par le soprano solo. Elle est le centre, le noyau de la\ncomposition. Les chœurs qui l'encadrent sont agréables, mais bien brefs. L'en-\nsemble de l'œuvre est écourté. J'y voudrais aussi des rythmes plus variés ;\nl'invention rythmique me paraît devoir jouer un rôle très important en un sujet\noù il n'y a pas seulement de la force et de l'éclat, mais de la volupté et une\nrichesse rare. Pour la couleur, je m'étonne que l'auteur ne se soit pas permis de\nplus grandes libertés harmoniques et se borne, çà et là, aux classiques altéra-\ntions de la quinte ou de la sixte, en usant assez fréquemment du chromatisme.\nLes modulations, sans être poussées à l'excès, comme dans Y Astartè de Xavier\nLeroux, auraient pu être plus fréquentes. Quelques formules sans grand intérêt,\npar exemple :\nse répètent trop. Dans l'orchestre, il y a un peu d'abus du fortissimo. Telles\nsont les impressions que m'a laissées cette œuvre en somme très distinguée,\nlumineuse et vigoureuse, à qui il ne manque peut-être, pour étonner le snobisme\ndu jour, qu'un peu de dévergondage romantique.\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "7", "page_fin": "7", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.9", "titre_corps": "« ROSAMONDE » DE SCHUBERT (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE). —", "titre_sommaire": "« ROSAMONDE » DE SCHUBERT (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE). —", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.7", "debut_caractere": 1126, "fin_caractere_exclue": 1959, "texte": "« ROSAMONDE » DE SCHUBERT (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE). —\nL'opéra Rosamonde (cette Rosamonde était la favorite du roi Henri II d'Angle-\nterre) fut joué en 1823. Fut-il jamais repris? — Schubert répète trop souvent\nses motifs ; il étire ses thèmes plus qu'il ne les développe, il ne mûrit pas ses\nidées, et toutes ses œuvres de longue haleine se ressentent singulièrement de\ncette facilité. Il y a pourtant des choses exquises dans ces quelques pages de Rosa-\nmonde que la Société des concerts donnait pour la première fois à ses abonnés.\nA citer une piquante conversation des bois accompagnés par les cordes, et\nune sorte de marche, coupée d'airs de ballet, qui devait faire très bon effet au\nthéâtre, et qui certes nous charma au concert. Mais dans quel théâtre verrons-\nnous jamais jouer en France un opéra de Schubert ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "7", "page_fin": "7", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.10", "titre_corps": "« SUITE EN UT MAJEUR » DE J.-S. BACH (ibid.). A côté de la 4E Symphonie de", "titre_sommaire": "« SUITE EN UT MAJEUR » DE J.-S. BACH (ibid.). A côté de la 4E Symphonie de", "signature_source": "HENRI BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.7", "debut_caractere": 1961, "fin_caractere_exclue": 2938, "texte": "HENRI BRODY.\n« SUITE EN UT MAJEUR » DE J.-S. BACH (ibid.). A côté de la 4E Symphonie de\nSchumann, de l'ouverture célèbre de la Fiancée vendue et de l'air de Suzanne\ndes Noces de Figaro, que Mlle Demougeot chanta avec un art infini, la Société\ndes concerts nous a gratifiés d'une autre première audition, celle de la Suite en\nut majeur de Bach. Il est extraordinaire que la Société des concerts ait attendu\nquatre-vingts ans pour nous donner cette œuvre... Sans atteindre à la pro-\nfondeur de certaines autres suites plus connues, cette œuvre est d'une grande\nvariété de rythmes et de mélodie. L'orchestration en est fort simple (les cordes\ndeux hautbois et un basson), et pourtant Bach a tiré des effets étonnants de ces\néléments. Malgré la lassitude que peut causer à notre oreille, habituée à d'autres\njeux, l'emploi permanent d'une même tonalité, tous les morceaux de la Suite :\nouverture, courante, gavottes, menuets, bourrées, forlane, passe-pieds, ont\ndélicieusement plu."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "7", "page_fin": "8", "image_debut": 7, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.11", "titre_corps": "MME ROGER-MICLOS. —LE QUATUOR BATTAILLE. Avec le concours de", "titre_sommaire": "MME ROGER-MICLOS. —LE QUATUOR BATTAILLE. Avec le concours de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.7", "debut_caractere": 2940, "fin_caractere_exclue": 3235, "texte": "MME ROGER-MICLOS. —LE QUATUOR BATTAILLE. Avec le concours de\nM. Johannès Wolf, dont le violon a une qualité et une ampleur de son très\nlouables, Mmeßoger-Miclos nous a fait entendre (salle Pleyel) trois chefs-d'œuvre\nqu'elle excelle à interpréter : la Sonate de R. Strauss (digne des plus grands"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.8", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1022, "texte": "maîtres, bien que, au cours de l'œuvre, la netteté de dessin laisse parfois à\ndésirer), la Sonate de C. Franck, que tous les musiciens placent (aujourd'hui !)\nau même rang que celles de Beethoven, et la Sonate en si b de Mozart, charmant\nbadinage dont la seule difficulté réside dans l'exécution des petites notes d'a-\ngrément. Je n'attache pas beaucoup d'importance à telle ou telle façon de les\ncomprendre ; mais il faut que le piano et le violon se mettent d'accord sur ce\npoint délicat et que l'un ne fasse pas un coulé là où 1 autre fait un brisé. Le\nquatuor Battaille nous a donné des pièces de C. Cui, un Madrigal de Fauré (le\nmot madrigal est pris ici dans le sens littéraire, et non musical) et quelques\ncompositions anciennes. Bien qu'inégales pour le volume, les voix du quatuor\nBattaille sont brillantes, bien d'accord, appliquées à de justes nuances, et le\npublic leur a fait un succès mérité. Dans les exécutions a capella, l'accord initial\net final du piano est à supprimer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "8", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.12", "titre_corps": "CONCERT RAYMOND MARTHE (SALLE PLEYEL). M. Raymond Marthe a donné", "titre_sommaire": "CONCERT RAYMOND MARTHE (SALLE PLEYEL). M. Raymond Marthe a donné", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.8", "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 2152, "texte": "CONCERT RAYMOND MARTHE (SALLE PLEYEL). M. Raymond Marthe a donné\nson concert annuel, à la salle Pleyel, le 20 décembre, et y a retrouvé son succès\nhabituel.— L'éminent professeur a exécuté avec une sûreté de goût parfaite et\nune probité musicale devenue rare aujourd'hui, la Suite en ré majeur pour violon-\ncelle seul de J.-S. Bach, et le Concerto en si mineur de Dvorak. Ce que nous\naimons à louer chez ce virtuose, c'est la souplesse et la parfaite tenue de son\narchet. C'est par la main droite que se distinguent ou pèchent nos violoncellistes\net violonistes ; l'habileté de la main gauche est une qualité banale et commune\naujourd'hui/Mais l'archet ! Combien en compte-t-on dans Paris qui soient sans\ndéfaut ? Une dizaine peut-être ! M. Marthe est de ceux-là. Le concert a débuté\npar un trio de M. Tournemire (M. Marthe, M. Rieu et l'auteur au piano), qui est\nune œuvre d'imagination plus que de sentiment, plus compliquée que sincère,\nd'un « avancé » un peu excessif, mais qui n'a pas laissé de plaire au public.\nDans l'intervalle, des mélodies de A. Bruneau et de Schubert furent chantées\navec goût par Mlle Jane Bernardeh"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "8", "page_fin": "9", "image_debut": 8, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.13", "titre_corps": "« MADAME BUTTERFLY», 3 ACTES, DE PUCCINI (OPÉRA-COMIQUE).— Ah! comme", "titre_sommaire": "« MADAME BUTTERFLY», 3 ACTES, DE PUCCINI (OPÉRA-COMIQUE).— Ah! comme", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.8", "debut_caractere": 2154, "fin_caractere_exclue": 3630, "texte": "« MADAME BUTTERFLY», 3 ACTES, DE PUCCINI (OPÉRA-COMIQUE).— Ah! comme\ncet opéra commençait bien !... Une ouverture en style fugué, avec exposition du\nthème par quatre parties successives, ce qui donne tout de suite une impression\nde mouvement et de verve très favorable à la comédie lyrique ; une première\nscène très plaisante, dans un décor charmant, comme en imagine seul M. Albert\nCarré, qui s'est encore surpassé (et qui est allé, pour la circonstance, jusqu'à\nfaire faire un second grand rideau, tout neuf) : tout annonçait une œuvre ori-\nginale, vive, pimpante, rare Après ce gracieux début, nous n'avons eu, hélas 1\nqu'un mélodrame équivoque, sans poésie, de musique bariolée et brutalement\nexpressive. Mme Butterfly est une Japonaise qui épouse —à la manière des\nmariages Extrême-Orient de Loti un jeune officier américain, en service provi-\nsoire dans les eaux du Japon. L'officier revient bientôt aux Etats-Unis, où il se\nmarie pour de bon cette fois ; mais sa première femme reste inconsolable et\nattend avec foi son retour. Il fait un second voyage auprès d'elle, en se faisant\naccompagner de sa femme américaine, et vient réclamer... le petit Japonais né de\nses amours. Livret dépourvu de sens commun ! La musique est d'un réalisme\nviolent. Pas de construction. En revanche, des taches de couleur, du fracas,\nde l'étrangeté, et tous les styles ; tour à tour on pense à Debussy, à Gounod, à\nMassenet, à Meyerbeer, à Verdi, aux Italiens barbouillés d'instrumentation"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 306, "texte": "cosmopolite. Il y a des scènes, comme clans la Tosca, où on ne chante plus ; on\ncrie, on sanglote : on se demande si on est à l'Ambigu ou à l'Opéra-Comique...\nUne fantaisie légère et souriante, avec des touches moins appuyées, eût beaucoup\nmieux convenu à ces ravissants décors."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "9", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.14", "titre_corps": "« ANTAR », DE RIMSKY-KORSAKOW (CONCERTS LAMOUREUX). Cette symphonie", "titre_sommaire": "« ANTAR », DE RIMSKY-KORSAKOW (CONCERTS LAMOUREUX). Cette symphonie", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.9", "debut_caractere": 308, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "« ANTAR », DE RIMSKY-KORSAKOW (CONCERTS LAMOUREUX). Cette symphonie\nest très vantée par des juges sérieux, trop vantée à mon sens. Je note les applau-\ndissements chaleureux qui l'accueillent ; je suis sensible à cette débauche de cou-\nleurs, à ce feu d'artifice, si j 'ose m'exprimer ainsi ; je loue la p partie, non moins\néblouissante que ies autres, mais d'un accent plus pénétrant. Cependant, si\nmon oreille est satisfaite, je reste froid. Cette musique n'éveille en moi presque\naucune émotion. Elle n'est pas vraie ; elle est tout extérieure ; elle est en outre\nmonotone et fragmentaire. Les motifs de cette rhapsodie manquent un peu de\ncaractère ; les rythmes ne sont pas toujours exempts de vulgarité ; on voudrait\nplus d'étoffe et moins de broderies ; l'auteur abuse presque constamment de la\nharpe et parfois des instruments à percussion. Enfin je reprocherais au créateur\nde la symphonie russe de trop subir l'influence de Berlioz et surtout de Liszt,\nc'est-à-dire de l'art romantique français et de l'art romantique allemand. C'est\nl'œuvre d'un homme admirablement doué pour la musique, mais non pas d'un\ntrès grand artiste."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "9", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.2.15", "titre_corps": "ENVOIS DE ROME (OEUVRES DE M. SCHMITT). —Je sors du Conservatoire, et suis", "titre_sommaire": "ENVOIS DE ROME (OEUVRES DE M. SCHMITT). —Je sors du Conservatoire, et suis", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.9", "debut_caractere": 1444, "fin_caractere_exclue": 1969, "texte": "ENVOIS DE ROME (OEUVRES DE M. SCHMITT). —Je sors du Conservatoire, et suis\nabsolument, sur M. Schmitt, de lavis exprimé plus haut par notre éminent colla-\nborateur. Le Palais hanté est une musique franchement laide, à force d'incohé-\nrences, de dissonances et de contorsions. Le Psaume XLVI, pour chœurs et\norchestre, n'est pas sans puissance, mais très lourd et déplaisant. Il y a là un\nchoquant abus des cymbales et de la trompette: en somme, c'est une caricature\nde la vraie musique, par un homme qui pourrait mieux faire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "15", "image_debut": 9, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.3", "titre_corps": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "titre_sommaire": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.9", "debut_caractere": 1971, "fin_caractere_exclue": 2800, "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nL'ORGANISATION DES ÉTUDES D'HISTOIRE MUSICALE AU XIXe SIÈCLE\n\n[Suite)\n(Résumé par M. Emile Dusselier).\nJ'ai parlé, dans ma dernière leçon, de l'introduction de la musique dans\nl'enseignement supérieur. Avant de passer à un autre ordre de faits, je voudrais\ndire un mot de l'introduction de la musique dans l'enseignement secondaire et\ndans l'enseignement primaire. Le lien de ce sujet avec 1 organisation de nos\nétudes n'a pas besoin d'être démontré. Pour faire de 1 histoire musicale à\nmoins qu'on ne veuille se borner àde la littérature d'amateur il faut pos-\nséder la grammaire de l'art ; et, pour cela, il est indispensable d avoir été fami-\nliarisé de très bonne heure avec les éléments de la musique. La rédaction des\nprogrammes de l'instruction publique est par conséquent la base de toutes les"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3713, "texte": "grandes études ultérieures ayant la musique pour objet. De l'enseignement\nsecondaire, j'ai peu de chose à dire. Chez nous, il a toujours été fondé sur la\ntradition gréco-latine, sauf sur un point essentiel, qui est précisément la\nmusique. Chez les Grecs, Aristophane (comédie des Nuées) caractérisait et distin-\nguait les enfants de deux générations par les chants qu'on leur faisait appren-\ndre à l'école. Cela ne serait guère possible dans notre système d'éducation,\nfondé cependant sur le culte superstitieux de la Grèce ! Il s'est trouvé un\nministre desprit démocratique qui a compris 1 importance du chant choral:\nc'est Victor Duruy. Mais l'arrêté (30 janvier 186$) par lequel il organisa l'étude\ndu chant rendue obligatoire jusqu'à la classe de troisième - tomba bientôt en\ndésuétude. Une tentative est faite en ce moment pour la remettre en vigueur ;\nje n'y insisterai pas, me bornant à souhaiter que les pouvoirs publics comprennent\nl'importance de cette partie des programmes et prennent les moyens nécessaires\npour remettre en vigueur une idée juste.\nEn ce qui concerne l'enseignement primaire, j'ai sous les yeux la série\ncomplète des documents législatifs, pris à la Bibliothèque de la Chambre des\ndéputés (Projets de lois sous la Révolution), aux Recueils des lois et règlements\nconcernant VUniversité (Brunot-Labbé et Delalain, éditeurs), au Moniteur, dont\nla collection sans lacunes est à la Bibliothèque de l'Ecole de Droit, au Journal\nofficiel et au Bulletin du Ministère de /'lnstruction publique. Je me bornerai à\nquelques indications caractéristiques.\nL'enseignement primaire enveloppe toute la nation française : par lui, on\npeut donc agir directement sur l'esprit public et sur le sentiment national. Si\nnous remontons àla fin du xvme siècle, nous trouvons des idées grandioses et\nadmirables qui, aujourd'hui encore, peuvent être prises comme idées direc-\ntrices. Différents projets relatifs à l'enseignement primaire furent présentés à\nl'Assemblée législative et à la Convention, par Mirabeau (1791), de Talleyrand-\nPérigord (10-19 septembre 1791), Condorcet (20-21 avril 1792), Chénier (12 dé-\ncembre 1792), d'autres encore. Le premier où il soit fait mention du chant est\ncelui de Rabaud Saint-Étienne (21 décembre 1792). Il y est dit : « En chaque\nexercice fl sera chanté des hymnes à Vhonneur de la Patrie, à la liberté, à Végalité,\nàla fraternité de tous les hommes, propres enfin à former les citoyens à toutes les\nvertus. Ces hymnes devront être approuvés par le Corps législatif. » Dans le projet\nprésenté à la Convention par Siéyès, Daunou et Lakanal, le 26 juin 1793, on lit,\narticle 25 : a Ils [les élèves des écoles nationales) seront particulièrement exercés\nau chant et à la danse de manière à pouvoir figurer dans les fêtes nationales ». Le\nplan d'éducation nationale de Michel Lepeletier, présenté à la Convention par\nMax, Robespierre (13 juillet 1793), prévoit également, aux articles net 12,\n« l'étude des chants CIVIQUES ». Le décret relatif à la constitution des écoles\nprimaires, 17 novembre 1794 (27 brumaire an III), va encore plus loin. A l'ar-\nticle 2 deson chapitre iv, il dit : « On fera apprendre... des chants de triomphe ».\nNe sourions pas de tout cela ! Ayons plutôt honte de ne plus nous sentir assez\nénergiques et enthousiastes pour nous replacer dans un tel état d'esprit ! Faire\napprendre des chants « civiques » aux enfants, c'est être dans la ligne de la plus\npure tradition grecque.\nAprès le xvme siècle, cette magnifique idée de l'unité française, fortifiée et\nembellie par le chant choral, se rétrécit, se dessèche, se glace. Il faut se con-\ntenter de glaner, çà et là, quelques indications laconiques. L'ordonnance royale"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.11", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3762, "texte": "du 29 février 1816 crée trois degrés dans les brevets de capacité : et l'instruction\naux recteurs (14 juin) pour la délivrance des diplômes mentionne le plain-chant,\nparmi les connaissances... « non exigées ». Dans un règlement du 13 mai 1831\nconcernant l'Ecole normale primaire de l'Académie de Paris, on lit (art. 18,\n§2) : « Les jours de congé, le plain-chant est enseigné à ceux qui désirent recevoir\nce genre de leçons. » La loi du 28 juin 1833 (titre I, art. 1, § 2) décide que l'ins-\ntruction primaire SUPÉRIEURE « comprendra nécessairement... le chant ». Dans\nles écoles normales, on réduisait le chant au rôle subalterne d'auxiliaire mnémo-\ntechnique ; on faisait chanter la table de Pythagore et le Décalogue. De telles\ncaricatures de la musique sont indignes d'un peuple artiste. En 1848, Barthélémy\nSaint-Hilaire voulut réparer l'étrange mutilation faite par la loi de 1833 en\nrestituant la musique aux écoles élémentaires; on fît à cette loi une correction\nqui nous conduit à celle du 15 mars 1850 et à cette phrase tristement célèbre\n(art. 23) : « l'enseignement primaire peut comprendre en outre... le chant. »\nNous sommes dans la période où la conception juste du chant choral est perdue,\net où la musique est placée, par une grave erreur, au même rang que le dessin,\nexercice individuel et non collectif. Nous voyons aussi dévier vers des préoccu-\npations confessionnelles les principes du xvme siècle. Nous entrons (à partir\nde mars 1864) dans la période des « Commissions », d'où on voit sortir habi-\ntuellement de sages idées moyennes, rarement un principe directeur nettement\nformulé. Voici un texte qui montre combien nous sommes loin de 1793, bien\nqu'y reparaisse un trait de rhétorique surannée. On lit dans la circulaire\nministérielle du 2 juillet 1866 : « la musique instrumentale et le chant touchent\nà cette double hygiène (du corps et de l'esprit) : ils ajoutent à la pompe des\ncérémonies religieuses ; mais ils habituent aussi à des mœurs plus douces.\nAu lieu de se chercher et de se réunir pour des plaisirs grossiers et violents,\non s'assemblera pour un plaisir délicat et relevé. La fable antique d'Orphée,\ncalmant par les sons de sa lyre les monstres des bois, est toujours une\nvérité. Les écoles normales peuvent beaucoup pour répandre le goût de la\nmusique. » A la même époque était organisée une inspection spéciale de ce\nservice, et Duruy innovation excellente créait les orphéons (dirigés d'abord\npar les instituteurs). Je n'irai pas plus loin, dans cette revue rapide, que l'arrêté\ndu 27 juillet 1882, réglant l'organisation pédagogique et le plan d'études des\nécoles primaires publiques. On lit à l'art. 16 : « Les leçons de chant occuperont\nde une à deux heures par semaine, indépendamment des exercices de chant\nqui auront lieu tous les jours, soit dans les intervalles qui séparentdes autres\nexercices scolaires, soit à la rentrée et à la sortie des classes. » L'année\nsuivante, une circulaire était relative àla concession de pianos et d'harmo-\nniums.\nEn somme, l'idée très juste et très belle du rôle social de la musique, nettement\nformulée à la fin du xvme siècle, a été, dans la suite, amoindrie, déviée du but,\nsoumise à plusieurs éclipses. Aujourd'hui, bien que la surcharge des programmes\nd'éducation et l'utilitarisme excusable des études lui fassent obstacle, elle semble\nappelée àun retour de faveur. Il faut souhaiter vivement qu'en pareille matière\nles principes de la Révolution soient repris et compris. Un peuple qui chante est\nbien près d'être un peuple uni. Le chant collectif est pour lui une excellente\nhygiène : il a le travail gai et les loisirs honnêtes. A un point de vue plus spécial,\non peut dire que si la musique n'est pas étudiée de bonne heure dans les écoles,"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "il n'y aura ni des maîtres compétents pour en retracer 1 histoire ni un public\npour les écouter.\nL'enseignement élémentaire, indispensable à l'organisation des études d'his-\ntoire musicale, a pour complément un autre moyen d'éducation dont j'ai à par-\nler : c'est le concert. Un concert est une leçon de choses ; grâce à lui, les historiens\nde la musique peuvent donner à leurs travaux une base expérimentale, apprécier\nexactement les œuvres, les comparer et reconstituer leur enchaînement; pour\nle public, le chef d'orchestre est le plus puissant auxiliaire du maître donnant\nses leçons dans une classe : sans lui, la musique serait une chose morte, et toute\nvoix qui parlerait d'elle serait sans écho. Il y a donc intérêt à indiquer le rôle\ndes concerts au xixe siècle, à rappeler les services qu'ils ont rendus à la forma-\ntion de l'esprit musical, les notions qu'ils ont vulgarisées, et aussi l'évolution\nun peu lente par laquelle ils sont arrivés peu à peu à faire pénétrer l'esprit histo -\nrique dans leurs programmes. La première société dont je parlerai est celle des\nConcerts du Conservatoire, la plus ancienne et la plus brillante de celles que\npossède la France. Elle s'est développée suivant un progrès dont nous avons\ndéjà constaté ailleurs les différentes phases, et que nous retrouverons encore\nplusieurs fois.\nElle a été créée le 15 février 1828 par un arrêté du vicomte de La Rochefou-\ncauld, aide de camp du Roi, sur la demande de Cherubini et sur 1 initiative\nd'Habeneck, alors directeur (depuis 1821) de l'Académie de musique, à un\nmoment où le Conservatoire restait supprimé par la Restauration, comme un\ndangereux foyer de propagande républicaine. Avant elle, il y avait eu quelques\ninstitutions analogues, mais éphémères, auxquelles je ne m'arrêterai pas, me\nbornant à renvoyer sur ce point à l'excellente étude que Michel Brenet leur a\nconsacrée (1). Je rappellerai seulement : i° en 1725, les Concerts spirituels, fon-\ndés (en pleine Régence !) en 1725, cinq ans après la création des bals masqués\nde l'Opéra, pour dédommager le public, privé de spectacle pendant lecarême et les\nfêtes de Pâques (ils avaient lieu aux Tuileries, de 6 à 8 heures du soir, dans la\nsalle des Maréchaux ; la Symphonie en mi b de Mozart y a été exécutée pour la\npremière fois ; ils ne furent interrompus qu'en 1791 );20 le Concert des amateurs,\nfondé en 1775, dirigé par le compositeur Gossec et le fameux chevalier de Saint-\nGeorges, violoniste mulâtre ; 30 la Loge olympique, fondée en 1779, aux Tuileries,\nsous le patronage de Marie-Antoinette (c'est là que brilla Viotti ;la Loge, pour\nlaquelle Haydn écrivit six symphonies, fut dissoute en iqSg] ;40 les Concerts de\nla rue de Cléry, créés l'an VII de la République avec 80 exécutants, sous la con-\nduite de Grasset, qui fut plus tard chef d'orchestre du théâtre Louvois ; les chœurs\nétaient dirigés par Plantade père, le dernier maître de chapelle de la monarchie.\nC'est là que fut exécutée la première symphonie de Reicha, en 1801 ; parmi les\nexécutants se trouvait Garat, «le dieu du chant » ; 50 en 1825, le nouveau con-\ncert d'amateurs organisé au Tivoli de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, puis au\nVauxhall, près du château d'eau (dissous en 1832).\nLa Société des Concerts est sortie, après d'assez nombreux tâtonnements, de\n\n(i) Michel Brenet, les Concerts en France sous l'ancien régime, i vol. (chez Fischbacher), 1900."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3736, "texte": "l'organisation même du Conservatoire, et sa genèse est assez longue. En 1792, le\nRèglement de l'Ecole de musique de la garde nationale avait prévu « un exercice\nannuel des élèves, en présence du corps municipal ». La loi du 3 juillet 1796\ninstitua des « exercices » le 20 de chaque mois. C'était une sorte de concert inté-\nrieur un embryon de concert public dont les circonstances devaient provoquer\nle développement. Ainsi, en 1797, les élèves donnent un concert pour la distri-\nbution des prix (qui eut lieu à l'Odéon, le 24 octobre). Bientôt ils se constituent\nen société et donnent des auditions, sur abonnements, dans le foyer de la salle du\nThéâtre olympique, rue de la Victoire, sous le titre de concerts français (21 no-\nvembre 1801). Un programme annonce la 80e symphonie d'Haydn, des « mor-\nceaux italiens », l'air de Stratonice de Méhul, et l'ouverture de Y Hôtellerie portu-\ngaise de Cherubini. En 1802, ces concerts furent transportés dans la salle du\nConservatoire ;en 1807, 1808, 1811, 1813 et ißrq, ils firent entendre quelques\nœuvres de Beethoven. Nous arrivons ainsi à l œuvre de Habeneck, musicien des\nplus estimables (1781-1849), qui un jour réunit chez lui quelques amis, leur fait\noublier l'heure du déjeuner en leur faisant déchiffrer quelques pages de l'auteur\nde Fidelio, les enflamme d'enthousiasme, et prépare par là le triomphal avène-\nment, en France, de Beethoven.\nIl est curieux de voir cequ'onpensaitded'auteur des Symphonies, enFrance, au\ncommencement du xixe siècle. Voici un texte tiré des Tablettes de Polymnie : « Cet\nauteur (Beethoven), souvent bizarre et baroque, étincelle quelquefois de beautés\nextraordinaires. Tantôt il prend le vol majestueux de l'aigle, tantôt il rampe dans\ndes sentiers rocailleux. Après avoir pénétré l'âme d'une douce mélancolie, il la\ndéchire aussitôt par un amas d'accords barbares. Il me semble voir renfermer\nensemble des colombes et des crocodiles. » Jugement curieux, qui doit nous\ninspirer cle salutaires réflexions sur ceux que nous portons aujourd'hui sur cer-\ntains compositeurs !En somme et c'était inévitable nous n'avons pas con-\nquis Beethoven du premier coup, en lançant brusquement nos virtuoses en\ncolonne d'assaut sur ses symphonies (en particulier la IXe;, mais après une suite\nde reconnaissances, de travaux d'approche et d'engagements partiels, non\nexempts de quelques ruses de bonne— ou de mauvaise guerre. C'est ce qui\ns'est passé pour Shakespeare ; avec cette différence pourtant que l'acclimatation\ndu musicien a été plus rapide que celle du poète. Ces maladresses, ces compromis\nnaïfs et ces tâtonnements de la première heure ne laissent pas d'être un hom-\nmage rendu àun génie dont la supériorité, brusquement révélée, avait quelque\nchose de déconcertant. Dans la célèbre journée où, ante pocula, Habeneck met\nquelques amis aux prises avec le « monstre », on devine l étonnement, 1 allégresse\nilluminée et l'embarras de gens qui, ayant pris un« aigle», comme dit Polymnie,\nont à l'enfermer dans une cage d'appartement.\nCette révolution du goût, opérée par la découverte du monde beethovénien,\nc'est Habeneck et la Société des Concerts du Conservatoire qui en eurent le mérite.\nLa Société a fait connaître au public les ouvertures de Fidelio, de Léonore, de\nProméthée, de Coriolan, des Ruines F Athènes, AEgmont ; des fragments des\nquatuors, trios et septuors (qu'on jouait alors avec tous les instruments à\ncordes de l'orchestre); les deux messes en ut et en ré (on sait que Beethoven\nconsidérait sa messe en ré comme son meilleur ouvrage) ; l'oratorio le Christ au\nmont des Oliviers, enfin les symphonies. Dans la période qui va du 9 mars\n1828 au 21 avril 1859 inclus, et qui comprend 305 concerts (en comptant ceux"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.14", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3593, "texte": "des 5 avril 1845 et 14 juin 1855 qui furent donnés au palais des Tuileries, et celui\ndu 18 mai 1856 qui fut donné au palais de Saint-Cloud j, elle a donné 330 exécu-\ntions des symphonies (ou de fragments) et en tout 429 exécutions de Beethoven.\nElle eut aussi le mérite, en continuant le culte, déjà inauguré antérieurement, de\nMozart et de Haydn, de faire connaître des compositions de Bach, de Haendel, de\nWeber, de Rameau.\nIci, je dois examiner son œuvre à un point de vue spécial. J'ai à constater, à\nl'origine, de profondes lacunes ; puis des progrès successifs qui ont un aboutis-\nsement très brillant.\nEn dehors de la vulgarisation (trop souvent partielle et arrangée) de chefs-\nd'œuvre jusqu'alors insoupçonnés, l'œuvre de la Société des Concerts fut d'abord\nentièrement dépourvue de sens historique. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à lire\nla collection de ses programmes. Aimant beaucoup la virtuosité, elle n'avait pas\nplus souci de la précision que delà chronologie. Elle annonçait parfois : « Solo\nde clarinette par M. Butteux », ou « Solo de violon par M. Cuvillon », ou « Solo\nde cor par M. Ronsselot », ou encore—ce qui était déjà un progrès pour la netteté\ndes programmes « Solo de piano composé et exécuté par M. Thalberg »\n(concert du 14 janvier 1846). Même négligence dans le domaine du chant. Le\nprogramme du 10 février 1839 annonce, après «un air de clarinette ?\nexécuté par M. Blaes », (( un air italien (sic) exécuté par Mlle Guelton ». Onze ans\nplus tard, au programme du 6 avril 1851, on trouve un « air de Lulli lequel ?\navec chœurs, chanté par Mme Viardot », et « Air —? chanté par Mme Viardot ».\nLe 9 avril 1852 (vendredi saint), on exécute un « Inflammatus »... ? Pour la\nmusique ancienne, qui paraît bien ignorée, même laconisme, même ignorance\ndes sources, ou même insouciance de l'histoire, même absence de précision ; on\nannonce un « chœur sans accompagnement du XVIe siècle » (24 mars 1839,18 avril\n1847), sans dire lequel ; un « chœur du XVe siècle » (10 mars 1844) et même un\n« chœur du XVIe siècle » (29 mars 1850), sans se préoccuper ni de dire si le nom\nde l'auteur est connu ou inconnu, ni d'indiquer le titre, la date et l'édition\nemployée (1). A cette époque, on n'était vraiment pas curieux. J'ajouterai\nqu'on voit figurer 15 fois, sur les programmes de cette période dont j'ai parlé, le\nnom d'un compositeur qui n'a jamais existé : Lesring (2). A partir de 1859, les\nindications vagues et incomplètes deviennent rares, bien qu'on en trouve encore\ncomme celles-ci : « Andante d'une symphonie de Haydn » (programme du 15 avril\n1860) ou « fragment d'un concerto pour cor, de Weber » (22 avril 1860). Depuis\n1859, la Société ne s'est pas bornée, en maintenant sa juste renommée de\nperfection technique, à enrichir un répertoire qui sembla trop longtemps frappé\nd'une sorte d'immobilité hiératique. 11 suffît de comparer aux anciens pro-\ngrammes ceux d'aujourd'hui, si soignés au point de vue des indications de tout\ngenre qui éclairent la vie et les œuvres des maîtres (3), pour voir que la Société\ndes Concerts s'est fait peu à peu un certain sens historique. Elle se rend compte\nque quand on rattache une symphonie à ses origines précises et aux circonstances\n\n(î) Des dates sont cependant inscrites à côté de quelques œuvres de Rameau, de Lulli, de\nStradella, de Festa, mais exceptionnellement, et sans méthode visible.\n(2) Confondu avec Leisring, qu'Elwart fait vivre « au milieu du xvic siècle » et qui, né en\n1590, mourut en 1637.\n(3) Elles sont données aujourd'hui, pour chaque œuvre du programme, par M. J. Tiersot."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": "où elle fut écrite, on complète l'hommage rendu à un compositeur, et on double\nle plaisir du public.\nAujourd'hui, nous sommes habitués à entendre les symphonies de Beethoven\nexécutées intégralement d'abord, par ordre chronologique, et à trouver dans les\nprogrammes des notices souvent érudites qui sont de substantielles mono-\ngraphies. Cet usage s'est étendu à tous les genres de la musique. La plupart de\nnos concerts ont un caractère historique, voire archéologique. Nous avons,\npresque chaque jour, des « récitals » où on nous retrace 1' « histoire du Lied »,\n1' « histoire de l'Ouverture »,1' (( histoire de la composition pour piano», etc... Je\nvois là un fait d'évolution très remarquable et un lien qui me permet de rat-\ntacher cette seconde partie de ma leçon à son début.\nDu concert avec programme historique très précis au concert-conférence, il\nn'y avait qu'un pas. Il a été franchi par beaucoup de musiciens-littérateurs ou\ncompositeurs professionnels. Pour ne pas sortir du Conservatoire, je citerai\nseulement M. Alex. Guilmant, notre grand organiste compositeur et virtuose,\nqui, dans des concerts commencés au Trocadéro en 1902, a passé en revue toutes\nles écoles de l'orgue, et qui, avant chaque exécution, a toujours donné de vive\nvoix, à ses auditeurs, des renseignements précis sur l'œuvre et sur l'auteur\nexécuté.\nSupposez maintenant que, dans des séances de ce genre, la partie d'exécution\nsoit diminuée, se réduise à un simple exemple destiné à illustrer une conférence\net que la partie orale occupe la première place, nous arrivons, comme dernier\nterme de ce processus, à la leçon d'enseignement supérieur, au cours d'histoire\nde la musique tel que nous le comprenons aujourd'hui.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "9", "page_fin": "15", "image_debut": 9, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.3.1", "titre_corps": "L'ORGANISATION DES ÉTUDES D'HISTOIRE MUSICALE AU XIXe SIÈCLE", "titre_sommaire": "L'ORGANISATION DES ÉTUDES D'HISTOIRE MUSICALE AU XIXe SIÈCLE", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.9", "debut_caractere": 1999, "fin_caractere_exclue": 2800, "texte": "L'ORGANISATION DES ÉTUDES D'HISTOIRE MUSICALE AU XIXe SIÈCLE\n\n[Suite)\n(Résumé par M. Emile Dusselier).\nJ'ai parlé, dans ma dernière leçon, de l'introduction de la musique dans\nl'enseignement supérieur. Avant de passer à un autre ordre de faits, je voudrais\ndire un mot de l'introduction de la musique dans l'enseignement secondaire et\ndans l'enseignement primaire. Le lien de ce sujet avec 1 organisation de nos\nétudes n'a pas besoin d'être démontré. Pour faire de 1 histoire musicale à\nmoins qu'on ne veuille se borner àde la littérature d'amateur il faut pos-\nséder la grammaire de l'art ; et, pour cela, il est indispensable d avoir été fami-\nliarisé de très bonne heure avec les éléments de la musique. La rédaction des\nprogrammes de l'instruction publique est par conséquent la base de toutes les"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3713, "texte": "grandes études ultérieures ayant la musique pour objet. De l'enseignement\nsecondaire, j'ai peu de chose à dire. Chez nous, il a toujours été fondé sur la\ntradition gréco-latine, sauf sur un point essentiel, qui est précisément la\nmusique. Chez les Grecs, Aristophane (comédie des Nuées) caractérisait et distin-\nguait les enfants de deux générations par les chants qu'on leur faisait appren-\ndre à l'école. Cela ne serait guère possible dans notre système d'éducation,\nfondé cependant sur le culte superstitieux de la Grèce ! Il s'est trouvé un\nministre desprit démocratique qui a compris 1 importance du chant choral:\nc'est Victor Duruy. Mais l'arrêté (30 janvier 186$) par lequel il organisa l'étude\ndu chant rendue obligatoire jusqu'à la classe de troisième - tomba bientôt en\ndésuétude. Une tentative est faite en ce moment pour la remettre en vigueur ;\nje n'y insisterai pas, me bornant à souhaiter que les pouvoirs publics comprennent\nl'importance de cette partie des programmes et prennent les moyens nécessaires\npour remettre en vigueur une idée juste.\nEn ce qui concerne l'enseignement primaire, j'ai sous les yeux la série\ncomplète des documents législatifs, pris à la Bibliothèque de la Chambre des\ndéputés (Projets de lois sous la Révolution), aux Recueils des lois et règlements\nconcernant VUniversité (Brunot-Labbé et Delalain, éditeurs), au Moniteur, dont\nla collection sans lacunes est à la Bibliothèque de l'Ecole de Droit, au Journal\nofficiel et au Bulletin du Ministère de /'lnstruction publique. Je me bornerai à\nquelques indications caractéristiques.\nL'enseignement primaire enveloppe toute la nation française : par lui, on\npeut donc agir directement sur l'esprit public et sur le sentiment national. Si\nnous remontons àla fin du xvme siècle, nous trouvons des idées grandioses et\nadmirables qui, aujourd'hui encore, peuvent être prises comme idées direc-\ntrices. Différents projets relatifs à l'enseignement primaire furent présentés à\nl'Assemblée législative et à la Convention, par Mirabeau (1791), de Talleyrand-\nPérigord (10-19 septembre 1791), Condorcet (20-21 avril 1792), Chénier (12 dé-\ncembre 1792), d'autres encore. Le premier où il soit fait mention du chant est\ncelui de Rabaud Saint-Étienne (21 décembre 1792). Il y est dit : « En chaque\nexercice fl sera chanté des hymnes à Vhonneur de la Patrie, à la liberté, à Végalité,\nàla fraternité de tous les hommes, propres enfin à former les citoyens à toutes les\nvertus. Ces hymnes devront être approuvés par le Corps législatif. » Dans le projet\nprésenté à la Convention par Siéyès, Daunou et Lakanal, le 26 juin 1793, on lit,\narticle 25 : a Ils [les élèves des écoles nationales) seront particulièrement exercés\nau chant et à la danse de manière à pouvoir figurer dans les fêtes nationales ». Le\nplan d'éducation nationale de Michel Lepeletier, présenté à la Convention par\nMax, Robespierre (13 juillet 1793), prévoit également, aux articles net 12,\n« l'étude des chants CIVIQUES ». Le décret relatif à la constitution des écoles\nprimaires, 17 novembre 1794 (27 brumaire an III), va encore plus loin. A l'ar-\nticle 2 deson chapitre iv, il dit : « On fera apprendre... des chants de triomphe ».\nNe sourions pas de tout cela ! Ayons plutôt honte de ne plus nous sentir assez\nénergiques et enthousiastes pour nous replacer dans un tel état d'esprit ! Faire\napprendre des chants « civiques » aux enfants, c'est être dans la ligne de la plus\npure tradition grecque.\nAprès le xvme siècle, cette magnifique idée de l'unité française, fortifiée et\nembellie par le chant choral, se rétrécit, se dessèche, se glace. Il faut se con-\ntenter de glaner, çà et là, quelques indications laconiques. L'ordonnance royale"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.11", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3762, "texte": "du 29 février 1816 crée trois degrés dans les brevets de capacité : et l'instruction\naux recteurs (14 juin) pour la délivrance des diplômes mentionne le plain-chant,\nparmi les connaissances... « non exigées ». Dans un règlement du 13 mai 1831\nconcernant l'Ecole normale primaire de l'Académie de Paris, on lit (art. 18,\n§2) : « Les jours de congé, le plain-chant est enseigné à ceux qui désirent recevoir\nce genre de leçons. » La loi du 28 juin 1833 (titre I, art. 1, § 2) décide que l'ins-\ntruction primaire SUPÉRIEURE « comprendra nécessairement... le chant ». Dans\nles écoles normales, on réduisait le chant au rôle subalterne d'auxiliaire mnémo-\ntechnique ; on faisait chanter la table de Pythagore et le Décalogue. De telles\ncaricatures de la musique sont indignes d'un peuple artiste. En 1848, Barthélémy\nSaint-Hilaire voulut réparer l'étrange mutilation faite par la loi de 1833 en\nrestituant la musique aux écoles élémentaires; on fît à cette loi une correction\nqui nous conduit à celle du 15 mars 1850 et à cette phrase tristement célèbre\n(art. 23) : « l'enseignement primaire peut comprendre en outre... le chant. »\nNous sommes dans la période où la conception juste du chant choral est perdue,\net où la musique est placée, par une grave erreur, au même rang que le dessin,\nexercice individuel et non collectif. Nous voyons aussi dévier vers des préoccu-\npations confessionnelles les principes du xvme siècle. Nous entrons (à partir\nde mars 1864) dans la période des « Commissions », d'où on voit sortir habi-\ntuellement de sages idées moyennes, rarement un principe directeur nettement\nformulé. Voici un texte qui montre combien nous sommes loin de 1793, bien\nqu'y reparaisse un trait de rhétorique surannée. On lit dans la circulaire\nministérielle du 2 juillet 1866 : « la musique instrumentale et le chant touchent\nà cette double hygiène (du corps et de l'esprit) : ils ajoutent à la pompe des\ncérémonies religieuses ; mais ils habituent aussi à des mœurs plus douces.\nAu lieu de se chercher et de se réunir pour des plaisirs grossiers et violents,\non s'assemblera pour un plaisir délicat et relevé. La fable antique d'Orphée,\ncalmant par les sons de sa lyre les monstres des bois, est toujours une\nvérité. Les écoles normales peuvent beaucoup pour répandre le goût de la\nmusique. » A la même époque était organisée une inspection spéciale de ce\nservice, et Duruy innovation excellente créait les orphéons (dirigés d'abord\npar les instituteurs). Je n'irai pas plus loin, dans cette revue rapide, que l'arrêté\ndu 27 juillet 1882, réglant l'organisation pédagogique et le plan d'études des\nécoles primaires publiques. On lit à l'art. 16 : « Les leçons de chant occuperont\nde une à deux heures par semaine, indépendamment des exercices de chant\nqui auront lieu tous les jours, soit dans les intervalles qui séparentdes autres\nexercices scolaires, soit à la rentrée et à la sortie des classes. » L'année\nsuivante, une circulaire était relative àla concession de pianos et d'harmo-\nniums.\nEn somme, l'idée très juste et très belle du rôle social de la musique, nettement\nformulée à la fin du xvme siècle, a été, dans la suite, amoindrie, déviée du but,\nsoumise à plusieurs éclipses. Aujourd'hui, bien que la surcharge des programmes\nd'éducation et l'utilitarisme excusable des études lui fassent obstacle, elle semble\nappelée àun retour de faveur. Il faut souhaiter vivement qu'en pareille matière\nles principes de la Révolution soient repris et compris. Un peuple qui chante est\nbien près d'être un peuple uni. Le chant collectif est pour lui une excellente\nhygiène : il a le travail gai et les loisirs honnêtes. A un point de vue plus spécial,\non peut dire que si la musique n'est pas étudiée de bonne heure dans les écoles,"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "il n'y aura ni des maîtres compétents pour en retracer 1 histoire ni un public\npour les écouter.\nL'enseignement élémentaire, indispensable à l'organisation des études d'his-\ntoire musicale, a pour complément un autre moyen d'éducation dont j'ai à par-\nler : c'est le concert. Un concert est une leçon de choses ; grâce à lui, les historiens\nde la musique peuvent donner à leurs travaux une base expérimentale, apprécier\nexactement les œuvres, les comparer et reconstituer leur enchaînement; pour\nle public, le chef d'orchestre est le plus puissant auxiliaire du maître donnant\nses leçons dans une classe : sans lui, la musique serait une chose morte, et toute\nvoix qui parlerait d'elle serait sans écho. Il y a donc intérêt à indiquer le rôle\ndes concerts au xixe siècle, à rappeler les services qu'ils ont rendus à la forma-\ntion de l'esprit musical, les notions qu'ils ont vulgarisées, et aussi l'évolution\nun peu lente par laquelle ils sont arrivés peu à peu à faire pénétrer l'esprit histo -\nrique dans leurs programmes. La première société dont je parlerai est celle des\nConcerts du Conservatoire, la plus ancienne et la plus brillante de celles que\npossède la France. Elle s'est développée suivant un progrès dont nous avons\ndéjà constaté ailleurs les différentes phases, et que nous retrouverons encore\nplusieurs fois.\nElle a été créée le 15 février 1828 par un arrêté du vicomte de La Rochefou-\ncauld, aide de camp du Roi, sur la demande de Cherubini et sur 1 initiative\nd'Habeneck, alors directeur (depuis 1821) de l'Académie de musique, à un\nmoment où le Conservatoire restait supprimé par la Restauration, comme un\ndangereux foyer de propagande républicaine. Avant elle, il y avait eu quelques\ninstitutions analogues, mais éphémères, auxquelles je ne m'arrêterai pas, me\nbornant à renvoyer sur ce point à l'excellente étude que Michel Brenet leur a\nconsacrée (1). Je rappellerai seulement : i° en 1725, les Concerts spirituels, fon-\ndés (en pleine Régence !) en 1725, cinq ans après la création des bals masqués\nde l'Opéra, pour dédommager le public, privé de spectacle pendant lecarême et les\nfêtes de Pâques (ils avaient lieu aux Tuileries, de 6 à 8 heures du soir, dans la\nsalle des Maréchaux ; la Symphonie en mi b de Mozart y a été exécutée pour la\npremière fois ; ils ne furent interrompus qu'en 1791 );20 le Concert des amateurs,\nfondé en 1775, dirigé par le compositeur Gossec et le fameux chevalier de Saint-\nGeorges, violoniste mulâtre ; 30 la Loge olympique, fondée en 1779, aux Tuileries,\nsous le patronage de Marie-Antoinette (c'est là que brilla Viotti ;la Loge, pour\nlaquelle Haydn écrivit six symphonies, fut dissoute en iqSg] ;40 les Concerts de\nla rue de Cléry, créés l'an VII de la République avec 80 exécutants, sous la con-\nduite de Grasset, qui fut plus tard chef d'orchestre du théâtre Louvois ; les chœurs\nétaient dirigés par Plantade père, le dernier maître de chapelle de la monarchie.\nC'est là que fut exécutée la première symphonie de Reicha, en 1801 ; parmi les\nexécutants se trouvait Garat, «le dieu du chant » ; 50 en 1825, le nouveau con-\ncert d'amateurs organisé au Tivoli de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, puis au\nVauxhall, près du château d'eau (dissous en 1832).\nLa Société des Concerts est sortie, après d'assez nombreux tâtonnements, de\n\n(i) Michel Brenet, les Concerts en France sous l'ancien régime, i vol. (chez Fischbacher), 1900."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3736, "texte": "l'organisation même du Conservatoire, et sa genèse est assez longue. En 1792, le\nRèglement de l'Ecole de musique de la garde nationale avait prévu « un exercice\nannuel des élèves, en présence du corps municipal ». La loi du 3 juillet 1796\ninstitua des « exercices » le 20 de chaque mois. C'était une sorte de concert inté-\nrieur un embryon de concert public dont les circonstances devaient provoquer\nle développement. Ainsi, en 1797, les élèves donnent un concert pour la distri-\nbution des prix (qui eut lieu à l'Odéon, le 24 octobre). Bientôt ils se constituent\nen société et donnent des auditions, sur abonnements, dans le foyer de la salle du\nThéâtre olympique, rue de la Victoire, sous le titre de concerts français (21 no-\nvembre 1801). Un programme annonce la 80e symphonie d'Haydn, des « mor-\nceaux italiens », l'air de Stratonice de Méhul, et l'ouverture de Y Hôtellerie portu-\ngaise de Cherubini. En 1802, ces concerts furent transportés dans la salle du\nConservatoire ;en 1807, 1808, 1811, 1813 et ißrq, ils firent entendre quelques\nœuvres de Beethoven. Nous arrivons ainsi à l œuvre de Habeneck, musicien des\nplus estimables (1781-1849), qui un jour réunit chez lui quelques amis, leur fait\noublier l'heure du déjeuner en leur faisant déchiffrer quelques pages de l'auteur\nde Fidelio, les enflamme d'enthousiasme, et prépare par là le triomphal avène-\nment, en France, de Beethoven.\nIl est curieux de voir cequ'onpensaitded'auteur des Symphonies, enFrance, au\ncommencement du xixe siècle. Voici un texte tiré des Tablettes de Polymnie : « Cet\nauteur (Beethoven), souvent bizarre et baroque, étincelle quelquefois de beautés\nextraordinaires. Tantôt il prend le vol majestueux de l'aigle, tantôt il rampe dans\ndes sentiers rocailleux. Après avoir pénétré l'âme d'une douce mélancolie, il la\ndéchire aussitôt par un amas d'accords barbares. Il me semble voir renfermer\nensemble des colombes et des crocodiles. » Jugement curieux, qui doit nous\ninspirer cle salutaires réflexions sur ceux que nous portons aujourd'hui sur cer-\ntains compositeurs !En somme et c'était inévitable nous n'avons pas con-\nquis Beethoven du premier coup, en lançant brusquement nos virtuoses en\ncolonne d'assaut sur ses symphonies (en particulier la IXe;, mais après une suite\nde reconnaissances, de travaux d'approche et d'engagements partiels, non\nexempts de quelques ruses de bonne— ou de mauvaise guerre. C'est ce qui\ns'est passé pour Shakespeare ; avec cette différence pourtant que l'acclimatation\ndu musicien a été plus rapide que celle du poète. Ces maladresses, ces compromis\nnaïfs et ces tâtonnements de la première heure ne laissent pas d'être un hom-\nmage rendu àun génie dont la supériorité, brusquement révélée, avait quelque\nchose de déconcertant. Dans la célèbre journée où, ante pocula, Habeneck met\nquelques amis aux prises avec le « monstre », on devine l étonnement, 1 allégresse\nilluminée et l'embarras de gens qui, ayant pris un« aigle», comme dit Polymnie,\nont à l'enfermer dans une cage d'appartement.\nCette révolution du goût, opérée par la découverte du monde beethovénien,\nc'est Habeneck et la Société des Concerts du Conservatoire qui en eurent le mérite.\nLa Société a fait connaître au public les ouvertures de Fidelio, de Léonore, de\nProméthée, de Coriolan, des Ruines F Athènes, AEgmont ; des fragments des\nquatuors, trios et septuors (qu'on jouait alors avec tous les instruments à\ncordes de l'orchestre); les deux messes en ut et en ré (on sait que Beethoven\nconsidérait sa messe en ré comme son meilleur ouvrage) ; l'oratorio le Christ au\nmont des Oliviers, enfin les symphonies. Dans la période qui va du 9 mars\n1828 au 21 avril 1859 inclus, et qui comprend 305 concerts (en comptant ceux"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.14", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3593, "texte": "des 5 avril 1845 et 14 juin 1855 qui furent donnés au palais des Tuileries, et celui\ndu 18 mai 1856 qui fut donné au palais de Saint-Cloud j, elle a donné 330 exécu-\ntions des symphonies (ou de fragments) et en tout 429 exécutions de Beethoven.\nElle eut aussi le mérite, en continuant le culte, déjà inauguré antérieurement, de\nMozart et de Haydn, de faire connaître des compositions de Bach, de Haendel, de\nWeber, de Rameau.\nIci, je dois examiner son œuvre à un point de vue spécial. J'ai à constater, à\nl'origine, de profondes lacunes ; puis des progrès successifs qui ont un aboutis-\nsement très brillant.\nEn dehors de la vulgarisation (trop souvent partielle et arrangée) de chefs-\nd'œuvre jusqu'alors insoupçonnés, l'œuvre de la Société des Concerts fut d'abord\nentièrement dépourvue de sens historique. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à lire\nla collection de ses programmes. Aimant beaucoup la virtuosité, elle n'avait pas\nplus souci de la précision que delà chronologie. Elle annonçait parfois : « Solo\nde clarinette par M. Butteux », ou « Solo de violon par M. Cuvillon », ou « Solo\nde cor par M. Ronsselot », ou encore—ce qui était déjà un progrès pour la netteté\ndes programmes « Solo de piano composé et exécuté par M. Thalberg »\n(concert du 14 janvier 1846). Même négligence dans le domaine du chant. Le\nprogramme du 10 février 1839 annonce, après «un air de clarinette ?\nexécuté par M. Blaes », (( un air italien (sic) exécuté par Mlle Guelton ». Onze ans\nplus tard, au programme du 6 avril 1851, on trouve un « air de Lulli lequel ?\navec chœurs, chanté par Mme Viardot », et « Air —? chanté par Mme Viardot ».\nLe 9 avril 1852 (vendredi saint), on exécute un « Inflammatus »... ? Pour la\nmusique ancienne, qui paraît bien ignorée, même laconisme, même ignorance\ndes sources, ou même insouciance de l'histoire, même absence de précision ; on\nannonce un « chœur sans accompagnement du XVIe siècle » (24 mars 1839,18 avril\n1847), sans dire lequel ; un « chœur du XVe siècle » (10 mars 1844) et même un\n« chœur du XVIe siècle » (29 mars 1850), sans se préoccuper ni de dire si le nom\nde l'auteur est connu ou inconnu, ni d'indiquer le titre, la date et l'édition\nemployée (1). A cette époque, on n'était vraiment pas curieux. J'ajouterai\nqu'on voit figurer 15 fois, sur les programmes de cette période dont j'ai parlé, le\nnom d'un compositeur qui n'a jamais existé : Lesring (2). A partir de 1859, les\nindications vagues et incomplètes deviennent rares, bien qu'on en trouve encore\ncomme celles-ci : « Andante d'une symphonie de Haydn » (programme du 15 avril\n1860) ou « fragment d'un concerto pour cor, de Weber » (22 avril 1860). Depuis\n1859, la Société ne s'est pas bornée, en maintenant sa juste renommée de\nperfection technique, à enrichir un répertoire qui sembla trop longtemps frappé\nd'une sorte d'immobilité hiératique. 11 suffît de comparer aux anciens pro-\ngrammes ceux d'aujourd'hui, si soignés au point de vue des indications de tout\ngenre qui éclairent la vie et les œuvres des maîtres (3), pour voir que la Société\ndes Concerts s'est fait peu à peu un certain sens historique. Elle se rend compte\nque quand on rattache une symphonie à ses origines précises et aux circonstances\n\n(î) Des dates sont cependant inscrites à côté de quelques œuvres de Rameau, de Lulli, de\nStradella, de Festa, mais exceptionnellement, et sans méthode visible.\n(2) Confondu avec Leisring, qu'Elwart fait vivre « au milieu du xvic siècle » et qui, né en\n1590, mourut en 1637.\n(3) Elles sont données aujourd'hui, pour chaque œuvre du programme, par M. J. Tiersot."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": "où elle fut écrite, on complète l'hommage rendu à un compositeur, et on double\nle plaisir du public.\nAujourd'hui, nous sommes habitués à entendre les symphonies de Beethoven\nexécutées intégralement d'abord, par ordre chronologique, et à trouver dans les\nprogrammes des notices souvent érudites qui sont de substantielles mono-\ngraphies. Cet usage s'est étendu à tous les genres de la musique. La plupart de\nnos concerts ont un caractère historique, voire archéologique. Nous avons,\npresque chaque jour, des « récitals » où on nous retrace 1' « histoire du Lied »,\n1' « histoire de l'Ouverture »,1' (( histoire de la composition pour piano», etc... Je\nvois là un fait d'évolution très remarquable et un lien qui me permet de rat-\ntacher cette seconde partie de ma leçon à son début.\nDu concert avec programme historique très précis au concert-conférence, il\nn'y avait qu'un pas. Il a été franchi par beaucoup de musiciens-littérateurs ou\ncompositeurs professionnels. Pour ne pas sortir du Conservatoire, je citerai\nseulement M. Alex. Guilmant, notre grand organiste compositeur et virtuose,\nqui, dans des concerts commencés au Trocadéro en 1902, a passé en revue toutes\nles écoles de l'orgue, et qui, avant chaque exécution, a toujours donné de vive\nvoix, à ses auditeurs, des renseignements précis sur l'œuvre et sur l'auteur\nexécuté.\nSupposez maintenant que, dans des séances de ce genre, la partie d'exécution\nsoit diminuée, se réduise à un simple exemple destiné à illustrer une conférence\net que la partie orale occupe la première place, nous arrivons, comme dernier\nterme de ce processus, à la leçon d'enseignement supérieur, au cours d'histoire\nde la musique tel que nous le comprenons aujourd'hui.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "15", "page_fin": "16", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.4", "titre_corps": "La musique et la magie", "titre_sommaire": "La musique et la magie", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.15", "debut_caractere": 1760, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "La musique et la magie\n{suite).\nDe tout temps, la croyance populaire a attribué au chant et à la musique ins-\ntrumentale un pouvoir merveilleux. Hérodote, historien du ve siècle avant l'ère\nchrétienne, cite, en forme d'apologue (I, 141), la légende d'un pêcheur essayant\nd'attirer à lui les poissons en jouant de la flûte. Le Père Mersenne, dans son\nHarmonie universelle (Paris, 1636), déclare avoir été témoin de faits analogues\nen Italie. Plutarque parle de l'effet de la musique sur les tigres [De la Superstition,\nv), sur les cerfs (Symposiaques, ou Questions de table, VII, 5, 2). Toutes ces\nlégendes font cortège à celles d'Orphée, d'Arion, etc... Elles sont une forme naïve\ndonnée par l'imagination à la puissance expressive du langage des sons. On\nconnaît les fables relatives à la descente aux Enfers par un mortel privilégié\n(Orphée, Hercule, Thésée, Énée, etc...), fable reproduite dans le dernier grand\nopéra joué à Paris, Ariane. Ce pouvoir attribué à un mortel de pénétrer dans le\ndomaine de l'lnvisible et du Mystère est encore un des effets merveilleux attribués\nà la musique. Lucien, écrivain grec du 11e siècle de lere chrétienne, constate\n(.Ménippe, 6) qu'on attribuait aux mages chaldéens de Babylone le privilège de\nforcer, à 1 aide de certains chants, les portes d'Hadès. Ménippe raconte comment\nprocède le mage Mithrobarzane pour le conduire chez les Ombres: purifications,"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3130, "texte": "fumigations, accompagnées de mélodies. Or nous considérons la mélodie comme\nantérieure à tous les autres rites de la magie. Platon dit expressément que, sans\nles formules orales, les actes magiques ne servent à rien ; et la formule orale fut\nd abord une formule chantée. Ces tables relatives aux descentes dans l'Enfer\nsont une extension de la croyance que la musique est tellement expressive et\npuissante qu elle peut même animer un mort. Héliodore (Œthiopica, VI, 14)\ndécrit le sacrifice magique d'une vieille Égyptienne animant un cadavre pour\nl'interroger sur l'avenir; les rites sont imités de la Nèkuia de l'Odyssée, et accom-\npagnés de chants. Chez les poètes latins, ces superstitions sont très souvent\nmentionnées ; elles sont peut-être un effet de l'esprit local ancien en même temps\nqu'un apport delà civilisation orientale. « Par mes chants, dit une magicienne\n(Horace, Epodes, xvn), je peux ranimer celui que le bûcher vient de réduire en\ncendres ». Ces évocations avaient ordinairement lieu pendantla nuit (Virgile, En.,\nIV, 491). Tibulle (I, Eleg. 2) parle d'une sorcière qui, en chantant, oblige la\nterre à s entr ouvrir et fait sortir les morts de leur tombeau (cf. Ovide,\nAmours, I, Eleg. VIII, et Manilius, Astronomiques, I, 334 V Dans la Pharsale (VI,\nv. 527 et suiv., et 568), Lucain montre les sorcières thessaliennes conversant\navec les Enfers, à l'aide des chants magiques partis de leurs lèvres glacées:\n...gelidis infudit murmura labris\nArcanumque nefas ! Stygias mandavit ad umbras.\nUne magicienne ressuscite un cadavre qui doit dévoiler l'avenir en injectant\ndans ses veines un philtre qui a été doué de vertus extraordinaires à l aide de la\nmélodie chantée au moment où on le préparait, mélodie constituant « un lan-\ngage très différent de celui des hommes ». (Ibid., v. 686.) Le cadavre ainsi\nranimé ne pourra pas l'être une seconde fois. Valerius Fdaccus [Argonautiques\nI, 732 représente Alcimède et OEson évoquant les mânes de leurs aïeux, par un\nprocédé analogue, l'usage d'un carmen.\nCes croyances se sont maintenues longtemps. Du Cange, dans son Diction-\nnaire latin, cite une lettre de Rather, évêque de Vérone? interdisant « ces chants\ndiaooliques que 1 on chante parfois, la nuit, sur les morts ». Serait-il possible\nde reconnaître, dans nos mœurs actuelles, une survivance de ces très antiques\nsuperstitions? C est ce que je n'oserais affirmer. Quand nous faisons de la mu-\nsique, dans les cérémonies funèbres, pour qui est cette musique ? à qui s'adresse-\nt-elle ? à Dieu? à ceux qui pleurent le défunt et ont besoin d etre consolés ? ou\nbien pensons-nous vaguement que le mort lui-même ne sera pas insensible à la\nbeauté des chants ? Bossuet, dans une de ses plus admirables oraisons funèbres,\ndisait qu'Henriette devenait sensible, (( même sous le drap mortuaire »? à l'éloge\nde Charles ler;Ier; si une telle idée a été exprimée au sujet de l'éloquence ou de la\nparole, ne se peut-il pas que la musique soit employée avec ce sentiment vague\net inconscient, venu des origines lointaines de la civilisation, qu'elle n'agit\npas seulement sur les vivants ?\n(A suivre.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "17", "page_fin": "18", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.5", "titre_corps": "La musique d'après les Allemands", "titre_sommaire": "La musique d'après les Allemands", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.17", "debut_caractere": 42, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "La musique d'après les Allemands\nSchopenhauer.\n(suite).\nSchopenhauer a traité la doctrine hégélienne de « misérable charlatanisme».\n11 est cependant hégélien sur plusieurs points, en ce qui concerne la musique,\net disciple de Schelling, confirmant ainsi la loi d'après laquelle deux philosophes\nn'appartenant pas à la même école, mais du même pays et de la même époque,\ns'accordent beaucoup plus, dans leurs jugements, que deux philosophes de\nmême école mais d'époques et de pays différents. Le ier volume du grand\nouvrage de Schopenhauer, le Monde comme volonté et représentation, a paru en\n1818, un peu avant les Vorlesungen de Hegel ;le second est de 1844, et les\nParerga sont de 1851 ; c'est dans le premier de ces trois livres que se\ntrouve, avec ses traits essentiels, la métaphysique musicale de Schopenhauer.\nElle peut être considérée, dans son ensemble, comme un développement hardi\nde celle de Hegel.\nPour Schopenhauer, la musique « raconte l'histoire le plus intime delà vo-\nlonté » ; elle est « le langage du sentiment et de la passion, comme les mots sont\nle langage de la raison » (1), mais son objet n'est pas de traduire tel ou tel\nsentiment concret, individuel, précis ; c'est d'exprimer « le sentiment en soi, en\ndégageant son essence, affranchie de tout élément étranger et même de ce qui\nla motive (2) ». Elle s'oppose aux concepts (matière de la pensée commune) qui\nne sont que l'enveloppe extérieure des choses, de purs abtraits sans substance\net sans vie : ce qu'elle nous révèle, c'est le coeur, l'âme intérieure des choses. On\na dit qu'elle était un exercice d'arithmétique; mais alors elle ne nous touche-\nrait pas plus qu'une addition bien faite ! Les rapports mathématiques par les-\nquels elle se réalise ne représentent que sa forme; ils sont le dessin, non la\nchose dessinée. On pourrait dire, quand elle est convenablement associée à une\naction, que la musique nous en révèle le sens le plus caché, le principe profond et\noriginel, au lieu d'en reproduire la forme extérieure et actuelle. Dans l'opéra,\nelle est l'âme du drame. Comme Dieu, elle ne voit que les cœurs (3). Le rapport\nqui, parfois, s'établit entre son langage et un texte littéraire n'est jamais un\nrapport nécessaire (4): c'est plutôt le rapport d'une proposition très générale à\nun fait particulier pris comme exemple. L'auditeur exerce sa fantaisie et son\nimagination sur une symphonie ; il cherche à rattacher à quelque chose de réel,\nà un être en chair et en os, ce langage tout spirituel qui s'adresse à lui directe-\nment : mais c'est là un travail accessoire et inutile qui n'augmente ni l'intelli-\ngence d'une œuvre ni la jouissance qu'elle procure (5). Si, entre telle œuvre\nmusicale et telle représentation sensible, il y a convenance ou analogie recon-\n\n(1) Œuvres complètes, éd. Grisebach, t. V, p. 457. Cf. ibid. 11, p. 342-3.\n(2) « Sie drûckt nicht diese oder jene einzelne und bestimmte Freude,... sondern die Freude\nselbst, gewissermassen in abstracto, das wesentliche derselben, ohne ailes Beiwerk, also auch\ndie Motive dazu. » (I, p. 344.)\n(3) 11, 526, et suiv.\n(4) Même observation dans Hegel, qui considère la musique vocale comme une a musique\nd'accompagnement » (/oc. cit., 186-7, 191) parce qu'elle est soumise àun langage (littéraire)\nqui lui est absolument étranger.\n(5) 1» 345 ; n, 528."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.18", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2410, "texte": "naissable, c'est que l'une et l'autre sont l'expression du même être intérieur et\nuniversel caché derrière les apparences, directement et inconsciemment\nsaisi par le compositeur. Trouver la mélodie, c'est-à-dire découvrir ce qu'il y a\nde plus mystérieux dans la volonté et dans le sentiment humain, est l'œuvre du\ngénie. Le génie éclate ici plus que partout ailleurs, puisque sans le secours de\nla réflexion consciente, il arrive au but. C'est proprement l'« inspiration ». Les\nconcepts, comme dans tous les autres arts, sont stériles pour le génie musical.\nLe génie ressemble à une somnambule pénétrée de fluide magnétique, nous\nrenseignant sur des choses dont elle n'a, à l'état de veille, aucune notion (1).\nCertes, le musicien a besoin d'idées claires et distinctes, soumises à une ana-\nlyse réfléchie, pour pratiquer son art ; mais l'acte par lequel il trouve les belles\nformules de son langage musical le dépasse et lui échappe ; le travail inconscient\njoue chez lui un rôle beaucoup plus grand que chez les autres artistes. C'est\ngrâce à cette fonction qui consiste à reproduire tous les mouvements de notre être\nintérieur en négligeant les éléments réels (den Stojf) dont ils sont faits (2), que\nla musique est à la fois si intelligible et si indéterminée ; elle ressemble à un\nparadis d'intimité ouvert sur nous, mais toujours lointain et fugace. Dans une\nsymphonie de Beethoven, parlent, avec des nuances innombrables, toutes les\npassions et émotions humaines, la joie, la tristesse, l'amour, l'espérance, la foi...\nmais in abstracto. C'est un univers sans matière : « la musique nous fait voir les\nmouvements delà volonté se reflétant dans le domaine de la représentation sen-\nsible qui est le seul théâtre où les Beaux-Arts peuvent produire leurs effets, mais\nen exigeant que la volonté reste un jeu, et que nous soyons un sujet connaissant\n(non agissant et souffrant) (3) ». Elle ne reproduit donc pas en nous les affec-\ntions réelles : elle nous en délivre au contraire, en écartant la souffrance toujours\ninhérente aux actes de la vie et en ne reproduisant, de notre personne morale,\nque ce qui est de nature à l'apaiser. Elle parle souvent le langage de la douleur ;\net l'usage du mode mineur montre combien profondément elle pénètre dans\n1 essence intime des choses ; mais, dans les accords les plus dissonants, il y a\nune sérénité joyeuse ou réconfortante.\n(A suivre.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "21", "image_debut": 18, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.6", "titre_corps": "Nouvelles publications", "titre_sommaire": "Nouvelles publications", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.18", "debut_caractere": 2412, "fin_caractere_exclue": 3448, "texte": "Nouvelles publications\n\nED. MONOD; licenciées lettres : Harmonie et mélodie, le rôle de l'élément mélodique\ndans la formation de l'harmonie dissonante (chez Fischbacher, 33, rue de\nSeine).\n\n— Dans cet opuscule — préface d'un travail plus important — l'auteur\nse propose de ramener les phénomèmes de l'audition musicale à deux données\npremières : d'une part, les accords parfaits majeur et mineur ; d'autre part, le\nmouvement mélodique. En d'autres termes, tandis que les accords du ton,\ntonique, dominante, sous-dominante, continueraient — conformément aux\n\n(1)... « Wie eime magnetische Somnambule Aufschliisse giebt iiber Dinge, von denen sie\nwachend Keinen Begriff hat. » (I, 343.)\n(2) I, 347-8.\n(3)... « Wer sehen also hier die Willensbewegungen auf das Gebiet der blossen Vorstellungen\nhinubergespielt, als welche der ausschliessliche Schauplatz der Leistungen aller Schônen Kûnste\nist, da diese durchaus verlangen, dass der Wille selbst aus dem Spiel bleibe und wir durchweg\nuns als rein Erkennende verhalten. » en , 528 et suiv.)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.19", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2949, "texte": "théories actuelles à rendre compte de l'harmonie consonante, « toutes les\nautres combinaisons sonores seraient dues à des notes proprement étrangères à\nl'harmonie provenant d'un mouvement mélodique plus ou moins voilé ». Ajou-\ntons que ces notes étrangères évidemment les mêmes qui composent les\naccords fondamentaux détermineraient l'harmonie dissonante en perdant de\nleur valeur harmonique ou tonale par le fait du mouvement mélodique.\nCette théorie nous permettrait de former l'harmonie dissonante sans le secours\ndes tierces superposées que personne ne défend aujourd'hui ; mais les variations\nharmoniques ou tonales des notes mélodiques ont une origine purement\nrythmique, alors que les phénomènes harmoniques se rapportent exclusivement\nà l'examen des périodicités sonores. Faire intervenir le rythme ou même\n1 intensité et le timbre à propos de périodicités, c'est compliquer inutilement\nla question, les divers caractères du son agissant aussi bien sur les éléments cou-\nsonants de la mélodie que sur ses éléments dissonants. Un mouvement mélodique\nsusceptible d'expliquer l'harmonie dissonante devrait être composé de notes\nd'égales durées, émises avec la même intensité par la même voix ; or, dans ce\ncas exceptionnel, les éléments mélodiques présenteraient tous une égale valeur\nharmonique et tonale. La dissonance « intégrale » se produit seulement entre\nsons de périodicités différentes, placés face à face,toutes choses égales d'ailleurs;\nil serait difficile de découvrir ici le moindre mouvement mélodique, même\n« voilé ». Peut-être, au point de vue historique, pourrait-on soutenir que les\nartifices mélodiques nous ont mis sur la voie de l'harmonie dissonante, mais il\nserait imprudent d'aller au delà, car l'harmonie consonante a bénéficié des\nmêmes circonstances : les séries de quintes ont facilité l'entrée en scène des\ntierces ; à leur tour, les tierces superposées nous familiarisent avec les septièmes.\nQuoi qu'il en soit, les théories de M. Ed. Monod sont intéressantes, elles témoi-\ngnent de l'activité croissante qui règne dans le monde des théoriciens pour\nconstruire scientifiquement la logique musicale.\n\nJ. D.\n\nLes Chansons d'Hugo de Montfort, avec la musique de Burg Mangolt, par\nPAUL RUNGE, 76 p , en allem. avec un fac-similé, chez Breitkopf (Leipzig).\n\nDe ce texte musical du xive siècle, M. Runge nous donne une traduction\ndont nous ne pouvons dire que ceci : non tolerari posse. Il fournit lui-même\nles moyens de le réfuter, car il a l'imprudence de donner le texe original à\ncôté de sa traduction. Exemple :\nOn ne se moque pas des gens à un tel point ! et si M. Runge s appuie « sur\nles derniers travaux publiés en Italie et en Allemagne dans ces dix dernières\nannées », tant pis pour ces travaux ! Ce qui est insupportable, c'est aussi\ncette barre de mesure que l'auteur emploie sans raison et qui, combinée avec\nun rythme arbitraire, produit une manière de scander inadmissible, ou les"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.20", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "syllabes toniques coïncident avec des temps faibles, et les atones avec des temps\nforts :\nM. P. Aubry a donné de la même pièce une version que je n'approuve\npas non plus ; mais celle de Ni. Runge est un « arrangement » qu'il faut\ndistinguer et mettre à part.\nA. SOUBIES : Almanach des spectacles, petit in-12, chez Flammarion. Cette\npublication documentaire en est à son 33E volume. C'est assez dire combien son\nutilité est appréciée. On y trouve le détail de toutes les pièces jouées dans les\nthéâtres (de Paris seulement), en 1903. Il est regrettable que les théâtres de\nprovince n'y soient pas mentionnés.\n\nM\n\nBOUCHOR ET TIERSOT : Chants populaires pour les écoles, I vol., chez\nHachette.\nM.\n— Sur cet agréable recueil, animé des meilleurs sentiments, nous\nn'avons que deux réserves à faire. Il n'est pas possible que dans une école\nsérieuse on fasse chanter de la musique « tripatouillée », une composition de\nBerlioz, par exemple, adaptée à des paroles nouvelles. Il y a là une règle\nd'art qui n'admet pas d'exception. En second lieu, M. Tiersot est sans doute\nun excellent musicien, mais il abuse un peu de sa musique. Nous avons à faire\nchanter, dans nos écoles, quelque chose de mieux que du Tiersot ; puisque nous\npossédons de vrais répertoires populaires, pourquoi vouloir en créer un en\nsimili ?\n\nCHARLES LÉVADÉ : Les vieilles chez nous, mélodie pour soprano 'chez\nEnoch), paroles de Jules Lafforgue.\n\nBERNARD LEMAIRE : Les Sabots de jolis, paroles du même (chez Ricordi,\nboulevard Malesherbes).\nMoun biel Quercy, musique de JEAN DUQUERCY (Ricordi), Mon Ruisseau,\nmusique de HEDWIGE CHRÉTIEN (A. Leduc), paroles de Jules Lafforgue\nComme au bon vieux temps, 1 vol., chansons dans le genre populaire ancien\n(chez E. Coutarel, 13, faubourg Montmartre), musique de HENRI BRESLES,\nparoles de Jules Lafforgue.\n\nAUGUSTE DUBOIS : Le mécanisme du piano.\n\n— Nouvelle méthode pour délier\nles doigts. — Voici un ouvrage très court, une dizaine de feuillets à peine, et\nqui est tout à fait révolutionnaire. Pourtant il ne s'agit là-dedans que de paci-\nfiques gammes...\nDans son avant-propos, M. Dubois, qui est compositeur habile et pianiste fort\ndistingué, explique très clairement son but :\n« La majeure partie des pianistes amateurs pensent qu'il suffit de jouer force\n« gammes et arpèges pour acquérir un bon mécanisme, une parfaite égalité dans\n« les doigts ; évidemment les gammes et les arpèges délient les doigts, mais\n« tels qu'ils sont doigtés dans toutes les méthodes, ils ne les délient qu impar-\n« faitement et après un travail considérable.\n« La raison en est bien simple: les deux doigts naturellement les plus faibles,\n« le 4e et le 5e, sont les moins exercés. En effet, dans les gammes et arpèges,"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.21", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "« le 5e doigt ne trouve son emploi qu'une seule fois, que Ton joue sur l'étendue\n« d'une ou de 4 octaves: bien plus, dans les gammes bémolisées, il n'y trouve\n« même pas son emploi.\n« Dans toutes les méthodes de piano, il est bien question du passage du pouce,\n« mais jamais du passaged'un doigt autreque le pouce, au-dessus ou en dessous\n(( d'un autre doigt. On verra plus loin l'énorme importance de cet exercice qui\n« rompt les doigts à toutes les difficultés que l'on rencontre dans les diverses\n« combinaisons de notes. »\nDès le début de son ouvrage, M. Auguste Dubois cite un certain nombre de\ntraits en formes de gammes ou d'arpèges, choisis dans les œuvres des maîtres\n(Bach, Mozart, Beethoven, Weber, Chopin, Saint-Saëns, etc.) et qu'on ne peut\nexécuter qu'en se servant de doigters absolument différents des doigters tradi-\ntionnels usités pour les gammes et arpèges.\nSans donc se préoccuper des doigters ordinaires, M. Dubois propose quatre\ndoigters dont chacun est applicable à toutes les tonalités.\nLe premier consiste à nefaire les gammes qu'avec le ier et le 2e doigt de chaque\nmain. Le second n'utilise que les 2e et 3e doigts. La troisième manière est réser-\nvée uniquement au 3e et au 4e doigt. Enfin le 4e et le 5e doigt concourent seuls\nau quatrième doigter.\nDans d'autres exercices, dans les arpèges, dans les gammes en tierces, en sixtes\net en octaves, M. Dubois préconise des doigters qui peuvent paraître bizarres,\nmais dont l'application partielle se retrouve exactement en maintes œuvres.\nCes exercices sont absolument neufs, et leur pratique journalière déliera forte-\nment les doigts des élèves ; et si Schumann avait connu le travail de M. Dubois,\nil ne se serait certainement pas mutilé la main...\nM. Auguste Dubois a édité lui-même son ouvrage (18, place Lamartine, à\nBéthune).\nLa dédicace de cet opuscule est peu banale: « A mes fils, Aimé, Pierre,\nRaoul, René, Marcel et Julien ».\nLeur père n'a pas eu besoin d'attendre qu'ils aient vingt ans...\n\nH. BRODY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c033", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "18", "page_fin": "19", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.6.1", "titre_corps": "ED. MONOD; licenciées lettres : Harmonie et mélodie, le rôle de l'élément mélodique dans la formation de l'harmonie dissonante (chez Fischbacher, 33, rue de Seine).", "titre_sommaire": "ED. MONOD; licenciées lettres : Harmonie et mélodie, le rôle de l'élément mélodique dans la formation de l'harmonie dissonante (chez Fischbacher, 33, rue de Seine).", "signature_source": "J. D", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.18", "debut_caractere": 2436, "fin_caractere_exclue": 3448, "texte": "ED. MONOD; licenciées lettres : Harmonie et mélodie, le rôle de l'élément mélodique\ndans la formation de l'harmonie dissonante (chez Fischbacher, 33, rue de\nSeine).\n\n— Dans cet opuscule — préface d'un travail plus important — l'auteur\nse propose de ramener les phénomèmes de l'audition musicale à deux données\npremières : d'une part, les accords parfaits majeur et mineur ; d'autre part, le\nmouvement mélodique. En d'autres termes, tandis que les accords du ton,\ntonique, dominante, sous-dominante, continueraient — conformément aux\n\n(1)... « Wie eime magnetische Somnambule Aufschliisse giebt iiber Dinge, von denen sie\nwachend Keinen Begriff hat. » (I, 343.)\n(2) I, 347-8.\n(3)... « Wer sehen also hier die Willensbewegungen auf das Gebiet der blossen Vorstellungen\nhinubergespielt, als welche der ausschliessliche Schauplatz der Leistungen aller Schônen Kûnste\nist, da diese durchaus verlangen, dass der Wille selbst aus dem Spiel bleibe und wir durchweg\nuns als rein Erkennende verhalten. » en , 528 et suiv.)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.19", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2164, "texte": "théories actuelles à rendre compte de l'harmonie consonante, « toutes les\nautres combinaisons sonores seraient dues à des notes proprement étrangères à\nl'harmonie provenant d'un mouvement mélodique plus ou moins voilé ». Ajou-\ntons que ces notes étrangères évidemment les mêmes qui composent les\naccords fondamentaux détermineraient l'harmonie dissonante en perdant de\nleur valeur harmonique ou tonale par le fait du mouvement mélodique.\nCette théorie nous permettrait de former l'harmonie dissonante sans le secours\ndes tierces superposées que personne ne défend aujourd'hui ; mais les variations\nharmoniques ou tonales des notes mélodiques ont une origine purement\nrythmique, alors que les phénomènes harmoniques se rapportent exclusivement\nà l'examen des périodicités sonores. Faire intervenir le rythme ou même\n1 intensité et le timbre à propos de périodicités, c'est compliquer inutilement\nla question, les divers caractères du son agissant aussi bien sur les éléments cou-\nsonants de la mélodie que sur ses éléments dissonants. Un mouvement mélodique\nsusceptible d'expliquer l'harmonie dissonante devrait être composé de notes\nd'égales durées, émises avec la même intensité par la même voix ; or, dans ce\ncas exceptionnel, les éléments mélodiques présenteraient tous une égale valeur\nharmonique et tonale. La dissonance « intégrale » se produit seulement entre\nsons de périodicités différentes, placés face à face,toutes choses égales d'ailleurs;\nil serait difficile de découvrir ici le moindre mouvement mélodique, même\n« voilé ». Peut-être, au point de vue historique, pourrait-on soutenir que les\nartifices mélodiques nous ont mis sur la voie de l'harmonie dissonante, mais il\nserait imprudent d'aller au delà, car l'harmonie consonante a bénéficié des\nmêmes circonstances : les séries de quintes ont facilité l'entrée en scène des\ntierces ; à leur tour, les tierces superposées nous familiarisent avec les septièmes.\nQuoi qu'il en soit, les théories de M. Ed. Monod sont intéressantes, elles témoi-\ngnent de l'activité croissante qui règne dans le monde des théoriciens pour\nconstruire scientifiquement la logique musicale.\n\nJ. D."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "19", "page_fin": "20", "image_debut": 19, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.6.2", "titre_corps": "Les Chansons d'Hugo de Montfort, avec la musique de Burg Mangolt, par PAUL RUNGE, 76 p , en allem. avec un fac-similé, chez Breitkopf (Leipzig).", "titre_sommaire": "Les Chansons d'Hugo de Montfort, avec la musique de Burg Mangolt, par PAUL RUNGE, 76 p , en allem. avec un fac-similé, chez Breitkopf (Leipzig).", "signature_source": "M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.19", "debut_caractere": 2166, "fin_caractere_exclue": 2949, "texte": "Les Chansons d'Hugo de Montfort, avec la musique de Burg Mangolt, par\nPAUL RUNGE, 76 p , en allem. avec un fac-similé, chez Breitkopf (Leipzig).\n\nDe ce texte musical du xive siècle, M. Runge nous donne une traduction\ndont nous ne pouvons dire que ceci : non tolerari posse. Il fournit lui-même\nles moyens de le réfuter, car il a l'imprudence de donner le texe original à\ncôté de sa traduction. Exemple :\nOn ne se moque pas des gens à un tel point ! et si M. Runge s appuie « sur\nles derniers travaux publiés en Italie et en Allemagne dans ces dix dernières\nannées », tant pis pour ces travaux ! Ce qui est insupportable, c'est aussi\ncette barre de mesure que l'auteur emploie sans raison et qui, combinée avec\nun rythme arbitraire, produit une manière de scander inadmissible, ou les"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.20", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 635, "texte": "syllabes toniques coïncident avec des temps faibles, et les atones avec des temps\nforts :\nM. P. Aubry a donné de la même pièce une version que je n'approuve\npas non plus ; mais celle de Ni. Runge est un « arrangement » qu'il faut\ndistinguer et mettre à part.\nA. SOUBIES : Almanach des spectacles, petit in-12, chez Flammarion. Cette\npublication documentaire en est à son 33E volume. C'est assez dire combien son\nutilité est appréciée. On y trouve le détail de toutes les pièces jouées dans les\nthéâtres (de Paris seulement), en 1903. Il est regrettable que les théâtres de\nprovince n'y soient pas mentionnés.\n\nM"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c037", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "20", "page_fin": "20", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.6.3", "titre_corps": "BOUCHOR ET TIERSOT : Chants populaires pour les écoles, I vol., chez Hachette.", "titre_sommaire": "BOUCHOR ET TIERSOT : Chants populaires pour les écoles, I vol., chez Hachette.", "signature_source": "M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.20", "debut_caractere": 637, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "BOUCHOR ET TIERSOT : Chants populaires pour les écoles, I vol., chez\nHachette.\nM.\n— Sur cet agréable recueil, animé des meilleurs sentiments, nous\nn'avons que deux réserves à faire. Il n'est pas possible que dans une école\nsérieuse on fasse chanter de la musique « tripatouillée », une composition de\nBerlioz, par exemple, adaptée à des paroles nouvelles. Il y a là une règle\nd'art qui n'admet pas d'exception. En second lieu, M. Tiersot est sans doute\nun excellent musicien, mais il abuse un peu de sa musique. Nous avons à faire\nchanter, dans nos écoles, quelque chose de mieux que du Tiersot ; puisque nous\npossédons de vrais répertoires populaires, pourquoi vouloir en créer un en\nsimili ?"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "20", "page_fin": "20", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.6.4", "titre_corps": "CHARLES LÉVADÉ : Les vieilles chez nous, mélodie pour soprano 'chez", "titre_sommaire": "CHARLES LÉVADÉ : Les vieilles chez nous, mélodie pour soprano 'chez", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.20", "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "CHARLES LÉVADÉ : Les vieilles chez nous, mélodie pour soprano 'chez\nEnoch), paroles de Jules Lafforgue."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "20", "page_fin": "20", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.6.5", "titre_corps": "BERNARD LEMAIRE : Les Sabots de jolis, paroles du même (chez Ricordi,", "titre_sommaire": "BERNARD LEMAIRE : Les Sabots de jolis, paroles du même (chez Ricordi,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.20", "debut_caractere": 1437, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "BERNARD LEMAIRE : Les Sabots de jolis, paroles du même (chez Ricordi,\nboulevard Malesherbes).\nMoun biel Quercy, musique de JEAN DUQUERCY (Ricordi), Mon Ruisseau,\nmusique de HEDWIGE CHRÉTIEN (A. Leduc), paroles de Jules Lafforgue\nComme au bon vieux temps, 1 vol., chansons dans le genre populaire ancien\n(chez E. Coutarel, 13, faubourg Montmartre), musique de HENRI BRESLES,\nparoles de Jules Lafforgue."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "20", "page_fin": "21", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.6.6", "titre_corps": "AUGUSTE DUBOIS : Le mécanisme du piano.", "titre_sommaire": "AUGUSTE DUBOIS : Le mécanisme du piano.", "signature_source": "H. BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.20", "debut_caractere": 1840, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "AUGUSTE DUBOIS : Le mécanisme du piano.\n\n— Nouvelle méthode pour délier\nles doigts. — Voici un ouvrage très court, une dizaine de feuillets à peine, et\nqui est tout à fait révolutionnaire. Pourtant il ne s'agit là-dedans que de paci-\nfiques gammes...\nDans son avant-propos, M. Dubois, qui est compositeur habile et pianiste fort\ndistingué, explique très clairement son but :\n« La majeure partie des pianistes amateurs pensent qu'il suffit de jouer force\n« gammes et arpèges pour acquérir un bon mécanisme, une parfaite égalité dans\n« les doigts ; évidemment les gammes et les arpèges délient les doigts, mais\n« tels qu'ils sont doigtés dans toutes les méthodes, ils ne les délient qu impar-\n« faitement et après un travail considérable.\n« La raison en est bien simple: les deux doigts naturellement les plus faibles,\n« le 4e et le 5e, sont les moins exercés. En effet, dans les gammes et arpèges,"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.21", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "« le 5e doigt ne trouve son emploi qu'une seule fois, que Ton joue sur l'étendue\n« d'une ou de 4 octaves: bien plus, dans les gammes bémolisées, il n'y trouve\n« même pas son emploi.\n« Dans toutes les méthodes de piano, il est bien question du passage du pouce,\n« mais jamais du passaged'un doigt autreque le pouce, au-dessus ou en dessous\n(( d'un autre doigt. On verra plus loin l'énorme importance de cet exercice qui\n« rompt les doigts à toutes les difficultés que l'on rencontre dans les diverses\n« combinaisons de notes. »\nDès le début de son ouvrage, M. Auguste Dubois cite un certain nombre de\ntraits en formes de gammes ou d'arpèges, choisis dans les œuvres des maîtres\n(Bach, Mozart, Beethoven, Weber, Chopin, Saint-Saëns, etc.) et qu'on ne peut\nexécuter qu'en se servant de doigters absolument différents des doigters tradi-\ntionnels usités pour les gammes et arpèges.\nSans donc se préoccuper des doigters ordinaires, M. Dubois propose quatre\ndoigters dont chacun est applicable à toutes les tonalités.\nLe premier consiste à nefaire les gammes qu'avec le ier et le 2e doigt de chaque\nmain. Le second n'utilise que les 2e et 3e doigts. La troisième manière est réser-\nvée uniquement au 3e et au 4e doigt. Enfin le 4e et le 5e doigt concourent seuls\nau quatrième doigter.\nDans d'autres exercices, dans les arpèges, dans les gammes en tierces, en sixtes\net en octaves, M. Dubois préconise des doigters qui peuvent paraître bizarres,\nmais dont l'application partielle se retrouve exactement en maintes œuvres.\nCes exercices sont absolument neufs, et leur pratique journalière déliera forte-\nment les doigts des élèves ; et si Schumann avait connu le travail de M. Dubois,\nil ne se serait certainement pas mutilé la main...\nM. Auguste Dubois a édité lui-même son ouvrage (18, place Lamartine, à\nBéthune).\nLa dédicace de cet opuscule est peu banale: « A mes fils, Aimé, Pierre,\nRaoul, René, Marcel et Julien ».\nLeur père n'a pas eu besoin d'attendre qu'ils aient vingt ans...\n\nH. BRODY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "21", "page_fin": "22", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.7", "titre_corps": "Correspondance.", "titre_sommaire": "Correspondance.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.21", "debut_caractere": 2007, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "Correspondance.\n\nAmiens, le 20 décembre igoô.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR DE LA Revue musicale,\nDans votre numéro du i 5 décembre igoô vous extrayez un passage de\nFrùhling, de M. Paul Scheinpflug, et vous faites remarquer les sou 6 quintes\nconsécutives qui s'y trouvent.\nAprès cela, on peut tirer l'échelle, dites-vous. Je crois intéressant de vous\nrappeler un passage de Guillaume Tell de Rossini. Il contient 3 quintes et\n3 octaves consécutives, écrites pour les voix, ce qui est moins tolérable que pour\nles instruments. *\nIl est vrai qu'à l'audition le mauvais effet provenant de ces intervalles est"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.22", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "très atténué ; mais il n'y a pas grande différence entre le passage du jeune\ncapellmeister allemand et du maître italien.\nLe passage en question est ci-joint à la lettre.\nAgrée Monsieur le Directeur, etc,\nUn lecteur assidu.\nNous ferons remarquer à notre honorable correspondant qu'il y a une diffé-\nrence essentielle entre le texte que nous avions cité et celui de Guillaume Tell\nqu'il nous signale. Dans ce dernier, en effet, les quintes se trouvent, non dans des\nformules consécutives, mais dans des formules séparées par deux soupirs, ce qui\nconstitue des phrases distinctes. Nous indiquons ci-dessous leur ponctuation\npar deux petits traits verticaux. Si l'on se rend compte de cette ponctuation, il\nn'y a plus rien d'incorrect. L'incorrection consisterait à dire :\nNotre observation vaut pour les octaves comme pour les quintes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c042", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "21", "page_fin": "22", "image_debut": 21, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.7.1", "titre_corps": "Amiens, le 20 décembre igoô.", "titre_sommaire": "Amiens, le 20 décembre igoô.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.21", "debut_caractere": 2024, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "Amiens, le 20 décembre igoô.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR DE LA Revue musicale,\nDans votre numéro du i 5 décembre igoô vous extrayez un passage de\nFrùhling, de M. 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Par arrêté en date du 10 décembre 1906 de M. le préfet de la\nSomme, M. Coze (Pierre-Aristide) a été nommé professeur de trompette,\ncornet à pistons et autres instruments en cuivre, à l'Ecole nationale de musique\nd'Amiens, en remplacement de M. Thésin, démissionnaire.\n\nDE MONTE-CARLO. Le public mondain, chaque jour, accourt en foule, au\ncasino, aux Concerts Ganne qui, avec leur programme sans cesse renouvelé,\nsont devenus Yevent quotidien de Monte-Carlo.\nL'orchestre, exclusivement composé de premiers prix du Conservatoire, fait\nmerveille sous la direction énergique et vivante du brillant compositeur popu-\nlaire Louis Gannequi, si sa musique lui a valu une renommée universelle, mérite\ncomme chef d'orchestre d'être classé parmi les plus savants et les plus vigou-\nreux. Ces concerts, avec de tels virtuoses et un tel chef, obtiennent un succès\nfou: en un jour ils sont devenus, non seulement une habitude, mais un besoin\npour tous les amateurs de bonne musique admirablement exécutée. C'est pour\ntous les étrangers l'heure artistique qui prodigue à tous le plus rare et le plus\nintense plaisir.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 novembre au 19 décembre 1906."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 173, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nReceltes détaillées du 20 novembre au 19 décembre 1906."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c045", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c045", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.8.1", "titre_corps": "AMIENS. 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Thésin, démissionnaire."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c046", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.8.2", "titre_corps": "DE MONTE-CARLO. Le public mondain, chaque jour, accourt en foule, au", "titre_sommaire": "DE MONTE-CARLO. 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Ces concerts, avec de tels virtuoses et un tel chef, obtiennent un succès\nfou: en un jour ils sont devenus, non seulement une habitude, mais un besoin\npour tous les amateurs de bonne musique admirablement exécutée. C'est pour\ntous les étrangers l'heure artistique qui prodigue à tous le plus rare et le plus\nintense plaisir."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-01-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-01_01#c047", "volume": "bmtnabj_1907-01-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "23", "page_fin": "23", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.2.8.3", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. 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Wagner.\n—13.614 »\n25 —\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\nReprés, gratuite\n26 —\nAriane.\nMassenet.\n21.119 41\n28 —\nFaust.\nGounod.\n2i.i3o 76\n3o —\nAriane.\nMassenet.\n20.702 41\nier décembre\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\n14.067 »\n3 —\nAriane.\nMassenet.\ni9.2Ô[ 41\n5 -\nSigurd.\nReyer.\n14.019 76\n7 —\nFaust.\nGounod.\n19.201 41\n8 —\nAriane.\nMassenet.\n17.188 »\nr 0 —\nTannhàuser.\nR. Wagner.\n17.247 91\n12 —\nAriane.\nMassenet.\n21.576 26\n14 —\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n15.658 41\n15 —\nAriane.\nMassenet.\n17.006 »\nl7 —\nLa Valkyrie.\nR. 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J. Dal-\nhomme Jadis. —Les Armaillis.\ncroze. G. Doré.\n8.002 33\n23 —\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n7.423 5o\n24 -\nLa Princesse Jaune. — Le Bon-\nSaint-Saëns. J. Dal-\n8.786 8 3\nhom me Jadis.—Les A rm ail lis.\ncroze. G. Doré.\n2 5 matin.\nCarmen.\nBizet.\n9.216 5o\n25 soirée\nCavalleria Rusticana. — Wer-\nther.\nPuccini. Massenet.\n8.3o2 5O\n26 —\nLakmé.\nL. Delibes.\n4.596 »\n27 —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n7.169 5o\n28 —\nLe Bonhomme Jadis. — La Vie\nde Bohème.\nJ. Dalcroze. Puccini.\n8.465 5o\n29 —\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.680 »\n3o —\nManon.\nMassenet.\n9.592 5o\n1er décembre\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.758 33\n2 — matin.\nCavalleria Rusticana. — Les Ar-\nmaillis. — Le Bonhomme\nPuccini. G. Doré.\nJadis.\nJ. Dalcroze.\n8.087 »\n2 — soirée\nManon.\nMassenet.\n8.122 5o\n3 -\nMignon.\nA. Thomas.\n4.634 5o\n4 \"\nCarmen.\nBizet.\n7.972 5o\n5 —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n6.85o »\n6 —\nWerther.—Endymion et Phœbé.\nMassenet.\n9.887 33\n7 —\nLa Vie de Bohème. — Le Bon-\nhomme Jadis.\nPuccini. J. Dalcroze.\n7.642 »\n8 -\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.620 83\n9 — matin.\nCavalleria Rusticana. — Les\nArmaillis. — Le Bonhomme\nPuccini. G. Doré.\nJadis.\nJ. Dalcroze.\n7.456 5o\n9 — soirée\nLa Traviata.\nVerdi.\n7.730 5o\n10 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n4.637 »\n11 —\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n8.122 »\n12 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n7.185 5o\n[3 —\nWerther. — Endymion et Phœbé.\nMassenet.\n9.720 5o\n14 —\nLes Armaillis. — Le Jongleur\n7.959 5o\nde Notre-Dame.\nG. Doré. Massenet.\n5 —\nWerther.—- Endymion et Phœbé.\nMassenet.\n9.947 83\n6 — matin.\nPelléas et Mélisande.\nG. Debussy.\n7.363 5o\n16 soirée\nLakmé. — Cavalleria Rusticana.\nL. Delibes. Puccini.\n8.304 5o\n7 ~~\nLe Domino Noir.\nAuber.\n4.531 »\n8 -\nAphrodite.\nG. 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Mais Atys aime en\nsecret la nymphe Sangaride ; Kybèle, pour se venger de son dédain, le métamor-\nphose en pin. Selon 1 usage, cet opéra (cinq actes) commence par un prologue\ndestiné à vanter la gloire, le courage, etc.., de Louis XIV, et se termine par un\nballet. Atys eut d abord beaucoup de succès; les contemporains l'appe-\nlaient « 1 opéra du Roy ». Les danses furent exécutées, le soir de la pre-\nmière, à Paris, parles dames et les seigneurs de la Cour, « mêlés aux acteurs\nde 1 Académie ». Le Dauphin, le prince de La Roche-sur-Yon, le duc de Ver-\nmandois, le comte cle Brionne, le marquis de Mouy ; la princesse de Conti,\nMlles de Lislebonne, de Tonnerre, de Laval, de Loubès, remplissaient des rôles\ndansants d Égyptiens, d Égyptiennes et de divinités des eaux, tandis que les\n«sieurs» Favier, Lestang, du Mirail et Bouteville dansaient à côté d'eux,\ncostumés en dieux des bois. L'ouvrage fut redemandé par Louis XIV le\n15 janvier 1678, puis le 7 janvier 1682 (Histoire manuscrite des Frères Parfaict).\nIl fut repris en 1709? commença à décliner dans l'opinion alors tournée vers\nd auties modèles. Saint-Évremond, dans sa comédie les Opéras, loue beaucoup\n1 œuvre de Lulli, mais lui reproche d engendrer l'ennui par « un chant continué\ntrop longtemps ». La dernière reprise eut lieu en 1738 (un an après Castor et\nPollux de Rameau, 24 octobre 1737).\nNous donnons les deux pièces de 1 œuvre qui nous paraissent les mieux\nconstruites au point cle vue purement musical,"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "2", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.2", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nLes oeuvres récemment exécutées.\n\nBEETHOVEN, SYMPHONIE HÉROIQUE (CONCERTS BERLIOZ).\n\n— Avez-vous remarqué\nque dans cette symphonie Beethoven n'emploie pas les instruments (trompettes\net trombones) dont nous associons volontiers l'emploi à des idées triomphales,\nguerrières, brillantes, en un mot « héroïques » ? Un moderne n'eût pas manqué\nde donner aux cuivres, en pareil sujet, un rôle de premier plan. Beethoven ne le\nfait pas. Ici encore, c'est un compositeur qui s'élève au-dessus des contingences\nde « programme », pour faire de la musique pure. Son œuvre est fondée sur\nl'accord parfait et se ramène, en dernière analyse, à un développement très\ningénieux de cet accord parfait. Il le fait d'abord entendre deux fois de suite\npuis il le décompose :\net. c!e cette donnée, il s'ingénie à tirer tout le parti possible en la tournant et\nretournant de mille façons. Il la renverse en dessin descendant et la complète\npar des notes de passage :\nil la transpose, en retenant seulement une partie (3e mesure du thème initial) :\nou bien encore il l'enrichit et l'amplifie avec un rythme nouveau :\nDans le troisième mouvement, nous la retrouvons, avec un rythme encore\nnouveau, caractérisé par le déplacement des temps forts avec lesquels coïncident\nles notes essentielles :\nElle reparaît dans le trio de cette partie :\nLe génie musical consiste à savoir imiter, transposer, renverser, varier (par le\nrythme), développer; et Beethoven excelle en cela : il est le maître de la con-"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "3", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.3", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXECUTEES\n\nstruction sonore. Ne cherchez pas ailleurs le secret de son art. Ses sentiments à\nl'égard de Napoléon et des héros de Plutarque sont indifférents ou n'intéressent\nque les littérateurs. Nous pouvons les laisser de côté, comme 1 idée du « Destin »,\ndans la Symphonie en ut mineur. Dans le premier mouvement de cette\nSymphonie héroïque se trouve le curieux passage où l'entrée du cor fait disso-\nnance et semble être la maladresse d'un instrumentiste qui, ayant mal compté\nles mesures de silence, commence trop tôt :\nOn a expliqué ces dissonances, au point de vue classique, celui de\nY harmonie, en considérant le mi\\> et le sol comme une double appoggiature\nsupérieure :le mi se substitue à. la note ré g, mais, au lieu d'arriver à cette note,\naboutit àun si ;le sol se substitue (?) àla note fa, émise, une mesure plus loin,\npar le 3e cor, et rachetant cet écart par un f. succédant aux p. p. Pour un contre-\npointiste, qui voit les choses autrement, il n'y a pas à s'embarrasser de ces\ndifficultés : Beethoven ne se préoccupe que de la marche des parties et annonce\nle retour du thème principal, sans s'arrêter aux frottements éventuels, en les\nutilisant même, pour mieux mettre ce motif à découvert et en relief. C'est comme\nun intrus qui, au cours d'un entretien, couperait brusquement la parole aux\ninterlocuteurs, pour aborder un autre sujet ou précipiter une transition. Quoi\nqu'il en soit, ce passage était sans doute de ceux qui, au début du xixe siècle,\nalors que Beethoven faisait peu à peu son entrée en France, effarouchaient\ncertains critiques. Voici ce qu'on lit dans les Tablettes de Polymnie, à l'époque où\nHabeneck « découvrait» le grand symphoniste : « Cet auteur (Beethoven), souvent\nbizarre et baroque, étincelle quelquefois de beautés extraordinaires. Tantôt il\nprend le vol majestueux de l'aigle, tantôt il rampe dans les sentiers rocailleux. »\n\nJ. C.\n\nMUSIQUES DE PLEIN AIR, DE M. FL. SCHMITT (CONCERTS LAMOUREUX). — Le\ncas de M. Schmitt est intéressant, bien qu'il ne soit pas nouveau. Si le Conser-\nvatoire donne du talent, il n'apprend pas à en tirer un bon parti. Prix de Rome\nen 1900, élève de M. G. Fauré, M. Schmitt a évidemment beaucoup de savoir-\nfaire; toutes les cordes et toutes les ficelles de la lyre lui sont familières.\nMais, si j'étais son maître, je me hasarderais à lui donner quelques conseils\npratiques. Je lui dirais : Avant d'écrire, il n'est pas mauvais d'avoir quelque\nchose à dire. Pour avoir quelque chose à dire, réfléchissez, observez, regardez,\nayez des idées à vous, laissez-vous aller à vos impressions sincères, ne vous\noccupez pas des sensations de votre voisin, etc. Vous avez voyagé, me direz-vous,\nen Espagne, en Allemagne, en Turquie : vous auriez peut-être plus profité en res-\ntant chez vous. Au lieu de vous inspirer de la nature ou des chefs-d'œuvre de tous\nles arts, vous vous mettez à la remorque de M. Paul Fargue, dont les poèmes me\nsemblent d'une cocasse insanité, surtout aujourd'hui où la littérature décadente\nn'a plus guère de public. Vous me décrivez par des sons une Procession dans la"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "4", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.4", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nmontagne ; je pense à des gens qui sont tous à l'unisson dans la prière et la piété,\net votre musique se hérisse de dissonances. Vous déchaînez un orchestre formi-\ndable pour faire chanter de braves paysans dans un sentier. Il y a là un manque\nde proportion évident. D'ailleurs tous vos effets d'instrumentation sont\nconnus ; ils ont servi à satiété dans des douzaines de descriptions, de légendes,\nde poèmes symphoniques. Et que signifie cette Danse désuète, où, dit votre\nauteur, un cratère de musique s'ouvre, avant que la croûte d'un masque tombe?\nRentrez en vous-même, comme Octave, oubliez les proses de M. Fargue et\ntâchez d'avoir plus de sens commun que lui.\n\nSÉRÉNADE POUR ORCHESTRE A CORDES, DE M. ED. ELGAR (CONCERTS LAMOU-\nREUX). —M. Elgar est un des compositeurs les plus réputés de l'école anglaise\nmoderne. Ici, nous lui avons consacré antérieurement une étude; nous avons\nloué son Rêve de Gèrontius. D'après cette Sérénade, j'aurais plutôt cru qu'il était\nun élève bien sage et attardé de Mendelssohn. Dès les premières mesures de\nl'Allégro, on se dit : Tiens, c'est un quatuor de Mendelssohn ! et après quelques\nminutes on n'en doute plus. Grâce molle, phrases flasques, mélodies sans force,\nsans vie et sans couleur. Mais non, ce n'est pas du vrai Mendelssohn ! c'en\nest la contrefaçon, ou c'est du posthume de la première jeunesse...\n\nFAUST, DE R. SCIIUMANN (CONCERTS DU CHATELET). Avec un énorme dé-\nploiement de forces instrumentales et vocales, M. Ed. Colonne nous a donné une\nexécution intégrale du Faust de Schumann. L'œuvre est belle, sans doute ; c'est\ncomme un dessin de maître, d'une facture toujours remarquable; mais j'avoue\nqu elle a été pour moi une déception. Déception, si je la compare à la Damnation\nde Berlioz, incohérente, mal équilibrée, mais d'une couleur magnifique et\ninoubliable ; déception si je la compare aux autres œuvres de Schumann. Je\nn'y retrouve pas la poésie pénétrante, qui fait leur originalité. Comparer, c'est\npresque toujours tuer quelque chose. Si, pour échapper à ce reproche, on\nexamine Faust en lui-même, on est obligé de constater que Schumann s'y\nmontre classique avec exagération, trop froid, trop terne, sans coloris instru-\nmental, sans envergure pour l'ensemble Là où le livret 1 invitait à se lancer en\nplein romantisme, il reste correct, timide même, régulier, consciencieux, à la\nfaçon d'un Mendelssohn. Le chant des « lémures », qui, à l'appel de Méphisto-\nphélès, sortent « du fond des froids abîmes », pour creuser la fosse de Faust,\nn'arrive pas à le faire sortir des voies régulières et à débrider son imagination.\nIl note sans enthousiasme, et avec une tenue de style irréprochable les vers\nsuivants sur l'amour :\nL'amour divin anime, éclaire,\nféconde et crée tout en ces lieux.\nLa dernière partie (bien que le chœur ultime soit beau et puissant) est un peu\ntraînante et fait longueur. Ajoutez que l'exécution (vocale) n'a pas été parfaite.\n\nLA MARCHE AUX FLAMBEAUX, DE MEYERBEER (CONCERTS TOUCHE). J'ai pris\nle plus vif plaisir à réentendre ce poème, que tous les jeunes pianistes ont cer-\ntainement joué d'après l'arrangement à quatre mains. Au milieu du déchaîne-\nment assez trouble des œuvres contemporaines, il est infiniment agréable de\nrenouer connaissance avec certaines compositions du passé, non pour rabaisser\nceci au profit de cela, mais pour refaire ou maintenir en soi une appréciation"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "5", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.5", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\néquitable des écoles. Meyerbeer apparaît ici comme un artiste merveilleusement\ndoué. Sa Marche aux flambeaux est vraiment belle. C'est de 1 art noble, oratoire,\naimant le paraphe et la pompe, mais élégant et brillant, riche, divers, très\ndécoratif, supérieur par deux qualités inestimables : l'invention mélodique et\nl'invention rythmique. Il y a là une abondance de thèmes et un éclat tout à fait\nremarquables. A peine relèverai-je un peu de banalité dans le chant de la\nclarinette accompagné par les harpes (suppléées par le piano dans le petit\norchestre) ; l'ensemble est d'un excellent effet.\n\nŒUVRES DE J.-S. BACH ET DE SES FILS (SALLE DES QUATUORS PLEYEL, FONDA-\nTION J.-S. BACH, DE PARIS, DIRIGÉE PAR CHARLES BOUVET). Le nom de Bach\nparaît de plus en plus souvent sur les programmes parisiens. Il y a quelques\nsemaines, M. Bret lui consacrait une séance très remarquable. Le dimanche\n16 décembre, Y Oratorio de la nui t de Noël était exécuté en 1 église de la\nSorbonne ; et le 17 M. Charles Bouvet consacrait une soirée au grand compo-\nsiteur et à ses fils. Les fils de Bach ne sont pas aussi nombreux que les étoiles\ndu ciel et les grains de sable du rivage de la mer, mais peu s'en faut. Les prin-\ncipaux descendants de cette extraordinaire famille d'organistes sont: Wilhelm-\nFriedemann Bach, fils aîné de Jean-Sébastien, musicien de premier ordre, auteur\nde compositions dont une grande partie est à la bibliothèque de Berlin ; Karl-\nPhilipp-Emmanuel, le second fils (né à Weimar en 1714), en qui on voit un des\ncréateurs de la sonate et du morceau musical caractéristique; Johann-Christian,\nle plus jeune (né à Leipzig en 1735). Pour dénombrer et caractériser tous les\nmusiciens qui ont porté ce nom écrasant de Bach, il faut recourir à un diction-\nnaire. M. Bouvet avait entrepris une œuvre délicate. Avant chaque exécution, il\nlisait une brève notice ; et à la façon dont il prononçait certains noms, on voyait\nbien qu'il est peu familier avec la biographie et la bibliographie de son sujet. Mais\npeu importe. Ce que je reprocherai à ses exécutions, c'est d'être un peu froides,\nmolles et grises (je parle du piano autant quedu violon) et sans énergie suffisante.\nIl n'y a pas de musique plus vive et plus allante que celle de Bach. C'est de la\nmusique ailée, toujours improvisée, ou écrite au courant de la plume, comme il\nsied à un compositeur qui est, avant tout, un organiste pratiquant par habitude,\npar goût et par nécessité professionnelle, l'art de l'improvisation. Parmi les\npièces entendues, je signalerai Vendante (édité chez Breitkopf, à Leipzig) et le\nduo pour contralto et soprano, Gia la notte Savicina, de Johann-Christian. C'est\ndu pur Mozart. Ceux qui connaissent les sonates de Mozart pour piano\nauront plaisir à en retrouver les aimables formules dans la première de ces deux\npièces.\n\nLES «HEURES DOLENTES» DE GABRIEL DUPONT, 14 PIÈGES EXÉCUTÉES AU PIANO\nPAR M. MAURICE DUMESNIL (SALLE DE LA RUE D'ATHÈNES)\n\n— Epigraphe, Le Soir\ntombe dans la chambre, L)u Soleil au jardin, Chanson de la pluie, Api es-midi de\ndimanche, Ze Médecin, Amie est venue avec des fleurs, la Chanson du vent,\nAu Coin du feu, Coquetteries, La Mort rôde, Des Enfants jouent dans le jardin,\nA/W/ blanche, Hallucinations, Calme, tels sont les titres des pièces, de valeur\ninégale, qui remplirent le programme de cette soirée. M. Gabriel Dupont,\nl heureux lauréat du concours Sonzogno, a trouvé un excellent interprète en\nM. Dumesnil, né à Caen comme lui, et premier prix de piano du Conservatoire\n(1905, classe de M. Philipp). Il a connu la maladie et, comme tant d autres"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "6", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.6", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nartistes célèbres, il a noté ce qu'il éprouvait dans la langue des sons, aussi claire\npour lui et aussi expressive que la langue des mots l'est pour le littérateur. Si\non rattache une pareille oeuvre à ses origines réelles, on ne peut épiouvei poui\nelle que respect et profonde sympathie. Au point de vue musical pur, elle a une\nsérieuse valeur, à condition qu'on ne la juge pas d'après l'esthétique suivie par\nd'autres musiciens, dans d'autres ouvrages. On a rarement poussé aussi loin la\nliberté de la fantaisie. 11 y a là de très jolies incohérences pittoresques, beaucoup\nde couleur, des débris de rythme, un choix ingénieux de tout ce qui est défendu\ndans l'écriture d'école, un florilège savant des dissonances les plus osées, — des\ntraits de génie, un métier qui sait retrouver l'unité dans le désordre, — des\nminuties un peu puériles, du Moussorgski, du Grieg, du Chabrier, — des\nmélodies fort délicates qui semblent marcher pieds nus sur de la porcelaine\ncassée, des airs populaires qui paraissent un instant et s'en vont aussitôt en\ngrimaçant, des commencements qui n'ont pas de suite, et des suites qui n'ont\nni tête ni fin, en un mot tous les exercices d'assouplissement et de dislocation\nauxquels peut se livrer la pensée musicale. Ce genre de travail est admissible\nquand il est, comme dans le cas présent, très sincère et pratiqué par un maître.\nMais il ne faut pas en abuser. La musique n'est pas faite de cauchemars ; si elle\nintervient au chevet du malade, elle doit conserver le titre que lui donnait\nSchumann : celui de « consolatrice divine ». Il faut que M. Gabriel Dupont\ndonne comme épilogue à ses Heures dolentes un chant d'allégresse.\n\nJ. C.\n\n«KYBÈLE», CHOEURS, SOLO ET ORCHESTRE, PAR TH. DUBOIS (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).\n\n— Kybèle, dont le culte avait pour siège la Phrygie, est un nom\névocateur de brillantes mythologies orientales. Kybèle est la mère des dieux.\nLe long des mers d'azur aux sonores rivages, elle était représentée par les\nanciens sur un char attelé de lions, suivie d'un cortège de Korybantes aux bonds\neffrénés. Vierge majestueuse et éclatante, ouvrière de tous les hymens, elle était\nconsidérée comme le principe de la [vie. Un tel sujet est éminemment favorable\nà la musique, à la haute généralité de son pouvoir expressif, comme aussi à\nl'imagination du compositeur qui, en certains cas, peut et doit être un peintre.\nSur les beaux vers de Leconte de Lisle, M. Th. Dubois a écrit une belle partition,\nforte, brillante, solidement et sobrement construite, où l'idée mélodique a\nparfois une ampleur grandiose ; mais il ne paraît pas avoir voulu se mettre tout\nentier dans son sujet, en lui donnant le maximum de couleur, de diversité, de\ndéploiement dont il est susceptible. Son œuvre est d'une tenue très classique.\nDe l'introduction (dont Berlioz eût bien fait de méditer les basses s'il les avait\nconnues), je citerai cette belle idée mélodique, chantante et large :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "7", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.7", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nreproduite plus loin par le soprano solo. Elle est le centre, le noyau de la\ncomposition. Les chœurs qui l'encadrent sont agréables, mais bien brefs. L'en-\nsemble de l'œuvre est écourté. J'y voudrais aussi des rythmes plus variés ;\nl'invention rythmique me paraît devoir jouer un rôle très important en un sujet\noù il n'y a pas seulement de la force et de l'éclat, mais de la volupté et une\nrichesse rare. Pour la couleur, je m'étonne que l'auteur ne se soit pas permis de\nplus grandes libertés harmoniques et se borne, çà et là, aux classiques altéra-\ntions de la quinte ou de la sixte, en usant assez fréquemment du chromatisme.\nLes modulations, sans être poussées à l'excès, comme dans Y Astartè de Xavier\nLeroux, auraient pu être plus fréquentes. Quelques formules sans grand intérêt,\npar exemple :\nse répètent trop. Dans l'orchestre, il y a un peu d'abus du fortissimo. Telles\nsont les impressions que m'a laissées cette œuvre en somme très distinguée,\nlumineuse et vigoureuse, à qui il ne manque peut-être, pour étonner le snobisme\ndu jour, qu'un peu de dévergondage romantique.\n\nJ. C.\n\n« ROSAMONDE » DE SCHUBERT (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE). —\nL'opéra Rosamonde (cette Rosamonde était la favorite du roi Henri II d'Angle-\nterre) fut joué en 1823. Fut-il jamais repris? — Schubert répète trop souvent\nses motifs ; il étire ses thèmes plus qu'il ne les développe, il ne mûrit pas ses\nidées, et toutes ses œuvres de longue haleine se ressentent singulièrement de\ncette facilité. Il y a pourtant des choses exquises dans ces quelques pages de Rosa-\nmonde que la Société des concerts donnait pour la première fois à ses abonnés.\nA citer une piquante conversation des bois accompagnés par les cordes, et\nune sorte de marche, coupée d'airs de ballet, qui devait faire très bon effet au\nthéâtre, et qui certes nous charma au concert. Mais dans quel théâtre verrons-\nnous jamais jouer en France un opéra de Schubert ?\n\nHENRI BRODY.\n« SUITE EN UT MAJEUR » DE J.-S. BACH (ibid.). A côté de la 4E Symphonie de\nSchumann, de l'ouverture célèbre de la Fiancée vendue et de l'air de Suzanne\ndes Noces de Figaro, que Mlle Demougeot chanta avec un art infini, la Société\ndes concerts nous a gratifiés d'une autre première audition, celle de la Suite en\nut majeur de Bach. Il est extraordinaire que la Société des concerts ait attendu\nquatre-vingts ans pour nous donner cette œuvre... Sans atteindre à la pro-\nfondeur de certaines autres suites plus connues, cette œuvre est d'une grande\nvariété de rythmes et de mélodie. L'orchestration en est fort simple (les cordes\ndeux hautbois et un basson), et pourtant Bach a tiré des effets étonnants de ces\néléments. Malgré la lassitude que peut causer à notre oreille, habituée à d'autres\njeux, l'emploi permanent d'une même tonalité, tous les morceaux de la Suite :\nouverture, courante, gavottes, menuets, bourrées, forlane, passe-pieds, ont\ndélicieusement plu.\n\nMME ROGER-MICLOS. —LE QUATUOR BATTAILLE. Avec le concours de\nM. Johannès Wolf, dont le violon a une qualité et une ampleur de son très\nlouables, Mmeßoger-Miclos nous a fait entendre (salle Pleyel) trois chefs-d'œuvre\nqu'elle excelle à interpréter : la Sonate de R. Strauss (digne des plus grands"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "8", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.8", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nmaîtres, bien que, au cours de l'œuvre, la netteté de dessin laisse parfois à\ndésirer), la Sonate de C. Franck, que tous les musiciens placent (aujourd'hui !)\nau même rang que celles de Beethoven, et la Sonate en si b de Mozart, charmant\nbadinage dont la seule difficulté réside dans l'exécution des petites notes d'a-\ngrément. Je n'attache pas beaucoup d'importance à telle ou telle façon de les\ncomprendre ; mais il faut que le piano et le violon se mettent d'accord sur ce\npoint délicat et que l'un ne fasse pas un coulé là où 1 autre fait un brisé. Le\nquatuor Battaille nous a donné des pièces de C. Cui, un Madrigal de Fauré (le\nmot madrigal est pris ici dans le sens littéraire, et non musical) et quelques\ncompositions anciennes. Bien qu'inégales pour le volume, les voix du quatuor\nBattaille sont brillantes, bien d'accord, appliquées à de justes nuances, et le\npublic leur a fait un succès mérité. Dans les exécutions a capella, l'accord initial\net final du piano est à supprimer.\n\nCONCERT RAYMOND MARTHE (SALLE PLEYEL). M. Raymond Marthe a donné\nson concert annuel, à la salle Pleyel, le 20 décembre, et y a retrouvé son succès\nhabituel.— L'éminent professeur a exécuté avec une sûreté de goût parfaite et\nune probité musicale devenue rare aujourd'hui, la Suite en ré majeur pour violon-\ncelle seul de J.-S. Bach, et le Concerto en si mineur de Dvorak. Ce que nous\naimons à louer chez ce virtuose, c'est la souplesse et la parfaite tenue de son\narchet. C'est par la main droite que se distinguent ou pèchent nos violoncellistes\net violonistes ; l'habileté de la main gauche est une qualité banale et commune\naujourd'hui/Mais l'archet ! Combien en compte-t-on dans Paris qui soient sans\ndéfaut ? Une dizaine peut-être ! M. Marthe est de ceux-là. Le concert a débuté\npar un trio de M. Tournemire (M. Marthe, M. Rieu et l'auteur au piano), qui est\nune œuvre d'imagination plus que de sentiment, plus compliquée que sincère,\nd'un « avancé » un peu excessif, mais qui n'a pas laissé de plaire au public.\nDans l'intervalle, des mélodies de A. Bruneau et de Schubert furent chantées\navec goût par Mlle Jane Bernardeh\n\n« MADAME BUTTERFLY», 3 ACTES, DE PUCCINI (OPÉRA-COMIQUE).— Ah! comme\ncet opéra commençait bien !... Une ouverture en style fugué, avec exposition du\nthème par quatre parties successives, ce qui donne tout de suite une impression\nde mouvement et de verve très favorable à la comédie lyrique ; une première\nscène très plaisante, dans un décor charmant, comme en imagine seul M. Albert\nCarré, qui s'est encore surpassé (et qui est allé, pour la circonstance, jusqu'à\nfaire faire un second grand rideau, tout neuf) : tout annonçait une œuvre ori-\nginale, vive, pimpante, rare Après ce gracieux début, nous n'avons eu, hélas 1\nqu'un mélodrame équivoque, sans poésie, de musique bariolée et brutalement\nexpressive. Mme Butterfly est une Japonaise qui épouse —à la manière des\nmariages Extrême-Orient de Loti un jeune officier américain, en service provi-\nsoire dans les eaux du Japon. L'officier revient bientôt aux Etats-Unis, où il se\nmarie pour de bon cette fois ; mais sa première femme reste inconsolable et\nattend avec foi son retour. Il fait un second voyage auprès d'elle, en se faisant\naccompagner de sa femme américaine, et vient réclamer... le petit Japonais né de\nses amours. Livret dépourvu de sens commun ! La musique est d'un réalisme\nviolent. Pas de construction. En revanche, des taches de couleur, du fracas,\nde l'étrangeté, et tous les styles ; tour à tour on pense à Debussy, à Gounod, à\nMassenet, à Meyerbeer, à Verdi, aux Italiens barbouillés d'instrumentation"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "9", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.9", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ncosmopolite. Il y a des scènes, comme clans la Tosca, où on ne chante plus ; on\ncrie, on sanglote : on se demande si on est à l'Ambigu ou à l'Opéra-Comique...\nUne fantaisie légère et souriante, avec des touches moins appuyées, eût beaucoup\nmieux convenu à ces ravissants décors.\n\n« ANTAR », DE RIMSKY-KORSAKOW (CONCERTS LAMOUREUX). Cette symphonie\nest très vantée par des juges sérieux, trop vantée à mon sens. Je note les applau-\ndissements chaleureux qui l'accueillent ; je suis sensible à cette débauche de cou-\nleurs, à ce feu d'artifice, si j 'ose m'exprimer ainsi ; je loue la p partie, non moins\néblouissante que ies autres, mais d'un accent plus pénétrant. Cependant, si\nmon oreille est satisfaite, je reste froid. Cette musique n'éveille en moi presque\naucune émotion. Elle n'est pas vraie ; elle est tout extérieure ; elle est en outre\nmonotone et fragmentaire. Les motifs de cette rhapsodie manquent un peu de\ncaractère ; les rythmes ne sont pas toujours exempts de vulgarité ; on voudrait\nplus d'étoffe et moins de broderies ; l'auteur abuse presque constamment de la\nharpe et parfois des instruments à percussion. Enfin je reprocherais au créateur\nde la symphonie russe de trop subir l'influence de Berlioz et surtout de Liszt,\nc'est-à-dire de l'art romantique français et de l'art romantique allemand. C'est\nl'œuvre d'un homme admirablement doué pour la musique, mais non pas d'un\ntrès grand artiste.\n\nENVOIS DE ROME (OEUVRES DE M. SCHMITT). —Je sors du Conservatoire, et suis\nabsolument, sur M. Schmitt, de lavis exprimé plus haut par notre éminent colla-\nborateur. Le Palais hanté est une musique franchement laide, à force d'incohé-\nrences, de dissonances et de contorsions. Le Psaume XLVI, pour chœurs et\norchestre, n'est pas sans puissance, mais très lourd et déplaisant. Il y a là un\nchoquant abus des cymbales et de la trompette: en somme, c'est une caricature\nde la vraie musique, par un homme qui pourrait mieux faire.\n\nCOURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nL'ORGANISATION DES ÉTUDES D'HISTOIRE MUSICALE AU XIXe SIÈCLE\n\n[Suite)\n(Résumé par M. Emile Dusselier).\nJ'ai parlé, dans ma dernière leçon, de l'introduction de la musique dans\nl'enseignement supérieur. Avant de passer à un autre ordre de faits, je voudrais\ndire un mot de l'introduction de la musique dans l'enseignement secondaire et\ndans l'enseignement primaire. Le lien de ce sujet avec 1 organisation de nos\nétudes n'a pas besoin d'être démontré. Pour faire de 1 histoire musicale à\nmoins qu'on ne veuille se borner àde la littérature d'amateur il faut pos-\nséder la grammaire de l'art ; et, pour cela, il est indispensable d avoir été fami-\nliarisé de très bonne heure avec les éléments de la musique. La rédaction des\nprogrammes de l'instruction publique est par conséquent la base de toutes les"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "10", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.10", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ngrandes études ultérieures ayant la musique pour objet. De l'enseignement\nsecondaire, j'ai peu de chose à dire. Chez nous, il a toujours été fondé sur la\ntradition gréco-latine, sauf sur un point essentiel, qui est précisément la\nmusique. Chez les Grecs, Aristophane (comédie des Nuées) caractérisait et distin-\nguait les enfants de deux générations par les chants qu'on leur faisait appren-\ndre à l'école. Cela ne serait guère possible dans notre système d'éducation,\nfondé cependant sur le culte superstitieux de la Grèce ! Il s'est trouvé un\nministre desprit démocratique qui a compris 1 importance du chant choral:\nc'est Victor Duruy. Mais l'arrêté (30 janvier 186$) par lequel il organisa l'étude\ndu chant rendue obligatoire jusqu'à la classe de troisième - tomba bientôt en\ndésuétude. Une tentative est faite en ce moment pour la remettre en vigueur ;\nje n'y insisterai pas, me bornant à souhaiter que les pouvoirs publics comprennent\nl'importance de cette partie des programmes et prennent les moyens nécessaires\npour remettre en vigueur une idée juste.\nEn ce qui concerne l'enseignement primaire, j'ai sous les yeux la série\ncomplète des documents législatifs, pris à la Bibliothèque de la Chambre des\ndéputés (Projets de lois sous la Révolution), aux Recueils des lois et règlements\nconcernant VUniversité (Brunot-Labbé et Delalain, éditeurs), au Moniteur, dont\nla collection sans lacunes est à la Bibliothèque de l'Ecole de Droit, au Journal\nofficiel et au Bulletin du Ministère de /'lnstruction publique. Je me bornerai à\nquelques indications caractéristiques.\nL'enseignement primaire enveloppe toute la nation française : par lui, on\npeut donc agir directement sur l'esprit public et sur le sentiment national. Si\nnous remontons àla fin du xvme siècle, nous trouvons des idées grandioses et\nadmirables qui, aujourd'hui encore, peuvent être prises comme idées direc-\ntrices. Différents projets relatifs à l'enseignement primaire furent présentés à\nl'Assemblée législative et à la Convention, par Mirabeau (1791), de Talleyrand-\nPérigord (10-19 septembre 1791), Condorcet (20-21 avril 1792), Chénier (12 dé-\ncembre 1792), d'autres encore. Le premier où il soit fait mention du chant est\ncelui de Rabaud Saint-Étienne (21 décembre 1792). Il y est dit : « En chaque\nexercice fl sera chanté des hymnes à Vhonneur de la Patrie, à la liberté, à Végalité,\nàla fraternité de tous les hommes, propres enfin à former les citoyens à toutes les\nvertus. Ces hymnes devront être approuvés par le Corps législatif. » Dans le projet\nprésenté à la Convention par Siéyès, Daunou et Lakanal, le 26 juin 1793, on lit,\narticle 25 : a Ils [les élèves des écoles nationales) seront particulièrement exercés\nau chant et à la danse de manière à pouvoir figurer dans les fêtes nationales ». Le\nplan d'éducation nationale de Michel Lepeletier, présenté à la Convention par\nMax, Robespierre (13 juillet 1793), prévoit également, aux articles net 12,\n« l'étude des chants CIVIQUES ». Le décret relatif à la constitution des écoles\nprimaires, 17 novembre 1794 (27 brumaire an III), va encore plus loin. A l'ar-\nticle 2 deson chapitre iv, il dit : « On fera apprendre... des chants de triomphe ».\nNe sourions pas de tout cela ! Ayons plutôt honte de ne plus nous sentir assez\nénergiques et enthousiastes pour nous replacer dans un tel état d'esprit ! Faire\napprendre des chants « civiques » aux enfants, c'est être dans la ligne de la plus\npure tradition grecque.\nAprès le xvme siècle, cette magnifique idée de l'unité française, fortifiée et\nembellie par le chant choral, se rétrécit, se dessèche, se glace. Il faut se con-\ntenter de glaner, çà et là, quelques indications laconiques. L'ordonnance royale"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "11", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.11", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ndu 29 février 1816 crée trois degrés dans les brevets de capacité : et l'instruction\naux recteurs (14 juin) pour la délivrance des diplômes mentionne le plain-chant,\nparmi les connaissances... « non exigées ». Dans un règlement du 13 mai 1831\nconcernant l'Ecole normale primaire de l'Académie de Paris, on lit (art. 18,\n§2) : « Les jours de congé, le plain-chant est enseigné à ceux qui désirent recevoir\nce genre de leçons. » La loi du 28 juin 1833 (titre I, art. 1, § 2) décide que l'ins-\ntruction primaire SUPÉRIEURE « comprendra nécessairement... le chant ». Dans\nles écoles normales, on réduisait le chant au rôle subalterne d'auxiliaire mnémo-\ntechnique ; on faisait chanter la table de Pythagore et le Décalogue. De telles\ncaricatures de la musique sont indignes d'un peuple artiste. En 1848, Barthélémy\nSaint-Hilaire voulut réparer l'étrange mutilation faite par la loi de 1833 en\nrestituant la musique aux écoles élémentaires; on fît à cette loi une correction\nqui nous conduit à celle du 15 mars 1850 et à cette phrase tristement célèbre\n(art. 23) : « l'enseignement primaire peut comprendre en outre... le chant. »\nNous sommes dans la période où la conception juste du chant choral est perdue,\net où la musique est placée, par une grave erreur, au même rang que le dessin,\nexercice individuel et non collectif. Nous voyons aussi dévier vers des préoccu-\npations confessionnelles les principes du xvme siècle. Nous entrons (à partir\nde mars 1864) dans la période des « Commissions », d'où on voit sortir habi-\ntuellement de sages idées moyennes, rarement un principe directeur nettement\nformulé. Voici un texte qui montre combien nous sommes loin de 1793, bien\nqu'y reparaisse un trait de rhétorique surannée. On lit dans la circulaire\nministérielle du 2 juillet 1866 : « la musique instrumentale et le chant touchent\nà cette double hygiène (du corps et de l'esprit) : ils ajoutent à la pompe des\ncérémonies religieuses ; mais ils habituent aussi à des mœurs plus douces.\nAu lieu de se chercher et de se réunir pour des plaisirs grossiers et violents,\non s'assemblera pour un plaisir délicat et relevé. La fable antique d'Orphée,\ncalmant par les sons de sa lyre les monstres des bois, est toujours une\nvérité. Les écoles normales peuvent beaucoup pour répandre le goût de la\nmusique. » A la même époque était organisée une inspection spéciale de ce\nservice, et Duruy innovation excellente créait les orphéons (dirigés d'abord\npar les instituteurs). Je n'irai pas plus loin, dans cette revue rapide, que l'arrêté\ndu 27 juillet 1882, réglant l'organisation pédagogique et le plan d'études des\nécoles primaires publiques. On lit à l'art. 16 : « Les leçons de chant occuperont\nde une à deux heures par semaine, indépendamment des exercices de chant\nqui auront lieu tous les jours, soit dans les intervalles qui séparentdes autres\nexercices scolaires, soit à la rentrée et à la sortie des classes. » L'année\nsuivante, une circulaire était relative àla concession de pianos et d'harmo-\nniums.\nEn somme, l'idée très juste et très belle du rôle social de la musique, nettement\nformulée à la fin du xvme siècle, a été, dans la suite, amoindrie, déviée du but,\nsoumise à plusieurs éclipses. Aujourd'hui, bien que la surcharge des programmes\nd'éducation et l'utilitarisme excusable des études lui fassent obstacle, elle semble\nappelée àun retour de faveur. Il faut souhaiter vivement qu'en pareille matière\nles principes de la Révolution soient repris et compris. Un peuple qui chante est\nbien près d'être un peuple uni. Le chant collectif est pour lui une excellente\nhygiène : il a le travail gai et les loisirs honnêtes. A un point de vue plus spécial,\non peut dire que si la musique n'est pas étudiée de bonne heure dans les écoles,"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "12", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.12", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nil n'y aura ni des maîtres compétents pour en retracer 1 histoire ni un public\npour les écouter.\nL'enseignement élémentaire, indispensable à l'organisation des études d'his-\ntoire musicale, a pour complément un autre moyen d'éducation dont j'ai à par-\nler : c'est le concert. Un concert est une leçon de choses ; grâce à lui, les historiens\nde la musique peuvent donner à leurs travaux une base expérimentale, apprécier\nexactement les œuvres, les comparer et reconstituer leur enchaînement; pour\nle public, le chef d'orchestre est le plus puissant auxiliaire du maître donnant\nses leçons dans une classe : sans lui, la musique serait une chose morte, et toute\nvoix qui parlerait d'elle serait sans écho. Il y a donc intérêt à indiquer le rôle\ndes concerts au xixe siècle, à rappeler les services qu'ils ont rendus à la forma-\ntion de l'esprit musical, les notions qu'ils ont vulgarisées, et aussi l'évolution\nun peu lente par laquelle ils sont arrivés peu à peu à faire pénétrer l'esprit histo -\nrique dans leurs programmes. La première société dont je parlerai est celle des\nConcerts du Conservatoire, la plus ancienne et la plus brillante de celles que\npossède la France. Elle s'est développée suivant un progrès dont nous avons\ndéjà constaté ailleurs les différentes phases, et que nous retrouverons encore\nplusieurs fois.\nElle a été créée le 15 février 1828 par un arrêté du vicomte de La Rochefou-\ncauld, aide de camp du Roi, sur la demande de Cherubini et sur 1 initiative\nd'Habeneck, alors directeur (depuis 1821) de l'Académie de musique, à un\nmoment où le Conservatoire restait supprimé par la Restauration, comme un\ndangereux foyer de propagande républicaine. Avant elle, il y avait eu quelques\ninstitutions analogues, mais éphémères, auxquelles je ne m'arrêterai pas, me\nbornant à renvoyer sur ce point à l'excellente étude que Michel Brenet leur a\nconsacrée (1). Je rappellerai seulement : i° en 1725, les Concerts spirituels, fon-\ndés (en pleine Régence !) en 1725, cinq ans après la création des bals masqués\nde l'Opéra, pour dédommager le public, privé de spectacle pendant lecarême et les\nfêtes de Pâques (ils avaient lieu aux Tuileries, de 6 à 8 heures du soir, dans la\nsalle des Maréchaux ; la Symphonie en mi b de Mozart y a été exécutée pour la\npremière fois ; ils ne furent interrompus qu'en 1791 );20 le Concert des amateurs,\nfondé en 1775, dirigé par le compositeur Gossec et le fameux chevalier de Saint-\nGeorges, violoniste mulâtre ; 30 la Loge olympique, fondée en 1779, aux Tuileries,\nsous le patronage de Marie-Antoinette (c'est là que brilla Viotti ;la Loge, pour\nlaquelle Haydn écrivit six symphonies, fut dissoute en iqSg] ;40 les Concerts de\nla rue de Cléry, créés l'an VII de la République avec 80 exécutants, sous la con-\nduite de Grasset, qui fut plus tard chef d'orchestre du théâtre Louvois ; les chœurs\nétaient dirigés par Plantade père, le dernier maître de chapelle de la monarchie.\nC'est là que fut exécutée la première symphonie de Reicha, en 1801 ; parmi les\nexécutants se trouvait Garat, «le dieu du chant » ; 50 en 1825, le nouveau con-\ncert d'amateurs organisé au Tivoli de la rue de Grenelle-Saint-Honoré, puis au\nVauxhall, près du château d'eau (dissous en 1832).\nLa Société des Concerts est sortie, après d'assez nombreux tâtonnements, de\n\n(i) Michel Brenet, les Concerts en France sous l'ancien régime, i vol. (chez Fischbacher), 1900."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "13", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.13", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nl'organisation même du Conservatoire, et sa genèse est assez longue. En 1792, le\nRèglement de l'Ecole de musique de la garde nationale avait prévu « un exercice\nannuel des élèves, en présence du corps municipal ». La loi du 3 juillet 1796\ninstitua des « exercices » le 20 de chaque mois. C'était une sorte de concert inté-\nrieur un embryon de concert public dont les circonstances devaient provoquer\nle développement. Ainsi, en 1797, les élèves donnent un concert pour la distri-\nbution des prix (qui eut lieu à l'Odéon, le 24 octobre). Bientôt ils se constituent\nen société et donnent des auditions, sur abonnements, dans le foyer de la salle du\nThéâtre olympique, rue de la Victoire, sous le titre de concerts français (21 no-\nvembre 1801). Un programme annonce la 80e symphonie d'Haydn, des « mor-\nceaux italiens », l'air de Stratonice de Méhul, et l'ouverture de Y Hôtellerie portu-\ngaise de Cherubini. En 1802, ces concerts furent transportés dans la salle du\nConservatoire ;en 1807, 1808, 1811, 1813 et ißrq, ils firent entendre quelques\nœuvres de Beethoven. Nous arrivons ainsi à l œuvre de Habeneck, musicien des\nplus estimables (1781-1849), qui un jour réunit chez lui quelques amis, leur fait\noublier l'heure du déjeuner en leur faisant déchiffrer quelques pages de l'auteur\nde Fidelio, les enflamme d'enthousiasme, et prépare par là le triomphal avène-\nment, en France, de Beethoven.\nIl est curieux de voir cequ'onpensaitded'auteur des Symphonies, enFrance, au\ncommencement du xixe siècle. Voici un texte tiré des Tablettes de Polymnie : « Cet\nauteur (Beethoven), souvent bizarre et baroque, étincelle quelquefois de beautés\nextraordinaires. Tantôt il prend le vol majestueux de l'aigle, tantôt il rampe dans\ndes sentiers rocailleux. Après avoir pénétré l'âme d'une douce mélancolie, il la\ndéchire aussitôt par un amas d'accords barbares. Il me semble voir renfermer\nensemble des colombes et des crocodiles. » Jugement curieux, qui doit nous\ninspirer cle salutaires réflexions sur ceux que nous portons aujourd'hui sur cer-\ntains compositeurs !En somme et c'était inévitable nous n'avons pas con-\nquis Beethoven du premier coup, en lançant brusquement nos virtuoses en\ncolonne d'assaut sur ses symphonies (en particulier la IXe;, mais après une suite\nde reconnaissances, de travaux d'approche et d'engagements partiels, non\nexempts de quelques ruses de bonne— ou de mauvaise guerre. C'est ce qui\ns'est passé pour Shakespeare ; avec cette différence pourtant que l'acclimatation\ndu musicien a été plus rapide que celle du poète. Ces maladresses, ces compromis\nnaïfs et ces tâtonnements de la première heure ne laissent pas d'être un hom-\nmage rendu àun génie dont la supériorité, brusquement révélée, avait quelque\nchose de déconcertant. Dans la célèbre journée où, ante pocula, Habeneck met\nquelques amis aux prises avec le « monstre », on devine l étonnement, 1 allégresse\nilluminée et l'embarras de gens qui, ayant pris un« aigle», comme dit Polymnie,\nont à l'enfermer dans une cage d'appartement.\nCette révolution du goût, opérée par la découverte du monde beethovénien,\nc'est Habeneck et la Société des Concerts du Conservatoire qui en eurent le mérite.\nLa Société a fait connaître au public les ouvertures de Fidelio, de Léonore, de\nProméthée, de Coriolan, des Ruines F Athènes, AEgmont ; des fragments des\nquatuors, trios et septuors (qu'on jouait alors avec tous les instruments à\ncordes de l'orchestre); les deux messes en ut et en ré (on sait que Beethoven\nconsidérait sa messe en ré comme son meilleur ouvrage) ; l'oratorio le Christ au\nmont des Oliviers, enfin les symphonies. Dans la période qui va du 9 mars\n1828 au 21 avril 1859 inclus, et qui comprend 305 concerts (en comptant ceux"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "14", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.14", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ndes 5 avril 1845 et 14 juin 1855 qui furent donnés au palais des Tuileries, et celui\ndu 18 mai 1856 qui fut donné au palais de Saint-Cloud j, elle a donné 330 exécu-\ntions des symphonies (ou de fragments) et en tout 429 exécutions de Beethoven.\nElle eut aussi le mérite, en continuant le culte, déjà inauguré antérieurement, de\nMozart et de Haydn, de faire connaître des compositions de Bach, de Haendel, de\nWeber, de Rameau.\nIci, je dois examiner son œuvre à un point de vue spécial. J'ai à constater, à\nl'origine, de profondes lacunes ; puis des progrès successifs qui ont un aboutis-\nsement très brillant.\nEn dehors de la vulgarisation (trop souvent partielle et arrangée) de chefs-\nd'œuvre jusqu'alors insoupçonnés, l'œuvre de la Société des Concerts fut d'abord\nentièrement dépourvue de sens historique. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à lire\nla collection de ses programmes. Aimant beaucoup la virtuosité, elle n'avait pas\nplus souci de la précision que delà chronologie. Elle annonçait parfois : « Solo\nde clarinette par M. Butteux », ou « Solo de violon par M. Cuvillon », ou « Solo\nde cor par M. Ronsselot », ou encore—ce qui était déjà un progrès pour la netteté\ndes programmes « Solo de piano composé et exécuté par M. Thalberg »\n(concert du 14 janvier 1846). Même négligence dans le domaine du chant. Le\nprogramme du 10 février 1839 annonce, après «un air de clarinette ?\nexécuté par M. Blaes », (( un air italien (sic) exécuté par Mlle Guelton ». Onze ans\nplus tard, au programme du 6 avril 1851, on trouve un « air de Lulli lequel ?\navec chœurs, chanté par Mme Viardot », et « Air —? chanté par Mme Viardot ».\nLe 9 avril 1852 (vendredi saint), on exécute un « Inflammatus »... ? Pour la\nmusique ancienne, qui paraît bien ignorée, même laconisme, même ignorance\ndes sources, ou même insouciance de l'histoire, même absence de précision ; on\nannonce un « chœur sans accompagnement du XVIe siècle » (24 mars 1839,18 avril\n1847), sans dire lequel ; un « chœur du XVe siècle » (10 mars 1844) et même un\n« chœur du XVIe siècle » (29 mars 1850), sans se préoccuper ni de dire si le nom\nde l'auteur est connu ou inconnu, ni d'indiquer le titre, la date et l'édition\nemployée (1). A cette époque, on n'était vraiment pas curieux. J'ajouterai\nqu'on voit figurer 15 fois, sur les programmes de cette période dont j'ai parlé, le\nnom d'un compositeur qui n'a jamais existé : Lesring (2). A partir de 1859, les\nindications vagues et incomplètes deviennent rares, bien qu'on en trouve encore\ncomme celles-ci : « Andante d'une symphonie de Haydn » (programme du 15 avril\n1860) ou « fragment d'un concerto pour cor, de Weber » (22 avril 1860). Depuis\n1859, la Société ne s'est pas bornée, en maintenant sa juste renommée de\nperfection technique, à enrichir un répertoire qui sembla trop longtemps frappé\nd'une sorte d'immobilité hiératique. 11 suffît de comparer aux anciens pro-\ngrammes ceux d'aujourd'hui, si soignés au point de vue des indications de tout\ngenre qui éclairent la vie et les œuvres des maîtres (3), pour voir que la Société\ndes Concerts s'est fait peu à peu un certain sens historique. Elle se rend compte\nque quand on rattache une symphonie à ses origines précises et aux circonstances\n\n(î) Des dates sont cependant inscrites à côté de quelques œuvres de Rameau, de Lulli, de\nStradella, de Festa, mais exceptionnellement, et sans méthode visible.\n(2) Confondu avec Leisring, qu'Elwart fait vivre « au milieu du xvic siècle » et qui, né en\n1590, mourut en 1637.\n(3) Elles sont données aujourd'hui, pour chaque œuvre du programme, par M. J. Tiersot."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "15", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.15", "texte": "LA MUSIQUE ET LA MAGIE\n\noù elle fut écrite, on complète l'hommage rendu à un compositeur, et on double\nle plaisir du public.\nAujourd'hui, nous sommes habitués à entendre les symphonies de Beethoven\nexécutées intégralement d'abord, par ordre chronologique, et à trouver dans les\nprogrammes des notices souvent érudites qui sont de substantielles mono-\ngraphies. Cet usage s'est étendu à tous les genres de la musique. La plupart de\nnos concerts ont un caractère historique, voire archéologique. Nous avons,\npresque chaque jour, des « récitals » où on nous retrace 1' « histoire du Lied »,\n1' « histoire de l'Ouverture »,1' (( histoire de la composition pour piano», etc... Je\nvois là un fait d'évolution très remarquable et un lien qui me permet de rat-\ntacher cette seconde partie de ma leçon à son début.\nDu concert avec programme historique très précis au concert-conférence, il\nn'y avait qu'un pas. Il a été franchi par beaucoup de musiciens-littérateurs ou\ncompositeurs professionnels. Pour ne pas sortir du Conservatoire, je citerai\nseulement M. Alex. Guilmant, notre grand organiste compositeur et virtuose,\nqui, dans des concerts commencés au Trocadéro en 1902, a passé en revue toutes\nles écoles de l'orgue, et qui, avant chaque exécution, a toujours donné de vive\nvoix, à ses auditeurs, des renseignements précis sur l'œuvre et sur l'auteur\nexécuté.\nSupposez maintenant que, dans des séances de ce genre, la partie d'exécution\nsoit diminuée, se réduise à un simple exemple destiné à illustrer une conférence\net que la partie orale occupe la première place, nous arrivons, comme dernier\nterme de ce processus, à la leçon d'enseignement supérieur, au cours d'histoire\nde la musique tel que nous le comprenons aujourd'hui.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU.\n\nLa musique et la magie\n{suite).\nDe tout temps, la croyance populaire a attribué au chant et à la musique ins-\ntrumentale un pouvoir merveilleux. Hérodote, historien du ve siècle avant l'ère\nchrétienne, cite, en forme d'apologue (I, 141), la légende d'un pêcheur essayant\nd'attirer à lui les poissons en jouant de la flûte. Le Père Mersenne, dans son\nHarmonie universelle (Paris, 1636), déclare avoir été témoin de faits analogues\nen Italie. Plutarque parle de l'effet de la musique sur les tigres [De la Superstition,\nv), sur les cerfs (Symposiaques, ou Questions de table, VII, 5, 2). Toutes ces\nlégendes font cortège à celles d'Orphée, d'Arion, etc... Elles sont une forme naïve\ndonnée par l'imagination à la puissance expressive du langage des sons. On\nconnaît les fables relatives à la descente aux Enfers par un mortel privilégié\n(Orphée, Hercule, Thésée, Énée, etc...), fable reproduite dans le dernier grand\nopéra joué à Paris, Ariane. Ce pouvoir attribué à un mortel de pénétrer dans le\ndomaine de l'lnvisible et du Mystère est encore un des effets merveilleux attribués\nà la musique. Lucien, écrivain grec du 11e siècle de lere chrétienne, constate\n(.Ménippe, 6) qu'on attribuait aux mages chaldéens de Babylone le privilège de\nforcer, à 1 aide de certains chants, les portes d'Hadès. Ménippe raconte comment\nprocède le mage Mithrobarzane pour le conduire chez les Ombres: purifications,"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "16", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.16", "texte": "LA MUSIQUE ET LA MAGIË\n\nfumigations, accompagnées de mélodies. Or nous considérons la mélodie comme\nantérieure à tous les autres rites de la magie. Platon dit expressément que, sans\nles formules orales, les actes magiques ne servent à rien ; et la formule orale fut\nd abord une formule chantée. Ces tables relatives aux descentes dans l'Enfer\nsont une extension de la croyance que la musique est tellement expressive et\npuissante qu elle peut même animer un mort. Héliodore (Œthiopica, VI, 14)\ndécrit le sacrifice magique d'une vieille Égyptienne animant un cadavre pour\nl'interroger sur l'avenir; les rites sont imités de la Nèkuia de l'Odyssée, et accom-\npagnés de chants. Chez les poètes latins, ces superstitions sont très souvent\nmentionnées ; elles sont peut-être un effet de l'esprit local ancien en même temps\nqu'un apport delà civilisation orientale. « Par mes chants, dit une magicienne\n(Horace, Epodes, xvn), je peux ranimer celui que le bûcher vient de réduire en\ncendres ». Ces évocations avaient ordinairement lieu pendantla nuit (Virgile, En.,\nIV, 491). Tibulle (I, Eleg. 2) parle d'une sorcière qui, en chantant, oblige la\nterre à s entr ouvrir et fait sortir les morts de leur tombeau (cf. Ovide,\nAmours, I, Eleg. VIII, et Manilius, Astronomiques, I, 334 V Dans la Pharsale (VI,\nv. 527 et suiv., et 568), Lucain montre les sorcières thessaliennes conversant\navec les Enfers, à l'aide des chants magiques partis de leurs lèvres glacées:\n...gelidis infudit murmura labris\nArcanumque nefas ! Stygias mandavit ad umbras.\nUne magicienne ressuscite un cadavre qui doit dévoiler l'avenir en injectant\ndans ses veines un philtre qui a été doué de vertus extraordinaires à l aide de la\nmélodie chantée au moment où on le préparait, mélodie constituant « un lan-\ngage très différent de celui des hommes ». (Ibid., v. 686.) Le cadavre ainsi\nranimé ne pourra pas l'être une seconde fois. Valerius Fdaccus [Argonautiques\nI, 732 représente Alcimède et OEson évoquant les mânes de leurs aïeux, par un\nprocédé analogue, l'usage d'un carmen.\nCes croyances se sont maintenues longtemps. Du Cange, dans son Diction-\nnaire latin, cite une lettre de Rather, évêque de Vérone? interdisant « ces chants\ndiaooliques que 1 on chante parfois, la nuit, sur les morts ». Serait-il possible\nde reconnaître, dans nos mœurs actuelles, une survivance de ces très antiques\nsuperstitions? C est ce que je n'oserais affirmer. Quand nous faisons de la mu-\nsique, dans les cérémonies funèbres, pour qui est cette musique ? à qui s'adresse-\nt-elle ? à Dieu? à ceux qui pleurent le défunt et ont besoin d etre consolés ? ou\nbien pensons-nous vaguement que le mort lui-même ne sera pas insensible à la\nbeauté des chants ? Bossuet, dans une de ses plus admirables oraisons funèbres,\ndisait qu'Henriette devenait sensible, (( même sous le drap mortuaire »? à l'éloge\nde Charles ler;Ier; si une telle idée a été exprimée au sujet de l'éloquence ou de la\nparole, ne se peut-il pas que la musique soit employée avec ce sentiment vague\net inconscient, venu des origines lointaines de la civilisation, qu'elle n'agit\npas seulement sur les vivants ?\n(A suivre.)"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "17", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.17", "texte": "LA MUSIQUE D'APRÈS LES ALLEMANDS\nK. M.\n2\n\nLa musique d'après les Allemands\nSchopenhauer.\n(suite).\nSchopenhauer a traité la doctrine hégélienne de « misérable charlatanisme».\n11 est cependant hégélien sur plusieurs points, en ce qui concerne la musique,\net disciple de Schelling, confirmant ainsi la loi d'après laquelle deux philosophes\nn'appartenant pas à la même école, mais du même pays et de la même époque,\ns'accordent beaucoup plus, dans leurs jugements, que deux philosophes de\nmême école mais d'époques et de pays différents. Le ier volume du grand\nouvrage de Schopenhauer, le Monde comme volonté et représentation, a paru en\n1818, un peu avant les Vorlesungen de Hegel ;le second est de 1844, et les\nParerga sont de 1851 ; c'est dans le premier de ces trois livres que se\ntrouve, avec ses traits essentiels, la métaphysique musicale de Schopenhauer.\nElle peut être considérée, dans son ensemble, comme un développement hardi\nde celle de Hegel.\nPour Schopenhauer, la musique « raconte l'histoire le plus intime delà vo-\nlonté » ; elle est « le langage du sentiment et de la passion, comme les mots sont\nle langage de la raison » (1), mais son objet n'est pas de traduire tel ou tel\nsentiment concret, individuel, précis ; c'est d'exprimer « le sentiment en soi, en\ndégageant son essence, affranchie de tout élément étranger et même de ce qui\nla motive (2) ». Elle s'oppose aux concepts (matière de la pensée commune) qui\nne sont que l'enveloppe extérieure des choses, de purs abtraits sans substance\net sans vie : ce qu'elle nous révèle, c'est le coeur, l'âme intérieure des choses. On\na dit qu'elle était un exercice d'arithmétique; mais alors elle ne nous touche-\nrait pas plus qu'une addition bien faite ! Les rapports mathématiques par les-\nquels elle se réalise ne représentent que sa forme; ils sont le dessin, non la\nchose dessinée. On pourrait dire, quand elle est convenablement associée à une\naction, que la musique nous en révèle le sens le plus caché, le principe profond et\noriginel, au lieu d'en reproduire la forme extérieure et actuelle. Dans l'opéra,\nelle est l'âme du drame. Comme Dieu, elle ne voit que les cœurs (3). Le rapport\nqui, parfois, s'établit entre son langage et un texte littéraire n'est jamais un\nrapport nécessaire (4): c'est plutôt le rapport d'une proposition très générale à\nun fait particulier pris comme exemple. L'auditeur exerce sa fantaisie et son\nimagination sur une symphonie ; il cherche à rattacher à quelque chose de réel,\nà un être en chair et en os, ce langage tout spirituel qui s'adresse à lui directe-\nment : mais c'est là un travail accessoire et inutile qui n'augmente ni l'intelli-\ngence d'une œuvre ni la jouissance qu'elle procure (5). Si, entre telle œuvre\nmusicale et telle représentation sensible, il y a convenance ou analogie recon-\n\n(1) Œuvres complètes, éd. Grisebach, t. V, p. 457. Cf. ibid. 11, p. 342-3.\n(2) « Sie drûckt nicht diese oder jene einzelne und bestimmte Freude,... sondern die Freude\nselbst, gewissermassen in abstracto, das wesentliche derselben, ohne ailes Beiwerk, also auch\ndie Motive dazu. » (I, p. 344.)\n(3) 11, 526, et suiv.\n(4) Même observation dans Hegel, qui considère la musique vocale comme une a musique\nd'accompagnement » (/oc. cit., 186-7, 191) parce qu'elle est soumise àun langage (littéraire)\nqui lui est absolument étranger.\n(5) 1» 345 ; n, 528."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "18", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.18", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nnaissable, c'est que l'une et l'autre sont l'expression du même être intérieur et\nuniversel caché derrière les apparences, directement et inconsciemment\nsaisi par le compositeur. Trouver la mélodie, c'est-à-dire découvrir ce qu'il y a\nde plus mystérieux dans la volonté et dans le sentiment humain, est l'œuvre du\ngénie. Le génie éclate ici plus que partout ailleurs, puisque sans le secours de\nla réflexion consciente, il arrive au but. C'est proprement l'« inspiration ». Les\nconcepts, comme dans tous les autres arts, sont stériles pour le génie musical.\nLe génie ressemble à une somnambule pénétrée de fluide magnétique, nous\nrenseignant sur des choses dont elle n'a, à l'état de veille, aucune notion (1).\nCertes, le musicien a besoin d'idées claires et distinctes, soumises à une ana-\nlyse réfléchie, pour pratiquer son art ; mais l'acte par lequel il trouve les belles\nformules de son langage musical le dépasse et lui échappe ; le travail inconscient\njoue chez lui un rôle beaucoup plus grand que chez les autres artistes. C'est\ngrâce à cette fonction qui consiste à reproduire tous les mouvements de notre être\nintérieur en négligeant les éléments réels (den Stojf) dont ils sont faits (2), que\nla musique est à la fois si intelligible et si indéterminée ; elle ressemble à un\nparadis d'intimité ouvert sur nous, mais toujours lointain et fugace. Dans une\nsymphonie de Beethoven, parlent, avec des nuances innombrables, toutes les\npassions et émotions humaines, la joie, la tristesse, l'amour, l'espérance, la foi...\nmais in abstracto. C'est un univers sans matière : « la musique nous fait voir les\nmouvements delà volonté se reflétant dans le domaine de la représentation sen-\nsible qui est le seul théâtre où les Beaux-Arts peuvent produire leurs effets, mais\nen exigeant que la volonté reste un jeu, et que nous soyons un sujet connaissant\n(non agissant et souffrant) (3) ». Elle ne reproduit donc pas en nous les affec-\ntions réelles : elle nous en délivre au contraire, en écartant la souffrance toujours\ninhérente aux actes de la vie et en ne reproduisant, de notre personne morale,\nque ce qui est de nature à l'apaiser. Elle parle souvent le langage de la douleur ;\net l'usage du mode mineur montre combien profondément elle pénètre dans\n1 essence intime des choses ; mais, dans les accords les plus dissonants, il y a\nune sérénité joyeuse ou réconfortante.\n(A suivre.)\n\nNouvelles publications\n\nED. MONOD; licenciées lettres : Harmonie et mélodie, le rôle de l'élément mélodique\ndans la formation de l'harmonie dissonante (chez Fischbacher, 33, rue de\nSeine).\n\n— Dans cet opuscule — préface d'un travail plus important — l'auteur\nse propose de ramener les phénomèmes de l'audition musicale à deux données\npremières : d'une part, les accords parfaits majeur et mineur ; d'autre part, le\nmouvement mélodique. En d'autres termes, tandis que les accords du ton,\ntonique, dominante, sous-dominante, continueraient — conformément aux\n\n(1)... « Wie eime magnetische Somnambule Aufschliisse giebt iiber Dinge, von denen sie\nwachend Keinen Begriff hat. » (I, 343.)\n(2) I, 347-8.\n(3)... « Wer sehen also hier die Willensbewegungen auf das Gebiet der blossen Vorstellungen\nhinubergespielt, als welche der ausschliessliche Schauplatz der Leistungen aller Schônen Kûnste\nist, da diese durchaus verlangen, dass der Wille selbst aus dem Spiel bleibe und wir durchweg\nuns als rein Erkennende verhalten. » en , 528 et suiv.)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "19", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.19", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nthéories actuelles à rendre compte de l'harmonie consonante, « toutes les\nautres combinaisons sonores seraient dues à des notes proprement étrangères à\nl'harmonie provenant d'un mouvement mélodique plus ou moins voilé ». Ajou-\ntons que ces notes étrangères évidemment les mêmes qui composent les\naccords fondamentaux détermineraient l'harmonie dissonante en perdant de\nleur valeur harmonique ou tonale par le fait du mouvement mélodique.\nCette théorie nous permettrait de former l'harmonie dissonante sans le secours\ndes tierces superposées que personne ne défend aujourd'hui ; mais les variations\nharmoniques ou tonales des notes mélodiques ont une origine purement\nrythmique, alors que les phénomènes harmoniques se rapportent exclusivement\nà l'examen des périodicités sonores. Faire intervenir le rythme ou même\n1 intensité et le timbre à propos de périodicités, c'est compliquer inutilement\nla question, les divers caractères du son agissant aussi bien sur les éléments cou-\nsonants de la mélodie que sur ses éléments dissonants. Un mouvement mélodique\nsusceptible d'expliquer l'harmonie dissonante devrait être composé de notes\nd'égales durées, émises avec la même intensité par la même voix ; or, dans ce\ncas exceptionnel, les éléments mélodiques présenteraient tous une égale valeur\nharmonique et tonale. La dissonance « intégrale » se produit seulement entre\nsons de périodicités différentes, placés face à face,toutes choses égales d'ailleurs;\nil serait difficile de découvrir ici le moindre mouvement mélodique, même\n« voilé ». Peut-être, au point de vue historique, pourrait-on soutenir que les\nartifices mélodiques nous ont mis sur la voie de l'harmonie dissonante, mais il\nserait imprudent d'aller au delà, car l'harmonie consonante a bénéficié des\nmêmes circonstances : les séries de quintes ont facilité l'entrée en scène des\ntierces ; à leur tour, les tierces superposées nous familiarisent avec les septièmes.\nQuoi qu'il en soit, les théories de M. Ed. Monod sont intéressantes, elles témoi-\ngnent de l'activité croissante qui règne dans le monde des théoriciens pour\nconstruire scientifiquement la logique musicale.\n\nJ. D.\n\nLes Chansons d'Hugo de Montfort, avec la musique de Burg Mangolt, par\nPAUL RUNGE, 76 p , en allem. avec un fac-similé, chez Breitkopf (Leipzig).\n\nDe ce texte musical du xive siècle, M. Runge nous donne une traduction\ndont nous ne pouvons dire que ceci : non tolerari posse. Il fournit lui-même\nles moyens de le réfuter, car il a l'imprudence de donner le texe original à\ncôté de sa traduction. Exemple :\nOn ne se moque pas des gens à un tel point ! et si M. Runge s appuie « sur\nles derniers travaux publiés en Italie et en Allemagne dans ces dix dernières\nannées », tant pis pour ces travaux ! Ce qui est insupportable, c'est aussi\ncette barre de mesure que l'auteur emploie sans raison et qui, combinée avec\nun rythme arbitraire, produit une manière de scander inadmissible, ou les"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "20", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.20", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nsyllabes toniques coïncident avec des temps faibles, et les atones avec des temps\nforts :\nM. P. Aubry a donné de la même pièce une version que je n'approuve\npas non plus ; mais celle de Ni. Runge est un « arrangement » qu'il faut\ndistinguer et mettre à part.\nA. SOUBIES : Almanach des spectacles, petit in-12, chez Flammarion. Cette\npublication documentaire en est à son 33E volume. C'est assez dire combien son\nutilité est appréciée. On y trouve le détail de toutes les pièces jouées dans les\nthéâtres (de Paris seulement), en 1903. Il est regrettable que les théâtres de\nprovince n'y soient pas mentionnés.\n\nM\n\nBOUCHOR ET TIERSOT : Chants populaires pour les écoles, I vol., chez\nHachette.\nM.\n— Sur cet agréable recueil, animé des meilleurs sentiments, nous\nn'avons que deux réserves à faire. Il n'est pas possible que dans une école\nsérieuse on fasse chanter de la musique « tripatouillée », une composition de\nBerlioz, par exemple, adaptée à des paroles nouvelles. Il y a là une règle\nd'art qui n'admet pas d'exception. En second lieu, M. Tiersot est sans doute\nun excellent musicien, mais il abuse un peu de sa musique. Nous avons à faire\nchanter, dans nos écoles, quelque chose de mieux que du Tiersot ; puisque nous\npossédons de vrais répertoires populaires, pourquoi vouloir en créer un en\nsimili ?\n\nCHARLES LÉVADÉ : Les vieilles chez nous, mélodie pour soprano 'chez\nEnoch), paroles de Jules Lafforgue.\n\nBERNARD LEMAIRE : Les Sabots de jolis, paroles du même (chez Ricordi,\nboulevard Malesherbes).\nMoun biel Quercy, musique de JEAN DUQUERCY (Ricordi), Mon Ruisseau,\nmusique de HEDWIGE CHRÉTIEN (A. Leduc), paroles de Jules Lafforgue\nComme au bon vieux temps, 1 vol., chansons dans le genre populaire ancien\n(chez E. Coutarel, 13, faubourg Montmartre), musique de HENRI BRESLES,\nparoles de Jules Lafforgue.\n\nAUGUSTE DUBOIS : Le mécanisme du piano.\n\n— Nouvelle méthode pour délier\nles doigts. — Voici un ouvrage très court, une dizaine de feuillets à peine, et\nqui est tout à fait révolutionnaire. Pourtant il ne s'agit là-dedans que de paci-\nfiques gammes...\nDans son avant-propos, M. Dubois, qui est compositeur habile et pianiste fort\ndistingué, explique très clairement son but :\n« La majeure partie des pianistes amateurs pensent qu'il suffit de jouer force\n« gammes et arpèges pour acquérir un bon mécanisme, une parfaite égalité dans\n« les doigts ; évidemment les gammes et les arpèges délient les doigts, mais\n« tels qu'ils sont doigtés dans toutes les méthodes, ils ne les délient qu impar-\n« faitement et après un travail considérable.\n« La raison en est bien simple: les deux doigts naturellement les plus faibles,\n« le 4e et le 5e, sont les moins exercés. En effet, dans les gammes et arpèges,"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "21", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.21", "texte": "CORRESPONDANCE\n\n« le 5e doigt ne trouve son emploi qu'une seule fois, que Ton joue sur l'étendue\n« d'une ou de 4 octaves: bien plus, dans les gammes bémolisées, il n'y trouve\n« même pas son emploi.\n« Dans toutes les méthodes de piano, il est bien question du passage du pouce,\n« mais jamais du passaged'un doigt autreque le pouce, au-dessus ou en dessous\n(( d'un autre doigt. On verra plus loin l'énorme importance de cet exercice qui\n« rompt les doigts à toutes les difficultés que l'on rencontre dans les diverses\n« combinaisons de notes. »\nDès le début de son ouvrage, M. Auguste Dubois cite un certain nombre de\ntraits en formes de gammes ou d'arpèges, choisis dans les œuvres des maîtres\n(Bach, Mozart, Beethoven, Weber, Chopin, Saint-Saëns, etc.) et qu'on ne peut\nexécuter qu'en se servant de doigters absolument différents des doigters tradi-\ntionnels usités pour les gammes et arpèges.\nSans donc se préoccuper des doigters ordinaires, M. Dubois propose quatre\ndoigters dont chacun est applicable à toutes les tonalités.\nLe premier consiste à nefaire les gammes qu'avec le ier et le 2e doigt de chaque\nmain. Le second n'utilise que les 2e et 3e doigts. La troisième manière est réser-\nvée uniquement au 3e et au 4e doigt. Enfin le 4e et le 5e doigt concourent seuls\nau quatrième doigter.\nDans d'autres exercices, dans les arpèges, dans les gammes en tierces, en sixtes\net en octaves, M. Dubois préconise des doigters qui peuvent paraître bizarres,\nmais dont l'application partielle se retrouve exactement en maintes œuvres.\nCes exercices sont absolument neufs, et leur pratique journalière déliera forte-\nment les doigts des élèves ; et si Schumann avait connu le travail de M. Dubois,\nil ne se serait certainement pas mutilé la main...\nM. Auguste Dubois a édité lui-même son ouvrage (18, place Lamartine, à\nBéthune).\nLa dédicace de cet opuscule est peu banale: « A mes fils, Aimé, Pierre,\nRaoul, René, Marcel et Julien ».\nLeur père n'a pas eu besoin d'attendre qu'ils aient vingt ans...\n\nH. BRODY.\n\nCorrespondance.\n\nAmiens, le 20 décembre igoô.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR DE LA Revue musicale,\nDans votre numéro du i 5 décembre igoô vous extrayez un passage de\nFrùhling, de M. Paul Scheinpflug, et vous faites remarquer les sou 6 quintes\nconsécutives qui s'y trouvent.\nAprès cela, on peut tirer l'échelle, dites-vous. Je crois intéressant de vous\nrappeler un passage de Guillaume Tell de Rossini. Il contient 3 quintes et\n3 octaves consécutives, écrites pour les voix, ce qui est moins tolérable que pour\nles instruments. *\nIl est vrai qu'à l'audition le mauvais effet provenant de ces intervalles est"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "22", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.22", "texte": "CORRESPONDANCE\n\ntrès atténué ; mais il n'y a pas grande différence entre le passage du jeune\ncapellmeister allemand et du maître italien.\nLe passage en question est ci-joint à la lettre.\nAgrée Monsieur le Directeur, etc,\nUn lecteur assidu.\nNous ferons remarquer à notre honorable correspondant qu'il y a une diffé-\nrence essentielle entre le texte que nous avions cité et celui de Guillaume Tell\nqu'il nous signale. Dans ce dernier, en effet, les quintes se trouvent, non dans des\nformules consécutives, mais dans des formules séparées par deux soupirs, ce qui\nconstitue des phrases distinctes. Nous indiquons ci-dessous leur ponctuation\npar deux petits traits verticaux. Si l'on se rend compte de cette ponctuation, il\nn'y a plus rien d'incorrect. L'incorrection consisterait à dire :\nNotre observation vaut pour les octaves comme pour les quintes."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "23", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels et Informations.\n\nAMIENS. Par arrêté en date du 10 décembre 1906 de M. le préfet de la\nSomme, M. Coze (Pierre-Aristide) a été nommé professeur de trompette,\ncornet à pistons et autres instruments en cuivre, à l'Ecole nationale de musique\nd'Amiens, en remplacement de M. Thésin, démissionnaire.\n\nDE MONTE-CARLO. Le public mondain, chaque jour, accourt en foule, au\ncasino, aux Concerts Ganne qui, avec leur programme sans cesse renouvelé,\nsont devenus Yevent quotidien de Monte-Carlo.\nL'orchestre, exclusivement composé de premiers prix du Conservatoire, fait\nmerveille sous la direction énergique et vivante du brillant compositeur popu-\nlaire Louis Gannequi, si sa musique lui a valu une renommée universelle, mérite\ncomme chef d'orchestre d'être classé parmi les plus savants et les plus vigou-\nreux. Ces concerts, avec de tels virtuoses et un tel chef, obtiennent un succès\nfou: en un jour ils sont devenus, non seulement une habitude, mais un besoin\npour tous les amateurs de bonne musique admirablement exécutée. C'est pour\ntous les étrangers l'heure artistique qui prodigue à tous le plus rare et le plus\nintense plaisir.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 novembre au 19 décembre 1906.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2i novembre\nAriane.\nMassenet.\n21.349 76\n23 —\nAriane.\nMassenet.\n2 1.53o 41\n24 —\nTannhàuser.\nR. Wagner.\n—13.614 »\n25 —\nLes Huguenots.\nMeyerbeer.\nReprés, gratuite\n26 —\nAriane.\nMassenet.\n21.119 41\n28 —\nFaust.\nGounod.\n2i.i3o 76\n3o —\nAriane.\nMassenet.\n20.702 41\nier décembre\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\n14.067 »\n3 —\nAriane.\nMassenet.\ni9.2Ô[ 41\n5 -\nSigurd.\nReyer.\n14.019 76\n7 —\nFaust.\nGounod.\n19.201 41\n8 —\nAriane.\nMassenet.\n17.188 »\nr 0 —\nTannhàuser.\nR. Wagner.\n17.247 91\n12 —\nAriane.\nMassenet.\n21.576 26\n14 —\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n15.658 41\n15 —\nAriane.\nMassenet.\n17.006 »\nl7 —\nLa Valkyrie.\nR. Wagner.\n17.063 41\n19 —\nAriane.\nMassenet.\n20.202 76"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "24", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070101-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'Imprimerie et de Librairie.\n\nII. - Opéra-Comique.\nReceltes détaillées du 20 novembre au 19 décembre 1906.\n\nDATES\nPIÈGES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 novembre\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n8.378 »\ni —\nManon.\nMassenet.\n9.706 5o\nli —\nLa Princesse Jaune. — Le Bon-\nSaint-Saëns. J. Dal-\nhomme Jadis. —Les Armaillis.\ncroze. G. Doré.\n8.002 33\n23 —\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n7.423 5o\n24 -\nLa Princesse Jaune. — Le Bon-\nSaint-Saëns. J. Dal-\n8.786 8 3\nhom me Jadis.—Les A rm ail lis.\ncroze. G. Doré.\n2 5 matin.\nCarmen.\nBizet.\n9.216 5o\n25 soirée\nCavalleria Rusticana. — Wer-\nther.\nPuccini. Massenet.\n8.3o2 5O\n26 —\nLakmé.\nL. Delibes.\n4.596 »\n27 —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n7.169 5o\n28 —\nLe Bonhomme Jadis. — La Vie\nde Bohème.\nJ. Dalcroze. Puccini.\n8.465 5o\n29 —\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.680 »\n3o —\nManon.\nMassenet.\n9.592 5o\n1er décembre\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.758 33\n2 — matin.\nCavalleria Rusticana. — Les Ar-\nmaillis. — Le Bonhomme\nPuccini. G. Doré.\nJadis.\nJ. Dalcroze.\n8.087 »\n2 — soirée\nManon.\nMassenet.\n8.122 5o\n3 -\nMignon.\nA. Thomas.\n4.634 5o\n4 \"\nCarmen.\nBizet.\n7.972 5o\n5 —\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n6.85o »\n6 —\nWerther.—Endymion et Phœbé.\nMassenet.\n9.887 33\n7 —\nLa Vie de Bohème. — Le Bon-\nhomme Jadis.\nPuccini. J. Dalcroze.\n7.642 »\n8 -\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n9.620 83\n9 — matin.\nCavalleria Rusticana. — Les\nArmaillis. — Le Bonhomme\nPuccini. G. Doré.\nJadis.\nJ. Dalcroze.\n7.456 5o\n9 — soirée\nLa Traviata.\nVerdi.\n7.730 5o\n10 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n4.637 »\n11 —\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n8.122 »\n12 —\nLouise.\nG. Charpentier.\n7.185 5o\n[3 —\nWerther. — Endymion et Phœbé.\nMassenet.\n9.720 5o\n14 —\nLes Armaillis. — Le Jongleur\n7.959 5o\nde Notre-Dame.\nG. Doré. Massenet.\n5 —\nWerther.—- Endymion et Phœbé.\nMassenet.\n9.947 83\n6 — matin.\nPelléas et Mélisande.\nG. Debussy.\n7.363 5o\n16 soirée\nLakmé. — Cavalleria Rusticana.\nL. Delibes. Puccini.\n8.304 5o\n7 ~~\nLe Domino Noir.\nAuber.\n4.531 »\n8 -\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n8.433 »\n19 —\nManon.\nMassenet.\n9.400 »"}]}