{"numero_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_sha256": "6a991f588389b3ea74c4fb765ebc1fb9566dbfc4f9e46f1e30e91b935cae4b19", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1907/03/01_01/bmtnabj_1907-03-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1907/03/01_01/bmtnabj_1907-03-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "105", "page_fin": "117", "image_debut": 1, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1", "titre_corps": "Musique française ancienne et moderne. — Œuvres diverses récemment exécutées. — Publications nouvelles.", "titre_sommaire": "Musique française ancienne et moderne. — Œuvres diverses récemment exécutées. — Publications nouvelles.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.1", "debut_caractere": 132, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "Musique française ancienne et moderne. — Œuvres diverses\nrécemment exécutées. — Publications nouvelles.\n\nLA « MASCARADE » DE DANDRIEÎJ (1727). Avec un charmant menuet de J.-Ph.\nRameau qui a toute la grâce de la musique mondaine au xvme siècle et qui fait\nsongera Mozart, nous donnons dans notre supplément une pièce de Dandrieu,\ncontemporaine, écrite dans le même esprit, et certainement inconnue du public.\nElle est tirée de l'édition originale que nous devons à l'obligeante communication\nd'un de nos collaborateurs, M. Beaucaire, et qui a le titre suivant : «.Second livre\nde pièces de clavecin composées par M. Dan du\ndédié à Son Altesse sérénissimeMgr le prince de Conti. LA MASCARADE, divertisse-\nment extrait de la deuxième suite avec privilège du Roi du 17 novembre IJ2J.A Paris\nckésle Sr Boivin, rue Saint-Honorè,à la Règle d'or, et chés le Sr. le Clerc, rue du\nBoule, à la Croix d'or. » Jean-François Dandrieu (dont on cherche vainement\nle nom dans le dictionnaire de M. Riemann, ire édition, et que YEncyclopédie\nmusicale d'Engel appelle Dandrieu) fut un organiste et un compositeur de pre-\nmier rang, un Parisien de Paris, né en 1684 ; il mourut en 1740, organiste de\nl'église Saint-Méry. Ses pièces pour clavecin et pour orgue, ses sonates pour\ntrio à cordes, ses noëls, étaient très estimés. On a aussi de lui un Traité de\nY accompagnement de piano qui, paru en 1719, fut réédité en 172701 1777. (Dans\nla pièce que nous donnons, les jeunes pianistes feront attention à la clé de fa,\nquelquefois placée sur la 3e ligne.)\n\nOEUVRES DE CLAUDE LEJEUNE, COMPOSITEUR DE VALENCIENNES (XVIe SIÈCLE).\n\nUne solennité a été organisée à la salle Erard, le 16 février, par l'Union artis-\ntique, littéraire et scientifique valenciennoise, en l'honneur de Claude Lejeune.\nM. Henry Expert, à qui avait été confiée la direction de cette soirée, due aux\nsoins de l'éminent statuaire Corneille Theunissen, a eu l'excellente idée de\nreplacer Lejeune dans son « milieu » musical, et de l'encadrer par quelques\nœuvres de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Ainsi, il nous a régalés\nd'un savoureux programme qui comprenait : i° un Ave verum de Josquin des\nPrés ; 2° un chœur (Met mère, hélas! mariez-moi f) de Pierre de la Rue ; 30 un\nchœur (leMois de May) de Clément Jannequin ; un duo pour soprano et alto\nd'Orlando Lassus ; 40 un quatuor (vocal) de François Regnart ; 50 un chœur1\net un quatuor de Claude Lejeune ; 6° de gracieuses danses (pavanes, branles,\ntourdions, gaillardes) accompagnées tantôt par la voix et un tambourin,"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.2", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3650, "texte": "tantôt par un quatuor instrumental (pour le dire en passant, j'avais publié dans\nla Revue musicale, enigoi, quelques-unes de ces pièces, tirées du recueil de\nGervaise) ; 70 enfin des pièces de « musique mesurée à l'antique »de Claude\nLejeune et de du Caurroy.\nToutes ces œuvres me paraissent exquises. Celles qui sont d'origine française\ndoivent être écoutées avec un sentiment de piété se mêlant au plaisir musical.\nElles contiennent une partie de la substance même de notre génie national ; il\nne suffit pas de sentir qu'elles sont belles : il ne faut jamais oublier qu'elles sont\nnôtres. Une pointe de chauvinisme ne messied pas en cette matière comme en\nd'autres. Les fleurs sont partout charmantes ; mais celles de mon jardin me\nplaisent particulièrement. Valenciennes fait partie du jardin de France, comme\nToulouse, Nantes, Nancy... M. Henry Expert, en dehors des magnifiques\npublications qui lui créent tant de titres à notre reconnaissance, est bien l'homme\nqu'il faut pour faire exécuter, pour expliquer et pour vulgariser ces chefs-\nd'œuvre d'autrefois II est artiste et convaincu ; avant de faire entendre une\ndanse ou une chanson à 4 parties, il l'annonce avec une foi ingénue en sa\nvaleur et sa rareté : en tout cela, il ne met pas seulement un mérite très spécial\nde musicien et d'érudit, mais un cœur de bon Français. Et c'est bien ce qu'il\nfaut. L'Ecole de chant choral que nous devons à M. d'Estournelles de Constant,\nchef du bureau des Théâtres, prêtait à M. Expext un excellent concours, qui\nmérite tous nos compliments.\nJe cherche à préciser les caractéristiques de cette musique française de la\nRenaissance. Voici mes impressions.\nC'est d'abord un art qui ne triche jamais : il paye comptant. En musique\ncomme en peinture, il y a façon de tricher. Ainsi le peintre triche (vous sentez\nbien que ce mot n'a pas nécessairement un sens très défavorable) lorsqu'après\navoir soigné un ou deux motifs considérés comme importants, il bâcle tout le\nreste et, au lieu de dessiner les objets dits « secondaires », il les ébauche à peine\nou les noie dans le brouillard de sa teinte de fond. Le musicien triche, lui aussi,\nlorsqu'il emploie des combinaisons de timbres, des sonorités bruyantes, des\nrépétitions de rythme ou des successions rapides de notes qui font remplissage,\njettent de la poudre aux yeux, dispensent d'avoir une pensée. (C'est pour cela\nque j'ai toujours considéré Y adagio, dans une simple sonate pour piano, comme\nla pierre de touche du compositeur.) Or le musicien du xvie siècle qui écrit\nà deux ou à quatre parties pour les voix, a cette qualité : il ne triche jamais.\nIgnorant ce que nous appelons la musique « d'orchestre », il ne cherche pas à\nnous donner le change par le mélange imprévu des timbres ; écrivant toujours\ndans un tempo moderato, il n'a pas à compter sur le mouvement pour donner\nl'illusion de la vie. Il fait un contrepoint toujours très loyal. Il construit, et sa\nconstruction se dessine avec une netteté qui est redoutable, parce que rien n'y\npeut être déguisé. Je dirai encore : il n'estompe pas ; il grave. Dès la première\nmesure sans fausse préparation à l'aide d'accords de parade le voilà à\ndécouvert et en place marchande, engagé dans le jeu subtil des parties vocales,\nn'ayant à s'appuyer que sur lui-même, obligé de se montrer en sa propre et\nnaïve forme. Je remarque même qu'à l'inverse du compositeur moderne (depuis\nBach), il ne ramasse pas l'idée dominante de la pièce à écrire dans une de ces\nformules rythmiques de cinq ou six notes qui, une fois trouvées, facilitent\nsingulièrement le travail ultérieur de l'invention, parce qu'étant une sorte de"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1055, "texte": "cristallisation de la pensée, elles peuvent régner d'un bout à l'autre de l'œuvre.\nComparez, par exemple, les Chansons sur le printemps de tant de modernes,\npresque toujours condensées et résumées en un bref destin rythmique, au\nquatuor de Lejeune : Voicy du gay printemps! Je citerai ce spécimen d'ailleurs\ncharmant d'écriture moderne :\n[Aubade printanière, de P. Lacombe. Cf. la célèbre mélodie de Gounod.)\nUne fois qu'il a trouvé cette formule rythmique\navec sa\nbasse uniforme, le musicien la reproduit dans tout son poème (sauf les épisodes\nindispensables). Sans doute, quand il a imaginé cela, sa tâche n'est pas terminée,\nmais elle est à moitié faite. Combien différente est récriture de Lejeune sur un\nsujet identique! Les voix forment un concert qui, réduit au piano, donne ceci :\nN'est-ce pas qu'ici c'est une tout autre affaire et que ce genre de travail est\nplus difficile? Il faut, pour ainsi dire, qu'à chaque mesure l'acte d invention\nse renouvelle. La trame de l'écriture est singulièrement plus riche, plus"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "façonnée, plus diverse et chargée de choses intéressantes. Je ne dis pas que le\ncompositeur moderne, en serrant sa pensée dans une formule unique et prédo-\nminante qui détermine tout l'ensemble, fait une œuvre inférieure; peut-être\nmême ce procédé témoigne-t-il d'une plus grande maturité de l'esprit musical :\nmais le musicien de la Renaissance fait une œuvre plus intéressante pour celui\nqui analyse, une œuvre plus artistique (j'entends par là un travail d'école en\nmême temps qu'une œuvre belle), une œuvre enfin où l'acte d'invention est plus\nvisible et plus continu. A coup sûr elle est moins banale et exige avec une tech-\nnique extrêmement sérieuse, des ressources de talent musical toutes particulières\n(surtout si l'on songe que le Printemps de Lejeune, au lieu d'être une jolie feuille\nd'album, a les dimensions d'une symphonie ou d'un petit opéra).On n'y sent pas\nl'effort, mais on y devine à chaque instant la difficulté vaincue. Tout cela donne\nl'impression d'un art jeune, hardi, fort en même temps que délicat ; musique\nadolescente, qui, plus tard, saura simplifier et choisir, mais qui, pour le moment,\nplaît par sa spontanéité, sa souplesse et sa richesse ! Çà et là, un peu de\ngaucherie ou de rudesse n'offusque pas, et fortifie plutôt une impression de\nfranchise, de haut savoir tout battant neuf. Dans ce contrepoint fleuri, il y a\nune âme de printemps. Ces compositions polyphones du xvie siècle ont l'éclat,\nla fraîcheur, la vive allure, et quelquefois les maladresses de la vingtième\nannée ; mais des touches un peu rudes sont une grâce de plus. Il faut les\nregarder comme une marque authentique de terroir. Ce Printemps est comme\nun vin sentant encore la grappe, et un peu tiré avant terme, qu'on boirait sous\nla treille. En tout cas, il faut remercier mille fois M. Expert de faire revivre\ncette musique. M. Expert est un des hommes utiles de notre temps. Les dieux,\ndans leur clémence, l'ont conduit vers nous par la main !...\n\nJ. C.\n\nLES MAÎTRES FRANÇAIS DU VIOLON AU xvme SIÈCLE. M. Joseph Debroux, qui\ns'est fait une spécialité digne des plus grands éloges en rééditant et en exécutant\nles sonates des maîtres violonistes du xvine siècle, nous a donné, à la salle\nPleyel (le mercredi 20), une charmante séance où il a joué par cœur— avec une\nsûreté de mémoire sans la moindre défaillance des pièces françaises fort\nintéressantes, quoique de valeur inégale : d'abord, une Suite-Sonate (la 4e de\nl'édition de 1707) de Joseph Marchand le fils, comprenant: andante, fugue,\nadagio, air tendre, air gai, adagio, air vif ; en second lieu, une sonate en sol\nmajeur (1739) : largo, allegro, adagio, allegro, d'Antoine d'Auvergne ; enfin une\nsonate en mi majeur de Le Blanc. Ces sonates contiennent des parties char-\nmantes, surtout dans les mouvements vifs, mais sont loin de valoir celles de\nLeclair, quoique les formules employées soient de la même école. Cette diffé-\nrence est sensible chez d'Auvergne (1713-1797), auteur du petit acte les Tro-\nqueurs( 17=53)» qui appartient au répertoire de l'Opéra-Comique(paroles de Badé,\nremaniées plus tard par les frères d'Artois pour un nouvel opéra de Ferdinand\nHérold, 1819, sur le même sùjet), et compositeur secondaire. La pensée est\nmince et s'élève rarement au-dessus du joli. Dans la sonate de Le Blanc, il y a\ndes variations dont quelques-unes, il faut bien le dire, sont faibles. Combien\nsupérieurs, dans le même genre, sont Haendel (chaconne en so/), Bach, Beetho-\nven !... Ceci dit pour qu'il soit bien entendu que nous aimons particulièrement\nl'ancienne musique française, mais que nous l'aimons sans superstition.\nM. Debroux, qui s'était assimilé ces compositions par un effort de mémoire digne"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3543, "texte": "des plus grands artistes virtuoses, a joué encore toujours par cœur, et avec\nle même talent— des œuvres d'une dizaine de compositeurs allemands et mo-\ndernes : la Suite de Bach(loure, menuet, gavotte) pour violon seul, sans accom-\npagnement (forme de composition hardie dont on ne connaît pas d'exemple avant\nBach) ; des Chants et danses de Max Bruch (op. 79), plus difficiles que beaux, et\ndont le principal mérite est d'être dédiés à M. Joseph Debroux ; une charmante\nPetite Suite gracieuse, diverse, délicate et pimpante d'Henri Busser ; une\nRomance un peu emphatique de Gabriel Grovlez ; une Elégie d'Emile Roux ;\nun Caprice brillant de Ch. Lefebvre ; une Fantaisie-ballet d'Ed. Lalo, et un « ca-\nprice sur les Soirées de Vienne de Schubert » par Hugo Hermann. Ce Hugo\nHermann (que je ne connais pas autrement, et sur lequel le dictionnaire de\nRiemann est muet) m'a paru un compositeur bien faible ! Le mercredi\n20 mars, avec le concours de Mlle Delcourt, M. Debroux nous donnera son\n3e récital, au programme duquel figurent Jean-Marie Leclair et Jacques Aubert\n(avec Bach, Hertel et Westhoff). Nous serons heureux de le réentendre et de\nl'applaudir. Ce n'est pas sa faute si la littérature du violon ne se compose pas\nuniquement de chefs-d'œuvre de premier ordre !\n\n«LE TRÉSOR D'ORPHÉE», D'ANTOINE FRANCISQUE (1600), TRANSCRIT POUR PIANO\nPAR HENRI QUITTARD. (PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE,\nSECTION DE PARIS, CHEZ L.-MARCEL FORTIN, 6, RUE DE LA CHAUSSÉE-D'ANTIN,\n1 vol., 80 p. de musique, 5 fr.)\n\nCette publication m'inspire les mêmes sentiments que celles de M. Henry\nExpert et de M. Debroux. Avant de l'apprécier, il faut dire deux mots de cette\n« Société internationale, section de Paris ». Nous aimons les situations franches;\nles mœurs musicales d'aujourd'hui ne nous donnent pas toujours satisfaction !\nIl y avait autrefois en Allemagne une revue musicale très savante paraissant\ntous les trois mois. Elle s'appelait la Vierteljahrsschrift fur Musikwissenschaft.\nElle était dirigée par trois hommes éminents, à qui l'on doit des œuvres de\nhaute autorité en matière d'histoire musicale: MM. Fr. Chrysander, Guido\nAdler et Ph. Spitta. Ce dernier était la grande ressource de la publication.\nAyant édité les œuvres musicales de Frédéric le Grand, il avait un peu les\nfaveurs de la Cour, et on dit que quand la revue avait un déficit, il lui procurait\nl'intervention opportune de la cassette privée de l'empereur. Après la mort de\nSpitta, la Viertelj ahrsschrift disparut. Une maison allemande voulut reprendre\ncette publication, ou quelque chose d'analogue ; mais, avec prudence, elle\nchercha une base qui assurât un nombre suffisant d'abonnés. Elle créa l'lnter-\nnational Musikgesellschaft, avec des « sections » dans 5 ou 6 pays. Chaque\nmembre de la section devait payer une cotisation de 20 fr. Moyennant quoi on\nlui promettait (en lui payant, je crois, 2 fr. la page comme honoraires) l'insertion\nde ses articles. De cette façon, « la copie » était assurée en même temps qu'un\nnombre raisonnable d'abonnés. Bien plus : au lieu d'être payé, le collaborateur\npayait pour l'impression de ses articles.(Cette ingénieuse méthode n'est pas sans\nanalogie avec celle qu'employait, en 1900, certain organisateur de congrès qui\navaient pour centre une Revue des Congrès. La poire qui vient de Paris,\ncomment la pèle-t-on ?)\nMaintes fois on m'a demandé de faire partie de Y International Musikgesellschaft,\ndont le siège social et la direction sont en Allemagne. J'ai toujours refusé. Ce"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2888, "texte": "n'est pas que j'aie la moindre antipathie, au contraire, pour les musicographes\nallemands. J'ai été l'élève de Spitta, pendant un an, à l'Université de Berlin ;\nj'ai conservé en Allemagne des relations d'excellente courtoisie, d'amitié même,\net, soit dans ce que j'ai écrit, soit dans mes cours du Collège de France, j'ai\ntrès souvent loué la haute valeur de nos voisins qui ont été longtemps et restent\nencore sur plusieurs points nos modèles. J'ai, en particulier, une sorte d'ad-\nmirationpour la maison Breitkopbqui, à l'encontre de beaucoup d'autresmaisons\nd'édition, a montré dans une multitude d'entreprises artistiques une hardiesse\ndésintéressée. Mais j'estime qu'à moins de nous considérer nous-mêmes comme\ndes enfants, nous ne devons plus nous mettre sous la tutelle et à la remorque\nd'autrui ; j'estime que l'union des efforts est certainement féconde, mais qu'il\nfaudrait la réaliser d'abord chez nous, et ne s'entendre ensuite avec l'étranger\nqu'en traitant avec lui sur le pied d'égalité (comme on fait pour la Weltctkademie).\nJe ne puis oublier enfin que le Comité du congrès d'histoire de la musique, tenu\nà Paris en 1900, s'était énergiquement opposé à la direction par les Allemands du\ntravail musical français. Quelques membres de ce Comité ont oublié les résolu-\ntions et les engagements qui furent pris alors. Je m'en étonnerais si je n'étais\nhabitué à voir de pareilles inconséquences, et si l'anarchie n'infligeait de dures\nleçons à ceux qui la font naître.\nAujourd'hui « la section de Paris » de Y International Musikgesellschaft nous\ndonne, en son propre nom, une œuvre nouvelle. Est-elle distincte de VI. M. G. ?\nPratique-t-elle le fara da se ? Ou bien n'est-elle encore qu'une branche de l'arbre\nfruitier planté par nos voisins? Je ne sais ; elle me permettra de lui dire que la\nfaçon dont elle se présente est un peu équivoque. Mais ne chicanons pas sur\nce point. Voici une œuvre française, le Trésor d'Orphée (1600), rééditée très\nélégamment par un musicien, M. Henri Quittard, que je considère comme ayant\nune valeur de premier ordre; et devant cette publication toute française, je me\nréjouis. Certes, maître Francisque ne mérite pas le nom d'Orphée, inscrit sur\nla première page de son recueil. C'est un compositeur un peu sec parfois, et\ndont l'écriture n'est pas toujours exempte de duretés. Mais peu m'importe : ce\ndocument est analogue aux « textes » que l'on recueille depuis longtemps\n« pour servir à l'histoire de France ». C'est une pièce ou un titre de famille.\nSongez que si les romanistes ne se plaçaient pas à un point de vue purement\nhistorique et excluaient de leur tâche tout ce qui n'a pas un cachet de beauté,\nil faudrait d'abord mettre le feu à l'Ecole des chartes, puis rayer d'un seul\ntrait un grand nombre de livres très précieux. Je relèverai seulement dans cette\nédition un certain nombre de lapsus :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.7", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "page 20, ire et seconde mesure de Tavant-dernière ligne, il y a 3 quintes de\nsuite qui sont peut-être le résultat d'une mauvaise lecture (un si b au lieu d'un\nla H ?) ;\npage 46, avant-dernière ligne, au lieu de : lire :\nTelles sont les taches que j'ai relevées au crayon, en feuilletant ce petit volume;\npeut-être une lecture au piano en révélerait elle d'autres. Si je les signale,\nc'est pour qu'il soit bien entendu qu'il faut appliquer aux textes musicaux\nanciens les mêmes principes de méthode critique qu'aux textes littéraires.\n\nJ. C.\n\n«LE DÉSERT», DE FÉLICIEN DAVID (CONCERT COLONNE, DU 25).\n\nM. Colonne\na essayé de ramener à la vie cette œuvre qui, en 1844, eut un si retentissant\nsuccès. Il n'y réussira pas, et ce ne sera point sa faute. Le Désert est une compo-\nsition très méritoire, fort honorable, mais entachée de graves défauts non\nparce que le goût a changé, mais pour des raisons indépendantes de la mode.\nFélicien David et son librettiste (Auguste Colin) ont conçu un désert accommodé\nau goût précieux et fade d'autrefois, un désert « que le soleil remplit de lumière"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.8", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "et d'amour » et où chaque grain de sable chante « un hymne ». Rien n'est plus\nfaux. (Songez à la pièce de Borodine, Dans les Steppes, où l'infinie tristesse est\nexprimée...) Les chœurs ont un caractère orphéonique qui désarme les protesta-\ntions à force de naïveté poncive. La fameuse marche de la caravane (qui fait\nsonger à la prière des pèlerins dans l'Harold, de Berlioz) est quelconque. La des-\ncription du lever de soleil est puérile, écourtée, sans caractère. On a sifflé —ce\nqui est excessif ; mais, à la fin, on s'est contenté d'un silence glacial, ce qui est\nplus juste. Seul, M. Plamondon a triomphé, en vocalisant dans la demi-teinte, et\navec une justesse parfaite, la jolie chanson orientale insérée dans l'œuvre. Là,\nil y a eu une tempête de bravos et des bis tenaces.\n\nM.\n\n«LE JOUR ET L'OMBRE», SOLO DE SOPRANO ET CHOEUR POUR VOIX DE FEMMES,\nPOÉSIE D'HENRI DE RÉGNIER, MUSIQUE D'HENRI BUSSER ; «A LA RIVIÈRE», SOLO\nET CHOEUR POUR VOIX DE FEMMES, POÉSIE DE JEAN ROYÈRE, MUSIQUE D'HENRI\nBUSSER (CONCERT LAMOUREUX, DU 24; TEXTE CHEZ DURAND, AVEC ACCOMPAGNEMENT\nDE PIANO, 2 FR. ET. 2 FR. 50).\nA. L.\n— De ces deux pièces qui, toutes deux, ont eu\nun très vif succès, A la Rivière produit le plus d'effet, parce qu'elle est trèsconso-\nnante et d'un rythme qui rappelle l'andante de la Pastorale. Mais voici bien qui\nmontre que la musique n'est pas seulement « l'art de flatter l'oreille ». Le Jour\net rOmbre, d'un effet acoustique moins agréable, est une composition supérieure,\nparce qu'il y a plus d'invention, d'originalité et de tour personnel. M Busser\nn'est pas un violent cependant : c'est toujours un délicat de rare mérite.\n\n«LE JET D'EAU», DE CLAUDE DEBUSSY; LA «SYMPHONIE ESPAGNOLE» D'ED.\nLALO (CONCERT COLONNE, DU 24).\nS.\n— M. Debussy avait écrit cette pièce en 1890,\navec accompagnement de piano. Il l'a récemment orchestrée. Interrompant pour\nune fois les éloges que nous adressons d'habitude à l'auteur de Pelléas, je dirai que\ncette pièce est franchement mauvaise. Elle doit exprimer un amour voluptueux\nque rythme, dans la cour voisine, le bruit d'un jet d'eau, mais elle est lourde,\npénible, contournée, dépourvue de charme. De la première mesure à la dernière,\nl'orchestre est surchargé de couleur. Pas d'air et de lumière en tout cela ! A\nbientôt une revanche du subtil musicien ! — La Symphonie espagnole de Lalo,\npour violon et orchestre, est tout aussi rare, colorée et distinguée que la musique\nde Debussy, mais quel charme 1 quelle netteté ! Cette symphonie est délicieuse ;\nelle a des rythmes exquis ; elle est d'un pittoresque, d'un sentiment et d'une\npoésie qui font honneur au génie français. Et nulle part on ne sent /'effort. Prenez\nmodèle là-dessus, cher Monsieur Debussy !\n\nM. BOURGAULT-DUCOUDRAY. VARIA.\n\n— La musique française moderne n'a pas\nété moins recherchée et applaudie que l'ancienne dans cette dernière quinzaine.\nAux concerts Lamoureux (le 17), nous avons eu deux pièces tirées de la Chanson\nbretonne de M. Bourgault-Ducoudray, excellemment chantées avec accompa-\ngnement d'orchestre : Nuit d'étoiles et Sône, pièces exemptes de gros effets\ndescriptifs, mais d'un sentiment très pur et d'une poésie pénétrante, comme enve-\nloppées par la caresse des violons en sourdine que rehausse, çà et là, un motif\nde cor ou quelques traits de harpe; à la Société nationale (salle Pleyel, le 23), le\ncharmant quintette pour piano et cordes du toujours regretté A. de Castillon ;\nles Heures dolentes de Gabriel Dupont, dont nous avons déjà loué la singulière\noriginalité, et de brèves mélodies de M. C. Guillon sur les « petits métiers"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.9", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3584, "texte": "campagnards » : le Maître d'école, le Pêcheur, les Forgerons ;au concert Berlioz\n(23 février), le quatuor à cordes de C. Debussy, la sonate pour piano et violon\nde Franck, et de remarquables mélodies de M. César Geloso, le compositeur\nvirtuose : Douleur muette, De la même à même, la Violette, le Convoi funèbre, les\nYeux morts, le Moulin ; au très brillant concert de Mlle Selva (salle Pleyel, 26\nfévrier), les Variations, Intermède et finale sur un thème de Rameau, de Paul\nDukas; enfin au Concert populaire Sechiari (théâtre Marigny, 14 février) la très\nbelle symphonie où M. Vincent d'lndy a réuni le piano et l'orchestre, et qui\na été jouée à miracle par Mlle Selva, la pianiste excellente qui, chaque jour,\nvoit justement grandir sa réputation.\n\nL.\n\n«SCHÉHÉRAZADE», DE RIMSKY-KORSAKOW.\nJ. C.\n.—- Ce compositeur russe au nom un\npeu rude a comme un certain nombre de musiciens de son pays —un tem-\npérament extraordinaire. Je ne dirai pas qu'il ale diable au corps, mais s'il\nexiste un dieu de la couleur, ce dieu paraît incarné en lui. Rimsky-Korsakow\n(auteur de ce Caprice espagnol qui est pour ainsi dire aveuglant à force de soleil\net de pittoresque) est un très libre et très puissant esprit qui traite l'art du\nrythme et de l'instrumentation avec une maestria étonnante. Cela tient du pro-\ndige. Peu m'importent les histoires de Schéhérazade et le « programme » que\nj'ai sous les yeux (concerts Lamoureux). Ce qui m'enchante, c'est cette faculté\nd'invention sans cesse renouvelée, cette liberté du génie créateur, ce jaillissement\nd'idées qui ne s'arrête pas, et cette couleur, cette couleur rare, diverse, fas-\nueuse, unie à des rythmes toujours imprévus. C'est une débauche sans frein\nde lantaisie délicate et puissante; c'est de la magie, de la sorcellerie, tout ce\nque vous pourrez imaginer de plus autre que les œuvres classiques et même\nromantiques. Les musiciens « descriptifs » les plus célèbres de la France et de\nl'Allemagne me semblent pâles et faibles d'estomac à côté de celui-là. De cette\nséance je sors étrangement secoué et retourné, violemment jeté hors de mes\nhabitudes d'esprit latin, et me raccrochant à cette idée que décidément le Russe\nest un oriental.\n\nLA «SYMPHONIE FANTASTIQUE» DE BERLIOZ TRANSCRITE POUR MUSIQUE MILITAIRE\nPAR M. G. PARÈS.\n\n— Le répertoire des grandes sociétés d'harmonie et des musi-\nques militaires vient de s'enrichir d'une œuvre dont la publication fera certaine-\nment époque dans l'histoire de la littérature orphéonique. Il s'agit de la trans-\ncription complète de la Symphonie fantastique faite par M. Parés, chef de la\nmusique de la garde républicaine, qui, tant par son expérience que par son goût\nmusical et sa connaissance parfaite des timbres, était à coup sûr le mieux qualifié\npour travail semblable. Il y a pleinement réussi. J'ai attentivement lu la parti-\ntion de M. Pares, et j'ai admiré avec quel souci d'exactitude, avec quelle vir-\ntuosité, M. Pares a accompli cette tâche extraordinaire. La moindre intention\nréalisée par l'orchestre symphonique, la moindre nuance voulue par Berlioz se\ntrouve dans la transcription de M. Pares. Afin d'obtenir le plus possible la\nréalisation des effets des violons divisés et des doubles cordes, M. Pares a ainsi\néchafaudé ses pupitres de clarinettes : petites clarinettes, 4 clarinettes soli,\niies clarinettes groupe A, ires clarinettes groupe B, 2es clarinettes et clarinettes\nbasses. Cette transcription de la Symphonie fantastique a été éditée par la mai-\nson Andrieu et Cie, dont la tendance est de doter les sociétés musicales (chorales"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.10", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2912, "texte": "et instrumentales) d'un répertoire plus élevé et plus artistique. C'est un effort\ninfiniment honorable, et qui mérite encouragement.\n\nH. BRODY.\n\nMUSIQUE DE BACH. La Société J.-S. Bach, sous la direction de M. Gustave\nBret, terminera le 6 mars la série des Concerti brandebourgeois par l'audition\ndu célèbre concerto avec trompette. Cette œuvre, d'une difficulté qui la rend inac-\ncessible à la plupart des instrumentistes, aura pour interprète M. Lachanaud,\nsoliste de 1 Opéra et du Conservatoire, et sera exécutée dans sa tessiture réelle sur\nun instrument récemment construit en Allemagne en vue précisément de ce\nconcerto. Au même figureront la Cantate du Printemps et la Cantate pour\nQuasimodo.\n\nDOUZE CHORALS DE J.-S. BACH, TRANSCRITS POUR PIANO PAR I. PHILIPP, PROFESSEUR\nAU CONSERVATOIRE, AVEC PRÉFACE D'ALBERT SCHWEITZER. (AU MÉNESTREL,\nI VOL. 25 p., 4 fr.)\n\n— Toute publication de M. Philipp, ami de la grande\nmusique et particulièrement de Bach, est la bienvenue. Celle-ci ne peut que\ncontribuer à former le goût des pianistes. J'ai cependant une petite réserve à\nfaire, tout au moins un renseignement à demander. Les chorals que nous donne\nM. Philipp ont été écrits pour orgue. Ceux qui seraient hostiles avec intransi-\ngeance à des transcriptions de ce genre (bien que Bach lui-même en ait tant\nde fois donné l'exemple) pourraient tirer argument de ce fait que certains pas-\nsages, fort bien à leur place sur l'orgue, deviennent à peu près inexécutables sur\nle piano. Une des règles essentielles de toute bonne exécuction, c'est qu'il faut\ntenir une note aussi longtemps que l'exige sa valeur. Comment M. Philipp\nentend-il que soient jouées des formules comme celle-ci:\nEn feuilletant le recueil, j'ai noté un grand nombre de passages du même\ngenre. On serait heureux de savoir si, oui ou non, M. Philipp croit qu'un\npianiste peut jouer cela sans tricher, je veux dire sans manquer aux règles d'exé-\ncution (tenue exacte des durées) hors desquellesiln'y a plus de musique sérieuse,\nSi, en certains endroits, on peut arpéger, pourquoi le signe de l'arpège n'est-il\npas inscrit ?\nDans une préface, M. Schweitzer revient sur les idées qui lui sont chères. Il\nveut absolument voir, dans Bach, un descriptif, un peintre, un musicien pour qui\nla musique doit toujours avoir un sens traduisible en images verbales. « Ce\nqui tente Bach tout particulièrement dans un texte, nous dit-il, c'est l'image\nqu'il est possible de traduire par des sons.C'est ainsi que dans le choraln° 12 (Par\nla chute d'Adam) il décrit la chute du premier homme au moyen de basses qui ne\nfont que tomber en septièmes. Pendant toute la durée du morceau dans le\nchoral n° 10 (Que tout est vain /), les gammes ascendantes et descendantes qui se\nchassent et se croisent figurent le mouvement des nuages auquel le poète com-\npare la vanité des choses humaines, etc... »M. Schweitzer aime les observations"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.11", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3309, "texte": "de ce genre ; il y revient constamment. Il m'est impossible de le suivre dans\ncette voie. Le commentaire qu'il fait de certaines pages de Bach n'est pas, sans\ndoute, absolument inexact, et témoigne d'une grande ingéniosité, mais il\ndevient déplaisant et faux par l'importance qui lui est attribuée. Voir dans l'au-\nteur des chorals un « peintre », un « descriptif », à la manière de Kuhnau, de\nBerlioz ou de Liszt, me paraît, pour dire le vrai, un contresens. La musique\nserait un art inférieur et consacré à des enfantillages, si elle avait pour rôle de\nreprésenter la « chute » d'Adam par des intervalles descendants de septième,\nun mouvement de nuages par des croisements de gammes, etc... Sur cette\nquestion, où il y aurait beaucoup à dire, je renvoie le lecteur au chapitre intitulé\nla Pensée musicale, dans le livre que M. Jules Combarieu vient de publier chez\nFlammarion.\nAutre chose. M. Schweitzer demande «que surtout on ne réalise pas les points\nd'orgue ». La recommandation était inutile, car M Philipp les a supprimés de\nsa transcription. Il y a là une difficulté dont on se débarrasse par un moyen\naussi simple que radical. Je crois que si Bach a placé un point d'orgue toutes\nles 4 mesures dans ses chorals, ce n'est pas sans raison. Il marque ainsi\nla fin d'un vers, d'une phrase ou d'une période. La note surmontée du point\nd'orgue est un peu plus longue que ne l'indique son signe graphique ; elle a une\ndurée irrationnelle. Il faut donc en tenir compte. Je voudrais même que l'écriture\nadoptée par l'éditeur respectât par une diérèse (division) cette sorte de ponc-\ntuation musicale, et que, en certains cas, au lieu d'écrire :\non écri-\nvît :\n\nM.\n\n«DIEU, NE JUGE PAS TES FILS», CANTATE INÉDITE DE BACH (SOCIÉTÉ DES CONCERTS\nDU CONSERVATOIRE).\nH. B.\n— Dans la 150e cantate de Bach, que la Société des\nconcerts vient d exécuter, le choeur du commencement et le choral final ont\nune ampleur et une noblesse incomparables.\nMais j'avoue très franchement que les airs et que le duo intermédiaires m'ont\nlaissé froid ; la répétition continuelle des mêmes mots, la vocalisation de traits\nqui seraient mieux dans la tessiture des instruments que dans celle de la voix,\nrendent la musique de Bach pénible toutes les fois qu'elle n'est pas sublime.\nDans cette cantate il y a un détail d'orchestration assez curieux. La partition,\ntranscrite par un copiste distrait (?), comporte une partie de cor qui monte si haut\nque nul corniste n'y peut atteindre. On fait alors appel à la bonne volonté de la\ntrompette, qui se charge de cette escalade.\nL'exécution de la cantate de Bach a été très bonne. Parmi les solistes, il\nfaut citer Mlle Bathori, qui a très vaillamment dialogué avec le hautbois de\nM. Bleuzet.\n\nSONATE POUR PIANO ET VIOLONCELLE DE A. REUCHSEL (AUDITIONS MODERNES, A\nLA SALLE PLEYEL). —Parmi les différentes œuvres entendues à la séance orga-\nnisé par M. Oberdœffer, la sonate de M. A. Reuchsel nous a paru la plus digne\nd'attirer l'attention. Après un allegro en mi mineur de forme purement classi-\nque, un adagio très expressif est largement déclamé par le violoncelle. C'est une\nsorte de rêverie, non pas la rêverie nonchalante d'une âme paisible, mais le\nsonge passionné d'un cœur agité. Rarement usitée, la mesure à 16/18 trouve\nici son emploi rationnel."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.12", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3288, "texte": "Le finale débute par un thème triste, mais un vivace qui affecte la forme d'un\nlied populaire explose, et arrive la péroraison brillante de cette sonate fort\nréussie. M. Barraine s estbien acquitté de la partie de violoncelle, tandis que\nMme Barraine tenait correctement le piano.\n\nLE SCHERZO DE LA «SYMPHONIE HÉROïQUE» DE BEETHOVEN (CONCERTS\nP. SECHIARI).\nS.\n\\ -\n— M. Eugène d'Harcourt, qui a fait une étude si pénétrante des\ncinq premières symphonies de Beethoven (il considère les quatre autres comme\ninférieures et négligeables !), veut qu on observe, dans ce scherzo, le rythme\ndi due battute, c'est-à-dire qu'on traite deux mesures successives comme deux\ntemps dune même mesure, en faisant la première forte et la deuxième/a/We :\nDans une lettre adressée au directeur de la Revue musicale et qui a été publiée\nici même, M. Gevaërt, dont l'autorité est si haute en pareille matière, a émis une\nopinion analogue. J'avoue que j'ai des doutes sur la légitimité de ce rythme, qui\nsacrifie, ou efface, subordonne, met au second plan une mesure sur deux. Cette\nthéorie ne s'appuie pas sur un désir explicitement indiqué par le compositeur,\net je ne trouve pas que l'expression y gagne. En tout cas, les chefs d'orchestre\nde Paris, y compris Pierre Sechiari, n'observent pas ce rythme di due battute.\nAu sujet de ce scherzo, je ferai une autre observation. On le joue , à\nla moderne, avec une précipitation qui ne permet plus de saisir certaines valeurs\net qui en fait une sorte de concours de vitesse pour automobiles. C'est à peine\nsi on a le loisir de marquer le premier temps de chaque mesure ;on est emporté\ndans un tourbillon. C'est fâcheux ; en oublie que scherzo veut dire « badinage » ;\nqu'allegro vivace signifie « joyeux et vif », rien de plus. Je me range tout à fait\nà l'avis de Saint-Saëns qui a écrit dans la préface de la réédition de Rameau\n(.Pièces de clavecin) : «... Jusqu'au milieu du siècle dernier, le degréde vitesse ou\nde lenteur, si important à notre époque, n'avait probablement pas la même impor-\ntance qu'aujourd'hui. Les largo de Haendel et de Séb. Bach ne sont pas très\nlents ; leurs presto ne sont pas très rapides. C'est surtout au point de vue de la\nrapidité qu'il convient d'être prudent : la vélocité moderne était inconnue aux\nanciens. » On me dira que Beethoven est plus un moderne qu'un ancien. Je\nrépondrai que cela n'est qu'à moitié vrai, esthétiquement, pour ce qui concerne\nles symphonies, et qu'il y a une mesure à garder.\n\nA MONTE-CARLO.\n\n— Don Pasquale(Paris, Donizetti, 1843), comme\nd'amour (1832), est l'opéra bouffe italien, où le dialogue file rapidement au moyen\nde récitatifs, et où abondent les pages musicales de vieux style, cela va sans dire,\nmais fort agréables en leur formule ancienne : et l'on trouve un très vif plaisir à\nDon Pasquale, un des modèles du genre. L'interprétation de l'oeuvre de Donizetti\nest fort belle : MUE Storchio, une cantatrice de voix délicieuse et d'un art remar-\nquable, est aussi une comédienne du plus grand talent ; elle joue le rôle de\nNorina avec un brio, une jeunesse, un charme, qui ont ravi le public. Cette\nartiste si complète et si rare a remporté un succès triomphal. L'excellente basse\nbouffe M. Pini-Corsi a joué le rôle de don Pasquale avec une verve comique"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.13", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "et une ampleur classique du meilleur effet. M. Sobinoff a fait applaudir une des\nplus fraîches et des plus jolies voix de ténor qu'on puisse entendre. Le brillant\nbaryton M. Tita-Ruffp est un chanteur superbe. Dans un rôle épisodique,\nM. Ananian a fait sonner sa belle voix. L'orchestre était dirigé par M. Pamé.\n\nE. D.\n\n« PRÉLUDE FUNÈBRE » DE M. GARCIA MANSILLA. —Il n'y a pas grand'chose\ndans ce Prélude dont M. Pierre Sechiari donnait la première audition au théâtre\nMarigny (le 21). Cet opuscule commence par quelques formules de simple pré-\nparation, et, au moment où l'on attend une idée un peu substantielle, il est\ndéjà fini... Un prélude ne comporte pas de développements, mais il doit être net,\nbien posé et vigoureusement pensé. Un prélude musical est comme un dessin\nde grand maître : c'est une esquisse sans fignolages, mais une construction ferme,\ntémoignant d'une grande sûreté de main. Une autre fois, sans doute, M. Garcia\nMansilla nous donnera sa vraie mesure.\n\nCONCERT DE M. FERDINAND MAZZI.\nA. M.\n—■ Brillante réunion àla salle Pleyel le\n16 février pour entendre les œuvres de M. Mazzi. Nous avons retenu plusieurs\nmélodies délicates et un Ave maris stella d'une belle inspiration, que MlleDereims,\nde l'Opéra, a chanté avec beaucoup d'expression. Le Quatuor à cordes, qui\nterminait la séance, a été exécuté magistralement par le Quatuor Enesco. C'est\nune œuvre d'une facture solide et d'une inspiration généreuse. Le public l'a\naccueillie avec chaleur.\n\n«CHANSONS ET DANSES ANCIENNES DELÀ SUISSE » (RECUEILDE 29 PAGES, PAR CAR L\nWUNZINGER, CHEZ LES FRÈRES HUG, A ZURICH, 2 fr. 50). La musique populaire\nsuisse (on l a vu récemment dans les Armaillis, joués à l'Opéra-Comique) a\nbeaucoup de saveur et de charme. On retrouvera ces qualités dans le recueil de\nM. W unzinger, qui est fait au point de vue de l'exécution pratique, et enrichi\nd un accompagnement au piano, où l'éditeur, musicien sérieux, abuse quelque-\nfois de son savoir, notamment dans les introductions et les péroraisons."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "105", "page_fin": "105", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.1", "titre_corps": "LA « MASCARADE » DE DANDRIEÎJ (1727). Avec un charmant menuet de J.-Ph.", "titre_sommaire": "LA « MASCARADE » DE DANDRIEÎJ (1727). 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LA MASCARADE, divertisse-\nment extrait de la deuxième suite avec privilège du Roi du 17 novembre IJ2J.A Paris\nckésle Sr Boivin, rue Saint-Honorè,à la Règle d'or, et chés le Sr. le Clerc, rue du\nBoule, à la Croix d'or. » Jean-François Dandrieu (dont on cherche vainement\nle nom dans le dictionnaire de M. Riemann, ire édition, et que YEncyclopédie\nmusicale d'Engel appelle Dandrieu) fut un organiste et un compositeur de pre-\nmier rang, un Parisien de Paris, né en 1684 ; il mourut en 1740, organiste de\nl'église Saint-Méry. Ses pièces pour clavecin et pour orgue, ses sonates pour\ntrio à cordes, ses noëls, étaient très estimés. On a aussi de lui un Traité de\nY accompagnement de piano qui, paru en 1719, fut réédité en 172701 1777. 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Ainsi, il nous a régalés\nd'un savoureux programme qui comprenait : i° un Ave verum de Josquin des\nPrés ; 2° un chœur (Met mère, hélas! mariez-moi f) de Pierre de la Rue ; 30 un\nchœur (leMois de May) de Clément Jannequin ; un duo pour soprano et alto\nd'Orlando Lassus ; 40 un quatuor (vocal) de François Regnart ; 50 un chœur1\net un quatuor de Claude Lejeune ; 6° de gracieuses danses (pavanes, branles,\ntourdions, gaillardes) accompagnées tantôt par la voix et un tambourin,"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.2", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3650, "texte": "tantôt par un quatuor instrumental (pour le dire en passant, j'avais publié dans\nla Revue musicale, enigoi, quelques-unes de ces pièces, tirées du recueil de\nGervaise) ; 70 enfin des pièces de « musique mesurée à l'antique »de Claude\nLejeune et de du Caurroy.\nToutes ces œuvres me paraissent exquises. Celles qui sont d'origine française\ndoivent être écoutées avec un sentiment de piété se mêlant au plaisir musical.\nElles contiennent une partie de la substance même de notre génie national ; il\nne suffit pas de sentir qu'elles sont belles : il ne faut jamais oublier qu'elles sont\nnôtres. Une pointe de chauvinisme ne messied pas en cette matière comme en\nd'autres. Les fleurs sont partout charmantes ; mais celles de mon jardin me\nplaisent particulièrement. Valenciennes fait partie du jardin de France, comme\nToulouse, Nantes, Nancy... M. Henry Expert, en dehors des magnifiques\npublications qui lui créent tant de titres à notre reconnaissance, est bien l'homme\nqu'il faut pour faire exécuter, pour expliquer et pour vulgariser ces chefs-\nd'œuvre d'autrefois II est artiste et convaincu ; avant de faire entendre une\ndanse ou une chanson à 4 parties, il l'annonce avec une foi ingénue en sa\nvaleur et sa rareté : en tout cela, il ne met pas seulement un mérite très spécial\nde musicien et d'érudit, mais un cœur de bon Français. Et c'est bien ce qu'il\nfaut. L'Ecole de chant choral que nous devons à M. d'Estournelles de Constant,\nchef du bureau des Théâtres, prêtait à M. Expext un excellent concours, qui\nmérite tous nos compliments.\nJe cherche à préciser les caractéristiques de cette musique française de la\nRenaissance. Voici mes impressions.\nC'est d'abord un art qui ne triche jamais : il paye comptant. En musique\ncomme en peinture, il y a façon de tricher. Ainsi le peintre triche (vous sentez\nbien que ce mot n'a pas nécessairement un sens très défavorable) lorsqu'après\navoir soigné un ou deux motifs considérés comme importants, il bâcle tout le\nreste et, au lieu de dessiner les objets dits « secondaires », il les ébauche à peine\nou les noie dans le brouillard de sa teinte de fond. Le musicien triche, lui aussi,\nlorsqu'il emploie des combinaisons de timbres, des sonorités bruyantes, des\nrépétitions de rythme ou des successions rapides de notes qui font remplissage,\njettent de la poudre aux yeux, dispensent d'avoir une pensée. (C'est pour cela\nque j'ai toujours considéré Y adagio, dans une simple sonate pour piano, comme\nla pierre de touche du compositeur.) Or le musicien du xvie siècle qui écrit\nà deux ou à quatre parties pour les voix, a cette qualité : il ne triche jamais.\nIgnorant ce que nous appelons la musique « d'orchestre », il ne cherche pas à\nnous donner le change par le mélange imprévu des timbres ; écrivant toujours\ndans un tempo moderato, il n'a pas à compter sur le mouvement pour donner\nl'illusion de la vie. Il fait un contrepoint toujours très loyal. Il construit, et sa\nconstruction se dessine avec une netteté qui est redoutable, parce que rien n'y\npeut être déguisé. Je dirai encore : il n'estompe pas ; il grave. Dès la première\nmesure sans fausse préparation à l'aide d'accords de parade le voilà à\ndécouvert et en place marchande, engagé dans le jeu subtil des parties vocales,\nn'ayant à s'appuyer que sur lui-même, obligé de se montrer en sa propre et\nnaïve forme. Je remarque même qu'à l'inverse du compositeur moderne (depuis\nBach), il ne ramasse pas l'idée dominante de la pièce à écrire dans une de ces\nformules rythmiques de cinq ou six notes qui, une fois trouvées, facilitent\nsingulièrement le travail ultérieur de l'invention, parce qu'étant une sorte de"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1055, "texte": "cristallisation de la pensée, elles peuvent régner d'un bout à l'autre de l'œuvre.\nComparez, par exemple, les Chansons sur le printemps de tant de modernes,\npresque toujours condensées et résumées en un bref destin rythmique, au\nquatuor de Lejeune : Voicy du gay printemps! Je citerai ce spécimen d'ailleurs\ncharmant d'écriture moderne :\n[Aubade printanière, de P. Lacombe. Cf. la célèbre mélodie de Gounod.)\nUne fois qu'il a trouvé cette formule rythmique\navec sa\nbasse uniforme, le musicien la reproduit dans tout son poème (sauf les épisodes\nindispensables). Sans doute, quand il a imaginé cela, sa tâche n'est pas terminée,\nmais elle est à moitié faite. Combien différente est récriture de Lejeune sur un\nsujet identique! Les voix forment un concert qui, réduit au piano, donne ceci :\nN'est-ce pas qu'ici c'est une tout autre affaire et que ce genre de travail est\nplus difficile? Il faut, pour ainsi dire, qu'à chaque mesure l'acte d invention\nse renouvelle. La trame de l'écriture est singulièrement plus riche, plus"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1993, "texte": "façonnée, plus diverse et chargée de choses intéressantes. Je ne dis pas que le\ncompositeur moderne, en serrant sa pensée dans une formule unique et prédo-\nminante qui détermine tout l'ensemble, fait une œuvre inférieure; peut-être\nmême ce procédé témoigne-t-il d'une plus grande maturité de l'esprit musical :\nmais le musicien de la Renaissance fait une œuvre plus intéressante pour celui\nqui analyse, une œuvre plus artistique (j'entends par là un travail d'école en\nmême temps qu'une œuvre belle), une œuvre enfin où l'acte d'invention est plus\nvisible et plus continu. A coup sûr elle est moins banale et exige avec une tech-\nnique extrêmement sérieuse, des ressources de talent musical toutes particulières\n(surtout si l'on songe que le Printemps de Lejeune, au lieu d'être une jolie feuille\nd'album, a les dimensions d'une symphonie ou d'un petit opéra).On n'y sent pas\nl'effort, mais on y devine à chaque instant la difficulté vaincue. Tout cela donne\nl'impression d'un art jeune, hardi, fort en même temps que délicat ; musique\nadolescente, qui, plus tard, saura simplifier et choisir, mais qui, pour le moment,\nplaît par sa spontanéité, sa souplesse et sa richesse ! Çà et là, un peu de\ngaucherie ou de rudesse n'offusque pas, et fortifie plutôt une impression de\nfranchise, de haut savoir tout battant neuf. Dans ce contrepoint fleuri, il y a\nune âme de printemps. Ces compositions polyphones du xvie siècle ont l'éclat,\nla fraîcheur, la vive allure, et quelquefois les maladresses de la vingtième\nannée ; mais des touches un peu rudes sont une grâce de plus. Il faut les\nregarder comme une marque authentique de terroir. Ce Printemps est comme\nun vin sentant encore la grappe, et un peu tiré avant terme, qu'on boirait sous\nla treille. En tout cas, il faut remercier mille fois M. Expert de faire revivre\ncette musique. M. Expert est un des hommes utiles de notre temps. Les dieux,\ndans leur clémence, l'ont conduit vers nous par la main !...\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "108", "page_fin": "109", "image_debut": 4, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.3", "titre_corps": "LES MAÎTRES FRANÇAIS DU VIOLON AU xvme SIÈCLE. M. Joseph Debroux, qui", "titre_sommaire": "LES MAÎTRES FRANÇAIS DU VIOLON AU xvme SIÈCLE. M. Joseph Debroux, qui", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.4", "debut_caractere": 1995, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "LES MAÎTRES FRANÇAIS DU VIOLON AU xvme SIÈCLE. M. Joseph Debroux, qui\ns'est fait une spécialité digne des plus grands éloges en rééditant et en exécutant\nles sonates des maîtres violonistes du xvine siècle, nous a donné, à la salle\nPleyel (le mercredi 20), une charmante séance où il a joué par cœur— avec une\nsûreté de mémoire sans la moindre défaillance des pièces françaises fort\nintéressantes, quoique de valeur inégale : d'abord, une Suite-Sonate (la 4e de\nl'édition de 1707) de Joseph Marchand le fils, comprenant: andante, fugue,\nadagio, air tendre, air gai, adagio, air vif ; en second lieu, une sonate en sol\nmajeur (1739) : largo, allegro, adagio, allegro, d'Antoine d'Auvergne ; enfin une\nsonate en mi majeur de Le Blanc. Ces sonates contiennent des parties char-\nmantes, surtout dans les mouvements vifs, mais sont loin de valoir celles de\nLeclair, quoique les formules employées soient de la même école. Cette diffé-\nrence est sensible chez d'Auvergne (1713-1797), auteur du petit acte les Tro-\nqueurs( 17=53)» qui appartient au répertoire de l'Opéra-Comique(paroles de Badé,\nremaniées plus tard par les frères d'Artois pour un nouvel opéra de Ferdinand\nHérold, 1819, sur le même sùjet), et compositeur secondaire. La pensée est\nmince et s'élève rarement au-dessus du joli. Dans la sonate de Le Blanc, il y a\ndes variations dont quelques-unes, il faut bien le dire, sont faibles. Combien\nsupérieurs, dans le même genre, sont Haendel (chaconne en so/), Bach, Beetho-\nven !... Ceci dit pour qu'il soit bien entendu que nous aimons particulièrement\nl'ancienne musique française, mais que nous l'aimons sans superstition.\nM. Debroux, qui s'était assimilé ces compositions par un effort de mémoire digne"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "des plus grands artistes virtuoses, a joué encore toujours par cœur, et avec\nle même talent— des œuvres d'une dizaine de compositeurs allemands et mo-\ndernes : la Suite de Bach(loure, menuet, gavotte) pour violon seul, sans accom-\npagnement (forme de composition hardie dont on ne connaît pas d'exemple avant\nBach) ; des Chants et danses de Max Bruch (op. 79), plus difficiles que beaux, et\ndont le principal mérite est d'être dédiés à M. Joseph Debroux ; une charmante\nPetite Suite gracieuse, diverse, délicate et pimpante d'Henri Busser ; une\nRomance un peu emphatique de Gabriel Grovlez ; une Elégie d'Emile Roux ;\nun Caprice brillant de Ch. Lefebvre ; une Fantaisie-ballet d'Ed. Lalo, et un « ca-\nprice sur les Soirées de Vienne de Schubert » par Hugo Hermann. Ce Hugo\nHermann (que je ne connais pas autrement, et sur lequel le dictionnaire de\nRiemann est muet) m'a paru un compositeur bien faible ! Le mercredi\n20 mars, avec le concours de Mlle Delcourt, M. Debroux nous donnera son\n3e récital, au programme duquel figurent Jean-Marie Leclair et Jacques Aubert\n(avec Bach, Hertel et Westhoff). Nous serons heureux de le réentendre et de\nl'applaudir. Ce n'est pas sa faute si la littérature du violon ne se compose pas\nuniquement de chefs-d'œuvre de premier ordre !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "109", "page_fin": "111", "image_debut": 5, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.4", "titre_corps": "«LE TRÉSOR D'ORPHÉE», D'ANTOINE FRANCISQUE (1600), TRANSCRIT POUR PIANO PAR HENRI QUITTARD. (PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE, SECTION DE PARIS, CHEZ L.-MARCEL FORTIN, 6, RUE DE LA CHAUSSÉE-D'ANTIN, 1 vol., 80 p. de musique, 5 fr.)", "titre_sommaire": "«LE TRÉSOR D'ORPHÉE», D'ANTOINE FRANCISQUE (1600), TRANSCRIT POUR PIANO PAR HENRI QUITTARD. (PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE, SECTION DE PARIS, CHEZ L.-MARCEL FORTIN, 6, RUE DE LA CHAUSSÉE-D'ANTIN, 1 vol., 80 p. de musique, 5 fr.)", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.5", "debut_caractere": 1304, "fin_caractere_exclue": 3543, "texte": "«LE TRÉSOR D'ORPHÉE», D'ANTOINE FRANCISQUE (1600), TRANSCRIT POUR PIANO\nPAR HENRI QUITTARD. (PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE,\nSECTION DE PARIS, CHEZ L.-MARCEL FORTIN, 6, RUE DE LA CHAUSSÉE-D'ANTIN,\n1 vol., 80 p. de musique, 5 fr.)\n\nCette publication m'inspire les mêmes sentiments que celles de M. Henry\nExpert et de M. Debroux. Avant de l'apprécier, il faut dire deux mots de cette\n« Société internationale, section de Paris ». Nous aimons les situations franches;\nles mœurs musicales d'aujourd'hui ne nous donnent pas toujours satisfaction !\nIl y avait autrefois en Allemagne une revue musicale très savante paraissant\ntous les trois mois. Elle s'appelait la Vierteljahrsschrift fur Musikwissenschaft.\nElle était dirigée par trois hommes éminents, à qui l'on doit des œuvres de\nhaute autorité en matière d'histoire musicale: MM. Fr. Chrysander, Guido\nAdler et Ph. Spitta. Ce dernier était la grande ressource de la publication.\nAyant édité les œuvres musicales de Frédéric le Grand, il avait un peu les\nfaveurs de la Cour, et on dit que quand la revue avait un déficit, il lui procurait\nl'intervention opportune de la cassette privée de l'empereur. Après la mort de\nSpitta, la Viertelj ahrsschrift disparut. Une maison allemande voulut reprendre\ncette publication, ou quelque chose d'analogue ; mais, avec prudence, elle\nchercha une base qui assurât un nombre suffisant d'abonnés. Elle créa l'lnter-\nnational Musikgesellschaft, avec des « sections » dans 5 ou 6 pays. Chaque\nmembre de la section devait payer une cotisation de 20 fr. Moyennant quoi on\nlui promettait (en lui payant, je crois, 2 fr. la page comme honoraires) l'insertion\nde ses articles. De cette façon, « la copie » était assurée en même temps qu'un\nnombre raisonnable d'abonnés. Bien plus : au lieu d'être payé, le collaborateur\npayait pour l'impression de ses articles.(Cette ingénieuse méthode n'est pas sans\nanalogie avec celle qu'employait, en 1900, certain organisateur de congrès qui\navaient pour centre une Revue des Congrès. La poire qui vient de Paris,\ncomment la pèle-t-on ?)\nMaintes fois on m'a demandé de faire partie de Y International Musikgesellschaft,\ndont le siège social et la direction sont en Allemagne. J'ai toujours refusé. Ce"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2888, "texte": "n'est pas que j'aie la moindre antipathie, au contraire, pour les musicographes\nallemands. J'ai été l'élève de Spitta, pendant un an, à l'Université de Berlin ;\nj'ai conservé en Allemagne des relations d'excellente courtoisie, d'amitié même,\net, soit dans ce que j'ai écrit, soit dans mes cours du Collège de France, j'ai\ntrès souvent loué la haute valeur de nos voisins qui ont été longtemps et restent\nencore sur plusieurs points nos modèles. J'ai, en particulier, une sorte d'ad-\nmirationpour la maison Breitkopbqui, à l'encontre de beaucoup d'autresmaisons\nd'édition, a montré dans une multitude d'entreprises artistiques une hardiesse\ndésintéressée. Mais j'estime qu'à moins de nous considérer nous-mêmes comme\ndes enfants, nous ne devons plus nous mettre sous la tutelle et à la remorque\nd'autrui ; j'estime que l'union des efforts est certainement féconde, mais qu'il\nfaudrait la réaliser d'abord chez nous, et ne s'entendre ensuite avec l'étranger\nqu'en traitant avec lui sur le pied d'égalité (comme on fait pour la Weltctkademie).\nJe ne puis oublier enfin que le Comité du congrès d'histoire de la musique, tenu\nà Paris en 1900, s'était énergiquement opposé à la direction par les Allemands du\ntravail musical français. Quelques membres de ce Comité ont oublié les résolu-\ntions et les engagements qui furent pris alors. Je m'en étonnerais si je n'étais\nhabitué à voir de pareilles inconséquences, et si l'anarchie n'infligeait de dures\nleçons à ceux qui la font naître.\nAujourd'hui « la section de Paris » de Y International Musikgesellschaft nous\ndonne, en son propre nom, une œuvre nouvelle. Est-elle distincte de VI. M. G. ?\nPratique-t-elle le fara da se ? Ou bien n'est-elle encore qu'une branche de l'arbre\nfruitier planté par nos voisins? Je ne sais ; elle me permettra de lui dire que la\nfaçon dont elle se présente est un peu équivoque. Mais ne chicanons pas sur\nce point. Voici une œuvre française, le Trésor d'Orphée (1600), rééditée très\nélégamment par un musicien, M. Henri Quittard, que je considère comme ayant\nune valeur de premier ordre; et devant cette publication toute française, je me\nréjouis. Certes, maître Francisque ne mérite pas le nom d'Orphée, inscrit sur\nla première page de son recueil. C'est un compositeur un peu sec parfois, et\ndont l'écriture n'est pas toujours exempte de duretés. Mais peu m'importe : ce\ndocument est analogue aux « textes » que l'on recueille depuis longtemps\n« pour servir à l'histoire de France ». C'est une pièce ou un titre de famille.\nSongez que si les romanistes ne se plaçaient pas à un point de vue purement\nhistorique et excluaient de leur tâche tout ce qui n'a pas un cachet de beauté,\nil faudrait d'abord mettre le feu à l'Ecole des chartes, puis rayer d'un seul\ntrait un grand nombre de livres très précieux. Je relèverai seulement dans cette\nédition un certain nombre de lapsus :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.7", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 573, "texte": "page 20, ire et seconde mesure de Tavant-dernière ligne, il y a 3 quintes de\nsuite qui sont peut-être le résultat d'une mauvaise lecture (un si b au lieu d'un\nla H ?) ;\npage 46, avant-dernière ligne, au lieu de : lire :\nTelles sont les taches que j'ai relevées au crayon, en feuilletant ce petit volume;\npeut-être une lecture au piano en révélerait elle d'autres. Si je les signale,\nc'est pour qu'il soit bien entendu qu'il faut appliquer aux textes musicaux\nanciens les mêmes principes de méthode critique qu'aux textes littéraires.\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c013", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "111", "page_fin": "112", "image_debut": 7, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.5", "titre_corps": "«LE DÉSERT», DE FÉLICIEN DAVID (CONCERT COLONNE, DU 25).", "titre_sommaire": "«LE DÉSERT», DE FÉLICIEN DAVID (CONCERT COLONNE, DU 25).", "signature_source": "M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.7", "debut_caractere": 575, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "«LE DÉSERT», DE FÉLICIEN DAVID (CONCERT COLONNE, DU 25).\n\nM. Colonne\na essayé de ramener à la vie cette œuvre qui, en 1844, eut un si retentissant\nsuccès. Il n'y réussira pas, et ce ne sera point sa faute. Le Désert est une compo-\nsition très méritoire, fort honorable, mais entachée de graves défauts non\nparce que le goût a changé, mais pour des raisons indépendantes de la mode.\nFélicien David et son librettiste (Auguste Colin) ont conçu un désert accommodé\nau goût précieux et fade d'autrefois, un désert « que le soleil remplit de lumière"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.8", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 819, "texte": "et d'amour » et où chaque grain de sable chante « un hymne ». Rien n'est plus\nfaux. (Songez à la pièce de Borodine, Dans les Steppes, où l'infinie tristesse est\nexprimée...) Les chœurs ont un caractère orphéonique qui désarme les protesta-\ntions à force de naïveté poncive. La fameuse marche de la caravane (qui fait\nsonger à la prière des pèlerins dans l'Harold, de Berlioz) est quelconque. La des-\ncription du lever de soleil est puérile, écourtée, sans caractère. On a sifflé —ce\nqui est excessif ; mais, à la fin, on s'est contenté d'un silence glacial, ce qui est\nplus juste. Seul, M. Plamondon a triomphé, en vocalisant dans la demi-teinte, et\navec une justesse parfaite, la jolie chanson orientale insérée dans l'œuvre. Là,\nil y a eu une tempête de bravos et des bis tenaces.\n\nM."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "112", "page_fin": "112", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.6", "titre_corps": "«LE JOUR ET L'OMBRE», SOLO DE SOPRANO ET CHOEUR POUR VOIX DE FEMMES, POÉSIE D'HENRI DE RÉGNIER, MUSIQUE D'HENRI BUSSER ; «A LA RIVIÈRE», SOLO ET CHOEUR POUR VOIX DE FEMMES, POÉSIE DE JEAN ROYÈRE, MUSIQUE D'HENRI BUSSER (CONCERT LAMOUREUX, DU 24; TEXTE CHEZ DURAND, AVEC ACCOMPAGNEMENT DE PIANO, 2 FR. ET. 2 FR. 50).", "titre_sommaire": "«LE JOUR ET L'OMBRE», SOLO DE SOPRANO ET CHOEUR POUR VOIX DE FEMMES, POÉSIE D'HENRI DE RÉGNIER, MUSIQUE D'HENRI BUSSER ; «A LA RIVIÈRE», SOLO ET CHOEUR POUR VOIX DE FEMMES, POÉSIE DE JEAN ROYÈRE, MUSIQUE D'HENRI BUSSER (CONCERT LAMOUREUX, DU 24; TEXTE CHEZ DURAND, AVEC ACCOMPAGNEMENT DE PIANO, 2 FR. ET. 2 FR. 50).", "signature_source": "A. 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Le Jour\net rOmbre, d'un effet acoustique moins agréable, est une composition supérieure,\nparce qu'il y a plus d'invention, d'originalité et de tour personnel. M Busser\nn'est pas un violent cependant : c'est toujours un délicat de rare mérite."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "112", "page_fin": "112", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.7", "titre_corps": "«LE JET D'EAU», DE CLAUDE DEBUSSY; LA «SYMPHONIE ESPAGNOLE» D'ED. LALO (CONCERT COLONNE, DU 24).", "titre_sommaire": "«LE JET D'EAU», DE CLAUDE DEBUSSY; LA «SYMPHONIE ESPAGNOLE» D'ED. 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Pas d'air et de lumière en tout cela ! A\nbientôt une revanche du subtil musicien ! — La Symphonie espagnole de Lalo,\npour violon et orchestre, est tout aussi rare, colorée et distinguée que la musique\nde Debussy, mais quel charme 1 quelle netteté ! Cette symphonie est délicieuse ;\nelle a des rythmes exquis ; elle est d'un pittoresque, d'un sentiment et d'une\npoésie qui font honneur au génie français. Et nulle part on ne sent /'effort. Prenez\nmodèle là-dessus, cher Monsieur Debussy !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c016", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "112", "page_fin": "113", "image_debut": 8, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.8", "titre_corps": "M. BOURGAULT-DUCOUDRAY. VARIA.", "titre_sommaire": "M. BOURGAULT-DUCOUDRAY. 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Bourgault-Ducoudray, excellemment chantées avec accompa-\ngnement d'orchestre : Nuit d'étoiles et Sône, pièces exemptes de gros effets\ndescriptifs, mais d'un sentiment très pur et d'une poésie pénétrante, comme enve-\nloppées par la caresse des violons en sourdine que rehausse, çà et là, un motif\nde cor ou quelques traits de harpe; à la Société nationale (salle Pleyel, le 23), le\ncharmant quintette pour piano et cordes du toujours regretté A. de Castillon ;\nles Heures dolentes de Gabriel Dupont, dont nous avons déjà loué la singulière\noriginalité, et de brèves mélodies de M. C. Guillon sur les « petits métiers"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.9", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 787, "texte": "campagnards » : le Maître d'école, le Pêcheur, les Forgerons ;au concert Berlioz\n(23 février), le quatuor à cordes de C. Debussy, la sonate pour piano et violon\nde Franck, et de remarquables mélodies de M. César Geloso, le compositeur\nvirtuose : Douleur muette, De la même à même, la Violette, le Convoi funèbre, les\nYeux morts, le Moulin ; au très brillant concert de Mlle Selva (salle Pleyel, 26\nfévrier), les Variations, Intermède et finale sur un thème de Rameau, de Paul\nDukas; enfin au Concert populaire Sechiari (théâtre Marigny, 14 février) la très\nbelle symphonie où M. Vincent d'lndy a réuni le piano et l'orchestre, et qui\na été jouée à miracle par Mlle Selva, la pianiste excellente qui, chaque jour,\nvoit justement grandir sa réputation.\n\nL."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "113", "page_fin": "113", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.9", "titre_corps": "«SCHÉHÉRAZADE», DE RIMSKY-KORSAKOW.", "titre_sommaire": "«SCHÉHÉRAZADE», DE RIMSKY-KORSAKOW.", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.9", "debut_caractere": 789, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "«SCHÉHÉRAZADE», DE RIMSKY-KORSAKOW.\nJ. C.\n.—- Ce compositeur russe au nom un\npeu rude a comme un certain nombre de musiciens de son pays —un tem-\npérament extraordinaire. Je ne dirai pas qu'il ale diable au corps, mais s'il\nexiste un dieu de la couleur, ce dieu paraît incarné en lui. Rimsky-Korsakow\n(auteur de ce Caprice espagnol qui est pour ainsi dire aveuglant à force de soleil\net de pittoresque) est un très libre et très puissant esprit qui traite l'art du\nrythme et de l'instrumentation avec une maestria étonnante. Cela tient du pro-\ndige. Peu m'importent les histoires de Schéhérazade et le « programme » que\nj'ai sous les yeux (concerts Lamoureux). Ce qui m'enchante, c'est cette faculté\nd'invention sans cesse renouvelée, cette liberté du génie créateur, ce jaillissement\nd'idées qui ne s'arrête pas, et cette couleur, cette couleur rare, diverse, fas-\nueuse, unie à des rythmes toujours imprévus. C'est une débauche sans frein\nde lantaisie délicate et puissante; c'est de la magie, de la sorcellerie, tout ce\nque vous pourrez imaginer de plus autre que les œuvres classiques et même\nromantiques. Les musiciens « descriptifs » les plus célèbres de la France et de\nl'Allemagne me semblent pâles et faibles d'estomac à côté de celui-là. De cette\nséance je sors étrangement secoué et retourné, violemment jeté hors de mes\nhabitudes d'esprit latin, et me raccrochant à cette idée que décidément le Russe\nest un oriental."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c018", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "113", "page_fin": "114", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.10", "titre_corps": "LA «SYMPHONIE FANTASTIQUE» DE BERLIOZ TRANSCRITE POUR MUSIQUE MILITAIRE PAR M. G. PARÈS.", "titre_sommaire": "LA «SYMPHONIE FANTASTIQUE» DE BERLIOZ TRANSCRITE POUR MUSIQUE MILITAIRE PAR M. G. PARÈS.", "signature_source": "H. BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.9", "debut_caractere": 2220, "fin_caractere_exclue": 3584, "texte": "LA «SYMPHONIE FANTASTIQUE» DE BERLIOZ TRANSCRITE POUR MUSIQUE MILITAIRE\nPAR M. G. PARÈS.\n\n— Le répertoire des grandes sociétés d'harmonie et des musi-\nques militaires vient de s'enrichir d'une œuvre dont la publication fera certaine-\nment époque dans l'histoire de la littérature orphéonique. Il s'agit de la trans-\ncription complète de la Symphonie fantastique faite par M. Parés, chef de la\nmusique de la garde républicaine, qui, tant par son expérience que par son goût\nmusical et sa connaissance parfaite des timbres, était à coup sûr le mieux qualifié\npour travail semblable. Il y a pleinement réussi. J'ai attentivement lu la parti-\ntion de M. Pares, et j'ai admiré avec quel souci d'exactitude, avec quelle vir-\ntuosité, M. Pares a accompli cette tâche extraordinaire. La moindre intention\nréalisée par l'orchestre symphonique, la moindre nuance voulue par Berlioz se\ntrouve dans la transcription de M. Pares. Afin d'obtenir le plus possible la\nréalisation des effets des violons divisés et des doubles cordes, M. Pares a ainsi\néchafaudé ses pupitres de clarinettes : petites clarinettes, 4 clarinettes soli,\niies clarinettes groupe A, ires clarinettes groupe B, 2es clarinettes et clarinettes\nbasses. Cette transcription de la Symphonie fantastique a été éditée par la mai-\nson Andrieu et Cie, dont la tendance est de doter les sociétés musicales (chorales"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.10", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 176, "texte": "et instrumentales) d'un répertoire plus élevé et plus artistique. C'est un effort\ninfiniment honorable, et qui mérite encouragement.\n\nH. BRODY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c019", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "114", "page_fin": "114", "image_debut": 10, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.11", "titre_corps": "MUSIQUE DE BACH. La Société J.-S. Bach, sous la direction de M. Gustave", "titre_sommaire": "MUSIQUE DE BACH. La Société J.-S. Bach, sous la direction de M. Gustave", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.10", "debut_caractere": 178, "fin_caractere_exclue": 731, "texte": "MUSIQUE DE BACH. La Société J.-S. Bach, sous la direction de M. Gustave\nBret, terminera le 6 mars la série des Concerti brandebourgeois par l'audition\ndu célèbre concerto avec trompette. Cette œuvre, d'une difficulté qui la rend inac-\ncessible à la plupart des instrumentistes, aura pour interprète M. Lachanaud,\nsoliste de 1 Opéra et du Conservatoire, et sera exécutée dans sa tessiture réelle sur\nun instrument récemment construit en Allemagne en vue précisément de ce\nconcerto. Au même figureront la Cantate du Printemps et la Cantate pour\nQuasimodo."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c020", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "114", "page_fin": "115", "image_debut": 10, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.12", "titre_corps": "DOUZE CHORALS DE J.-S. BACH, TRANSCRITS POUR PIANO PAR I. PHILIPP, PROFESSEUR AU CONSERVATOIRE, AVEC PRÉFACE D'ALBERT SCHWEITZER. (AU MÉNESTREL, I VOL. 25 p., 4 fr.)", "titre_sommaire": "DOUZE CHORALS DE J.-S. BACH, TRANSCRITS POUR PIANO PAR I. PHILIPP, PROFESSEUR AU CONSERVATOIRE, AVEC PRÉFACE D'ALBERT SCHWEITZER. (AU MÉNESTREL, I VOL. 25 p., 4 fr.)", "signature_source": "M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.10", "debut_caractere": 733, "fin_caractere_exclue": 2912, "texte": "DOUZE CHORALS DE J.-S. BACH, TRANSCRITS POUR PIANO PAR I. PHILIPP, PROFESSEUR\nAU CONSERVATOIRE, AVEC PRÉFACE D'ALBERT SCHWEITZER. (AU MÉNESTREL,\nI VOL. 25 p., 4 fr.)\n\n— Toute publication de M. Philipp, ami de la grande\nmusique et particulièrement de Bach, est la bienvenue. Celle-ci ne peut que\ncontribuer à former le goût des pianistes. J'ai cependant une petite réserve à\nfaire, tout au moins un renseignement à demander. Les chorals que nous donne\nM. Philipp ont été écrits pour orgue. Ceux qui seraient hostiles avec intransi-\ngeance à des transcriptions de ce genre (bien que Bach lui-même en ait tant\nde fois donné l'exemple) pourraient tirer argument de ce fait que certains pas-\nsages, fort bien à leur place sur l'orgue, deviennent à peu près inexécutables sur\nle piano. Une des règles essentielles de toute bonne exécuction, c'est qu'il faut\ntenir une note aussi longtemps que l'exige sa valeur. Comment M. Philipp\nentend-il que soient jouées des formules comme celle-ci:\nEn feuilletant le recueil, j'ai noté un grand nombre de passages du même\ngenre. On serait heureux de savoir si, oui ou non, M. Philipp croit qu'un\npianiste peut jouer cela sans tricher, je veux dire sans manquer aux règles d'exé-\ncution (tenue exacte des durées) hors desquellesiln'y a plus de musique sérieuse,\nSi, en certains endroits, on peut arpéger, pourquoi le signe de l'arpège n'est-il\npas inscrit ?\nDans une préface, M. Schweitzer revient sur les idées qui lui sont chères. Il\nveut absolument voir, dans Bach, un descriptif, un peintre, un musicien pour qui\nla musique doit toujours avoir un sens traduisible en images verbales. « Ce\nqui tente Bach tout particulièrement dans un texte, nous dit-il, c'est l'image\nqu'il est possible de traduire par des sons.C'est ainsi que dans le choraln° 12 (Par\nla chute d'Adam) il décrit la chute du premier homme au moyen de basses qui ne\nfont que tomber en septièmes. Pendant toute la durée du morceau dans le\nchoral n° 10 (Que tout est vain /), les gammes ascendantes et descendantes qui se\nchassent et se croisent figurent le mouvement des nuages auquel le poète com-\npare la vanité des choses humaines, etc... »M. Schweitzer aime les observations"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.11", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1697, "texte": "de ce genre ; il y revient constamment. Il m'est impossible de le suivre dans\ncette voie. Le commentaire qu'il fait de certaines pages de Bach n'est pas, sans\ndoute, absolument inexact, et témoigne d'une grande ingéniosité, mais il\ndevient déplaisant et faux par l'importance qui lui est attribuée. Voir dans l'au-\nteur des chorals un « peintre », un « descriptif », à la manière de Kuhnau, de\nBerlioz ou de Liszt, me paraît, pour dire le vrai, un contresens. La musique\nserait un art inférieur et consacré à des enfantillages, si elle avait pour rôle de\nreprésenter la « chute » d'Adam par des intervalles descendants de septième,\nun mouvement de nuages par des croisements de gammes, etc... Sur cette\nquestion, où il y aurait beaucoup à dire, je renvoie le lecteur au chapitre intitulé\nla Pensée musicale, dans le livre que M. Jules Combarieu vient de publier chez\nFlammarion.\nAutre chose. M. Schweitzer demande «que surtout on ne réalise pas les points\nd'orgue ». La recommandation était inutile, car M Philipp les a supprimés de\nsa transcription. Il y a là une difficulté dont on se débarrasse par un moyen\naussi simple que radical. Je crois que si Bach a placé un point d'orgue toutes\nles 4 mesures dans ses chorals, ce n'est pas sans raison. Il marque ainsi\nla fin d'un vers, d'une phrase ou d'une période. La note surmontée du point\nd'orgue est un peu plus longue que ne l'indique son signe graphique ; elle a une\ndurée irrationnelle. Il faut donc en tenir compte. Je voudrais même que l'écriture\nadoptée par l'éditeur respectât par une diérèse (division) cette sorte de ponc-\ntuation musicale, et que, en certains cas, au lieu d'écrire :\non écri-\nvît :\n\nM."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "115", "page_fin": "115", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.13", "titre_corps": "«DIEU, NE JUGE PAS TES FILS», CANTATE INÉDITE DE BACH (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE).", "titre_sommaire": "«DIEU, NE JUGE PAS TES FILS», CANTATE INÉDITE DE BACH (SOCIÉTÉ DES CONCERTS DU CONSERVATOIRE).", "signature_source": "H. B", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.11", "debut_caractere": 1699, "fin_caractere_exclue": 2744, "texte": "«DIEU, NE JUGE PAS TES FILS», CANTATE INÉDITE DE BACH (SOCIÉTÉ DES CONCERTS\nDU CONSERVATOIRE).\nH. B.\n— Dans la 150e cantate de Bach, que la Société des\nconcerts vient d exécuter, le choeur du commencement et le choral final ont\nune ampleur et une noblesse incomparables.\nMais j'avoue très franchement que les airs et que le duo intermédiaires m'ont\nlaissé froid ; la répétition continuelle des mêmes mots, la vocalisation de traits\nqui seraient mieux dans la tessiture des instruments que dans celle de la voix,\nrendent la musique de Bach pénible toutes les fois qu'elle n'est pas sublime.\nDans cette cantate il y a un détail d'orchestration assez curieux. La partition,\ntranscrite par un copiste distrait (?), comporte une partie de cor qui monte si haut\nque nul corniste n'y peut atteindre. On fait alors appel à la bonne volonté de la\ntrompette, qui se charge de cette escalade.\nL'exécution de la cantate de Bach a été très bonne. Parmi les solistes, il\nfaut citer Mlle Bathori, qui a très vaillamment dialogué avec le hautbois de\nM. Bleuzet."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "115", "page_fin": "116", "image_debut": 11, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.14", "titre_corps": "SONATE POUR PIANO ET VIOLONCELLE DE A. REUCHSEL (AUDITIONS MODERNES, A", "titre_sommaire": "SONATE POUR PIANO ET VIOLONCELLE DE A. REUCHSEL (AUDITIONS MODERNES, A", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.11", "debut_caractere": 2746, "fin_caractere_exclue": 3309, "texte": "SONATE POUR PIANO ET VIOLONCELLE DE A. REUCHSEL (AUDITIONS MODERNES, A\nLA SALLE PLEYEL). —Parmi les différentes œuvres entendues à la séance orga-\nnisé par M. Oberdœffer, la sonate de M. A. Reuchsel nous a paru la plus digne\nd'attirer l'attention. Après un allegro en mi mineur de forme purement classi-\nque, un adagio très expressif est largement déclamé par le violoncelle. C'est une\nsorte de rêverie, non pas la rêverie nonchalante d'une âme paisible, mais le\nsonge passionné d'un cœur agité. Rarement usitée, la mesure à 16/18 trouve\nici son emploi rationnel."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.12", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 313, "texte": "Le finale débute par un thème triste, mais un vivace qui affecte la forme d'un\nlied populaire explose, et arrive la péroraison brillante de cette sonate fort\nréussie. M. Barraine s estbien acquitté de la partie de violoncelle, tandis que\nMme Barraine tenait correctement le piano."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "116", "page_fin": "116", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.15", "titre_corps": "LE SCHERZO DE LA «SYMPHONIE HÉROïQUE» DE BEETHOVEN (CONCERTS P. SECHIARI).", "titre_sommaire": "LE SCHERZO DE LA «SYMPHONIE HÉROïQUE» DE BEETHOVEN (CONCERTS P. 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Gevaërt, dont l'autorité est si haute en pareille matière, a émis une\nopinion analogue. J'avoue que j'ai des doutes sur la légitimité de ce rythme, qui\nsacrifie, ou efface, subordonne, met au second plan une mesure sur deux. Cette\nthéorie ne s'appuie pas sur un désir explicitement indiqué par le compositeur,\net je ne trouve pas que l'expression y gagne. En tout cas, les chefs d'orchestre\nde Paris, y compris Pierre Sechiari, n'observent pas ce rythme di due battute.\nAu sujet de ce scherzo, je ferai une autre observation. On le joue , à\nla moderne, avec une précipitation qui ne permet plus de saisir certaines valeurs\net qui en fait une sorte de concours de vitesse pour automobiles. C'est à peine\nsi on a le loisir de marquer le premier temps de chaque mesure ;on est emporté\ndans un tourbillon. C'est fâcheux ; en oublie que scherzo veut dire « badinage » ;\nqu'allegro vivace signifie « joyeux et vif », rien de plus. Je me range tout à fait\nà l'avis de Saint-Saëns qui a écrit dans la préface de la réédition de Rameau\n(.Pièces de clavecin) : «... Jusqu'au milieu du siècle dernier, le degréde vitesse ou\nde lenteur, si important à notre époque, n'avait probablement pas la même impor-\ntance qu'aujourd'hui. Les largo de Haendel et de Séb. Bach ne sont pas très\nlents ; leurs presto ne sont pas très rapides. C'est surtout au point de vue de la\nrapidité qu'il convient d'être prudent : la vélocité moderne était inconnue aux\nanciens. » On me dira que Beethoven est plus un moderne qu'un ancien. Je\nrépondrai que cela n'est qu'à moitié vrai, esthétiquement, pour ce qui concerne\nles symphonies, et qu'il y a une mesure à garder."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "116", "page_fin": "117", "image_debut": 12, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.16", "titre_corps": "A MONTE-CARLO.", "titre_sommaire": "A MONTE-CARLO.", "signature_source": "E. 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Cette\nartiste si complète et si rare a remporté un succès triomphal. L'excellente basse\nbouffe M. Pini-Corsi a joué le rôle de don Pasquale avec une verve comique"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.13", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 341, "texte": "et une ampleur classique du meilleur effet. M. Sobinoff a fait applaudir une des\nplus fraîches et des plus jolies voix de ténor qu'on puisse entendre. Le brillant\nbaryton M. Tita-Ruffp est un chanteur superbe. Dans un rôle épisodique,\nM. Ananian a fait sonner sa belle voix. L'orchestre était dirigé par M. Pamé.\n\nE. D."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "117", "page_fin": "117", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.17", "titre_corps": "« PRÉLUDE FUNÈBRE » DE M. GARCIA MANSILLA. —Il n'y a pas grand'chose", "titre_sommaire": "« PRÉLUDE FUNÈBRE » DE M. GARCIA MANSILLA. —Il n'y a pas grand'chose", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.13", "debut_caractere": 343, "fin_caractere_exclue": 1000, "texte": "« PRÉLUDE FUNÈBRE » DE M. GARCIA MANSILLA. —Il n'y a pas grand'chose\ndans ce Prélude dont M. Pierre Sechiari donnait la première audition au théâtre\nMarigny (le 21). Cet opuscule commence par quelques formules de simple pré-\nparation, et, au moment où l'on attend une idée un peu substantielle, il est\ndéjà fini... Un prélude ne comporte pas de développements, mais il doit être net,\nbien posé et vigoureusement pensé. Un prélude musical est comme un dessin\nde grand maître : c'est une esquisse sans fignolages, mais une construction ferme,\ntémoignant d'une grande sûreté de main. Une autre fois, sans doute, M. Garcia\nMansilla nous donnera sa vraie mesure."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "117", "page_fin": "117", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.18", "titre_corps": "CONCERT DE M. FERDINAND MAZZI.", "titre_sommaire": "CONCERT DE M. FERDINAND MAZZI.", "signature_source": "A. 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Le public l'a\naccueillie avec chaleur."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c031", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c031", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "117", "page_fin": "117", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.1.19", "titre_corps": "«CHANSONS ET DANSES ANCIENNES DELÀ SUISSE » (RECUEILDE 29 PAGES, PAR CAR L", "titre_sommaire": "«CHANSONS ET DANSES ANCIENNES DELÀ SUISSE » (RECUEILDE 29 PAGES, PAR CAR L", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.13", "debut_caractere": 1497, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "«CHANSONS ET DANSES ANCIENNES DELÀ SUISSE » (RECUEILDE 29 PAGES, PAR CAR L\nWUNZINGER, CHEZ LES FRÈRES HUG, A ZURICH, 2 fr. 50). La musique populaire\nsuisse (on l a vu récemment dans les Armaillis, joués à l'Opéra-Comique) a\nbeaucoup de saveur et de charme. On retrouvera ces qualités dans le recueil de\nM. W unzinger, qui est fait au point de vue de l'exécution pratique, et enrichi\nd un accompagnement au piano, où l'éditeur, musicien sérieux, abuse quelque-\nfois de son savoir, notamment dans les introductions et les péroraisons."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c032", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "117", "page_fin": "121", "image_debut": 13, "image_fin": 17, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.2", "titre_corps": "Musique orientale. LE COMPOSITEUR DU Péchrev DANS LE MODE Nihavend.", "titre_sommaire": "Musique orientale. LE COMPOSITEUR DU Péchrev DANS LE MODE Nihavend.", "signature_source": "RAOUF YEKTA, Rédacteur musical du journal Ikdam à Constantinople", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.13", "debut_caractere": 2031, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "Musique orientale.\nLE COMPOSITEUR DU Péchrev DANS LE MODE Nihavend.\n\nQuelques mots sur l'auteur de la pièce publiée plus bas :\nLe prince Démétrius Cantimir naquit le 26 octobre 1673. Son père, Constantin\nCantimir, fut nommé prince de Moldavie en 1684. La Turquie voulant avoir l'un\nde ses fils en otage, Antiochus, qui était l'aîné, fut envoyé à Constantinople avec\nsix autres jeunes fils de nobles. Au bout de trois ans, Démétrius eut ordre de son\npère d'aller remplacer son frère aîné. Démétrius demeura à Constantinople\njusqu'à l'an 1691, où son père le rappela et lui substitua son frère Antiochus.\nDurant son séjour, il s'appliqua à la langue turque et à la musique. On peut juger\ndes progrès qu'il fît dans cette science par les notes de musique qu'il introduisit\nle premier parmi les Turcs et par plusieurs pièces de sa composition qu'on\nchante encore aujourd'hui avec plaisir et qui sont très goûtées des connaisseurs\nde la nation. Il a écrit plusieurs ouvrages, parmi lesquels son Histoire de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.14", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 3622, "texte": "VEmpire ottoman, écrite en latin et traduite en français par M. de Saucquières,\npubliée en 1743 à Paris, 4 vol. La biographie détaillée du prince Cantimir se\ntrouve ajoutée à la fin du 4e volume de cette histoire. Parmi ses ouvrages, on\ntrouve deux écrits sur la musique : i° un Livre cTairs selon la musique turque?\nin-quarto ;20 Introduction à la musique turque, en moldave, in-octavo.\nMalheureusement la notation musicale inventée par Cantimir et qui consis-\ntait à employer les lettres de l'alphabet turc pour les notes, n'a pu être\naccueillie par les musiciens turcs, est tombée en désuétude dès son inven-\ntion ; cependant Cantimir avait pris le soin de noter toutes ses compositions et\nla plupart des morceaux célèbres de son temps avec sa notation. Les exemplaires\ndu livre d'airs de Cantimir sont extrêmement rares. On 11e sait où se trouve\nl'exemplaire original écrit parlamainde l'auteur ; peut-être est-ce dansles biblio-\nthèques de Bucarest et des autres villes de Roumanie qu'est caché ce trésor\nprécieux. Il y a certainement de nos lecteurs en Roumanie ; s'ils trouvent là ce livre\net le signalent au monde musical, tous les amateurs de la musique orientale leur\nen sauront gré. Il y a plus de 10 ans que j'avais eu l'occasion de trouver un recueil\ndes notes musicales écrites dans le temps de Cantimir et avec sa notation ; j'ai\ntrouvé ce manuscrit dans la bibliothèque musicale de feu Nédjib Pacha, chef de\nmusique de la garde impériale, et je l'ai acheté à un prixassez élevé. Le Pechrev\ndans le mode de Nihavend que je vous expédie aujourd'hui est traduit de ce\nrecueil. La tradition a conservé la plupart des compositions de Cantimir, et\naujourd'hui on entend encore ces compositions jouées par les musiciens turcs ;\nmais comme la plupart de ces musiciens jouent par cœur et ne savent pas lire et\nécrire la musique, ces morceaux se trouvent tellement dénaturés; qu'on ne peut\nles reconnaître lorsqu'on les compare avec leur original. D après la source où\nj'ai puisé, l'authenticité de notre Péchrev est indiscutable et il est tout à fait\ninédit, même pour les musiciens orientaux, tel qu'il est.\nEn dehors de ses ouvrages susdits, Cantimir a écrit un petit traité de musique\nturque dont je possède un exemplaire peut-être unique ; en parlant de cet ouvrage\nCantimir dit (1) :\n« J'ai composé un petit livre en turc, contenant l'art de la musique ; je l'ai\ndédié au présent empereur Achmet II et j'apprends qu'on s'en sert partout pour\napprendre cet art. Peut-être trouvera-t-on étrange en Europe que je relève ici le\ngoût de la musique chez une nation réputée barbare parmi les chrétiens. J'avoue\nque la barbarie régnait parmi les Ottomans dans l'enfance de leur empire, leurs\nprinces n'ayant alors d'autres pensées que d'étendre leur domination ; mais le\ntemps ayant mis fin à leurs premières conquêtes, les arts, fruits ordinaires de la\npaix, ont trouvé place à leur tour dans ces esprits jusque là féroces ; la politesse\naujourd'hui s'y fait tellement remarquer qu'on n'y aperçoit pas la moindre trace\nde l'ancienne grossièreté. J'ose même avancer que la musique des Turcs est\nbeaucoup plus parfaite que celle de l'Europe du côté de la mesure et de la pro-\nportion des mots, mais aussi elle est si difficile à comprendre qu'à peine trouvera-\nt-on trois ou quatre personnes qui connaissent à fond les principes et les déli-\ncatesses de cet art dans une aussi grande ville qu'est Constantinople, au milieu\nde la plus nombreuse cour qui soit au monde, et parmi une infinité de gens qui\nse piquent de quelque goût pour la musique. »\n\n(1) Histoire de l'Empire ottoman, t, 11, p. 236."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.15", "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1465, "texte": "Après ce passage, que j ai copié textuellement, Cantimir, parlant de son projet\nd écrhe un traité complet sur la musique turque, exprime ces vœux :\n(( Peut-êtie un joui, si Dieu me donne la santé et le loisir, pourrai-je donner\nun tiaité séparé, où j exposerai cet art dans toute son étendue de la manière dont\nil est rédigé par les Orientaux. »\nJe ci ois que louviage susdit, et qui a pour titre : Introduction à Ici musique\ntin que, en moldave, est bien la réalisation de ce vœu du prince Cantimir. Cet\nouvrage, sil existe encore en Roumanie, aura la plus grande importance au\npoint de vue delà musique orientale ; j'attire l'attention de ceux qui se trouvent\nen état de pouvoir rechercher et, si on le trouve, de traduire en français ce\ndocument précieux.\n\nLE PECHERV (Ouverture instrumentale)\nDans le mode Nihavend.\n\n(1) Mon ami le R. P. Thibaut a décrit ce rythme [Dévri-Kèbir) d'une autre façon dans son\nintéressant article sur la musique des Mévlevis inséré au n° 9 (septembre 1902), p. i3B,\nde la Revue musicale•. En effet, la transcription du F. Thibaut est conforme à l'état actuel\nde ce rythme tel qu il est en usage aujourd'hui chez les musiciens turcs; cependant lorsque\nle piince D Cantimir a composé ce Péchrev, le rythme en question se battait d'après notre\ntranscription. En les comparant, on voit que l'ancienne forme ■— a été doublée en et pour\nremplir les intervalles restés trop vides on a ajouté des ornements rythmiques."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.17", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 504, "texte": "Au premier abord, cette composition expressive et de sérieuse valeur, paraît\nécrite en sol mineur. Cependant, lorsque je l'ai jouée sur un piano Pleyel à\ntempérament égal, j'ai trouvé que le sens mélodique du morceau était changé.\nCela provient de ce que les intervalles demandés par la théorie de la musique\norientale pour le mode Nihavend n'existent pas sur le piano. Ces intervalles\nsont les suivants :\n\nRAOUF YEKTA,\nRédacteur musical du journal Ikdam à Constantinople."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c034", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c034", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "119", "page_fin": "119", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.2.2", "titre_corps": "LE PECHERV (Ouverture instrumentale) Dans le mode Nihavend.", "titre_sommaire": "LE PECHERV (Ouverture instrumentale) Dans le mode Nihavend.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.15", "debut_caractere": 782, "fin_caractere_exclue": 841, "texte": "LE PECHERV (Ouverture instrumentale)\nDans le mode Nihavend."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c038", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c038", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "122", "page_fin": "125", "image_debut": 18, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.3", "titre_corps": "La musique au point de vue sociologique : le plain-chant", "titre_sommaire": "La musique au point de vue sociologique : le plain-chant", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.18", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3333, "texte": "La musique au point de vue sociologique : le plain-chant\n(i).\nIgnorant la mesure unisonique, constitué par des notes de valeur égale et\nn'ayant d autres césures que la ponctuation du texte liturgique, le plain-chant,\nbien qu'étranger aux innombrables artifices expressifs de l'art moderne, est une\nadmirable forme de la musique : pure, sereine, simple et noble à la fois, singu-\nlièrement propre à calmer les nerfs de celui qui vient d'entendre l'orchestre d'un\nBerlioz, d'un Wagner ou d'un Rimsky-Korsakow. Pendant près de dix siècles,\nil a été, dans le monde occidental, la seule musique méritant le nom d'art et de\nscience. La langue musicale dont nous nous servons aujourd'hui vient de lui,\npar suite d'une évolution à peu près identique à celle de la langue verbale.\nComment s'est formé ce type d'art qui tient une si grande place dans l'histoire?\nquels liens a-t-il avec la vie commune ? Un manuscrit bien connu de Saint-Gall,\nen un dessin rïaïf, représente une colombe — le Saint-Esprit — introduisant\nson bec dans l'oreille du pape saint Grégoire, au moment où il dicte les\n« neumes » à un scribe. Il suffit de connaître les emprunts de toutes sortes faits\npar le christianisme à l'antiquité païenne pour deviner que la véritable expli-\ncation, pour la musique comme pour le reste, doit avoir un caractère moins\nmystique.\nAu moyen âge, l'Eglise est un type de société parfait, — ou à peu près\n(n oublions pas les divisions théologiques), réalisant ce que les organisations\npolitiques poursuivent en vain ou ne connaissent que par intermittences : l'unité\nmorale. Elle le doit à la diffusion du dogme qui, en impliquant l'obéissance,\nsupprime la difficulté du problème : la liberté : elle le doit aussi au chant qui\nest inséparable du culte public. Il est aisé de voir que tous les caractères du plain-\nchant sont sociologiques.\nL'homme qui accomplit seul un acte religieux, ne chante pas; il prie en si-\nlence. Mais, dès qu'il y a groupement, le chant paraît. Il est donc permis de dire,\nen renversant l'ordre des termes : partout où il y a chant, il y a société homo-\ngène. « C'est un lien d'unité bien puissant, dit S. Ambroise, que le chœur formé\npar l'assemblée du peuple (2). » En effet, léchant est par excellence une œuvre\ncollective, et, en retour, un lien social, un instrument de vulgarisation, de péné-\ntration profonde et de discipline.\nJamais cette fonction n'a été plus nette et plus forte qu'au moyen âge. Alors,\nle mot « cantus » ne désigne pas seulement les mélodies rituelles, mais le chant\nen général, comme si l'Eglise était non pas une société, mais la société. C'est\navec ce sens que Martin Gerber employait encore ce mot cantus, en 1774. Igno-\nrant la virtuosité individuelle, le chant ne vit que par la communauté qui colla-\nbore (3), grâce à lui, avec l'officiant ; il est la « voix commune » (4) de la société\nreligieuse qui psalmodie una voce, uno corde (5). « Le chœur, c'est la multitude\n\n(1) Nous extrayons ces pages du volume cle M. Combarieu, La Musique, ses lois, son évolution\nqui vient de paraître chez Flammarion (3 fr.so).\n(2) In Psalm. 1 : « Magnum plane unitatis vinculum, in unufn chorum totius numerum plebis\nc oire. »\n(3) Succinit, respondet, oiro^àXXet.\n(4) cptov/) XOTV7J. (CLÉMENT d'Alex.)\n(5) SAINT AUGUSTIN. (De Verbis apost., Serm. 10.)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.19", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3720, "texte": "réunie dans une cérémonie (r). » Il n'y a plus ici, comme chez les Romains, de\nsacra spéciaux pour chaque famille ; par le chant, la société laïque tout entière,\nimpliquée dans la société religieuse, devient un être collectif qui concentre ses\nsentiments, sa pensée, son verbe, dans un acte commun. Le monde profane est\npris dans les mailles des mélodies liturgiques et, par suite, les caractères natu-\nrels ou conventionnels qui le différencient sont ramenés à l'égalité : riches et\npauvres, chefs et sujets, clercs et laïques, jeunes et vieux, hommes, femmes et\nenfants sont rapprochés, réconciliés, identifiés par la musique (2). Telle est la\nvertu d'unification que possède le choral (3).\nComme la liturgie elle-même, le chant est traditionnel. L'Eglise chante « sui-\nvant l'exemple des prédécesseurs » (4), en voulant faire revivre l'esprit antique.\n(Nous ne connaissons d'ailleurs que des musiques fondées sur la tradition, de\nmême que tous ceux qui parlent tiennent leur langage de quelqu'un.) Le nom\nde saint Grégoire n'est nullement celui d'un compositeur, mais une étiquetteindi-\nvidualiste donnée àla tradition quand elle se fixe, àla fin du vie siècle ; saint Gré-\ngoire se borne à compiler, à ordonner, à « centoniser ». Son œuvre musicale\nen admettant qu'on ait le droit de parler ainsi est un acte d'administration\nqui codifie des éléments venus des Latins, des Grecs (5 ), des Juifs.\nEn même temps qu'il est traditionnel, le chant est objet de foi (au sens que\nl'observateur historien peut donner à ce mot) ; il est trop près du texte sacré\npour ne pas lui emprunter un caractère rituel (6) ; on ne le pratique pas à cause\nde sa beauté, comme, de nos jours, certaines pièces d'orgue, mais parce qu'il\nfait partie des choses prescrites. Dans les églises, il n'y a encore ni « audi-\ntoire » ni artistes. Le chant est un des signes de la croyance, car on considère\ncomme son prototype « le concert des Anges célébrant la gloire de Dieu dans\nle Ciel ».\nDans le monde chrétien, il se développe et se propage suivant la grande loi\nsociologique, l'imitation, qui est une sortede tradition rayonnantedans l'espace.\nS.Grégoire, en le réglant, n'avait en vue que l'Eglise romaine ; peu à peu,\nle chant romain devient universel, mais en subissant plus ou moins l'influence\ndes pays où les circonstances politiques et la force d'expansion de l'idée reli-\ngieuse le font pénétrer : de là ses diverses formes (chant ambrosien, grégorien,\nmozarabe, gallican) qu'on a comparées à des dialectes ayant pour originè un\nmême idiome et assimilables aux langues romanes (7).\nDe ces premiers faits, quelques autres pourraient être logiquement déduits.\nEssayons de nous représenter les fidèles qui remplissaient les églises dans\nles premiers siècles du christianisme, à une époque où l'ignorance était si\n\n(1) Multitudo in Sacris collectas. (Ibid., L. i, 3.)\n(2) SAINT JEAN CIÎRYSOSTOME, in Psctlm. CXLV.\n(3) ÜbicnnqiLe chorus est, ibi diverses voces in unum canticum congeruntur. (SAINT JÉRÔME, iii\nPsalm. CXLIX.)\n(4) Secundum exemplum prœdecessorum nostrorum... (Concile de Valence, 111, ap4 855.)\n(5) La langue grecque a été en usage dans la communauté chrétienne jusqu'au 111 e siècle de\nnotre ère.\n(6) Inconsciemment, les archéologues modernes sont dans cet état d'esprit quand ils s'appli-\nquent avec tant de rigueur à reproduire d'après les manuscrits la version exacte des mélodies\ngrégoriennes. Il faut remarquer en passant qu'on ne songe pas à faire un travail de ce genre\npour le texte des Psaumes, bien qu'on sache que leur dernière rédaction latine né reproduit pas\nexactement le texte original hébreu.\n(7) Hypothèse bien séduisante de Dom Mocquereau. (Paléogr. mus., t. I.)"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.20", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3284, "texte": "profonde ; d'après les tableaux des peintres primitifs, imaginons, pendant l'office,\nles visages des contemporains d'un Aurélien de Reomé (ixe siècle), pour qui les\nlivres imprimés n'existent pas et dont chacun aurait pu dire comme la mère de\nVillon :\n...Rien ne sais ; oncques lettres ne lus :\nAu moutier vais, dont suis paroissienne,\nParadis peints où sont harpes et luths\nEt un Enfer 011 damnés sont boullus.\nPour de tels croyants (1), le chant est un moyen mnémonique tout indiqué.\nAfin de remplir ce rôle, il se réduit à la plus grande simplicité possible ; il est\nce qu'on appellera plus tard planus canius, le plain-chant. Gardant une fonction\nsociale-religieuse, il ignore systématiquement toute préoccupation d'art.\n(Ainsi s'expliquent les scrupules de saint Augustin, qui se reprochait de prendre\ntrop de plaisir à la musique.) De ceux qui le pratiquent, il n'exige d'abord aucun\ndon naturel ; en vertu du principe « corde, non voce cantandum », il est acces-\nsible à tous, même à celui dont nous dirions aujourd hui qu'il n'a pas de voix (2).\nBien qu'il soit capable, en certains cas, de traduire les sentiments élémen-\ntaires, la tristesse et la joie, il exclut /'expression, la cantilène passionnée (3),\net toutes les nuances qu'elle comporte. Il exclut l'intensité puissante des sons (4),\nles mouvements rapides, les pathétiques inégalités du rythme, en un mot tout\nce qui aujourd'hui est considéré comme musical et constitue ïart du profes-\nsionnel.\nUnisonique, moyen en tout, donnant à ses notes une égale durée, il se rap-\nproche beaucoup du langage verbal, dont il épouse l'allure, les coupes, les\ninflexions, les cadences. A l'origine, il est à peine distinct du parlé, « vicinior pro-\nnuntianti quam canenti ».\nDans la liturgie la plus ancienne, celle de Milan, il y a des récitatifs terminés\npar un intervalle de quarte ou de quinte dont on trouverait instinctivement le\ndessin mélodique en se bornant à bien lire les paroles (5).\nLe principe général de l'organisation du plain-chant est, dans le fait socio-\nlogique le plus important (le langage), un phénomène capital : l'accent tonique.\nLe chant en est le développement et la floraison ; de lui, il tire son système de\nnotation (6).\nAvec les mélodies qu'il dégage ainsi, il constitue un répertoire qui, en dépit\nde l'ampleur des livres liturgiques, est très limité : il se borne à quelques tim-\n\n(1) SurTignorance auixe siècle, voir la lettre d'Aurélien à l'archichantre Bernard. (Dans Martène,\nMonum., t. I, p. 121 et suiv.)\n(2) Le xaxocptovoç peut chanter à l'église (SAINT AUGUSTIN, Confess., ch.xxxin. Cf. NICET, de\nBotio psal., ch. m.\n(3) Constit. cipostol., 1. V, ch. ix. Cf. CLÉMENT D'ALEX., Strom.\n(4) Règle de saint Benoît, ch. xx, LII.\n(5) Par exemple les leçons ordinaires de matines (Jube Domine benedicere. Tu autem Domine\nnostri misererej, les leçons de l'Ecriture aux dimanches et aux jours solennels, les passions des\nmartyrs, l'épître, l'évangile, etc.\n(6) L'accent aigu, d'après les témoignages décisifs trouvés au Mont-Cassin par de Cousse-\nmaker, d'abord tracé de bas en haut par les scribes, puis de haut en bas avec un appuyé de la\nplume, en tête du signe, sur le parchemin, a donné naissance à la virga des neumes, enfin à la\nnote caudée moderne»"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.21", "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 3414, "texte": "bres caractéristiques, assez peu nombreux d'abord pour que la tradition orale\nsuffise à les conserver ; sur le tard seulement, quand la liturgie s'est développée,\non songe à les fixer par des signes graphiques très généraux. Dans cette période,\nrécente elle-même, quand des offices nouveaux réclament des airs nouveaux, on\nfait servir des mélodies anciennes et déjà en usage, adaptation contraire à nos\nidées d'« art », mais conforme aux habitudes de l'activité collective, qui procède\npar répétition et imitation.\nDans l'exécution pratique, les principales formes adoptées sont tradition-\nnelles ou d'origine populaire universelle : chant antiphonique (partage en deux\nchœurs) et chant responsorial (un chœur répondant à un soliste).\nLes modes dont on se sert sont empruntés aux Grecs (comme l'indiquent leurs\nnoms : protus, deuterns, tritus, tetrardas), et les Grecs eux-mêmes ont reçu des\nOrientaux d'Asie-Mineure quelques-uns de ces modes qui vont bientôt reparaître,\navec leurs dénominations ethniques, dans la musique occidentale.\nLes clausules des mélodies grégoriennes et les traits principaux de leur struc-\nture ne sont pas déterminés par des raisons artistiques, mais par la nature du\ntexte liturgique (catalogue de Réginon).\nEnfin, le plain-chant est impersonnel, anonyme. Il l'est resté alors même que\ndes talents individuels, au cours des siècles, venaient l'enrichir. Les mélodies\nne sont jamais accompagnées, comme de nos jours, d'un nom de compositeur.\nElles sont considérées comme œuvre de la communauté, et, par suite, comme\nsa propriété. (Remarquons qu'il n'en est ainsi ni pour les sermons, ni pour le\ntexte des hymnes, ni pour la liturgie proprement dite.)\nPas davantage ne sont mis en vedette, ou simplement recueillis par les histo-\nriographes, les noms des chantres les plus habiles il y en eut, forcément, de\nmédiocres et d'excellents malgré les écoles spéciales où on les soumet à une\ndiscipline hiérarchisée. C'est encore la voix de la communauté qui est sur leurs\nlèvres ; tout élément musical individuel est absorbé, disparaît. La société seule\nsemble avoir une existence.\nLes ouvrages didactiques eux-mêmes, qu'ils soient signés ou non, n'échappent\npas à cette loi. Dans la période antérieure au contrepoint, lequel marque une\nrévolution et une ère nouvelle,—ils sont impersonnels. D'habitude, le moine qui\nécrit un traité de musique ne cherche nullement à exposer des vues originales\net à les défendre ; ayant à doter la bibliothèque de son monastère d'un livre qui\nlui manque, il se trouve un peu dans la situation d'un de nos instituteurs ayant\nà enseigner le système métrique ou quelque autre « matière » : il est surtout\npréoccupé d'exposer avec exactitude une sorte de savoir anonyme et de se con-\nformer àla tradition. Loin de fuir les redites, il doit les rechercher. De là ces\nTraités, si différents du « plagiat » moderne, bien qu'ils en évoquent à chaque\ninstant l'idée; de là cette application inlassable, fastidieuse pour nous, à repro-\nduire uniformément des légendes qui remontent à Pythagore, à la Bible, et font\ncorps avec « la doctrine ».\nTels sont les caractères du chant religieux au moyen âge II est issu d'un\ncertain type très pur de vie sociale et de ses antécédents historiques ; en même\ntemps, il a pour fonction d'en maintenir l'unité. Entre cette musique et la vie\ncollective, il y a constamment action et réaction."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c039", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "126", "page_fin": "128", "image_debut": 22, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.4", "titre_corps": "Le chant et les méthodes J.-B. FAURE ET L'ART DU CHANT.", "titre_sommaire": "Le chant et les méthodes J.-B. FAURE ET L'ART DU CHANT.", "signature_source": "Alix LENOëL-ZEVORT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.22", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3243, "texte": "Le chant et les méthodes\nJ.-B. FAURE ET L'ART DU CHANT.\n\n[suite).\nJean-Baptiste Faure est un des plus illustres chanteurs des temps modernes,\nun des maîtres les plus justement réputés pour la pureté classique de sa ma-\nnière. Nous lui devons donc une place dans notre musée d'enseignement vocal.\nNé en 1830, et fils d'un chanteur d'église, Faure eut des débuts très pénibles,\ndont il triompha à force de constance et d'énergie. Il commença son éducation\nmusicale à la maîtrise de la Madeleine; et quand son organe fut formé, devenu\nbaryton, il débuta à l'Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (de Galathée),\navec Bataille comme chef d'emploi. Là, il se fit remarquer par nombre de rôles, et\nparticulièrement dans le Pardon de Ploërmel.L'Opéra lui ouvrit alors ses portes.\nLa Favorite, les Huguenots, Guillaume Tell et surtout Don Juan le placèrent\ncomplètement en vedette. Sa voix juste, étendue, bien posée ; son style pur, son\narticulation nette, son phrasé impeccable, l'égalité de ses registres, sa virtuo-\nsité et aussi l'élégance de son jeu et le charme de sa physionomie le pla-\ncèrent hors de pair. On lui reprochait cependant d'abuser de l'effet, des\nmenti et des tenues de voix. Mais quel est l'artiste auquel on ne reproche rien ?\nJ'ai eu l'occasion d'entendre Faure ; et je n'ai pas trouvé ces reproches\njustifiés. Faure est certainement un des artistes les plus accomplis de notre\népoque. Ses brillantes qualités personnelles ont dû nécessairement influer sur\nsa conception de 1 'artdu chant et le rendre difficile. Il constate, avec beaucoup\nd'autres, la décadence de cet art et attribue cette décadence à la disparition\ndes maîtrises, qui prenaient, dit-il, l'élève enfant et s'occupaient du futur\nchanteur « au point de vue musical, instrumental et vocal ». Il ajoute que\nles œuvres musicales modernes, le développement toujours croissant du drame\nlyrique, rendent inutile la gymnastique vocale imposée par l'école italienne, et il\ndéplore cet état de choses.\nOn pourrait répondre que si les maîtrises, dont Faure relève, formaient des\nélèves d'élite, elles le devaient peut-être non à l'étude unique de la virtuosité\nitalienne, dont la convenance dans les églises reste douteuse ; mais plus juste-\nment aux pages sévères de ces mêmes maîtres italiens : Scarlatti, Porpora et\nautres ; pages qui sont belles en elles-mêmes, et peut-être en dépit de leur\nprofusion de trilles et de grupetti, et qui l'emportent sur leurs ornements\ncomme le fonds l'emporte sur la forme, comme une belle femme l'emporte sur\nce qui est censé l'embellir.\nLe drame lyrique, par la largeur de la conception, les tenues de voix, la sévé-\nrité des rythmes, rappelle justement les maîtres anciens, dont il emprunte les\nqualités sans tomber dans les excès ornementaux.\nCette école du drame lyrique peut donc remplacer les maîtrises, surtout si,\ncomme le désire Faure, on cultive, en même temps que la voix de l'élève, son\nintelligence musicale, ses aptitudes instrumentales et même sa , à con-\ndition qu'elle ne prenne pas la première place. Faure entra comme professeur\nau Conservatoire en 1857. Il ne fit qu'y passer: « Rien, dit-il, ne relie entre\nelles les classes de chant du Conservatoire. » Il est certain qu'une méthode"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.23", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3525, "texte": "commune s'impose ; l'individualité clu professeur s'affirmerait dans l'application\nde cette méthode, basée bien entendu sur les dernières découvertes scientifiques\net constament revisée par la commission des études.\nLa méthode de chant de Faure est simple et pratique ; il n'abuse pas des vo-\ncalises et donne aux jeunes chanteurs des conseils précieux ; il avance malheu-\nreusement que l'anatomie du larynx est superflue pour les chanteurs, « puisqu'il\ny a eu de grands chanteurs qui ne la connaissaient nullement ». Faure ignore le\nnombre de grands chanteurs qui se seraient révélés si les connaissances scienti-\nfiques étaient plus répandues; mais en revanche on connaît malheureusement\nun grand nombre de chanteurs qui ont brisé leur organe par ignorance\nvocale.\nIl dit avec raison qu'il n'est pas nécessaire pour un professeur d'avoir été au\nthéâtre. Effectivement, être acteur, c'estêtrespécialisé. Or le maître doitenseigner\ntous les genres. L'acteur serait bon professeur tout au plus dans son emploi.\nFaure préconise le coup de glotte comme attaque du son ; je crois qu'il y aurait\nlieu, àce propos, d'établir desdistinctions.il prétend que le trille est un saut\ndu larynx à la même hauteur et félicite Duprez de l'appeler « son tremblé avec\nart ». Nous verrons ce qu'il y a lieu de penser de cette théorie.\nIl engage l'élève à baisser la tête dans les notes élevées exactement :\n« la hauteur de la tête doit être en raison inverse de l'élévation du son » ;\nla théorie est nouvelle et mérite l'examen, mais elle est très contro-\nversée.\nIl blâme le trémolo que certains artistes impriment à la voix : c'est un défaut\nqui vient du surmenage et qui s'exagère dans les sons continus ; le calme de la\nvoix, dit Faure, la mesure progressive des phrases, doivent annoncer une amé-\nlioration. Je n'ai pas besoin de dire qu'en artiste délicat et consciencieux, Faure\nengage les chanteurs à incarner non les personnages vrais de l'histoire, mais\nles personnages tels que l'auteur nous les présente. C'est une opinion bien rare\nchez un interprète et dont les auteurs doivent lui savoir le plus grand gré. Il\ns'élève vivement contre les orchestres, qui couvrent la voix du chanteur, étant\nde cette école qui supprimerait volontiers l'orchestre au profit du chanteur. Il y\naurait à prendre un juste milieu.\nFaure donne des conseils précieux à propos des chants d'église; il blâme les\nmouvements passionnés et les élans dramatiques, qui ne conviennent, dit-il,\nqu'à la musique profane. Il veut la pureté d'expression, la discrétion dans la\ncouleur, la sobriété dans les hauteurs de voix ; en un mot, « l'expression voilée\nqui détermine chez les auditeurs des pensées pures et non passionnelles. » Ce pas-\nsage porte haut et loin, vers ces sommets où nous entrevoyons l'art musical comme\ndispensateur et régulateur des sensations de tout ordre ; par conséquent comme\nprincipe éducateur par excellence, comme lien rythmique entre les individus.\nCeci nous amène encore à la grande querelle musico-religieuse sur l'interdic-\ntion des chants d'opéra dans les églises.\nComme un véritable grand artiste qu'il est, Faure blâme l'imitation servile\nen éducation musicale. Il a cent fois raison ; puisque chaque appareil laryngien\nest un, qu'il a son timbre, ses qualités, son étendue, qui n'ont rien à voir avec\nl'organe du voisin, on peut recevoir des conseils et des directions, profiter de la\nscience acquise ; mais, en fait d'imitation, la meilleure donne des qualités factices\net tue les qualités naturelles."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.24", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "Lisez et déclamez votre texte avant de le chanter, dit encore Faure.\nPrononcez avec netteté et laissez aux voyelles leur ouverture normale ;\nrespirez sans efforts violents et prenez la respiration abdominale. Tout cela est\nexcellent, et nous avons remarqué particulièrement les vues de l'auteur sur la\nmétamorphose des voix d'enfants en voix d'hommes ou de femmes, et la classi-\nfication des voix, qui est simple et très compréhensible. Il classe les voix surtout\nd'après le timbre, ce qui est parfaitement justifié. Je remarque encore ce qu'il\ndit à propos des exercices. 11 faut, dit-il, éviter les grimaces, car la voix\nprend alors la couleur de la passion exprimée par le visage. Ceci est vrai, et nous\nen pouvons tirer une autre vérité : les acteurs doivent produire L'UNITÉ physio-\nnomique, mimique et vocale, sous peine de chanter sans expression ; et mieux vaut\nsacrifier un peu de la beauté du son (qui gagne parfois à l'immobilité du corps)\nque beaucoup à l'ensemble expressif.\nFaure donne de bons préceptes à propos des gammes montantes et descen-\ndantes dont le mécanisme diffère.\nIl paraît brouillé avec l'anatomie du larynx; mais sa méthode est en somme\ntrès classique et suit la science dans les faits principaux : respiration, timbre des\nvoyelles, prononciation.\nM. Faure fut élève de Ponsard et de Moreau Sainti. Il eut, comme je l'ai dit,\ndes commencements très difficiles et fut réduit, au moment de la mue, à jouer de\nla contrebasse dans un bal de barrière :Au grand vainqueur. Ce nom fut pour\nFaure d'un heureux présage.\n\nAlix LENOëL-ZEVORT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c040", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "128", "page_fin": "130", "image_debut": 24, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.5", "titre_corps": "La musique d après les Allemands", "titre_sommaire": "La musique d après les Allemands", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.24", "debut_caractere": 1598, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "La musique d après les Allemands\n(suite).\nSchopenhauer croit, comme Platon, que la seule réalité essentielle réside,\nnon dans le monde changeant des apparences, mais dans les Idées; que le rôle\nde l'art est de les saisir pour nous les faire connaître (i), et que l'artiste est\nun contemplateur nous mettant en communication avec elles (2). Mais cet\nidéalisme ne lui suffît pas ; par une théorie très hardie, non exempte d'obscurité,\nà laquelle cependant il attachait une grande importance, et qu'on ne peut par\nconséquent négliger, il fait à la musique une place à part dans ce système.\nAu-desus des Idées, il y a la volonté, c'est-à-dire la force, principe des choses ; les\nautres arts 1 expriment d'une façon médiate, en s'arrêtant aux Idées où la volonté\ntrouve sa première objectivation et qui sont placées entre l'absolu, la chose en\nsoi (das Ansich), et les phénomènes : la musique passe par-dessus les Idées pour\natteindre directement la volonté : elle est une image immédiate (Abbild) de la\nvolonté, comme le monde est une image des Idées (3). Elle seule parle de l'être\n\n(1) Œuvres complètes, 1,282.\n(2) I, 252 et suiv., 269.\n(3) 239> 330. 336» 338 : 11, 535*"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "129", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.25", "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 3667, "texte": "primordial : les autres arts n'en saisissent que l'ombre. Elle est une métaphysique\nsupérieure aux Idées elles-mêmes. De cette identité du langage musical et de l'ab-\nsolu, il résulte que le monde matériel est une « musique réalisée » (1), et que la\nmusique subsisterait alors même que le monde matériel, tissu d'apparences,\ns'évanouirait (2) ; il résulte aussi (puisque la philosophie a pour objet de compren-\ndre le monde et d'en pénétrer les lois) que la musique est une philosophie supé-\nrieure, ou plutôt la philosophie parfaite comme l'avait dit, du reste, Beetho-\nven dans une phrase célèbre car, aux tâtonnements de l'expérience, aux lec-\nteurs de l'induction et de la dialectique, elle substitue l'éclair de l'intuition. Par\nlà s'explique l'exceptionnelle action qu'elle exerce sur notre sensibilité ; par\nlà se justifient tous ses caractères. La musique est foncièrement sérieuse ~ con-\ntrairement à l'opinion de Kant car son objet, l'expression de la volonté d'où\ntout dépend, est le plus grave de tous (3). Pratiquement, elle n'a pas plus besoin\nd'être associée à des paroles qu'une statue ou un tableau ; la symphonie pure\nest son plus beau domaine : c'est là qu'elle « céièbre ses Saturnales » (4). En\npossession du principe qui domine et anime la nature entière, elle a prise sur tous\nles sujets : elle peut aussi bien traduire la dispute d'Agamemnon et d'Achille\nque celle d'une famille de bourgeois. Elle dédaigne la description réaliste et les\n« peintures sonores » (Tonmalerei) où Haydn et Beethoven lui-même se sont\négarés (5). Son rôle n'est nullement d'illustrer docilement un texte littéraire,\ncomme le pensèrent Gluck et Berlioz : ce sont les paroles qu'il conviendrait\nd'écrire sur la musique, et non la musique sur les paroles. L'opéra est une in-\nvention non musicale, à l'usage des esprits non musiciens, qui ne peuvent goûter\nla musique sans cette « soupe à l'eau » (Wasser suppe) qu'est la poésie érotique\nd'un livret (6).\nTels sont les traits essentiels de cette doctrine où un musicien trouve sans\ndoute quelques sujets d'étonnement et d'embarras, mais où il reconnaît, au\npoint de vue purement artistique, beaucoup de principes excellents qui doivent\nlui être chers (7). J. C.\nPour le musicien, la musique est beaucoup plus claire que la parole; la parole\nne peut même que l'obscurcir. (Mendelssohn.)\nL'opéra moderne n'est qu'une caricature du drame grec ; la poésie érotique\ndes livrets d'opéra me fait l'effet d'une soupe à l'eau. (Schopenhauer.)\nLa musique est une imitation inconsciente des lois éternelles du monde\nreflétées dans l'esprit humain. (Fr. Krause.)\n\n(1)... « Kônne man die Welt obensowohl verkorperte Musik als verkôrperten Willen neunen. »\n(i, 346.)\n(2) i, 340.\n(3) I, 348 ; 11, 528.\n(4)... « die Symphonie, ihrem schônsten Tummelplatz, auf welchem sie ihre Saturnalien feiert. ))\n(5) V. 455 ; h 347-\n(6) V, 459.\n(7) J'ai omis quelques idées de Schopenhauer qui sont de grosses naïvetés d'esthéticien allemand\net sur lesquelles il vaut mieux ne pas insister ; par exemple, le parallélisme établi entre les di-\nvers registres de la voix : basse, ténor, baryton, soprano, et les règnes de la nature : minéraux,\nvégétaux, animaux, humanité. (Dans Don Juan, le rôle du Commandeur serait écrit pour voix de\nbasse parce que c'est une statue de pierre que Mozart fait chanter...) Çà et là, quelques jugements\noriginaux pourraient être cités à titre de curiosité. Certains accords dissonants sont comparés à\nun avorton, produit de deux espèces différentes ou d'un homme et d'un animal (I, 341) ; un\nallegro en mineur ressemble à un danseur qui serait gêné par sa chaussure (11, 536), etc..."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.26", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1819, "texte": "La musique n'a rien à voir avec les objets concrets et la nature extérieure ; ce\nqu'on trouve en elle, c'est l'idée pure de la beauté, sans intermédiaire, identique\nà son objet. (Chr. Hermann Weisse.)\nLa musique est la notification d'un idéal complètement épanoui en soi, dans\nsa substance absolue, exempte de toute réalisation matérielle. La vie concrète\net actuelle de notre esprit n'est pas en dehors de cet idéal-, elle se dissimule\ndans l'idée générale de la beauté, et devient une vie spirituelle absolue.\nLa musique instrumentale est l'essence pure de l'idéal moderne, libre de\ntoute forme objective déterminée. L'opéra repose sur une fâcheuse alliance\nde la musique avec une fausse poésie et de grossières ébauches d'art\nplastique. [ld.)\nLe rôle de la musique n'est nullement de reproduire les passions réelles, et\nde faire pour elles ce que le trompe-l'œil de certains arts du dessin fait pour les\nobjets matériels; sa fonction est d'exprimer la beauté. Or, la beauté n'agit pas\nsur nous comme objet de connaissance, ou comme principe tendant à produire\nune action : elle agit en nous par le sentiment seul. La musique est donc un art\nsubjectif, obligé de transformer envie intérieure tout ce qu'il touche. (Ferd. Hand.)\nLa musique est l'art de l'intériorité. [Schilling.)\nDevant le sublime intérieur que nous révèle la musique, le sublime extérieur\nde l'océan paraît grossier, celui des étoiles paraît froid. (H. von Sterne.)\nLa musique a un contenu si brillant, si profond et si spécial, que son union\navec la poésie est inutile et toujours fâcheuse. [Vis cher,)\nLa musique instrumentale pure est le macrocosme de l'art ; la musique avec\nparoles n'en est que le microcosme. [ld.)\nIl y a dans la musique une révélation plus haute que dans la théologie et la\nphilosophie. {Beethoven.)\n[A suivre.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c041", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "130", "page_fin": "136", "image_debut": 26, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.6", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.26", "debut_caractere": 1821, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nPARIS. Par arrêté du 10 février dernier, M. Messager, compositeur de\nmusique, et M. Broussan, directeur de l'Opéra de Lyon, sont nommés directeurs\nde notre Académie nationale de musique pour une période de 7 ans à partir du\nier janvier 1908.\nMOULINS. Par arrêté de M. le préfet de l'Allier, M. Jourdan (Henri) a\nété nommé professeur de la classe de violoncelle à l'Ecole nationale de musi-\nque, en remplacement de M. Coutan, démissionnaire.\nMONTPELLIER. Par arrêté préfectoral en date du 6 février dernier,\nM. 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Par arrêté en date du 4 février dernier de M. le préfet du Nord,\nMUe Boulze (Madeleine) a été nommée professeur de piano à l'Ecole de musique,\nsuccursale du Conservatoire national, en remplacement de Mme Lecroart-Prus,\ndémissionnaire.\n\nCONSERVATOIRE. — La loi de finances du 30 janvier 1907 a ouvert au budget\ndu ministère de l'instruction publique, des beaux-arts et des cultes (2E section,\nbeaux-arts) les crédits nécessaires pour la création, au Conservatoire national\nde musique et de déclamation, de deux classes d'ensemble instrumental (musi-\nque de chambre) qui doivent être confiées à des professeurs titulaires au traite\nment de 1.500 à 2.400 francs.\nLes candidats aux emplois que comportent ces classes sont invités à se faire\ninscrire avant le 5 mars au sous-secrétariat du Conservatoire.\nPassé cette date, aucune inscription ne sera admise.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 janvier 1907 au 19 février 1907."}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "II. - Opéra-Comique,\nReceltes détaillées du 20 janvier 1907 au 19 février 1907."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3141, "texte": "E. D.\nMONTE-CARLO. Au 13e concert classique de Monte-Carlo, dirigé par\nM. Léon Jehin, le public a applaudi avec enthousiasme le magnifique pianiste\nLouis Diémer, qui a magistralement exécuté le Concerto en sol majeur de\nBeethoven, une œuvre exquise de sa composition, Caprice-Etude, et des pages\nde Massenetet de Liszt.\nLa célèbre cantatrice MUe Selma Kurz devient l'idole du public du littoral.\nElle a chanté le rôle du page Oscar, du Bal masqué de Verdi, avec un charme,\nun style, une virtuosité, qui font d'elle la magnifique égale de la Patti. Mlle Kurz\navait déjà, la semaine précédente, remporté un triomphal succès dans Lucie,\noù s'étaient victorieusement affirmées ses prestigieuses qualités de cantatrice\net de tragédienne lyrique. Elle a été aussi la Zerline du Don Juan de Mozart.\nElle y a triomphé aussi facilement, aussi glorieusement que dans Lucie et le\nBal masqué ;de telles cantatrices sont si rares que l'enthousiasme frénétique\ndu public s'explique facilement : l'admiration s'impose, et nul mot n'est suffi-\nsant à la traduire.\nUn baryton de belle envergure et de superbe organe, M. Titta-Ruffo, et un\npuissant ténor, M. Zérola, furent les partenaires très applaudis de la magnifique\ncantatrice Mlle Selma Kurz.\n\nMONTE-CARLO. Don JuanJe chef-d'œuvre de Mozart, a été magnifiquement\nmonté par M. Raoul Gunsbourg. Grâce à une interprétation exceptionnellement\nbelle, toutes les pages immortelles de cette admirable partition ont été traduites\navec toute leur pureté et tout leur éclat.\nM. Maurice Renaud fut un Don Juan superbe : chanteur merveilleux,comédien\nbrillant, d'une rare élégance, il est le type idéal du héros de Mozart. M. Clément\nchanta délicieusement le rôle d'Ottavio. M.Pini-Corsi fut un Leporello exquis,\nd'une verve comique très légère. M. Chalmin est un excellent Mazetto et la belle\nvoix de M. Meurisse sonna robustement dans le rôle du Commandeur.\nMme Litvinne chante et joue en grande artiste le rôle de dona Anna :sa voix\nsplendide, son style impeccable et sa puissance dramatique lui ont valu un\néclatant succès. MmeKurz, dans le rôle de Zerline, fit admirer sa voix pure et\nfluide et son art incomparable du chant ; elle joue avec une espièglerie mali-\ncieuse vraiment exquise. M 1 Yallandrin, une délicieuse Elvire, compléta cette\nadmirable distribution.\nL'orchestre était conduit de main de maître par M. Léon Jehin.\n\nBORDEAUX. GRAND-THÉATRE.\n\nUne seule représentation de M. Alvarez\n(de l'Opéra) et Mlle Paquot (de la Monnaie) dans le Prophète, a valu à ces deux\ngrands artistes un immense succès. Aussi le vœu de tous les dilettanti est-il\nde pouvoir les réapplaudir de nouveau à l'occasion des fêtes de la prochaine\nexposition.\nLa Tosca, que le sympathique directeur M. Boyer vient de monter à Bordeaux,\nsemble être la meilleure création de la saison, à en juger par le succès toujours\ncroissant avec lequel la partition de Puccini est accueillie.\nLes deux principaux créateurs, M. Gauthier et Mlle Catalan, interprètent\nmerveilleusement ces deux rôles si tragiques, et l'on sait avec quel art ils em-\nploient toutes les ressources de leurs généreux organes. Bref, succès complet,"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2947, "texte": "qui classera l'oeuvre de réminent musicien parmi les meilleures de ces temps-ci.\nC'est avec regret que nous verrons renoncer àla direction du Grand-Théâtre pour\nles prochaines saisons M. F. Boyer, qui, au cours de son directorat, avait si bien\nsu maintenir notre scène au premier rang des théâtres de province. L'apport\nde son talent comme artiste dans le Barbier, le Jongleur, etc., laissera parmi\nnous un souvenir impérissable.\n\nE. A.\n\nHÔTEL DROUOT.\nH. R.\n- On a vendu aux enchères publiques, à l'hôtel Drouot, une\nsérie de lettres et pièces autographes provenant de la succession de feu M. Char-\npentier, éditeur. Plusieurs émanent de grands compositeurs de musique, entre\nautres : une Causerie musicale, article autographe signé Gaston Betzi(Bizet), qui\na été adjugé à 20 francs ; cinq cartes correspondance adressées àM. Charpen-\ntier par Emmanuel Chabrier, adjugées à2O francs ; huit lettres autographes de\nSaint-Saë.ns à Mme Charpentier, payées 21 francs.\n53 pièces signées des compositeurs de musique : Duvernoy, Delibes, Lacome,\nHahn, Erlanger, Bruneau, V. Massé, Massenet, Pugno, Widor, Reyer, etc., ont\nété obtenues pour 30 francs.\n\nM. Arthur Coquard commence à la salle Erard, avec des artistes d'élite,\nson cours d'Histoire de la musique (renseignements chez Durand).\nLa 2e séance donnée parle Quatuor Laval-Clément a eu lieu, avec le con-\ncours de M. Edouard Bernard, à la salle Pleyel, le 22 février. Au programme,\nBeethoven, Ch. Lefebvre, Smetana.\n—M. Adalbert Mercier, l'auteur de l'Anniversaire, le drame musical qui a\nremporté un vif succès l'an passé au Grand-Théâtre de Bordeaux, termine en ce\nmoment un drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux sur un livret de\nM. Jean Ferval. Le titre de cet ouvrage est Elsen, et son action se déroule\ndans le pittoresque pays de la Norwège.\nGrande salle Pleyel : SÉANCES ANNONCÉES. - Le lERIER mars, M. et Mme J. Boul-\nnois, 9h.;le 2, élèves deMme C. Chevillard, 2h. ;le 3, élèves de M. Ph. Courras,\n1 h. ;le 4, Mlle Steiger, 9h.;le 5, M. Jean Canivet, 9h.;le 9, la Société natio-\nnale de musique, 9h.; le 10, élèves de Mlle G. Aloir, 1 h.; le 11, Mlle Pastoureau,\n9h.; le 12, Mlle Blanche Selva, 9h.; le 13, M. Edouard Tourey, 9h.; le 14,\nM. Paul Viardot, 4h.; le 14, Mlle Wierzbicka,9 h. ;le 15, Mlle E. Russel, 9h.\nSalle des quatuors Pleyel. —Le 3, élèves de Mme Géraut, 1 h. ;le 4, élèves de\nMl,e Grumbach,9h. ;le 6, quatuor Calliat, 9h. ; les 8, 10, 12, 13, 14, élèves de\nMlie Hortense Parent, 1 h. ;le 9, quatuor Georges Sauvage, 9h. ; le 11,\nM. Colling, 9 h. ; le 14, M. Pardo, 9 h.\n« LA TA RENTELLE ». Le prochain concert de « la Tarentelle» a lieu le\nsamedi 2 mars, à 9 heures, salle Erard. On connaît cette société instrumentale\nPamateurs, qui fonctionne depuis dix-huit ans, et qui n'a cessé, depuis son\norigine, d'apporter un actif concours à la propagation des études musicales et\n<( à la glorification de la musique », comme le disait Eugène Gorcin, un de"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3348, "texte": "ses fondateurs, dans un compte rendu déjà ancien que nous avons sous les\nyeux.\nG est le 19 décembre 1888, à la suite d'un quatuor à cordes exécuté chez\nEdouard Tourey, qu'a été décidée la fondation de « la Tarentelle )). Quelques\nartistes d'élite voulurent, ce soir-là, créer une société dont ils chercheraient les\nmembres dans leurs relations immédiates, au milieu de leurs parents et de\nleurs amis, véritable réunion familiale qui devait comprendre des membres\nexécutants, venant là pour compléter leurs études musicales, lire et entendre\nles œuvres d orchestre, choisir leurs modèles parmi les grands classiques,\net des membres donateurs ou associés, dont le rôle serait d'encourager\nl'œuvre et qui, auditeurs bienveillants, auraient en échange de leur contri-\nbution la joie de voir se développer par leurs conseils et leur propa-\ngande cette tentative très noble et très pure de perfectionnement du goût\nmusical.\nSous 1 habile direction d'Edouard Tourey, l'orchestre de «la Tarentelle » se\nconstitua peu à peu, grandit et devint complet, ou peu s'en faut. Artistes désin-\ntéressés, gagistes de talent et de bonne volonté, vinrent encadrer et soutenir,\nquand il en était besoin, les amateurs dont les progrès furent rapides et l'expé-\nrience bientôt respectable.\nIl suffit de relire les programmes des concerts que donna « la Tarentelle »\ndepuis sa fondation pour voir comment elle fut accueillie par les musiciens\nles plus éminents et comment elle trouva auprès des solistes en renom le\nconcours le plus sympathique. On voit figurer à ces auditions les noms de\nMmes Bréval, Hatto, Pacary, Marcella Pregi, Lindsay, de MM. Armand Parent,\nNadaud, Berthelier, Sechiari, Elcus, Casella, Georges de Launay, etc... Le\nprochain concert nous promet Mme Judith Lassalle et l'excellent violoniste\nCantrelle.\nLa salle Erard est mise chaque année à la disposition de la Société avec la\nplus parfaite bonne grâce par M. Blondel. Et cette fois encore, Edouard Tourey\nva mener à la bataille, et au succès, nous n'en doutons pas, son vaillant esca-\ndron.\nIl existe à Paris beaucoup d'amis passionnés de la musique, beaucoup\nd exécutants inconnus mais ayant une valeur technique et une connaissance réelle\nde leur art, qui s'appellent des « amateurs )) parce qu'ils ne vivent pas de leur\ntalent. Il y en a d'autres qui auraient cette valeur technique et bientôt seraient\nexcellents s ils avaient l'occasion, le guide, le terrain qui leur manquent. On se\nréunit bien çà et là, entre amis, pour jouer des sonates, des trios et des\nquatuors, mais les occupations et les devoirs de société viennent sans cesse à la\ntraverse. Et puis ce n'est pas l'orchestre avec son coloris, ses multiples effets,\nson entraînement...\nUne société comme «la Tarentelle », qui tient chaque semaine, du mois de\nnovembre au mois de juin, une séance de répétition, offre aux amateurs éclairés\nce terrain favorable. Ils sont sûrs de trouver là, tous les huit jours, une organi-\nsation, une collaboration régulière, un chef autorisé toujours prêt à leur faire\nsaisir, par une juste observation des nuances et du rythme, l'intime pensée\ndes maîtres. Et ils ont devant eux, pour exciter leur zèle, le but à atteindre, le\nconcert qui est leur œuvre et qui toujours, depuis tant d'années, a mérité l'éloge\net 1 encouragement des meilleurs juges* Nous souhaitons à «la Tarentelle»"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 447, "texte": "une active propagande ret un progrès ininterrompu de sa très juste\nrenommée.\n((LA TROMPETTE». NOUS apprenons avec le plus vif plaisir que la Société de\nla Trompette vient d'être ramenée à la vie et réorganisée par les soins de son\nfondateur, M. 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G. Erlanger.\n11.591 26\n2 5 —\nThamara. — Le L7L L? /'Etoile.\nBourgault - Ducou -\ndray. G. Erlanger.\nI 2.5 10 91\n26 —\nSalammbô.\nE. Reyer.\nReprés, gratuite\n28 —\nSamson et Dalila. — Le Fils\nSaint-Saëns. G, Er-\nde l'Etoile.\nlanger.\n16.841 91\n3o —\nThamara. —Le Fils de l'Etoile.\nBourgault - Ducou -\ndray. G. Erlanger.\n11.101 76\ni°r février\nAriane.\nMassenet.\n16.781 41\n2 —\nSalammbô.\nE. Reyer.\n13.029 »\n4 ~\nThamara. —Le Fils de l'Etoile.\nBourgault - Ducou -\ndray. G. Erlanger.\n11.348 91\n6 -\nTannhàuser.\nR. Wagner.\n14.472 76\n8\nFaust.\nGounod.\n19.583 27\n0 —\nAriane.\nMassenet.\n13.66i »\ni ; —\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n15.627 41\n13 —\nAriane.\nMassenet.\n14.135 26\n15 —\nSamson et Dalila. — La Mala-\ndetta.\nSaint-Saëns. Vidal.\n15.900 91\n16 —\nFaust.\nGounod.\n11.344 5o\n18 —\nAriane.\nMassenet.\n15.202 91"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c046", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c046", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "132", "page_fin": "132", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.6.4", "titre_corps": "II. – Opéra-Comique, Receltes détaillées du 20 janvier 1907 au 19 février 1907.", "titre_sommaire": "II. – Opéra-Comique, Receltes détaillées du 20 janvier 1907 au 19 février 1907.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.28", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "II. - Opéra-Comique,\nReceltes détaillées du 20 janvier 1907 au 19 février 1907."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c047", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c047", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "132", "page_fin": "132", "image_debut": 28, "image_fin": 28, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.6.4.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.28", "debut_caractere": 95, "fin_caractere_exclue": 2170, "texte": "DATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2 0\njanv. mat.\nCarmen.\nBizet.\n7.226\n5o\n2 0\n— soirée\nLes Noces de Jeannette. — La\nVie de Bohème.\nV. Massé. Puccini.\n5.772\n5o\n2 I\n—\nLe Domino noir.\nAuber.\n4.1 17\n5o\n22\n—-\nLa Revanche déIris. — La Vie\nde Bohème.\nPuccini.\n5.265\n»\n23\n—\nManon.\nMassenet.\n8.831\n»\n24\n—\nLa Revanche d'Iris. — La Vie\nde Bohème.\nE. Diet. Puccini.\n8.041\n5o\n25\n—\nWerther.\nMassenet.\n8.044\n5o\n26\n—\nOrphée.\nGluck.\n10.016\n33\n27\n— matin.\nLa Traviata. — Les Armaillis.\nVerdi. G. Doret.\n7-193\n5o\n27\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.796\n»\n28\n.—.\nMireille.\nGounod.\n4.571\n5o\n29\n—\nLa Revanche d'Iris. —Madame\nButterfly.\nE. Diet. Puccini.\n7.986\n5o\n3o\n—\nManon.\nMassenet.\n7.218\n5o\n31\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.610\n0 o\nDJ\nier\nfévrier\nLa Revanche d'Iris. — Madame\nButterfly.\nE. Diet. Puccini.\n7.506\n»\n2\n—\nOrphée.\nGluck.\nQ.Q35\n33\n3\n— matin.\nLa Cabrera. — Werther.\nG. Dupont. Massenet.\n8.556\n5o\n3\n— soirée\nLouise.\nG. Charpentier.\n5.813\n»\n4\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n4.456\n»\n5\n—\nCarmen.\nBizet.\n6.i56\n5o\n6\n—\nLa Revanche d'Iris, t— Madame\nButterfly.\nE. Diet. Puccini.\n8.893\n5o\n7\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.629\n5o\n8\n—\nLa Cabrera. — Le Barbier de\nSéville.\nG. Dupont. Rossini.\n5.849\n5o\n9\n—\nManon.\nMassenet.\n9.960\n33\n10\n— matin.\nLe Jongleur de Notre-Dame.\n— Le Caïd.\nMassenet. A.Thomas.\n6.626\n5o\n10\n— soirée\nLakmé. — Les Noces de Jean-\nnette.\nDelibes. V. Massé.\n6 749\n5o\n11\n— matin.\nLe Barbier de Séville. — Ca-\nvalleria Rusticana.\nRossini. Mascagni.\n3.586\n»\n11\n— soirée\nMadame Butterfly. — Le Maî-\ntre de chapelle.\nPuccini. Paër.\n7.068\n5o\n[2\n— matin.\nCarmen.\nBizet.\n8.898\n5o\n[ 2\n— soirée\nLa Vie de Bohème. — Le Bon-\nhomme Jadis.\nPuccini. J. Dalcroze.\n5.930\n»\n13\n—\nMireille.\nGounod.\n3.735\n10\nH\n—\nLa Coupe enchantée. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nG. Pierné. Massenet.\n7.701\n33\ni 5\n—\nLa Revanche d'Iris. — Madame\n16\nButterfly.\nE. Diet. Puccini.\n7.965\n5o\n—\nLouise.\nG. Charpentier.\n9-942\n33\n17\n- matin.\nOrphée.\nGluck.\nq.568\n5o\n*7\n— soirée\nCavalleria Rusticana. — Lakmé\nMascagni. Delibes.\n5.697\n5o\n18\n—\nLa Coupe enchantée. — Le Bar-\nbier de Séville.\nG. Pierné. Rossini.\n4.625\n5o\nl9\n■\nLa Vie de Bohème.\nPuccini.\n5.078\n5o"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c048", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c048", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "133", "page_fin": "133", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.6.5", "titre_corps": "MONTE-CARLO. Au 13e concert classique de Monte-Carlo, dirigé par", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO. Au 13e concert classique de Monte-Carlo, dirigé par", "signature_source": "E. D", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.29", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1245, "texte": "E. D.\nMONTE-CARLO. Au 13e concert classique de Monte-Carlo, dirigé par\nM. Léon Jehin, le public a applaudi avec enthousiasme le magnifique pianiste\nLouis Diémer, qui a magistralement exécuté le Concerto en sol majeur de\nBeethoven, une œuvre exquise de sa composition, Caprice-Etude, et des pages\nde Massenetet de Liszt.\nLa célèbre cantatrice MUe Selma Kurz devient l'idole du public du littoral.\nElle a chanté le rôle du page Oscar, du Bal masqué de Verdi, avec un charme,\nun style, une virtuosité, qui font d'elle la magnifique égale de la Patti. Mlle Kurz\navait déjà, la semaine précédente, remporté un triomphal succès dans Lucie,\noù s'étaient victorieusement affirmées ses prestigieuses qualités de cantatrice\net de tragédienne lyrique. Elle a été aussi la Zerline du Don Juan de Mozart.\nElle y a triomphé aussi facilement, aussi glorieusement que dans Lucie et le\nBal masqué ;de telles cantatrices sont si rares que l'enthousiasme frénétique\ndu public s'explique facilement : l'admiration s'impose, et nul mot n'est suffi-\nsant à la traduire.\nUn baryton de belle envergure et de superbe organe, M. Titta-Ruffo, et un\npuissant ténor, M. Zérola, furent les partenaires très applaudis de la magnifique\ncantatrice Mlle Selma Kurz."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c049", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c049", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "133", "page_fin": "133", "image_debut": 29, "image_fin": 29, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.6.6", "titre_corps": "MONTE-CARLO. Don JuanJe chef-d'œuvre de Mozart, a été magnifiquement", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO. Don JuanJe chef-d'œuvre de Mozart, a été magnifiquement", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.29", "debut_caractere": 1247, "fin_caractere_exclue": 2375, "texte": "MONTE-CARLO. Don JuanJe chef-d'œuvre de Mozart, a été magnifiquement\nmonté par M. Raoul Gunsbourg. Grâce à une interprétation exceptionnellement\nbelle, toutes les pages immortelles de cette admirable partition ont été traduites\navec toute leur pureté et tout leur éclat.\nM. Maurice Renaud fut un Don Juan superbe : chanteur merveilleux,comédien\nbrillant, d'une rare élégance, il est le type idéal du héros de Mozart. M. Clément\nchanta délicieusement le rôle d'Ottavio. M.Pini-Corsi fut un Leporello exquis,\nd'une verve comique très légère. M. Chalmin est un excellent Mazetto et la belle\nvoix de M. Meurisse sonna robustement dans le rôle du Commandeur.\nMme Litvinne chante et joue en grande artiste le rôle de dona Anna :sa voix\nsplendide, son style impeccable et sa puissance dramatique lui ont valu un\néclatant succès. MmeKurz, dans le rôle de Zerline, fit admirer sa voix pure et\nfluide et son art incomparable du chant ; elle joue avec une espièglerie mali-\ncieuse vraiment exquise. M 1 Yallandrin, une délicieuse Elvire, compléta cette\nadmirable distribution.\nL'orchestre était conduit de main de maître par M. Léon Jehin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c050", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c050", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "133", "page_fin": "134", "image_debut": 29, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.6.7", "titre_corps": "BORDEAUX. GRAND-THÉATRE.", "titre_sommaire": "BORDEAUX. GRAND-THÉATRE.", "signature_source": "E. A", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.29", "debut_caractere": 2377, "fin_caractere_exclue": 3141, "texte": "BORDEAUX. GRAND-THÉATRE.\n\nUne seule représentation de M. Alvarez\n(de l'Opéra) et Mlle Paquot (de la Monnaie) dans le Prophète, a valu à ces deux\ngrands artistes un immense succès. Aussi le vœu de tous les dilettanti est-il\nde pouvoir les réapplaudir de nouveau à l'occasion des fêtes de la prochaine\nexposition.\nLa Tosca, que le sympathique directeur M. Boyer vient de monter à Bordeaux,\nsemble être la meilleure création de la saison, à en juger par le succès toujours\ncroissant avec lequel la partition de Puccini est accueillie.\nLes deux principaux créateurs, M. Gauthier et Mlle Catalan, interprètent\nmerveilleusement ces deux rôles si tragiques, et l'on sait avec quel art ils em-\nploient toutes les ressources de leurs généreux organes. Bref, succès complet,"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.30", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "qui classera l'oeuvre de réminent musicien parmi les meilleures de ces temps-ci.\nC'est avec regret que nous verrons renoncer àla direction du Grand-Théâtre pour\nles prochaines saisons M. F. Boyer, qui, au cours de son directorat, avait si bien\nsu maintenir notre scène au premier rang des théâtres de province. L'apport\nde son talent comme artiste dans le Barbier, le Jongleur, etc., laissera parmi\nnous un souvenir impérissable.\n\nE. A."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c051", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c051", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "134", "page_fin": "134", "image_debut": 30, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.6.8", "titre_corps": "HÔTEL DROUOT.", "titre_sommaire": "HÔTEL DROUOT.", "signature_source": "H. R", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.30", "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 1156, "texte": "HÔTEL DROUOT.\nH. R.\n- On a vendu aux enchères publiques, à l'hôtel Drouot, une\nsérie de lettres et pièces autographes provenant de la succession de feu M. Char-\npentier, éditeur. Plusieurs émanent de grands compositeurs de musique, entre\nautres : une Causerie musicale, article autographe signé Gaston Betzi(Bizet), qui\na été adjugé à 20 francs ; cinq cartes correspondance adressées àM. Charpen-\ntier par Emmanuel Chabrier, adjugées à2O francs ; huit lettres autographes de\nSaint-Saë.ns à Mme Charpentier, payées 21 francs.\n53 pièces signées des compositeurs de musique : Duvernoy, Delibes, Lacome,\nHahn, Erlanger, Bruneau, V. Massé, Massenet, Pugno, Widor, Reyer, etc., ont\nété obtenues pour 30 francs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-03-01-01-c052", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-03-01_01#c052", "volume": "bmtnabj_1907-03-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "134", "page_fin": "136", "image_debut": 30, "image_fin": 32, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.2.6.9", "titre_corps": "M. Arthur Coquard commence à la salle Erard, avec des artistes d'élite,", "titre_sommaire": "M. Arthur Coquard commence à la salle Erard, avec des artistes d'élite,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.30", "debut_caractere": 1158, "fin_caractere_exclue": 2947, "texte": "M. Arthur Coquard commence à la salle Erard, avec des artistes d'élite,\nson cours d'Histoire de la musique (renseignements chez Durand).\nLa 2e séance donnée parle Quatuor Laval-Clément a eu lieu, avec le con-\ncours de M. Edouard Bernard, à la salle Pleyel, le 22 février. Au programme,\nBeethoven, Ch. Lefebvre, Smetana.\n—M. Adalbert Mercier, l'auteur de l'Anniversaire, le drame musical qui a\nremporté un vif succès l'an passé au Grand-Théâtre de Bordeaux, termine en ce\nmoment un drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux sur un livret de\nM. Jean Ferval. Le titre de cet ouvrage est Elsen, et son action se déroule\ndans le pittoresque pays de la Norwège.\nGrande salle Pleyel : SÉANCES ANNONCÉES. - Le lERIER mars, M. et Mme J. Boul-\nnois, 9h.;le 2, élèves deMme C. Chevillard, 2h. ;le 3, élèves de M. Ph. Courras,\n1 h. ;le 4, Mlle Steiger, 9h.;le 5, M. Jean Canivet, 9h.;le 9, la Société natio-\nnale de musique, 9h.; le 10, élèves de Mlle G. Aloir, 1 h.; le 11, Mlle Pastoureau,\n9h.; le 12, Mlle Blanche Selva, 9h.; le 13, M. Edouard Tourey, 9h.; le 14,\nM. Paul Viardot, 4h.; le 14, Mlle Wierzbicka,9 h. ;le 15, Mlle E. Russel, 9h.\nSalle des quatuors Pleyel. —Le 3, élèves de Mme Géraut, 1 h. ;le 4, élèves de\nMl,e Grumbach,9h. ;le 6, quatuor Calliat, 9h. ; les 8, 10, 12, 13, 14, élèves de\nMlie Hortense Parent, 1 h. ;le 9, quatuor Georges Sauvage, 9h. ; le 11,\nM. Colling, 9 h. ; le 14, M. Pardo, 9 h.\n« LA TA RENTELLE ». Le prochain concert de « la Tarentelle» a lieu le\nsamedi 2 mars, à 9 heures, salle Erard. On connaît cette société instrumentale\nPamateurs, qui fonctionne depuis dix-huit ans, et qui n'a cessé, depuis son\norigine, d'apporter un actif concours à la propagation des études musicales et\n<( à la glorification de la musique », comme le disait Eugène Gorcin, un de"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.31", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 3348, "texte": "ses fondateurs, dans un compte rendu déjà ancien que nous avons sous les\nyeux.\nG est le 19 décembre 1888, à la suite d'un quatuor à cordes exécuté chez\nEdouard Tourey, qu'a été décidée la fondation de « la Tarentelle )). Quelques\nartistes d'élite voulurent, ce soir-là, créer une société dont ils chercheraient les\nmembres dans leurs relations immédiates, au milieu de leurs parents et de\nleurs amis, véritable réunion familiale qui devait comprendre des membres\nexécutants, venant là pour compléter leurs études musicales, lire et entendre\nles œuvres d orchestre, choisir leurs modèles parmi les grands classiques,\net des membres donateurs ou associés, dont le rôle serait d'encourager\nl'œuvre et qui, auditeurs bienveillants, auraient en échange de leur contri-\nbution la joie de voir se développer par leurs conseils et leur propa-\ngande cette tentative très noble et très pure de perfectionnement du goût\nmusical.\nSous 1 habile direction d'Edouard Tourey, l'orchestre de «la Tarentelle » se\nconstitua peu à peu, grandit et devint complet, ou peu s'en faut. Artistes désin-\ntéressés, gagistes de talent et de bonne volonté, vinrent encadrer et soutenir,\nquand il en était besoin, les amateurs dont les progrès furent rapides et l'expé-\nrience bientôt respectable.\nIl suffit de relire les programmes des concerts que donna « la Tarentelle »\ndepuis sa fondation pour voir comment elle fut accueillie par les musiciens\nles plus éminents et comment elle trouva auprès des solistes en renom le\nconcours le plus sympathique. On voit figurer à ces auditions les noms de\nMmes Bréval, Hatto, Pacary, Marcella Pregi, Lindsay, de MM. Armand Parent,\nNadaud, Berthelier, Sechiari, Elcus, Casella, Georges de Launay, etc... Le\nprochain concert nous promet Mme Judith Lassalle et l'excellent violoniste\nCantrelle.\nLa salle Erard est mise chaque année à la disposition de la Société avec la\nplus parfaite bonne grâce par M. Blondel. Et cette fois encore, Edouard Tourey\nva mener à la bataille, et au succès, nous n'en doutons pas, son vaillant esca-\ndron.\nIl existe à Paris beaucoup d'amis passionnés de la musique, beaucoup\nd exécutants inconnus mais ayant une valeur technique et une connaissance réelle\nde leur art, qui s'appellent des « amateurs )) parce qu'ils ne vivent pas de leur\ntalent. Il y en a d'autres qui auraient cette valeur technique et bientôt seraient\nexcellents s ils avaient l'occasion, le guide, le terrain qui leur manquent. On se\nréunit bien çà et là, entre amis, pour jouer des sonates, des trios et des\nquatuors, mais les occupations et les devoirs de société viennent sans cesse à la\ntraverse. Et puis ce n'est pas l'orchestre avec son coloris, ses multiples effets,\nson entraînement...\nUne société comme «la Tarentelle », qui tient chaque semaine, du mois de\nnovembre au mois de juin, une séance de répétition, offre aux amateurs éclairés\nce terrain favorable. Ils sont sûrs de trouver là, tous les huit jours, une organi-\nsation, une collaboration régulière, un chef autorisé toujours prêt à leur faire\nsaisir, par une juste observation des nuances et du rythme, l'intime pensée\ndes maîtres. Et ils ont devant eux, pour exciter leur zèle, le but à atteindre, le\nconcert qui est leur œuvre et qui toujours, depuis tant d'années, a mérité l'éloge\net 1 encouragement des meilleurs juges* Nous souhaitons à «la Tarentelle»"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.32", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 447, "texte": "une active propagande ret un progrès ininterrompu de sa très juste\nrenommée.\n((LA TROMPETTE». NOUS apprenons avec le plus vif plaisir que la Société de\nla Trompette vient d'être ramenée à la vie et réorganisée par les soins de son\nfondateur, M. Lemoine.\nFELIA LITWINNE. —Lundi, 4 mars, débuts à l'Opéra, dans Armide, de la\ngrande cantatrice Litwinne."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "105", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\n(Honorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction publique.)\nN° 5 (septième année)\nler Mars\n1907\nR. M.\n9\n\nMusique française ancienne et moderne. — Œuvres diverses\nrécemment exécutées. — Publications nouvelles.\n\nLA « MASCARADE » DE DANDRIEÎJ (1727). Avec un charmant menuet de J.-Ph.\nRameau qui a toute la grâce de la musique mondaine au xvme siècle et qui fait\nsongera Mozart, nous donnons dans notre supplément une pièce de Dandrieu,\ncontemporaine, écrite dans le même esprit, et certainement inconnue du public.\nElle est tirée de l'édition originale que nous devons à l'obligeante communication\nd'un de nos collaborateurs, M. Beaucaire, et qui a le titre suivant : «.Second livre\nde pièces de clavecin composées par M. Dan du\ndédié à Son Altesse sérénissimeMgr le prince de Conti. LA MASCARADE, divertisse-\nment extrait de la deuxième suite avec privilège du Roi du 17 novembre IJ2J.A Paris\nckésle Sr Boivin, rue Saint-Honorè,à la Règle d'or, et chés le Sr. le Clerc, rue du\nBoule, à la Croix d'or. » Jean-François Dandrieu (dont on cherche vainement\nle nom dans le dictionnaire de M. Riemann, ire édition, et que YEncyclopédie\nmusicale d'Engel appelle Dandrieu) fut un organiste et un compositeur de pre-\nmier rang, un Parisien de Paris, né en 1684 ; il mourut en 1740, organiste de\nl'église Saint-Méry. Ses pièces pour clavecin et pour orgue, ses sonates pour\ntrio à cordes, ses noëls, étaient très estimés. On a aussi de lui un Traité de\nY accompagnement de piano qui, paru en 1719, fut réédité en 172701 1777. (Dans\nla pièce que nous donnons, les jeunes pianistes feront attention à la clé de fa,\nquelquefois placée sur la 3e ligne.)\n\nOEUVRES DE CLAUDE LEJEUNE, COMPOSITEUR DE VALENCIENNES (XVIe SIÈCLE).\n\nUne solennité a été organisée à la salle Erard, le 16 février, par l'Union artis-\ntique, littéraire et scientifique valenciennoise, en l'honneur de Claude Lejeune.\nM. Henry Expert, à qui avait été confiée la direction de cette soirée, due aux\nsoins de l'éminent statuaire Corneille Theunissen, a eu l'excellente idée de\nreplacer Lejeune dans son « milieu » musical, et de l'encadrer par quelques\nœuvres de ses prédécesseurs et de ses contemporains. Ainsi, il nous a régalés\nd'un savoureux programme qui comprenait : i° un Ave verum de Josquin des\nPrés ; 2° un chœur (Met mère, hélas! mariez-moi f) de Pierre de la Rue ; 30 un\nchœur (leMois de May) de Clément Jannequin ; un duo pour soprano et alto\nd'Orlando Lassus ; 40 un quatuor (vocal) de François Regnart ; 50 un chœur1\net un quatuor de Claude Lejeune ; 6° de gracieuses danses (pavanes, branles,\ntourdions, gaillardes) accompagnées tantôt par la voix et un tambourin,"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "106", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.2", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\ntantôt par un quatuor instrumental (pour le dire en passant, j'avais publié dans\nla Revue musicale, enigoi, quelques-unes de ces pièces, tirées du recueil de\nGervaise) ; 70 enfin des pièces de « musique mesurée à l'antique »de Claude\nLejeune et de du Caurroy.\nToutes ces œuvres me paraissent exquises. Celles qui sont d'origine française\ndoivent être écoutées avec un sentiment de piété se mêlant au plaisir musical.\nElles contiennent une partie de la substance même de notre génie national ; il\nne suffit pas de sentir qu'elles sont belles : il ne faut jamais oublier qu'elles sont\nnôtres. Une pointe de chauvinisme ne messied pas en cette matière comme en\nd'autres. Les fleurs sont partout charmantes ; mais celles de mon jardin me\nplaisent particulièrement. Valenciennes fait partie du jardin de France, comme\nToulouse, Nantes, Nancy... M. Henry Expert, en dehors des magnifiques\npublications qui lui créent tant de titres à notre reconnaissance, est bien l'homme\nqu'il faut pour faire exécuter, pour expliquer et pour vulgariser ces chefs-\nd'œuvre d'autrefois II est artiste et convaincu ; avant de faire entendre une\ndanse ou une chanson à 4 parties, il l'annonce avec une foi ingénue en sa\nvaleur et sa rareté : en tout cela, il ne met pas seulement un mérite très spécial\nde musicien et d'érudit, mais un cœur de bon Français. Et c'est bien ce qu'il\nfaut. L'Ecole de chant choral que nous devons à M. d'Estournelles de Constant,\nchef du bureau des Théâtres, prêtait à M. Expext un excellent concours, qui\nmérite tous nos compliments.\nJe cherche à préciser les caractéristiques de cette musique française de la\nRenaissance. Voici mes impressions.\nC'est d'abord un art qui ne triche jamais : il paye comptant. En musique\ncomme en peinture, il y a façon de tricher. Ainsi le peintre triche (vous sentez\nbien que ce mot n'a pas nécessairement un sens très défavorable) lorsqu'après\navoir soigné un ou deux motifs considérés comme importants, il bâcle tout le\nreste et, au lieu de dessiner les objets dits « secondaires », il les ébauche à peine\nou les noie dans le brouillard de sa teinte de fond. Le musicien triche, lui aussi,\nlorsqu'il emploie des combinaisons de timbres, des sonorités bruyantes, des\nrépétitions de rythme ou des successions rapides de notes qui font remplissage,\njettent de la poudre aux yeux, dispensent d'avoir une pensée. (C'est pour cela\nque j'ai toujours considéré Y adagio, dans une simple sonate pour piano, comme\nla pierre de touche du compositeur.) Or le musicien du xvie siècle qui écrit\nà deux ou à quatre parties pour les voix, a cette qualité : il ne triche jamais.\nIgnorant ce que nous appelons la musique « d'orchestre », il ne cherche pas à\nnous donner le change par le mélange imprévu des timbres ; écrivant toujours\ndans un tempo moderato, il n'a pas à compter sur le mouvement pour donner\nl'illusion de la vie. Il fait un contrepoint toujours très loyal. Il construit, et sa\nconstruction se dessine avec une netteté qui est redoutable, parce que rien n'y\npeut être déguisé. Je dirai encore : il n'estompe pas ; il grave. Dès la première\nmesure sans fausse préparation à l'aide d'accords de parade le voilà à\ndécouvert et en place marchande, engagé dans le jeu subtil des parties vocales,\nn'ayant à s'appuyer que sur lui-même, obligé de se montrer en sa propre et\nnaïve forme. Je remarque même qu'à l'inverse du compositeur moderne (depuis\nBach), il ne ramasse pas l'idée dominante de la pièce à écrire dans une de ces\nformules rythmiques de cinq ou six notes qui, une fois trouvées, facilitent\nsingulièrement le travail ultérieur de l'invention, parce qu'étant une sorte de"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "107", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.3", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\ncristallisation de la pensée, elles peuvent régner d'un bout à l'autre de l'œuvre.\nComparez, par exemple, les Chansons sur le printemps de tant de modernes,\npresque toujours condensées et résumées en un bref destin rythmique, au\nquatuor de Lejeune : Voicy du gay printemps! Je citerai ce spécimen d'ailleurs\ncharmant d'écriture moderne :\n[Aubade printanière, de P. Lacombe. Cf. la célèbre mélodie de Gounod.)\nUne fois qu'il a trouvé cette formule rythmique\navec sa\nbasse uniforme, le musicien la reproduit dans tout son poème (sauf les épisodes\nindispensables). Sans doute, quand il a imaginé cela, sa tâche n'est pas terminée,\nmais elle est à moitié faite. Combien différente est récriture de Lejeune sur un\nsujet identique! Les voix forment un concert qui, réduit au piano, donne ceci :\nN'est-ce pas qu'ici c'est une tout autre affaire et que ce genre de travail est\nplus difficile? Il faut, pour ainsi dire, qu'à chaque mesure l'acte d invention\nse renouvelle. La trame de l'écriture est singulièrement plus riche, plus"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "108", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.4", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nfaçonnée, plus diverse et chargée de choses intéressantes. Je ne dis pas que le\ncompositeur moderne, en serrant sa pensée dans une formule unique et prédo-\nminante qui détermine tout l'ensemble, fait une œuvre inférieure; peut-être\nmême ce procédé témoigne-t-il d'une plus grande maturité de l'esprit musical :\nmais le musicien de la Renaissance fait une œuvre plus intéressante pour celui\nqui analyse, une œuvre plus artistique (j'entends par là un travail d'école en\nmême temps qu'une œuvre belle), une œuvre enfin où l'acte d'invention est plus\nvisible et plus continu. A coup sûr elle est moins banale et exige avec une tech-\nnique extrêmement sérieuse, des ressources de talent musical toutes particulières\n(surtout si l'on songe que le Printemps de Lejeune, au lieu d'être une jolie feuille\nd'album, a les dimensions d'une symphonie ou d'un petit opéra).On n'y sent pas\nl'effort, mais on y devine à chaque instant la difficulté vaincue. Tout cela donne\nl'impression d'un art jeune, hardi, fort en même temps que délicat ; musique\nadolescente, qui, plus tard, saura simplifier et choisir, mais qui, pour le moment,\nplaît par sa spontanéité, sa souplesse et sa richesse ! Çà et là, un peu de\ngaucherie ou de rudesse n'offusque pas, et fortifie plutôt une impression de\nfranchise, de haut savoir tout battant neuf. Dans ce contrepoint fleuri, il y a\nune âme de printemps. Ces compositions polyphones du xvie siècle ont l'éclat,\nla fraîcheur, la vive allure, et quelquefois les maladresses de la vingtième\nannée ; mais des touches un peu rudes sont une grâce de plus. Il faut les\nregarder comme une marque authentique de terroir. Ce Printemps est comme\nun vin sentant encore la grappe, et un peu tiré avant terme, qu'on boirait sous\nla treille. En tout cas, il faut remercier mille fois M. Expert de faire revivre\ncette musique. M. Expert est un des hommes utiles de notre temps. Les dieux,\ndans leur clémence, l'ont conduit vers nous par la main !...\n\nJ. C.\n\nLES MAÎTRES FRANÇAIS DU VIOLON AU xvme SIÈCLE. M. Joseph Debroux, qui\ns'est fait une spécialité digne des plus grands éloges en rééditant et en exécutant\nles sonates des maîtres violonistes du xvine siècle, nous a donné, à la salle\nPleyel (le mercredi 20), une charmante séance où il a joué par cœur— avec une\nsûreté de mémoire sans la moindre défaillance des pièces françaises fort\nintéressantes, quoique de valeur inégale : d'abord, une Suite-Sonate (la 4e de\nl'édition de 1707) de Joseph Marchand le fils, comprenant: andante, fugue,\nadagio, air tendre, air gai, adagio, air vif ; en second lieu, une sonate en sol\nmajeur (1739) : largo, allegro, adagio, allegro, d'Antoine d'Auvergne ; enfin une\nsonate en mi majeur de Le Blanc. Ces sonates contiennent des parties char-\nmantes, surtout dans les mouvements vifs, mais sont loin de valoir celles de\nLeclair, quoique les formules employées soient de la même école. Cette diffé-\nrence est sensible chez d'Auvergne (1713-1797), auteur du petit acte les Tro-\nqueurs( 17=53)» qui appartient au répertoire de l'Opéra-Comique(paroles de Badé,\nremaniées plus tard par les frères d'Artois pour un nouvel opéra de Ferdinand\nHérold, 1819, sur le même sùjet), et compositeur secondaire. La pensée est\nmince et s'élève rarement au-dessus du joli. Dans la sonate de Le Blanc, il y a\ndes variations dont quelques-unes, il faut bien le dire, sont faibles. Combien\nsupérieurs, dans le même genre, sont Haendel (chaconne en so/), Bach, Beetho-\nven !... Ceci dit pour qu'il soit bien entendu que nous aimons particulièrement\nl'ancienne musique française, mais que nous l'aimons sans superstition.\nM. Debroux, qui s'était assimilé ces compositions par un effort de mémoire digne"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "109", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.5", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\ndes plus grands artistes virtuoses, a joué encore toujours par cœur, et avec\nle même talent— des œuvres d'une dizaine de compositeurs allemands et mo-\ndernes : la Suite de Bach(loure, menuet, gavotte) pour violon seul, sans accom-\npagnement (forme de composition hardie dont on ne connaît pas d'exemple avant\nBach) ; des Chants et danses de Max Bruch (op. 79), plus difficiles que beaux, et\ndont le principal mérite est d'être dédiés à M. Joseph Debroux ; une charmante\nPetite Suite gracieuse, diverse, délicate et pimpante d'Henri Busser ; une\nRomance un peu emphatique de Gabriel Grovlez ; une Elégie d'Emile Roux ;\nun Caprice brillant de Ch. Lefebvre ; une Fantaisie-ballet d'Ed. Lalo, et un « ca-\nprice sur les Soirées de Vienne de Schubert » par Hugo Hermann. Ce Hugo\nHermann (que je ne connais pas autrement, et sur lequel le dictionnaire de\nRiemann est muet) m'a paru un compositeur bien faible ! Le mercredi\n20 mars, avec le concours de Mlle Delcourt, M. Debroux nous donnera son\n3e récital, au programme duquel figurent Jean-Marie Leclair et Jacques Aubert\n(avec Bach, Hertel et Westhoff). Nous serons heureux de le réentendre et de\nl'applaudir. Ce n'est pas sa faute si la littérature du violon ne se compose pas\nuniquement de chefs-d'œuvre de premier ordre !\n\n«LE TRÉSOR D'ORPHÉE», D'ANTOINE FRANCISQUE (1600), TRANSCRIT POUR PIANO\nPAR HENRI QUITTARD. (PUBLICATIONS DE LA SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DE MUSIQUE,\nSECTION DE PARIS, CHEZ L.-MARCEL FORTIN, 6, RUE DE LA CHAUSSÉE-D'ANTIN,\n1 vol., 80 p. de musique, 5 fr.)\n\nCette publication m'inspire les mêmes sentiments que celles de M. Henry\nExpert et de M. Debroux. Avant de l'apprécier, il faut dire deux mots de cette\n« Société internationale, section de Paris ». Nous aimons les situations franches;\nles mœurs musicales d'aujourd'hui ne nous donnent pas toujours satisfaction !\nIl y avait autrefois en Allemagne une revue musicale très savante paraissant\ntous les trois mois. Elle s'appelait la Vierteljahrsschrift fur Musikwissenschaft.\nElle était dirigée par trois hommes éminents, à qui l'on doit des œuvres de\nhaute autorité en matière d'histoire musicale: MM. Fr. Chrysander, Guido\nAdler et Ph. Spitta. Ce dernier était la grande ressource de la publication.\nAyant édité les œuvres musicales de Frédéric le Grand, il avait un peu les\nfaveurs de la Cour, et on dit que quand la revue avait un déficit, il lui procurait\nl'intervention opportune de la cassette privée de l'empereur. Après la mort de\nSpitta, la Viertelj ahrsschrift disparut. Une maison allemande voulut reprendre\ncette publication, ou quelque chose d'analogue ; mais, avec prudence, elle\nchercha une base qui assurât un nombre suffisant d'abonnés. Elle créa l'lnter-\nnational Musikgesellschaft, avec des « sections » dans 5 ou 6 pays. Chaque\nmembre de la section devait payer une cotisation de 20 fr. Moyennant quoi on\nlui promettait (en lui payant, je crois, 2 fr. la page comme honoraires) l'insertion\nde ses articles. De cette façon, « la copie » était assurée en même temps qu'un\nnombre raisonnable d'abonnés. Bien plus : au lieu d'être payé, le collaborateur\npayait pour l'impression de ses articles.(Cette ingénieuse méthode n'est pas sans\nanalogie avec celle qu'employait, en 1900, certain organisateur de congrès qui\navaient pour centre une Revue des Congrès. La poire qui vient de Paris,\ncomment la pèle-t-on ?)\nMaintes fois on m'a demandé de faire partie de Y International Musikgesellschaft,\ndont le siège social et la direction sont en Allemagne. J'ai toujours refusé. Ce"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "110", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.6", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nn'est pas que j'aie la moindre antipathie, au contraire, pour les musicographes\nallemands. J'ai été l'élève de Spitta, pendant un an, à l'Université de Berlin ;\nj'ai conservé en Allemagne des relations d'excellente courtoisie, d'amitié même,\net, soit dans ce que j'ai écrit, soit dans mes cours du Collège de France, j'ai\ntrès souvent loué la haute valeur de nos voisins qui ont été longtemps et restent\nencore sur plusieurs points nos modèles. J'ai, en particulier, une sorte d'ad-\nmirationpour la maison Breitkopbqui, à l'encontre de beaucoup d'autresmaisons\nd'édition, a montré dans une multitude d'entreprises artistiques une hardiesse\ndésintéressée. Mais j'estime qu'à moins de nous considérer nous-mêmes comme\ndes enfants, nous ne devons plus nous mettre sous la tutelle et à la remorque\nd'autrui ; j'estime que l'union des efforts est certainement féconde, mais qu'il\nfaudrait la réaliser d'abord chez nous, et ne s'entendre ensuite avec l'étranger\nqu'en traitant avec lui sur le pied d'égalité (comme on fait pour la Weltctkademie).\nJe ne puis oublier enfin que le Comité du congrès d'histoire de la musique, tenu\nà Paris en 1900, s'était énergiquement opposé à la direction par les Allemands du\ntravail musical français. Quelques membres de ce Comité ont oublié les résolu-\ntions et les engagements qui furent pris alors. Je m'en étonnerais si je n'étais\nhabitué à voir de pareilles inconséquences, et si l'anarchie n'infligeait de dures\nleçons à ceux qui la font naître.\nAujourd'hui « la section de Paris » de Y International Musikgesellschaft nous\ndonne, en son propre nom, une œuvre nouvelle. Est-elle distincte de VI. M. G. ?\nPratique-t-elle le fara da se ? Ou bien n'est-elle encore qu'une branche de l'arbre\nfruitier planté par nos voisins? Je ne sais ; elle me permettra de lui dire que la\nfaçon dont elle se présente est un peu équivoque. Mais ne chicanons pas sur\nce point. Voici une œuvre française, le Trésor d'Orphée (1600), rééditée très\nélégamment par un musicien, M. Henri Quittard, que je considère comme ayant\nune valeur de premier ordre; et devant cette publication toute française, je me\nréjouis. Certes, maître Francisque ne mérite pas le nom d'Orphée, inscrit sur\nla première page de son recueil. C'est un compositeur un peu sec parfois, et\ndont l'écriture n'est pas toujours exempte de duretés. Mais peu m'importe : ce\ndocument est analogue aux « textes » que l'on recueille depuis longtemps\n« pour servir à l'histoire de France ». C'est une pièce ou un titre de famille.\nSongez que si les romanistes ne se plaçaient pas à un point de vue purement\nhistorique et excluaient de leur tâche tout ce qui n'a pas un cachet de beauté,\nil faudrait d'abord mettre le feu à l'Ecole des chartes, puis rayer d'un seul\ntrait un grand nombre de livres très précieux. Je relèverai seulement dans cette\nédition un certain nombre de lapsus :"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "111", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.7", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\npage 20, ire et seconde mesure de Tavant-dernière ligne, il y a 3 quintes de\nsuite qui sont peut-être le résultat d'une mauvaise lecture (un si b au lieu d'un\nla H ?) ;\npage 46, avant-dernière ligne, au lieu de : lire :\nTelles sont les taches que j'ai relevées au crayon, en feuilletant ce petit volume;\npeut-être une lecture au piano en révélerait elle d'autres. Si je les signale,\nc'est pour qu'il soit bien entendu qu'il faut appliquer aux textes musicaux\nanciens les mêmes principes de méthode critique qu'aux textes littéraires.\n\nJ. C.\n\n«LE DÉSERT», DE FÉLICIEN DAVID (CONCERT COLONNE, DU 25).\n\nM. Colonne\na essayé de ramener à la vie cette œuvre qui, en 1844, eut un si retentissant\nsuccès. Il n'y réussira pas, et ce ne sera point sa faute. Le Désert est une compo-\nsition très méritoire, fort honorable, mais entachée de graves défauts non\nparce que le goût a changé, mais pour des raisons indépendantes de la mode.\nFélicien David et son librettiste (Auguste Colin) ont conçu un désert accommodé\nau goût précieux et fade d'autrefois, un désert « que le soleil remplit de lumière"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "112", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.8", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\net d'amour » et où chaque grain de sable chante « un hymne ». Rien n'est plus\nfaux. (Songez à la pièce de Borodine, Dans les Steppes, où l'infinie tristesse est\nexprimée...) Les chœurs ont un caractère orphéonique qui désarme les protesta-\ntions à force de naïveté poncive. La fameuse marche de la caravane (qui fait\nsonger à la prière des pèlerins dans l'Harold, de Berlioz) est quelconque. La des-\ncription du lever de soleil est puérile, écourtée, sans caractère. On a sifflé —ce\nqui est excessif ; mais, à la fin, on s'est contenté d'un silence glacial, ce qui est\nplus juste. Seul, M. Plamondon a triomphé, en vocalisant dans la demi-teinte, et\navec une justesse parfaite, la jolie chanson orientale insérée dans l'œuvre. Là,\nil y a eu une tempête de bravos et des bis tenaces.\n\nM.\n\n«LE JOUR ET L'OMBRE», SOLO DE SOPRANO ET CHOEUR POUR VOIX DE FEMMES,\nPOÉSIE D'HENRI DE RÉGNIER, MUSIQUE D'HENRI BUSSER ; «A LA RIVIÈRE», SOLO\nET CHOEUR POUR VOIX DE FEMMES, POÉSIE DE JEAN ROYÈRE, MUSIQUE D'HENRI\nBUSSER (CONCERT LAMOUREUX, DU 24; TEXTE CHEZ DURAND, AVEC ACCOMPAGNEMENT\nDE PIANO, 2 FR. ET. 2 FR. 50).\nA. L.\n— De ces deux pièces qui, toutes deux, ont eu\nun très vif succès, A la Rivière produit le plus d'effet, parce qu'elle est trèsconso-\nnante et d'un rythme qui rappelle l'andante de la Pastorale. Mais voici bien qui\nmontre que la musique n'est pas seulement « l'art de flatter l'oreille ». Le Jour\net rOmbre, d'un effet acoustique moins agréable, est une composition supérieure,\nparce qu'il y a plus d'invention, d'originalité et de tour personnel. M Busser\nn'est pas un violent cependant : c'est toujours un délicat de rare mérite.\n\n«LE JET D'EAU», DE CLAUDE DEBUSSY; LA «SYMPHONIE ESPAGNOLE» D'ED.\nLALO (CONCERT COLONNE, DU 24).\nS.\n— M. Debussy avait écrit cette pièce en 1890,\navec accompagnement de piano. Il l'a récemment orchestrée. Interrompant pour\nune fois les éloges que nous adressons d'habitude à l'auteur de Pelléas, je dirai que\ncette pièce est franchement mauvaise. Elle doit exprimer un amour voluptueux\nque rythme, dans la cour voisine, le bruit d'un jet d'eau, mais elle est lourde,\npénible, contournée, dépourvue de charme. De la première mesure à la dernière,\nl'orchestre est surchargé de couleur. Pas d'air et de lumière en tout cela ! A\nbientôt une revanche du subtil musicien ! — La Symphonie espagnole de Lalo,\npour violon et orchestre, est tout aussi rare, colorée et distinguée que la musique\nde Debussy, mais quel charme 1 quelle netteté ! Cette symphonie est délicieuse ;\nelle a des rythmes exquis ; elle est d'un pittoresque, d'un sentiment et d'une\npoésie qui font honneur au génie français. Et nulle part on ne sent /'effort. Prenez\nmodèle là-dessus, cher Monsieur Debussy !\n\nM. BOURGAULT-DUCOUDRAY. VARIA.\n\n— La musique française moderne n'a pas\nété moins recherchée et applaudie que l'ancienne dans cette dernière quinzaine.\nAux concerts Lamoureux (le 17), nous avons eu deux pièces tirées de la Chanson\nbretonne de M. Bourgault-Ducoudray, excellemment chantées avec accompa-\ngnement d'orchestre : Nuit d'étoiles et Sône, pièces exemptes de gros effets\ndescriptifs, mais d'un sentiment très pur et d'une poésie pénétrante, comme enve-\nloppées par la caresse des violons en sourdine que rehausse, çà et là, un motif\nde cor ou quelques traits de harpe; à la Société nationale (salle Pleyel, le 23), le\ncharmant quintette pour piano et cordes du toujours regretté A. de Castillon ;\nles Heures dolentes de Gabriel Dupont, dont nous avons déjà loué la singulière\noriginalité, et de brèves mélodies de M. C. Guillon sur les « petits métiers"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "113", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.9", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\ncampagnards » : le Maître d'école, le Pêcheur, les Forgerons ;au concert Berlioz\n(23 février), le quatuor à cordes de C. Debussy, la sonate pour piano et violon\nde Franck, et de remarquables mélodies de M. César Geloso, le compositeur\nvirtuose : Douleur muette, De la même à même, la Violette, le Convoi funèbre, les\nYeux morts, le Moulin ; au très brillant concert de Mlle Selva (salle Pleyel, 26\nfévrier), les Variations, Intermède et finale sur un thème de Rameau, de Paul\nDukas; enfin au Concert populaire Sechiari (théâtre Marigny, 14 février) la très\nbelle symphonie où M. Vincent d'lndy a réuni le piano et l'orchestre, et qui\na été jouée à miracle par Mlle Selva, la pianiste excellente qui, chaque jour,\nvoit justement grandir sa réputation.\n\nL.\n\n«SCHÉHÉRAZADE», DE RIMSKY-KORSAKOW.\nJ. C.\n.—- Ce compositeur russe au nom un\npeu rude a comme un certain nombre de musiciens de son pays —un tem-\npérament extraordinaire. Je ne dirai pas qu'il ale diable au corps, mais s'il\nexiste un dieu de la couleur, ce dieu paraît incarné en lui. Rimsky-Korsakow\n(auteur de ce Caprice espagnol qui est pour ainsi dire aveuglant à force de soleil\net de pittoresque) est un très libre et très puissant esprit qui traite l'art du\nrythme et de l'instrumentation avec une maestria étonnante. Cela tient du pro-\ndige. Peu m'importent les histoires de Schéhérazade et le « programme » que\nj'ai sous les yeux (concerts Lamoureux). Ce qui m'enchante, c'est cette faculté\nd'invention sans cesse renouvelée, cette liberté du génie créateur, ce jaillissement\nd'idées qui ne s'arrête pas, et cette couleur, cette couleur rare, diverse, fas-\nueuse, unie à des rythmes toujours imprévus. C'est une débauche sans frein\nde lantaisie délicate et puissante; c'est de la magie, de la sorcellerie, tout ce\nque vous pourrez imaginer de plus autre que les œuvres classiques et même\nromantiques. Les musiciens « descriptifs » les plus célèbres de la France et de\nl'Allemagne me semblent pâles et faibles d'estomac à côté de celui-là. De cette\nséance je sors étrangement secoué et retourné, violemment jeté hors de mes\nhabitudes d'esprit latin, et me raccrochant à cette idée que décidément le Russe\nest un oriental.\n\nLA «SYMPHONIE FANTASTIQUE» DE BERLIOZ TRANSCRITE POUR MUSIQUE MILITAIRE\nPAR M. G. PARÈS.\n\n— Le répertoire des grandes sociétés d'harmonie et des musi-\nques militaires vient de s'enrichir d'une œuvre dont la publication fera certaine-\nment époque dans l'histoire de la littérature orphéonique. Il s'agit de la trans-\ncription complète de la Symphonie fantastique faite par M. Parés, chef de la\nmusique de la garde républicaine, qui, tant par son expérience que par son goût\nmusical et sa connaissance parfaite des timbres, était à coup sûr le mieux qualifié\npour travail semblable. Il y a pleinement réussi. J'ai attentivement lu la parti-\ntion de M. Pares, et j'ai admiré avec quel souci d'exactitude, avec quelle vir-\ntuosité, M. Pares a accompli cette tâche extraordinaire. La moindre intention\nréalisée par l'orchestre symphonique, la moindre nuance voulue par Berlioz se\ntrouve dans la transcription de M. Pares. Afin d'obtenir le plus possible la\nréalisation des effets des violons divisés et des doubles cordes, M. Pares a ainsi\néchafaudé ses pupitres de clarinettes : petites clarinettes, 4 clarinettes soli,\niies clarinettes groupe A, ires clarinettes groupe B, 2es clarinettes et clarinettes\nbasses. Cette transcription de la Symphonie fantastique a été éditée par la mai-\nson Andrieu et Cie, dont la tendance est de doter les sociétés musicales (chorales"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "114", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.10", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\net instrumentales) d'un répertoire plus élevé et plus artistique. C'est un effort\ninfiniment honorable, et qui mérite encouragement.\n\nH. BRODY.\n\nMUSIQUE DE BACH. La Société J.-S. Bach, sous la direction de M. Gustave\nBret, terminera le 6 mars la série des Concerti brandebourgeois par l'audition\ndu célèbre concerto avec trompette. Cette œuvre, d'une difficulté qui la rend inac-\ncessible à la plupart des instrumentistes, aura pour interprète M. Lachanaud,\nsoliste de 1 Opéra et du Conservatoire, et sera exécutée dans sa tessiture réelle sur\nun instrument récemment construit en Allemagne en vue précisément de ce\nconcerto. Au même figureront la Cantate du Printemps et la Cantate pour\nQuasimodo.\n\nDOUZE CHORALS DE J.-S. BACH, TRANSCRITS POUR PIANO PAR I. PHILIPP, PROFESSEUR\nAU CONSERVATOIRE, AVEC PRÉFACE D'ALBERT SCHWEITZER. (AU MÉNESTREL,\nI VOL. 25 p., 4 fr.)\n\n— Toute publication de M. Philipp, ami de la grande\nmusique et particulièrement de Bach, est la bienvenue. Celle-ci ne peut que\ncontribuer à former le goût des pianistes. J'ai cependant une petite réserve à\nfaire, tout au moins un renseignement à demander. Les chorals que nous donne\nM. Philipp ont été écrits pour orgue. Ceux qui seraient hostiles avec intransi-\ngeance à des transcriptions de ce genre (bien que Bach lui-même en ait tant\nde fois donné l'exemple) pourraient tirer argument de ce fait que certains pas-\nsages, fort bien à leur place sur l'orgue, deviennent à peu près inexécutables sur\nle piano. Une des règles essentielles de toute bonne exécuction, c'est qu'il faut\ntenir une note aussi longtemps que l'exige sa valeur. Comment M. Philipp\nentend-il que soient jouées des formules comme celle-ci:\nEn feuilletant le recueil, j'ai noté un grand nombre de passages du même\ngenre. On serait heureux de savoir si, oui ou non, M. Philipp croit qu'un\npianiste peut jouer cela sans tricher, je veux dire sans manquer aux règles d'exé-\ncution (tenue exacte des durées) hors desquellesiln'y a plus de musique sérieuse,\nSi, en certains endroits, on peut arpéger, pourquoi le signe de l'arpège n'est-il\npas inscrit ?\nDans une préface, M. Schweitzer revient sur les idées qui lui sont chères. Il\nveut absolument voir, dans Bach, un descriptif, un peintre, un musicien pour qui\nla musique doit toujours avoir un sens traduisible en images verbales. « Ce\nqui tente Bach tout particulièrement dans un texte, nous dit-il, c'est l'image\nqu'il est possible de traduire par des sons.C'est ainsi que dans le choraln° 12 (Par\nla chute d'Adam) il décrit la chute du premier homme au moyen de basses qui ne\nfont que tomber en septièmes. Pendant toute la durée du morceau dans le\nchoral n° 10 (Que tout est vain /), les gammes ascendantes et descendantes qui se\nchassent et se croisent figurent le mouvement des nuages auquel le poète com-\npare la vanité des choses humaines, etc... »M. Schweitzer aime les observations"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "115", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.11", "texte": "LES OEUVRES RECEMMENT EXÉCUTÉES\n\nde ce genre ; il y revient constamment. Il m'est impossible de le suivre dans\ncette voie. Le commentaire qu'il fait de certaines pages de Bach n'est pas, sans\ndoute, absolument inexact, et témoigne d'une grande ingéniosité, mais il\ndevient déplaisant et faux par l'importance qui lui est attribuée. Voir dans l'au-\nteur des chorals un « peintre », un « descriptif », à la manière de Kuhnau, de\nBerlioz ou de Liszt, me paraît, pour dire le vrai, un contresens. La musique\nserait un art inférieur et consacré à des enfantillages, si elle avait pour rôle de\nreprésenter la « chute » d'Adam par des intervalles descendants de septième,\nun mouvement de nuages par des croisements de gammes, etc... Sur cette\nquestion, où il y aurait beaucoup à dire, je renvoie le lecteur au chapitre intitulé\nla Pensée musicale, dans le livre que M. Jules Combarieu vient de publier chez\nFlammarion.\nAutre chose. M. Schweitzer demande «que surtout on ne réalise pas les points\nd'orgue ». La recommandation était inutile, car M Philipp les a supprimés de\nsa transcription. Il y a là une difficulté dont on se débarrasse par un moyen\naussi simple que radical. Je crois que si Bach a placé un point d'orgue toutes\nles 4 mesures dans ses chorals, ce n'est pas sans raison. Il marque ainsi\nla fin d'un vers, d'une phrase ou d'une période. La note surmontée du point\nd'orgue est un peu plus longue que ne l'indique son signe graphique ; elle a une\ndurée irrationnelle. Il faut donc en tenir compte. Je voudrais même que l'écriture\nadoptée par l'éditeur respectât par une diérèse (division) cette sorte de ponc-\ntuation musicale, et que, en certains cas, au lieu d'écrire :\non écri-\nvît :\n\nM.\n\n«DIEU, NE JUGE PAS TES FILS», CANTATE INÉDITE DE BACH (SOCIÉTÉ DES CONCERTS\nDU CONSERVATOIRE).\nH. B.\n— Dans la 150e cantate de Bach, que la Société des\nconcerts vient d exécuter, le choeur du commencement et le choral final ont\nune ampleur et une noblesse incomparables.\nMais j'avoue très franchement que les airs et que le duo intermédiaires m'ont\nlaissé froid ; la répétition continuelle des mêmes mots, la vocalisation de traits\nqui seraient mieux dans la tessiture des instruments que dans celle de la voix,\nrendent la musique de Bach pénible toutes les fois qu'elle n'est pas sublime.\nDans cette cantate il y a un détail d'orchestration assez curieux. La partition,\ntranscrite par un copiste distrait (?), comporte une partie de cor qui monte si haut\nque nul corniste n'y peut atteindre. On fait alors appel à la bonne volonté de la\ntrompette, qui se charge de cette escalade.\nL'exécution de la cantate de Bach a été très bonne. Parmi les solistes, il\nfaut citer Mlle Bathori, qui a très vaillamment dialogué avec le hautbois de\nM. Bleuzet.\n\nSONATE POUR PIANO ET VIOLONCELLE DE A. REUCHSEL (AUDITIONS MODERNES, A\nLA SALLE PLEYEL). —Parmi les différentes œuvres entendues à la séance orga-\nnisé par M. Oberdœffer, la sonate de M. A. Reuchsel nous a paru la plus digne\nd'attirer l'attention. Après un allegro en mi mineur de forme purement classi-\nque, un adagio très expressif est largement déclamé par le violoncelle. C'est une\nsorte de rêverie, non pas la rêverie nonchalante d'une âme paisible, mais le\nsonge passionné d'un cœur agité. Rarement usitée, la mesure à 16/18 trouve\nici son emploi rationnel."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "116", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.12", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nLe finale débute par un thème triste, mais un vivace qui affecte la forme d'un\nlied populaire explose, et arrive la péroraison brillante de cette sonate fort\nréussie. M. Barraine s estbien acquitté de la partie de violoncelle, tandis que\nMme Barraine tenait correctement le piano.\n\nLE SCHERZO DE LA «SYMPHONIE HÉROïQUE» DE BEETHOVEN (CONCERTS\nP. SECHIARI).\nS.\n\\ -\n— M. Eugène d'Harcourt, qui a fait une étude si pénétrante des\ncinq premières symphonies de Beethoven (il considère les quatre autres comme\ninférieures et négligeables !), veut qu on observe, dans ce scherzo, le rythme\ndi due battute, c'est-à-dire qu'on traite deux mesures successives comme deux\ntemps dune même mesure, en faisant la première forte et la deuxième/a/We :\nDans une lettre adressée au directeur de la Revue musicale et qui a été publiée\nici même, M. Gevaërt, dont l'autorité est si haute en pareille matière, a émis une\nopinion analogue. J'avoue que j'ai des doutes sur la légitimité de ce rythme, qui\nsacrifie, ou efface, subordonne, met au second plan une mesure sur deux. Cette\nthéorie ne s'appuie pas sur un désir explicitement indiqué par le compositeur,\net je ne trouve pas que l'expression y gagne. En tout cas, les chefs d'orchestre\nde Paris, y compris Pierre Sechiari, n'observent pas ce rythme di due battute.\nAu sujet de ce scherzo, je ferai une autre observation. On le joue , à\nla moderne, avec une précipitation qui ne permet plus de saisir certaines valeurs\net qui en fait une sorte de concours de vitesse pour automobiles. C'est à peine\nsi on a le loisir de marquer le premier temps de chaque mesure ;on est emporté\ndans un tourbillon. C'est fâcheux ; en oublie que scherzo veut dire « badinage » ;\nqu'allegro vivace signifie « joyeux et vif », rien de plus. Je me range tout à fait\nà l'avis de Saint-Saëns qui a écrit dans la préface de la réédition de Rameau\n(.Pièces de clavecin) : «... Jusqu'au milieu du siècle dernier, le degréde vitesse ou\nde lenteur, si important à notre époque, n'avait probablement pas la même impor-\ntance qu'aujourd'hui. Les largo de Haendel et de Séb. Bach ne sont pas très\nlents ; leurs presto ne sont pas très rapides. C'est surtout au point de vue de la\nrapidité qu'il convient d'être prudent : la vélocité moderne était inconnue aux\nanciens. » On me dira que Beethoven est plus un moderne qu'un ancien. Je\nrépondrai que cela n'est qu'à moitié vrai, esthétiquement, pour ce qui concerne\nles symphonies, et qu'il y a une mesure à garder.\n\nA MONTE-CARLO.\n\n— Don Pasquale(Paris, Donizetti, 1843), comme\nd'amour (1832), est l'opéra bouffe italien, où le dialogue file rapidement au moyen\nde récitatifs, et où abondent les pages musicales de vieux style, cela va sans dire,\nmais fort agréables en leur formule ancienne : et l'on trouve un très vif plaisir à\nDon Pasquale, un des modèles du genre. L'interprétation de l'oeuvre de Donizetti\nest fort belle : MUE Storchio, une cantatrice de voix délicieuse et d'un art remar-\nquable, est aussi une comédienne du plus grand talent ; elle joue le rôle de\nNorina avec un brio, une jeunesse, un charme, qui ont ravi le public. Cette\nartiste si complète et si rare a remporté un succès triomphal. L'excellente basse\nbouffe M. Pini-Corsi a joué le rôle de don Pasquale avec une verve comique"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "117", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.13", "texte": "LA MUSIQUE ORIENTALE\n\net une ampleur classique du meilleur effet. M. Sobinoff a fait applaudir une des\nplus fraîches et des plus jolies voix de ténor qu'on puisse entendre. Le brillant\nbaryton M. Tita-Ruffp est un chanteur superbe. Dans un rôle épisodique,\nM. Ananian a fait sonner sa belle voix. L'orchestre était dirigé par M. Pamé.\n\nE. D.\n\n« PRÉLUDE FUNÈBRE » DE M. GARCIA MANSILLA. —Il n'y a pas grand'chose\ndans ce Prélude dont M. Pierre Sechiari donnait la première audition au théâtre\nMarigny (le 21). Cet opuscule commence par quelques formules de simple pré-\nparation, et, au moment où l'on attend une idée un peu substantielle, il est\ndéjà fini... Un prélude ne comporte pas de développements, mais il doit être net,\nbien posé et vigoureusement pensé. Un prélude musical est comme un dessin\nde grand maître : c'est une esquisse sans fignolages, mais une construction ferme,\ntémoignant d'une grande sûreté de main. Une autre fois, sans doute, M. Garcia\nMansilla nous donnera sa vraie mesure.\n\nCONCERT DE M. FERDINAND MAZZI.\nA. M.\n—■ Brillante réunion àla salle Pleyel le\n16 février pour entendre les œuvres de M. Mazzi. Nous avons retenu plusieurs\nmélodies délicates et un Ave maris stella d'une belle inspiration, que MlleDereims,\nde l'Opéra, a chanté avec beaucoup d'expression. Le Quatuor à cordes, qui\nterminait la séance, a été exécuté magistralement par le Quatuor Enesco. C'est\nune œuvre d'une facture solide et d'une inspiration généreuse. Le public l'a\naccueillie avec chaleur.\n\n«CHANSONS ET DANSES ANCIENNES DELÀ SUISSE » (RECUEILDE 29 PAGES, PAR CAR L\nWUNZINGER, CHEZ LES FRÈRES HUG, A ZURICH, 2 fr. 50). La musique populaire\nsuisse (on l a vu récemment dans les Armaillis, joués à l'Opéra-Comique) a\nbeaucoup de saveur et de charme. On retrouvera ces qualités dans le recueil de\nM. W unzinger, qui est fait au point de vue de l'exécution pratique, et enrichi\nd un accompagnement au piano, où l'éditeur, musicien sérieux, abuse quelque-\nfois de son savoir, notamment dans les introductions et les péroraisons.\n\nMusique orientale.\nLE COMPOSITEUR DU Péchrev DANS LE MODE Nihavend.\n\nQuelques mots sur l'auteur de la pièce publiée plus bas :\nLe prince Démétrius Cantimir naquit le 26 octobre 1673. Son père, Constantin\nCantimir, fut nommé prince de Moldavie en 1684. La Turquie voulant avoir l'un\nde ses fils en otage, Antiochus, qui était l'aîné, fut envoyé à Constantinople avec\nsix autres jeunes fils de nobles. Au bout de trois ans, Démétrius eut ordre de son\npère d'aller remplacer son frère aîné. Démétrius demeura à Constantinople\njusqu'à l'an 1691, où son père le rappela et lui substitua son frère Antiochus.\nDurant son séjour, il s'appliqua à la langue turque et à la musique. On peut juger\ndes progrès qu'il fît dans cette science par les notes de musique qu'il introduisit\nle premier parmi les Turcs et par plusieurs pièces de sa composition qu'on\nchante encore aujourd'hui avec plaisir et qui sont très goûtées des connaisseurs\nde la nation. Il a écrit plusieurs ouvrages, parmi lesquels son Histoire de"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "118", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.14", "texte": "LA MUSIQUE ORIENTALE\n\nVEmpire ottoman, écrite en latin et traduite en français par M. de Saucquières,\npubliée en 1743 à Paris, 4 vol. La biographie détaillée du prince Cantimir se\ntrouve ajoutée à la fin du 4e volume de cette histoire. Parmi ses ouvrages, on\ntrouve deux écrits sur la musique : i° un Livre cTairs selon la musique turque?\nin-quarto ;20 Introduction à la musique turque, en moldave, in-octavo.\nMalheureusement la notation musicale inventée par Cantimir et qui consis-\ntait à employer les lettres de l'alphabet turc pour les notes, n'a pu être\naccueillie par les musiciens turcs, est tombée en désuétude dès son inven-\ntion ; cependant Cantimir avait pris le soin de noter toutes ses compositions et\nla plupart des morceaux célèbres de son temps avec sa notation. Les exemplaires\ndu livre d'airs de Cantimir sont extrêmement rares. On 11e sait où se trouve\nl'exemplaire original écrit parlamainde l'auteur ; peut-être est-ce dansles biblio-\nthèques de Bucarest et des autres villes de Roumanie qu'est caché ce trésor\nprécieux. Il y a certainement de nos lecteurs en Roumanie ; s'ils trouvent là ce livre\net le signalent au monde musical, tous les amateurs de la musique orientale leur\nen sauront gré. Il y a plus de 10 ans que j'avais eu l'occasion de trouver un recueil\ndes notes musicales écrites dans le temps de Cantimir et avec sa notation ; j'ai\ntrouvé ce manuscrit dans la bibliothèque musicale de feu Nédjib Pacha, chef de\nmusique de la garde impériale, et je l'ai acheté à un prixassez élevé. Le Pechrev\ndans le mode de Nihavend que je vous expédie aujourd'hui est traduit de ce\nrecueil. La tradition a conservé la plupart des compositions de Cantimir, et\naujourd'hui on entend encore ces compositions jouées par les musiciens turcs ;\nmais comme la plupart de ces musiciens jouent par cœur et ne savent pas lire et\nécrire la musique, ces morceaux se trouvent tellement dénaturés; qu'on ne peut\nles reconnaître lorsqu'on les compare avec leur original. D après la source où\nj'ai puisé, l'authenticité de notre Péchrev est indiscutable et il est tout à fait\ninédit, même pour les musiciens orientaux, tel qu'il est.\nEn dehors de ses ouvrages susdits, Cantimir a écrit un petit traité de musique\nturque dont je possède un exemplaire peut-être unique ; en parlant de cet ouvrage\nCantimir dit (1) :\n« J'ai composé un petit livre en turc, contenant l'art de la musique ; je l'ai\ndédié au présent empereur Achmet II et j'apprends qu'on s'en sert partout pour\napprendre cet art. Peut-être trouvera-t-on étrange en Europe que je relève ici le\ngoût de la musique chez une nation réputée barbare parmi les chrétiens. J'avoue\nque la barbarie régnait parmi les Ottomans dans l'enfance de leur empire, leurs\nprinces n'ayant alors d'autres pensées que d'étendre leur domination ; mais le\ntemps ayant mis fin à leurs premières conquêtes, les arts, fruits ordinaires de la\npaix, ont trouvé place à leur tour dans ces esprits jusque là féroces ; la politesse\naujourd'hui s'y fait tellement remarquer qu'on n'y aperçoit pas la moindre trace\nde l'ancienne grossièreté. J'ose même avancer que la musique des Turcs est\nbeaucoup plus parfaite que celle de l'Europe du côté de la mesure et de la pro-\nportion des mots, mais aussi elle est si difficile à comprendre qu'à peine trouvera-\nt-on trois ou quatre personnes qui connaissent à fond les principes et les déli-\ncatesses de cet art dans une aussi grande ville qu'est Constantinople, au milieu\nde la plus nombreuse cour qui soit au monde, et parmi une infinité de gens qui\nse piquent de quelque goût pour la musique. »\n\n(1) Histoire de l'Empire ottoman, t, 11, p. 236."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "119", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.15", "texte": "LA MUSIQUE ORIENTALE\n\nAprès ce passage, que j ai copié textuellement, Cantimir, parlant de son projet\nd écrhe un traité complet sur la musique turque, exprime ces vœux :\n(( Peut-êtie un joui, si Dieu me donne la santé et le loisir, pourrai-je donner\nun tiaité séparé, où j exposerai cet art dans toute son étendue de la manière dont\nil est rédigé par les Orientaux. »\nJe ci ois que louviage susdit, et qui a pour titre : Introduction à Ici musique\ntin que, en moldave, est bien la réalisation de ce vœu du prince Cantimir. Cet\nouvrage, sil existe encore en Roumanie, aura la plus grande importance au\npoint de vue delà musique orientale ; j'attire l'attention de ceux qui se trouvent\nen état de pouvoir rechercher et, si on le trouve, de traduire en français ce\ndocument précieux.\n\nLE PECHERV (Ouverture instrumentale)\nDans le mode Nihavend.\n\n(1) Mon ami le R. P. Thibaut a décrit ce rythme [Dévri-Kèbir) d'une autre façon dans son\nintéressant article sur la musique des Mévlevis inséré au n° 9 (septembre 1902), p. i3B,\nde la Revue musicale•. En effet, la transcription du F. Thibaut est conforme à l'état actuel\nde ce rythme tel qu il est en usage aujourd'hui chez les musiciens turcs; cependant lorsque\nle piince D Cantimir a composé ce Péchrev, le rythme en question se battait d'après notre\ntranscription. En les comparant, on voit que l'ancienne forme ■— a été doublée en et pour\nremplir les intervalles restés trop vides on a ajouté des ornements rythmiques."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "120", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.16", "texte": "LA MUSIQUE ORIENTALE"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "121", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.17", "texte": "LA MUSIQUE ORIENTALE\nR. M.\nî 0\n\nAu premier abord, cette composition expressive et de sérieuse valeur, paraît\nécrite en sol mineur. Cependant, lorsque je l'ai jouée sur un piano Pleyel à\ntempérament égal, j'ai trouvé que le sens mélodique du morceau était changé.\nCela provient de ce que les intervalles demandés par la théorie de la musique\norientale pour le mode Nihavend n'existent pas sur le piano. Ces intervalles\nsont les suivants :\n\nRAOUF YEKTA,\nRédacteur musical du journal Ikdam à Constantinople."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "122", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.18", "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE\n\nLa musique au point de vue sociologique : le plain-chant\n(i).\nIgnorant la mesure unisonique, constitué par des notes de valeur égale et\nn'ayant d autres césures que la ponctuation du texte liturgique, le plain-chant,\nbien qu'étranger aux innombrables artifices expressifs de l'art moderne, est une\nadmirable forme de la musique : pure, sereine, simple et noble à la fois, singu-\nlièrement propre à calmer les nerfs de celui qui vient d'entendre l'orchestre d'un\nBerlioz, d'un Wagner ou d'un Rimsky-Korsakow. Pendant près de dix siècles,\nil a été, dans le monde occidental, la seule musique méritant le nom d'art et de\nscience. La langue musicale dont nous nous servons aujourd'hui vient de lui,\npar suite d'une évolution à peu près identique à celle de la langue verbale.\nComment s'est formé ce type d'art qui tient une si grande place dans l'histoire?\nquels liens a-t-il avec la vie commune ? Un manuscrit bien connu de Saint-Gall,\nen un dessin rïaïf, représente une colombe — le Saint-Esprit — introduisant\nson bec dans l'oreille du pape saint Grégoire, au moment où il dicte les\n« neumes » à un scribe. Il suffit de connaître les emprunts de toutes sortes faits\npar le christianisme à l'antiquité païenne pour deviner que la véritable expli-\ncation, pour la musique comme pour le reste, doit avoir un caractère moins\nmystique.\nAu moyen âge, l'Eglise est un type de société parfait, — ou à peu près\n(n oublions pas les divisions théologiques), réalisant ce que les organisations\npolitiques poursuivent en vain ou ne connaissent que par intermittences : l'unité\nmorale. Elle le doit à la diffusion du dogme qui, en impliquant l'obéissance,\nsupprime la difficulté du problème : la liberté : elle le doit aussi au chant qui\nest inséparable du culte public. Il est aisé de voir que tous les caractères du plain-\nchant sont sociologiques.\nL'homme qui accomplit seul un acte religieux, ne chante pas; il prie en si-\nlence. Mais, dès qu'il y a groupement, le chant paraît. Il est donc permis de dire,\nen renversant l'ordre des termes : partout où il y a chant, il y a société homo-\ngène. « C'est un lien d'unité bien puissant, dit S. Ambroise, que le chœur formé\npar l'assemblée du peuple (2). » En effet, léchant est par excellence une œuvre\ncollective, et, en retour, un lien social, un instrument de vulgarisation, de péné-\ntration profonde et de discipline.\nJamais cette fonction n'a été plus nette et plus forte qu'au moyen âge. Alors,\nle mot « cantus » ne désigne pas seulement les mélodies rituelles, mais le chant\nen général, comme si l'Eglise était non pas une société, mais la société. C'est\navec ce sens que Martin Gerber employait encore ce mot cantus, en 1774. Igno-\nrant la virtuosité individuelle, le chant ne vit que par la communauté qui colla-\nbore (3), grâce à lui, avec l'officiant ; il est la « voix commune » (4) de la société\nreligieuse qui psalmodie una voce, uno corde (5). « Le chœur, c'est la multitude\n\n(1) Nous extrayons ces pages du volume cle M. Combarieu, La Musique, ses lois, son évolution\nqui vient de paraître chez Flammarion (3 fr.so).\n(2) In Psalm. 1 : « Magnum plane unitatis vinculum, in unufn chorum totius numerum plebis\nc oire. »\n(3) Succinit, respondet, oiro^àXXet.\n(4) cptov/) XOTV7J. (CLÉMENT d'Alex.)\n(5) SAINT AUGUSTIN. (De Verbis apost., Serm. 10.)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "123", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.19", "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE\n\nréunie dans une cérémonie (r). » Il n'y a plus ici, comme chez les Romains, de\nsacra spéciaux pour chaque famille ; par le chant, la société laïque tout entière,\nimpliquée dans la société religieuse, devient un être collectif qui concentre ses\nsentiments, sa pensée, son verbe, dans un acte commun. Le monde profane est\npris dans les mailles des mélodies liturgiques et, par suite, les caractères natu-\nrels ou conventionnels qui le différencient sont ramenés à l'égalité : riches et\npauvres, chefs et sujets, clercs et laïques, jeunes et vieux, hommes, femmes et\nenfants sont rapprochés, réconciliés, identifiés par la musique (2). Telle est la\nvertu d'unification que possède le choral (3).\nComme la liturgie elle-même, le chant est traditionnel. L'Eglise chante « sui-\nvant l'exemple des prédécesseurs » (4), en voulant faire revivre l'esprit antique.\n(Nous ne connaissons d'ailleurs que des musiques fondées sur la tradition, de\nmême que tous ceux qui parlent tiennent leur langage de quelqu'un.) Le nom\nde saint Grégoire n'est nullement celui d'un compositeur, mais une étiquetteindi-\nvidualiste donnée àla tradition quand elle se fixe, àla fin du vie siècle ; saint Gré-\ngoire se borne à compiler, à ordonner, à « centoniser ». Son œuvre musicale\nen admettant qu'on ait le droit de parler ainsi est un acte d'administration\nqui codifie des éléments venus des Latins, des Grecs (5 ), des Juifs.\nEn même temps qu'il est traditionnel, le chant est objet de foi (au sens que\nl'observateur historien peut donner à ce mot) ; il est trop près du texte sacré\npour ne pas lui emprunter un caractère rituel (6) ; on ne le pratique pas à cause\nde sa beauté, comme, de nos jours, certaines pièces d'orgue, mais parce qu'il\nfait partie des choses prescrites. Dans les églises, il n'y a encore ni « audi-\ntoire » ni artistes. Le chant est un des signes de la croyance, car on considère\ncomme son prototype « le concert des Anges célébrant la gloire de Dieu dans\nle Ciel ».\nDans le monde chrétien, il se développe et se propage suivant la grande loi\nsociologique, l'imitation, qui est une sortede tradition rayonnantedans l'espace.\nS.Grégoire, en le réglant, n'avait en vue que l'Eglise romaine ; peu à peu,\nle chant romain devient universel, mais en subissant plus ou moins l'influence\ndes pays où les circonstances politiques et la force d'expansion de l'idée reli-\ngieuse le font pénétrer : de là ses diverses formes (chant ambrosien, grégorien,\nmozarabe, gallican) qu'on a comparées à des dialectes ayant pour originè un\nmême idiome et assimilables aux langues romanes (7).\nDe ces premiers faits, quelques autres pourraient être logiquement déduits.\nEssayons de nous représenter les fidèles qui remplissaient les églises dans\nles premiers siècles du christianisme, à une époque où l'ignorance était si\n\n(1) Multitudo in Sacris collectas. (Ibid., L. i, 3.)\n(2) SAINT JEAN CIÎRYSOSTOME, in Psctlm. CXLV.\n(3) ÜbicnnqiLe chorus est, ibi diverses voces in unum canticum congeruntur. (SAINT JÉRÔME, iii\nPsalm. CXLIX.)\n(4) Secundum exemplum prœdecessorum nostrorum... (Concile de Valence, 111, ap4 855.)\n(5) La langue grecque a été en usage dans la communauté chrétienne jusqu'au 111 e siècle de\nnotre ère.\n(6) Inconsciemment, les archéologues modernes sont dans cet état d'esprit quand ils s'appli-\nquent avec tant de rigueur à reproduire d'après les manuscrits la version exacte des mélodies\ngrégoriennes. Il faut remarquer en passant qu'on ne songe pas à faire un travail de ce genre\npour le texte des Psaumes, bien qu'on sache que leur dernière rédaction latine né reproduit pas\nexactement le texte original hébreu.\n(7) Hypothèse bien séduisante de Dom Mocquereau. (Paléogr. mus., t. I.)"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "124", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.20", "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE\n\nprofonde ; d'après les tableaux des peintres primitifs, imaginons, pendant l'office,\nles visages des contemporains d'un Aurélien de Reomé (ixe siècle), pour qui les\nlivres imprimés n'existent pas et dont chacun aurait pu dire comme la mère de\nVillon :\n...Rien ne sais ; oncques lettres ne lus :\nAu moutier vais, dont suis paroissienne,\nParadis peints où sont harpes et luths\nEt un Enfer 011 damnés sont boullus.\nPour de tels croyants (1), le chant est un moyen mnémonique tout indiqué.\nAfin de remplir ce rôle, il se réduit à la plus grande simplicité possible ; il est\nce qu'on appellera plus tard planus canius, le plain-chant. Gardant une fonction\nsociale-religieuse, il ignore systématiquement toute préoccupation d'art.\n(Ainsi s'expliquent les scrupules de saint Augustin, qui se reprochait de prendre\ntrop de plaisir à la musique.) De ceux qui le pratiquent, il n'exige d'abord aucun\ndon naturel ; en vertu du principe « corde, non voce cantandum », il est acces-\nsible à tous, même à celui dont nous dirions aujourd hui qu'il n'a pas de voix (2).\nBien qu'il soit capable, en certains cas, de traduire les sentiments élémen-\ntaires, la tristesse et la joie, il exclut /'expression, la cantilène passionnée (3),\net toutes les nuances qu'elle comporte. Il exclut l'intensité puissante des sons (4),\nles mouvements rapides, les pathétiques inégalités du rythme, en un mot tout\nce qui aujourd'hui est considéré comme musical et constitue ïart du profes-\nsionnel.\nUnisonique, moyen en tout, donnant à ses notes une égale durée, il se rap-\nproche beaucoup du langage verbal, dont il épouse l'allure, les coupes, les\ninflexions, les cadences. A l'origine, il est à peine distinct du parlé, « vicinior pro-\nnuntianti quam canenti ».\nDans la liturgie la plus ancienne, celle de Milan, il y a des récitatifs terminés\npar un intervalle de quarte ou de quinte dont on trouverait instinctivement le\ndessin mélodique en se bornant à bien lire les paroles (5).\nLe principe général de l'organisation du plain-chant est, dans le fait socio-\nlogique le plus important (le langage), un phénomène capital : l'accent tonique.\nLe chant en est le développement et la floraison ; de lui, il tire son système de\nnotation (6).\nAvec les mélodies qu'il dégage ainsi, il constitue un répertoire qui, en dépit\nde l'ampleur des livres liturgiques, est très limité : il se borne à quelques tim-\n\n(1) SurTignorance auixe siècle, voir la lettre d'Aurélien à l'archichantre Bernard. (Dans Martène,\nMonum., t. I, p. 121 et suiv.)\n(2) Le xaxocptovoç peut chanter à l'église (SAINT AUGUSTIN, Confess., ch.xxxin. Cf. NICET, de\nBotio psal., ch. m.\n(3) Constit. cipostol., 1. V, ch. ix. Cf. CLÉMENT D'ALEX., Strom.\n(4) Règle de saint Benoît, ch. xx, LII.\n(5) Par exemple les leçons ordinaires de matines (Jube Domine benedicere. Tu autem Domine\nnostri misererej, les leçons de l'Ecriture aux dimanches et aux jours solennels, les passions des\nmartyrs, l'épître, l'évangile, etc.\n(6) L'accent aigu, d'après les témoignages décisifs trouvés au Mont-Cassin par de Cousse-\nmaker, d'abord tracé de bas en haut par les scribes, puis de haut en bas avec un appuyé de la\nplume, en tête du signe, sur le parchemin, a donné naissance à la virga des neumes, enfin à la\nnote caudée moderne»"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "125", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.21", "texte": "LA MUSIQUE AU POINT DE VUE SOCIOLOGIQUE\n\nbres caractéristiques, assez peu nombreux d'abord pour que la tradition orale\nsuffise à les conserver ; sur le tard seulement, quand la liturgie s'est développée,\non songe à les fixer par des signes graphiques très généraux. Dans cette période,\nrécente elle-même, quand des offices nouveaux réclament des airs nouveaux, on\nfait servir des mélodies anciennes et déjà en usage, adaptation contraire à nos\nidées d'« art », mais conforme aux habitudes de l'activité collective, qui procède\npar répétition et imitation.\nDans l'exécution pratique, les principales formes adoptées sont tradition-\nnelles ou d'origine populaire universelle : chant antiphonique (partage en deux\nchœurs) et chant responsorial (un chœur répondant à un soliste).\nLes modes dont on se sert sont empruntés aux Grecs (comme l'indiquent leurs\nnoms : protus, deuterns, tritus, tetrardas), et les Grecs eux-mêmes ont reçu des\nOrientaux d'Asie-Mineure quelques-uns de ces modes qui vont bientôt reparaître,\navec leurs dénominations ethniques, dans la musique occidentale.\nLes clausules des mélodies grégoriennes et les traits principaux de leur struc-\nture ne sont pas déterminés par des raisons artistiques, mais par la nature du\ntexte liturgique (catalogue de Réginon).\nEnfin, le plain-chant est impersonnel, anonyme. Il l'est resté alors même que\ndes talents individuels, au cours des siècles, venaient l'enrichir. Les mélodies\nne sont jamais accompagnées, comme de nos jours, d'un nom de compositeur.\nElles sont considérées comme œuvre de la communauté, et, par suite, comme\nsa propriété. (Remarquons qu'il n'en est ainsi ni pour les sermons, ni pour le\ntexte des hymnes, ni pour la liturgie proprement dite.)\nPas davantage ne sont mis en vedette, ou simplement recueillis par les histo-\nriographes, les noms des chantres les plus habiles il y en eut, forcément, de\nmédiocres et d'excellents malgré les écoles spéciales où on les soumet à une\ndiscipline hiérarchisée. C'est encore la voix de la communauté qui est sur leurs\nlèvres ; tout élément musical individuel est absorbé, disparaît. La société seule\nsemble avoir une existence.\nLes ouvrages didactiques eux-mêmes, qu'ils soient signés ou non, n'échappent\npas à cette loi. Dans la période antérieure au contrepoint, lequel marque une\nrévolution et une ère nouvelle,—ils sont impersonnels. D'habitude, le moine qui\nécrit un traité de musique ne cherche nullement à exposer des vues originales\net à les défendre ; ayant à doter la bibliothèque de son monastère d'un livre qui\nlui manque, il se trouve un peu dans la situation d'un de nos instituteurs ayant\nà enseigner le système métrique ou quelque autre « matière » : il est surtout\npréoccupé d'exposer avec exactitude une sorte de savoir anonyme et de se con-\nformer àla tradition. Loin de fuir les redites, il doit les rechercher. De là ces\nTraités, si différents du « plagiat » moderne, bien qu'ils en évoquent à chaque\ninstant l'idée; de là cette application inlassable, fastidieuse pour nous, à repro-\nduire uniformément des légendes qui remontent à Pythagore, à la Bible, et font\ncorps avec « la doctrine ».\nTels sont les caractères du chant religieux au moyen âge II est issu d'un\ncertain type très pur de vie sociale et de ses antécédents historiques ; en même\ntemps, il a pour fonction d'en maintenir l'unité. Entre cette musique et la vie\ncollective, il y a constamment action et réaction."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "126", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.22", "texte": "LE CHANT ET LES MÉTHODES\n\nLe chant et les méthodes\nJ.-B. FAURE ET L'ART DU CHANT.\n\n[suite).\nJean-Baptiste Faure est un des plus illustres chanteurs des temps modernes,\nun des maîtres les plus justement réputés pour la pureté classique de sa ma-\nnière. Nous lui devons donc une place dans notre musée d'enseignement vocal.\nNé en 1830, et fils d'un chanteur d'église, Faure eut des débuts très pénibles,\ndont il triompha à force de constance et d'énergie. Il commença son éducation\nmusicale à la maîtrise de la Madeleine; et quand son organe fut formé, devenu\nbaryton, il débuta à l'Opéra-Comique dans le rôle de Pygmalion (de Galathée),\navec Bataille comme chef d'emploi. Là, il se fit remarquer par nombre de rôles, et\nparticulièrement dans le Pardon de Ploërmel.L'Opéra lui ouvrit alors ses portes.\nLa Favorite, les Huguenots, Guillaume Tell et surtout Don Juan le placèrent\ncomplètement en vedette. Sa voix juste, étendue, bien posée ; son style pur, son\narticulation nette, son phrasé impeccable, l'égalité de ses registres, sa virtuo-\nsité et aussi l'élégance de son jeu et le charme de sa physionomie le pla-\ncèrent hors de pair. On lui reprochait cependant d'abuser de l'effet, des\nmenti et des tenues de voix. Mais quel est l'artiste auquel on ne reproche rien ?\nJ'ai eu l'occasion d'entendre Faure ; et je n'ai pas trouvé ces reproches\njustifiés. Faure est certainement un des artistes les plus accomplis de notre\népoque. Ses brillantes qualités personnelles ont dû nécessairement influer sur\nsa conception de 1 'artdu chant et le rendre difficile. Il constate, avec beaucoup\nd'autres, la décadence de cet art et attribue cette décadence à la disparition\ndes maîtrises, qui prenaient, dit-il, l'élève enfant et s'occupaient du futur\nchanteur « au point de vue musical, instrumental et vocal ». Il ajoute que\nles œuvres musicales modernes, le développement toujours croissant du drame\nlyrique, rendent inutile la gymnastique vocale imposée par l'école italienne, et il\ndéplore cet état de choses.\nOn pourrait répondre que si les maîtrises, dont Faure relève, formaient des\nélèves d'élite, elles le devaient peut-être non à l'étude unique de la virtuosité\nitalienne, dont la convenance dans les églises reste douteuse ; mais plus juste-\nment aux pages sévères de ces mêmes maîtres italiens : Scarlatti, Porpora et\nautres ; pages qui sont belles en elles-mêmes, et peut-être en dépit de leur\nprofusion de trilles et de grupetti, et qui l'emportent sur leurs ornements\ncomme le fonds l'emporte sur la forme, comme une belle femme l'emporte sur\nce qui est censé l'embellir.\nLe drame lyrique, par la largeur de la conception, les tenues de voix, la sévé-\nrité des rythmes, rappelle justement les maîtres anciens, dont il emprunte les\nqualités sans tomber dans les excès ornementaux.\nCette école du drame lyrique peut donc remplacer les maîtrises, surtout si,\ncomme le désire Faure, on cultive, en même temps que la voix de l'élève, son\nintelligence musicale, ses aptitudes instrumentales et même sa , à con-\ndition qu'elle ne prenne pas la première place. Faure entra comme professeur\nau Conservatoire en 1857. Il ne fit qu'y passer: « Rien, dit-il, ne relie entre\nelles les classes de chant du Conservatoire. » Il est certain qu'une méthode"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "127", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.23", "texte": "LE CHANT ET LES MÉTHODES\n\ncommune s'impose ; l'individualité clu professeur s'affirmerait dans l'application\nde cette méthode, basée bien entendu sur les dernières découvertes scientifiques\net constament revisée par la commission des études.\nLa méthode de chant de Faure est simple et pratique ; il n'abuse pas des vo-\ncalises et donne aux jeunes chanteurs des conseils précieux ; il avance malheu-\nreusement que l'anatomie du larynx est superflue pour les chanteurs, « puisqu'il\ny a eu de grands chanteurs qui ne la connaissaient nullement ». Faure ignore le\nnombre de grands chanteurs qui se seraient révélés si les connaissances scienti-\nfiques étaient plus répandues; mais en revanche on connaît malheureusement\nun grand nombre de chanteurs qui ont brisé leur organe par ignorance\nvocale.\nIl dit avec raison qu'il n'est pas nécessaire pour un professeur d'avoir été au\nthéâtre. Effectivement, être acteur, c'estêtrespécialisé. Or le maître doitenseigner\ntous les genres. L'acteur serait bon professeur tout au plus dans son emploi.\nFaure préconise le coup de glotte comme attaque du son ; je crois qu'il y aurait\nlieu, àce propos, d'établir desdistinctions.il prétend que le trille est un saut\ndu larynx à la même hauteur et félicite Duprez de l'appeler « son tremblé avec\nart ». Nous verrons ce qu'il y a lieu de penser de cette théorie.\nIl engage l'élève à baisser la tête dans les notes élevées exactement :\n« la hauteur de la tête doit être en raison inverse de l'élévation du son » ;\nla théorie est nouvelle et mérite l'examen, mais elle est très contro-\nversée.\nIl blâme le trémolo que certains artistes impriment à la voix : c'est un défaut\nqui vient du surmenage et qui s'exagère dans les sons continus ; le calme de la\nvoix, dit Faure, la mesure progressive des phrases, doivent annoncer une amé-\nlioration. Je n'ai pas besoin de dire qu'en artiste délicat et consciencieux, Faure\nengage les chanteurs à incarner non les personnages vrais de l'histoire, mais\nles personnages tels que l'auteur nous les présente. C'est une opinion bien rare\nchez un interprète et dont les auteurs doivent lui savoir le plus grand gré. Il\ns'élève vivement contre les orchestres, qui couvrent la voix du chanteur, étant\nde cette école qui supprimerait volontiers l'orchestre au profit du chanteur. Il y\naurait à prendre un juste milieu.\nFaure donne des conseils précieux à propos des chants d'église; il blâme les\nmouvements passionnés et les élans dramatiques, qui ne conviennent, dit-il,\nqu'à la musique profane. Il veut la pureté d'expression, la discrétion dans la\ncouleur, la sobriété dans les hauteurs de voix ; en un mot, « l'expression voilée\nqui détermine chez les auditeurs des pensées pures et non passionnelles. » Ce pas-\nsage porte haut et loin, vers ces sommets où nous entrevoyons l'art musical comme\ndispensateur et régulateur des sensations de tout ordre ; par conséquent comme\nprincipe éducateur par excellence, comme lien rythmique entre les individus.\nCeci nous amène encore à la grande querelle musico-religieuse sur l'interdic-\ntion des chants d'opéra dans les églises.\nComme un véritable grand artiste qu'il est, Faure blâme l'imitation servile\nen éducation musicale. Il a cent fois raison ; puisque chaque appareil laryngien\nest un, qu'il a son timbre, ses qualités, son étendue, qui n'ont rien à voir avec\nl'organe du voisin, on peut recevoir des conseils et des directions, profiter de la\nscience acquise ; mais, en fait d'imitation, la meilleure donne des qualités factices\net tue les qualités naturelles."}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "128", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.24", "texte": "LA MUSIQUE DIAPRÉS LES ALLEMANDS\n\nLisez et déclamez votre texte avant de le chanter, dit encore Faure.\nPrononcez avec netteté et laissez aux voyelles leur ouverture normale ;\nrespirez sans efforts violents et prenez la respiration abdominale. Tout cela est\nexcellent, et nous avons remarqué particulièrement les vues de l'auteur sur la\nmétamorphose des voix d'enfants en voix d'hommes ou de femmes, et la classi-\nfication des voix, qui est simple et très compréhensible. Il classe les voix surtout\nd'après le timbre, ce qui est parfaitement justifié. Je remarque encore ce qu'il\ndit à propos des exercices. 11 faut, dit-il, éviter les grimaces, car la voix\nprend alors la couleur de la passion exprimée par le visage. Ceci est vrai, et nous\nen pouvons tirer une autre vérité : les acteurs doivent produire L'UNITÉ physio-\nnomique, mimique et vocale, sous peine de chanter sans expression ; et mieux vaut\nsacrifier un peu de la beauté du son (qui gagne parfois à l'immobilité du corps)\nque beaucoup à l'ensemble expressif.\nFaure donne de bons préceptes à propos des gammes montantes et descen-\ndantes dont le mécanisme diffère.\nIl paraît brouillé avec l'anatomie du larynx; mais sa méthode est en somme\ntrès classique et suit la science dans les faits principaux : respiration, timbre des\nvoyelles, prononciation.\nM. Faure fut élève de Ponsard et de Moreau Sainti. Il eut, comme je l'ai dit,\ndes commencements très difficiles et fut réduit, au moment de la mue, à jouer de\nla contrebasse dans un bal de barrière :Au grand vainqueur. Ce nom fut pour\nFaure d'un heureux présage.\n\nAlix LENOëL-ZEVORT.\n\nLa musique d après les Allemands\n(suite).\nSchopenhauer croit, comme Platon, que la seule réalité essentielle réside,\nnon dans le monde changeant des apparences, mais dans les Idées; que le rôle\nde l'art est de les saisir pour nous les faire connaître (i), et que l'artiste est\nun contemplateur nous mettant en communication avec elles (2). Mais cet\nidéalisme ne lui suffît pas ; par une théorie très hardie, non exempte d'obscurité,\nà laquelle cependant il attachait une grande importance, et qu'on ne peut par\nconséquent négliger, il fait à la musique une place à part dans ce système.\nAu-desus des Idées, il y a la volonté, c'est-à-dire la force, principe des choses ; les\nautres arts 1 expriment d'une façon médiate, en s'arrêtant aux Idées où la volonté\ntrouve sa première objectivation et qui sont placées entre l'absolu, la chose en\nsoi (das Ansich), et les phénomènes : la musique passe par-dessus les Idées pour\natteindre directement la volonté : elle est une image immédiate (Abbild) de la\nvolonté, comme le monde est une image des Idées (3). Elle seule parle de l'être\n\n(1) Œuvres complètes, 1,282.\n(2) I, 252 et suiv., 269.\n(3) 239> 330. 336» 338 : 11, 535*"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "129", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.25", "texte": "LA MUSIQUE D'APRÈS LES ALLEMANDS\n\nprimordial : les autres arts n'en saisissent que l'ombre. Elle est une métaphysique\nsupérieure aux Idées elles-mêmes. De cette identité du langage musical et de l'ab-\nsolu, il résulte que le monde matériel est une « musique réalisée » (1), et que la\nmusique subsisterait alors même que le monde matériel, tissu d'apparences,\ns'évanouirait (2) ; il résulte aussi (puisque la philosophie a pour objet de compren-\ndre le monde et d'en pénétrer les lois) que la musique est une philosophie supé-\nrieure, ou plutôt la philosophie parfaite comme l'avait dit, du reste, Beetho-\nven dans une phrase célèbre car, aux tâtonnements de l'expérience, aux lec-\nteurs de l'induction et de la dialectique, elle substitue l'éclair de l'intuition. Par\nlà s'explique l'exceptionnelle action qu'elle exerce sur notre sensibilité ; par\nlà se justifient tous ses caractères. La musique est foncièrement sérieuse ~ con-\ntrairement à l'opinion de Kant car son objet, l'expression de la volonté d'où\ntout dépend, est le plus grave de tous (3). Pratiquement, elle n'a pas plus besoin\nd'être associée à des paroles qu'une statue ou un tableau ; la symphonie pure\nest son plus beau domaine : c'est là qu'elle « céièbre ses Saturnales » (4). En\npossession du principe qui domine et anime la nature entière, elle a prise sur tous\nles sujets : elle peut aussi bien traduire la dispute d'Agamemnon et d'Achille\nque celle d'une famille de bourgeois. Elle dédaigne la description réaliste et les\n« peintures sonores » (Tonmalerei) où Haydn et Beethoven lui-même se sont\négarés (5). Son rôle n'est nullement d'illustrer docilement un texte littéraire,\ncomme le pensèrent Gluck et Berlioz : ce sont les paroles qu'il conviendrait\nd'écrire sur la musique, et non la musique sur les paroles. L'opéra est une in-\nvention non musicale, à l'usage des esprits non musiciens, qui ne peuvent goûter\nla musique sans cette « soupe à l'eau » (Wasser suppe) qu'est la poésie érotique\nd'un livret (6).\nTels sont les traits essentiels de cette doctrine où un musicien trouve sans\ndoute quelques sujets d'étonnement et d'embarras, mais où il reconnaît, au\npoint de vue purement artistique, beaucoup de principes excellents qui doivent\nlui être chers (7). J. C.\nPour le musicien, la musique est beaucoup plus claire que la parole; la parole\nne peut même que l'obscurcir. (Mendelssohn.)\nL'opéra moderne n'est qu'une caricature du drame grec ; la poésie érotique\ndes livrets d'opéra me fait l'effet d'une soupe à l'eau. (Schopenhauer.)\nLa musique est une imitation inconsciente des lois éternelles du monde\nreflétées dans l'esprit humain. (Fr. Krause.)\n\n(1)... « Kônne man die Welt obensowohl verkorperte Musik als verkôrperten Willen neunen. »\n(i, 346.)\n(2) i, 340.\n(3) I, 348 ; 11, 528.\n(4)... « die Symphonie, ihrem schônsten Tummelplatz, auf welchem sie ihre Saturnalien feiert. ))\n(5) V. 455 ; h 347-\n(6) V, 459.\n(7) J'ai omis quelques idées de Schopenhauer qui sont de grosses naïvetés d'esthéticien allemand\net sur lesquelles il vaut mieux ne pas insister ; par exemple, le parallélisme établi entre les di-\nvers registres de la voix : basse, ténor, baryton, soprano, et les règnes de la nature : minéraux,\nvégétaux, animaux, humanité. (Dans Don Juan, le rôle du Commandeur serait écrit pour voix de\nbasse parce que c'est une statue de pierre que Mozart fait chanter...) Çà et là, quelques jugements\noriginaux pourraient être cités à titre de curiosité. Certains accords dissonants sont comparés à\nun avorton, produit de deux espèces différentes ou d'un homme et d'un animal (I, 341) ; un\nallegro en mineur ressemble à un danseur qui serait gêné par sa chaussure (11, 536), etc..."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "130", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.26", "texte": "INFORMATIONS\n\nLa musique n'a rien à voir avec les objets concrets et la nature extérieure ; ce\nqu'on trouve en elle, c'est l'idée pure de la beauté, sans intermédiaire, identique\nà son objet. (Chr. Hermann Weisse.)\nLa musique est la notification d'un idéal complètement épanoui en soi, dans\nsa substance absolue, exempte de toute réalisation matérielle. La vie concrète\net actuelle de notre esprit n'est pas en dehors de cet idéal-, elle se dissimule\ndans l'idée générale de la beauté, et devient une vie spirituelle absolue.\nLa musique instrumentale est l'essence pure de l'idéal moderne, libre de\ntoute forme objective déterminée. L'opéra repose sur une fâcheuse alliance\nde la musique avec une fausse poésie et de grossières ébauches d'art\nplastique. [ld.)\nLe rôle de la musique n'est nullement de reproduire les passions réelles, et\nde faire pour elles ce que le trompe-l'œil de certains arts du dessin fait pour les\nobjets matériels; sa fonction est d'exprimer la beauté. Or, la beauté n'agit pas\nsur nous comme objet de connaissance, ou comme principe tendant à produire\nune action : elle agit en nous par le sentiment seul. La musique est donc un art\nsubjectif, obligé de transformer envie intérieure tout ce qu'il touche. (Ferd. Hand.)\nLa musique est l'art de l'intériorité. [Schilling.)\nDevant le sublime intérieur que nous révèle la musique, le sublime extérieur\nde l'océan paraît grossier, celui des étoiles paraît froid. (H. von Sterne.)\nLa musique a un contenu si brillant, si profond et si spécial, que son union\navec la poésie est inutile et toujours fâcheuse. [Vis cher,)\nLa musique instrumentale pure est le macrocosme de l'art ; la musique avec\nparoles n'en est que le microcosme. [ld.)\nIl y a dans la musique une révélation plus haute que dans la théologie et la\nphilosophie. {Beethoven.)\n[A suivre.)\n\nActes officiels et Informations.\n\nPARIS. Par arrêté du 10 février dernier, M. Messager, compositeur de\nmusique, et M. Broussan, directeur de l'Opéra de Lyon, sont nommés directeurs\nde notre Académie nationale de musique pour une période de 7 ans à partir du\nier janvier 1908.\nMOULINS. Par arrêté de M. le préfet de l'Allier, M. Jourdan (Henri) a\nété nommé professeur de la classe de violoncelle à l'Ecole nationale de musi-\nque, en remplacement de M. Coutan, démissionnaire.\nMONTPELLIER. Par arrêté préfectoral en date du 6 février dernier,\nM. Combes (Louis) est nommé au titre de chargé de cours de piano (classe\nsupérieure) à l'Ecole de musique succursale du Conservatoire national de\nMontpellier."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "131", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.27", "texte": "INFORMATIONS\n\nNÎMES. - Les nominations suivantes ont été faites dans le personnel de\nl'Ecole de musique succursale du Conservatoire national de Nîmes :\nM. Delaunay (René), professeur de solfège (4e année) et professeur de sollège\ninstrumentiste, en remplacement de MM. Moulines et Fontayne, démission-\nnaires ;\nM. Pieyre (Jules), professeur de solfège (adultes), en remplacement de\nM. Fontayne, démissionnaire ;\nM. Fontayne (Lucien), professeur de la classe d'ensemble vocal (création) ;\nM. Bourrély (Honoré), professeur de la classede violon préparatoire (création).\nROUBAIX. Par arrêté en date du 4 février dernier de M. le préfet du Nord,\nMUe Boulze (Madeleine) a été nommée professeur de piano à l'Ecole de musique,\nsuccursale du Conservatoire national, en remplacement de Mme Lecroart-Prus,\ndémissionnaire.\n\nCONSERVATOIRE. — La loi de finances du 30 janvier 1907 a ouvert au budget\ndu ministère de l'instruction publique, des beaux-arts et des cultes (2E section,\nbeaux-arts) les crédits nécessaires pour la création, au Conservatoire national\nde musique et de déclamation, de deux classes d'ensemble instrumental (musi-\nque de chambre) qui doivent être confiées à des professeurs titulaires au traite\nment de 1.500 à 2.400 francs.\nLes candidats aux emplois que comportent ces classes sont invités à se faire\ninscrire avant le 5 mars au sous-secrétariat du Conservatoire.\nPassé cette date, aucune inscription ne sera admise.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 janvier 1907 au 19 février 1907.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2i janvier\nAriane.\nMassenet.\ni5.i3o 91\n2 3 —\nThamara. — Le Fils de VEtoile.\nBourgault - Ducou -\ndray. G. Erlanger.\n11.591 26\n2 5 —\nThamara. — Le L7L L? /'Etoile.\nBourgault - Ducou -\ndray. G. Erlanger.\nI 2.5 10 91\n26 —\nSalammbô.\nE. Reyer.\nReprés, gratuite\n28 —\nSamson et Dalila. — Le Fils\nSaint-Saëns. G, Er-\nde l'Etoile.\nlanger.\n16.841 91\n3o —\nThamara. —Le Fils de l'Etoile.\nBourgault - Ducou -\ndray. G. Erlanger.\n11.101 76\ni°r février\nAriane.\nMassenet.\n16.781 41\n2 —\nSalammbô.\nE. Reyer.\n13.029 »\n4 ~\nThamara. —Le Fils de l'Etoile.\nBourgault - Ducou -\ndray. G. Erlanger.\n11.348 91\n6 -\nTannhàuser.\nR. Wagner.\n14.472 76\n8\nFaust.\nGounod.\n19.583 27\n0 —\nAriane.\nMassenet.\n13.66i »\ni ; —\nLe Prophète.\nMeyerbeer.\n15.627 41\n13 —\nAriane.\nMassenet.\n14.135 26\n15 —\nSamson et Dalila. — La Mala-\ndetta.\nSaint-Saëns. Vidal.\n15.900 91\n16 —\nFaust.\nGounod.\n11.344 5o\n18 —\nAriane.\nMassenet.\n15.202 91"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "132", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.28", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique,\nReceltes détaillées du 20 janvier 1907 au 19 février 1907.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n2 0\njanv. mat.\nCarmen.\nBizet.\n7.226\n5o\n2 0\n— soirée\nLes Noces de Jeannette. — La\nVie de Bohème.\nV. Massé. Puccini.\n5.772\n5o\n2 I\n—\nLe Domino noir.\nAuber.\n4.1 17\n5o\n22\n—-\nLa Revanche déIris. — La Vie\nde Bohème.\nPuccini.\n5.265\n»\n23\n—\nManon.\nMassenet.\n8.831\n»\n24\n—\nLa Revanche d'Iris. — La Vie\nde Bohème.\nE. Diet. Puccini.\n8.041\n5o\n25\n—\nWerther.\nMassenet.\n8.044\n5o\n26\n—\nOrphée.\nGluck.\n10.016\n33\n27\n— matin.\nLa Traviata. — Les Armaillis.\nVerdi. G. Doret.\n7-193\n5o\n27\n— soirée\nCarmen.\nBizet.\n6.796\n»\n28\n.—.\nMireille.\nGounod.\n4.571\n5o\n29\n—\nLa Revanche d'Iris. —Madame\nButterfly.\nE. Diet. Puccini.\n7.986\n5o\n3o\n—\nManon.\nMassenet.\n7.218\n5o\n31\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.610\n0 o\nDJ\nier\nfévrier\nLa Revanche d'Iris. — Madame\nButterfly.\nE. Diet. Puccini.\n7.506\n»\n2\n—\nOrphée.\nGluck.\nQ.Q35\n33\n3\n— matin.\nLa Cabrera. — Werther.\nG. Dupont. Massenet.\n8.556\n5o\n3\n— soirée\nLouise.\nG. Charpentier.\n5.813\n»\n4\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n4.456\n»\n5\n—\nCarmen.\nBizet.\n6.i56\n5o\n6\n—\nLa Revanche d'Iris, t— Madame\nButterfly.\nE. Diet. Puccini.\n8.893\n5o\n7\n—\nOrphée.\nGluck.\n9.629\n5o\n8\n—\nLa Cabrera. — Le Barbier de\nSéville.\nG. Dupont. Rossini.\n5.849\n5o\n9\n—\nManon.\nMassenet.\n9.960\n33\n10\n— matin.\nLe Jongleur de Notre-Dame.\n— Le Caïd.\nMassenet. A.Thomas.\n6.626\n5o\n10\n— soirée\nLakmé. — Les Noces de Jean-\nnette.\nDelibes. V. Massé.\n6 749\n5o\n11\n— matin.\nLe Barbier de Séville. — Ca-\nvalleria Rusticana.\nRossini. Mascagni.\n3.586\n»\n11\n— soirée\nMadame Butterfly. — Le Maî-\ntre de chapelle.\nPuccini. Paër.\n7.068\n5o\n[2\n— matin.\nCarmen.\nBizet.\n8.898\n5o\n[ 2\n— soirée\nLa Vie de Bohème. — Le Bon-\nhomme Jadis.\nPuccini. J. Dalcroze.\n5.930\n»\n13\n—\nMireille.\nGounod.\n3.735\n10\nH\n—\nLa Coupe enchantée. — Le\nJongleur de Notre-Dame.\nG. Pierné. Massenet.\n7.701\n33\ni 5\n—\nLa Revanche d'Iris. — Madame\n16\nButterfly.\nE. Diet. Puccini.\n7.965\n5o\n—\nLouise.\nG. Charpentier.\n9-942\n33\n17\n- matin.\nOrphée.\nGluck.\nq.568\n5o\n*7\n— soirée\nCavalleria Rusticana. — Lakmé\nMascagni. Delibes.\n5.697\n5o\n18\n—\nLa Coupe enchantée. — Le Bar-\nbier de Séville.\nG. Pierné. Rossini.\n4.625\n5o\nl9\n■\nLa Vie de Bohème.\nPuccini.\n5.078\n5o"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "133", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.29", "texte": "INFORMATIONS\n\nE. D.\nMONTE-CARLO. Au 13e concert classique de Monte-Carlo, dirigé par\nM. Léon Jehin, le public a applaudi avec enthousiasme le magnifique pianiste\nLouis Diémer, qui a magistralement exécuté le Concerto en sol majeur de\nBeethoven, une œuvre exquise de sa composition, Caprice-Etude, et des pages\nde Massenetet de Liszt.\nLa célèbre cantatrice MUe Selma Kurz devient l'idole du public du littoral.\nElle a chanté le rôle du page Oscar, du Bal masqué de Verdi, avec un charme,\nun style, une virtuosité, qui font d'elle la magnifique égale de la Patti. Mlle Kurz\navait déjà, la semaine précédente, remporté un triomphal succès dans Lucie,\noù s'étaient victorieusement affirmées ses prestigieuses qualités de cantatrice\net de tragédienne lyrique. Elle a été aussi la Zerline du Don Juan de Mozart.\nElle y a triomphé aussi facilement, aussi glorieusement que dans Lucie et le\nBal masqué ;de telles cantatrices sont si rares que l'enthousiasme frénétique\ndu public s'explique facilement : l'admiration s'impose, et nul mot n'est suffi-\nsant à la traduire.\nUn baryton de belle envergure et de superbe organe, M. Titta-Ruffo, et un\npuissant ténor, M. Zérola, furent les partenaires très applaudis de la magnifique\ncantatrice Mlle Selma Kurz.\n\nMONTE-CARLO. Don JuanJe chef-d'œuvre de Mozart, a été magnifiquement\nmonté par M. Raoul Gunsbourg. Grâce à une interprétation exceptionnellement\nbelle, toutes les pages immortelles de cette admirable partition ont été traduites\navec toute leur pureté et tout leur éclat.\nM. Maurice Renaud fut un Don Juan superbe : chanteur merveilleux,comédien\nbrillant, d'une rare élégance, il est le type idéal du héros de Mozart. M. Clément\nchanta délicieusement le rôle d'Ottavio. M.Pini-Corsi fut un Leporello exquis,\nd'une verve comique très légère. M. Chalmin est un excellent Mazetto et la belle\nvoix de M. Meurisse sonna robustement dans le rôle du Commandeur.\nMme Litvinne chante et joue en grande artiste le rôle de dona Anna :sa voix\nsplendide, son style impeccable et sa puissance dramatique lui ont valu un\néclatant succès. MmeKurz, dans le rôle de Zerline, fit admirer sa voix pure et\nfluide et son art incomparable du chant ; elle joue avec une espièglerie mali-\ncieuse vraiment exquise. M 1 Yallandrin, une délicieuse Elvire, compléta cette\nadmirable distribution.\nL'orchestre était conduit de main de maître par M. Léon Jehin.\n\nBORDEAUX. GRAND-THÉATRE.\n\nUne seule représentation de M. Alvarez\n(de l'Opéra) et Mlle Paquot (de la Monnaie) dans le Prophète, a valu à ces deux\ngrands artistes un immense succès. Aussi le vœu de tous les dilettanti est-il\nde pouvoir les réapplaudir de nouveau à l'occasion des fêtes de la prochaine\nexposition.\nLa Tosca, que le sympathique directeur M. Boyer vient de monter à Bordeaux,\nsemble être la meilleure création de la saison, à en juger par le succès toujours\ncroissant avec lequel la partition de Puccini est accueillie.\nLes deux principaux créateurs, M. Gauthier et Mlle Catalan, interprètent\nmerveilleusement ces deux rôles si tragiques, et l'on sait avec quel art ils em-\nploient toutes les ressources de leurs généreux organes. Bref, succès complet,"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "134", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.30", "texte": "INFORMATIONS\n\nqui classera l'oeuvre de réminent musicien parmi les meilleures de ces temps-ci.\nC'est avec regret que nous verrons renoncer àla direction du Grand-Théâtre pour\nles prochaines saisons M. F. Boyer, qui, au cours de son directorat, avait si bien\nsu maintenir notre scène au premier rang des théâtres de province. L'apport\nde son talent comme artiste dans le Barbier, le Jongleur, etc., laissera parmi\nnous un souvenir impérissable.\n\nE. A.\n\nHÔTEL DROUOT.\nH. R.\n- On a vendu aux enchères publiques, à l'hôtel Drouot, une\nsérie de lettres et pièces autographes provenant de la succession de feu M. Char-\npentier, éditeur. Plusieurs émanent de grands compositeurs de musique, entre\nautres : une Causerie musicale, article autographe signé Gaston Betzi(Bizet), qui\na été adjugé à 20 francs ; cinq cartes correspondance adressées àM. Charpen-\ntier par Emmanuel Chabrier, adjugées à2O francs ; huit lettres autographes de\nSaint-Saë.ns à Mme Charpentier, payées 21 francs.\n53 pièces signées des compositeurs de musique : Duvernoy, Delibes, Lacome,\nHahn, Erlanger, Bruneau, V. Massé, Massenet, Pugno, Widor, Reyer, etc., ont\nété obtenues pour 30 francs.\n\nM. Arthur Coquard commence à la salle Erard, avec des artistes d'élite,\nson cours d'Histoire de la musique (renseignements chez Durand).\nLa 2e séance donnée parle Quatuor Laval-Clément a eu lieu, avec le con-\ncours de M. Edouard Bernard, à la salle Pleyel, le 22 février. Au programme,\nBeethoven, Ch. Lefebvre, Smetana.\n—M. Adalbert Mercier, l'auteur de l'Anniversaire, le drame musical qui a\nremporté un vif succès l'an passé au Grand-Théâtre de Bordeaux, termine en ce\nmoment un drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux sur un livret de\nM. Jean Ferval. Le titre de cet ouvrage est Elsen, et son action se déroule\ndans le pittoresque pays de la Norwège.\nGrande salle Pleyel : SÉANCES ANNONCÉES. - Le lERIER mars, M. et Mme J. Boul-\nnois, 9h.;le 2, élèves deMme C. Chevillard, 2h. ;le 3, élèves de M. Ph. Courras,\n1 h. ;le 4, Mlle Steiger, 9h.;le 5, M. Jean Canivet, 9h.;le 9, la Société natio-\nnale de musique, 9h.; le 10, élèves de Mlle G. Aloir, 1 h.; le 11, Mlle Pastoureau,\n9h.; le 12, Mlle Blanche Selva, 9h.; le 13, M. Edouard Tourey, 9h.; le 14,\nM. Paul Viardot, 4h.; le 14, Mlle Wierzbicka,9 h. ;le 15, Mlle E. Russel, 9h.\nSalle des quatuors Pleyel. —Le 3, élèves de Mme Géraut, 1 h. ;le 4, élèves de\nMl,e Grumbach,9h. ;le 6, quatuor Calliat, 9h. ; les 8, 10, 12, 13, 14, élèves de\nMlie Hortense Parent, 1 h. ;le 9, quatuor Georges Sauvage, 9h. ; le 11,\nM. Colling, 9 h. ; le 14, M. Pardo, 9 h.\n« LA TA RENTELLE ». Le prochain concert de « la Tarentelle» a lieu le\nsamedi 2 mars, à 9 heures, salle Erard. On connaît cette société instrumentale\nPamateurs, qui fonctionne depuis dix-huit ans, et qui n'a cessé, depuis son\norigine, d'apporter un actif concours à la propagation des études musicales et\n<( à la glorification de la musique », comme le disait Eugène Gorcin, un de"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "135", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.31", "texte": "INFORMATIONS\n\nses fondateurs, dans un compte rendu déjà ancien que nous avons sous les\nyeux.\nG est le 19 décembre 1888, à la suite d'un quatuor à cordes exécuté chez\nEdouard Tourey, qu'a été décidée la fondation de « la Tarentelle )). Quelques\nartistes d'élite voulurent, ce soir-là, créer une société dont ils chercheraient les\nmembres dans leurs relations immédiates, au milieu de leurs parents et de\nleurs amis, véritable réunion familiale qui devait comprendre des membres\nexécutants, venant là pour compléter leurs études musicales, lire et entendre\nles œuvres d orchestre, choisir leurs modèles parmi les grands classiques,\net des membres donateurs ou associés, dont le rôle serait d'encourager\nl'œuvre et qui, auditeurs bienveillants, auraient en échange de leur contri-\nbution la joie de voir se développer par leurs conseils et leur propa-\ngande cette tentative très noble et très pure de perfectionnement du goût\nmusical.\nSous 1 habile direction d'Edouard Tourey, l'orchestre de «la Tarentelle » se\nconstitua peu à peu, grandit et devint complet, ou peu s'en faut. Artistes désin-\ntéressés, gagistes de talent et de bonne volonté, vinrent encadrer et soutenir,\nquand il en était besoin, les amateurs dont les progrès furent rapides et l'expé-\nrience bientôt respectable.\nIl suffit de relire les programmes des concerts que donna « la Tarentelle »\ndepuis sa fondation pour voir comment elle fut accueillie par les musiciens\nles plus éminents et comment elle trouva auprès des solistes en renom le\nconcours le plus sympathique. On voit figurer à ces auditions les noms de\nMmes Bréval, Hatto, Pacary, Marcella Pregi, Lindsay, de MM. Armand Parent,\nNadaud, Berthelier, Sechiari, Elcus, Casella, Georges de Launay, etc... Le\nprochain concert nous promet Mme Judith Lassalle et l'excellent violoniste\nCantrelle.\nLa salle Erard est mise chaque année à la disposition de la Société avec la\nplus parfaite bonne grâce par M. Blondel. Et cette fois encore, Edouard Tourey\nva mener à la bataille, et au succès, nous n'en doutons pas, son vaillant esca-\ndron.\nIl existe à Paris beaucoup d'amis passionnés de la musique, beaucoup\nd exécutants inconnus mais ayant une valeur technique et une connaissance réelle\nde leur art, qui s'appellent des « amateurs )) parce qu'ils ne vivent pas de leur\ntalent. Il y en a d'autres qui auraient cette valeur technique et bientôt seraient\nexcellents s ils avaient l'occasion, le guide, le terrain qui leur manquent. On se\nréunit bien çà et là, entre amis, pour jouer des sonates, des trios et des\nquatuors, mais les occupations et les devoirs de société viennent sans cesse à la\ntraverse. Et puis ce n'est pas l'orchestre avec son coloris, ses multiples effets,\nson entraînement...\nUne société comme «la Tarentelle », qui tient chaque semaine, du mois de\nnovembre au mois de juin, une séance de répétition, offre aux amateurs éclairés\nce terrain favorable. Ils sont sûrs de trouver là, tous les huit jours, une organi-\nsation, une collaboration régulière, un chef autorisé toujours prêt à leur faire\nsaisir, par une juste observation des nuances et du rythme, l'intime pensée\ndes maîtres. Et ils ont devant eux, pour exciter leur zèle, le but à atteindre, le\nconcert qui est leur œuvre et qui toujours, depuis tant d'années, a mérité l'éloge\net 1 encouragement des meilleurs juges* Nous souhaitons à «la Tarentelle»"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "136", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070301-01.1.32", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\nune active propagande ret un progrès ininterrompu de sa très juste\nrenommée.\n((LA TROMPETTE». NOUS apprenons avec le plus vif plaisir que la Société de\nla Trompette vient d'être ramenée à la vie et réorganisée par les soins de son\nfondateur, M. Lemoine.\nFELIA LITWINNE. —Lundi, 4 mars, débuts à l'Opéra, dans Armide, de la\ngrande cantatrice Litwinne."}]}