{"numero_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_sha256": "41595f8675bbe5c0c415fb607328f30e60b3d6b7a08666dd15b2b29c3133ca7f", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1907/01/15_01/bmtnabj_1907-01-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1907/01/15_01/bmtnabj_1907-01-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "25", "page_fin": "31", "image_debut": 1, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.1", "titre_corps": "Les œuvres récemment exécutées.", "titre_sommaire": "Les œuvres récemment exécutées.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "25", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.1", "debut_caractere": 134, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "Les œuvres récemment exécutées.\n\nLE SEPTUOR DE BEETHOVEN (CONCERTS TOUCHE).\n\nJe disais, dans mes der -\nnières notes, que Beethoven avait le tour desprit du xvine siècle, c'est-à-dire une\ntendance visible à concevoir toutes chosesd'une façon noble, oratoire, et à donner\nau langage une rhétorique un peu pompeuse. Il y a un autre côté de son génie\npar lequel il se rattache étroitement à la dernière période de notre « ancien\nrégime», lui en qui des observateurs superficiels, plus littérateurs que musi-\nciens, veulent absolument voir, à tort selon moi un romantique douloureux,\nun « malade », une sorte de Prométhée qui se retourne sur un roc sublime\ndevant les serres menaçantes du vautour. Le xvme siècle, tout en aimant Y élo-\nquence (prenez ce mot comme étant synonyme d'emphase), a été l'âge d'or de\nl'esprit de société, ou plus exactement et tout court, de l'esprit ; il reste pour\nnous un modèle de grâce souriante, légère et facile ; La Fontaine a dit que la\ngrâce était plus belle que la beauté : on dirait qu'en parlant ainsi il caractéri-\nsait par anticipation 1 âge suivant. Nous ne concevons rien de plus charmant\nque cet art de séduire qui était répandu dans les tableaux d'un Boucher, d un\nFragonard ou d'un Watteau, dans les « Petits vers » d'un Voltaire, dans les\npages d'un Chamfort, dans le style, l'ameublement et la conversation de ces\nsalons où tant de femmes célèbres tinrent le sceptre. De cette époque, dont on a\ndit que la vie y fut exceptionnellement agréable, nous avons une expression\nmusicale : on la trouve précisément dans les oeuvres des grands classiques. Bien\nqu il soit né en 1770, Beethoven a été pénétré de son influence, par l'intermé-\ndiaire de Mozart, et par suite aussi de ce rayonnement universel qu'eut pendant\nlongtemps la société française. Tout son Septuor pourrait être pris comme\nexemple. C'est une œuvre qui, sans l'esprit de société de noire xvme siècle,\nn'existerait pas. Elle est toute de grâce aimable, souriante, lumineuse ; pas un\nnuage ! L adagio lui-même n'a rien qui évoque une psychologie pénible ; par le\nrythme, il ressemble à celui de la Symphonie c'est bien « le berce-\nment des flots sous la chanson des branches », comme dit Victor Hugo ; et les\nvisuels, les imaginatifs, qui ne peuvent goûter la musique pure sans le secours\nd'un programme, peuvent penser à Y Embarquement pour en évoquant\nl'élégance aisée des attitudes, la note brillante et discrète des costumes, l'har-\nmonie du paysage, cette paix et cette confiance, ce plaisir de vivre sans effort\nqui constituent l'atmosphère de la scène. Le Menuet (qu on retrouve dans les"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.2", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2424, "texte": "sonates pour piano) est exquis : pour entendre cela, il faudrait être en costume\nde cour, les dames en perruque poudrée à blanc. Le Thème à variations est, lui\naussi, au plus haut point, évocateur d'ancienne vie mondaine : ces demandes et\nréponses qui s'échangent d'abord entre l'alto et le violoncelle (avec le violon qui\nintervient comme une sorte d'arbitre très courtois), puis entre le cor et la clari-\nnette, témoins impartiaux du débat, ont l'intérêt d'une conversation légère et bien\nconduite : c'est un entretien entre « honnêtes gens ». Comme tout cela est net,\nbien équilibré, allant! Et quel dommage que cette forme d'art soit remplacée, en\nmusique comme ailleurs, par le modem styl ! Oui, Beethoven a beaucoup\nd'« esprit » : non pas cet esprit qui consiste à faire des pointes ou des calem-\nbours (il en a pourtant commis un très grand nombre, dans ses lettres), mais cet\nesprit sociable, brillant et séduisant, dont la vie française du xvme siècle a donné\nle plus parfait modèle. Dans la vie ordinaire, Beethoven était un bourru, un\nméchant diable ; en musique, il est aussi délicieux que le Chérubin de Beaumar-\nchais. Et ce n'est pas seulement dans son Septuor que je trouverais des motifs\nde justifier cette impression. Rappelez-vous l,a huitième symphonie :\nEst-il rien de plus frais et de plus léger ?\nDans les sonates pour piano, ou dans les admirables sonates pour piano et\nviolon, nous trouverions beaucoup de traits aussi enjoués et charmants. Je ne dis\npas que Beethoven tout entier soit dans cette forme d'expression piquante, légère\net gracieuse ; je dis qu'elle est très importante et tient beaucoup de place dans\nson œuvre. De grâce, qu'on ne nous fasse pas de l'auteur des symphonies un\nManfred, un Faust, un « malade », un fantôme à étonner les gens !\n\nJ. C.\n\nQUATRIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS EUTERPEÏA). Cette\nsymphonie (dont le manuscrit porte la date de 1806, écrite de la main même de\nBeethoven) débute par un artifice de composition dont Beethoven avait fait pré-\ncédemment un heureux emploi ; après un bref adagio d'introduction, une série\nde notes en fusée prépare /'allegro vivace, d'une allure très jeune, vive et\ndécidée :\nC'est comme un épanouissement, une explosion de la joie de vivre.\nCe charmant début rappelle le finale de la première symphonie, où apparais-\nsent la même grâce, la même gaité, mais avec quelque chose de moins viril, et"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "une pointe de cette coquetterie que les poètes de jadis aimaient à peindre, dans\nleurs poèmes mythologiques, en parlant des Iris ou des Doris :\nTout cela est plein de jeunesse et d'entrain,\nsouriant et lumineux !\nComme exemple de badinage aimable et très artistique, je citerai, dans la\npremière partie de cette 4e symphonie, le canon entre la clarinette et le basson\n(variation du second thème, en fa B majeur), et, dans 1 Q Scherzo, ce rythme\ncontrarié qui, joliment, non sans mutinerie piquante, introduit un groupement\nbinaire dans la mesure à trois temps :\nL'adagio en mi t> de cette même œuvre est tout autre chose que du badinage,\nbien qu'il s'y mêle une grâce mélancolique, une gravité sentimentale toujours\nexempte de souffrance. Là, le pur génie parle seul, le génie universel, absolu,\nindépendant de toutes les formes de la vie sociale.\n\nLA DAMNATION DE FAUST (CONCERTS COLONNE).\n\nC'est un cas extraordinaire\nque cet inépuisable succès de la Damnation de Faust, dont M. Colonne, au\nmilieu d'ovations incessantes, vient de nous donner la « 151e et dernière audi-\ntion » (dernière, je n'en crois rien). Le Faust de Schumann est évidemment supé-\nrieur, au point de vue de la musique pure ; encore faudrait-il distinguer. Le\ncompositeur allemand est loin de savoir orchestrer comme Berlioz et d'avoir sa\ncouleur ; ce n'est pas lui qui aurait eu l'idée de faire accompagner une sorte de\nberceuse (Sommeil au bord de l'Elbe) par les cuivres seuls, de donner au basson\nun rôle si pittoresque dans la Chanson de la puce, ou de faire entendre ces\ngammes rapides (et tout en festons ; des clarinettes, dans le chœur des soldats\nce qui est, à première vue, le contraire du bon sens, le renversement de tous les\nusages, et produit cependant de très bons effets. Hors de pair comme coloriste,\nBerlioz est inférieur pour la conception de l'ensemble ; et on comprend parfai-\ntement qu'il y a une cinquantaine d'années, les critiques étrangers familiers\navec le poème de Goethe Otto Jahn en Allemagne, Hanslick en Autriche,\nd'Arcais, plus récemment, en Italie aient montré une répugnance assez\nvive pour cet éblouissant ouvrage. En effet, le sujet de Faust, c'est la détresse\net l'échec final de l'homme, àla recherche du bonheur. Or, Berlioz a consacré\nà peine une dizaine de pages de sa partition à cette psychologie profonde et tout\nhumaine ; il s'est amusé à promener son personnage à travers la vie et à faire"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "des « illustrations ». Il ne nous donne guère que des épisodes : Ronde de paysans,\nMarche hongroise, Hymne de la fête de Pâques, Chœurs de buveurs dans une taverne,\nChanson durât, Chanson de la puce, Fugue de parodie sur le mot « Amen)),\nChœur de Gnomes, Ballet de Sylphes, Chanson du roi de Thulé, Menuet des\nFollets, etc... Constamment, des tableaux de genre! des accessoires ! des fan-\ntaisies de décorateur ! Cette symphonie est un repas où il n'y aurait que des\nhors-d'œuvre et des entremets. Mais ces hors-d'œuvre sont exquis, rares, et\nne laissent pas de faire une nourriture. Berlioz a, comme Wagner, la qualité\nla plus nécessaire aux musiciens descriptifs : la netteté. Il dit avec une clarté\nadmirable ce qu'il veut dire ;le public, qui est surtout un imaginatif, en est\nravi : et c'est peut-être dans l'abondance de ces brillants épisodes fâcheux\nquand on songe au poème de Goethe qu'est le secret de l'inépuisable succès de\ncette symphonie. Après nous avoir permis de comparer Schumann et Berlioz,\npeut-être M. Colonne aurait-il une pensée très opportune en nous donnant\nla grande Symphonie sur Faust, écrite par Liszt en 1855, l'année même où\nR. Wagner reprenait, pour la remanier dans un sens d'optimisme, de sérénité\net d'apaisement, sa Faust-Ouverture, commencée en 1840.\n\nJ. C.\n\nLA SONATE N° 11, DE MOZART, POUR PIANO ET VIOLON. De cette sonate, qui a\nune originalité particulière dans le recueil dont elle fait partie et qui par sa\nforme rappelle un peu le style large de Hândel, je ne dirai ici qu'un mot, dans\nla pensée que je donnerai peut-être à certains exécutants un conseil utile, je\nviens de l'entendre jouer par un violoniste de premier ordre, et je constate une\nfois encore que plus le virtuose est habile, « fort », rompu à toutes les ruses du\nmétier, plus il est mauvais. Leur défaut, à tous, est de vouloir produire, dans le\nphrasé, un son qui atteint au maximum du pathétique ; ils savent que Mozart est\nsurtout un mélodiste et, partant de cette idée, ils « chantent » avec des raffine-\nments incroyables. Je me trompe : ils ne se préoccupent nullement du génie\npropre de M ozart et de l'interprétation adéquate qui convient. Ils veulent briller,\nétonner, arracher aux auditeurs des «oh ! » et des « ah !» ; alors ils serrent la\ncorde de très près, ils font vibrer leur doigt, ils renversent l'archet, ils sanglotent\nau lieu de chanter, ils se pâment au lieu d'agir. Ils jouent cette sonate, et les\nautres comme une page de Tristan et Yseult. Rien n'est plus désagréable. Soyez\nsimples ! dirai-je aux exécutants ; ayez des sons très purs, mais ne forcez rien !\nMais cela, se tenir dans la juste mesure et résister au désir de briller,\nd'émerger, de faire du pathétique sur la chanterelle ou la 4e corde, c'est\nrarissime, ou à la portée des seuls grands maîtres (comme Joachim). Le méca-\nnisme et la technique s'apprennent; il y a une certaine nuance du goût qui ne\ns'apprend pas. On prête à Wagner un bien joli mot. Un virtuose se présente chez\nlui, pour une épreuve, et lui joue, au piano, une pièce abracadabrante cle Liszt :\n« C'est bien, lui dit Wagner en l'interrompant ; mais çà, c'est trop facile : jouez-\nmoi donc du Mozart ! »\n\nMAZEPPA, POÈME SYMPHONIQUE DE LISTZ (CONCERTS LAMOUREUX.\n\n. Je constate\navec déplaisir que le public accueille ce poème symphonique avec au moins\nautant de chaleureux applaudissements que Y Héroïque de Beethoven ; tous les\ngoûts sont dans la nature. Il y a dans Maaheppa des intentions excellentes, toutes\nles ressources d'un génie imitatif. Cette course vertigineuse, ce supplice épique\nou hippique, ces pleurs, ces rugissements, tout cela est peint, quoique de"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3698, "texte": "manière brutale, criarde et froide. La ire partie, malgré tout, est intéressante.\nLa 2e, plus faible, plus commune, d'une fausse noblesse, amenée par des sonne-\nries de cuivre, semble convenir à une scène d'apparat, à un cortège somptueux,\net ne dit rien à l'esprit ni au cœur. L'orchestration, qui a de l'éclat et de la puis-\nsance, fatigue vite ; elle manque de cohésion, les instruments se superposent sans\ns'unir et se fondre. Enfin (et c'est ma principale critique), qu'est ce Mazeppa r Un\nsymbole. Cette longue comparaison de Hugo s'épanouit en l'idée de l'enthou-\nsiasme, de l'inspiration. Mazeppa se relève roi ; l'artiste est sacré parla douleur;\nle génie n'est pas une longue patience, mais une longue souffrance. Eh bien!\nl'essence du poème échappe à Listz, qui, surtout sensible à 1 aspect extérieur des\nchoses, n'a vu que des motifs de description, tels qu'une galopade, une pompe\nd'hippodrome. Son œuvre, dans la conclusion, où elle devrait avoir toute sa\nforce et toute sa splendeur, tombe à une assez plate vulgarité.\n\nA. L.\n\nCONCERTO POUR PIANO (EN FA MINEUR), DE LALO (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CON-\nSERVATOIRE). Un lento encadré par deux allégros dont le premier est précédé\nd'une introduction, telle est la forme toute classique de ce Concerto que Lalo com-\nposa il y a une vingtaine d'années, qui fut joué pour la première fois au Concert\nColonne du ier décembre 1889, et que M. Diémer (à qui l'œuvre est d'ailleurs\ndédiée) exécuta récemment à la Société des Concerts. Les abonnés du Conserva-\ntoire, devant qui ce Concerto n'avait jamais été produit, lui ont fait bon accueil ;\nmais les bravos étaient, je gage, adressés plutôt à l'impeccable virtuose qu'à\n1 œuvre elle-même. Ce Concerto m'a produit une impression glaciale, que les\nfinesses rythmiques du finale ont à peine dissipée. Il débute fort bien par un\nthème expressif exposé par les clarinettes, et auquel répond le piano, mais une\nfâcheuse phrase, parfaitement incolore, surgit aux cordes, et remplit de son\nrythme obsédant ce premier allegro dans lequel j'ai pourtant démêlé deux\npassages assez intéressants : d'abord une sorte de duel entre les cuivres et le\npiano, puis une suite de gammes confiées tout à tour, de façon amusante, aux\nviolons et au clavier. Le lento n'est guère plus passionnant. La phrase du\nfinale à 6/8 est d'un rythme moins banal, et le développement de sa clausule\nnerveuse sert de second thème. Cette partie, qui tranche vigoureusement avec les\ndeux précédentes, sert fort animée. Les idées se construisent clairement et l'on y\nreconnaît le style le bon style de l'auteur du Roi cTYs. M. Diémer a été\nrappelé plusieurs fois après cette péroraison dans laquelle l'orchestre de\nM. Marty lui a donné la réplique avec sa netteté habituelle.\n\nPSYCHÉ, DE CÉSAR FRANCK (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).\n\nC'est une\npartition trop connue pour qu'il y ait lieu d'en donner ici une analyse\nnouvelle. Peu comprise à son apparition, en 1888, cette œuvre nous semble\nmaintenant lumineuse. Elle ne présente aucune longueur et ne donne nulle\nlassitude. Tout y est bien en place, les thèmes sont charmeurs, et vraiment\nje ne puis concevoir qu'un critique « autorisé » ait pu l'autre jour affirmer qu il\nn aimait pas Psyché, sans même prendre la peinede dire à ses lecteurs les causes\npour lesquelles il pouvait ne pas aimer cette œuvre exquise. Les deux réserves\nqu'on pourrait formuler sont, d'une part, l'instrumentation trop bruyante de la\n2e partie, et d'autre part l'abus des effets de « bois » qu'on trouve dans Tristan.\nMais il eût été vraiment dommage que les combinaisons de timbres inventées\npar Wagner fussent restées son apanage. L'orchestre de la Société des Concerts"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2934, "texte": "a interprété Psyché avec un moelleux et un fondu qu'aucune autre compagnie\nsymphonique ne saurait donner. Je tiens à féliciter les chœurs, dont la justesse,\nl'ensemble-et la prononciation ont été particulièrement remarquables. L'étince-\nlante Symphonie en sol mineur de Mozart; et le très noble et très pur Ave verum\nde M. Saint-Saëns complétaient le programme.\n\nH. BRODY.\n\nMUSIQUE RUSSE (CONCERT TOUCHE) : SYMPHONIE PATHÉTIQUE, DE TSCHAIKOWSKI ;\nQUATUOR N° 2, ET « DANS LES STEPPES », DE BORODINE ; TRIO, DE RUBINSTEIN ;\nOUVERTURE DE « RUSSLAN ET LUDMILLA », DE GLINKA. —La musique russe est.\ndans son ensemble, du plus haut intérêt, et a une très grande valeur ; elle s'est\nformée à deux sources très différentes : l'art classique allemand auquel elle a em-\nprunté la science de l'architecture sonore, et les chants populaires nationaux. C'est\ndéplus une musique où règne une imagination luxuriante : certains compositeurs\nrusses nous ont donné l'équivalent de ces descriptions étonnantes que l'on trouve\ndans plusieurs romans de leurs compatriotes (par exemple, dans Résurrection\nde Tolstoï). Le poème musical le plus éblouissant de couleur que je connaisse\nest le Caprice espagnol de Rismsky-Korsakof. Bizet, Berlioz, Chabrier, Wagner\nlui-même, et tous les descriptifs des pays de soleil, paraissent pâles à côté de ce\ncoloriste slave! Bien entendu, cet art russe est inégal et ne donne pas prise à\nune formule unique. La Symphonie pathétique de Tschaïkowski me rappelle la\npersonne même du compositeur que je voyais diriger l'exécution de ses propres\nœuvres, en 1888, à la Philharmonie de Berlin : c'est élégant et distingué, un peu\nacadémique et froid, diffus, trop long, sans puissance suffisante. Sauf un allegretto\ngiocoso à 5 temps, qui est d'une allure charmante\npeu de choses arrêtent l'attention. Bien qu'elle altère le plan classique et se\ntermine par un Adagio lamentoso, cette symphonie ne répond pas assez à son\ntitre. Borodine a plus de vigueur et de relief. Il a beaucoup de couleur et, en\nmême temps, un dessin très serré. Il peint et il construit. Son tableau pitto-\nresque, Dans les steppes (où une pédale interminable, sur la chanterelle des\nviolons, donne l'impression de l'immensité monotone du désert), est d'une ex-\npression poignante, mais classiquement construit, sans la moindre incohérence,\navec uneunité parfaite. Le timbre un peu gémissant des bois y produit un effet\nd'infinie mélancolie. Son Quatuor n° 2 m'a paru exquis; c'est du pur classique,\navec, çà et là, une saveur qui rappelle la manière de Grieg ; œuvre d'une pondéra-\ntion parfaiteet d'une grâce achevée ; non pas œuvre sublime, mais œuvre char-\nmante. Je citerai cette idée principale de l'allégro, qui n'est pas extraordinaire\npar elle-même, mais qui prend un charme inexprimable, quand elle est reprise\ntour à tour par les divers instruments et qu'elle entre dans les symétries légères\ndu contrepoint :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.7", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 550, "texte": "L'œuvre a été réduite pour piano à 4 mains par Blumfeld (à Leipzig, chez\nBéalïef). Le trio de Rubinstein est, hélas ! plus que mauvais : il est médiocre.\nLe pianiste génial voulait qu'on le prît surtout pour un compositeur. Il se trom-\npait sur sa propre valeur. Glinka, qui, dans la Vie pour le czar (18361, a écrit des\npages extrêmement savoureuses, et de l'art le plus pur, a montré dans l'ouver-\nture de Russlan et Ludmilla une verve heureuse; on dirait parfois du Boïeldieu,\nun peu corsé par Meyerbeer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "25", "page_fin": "26", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.1.1", "titre_corps": "LE SEPTUOR DE BEETHOVEN (CONCERTS TOUCHE).", "titre_sommaire": "LE SEPTUOR DE BEETHOVEN (CONCERTS TOUCHE).", "signature_source": "J. 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Le Menuet (qu on retrouve dans les"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.2", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "sonates pour piano) est exquis : pour entendre cela, il faudrait être en costume\nde cour, les dames en perruque poudrée à blanc. Le Thème à variations est, lui\naussi, au plus haut point, évocateur d'ancienne vie mondaine : ces demandes et\nréponses qui s'échangent d'abord entre l'alto et le violoncelle (avec le violon qui\nintervient comme une sorte d'arbitre très courtois), puis entre le cor et la clari-\nnette, témoins impartiaux du débat, ont l'intérêt d'une conversation légère et bien\nconduite : c'est un entretien entre « honnêtes gens ». Comme tout cela est net,\nbien équilibré, allant! Et quel dommage que cette forme d'art soit remplacée, en\nmusique comme ailleurs, par le modem styl ! Oui, Beethoven a beaucoup\nd'« esprit » : non pas cet esprit qui consiste à faire des pointes ou des calem-\nbours (il en a pourtant commis un très grand nombre, dans ses lettres), mais cet\nesprit sociable, brillant et séduisant, dont la vie française du xvme siècle a donné\nle plus parfait modèle. Dans la vie ordinaire, Beethoven était un bourru, un\nméchant diable ; en musique, il est aussi délicieux que le Chérubin de Beaumar-\nchais. Et ce n'est pas seulement dans son Septuor que je trouverais des motifs\nde justifier cette impression. Rappelez-vous l,a huitième symphonie :\nEst-il rien de plus frais et de plus léger ?\nDans les sonates pour piano, ou dans les admirables sonates pour piano et\nviolon, nous trouverions beaucoup de traits aussi enjoués et charmants. Je ne dis\npas que Beethoven tout entier soit dans cette forme d'expression piquante, légère\net gracieuse ; je dis qu'elle est très importante et tient beaucoup de place dans\nson œuvre. De grâce, qu'on ne nous fasse pas de l'auteur des symphonies un\nManfred, un Faust, un « malade », un fantôme à étonner les gens !\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c004", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "26", "page_fin": "27", "image_debut": 2, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.1.2", "titre_corps": "QUATRIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS EUTERPEÏA). Cette", "titre_sommaire": "QUATRIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS EUTERPEÏA). Cette", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.2", "debut_caractere": 1822, "fin_caractere_exclue": 2424, "texte": "QUATRIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS EUTERPEÏA). Cette\nsymphonie (dont le manuscrit porte la date de 1806, écrite de la main même de\nBeethoven) débute par un artifice de composition dont Beethoven avait fait pré-\ncédemment un heureux emploi ; après un bref adagio d'introduction, une série\nde notes en fusée prépare /'allegro vivace, d'une allure très jeune, vive et\ndécidée :\nC'est comme un épanouissement, une explosion de la joie de vivre.\nCe charmant début rappelle le finale de la première symphonie, où apparais-\nsent la même grâce, la même gaité, mais avec quelque chose de moins viril, et"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 880, "texte": "une pointe de cette coquetterie que les poètes de jadis aimaient à peindre, dans\nleurs poèmes mythologiques, en parlant des Iris ou des Doris :\nTout cela est plein de jeunesse et d'entrain,\nsouriant et lumineux !\nComme exemple de badinage aimable et très artistique, je citerai, dans la\npremière partie de cette 4e symphonie, le canon entre la clarinette et le basson\n(variation du second thème, en fa B majeur), et, dans 1 Q Scherzo, ce rythme\ncontrarié qui, joliment, non sans mutinerie piquante, introduit un groupement\nbinaire dans la mesure à trois temps :\nL'adagio en mi t> de cette même œuvre est tout autre chose que du badinage,\nbien qu'il s'y mêle une grâce mélancolique, une gravité sentimentale toujours\nexempte de souffrance. Là, le pur génie parle seul, le génie universel, absolu,\nindépendant de toutes les formes de la vie sociale."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c009", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "27", "page_fin": "28", "image_debut": 3, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.1.3", "titre_corps": "LA DAMNATION DE FAUST (CONCERTS COLONNE).", "titre_sommaire": "LA DAMNATION DE FAUST (CONCERTS COLONNE).", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.3", "debut_caractere": 882, "fin_caractere_exclue": 2442, "texte": "LA DAMNATION DE FAUST (CONCERTS COLONNE).\n\nC'est un cas extraordinaire\nque cet inépuisable succès de la Damnation de Faust, dont M. Colonne, au\nmilieu d'ovations incessantes, vient de nous donner la « 151e et dernière audi-\ntion » (dernière, je n'en crois rien). Le Faust de Schumann est évidemment supé-\nrieur, au point de vue de la musique pure ; encore faudrait-il distinguer. Le\ncompositeur allemand est loin de savoir orchestrer comme Berlioz et d'avoir sa\ncouleur ; ce n'est pas lui qui aurait eu l'idée de faire accompagner une sorte de\nberceuse (Sommeil au bord de l'Elbe) par les cuivres seuls, de donner au basson\nun rôle si pittoresque dans la Chanson de la puce, ou de faire entendre ces\ngammes rapides (et tout en festons ; des clarinettes, dans le chœur des soldats\nce qui est, à première vue, le contraire du bon sens, le renversement de tous les\nusages, et produit cependant de très bons effets. Hors de pair comme coloriste,\nBerlioz est inférieur pour la conception de l'ensemble ; et on comprend parfai-\ntement qu'il y a une cinquantaine d'années, les critiques étrangers familiers\navec le poème de Goethe Otto Jahn en Allemagne, Hanslick en Autriche,\nd'Arcais, plus récemment, en Italie aient montré une répugnance assez\nvive pour cet éblouissant ouvrage. En effet, le sujet de Faust, c'est la détresse\net l'échec final de l'homme, àla recherche du bonheur. Or, Berlioz a consacré\nà peine une dizaine de pages de sa partition à cette psychologie profonde et tout\nhumaine ; il s'est amusé à promener son personnage à travers la vie et à faire"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1327, "texte": "des « illustrations ». Il ne nous donne guère que des épisodes : Ronde de paysans,\nMarche hongroise, Hymne de la fête de Pâques, Chœurs de buveurs dans une taverne,\nChanson durât, Chanson de la puce, Fugue de parodie sur le mot « Amen)),\nChœur de Gnomes, Ballet de Sylphes, Chanson du roi de Thulé, Menuet des\nFollets, etc... Constamment, des tableaux de genre! des accessoires ! des fan-\ntaisies de décorateur ! Cette symphonie est un repas où il n'y aurait que des\nhors-d'œuvre et des entremets. Mais ces hors-d'œuvre sont exquis, rares, et\nne laissent pas de faire une nourriture. Berlioz a, comme Wagner, la qualité\nla plus nécessaire aux musiciens descriptifs : la netteté. Il dit avec une clarté\nadmirable ce qu'il veut dire ;le public, qui est surtout un imaginatif, en est\nravi : et c'est peut-être dans l'abondance de ces brillants épisodes fâcheux\nquand on songe au poème de Goethe qu'est le secret de l'inépuisable succès de\ncette symphonie. Après nous avoir permis de comparer Schumann et Berlioz,\npeut-être M. Colonne aurait-il une pensée très opportune en nous donnant\nla grande Symphonie sur Faust, écrite par Liszt en 1855, l'année même où\nR. Wagner reprenait, pour la remanier dans un sens d'optimisme, de sérénité\net d'apaisement, sa Faust-Ouverture, commencée en 1840.\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c010", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "28", "page_fin": "28", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.1.4", "titre_corps": "LA SONATE N° 11, DE MOZART, POUR PIANO ET VIOLON. De cette sonate, qui a", "titre_sommaire": "LA SONATE N° 11, DE MOZART, POUR PIANO ET VIOLON. De cette sonate, qui a", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.4", "debut_caractere": 1329, "fin_caractere_exclue": 3200, "texte": "LA SONATE N° 11, DE MOZART, POUR PIANO ET VIOLON. De cette sonate, qui a\nune originalité particulière dans le recueil dont elle fait partie et qui par sa\nforme rappelle un peu le style large de Hândel, je ne dirai ici qu'un mot, dans\nla pensée que je donnerai peut-être à certains exécutants un conseil utile, je\nviens de l'entendre jouer par un violoniste de premier ordre, et je constate une\nfois encore que plus le virtuose est habile, « fort », rompu à toutes les ruses du\nmétier, plus il est mauvais. Leur défaut, à tous, est de vouloir produire, dans le\nphrasé, un son qui atteint au maximum du pathétique ; ils savent que Mozart est\nsurtout un mélodiste et, partant de cette idée, ils « chantent » avec des raffine-\nments incroyables. Je me trompe : ils ne se préoccupent nullement du génie\npropre de M ozart et de l'interprétation adéquate qui convient. Ils veulent briller,\nétonner, arracher aux auditeurs des «oh ! » et des « ah !» ; alors ils serrent la\ncorde de très près, ils font vibrer leur doigt, ils renversent l'archet, ils sanglotent\nau lieu de chanter, ils se pâment au lieu d'agir. Ils jouent cette sonate, et les\nautres comme une page de Tristan et Yseult. Rien n'est plus désagréable. Soyez\nsimples ! dirai-je aux exécutants ; ayez des sons très purs, mais ne forcez rien !\nMais cela, se tenir dans la juste mesure et résister au désir de briller,\nd'émerger, de faire du pathétique sur la chanterelle ou la 4e corde, c'est\nrarissime, ou à la portée des seuls grands maîtres (comme Joachim). Le méca-\nnisme et la technique s'apprennent; il y a une certaine nuance du goût qui ne\ns'apprend pas. On prête à Wagner un bien joli mot. Un virtuose se présente chez\nlui, pour une épreuve, et lui joue, au piano, une pièce abracadabrante cle Liszt :\n« C'est bien, lui dit Wagner en l'interrompant ; mais çà, c'est trop facile : jouez-\nmoi donc du Mozart ! »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c011", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "28", "page_fin": "29", "image_debut": 4, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.1.5", "titre_corps": "MAZEPPA, POÈME SYMPHONIQUE DE LISTZ (CONCERTS LAMOUREUX.", "titre_sommaire": "MAZEPPA, POÈME SYMPHONIQUE DE LISTZ (CONCERTS LAMOUREUX.", "signature_source": "A. L", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.4", "debut_caractere": 3202, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "MAZEPPA, POÈME SYMPHONIQUE DE LISTZ (CONCERTS LAMOUREUX.\n\n. Je constate\navec déplaisir que le public accueille ce poème symphonique avec au moins\nautant de chaleureux applaudissements que Y Héroïque de Beethoven ; tous les\ngoûts sont dans la nature. Il y a dans Maaheppa des intentions excellentes, toutes\nles ressources d'un génie imitatif. Cette course vertigineuse, ce supplice épique\nou hippique, ces pleurs, ces rugissements, tout cela est peint, quoique de"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1073, "texte": "manière brutale, criarde et froide. La ire partie, malgré tout, est intéressante.\nLa 2e, plus faible, plus commune, d'une fausse noblesse, amenée par des sonne-\nries de cuivre, semble convenir à une scène d'apparat, à un cortège somptueux,\net ne dit rien à l'esprit ni au cœur. L'orchestration, qui a de l'éclat et de la puis-\nsance, fatigue vite ; elle manque de cohésion, les instruments se superposent sans\ns'unir et se fondre. Enfin (et c'est ma principale critique), qu'est ce Mazeppa r Un\nsymbole. Cette longue comparaison de Hugo s'épanouit en l'idée de l'enthou-\nsiasme, de l'inspiration. Mazeppa se relève roi ; l'artiste est sacré parla douleur;\nle génie n'est pas une longue patience, mais une longue souffrance. Eh bien!\nl'essence du poème échappe à Listz, qui, surtout sensible à 1 aspect extérieur des\nchoses, n'a vu que des motifs de description, tels qu'une galopade, une pompe\nd'hippodrome. Son œuvre, dans la conclusion, où elle devrait avoir toute sa\nforce et toute sa splendeur, tombe à une assez plate vulgarité.\n\nA. L."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c012", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "29", "page_fin": "29", "image_debut": 5, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.1.6", "titre_corps": "CONCERTO POUR PIANO (EN FA MINEUR), DE LALO (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU", "titre_sommaire": "CONCERTO POUR PIANO (EN FA MINEUR), DE LALO (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.5", "debut_caractere": 1075, "fin_caractere_exclue": 2776, "texte": "CONCERTO POUR PIANO (EN FA MINEUR), DE LALO (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CON-\nSERVATOIRE). Un lento encadré par deux allégros dont le premier est précédé\nd'une introduction, telle est la forme toute classique de ce Concerto que Lalo com-\nposa il y a une vingtaine d'années, qui fut joué pour la première fois au Concert\nColonne du ier décembre 1889, et que M. Diémer (à qui l'œuvre est d'ailleurs\ndédiée) exécuta récemment à la Société des Concerts. Les abonnés du Conserva-\ntoire, devant qui ce Concerto n'avait jamais été produit, lui ont fait bon accueil ;\nmais les bravos étaient, je gage, adressés plutôt à l'impeccable virtuose qu'à\n1 œuvre elle-même. Ce Concerto m'a produit une impression glaciale, que les\nfinesses rythmiques du finale ont à peine dissipée. Il débute fort bien par un\nthème expressif exposé par les clarinettes, et auquel répond le piano, mais une\nfâcheuse phrase, parfaitement incolore, surgit aux cordes, et remplit de son\nrythme obsédant ce premier allegro dans lequel j'ai pourtant démêlé deux\npassages assez intéressants : d'abord une sorte de duel entre les cuivres et le\npiano, puis une suite de gammes confiées tout à tour, de façon amusante, aux\nviolons et au clavier. Le lento n'est guère plus passionnant. La phrase du\nfinale à 6/8 est d'un rythme moins banal, et le développement de sa clausule\nnerveuse sert de second thème. Cette partie, qui tranche vigoureusement avec les\ndeux précédentes, sert fort animée. Les idées se construisent clairement et l'on y\nreconnaît le style le bon style de l'auteur du Roi cTYs. M. Diémer a été\nrappelé plusieurs fois après cette péroraison dans laquelle l'orchestre de\nM. Marty lui a donné la réplique avec sa netteté habituelle."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c013", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "29", "page_fin": "30", "image_debut": 5, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.1.7", "titre_corps": "PSYCHÉ, DE CÉSAR FRANCK (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).", "titre_sommaire": "PSYCHÉ, DE CÉSAR FRANCK (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).", "signature_source": "H. BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.5", "debut_caractere": 2778, "fin_caractere_exclue": 3698, "texte": "PSYCHÉ, DE CÉSAR FRANCK (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).\n\nC'est une\npartition trop connue pour qu'il y ait lieu d'en donner ici une analyse\nnouvelle. Peu comprise à son apparition, en 1888, cette œuvre nous semble\nmaintenant lumineuse. Elle ne présente aucune longueur et ne donne nulle\nlassitude. Tout y est bien en place, les thèmes sont charmeurs, et vraiment\nje ne puis concevoir qu'un critique « autorisé » ait pu l'autre jour affirmer qu il\nn aimait pas Psyché, sans même prendre la peinede dire à ses lecteurs les causes\npour lesquelles il pouvait ne pas aimer cette œuvre exquise. Les deux réserves\nqu'on pourrait formuler sont, d'une part, l'instrumentation trop bruyante de la\n2e partie, et d'autre part l'abus des effets de « bois » qu'on trouve dans Tristan.\nMais il eût été vraiment dommage que les combinaisons de timbres inventées\npar Wagner fussent restées son apanage. L'orchestre de la Société des Concerts"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 405, "texte": "a interprété Psyché avec un moelleux et un fondu qu'aucune autre compagnie\nsymphonique ne saurait donner. Je tiens à féliciter les chœurs, dont la justesse,\nl'ensemble-et la prononciation ont été particulièrement remarquables. L'étince-\nlante Symphonie en sol mineur de Mozart; et le très noble et très pur Ave verum\nde M. Saint-Saëns complétaient le programme.\n\nH. BRODY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c014", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "30", "page_fin": "31", "image_debut": 6, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.1.8", "titre_corps": "MUSIQUE RUSSE (CONCERT TOUCHE) : SYMPHONIE PATHÉTIQUE, DE TSCHAIKOWSKI ;", "titre_sommaire": "MUSIQUE RUSSE (CONCERT TOUCHE) : SYMPHONIE PATHÉTIQUE, DE TSCHAIKOWSKI ;", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.6", "debut_caractere": 407, "fin_caractere_exclue": 2934, "texte": "MUSIQUE RUSSE (CONCERT TOUCHE) : SYMPHONIE PATHÉTIQUE, DE TSCHAIKOWSKI ;\nQUATUOR N° 2, ET « DANS LES STEPPES », DE BORODINE ; TRIO, DE RUBINSTEIN ;\nOUVERTURE DE « RUSSLAN ET LUDMILLA », DE GLINKA. —La musique russe est.\ndans son ensemble, du plus haut intérêt, et a une très grande valeur ; elle s'est\nformée à deux sources très différentes : l'art classique allemand auquel elle a em-\nprunté la science de l'architecture sonore, et les chants populaires nationaux. C'est\ndéplus une musique où règne une imagination luxuriante : certains compositeurs\nrusses nous ont donné l'équivalent de ces descriptions étonnantes que l'on trouve\ndans plusieurs romans de leurs compatriotes (par exemple, dans Résurrection\nde Tolstoï). Le poème musical le plus éblouissant de couleur que je connaisse\nest le Caprice espagnol de Rismsky-Korsakof. Bizet, Berlioz, Chabrier, Wagner\nlui-même, et tous les descriptifs des pays de soleil, paraissent pâles à côté de ce\ncoloriste slave! Bien entendu, cet art russe est inégal et ne donne pas prise à\nune formule unique. La Symphonie pathétique de Tschaïkowski me rappelle la\npersonne même du compositeur que je voyais diriger l'exécution de ses propres\nœuvres, en 1888, à la Philharmonie de Berlin : c'est élégant et distingué, un peu\nacadémique et froid, diffus, trop long, sans puissance suffisante. Sauf un allegretto\ngiocoso à 5 temps, qui est d'une allure charmante\npeu de choses arrêtent l'attention. Bien qu'elle altère le plan classique et se\ntermine par un Adagio lamentoso, cette symphonie ne répond pas assez à son\ntitre. Borodine a plus de vigueur et de relief. Il a beaucoup de couleur et, en\nmême temps, un dessin très serré. Il peint et il construit. Son tableau pitto-\nresque, Dans les steppes (où une pédale interminable, sur la chanterelle des\nviolons, donne l'impression de l'immensité monotone du désert), est d'une ex-\npression poignante, mais classiquement construit, sans la moindre incohérence,\navec uneunité parfaite. Le timbre un peu gémissant des bois y produit un effet\nd'infinie mélancolie. Son Quatuor n° 2 m'a paru exquis; c'est du pur classique,\navec, çà et là, une saveur qui rappelle la manière de Grieg ; œuvre d'une pondéra-\ntion parfaiteet d'une grâce achevée ; non pas œuvre sublime, mais œuvre char-\nmante. Je citerai cette idée principale de l'allégro, qui n'est pas extraordinaire\npar elle-même, mais qui prend un charme inexprimable, quand elle est reprise\ntour à tour par les divers instruments et qu'elle entre dans les symétries légères\ndu contrepoint :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.7", "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 550, "texte": "L'œuvre a été réduite pour piano à 4 mains par Blumfeld (à Leipzig, chez\nBéalïef). Le trio de Rubinstein est, hélas ! plus que mauvais : il est médiocre.\nLe pianiste génial voulait qu'on le prît surtout pour un compositeur. Il se trom-\npait sur sa propre valeur. Glinka, qui, dans la Vie pour le czar (18361, a écrit des\npages extrêmement savoureuses, et de l'art le plus pur, a montré dans l'ouver-\nture de Russlan et Ludmilla une verve heureuse; on dirait parfois du Boïeldieu,\nun peu corsé par Meyerbeer."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c017", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "31", "page_fin": "31", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.2", "titre_corps": "Notre supplément musical : pièces de Bach.", "titre_sommaire": "Notre supplément musical : pièces de Bach.", "signature_source": "B", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.7", "debut_caractere": 552, "fin_caractere_exclue": 3142, "texte": "Notre supplément musical : pièces de Bach.\nB.\nVAllegretto grazioso qui est en têtede notre supplément est tiré d'un recueil\nde Bach qui porte le titre A Inventions. Pourquoi ce mot ? Tout, dans la mu-\nsique, n'est-il pas « invention » ? Ilfautsans doute entendre ici: improvisations.\nBach était avant tout organiste; le caractère essentiel de l'organiste, c'est de\nsavoir improviser. Le mot Inventions est sans doute un titre modeste, avertissant\nle lecteur qu'il ne s'agit pas d'une œuvre aussi grave qu une symphonie ou une\ncantate. On s'apercevra d'ailleurs du caractère improvisé de cette pièce à cer-\ntaines rencontres des parties qui sont un peu dures. Malgré cela, cet Allegretto\ngrazioso est charmant. L'idée fondamentale, représentée par la première mesure,\nest d'un rythme original, délicat, très heureux, un peu exceptionnel dans la\nmanière habituelle de Bach, et dont R. Schumann, dont le souvenir s'impose\nici au lecteur moderne, paraît s'être souvenu plus d une fois. La construc-\ntion de l'ensemble du morceau est très simple. M. Bruno Mugellini, qui en\na donné une très belle édition (chez Ricordi), croit avec raison qu'il est formé\nde trois parties : la première (mesures 1-16) finit dans le ton relatif majeur; la\nseconde (mesures 17-48) ramène au sol mineur; la troisième sert de conclusion.\nCette division en trois parties, comme le fait remarquer Spitta, est imitée de\nVaria italien.\nLe charmant Rondeau, si piquant et si léger, que nous donnons ensuite, est tiré\ndu recueil des Partita. Dans son lexique, M. Hugo Riemann considère Partita\net Suite comme identiques. Il y a cependant une différence essentielle. Les Suites\nsont des séries de danses ; les Partita sont des pièces libres, oùles rythmes de\ndanse ne sont plus qu'un souvenir, et où le caractère typique des danses réelles\nest plus d'une fois altéré. (Ainsi, dans la Partita en mi mineur, il y a un tempo\ndi gavotte qui ressemble plutôt à une courante ; dans la Partita en soi majeur,\nil y a un tempo di menuetto qui n'a de commun avec le menuet réel que la\nmesure à 3/4 ; dans la Partita en la mineur, Bach insère des pièces telles que\nBurleska, Scherzo/]qui ne figurent jamais dans les Suites, etc...)\nCes deux jolies pièces sans prétention delà part de l'auteur, et qui équivalent\nà ce que nous appellerions « Esquisses » ou Impromptus », ou encore « Pages\nd'album », nous fontconnaître un Bach aimable et « gracieux », créateur original\nde rythmes, et d'une fantaisie aussi inépuisable que sa facilité d'écriture. 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Emile Dusselier.)\nDans ma dernière leçon, j'ai dit comment la musique de Beethoven avait été\nintroduite en France. Tout en continuant à étudier l'oeuvre des concerts, je\nparlerai aujourd'hui de ceux qui firent connaître chez nous la musique de Pales-\ntrina, le grand compositeur du xvie siècle qui, dans la composition purement\nvocale et à plusieurs parties, a porté au plus haut degré, en profitant des progrès\nantérieurs, l'art religieux de la Renaissance, et celle de ses contemporains, de\nses élèves directs ou de ses imitateurs.\nAvant d'aborder ce nouveau sujet, je mentionne, sans m'y arrêter, deux\nmusiciens dont j'aurai à reparler plus tard, mais qu'on ne peut oublier quand\non parle de concerts historiques. Le premier est Fétis, ancien élève (1800-3),\npuis professeur (1821) du Conservatoire de Paris. Théoricien sans être novateur,\npubliciste sans être écrivain, compositeur sans autre qualité que beaucoup\nda'dresse, érudit sans posséder toutes les qualités essentielles qu'implique le titre\nde savant, mais professeur d'élite, très instruit, vulgarisateur passionné, d'une\nactivité infatigable et presque sans exemple (M. Hugo Riemann pourrait seul\nlui être comparé sur ce point), Fétis s'est livré, pour donner une impulsion aux\nétudes d'histoire musicale, à des entreprises diverses dont je n'ai à retenir, pour\nle moment, que les faits suivants, d'ailleurs caractéristiques d'une manière\nhâtive, et superficielle que nous retrouverons dans d'autres ouvrages: ce sont\nles quatre concerts-conférences qu'il a donnés le 8 avril 1832 à la salle desMenus-\nPlaisirs, le 16 décembre de la même année au Conservatoire, le 24 février 1853\net au mois d'avril de la même année à la salle Ventadour. Dans le premier, Fétis\nprétendait exposer et illustrer, par des exemples de choix, toute l'histoire de\nl'opéra, de 1501 à 1830 ; dans le second, la musique du xvie siècle ; dans le\ntroisième, toute la musique du xvne siècle ; dans le quatrième, il eut un échec\nattribué, selon l'usage, à la «malveillance ». Il est dommage que cette institution\ndu concert-conférence ait été arrêtée si tôt. Fétis avait pourtant autour de lui, et\nil utilisa pour sa propagande dogmatique, des chanteurs et des cantatrices de\npremier ordre ; c'est ainsi que dans son exposé de l'histoire de l'opéra, il fit\nentendre des artistes tels que Rubini, Nourrit, Bordogni, Lablache, Lafont,\nLevasseur, Dabadie, Mmes Schrœder-Devrient, Damoreau, Dorus, etc... On ne\npeut nier qu'en France il fut un ouvrier, très actif et très intelligent, de la\npremière heure.\nLe second musicien que je ne dois pas oublier est Amédée Méreaux, né à\nParis en 1803, fils et petit-fils d'organistes, homme délicat et distingué, moins"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3714, "texte": "porté à se répandre au dehors en manifestations de toute sorte, comme Fétis,\nqu'à se concentrer sur des œuvres de finesse. J'aurai à parler ultérieurement du\nRecueil qu'il a publié (Les Clavecinistes français, de 1637 à 179°) ?je me b°rne à\nrappeler qu'il donna, à Rouen en 1842, puis à Paris en 1844, deux concerts con-\nsacrés à l'histoire de la musique. Je n'ai malheureusement pas pu en connaître\nle programme Je reviens maintenant au principal objet de cette leçon.\nLe premier Français qui se soit sérieusement occupé des œuvres de Palestrina\nest Choron, né à Caen en 1772, directeur de l'Opéra en 1816, et apôtre ardent\nde la musique chorale. Ce fut d'abord un mathématicien, que la lecture des\nouvrages de Rameau avait tourné vers la théorie musicale et l'étude des phéno-\nmènes acoustiques. Esprit cultivé, connaissant les ouvrages allemands et\nitaliens, il a publié avec Fayolle un Dictionnaire historique en 2 volumes,\nauquel il n'a d'ailleurs fourni que quelques articles (1810-11) avec une intro-\nduction qui (de la page 11 à la p. 92) contient un résumé de l'histoire de la\nmusique. Choron avait la vocation du professorat ; il faisait en France des\nvoyages d'exploration artistique, appliqué à découvrir des enfants bien doués\nqu il amenait ensuite chez lui, pour les instruire avec désintéressement et les\nformer au chant C'était un excellent praticien, ayant le goût des grandes masses\nvocales Son principal mérite est d'avoir maintenu une tradition qui risquait\nd'être fâcheusement interrompue ou de se perdre. Lorsque le Conservatoire eut\nété supprimé, en 1816, Choron ouvrit 1' « Ecole de chant et de déclamation », qui\nfit l'intérim jusqu'à la révolution de juillet et donna naissance, dans la suite, à\nun nouveau courant d'études. En effet, quand le Conservatoire, grâce à la révo-\nlution de 1830, fut revenu à la vie, l'idée qu'avait eue Choron de créer une école\nde chant, et principalement de chant religieux, fut reprise (en 1853) par\nNiedermeyer, fondateur de l'Ecole qui porte encore son nom, et dont le pro-\ngramme eut pour articles principaux, dès le début, de remettre en honneur le\nplain-chant et la musique de Palestrina. C'est Choron qui avait ouvert cette der-\nnière voie.\nEnt re l'Ecole de Choron et celle de Niedermeyer, il y eut, comme après lé-\nclipse du Conservatoire en 1816, un autre intérim. Cet intérim fut fait par un\nhomme singulièrement intéressant et original, qui rendit de réels services dans\nune période fort brillante, et qui sollicite l'attention de 1 historien par des titres\nnombreux : c'est le prince de la Moskowa. Quelques-uns de ceux qui l'ont vu\nà 1 œuvre sont encore vivants. Il est dommage qu'en s'aidant de leurs souvenirs\non n'ait pas songé à nous retracer le portrait, pas même la « silhouette », de ce\nroi des amateurs qui, pendant plusieurs années, régna sur des mondes très\ndilférents et eut son heure de belle influence salutaire, de gloire même ;il est\nun exemple typique du succès rapide, mais éphémère, que peuvent avoir en\nFrance toutes les tentatives dont la musique sérieuse est l'objet.\nJoseph-Napoléon Ney, prince de la Moskowa, né à Paris le 8 mai 1803 (et\nmort à Saint-Germain-en-Laye le 25 juillet 1857), était le fils du maréchal Ney,\nexécuté en 1815 sous la Terreur blanche, et petit-fils d'un tonnelier sans fortune.\nOn pourrait le classer parmi les hommes de guerre. D'abord capitaine de\nhussards dans l'armée française, général de brigade le 10 août 1853, quelque\ntemps au service de la Suède, il se battit en Algérie et publia (en 1845) des\nSouvenirs d'une campagne d'Afrique, auxquels il faut joindre un opuscule inti-\ntulé Des haras et des remontes en France (1841). On pourrait aussi bien le classer"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "parmi les hommes politiques. En 1841, il siège àla Chambre des pairs ; en 1 847,\nil prend part à la fameuse campagne des banquets ;en 1848, il se rallie à Napo-\nléon, le soutient comme représentant d'Eure-et-Loir et devient sénateur\n(le 26 janvier 1852). On raconte même qu'à une époque où il ne voulait être\nconnu que comme compositeur, cette dualité de fonctions lui attira une réplique\nassez désagréable. Il rencontre un grand musicien contemporain, et lui demande\ndes nouvelles de sa santé, en l'appelant « mon cher collègue ».\nl'autre en souriant, je ne savais pas que j avais été nommé sénateur ! » Membre\ntrès influent du Jockey-Club, célèbre par son luxe ruineux, il fut aussi 1 arbitre\ndes élégances et donna longtemps le ton à la mode. J'indique seulement ces\ncôtés de sa vie, pour m'arrêter aux choses purement musicales.\nUne note biographique publiée par Escudier, dans la France musicale de 1857,\nà la m®rt du prince, nous apprend qu'il avait fait ses études musicales en Italie\net qu'à l'âge de treize ans (sic) il avait fait exécuter une messe solennelle avec\norchestre, à Lucques. C'est donc en Italie, où il vivait dès avant la mort de son\npère, que le prince de la Moskowa apprit à connaître les grands compositeurs\nqu'il devait essayer de vulgariser plus tard. Une fois en France, il produit des\nœuvres personnelles, en se subordonnant d'abord, pour l'influence effective, à\nChoron, qui est alors au premier plan. Le 19 février 1831, Fétis rend compte\nd'un (( Exercice extraordinaire » qui a lieu à « l'Ecole royale de musique clas-\nsique »de Choron, pour l'exécution d'une messe du prince, messe à « grand\norchestre », qui a nécessité la réunion de l'orchestre du Théâtre italien, alors\ndirigé par Girard, aux artistes de l Ecole. Fétis ne reproche à cet ouvrage qu'un\nexcès de science : « Il m'a paru, dit-il, que les entrées de fugue y sont mul-\ntipliées et donnent en plusieurs endroits un certain aspect scholastique à la\ncomposition. » Remarquons, dans le programme de cet « Exercice extraordi-\nnaire », un psaume de Marcello, un madrigal de Palestrina et la Bataille de\nMarignan de Cl. Jannequin. La Gazette musicale du ler mai 1842 mentionne\nl'exécution, en l'église des Missions étrangères, rue du Bac, d'un Kyrie et d'un\nChriste à sept voix, d'un O salutaris à six, et d'un Domine salvum du prince\nde la Moskowa, encadrés par des fragments de la célèbre « Messe du pape\nMarcel » de Palestrina. A des œuvres religieuses, dont je ne puis donner la\nliste exacte, il faut joindre des œuvres profanes, dont les principales sont deux\nopéras : le Cent-Suisse et Yvonne. Le Cent-Suisse (1 acte) est joué à l'Opéra-\nComique le 17 juin 1840. Dans la France musicale du 21 juin, Escudier juge\nl'auteur avec plus de sévérité que Fétis : « La musique de grand seigneur,\nécrit-il, devient un peu envahissante depuis quelque temps ; c'est une épidémie\ndangereuse, qui passera bientôt, nous l'espérons.... En vérité, nous n'oso îs\npas prendre trop au sérieux la pièce que 1 Opéra-Comique a eu l'honneur de\nreprésenter mercredi dernier... La musique du Cent-Suisse est froide, mal\ninstrumentée et ne renferme rien d'original... L'auteur désirant garder l'a-\nnonyme, nous le laisserons reposer en paix. » Escudier doutait que la pièce\narrivât à la quatrième représentation. Elle fut jouée près de cent fois. Quinze\nans plus tard, le même Opéra-Comique donnait un concert, sous la direction de\nTilman, dont la seconde partie comprenait un Salve regina du prince, pour\nquatre soprani, alors que la première partie était consacrée à /'Enfance du Christ\nde Berlioz (samedi 14 avril 185 s), et au mois de mars de la même année, une\npiécette lyrique, Yvonne, ainsi appréciée par Blanchard dans la Gazette musi-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.11", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3473, "texte": "cale : « Le compositeur M le prince de la Moskowa, a pourtant brodé sur ce\ncanevas une musique ingénieuse, bien faite, colorée comme un fabliau du\nmoyen âge. » Le même journaliste loue, « le caractère légèrement rétro-\nspectif de quelques morceaux », une fugue, une instrumentation «pittoresque »,\ninspirée de Weber.\nJe ne suis guère en mesure, on le comprendra, de donner une appréciation\npersonnelle sur le talent du prince de la Moskowa comme compositeur. Il\nressort cependant de beaucoup de témoignages qu il avait une solide éducation\ntechnique. Il savait écrire une fugue. C'est tout à fait insuffisant pour avoir des\nsuccès de théâtre ; mais c'est une sérieuse garantie de compétence musicale. De\nplus, la musique religieuse du xvie siècle avait laissé sur lui, durant son séjour en\nItalie, des impressions décisives. Enfin, il était de la grande tradition napoléo-\nnienne ; il avait 1 amour de la gloire et le goût des aventures.\nEn 1843, sous l'influence des beaux souvenirs de sa jeunesse, il eut la pensée,\ncomme tant d'autres depuis cette époque, de fonder, avec des personnes du\ngrand monde et des artistes, une « Société de musique vocale, religieuse et\nclassique » dont il serait le directeur. Le prestige de son nom et son mérite\npersonnel lui valurent tout de suite de précieux concours. Toute la haute\naristocratie française du maréchalat impérial prit intérêt à cette création. Les\ndames « patronnesses» étaient la duchesse d'Albufera, la princesse de Beauveau,\nla duchesse de Coligny, la princesse de Craon, la duchesse de Gramont, la\ncomtesse de Lobau, la duchesse de Massa, la comtesse Merlin, la princesse de\nla Moskowa, la vicomtesse de Noailles, la comtesse de Sandwich, la duchesse\nde Talleyrand. Au-dessus de ce brillant aréopage féminin, avec le titre de\n« membres honoraires» étaient placées les illustrations du jour : Adam, Auber,\nBerton, Carafa, Halévy, Meyerbeer, Onslow, Rossini, Spontini. Bottée de\nToulmon et Zimmermann. Des études préliminaires étaient indispensables ; on\norganisa de véritables classes de chant, avec des maîtres spéciaux : Carlini pour\nles soprani, Vera pour les contralti, Dietsch pour les ténors, Vogel pour les\nbasses. Les chefs d'attaque avaient eux-mêmes pour chef M. Trévaux. Le tréso-\nrier était le banquier Lafitîe, beau-père du prince. Le sous-directeur, qui plus tard\ndevait passer au premier plan, était Niedermeyer. Un règlement très précis fut\nrédigé. J en détache les articles les plus importants :\n« Art. 1. —Le but principal que se propose la Société est l'exécution de\nmorceaux écrits pour les voix, sans accompagnement, ou avec accompagnement\nd'orgue, et particulièrement par les maîtres français, belges, italiens et\nallemands des xvie et xvne siècles.\n« Art 2. La Société n'exécutera que des morceaux dont les auteurs seraient\nmorts avant le commencement du xixe siècle.\n« Art. 4. —Le prix de la souscription àla Société est de 120 fr., moyennant\nlesquels toute personne admise àen faire partie et ayant reçu le diplôme de\nmembre sociétaire aura le droit d'assister aux concerts donnés par elle pendant\nle courant d'une année.\n« Art. 9. Le diplôme de membre honoraire sera accordé par le comité des\ndames patronnesses sur la proposition du directeur. Le nombre des membres\nhonoraires ne pourra excéder soixante. »\nDu premier concert, qui eut probablement un caractère privé, nous ne savons\nrien; sur le deuxième, qui fut le véritable début delà Société et eut lieu à la"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3806, "texte": "salle Herz, voici ce qu'écrivait Adolphe Adam (France musicale du 4 juin 1843 :\n« Voici une grande et magnifique pensée... Lorsqu'il y a quelques mois, M. le\nprince de la Moskowa voulut bien me confier le plan de sa Société, j'avoue que\nj'en croyais la réalisation impossible. Non, pensai-je, nous n'aimons pas assez la\nmusique sérieuse, pour que les amateurs consentent à faire les études arides et\ndifficultueuses, indispensables pour arriver à l'exécution des morceaux scholasti-\nques {sic)... 11 est fort heureux que M. de la Moskowa ait eu l'idée de fonder celte\nSociété, car lui seul en était capable. Un artiste, malgré toute l'autorité de son\nnom et de son talent, n'aurait pas eu l'influence d'un homme du monde sur les\ngens du monde qu'il fallait endoctriner et convertir, eux habitués seulement aux\nfioritures italiennes et aux romances d'album qu'on leur dédie. » A ce concert,\noù pour la première foisles ecclésiastiques furent admis, et où tous les exécutants\nétaient des amateurs (sauf quelques choristes hommes), on fit applaudir av'ec\ntransport le Stabat et le Pleni sunt cceli de Pa.lestrina, un Miserere d'Orlando\nLasso. La marquise de Gabriac chanta un air du Stabat de Haydn ; la comtesse\nMurât, un trio de Clari avec la comtesse Apponyi et A Dupont. Trois versets du\nMiserere d'Allegri, Y Ave Maria d'Arcaaelt, Y Alléluia du Messie de Handel, un\nair de la Création de Haydn, figuraient aussi au programme.\nLe 18 mars 1844 eut heu, à la salle Herz, le 3e concert. La marquise de\nGabriac, la comtesse Murât, étaient au nombre des interprètes ; au programme,\nœuvres de Palestrina, Clari, Haydn, Pergolèse, Handel. Le succès grandissait\nsi vite et créait un tel mouvement de faveur pour l'ancienne musique, qu'en\n1 845, dans la Gazette musicale (2$ mai), Danjou, qui était pourtant un archéologue,\ncommençait à s'alarmer : « C'est un fait extraordinaire, écrivait-il, et qui n'a pas\nété assez remarqué, que celui de l'existence, de la persévérance et du succès de la\nSociété fondée par M. lepr. de la M pour l'exécution de la musique classique... Je\nne crois pas me tromper en disant que l'existence de ces concerts indique claire-\nment que nousentrons dans uneépoquede réaction et, sans être prophète, on peut\nprédire qu'avant peu il y aura un enthousiasme irréfléchi mêmepour la musique\ndes temps passés et un grand mépris pour les compositions récentes ».\nDanjou en voit un symptôme dans le succès du Désert de Félicien David, où\nl'auteur « à chaque instant s'est inspiré de Lulli, de Couperin »! ! un autre\ndans les symphonies de Reber.\n« Le premier artiste qui ait commencé cette réaction, ajoute-t-il, est Choron.\nLes œuvres de Palestrina et de Marcello, qu'il fit entendre pour la première fois\nen France, firent tout d'abord une grande impression et habituèrent le public à\nbidée que toute la musique ne datait pas du temps où il vivait. Après Choron,\nM. Fétis, dans ses concerts historiques, continua cette revue rétrospective des\nchefs-d'œuvre anciens en tout genre... Il deviendra peut-être nécessaire d'arrêter\npar la critique les artistes qui s'engageraient trop avant dans cette voie ; car, s'il\nest utile d'étudier le passé, il ne faut pas pour cela faire rétrograder l'art. »\nPour nous faire une idée exacte des compositeurs anciens étrangers et français,\nque fit connaître le prince de la Moskowa, nous avons une source de renseigne-\nments excellente : c'est le recueil en onze volumes qui a été publié chez Pacini,\néditeur de la Société, et qui contient le répertoire de celle-ci. Ce recueil curieux,\nil faut le dire tout d'abord, n'est nullement une œuvre critique, au point de vue\nde la constitution du texte ; aujourd'hui encore, nousnavons rien en France qui,\ndans le domaine de la musique religieuse au xvie siècle, soit comparable, même"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1207, "texte": "de loin, aux travaux d'un Haberl sur Palestrina ou d'un Sandberger sur Orlando\nLasso. Le prince de la Moskowa était trop artiste, trop « jockey-club», pour\naimer les patientes recherches de bibliothèque. Il s'est beaucoup servi du réper-\ntoire de l'École de Choron ; seule, la bibliothèque de notre Conservatoire, dépo-\nsitaire d'un célèbre manuscrit de Carissimi, a été mise à contribution. Le prince\nn'avait qu'une idée très vague de la méthode historique et de ce qu'on appelle\n« les sources ». L'idée ne lui est jamais venue de demander si l'air célèbre d'église,\nfaussement attribué à Stradella, n'était pas apocryphe ou si la déclinaison musi-\ncale de hic, hœc, hoc était bien de Carissimi (et non de Dom. Mazzochi). Palestrina\nforme le fonds de ce répertoire, qui s'est peu à peu étendu à des auteurs de\nsecond ordre, et où les œuvres purement françaises sont très rares. Il esttrès riche\nde noms Le meilleur moyen de l'apprécier est de le reproduire intégralement.\nVoici les compositeurs qui s'y trouvent, avec le nom de leur pays d'origine et leurs\ndates, l'indication des œuvres exécutées, et celle du volume (dans le répertoire\nde la Société) où on en trouve le texte."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.16", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "Certes, cette liste n'est pas faite uniquement avec des musiciens et des\nœuvres de génie. A côté de l'excellent, il y a du médiocre, des compositeurs de\nsecond, de troisième et même de quatrième ordre. Mais quel flot de notions\nnouvelles elle jetait sur un public, qui avait besoin d'apprendre, selon le mot du\ncritique cité tout à l'heure, que la musique ne datait pas d'hier ! A des Parisiens\nqui ne connaissaient guère que des « airs frivoles d'opéra », elle donnait une.pre-\nmière et vive impression, sinon une idée complète, de toutes les grandes écoles.\nD'abord, pour l'ltalie, les écoles romaine, napolitaine, vénitienne, bolonaise :\nl'école romaine, représentée par Palestrina, Nanini, successeur de Palestrina, et\npar ses élèves : Anerio, compositeur de la chapelle papale en 1594, Allegri, Ca-\nrissimi, tous maîtres de la forme de l'art la plus élevée, le contrepoint vocal ;\nl'école napolitaine, représentée par les deux Scarlatti, Alexandre et Dominique,\nvéritables sources de grande musique, par Durante, qui à l'encontre des Scarlatti\nn'a écrit que pour l'église, et par Gesualdo, le compositeur hardi et original,\npartisan de la tonalité libre, restaurateur des genres antiques (dont il reste\nsix livres de madrigaux à 5 voix, parus en 1585); l'école vénitienne, repré-\nsentée par Merulo, organiste de Saint-Marc en 1566, dont les œuvres appartien-\nnent aux plus anciens monuments de la composition pour orgue ; les deux Ga-\nbrieli, Andréa et Giovanni, ce dernier successeur de Merulo comme organiste à\nSaint-Marc, maître de Schûtz et prédécesseur de Bach ; Donati, compositeur de\nmadrigaux et de motets ; Loti, et son élève Marcello, l'auteur d une paraphrase\ndes 53 premiers Psaumes qui est placée sur le même rang que les chefs-d'œuvre"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.17", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3196, "texte": "de Palestrina ; les autres écoles, représentées par Luca Marenzio, le plus\ncélèbre représentant de la composition madrigalesque, le « divino compo-\nsitore»; Colonna, président de la célèbre Académie philharmonique de Bolo-\ngne, et son élève Clari, d'envergure très modeste, connu surtout par ses duos\net ses trios de 1720. Des Pays-Bas, avec Lassus, le prince de la Moskova\nfaisait connaître Josquin Deprés, le plus célèbre contrepointiste du xve siècle,\nArcadelt, qui, après avoir émigré à la chapelle Sixtine (1540), suivit le duc de\nGuise à Paris, où il obtint (1557) le titre de « musicus regius » ; de l'Allemagne,\noutre Bach et Handel, Gallus, contemporain de Palestrina, kapellmeister de\nLévêque d'Olmutz, puis organiste à Prague; de l'Espagne, Vittoria, repré-\nsentant du « style palestrinien » au delà des Pyrénées ; de la France enfin,\nClément Jannequin, Du Caurroy. .\nTout cela ne fut pas accueilli avec un enthousiasme durable. Pour des raisons\ndiverses, dont la principale paraît être une éducation insuffisante, la plupart\ndes journalistes et des critiques firent bientôt le silence autour des concerts\ndonnés par le prince de la Moskowa. Dans le Journal des Débats, Berlioz, qui était\ntrès ignorant de la musique ancienne et avait même une idée très incomplète de\ncelle de Bach (nousavons là-dessus le témoignage de M. Saint-Saëns), n'a jamais\nfait mention de ces nouveautés.\nEst-ce cette indifférence qui arrêta l'entreprise? Est-ce la difficulté de la tâche\nou la lassitude des souscripteurs et le manque de fonds ? Dans un article publié\nparla Gazette musicale du 14 octobre 1855, Adrien de La Fage écrivait : « Il y a\nquelque dix ans, un amateur des plus distingués, M. Ney delà Moskowa, eut\nl'idée d'établir à Paris quelque chose de semblable (aux sociétés anglaises de\nmusique ancienne et d'harmonie sacrée) : ses talents, sa position et ses relations\nsemblaient le mettre à même de faire prospérer une fondation de ce genre ; il fut\nd'abord secondé, appuyé et loué avec raison par toute la presse politique et musi-\ncale, mais l'argent des riches amateurs n'afflua nullement: au seconcLversement,\nprès de la moitié des fondateurs ne répondit plus à l'appel et rompit ses enga-\ngements ; à la fin de la seconde année, il fallut fermer boutique, et peu s'en\nfallut qu'on ne mît la clef sous la porte. » Leçon à méditer par ceux qui, en mu-\nsique, aiment les projets gigantesques ! D'après de La Fage, la Société n'aurait\neu qu'une très courte durée : mais ce témoignage n'est pas très exact. On lit en\neffet ceci dans la Revue et Galette musicale du 22 avril 1855, à propos des Concerts\nhistoriques de Fétis : «.. La Société de musique vocale, religieuse et classique\ndirigée avec un rare talent par le princede la Moskowa, forte des sympathies de\nl'aristocratie dilettante, continua, durant sept années, une partie de l'oeuvre glo-\nrieusement commencée par M. Fétis. » Quelle qu'ait été sa durée exacte, cette\nœuvre artistique ne fut pas un brillant fait d'armes sans lendemain, à la manière\nde Napoléon : le véritable créateur de l'Ecole Niedermeyer et des Ecoles simi-\nlaires, c'est le prince de la Moskowa.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c019", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "32", "page_fin": "41", "image_debut": 8, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.3.1", "titre_corps": "ORGANISATION DES ÉTUDES D'HISTOIRE MUSICALE EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE", "titre_sommaire": "ORGANISATION DES ÉTUDES D'HISTOIRE MUSICALE EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.8", "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2915, "texte": "ORGANISATION DES ÉTUDES D'HISTOIRE MUSICALE EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE\nPALESTRINA ET LA MUSIQUE DU XVIE SIÈCLE, L'OEUVRE DU PRINCE DE LA\nMOSKOWA.\n\n[Suite)\n(Résumé par M. Emile Dusselier.)\nDans ma dernière leçon, j'ai dit comment la musique de Beethoven avait été\nintroduite en France. Tout en continuant à étudier l'oeuvre des concerts, je\nparlerai aujourd'hui de ceux qui firent connaître chez nous la musique de Pales-\ntrina, le grand compositeur du xvie siècle qui, dans la composition purement\nvocale et à plusieurs parties, a porté au plus haut degré, en profitant des progrès\nantérieurs, l'art religieux de la Renaissance, et celle de ses contemporains, de\nses élèves directs ou de ses imitateurs.\nAvant d'aborder ce nouveau sujet, je mentionne, sans m'y arrêter, deux\nmusiciens dont j'aurai à reparler plus tard, mais qu'on ne peut oublier quand\non parle de concerts historiques. Le premier est Fétis, ancien élève (1800-3),\npuis professeur (1821) du Conservatoire de Paris. Théoricien sans être novateur,\npubliciste sans être écrivain, compositeur sans autre qualité que beaucoup\nda'dresse, érudit sans posséder toutes les qualités essentielles qu'implique le titre\nde savant, mais professeur d'élite, très instruit, vulgarisateur passionné, d'une\nactivité infatigable et presque sans exemple (M. Hugo Riemann pourrait seul\nlui être comparé sur ce point), Fétis s'est livré, pour donner une impulsion aux\nétudes d'histoire musicale, à des entreprises diverses dont je n'ai à retenir, pour\nle moment, que les faits suivants, d'ailleurs caractéristiques d'une manière\nhâtive, et superficielle que nous retrouverons dans d'autres ouvrages: ce sont\nles quatre concerts-conférences qu'il a donnés le 8 avril 1832 à la salle desMenus-\nPlaisirs, le 16 décembre de la même année au Conservatoire, le 24 février 1853\net au mois d'avril de la même année à la salle Ventadour. Dans le premier, Fétis\nprétendait exposer et illustrer, par des exemples de choix, toute l'histoire de\nl'opéra, de 1501 à 1830 ; dans le second, la musique du xvie siècle ; dans le\ntroisième, toute la musique du xvne siècle ; dans le quatrième, il eut un échec\nattribué, selon l'usage, à la «malveillance ». Il est dommage que cette institution\ndu concert-conférence ait été arrêtée si tôt. Fétis avait pourtant autour de lui, et\nil utilisa pour sa propagande dogmatique, des chanteurs et des cantatrices de\npremier ordre ; c'est ainsi que dans son exposé de l'histoire de l'opéra, il fit\nentendre des artistes tels que Rubini, Nourrit, Bordogni, Lablache, Lafont,\nLevasseur, Dabadie, Mmes Schrœder-Devrient, Damoreau, Dorus, etc... On ne\npeut nier qu'en France il fut un ouvrier, très actif et très intelligent, de la\npremière heure.\nLe second musicien que je ne dois pas oublier est Amédée Méreaux, né à\nParis en 1803, fils et petit-fils d'organistes, homme délicat et distingué, moins"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3714, "texte": "porté à se répandre au dehors en manifestations de toute sorte, comme Fétis,\nqu'à se concentrer sur des œuvres de finesse. J'aurai à parler ultérieurement du\nRecueil qu'il a publié (Les Clavecinistes français, de 1637 à 179°) ?je me b°rne à\nrappeler qu'il donna, à Rouen en 1842, puis à Paris en 1844, deux concerts con-\nsacrés à l'histoire de la musique. Je n'ai malheureusement pas pu en connaître\nle programme Je reviens maintenant au principal objet de cette leçon.\nLe premier Français qui se soit sérieusement occupé des œuvres de Palestrina\nest Choron, né à Caen en 1772, directeur de l'Opéra en 1816, et apôtre ardent\nde la musique chorale. Ce fut d'abord un mathématicien, que la lecture des\nouvrages de Rameau avait tourné vers la théorie musicale et l'étude des phéno-\nmènes acoustiques. Esprit cultivé, connaissant les ouvrages allemands et\nitaliens, il a publié avec Fayolle un Dictionnaire historique en 2 volumes,\nauquel il n'a d'ailleurs fourni que quelques articles (1810-11) avec une intro-\nduction qui (de la page 11 à la p. 92) contient un résumé de l'histoire de la\nmusique. Choron avait la vocation du professorat ; il faisait en France des\nvoyages d'exploration artistique, appliqué à découvrir des enfants bien doués\nqu il amenait ensuite chez lui, pour les instruire avec désintéressement et les\nformer au chant C'était un excellent praticien, ayant le goût des grandes masses\nvocales Son principal mérite est d'avoir maintenu une tradition qui risquait\nd'être fâcheusement interrompue ou de se perdre. Lorsque le Conservatoire eut\nété supprimé, en 1816, Choron ouvrit 1' « Ecole de chant et de déclamation », qui\nfit l'intérim jusqu'à la révolution de juillet et donna naissance, dans la suite, à\nun nouveau courant d'études. En effet, quand le Conservatoire, grâce à la révo-\nlution de 1830, fut revenu à la vie, l'idée qu'avait eue Choron de créer une école\nde chant, et principalement de chant religieux, fut reprise (en 1853) par\nNiedermeyer, fondateur de l'Ecole qui porte encore son nom, et dont le pro-\ngramme eut pour articles principaux, dès le début, de remettre en honneur le\nplain-chant et la musique de Palestrina. C'est Choron qui avait ouvert cette der-\nnière voie.\nEnt re l'Ecole de Choron et celle de Niedermeyer, il y eut, comme après lé-\nclipse du Conservatoire en 1816, un autre intérim. Cet intérim fut fait par un\nhomme singulièrement intéressant et original, qui rendit de réels services dans\nune période fort brillante, et qui sollicite l'attention de 1 historien par des titres\nnombreux : c'est le prince de la Moskowa. Quelques-uns de ceux qui l'ont vu\nà 1 œuvre sont encore vivants. Il est dommage qu'en s'aidant de leurs souvenirs\non n'ait pas songé à nous retracer le portrait, pas même la « silhouette », de ce\nroi des amateurs qui, pendant plusieurs années, régna sur des mondes très\ndilférents et eut son heure de belle influence salutaire, de gloire même ;il est\nun exemple typique du succès rapide, mais éphémère, que peuvent avoir en\nFrance toutes les tentatives dont la musique sérieuse est l'objet.\nJoseph-Napoléon Ney, prince de la Moskowa, né à Paris le 8 mai 1803 (et\nmort à Saint-Germain-en-Laye le 25 juillet 1857), était le fils du maréchal Ney,\nexécuté en 1815 sous la Terreur blanche, et petit-fils d'un tonnelier sans fortune.\nOn pourrait le classer parmi les hommes de guerre. D'abord capitaine de\nhussards dans l'armée française, général de brigade le 10 août 1853, quelque\ntemps au service de la Suède, il se battit en Algérie et publia (en 1845) des\nSouvenirs d'une campagne d'Afrique, auxquels il faut joindre un opuscule inti-\ntulé Des haras et des remontes en France (1841). On pourrait aussi bien le classer"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "parmi les hommes politiques. En 1841, il siège àla Chambre des pairs ; en 1 847,\nil prend part à la fameuse campagne des banquets ;en 1848, il se rallie à Napo-\nléon, le soutient comme représentant d'Eure-et-Loir et devient sénateur\n(le 26 janvier 1852). On raconte même qu'à une époque où il ne voulait être\nconnu que comme compositeur, cette dualité de fonctions lui attira une réplique\nassez désagréable. Il rencontre un grand musicien contemporain, et lui demande\ndes nouvelles de sa santé, en l'appelant « mon cher collègue ».\nl'autre en souriant, je ne savais pas que j avais été nommé sénateur ! » Membre\ntrès influent du Jockey-Club, célèbre par son luxe ruineux, il fut aussi 1 arbitre\ndes élégances et donna longtemps le ton à la mode. J'indique seulement ces\ncôtés de sa vie, pour m'arrêter aux choses purement musicales.\nUne note biographique publiée par Escudier, dans la France musicale de 1857,\nà la m®rt du prince, nous apprend qu'il avait fait ses études musicales en Italie\net qu'à l'âge de treize ans (sic) il avait fait exécuter une messe solennelle avec\norchestre, à Lucques. C'est donc en Italie, où il vivait dès avant la mort de son\npère, que le prince de la Moskowa apprit à connaître les grands compositeurs\nqu'il devait essayer de vulgariser plus tard. Une fois en France, il produit des\nœuvres personnelles, en se subordonnant d'abord, pour l'influence effective, à\nChoron, qui est alors au premier plan. Le 19 février 1831, Fétis rend compte\nd'un (( Exercice extraordinaire » qui a lieu à « l'Ecole royale de musique clas-\nsique »de Choron, pour l'exécution d'une messe du prince, messe à « grand\norchestre », qui a nécessité la réunion de l'orchestre du Théâtre italien, alors\ndirigé par Girard, aux artistes de l Ecole. Fétis ne reproche à cet ouvrage qu'un\nexcès de science : « Il m'a paru, dit-il, que les entrées de fugue y sont mul-\ntipliées et donnent en plusieurs endroits un certain aspect scholastique à la\ncomposition. » Remarquons, dans le programme de cet « Exercice extraordi-\nnaire », un psaume de Marcello, un madrigal de Palestrina et la Bataille de\nMarignan de Cl. Jannequin. La Gazette musicale du ler mai 1842 mentionne\nl'exécution, en l'église des Missions étrangères, rue du Bac, d'un Kyrie et d'un\nChriste à sept voix, d'un O salutaris à six, et d'un Domine salvum du prince\nde la Moskowa, encadrés par des fragments de la célèbre « Messe du pape\nMarcel » de Palestrina. A des œuvres religieuses, dont je ne puis donner la\nliste exacte, il faut joindre des œuvres profanes, dont les principales sont deux\nopéras : le Cent-Suisse et Yvonne. Le Cent-Suisse (1 acte) est joué à l'Opéra-\nComique le 17 juin 1840. Dans la France musicale du 21 juin, Escudier juge\nl'auteur avec plus de sévérité que Fétis : « La musique de grand seigneur,\nécrit-il, devient un peu envahissante depuis quelque temps ; c'est une épidémie\ndangereuse, qui passera bientôt, nous l'espérons.... En vérité, nous n'oso îs\npas prendre trop au sérieux la pièce que 1 Opéra-Comique a eu l'honneur de\nreprésenter mercredi dernier... La musique du Cent-Suisse est froide, mal\ninstrumentée et ne renferme rien d'original... L'auteur désirant garder l'a-\nnonyme, nous le laisserons reposer en paix. » Escudier doutait que la pièce\narrivât à la quatrième représentation. Elle fut jouée près de cent fois. Quinze\nans plus tard, le même Opéra-Comique donnait un concert, sous la direction de\nTilman, dont la seconde partie comprenait un Salve regina du prince, pour\nquatre soprani, alors que la première partie était consacrée à /'Enfance du Christ\nde Berlioz (samedi 14 avril 185 s), et au mois de mars de la même année, une\npiécette lyrique, Yvonne, ainsi appréciée par Blanchard dans la Gazette musi-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.11", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3473, "texte": "cale : « Le compositeur M le prince de la Moskowa, a pourtant brodé sur ce\ncanevas une musique ingénieuse, bien faite, colorée comme un fabliau du\nmoyen âge. » Le même journaliste loue, « le caractère légèrement rétro-\nspectif de quelques morceaux », une fugue, une instrumentation «pittoresque »,\ninspirée de Weber.\nJe ne suis guère en mesure, on le comprendra, de donner une appréciation\npersonnelle sur le talent du prince de la Moskowa comme compositeur. Il\nressort cependant de beaucoup de témoignages qu il avait une solide éducation\ntechnique. Il savait écrire une fugue. C'est tout à fait insuffisant pour avoir des\nsuccès de théâtre ; mais c'est une sérieuse garantie de compétence musicale. De\nplus, la musique religieuse du xvie siècle avait laissé sur lui, durant son séjour en\nItalie, des impressions décisives. Enfin, il était de la grande tradition napoléo-\nnienne ; il avait 1 amour de la gloire et le goût des aventures.\nEn 1843, sous l'influence des beaux souvenirs de sa jeunesse, il eut la pensée,\ncomme tant d'autres depuis cette époque, de fonder, avec des personnes du\ngrand monde et des artistes, une « Société de musique vocale, religieuse et\nclassique » dont il serait le directeur. Le prestige de son nom et son mérite\npersonnel lui valurent tout de suite de précieux concours. Toute la haute\naristocratie française du maréchalat impérial prit intérêt à cette création. Les\ndames « patronnesses» étaient la duchesse d'Albufera, la princesse de Beauveau,\nla duchesse de Coligny, la princesse de Craon, la duchesse de Gramont, la\ncomtesse de Lobau, la duchesse de Massa, la comtesse Merlin, la princesse de\nla Moskowa, la vicomtesse de Noailles, la comtesse de Sandwich, la duchesse\nde Talleyrand. Au-dessus de ce brillant aréopage féminin, avec le titre de\n« membres honoraires» étaient placées les illustrations du jour : Adam, Auber,\nBerton, Carafa, Halévy, Meyerbeer, Onslow, Rossini, Spontini. Bottée de\nToulmon et Zimmermann. Des études préliminaires étaient indispensables ; on\norganisa de véritables classes de chant, avec des maîtres spéciaux : Carlini pour\nles soprani, Vera pour les contralti, Dietsch pour les ténors, Vogel pour les\nbasses. Les chefs d'attaque avaient eux-mêmes pour chef M. Trévaux. Le tréso-\nrier était le banquier Lafitîe, beau-père du prince. Le sous-directeur, qui plus tard\ndevait passer au premier plan, était Niedermeyer. Un règlement très précis fut\nrédigé. J en détache les articles les plus importants :\n« Art. 1. —Le but principal que se propose la Société est l'exécution de\nmorceaux écrits pour les voix, sans accompagnement, ou avec accompagnement\nd'orgue, et particulièrement par les maîtres français, belges, italiens et\nallemands des xvie et xvne siècles.\n« Art 2. La Société n'exécutera que des morceaux dont les auteurs seraient\nmorts avant le commencement du xixe siècle.\n« Art. 4. —Le prix de la souscription àla Société est de 120 fr., moyennant\nlesquels toute personne admise àen faire partie et ayant reçu le diplôme de\nmembre sociétaire aura le droit d'assister aux concerts donnés par elle pendant\nle courant d'une année.\n« Art. 9. Le diplôme de membre honoraire sera accordé par le comité des\ndames patronnesses sur la proposition du directeur. Le nombre des membres\nhonoraires ne pourra excéder soixante. »\nDu premier concert, qui eut probablement un caractère privé, nous ne savons\nrien; sur le deuxième, qui fut le véritable début delà Société et eut lieu à la"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3806, "texte": "salle Herz, voici ce qu'écrivait Adolphe Adam (France musicale du 4 juin 1843 :\n« Voici une grande et magnifique pensée... Lorsqu'il y a quelques mois, M. le\nprince de la Moskowa voulut bien me confier le plan de sa Société, j'avoue que\nj'en croyais la réalisation impossible. Non, pensai-je, nous n'aimons pas assez la\nmusique sérieuse, pour que les amateurs consentent à faire les études arides et\ndifficultueuses, indispensables pour arriver à l'exécution des morceaux scholasti-\nques {sic)... 11 est fort heureux que M. de la Moskowa ait eu l'idée de fonder celte\nSociété, car lui seul en était capable. Un artiste, malgré toute l'autorité de son\nnom et de son talent, n'aurait pas eu l'influence d'un homme du monde sur les\ngens du monde qu'il fallait endoctriner et convertir, eux habitués seulement aux\nfioritures italiennes et aux romances d'album qu'on leur dédie. » A ce concert,\noù pour la première foisles ecclésiastiques furent admis, et où tous les exécutants\nétaient des amateurs (sauf quelques choristes hommes), on fit applaudir av'ec\ntransport le Stabat et le Pleni sunt cceli de Pa.lestrina, un Miserere d'Orlando\nLasso. La marquise de Gabriac chanta un air du Stabat de Haydn ; la comtesse\nMurât, un trio de Clari avec la comtesse Apponyi et A Dupont. Trois versets du\nMiserere d'Allegri, Y Ave Maria d'Arcaaelt, Y Alléluia du Messie de Handel, un\nair de la Création de Haydn, figuraient aussi au programme.\nLe 18 mars 1844 eut heu, à la salle Herz, le 3e concert. La marquise de\nGabriac, la comtesse Murât, étaient au nombre des interprètes ; au programme,\nœuvres de Palestrina, Clari, Haydn, Pergolèse, Handel. Le succès grandissait\nsi vite et créait un tel mouvement de faveur pour l'ancienne musique, qu'en\n1 845, dans la Gazette musicale (2$ mai), Danjou, qui était pourtant un archéologue,\ncommençait à s'alarmer : « C'est un fait extraordinaire, écrivait-il, et qui n'a pas\nété assez remarqué, que celui de l'existence, de la persévérance et du succès de la\nSociété fondée par M. lepr. de la M pour l'exécution de la musique classique... Je\nne crois pas me tromper en disant que l'existence de ces concerts indique claire-\nment que nousentrons dans uneépoquede réaction et, sans être prophète, on peut\nprédire qu'avant peu il y aura un enthousiasme irréfléchi mêmepour la musique\ndes temps passés et un grand mépris pour les compositions récentes ».\nDanjou en voit un symptôme dans le succès du Désert de Félicien David, où\nl'auteur « à chaque instant s'est inspiré de Lulli, de Couperin »! ! un autre\ndans les symphonies de Reber.\n« Le premier artiste qui ait commencé cette réaction, ajoute-t-il, est Choron.\nLes œuvres de Palestrina et de Marcello, qu'il fit entendre pour la première fois\nen France, firent tout d'abord une grande impression et habituèrent le public à\nbidée que toute la musique ne datait pas du temps où il vivait. Après Choron,\nM. Fétis, dans ses concerts historiques, continua cette revue rétrospective des\nchefs-d'œuvre anciens en tout genre... Il deviendra peut-être nécessaire d'arrêter\npar la critique les artistes qui s'engageraient trop avant dans cette voie ; car, s'il\nest utile d'étudier le passé, il ne faut pas pour cela faire rétrograder l'art. »\nPour nous faire une idée exacte des compositeurs anciens étrangers et français,\nque fit connaître le prince de la Moskowa, nous avons une source de renseigne-\nments excellente : c'est le recueil en onze volumes qui a été publié chez Pacini,\néditeur de la Société, et qui contient le répertoire de celle-ci. Ce recueil curieux,\nil faut le dire tout d'abord, n'est nullement une œuvre critique, au point de vue\nde la constitution du texte ; aujourd'hui encore, nousnavons rien en France qui,\ndans le domaine de la musique religieuse au xvie siècle, soit comparable, même"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1207, "texte": "de loin, aux travaux d'un Haberl sur Palestrina ou d'un Sandberger sur Orlando\nLasso. Le prince de la Moskowa était trop artiste, trop « jockey-club», pour\naimer les patientes recherches de bibliothèque. Il s'est beaucoup servi du réper-\ntoire de l'École de Choron ; seule, la bibliothèque de notre Conservatoire, dépo-\nsitaire d'un célèbre manuscrit de Carissimi, a été mise à contribution. Le prince\nn'avait qu'une idée très vague de la méthode historique et de ce qu'on appelle\n« les sources ». L'idée ne lui est jamais venue de demander si l'air célèbre d'église,\nfaussement attribué à Stradella, n'était pas apocryphe ou si la déclinaison musi-\ncale de hic, hœc, hoc était bien de Carissimi (et non de Dom. Mazzochi). Palestrina\nforme le fonds de ce répertoire, qui s'est peu à peu étendu à des auteurs de\nsecond ordre, et où les œuvres purement françaises sont très rares. Il esttrès riche\nde noms Le meilleur moyen de l'apprécier est de le reproduire intégralement.\nVoici les compositeurs qui s'y trouvent, avec le nom de leur pays d'origine et leurs\ndates, l'indication des œuvres exécutées, et celle du volume (dans le répertoire\nde la Société) où on en trouve le texte."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.16", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1781, "texte": "Certes, cette liste n'est pas faite uniquement avec des musiciens et des\nœuvres de génie. A côté de l'excellent, il y a du médiocre, des compositeurs de\nsecond, de troisième et même de quatrième ordre. Mais quel flot de notions\nnouvelles elle jetait sur un public, qui avait besoin d'apprendre, selon le mot du\ncritique cité tout à l'heure, que la musique ne datait pas d'hier ! A des Parisiens\nqui ne connaissaient guère que des « airs frivoles d'opéra », elle donnait une.pre-\nmière et vive impression, sinon une idée complète, de toutes les grandes écoles.\nD'abord, pour l'ltalie, les écoles romaine, napolitaine, vénitienne, bolonaise :\nl'école romaine, représentée par Palestrina, Nanini, successeur de Palestrina, et\npar ses élèves : Anerio, compositeur de la chapelle papale en 1594, Allegri, Ca-\nrissimi, tous maîtres de la forme de l'art la plus élevée, le contrepoint vocal ;\nl'école napolitaine, représentée par les deux Scarlatti, Alexandre et Dominique,\nvéritables sources de grande musique, par Durante, qui à l'encontre des Scarlatti\nn'a écrit que pour l'église, et par Gesualdo, le compositeur hardi et original,\npartisan de la tonalité libre, restaurateur des genres antiques (dont il reste\nsix livres de madrigaux à 5 voix, parus en 1585); l'école vénitienne, repré-\nsentée par Merulo, organiste de Saint-Marc en 1566, dont les œuvres appartien-\nnent aux plus anciens monuments de la composition pour orgue ; les deux Ga-\nbrieli, Andréa et Giovanni, ce dernier successeur de Merulo comme organiste à\nSaint-Marc, maître de Schûtz et prédécesseur de Bach ; Donati, compositeur de\nmadrigaux et de motets ; Loti, et son élève Marcello, l'auteur d une paraphrase\ndes 53 premiers Psaumes qui est placée sur le même rang que les chefs-d'œuvre"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.17", "debut_caractere": 36, "fin_caractere_exclue": 3196, "texte": "de Palestrina ; les autres écoles, représentées par Luca Marenzio, le plus\ncélèbre représentant de la composition madrigalesque, le « divino compo-\nsitore»; Colonna, président de la célèbre Académie philharmonique de Bolo-\ngne, et son élève Clari, d'envergure très modeste, connu surtout par ses duos\net ses trios de 1720. Des Pays-Bas, avec Lassus, le prince de la Moskova\nfaisait connaître Josquin Deprés, le plus célèbre contrepointiste du xve siècle,\nArcadelt, qui, après avoir émigré à la chapelle Sixtine (1540), suivit le duc de\nGuise à Paris, où il obtint (1557) le titre de « musicus regius » ; de l'Allemagne,\noutre Bach et Handel, Gallus, contemporain de Palestrina, kapellmeister de\nLévêque d'Olmutz, puis organiste à Prague; de l'Espagne, Vittoria, repré-\nsentant du « style palestrinien » au delà des Pyrénées ; de la France enfin,\nClément Jannequin, Du Caurroy. .\nTout cela ne fut pas accueilli avec un enthousiasme durable. Pour des raisons\ndiverses, dont la principale paraît être une éducation insuffisante, la plupart\ndes journalistes et des critiques firent bientôt le silence autour des concerts\ndonnés par le prince de la Moskowa. Dans le Journal des Débats, Berlioz, qui était\ntrès ignorant de la musique ancienne et avait même une idée très incomplète de\ncelle de Bach (nousavons là-dessus le témoignage de M. Saint-Saëns), n'a jamais\nfait mention de ces nouveautés.\nEst-ce cette indifférence qui arrêta l'entreprise? Est-ce la difficulté de la tâche\nou la lassitude des souscripteurs et le manque de fonds ? Dans un article publié\nparla Gazette musicale du 14 octobre 1855, Adrien de La Fage écrivait : « Il y a\nquelque dix ans, un amateur des plus distingués, M. Ney delà Moskowa, eut\nl'idée d'établir à Paris quelque chose de semblable (aux sociétés anglaises de\nmusique ancienne et d'harmonie sacrée) : ses talents, sa position et ses relations\nsemblaient le mettre à même de faire prospérer une fondation de ce genre ; il fut\nd'abord secondé, appuyé et loué avec raison par toute la presse politique et musi-\ncale, mais l'argent des riches amateurs n'afflua nullement: au seconcLversement,\nprès de la moitié des fondateurs ne répondit plus à l'appel et rompit ses enga-\ngements ; à la fin de la seconde année, il fallut fermer boutique, et peu s'en\nfallut qu'on ne mît la clef sous la porte. » Leçon à méditer par ceux qui, en mu-\nsique, aiment les projets gigantesques ! D'après de La Fage, la Société n'aurait\neu qu'une très courte durée : mais ce témoignage n'est pas très exact. On lit en\neffet ceci dans la Revue et Galette musicale du 22 avril 1855, à propos des Concerts\nhistoriques de Fétis : «.. La Société de musique vocale, religieuse et classique\ndirigée avec un rare talent par le princede la Moskowa, forte des sympathies de\nl'aristocratie dilettante, continua, durant sept années, une partie de l'oeuvre glo-\nrieusement commencée par M. Fétis. » Quelle qu'ait été sa durée exacte, cette\nœuvre artistique ne fut pas un brillant fait d'armes sans lendemain, à la manière\nde Napoléon : le véritable créateur de l'Ecole Niedermeyer et des Ecoles simi-\nlaires, c'est le prince de la Moskowa.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c020", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "37", "page_fin": "37", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.3.1.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.13", "debut_caractere": 1209, "fin_caractere_exclue": 2319, "texte": "NOMS DES AUTEURS TITRES DES ŒUVRES EXÉCUTÉES Nombre de parties N° du\nVOCALES la cc\nvolume de\nélection\nAllegri(Rome,1586-1652) De lamentatione Jeremiœ,\n— Miserere,\nAnerio (Rome, [560-1630) Ave regina cœlorum,\n— Adoramus,\nArcadeUPays-Bas,xvies.) Ave Maria,\n— Il bianco e dolce cigno,\nJ.-S. Bach (1685-1750). Tantum ergo,\n— fui presso, air avec chœur de\nla Passion St Matth.,\n0. Benevoli(Rome, 1602-\n1672) ...... Sanctus,\nBuononcini (Modène,\n1640 1726). . . . .In te, Domine,\nCarissimi (Marino,\n1604-1674) 0 felix anima,\n— Gaudeamus,\n— Surgamus, ennuis,\n— Déclinaison de hic,hœc, hoc,\nClari (Pise, 1669-1746) Cantando un di,\n— A/0/2 /e sdegnar,\n— Addio, campagne amene,\n— Gratias agimus,\nDu Caurroy (1549-1609) Noël, Noëly\nColonna (Bologne, 1640-\n1695) Domine,\nDonato (1510-1603) . . Villote neapolitana,\nDurante (Naples, 1684-\n175:) Christe eleison,\nGabriel! A. (Venise,\n1510-1586) .... Magnificat,\nà 4 voix\nà 2 chœurs\nà 2 —\nà 4 v.\nà 4 v.\nà 4 v.\nà 4 v.\nà 16 v.\nà 4 v.\nà 3 v.\nà 4 v.\nà 3 v.\nà 4 v.\nà 2 v.\nà 2 v.\nà 3 v.\nà 5 v.\nà 4 v.\nà 5 v.\nà 4 v.\nà 4 v.\nà 3 chœurs\n2\n2\n6\n6\n2\n5\n2\n4\n11\n8\n6\n8\n8\n11\n3\n3\n2\n8\n10\n8\n10\n6\n6"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c021", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "38", "page_fin": "38", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.3.1.2", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.14", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1612, "texte": "NOMS DES AUTEURS\nTITRES DES ŒUVRES EXECUTEES Nombre de parties N° d i\nVOCALES la C\nvolume de\nolit'Ction\nGabrieli A [suite).\nGabrieli G. (Venise,\n1587-1612)\nGallus(Krain, 1550-1591)\nGastoldi (1566-1622).\nGesualdo (xvie s.). .\nGibbons Orlando (Cam-\nbridge, 1583-1625). .\nGluck (Weidenwang,\n1714-1787) .\nHandel(Halle, 1685-1759)\nHaydn (Rohrau, 1732-\n1809)\nJannequin (xvie s.).\nJosquin Deprès (1440-\n1521 ?)\nLeisring (1590-1637).\nLéo (Naples 1694-1746).\nLoti (Hanovre, vers\n1667-1740) .\nLupus (xvie s.).\nMarcello (Venise, 1686-\n1739)\nBenedictus, à 3 —\nSento un rumor, à 8 v.\nMagnificat, à 8 v.\nMiserere, à 6 v.\nMedia vita, à 2 chœurs\nAdoramus, a 6 v.\nEcce quomodo moritur, à 4 v.\nViper lieto voglio, à 5 v.\nGelo a ma donna, à 5 v.\nCome esser suo, à 5 v.\nLe vieux chasseur, à 5 v.\nLe croisé captif, à 5 v.\nMadrigal (Orphée), à 5 v.\nLascia clïio pianga, à 5 v.\nAh ! mio cor, à 5 v.\nTutta raccolta an cor, à 5 v.\nC/ze va/ cercando, duo,\nAlléluia (du Messie), à 4 v.\n/? Dzo (air delà Création),\nTrio et chœur (id.),\nInsanœ et vanœ curœ, à 4 v.\nVidit suum dulcem natum) air 'Stabat)\nLac tfîc vere, air (id.)\nVirgo virginum, quatuor (id.)\nQuando corpus, quatuor et chœur (id.)\nLa bataille de Marignan, à 4 v.\nLe chant des oiseaux, à 4 v.\nLa déploration de Jean\nOckegem, à 4 v.\n0 filii, à 2 chœurs\n5/cw£ erat, à 10 v.\nSpirito di Dio, à 4 v.\nMiserere, à 4 v.\nBenedictus, à 4 v.\nChriste eleison, à 5 v.\nAudivi vocem) à 6 v.\nDonde con tanto fremito, chœur\n/ c/e/z immensi, solo et chœur\nLa /aa Le//' acque, à 3 basses\n6\n11\n9\n9\n6\n6\n6\n10\nS\n11\n11\n3\n3\n3\n3\n3\n3\n4\n4\n4\n4\n4\n4\n4\nI I\n5\n2\n8\n5\n10\n10\nII\n6\n3\n3\n5"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c022", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "39", "page_fin": "39", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.3.1.3", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.15", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "NOMS DES AUTEURS TITRES DES ŒUVRES EXECUTEES Nom\nparties N°\nci/* volume de\nVOCALES\nla collection\nMarenzio (Coccaglio, près\nBrescia , 1550-1549) Ahi dispietata,\nà\n4\nV.\nI I\nNanini (1545-1607). . . Diffusa est gratia,\nà\n4\nV.\n6\nOrlando Lasso (Mons,\n1520-1594) .... Regina cœli,\nà\n4\nV.\n2\n— Salve Regina,\nà\n4\nV.\n2\n— Miserere,\nà\n4\nV.\n2\n— Sais-tu dire Y Ave ?\nà\n4\nV.\n5\n— Si le long temps,\nà\n4\nV.\n5\n— Ce faux amour,\nà\n4\nV.\n5\n— Fuyons tous d'amour le jeu,\nà\n4\nV.\n5\n— Bonjour, mon cœur,\nà\n4\nV.\n5\n— Le temps peut bien,\nà\n4\nV.\n5\nJe Y aime bien,\nà\n4\nV.\ns\n— vorcs n'êtes en bon point,\nà\nr\"\n5\nV.\n)\n— Per pianto, madrigal,\nà\n5\nV.\n5\n— Qa/a cinerem,\nà\n5\nV.\n6\n— Depsalmis pœnit.\nà\n3\net 4 v.\n9\nPalestrina (1524-1594) . Messe « du Pape Marcel »,\nà\n6\nV.\n1\n— id. Œterna Christi\\\nà\n4\nV.\nt\n— Stabat,\nà\n2\nchœurs\n1\n— Fratres ego enim,\nà\n2\nchœurs\n1\n—- Adoramus,\nà\n4\nV.\n1\n— Pleni sunt cœli et terrœ,\nà\n3\nV.\n1\n— rzva Tibro, madrigal,\nà\n4\nV.\n1\n— Vaghi pensier,\nà\n4\nV.\n5\n— La ver l'aurora,\nà\n4\nV.\n5\n— Tribularer si nescirem,\nà\n6\nV.\n7\n— Agnus Dei,\nà\n8\nV.\n7\n— Popule meus,\nà\n2\nchœurs\n7\n— Canite tuba,\nà\n5\nV.\n7\n— Fzrcea raea,\nà\n4\nV.\n7\n— Una hora,\nà\n4\nV.\n7\n— Tantum ergo,\na\n5\nV.\n7\n— In monte Oliveti,\nà\n4\nV.\n7\n— Tristis est anima,\nà\n4\nV.\n7\n— Esurientes,\nà\n5\nV.\n7\n— Corporis mysterium,\nà\n4\nV.\n7\n— 0 force ./esrc,\nà\n4\nV.\n7\n— Sicut eraty\nà\n6\nV.\n7\n-— De/ mater aima,\nà\n4\nV.\n7\n— Lauda anima,\nà\n5\nV.\n7\n— Hodie Christus natus est,\nà\n2\nchœurs\n7\n— Gloria Patri,\nà\n2\nchœurs\n7\n— Missa canonica,\nà\n4\nV.\n9\n— Requiem,\nà\nK\n>\nV.\n9"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c023", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "40", "page_fin": "40", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.3.1.4", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.16", "debut_caractere": 1783, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "NOM DES AUTEURS\nTITRES DES ŒUVRES EXÉCUTÉES Nombre\n: parties\nA'0 volume de\nVOCALES\nla collection\nPalestrina {suite)\nDies sanctifcatus,\nà\n4 V.\n10\n—\nSicut cervus desiderata\nà\n4 V.\n10\n—\nLaus, honor,\nà\n6 v.\n10\n—\nVeni sponsa,\nà\n4 v.\n10\nScarlatti, Al. (Trapani,\nSicile, 1659-1725). .\nCor mio, madrigal,\nà\n5 v-\n2\nStradella (Naples, 1645-\n1681)\nPieta signore, aria\n3\nTallys( Anglais m. eni 585) Kyrie eleison,\nà\n<\n•\n3\nVittoria (1540 1608).\nJesu dulcis memoria,\nà\n4 V.\n6\n—\nPueri Hebrœorum,\nà\n4 v.\n2\n—\n0 vos omnes,\nà\n4 v.\n2\n—\nGloria Patri,\nà\n6 v.\n6\n—\n0 quam gloriosum,\nà\n4 v.\n6\n—\nFere languores,\nà\n4 v.\n10\nVulpius (Wasungen,\nné vers 1560). . . .\nExultate justi.\nà\n4 v.\n6\nANONYMES\n—\nChant des frères mor ave s.\nà\n4 V.\n2\n—\n/l//rt Trinita beata,\nà\n4 V.\n2\n—\nBelle qui tiens ma vie, pavane\nà\n4 V.\nr*\n>\n-—\nP\\ag. d'zm ancien Noël, solo et chœur\n10\n—\nAe questa valle di miseria,\n10"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c024", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "42", "page_fin": "43", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.4", "titre_corps": "Publications nouvelles: Henry Dumont (1610-1684).", "titre_sommaire": "Publications nouvelles: Henry Dumont (1610-1684).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.18", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3466, "texte": "Publications nouvelles: Henry Dumont (1610-1684).\n\nHENRY DUMONT, étude historique et critique, par Henri Quittard, avec une préface\nde J. Combarieu, chargé de cours au Collège de France, I vol. gr. in 8°, 214 p.\nde texte, plus 57 p. de musique (à la Société du Mercure de France, 16,\nrue de Condé, 10 fr.).\nM.\n—■ Bien que M. Henri Quittard soit un des collaborateurs\nde la Revue musicale, nous ne sommes nullement gêné pour recommander ici\nson livre, œuvre de patientes et pénétrantes recherches, monographie com-\nplète d'un grand musicien trop peu connu. Né à Liège en 1610, H. Dumont\nvient à Paris en 1638 (ou 1639) et occupe d'abord la place d'organiste à l'église\nSaint-Paul, où sa virtuosité le rend célèbre : bientôt il entre au service du duc\nd'Anjou, de la reine, du roi qui lui accorde un bénéfice. M. Quittard consacre de\ntrès importants chapitres à l'étude de la chapelle du roi, à l'évolution du style\nau xvne siècle, puis il analyse les œuvres musicales de Dumont, les Cantica sacra\n(recueil de 40 motets, pour nombre de voix divers, parus en 1652), les Mélanges\n(1 57)s es Mrs à quatre parties (1663), les Motels à deux voix (1668), composi-\ntions où <( 1 art du contrepoint vocal est excellemment représenté par des chan-\nsons françaises et des motets de forme très pure, d'une admirable limpidité et\nd une élégance exquise » ; les messes en plain-chant, dont certaines pièces sont\nencore populaires ; enfin les grands motets, à deux chœurs et cinq instruments,\nécrits pour la chapelle du roi ; recueil paru après la mort de l'auteur, mais qui,\ndans la suite, a servi de modèle pour les compositions d'église développées.\nM Quittard voit en Dumont un précurseur, mais l'apprécie avec beaucoup\nd'équité ; il n'oublie pas ce qu'il emprunta à ses devanciers, et il ne le trans-\nforme pas en fondateur d'école. « Ce qu'on ne peut lui refuser, dit-il, c'est\nd'avoir eu pleinement conscience des voies où l'art pouvait sans témérité s'en-\ngager, et harmonieusement coordonné les ressources jusqu'alors dispersées de\nla musique de son temps... Le contrepoint encore classique des Meslanges et\ndes Cantica, le style presque récitatif de ses dialogues, la ligne fermement\ntracée ou naïvement ornée de ses airs, l'harmonie sévère ou fleurie de ses\nbasses continues, les ritournelles timides encore, mais déjà expressives, de ses\nvioles : tout cela, sous un aspect plus riche et dans de plus amples proportions,\nreparaît en ces Motets de 1686 où se résume l'effort de sa vie tout entière et qui\ncontenaient en germe près de deux siècles de musique française. » Des textes\ntrès abondants (57 pages de musique) permettent au lecteur de contrôler par\nlui-même ces appréciations. Le livre excellent de M. Quittard est indispensable\nà ceux qui, du xvne siècle ne connaissent que Lulli, et de Dumont que quel-\nques airs de plain-chant ; et nous souhaitons vivement qu'un succès mérité\nrécompense notre collaborateur d'un travail consciencieux et de valeur très\nsérieuse.\n\nFANTASMAGORIES, recueil de pièces pour piano, par I. Philipp, professeur au\nConservatoire (chez Heugel, 5 fr.).\n\nNuit mystérieuse, Farfadets, Sérénade gro-\ntesque, /es Cygnes noirs, Marche des gnomes, Chevauchée nocturne, tels sont les\ntitres de ces pièces charmantes, de difficulté moyenne, que Stephen Heller, le\nmaître de M. Philipp, n'eût pas désavouées. Nous pouvons en dire autant d'un\nautre Recueil de M. Philipp, qui vient de paraître chez le même éditeur, Valses,"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.19", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 767, "texte": "capricieuses : Sérénade, Poupée valsante, Rêves, Danza, Valse légère, Caprice.\nMusique claire, agréable, délicate et distinguée. —\n\nC.\n\nDANSES SUISSES ANCIENNES, pour piano et chant, par Cari Wunzinger (chez les\nfrères Hug, Leipzig, 2 fr. 50). Ce recueil de 12 pièces contient des airs caracté-\nristiques. Bien que l'auteur se soit un peu trop montré dans l'accompagnement,\nnous les recommandons à tous les amateurs de l'art populaire.\n\nCHANTS ET CHANSONS DU NIVERNAIS (Morvan, Bazois, Amognes, Puisaye,\nVaux d'Yonne, de Loire et d'Allier, etc...) recueillis et classés par Achille\nMillien, airs notés par J.-G. Pénavaire ; complaintes et chants historiques,\ndessins de Matisse-Auguste, 1 vol. 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Henri Quittard soit un des collaborateurs\nde la Revue musicale, nous ne sommes nullement gêné pour recommander ici\nson livre, œuvre de patientes et pénétrantes recherches, monographie com-\nplète d'un grand musicien trop peu connu. Né à Liège en 1610, H. Dumont\nvient à Paris en 1638 (ou 1639) et occupe d'abord la place d'organiste à l'église\nSaint-Paul, où sa virtuosité le rend célèbre : bientôt il entre au service du duc\nd'Anjou, de la reine, du roi qui lui accorde un bénéfice. M. Quittard consacre de\ntrès importants chapitres à l'étude de la chapelle du roi, à l'évolution du style\nau xvne siècle, puis il analyse les œuvres musicales de Dumont, les Cantica sacra\n(recueil de 40 motets, pour nombre de voix divers, parus en 1652), les Mélanges\n(1 57)s es Mrs à quatre parties (1663), les Motels à deux voix (1668), composi-\ntions où <( 1 art du contrepoint vocal est excellemment représenté par des chan-\nsons françaises et des motets de forme très pure, d'une admirable limpidité et\nd une élégance exquise » ; les messes en plain-chant, dont certaines pièces sont\nencore populaires ; enfin les grands motets, à deux chœurs et cinq instruments,\nécrits pour la chapelle du roi ; recueil paru après la mort de l'auteur, mais qui,\ndans la suite, a servi de modèle pour les compositions d'église développées.\nM Quittard voit en Dumont un précurseur, mais l'apprécie avec beaucoup\nd'équité ; il n'oublie pas ce qu'il emprunta à ses devanciers, et il ne le trans-\nforme pas en fondateur d'école. « Ce qu'on ne peut lui refuser, dit-il, c'est\nd'avoir eu pleinement conscience des voies où l'art pouvait sans témérité s'en-\ngager, et harmonieusement coordonné les ressources jusqu'alors dispersées de\nla musique de son temps... Le contrepoint encore classique des Meslanges et\ndes Cantica, le style presque récitatif de ses dialogues, la ligne fermement\ntracée ou naïvement ornée de ses airs, l'harmonie sévère ou fleurie de ses\nbasses continues, les ritournelles timides encore, mais déjà expressives, de ses\nvioles : tout cela, sous un aspect plus riche et dans de plus amples proportions,\nreparaît en ces Motets de 1686 où se résume l'effort de sa vie tout entière et qui\ncontenaient en germe près de deux siècles de musique française. » Des textes\ntrès abondants (57 pages de musique) permettent au lecteur de contrôler par\nlui-même ces appréciations. Le livre excellent de M. Quittard est indispensable\nà ceux qui, du xvne siècle ne connaissent que Lulli, et de Dumont que quel-\nques airs de plain-chant ; et nous souhaitons vivement qu'un succès mérité\nrécompense notre collaborateur d'un travail consciencieux et de valeur très\nsérieuse."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c026", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "42", "page_fin": "43", "image_debut": 18, "image_fin": 19, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.4.2", "titre_corps": "FANTASMAGORIES, recueil de pièces pour piano, par I. 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Il faudrait, pour\nêtre équitable, oublier et l'interprétation de l'Opéra et celles, àce même Théâtre des\nArts, de Tannhàuser et de Siegfried, surtout avec des artistes dontplusieurs passè-\nrent directement à la Monnaie ou à Covent-Garden et à une époque où la troupe\nde grand opéra était homogène et complète. Il ne suffit pas de faire jouer fort un\norchestre incomplet pour donner l'illusion que tous les instruments exigés par\nWagner sont là. M. Edouard Falk dirige avec vigueur ; les artistes pris indivi-\nduellement peuvent être excellents : cela ne suffit pas. De même, on ne transforme\npas des artistes habitués au répertoire de l'opéra comique en interprètes wagné-\nriens sans encourir quelques responsabilités. On peut s'étonner aussi que d'im-\nportantes coupures aient été faites au cœur même du drame, dans les scènes où\nWotan, en face de sa vivante volonté Brunehilde, se débat en un conflit tragique\ndu plus haut intérêt wagnérien et d'autant plus s'étonner que M. 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Léon Moreau, grand\nprix de Rome, les lieder émus du pianiste-compositeur furent interprétés avec\nbeaucoup de succès parMme Marie Gaproy, cantatrice, d'origine rouennaise, àla\nvoix souple et expressive. Les œuvres de M. Moreau se distinguent par la clarté"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.20", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3475, "texte": "et la finesse avec laquelle le compositeur combine des motifs faciles à saisir.\nM. Lucien Heptia, professeur de violon, avait organisé 1 hiver dernier une\npremière séance de musique de chambre. Le quatuor Heptia se fera entendre cet\nhiver dans quatre soirées : la première a mis en pleine valeur, dans l'exécution du\nQuatuoren sol majeur de Beethoven, d'un Divertimento de Mozart, delà Chaconne\nde Bach, les qualités individuelles et d'ensemble de M. Heptia et des excellents\nartistes qui l'entourent : MM. 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Desrez, avec un sens\nlittéraire et musical très apprécié, a commenté jusqu'ici le Freischûtz d'abord,\npuis le Vaisseau fantôme, Tannhàuser, Lohengnn, FOr du Rhin. Il a montré\nd'une manière précise le rapport de l'œuvre de Wagner à celle de Weber, en\ninsistant toutefois sur l'originalité créatrice de Wagner auteur dramatique et\ncompositeur, originalité destructive des formes conventionnelles de l'opéra.\nComme exécutant et comme accompagnateur, xàl. Desrez a fait preuve de la\nmême ardeur à s'identifier pour ainsi dire avec l'œuvre qu'il admire. Dans les\nexécutions importantes de fragments des œuvres citées, Mme Camille Fourrier\na montré un vif sentiment des nuances et des effets de demi-teinte ;la scène\ndes ondines a trouvé en elle, en Mlle Chalet-Balin et Mme Marguerite Valdor\nd'exquises interprètes. M. Sorrèze, qui s'annonce comme un fort ténor au\ntalent très dramatique, M. Gilles, remarquable baryton à l'organe étendu et\ntimbré, au style poignant, ont été très applaudis.\n\nP.-L. R.\n\nMONTE-CARLO. — Les concerts classiques, dirigés par M. Léon Jehin, con-\ntinuent à faire salle comble. La toute parfaite exécution des œuvres classiques\net du répertoire wagnérien par l'admirable orchestre de Monte-Carlo, que\nconduit magistralement réminent musicien qu'est M. Léon Jehin, suffit à jus-\ntifier le succès de ces belles séances d'art.\nLe répertoire s'est enrichi, cette année, au cours des six premiers concerts,\nd'œuvres qui n'avaient pas encore été exécutées à Monte-Carlo et dont plusieurs\nmême sont nouvelles : Prométhée, de Liszt ; le Séjour des Bienheureux, de Wein-\ngartner ; la Symphonie en mi bémol, de Glazounow ; Dolly, suite pour piano, de\nFauré, orchestrée par Rabaud ; Chopin-Suite, de Herfurth ; Prélude dramatique,\nde Fijan ; le Prince Ador, suite de ballet, de Cornélius Rubner ; Après Vètè,\nde Florent Schmitt ; Fête napolitaine, de Thomé.\nEn attendant les « Concerts modernes » du dimanche, consacrés à l'audi-\ntion des virtuoses les plus célèbres, M. Léon Jehin avait mis sur l'affiche, tour à"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.21", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "tour, les principaux solistes de l'orchestre, le violoniste M. Corsanego ; le\nvioloncelliste M. Carlo Sansoni ; la harpiste Mlle Juliette Thévenet ; l'altiste\nM. Van Houtte ; le clarinettiste M. Jeanjean, qui, tous, par leur brillante vir-\ntuosité, ont remporté un vif succès, prouvant ainsi de quels merveilleux éléments\nse compose l'orchestre de Monte-Carlo.\nLes concerts Ganne sont de plus en plus en faveur : le public y accourt chaque\njour. C'est devenu le rendez-vous de la société mondaine. Ce n'est pas seulement\nle succès, c'est la mode qui consacre ces brillantes séances musicales où l'on\nacclame frénétiquement M. Louis Ganne, autant pour sa maestria de chef\nd'orchestre que pour les œuvres exquises dont il est l'auteur et qui, exécutées\nsous sa direction, y gagnent un nouvel attrait.\nL'orchestre que dirige M. Louis Ganne est d'ailleurs remarquablement\ncomposé de virtuoses, tels que les violonistes MM. Nauwinck et Bastide, le\nvioloncelliste M. Richet, le harpiste M. Salzédo, le corniste M. Penable fils,\nle flûtiste M. Laurent, pour ne citer aujourd'hui que ceux de cette brillante\npléiade que les premiers concerts ont plus particulièrement mis en vedette.\nH ans, le joueur de flûte, le délicieux opéra comique de MM. xMaurice Vau-\ncaire et Georges Mitchell,pour lequel M. Louis Ganne a écrit une adorable parti-\ntion, vient d'être repris par M. Coudert avec un succès aussi éclatant que celui\nqui accueillit sa première représentation, en avril dernier, à Monte-Carlo.\nMlle Mariette Sully y est exquise d'ingénuité tendre et de charme gracieux.\nOn a vivement applaudi le baryton M. F'erval, dont la voix est généreuse et\nqui est un comédien lyrique de superbe allure.\nTous les rôles sont admirablement tenus par l'excellent comédien M. Coudrier,\nle brillant baryton M. Alberthal, la fine et malicieuse Mlle Charley, l'amusant\nfantaisiste M. Maurice Lamy, MM. Ferval, Gamy et Mlle Patoret.\nLe public a fait ovation à M. Louis Ganne, qui dirigeait l'orchestre.\n\nLILLE. — M. Félicien Durant, un amateur bruxellois, nous est venu, avec un\norchestre composé d'un bon quatuor, mais d'une harmonie faible (les cuivres,\nsurtout, sont insuffisants), pour un festival Schumann. M. Durant a le sentiment\ndes nuances et de l'autorité ; mais il n'a pas assez de chaleur. Surtout, il n'a pas\nexprimé des pages choisies la passion douloureuse, la poétique mélancolie de\nSchumann, Le maître de Zwickau était absent de la fête. L'orchestre exécuta la\nSymphonie en ré mineur, l'entr'acte, le Ranz et l'apparition de la Fée de Manfred,\npuis l'ouverture de la Fiancée de Messine. M. Arthur de Greef interpréta le Con-\ncerto pour piano (op. 54), puis les Arabesques dans un style plus « schumannien »,\nsurtout, M. Pablo Casais, dans le Concerto pour violoncelle (op. 129), nous fit\ncomprendre le lyrisme romantique du maître. M. Durant nous reviendra en\nfévrier pour un festival Wagner et en mars pour un festival Beethoven.\n\nMusique de chambre.\nMÉDÉRIC DUFOUR.\n— Le Quatuor lillois puis le Quatuor Rieu ont recommencé\nleurs séances annuelles. Ayant déjà allongé plus qu'il ne convenait cette cor-\nrespondance, je remets d'en parler à une autre occasion. 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Camoin de ses bonnes intentions (il a donné\nY Etranger l'an dernier et la Walkyrie cet hiver) —et lui demander quelque chose\nde plus : un répertoire plus intéressant et des troupes plus homogènes. Il ne\nsuffit pas de donner quelques représentations de Laura de M. Ch. Pons et la\nWalkyrie ainsi montée pour échapper à toute critique.\nSans parler de décentralisation artistique, il faut pourtant d'abord constater\navec quelle force et quelle variété de formes l'esprit d'initiative en matière\nmusicale s'affirme cet hiver ici. Pas un concert quine présente en majeure partie\ndes artistes rouennais au public rouennais.\nAinsi dans le récital de piano et de chant donné par M. Léon Moreau, grand\nprix de Rome, les lieder émus du pianiste-compositeur furent interprétés avec\nbeaucoup de succès parMme Marie Gaproy, cantatrice, d'origine rouennaise, àla\nvoix souple et expressive. Les œuvres de M. 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Noël Nansen, ténor à la voix si joliment timbrée, a dit, avec un style\ntrès pur et dans un sentiment tout à fait artistique, des fragments d'opéras et\nplusieurs lieder.\nUne autre caractéristique de cettesaisonmusicale est la fréquence des manifes-\ntations wagnériennes.\nM. Maurice Desrez, Rouennais, élève de M. Vincent d'lndy, a déjà donné\nles deux premières auditions-conférences d'une série consacrée toute à Wagner\net qui promet d'être assez longue. M. Maurice Desrez aborde ces études dans\nl'élan de sa jeunesse vouée à l'admiration du maître de Bayreuth. Il y aurait mau-\nvaise grâce à insister sur quelques défauts qui ne sont que défauts de jeunesse\net qui tiennent à l'ardeur de cette foi wagnérienne. Faire entendre beaucoup\nde Wagner, et soutenir l'audition par une analyse littéraire et musicale, voilà,\nce me semble, l'idée directrice de ces conférences. M. Desrez, avec un sens\nlittéraire et musical très apprécié, a commenté jusqu'ici le Freischûtz d'abord,\npuis le Vaisseau fantôme, Tannhàuser, Lohengnn, FOr du Rhin. Il a montré\nd'une manière précise le rapport de l'œuvre de Wagner à celle de Weber, en\ninsistant toutefois sur l'originalité créatrice de Wagner auteur dramatique et\ncompositeur, originalité destructive des formes conventionnelles de l'opéra.\nComme exécutant et comme accompagnateur, xàl. Desrez a fait preuve de la\nmême ardeur à s'identifier pour ainsi dire avec l'œuvre qu'il admire. Dans les\nexécutions importantes de fragments des œuvres citées, Mme Camille Fourrier\na montré un vif sentiment des nuances et des effets de demi-teinte ;la scène\ndes ondines a trouvé en elle, en Mlle Chalet-Balin et Mme Marguerite Valdor\nd'exquises interprètes. M. Sorrèze, qui s'annonce comme un fort ténor au\ntalent très dramatique, M. Gilles, remarquable baryton à l'organe étendu et\ntimbré, au style poignant, ont été très applaudis.\n\nP.-L. R."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c031", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "44", "page_fin": "45", "image_debut": 20, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.5.2", "titre_corps": "MONTE-CARLO. — Les concerts classiques, dirigés par M. Léon Jehin,", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO. — Les concerts classiques, dirigés par M. Léon Jehin,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.20", "debut_caractere": 2449, "fin_caractere_exclue": 3475, "texte": "MONTE-CARLO. — Les concerts classiques, dirigés par M. Léon Jehin, con-\ntinuent à faire salle comble. La toute parfaite exécution des œuvres classiques\net du répertoire wagnérien par l'admirable orchestre de Monte-Carlo, que\nconduit magistralement réminent musicien qu'est M. Léon Jehin, suffit à jus-\ntifier le succès de ces belles séances d'art.\nLe répertoire s'est enrichi, cette année, au cours des six premiers concerts,\nd'œuvres qui n'avaient pas encore été exécutées à Monte-Carlo et dont plusieurs\nmême sont nouvelles : Prométhée, de Liszt ; le Séjour des Bienheureux, de Wein-\ngartner ; la Symphonie en mi bémol, de Glazounow ; Dolly, suite pour piano, de\nFauré, orchestrée par Rabaud ; Chopin-Suite, de Herfurth ; Prélude dramatique,\nde Fijan ; le Prince Ador, suite de ballet, de Cornélius Rubner ; Après Vètè,\nde Florent Schmitt ; Fête napolitaine, de Thomé.\nEn attendant les « Concerts modernes » du dimanche, consacrés à l'audi-\ntion des virtuoses les plus célèbres, M. Léon Jehin avait mis sur l'affiche, tour à"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.21", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1997, "texte": "tour, les principaux solistes de l'orchestre, le violoniste M. Corsanego ; le\nvioloncelliste M. Carlo Sansoni ; la harpiste Mlle Juliette Thévenet ; l'altiste\nM. Van Houtte ; le clarinettiste M. Jeanjean, qui, tous, par leur brillante vir-\ntuosité, ont remporté un vif succès, prouvant ainsi de quels merveilleux éléments\nse compose l'orchestre de Monte-Carlo.\nLes concerts Ganne sont de plus en plus en faveur : le public y accourt chaque\njour. C'est devenu le rendez-vous de la société mondaine. Ce n'est pas seulement\nle succès, c'est la mode qui consacre ces brillantes séances musicales où l'on\nacclame frénétiquement M. Louis Ganne, autant pour sa maestria de chef\nd'orchestre que pour les œuvres exquises dont il est l'auteur et qui, exécutées\nsous sa direction, y gagnent un nouvel attrait.\nL'orchestre que dirige M. Louis Ganne est d'ailleurs remarquablement\ncomposé de virtuoses, tels que les violonistes MM. Nauwinck et Bastide, le\nvioloncelliste M. Richet, le harpiste M. Salzédo, le corniste M. Penable fils,\nle flûtiste M. Laurent, pour ne citer aujourd'hui que ceux de cette brillante\npléiade que les premiers concerts ont plus particulièrement mis en vedette.\nH ans, le joueur de flûte, le délicieux opéra comique de MM. xMaurice Vau-\ncaire et Georges Mitchell,pour lequel M. Louis Ganne a écrit une adorable parti-\ntion, vient d'être repris par M. Coudert avec un succès aussi éclatant que celui\nqui accueillit sa première représentation, en avril dernier, à Monte-Carlo.\nMlle Mariette Sully y est exquise d'ingénuité tendre et de charme gracieux.\nOn a vivement applaudi le baryton M. F'erval, dont la voix est généreuse et\nqui est un comédien lyrique de superbe allure.\nTous les rôles sont admirablement tenus par l'excellent comédien M. Coudrier,\nle brillant baryton M. Alberthal, la fine et malicieuse Mlle Charley, l'amusant\nfantaisiste M. Maurice Lamy, MM. Ferval, Gamy et Mlle Patoret.\nLe public a fait ovation à M. Louis Ganne, qui dirigeait l'orchestre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c032", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "45", "page_fin": "45", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.5.3", "titre_corps": "LILLE. — M. Félicien Durant, un amateur bruxellois, nous est venu, avec un", "titre_sommaire": "LILLE. — M. Félicien Durant, un amateur bruxellois, nous est venu, avec un", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.21", "debut_caractere": 1999, "fin_caractere_exclue": 2942, "texte": "LILLE. — M. Félicien Durant, un amateur bruxellois, nous est venu, avec un\norchestre composé d'un bon quatuor, mais d'une harmonie faible (les cuivres,\nsurtout, sont insuffisants), pour un festival Schumann. M. Durant a le sentiment\ndes nuances et de l'autorité ; mais il n'a pas assez de chaleur. Surtout, il n'a pas\nexprimé des pages choisies la passion douloureuse, la poétique mélancolie de\nSchumann, Le maître de Zwickau était absent de la fête. L'orchestre exécuta la\nSymphonie en ré mineur, l'entr'acte, le Ranz et l'apparition de la Fée de Manfred,\npuis l'ouverture de la Fiancée de Messine. M. Arthur de Greef interpréta le Con-\ncerto pour piano (op. 54), puis les Arabesques dans un style plus « schumannien »,\nsurtout, M. Pablo Casais, dans le Concerto pour violoncelle (op. 129), nous fit\ncomprendre le lyrisme romantique du maître. M. Durant nous reviendra en\nfévrier pour un festival Wagner et en mars pour un festival Beethoven."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c033", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c033", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "45", "page_fin": "45", "image_debut": 21, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.5.4", "titre_corps": "Musique de chambre.", "titre_sommaire": "Musique de chambre.", "signature_source": "MÉDÉRIC DUFOUR", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.21", "debut_caractere": 2944, "fin_caractere_exclue": 3422, "texte": "Musique de chambre.\nMÉDÉRIC DUFOUR.\n— Le Quatuor lillois puis le Quatuor Rieu ont recommencé\nleurs séances annuelles. Ayant déjà allongé plus qu'il ne convenait cette cor-\nrespondance, je remets d'en parler à une autre occasion. Mais je tiens à signaler\nle premier concert de la Société éolienne, où nous eûmes le plaisir d'entendre,\nbien exécutés, le Trio pour flûte, hautbois et piano, de Bach, et le Quintette pour\nhaut bois, clarinette, cor, basson et piano, de Beethoven. —"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c034", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "46", "page_fin": "48", "image_debut": 22, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.6", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.22", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nVALENCIENNES. La Direction de l'École nationale de musique de Valen-\nciennes et celle de la musique municipale, actuellement occupées par M. Dennery,\nvont être prochainement vacantes.\nLes personnes désireuses de poser leur candidature sont invitées à s'adresser\npar écrit au maire de Valenciennes, qui leur adressera un questionnaire à rem-\nplir et à lui retourner ensuite.\n\nCONSERVATOIRE. Par arrêté ministériel en date du 3 janvier courant,\nM. Dupeyron a été nommé professeur titulaire d'une classe de déclamation\nlyrique, au Conservatoire national de musique et de déclamation, en remplace-\nment de M. Bertin, décédé.\nPar arrêté du 8 du même mois, M.. Boisard (Victor-Théophile) a été nommé,\npour une période de trois années, accompagnateur stagiaire, en remplacement\nde M. Granier, décédé.\n\nLE SALON DE MUSIQUE; RÈGLEMENT POUR 1907. — Article premier.\n\n— Une\nsection de musique a été créée sous le patronage de la Société nationale des\nbeaux-arts. Cette section s1est adjoint un jury, qui a désigné dix de ses\nmembres pour former un comité chargé de diriger cette section. Ne seront\nadmises, cette année, ni œuvres théâtrales ni œuvres symphoniques.\nArt. 2. — Les compositeurs ne pourront envoyer qu'une seule œuvre, soit\ninstrumentale, de musique de chambre (sonate, trio, quatuor, etc.), soit une\nœuvre vocale, à une ou plusieurs voix, ou instrumentale, pouvant se décomposer\nen A et B.\nLes œuvres devront être présentées sous leur forme originale.\nToute .transcription ou réduction au piano ne sera pas admise. Les parties\nséparées, gravées ou copiées nécessaires à l'exécution de ces œuvres devront y\nêtres jointes, car la Société ne pourrait prendre à sa charge les frais de\ncopie.\nLe titre de membre du jury chargé de l'examen des œuvres confère au titu-\nlaire le droit d'envoyer son œuvre d'office, sans qu'elle passe devant le jury.\nArt. 3.— lous les envois des membres du jury et des compositeurs s effec-\ntueront le samedi 16 février 1907.\nA cet effet, les bureaux du secrétariat général seront ouverts toute la journée\ndu 16, de 9 heures du matin à 6 heures du soir.\nIl ne sera accordé aucun sursis.\nLes auteurs qui ne pourraient, par suite des distances, venir ou faire déposer\nleurs œuvres, devront les envoyer par la poste, affranchies et recommandées, à\nl'adresse de M. le président de la section de musique (Salon de la Société natio-\nnale des beaux-arts), au Grand Palais, porte B, avenue d'Antin, Paris.\nLes œuvres non admises devront être retirées dans les quarante-huit heures\nqui suivront la lettre d'avis informant les auteurs de la décision prise par le\njury.\nLes œuvres acceptées devront être retirées dans les huit jours qui suivront\nleur exécution."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3106, "texte": "Les œuvres envoyées par la poste ne seront retournées à leurs auteurs que\nsur une demande écrite à laquelle seront joints les frais qu'occasionnera le\nretour des œuvres que la Société ne retournera que sous plis recommandés.\nArt. 4. En cas d'envois perdus, détériorés, détournés ou incendiés, la\nSociété déclare décliner toute responsabilité pécuniaire.\nArt. 5. Le Comité se charge, sous la direction artistique de M. Viardot,\nde 1 exécution des œuvres envoyées, soit vocales, soit instrumentales, tout en\nlaissant aux auteurs la faculté de se faire jouer par des artistes de leur choix,\nsous l'approbation du jury. Cette faculté deviendrait une obligation dans le cas\noù l'œuvre nécessiterait l'emploi d'un soliste virtuose ou d'un chœur. Sur la\nnotice, dans la colonne « observations », ce détail sera mentionné. Les frais\nseraient, alors, à la charge du compositeur.\nLes auditions musicales auront lieu les mardi et vendredi de chaque semaine,\nà trois heures et demie très précises.\nArt. 6. En cas de collaboration musicale, le consentement et la signature\ndes collaborateurs seront exigés sur la notice.\nLes noms des auteurs reçus figureront sur le catalogue de la Société, ainsi que\nles programmes qui seront arrêtés avant l'ouverture du Salon, d'où nécessité de\nremplir avec le plus grand soin la notice placée au verso du présent règlement.\nLes membres du jury devront indiquer cette qualité sur ladite notice.\nArt. 7. Trois primes dites « Gounod », de trois cents francs chacune,\nseront attribuées aux compositeurs que le jury de la section jugera dignes de cet\nencouragement.\nArt. 8. La Société se réserve le droit d'apporter, s'il y a lieu, des modifica-\ntions aux programmes.\nLa Société fixera, selon la quantité des œuvres admises, le nombre des audi-\ntions qu'il y aura lieu de donner.\nNe seront acceptées que les compositions d'auteurs vivants ; seront exclues les\nœuvres déjà exécutées au précédent Salon.\nLe compositeur ne doit pas oublier que sa signature placée au bas de la notice\nsur laquelle figure ce règlement est un engagement à se conformer strictement\naudit règlement.\nOn trouvera les notices comportant le règlement de la section de musique au\nsecrétariat général de la Société, au Grand Palais, porte B, avenue d'Antin,\nParis.\nCe règlement donne satisfaction à un vœu que nous avons exprimé à maintes\nreprises ici même, dans la Revue musicale, et dans la presse quotidienne ; mais\nil ne nous donne qu'une demi-satisfaction. Ce que nous désirons, et ce que\nnous finirons par obtenir, c'est : i° que le salon de musique soit libre de son\norganisation, installé, comme les autres arts, dans le Grand Palais, avec la\nSociété nationale (peintres, sculpteurs et architectes) et non sous la tutelle de\ncette Société ; 2° que le Comité, au lieu de se nommer lui-même, ou de se faire\nnommer par la Société nationale, soit nommé par les musiciens. M. Fauré a\ncertainement toute notre estime ; mais qui l'a nommé président ? Est-ce le chef\nd orchestre ? Est-ce M. Roll ? Il faut souhaiter quelque chose de plus régulier.\n\nLe Président de la Section de musique,\nGABRIEL FAURÉ."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 1834, "texte": "DIRECTION DE L'OPÉRA ET DE L'OPÉRA-COMIQUE. — M. J. Combarieu, directeur\nde la Revue musicale, a été reçu par M. Briand ; il a appelé l'attention du\nministre sur le vœu, relatif au respect du texte des œuvres musicales, émis en\n1900 par le Congrès d histoire de la musique, et sur le rapport (dépesé au Sénat\nle 23 mars 1905) de M. Déandréis, qui s'en est fait l'écho ; il a exposé que les\nremaniements arbitraires des chefs-d'œuvre du répertoire étaient antérieurs, le\nplus souvent, à la gestion des directeurs actuels, mais qu'ils constituaient un abus\ndont les musiciens sérieux souhaitaient vivement la fin. Au nom du Congrès de\n1900, il a demandé que, dans le nouveau cahier des charges, fût insérée une\nclause additionnelle exigeant l'autorisation préalable du ministre des beaux-arts,\ntoutes les fois qu'un directeur de théâtre subventionné voudrait faire subir un\nremaniement important à une œuvre dont l'auteur est décédé.\n\nTIIAMARA. — L'œuvre de M. Bourgault-Ducoudray, dont la Revue musicale\navait si vivement souhaité la reprise, est annoncée par l'Opéra pour le 14 janvier;\nnous en rendrons compte dans notre prochain numéro.\n\nCONCERTS ANNONCÉS. — A la salle Pleyel (grande salle), M. Joseph Debroux,\nle célèbre virtuose et professeur, à qui nous devons la réédition de charmantes\nsonates du xvme siècle, donnera un premier concert le 23 ; ibid., ire séance de\nla Société nationale, le 26. Dans la salle des Quatuors de la maison Pleyel, le\n30 janvier, 3e séance du Quatuor Cailliat.\n\nLÉGION D'HONNEUR. — M. Philipp, professeur au Conservatoire, etM. LeBorne,\ncompositeur de musique, sont nommés chevaliers dans l'ordre national de la\nLégion d'honneur. La Revue musicale adresse ses compliments aux deux\nnouveaux chevaliers."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c035", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "46", "page_fin": "46", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.6.1", "titre_corps": "VALENCIENNES. La Direction de l'École nationale de musique de", "titre_sommaire": "VALENCIENNES. 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Dennery,\nvont être prochainement vacantes.\nLes personnes désireuses de poser leur candidature sont invitées à s'adresser\npar écrit au maire de Valenciennes, qui leur adressera un questionnaire à rem-\nplir et à lui retourner ensuite."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c036", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "46", "page_fin": "46", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.6.2", "titre_corps": "CONSERVATOIRE. Par arrêté ministériel en date du 3 janvier courant,", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE. 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Granier, décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c037", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "46", "page_fin": "47", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.6.3", "titre_corps": "LE SALON DE MUSIQUE; RÈGLEMENT POUR 1907. — Article premier.", "titre_sommaire": "LE SALON DE MUSIQUE; RÈGLEMENT POUR 1907. — Article premier.", "signature_source": "Le Président de la Section de musique, GABRIEL FAURÉ", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.22", "debut_caractere": 843, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "LE SALON DE MUSIQUE; RÈGLEMENT POUR 1907. — Article premier.\n\n— Une\nsection de musique a été créée sous le patronage de la Société nationale des\nbeaux-arts. Cette section s1est adjoint un jury, qui a désigné dix de ses\nmembres pour former un comité chargé de diriger cette section. Ne seront\nadmises, cette année, ni œuvres théâtrales ni œuvres symphoniques.\nArt. 2. — Les compositeurs ne pourront envoyer qu'une seule œuvre, soit\ninstrumentale, de musique de chambre (sonate, trio, quatuor, etc.), soit une\nœuvre vocale, à une ou plusieurs voix, ou instrumentale, pouvant se décomposer\nen A et B.\nLes œuvres devront être présentées sous leur forme originale.\nToute .transcription ou réduction au piano ne sera pas admise. Les parties\nséparées, gravées ou copiées nécessaires à l'exécution de ces œuvres devront y\nêtres jointes, car la Société ne pourrait prendre à sa charge les frais de\ncopie.\nLe titre de membre du jury chargé de l'examen des œuvres confère au titu-\nlaire le droit d'envoyer son œuvre d'office, sans qu'elle passe devant le jury.\nArt. 3.— lous les envois des membres du jury et des compositeurs s effec-\ntueront le samedi 16 février 1907.\nA cet effet, les bureaux du secrétariat général seront ouverts toute la journée\ndu 16, de 9 heures du matin à 6 heures du soir.\nIl ne sera accordé aucun sursis.\nLes auteurs qui ne pourraient, par suite des distances, venir ou faire déposer\nleurs œuvres, devront les envoyer par la poste, affranchies et recommandées, à\nl'adresse de M. le président de la section de musique (Salon de la Société natio-\nnale des beaux-arts), au Grand Palais, porte B, avenue d'Antin, Paris.\nLes œuvres non admises devront être retirées dans les quarante-huit heures\nqui suivront la lettre d'avis informant les auteurs de la décision prise par le\njury.\nLes œuvres acceptées devront être retirées dans les huit jours qui suivront\nleur exécution."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3106, "texte": "Les œuvres envoyées par la poste ne seront retournées à leurs auteurs que\nsur une demande écrite à laquelle seront joints les frais qu'occasionnera le\nretour des œuvres que la Société ne retournera que sous plis recommandés.\nArt. 4. En cas d'envois perdus, détériorés, détournés ou incendiés, la\nSociété déclare décliner toute responsabilité pécuniaire.\nArt. 5. Le Comité se charge, sous la direction artistique de M. Viardot,\nde 1 exécution des œuvres envoyées, soit vocales, soit instrumentales, tout en\nlaissant aux auteurs la faculté de se faire jouer par des artistes de leur choix,\nsous l'approbation du jury. Cette faculté deviendrait une obligation dans le cas\noù l'œuvre nécessiterait l'emploi d'un soliste virtuose ou d'un chœur. Sur la\nnotice, dans la colonne « observations », ce détail sera mentionné. Les frais\nseraient, alors, à la charge du compositeur.\nLes auditions musicales auront lieu les mardi et vendredi de chaque semaine,\nà trois heures et demie très précises.\nArt. 6. En cas de collaboration musicale, le consentement et la signature\ndes collaborateurs seront exigés sur la notice.\nLes noms des auteurs reçus figureront sur le catalogue de la Société, ainsi que\nles programmes qui seront arrêtés avant l'ouverture du Salon, d'où nécessité de\nremplir avec le plus grand soin la notice placée au verso du présent règlement.\nLes membres du jury devront indiquer cette qualité sur ladite notice.\nArt. 7. Trois primes dites « Gounod », de trois cents francs chacune,\nseront attribuées aux compositeurs que le jury de la section jugera dignes de cet\nencouragement.\nArt. 8. La Société se réserve le droit d'apporter, s'il y a lieu, des modifica-\ntions aux programmes.\nLa Société fixera, selon la quantité des œuvres admises, le nombre des audi-\ntions qu'il y aura lieu de donner.\nNe seront acceptées que les compositions d'auteurs vivants ; seront exclues les\nœuvres déjà exécutées au précédent Salon.\nLe compositeur ne doit pas oublier que sa signature placée au bas de la notice\nsur laquelle figure ce règlement est un engagement à se conformer strictement\naudit règlement.\nOn trouvera les notices comportant le règlement de la section de musique au\nsecrétariat général de la Société, au Grand Palais, porte B, avenue d'Antin,\nParis.\nCe règlement donne satisfaction à un vœu que nous avons exprimé à maintes\nreprises ici même, dans la Revue musicale, et dans la presse quotidienne ; mais\nil ne nous donne qu'une demi-satisfaction. Ce que nous désirons, et ce que\nnous finirons par obtenir, c'est : i° que le salon de musique soit libre de son\norganisation, installé, comme les autres arts, dans le Grand Palais, avec la\nSociété nationale (peintres, sculpteurs et architectes) et non sous la tutelle de\ncette Société ; 2° que le Comité, au lieu de se nommer lui-même, ou de se faire\nnommer par la Société nationale, soit nommé par les musiciens. M. Fauré a\ncertainement toute notre estime ; mais qui l'a nommé président ? Est-ce le chef\nd orchestre ? Est-ce M. Roll ? Il faut souhaiter quelque chose de plus régulier.\n\nLe Président de la Section de musique,\nGABRIEL FAURÉ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c038", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "48", "page_fin": "48", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.6.4", "titre_corps": "DIRECTION DE L'OPÉRA ET DE L'OPÉRA-COMIQUE. — M. J. Combarieu, directeur", "titre_sommaire": "DIRECTION DE L'OPÉRA ET DE L'OPÉRA-COMIQUE. — M. J. Combarieu, directeur", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 1028, "texte": "DIRECTION DE L'OPÉRA ET DE L'OPÉRA-COMIQUE. — M. J. Combarieu, directeur\nde la Revue musicale, a été reçu par M. Briand ; il a appelé l'attention du\nministre sur le vœu, relatif au respect du texte des œuvres musicales, émis en\n1900 par le Congrès d histoire de la musique, et sur le rapport (dépesé au Sénat\nle 23 mars 1905) de M. Déandréis, qui s'en est fait l'écho ; il a exposé que les\nremaniements arbitraires des chefs-d'œuvre du répertoire étaient antérieurs, le\nplus souvent, à la gestion des directeurs actuels, mais qu'ils constituaient un abus\ndont les musiciens sérieux souhaitaient vivement la fin. Au nom du Congrès de\n1900, il a demandé que, dans le nouveau cahier des charges, fût insérée une\nclause additionnelle exigeant l'autorisation préalable du ministre des beaux-arts,\ntoutes les fois qu'un directeur de théâtre subventionné voudrait faire subir un\nremaniement important à une œuvre dont l'auteur est décédé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c039", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "48", "page_fin": "48", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.6.5", "titre_corps": "TIIAMARA. — L'œuvre de M. Bourgault-Ducoudray, dont la Revue musicale", "titre_sommaire": "TIIAMARA. — L'œuvre de M. Bourgault-Ducoudray, dont la Revue musicale", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.24", "debut_caractere": 1030, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "TIIAMARA. — L'œuvre de M. Bourgault-Ducoudray, dont la Revue musicale\navait si vivement souhaité la reprise, est annoncée par l'Opéra pour le 14 janvier;\nnous en rendrons compte dans notre prochain numéro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c040", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "48", "page_fin": "48", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.6.6", "titre_corps": "CONCERTS ANNONCÉS. — A la salle Pleyel (grande salle), M. Joseph Debroux,", "titre_sommaire": "CONCERTS ANNONCÉS. — A la salle Pleyel (grande salle), M. 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Dans la salle des Quatuors de la maison Pleyel, le\n30 janvier, 3e séance du Quatuor Cailliat."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-01-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-01-15_01#c041", "volume": "bmtnabj_1907-01-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "48", "page_fin": "48", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.2.6.7", "titre_corps": "LÉGION D'HONNEUR. — M. Philipp, professeur au Conservatoire, etM. LeBorne,", "titre_sommaire": "LÉGION D'HONNEUR. — M. Philipp, professeur au Conservatoire, etM. 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M.\n3\n\nLes œuvres récemment exécutées.\n\nLE SEPTUOR DE BEETHOVEN (CONCERTS TOUCHE).\n\nJe disais, dans mes der -\nnières notes, que Beethoven avait le tour desprit du xvine siècle, c'est-à-dire une\ntendance visible à concevoir toutes chosesd'une façon noble, oratoire, et à donner\nau langage une rhétorique un peu pompeuse. Il y a un autre côté de son génie\npar lequel il se rattache étroitement à la dernière période de notre « ancien\nrégime», lui en qui des observateurs superficiels, plus littérateurs que musi-\nciens, veulent absolument voir, à tort selon moi un romantique douloureux,\nun « malade », une sorte de Prométhée qui se retourne sur un roc sublime\ndevant les serres menaçantes du vautour. Le xvme siècle, tout en aimant Y élo-\nquence (prenez ce mot comme étant synonyme d'emphase), a été l'âge d'or de\nl'esprit de société, ou plus exactement et tout court, de l'esprit ; il reste pour\nnous un modèle de grâce souriante, légère et facile ; La Fontaine a dit que la\ngrâce était plus belle que la beauté : on dirait qu'en parlant ainsi il caractéri-\nsait par anticipation 1 âge suivant. Nous ne concevons rien de plus charmant\nque cet art de séduire qui était répandu dans les tableaux d'un Boucher, d un\nFragonard ou d'un Watteau, dans les « Petits vers » d'un Voltaire, dans les\npages d'un Chamfort, dans le style, l'ameublement et la conversation de ces\nsalons où tant de femmes célèbres tinrent le sceptre. De cette époque, dont on a\ndit que la vie y fut exceptionnellement agréable, nous avons une expression\nmusicale : on la trouve précisément dans les oeuvres des grands classiques. Bien\nqu il soit né en 1770, Beethoven a été pénétré de son influence, par l'intermé-\ndiaire de Mozart, et par suite aussi de ce rayonnement universel qu'eut pendant\nlongtemps la société française. Tout son Septuor pourrait être pris comme\nexemple. C'est une œuvre qui, sans l'esprit de société de noire xvme siècle,\nn'existerait pas. Elle est toute de grâce aimable, souriante, lumineuse ; pas un\nnuage ! L adagio lui-même n'a rien qui évoque une psychologie pénible ; par le\nrythme, il ressemble à celui de la Symphonie c'est bien « le berce-\nment des flots sous la chanson des branches », comme dit Victor Hugo ; et les\nvisuels, les imaginatifs, qui ne peuvent goûter la musique pure sans le secours\nd'un programme, peuvent penser à Y Embarquement pour en évoquant\nl'élégance aisée des attitudes, la note brillante et discrète des costumes, l'har-\nmonie du paysage, cette paix et cette confiance, ce plaisir de vivre sans effort\nqui constituent l'atmosphère de la scène. Le Menuet (qu on retrouve dans les"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "26", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.2", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nsonates pour piano) est exquis : pour entendre cela, il faudrait être en costume\nde cour, les dames en perruque poudrée à blanc. Le Thème à variations est, lui\naussi, au plus haut point, évocateur d'ancienne vie mondaine : ces demandes et\nréponses qui s'échangent d'abord entre l'alto et le violoncelle (avec le violon qui\nintervient comme une sorte d'arbitre très courtois), puis entre le cor et la clari-\nnette, témoins impartiaux du débat, ont l'intérêt d'une conversation légère et bien\nconduite : c'est un entretien entre « honnêtes gens ». Comme tout cela est net,\nbien équilibré, allant! Et quel dommage que cette forme d'art soit remplacée, en\nmusique comme ailleurs, par le modem styl ! Oui, Beethoven a beaucoup\nd'« esprit » : non pas cet esprit qui consiste à faire des pointes ou des calem-\nbours (il en a pourtant commis un très grand nombre, dans ses lettres), mais cet\nesprit sociable, brillant et séduisant, dont la vie française du xvme siècle a donné\nle plus parfait modèle. Dans la vie ordinaire, Beethoven était un bourru, un\nméchant diable ; en musique, il est aussi délicieux que le Chérubin de Beaumar-\nchais. Et ce n'est pas seulement dans son Septuor que je trouverais des motifs\nde justifier cette impression. Rappelez-vous l,a huitième symphonie :\nEst-il rien de plus frais et de plus léger ?\nDans les sonates pour piano, ou dans les admirables sonates pour piano et\nviolon, nous trouverions beaucoup de traits aussi enjoués et charmants. Je ne dis\npas que Beethoven tout entier soit dans cette forme d'expression piquante, légère\net gracieuse ; je dis qu'elle est très importante et tient beaucoup de place dans\nson œuvre. De grâce, qu'on ne nous fasse pas de l'auteur des symphonies un\nManfred, un Faust, un « malade », un fantôme à étonner les gens !\n\nJ. C.\n\nQUATRIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS EUTERPEÏA). Cette\nsymphonie (dont le manuscrit porte la date de 1806, écrite de la main même de\nBeethoven) débute par un artifice de composition dont Beethoven avait fait pré-\ncédemment un heureux emploi ; après un bref adagio d'introduction, une série\nde notes en fusée prépare /'allegro vivace, d'une allure très jeune, vive et\ndécidée :\nC'est comme un épanouissement, une explosion de la joie de vivre.\nCe charmant début rappelle le finale de la première symphonie, où apparais-\nsent la même grâce, la même gaité, mais avec quelque chose de moins viril, et"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "27", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.3", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nune pointe de cette coquetterie que les poètes de jadis aimaient à peindre, dans\nleurs poèmes mythologiques, en parlant des Iris ou des Doris :\nTout cela est plein de jeunesse et d'entrain,\nsouriant et lumineux !\nComme exemple de badinage aimable et très artistique, je citerai, dans la\npremière partie de cette 4e symphonie, le canon entre la clarinette et le basson\n(variation du second thème, en fa B majeur), et, dans 1 Q Scherzo, ce rythme\ncontrarié qui, joliment, non sans mutinerie piquante, introduit un groupement\nbinaire dans la mesure à trois temps :\nL'adagio en mi t> de cette même œuvre est tout autre chose que du badinage,\nbien qu'il s'y mêle une grâce mélancolique, une gravité sentimentale toujours\nexempte de souffrance. Là, le pur génie parle seul, le génie universel, absolu,\nindépendant de toutes les formes de la vie sociale.\n\nLA DAMNATION DE FAUST (CONCERTS COLONNE).\n\nC'est un cas extraordinaire\nque cet inépuisable succès de la Damnation de Faust, dont M. Colonne, au\nmilieu d'ovations incessantes, vient de nous donner la « 151e et dernière audi-\ntion » (dernière, je n'en crois rien). Le Faust de Schumann est évidemment supé-\nrieur, au point de vue de la musique pure ; encore faudrait-il distinguer. Le\ncompositeur allemand est loin de savoir orchestrer comme Berlioz et d'avoir sa\ncouleur ; ce n'est pas lui qui aurait eu l'idée de faire accompagner une sorte de\nberceuse (Sommeil au bord de l'Elbe) par les cuivres seuls, de donner au basson\nun rôle si pittoresque dans la Chanson de la puce, ou de faire entendre ces\ngammes rapides (et tout en festons ; des clarinettes, dans le chœur des soldats\nce qui est, à première vue, le contraire du bon sens, le renversement de tous les\nusages, et produit cependant de très bons effets. Hors de pair comme coloriste,\nBerlioz est inférieur pour la conception de l'ensemble ; et on comprend parfai-\ntement qu'il y a une cinquantaine d'années, les critiques étrangers familiers\navec le poème de Goethe Otto Jahn en Allemagne, Hanslick en Autriche,\nd'Arcais, plus récemment, en Italie aient montré une répugnance assez\nvive pour cet éblouissant ouvrage. En effet, le sujet de Faust, c'est la détresse\net l'échec final de l'homme, àla recherche du bonheur. Or, Berlioz a consacré\nà peine une dizaine de pages de sa partition à cette psychologie profonde et tout\nhumaine ; il s'est amusé à promener son personnage à travers la vie et à faire"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "28", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.4", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\ndes « illustrations ». Il ne nous donne guère que des épisodes : Ronde de paysans,\nMarche hongroise, Hymne de la fête de Pâques, Chœurs de buveurs dans une taverne,\nChanson durât, Chanson de la puce, Fugue de parodie sur le mot « Amen)),\nChœur de Gnomes, Ballet de Sylphes, Chanson du roi de Thulé, Menuet des\nFollets, etc... Constamment, des tableaux de genre! des accessoires ! des fan-\ntaisies de décorateur ! Cette symphonie est un repas où il n'y aurait que des\nhors-d'œuvre et des entremets. Mais ces hors-d'œuvre sont exquis, rares, et\nne laissent pas de faire une nourriture. Berlioz a, comme Wagner, la qualité\nla plus nécessaire aux musiciens descriptifs : la netteté. Il dit avec une clarté\nadmirable ce qu'il veut dire ;le public, qui est surtout un imaginatif, en est\nravi : et c'est peut-être dans l'abondance de ces brillants épisodes fâcheux\nquand on songe au poème de Goethe qu'est le secret de l'inépuisable succès de\ncette symphonie. Après nous avoir permis de comparer Schumann et Berlioz,\npeut-être M. Colonne aurait-il une pensée très opportune en nous donnant\nla grande Symphonie sur Faust, écrite par Liszt en 1855, l'année même où\nR. Wagner reprenait, pour la remanier dans un sens d'optimisme, de sérénité\net d'apaisement, sa Faust-Ouverture, commencée en 1840.\n\nJ. C.\n\nLA SONATE N° 11, DE MOZART, POUR PIANO ET VIOLON. De cette sonate, qui a\nune originalité particulière dans le recueil dont elle fait partie et qui par sa\nforme rappelle un peu le style large de Hândel, je ne dirai ici qu'un mot, dans\nla pensée que je donnerai peut-être à certains exécutants un conseil utile, je\nviens de l'entendre jouer par un violoniste de premier ordre, et je constate une\nfois encore que plus le virtuose est habile, « fort », rompu à toutes les ruses du\nmétier, plus il est mauvais. Leur défaut, à tous, est de vouloir produire, dans le\nphrasé, un son qui atteint au maximum du pathétique ; ils savent que Mozart est\nsurtout un mélodiste et, partant de cette idée, ils « chantent » avec des raffine-\nments incroyables. Je me trompe : ils ne se préoccupent nullement du génie\npropre de M ozart et de l'interprétation adéquate qui convient. Ils veulent briller,\nétonner, arracher aux auditeurs des «oh ! » et des « ah !» ; alors ils serrent la\ncorde de très près, ils font vibrer leur doigt, ils renversent l'archet, ils sanglotent\nau lieu de chanter, ils se pâment au lieu d'agir. Ils jouent cette sonate, et les\nautres comme une page de Tristan et Yseult. Rien n'est plus désagréable. Soyez\nsimples ! dirai-je aux exécutants ; ayez des sons très purs, mais ne forcez rien !\nMais cela, se tenir dans la juste mesure et résister au désir de briller,\nd'émerger, de faire du pathétique sur la chanterelle ou la 4e corde, c'est\nrarissime, ou à la portée des seuls grands maîtres (comme Joachim). Le méca-\nnisme et la technique s'apprennent; il y a une certaine nuance du goût qui ne\ns'apprend pas. On prête à Wagner un bien joli mot. Un virtuose se présente chez\nlui, pour une épreuve, et lui joue, au piano, une pièce abracadabrante cle Liszt :\n« C'est bien, lui dit Wagner en l'interrompant ; mais çà, c'est trop facile : jouez-\nmoi donc du Mozart ! »\n\nMAZEPPA, POÈME SYMPHONIQUE DE LISTZ (CONCERTS LAMOUREUX.\n\n. Je constate\navec déplaisir que le public accueille ce poème symphonique avec au moins\nautant de chaleureux applaudissements que Y Héroïque de Beethoven ; tous les\ngoûts sont dans la nature. Il y a dans Maaheppa des intentions excellentes, toutes\nles ressources d'un génie imitatif. Cette course vertigineuse, ce supplice épique\nou hippique, ces pleurs, ces rugissements, tout cela est peint, quoique de"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "29", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.5", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nmanière brutale, criarde et froide. La ire partie, malgré tout, est intéressante.\nLa 2e, plus faible, plus commune, d'une fausse noblesse, amenée par des sonne-\nries de cuivre, semble convenir à une scène d'apparat, à un cortège somptueux,\net ne dit rien à l'esprit ni au cœur. L'orchestration, qui a de l'éclat et de la puis-\nsance, fatigue vite ; elle manque de cohésion, les instruments se superposent sans\ns'unir et se fondre. Enfin (et c'est ma principale critique), qu'est ce Mazeppa r Un\nsymbole. Cette longue comparaison de Hugo s'épanouit en l'idée de l'enthou-\nsiasme, de l'inspiration. Mazeppa se relève roi ; l'artiste est sacré parla douleur;\nle génie n'est pas une longue patience, mais une longue souffrance. Eh bien!\nl'essence du poème échappe à Listz, qui, surtout sensible à 1 aspect extérieur des\nchoses, n'a vu que des motifs de description, tels qu'une galopade, une pompe\nd'hippodrome. Son œuvre, dans la conclusion, où elle devrait avoir toute sa\nforce et toute sa splendeur, tombe à une assez plate vulgarité.\n\nA. L.\n\nCONCERTO POUR PIANO (EN FA MINEUR), DE LALO (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CON-\nSERVATOIRE). Un lento encadré par deux allégros dont le premier est précédé\nd'une introduction, telle est la forme toute classique de ce Concerto que Lalo com-\nposa il y a une vingtaine d'années, qui fut joué pour la première fois au Concert\nColonne du ier décembre 1889, et que M. Diémer (à qui l'œuvre est d'ailleurs\ndédiée) exécuta récemment à la Société des Concerts. Les abonnés du Conserva-\ntoire, devant qui ce Concerto n'avait jamais été produit, lui ont fait bon accueil ;\nmais les bravos étaient, je gage, adressés plutôt à l'impeccable virtuose qu'à\n1 œuvre elle-même. Ce Concerto m'a produit une impression glaciale, que les\nfinesses rythmiques du finale ont à peine dissipée. Il débute fort bien par un\nthème expressif exposé par les clarinettes, et auquel répond le piano, mais une\nfâcheuse phrase, parfaitement incolore, surgit aux cordes, et remplit de son\nrythme obsédant ce premier allegro dans lequel j'ai pourtant démêlé deux\npassages assez intéressants : d'abord une sorte de duel entre les cuivres et le\npiano, puis une suite de gammes confiées tout à tour, de façon amusante, aux\nviolons et au clavier. Le lento n'est guère plus passionnant. La phrase du\nfinale à 6/8 est d'un rythme moins banal, et le développement de sa clausule\nnerveuse sert de second thème. Cette partie, qui tranche vigoureusement avec les\ndeux précédentes, sert fort animée. Les idées se construisent clairement et l'on y\nreconnaît le style le bon style de l'auteur du Roi cTYs. M. Diémer a été\nrappelé plusieurs fois après cette péroraison dans laquelle l'orchestre de\nM. Marty lui a donné la réplique avec sa netteté habituelle.\n\nPSYCHÉ, DE CÉSAR FRANCK (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).\n\nC'est une\npartition trop connue pour qu'il y ait lieu d'en donner ici une analyse\nnouvelle. Peu comprise à son apparition, en 1888, cette œuvre nous semble\nmaintenant lumineuse. Elle ne présente aucune longueur et ne donne nulle\nlassitude. Tout y est bien en place, les thèmes sont charmeurs, et vraiment\nje ne puis concevoir qu'un critique « autorisé » ait pu l'autre jour affirmer qu il\nn aimait pas Psyché, sans même prendre la peinede dire à ses lecteurs les causes\npour lesquelles il pouvait ne pas aimer cette œuvre exquise. Les deux réserves\nqu'on pourrait formuler sont, d'une part, l'instrumentation trop bruyante de la\n2e partie, et d'autre part l'abus des effets de « bois » qu'on trouve dans Tristan.\nMais il eût été vraiment dommage que les combinaisons de timbres inventées\npar Wagner fussent restées son apanage. L'orchestre de la Société des Concerts"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "30", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.6", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\na interprété Psyché avec un moelleux et un fondu qu'aucune autre compagnie\nsymphonique ne saurait donner. Je tiens à féliciter les chœurs, dont la justesse,\nl'ensemble-et la prononciation ont été particulièrement remarquables. L'étince-\nlante Symphonie en sol mineur de Mozart; et le très noble et très pur Ave verum\nde M. Saint-Saëns complétaient le programme.\n\nH. BRODY.\n\nMUSIQUE RUSSE (CONCERT TOUCHE) : SYMPHONIE PATHÉTIQUE, DE TSCHAIKOWSKI ;\nQUATUOR N° 2, ET « DANS LES STEPPES », DE BORODINE ; TRIO, DE RUBINSTEIN ;\nOUVERTURE DE « RUSSLAN ET LUDMILLA », DE GLINKA. —La musique russe est.\ndans son ensemble, du plus haut intérêt, et a une très grande valeur ; elle s'est\nformée à deux sources très différentes : l'art classique allemand auquel elle a em-\nprunté la science de l'architecture sonore, et les chants populaires nationaux. C'est\ndéplus une musique où règne une imagination luxuriante : certains compositeurs\nrusses nous ont donné l'équivalent de ces descriptions étonnantes que l'on trouve\ndans plusieurs romans de leurs compatriotes (par exemple, dans Résurrection\nde Tolstoï). Le poème musical le plus éblouissant de couleur que je connaisse\nest le Caprice espagnol de Rismsky-Korsakof. Bizet, Berlioz, Chabrier, Wagner\nlui-même, et tous les descriptifs des pays de soleil, paraissent pâles à côté de ce\ncoloriste slave! Bien entendu, cet art russe est inégal et ne donne pas prise à\nune formule unique. La Symphonie pathétique de Tschaïkowski me rappelle la\npersonne même du compositeur que je voyais diriger l'exécution de ses propres\nœuvres, en 1888, à la Philharmonie de Berlin : c'est élégant et distingué, un peu\nacadémique et froid, diffus, trop long, sans puissance suffisante. Sauf un allegretto\ngiocoso à 5 temps, qui est d'une allure charmante\npeu de choses arrêtent l'attention. Bien qu'elle altère le plan classique et se\ntermine par un Adagio lamentoso, cette symphonie ne répond pas assez à son\ntitre. Borodine a plus de vigueur et de relief. Il a beaucoup de couleur et, en\nmême temps, un dessin très serré. Il peint et il construit. Son tableau pitto-\nresque, Dans les steppes (où une pédale interminable, sur la chanterelle des\nviolons, donne l'impression de l'immensité monotone du désert), est d'une ex-\npression poignante, mais classiquement construit, sans la moindre incohérence,\navec uneunité parfaite. Le timbre un peu gémissant des bois y produit un effet\nd'infinie mélancolie. Son Quatuor n° 2 m'a paru exquis; c'est du pur classique,\navec, çà et là, une saveur qui rappelle la manière de Grieg ; œuvre d'une pondéra-\ntion parfaiteet d'une grâce achevée ; non pas œuvre sublime, mais œuvre char-\nmante. Je citerai cette idée principale de l'allégro, qui n'est pas extraordinaire\npar elle-même, mais qui prend un charme inexprimable, quand elle est reprise\ntour à tour par les divers instruments et qu'elle entre dans les symétries légères\ndu contrepoint :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "31", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.7", "texte": "NOTRE SUPPLÉMENT MUSICAL ! PIÈCES DE BACH\n\nL'œuvre a été réduite pour piano à 4 mains par Blumfeld (à Leipzig, chez\nBéalïef). Le trio de Rubinstein est, hélas ! plus que mauvais : il est médiocre.\nLe pianiste génial voulait qu'on le prît surtout pour un compositeur. Il se trom-\npait sur sa propre valeur. Glinka, qui, dans la Vie pour le czar (18361, a écrit des\npages extrêmement savoureuses, et de l'art le plus pur, a montré dans l'ouver-\nture de Russlan et Ludmilla une verve heureuse; on dirait parfois du Boïeldieu,\nun peu corsé par Meyerbeer.\n\nNotre supplément musical : pièces de Bach.\nB.\nVAllegretto grazioso qui est en têtede notre supplément est tiré d'un recueil\nde Bach qui porte le titre A Inventions. Pourquoi ce mot ? Tout, dans la mu-\nsique, n'est-il pas « invention » ? Ilfautsans doute entendre ici: improvisations.\nBach était avant tout organiste; le caractère essentiel de l'organiste, c'est de\nsavoir improviser. Le mot Inventions est sans doute un titre modeste, avertissant\nle lecteur qu'il ne s'agit pas d'une œuvre aussi grave qu une symphonie ou une\ncantate. On s'apercevra d'ailleurs du caractère improvisé de cette pièce à cer-\ntaines rencontres des parties qui sont un peu dures. Malgré cela, cet Allegretto\ngrazioso est charmant. L'idée fondamentale, représentée par la première mesure,\nest d'un rythme original, délicat, très heureux, un peu exceptionnel dans la\nmanière habituelle de Bach, et dont R. Schumann, dont le souvenir s'impose\nici au lecteur moderne, paraît s'être souvenu plus d une fois. La construc-\ntion de l'ensemble du morceau est très simple. M. Bruno Mugellini, qui en\na donné une très belle édition (chez Ricordi), croit avec raison qu'il est formé\nde trois parties : la première (mesures 1-16) finit dans le ton relatif majeur; la\nseconde (mesures 17-48) ramène au sol mineur; la troisième sert de conclusion.\nCette division en trois parties, comme le fait remarquer Spitta, est imitée de\nVaria italien.\nLe charmant Rondeau, si piquant et si léger, que nous donnons ensuite, est tiré\ndu recueil des Partita. Dans son lexique, M. Hugo Riemann considère Partita\net Suite comme identiques. Il y a cependant une différence essentielle. Les Suites\nsont des séries de danses ; les Partita sont des pièces libres, oùles rythmes de\ndanse ne sont plus qu'un souvenir, et où le caractère typique des danses réelles\nest plus d'une fois altéré. (Ainsi, dans la Partita en mi mineur, il y a un tempo\ndi gavotte qui ressemble plutôt à une courante ; dans la Partita en soi majeur,\nil y a un tempo di menuetto qui n'a de commun avec le menuet réel que la\nmesure à 3/4 ; dans la Partita en la mineur, Bach insère des pièces telles que\nBurleska, Scherzo/]qui ne figurent jamais dans les Suites, etc...)\nCes deux jolies pièces sans prétention delà part de l'auteur, et qui équivalent\nà ce que nous appellerions « Esquisses » ou Impromptus », ou encore « Pages\nd'album », nous fontconnaître un Bach aimable et « gracieux », créateur original\nde rythmes, et d'une fantaisie aussi inépuisable que sa facilité d'écriture. Bach\nn'a pas excellé seulement dans les œuvres puissantes, mais aussi dans le badi-\nnage"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "32", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.8", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nCOURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nORGANISATION DES ÉTUDES D'HISTOIRE MUSICALE EN FRANCE AU XIXe SIÈCLE\nPALESTRINA ET LA MUSIQUE DU XVIE SIÈCLE, L'OEUVRE DU PRINCE DE LA\nMOSKOWA.\n\n[Suite)\n(Résumé par M. Emile Dusselier.)\nDans ma dernière leçon, j'ai dit comment la musique de Beethoven avait été\nintroduite en France. Tout en continuant à étudier l'oeuvre des concerts, je\nparlerai aujourd'hui de ceux qui firent connaître chez nous la musique de Pales-\ntrina, le grand compositeur du xvie siècle qui, dans la composition purement\nvocale et à plusieurs parties, a porté au plus haut degré, en profitant des progrès\nantérieurs, l'art religieux de la Renaissance, et celle de ses contemporains, de\nses élèves directs ou de ses imitateurs.\nAvant d'aborder ce nouveau sujet, je mentionne, sans m'y arrêter, deux\nmusiciens dont j'aurai à reparler plus tard, mais qu'on ne peut oublier quand\non parle de concerts historiques. Le premier est Fétis, ancien élève (1800-3),\npuis professeur (1821) du Conservatoire de Paris. Théoricien sans être novateur,\npubliciste sans être écrivain, compositeur sans autre qualité que beaucoup\nda'dresse, érudit sans posséder toutes les qualités essentielles qu'implique le titre\nde savant, mais professeur d'élite, très instruit, vulgarisateur passionné, d'une\nactivité infatigable et presque sans exemple (M. Hugo Riemann pourrait seul\nlui être comparé sur ce point), Fétis s'est livré, pour donner une impulsion aux\nétudes d'histoire musicale, à des entreprises diverses dont je n'ai à retenir, pour\nle moment, que les faits suivants, d'ailleurs caractéristiques d'une manière\nhâtive, et superficielle que nous retrouverons dans d'autres ouvrages: ce sont\nles quatre concerts-conférences qu'il a donnés le 8 avril 1832 à la salle desMenus-\nPlaisirs, le 16 décembre de la même année au Conservatoire, le 24 février 1853\net au mois d'avril de la même année à la salle Ventadour. Dans le premier, Fétis\nprétendait exposer et illustrer, par des exemples de choix, toute l'histoire de\nl'opéra, de 1501 à 1830 ; dans le second, la musique du xvie siècle ; dans le\ntroisième, toute la musique du xvne siècle ; dans le quatrième, il eut un échec\nattribué, selon l'usage, à la «malveillance ». Il est dommage que cette institution\ndu concert-conférence ait été arrêtée si tôt. Fétis avait pourtant autour de lui, et\nil utilisa pour sa propagande dogmatique, des chanteurs et des cantatrices de\npremier ordre ; c'est ainsi que dans son exposé de l'histoire de l'opéra, il fit\nentendre des artistes tels que Rubini, Nourrit, Bordogni, Lablache, Lafont,\nLevasseur, Dabadie, Mmes Schrœder-Devrient, Damoreau, Dorus, etc... On ne\npeut nier qu'en France il fut un ouvrier, très actif et très intelligent, de la\npremière heure.\nLe second musicien que je ne dois pas oublier est Amédée Méreaux, né à\nParis en 1803, fils et petit-fils d'organistes, homme délicat et distingué, moins"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "33", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.9", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nporté à se répandre au dehors en manifestations de toute sorte, comme Fétis,\nqu'à se concentrer sur des œuvres de finesse. J'aurai à parler ultérieurement du\nRecueil qu'il a publié (Les Clavecinistes français, de 1637 à 179°) ?je me b°rne à\nrappeler qu'il donna, à Rouen en 1842, puis à Paris en 1844, deux concerts con-\nsacrés à l'histoire de la musique. Je n'ai malheureusement pas pu en connaître\nle programme Je reviens maintenant au principal objet de cette leçon.\nLe premier Français qui se soit sérieusement occupé des œuvres de Palestrina\nest Choron, né à Caen en 1772, directeur de l'Opéra en 1816, et apôtre ardent\nde la musique chorale. Ce fut d'abord un mathématicien, que la lecture des\nouvrages de Rameau avait tourné vers la théorie musicale et l'étude des phéno-\nmènes acoustiques. Esprit cultivé, connaissant les ouvrages allemands et\nitaliens, il a publié avec Fayolle un Dictionnaire historique en 2 volumes,\nauquel il n'a d'ailleurs fourni que quelques articles (1810-11) avec une intro-\nduction qui (de la page 11 à la p. 92) contient un résumé de l'histoire de la\nmusique. Choron avait la vocation du professorat ; il faisait en France des\nvoyages d'exploration artistique, appliqué à découvrir des enfants bien doués\nqu il amenait ensuite chez lui, pour les instruire avec désintéressement et les\nformer au chant C'était un excellent praticien, ayant le goût des grandes masses\nvocales Son principal mérite est d'avoir maintenu une tradition qui risquait\nd'être fâcheusement interrompue ou de se perdre. Lorsque le Conservatoire eut\nété supprimé, en 1816, Choron ouvrit 1' « Ecole de chant et de déclamation », qui\nfit l'intérim jusqu'à la révolution de juillet et donna naissance, dans la suite, à\nun nouveau courant d'études. En effet, quand le Conservatoire, grâce à la révo-\nlution de 1830, fut revenu à la vie, l'idée qu'avait eue Choron de créer une école\nde chant, et principalement de chant religieux, fut reprise (en 1853) par\nNiedermeyer, fondateur de l'Ecole qui porte encore son nom, et dont le pro-\ngramme eut pour articles principaux, dès le début, de remettre en honneur le\nplain-chant et la musique de Palestrina. C'est Choron qui avait ouvert cette der-\nnière voie.\nEnt re l'Ecole de Choron et celle de Niedermeyer, il y eut, comme après lé-\nclipse du Conservatoire en 1816, un autre intérim. Cet intérim fut fait par un\nhomme singulièrement intéressant et original, qui rendit de réels services dans\nune période fort brillante, et qui sollicite l'attention de 1 historien par des titres\nnombreux : c'est le prince de la Moskowa. Quelques-uns de ceux qui l'ont vu\nà 1 œuvre sont encore vivants. Il est dommage qu'en s'aidant de leurs souvenirs\non n'ait pas songé à nous retracer le portrait, pas même la « silhouette », de ce\nroi des amateurs qui, pendant plusieurs années, régna sur des mondes très\ndilférents et eut son heure de belle influence salutaire, de gloire même ;il est\nun exemple typique du succès rapide, mais éphémère, que peuvent avoir en\nFrance toutes les tentatives dont la musique sérieuse est l'objet.\nJoseph-Napoléon Ney, prince de la Moskowa, né à Paris le 8 mai 1803 (et\nmort à Saint-Germain-en-Laye le 25 juillet 1857), était le fils du maréchal Ney,\nexécuté en 1815 sous la Terreur blanche, et petit-fils d'un tonnelier sans fortune.\nOn pourrait le classer parmi les hommes de guerre. D'abord capitaine de\nhussards dans l'armée française, général de brigade le 10 août 1853, quelque\ntemps au service de la Suède, il se battit en Algérie et publia (en 1845) des\nSouvenirs d'une campagne d'Afrique, auxquels il faut joindre un opuscule inti-\ntulé Des haras et des remontes en France (1841). On pourrait aussi bien le classer"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "34", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.10", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nparmi les hommes politiques. En 1841, il siège àla Chambre des pairs ; en 1 847,\nil prend part à la fameuse campagne des banquets ;en 1848, il se rallie à Napo-\nléon, le soutient comme représentant d'Eure-et-Loir et devient sénateur\n(le 26 janvier 1852). On raconte même qu'à une époque où il ne voulait être\nconnu que comme compositeur, cette dualité de fonctions lui attira une réplique\nassez désagréable. Il rencontre un grand musicien contemporain, et lui demande\ndes nouvelles de sa santé, en l'appelant « mon cher collègue ».\nl'autre en souriant, je ne savais pas que j avais été nommé sénateur ! » Membre\ntrès influent du Jockey-Club, célèbre par son luxe ruineux, il fut aussi 1 arbitre\ndes élégances et donna longtemps le ton à la mode. J'indique seulement ces\ncôtés de sa vie, pour m'arrêter aux choses purement musicales.\nUne note biographique publiée par Escudier, dans la France musicale de 1857,\nà la m®rt du prince, nous apprend qu'il avait fait ses études musicales en Italie\net qu'à l'âge de treize ans (sic) il avait fait exécuter une messe solennelle avec\norchestre, à Lucques. C'est donc en Italie, où il vivait dès avant la mort de son\npère, que le prince de la Moskowa apprit à connaître les grands compositeurs\nqu'il devait essayer de vulgariser plus tard. Une fois en France, il produit des\nœuvres personnelles, en se subordonnant d'abord, pour l'influence effective, à\nChoron, qui est alors au premier plan. Le 19 février 1831, Fétis rend compte\nd'un (( Exercice extraordinaire » qui a lieu à « l'Ecole royale de musique clas-\nsique »de Choron, pour l'exécution d'une messe du prince, messe à « grand\norchestre », qui a nécessité la réunion de l'orchestre du Théâtre italien, alors\ndirigé par Girard, aux artistes de l Ecole. Fétis ne reproche à cet ouvrage qu'un\nexcès de science : « Il m'a paru, dit-il, que les entrées de fugue y sont mul-\ntipliées et donnent en plusieurs endroits un certain aspect scholastique à la\ncomposition. » Remarquons, dans le programme de cet « Exercice extraordi-\nnaire », un psaume de Marcello, un madrigal de Palestrina et la Bataille de\nMarignan de Cl. Jannequin. La Gazette musicale du ler mai 1842 mentionne\nl'exécution, en l'église des Missions étrangères, rue du Bac, d'un Kyrie et d'un\nChriste à sept voix, d'un O salutaris à six, et d'un Domine salvum du prince\nde la Moskowa, encadrés par des fragments de la célèbre « Messe du pape\nMarcel » de Palestrina. A des œuvres religieuses, dont je ne puis donner la\nliste exacte, il faut joindre des œuvres profanes, dont les principales sont deux\nopéras : le Cent-Suisse et Yvonne. Le Cent-Suisse (1 acte) est joué à l'Opéra-\nComique le 17 juin 1840. Dans la France musicale du 21 juin, Escudier juge\nl'auteur avec plus de sévérité que Fétis : « La musique de grand seigneur,\nécrit-il, devient un peu envahissante depuis quelque temps ; c'est une épidémie\ndangereuse, qui passera bientôt, nous l'espérons.... En vérité, nous n'oso îs\npas prendre trop au sérieux la pièce que 1 Opéra-Comique a eu l'honneur de\nreprésenter mercredi dernier... La musique du Cent-Suisse est froide, mal\ninstrumentée et ne renferme rien d'original... L'auteur désirant garder l'a-\nnonyme, nous le laisserons reposer en paix. » Escudier doutait que la pièce\narrivât à la quatrième représentation. Elle fut jouée près de cent fois. Quinze\nans plus tard, le même Opéra-Comique donnait un concert, sous la direction de\nTilman, dont la seconde partie comprenait un Salve regina du prince, pour\nquatre soprani, alors que la première partie était consacrée à /'Enfance du Christ\nde Berlioz (samedi 14 avril 185 s), et au mois de mars de la même année, une\npiécette lyrique, Yvonne, ainsi appréciée par Blanchard dans la Gazette musi-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "35", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.11", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ncale : « Le compositeur M le prince de la Moskowa, a pourtant brodé sur ce\ncanevas une musique ingénieuse, bien faite, colorée comme un fabliau du\nmoyen âge. » Le même journaliste loue, « le caractère légèrement rétro-\nspectif de quelques morceaux », une fugue, une instrumentation «pittoresque »,\ninspirée de Weber.\nJe ne suis guère en mesure, on le comprendra, de donner une appréciation\npersonnelle sur le talent du prince de la Moskowa comme compositeur. Il\nressort cependant de beaucoup de témoignages qu il avait une solide éducation\ntechnique. Il savait écrire une fugue. C'est tout à fait insuffisant pour avoir des\nsuccès de théâtre ; mais c'est une sérieuse garantie de compétence musicale. De\nplus, la musique religieuse du xvie siècle avait laissé sur lui, durant son séjour en\nItalie, des impressions décisives. Enfin, il était de la grande tradition napoléo-\nnienne ; il avait 1 amour de la gloire et le goût des aventures.\nEn 1843, sous l'influence des beaux souvenirs de sa jeunesse, il eut la pensée,\ncomme tant d'autres depuis cette époque, de fonder, avec des personnes du\ngrand monde et des artistes, une « Société de musique vocale, religieuse et\nclassique » dont il serait le directeur. Le prestige de son nom et son mérite\npersonnel lui valurent tout de suite de précieux concours. Toute la haute\naristocratie française du maréchalat impérial prit intérêt à cette création. Les\ndames « patronnesses» étaient la duchesse d'Albufera, la princesse de Beauveau,\nla duchesse de Coligny, la princesse de Craon, la duchesse de Gramont, la\ncomtesse de Lobau, la duchesse de Massa, la comtesse Merlin, la princesse de\nla Moskowa, la vicomtesse de Noailles, la comtesse de Sandwich, la duchesse\nde Talleyrand. Au-dessus de ce brillant aréopage féminin, avec le titre de\n« membres honoraires» étaient placées les illustrations du jour : Adam, Auber,\nBerton, Carafa, Halévy, Meyerbeer, Onslow, Rossini, Spontini. Bottée de\nToulmon et Zimmermann. Des études préliminaires étaient indispensables ; on\norganisa de véritables classes de chant, avec des maîtres spéciaux : Carlini pour\nles soprani, Vera pour les contralti, Dietsch pour les ténors, Vogel pour les\nbasses. Les chefs d'attaque avaient eux-mêmes pour chef M. Trévaux. Le tréso-\nrier était le banquier Lafitîe, beau-père du prince. Le sous-directeur, qui plus tard\ndevait passer au premier plan, était Niedermeyer. Un règlement très précis fut\nrédigé. J en détache les articles les plus importants :\n« Art. 1. —Le but principal que se propose la Société est l'exécution de\nmorceaux écrits pour les voix, sans accompagnement, ou avec accompagnement\nd'orgue, et particulièrement par les maîtres français, belges, italiens et\nallemands des xvie et xvne siècles.\n« Art 2. La Société n'exécutera que des morceaux dont les auteurs seraient\nmorts avant le commencement du xixe siècle.\n« Art. 4. —Le prix de la souscription àla Société est de 120 fr., moyennant\nlesquels toute personne admise àen faire partie et ayant reçu le diplôme de\nmembre sociétaire aura le droit d'assister aux concerts donnés par elle pendant\nle courant d'une année.\n« Art. 9. Le diplôme de membre honoraire sera accordé par le comité des\ndames patronnesses sur la proposition du directeur. Le nombre des membres\nhonoraires ne pourra excéder soixante. »\nDu premier concert, qui eut probablement un caractère privé, nous ne savons\nrien; sur le deuxième, qui fut le véritable début delà Société et eut lieu à la"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "36", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.12", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nsalle Herz, voici ce qu'écrivait Adolphe Adam (France musicale du 4 juin 1843 :\n« Voici une grande et magnifique pensée... Lorsqu'il y a quelques mois, M. le\nprince de la Moskowa voulut bien me confier le plan de sa Société, j'avoue que\nj'en croyais la réalisation impossible. Non, pensai-je, nous n'aimons pas assez la\nmusique sérieuse, pour que les amateurs consentent à faire les études arides et\ndifficultueuses, indispensables pour arriver à l'exécution des morceaux scholasti-\nques {sic)... 11 est fort heureux que M. de la Moskowa ait eu l'idée de fonder celte\nSociété, car lui seul en était capable. Un artiste, malgré toute l'autorité de son\nnom et de son talent, n'aurait pas eu l'influence d'un homme du monde sur les\ngens du monde qu'il fallait endoctriner et convertir, eux habitués seulement aux\nfioritures italiennes et aux romances d'album qu'on leur dédie. » A ce concert,\noù pour la première foisles ecclésiastiques furent admis, et où tous les exécutants\nétaient des amateurs (sauf quelques choristes hommes), on fit applaudir av'ec\ntransport le Stabat et le Pleni sunt cceli de Pa.lestrina, un Miserere d'Orlando\nLasso. La marquise de Gabriac chanta un air du Stabat de Haydn ; la comtesse\nMurât, un trio de Clari avec la comtesse Apponyi et A Dupont. Trois versets du\nMiserere d'Allegri, Y Ave Maria d'Arcaaelt, Y Alléluia du Messie de Handel, un\nair de la Création de Haydn, figuraient aussi au programme.\nLe 18 mars 1844 eut heu, à la salle Herz, le 3e concert. La marquise de\nGabriac, la comtesse Murât, étaient au nombre des interprètes ; au programme,\nœuvres de Palestrina, Clari, Haydn, Pergolèse, Handel. Le succès grandissait\nsi vite et créait un tel mouvement de faveur pour l'ancienne musique, qu'en\n1 845, dans la Gazette musicale (2$ mai), Danjou, qui était pourtant un archéologue,\ncommençait à s'alarmer : « C'est un fait extraordinaire, écrivait-il, et qui n'a pas\nété assez remarqué, que celui de l'existence, de la persévérance et du succès de la\nSociété fondée par M. lepr. de la M pour l'exécution de la musique classique... Je\nne crois pas me tromper en disant que l'existence de ces concerts indique claire-\nment que nousentrons dans uneépoquede réaction et, sans être prophète, on peut\nprédire qu'avant peu il y aura un enthousiasme irréfléchi mêmepour la musique\ndes temps passés et un grand mépris pour les compositions récentes ».\nDanjou en voit un symptôme dans le succès du Désert de Félicien David, où\nl'auteur « à chaque instant s'est inspiré de Lulli, de Couperin »! ! un autre\ndans les symphonies de Reber.\n« Le premier artiste qui ait commencé cette réaction, ajoute-t-il, est Choron.\nLes œuvres de Palestrina et de Marcello, qu'il fit entendre pour la première fois\nen France, firent tout d'abord une grande impression et habituèrent le public à\nbidée que toute la musique ne datait pas du temps où il vivait. Après Choron,\nM. Fétis, dans ses concerts historiques, continua cette revue rétrospective des\nchefs-d'œuvre anciens en tout genre... Il deviendra peut-être nécessaire d'arrêter\npar la critique les artistes qui s'engageraient trop avant dans cette voie ; car, s'il\nest utile d'étudier le passé, il ne faut pas pour cela faire rétrograder l'art. »\nPour nous faire une idée exacte des compositeurs anciens étrangers et français,\nque fit connaître le prince de la Moskowa, nous avons une source de renseigne-\nments excellente : c'est le recueil en onze volumes qui a été publié chez Pacini,\néditeur de la Société, et qui contient le répertoire de celle-ci. Ce recueil curieux,\nil faut le dire tout d'abord, n'est nullement une œuvre critique, au point de vue\nde la constitution du texte ; aujourd'hui encore, nousnavons rien en France qui,\ndans le domaine de la musique religieuse au xvie siècle, soit comparable, même"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "37", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.13", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nde loin, aux travaux d'un Haberl sur Palestrina ou d'un Sandberger sur Orlando\nLasso. Le prince de la Moskowa était trop artiste, trop « jockey-club», pour\naimer les patientes recherches de bibliothèque. Il s'est beaucoup servi du réper-\ntoire de l'École de Choron ; seule, la bibliothèque de notre Conservatoire, dépo-\nsitaire d'un célèbre manuscrit de Carissimi, a été mise à contribution. Le prince\nn'avait qu'une idée très vague de la méthode historique et de ce qu'on appelle\n« les sources ». L'idée ne lui est jamais venue de demander si l'air célèbre d'église,\nfaussement attribué à Stradella, n'était pas apocryphe ou si la déclinaison musi-\ncale de hic, hœc, hoc était bien de Carissimi (et non de Dom. Mazzochi). Palestrina\nforme le fonds de ce répertoire, qui s'est peu à peu étendu à des auteurs de\nsecond ordre, et où les œuvres purement françaises sont très rares. Il esttrès riche\nde noms Le meilleur moyen de l'apprécier est de le reproduire intégralement.\nVoici les compositeurs qui s'y trouvent, avec le nom de leur pays d'origine et leurs\ndates, l'indication des œuvres exécutées, et celle du volume (dans le répertoire\nde la Société) où on en trouve le texte.\n\nNOMS DES AUTEURS TITRES DES ŒUVRES EXÉCUTÉES Nombre de parties N° du\nVOCALES la cc\nvolume de\nélection\nAllegri(Rome,1586-1652) De lamentatione Jeremiœ,\n— Miserere,\nAnerio (Rome, [560-1630) Ave regina cœlorum,\n— Adoramus,\nArcadeUPays-Bas,xvies.) Ave Maria,\n— Il bianco e dolce cigno,\nJ.-S. Bach (1685-1750). Tantum ergo,\n— fui presso, air avec chœur de\nla Passion St Matth.,\n0. Benevoli(Rome, 1602-\n1672) ...... Sanctus,\nBuononcini (Modène,\n1640 1726). . . . .In te, Domine,\nCarissimi (Marino,\n1604-1674) 0 felix anima,\n— Gaudeamus,\n— Surgamus, ennuis,\n— Déclinaison de hic,hœc, hoc,\nClari (Pise, 1669-1746) Cantando un di,\n— A/0/2 /e sdegnar,\n— Addio, campagne amene,\n— Gratias agimus,\nDu Caurroy (1549-1609) Noël, Noëly\nColonna (Bologne, 1640-\n1695) Domine,\nDonato (1510-1603) . . Villote neapolitana,\nDurante (Naples, 1684-\n175:) Christe eleison,\nGabriel! A. (Venise,\n1510-1586) .... Magnificat,\nà 4 voix\nà 2 chœurs\nà 2 —\nà 4 v.\nà 4 v.\nà 4 v.\nà 4 v.\nà 16 v.\nà 4 v.\nà 3 v.\nà 4 v.\nà 3 v.\nà 4 v.\nà 2 v.\nà 2 v.\nà 3 v.\nà 5 v.\nà 4 v.\nà 5 v.\nà 4 v.\nà 4 v.\nà 3 chœurs\n2\n2\n6\n6\n2\n5\n2\n4\n11\n8\n6\n8\n8\n11\n3\n3\n2\n8\n10\n8\n10\n6\n6"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "38", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.14", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nNOMS DES AUTEURS\nTITRES DES ŒUVRES EXECUTEES Nombre de parties N° d i\nVOCALES la C\nvolume de\nolit'Ction\nGabrieli A [suite).\nGabrieli G. (Venise,\n1587-1612)\nGallus(Krain, 1550-1591)\nGastoldi (1566-1622).\nGesualdo (xvie s.). .\nGibbons Orlando (Cam-\nbridge, 1583-1625). .\nGluck (Weidenwang,\n1714-1787) .\nHandel(Halle, 1685-1759)\nHaydn (Rohrau, 1732-\n1809)\nJannequin (xvie s.).\nJosquin Deprès (1440-\n1521 ?)\nLeisring (1590-1637).\nLéo (Naples 1694-1746).\nLoti (Hanovre, vers\n1667-1740) .\nLupus (xvie s.).\nMarcello (Venise, 1686-\n1739)\nBenedictus, à 3 —\nSento un rumor, à 8 v.\nMagnificat, à 8 v.\nMiserere, à 6 v.\nMedia vita, à 2 chœurs\nAdoramus, a 6 v.\nEcce quomodo moritur, à 4 v.\nViper lieto voglio, à 5 v.\nGelo a ma donna, à 5 v.\nCome esser suo, à 5 v.\nLe vieux chasseur, à 5 v.\nLe croisé captif, à 5 v.\nMadrigal (Orphée), à 5 v.\nLascia clïio pianga, à 5 v.\nAh ! mio cor, à 5 v.\nTutta raccolta an cor, à 5 v.\nC/ze va/ cercando, duo,\nAlléluia (du Messie), à 4 v.\n/? Dzo (air delà Création),\nTrio et chœur (id.),\nInsanœ et vanœ curœ, à 4 v.\nVidit suum dulcem natum) air 'Stabat)\nLac tfîc vere, air (id.)\nVirgo virginum, quatuor (id.)\nQuando corpus, quatuor et chœur (id.)\nLa bataille de Marignan, à 4 v.\nLe chant des oiseaux, à 4 v.\nLa déploration de Jean\nOckegem, à 4 v.\n0 filii, à 2 chœurs\n5/cw£ erat, à 10 v.\nSpirito di Dio, à 4 v.\nMiserere, à 4 v.\nBenedictus, à 4 v.\nChriste eleison, à 5 v.\nAudivi vocem) à 6 v.\nDonde con tanto fremito, chœur\n/ c/e/z immensi, solo et chœur\nLa /aa Le//' acque, à 3 basses\n6\n11\n9\n9\n6\n6\n6\n10\nS\n11\n11\n3\n3\n3\n3\n3\n3\n4\n4\n4\n4\n4\n4\n4\nI I\n5\n2\n8\n5\n10\n10\nII\n6\n3\n3\n5"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "39", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.15", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nNOMS DES AUTEURS TITRES DES ŒUVRES EXECUTEES Nom\nparties N°\nci/* volume de\nVOCALES\nla collection\nMarenzio (Coccaglio, près\nBrescia , 1550-1549) Ahi dispietata,\nà\n4\nV.\nI I\nNanini (1545-1607). . . Diffusa est gratia,\nà\n4\nV.\n6\nOrlando Lasso (Mons,\n1520-1594) .... Regina cœli,\nà\n4\nV.\n2\n— Salve Regina,\nà\n4\nV.\n2\n— Miserere,\nà\n4\nV.\n2\n— Sais-tu dire Y Ave ?\nà\n4\nV.\n5\n— Si le long temps,\nà\n4\nV.\n5\n— Ce faux amour,\nà\n4\nV.\n5\n— Fuyons tous d'amour le jeu,\nà\n4\nV.\n5\n— Bonjour, mon cœur,\nà\n4\nV.\n5\n— Le temps peut bien,\nà\n4\nV.\n5\nJe Y aime bien,\nà\n4\nV.\ns\n— vorcs n'êtes en bon point,\nà\nr\"\n5\nV.\n)\n— Per pianto, madrigal,\nà\n5\nV.\n5\n— Qa/a cinerem,\nà\n5\nV.\n6\n— Depsalmis pœnit.\nà\n3\net 4 v.\n9\nPalestrina (1524-1594) . Messe « du Pape Marcel »,\nà\n6\nV.\n1\n— id. Œterna Christi\\\nà\n4\nV.\nt\n— Stabat,\nà\n2\nchœurs\n1\n— Fratres ego enim,\nà\n2\nchœurs\n1\n—- Adoramus,\nà\n4\nV.\n1\n— Pleni sunt cœli et terrœ,\nà\n3\nV.\n1\n— rzva Tibro, madrigal,\nà\n4\nV.\n1\n— Vaghi pensier,\nà\n4\nV.\n5\n— La ver l'aurora,\nà\n4\nV.\n5\n— Tribularer si nescirem,\nà\n6\nV.\n7\n— Agnus Dei,\nà\n8\nV.\n7\n— Popule meus,\nà\n2\nchœurs\n7\n— Canite tuba,\nà\n5\nV.\n7\n— Fzrcea raea,\nà\n4\nV.\n7\n— Una hora,\nà\n4\nV.\n7\n— Tantum ergo,\na\n5\nV.\n7\n— In monte Oliveti,\nà\n4\nV.\n7\n— Tristis est anima,\nà\n4\nV.\n7\n— Esurientes,\nà\n5\nV.\n7\n— Corporis mysterium,\nà\n4\nV.\n7\n— 0 force ./esrc,\nà\n4\nV.\n7\n— Sicut eraty\nà\n6\nV.\n7\n-— De/ mater aima,\nà\n4\nV.\n7\n— Lauda anima,\nà\n5\nV.\n7\n— Hodie Christus natus est,\nà\n2\nchœurs\n7\n— Gloria Patri,\nà\n2\nchœurs\n7\n— Missa canonica,\nà\n4\nV.\n9\n— Requiem,\nà\nK\n>\nV.\n9"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "40", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.16", "texte": "COURS DU COLLEGE DE FRANCE\n\nCertes, cette liste n'est pas faite uniquement avec des musiciens et des\nœuvres de génie. A côté de l'excellent, il y a du médiocre, des compositeurs de\nsecond, de troisième et même de quatrième ordre. Mais quel flot de notions\nnouvelles elle jetait sur un public, qui avait besoin d'apprendre, selon le mot du\ncritique cité tout à l'heure, que la musique ne datait pas d'hier ! A des Parisiens\nqui ne connaissaient guère que des « airs frivoles d'opéra », elle donnait une.pre-\nmière et vive impression, sinon une idée complète, de toutes les grandes écoles.\nD'abord, pour l'ltalie, les écoles romaine, napolitaine, vénitienne, bolonaise :\nl'école romaine, représentée par Palestrina, Nanini, successeur de Palestrina, et\npar ses élèves : Anerio, compositeur de la chapelle papale en 1594, Allegri, Ca-\nrissimi, tous maîtres de la forme de l'art la plus élevée, le contrepoint vocal ;\nl'école napolitaine, représentée par les deux Scarlatti, Alexandre et Dominique,\nvéritables sources de grande musique, par Durante, qui à l'encontre des Scarlatti\nn'a écrit que pour l'église, et par Gesualdo, le compositeur hardi et original,\npartisan de la tonalité libre, restaurateur des genres antiques (dont il reste\nsix livres de madrigaux à 5 voix, parus en 1585); l'école vénitienne, repré-\nsentée par Merulo, organiste de Saint-Marc en 1566, dont les œuvres appartien-\nnent aux plus anciens monuments de la composition pour orgue ; les deux Ga-\nbrieli, Andréa et Giovanni, ce dernier successeur de Merulo comme organiste à\nSaint-Marc, maître de Schûtz et prédécesseur de Bach ; Donati, compositeur de\nmadrigaux et de motets ; Loti, et son élève Marcello, l'auteur d une paraphrase\ndes 53 premiers Psaumes qui est placée sur le même rang que les chefs-d'œuvre\n\nNOM DES AUTEURS\nTITRES DES ŒUVRES EXÉCUTÉES Nombre\n: parties\nA'0 volume de\nVOCALES\nla collection\nPalestrina {suite)\nDies sanctifcatus,\nà\n4 V.\n10\n—\nSicut cervus desiderata\nà\n4 V.\n10\n—\nLaus, honor,\nà\n6 v.\n10\n—\nVeni sponsa,\nà\n4 v.\n10\nScarlatti, Al. (Trapani,\nSicile, 1659-1725). .\nCor mio, madrigal,\nà\n5 v-\n2\nStradella (Naples, 1645-\n1681)\nPieta signore, aria\n3\nTallys( Anglais m. eni 585) Kyrie eleison,\nà\n<\n•\n3\nVittoria (1540 1608).\nJesu dulcis memoria,\nà\n4 V.\n6\n—\nPueri Hebrœorum,\nà\n4 v.\n2\n—\n0 vos omnes,\nà\n4 v.\n2\n—\nGloria Patri,\nà\n6 v.\n6\n—\n0 quam gloriosum,\nà\n4 v.\n6\n—\nFere languores,\nà\n4 v.\n10\nVulpius (Wasungen,\nné vers 1560). . . .\nExultate justi.\nà\n4 v.\n6\nANONYMES\n—\nChant des frères mor ave s.\nà\n4 V.\n2\n—\n/l//rt Trinita beata,\nà\n4 V.\n2\n—\nBelle qui tiens ma vie, pavane\nà\n4 V.\nr*\n>\n-—\nP\\ag. d'zm ancien Noël, solo et chœur\n10\n—\nAe questa valle di miseria,\n10"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "41", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.17", "texte": "COURS DU COLLÈGE DÉ FRANCE\nR. M.\n4\n\nde Palestrina ; les autres écoles, représentées par Luca Marenzio, le plus\ncélèbre représentant de la composition madrigalesque, le « divino compo-\nsitore»; Colonna, président de la célèbre Académie philharmonique de Bolo-\ngne, et son élève Clari, d'envergure très modeste, connu surtout par ses duos\net ses trios de 1720. Des Pays-Bas, avec Lassus, le prince de la Moskova\nfaisait connaître Josquin Deprés, le plus célèbre contrepointiste du xve siècle,\nArcadelt, qui, après avoir émigré à la chapelle Sixtine (1540), suivit le duc de\nGuise à Paris, où il obtint (1557) le titre de « musicus regius » ; de l'Allemagne,\noutre Bach et Handel, Gallus, contemporain de Palestrina, kapellmeister de\nLévêque d'Olmutz, puis organiste à Prague; de l'Espagne, Vittoria, repré-\nsentant du « style palestrinien » au delà des Pyrénées ; de la France enfin,\nClément Jannequin, Du Caurroy. .\nTout cela ne fut pas accueilli avec un enthousiasme durable. Pour des raisons\ndiverses, dont la principale paraît être une éducation insuffisante, la plupart\ndes journalistes et des critiques firent bientôt le silence autour des concerts\ndonnés par le prince de la Moskowa. Dans le Journal des Débats, Berlioz, qui était\ntrès ignorant de la musique ancienne et avait même une idée très incomplète de\ncelle de Bach (nousavons là-dessus le témoignage de M. Saint-Saëns), n'a jamais\nfait mention de ces nouveautés.\nEst-ce cette indifférence qui arrêta l'entreprise? Est-ce la difficulté de la tâche\nou la lassitude des souscripteurs et le manque de fonds ? Dans un article publié\nparla Gazette musicale du 14 octobre 1855, Adrien de La Fage écrivait : « Il y a\nquelque dix ans, un amateur des plus distingués, M. Ney delà Moskowa, eut\nl'idée d'établir à Paris quelque chose de semblable (aux sociétés anglaises de\nmusique ancienne et d'harmonie sacrée) : ses talents, sa position et ses relations\nsemblaient le mettre à même de faire prospérer une fondation de ce genre ; il fut\nd'abord secondé, appuyé et loué avec raison par toute la presse politique et musi-\ncale, mais l'argent des riches amateurs n'afflua nullement: au seconcLversement,\nprès de la moitié des fondateurs ne répondit plus à l'appel et rompit ses enga-\ngements ; à la fin de la seconde année, il fallut fermer boutique, et peu s'en\nfallut qu'on ne mît la clef sous la porte. » Leçon à méditer par ceux qui, en mu-\nsique, aiment les projets gigantesques ! D'après de La Fage, la Société n'aurait\neu qu'une très courte durée : mais ce témoignage n'est pas très exact. On lit en\neffet ceci dans la Revue et Galette musicale du 22 avril 1855, à propos des Concerts\nhistoriques de Fétis : «.. La Société de musique vocale, religieuse et classique\ndirigée avec un rare talent par le princede la Moskowa, forte des sympathies de\nl'aristocratie dilettante, continua, durant sept années, une partie de l'oeuvre glo-\nrieusement commencée par M. Fétis. » Quelle qu'ait été sa durée exacte, cette\nœuvre artistique ne fut pas un brillant fait d'armes sans lendemain, à la manière\nde Napoléon : le véritable créateur de l'Ecole Niedermeyer et des Ecoles simi-\nlaires, c'est le prince de la Moskowa.\n(A suivre.)\n\nJULES COMBARIEU."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "42", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.18", "texte": "PUBLICATIONS NOUVELLES\n\nPublications nouvelles: Henry Dumont (1610-1684).\n\nHENRY DUMONT, étude historique et critique, par Henri Quittard, avec une préface\nde J. Combarieu, chargé de cours au Collège de France, I vol. gr. in 8°, 214 p.\nde texte, plus 57 p. de musique (à la Société du Mercure de France, 16,\nrue de Condé, 10 fr.).\nM.\n—■ Bien que M. Henri Quittard soit un des collaborateurs\nde la Revue musicale, nous ne sommes nullement gêné pour recommander ici\nson livre, œuvre de patientes et pénétrantes recherches, monographie com-\nplète d'un grand musicien trop peu connu. Né à Liège en 1610, H. Dumont\nvient à Paris en 1638 (ou 1639) et occupe d'abord la place d'organiste à l'église\nSaint-Paul, où sa virtuosité le rend célèbre : bientôt il entre au service du duc\nd'Anjou, de la reine, du roi qui lui accorde un bénéfice. M. Quittard consacre de\ntrès importants chapitres à l'étude de la chapelle du roi, à l'évolution du style\nau xvne siècle, puis il analyse les œuvres musicales de Dumont, les Cantica sacra\n(recueil de 40 motets, pour nombre de voix divers, parus en 1652), les Mélanges\n(1 57)s es Mrs à quatre parties (1663), les Motels à deux voix (1668), composi-\ntions où <( 1 art du contrepoint vocal est excellemment représenté par des chan-\nsons françaises et des motets de forme très pure, d'une admirable limpidité et\nd une élégance exquise » ; les messes en plain-chant, dont certaines pièces sont\nencore populaires ; enfin les grands motets, à deux chœurs et cinq instruments,\nécrits pour la chapelle du roi ; recueil paru après la mort de l'auteur, mais qui,\ndans la suite, a servi de modèle pour les compositions d'église développées.\nM Quittard voit en Dumont un précurseur, mais l'apprécie avec beaucoup\nd'équité ; il n'oublie pas ce qu'il emprunta à ses devanciers, et il ne le trans-\nforme pas en fondateur d'école. « Ce qu'on ne peut lui refuser, dit-il, c'est\nd'avoir eu pleinement conscience des voies où l'art pouvait sans témérité s'en-\ngager, et harmonieusement coordonné les ressources jusqu'alors dispersées de\nla musique de son temps... Le contrepoint encore classique des Meslanges et\ndes Cantica, le style presque récitatif de ses dialogues, la ligne fermement\ntracée ou naïvement ornée de ses airs, l'harmonie sévère ou fleurie de ses\nbasses continues, les ritournelles timides encore, mais déjà expressives, de ses\nvioles : tout cela, sous un aspect plus riche et dans de plus amples proportions,\nreparaît en ces Motets de 1686 où se résume l'effort de sa vie tout entière et qui\ncontenaient en germe près de deux siècles de musique française. » Des textes\ntrès abondants (57 pages de musique) permettent au lecteur de contrôler par\nlui-même ces appréciations. Le livre excellent de M. Quittard est indispensable\nà ceux qui, du xvne siècle ne connaissent que Lulli, et de Dumont que quel-\nques airs de plain-chant ; et nous souhaitons vivement qu'un succès mérité\nrécompense notre collaborateur d'un travail consciencieux et de valeur très\nsérieuse.\n\nFANTASMAGORIES, recueil de pièces pour piano, par I. Philipp, professeur au\nConservatoire (chez Heugel, 5 fr.).\n\nNuit mystérieuse, Farfadets, Sérénade gro-\ntesque, /es Cygnes noirs, Marche des gnomes, Chevauchée nocturne, tels sont les\ntitres de ces pièces charmantes, de difficulté moyenne, que Stephen Heller, le\nmaître de M. Philipp, n'eût pas désavouées. Nous pouvons en dire autant d'un\nautre Recueil de M. Philipp, qui vient de paraître chez le même éditeur, Valses,"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "43", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.19", "texte": "COURRIER THEATRAL\n\ncapricieuses : Sérénade, Poupée valsante, Rêves, Danza, Valse légère, Caprice.\nMusique claire, agréable, délicate et distinguée. —\n\nC.\n\nDANSES SUISSES ANCIENNES, pour piano et chant, par Cari Wunzinger (chez les\nfrères Hug, Leipzig, 2 fr. 50). Ce recueil de 12 pièces contient des airs caracté-\nristiques. Bien que l'auteur se soit un peu trop montré dans l'accompagnement,\nnous les recommandons à tous les amateurs de l'art populaire.\n\nCHANTS ET CHANSONS DU NIVERNAIS (Morvan, Bazois, Amognes, Puisaye,\nVaux d'Yonne, de Loire et d'Allier, etc...) recueillis et classés par Achille\nMillien, airs notés par J.-G. Pénavaire ; complaintes et chants historiques,\ndessins de Matisse-Auguste, 1 vol. (chez Leroux, 28, rue Bonaparte), tome\npremier, 328 p.\n\nCourrier théâtral. — Correspondances.\n\nROUEN.\n\nLe Théâtre des Arts a donné la Walkyrie sous la direction d'un chef\nd'orchestre allemand qui a tiré, avec beaucoup de zèle et de dévouement, le\nmeilleur parti possible des ressources mises à sa disposition. Il faudrait, pour\nêtre équitable, oublier et l'interprétation de l'Opéra et celles, àce même Théâtre des\nArts, de Tannhàuser et de Siegfried, surtout avec des artistes dontplusieurs passè-\nrent directement à la Monnaie ou à Covent-Garden et à une époque où la troupe\nde grand opéra était homogène et complète. Il ne suffit pas de faire jouer fort un\norchestre incomplet pour donner l'illusion que tous les instruments exigés par\nWagner sont là. M. Edouard Falk dirige avec vigueur ; les artistes pris indivi-\nduellement peuvent être excellents : cela ne suffit pas. De même, on ne transforme\npas des artistes habitués au répertoire de l'opéra comique en interprètes wagné-\nriens sans encourir quelques responsabilités. On peut s'étonner aussi que d'im-\nportantes coupures aient été faites au cœur même du drame, dans les scènes où\nWotan, en face de sa vivante volonté Brunehilde, se débat en un conflit tragique\ndu plus haut intérêt wagnérien et d'autant plus s'étonner que M. Berronne et\nMlle Jullian, artistes de grand opéra, paraissent très goûtés du public. Pourquoi\nn'avoir pas supprimé plutôt quelques récits du premier acte, s'il fallait à tout prix\ncouper ? La mise en scène, difficile sans doute, est insuffisante au second acte.\nNéanmoins il faut tenir compte à M. Camoin de ses bonnes intentions (il a donné\nY Etranger l'an dernier et la Walkyrie cet hiver) —et lui demander quelque chose\nde plus : un répertoire plus intéressant et des troupes plus homogènes. Il ne\nsuffit pas de donner quelques représentations de Laura de M. Ch. Pons et la\nWalkyrie ainsi montée pour échapper à toute critique.\nSans parler de décentralisation artistique, il faut pourtant d'abord constater\navec quelle force et quelle variété de formes l'esprit d'initiative en matière\nmusicale s'affirme cet hiver ici. Pas un concert quine présente en majeure partie\ndes artistes rouennais au public rouennais.\nAinsi dans le récital de piano et de chant donné par M. Léon Moreau, grand\nprix de Rome, les lieder émus du pianiste-compositeur furent interprétés avec\nbeaucoup de succès parMme Marie Gaproy, cantatrice, d'origine rouennaise, àla\nvoix souple et expressive. Les œuvres de M. Moreau se distinguent par la clarté"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "44", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.20", "texte": "COURRIER THEATRAL\n\net la finesse avec laquelle le compositeur combine des motifs faciles à saisir.\nM. Lucien Heptia, professeur de violon, avait organisé 1 hiver dernier une\npremière séance de musique de chambre. Le quatuor Heptia se fera entendre cet\nhiver dans quatre soirées : la première a mis en pleine valeur, dans l'exécution du\nQuatuoren sol majeur de Beethoven, d'un Divertimento de Mozart, delà Chaconne\nde Bach, les qualités individuelles et d'ensemble de M. Heptia et des excellents\nartistes qui l'entourent : MM. Charles Herman, Georges Drouet, Francis Thi-\nbaud. M. Noël Nansen, ténor à la voix si joliment timbrée, a dit, avec un style\ntrès pur et dans un sentiment tout à fait artistique, des fragments d'opéras et\nplusieurs lieder.\nUne autre caractéristique de cettesaisonmusicale est la fréquence des manifes-\ntations wagnériennes.\nM. Maurice Desrez, Rouennais, élève de M. Vincent d'lndy, a déjà donné\nles deux premières auditions-conférences d'une série consacrée toute à Wagner\net qui promet d'être assez longue. M. Maurice Desrez aborde ces études dans\nl'élan de sa jeunesse vouée à l'admiration du maître de Bayreuth. Il y aurait mau-\nvaise grâce à insister sur quelques défauts qui ne sont que défauts de jeunesse\net qui tiennent à l'ardeur de cette foi wagnérienne. Faire entendre beaucoup\nde Wagner, et soutenir l'audition par une analyse littéraire et musicale, voilà,\nce me semble, l'idée directrice de ces conférences. M. Desrez, avec un sens\nlittéraire et musical très apprécié, a commenté jusqu'ici le Freischûtz d'abord,\npuis le Vaisseau fantôme, Tannhàuser, Lohengnn, FOr du Rhin. Il a montré\nd'une manière précise le rapport de l'œuvre de Wagner à celle de Weber, en\ninsistant toutefois sur l'originalité créatrice de Wagner auteur dramatique et\ncompositeur, originalité destructive des formes conventionnelles de l'opéra.\nComme exécutant et comme accompagnateur, xàl. Desrez a fait preuve de la\nmême ardeur à s'identifier pour ainsi dire avec l'œuvre qu'il admire. Dans les\nexécutions importantes de fragments des œuvres citées, Mme Camille Fourrier\na montré un vif sentiment des nuances et des effets de demi-teinte ;la scène\ndes ondines a trouvé en elle, en Mlle Chalet-Balin et Mme Marguerite Valdor\nd'exquises interprètes. M. Sorrèze, qui s'annonce comme un fort ténor au\ntalent très dramatique, M. Gilles, remarquable baryton à l'organe étendu et\ntimbré, au style poignant, ont été très applaudis.\n\nP.-L. R.\n\nMONTE-CARLO. — Les concerts classiques, dirigés par M. Léon Jehin, con-\ntinuent à faire salle comble. La toute parfaite exécution des œuvres classiques\net du répertoire wagnérien par l'admirable orchestre de Monte-Carlo, que\nconduit magistralement réminent musicien qu'est M. Léon Jehin, suffit à jus-\ntifier le succès de ces belles séances d'art.\nLe répertoire s'est enrichi, cette année, au cours des six premiers concerts,\nd'œuvres qui n'avaient pas encore été exécutées à Monte-Carlo et dont plusieurs\nmême sont nouvelles : Prométhée, de Liszt ; le Séjour des Bienheureux, de Wein-\ngartner ; la Symphonie en mi bémol, de Glazounow ; Dolly, suite pour piano, de\nFauré, orchestrée par Rabaud ; Chopin-Suite, de Herfurth ; Prélude dramatique,\nde Fijan ; le Prince Ador, suite de ballet, de Cornélius Rubner ; Après Vètè,\nde Florent Schmitt ; Fête napolitaine, de Thomé.\nEn attendant les « Concerts modernes » du dimanche, consacrés à l'audi-\ntion des virtuoses les plus célèbres, M. Léon Jehin avait mis sur l'affiche, tour à"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "45", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.21", "texte": "COURRIER THEATRAL\n\ntour, les principaux solistes de l'orchestre, le violoniste M. Corsanego ; le\nvioloncelliste M. Carlo Sansoni ; la harpiste Mlle Juliette Thévenet ; l'altiste\nM. Van Houtte ; le clarinettiste M. Jeanjean, qui, tous, par leur brillante vir-\ntuosité, ont remporté un vif succès, prouvant ainsi de quels merveilleux éléments\nse compose l'orchestre de Monte-Carlo.\nLes concerts Ganne sont de plus en plus en faveur : le public y accourt chaque\njour. C'est devenu le rendez-vous de la société mondaine. Ce n'est pas seulement\nle succès, c'est la mode qui consacre ces brillantes séances musicales où l'on\nacclame frénétiquement M. Louis Ganne, autant pour sa maestria de chef\nd'orchestre que pour les œuvres exquises dont il est l'auteur et qui, exécutées\nsous sa direction, y gagnent un nouvel attrait.\nL'orchestre que dirige M. Louis Ganne est d'ailleurs remarquablement\ncomposé de virtuoses, tels que les violonistes MM. Nauwinck et Bastide, le\nvioloncelliste M. Richet, le harpiste M. Salzédo, le corniste M. Penable fils,\nle flûtiste M. Laurent, pour ne citer aujourd'hui que ceux de cette brillante\npléiade que les premiers concerts ont plus particulièrement mis en vedette.\nH ans, le joueur de flûte, le délicieux opéra comique de MM. xMaurice Vau-\ncaire et Georges Mitchell,pour lequel M. Louis Ganne a écrit une adorable parti-\ntion, vient d'être repris par M. Coudert avec un succès aussi éclatant que celui\nqui accueillit sa première représentation, en avril dernier, à Monte-Carlo.\nMlle Mariette Sully y est exquise d'ingénuité tendre et de charme gracieux.\nOn a vivement applaudi le baryton M. F'erval, dont la voix est généreuse et\nqui est un comédien lyrique de superbe allure.\nTous les rôles sont admirablement tenus par l'excellent comédien M. Coudrier,\nle brillant baryton M. Alberthal, la fine et malicieuse Mlle Charley, l'amusant\nfantaisiste M. Maurice Lamy, MM. Ferval, Gamy et Mlle Patoret.\nLe public a fait ovation à M. Louis Ganne, qui dirigeait l'orchestre.\n\nLILLE. — M. Félicien Durant, un amateur bruxellois, nous est venu, avec un\norchestre composé d'un bon quatuor, mais d'une harmonie faible (les cuivres,\nsurtout, sont insuffisants), pour un festival Schumann. M. Durant a le sentiment\ndes nuances et de l'autorité ; mais il n'a pas assez de chaleur. Surtout, il n'a pas\nexprimé des pages choisies la passion douloureuse, la poétique mélancolie de\nSchumann, Le maître de Zwickau était absent de la fête. L'orchestre exécuta la\nSymphonie en ré mineur, l'entr'acte, le Ranz et l'apparition de la Fée de Manfred,\npuis l'ouverture de la Fiancée de Messine. M. Arthur de Greef interpréta le Con-\ncerto pour piano (op. 54), puis les Arabesques dans un style plus « schumannien »,\nsurtout, M. Pablo Casais, dans le Concerto pour violoncelle (op. 129), nous fit\ncomprendre le lyrisme romantique du maître. M. Durant nous reviendra en\nfévrier pour un festival Wagner et en mars pour un festival Beethoven.\n\nMusique de chambre.\nMÉDÉRIC DUFOUR.\n— Le Quatuor lillois puis le Quatuor Rieu ont recommencé\nleurs séances annuelles. Ayant déjà allongé plus qu'il ne convenait cette cor-\nrespondance, je remets d'en parler à une autre occasion. Mais je tiens à signaler\nle premier concert de la Société éolienne, où nous eûmes le plaisir d'entendre,\nbien exécutés, le Trio pour flûte, hautbois et piano, de Bach, et le Quintette pour\nhaut bois, clarinette, cor, basson et piano, de Beethoven. —"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "46", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels et Informations.\n\nVALENCIENNES. La Direction de l'École nationale de musique de Valen-\nciennes et celle de la musique municipale, actuellement occupées par M. Dennery,\nvont être prochainement vacantes.\nLes personnes désireuses de poser leur candidature sont invitées à s'adresser\npar écrit au maire de Valenciennes, qui leur adressera un questionnaire à rem-\nplir et à lui retourner ensuite.\n\nCONSERVATOIRE. Par arrêté ministériel en date du 3 janvier courant,\nM. Dupeyron a été nommé professeur titulaire d'une classe de déclamation\nlyrique, au Conservatoire national de musique et de déclamation, en remplace-\nment de M. Bertin, décédé.\nPar arrêté du 8 du même mois, M.. Boisard (Victor-Théophile) a été nommé,\npour une période de trois années, accompagnateur stagiaire, en remplacement\nde M. Granier, décédé.\n\nLE SALON DE MUSIQUE; RÈGLEMENT POUR 1907. — Article premier.\n\n— Une\nsection de musique a été créée sous le patronage de la Société nationale des\nbeaux-arts. Cette section s1est adjoint un jury, qui a désigné dix de ses\nmembres pour former un comité chargé de diriger cette section. Ne seront\nadmises, cette année, ni œuvres théâtrales ni œuvres symphoniques.\nArt. 2. — Les compositeurs ne pourront envoyer qu'une seule œuvre, soit\ninstrumentale, de musique de chambre (sonate, trio, quatuor, etc.), soit une\nœuvre vocale, à une ou plusieurs voix, ou instrumentale, pouvant se décomposer\nen A et B.\nLes œuvres devront être présentées sous leur forme originale.\nToute .transcription ou réduction au piano ne sera pas admise. Les parties\nséparées, gravées ou copiées nécessaires à l'exécution de ces œuvres devront y\nêtres jointes, car la Société ne pourrait prendre à sa charge les frais de\ncopie.\nLe titre de membre du jury chargé de l'examen des œuvres confère au titu-\nlaire le droit d'envoyer son œuvre d'office, sans qu'elle passe devant le jury.\nArt. 3.— lous les envois des membres du jury et des compositeurs s effec-\ntueront le samedi 16 février 1907.\nA cet effet, les bureaux du secrétariat général seront ouverts toute la journée\ndu 16, de 9 heures du matin à 6 heures du soir.\nIl ne sera accordé aucun sursis.\nLes auteurs qui ne pourraient, par suite des distances, venir ou faire déposer\nleurs œuvres, devront les envoyer par la poste, affranchies et recommandées, à\nl'adresse de M. le président de la section de musique (Salon de la Société natio-\nnale des beaux-arts), au Grand Palais, porte B, avenue d'Antin, Paris.\nLes œuvres non admises devront être retirées dans les quarante-huit heures\nqui suivront la lettre d'avis informant les auteurs de la décision prise par le\njury.\nLes œuvres acceptées devront être retirées dans les huit jours qui suivront\nleur exécution."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "47", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nLes œuvres envoyées par la poste ne seront retournées à leurs auteurs que\nsur une demande écrite à laquelle seront joints les frais qu'occasionnera le\nretour des œuvres que la Société ne retournera que sous plis recommandés.\nArt. 4. En cas d'envois perdus, détériorés, détournés ou incendiés, la\nSociété déclare décliner toute responsabilité pécuniaire.\nArt. 5. Le Comité se charge, sous la direction artistique de M. Viardot,\nde 1 exécution des œuvres envoyées, soit vocales, soit instrumentales, tout en\nlaissant aux auteurs la faculté de se faire jouer par des artistes de leur choix,\nsous l'approbation du jury. Cette faculté deviendrait une obligation dans le cas\noù l'œuvre nécessiterait l'emploi d'un soliste virtuose ou d'un chœur. Sur la\nnotice, dans la colonne « observations », ce détail sera mentionné. Les frais\nseraient, alors, à la charge du compositeur.\nLes auditions musicales auront lieu les mardi et vendredi de chaque semaine,\nà trois heures et demie très précises.\nArt. 6. En cas de collaboration musicale, le consentement et la signature\ndes collaborateurs seront exigés sur la notice.\nLes noms des auteurs reçus figureront sur le catalogue de la Société, ainsi que\nles programmes qui seront arrêtés avant l'ouverture du Salon, d'où nécessité de\nremplir avec le plus grand soin la notice placée au verso du présent règlement.\nLes membres du jury devront indiquer cette qualité sur ladite notice.\nArt. 7. Trois primes dites « Gounod », de trois cents francs chacune,\nseront attribuées aux compositeurs que le jury de la section jugera dignes de cet\nencouragement.\nArt. 8. La Société se réserve le droit d'apporter, s'il y a lieu, des modifica-\ntions aux programmes.\nLa Société fixera, selon la quantité des œuvres admises, le nombre des audi-\ntions qu'il y aura lieu de donner.\nNe seront acceptées que les compositions d'auteurs vivants ; seront exclues les\nœuvres déjà exécutées au précédent Salon.\nLe compositeur ne doit pas oublier que sa signature placée au bas de la notice\nsur laquelle figure ce règlement est un engagement à se conformer strictement\naudit règlement.\nOn trouvera les notices comportant le règlement de la section de musique au\nsecrétariat général de la Société, au Grand Palais, porte B, avenue d'Antin,\nParis.\nCe règlement donne satisfaction à un vœu que nous avons exprimé à maintes\nreprises ici même, dans la Revue musicale, et dans la presse quotidienne ; mais\nil ne nous donne qu'une demi-satisfaction. Ce que nous désirons, et ce que\nnous finirons par obtenir, c'est : i° que le salon de musique soit libre de son\norganisation, installé, comme les autres arts, dans le Grand Palais, avec la\nSociété nationale (peintres, sculpteurs et architectes) et non sous la tutelle de\ncette Société ; 2° que le Comité, au lieu de se nommer lui-même, ou de se faire\nnommer par la Société nationale, soit nommé par les musiciens. M. Fauré a\ncertainement toute notre estime ; mais qui l'a nommé président ? Est-ce le chef\nd orchestre ? Est-ce M. Roll ? Il faut souhaiter quelque chose de plus régulier.\n\nLe Président de la Section de musique,\nGABRIEL FAURÉ."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "48", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070115-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nDIRECTION DE L'OPÉRA ET DE L'OPÉRA-COMIQUE. — M. J. Combarieu, directeur\nde la Revue musicale, a été reçu par M. Briand ; il a appelé l'attention du\nministre sur le vœu, relatif au respect du texte des œuvres musicales, émis en\n1900 par le Congrès d histoire de la musique, et sur le rapport (dépesé au Sénat\nle 23 mars 1905) de M. Déandréis, qui s'en est fait l'écho ; il a exposé que les\nremaniements arbitraires des chefs-d'œuvre du répertoire étaient antérieurs, le\nplus souvent, à la gestion des directeurs actuels, mais qu'ils constituaient un abus\ndont les musiciens sérieux souhaitaient vivement la fin. Au nom du Congrès de\n1900, il a demandé que, dans le nouveau cahier des charges, fût insérée une\nclause additionnelle exigeant l'autorisation préalable du ministre des beaux-arts,\ntoutes les fois qu'un directeur de théâtre subventionné voudrait faire subir un\nremaniement important à une œuvre dont l'auteur est décédé.\n\nTIIAMARA. — L'œuvre de M. Bourgault-Ducoudray, dont la Revue musicale\navait si vivement souhaité la reprise, est annoncée par l'Opéra pour le 14 janvier;\nnous en rendrons compte dans notre prochain numéro.\n\nCONCERTS ANNONCÉS. — A la salle Pleyel (grande salle), M. Joseph Debroux,\nle célèbre virtuose et professeur, à qui nous devons la réédition de charmantes\nsonates du xvme siècle, donnera un premier concert le 23 ; ibid., ire séance de\nla Société nationale, le 26. Dans la salle des Quatuors de la maison Pleyel, le\n30 janvier, 3e séance du Quatuor Cailliat.\n\nLÉGION D'HONNEUR. — M. Philipp, professeur au Conservatoire, etM. LeBorne,\ncompositeur de musique, sont nommés chevaliers dans l'ordre national de la\nLégion d'honneur. La Revue musicale adresse ses compliments aux deux\nnouveaux chevaliers."}]}