{"numero_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_sha256": "fadd50885efbe83d22cc08dd64d032447832cbe82b3de96ea6e908f964fc2fde", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1907/06/01_01/bmtnabj_1907-06-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1907/06/01_01/bmtnabj_1907-06-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "277", "page_fin": "289", "image_debut": 1, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1", "titre_corps": "Les oeuvres récemment exécutées.", "titre_sommaire": "Les oeuvres récemment exécutées.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "277", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.1", "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 2933, "texte": "Les oeuvres récemment exécutées.\n\nENCORE UN MOT SUR LA « SALOMÉ » DE M. RICHARD STRAUSS.\n\n-— Dans le der-\nnier numéro de la Revue musicale, je donnais mes impressions sur Salomé, en\najoutant que je les modifierais après nouvelle audition, s'il y avait lieu. C'est\nune réserve qui me paraît toujours prudente. J admire les journalistes qui, après\nune première et unique rencontre avec une œuvre nouvelle, se retirent pendant\nquelques minutes dans une brasserie pour délibérer, puis s'en vont porter à\nleurs journaux une sentence sans appel. Il faut se méfier davantage de soi-même\net montrer plus d'égards aux hommes de talent. Une revision de l'affaire à juger\nleur est souvent favorable. Quelquefois aussi elle aggrave leur cas.\nJe suis donc retourné au Châtelet pour voir Salomé. Certains défauts de la\npièce, dominés et voilés d'abord par une impression générale d'étonnement, me\nsont apparus avec un relief extraordinaire. Je signalerai tout de suite le plus\nimportant, qui touche à une question essentielle et vitale en matière d'opéra.\nM. Strauss ne se contente pas (comme la plupart des Allemands, et non les\nmoindres) de mal écrire pour les voix ; en beaucoup d'endroits il supprime le\nchant et le remplace par un monstre hybride auquel il est impossible de trouver\nun nom. Il y a une bonne partie du rôle d'Hérode où l'acteur que j'ai entendu\nhier (vendredi 18 mah ne donne pas le son soutenu qui constitue le chant, mais\nabandonne brusquement la musique, non pour la simple déclamation, comme l'a\nfait quelquefois, avec franchise, M. Massenet, mais pour un genre mixte qui,\nn'étant ni du parler, ni de la mélodie, ni du cri, est pourtant un vague composé\nde tous les trois. C'est absolument la méthode de certains chanteurs de nos cafés-\nconcerts qui, parfois, négligent les intervalles précis de la phrase à dire et les\nremplacent par une forme de débitoù il n'y a plus ni intonation ni mesure. N'ou-\nbliez pas que M. Strauss lui-même était au pupitre ; si les choses se sont passées\nainsi, c'est donc avec son approbation et sous sa responsabilité. Ceci est très\ngrave. Je vois là un procédé qui, s'il était appliqué avec logique, conduirait tout\ndroit à la suppression pure et simple de 1 opéra. Si, en certains cas, vous aban-\ndonnez le chant sous prétexte de vérité, vous voilà obligé de l'abandonner par-\ntout en vertu de cette grande règle qu'une œuvre d'art doit le plus possible être\nvraie. Si la convention fondamentale du genre est ébranlée sur quelques points,\nelle va bientôt l'être partout. Ce n'est pas seulement l'opéra, c'est la musique\nvocale tout entière qui va se trouver compromise. Et tel est bien son cas. Le\ndrame lyrique, comme Jochanaan, chante aujourd'hui au fond d'une citerne ;\nbientôt, un compositeur nous apportera sa tête sur un plat d'or. D'instinct, le"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "278", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.2", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "public parisien a parfaitement compris cela. Voici comment il Ta montré.\nIl n'est d'abord pas possible qu'un musicien aussi distingué que M. Strauss se\ncontente des recettes énormes réalisées par les représentations de Scilomé et y voie\nla justification péremptoire de sa méthode. Un compositeur sérieux ne ramène\npas son art à une brutale question d'argent ; il tient la lyre, non la tire-lire. Je\ndirai donc à M. Strauss une chose dont il ne se doute probablement pas et qui lui\nparaîtra contradictoire; j'en garantis cependant l'exactitude. Le public se dispute\nles places, quand on joue Salomé, avec une ardeur qui tient de l'affolement, cela\nest incontestable. Mais autour de moi et j'étais aux fauteuils de balcon de\nvrais rires de parodie, de moquerie, de surprise sceptique, ont accueilli les pages\noù Hérode, comme je viens de le dire, cesse de chanter pour se servir d'un débit\ninnommable ; ces rires involontaires, et d'ailleurs discrets, étaient ceux que pro-\nvoque tout artiste abandonnant brusquement sa fonction normale pour se jeter\ndans une excentricité ou une fantaisie déplacée. C'est la revanche ou la protesta-\ntion du bon sens parisien. Le fait que je note ici n'est pas une exception ; au\nsortir du théâtre, je l'ai entendu signaler de plusieurs côtés.\nIl faut d'ailleurs que M. Strauss sache bien ceci : en général, le public parisien\napporte à la représentation de Salomé la curiosité des yeux beaucoup plus que\ncelle des oreilles. Salomé est, pour beaucoup de personnes « du monde », un\nspectacle très libre et scandaleux, même genre que ceux de VOlympia ou des\nFolies-Bergères, rapproché des spectacles de bon aloi par une réputation de « grand\nart ». Le public suit l'action avec avidité; il regarde les décors, la danse, les\ncostumes et l'éclairage avec un esprit d'enfant : quant à la musique, il la trouve\nnégligeable et plutôt gênante. Elle trouble son plaisir. Il n'en a pas besoin Elle\nlui imposerait un effort d'attention dont il juge très inutile de prendre la peine.\nEt si mes deux objections étaient reconnues fondées ; s'il était bien constaté que\nM. Strauss fait rire assez souvent l'auditoire et qu'il détourne au profit du spec-\ntacle visuel tout l'intérêt de l'œuvre sonore, j'aurais le droit de dire que,\nmalgré l'énorme labeur d'écriture qu'il s'est imposé, il a fait œuvre malsaine\net manqué son but.\nNe vous hâtez pas de dire que le public parisien n'aime pas la musique, et\nn'est pas « connaisseur » ! Il est comme tous les publics : il aime ce qui est\nnaturel, net, émouvant, beau ; pour le reste, il est froid ou sceptique, avec un\nsourire mauvais. La musique de M. Strauss est confuse, contournée, grimaçante,\nfranchement désagréable pour l'auditeur sans parti pris. De la Symphonie\ndomestique, j'avais gardé une forte impression ; de Salomé, je ne garde qu'une\ngrande fatigue. C'est une débauche vraiment outrée de dissonances et d'incohé-\nrences qui aggrave un mal à la mode, et, aux bons endroits, reste au-dessous de\nce que nous connaissions déjà. Voici par exemple la Danse des voiles, dont l'or-\nchestre s applique à bien contrarier le rythme (car il est entendu aujourd'hui\nque si le chanteur doit chanter le moins possible, la danseuse ne doit pas danser) :\nelle me paraît très inférieure, en son genre, aux « danses sacrées et profanes »\nqu'a écrites M. Debussy pour la harpe chromatique ; très inférieure aux danses\nde Berlioz et de dix autres compositeurs français que je pourrais citer. Et s'il faut\nfaire une comparaison entre les maîtres étrangers actuellement présents à Paris,\nje trouve que pour ces deux qualités maîtresses : l'imagination et l'abondance\ndes idées, M. Richard Strauss est fort au-dessous de l'admirable Rimsky-\nKorsakow.\n\nJ.C."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "279", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.3", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3659, "texte": "M. RIMSKY-KORSAKOW. LES CONCERTS RUSSES DE L'OPÉRA. I.\n\n— M. Astruc est\nun homme précieux. Lui aussi, il fait « grand ». 11 a de l'audace, et il faut le\nremercier des grandes auditions musicales qu'il organise. Au moment où il\nmontait Salomé avec des artistes rares, il commençait à l'Opéra, devant une\nsalle tout aussi brillante que celle du Châtelet, une série de concerts russes. Le\njeudi 16 mai, eut lieu la première de ces grandes séances. Le programme com-\nprenait un certain nombre d'oeuvres et d'artistes qui sont simplement bons,\nmais il m'a procuré, avec M. Rimsky-Korsakow, un exceptionnel enchan-\ntement. Je noterai ici fidèlement ces deux groupes d'impressions distinctes.\nLe concert débutait par l'ouverture et le premier acte de Rousslan et Ludmilla\nde Glinka. Œuvre vive et agréable : c'est de l'Auber (mais pas plus), orchestré\npar Glinka. Les interprètes étaient de valeur sérieuse, mais nullement supérieurs\nà ceux de notre Opéra... La Deuxième Symphonie de Tchaïkowsky (op. 17\nen ut mineur), qui venait un peu plus loin, n'a pas été très chaleureusement\naccueillie ; il faut bien le dire : elle est sèche, un peu pénible, ennuyeuse. C'est\nun travail distingué, mais sans flamme et sans ampleur, analogue à certaines\ncompositions de Brahms. La Ko m a ri nska i a (danse) de Glinka, que Pierre\nSéchian nous avait fait entendre il y a quelque temps, est autrement colorée et\nplaisante !... J'ajoute que les chefs d'orchestre Nikisck et Blumenfeld ont été\nreçus avec courtoisie, et ne méritaient pas plus, quand on songe que nous\navons à Paris: Colonne, Chevillard, Marty, Vidal, Taffanel, Pierné, et tant\nd'autres...\nDonc, dans cette partie du concert, rien d'extraordinaire. Pour moi, le vrai\nrégal d'art a été la Nuit de Noël de M Rimsky-Korsakow, exécutée sous la di-\nrection de l'auteur. Cette « Nuit de Noël » est une suite de « tableaux sym-\nphoniques mouvants », où se déploie la plus riche et la plus exquise imagination\nmusicale. L'introduction représente la sainte nuit de Noël, froide et claire dans\nun village petit-russien. Le second morceau dépeint les danses fantastiques des\nastres: mazurka, marche de la comète, czardas, étoiles filantes ; puis viennent\ndes nuages qui éclipsent les astres. Le Sorcier paraît, assis dans son mortier,\nselon la tradition, au milieu de son escorte. Danse infernale. Vakoula monte sur\nun cheval enchanté ; les sorciers le suivent jusqu'au moment où il aperçoit la\ncapitale illuminée. Le troisième morceau représente une salle brillamment éclai-\nrée dans le palais impérial. Polonaise de l'époque de Catherine II, qu'inter-\nrompt l'apparition du Diable. Le quatrième, c'est encore une chevauchée\naérienne, le retour de Vakoula au milieu de sombres nuages. Enfin apparaît\nl'étoile du matin : aurore, chansons des divinités du jour, et lever du Soleil qui\nfait scintiller la neige. On entend les cloches de l'église du village, et l'écho des\nchants religieux...\nNous voilà bien loin, comme on le voit, du type classique, Weinachts-Orato-\nrium ! Nous sommes en pleine fantaisie ; mais que d'invention, de couleur et de\ngrâce en tout cela ! M. Rimsky-Korsakow est la plus grande imagination musi-\ncale que je connaisse : auprès de lui, Berlioz estécourté; Strauss paraît avoir\nplus de surface que de profondeur, et Wagner lui-même, pourtant si puissant et\nsi net, a une certaine lourdeur et un peu de banalité classique, à la Meyerbeer.\nM. Rimsky-Korsakow me paraît avoir un génie essentiellement oriental, formé\nau contact des grands classiques allemands ; il a une richesse de formes et de\ncouleurs qui tient du prodige. Il est inlassable, inépuisable. En entendant"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "280", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 4543, "texte": "son Caprice espagnol et sa Shéhérazade exécutés cet hiver aux concerts Lamou-\nreux, j'avais été ébloui ; je me sentais à cent lieues au-dessus de ces petites com-\npositions de quelques pages où deux ou trois idées associées avec adresse sem-\nblent épuiser l'effort dont les compositeurs ordinaires sont capables. La Nuit de\nNoël (sans être son chef-d'œuvre) m'a replacé dans le même état d'esprit. Là,\non n'est plus en présence d'un « morceau » plus ou moins joli : on est dans le\nmonde des sons, éblouissant et sans limites, où tout est neuf, mouvant, renou-\nvelé, organisé d'après des lois spéciales. Rimsky-Korsakow fait, de la musique,\nl'art de peindre aussi bien que l'art de penser avec des sons. C'est un créa-\nteur poussant jusqu'aux extrêmes limites que peut atteindre l'attention humaine\nle don de l'invention. Ajoutez que ce n'est nullement un violent et un détraqué.\nIl a l'air d'être parfaitement maître de ses nerfs. Rien, en lui, n'est provocant et\nne sent le défi ou la préoccupation d'étonner le bourgeois. Son art, supérieu-\nrement indépendant, est à la fois robuste, délicat et sain.\nAvec Bach et Haendel, avec Mozart, Beethoven et Schumann, avec Wagner,\nBerlioz etßizet... je croyais avoir épuisé le summum de jouissances que peut\néprouver un musicien : voici un compositeur slave qui ne ressemble à personne\net me fait éprouver de nouveaux enchantements.\nOn lui a fait une ovation, et c'était justice. Toutes les fois que vous verrez son\nnom sur un programme de concert, hâtez-vous d'y aller, et vous me remercierez\ndu conseil. Pour graver son nom dans votre mémoire je donnerai ici quelques\ndétails biographiques empruntés aux notices de MM. Ossovsky et Calvocoressi.\nNicolas Andréïevitch Rimsky-Korsakow est né le 6/18 mars 1844, dans une petite ville du\ngouvernement de Novgorod, où il passa toute son enfance. Dès l'âge de six ou sept ans, il\ncommença à jouer du piano, et dès neuf ans aborda la composition En 1856, il entra au corps\nde la marine de Saint-Pétersbourg, et en même temps continua à s'occuper de musique et à\nétudier le piano. Son professeur de piano enseigna aussi à Rimsky-Korsakow la composition\njusqu'au moment où celui-ci, en 186 1, fit la connaissance de Balakirew et s'associa au groupe\nmusical connu sous le nom de « la Koutchka (coterie) », groupe dont la fréquentation influença\nconsidérablement ses tendances artistiques, le décidant en fin de compte à se consacrer tout\nentier à la musique.\nC'est en 1865 que Rimsky-Korsakow revint d'un voyage de circumnavigation de trois années,\net acheva une symphonie qu'il avait commencée avant de partir, la première qui ait été com-\nposée par un Russe Après cette œuvre, exécutée avec succès sous la direction de Balakirew, il\nen produisit plusieurs autres par où il se classa au premier rang des compositeurs nationaux :\nle poème symphonique Sadko, la Fantaisie seibe pour orchestre, la deuxième symphonie Antar\net une série de romances.\nSon grand talent d'invention et ses brillantes qualités d'orchestrateur lui valurent, en 1871,\nla place de professeur de la classe d'instrumentation au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. En\nmême temps, de 1874 à 1881, il dirigea l'Ecole gratuite de musique et les concerts qui s'y don-\nnaient ; de 1883 à 1894, il fut adjoint au directeur de la Chapelle impériale ; de 1886 à 1900, il\nfut le premier chef d'orchestre des concerts symphoniques fondés à Saint-Pétersbourg par l'édi-\nteur Bélaïew.\nQuoique ayant déjà produit toutes les œuvres nommées plus haut et (en 1872) l'opéra la\nPskovitaine, il jugeait insuffisantes ses connaissances techniques, et renonça pendant un certain\ntemps à la composition, afin de perfectionner son métier, étudiant avant tout les questions de\nfacture et le contrepoint. Vers la fin de 1875, avait déjà écrit un grand nombre de fugues et\nd'autres pièces polyphoniques.\nSa première grande œuvre postérieure à cette seconde période d'études fut l'opéra la Nuit de\nMai. Toute sa vie, depuis ce temps-là, s'est écoulée sans événements extraordinaires : il ne fit\nque produire régulièrement. Parfois il s'en fut monter des opéras en province, ou diriger ses\nœuvres à l'étranger (Paris, 1889 ; Bruxelles 1890, et 1900).\nComme pédagogue, il a fait preuve de rares qualités : un grand nombre de compositeurs\nrusses de notre temps, Glazounow, Liadow, Wihtol, Arensky, Gretchaninow, Tchérepnine, etc.,\nsont ses élèves.\nC'est surtout par ses œuvres dramatiques que se distingue M. Rimsky-Korsakow. 11 a écrit\nquatorze opéras qui sont, avec ceux déjà nommés :"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "281", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3891, "texte": "Snegourotchka, Mlada, /a Nuit de Noël, Kgra Chléoga (prologue de /a Pshovitaine), la\nFiancée du 1 sar, le Tsar Saltan} Servilia, dont l'action se passe au temps des Romains, Kach-\ntcheï Vimmortel, Pan Voyèvoda, et enfin Kitèj, exécuté tout récemment.\nA l'heure actuelle, il travaille à la composition de son nouvel opéra d'après le Conte du coq\nd'or de Pouchkine.\nA l'étranger, il n'est guère connu, pour l'instant, que comme symphoniste. Dans le genre ins-\ntrumental, son œuvre est d'ailleurs très important et comprend notamment :le Conie Jèerique,\nShéhérazade, le Capriccio espagnol, la Troisième Symphonie, la Sinfonietta, l'ouverture la Giande\nPâque russe et les suites d'orchestre exécutées au présent concert. Citons encore son concerto\npour piano, un quatuor à cordes, une fantaisie pour violon et orchestre, etc.\nIl a écrit en outre plus de quatre-vingts mélodies, de nombreux chœurs, des cantates et des\nchants religieux. Il s'est consacré avec beaucoup de dévouement à instrumenter des œuvres\nlaissées inachevées par ses collègues, entre autres le Convive de pierre de Dargomyjsky, le\nPrince Igor de Borodine, et les deux opéras de Moussorgsky.\nMUSIQUE RUSSE. 11. Au 2e concert (19 mai), après une charmante sym-\nphonie (op. 21 ) d'A. Tanéiew, tout imprégnée de mélodies populaires russes,\nnous avons entendu M. Chaliapine dans deux fragments de Moussorgsky\n(opéra intitulé Boris Godounow) : l'un très expressif, mais monotone, sans\nrythme, probablement choisi pour faire valoir les qualités dramatiques de l'inter-\nprète beaucoup plus que le génie du compositeur; le second (chanson de Var-\nlaam) beaucoup plus vif, mais peu vocal, rappelant la manière de Weber en\ncertaines pages du Freischùtz. M. Chaliapine a une belle voix de baryton, très\nhomogène, ronde, douce et puissante, bien timbrée, sans « passage », je veux\ndire sans ces notes moins bien polies que les autres et nécessitant un ajustement\nspécial des muscles, qui donnent l'impression d'un passage un peu pénible du\nregistre grave au médium, ou du médium au registre supérieur. M. Chaliapine\nchante avec une égale aisance, et sans jamais avoir besoin de faire grimacer son\nappareil vocal, dans les trois parties du champ sonore où se meut son remar\nquable organe. Mais il a quelques manies qui, jointes àun peu d'exagération\nparmi ses admirateurs, le rendraient bientôt agaçant. Il raffine sur l'interpréta-\ntion; il abuse des contrastes et du pianissimo ; il ala fâcheuse tendance du jour,\ncelle qui fait passer la diction et le jeu avant le style, et qui remplace parfois le\nchant par une sorte de parlé.\nDe ces interprétations raffinées et abusives qui, par souci du réalisme ou du\n« vérisme », dénaturent un peu les œuvres consacrées, nous avons eu récemment\nun exemple typique, donné par Mlle Farrar dans le Faust de Gounod. Lorsque\nFaust lui offre le bras (Ne pas... etc.), Marguerite répond :\n(( Non, Monsieur ;je ne suis demoiselle ni belle, et je nai pas besoin qu on me\ndonne le bras ! » Nous étions habitués à entendre dire cette phrase exquise avec\ninfiniment de modestie et d'ingénuité, par une Marguerite très douce, baissant\nles yeux comme une première communiante; Mlle Farrar l'a chantée en jeune\nfille fâchée, qui ne veut pas être dupe, exige qu'on la respecte, et se détourne\navec un regard de mépris.\nDu même genre est la méthode de M. Chaliapine. 11 veut être partout original\net faire un sort aux moindres mots. Il substitue peu à peu sa personnalité à\ncelle du compositeur, et, chose grave, le public semble l'encourager dans cette\nvoie. Qu'il y prenne garde ! Il est encore jeune ; il se corrigera probablement de\nce défaut.\nLes honneursdu concert ont été pourM Rimsky-Korsakow, dontMme Zbroueff,\navec une voix excellente et parfaite, nous a d'abord dit quelques pièces jolies,\ntirées de la Fille de neige (Snegourotchka), et dont on a joué ensuite une sorte"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "282", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "de rhapsodie tirée de l'opéra Tsar Saltan, M. Rimsky-Korsakow est un merveil-\nleux inventeur de rythmes, de formes et de timbres musicaux. Oui, c'est bien\nune imagination tout orientale qui vit et se joue en lui I\nVoici d'abord les textes dePouchkine qui servent d'arguments aux divers mou-\nvements de cette rhapsodie :\n« I. En ce temps-là c'était la guerre. Le tsar Saltan monta sur son destrier ;\nil prit congé de sa femme et lui recommanda de bien se garder, pour l'amour\nde lui.\n« 11. Les étoiles brillent au ciel bleu, les vagues bruissent sur la mer. La mal-\nheureuse tsarine s'agite et pleure, pareille à une veuve. Son petit enfant grandit,\nnon point de jour en jour, mais bien d'heure en heure. »\nLes Trois Merveilles :\n« 111. Au milieu de la mer est une île, sur laquelle se voit une cité aux coupoles\nd'or, aux palais et aux jardins merveilleux. Là, tous vivent heureux, et on y\nadmire trois merveilles.\n« La première, c'est l'écureuil qui grignote des noix d'or et en tire des amandes\nd'émeraudes. Des coques il fait un tas, des amandes un autre tas. Et il chante\ndevant le peuple une mélodie russe.\n« La seconde merveille, on la voit quand gronde la mer, et que les vagues se\nrépandent avec fracas sur la rive déserte, y apportant trente-trois preux aux cui-\nrasses flamboyantes.\n«La troisième, c'est, dans la ville, une princesse si belle qu'on ne peut selasser\nde la contempler. Le jour, elle fait pâlir la clarté du ciel ;la nuit, elle illumine\nla terre ; les rayons de la lune miroitent parmi ses cheveux et sur son front brille\nune étoile. » , v\nJe ne dirai pas que la musique raconte clairement tout cela avec des formules\nmélodiques dont la précision remplace celle des mots, mais la musique de\nM. Rimsky-Korsakow est, pour un musicien, l'équivalent d'une poésie où les\nimages surabondent ; c'est un monde d'enchantement ; tout y est neuf, merveil-\nleux et délicieux, incessamment renouvelé. Cet art si fort et si riche n'est\nnullement agressif, comme il arrive trop souvent chez les indépendants ;de\nplus il n'est nullement pénible, et on n'y sent aucune recherche. C'est de la\ngrande maîtrise.\nAprès l'exécution, M. Nikisch (qui me paraît avoir pris pour lui des applau-\ndissements qui ne lui étaient nullement destinés) est allé chercher l'auteur dans\nla coulisse ; on lui a fait çie longues ovations.\n\nM.\n\nOEUVRES de GLAZOUNOW, RAKHAMANINOW, BALAKIREW.\n\n— Le concert russe du\n26 mai a été un peu gris. La 2e Symphonie de Glazounow est une de ces œuvres\nqui, dès la première audition,n'enflamment pas le public, surtout celui de l'Opéra.\nC'est distingué, mais un peu terne, sans relief, sans originalité saisissante (mal-\ngré l'heureux emploi des thèmes populaires) et sans chaleur. Le Concerto n° 2\npour piano, de Rakhmaninow, exécuté par l'auteur, n'a fait qu'accentuer ces\nimpressions ; il a même réussi à faire somnoler quelques personnes. Quand on\ndonne un grand festival en mobilisant toute la haute société parisienne et en\nprenant un cadre somptueux comme la salle de l'Opéra, on joue la grande\ndifficulté et on court de sérieux dangers ; le pire, c'est, dans l'auditoire, un réel\nennui tempéré par la courtoisie. Ce Concerto n° 2 m'a paru à la fois vide et"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "283", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.7", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3513, "texte": "prétentieux. L'auteur-exécutant a « des doigts », mais rien de particulièrement\nremarquable ; peu de son et peu de brillant ; sans se préoccuper d'un coup de\nsifflet, aussitôt corrigé par des applaudissements sympathiques, —il a joué,\ncomme bis, une sorte de romance sans paroles qui, par sa ténuité et ses effets\nexagérés de pianissimo, n'était pas àsa place en un tel lieu. Du même, la can-\ntate sur le Printemps parut sèche et sans élan printanier. M. Chaliapine a attaqué\ntrop haut sa première mélodie, et chanté faux assez longtemps. Mme Zbroueff a\nfait applaudir sa voix pure, souple et bien timbrée, mais elle serre un peu trop\nde la gorge pour donner au son plus de portée. Les pièces de Moussorgsky ont\nproduit peu d'effet. Le morceau de résistance du programme a été le poème\nsymphonique de Balakirew : Tamara. Balakirew est de la même famille que\nBorodine et Rimsky-Korsakow : c'est un imaginatif et un coloriste de premier\nordre, dont la composition a une richesse délicieuse. On ne croirait pas qu'une\ntelle pièce est de 1866 !\n\nT.\n\n« LA CATALANE », OPÉRA DE M. LE BORNE.\nM.\n— Ecrit sur un livret qui est pourtant\ntrès « drame lyrique », l'opéra de M. Le Borne, compositeur distingué, a déçu\nle public : on n'y a trouvé ni abondance mélodique ni couleur suffisantes. C'est\nà peine si une scène de danse (imitée de Carmen pour le décor) a déridé l'audi-\ntoire : et dans cette scène, je n'ai remarqué qu'une suite d'accords de tonique et\nde septième de dominante arpégés sur la mandoline. L'interprétation — sauf\nMlle Zambelli— est sans éclat. Je demande à revoir cette œuvre avant de for-\nmuler un jugement définitif.\n\nA LA SORBONNE : POUR L'ENTENTE CORDIALE\ns.\n! — Le 2? mai, a eu lieu à la\nSorbonne. pour clôturer les fêtes données en l'honneur de l'Université de Londres,\nun très beau concert. L'orchestre Colonne, sous la direction deM. GabrielPierné,\na joué l'ouverture de Patrie (Bizet)et la Marche hongroise de Berlioz ; M. George\nEnesco, la Symphonie espagnole de Lalo ; Mme Vallandri, de l'Opéra-Comique,\na chanté la Sérénade toscane de G. Fauré (avec accompagnement de viole\nd'amour par M. Van Vœfeighem) et deux menuets (1753) de Mondonville ;\nMme Auguez de Montalant a dit la Cloche et Soirée en nier de Saint-Saëns. Un\nbrillant intermède de danse fut exécuté par Mlle Carlotta Zambelli, Mlle Lobstein,\nMlles Salle, Beauvais, G. Couat, Barbier, Meunier et Billou, de l'Opéra, qui\ndansèrent la gavotte (tirée d'un des ballets du Roi, 1659) de J.-B. Lulli, le\npassepied de Castor et Pollux ( 1737), le rigodon de Dardanus (1739), musette\net tambourin des Fêtes d'Hébé (1739) et un menuet d'A. Couperin, sous la\ndirection deM. Paul Vidal, chef d'orchestre de l'Opéra. Le « clou » de la soirée\nfut la présence de M. Camille-Saint-Saëns qui, au prix de grandes fatigues,\navait abrégé un voyage à 1 étranger pour apporter son concours à cette fête.\nAvec une agilité de doigts toute juvénile et une maîtrise incomparable, le\nglorieux musicien a exécuté au piano, avec accompagnement d'orchestre, son\nadmirable fantaisie Africa. Au milieu d'ovations enthousiastes, M. le professeur\nLegouis, délégué de l'Université, remit une belle médaille au grand compositeur\nfrançais, docteur de F Université de Cambridge, et ce fut un très beau spectacle :\nl'élite de deux grands pays acclamant le maître de la musique française ! — Le\nprogramme ne comprenait que des œuvres françaises ; les artistes de choix qui\nl'exécutèrent ont fait l'admiration de tous nos hôtes anglais."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "284", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.8", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2138, "texte": "L'INSATIABLE MER, POÈME LYRIQUE DE M. ROMILLY, MUSIQUE DE M. CH. NEVEU\n(UNION ARTISTIQUE DU xive ARRONDISSEMENT)\n\n. — Présidée par xM. Mauge, la société\nmusicale qui a pour titre Y Union artistique du XIVe arrondissement est composée\nde musiciens amateurs, chanteurs et instrumentistes, qui exécutent des œuvres\nd'une importance considérable. Sur le dernier programme figuraient une grande\npartie de 1 oratorio des Saisons de Haydn, la suite de Y Artésienne, une cantate de\nRameau, etc. Ceci est très louable et digne de tous encouragements. Cette\nassociation est dirigée par un jeune musicien, M. Ch. Neveu, qui a, comme l'on\ndit, le feu sacré. Il forme des élèves, il les fait répéter fréquemment, il leur\nexplique la signification des œuvres qu'il fait interpréter, et il finit par obtenir\ndes exécutions tout à fait satisfaisantes. C'est grâce à des entreprises dans le\ngenre de celle-ci que les jeunes générations acquerront le goût de la musique\npure et fermeront leurs oreilles aux ignobles refrains des cafés chantants.\nLa séance dont je parle avait lieu dans la salle des fêtes du Palais d'Orléans\n(avenue du Maine). Cette salle est assez spacieuse, mais elle présente un grave\ninconvénient : l'emplacement de l'orchestre est au même niveau que les sièges\ndes auditeurs. Cela nuit énormément à la sonorité. Mais ne savons-nous pas\nque Paris est la ville du monde la plus dépourvue de salles de concerts ?...\nM. Ch. Neveu, qui est un chef énergique et fougueux, est également compo-\nsiteur. Il nous a donné la première partie d'une œuvre lyrique intitulée Ylnsa-\ntiable mer, dont le poème est de M. Romilly. Cette première partie est une idylle\nbretonne. Le récitant, en un prologue fort poétique, évoque le village qui\ns'accote au creux de la falaise, et il termine sur ce vers :\nLa mer feint de dormir : elle ne dort jamais,\nsur lequel l'orchestre entame un long prélude où apparaît le thème caractéris-\ntique de la mer, dans le mode hypodorien :\nCette page symphonique, qui décrit musicalement les sentiments des deux\namoureux : Rose-Marie et lannik, est fort adroitement écrite. M. Ch. Neveu a"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "285", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.9", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "justement jugé à propos d'y enchâsser quelques thèmes bretons, dont l'un a\nété traité en forme de choral :\nPuis les personnages interviennent, et la symphonie se fait drame. Dans le\nduo, j'ai remarqué une phrase particulièrement expressive que Mmc Ch. Neveu,\nchantant la partie de Rose-Marie, a phrasée avec un art infini. J'ai aussi noté\nl'entrée du douanier xMathieu, que souligne un basson joyeux.\nL'épisode se termine sur un chœur en style fugué, d'une noble envolée.\nCette œuvre, d'une très belle conception, est d'une exécution assez difficile ;\nquoi qu'il en soit, nous avons pu en apprécier la réelle valeur, que le publie a\nparfaitement comprise et sentie.\nAu nom de MME Neveu, il y a lieude joindre ceux des autres solistes : MlleNagel,\nMM. Tisserand et Démangé, et enfin M. Augé, qui a nettement articulé les\nbeaux vers de M. Romilly.\n\nH. BRODY.\n\nLE QUATUOR DE M. A. REUCHSEL (Société nationale des Beaux-Arts).\n\n—■ Le nom\nde M. Amédée Reuchsel s'impose de plus en plus à l'attention. Après sa magis-\ntrale sonate pour violoncelle, voici un quatuor (i) pour cordes et piano qui est\nd'une inspiration soutenue et d'une écriture tout à fait attachante.\nAccompagné par d'ingénieux arpèges au piano, le ier thème est exposé dès\nla première mesure par le violon, l'alto et le violoncelle à l'unisson. Cette phrase\nvraiment passionnée se développe et amène quelques épisodes secondaires dans\nlesquels la virtuosité pianistique de Mlle Céliny Richez aeu particulièrement\noccasion de se montrer.\nLe thème de bandante, présenté d'abord par le violoncelle seul, est d'une\nbelle expression. J'aime fort le contre-chant de l'accompagnement, qui rappelle\nun peu la musique d'une chanson norvégienne.\nDans cette partie, les cordes unies répondent par moments au piano qui exhale\nen traits rapides d'éloquents discours. La 3e partie débute fort curieusement par\nune sorte de conversation entre les cordes avec sourdines, et le piano. De quoi\nparlent-ils ? Sûrement de musique, ainsi qu'en témoigne un fragment chroma-\ntique par lequel Wagner est signifîcativement évoqué... Mais brusquement\nle finale s'annonce en forme de tarentelle :\n\n(t) Le quatuor et la sonate viennent de paraître chez Fi Lemoine et Cie."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "286", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.10", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "Après une brève rentrée des principaux thèmes de l'œuvre, le trio s'achève\nglorieusementen ut majeur. C'est une œuvre très belle, très dramatique ;je me\nsers de ce mot à dessein pour exprimer le souhait de voir un musicien du tempé-\nrament de M. A. Reuchsel faire de la symphonie de théâtre, —du drame lyrique,\nsi vous préférez. Jai cité chemin faisant deux des interprètes Le violon, c'est\nM. Viardot, dont l'éloge n'est plus à faire. M. Szigeti a correctement rendu la\npartie d'alto, et M. Çhoinot, celle de violoncelle.\nUne toute petite réflexion. Pourquoi iVLlle Richez frappe-t-elle à tour de bras\nde grands accords sur son clavier pour établir la tonalité ?On ne lui demande\nqu'un simple /a...\n\nH. BRODY.\n\nLES DERNIERS CONCERTS.\n\n—• Salle Gaveau, M. Jan Sickesz, de Vienne, a\ndonné un concert dont le programme comprenait, parmi les morceaux princi-\npaux, la Sonate pathétique de Beethoven, le Scherzo en mi mineur de Mendels-\nsohn, la Fantaisie en fa mineur de Chopin. Beaucoup de virtuosité, un mécanisme\néblouissant, un jeu nerveux, mouvementé, emphatique, une mimique et une\ntenue trop agitées, peu de sentiment et de délicatesse : tels sont les traits\ncaractéristiques du talent de ce jeune et d'ailleurs intéressant pianiste.\nxMlle Clara Sansoni, jeune pianiste de 13 ans, s'est fait entendre salle Erard,\nen un récital composé de la Fantaisie-Fugue en sol mineur de Bach, du con?\ncerto en ut mineur de Beethoven (le petit orchestre sous la direction de\nM. L. Hasselmans), du concerto en la mineur de Grieg, etc. Grand et vif\nsuccès.\nCitons en outre, parmi les meilleurs concerts de la quinzaine, celui de\nM. Victor Gille à la salle Erard, où il s'est fait applaudir dans la Toccata et\nfugue en ré mineur de Bach, et diverses œuvres de Chopin ;\nCelui de Mlle Renée Lénars, harpiste, chromatique, qui a interprété magnifi-\nquement, salle Pleyel, des œuvres de Beethoven, Schumann, Th. Dubois, Saint-\nSaëns, Sinding;\nTrois concerts de M. Georges Boskoff, « pianiste de S. M. la reine de Rou-\nmanie », salle Berlioz ;\nEnfin les séances données par M. J. Joachim Nin, même salle, sous ce titre\nun peu ambitieux : « Etude des formes musicales au piano depuis le xvie siècle\njusqu'à nos jours. »\n— RÉPERTOIRE MODERNE DES OEUVRES POUR PIANO, CLASSÉES PAR NOM D'AU-\nTEURS, PAR Mlle HORTENSE PARENT. — Mlle Hortense Parent a créé ce qu'on\npourrait appeler l'Ecole normale de renseignement du piano. Elle n'a pas"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "287", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.11", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3758, "texte": "seulement un esprit pédagogique éminent et très « universitaire » ; elle a le\nsens critique: dans ses diverses publications, elle s'applique à faire œuvre pré-\ncise, complète, bien ordonnée. De la littérature immense des œuvres de piano,\nelle nous donne des répertoires où l'historien et les diverses catégories d'exé-\ncutants trouvent le plus grand profit. Après s'être imposé un labeur considé-\nrable pour la constitution de ses fiches et de ses dossiers, elle va publier une\nvaste nomenclature des œuvres françaises et étrangères, avec de substantielles\nnotices. Pour caractériser un tel monument je n'ai qu'à citer quelques passages\nde Y Introduction que Mlle Hortense Parent veut bien nous communiquer et où\nelle s'exprime ainsi :\n« Chaque nom d'auteur est suivi d'une notice retraçant les événements mar-\nquants de la vie du compositeur, les grandes lignes de sa carrière et les titres\nde ses principales œuvres.\n« 11 m'a paru intéressant et utile de nommer, chaque fois que je l'ai pu, les maî-\ntres de chaque compositeur. On peut ainsi reconstituer les filiations artistiques\net s'expliquer bien des tendances remarquées dans les œuvres. Si I on a constaté\nque vers le milieu du xixe siècle, les musiciens de presque tous les pays allaient\nachever leurs études au Conservatoire de Leipzig, on s'étonne moins de retrou-\nver, par exemple, chez tel musicien danois ou anglais, l'influence deMendelssohn\nou de Schumann aussi caractérisée que dans les productions allemandes de la\nmême époque.\n(( Dans ce répertoire moderne, comme dans mon répertoire classique, les sim-\nplifications sont rigoureusement exclues (i ).\n« Pour le choix des œuvres comme pour le choix des auteurs, je me suis de-\nmandé s'il fallait être libérale ou exclusive, et, ici comme là, j'ai résolu la ques-\ntion dans le sens le plus large. Bien entendu, il était impossible, faute de place,\nd'énumérer la totalité des œuvres de piano de chaque compositeur (je ne l'ai fait\nque pour quelques-uns). Mais j'ai pensé qu'il valait mieux en indiquer trop que\npas assez. D'abord parce que le lecteur peut n'avoir pas le même goût que moi et\ntrouver de l'intérêt à une œuvre qui me laisse indifférente ; ensuite, parce que\ndans un ouvrage du genre de celui-ci, toute information a son prix ; enfin parce\nque si le lecteur regrette que je n'aie pas fait une sélection plus restreinte, il lui\nsera facile de l'opérer lui-même, en ne tenant compte que des œuvres que j'ai\nmarquées d'un astérisque (*) pour les signaler plus particulièrement à la bien-\nveillante attention du lecteur.\n<( Les œuvres se succèdent par ordre alphabétique de titre, afin que le lecteur puisse\ntrouver immédiatement le genre d'œuvre qu'il cherche : fantaisie, concerto, so-\nnate. C'est à la suite de l'œuvre originale que l'on trouve, s'il y a lieu, les divers\narrangementsqui en ont étéfaits (adaptation à quatre mains, à deux pianos,etc...).\n« C'est aussi au nom de Y auteur original que l'on trouve les transcriptions\n\n(i) On appelle simplification un arrangement fait en vue de rendre l'exécution d'un morceau\nplus facile, tout en maintenant ce morceau dans la forme originale que lui a donnée Vauteur. Par\nexemple, un morceau écrit originairement à deux mains sera laissé à deux mains, mais chaque\nmain sera déchargée par l'arrangeur de toutes les difficultés : les basses seront rapprochées ; les\naccords seront amputes ; les traits seront facilités, etc... On voit que simplification veut dire\nmutilation Rien n'est plus anti artistique... et presque toutes les belles œuvres des maîtres\nclassiques ont été simplifiées !!!\na Considérez comme quelque chose d'odieux de changer quoi que ce soit aux œuvres des maî-\ntres», a dit Robert Schumann [VArt du Piano, traduit par Liszt)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "288", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.12", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 5237, "texte": "de ses œuvres orchestrales ou vocales, parce que le lecteur connaît le titre de\nl'œuvre qu'il cherche et le retrouvera facilement, tandis qu'il peut ignorer le nom\ndu transcripteur.\n« Chaque titre est accompagné des quatre renseignements pratiques déjà pré-\nsentés dans le Répertoire classique : degré de difficulté, nombre de pages, édi-\nteur et prix (1). »\n\n(i) « Quelques explications sont ici indispensables à l'égard de ces quatre renseignements, sur-\ntout en ce qui concerne le prix et encore plus l'éditeur.\nDegré de difficulté. Les morceaux qualifiés très faciles et faciles, non seulement ne présen-\ntent aucune difficulté de mécanisme ou d'interprétation, mais ne contiennent pas d'octaves et\nconviennent aux jeunes enfants. (Ce répertoire doit renseigner aussi les professeurs au point de\nvue pédagogique.) Tel morceau qui, sans être difficile, réclame une main plus formée, une inter-\nprétation moins enfantine, sera considéré comme de moyenne difficulté, parce qu'un élève de\nmoyenne force sera seul capable de le bien jouer. Pour les qualifications d'assez difficile et au-\ndessus, le point de vue artistique se joint au point de vue pédagogique.\nPi ix. Le prix désigné est le prix net de vente, c'est-à-dire, pour la musique française, le\ntiers du prix fort marqué encore surnombre d'éditions. Ce prix est indiqué dans la monnaie\nrespective de chaque pays. (Les spécialistes du commerce de musique m'ont fortement engagée\nà procéder ainsi.)\nLe mark allemand est indiqué par un petit m (il vaut 100 pfenning ou i fr. 25). Le rouble\nrusse est indiqué par un petit r (il vaut 100 kopeks ou 2 fr. 66 . Le shilling anglais est indiqué\npar un petit sh il vaut 12 pence ou 1 fr. 25). Le franc belge ou suisse, la lire italienne et la\npeseta espagnole étant de même valeur que notre franc de France, sont indiqués comme ce\ndernier par le chiffre seul du prix, sans être accompagnés d une petite lettre.\nIl ne faut pas s'étonner de voir les prix des éditions de Schott, de Breitkopf, de Peters, etc ,\ntantôt indiqués en marks, tantôt en francs. Les éditeurs étrangers qui ont une maison de repré-\nsentation à Paris font, le plus souvent, pour une même œuvre, deux éditions, l'une nationale,\nl'autre étrangère. Les éditeurs m'ont communiqué l'édition qu'ils avaient sous la main, et j'ai\nindiqué le prix que j'avais sous les yeux : marks, roubles, shillings, francs, selon l'édition.\nLe lecteur doit, en outre, être prévenu que le prix d'un morceau peut être modifié au gré de\nl'éditeur, même pendant le cours d'une édition, soit pour être relevé (comme cela aeu lieu il\ny a quelques années en France), soit pour être abaissé en vue de rendre l'édition populaire (telle\nla collection des classiques Marmontel, chez Heugeî, devenue une édition à 0,05 la page). L'édi-\ntion française de Breitkopf, Y Athénée musical (Costallat), a subi une revision complète, et tout\ndernièrement, de nombreuses modifications de prix ont été faites par la maison Schott sur les\ntranscriptions de Wagner.\nJ'ai pu opérer ces changements sur les épreuves de ce livre, mais si cette revision avait eu lieu\nquelques semaines plus tard, c'eût été impossible. Par conséquent, l'auteur de ce répertoire ne\nsaurait être rendu responsable des fluctuations de prix qui pourraient avoir lieu ultérieurement.\nEditeur. En indiquant le nom de l'éditeur de chacune des œuvres présentées dans cet ouvrage,\nj'ai voulu donner au lecteur le moyen de se procurer promptement et facilement le morceau\nqu'il désire.\nIl est impossible de se rendre compte, sans en avoir fait l'expérience, à quel point l'omission\ndu nom de l'éditeur rend laborieuse, compliquée et parfois impossible, la recherche d'un mor-\nceau peu connu.\nQuelques explications sont ici nécessaires pour les amateurs peu au courant des usages établis\nen librairie musicale :\nToute œuvre publiée dans un pays quelconque peut être ensuite vendue à des éditeurs étran-\ngers, chacun d'eux achetant la propriété et l'exploitation exclusive de l'œuvre dans son pays res-\npectif. Par exemple, les œuvres de Tschaïkowsky, lesquelles ont été publiées originairement à\nMoscou, chez Jurgenson, appartiennent, en France, à la maison Noël. Les œuvres de Brahms,\ndont la plupart ont été publiées originairement par les maisons Simrock, de Berlin, et Rieter-\nBiedermann, de Leipzig, ont été achetées en partie, pour l'exploitation en France, par les maisons\nDurand, Hamelle, Joubert ; inversement, les œuvres publiées initialement à Paris, chez nos édi-\nteurs français, deviennent pour les autres pays la propriété d'éditeurs étrangers.\nSur 1 édition initiale figurent généralement les noms des acquéreurs du morceau dans les\nautres pays. Mais dans les éditions ultérieures, il n'est le plus souvent indiqué que le nom du\npropriétaire de cette édition-là. Le nom de l'éditeur initial n'y paraît même pas.\nDe plus, une œuvre peut passer d une maison à une autre. Il n'est pas rare qu'après la mort\nd'un éditeur son fonds soit dispersé. Il faut alors retrouver la trace de ces mutations. Ce n'est\nsouvent pas chose facile. En outre, si telle publication n'est pas avantageuse commercialement\nparlant, une fois l'édition épuisée, l'éditeur peut en faire fondre les planches. C'est la mort sans"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "289", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.13", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3108, "texte": "On voit que l'ordonnance générale de ce Répertoire moderne est la même que\ncelle du Répertoire classique, avec cette différence toutefois que les deux parties\ndu Répertoire classique sont réunies en un seul volume, tandis que les deux par-\nties de ce Répertoire moderne réclament chacune un volume entier à cause de\nl'abondance des matières. »\nA ce propos, reprenons un vœu que nous avons eu bien souvent l'occasion de\nformuler : il est regrettable que, sur la première page de chaque morceau, les\néditeurs n'aient pas l'habitude d'indiquer la date à laquelle l'œuvre a été termi-\nnée par le compositeur. 11 y a là une négligence très fâcheuse et qui a les plus\nsérieux inconvénients pour tous ceux qui s'occupent d'histoire musicale.\n\nT.\n\nA. C.\nNous signalons avec empressement à nos amis musiciens quatre mélodies\nde George Lauglane (piano et chant) qui viennent de paraître chez l'éditeur Vieu,\n62, rue Saint-Lazare, sous ce titre : Désillusion, Joie d'aimer, A l'aimée, Nos-\ntalgie. Elles ont une sincérité et une délicatesse d'accent, un charme mélodique,\nune distinction d'harmonie, tout à fait dignes de remarque.\nM. G. Lauglane, ancien élève de l'Ecole Niedermeyer, maître de chapelle,\norganiste, professeur, est un de ces artistes à qui il n'a manqué qu'un peu de\nchance pour arriver à la notoriété. xWais si son nom n'est pas répandu dans le\ngrand public, il est très apprécié des amis de la musique, et ses œuvres ont\ntoujours obtenu un succès mérité, auquel nous nous sommes asssocié depuis\nlongtemps. Nous ne doutons pas que ces quatre dernières mélodies n'obtiennent\nune pareille faveur auprès des vrais musiciens.\n\nphrase. Il ne reste plus aucune trace du morceau ; vous le cherchez en vain. C'est ce qui m'est\narrivé pour nombre d'œuvres étrangères très recommandées dans les guides allemands, et que je\nm'obstinais à demander partout.\nJe me suis donc imposé une règle générale concernant l'éditeur à indiquer dans ce répertoire:\nPour toutes les œuvres publiées en France,qu'elles émanent de compositeurs français ou étran-\ngers, qu'elles soient l'édition initiale ou une édition ultérieure, j'ai naturellement indiqué\nl'éditeur français.\nPour les œuvres non publiées en France, qu'elles émanent de compositeurs étrangers ou fran-\nçais, j'ai indiqué l'éditeur initial du morceau chaque fois que j'ai reçu de lui-même communication\nde ces éditions. Dans le cas contraire, j'ai nommé l'éditeur de l'édition que j'ai eue entre les\nmains. (Cela était nécessaire à cause des renseignements précis à donner sur le nombre de pages\net le prix.) Ainsi plusieurs œuvres publiées d'abord en Russie m'ont été communiquées par leur\néditeur de Berlin. D'autres œuvres, publiées primitivement en Allemagne, m'ont été fournies par\nleur éditeur de Londres. C'était toujours la même œuvre avec un propriétaire différent. L'es-\nsentiel pour le lecteur est de savoir que le morceau voulu se trouve sûrement dans telle maison\ndéterminée. Il peut ainsi donner un renseignement précis à l'éditeur français qu'il prend pour\nintermédiaire en le chargeant de lui procurer le morceau. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "277", "page_fin": "278", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1.1", "titre_corps": "ENCORE UN MOT SUR LA « SALOMÉ » DE M. RICHARD STRAUSS.", "titre_sommaire": "ENCORE UN MOT SUR LA « SALOMÉ » DE M. RICHARD STRAUSS.", "signature_source": "J. 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Quelquefois aussi elle aggrave leur cas.\nJe suis donc retourné au Châtelet pour voir Salomé. Certains défauts de la\npièce, dominés et voilés d'abord par une impression générale d'étonnement, me\nsont apparus avec un relief extraordinaire. Je signalerai tout de suite le plus\nimportant, qui touche à une question essentielle et vitale en matière d'opéra.\nM. Strauss ne se contente pas (comme la plupart des Allemands, et non les\nmoindres) de mal écrire pour les voix ; en beaucoup d'endroits il supprime le\nchant et le remplace par un monstre hybride auquel il est impossible de trouver\nun nom. Il y a une bonne partie du rôle d'Hérode où l'acteur que j'ai entendu\nhier (vendredi 18 mah ne donne pas le son soutenu qui constitue le chant, mais\nabandonne brusquement la musique, non pour la simple déclamation, comme l'a\nfait quelquefois, avec franchise, M. Massenet, mais pour un genre mixte qui,\nn'étant ni du parler, ni de la mélodie, ni du cri, est pourtant un vague composé\nde tous les trois. C'est absolument la méthode de certains chanteurs de nos cafés-\nconcerts qui, parfois, négligent les intervalles précis de la phrase à dire et les\nremplacent par une forme de débitoù il n'y a plus ni intonation ni mesure. N'ou-\nbliez pas que M. Strauss lui-même était au pupitre ; si les choses se sont passées\nainsi, c'est donc avec son approbation et sous sa responsabilité. Ceci est très\ngrave. Je vois là un procédé qui, s'il était appliqué avec logique, conduirait tout\ndroit à la suppression pure et simple de 1 opéra. Si, en certains cas, vous aban-\ndonnez le chant sous prétexte de vérité, vous voilà obligé de l'abandonner par-\ntout en vertu de cette grande règle qu'une œuvre d'art doit le plus possible être\nvraie. Si la convention fondamentale du genre est ébranlée sur quelques points,\nelle va bientôt l'être partout. Ce n'est pas seulement l'opéra, c'est la musique\nvocale tout entière qui va se trouver compromise. Et tel est bien son cas. Le\ndrame lyrique, comme Jochanaan, chante aujourd'hui au fond d'une citerne ;\nbientôt, un compositeur nous apportera sa tête sur un plat d'or. D'instinct, le"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "278", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.2", "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "public parisien a parfaitement compris cela. Voici comment il Ta montré.\nIl n'est d'abord pas possible qu'un musicien aussi distingué que M. Strauss se\ncontente des recettes énormes réalisées par les représentations de Scilomé et y voie\nla justification péremptoire de sa méthode. Un compositeur sérieux ne ramène\npas son art à une brutale question d'argent ; il tient la lyre, non la tire-lire. Je\ndirai donc à M. Strauss une chose dont il ne se doute probablement pas et qui lui\nparaîtra contradictoire; j'en garantis cependant l'exactitude. Le public se dispute\nles places, quand on joue Salomé, avec une ardeur qui tient de l'affolement, cela\nest incontestable. Mais autour de moi et j'étais aux fauteuils de balcon de\nvrais rires de parodie, de moquerie, de surprise sceptique, ont accueilli les pages\noù Hérode, comme je viens de le dire, cesse de chanter pour se servir d'un débit\ninnommable ; ces rires involontaires, et d'ailleurs discrets, étaient ceux que pro-\nvoque tout artiste abandonnant brusquement sa fonction normale pour se jeter\ndans une excentricité ou une fantaisie déplacée. C'est la revanche ou la protesta-\ntion du bon sens parisien. Le fait que je note ici n'est pas une exception ; au\nsortir du théâtre, je l'ai entendu signaler de plusieurs côtés.\nIl faut d'ailleurs que M. Strauss sache bien ceci : en général, le public parisien\napporte à la représentation de Salomé la curiosité des yeux beaucoup plus que\ncelle des oreilles. Salomé est, pour beaucoup de personnes « du monde », un\nspectacle très libre et scandaleux, même genre que ceux de VOlympia ou des\nFolies-Bergères, rapproché des spectacles de bon aloi par une réputation de « grand\nart ». Le public suit l'action avec avidité; il regarde les décors, la danse, les\ncostumes et l'éclairage avec un esprit d'enfant : quant à la musique, il la trouve\nnégligeable et plutôt gênante. Elle trouble son plaisir. Il n'en a pas besoin Elle\nlui imposerait un effort d'attention dont il juge très inutile de prendre la peine.\nEt si mes deux objections étaient reconnues fondées ; s'il était bien constaté que\nM. Strauss fait rire assez souvent l'auditoire et qu'il détourne au profit du spec-\ntacle visuel tout l'intérêt de l'œuvre sonore, j'aurais le droit de dire que,\nmalgré l'énorme labeur d'écriture qu'il s'est imposé, il a fait œuvre malsaine\net manqué son but.\nNe vous hâtez pas de dire que le public parisien n'aime pas la musique, et\nn'est pas « connaisseur » ! Il est comme tous les publics : il aime ce qui est\nnaturel, net, émouvant, beau ; pour le reste, il est froid ou sceptique, avec un\nsourire mauvais. La musique de M. Strauss est confuse, contournée, grimaçante,\nfranchement désagréable pour l'auditeur sans parti pris. De la Symphonie\ndomestique, j'avais gardé une forte impression ; de Salomé, je ne garde qu'une\ngrande fatigue. C'est une débauche vraiment outrée de dissonances et d'incohé-\nrences qui aggrave un mal à la mode, et, aux bons endroits, reste au-dessous de\nce que nous connaissions déjà. Voici par exemple la Danse des voiles, dont l'or-\nchestre s applique à bien contrarier le rythme (car il est entendu aujourd'hui\nque si le chanteur doit chanter le moins possible, la danseuse ne doit pas danser) :\nelle me paraît très inférieure, en son genre, aux « danses sacrées et profanes »\nqu'a écrites M. Debussy pour la harpe chromatique ; très inférieure aux danses\nde Berlioz et de dix autres compositeurs français que je pourrais citer. Et s'il faut\nfaire une comparaison entre les maîtres étrangers actuellement présents à Paris,\nje trouve que pour ces deux qualités maîtresses : l'imagination et l'abondance\ndes idées, M. Richard Strauss est fort au-dessous de l'admirable Rimsky-\nKorsakow.\n\nJ.C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c003", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "279", "page_fin": "282", "image_debut": 3, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1.2", "titre_corps": "M. RIMSKY-KORSAKOW. LES CONCERTS RUSSES DE L'OPÉRA. I.", "titre_sommaire": "M. RIMSKY-KORSAKOW. LES CONCERTS RUSSES DE L'OPÉRA. 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Je noterai ici fidèlement ces deux groupes d'impressions distinctes.\nLe concert débutait par l'ouverture et le premier acte de Rousslan et Ludmilla\nde Glinka. Œuvre vive et agréable : c'est de l'Auber (mais pas plus), orchestré\npar Glinka. Les interprètes étaient de valeur sérieuse, mais nullement supérieurs\nà ceux de notre Opéra... La Deuxième Symphonie de Tchaïkowsky (op. 17\nen ut mineur), qui venait un peu plus loin, n'a pas été très chaleureusement\naccueillie ; il faut bien le dire : elle est sèche, un peu pénible, ennuyeuse. C'est\nun travail distingué, mais sans flamme et sans ampleur, analogue à certaines\ncompositions de Brahms. La Ko m a ri nska i a (danse) de Glinka, que Pierre\nSéchian nous avait fait entendre il y a quelque temps, est autrement colorée et\nplaisante !... J'ajoute que les chefs d'orchestre Nikisck et Blumenfeld ont été\nreçus avec courtoisie, et ne méritaient pas plus, quand on songe que nous\navons à Paris: Colonne, Chevillard, Marty, Vidal, Taffanel, Pierné, et tant\nd'autres...\nDonc, dans cette partie du concert, rien d'extraordinaire. Pour moi, le vrai\nrégal d'art a été la Nuit de Noël de M Rimsky-Korsakow, exécutée sous la di-\nrection de l'auteur. Cette « Nuit de Noël » est une suite de « tableaux sym-\nphoniques mouvants », où se déploie la plus riche et la plus exquise imagination\nmusicale. L'introduction représente la sainte nuit de Noël, froide et claire dans\nun village petit-russien. Le second morceau dépeint les danses fantastiques des\nastres: mazurka, marche de la comète, czardas, étoiles filantes ; puis viennent\ndes nuages qui éclipsent les astres. Le Sorcier paraît, assis dans son mortier,\nselon la tradition, au milieu de son escorte. Danse infernale. Vakoula monte sur\nun cheval enchanté ; les sorciers le suivent jusqu'au moment où il aperçoit la\ncapitale illuminée. Le troisième morceau représente une salle brillamment éclai-\nrée dans le palais impérial. Polonaise de l'époque de Catherine II, qu'inter-\nrompt l'apparition du Diable. Le quatrième, c'est encore une chevauchée\naérienne, le retour de Vakoula au milieu de sombres nuages. Enfin apparaît\nl'étoile du matin : aurore, chansons des divinités du jour, et lever du Soleil qui\nfait scintiller la neige. On entend les cloches de l'église du village, et l'écho des\nchants religieux...\nNous voilà bien loin, comme on le voit, du type classique, Weinachts-Orato-\nrium ! Nous sommes en pleine fantaisie ; mais que d'invention, de couleur et de\ngrâce en tout cela ! M. Rimsky-Korsakow est la plus grande imagination musi-\ncale que je connaisse : auprès de lui, Berlioz estécourté; Strauss paraît avoir\nplus de surface que de profondeur, et Wagner lui-même, pourtant si puissant et\nsi net, a une certaine lourdeur et un peu de banalité classique, à la Meyerbeer.\nM. Rimsky-Korsakow me paraît avoir un génie essentiellement oriental, formé\nau contact des grands classiques allemands ; il a une richesse de formes et de\ncouleurs qui tient du prodige. Il est inlassable, inépuisable. En entendant"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "280", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.4", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 4543, "texte": "son Caprice espagnol et sa Shéhérazade exécutés cet hiver aux concerts Lamou-\nreux, j'avais été ébloui ; je me sentais à cent lieues au-dessus de ces petites com-\npositions de quelques pages où deux ou trois idées associées avec adresse sem-\nblent épuiser l'effort dont les compositeurs ordinaires sont capables. La Nuit de\nNoël (sans être son chef-d'œuvre) m'a replacé dans le même état d'esprit. Là,\non n'est plus en présence d'un « morceau » plus ou moins joli : on est dans le\nmonde des sons, éblouissant et sans limites, où tout est neuf, mouvant, renou-\nvelé, organisé d'après des lois spéciales. Rimsky-Korsakow fait, de la musique,\nl'art de peindre aussi bien que l'art de penser avec des sons. C'est un créa-\nteur poussant jusqu'aux extrêmes limites que peut atteindre l'attention humaine\nle don de l'invention. Ajoutez que ce n'est nullement un violent et un détraqué.\nIl a l'air d'être parfaitement maître de ses nerfs. Rien, en lui, n'est provocant et\nne sent le défi ou la préoccupation d'étonner le bourgeois. Son art, supérieu-\nrement indépendant, est à la fois robuste, délicat et sain.\nAvec Bach et Haendel, avec Mozart, Beethoven et Schumann, avec Wagner,\nBerlioz etßizet... je croyais avoir épuisé le summum de jouissances que peut\néprouver un musicien : voici un compositeur slave qui ne ressemble à personne\net me fait éprouver de nouveaux enchantements.\nOn lui a fait une ovation, et c'était justice. Toutes les fois que vous verrez son\nnom sur un programme de concert, hâtez-vous d'y aller, et vous me remercierez\ndu conseil. Pour graver son nom dans votre mémoire je donnerai ici quelques\ndétails biographiques empruntés aux notices de MM. Ossovsky et Calvocoressi.\nNicolas Andréïevitch Rimsky-Korsakow est né le 6/18 mars 1844, dans une petite ville du\ngouvernement de Novgorod, où il passa toute son enfance. Dès l'âge de six ou sept ans, il\ncommença à jouer du piano, et dès neuf ans aborda la composition En 1856, il entra au corps\nde la marine de Saint-Pétersbourg, et en même temps continua à s'occuper de musique et à\nétudier le piano. Son professeur de piano enseigna aussi à Rimsky-Korsakow la composition\njusqu'au moment où celui-ci, en 186 1, fit la connaissance de Balakirew et s'associa au groupe\nmusical connu sous le nom de « la Koutchka (coterie) », groupe dont la fréquentation influença\nconsidérablement ses tendances artistiques, le décidant en fin de compte à se consacrer tout\nentier à la musique.\nC'est en 1865 que Rimsky-Korsakow revint d'un voyage de circumnavigation de trois années,\net acheva une symphonie qu'il avait commencée avant de partir, la première qui ait été com-\nposée par un Russe Après cette œuvre, exécutée avec succès sous la direction de Balakirew, il\nen produisit plusieurs autres par où il se classa au premier rang des compositeurs nationaux :\nle poème symphonique Sadko, la Fantaisie seibe pour orchestre, la deuxième symphonie Antar\net une série de romances.\nSon grand talent d'invention et ses brillantes qualités d'orchestrateur lui valurent, en 1871,\nla place de professeur de la classe d'instrumentation au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. En\nmême temps, de 1874 à 1881, il dirigea l'Ecole gratuite de musique et les concerts qui s'y don-\nnaient ; de 1883 à 1894, il fut adjoint au directeur de la Chapelle impériale ; de 1886 à 1900, il\nfut le premier chef d'orchestre des concerts symphoniques fondés à Saint-Pétersbourg par l'édi-\nteur Bélaïew.\nQuoique ayant déjà produit toutes les œuvres nommées plus haut et (en 1872) l'opéra la\nPskovitaine, il jugeait insuffisantes ses connaissances techniques, et renonça pendant un certain\ntemps à la composition, afin de perfectionner son métier, étudiant avant tout les questions de\nfacture et le contrepoint. Vers la fin de 1875, avait déjà écrit un grand nombre de fugues et\nd'autres pièces polyphoniques.\nSa première grande œuvre postérieure à cette seconde période d'études fut l'opéra la Nuit de\nMai. Toute sa vie, depuis ce temps-là, s'est écoulée sans événements extraordinaires : il ne fit\nque produire régulièrement. Parfois il s'en fut monter des opéras en province, ou diriger ses\nœuvres à l'étranger (Paris, 1889 ; Bruxelles 1890, et 1900).\nComme pédagogue, il a fait preuve de rares qualités : un grand nombre de compositeurs\nrusses de notre temps, Glazounow, Liadow, Wihtol, Arensky, Gretchaninow, Tchérepnine, etc.,\nsont ses élèves.\nC'est surtout par ses œuvres dramatiques que se distingue M. Rimsky-Korsakow. 11 a écrit\nquatorze opéras qui sont, avec ceux déjà nommés :"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "281", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.5", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3891, "texte": "Snegourotchka, Mlada, /a Nuit de Noël, Kgra Chléoga (prologue de /a Pshovitaine), la\nFiancée du 1 sar, le Tsar Saltan} Servilia, dont l'action se passe au temps des Romains, Kach-\ntcheï Vimmortel, Pan Voyèvoda, et enfin Kitèj, exécuté tout récemment.\nA l'heure actuelle, il travaille à la composition de son nouvel opéra d'après le Conte du coq\nd'or de Pouchkine.\nA l'étranger, il n'est guère connu, pour l'instant, que comme symphoniste. Dans le genre ins-\ntrumental, son œuvre est d'ailleurs très important et comprend notamment :le Conie Jèerique,\nShéhérazade, le Capriccio espagnol, la Troisième Symphonie, la Sinfonietta, l'ouverture la Giande\nPâque russe et les suites d'orchestre exécutées au présent concert. Citons encore son concerto\npour piano, un quatuor à cordes, une fantaisie pour violon et orchestre, etc.\nIl a écrit en outre plus de quatre-vingts mélodies, de nombreux chœurs, des cantates et des\nchants religieux. Il s'est consacré avec beaucoup de dévouement à instrumenter des œuvres\nlaissées inachevées par ses collègues, entre autres le Convive de pierre de Dargomyjsky, le\nPrince Igor de Borodine, et les deux opéras de Moussorgsky.\nMUSIQUE RUSSE. 11. Au 2e concert (19 mai), après une charmante sym-\nphonie (op. 21 ) d'A. Tanéiew, tout imprégnée de mélodies populaires russes,\nnous avons entendu M. Chaliapine dans deux fragments de Moussorgsky\n(opéra intitulé Boris Godounow) : l'un très expressif, mais monotone, sans\nrythme, probablement choisi pour faire valoir les qualités dramatiques de l'inter-\nprète beaucoup plus que le génie du compositeur; le second (chanson de Var-\nlaam) beaucoup plus vif, mais peu vocal, rappelant la manière de Weber en\ncertaines pages du Freischùtz. M. Chaliapine a une belle voix de baryton, très\nhomogène, ronde, douce et puissante, bien timbrée, sans « passage », je veux\ndire sans ces notes moins bien polies que les autres et nécessitant un ajustement\nspécial des muscles, qui donnent l'impression d'un passage un peu pénible du\nregistre grave au médium, ou du médium au registre supérieur. M. Chaliapine\nchante avec une égale aisance, et sans jamais avoir besoin de faire grimacer son\nappareil vocal, dans les trois parties du champ sonore où se meut son remar\nquable organe. Mais il a quelques manies qui, jointes àun peu d'exagération\nparmi ses admirateurs, le rendraient bientôt agaçant. Il raffine sur l'interpréta-\ntion; il abuse des contrastes et du pianissimo ; il ala fâcheuse tendance du jour,\ncelle qui fait passer la diction et le jeu avant le style, et qui remplace parfois le\nchant par une sorte de parlé.\nDe ces interprétations raffinées et abusives qui, par souci du réalisme ou du\n« vérisme », dénaturent un peu les œuvres consacrées, nous avons eu récemment\nun exemple typique, donné par Mlle Farrar dans le Faust de Gounod. Lorsque\nFaust lui offre le bras (Ne pas... etc.), Marguerite répond :\n(( Non, Monsieur ;je ne suis demoiselle ni belle, et je nai pas besoin qu on me\ndonne le bras ! » Nous étions habitués à entendre dire cette phrase exquise avec\ninfiniment de modestie et d'ingénuité, par une Marguerite très douce, baissant\nles yeux comme une première communiante; Mlle Farrar l'a chantée en jeune\nfille fâchée, qui ne veut pas être dupe, exige qu'on la respecte, et se détourne\navec un regard de mépris.\nDu même genre est la méthode de M. Chaliapine. 11 veut être partout original\net faire un sort aux moindres mots. Il substitue peu à peu sa personnalité à\ncelle du compositeur, et, chose grave, le public semble l'encourager dans cette\nvoie. Qu'il y prenne garde ! Il est encore jeune ; il se corrigera probablement de\nce défaut.\nLes honneursdu concert ont été pourM Rimsky-Korsakow, dontMme Zbroueff,\navec une voix excellente et parfaite, nous a d'abord dit quelques pièces jolies,\ntirées de la Fille de neige (Snegourotchka), et dont on a joué ensuite une sorte"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "282", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.6", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2361, "texte": "de rhapsodie tirée de l'opéra Tsar Saltan, M. Rimsky-Korsakow est un merveil-\nleux inventeur de rythmes, de formes et de timbres musicaux. Oui, c'est bien\nune imagination tout orientale qui vit et se joue en lui I\nVoici d'abord les textes dePouchkine qui servent d'arguments aux divers mou-\nvements de cette rhapsodie :\n« I. En ce temps-là c'était la guerre. Le tsar Saltan monta sur son destrier ;\nil prit congé de sa femme et lui recommanda de bien se garder, pour l'amour\nde lui.\n« 11. Les étoiles brillent au ciel bleu, les vagues bruissent sur la mer. La mal-\nheureuse tsarine s'agite et pleure, pareille à une veuve. Son petit enfant grandit,\nnon point de jour en jour, mais bien d'heure en heure. »\nLes Trois Merveilles :\n« 111. Au milieu de la mer est une île, sur laquelle se voit une cité aux coupoles\nd'or, aux palais et aux jardins merveilleux. Là, tous vivent heureux, et on y\nadmire trois merveilles.\n« La première, c'est l'écureuil qui grignote des noix d'or et en tire des amandes\nd'émeraudes. Des coques il fait un tas, des amandes un autre tas. Et il chante\ndevant le peuple une mélodie russe.\n« La seconde merveille, on la voit quand gronde la mer, et que les vagues se\nrépandent avec fracas sur la rive déserte, y apportant trente-trois preux aux cui-\nrasses flamboyantes.\n«La troisième, c'est, dans la ville, une princesse si belle qu'on ne peut selasser\nde la contempler. Le jour, elle fait pâlir la clarté du ciel ;la nuit, elle illumine\nla terre ; les rayons de la lune miroitent parmi ses cheveux et sur son front brille\nune étoile. » , v\nJe ne dirai pas que la musique raconte clairement tout cela avec des formules\nmélodiques dont la précision remplace celle des mots, mais la musique de\nM. Rimsky-Korsakow est, pour un musicien, l'équivalent d'une poésie où les\nimages surabondent ; c'est un monde d'enchantement ; tout y est neuf, merveil-\nleux et délicieux, incessamment renouvelé. Cet art si fort et si riche n'est\nnullement agressif, comme il arrive trop souvent chez les indépendants ;de\nplus il n'est nullement pénible, et on n'y sent aucune recherche. C'est de la\ngrande maîtrise.\nAprès l'exécution, M. Nikisch (qui me paraît avoir pris pour lui des applau-\ndissements qui ne lui étaient nullement destinés) est allé chercher l'auteur dans\nla coulisse ; on lui a fait çie longues ovations.\n\nM."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "282", "page_fin": "283", "image_debut": 6, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1.3", "titre_corps": "OEUVRES de GLAZOUNOW, RAKHAMANINOW, BALAKIREW.", "titre_sommaire": "OEUVRES de GLAZOUNOW, RAKHAMANINOW, BALAKIREW.", "signature_source": "T", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "282", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.6", "debut_caractere": 2363, "fin_caractere_exclue": 3221, "texte": "OEUVRES de GLAZOUNOW, RAKHAMANINOW, BALAKIREW.\n\n— Le concert russe du\n26 mai a été un peu gris. La 2e Symphonie de Glazounow est une de ces œuvres\nqui, dès la première audition,n'enflamment pas le public, surtout celui de l'Opéra.\nC'est distingué, mais un peu terne, sans relief, sans originalité saisissante (mal-\ngré l'heureux emploi des thèmes populaires) et sans chaleur. Le Concerto n° 2\npour piano, de Rakhmaninow, exécuté par l'auteur, n'a fait qu'accentuer ces\nimpressions ; il a même réussi à faire somnoler quelques personnes. Quand on\ndonne un grand festival en mobilisant toute la haute société parisienne et en\nprenant un cadre somptueux comme la salle de l'Opéra, on joue la grande\ndifficulté et on court de sérieux dangers ; le pire, c'est, dans l'auditoire, un réel\nennui tempéré par la courtoisie. Ce Concerto n° 2 m'a paru à la fois vide et"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "283", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.7", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "prétentieux. L'auteur-exécutant a « des doigts », mais rien de particulièrement\nremarquable ; peu de son et peu de brillant ; sans se préoccuper d'un coup de\nsifflet, aussitôt corrigé par des applaudissements sympathiques, —il a joué,\ncomme bis, une sorte de romance sans paroles qui, par sa ténuité et ses effets\nexagérés de pianissimo, n'était pas àsa place en un tel lieu. Du même, la can-\ntate sur le Printemps parut sèche et sans élan printanier. M. Chaliapine a attaqué\ntrop haut sa première mélodie, et chanté faux assez longtemps. Mme Zbroueff a\nfait applaudir sa voix pure, souple et bien timbrée, mais elle serre un peu trop\nde la gorge pour donner au son plus de portée. Les pièces de Moussorgsky ont\nproduit peu d'effet. Le morceau de résistance du programme a été le poème\nsymphonique de Balakirew : Tamara. Balakirew est de la même famille que\nBorodine et Rimsky-Korsakow : c'est un imaginatif et un coloriste de premier\nordre, dont la composition a une richesse délicieuse. On ne croirait pas qu'une\ntelle pièce est de 1866 !\n\nT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c005", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "283", "page_fin": "283", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1.4", "titre_corps": "« LA CATALANE », OPÉRA DE M. LE BORNE.", "titre_sommaire": "« LA CATALANE », OPÉRA DE M. 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Je demande à revoir cette œuvre avant de for-\nmuler un jugement définitif."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c006", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "283", "page_fin": "283", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1.5", "titre_corps": "A LA SORBONNE : POUR L'ENTENTE CORDIALE", "titre_sommaire": "A LA SORBONNE : POUR L'ENTENTE CORDIALE", "signature_source": "s", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "283", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.7", "debut_caractere": 1664, "fin_caractere_exclue": 3513, "texte": "A LA SORBONNE : POUR L'ENTENTE CORDIALE\ns.\n! — Le 2? mai, a eu lieu à la\nSorbonne. pour clôturer les fêtes données en l'honneur de l'Université de Londres,\nun très beau concert. L'orchestre Colonne, sous la direction deM. GabrielPierné,\na joué l'ouverture de Patrie (Bizet)et la Marche hongroise de Berlioz ; M. George\nEnesco, la Symphonie espagnole de Lalo ; Mme Vallandri, de l'Opéra-Comique,\na chanté la Sérénade toscane de G. Fauré (avec accompagnement de viole\nd'amour par M. Van Vœfeighem) et deux menuets (1753) de Mondonville ;\nMme Auguez de Montalant a dit la Cloche et Soirée en nier de Saint-Saëns. Un\nbrillant intermède de danse fut exécuté par Mlle Carlotta Zambelli, Mlle Lobstein,\nMlles Salle, Beauvais, G. Couat, Barbier, Meunier et Billou, de l'Opéra, qui\ndansèrent la gavotte (tirée d'un des ballets du Roi, 1659) de J.-B. Lulli, le\npassepied de Castor et Pollux ( 1737), le rigodon de Dardanus (1739), musette\net tambourin des Fêtes d'Hébé (1739) et un menuet d'A. Couperin, sous la\ndirection deM. Paul Vidal, chef d'orchestre de l'Opéra. Le « clou » de la soirée\nfut la présence de M. Camille-Saint-Saëns qui, au prix de grandes fatigues,\navait abrégé un voyage à 1 étranger pour apporter son concours à cette fête.\nAvec une agilité de doigts toute juvénile et une maîtrise incomparable, le\nglorieux musicien a exécuté au piano, avec accompagnement d'orchestre, son\nadmirable fantaisie Africa. Au milieu d'ovations enthousiastes, M. le professeur\nLegouis, délégué de l'Université, remit une belle médaille au grand compositeur\nfrançais, docteur de F Université de Cambridge, et ce fut un très beau spectacle :\nl'élite de deux grands pays acclamant le maître de la musique française ! — Le\nprogramme ne comprenait que des œuvres françaises ; les artistes de choix qui\nl'exécutèrent ont fait l'admiration de tous nos hôtes anglais."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "284", "page_fin": "285", "image_debut": 8, "image_fin": 9, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1.6", "titre_corps": "L'INSATIABLE MER, POÈME LYRIQUE DE M. ROMILLY, MUSIQUE DE M. CH. NEVEU (UNION ARTISTIQUE DU xive ARRONDISSEMENT)", "titre_sommaire": "L'INSATIABLE MER, POÈME LYRIQUE DE M. ROMILLY, MUSIQUE DE M. CH. NEVEU (UNION ARTISTIQUE DU xive ARRONDISSEMENT)", "signature_source": "H. BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "284", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.8", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2138, "texte": "L'INSATIABLE MER, POÈME LYRIQUE DE M. ROMILLY, MUSIQUE DE M. CH. NEVEU\n(UNION ARTISTIQUE DU xive ARRONDISSEMENT)\n\n. — Présidée par xM. Mauge, la société\nmusicale qui a pour titre Y Union artistique du XIVe arrondissement est composée\nde musiciens amateurs, chanteurs et instrumentistes, qui exécutent des œuvres\nd'une importance considérable. Sur le dernier programme figuraient une grande\npartie de 1 oratorio des Saisons de Haydn, la suite de Y Artésienne, une cantate de\nRameau, etc. Ceci est très louable et digne de tous encouragements. Cette\nassociation est dirigée par un jeune musicien, M. Ch. Neveu, qui a, comme l'on\ndit, le feu sacré. Il forme des élèves, il les fait répéter fréquemment, il leur\nexplique la signification des œuvres qu'il fait interpréter, et il finit par obtenir\ndes exécutions tout à fait satisfaisantes. C'est grâce à des entreprises dans le\ngenre de celle-ci que les jeunes générations acquerront le goût de la musique\npure et fermeront leurs oreilles aux ignobles refrains des cafés chantants.\nLa séance dont je parle avait lieu dans la salle des fêtes du Palais d'Orléans\n(avenue du Maine). Cette salle est assez spacieuse, mais elle présente un grave\ninconvénient : l'emplacement de l'orchestre est au même niveau que les sièges\ndes auditeurs. Cela nuit énormément à la sonorité. Mais ne savons-nous pas\nque Paris est la ville du monde la plus dépourvue de salles de concerts ?...\nM. Ch. Neveu, qui est un chef énergique et fougueux, est également compo-\nsiteur. Il nous a donné la première partie d'une œuvre lyrique intitulée Ylnsa-\ntiable mer, dont le poème est de M. Romilly. Cette première partie est une idylle\nbretonne. Le récitant, en un prologue fort poétique, évoque le village qui\ns'accote au creux de la falaise, et il termine sur ce vers :\nLa mer feint de dormir : elle ne dort jamais,\nsur lequel l'orchestre entame un long prélude où apparaît le thème caractéris-\ntique de la mer, dans le mode hypodorien :\nCette page symphonique, qui décrit musicalement les sentiments des deux\namoureux : Rose-Marie et lannik, est fort adroitement écrite. M. Ch. Neveu a"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "285", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.9", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "justement jugé à propos d'y enchâsser quelques thèmes bretons, dont l'un a\nété traité en forme de choral :\nPuis les personnages interviennent, et la symphonie se fait drame. Dans le\nduo, j'ai remarqué une phrase particulièrement expressive que Mmc Ch. Neveu,\nchantant la partie de Rose-Marie, a phrasée avec un art infini. J'ai aussi noté\nl'entrée du douanier xMathieu, que souligne un basson joyeux.\nL'épisode se termine sur un chœur en style fugué, d'une noble envolée.\nCette œuvre, d'une très belle conception, est d'une exécution assez difficile ;\nquoi qu'il en soit, nous avons pu en apprécier la réelle valeur, que le publie a\nparfaitement comprise et sentie.\nAu nom de MME Neveu, il y a lieude joindre ceux des autres solistes : MlleNagel,\nMM. Tisserand et Démangé, et enfin M. Augé, qui a nettement articulé les\nbeaux vers de M. Romilly.\n\nH. BRODY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c011", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "285", "page_fin": "286", "image_debut": 9, "image_fin": 10, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1.7", "titre_corps": "LE QUATUOR DE M. A. REUCHSEL (Société nationale des Beaux-Arts).", "titre_sommaire": "LE QUATUOR DE M. A. REUCHSEL (Société nationale des Beaux-Arts).", "signature_source": "H. BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "285", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.9", "debut_caractere": 891, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "LE QUATUOR DE M. A. REUCHSEL (Société nationale des Beaux-Arts).\n\n—■ Le nom\nde M. Amédée Reuchsel s'impose de plus en plus à l'attention. Après sa magis-\ntrale sonate pour violoncelle, voici un quatuor (i) pour cordes et piano qui est\nd'une inspiration soutenue et d'une écriture tout à fait attachante.\nAccompagné par d'ingénieux arpèges au piano, le ier thème est exposé dès\nla première mesure par le violon, l'alto et le violoncelle à l'unisson. Cette phrase\nvraiment passionnée se développe et amène quelques épisodes secondaires dans\nlesquels la virtuosité pianistique de Mlle Céliny Richez aeu particulièrement\noccasion de se montrer.\nLe thème de bandante, présenté d'abord par le violoncelle seul, est d'une\nbelle expression. J'aime fort le contre-chant de l'accompagnement, qui rappelle\nun peu la musique d'une chanson norvégienne.\nDans cette partie, les cordes unies répondent par moments au piano qui exhale\nen traits rapides d'éloquents discours. La 3e partie débute fort curieusement par\nune sorte de conversation entre les cordes avec sourdines, et le piano. De quoi\nparlent-ils ? Sûrement de musique, ainsi qu'en témoigne un fragment chroma-\ntique par lequel Wagner est signifîcativement évoqué... Mais brusquement\nle finale s'annonce en forme de tarentelle :\n\n(t) Le quatuor et la sonate viennent de paraître chez Fi Lemoine et Cie."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "286", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.10", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 743, "texte": "Après une brève rentrée des principaux thèmes de l'œuvre, le trio s'achève\nglorieusementen ut majeur. C'est une œuvre très belle, très dramatique ;je me\nsers de ce mot à dessein pour exprimer le souhait de voir un musicien du tempé-\nrament de M. A. Reuchsel faire de la symphonie de théâtre, —du drame lyrique,\nsi vous préférez. Jai cité chemin faisant deux des interprètes Le violon, c'est\nM. Viardot, dont l'éloge n'est plus à faire. M. Szigeti a correctement rendu la\npartie d'alto, et M. Çhoinot, celle de violoncelle.\nUne toute petite réflexion. Pourquoi iVLlle Richez frappe-t-elle à tour de bras\nde grands accords sur son clavier pour établir la tonalité ?On ne lui demande\nqu'un simple /a...\n\nH. BRODY."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "286", "page_fin": "289", "image_debut": 10, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1.8", "titre_corps": "LES DERNIERS CONCERTS.", "titre_sommaire": "LES DERNIERS CONCERTS.", "signature_source": "T", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": "286", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.10", "debut_caractere": 745, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "LES DERNIERS CONCERTS.\n\n—• Salle Gaveau, M. Jan Sickesz, de Vienne, a\ndonné un concert dont le programme comprenait, parmi les morceaux princi-\npaux, la Sonate pathétique de Beethoven, le Scherzo en mi mineur de Mendels-\nsohn, la Fantaisie en fa mineur de Chopin. Beaucoup de virtuosité, un mécanisme\néblouissant, un jeu nerveux, mouvementé, emphatique, une mimique et une\ntenue trop agitées, peu de sentiment et de délicatesse : tels sont les traits\ncaractéristiques du talent de ce jeune et d'ailleurs intéressant pianiste.\nxMlle Clara Sansoni, jeune pianiste de 13 ans, s'est fait entendre salle Erard,\nen un récital composé de la Fantaisie-Fugue en sol mineur de Bach, du con?\ncerto en ut mineur de Beethoven (le petit orchestre sous la direction de\nM. L. Hasselmans), du concerto en la mineur de Grieg, etc. Grand et vif\nsuccès.\nCitons en outre, parmi les meilleurs concerts de la quinzaine, celui de\nM. Victor Gille à la salle Erard, où il s'est fait applaudir dans la Toccata et\nfugue en ré mineur de Bach, et diverses œuvres de Chopin ;\nCelui de Mlle Renée Lénars, harpiste, chromatique, qui a interprété magnifi-\nquement, salle Pleyel, des œuvres de Beethoven, Schumann, Th. Dubois, Saint-\nSaëns, Sinding;\nTrois concerts de M. Georges Boskoff, « pianiste de S. M. la reine de Rou-\nmanie », salle Berlioz ;\nEnfin les séances données par M. J. Joachim Nin, même salle, sous ce titre\nun peu ambitieux : « Etude des formes musicales au piano depuis le xvie siècle\njusqu'à nos jours. »\n— RÉPERTOIRE MODERNE DES OEUVRES POUR PIANO, CLASSÉES PAR NOM D'AU-\nTEURS, PAR Mlle HORTENSE PARENT. — Mlle Hortense Parent a créé ce qu'on\npourrait appeler l'Ecole normale de renseignement du piano. Elle n'a pas"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "287", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.11", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 3758, "texte": "seulement un esprit pédagogique éminent et très « universitaire » ; elle a le\nsens critique: dans ses diverses publications, elle s'applique à faire œuvre pré-\ncise, complète, bien ordonnée. De la littérature immense des œuvres de piano,\nelle nous donne des répertoires où l'historien et les diverses catégories d'exé-\ncutants trouvent le plus grand profit. Après s'être imposé un labeur considé-\nrable pour la constitution de ses fiches et de ses dossiers, elle va publier une\nvaste nomenclature des œuvres françaises et étrangères, avec de substantielles\nnotices. Pour caractériser un tel monument je n'ai qu'à citer quelques passages\nde Y Introduction que Mlle Hortense Parent veut bien nous communiquer et où\nelle s'exprime ainsi :\n« Chaque nom d'auteur est suivi d'une notice retraçant les événements mar-\nquants de la vie du compositeur, les grandes lignes de sa carrière et les titres\nde ses principales œuvres.\n« 11 m'a paru intéressant et utile de nommer, chaque fois que je l'ai pu, les maî-\ntres de chaque compositeur. On peut ainsi reconstituer les filiations artistiques\net s'expliquer bien des tendances remarquées dans les œuvres. Si I on a constaté\nque vers le milieu du xixe siècle, les musiciens de presque tous les pays allaient\nachever leurs études au Conservatoire de Leipzig, on s'étonne moins de retrou-\nver, par exemple, chez tel musicien danois ou anglais, l'influence deMendelssohn\nou de Schumann aussi caractérisée que dans les productions allemandes de la\nmême époque.\n(( Dans ce répertoire moderne, comme dans mon répertoire classique, les sim-\nplifications sont rigoureusement exclues (i ).\n« Pour le choix des œuvres comme pour le choix des auteurs, je me suis de-\nmandé s'il fallait être libérale ou exclusive, et, ici comme là, j'ai résolu la ques-\ntion dans le sens le plus large. Bien entendu, il était impossible, faute de place,\nd'énumérer la totalité des œuvres de piano de chaque compositeur (je ne l'ai fait\nque pour quelques-uns). Mais j'ai pensé qu'il valait mieux en indiquer trop que\npas assez. D'abord parce que le lecteur peut n'avoir pas le même goût que moi et\ntrouver de l'intérêt à une œuvre qui me laisse indifférente ; ensuite, parce que\ndans un ouvrage du genre de celui-ci, toute information a son prix ; enfin parce\nque si le lecteur regrette que je n'aie pas fait une sélection plus restreinte, il lui\nsera facile de l'opérer lui-même, en ne tenant compte que des œuvres que j'ai\nmarquées d'un astérisque (*) pour les signaler plus particulièrement à la bien-\nveillante attention du lecteur.\n<( Les œuvres se succèdent par ordre alphabétique de titre, afin que le lecteur puisse\ntrouver immédiatement le genre d'œuvre qu'il cherche : fantaisie, concerto, so-\nnate. C'est à la suite de l'œuvre originale que l'on trouve, s'il y a lieu, les divers\narrangementsqui en ont étéfaits (adaptation à quatre mains, à deux pianos,etc...).\n« C'est aussi au nom de Y auteur original que l'on trouve les transcriptions\n\n(i) On appelle simplification un arrangement fait en vue de rendre l'exécution d'un morceau\nplus facile, tout en maintenant ce morceau dans la forme originale que lui a donnée Vauteur. Par\nexemple, un morceau écrit originairement à deux mains sera laissé à deux mains, mais chaque\nmain sera déchargée par l'arrangeur de toutes les difficultés : les basses seront rapprochées ; les\naccords seront amputes ; les traits seront facilités, etc... On voit que simplification veut dire\nmutilation Rien n'est plus anti artistique... et presque toutes les belles œuvres des maîtres\nclassiques ont été simplifiées !!!\na Considérez comme quelque chose d'odieux de changer quoi que ce soit aux œuvres des maî-\ntres», a dit Robert Schumann [VArt du Piano, traduit par Liszt)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "288", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.12", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 5237, "texte": "de ses œuvres orchestrales ou vocales, parce que le lecteur connaît le titre de\nl'œuvre qu'il cherche et le retrouvera facilement, tandis qu'il peut ignorer le nom\ndu transcripteur.\n« Chaque titre est accompagné des quatre renseignements pratiques déjà pré-\nsentés dans le Répertoire classique : degré de difficulté, nombre de pages, édi-\nteur et prix (1). »\n\n(i) « Quelques explications sont ici indispensables à l'égard de ces quatre renseignements, sur-\ntout en ce qui concerne le prix et encore plus l'éditeur.\nDegré de difficulté. Les morceaux qualifiés très faciles et faciles, non seulement ne présen-\ntent aucune difficulté de mécanisme ou d'interprétation, mais ne contiennent pas d'octaves et\nconviennent aux jeunes enfants. (Ce répertoire doit renseigner aussi les professeurs au point de\nvue pédagogique.) Tel morceau qui, sans être difficile, réclame une main plus formée, une inter-\nprétation moins enfantine, sera considéré comme de moyenne difficulté, parce qu'un élève de\nmoyenne force sera seul capable de le bien jouer. Pour les qualifications d'assez difficile et au-\ndessus, le point de vue artistique se joint au point de vue pédagogique.\nPi ix. Le prix désigné est le prix net de vente, c'est-à-dire, pour la musique française, le\ntiers du prix fort marqué encore surnombre d'éditions. Ce prix est indiqué dans la monnaie\nrespective de chaque pays. (Les spécialistes du commerce de musique m'ont fortement engagée\nà procéder ainsi.)\nLe mark allemand est indiqué par un petit m (il vaut 100 pfenning ou i fr. 25). Le rouble\nrusse est indiqué par un petit r (il vaut 100 kopeks ou 2 fr. 66 . Le shilling anglais est indiqué\npar un petit sh il vaut 12 pence ou 1 fr. 25). Le franc belge ou suisse, la lire italienne et la\npeseta espagnole étant de même valeur que notre franc de France, sont indiqués comme ce\ndernier par le chiffre seul du prix, sans être accompagnés d une petite lettre.\nIl ne faut pas s'étonner de voir les prix des éditions de Schott, de Breitkopf, de Peters, etc ,\ntantôt indiqués en marks, tantôt en francs. Les éditeurs étrangers qui ont une maison de repré-\nsentation à Paris font, le plus souvent, pour une même œuvre, deux éditions, l'une nationale,\nl'autre étrangère. Les éditeurs m'ont communiqué l'édition qu'ils avaient sous la main, et j'ai\nindiqué le prix que j'avais sous les yeux : marks, roubles, shillings, francs, selon l'édition.\nLe lecteur doit, en outre, être prévenu que le prix d'un morceau peut être modifié au gré de\nl'éditeur, même pendant le cours d'une édition, soit pour être relevé (comme cela aeu lieu il\ny a quelques années en France), soit pour être abaissé en vue de rendre l'édition populaire (telle\nla collection des classiques Marmontel, chez Heugeî, devenue une édition à 0,05 la page). L'édi-\ntion française de Breitkopf, Y Athénée musical (Costallat), a subi une revision complète, et tout\ndernièrement, de nombreuses modifications de prix ont été faites par la maison Schott sur les\ntranscriptions de Wagner.\nJ'ai pu opérer ces changements sur les épreuves de ce livre, mais si cette revision avait eu lieu\nquelques semaines plus tard, c'eût été impossible. Par conséquent, l'auteur de ce répertoire ne\nsaurait être rendu responsable des fluctuations de prix qui pourraient avoir lieu ultérieurement.\nEditeur. En indiquant le nom de l'éditeur de chacune des œuvres présentées dans cet ouvrage,\nj'ai voulu donner au lecteur le moyen de se procurer promptement et facilement le morceau\nqu'il désire.\nIl est impossible de se rendre compte, sans en avoir fait l'expérience, à quel point l'omission\ndu nom de l'éditeur rend laborieuse, compliquée et parfois impossible, la recherche d'un mor-\nceau peu connu.\nQuelques explications sont ici nécessaires pour les amateurs peu au courant des usages établis\nen librairie musicale :\nToute œuvre publiée dans un pays quelconque peut être ensuite vendue à des éditeurs étran-\ngers, chacun d'eux achetant la propriété et l'exploitation exclusive de l'œuvre dans son pays res-\npectif. Par exemple, les œuvres de Tschaïkowsky, lesquelles ont été publiées originairement à\nMoscou, chez Jurgenson, appartiennent, en France, à la maison Noël. Les œuvres de Brahms,\ndont la plupart ont été publiées originairement par les maisons Simrock, de Berlin, et Rieter-\nBiedermann, de Leipzig, ont été achetées en partie, pour l'exploitation en France, par les maisons\nDurand, Hamelle, Joubert ; inversement, les œuvres publiées initialement à Paris, chez nos édi-\nteurs français, deviennent pour les autres pays la propriété d'éditeurs étrangers.\nSur 1 édition initiale figurent généralement les noms des acquéreurs du morceau dans les\nautres pays. Mais dans les éditions ultérieures, il n'est le plus souvent indiqué que le nom du\npropriétaire de cette édition-là. Le nom de l'éditeur initial n'y paraît même pas.\nDe plus, une œuvre peut passer d une maison à une autre. Il n'est pas rare qu'après la mort\nd'un éditeur son fonds soit dispersé. Il faut alors retrouver la trace de ces mutations. Ce n'est\nsouvent pas chose facile. En outre, si telle publication n'est pas avantageuse commercialement\nparlant, une fois l'édition épuisée, l'éditeur peut en faire fondre les planches. C'est la mort sans"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "289", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.13", "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "On voit que l'ordonnance générale de ce Répertoire moderne est la même que\ncelle du Répertoire classique, avec cette différence toutefois que les deux parties\ndu Répertoire classique sont réunies en un seul volume, tandis que les deux par-\nties de ce Répertoire moderne réclament chacune un volume entier à cause de\nl'abondance des matières. »\nA ce propos, reprenons un vœu que nous avons eu bien souvent l'occasion de\nformuler : il est regrettable que, sur la première page de chaque morceau, les\néditeurs n'aient pas l'habitude d'indiquer la date à laquelle l'œuvre a été termi-\nnée par le compositeur. 11 y a là une négligence très fâcheuse et qui a les plus\nsérieux inconvénients pour tous ceux qui s'occupent d'histoire musicale.\n\nT."}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "289", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.13", "debut_caractere": 1663, "fin_caractere_exclue": 3108, "texte": "phrase. Il ne reste plus aucune trace du morceau ; vous le cherchez en vain. C'est ce qui m'est\narrivé pour nombre d'œuvres étrangères très recommandées dans les guides allemands, et que je\nm'obstinais à demander partout.\nJe me suis donc imposé une règle générale concernant l'éditeur à indiquer dans ce répertoire:\nPour toutes les œuvres publiées en France,qu'elles émanent de compositeurs français ou étran-\ngers, qu'elles soient l'édition initiale ou une édition ultérieure, j'ai naturellement indiqué\nl'éditeur français.\nPour les œuvres non publiées en France, qu'elles émanent de compositeurs étrangers ou fran-\nçais, j'ai indiqué l'éditeur initial du morceau chaque fois que j'ai reçu de lui-même communication\nde ces éditions. Dans le cas contraire, j'ai nommé l'éditeur de l'édition que j'ai eue entre les\nmains. (Cela était nécessaire à cause des renseignements précis à donner sur le nombre de pages\net le prix.) Ainsi plusieurs œuvres publiées d'abord en Russie m'ont été communiquées par leur\néditeur de Berlin. D'autres œuvres, publiées primitivement en Allemagne, m'ont été fournies par\nleur éditeur de Londres. C'était toujours la même œuvre avec un propriétaire différent. L'es-\nsentiel pour le lecteur est de savoir que le morceau voulu se trouve sûrement dans telle maison\ndéterminée. Il peut ainsi donner un renseignement précis à l'éditeur français qu'il prend pour\nintermédiaire en le chargeant de lui procurer le morceau. »"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "289", "page_fin": "289", "image_debut": 13, "image_fin": 13, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.1.9", "titre_corps": "Nous signalons avec empressement à nos amis musiciens quatre mélodies", "titre_sommaire": "Nous signalons avec empressement à nos amis musiciens quatre mélodies", "signature_source": "A. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": "289", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.13", "debut_caractere": 773, "fin_caractere_exclue": 1661, "texte": "A. C.\nNous signalons avec empressement à nos amis musiciens quatre mélodies\nde George Lauglane (piano et chant) qui viennent de paraître chez l'éditeur Vieu,\n62, rue Saint-Lazare, sous ce titre : Désillusion, Joie d'aimer, A l'aimée, Nos-\ntalgie. Elles ont une sincérité et une délicatesse d'accent, un charme mélodique,\nune distinction d'harmonie, tout à fait dignes de remarque.\nM. G. Lauglane, ancien élève de l'Ecole Niedermeyer, maître de chapelle,\norganiste, professeur, est un de ces artistes à qui il n'a manqué qu'un peu de\nchance pour arriver à la notoriété. xWais si son nom n'est pas répandu dans le\ngrand public, il est très apprécié des amis de la musique, et ses œuvres ont\ntoujours obtenu un succès mérité, auquel nous nous sommes asssocié depuis\nlongtemps. Nous ne doutons pas que ces quatre dernières mélodies n'obtiennent\nune pareille faveur auprès des vrais musiciens."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c016", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "290", "page_fin": "290", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.2", "titre_corps": "Musique du moyen âge.", "titre_sommaire": "Musique du moyen âge.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "290", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.14", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "Musique du moyen âge.\n\nNous avons reçu de M. Pierre Aubry la pièce suivante, du xve siècle ; nos .lecteurs nous sauront\ngré de leur faire part de cette chanson, d'un tour fort agréable.\n\n(Chansonnier du siècle, CXXXVI, p. 138, publié\npar G.Paris et Gevaert, d'après le ms. fr. 12744\nde la Bîbl. nat. de Paris.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "290", "page_fin": "290", "image_debut": 14, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.2.1", "titre_corps": "(Chansonnier du siècle, CXXXVI, p. 138, publié par G.Paris et Gevaert, d'après le ms. fr. 12744 de la Bîbl. nat. de Paris.)", "titre_sommaire": "(Chansonnier du siècle, CXXXVI, p. 138, publié par G.Paris et Gevaert, d'après le ms. fr. 12744 de la Bîbl. nat. de Paris.)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "290", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.14", "debut_caractere": 206, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "(Chansonnier du siècle, CXXXVI, p. 138, publié\npar G.Paris et Gevaert, d'après le ms. fr. 12744\nde la Bîbl. nat. de Paris.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c018", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "290", "page_fin": "294", "image_debut": 14, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.3", "titre_corps": "Musique orientale.", "titre_sommaire": "Musique orientale.", "signature_source": "RAOUF YEKTA (Constantinople", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "290", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.14", "debut_caractere": 331, "fin_caractere_exclue": 1273, "texte": "Musique orientale.\n\nNous recevons la lettre suivante où la musique orientale est caractérisée par un Oriental,\nmusicien\" de grand savoir :\nConstantinople, le 5 mai 1907.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR DE LA Revue musicale,\nOn peut affirmer sans exagération que tous les spécimens de la musique\norientale publiés jusqu'à présent en Europe par les musiciens occidentaux ne\nsont pas conformes à l'original. Cependant il est juste d'excepter la musique\nannexée par notre ami le R. P. Thibaut à son article intitulé la Musique des\nmèvlevis inséré dans la Revue musicale (année 1902, nos Bet 9) ; cela provient\naussi de ce que le manuscrit même du compositeur de ces morceaux est tombé,\npar une heureuse occasion, entre les mains du P. Thibaut, comme il l'avoue\ndéjà lui-même dans son article.\nD'après notre avis, les principales causes qui égarent les musiciens européens\nlorsqu'ils veulent transcrire les mélodies orientales, peuvent être résumées ainsi :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "291", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.15", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3356, "texte": "i° Les intervalles musicaux employés dans la musique orientale ne sont pas\nles mêmes que ceux employés dans la musique européenne ;\n20 La manière de chanter des Orientaux est essentiellement différente de celle\ndes Européens, les premiers chantant toujours avec la voix de tête, tandis que\nles seconds emploient la voix de poitrine ;\n3° Les oreilles des Européens ne sont pas habituées à goûter la saveur des\nmodes qui restent en dehors du majeur et du mineur, tandis que tous les autres\nmodes orientaux ont leur raison d'être comme les modes majeur et mineur, et\nil n'y a aucune raison pour qu'ils soient considérés comme inférieurs à ces deux\nmodes pour ainsi dire officiels ; les oreilles jugeant toutes les mélodies en dehors\nde ces deux modes comme dénaturées veulent changer ces mélodies en majeur\net en rnineur, tandis que leur constitution mélodique (tonale) est bâtie sur une\ngamme tout à fait différente ;\n4° Notre théorie du rythme est essentiellement distincte de celle de la musique\noccidentale. Les musiciens européens croient que chaque rythme doit être ou\nbinaire ou ternaire; lorsqu'ils se trouvent en présence d'une mélodie orientale,\nils ne peuvent pas saisir le rythme particulier du morceau, et ils essayent de le\nchanger en binaire ou en ternaire.\nPar suite de ces quatre causes, à peu près tous les morceaux publiés de\nmusique orientale, tant arabe que turque, ne doivent pas être considérés comme\nauthentiques, et par conséquent toutes les considérations se basant sur ces\nmorceaux sont le plus souvent erronées. Pour vous donner une idée de ces\nchangements, je vous dirai que si ces morceaux sont montrés aux musiciens\norientaux, ceux-ci ne les comprennent point !\nDans le second volume de Y Histoire générale de la musique de Fétis (livre\nsixième), il y a plusieurs spécimens de la musique orientale ; par exemple, à la\npage 398 de ce volume, se trouve la musique d'un air de danse dont, selon le\ndire de l'auteur, se servent les derviches tourneurs (mèvlevis) Depuis la fonda-\ntion du rite des mèvlevis, les chants composés pour être exécutés pendant là\ncérémonie de leur danse sont connus et écrits par moi en notation européenne\n(puisque moi-même je suis affilié à ce rite), et parmi tous ces chants, il n'y\nen a aucun qui ressemble, même approximativement, au morceau cité par Fétis.\nLe célèbre historien ne dit pas en effet d'où est tiré ce morceau, mais je crois\nbien qu'il l'a tiré du recueil de M. Ferriol, ambassadeur de France à Constan-\ntinople, publié à Paris en 1714.\nL'abbé Toderini, en parlant de cet air, dit ( 1) : « L'air sur lequel les derviches\nrèglent leur danse est rapporté avec des notes européennes dans le bel ouvrage\nde M. Ferriol ; les Turcs, l'entendant jouer sur le violon, ne le reconnurent point\npour l'ouvrage d'un excellent maître, et ils en rirent beaucoup. » Par conséquent\ncet air devait avoir été composé par M. Ferriol lui-même après avoir été pré-\nsent une ou plusieurs fois dans la cérémonie de ces derviches, pour traduire\nses impressions.\nFétis, à la page 396 du même volume, cite un autre spécimen de la\nmusique turque ; il ajoute avant l'insertion de ce morceau qu il a emprunté de\nl'ouvrage de Toderini, les considérations suivantes :\n\n(1) Cf De la littérature des Turcs, par l'abbé Toderini, traduit en français par l'abbé de\nCournant, tome I, p. 237, Paris, 1789."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "292", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.16", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3599, "texte": "« Jusqu'à l'époque de la révolution qui a soustrait la Grèce à la domination\nottomane, les Grecs de Constantinople et de Smyrne ont été les musiciens les\nplus habiles de la Turquie Ils avaient plus de goût, plus d'aptitude pour le\nchant et pour le jeu des instruments que leurs oppresseurs ; la plupart des chan-\nsons turques ainsi que les pièces de viole, de luth et de tambourah étaient com-\nposées par eux. Une de ces pièces a été célèbre à Constantinople et dans l'Asie\nmineure jusque dans la première partie du dix-neuvième siècle ; peut-être l'est-\nelle encore. Elle se joue sur le tambourah ou sur le kémangeh ; son nom est\nIskia samaïsi. »\nCes considérations sont erronées sur plusieurs points, mais maintenant je les\npasserai et je me contenterai de dire ceci : la pièce en question n'est pas composée\npar un Grec, mais par un juif nommé Isac qui était un très habile joueur de\ntambourah et qui était le professeur pour cet instrument du sultan Sélim 111 alors\nque celui-ci n'était pas encore monté sur le trône de Turquie. Le nom de\ncette pièce en turc est: Içakine sémaïct, qui signifie le Semaï d'lsac] Tode-\nrini, dans l'ouvrage susdit, sur la musique de cette pièce a écrit : « concerto turcô\nnominato izia samaisi » et Fétis, en le reproduisant, a changé le nom de la pièce\nen Iskia samaïsi ! Le célèbre musicologue, n'étant pas content de modifier ce\nnom qui est essentiellement fautif chez Toderini, a ajouté plusieurs bémols sur\nles mi de cette pièce, tandis que ces mi \\> n'existent pas dans la transcription de\nToderini !\nAvant de vous donner la vraie transcription de cette célèbre pièce, je vous\nraconterai quelques anecdotes sur son compositeur. Isac était un juif né à Cons-\ntantinople ; d'abord il avait choisi la viole d'amour, qui était très en vogue dans\nce temps-là chez les Turcs, et avait acquis une certaine célébrité sur cet instru-\nment ; mais lorsque Miron, habile joueur de la viole d'amour, est venu de\nMoldavie à Constantinople, Isac a vu que son jeu restait fort inférieur à celui de\nMiron et qu'il lui était impossible de conserver sa position ; il laissa son instru-\nment pour choisir le tambourah (sorte de mandoline). Il y fit de si grand progrès\nque le sultan Sélim 111 le choisit pour maître. Après le couronnement de ce\nprince, Isac eut toujours la faveur impériale, et afin de donner une idée de\nl'estime du sultan Sélim 111 pour lui, on raconte ceci :\nUne fois par semaine, on donnait un concert de musique de chambre au palais\nen présence de l'empereur qui était grand amateur de la musique orientale et\nqui jouait à merveille du tambourah, son instrument favori. On dit même que\nSélim 111 prenait quelquefois son instrument, tout en restant sur le trône, pour\naccompagner les morceaux qui lui plaisaient. Ces concerts étaient toujours\ndirigés par Isac, ier instrumentiste de S. M. Sélim 111. Un jour Isac ne put pas\narriver au palais en temps utile et le sultan ordonna que le concert fût donné.\nOn a commencé ; la moitié des morceaux est exécutée, lorsque Isac arrive au\npalais en toute hâte, son instrument en main, à la porte du salon de concert ; le\nchef des eunuques noirs qui attendait là ne veut pas le laisser entrer. Une dis-\ncussion a lieu devant la porte ; le sultan l'entend et, apprenant l'arrivée d'lsac,\nle fait entrer aussitôt, et avec une colère apparente, il dit à l'eunuque :\nDiable noir ! tes semblables viennent chaque jour du Soudan par milliers\nà bord des bateaux à voiles ; j'en peux acheter plusieurs comme toi : tandis\nqu'un artiste comme Isac, mon professeur aimé, ne paraît au monde que très\nrarement !"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "293", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.17", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1474, "texte": "Les compositions d Isac sont nombreuses et le semai dont je vous envoie\naujourd hui la musique authentique est considéré parmi ses œuvres comme ayant\nune importance secondaire ; mais, comme nous en avons parlé et comme il est\nconnu en Europe, j'ai voulu envoyer sa musique telle qu'elle est composée. Une\nautre fois, je vous expédierai une des pièces considérées comme chefs-d'œuvre du\ncélèbre Isac.\nLa musique de ce sémaï m'a été fournie par Ata-ul-lah effendi, supérieur du\ncouvent des derviches tourneurs à Péra, et homme très vçrsé dans l'archéologie\net la théorie de la musique orientale.\nLe rythme de cette pièce se nomme sèngnine sémaï et il a cette forme :\non voitque ce rythme ne diffère pas de la mesure à 6/4 de la musiqueeuropéennç,\net par conséquent un musicien occidental, en entendant jouer un air dans ce\nrythme, doit le saisir facilement. Cependant il n'en a pas été ainsi, puisque To-\nderini l'a transcrit en 2/4 et en a complètement changé le sens. Pour la mélodie\naussi on a fait tant de changements !\nJe ne juge pas nécessaire de vous expédier, pour faire la comparaison le séinaï\nen question tel qu'il est transcrit par Toderini ; ceux qui désirent confronter les\ndeux pièces n'ont qu'à consulter 1 Histoire de la musique de Fétis, page 396, t. Il\nVoici ce célèbre sémaï cl Isac ; il est écrit dans le mode auquel vous, Euro-\npéens, donnez le nom de chromatique oriental.\n\nLE SÉMAÏ DANS LE MODE HIDJAZ\n(Chromatique oriental)"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "294", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.18", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 152, "texte": "Cette transcription est faite sous les réserves que j'ai indiquées plus haut au\nsujet des intervalles.\n\nRAOUF YEKTA\n(Constantinople)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c020", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "293", "page_fin": "294", "image_debut": 17, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.3.2", "titre_corps": "LE SÉMAÏ DANS LE MODE HIDJAZ (Chromatique oriental)", "titre_sommaire": "LE SÉMAÏ DANS LE MODE HIDJAZ (Chromatique oriental)", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "293", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.17", "debut_caractere": 1423, "fin_caractere_exclue": 1474, "texte": "LE SÉMAÏ DANS LE MODE HIDJAZ\n(Chromatique oriental)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c021", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "294", "page_fin": "296", "image_debut": 18, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.4", "titre_corps": "Musique byzantine.", "titre_sommaire": "Musique byzantine.", "signature_source": "FRANCK CHOISY, Ephore du Conservatoire d'Athènes", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "294", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.18", "debut_caractere": 154, "fin_caractere_exclue": 1246, "texte": "Musique byzantine.\n\nNous recevons la lettre suivante du Directeur du Conservatoire d'Athènes :\nAthènes, 22 mai 1907.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR,\nDans la Revue musicale du IERIER mai, M. A. Gastoué contredit à plusieurs\nreprises ma brève étude, parue ici même, sur la musique byzantine. Le fait que\nM. Gastoué explique dans les quelques lignes de sa lettre sa façon de com-\nprendre l'histoire de la notation musicale byzantine, ne suffit pas pour me con-\nvaincre d'erreur. Il faudrait, pour cela, posséder l'ouvrage que mon contradicteur\nannonce, pour juger non la valeur des manuscrits examinés mais bien les\ninterprétations dont ils auront été l'objet.\nIl serait trop long de voir en détail les cinq points de la lettre de M. Gastoué.\nMon ami et chantre distingué M. Psachos, dont l'érudition en la matière est in-\ncontestable, m'adresse à ce sujet une lettre des plus intéressantes. J'en retiens\nquelques faits saillants, ne voulant pas entreprendre une polémique qui n'inté-\nresserait qu'un petit nombre de vos lecteurs. -\nJe saute au §3 : « Permettez-moi aussi d'annoncer vous écrit M. Gastoué"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "295", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.19", "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 3465, "texte": "« que j'ai découvert un admirable spécimen de notation paléobyzantine, antérieur\n« àla notation dite damascénienne. Ce spécimen comprend plusieurs folios d un\net pentecostarion. »\nIl faudrait pourtant, une fois pour toutes, définir avec précision les dénomina-\ntions « occidentales » données aux diverses phases de la notation byzantine\n(paléobyzantine, damascénienne, constantinopolitaine, hagiopolite, etc., etc.).\nQu'est-ce que, par exemple, une écriturt paléobyzantine « antérieure à celle dite\ndamascénienne » > Précéderait-elle le siècle de Jean Damascène, le vme, ou\nserait-ce celle des ouvrages liturgiques, HsvTYjxo<7Tapia et des Mvjvata du\nxie siècle, où se trouvent en effet notées des mélodies en caractères « emphones »\net « aphones », caractères qui ne se distinguent pas à première vue les uns\ndes autres, étant de la même couleur noire ? M. Psachos possède plusieurs\nexemplaires de cette écriture sur parchemin. La trouvaille de M. Gastoué ne\nserait donc pas une découverte. Nous attendons des preuves plus positives\navant de fixer la valeur du document annoncé.\nPassons au § 5. M. Gastoué, comme ses prédécesseurs, nie que les signes\naphones (les signes rouges si nombreux chez Koukouzélès) se chantaient. Mais\nquels sont ces « traités » anciens (il n'existe rien au xne siècle qui puisse por-\nter ce titre, sauf de superficielles introductions (1) des livres religieux, plutôt\naide-mémoire qu'autre chose) qui prouvent le caractère secondaire des signes\naphones ? Que fait M. Gastoué des manuscrits du xvue au xixe siècle, où des\nautorités comme Jean Trapésondiés, Valasion, Haladzoglos, Pierre du Pélopo-\nnèse, Pierre de Byzance, Jacob premier chantre, Georges de Crète et le triumvi-\nrat Grégoire, Hourmousios et Chrysante affirment la valeur phonétique de ces\nsignes aphones ? Il n est du reste pas exact que les signes aphones n'exis-\ntaient pas primitivement ; seulement on les distinguait moins facilement que\npar la suite, car ils étaient indistinctement noirs. Quand les « aphones » dis-\nparurent, après avoir été passés au rouge par les Koukouzélès, c'est que des\nchantres, désireux d'éviter les erreurs d'interprétation, les avaient remplacés\npar leur équivalent en signes « emphones » noirs (2).\nJe le répéterai sans cesse : les écrivains occidentaux négligent trop les con-\nnaissances des Orientaux. Il existe, surtout à Constantinople, un groupe de\nsavants dont l'érudition est des plus étendues. Après comparaison, je me range\nabsolument à leur avis. Ils ont pour eux et la tradition et les documents, ce qui\nne veut pas dire qu'ils soient infaillibles.\nQuant aux autres réflexions de M. Gastoué concernant l'origine de l'écriture\nmusicale byzantine, il est possible que cette écriture ne dérive pas d'un alpha-\nbet démotique, sans que la chose soit absolument certaine. M. Psachos croit à\nune transformation de l'alphabet grec, tout en acceptant l'emploi de quelques\nsignes prosodiques. Dans des questions aussi délicates, il est prudent de ne pas\naffirmer. D'autre part, le manuscrit ekphonétique du ve siècle annoncé par\nM. Gastoué, s'il peut l'authentiquer, sera un trésor pour l'art musical byzantin.\nJ'ai cru remarquer que M. Gastoué confondait les signes ekphonétiques (em-\nployés seulement pour la lecture psalmodiée) et les signes phonétiques des\n\n(1) Voir la Revue musicale du ier avril, p 192, note 2.\n(2) Voir à ce sujet les planches de mes articles dans la Revue musicale des iCr avril et 15\nmai 1907."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "296", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.20", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "mélodies. Sans cela, que signifieraient les trois phases de l'écriture ekphoné-\ntique allant du vc au xvie siècle ?\nEnfin, je continue à prétendre que la première édition du AoSacraptov de Pierre\ndu Péloponèse fut publiée à Bucarest en 1820 et que les caractères typographi-\nques furent fournis par deux orfèvres (et non un orfèvre, comme je le disais dans\nmon premier article de la Revue musicalej, tandis que Ylsagoge de Chrysante\nvit le jour à Paris. Un passage de la préface du volume de Pierre du Péloponèse\nque M. Psachos veut bien me communiquer le prouve irréfutablement. L'ou-\nvrage est dédié au gouverneur de la Valachie, Alexandre Soutzos, par le chantre\nPierre d'Ephèse. Lisons : «... mon éducatrice, Euterpe, (etc., etc...) vous offre\n« etc., etc... ce doxastarion de l'impérissable Pierre Lambadarios du Pélopo-\n« nèse, expliqué selon la nouvelle méthode musicale, par les maîtres de Cons-\n« tantinople (1) et édité pour la première fois par votre serviteur (2) et les deux\n« soussignés, ses associés (3), dans la nouvelle imprimerie, etc., etc... »\nM. Psachos ajoutait, en me montrant le Doxastarion de Bucarest de 1820 et\nYlsagoge de Paris de 1821, que certainement M, Gastoué n'avait pas dû avoir\nces deux ouvrages sous les yeux, car les caractères d'imprimerie en sont abso-\nlument différents... Monsieur le Directeur, etc.\n\nFRANCK CHOISY,\nEphore du Conservatoire d'Athènes."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "296", "page_fin": "299", "image_debut": 20, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.5", "titre_corps": "Actes officiels et Informations.", "titre_sommaire": "Actes officiels et Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": "296", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.20", "debut_caractere": 1408, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Actes officiels et Informations.\n\nLE BAROMETRE MUSICAL: I. - Opera.\nRecettes détaillées du 20 avril 1907 au 19 mai 1907.\n\n(1) Grégoire, Hourmousios et Chrysante.\n(2) Pierre d;Ephèse.\n(3) Les deux orfèvres."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "297", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.21", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 747, "texte": "II. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 avril 1907 au 19 mai 1907.\n\nConservatoire national. — La Société mutuelle des professeurs du Conservatoii e\nde musique et de déclamation, dans son assemblée générale du iômai dernier, a élu\nà l'unanimité pour son président M. 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Emile Pessard,\na ouvert un concours de composition musicale dont le sujet imposé nous paraît\nsusceptible d'intéresser les musiciens civils ou militaires qui lisent la\nRevue musicale.\nLe concours dont il s'agit est ouvert à tous les compositeurs français II s'agit\nd'écrire une suite concertante pour piano et harmonie (musique militaire) en\ntrois parties, enchaînées ou non, d un style élevé et d'une durée d'exécution de\nvingt minutes au plus.\nUn jury spécial, choisi en dehors de l'Association, sera chargé de décerner le\nprix unique consistant en une somme de cinq cents francs et, en plus, une prime\nd'édition de cinq cents francs qui sera versée contre la remise par l'éditeur de\nvingt exemplaires de l'œuvre couronnée.\nCette suite concertante devra être écrite en partition et orchestrée pour les\ninstruments en usage dans les sociétés civiles. (Les parties de sarrusophones,\ncors, saxophone basse, contrebasse à cordes et timbales sont facultatives.) Une\ncopie de la partie de piano et une réduction de l'orchestre devront être joints à\nla partition originale.\nLes concurrents ne devront pas se faire connaître. Afin de sauvegarder leur\nincognito, le règlement du concours prévoit quelques mesures de détail qui se\ntrouvent exposées dans le bulletin (n° 1 o) de l'Association des jurés orphéoniques.\nLes compositeurs qui désireraient prendre part au concours n'ont donc qu à\nréclamer ce règlement à M. le secrétaire général de l'Association des jurés, à la\nsalle Pleyel, 22, rue Rochechouart, à Paris.\nCe concours sera clos le 31 octobre 1907.\n\nHôtel Drouot.\nL. R.\n— On a vendu dernièrement, à l'Hôtel Drouot : un grand lutrin\nen bois sculpté, à motifs gothiques, sur toutes les faces, datant du xvie siècle, qui\na été payé 2.250 francs, par un amateur;\nUn clavecin en bois, décoré au vernis, à sujets de style chinois, sur fond rouge,\nintérieur décoré de sujets mythologiques et allégoriques en couleur, époque\nRégence, adjugé à 550 francs;\nUne guitare, forme lyre, rehaussée de dorures et décorée de dauphins. Au\nrevers, la signature : I. Charles, à Marseille, 1785, dont il a été donné\n700 francs,\nParmi les autographes, une lettre de Spontini, écrite en français, à un baron,\ndatée de Berlin, 11 juin 1825, où le célèbre compositeur de musique raconte le\nsuccès de son opéra dWlcàdor à Berlin, succès qui a dépassé ceux d'Olimpie et\nde Nurmahal, malgré la cabaledes écrivains berlinois, a été vendue 10 francs."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "299", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "M. Francis Planté donnera les 18 et 20 juin deux concerts au théâtre\nSarah-Bernhardt, au profit de la Société mutuelle des professeurs du Conserva-\ntoire. Il interprétera, avec le concours de MM. 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Chabrier, Duparc, l'orchestre La-\nmoureux, Mme Camille Fourrier, l'excellent pianiste von Amelungen, etc... (Bil-\nlets chez Durand et à l'Odéon.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "296", "page_fin": "296", "image_debut": 20, "image_fin": 20, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.5.1", "titre_corps": "LE BAROMETRE MUSICAL: I. – Opera. Recettes détaillées du 20 avril 1907 au 19 mai 1907.", "titre_sommaire": "LE BAROMETRE MUSICAL: I. – Opera. 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G. Doret.\n6.453 5o\n11 — soirée\nMadame Butterfly. — La Lé-\ngende du Point d'Argentan.\nPuccini. F. Four drain\n6.264 ))\n2 2 —\nLe barbier de Séville. — Les\nNoces de Jeannette.\nRossini. V. Musse.\n4.622 5o\n23 -\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n6.7 5 6 »\n>4 —\nMadame Butterfly.\nPuccini.\n7.775 »\n2 3 —\nCircé. — La Légende du Point\nP. et L. Hillemacher.\n26 —\nd'Argentan.\nF Fourdrain.\n7.304 33\nAph rodite.\nG. Erlanger.\n6.384 »\n27 -\nCircé. — La Légende du Point\nP. et L. Hillemacher.\nLA rgentan.\nF. Fourdrain.\n8.022 83\n28 — matin.\nLa Traviata. — Les Armaillis.\nVerdi. G. Doret.\n5.257 »\n28 — soirée\nManon.\nMassenet.\n7.848 »\n29 —\nMignon.\nA. Thomas.\n4.625 »\n3o —\nAphrodite\nG. Erlanger.\n6.786 5o\nier mai\nCarmen.\nBizet.\n7.573 5o\n2 —\nCircé. — La Légende du Point\nP. et L Hillemacher.\n3 -\nd'Argentan.\nF. Fourdrain.\n6.624 5o\nLa Traviata.\nVerdi.\n7.622 5o\n4 —\nCircé. — La Légende du f^oint\nP. et L. Hillemacher.\nL Argentan.\nE. Fourdrain.\n7.802 33\n5 — matin.\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n6.298 5o\n5 — soirée\nLa Vie de Bohème - Caval-\nleria Rusticana.\nPuccini. Mascagni.\n8.589 5°\n6 —\nMignon.\nA. Thomas.\n4.610 »\n7 —\nM ad a m e B utterfly.\nPuccini.\n9.O58 5O\n8 —\nCircé. — La Legende du Point\nP. et L. Hillemacher.\nd'Argentan.\nF. Fourdrain.\n2.677\n9 -\nPelléas et AI élis an de.\nDebussy.\n9T69 83\n10 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP Dukas.\n1.8v 8 »\n11 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP. Dukas.\n9.702 33\n! 2 — matin.\nCarmen.\nBizet.\n4.6 i 9 5o\ni2 — soirée\nLakmé. — Cavalleria Rusticana.\nL.Delibes. Mascagni.\n5.975 5o\n13 —\nLa Fille du Régiment. — Les\nA rmaillis.\nDonizetti. G. Doret.\n4.148 »\n14 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP. Dukas.\n5.295 5o\nI 3 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n5.o 5 8 »\n16 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP. Dukas.\n8.785 5o\n[7 —\nMa dame Butte rfly.\nPuccini.\n8.077 5o\n18 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP. 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Emile Pessard,\na ouvert un concours de composition musicale dont le sujet imposé nous paraît\nsusceptible d'intéresser les musiciens civils ou militaires qui lisent la\nRevue musicale.\nLe concours dont il s'agit est ouvert à tous les compositeurs français II s'agit\nd'écrire une suite concertante pour piano et harmonie (musique militaire) en\ntrois parties, enchaînées ou non, d un style élevé et d'une durée d'exécution de\nvingt minutes au plus.\nUn jury spécial, choisi en dehors de l'Association, sera chargé de décerner le\nprix unique consistant en une somme de cinq cents francs et, en plus, une prime\nd'édition de cinq cents francs qui sera versée contre la remise par l'éditeur de\nvingt exemplaires de l'œuvre couronnée.\nCette suite concertante devra être écrite en partition et orchestrée pour les\ninstruments en usage dans les sociétés civiles. (Les parties de sarrusophones,\ncors, saxophone basse, contrebasse à cordes et timbales sont facultatives.) Une\ncopie de la partie de piano et une réduction de l'orchestre devront être joints à\nla partition originale.\nLes concurrents ne devront pas se faire connaître. Afin de sauvegarder leur\nincognito, le règlement du concours prévoit quelques mesures de détail qui se\ntrouvent exposées dans le bulletin (n° 1 o) de l'Association des jurés orphéoniques.\nLes compositeurs qui désireraient prendre part au concours n'ont donc qu à\nréclamer ce règlement à M. le secrétaire général de l'Association des jurés, à la\nsalle Pleyel, 22, rue Rochechouart, à Paris.\nCe concours sera clos le 31 octobre 1907."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c028", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c028", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "298", "page_fin": "299", "image_debut": 22, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.5.4", "titre_corps": "Hôtel Drouot.", "titre_sommaire": "Hôtel Drouot.", "signature_source": "L. R", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "298", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.22", "debut_caractere": 2206, "fin_caractere_exclue": 3075, "texte": "Hôtel Drouot.\nL. R.\n— On a vendu dernièrement, à l'Hôtel Drouot : un grand lutrin\nen bois sculpté, à motifs gothiques, sur toutes les faces, datant du xvie siècle, qui\na été payé 2.250 francs, par un amateur;\nUn clavecin en bois, décoré au vernis, à sujets de style chinois, sur fond rouge,\nintérieur décoré de sujets mythologiques et allégoriques en couleur, époque\nRégence, adjugé à 550 francs;\nUne guitare, forme lyre, rehaussée de dorures et décorée de dauphins. Au\nrevers, la signature : I. Charles, à Marseille, 1785, dont il a été donné\n700 francs,\nParmi les autographes, une lettre de Spontini, écrite en français, à un baron,\ndatée de Berlin, 11 juin 1825, où le célèbre compositeur de musique raconte le\nsuccès de son opéra dWlcàdor à Berlin, succès qui a dépassé ceux d'Olimpie et\nde Nurmahal, malgré la cabaledes écrivains berlinois, a été vendue 10 francs."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "299", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.23", "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "M. Francis Planté donnera les 18 et 20 juin deux concerts au théâtre\nSarah-Bernhardt, au profit de la Société mutuelle des professeurs du Conserva-\ntoire. Il interprétera, avec le concours de MM. Diémer, Raoul Pugno, Risler,\nCortot, un concerto de Bach pour trois pianos et orchestre, le concerto de\nMozart pour deux pianos, et une série d'oeuvres pour deux pianos deSchumann,\nSaint-Saëns, etc. Le grand virtuose a bien voulu quitter sa retraite de Mont-\nde-Marsan pour donner une marque d'affection au professeur d'une maison dont\nil fut l'élève le plus brillant, et dont il s'intitule lui-même le fils aîné\nNous ne doutons pas que, comme toujours, le public de Paris lui fasse fête\net se presse en foule à ces deux manifestations artistiques sans précédent.\nLe samedi 8 juin (à 9 h.) aura lieu à l'Odéon, sous le patronage de la prin-\ncesse de Cystria-Faucigny, un festival de musique française, excellente idée\npar le temps qui court ! qui, àen juger par le programme et le nom des ar-\ntistes, aura un grand éclat. On y entendra des œuvres de Lalande, Rameau, du\nMont, Cl. Debussy, V. d'lndy, G. Fauré, E. Chabrier, Duparc, l'orchestre La-\nmoureux, Mme Camille Fourrier, l'excellent pianiste von Amelungen, etc... (Bil-\nlets chez Durand et à l'Odéon.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c029", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c029", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "299", "page_fin": "300", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.6", "titre_corps": "LA. VULGARISATION DE LA MUSIQUE ET LE GRAMOPHONE", "titre_sommaire": "LA. VULGARISATION DE LA MUSIQUE ET LE GRAMOPHONE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "299", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.23", "debut_caractere": 1270, "fin_caractere_exclue": 3600, "texte": "LA. VULGARISATION DE LA MUSIQUE ET LE GRAMOPHONE\nA l'heure actuelle, la machine parlante est entrée dans les mœurs et n'est plus\nconsidérée comme un jouet, même pour grandes personnes ; grâce aux nom-\nbreuses découvertes faites chaque jour, elle est devenue un véritable instrument\nde musique, et on peut dire le plus complet. A la tête de toutes les maisons qui\ns'occupent de cette branche, et les laissant bien loin derrière elles, nous devons\nnommer la Compagnie française du Gramophone. Elle a été la première à fa-\nbriquer le disque qui maintenant remplace universellement le cylindre Son\nmode d enregistrement est devenu si parfait, si absolument exact, qu'elle n'a pas\ncraint de demander aux artistes du chant et aux virtuoses les plus célèbres (hélas !\nles plus chers) devenir à son laboratoire pour y photographier la richesse de\nleur voix ou de leur talent d'instrumentiste.\nLe catalogue de cette maison renferme presque toutes les œuvres musicales\nconnues , tous les grands artistes de tous les pays y ont interprété leurs rôles\ntypes.\nDes scènes entières d'opéra sont à jamais fixées sur ses disques, et quelle inter-\nprétation ! réunissant souvent les meilleurs chanteurs connus pour avoir une\nscène idéale, et telle que jamais on ne peut l'entendre au théâtre.\nSongeons à l'avenir. Quels documents précieux pour l'histoire de la musique !\nJusqu à nos jours, l'art musical ne pouvait nous être transmis que par la mu-\nsique gravée sur le papier, mais rien ne restait de l'interprétation de l'auteur ou\ndu virtuose qui le traduisait. Des anecdotes seulement. On nous a parlé du\ntalent de Liszt, de Paganini, de Chopin, et dans un autre ordre d'idées, de\nTalma, etc., etc. Qu en reste-t-il aujourd'hui ? Rien, absolument rien; pour\nbeaucoup de profanes, un nom au dictionnaire, et c'est tout.\nAujourd'hui, grâce au merveilleux gramophone, nous conservons à jamais\nl'expression du talent de nos grands artistes ou de nos grands maîtres.\nSaint-Saëns a joué au piano quelques-unes de ses symphonies maintenant\nclassiques. Le grand ténor Tamagno a chanté les airs dans lesquels il triomphait.\nCes précieux documents sont déposés au musée de l'Opéra, dans des boîtes spé-\nciales, et pourront être entendus dans un siècle d'ici par la génération de ce\ntemps, grâce au gramophone, et connaître ces deux artistes comme nous les"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "300", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.24", "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "connaissons nous-mêmes. En n'envisageant que cette question d'avenir, nous\ndevons déjà donner toute notre reconnaissance au merveilleux instrument.\nLa Compagnie française du Gramophone, véritable maison d'art musical,\nconsidère que son instrument est un idéal propagateur et un vulgarisateur de la\nmusique. Combien, dans les provinces éloignées de la métropole, n'auraient ja-\nmais eu une idée delà voix, du talent d'un grand chanteur, si le gramophone n'était\nlà pour le lui faire entendre ! Cédant à cette idée de faire connaître partout en\nFrance le talent de nos artistes, et même des artistes étrangers qui jamais ne\nviennent dans notre pays, la Compagnie du Gramophone offre dans toutes les\nvilles des concerts gratuits. Elle organise ses auditions comme ferait un virtuose\nde passage, louant toujours la salle la plus vaste ; elle donne deux séances,\nmatinée et soirée, désirant ainsi que le plus grand nombre possible d'amateurs\nvienne écouter le splendide programme qu'elle offre à ses auditeurs. Nous avons\nsous les yeux le programme de l'un de ses concerts. Par l énumération des\nœuvres chantées et de leur interprétation, on jugera que seule cette maison, qui\na des laboratoires dans toutes les capitales du monde, et par conséquent recueille\nles voix célèbres de tous les pays dans leur pays même est capable de fournir\nune telle réunion de chefs-d'oeuvre. D'abord les artistes français : Noté, Affre,\nBeyle, Dufranne, Mmes Korsoff, Marié de l'lsle, Demougeot, cle l'Opéra et de\nl'Opéra-Comique. Comme artistes étrangers : en tête, le célèbre Caruso, dans\nun morceau de Faust, chanté en français. (L'éminent artiste ne chante qu'en\nitalien, mais pour honorer la Compagnie du Gramophone, dont il est un des plus\nfidèles collaborateurs, il a appris ce morceau en français ) Puis un duo clu même\nartiste avec Scotti, un des meilleurs barytons du moment. Un autre artiste,\nBattistini, dont la gloire comme baryton équivaut à celle cle Caruso comme\nténor, a chanté un morceau avec accompagnement de chœurs du théâtre de la\nScala de Milan Marcel Journet, Plançon, deux superbes basses chantantes\nactuellement ravies à prix d'or à la France par l'Amérique.\nDu côté des cantatrices étrangères : au ier rang est Adelina Pati, la plus\nconnue de notre époque, la voix qui jamais ne connut d'égale ; puis Melba, sans\nrivale en Amérique et en Angleterre ; des Italiennes comme Josephina Huguet,\nBarisusegna, premières chanteuses à la Scala de Milan, etc., etc.\nUne maison de commerce qui sacrifie ainsi son temps et son argent dans un\nbut aussi élevé doit être mise à part, et considérée par tous les musiciens et tous\nles artistes comme une grande amie, pour qui le respect doit s'allier aux autres\nsentiments.\n(Les auditions ont lieu à la maison centrale du Gramophone, rue Bleue, et\ndans ses nombreuses succursales de Paris et de la Province.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1907-06-01-01-c030", "article_bluemountain": "bmtnabj_1907-06-01_01#c030", "volume": "bmtnabj_1907-06-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "300", "page_fin": "300", "image_debut": 24, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.2.7", "titre_corps": "[Publicité]", "titre_sommaire": "[Publicité]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": "300", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.24", "debut_caractere": 2945, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "CHEMINS DE FER DE PARIS A LYON ET A LA MÉDITERRANÉE\nEXCURSIONS A FONTAINEBLEAU ET A MORET\nDes trains d'excursion, à prix réduits, auront lieu les dimanches 2, 9, 16, 23\net 30 juin ; 7, 14, 21 et 28 juillet, de Paris à Fontainebleau et Moret.\nPrix des places, aller et retour : Fontainebleau, 2e classe, 4 fr. 50; 3e classe,\n3 fr. -- Moret, 2e classe, 5 fr. 50 ; 3e classe, 3 fr. 50.\nDépart de Paris à 7 h. 26 matin ; arrivée à Fontainebleau à 8 h. 40 matin, à\nMoret à 8 h. matin.\nRetour par tous les trains du même jour dans les conditions prévues pour les\nvoyageurs ordinaires.\nNombre de places limité. -— Franchise de 30 kilogr. de bagages."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "277", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MU SI CA L E\n(Honorée d une souscription du Ministère de l'lnstruction nubliaue.)\nNo 11 (septième annee\nler Juin\n1907\nR. M.\n32\n\nLes oeuvres récemment exécutées.\n\nENCORE UN MOT SUR LA « SALOMÉ » DE M. RICHARD STRAUSS.\n\n-— Dans le der-\nnier numéro de la Revue musicale, je donnais mes impressions sur Salomé, en\najoutant que je les modifierais après nouvelle audition, s'il y avait lieu. C'est\nune réserve qui me paraît toujours prudente. J admire les journalistes qui, après\nune première et unique rencontre avec une œuvre nouvelle, se retirent pendant\nquelques minutes dans une brasserie pour délibérer, puis s'en vont porter à\nleurs journaux une sentence sans appel. Il faut se méfier davantage de soi-même\net montrer plus d'égards aux hommes de talent. Une revision de l'affaire à juger\nleur est souvent favorable. Quelquefois aussi elle aggrave leur cas.\nJe suis donc retourné au Châtelet pour voir Salomé. Certains défauts de la\npièce, dominés et voilés d'abord par une impression générale d'étonnement, me\nsont apparus avec un relief extraordinaire. Je signalerai tout de suite le plus\nimportant, qui touche à une question essentielle et vitale en matière d'opéra.\nM. Strauss ne se contente pas (comme la plupart des Allemands, et non les\nmoindres) de mal écrire pour les voix ; en beaucoup d'endroits il supprime le\nchant et le remplace par un monstre hybride auquel il est impossible de trouver\nun nom. Il y a une bonne partie du rôle d'Hérode où l'acteur que j'ai entendu\nhier (vendredi 18 mah ne donne pas le son soutenu qui constitue le chant, mais\nabandonne brusquement la musique, non pour la simple déclamation, comme l'a\nfait quelquefois, avec franchise, M. Massenet, mais pour un genre mixte qui,\nn'étant ni du parler, ni de la mélodie, ni du cri, est pourtant un vague composé\nde tous les trois. C'est absolument la méthode de certains chanteurs de nos cafés-\nconcerts qui, parfois, négligent les intervalles précis de la phrase à dire et les\nremplacent par une forme de débitoù il n'y a plus ni intonation ni mesure. N'ou-\nbliez pas que M. Strauss lui-même était au pupitre ; si les choses se sont passées\nainsi, c'est donc avec son approbation et sous sa responsabilité. Ceci est très\ngrave. Je vois là un procédé qui, s'il était appliqué avec logique, conduirait tout\ndroit à la suppression pure et simple de 1 opéra. Si, en certains cas, vous aban-\ndonnez le chant sous prétexte de vérité, vous voilà obligé de l'abandonner par-\ntout en vertu de cette grande règle qu'une œuvre d'art doit le plus possible être\nvraie. Si la convention fondamentale du genre est ébranlée sur quelques points,\nelle va bientôt l'être partout. Ce n'est pas seulement l'opéra, c'est la musique\nvocale tout entière qui va se trouver compromise. Et tel est bien son cas. Le\ndrame lyrique, comme Jochanaan, chante aujourd'hui au fond d'une citerne ;\nbientôt, un compositeur nous apportera sa tête sur un plat d'or. D'instinct, le"}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "278", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.2", "texte": "LES ŒUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\npublic parisien a parfaitement compris cela. Voici comment il Ta montré.\nIl n'est d'abord pas possible qu'un musicien aussi distingué que M. Strauss se\ncontente des recettes énormes réalisées par les représentations de Scilomé et y voie\nla justification péremptoire de sa méthode. Un compositeur sérieux ne ramène\npas son art à une brutale question d'argent ; il tient la lyre, non la tire-lire. Je\ndirai donc à M. Strauss une chose dont il ne se doute probablement pas et qui lui\nparaîtra contradictoire; j'en garantis cependant l'exactitude. Le public se dispute\nles places, quand on joue Salomé, avec une ardeur qui tient de l'affolement, cela\nest incontestable. Mais autour de moi et j'étais aux fauteuils de balcon de\nvrais rires de parodie, de moquerie, de surprise sceptique, ont accueilli les pages\noù Hérode, comme je viens de le dire, cesse de chanter pour se servir d'un débit\ninnommable ; ces rires involontaires, et d'ailleurs discrets, étaient ceux que pro-\nvoque tout artiste abandonnant brusquement sa fonction normale pour se jeter\ndans une excentricité ou une fantaisie déplacée. C'est la revanche ou la protesta-\ntion du bon sens parisien. Le fait que je note ici n'est pas une exception ; au\nsortir du théâtre, je l'ai entendu signaler de plusieurs côtés.\nIl faut d'ailleurs que M. Strauss sache bien ceci : en général, le public parisien\napporte à la représentation de Salomé la curiosité des yeux beaucoup plus que\ncelle des oreilles. Salomé est, pour beaucoup de personnes « du monde », un\nspectacle très libre et scandaleux, même genre que ceux de VOlympia ou des\nFolies-Bergères, rapproché des spectacles de bon aloi par une réputation de « grand\nart ». Le public suit l'action avec avidité; il regarde les décors, la danse, les\ncostumes et l'éclairage avec un esprit d'enfant : quant à la musique, il la trouve\nnégligeable et plutôt gênante. Elle trouble son plaisir. Il n'en a pas besoin Elle\nlui imposerait un effort d'attention dont il juge très inutile de prendre la peine.\nEt si mes deux objections étaient reconnues fondées ; s'il était bien constaté que\nM. Strauss fait rire assez souvent l'auditoire et qu'il détourne au profit du spec-\ntacle visuel tout l'intérêt de l'œuvre sonore, j'aurais le droit de dire que,\nmalgré l'énorme labeur d'écriture qu'il s'est imposé, il a fait œuvre malsaine\net manqué son but.\nNe vous hâtez pas de dire que le public parisien n'aime pas la musique, et\nn'est pas « connaisseur » ! Il est comme tous les publics : il aime ce qui est\nnaturel, net, émouvant, beau ; pour le reste, il est froid ou sceptique, avec un\nsourire mauvais. La musique de M. Strauss est confuse, contournée, grimaçante,\nfranchement désagréable pour l'auditeur sans parti pris. De la Symphonie\ndomestique, j'avais gardé une forte impression ; de Salomé, je ne garde qu'une\ngrande fatigue. C'est une débauche vraiment outrée de dissonances et d'incohé-\nrences qui aggrave un mal à la mode, et, aux bons endroits, reste au-dessous de\nce que nous connaissions déjà. Voici par exemple la Danse des voiles, dont l'or-\nchestre s applique à bien contrarier le rythme (car il est entendu aujourd'hui\nque si le chanteur doit chanter le moins possible, la danseuse ne doit pas danser) :\nelle me paraît très inférieure, en son genre, aux « danses sacrées et profanes »\nqu'a écrites M. Debussy pour la harpe chromatique ; très inférieure aux danses\nde Berlioz et de dix autres compositeurs français que je pourrais citer. Et s'il faut\nfaire une comparaison entre les maîtres étrangers actuellement présents à Paris,\nje trouve que pour ces deux qualités maîtresses : l'imagination et l'abondance\ndes idées, M. Richard Strauss est fort au-dessous de l'admirable Rimsky-\nKorsakow.\n\nJ.C."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "279", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.3", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nM. RIMSKY-KORSAKOW. LES CONCERTS RUSSES DE L'OPÉRA. I.\n\n— M. Astruc est\nun homme précieux. Lui aussi, il fait « grand ». 11 a de l'audace, et il faut le\nremercier des grandes auditions musicales qu'il organise. Au moment où il\nmontait Salomé avec des artistes rares, il commençait à l'Opéra, devant une\nsalle tout aussi brillante que celle du Châtelet, une série de concerts russes. Le\njeudi 16 mai, eut lieu la première de ces grandes séances. Le programme com-\nprenait un certain nombre d'oeuvres et d'artistes qui sont simplement bons,\nmais il m'a procuré, avec M. Rimsky-Korsakow, un exceptionnel enchan-\ntement. Je noterai ici fidèlement ces deux groupes d'impressions distinctes.\nLe concert débutait par l'ouverture et le premier acte de Rousslan et Ludmilla\nde Glinka. Œuvre vive et agréable : c'est de l'Auber (mais pas plus), orchestré\npar Glinka. Les interprètes étaient de valeur sérieuse, mais nullement supérieurs\nà ceux de notre Opéra... La Deuxième Symphonie de Tchaïkowsky (op. 17\nen ut mineur), qui venait un peu plus loin, n'a pas été très chaleureusement\naccueillie ; il faut bien le dire : elle est sèche, un peu pénible, ennuyeuse. C'est\nun travail distingué, mais sans flamme et sans ampleur, analogue à certaines\ncompositions de Brahms. La Ko m a ri nska i a (danse) de Glinka, que Pierre\nSéchian nous avait fait entendre il y a quelque temps, est autrement colorée et\nplaisante !... J'ajoute que les chefs d'orchestre Nikisck et Blumenfeld ont été\nreçus avec courtoisie, et ne méritaient pas plus, quand on songe que nous\navons à Paris: Colonne, Chevillard, Marty, Vidal, Taffanel, Pierné, et tant\nd'autres...\nDonc, dans cette partie du concert, rien d'extraordinaire. Pour moi, le vrai\nrégal d'art a été la Nuit de Noël de M Rimsky-Korsakow, exécutée sous la di-\nrection de l'auteur. Cette « Nuit de Noël » est une suite de « tableaux sym-\nphoniques mouvants », où se déploie la plus riche et la plus exquise imagination\nmusicale. L'introduction représente la sainte nuit de Noël, froide et claire dans\nun village petit-russien. Le second morceau dépeint les danses fantastiques des\nastres: mazurka, marche de la comète, czardas, étoiles filantes ; puis viennent\ndes nuages qui éclipsent les astres. Le Sorcier paraît, assis dans son mortier,\nselon la tradition, au milieu de son escorte. Danse infernale. Vakoula monte sur\nun cheval enchanté ; les sorciers le suivent jusqu'au moment où il aperçoit la\ncapitale illuminée. Le troisième morceau représente une salle brillamment éclai-\nrée dans le palais impérial. Polonaise de l'époque de Catherine II, qu'inter-\nrompt l'apparition du Diable. Le quatrième, c'est encore une chevauchée\naérienne, le retour de Vakoula au milieu de sombres nuages. Enfin apparaît\nl'étoile du matin : aurore, chansons des divinités du jour, et lever du Soleil qui\nfait scintiller la neige. On entend les cloches de l'église du village, et l'écho des\nchants religieux...\nNous voilà bien loin, comme on le voit, du type classique, Weinachts-Orato-\nrium ! Nous sommes en pleine fantaisie ; mais que d'invention, de couleur et de\ngrâce en tout cela ! M. Rimsky-Korsakow est la plus grande imagination musi-\ncale que je connaisse : auprès de lui, Berlioz estécourté; Strauss paraît avoir\nplus de surface que de profondeur, et Wagner lui-même, pourtant si puissant et\nsi net, a une certaine lourdeur et un peu de banalité classique, à la Meyerbeer.\nM. Rimsky-Korsakow me paraît avoir un génie essentiellement oriental, formé\nau contact des grands classiques allemands ; il a une richesse de formes et de\ncouleurs qui tient du prodige. Il est inlassable, inépuisable. En entendant"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "280", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.4", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nson Caprice espagnol et sa Shéhérazade exécutés cet hiver aux concerts Lamou-\nreux, j'avais été ébloui ; je me sentais à cent lieues au-dessus de ces petites com-\npositions de quelques pages où deux ou trois idées associées avec adresse sem-\nblent épuiser l'effort dont les compositeurs ordinaires sont capables. La Nuit de\nNoël (sans être son chef-d'œuvre) m'a replacé dans le même état d'esprit. Là,\non n'est plus en présence d'un « morceau » plus ou moins joli : on est dans le\nmonde des sons, éblouissant et sans limites, où tout est neuf, mouvant, renou-\nvelé, organisé d'après des lois spéciales. Rimsky-Korsakow fait, de la musique,\nl'art de peindre aussi bien que l'art de penser avec des sons. C'est un créa-\nteur poussant jusqu'aux extrêmes limites que peut atteindre l'attention humaine\nle don de l'invention. Ajoutez que ce n'est nullement un violent et un détraqué.\nIl a l'air d'être parfaitement maître de ses nerfs. Rien, en lui, n'est provocant et\nne sent le défi ou la préoccupation d'étonner le bourgeois. Son art, supérieu-\nrement indépendant, est à la fois robuste, délicat et sain.\nAvec Bach et Haendel, avec Mozart, Beethoven et Schumann, avec Wagner,\nBerlioz etßizet... je croyais avoir épuisé le summum de jouissances que peut\néprouver un musicien : voici un compositeur slave qui ne ressemble à personne\net me fait éprouver de nouveaux enchantements.\nOn lui a fait une ovation, et c'était justice. Toutes les fois que vous verrez son\nnom sur un programme de concert, hâtez-vous d'y aller, et vous me remercierez\ndu conseil. Pour graver son nom dans votre mémoire je donnerai ici quelques\ndétails biographiques empruntés aux notices de MM. Ossovsky et Calvocoressi.\nNicolas Andréïevitch Rimsky-Korsakow est né le 6/18 mars 1844, dans une petite ville du\ngouvernement de Novgorod, où il passa toute son enfance. Dès l'âge de six ou sept ans, il\ncommença à jouer du piano, et dès neuf ans aborda la composition En 1856, il entra au corps\nde la marine de Saint-Pétersbourg, et en même temps continua à s'occuper de musique et à\nétudier le piano. Son professeur de piano enseigna aussi à Rimsky-Korsakow la composition\njusqu'au moment où celui-ci, en 186 1, fit la connaissance de Balakirew et s'associa au groupe\nmusical connu sous le nom de « la Koutchka (coterie) », groupe dont la fréquentation influença\nconsidérablement ses tendances artistiques, le décidant en fin de compte à se consacrer tout\nentier à la musique.\nC'est en 1865 que Rimsky-Korsakow revint d'un voyage de circumnavigation de trois années,\net acheva une symphonie qu'il avait commencée avant de partir, la première qui ait été com-\nposée par un Russe Après cette œuvre, exécutée avec succès sous la direction de Balakirew, il\nen produisit plusieurs autres par où il se classa au premier rang des compositeurs nationaux :\nle poème symphonique Sadko, la Fantaisie seibe pour orchestre, la deuxième symphonie Antar\net une série de romances.\nSon grand talent d'invention et ses brillantes qualités d'orchestrateur lui valurent, en 1871,\nla place de professeur de la classe d'instrumentation au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. En\nmême temps, de 1874 à 1881, il dirigea l'Ecole gratuite de musique et les concerts qui s'y don-\nnaient ; de 1883 à 1894, il fut adjoint au directeur de la Chapelle impériale ; de 1886 à 1900, il\nfut le premier chef d'orchestre des concerts symphoniques fondés à Saint-Pétersbourg par l'édi-\nteur Bélaïew.\nQuoique ayant déjà produit toutes les œuvres nommées plus haut et (en 1872) l'opéra la\nPskovitaine, il jugeait insuffisantes ses connaissances techniques, et renonça pendant un certain\ntemps à la composition, afin de perfectionner son métier, étudiant avant tout les questions de\nfacture et le contrepoint. Vers la fin de 1875, avait déjà écrit un grand nombre de fugues et\nd'autres pièces polyphoniques.\nSa première grande œuvre postérieure à cette seconde période d'études fut l'opéra la Nuit de\nMai. Toute sa vie, depuis ce temps-là, s'est écoulée sans événements extraordinaires : il ne fit\nque produire régulièrement. Parfois il s'en fut monter des opéras en province, ou diriger ses\nœuvres à l'étranger (Paris, 1889 ; Bruxelles 1890, et 1900).\nComme pédagogue, il a fait preuve de rares qualités : un grand nombre de compositeurs\nrusses de notre temps, Glazounow, Liadow, Wihtol, Arensky, Gretchaninow, Tchérepnine, etc.,\nsont ses élèves.\nC'est surtout par ses œuvres dramatiques que se distingue M. Rimsky-Korsakow. 11 a écrit\nquatorze opéras qui sont, avec ceux déjà nommés :"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "281", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.5", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nSnegourotchka, Mlada, /a Nuit de Noël, Kgra Chléoga (prologue de /a Pshovitaine), la\nFiancée du 1 sar, le Tsar Saltan} Servilia, dont l'action se passe au temps des Romains, Kach-\ntcheï Vimmortel, Pan Voyèvoda, et enfin Kitèj, exécuté tout récemment.\nA l'heure actuelle, il travaille à la composition de son nouvel opéra d'après le Conte du coq\nd'or de Pouchkine.\nA l'étranger, il n'est guère connu, pour l'instant, que comme symphoniste. Dans le genre ins-\ntrumental, son œuvre est d'ailleurs très important et comprend notamment :le Conie Jèerique,\nShéhérazade, le Capriccio espagnol, la Troisième Symphonie, la Sinfonietta, l'ouverture la Giande\nPâque russe et les suites d'orchestre exécutées au présent concert. Citons encore son concerto\npour piano, un quatuor à cordes, une fantaisie pour violon et orchestre, etc.\nIl a écrit en outre plus de quatre-vingts mélodies, de nombreux chœurs, des cantates et des\nchants religieux. Il s'est consacré avec beaucoup de dévouement à instrumenter des œuvres\nlaissées inachevées par ses collègues, entre autres le Convive de pierre de Dargomyjsky, le\nPrince Igor de Borodine, et les deux opéras de Moussorgsky.\nMUSIQUE RUSSE. 11. Au 2e concert (19 mai), après une charmante sym-\nphonie (op. 21 ) d'A. Tanéiew, tout imprégnée de mélodies populaires russes,\nnous avons entendu M. Chaliapine dans deux fragments de Moussorgsky\n(opéra intitulé Boris Godounow) : l'un très expressif, mais monotone, sans\nrythme, probablement choisi pour faire valoir les qualités dramatiques de l'inter-\nprète beaucoup plus que le génie du compositeur; le second (chanson de Var-\nlaam) beaucoup plus vif, mais peu vocal, rappelant la manière de Weber en\ncertaines pages du Freischùtz. M. Chaliapine a une belle voix de baryton, très\nhomogène, ronde, douce et puissante, bien timbrée, sans « passage », je veux\ndire sans ces notes moins bien polies que les autres et nécessitant un ajustement\nspécial des muscles, qui donnent l'impression d'un passage un peu pénible du\nregistre grave au médium, ou du médium au registre supérieur. M. Chaliapine\nchante avec une égale aisance, et sans jamais avoir besoin de faire grimacer son\nappareil vocal, dans les trois parties du champ sonore où se meut son remar\nquable organe. Mais il a quelques manies qui, jointes àun peu d'exagération\nparmi ses admirateurs, le rendraient bientôt agaçant. Il raffine sur l'interpréta-\ntion; il abuse des contrastes et du pianissimo ; il ala fâcheuse tendance du jour,\ncelle qui fait passer la diction et le jeu avant le style, et qui remplace parfois le\nchant par une sorte de parlé.\nDe ces interprétations raffinées et abusives qui, par souci du réalisme ou du\n« vérisme », dénaturent un peu les œuvres consacrées, nous avons eu récemment\nun exemple typique, donné par Mlle Farrar dans le Faust de Gounod. Lorsque\nFaust lui offre le bras (Ne pas... etc.), Marguerite répond :\n(( Non, Monsieur ;je ne suis demoiselle ni belle, et je nai pas besoin qu on me\ndonne le bras ! » Nous étions habitués à entendre dire cette phrase exquise avec\ninfiniment de modestie et d'ingénuité, par une Marguerite très douce, baissant\nles yeux comme une première communiante; Mlle Farrar l'a chantée en jeune\nfille fâchée, qui ne veut pas être dupe, exige qu'on la respecte, et se détourne\navec un regard de mépris.\nDu même genre est la méthode de M. Chaliapine. 11 veut être partout original\net faire un sort aux moindres mots. Il substitue peu à peu sa personnalité à\ncelle du compositeur, et, chose grave, le public semble l'encourager dans cette\nvoie. Qu'il y prenne garde ! Il est encore jeune ; il se corrigera probablement de\nce défaut.\nLes honneursdu concert ont été pourM Rimsky-Korsakow, dontMme Zbroueff,\navec une voix excellente et parfaite, nous a d'abord dit quelques pièces jolies,\ntirées de la Fille de neige (Snegourotchka), et dont on a joué ensuite une sorte"}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "282", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.6", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nde rhapsodie tirée de l'opéra Tsar Saltan, M. Rimsky-Korsakow est un merveil-\nleux inventeur de rythmes, de formes et de timbres musicaux. Oui, c'est bien\nune imagination tout orientale qui vit et se joue en lui I\nVoici d'abord les textes dePouchkine qui servent d'arguments aux divers mou-\nvements de cette rhapsodie :\n« I. En ce temps-là c'était la guerre. Le tsar Saltan monta sur son destrier ;\nil prit congé de sa femme et lui recommanda de bien se garder, pour l'amour\nde lui.\n« 11. Les étoiles brillent au ciel bleu, les vagues bruissent sur la mer. La mal-\nheureuse tsarine s'agite et pleure, pareille à une veuve. Son petit enfant grandit,\nnon point de jour en jour, mais bien d'heure en heure. »\nLes Trois Merveilles :\n« 111. Au milieu de la mer est une île, sur laquelle se voit une cité aux coupoles\nd'or, aux palais et aux jardins merveilleux. Là, tous vivent heureux, et on y\nadmire trois merveilles.\n« La première, c'est l'écureuil qui grignote des noix d'or et en tire des amandes\nd'émeraudes. Des coques il fait un tas, des amandes un autre tas. Et il chante\ndevant le peuple une mélodie russe.\n« La seconde merveille, on la voit quand gronde la mer, et que les vagues se\nrépandent avec fracas sur la rive déserte, y apportant trente-trois preux aux cui-\nrasses flamboyantes.\n«La troisième, c'est, dans la ville, une princesse si belle qu'on ne peut selasser\nde la contempler. Le jour, elle fait pâlir la clarté du ciel ;la nuit, elle illumine\nla terre ; les rayons de la lune miroitent parmi ses cheveux et sur son front brille\nune étoile. » , v\nJe ne dirai pas que la musique raconte clairement tout cela avec des formules\nmélodiques dont la précision remplace celle des mots, mais la musique de\nM. Rimsky-Korsakow est, pour un musicien, l'équivalent d'une poésie où les\nimages surabondent ; c'est un monde d'enchantement ; tout y est neuf, merveil-\nleux et délicieux, incessamment renouvelé. Cet art si fort et si riche n'est\nnullement agressif, comme il arrive trop souvent chez les indépendants ;de\nplus il n'est nullement pénible, et on n'y sent aucune recherche. C'est de la\ngrande maîtrise.\nAprès l'exécution, M. Nikisch (qui me paraît avoir pris pour lui des applau-\ndissements qui ne lui étaient nullement destinés) est allé chercher l'auteur dans\nla coulisse ; on lui a fait çie longues ovations.\n\nM.\n\nOEUVRES de GLAZOUNOW, RAKHAMANINOW, BALAKIREW.\n\n— Le concert russe du\n26 mai a été un peu gris. La 2e Symphonie de Glazounow est une de ces œuvres\nqui, dès la première audition,n'enflamment pas le public, surtout celui de l'Opéra.\nC'est distingué, mais un peu terne, sans relief, sans originalité saisissante (mal-\ngré l'heureux emploi des thèmes populaires) et sans chaleur. Le Concerto n° 2\npour piano, de Rakhmaninow, exécuté par l'auteur, n'a fait qu'accentuer ces\nimpressions ; il a même réussi à faire somnoler quelques personnes. Quand on\ndonne un grand festival en mobilisant toute la haute société parisienne et en\nprenant un cadre somptueux comme la salle de l'Opéra, on joue la grande\ndifficulté et on court de sérieux dangers ; le pire, c'est, dans l'auditoire, un réel\nennui tempéré par la courtoisie. Ce Concerto n° 2 m'a paru à la fois vide et"}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "283", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.7", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nprétentieux. L'auteur-exécutant a « des doigts », mais rien de particulièrement\nremarquable ; peu de son et peu de brillant ; sans se préoccuper d'un coup de\nsifflet, aussitôt corrigé par des applaudissements sympathiques, —il a joué,\ncomme bis, une sorte de romance sans paroles qui, par sa ténuité et ses effets\nexagérés de pianissimo, n'était pas àsa place en un tel lieu. Du même, la can-\ntate sur le Printemps parut sèche et sans élan printanier. M. Chaliapine a attaqué\ntrop haut sa première mélodie, et chanté faux assez longtemps. Mme Zbroueff a\nfait applaudir sa voix pure, souple et bien timbrée, mais elle serre un peu trop\nde la gorge pour donner au son plus de portée. Les pièces de Moussorgsky ont\nproduit peu d'effet. Le morceau de résistance du programme a été le poème\nsymphonique de Balakirew : Tamara. Balakirew est de la même famille que\nBorodine et Rimsky-Korsakow : c'est un imaginatif et un coloriste de premier\nordre, dont la composition a une richesse délicieuse. On ne croirait pas qu'une\ntelle pièce est de 1866 !\n\nT.\n\n« LA CATALANE », OPÉRA DE M. LE BORNE.\nM.\n— Ecrit sur un livret qui est pourtant\ntrès « drame lyrique », l'opéra de M. Le Borne, compositeur distingué, a déçu\nle public : on n'y a trouvé ni abondance mélodique ni couleur suffisantes. C'est\nà peine si une scène de danse (imitée de Carmen pour le décor) a déridé l'audi-\ntoire : et dans cette scène, je n'ai remarqué qu'une suite d'accords de tonique et\nde septième de dominante arpégés sur la mandoline. L'interprétation — sauf\nMlle Zambelli— est sans éclat. Je demande à revoir cette œuvre avant de for-\nmuler un jugement définitif.\n\nA LA SORBONNE : POUR L'ENTENTE CORDIALE\ns.\n! — Le 2? mai, a eu lieu à la\nSorbonne. pour clôturer les fêtes données en l'honneur de l'Université de Londres,\nun très beau concert. L'orchestre Colonne, sous la direction deM. GabrielPierné,\na joué l'ouverture de Patrie (Bizet)et la Marche hongroise de Berlioz ; M. George\nEnesco, la Symphonie espagnole de Lalo ; Mme Vallandri, de l'Opéra-Comique,\na chanté la Sérénade toscane de G. Fauré (avec accompagnement de viole\nd'amour par M. Van Vœfeighem) et deux menuets (1753) de Mondonville ;\nMme Auguez de Montalant a dit la Cloche et Soirée en nier de Saint-Saëns. Un\nbrillant intermède de danse fut exécuté par Mlle Carlotta Zambelli, Mlle Lobstein,\nMlles Salle, Beauvais, G. Couat, Barbier, Meunier et Billou, de l'Opéra, qui\ndansèrent la gavotte (tirée d'un des ballets du Roi, 1659) de J.-B. Lulli, le\npassepied de Castor et Pollux ( 1737), le rigodon de Dardanus (1739), musette\net tambourin des Fêtes d'Hébé (1739) et un menuet d'A. Couperin, sous la\ndirection deM. Paul Vidal, chef d'orchestre de l'Opéra. Le « clou » de la soirée\nfut la présence de M. Camille-Saint-Saëns qui, au prix de grandes fatigues,\navait abrégé un voyage à 1 étranger pour apporter son concours à cette fête.\nAvec une agilité de doigts toute juvénile et une maîtrise incomparable, le\nglorieux musicien a exécuté au piano, avec accompagnement d'orchestre, son\nadmirable fantaisie Africa. Au milieu d'ovations enthousiastes, M. le professeur\nLegouis, délégué de l'Université, remit une belle médaille au grand compositeur\nfrançais, docteur de F Université de Cambridge, et ce fut un très beau spectacle :\nl'élite de deux grands pays acclamant le maître de la musique française ! — Le\nprogramme ne comprenait que des œuvres françaises ; les artistes de choix qui\nl'exécutèrent ont fait l'admiration de tous nos hôtes anglais."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "284", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.8", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nL'INSATIABLE MER, POÈME LYRIQUE DE M. ROMILLY, MUSIQUE DE M. CH. NEVEU\n(UNION ARTISTIQUE DU xive ARRONDISSEMENT)\n\n. — Présidée par xM. Mauge, la société\nmusicale qui a pour titre Y Union artistique du XIVe arrondissement est composée\nde musiciens amateurs, chanteurs et instrumentistes, qui exécutent des œuvres\nd'une importance considérable. Sur le dernier programme figuraient une grande\npartie de 1 oratorio des Saisons de Haydn, la suite de Y Artésienne, une cantate de\nRameau, etc. Ceci est très louable et digne de tous encouragements. Cette\nassociation est dirigée par un jeune musicien, M. Ch. Neveu, qui a, comme l'on\ndit, le feu sacré. Il forme des élèves, il les fait répéter fréquemment, il leur\nexplique la signification des œuvres qu'il fait interpréter, et il finit par obtenir\ndes exécutions tout à fait satisfaisantes. C'est grâce à des entreprises dans le\ngenre de celle-ci que les jeunes générations acquerront le goût de la musique\npure et fermeront leurs oreilles aux ignobles refrains des cafés chantants.\nLa séance dont je parle avait lieu dans la salle des fêtes du Palais d'Orléans\n(avenue du Maine). Cette salle est assez spacieuse, mais elle présente un grave\ninconvénient : l'emplacement de l'orchestre est au même niveau que les sièges\ndes auditeurs. Cela nuit énormément à la sonorité. Mais ne savons-nous pas\nque Paris est la ville du monde la plus dépourvue de salles de concerts ?...\nM. Ch. Neveu, qui est un chef énergique et fougueux, est également compo-\nsiteur. Il nous a donné la première partie d'une œuvre lyrique intitulée Ylnsa-\ntiable mer, dont le poème est de M. Romilly. Cette première partie est une idylle\nbretonne. Le récitant, en un prologue fort poétique, évoque le village qui\ns'accote au creux de la falaise, et il termine sur ce vers :\nLa mer feint de dormir : elle ne dort jamais,\nsur lequel l'orchestre entame un long prélude où apparaît le thème caractéris-\ntique de la mer, dans le mode hypodorien :\nCette page symphonique, qui décrit musicalement les sentiments des deux\namoureux : Rose-Marie et lannik, est fort adroitement écrite. M. Ch. Neveu a"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "285", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.9", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\njustement jugé à propos d'y enchâsser quelques thèmes bretons, dont l'un a\nété traité en forme de choral :\nPuis les personnages interviennent, et la symphonie se fait drame. Dans le\nduo, j'ai remarqué une phrase particulièrement expressive que Mmc Ch. Neveu,\nchantant la partie de Rose-Marie, a phrasée avec un art infini. J'ai aussi noté\nl'entrée du douanier xMathieu, que souligne un basson joyeux.\nL'épisode se termine sur un chœur en style fugué, d'une noble envolée.\nCette œuvre, d'une très belle conception, est d'une exécution assez difficile ;\nquoi qu'il en soit, nous avons pu en apprécier la réelle valeur, que le publie a\nparfaitement comprise et sentie.\nAu nom de MME Neveu, il y a lieude joindre ceux des autres solistes : MlleNagel,\nMM. Tisserand et Démangé, et enfin M. Augé, qui a nettement articulé les\nbeaux vers de M. Romilly.\n\nH. BRODY.\n\nLE QUATUOR DE M. A. REUCHSEL (Société nationale des Beaux-Arts).\n\n—■ Le nom\nde M. Amédée Reuchsel s'impose de plus en plus à l'attention. Après sa magis-\ntrale sonate pour violoncelle, voici un quatuor (i) pour cordes et piano qui est\nd'une inspiration soutenue et d'une écriture tout à fait attachante.\nAccompagné par d'ingénieux arpèges au piano, le ier thème est exposé dès\nla première mesure par le violon, l'alto et le violoncelle à l'unisson. Cette phrase\nvraiment passionnée se développe et amène quelques épisodes secondaires dans\nlesquels la virtuosité pianistique de Mlle Céliny Richez aeu particulièrement\noccasion de se montrer.\nLe thème de bandante, présenté d'abord par le violoncelle seul, est d'une\nbelle expression. J'aime fort le contre-chant de l'accompagnement, qui rappelle\nun peu la musique d'une chanson norvégienne.\nDans cette partie, les cordes unies répondent par moments au piano qui exhale\nen traits rapides d'éloquents discours. La 3e partie débute fort curieusement par\nune sorte de conversation entre les cordes avec sourdines, et le piano. De quoi\nparlent-ils ? Sûrement de musique, ainsi qu'en témoigne un fragment chroma-\ntique par lequel Wagner est signifîcativement évoqué... Mais brusquement\nle finale s'annonce en forme de tarentelle :\n\n(t) Le quatuor et la sonate viennent de paraître chez Fi Lemoine et Cie."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "286", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.10", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nAprès une brève rentrée des principaux thèmes de l'œuvre, le trio s'achève\nglorieusementen ut majeur. C'est une œuvre très belle, très dramatique ;je me\nsers de ce mot à dessein pour exprimer le souhait de voir un musicien du tempé-\nrament de M. A. Reuchsel faire de la symphonie de théâtre, —du drame lyrique,\nsi vous préférez. Jai cité chemin faisant deux des interprètes Le violon, c'est\nM. Viardot, dont l'éloge n'est plus à faire. M. Szigeti a correctement rendu la\npartie d'alto, et M. Çhoinot, celle de violoncelle.\nUne toute petite réflexion. Pourquoi iVLlle Richez frappe-t-elle à tour de bras\nde grands accords sur son clavier pour établir la tonalité ?On ne lui demande\nqu'un simple /a...\n\nH. BRODY.\n\nLES DERNIERS CONCERTS.\n\n—• Salle Gaveau, M. Jan Sickesz, de Vienne, a\ndonné un concert dont le programme comprenait, parmi les morceaux princi-\npaux, la Sonate pathétique de Beethoven, le Scherzo en mi mineur de Mendels-\nsohn, la Fantaisie en fa mineur de Chopin. Beaucoup de virtuosité, un mécanisme\néblouissant, un jeu nerveux, mouvementé, emphatique, une mimique et une\ntenue trop agitées, peu de sentiment et de délicatesse : tels sont les traits\ncaractéristiques du talent de ce jeune et d'ailleurs intéressant pianiste.\nxMlle Clara Sansoni, jeune pianiste de 13 ans, s'est fait entendre salle Erard,\nen un récital composé de la Fantaisie-Fugue en sol mineur de Bach, du con?\ncerto en ut mineur de Beethoven (le petit orchestre sous la direction de\nM. L. Hasselmans), du concerto en la mineur de Grieg, etc. Grand et vif\nsuccès.\nCitons en outre, parmi les meilleurs concerts de la quinzaine, celui de\nM. Victor Gille à la salle Erard, où il s'est fait applaudir dans la Toccata et\nfugue en ré mineur de Bach, et diverses œuvres de Chopin ;\nCelui de Mlle Renée Lénars, harpiste, chromatique, qui a interprété magnifi-\nquement, salle Pleyel, des œuvres de Beethoven, Schumann, Th. Dubois, Saint-\nSaëns, Sinding;\nTrois concerts de M. Georges Boskoff, « pianiste de S. M. la reine de Rou-\nmanie », salle Berlioz ;\nEnfin les séances données par M. J. Joachim Nin, même salle, sous ce titre\nun peu ambitieux : « Etude des formes musicales au piano depuis le xvie siècle\njusqu'à nos jours. »\n— RÉPERTOIRE MODERNE DES OEUVRES POUR PIANO, CLASSÉES PAR NOM D'AU-\nTEURS, PAR Mlle HORTENSE PARENT. — Mlle Hortense Parent a créé ce qu'on\npourrait appeler l'Ecole normale de renseignement du piano. Elle n'a pas"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "287", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.11", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nseulement un esprit pédagogique éminent et très « universitaire » ; elle a le\nsens critique: dans ses diverses publications, elle s'applique à faire œuvre pré-\ncise, complète, bien ordonnée. De la littérature immense des œuvres de piano,\nelle nous donne des répertoires où l'historien et les diverses catégories d'exé-\ncutants trouvent le plus grand profit. Après s'être imposé un labeur considé-\nrable pour la constitution de ses fiches et de ses dossiers, elle va publier une\nvaste nomenclature des œuvres françaises et étrangères, avec de substantielles\nnotices. Pour caractériser un tel monument je n'ai qu'à citer quelques passages\nde Y Introduction que Mlle Hortense Parent veut bien nous communiquer et où\nelle s'exprime ainsi :\n« Chaque nom d'auteur est suivi d'une notice retraçant les événements mar-\nquants de la vie du compositeur, les grandes lignes de sa carrière et les titres\nde ses principales œuvres.\n« 11 m'a paru intéressant et utile de nommer, chaque fois que je l'ai pu, les maî-\ntres de chaque compositeur. On peut ainsi reconstituer les filiations artistiques\net s'expliquer bien des tendances remarquées dans les œuvres. Si I on a constaté\nque vers le milieu du xixe siècle, les musiciens de presque tous les pays allaient\nachever leurs études au Conservatoire de Leipzig, on s'étonne moins de retrou-\nver, par exemple, chez tel musicien danois ou anglais, l'influence deMendelssohn\nou de Schumann aussi caractérisée que dans les productions allemandes de la\nmême époque.\n(( Dans ce répertoire moderne, comme dans mon répertoire classique, les sim-\nplifications sont rigoureusement exclues (i ).\n« Pour le choix des œuvres comme pour le choix des auteurs, je me suis de-\nmandé s'il fallait être libérale ou exclusive, et, ici comme là, j'ai résolu la ques-\ntion dans le sens le plus large. Bien entendu, il était impossible, faute de place,\nd'énumérer la totalité des œuvres de piano de chaque compositeur (je ne l'ai fait\nque pour quelques-uns). Mais j'ai pensé qu'il valait mieux en indiquer trop que\npas assez. D'abord parce que le lecteur peut n'avoir pas le même goût que moi et\ntrouver de l'intérêt à une œuvre qui me laisse indifférente ; ensuite, parce que\ndans un ouvrage du genre de celui-ci, toute information a son prix ; enfin parce\nque si le lecteur regrette que je n'aie pas fait une sélection plus restreinte, il lui\nsera facile de l'opérer lui-même, en ne tenant compte que des œuvres que j'ai\nmarquées d'un astérisque (*) pour les signaler plus particulièrement à la bien-\nveillante attention du lecteur.\n<( Les œuvres se succèdent par ordre alphabétique de titre, afin que le lecteur puisse\ntrouver immédiatement le genre d'œuvre qu'il cherche : fantaisie, concerto, so-\nnate. C'est à la suite de l'œuvre originale que l'on trouve, s'il y a lieu, les divers\narrangementsqui en ont étéfaits (adaptation à quatre mains, à deux pianos,etc...).\n« C'est aussi au nom de Y auteur original que l'on trouve les transcriptions\n\n(i) On appelle simplification un arrangement fait en vue de rendre l'exécution d'un morceau\nplus facile, tout en maintenant ce morceau dans la forme originale que lui a donnée Vauteur. Par\nexemple, un morceau écrit originairement à deux mains sera laissé à deux mains, mais chaque\nmain sera déchargée par l'arrangeur de toutes les difficultés : les basses seront rapprochées ; les\naccords seront amputes ; les traits seront facilités, etc... On voit que simplification veut dire\nmutilation Rien n'est plus anti artistique... et presque toutes les belles œuvres des maîtres\nclassiques ont été simplifiées !!!\na Considérez comme quelque chose d'odieux de changer quoi que ce soit aux œuvres des maî-\ntres», a dit Robert Schumann [VArt du Piano, traduit par Liszt)."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "288", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.12", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nde ses œuvres orchestrales ou vocales, parce que le lecteur connaît le titre de\nl'œuvre qu'il cherche et le retrouvera facilement, tandis qu'il peut ignorer le nom\ndu transcripteur.\n« Chaque titre est accompagné des quatre renseignements pratiques déjà pré-\nsentés dans le Répertoire classique : degré de difficulté, nombre de pages, édi-\nteur et prix (1). »\n\n(i) « Quelques explications sont ici indispensables à l'égard de ces quatre renseignements, sur-\ntout en ce qui concerne le prix et encore plus l'éditeur.\nDegré de difficulté. Les morceaux qualifiés très faciles et faciles, non seulement ne présen-\ntent aucune difficulté de mécanisme ou d'interprétation, mais ne contiennent pas d'octaves et\nconviennent aux jeunes enfants. (Ce répertoire doit renseigner aussi les professeurs au point de\nvue pédagogique.) Tel morceau qui, sans être difficile, réclame une main plus formée, une inter-\nprétation moins enfantine, sera considéré comme de moyenne difficulté, parce qu'un élève de\nmoyenne force sera seul capable de le bien jouer. Pour les qualifications d'assez difficile et au-\ndessus, le point de vue artistique se joint au point de vue pédagogique.\nPi ix. Le prix désigné est le prix net de vente, c'est-à-dire, pour la musique française, le\ntiers du prix fort marqué encore surnombre d'éditions. Ce prix est indiqué dans la monnaie\nrespective de chaque pays. (Les spécialistes du commerce de musique m'ont fortement engagée\nà procéder ainsi.)\nLe mark allemand est indiqué par un petit m (il vaut 100 pfenning ou i fr. 25). Le rouble\nrusse est indiqué par un petit r (il vaut 100 kopeks ou 2 fr. 66 . Le shilling anglais est indiqué\npar un petit sh il vaut 12 pence ou 1 fr. 25). Le franc belge ou suisse, la lire italienne et la\npeseta espagnole étant de même valeur que notre franc de France, sont indiqués comme ce\ndernier par le chiffre seul du prix, sans être accompagnés d une petite lettre.\nIl ne faut pas s'étonner de voir les prix des éditions de Schott, de Breitkopf, de Peters, etc ,\ntantôt indiqués en marks, tantôt en francs. Les éditeurs étrangers qui ont une maison de repré-\nsentation à Paris font, le plus souvent, pour une même œuvre, deux éditions, l'une nationale,\nl'autre étrangère. Les éditeurs m'ont communiqué l'édition qu'ils avaient sous la main, et j'ai\nindiqué le prix que j'avais sous les yeux : marks, roubles, shillings, francs, selon l'édition.\nLe lecteur doit, en outre, être prévenu que le prix d'un morceau peut être modifié au gré de\nl'éditeur, même pendant le cours d'une édition, soit pour être relevé (comme cela aeu lieu il\ny a quelques années en France), soit pour être abaissé en vue de rendre l'édition populaire (telle\nla collection des classiques Marmontel, chez Heugeî, devenue une édition à 0,05 la page). L'édi-\ntion française de Breitkopf, Y Athénée musical (Costallat), a subi une revision complète, et tout\ndernièrement, de nombreuses modifications de prix ont été faites par la maison Schott sur les\ntranscriptions de Wagner.\nJ'ai pu opérer ces changements sur les épreuves de ce livre, mais si cette revision avait eu lieu\nquelques semaines plus tard, c'eût été impossible. Par conséquent, l'auteur de ce répertoire ne\nsaurait être rendu responsable des fluctuations de prix qui pourraient avoir lieu ultérieurement.\nEditeur. En indiquant le nom de l'éditeur de chacune des œuvres présentées dans cet ouvrage,\nj'ai voulu donner au lecteur le moyen de se procurer promptement et facilement le morceau\nqu'il désire.\nIl est impossible de se rendre compte, sans en avoir fait l'expérience, à quel point l'omission\ndu nom de l'éditeur rend laborieuse, compliquée et parfois impossible, la recherche d'un mor-\nceau peu connu.\nQuelques explications sont ici nécessaires pour les amateurs peu au courant des usages établis\nen librairie musicale :\nToute œuvre publiée dans un pays quelconque peut être ensuite vendue à des éditeurs étran-\ngers, chacun d'eux achetant la propriété et l'exploitation exclusive de l'œuvre dans son pays res-\npectif. Par exemple, les œuvres de Tschaïkowsky, lesquelles ont été publiées originairement à\nMoscou, chez Jurgenson, appartiennent, en France, à la maison Noël. Les œuvres de Brahms,\ndont la plupart ont été publiées originairement par les maisons Simrock, de Berlin, et Rieter-\nBiedermann, de Leipzig, ont été achetées en partie, pour l'exploitation en France, par les maisons\nDurand, Hamelle, Joubert ; inversement, les œuvres publiées initialement à Paris, chez nos édi-\nteurs français, deviennent pour les autres pays la propriété d'éditeurs étrangers.\nSur 1 édition initiale figurent généralement les noms des acquéreurs du morceau dans les\nautres pays. Mais dans les éditions ultérieures, il n'est le plus souvent indiqué que le nom du\npropriétaire de cette édition-là. Le nom de l'éditeur initial n'y paraît même pas.\nDe plus, une œuvre peut passer d une maison à une autre. Il n'est pas rare qu'après la mort\nd'un éditeur son fonds soit dispersé. Il faut alors retrouver la trace de ces mutations. Ce n'est\nsouvent pas chose facile. En outre, si telle publication n'est pas avantageuse commercialement\nparlant, une fois l'édition épuisée, l'éditeur peut en faire fondre les planches. C'est la mort sans"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "289", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.13", "texte": "LES OEUVRES RÉCEMMENT EXÉCUTÉES\n\nOn voit que l'ordonnance générale de ce Répertoire moderne est la même que\ncelle du Répertoire classique, avec cette différence toutefois que les deux parties\ndu Répertoire classique sont réunies en un seul volume, tandis que les deux par-\nties de ce Répertoire moderne réclament chacune un volume entier à cause de\nl'abondance des matières. »\nA ce propos, reprenons un vœu que nous avons eu bien souvent l'occasion de\nformuler : il est regrettable que, sur la première page de chaque morceau, les\néditeurs n'aient pas l'habitude d'indiquer la date à laquelle l'œuvre a été termi-\nnée par le compositeur. 11 y a là une négligence très fâcheuse et qui a les plus\nsérieux inconvénients pour tous ceux qui s'occupent d'histoire musicale.\n\nT.\n\nA. C.\nNous signalons avec empressement à nos amis musiciens quatre mélodies\nde George Lauglane (piano et chant) qui viennent de paraître chez l'éditeur Vieu,\n62, rue Saint-Lazare, sous ce titre : Désillusion, Joie d'aimer, A l'aimée, Nos-\ntalgie. Elles ont une sincérité et une délicatesse d'accent, un charme mélodique,\nune distinction d'harmonie, tout à fait dignes de remarque.\nM. G. Lauglane, ancien élève de l'Ecole Niedermeyer, maître de chapelle,\norganiste, professeur, est un de ces artistes à qui il n'a manqué qu'un peu de\nchance pour arriver à la notoriété. xWais si son nom n'est pas répandu dans le\ngrand public, il est très apprécié des amis de la musique, et ses œuvres ont\ntoujours obtenu un succès mérité, auquel nous nous sommes asssocié depuis\nlongtemps. Nous ne doutons pas que ces quatre dernières mélodies n'obtiennent\nune pareille faveur auprès des vrais musiciens.\n\nphrase. Il ne reste plus aucune trace du morceau ; vous le cherchez en vain. C'est ce qui m'est\narrivé pour nombre d'œuvres étrangères très recommandées dans les guides allemands, et que je\nm'obstinais à demander partout.\nJe me suis donc imposé une règle générale concernant l'éditeur à indiquer dans ce répertoire:\nPour toutes les œuvres publiées en France,qu'elles émanent de compositeurs français ou étran-\ngers, qu'elles soient l'édition initiale ou une édition ultérieure, j'ai naturellement indiqué\nl'éditeur français.\nPour les œuvres non publiées en France, qu'elles émanent de compositeurs étrangers ou fran-\nçais, j'ai indiqué l'éditeur initial du morceau chaque fois que j'ai reçu de lui-même communication\nde ces éditions. Dans le cas contraire, j'ai nommé l'éditeur de l'édition que j'ai eue entre les\nmains. (Cela était nécessaire à cause des renseignements précis à donner sur le nombre de pages\net le prix.) Ainsi plusieurs œuvres publiées d'abord en Russie m'ont été communiquées par leur\néditeur de Berlin. D'autres œuvres, publiées primitivement en Allemagne, m'ont été fournies par\nleur éditeur de Londres. C'était toujours la même œuvre avec un propriétaire différent. L'es-\nsentiel pour le lecteur est de savoir que le morceau voulu se trouve sûrement dans telle maison\ndéterminée. Il peut ainsi donner un renseignement précis à l'éditeur français qu'il prend pour\nintermédiaire en le chargeant de lui procurer le morceau. »"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "290", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.14", "texte": "MUSIQUE ORIENTALE\n\nMusique du moyen âge.\n\nNous avons reçu de M. Pierre Aubry la pièce suivante, du xve siècle ; nos .lecteurs nous sauront\ngré de leur faire part de cette chanson, d'un tour fort agréable.\n\n(Chansonnier du siècle, CXXXVI, p. 138, publié\npar G.Paris et Gevaert, d'après le ms. fr. 12744\nde la Bîbl. nat. de Paris.)\n\nMusique orientale.\n\nNous recevons la lettre suivante où la musique orientale est caractérisée par un Oriental,\nmusicien\" de grand savoir :\nConstantinople, le 5 mai 1907.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR DE LA Revue musicale,\nOn peut affirmer sans exagération que tous les spécimens de la musique\norientale publiés jusqu'à présent en Europe par les musiciens occidentaux ne\nsont pas conformes à l'original. Cependant il est juste d'excepter la musique\nannexée par notre ami le R. P. Thibaut à son article intitulé la Musique des\nmèvlevis inséré dans la Revue musicale (année 1902, nos Bet 9) ; cela provient\naussi de ce que le manuscrit même du compositeur de ces morceaux est tombé,\npar une heureuse occasion, entre les mains du P. Thibaut, comme il l'avoue\ndéjà lui-même dans son article.\nD'après notre avis, les principales causes qui égarent les musiciens européens\nlorsqu'ils veulent transcrire les mélodies orientales, peuvent être résumées ainsi :"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "291", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.15", "texte": "MUSIQUE ORIENTALE\n\ni° Les intervalles musicaux employés dans la musique orientale ne sont pas\nles mêmes que ceux employés dans la musique européenne ;\n20 La manière de chanter des Orientaux est essentiellement différente de celle\ndes Européens, les premiers chantant toujours avec la voix de tête, tandis que\nles seconds emploient la voix de poitrine ;\n3° Les oreilles des Européens ne sont pas habituées à goûter la saveur des\nmodes qui restent en dehors du majeur et du mineur, tandis que tous les autres\nmodes orientaux ont leur raison d'être comme les modes majeur et mineur, et\nil n'y a aucune raison pour qu'ils soient considérés comme inférieurs à ces deux\nmodes pour ainsi dire officiels ; les oreilles jugeant toutes les mélodies en dehors\nde ces deux modes comme dénaturées veulent changer ces mélodies en majeur\net en rnineur, tandis que leur constitution mélodique (tonale) est bâtie sur une\ngamme tout à fait différente ;\n4° Notre théorie du rythme est essentiellement distincte de celle de la musique\noccidentale. Les musiciens européens croient que chaque rythme doit être ou\nbinaire ou ternaire; lorsqu'ils se trouvent en présence d'une mélodie orientale,\nils ne peuvent pas saisir le rythme particulier du morceau, et ils essayent de le\nchanger en binaire ou en ternaire.\nPar suite de ces quatre causes, à peu près tous les morceaux publiés de\nmusique orientale, tant arabe que turque, ne doivent pas être considérés comme\nauthentiques, et par conséquent toutes les considérations se basant sur ces\nmorceaux sont le plus souvent erronées. Pour vous donner une idée de ces\nchangements, je vous dirai que si ces morceaux sont montrés aux musiciens\norientaux, ceux-ci ne les comprennent point !\nDans le second volume de Y Histoire générale de la musique de Fétis (livre\nsixième), il y a plusieurs spécimens de la musique orientale ; par exemple, à la\npage 398 de ce volume, se trouve la musique d'un air de danse dont, selon le\ndire de l'auteur, se servent les derviches tourneurs (mèvlevis) Depuis la fonda-\ntion du rite des mèvlevis, les chants composés pour être exécutés pendant là\ncérémonie de leur danse sont connus et écrits par moi en notation européenne\n(puisque moi-même je suis affilié à ce rite), et parmi tous ces chants, il n'y\nen a aucun qui ressemble, même approximativement, au morceau cité par Fétis.\nLe célèbre historien ne dit pas en effet d'où est tiré ce morceau, mais je crois\nbien qu'il l'a tiré du recueil de M. Ferriol, ambassadeur de France à Constan-\ntinople, publié à Paris en 1714.\nL'abbé Toderini, en parlant de cet air, dit ( 1) : « L'air sur lequel les derviches\nrèglent leur danse est rapporté avec des notes européennes dans le bel ouvrage\nde M. Ferriol ; les Turcs, l'entendant jouer sur le violon, ne le reconnurent point\npour l'ouvrage d'un excellent maître, et ils en rirent beaucoup. » Par conséquent\ncet air devait avoir été composé par M. Ferriol lui-même après avoir été pré-\nsent une ou plusieurs fois dans la cérémonie de ces derviches, pour traduire\nses impressions.\nFétis, à la page 396 du même volume, cite un autre spécimen de la\nmusique turque ; il ajoute avant l'insertion de ce morceau qu il a emprunté de\nl'ouvrage de Toderini, les considérations suivantes :\n\n(1) Cf De la littérature des Turcs, par l'abbé Toderini, traduit en français par l'abbé de\nCournant, tome I, p. 237, Paris, 1789."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "292", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.16", "texte": "MUSIQUE ORIENTALE\n\n« Jusqu'à l'époque de la révolution qui a soustrait la Grèce à la domination\nottomane, les Grecs de Constantinople et de Smyrne ont été les musiciens les\nplus habiles de la Turquie Ils avaient plus de goût, plus d'aptitude pour le\nchant et pour le jeu des instruments que leurs oppresseurs ; la plupart des chan-\nsons turques ainsi que les pièces de viole, de luth et de tambourah étaient com-\nposées par eux. Une de ces pièces a été célèbre à Constantinople et dans l'Asie\nmineure jusque dans la première partie du dix-neuvième siècle ; peut-être l'est-\nelle encore. Elle se joue sur le tambourah ou sur le kémangeh ; son nom est\nIskia samaïsi. »\nCes considérations sont erronées sur plusieurs points, mais maintenant je les\npasserai et je me contenterai de dire ceci : la pièce en question n'est pas composée\npar un Grec, mais par un juif nommé Isac qui était un très habile joueur de\ntambourah et qui était le professeur pour cet instrument du sultan Sélim 111 alors\nque celui-ci n'était pas encore monté sur le trône de Turquie. Le nom de\ncette pièce en turc est: Içakine sémaïct, qui signifie le Semaï d'lsac] Tode-\nrini, dans l'ouvrage susdit, sur la musique de cette pièce a écrit : « concerto turcô\nnominato izia samaisi » et Fétis, en le reproduisant, a changé le nom de la pièce\nen Iskia samaïsi ! Le célèbre musicologue, n'étant pas content de modifier ce\nnom qui est essentiellement fautif chez Toderini, a ajouté plusieurs bémols sur\nles mi de cette pièce, tandis que ces mi \\> n'existent pas dans la transcription de\nToderini !\nAvant de vous donner la vraie transcription de cette célèbre pièce, je vous\nraconterai quelques anecdotes sur son compositeur. Isac était un juif né à Cons-\ntantinople ; d'abord il avait choisi la viole d'amour, qui était très en vogue dans\nce temps-là chez les Turcs, et avait acquis une certaine célébrité sur cet instru-\nment ; mais lorsque Miron, habile joueur de la viole d'amour, est venu de\nMoldavie à Constantinople, Isac a vu que son jeu restait fort inférieur à celui de\nMiron et qu'il lui était impossible de conserver sa position ; il laissa son instru-\nment pour choisir le tambourah (sorte de mandoline). Il y fit de si grand progrès\nque le sultan Sélim 111 le choisit pour maître. Après le couronnement de ce\nprince, Isac eut toujours la faveur impériale, et afin de donner une idée de\nl'estime du sultan Sélim 111 pour lui, on raconte ceci :\nUne fois par semaine, on donnait un concert de musique de chambre au palais\nen présence de l'empereur qui était grand amateur de la musique orientale et\nqui jouait à merveille du tambourah, son instrument favori. On dit même que\nSélim 111 prenait quelquefois son instrument, tout en restant sur le trône, pour\naccompagner les morceaux qui lui plaisaient. Ces concerts étaient toujours\ndirigés par Isac, ier instrumentiste de S. M. Sélim 111. Un jour Isac ne put pas\narriver au palais en temps utile et le sultan ordonna que le concert fût donné.\nOn a commencé ; la moitié des morceaux est exécutée, lorsque Isac arrive au\npalais en toute hâte, son instrument en main, à la porte du salon de concert ; le\nchef des eunuques noirs qui attendait là ne veut pas le laisser entrer. Une dis-\ncussion a lieu devant la porte ; le sultan l'entend et, apprenant l'arrivée d'lsac,\nle fait entrer aussitôt, et avec une colère apparente, il dit à l'eunuque :\nDiable noir ! tes semblables viennent chaque jour du Soudan par milliers\nà bord des bateaux à voiles ; j'en peux acheter plusieurs comme toi : tandis\nqu'un artiste comme Isac, mon professeur aimé, ne paraît au monde que très\nrarement !"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "293", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.17", "texte": "MUSIQUE ORIENTALE\nR. M.\n23\n\nLes compositions d Isac sont nombreuses et le semai dont je vous envoie\naujourd hui la musique authentique est considéré parmi ses œuvres comme ayant\nune importance secondaire ; mais, comme nous en avons parlé et comme il est\nconnu en Europe, j'ai voulu envoyer sa musique telle qu'elle est composée. Une\nautre fois, je vous expédierai une des pièces considérées comme chefs-d'œuvre du\ncélèbre Isac.\nLa musique de ce sémaï m'a été fournie par Ata-ul-lah effendi, supérieur du\ncouvent des derviches tourneurs à Péra, et homme très vçrsé dans l'archéologie\net la théorie de la musique orientale.\nLe rythme de cette pièce se nomme sèngnine sémaï et il a cette forme :\non voitque ce rythme ne diffère pas de la mesure à 6/4 de la musiqueeuropéennç,\net par conséquent un musicien occidental, en entendant jouer un air dans ce\nrythme, doit le saisir facilement. Cependant il n'en a pas été ainsi, puisque To-\nderini l'a transcrit en 2/4 et en a complètement changé le sens. Pour la mélodie\naussi on a fait tant de changements !\nJe ne juge pas nécessaire de vous expédier, pour faire la comparaison le séinaï\nen question tel qu'il est transcrit par Toderini ; ceux qui désirent confronter les\ndeux pièces n'ont qu'à consulter 1 Histoire de la musique de Fétis, page 396, t. Il\nVoici ce célèbre sémaï cl Isac ; il est écrit dans le mode auquel vous, Euro-\npéens, donnez le nom de chromatique oriental.\n\nLE SÉMAÏ DANS LE MODE HIDJAZ\n(Chromatique oriental)"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "294", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.18", "texte": "MUSIQUE BYZANTINE\n\nCette transcription est faite sous les réserves que j'ai indiquées plus haut au\nsujet des intervalles.\n\nRAOUF YEKTA\n(Constantinople).\n\nMusique byzantine.\n\nNous recevons la lettre suivante du Directeur du Conservatoire d'Athènes :\nAthènes, 22 mai 1907.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR,\nDans la Revue musicale du IERIER mai, M. A. Gastoué contredit à plusieurs\nreprises ma brève étude, parue ici même, sur la musique byzantine. Le fait que\nM. Gastoué explique dans les quelques lignes de sa lettre sa façon de com-\nprendre l'histoire de la notation musicale byzantine, ne suffit pas pour me con-\nvaincre d'erreur. Il faudrait, pour cela, posséder l'ouvrage que mon contradicteur\nannonce, pour juger non la valeur des manuscrits examinés mais bien les\ninterprétations dont ils auront été l'objet.\nIl serait trop long de voir en détail les cinq points de la lettre de M. Gastoué.\nMon ami et chantre distingué M. Psachos, dont l'érudition en la matière est in-\ncontestable, m'adresse à ce sujet une lettre des plus intéressantes. J'en retiens\nquelques faits saillants, ne voulant pas entreprendre une polémique qui n'inté-\nresserait qu'un petit nombre de vos lecteurs. -\nJe saute au §3 : « Permettez-moi aussi d'annoncer vous écrit M. Gastoué"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "295", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.19", "texte": "MUSIQUE BYZANTINE\n\n« que j'ai découvert un admirable spécimen de notation paléobyzantine, antérieur\n« àla notation dite damascénienne. Ce spécimen comprend plusieurs folios d un\net pentecostarion. »\nIl faudrait pourtant, une fois pour toutes, définir avec précision les dénomina-\ntions « occidentales » données aux diverses phases de la notation byzantine\n(paléobyzantine, damascénienne, constantinopolitaine, hagiopolite, etc., etc.).\nQu'est-ce que, par exemple, une écriturt paléobyzantine « antérieure à celle dite\ndamascénienne » > Précéderait-elle le siècle de Jean Damascène, le vme, ou\nserait-ce celle des ouvrages liturgiques, HsvTYjxo<7Tapia et des Mvjvata du\nxie siècle, où se trouvent en effet notées des mélodies en caractères « emphones »\net « aphones », caractères qui ne se distinguent pas à première vue les uns\ndes autres, étant de la même couleur noire ? M. Psachos possède plusieurs\nexemplaires de cette écriture sur parchemin. La trouvaille de M. Gastoué ne\nserait donc pas une découverte. Nous attendons des preuves plus positives\navant de fixer la valeur du document annoncé.\nPassons au § 5. M. Gastoué, comme ses prédécesseurs, nie que les signes\naphones (les signes rouges si nombreux chez Koukouzélès) se chantaient. Mais\nquels sont ces « traités » anciens (il n'existe rien au xne siècle qui puisse por-\nter ce titre, sauf de superficielles introductions (1) des livres religieux, plutôt\naide-mémoire qu'autre chose) qui prouvent le caractère secondaire des signes\naphones ? Que fait M. Gastoué des manuscrits du xvue au xixe siècle, où des\nautorités comme Jean Trapésondiés, Valasion, Haladzoglos, Pierre du Pélopo-\nnèse, Pierre de Byzance, Jacob premier chantre, Georges de Crète et le triumvi-\nrat Grégoire, Hourmousios et Chrysante affirment la valeur phonétique de ces\nsignes aphones ? Il n est du reste pas exact que les signes aphones n'exis-\ntaient pas primitivement ; seulement on les distinguait moins facilement que\npar la suite, car ils étaient indistinctement noirs. Quand les « aphones » dis-\nparurent, après avoir été passés au rouge par les Koukouzélès, c'est que des\nchantres, désireux d'éviter les erreurs d'interprétation, les avaient remplacés\npar leur équivalent en signes « emphones » noirs (2).\nJe le répéterai sans cesse : les écrivains occidentaux négligent trop les con-\nnaissances des Orientaux. Il existe, surtout à Constantinople, un groupe de\nsavants dont l'érudition est des plus étendues. Après comparaison, je me range\nabsolument à leur avis. Ils ont pour eux et la tradition et les documents, ce qui\nne veut pas dire qu'ils soient infaillibles.\nQuant aux autres réflexions de M. Gastoué concernant l'origine de l'écriture\nmusicale byzantine, il est possible que cette écriture ne dérive pas d'un alpha-\nbet démotique, sans que la chose soit absolument certaine. M. Psachos croit à\nune transformation de l'alphabet grec, tout en acceptant l'emploi de quelques\nsignes prosodiques. Dans des questions aussi délicates, il est prudent de ne pas\naffirmer. D'autre part, le manuscrit ekphonétique du ve siècle annoncé par\nM. Gastoué, s'il peut l'authentiquer, sera un trésor pour l'art musical byzantin.\nJ'ai cru remarquer que M. Gastoué confondait les signes ekphonétiques (em-\nployés seulement pour la lecture psalmodiée) et les signes phonétiques des\n\n(1) Voir la Revue musicale du ier avril, p 192, note 2.\n(2) Voir à ce sujet les planches de mes articles dans la Revue musicale des iCr avril et 15\nmai 1907."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "296", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.20", "texte": "INFORMATIONS\n\nmélodies. Sans cela, que signifieraient les trois phases de l'écriture ekphoné-\ntique allant du vc au xvie siècle ?\nEnfin, je continue à prétendre que la première édition du AoSacraptov de Pierre\ndu Péloponèse fut publiée à Bucarest en 1820 et que les caractères typographi-\nques furent fournis par deux orfèvres (et non un orfèvre, comme je le disais dans\nmon premier article de la Revue musicalej, tandis que Ylsagoge de Chrysante\nvit le jour à Paris. Un passage de la préface du volume de Pierre du Péloponèse\nque M. Psachos veut bien me communiquer le prouve irréfutablement. L'ou-\nvrage est dédié au gouverneur de la Valachie, Alexandre Soutzos, par le chantre\nPierre d'Ephèse. Lisons : «... mon éducatrice, Euterpe, (etc., etc...) vous offre\n« etc., etc... ce doxastarion de l'impérissable Pierre Lambadarios du Pélopo-\n« nèse, expliqué selon la nouvelle méthode musicale, par les maîtres de Cons-\n« tantinople (1) et édité pour la première fois par votre serviteur (2) et les deux\n« soussignés, ses associés (3), dans la nouvelle imprimerie, etc., etc... »\nM. Psachos ajoutait, en me montrant le Doxastarion de Bucarest de 1820 et\nYlsagoge de Paris de 1821, que certainement M, Gastoué n'avait pas dû avoir\nces deux ouvrages sous les yeux, car les caractères d'imprimerie en sont abso-\nlument différents... Monsieur le Directeur, etc.\n\nFRANCK CHOISY,\nEphore du Conservatoire d'Athènes.\n\nActes officiels et Informations.\n\nLE BAROMETRE MUSICAL: I. - Opera.\nRecettes détaillées du 20 avril 1907 au 19 mai 1907.\n\n(1) Grégoire, Hourmousios et Chrysante.\n(2) Pierre d;Ephèse.\n(3) Les deux orfèvres.\n\n—\nDATES\nPIECES REPRÉSENTÉ PS\nAUTEURS\nRECETTES\n20 avril\nTristan et 1 solde.\nR. Wagner.\n18.002\n»\n2 2 —\nSamson et Dalila.\n— La\nMa-\nladetta.\nSaint-Saëns.\nVidal.\n19.319\n41\n24 -\nTristan et Isolde.\nR. Wagner.\n20. o5 1\n76\n26 —\nA r mi de.\nGluck.\n1 5.do 1\n34\n27 —\nAriane.\nMassenet.\n12.607\n5o\n28 —\nFaust.\nGounod.\n1 3.649\n»\n29 —\nTristan et Is cl de.\nR. Wagner.\n16.943\n41\nier mai\nAriane.\nMassenet.\n14.635\n3 -\nLa Walkyrie.\nR. Wag er.\n20.6^5\n41\n4 —\nLohengrin.\nR Wagner.\n.5.898\n»\n6 -\nSamson et Dalila.\n— La\nMa-\nladetta.\nSaint-Saêns.\nVidal.\n15.8-|6\nQi\n8 —\nTristan et Isolde.\nR. Wagner.\n1 8.404\n22 1 83\n76\n10 —\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n34\n1 1 —\nLa Walkyrie.\nR. Wagner.\n1 5.199\n»\n13 —\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n2 » .005\n41\n15 —\nLa Walkyrie.\nR. Wagner.\n17.2 0 3\n.8.128\n70\nl7 ~\nA riane.\nM assenet.\n4 1\n18 —\nFaust.\nGounod.\n19.469\n5o"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "297", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.21", "texte": "INFORMATIONS\n\nII. - Opéra-Comique.\nRecettes détaillées du 20 avril 1907 au 19 mai 1907.\n\nConservatoire national. — La Société mutuelle des professeurs du Conservatoii e\nde musique et de déclamation, dans son assemblée générale du iômai dernier, a élu\nà l'unanimité pour son président M. Àbel Combarieu, ancien secrétaire général\nde la présidence de la République, conseiller-maître à la cour des comptes, et\ncelui de nos collaborateurs dont il nous est le moins permis de parler ici. Nous\navons cependant le droit d'applaudir à cet heureux choix, ainsi qu'à celui de\nM. Ed. Nadaud, professeur de violon au Conservatoire, élu membre du comité.\n— M. Abel Combarieu remplace à la tête de la Société le regretté Alphonse\nDuvernoy, dont il fut l'élève.\n\nDATES\nPIECES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n20 avril\nLa Traviata.\nVerdi.\n9.822 23\n2 i — matin.\nOrphée. — Les Arma il lis.\nGluck. G. Doret.\n6.453 5o\n11 — soirée\nMadame Butterfly. — La Lé-\ngende du Point d'Argentan.\nPuccini. F. Four drain\n6.264 ))\n2 2 —\nLe barbier de Séville. — Les\nNoces de Jeannette.\nRossini. V. Musse.\n4.622 5o\n23 -\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n6.7 5 6 »\n>4 —\nMadame Butterfly.\nPuccini.\n7.775 »\n2 3 —\nCircé. — La Légende du Point\nP. et L. Hillemacher.\n26 —\nd'Argentan.\nF Fourdrain.\n7.304 33\nAph rodite.\nG. Erlanger.\n6.384 »\n27 -\nCircé. — La Légende du Point\nP. et L. Hillemacher.\nLA rgentan.\nF. Fourdrain.\n8.022 83\n28 — matin.\nLa Traviata. — Les Armaillis.\nVerdi. G. Doret.\n5.257 »\n28 — soirée\nManon.\nMassenet.\n7.848 »\n29 —\nMignon.\nA. Thomas.\n4.625 »\n3o —\nAphrodite\nG. Erlanger.\n6.786 5o\nier mai\nCarmen.\nBizet.\n7.573 5o\n2 —\nCircé. — La Légende du Point\nP. et L Hillemacher.\n3 -\nd'Argentan.\nF. Fourdrain.\n6.624 5o\nLa Traviata.\nVerdi.\n7.622 5o\n4 —\nCircé. — La Légende du f^oint\nP. et L. Hillemacher.\nL Argentan.\nE. Fourdrain.\n7.802 33\n5 — matin.\nAphrodite.\nG. Erlanger.\n6.298 5o\n5 — soirée\nLa Vie de Bohème - Caval-\nleria Rusticana.\nPuccini. Mascagni.\n8.589 5°\n6 —\nMignon.\nA. Thomas.\n4.610 »\n7 —\nM ad a m e B utterfly.\nPuccini.\n9.O58 5O\n8 —\nCircé. — La Legende du Point\nP. et L. Hillemacher.\nd'Argentan.\nF. Fourdrain.\n2.677\n9 -\nPelléas et AI élis an de.\nDebussy.\n9T69 83\n10 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP Dukas.\n1.8v 8 »\n11 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP. Dukas.\n9.702 33\n! 2 — matin.\nCarmen.\nBizet.\n4.6 i 9 5o\ni2 — soirée\nLakmé. — Cavalleria Rusticana.\nL.Delibes. Mascagni.\n5.975 5o\n13 —\nLa Fille du Régiment. — Les\nA rmaillis.\nDonizetti. G. Doret.\n4.148 »\n14 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP. Dukas.\n5.295 5o\nI 3 —\nLa Traviata.\nVerdi.\n5.o 5 8 »\n16 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP. Dukas.\n8.785 5o\n[7 —\nMa dame Butte rfly.\nPuccini.\n8.077 5o\n18 —\nAriane et Barbe-Bleue.\nP. Dukas.\n9.689 33\n.9 — matin.\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n5.855 5o\n19 — soirée\nManon.\nMassenet.\n8.378 5o"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "298", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.22", "texte": "INFORMATIONS\n\nPar décret en date du 7 mai 1907, le nombre des membres delà section des\nétudes musicales du Conseil supérieur d'enseignement du Conservatoire national\nest porté de six à huit en ce qui concerne les professeurs titu'aires du Conser-\nvatoire nommés par le ministre, et de trois à quatre en ce qui concerne les\nprofesseurs titulaires élus par leurs collègues.\nNantes. Par arrêté préfectoral du 10 mai, M. Jandin, chargé du cours de vio-\nloncelle à l'école de musique succursale du Conservatoirs national, est nommé\nprofesseur titulaire de la classe de violoncelle à ladite école.\nU Association des jurés orphéoniques, dont le présidentest M. Emile Pessard,\na ouvert un concours de composition musicale dont le sujet imposé nous paraît\nsusceptible d'intéresser les musiciens civils ou militaires qui lisent la\nRevue musicale.\nLe concours dont il s'agit est ouvert à tous les compositeurs français II s'agit\nd'écrire une suite concertante pour piano et harmonie (musique militaire) en\ntrois parties, enchaînées ou non, d un style élevé et d'une durée d'exécution de\nvingt minutes au plus.\nUn jury spécial, choisi en dehors de l'Association, sera chargé de décerner le\nprix unique consistant en une somme de cinq cents francs et, en plus, une prime\nd'édition de cinq cents francs qui sera versée contre la remise par l'éditeur de\nvingt exemplaires de l'œuvre couronnée.\nCette suite concertante devra être écrite en partition et orchestrée pour les\ninstruments en usage dans les sociétés civiles. (Les parties de sarrusophones,\ncors, saxophone basse, contrebasse à cordes et timbales sont facultatives.) Une\ncopie de la partie de piano et une réduction de l'orchestre devront être joints à\nla partition originale.\nLes concurrents ne devront pas se faire connaître. Afin de sauvegarder leur\nincognito, le règlement du concours prévoit quelques mesures de détail qui se\ntrouvent exposées dans le bulletin (n° 1 o) de l'Association des jurés orphéoniques.\nLes compositeurs qui désireraient prendre part au concours n'ont donc qu à\nréclamer ce règlement à M. le secrétaire général de l'Association des jurés, à la\nsalle Pleyel, 22, rue Rochechouart, à Paris.\nCe concours sera clos le 31 octobre 1907.\n\nHôtel Drouot.\nL. R.\n— On a vendu dernièrement, à l'Hôtel Drouot : un grand lutrin\nen bois sculpté, à motifs gothiques, sur toutes les faces, datant du xvie siècle, qui\na été payé 2.250 francs, par un amateur;\nUn clavecin en bois, décoré au vernis, à sujets de style chinois, sur fond rouge,\nintérieur décoré de sujets mythologiques et allégoriques en couleur, époque\nRégence, adjugé à 550 francs;\nUne guitare, forme lyre, rehaussée de dorures et décorée de dauphins. Au\nrevers, la signature : I. Charles, à Marseille, 1785, dont il a été donné\n700 francs,\nParmi les autographes, une lettre de Spontini, écrite en français, à un baron,\ndatée de Berlin, 11 juin 1825, où le célèbre compositeur de musique raconte le\nsuccès de son opéra dWlcàdor à Berlin, succès qui a dépassé ceux d'Olimpie et\nde Nurmahal, malgré la cabaledes écrivains berlinois, a été vendue 10 francs."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "299", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.23", "texte": "INFORMATIONS\n\nM. Francis Planté donnera les 18 et 20 juin deux concerts au théâtre\nSarah-Bernhardt, au profit de la Société mutuelle des professeurs du Conserva-\ntoire. Il interprétera, avec le concours de MM. Diémer, Raoul Pugno, Risler,\nCortot, un concerto de Bach pour trois pianos et orchestre, le concerto de\nMozart pour deux pianos, et une série d'oeuvres pour deux pianos deSchumann,\nSaint-Saëns, etc. Le grand virtuose a bien voulu quitter sa retraite de Mont-\nde-Marsan pour donner une marque d'affection au professeur d'une maison dont\nil fut l'élève le plus brillant, et dont il s'intitule lui-même le fils aîné\nNous ne doutons pas que, comme toujours, le public de Paris lui fasse fête\net se presse en foule à ces deux manifestations artistiques sans précédent.\nLe samedi 8 juin (à 9 h.) aura lieu à l'Odéon, sous le patronage de la prin-\ncesse de Cystria-Faucigny, un festival de musique française, excellente idée\npar le temps qui court ! qui, àen juger par le programme et le nom des ar-\ntistes, aura un grand éclat. On y entendra des œuvres de Lalande, Rameau, du\nMont, Cl. Debussy, V. d'lndy, G. Fauré, E. Chabrier, Duparc, l'orchestre La-\nmoureux, Mme Camille Fourrier, l'excellent pianiste von Amelungen, etc... (Bil-\nlets chez Durand et à l'Odéon.)\n\nLA. VULGARISATION DE LA MUSIQUE ET LE GRAMOPHONE\nA l'heure actuelle, la machine parlante est entrée dans les mœurs et n'est plus\nconsidérée comme un jouet, même pour grandes personnes ; grâce aux nom-\nbreuses découvertes faites chaque jour, elle est devenue un véritable instrument\nde musique, et on peut dire le plus complet. A la tête de toutes les maisons qui\ns'occupent de cette branche, et les laissant bien loin derrière elles, nous devons\nnommer la Compagnie française du Gramophone. Elle a été la première à fa-\nbriquer le disque qui maintenant remplace universellement le cylindre Son\nmode d enregistrement est devenu si parfait, si absolument exact, qu'elle n'a pas\ncraint de demander aux artistes du chant et aux virtuoses les plus célèbres (hélas !\nles plus chers) devenir à son laboratoire pour y photographier la richesse de\nleur voix ou de leur talent d'instrumentiste.\nLe catalogue de cette maison renferme presque toutes les œuvres musicales\nconnues , tous les grands artistes de tous les pays y ont interprété leurs rôles\ntypes.\nDes scènes entières d'opéra sont à jamais fixées sur ses disques, et quelle inter-\nprétation ! réunissant souvent les meilleurs chanteurs connus pour avoir une\nscène idéale, et telle que jamais on ne peut l'entendre au théâtre.\nSongeons à l'avenir. Quels documents précieux pour l'histoire de la musique !\nJusqu à nos jours, l'art musical ne pouvait nous être transmis que par la mu-\nsique gravée sur le papier, mais rien ne restait de l'interprétation de l'auteur ou\ndu virtuose qui le traduisait. Des anecdotes seulement. On nous a parlé du\ntalent de Liszt, de Paganini, de Chopin, et dans un autre ordre d'idées, de\nTalma, etc., etc. Qu en reste-t-il aujourd'hui ? Rien, absolument rien; pour\nbeaucoup de profanes, un nom au dictionnaire, et c'est tout.\nAujourd'hui, grâce au merveilleux gramophone, nous conservons à jamais\nl'expression du talent de nos grands artistes ou de nos grands maîtres.\nSaint-Saëns a joué au piano quelques-unes de ses symphonies maintenant\nclassiques. Le grand ténor Tamagno a chanté les airs dans lesquels il triomphait.\nCes précieux documents sont déposés au musée de l'Opéra, dans des boîtes spé-\nciales, et pourront être entendus dans un siècle d'ici par la génération de ce\ntemps, grâce au gramophone, et connaître ces deux artistes comme nous les"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "300", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19070601-01.1.24", "texte": "INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'Imprimerie et de Librairie®\n\nconnaissons nous-mêmes. En n'envisageant que cette question d'avenir, nous\ndevons déjà donner toute notre reconnaissance au merveilleux instrument.\nLa Compagnie française du Gramophone, véritable maison d'art musical,\nconsidère que son instrument est un idéal propagateur et un vulgarisateur de la\nmusique. Combien, dans les provinces éloignées de la métropole, n'auraient ja-\nmais eu une idée delà voix, du talent d'un grand chanteur, si le gramophone n'était\nlà pour le lui faire entendre ! Cédant à cette idée de faire connaître partout en\nFrance le talent de nos artistes, et même des artistes étrangers qui jamais ne\nviennent dans notre pays, la Compagnie du Gramophone offre dans toutes les\nvilles des concerts gratuits. Elle organise ses auditions comme ferait un virtuose\nde passage, louant toujours la salle la plus vaste ; elle donne deux séances,\nmatinée et soirée, désirant ainsi que le plus grand nombre possible d'amateurs\nvienne écouter le splendide programme qu'elle offre à ses auditeurs. Nous avons\nsous les yeux le programme de l'un de ses concerts. Par l énumération des\nœuvres chantées et de leur interprétation, on jugera que seule cette maison, qui\na des laboratoires dans toutes les capitales du monde, et par conséquent recueille\nles voix célèbres de tous les pays dans leur pays même est capable de fournir\nune telle réunion de chefs-d'oeuvre. D'abord les artistes français : Noté, Affre,\nBeyle, Dufranne, Mmes Korsoff, Marié de l'lsle, Demougeot, cle l'Opéra et de\nl'Opéra-Comique. Comme artistes étrangers : en tête, le célèbre Caruso, dans\nun morceau de Faust, chanté en français. (L'éminent artiste ne chante qu'en\nitalien, mais pour honorer la Compagnie du Gramophone, dont il est un des plus\nfidèles collaborateurs, il a appris ce morceau en français ) Puis un duo clu même\nartiste avec Scotti, un des meilleurs barytons du moment. Un autre artiste,\nBattistini, dont la gloire comme baryton équivaut à celle cle Caruso comme\nténor, a chanté un morceau avec accompagnement de chœurs du théâtre de la\nScala de Milan Marcel Journet, Plançon, deux superbes basses chantantes\nactuellement ravies à prix d'or à la France par l'Amérique.\nDu côté des cantatrices étrangères : au ier rang est Adelina Pati, la plus\nconnue de notre époque, la voix qui jamais ne connut d'égale ; puis Melba, sans\nrivale en Amérique et en Angleterre ; des Italiennes comme Josephina Huguet,\nBarisusegna, premières chanteuses à la Scala de Milan, etc., etc.\nUne maison de commerce qui sacrifie ainsi son temps et son argent dans un\nbut aussi élevé doit être mise à part, et considérée par tous les musiciens et tous\nles artistes comme une grande amie, pour qui le respect doit s'allier aux autres\nsentiments.\n(Les auditions ont lieu à la maison centrale du Gramophone, rue Bleue, et\ndans ses nombreuses succursales de Paris et de la Province.)\n\nCHEMINS DE FER DE PARIS A LYON ET A LA MÉDITERRANÉE\nEXCURSIONS A FONTAINEBLEAU ET A MORET\nDes trains d'excursion, à prix réduits, auront lieu les dimanches 2, 9, 16, 23\net 30 juin ; 7, 14, 21 et 28 juillet, de Paris à Fontainebleau et Moret.\nPrix des places, aller et retour : Fontainebleau, 2e classe, 4 fr. 50; 3e classe,\n3 fr. -- Moret, 2e classe, 5 fr. 50 ; 3e classe, 3 fr. 50.\nDépart de Paris à 7 h. 26 matin ; arrivée à Fontainebleau à 8 h. 40 matin, à\nMoret à 8 h. matin.\nRetour par tous les trains du même jour dans les conditions prévues pour les\nvoyageurs ordinaires.\nNombre de places limité. -— Franchise de 30 kilogr. de bagages."}]}