{"numero_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_sha256": "d27471b2adb5d34613bd56899fff8d5d0dc7d7f4ded0d4cabb975eccbfb1d2b8", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1909/04/01_01/bmtnabj_1909-04-01_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1909/04/01_01/bmtnabj_1909-04-01_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c001", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "181", "page_fin": "182", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.1", "titre_corps": "Le public.", "titre_sommaire": "Le public.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.1", "debut_caractere": 133, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "Le public.\n\nLe public n'est pas musicien. Axiome qu'il faudrait poser au début de toute\nentreprise musicale I\nDimanche dernier, en sortant de la salle du Châtelet où M. Gabriel Pierné\nvenait de diriger les admirables Béatitudes de César Franck, j'entendais deux\nMessieurs très bien échanger leurs impressions :\nC'est une musique très jolie (sic), mais un peu monotone, parce qu elle\nmanque de mélodie !\nJe me rappelle qu'à l'Opéra de Vienne, un soir de septembre 1882, nous étions\nsur le point, L. et moi, de prendre un fauteuil au guichet, pour la Gôtterdàmme-\nrung. Tout à coup, comme il arrive souvent là-bas, changement de spectacle. On\nannonce : Flick und Flock, ballet en cinq actes. Naturellement, nous nous reti-\nrons ; mais voilà qu'on nous dit de plusieurs côtés: « Ne vous en allez pas î\nFlick und Flock, c'est bien plus beau !... »\nLe public n'est pas musicien. A l'Opéra, il n'a presque jamais écouté une\nouverture. Ce qu'il aime, c'est la musique littéraire, la symphonie à programme,\nle Désert ou la Marche hongroise ; il ne va pas plus loin. Et encore I Mes deux\namateurs de dimanche dernier, pour qui C. Franck « manque de mélodie », me\nrappellent le mot de Gluck dans l'épître dédicatoire de Paris et Hélène : « sous\nprétexte qu'ils ont des yeux et des oreilles, n'importe de quelle espèce, certains\nhommes se croient en droit de juger des beaux-arts ! »\nC'est le public notre public, hélas ! qui faisait dire à Mozart écrivant à\nson père (lettre du ler mai 1778) :« Je suis parmi des bêtes brutes, quant àla\nmusique. »\nC'est le public qui appela Gluck « le grand hurleur », Mozart « un barbare\nromantique », Méhul « le tapageur », et Beethoven « un sauvage » dont la\nmusique « n?est pas de la vraie science, mais de la savante ignorance »(1 )...\n\n(î) Dictionnaire de musique de VEncyclopédie métho., 1818, article Sonate."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.2", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "Le public ne comprend rien àla vraie musique. Est-ce à dire qu'on en peut\nprofiter pour abuser de lui, pour bluffer, pour chercher de faciles succès person-\nnels? Non ;ily a un autre point de vue. Si le public n'est pas musicien, songeons\nqu'il y a chez lui un très sincère désir de devenir musicien; et il faut diriger\ncette tendance.\nOn dit dans la Louise de Charpentier : les ouvriers aspirent à être des bour-\ngeois ; les bourgeois, à être des artistes ; les artistes, à être des dieux î\nJe dirai, en parodiant cette parole :\nLes sourds-musicaux veulent être pris pour des amateurs « adorant »la\nmusique ; les amateurs aspirent à être de vrais connaisseurs, et les connaisseurs\nrêvent de composer.\nTous ceux qui parlent et qui écrivent devraient avoir pour but de favoriser le\npassage du deuxième au troisième degré de cette échelle ; tous ceux qui se ser-\nvent du papier à portées devraient être des éducateurs —et se résigner àla\npatience !\n\nJ.C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c002", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "181", "page_fin": "182", "image_debut": 1, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.1.1", "titre_corps": "Le public n'est pas musicien. Axiome qu'il faudrait poser au début de toute", "titre_sommaire": "Le public n'est pas musicien. Axiome qu'il faudrait poser au début de toute", "signature_source": "J. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.1", "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "Le public n'est pas musicien. Axiome qu'il faudrait poser au début de toute\nentreprise musicale I\nDimanche dernier, en sortant de la salle du Châtelet où M. Gabriel Pierné\nvenait de diriger les admirables Béatitudes de César Franck, j'entendais deux\nMessieurs très bien échanger leurs impressions :\nC'est une musique très jolie (sic), mais un peu monotone, parce qu elle\nmanque de mélodie !\nJe me rappelle qu'à l'Opéra de Vienne, un soir de septembre 1882, nous étions\nsur le point, L. et moi, de prendre un fauteuil au guichet, pour la Gôtterdàmme-\nrung. Tout à coup, comme il arrive souvent là-bas, changement de spectacle. On\nannonce : Flick und Flock, ballet en cinq actes. Naturellement, nous nous reti-\nrons ; mais voilà qu'on nous dit de plusieurs côtés: « Ne vous en allez pas î\nFlick und Flock, c'est bien plus beau !... »\nLe public n'est pas musicien. A l'Opéra, il n'a presque jamais écouté une\nouverture. Ce qu'il aime, c'est la musique littéraire, la symphonie à programme,\nle Désert ou la Marche hongroise ; il ne va pas plus loin. Et encore I Mes deux\namateurs de dimanche dernier, pour qui C. Franck « manque de mélodie », me\nrappellent le mot de Gluck dans l'épître dédicatoire de Paris et Hélène : « sous\nprétexte qu'ils ont des yeux et des oreilles, n'importe de quelle espèce, certains\nhommes se croient en droit de juger des beaux-arts ! »\nC'est le public notre public, hélas ! qui faisait dire à Mozart écrivant à\nson père (lettre du ler mai 1778) :« Je suis parmi des bêtes brutes, quant àla\nmusique. »\nC'est le public qui appela Gluck « le grand hurleur », Mozart « un barbare\nromantique », Méhul « le tapageur », et Beethoven « un sauvage » dont la\nmusique « n?est pas de la vraie science, mais de la savante ignorance »(1 )...\n\n(î) Dictionnaire de musique de VEncyclopédie métho., 1818, article Sonate."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.2", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "Le public ne comprend rien àla vraie musique. Est-ce à dire qu'on en peut\nprofiter pour abuser de lui, pour bluffer, pour chercher de faciles succès person-\nnels? Non ;ily a un autre point de vue. Si le public n'est pas musicien, songeons\nqu'il y a chez lui un très sincère désir de devenir musicien; et il faut diriger\ncette tendance.\nOn dit dans la Louise de Charpentier : les ouvriers aspirent à être des bour-\ngeois ; les bourgeois, à être des artistes ; les artistes, à être des dieux î\nJe dirai, en parodiant cette parole :\nLes sourds-musicaux veulent être pris pour des amateurs « adorant »la\nmusique ; les amateurs aspirent à être de vrais connaisseurs, et les connaisseurs\nrêvent de composer.\nTous ceux qui parlent et qui écrivent devraient avoir pour but de favoriser le\npassage du deuxième au troisième degré de cette échelle ; tous ceux qui se ser-\nvent du papier à portées devraient être des éducateurs —et se résigner àla\npatience !\n\nJ.C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c003", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "182", "page_fin": "183", "image_debut": 2, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.2", "titre_corps": "Théâtres officiels", "titre_sommaire": "Théâtres officiels", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.2", "debut_caractere": 991, "fin_caractere_exclue": 1169, "texte": "Théâtres officiels\n\nA l'Opéra et à TOpéra-Comique, peu de changement dans la situation. Voici\nle bilan du dernier mois.\n\nOpéra.\nRecettes détaillées du 16 février au 15 mars 1909."}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.3", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 102, "texte": "Opéra-Comique.\nReceltes détaillées du 16 février au 15 mars 1909."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c004", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "182", "page_fin": "182", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.2.1", "titre_corps": "A l'Opéra et à TOpéra-Comique, peu de changement dans la situation. Voici", "titre_sommaire": "A l'Opéra et à TOpéra-Comique, peu de changement dans la situation. Voici", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.2", "debut_caractere": 1011, "fin_caractere_exclue": 1110, "texte": "A l'Opéra et à TOpéra-Comique, peu de changement dans la situation. Voici\nle bilan du dernier mois."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c005", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "182", "page_fin": "182", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.2.2", "titre_corps": "Opéra. Recettes détaillées du 16 février au 15 mars 1909.", "titre_sommaire": "Opéra. Recettes détaillées du 16 février au 15 mars 1909.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.2", "debut_caractere": 1112, "fin_caractere_exclue": 1169, "texte": "Opéra.\nRecettes détaillées du 16 février au 15 mars 1909."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c006", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "182", "page_fin": "182", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.2.2.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.2", "debut_caractere": 1171, "fin_caractere_exclue": 1903, "texte": "DATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\nl7\nfévr. 1909\nArmide.\nGluck.\n13.399 39\nl9\n—\nSigurd.\nReyer.\n19.579 33\n2 0\n—\nMonna Vanna. — Javotte.\nH. Février. — Saint-\n9.653 ))\nSaëns.\n22\n—\nArmide.\nGluck.\n14.867 45\n24\n—\nFaust.\nGounod.\n1.5.682 39\n26\n—•\nMonna Vanna. — Javotte.\nH. Février. — Saint-\n1 5 471 33\nSaëns.\n27\n—\nSigurd.\nReyer.\n11.891 »\nl er\nmars\nFaust.\nGounod.\ni5.56o 45\n3\n—\nSigurd.\nReyer.\n12.887 89\n5\n—\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n16.100 83\n6\n—\nLohengrin.\nR. Wagner.\n11.639 5o\n8\n—\nMonna Vanna. — Javotte.\nH. Février. — Saint-\n14.872 95\nSaëns.\n1 10\n—\nRigoletto. — Coppélia.\nVerdi. — L. Delibes.\n15.067 3q\n12\n—\nSigurd.\nReyer.\n15.893 33\ni3\n■—\nSamson et Dalila. — Javotte.\nSaint-Saëns.\n12.507 »\n15\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n13.111 45"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c007", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "183", "page_fin": "183", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.2.3", "titre_corps": "Opéra-Comique. Receltes détaillées du 16 février au 15 mars 1909.", "titre_sommaire": "Opéra-Comique. Receltes détaillées du 16 février au 15 mars 1909.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.3", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 102, "texte": "Opéra-Comique.\nReceltes détaillées du 16 février au 15 mars 1909."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c008", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "183", "page_fin": "183", "image_debut": 3, "image_fin": 3, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.2.3.1", "titre_corps": "[Sans titre]", "titre_sommaire": "[Sans titre]", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.3", "debut_caractere": 844, "fin_caractere_exclue": 2393, "texte": "DATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n16 févr. 1909\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n<1\nb\noc\nl7\n■—\nWerther.\nMassenet.\n9.202 ))\n9.685 5o\n18\n—.\nLa Tosca.\nPuccini.\n•9\n—\nCarmen.\nBizet.\n8.419 5o\n9.576 5o\n20\n—\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n21\n— matin.\nManon.\nMassenet.\n8.634 5o\n— soirée.\nSânga.\n1. de Lara.\n7.456 5o\n22\n— matin.\nOrphée.\nGluck.\n3.584 5o\n— soirée.\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.069 5o\n2 3\n— matin.\nSapho.\nMassenet.\n7.898 5o\n— soirée.\nCarmen.\nBizet.\n/ «y\n0.769 5o\n24\n—\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n4.972 »\n2 5\n— matin.\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nMassenet. — R. La»\n— soirée.\nLa Habanera.\nWerther.\nparra.\nMassenet.\n2.799 5o\nQ. 1 18 5o\n26\n—\nManon.\nMassenet.\n4.644 »\n27\n—\nCarmen.\nBizet,\n9.86 3 16\n5.355 »\n28\n— matin.\nLa Vie de Bohème. —Les Noces\nde Jeannette.\nPuccini. —V. Massé.\n— soirée.\nLa Tosca. . ,\nPuccini.\n6.907 »\n3.651 5o\ner\nmars 1909\nPhilémon et Baucis. — Caval-\nGounod. — Mascagni.\nier ia Rusticana.\n2\n—\nCarmen.\nBizet.\n6.817 5o\n3\n—\nSapho.\nMassenet.\n/\n7.793 5o\n4\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.764 5o\n5\n—\nManon.\nMassenet.\n3.512 »\n6\n—-\nMadame Butterfly.\nPuccini.\n9.902 5o\n7\n— malin.\nOrphée.\nGluck.\n7-O5O 5O\n8\n— soirée.\nWerther.\nMassenet.\n7.026 5o\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.547 »\n9\n—\nManon.\nMassenet.\n9.863 5o\n10\n—\nSolange.\nG. Salvayre.\n1.259 5o\n( 1\n— matin.\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n4.075 »\n— soirée.\nSolange.\nG. Salvayre.\n7.955 5o\n12\n—\nLa Tosca.\nPuccini.\n9 429 5o\n13\n■—\nSolange.\nG. Salvayre.\n8.995 16\n14\n— matin.\nWerther. — Les Noces de\nJeannette.\nMassenet.—V. Massé.\n9.125 5o\n— soirée.\nCarmen.\nBizet.\n7.281 5o\n15\nLakmè.\nL. Delibes.\n4.146 5o"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c009", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "183", "page_fin": "186", "image_debut": 3, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.3", "titre_corps": "La fugue.", "titre_sommaire": "La fugue.", "signature_source": "DORSAN VAN REYSCHOOT, Professeur d'harmonie et contrepoint au conservatoire de Gand", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 3, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.3", "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 842, "texte": "La fugue.\n\nLe sujet et le contre-sujet dans la fugue à deux sujets. — Plan général* — Plan\nadopte dans la fugue de M, P01 san van Peyschoot. ( V. /s Supplément du présent\nnuméro.)\nEn publiant une fugue vocale dans notre Supplément, nous ne songeons pas à enrichir d'un\nmorceau de salon le répertoire des pianistes ; nous voulions une œuvre sérieuse, rappelant à\nplusieurs de nos lecteurs des notions essentielles qu'ils ont peut-être oubliées. Nous nous som-\nmes adressés, pour cette composition, à un maître éprouvé. Fils d'un musicien que feu Gevaert\nappréciait hautement, professeur très estimé dans une grande Ecole où il a déjà formé de bons\nélèves, auteur d'un grand nombre de compositions remarquables, M. Dorsan van Reyschoot nous"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.4", "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "a bien envoyé ce que nous désirions, et la Revue musicale len remercie vivement. Pour que\nceux qui ne sont pas encore familiers avec la fugue n'aient plus aucune excuse, 1 auteur lui-\nmême, sur notre désir, a bien voulu marquer ci-dessous le plan de son travail. La R. M.\nLe contre-sujet, construit en contrepoint double avec le sujet qu'il accompagne\ntoujours, et qui par conséquent doit être renversable, doit trancher nettement\navec ce dernier, tout en présentant un intérêt à peu près égal :\n\\\nLe thème doit, à sa seconde entrée, être reporté à la quinte. Si le sujet donné\nva de la dominante à la tonique, une mutation apportée à la réponse permet à\ncette dernière d entrer, —par une note appartenant à l'accord de tonique, au\nmoment où le sujet termine. Si le sujet va de la tonique à la tonique, on prépare\nla réponse, qui cette fois se fait sans mutation, par une coda de transition\nvers le ton de la dominante.\nLe plan, en général. Les règles ne sont pas inflexibles (i). Le développe-\nment peut être plus étendu que l'exposition ; la rentrée et la conclusion ont à\nelles deux des proportions sensiblement pareilles à celles de l'exposition. Seuls\nles divertissements commençant et terminant le développement peuvent avoir de\nl'étendue. Viennent ensuite, par ordre d'importance : ceux qui relient les diffé-\nrentes entrées du développement, et celui qui mène de la 4e àla 5e entrée de\nl'exposition ; quant à celui qui ramène la tonalité initiale entre la 2e et la\n3e entrée, il faut qu'il soit extrêmement court.\nPlan adopté pour la fugue qui est publiée dans le Supplément. En voici\nl'analyse précise :\nExposition : mesures 1, 2et 3. Sujet au Ténor,\n4, 5, 6. Réponse à Y Alto, contre-sujet au\nTénor.\n7. Court épisode ramenant la tonalité\ninitiale.\n8, 9 10. Sujet au Soprano, contre-sujet à l'Alto.\n11, 12, 13. Réponse à la Basse.\n• 14 à 17. Divertissement empruntant son rythme\nau contre-sujet.\n18, 19, 20. Sujet au Ténor, contre-sujet à la\nBasse.\n21. Coda concluant l'exposition.\n\n(i) Les quelques considérations générales qui suivent n'ont donc pas la portée de règles\nimmuables."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.5", "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "Développement : mesures 22 à 27. Divertissement tiré du rythme du\ncontre-sujet.\n28, 29 et 30. Sujet à Y Alto, contre-sujet au Ténor\nv (dans le ton relatif).\n31 333. Épisode de transition.\n34- 35? 36. Sujet au Soprano, contre-sujet à\nl'Alto, dans le mode majeur du\n3e degré (en rapport de quinte avec\nle précédent).\n37,38. Épisode de transition sur le rythme du\ncontre-sujet.\n~~ 39i4°i41- Sujet àla Basse, contre-sujet au Soprano\ndans le mode mineur du VIIe degré\n(en rapport de quinte avec le précé-\ndent).\n42. Épisode de transition.\n—■ 43, 44, 45. Sujet au Ténor, contre-sujet àla Basse,\ndans le mode majeur du IIe degré\n(en rapport de relatif avec le précé-\ndent).\n46 à 50. Divertissement-épisode de transition\nsur le rythme du contre-sujet.\n51, 52, 53. Sujet à Y Alto, contre-sujet au Soprano,\ndans le mode mineur du IVe degré\n(cette modulation réservée comme\ndernière, le caractère essentiellement\nmobile du 4e degré réclamant au\nplus tôt le sentiment de la tonalité\nprincipale).\n54 à 58. Divertissement-épisode menant vers\nla rentrée. Au cours de ce divertisse-\nment une fausse rentrée 'mesure 57).\nRentrée : mesures 59, 60, 61. Sujet au Soprano. Ici le contre-sujet se\ntrouve remplacé par un schéma\nrythmique nouveau, appelé à renou-\nveler l'intérêt.\n62 à 66. Divertissement sur le schéma rythmi-\nque nouveau.\nStrette : mesure 67. Entrée de la Strette par la Réponse à\nla Basse.\nPédale : mesure 68. Sujet au Ténor sur Pédale.\n- 69. Réponse kYAlto.\n70. Sujet au Soprano.\n71, 72. Progression tonale d'un fragment du\nsujet.\n73 74. Progression réunissant les rythmes\nprimordiaux.\n75. Épisode préparant la conclusion."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.6", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 421, "texte": "Conclusion : mesures 76 à 82. Conclusion en forme de choral ; le\nsujet par augmentation.\nCette analyse permettra de se rendre exactement compte d'un travail qui ne\ncherche pas à être une œuvre d'expression, mais où il ne faut voir qu'une\n« somme » des exercices d'école que tout bon musicien doit connaître.\n\nDORSAN VAN REYSCHOOT,\nProfesseur d'harmonie et contrepoint\nau conservatoire de Gand."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c011", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "186", "page_fin": "194", "image_debut": 6, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.4", "titre_corps": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "titre_sommaire": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.6", "debut_caractere": 423, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nHistoire du théâtre lyrique"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c012", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "186", "page_fin": "194", "image_debut": 6, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.4.1", "titre_corps": "Histoire du théâtre lyrique", "titre_sommaire": "Histoire du théâtre lyrique", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.6", "debut_caractere": 451, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "Histoire du théâtre lyrique"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c013", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "186", "page_fin": "194", "image_debut": 6, "image_fin": 14, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.4.1.1", "titre_corps": "LE DRAME LYRIQUE AU MOYEN AGE", "titre_sommaire": "LE DRAME LYRIQUE AU MOYEN AGE", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.6", "debut_caractere": 480, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "LE DRAME LYRIQUE AU MOYEN AGE\n\n[suite)\n(0-\nDans mes analyses antérieures, j'ai suivi un plan déterminé par l'importance\ndes dogmes : les prophéties, la naissance du Christ, sa vie, sa mort, sa résur-\nrection ; les miracles des saints. Je voudrais aujourd'hui varier le point de vue\net essayer de situer ces œuvres dans l'ensemble de l'histoire musicale.\nLes pièces désignées par le terme général de « drame liturgique », assez\nheureusement créé par Danjou, se répartissent sur trois siècles, le xie, le xne et\nle xme. Elles nous ont été conservées, texte littéraire et musique, par sept\nmanuscrits principaux, dont un, aujourd'hui à Orléans, a une importance\ncapitale :\nxie siècle : manuscrit provenant de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges,\naujourd'hui à la Bibliothèque nationale. Il contient les deux plus anciennes\npièces : les Vierges sages et les Vierges folles \\ les Prophètes.\nxiie siècle: 3 manuscrits: a) celui de la bibliothèque de Tours : la Résurrection ;\nb) le manuscrit, aujourd'hui à Padoue, ayant appartenu à la cathédrale de\nBeauvais \\ Daniel \\ c) le manuscrit provenant de l'abbaye de Saint Benoît-sur-\nLoire, aujourd'hui à Orléans, et qui est la source la plus riche ; il contient : les\nFilles dotées, les Trois clercs, le Juif volé, le Filsde Gédron, l Adoration des Mages,\nle Massacre des Innocents, les Saintes Femmes au Tombeau, f Apparition àEmmaus,\nla Conversion de saint Paul, la Résurrection de Lazare.\nxnie siècle :a) le manuscrit Biot (Bibliothèque nationale) : les Pasteurs, les\nTrois Rois, la Nuit de Pâques ; b) le manuscrit d'Origny Sainte-Benoîte, aujour-\nd'hui à Saint-Quentin, les Trois Maries.\nxive siècle : manuscrit de Cividale (Italie) : VAnnonciation, la Complainte des\n\n(1) Leçon ayant servi de conclusion à la première partie des cours du jeudi [Histoire du théâtre\nlyrique)."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.7", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3263, "texte": "trois Maries, le Sépulcre, le Jour de la Résurrection. Cette liste comprend un\nsimple choix, dù, en partie, au hasard des circonstances qui nous ont conservé\ncertains monuments. Il est bien entendu aussi que la représentation de tels\ndrames se rattache à des usages antérieurs aux copies qui en ont été faites, et\nque la date d une pièce ne saurait être identifiée avec l'âge du manuscrit qui la\ncontient. '\nDans ces compositions nous avons trouvé, à des degrés différents, tout ce\nqui est nécessaire à la constitution d'un drame lyrique. En rappelant leurs\ncaractères essentiels, je les rapprocherai du théâtre grec et du théâtre moderne\n(celui de la Renaissance, à la fin du xvie et au commencement du xvne siècle).\nEntre les deux, notre moyen âge a été un peu négligé ; il convient de marquer sa\nplace et sa valeur exactes.\nI\nLe théâtre lyrique du moyen âge est, à certains égards, beaucoup plus près du\nthéâtre grec que du théâtre moderne.\nLe premier et le second ont des origines toutes religieuses. En ce qui concerne\nles Grecs, nous n'avons plus les pièces de lapériode initiale, où poésie et musique\nétaient unies à la religion non plus par des souvenirs, des usages et des tendances\ngénérales (comme au temps d'Eschyle et de Sophocle), mais par une attache\nprécise avec le culte. Pour le moyen âge, nous sommes plus heureux : nous\nconnaissons fort bien la période initiale ; nous pouvons suivre l'évolution du\ndrame lyrique depuis le moment où il s'ébauche dans les rites de l'Église,\njusqu'au moment où il s'en détache pour être un « jeu » (Indus). Rapprocher les\ndeux théâtres, grec et médiéval, c'est un peu comparer un adulte ou un homme\nfait avec un enfant; ils ne sont pas de même taille ; la comparaison, néanmoins,\npeut être faite, car tous deux ont grandi suivant les mêmes lois et passé par les\nmêmes phases d'existence ; les caractères essentiels sont les mêmes.\nRéserve faite de certaines différences profondes, que je n'ai pas besoin de rap-\npeler, les analogies sont les suivantes :\nio La tragédie grecque a pour origine un culte organisé, celui de Dionysos.\nElle s'est d'abord consacrée à « imiter » les légendes de cette divinité ; puis,\nelle s'est attachée à représenter d'autres dieux ; enfin, dans une période qui est\ndéjà « moderne », elle est « descendue du ciel sur la terre », comme on l'a dit en\nparlant de Sophocle : elle a eu l'idée tardive de peindre des hommes.\nIdentique a été l'évolution de notre théâtre. Il est sorti des cérémonies pra-\ntiquées dans l'Église et n'a été d'abord qu'une extension des rites où se matéria-\nlisait la foi dans ladivinité du Christ. C'est là qu'il faut voir ses vraies origines. Sa\npremière fonction a été de commémorer l'annonce, la vie miraculeuse, la résur-\nrection du Christ et d' « imiter » tous ces dogmes ; puis il s'est attaché aux\nsaints ; enfin, et très tard, après s'être engagé dans mille voies romanesques\nil prendra contact avec la vie réelle.\nCette double origine, identique de nature, est digne de réflexion. Ni l'un ni\nl'autre art dramatique ne débute par l'observation de la vie réelle, mais par la\nlégende ou par le dogme. Il en est de même en sculpture. On commence par\nreprésenter exclusivement des dieux ; bien longtemps après, on songe à faire"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.8", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3630, "texte": "des portraits. L'art primitif, dans tous les domaines, est au service de la religion ;\nen dehors d'elle, son emploi eût paru inutile ou inconvenant lorsqu'on voulait\nfaire œuvre sérieuse. Le manuscrit d'Origny Sainte-Benoîte, pour ne rappeler\nque ce texte, contient un (( ordinaire du service divin » où l'on voit que les prin-\ncipales fêtes de l'année liturgique donnaient lieu à des « actions » et que, par\nexemple, le drame des Trois Maries était une partie intégrante des fêtes de\nPâques.\n2° Les tragédies grecques étaient jouées au cours de grandes fêtes nationales\net religieuses : aux Lénéennes (mois de gamélion, janvier-février) ; aux grandes\nDionysies (mars-avril). De même nous savons que nos drames étaient joués\ndans des circonstances équivalentes : les Pasteurs, dans la nuit de la Nativité;\nles Trois Rois, le jour de l'Epiphanie ; /'Annonciation, le jour de la fête du même\nnom ; le Jour de la Résurrection, aux matines de Pâques, etc...\n3° Les acteurs du drame grec s'appelaient o\\ NEPT TOV Aiovuaov TSYVÏXAT, «les ar-\ntistes qui entourent Dionysos ». Les acteurs du moyen âge auraient pu s'appeler\naussi bien : ceux qui entourent le Christ. Ce sont des chanoines, des diacres,\ndes sous-diacres, des chantres de la Schola, des enfants de chœur. De part et\nd'autre, les rôles de femmes sont tenus par des hommes.\n4° Avant de jouer une pièce d'Eschyle et d'ouvrir le concours où elle figurait,\nil y avait une cérémonie exclusivement religieuse (Ouata, xaôap-atov) dans le sanc-\ntuaire même de Dionysos (sv T(p tsptp), puis un cortège (x&goç). Nous savons\nqu'en grande pompe on portait la statue de Dionysos dans le théâtre. De même,\nchez nous, comme nous l'apprend le Processional de Cividale, il n'est pas rare\nque la représentation commence par un cortège chantant un répons, se continue\npar un arrêt du cortège et se termine par une messe solennelle célébrée dans\nl'église. L'office de jour ou de nuit qui précède le « jeu » est l'équivalent du\nTrpoaycov sv x-?j tspot Tjptipa dont parle Eschine [in Ctes., 67). L'exécution finale du\nTe Deum est comme un sceau, une sorte de signature à la fin de la plupart des\npièces.\n50 Le centre du théâtre grec, le point autour duquel évoluaient les choreutes,\net même (selon Dôrpfeld) les acteurs, c'est l'autel de Dionysos, la thvmèlé. De\nmême, le point initial d'où part et auquel revient le drame liturgique, c'est\nl'autel principal du chœur.\n6° Musicalement et pratiquement, le drame grec est sorti du lyrisme, du dithy-\nrambe en l'honneur de Dionysos. 11 y a d abord un.chœur, avec un chef; puis ce\ngroupe homogène se différencie : le chœur persiste, garde même une place pré-\npondérante dans les œuvres les plus anciennes ; mais, à côté de lui, il y a ceux\nqui agissent, les « acteurs ». Les formes du théâtre d'Eschyle sont toutes lyri-\nques ; les couples de strophes et d'antistrophes en sont la caractéristique essen-\ntielle. Quelque chose d'analogue semble s'être produit dans le drame liturgique.\nLe drame des Trois Clercs ne contient qu'une seule strophe dont la mélodie se\nrépète, sur des paroles et avec des personnages différents, d'un bout à l'autre de\nl'œuvre. Il semble avoir été composé sur le modèle d'une chanson où l'identité\nrythmique des couplets produit celle des phrases musicales. Le drame des Cinq\nFilles dotées a une structure musicale analogue : il se compose de deux phrases\nrépétées sur des textes de même rythme, encadrées dans un morceau initial et\nun chant rituel pour finir. Dans telle autre pièce [les Pasteurs) tous les chants\nsont des chœurs (il y en a 10), sauf le solo de l'ange annonçant la naissance du"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.9", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3043, "texte": "Sauveur, et celui des deux clercs. A la suite, on peut mettre les pièces où la mu-\nsique, plus souple, change selon les personnages et les situations.\n7° Varia. D'autres particularités imposent à l'esprit du lecteur le souvenir des\ndrames grecs. Nous avons des pièces avec prologue et sans prologue. Il y a des\nscènes où le dialogue s'établit entre un soliste et un groupe de chanteurs (par\nexemple, dialogue d'Euphrosine et des consolatrices dans le Fils de Gédron), ce\nqui est fréquent dans Eschyle et Sophocle. Il y a telle pièce qui n'est qu'un\nlong thrène (les Trois Maries). Les auteurs de ces livrets latins pour lesquels\nles humanistes n'auraient pas assez d'admiration si les mêmes choses étaient\nécrites en grec du ve siècle. connaissaient d'ailleurs (quelques-uns, au moins)\nleurs classiques, pas seulement Virgile et Horace. Il y a telles scènes de Daniel\noù le chœur, dominant l'action, la juge et en dégage le sens en introduisant des\nidées générales à la façon de Sophocle. Il y a jusqu'à certaines formes de\nstyle qui partiellement, je ne veux rien exagérer î rappellent la manière\nantique. Une des trois Maries parle ainsi du Christ :\nMun d a car o\nMundo car a\nCur in cru ci s\nAres ara ?\nDe telles allitérations qui ne sont pas de la grande poésie sont fréquentes\ndans Eschyle et pourraient être rattachées, si nous pensons à l'autre antipode\nde l'art, aux livrets de R. Wagner.\nVoilà, je crois, des analogies appuyées sur des faits certains. Sans nul doute, il\ny a une distance entre le théâtre d'Epidaure et la chapelle d'un monastère, entre\nla démocratie grecque et les « fidèles » ou le clergé du moyen âge, entre le\ngénie d'un Eschyle et celui de l'anonyme qui a rédigé le naïf livret des Prophètes,\nentre le paganisme et l'Eglise ! Mais, en somme, ici et là, l'humanité fait les\nmêmes gestes. Après avoir eu la terreur du divin, elle rend le divin pour ainsi\ndire familier ; elle « joue » avec lui, en gardant la même gravité. Des deux\ncôtés, il y a œuvre de sentiment et d'imagination, besoin égal de s'assurer,\npar le spectacle direct, que les dieux sont des personnes vivantes et que les\ndogmes ne sont pas une illusion.\nII\nConsidéré en lui-même, le drame liturgique du moyen âge a la valeur exquise\nde Fart primitif ; gauche et un peu raide, maladroit, cela va sans dire, dans\nl'emploi de certains procédés d'exécution, un peu figé dans la tradition, pauvre\nen ressources, mais très expressif, à sa manière, naïvement sincère, et déjà\nriche de beaucoup d'idées embryonnaires qui plus tard auront leur dévelop-\npement. Il nous fournit les premiers spécimens du drame symbolique (les\nVierges sages etles Vierges folles), du mélodrame avec enlèvement et retour final\nd'un enfant [le Fils de Gédron), du drame à grand spectacle (Danielj, de la\nféerie (pièces sur les miracles de saint Nicolas) ; enfin il est représenté par une\ntrès jolie comédie lyrique, le Juif volé, de forme littéraire très soignée, originale,\npiquante, où la musique et les paroles sont également curieuses. On peut donc"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.10", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "dire que tous les genres y sont en germe ; la terreur et la pitié, la fantaisie, le\nrire et les larmes ne lui sont pas étrangers.\nJ'ai dit que les auteurs de ces pièces n'inventaient rien. Gela est vrai pour le\nfonds du sujet et ses traits essentiels. On se borne à mettre en action un récit de\nla Bible, dont le texte est déjà passé dans la liturgie et a déjà inspiré les arts du\ndessin en illustrant des vitraux, en provoquant des statues, des bas-reliefs, des\nmonuments plastiques de toute sorte; mais des réserves doivent atténuer, au\nmoment où je termine mes analyses, cette première impression. Dans le détail,\nil y a beaucoup de choses inventées, beaucoup de souvenirs de la littérature\nprofane (fili, me ce magna pars animas, dit Euphrosine en pleurant son fils), et\nmême de jolies pages entières qui sont une création personnelle de l'auteur,\nmoine ou scolar, comme la scène si colorée, et d'un réalisme charmant, où les\nMaries discutent avec « le marchand » le prix des parfums qu'elles veulent\nacheter pour le Christ.\nLes deux monologues du Juif sont dignes de Plaute, de Larivey et de Molière.\n11 en est de même de la musique. Elle est souvent originale. L'influence du\nchant de l'Eglise y est visible, mais nullement exclusive d'un style plus souple\net plus expressif. L'emploi uniforme du plain-chant eût été peu compatible avec\n1 idée même du drame. Sans doute, ces livrets ont une psychologie très :som-\nmaire, quelquefois nulle : l'auteur veut amener le spectacle de certains faits\nconnus, et ne se préoccupe pas toujours de les motiver ; il ignore l'art des pré-\nparations, lequel, pour nous, est tout l'art du théâtre. Il veut cependant exprimer,\nçà et là, certaines émotions qu'ignorent les mélodies rituelles : la colère, la haine,\nla crainte, la douleur matern-e11e... Aussi sommes-nous en présence d'un style\nnouveau. Il y a des morceaux, tels que le chœur des princes autour de Balthazar,\ndans Daniel, dont on peut affirmer qu'ils ont l'allure et le caractère grégoriens.\nAilleurs (et dans la même pièce, par exemple) apparaît la musique mesurée.\nLa notation elle-même nous en avertit. Par ce côté, le drame échappe à l'in-\nfluence de la liturgie qui 1 aurait maintenu entre des limites musicales infran-\nchissables ; il est œuvre d invention ; il contient un germe susceptible de déve-\nloppements indéfinis. Je ne vais pas néanmoins jusqu'à croire, avec Danjou et de\nCoussemaker, que telle monodie, conservée par le manuscrit de Beauvais,\nappartenait à une composition polyphonique, dont les autres parties, « écrites\nsans doute sur des feuilles volantes », sont aujourd'hui perdues. Le mot con-\nductus les a trompés. Ce mot a bien un sens musical : il a désigné un chant\nmultiple où les voix font des consonances diverses (multiplex consonus canins qui\netiam secundarias recipit consonantias, dit Jérôme de Moravie). Mais il n'a pas\nperdu pour cela son sens usuel, pas plus qu'aujourd'hui les mots clé, note,\nsoupir, mesure, etc...; et comme ce mot signifie usuellement « cortège » et qu'on\nne le trouve que là où précisément un grand cortège est indiqué (cortège de la\nreine, cortège de Darius, cortège de Daniel, etc...), il est impossible de suivre\nDanjou qui, en 1848, ne se bornait pas seulement à voir de la polyphonie dans\nles « conduits » de Daniel, mais généralisait au point dedire que « les chœurs»,\ntous les chœurs, « étaient chantés à plusieurs parties » et que « l'harmonie ou\ncontrepoint s improvisait comme ce qu'on a appelé depuis chant sur le livre, et\nétaient déterminés par des règles certaines». De Coussemaker, bien qu'il con-\nsidère la musique des 22 drames qu'il a publiés comme du plain-chant, ce\nqui m'a paru inexact— et bien qu'il paraisse avoir le vague pressentiment d'une"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.11", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3113, "texte": "erreur, n a pas rejeté cette opinion. L'hypothèse des « feuilles volantes » per-\ndues est de lui. S'il était besoin d insister, je citerais des textes où le mot conduc-\ntus, ou conduit (ce qui est tout un), signifie bien cortège :\nJusques la vous ferai conduit.\n(xne s. Roman de Thèbes.)\nLe grand soulas et le déduit\nou Dieus nous maint par son conduit.\n(xiie s. Raoul de Houdenc, Songe de paradis.)\nSi bailla on bon conduit a aler avec lui dusques en son païs (début du xme s.,\nrécit de la croisade de Constantinople par Robert de Clary).\n... ut quocumque pergere vellef, eorum conductu cum pace iret ac rediret (in\nVita S. Willibaldi, Wegweiser de Potthast.)\nMême réduite à la monodie mesurée, sauf exception, cette musique est adaptée\naux idées et aux sentiments, autant que le lui permettent les ressources de l'art\nprimitif. Nous en avons vu un exemple un peu bizarre dans le Fils de Gédron :\nles ministres de Marmorinus, le roi, l'enfant, sa mère Euphrosine, les conso-\nlatrices, tous les personnages ont chacun une mélodie propre, qui les caractérise\net qu'ils chantent dans toutes les scènes. Le leitmotiv wagnérien ne va pas jus-\nque-là, et il a raison.\nIl y avait une musique instrumentale, au moins en certains drames. Ainsi les\nsatrapes qui apportent les vases sacrés à Balthazar, au milieu de l'orgie païenne,\nchantent : « qu'on fasse entendre les cithares ! qu'on frappe dans les mains, ci-\ntharizent, plaudant manus) mille sonent modis » trait curieux, indiquant un\nsouci très net de la couleur locale dans une scène où on veut reproduire les\nmœurs de l'Orient. Darius fait son entrée triomphale au milieu des instruments\nà cordes. Les rubriques ne permettent pas de voir là une simple image litté-\nraire. Rien ne subsiste, malheureusement, de cette musique instrumentale.\nPeut-être était-elle ad libitum.\nQue manque-t-il donc pour que ces œuvres nous apparaissent comme étant\nde vrais drames lyriques ? Les décors ? Il y en a plutôt surabondance et étalage\nexcessif, puisque, dès le début de la pièce, et en une fois, on exhibe, et on juxta*\npose, au mépris des distances, tous ceux qui seront nécessaires à l'action. Les\ncostumes ? Ils sont indiqués avec la plus grande précision ; ainsi, dans Y Appari-\ntion à Emmaùs, le Christ doit avoir une tenue de pèlerin, un bâton avec une mu-\nsette sur l'épaule, et marcher pieds nus ; ailleurs, il doit apparaître en aube\nrouge, couronné d'un diadème et portant la barbe, la croix en main (office du\nsépulcre). Alors même que les détails font défaut, les rubriques disent que le rôle\ndoit être joué in similitudinem du personnage biblique. Est-ce le « jeu » des acteurs\nqui fait défaut ?Il y a une pièce, la Complainte des trois Maries, où chaque vers\nest accompagné d'une note indiquant l'attitude que le personnage doit prendre\net le geste qui convient (désigner le Christ, désigner l'autel ou l'assistance, em-\nbrasser Madeleine, se mettre à genoux, etc...).\nTout cela forme un drame lyrique parfaitement constitué. Je serai donc auto-\nrisé à relever, en terminant, une erreur encore courante dans l'histoire de la\nmusique."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.12", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3205, "texte": "III\nOn dit : l'opéra moderne est sorti, en Italie, d'un chimérique effort pourimiter\nl'art grec. Il convient de remettre au point ce jugement. Tout d'abord, comment\nles Italiens, dans leurs opéras, auraient-ils pu imiter les Grecs dont la musique\nest perdue ? où auraient-ils pris leurs modèles ?\nIl est parfaitement exact qu'au moment de la Renaissance, les Italiens ont eu\nun goût très vif pour les choses grecques et en général se sont inspirés des Grecs\ndans certaines compositions. Les musiciens n'ont fait que céder au mouvement\ngénéral qui entraînait tous les esprits cultivés, même pour la théorie musicale.\nDès les dix dernières années du xve siècle, à Venise (de 1491 à 1499), on imprime\nles cinq livres De musica, où Boèce a transmis à l'Occident une partie de la doc-\ntrine musicale des Grecs, et Georges Valla (1498) traduit en latin l'introduction\nharmonique d'Euclide. En 1.562, Gogavino del Grave traduit en latin Aristoxène,\nPtolémée, des fragments d'Aristote. Rien de tout cela ne compte, en matière\nd'opéra î Cependant, un mouvement néo-grec se dessine, marqué par des dates\nimportantes :\nEn 1574, la Seigneurie de Venise fait représenter devant Henri 111, dans la\nsalle du grand conseil, une Tragédie à Cantique, de Cl. Corn. Frangipane, avec\nmusique de Claudio Merulo. En 1585, Andréa Gabrieli écrit les Chœurs dCŒdipe\nroi pour la représentation de la tragédie de Sophocle à Vicence, sur un théâtre\ngrec en bois ; en 1581, Vincenzo Galilei, le père du célèbre savant, publie son\nDialogue de la musique ancienne et moderne ; en 1589, pour le mariage de\nD. Ferdinando Medici et Cristiana de Lorraine, Luca Marenzio, le premier com-\npositeur de Florence, écrit le Combat d'Apollon avec le serpent Python. Dafne est\njouée pendant le carnaval de 1597. Enfin, le 6 octobre 1600, au palais Pitti, on\nreprésente ïEuridice de Rinuccini, pour les noces de Marie de Médicis et\nde Henri IV. Tel est, au dire de la plupart des critiques, le berceau du drame\nlyrique moderne.\nJe ne vois là qu'un changement d'orientation dans le choix des sujets. On puise\ndans la mythologie païenne, au lieu de puiser dans la liturgie catholique, et on\ns'imagine qu'on crée un art nouveau. Mais le changement des sujets ne suffit\npas pour justifier cette illusion.\nOn crée un art aristocratique, un amusement mondain, princier même, des-\ntiné à une brillante élite d'oisifs et de raffinés. On perd le sens religieux du\ndrame ; cela ne suffit pas non plus pour dire qu'un genre nouveau est inventé !\nExaminons les raisons invoquées par les auteurs mêmes qui entretenaient la\ncroyance à une découverte.\nD'abord, au point de vue des ressources mises en œuvre, rien de particulier. Je\nlis dans une étude sur l'opéra (M. R. Rolland), à propos des chœurs de Ga-\nbrieli : « Il faut noter que dès cette partition (1598) il y a des monodies claire-\nment marquées : solo. » Eh quoi ! le so/o, comme le chœur, n'était-il pas employé\ndès le xne siècle ? Mais voici qui touche à une partie plus importante de l'his-\ntoire de la musique.\nPéri et Gaccini, en créant le « style représentatif » et « le drame récitatif »,\nprétendent créer un art simple, naturel, vivant. Ils cherchent la VÉRITÉ 1 Pour y"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.13", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3657, "texte": "arriver, Caccini attache une grande importance aux paroles ; il estime que la\npolyphonie savante ne flatte que 1 oreille : il veut « inventer une sorte de chant\noù lon puisse comme parler en musique ». Dans ses soh, il veut traduire le sens\ndes paroles en émotions musicales : « il est beaucoup plus important de com-\npiendre 1 idée et le texte littéraire, de les sentir et de les exprimer avec goût et\némotion que de savoir le contrepoint », opinion conforme à celle de Berlioz,\nopposée à celle de Mozart (Lettre du 13 oct. 1781) qui veut que la poésie soit la\nfille obéissante de la musique. La beauté spécifique de 1 ceuvre d'art ne vient\nqu'après «l'expression ». Telles sont les idées de Caccini 1601)\net de i école florentine. Caccini donne des exemples d\nd'« esclamazione spintosa», viva,piu viva, etc...\nMêmes tendances chez Péri (préface à l'Euridice de Rinuccini). Il veut, en étu-\ndiant les accents du langage, trouver le style passionné. Il écrit pour Dafne des\nmorceaux inspirés de ces principes. Rinuccini dit à propos de qu'il s'agit\nde « donner la preuve, qui semblait incroyable, que notre musique était capable\nde rehausser les passions du poème ». Il semble, à la première représentation de\nDafne (carnaval de 1597), que le drame lyrique apparaisse pour la première fois ;\non croyait que la musique écrite sur des paroles allait « engendrer l'ennui » ! On\nest tout étonné de constater le contraire. C'est une sorte de révélation ! Monte-\nveide (dans ses lettres de 1633 de 1634) dit qu il a puisé chez les Grecs ce goût\nde la nature et de la vérité.\nIl est facile, d'après ces indications, de voir ce qu'a été exactement le drame\nlyrique des Italiens à lafinduxvie siècle :■ tout simplement, une réaction à l'égard\ndu contrepoint dont on avait abusé et qui avait fini par faire perdre le sentiment\nde la connexité si naturelle de la mélodie et des paroles. La tradition du drame\nen musique s était perdue. Adais cette connexité avait existé avant l'exten-\nsion extrême donnée au contrepoint ; elle était réalisée dans les drames\nliturgiques du moyen âge ! Caccini donne comme une nouveauté des exemples\nde formules mélodiques traduisant l'émotion ; on pourrait aussi bien prendre\ndes exemples dans les « opéras » du xne et du xmc siècle (exclamation sur une\ngamme descendante, pour exprimer le l'effondrement moral du juif\ns'apercevant qu'on a dérobé son trésor ; douleur d'Euphrosine, douleur de\nRachel, etc.).\nToutes les écoles, tous les compositeurs lyriques, tous les musiciens (sauf les\ncontrepointistes purs) ont affiché l'ambition de suivre la nature et de l'exprimer.\nLes mots « nature », « vérité » « simplicité » n'ayant jamais pu être définis d'une\nfaçon satisfaisante et précise, les esthétiques les plus différentes, à toutes les\népoques anciennes et modernes, les ont mis dans leur programme. Il n'est donc\npas possible de prendre au sérieux les déclarations des Italiens de la Renais-\nsance, en matière d'opéra, lorsqu'ils prétendent avoir découvert l'art de traduire\nle sentiment en musique ; ils se réclamaient d'ailleurs d'un modèle inexistant.\nEn revanche, leur parti pris de subordonner la musique aux paroles et à « l'ex-\npression » telle qu'ils l'entendaient, ne fait pas grand honneur à leur concep-\ntion de l'art musical. On s'est demandé comment la musique italienne, après\navoir produit des géants comme Palestrina, comme Gabrieli, avait pu déchoir\nsi sensiblement dans les siècles ultérieurs. Les textes cités plus haut nous font\nvoir la cause: une réaction contre le contrepoint motivée par une découverte\npurement illusoire qui, au point de vue pratique, se bornait à un changement"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.14", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 555, "texte": "dans les sujets traités, à un changement d'acteurs et cle public, enfin à la reprise\nd'un très vieux système (enrichi d'une musique instrumentale précise).\nSans vouloir surfaire mon sujet, je conclurai par les deux propositions sui-\nvantes :\nLe drame lyrique du moyen âge est un genre entièrement constitué ; il con-\ntient tous les éléments du drame lyrique moderne. Quant aux opéras italiens de\nla fin du xvie et du commencement du xvne siècle, il y faut plutôt voir le début\nd'une décadence de la musique italienne.\n\nJULES COMBARIEU,"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c014", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c014", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "201", "image_debut": 14, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.5", "titre_corps": "Documents musicaux.", "titre_sommaire": "Documents musicaux.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.14", "debut_caractere": 557, "fin_caractere_exclue": 610, "texte": "Documents musicaux.\n\nI.— AUTOGRAPHES DE COMPOSITEURS."}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.15", "debut_caractere": 441, "fin_caractere_exclue": 473, "texte": "II.— Lettres inédites de Choron."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c015", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c015", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "195", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.5.1", "titre_corps": "I.— AUTOGRAPHES DE COMPOSITEURS.", "titre_sommaire": "I.— AUTOGRAPHES DE COMPOSITEURS.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.14", "debut_caractere": 578, "fin_caractere_exclue": 610, "texte": "I.— AUTOGRAPHES DE COMPOSITEURS."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c016", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c016", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "194", "page_fin": "195", "image_debut": 14, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.5.1.1", "titre_corps": "M. Noël Charavay, expert en autographes, a fait vendre à l'hôtel Drouot,", "titre_sommaire": "M. Noël Charavay, expert en autographes, a fait vendre à l'hôtel Drouot,", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.14", "debut_caractere": 612, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "M. Noël Charavay, expert en autographes, a fait vendre à l'hôtel Drouot,\npar le ministère de Me Desvouges, commissaire priseur, une réunion de pièces\net lettres autographes de compositeurs et d'auteurs, dont il est assez curieux de\nsignaler la cote. Mentionnons ici les plus intéressantes :\nUn solo de trombone (5 pages), autographe de François Bazin, adjugé à\n10 francs ; une lettre de Boïeldieu, relative à un voyage qu'il effectuait en Italie\nen compagnie de sa femme, 23 francs ; un fragment de la Favorite, « Pour tant\nd'amour ne soyez pas ingrate, » etc , paroles et musique, autographe signé:\nDonizetti, 60 francs ; lettre autographe, en français, de Flotow, l'auteur de\nMartha, où il donne le thème d'un ballet, qu'il a fait représenter le 17 août\n1856, 10 francs ; lettre de Liszt à un collaborateur, précisant la nature du\nlivre qu'il voudrait mettre en musique ; il voudrait un sujet très bien tranché,\nplutôt dans la manière de Byron que dans celle de Walter Scott, d'un genre et\nd'une contexture. Cette lettre a été acquise moyennant 20 francs ; un reçu de\n165 livres, signé par Lully, pour ses gages à cause de sa charge de surinten-\ndant de la musique de la chambre du roi, daté de Paris 15 juillet 1686, a été\npayé 155 francs ; une lettre de Méhul, l'auteur du Chant du départ, à\nM. Valadier, auteur de Cora, par laquelle il sollicite un prêt de cent écus pour\npayer son copiste, auquel il en a promis le paiement dans huit jours; il\nexpose sa situation cruelle et, « connaissant votre cœur, écrit-il, je me tran-\nquillise en vous faisant part de mes inquiétudes », 32 francs.\nUne lettre dePaganini (en français) à Véron, directeur de XOpéra (19 août 1831),\nrelative à l'organisation d'un concert à son bénéfice. Il demande que le roi y\nassiste, que Mme Damoreau y chante, le tout accompagné d'un joli ballet,\n52 francs.\nUne lettre de Reyer à Fétis (Paris, 14 juillet 1869), le félicitant sur son\nHistoire générale de la musique, et s'excusant de ne pas lui offrir une apprécia-\ntion plus digne de son admirable ouvrage, mais les ennuis que lui cause\nl'impossibilité de faire représenter Sigurd lui ôtent, écrit-il, « le peu de moyens\nqu'il aurait été heureux de mettre à son service », 31 francs.\nUne lettre de Rossini, recommandant à M. Robert, du Théâtre-Royal italien,"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.15", "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 439, "texte": "une artiste, la signora Loreto Sergia-Vestris, et un morceau de musique auto-\ngiaphié par le grand compositeur, ont été vendus, ensemble, 125 francs.\nUne intéressante correspondance de Scribe relative au livret de Masquita} dont\nla musique était de Basselot, a fait 13 francs; une lettre de Verdi à Vaez\n(22 juillet 1848), où il le remercie de lui avoir fait connaître le succès de leur\nGerusalemme, 14 francs."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c017", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c017", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "195", "page_fin": "201", "image_debut": 15, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.5.2", "titre_corps": "II.— Lettres inédites de Choron.", "titre_sommaire": "II.— Lettres inédites de Choron.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.15", "debut_caractere": 441, "fin_caractere_exclue": 473, "texte": "II.— Lettres inédites de Choron."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c018", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c018", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "195", "page_fin": "195", "image_debut": 15, "image_fin": 15, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.5.2.1", "titre_corps": "M. Gabriel Vauthier, qui a publié ici même sur Choron des études si documentées, veut bien", "titre_sommaire": "M. Gabriel Vauthier, qui a publié ici même sur Choron des études si documentées, veut bien", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.15", "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "M. Gabriel Vauthier, qui a publié ici même sur Choron des études si documentées, veut bien\nnous communiquer le recueil d'une correspondance inédite où Ton voit l'apôtre du chant choral,\ninfatigable, convaincu, parfaitement désintéressé, parcourir les provinces à la recherche des\njeunes gens bien doués pour le chant et susceptibles d'être envoyés à Paris comme pensionnaires\nde 1 Ecole Choron. Il y a des lettres du Nord, il yen a du Midi. Des premières, nous publions\nquelques spécimens curieux à beaucoup de points de vue.\nParis, le mardi 9 mars 1819.\nRapport à Monsieur le Comte de Pradel, Directeur du Ministère de la Maison du Roi, ayant le\nportefeuille."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c019", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c019", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "195", "page_fin": "198", "image_debut": 15, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.5.2.2", "titre_corps": "MONSIEUR LE COMTE,", "titre_sommaire": "MONSIEUR LE COMTE,", "signature_source": "CHORON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.15", "debut_caractere": 1137, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "MONSIEUR LE COMTE,\nJeudi dernier, 4 de ce mois, lorsque j'eus reçu de V. E. l'autorisation de faire\nles démarches nécessaires pour le recrutement des sujets propres à la régénéra-\ntion des diverses branches du service de la musique de chant, je me retirai chez\nmoi et m'occupai sur-le-champ de faire usage des moyens que vous aviez mis à\nma* disposition. J'écrivis d'abord à Troyes et àLa Roche-Guyon à deux sujets\nqui m'étaient signalés, pour les inviter à se rendre à Paris sans délai ; soit que\nmes lettres ne soient pas parvenues, soit qu'elles n'aient point fait la sensation\nconvenable, elles sont jusqu'à ce moment demeurées sans réponse : résultat\nauquel je m'attendais, connaissant depuis longtemps le peu d'efficacité de ce\nmode de correspondance.\nJaloux d'obtenir des résultats plus prompts et plus avantageux sur un autre\npoint où j'avais des renseignements plus nombreux, je fis au même instant les\npréparatifs de mon départ, et ayant le soir même quitté ma demeure, je partis\nle lendemain à 6 h. par la diligence de Compiègne. Arrivé à Verberie à trois\nlieues en avant de cette ville, je mis pied à terre, et ayant pris un guide, je me\nrendis, à deux lieues de là, chez le sieur Troquet, maître d'école à Béthisy-St-\nMartin, où l'on m'avait annoncé que je trouverais quelques sujets intéressants.\nJe ne dois pas négliger de vous dire que tout le long de la route, j'avais pris à\nchaque pas des informations et que toutes les réponses me reportaient vers ce\nmême point. M'étant donc adressé à cet instituteur pour savoir s'il pourrait me\nprocurer quelque jeune élève propre à former un chanteur, et s'il ne connaissait\npoint notamment un nommé Lesieur, il me répondit que non seulement il pouvait\nme présenter ce jeune sujet, mais qu'il pouvait m'en offrir encore un autre,\nnommé Hémery, dont j'avais également entendu parler. Ces deux élèves, ou-\nvriers dans le village, et dans ce moment occupés à leurs travaux, ayant été"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.16", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3841, "texte": "appelés, je les ai entendus et j'en ai été fort satisfait, je leur ai fait la proposition\nde se rendre à Paris, moyennant le remboursement de leurs frais de route, pour\ny être examinés, et, s'ils en étaient dignes, être admis à recevoir l'instruction,\net par suite être employés conformément à leur talent pour le service de la\nmusique de S. M. Ils ont accepté cette proposition, et d'après nos arrangements,\nils ont dû se mettre en route aujourd'hui pour arriver demain à Paris.\nMes conventions ainsi réglées avec eux, je leur ai demandé si dans les environs\nil n'y avait pas quelque autre sujet réunissant les mêmes conditions et pouvant\nparcourir la même carrière. Us m'ont indiqué un jeune sujet demeurant à une\nlieue de Béthisy, en la commune de Glaignes. J'étais disposé à partir sur-le-\nchamp, mais, comme il était fort tard et que j'étais assez fatigué, j'ai pris le parti\nde remettre au lendemain. En effet, le samedi 6, à 6 h. du matin, je suis allé à\nGlaignes chercher le nommé R. Lefèvre, qui était le sujet désigné. Il était\nabsent. J'ai été obligé de l'envoyer chercher à trois quarts de lieue et de l'atten-\ndre. Il est enfin arrivé au bout de deux heures environ ; je l'ai entendu : j'en ai\nété également assez satisfait, je lui ai fait les mêmes propositions qu'aux précé-\ndents : il a dû partir avec eux et arrivera demain également.\nLes nommés P. Le Sueur, J.-B. Hémery et R. Lefèvre sont trois jolies\nbasses-tailles ; les deux premiers ont de dix-sept à dix-huit ans ; le troisième en\na vingt et un. Tous les trois savent fort bien le plain-chant.\nAprès m'être assuré que le canton ne renfermait plus de sujet digne d'atten-\ntion, je suis reparti à pied pour Compiègne, où je suis arrivé vers 4 h. de l'après-\nmidi. A mon arrivée, je suis allé sur-le-champ trouver un sieur Hénon, chantre\nà la paroisse St-Jacques de Compiègne, qui m'avait été indiqué. C'est un jeune\nhomme de vingt et un ans, d'une grande taille, de voix de basse-contre formi-\ndable et sachant très bien le plain-chant, ayant en outre grande envie d'appren-\ndre la musique. Je l'ai enrôlé sur-le-champ ; il doit venir à la fin de la semaine.\nJe me suis informé de lui s'il y avait dans les environs quelques autres sujets\ncapables de me convenir. 11 m'a d'abord indiqué ceux de Béthisy, mais sur ce\nque je lui ai dit les avoir enrôlés, il m'a indiqué plusieurs autres à Thiescourt,\nvillage situé à six lieues de Compiègne, deux lieues de distance sur la gauche\nde la route de cette ville à Noyon. Désirant avoir de plus amples renseignements,\nje suis allé trouver le Sr Guillaume, ancien musicien de la cathédrale de Troyes,\net présentement chantre à l'église St-Jacques de Compiègne. Celui-ci, dont j'ai\nété on ne peut plus satisfait, outre les sujets de Thiescourt et de Béthisy, m'a\nencore indiqué plusieurs basses-tailles à Remy et à Mareuil, sur la gauche de\nCompiègne, plus une très jolie haute-taille dans un jeune homme de vingt ans\ndomicilié à Blérancourt, sur la droite de la route de Noyon, à quatre lieues dans\nl'intérieur ; enfin, une très belle basse-taille dans un jeune homme de seize ans,\ninstituteur à Autrèches, sur la route de Blérancourt à Compiègne.\nRécapitulant tous ces renseignements, et me guidant à l'aide des cartes géo-\ngraphiques que j'avais apportées, j'ai prié le Sr Guillaume de vouloir bien, dans\nla journée du lendemain dimanche, faire avertir les sujets domiciliés à Remy et\nà Mareuil de se trouver lundi à midi à Compiègne, à l'effet d'être entendus par\nmoi, puis, ayant tracé un itinéraire par Thiescourt, Noyon, Blérancourt et Autrè-\nches, j'ai été louer un cheval, et suis parti le soir même à 6 h. 1/2 pour Ribécourt,\nsitué à quatre lieues de Compiègne. J'ai couché dans ce village, et le lendemain,\nà 6 h., je suis parti pour Thiescourt. J'y suis arrivé à l'heure de la grand'messe,"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.17", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3638, "texte": "et m y étant rendu, j'ai en effet trouvé un chœur garni de voix très vigoureuses.\nParmi ces voix, j'ai distingué deux très belles basses-tailles et une fort bonne\ntaille, mais, ayant observé les sujets, je n'ai pas cru devoir leur faire de proposi-\ntions. ils m ont paru trop âgés; deux d'entre eux sont en outre mariés, et le\ntroisième, qui est célibataire, m'a paru lourd et peu intelligent.\nAprès avoir pris des informations qui ne m'ont rien appris de nouveau, je\nsuis parti pour Noyon, où je suis arrivé à 3 h. Je n ai rien trouvé dans cette ville,\nsinon un dessus assez intéressant, mais, comme ce n'est pas là mon objet, je\nny ai point attaché d importance. Seulement, j'ai pris des renseignements qui\nm'ont paru précieux en ce qu'ils confirmaient tout ce que j'avais précédemment\nappris ou observé : en outre, ils m'ont rappelé ce que je savais depuis long-\ntemps, c'est que je n'étais encore que sur la lisière du pays des belles voix : « c'est\ndu côté d'Amiens, de Péronne, d'Abbeville, dans les Flandres et l'Artois, qu'il\nfaut faire vos recherches, m'ont dit les choristes de la cathédrale de Noyon. 11\nnous vient souvent de ce côté de jeunes paysans qui ont des voix magnifiques,\nqui savent très bien le chant : en vous dirigeant sur ce point, vous trouverez\ntout ce que vous pouvez désirer. »\nJe suis parti de Noyon le dimanche au soir à 6 h., et je suis allé coucher à\nBlérancourt, où je suis arrivé à 9 h. A mon arrivée, je suis allé sur-le-champ à\nla recherche delà haute-contre qui m'était signalée. Malheureusement, il était\nabsent, étant depuis un mois domicilié à Soissons ; c'est, m'a-t-on dit, un très\nbeau jeune, homme de vingt ans, d'une très belle voix, et qui aime beaucoup\nla musique et jouer la comédie. Si je juge ce jeune homme sur ce que j'ai vu de\nsa famille, je pense qu'il peut être en effet un très joli homme ; sur son talent,\nj'aurai au premier jour des renseignements on ne peut plus précis par mon cor-\nrespondant de Soissons, à qui je viens d'écrire pour les obtenir.\nSans la crainte de m'égarer en route et de ne point trouver de gîte, je serais\nparti aussitôt pour Autrèches ; je n'y suis allé que le lendemain matin qui était\nhier lundi 8, et là, j'ai véritablement trouvé un sujet accompli justifiant tous\nles éloges que j'en avais entendu faire dans tout le pays. C'est un jeune homme\nde seize ans, grand, beau, bien fait, ayant une très belle voix, sachant bien le\nchant, rempli de sens et de capacité. Je l'ai pressé autant qu'il m'a été possible,\net lui ai fait les offres les plus avantageuses ; il m'a demandé'huit jours pour me\nfaire réponse.\nRevenu à Compiègne vers 3 h., j'ai entendu plusieurs sujets qui attendaient\nmon retour. J'ai distingué parmi eux un jeune homme on ne peut plus intéres-\nsant, nommé J.-B. Warnier. Il a quinze ans, cinq pieds deux à trois pouces, une\nfigure très agréable, une basse-taille charmante et sait très bien le chant . Je l'ai\nenrôlé ; il sera à Paris la semaine prochaine. Je l'aurais amené avec moi si mon\nlocal et les lits avaient été prêts.\nMme Pain, épouse de l'auteur du vaudeville de qui demeure à Com-\npiègne, m'a présenté un jeune homme de dix-sept ans, de la plus jolie figure\nque l'on puisse voir, ayant une jolie voix de dessus, déjà musicien et jouant très\nagréablement la comédie. Je l'eusse enrôlé, s'il eût eu une voix d'homme.\nJe l'ai engagé à s'adresser à vous ; je pense que ce serait une bonne acquisi-\ntion. 11 se nomme Louis Humblot.\nJe passe sous silence une foule de détails. Je ne parle pas de plusieurs tailles\nou basses-tailles que je n'ai pu rejoindre, et dont tout le monde parle de la\nR. .M. 2"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.18", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1371, "texte": "manière\"la plus avantageuse, je me résumerai en peu de mots et j'observerai\nque le résultat de ce voyage de quatre jours et demi a été la connaissance d'en-\nviron quinze à dix-huit sujets de tous les genres, la plupart véritablement dignes\nd'attention et dont on pourrait se contenter au besoin ; l'acquisition réelle de\ncinq sujets dont deux sont excellents et trois très satisfaisants ; l'espérance d'en\namener sous peu de jours trois autres qui paraissent ou sont même très recom-\nmandables, mais ce qu'il faut apprécier par-dessus tout, la certitude acquise de\npouvoir réussir promptement dans une entreprise jugée impossible de la res-\ntauration du chant.\nD'après ces considérations, je conclus en priant V. E. de vouloir bien :\ni° Me faire délivrer provisoirement les fonds nécessaires pour continuer les\nrecherches si heureusement commencées, et de vouloir bien ordonner la confec-\ntion des lits propres à recevoir les sujets, à mesure que je vais les envoyer ;\n2° De faire mettre sous vos yeux et d'adopter avec les modifications qu'elle\njugera convenables, le projet que j'ai remis dans ses bureaux pour la formation\nd'une école spéciale de chant, toute autre opération étant insignifiante et ne\ndevant aboutir à rien.\nJ'ai l'honneur, etc.\nP. S. Ma dépense totale, pendant ces quatre jours et demi, a été d'environ\n70 francs.\n\nCHORON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c020", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c020", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "198", "page_fin": "201", "image_debut": 18, "image_fin": 21, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.5.2.3", "titre_corps": "AU MÊME", "titre_sommaire": "AU MÊME", "signature_source": "CHORON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.18", "debut_caractere": 1373, "fin_caractere_exclue": 3043, "texte": "AU MÊME\n\nCambrai, le lundi 22 mars 1819.\nMONSIEUR LE COMTE,\nEn attendant la décision de V. E. sur les propositions que j'ai eu l'honneur\nde lui adresser et sur lesquelles un rapport a dû lui être soumis en dernier lieu,\nj'ai repris et continue avec autant de succès, quoique avec moins de rapidité, la\ntournée que j'avais commencée pour le recrutement musical désiré par vous.\nVers le 15 de ce mois, M. Spontini me remit une note par laquelle on donnait\nconnaissance de deux excellents sujets domiciliés à Halles, près Montdidier, nom-\nmés Bourbier, fils de l'instituteur de l'endroit. Désirant éclaircir sans délai ces ren-\nseignements, je partis de Paris le jeudi 28 au soir par le courrier de Valenciennes\net m'arrêtai à Ham, lieu le plus proche de Halles, qui en était à six lieues. Arrivé\nà Ham à 6 heures du matin, le vendredi 19, j'en partis à pied vers 10 heures\nn'ayant pu trouver de cheval, et fus trop heureux de rencontrer une charrette qui\nse dirigeait sur Nesle, à trois lieues de là sur la mêmeroute. J'arrivai à Nesle vers\n2 heures, et, après y avoir fait des recherches qui ne me satisfirent point, mais\nqui me donnèrent de bons renseignements sur les environs, je repartis pour\nHalles, où j'arrivai vers 5 heures. J'y trouvai le sieur Bourbier, qui n'est point\ninstituteur, mais arpenteur. L'instituteur, son beau-frère, nommé Lempereur,\na deux fils dont l'aîné, demeurant avec lui, m'offrit un sujet médiocre de tout\npoint, une voix de basse des plus communes, vingt-deux ans, une petite stature\net unphysique peu avantageux. Son frère cadet, âgé de dix-sept ans, est, au dire\nde tous les gens du pays, un fort beau jeune homme, d'une grande capacité,"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.19", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3846, "texte": "ayant une fort belle voix, et chantant très bien ; mais depuis trois mois, il est\nplacé à Davenescourt, près Montdidier, à plus de trois lieues de Halles, qui est\néloigné de cette dernière ville de plus de cinq lieues. N'ayant pas d'espérance de\nle décider à quitter sa place, le jour étant d'ailleurs trop avancé, j'allai coucher\nà Lihons, situé à une lieue de Halles, où j'avais appris qu'il y avait une très belle\nbasse-taille : j'arrivai à Lihons à l'heure du Salut, vers six heures et demie du\nsoir, et je me rendis à l'église, où je trouvai deux basses-tailles formidables, le\ncuré et le magister. je ne pouvais guère faire de propositions au premier ; celles\nque j'aurais adressées au second n'auraient guère eu plus de succès, car il eût\nfallu quitter femme et enfants. M'étant donc retiré à mon auberge, je me con-\ntentai le lendemain matin d'aller voir ce magister pour en obtenir des rensei-\ngnements, Non seulement il m'en donna de fort bons, mais il fut tenté lui-même\nde s'enrôler sous les drapeaux d'Apollon. Je ne le poussai pas sur ce point, et\ncomme les indications qu'il me donnait m'eussent fait empiéter sur l'ordre de\nmes opérations, je résolus de me reporter à trois lieues en arrière, à Athies, situé\nsur la route de Ham à Péronne, pour en faire le point de départ d'une tournée\ny\nméthodique dans laquelle je comptais balayer tout l'espace du pays comprisentre\nMontdidier, Péronne, Albert, Amiens et Beauvais, locafetafurentibus cantoribus.\nLe choix d'Athies pour point central était déterminé par des avis que j'avais\nreçus la veille à Ham sur la prétendue richesse de ces lieux en voix de fort\ncalibre. J'y arrivai le samedi 20, vers 2 heures, mais, à mon grand désappoin-\ntement. je n'y trouvai qu'un vieux magister, ancien chantre de la collégiale de\nSaint-Quentin, qui ne put me fournir le moindre renseignement, et qui se\nborna à me conseiller d'aller à Saint-Quentin demander à M. Jumentier, ancien\nmaître de chapelle de la collégiale. Pareil avis m'avait été donné à Noyon dans\nmon premier voyage. Quoique je fusse bien certain d'avance que cette démarche\nne me conduirait à rien, du moins immédiatement, je me déterminai à suivre cet\navis, ne fût-ce que pour constater l'inhabileté des musiciens proprement dits à\nseconder mes recherches du genre de celle qui m'occupe.\nJe poursuivis donc ma route pour Saint-Quentin, qui est à cinq lieues d'Athies,\net j'y arrivai à sept heures et demie du soir. En descendant de cheval, je courus\nchez M. Jumentier, qui, comme je l'avais prévu, me dit qu'il n'avait connais-\nsance d'aucune espèce de voix, ni dans la ville ni aux environs, et qu'il fallait\naller du côté d'Amiens et de Beauvais. Aiguillonné par cette réponse, je me mis\nen tête de donner à Monsieur le professeur le démenti de fait le plus formel, et\nde trouver dans la ville et aux environs des voix de la plus belle qualité, et de\nles enlever à sa barbe. Les circonstances me servirent de la manière la plus\nheureuse. En rentrant chez moi, plein de cette noble pensée, je passai devant\nune boutique de coutelier, et j'entendis dans cette boutique trois voix fort agréa-\nbles qui exécutaient avec beaucoup d'ensemble et de goût un trio dans lequel\nse mêlaient des traits assez recherchés et même des passages chromatiques, le\ntout avec accompagnement de coups de marteau et le bruissement d'une meule à\nrepasser. Après avoir écouté quelques instants, j'entre dans la boutique, et,\nayant lié conversation sur la matière du chant et fait beaucoup de compliments\nà Messieurs les artistes d'occasion, j'appris d'eux que le principal ornement de\nleur concert leur manquait à ce moment, et que je le trouverais dans la personne\nd'un savetier du faubourg. Gomme j'étais excédé de fatigue, n'ayant pas séché\ndepuis deux jours que j'avais roulé dans la pluie et la crotte, j'allai me coucher"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.20", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3702, "texte": "en rendant grâces à Dieu de la découverte, et le lendemain, à mon lever, mon\npremier soin fut de me faire conduire chez le gaillard savetier par un des com-\npagnons de la boutique concertante.\nArrivé à son laboratoire, je vis un homme d'environ vingt-cinq ans, taille de\ncinq pieds deux pouces, d'une physionomie agréable et intéressante. L'ayant\nabordé, je l'invitai à venir avec moi au premier endroit qu'il jugerait convenable\npour conférer avec lui d'objets qui pourraient l'intéresser. Il accepta ma propo-\nsition, et me conduisit, à ce que je crois, dans un cabaret voisin, où, tout en vidant\nquelques verres de bière, il me chanta différents airs d'opéras nouveaux, qui me\nsatisfirent autant par la franchise et la netteté de sa voix que par la rondeur,\nl'aplomb et le bon goût avec lequel il les exécuta.\nCet homme, qui se nomme Henri Delmer, est âgé de vingt-six ans. Il a une\nbasse-taille des plus fermes, des plus justes et des plus nettes que l'on puisse\nentendre. De l'intelligence, du goût et de la chaleur. Il est marié et a trois enfants.\nMalgré cette circonstance, je l'ai engagé à se rendre chez moi, à Paris, le 31 de\nce mois, moyennant le remboursement de ses frais de route, la nourriture, l'en-\ntretien, etc. Il ne sait pas une note de musique, mais avec autant d'intelligence\nqu'il paraît en avoir, avec autant de zèle, il ne peut manquer d'aller loin. Le but\nde son voyage est d'aviser aux moyens de tirer parti de son talent, objet sur\nlequel je ne pourrais statuer en ce moment.\nHenri Delmer a, dans toutes les guinguettes et les ateliers de Saint-Quentin,\nune très grande réputation : il la mérite. Il aime beaucoup à chanter, et, quand il\nprend cedivertissement, il amasse autour de lui desq et 500 personnes qu'il amuse\npendant des heures entières, car il paraît infatigable. Pas un professeur de mu-\nsique de Saint-Quentin ne semblait soupçonner son existence. Ils s'en sont sou-\nvenus lorsque je la leurai rappelée. Quelques-uns d'entreeux sontcorrespondants\nde l'Ecole Royale. Voilà, il faut l'avouer, une correspondance bien servie.\nNon content d'avoir mis la ville à contribution, je voulais avoir un échantillon\nde la campagne. A cet effet, j'allai trouver un vieux chantre, maître de plain-\nchant [à la collégiale, et, lui ayant demandé quelques renseignements, j'obtins\nde lui la connaissance d'un jeune homme domicilié à Gricourt, à cinq quarts de\nlieue de Saint-Quentin. Je m'y rendis sur-le-champ, et, y étant arrivé au milieu\nde la messe, je reconnus bientôt mon sujet à la vigueur de ses poumons et au\nvolume de sa voix. C'est un jeune homme de vingt ans, nommé Wartel, fils\ndu maître d'école du lieu. Sa voix, qui a le diapason d'une taille, a le corps et le\nvolume d'une basse-taille : c'est un concordant. Il se rendra à Paris le 15 avril,\nétant nécessaire à sa paroisse pour les fêtes de Pâques.\nCes arrangements étant achevés, mon premier plan me ramenait dans la\ncampagne d'Amiens, que j'avais effleurée les jours précédents. Pour y rentrer\npar un point différent, et par là augmenter mes ressources, je devais me porter\nà Péronne, et, en procédant méthodiquement, j'étais assuré de faire en peu de\njours une moisson abondante. Le seul village de Pertain, situé sur la route de\nRoye à Péronne, et que j'avais traversé en venant à Athies, samedi dernier, ren-\nferme, m'a-t-on dit, de quoi équiper deux lutrins ; malgré cela, quelques\nréflexions m'ont fait modifier ce plan. Je remarquais que, dans toutes ces tour-\nnées, je ne trouvais absolument que des basses-tailles, ou des tailles qui en\navaient le caractère, que beaucoup de sujets qui m'étaient indiqués étant établis,\nj'aurais peut-être de la difficulté à les détacher."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.21", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1836, "texte": "Jai donc jueé à propos, pour opéierplus à mon aise, de donner plus d'ampli-\ntu e à mes opérations, et de parcourir en premier lieu le circuit que je réservais\npour la fin de ma tournée. En outre, la route directe de Saint-Quentin à Péronne\nétant presque impraticable, il fallait passer par Cambrai ; de Cambrai à Douai,\nil ny a que cinq lieues ; de Douai à Lille, six ou sept. Cette nouvelle direction\nm cartant peu du centre de mes recherches, j'ai résolu de la prendre. Je suis\nvenu ce matin lundi 28, à Cambrai ; j'irai de là à Lille, d'où je reviendrai à\nronne par Arras et Bapaume, et, après avoir circulé dans l'espace précédem-\nment în iqué, je m échapperai sur Fécamp, pour y reconnaître une superbe\nasse taille qui m est depuis longtemps signalée, et reviendrai à Paris par Rouen\net par Evreux, ou j ai quelques tailles à examiner.\nDès mon arrivée à Cambrai, vers midi, j'ai couru à la cathédrale, et j'ai re-\ncueilli plusieurs renseignements. On m'a offert une basse-taille médiocre, de\ndix-sept ans, dont je n'ai point voulu, une superbe haute-contre, qui, vérifica-\ntion faite, s est trouvée être un contralto puéril qui a oublié de muer. Mais des\nrenseignements beaucoup plus probables m'indiquent à deux lieues d'ici, dans\nâge stourmel, un sieui Joseph, âgé de dix-sept ans, grand garçon de\ncinq pieds sept à huit pouces, ayant une belle basse-taille et sachant bien son\nc ant Demain, je me propose d'aller rendre visite audit Joseph, d'Estourmel, et\nd employer pendant toute la journée un cheval à parcourir les environs.\nmon arrivée a Amiens, je rendrai compte àV. E du résultat de la visite\nque j aurai faite aux Académies de musique de Douai et de Lille, et du succès\ne ma tournée dans la campagne d Amiens, dont j'attends les fruits les plus\nheureux. r\nJ'ai l'honneur d'être, etc.\n\nCHORON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c022", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c022", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "202", "page_fin": "204", "image_debut": 22, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.6", "titre_corps": "Exécutions récentes.— Informations.", "titre_sommaire": "Exécutions récentes.— Informations.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.22", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 3129, "texte": "Exécutions récentes.— Informations.\n\n« SOLANGE ». REPRISE DE « PHRYNÉ ». —La Solange de MM. Aderer et\nSalvayre semble bien engagée dans la voie du succès. Dans le dernier numéro\nde la Revue musicale, je n'ai pu noter qu'une impression d'ensemble, toute favo-\nrable. Après une seconde audition, j'aurais à peine, çà et là, quelques chicanes\nà instituer. D'une façon générale, la musique manque un peu d'unité ; la\n« façon », d'ailleurs riche et très adroite, y paraît plus importante que l'étoffe.\nAu 2e acte, je voudrais un quintette bouffe, ou un sextuor un vrai I chanté\npar ces bons Allemands qui apprennent le français. L'ouverture me semble\ntoujours peu cohérente et surchargée; ne finit-elle pas deux fois? Elle traîne\nparfois, visiblement. Peut-être n'est-elle pas bien utile... Mais l'ensemble est\ncharmant, et le public est empressé. C'est l'essentiel.\nAu Trianon lyrique, reprise excellente de la Phryné, d'Augé de Lassus et de\nC. Saint-Saëns, précédée du délicieux Amour médecin, de Poise. Au début de\nPhryné, il y eut dans le public un moment d'hésitation et d'équivoque, produit\npeut-être par le jeu exubérant et un peu trop appuyé du chanteur qui jouait le\nrôle de Dicéphile : certains auditeurs se demandaient s'ils étaient en présence\nd'une opérette inoffensive ou d'une comédie lyrique... Bientôt on s'est senti\nengagé dans une voie charmante, difficile peut-être à définir ce qui est d'ail-\nleurs parfaitement inutile! mais pleine d'agrément, d'esprit et d'ingéniosité.\nM. Augé de Lassus a fait des prodiges d'adresse et de talent pour adapter à la\nscène l'histoire de Phryné désarmant ses juges par le spectacle de sa beauté.\nJ'admire la musique sans réserve. Elle a la grâce et la netteté de construction du\npur art classique : c'est à la fois simple et solide, malicieux et très amusant\n(voir la partie de basson au premier acte), très coloré sans empâtement instru-\nmental, jamais une mesure où l'intérêt faiblisse, et partout une maîtrise supé-\nrieure avec une grande légèreté de main. Soirée exquise qui repose de beaucoup\nd'autres! Malgré une mise en scène rudimentaire et une chorégraphie peu\nantique, l'interprétation est fort satisfaisante.\n\nLA MUSIQUE ET LA RENAISSANCE DE L'INCONSCIENT. La vie inconsciente est\naussi importante et aussi riche, dans le moi intérieur, que la vie consciente. Par\ndéfinition, elle est insaisissable directement. Mais la musique est une création\ninconsciente de l'esprit ; à ce titre, l'analyse des ouvrages de musique peut être\nconsidérée comme un moyen indirect de connaître l'inconscient. Telle est la\nthèse qu'a brillamment soutenue M. Bazaillas, et que M. J. Roger Charbonnel\nreprend dans cette élégante brochure. L'idée est ingénieuse, mais ne conduit\npas bien loin. M. Ch. ne donne, en style d'ailleurs très brillant, que des varia-\ntions du thème et des broderies. Rien de précis et de net. L'auteur ne paraît\npas connaître la musique. Comme exemple de musique pure, ne faisant\npas appel « aux facultés de représentation », il cite la IXE Symphonie de\nBeethoven, en ignorant, semble-t-il, que X Hymne à la joie est de Schiller."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.23", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "THÉÂTRE DE MONTE-CARLO. Chaque reprise de la Vie de Bohème est\nassurée du succès le plus indiscuté :la musique-de M. Puccini, très vivante,\ntoujours mélodique, est de celles dont le public ne se lasse pas. Cette année,\ncomme l'an passé, M. Raoul Gunsbourg fut bien inspiré en maintenant la Vie de\nBohème au répertoire de l'Opéra de Monte Carlo.\nL'interprétation en fut absolument belle, avec M. Rousselière, plus en voix\nque jamais, M. Gilly, baryton, M. Chaliapine, grand artiste en tous ses rôles et\nadmirable Colline, M. Chalmin (rôle de Schaunard), et M. Lini-Corsi (Benoist\nde comique plantureux).\nMimi, c'était Mlle Bessie Abott, tout à fait exquise ; Mlle Spennert fut une\nmalicieuse et très brillante Musetta. L'orchestre, sous la direction de maestro\nPomé, a remarquablement nuancé l'exécution de cette musique captivante.\nDans la représentation de la Tosca ont été applaudis :\nMlle Chenal, belle voix chaude et caressante, très étendue, avec une parfaite\nhomogénéité ; M. Anselmi, M. Gilly (Scarpia). Avec ces trois protagonistes,\nl'œuvre est allée aux nues.\nParmi les rôles de second plan, tous très bien tenus, il faut citer à part\nM. Pini-Corsi (rôle du sacristain) et M. Chalmin (rôle de l'agent Spoletta).\n—La Roussalka, de Dargomysky, a remporté un très vif succès. La beauté\ndu poème de Pouchkine, la richesse mélodique et la vie dramatique de la par-\ntition du célèbre maître russe ont soulevé l'enthousiasme du public.\nL'interprétation fut admirable ; MmeFélia Litvinne fut longuement acclamée.\nM. Chaliapine, d'un tragique superbe, fut le héros de la soirée.\nVifs applaudissements aussi pour le délicieux ténor M. Smirnoff, et pour\nles merveilleux danseurs russes Mlle Préobrajenskaia et M. Kiachscht.\nL'orchestre était dirigé par M. Léon Jehin.\n\nLA PASSION SELON SAINT MATTHIEU, DE J.-S. BACH. L'exécution de la Passion\nselon saint Matthieu, de Bach, ayant pleinement réussi, la Schola cantorum don-\nnera une nouvelle audition intégrale de ce chef-d'œuvre, à la salle Gaveau, le\nmercredi saint 7 avril ; ire partie, à 4 h. 1/2, 2e partie à 9 h. Soli, chœurs et\norchestre de la Schola (200 exécutants), sous la direction de M. V. d'lndy. A\nl'orgue, le maître Alex. Guilmant.\nPlaces de 2 à 8 fr. Les personnes prenant des billets à 5 fr. pour les deux\nconcerts auront droit à une remise de 25 °/Q, celles désirant des places à7et 8 fr.\nprofiteront de 35 %• Billets à la salle, chez Durand, Grus et à l'agence\nE. Demets, 2, rue de Louvois.\nComme on le voit, cette coupure en deux bien difficile à éviter ! ménage\nles forces du public. C'est le même système qu'à l'Opéra lors de la première\ndu Crépuscule, le buffet en moins, ainsi que le dîner à 15 fr. (sans le vin).\nMM. d'lndy et Guilmant ont droit à la gratitude de tous les musiciens 1\n\nHARPE CHROMATIQUE. A la salle Pleyel, les séances de musique ancienne\net moderne pour harpe chromatique continuent à attirer un public, des plus élê-"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.24", "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 1244, "texte": "gants. Nous ne saurions donner une meilleure idée de leurintérêt qu'en publiant\nle programme du concert qui aura lieu le 2 avril, à 4 h. 1/4 :\n1. Deux Pièces en Concert . J.-PH. RAMEAU (1683-1724)\nA La Livri B La Timide\nHarpe et Sextuor à Cordes\nMlle Jeanne DALLIÈS\nSextuor à Cordes sous la direction de M. P. LE FLEM\n2. A Fugue en ré majeur. . KIRNBERGER (1721-1783)\nB Andante PARADISI (1710-1792)\nc Presto ROLLE (1718-1785)\nMlle Jeanne DALLIÈS\n3. Gavotte et Menuet de la Sonate N° 4 J -M. LECLAIR (1697-1764)\nEn ré majeur\nPiano, Violon et Violoncelle\nMi es j. CHABAULT,\nWanda et Marguerite ZIÉLINSKA\n4. A Petite Pièce en forme d'Etude P.-L. HILLEMACHER\nB Chanson de Guillot Martin, air populaire du\nxvie siècle, harmonisé par A. PÉRILHOU\nMlle Jeanne DALLIÈS\n5. A Lamento . H DUPARC\nB L'Etranger à la Mer) VINCENT D'INDY\nM»® Fanny MALNORY\naccompagnée par Mlle J. CHABAULT\n6. Tableaux de Voyage (Nos 7et 8) VINCENT D'INDY\nA Halte au Soir. B Fête de Village\nMUe Jeanne DALLIÈS\n7. Chanson Perpétuelle E. CHAUSSON\nMlle Fanny MALNORY\navec accompagnement de Piano et double Quatuor à Cordes\nsous la direction de M P. LE FLEM\nPiano : Mlle J CHABAULT"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c023", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c023", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "202", "page_fin": "202", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.6.1", "titre_corps": "« SOLANGE ». REPRISE DE « PHRYNÉ ». —La Solange de MM. Aderer et", "titre_sommaire": "« SOLANGE ». REPRISE DE « PHRYNÉ ». —La Solange de MM. Aderer et", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.22", "debut_caractere": 72, "fin_caractere_exclue": 2203, "texte": "« SOLANGE ». REPRISE DE « PHRYNÉ ». —La Solange de MM. Aderer et\nSalvayre semble bien engagée dans la voie du succès. Dans le dernier numéro\nde la Revue musicale, je n'ai pu noter qu'une impression d'ensemble, toute favo-\nrable. Après une seconde audition, j'aurais à peine, çà et là, quelques chicanes\nà instituer. D'une façon générale, la musique manque un peu d'unité ; la\n« façon », d'ailleurs riche et très adroite, y paraît plus importante que l'étoffe.\nAu 2e acte, je voudrais un quintette bouffe, ou un sextuor un vrai I chanté\npar ces bons Allemands qui apprennent le français. L'ouverture me semble\ntoujours peu cohérente et surchargée; ne finit-elle pas deux fois? Elle traîne\nparfois, visiblement. Peut-être n'est-elle pas bien utile... Mais l'ensemble est\ncharmant, et le public est empressé. C'est l'essentiel.\nAu Trianon lyrique, reprise excellente de la Phryné, d'Augé de Lassus et de\nC. Saint-Saëns, précédée du délicieux Amour médecin, de Poise. Au début de\nPhryné, il y eut dans le public un moment d'hésitation et d'équivoque, produit\npeut-être par le jeu exubérant et un peu trop appuyé du chanteur qui jouait le\nrôle de Dicéphile : certains auditeurs se demandaient s'ils étaient en présence\nd'une opérette inoffensive ou d'une comédie lyrique... Bientôt on s'est senti\nengagé dans une voie charmante, difficile peut-être à définir ce qui est d'ail-\nleurs parfaitement inutile! mais pleine d'agrément, d'esprit et d'ingéniosité.\nM. Augé de Lassus a fait des prodiges d'adresse et de talent pour adapter à la\nscène l'histoire de Phryné désarmant ses juges par le spectacle de sa beauté.\nJ'admire la musique sans réserve. Elle a la grâce et la netteté de construction du\npur art classique : c'est à la fois simple et solide, malicieux et très amusant\n(voir la partie de basson au premier acte), très coloré sans empâtement instru-\nmental, jamais une mesure où l'intérêt faiblisse, et partout une maîtrise supé-\nrieure avec une grande légèreté de main. Soirée exquise qui repose de beaucoup\nd'autres! Malgré une mise en scène rudimentaire et une chorégraphie peu\nantique, l'interprétation est fort satisfaisante."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c024", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c024", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "202", "page_fin": "202", "image_debut": 22, "image_fin": 22, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.6.2", "titre_corps": "LA MUSIQUE ET LA RENAISSANCE DE L'INCONSCIENT. La vie inconsciente est", "titre_sommaire": "LA MUSIQUE ET LA RENAISSANCE DE L'INCONSCIENT. La vie inconsciente est", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.22", "debut_caractere": 2205, "fin_caractere_exclue": 3129, "texte": "LA MUSIQUE ET LA RENAISSANCE DE L'INCONSCIENT. La vie inconsciente est\naussi importante et aussi riche, dans le moi intérieur, que la vie consciente. Par\ndéfinition, elle est insaisissable directement. Mais la musique est une création\ninconsciente de l'esprit ; à ce titre, l'analyse des ouvrages de musique peut être\nconsidérée comme un moyen indirect de connaître l'inconscient. Telle est la\nthèse qu'a brillamment soutenue M. Bazaillas, et que M. J. Roger Charbonnel\nreprend dans cette élégante brochure. L'idée est ingénieuse, mais ne conduit\npas bien loin. M. Ch. ne donne, en style d'ailleurs très brillant, que des varia-\ntions du thème et des broderies. Rien de précis et de net. L'auteur ne paraît\npas connaître la musique. Comme exemple de musique pure, ne faisant\npas appel « aux facultés de représentation », il cite la IXE Symphonie de\nBeethoven, en ignorant, semble-t-il, que X Hymne à la joie est de Schiller."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c025", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c025", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "203", "page_fin": "203", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.6.3", "titre_corps": "THÉÂTRE DE MONTE-CARLO. Chaque reprise de la Vie de Bohème est", "titre_sommaire": "THÉÂTRE DE MONTE-CARLO. Chaque reprise de la Vie de Bohème est", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.23", "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "THÉÂTRE DE MONTE-CARLO. Chaque reprise de la Vie de Bohème est\nassurée du succès le plus indiscuté :la musique-de M. Puccini, très vivante,\ntoujours mélodique, est de celles dont le public ne se lasse pas. Cette année,\ncomme l'an passé, M. Raoul Gunsbourg fut bien inspiré en maintenant la Vie de\nBohème au répertoire de l'Opéra de Monte Carlo.\nL'interprétation en fut absolument belle, avec M. Rousselière, plus en voix\nque jamais, M. Gilly, baryton, M. Chaliapine, grand artiste en tous ses rôles et\nadmirable Colline, M. Chalmin (rôle de Schaunard), et M. Lini-Corsi (Benoist\nde comique plantureux).\nMimi, c'était Mlle Bessie Abott, tout à fait exquise ; Mlle Spennert fut une\nmalicieuse et très brillante Musetta. L'orchestre, sous la direction de maestro\nPomé, a remarquablement nuancé l'exécution de cette musique captivante.\nDans la représentation de la Tosca ont été applaudis :\nMlle Chenal, belle voix chaude et caressante, très étendue, avec une parfaite\nhomogénéité ; M. Anselmi, M. Gilly (Scarpia). Avec ces trois protagonistes,\nl'œuvre est allée aux nues.\nParmi les rôles de second plan, tous très bien tenus, il faut citer à part\nM. Pini-Corsi (rôle du sacristain) et M. Chalmin (rôle de l'agent Spoletta).\n—La Roussalka, de Dargomysky, a remporté un très vif succès. La beauté\ndu poème de Pouchkine, la richesse mélodique et la vie dramatique de la par-\ntition du célèbre maître russe ont soulevé l'enthousiasme du public.\nL'interprétation fut admirable ; MmeFélia Litvinne fut longuement acclamée.\nM. Chaliapine, d'un tragique superbe, fut le héros de la soirée.\nVifs applaudissements aussi pour le délicieux ténor M. Smirnoff, et pour\nles merveilleux danseurs russes Mlle Préobrajenskaia et M. Kiachscht.\nL'orchestre était dirigé par M. Léon Jehin."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c026", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c026", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "203", "page_fin": "203", "image_debut": 23, "image_fin": 23, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.6.4", "titre_corps": "LA PASSION SELON SAINT MATTHIEU, DE J.-S. BACH. L'exécution de la Passion", "titre_sommaire": "LA PASSION SELON SAINT MATTHIEU, DE J.-S. BACH. L'exécution de la Passion", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.23", "debut_caractere": 1802, "fin_caractere_exclue": 2792, "texte": "LA PASSION SELON SAINT MATTHIEU, DE J.-S. BACH. L'exécution de la Passion\nselon saint Matthieu, de Bach, ayant pleinement réussi, la Schola cantorum don-\nnera une nouvelle audition intégrale de ce chef-d'œuvre, à la salle Gaveau, le\nmercredi saint 7 avril ; ire partie, à 4 h. 1/2, 2e partie à 9 h. Soli, chœurs et\norchestre de la Schola (200 exécutants), sous la direction de M. V. d'lndy. A\nl'orgue, le maître Alex. Guilmant.\nPlaces de 2 à 8 fr. Les personnes prenant des billets à 5 fr. pour les deux\nconcerts auront droit à une remise de 25 °/Q, celles désirant des places à7et 8 fr.\nprofiteront de 35 %• Billets à la salle, chez Durand, Grus et à l'agence\nE. Demets, 2, rue de Louvois.\nComme on le voit, cette coupure en deux bien difficile à éviter ! ménage\nles forces du public. C'est le même système qu'à l'Opéra lors de la première\ndu Crépuscule, le buffet en moins, ainsi que le dîner à 15 fr. (sans le vin).\nMM. d'lndy et Guilmant ont droit à la gratitude de tous les musiciens 1"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-01-01-c027", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-01_01#c027", "volume": "bmtnabj_1909-04-01_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "203", "page_fin": "204", "image_debut": 23, "image_fin": 24, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.2.6.5", "titre_corps": "HARPE CHROMATIQUE. A la salle Pleyel, les séances de musique ancienne", "titre_sommaire": "HARPE CHROMATIQUE. A la salle Pleyel, les séances de musique ancienne", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.23", "debut_caractere": 2794, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "HARPE CHROMATIQUE. A la salle Pleyel, les séances de musique ancienne\net moderne pour harpe chromatique continuent à attirer un public, des plus élê-"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.24", "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 1244, "texte": "gants. Nous ne saurions donner une meilleure idée de leurintérêt qu'en publiant\nle programme du concert qui aura lieu le 2 avril, à 4 h. 1/4 :\n1. Deux Pièces en Concert . J.-PH. RAMEAU (1683-1724)\nA La Livri B La Timide\nHarpe et Sextuor à Cordes\nMlle Jeanne DALLIÈS\nSextuor à Cordes sous la direction de M. P. LE FLEM\n2. A Fugue en ré majeur. . KIRNBERGER (1721-1783)\nB Andante PARADISI (1710-1792)\nc Presto ROLLE (1718-1785)\nMlle Jeanne DALLIÈS\n3. Gavotte et Menuet de la Sonate N° 4 J -M. LECLAIR (1697-1764)\nEn ré majeur\nPiano, Violon et Violoncelle\nMi es j. CHABAULT,\nWanda et Marguerite ZIÉLINSKA\n4. A Petite Pièce en forme d'Etude P.-L. HILLEMACHER\nB Chanson de Guillot Martin, air populaire du\nxvie siècle, harmonisé par A. PÉRILHOU\nMlle Jeanne DALLIÈS\n5. A Lamento . H DUPARC\nB L'Etranger à la Mer) VINCENT D'INDY\nM»® Fanny MALNORY\naccompagnée par Mlle J. CHABAULT\n6. Tableaux de Voyage (Nos 7et 8) VINCENT D'INDY\nA Halte au Soir. B Fête de Village\nMUe Jeanne DALLIÈS\n7. Chanson Perpétuelle E. CHAUSSON\nMlle Fanny MALNORY\navec accompagnement de Piano et double Quatuor à Cordes\nsous la direction de M P. LE FLEM\nPiano : Mlle J CHABAULT"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "181", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\n(Honorée d'une souscription du Ministère de l'instruction publique.)\nN° 7 (neuvième année)\nler Avril\n1909\nR. M.\nI\n\nLe public.\n\nLe public n'est pas musicien. Axiome qu'il faudrait poser au début de toute\nentreprise musicale I\nDimanche dernier, en sortant de la salle du Châtelet où M. Gabriel Pierné\nvenait de diriger les admirables Béatitudes de César Franck, j'entendais deux\nMessieurs très bien échanger leurs impressions :\nC'est une musique très jolie (sic), mais un peu monotone, parce qu elle\nmanque de mélodie !\nJe me rappelle qu'à l'Opéra de Vienne, un soir de septembre 1882, nous étions\nsur le point, L. et moi, de prendre un fauteuil au guichet, pour la Gôtterdàmme-\nrung. Tout à coup, comme il arrive souvent là-bas, changement de spectacle. On\nannonce : Flick und Flock, ballet en cinq actes. Naturellement, nous nous reti-\nrons ; mais voilà qu'on nous dit de plusieurs côtés: « Ne vous en allez pas î\nFlick und Flock, c'est bien plus beau !... »\nLe public n'est pas musicien. A l'Opéra, il n'a presque jamais écouté une\nouverture. Ce qu'il aime, c'est la musique littéraire, la symphonie à programme,\nle Désert ou la Marche hongroise ; il ne va pas plus loin. Et encore I Mes deux\namateurs de dimanche dernier, pour qui C. Franck « manque de mélodie », me\nrappellent le mot de Gluck dans l'épître dédicatoire de Paris et Hélène : « sous\nprétexte qu'ils ont des yeux et des oreilles, n'importe de quelle espèce, certains\nhommes se croient en droit de juger des beaux-arts ! »\nC'est le public notre public, hélas ! qui faisait dire à Mozart écrivant à\nson père (lettre du ler mai 1778) :« Je suis parmi des bêtes brutes, quant àla\nmusique. »\nC'est le public qui appela Gluck « le grand hurleur », Mozart « un barbare\nromantique », Méhul « le tapageur », et Beethoven « un sauvage » dont la\nmusique « n?est pas de la vraie science, mais de la savante ignorance »(1 )...\n\n(î) Dictionnaire de musique de VEncyclopédie métho., 1818, article Sonate."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "182", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.2", "texte": "EXECUTIONS ET PUBLICATIONS RECENTES\n\nLe public ne comprend rien àla vraie musique. Est-ce à dire qu'on en peut\nprofiter pour abuser de lui, pour bluffer, pour chercher de faciles succès person-\nnels? Non ;ily a un autre point de vue. Si le public n'est pas musicien, songeons\nqu'il y a chez lui un très sincère désir de devenir musicien; et il faut diriger\ncette tendance.\nOn dit dans la Louise de Charpentier : les ouvriers aspirent à être des bour-\ngeois ; les bourgeois, à être des artistes ; les artistes, à être des dieux î\nJe dirai, en parodiant cette parole :\nLes sourds-musicaux veulent être pris pour des amateurs « adorant »la\nmusique ; les amateurs aspirent à être de vrais connaisseurs, et les connaisseurs\nrêvent de composer.\nTous ceux qui parlent et qui écrivent devraient avoir pour but de favoriser le\npassage du deuxième au troisième degré de cette échelle ; tous ceux qui se ser-\nvent du papier à portées devraient être des éducateurs —et se résigner àla\npatience !\n\nJ.C.\n\nThéâtres officiels\n\nA l'Opéra et à TOpéra-Comique, peu de changement dans la situation. Voici\nle bilan du dernier mois.\n\nOpéra.\nRecettes détaillées du 16 février au 15 mars 1909.\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\nl7\nfévr. 1909\nArmide.\nGluck.\n13.399 39\nl9\n—\nSigurd.\nReyer.\n19.579 33\n2 0\n—\nMonna Vanna. — Javotte.\nH. Février. — Saint-\n9.653 ))\nSaëns.\n22\n—\nArmide.\nGluck.\n14.867 45\n24\n—\nFaust.\nGounod.\n1.5.682 39\n26\n—•\nMonna Vanna. — Javotte.\nH. Février. — Saint-\n1 5 471 33\nSaëns.\n27\n—\nSigurd.\nReyer.\n11.891 »\nl er\nmars\nFaust.\nGounod.\ni5.56o 45\n3\n—\nSigurd.\nReyer.\n12.887 89\n5\n—\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n16.100 83\n6\n—\nLohengrin.\nR. Wagner.\n11.639 5o\n8\n—\nMonna Vanna. — Javotte.\nH. Février. — Saint-\n14.872 95\nSaëns.\n1 10\n—\nRigoletto. — Coppélia.\nVerdi. — L. Delibes.\n15.067 3q\n12\n—\nSigurd.\nReyer.\n15.893 33\ni3\n■—\nSamson et Dalila. — Javotte.\nSaint-Saëns.\n12.507 »\n15\nRoméo et Juliette.\nGounod.\n13.111 45"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "183", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.3", "texte": "EXÉCUTIONS ET PUBLICATIONS RÉCENTES\n\nOpéra-Comique.\nReceltes détaillées du 16 février au 15 mars 1909.\n\nLa fugue.\n\nLe sujet et le contre-sujet dans la fugue à deux sujets. — Plan général* — Plan\nadopte dans la fugue de M, P01 san van Peyschoot. ( V. /s Supplément du présent\nnuméro.)\nEn publiant une fugue vocale dans notre Supplément, nous ne songeons pas à enrichir d'un\nmorceau de salon le répertoire des pianistes ; nous voulions une œuvre sérieuse, rappelant à\nplusieurs de nos lecteurs des notions essentielles qu'ils ont peut-être oubliées. Nous nous som-\nmes adressés, pour cette composition, à un maître éprouvé. Fils d'un musicien que feu Gevaert\nappréciait hautement, professeur très estimé dans une grande Ecole où il a déjà formé de bons\nélèves, auteur d'un grand nombre de compositions remarquables, M. Dorsan van Reyschoot nous\n\nDATES\nPIÈCES REPRÉSENTÉES\nAUTEURS\nRECETTES\n16 févr. 1909\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n<1\nb\noc\nl7\n■—\nWerther.\nMassenet.\n9.202 ))\n9.685 5o\n18\n—.\nLa Tosca.\nPuccini.\n•9\n—\nCarmen.\nBizet.\n8.419 5o\n9.576 5o\n20\n—\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n21\n— matin.\nManon.\nMassenet.\n8.634 5o\n— soirée.\nSânga.\n1. de Lara.\n7.456 5o\n22\n— matin.\nOrphée.\nGluck.\n3.584 5o\n— soirée.\nLouise.\nG. Charpentier.\n6.069 5o\n2 3\n— matin.\nSapho.\nMassenet.\n7.898 5o\n— soirée.\nCarmen.\nBizet.\n/ «y\n0.769 5o\n24\n—\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n4.972 »\n2 5\n— matin.\nLe Jongleur de Notre-Dame. —\nMassenet. — R. La»\n— soirée.\nLa Habanera.\nWerther.\nparra.\nMassenet.\n2.799 5o\nQ. 1 18 5o\n26\n—\nManon.\nMassenet.\n4.644 »\n27\n—\nCarmen.\nBizet,\n9.86 3 16\n5.355 »\n28\n— matin.\nLa Vie de Bohème. —Les Noces\nde Jeannette.\nPuccini. —V. Massé.\n— soirée.\nLa Tosca. . ,\nPuccini.\n6.907 »\n3.651 5o\ner\nmars 1909\nPhilémon et Baucis. — Caval-\nGounod. — Mascagni.\nier ia Rusticana.\n2\n—\nCarmen.\nBizet.\n6.817 5o\n3\n—\nSapho.\nMassenet.\n/\n7.793 5o\n4\n—\nCarmen.\nBizet.\n9.764 5o\n5\n—\nManon.\nMassenet.\n3.512 »\n6\n—-\nMadame Butterfly.\nPuccini.\n9.902 5o\n7\n— malin.\nOrphée.\nGluck.\n7-O5O 5O\n8\n— soirée.\nWerther.\nMassenet.\n7.026 5o\n—\nMignon.\nA. Thomas.\n4.547 »\n9\n—\nManon.\nMassenet.\n9.863 5o\n10\n—\nSolange.\nG. Salvayre.\n1.259 5o\n( 1\n— matin.\nPelléas et Mélisande.\nDebussy.\n4.075 »\n— soirée.\nSolange.\nG. Salvayre.\n7.955 5o\n12\n—\nLa Tosca.\nPuccini.\n9 429 5o\n13\n■—\nSolange.\nG. Salvayre.\n8.995 16\n14\n— matin.\nWerther. — Les Noces de\nJeannette.\nMassenet.—V. Massé.\n9.125 5o\n— soirée.\nCarmen.\nBizet.\n7.281 5o\n15\nLakmè.\nL. Delibes.\n4.146 5o"}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "184", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.4", "texte": "EXÉCUTIONS ET PUBLICATIONS RÉCENTES\nv\n\na bien envoyé ce que nous désirions, et la Revue musicale len remercie vivement. Pour que\nceux qui ne sont pas encore familiers avec la fugue n'aient plus aucune excuse, 1 auteur lui-\nmême, sur notre désir, a bien voulu marquer ci-dessous le plan de son travail. La R. M.\nLe contre-sujet, construit en contrepoint double avec le sujet qu'il accompagne\ntoujours, et qui par conséquent doit être renversable, doit trancher nettement\navec ce dernier, tout en présentant un intérêt à peu près égal :\n\\\nLe thème doit, à sa seconde entrée, être reporté à la quinte. Si le sujet donné\nva de la dominante à la tonique, une mutation apportée à la réponse permet à\ncette dernière d entrer, —par une note appartenant à l'accord de tonique, au\nmoment où le sujet termine. Si le sujet va de la tonique à la tonique, on prépare\nla réponse, qui cette fois se fait sans mutation, par une coda de transition\nvers le ton de la dominante.\nLe plan, en général. Les règles ne sont pas inflexibles (i). Le développe-\nment peut être plus étendu que l'exposition ; la rentrée et la conclusion ont à\nelles deux des proportions sensiblement pareilles à celles de l'exposition. Seuls\nles divertissements commençant et terminant le développement peuvent avoir de\nl'étendue. Viennent ensuite, par ordre d'importance : ceux qui relient les diffé-\nrentes entrées du développement, et celui qui mène de la 4e àla 5e entrée de\nl'exposition ; quant à celui qui ramène la tonalité initiale entre la 2e et la\n3e entrée, il faut qu'il soit extrêmement court.\nPlan adopté pour la fugue qui est publiée dans le Supplément. En voici\nl'analyse précise :\nExposition : mesures 1, 2et 3. Sujet au Ténor,\n4, 5, 6. Réponse à Y Alto, contre-sujet au\nTénor.\n7. Court épisode ramenant la tonalité\ninitiale.\n8, 9 10. Sujet au Soprano, contre-sujet à l'Alto.\n11, 12, 13. Réponse à la Basse.\n• 14 à 17. Divertissement empruntant son rythme\nau contre-sujet.\n18, 19, 20. Sujet au Ténor, contre-sujet à la\nBasse.\n21. Coda concluant l'exposition.\n\n(i) Les quelques considérations générales qui suivent n'ont donc pas la portée de règles\nimmuables."}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "185", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.5", "texte": "EXÉCUTIONS ET PUBLICATIONS RÉCENTES\n\nDéveloppement : mesures 22 à 27. Divertissement tiré du rythme du\ncontre-sujet.\n28, 29 et 30. Sujet à Y Alto, contre-sujet au Ténor\nv (dans le ton relatif).\n31 333. Épisode de transition.\n34- 35? 36. Sujet au Soprano, contre-sujet à\nl'Alto, dans le mode majeur du\n3e degré (en rapport de quinte avec\nle précédent).\n37,38. Épisode de transition sur le rythme du\ncontre-sujet.\n~~ 39i4°i41- Sujet àla Basse, contre-sujet au Soprano\ndans le mode mineur du VIIe degré\n(en rapport de quinte avec le précé-\ndent).\n42. Épisode de transition.\n—■ 43, 44, 45. Sujet au Ténor, contre-sujet àla Basse,\ndans le mode majeur du IIe degré\n(en rapport de relatif avec le précé-\ndent).\n46 à 50. Divertissement-épisode de transition\nsur le rythme du contre-sujet.\n51, 52, 53. Sujet à Y Alto, contre-sujet au Soprano,\ndans le mode mineur du IVe degré\n(cette modulation réservée comme\ndernière, le caractère essentiellement\nmobile du 4e degré réclamant au\nplus tôt le sentiment de la tonalité\nprincipale).\n54 à 58. Divertissement-épisode menant vers\nla rentrée. Au cours de ce divertisse-\nment une fausse rentrée 'mesure 57).\nRentrée : mesures 59, 60, 61. Sujet au Soprano. Ici le contre-sujet se\ntrouve remplacé par un schéma\nrythmique nouveau, appelé à renou-\nveler l'intérêt.\n62 à 66. Divertissement sur le schéma rythmi-\nque nouveau.\nStrette : mesure 67. Entrée de la Strette par la Réponse à\nla Basse.\nPédale : mesure 68. Sujet au Ténor sur Pédale.\n- 69. Réponse kYAlto.\n70. Sujet au Soprano.\n71, 72. Progression tonale d'un fragment du\nsujet.\n73 74. Progression réunissant les rythmes\nprimordiaux.\n75. Épisode préparant la conclusion."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "186", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.6", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nConclusion : mesures 76 à 82. Conclusion en forme de choral ; le\nsujet par augmentation.\nCette analyse permettra de se rendre exactement compte d'un travail qui ne\ncherche pas à être une œuvre d'expression, mais où il ne faut voir qu'une\n« somme » des exercices d'école que tout bon musicien doit connaître.\n\nDORSAN VAN REYSCHOOT,\nProfesseur d'harmonie et contrepoint\nau conservatoire de Gand.\n\nCOURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nHistoire du théâtre lyrique\n\nLE DRAME LYRIQUE AU MOYEN AGE\n\n[suite)\n(0-\nDans mes analyses antérieures, j'ai suivi un plan déterminé par l'importance\ndes dogmes : les prophéties, la naissance du Christ, sa vie, sa mort, sa résur-\nrection ; les miracles des saints. Je voudrais aujourd'hui varier le point de vue\net essayer de situer ces œuvres dans l'ensemble de l'histoire musicale.\nLes pièces désignées par le terme général de « drame liturgique », assez\nheureusement créé par Danjou, se répartissent sur trois siècles, le xie, le xne et\nle xme. Elles nous ont été conservées, texte littéraire et musique, par sept\nmanuscrits principaux, dont un, aujourd'hui à Orléans, a une importance\ncapitale :\nxie siècle : manuscrit provenant de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges,\naujourd'hui à la Bibliothèque nationale. Il contient les deux plus anciennes\npièces : les Vierges sages et les Vierges folles \\ les Prophètes.\nxiie siècle: 3 manuscrits: a) celui de la bibliothèque de Tours : la Résurrection ;\nb) le manuscrit, aujourd'hui à Padoue, ayant appartenu à la cathédrale de\nBeauvais \\ Daniel \\ c) le manuscrit provenant de l'abbaye de Saint Benoît-sur-\nLoire, aujourd'hui à Orléans, et qui est la source la plus riche ; il contient : les\nFilles dotées, les Trois clercs, le Juif volé, le Filsde Gédron, l Adoration des Mages,\nle Massacre des Innocents, les Saintes Femmes au Tombeau, f Apparition àEmmaus,\nla Conversion de saint Paul, la Résurrection de Lazare.\nxnie siècle :a) le manuscrit Biot (Bibliothèque nationale) : les Pasteurs, les\nTrois Rois, la Nuit de Pâques ; b) le manuscrit d'Origny Sainte-Benoîte, aujour-\nd'hui à Saint-Quentin, les Trois Maries.\nxive siècle : manuscrit de Cividale (Italie) : VAnnonciation, la Complainte des\n\n(1) Leçon ayant servi de conclusion à la première partie des cours du jeudi [Histoire du théâtre\nlyrique)."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "187", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.7", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ntrois Maries, le Sépulcre, le Jour de la Résurrection. Cette liste comprend un\nsimple choix, dù, en partie, au hasard des circonstances qui nous ont conservé\ncertains monuments. Il est bien entendu aussi que la représentation de tels\ndrames se rattache à des usages antérieurs aux copies qui en ont été faites, et\nque la date d une pièce ne saurait être identifiée avec l'âge du manuscrit qui la\ncontient. '\nDans ces compositions nous avons trouvé, à des degrés différents, tout ce\nqui est nécessaire à la constitution d'un drame lyrique. En rappelant leurs\ncaractères essentiels, je les rapprocherai du théâtre grec et du théâtre moderne\n(celui de la Renaissance, à la fin du xvie et au commencement du xvne siècle).\nEntre les deux, notre moyen âge a été un peu négligé ; il convient de marquer sa\nplace et sa valeur exactes.\nI\nLe théâtre lyrique du moyen âge est, à certains égards, beaucoup plus près du\nthéâtre grec que du théâtre moderne.\nLe premier et le second ont des origines toutes religieuses. En ce qui concerne\nles Grecs, nous n'avons plus les pièces de lapériode initiale, où poésie et musique\nétaient unies à la religion non plus par des souvenirs, des usages et des tendances\ngénérales (comme au temps d'Eschyle et de Sophocle), mais par une attache\nprécise avec le culte. Pour le moyen âge, nous sommes plus heureux : nous\nconnaissons fort bien la période initiale ; nous pouvons suivre l'évolution du\ndrame lyrique depuis le moment où il s'ébauche dans les rites de l'Église,\njusqu'au moment où il s'en détache pour être un « jeu » (Indus). Rapprocher les\ndeux théâtres, grec et médiéval, c'est un peu comparer un adulte ou un homme\nfait avec un enfant; ils ne sont pas de même taille ; la comparaison, néanmoins,\npeut être faite, car tous deux ont grandi suivant les mêmes lois et passé par les\nmêmes phases d'existence ; les caractères essentiels sont les mêmes.\nRéserve faite de certaines différences profondes, que je n'ai pas besoin de rap-\npeler, les analogies sont les suivantes :\nio La tragédie grecque a pour origine un culte organisé, celui de Dionysos.\nElle s'est d'abord consacrée à « imiter » les légendes de cette divinité ; puis,\nelle s'est attachée à représenter d'autres dieux ; enfin, dans une période qui est\ndéjà « moderne », elle est « descendue du ciel sur la terre », comme on l'a dit en\nparlant de Sophocle : elle a eu l'idée tardive de peindre des hommes.\nIdentique a été l'évolution de notre théâtre. Il est sorti des cérémonies pra-\ntiquées dans l'Église et n'a été d'abord qu'une extension des rites où se matéria-\nlisait la foi dans ladivinité du Christ. C'est là qu'il faut voir ses vraies origines. Sa\npremière fonction a été de commémorer l'annonce, la vie miraculeuse, la résur-\nrection du Christ et d' « imiter » tous ces dogmes ; puis il s'est attaché aux\nsaints ; enfin, et très tard, après s'être engagé dans mille voies romanesques\nil prendra contact avec la vie réelle.\nCette double origine, identique de nature, est digne de réflexion. Ni l'un ni\nl'autre art dramatique ne débute par l'observation de la vie réelle, mais par la\nlégende ou par le dogme. Il en est de même en sculpture. On commence par\nreprésenter exclusivement des dieux ; bien longtemps après, on songe à faire"}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "188", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.8", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ndes portraits. L'art primitif, dans tous les domaines, est au service de la religion ;\nen dehors d'elle, son emploi eût paru inutile ou inconvenant lorsqu'on voulait\nfaire œuvre sérieuse. Le manuscrit d'Origny Sainte-Benoîte, pour ne rappeler\nque ce texte, contient un (( ordinaire du service divin » où l'on voit que les prin-\ncipales fêtes de l'année liturgique donnaient lieu à des « actions » et que, par\nexemple, le drame des Trois Maries était une partie intégrante des fêtes de\nPâques.\n2° Les tragédies grecques étaient jouées au cours de grandes fêtes nationales\net religieuses : aux Lénéennes (mois de gamélion, janvier-février) ; aux grandes\nDionysies (mars-avril). De même nous savons que nos drames étaient joués\ndans des circonstances équivalentes : les Pasteurs, dans la nuit de la Nativité;\nles Trois Rois, le jour de l'Epiphanie ; /'Annonciation, le jour de la fête du même\nnom ; le Jour de la Résurrection, aux matines de Pâques, etc...\n3° Les acteurs du drame grec s'appelaient o\\ NEPT TOV Aiovuaov TSYVÏXAT, «les ar-\ntistes qui entourent Dionysos ». Les acteurs du moyen âge auraient pu s'appeler\naussi bien : ceux qui entourent le Christ. Ce sont des chanoines, des diacres,\ndes sous-diacres, des chantres de la Schola, des enfants de chœur. De part et\nd'autre, les rôles de femmes sont tenus par des hommes.\n4° Avant de jouer une pièce d'Eschyle et d'ouvrir le concours où elle figurait,\nil y avait une cérémonie exclusivement religieuse (Ouata, xaôap-atov) dans le sanc-\ntuaire même de Dionysos (sv T(p tsptp), puis un cortège (x&goç). Nous savons\nqu'en grande pompe on portait la statue de Dionysos dans le théâtre. De même,\nchez nous, comme nous l'apprend le Processional de Cividale, il n'est pas rare\nque la représentation commence par un cortège chantant un répons, se continue\npar un arrêt du cortège et se termine par une messe solennelle célébrée dans\nl'église. L'office de jour ou de nuit qui précède le « jeu » est l'équivalent du\nTrpoaycov sv x-?j tspot Tjptipa dont parle Eschine [in Ctes., 67). L'exécution finale du\nTe Deum est comme un sceau, une sorte de signature à la fin de la plupart des\npièces.\n50 Le centre du théâtre grec, le point autour duquel évoluaient les choreutes,\net même (selon Dôrpfeld) les acteurs, c'est l'autel de Dionysos, la thvmèlé. De\nmême, le point initial d'où part et auquel revient le drame liturgique, c'est\nl'autel principal du chœur.\n6° Musicalement et pratiquement, le drame grec est sorti du lyrisme, du dithy-\nrambe en l'honneur de Dionysos. 11 y a d abord un.chœur, avec un chef; puis ce\ngroupe homogène se différencie : le chœur persiste, garde même une place pré-\npondérante dans les œuvres les plus anciennes ; mais, à côté de lui, il y a ceux\nqui agissent, les « acteurs ». Les formes du théâtre d'Eschyle sont toutes lyri-\nques ; les couples de strophes et d'antistrophes en sont la caractéristique essen-\ntielle. Quelque chose d'analogue semble s'être produit dans le drame liturgique.\nLe drame des Trois Clercs ne contient qu'une seule strophe dont la mélodie se\nrépète, sur des paroles et avec des personnages différents, d'un bout à l'autre de\nl'œuvre. Il semble avoir été composé sur le modèle d'une chanson où l'identité\nrythmique des couplets produit celle des phrases musicales. Le drame des Cinq\nFilles dotées a une structure musicale analogue : il se compose de deux phrases\nrépétées sur des textes de même rythme, encadrées dans un morceau initial et\nun chant rituel pour finir. Dans telle autre pièce [les Pasteurs) tous les chants\nsont des chœurs (il y en a 10), sauf le solo de l'ange annonçant la naissance du"}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "189", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.9", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nSauveur, et celui des deux clercs. A la suite, on peut mettre les pièces où la mu-\nsique, plus souple, change selon les personnages et les situations.\n7° Varia. D'autres particularités imposent à l'esprit du lecteur le souvenir des\ndrames grecs. Nous avons des pièces avec prologue et sans prologue. Il y a des\nscènes où le dialogue s'établit entre un soliste et un groupe de chanteurs (par\nexemple, dialogue d'Euphrosine et des consolatrices dans le Fils de Gédron), ce\nqui est fréquent dans Eschyle et Sophocle. Il y a telle pièce qui n'est qu'un\nlong thrène (les Trois Maries). Les auteurs de ces livrets latins pour lesquels\nles humanistes n'auraient pas assez d'admiration si les mêmes choses étaient\nécrites en grec du ve siècle. connaissaient d'ailleurs (quelques-uns, au moins)\nleurs classiques, pas seulement Virgile et Horace. Il y a telles scènes de Daniel\noù le chœur, dominant l'action, la juge et en dégage le sens en introduisant des\nidées générales à la façon de Sophocle. Il y a jusqu'à certaines formes de\nstyle qui partiellement, je ne veux rien exagérer î rappellent la manière\nantique. Une des trois Maries parle ainsi du Christ :\nMun d a car o\nMundo car a\nCur in cru ci s\nAres ara ?\nDe telles allitérations qui ne sont pas de la grande poésie sont fréquentes\ndans Eschyle et pourraient être rattachées, si nous pensons à l'autre antipode\nde l'art, aux livrets de R. Wagner.\nVoilà, je crois, des analogies appuyées sur des faits certains. Sans nul doute, il\ny a une distance entre le théâtre d'Epidaure et la chapelle d'un monastère, entre\nla démocratie grecque et les « fidèles » ou le clergé du moyen âge, entre le\ngénie d'un Eschyle et celui de l'anonyme qui a rédigé le naïf livret des Prophètes,\nentre le paganisme et l'Eglise ! Mais, en somme, ici et là, l'humanité fait les\nmêmes gestes. Après avoir eu la terreur du divin, elle rend le divin pour ainsi\ndire familier ; elle « joue » avec lui, en gardant la même gravité. Des deux\ncôtés, il y a œuvre de sentiment et d'imagination, besoin égal de s'assurer,\npar le spectacle direct, que les dieux sont des personnes vivantes et que les\ndogmes ne sont pas une illusion.\nII\nConsidéré en lui-même, le drame liturgique du moyen âge a la valeur exquise\nde Fart primitif ; gauche et un peu raide, maladroit, cela va sans dire, dans\nl'emploi de certains procédés d'exécution, un peu figé dans la tradition, pauvre\nen ressources, mais très expressif, à sa manière, naïvement sincère, et déjà\nriche de beaucoup d'idées embryonnaires qui plus tard auront leur dévelop-\npement. Il nous fournit les premiers spécimens du drame symbolique (les\nVierges sages etles Vierges folles), du mélodrame avec enlèvement et retour final\nd'un enfant [le Fils de Gédron), du drame à grand spectacle (Danielj, de la\nféerie (pièces sur les miracles de saint Nicolas) ; enfin il est représenté par une\ntrès jolie comédie lyrique, le Juif volé, de forme littéraire très soignée, originale,\npiquante, où la musique et les paroles sont également curieuses. On peut donc"}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "190", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.10", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\ndire que tous les genres y sont en germe ; la terreur et la pitié, la fantaisie, le\nrire et les larmes ne lui sont pas étrangers.\nJ'ai dit que les auteurs de ces pièces n'inventaient rien. Gela est vrai pour le\nfonds du sujet et ses traits essentiels. On se borne à mettre en action un récit de\nla Bible, dont le texte est déjà passé dans la liturgie et a déjà inspiré les arts du\ndessin en illustrant des vitraux, en provoquant des statues, des bas-reliefs, des\nmonuments plastiques de toute sorte; mais des réserves doivent atténuer, au\nmoment où je termine mes analyses, cette première impression. Dans le détail,\nil y a beaucoup de choses inventées, beaucoup de souvenirs de la littérature\nprofane (fili, me ce magna pars animas, dit Euphrosine en pleurant son fils), et\nmême de jolies pages entières qui sont une création personnelle de l'auteur,\nmoine ou scolar, comme la scène si colorée, et d'un réalisme charmant, où les\nMaries discutent avec « le marchand » le prix des parfums qu'elles veulent\nacheter pour le Christ.\nLes deux monologues du Juif sont dignes de Plaute, de Larivey et de Molière.\n11 en est de même de la musique. Elle est souvent originale. L'influence du\nchant de l'Eglise y est visible, mais nullement exclusive d'un style plus souple\net plus expressif. L'emploi uniforme du plain-chant eût été peu compatible avec\n1 idée même du drame. Sans doute, ces livrets ont une psychologie très :som-\nmaire, quelquefois nulle : l'auteur veut amener le spectacle de certains faits\nconnus, et ne se préoccupe pas toujours de les motiver ; il ignore l'art des pré-\nparations, lequel, pour nous, est tout l'art du théâtre. Il veut cependant exprimer,\nçà et là, certaines émotions qu'ignorent les mélodies rituelles : la colère, la haine,\nla crainte, la douleur matern-e11e... Aussi sommes-nous en présence d'un style\nnouveau. Il y a des morceaux, tels que le chœur des princes autour de Balthazar,\ndans Daniel, dont on peut affirmer qu'ils ont l'allure et le caractère grégoriens.\nAilleurs (et dans la même pièce, par exemple) apparaît la musique mesurée.\nLa notation elle-même nous en avertit. Par ce côté, le drame échappe à l'in-\nfluence de la liturgie qui 1 aurait maintenu entre des limites musicales infran-\nchissables ; il est œuvre d invention ; il contient un germe susceptible de déve-\nloppements indéfinis. Je ne vais pas néanmoins jusqu'à croire, avec Danjou et de\nCoussemaker, que telle monodie, conservée par le manuscrit de Beauvais,\nappartenait à une composition polyphonique, dont les autres parties, « écrites\nsans doute sur des feuilles volantes », sont aujourd'hui perdues. Le mot con-\nductus les a trompés. Ce mot a bien un sens musical : il a désigné un chant\nmultiple où les voix font des consonances diverses (multiplex consonus canins qui\netiam secundarias recipit consonantias, dit Jérôme de Moravie). Mais il n'a pas\nperdu pour cela son sens usuel, pas plus qu'aujourd'hui les mots clé, note,\nsoupir, mesure, etc...; et comme ce mot signifie usuellement « cortège » et qu'on\nne le trouve que là où précisément un grand cortège est indiqué (cortège de la\nreine, cortège de Darius, cortège de Daniel, etc...), il est impossible de suivre\nDanjou qui, en 1848, ne se bornait pas seulement à voir de la polyphonie dans\nles « conduits » de Daniel, mais généralisait au point dedire que « les chœurs»,\ntous les chœurs, « étaient chantés à plusieurs parties » et que « l'harmonie ou\ncontrepoint s improvisait comme ce qu'on a appelé depuis chant sur le livre, et\nétaient déterminés par des règles certaines». De Coussemaker, bien qu'il con-\nsidère la musique des 22 drames qu'il a publiés comme du plain-chant, ce\nqui m'a paru inexact— et bien qu'il paraisse avoir le vague pressentiment d'une"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "191", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.11", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nerreur, n a pas rejeté cette opinion. L'hypothèse des « feuilles volantes » per-\ndues est de lui. S'il était besoin d insister, je citerais des textes où le mot conduc-\ntus, ou conduit (ce qui est tout un), signifie bien cortège :\nJusques la vous ferai conduit.\n(xne s. Roman de Thèbes.)\nLe grand soulas et le déduit\nou Dieus nous maint par son conduit.\n(xiie s. Raoul de Houdenc, Songe de paradis.)\nSi bailla on bon conduit a aler avec lui dusques en son païs (début du xme s.,\nrécit de la croisade de Constantinople par Robert de Clary).\n... ut quocumque pergere vellef, eorum conductu cum pace iret ac rediret (in\nVita S. Willibaldi, Wegweiser de Potthast.)\nMême réduite à la monodie mesurée, sauf exception, cette musique est adaptée\naux idées et aux sentiments, autant que le lui permettent les ressources de l'art\nprimitif. Nous en avons vu un exemple un peu bizarre dans le Fils de Gédron :\nles ministres de Marmorinus, le roi, l'enfant, sa mère Euphrosine, les conso-\nlatrices, tous les personnages ont chacun une mélodie propre, qui les caractérise\net qu'ils chantent dans toutes les scènes. Le leitmotiv wagnérien ne va pas jus-\nque-là, et il a raison.\nIl y avait une musique instrumentale, au moins en certains drames. Ainsi les\nsatrapes qui apportent les vases sacrés à Balthazar, au milieu de l'orgie païenne,\nchantent : « qu'on fasse entendre les cithares ! qu'on frappe dans les mains, ci-\ntharizent, plaudant manus) mille sonent modis » trait curieux, indiquant un\nsouci très net de la couleur locale dans une scène où on veut reproduire les\nmœurs de l'Orient. Darius fait son entrée triomphale au milieu des instruments\nà cordes. Les rubriques ne permettent pas de voir là une simple image litté-\nraire. Rien ne subsiste, malheureusement, de cette musique instrumentale.\nPeut-être était-elle ad libitum.\nQue manque-t-il donc pour que ces œuvres nous apparaissent comme étant\nde vrais drames lyriques ? Les décors ? Il y en a plutôt surabondance et étalage\nexcessif, puisque, dès le début de la pièce, et en une fois, on exhibe, et on juxta*\npose, au mépris des distances, tous ceux qui seront nécessaires à l'action. Les\ncostumes ? Ils sont indiqués avec la plus grande précision ; ainsi, dans Y Appari-\ntion à Emmaùs, le Christ doit avoir une tenue de pèlerin, un bâton avec une mu-\nsette sur l'épaule, et marcher pieds nus ; ailleurs, il doit apparaître en aube\nrouge, couronné d'un diadème et portant la barbe, la croix en main (office du\nsépulcre). Alors même que les détails font défaut, les rubriques disent que le rôle\ndoit être joué in similitudinem du personnage biblique. Est-ce le « jeu » des acteurs\nqui fait défaut ?Il y a une pièce, la Complainte des trois Maries, où chaque vers\nest accompagné d'une note indiquant l'attitude que le personnage doit prendre\net le geste qui convient (désigner le Christ, désigner l'autel ou l'assistance, em-\nbrasser Madeleine, se mettre à genoux, etc...).\nTout cela forme un drame lyrique parfaitement constitué. Je serai donc auto-\nrisé à relever, en terminant, une erreur encore courante dans l'histoire de la\nmusique."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "192", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.12", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\nIII\nOn dit : l'opéra moderne est sorti, en Italie, d'un chimérique effort pourimiter\nl'art grec. Il convient de remettre au point ce jugement. Tout d'abord, comment\nles Italiens, dans leurs opéras, auraient-ils pu imiter les Grecs dont la musique\nest perdue ? où auraient-ils pris leurs modèles ?\nIl est parfaitement exact qu'au moment de la Renaissance, les Italiens ont eu\nun goût très vif pour les choses grecques et en général se sont inspirés des Grecs\ndans certaines compositions. Les musiciens n'ont fait que céder au mouvement\ngénéral qui entraînait tous les esprits cultivés, même pour la théorie musicale.\nDès les dix dernières années du xve siècle, à Venise (de 1491 à 1499), on imprime\nles cinq livres De musica, où Boèce a transmis à l'Occident une partie de la doc-\ntrine musicale des Grecs, et Georges Valla (1498) traduit en latin l'introduction\nharmonique d'Euclide. En 1.562, Gogavino del Grave traduit en latin Aristoxène,\nPtolémée, des fragments d'Aristote. Rien de tout cela ne compte, en matière\nd'opéra î Cependant, un mouvement néo-grec se dessine, marqué par des dates\nimportantes :\nEn 1574, la Seigneurie de Venise fait représenter devant Henri 111, dans la\nsalle du grand conseil, une Tragédie à Cantique, de Cl. Corn. Frangipane, avec\nmusique de Claudio Merulo. En 1585, Andréa Gabrieli écrit les Chœurs dCŒdipe\nroi pour la représentation de la tragédie de Sophocle à Vicence, sur un théâtre\ngrec en bois ; en 1581, Vincenzo Galilei, le père du célèbre savant, publie son\nDialogue de la musique ancienne et moderne ; en 1589, pour le mariage de\nD. Ferdinando Medici et Cristiana de Lorraine, Luca Marenzio, le premier com-\npositeur de Florence, écrit le Combat d'Apollon avec le serpent Python. Dafne est\njouée pendant le carnaval de 1597. Enfin, le 6 octobre 1600, au palais Pitti, on\nreprésente ïEuridice de Rinuccini, pour les noces de Marie de Médicis et\nde Henri IV. Tel est, au dire de la plupart des critiques, le berceau du drame\nlyrique moderne.\nJe ne vois là qu'un changement d'orientation dans le choix des sujets. On puise\ndans la mythologie païenne, au lieu de puiser dans la liturgie catholique, et on\ns'imagine qu'on crée un art nouveau. Mais le changement des sujets ne suffit\npas pour justifier cette illusion.\nOn crée un art aristocratique, un amusement mondain, princier même, des-\ntiné à une brillante élite d'oisifs et de raffinés. On perd le sens religieux du\ndrame ; cela ne suffit pas non plus pour dire qu'un genre nouveau est inventé !\nExaminons les raisons invoquées par les auteurs mêmes qui entretenaient la\ncroyance à une découverte.\nD'abord, au point de vue des ressources mises en œuvre, rien de particulier. Je\nlis dans une étude sur l'opéra (M. R. Rolland), à propos des chœurs de Ga-\nbrieli : « Il faut noter que dès cette partition (1598) il y a des monodies claire-\nment marquées : solo. » Eh quoi ! le so/o, comme le chœur, n'était-il pas employé\ndès le xne siècle ? Mais voici qui touche à une partie plus importante de l'his-\ntoire de la musique.\nPéri et Gaccini, en créant le « style représentatif » et « le drame récitatif »,\nprétendent créer un art simple, naturel, vivant. Ils cherchent la VÉRITÉ 1 Pour y"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "193", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.13", "texte": "COURS DU COLLÈGE DE FRANCE\n\narriver, Caccini attache une grande importance aux paroles ; il estime que la\npolyphonie savante ne flatte que 1 oreille : il veut « inventer une sorte de chant\noù lon puisse comme parler en musique ». Dans ses soh, il veut traduire le sens\ndes paroles en émotions musicales : « il est beaucoup plus important de com-\npiendre 1 idée et le texte littéraire, de les sentir et de les exprimer avec goût et\némotion que de savoir le contrepoint », opinion conforme à celle de Berlioz,\nopposée à celle de Mozart (Lettre du 13 oct. 1781) qui veut que la poésie soit la\nfille obéissante de la musique. La beauté spécifique de 1 ceuvre d'art ne vient\nqu'après «l'expression ». Telles sont les idées de Caccini 1601)\net de i école florentine. Caccini donne des exemples d\nd'« esclamazione spintosa», viva,piu viva, etc...\nMêmes tendances chez Péri (préface à l'Euridice de Rinuccini). Il veut, en étu-\ndiant les accents du langage, trouver le style passionné. Il écrit pour Dafne des\nmorceaux inspirés de ces principes. Rinuccini dit à propos de qu'il s'agit\nde « donner la preuve, qui semblait incroyable, que notre musique était capable\nde rehausser les passions du poème ». Il semble, à la première représentation de\nDafne (carnaval de 1597), que le drame lyrique apparaisse pour la première fois ;\non croyait que la musique écrite sur des paroles allait « engendrer l'ennui » ! On\nest tout étonné de constater le contraire. C'est une sorte de révélation ! Monte-\nveide (dans ses lettres de 1633 de 1634) dit qu il a puisé chez les Grecs ce goût\nde la nature et de la vérité.\nIl est facile, d'après ces indications, de voir ce qu'a été exactement le drame\nlyrique des Italiens à lafinduxvie siècle :■ tout simplement, une réaction à l'égard\ndu contrepoint dont on avait abusé et qui avait fini par faire perdre le sentiment\nde la connexité si naturelle de la mélodie et des paroles. La tradition du drame\nen musique s était perdue. Adais cette connexité avait existé avant l'exten-\nsion extrême donnée au contrepoint ; elle était réalisée dans les drames\nliturgiques du moyen âge ! Caccini donne comme une nouveauté des exemples\nde formules mélodiques traduisant l'émotion ; on pourrait aussi bien prendre\ndes exemples dans les « opéras » du xne et du xmc siècle (exclamation sur une\ngamme descendante, pour exprimer le l'effondrement moral du juif\ns'apercevant qu'on a dérobé son trésor ; douleur d'Euphrosine, douleur de\nRachel, etc.).\nToutes les écoles, tous les compositeurs lyriques, tous les musiciens (sauf les\ncontrepointistes purs) ont affiché l'ambition de suivre la nature et de l'exprimer.\nLes mots « nature », « vérité » « simplicité » n'ayant jamais pu être définis d'une\nfaçon satisfaisante et précise, les esthétiques les plus différentes, à toutes les\népoques anciennes et modernes, les ont mis dans leur programme. Il n'est donc\npas possible de prendre au sérieux les déclarations des Italiens de la Renais-\nsance, en matière d'opéra, lorsqu'ils prétendent avoir découvert l'art de traduire\nle sentiment en musique ; ils se réclamaient d'ailleurs d'un modèle inexistant.\nEn revanche, leur parti pris de subordonner la musique aux paroles et à « l'ex-\npression » telle qu'ils l'entendaient, ne fait pas grand honneur à leur concep-\ntion de l'art musical. On s'est demandé comment la musique italienne, après\navoir produit des géants comme Palestrina, comme Gabrieli, avait pu déchoir\nsi sensiblement dans les siècles ultérieurs. Les textes cités plus haut nous font\nvoir la cause: une réaction contre le contrepoint motivée par une découverte\npurement illusoire qui, au point de vue pratique, se bornait à un changement"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "194", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.14", "texte": "DOCUMENTS MUSICAUX\n\ndans les sujets traités, à un changement d'acteurs et cle public, enfin à la reprise\nd'un très vieux système (enrichi d'une musique instrumentale précise).\nSans vouloir surfaire mon sujet, je conclurai par les deux propositions sui-\nvantes :\nLe drame lyrique du moyen âge est un genre entièrement constitué ; il con-\ntient tous les éléments du drame lyrique moderne. Quant aux opéras italiens de\nla fin du xvie et du commencement du xvne siècle, il y faut plutôt voir le début\nd'une décadence de la musique italienne.\n\nJULES COMBARIEU,\n\nDocuments musicaux.\n\nI.— AUTOGRAPHES DE COMPOSITEURS.\n\nM. Noël Charavay, expert en autographes, a fait vendre à l'hôtel Drouot,\npar le ministère de Me Desvouges, commissaire priseur, une réunion de pièces\net lettres autographes de compositeurs et d'auteurs, dont il est assez curieux de\nsignaler la cote. Mentionnons ici les plus intéressantes :\nUn solo de trombone (5 pages), autographe de François Bazin, adjugé à\n10 francs ; une lettre de Boïeldieu, relative à un voyage qu'il effectuait en Italie\nen compagnie de sa femme, 23 francs ; un fragment de la Favorite, « Pour tant\nd'amour ne soyez pas ingrate, » etc , paroles et musique, autographe signé:\nDonizetti, 60 francs ; lettre autographe, en français, de Flotow, l'auteur de\nMartha, où il donne le thème d'un ballet, qu'il a fait représenter le 17 août\n1856, 10 francs ; lettre de Liszt à un collaborateur, précisant la nature du\nlivre qu'il voudrait mettre en musique ; il voudrait un sujet très bien tranché,\nplutôt dans la manière de Byron que dans celle de Walter Scott, d'un genre et\nd'une contexture. Cette lettre a été acquise moyennant 20 francs ; un reçu de\n165 livres, signé par Lully, pour ses gages à cause de sa charge de surinten-\ndant de la musique de la chambre du roi, daté de Paris 15 juillet 1686, a été\npayé 155 francs ; une lettre de Méhul, l'auteur du Chant du départ, à\nM. Valadier, auteur de Cora, par laquelle il sollicite un prêt de cent écus pour\npayer son copiste, auquel il en a promis le paiement dans huit jours; il\nexpose sa situation cruelle et, « connaissant votre cœur, écrit-il, je me tran-\nquillise en vous faisant part de mes inquiétudes », 32 francs.\nUne lettre dePaganini (en français) à Véron, directeur de XOpéra (19 août 1831),\nrelative à l'organisation d'un concert à son bénéfice. Il demande que le roi y\nassiste, que Mme Damoreau y chante, le tout accompagné d'un joli ballet,\n52 francs.\nUne lettre de Reyer à Fétis (Paris, 14 juillet 1869), le félicitant sur son\nHistoire générale de la musique, et s'excusant de ne pas lui offrir une apprécia-\ntion plus digne de son admirable ouvrage, mais les ennuis que lui cause\nl'impossibilité de faire représenter Sigurd lui ôtent, écrit-il, « le peu de moyens\nqu'il aurait été heureux de mettre à son service », 31 francs.\nUne lettre de Rossini, recommandant à M. Robert, du Théâtre-Royal italien,"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "195", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.15", "texte": "LETTRES INEDITES DE CIIORON\n\nune artiste, la signora Loreto Sergia-Vestris, et un morceau de musique auto-\ngiaphié par le grand compositeur, ont été vendus, ensemble, 125 francs.\nUne intéressante correspondance de Scribe relative au livret de Masquita} dont\nla musique était de Basselot, a fait 13 francs; une lettre de Verdi à Vaez\n(22 juillet 1848), où il le remercie de lui avoir fait connaître le succès de leur\nGerusalemme, 14 francs.\n\nII.— Lettres inédites de Choron.\n\nM. Gabriel Vauthier, qui a publié ici même sur Choron des études si documentées, veut bien\nnous communiquer le recueil d'une correspondance inédite où Ton voit l'apôtre du chant choral,\ninfatigable, convaincu, parfaitement désintéressé, parcourir les provinces à la recherche des\njeunes gens bien doués pour le chant et susceptibles d'être envoyés à Paris comme pensionnaires\nde 1 Ecole Choron. Il y a des lettres du Nord, il yen a du Midi. Des premières, nous publions\nquelques spécimens curieux à beaucoup de points de vue.\nParis, le mardi 9 mars 1819.\nRapport à Monsieur le Comte de Pradel, Directeur du Ministère de la Maison du Roi, ayant le\nportefeuille.\n\nMONSIEUR LE COMTE,\nJeudi dernier, 4 de ce mois, lorsque j'eus reçu de V. E. l'autorisation de faire\nles démarches nécessaires pour le recrutement des sujets propres à la régénéra-\ntion des diverses branches du service de la musique de chant, je me retirai chez\nmoi et m'occupai sur-le-champ de faire usage des moyens que vous aviez mis à\nma* disposition. J'écrivis d'abord à Troyes et àLa Roche-Guyon à deux sujets\nqui m'étaient signalés, pour les inviter à se rendre à Paris sans délai ; soit que\nmes lettres ne soient pas parvenues, soit qu'elles n'aient point fait la sensation\nconvenable, elles sont jusqu'à ce moment demeurées sans réponse : résultat\nauquel je m'attendais, connaissant depuis longtemps le peu d'efficacité de ce\nmode de correspondance.\nJaloux d'obtenir des résultats plus prompts et plus avantageux sur un autre\npoint où j'avais des renseignements plus nombreux, je fis au même instant les\npréparatifs de mon départ, et ayant le soir même quitté ma demeure, je partis\nle lendemain à 6 h. par la diligence de Compiègne. Arrivé à Verberie à trois\nlieues en avant de cette ville, je mis pied à terre, et ayant pris un guide, je me\nrendis, à deux lieues de là, chez le sieur Troquet, maître d'école à Béthisy-St-\nMartin, où l'on m'avait annoncé que je trouverais quelques sujets intéressants.\nJe ne dois pas négliger de vous dire que tout le long de la route, j'avais pris à\nchaque pas des informations et que toutes les réponses me reportaient vers ce\nmême point. M'étant donc adressé à cet instituteur pour savoir s'il pourrait me\nprocurer quelque jeune élève propre à former un chanteur, et s'il ne connaissait\npoint notamment un nommé Lesieur, il me répondit que non seulement il pouvait\nme présenter ce jeune sujet, mais qu'il pouvait m'en offrir encore un autre,\nnommé Hémery, dont j'avais également entendu parler. Ces deux élèves, ou-\nvriers dans le village, et dans ce moment occupés à leurs travaux, ayant été"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "196", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.16", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nappelés, je les ai entendus et j'en ai été fort satisfait, je leur ai fait la proposition\nde se rendre à Paris, moyennant le remboursement de leurs frais de route, pour\ny être examinés, et, s'ils en étaient dignes, être admis à recevoir l'instruction,\net par suite être employés conformément à leur talent pour le service de la\nmusique de S. M. Ils ont accepté cette proposition, et d'après nos arrangements,\nils ont dû se mettre en route aujourd'hui pour arriver demain à Paris.\nMes conventions ainsi réglées avec eux, je leur ai demandé si dans les environs\nil n'y avait pas quelque autre sujet réunissant les mêmes conditions et pouvant\nparcourir la même carrière. Us m'ont indiqué un jeune sujet demeurant à une\nlieue de Béthisy, en la commune de Glaignes. J'étais disposé à partir sur-le-\nchamp, mais, comme il était fort tard et que j'étais assez fatigué, j'ai pris le parti\nde remettre au lendemain. En effet, le samedi 6, à 6 h. du matin, je suis allé à\nGlaignes chercher le nommé R. Lefèvre, qui était le sujet désigné. Il était\nabsent. J'ai été obligé de l'envoyer chercher à trois quarts de lieue et de l'atten-\ndre. Il est enfin arrivé au bout de deux heures environ ; je l'ai entendu : j'en ai\nété également assez satisfait, je lui ai fait les mêmes propositions qu'aux précé-\ndents : il a dû partir avec eux et arrivera demain également.\nLes nommés P. Le Sueur, J.-B. Hémery et R. Lefèvre sont trois jolies\nbasses-tailles ; les deux premiers ont de dix-sept à dix-huit ans ; le troisième en\na vingt et un. Tous les trois savent fort bien le plain-chant.\nAprès m'être assuré que le canton ne renfermait plus de sujet digne d'atten-\ntion, je suis reparti à pied pour Compiègne, où je suis arrivé vers 4 h. de l'après-\nmidi. A mon arrivée, je suis allé sur-le-champ trouver un sieur Hénon, chantre\nà la paroisse St-Jacques de Compiègne, qui m'avait été indiqué. C'est un jeune\nhomme de vingt et un ans, d'une grande taille, de voix de basse-contre formi-\ndable et sachant très bien le plain-chant, ayant en outre grande envie d'appren-\ndre la musique. Je l'ai enrôlé sur-le-champ ; il doit venir à la fin de la semaine.\nJe me suis informé de lui s'il y avait dans les environs quelques autres sujets\ncapables de me convenir. 11 m'a d'abord indiqué ceux de Béthisy, mais sur ce\nque je lui ai dit les avoir enrôlés, il m'a indiqué plusieurs autres à Thiescourt,\nvillage situé à six lieues de Compiègne, deux lieues de distance sur la gauche\nde la route de cette ville à Noyon. Désirant avoir de plus amples renseignements,\nje suis allé trouver le Sr Guillaume, ancien musicien de la cathédrale de Troyes,\net présentement chantre à l'église St-Jacques de Compiègne. Celui-ci, dont j'ai\nété on ne peut plus satisfait, outre les sujets de Thiescourt et de Béthisy, m'a\nencore indiqué plusieurs basses-tailles à Remy et à Mareuil, sur la gauche de\nCompiègne, plus une très jolie haute-taille dans un jeune homme de vingt ans\ndomicilié à Blérancourt, sur la droite de la route de Noyon, à quatre lieues dans\nl'intérieur ; enfin, une très belle basse-taille dans un jeune homme de seize ans,\ninstituteur à Autrèches, sur la route de Blérancourt à Compiègne.\nRécapitulant tous ces renseignements, et me guidant à l'aide des cartes géo-\ngraphiques que j'avais apportées, j'ai prié le Sr Guillaume de vouloir bien, dans\nla journée du lendemain dimanche, faire avertir les sujets domiciliés à Remy et\nà Mareuil de se trouver lundi à midi à Compiègne, à l'effet d'être entendus par\nmoi, puis, ayant tracé un itinéraire par Thiescourt, Noyon, Blérancourt et Autrè-\nches, j'ai été louer un cheval, et suis parti le soir même à 6 h. 1/2 pour Ribécourt,\nsitué à quatre lieues de Compiègne. J'ai couché dans ce village, et le lendemain,\nà 6 h., je suis parti pour Thiescourt. J'y suis arrivé à l'heure de la grand'messe,"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "197", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.17", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\net m y étant rendu, j'ai en effet trouvé un chœur garni de voix très vigoureuses.\nParmi ces voix, j'ai distingué deux très belles basses-tailles et une fort bonne\ntaille, mais, ayant observé les sujets, je n'ai pas cru devoir leur faire de proposi-\ntions. ils m ont paru trop âgés; deux d'entre eux sont en outre mariés, et le\ntroisième, qui est célibataire, m'a paru lourd et peu intelligent.\nAprès avoir pris des informations qui ne m'ont rien appris de nouveau, je\nsuis parti pour Noyon, où je suis arrivé à 3 h. Je n ai rien trouvé dans cette ville,\nsinon un dessus assez intéressant, mais, comme ce n'est pas là mon objet, je\nny ai point attaché d importance. Seulement, j'ai pris des renseignements qui\nm'ont paru précieux en ce qu'ils confirmaient tout ce que j'avais précédemment\nappris ou observé : en outre, ils m'ont rappelé ce que je savais depuis long-\ntemps, c'est que je n'étais encore que sur la lisière du pays des belles voix : « c'est\ndu côté d'Amiens, de Péronne, d'Abbeville, dans les Flandres et l'Artois, qu'il\nfaut faire vos recherches, m'ont dit les choristes de la cathédrale de Noyon. 11\nnous vient souvent de ce côté de jeunes paysans qui ont des voix magnifiques,\nqui savent très bien le chant : en vous dirigeant sur ce point, vous trouverez\ntout ce que vous pouvez désirer. »\nJe suis parti de Noyon le dimanche au soir à 6 h., et je suis allé coucher à\nBlérancourt, où je suis arrivé à 9 h. A mon arrivée, je suis allé sur-le-champ à\nla recherche delà haute-contre qui m'était signalée. Malheureusement, il était\nabsent, étant depuis un mois domicilié à Soissons ; c'est, m'a-t-on dit, un très\nbeau jeune, homme de vingt ans, d'une très belle voix, et qui aime beaucoup\nla musique et jouer la comédie. Si je juge ce jeune homme sur ce que j'ai vu de\nsa famille, je pense qu'il peut être en effet un très joli homme ; sur son talent,\nj'aurai au premier jour des renseignements on ne peut plus précis par mon cor-\nrespondant de Soissons, à qui je viens d'écrire pour les obtenir.\nSans la crainte de m'égarer en route et de ne point trouver de gîte, je serais\nparti aussitôt pour Autrèches ; je n'y suis allé que le lendemain matin qui était\nhier lundi 8, et là, j'ai véritablement trouvé un sujet accompli justifiant tous\nles éloges que j'en avais entendu faire dans tout le pays. C'est un jeune homme\nde seize ans, grand, beau, bien fait, ayant une très belle voix, sachant bien le\nchant, rempli de sens et de capacité. Je l'ai pressé autant qu'il m'a été possible,\net lui ai fait les offres les plus avantageuses ; il m'a demandé'huit jours pour me\nfaire réponse.\nRevenu à Compiègne vers 3 h., j'ai entendu plusieurs sujets qui attendaient\nmon retour. J'ai distingué parmi eux un jeune homme on ne peut plus intéres-\nsant, nommé J.-B. Warnier. Il a quinze ans, cinq pieds deux à trois pouces, une\nfigure très agréable, une basse-taille charmante et sait très bien le chant . Je l'ai\nenrôlé ; il sera à Paris la semaine prochaine. Je l'aurais amené avec moi si mon\nlocal et les lits avaient été prêts.\nMme Pain, épouse de l'auteur du vaudeville de qui demeure à Com-\npiègne, m'a présenté un jeune homme de dix-sept ans, de la plus jolie figure\nque l'on puisse voir, ayant une jolie voix de dessus, déjà musicien et jouant très\nagréablement la comédie. Je l'eusse enrôlé, s'il eût eu une voix d'homme.\nJe l'ai engagé à s'adresser à vous ; je pense que ce serait une bonne acquisi-\ntion. 11 se nomme Louis Humblot.\nJe passe sous silence une foule de détails. Je ne parle pas de plusieurs tailles\nou basses-tailles que je n'ai pu rejoindre, et dont tout le monde parle de la\nR. .M. 2"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "198", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.18", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nmanière\"la plus avantageuse, je me résumerai en peu de mots et j'observerai\nque le résultat de ce voyage de quatre jours et demi a été la connaissance d'en-\nviron quinze à dix-huit sujets de tous les genres, la plupart véritablement dignes\nd'attention et dont on pourrait se contenter au besoin ; l'acquisition réelle de\ncinq sujets dont deux sont excellents et trois très satisfaisants ; l'espérance d'en\namener sous peu de jours trois autres qui paraissent ou sont même très recom-\nmandables, mais ce qu'il faut apprécier par-dessus tout, la certitude acquise de\npouvoir réussir promptement dans une entreprise jugée impossible de la res-\ntauration du chant.\nD'après ces considérations, je conclus en priant V. E. de vouloir bien :\ni° Me faire délivrer provisoirement les fonds nécessaires pour continuer les\nrecherches si heureusement commencées, et de vouloir bien ordonner la confec-\ntion des lits propres à recevoir les sujets, à mesure que je vais les envoyer ;\n2° De faire mettre sous vos yeux et d'adopter avec les modifications qu'elle\njugera convenables, le projet que j'ai remis dans ses bureaux pour la formation\nd'une école spéciale de chant, toute autre opération étant insignifiante et ne\ndevant aboutir à rien.\nJ'ai l'honneur, etc.\nP. S. Ma dépense totale, pendant ces quatre jours et demi, a été d'environ\n70 francs.\n\nCHORON.\n\nAU MÊME\n\nCambrai, le lundi 22 mars 1819.\nMONSIEUR LE COMTE,\nEn attendant la décision de V. E. sur les propositions que j'ai eu l'honneur\nde lui adresser et sur lesquelles un rapport a dû lui être soumis en dernier lieu,\nj'ai repris et continue avec autant de succès, quoique avec moins de rapidité, la\ntournée que j'avais commencée pour le recrutement musical désiré par vous.\nVers le 15 de ce mois, M. Spontini me remit une note par laquelle on donnait\nconnaissance de deux excellents sujets domiciliés à Halles, près Montdidier, nom-\nmés Bourbier, fils de l'instituteur de l'endroit. Désirant éclaircir sans délai ces ren-\nseignements, je partis de Paris le jeudi 28 au soir par le courrier de Valenciennes\net m'arrêtai à Ham, lieu le plus proche de Halles, qui en était à six lieues. Arrivé\nà Ham à 6 heures du matin, le vendredi 19, j'en partis à pied vers 10 heures\nn'ayant pu trouver de cheval, et fus trop heureux de rencontrer une charrette qui\nse dirigeait sur Nesle, à trois lieues de là sur la mêmeroute. J'arrivai à Nesle vers\n2 heures, et, après y avoir fait des recherches qui ne me satisfirent point, mais\nqui me donnèrent de bons renseignements sur les environs, je repartis pour\nHalles, où j'arrivai vers 5 heures. J'y trouvai le sieur Bourbier, qui n'est point\ninstituteur, mais arpenteur. L'instituteur, son beau-frère, nommé Lempereur,\na deux fils dont l'aîné, demeurant avec lui, m'offrit un sujet médiocre de tout\npoint, une voix de basse des plus communes, vingt-deux ans, une petite stature\net unphysique peu avantageux. Son frère cadet, âgé de dix-sept ans, est, au dire\nde tous les gens du pays, un fort beau jeune homme, d'une grande capacité,"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "199", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.19", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nayant une fort belle voix, et chantant très bien ; mais depuis trois mois, il est\nplacé à Davenescourt, près Montdidier, à plus de trois lieues de Halles, qui est\néloigné de cette dernière ville de plus de cinq lieues. N'ayant pas d'espérance de\nle décider à quitter sa place, le jour étant d'ailleurs trop avancé, j'allai coucher\nà Lihons, situé à une lieue de Halles, où j'avais appris qu'il y avait une très belle\nbasse-taille : j'arrivai à Lihons à l'heure du Salut, vers six heures et demie du\nsoir, et je me rendis à l'église, où je trouvai deux basses-tailles formidables, le\ncuré et le magister. je ne pouvais guère faire de propositions au premier ; celles\nque j'aurais adressées au second n'auraient guère eu plus de succès, car il eût\nfallu quitter femme et enfants. M'étant donc retiré à mon auberge, je me con-\ntentai le lendemain matin d'aller voir ce magister pour en obtenir des rensei-\ngnements, Non seulement il m'en donna de fort bons, mais il fut tenté lui-même\nde s'enrôler sous les drapeaux d'Apollon. Je ne le poussai pas sur ce point, et\ncomme les indications qu'il me donnait m'eussent fait empiéter sur l'ordre de\nmes opérations, je résolus de me reporter à trois lieues en arrière, à Athies, situé\nsur la route de Ham à Péronne, pour en faire le point de départ d'une tournée\ny\nméthodique dans laquelle je comptais balayer tout l'espace du pays comprisentre\nMontdidier, Péronne, Albert, Amiens et Beauvais, locafetafurentibus cantoribus.\nLe choix d'Athies pour point central était déterminé par des avis que j'avais\nreçus la veille à Ham sur la prétendue richesse de ces lieux en voix de fort\ncalibre. J'y arrivai le samedi 20, vers 2 heures, mais, à mon grand désappoin-\ntement. je n'y trouvai qu'un vieux magister, ancien chantre de la collégiale de\nSaint-Quentin, qui ne put me fournir le moindre renseignement, et qui se\nborna à me conseiller d'aller à Saint-Quentin demander à M. Jumentier, ancien\nmaître de chapelle de la collégiale. Pareil avis m'avait été donné à Noyon dans\nmon premier voyage. Quoique je fusse bien certain d'avance que cette démarche\nne me conduirait à rien, du moins immédiatement, je me déterminai à suivre cet\navis, ne fût-ce que pour constater l'inhabileté des musiciens proprement dits à\nseconder mes recherches du genre de celle qui m'occupe.\nJe poursuivis donc ma route pour Saint-Quentin, qui est à cinq lieues d'Athies,\net j'y arrivai à sept heures et demie du soir. En descendant de cheval, je courus\nchez M. Jumentier, qui, comme je l'avais prévu, me dit qu'il n'avait connais-\nsance d'aucune espèce de voix, ni dans la ville ni aux environs, et qu'il fallait\naller du côté d'Amiens et de Beauvais. Aiguillonné par cette réponse, je me mis\nen tête de donner à Monsieur le professeur le démenti de fait le plus formel, et\nde trouver dans la ville et aux environs des voix de la plus belle qualité, et de\nles enlever à sa barbe. Les circonstances me servirent de la manière la plus\nheureuse. En rentrant chez moi, plein de cette noble pensée, je passai devant\nune boutique de coutelier, et j'entendis dans cette boutique trois voix fort agréa-\nbles qui exécutaient avec beaucoup d'ensemble et de goût un trio dans lequel\nse mêlaient des traits assez recherchés et même des passages chromatiques, le\ntout avec accompagnement de coups de marteau et le bruissement d'une meule à\nrepasser. Après avoir écouté quelques instants, j'entre dans la boutique, et,\nayant lié conversation sur la matière du chant et fait beaucoup de compliments\nà Messieurs les artistes d'occasion, j'appris d'eux que le principal ornement de\nleur concert leur manquait à ce moment, et que je le trouverais dans la personne\nd'un savetier du faubourg. Gomme j'étais excédé de fatigue, n'ayant pas séché\ndepuis deux jours que j'avais roulé dans la pluie et la crotte, j'allai me coucher"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "200", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.20", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nen rendant grâces à Dieu de la découverte, et le lendemain, à mon lever, mon\npremier soin fut de me faire conduire chez le gaillard savetier par un des com-\npagnons de la boutique concertante.\nArrivé à son laboratoire, je vis un homme d'environ vingt-cinq ans, taille de\ncinq pieds deux pouces, d'une physionomie agréable et intéressante. L'ayant\nabordé, je l'invitai à venir avec moi au premier endroit qu'il jugerait convenable\npour conférer avec lui d'objets qui pourraient l'intéresser. Il accepta ma propo-\nsition, et me conduisit, à ce que je crois, dans un cabaret voisin, où, tout en vidant\nquelques verres de bière, il me chanta différents airs d'opéras nouveaux, qui me\nsatisfirent autant par la franchise et la netteté de sa voix que par la rondeur,\nl'aplomb et le bon goût avec lequel il les exécuta.\nCet homme, qui se nomme Henri Delmer, est âgé de vingt-six ans. Il a une\nbasse-taille des plus fermes, des plus justes et des plus nettes que l'on puisse\nentendre. De l'intelligence, du goût et de la chaleur. Il est marié et a trois enfants.\nMalgré cette circonstance, je l'ai engagé à se rendre chez moi, à Paris, le 31 de\nce mois, moyennant le remboursement de ses frais de route, la nourriture, l'en-\ntretien, etc. Il ne sait pas une note de musique, mais avec autant d'intelligence\nqu'il paraît en avoir, avec autant de zèle, il ne peut manquer d'aller loin. Le but\nde son voyage est d'aviser aux moyens de tirer parti de son talent, objet sur\nlequel je ne pourrais statuer en ce moment.\nHenri Delmer a, dans toutes les guinguettes et les ateliers de Saint-Quentin,\nune très grande réputation : il la mérite. Il aime beaucoup à chanter, et, quand il\nprend cedivertissement, il amasse autour de lui desq et 500 personnes qu'il amuse\npendant des heures entières, car il paraît infatigable. Pas un professeur de mu-\nsique de Saint-Quentin ne semblait soupçonner son existence. Ils s'en sont sou-\nvenus lorsque je la leurai rappelée. Quelques-uns d'entreeux sontcorrespondants\nde l'Ecole Royale. Voilà, il faut l'avouer, une correspondance bien servie.\nNon content d'avoir mis la ville à contribution, je voulais avoir un échantillon\nde la campagne. A cet effet, j'allai trouver un vieux chantre, maître de plain-\nchant [à la collégiale, et, lui ayant demandé quelques renseignements, j'obtins\nde lui la connaissance d'un jeune homme domicilié à Gricourt, à cinq quarts de\nlieue de Saint-Quentin. Je m'y rendis sur-le-champ, et, y étant arrivé au milieu\nde la messe, je reconnus bientôt mon sujet à la vigueur de ses poumons et au\nvolume de sa voix. C'est un jeune homme de vingt ans, nommé Wartel, fils\ndu maître d'école du lieu. Sa voix, qui a le diapason d'une taille, a le corps et le\nvolume d'une basse-taille : c'est un concordant. Il se rendra à Paris le 15 avril,\nétant nécessaire à sa paroisse pour les fêtes de Pâques.\nCes arrangements étant achevés, mon premier plan me ramenait dans la\ncampagne d'Amiens, que j'avais effleurée les jours précédents. Pour y rentrer\npar un point différent, et par là augmenter mes ressources, je devais me porter\nà Péronne, et, en procédant méthodiquement, j'étais assuré de faire en peu de\njours une moisson abondante. Le seul village de Pertain, situé sur la route de\nRoye à Péronne, et que j'avais traversé en venant à Athies, samedi dernier, ren-\nferme, m'a-t-on dit, de quoi équiper deux lutrins ; malgré cela, quelques\nréflexions m'ont fait modifier ce plan. Je remarquais que, dans toutes ces tour-\nnées, je ne trouvais absolument que des basses-tailles, ou des tailles qui en\navaient le caractère, que beaucoup de sujets qui m'étaient indiqués étant établis,\nj'aurais peut-être de la difficulté à les détacher."}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "201", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.21", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nJai donc jueé à propos, pour opéierplus à mon aise, de donner plus d'ampli-\ntu e à mes opérations, et de parcourir en premier lieu le circuit que je réservais\npour la fin de ma tournée. En outre, la route directe de Saint-Quentin à Péronne\nétant presque impraticable, il fallait passer par Cambrai ; de Cambrai à Douai,\nil ny a que cinq lieues ; de Douai à Lille, six ou sept. Cette nouvelle direction\nm cartant peu du centre de mes recherches, j'ai résolu de la prendre. Je suis\nvenu ce matin lundi 28, à Cambrai ; j'irai de là à Lille, d'où je reviendrai à\nronne par Arras et Bapaume, et, après avoir circulé dans l'espace précédem-\nment în iqué, je m échapperai sur Fécamp, pour y reconnaître une superbe\nasse taille qui m est depuis longtemps signalée, et reviendrai à Paris par Rouen\net par Evreux, ou j ai quelques tailles à examiner.\nDès mon arrivée à Cambrai, vers midi, j'ai couru à la cathédrale, et j'ai re-\ncueilli plusieurs renseignements. On m'a offert une basse-taille médiocre, de\ndix-sept ans, dont je n'ai point voulu, une superbe haute-contre, qui, vérifica-\ntion faite, s est trouvée être un contralto puéril qui a oublié de muer. Mais des\nrenseignements beaucoup plus probables m'indiquent à deux lieues d'ici, dans\nâge stourmel, un sieui Joseph, âgé de dix-sept ans, grand garçon de\ncinq pieds sept à huit pouces, ayant une belle basse-taille et sachant bien son\nc ant Demain, je me propose d'aller rendre visite audit Joseph, d'Estourmel, et\nd employer pendant toute la journée un cheval à parcourir les environs.\nmon arrivée a Amiens, je rendrai compte àV. E du résultat de la visite\nque j aurai faite aux Académies de musique de Douai et de Lille, et du succès\ne ma tournée dans la campagne d Amiens, dont j'attends les fruits les plus\nheureux. r\nJ'ai l'honneur d'être, etc.\n\nCHORON."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "202", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.22", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES. INFORMATIONS\n\nExécutions récentes.— Informations.\n\n« SOLANGE ». REPRISE DE « PHRYNÉ ». —La Solange de MM. Aderer et\nSalvayre semble bien engagée dans la voie du succès. Dans le dernier numéro\nde la Revue musicale, je n'ai pu noter qu'une impression d'ensemble, toute favo-\nrable. Après une seconde audition, j'aurais à peine, çà et là, quelques chicanes\nà instituer. D'une façon générale, la musique manque un peu d'unité ; la\n« façon », d'ailleurs riche et très adroite, y paraît plus importante que l'étoffe.\nAu 2e acte, je voudrais un quintette bouffe, ou un sextuor un vrai I chanté\npar ces bons Allemands qui apprennent le français. L'ouverture me semble\ntoujours peu cohérente et surchargée; ne finit-elle pas deux fois? Elle traîne\nparfois, visiblement. Peut-être n'est-elle pas bien utile... Mais l'ensemble est\ncharmant, et le public est empressé. C'est l'essentiel.\nAu Trianon lyrique, reprise excellente de la Phryné, d'Augé de Lassus et de\nC. Saint-Saëns, précédée du délicieux Amour médecin, de Poise. Au début de\nPhryné, il y eut dans le public un moment d'hésitation et d'équivoque, produit\npeut-être par le jeu exubérant et un peu trop appuyé du chanteur qui jouait le\nrôle de Dicéphile : certains auditeurs se demandaient s'ils étaient en présence\nd'une opérette inoffensive ou d'une comédie lyrique... Bientôt on s'est senti\nengagé dans une voie charmante, difficile peut-être à définir ce qui est d'ail-\nleurs parfaitement inutile! mais pleine d'agrément, d'esprit et d'ingéniosité.\nM. Augé de Lassus a fait des prodiges d'adresse et de talent pour adapter à la\nscène l'histoire de Phryné désarmant ses juges par le spectacle de sa beauté.\nJ'admire la musique sans réserve. Elle a la grâce et la netteté de construction du\npur art classique : c'est à la fois simple et solide, malicieux et très amusant\n(voir la partie de basson au premier acte), très coloré sans empâtement instru-\nmental, jamais une mesure où l'intérêt faiblisse, et partout une maîtrise supé-\nrieure avec une grande légèreté de main. Soirée exquise qui repose de beaucoup\nd'autres! Malgré une mise en scène rudimentaire et une chorégraphie peu\nantique, l'interprétation est fort satisfaisante.\n\nLA MUSIQUE ET LA RENAISSANCE DE L'INCONSCIENT. La vie inconsciente est\naussi importante et aussi riche, dans le moi intérieur, que la vie consciente. Par\ndéfinition, elle est insaisissable directement. Mais la musique est une création\ninconsciente de l'esprit ; à ce titre, l'analyse des ouvrages de musique peut être\nconsidérée comme un moyen indirect de connaître l'inconscient. Telle est la\nthèse qu'a brillamment soutenue M. Bazaillas, et que M. J. Roger Charbonnel\nreprend dans cette élégante brochure. L'idée est ingénieuse, mais ne conduit\npas bien loin. M. Ch. ne donne, en style d'ailleurs très brillant, que des varia-\ntions du thème et des broderies. Rien de précis et de net. L'auteur ne paraît\npas connaître la musique. Comme exemple de musique pure, ne faisant\npas appel « aux facultés de représentation », il cite la IXE Symphonie de\nBeethoven, en ignorant, semble-t-il, que X Hymne à la joie est de Schiller."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "203", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.23", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES. INFORMATIONS\n\nTHÉÂTRE DE MONTE-CARLO. Chaque reprise de la Vie de Bohème est\nassurée du succès le plus indiscuté :la musique-de M. Puccini, très vivante,\ntoujours mélodique, est de celles dont le public ne se lasse pas. Cette année,\ncomme l'an passé, M. Raoul Gunsbourg fut bien inspiré en maintenant la Vie de\nBohème au répertoire de l'Opéra de Monte Carlo.\nL'interprétation en fut absolument belle, avec M. Rousselière, plus en voix\nque jamais, M. Gilly, baryton, M. Chaliapine, grand artiste en tous ses rôles et\nadmirable Colline, M. Chalmin (rôle de Schaunard), et M. Lini-Corsi (Benoist\nde comique plantureux).\nMimi, c'était Mlle Bessie Abott, tout à fait exquise ; Mlle Spennert fut une\nmalicieuse et très brillante Musetta. L'orchestre, sous la direction de maestro\nPomé, a remarquablement nuancé l'exécution de cette musique captivante.\nDans la représentation de la Tosca ont été applaudis :\nMlle Chenal, belle voix chaude et caressante, très étendue, avec une parfaite\nhomogénéité ; M. Anselmi, M. Gilly (Scarpia). Avec ces trois protagonistes,\nl'œuvre est allée aux nues.\nParmi les rôles de second plan, tous très bien tenus, il faut citer à part\nM. Pini-Corsi (rôle du sacristain) et M. Chalmin (rôle de l'agent Spoletta).\n—La Roussalka, de Dargomysky, a remporté un très vif succès. La beauté\ndu poème de Pouchkine, la richesse mélodique et la vie dramatique de la par-\ntition du célèbre maître russe ont soulevé l'enthousiasme du public.\nL'interprétation fut admirable ; MmeFélia Litvinne fut longuement acclamée.\nM. Chaliapine, d'un tragique superbe, fut le héros de la soirée.\nVifs applaudissements aussi pour le délicieux ténor M. Smirnoff, et pour\nles merveilleux danseurs russes Mlle Préobrajenskaia et M. Kiachscht.\nL'orchestre était dirigé par M. Léon Jehin.\n\nLA PASSION SELON SAINT MATTHIEU, DE J.-S. BACH. L'exécution de la Passion\nselon saint Matthieu, de Bach, ayant pleinement réussi, la Schola cantorum don-\nnera une nouvelle audition intégrale de ce chef-d'œuvre, à la salle Gaveau, le\nmercredi saint 7 avril ; ire partie, à 4 h. 1/2, 2e partie à 9 h. Soli, chœurs et\norchestre de la Schola (200 exécutants), sous la direction de M. V. d'lndy. A\nl'orgue, le maître Alex. Guilmant.\nPlaces de 2 à 8 fr. Les personnes prenant des billets à 5 fr. pour les deux\nconcerts auront droit à une remise de 25 °/Q, celles désirant des places à7et 8 fr.\nprofiteront de 35 %• Billets à la salle, chez Durand, Grus et à l'agence\nE. Demets, 2, rue de Louvois.\nComme on le voit, cette coupure en deux bien difficile à éviter ! ménage\nles forces du public. C'est le même système qu'à l'Opéra lors de la première\ndu Crépuscule, le buffet en moins, ainsi que le dîner à 15 fr. (sans le vin).\nMM. d'lndy et Guilmant ont droit à la gratitude de tous les musiciens 1\n\nHARPE CHROMATIQUE. A la salle Pleyel, les séances de musique ancienne\net moderne pour harpe chromatique continuent à attirer un public, des plus élê-"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "204", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090401-01.1.24", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES. INFORMATIONS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPoitiers. - Société française d'lmprimerie\n\ngants. Nous ne saurions donner une meilleure idée de leurintérêt qu'en publiant\nle programme du concert qui aura lieu le 2 avril, à 4 h. 1/4 :\n1. Deux Pièces en Concert . J.-PH. RAMEAU (1683-1724)\nA La Livri B La Timide\nHarpe et Sextuor à Cordes\nMlle Jeanne DALLIÈS\nSextuor à Cordes sous la direction de M. P. LE FLEM\n2. A Fugue en ré majeur. . KIRNBERGER (1721-1783)\nB Andante PARADISI (1710-1792)\nc Presto ROLLE (1718-1785)\nMlle Jeanne DALLIÈS\n3. Gavotte et Menuet de la Sonate N° 4 J -M. LECLAIR (1697-1764)\nEn ré majeur\nPiano, Violon et Violoncelle\nMi es j. CHABAULT,\nWanda et Marguerite ZIÉLINSKA\n4. A Petite Pièce en forme d'Etude P.-L. HILLEMACHER\nB Chanson de Guillot Martin, air populaire du\nxvie siècle, harmonisé par A. PÉRILHOU\nMlle Jeanne DALLIÈS\n5. A Lamento . H DUPARC\nB L'Etranger à la Mer) VINCENT D'INDY\nM»® Fanny MALNORY\naccompagnée par Mlle J. CHABAULT\n6. Tableaux de Voyage (Nos 7et 8) VINCENT D'INDY\nA Halte au Soir. B Fête de Village\nMUe Jeanne DALLIÈS\n7. Chanson Perpétuelle E. CHAUSSON\nMlle Fanny MALNORY\navec accompagnement de Piano et double Quatuor à Cordes\nsous la direction de M P. LE FLEM\nPiano : Mlle J CHABAULT"}]}