{"numero_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_sha256": "bcc2363d014c06db993eca9150d6c4ebba9de48160045026b67648141e5338a6", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1907/05/01_01/bmtnabj_1907-05-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1907/05/01_01/bmtnabj_1907-05-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "225", "page_fin": "230", "image_debut": 1, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.1", "titre_corps": "Œuvres récemment exécutées.", "titre_sommaire": "Œuvres récemment exécutées.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "225", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.1", "debut_caractere": 136, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "Œuvres récemment exécutées.\n\nCHORALE DES LYCÉES DE JEUNES\nFILLES DEPARIS.\n\n— Cette chorale,\nfondée en 1906 non sans quelques\ndifficultés, compte aujourd'hui près\nde 700 exécutantes. Au concert\nannuel du 28 avril, dans le grand\namphithéâtre de la Sorbonne, elle\na chanté avec une corre:tion par-\nfaite et un charme inexprimable\nles pièces suivantes : Y Hymne\n(Ceux qui pieusement sont morts\npour la patrie...) de Bourgault-\nDucoudray ; le Sabotier et les\nAdieux à la jeunesse, chansons\npopulaires de Bretagne ; le PPit\nBonhomme (ronde), de Gabriel\nPierné ; le Salut au Printemps de\nGeorges Marty ; Soleil et les\nDanses de Lormont, de César\nFranck : soit sept compositions\nreprésentant le travail de cette\nannée, et attestant des progrès tou-\njours plus grands. Une irrésistible\némotion monte au cœur de\nl'homme et de la femme, devant\nle spectacle, aussi charmant pour l'œil que pour l'oreille, de ces sept cents jeunes\nfilles dontles voix ont une fraîcheur de timbre unique, qui obéissent docilement\naux rigoureuses disciplines de l'exercice choral. L'Hymne de Bourgault-Ducou-\ndray, avec son unisson initial et sa simplicité puissante, produit un effet gran-\ndiose. La « ronde »de M. Pierné - quidemain sera populaire dans les écoles\nest un charmant tableau de genre, une fantaisie vive et très gaie, d'un art délicat,\nbien appropriée au jeune âge. Les chansons populaires de Basse-Bretagne,\nrecueillies et harmonisées par M. Bourgault-Ducoudray, sont d'admirables spé-\ncimens de l'art populaire, si expressif, et parfois d'une poésie si profonde. Le"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "226", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.2", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3778, "texte": "chœur de M. Marty où s'intercale le solo si bien exécuté par Mlle Boisdon\nest, comme les deux pièces de César Franck, une œuvre de maître, toute de\ngrâce, d'elégance, de charme et d'éclat. L'Ecole de chant choral, si heureu-\nsement fondée et dirigée par M. d'Estournelles de Constans, chef du Bureau des\nThéâtres, prêtait son concours très précieux à cette fête pour chanter (avec de\nremarquables artistes tels que Mlle Thiauzat, Mme Poly, Mme Frignart-Milhet,\nMM. Malzac, Victor Petit, dirigés par M. Radiguer) :la Pavane, avec accom-\npagnement de tambourin, de Jean Tabourot (1589) ; Mignonne, allons voir si la\nrose... à 4 parties, de Guillaume Costeley (1570), et Voici venir du printemps...,\nchœur avec duo, trio, quatuor et quintette, de Claude Lejeune (1603); toutes\npièces rééditées et reconstituées par M. Henry Expert. Au milieu de ce pro-\ngramme uniquement composé de chefs-d'œuvre souriants, mais de valeur artis-\ntique très élevée, a été chaleureusement applaudi le grand pianiste Louis\nDiémer, toujours prêt à donner le concours de son talent aux bonnes œuvres :\nen exécutant la Pileuse de Godard, la Valse en ut dièse mineur, de Chopin, et la\n1ze Rhapsodie de Liszt, le célèbre pianiste a provoqué l'enthousiasme d'un vibrant\nauditoire. Malgré le surcroît de travail que lui imposent les répétitions de Salomé,\nM. Gabriel Pierné a dirigé avec sa maîtrise habituelle l'exécution de l'ouverture de\nDon Juan, et de jolies pièces du Peer Gynt de Grieg, par l'orchestre Colonne.\nIl ne faut pas griser la jeunesse par trop de compliments. Nous sommes\ncependant bien heureux de voir en pleine prospérité cette chorale immense,\nunique, formée avec ce qu'il y a de plus précieux et de plus charmant en France :\nles jeunes filles de Paris. Puisse-t-elle servir de modèle aux autres académies et\ny provoquer de bonnes initiatives ! Elle tient toutes ses promesses et fait espérer\nmieux encore. Nous lui disons de tout cœur, comme dans la belle musique de\nM. Marty : « Salut, Printemps, jeune saison !... »\n\nJ. C.\n\nCIRCÉ, OPÉRA EN 3 ACTES, PAROLES DE M. E. HARAUCOURT, MUSIQUE DE\nMM. LUCIEN ET PAUL HILLEMACHER.\n\n— Ces deux frères qui eurent l'un et l'autre\nle grand prix de Rome pour la composition musicale, — Paul en 1876 et Lucien\nen 1880, — sont un rare et touchant exemple de collaboration cordiale, soutenue\npar une égale et très haute valeur artistique. L'oeuvre qu'ils viennent de faire\njouer à l'Opéra Comique inspire à tous les musiciens une profonde estime ;\nréalise-t-elle l'idéal que les auteurs ont voulu et cru atteindre ? Ou bien plus\nsimplement, se présente-t-elle dans des conditions de succès suffisantes? Bien\nqu'un jugement d'ensemble sur une oeuvre contemporaine — et après deux\nauditions seulement— soit toujours dangereux et fragile, je suis obligé de faire\ndes réserves, en donnant modestement mes raisons.\nAprès la guerre de Troie, sur sa route d'aventures et de périls, Ulysse rencontre\nla magicienne Circé qui, par ses enchantements, le soumet à une servitude pas-\nsagère, d'où il se dégage péniblement. Tel est, en deux mots, le sujet. Il évoque\ntout un monde de brillantes images : Circé et la magie; la guerre de Troie;\nl'Odyssée; Ulysse, le héros hardi, souple, très religieux au fond (1) ; enfin, la\npoésie d'Homère, — autre enchanteresse,— enveloppant tout cela. Homère est\n\n(1) Le sentiment religieux est le trait principal du caractère d'Ulysse. L'Odyssée est le tableau\nde sa lutte contre Poséidon; mais bien qu'il ait irrité le dieu dans un cas de légitime défense\n(défense contre Polyphème), il n'a jamais un mot de protestation contre les épreuves qui lui sont\nenvoyées en manière de représailles. (Sophocle, dans son Ajax, a conservé à Ulysse ce caractère\nreligieux, marqué en maint endroit de Y Iliade.)"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "227", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.3", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3787, "texte": "éminemment favorable à la musique. Il est tout : réalité et fiction, grandeur et\nsimplicité, puissance et agrément; son art frais et jeune, est riche de toutes les\ncouleurs de la nature et de tous les frémissements des passions humaines.\nHomère, c'est du Hacndel : langage naïf et fort, grandiose et aimable, souriant,\nfestonné, clair et profond comme le ciel oriental, facile et abondant comme les\neaux vives dansune grasse et bruissante montagne. Et le premier regret que j'aie\nà formuler, c'est que M. Haraucourt, d'ailleurs très habile au métier d'écrivain,\nne se soit pas inspiréde cemodèle. Son poème est sec, pauvre, sans fantaisie, sans\nhorizon, gâté et rétréci par des préoccupations philosophiques. Circé étant dite\n« à la belle voix » par le poète grec, j'aurais aimé qu'il lui fît déployer toutes les\nressources du chant et qu'il mît autour d'elle un séduisant cortège de danses ;\nj'aurais aimé le principe des tableaux vivants ou en projection étant admis\nqu'Ulysse (comme Enée auprès de Didon, comme Othello auprès de Desdé-\nmone, etc...) évoquât ses aventures passées ou récentes, et qu'une succession de\nscènes, muettes, commentées par l'orchestre seul, fît passer devant nos yeux les\népisodes caractéristiques de la guerre de Troie, lesaventuresdu héros en Thrace,\nchez les Cyclopes, sa rencontre avec l'exquise Nausicaa, son passage dans le\npalais d'Alcinoûs, etc... Au lieu de ce poème si varié, où il y a du roman et du\nconte de fées, du Fenimore Cooper, du Shakespeare et du Perrault, nous avons\nun livret un peu nu et prétentieux. Ulysse, dès la seconde scène, devient une sorte\nde romantique résigné qui joue en dedans, comme Gunther dans Siegfried. Circé\nest la courtisane banale qui fait entrer chez elle un passant. Les « compagnons »\nmanquent absolument de relief et de couleur. Les épisodes sont plutôt tristes.\nEt à cette méthode fâcheuse du librettiste j'arrive à ma réserve la plus\nimportante s'est ajoutée une erreur initiale et grave des compositeurs, mais\nune erreur dont M. Haraucourt ala première responsabilité. Dans la donnée de\nla pièce, ils n'ont vu qu'un sujet d'analyse psychologique ; et ils l'ont traitée\ncomme un mélodrame. C'était leur droit, et il n'était nullement impossible que,\nmême en se plaçant à ce point de vue, ils fissent un chef-d œuvre. Le génie n'a\npas d'esthétique a priori ; il réussit dans tout ce qu'il entreprend, et ferme la\nbouche aux critiques les plus légitimes par des fulgurations ou par une explosion\nqui emporte tout. Mais ici. MM. Hillemacher, tout en ayant beaucoup de\ntalent, n'arrivent pas à s'imposer. Il manque à leur art d'avoir été touché par\nla baguette magique de la grande poésie. Aux personnages homériques, ils font\nparler ce langage heurté, saccadé, savamment incohérent et d'un modernisme\nun peu brutal, qui paraît inséparable, dans la nouvelle école, d'un vrai « drame\nlyrique ». Ils prennent au sérieux, et même au tragique, des choses dont il fallait\nparler avec grâce, sur un mode un peu léger, avec agrément surtout. Il leur\nmanque le sourire éginétique. Leur musique est œuvre de conscience et de\ntrès habile savoir, mais laborieuse, pas assez en dehors. En de certaines scènes,\non les voit appliqués à la construction mélodique, et certes ils ont donné\nailleurs des preuves de leur maîtrise en ce genre de travail. xVLais leur manière\nest contournée, un peu sèche, sans prise sur les facultés d'émotion que le public\naimerait tant à leur abandonner.\nJe ne serais pas étonné que, dans quelques années, cette conception vraiment\ntrop austère du « drame lyrique » appliquée à un sujet comme Circé, parût aussi\nfausse que certains opéras de l'ancien régime, où l'on voyait Xerxès ou Zoroastre\navec une perruque et un pourpoint. En tout cas, le public veut être ému et"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.4", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "charmé : il a regretté de l'être insuffisamment en écoutant l'œuvre de deux\ngrands artistes, MM. Paul et Lucien Hillemacher, peut-être victimes de la mode\ndu jour et de l'imagination trop parcimonieuse de leur collaborateur littéraire.\nCette légende d'Ulysse a été souvent mise àla scène. Je citerai, pour le seul\népisode relatif à Circé : la tragédie lyrique de Corneille, avec musique de Marc-\nAnt. Charpentier (17 mars 1675), puis de Visée (1690) et de Claude Gilliers\n(1703, sur un texte remanié par Dancourt) ; la CYrcé, grand opéra en 5 actes,\nde Henri Desmarets (Paris, ler octobre 1694), sur un texte de Mme Gillot de\nSaintonge ; celles de Bannister (Londres, 1677), de Freschi (Venise, 1679), de\nCimarosa (Rome, 1779, et Milan, 1783), Paer (Venise, 1791); la Circé aban-\ndonnée de Pollarollo (Parme, 1692, et Venise, 1697) ; les Amours de Circé et\nd'Ulysse, de Badia (Dresde, 1709) ; Circé trompée, de Boniventi (Venise, 1711) ;\nCircé et Ulysse, de G. Astarita (Naples, 1777), et Albertini (Hambourg, 1785); la\nMagicienne Circé, d'Anfossi (Rome, 1788) ; Ulysse chez Circé, de Marcello\nPerrino (Naples, 1805), l'opéra de B. Romberg (même titre, Berlin, 1807), etc.,.\nLe Ballet de lareine, joué en 1581, sous Henri 111, était emprunté, pour le fond\ndu sujet, à la même source.\nDans aucune de ces œuvres, on ne trouve le souci de donner en musique un\néquivalent à la poésie d'Homère : une pareille tâche est bien séduisante pour un\ncompositeur aimant les tentatives originales !\n\nJ. C.\n\nLA LÉGENDE DU POINT D'ARGENTAN, PIÈGE EN UN ACTE DE MM. CAIN ET BERNÈDE,\nMUSIQUE DE M. FÉLIX FOURDRAIN A L'OPÉRA-COMIQUE).\nM.\n— On sait que le\npoint d'Argentan est une manière de dentelle très artistique. Le secret de ce\n« point » est perdu. Une femme du peuple, pauvre, avec un fils malade, peine\nen vain sur son métier pour le retrouver. Pendant son travail, elle accueille cha-\nritablement une mendiante, — laquelle, comme remerciement, adresse au ciel\nune ardente prière. Aussitôt, les anges paraissent, et, tandis que l'ouvrière dort,\népuisée de fatigue, ils reconstituent eux-mêmes, en cousant gentiment, le « point\nd'Argentan ». — Ce canevas ne constitue pas un drame, à peine une « pièce »,\nmais un simple tableau, un peu écourté, agréable, sentimental et honnête, sans\nexcès d'imagination. Il en est de même pour la musique de M. Félix Fourdrain :\nc'est un travail intelligent et honorable, où rien n'est poussé jusqu'à la grande\némotion et à la couleur très originale. C'est juste et discret, avec d'assez jolies\nébauches de fileuses et de berceuses, quelques soli de violon et de violoncelle,\nune orchestration très sage, et plusieurs pages adroites qui semblent inspirées\nde la « Méditation de Thaïs ». Ce n'est pas encore du point d'Argentan musi-\ncal.\n\nPIÈCES POUR CLAVECIN DE DANDRIEU. Nous continuons à donner les pièces\ncharmantes de Dandricu, dont quelques-unes font songer à Mozart et à Bach.\nLe pianiste inexpérimenté sera un peu dérouté par les fréquents changements\nde clés ; mais il saura qu'on n'est un musicien sérieux que quand on lit avec une\naisance égale dans toutes les clés usités : et s'il joue correctement les pièces\nque nous donnons dans notre supplément, il peut se considérer comme apte à\nsubir n'importe quelle épreuve ou examen sur la grammaire du piano.\n\nDOUZE PIÈCES ENFANTINES POUR PIANO, PAR BOURGAULT-DUCOUDRAY (CHEZ\nENOCH, 5 FR.). Voici, avec de très jolies illustrations appropriées, un recueil"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.5", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3505, "texte": "de charmantes pièces : Berceuse de poupée, Cavalier' seul, Petite Prière, Cloches et\nCarillons, Première Rêverie, Chanson, ïEnfant décidé, Hymne, la Tarentelle, /'Ame\nen paix, Sonnerie, Bourrée TAuvergne. Bizeta déjà écrit des « scènes et jeux d'en-\nfants», pièces fort belles, mais difficiles. M. Bourgault-Ducoudray, qui semble\ns'être fait une âme d'enfant, écrit pour le tout jeune âge, ce qui ne l'empêche pas\nde rester un excellent musicien. Ce très gentil recueil peut servir d'encourage-\nment aux pianistes, à partir de l'âge de huit ans !\n\nLA NEUVIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).\nLa Société des concerts vient d'achever sa quatre-vingtième année d'existence\npar une très belle exécution de la Symphonie avec chœur. La première audition\nen France de la Neuvième fut donnée en 1831 par la Société des concerts. La\nseconde audition n'eut lieu que l'année suivante ;le chef d'orchestre Habeneck\navait eu l'ingénieuse idée d'intercaler diverses œuvres entre les parties de la\n«\nSymphonie (1)... On croit rêver en voyant de quels ridicules « tripatouillages »\nles œuvres musicales ont été l'objet chez nous. Wagner lui-même n'a pas craint\nplus tard de porter une main sacrilège sur cette partition, en remaniant l'orches-\ntration du maître, ce contre quoi Gounod s'insurgea à juste titre. Telle que\nBeethoven l'a conçue et écrite, la Neuvième est un impérissable chef-d'œuvre, que\nnul ne songe plus à discuter aujourd'hui. La seule critique qu'on puisse faire\nporte sur la façon dont Beethoven en a usé avec les voix. Il faut pour chanter\nles hymnes du Fdnale une masse chorale disciplinée et nombreuse. Il ne me\ndéplairait pas d'entendre chaque partie solo interprétée par plusieurs artistes,\nhuit ou dix, par exemple, ce qui mettrait en opposition un petit chœur d'une\nquarantaine de voix avec un grand chœur de 150 à 200 sujets.\nContrairement à l'esthétique des œuvres classiques antérieures, pour l'exécu-\ntion desquelles il ne faut pas dépasser un certain nombre d'artistes, la IXe peut\nêtre interprétée glorieusement par d'importantes masses chorales et instrumen-\ntales. Le tout est d'en équilibrer les éléments. Le jour où l'on inaugurera, sur\nles pelouses du Ranelagh, la statue de Beethoven, je voudrais qu'un orchestre\nde 200 musiciens, soutenant un chœur d'un millier de voix, initiât le peuple de\nParis à la noble collaboration de Schiller avec Beethoven.\nQu'ont-ils voulu chanter ? Est-ce la Joie ? Est-ce la Liberté ?\nQuestion oiseuse qui a fait couler beaucoup d'encre. Peut-on ressentir la Joie\nlà où il n'est pas de Liberté ? Peut-on célébrer la Liberté sans être joyeux ?Le\npropre de la musique n'est-il pas de généraliser, d'idéaliser, de poétiser les\nsujets qu'elle prétend dépeindre ?On peut trouver dans la Neuvième le germe de\ntous les sentiments, la synthèse de tous les mouvements de l'âme. Examinons\nseulement le premier morceau de la Symphonie :il y a dans le début des pen-\nsées volontairement obscures et confuses ;ilya de la tendresse dans le duo que\nchantent la flûte et la clarinette après le petit badinage en tierces ; puis il ya de\nl'énergie dans le rythme\nIl serait aisé d'envisager de même les parties suivantes... Ce qui est à citer\nencore, c'est la pensée que semble avoir eue Beethoven de faire entendre dans\nsa Symphonie, sous des formes nouvelles, des phrases musicales qu'il avait déjà\nemployées dans ses œuvres précédentes, et auxquelles il donne comme une\n\n(1) V. ProcThomme, Les Symphonies de Beethoven."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.6", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "consécration solennelle. Dans l'allégro nous saluons au passage un trait déjà\nentendu dans la Pastorale ; le thème de l'adagio est proche parent de celui de\nl'andante de la Pathétique ; le fameux récitatif du baryton a son sosie dans une\nsonate pour piano. Je pourrais multiplier ces citations.\nLa Symphonie avec chœurs contient à la fois le poème de la vie humaine et\nle poème de la vie des peuples. Elle découvre un coin du rideau qui nous cache\nl'avenir, un avenir riant, un avenir de fraternité et de paix universelles. On devrait\nexécuter cette Symphonie à la conférence de La Haye ; aussi bien, le rôle de la\nmusique n'est-il pas d'élever les cœurs et de rapprocher les esprits ?...\nDans vingt ans lorsque nous célébrerons le centenaire de la Société des con-\ncerts, c'est encore la Neuvième que nous entendrons, et, vieillards, les hommes\nde ma génération applaudiront encore avec enthousiasme cette œuvre unique\nsur laquelle le temps n'aura, jamais de prise.\nM. Martya remarquablement dirigé la dernière exécution.\nCe qui caractérise sa manière, c'est qu'il est constamment maître de lui. A\naucun moment il n'a eu de ces emballements fiévreux auxquels M. Chevillard,\npar exemple, se laisse parfois entraîner. Les quatre solistes étaient : Mmes Mastio,\nLacombe, MM, Nansen et Billot.\n\nHARALD, OUVERTURE DRAMATIQUE DE M. XAVIER LEROUX (ibid.).\nHENRI BRODY.\nLa séance\navait commencé parla première audition dune ouverture : Harald, dont le style\nweberien tranche d'une façon très vive sur le genre de musique auquel M. X. Le-\nroux s'adonne actuellement.il y a dans le talent de ce compositeur une souplesse\nextraordinaire. Lorsque M. Xavier Leroux ne cherche pas à produire des effets\ninattendus, lorsqu'il se contente de suivre les sentiers battus, il y découvre des\nfleurs charmantes dont il fait de jolis bouquets. Harald est un joli bouquet dont\nles couleurs sont adroitement combinées, et dont le parfum sans violence m a\nplu."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "225", "page_fin": "226", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.1.1", "titre_corps": "CHORALE DES LYCÉES DE JEUNES FILLES DEPARIS.", "titre_sommaire": "CHORALE DES LYCÉES DE JEUNES FILLES DEPARIS.", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "225", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.1", "debut_caractere": 165, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "CHORALE DES LYCÉES DE JEUNES\nFILLES DEPARIS.\n\n— Cette chorale,\nfondée en 1906 non sans quelques\ndifficultés, compte aujourd'hui près\nde 700 exécutantes. Au concert\nannuel du 28 avril, dans le grand\namphithéâtre de la Sorbonne, elle\na chanté avec une corre:tion par-\nfaite et un charme inexprimable\nles pièces suivantes : Y Hymne\n(Ceux qui pieusement sont morts\npour la patrie...) de Bourgault-\nDucoudray ; le Sabotier et les\nAdieux à la jeunesse, chansons\npopulaires de Bretagne ; le PPit\nBonhomme (ronde), de Gabriel\nPierné ; le Salut au Printemps de\nGeorges Marty ; Soleil et les\nDanses de Lormont, de César\nFranck : soit sept compositions\nreprésentant le travail de cette\nannée, et attestant des progrès tou-\njours plus grands. Une irrésistible\némotion monte au cœur de\nl'homme et de la femme, devant\nle spectacle, aussi charmant pour l'œil que pour l'oreille, de ces sept cents jeunes\nfilles dontles voix ont une fraîcheur de timbre unique, qui obéissent docilement\naux rigoureuses disciplines de l'exercice choral. L'Hymne de Bourgault-Ducou-\ndray, avec son unisson initial et sa simplicité puissante, produit un effet gran-\ndiose. La « ronde »de M. Pierné - quidemain sera populaire dans les écoles\nest un charmant tableau de genre, une fantaisie vive et très gaie, d'un art délicat,\nbien appropriée au jeune âge. Les chansons populaires de Basse-Bretagne,\nrecueillies et harmonisées par M. Bourgault-Ducoudray, sont d'admirables spé-\ncimens de l'art populaire, si expressif, et parfois d'une poésie si profonde. Le"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "226", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.2", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2045, "texte": "chœur de M. Marty où s'intercale le solo si bien exécuté par Mlle Boisdon\nest, comme les deux pièces de César Franck, une œuvre de maître, toute de\ngrâce, d'elégance, de charme et d'éclat. L'Ecole de chant choral, si heureu-\nsement fondée et dirigée par M. d'Estournelles de Constans, chef du Bureau des\nThéâtres, prêtait son concours très précieux à cette fête pour chanter (avec de\nremarquables artistes tels que Mlle Thiauzat, Mme Poly, Mme Frignart-Milhet,\nMM. Malzac, Victor Petit, dirigés par M. Radiguer) :la Pavane, avec accom-\npagnement de tambourin, de Jean Tabourot (1589) ; Mignonne, allons voir si la\nrose... à 4 parties, de Guillaume Costeley (1570), et Voici venir du printemps...,\nchœur avec duo, trio, quatuor et quintette, de Claude Lejeune (1603); toutes\npièces rééditées et reconstituées par M. Henry Expert. Au milieu de ce pro-\ngramme uniquement composé de chefs-d'œuvre souriants, mais de valeur artis-\ntique très élevée, a été chaleureusement applaudi le grand pianiste Louis\nDiémer, toujours prêt à donner le concours de son talent aux bonnes œuvres :\nen exécutant la Pileuse de Godard, la Valse en ut dièse mineur, de Chopin, et la\n1ze Rhapsodie de Liszt, le célèbre pianiste a provoqué l'enthousiasme d'un vibrant\nauditoire. Malgré le surcroît de travail que lui imposent les répétitions de Salomé,\nM. Gabriel Pierné a dirigé avec sa maîtrise habituelle l'exécution de l'ouverture de\nDon Juan, et de jolies pièces du Peer Gynt de Grieg, par l'orchestre Colonne.\nIl ne faut pas griser la jeunesse par trop de compliments. Nous sommes\ncependant bien heureux de voir en pleine prospérité cette chorale immense,\nunique, formée avec ce qu'il y a de plus précieux et de plus charmant en France :\nles jeunes filles de Paris. Puisse-t-elle servir de modèle aux autres académies et\ny provoquer de bonnes initiatives ! Elle tient toutes ses promesses et fait espérer\nmieux encore. Nous lui disons de tout cœur, comme dans la belle musique de\nM. Marty : « Salut, Printemps, jeune saison !... »\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "226", "page_fin": "228", "image_debut": 2, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.1.2", "titre_corps": "CIRCÉ, OPÉRA EN 3 ACTES, PAROLES DE M. E. HARAUCOURT, MUSIQUE DE MM. LUCIEN ET PAUL HILLEMACHER.", "titre_sommaire": "CIRCÉ, OPÉRA EN 3 ACTES, PAROLES DE M. E. HARAUCOURT, MUSIQUE DE MM. LUCIEN ET PAUL HILLEMACHER.", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "226", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.2", "debut_caractere": 2047, "fin_caractere_exclue": 3778, "texte": "CIRCÉ, OPÉRA EN 3 ACTES, PAROLES DE M. E. HARAUCOURT, MUSIQUE DE\nMM. LUCIEN ET PAUL HILLEMACHER.\n\n— Ces deux frères qui eurent l'un et l'autre\nle grand prix de Rome pour la composition musicale, — Paul en 1876 et Lucien\nen 1880, — sont un rare et touchant exemple de collaboration cordiale, soutenue\npar une égale et très haute valeur artistique. L'oeuvre qu'ils viennent de faire\njouer à l'Opéra Comique inspire à tous les musiciens une profonde estime ;\nréalise-t-elle l'idéal que les auteurs ont voulu et cru atteindre ? Ou bien plus\nsimplement, se présente-t-elle dans des conditions de succès suffisantes? Bien\nqu'un jugement d'ensemble sur une oeuvre contemporaine — et après deux\nauditions seulement— soit toujours dangereux et fragile, je suis obligé de faire\ndes réserves, en donnant modestement mes raisons.\nAprès la guerre de Troie, sur sa route d'aventures et de périls, Ulysse rencontre\nla magicienne Circé qui, par ses enchantements, le soumet à une servitude pas-\nsagère, d'où il se dégage péniblement. Tel est, en deux mots, le sujet. Il évoque\ntout un monde de brillantes images : Circé et la magie; la guerre de Troie;\nl'Odyssée; Ulysse, le héros hardi, souple, très religieux au fond (1) ; enfin, la\npoésie d'Homère, — autre enchanteresse,— enveloppant tout cela. Homère est\n\n(1) Le sentiment religieux est le trait principal du caractère d'Ulysse. L'Odyssée est le tableau\nde sa lutte contre Poséidon; mais bien qu'il ait irrité le dieu dans un cas de légitime défense\n(défense contre Polyphème), il n'a jamais un mot de protestation contre les épreuves qui lui sont\nenvoyées en manière de représailles. (Sophocle, dans son Ajax, a conservé à Ulysse ce caractère\nreligieux, marqué en maint endroit de Y Iliade.)"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "227", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.3", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 3787, "texte": "éminemment favorable à la musique. Il est tout : réalité et fiction, grandeur et\nsimplicité, puissance et agrément; son art frais et jeune, est riche de toutes les\ncouleurs de la nature et de tous les frémissements des passions humaines.\nHomère, c'est du Hacndel : langage naïf et fort, grandiose et aimable, souriant,\nfestonné, clair et profond comme le ciel oriental, facile et abondant comme les\neaux vives dansune grasse et bruissante montagne. Et le premier regret que j'aie\nà formuler, c'est que M. Haraucourt, d'ailleurs très habile au métier d'écrivain,\nne se soit pas inspiréde cemodèle. Son poème est sec, pauvre, sans fantaisie, sans\nhorizon, gâté et rétréci par des préoccupations philosophiques. Circé étant dite\n« à la belle voix » par le poète grec, j'aurais aimé qu'il lui fît déployer toutes les\nressources du chant et qu'il mît autour d'elle un séduisant cortège de danses ;\nj'aurais aimé le principe des tableaux vivants ou en projection étant admis\nqu'Ulysse (comme Enée auprès de Didon, comme Othello auprès de Desdé-\nmone, etc...) évoquât ses aventures passées ou récentes, et qu'une succession de\nscènes, muettes, commentées par l'orchestre seul, fît passer devant nos yeux les\népisodes caractéristiques de la guerre de Troie, lesaventuresdu héros en Thrace,\nchez les Cyclopes, sa rencontre avec l'exquise Nausicaa, son passage dans le\npalais d'Alcinoûs, etc... Au lieu de ce poème si varié, où il y a du roman et du\nconte de fées, du Fenimore Cooper, du Shakespeare et du Perrault, nous avons\nun livret un peu nu et prétentieux. Ulysse, dès la seconde scène, devient une sorte\nde romantique résigné qui joue en dedans, comme Gunther dans Siegfried. Circé\nest la courtisane banale qui fait entrer chez elle un passant. Les « compagnons »\nmanquent absolument de relief et de couleur. Les épisodes sont plutôt tristes.\nEt à cette méthode fâcheuse du librettiste j'arrive à ma réserve la plus\nimportante s'est ajoutée une erreur initiale et grave des compositeurs, mais\nune erreur dont M. Haraucourt ala première responsabilité. Dans la donnée de\nla pièce, ils n'ont vu qu'un sujet d'analyse psychologique ; et ils l'ont traitée\ncomme un mélodrame. C'était leur droit, et il n'était nullement impossible que,\nmême en se plaçant à ce point de vue, ils fissent un chef-d œuvre. Le génie n'a\npas d'esthétique a priori ; il réussit dans tout ce qu'il entreprend, et ferme la\nbouche aux critiques les plus légitimes par des fulgurations ou par une explosion\nqui emporte tout. Mais ici. MM. Hillemacher, tout en ayant beaucoup de\ntalent, n'arrivent pas à s'imposer. Il manque à leur art d'avoir été touché par\nla baguette magique de la grande poésie. Aux personnages homériques, ils font\nparler ce langage heurté, saccadé, savamment incohérent et d'un modernisme\nun peu brutal, qui paraît inséparable, dans la nouvelle école, d'un vrai « drame\nlyrique ». Ils prennent au sérieux, et même au tragique, des choses dont il fallait\nparler avec grâce, sur un mode un peu léger, avec agrément surtout. Il leur\nmanque le sourire éginétique. Leur musique est œuvre de conscience et de\ntrès habile savoir, mais laborieuse, pas assez en dehors. En de certaines scènes,\non les voit appliqués à la construction mélodique, et certes ils ont donné\nailleurs des preuves de leur maîtrise en ce genre de travail. xVLais leur manière\nest contournée, un peu sèche, sans prise sur les facultés d'émotion que le public\naimerait tant à leur abandonner.\nJe ne serais pas étonné que, dans quelques années, cette conception vraiment\ntrop austère du « drame lyrique » appliquée à un sujet comme Circé, parût aussi\nfausse que certains opéras de l'ancien régime, où l'on voyait Xerxès ou Zoroastre\navec une perruque et un pourpoint. En tout cas, le public veut être ému et"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.4", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 1520, "texte": "charmé : il a regretté de l'être insuffisamment en écoutant l'œuvre de deux\ngrands artistes, MM. Paul et Lucien Hillemacher, peut-être victimes de la mode\ndu jour et de l'imagination trop parcimonieuse de leur collaborateur littéraire.\nCette légende d'Ulysse a été souvent mise àla scène. Je citerai, pour le seul\népisode relatif à Circé : la tragédie lyrique de Corneille, avec musique de Marc-\nAnt. Charpentier (17 mars 1675), puis de Visée (1690) et de Claude Gilliers\n(1703, sur un texte remanié par Dancourt) ; la CYrcé, grand opéra en 5 actes,\nde Henri Desmarets (Paris, ler octobre 1694), sur un texte de Mme Gillot de\nSaintonge ; celles de Bannister (Londres, 1677), de Freschi (Venise, 1679), de\nCimarosa (Rome, 1779, et Milan, 1783), Paer (Venise, 1791); la Circé aban-\ndonnée de Pollarollo (Parme, 1692, et Venise, 1697) ; les Amours de Circé et\nd'Ulysse, de Badia (Dresde, 1709) ; Circé trompée, de Boniventi (Venise, 1711) ;\nCircé et Ulysse, de G. Astarita (Naples, 1777), et Albertini (Hambourg, 1785); la\nMagicienne Circé, d'Anfossi (Rome, 1788) ; Ulysse chez Circé, de Marcello\nPerrino (Naples, 1805), l'opéra de B. Romberg (même titre, Berlin, 1807), etc.,.\nLe Ballet de lareine, joué en 1581, sous Henri 111, était emprunté, pour le fond\ndu sujet, à la même source.\nDans aucune de ces œuvres, on ne trouve le souci de donner en musique un\néquivalent à la poésie d'Homère : une pareille tâche est bien séduisante pour un\ncompositeur aimant les tentatives originales !\n\nJ. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c005", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "228", "page_fin": "228", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.1.3", "titre_corps": "LA LÉGENDE DU POINT D'ARGENTAN, PIÈGE EN UN ACTE DE MM. CAIN ET BERNÈDE, MUSIQUE DE M. FÉLIX FOURDRAIN A L'OPÉRA-COMIQUE).", "titre_sommaire": "LA LÉGENDE DU POINT D'ARGENTAN, PIÈGE EN UN ACTE DE MM. CAIN ET BERNÈDE, MUSIQUE DE M. FÉLIX FOURDRAIN A L'OPÉRA-COMIQUE).", "signature_source": "M", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.4", "debut_caractere": 1522, "fin_caractere_exclue": 2787, "texte": "LA LÉGENDE DU POINT D'ARGENTAN, PIÈGE EN UN ACTE DE MM. CAIN ET BERNÈDE,\nMUSIQUE DE M. FÉLIX FOURDRAIN A L'OPÉRA-COMIQUE).\nM.\n— On sait que le\npoint d'Argentan est une manière de dentelle très artistique. Le secret de ce\n« point » est perdu. Une femme du peuple, pauvre, avec un fils malade, peine\nen vain sur son métier pour le retrouver. Pendant son travail, elle accueille cha-\nritablement une mendiante, — laquelle, comme remerciement, adresse au ciel\nune ardente prière. Aussitôt, les anges paraissent, et, tandis que l'ouvrière dort,\népuisée de fatigue, ils reconstituent eux-mêmes, en cousant gentiment, le « point\nd'Argentan ». — Ce canevas ne constitue pas un drame, à peine une « pièce »,\nmais un simple tableau, un peu écourté, agréable, sentimental et honnête, sans\nexcès d'imagination. Il en est de même pour la musique de M. Félix Fourdrain :\nc'est un travail intelligent et honorable, où rien n'est poussé jusqu'à la grande\némotion et à la couleur très originale. C'est juste et discret, avec d'assez jolies\nébauches de fileuses et de berceuses, quelques soli de violon et de violoncelle,\nune orchestration très sage, et plusieurs pages adroites qui semblent inspirées\nde la « Méditation de Thaïs ». Ce n'est pas encore du point d'Argentan musi-\ncal."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c006", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "228", "page_fin": "228", "image_debut": 4, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.1.4", "titre_corps": "PIÈCES POUR CLAVECIN DE DANDRIEU. Nous continuons à donner les pièces", "titre_sommaire": "PIÈCES POUR CLAVECIN DE DANDRIEU. Nous continuons à donner les pièces", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.4", "debut_caractere": 2789, "fin_caractere_exclue": 3315, "texte": "PIÈCES POUR CLAVECIN DE DANDRIEU. Nous continuons à donner les pièces\ncharmantes de Dandricu, dont quelques-unes font songer à Mozart et à Bach.\nLe pianiste inexpérimenté sera un peu dérouté par les fréquents changements\nde clés ; mais il saura qu'on n'est un musicien sérieux que quand on lit avec une\naisance égale dans toutes les clés usités : et s'il joue correctement les pièces\nque nous donnons dans notre supplément, il peut se considérer comme apte à\nsubir n'importe quelle épreuve ou examen sur la grammaire du piano."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "228", "page_fin": "229", "image_debut": 4, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.1.5", "titre_corps": "DOUZE PIÈCES ENFANTINES POUR PIANO, PAR BOURGAULT-DUCOUDRAY (CHEZ", "titre_sommaire": "DOUZE PIÈCES ENFANTINES POUR PIANO, PAR BOURGAULT-DUCOUDRAY (CHEZ", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.4", "debut_caractere": 3317, "fin_caractere_exclue": 3462, "texte": "DOUZE PIÈCES ENFANTINES POUR PIANO, PAR BOURGAULT-DUCOUDRAY (CHEZ\nENOCH, 5 FR.). Voici, avec de très jolies illustrations appropriées, un recueil"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.5", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 575, "texte": "de charmantes pièces : Berceuse de poupée, Cavalier' seul, Petite Prière, Cloches et\nCarillons, Première Rêverie, Chanson, ïEnfant décidé, Hymne, la Tarentelle, /'Ame\nen paix, Sonnerie, Bourrée TAuvergne. Bizeta déjà écrit des « scènes et jeux d'en-\nfants», pièces fort belles, mais difficiles. M. Bourgault-Ducoudray, qui semble\ns'être fait une âme d'enfant, écrit pour le tout jeune âge, ce qui ne l'empêche pas\nde rester un excellent musicien. Ce très gentil recueil peut servir d'encourage-\nment aux pianistes, à partir de l'âge de huit ans !"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "229", "page_fin": "230", "image_debut": 5, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.1.6", "titre_corps": "LA NEUVIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).", "titre_sommaire": "LA NEUVIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.5", "debut_caractere": 577, "fin_caractere_exclue": 3505, "texte": "LA NEUVIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).\nLa Société des concerts vient d'achever sa quatre-vingtième année d'existence\npar une très belle exécution de la Symphonie avec chœur. La première audition\nen France de la Neuvième fut donnée en 1831 par la Société des concerts. La\nseconde audition n'eut lieu que l'année suivante ;le chef d'orchestre Habeneck\navait eu l'ingénieuse idée d'intercaler diverses œuvres entre les parties de la\n«\nSymphonie (1)... On croit rêver en voyant de quels ridicules « tripatouillages »\nles œuvres musicales ont été l'objet chez nous. Wagner lui-même n'a pas craint\nplus tard de porter une main sacrilège sur cette partition, en remaniant l'orches-\ntration du maître, ce contre quoi Gounod s'insurgea à juste titre. Telle que\nBeethoven l'a conçue et écrite, la Neuvième est un impérissable chef-d'œuvre, que\nnul ne songe plus à discuter aujourd'hui. La seule critique qu'on puisse faire\nporte sur la façon dont Beethoven en a usé avec les voix. Il faut pour chanter\nles hymnes du Fdnale une masse chorale disciplinée et nombreuse. Il ne me\ndéplairait pas d'entendre chaque partie solo interprétée par plusieurs artistes,\nhuit ou dix, par exemple, ce qui mettrait en opposition un petit chœur d'une\nquarantaine de voix avec un grand chœur de 150 à 200 sujets.\nContrairement à l'esthétique des œuvres classiques antérieures, pour l'exécu-\ntion desquelles il ne faut pas dépasser un certain nombre d'artistes, la IXe peut\nêtre interprétée glorieusement par d'importantes masses chorales et instrumen-\ntales. Le tout est d'en équilibrer les éléments. Le jour où l'on inaugurera, sur\nles pelouses du Ranelagh, la statue de Beethoven, je voudrais qu'un orchestre\nde 200 musiciens, soutenant un chœur d'un millier de voix, initiât le peuple de\nParis à la noble collaboration de Schiller avec Beethoven.\nQu'ont-ils voulu chanter ? Est-ce la Joie ? Est-ce la Liberté ?\nQuestion oiseuse qui a fait couler beaucoup d'encre. Peut-on ressentir la Joie\nlà où il n'est pas de Liberté ? Peut-on célébrer la Liberté sans être joyeux ?Le\npropre de la musique n'est-il pas de généraliser, d'idéaliser, de poétiser les\nsujets qu'elle prétend dépeindre ?On peut trouver dans la Neuvième le germe de\ntous les sentiments, la synthèse de tous les mouvements de l'âme. Examinons\nseulement le premier morceau de la Symphonie :il y a dans le début des pen-\nsées volontairement obscures et confuses ;ilya de la tendresse dans le duo que\nchantent la flûte et la clarinette après le petit badinage en tierces ; puis il ya de\nl'énergie dans le rythme\nIl serait aisé d'envisager de même les parties suivantes... Ce qui est à citer\nencore, c'est la pensée que semble avoir eue Beethoven de faire entendre dans\nsa Symphonie, sous des formes nouvelles, des phrases musicales qu'il avait déjà\nemployées dans ses œuvres précédentes, et auxquelles il donne comme une\n\n(1) V. ProcThomme, Les Symphonies de Beethoven."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.6", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1316, "texte": "consécration solennelle. Dans l'allégro nous saluons au passage un trait déjà\nentendu dans la Pastorale ; le thème de l'adagio est proche parent de celui de\nl'andante de la Pathétique ; le fameux récitatif du baryton a son sosie dans une\nsonate pour piano. Je pourrais multiplier ces citations.\nLa Symphonie avec chœurs contient à la fois le poème de la vie humaine et\nle poème de la vie des peuples. Elle découvre un coin du rideau qui nous cache\nl'avenir, un avenir riant, un avenir de fraternité et de paix universelles. On devrait\nexécuter cette Symphonie à la conférence de La Haye ; aussi bien, le rôle de la\nmusique n'est-il pas d'élever les cœurs et de rapprocher les esprits ?...\nDans vingt ans lorsque nous célébrerons le centenaire de la Société des con-\ncerts, c'est encore la Neuvième que nous entendrons, et, vieillards, les hommes\nde ma génération applaudiront encore avec enthousiasme cette œuvre unique\nsur laquelle le temps n'aura, jamais de prise.\nM. Martya remarquablement dirigé la dernière exécution.\nCe qui caractérise sa manière, c'est qu'il est constamment maître de lui. A\naucun moment il n'a eu de ces emballements fiévreux auxquels M. Chevillard,\npar exemple, se laisse parfois entraîner. Les quatre solistes étaient : Mmes Mastio,\nLacombe, MM, Nansen et Billot."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c010", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "230", "page_fin": "230", "image_debut": 6, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.1.7", "titre_corps": "HARALD, OUVERTURE DRAMATIQUE DE M. XAVIER LEROUX (ibid.).", "titre_sommaire": "HARALD, OUVERTURE DRAMATIQUE DE M. XAVIER LEROUX (ibid.).", "signature_source": "HENRI BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.6", "debut_caractere": 1318, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "HARALD, OUVERTURE DRAMATIQUE DE M. XAVIER LEROUX (ibid.).\nHENRI BRODY.\nLa séance\navait commencé parla première audition dune ouverture : Harald, dont le style\nweberien tranche d'une façon très vive sur le genre de musique auquel M. X. Le-\nroux s'adonne actuellement.il y a dans le talent de ce compositeur une souplesse\nextraordinaire. Lorsque M. Xavier Leroux ne cherche pas à produire des effets\ninattendus, lorsqu'il se contente de suivre les sentiers battus, il y découvre des\nfleurs charmantes dont il fait de jolis bouquets. Harald est un joli bouquet dont\nles couleurs sont adroitement combinées, et dont le parfum sans violence m a\nplu."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c011", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "230", "page_fin": "232", "image_debut": 6, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.2", "titre_corps": "Le chant et les méthodes (Suite) : Delle Sedie. Melchissédec. Registre unique.", "titre_sommaire": "Le chant et les méthodes (Suite) : Delle Sedie. Melchissédec. Registre unique.", "signature_source": "ALIX LENOEL-ZEVORT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.6", "debut_caractere": 1964, "fin_caractere_exclue": 3158, "texte": "Le chant et les méthodes (Suite) : Delle Sedie. Melchissédec.\nRegistre unique.\n\nUn mot de la méthode de chant de Enrico Delle Sedie. Virtuose de talent,\nDelle Sedie fut nommé professeur au Conservatoire en 1867, aPrês avoir fait\nune brillante carrière théâtrale en Italie, sa patrie, en Autriche, en Prusse, en\nAngleterre, et enfinà Paris. Cet artiste se distinguait parla pureté de son phrasé,\nson style et son intelligence dramatique. D'autres avaient une voix plus puis-\nsante ; nul ne s'en est servi avec plus de goût. On peut supposer que ses longues\net sévères recherches théoriques et scientifiques ne sont pas étrangères à ce\nrésultat. Effectivement, Delle Sedie, dans son Art lyrique et dans son Esthétique\ndu chant, a traité avec compétence toutes les questions qui se rattachent à la\nscience vocale. Cet auteur se met franchement, commeenseignement, sous l'égide\nde la science, et son effort sincère est souvent couronné de succès. On trouve dans\nla méthode de Delle Sedie des indications curieuses sur le timbre des voyelles.\nCette méthode se distingue encore des similaires par un essai d'adaptations\nmusicales desdifférentes passions : haine, amour, colère, etc. Peut-être aurait-"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "231", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.7", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "il dû choisir ses exemples dans les maîtres dont le phrasé passionnel a été acclamé\net reconnu par plusieurs générations, au lieu de les créer lui-même.\nDelle Sedie déplore avec bien d'autres la décadence de l'art du chant ; il cons-\ntate que cet art n'est pas purement instinctif, mais qu'il obéit à des règles déter-\nminées ; scientifiquement, il s'appuie sur Mandl, malheureusement Mandl est\nfort distancé aujourd'hui...\nDelle Sedie dit avec justesse qu'il serait nécessaire que tous les maîtres ensei-\ngnassent les mêmes principes généraux dans un ordre régulier et logique. Il a cent\nfois raison, mais cela ne pourra se faire, même au Conservatoire, que quand\nil y aura un corps de doctrines constamment revisé suivant les progrès scienti-\nfiques accomplis.\nA propos du récitatif, que Delle Sedie traite avec compétence, il fait remar-\nquer que le son mélodie est rarement en accord avec le son parole, et qu'il est\nen quelque sorte nécessaire de les fondre l'un dans l'autre. Peut-être une con-\nnaissance plus exacte des intonations parlées entraînera-t-eile une union plus\ncomplète de la poésie et de la musique.\nCe sera l'affaire des auteurs de ne pas produire de dissonances sans raison\ndéterminée ; pour le moment, l'exécutant doit lutter contre un antagonisme de\nfait, entre la poésie et la musique ; sans compter, bien entendu, l'antagonisme\nbien plus complet qui règne entre les poètes et les musiciens.\nRemarquons que la plupart des chanteurs ou maîtresde chant, y compris Delle\nSedie, ont une tendance à admettre dans la voix humaine deux timbres princi-\npaux : le sombre et le clair ; c'est une mauvaise manière de s'exprimer. Le timbre\nvocal est un : il devient sombre, ou clair, ou nasal, ou guttural, suivant les dispo-\nsitions laryngiennes ou buccales ; il se métamorphose encore, suivant la voyelle\némise et suivant la hauteur de cette voyelle; mais tous ces timbres ont la même\nsource et la même origine ; ils ressortent du même principe glottique. Ce sont\nles différentes manières d'être d'une seule entité : le timbre vocal. Delle Sedie\ncondamne avec raison l'emploi unique du timbre sombre ou du clair. Il en\nrésulterait, dit-il, une fatigue vocale évidente.\nUne véritable nouveauté chez Delle Sedie, c'est la suppression théorique qu'il\nfait des différents registres. 11 en admet un seul, et rejette par conséquent l'étude\ndes notes de passage, qui, dans presque toutes les méthodes, constituait un\ntravail très long et très soutenu. Sa théorie renferme une part de vérité.\nMelchissédec, del'Opéra,professeurau Conservatoire, dont la belle et puissante\nvoix fait encore l'envie et le désespoir des jeunes gens, par son brio, sa solidité,\nson timbre chaleureux et son charme expressif, s'accorde avec Delle Sedie pour\nne reconnaître qu'un registre unique, naissant à la source vocale (cordes vocales\ninférieures). Par conséquent plus de « passage de voix », ce Rubicon des élèves 1\nMelchissédec est au Conservatoire le porte-drapeau de la science appliquée au\nchant. Il combat pour ses dieux vis-à-vis du public, des autorités, des élèves ; et\nil a la suprême modestie de grouper autour de lui de savants physiologistes\nqui complètent son enseignement artistique et lui donnent la consécration de\nleur autorité scientifique. Une si belle vaillance, respectée même des détracteurs\nde Melchissédec, est un honneur pour le Conservatoire, et prouve que le directeur\nde cet établissement laisse la porte ouverte aux novateurs. Malheureusement\nl'homme est un animal d'habitude ; pour métamorphoserun enseignement, laisser\n/vnVe est beaucoup mais nesuffit pas. Avec Garcia, Battaille, Delle Sedie, Stephen"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "232", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.8", "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "de la Madeleine, etc., parmi les chanteurs, et la plupart des physiologistes\nmodernes parmi les hommes de science, Melchissédec est pour la révolution vocale,\nce qui ne l'empêche pas de préconiser la douceur et l'harmonie du son. La force,\ndit-il, est en rapport avec le genre de voix du chanteur et avec sa constitu-\ntion ; quant à l'effort, il doit être proscrit; qui respire bien a toujours assez de\nforce, et les respirations vicieuses ont perdu plus de voix que le surmenage\nL'éducation de la voix en tant qu'instrument n'existe pas, avance encore le\nmaître, c'est-à-dire qu'elle n'a ni le caractère de précision, degénéralité, ni la base\nsolide et scientifique qui régissent 1 étude des autres instruments.\nNous déplorons avec le savant professeur que cette étude de la voix, la plus\ndélicate de toutes, puisqu'elle met en jeu mécaniquement et expressivement les\nforces vives de notre être, ne soit pas plus déterminée; mais nous sommes\nobligé de remarquer qu'il n'existe pas d'instrument aussi difficile à connaître\nque la voix, plus complexe, plus varié suivant les individus. Le laryngoscope lui-\nmême nous montre bien la glotte en mouvement, mais ne nous livre pas encore\nle secret multiple des muscles, dont le jeu des principaux seuls est connu. Nous\nsommes en face d'un problème : il faut le temps de le résoudre complètement -,\nla parole est aux anatomistes et aux physiologistes.\nHonneur cependant à ceux qui ont le courage de tenter d'escalader les aspé-\nrités de la glotte, au risque de se casser les cordes vocales en prêchant dans le\ndésert, hélas ! Mais n'oublions pas que la montre la plus perfectionnée est un\ninstrument grossier auprès du mécanisme glottique qui est constamment vivifié,\nmais aussi modifié par le courant vital. Du reste, c'est une raison de plus pour\nchercher à pénétrer un véritable mystère plus passionnant que beaucoup\nd'autres.\n\nALIX LENOEL-ZEVORT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c013", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "233", "page_fin": "235", "image_debut": 9, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.3", "titre_corps": "Folklore. La musique et la magie", "titre_sommaire": "Folklore. La musique et la magie", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.9", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3324, "texte": "Folklore. La musique et la magie\n\n{suite).\nLes sorcières.\nSur la musique des sorcières, il nous suffira de quelques brèves remarques.\nOn sait que les principales distractions des sorcières, dans leurs réunions, sont\nla musique et la danse. En Allemagne, les plus grandes assemblées de ces créa-\ntures de mauvais renom ont lieu la nuit du lerIer mai ( Walpurgis) ;le lieu favori\nde leurs divertissements est le sommet de la chaîne du Harz, que l'on nomme\nBrocken ou Blosksberg. Les sièges des artistes sont de vieux troncs d'arbres ou\ndes rocs escarpés; leurs violons sont faits avec des crânes de chevaux.\nQuand on veut assister à ce spectacle d'horreur, il faut avoir avec soi le cou-\nvercle d'un vieux cercueil ; on a fait sauter un nœud du bois, et c'est par le trou\nainsi fait qu'il faut regarder.\n\nLe « Chaiigeling » {l'enfant changé).\nD'après une vieille tradition superstitieuse, universellement répandue au\nmoyen âge, il arrive quelquefois que les fées dérobent au berceau un bel enfant\nnouveau-né et lui substituent un des leurs, laid et difforme. Le petit prodige irlan-\ndais qui fut le héros d'une aventure arrivée dans le comté de Tipperary était un\nde ces Changelings. Son histoire est, on le verra, empreinte de cette fantaisie\ntout extravagante qui est le caractère général des contes de fées irlandais.\nMick Flanigari et sa femme, Judy, étaient un pauvre ménage qui n'avait pour\ntout bonheur que quatre petits enfants. Trois des enfants étaient aussi forts et\navaient les joues aussi roses que tous les enfants de riches que vous pourrez\ntrouver en Irlande; mais le dernier était d'une laideur dépassant l'imagination,\net, pour comble de malheur, il avait autant de méchanceté que de laideur. On ne\npouvait compter les tours qu'il jouait à ses frères et même à ses parents. Possé-\ndant avant l'âge de douze mois une formidable collection de dents, il mangeait\ncomme un glouton: ce qui ne l'empêchait pas de vouloir rester perpétuellement\ndans son berceau, auprès du feu, et cela même après qu'il eut atteint ses cinq ans.\nC'est qu'il voulait, couché sur le dos et fermant à moitié ses petits yeux, observer\ntout ce qui entrait dans la salle et guetter le moment de tourmenter les gens.\nUne après-midi, il arriva que Tim Carrol l'aveugle, joueur de cornemuse\n(bag-pipe) et vieil ami de la maison, comme on 1 invitait à faire un bout de\ncausette, entra et s'assit près du feu. Comme il avait avec lui son bag-pipe, ses\nhôtes le prièrent de les régaler d'un morceau, et Tim Carrol l'aveugle, se bou-\nclant son bag-pipe autour du corps, commença à jouer.\nA ce moment le petit monstre, se dressant dans son berceau, remuait de tous\ncôtés sa vilaine tête, avec les signes les plus évidents delà grande joie que lui\ncausait ce son nasillard. Voyant l'ardeur avec laquelle l'enfant tendait ses deux\nmains vers le bag-pipe, sa bonne mère pria le vieil aveugle Tim Carrol de céder\n(rien qu'un moment) àla fantaisie de son petit chérubin, et comme l'aveugle Tim\nn'était pashomme.à dire « Non », il posa doucement son bag-pipesur le berceau.\nQuel fut leur étonnement à tous quand le petit monstre, ayant pris l'instrument\net le maniant en joueur consommé, se mit à jouer, et cela sans le moindre effort,\nd'abord une gigue animée, puis une autre plus vive encore, puis plusieurs autres\nà la file !"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.10", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3503, "texte": "La première chose que fît le père fut de vendre son porc et d'acheter un bag-\npipe à son petitprodige. Il arriva bientôt que lepetit coquin eut un jeu particulier,\nbien à lui, qui faisait danser les gens, aussi peu disposés à danser qu'ils se trou-\nvassent. Et même, un jour, sa pauvre mère, venant à entrer dans la salle avec\nun plein seau de lait, fut invinciblement forcée, en entendant cet air enchanteur,\nde faire couler le seau et de laisserperdre tout le lait, et de danser en rond comme\nune vraie toupie.\nVers l'époque où l'enfant eut ses six ans, le fermier du village qui employait\nMick Flanigan comme journalier, subit différents malheurs avec ses bes-\ntiaux : deux vaches perdirent l'appétit et ne donnèrent plus que peu ou point de\nlait ; un veau, sur lequel il comptait, fit un faux pas et se brisa les deux pattes de\nderrière, et peu après un de ses meilleurs chevaux mourut presque aussitôt.\nDepuis longtemps au village on pensait bien, à part soi, qu'il se passait\nchez Mick Flanigan quelque chose de louche, et naturellement le bruit vint aux\noreilles du fermier que l'enfant au bag-pipe devait être la cause de tous ses mal-\nheurs. Aussi jugea-t-il sage de donner une bonne fois congé à Mick Flanigan\net de le prierd'aller ailleurs chercherde l'ouvrage. Heureusement le pauvre Mick\nFlanigan eut la chance de trouver bientôt à s'employer à quelques milles de\nlà chez un fermier qui avait besoin d'un laboureur.\nLe jour convenu, le nouveaumaître deMick Flanigan envoya une voiture pour\nprendre les quelques meubles qu'il apporterait. On mit tout en haut le berceau\navec l'enfant et son bag-pipe, et toute la famille se mit en route pour sa nouvelle\ndemeure. Environ à mi-chemin, il y avait à passer une rivière : lentement la\nvoiture s'avança sur le pont branlant, et immédiatement après se passa une scène\nextraordinaire. L'enfant, jusqu'ici, était resté tranquille dans son berceau et sem-\nblait, comme à son habitude, à moitié endormi ; mais au moment précis où la\nvoiture arrivait au milieu du pont, il leva la tête, considéra l'eau attentivement\net soudain, saisissant son bag-pipe, sauta dans la rivière.\nTerrifiés, ses parents poussèrent des cris de détresse et tâchèrent de le sauver :\nmais, à leur inexprimable étonnement, ils le virent nager, plonger et s'ébattre\ncomme une loutre dans l'eau. Et même il se mit alors à jouer du bag-pipe,\ntout en poussant continuellement des cris vigoureux, en donnant d'autres signes\nmanifestes qu il se trouvait maintenant dans son véritable élément. Soudain il\ndisparut tout à fait, et les pauvres gens eurent alors la preuve que leur garçon\nétait un Changeling et qu'il avait été retrouver ses vrais parents (i).\n(1) Fairy Legends and Traditions of the south of Ireland, by T. Crofton Croker, London, 1862,\np. 22. Comparer également Hans mein Igel dans les Kinder und Hans marchen de Grimm.\n\nLe sorcier vende.\nLes Vendes sont les habitants de race slave de quelques cantons delà Lusace,\nen Allemagne. Bien que vivant au milieu de Germains, ils ont jusqu'à présent\nconservé leur idiome propre ainsi qu'un grand nombre de chansons et de\nlégendes nationales dont quelques-unes sont d'une grande beauté.\nLe sorcier vende se nommait Braho et vivait sur une montagne voisine de la ville\nde Teichnitz, au temps où la religion chrétienne ne faisait que commencer à\nprendre racine en Lusace. C'était, bien entendu, un païen, et, lorsqu'il trouvait\nun moyen défaire quelque mal aux chrétiens sans défense qui vivaient disper-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "235", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "sés dans le voisinage, il ne manquait pas de le mettre impitoyablement en pra-\ntique. Tout son pouvoir, d'ailleurs, venait d'un sifflet magique par lequel il fai-\nsait obéir à sa volonté certains esprits malfaisants.\nLe sorcier avait un élève qui vint à connaître les félicités de la religion chré-\ntienne ; il abandonna son méchant maître, et saisissant le moment favorable\noù le vieux coquin faisait sa sieste, il s'empara du sifflet magique ; puis, quit-\ntant la montagne, il courut rejoindre dans la plaine ses amis les chrétiens.\nMais quand on sut que le sorcier n'avait plus son sifflet, on comprit que son\npouvoir était passé et qu'on pourrait se risquer à l'approcher sans courir beaucoup\nde danger. Aussi, occupant en armes le sommet de la montagne, les chrétiens\nréussirent bientôt à prendre le vieux païen : ils le lièrent solidement, firent un\ngrand bûcher où ils le forcèrent à monter et le brûlèrent solennellement ; en\nmême temps l'élève du sorcier, qui venait de recevoir le baptême, fit quelques\npas en avant et jeta dans le feu le sifflet magique, afin qu'il fût détruit sans\nlaisser de traces.\nToutefois, au printemps de chaque année, la veille du dimanche d Oculi, le\nvieux sorcier apparaît au sommet de la montagne.\nPour ne pas conclure cette note sur des idées funèbres, je citerai, dans un\nordre d idées voisin, le conte suivant:\n\nLe prince professeur de musique.\nLes Grecs modernes possèdent une longue histoire, qui passe pour originaire\nde l'Asie Mineure, et dont voici le résumé. En un pays lointain, un roi puis-\nsant avait un fils : ce jeune homme excellait à jouer de la flûte, mais il était timide\net fuyait les femmes. Le roi, à qui il importait fort que sa dynastie fût perpétuée,\nfit embarquer le jeune prince et l'envoya dans une cour étrangère, pour voir si,\nparmi les princesses, il trouverait femme à son gré. Le vaisseau fit naufrage et\ntout ce qui était à bord fut noyé, sauf le prince que les vagues jetèrent sur la rive\nd'une île jolie. S'étant séché, il rencontre un pauvre pêcheur et change de vête-\nments avec lui; cachant sous un bonnet sa luxuriante chevelure, il se met en\nroute pour le palais où résidait le roi de l'île et, engagé par le palefrenier en chef\ncomme garçon d'écurie, il entre au service du roi : sa principale occupation était\nd'aller à une source située dans les jardins du palais chercher de l'eau pour les\nchevaux; le soir, seul dans les jardins, il jouait de sa flûte avec tant de charme\nque les rossignols eux-mêmes demeuraient silencieux et l'admiraient. La fille\ndu roi l'entend, descend au jardin et obtient de son père que le joueur de flûte\ndevienne son professeur de musique ; il s'aperçoit quelle l'aime, l'aime à son\ntour, lui révèle qu'il est le fils d'un roi, et bientôt la fait reine de ses Etats (i).\nIci, l'équivalent moderne et contemporain n'est pas difficile à trouver. Ce conte\ndu prince flûtiste, c'est l'histoire courante du professeur de piano épousant une\nde ses élèves.\n(1) Gri<schische und Albanische Mârchen,gesammelt von J G. v. Hahn. Leipzig, 1864; vol. I,\np. 273."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "233", "page_fin": "233", "image_debut": 9, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.3.1", "titre_corps": "{suite).", "titre_sommaire": "{suite).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.9", "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 825, "texte": "{suite).\nLes sorcières.\nSur la musique des sorcières, il nous suffira de quelques brèves remarques.\nOn sait que les principales distractions des sorcières, dans leurs réunions, sont\nla musique et la danse. En Allemagne, les plus grandes assemblées de ces créa-\ntures de mauvais renom ont lieu la nuit du lerIer mai ( Walpurgis) ;le lieu favori\nde leurs divertissements est le sommet de la chaîne du Harz, que l'on nomme\nBrocken ou Blosksberg. Les sièges des artistes sont de vieux troncs d'arbres ou\ndes rocs escarpés; leurs violons sont faits avec des crânes de chevaux.\nQuand on veut assister à ce spectacle d'horreur, il faut avoir avec soi le cou-\nvercle d'un vieux cercueil ; on a fait sauter un nœud du bois, et c'est par le trou\nainsi fait qu'il faut regarder."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "233", "page_fin": "234", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.3.2", "titre_corps": "Le « Chaiigeling » {l'enfant changé).", "titre_sommaire": "Le « Chaiigeling » {l'enfant changé).", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.9", "debut_caractere": 827, "fin_caractere_exclue": 3324, "texte": "Le « Chaiigeling » {l'enfant changé).\nD'après une vieille tradition superstitieuse, universellement répandue au\nmoyen âge, il arrive quelquefois que les fées dérobent au berceau un bel enfant\nnouveau-né et lui substituent un des leurs, laid et difforme. Le petit prodige irlan-\ndais qui fut le héros d'une aventure arrivée dans le comté de Tipperary était un\nde ces Changelings. Son histoire est, on le verra, empreinte de cette fantaisie\ntout extravagante qui est le caractère général des contes de fées irlandais.\nMick Flanigari et sa femme, Judy, étaient un pauvre ménage qui n'avait pour\ntout bonheur que quatre petits enfants. Trois des enfants étaient aussi forts et\navaient les joues aussi roses que tous les enfants de riches que vous pourrez\ntrouver en Irlande; mais le dernier était d'une laideur dépassant l'imagination,\net, pour comble de malheur, il avait autant de méchanceté que de laideur. On ne\npouvait compter les tours qu'il jouait à ses frères et même à ses parents. Possé-\ndant avant l'âge de douze mois une formidable collection de dents, il mangeait\ncomme un glouton: ce qui ne l'empêchait pas de vouloir rester perpétuellement\ndans son berceau, auprès du feu, et cela même après qu'il eut atteint ses cinq ans.\nC'est qu'il voulait, couché sur le dos et fermant à moitié ses petits yeux, observer\ntout ce qui entrait dans la salle et guetter le moment de tourmenter les gens.\nUne après-midi, il arriva que Tim Carrol l'aveugle, joueur de cornemuse\n(bag-pipe) et vieil ami de la maison, comme on 1 invitait à faire un bout de\ncausette, entra et s'assit près du feu. Comme il avait avec lui son bag-pipe, ses\nhôtes le prièrent de les régaler d'un morceau, et Tim Carrol l'aveugle, se bou-\nclant son bag-pipe autour du corps, commença à jouer.\nA ce moment le petit monstre, se dressant dans son berceau, remuait de tous\ncôtés sa vilaine tête, avec les signes les plus évidents delà grande joie que lui\ncausait ce son nasillard. Voyant l'ardeur avec laquelle l'enfant tendait ses deux\nmains vers le bag-pipe, sa bonne mère pria le vieil aveugle Tim Carrol de céder\n(rien qu'un moment) àla fantaisie de son petit chérubin, et comme l'aveugle Tim\nn'était pashomme.à dire « Non », il posa doucement son bag-pipesur le berceau.\nQuel fut leur étonnement à tous quand le petit monstre, ayant pris l'instrument\net le maniant en joueur consommé, se mit à jouer, et cela sans le moindre effort,\nd'abord une gigue animée, puis une autre plus vive encore, puis plusieurs autres\nà la file !"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.10", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2878, "texte": "La première chose que fît le père fut de vendre son porc et d'acheter un bag-\npipe à son petitprodige. Il arriva bientôt que lepetit coquin eut un jeu particulier,\nbien à lui, qui faisait danser les gens, aussi peu disposés à danser qu'ils se trou-\nvassent. Et même, un jour, sa pauvre mère, venant à entrer dans la salle avec\nun plein seau de lait, fut invinciblement forcée, en entendant cet air enchanteur,\nde faire couler le seau et de laisserperdre tout le lait, et de danser en rond comme\nune vraie toupie.\nVers l'époque où l'enfant eut ses six ans, le fermier du village qui employait\nMick Flanigan comme journalier, subit différents malheurs avec ses bes-\ntiaux : deux vaches perdirent l'appétit et ne donnèrent plus que peu ou point de\nlait ; un veau, sur lequel il comptait, fit un faux pas et se brisa les deux pattes de\nderrière, et peu après un de ses meilleurs chevaux mourut presque aussitôt.\nDepuis longtemps au village on pensait bien, à part soi, qu'il se passait\nchez Mick Flanigan quelque chose de louche, et naturellement le bruit vint aux\noreilles du fermier que l'enfant au bag-pipe devait être la cause de tous ses mal-\nheurs. Aussi jugea-t-il sage de donner une bonne fois congé à Mick Flanigan\net de le prierd'aller ailleurs chercherde l'ouvrage. Heureusement le pauvre Mick\nFlanigan eut la chance de trouver bientôt à s'employer à quelques milles de\nlà chez un fermier qui avait besoin d'un laboureur.\nLe jour convenu, le nouveaumaître deMick Flanigan envoya une voiture pour\nprendre les quelques meubles qu'il apporterait. On mit tout en haut le berceau\navec l'enfant et son bag-pipe, et toute la famille se mit en route pour sa nouvelle\ndemeure. Environ à mi-chemin, il y avait à passer une rivière : lentement la\nvoiture s'avança sur le pont branlant, et immédiatement après se passa une scène\nextraordinaire. L'enfant, jusqu'ici, était resté tranquille dans son berceau et sem-\nblait, comme à son habitude, à moitié endormi ; mais au moment précis où la\nvoiture arrivait au milieu du pont, il leva la tête, considéra l'eau attentivement\net soudain, saisissant son bag-pipe, sauta dans la rivière.\nTerrifiés, ses parents poussèrent des cris de détresse et tâchèrent de le sauver :\nmais, à leur inexprimable étonnement, ils le virent nager, plonger et s'ébattre\ncomme une loutre dans l'eau. Et même il se mit alors à jouer du bag-pipe,\ntout en poussant continuellement des cris vigoureux, en donnant d'autres signes\nmanifestes qu il se trouvait maintenant dans son véritable élément. Soudain il\ndisparut tout à fait, et les pauvres gens eurent alors la preuve que leur garçon\nétait un Changeling et qu'il avait été retrouver ses vrais parents (i).\n(1) Fairy Legends and Traditions of the south of Ireland, by T. Crofton Croker, London, 1862,\np. 22. Comparer également Hans mein Igel dans les Kinder und Hans marchen de Grimm."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c016", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "234", "page_fin": "235", "image_debut": 10, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.3.3", "titre_corps": "Le sorcier vende.", "titre_sommaire": "Le sorcier vende.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.10", "debut_caractere": 2880, "fin_caractere_exclue": 3503, "texte": "Le sorcier vende.\nLes Vendes sont les habitants de race slave de quelques cantons delà Lusace,\nen Allemagne. Bien que vivant au milieu de Germains, ils ont jusqu'à présent\nconservé leur idiome propre ainsi qu'un grand nombre de chansons et de\nlégendes nationales dont quelques-unes sont d'une grande beauté.\nLe sorcier vende se nommait Braho et vivait sur une montagne voisine de la ville\nde Teichnitz, au temps où la religion chrétienne ne faisait que commencer à\nprendre racine en Lusace. C'était, bien entendu, un païen, et, lorsqu'il trouvait\nun moyen défaire quelque mal aux chrétiens sans défense qui vivaient disper-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "235", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "sés dans le voisinage, il ne manquait pas de le mettre impitoyablement en pra-\ntique. Tout son pouvoir, d'ailleurs, venait d'un sifflet magique par lequel il fai-\nsait obéir à sa volonté certains esprits malfaisants.\nLe sorcier avait un élève qui vint à connaître les félicités de la religion chré-\ntienne ; il abandonna son méchant maître, et saisissant le moment favorable\noù le vieux coquin faisait sa sieste, il s'empara du sifflet magique ; puis, quit-\ntant la montagne, il courut rejoindre dans la plaine ses amis les chrétiens.\nMais quand on sut que le sorcier n'avait plus son sifflet, on comprit que son\npouvoir était passé et qu'on pourrait se risquer à l'approcher sans courir beaucoup\nde danger. Aussi, occupant en armes le sommet de la montagne, les chrétiens\nréussirent bientôt à prendre le vieux païen : ils le lièrent solidement, firent un\ngrand bûcher où ils le forcèrent à monter et le brûlèrent solennellement ; en\nmême temps l'élève du sorcier, qui venait de recevoir le baptême, fit quelques\npas en avant et jeta dans le feu le sifflet magique, afin qu'il fût détruit sans\nlaisser de traces.\nToutefois, au printemps de chaque année, la veille du dimanche d Oculi, le\nvieux sorcier apparaît au sommet de la montagne.\nPour ne pas conclure cette note sur des idées funèbres, je citerai, dans un\nordre d idées voisin, le conte suivant:"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "235", "page_fin": "235", "image_debut": 11, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.3.4", "titre_corps": "Le prince professeur de musique.", "titre_sommaire": "Le prince professeur de musique.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "235", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.11", "debut_caractere": 1378, "fin_caractere_exclue": 3083, "texte": "Le prince professeur de musique.\nLes Grecs modernes possèdent une longue histoire, qui passe pour originaire\nde l'Asie Mineure, et dont voici le résumé. En un pays lointain, un roi puis-\nsant avait un fils : ce jeune homme excellait à jouer de la flûte, mais il était timide\net fuyait les femmes. Le roi, à qui il importait fort que sa dynastie fût perpétuée,\nfit embarquer le jeune prince et l'envoya dans une cour étrangère, pour voir si,\nparmi les princesses, il trouverait femme à son gré. Le vaisseau fit naufrage et\ntout ce qui était à bord fut noyé, sauf le prince que les vagues jetèrent sur la rive\nd'une île jolie. S'étant séché, il rencontre un pauvre pêcheur et change de vête-\nments avec lui; cachant sous un bonnet sa luxuriante chevelure, il se met en\nroute pour le palais où résidait le roi de l'île et, engagé par le palefrenier en chef\ncomme garçon d'écurie, il entre au service du roi : sa principale occupation était\nd'aller à une source située dans les jardins du palais chercher de l'eau pour les\nchevaux; le soir, seul dans les jardins, il jouait de sa flûte avec tant de charme\nque les rossignols eux-mêmes demeuraient silencieux et l'admiraient. La fille\ndu roi l'entend, descend au jardin et obtient de son père que le joueur de flûte\ndevienne son professeur de musique ; il s'aperçoit quelle l'aime, l'aime à son\ntour, lui révèle qu'il est le fils d'un roi, et bientôt la fait reine de ses Etats (i).\nIci, l'équivalent moderne et contemporain n'est pas difficile à trouver. Ce conte\ndu prince flûtiste, c'est l'histoire courante du professeur de piano épousant une\nde ses élèves.\n(1) Gri<schische und Albanische Mârchen,gesammelt von J G. v. Hahn. Leipzig, 1864; vol. I,\np. 273."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c018", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "236", "page_fin": "238", "image_debut": 12, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4", "titre_corps": "Actes officiels et informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.12", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "Actes officiels et informations.\n\nCONSERVATOIRE NATIONAL.\nS.\nLes concours publics de fin d'année qui avaien\nlieu au Théâtre-National de l'Opéra-Comique, dans la 2e quinzaine de juillet,\nont été fixés du ier au 12 juillet. —M. Risler est nommé professeur de la classe\nde piano en remplacement de M. Duvernoy.\nL'excellent violoniste William Cantrelle, que ses nombreux succès ont déjà\nmis, malgré son jeune âge, au rang de nos plus grands virtuoses, a donné, le\nlundi soir 29 avril, à la salle des Agriculteurs, un concert avec le concours de\nM. Jan Beder, le chanteur si justement apprécié, et de l'orchestre de la Société\ndes Concerts populaires qu'on entendait pour la première fois, et dont on a dit le\nplus grand bien. Le concert fut dirigé per M. F. Waël-Munk, chef d'orchestre\nde la Société. Au programme : ouverture du Freischutz ; Légende bretonne,\nde G. R. Simia ; Concerto de Beethoven, Havanaise de Saint-Saëns, etc.\nMlle Andrée Gellée a donné àla salle Erard, ce mois-ci, son concert annuel\noù elle s'est affirmée musicienne excellente et pianiste hors de pair. L'an der-\nnier, elle avait interprété la sonate 111 de Beethoven ; cette fois elle nous a donné\nla sonate 109, avec la Suite anglaise de Bach et deux Préludes de C. Frank.\nMlle A. Gellée ne sort pas du Conservatoire. Si donc on ne retrouve pas dans son\ninterprétation des classiques les formules et les traditions quelquefois contestables\nde cette maison, il faut cependant louer sans réserve la sûreté et 1 intelligence de\nson style, l'exquise sonorité de son jeu. Elle est tout près de devenir une grande\nartiste, et est déjà une des plus remarquables pianistes de Paris.\n\nBORDEAUX. — Par arrêté ministériel du 15 avril dernier, une subvention de\n3.000 francs a été accordée à la Société de concerts populaires la Sainte-Cécile\nde Bordeaux.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "237", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.13", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907.\n\nDOUAI. M. Demelincourt Joseph est chargé, pour un an, du cours de cor à\nl'Ecole nationale de musique de Douai.\n\nMONTPELLIER. Par arrêté du 19 avril, une allocation de 500 francs est accor-\ndée à la Schola cantorum de Montpellier."}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "238", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.14", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2028, "texte": "CONCERTS. Ce serait une erreur de croire qu'après Pâques les concerts\nchôment à Paris : ils sont de plus en plus nombreux. Ce serait une autre erreur\nde croire que cette débauche de musique témoigne d'un goût très musical dans\nle public ou d'une pléthore de grands artistes. La vérité, c'est qu'un petit nom-\nbre d'artistes méritent seuls d'être entendus; mais tous les exécutants (et ils sont\nlégion î) se croient appelés à faire partie de l'élite. Parmi les meilleurs, et pour\nla seule salle Pleyel, voici les concerts annoncés pour la ire quinzaine du mois :\nLe 2 mai, M. Lucien Wurmser, 4 h., et la Société des instruments an-\nciens, 9h.—Le 3, M et Mme E. Ciampi, 4 h., et Mme Canivet (élèves), 9h.\nLe 4, Mme Cam. Chevillard (élèves), 2 h., et Mlle Antoinette Lamy, 9h.—Le 5,\nMme Francell-Fernet (élèves), Ih.—Le 6, Allle Ziélinska, harpiste, 9h.—Le 7,\nMM. Ysaye et Pugno, 4 h., et Mlle Magd. Godard (élèves), 9 h. —Le 8,\nMme Georges Marty( avec le concours de M. Massenet), 9h. —Le 9, MlleC. Bou-\ntet de Monvel (élèvesq 1 h. Le 10, MM. Ysaye et Pugno, 9 h. Le 11,\nM. E.-M. Delaborde, 9h.— Le 12, Mlles L. et A. Cortot (élèves), Ih. Le\n13, MM. Ysaye et Pugno, 4 h., et Mme A. Laïdlaw, 9 h —Le 14, Mlle Blanche\nSelva, et le 15, MM. Ysaye et Pugno, 9 h.\nOn annonce pour le 6 juin (salle Gaveau) un premier Festival de musique\nfrançaise par opposition aux œuvres étrangères dont on nous régale donné\npar Mme Camille Fourrier, sous le patronage de la princesse de Cystria-Fau-\ncigny, de M. d Indy et P'auré, avec le concours de Clarence von Amelungen et\nde M. Chevillard (orchestre et chœur des concerts Lamoureux). Le programme\nest des plus brillants (billets chez Durand). Entre autres numéros sensationnels,\non y jouera la Damoiselle Elue, de M. Debussy.\nEn attendant on répète, à l'Opéra, la Catalane de M. F. Le Borne; à l'Opéra-\nComique, 1 Ariane et Barbe-Bleue de M. Dukas : et au Châtelet, M. G. Pierné\nsoumet à rude épreuve un colossal orchestre en lui faisant travailler la difficile\npartition de Salomé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c019", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "236", "page_fin": "236", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4.1", "titre_corps": "CONSERVATOIRE NATIONAL.", "titre_sommaire": "CONSERVATOIRE NATIONAL.", "signature_source": "S", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.12", "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 1660, "texte": "CONSERVATOIRE NATIONAL.\nS.\nLes concours publics de fin d'année qui avaien\nlieu au Théâtre-National de l'Opéra-Comique, dans la 2e quinzaine de juillet,\nont été fixés du ier au 12 juillet. —M. Risler est nommé professeur de la classe\nde piano en remplacement de M. Duvernoy.\nL'excellent violoniste William Cantrelle, que ses nombreux succès ont déjà\nmis, malgré son jeune âge, au rang de nos plus grands virtuoses, a donné, le\nlundi soir 29 avril, à la salle des Agriculteurs, un concert avec le concours de\nM. Jan Beder, le chanteur si justement apprécié, et de l'orchestre de la Société\ndes Concerts populaires qu'on entendait pour la première fois, et dont on a dit le\nplus grand bien. Le concert fut dirigé per M. F. Waël-Munk, chef d'orchestre\nde la Société. Au programme : ouverture du Freischutz ; Légende bretonne,\nde G. R. Simia ; Concerto de Beethoven, Havanaise de Saint-Saëns, etc.\nMlle Andrée Gellée a donné àla salle Erard, ce mois-ci, son concert annuel\noù elle s'est affirmée musicienne excellente et pianiste hors de pair. L'an der-\nnier, elle avait interprété la sonate 111 de Beethoven ; cette fois elle nous a donné\nla sonate 109, avec la Suite anglaise de Bach et deux Préludes de C. Frank.\nMlle A. Gellée ne sort pas du Conservatoire. Si donc on ne retrouve pas dans son\ninterprétation des classiques les formules et les traditions quelquefois contestables\nde cette maison, il faut cependant louer sans réserve la sûreté et 1 intelligence de\nson style, l'exquise sonorité de son jeu. Elle est tout près de devenir une grande\nartiste, et est déjà une des plus remarquables pianistes de Paris."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c020", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "236", "page_fin": "236", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4.2", "titre_corps": "BORDEAUX. — Par arrêté ministériel du 15 avril dernier, une subvention de", "titre_sommaire": "BORDEAUX. — Par arrêté ministériel du 15 avril dernier, une subvention de", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.12", "debut_caractere": 1662, "fin_caractere_exclue": 1829, "texte": "BORDEAUX. — Par arrêté ministériel du 15 avril dernier, une subvention de\n3.000 francs a été accordée à la Société de concerts populaires la Sainte-Cécile\nde Bordeaux."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "236", "page_fin": "236", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4.3", "titre_corps": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Recettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907.", "titre_sommaire": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. – Opéra. Recettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.12", "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1919, "texte": "LE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "236", "page_fin": "236", "image_debut": 12, "image_fin": 12, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4.3.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.12", "debut_caractere": 1921, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "DATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 mars\nArmide.\nGluck.\n18.673 76\n2 2 —\nAriane.\nMassenet.\n16. I I 2 34\n23 -\nTannhàuser.\nR. Wagner.\n13.597 5o\n25 —\nSamson et Dalila. — La Ma-\nladetta.\nSaint-Saëns. Vidal.\n15.209 91\n2 7 —\nLa Walkyrie.\nR. Wagner.\n22.201 76\nici' avril\nAriane.\nMassenet.\n22.034 41\n3 —\nLa Walkyrie.\nR. Wagner.\n17.811 26\n5 -\nFaust.\nGounod.\n41\n6 -\nArmide.\nGluck.\ni6.o53 »\n8 —\nLa Walkyrie.\nR. Wagner.\n22.345 41\n10 —\nAriane.\nMassenet.\n16.353 76\n1 2 —\nFaust.\nGounod.\n19 814 34\n13 —\nLa Walkyrie. ;\nR. Wagner.\n18.624 5o\nI 3 —\nLohengrin.\nR. Wagner.\n1 8.034 41\nl7 —\nTristan et Isolde.\nR. Wagner.\n22.161 76\n19 —\nAriane.\nMassenet.\n18.582 91"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "237", "page_fin": "237", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4.4", "titre_corps": "II. – Opéra-Comique. Recettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907.", "titre_sommaire": "II. – Opéra-Comique. Recettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "237", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.13", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "237", "page_fin": "237", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4.4.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "237", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.13", "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "DATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nmars\nManon.\nMassenet.\n6.903 5o\n2 1\n—\nLouise.\nG. Charpentier.\n9.729 5o\n2 2\n—\nOrphée.\nGluck.\n7.095 5o\n23\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n9.488 33\nM\n—\nmatin.\nMignon. — Le Chalet.\nA. Thomas. Adam.\n5.616 5o\n24\n—.\nsoirée\nWerther. — Les Rendez-vous\n5.774 5o\nBourgeois.\nMassenet. Nicolo.\n25\n—\nLe Barbier de Séville. — Les\n4.613 »\nNoces de Jeannette.\nRossini. V. Massé.\n26\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.6o8 5o\n27\n—\nManon.\nMassenet.\n7«5O5 5o\n28\n—\nMarie-Magdeleine. — Scènes\n7.343 »\nalsaciennes.\nMassenet.\n3o\n—\nMarie-Magdeleine. — Scènes\nalsacien nés.\nMassenet.\n6.996 »\n31\n—\nmatin.\nLa Vie de Bohème. — La Fille\n4.081 5o\ndu Régiment.\nPuccini. Donizetti.\n31\n-—\nsoirée\nCarmen.\nBizet.\n6.962 5o\nIER\navr. matin.\nMadame Butterfly. — Les\nNoces de Jeannette.\nPuccini. V Massé.\n6.567 5°\nIER\n—\nsoirée\nManon.\nMassenet.\n7.684 5o\n2\n—\nLakmé.— Cavalleria Rusticana.\nL. Delibes. Mascagni.\n8.328 5o\n3\n—-\nMarie-Magdeleine. — Scènes\nLn\nG\noc\nalsaciennes.\nMassenet.\n4\n—\nPelléas et M élis an de.\nDebussy.\n9.10 3 00\n5\n—\nWerther.\nMassenet.\n8.547 5°\n6\n—\nMadame Butterfly. — Le Maî-\ntre de Chapelle.\nPuccini. Paer.\n9.589 5o\n7\n—\nmatin.\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n5.8o'6 y>\n7\n8\n—\nsoirée\nLakmé. — Cavalleria Rusticana.\nL.Delibes. Mascagni.\n6.56o 5o\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n3.532 5o\n9\n—\nCarmen.\nBizet.\n6.822 5o\nI O\n—\nMadame Butterfly.\nPuccini.\n7.544 5o\nI I\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.723 83\nI 2\n—\nManon.\nMassenet.\n8.496 5o\n13\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.882 33\n14\n—\nmatin.\nCarmen.\nBizet.\n6.064 5o\nM\n_—\nsoirée\nWrerther. — Le Bonhomme\nJadis.\nMassenet.J.Dalcroze.\nCO\nCO\n0\nvo\n1 5\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame.\n— Le Chalet.\nMassenet. Adam.\n4.604 »\n16\n—\nMadame Butterfly.\nPuccini.\n8.497 50\n17\nCircé. — La Légende du point\nP. et L. Hillemacher.\nd'Argentan.\nF. Fourdrain.\n1.860 5o\n18\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.628 5o\nr9\n.\nCircé. — La Légende du point\nP. et L. Hillemacher.\nd'Argentan.\nF. Fourdrain.\n00 r\n0.J79 5o"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "237", "page_fin": "237", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4.5", "titre_corps": "DOUAI. M. Demelincourt Joseph est chargé, pour un an, du cours de cor à", "titre_sommaire": "DOUAI. M. Demelincourt Joseph est chargé, pour un an, du cours de cor à", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "237", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.13", "debut_caractere": 90, "fin_caractere_exclue": 200, "texte": "DOUAI. M. Demelincourt Joseph est chargé, pour un an, du cours de cor à\nl'Ecole nationale de musique de Douai."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "237", "page_fin": "237", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4.6", "titre_corps": "MONTPELLIER. Par arrêté du 19 avril, une allocation de 500 francs est", "titre_sommaire": "MONTPELLIER. Par arrêté du 19 avril, une allocation de 500 francs est", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "237", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.13", "debut_caractere": 202, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "MONTPELLIER. Par arrêté du 19 avril, une allocation de 500 francs est accor-\ndée à la Schola cantorum de Montpellier."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "238", "page_fin": "238", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.4.7", "titre_corps": "CONCERTS. Ce serait une erreur de croire qu'après Pâques les concerts", "titre_sommaire": "CONCERTS. Ce serait une erreur de croire qu'après Pâques les concerts", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "238", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.14", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2028, "texte": "CONCERTS. Ce serait une erreur de croire qu'après Pâques les concerts\nchôment à Paris : ils sont de plus en plus nombreux. Ce serait une autre erreur\nde croire que cette débauche de musique témoigne d'un goût très musical dans\nle public ou d'une pléthore de grands artistes. La vérité, c'est qu'un petit nom-\nbre d'artistes méritent seuls d'être entendus; mais tous les exécutants (et ils sont\nlégion î) se croient appelés à faire partie de l'élite. Parmi les meilleurs, et pour\nla seule salle Pleyel, voici les concerts annoncés pour la ire quinzaine du mois :\nLe 2 mai, M. Lucien Wurmser, 4 h., et la Société des instruments an-\nciens, 9h.—Le 3, M et Mme E. Ciampi, 4 h., et Mme Canivet (élèves), 9h.\nLe 4, Mme Cam. Chevillard (élèves), 2 h., et Mlle Antoinette Lamy, 9h.—Le 5,\nMme Francell-Fernet (élèves), Ih.—Le 6, Allle Ziélinska, harpiste, 9h.—Le 7,\nMM. Ysaye et Pugno, 4 h., et Mlle Magd. Godard (élèves), 9 h. —Le 8,\nMme Georges Marty( avec le concours de M. Massenet), 9h. —Le 9, MlleC. Bou-\ntet de Monvel (élèvesq 1 h. Le 10, MM. Ysaye et Pugno, 9 h. Le 11,\nM. E.-M. Delaborde, 9h.— Le 12, Mlles L. et A. Cortot (élèves), Ih. Le\n13, MM. Ysaye et Pugno, 4 h., et Mme A. Laïdlaw, 9 h —Le 14, Mlle Blanche\nSelva, et le 15, MM. Ysaye et Pugno, 9 h.\nOn annonce pour le 6 juin (salle Gaveau) un premier Festival de musique\nfrançaise par opposition aux œuvres étrangères dont on nous régale donné\npar Mme Camille Fourrier, sous le patronage de la princesse de Cystria-Fau-\ncigny, de M. d Indy et P'auré, avec le concours de Clarence von Amelungen et\nde M. Chevillard (orchestre et chœur des concerts Lamoureux). Le programme\nest des plus brillants (billets chez Durand). Entre autres numéros sensationnels,\non y jouera la Damoiselle Elue, de M. Debussy.\nEn attendant on répète, à l'Opéra, la Catalane de M. F. Le Borne; à l'Opéra-\nComique, 1 Ariane et Barbe-Bleue de M. Dukas : et au Châtelet, M. G. Pierné\nsoumet à rude épreuve un colossal orchestre en lui faisant travailler la difficile\npartition de Salomé."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "239", "page_fin": "240", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.5", "titre_corps": "Correspondance.", "titre_sommaire": "Correspondance.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "239", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.15", "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "Correspondance.\n\nNous recevons la lettre suivante :\nMONSIEUR LE DIRECTEUR,\nJe viens de relire l'article consacré par M. Franck Choisy à la musique byzan-\ntine dans le numéro du ier avril de la Revue musicale. Voulez-vous me permettre\nd'y ajouter quelques détails, qui répondront à plusieurs questions posées par\nl'auteur de cette intéressante étude r .\nJe travaille en effet la question depuis plus de dix ans, faisant porter mes in-\nvestigations plus particulièrement sur la période archaïque de ce chant. En ce\nmoment même, je corrige les épreuves d'une Introduction à la paléographie\nmusicale byzantine qui doit servir de préface au catalogue des manuscrits de cet\nart que nous possédons en France. J'en détache ici quelques conclusions expo-\nsées plus au long dans cet ouvrage :\ni° L'opinion qui veut chercher l'origine de l'écriture musicale byzantine dans\nun alphabet démotique est depuis longtemps abandonnée. De fait, plus nous\nremontons le cours desâges, plus les notations byzantines (il y en a eu plusieurs)\nse rapprochent des formes simples des signes prosodiques, comme d'ailleurs les\nneumes romains : Ex acceniibus toni oritur figura que dicitur neuma. Gela\nn'empêche pas que les Byzantins, comme les Latins, ont eu des manuscrits à\nlettres significatives.\n2° Nous avons à Paris des manuscrits en notation ekphonétique (du genre de\ncelui photogravé dans votre numéro d'avril), datant du ve au xvie siècle. J'ai pu\ndistinguer, à l'aide de ces nombreux manuscrits (70 manuscrits), trois phases de\nla notation ekphonétique.\n30 Permettez-moi aussi d'annoncer que j'ai découvert un admirable spécimen\nde notation paléobyzantine, antérieur à la notation dite damascènienne. Ce\nspécimen comprend plusieurs folios d'un pentecostarion.\n40 Enfin notre Bibliothèque nationale garde un certain nombre de manuscrits\nantérieurs au xtne siècle, en notation constantino polit aine. (Le P. Thibaut, dans\nf\nson ouvrage récent sur l'origine byzantine de la notation neumatique de l'Eglise\nlatine, opinion que je ne partage pas, ne pouvait connaître que trois\nde ces manuscrits.)\n50 C'est seulement alors qu'apparaissent les manuscrits des Kallopistai de\nl'école de Koukouzélès, qui ont multiplié outre mesure les hypostases ou signes\nde chironomie (ce que M. Franck Choisy appelle « jeu de main »), signes\naphones. (V. article cité, p. 192 et s.)\nOr la meilleure preuve que la tradition moderne n'a pas dévié, en ce qui con-\ncerne ces signes aphones, c'est-à-dire « sans voix », n'indiquant que des nuances,\nse trouve dans les manuscrits de chant et les traités du moyen âge.\nEn effet, la même mélodie, avec la même notation (quelques variantes d'éco-\nles), que nous trouvonsdans unmanuscrit ennotationpaléobyzantine, se retrouve\navec de très rares hypostases dans les manuscrits en notation constantinopoli-\ntaine, puis, avec des hypostases chironomiques de plus en plus nombreuses, dans\nles codices de la notation hagiopolite et de l'école de Koukouzélès. Et comme ces"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "240", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.16", "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 1497, "texte": "grands signes (signes rouges) se retrouvent parfois semblables aux caractères\nphonétiques ou chantés, cela explique les confusions regrettables que signale\nM. Franck Choisy, page 194.\nMais le fait même que les caractères aphones, constamment modifiés, n'exis-\ntaient pas primitivement et sont en grande partie disparus, indique suffisam-\nment qu'ils étaient secondaires, et que les caractères phonétiques seuls ont tou-\njours été chantés. D'ailleurs, les traités que nous possédons, depuis le xne siècle\nsont très nets sur ce point.\nM. Franck Choisy me permettra aussi d'ajouter que la première édition des\ndu lampadarios Pierre de Péloponnèse fut, comme Ylsagoge de Chry-\nsanthe, imprimée à Paris, chez Rignoux, et les types gravés également par un de\nnos compatriotes. Ces caractères ne sont-ils pas encore à l'lmprimerie nationale ?\nLa Bibliothèque nationale possède d'ailleurs tout un lot de manuscrits se rat-\ntachant aux réformes de Pierre de Péloponnèse et deChrysanthe deMadyte, avec\ndes transcriptions autographes de ce dernier musicologue.\nPuis-je vous demander de transmettre ces détails à M. Franck Choisy, par 1 in-\ntermédiaire de la Revue ?\nVeuillez agréer, etc...\n\nA. GASTOUÉ.\n\nLes épreuves de Varticle de M. Choisy, éphore du Conservatoire d'Athènes, ne\nnous étant pas parvenues à temps, par suite d'un retard delà poste, nous compense-\nrons cette lacune dans notre prochain numéro."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "239", "page_fin": "240", "image_debut": 15, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.5.1", "titre_corps": "Nous recevons la lettre suivante :", "titre_sommaire": "Nous recevons la lettre suivante :", "signature_source": "A. GASTOUÉ", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "239", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.15", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "Nous recevons la lettre suivante :\nMONSIEUR LE DIRECTEUR,\nJe viens de relire l'article consacré par M. Franck Choisy à la musique byzan-\ntine dans le numéro du ier avril de la Revue musicale. Voulez-vous me permettre\nd'y ajouter quelques détails, qui répondront à plusieurs questions posées par\nl'auteur de cette intéressante étude r .\nJe travaille en effet la question depuis plus de dix ans, faisant porter mes in-\nvestigations plus particulièrement sur la période archaïque de ce chant. En ce\nmoment même, je corrige les épreuves d'une Introduction à la paléographie\nmusicale byzantine qui doit servir de préface au catalogue des manuscrits de cet\nart que nous possédons en France. J'en détache ici quelques conclusions expo-\nsées plus au long dans cet ouvrage :\ni° L'opinion qui veut chercher l'origine de l'écriture musicale byzantine dans\nun alphabet démotique est depuis longtemps abandonnée. De fait, plus nous\nremontons le cours desâges, plus les notations byzantines (il y en a eu plusieurs)\nse rapprochent des formes simples des signes prosodiques, comme d'ailleurs les\nneumes romains : Ex acceniibus toni oritur figura que dicitur neuma. Gela\nn'empêche pas que les Byzantins, comme les Latins, ont eu des manuscrits à\nlettres significatives.\n2° Nous avons à Paris des manuscrits en notation ekphonétique (du genre de\ncelui photogravé dans votre numéro d'avril), datant du ve au xvie siècle. J'ai pu\ndistinguer, à l'aide de ces nombreux manuscrits (70 manuscrits), trois phases de\nla notation ekphonétique.\n30 Permettez-moi aussi d'annoncer que j'ai découvert un admirable spécimen\nde notation paléobyzantine, antérieur à la notation dite damascènienne. Ce\nspécimen comprend plusieurs folios d'un pentecostarion.\n40 Enfin notre Bibliothèque nationale garde un certain nombre de manuscrits\nantérieurs au xtne siècle, en notation constantino polit aine. (Le P. Thibaut, dans\nf\nson ouvrage récent sur l'origine byzantine de la notation neumatique de l'Eglise\nlatine, opinion que je ne partage pas, ne pouvait connaître que trois\nde ces manuscrits.)\n50 C'est seulement alors qu'apparaissent les manuscrits des Kallopistai de\nl'école de Koukouzélès, qui ont multiplié outre mesure les hypostases ou signes\nde chironomie (ce que M. Franck Choisy appelle « jeu de main »), signes\naphones. (V. article cité, p. 192 et s.)\nOr la meilleure preuve que la tradition moderne n'a pas dévié, en ce qui con-\ncerne ces signes aphones, c'est-à-dire « sans voix », n'indiquant que des nuances,\nse trouve dans les manuscrits de chant et les traités du moyen âge.\nEn effet, la même mélodie, avec la même notation (quelques variantes d'éco-\nles), que nous trouvonsdans unmanuscrit ennotationpaléobyzantine, se retrouve\navec de très rares hypostases dans les manuscrits en notation constantinopoli-\ntaine, puis, avec des hypostases chironomiques de plus en plus nombreuses, dans\nles codices de la notation hagiopolite et de l'école de Koukouzélès. Et comme ces"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "240", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.16", "debut_caractere": 99, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "grands signes (signes rouges) se retrouvent parfois semblables aux caractères\nphonétiques ou chantés, cela explique les confusions regrettables que signale\nM. Franck Choisy, page 194.\nMais le fait même que les caractères aphones, constamment modifiés, n'exis-\ntaient pas primitivement et sont en grande partie disparus, indique suffisam-\nment qu'ils étaient secondaires, et que les caractères phonétiques seuls ont tou-\njours été chantés. D'ailleurs, les traités que nous possédons, depuis le xne siècle\nsont très nets sur ce point.\nM. Franck Choisy me permettra aussi d'ajouter que la première édition des\ndu lampadarios Pierre de Péloponnèse fut, comme Ylsagoge de Chry-\nsanthe, imprimée à Paris, chez Rignoux, et les types gravés également par un de\nnos compatriotes. Ces caractères ne sont-ils pas encore à l'lmprimerie nationale ?\nLa Bibliothèque nationale possède d'ailleurs tout un lot de manuscrits se rat-\ntachant aux réformes de Pierre de Péloponnèse et deChrysanthe deMadyte, avec\ndes transcriptions autographes de ce dernier musicologue.\nPuis-je vous demander de transmettre ces détails à M. Franck Choisy, par 1 in-\ntermédiaire de la Revue ?\nVeuillez agréer, etc...\n\nA. GASTOUÉ."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-05-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-05-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1907-05-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "240", "page_fin": "240", "image_debut": 16, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.2.5.2", "titre_corps": "Les épreuves de Varticle de M. Choisy, éphore du Conservatoire d'Athènes, ne", "titre_sommaire": "Les épreuves de Varticle de M. Choisy, éphore du Conservatoire d'Athènes, ne", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": "240", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.16", "debut_caractere": 1292, "fin_caractere_exclue": 1497, "texte": "Les épreuves de Varticle de M. Choisy, éphore du Conservatoire d'Athènes, ne\nnous étant pas parvenues à temps, par suite d'un retard delà poste, nous compense-\nrons cette lacune dans notre prochain numéro."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "225", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\n(Honorée d'une souscription du Ministère de l'lnstruction oublicrue.)\nN° 9 (septième année)\nler1er Mai\n1907\nR. M.\n18\n\nŒuvres récemment exécutées.\n\nCHORALE DES LYCÉES DE JEUNES\nFILLES DEPARIS.\n\n— Cette chorale,\nfondée en 1906 non sans quelques\ndifficultés, compte aujourd'hui près\nde 700 exécutantes. Au concert\nannuel du 28 avril, dans le grand\namphithéâtre de la Sorbonne, elle\na chanté avec une corre:tion par-\nfaite et un charme inexprimable\nles pièces suivantes : Y Hymne\n(Ceux qui pieusement sont morts\npour la patrie...) de Bourgault-\nDucoudray ; le Sabotier et les\nAdieux à la jeunesse, chansons\npopulaires de Bretagne ; le PPit\nBonhomme (ronde), de Gabriel\nPierné ; le Salut au Printemps de\nGeorges Marty ; Soleil et les\nDanses de Lormont, de César\nFranck : soit sept compositions\nreprésentant le travail de cette\nannée, et attestant des progrès tou-\njours plus grands. Une irrésistible\némotion monte au cœur de\nl'homme et de la femme, devant\nle spectacle, aussi charmant pour l'œil que pour l'oreille, de ces sept cents jeunes\nfilles dontles voix ont une fraîcheur de timbre unique, qui obéissent docilement\naux rigoureuses disciplines de l'exercice choral. L'Hymne de Bourgault-Ducou-\ndray, avec son unisson initial et sa simplicité puissante, produit un effet gran-\ndiose. La « ronde »de M. Pierné - quidemain sera populaire dans les écoles\nest un charmant tableau de genre, une fantaisie vive et très gaie, d'un art délicat,\nbien appropriée au jeune âge. Les chansons populaires de Basse-Bretagne,\nrecueillies et harmonisées par M. Bourgault-Ducoudray, sont d'admirables spé-\ncimens de l'art populaire, si expressif, et parfois d'une poésie si profonde. Le"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "226", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.2", "texte": "OEUVRES RÉCEMMENT EXECUTEES\n\nchœur de M. Marty où s'intercale le solo si bien exécuté par Mlle Boisdon\nest, comme les deux pièces de César Franck, une œuvre de maître, toute de\ngrâce, d'elégance, de charme et d'éclat. L'Ecole de chant choral, si heureu-\nsement fondée et dirigée par M. d'Estournelles de Constans, chef du Bureau des\nThéâtres, prêtait son concours très précieux à cette fête pour chanter (avec de\nremarquables artistes tels que Mlle Thiauzat, Mme Poly, Mme Frignart-Milhet,\nMM. Malzac, Victor Petit, dirigés par M. Radiguer) :la Pavane, avec accom-\npagnement de tambourin, de Jean Tabourot (1589) ; Mignonne, allons voir si la\nrose... à 4 parties, de Guillaume Costeley (1570), et Voici venir du printemps...,\nchœur avec duo, trio, quatuor et quintette, de Claude Lejeune (1603); toutes\npièces rééditées et reconstituées par M. Henry Expert. Au milieu de ce pro-\ngramme uniquement composé de chefs-d'œuvre souriants, mais de valeur artis-\ntique très élevée, a été chaleureusement applaudi le grand pianiste Louis\nDiémer, toujours prêt à donner le concours de son talent aux bonnes œuvres :\nen exécutant la Pileuse de Godard, la Valse en ut dièse mineur, de Chopin, et la\n1ze Rhapsodie de Liszt, le célèbre pianiste a provoqué l'enthousiasme d'un vibrant\nauditoire. Malgré le surcroît de travail que lui imposent les répétitions de Salomé,\nM. Gabriel Pierné a dirigé avec sa maîtrise habituelle l'exécution de l'ouverture de\nDon Juan, et de jolies pièces du Peer Gynt de Grieg, par l'orchestre Colonne.\nIl ne faut pas griser la jeunesse par trop de compliments. Nous sommes\ncependant bien heureux de voir en pleine prospérité cette chorale immense,\nunique, formée avec ce qu'il y a de plus précieux et de plus charmant en France :\nles jeunes filles de Paris. Puisse-t-elle servir de modèle aux autres académies et\ny provoquer de bonnes initiatives ! Elle tient toutes ses promesses et fait espérer\nmieux encore. Nous lui disons de tout cœur, comme dans la belle musique de\nM. Marty : « Salut, Printemps, jeune saison !... »\n\nJ. C.\n\nCIRCÉ, OPÉRA EN 3 ACTES, PAROLES DE M. E. HARAUCOURT, MUSIQUE DE\nMM. LUCIEN ET PAUL HILLEMACHER.\n\n— Ces deux frères qui eurent l'un et l'autre\nle grand prix de Rome pour la composition musicale, — Paul en 1876 et Lucien\nen 1880, — sont un rare et touchant exemple de collaboration cordiale, soutenue\npar une égale et très haute valeur artistique. L'oeuvre qu'ils viennent de faire\njouer à l'Opéra Comique inspire à tous les musiciens une profonde estime ;\nréalise-t-elle l'idéal que les auteurs ont voulu et cru atteindre ? Ou bien plus\nsimplement, se présente-t-elle dans des conditions de succès suffisantes? Bien\nqu'un jugement d'ensemble sur une oeuvre contemporaine — et après deux\nauditions seulement— soit toujours dangereux et fragile, je suis obligé de faire\ndes réserves, en donnant modestement mes raisons.\nAprès la guerre de Troie, sur sa route d'aventures et de périls, Ulysse rencontre\nla magicienne Circé qui, par ses enchantements, le soumet à une servitude pas-\nsagère, d'où il se dégage péniblement. Tel est, en deux mots, le sujet. Il évoque\ntout un monde de brillantes images : Circé et la magie; la guerre de Troie;\nl'Odyssée; Ulysse, le héros hardi, souple, très religieux au fond (1) ; enfin, la\npoésie d'Homère, — autre enchanteresse,— enveloppant tout cela. Homère est\n\n(1) Le sentiment religieux est le trait principal du caractère d'Ulysse. L'Odyssée est le tableau\nde sa lutte contre Poséidon; mais bien qu'il ait irrité le dieu dans un cas de légitime défense\n(défense contre Polyphème), il n'a jamais un mot de protestation contre les épreuves qui lui sont\nenvoyées en manière de représailles. (Sophocle, dans son Ajax, a conservé à Ulysse ce caractère\nreligieux, marqué en maint endroit de Y Iliade.)"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "227", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.3", "texte": "OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\néminemment favorable à la musique. Il est tout : réalité et fiction, grandeur et\nsimplicité, puissance et agrément; son art frais et jeune, est riche de toutes les\ncouleurs de la nature et de tous les frémissements des passions humaines.\nHomère, c'est du Hacndel : langage naïf et fort, grandiose et aimable, souriant,\nfestonné, clair et profond comme le ciel oriental, facile et abondant comme les\neaux vives dansune grasse et bruissante montagne. Et le premier regret que j'aie\nà formuler, c'est que M. Haraucourt, d'ailleurs très habile au métier d'écrivain,\nne se soit pas inspiréde cemodèle. Son poème est sec, pauvre, sans fantaisie, sans\nhorizon, gâté et rétréci par des préoccupations philosophiques. Circé étant dite\n« à la belle voix » par le poète grec, j'aurais aimé qu'il lui fît déployer toutes les\nressources du chant et qu'il mît autour d'elle un séduisant cortège de danses ;\nj'aurais aimé le principe des tableaux vivants ou en projection étant admis\nqu'Ulysse (comme Enée auprès de Didon, comme Othello auprès de Desdé-\nmone, etc...) évoquât ses aventures passées ou récentes, et qu'une succession de\nscènes, muettes, commentées par l'orchestre seul, fît passer devant nos yeux les\népisodes caractéristiques de la guerre de Troie, lesaventuresdu héros en Thrace,\nchez les Cyclopes, sa rencontre avec l'exquise Nausicaa, son passage dans le\npalais d'Alcinoûs, etc... Au lieu de ce poème si varié, où il y a du roman et du\nconte de fées, du Fenimore Cooper, du Shakespeare et du Perrault, nous avons\nun livret un peu nu et prétentieux. Ulysse, dès la seconde scène, devient une sorte\nde romantique résigné qui joue en dedans, comme Gunther dans Siegfried. Circé\nest la courtisane banale qui fait entrer chez elle un passant. Les « compagnons »\nmanquent absolument de relief et de couleur. Les épisodes sont plutôt tristes.\nEt à cette méthode fâcheuse du librettiste j'arrive à ma réserve la plus\nimportante s'est ajoutée une erreur initiale et grave des compositeurs, mais\nune erreur dont M. Haraucourt ala première responsabilité. Dans la donnée de\nla pièce, ils n'ont vu qu'un sujet d'analyse psychologique ; et ils l'ont traitée\ncomme un mélodrame. C'était leur droit, et il n'était nullement impossible que,\nmême en se plaçant à ce point de vue, ils fissent un chef-d œuvre. Le génie n'a\npas d'esthétique a priori ; il réussit dans tout ce qu'il entreprend, et ferme la\nbouche aux critiques les plus légitimes par des fulgurations ou par une explosion\nqui emporte tout. Mais ici. MM. Hillemacher, tout en ayant beaucoup de\ntalent, n'arrivent pas à s'imposer. Il manque à leur art d'avoir été touché par\nla baguette magique de la grande poésie. Aux personnages homériques, ils font\nparler ce langage heurté, saccadé, savamment incohérent et d'un modernisme\nun peu brutal, qui paraît inséparable, dans la nouvelle école, d'un vrai « drame\nlyrique ». Ils prennent au sérieux, et même au tragique, des choses dont il fallait\nparler avec grâce, sur un mode un peu léger, avec agrément surtout. Il leur\nmanque le sourire éginétique. Leur musique est œuvre de conscience et de\ntrès habile savoir, mais laborieuse, pas assez en dehors. En de certaines scènes,\non les voit appliqués à la construction mélodique, et certes ils ont donné\nailleurs des preuves de leur maîtrise en ce genre de travail. xVLais leur manière\nest contournée, un peu sèche, sans prise sur les facultés d'émotion que le public\naimerait tant à leur abandonner.\nJe ne serais pas étonné que, dans quelques années, cette conception vraiment\ntrop austère du « drame lyrique » appliquée à un sujet comme Circé, parût aussi\nfausse que certains opéras de l'ancien régime, où l'on voyait Xerxès ou Zoroastre\navec une perruque et un pourpoint. En tout cas, le public veut être ému et"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.4", "texte": "OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\ncharmé : il a regretté de l'être insuffisamment en écoutant l'œuvre de deux\ngrands artistes, MM. Paul et Lucien Hillemacher, peut-être victimes de la mode\ndu jour et de l'imagination trop parcimonieuse de leur collaborateur littéraire.\nCette légende d'Ulysse a été souvent mise àla scène. Je citerai, pour le seul\népisode relatif à Circé : la tragédie lyrique de Corneille, avec musique de Marc-\nAnt. Charpentier (17 mars 1675), puis de Visée (1690) et de Claude Gilliers\n(1703, sur un texte remanié par Dancourt) ; la CYrcé, grand opéra en 5 actes,\nde Henri Desmarets (Paris, ler octobre 1694), sur un texte de Mme Gillot de\nSaintonge ; celles de Bannister (Londres, 1677), de Freschi (Venise, 1679), de\nCimarosa (Rome, 1779, et Milan, 1783), Paer (Venise, 1791); la Circé aban-\ndonnée de Pollarollo (Parme, 1692, et Venise, 1697) ; les Amours de Circé et\nd'Ulysse, de Badia (Dresde, 1709) ; Circé trompée, de Boniventi (Venise, 1711) ;\nCircé et Ulysse, de G. Astarita (Naples, 1777), et Albertini (Hambourg, 1785); la\nMagicienne Circé, d'Anfossi (Rome, 1788) ; Ulysse chez Circé, de Marcello\nPerrino (Naples, 1805), l'opéra de B. Romberg (même titre, Berlin, 1807), etc.,.\nLe Ballet de lareine, joué en 1581, sous Henri 111, était emprunté, pour le fond\ndu sujet, à la même source.\nDans aucune de ces œuvres, on ne trouve le souci de donner en musique un\néquivalent à la poésie d'Homère : une pareille tâche est bien séduisante pour un\ncompositeur aimant les tentatives originales !\n\nJ. C.\n\nLA LÉGENDE DU POINT D'ARGENTAN, PIÈGE EN UN ACTE DE MM. CAIN ET BERNÈDE,\nMUSIQUE DE M. FÉLIX FOURDRAIN A L'OPÉRA-COMIQUE).\nM.\n— On sait que le\npoint d'Argentan est une manière de dentelle très artistique. Le secret de ce\n« point » est perdu. Une femme du peuple, pauvre, avec un fils malade, peine\nen vain sur son métier pour le retrouver. Pendant son travail, elle accueille cha-\nritablement une mendiante, — laquelle, comme remerciement, adresse au ciel\nune ardente prière. Aussitôt, les anges paraissent, et, tandis que l'ouvrière dort,\népuisée de fatigue, ils reconstituent eux-mêmes, en cousant gentiment, le « point\nd'Argentan ». — Ce canevas ne constitue pas un drame, à peine une « pièce »,\nmais un simple tableau, un peu écourté, agréable, sentimental et honnête, sans\nexcès d'imagination. Il en est de même pour la musique de M. Félix Fourdrain :\nc'est un travail intelligent et honorable, où rien n'est poussé jusqu'à la grande\némotion et à la couleur très originale. C'est juste et discret, avec d'assez jolies\nébauches de fileuses et de berceuses, quelques soli de violon et de violoncelle,\nune orchestration très sage, et plusieurs pages adroites qui semblent inspirées\nde la « Méditation de Thaïs ». Ce n'est pas encore du point d'Argentan musi-\ncal.\n\nPIÈCES POUR CLAVECIN DE DANDRIEU. Nous continuons à donner les pièces\ncharmantes de Dandricu, dont quelques-unes font songer à Mozart et à Bach.\nLe pianiste inexpérimenté sera un peu dérouté par les fréquents changements\nde clés ; mais il saura qu'on n'est un musicien sérieux que quand on lit avec une\naisance égale dans toutes les clés usités : et s'il joue correctement les pièces\nque nous donnons dans notre supplément, il peut se considérer comme apte à\nsubir n'importe quelle épreuve ou examen sur la grammaire du piano.\n\nDOUZE PIÈCES ENFANTINES POUR PIANO, PAR BOURGAULT-DUCOUDRAY (CHEZ\nENOCH, 5 FR.). Voici, avec de très jolies illustrations appropriées, un recueil"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.5", "texte": "OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nde charmantes pièces : Berceuse de poupée, Cavalier' seul, Petite Prière, Cloches et\nCarillons, Première Rêverie, Chanson, ïEnfant décidé, Hymne, la Tarentelle, /'Ame\nen paix, Sonnerie, Bourrée TAuvergne. Bizeta déjà écrit des « scènes et jeux d'en-\nfants», pièces fort belles, mais difficiles. M. Bourgault-Ducoudray, qui semble\ns'être fait une âme d'enfant, écrit pour le tout jeune âge, ce qui ne l'empêche pas\nde rester un excellent musicien. Ce très gentil recueil peut servir d'encourage-\nment aux pianistes, à partir de l'âge de huit ans !\n\nLA NEUVIÈME SYMPHONIE DE BEETHOVEN (CONCERTS DU CONSERVATOIRE).\nLa Société des concerts vient d'achever sa quatre-vingtième année d'existence\npar une très belle exécution de la Symphonie avec chœur. La première audition\nen France de la Neuvième fut donnée en 1831 par la Société des concerts. La\nseconde audition n'eut lieu que l'année suivante ;le chef d'orchestre Habeneck\navait eu l'ingénieuse idée d'intercaler diverses œuvres entre les parties de la\n«\nSymphonie (1)... On croit rêver en voyant de quels ridicules « tripatouillages »\nles œuvres musicales ont été l'objet chez nous. Wagner lui-même n'a pas craint\nplus tard de porter une main sacrilège sur cette partition, en remaniant l'orches-\ntration du maître, ce contre quoi Gounod s'insurgea à juste titre. Telle que\nBeethoven l'a conçue et écrite, la Neuvième est un impérissable chef-d'œuvre, que\nnul ne songe plus à discuter aujourd'hui. La seule critique qu'on puisse faire\nporte sur la façon dont Beethoven en a usé avec les voix. Il faut pour chanter\nles hymnes du Fdnale une masse chorale disciplinée et nombreuse. Il ne me\ndéplairait pas d'entendre chaque partie solo interprétée par plusieurs artistes,\nhuit ou dix, par exemple, ce qui mettrait en opposition un petit chœur d'une\nquarantaine de voix avec un grand chœur de 150 à 200 sujets.\nContrairement à l'esthétique des œuvres classiques antérieures, pour l'exécu-\ntion desquelles il ne faut pas dépasser un certain nombre d'artistes, la IXe peut\nêtre interprétée glorieusement par d'importantes masses chorales et instrumen-\ntales. Le tout est d'en équilibrer les éléments. Le jour où l'on inaugurera, sur\nles pelouses du Ranelagh, la statue de Beethoven, je voudrais qu'un orchestre\nde 200 musiciens, soutenant un chœur d'un millier de voix, initiât le peuple de\nParis à la noble collaboration de Schiller avec Beethoven.\nQu'ont-ils voulu chanter ? Est-ce la Joie ? Est-ce la Liberté ?\nQuestion oiseuse qui a fait couler beaucoup d'encre. Peut-on ressentir la Joie\nlà où il n'est pas de Liberté ? Peut-on célébrer la Liberté sans être joyeux ?Le\npropre de la musique n'est-il pas de généraliser, d'idéaliser, de poétiser les\nsujets qu'elle prétend dépeindre ?On peut trouver dans la Neuvième le germe de\ntous les sentiments, la synthèse de tous les mouvements de l'âme. Examinons\nseulement le premier morceau de la Symphonie :il y a dans le début des pen-\nsées volontairement obscures et confuses ;ilya de la tendresse dans le duo que\nchantent la flûte et la clarinette après le petit badinage en tierces ; puis il ya de\nl'énergie dans le rythme\nIl serait aisé d'envisager de même les parties suivantes... Ce qui est à citer\nencore, c'est la pensée que semble avoir eue Beethoven de faire entendre dans\nsa Symphonie, sous des formes nouvelles, des phrases musicales qu'il avait déjà\nemployées dans ses œuvres précédentes, et auxquelles il donne comme une\n\n(1) V. ProcThomme, Les Symphonies de Beethoven."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.6", "texte": "LE CHANT ET LES MÉTHODES\n\nconsécration solennelle. Dans l'allégro nous saluons au passage un trait déjà\nentendu dans la Pastorale ; le thème de l'adagio est proche parent de celui de\nl'andante de la Pathétique ; le fameux récitatif du baryton a son sosie dans une\nsonate pour piano. Je pourrais multiplier ces citations.\nLa Symphonie avec chœurs contient à la fois le poème de la vie humaine et\nle poème de la vie des peuples. Elle découvre un coin du rideau qui nous cache\nl'avenir, un avenir riant, un avenir de fraternité et de paix universelles. On devrait\nexécuter cette Symphonie à la conférence de La Haye ; aussi bien, le rôle de la\nmusique n'est-il pas d'élever les cœurs et de rapprocher les esprits ?...\nDans vingt ans lorsque nous célébrerons le centenaire de la Société des con-\ncerts, c'est encore la Neuvième que nous entendrons, et, vieillards, les hommes\nde ma génération applaudiront encore avec enthousiasme cette œuvre unique\nsur laquelle le temps n'aura, jamais de prise.\nM. Martya remarquablement dirigé la dernière exécution.\nCe qui caractérise sa manière, c'est qu'il est constamment maître de lui. A\naucun moment il n'a eu de ces emballements fiévreux auxquels M. Chevillard,\npar exemple, se laisse parfois entraîner. Les quatre solistes étaient : Mmes Mastio,\nLacombe, MM, Nansen et Billot.\n\nHARALD, OUVERTURE DRAMATIQUE DE M. XAVIER LEROUX (ibid.).\nHENRI BRODY.\nLa séance\navait commencé parla première audition dune ouverture : Harald, dont le style\nweberien tranche d'une façon très vive sur le genre de musique auquel M. X. Le-\nroux s'adonne actuellement.il y a dans le talent de ce compositeur une souplesse\nextraordinaire. Lorsque M. Xavier Leroux ne cherche pas à produire des effets\ninattendus, lorsqu'il se contente de suivre les sentiers battus, il y découvre des\nfleurs charmantes dont il fait de jolis bouquets. Harald est un joli bouquet dont\nles couleurs sont adroitement combinées, et dont le parfum sans violence m a\nplu.\n\nLe chant et les méthodes (Suite) : Delle Sedie. Melchissédec.\nRegistre unique.\n\nUn mot de la méthode de chant de Enrico Delle Sedie. Virtuose de talent,\nDelle Sedie fut nommé professeur au Conservatoire en 1867, aPrês avoir fait\nune brillante carrière théâtrale en Italie, sa patrie, en Autriche, en Prusse, en\nAngleterre, et enfinà Paris. Cet artiste se distinguait parla pureté de son phrasé,\nson style et son intelligence dramatique. D'autres avaient une voix plus puis-\nsante ; nul ne s'en est servi avec plus de goût. On peut supposer que ses longues\net sévères recherches théoriques et scientifiques ne sont pas étrangères à ce\nrésultat. Effectivement, Delle Sedie, dans son Art lyrique et dans son Esthétique\ndu chant, a traité avec compétence toutes les questions qui se rattachent à la\nscience vocale. Cet auteur se met franchement, commeenseignement, sous l'égide\nde la science, et son effort sincère est souvent couronné de succès. On trouve dans\nla méthode de Delle Sedie des indications curieuses sur le timbre des voyelles.\nCette méthode se distingue encore des similaires par un essai d'adaptations\nmusicales desdifférentes passions : haine, amour, colère, etc. Peut-être aurait-"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "231", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.7", "texte": "LE CHANT ET LES MÉTHODES\n\nil dû choisir ses exemples dans les maîtres dont le phrasé passionnel a été acclamé\net reconnu par plusieurs générations, au lieu de les créer lui-même.\nDelle Sedie déplore avec bien d'autres la décadence de l'art du chant ; il cons-\ntate que cet art n'est pas purement instinctif, mais qu'il obéit à des règles déter-\nminées ; scientifiquement, il s'appuie sur Mandl, malheureusement Mandl est\nfort distancé aujourd'hui...\nDelle Sedie dit avec justesse qu'il serait nécessaire que tous les maîtres ensei-\ngnassent les mêmes principes généraux dans un ordre régulier et logique. Il a cent\nfois raison, mais cela ne pourra se faire, même au Conservatoire, que quand\nil y aura un corps de doctrines constamment revisé suivant les progrès scienti-\nfiques accomplis.\nA propos du récitatif, que Delle Sedie traite avec compétence, il fait remar-\nquer que le son mélodie est rarement en accord avec le son parole, et qu'il est\nen quelque sorte nécessaire de les fondre l'un dans l'autre. Peut-être une con-\nnaissance plus exacte des intonations parlées entraînera-t-eile une union plus\ncomplète de la poésie et de la musique.\nCe sera l'affaire des auteurs de ne pas produire de dissonances sans raison\ndéterminée ; pour le moment, l'exécutant doit lutter contre un antagonisme de\nfait, entre la poésie et la musique ; sans compter, bien entendu, l'antagonisme\nbien plus complet qui règne entre les poètes et les musiciens.\nRemarquons que la plupart des chanteurs ou maîtresde chant, y compris Delle\nSedie, ont une tendance à admettre dans la voix humaine deux timbres princi-\npaux : le sombre et le clair ; c'est une mauvaise manière de s'exprimer. Le timbre\nvocal est un : il devient sombre, ou clair, ou nasal, ou guttural, suivant les dispo-\nsitions laryngiennes ou buccales ; il se métamorphose encore, suivant la voyelle\némise et suivant la hauteur de cette voyelle; mais tous ces timbres ont la même\nsource et la même origine ; ils ressortent du même principe glottique. Ce sont\nles différentes manières d'être d'une seule entité : le timbre vocal. Delle Sedie\ncondamne avec raison l'emploi unique du timbre sombre ou du clair. Il en\nrésulterait, dit-il, une fatigue vocale évidente.\nUne véritable nouveauté chez Delle Sedie, c'est la suppression théorique qu'il\nfait des différents registres. 11 en admet un seul, et rejette par conséquent l'étude\ndes notes de passage, qui, dans presque toutes les méthodes, constituait un\ntravail très long et très soutenu. Sa théorie renferme une part de vérité.\nMelchissédec, del'Opéra,professeurau Conservatoire, dont la belle et puissante\nvoix fait encore l'envie et le désespoir des jeunes gens, par son brio, sa solidité,\nson timbre chaleureux et son charme expressif, s'accorde avec Delle Sedie pour\nne reconnaître qu'un registre unique, naissant à la source vocale (cordes vocales\ninférieures). Par conséquent plus de « passage de voix », ce Rubicon des élèves 1\nMelchissédec est au Conservatoire le porte-drapeau de la science appliquée au\nchant. Il combat pour ses dieux vis-à-vis du public, des autorités, des élèves ; et\nil a la suprême modestie de grouper autour de lui de savants physiologistes\nqui complètent son enseignement artistique et lui donnent la consécration de\nleur autorité scientifique. Une si belle vaillance, respectée même des détracteurs\nde Melchissédec, est un honneur pour le Conservatoire, et prouve que le directeur\nde cet établissement laisse la porte ouverte aux novateurs. Malheureusement\nl'homme est un animal d'habitude ; pour métamorphoserun enseignement, laisser\n/vnVe est beaucoup mais nesuffit pas. Avec Garcia, Battaille, Delle Sedie, Stephen"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "232", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.8", "texte": "LE CHANT ET LES MÉTHODES\n\nde la Madeleine, etc., parmi les chanteurs, et la plupart des physiologistes\nmodernes parmi les hommes de science, Melchissédec est pour la révolution vocale,\nce qui ne l'empêche pas de préconiser la douceur et l'harmonie du son. La force,\ndit-il, est en rapport avec le genre de voix du chanteur et avec sa constitu-\ntion ; quant à l'effort, il doit être proscrit; qui respire bien a toujours assez de\nforce, et les respirations vicieuses ont perdu plus de voix que le surmenage\nL'éducation de la voix en tant qu'instrument n'existe pas, avance encore le\nmaître, c'est-à-dire qu'elle n'a ni le caractère de précision, degénéralité, ni la base\nsolide et scientifique qui régissent 1 étude des autres instruments.\nNous déplorons avec le savant professeur que cette étude de la voix, la plus\ndélicate de toutes, puisqu'elle met en jeu mécaniquement et expressivement les\nforces vives de notre être, ne soit pas plus déterminée; mais nous sommes\nobligé de remarquer qu'il n'existe pas d'instrument aussi difficile à connaître\nque la voix, plus complexe, plus varié suivant les individus. Le laryngoscope lui-\nmême nous montre bien la glotte en mouvement, mais ne nous livre pas encore\nle secret multiple des muscles, dont le jeu des principaux seuls est connu. Nous\nsommes en face d'un problème : il faut le temps de le résoudre complètement -,\nla parole est aux anatomistes et aux physiologistes.\nHonneur cependant à ceux qui ont le courage de tenter d'escalader les aspé-\nrités de la glotte, au risque de se casser les cordes vocales en prêchant dans le\ndésert, hélas ! Mais n'oublions pas que la montre la plus perfectionnée est un\ninstrument grossier auprès du mécanisme glottique qui est constamment vivifié,\nmais aussi modifié par le courant vital. Du reste, c'est une raison de plus pour\nchercher à pénétrer un véritable mystère plus passionnant que beaucoup\nd'autres.\n\nALIX LENOEL-ZEVORT."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.9", "texte": "LA MUSIQUE ET LA MAGIE\n\nFolklore. La musique et la magie\n\n{suite).\nLes sorcières.\nSur la musique des sorcières, il nous suffira de quelques brèves remarques.\nOn sait que les principales distractions des sorcières, dans leurs réunions, sont\nla musique et la danse. En Allemagne, les plus grandes assemblées de ces créa-\ntures de mauvais renom ont lieu la nuit du lerIer mai ( Walpurgis) ;le lieu favori\nde leurs divertissements est le sommet de la chaîne du Harz, que l'on nomme\nBrocken ou Blosksberg. Les sièges des artistes sont de vieux troncs d'arbres ou\ndes rocs escarpés; leurs violons sont faits avec des crânes de chevaux.\nQuand on veut assister à ce spectacle d'horreur, il faut avoir avec soi le cou-\nvercle d'un vieux cercueil ; on a fait sauter un nœud du bois, et c'est par le trou\nainsi fait qu'il faut regarder.\n\nLe « Chaiigeling » {l'enfant changé).\nD'après une vieille tradition superstitieuse, universellement répandue au\nmoyen âge, il arrive quelquefois que les fées dérobent au berceau un bel enfant\nnouveau-né et lui substituent un des leurs, laid et difforme. Le petit prodige irlan-\ndais qui fut le héros d'une aventure arrivée dans le comté de Tipperary était un\nde ces Changelings. Son histoire est, on le verra, empreinte de cette fantaisie\ntout extravagante qui est le caractère général des contes de fées irlandais.\nMick Flanigari et sa femme, Judy, étaient un pauvre ménage qui n'avait pour\ntout bonheur que quatre petits enfants. Trois des enfants étaient aussi forts et\navaient les joues aussi roses que tous les enfants de riches que vous pourrez\ntrouver en Irlande; mais le dernier était d'une laideur dépassant l'imagination,\net, pour comble de malheur, il avait autant de méchanceté que de laideur. On ne\npouvait compter les tours qu'il jouait à ses frères et même à ses parents. Possé-\ndant avant l'âge de douze mois une formidable collection de dents, il mangeait\ncomme un glouton: ce qui ne l'empêchait pas de vouloir rester perpétuellement\ndans son berceau, auprès du feu, et cela même après qu'il eut atteint ses cinq ans.\nC'est qu'il voulait, couché sur le dos et fermant à moitié ses petits yeux, observer\ntout ce qui entrait dans la salle et guetter le moment de tourmenter les gens.\nUne après-midi, il arriva que Tim Carrol l'aveugle, joueur de cornemuse\n(bag-pipe) et vieil ami de la maison, comme on 1 invitait à faire un bout de\ncausette, entra et s'assit près du feu. Comme il avait avec lui son bag-pipe, ses\nhôtes le prièrent de les régaler d'un morceau, et Tim Carrol l'aveugle, se bou-\nclant son bag-pipe autour du corps, commença à jouer.\nA ce moment le petit monstre, se dressant dans son berceau, remuait de tous\ncôtés sa vilaine tête, avec les signes les plus évidents delà grande joie que lui\ncausait ce son nasillard. Voyant l'ardeur avec laquelle l'enfant tendait ses deux\nmains vers le bag-pipe, sa bonne mère pria le vieil aveugle Tim Carrol de céder\n(rien qu'un moment) àla fantaisie de son petit chérubin, et comme l'aveugle Tim\nn'était pashomme.à dire « Non », il posa doucement son bag-pipesur le berceau.\nQuel fut leur étonnement à tous quand le petit monstre, ayant pris l'instrument\net le maniant en joueur consommé, se mit à jouer, et cela sans le moindre effort,\nd'abord une gigue animée, puis une autre plus vive encore, puis plusieurs autres\nà la file !"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.10", "texte": "LA MUSIQUE ET LA MAGIE\n\nLa première chose que fît le père fut de vendre son porc et d'acheter un bag-\npipe à son petitprodige. Il arriva bientôt que lepetit coquin eut un jeu particulier,\nbien à lui, qui faisait danser les gens, aussi peu disposés à danser qu'ils se trou-\nvassent. Et même, un jour, sa pauvre mère, venant à entrer dans la salle avec\nun plein seau de lait, fut invinciblement forcée, en entendant cet air enchanteur,\nde faire couler le seau et de laisserperdre tout le lait, et de danser en rond comme\nune vraie toupie.\nVers l'époque où l'enfant eut ses six ans, le fermier du village qui employait\nMick Flanigan comme journalier, subit différents malheurs avec ses bes-\ntiaux : deux vaches perdirent l'appétit et ne donnèrent plus que peu ou point de\nlait ; un veau, sur lequel il comptait, fit un faux pas et se brisa les deux pattes de\nderrière, et peu après un de ses meilleurs chevaux mourut presque aussitôt.\nDepuis longtemps au village on pensait bien, à part soi, qu'il se passait\nchez Mick Flanigan quelque chose de louche, et naturellement le bruit vint aux\noreilles du fermier que l'enfant au bag-pipe devait être la cause de tous ses mal-\nheurs. Aussi jugea-t-il sage de donner une bonne fois congé à Mick Flanigan\net de le prierd'aller ailleurs chercherde l'ouvrage. Heureusement le pauvre Mick\nFlanigan eut la chance de trouver bientôt à s'employer à quelques milles de\nlà chez un fermier qui avait besoin d'un laboureur.\nLe jour convenu, le nouveaumaître deMick Flanigan envoya une voiture pour\nprendre les quelques meubles qu'il apporterait. On mit tout en haut le berceau\navec l'enfant et son bag-pipe, et toute la famille se mit en route pour sa nouvelle\ndemeure. Environ à mi-chemin, il y avait à passer une rivière : lentement la\nvoiture s'avança sur le pont branlant, et immédiatement après se passa une scène\nextraordinaire. L'enfant, jusqu'ici, était resté tranquille dans son berceau et sem-\nblait, comme à son habitude, à moitié endormi ; mais au moment précis où la\nvoiture arrivait au milieu du pont, il leva la tête, considéra l'eau attentivement\net soudain, saisissant son bag-pipe, sauta dans la rivière.\nTerrifiés, ses parents poussèrent des cris de détresse et tâchèrent de le sauver :\nmais, à leur inexprimable étonnement, ils le virent nager, plonger et s'ébattre\ncomme une loutre dans l'eau. Et même il se mit alors à jouer du bag-pipe,\ntout en poussant continuellement des cris vigoureux, en donnant d'autres signes\nmanifestes qu il se trouvait maintenant dans son véritable élément. Soudain il\ndisparut tout à fait, et les pauvres gens eurent alors la preuve que leur garçon\nétait un Changeling et qu'il avait été retrouver ses vrais parents (i).\n(1) Fairy Legends and Traditions of the south of Ireland, by T. Crofton Croker, London, 1862,\np. 22. Comparer également Hans mein Igel dans les Kinder und Hans marchen de Grimm.\n\nLe sorcier vende.\nLes Vendes sont les habitants de race slave de quelques cantons delà Lusace,\nen Allemagne. Bien que vivant au milieu de Germains, ils ont jusqu'à présent\nconservé leur idiome propre ainsi qu'un grand nombre de chansons et de\nlégendes nationales dont quelques-unes sont d'une grande beauté.\nLe sorcier vende se nommait Braho et vivait sur une montagne voisine de la ville\nde Teichnitz, au temps où la religion chrétienne ne faisait que commencer à\nprendre racine en Lusace. C'était, bien entendu, un païen, et, lorsqu'il trouvait\nun moyen défaire quelque mal aux chrétiens sans défense qui vivaient disper-"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "235", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.11", "texte": "LA MUSIQUE ET LA MAGIE\n\nsés dans le voisinage, il ne manquait pas de le mettre impitoyablement en pra-\ntique. Tout son pouvoir, d'ailleurs, venait d'un sifflet magique par lequel il fai-\nsait obéir à sa volonté certains esprits malfaisants.\nLe sorcier avait un élève qui vint à connaître les félicités de la religion chré-\ntienne ; il abandonna son méchant maître, et saisissant le moment favorable\noù le vieux coquin faisait sa sieste, il s'empara du sifflet magique ; puis, quit-\ntant la montagne, il courut rejoindre dans la plaine ses amis les chrétiens.\nMais quand on sut que le sorcier n'avait plus son sifflet, on comprit que son\npouvoir était passé et qu'on pourrait se risquer à l'approcher sans courir beaucoup\nde danger. Aussi, occupant en armes le sommet de la montagne, les chrétiens\nréussirent bientôt à prendre le vieux païen : ils le lièrent solidement, firent un\ngrand bûcher où ils le forcèrent à monter et le brûlèrent solennellement ; en\nmême temps l'élève du sorcier, qui venait de recevoir le baptême, fit quelques\npas en avant et jeta dans le feu le sifflet magique, afin qu'il fût détruit sans\nlaisser de traces.\nToutefois, au printemps de chaque année, la veille du dimanche d Oculi, le\nvieux sorcier apparaît au sommet de la montagne.\nPour ne pas conclure cette note sur des idées funèbres, je citerai, dans un\nordre d idées voisin, le conte suivant:\n\nLe prince professeur de musique.\nLes Grecs modernes possèdent une longue histoire, qui passe pour originaire\nde l'Asie Mineure, et dont voici le résumé. En un pays lointain, un roi puis-\nsant avait un fils : ce jeune homme excellait à jouer de la flûte, mais il était timide\net fuyait les femmes. Le roi, à qui il importait fort que sa dynastie fût perpétuée,\nfit embarquer le jeune prince et l'envoya dans une cour étrangère, pour voir si,\nparmi les princesses, il trouverait femme à son gré. Le vaisseau fit naufrage et\ntout ce qui était à bord fut noyé, sauf le prince que les vagues jetèrent sur la rive\nd'une île jolie. S'étant séché, il rencontre un pauvre pêcheur et change de vête-\nments avec lui; cachant sous un bonnet sa luxuriante chevelure, il se met en\nroute pour le palais où résidait le roi de l'île et, engagé par le palefrenier en chef\ncomme garçon d'écurie, il entre au service du roi : sa principale occupation était\nd'aller à une source située dans les jardins du palais chercher de l'eau pour les\nchevaux; le soir, seul dans les jardins, il jouait de sa flûte avec tant de charme\nque les rossignols eux-mêmes demeuraient silencieux et l'admiraient. La fille\ndu roi l'entend, descend au jardin et obtient de son père que le joueur de flûte\ndevienne son professeur de musique ; il s'aperçoit quelle l'aime, l'aime à son\ntour, lui révèle qu'il est le fils d'un roi, et bientôt la fait reine de ses Etats (i).\nIci, l'équivalent moderne et contemporain n'est pas difficile à trouver. Ce conte\ndu prince flûtiste, c'est l'histoire courante du professeur de piano épousant une\nde ses élèves.\n(1) Gri<schische und Albanische Mârchen,gesammelt von J G. v. Hahn. Leipzig, 1864; vol. I,\np. 273."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.12", "texte": "INFORMATIONS\n\nActes officiels et informations.\n\nCONSERVATOIRE NATIONAL.\nS.\nLes concours publics de fin d'année qui avaien\nlieu au Théâtre-National de l'Opéra-Comique, dans la 2e quinzaine de juillet,\nont été fixés du ier au 12 juillet. —M. Risler est nommé professeur de la classe\nde piano en remplacement de M. Duvernoy.\nL'excellent violoniste William Cantrelle, que ses nombreux succès ont déjà\nmis, malgré son jeune âge, au rang de nos plus grands virtuoses, a donné, le\nlundi soir 29 avril, à la salle des Agriculteurs, un concert avec le concours de\nM. Jan Beder, le chanteur si justement apprécié, et de l'orchestre de la Société\ndes Concerts populaires qu'on entendait pour la première fois, et dont on a dit le\nplus grand bien. Le concert fut dirigé per M. F. Waël-Munk, chef d'orchestre\nde la Société. Au programme : ouverture du Freischutz ; Légende bretonne,\nde G. R. Simia ; Concerto de Beethoven, Havanaise de Saint-Saëns, etc.\nMlle Andrée Gellée a donné àla salle Erard, ce mois-ci, son concert annuel\noù elle s'est affirmée musicienne excellente et pianiste hors de pair. L'an der-\nnier, elle avait interprété la sonate 111 de Beethoven ; cette fois elle nous a donné\nla sonate 109, avec la Suite anglaise de Bach et deux Préludes de C. Frank.\nMlle A. Gellée ne sort pas du Conservatoire. Si donc on ne retrouve pas dans son\ninterprétation des classiques les formules et les traditions quelquefois contestables\nde cette maison, il faut cependant louer sans réserve la sûreté et 1 intelligence de\nson style, l'exquise sonorité de son jeu. Elle est tout près de devenir une grande\nartiste, et est déjà une des plus remarquables pianistes de Paris.\n\nBORDEAUX. — Par arrêté ministériel du 15 avril dernier, une subvention de\n3.000 francs a été accordée à la Société de concerts populaires la Sainte-Cécile\nde Bordeaux.\n\nLE BAROMÈTRE MUSICAL : I. - Opéra.\nRecettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 mars\nArmide.\nGluck.\n18.673 76\n2 2 —\nAriane.\nMassenet.\n16. I I 2 34\n23 -\nTannhàuser.\nR. Wagner.\n13.597 5o\n25 —\nSamson et Dalila. — La Ma-\nladetta.\nSaint-Saëns. Vidal.\n15.209 91\n2 7 —\nLa Walkyrie.\nR. Wagner.\n22.201 76\nici' avril\nAriane.\nMassenet.\n22.034 41\n3 —\nLa Walkyrie.\nR. Wagner.\n17.811 26\n5 -\nFaust.\nGounod.\n41\n6 -\nArmide.\nGluck.\ni6.o53 »\n8 —\nLa Walkyrie.\nR. Wagner.\n22.345 41\n10 —\nAriane.\nMassenet.\n16.353 76\n1 2 —\nFaust.\nGounod.\n19 814 34\n13 —\nLa Walkyrie. ;\nR. Wagner.\n18.624 5o\nI 3 —\nLohengrin.\nR. Wagner.\n1 8.034 41\nl7 —\nTristan et Isolde.\nR. Wagner.\n22.161 76\n19 —\nAriane.\nMassenet.\n18.582 91"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "237", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.13", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 mars 1907 au 19 avril 1907.\n\nDOUAI. M. Demelincourt Joseph est chargé, pour un an, du cours de cor à\nl'Ecole nationale de musique de Douai.\n\nMONTPELLIER. Par arrêté du 19 avril, une allocation de 500 francs est accor-\ndée à la Schola cantorum de Montpellier.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20\nmars\nManon.\nMassenet.\n6.903 5o\n2 1\n—\nLouise.\nG. Charpentier.\n9.729 5o\n2 2\n—\nOrphée.\nGluck.\n7.095 5o\n23\n—\nLa Vie de Bohême.\nPuccini.\n9.488 33\nM\n—\nmatin.\nMignon. — Le Chalet.\nA. Thomas. Adam.\n5.616 5o\n24\n—.\nsoirée\nWerther. — Les Rendez-vous\n5.774 5o\nBourgeois.\nMassenet. Nicolo.\n25\n—\nLe Barbier de Séville. — Les\n4.613 »\nNoces de Jeannette.\nRossini. V. Massé.\n26\n—\nCarmen.\nBizet.\n5.6o8 5o\n27\n—\nManon.\nMassenet.\n7«5O5 5o\n28\n—\nMarie-Magdeleine. — Scènes\n7.343 »\nalsaciennes.\nMassenet.\n3o\n—\nMarie-Magdeleine. — Scènes\nalsacien nés.\nMassenet.\n6.996 »\n31\n—\nmatin.\nLa Vie de Bohème. — La Fille\n4.081 5o\ndu Régiment.\nPuccini. Donizetti.\n31\n-—\nsoirée\nCarmen.\nBizet.\n6.962 5o\nIER\navr. matin.\nMadame Butterfly. — Les\nNoces de Jeannette.\nPuccini. V Massé.\n6.567 5°\nIER\n—\nsoirée\nManon.\nMassenet.\n7.684 5o\n2\n—\nLakmé.— Cavalleria Rusticana.\nL. Delibes. Mascagni.\n8.328 5o\n3\n—-\nMarie-Magdeleine. — Scènes\nLn\nG\noc\nalsaciennes.\nMassenet.\n4\n—\nPelléas et M élis an de.\nDebussy.\n9.10 3 00\n5\n—\nWerther.\nMassenet.\n8.547 5°\n6\n—\nMadame Butterfly. — Le Maî-\ntre de Chapelle.\nPuccini. Paer.\n9.589 5o\n7\n—\nmatin.\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n5.8o'6 y>\n7\n8\n—\nsoirée\nLakmé. — Cavalleria Rusticana.\nL.Delibes. Mascagni.\n6.56o 5o\n—\nLes Dragons de Villars.\nMaillart.\n3.532 5o\n9\n—\nCarmen.\nBizet.\n6.822 5o\nI O\n—\nMadame Butterfly.\nPuccini.\n7.544 5o\nI I\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.723 83\nI 2\n—\nManon.\nMassenet.\n8.496 5o\n13\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.882 33\n14\n—\nmatin.\nCarmen.\nBizet.\n6.064 5o\nM\n_—\nsoirée\nWrerther. — Le Bonhomme\nJadis.\nMassenet.J.Dalcroze.\nCO\nCO\n0\nvo\n1 5\n—\nLe Jongleur de Notre-Dame.\n— Le Chalet.\nMassenet. Adam.\n4.604 »\n16\n—\nMadame Butterfly.\nPuccini.\n8.497 50\n17\nCircé. — La Légende du point\nP. et L. Hillemacher.\nd'Argentan.\nF. Fourdrain.\n1.860 5o\n18\n—\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.628 5o\nr9\n.\nCircé. — La Légende du point\nP. et L. Hillemacher.\nd'Argentan.\nF. Fourdrain.\n00 r\n0.J79 5o"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "238", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.14", "texte": "INFORMATIONS\n\nCONCERTS. Ce serait une erreur de croire qu'après Pâques les concerts\nchôment à Paris : ils sont de plus en plus nombreux. Ce serait une autre erreur\nde croire que cette débauche de musique témoigne d'un goût très musical dans\nle public ou d'une pléthore de grands artistes. La vérité, c'est qu'un petit nom-\nbre d'artistes méritent seuls d'être entendus; mais tous les exécutants (et ils sont\nlégion î) se croient appelés à faire partie de l'élite. Parmi les meilleurs, et pour\nla seule salle Pleyel, voici les concerts annoncés pour la ire quinzaine du mois :\nLe 2 mai, M. Lucien Wurmser, 4 h., et la Société des instruments an-\nciens, 9h.—Le 3, M et Mme E. Ciampi, 4 h., et Mme Canivet (élèves), 9h.\nLe 4, Mme Cam. Chevillard (élèves), 2 h., et Mlle Antoinette Lamy, 9h.—Le 5,\nMme Francell-Fernet (élèves), Ih.—Le 6, Allle Ziélinska, harpiste, 9h.—Le 7,\nMM. Ysaye et Pugno, 4 h., et Mlle Magd. Godard (élèves), 9 h. —Le 8,\nMme Georges Marty( avec le concours de M. Massenet), 9h. —Le 9, MlleC. Bou-\ntet de Monvel (élèvesq 1 h. Le 10, MM. Ysaye et Pugno, 9 h. Le 11,\nM. E.-M. Delaborde, 9h.— Le 12, Mlles L. et A. Cortot (élèves), Ih. Le\n13, MM. Ysaye et Pugno, 4 h., et Mme A. Laïdlaw, 9 h —Le 14, Mlle Blanche\nSelva, et le 15, MM. Ysaye et Pugno, 9 h.\nOn annonce pour le 6 juin (salle Gaveau) un premier Festival de musique\nfrançaise par opposition aux œuvres étrangères dont on nous régale donné\npar Mme Camille Fourrier, sous le patronage de la princesse de Cystria-Fau-\ncigny, de M. d Indy et P'auré, avec le concours de Clarence von Amelungen et\nde M. Chevillard (orchestre et chœur des concerts Lamoureux). Le programme\nest des plus brillants (billets chez Durand). Entre autres numéros sensationnels,\non y jouera la Damoiselle Elue, de M. Debussy.\nEn attendant on répète, à l'Opéra, la Catalane de M. F. Le Borne; à l'Opéra-\nComique, 1 Ariane et Barbe-Bleue de M. Dukas : et au Châtelet, M. G. Pierné\nsoumet à rude épreuve un colossal orchestre en lui faisant travailler la difficile\npartition de Salomé."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "239", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.15", "texte": "CORRESPONDANCE\n\nCorrespondance.\n\nNous recevons la lettre suivante :\nMONSIEUR LE DIRECTEUR,\nJe viens de relire l'article consacré par M. Franck Choisy à la musique byzan-\ntine dans le numéro du ier avril de la Revue musicale. Voulez-vous me permettre\nd'y ajouter quelques détails, qui répondront à plusieurs questions posées par\nl'auteur de cette intéressante étude r .\nJe travaille en effet la question depuis plus de dix ans, faisant porter mes in-\nvestigations plus particulièrement sur la période archaïque de ce chant. En ce\nmoment même, je corrige les épreuves d'une Introduction à la paléographie\nmusicale byzantine qui doit servir de préface au catalogue des manuscrits de cet\nart que nous possédons en France. J'en détache ici quelques conclusions expo-\nsées plus au long dans cet ouvrage :\ni° L'opinion qui veut chercher l'origine de l'écriture musicale byzantine dans\nun alphabet démotique est depuis longtemps abandonnée. De fait, plus nous\nremontons le cours desâges, plus les notations byzantines (il y en a eu plusieurs)\nse rapprochent des formes simples des signes prosodiques, comme d'ailleurs les\nneumes romains : Ex acceniibus toni oritur figura que dicitur neuma. Gela\nn'empêche pas que les Byzantins, comme les Latins, ont eu des manuscrits à\nlettres significatives.\n2° Nous avons à Paris des manuscrits en notation ekphonétique (du genre de\ncelui photogravé dans votre numéro d'avril), datant du ve au xvie siècle. J'ai pu\ndistinguer, à l'aide de ces nombreux manuscrits (70 manuscrits), trois phases de\nla notation ekphonétique.\n30 Permettez-moi aussi d'annoncer que j'ai découvert un admirable spécimen\nde notation paléobyzantine, antérieur à la notation dite damascènienne. Ce\nspécimen comprend plusieurs folios d'un pentecostarion.\n40 Enfin notre Bibliothèque nationale garde un certain nombre de manuscrits\nantérieurs au xtne siècle, en notation constantino polit aine. (Le P. Thibaut, dans\nf\nson ouvrage récent sur l'origine byzantine de la notation neumatique de l'Eglise\nlatine, opinion que je ne partage pas, ne pouvait connaître que trois\nde ces manuscrits.)\n50 C'est seulement alors qu'apparaissent les manuscrits des Kallopistai de\nl'école de Koukouzélès, qui ont multiplié outre mesure les hypostases ou signes\nde chironomie (ce que M. Franck Choisy appelle « jeu de main »), signes\naphones. (V. article cité, p. 192 et s.)\nOr la meilleure preuve que la tradition moderne n'a pas dévié, en ce qui con-\ncerne ces signes aphones, c'est-à-dire « sans voix », n'indiquant que des nuances,\nse trouve dans les manuscrits de chant et les traités du moyen âge.\nEn effet, la même mélodie, avec la même notation (quelques variantes d'éco-\nles), que nous trouvonsdans unmanuscrit ennotationpaléobyzantine, se retrouve\navec de très rares hypostases dans les manuscrits en notation constantinopoli-\ntaine, puis, avec des hypostases chironomiques de plus en plus nombreuses, dans\nles codices de la notation hagiopolite et de l'école de Koukouzélès. Et comme ces"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "240", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070501-01.1.16", "texte": "CORRESPONDANCE\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers, - Société française d'lmprimerie et de Librairie.\n\ngrands signes (signes rouges) se retrouvent parfois semblables aux caractères\nphonétiques ou chantés, cela explique les confusions regrettables que signale\nM. Franck Choisy, page 194.\nMais le fait même que les caractères aphones, constamment modifiés, n'exis-\ntaient pas primitivement et sont en grande partie disparus, indique suffisam-\nment qu'ils étaient secondaires, et que les caractères phonétiques seuls ont tou-\njours été chantés. D'ailleurs, les traités que nous possédons, depuis le xne siècle\nsont très nets sur ce point.\nM. Franck Choisy me permettra aussi d'ajouter que la première édition des\ndu lampadarios Pierre de Péloponnèse fut, comme Ylsagoge de Chry-\nsanthe, imprimée à Paris, chez Rignoux, et les types gravés également par un de\nnos compatriotes. Ces caractères ne sont-ils pas encore à l'lmprimerie nationale ?\nLa Bibliothèque nationale possède d'ailleurs tout un lot de manuscrits se rat-\ntachant aux réformes de Pierre de Péloponnèse et deChrysanthe deMadyte, avec\ndes transcriptions autographes de ce dernier musicologue.\nPuis-je vous demander de transmettre ces détails à M. Franck Choisy, par 1 in-\ntermédiaire de la Revue ?\nVeuillez agréer, etc...\n\nA. GASTOUÉ.\n\nLes épreuves de Varticle de M. Choisy, éphore du Conservatoire d'Athènes, ne\nnous étant pas parvenues à temps, par suite d'un retard delà poste, nous compense-\nrons cette lacune dans notre prochain numéro."}]}