{"numero_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_sha256": "f80e38246afc3ef8c4fe52bf55782e6a82aeb4c3c018a3ef25d8e79749cd516f", "source_tei": "https://github.com/Princeton-CDH/bluemountain-transcriptions/blob/main/periodicals/bmtnabj/issues/1909/04/15_01/bmtnabj_1909-04-15_01.tei.xml", "source_mets": "https://github.com/pulibrary/BlueMountain/blob/main/metadata/periodicals/bmtnabj/issues/1909/04/15_01/bmtnabj_1909-04-15_01.mets.xml", "url_numero": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01", "articles": [{"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c001", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c001", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "205", "page_fin": "205", "image_debut": 1, "image_fin": 1, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.1", "titre_corps": "Concert franco-anglais.", "titre_sommaire": "Concert franco-anglais.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.1", "debut_caractere": 132, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "Concert franco-anglais.\nNous avons annoncé que le 14 mai (en matinée) aura lieu un grand concert\nde bienfaisance où la chorale des lycées de jeunes filles de Paris a invité les\njeunes filles de Londres (Girl s school music union) à chanter avec elles. Le con-\ncert sera donné au profit de l'OEuvre de protection de l'enfance contre la tu-\nberculose. M. Jules Lombarieu a été chargé d'organiser ce festival, dont le pro-\ngramme annonce un grand nombre de chants populaires anglais, écossais,\nirlandais, gallois, bretons et lorrains, et la Chanson de Frère Jacques, déjà publiée\nici même. Il y aura mille exécutantes. L'orchestre Colonne au complet, l'orgue\navec Alex. Guilmant, C. Saint-Saëns et G. Pierné au pupitre, des solistes de\nchoix, assurent le succès de cette manifestation. Chez M. Astruc (32, rue Louis-\nle-Grand) sont reçues les demandes de location, et aussi les souscriptions.\nA un premier appel pour la constitution d un Comité de membres patrons, ont\ndéjà répondu : Mme Louis Liard ; Mme Jules Gautier; Comtesse Jean de Castel-\nlane ; Mme Grancher ; Princesse de Polignac ; Princesse de Cystria-Faucigny ;\nMme Madeleine Lemaire ; Mme François Flameng ; Mme Alfred Clarke ; Mme Ar-\nmand Linol ; M. Walter Behrens ; M. Gustave Dreyfus.\nLes frais de ce concert sont très élevés ; mais les jeunes filles de Londres et de\nParis se réunissent de façon amicale et charmante dans un but de bienfaisance,\net nous faisons appel, avec confiance, à tous ceux qui peuvent servir utilement\nune œuvre dont l'intérêt n'a pas besoin d être souligné.\nLe premier souscripteur a été le ministère de l'lnstruction publique (1500 fr.).\nLes noms des membres patrons que nous venons de citer, et dont la liste n'est\npas close, sont une garantie et un exemple."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c002", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c002", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "206", "page_fin": "212", "image_debut": 2, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2", "titre_corps": "Exécutions récentes.", "titre_sommaire": "Exécutions récentes.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 2, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.2", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3287, "texte": "Exécutions récentes.\n\nLES «PASSIONS» DE J.-S. BACH.\nE. D.\nLa période de Pâques a eu, au point de vue\nmusical, deux sommets : au Conservatoire, l'exécution de la Passion selon saint\nJean et, à la salle Gaveau, celle de la Passion selon saint Matthieu.\nDe ces deux énormes compositions, écrites il y a près de deux siècles pour\nun tout autre cadre que celui de la salle de concert, il n'y a pas une page qui\nait vieilli; et c'est du pur classique! Au contraire, beaucoup d'œuvres roman-\ntiques du xixe siècle nous semblent avoir perdu leur fraîcheur et leur intérêt. On\nl'a dit à propos de Chopin, de certaines œuvres de Weber, des mélodies de\nBeethoven (comme Y Adélaïde)et je n'y contredis pas... Pourquoi cela ? Il serait\nintéressant d'en chercher la raison, en dehors de l'habileté technique.\nCe qui a chance de « vieillir », en musique, c'est tout ce qui est sous la dépen-\ndance trop tyrannique de la passion et de l'imagination, parce que la manière de\nsentir vivement et d'imaginer de même est, dans notre nature, la partie instable\net mobile, soumise à l'influence du moment et de la mode, et qu'elle change\nd'une époque à l'autre. L'artiste qui chante son moi avec exaltation, dans un\nmilieu déterminé, risque d'être peu compris par les générations suivantes\n(à moins qu'il n'ait assez d'énergie pour universaliser tout ce qui est en lui, et,\nen s'exprimant, d'exprimer l'homme de tous les temps. C'est ce que fait souvent\nBerlioz, et toujours Beethoven dans son œuvre symphonique).\nOr Bach est le contraire d'un passionné. Il a de la couleur et de 1' « expres-\nsion », cela va sans dire, puisqu'il fait de la musique ; mais il n'a rien de l'ar-\ntiste lyrique, je veux dire de celui qui se met violemment, éperdument, dans ce\nqu'il écrit. Il raconte la Passion sans fanatisme et sans larmes. Au moment le\nplus pathétique (celui du crucifiement), son orchestre ne change guère d'allure.\nSa qualité essentielle reste partout une miraculeuse facilité dans la puissance.\nLes parties les plus belles de ses deux Passions me paraissent être celles où\nil fait parler la foule ; là, avec une aisance unique, le contrepoint étale ses\nprodiges. Et cela, c'est ce qui ne saurait vieillir, tant qu'il y aura une musique\net des musiciens ! Bach a la foi simple et solide du charbonnier ; il ne s'attarde\nni à déclamer, ni à analyser sa sensibilité, ni à traiter amoureusement un\nthème séduisant : il va, il va sans cesse, conduisant surjes cimes le quadrige\nde ses voix, improvisant ses récitatifs avec la clausule instrumentale toujours\nla même, sans s'arrêter jamais pour raffiner ou pour rêver. Il a pas d'art\nplus clair, plus franc et plus vif que le sien. Tous les « effets » qu'on lui a prêtés\nsont des gloses indiscrètes de littérateur.\nCe succès persistant de deux Passions de J.-S. Bach, en avril 190 g, est de\nnature à faire réfléchir les compositeurs de notre temps.\n\nII y a eu\nrécemment, à Faris, une troupe italienne faisant une « saison ». Je suis allé la\nvoir, bien qu'elle fût installée très loin de mon quartier, là-bas, aux Folies-Dra-\nmatiques. Je l'ai vue dans Don Pasqicale, avec sympathie et avec tristesse. Avec\nsympathie, car l'œuvre de Donizetti, malgré les pages surannées, a une réelle\n\nTHÉÂTRE ITALIEN. IMPRESSIONS D'AUJOURD'HUI ET D'AUTREFOIS"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.3", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "valeur : quelques ensembles sont d'un musicien de race. Avec tristesse, car\nje ne pouvais me défendre d'une comparaison rétrospective...\nCertes, les chanteurs étaient bons, les décors passables et l'orchestre suffisant,\nquoique bien grêle ; mais quelle misère dans le cadre de ces représentations !\nDans la salle, à peine cinquante personnes, un balcon à peu près vide, et, çà et\nlà, des toilettes de mardi gras. Au foyer du théâtre, où il y avait cependant tout\nce qu il faut, une bascule, « la seule donnant le poids juste », une machine auto-\nmatique crachant pour dix centimes des caramels, des bonbons à la vanille, etc.\nAux murs, des dessins coloriés rappelant la Boîte à Fursy, et sur la porte\nouverte du café adjacent, un garçon annonçant à tue-tête le bock « à 30 cen-\ntimes et des consommations de premier choix ». Le programme indiquait cepen-\ndant que ces artistes avaient de hautes ambitions. En première page, il donnait\nla photographie du directeur de la troupe avec une notice commençant ainsi :\n«M. C. est célèbre dans les cinq parties du monde. » Le reste, à l'avenant. Je ne\nveux nommer personne. Où sont les Italiens d'autrefois ?\n... ô splendeurs éclipsées !\nO soleils disparus derrière fhorizon !\nLes Italiens sont souvent venus chez nous pour y faire miroiter leur musique ;\nles pages les plus brillantes de cette histoire sont celles où nous les voyons au\nthéâtre Favart, au théâtre Ventadour, à l'Odéon, enfin dans l'ancien théâtre\nroyal de l'Opéra-Comique. C'est vers 1830 que le chantitalien fut à son apogée,\navec ces noms que je ne peux écrire sans émotion : la Pasta, la Malibran, la\nSontag, Rubini, Tamburini, Graziani, Lablache... Qui peut se flatter, aujour-\nd'hui, d'égaler le prestige de ces héros de la rampe ?... En 1841 (samedi\n2 octobre), commence une nouvelle période, avec Semiramide. Les conditions de\nsuccès sont autres. La Malibran est morte ; la Sontag est devenue comtesse\nRossi. Rubini boude la France et s'apprête à partir pour Saint-Pétersbourg (où\nl'empereur Nicolas doit le nommer colonel !). Tamburini et Lablache, déjà vieux,\nrestent des artistes supérieurs : Tamburini, personnification du charme et de la\nfacilité (dans la vocalisation) ; Lablache, énorme, de haute taille, superbe avec\nsa tête romaine, et, malgré sa corpulence, portant avec distinction la couronne\nde chêne des prêtres de Norma. Tamburini et Lablache ! tous deux incompa-\nrables par la puissance de la voix !...\nA côté d'eux brillait, en 1841, le célèbre ténor Mario (marquis de Candia),\ndont la distinction et le talent firent battre tant de cœurs féminins ; et la Grisi,\nqui partageait avec la Persiani l'emploi de prima donna : la Grisi, beauté titia-\nnesque, dont la voix excellait dans les vocalises de la Gazza ladra et du Barbier,\net qui, dans les rôles de Desdemona, d'Anna Bolena, de Norma, eut d'inou-\nbliables triomphes, obtenus en partie par un procédé emprunté à Rubini : les\nsmorzature, Ou passages subits du forte au piano. Je retrouve, dans Y Histoire du\nthéâtre Ventadour par Octave Fouque (Paris, 1881) la liste des pièces qui, après\nle Stabat de Rossini, furent données durant la première saison des Italiens, en\n1841-42 :\nSemiramide, 5 représentations ;\nVElisir d'amore, 4 ;\n1 Puritani, 6."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.4", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2973, "texte": "La Cenerentola, 3; r\nLa Sonnambula> 3 ;\nLucia di Lammermoor, 13 ;\nIl Turco in Italia, 6 ;\nIl Barbiere di Siviglia, 7 ;\nLucrezia Borgia) 7 ;\nLa Vestale (de Mercadante), 7 ;\nDon Giovanni, 4;\nLa Cantatrici Villane (Fioravanti), 5 ;\nSaffo (Paccini), 3...\nJe vous concède que tout n'était pas de premier ordre dans ce répertoire !\n' L'histoire du théâtre italien, à Paris, s'étend jusqu'en 1878, date où commence\nla fortune de son successeur, le théâtre lyrique. Durant cette période, que de\nsouvenirs glorieux et toujours chers 1 Mme Pauline Viardot, donnant la réplique\nà la Grisi, dans Sémiramis (c'est l'époque où Sivori et Liszt donnent leurs con-\ncerts) ; en 1847, débuts de l'Alboni »en Frezzolini, tragique interprète\ndes opéras de Verdi ;en 1854, Mme Borghi-Mamo ;en 1862, le ténor Naudin\n(plus tard créateur du rôle de Vasco de Gama dans Y Africaine) ;en 1863, Ade-\nlina Patii...\nQui nous rendra cette atmosphère d'élégance et de distinction où l'art du\nchant était cultivé ? Je doute que cet âge d'or reparaisse jamais. Nous ne sommes\nplus à l'époque où on va à l'Opéra pour entendre un chanteur en vogue, et où\nBalzac faisait écrire à Rastignac, par la fille du père Goriot, offrant une place\ndans sa loge : « Nous avons samedi la Fodor et Pellegrini ;je suis sûre que vous\nne refuserez pas. » Mes contemporains, je le reconnais, ont fait de grands progrès\npour la symphonie ; mais, en matière de chant, n'ont-ils pas reculé ?\nCeux qui n'ont pas encore dépassé la cinquantaine ne sauront jamais les émo-\ntions que nous avons éprouvées en entendant les grands artistes d'autrefois. Nous\nne reverrons plus cela ;ce qu'on ne saurait nous rendre, c'est le milieu, l'am-\nbiance, le nuage d'or d'où descendaient les dieux du chant, —et surtout notre\njeunesse, si lointaine, que je n'ai pas retrouvée, hélas !en faisant le voyage des\nFolies-Dramatiques !\n\nM.\n\nA 4 VOIX MIXTES SANS ACCOMPA-\nGNEMENT, PAR CLAUDE DEBUSSY (DURAND, ÉDITEUR). Au dernier concert du\nChâtelet, le vendredi saint (j'imagine que ce n'était pas dans une intention\nreligieuse !), M. Claude Debussy a dirigé lui-même sa Princesse élue et l'exécu-\ntion de ces trois chansons. La Princesse élue est une œuvre mignarde, subtile,\nembrumée comme les tableaux de Carrière où le dessin est volontairement altéré\nau profit d'une couleur sui generis, dissonante et déliquescente, mais originale\net non dépourvue de charme. Les trois chansons a cappella (fâcheusement pré-\ncédées, à l'exécution, par un accord instrumental donnant le ton) furent char-\nmantes. On ne peut pas prendre avec les voix les mêmes licences qu'avec les\ninstruments ; M.Debussy a su trouver le mesure. La première pièce, Dieu! qu'il\nfait bon la regarder, avec ses tritons, ses clausules imparfaites et sans note sen-\nsible, a une agréable saveur d'archaïsme ; les deux autres, Quand fai ouy le tam-\nbourin et Yver, vous n estes qu'un villain, sont de subtils ouvrages d'orfèvrerie\n\nTROIS CHANSONS DE CHARLES D'ORLÉANS,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.5", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "modem styl, finement ouvragés, fort intéressants dans le détail ;il est curieux\ndevoir M. Debussy, lorsqu'il traite les voix seules, obligé de donner une tenue\npresque classique à son écriture. Ces badinages n'augmenteront pas la réputa-\ntion de Fauteur de Pelléas ; ils ne lui nuiront pas non plus\n\nH.\n\nNous avions exprimé le\nregret, en rendant compte du deuxième récital de violon de M. J. Debroux, que\nla musique du commencement du xvme sièccle, qu'il s'est donné la mission de\nrééditer, y fût un peu trop mêlée de musique moderne. Cette fois-ci, nous avons\nété servis à souhait. En deux heures de temps M. Debroux a trouvé le moyen\nde placer deux concertos (i) de Jean-Marie Leclair dit l'Aîné (1697-1764], deux\nconcertos (2) de Jacques Aubert (1678-1753) et deux sonates, l'une de Jean-\nFrançois d'Andrieu (1684-1740), l'autre d\"Evariste Felice delTAbaco (1675-1742),\nle tout splendidement enlevé par le maître et son cortège d'instruments à\ncordes et de clavecinistes; il apu y ajouter la Ciaccona de J.-S. Bach, qui par-\ntageait cette intéressante série comme une cadence réservée à la virtuosité de\nl'archet.\n« Les pièces de ces maîtres violonistes que M. ]. Debroux nous présente appar-\n« tiennent à cette lignée d'œuvres sincères sur quoi le temps ne saurait avoir\n« prise. La lecture de telle page sera une révélation en même temps qu'un en-\n« chantement. » Voilà ce que nous disait M. H. Quittard au début d'une notice\nparue antérieurement dans le n° de février 1906 de la Revue musicale sous le\ntitre : « Les maîtres violonistes du xvme siècle. »\nCette impression est bien celle qui ressort du dernier récital que vient de\ndonner M. Debroux.\nJean-Marie Leclair nous est apparu, comme toujours, l'écrivain aimable et\ncharmant dans ses allégros, original ou profond dans ses adagios. On ne saurait\ntrop recommander Yadagio de son 4e concerto en fa majeur, où deux mélodies\nvraiment célestes, accompagnées en pédale par les basses et semblant des-\ncendre des voûtes d'une cathédrale, sont d'une netteté irréprochable et d'une\nprofondeur d'expression rare : qualités que l'archet du maître a su hautement\nmettre en relief. On ne pouvait s'empêcher de songer à Bach en écoutant Y aile-\n£, 0 de ce même concerto dont les motifs ont un air de parenté frappant avec\ncertains thèmes du grand maître allemand.\nLa sonate en sol majeur, n° 3, de Jean-François d'Andrieu nous a semblé un\npeu maniérée ; mais quelle grâce exquise dans Varia affettuosa !\nEst-ce sous l'influence d'un certain amour-propre national ? Nous n'avons pas\naussi complètement apprécié la sonate en fa majeur, n° 3, d Evariste Felice delV\nAbaco, dont cependant le grave pouvait évoquer Palestrina. Ici nous retrou-\nvons, dans Y allemande et Y allegro assai tout le brio et l'éclat du caractère ita-\nlien. De la lumière intense, des couleurs vives, certes, ce sont là des qualités\nappréciables ; mais notre esprit français trouve beaucoup plus d'attrait dans la\ngrâce discrète, la sincérité inimitable et la profondeur de sentiment que respirent\nnos œuvres françaises du xvme siècle.\nJ 1 ne nous faut pas oublier cependant que la sonate nous vient d'ltalie et que ce\n\nMUSIQUE FRANÇAISE DU xvIIIe SIÈCLE, POUR VIOLON.\n\n(1) Edition Jongen et J. Debroux.\n(2) Edition Dallier et J. Debroux."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.6", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "n'est qu'avec Jean-François d'Andrieu et autres maîtres de la même époque (i)\nqu'apparaissent en France les premières tentatives de sonate: l'influence de\nCorelli se fait encore sentir, quoique largement atténuée par une originalité essen-\ntiellement française.\nLa verve et l'entrain ne manquent pas à Jacques Aubert, comme nous l'avons\npu juger dans ses deux concertos, celui en fa majeur n° 5 renfermant une ravis-\nsante gavotte orchestrée de tournure ingénieuse, très large de sentiment, sortant\ntout à fait de l'ordinaire, et le concerto n° 3 en la majeur, que M. Debroux nous a\nfait entendre pour terminer la soirée, avec son entrée [allegro), son finale (presto).\nsi vifs et si brillants, et qui paraissent sonner la fanfare de la guerre en dentelles,\nNous ne saurions passer sous silence l'enthousiasme sincère et chaleureux que\nM. Debroux a soulevé dans son auditoire par une exécution absolument impec-\ncable, à tous les points de vue, de l'immortelle Ciaccona de Jean-Sébastien\nBach.\nFélicitons une fois de plus non seulement l'éminent artiste, mais surtout le sa-\nvant musicien qui a voulu consacrer la plus grande partie de sa carrière à réha-\nbiliter ces œuvres françaises du xvme siècle qui sans lui seraient peut-être défi-\nnitivement tombées dans l'oubli.\nLeur valeur est certes réelle, et nous ne craignons pas de dire qu'elles\nauraient dû marcher de front avec celles de nos voisins dont le sort a été plus\nglorieux jusqu'ici, si des circonstances fâcheuses de diverse nature et la modestie\nde leurs auteurs n'avaient mis un obstacle à leur vulgarisation.\nAjoutons que cette musique ancienne n'a pas autant « vieilli » pour em-\nployer l'expression consacrée que l'on est généralement tenté de le croire, et\nles fervents adeptes du violon éprouveront, en étudiant ces œuvres exquises du\nxvme siècle, une impression toujours vivante de fraîcheur, de noblesse et\nmême de grandeur.\nAussi voyons-nous avec un réel plaisir s'augmenter chaque année l'intéres-\nsante collection de M. Debroux, qui compte déjà un nombre assez considérable\nde pièces.\nPour ne citer que les sonates d'un intérêt plus immédiat nous voyons\ndéjà au catalogue de l'an dernier les noms de Jacques Aubert, Louis Aubert le fils,\nBranche, Antoine d'Auvergne, Denis, François Du Val, François Fr an cœur le Ca-\ndet (2 sonates), Jean-Pierre Guignon, V Abbé le fils, Le Blanc, Joseph Marchand le\nfils, C. C. Mondonville le Jeune, Pagm, Jean Ferry Rebel, Jean-Baptiste Senaillé\nle fils (2 sonates\\ Jean-Marie Leclair (plusieurs sonates très intéressantes). Et\nd'autres encore doivent paraître prochainement.\n\nJ. L. C.\n\nLe lundi 5 avril, à la salle des\nAgriculteurs, la Société moderne d'instruments à vent donnait un de ses con-\ncerts.\nL adagio cantabile et scherzo de Aurelio Magnani nous a vivement intéressés, de\nmême que Voctuor de Vladimir Dyck : dans ce dernier pourtant, après une excel-\n\nSOCIÉTÉ MODERNE D'INSTRUMENTS A VENT.\n\n(1) Voir les éditions restaurées par M. J. Debroux, principalement J.-B. Senaillé avec sa\nremarquable sonate en mi majeur (1687-1730), Jean Ferry Rebel et François Du Val (1704-\n1738)."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.7", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3297, "texte": "lente interprétation de Yandante, nous avons eu à regretter un manque d'ensem-\nble dans le finale.\nLe délicieux quintette de Mozart, pour piano, hautbois, clarinette, cor et bas-\nson, aurait pu obtenir plus de succès si la justesse n'avait pas fait défaut en cer-\ntains passages de la fin :on doit tenir compte, il est vrai, de ce que l'accord du\npiano n'est pas, comme les instruments à vent, susceptible de variations sous\nl'influence de la chaleur ! Le fait est regrettable, car cette œuvre paraissait digne\nd'un intérêt spécial.\nMme Durand-Texte a chanté avec beaucoup de charme et de souplesse des\nmélodies de Jacques Pillois que l'auteur accompagnait au piano.\nM, Louis Fleury s'est fait aussi applaudir dans une très jolie interprétation\nd'une suite pour flûte et piano, extraite des Poèmes virgiliens de Th. Dubois :\nl'illustre compositeur tenait lui-même la partie de piano.\n\nJ. L. C.\n\nCONCERT DE M. DEBUCQUOY (A LA SALLE PLEYEL).\nHENRI BRODY.\nLes concerts particuliers ont\npris une extension extraordinaire. Violonistes, pianistes, violoncellistes, sociétés\nde musique de chambre, compagnies orchestrales, phalanges chorales, envahis-\nsent chaque après-midi et chaque soir les nombreuses salles de Paris ; et Ton\nse demande comment les entrepreneurs de récitals et de concerts peuvent faire\nnon pas pour couvrir leurs . frais, mais seulement pour trouver un public béné-\nvole.\nParmi tant d'artistes célèbres ou inconnus, il en est un dont le nom est\ndigne d'être cité : c'est M. Théophile Debucquoy. Originaire du Nord, il habite\nmaintenant Paris, après avoir fait escale à Cholet, où il tenait les orgues.\nM. Debucquoy est aveugle et, déplus, il est privé de l'usage des doigts de sa\nmain droite. 11 n'a donc pour faire chanter le clavier que son cœur de musicien\net sa main gauche et il parvient à exécuter des œuvres très difficiles dont il\nrend la note et l'esprit. Il excelle surtout dans l'exécution de morceaux pour la\nmain gauche seule, qu'il a composés lui-même, et que les pianistes bimanes\nferaient bien d'adopter pour fortifier une main qui, presque jamais, n'a la force\net la vélocité de la droite. M. Debucquoy a produit également des lieder qui sont\nimprégnés d'un accent dramatique très chaleureux, et ceux que nous avons\nentendus à son dernier concert, donné à la salle Pleyel, dénotent un musicien de\nvaleur, auquel le maître Massenet s'intéresse d'ailleurs particulièrement et à\njuste titre.\n\nLe concert du 2 avril, dont nous avions\ndonné le programme, a mis en lumière une nouvelle venue. Harpiste diplômée\nde la Schola Cantorum, où elle étudia son instrument sous la direction d'Hélène\nLielinska et où elle est l'élève de Vincent d'lndy pour la composition, Mlle Jeanne\nDalliès a fait preuve à ce concert \"d'un mécanisme consciencieux, qu'elle aura\nintérêt à développer encore, d'une sonorité remarquable et d'une rare musica-\nlité. Le programme dégageait un austère agrément, empruntant ses charmes à\nRameau, à Kirnberger, à Paradies, à Rolle pour les anciens, à Périlhou, à\nDuparc, à Chausson et à Vincent d'lndy pour les modernes. Je retiens volontiers\nà l'honneur de l'artiste une fugue en ré majeur de Kirnberger, que peu joueront\navec autant de sens musical que Mlle Jeanne Dalliès. Son succès fut très grand\n\nCONCERT DE HARPE CHROMATIQUE."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.8", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3125, "texte": "devant une salle archicomble. Que M. Gustave Lyon nous fasse entendre beau-\ncoup de harpistes comme celle-ci, et la cause de son instrument ne sera plus ni\ndiscutable ni discutée !\nIl faut ajouter qu'à ce concert prêtaient leur concours un très jeune soprano,\nMlle Fanny Malnory, qui ale rare bonheur de savoir chanter avant d'avoir la\nvoix fatiguée, Mlles Marguerite et Wanda Zielinska et un double quatuor d'ac-\ncompagnement sous la direction de M. Paul Le Flem.\n\nP.-A.\n\nM. VAN ROOY.\nH.\nIl était inutile de déranger, pour le dernier concert\nColonne, un chanteur allemand médiocre comme M. Van Rooy, lorsqu'on a,\nà Paris, des chanteurs comme Gresse, Delmas, Noté, Dufrane.\n\nMONTE-CARLO. —M. Raoul Gunsbourg, depuis qu'il a découvert et qu'il\nnous a révélé l'admirable tragédien lyriqueCbaliapine, nous donne chaque année\nMefistofele, le classique opéra de Boïto, où le génial artiste russe triomphe aisé-\nment ; le public, averti que ce rôle est l'un des plus formidables de M. Chalia-\npine, accourt fidèlement et acclame l'interprète, plus grand que l'œuvre, intéres-\nsante et souvent belle, dont il est le magnifique protagoniste. Son triomphe, une\nfois de plus, y fut indescriptible : chanteur de voix puissante, tragédien de\nvéhémence très émouvante, avec des emportements sublimes, il a, surtout à\n1 acte de 1 Enfer, terrifié le public par son extraordinaire puissance dramatique.\nMLLE Chenal, qui jouait le double rôle de Marguerite et d'Hélène, y fut absolu-\nment cantatrice superbe, à la grande et belle voix généreuse.\nL'interprétation d'lris de Mascagni fut remarquable. Mme Carelli a délicieu-\nsement chanté le rôle d'lris. L'exquis ténor Anselmi, MM. Pini-Corsi, Marvini\net Mlle Spennert complétaient cette brillante distribution.\n■) i ■ „\nM. Camille Erlanger, qui dirigeait la seconde partie d'un concert classique\nconsacrée à ses œuvres, a été longuement acclamé, après une magnifique exécu-\ntion de pages anthologiqiies de Kermaria, du Juif Polonais, d'Aphrodite et de Saint\nJulien l Hospitalier. La musique, puissante et savante, de cet artiste si person-\nnel, a été unanimement admirée. A signaler aussi le vif succès remporté au\nconcert suivant par deux exquises pages de M. Pierre Carolus Duran, Prélude\nde Giuska.\nLe nombre des virtuoses et des cantatrices qui viennent de se succéder aux\ndivers concerts de gala, olferts par 1 International Sporting Club, avec le con-\ncours de 1 orchestre Ganne, ne permet qu une simple nomenclature. Mais leurs\nnoms sont assez célèbres ou connus pour qu on juge du succès de chacun auprès\ndu public d'élite qui les a applaudis. Trois cantatrices : Mmes Mathilde Polack ;\nLouise Berthé ; Maud Herlenn. Six pianistes : Mlle Aus der Ohe ; Mlle Norah\nDrewett ; Mlle Clara Sansoni ; Mme Weis Singer; MM. Jean Canivet et de\nRadwan. Deux violonistes : MM. Johannis Wolff et E. Mendels. Une or-\nganiste, M e Madeleine Neyrat, M. Carlos Salzédo, soliste, sur la harpe et le\npiano. Mentionnons enfin le succès triomphal du festival en l'honneur du\nmaître Saint-Saens par 1 orchestre Ganne, qui s'attira les plus vives félicitations\ndu grand maître lui-même."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c003", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c003", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "206", "page_fin": "206", "image_debut": 2, "image_fin": 2, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2.1", "titre_corps": "LES «PASSIONS» DE J.-S. BACH.", "titre_sommaire": "LES «PASSIONS» DE J.-S. BACH.", "signature_source": "E. 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On\nl'a dit à propos de Chopin, de certaines œuvres de Weber, des mélodies de\nBeethoven (comme Y Adélaïde)et je n'y contredis pas... Pourquoi cela ? Il serait\nintéressant d'en chercher la raison, en dehors de l'habileté technique.\nCe qui a chance de « vieillir », en musique, c'est tout ce qui est sous la dépen-\ndance trop tyrannique de la passion et de l'imagination, parce que la manière de\nsentir vivement et d'imaginer de même est, dans notre nature, la partie instable\net mobile, soumise à l'influence du moment et de la mode, et qu'elle change\nd'une époque à l'autre. L'artiste qui chante son moi avec exaltation, dans un\nmilieu déterminé, risque d'être peu compris par les générations suivantes\n(à moins qu'il n'ait assez d'énergie pour universaliser tout ce qui est en lui, et,\nen s'exprimant, d'exprimer l'homme de tous les temps. C'est ce que fait souvent\nBerlioz, et toujours Beethoven dans son œuvre symphonique).\nOr Bach est le contraire d'un passionné. Il a de la couleur et de 1' « expres-\nsion », cela va sans dire, puisqu'il fait de la musique ; mais il n'a rien de l'ar-\ntiste lyrique, je veux dire de celui qui se met violemment, éperdument, dans ce\nqu'il écrit. Il raconte la Passion sans fanatisme et sans larmes. Au moment le\nplus pathétique (celui du crucifiement), son orchestre ne change guère d'allure.\nSa qualité essentielle reste partout une miraculeuse facilité dans la puissance.\nLes parties les plus belles de ses deux Passions me paraissent être celles où\nil fait parler la foule ; là, avec une aisance unique, le contrepoint étale ses\nprodiges. Et cela, c'est ce qui ne saurait vieillir, tant qu'il y aura une musique\net des musiciens ! Bach a la foi simple et solide du charbonnier ; il ne s'attarde\nni à déclamer, ni à analyser sa sensibilité, ni à traiter amoureusement un\nthème séduisant : il va, il va sans cesse, conduisant surjes cimes le quadrige\nde ses voix, improvisant ses récitatifs avec la clausule instrumentale toujours\nla même, sans s'arrêter jamais pour raffiner ou pour rêver. Il a pas d'art\nplus clair, plus franc et plus vif que le sien. Tous les « effets » qu'on lui a prêtés\nsont des gloses indiscrètes de littérateur.\nCe succès persistant de deux Passions de J.-S. Bach, en avril 190 g, est de\nnature à faire réfléchir les compositeurs de notre temps."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c004", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c004", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "206", "page_fin": "208", "image_debut": 2, "image_fin": 4, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2.2", "titre_corps": "THÉÂTRE ITALIEN. IMPRESSIONS D'AUJOURD'HUI ET D'AUTREFOIS", "titre_sommaire": "THÉÂTRE ITALIEN. 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IMPRESSIONS D'AUJOURD'HUI ET D'AUTREFOIS"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.3", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "valeur : quelques ensembles sont d'un musicien de race. Avec tristesse, car\nje ne pouvais me défendre d'une comparaison rétrospective...\nCertes, les chanteurs étaient bons, les décors passables et l'orchestre suffisant,\nquoique bien grêle ; mais quelle misère dans le cadre de ces représentations !\nDans la salle, à peine cinquante personnes, un balcon à peu près vide, et, çà et\nlà, des toilettes de mardi gras. Au foyer du théâtre, où il y avait cependant tout\nce qu il faut, une bascule, « la seule donnant le poids juste », une machine auto-\nmatique crachant pour dix centimes des caramels, des bonbons à la vanille, etc.\nAux murs, des dessins coloriés rappelant la Boîte à Fursy, et sur la porte\nouverte du café adjacent, un garçon annonçant à tue-tête le bock « à 30 cen-\ntimes et des consommations de premier choix ». Le programme indiquait cepen-\ndant que ces artistes avaient de hautes ambitions. En première page, il donnait\nla photographie du directeur de la troupe avec une notice commençant ainsi :\n«M. C. est célèbre dans les cinq parties du monde. » Le reste, à l'avenant. Je ne\nveux nommer personne. Où sont les Italiens d'autrefois ?\n... ô splendeurs éclipsées !\nO soleils disparus derrière fhorizon !\nLes Italiens sont souvent venus chez nous pour y faire miroiter leur musique ;\nles pages les plus brillantes de cette histoire sont celles où nous les voyons au\nthéâtre Favart, au théâtre Ventadour, à l'Odéon, enfin dans l'ancien théâtre\nroyal de l'Opéra-Comique. C'est vers 1830 que le chantitalien fut à son apogée,\navec ces noms que je ne peux écrire sans émotion : la Pasta, la Malibran, la\nSontag, Rubini, Tamburini, Graziani, Lablache... Qui peut se flatter, aujour-\nd'hui, d'égaler le prestige de ces héros de la rampe ?... En 1841 (samedi\n2 octobre), commence une nouvelle période, avec Semiramide. Les conditions de\nsuccès sont autres. La Malibran est morte ; la Sontag est devenue comtesse\nRossi. Rubini boude la France et s'apprête à partir pour Saint-Pétersbourg (où\nl'empereur Nicolas doit le nommer colonel !). Tamburini et Lablache, déjà vieux,\nrestent des artistes supérieurs : Tamburini, personnification du charme et de la\nfacilité (dans la vocalisation) ; Lablache, énorme, de haute taille, superbe avec\nsa tête romaine, et, malgré sa corpulence, portant avec distinction la couronne\nde chêne des prêtres de Norma. Tamburini et Lablache ! tous deux incompa-\nrables par la puissance de la voix !...\nA côté d'eux brillait, en 1841, le célèbre ténor Mario (marquis de Candia),\ndont la distinction et le talent firent battre tant de cœurs féminins ; et la Grisi,\nqui partageait avec la Persiani l'emploi de prima donna : la Grisi, beauté titia-\nnesque, dont la voix excellait dans les vocalises de la Gazza ladra et du Barbier,\net qui, dans les rôles de Desdemona, d'Anna Bolena, de Norma, eut d'inou-\nbliables triomphes, obtenus en partie par un procédé emprunté à Rubini : les\nsmorzature, Ou passages subits du forte au piano. Je retrouve, dans Y Histoire du\nthéâtre Ventadour par Octave Fouque (Paris, 1881) la liste des pièces qui, après\nle Stabat de Rossini, furent données durant la première saison des Italiens, en\n1841-42 :\nSemiramide, 5 représentations ;\nVElisir d'amore, 4 ;\n1 Puritani, 6."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.4", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1879, "texte": "La Cenerentola, 3; r\nLa Sonnambula> 3 ;\nLucia di Lammermoor, 13 ;\nIl Turco in Italia, 6 ;\nIl Barbiere di Siviglia, 7 ;\nLucrezia Borgia) 7 ;\nLa Vestale (de Mercadante), 7 ;\nDon Giovanni, 4;\nLa Cantatrici Villane (Fioravanti), 5 ;\nSaffo (Paccini), 3...\nJe vous concède que tout n'était pas de premier ordre dans ce répertoire !\n' L'histoire du théâtre italien, à Paris, s'étend jusqu'en 1878, date où commence\nla fortune de son successeur, le théâtre lyrique. Durant cette période, que de\nsouvenirs glorieux et toujours chers 1 Mme Pauline Viardot, donnant la réplique\nà la Grisi, dans Sémiramis (c'est l'époque où Sivori et Liszt donnent leurs con-\ncerts) ; en 1847, débuts de l'Alboni »en Frezzolini, tragique interprète\ndes opéras de Verdi ;en 1854, Mme Borghi-Mamo ;en 1862, le ténor Naudin\n(plus tard créateur du rôle de Vasco de Gama dans Y Africaine) ;en 1863, Ade-\nlina Patii...\nQui nous rendra cette atmosphère d'élégance et de distinction où l'art du\nchant était cultivé ? Je doute que cet âge d'or reparaisse jamais. Nous ne sommes\nplus à l'époque où on va à l'Opéra pour entendre un chanteur en vogue, et où\nBalzac faisait écrire à Rastignac, par la fille du père Goriot, offrant une place\ndans sa loge : « Nous avons samedi la Fodor et Pellegrini ;je suis sûre que vous\nne refuserez pas. » Mes contemporains, je le reconnais, ont fait de grands progrès\npour la symphonie ; mais, en matière de chant, n'ont-ils pas reculé ?\nCeux qui n'ont pas encore dépassé la cinquantaine ne sauront jamais les émo-\ntions que nous avons éprouvées en entendant les grands artistes d'autrefois. Nous\nne reverrons plus cela ;ce qu'on ne saurait nous rendre, c'est le milieu, l'am-\nbiance, le nuage d'or d'où descendaient les dieux du chant, —et surtout notre\njeunesse, si lointaine, que je n'ai pas retrouvée, hélas !en faisant le voyage des\nFolies-Dramatiques !\n\nM."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c005", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c005", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "208", "page_fin": "209", "image_debut": 4, "image_fin": 5, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2.3", "titre_corps": "TROIS CHANSONS DE CHARLES D'ORLÉANS,", "titre_sommaire": "TROIS CHANSONS DE CHARLES D'ORLÉANS,", "signature_source": "H", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 4, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.4", "debut_caractere": 1881, "fin_caractere_exclue": 2973, "texte": "A 4 VOIX MIXTES SANS ACCOMPA-\nGNEMENT, PAR CLAUDE DEBUSSY (DURAND, ÉDITEUR). Au dernier concert du\nChâtelet, le vendredi saint (j'imagine que ce n'était pas dans une intention\nreligieuse !), M. Claude Debussy a dirigé lui-même sa Princesse élue et l'exécu-\ntion de ces trois chansons. La Princesse élue est une œuvre mignarde, subtile,\nembrumée comme les tableaux de Carrière où le dessin est volontairement altéré\nau profit d'une couleur sui generis, dissonante et déliquescente, mais originale\net non dépourvue de charme. Les trois chansons a cappella (fâcheusement pré-\ncédées, à l'exécution, par un accord instrumental donnant le ton) furent char-\nmantes. On ne peut pas prendre avec les voix les mêmes licences qu'avec les\ninstruments ; M.Debussy a su trouver le mesure. La première pièce, Dieu! qu'il\nfait bon la regarder, avec ses tritons, ses clausules imparfaites et sans note sen-\nsible, a une agréable saveur d'archaïsme ; les deux autres, Quand fai ouy le tam-\nbourin et Yver, vous n estes qu'un villain, sont de subtils ouvrages d'orfèvrerie\n\nTROIS CHANSONS DE CHARLES D'ORLÉANS,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.5", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "modem styl, finement ouvragés, fort intéressants dans le détail ;il est curieux\ndevoir M. Debussy, lorsqu'il traite les voix seules, obligé de donner une tenue\npresque classique à son écriture. Ces badinages n'augmenteront pas la réputa-\ntion de Fauteur de Pelléas ; ils ne lui nuiront pas non plus\n\nH."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c006", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c006", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "209", "page_fin": "210", "image_debut": 5, "image_fin": 6, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2.4", "titre_corps": "MUSIQUE FRANÇAISE DU xvIIIe SIÈCLE, POUR VIOLON.", "titre_sommaire": "MUSIQUE FRANÇAISE DU xvIIIe SIÈCLE, POUR VIOLON.", "signature_source": "J. L. C", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 5, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.5", "debut_caractere": 325, "fin_caractere_exclue": 3279, "texte": "Nous avions exprimé le\nregret, en rendant compte du deuxième récital de violon de M. J. Debroux, que\nla musique du commencement du xvme sièccle, qu'il s'est donné la mission de\nrééditer, y fût un peu trop mêlée de musique moderne. Cette fois-ci, nous avons\nété servis à souhait. En deux heures de temps M. Debroux a trouvé le moyen\nde placer deux concertos (i) de Jean-Marie Leclair dit l'Aîné (1697-1764], deux\nconcertos (2) de Jacques Aubert (1678-1753) et deux sonates, l'une de Jean-\nFrançois d'Andrieu (1684-1740), l'autre d\"Evariste Felice delTAbaco (1675-1742),\nle tout splendidement enlevé par le maître et son cortège d'instruments à\ncordes et de clavecinistes; il apu y ajouter la Ciaccona de J.-S. Bach, qui par-\ntageait cette intéressante série comme une cadence réservée à la virtuosité de\nl'archet.\n« Les pièces de ces maîtres violonistes que M. ]. Debroux nous présente appar-\n« tiennent à cette lignée d'œuvres sincères sur quoi le temps ne saurait avoir\n« prise. La lecture de telle page sera une révélation en même temps qu'un en-\n« chantement. » Voilà ce que nous disait M. H. Quittard au début d'une notice\nparue antérieurement dans le n° de février 1906 de la Revue musicale sous le\ntitre : « Les maîtres violonistes du xvme siècle. »\nCette impression est bien celle qui ressort du dernier récital que vient de\ndonner M. Debroux.\nJean-Marie Leclair nous est apparu, comme toujours, l'écrivain aimable et\ncharmant dans ses allégros, original ou profond dans ses adagios. On ne saurait\ntrop recommander Yadagio de son 4e concerto en fa majeur, où deux mélodies\nvraiment célestes, accompagnées en pédale par les basses et semblant des-\ncendre des voûtes d'une cathédrale, sont d'une netteté irréprochable et d'une\nprofondeur d'expression rare : qualités que l'archet du maître a su hautement\nmettre en relief. On ne pouvait s'empêcher de songer à Bach en écoutant Y aile-\n£, 0 de ce même concerto dont les motifs ont un air de parenté frappant avec\ncertains thèmes du grand maître allemand.\nLa sonate en sol majeur, n° 3, de Jean-François d'Andrieu nous a semblé un\npeu maniérée ; mais quelle grâce exquise dans Varia affettuosa !\nEst-ce sous l'influence d'un certain amour-propre national ? Nous n'avons pas\naussi complètement apprécié la sonate en fa majeur, n° 3, d Evariste Felice delV\nAbaco, dont cependant le grave pouvait évoquer Palestrina. Ici nous retrou-\nvons, dans Y allemande et Y allegro assai tout le brio et l'éclat du caractère ita-\nlien. De la lumière intense, des couleurs vives, certes, ce sont là des qualités\nappréciables ; mais notre esprit français trouve beaucoup plus d'attrait dans la\ngrâce discrète, la sincérité inimitable et la profondeur de sentiment que respirent\nnos œuvres françaises du xvme siècle.\nJ 1 ne nous faut pas oublier cependant que la sonate nous vient d'ltalie et que ce\n\nMUSIQUE FRANÇAISE DU xvIIIe SIÈCLE, POUR VIOLON.\n\n(1) Edition Jongen et J. Debroux.\n(2) Edition Dallier et J. Debroux."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.6", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 2616, "texte": "n'est qu'avec Jean-François d'Andrieu et autres maîtres de la même époque (i)\nqu'apparaissent en France les premières tentatives de sonate: l'influence de\nCorelli se fait encore sentir, quoique largement atténuée par une originalité essen-\ntiellement française.\nLa verve et l'entrain ne manquent pas à Jacques Aubert, comme nous l'avons\npu juger dans ses deux concertos, celui en fa majeur n° 5 renfermant une ravis-\nsante gavotte orchestrée de tournure ingénieuse, très large de sentiment, sortant\ntout à fait de l'ordinaire, et le concerto n° 3 en la majeur, que M. Debroux nous a\nfait entendre pour terminer la soirée, avec son entrée [allegro), son finale (presto).\nsi vifs et si brillants, et qui paraissent sonner la fanfare de la guerre en dentelles,\nNous ne saurions passer sous silence l'enthousiasme sincère et chaleureux que\nM. Debroux a soulevé dans son auditoire par une exécution absolument impec-\ncable, à tous les points de vue, de l'immortelle Ciaccona de Jean-Sébastien\nBach.\nFélicitons une fois de plus non seulement l'éminent artiste, mais surtout le sa-\nvant musicien qui a voulu consacrer la plus grande partie de sa carrière à réha-\nbiliter ces œuvres françaises du xvme siècle qui sans lui seraient peut-être défi-\nnitivement tombées dans l'oubli.\nLeur valeur est certes réelle, et nous ne craignons pas de dire qu'elles\nauraient dû marcher de front avec celles de nos voisins dont le sort a été plus\nglorieux jusqu'ici, si des circonstances fâcheuses de diverse nature et la modestie\nde leurs auteurs n'avaient mis un obstacle à leur vulgarisation.\nAjoutons que cette musique ancienne n'a pas autant « vieilli » pour em-\nployer l'expression consacrée que l'on est généralement tenté de le croire, et\nles fervents adeptes du violon éprouveront, en étudiant ces œuvres exquises du\nxvme siècle, une impression toujours vivante de fraîcheur, de noblesse et\nmême de grandeur.\nAussi voyons-nous avec un réel plaisir s'augmenter chaque année l'intéres-\nsante collection de M. Debroux, qui compte déjà un nombre assez considérable\nde pièces.\nPour ne citer que les sonates d'un intérêt plus immédiat nous voyons\ndéjà au catalogue de l'an dernier les noms de Jacques Aubert, Louis Aubert le fils,\nBranche, Antoine d'Auvergne, Denis, François Du Val, François Fr an cœur le Ca-\ndet (2 sonates), Jean-Pierre Guignon, V Abbé le fils, Le Blanc, Joseph Marchand le\nfils, C. C. Mondonville le Jeune, Pagm, Jean Ferry Rebel, Jean-Baptiste Senaillé\nle fils (2 sonates\\ Jean-Marie Leclair (plusieurs sonates très intéressantes). Et\nd'autres encore doivent paraître prochainement.\n\nJ. L. C."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.6", "debut_caractere": 2934, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "(1) Voir les éditions restaurées par M. J. Debroux, principalement J.-B. Senaillé avec sa\nremarquable sonate en mi majeur (1687-1730), Jean Ferry Rebel et François Du Val (1704-\n1738)."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c007", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c007", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "210", "page_fin": "211", "image_debut": 6, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2.5", "titre_corps": "SOCIÉTÉ MODERNE D'INSTRUMENTS A VENT.", "titre_sommaire": "SOCIÉTÉ MODERNE D'INSTRUMENTS A VENT.", "signature_source": "J. L. 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Le fait est regrettable, car cette œuvre paraissait digne\nd'un intérêt spécial.\nMme Durand-Texte a chanté avec beaucoup de charme et de souplesse des\nmélodies de Jacques Pillois que l'auteur accompagnait au piano.\nM, Louis Fleury s'est fait aussi applaudir dans une très jolie interprétation\nd'une suite pour flûte et piano, extraite des Poèmes virgiliens de Th. Dubois :\nl'illustre compositeur tenait lui-même la partie de piano.\n\nJ. L. C."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c008", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c008", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "211", "page_fin": "211", "image_debut": 7, "image_fin": 7, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2.6", "titre_corps": "CONCERT DE M. DEBUCQUOY (A LA SALLE PLEYEL).", "titre_sommaire": "CONCERT DE M. DEBUCQUOY (A LA SALLE PLEYEL).", "signature_source": "HENRI BRODY", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.7", "debut_caractere": 916, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "CONCERT DE M. DEBUCQUOY (A LA SALLE PLEYEL).\nHENRI BRODY.\nLes concerts particuliers ont\npris une extension extraordinaire. Violonistes, pianistes, violoncellistes, sociétés\nde musique de chambre, compagnies orchestrales, phalanges chorales, envahis-\nsent chaque après-midi et chaque soir les nombreuses salles de Paris ; et Ton\nse demande comment les entrepreneurs de récitals et de concerts peuvent faire\nnon pas pour couvrir leurs . frais, mais seulement pour trouver un public béné-\nvole.\nParmi tant d'artistes célèbres ou inconnus, il en est un dont le nom est\ndigne d'être cité : c'est M. Théophile Debucquoy. Originaire du Nord, il habite\nmaintenant Paris, après avoir fait escale à Cholet, où il tenait les orgues.\nM. Debucquoy est aveugle et, déplus, il est privé de l'usage des doigts de sa\nmain droite. 11 n'a donc pour faire chanter le clavier que son cœur de musicien\net sa main gauche et il parvient à exécuter des œuvres très difficiles dont il\nrend la note et l'esprit. Il excelle surtout dans l'exécution de morceaux pour la\nmain gauche seule, qu'il a composés lui-même, et que les pianistes bimanes\nferaient bien d'adopter pour fortifier une main qui, presque jamais, n'a la force\net la vélocité de la droite. M. Debucquoy a produit également des lieder qui sont\nimprégnés d'un accent dramatique très chaleureux, et ceux que nous avons\nentendus à son dernier concert, donné à la salle Pleyel, dénotent un musicien de\nvaleur, auquel le maître Massenet s'intéresse d'ailleurs particulièrement et à\njuste titre."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c009", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c009", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "211", "page_fin": "212", "image_debut": 7, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2.7", "titre_corps": "CONCERT DE HARPE CHROMATIQUE.", "titre_sommaire": "CONCERT DE HARPE CHROMATIQUE.", "signature_source": "P. -A", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 7, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.7", "debut_caractere": 2443, "fin_caractere_exclue": 3297, "texte": "Le concert du 2 avril, dont nous avions\ndonné le programme, a mis en lumière une nouvelle venue. Harpiste diplômée\nde la Schola Cantorum, où elle étudia son instrument sous la direction d'Hélène\nLielinska et où elle est l'élève de Vincent d'lndy pour la composition, Mlle Jeanne\nDalliès a fait preuve à ce concert \"d'un mécanisme consciencieux, qu'elle aura\nintérêt à développer encore, d'une sonorité remarquable et d'une rare musica-\nlité. Le programme dégageait un austère agrément, empruntant ses charmes à\nRameau, à Kirnberger, à Paradies, à Rolle pour les anciens, à Périlhou, à\nDuparc, à Chausson et à Vincent d'lndy pour les modernes. Je retiens volontiers\nà l'honneur de l'artiste une fugue en ré majeur de Kirnberger, que peu joueront\navec autant de sens musical que Mlle Jeanne Dalliès. Son succès fut très grand\n\nCONCERT DE HARPE CHROMATIQUE."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.8", "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "devant une salle archicomble. Que M. Gustave Lyon nous fasse entendre beau-\ncoup de harpistes comme celle-ci, et la cause de son instrument ne sera plus ni\ndiscutable ni discutée !\nIl faut ajouter qu'à ce concert prêtaient leur concours un très jeune soprano,\nMlle Fanny Malnory, qui ale rare bonheur de savoir chanter avant d'avoir la\nvoix fatiguée, Mlles Marguerite et Wanda Zielinska et un double quatuor d'ac-\ncompagnement sous la direction de M. Paul Le Flem.\n\nP.-A."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c010", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c010", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "212", "page_fin": "212", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2.8", "titre_corps": "M. VAN ROOY.", "titre_sommaire": "M. VAN ROOY.", "signature_source": "H", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.8", "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 694, "texte": "M. VAN ROOY.\nH.\nIl était inutile de déranger, pour le dernier concert\nColonne, un chanteur allemand médiocre comme M. Van Rooy, lorsqu'on a,\nà Paris, des chanteurs comme Gresse, Delmas, Noté, Dufrane."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c011", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c011", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "212", "page_fin": "212", "image_debut": 8, "image_fin": 8, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.2.9", "titre_corps": "MONTE-CARLO. —M. Raoul Gunsbourg, depuis qu'il a découvert et qu'il", "titre_sommaire": "MONTE-CARLO. —M. Raoul Gunsbourg, depuis qu'il a découvert et qu'il", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.8", "debut_caractere": 696, "fin_caractere_exclue": 3125, "texte": "MONTE-CARLO. —M. Raoul Gunsbourg, depuis qu'il a découvert et qu'il\nnous a révélé l'admirable tragédien lyriqueCbaliapine, nous donne chaque année\nMefistofele, le classique opéra de Boïto, où le génial artiste russe triomphe aisé-\nment ; le public, averti que ce rôle est l'un des plus formidables de M. Chalia-\npine, accourt fidèlement et acclame l'interprète, plus grand que l'œuvre, intéres-\nsante et souvent belle, dont il est le magnifique protagoniste. Son triomphe, une\nfois de plus, y fut indescriptible : chanteur de voix puissante, tragédien de\nvéhémence très émouvante, avec des emportements sublimes, il a, surtout à\n1 acte de 1 Enfer, terrifié le public par son extraordinaire puissance dramatique.\nMLLE Chenal, qui jouait le double rôle de Marguerite et d'Hélène, y fut absolu-\nment cantatrice superbe, à la grande et belle voix généreuse.\nL'interprétation d'lris de Mascagni fut remarquable. Mme Carelli a délicieu-\nsement chanté le rôle d'lris. L'exquis ténor Anselmi, MM. Pini-Corsi, Marvini\net Mlle Spennert complétaient cette brillante distribution.\n■) i ■ „\nM. Camille Erlanger, qui dirigeait la seconde partie d'un concert classique\nconsacrée à ses œuvres, a été longuement acclamé, après une magnifique exécu-\ntion de pages anthologiqiies de Kermaria, du Juif Polonais, d'Aphrodite et de Saint\nJulien l Hospitalier. La musique, puissante et savante, de cet artiste si person-\nnel, a été unanimement admirée. A signaler aussi le vif succès remporté au\nconcert suivant par deux exquises pages de M. Pierre Carolus Duran, Prélude\nde Giuska.\nLe nombre des virtuoses et des cantatrices qui viennent de se succéder aux\ndivers concerts de gala, olferts par 1 International Sporting Club, avec le con-\ncours de 1 orchestre Ganne, ne permet qu une simple nomenclature. Mais leurs\nnoms sont assez célèbres ou connus pour qu on juge du succès de chacun auprès\ndu public d'élite qui les a applaudis. Trois cantatrices : Mmes Mathilde Polack ;\nLouise Berthé ; Maud Herlenn. Six pianistes : Mlle Aus der Ohe ; Mlle Norah\nDrewett ; Mlle Clara Sansoni ; Mme Weis Singer; MM. Jean Canivet et de\nRadwan. Deux violonistes : MM. Johannis Wolff et E. Mendels. Une or-\nganiste, M e Madeleine Neyrat, M. Carlos Salzédo, soliste, sur la harpe et le\npiano. Mentionnons enfin le succès triomphal du festival en l'honneur du\nmaître Saint-Saens par 1 orchestre Ganne, qui s'attira les plus vives félicitations\ndu grand maître lui-même."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c012", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c012", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "213", "page_fin": "215", "image_debut": 9, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.3", "titre_corps": "La Ponctuation musicale.", "titre_sommaire": "La Ponctuation musicale.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.9", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 2832, "texte": "La Ponctuation musicale.\n\nLes Sonates de Mozart pour piano.\n\nDans la première phase de l'éducation musicale, l'enfant doit être habitué à\nmarquer correctement la mesure en l'identifiant provisoirement avec le rythme :\nil est bon que le maître étant au piano et jouant une mélodie, une marche,etc...,\nle jeune musicien trouve d'abord la mesure adoptée ; qu'ensuite il la traduise en\nmarchant, - selon 1 excellente méthode de Jaques Dalcroze, par les mouve-\nments simultanés de la main et du pied ; il est bon qu'il distingue les temps forts\net les temps faibles, et s'imagine que l'expression musicale est liée à l'indication\nexacte des uns et des autres. C est la période initiale où on doit se familiariser\navec Y accent métrique.\nDans une seconde période où l'intelligence musicale est plus formée, la mesure\nne doit plus apparaître que comme un cadre abstrait, irréel, qui non seulement\nne coïncide pas avec le rythme musical, mais qui souvent est en conflit avec\nlui. Alors on ne se préoccupeplusquede Y accent pathétique, ou,plus simplement,\ndu sens logique de la phrase. La barre de mesure, tout en conservant sa fonction\nrégulatrice de mouvement, n'est plus un guide ; elle est plutôt un danger, car on\npeut se laisser égarer par elle. '\nSi la barre de mesure ne doit plus servir à distinguer correctement les diverses\nparties d'une phrase, quel principe suivrons-nous pour savoir où doivent être\nplacés les points et les virgules, les endroits précis où il faut interrompre le le-\ngatoy mettre une césure, lever la main, « respirer »? Il y a des cas où le compo-\nsiteur a séparé matériellement les parties de son discours et où aucune erreur\nn'est possible. Par exemple celui-ci (Son. 3) ;\nMais, le plus souvent, les parties d'une période musicale sont soudées l'une à\n1 autre ; pour les discerner, il faut faire intervenir une doctrine. Cette doctrine,\nje l'ai exposée dans un ouvrage spécial (i) ; mais j'estime que si le professeur\ndoit la connaître, il ne doit pas en charger la mémoire des jeunes musiciens :\nil doit simplement utiliser des résultats et s'en servir comme d'un instrument\npratique en faisant appel au sens musical seul. Il importe aussi d'observer une\nautre règle. Cette doctrine consiste à déterminer d'abord les divers types de\nrythme : iambique et trochaique (à 3 temps) ; dactylique et spondaïque{h 4 temps) ;\npéonique (à 5 temps) ; ionique (à 6 temps), puis à déterminer, d'après l'usage des\nclassiques, les formes diverses auxquelles donnent lieu ces groupes de temps.\nElle nous apprend, par exemple, qu'une suite, sans respiration, de neuf dactyles,\nserait un monstre sans exemple ; qu'il y a des phrases rythmiques incomplètes\n(katalectiques) ; que les unes font commencer la première proposition sur le\n\n(1) Théorie du rythme (chez A. Picard), couronnée par l'lnstitut."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.10", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "temps fort, mais la seconde sur un temps faible, etc... Cette théorie s'appuie sur\nla doctrine des Grecs, que les modernes reconnaissent comme fondateurs de toutes\nles sciences, puisque, pour chaque objet d'étude, ils leur ont emprunté leur\nterminologie. Mais il ne faut pas, bien entendu, avoir la superstition des Grecs.\nLà où la théorie antique s'accorde, pour l'interprétation, avec le sens musical,\nsuivons-la sanshésiter. Dans le cas contraire, ne craignons pas de dire que la\nthéorie a tort.\nL'essentiel est d'avoir une méthode. Or, les éditeurs ne paraissent pas en\navoir. Ils placent le legato un peu au hasard et se contredisent constamment.\nL'andante de la Sonate 1 de Mozart est ainsi présenté dans la populaire édi-\ntion Peters :\nÉvidemment, l'éditeur s'est borné à voir que la phrase doit être liée ; il ne l'a\npas analysée ; par suite de cette lacune, il n'a pas marqué le rythme. Il paraît\nmême, pour les mesures i et 2, avoir considéré la barre de mesure comme dé-\nterminant les divisions rythmiques. Comment le rectifier? A la rigueur, on pour-\nrait se borner à lirela suite de l'andante où des membres de phrase analogues\nse reproduisent avec une ponctuation plus clairement indiquée dans le con-\ntexte ; cela nous permet d'appliquer la théorie avec une quasi-certitude et de\ndécomposer ainsi la période de Mozart :\nLe premier membre de phrase commence, de façon très calme et posée» sur le\ntemps fort ; le second et les suivants, comme si le pathétique s'accentuait de plus\nen plus, commencent sur des temps faibles (anacrouse). Le forte qui termine la\nquatrième mesure est une exclamation (épiphonème). Le dernier membre de\nphrase, comme il sied à une péroraison, est le plus étendu.\nL'idée de l'épiphonème musical, quoiqu'elle ne constitue pas un dogme in-\ntangible, me parait bien précieuse ! Ainsi, au lieu de dire (même édition) :\nje dirais volontiers, avec le sentiment d'être plus clair et plus exact :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 466, "texte": "Si le lecteur aimant à se rendre compte des choses veut bien examiner dans\nle détail cette édition Peters des Sonates de Mozart, et faire ce travail d'anato-\nmie qui est indispensable en matière de rythme comme en matière de dessin ou\nde sculpture, il verra combien de rectifications sont exigées parla netteté du\ndiscours musical. Par exemple, je considère comme un non-sens d'écrire :\nau lieu de :\nDe tels exemples sont très nombreux.\n\nJ.G."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c013", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c013", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "213", "page_fin": "215", "image_debut": 9, "image_fin": 11, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.3.1", "titre_corps": "Les Sonates de Mozart pour piano.", "titre_sommaire": "Les Sonates de Mozart pour piano.", "signature_source": "J. 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Cette doctrine consiste à déterminer d'abord les divers types de\nrythme : iambique et trochaique (à 3 temps) ; dactylique et spondaïque{h 4 temps) ;\npéonique (à 5 temps) ; ionique (à 6 temps), puis à déterminer, d'après l'usage des\nclassiques, les formes diverses auxquelles donnent lieu ces groupes de temps.\nElle nous apprend, par exemple, qu'une suite, sans respiration, de neuf dactyles,\nserait un monstre sans exemple ; qu'il y a des phrases rythmiques incomplètes\n(katalectiques) ; que les unes font commencer la première proposition sur le\n\n(1) Théorie du rythme (chez A. Picard), couronnée par l'lnstitut."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.10", "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "temps fort, mais la seconde sur un temps faible, etc... Cette théorie s'appuie sur\nla doctrine des Grecs, que les modernes reconnaissent comme fondateurs de toutes\nles sciences, puisque, pour chaque objet d'étude, ils leur ont emprunté leur\nterminologie. Mais il ne faut pas, bien entendu, avoir la superstition des Grecs.\nLà où la théorie antique s'accorde, pour l'interprétation, avec le sens musical,\nsuivons-la sanshésiter. Dans le cas contraire, ne craignons pas de dire que la\nthéorie a tort.\nL'essentiel est d'avoir une méthode. Or, les éditeurs ne paraissent pas en\navoir. Ils placent le legato un peu au hasard et se contredisent constamment.\nL'andante de la Sonate 1 de Mozart est ainsi présenté dans la populaire édi-\ntion Peters :\nÉvidemment, l'éditeur s'est borné à voir que la phrase doit être liée ; il ne l'a\npas analysée ; par suite de cette lacune, il n'a pas marqué le rythme. Il paraît\nmême, pour les mesures i et 2, avoir considéré la barre de mesure comme dé-\nterminant les divisions rythmiques. Comment le rectifier? A la rigueur, on pour-\nrait se borner à lirela suite de l'andante où des membres de phrase analogues\nse reproduisent avec une ponctuation plus clairement indiquée dans le con-\ntexte ; cela nous permet d'appliquer la théorie avec une quasi-certitude et de\ndécomposer ainsi la période de Mozart :\nLe premier membre de phrase commence, de façon très calme et posée» sur le\ntemps fort ; le second et les suivants, comme si le pathétique s'accentuait de plus\nen plus, commencent sur des temps faibles (anacrouse). Le forte qui termine la\nquatrième mesure est une exclamation (épiphonème). Le dernier membre de\nphrase, comme il sied à une péroraison, est le plus étendu.\nL'idée de l'épiphonème musical, quoiqu'elle ne constitue pas un dogme in-\ntangible, me parait bien précieuse ! Ainsi, au lieu de dire (même édition) :\nje dirais volontiers, avec le sentiment d'être plus clair et plus exact :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.11", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 466, "texte": "Si le lecteur aimant à se rendre compte des choses veut bien examiner dans\nle détail cette édition Peters des Sonates de Mozart, et faire ce travail d'anato-\nmie qui est indispensable en matière de rythme comme en matière de dessin ou\nde sculpture, il verra combien de rectifications sont exigées parla netteté du\ndiscours musical. Par exemple, je considère comme un non-sens d'écrire :\nau lieu de :\nDe tels exemples sont très nombreux.\n\nJ.G."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c021", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c021", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "215", "page_fin": "220", "image_debut": 11, "image_fin": 16, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.4", "titre_corps": "L'équivoque harmonique.", "titre_sommaire": "L'équivoque harmonique.", "signature_source": "J. DADOR, Chef de musique de l'armée", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.11", "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 2256, "texte": "L'équivoque harmonique.\n\nBeaucoup de personnes se sont demandé pourquoi les musiciens, en général,\nprésentaient une certaine tournure d'esprit favorable aux calembours. Certes,\nles artistes ne sont pas seuls hélas ! à se passionner pour cette forme infé-\nrieure de l'activité intellectuelle, mais, chez eux, le calembour prend l'impor-\ntance d'une marque professionnelle, comme les callosités du travailleur manuel.\nLes plus grands maîtres de la musique ont payé leur tribut à cette manie singu-\nlière dont l'origine s'explique difficilement par le seul attrait d'un passe-temps\nfrivole. Dans son Nouveau Musiciana, M. Wekerlin rapporte que R. Wagner,\ns'apercevant, au cours d'un dîner, de l'absence totale de câpres, fit observer que\nla cuisinière n'était pas « capricieuse»! Le célèbre musicien allemand réussis-\nsait beaucoup mieux les jeux de mots dans sa langue maternelle ( i). Rossini\nayant remarqué que Lamartine avait, comme lui, fait mettre une lyre sur sa\nporte, prétendit qu'il eût été préférable d'y placer une «tire-lire » (allusion aux\nembarras financiers du poète). La littérature musicale fournit de nombreux\nouvrages avec des titres à double sens, et Berlioz lui-même, n'a-t-il pas intitulé\nu.n de ses livres : « A travers chants ? » On pourrait continuer indéfiniment ces\nexemples, mais le lecteur a déjà deviné que les jeux de mots se réduisant, en\ndernière analyse, à des « jeux de sons», le musicien passe des uns aux autres\navec facilité, puisqu'il évolue toujours sur son propre domaine.\nDisons immédiatement que le calembour, adapté à l'art des sons, devrait\ny tenir la place modeste qu'il occupe, à juste titre, dans la langue littéraire ;\nmais hâtons-nous d'ajouter qu'en fait, l'équivoque des fonctions harmoniques\n\n(i) MaxNordau. Dégénérescence, t. I, p. 324."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.12", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3207, "texte": "sert de grand levier à la musique moderne. Les jeux de mots classiques naissent\nd'une certaine compression du vocabulaire qui utilise souvent le même mot\nou le même son des mots pour exprimer des idées très éloignées les unes des\nautres : Ainsi, «Milan», ville d'ltalie, sonne comme «milan», sorte d'oiseau,\nou même « mille ans », longue période. Une langue idéale, prévoyant un mot\ndifférent pour chaque idée, tarirait, en grande partie, la verve des amateurs ; or,\nla langue musicale possède au moins une supériorité sur le langage parlé, c'est\nqu'elle comprend précisément autant de « mots » que « d'idées ». Il est, en effet,\nimpossible de concevoir un son quelconque sans un mouvement vibratoire qui\nest la cause essentielle du phénomène sonore et qui ne se représente pour aucun\nautre son. Peut-être n'éprouvons-nous pas une impression particulière pour cha-\ncune des périodicités sonores ; mais tous les termes de la série existent cepen-\ndant, ils n'attendent, pour se manifester, qu'un état plus parfait de l'organe\nauditif.\nPar conséquent, de deux choses l'une : ou l'oreille est incapable de différen-\ncier deux périodicités données et, dans ce cas, nous concluons à l'identité des\nsons, ce qui supprime toute équivoque ; ou bien nous nous rendons compte de\nsons distincts comportant chacun leur fonction harmonique et aucun double sens\nne peut encore se produire. Malheureusement, les musiciens ont envisagé un\ntroisième cas. celui où l'oreille confond sciemment deux périodicités ou deux\nfonctions harmoniques différentes. Nous obtenons alors quelque chose de\ncomparable aux calembours approximatifs « un prince-sans-rive », «le tom-\nbeau des Danaïdes », etc., sortes de farces que personne, sans doute, n'oserait\nériger en système. C'est pourtant ce genre d'équivoque puisqu'il n'en existe\npoint d'autre possible que les compositeurs emploient si abondamment dans\nleurs œuvres. L'exemple le plus typique nous est fourni par l'enharmonie, con-\nsidérée de nos jours comme un procédé savant de modulation. Chez les anciens,\nle genre enharmonique correspondait à une disposition perfectionnée de tétra-\ncorde où les notes mobiles étaient accordées dans /'harmonie du son de base sans\npossibilité d'équivoque ; c'était, en somme, un système logique dont le principe\ndirige encore le jeu des instruments à sons variables. L'enharmonie moderne,\nau contraire, n'est plus qu'un affreux calembour musical où des sons de hau-\nteurs différentes et munis de fonctions situées aux extrémités de l'échelle har-\nmonique sont imposés à l'oreille l'un pour l'autre.\nLa valeur d'un système musical dépend du nombre des éléments harmo-\nniques intégrés dans la tonique, de même que le degré de concentration d'un\norganisme quelconque indique exactement le point de l'évolution où il est par-\nvenu. Notre musique, si variée au premier abord, n'admet en théorie\nqu'un très petit nombre de fonctions harmoniques : la fondamentale ou octave,\nla quinte et la tierce ; c'est-à-dire que l'oreille est supposée ramener tous les sons\nmusicaux aussi nombreux qu'ils soient à ces trois types irréductibles. Ces\nfonctions correspondent à des systèmes de vibrations en rapports numériques\ntrès simples :"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.13", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "Après tant de siècles de pratique musicale, nous sommes encore incapables\nde placer un son fixe entre les périodicités 3 et 4, sons extrêmes du trétracorde\nantique.\nLe seul progrès réalisé depuis les anciens Grecs, consiste à remplacer la tierce\nmobile pythagoricienne 2,512 5,. par la tierce fixe 2,5. Le musicien ne dispose\ndonc que de très peu de « mots » pour désigner toutes les « choses » musicales ;\navec ces trois fonctions harmoniques, base-octave, quinte, tierce, il doit suffire à\ntous les besoins de son art. Bien entendu, la pratique a depuis longtemps\ndémontré l'insuffisance de ces maigres ressources, et c'est ici que le rôle de\nl'équivoque apparaît triomphant. Ces quelques éléments harmoniques renver-\nsés, redressés, superposés, prolongés, anticipés, retardés, altérés, maniés de\ncent façons différentes grâce à la dextérité des théoriciens, ces éléments, disons-\nnous, ont donné naissance, par équivoque, à une série presque illimitée de sons\napproximatifs qui remplacent (?) les véritables fonctions harmoniques dont l'ac-\nquisition se trouve, de la sorte, retardée indéfiniment...\nAinsi, la gamme usuelle à laquelle les auteurs attachent une importance vrai-\nment exagérée, est fondée sur l'équivoque de la quinte par un procédé renouvelé\ndes anciennes muances : une fondamentale étant choisie avec ses fonctions déri-\nvées, quinte et tierce il suffit de donner à la quinte le nom de fondamen-\ntale pour obtenir aussitôt une nouvelle série semblable à la première ; enfin, la\nfondamentale entendue comme quinte complète les éléments de la gamme\ndiatonique :\nCette agrégation de sept notes ne renferme, en réalité, que les trois fonctions\nharmoniques traditionnelles ; mais, à la faveur de ces équivoques, le musicien se\ndonne l'illusion de commander à un groupe plus important. Le même procédé\nétendu àla tierce permet de construire la gamme chromatique de notes\nréductibles aux trois fonctions génératrices. Reste à savoir si l'oreille, simple\nappareil enregistreur, suit complaisamment la théorie dans ses combinaisons\nsubtiles pour se procurer un plus grand nombre d'éléments variés.\nQuoique, en principe, chaque périodicité ait sa fonction déterminée par le\nnombre absolu des vibrations (i base, 2 octave, etc.), il faut bien tenir compte\nde cette nécessité physiologique, qu'il n'existe aucune base perceptible à moins\nde 30 vibrations par seconde; encore ce son ultra-grave marque-t-il plutôt une\nlimite théorique. Pratiquement, il est donc possible de considérer comme fon-\ndamentale une périodicité quelconque du registre grave, pourvu que l'oreille ne\nsoit pas déjà impressionnée par un autre son. Supposons maintenant que, par\néquivoque, on attribue brusquement la fonction de base au son 3 régulièrement\nmuni de celle de quinte ; sur cette base improvisée nous pourrons sans peine\nformer un nouveau groupement qui, pour l'oreille encore influencée par le\nson 1, correspondra nécessairement aux valeurs suivantes:"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.14", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2927, "texte": "Les relations du groupe dérivé 3, 9, 15 ( sol, ré, si) sont évidemment équiva-\nlentes à celles du groupe primitif 1, 3, 5 ( at, sol, mi ) ; néanmoins les musiciens\nprofessent que l'équivoque des fonctions 1 et 3 ne suffit pas à opérer le change-\nment de base d'ut à sol (modulation). Avec raison ils exigent qu'une troisième\nfondamentale obtenue par le même procédé 9, 27, 45 ( ré, la, fa # ) vienne\nconfirmer la nouvelle fonction du son 3. Cette exigence légitime indique bien\nque l'équivoque de la quinte la plus admissible pourtant est une simple\ninterprétation théorique, car si l'oreille admettait d'emblée le double sens du son\n3 la modulation serait acquise de piano. Nous savons en outre qu'en pareil cas\nla hauteur des sons 9et 15 (sus-tonique et sensible) n'est pas exactement propor-\ntionnelleà celle des sons primitifs 3 et 5 (quinte et tierce); la note sensible, notam-\nment,dépasse la tierce majeure du son 3.Pour expliquer ces anomalies,les auteurs\ninvoquent tous un certain principe d'attraction bien inutile en la circonstance :\nil serait plus simple de reconnaître une fonction harmonique spéciale à chaque\nson, ce qui supprimerait le calembour musical et l'obligation de le justifier.\nLa diversité des sons provient uniquement de la connaissance imparfaite du\nphénomène sonore : l'ignorance totale ou la connaissance absolue aboutissent\négalement à l'identité de tous les sons. L'art d'un côté, de l'autre la science la-\ntente ou apparente. Une culture séculaire de l'organe auditif nous permet ac-\ntuellement de reconnaître à des degrés divers l'identité des sons lorsqu'elle\nconcerne des périodicités en rapports très simples : c'est ce qu'on appelle la con-\nsonance. La diversité des sons est donc limitée à la consonance et, en fait, aux\nfonctions mentionnées plus haut, octave, quinte et tierce. On comprend main-\ntenant la genèse de l'équivoque harmonique : le caractère identique plus ou\nmoins accusé des sons consonants a laissé croire qu'on pouvait, sans inconvé-\nnient, pratiquer l'équivoque des fonctions harmoniques connues et continuer ce\nsystème, par séries, jusqu'à des limites invraisemblables ( ut %=ré t> ). Or,\nl'oreille n'accepte jamais sans résistance le prétendu double sens des sons ;\ntoute modulation caractérisée doit passer par une série d'accords transitoires\n( formule de cadence ) destinés à faire oublier les fonctions primitives. C'est donc\nle caractère identique des sons musicaux—et non leur signification équivoque—\nqui permet, dans de faibles limites, le changement des fonctions harmoniques.\nCette distinction a son importance, car elle rétrécit singulièrement le champ des\nopérations licites.\nL'octave est, pour le moment, la seule fonction complètement identifiée avec la\nnote de base ; son rôle harmonique, jadis considérable (magadisation des Grecs)\ns'est peu à peu modifié au point de se transformer en une simple répétition delà\nfondamentale:"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.15", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1597, "texte": "La quinte présente avec la base une ressemblance suffisante pour former une\ntonique secondaire très usitée :\nEnfin, la tierce, quoique moins identifiée que les fonctions précédentes, auto-\nrise, néanmoins, certaines substitutions rapides d'un effet assez piquant.\nL'emploi de l'équivoque suppose une grande fixité des éléments harmoniques;\nlorsqu'on parle de la note ut comme pivot des tonalités ut, fa, lab (base,\nquinte, tierce ), faut-il encore connaître la hauteur exacte du son ut. Seule,\nl'identité absolue des sons entraîne la stabilité de l'intonation ; en dehors de ce\ncas heureusement exceptionnel puisqu'il est la négation même de l'harmonie\nmusicale—les éléments de la gamme possèdent une élasticité d'autant plus\ngrande qu'ils sont plus éloignés harmoniquement de la tonique. Ainsi,\nl'oreille conçoit généralement Yoctave par le rapport * ; la quinte, moins stable,\noscille souvent autour du rapport § ; la tierce accuse toujours des variations\nimportantes avec sa valeur théorique f, à moins qu'on ne détruise volontaire-\nment le dynamisme des sons. Avec les dissonances, l'incertitude de l'oreille aug-\nmente dans des proportions considérables : aussi l'équivoque harmonique appli-\nquée à cette catégorie d'intervalles donne-t-elle des « à peu près » déplorables.\nLorsque le double sens se produit entre deux dissonances, l'oreille, privée de\ntout point de repère (la consonance), ne souffre pas trop des oscillations obligées\nde la base.\nMais si l'équivoque porte sur des fonctions consonante et dissonante, l'effet\nmusical peut devenir franchement mauvais."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.16", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1213, "texte": "On rencontre parfois dans la musique légère des passages vraiment inexécu-\ntables : nous défions n'importe quel chanteur de réaliser le fragment mélodique\nsuivant à la satisfaction d'un juge sévère.\nL'équivoque des fonctions harmoniques est une explication hasardée de l'en-\nchaînement des sons ; si quelqu'un nous parlait de la sécrétion de la bile par\nle poumon ou de la digestion des aliments par le cœur, nous croirions à son\nignorance des fonctions organiques, ou à une simple plaisanterie. Tant que\nl'oreille ne parviendra pas à identifier les innombrables systèmes de vibrations\n(ce qui serait la fin de l'art musical), les sons s'enchaîneront conformément au\nprincipe d'association des idées : « l'Afrique » fait penser au « désert », le désert\nau « sable », le sable à la « plage », etc. Ces différents termes envisagés comme\n« aspects divers du globe terrestre », sont évidemment synonymes, mais ils ne\nforment pas le moindre calembour. Malgré les protestations de l'oreille, les\nthéoriciens ont aiguillé la musique sur une voie latérale, sans issue; les artistes,\nnous le craignons, auront beaucoup de peine à retrouver la voie du progrès.\n\nJ. DADOR,\nChef de musique de l'armée."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c032", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c032", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "221", "page_fin": "229", "image_debut": 17, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.5", "titre_corps": "Documents musicaux.", "titre_sommaire": "Documents musicaux.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.17", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 158, "texte": "Documents musicaux.\n\nI. - Nous retrouvons dans nos papiers cette lettre inédite de Fr.-A. Gevaert, intéressante à\nplus d'un titre."}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.18", "debut_caractere": 471, "fin_caractere_exclue": 497, "texte": "II. — Instruments anciens."}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.19", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 87, "texte": "III. — Lettres inédites de Choron (suite). 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GEVAERT", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 17, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.17", "debut_caractere": 160, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "Bruxelles, le 8 janvier 1908.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR DE LA Revue Musicale,\nVous voudrez bien excuser, eu égard aux obligations ennuyeuses du nouvel\nan, le retard que j'ai mis à vous écrire.\nAprès avoir pris connaissance des deux questions soulevées dans votre Revue\n(un chef d'orchestre doit-il diriger par cœur ou avec la partition sous les yeux ?),\nainsi que des réponses qu'on y a faites, je déclare me rallier sans restriction aux\nconclusions de mon éminent confrère Vincent d lndy (diriger par cœur, avec la\npartition sous les yeux).\nJe me permettrai seulement d ajouter ici quelques observations puisées dans\nma pratique personnelle et quotidienne, qui se prolonge déjà depuis plus de\ntrente ans. Pour obtenir, selon moi, une exécution aisée et sûre dans les mou-\nvements très vifs de Beethoven qui se battent à un seul temps (les Scherzos, le\nier mouvement de la Symphonie en ut mineur, etc.), et pour ne pas s'exposer\nlui-même à des bévues fort désagréables, le jeune chef d'orchestre fera bien,\nà mon avis, d'analyser soigneusement, à tête reposée, la contexture rythmique,\nparfois compliquée, de ce genre de morceaux ; de s'en pénétrer profondément et\nde 1 inculquer à son orchestre par racte même du battement de la mesure. (Je n'en\nai jamais donné l'explication théorique à mes musiciens, de peur qu'ils n'exa-\ngèrent les accents rythmiques.)\nTous ceux qui ont un très vif sentiment du rythme ont dû remarquer que les\ntemps initiaux du 3/4 et du 2/4, dans le Presto, bien qu'ils soient tous marqués\nparle geste du chef, n'ont pas ou ne doivent pas avoir—une intensité\négale. Un temps isolé, indivisé, ne peut former une mesure complète. (Aris-\ntoxène a déjà fait cette observation.) Pour le sentiment rythmique, ces mesures\nbrèves s'unissent ordinairement deux par deux, souvent aussi trois par trois, et\nforment ainsi, dans certains scherzos de Beethoven, un mélange de 6/4 et de 9/4.\nVous n'êtes pas sans avoir remarqué que Beethoven lui-même a signalé le\nmélange des deux rythmes dans le Scherzo de la IXe.\nPar exception, le grand maître symphoniste intercale parmi les dipodies et\nles tripodies une mesure isolée, rythmiquement incomplète. En ce cas, le chef\ndoit frapper consécutivement aux temps forts très marqués.\nEn ce qui concerne les mesures vides (les General-Pauseri), elles font partie\ndu membre rythmique, tout comme les autres, et entrent comme elles en ligne\nde compte.\nVoilà, en résumé, relativement à la seconde de vos questions, mes principes\net la pratique que j'ai suivie depuis 1871, sans qu'elle m'ait donné une seule\ndéception ; jamais je nai éprouvé le besoin de compter mécaniquement des\nmesures. w\nJe ne veux pas dire toutefois que les chefs déjà accoutumés à procéder diffé-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.18", "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 469, "texte": "remment aient à faire comme moi. Quand on se trouve devant le public, il est\ndangereux de changer ses habitudes, et le démon familier a le droit d'être\nécouté de préférence.\nEn me relisant, je m'aperçois que j'aurais pu vous expliquer tout cela mieux\nque je ne l'ai fait, mais je n'en ai pas le temps et je ne veux pas vous faire\nattendre davantage.\nVeuillez, je vous prie, croire à mes sentiments de bonne et loyale confra-\nternité.\n\nF.-A. GEVAERT."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c035", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c035", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "222", "page_fin": "222", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.5.2", "titre_corps": "II. — Instruments anciens.", "titre_sommaire": "II. — Instruments anciens.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.18", "debut_caractere": 471, "fin_caractere_exclue": 497, "texte": "II. — Instruments anciens."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c036", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c036", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "222", "page_fin": "222", "image_debut": 18, "image_fin": 18, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.5.2.1", "titre_corps": "On mettait dernièrement en vente à l'hôtel Drouot le cabinet d'un amateur", "titre_sommaire": "On mettait dernièrement en vente à l'hôtel Drouot le cabinet d'un amateur", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 18, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.18", "debut_caractere": 499, "fin_caractere_exclue": 2070, "texte": "On mettait dernièrement en vente à l'hôtel Drouot le cabinet d'un amateur\ndu moyen âge.\nCet amateur érudit avait employé une trentaine d'années, entre 1845 et 1880,\nà réunir des objets de toute sorte évoquant ces siècles passés où, bien plus que\nl'argent, le collectionneur devait posséder de l'intelligence et du goût ; dans\ncet amoncellement de pièces du plus haut intérêt archéologique se rencontraient\ndes instruments de musique appartenant aussi à ces temps révolus. En voici\nsommairement la description, et en regard les prix auxquels ils furent\nadjugés :\nViole d'amour, à huit cordes de boyau et quatorze cordes de métal. Étiquette\ndu nom de Lamothe, 1733* longueur 74 c-, 355 francs.\nViole de gambe à six cordes. Le haut du manche est orné d'une tête\nd'homme. xvie siècle, francs.\nTrompette marine à une corde. Le manche est surmonté d'une volute et\nen tête d'oiseau. La caisse est taillée à six pans. xvie siècle, hauteur 1 m. 75,\n420 francs.\nBasse de flûte en bois noir, percée de six trous, longueur 1 mètre,\n130 francs.\nTrompette en cuivre ornée de chérubins et portant l'inscription : lokan\nWilhel Haas Nurnberg, xvne siècle, 95 francs.\nSerpent en cuivre. Le pavillon est façonné en tête de monstre peinte en\njaune et rouge, 90 francs.\nCorne de chasse, gainée de cuir avec garnitures en argent, xvne siècle,\nlongueur 54 c., 55 francs.\nFlûte en bois noir de forme courbe percée de six trous, longueur 56 c.,\n32 francs.\nÉchelette harmonica à 16 touches en bois dur assemblées par des liens,\nlongueur 45 c., 17 francs. (V. Glossaire archéologique, V. Gay, 597.)"}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c037", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c037", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "223", "page_fin": "229", "image_debut": 19, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.5.3", "titre_corps": "III. — Lettres inédites de Choron (suite). Lettres du Midi.", "titre_sommaire": "III. — Lettres inédites de Choron (suite). 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C'est aussi sur ce point que je me suis dirigé, et le 27 du mois\ndernier (mai), je suis parti de Paris pour me rendre à Montpellier, en passant\npar Lyon et prenant à cet effet la route de la Bourgogne. J'avais choisi cette\nroute à dessein ; tout en m'occupant de retrouver des élèves pour l'école, je\ndésirais rencontrer dès à présent quelques hautes-contre, ou d'autres sujets,\ntoutes formées, que l'on pût faire entrer de suite dans les cadres de service ; les\ngrandes villes dans lesquelles cette route me conduisait m'offraient plus de pro-\nbabilités à cet égard.\nArrivé à Troyes le lendemain de mon départ, j'ai fait dans cetteville toutes les\nrecherches nécessaires. Je n'ai point trouvé de hautes-contre, mais deux bonnes\nbasses-tailles que l'on pourra appeler au besoin. En outre, j'y ai fait accidentelle»\nment la découverte d'une personne qui pourra devenir très prochainement utile à\nl'Opéra. C'est une jeunedamede vingt-deuxans, veuve depuis troismois, àqui le\ndéfunt, quoique puissamment riche, n'a laissé que de très faibles moyens d'exis-\ntence. Cette dame, qui a une belle voix et qui est très bonne musicienne, paraît\ndisposée à suivre la carrière dramatique ; elle m'a paru propre aux rôles de\njeunes princesses à l'Opéra. Je compte la trouver à mon retour à Paris, où elle\ndoit être déjà rendue, et décider le parti qu'elle aura à prendre.\nParti de Troyes le 29 au soir, je suis arrivé le lendemain 30 au soir à Dijon.\nJ'accourais avec beaucoup d'empressement dans cette ville, espérant y faire\nl'acquisition d'une très bellehaute-contrequi m'était depuis longtemps indiquée.\nJe suis en effet parvenu facilement à le découvrir : c'est un fort bel homme de\ntrente ans environ, ayant une très belle voix et bon musicien ; mais ce n'est\npoint, comme on me l'avait annoncé, un simple artisan, c'est un propriétaire et\ncommerçant aisé qui ne se déplacerait pas et vis-à-vis duquel ma proposition\neût même été inconvenante. Je n'ai du reste pu découvrir dans la ville aucune\nautre voix du genre demandé et je suis parti le surlendemain pour Lyon. Dans\nle court séjour que j'ai fait à Chalon-sur-Saône et à Mâcon, j'ai fait des recher-\nches également inutiles et suis passé outre sans me retarder."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.20", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3758, "texte": "A Lyon, où j'ai séjourné depuis le jeudi 3 juin au soir jusqu'au dimanche 6\nà midi, j'ai fait beaucoup de recherches : j'ai entendu plusieurs jeunes gens de\nla ville que l'on m'a présentés pour des hautes-contre et qui n'en ont aucune\ndes qualités, n'étant réellement que des hautes-tailles maigres et des faussets ;\nmais j'ai discerné au théâtre deux sujets des chœurs : l'un est un Sr Jarriges, chef\ndes hautes-contre, l'autre un nommé J. Dubois, —Jarriges est un homme de\nplus de cinquante ans, il n'a que peu de temps à jouir du reste de sa voix, mais\nil est bon musicien et au courant du répertoire : c'est à l'administration de\nl'Opéra à juger, si elle est réduite à en avoir besoin. J'observe que le chapitre\ndes intérêts formera difficulté, vu que cet homme est placé avantageusement.\nJoseph Dubois est âgé de dix-sept ans, bon musicien : sa voix paraît devoir être\nune haute-contre assez bonne, mais elle n'est pas encore décidée. Je crois qu'il y\na lieu d'attendre sans le perdre néanmoins de vue.\nA Vienne (Isère), où j'ai couché le dimanche 6, j'ai été à la recherche d'un\nnommé Bezard, qui m'avait été indiqué à Dijon comme ayant une belle voix :\nc'est une taille mince et de plus une sorte d'original dont je n'ai pu tirer deux\nmots de raison : j'en puis dire à peu près autant d'un nommé Chanavas, de\nVienne, qui n'a pas même voulu entendre parler de quitter le toit paternel.\nJe n'ai rien trouvé à Valence, où je suis arrivé le 8 ; mais le Sr Auran, profes-\nseur de musique de cette ville, m'a informé que je rencontrerais à Avignon un\namateur nommé M. Gelin, qui avait une belle voix de haute-contre, était bon\nmusicien et qui, à raison des pertes qu'il avait éprouvées dans sa fortune, pen-\nsait à suivre la carrière dramatique et pourrait consentir à entrer comme haute-\ncontre dans les chœurs de l'Opéra; que cet amateur était attendu à Valence, chez\nson père, où il le verrait et lui donnerait le conseil de suivre ce parti. Mon pre-\nmier soin, en arrivant à Avignon, a été de chercher M. Gelin. Je n'ai pu le join-\ndre que le lendemain de mon arrivée, c'est-à-dire le m. Je l'ai entendu ; c'est\nune assez bonne haute-contre, passablement musicien, mais qui, ayant longtemps\nnégligé sa musique, aurait un peu besoin de travail. C'est un bel homme de\ntrente-quatre ans environ, taille de 5 pieds 6 à 7 pouces, bien fait et bien tourné,\nfort intelligent et de bon ton. Je l'ai invité de se rendre à Paris à l'effet de se\nprésenter pour être admis dans les chœurs de l'Académie. Il m'a répondu qu'il\nne pouvait prendre son parti aussi lestement ; qu'il devait voir incessamment\nson père, avec qui il délibérerait de cet objet, et qu'il me ferait savoir sa décision\nà Montpellier. Vous trouverez ci-joint sa lettre et les conditions qu'il met à son\nacceptation. Je l'informe de ce renvoi et. l'invite à s'adresser directement à\nvous.\nN'ayant plus d'espérance de rien trouver à Avignon, je devais me rendre\ndirectement à Montpellier, mais j'ai cru utile de visiter Aix et Marseille. Arrivé\ndans la première ville le 12 à cinq heures du matin, j'ai employé la journée\nà faire des recherches ; elles n'ont pas été totalement infructueuses. J'ai d'abord\ndécouvert un jeune homme de dix-sept ans nommé Hayriez, d'un physique pas-\nsable, ayant une vraie haute-contre, ne sachant point la musique, mais aimant\nbeaucoup le chant et faisant en conséquence partie d'une réunion ou société de\nchant dans laquelle il remplit avec succès cette partie. Il était décidé à partir sur-\nle-champ pour Paris, mais les conseils d'un frère et d'un des directeurs de la\nsociété dont il s'agit l'ont ensuite rendu exigeant, défiant et même un peu imper-\ntinent. Comme je n en étais pas pleinement satisfait et que j'avais l'espérance de"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "225", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.21", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "trouver autant et peut-être mieux que lui, je ne l'ai point poussé vivement et j'ai\nrompu sa conférence en me réservant d'y recourir au besoin.\nJ'ai appris dans le même endroit par un musicien ambulant qu'un nommé\nEstela, de Montpellier, professeur de musique à Saumur, en Anjou, était une\nbonne haute-contre et un bon musicien qui pourrait rendre service tout de suite.\nOn pourra prendre des informations à ce sujet : j'en prendrai moi-même à Mont-\npellier et à Saumur, quand je reviendrai de Toulouse ou de Bayonne à Paris.\nPartant d'Aix le dimanche 13 à midi, je suis arrivé à Marseille le même jour à\nl'heure des processions ; j'ai assisté à celle de la principale église et j'ai entendu\navec beaucoup de satisfaction des chœurs de musique à quatre parties exécutés\npar des Pénitents de diverses couleurs, j'ai discerné de belles hautes-contre, et\nayant été à la découverte, j'ai rencontré entre autres un jeune homme de dix-\nsept ans, nommé Merle, qui m'a été signalé par le maître de musiquedesPénitents\nblancs, M. Maccari, homme très instruit en son art, comme la meilleure haute-\ncontre de la ville. J'ai chargé ce professeur de faire des propositions à ce jeune\nhomme ; celui-ci les a d'abord rejetées, d'accord avec sa famille ; soupçonnant\nquelque malentendu, j'y suis allé moi-même. Jeles ai à peu près décidés et j'aurai\nleur réponse à Toulouse ou à Bordeaux, mais, ici comme à Aix, je me suis mis\nen position de n'accepter qu'autant que je ne trouverais pas mieux.\nIndépendamment du jeune Merle, j'ai encore trouvé au théâtre de Marseille\nune haute-contre: c'est un nommé Andiol, qui m'a été indiqué par leSrMaccari.\nCet homme, âgé de trente-cinq ans, d'un physique passable, possède une haute-\ncontre réelle, quoique un peu forcée et criarde ; il est bon musicien, il est au cou-\nrant du répertoire et peut rendre service desuite. Il est marié et établi à Marseille ;\nc'est un garçon tailleur gagnant trois francs par jour ; il met des conditions à son\ndéplacement ; c'est pourquoi je l'ai engagé à s'adresser directement à vous.\nAvant de quitter Marseille, j'ai établi une liaison avec un excellent professeur\nde musique, qui m'a assuré qu'à Saint-Marcel et à Aubagne, sur la route de\nToulon, il existait des sociétés de chant capables de fournir de bonnes hautes-\ncontre : il se chargera de la recherche et me fera parvenir des renseignements.\nIl m'avait aussi été annoncé que le théâtre de Toulon renfermait une première\nchanteuse capable de fournir un sujet à l'Opéra, étant fort jeune, douée d'une\nbelle voix et de beaucoup de talent ; la crainte de trop m'éloigner du centre de\nmes opérations et d'excéder ma dépense m'a fait laisser de côté ces renseigne-\nments. Enfin, j'ai appris dans cette ville que le théâtre de Nantes et celui de Lille\npossédaient chacun une haute-contre capable de rendre service tout de suite à\nl'Opéra ; le premier est un nommé Ploquin, haute-contre à Nantes, le second se\nnomme Dupuis, et doit être à Lille. Je n'ai point d'autres renseignements sur\nces deux sujets ; je pourrai vérifier ce qui regarde le premier en revenant de\nBordeaux à Paris.\nUn dérangement de santé assez incommode m'avait forcé de séjourner à Mar-\nseille plus que je n'aurais voulu. Je n'ai pu en partir que le samedi 19 au soir où\nje me suis acheminé pour Nîmes. Je suis arrivé en cette dernière ville le 20 à\n2 heures, laissant de côté Tarascon et Arles, où j'espérais faire peu de rencontres.\nMon séjour à Nîmes ne m'a été que de peu d'utilité : on ne m'a signalé en cette\nville qu'un jeune homme nommé Lafont, remarquable par son goût et sa facilité\net propre à jouer les Martin ; mais comme on m'a attesté que sa voix était très\nfaible et nullement propre aux chœurs, je ne m'en suis point occupé."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "226", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.22", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "Quelque faibles que soient les moyens de ce jeune homme, on m'a cependant\nassuré à Nîmes aussi bien qu'à Montpellier qu'ils étaient de beaucoup supérieurs\nà ceux d'un nommé Boulard, de Nîmes, qu'on a dernièrement tiré du théâtre de\nMontpellier pour l'envoyer à Paris, au grand étonnement de ces deux villes, qui\nconnaissent toute sa nullité. Il doit être à l'Opéra ou à l'École royale.\nJ'ai l'honneur de vous informer parla même occasion que Mlle Jaunard, pré-\ncédemment réformée de l'Opéra, a vainement essayé de se montrer à Marseille ;\nelle a été repoussée par le public, qui n'a jamais voulu la supporter. Elle plaide\nen ce moment contre le directeur, pour être payée et s'en aller sans avoir fait de\nservices. Il est encore un autre sujet dernièrement réadmis à l'Opéra sur lequel\nj'aurai d'étranges renseignements à vous fournir. Il est bien étonnant que le\nthéâtre de l'Académie royale devienne le réceptacle des sujets repoussés par la\nprovince.\nParti de Nîmes le mardi 22, à 9 heures du matin, je suis arrivé le même jour à\nMontpellier. J'espérais y faire d'amples récoltes ; je n'en désespère point encore,\nmais j'aurai besoin pour cela de patience et d'adresse. Les premières personnes\nauxquelles je me suis adressé ne m'ont donné aucun espoir; elles avaient de\nbonnes raisons pour cela ; aussi n'ai-je tenu aucun compte de leurs propos déses-\npérants, et ai-je pris une autre route pour faire mes recherches. J'ai d'abord\nappris que, dimanche dernier 20 de ce mois, un corps de cent chanteurs avait\nexécuté à la procession du Saint-Sacrement un motet à quatre parties. La haute-,\ncontre était tenue par vingt-cinq voix qui avaient à donner Yut d'en haut. A la\nvérité, parmi ces vingt-cinq hautes-contre il y a beaucoup de gens mariés établis,\nâgés même, qui ne peuvent point quitter, mais il doit aussi s'y trouver des jeunes\ngens qu'il sera possible d'entraîner. Je suis en ce moment aux aguets et à la\ndécouverte, je tiens déjà des renseignements avantageux dont j'espère vous ren-\ndre incessamment bon compte.\nProvisoirement, j'ai l'honneur de vous informer que vous trouverez dès à\nprésent, à la cathédrale de Saint-Flour, un jeune homme nommé Mallet, âgé de\ndix-huit ans, ayant une belle haute-contre, un très joli physique et bon musicien.\nCe renseignement m'est donné par M. Carbonnier, ci-devant ténor à l'Opéra,\ndepuis maître de musique à cette cathédrale, ou ce jeune homme a été son\nélève, et maintenant maître des chœurs à l'Opéra de Montpellier. Comme il\ns'agit ici d'un sujet tout formé et propre à rendre service de suite, j'invite\nM. Carbonnier à vous écrire directement.\nJe vous informerai désormais plus fréquemment de ce que j'aurai pu faire par\nla suite, mes opérations devant devenir plus rapides ; quant à présent, voici le\nrésumé de ce que j'ai fait :\nOnze hautes-contre, savoir : i° En état de rendre présentement service '\nJarriges Andiol\nGelin Ploquin\nEstela Dupuis\nMallet\n20 Quatre propres à devenir élèves, savoir :\nDubois Merle\nHayriez N..., de Montpellier."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "227", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.23", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "Plus deux femmes et un chanteur.\nQuant aux premiers, comme ils sont hors d'école, je vous les adresse directe-\nment ; à l'égard des autres, je me déciderai quand j'en aurai vu un plus grand\nnombre.\nJe terminerai ce long rapport par une observation, c'est que par la nature des\nchoses, les frais de tournée et d'arrivée des élèves s'élèvent plus haut qu'on ne\nl'avait présumé d'abord ; il y aura compensation sur d'autres articles de dépense\nqui n'auront pas lieu. En sorte que j'espère ne point excéder la somme de\n7.300fr. qui a été fixée pour frais de premier établissement. Cependant l'injonc-\ntion qui m'a été faite à cet égard me cause beaucoup de gêne et d'inquiétude ; je\ndésire être débarrassé de ce souci, je ferai ce qui dépendra de moi pour ne point\nexcéder la somme fixée ; je rendrai compte exact de toute ma dépense, mais je\nvous prie, Monsieur le Comte, de vouloir bien lever la restriction qui m'a été\nimposée, autrement je crains pour le succès de l'opération.\nMon voyage devant se prolonger au delà de l'époque présumée, je ne pourrai\npas être à Paris pour le 15 juillet, terme de l'échéance des loyers. Je vous serais\nobligé de décider qu'au ier juillet il soit ordonnancé 2.500 francs au lieu de\n2.000 francs pour faciliter à Mme Choron le payement des loyers, les 500 francs\nexcédents s'imputeront parla suite, à mon retour, en la manière qu'il sera jugé\nconvenable.\nJ'ai l'honneur, etc.\n\nCHORON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c039", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c039", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "227", "page_fin": "229", "image_debut": 23, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.5.3.2", "titre_corps": "AU MÊME", "titre_sommaire": "AU MÊME", "signature_source": "CHORON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": "227", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.23", "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 2280, "texte": "II\nAU MÊME\nNi lieu ni date.\nMONSIEUR LE COMTE,\nJ'ai l'honneur de vous informer que samedi prochain 28 de ce mois, je ferai\npartir par la diligence de Paris Jes ci-après désignés :\nBoyer basse-taille\nDusseck concordant grave\nGrillon très beau ténor\nComte aîné excellente haute-contre\nGauthier haute-taille avoisinant la haute-contre\nBonnecarrère dessus, bon musicien\nBoyer, âgé de 18 ans, sera une excellente basse chorale.\nDusseck, âgé de 19 ans, beau physique, belle voix de concordant, chantant\nbien, intelligent, plein de feu et de hardiesse, également propre au chant et au\njeu, est un sujet précieux.\nIl me p-araît plus capable qu'aucun des sujets présentement à l'Opéra de\ndoubler Dérivis dans les rôles de vigueur et Lays dans les rôles de chant.\nGrillon, charmant ténor ; sa voix est beaucoup plus belle que celle de Lecomte,"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.24", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "artiste des rôles de l'Opéra ; il chante plus juste, de meilleur goût, et me pa-\nraît avoir plus de chaleur (i).\nComte aîné, la plus belle haute-contre de Toulouse.\nGauthier, haute-taille : enrôlé sous condition, vu qu'il n'a pas une vraie\nhaute-contre ; du reste, plein de feu et d'activité, propre à faire un chef\nd'attaque.\nBonnecarrère, âgé de 14 ans, joli dessus, très pénétrant, bon musicien, vif et\nintelligent.\nJe partirai probablement avec ces jeunes gens et nous arriverons à Paris le\nvendredi 3 septembre au matin : j'avais l'intention d'aller à Saint-Flour m'assu-\nrer d'un haute-contre, nommé Mellet, âgé de 18 ans, bon musicien, sur lequel\nM. Carbonnier, de Montpellier, n'a pu depuis deux mois me procurer les\nrenseignements positifs qu'il m'avait promis ; mais la crainte de perdre du\ntemps et d'augmenter les dépenses me fait renoncer à ce projet. A mon retour\nà Paris, on prendra à cet égard les mesures convenables.\nN. B. Si vous désirez avoir une haute-contre de plus, vous pouvez écrire\nà M. le préfet du Gers de vous envoyer le jeune Dufort. La mère de ce jeune\nhomme, qui me l'avait accordé, désire l'intervention du préfet, et le préfet désire\nla vôtre.\nSous quinzaine M. Turelli, organiste d'Agen, m'adressera le jeune Dulong,\nâgé de 15 ans, jolie haute-contre bien formée.\nLa même ville d'Agen où j'ai été, la semaine dernière, chercher des sujets que\nj'avais précédemment entendus, en renferme d'autres dignes d'attention, que\nj'y ai découverts dans mon dernier séjour ;\ni° Le nommé Terzeguette, âgé de dix-neuf ans, joli dessus formé et conservé\naprès la mue (comme était le Sr Théodore) ;\n20 Mlle Isabelle Borie, âgée de dix-sept à dix-huit ans, physionomie spirituelle\net expressive, très beau dessus, chantant avec goût et beaucoup d'expression ;\négalement propre au jeu et au chant, dans les trois genres : pathétique,\ndemi-caractère et comique, pouvant sous trois mois former un charmant coryphée\net par la suite un sujet à rôles très intéressant pour l'Opéra ;\n30 Mlle Ursule Connor, âgée de 14 ans, voix charmante, promettant un joli\nsujet de demi-caractère, propre aux rotes de jeune princesse et de chanteuse à\nroulade.\nLes parents de ces deux jeunes personnes sont disposés à vous les confier sur\nvotre demande, pourvu qu'ils aient toute garantie sur les mœurs, c'est-\nà-dire qu'elles soient déposées en mains sûres et à l'abri de toute espèce de\nséduction.\nJe dois observer que ce sont de simples ouvrières, l'une blanchisseuse, l'autre\ncouturière ; mais la nature a fait pour elles ce qu'elle n'a point fait pour des\nprincesses et ce que l'art ne procure point à des personnes dont l'éducation a été\nfaite à grands frais. Sans avoir jamais reçu une leçon de musique, elles ima-\nginent des traits qu elles exécutent avec un goût et une perfection qui feraient\nhonneur à des artistes. M. Turelli, bon professeur, élève des meilleures écoles\n(1) J ai accordé à sa femme et à sa belle-mère un secours alimentaire de 400 francs par an,\npour le temps qu il sera à 1 École, temps que 1 on peut abréger en l'employant dès que l'on vou-\ndra, vu qu'il est très intelligent."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.25", "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "d'ltalie, en était encore plus émerveillé que moi. Ce sera une précieuse acquisi-\ntion. On peut faire encore quelques découvertes de ce genre, mais on ne pourra\njamais les réaliser sans l'institution d'un pensionnat, objet sur lequel je ne ces-\nserai d'attirer votre attention.\nJe le répète encore, Monsieur le Comte, les ressources sont infinies et inépui-\nsables. J'en ai la preuve parce pays que je n'ai fait qu'effleurer. Plusieurs genres\nd'obstacles s'opposent à ce que l'on puisse avoir ces ressources à sa disposition.\nPlus tard et très incessamment, je soumettrai au gouvernement les vues que\nje crois propres à aplanir ces obstacles.\nIl suffit pour le moment d'avoir paré aux besoins les plus pressants par les\nsujets que j'ai réunis, ceux dont j'ai connaissance et que je puis appeler quand\nil le faudra.\nLes institutions que j'ai préparées et qui ne vont pas tarder à s'élever, achè-\nveront le reste et prépareront pour l'avenir des récoltes qui préviendront toute\ndisette et assureront pour longtemps l'abondance.\nJ'ai l'honneur d'être, etc.\n\nCHORON."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c040", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c040", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "229", "page_fin": "229", "image_debut": 25, "image_fin": 25, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.5.3.3", "titre_corps": "Ni lieu ni date.", "titre_sommaire": "Ni lieu ni date.", "signature_source": "CHORON", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.25", "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "CHORON.\nIII\nNi lieu ni date.\nA Monsieur le Comte de Pradel, Directeur du Ministère de la Maison du Roi, ayant le porte-\nfeuille.\nMONSIEUR LE COMTE,\nJ'ai l'honneur de vous informer que j'ai enfin terminé mes recherches ; que\nces recherches m'ont conduit à ce double résultat, d'être pour le présent appro-\nvisionné d'un nombre de sujets plus que suffisant pour le besoin du moment,\nd'être assuré d'en trouver pour l'avenir en aussi grand nombre et quelque genre\nqu'on le demande.\nIl ne s'agit plus maintenant que d'expédier le plus promptement possible\nceux que l'on aura jugés convenables ; c'est ce dont je m'occupe. Je n'entrerai\nlà-dessus dans aucun détail; je vous rendrai compte de cette partie de l'opération\nquand elle sera terminée.\nCe que je dois vous dire, c'est que les frais de recherches ont presque\nentièrement épuisé mes fonds. Il ne m'en reste plus que ce qui est nécessaire\npour mon retour. Quant aux frais de voyage des élèves, je suis convenu avec\nl'administration de la messagerie de délivrer des bons payables à vue à mon\ndomicile à Paris. La dépense de chaque élève sera de 120 fr. à 150 fr., nourri-\nture comprise.\nDans la crainte qu'il n'y ait pas assez de fonds chez moi, je vous prie de\nvouloir bien faire verser entre les mains de Mme Choron une somme de\n1.500 fr. à 2.000 fr. par forme de supplément aux frais de premier établissement\ndont il sera rendu compte, ainsi que des 7.300 fr. précédemment reçus.\nAussitôt après le départ des élèves, qui sera terminé dans les premiers jours\ndelà semaine prochaine, je partirai pour Paris où je me rendrai directement à\nl'effet de diriger et de pousser les études.\nJ'ai l'honneur, etc."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c041", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c041", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "230", "page_fin": "234", "image_debut": 26, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.6", "titre_corps": "Notes bibliographiques.", "titre_sommaire": "Notes bibliographiques.", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.26", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 2564, "texte": "Notes bibliographiques.\n\nCeux qui veulent s'instruire et connaître 1 histoire de la musique ont besoin\nd'ouvrages qui, sans leur donner tout ce qu'il faut savoir, leur indiquent au\nmoins les sources où l'on doit puiser la connaissance des faits : ce sont les dic-\ntionnaires et les histoires proprement dites. Il yen a un très grand nombre ;\nmais quelques-uns seulement ont une réelle valeur. Commençons par les diction-\nnaires.\n\nI. — Dictionnaires.\nA la Bibliothèque de notre Conservatoire de Paris, on possède les ouvrages\nsuivants (écrits en français), d'après une note rédigée en 1884 par M. Lavignac :\nAzevedo : Dictionnaire musico-humoristique ;\nBoisson et Lajarte : Petite Encyclopédie musicale;\nDe Brossard : Dictionnaire musical, 1705 ;\nCastil-Blaze : Dictionnaire de musique moderne ;\nColomb : La musique ;\nEscudier frères : Dictionnaire de musique théorique et historique ;\nFramery et Guinguené : Encyclopédie méthodique, 1791 ;\nDe Meu de Monpas : Dictionnaire de musique, 1787 ;\nJ.-J. Rousseau : Dictionnaire de musique, 1768;\nSoullier (Ch.) : Dictionnaire de musique.\nAucun de ces ouvrages, comme le dit fort bien M. Lavignac, n'est aujourd'hui\nsuffisant, pour des raisons diverses. Les étrangers sont plus riches que nous.\nVoici une liste d'auteurs (qui ne prétend pas être exhaustive) :\nBROSSARD (SÉBAST. DE) : Dictionnaire de musique contenant une explication des\ntermes grecs, italiens et français, etc... Paris, in-fol., 1703 ; 2e édit., 1 in-B°, 1705 ;\n6e éd., in-B°, s. d. ; autre éd. s. 1. n. d.\nC'est le plus ancien lexique musical (abstraction faite du Definitorium de Tinc-\ntoris, xve siècle, et de la Clavis ad Thesaurum artis musicœ de Balthazar lanowka,\nPrague, 1701). Dans les Mémoires de la Société de Vhistoire de Paris et de Vile-\nde-France, t. XXIII, 1896, très bonne étude de Michel Brenet sur Séb. de Bros-\nsard.\nJAKOB ADLUNG : Anleitung zu der musikalischen Galahrtheit, etc. Erfurt,\nJ. D. Jungnicol sen. 2e édit. revue par J.-A. Miller, Dresde et Leipzig,\nBreitkopf, 1783, in-8° ;\nJOH. GRUBER: Literatur der Musik, ôder Einleitung zur Kentniss der vorzùglichen\nmusikalischen Bûcher fur Liebhaher der musikal. Literatur bestimmt, Niirnberg,\nÏ783. Suite : Beytrage zur Literatur derMusik, 1785, ibid.\nJOH. NIG. FORKEL, le plus important de cette période, créateur de l'histoire de\nla musique en Allemagne ; auteur de la Musikalisch Kritische Bibliothek, 3 vol.,\nGotha, 1778, et du répertoire célèbre : Allgemeine Literatur der Musik, oder An-\nleitung zur Kentniss musikalische Bûcher, etc. (Leipzig, 1792)."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "231", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.27", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3303, "texte": "Joh. Gottfried WALTHER, né à Erfurt en 1684 ; contrepointiste célèbre, élève\nd'Adlung, organiste à Weimar, où il fut le professeur du grand-duc ; ami et\nparfois collaborateur de J.-S. Bach, auteur d'un Musikal. Lexikon, Leipzig, 1732,\nin-B°.\nKOCH (Heinrich Christ.), né en 1749 à Rudolstadt, compositeur sans grande\nimportance, mais théoricien de valeur et auteur du Musikalisches Lexikon,\n2 parties, paru en 1802. Cet ouvrage a été remanié et réédité en 1863-65 par\nDOMMER (né en 1828 à Danzig), organiste, élève de Richter et de Lobe.\nGATHY, né en 1800 à Lùttich : Musikalisches Convers. Lexik., 1835, 2E édit. en\n1840 ;3E en 1873 (Reissmann), très bon.\n*\nGERBER (H.-N.), né en 1702, près de Sondershausen (et qu'il ne faut pas con-\nfondre avec le prince-abbé Gerbert, né en 1702) ; organiste, élève de J.-S. Bach,\nauteur du Biograph. Lexikon der Tonkiinstler, Leipzig, 1812-1814.\nLICHTENTHAL (PIETRO), né à Presbourg en 1780, établi à Milan depuis 1810.\nMédecin qui a écrit sur la médecine en musicien, auteur de 3 opéras médiocres\npour la Scala, et du Diqionario e Biblio grafia délia musica... Milan, 4 vol., 1826,\nA. F'ontana, in-B°. —Traduction par Dominique Mondo, Paris, Troupenas,\n1839, 2 vol in-16. Il y a une bibliographie dans les 3E et 4E vol.\nGust. SCHILLING, né dans le Hanovre en 1803, écrivain extrêmement fécond\nqui s'est occupé de toutes les parties de la théorie et de l'histoire, après avoir\npublié en 1830 un petit dictionnaire:\nEncyklopàdieder Gesammtenmusikalischen Wissenscha/ten oder UniversalLexikon\nder Tonkunst. L'acoustique, la lutherie, l'harmonie, la paléographie et l'histoire\nde la notation, la composition, la biographie, ont une part dans cet ouvrage.\nStuttgard, chez Kôhler, 7 vol. in-B°.\nEd. BERNSDORF, né en 1825 à Dessau : Universal Lexikon der Tonkunst, 3 vol.\ncomplétés après sa mort.\nSCHUBERTH, né à Magdebourg en 1804 : Phil. musik. Convers. Lexikon,\nmanuel encyclopédique.\nMENDEL, né en 1834 à Halle, éditeur érudit, sorte de Firmin Didot allemand,\norganisateur du Musikalisches-Conversation-Lexikon , Berlin, Oppenheim,\n1881-3, 12 v°b P- in-B°, supplément. Excellent (malgré quelques articles\nqui ne concordent pas très bien).\nGROVE (Sir George), né en 1820 dans le Surrey ; ingénieur, directeur du\nRoyal Collège of Music, a publié en collaboration avec les principaux musico-\ngraphes de l'Europe : Dictionnary of music and musicians, 1879-89, 4 vol.\nGrove a fait plusieurs articles ; le meilleur est sur Schubert ; planches intéres-\nsantes pour les documents anciens. Très bon aussi.\nHUGO RIEMANN, professeur à l'Université de Leipzig, théoricien, historien et\ncritique extrêmement fécond (qui doit avoir un atelier de collaborateurs, une\nsorte d'usine comme le grand peintre Rubens), auteur du Musikalisches Lexikon,\nLeipzig, 1882 ; 3E édit. en 1887. M. Riemann avait d'abord négligé l'école fran-\nçaise ; il ne disait rien de Titelouze, Raison, Roberday, du Mage, Dâquin, Cle-\nrambault, Gigault, Grigny, Boyvin. Il a comblé cette lacune dans la plus récente\nédition (7E), sans doute après avoir pris connaissance des publications d'Alex.\nGuilmant. Œuvre un peu hâtive, incomplète (il n'y a rien sur la musique\norientale), mais excellente comme compendium.\nA cette liste (où les noms de Grove, Mendel et Riemann ont une importance"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "232", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.28", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 3143, "texte": "de premier ordre) on peut ajouter quelques ouvrages moins considérables :\nSCHRADER : Kleines Taschen-w'ôrterbuch der musik, Hehmstâdt, Fleckeisen,\n2527;\nHAUSER, dont le dictionnaire est assez important, 2 vol., mais ne contient que\nla terminologie musicale, 1828 ; 2e édit. en 1833.\nBURKHARD (pasteur de Souabe) : Musikwôrterbuch (peu important), Ulm, 1832.\nFRANK (qui n'est cité ni dansMendel ni dans Riemann) : T aschenbuchlein des\nmusikers, donnant l'explication des mots étrangers ;7e édit., Leipzig, Stoll,\n1869;\nSCHUCHT (né en Thuringe en 1832, élève de Spohr) : Wegweiser der Ton-\nkunst, Leipzig, Mather, 1869 ;\nP, KAHNT : Vollstàndiges musikalisches Fremdwôrterbuch, fur Musiker und Dilet-\ntanten, avec une introduction sur les éléments de la théorie, Leipzig, 1870 ;\nO. PAUL, prof, à l'Univ. de Leipzig, élève de Hauptmann pour l'harmonie, qui\nest sa spécialité, auteur d'une histoire du piano (1869) et d'un Handlexikon der\nTonkunst, Leipzig, Weisbach, 1869-73 ;\nJ. ANDRÉ, fondateur d'une maison d'édition, et dont un petit-fils (Karl-Aug.),\na écrit une histoire de la fabrication du piano (1855) : auteur d'un Handlexikon\nder Tonkunst (Offenb., 1858) revu par KUMMERLE en 1875.\n\nII. — Histoires générales de la musique.\n\nOuvrages écrits en français.\nBOURDELOT (abbé P.), BONNET (Jacques) et BONNET-BOURDELOT (Pierre) :\nHistoire de la musique et de ses effets depuis son origine jusqu'à présent (dédié à\nS. A. R. Mgr le duc d'Orléans). Paris, J. Cochart, 1715, in-12, 487 p. ; autre édit.,\nAmsterdam, Le Cène, 1725, 4 vol. in-12, et 1726, ibid. ; republié (comme livre\nnouveau) en i743,Lahaye et Francfort sur-le-Mein, 4 vol. avec des titres modifiés.\nC'est le premier essai, en France, d'une histoire générale delà musique ; très\nestimé en son temps (v. Mémoires de Trévoux, avril 1716, p. 594), il est cité au\nxvme siècle comme l'œuvre de J. Bonnet, lequel déclare (préface) qu'il a tiré une\npartie de ses matériaux des mémoires manuscrits de l'abbé Bourdelot, son oncle,\net de Bonnet-Bourdelot, son frère, premier médecin de la duchesse de Bour-\ngogne. Le lERIER chapitre est consacré à Y origine des quatre systèmes de la musique\nvocale et instrumentale jle 11e, aux 4 modes principaux ou chants authentiques ;\nle 111 e aux sentiments des philosophes, poètes et musiciens de Y antiquité sur la musique\net à ses effets sur les passions ; le ive parle de la musique artificielle suivant les\nrègles de la mécanique ; les chap. v-vm sont consacrés aux progrès de la musique\nles Hébreux, les Grecs et les Chinois ; dans les ixe et xe, l'auteur s'attache plus parti-\nculièrement à la musique des Romains et des Gaulois ou Français ; dans le chap. 11,\nil traite des fêtes données dans les différentes cours de l'Europe et même chez les\nPerses (sic) ;le chap. xn contient une Dissertation sur différentes opinions de la\nmusique française et de l'italienne ; le xi 11e traite de la sensibilité des animaux à\nl'égard de la musique. Dernier chapitre : Conclusion. Peu d'ordre chronologique?\non le voit. D. Caffiaux juge cette histoire avec une sévérité indulgente. Elle con-\ntient des renseignements intéressants sur l'époque de Lulli."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.29", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "A 1 époque des Bourdelot et des Bonnet, la mode était aux comparaisons, aux\n<( parallèles ». Les auteurs reprochent àla musique italienne de jeter de la poudre\naux yeux. « Les basses sont trop doublées... on n'entend plus le sujet qui paraît\ntrop nud auprès de ce grand brillant... on peut ici comparer la musique fran-\nçaise à une belle femme dont la beauté simple, naturelle et sans art, attire les\ncœurs de tous ceux qui la regardent et qui n'a qu'à se montrer pour plaire, sans\ncraindre d être défaite par les minauderies affectées d une coquette outrée, qui\ncherche à mettre les gens dans son parti à quelque prix que ce soit ; coquette à\nqui nous avons déjà comparé la musique italienne » (f. 437-8).\nCAFFIAUX (Dom Phil. Jos.), moine bénédictin de la Congrégation de Saint-\nIVlaur . Essai dune histon ede la musique, 3 vol. manuscrits (Paris, 1757), con-\nservés à la Bibliothèque Nationale (Français, 22536-22538).— Le troisième vo-\nlume, qui est in-f°, contient de la musique notée.\nLe manuscrit de cette Histoire, acquis vers 1812, provient de la bibliothèque\ndu monastère de Corbie, près d Amiens (cf. Delisle, Cabinet des manuscrits).\nDom Caffiaux, né à Valenciennes en 1712, mort à Saint-Germain-des-Prés\nle 26 décembre 1777 ,est surtout connu comme historiographe de Picardie. Il figure,\nen 1762, parmi les collaborateurs que réunit Moreau (conseiller au Parlement\nde Provence et plus tard historiographe de France) pour créer une grande Bi-\nbliothèque historique, législative et administrative. Chargé, après la mort de\nDom Mongé, de continuer avec Dom Grenier l'histoire de la Picardie, il a réuni\nun grand nombre de documents (21 liasses, dit Léopold Delisle), destinés à en-\ntrer dans le grand ouvrage dont le vol. I fut imprimé en 1777, sous le titre de\nTrésor généalogique. Ces détails montrent que Dom Caffiaux n'était pas un mu-\nsicien spécialiste ;ce n'était pas non plus un artiste ; cefut un érudit consciencieux,\ntrès honnête et bienveillant, préoccupé de doter nos bibliothèques d'un ouvrage\nqui leur manquait (YHistoire de J. Bonnet lui paraissant à peine digne de son\ntitre). Son travail débute assez mal ;il attribue la variété des systèmes musicaux\nà l'inconstance de l'homme, sans voir que cette variété est due, au contraire, àla\npersistance de l'esprit de tradition. Il a rarement recours aux sources et n'analyse\npas les monuments musicaux en eux-mêmes ;en revanche, il a examiné, résumé,\ndouze cents ouvrages littéraires sur la musique, et son travail est intéressant pour\nl'histoire des idées.\nVoici le plan suivi par Dom Caffiaux.\nLe premier volume s'ouvre par une préface, suivie d'une table générale analy-\ntique qui ne concorde pas, d'ailleurs, avec la disposition des différentes par-\nties, dans les volumes —et contient les dissertations 1 à 12. Le deuxième volume\nrenferme les livres I à VII (considérés aussi, dans les titres courants, comme dis-\nsertations 13-19). Le troisième volume est consacré à une Nouvelle méthode de\nsolfier la musique beaucoup plus facile que celle dont on s est servi jusqu'à présent,\nsuivie de Gammes de toutes les espèces de modulations, avec les noms des notes du\nnouveau système, et d'autres exemples d'après les airs du temps.\nPour faciliter les recherches, voici sommairement résumée la table des deux\npremiers volumes, avec renvoi, pour chaque partie, au volume qui la ren-\nferme :\nDissert. F vol IJ. —-Dissert, sur Vexcellence et les avantages de la musique.—EN. t\n[vol. ll] : Histoire de la musique depuis la naissance du monde jusqu'à la prise de\nTr oie. Livre II [vol. ll] : Histoire de lâ musique depuis la prise de Troie jusqu'à"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.30", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 1514, "texte": "Pythagore. —-Dissert. 2 [vol. I] : Sur les parties de la musique ancienne. —Dis-\nsert. 3 [vol. I] : Sur la musique des différents peuples. Livre 111 [vol. ll] : His-\ntoire de la musique depuis Pythagore jusqu àla naissance du christianisme. Dis-\nsert. 4 [ vol. I] : Sur les instruments de musique anciens et modernes. Dissert. 5\n[vol. I] : Sur le contrepoint des anciens et des modernes. Dissert. 6 [vol.l] : Sur\nla déclamation. Livre IV [vol. ll] : Histoire de la musique depuis la naissance du\nchristianisme jusqu à Gui d'Arezzo, 1050. Dissert. 7 [vol. I] : Sur le chant et sur\nla musique d'église. Livre V [vol. ll] 1 Histoire delà musique depuis Gui d Arezzo\njusqu'à Lulli. Dissert. 8 [vol. I] : Sur l'opéra. Dissert. 9 [vol. I] : Sur la\nsensibilité des animaux pour la musique. Livre VI [vol. ll] : Histoire de la musique\ndepuis Lulli jusqu à Rameau. Dissert. io[vol.l] ' Parallèle delà musique ancienne\net moderne. —Dissert.ll [vol. I] : Parallèle de la musique française et italienne.\nDissert. 12 [vol. I] : Parallèle des lullisteset des antilullistes. Liv. VII [vol. ll] :\nHistoire de la musique depuis Rameau jusqu à aujourd'hui [1754].\nCatalogue des musiciens dont il n'est point parlé dans le corps de l'ouvrage\n[volume II; incomplet, s'arrête à Bâton].\nEn résumé, tout ce qui est Dissertation se trouve dans le volume I ; tout ce\nqui est Livre, dans le volume 11.\nNous continuerons prochainement cette revue sommaire de la Bibliographie\nmusicale.\n\nD."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c042", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c042", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "230", "page_fin": "230", "image_debut": 26, "image_fin": 26, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.6.1", "titre_corps": "Ceux qui veulent s'instruire et connaître 1 histoire de la musique ont besoin", "titre_sommaire": "Ceux qui veulent s'instruire et connaître 1 histoire de la musique ont besoin", "signature_source": "", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.26", "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 452, "texte": "Ceux qui veulent s'instruire et connaître 1 histoire de la musique ont besoin\nd'ouvrages qui, sans leur donner tout ce qu'il faut savoir, leur indiquent au\nmoins les sources où l'on doit puiser la connaissance des faits : ce sont les dic-\ntionnaires et les histoires proprement dites. 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Lavignac :\nAzevedo : Dictionnaire musico-humoristique ;\nBoisson et Lajarte : Petite Encyclopédie musicale;\nDe Brossard : Dictionnaire musical, 1705 ;\nCastil-Blaze : Dictionnaire de musique moderne ;\nColomb : La musique ;\nEscudier frères : Dictionnaire de musique théorique et historique ;\nFramery et Guinguené : Encyclopédie méthodique, 1791 ;\nDe Meu de Monpas : Dictionnaire de musique, 1787 ;\nJ.-J. Rousseau : Dictionnaire de musique, 1768;\nSoullier (Ch.) : Dictionnaire de musique.\nAucun de ces ouvrages, comme le dit fort bien M. Lavignac, n'est aujourd'hui\nsuffisant, pour des raisons diverses. Les étrangers sont plus riches que nous.\nVoici une liste d'auteurs (qui ne prétend pas être exhaustive) :\nBROSSARD (SÉBAST. DE) : Dictionnaire de musique contenant une explication des\ntermes grecs, italiens et français, etc... Paris, in-fol., 1703 ; 2e édit., 1 in-B°, 1705 ;\n6e éd., in-B°, s. d. ; autre éd. s. 1. n. d.\nC'est le plus ancien lexique musical (abstraction faite du Definitorium de Tinc-\ntoris, xve siècle, et de la Clavis ad Thesaurum artis musicœ de Balthazar lanowka,\nPrague, 1701). Dans les Mémoires de la Société de Vhistoire de Paris et de Vile-\nde-France, t. XXIII, 1896, très bonne étude de Michel Brenet sur Séb. de Bros-\nsard.\nJAKOB ADLUNG : Anleitung zu der musikalischen Galahrtheit, etc. Erfurt,\nJ. D. Jungnicol sen. 2e édit. revue par J.-A. Miller, Dresde et Leipzig,\nBreitkopf, 1783, in-8° ;\nJOH. GRUBER: Literatur der Musik, ôder Einleitung zur Kentniss der vorzùglichen\nmusikalischen Bûcher fur Liebhaher der musikal. Literatur bestimmt, Niirnberg,\nÏ783. Suite : Beytrage zur Literatur derMusik, 1785, ibid.\nJOH. NIG. FORKEL, le plus important de cette période, créateur de l'histoire de\nla musique en Allemagne ; auteur de la Musikalisch Kritische Bibliothek, 3 vol.,\nGotha, 1778, et du répertoire célèbre : Allgemeine Literatur der Musik, oder An-\nleitung zur Kentniss musikalische Bûcher, etc. (Leipzig, 1792)."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "231", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.27", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3303, "texte": "Joh. Gottfried WALTHER, né à Erfurt en 1684 ; contrepointiste célèbre, élève\nd'Adlung, organiste à Weimar, où il fut le professeur du grand-duc ; ami et\nparfois collaborateur de J.-S. Bach, auteur d'un Musikal. Lexikon, Leipzig, 1732,\nin-B°.\nKOCH (Heinrich Christ.), né en 1749 à Rudolstadt, compositeur sans grande\nimportance, mais théoricien de valeur et auteur du Musikalisches Lexikon,\n2 parties, paru en 1802. Cet ouvrage a été remanié et réédité en 1863-65 par\nDOMMER (né en 1828 à Danzig), organiste, élève de Richter et de Lobe.\nGATHY, né en 1800 à Lùttich : Musikalisches Convers. Lexik., 1835, 2E édit. en\n1840 ;3E en 1873 (Reissmann), très bon.\n*\nGERBER (H.-N.), né en 1702, près de Sondershausen (et qu'il ne faut pas con-\nfondre avec le prince-abbé Gerbert, né en 1702) ; organiste, élève de J.-S. Bach,\nauteur du Biograph. Lexikon der Tonkiinstler, Leipzig, 1812-1814.\nLICHTENTHAL (PIETRO), né à Presbourg en 1780, établi à Milan depuis 1810.\nMédecin qui a écrit sur la médecine en musicien, auteur de 3 opéras médiocres\npour la Scala, et du Diqionario e Biblio grafia délia musica... Milan, 4 vol., 1826,\nA. F'ontana, in-B°. —Traduction par Dominique Mondo, Paris, Troupenas,\n1839, 2 vol in-16. Il y a une bibliographie dans les 3E et 4E vol.\nGust. SCHILLING, né dans le Hanovre en 1803, écrivain extrêmement fécond\nqui s'est occupé de toutes les parties de la théorie et de l'histoire, après avoir\npublié en 1830 un petit dictionnaire:\nEncyklopàdieder Gesammtenmusikalischen Wissenscha/ten oder UniversalLexikon\nder Tonkunst. L'acoustique, la lutherie, l'harmonie, la paléographie et l'histoire\nde la notation, la composition, la biographie, ont une part dans cet ouvrage.\nStuttgard, chez Kôhler, 7 vol. in-B°.\nEd. BERNSDORF, né en 1825 à Dessau : Universal Lexikon der Tonkunst, 3 vol.\ncomplétés après sa mort.\nSCHUBERTH, né à Magdebourg en 1804 : Phil. musik. Convers. Lexikon,\nmanuel encyclopédique.\nMENDEL, né en 1834 à Halle, éditeur érudit, sorte de Firmin Didot allemand,\norganisateur du Musikalisches-Conversation-Lexikon , Berlin, Oppenheim,\n1881-3, 12 v°b P- in-B°, supplément. Excellent (malgré quelques articles\nqui ne concordent pas très bien).\nGROVE (Sir George), né en 1820 dans le Surrey ; ingénieur, directeur du\nRoyal Collège of Music, a publié en collaboration avec les principaux musico-\ngraphes de l'Europe : Dictionnary of music and musicians, 1879-89, 4 vol.\nGrove a fait plusieurs articles ; le meilleur est sur Schubert ; planches intéres-\nsantes pour les documents anciens. Très bon aussi.\nHUGO RIEMANN, professeur à l'Université de Leipzig, théoricien, historien et\ncritique extrêmement fécond (qui doit avoir un atelier de collaborateurs, une\nsorte d'usine comme le grand peintre Rubens), auteur du Musikalisches Lexikon,\nLeipzig, 1882 ; 3E édit. en 1887. M. Riemann avait d'abord négligé l'école fran-\nçaise ; il ne disait rien de Titelouze, Raison, Roberday, du Mage, Dâquin, Cle-\nrambault, Gigault, Grigny, Boyvin. Il a comblé cette lacune dans la plus récente\nédition (7E), sans doute après avoir pris connaissance des publications d'Alex.\nGuilmant. Œuvre un peu hâtive, incomplète (il n'y a rien sur la musique\norientale), mais excellente comme compendium.\nA cette liste (où les noms de Grove, Mendel et Riemann ont une importance"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "232", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.28", "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 1193, "texte": "de premier ordre) on peut ajouter quelques ouvrages moins considérables :\nSCHRADER : Kleines Taschen-w'ôrterbuch der musik, Hehmstâdt, Fleckeisen,\n2527;\nHAUSER, dont le dictionnaire est assez important, 2 vol., mais ne contient que\nla terminologie musicale, 1828 ; 2e édit. en 1833.\nBURKHARD (pasteur de Souabe) : Musikwôrterbuch (peu important), Ulm, 1832.\nFRANK (qui n'est cité ni dansMendel ni dans Riemann) : T aschenbuchlein des\nmusikers, donnant l'explication des mots étrangers ;7e édit., Leipzig, Stoll,\n1869;\nSCHUCHT (né en Thuringe en 1832, élève de Spohr) : Wegweiser der Ton-\nkunst, Leipzig, Mather, 1869 ;\nP, KAHNT : Vollstàndiges musikalisches Fremdwôrterbuch, fur Musiker und Dilet-\ntanten, avec une introduction sur les éléments de la théorie, Leipzig, 1870 ;\nO. PAUL, prof, à l'Univ. de Leipzig, élève de Hauptmann pour l'harmonie, qui\nest sa spécialité, auteur d'une histoire du piano (1869) et d'un Handlexikon der\nTonkunst, Leipzig, Weisbach, 1869-73 ;\nJ. ANDRÉ, fondateur d'une maison d'édition, et dont un petit-fils (Karl-Aug.),\na écrit une histoire de la fabrication du piano (1855) : auteur d'un Handlexikon\nder Tonkunst (Offenb., 1858) revu par KUMMERLE en 1875."}]}, {"article_id": "bm-bmtnabj-1909-04-15-01-c044", "article_bluemountain": "bmtnabj_1909-04-15_01#c044", "volume": "bmtnabj_1909-04-15_01", "ocr_source": "OCR Blue Mountain (ALTO), transcription TEI : lignes lb/@facs", "texte_sans_correction": true, "page_debut": "232", "page_fin": "234", "image_debut": 28, "image_fin": 30, "pages_selon": "pagination imprimée relevée dans le METS Blue Mountain (ORDERLABEL) ; [n] = page sans folio restituée", "url_article": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.2.6.3", "titre_corps": "II. — Histoires générales de la musique.", "titre_sommaire": "II. — Histoires générales de la musique.", "signature_source": "D", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": "232", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.28", "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 3143, "texte": "II. — Histoires générales de la musique.\n\nOuvrages écrits en français.\nBOURDELOT (abbé P.), BONNET (Jacques) et BONNET-BOURDELOT (Pierre) :\nHistoire de la musique et de ses effets depuis son origine jusqu'à présent (dédié à\nS. A. R. Mgr le duc d'Orléans). Paris, J. Cochart, 1715, in-12, 487 p. ; autre édit.,\nAmsterdam, Le Cène, 1725, 4 vol. in-12, et 1726, ibid. ; republié (comme livre\nnouveau) en i743,Lahaye et Francfort sur-le-Mein, 4 vol. avec des titres modifiés.\nC'est le premier essai, en France, d'une histoire générale delà musique ; très\nestimé en son temps (v. Mémoires de Trévoux, avril 1716, p. 594), il est cité au\nxvme siècle comme l'œuvre de J. Bonnet, lequel déclare (préface) qu'il a tiré une\npartie de ses matériaux des mémoires manuscrits de l'abbé Bourdelot, son oncle,\net de Bonnet-Bourdelot, son frère, premier médecin de la duchesse de Bour-\ngogne. Le lERIER chapitre est consacré à Y origine des quatre systèmes de la musique\nvocale et instrumentale jle 11e, aux 4 modes principaux ou chants authentiques ;\nle 111 e aux sentiments des philosophes, poètes et musiciens de Y antiquité sur la musique\net à ses effets sur les passions ; le ive parle de la musique artificielle suivant les\nrègles de la mécanique ; les chap. v-vm sont consacrés aux progrès de la musique\nles Hébreux, les Grecs et les Chinois ; dans les ixe et xe, l'auteur s'attache plus parti-\nculièrement à la musique des Romains et des Gaulois ou Français ; dans le chap. 11,\nil traite des fêtes données dans les différentes cours de l'Europe et même chez les\nPerses (sic) ;le chap. xn contient une Dissertation sur différentes opinions de la\nmusique française et de l'italienne ; le xi 11e traite de la sensibilité des animaux à\nl'égard de la musique. Dernier chapitre : Conclusion. Peu d'ordre chronologique?\non le voit. D. Caffiaux juge cette histoire avec une sévérité indulgente. Elle con-\ntient des renseignements intéressants sur l'époque de Lulli."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.29", "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 3635, "texte": "A 1 époque des Bourdelot et des Bonnet, la mode était aux comparaisons, aux\n<( parallèles ». Les auteurs reprochent àla musique italienne de jeter de la poudre\naux yeux. « Les basses sont trop doublées... on n'entend plus le sujet qui paraît\ntrop nud auprès de ce grand brillant... on peut ici comparer la musique fran-\nçaise à une belle femme dont la beauté simple, naturelle et sans art, attire les\ncœurs de tous ceux qui la regardent et qui n'a qu'à se montrer pour plaire, sans\ncraindre d être défaite par les minauderies affectées d une coquette outrée, qui\ncherche à mettre les gens dans son parti à quelque prix que ce soit ; coquette à\nqui nous avons déjà comparé la musique italienne » (f. 437-8).\nCAFFIAUX (Dom Phil. Jos.), moine bénédictin de la Congrégation de Saint-\nIVlaur . Essai dune histon ede la musique, 3 vol. manuscrits (Paris, 1757), con-\nservés à la Bibliothèque Nationale (Français, 22536-22538).— Le troisième vo-\nlume, qui est in-f°, contient de la musique notée.\nLe manuscrit de cette Histoire, acquis vers 1812, provient de la bibliothèque\ndu monastère de Corbie, près d Amiens (cf. Delisle, Cabinet des manuscrits).\nDom Caffiaux, né à Valenciennes en 1712, mort à Saint-Germain-des-Prés\nle 26 décembre 1777 ,est surtout connu comme historiographe de Picardie. Il figure,\nen 1762, parmi les collaborateurs que réunit Moreau (conseiller au Parlement\nde Provence et plus tard historiographe de France) pour créer une grande Bi-\nbliothèque historique, législative et administrative. Chargé, après la mort de\nDom Mongé, de continuer avec Dom Grenier l'histoire de la Picardie, il a réuni\nun grand nombre de documents (21 liasses, dit Léopold Delisle), destinés à en-\ntrer dans le grand ouvrage dont le vol. I fut imprimé en 1777, sous le titre de\nTrésor généalogique. Ces détails montrent que Dom Caffiaux n'était pas un mu-\nsicien spécialiste ;ce n'était pas non plus un artiste ; cefut un érudit consciencieux,\ntrès honnête et bienveillant, préoccupé de doter nos bibliothèques d'un ouvrage\nqui leur manquait (YHistoire de J. Bonnet lui paraissant à peine digne de son\ntitre). Son travail débute assez mal ;il attribue la variété des systèmes musicaux\nà l'inconstance de l'homme, sans voir que cette variété est due, au contraire, àla\npersistance de l'esprit de tradition. Il a rarement recours aux sources et n'analyse\npas les monuments musicaux en eux-mêmes ;en revanche, il a examiné, résumé,\ndouze cents ouvrages littéraires sur la musique, et son travail est intéressant pour\nl'histoire des idées.\nVoici le plan suivi par Dom Caffiaux.\nLe premier volume s'ouvre par une préface, suivie d'une table générale analy-\ntique qui ne concorde pas, d'ailleurs, avec la disposition des différentes par-\nties, dans les volumes —et contient les dissertations 1 à 12. Le deuxième volume\nrenferme les livres I à VII (considérés aussi, dans les titres courants, comme dis-\nsertations 13-19). Le troisième volume est consacré à une Nouvelle méthode de\nsolfier la musique beaucoup plus facile que celle dont on s est servi jusqu'à présent,\nsuivie de Gammes de toutes les espèces de modulations, avec les noms des notes du\nnouveau système, et d'autres exemples d'après les airs du temps.\nPour faciliter les recherches, voici sommairement résumée la table des deux\npremiers volumes, avec renvoi, pour chaque partie, au volume qui la ren-\nferme :\nDissert. F vol IJ. —-Dissert, sur Vexcellence et les avantages de la musique.—EN. t\n[vol. ll] : Histoire de la musique depuis la naissance du monde jusqu'à la prise de\nTr oie. Livre II [vol. ll] : Histoire de lâ musique depuis la prise de Troie jusqu'à"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.30", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 1514, "texte": "Pythagore. —-Dissert. 2 [vol. 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Jeunes filles de Paris.", "titre_sommaire": "Jeunes filles de Londres. Jeunes filles de Paris.", "signature_source": "JULES COMBARIEU", "controle": "bornes données par la structure logique METS/ALTO de Blue Mountain (blocs ALTO de chaque constituant)", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.30", "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 3380, "texte": "Jeunes filles de Londres. Jeunes filles de Paris.\n\nOn lit dans le Figaro du 13 avril :\nDans cinq lycées de jeunes filles de Paris, —lycées Fénelon, Molière, Lamar-\ntine, Racine, Victor-Hugo on étudie les lettres et les sciences, soit pour la cul-\nture désintéressée de l'esprit, soit pour l'acquisition de ces diplômes où tant de\nfamilles voient une garantie contre les risques de la vie. Mais le travail s'inspire\nd'une idée plus haute, dégagée des programmes spéciaux dont la tyrannie pèse\nsur l'enseignement des garçons. On part de ce principe que tout ce qui s'est fait\nde grand et de beau en France, dans le domaine de l'action comme dans la plu-\npart des autres, a été plus ou moins directement inspiré par les femmes, par la\ndistinction de leur goût, par leur pouvoir de séduction et leur bonté souriante.\nOn s'efforce donc d'entretenir les qualités traditionnelles de la femme française;\non les met simplement en harmonie avec le progrès des connaissances modernes.\nOn les enrichit sans les alourdir ; on les développe sans les laisser dévier. De là\nplusieurs formes d'activité qui, loin d'être en marge des études, font corps avec\nelles et ont une importance capitale. Au premier rang, comme complément\nnécessaire de l'instruction proprement dite, et peut-être avant tout le reste, avant\nla grammaire, avant les mathématiques, et l'odieuse « critique littéraire »\nil convient de placer tout ce qui se rapporte à la bienfaisance et aux beaux-arts.\nNés jeunes filles ont organisé une « Œuvre de protection de l'enfance contre\nla tuberculose ». Elles la dirigent elles-mêmes avec une touchante ingéniosité.\nElles ont des pupilles, placées à la campagne : elles leur confectionnent des vête-\nments : elles leur envoient des livres et des jouets ; régulièrement, elles les visi-\ntent et reçoivent des nouvelles de leur santé. Bref, elles ne se bornent pas à la"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "235", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.31", "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 3275, "texte": "cotisation banale, moyen rapide et quasi impersonnel de s'acquitter du devoir\nsocial : elles pratiquent la seule charité sérieuse, celle qui est active et où l'on\nmet vraiment quelque chose de soi.\nElles ont aussi une chorale. On leur fait connaître Schumann et Schubert,\ndeux musiciens-poètes dont il est impossible de sentir quelques pages, sans faire\naussitôt alliance avec un idéal très pur de délicatesse morale. Elles chantent de\nbelles pièces de Gluck, des hymnes patriotiques de Bourgault-Ducoudray, des\nchœurs élégants de Massenet, de Saint-Saëns, de Pierné. Tous les ans, aux\npremiers jours de mai, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, elles donnent\nà leurs familles un concert à la fois grandiose et charmant, où la fraîcheur des\nvoix, la justesse, l'élan et la grâce disciplinée de l'ensemble ont souvent ému le\ncœur de juges difficiles... Comment ne pas encourager ces nouveaux usages r\nUne maison d'éducation féminine où on ne chanterait pas n'abriterait qu'une\npédagogie morne et sans âme; ce serait,comme dit Hugo, la ruche sans abeilles,\nla cage sans oiseaux !\nCette double culture de l'instinct charitable et du sens esthétique prendra le\nmois prochain une forme brillante et hardie. Le programme que je vais résumer\npassera peut-être sous les yeuxde quelques lecteurs n'ayant qu'une sympathie mo-\ndérée pour les établissements de l'Etat; s'il était besoin de forcer leur adhésion,\nje citerais quelques noms dans une liste de patronnesses et de patrons déjà cons-\ntituée :\nMme Louis Liard, Mme Jules Gautier, Mme Grancher, comtesse Jean de Castel-\nlane, princesse de Cystria-Faucigny, princesse Ed. de Polignac, Mme Edward\nRaphaël, Mme Madeleine Lemaire, Mme Flameng, Mme Armand Linol, M. Walter\nBehrens, M. Gustave Dreyfus...\nLe 10 mai, un essaim de jeunes Anglaises, venant des écoles de Londres et\ndes environs, sera conduit à Paris par une vingtaine de chaperonnes. La raison\nde ce voyage ? une invitation collective partie des lycées de Paris ; son objet ?\noh ! rien qui se rattache à un complot contre la tranquillité de l'Europe : la par-\nticipation en commun, par la fusion de deux chorales amies, à un festival de\ncharité qui aura lieu le 14, en matinée, au Trocadéro.\nSans doute, le voyage sera marqué par des fêtes diverses : réception à la Sor-\nbonne, luncheons dans les lycées, visite bien réglée de la « Reine des cités »,\nexcursion au château et au parc de Versailles ; mais l'article le plus important\ndu programme est le concert du Trocadéro, auquel on se prépare depuis long-\ntemps, de l'un et l'autre côté du détroit, et pour l'organisation duquel il n'y a\nplus qu'un pas à franchir. D'abord, sa caractéristique d'art sera originale : non\npas seulement parce qu'un millier de jeunes filles ayant l'âge délicieux de\nJuliette, célébré par Musset seront accompagnées par l'orgue et l'orchestre\nColonne au complet, ou parce que le maître Saint-Saëns sera au pupitre pour\ndiriger un de ses poèmes symphoniques, ou à cause des solistes d'exceptionnelle\nvaleur qui ont promis leur concours, mais parce que ces jeunes filles chanteront\nbeaucoup d'airs populaires. D'un côté, airs populaires anglais, écossais, irlan-\ndais, gallois ; de l'autre, airs populaires de Bretagne et de Lorraine»"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.32", "debut_caractere": 118, "fin_caractere_exclue": 3178, "texte": "La partie réservée aux exécutions en commun, et où Elgar est représenté à\ncôté de Gluck et de Saint-Saëns, contient elle aussi une perle tirée du folklore :\nc est le canon Frères Jacques, dormez-vous ? Sonnez les matines !.. que l'auteur de\nPatrie, E. Paladilhe, a enrichi de développements admirables. Sur quelques-\nuns de ces thèmes, qu il ne connaîtra qu'au moment où ils seront chantés, le\ngrand organiste Alex. Guilmant fera une de ces « improvisations » où il\nexcelle.\nJean-Jacques aurait eu des larmes d'attendrissement pour un tel projet. En\nvoici le complément.\nLa jeunesse est prompte à 1 échange des cœurs, et le chant choral l'exalte en\nla disciplinant. La musique est, dans toute la force du terme, un art de relations;\nelle aie privilège magique de mettre les âmes en dehors, et de faire l'accord des\nvolontés avec celui des voix. Au cours de la visite qui aura lieu dans les lycées\net où nos Parisiennes s'essayeront au rôle de maîtresses de maison, s'ébauche-\nront, si je puis dire, des fiançailles d amitié fondées sur le libre mouvement des\nsympathies. Cette tencontrene sera pas le banal divertissement d'un jour. Après\ns être vues et appréciées, Anglaises et Françaises, une fois séparées, s'écriront\nrégulièrement, pas pour la seule satisfaction des professeurs de langues vi-\nvantes. D un pays à 1 autre, comme le flux et reflux des vagues soumises à un\nrythme incessant, une pensée cordiale sera toujours en chemin.\nLe festival dont je viens de donner une idée a une autre caractéristique. Pour\natteindre pleinement un de ses buts la protection de l enfance pauvre contre\nla tuberculose il a besoin de souscripteurs très généreux. Je sais combien un\nappel de ce genre est délicat, et toute 1 autorité qu'il faudrait pour qu'il soit\nentendu. En matière de charité, ce sont presque toujours les mêmes qui se font\ntuer ! Mais la cause est excellente ; elle est gagnée d'avance, puisque les dames\nde Paris veulent bien s'y intéresser publiquement. Les noms que j'ai cités,\ns ajoutant à une souscription initiale du ministère de l'instruction publique\n(i.500 francs), sont une garantie de succès, parce qu'ils sont un exemple. Ce sont\neux, et non l'auteur de ces lignes, qui plaident ici pour des clients d'élite. Où\ntrouver une meilleure occasion de faire le bien en réalisant un peu de beauté ?\nCharité, grâce virginale, musique populaire, culture d'une amitié précieuse, par-\nthénies chantantes de mai, ce sont vraiment les facettes d'un pur diamant. Les\nmisères du dehors, certes, ne nous doivent pas laisser indifférents ; mais les\nenfants pauvres de France ne méritent-ils pas un intérêt au moins égal ? Aussi\nbien, il faut un peu d'horizon aux pensées de l'esprit comme à celles du cœur.\nExercer une action, par des moyens délicats, sur les jeunes filles de Londres et\nde Paris, c est toucher à ce qu il y a de plus précieux au monde et voir au delà\nde 1 heure présente. Dans les yeux bleus, dans les yeux noirs des unes et des\nautres, comme les algues au fond d une eau claire, est peut-être le secret de\nl'avenir...\n\nJULES COMBARIEU."}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 1, "page_imprimee": "205", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.1", "texte": "LA\nREVUE MUSICALE\n(Honorée d une souscription du Ministère de l'lnstruction publique.)\nN° 8 (neuvième année)\n15 Avril\n1909\nR. M*\nI\n\nConcert franco-anglais.\nNous avons annoncé que le 14 mai (en matinée) aura lieu un grand concert\nde bienfaisance où la chorale des lycées de jeunes filles de Paris a invité les\njeunes filles de Londres (Girl s school music union) à chanter avec elles. Le con-\ncert sera donné au profit de l'OEuvre de protection de l'enfance contre la tu-\nberculose. M. Jules Lombarieu a été chargé d'organiser ce festival, dont le pro-\ngramme annonce un grand nombre de chants populaires anglais, écossais,\nirlandais, gallois, bretons et lorrains, et la Chanson de Frère Jacques, déjà publiée\nici même. Il y aura mille exécutantes. L'orchestre Colonne au complet, l'orgue\navec Alex. Guilmant, C. Saint-Saëns et G. Pierné au pupitre, des solistes de\nchoix, assurent le succès de cette manifestation. Chez M. Astruc (32, rue Louis-\nle-Grand) sont reçues les demandes de location, et aussi les souscriptions.\nA un premier appel pour la constitution d un Comité de membres patrons, ont\ndéjà répondu : Mme Louis Liard ; Mme Jules Gautier; Comtesse Jean de Castel-\nlane ; Mme Grancher ; Princesse de Polignac ; Princesse de Cystria-Faucigny ;\nMme Madeleine Lemaire ; Mme François Flameng ; Mme Alfred Clarke ; Mme Ar-\nmand Linol ; M. Walter Behrens ; M. Gustave Dreyfus.\nLes frais de ce concert sont très élevés ; mais les jeunes filles de Londres et de\nParis se réunissent de façon amicale et charmante dans un but de bienfaisance,\net nous faisons appel, avec confiance, à tous ceux qui peuvent servir utilement\nune œuvre dont l'intérêt n'a pas besoin d être souligné.\nLe premier souscripteur a été le ministère de l'lnstruction publique (1500 fr.).\nLes noms des membres patrons que nous venons de citer, et dont la liste n'est\npas close, sont une garantie et un exemple."}, {"page_pdf": 2, "page_imprimee": "206", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.2", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES\n\nExécutions récentes.\n\nLES «PASSIONS» DE J.-S. BACH.\nE. D.\nLa période de Pâques a eu, au point de vue\nmusical, deux sommets : au Conservatoire, l'exécution de la Passion selon saint\nJean et, à la salle Gaveau, celle de la Passion selon saint Matthieu.\nDe ces deux énormes compositions, écrites il y a près de deux siècles pour\nun tout autre cadre que celui de la salle de concert, il n'y a pas une page qui\nait vieilli; et c'est du pur classique! Au contraire, beaucoup d'œuvres roman-\ntiques du xixe siècle nous semblent avoir perdu leur fraîcheur et leur intérêt. On\nl'a dit à propos de Chopin, de certaines œuvres de Weber, des mélodies de\nBeethoven (comme Y Adélaïde)et je n'y contredis pas... Pourquoi cela ? Il serait\nintéressant d'en chercher la raison, en dehors de l'habileté technique.\nCe qui a chance de « vieillir », en musique, c'est tout ce qui est sous la dépen-\ndance trop tyrannique de la passion et de l'imagination, parce que la manière de\nsentir vivement et d'imaginer de même est, dans notre nature, la partie instable\net mobile, soumise à l'influence du moment et de la mode, et qu'elle change\nd'une époque à l'autre. L'artiste qui chante son moi avec exaltation, dans un\nmilieu déterminé, risque d'être peu compris par les générations suivantes\n(à moins qu'il n'ait assez d'énergie pour universaliser tout ce qui est en lui, et,\nen s'exprimant, d'exprimer l'homme de tous les temps. C'est ce que fait souvent\nBerlioz, et toujours Beethoven dans son œuvre symphonique).\nOr Bach est le contraire d'un passionné. Il a de la couleur et de 1' « expres-\nsion », cela va sans dire, puisqu'il fait de la musique ; mais il n'a rien de l'ar-\ntiste lyrique, je veux dire de celui qui se met violemment, éperdument, dans ce\nqu'il écrit. Il raconte la Passion sans fanatisme et sans larmes. Au moment le\nplus pathétique (celui du crucifiement), son orchestre ne change guère d'allure.\nSa qualité essentielle reste partout une miraculeuse facilité dans la puissance.\nLes parties les plus belles de ses deux Passions me paraissent être celles où\nil fait parler la foule ; là, avec une aisance unique, le contrepoint étale ses\nprodiges. Et cela, c'est ce qui ne saurait vieillir, tant qu'il y aura une musique\net des musiciens ! Bach a la foi simple et solide du charbonnier ; il ne s'attarde\nni à déclamer, ni à analyser sa sensibilité, ni à traiter amoureusement un\nthème séduisant : il va, il va sans cesse, conduisant surjes cimes le quadrige\nde ses voix, improvisant ses récitatifs avec la clausule instrumentale toujours\nla même, sans s'arrêter jamais pour raffiner ou pour rêver. Il a pas d'art\nplus clair, plus franc et plus vif que le sien. Tous les « effets » qu'on lui a prêtés\nsont des gloses indiscrètes de littérateur.\nCe succès persistant de deux Passions de J.-S. Bach, en avril 190 g, est de\nnature à faire réfléchir les compositeurs de notre temps.\n\nII y a eu\nrécemment, à Faris, une troupe italienne faisant une « saison ». Je suis allé la\nvoir, bien qu'elle fût installée très loin de mon quartier, là-bas, aux Folies-Dra-\nmatiques. Je l'ai vue dans Don Pasqicale, avec sympathie et avec tristesse. Avec\nsympathie, car l'œuvre de Donizetti, malgré les pages surannées, a une réelle\n\nTHÉÂTRE ITALIEN. IMPRESSIONS D'AUJOURD'HUI ET D'AUTREFOIS"}, {"page_pdf": 3, "page_imprimee": "207", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.3", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES\n\nvaleur : quelques ensembles sont d'un musicien de race. Avec tristesse, car\nje ne pouvais me défendre d'une comparaison rétrospective...\nCertes, les chanteurs étaient bons, les décors passables et l'orchestre suffisant,\nquoique bien grêle ; mais quelle misère dans le cadre de ces représentations !\nDans la salle, à peine cinquante personnes, un balcon à peu près vide, et, çà et\nlà, des toilettes de mardi gras. Au foyer du théâtre, où il y avait cependant tout\nce qu il faut, une bascule, « la seule donnant le poids juste », une machine auto-\nmatique crachant pour dix centimes des caramels, des bonbons à la vanille, etc.\nAux murs, des dessins coloriés rappelant la Boîte à Fursy, et sur la porte\nouverte du café adjacent, un garçon annonçant à tue-tête le bock « à 30 cen-\ntimes et des consommations de premier choix ». Le programme indiquait cepen-\ndant que ces artistes avaient de hautes ambitions. En première page, il donnait\nla photographie du directeur de la troupe avec une notice commençant ainsi :\n«M. C. est célèbre dans les cinq parties du monde. » Le reste, à l'avenant. Je ne\nveux nommer personne. Où sont les Italiens d'autrefois ?\n... ô splendeurs éclipsées !\nO soleils disparus derrière fhorizon !\nLes Italiens sont souvent venus chez nous pour y faire miroiter leur musique ;\nles pages les plus brillantes de cette histoire sont celles où nous les voyons au\nthéâtre Favart, au théâtre Ventadour, à l'Odéon, enfin dans l'ancien théâtre\nroyal de l'Opéra-Comique. C'est vers 1830 que le chantitalien fut à son apogée,\navec ces noms que je ne peux écrire sans émotion : la Pasta, la Malibran, la\nSontag, Rubini, Tamburini, Graziani, Lablache... Qui peut se flatter, aujour-\nd'hui, d'égaler le prestige de ces héros de la rampe ?... En 1841 (samedi\n2 octobre), commence une nouvelle période, avec Semiramide. Les conditions de\nsuccès sont autres. La Malibran est morte ; la Sontag est devenue comtesse\nRossi. Rubini boude la France et s'apprête à partir pour Saint-Pétersbourg (où\nl'empereur Nicolas doit le nommer colonel !). Tamburini et Lablache, déjà vieux,\nrestent des artistes supérieurs : Tamburini, personnification du charme et de la\nfacilité (dans la vocalisation) ; Lablache, énorme, de haute taille, superbe avec\nsa tête romaine, et, malgré sa corpulence, portant avec distinction la couronne\nde chêne des prêtres de Norma. Tamburini et Lablache ! tous deux incompa-\nrables par la puissance de la voix !...\nA côté d'eux brillait, en 1841, le célèbre ténor Mario (marquis de Candia),\ndont la distinction et le talent firent battre tant de cœurs féminins ; et la Grisi,\nqui partageait avec la Persiani l'emploi de prima donna : la Grisi, beauté titia-\nnesque, dont la voix excellait dans les vocalises de la Gazza ladra et du Barbier,\net qui, dans les rôles de Desdemona, d'Anna Bolena, de Norma, eut d'inou-\nbliables triomphes, obtenus en partie par un procédé emprunté à Rubini : les\nsmorzature, Ou passages subits du forte au piano. Je retrouve, dans Y Histoire du\nthéâtre Ventadour par Octave Fouque (Paris, 1881) la liste des pièces qui, après\nle Stabat de Rossini, furent données durant la première saison des Italiens, en\n1841-42 :\nSemiramide, 5 représentations ;\nVElisir d'amore, 4 ;\n1 Puritani, 6."}, {"page_pdf": 4, "page_imprimee": "208", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.4", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES\n\nLa Cenerentola, 3; r\nLa Sonnambula> 3 ;\nLucia di Lammermoor, 13 ;\nIl Turco in Italia, 6 ;\nIl Barbiere di Siviglia, 7 ;\nLucrezia Borgia) 7 ;\nLa Vestale (de Mercadante), 7 ;\nDon Giovanni, 4;\nLa Cantatrici Villane (Fioravanti), 5 ;\nSaffo (Paccini), 3...\nJe vous concède que tout n'était pas de premier ordre dans ce répertoire !\n' L'histoire du théâtre italien, à Paris, s'étend jusqu'en 1878, date où commence\nla fortune de son successeur, le théâtre lyrique. Durant cette période, que de\nsouvenirs glorieux et toujours chers 1 Mme Pauline Viardot, donnant la réplique\nà la Grisi, dans Sémiramis (c'est l'époque où Sivori et Liszt donnent leurs con-\ncerts) ; en 1847, débuts de l'Alboni »en Frezzolini, tragique interprète\ndes opéras de Verdi ;en 1854, Mme Borghi-Mamo ;en 1862, le ténor Naudin\n(plus tard créateur du rôle de Vasco de Gama dans Y Africaine) ;en 1863, Ade-\nlina Patii...\nQui nous rendra cette atmosphère d'élégance et de distinction où l'art du\nchant était cultivé ? Je doute que cet âge d'or reparaisse jamais. Nous ne sommes\nplus à l'époque où on va à l'Opéra pour entendre un chanteur en vogue, et où\nBalzac faisait écrire à Rastignac, par la fille du père Goriot, offrant une place\ndans sa loge : « Nous avons samedi la Fodor et Pellegrini ;je suis sûre que vous\nne refuserez pas. » Mes contemporains, je le reconnais, ont fait de grands progrès\npour la symphonie ; mais, en matière de chant, n'ont-ils pas reculé ?\nCeux qui n'ont pas encore dépassé la cinquantaine ne sauront jamais les émo-\ntions que nous avons éprouvées en entendant les grands artistes d'autrefois. Nous\nne reverrons plus cela ;ce qu'on ne saurait nous rendre, c'est le milieu, l'am-\nbiance, le nuage d'or d'où descendaient les dieux du chant, —et surtout notre\njeunesse, si lointaine, que je n'ai pas retrouvée, hélas !en faisant le voyage des\nFolies-Dramatiques !\n\nM.\n\nA 4 VOIX MIXTES SANS ACCOMPA-\nGNEMENT, PAR CLAUDE DEBUSSY (DURAND, ÉDITEUR). Au dernier concert du\nChâtelet, le vendredi saint (j'imagine que ce n'était pas dans une intention\nreligieuse !), M. Claude Debussy a dirigé lui-même sa Princesse élue et l'exécu-\ntion de ces trois chansons. La Princesse élue est une œuvre mignarde, subtile,\nembrumée comme les tableaux de Carrière où le dessin est volontairement altéré\nau profit d'une couleur sui generis, dissonante et déliquescente, mais originale\net non dépourvue de charme. Les trois chansons a cappella (fâcheusement pré-\ncédées, à l'exécution, par un accord instrumental donnant le ton) furent char-\nmantes. On ne peut pas prendre avec les voix les mêmes licences qu'avec les\ninstruments ; M.Debussy a su trouver le mesure. La première pièce, Dieu! qu'il\nfait bon la regarder, avec ses tritons, ses clausules imparfaites et sans note sen-\nsible, a une agréable saveur d'archaïsme ; les deux autres, Quand fai ouy le tam-\nbourin et Yver, vous n estes qu'un villain, sont de subtils ouvrages d'orfèvrerie\n\nTROIS CHANSONS DE CHARLES D'ORLÉANS,"}, {"page_pdf": 5, "page_imprimee": "209", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.5", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES\n\nmodem styl, finement ouvragés, fort intéressants dans le détail ;il est curieux\ndevoir M. Debussy, lorsqu'il traite les voix seules, obligé de donner une tenue\npresque classique à son écriture. Ces badinages n'augmenteront pas la réputa-\ntion de Fauteur de Pelléas ; ils ne lui nuiront pas non plus\n\nH.\n\nNous avions exprimé le\nregret, en rendant compte du deuxième récital de violon de M. J. Debroux, que\nla musique du commencement du xvme sièccle, qu'il s'est donné la mission de\nrééditer, y fût un peu trop mêlée de musique moderne. Cette fois-ci, nous avons\nété servis à souhait. En deux heures de temps M. Debroux a trouvé le moyen\nde placer deux concertos (i) de Jean-Marie Leclair dit l'Aîné (1697-1764], deux\nconcertos (2) de Jacques Aubert (1678-1753) et deux sonates, l'une de Jean-\nFrançois d'Andrieu (1684-1740), l'autre d\"Evariste Felice delTAbaco (1675-1742),\nle tout splendidement enlevé par le maître et son cortège d'instruments à\ncordes et de clavecinistes; il apu y ajouter la Ciaccona de J.-S. Bach, qui par-\ntageait cette intéressante série comme une cadence réservée à la virtuosité de\nl'archet.\n« Les pièces de ces maîtres violonistes que M. ]. Debroux nous présente appar-\n« tiennent à cette lignée d'œuvres sincères sur quoi le temps ne saurait avoir\n« prise. La lecture de telle page sera une révélation en même temps qu'un en-\n« chantement. » Voilà ce que nous disait M. H. Quittard au début d'une notice\nparue antérieurement dans le n° de février 1906 de la Revue musicale sous le\ntitre : « Les maîtres violonistes du xvme siècle. »\nCette impression est bien celle qui ressort du dernier récital que vient de\ndonner M. Debroux.\nJean-Marie Leclair nous est apparu, comme toujours, l'écrivain aimable et\ncharmant dans ses allégros, original ou profond dans ses adagios. On ne saurait\ntrop recommander Yadagio de son 4e concerto en fa majeur, où deux mélodies\nvraiment célestes, accompagnées en pédale par les basses et semblant des-\ncendre des voûtes d'une cathédrale, sont d'une netteté irréprochable et d'une\nprofondeur d'expression rare : qualités que l'archet du maître a su hautement\nmettre en relief. On ne pouvait s'empêcher de songer à Bach en écoutant Y aile-\n£, 0 de ce même concerto dont les motifs ont un air de parenté frappant avec\ncertains thèmes du grand maître allemand.\nLa sonate en sol majeur, n° 3, de Jean-François d'Andrieu nous a semblé un\npeu maniérée ; mais quelle grâce exquise dans Varia affettuosa !\nEst-ce sous l'influence d'un certain amour-propre national ? Nous n'avons pas\naussi complètement apprécié la sonate en fa majeur, n° 3, d Evariste Felice delV\nAbaco, dont cependant le grave pouvait évoquer Palestrina. Ici nous retrou-\nvons, dans Y allemande et Y allegro assai tout le brio et l'éclat du caractère ita-\nlien. De la lumière intense, des couleurs vives, certes, ce sont là des qualités\nappréciables ; mais notre esprit français trouve beaucoup plus d'attrait dans la\ngrâce discrète, la sincérité inimitable et la profondeur de sentiment que respirent\nnos œuvres françaises du xvme siècle.\nJ 1 ne nous faut pas oublier cependant que la sonate nous vient d'ltalie et que ce\n\nMUSIQUE FRANÇAISE DU xvIIIe SIÈCLE, POUR VIOLON.\n\n(1) Edition Jongen et J. Debroux.\n(2) Edition Dallier et J. Debroux."}, {"page_pdf": 6, "page_imprimee": "210", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.6", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES\n\nn'est qu'avec Jean-François d'Andrieu et autres maîtres de la même époque (i)\nqu'apparaissent en France les premières tentatives de sonate: l'influence de\nCorelli se fait encore sentir, quoique largement atténuée par une originalité essen-\ntiellement française.\nLa verve et l'entrain ne manquent pas à Jacques Aubert, comme nous l'avons\npu juger dans ses deux concertos, celui en fa majeur n° 5 renfermant une ravis-\nsante gavotte orchestrée de tournure ingénieuse, très large de sentiment, sortant\ntout à fait de l'ordinaire, et le concerto n° 3 en la majeur, que M. Debroux nous a\nfait entendre pour terminer la soirée, avec son entrée [allegro), son finale (presto).\nsi vifs et si brillants, et qui paraissent sonner la fanfare de la guerre en dentelles,\nNous ne saurions passer sous silence l'enthousiasme sincère et chaleureux que\nM. Debroux a soulevé dans son auditoire par une exécution absolument impec-\ncable, à tous les points de vue, de l'immortelle Ciaccona de Jean-Sébastien\nBach.\nFélicitons une fois de plus non seulement l'éminent artiste, mais surtout le sa-\nvant musicien qui a voulu consacrer la plus grande partie de sa carrière à réha-\nbiliter ces œuvres françaises du xvme siècle qui sans lui seraient peut-être défi-\nnitivement tombées dans l'oubli.\nLeur valeur est certes réelle, et nous ne craignons pas de dire qu'elles\nauraient dû marcher de front avec celles de nos voisins dont le sort a été plus\nglorieux jusqu'ici, si des circonstances fâcheuses de diverse nature et la modestie\nde leurs auteurs n'avaient mis un obstacle à leur vulgarisation.\nAjoutons que cette musique ancienne n'a pas autant « vieilli » pour em-\nployer l'expression consacrée que l'on est généralement tenté de le croire, et\nles fervents adeptes du violon éprouveront, en étudiant ces œuvres exquises du\nxvme siècle, une impression toujours vivante de fraîcheur, de noblesse et\nmême de grandeur.\nAussi voyons-nous avec un réel plaisir s'augmenter chaque année l'intéres-\nsante collection de M. Debroux, qui compte déjà un nombre assez considérable\nde pièces.\nPour ne citer que les sonates d'un intérêt plus immédiat nous voyons\ndéjà au catalogue de l'an dernier les noms de Jacques Aubert, Louis Aubert le fils,\nBranche, Antoine d'Auvergne, Denis, François Du Val, François Fr an cœur le Ca-\ndet (2 sonates), Jean-Pierre Guignon, V Abbé le fils, Le Blanc, Joseph Marchand le\nfils, C. C. Mondonville le Jeune, Pagm, Jean Ferry Rebel, Jean-Baptiste Senaillé\nle fils (2 sonates\\ Jean-Marie Leclair (plusieurs sonates très intéressantes). Et\nd'autres encore doivent paraître prochainement.\n\nJ. L. C.\n\nLe lundi 5 avril, à la salle des\nAgriculteurs, la Société moderne d'instruments à vent donnait un de ses con-\ncerts.\nL adagio cantabile et scherzo de Aurelio Magnani nous a vivement intéressés, de\nmême que Voctuor de Vladimir Dyck : dans ce dernier pourtant, après une excel-\n\nSOCIÉTÉ MODERNE D'INSTRUMENTS A VENT.\n\n(1) Voir les éditions restaurées par M. J. Debroux, principalement J.-B. Senaillé avec sa\nremarquable sonate en mi majeur (1687-1730), Jean Ferry Rebel et François Du Val (1704-\n1738)."}, {"page_pdf": 7, "page_imprimee": "211", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.7", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES\n\nlente interprétation de Yandante, nous avons eu à regretter un manque d'ensem-\nble dans le finale.\nLe délicieux quintette de Mozart, pour piano, hautbois, clarinette, cor et bas-\nson, aurait pu obtenir plus de succès si la justesse n'avait pas fait défaut en cer-\ntains passages de la fin :on doit tenir compte, il est vrai, de ce que l'accord du\npiano n'est pas, comme les instruments à vent, susceptible de variations sous\nl'influence de la chaleur ! Le fait est regrettable, car cette œuvre paraissait digne\nd'un intérêt spécial.\nMme Durand-Texte a chanté avec beaucoup de charme et de souplesse des\nmélodies de Jacques Pillois que l'auteur accompagnait au piano.\nM, Louis Fleury s'est fait aussi applaudir dans une très jolie interprétation\nd'une suite pour flûte et piano, extraite des Poèmes virgiliens de Th. Dubois :\nl'illustre compositeur tenait lui-même la partie de piano.\n\nJ. L. C.\n\nCONCERT DE M. DEBUCQUOY (A LA SALLE PLEYEL).\nHENRI BRODY.\nLes concerts particuliers ont\npris une extension extraordinaire. Violonistes, pianistes, violoncellistes, sociétés\nde musique de chambre, compagnies orchestrales, phalanges chorales, envahis-\nsent chaque après-midi et chaque soir les nombreuses salles de Paris ; et Ton\nse demande comment les entrepreneurs de récitals et de concerts peuvent faire\nnon pas pour couvrir leurs . frais, mais seulement pour trouver un public béné-\nvole.\nParmi tant d'artistes célèbres ou inconnus, il en est un dont le nom est\ndigne d'être cité : c'est M. Théophile Debucquoy. Originaire du Nord, il habite\nmaintenant Paris, après avoir fait escale à Cholet, où il tenait les orgues.\nM. Debucquoy est aveugle et, déplus, il est privé de l'usage des doigts de sa\nmain droite. 11 n'a donc pour faire chanter le clavier que son cœur de musicien\net sa main gauche et il parvient à exécuter des œuvres très difficiles dont il\nrend la note et l'esprit. Il excelle surtout dans l'exécution de morceaux pour la\nmain gauche seule, qu'il a composés lui-même, et que les pianistes bimanes\nferaient bien d'adopter pour fortifier une main qui, presque jamais, n'a la force\net la vélocité de la droite. M. Debucquoy a produit également des lieder qui sont\nimprégnés d'un accent dramatique très chaleureux, et ceux que nous avons\nentendus à son dernier concert, donné à la salle Pleyel, dénotent un musicien de\nvaleur, auquel le maître Massenet s'intéresse d'ailleurs particulièrement et à\njuste titre.\n\nLe concert du 2 avril, dont nous avions\ndonné le programme, a mis en lumière une nouvelle venue. Harpiste diplômée\nde la Schola Cantorum, où elle étudia son instrument sous la direction d'Hélène\nLielinska et où elle est l'élève de Vincent d'lndy pour la composition, Mlle Jeanne\nDalliès a fait preuve à ce concert \"d'un mécanisme consciencieux, qu'elle aura\nintérêt à développer encore, d'une sonorité remarquable et d'une rare musica-\nlité. Le programme dégageait un austère agrément, empruntant ses charmes à\nRameau, à Kirnberger, à Paradies, à Rolle pour les anciens, à Périlhou, à\nDuparc, à Chausson et à Vincent d'lndy pour les modernes. Je retiens volontiers\nà l'honneur de l'artiste une fugue en ré majeur de Kirnberger, que peu joueront\navec autant de sens musical que Mlle Jeanne Dalliès. Son succès fut très grand\n\nCONCERT DE HARPE CHROMATIQUE."}, {"page_pdf": 8, "page_imprimee": "212", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.8", "texte": "EXÉCUTIONS RÉCENTES\n\ndevant une salle archicomble. Que M. Gustave Lyon nous fasse entendre beau-\ncoup de harpistes comme celle-ci, et la cause de son instrument ne sera plus ni\ndiscutable ni discutée !\nIl faut ajouter qu'à ce concert prêtaient leur concours un très jeune soprano,\nMlle Fanny Malnory, qui ale rare bonheur de savoir chanter avant d'avoir la\nvoix fatiguée, Mlles Marguerite et Wanda Zielinska et un double quatuor d'ac-\ncompagnement sous la direction de M. Paul Le Flem.\n\nP.-A.\n\nM. VAN ROOY.\nH.\nIl était inutile de déranger, pour le dernier concert\nColonne, un chanteur allemand médiocre comme M. Van Rooy, lorsqu'on a,\nà Paris, des chanteurs comme Gresse, Delmas, Noté, Dufrane.\n\nMONTE-CARLO. —M. Raoul Gunsbourg, depuis qu'il a découvert et qu'il\nnous a révélé l'admirable tragédien lyriqueCbaliapine, nous donne chaque année\nMefistofele, le classique opéra de Boïto, où le génial artiste russe triomphe aisé-\nment ; le public, averti que ce rôle est l'un des plus formidables de M. Chalia-\npine, accourt fidèlement et acclame l'interprète, plus grand que l'œuvre, intéres-\nsante et souvent belle, dont il est le magnifique protagoniste. Son triomphe, une\nfois de plus, y fut indescriptible : chanteur de voix puissante, tragédien de\nvéhémence très émouvante, avec des emportements sublimes, il a, surtout à\n1 acte de 1 Enfer, terrifié le public par son extraordinaire puissance dramatique.\nMLLE Chenal, qui jouait le double rôle de Marguerite et d'Hélène, y fut absolu-\nment cantatrice superbe, à la grande et belle voix généreuse.\nL'interprétation d'lris de Mascagni fut remarquable. Mme Carelli a délicieu-\nsement chanté le rôle d'lris. L'exquis ténor Anselmi, MM. Pini-Corsi, Marvini\net Mlle Spennert complétaient cette brillante distribution.\n■) i ■ „\nM. Camille Erlanger, qui dirigeait la seconde partie d'un concert classique\nconsacrée à ses œuvres, a été longuement acclamé, après une magnifique exécu-\ntion de pages anthologiqiies de Kermaria, du Juif Polonais, d'Aphrodite et de Saint\nJulien l Hospitalier. La musique, puissante et savante, de cet artiste si person-\nnel, a été unanimement admirée. A signaler aussi le vif succès remporté au\nconcert suivant par deux exquises pages de M. Pierre Carolus Duran, Prélude\nde Giuska.\nLe nombre des virtuoses et des cantatrices qui viennent de se succéder aux\ndivers concerts de gala, olferts par 1 International Sporting Club, avec le con-\ncours de 1 orchestre Ganne, ne permet qu une simple nomenclature. Mais leurs\nnoms sont assez célèbres ou connus pour qu on juge du succès de chacun auprès\ndu public d'élite qui les a applaudis. Trois cantatrices : Mmes Mathilde Polack ;\nLouise Berthé ; Maud Herlenn. Six pianistes : Mlle Aus der Ohe ; Mlle Norah\nDrewett ; Mlle Clara Sansoni ; Mme Weis Singer; MM. Jean Canivet et de\nRadwan. Deux violonistes : MM. Johannis Wolff et E. Mendels. Une or-\nganiste, M e Madeleine Neyrat, M. Carlos Salzédo, soliste, sur la harpe et le\npiano. Mentionnons enfin le succès triomphal du festival en l'honneur du\nmaître Saint-Saens par 1 orchestre Ganne, qui s'attira les plus vives félicitations\ndu grand maître lui-même."}, {"page_pdf": 9, "page_imprimee": "213", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.9", "texte": "LA PONCTUATION MUSICALE\n\nLa Ponctuation musicale.\n\nLes Sonates de Mozart pour piano.\n\nDans la première phase de l'éducation musicale, l'enfant doit être habitué à\nmarquer correctement la mesure en l'identifiant provisoirement avec le rythme :\nil est bon que le maître étant au piano et jouant une mélodie, une marche,etc...,\nle jeune musicien trouve d'abord la mesure adoptée ; qu'ensuite il la traduise en\nmarchant, - selon 1 excellente méthode de Jaques Dalcroze, par les mouve-\nments simultanés de la main et du pied ; il est bon qu'il distingue les temps forts\net les temps faibles, et s'imagine que l'expression musicale est liée à l'indication\nexacte des uns et des autres. C est la période initiale où on doit se familiariser\navec Y accent métrique.\nDans une seconde période où l'intelligence musicale est plus formée, la mesure\nne doit plus apparaître que comme un cadre abstrait, irréel, qui non seulement\nne coïncide pas avec le rythme musical, mais qui souvent est en conflit avec\nlui. Alors on ne se préoccupeplusquede Y accent pathétique, ou,plus simplement,\ndu sens logique de la phrase. La barre de mesure, tout en conservant sa fonction\nrégulatrice de mouvement, n'est plus un guide ; elle est plutôt un danger, car on\npeut se laisser égarer par elle. '\nSi la barre de mesure ne doit plus servir à distinguer correctement les diverses\nparties d'une phrase, quel principe suivrons-nous pour savoir où doivent être\nplacés les points et les virgules, les endroits précis où il faut interrompre le le-\ngatoy mettre une césure, lever la main, « respirer »? Il y a des cas où le compo-\nsiteur a séparé matériellement les parties de son discours et où aucune erreur\nn'est possible. Par exemple celui-ci (Son. 3) ;\nMais, le plus souvent, les parties d'une période musicale sont soudées l'une à\n1 autre ; pour les discerner, il faut faire intervenir une doctrine. Cette doctrine,\nje l'ai exposée dans un ouvrage spécial (i) ; mais j'estime que si le professeur\ndoit la connaître, il ne doit pas en charger la mémoire des jeunes musiciens :\nil doit simplement utiliser des résultats et s'en servir comme d'un instrument\npratique en faisant appel au sens musical seul. Il importe aussi d'observer une\nautre règle. Cette doctrine consiste à déterminer d'abord les divers types de\nrythme : iambique et trochaique (à 3 temps) ; dactylique et spondaïque{h 4 temps) ;\npéonique (à 5 temps) ; ionique (à 6 temps), puis à déterminer, d'après l'usage des\nclassiques, les formes diverses auxquelles donnent lieu ces groupes de temps.\nElle nous apprend, par exemple, qu'une suite, sans respiration, de neuf dactyles,\nserait un monstre sans exemple ; qu'il y a des phrases rythmiques incomplètes\n(katalectiques) ; que les unes font commencer la première proposition sur le\n\n(1) Théorie du rythme (chez A. Picard), couronnée par l'lnstitut."}, {"page_pdf": 10, "page_imprimee": "214", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.10", "texte": "LA PONCTUATION MUSICALE\n\ntemps fort, mais la seconde sur un temps faible, etc... Cette théorie s'appuie sur\nla doctrine des Grecs, que les modernes reconnaissent comme fondateurs de toutes\nles sciences, puisque, pour chaque objet d'étude, ils leur ont emprunté leur\nterminologie. Mais il ne faut pas, bien entendu, avoir la superstition des Grecs.\nLà où la théorie antique s'accorde, pour l'interprétation, avec le sens musical,\nsuivons-la sanshésiter. Dans le cas contraire, ne craignons pas de dire que la\nthéorie a tort.\nL'essentiel est d'avoir une méthode. Or, les éditeurs ne paraissent pas en\navoir. Ils placent le legato un peu au hasard et se contredisent constamment.\nL'andante de la Sonate 1 de Mozart est ainsi présenté dans la populaire édi-\ntion Peters :\nÉvidemment, l'éditeur s'est borné à voir que la phrase doit être liée ; il ne l'a\npas analysée ; par suite de cette lacune, il n'a pas marqué le rythme. Il paraît\nmême, pour les mesures i et 2, avoir considéré la barre de mesure comme dé-\nterminant les divisions rythmiques. Comment le rectifier? A la rigueur, on pour-\nrait se borner à lirela suite de l'andante où des membres de phrase analogues\nse reproduisent avec une ponctuation plus clairement indiquée dans le con-\ntexte ; cela nous permet d'appliquer la théorie avec une quasi-certitude et de\ndécomposer ainsi la période de Mozart :\nLe premier membre de phrase commence, de façon très calme et posée» sur le\ntemps fort ; le second et les suivants, comme si le pathétique s'accentuait de plus\nen plus, commencent sur des temps faibles (anacrouse). Le forte qui termine la\nquatrième mesure est une exclamation (épiphonème). Le dernier membre de\nphrase, comme il sied à une péroraison, est le plus étendu.\nL'idée de l'épiphonème musical, quoiqu'elle ne constitue pas un dogme in-\ntangible, me parait bien précieuse ! Ainsi, au lieu de dire (même édition) :\nje dirais volontiers, avec le sentiment d'être plus clair et plus exact :"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": "215", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.11", "texte": "L'ÉQUIVOQUE HARMONIQUE\n\nSi le lecteur aimant à se rendre compte des choses veut bien examiner dans\nle détail cette édition Peters des Sonates de Mozart, et faire ce travail d'anato-\nmie qui est indispensable en matière de rythme comme en matière de dessin ou\nde sculpture, il verra combien de rectifications sont exigées parla netteté du\ndiscours musical. Par exemple, je considère comme un non-sens d'écrire :\nau lieu de :\nDe tels exemples sont très nombreux.\n\nJ.G.\n\nL'équivoque harmonique.\n\nBeaucoup de personnes se sont demandé pourquoi les musiciens, en général,\nprésentaient une certaine tournure d'esprit favorable aux calembours. Certes,\nles artistes ne sont pas seuls hélas ! à se passionner pour cette forme infé-\nrieure de l'activité intellectuelle, mais, chez eux, le calembour prend l'impor-\ntance d'une marque professionnelle, comme les callosités du travailleur manuel.\nLes plus grands maîtres de la musique ont payé leur tribut à cette manie singu-\nlière dont l'origine s'explique difficilement par le seul attrait d'un passe-temps\nfrivole. Dans son Nouveau Musiciana, M. Wekerlin rapporte que R. Wagner,\ns'apercevant, au cours d'un dîner, de l'absence totale de câpres, fit observer que\nla cuisinière n'était pas « capricieuse»! Le célèbre musicien allemand réussis-\nsait beaucoup mieux les jeux de mots dans sa langue maternelle ( i). Rossini\nayant remarqué que Lamartine avait, comme lui, fait mettre une lyre sur sa\nporte, prétendit qu'il eût été préférable d'y placer une «tire-lire » (allusion aux\nembarras financiers du poète). La littérature musicale fournit de nombreux\nouvrages avec des titres à double sens, et Berlioz lui-même, n'a-t-il pas intitulé\nu.n de ses livres : « A travers chants ? » On pourrait continuer indéfiniment ces\nexemples, mais le lecteur a déjà deviné que les jeux de mots se réduisant, en\ndernière analyse, à des « jeux de sons», le musicien passe des uns aux autres\navec facilité, puisqu'il évolue toujours sur son propre domaine.\nDisons immédiatement que le calembour, adapté à l'art des sons, devrait\ny tenir la place modeste qu'il occupe, à juste titre, dans la langue littéraire ;\nmais hâtons-nous d'ajouter qu'en fait, l'équivoque des fonctions harmoniques\n\n(i) MaxNordau. Dégénérescence, t. I, p. 324."}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": "216", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.12", "texte": "L'ÉQUIVOQUE HARMONIQUE\n\nsert de grand levier à la musique moderne. Les jeux de mots classiques naissent\nd'une certaine compression du vocabulaire qui utilise souvent le même mot\nou le même son des mots pour exprimer des idées très éloignées les unes des\nautres : Ainsi, «Milan», ville d'ltalie, sonne comme «milan», sorte d'oiseau,\nou même « mille ans », longue période. Une langue idéale, prévoyant un mot\ndifférent pour chaque idée, tarirait, en grande partie, la verve des amateurs ; or,\nla langue musicale possède au moins une supériorité sur le langage parlé, c'est\nqu'elle comprend précisément autant de « mots » que « d'idées ». Il est, en effet,\nimpossible de concevoir un son quelconque sans un mouvement vibratoire qui\nest la cause essentielle du phénomène sonore et qui ne se représente pour aucun\nautre son. Peut-être n'éprouvons-nous pas une impression particulière pour cha-\ncune des périodicités sonores ; mais tous les termes de la série existent cepen-\ndant, ils n'attendent, pour se manifester, qu'un état plus parfait de l'organe\nauditif.\nPar conséquent, de deux choses l'une : ou l'oreille est incapable de différen-\ncier deux périodicités données et, dans ce cas, nous concluons à l'identité des\nsons, ce qui supprime toute équivoque ; ou bien nous nous rendons compte de\nsons distincts comportant chacun leur fonction harmonique et aucun double sens\nne peut encore se produire. Malheureusement, les musiciens ont envisagé un\ntroisième cas. celui où l'oreille confond sciemment deux périodicités ou deux\nfonctions harmoniques différentes. Nous obtenons alors quelque chose de\ncomparable aux calembours approximatifs « un prince-sans-rive », «le tom-\nbeau des Danaïdes », etc., sortes de farces que personne, sans doute, n'oserait\nériger en système. C'est pourtant ce genre d'équivoque puisqu'il n'en existe\npoint d'autre possible que les compositeurs emploient si abondamment dans\nleurs œuvres. L'exemple le plus typique nous est fourni par l'enharmonie, con-\nsidérée de nos jours comme un procédé savant de modulation. Chez les anciens,\nle genre enharmonique correspondait à une disposition perfectionnée de tétra-\ncorde où les notes mobiles étaient accordées dans /'harmonie du son de base sans\npossibilité d'équivoque ; c'était, en somme, un système logique dont le principe\ndirige encore le jeu des instruments à sons variables. L'enharmonie moderne,\nau contraire, n'est plus qu'un affreux calembour musical où des sons de hau-\nteurs différentes et munis de fonctions situées aux extrémités de l'échelle har-\nmonique sont imposés à l'oreille l'un pour l'autre.\nLa valeur d'un système musical dépend du nombre des éléments harmo-\nniques intégrés dans la tonique, de même que le degré de concentration d'un\norganisme quelconque indique exactement le point de l'évolution où il est par-\nvenu. Notre musique, si variée au premier abord, n'admet en théorie\nqu'un très petit nombre de fonctions harmoniques : la fondamentale ou octave,\nla quinte et la tierce ; c'est-à-dire que l'oreille est supposée ramener tous les sons\nmusicaux aussi nombreux qu'ils soient à ces trois types irréductibles. Ces\nfonctions correspondent à des systèmes de vibrations en rapports numériques\ntrès simples :"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": "217", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.13", "texte": "L ÉQUIVOQUE HARMONIQUE\n\nAprès tant de siècles de pratique musicale, nous sommes encore incapables\nde placer un son fixe entre les périodicités 3 et 4, sons extrêmes du trétracorde\nantique.\nLe seul progrès réalisé depuis les anciens Grecs, consiste à remplacer la tierce\nmobile pythagoricienne 2,512 5,. par la tierce fixe 2,5. Le musicien ne dispose\ndonc que de très peu de « mots » pour désigner toutes les « choses » musicales ;\navec ces trois fonctions harmoniques, base-octave, quinte, tierce, il doit suffire à\ntous les besoins de son art. Bien entendu, la pratique a depuis longtemps\ndémontré l'insuffisance de ces maigres ressources, et c'est ici que le rôle de\nl'équivoque apparaît triomphant. Ces quelques éléments harmoniques renver-\nsés, redressés, superposés, prolongés, anticipés, retardés, altérés, maniés de\ncent façons différentes grâce à la dextérité des théoriciens, ces éléments, disons-\nnous, ont donné naissance, par équivoque, à une série presque illimitée de sons\napproximatifs qui remplacent (?) les véritables fonctions harmoniques dont l'ac-\nquisition se trouve, de la sorte, retardée indéfiniment...\nAinsi, la gamme usuelle à laquelle les auteurs attachent une importance vrai-\nment exagérée, est fondée sur l'équivoque de la quinte par un procédé renouvelé\ndes anciennes muances : une fondamentale étant choisie avec ses fonctions déri-\nvées, quinte et tierce il suffit de donner à la quinte le nom de fondamen-\ntale pour obtenir aussitôt une nouvelle série semblable à la première ; enfin, la\nfondamentale entendue comme quinte complète les éléments de la gamme\ndiatonique :\nCette agrégation de sept notes ne renferme, en réalité, que les trois fonctions\nharmoniques traditionnelles ; mais, à la faveur de ces équivoques, le musicien se\ndonne l'illusion de commander à un groupe plus important. Le même procédé\nétendu àla tierce permet de construire la gamme chromatique de notes\nréductibles aux trois fonctions génératrices. Reste à savoir si l'oreille, simple\nappareil enregistreur, suit complaisamment la théorie dans ses combinaisons\nsubtiles pour se procurer un plus grand nombre d'éléments variés.\nQuoique, en principe, chaque périodicité ait sa fonction déterminée par le\nnombre absolu des vibrations (i base, 2 octave, etc.), il faut bien tenir compte\nde cette nécessité physiologique, qu'il n'existe aucune base perceptible à moins\nde 30 vibrations par seconde; encore ce son ultra-grave marque-t-il plutôt une\nlimite théorique. Pratiquement, il est donc possible de considérer comme fon-\ndamentale une périodicité quelconque du registre grave, pourvu que l'oreille ne\nsoit pas déjà impressionnée par un autre son. Supposons maintenant que, par\néquivoque, on attribue brusquement la fonction de base au son 3 régulièrement\nmuni de celle de quinte ; sur cette base improvisée nous pourrons sans peine\nformer un nouveau groupement qui, pour l'oreille encore influencée par le\nson 1, correspondra nécessairement aux valeurs suivantes:"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": "218", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.14", "texte": "L'ÉQUIVOQUE HARMONIQUE\n\nLes relations du groupe dérivé 3, 9, 15 ( sol, ré, si) sont évidemment équiva-\nlentes à celles du groupe primitif 1, 3, 5 ( at, sol, mi ) ; néanmoins les musiciens\nprofessent que l'équivoque des fonctions 1 et 3 ne suffit pas à opérer le change-\nment de base d'ut à sol (modulation). Avec raison ils exigent qu'une troisième\nfondamentale obtenue par le même procédé 9, 27, 45 ( ré, la, fa # ) vienne\nconfirmer la nouvelle fonction du son 3. Cette exigence légitime indique bien\nque l'équivoque de la quinte la plus admissible pourtant est une simple\ninterprétation théorique, car si l'oreille admettait d'emblée le double sens du son\n3 la modulation serait acquise de piano. Nous savons en outre qu'en pareil cas\nla hauteur des sons 9et 15 (sus-tonique et sensible) n'est pas exactement propor-\ntionnelleà celle des sons primitifs 3 et 5 (quinte et tierce); la note sensible, notam-\nment,dépasse la tierce majeure du son 3.Pour expliquer ces anomalies,les auteurs\ninvoquent tous un certain principe d'attraction bien inutile en la circonstance :\nil serait plus simple de reconnaître une fonction harmonique spéciale à chaque\nson, ce qui supprimerait le calembour musical et l'obligation de le justifier.\nLa diversité des sons provient uniquement de la connaissance imparfaite du\nphénomène sonore : l'ignorance totale ou la connaissance absolue aboutissent\négalement à l'identité de tous les sons. L'art d'un côté, de l'autre la science la-\ntente ou apparente. Une culture séculaire de l'organe auditif nous permet ac-\ntuellement de reconnaître à des degrés divers l'identité des sons lorsqu'elle\nconcerne des périodicités en rapports très simples : c'est ce qu'on appelle la con-\nsonance. La diversité des sons est donc limitée à la consonance et, en fait, aux\nfonctions mentionnées plus haut, octave, quinte et tierce. On comprend main-\ntenant la genèse de l'équivoque harmonique : le caractère identique plus ou\nmoins accusé des sons consonants a laissé croire qu'on pouvait, sans inconvé-\nnient, pratiquer l'équivoque des fonctions harmoniques connues et continuer ce\nsystème, par séries, jusqu'à des limites invraisemblables ( ut %=ré t> ). Or,\nl'oreille n'accepte jamais sans résistance le prétendu double sens des sons ;\ntoute modulation caractérisée doit passer par une série d'accords transitoires\n( formule de cadence ) destinés à faire oublier les fonctions primitives. C'est donc\nle caractère identique des sons musicaux—et non leur signification équivoque—\nqui permet, dans de faibles limites, le changement des fonctions harmoniques.\nCette distinction a son importance, car elle rétrécit singulièrement le champ des\nopérations licites.\nL'octave est, pour le moment, la seule fonction complètement identifiée avec la\nnote de base ; son rôle harmonique, jadis considérable (magadisation des Grecs)\ns'est peu à peu modifié au point de se transformer en une simple répétition delà\nfondamentale:"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": "219", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.15", "texte": "L*ÉQUIVOQUE HARMONIQUE\n\nLa quinte présente avec la base une ressemblance suffisante pour former une\ntonique secondaire très usitée :\nEnfin, la tierce, quoique moins identifiée que les fonctions précédentes, auto-\nrise, néanmoins, certaines substitutions rapides d'un effet assez piquant.\nL'emploi de l'équivoque suppose une grande fixité des éléments harmoniques;\nlorsqu'on parle de la note ut comme pivot des tonalités ut, fa, lab (base,\nquinte, tierce ), faut-il encore connaître la hauteur exacte du son ut. Seule,\nl'identité absolue des sons entraîne la stabilité de l'intonation ; en dehors de ce\ncas heureusement exceptionnel puisqu'il est la négation même de l'harmonie\nmusicale—les éléments de la gamme possèdent une élasticité d'autant plus\ngrande qu'ils sont plus éloignés harmoniquement de la tonique. Ainsi,\nl'oreille conçoit généralement Yoctave par le rapport * ; la quinte, moins stable,\noscille souvent autour du rapport § ; la tierce accuse toujours des variations\nimportantes avec sa valeur théorique f, à moins qu'on ne détruise volontaire-\nment le dynamisme des sons. Avec les dissonances, l'incertitude de l'oreille aug-\nmente dans des proportions considérables : aussi l'équivoque harmonique appli-\nquée à cette catégorie d'intervalles donne-t-elle des « à peu près » déplorables.\nLorsque le double sens se produit entre deux dissonances, l'oreille, privée de\ntout point de repère (la consonance), ne souffre pas trop des oscillations obligées\nde la base.\nMais si l'équivoque porte sur des fonctions consonante et dissonante, l'effet\nmusical peut devenir franchement mauvais."}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": "220", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.16", "texte": "L'ÉQUIVOQUE HARMONIQUE\n\nOn rencontre parfois dans la musique légère des passages vraiment inexécu-\ntables : nous défions n'importe quel chanteur de réaliser le fragment mélodique\nsuivant à la satisfaction d'un juge sévère.\nL'équivoque des fonctions harmoniques est une explication hasardée de l'en-\nchaînement des sons ; si quelqu'un nous parlait de la sécrétion de la bile par\nle poumon ou de la digestion des aliments par le cœur, nous croirions à son\nignorance des fonctions organiques, ou à une simple plaisanterie. Tant que\nl'oreille ne parviendra pas à identifier les innombrables systèmes de vibrations\n(ce qui serait la fin de l'art musical), les sons s'enchaîneront conformément au\nprincipe d'association des idées : « l'Afrique » fait penser au « désert », le désert\nau « sable », le sable à la « plage », etc. Ces différents termes envisagés comme\n« aspects divers du globe terrestre », sont évidemment synonymes, mais ils ne\nforment pas le moindre calembour. Malgré les protestations de l'oreille, les\nthéoriciens ont aiguillé la musique sur une voie latérale, sans issue; les artistes,\nnous le craignons, auront beaucoup de peine à retrouver la voie du progrès.\n\nJ. DADOR,\nChef de musique de l'armée."}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": "221", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.17", "texte": "DOCUMENTS MUSICAUX\nR, M.\n2\n\nDocuments musicaux.\n\nI. - Nous retrouvons dans nos papiers cette lettre inédite de Fr.-A. Gevaert, intéressante à\nplus d'un titre.\n\nBruxelles, le 8 janvier 1908.\nMONSIEUR LE DIRECTEUR DE LA Revue Musicale,\nVous voudrez bien excuser, eu égard aux obligations ennuyeuses du nouvel\nan, le retard que j'ai mis à vous écrire.\nAprès avoir pris connaissance des deux questions soulevées dans votre Revue\n(un chef d'orchestre doit-il diriger par cœur ou avec la partition sous les yeux ?),\nainsi que des réponses qu'on y a faites, je déclare me rallier sans restriction aux\nconclusions de mon éminent confrère Vincent d lndy (diriger par cœur, avec la\npartition sous les yeux).\nJe me permettrai seulement d ajouter ici quelques observations puisées dans\nma pratique personnelle et quotidienne, qui se prolonge déjà depuis plus de\ntrente ans. Pour obtenir, selon moi, une exécution aisée et sûre dans les mou-\nvements très vifs de Beethoven qui se battent à un seul temps (les Scherzos, le\nier mouvement de la Symphonie en ut mineur, etc.), et pour ne pas s'exposer\nlui-même à des bévues fort désagréables, le jeune chef d'orchestre fera bien,\nà mon avis, d'analyser soigneusement, à tête reposée, la contexture rythmique,\nparfois compliquée, de ce genre de morceaux ; de s'en pénétrer profondément et\nde 1 inculquer à son orchestre par racte même du battement de la mesure. (Je n'en\nai jamais donné l'explication théorique à mes musiciens, de peur qu'ils n'exa-\ngèrent les accents rythmiques.)\nTous ceux qui ont un très vif sentiment du rythme ont dû remarquer que les\ntemps initiaux du 3/4 et du 2/4, dans le Presto, bien qu'ils soient tous marqués\nparle geste du chef, n'ont pas ou ne doivent pas avoir—une intensité\négale. Un temps isolé, indivisé, ne peut former une mesure complète. (Aris-\ntoxène a déjà fait cette observation.) Pour le sentiment rythmique, ces mesures\nbrèves s'unissent ordinairement deux par deux, souvent aussi trois par trois, et\nforment ainsi, dans certains scherzos de Beethoven, un mélange de 6/4 et de 9/4.\nVous n'êtes pas sans avoir remarqué que Beethoven lui-même a signalé le\nmélange des deux rythmes dans le Scherzo de la IXe.\nPar exception, le grand maître symphoniste intercale parmi les dipodies et\nles tripodies une mesure isolée, rythmiquement incomplète. En ce cas, le chef\ndoit frapper consécutivement aux temps forts très marqués.\nEn ce qui concerne les mesures vides (les General-Pauseri), elles font partie\ndu membre rythmique, tout comme les autres, et entrent comme elles en ligne\nde compte.\nVoilà, en résumé, relativement à la seconde de vos questions, mes principes\net la pratique que j'ai suivie depuis 1871, sans qu'elle m'ait donné une seule\ndéception ; jamais je nai éprouvé le besoin de compter mécaniquement des\nmesures. w\nJe ne veux pas dire toutefois que les chefs déjà accoutumés à procéder diffé-"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": "222", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.18", "texte": "DOCUMENTS MUSICAUX\n\nremment aient à faire comme moi. Quand on se trouve devant le public, il est\ndangereux de changer ses habitudes, et le démon familier a le droit d'être\nécouté de préférence.\nEn me relisant, je m'aperçois que j'aurais pu vous expliquer tout cela mieux\nque je ne l'ai fait, mais je n'en ai pas le temps et je ne veux pas vous faire\nattendre davantage.\nVeuillez, je vous prie, croire à mes sentiments de bonne et loyale confra-\nternité.\n\nF.-A. GEVAERT.\n\nII. — Instruments anciens.\n\nOn mettait dernièrement en vente à l'hôtel Drouot le cabinet d'un amateur\ndu moyen âge.\nCet amateur érudit avait employé une trentaine d'années, entre 1845 et 1880,\nà réunir des objets de toute sorte évoquant ces siècles passés où, bien plus que\nl'argent, le collectionneur devait posséder de l'intelligence et du goût ; dans\ncet amoncellement de pièces du plus haut intérêt archéologique se rencontraient\ndes instruments de musique appartenant aussi à ces temps révolus. En voici\nsommairement la description, et en regard les prix auxquels ils furent\nadjugés :\nViole d'amour, à huit cordes de boyau et quatorze cordes de métal. Étiquette\ndu nom de Lamothe, 1733* longueur 74 c-, 355 francs.\nViole de gambe à six cordes. Le haut du manche est orné d'une tête\nd'homme. xvie siècle, francs.\nTrompette marine à une corde. Le manche est surmonté d'une volute et\nen tête d'oiseau. La caisse est taillée à six pans. xvie siècle, hauteur 1 m. 75,\n420 francs.\nBasse de flûte en bois noir, percée de six trous, longueur 1 mètre,\n130 francs.\nTrompette en cuivre ornée de chérubins et portant l'inscription : lokan\nWilhel Haas Nurnberg, xvne siècle, 95 francs.\nSerpent en cuivre. Le pavillon est façonné en tête de monstre peinte en\njaune et rouge, 90 francs.\nCorne de chasse, gainée de cuir avec garnitures en argent, xvne siècle,\nlongueur 54 c., 55 francs.\nFlûte en bois noir de forme courbe percée de six trous, longueur 56 c.,\n32 francs.\nÉchelette harmonica à 16 touches en bois dur assemblées par des liens,\nlongueur 45 c., 17 francs. (V. Glossaire archéologique, V. Gay, 597.)"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": "223", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.19", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORÔN\n\nIII. — Lettres inédites de Choron (suite). Lettres du Midi.\n\nI\nAU MÊME.\n\\\nMontpellier, le jeudi 24 juin 1819.\nMONSIEUR LE COMTE,\nDésirant achever l'opération déjà heureusement commencée de la recherche\ndes sujets propres à recruter les chœurs de la musique du Roi, et n'ayant géné-\nralement trouvé dans les départements du Nord que des basses-tailles, j'ai cru\ndevoir me diriger vers les départements du Midi, qui sont réputés comme pro-\nduisant les voix de haute-contre en plus grande abondance et de plus grande\nqualité.\nD'après les indications que j'avais reçues, le département de la Haute-Garonne\n(le Languedoc en général) et les départements situés au pied des Pyrénées\nétaient la contrée qui devait m'offrir le plus de ressources : c'est donc sur la\nligne qui s'étend de Montpellier à Bayonne que devaient s'étendre spécialement\nmes recherches. C'est aussi sur ce point que je me suis dirigé, et le 27 du mois\ndernier (mai), je suis parti de Paris pour me rendre à Montpellier, en passant\npar Lyon et prenant à cet effet la route de la Bourgogne. J'avais choisi cette\nroute à dessein ; tout en m'occupant de retrouver des élèves pour l'école, je\ndésirais rencontrer dès à présent quelques hautes-contre, ou d'autres sujets,\ntoutes formées, que l'on pût faire entrer de suite dans les cadres de service ; les\ngrandes villes dans lesquelles cette route me conduisait m'offraient plus de pro-\nbabilités à cet égard.\nArrivé à Troyes le lendemain de mon départ, j'ai fait dans cetteville toutes les\nrecherches nécessaires. Je n'ai point trouvé de hautes-contre, mais deux bonnes\nbasses-tailles que l'on pourra appeler au besoin. En outre, j'y ai fait accidentelle»\nment la découverte d'une personne qui pourra devenir très prochainement utile à\nl'Opéra. C'est une jeunedamede vingt-deuxans, veuve depuis troismois, àqui le\ndéfunt, quoique puissamment riche, n'a laissé que de très faibles moyens d'exis-\ntence. Cette dame, qui a une belle voix et qui est très bonne musicienne, paraît\ndisposée à suivre la carrière dramatique ; elle m'a paru propre aux rôles de\njeunes princesses à l'Opéra. Je compte la trouver à mon retour à Paris, où elle\ndoit être déjà rendue, et décider le parti qu'elle aura à prendre.\nParti de Troyes le 29 au soir, je suis arrivé le lendemain 30 au soir à Dijon.\nJ'accourais avec beaucoup d'empressement dans cette ville, espérant y faire\nl'acquisition d'une très bellehaute-contrequi m'était depuis longtemps indiquée.\nJe suis en effet parvenu facilement à le découvrir : c'est un fort bel homme de\ntrente ans environ, ayant une très belle voix et bon musicien ; mais ce n'est\npoint, comme on me l'avait annoncé, un simple artisan, c'est un propriétaire et\ncommerçant aisé qui ne se déplacerait pas et vis-à-vis duquel ma proposition\neût même été inconvenante. Je n'ai du reste pu découvrir dans la ville aucune\nautre voix du genre demandé et je suis parti le surlendemain pour Lyon. Dans\nle court séjour que j'ai fait à Chalon-sur-Saône et à Mâcon, j'ai fait des recher-\nches également inutiles et suis passé outre sans me retarder."}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": "224", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.20", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nA Lyon, où j'ai séjourné depuis le jeudi 3 juin au soir jusqu'au dimanche 6\nà midi, j'ai fait beaucoup de recherches : j'ai entendu plusieurs jeunes gens de\nla ville que l'on m'a présentés pour des hautes-contre et qui n'en ont aucune\ndes qualités, n'étant réellement que des hautes-tailles maigres et des faussets ;\nmais j'ai discerné au théâtre deux sujets des chœurs : l'un est un Sr Jarriges, chef\ndes hautes-contre, l'autre un nommé J. Dubois, —Jarriges est un homme de\nplus de cinquante ans, il n'a que peu de temps à jouir du reste de sa voix, mais\nil est bon musicien et au courant du répertoire : c'est à l'administration de\nl'Opéra à juger, si elle est réduite à en avoir besoin. J'observe que le chapitre\ndes intérêts formera difficulté, vu que cet homme est placé avantageusement.\nJoseph Dubois est âgé de dix-sept ans, bon musicien : sa voix paraît devoir être\nune haute-contre assez bonne, mais elle n'est pas encore décidée. Je crois qu'il y\na lieu d'attendre sans le perdre néanmoins de vue.\nA Vienne (Isère), où j'ai couché le dimanche 6, j'ai été à la recherche d'un\nnommé Bezard, qui m'avait été indiqué à Dijon comme ayant une belle voix :\nc'est une taille mince et de plus une sorte d'original dont je n'ai pu tirer deux\nmots de raison : j'en puis dire à peu près autant d'un nommé Chanavas, de\nVienne, qui n'a pas même voulu entendre parler de quitter le toit paternel.\nJe n'ai rien trouvé à Valence, où je suis arrivé le 8 ; mais le Sr Auran, profes-\nseur de musique de cette ville, m'a informé que je rencontrerais à Avignon un\namateur nommé M. Gelin, qui avait une belle voix de haute-contre, était bon\nmusicien et qui, à raison des pertes qu'il avait éprouvées dans sa fortune, pen-\nsait à suivre la carrière dramatique et pourrait consentir à entrer comme haute-\ncontre dans les chœurs de l'Opéra; que cet amateur était attendu à Valence, chez\nson père, où il le verrait et lui donnerait le conseil de suivre ce parti. Mon pre-\nmier soin, en arrivant à Avignon, a été de chercher M. Gelin. Je n'ai pu le join-\ndre que le lendemain de mon arrivée, c'est-à-dire le m. Je l'ai entendu ; c'est\nune assez bonne haute-contre, passablement musicien, mais qui, ayant longtemps\nnégligé sa musique, aurait un peu besoin de travail. C'est un bel homme de\ntrente-quatre ans environ, taille de 5 pieds 6 à 7 pouces, bien fait et bien tourné,\nfort intelligent et de bon ton. Je l'ai invité de se rendre à Paris à l'effet de se\nprésenter pour être admis dans les chœurs de l'Académie. Il m'a répondu qu'il\nne pouvait prendre son parti aussi lestement ; qu'il devait voir incessamment\nson père, avec qui il délibérerait de cet objet, et qu'il me ferait savoir sa décision\nà Montpellier. Vous trouverez ci-joint sa lettre et les conditions qu'il met à son\nacceptation. Je l'informe de ce renvoi et. l'invite à s'adresser directement à\nvous.\nN'ayant plus d'espérance de rien trouver à Avignon, je devais me rendre\ndirectement à Montpellier, mais j'ai cru utile de visiter Aix et Marseille. Arrivé\ndans la première ville le 12 à cinq heures du matin, j'ai employé la journée\nà faire des recherches ; elles n'ont pas été totalement infructueuses. J'ai d'abord\ndécouvert un jeune homme de dix-sept ans nommé Hayriez, d'un physique pas-\nsable, ayant une vraie haute-contre, ne sachant point la musique, mais aimant\nbeaucoup le chant et faisant en conséquence partie d'une réunion ou société de\nchant dans laquelle il remplit avec succès cette partie. Il était décidé à partir sur-\nle-champ pour Paris, mais les conseils d'un frère et d'un des directeurs de la\nsociété dont il s'agit l'ont ensuite rendu exigeant, défiant et même un peu imper-\ntinent. Comme je n en étais pas pleinement satisfait et que j'avais l'espérance de"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": "225", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.21", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\ntrouver autant et peut-être mieux que lui, je ne l'ai point poussé vivement et j'ai\nrompu sa conférence en me réservant d'y recourir au besoin.\nJ'ai appris dans le même endroit par un musicien ambulant qu'un nommé\nEstela, de Montpellier, professeur de musique à Saumur, en Anjou, était une\nbonne haute-contre et un bon musicien qui pourrait rendre service tout de suite.\nOn pourra prendre des informations à ce sujet : j'en prendrai moi-même à Mont-\npellier et à Saumur, quand je reviendrai de Toulouse ou de Bayonne à Paris.\nPartant d'Aix le dimanche 13 à midi, je suis arrivé à Marseille le même jour à\nl'heure des processions ; j'ai assisté à celle de la principale église et j'ai entendu\navec beaucoup de satisfaction des chœurs de musique à quatre parties exécutés\npar des Pénitents de diverses couleurs, j'ai discerné de belles hautes-contre, et\nayant été à la découverte, j'ai rencontré entre autres un jeune homme de dix-\nsept ans, nommé Merle, qui m'a été signalé par le maître de musiquedesPénitents\nblancs, M. Maccari, homme très instruit en son art, comme la meilleure haute-\ncontre de la ville. J'ai chargé ce professeur de faire des propositions à ce jeune\nhomme ; celui-ci les a d'abord rejetées, d'accord avec sa famille ; soupçonnant\nquelque malentendu, j'y suis allé moi-même. Jeles ai à peu près décidés et j'aurai\nleur réponse à Toulouse ou à Bordeaux, mais, ici comme à Aix, je me suis mis\nen position de n'accepter qu'autant que je ne trouverais pas mieux.\nIndépendamment du jeune Merle, j'ai encore trouvé au théâtre de Marseille\nune haute-contre: c'est un nommé Andiol, qui m'a été indiqué par leSrMaccari.\nCet homme, âgé de trente-cinq ans, d'un physique passable, possède une haute-\ncontre réelle, quoique un peu forcée et criarde ; il est bon musicien, il est au cou-\nrant du répertoire et peut rendre service desuite. Il est marié et établi à Marseille ;\nc'est un garçon tailleur gagnant trois francs par jour ; il met des conditions à son\ndéplacement ; c'est pourquoi je l'ai engagé à s'adresser directement à vous.\nAvant de quitter Marseille, j'ai établi une liaison avec un excellent professeur\nde musique, qui m'a assuré qu'à Saint-Marcel et à Aubagne, sur la route de\nToulon, il existait des sociétés de chant capables de fournir de bonnes hautes-\ncontre : il se chargera de la recherche et me fera parvenir des renseignements.\nIl m'avait aussi été annoncé que le théâtre de Toulon renfermait une première\nchanteuse capable de fournir un sujet à l'Opéra, étant fort jeune, douée d'une\nbelle voix et de beaucoup de talent ; la crainte de trop m'éloigner du centre de\nmes opérations et d'excéder ma dépense m'a fait laisser de côté ces renseigne-\nments. Enfin, j'ai appris dans cette ville que le théâtre de Nantes et celui de Lille\npossédaient chacun une haute-contre capable de rendre service tout de suite à\nl'Opéra ; le premier est un nommé Ploquin, haute-contre à Nantes, le second se\nnomme Dupuis, et doit être à Lille. Je n'ai point d'autres renseignements sur\nces deux sujets ; je pourrai vérifier ce qui regarde le premier en revenant de\nBordeaux à Paris.\nUn dérangement de santé assez incommode m'avait forcé de séjourner à Mar-\nseille plus que je n'aurais voulu. Je n'ai pu en partir que le samedi 19 au soir où\nje me suis acheminé pour Nîmes. Je suis arrivé en cette dernière ville le 20 à\n2 heures, laissant de côté Tarascon et Arles, où j'espérais faire peu de rencontres.\nMon séjour à Nîmes ne m'a été que de peu d'utilité : on ne m'a signalé en cette\nville qu'un jeune homme nommé Lafont, remarquable par son goût et sa facilité\net propre à jouer les Martin ; mais comme on m'a attesté que sa voix était très\nfaible et nullement propre aux chœurs, je ne m'en suis point occupé."}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": "226", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.22", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nQuelque faibles que soient les moyens de ce jeune homme, on m'a cependant\nassuré à Nîmes aussi bien qu'à Montpellier qu'ils étaient de beaucoup supérieurs\nà ceux d'un nommé Boulard, de Nîmes, qu'on a dernièrement tiré du théâtre de\nMontpellier pour l'envoyer à Paris, au grand étonnement de ces deux villes, qui\nconnaissent toute sa nullité. Il doit être à l'Opéra ou à l'École royale.\nJ'ai l'honneur de vous informer parla même occasion que Mlle Jaunard, pré-\ncédemment réformée de l'Opéra, a vainement essayé de se montrer à Marseille ;\nelle a été repoussée par le public, qui n'a jamais voulu la supporter. Elle plaide\nen ce moment contre le directeur, pour être payée et s'en aller sans avoir fait de\nservices. Il est encore un autre sujet dernièrement réadmis à l'Opéra sur lequel\nj'aurai d'étranges renseignements à vous fournir. Il est bien étonnant que le\nthéâtre de l'Académie royale devienne le réceptacle des sujets repoussés par la\nprovince.\nParti de Nîmes le mardi 22, à 9 heures du matin, je suis arrivé le même jour à\nMontpellier. J'espérais y faire d'amples récoltes ; je n'en désespère point encore,\nmais j'aurai besoin pour cela de patience et d'adresse. Les premières personnes\nauxquelles je me suis adressé ne m'ont donné aucun espoir; elles avaient de\nbonnes raisons pour cela ; aussi n'ai-je tenu aucun compte de leurs propos déses-\npérants, et ai-je pris une autre route pour faire mes recherches. J'ai d'abord\nappris que, dimanche dernier 20 de ce mois, un corps de cent chanteurs avait\nexécuté à la procession du Saint-Sacrement un motet à quatre parties. La haute-,\ncontre était tenue par vingt-cinq voix qui avaient à donner Yut d'en haut. A la\nvérité, parmi ces vingt-cinq hautes-contre il y a beaucoup de gens mariés établis,\nâgés même, qui ne peuvent point quitter, mais il doit aussi s'y trouver des jeunes\ngens qu'il sera possible d'entraîner. Je suis en ce moment aux aguets et à la\ndécouverte, je tiens déjà des renseignements avantageux dont j'espère vous ren-\ndre incessamment bon compte.\nProvisoirement, j'ai l'honneur de vous informer que vous trouverez dès à\nprésent, à la cathédrale de Saint-Flour, un jeune homme nommé Mallet, âgé de\ndix-huit ans, ayant une belle haute-contre, un très joli physique et bon musicien.\nCe renseignement m'est donné par M. Carbonnier, ci-devant ténor à l'Opéra,\ndepuis maître de musique à cette cathédrale, ou ce jeune homme a été son\nélève, et maintenant maître des chœurs à l'Opéra de Montpellier. Comme il\ns'agit ici d'un sujet tout formé et propre à rendre service de suite, j'invite\nM. Carbonnier à vous écrire directement.\nJe vous informerai désormais plus fréquemment de ce que j'aurai pu faire par\nla suite, mes opérations devant devenir plus rapides ; quant à présent, voici le\nrésumé de ce que j'ai fait :\nOnze hautes-contre, savoir : i° En état de rendre présentement service '\nJarriges Andiol\nGelin Ploquin\nEstela Dupuis\nMallet\n20 Quatre propres à devenir élèves, savoir :\nDubois Merle\nHayriez N..., de Montpellier."}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": "227", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.23", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nPlus deux femmes et un chanteur.\nQuant aux premiers, comme ils sont hors d'école, je vous les adresse directe-\nment ; à l'égard des autres, je me déciderai quand j'en aurai vu un plus grand\nnombre.\nJe terminerai ce long rapport par une observation, c'est que par la nature des\nchoses, les frais de tournée et d'arrivée des élèves s'élèvent plus haut qu'on ne\nl'avait présumé d'abord ; il y aura compensation sur d'autres articles de dépense\nqui n'auront pas lieu. En sorte que j'espère ne point excéder la somme de\n7.300fr. qui a été fixée pour frais de premier établissement. Cependant l'injonc-\ntion qui m'a été faite à cet égard me cause beaucoup de gêne et d'inquiétude ; je\ndésire être débarrassé de ce souci, je ferai ce qui dépendra de moi pour ne point\nexcéder la somme fixée ; je rendrai compte exact de toute ma dépense, mais je\nvous prie, Monsieur le Comte, de vouloir bien lever la restriction qui m'a été\nimposée, autrement je crains pour le succès de l'opération.\nMon voyage devant se prolonger au delà de l'époque présumée, je ne pourrai\npas être à Paris pour le 15 juillet, terme de l'échéance des loyers. Je vous serais\nobligé de décider qu'au ier juillet il soit ordonnancé 2.500 francs au lieu de\n2.000 francs pour faciliter à Mme Choron le payement des loyers, les 500 francs\nexcédents s'imputeront parla suite, à mon retour, en la manière qu'il sera jugé\nconvenable.\nJ'ai l'honneur, etc.\n\nCHORON.\n\nII\nAU MÊME\nNi lieu ni date.\nMONSIEUR LE COMTE,\nJ'ai l'honneur de vous informer que samedi prochain 28 de ce mois, je ferai\npartir par la diligence de Paris Jes ci-après désignés :\nBoyer basse-taille\nDusseck concordant grave\nGrillon très beau ténor\nComte aîné excellente haute-contre\nGauthier haute-taille avoisinant la haute-contre\nBonnecarrère dessus, bon musicien\nBoyer, âgé de 18 ans, sera une excellente basse chorale.\nDusseck, âgé de 19 ans, beau physique, belle voix de concordant, chantant\nbien, intelligent, plein de feu et de hardiesse, également propre au chant et au\njeu, est un sujet précieux.\nIl me p-araît plus capable qu'aucun des sujets présentement à l'Opéra de\ndoubler Dérivis dans les rôles de vigueur et Lays dans les rôles de chant.\nGrillon, charmant ténor ; sa voix est beaucoup plus belle que celle de Lecomte,"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": "228", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.24", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nartiste des rôles de l'Opéra ; il chante plus juste, de meilleur goût, et me pa-\nraît avoir plus de chaleur (i).\nComte aîné, la plus belle haute-contre de Toulouse.\nGauthier, haute-taille : enrôlé sous condition, vu qu'il n'a pas une vraie\nhaute-contre ; du reste, plein de feu et d'activité, propre à faire un chef\nd'attaque.\nBonnecarrère, âgé de 14 ans, joli dessus, très pénétrant, bon musicien, vif et\nintelligent.\nJe partirai probablement avec ces jeunes gens et nous arriverons à Paris le\nvendredi 3 septembre au matin : j'avais l'intention d'aller à Saint-Flour m'assu-\nrer d'un haute-contre, nommé Mellet, âgé de 18 ans, bon musicien, sur lequel\nM. Carbonnier, de Montpellier, n'a pu depuis deux mois me procurer les\nrenseignements positifs qu'il m'avait promis ; mais la crainte de perdre du\ntemps et d'augmenter les dépenses me fait renoncer à ce projet. A mon retour\nà Paris, on prendra à cet égard les mesures convenables.\nN. B. Si vous désirez avoir une haute-contre de plus, vous pouvez écrire\nà M. le préfet du Gers de vous envoyer le jeune Dufort. La mère de ce jeune\nhomme, qui me l'avait accordé, désire l'intervention du préfet, et le préfet désire\nla vôtre.\nSous quinzaine M. Turelli, organiste d'Agen, m'adressera le jeune Dulong,\nâgé de 15 ans, jolie haute-contre bien formée.\nLa même ville d'Agen où j'ai été, la semaine dernière, chercher des sujets que\nj'avais précédemment entendus, en renferme d'autres dignes d'attention, que\nj'y ai découverts dans mon dernier séjour ;\ni° Le nommé Terzeguette, âgé de dix-neuf ans, joli dessus formé et conservé\naprès la mue (comme était le Sr Théodore) ;\n20 Mlle Isabelle Borie, âgée de dix-sept à dix-huit ans, physionomie spirituelle\net expressive, très beau dessus, chantant avec goût et beaucoup d'expression ;\négalement propre au jeu et au chant, dans les trois genres : pathétique,\ndemi-caractère et comique, pouvant sous trois mois former un charmant coryphée\net par la suite un sujet à rôles très intéressant pour l'Opéra ;\n30 Mlle Ursule Connor, âgée de 14 ans, voix charmante, promettant un joli\nsujet de demi-caractère, propre aux rotes de jeune princesse et de chanteuse à\nroulade.\nLes parents de ces deux jeunes personnes sont disposés à vous les confier sur\nvotre demande, pourvu qu'ils aient toute garantie sur les mœurs, c'est-\nà-dire qu'elles soient déposées en mains sûres et à l'abri de toute espèce de\nséduction.\nJe dois observer que ce sont de simples ouvrières, l'une blanchisseuse, l'autre\ncouturière ; mais la nature a fait pour elles ce qu'elle n'a point fait pour des\nprincesses et ce que l'art ne procure point à des personnes dont l'éducation a été\nfaite à grands frais. Sans avoir jamais reçu une leçon de musique, elles ima-\nginent des traits qu elles exécutent avec un goût et une perfection qui feraient\nhonneur à des artistes. M. Turelli, bon professeur, élève des meilleures écoles\n(1) J ai accordé à sa femme et à sa belle-mère un secours alimentaire de 400 francs par an,\npour le temps qu il sera à 1 École, temps que 1 on peut abréger en l'employant dès que l'on vou-\ndra, vu qu'il est très intelligent."}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": "229", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.25", "texte": "LETTRES INÉDITES DE CHORON\n\nd'ltalie, en était encore plus émerveillé que moi. Ce sera une précieuse acquisi-\ntion. On peut faire encore quelques découvertes de ce genre, mais on ne pourra\njamais les réaliser sans l'institution d'un pensionnat, objet sur lequel je ne ces-\nserai d'attirer votre attention.\nJe le répète encore, Monsieur le Comte, les ressources sont infinies et inépui-\nsables. J'en ai la preuve parce pays que je n'ai fait qu'effleurer. Plusieurs genres\nd'obstacles s'opposent à ce que l'on puisse avoir ces ressources à sa disposition.\nPlus tard et très incessamment, je soumettrai au gouvernement les vues que\nje crois propres à aplanir ces obstacles.\nIl suffit pour le moment d'avoir paré aux besoins les plus pressants par les\nsujets que j'ai réunis, ceux dont j'ai connaissance et que je puis appeler quand\nil le faudra.\nLes institutions que j'ai préparées et qui ne vont pas tarder à s'élever, achè-\nveront le reste et prépareront pour l'avenir des récoltes qui préviendront toute\ndisette et assureront pour longtemps l'abondance.\nJ'ai l'honneur d'être, etc.\n\nCHORON.\n\nCHORON.\nIII\nNi lieu ni date.\nA Monsieur le Comte de Pradel, Directeur du Ministère de la Maison du Roi, ayant le porte-\nfeuille.\nMONSIEUR LE COMTE,\nJ'ai l'honneur de vous informer que j'ai enfin terminé mes recherches ; que\nces recherches m'ont conduit à ce double résultat, d'être pour le présent appro-\nvisionné d'un nombre de sujets plus que suffisant pour le besoin du moment,\nd'être assuré d'en trouver pour l'avenir en aussi grand nombre et quelque genre\nqu'on le demande.\nIl ne s'agit plus maintenant que d'expédier le plus promptement possible\nceux que l'on aura jugés convenables ; c'est ce dont je m'occupe. Je n'entrerai\nlà-dessus dans aucun détail; je vous rendrai compte de cette partie de l'opération\nquand elle sera terminée.\nCe que je dois vous dire, c'est que les frais de recherches ont presque\nentièrement épuisé mes fonds. Il ne m'en reste plus que ce qui est nécessaire\npour mon retour. Quant aux frais de voyage des élèves, je suis convenu avec\nl'administration de la messagerie de délivrer des bons payables à vue à mon\ndomicile à Paris. La dépense de chaque élève sera de 120 fr. à 150 fr., nourri-\nture comprise.\nDans la crainte qu'il n'y ait pas assez de fonds chez moi, je vous prie de\nvouloir bien faire verser entre les mains de Mme Choron une somme de\n1.500 fr. à 2.000 fr. par forme de supplément aux frais de premier établissement\ndont il sera rendu compte, ainsi que des 7.300 fr. précédemment reçus.\nAussitôt après le départ des élèves, qui sera terminé dans les premiers jours\ndelà semaine prochaine, je partirai pour Paris où je me rendrai directement à\nl'effet de diriger et de pousser les études.\nJ'ai l'honneur, etc."}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": "230", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.26", "texte": "NOTES BIBLIOGRAPHIQUES\n\nNotes bibliographiques.\n\nCeux qui veulent s'instruire et connaître 1 histoire de la musique ont besoin\nd'ouvrages qui, sans leur donner tout ce qu'il faut savoir, leur indiquent au\nmoins les sources où l'on doit puiser la connaissance des faits : ce sont les dic-\ntionnaires et les histoires proprement dites. Il yen a un très grand nombre ;\nmais quelques-uns seulement ont une réelle valeur. Commençons par les diction-\nnaires.\n\nI. — Dictionnaires.\nA la Bibliothèque de notre Conservatoire de Paris, on possède les ouvrages\nsuivants (écrits en français), d'après une note rédigée en 1884 par M. Lavignac :\nAzevedo : Dictionnaire musico-humoristique ;\nBoisson et Lajarte : Petite Encyclopédie musicale;\nDe Brossard : Dictionnaire musical, 1705 ;\nCastil-Blaze : Dictionnaire de musique moderne ;\nColomb : La musique ;\nEscudier frères : Dictionnaire de musique théorique et historique ;\nFramery et Guinguené : Encyclopédie méthodique, 1791 ;\nDe Meu de Monpas : Dictionnaire de musique, 1787 ;\nJ.-J. Rousseau : Dictionnaire de musique, 1768;\nSoullier (Ch.) : Dictionnaire de musique.\nAucun de ces ouvrages, comme le dit fort bien M. Lavignac, n'est aujourd'hui\nsuffisant, pour des raisons diverses. Les étrangers sont plus riches que nous.\nVoici une liste d'auteurs (qui ne prétend pas être exhaustive) :\nBROSSARD (SÉBAST. DE) : Dictionnaire de musique contenant une explication des\ntermes grecs, italiens et français, etc... Paris, in-fol., 1703 ; 2e édit., 1 in-B°, 1705 ;\n6e éd., in-B°, s. d. ; autre éd. s. 1. n. d.\nC'est le plus ancien lexique musical (abstraction faite du Definitorium de Tinc-\ntoris, xve siècle, et de la Clavis ad Thesaurum artis musicœ de Balthazar lanowka,\nPrague, 1701). Dans les Mémoires de la Société de Vhistoire de Paris et de Vile-\nde-France, t. XXIII, 1896, très bonne étude de Michel Brenet sur Séb. de Bros-\nsard.\nJAKOB ADLUNG : Anleitung zu der musikalischen Galahrtheit, etc. Erfurt,\nJ. D. Jungnicol sen. 2e édit. revue par J.-A. Miller, Dresde et Leipzig,\nBreitkopf, 1783, in-8° ;\nJOH. GRUBER: Literatur der Musik, ôder Einleitung zur Kentniss der vorzùglichen\nmusikalischen Bûcher fur Liebhaher der musikal. Literatur bestimmt, Niirnberg,\nÏ783. Suite : Beytrage zur Literatur derMusik, 1785, ibid.\nJOH. NIG. FORKEL, le plus important de cette période, créateur de l'histoire de\nla musique en Allemagne ; auteur de la Musikalisch Kritische Bibliothek, 3 vol.,\nGotha, 1778, et du répertoire célèbre : Allgemeine Literatur der Musik, oder An-\nleitung zur Kentniss musikalische Bûcher, etc. (Leipzig, 1792)."}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": "231", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.27", "texte": "NOTES BIBLIOGRAPHIQUES\n\nJoh. Gottfried WALTHER, né à Erfurt en 1684 ; contrepointiste célèbre, élève\nd'Adlung, organiste à Weimar, où il fut le professeur du grand-duc ; ami et\nparfois collaborateur de J.-S. Bach, auteur d'un Musikal. Lexikon, Leipzig, 1732,\nin-B°.\nKOCH (Heinrich Christ.), né en 1749 à Rudolstadt, compositeur sans grande\nimportance, mais théoricien de valeur et auteur du Musikalisches Lexikon,\n2 parties, paru en 1802. Cet ouvrage a été remanié et réédité en 1863-65 par\nDOMMER (né en 1828 à Danzig), organiste, élève de Richter et de Lobe.\nGATHY, né en 1800 à Lùttich : Musikalisches Convers. Lexik., 1835, 2E édit. en\n1840 ;3E en 1873 (Reissmann), très bon.\n*\nGERBER (H.-N.), né en 1702, près de Sondershausen (et qu'il ne faut pas con-\nfondre avec le prince-abbé Gerbert, né en 1702) ; organiste, élève de J.-S. Bach,\nauteur du Biograph. Lexikon der Tonkiinstler, Leipzig, 1812-1814.\nLICHTENTHAL (PIETRO), né à Presbourg en 1780, établi à Milan depuis 1810.\nMédecin qui a écrit sur la médecine en musicien, auteur de 3 opéras médiocres\npour la Scala, et du Diqionario e Biblio grafia délia musica... Milan, 4 vol., 1826,\nA. F'ontana, in-B°. —Traduction par Dominique Mondo, Paris, Troupenas,\n1839, 2 vol in-16. Il y a une bibliographie dans les 3E et 4E vol.\nGust. SCHILLING, né dans le Hanovre en 1803, écrivain extrêmement fécond\nqui s'est occupé de toutes les parties de la théorie et de l'histoire, après avoir\npublié en 1830 un petit dictionnaire:\nEncyklopàdieder Gesammtenmusikalischen Wissenscha/ten oder UniversalLexikon\nder Tonkunst. L'acoustique, la lutherie, l'harmonie, la paléographie et l'histoire\nde la notation, la composition, la biographie, ont une part dans cet ouvrage.\nStuttgard, chez Kôhler, 7 vol. in-B°.\nEd. BERNSDORF, né en 1825 à Dessau : Universal Lexikon der Tonkunst, 3 vol.\ncomplétés après sa mort.\nSCHUBERTH, né à Magdebourg en 1804 : Phil. musik. Convers. Lexikon,\nmanuel encyclopédique.\nMENDEL, né en 1834 à Halle, éditeur érudit, sorte de Firmin Didot allemand,\norganisateur du Musikalisches-Conversation-Lexikon , Berlin, Oppenheim,\n1881-3, 12 v°b P- in-B°, supplément. Excellent (malgré quelques articles\nqui ne concordent pas très bien).\nGROVE (Sir George), né en 1820 dans le Surrey ; ingénieur, directeur du\nRoyal Collège of Music, a publié en collaboration avec les principaux musico-\ngraphes de l'Europe : Dictionnary of music and musicians, 1879-89, 4 vol.\nGrove a fait plusieurs articles ; le meilleur est sur Schubert ; planches intéres-\nsantes pour les documents anciens. Très bon aussi.\nHUGO RIEMANN, professeur à l'Université de Leipzig, théoricien, historien et\ncritique extrêmement fécond (qui doit avoir un atelier de collaborateurs, une\nsorte d'usine comme le grand peintre Rubens), auteur du Musikalisches Lexikon,\nLeipzig, 1882 ; 3E édit. en 1887. M. Riemann avait d'abord négligé l'école fran-\nçaise ; il ne disait rien de Titelouze, Raison, Roberday, du Mage, Dâquin, Cle-\nrambault, Gigault, Grigny, Boyvin. Il a comblé cette lacune dans la plus récente\nédition (7E), sans doute après avoir pris connaissance des publications d'Alex.\nGuilmant. Œuvre un peu hâtive, incomplète (il n'y a rien sur la musique\norientale), mais excellente comme compendium.\nA cette liste (où les noms de Grove, Mendel et Riemann ont une importance"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": "232", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.28", "texte": "232\n\nde premier ordre) on peut ajouter quelques ouvrages moins considérables :\nSCHRADER : Kleines Taschen-w'ôrterbuch der musik, Hehmstâdt, Fleckeisen,\n2527;\nHAUSER, dont le dictionnaire est assez important, 2 vol., mais ne contient que\nla terminologie musicale, 1828 ; 2e édit. en 1833.\nBURKHARD (pasteur de Souabe) : Musikwôrterbuch (peu important), Ulm, 1832.\nFRANK (qui n'est cité ni dansMendel ni dans Riemann) : T aschenbuchlein des\nmusikers, donnant l'explication des mots étrangers ;7e édit., Leipzig, Stoll,\n1869;\nSCHUCHT (né en Thuringe en 1832, élève de Spohr) : Wegweiser der Ton-\nkunst, Leipzig, Mather, 1869 ;\nP, KAHNT : Vollstàndiges musikalisches Fremdwôrterbuch, fur Musiker und Dilet-\ntanten, avec une introduction sur les éléments de la théorie, Leipzig, 1870 ;\nO. PAUL, prof, à l'Univ. de Leipzig, élève de Hauptmann pour l'harmonie, qui\nest sa spécialité, auteur d'une histoire du piano (1869) et d'un Handlexikon der\nTonkunst, Leipzig, Weisbach, 1869-73 ;\nJ. ANDRÉ, fondateur d'une maison d'édition, et dont un petit-fils (Karl-Aug.),\na écrit une histoire de la fabrication du piano (1855) : auteur d'un Handlexikon\nder Tonkunst (Offenb., 1858) revu par KUMMERLE en 1875.\n\nII. — Histoires générales de la musique.\n\nOuvrages écrits en français.\nBOURDELOT (abbé P.), BONNET (Jacques) et BONNET-BOURDELOT (Pierre) :\nHistoire de la musique et de ses effets depuis son origine jusqu'à présent (dédié à\nS. A. R. Mgr le duc d'Orléans). Paris, J. Cochart, 1715, in-12, 487 p. ; autre édit.,\nAmsterdam, Le Cène, 1725, 4 vol. in-12, et 1726, ibid. ; republié (comme livre\nnouveau) en i743,Lahaye et Francfort sur-le-Mein, 4 vol. avec des titres modifiés.\nC'est le premier essai, en France, d'une histoire générale delà musique ; très\nestimé en son temps (v. Mémoires de Trévoux, avril 1716, p. 594), il est cité au\nxvme siècle comme l'œuvre de J. Bonnet, lequel déclare (préface) qu'il a tiré une\npartie de ses matériaux des mémoires manuscrits de l'abbé Bourdelot, son oncle,\net de Bonnet-Bourdelot, son frère, premier médecin de la duchesse de Bour-\ngogne. Le lERIER chapitre est consacré à Y origine des quatre systèmes de la musique\nvocale et instrumentale jle 11e, aux 4 modes principaux ou chants authentiques ;\nle 111 e aux sentiments des philosophes, poètes et musiciens de Y antiquité sur la musique\net à ses effets sur les passions ; le ive parle de la musique artificielle suivant les\nrègles de la mécanique ; les chap. v-vm sont consacrés aux progrès de la musique\nles Hébreux, les Grecs et les Chinois ; dans les ixe et xe, l'auteur s'attache plus parti-\nculièrement à la musique des Romains et des Gaulois ou Français ; dans le chap. 11,\nil traite des fêtes données dans les différentes cours de l'Europe et même chez les\nPerses (sic) ;le chap. xn contient une Dissertation sur différentes opinions de la\nmusique française et de l'italienne ; le xi 11e traite de la sensibilité des animaux à\nl'égard de la musique. Dernier chapitre : Conclusion. Peu d'ordre chronologique?\non le voit. D. Caffiaux juge cette histoire avec une sévérité indulgente. Elle con-\ntient des renseignements intéressants sur l'époque de Lulli."}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": "233", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.29", "texte": "NOTES BIBLIOGRAPHIQUES\n\nA 1 époque des Bourdelot et des Bonnet, la mode était aux comparaisons, aux\n<( parallèles ». Les auteurs reprochent àla musique italienne de jeter de la poudre\naux yeux. « Les basses sont trop doublées... on n'entend plus le sujet qui paraît\ntrop nud auprès de ce grand brillant... on peut ici comparer la musique fran-\nçaise à une belle femme dont la beauté simple, naturelle et sans art, attire les\ncœurs de tous ceux qui la regardent et qui n'a qu'à se montrer pour plaire, sans\ncraindre d être défaite par les minauderies affectées d une coquette outrée, qui\ncherche à mettre les gens dans son parti à quelque prix que ce soit ; coquette à\nqui nous avons déjà comparé la musique italienne » (f. 437-8).\nCAFFIAUX (Dom Phil. Jos.), moine bénédictin de la Congrégation de Saint-\nIVlaur . Essai dune histon ede la musique, 3 vol. manuscrits (Paris, 1757), con-\nservés à la Bibliothèque Nationale (Français, 22536-22538).— Le troisième vo-\nlume, qui est in-f°, contient de la musique notée.\nLe manuscrit de cette Histoire, acquis vers 1812, provient de la bibliothèque\ndu monastère de Corbie, près d Amiens (cf. Delisle, Cabinet des manuscrits).\nDom Caffiaux, né à Valenciennes en 1712, mort à Saint-Germain-des-Prés\nle 26 décembre 1777 ,est surtout connu comme historiographe de Picardie. Il figure,\nen 1762, parmi les collaborateurs que réunit Moreau (conseiller au Parlement\nde Provence et plus tard historiographe de France) pour créer une grande Bi-\nbliothèque historique, législative et administrative. Chargé, après la mort de\nDom Mongé, de continuer avec Dom Grenier l'histoire de la Picardie, il a réuni\nun grand nombre de documents (21 liasses, dit Léopold Delisle), destinés à en-\ntrer dans le grand ouvrage dont le vol. I fut imprimé en 1777, sous le titre de\nTrésor généalogique. Ces détails montrent que Dom Caffiaux n'était pas un mu-\nsicien spécialiste ;ce n'était pas non plus un artiste ; cefut un érudit consciencieux,\ntrès honnête et bienveillant, préoccupé de doter nos bibliothèques d'un ouvrage\nqui leur manquait (YHistoire de J. Bonnet lui paraissant à peine digne de son\ntitre). Son travail débute assez mal ;il attribue la variété des systèmes musicaux\nà l'inconstance de l'homme, sans voir que cette variété est due, au contraire, àla\npersistance de l'esprit de tradition. Il a rarement recours aux sources et n'analyse\npas les monuments musicaux en eux-mêmes ;en revanche, il a examiné, résumé,\ndouze cents ouvrages littéraires sur la musique, et son travail est intéressant pour\nl'histoire des idées.\nVoici le plan suivi par Dom Caffiaux.\nLe premier volume s'ouvre par une préface, suivie d'une table générale analy-\ntique qui ne concorde pas, d'ailleurs, avec la disposition des différentes par-\nties, dans les volumes —et contient les dissertations 1 à 12. Le deuxième volume\nrenferme les livres I à VII (considérés aussi, dans les titres courants, comme dis-\nsertations 13-19). Le troisième volume est consacré à une Nouvelle méthode de\nsolfier la musique beaucoup plus facile que celle dont on s est servi jusqu'à présent,\nsuivie de Gammes de toutes les espèces de modulations, avec les noms des notes du\nnouveau système, et d'autres exemples d'après les airs du temps.\nPour faciliter les recherches, voici sommairement résumée la table des deux\npremiers volumes, avec renvoi, pour chaque partie, au volume qui la ren-\nferme :\nDissert. F vol IJ. —-Dissert, sur Vexcellence et les avantages de la musique.—EN. t\n[vol. ll] : Histoire de la musique depuis la naissance du monde jusqu'à la prise de\nTr oie. Livre II [vol. ll] : Histoire de lâ musique depuis la prise de Troie jusqu'à"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": "234", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.30", "texte": "JEUNES FILLES DE LONDRES ET jEUNES FILLES DE ÉARIS\n\nPythagore. —-Dissert. 2 [vol. I] : Sur les parties de la musique ancienne. —Dis-\nsert. 3 [vol. I] : Sur la musique des différents peuples. Livre 111 [vol. ll] : His-\ntoire de la musique depuis Pythagore jusqu àla naissance du christianisme. Dis-\nsert. 4 [ vol. I] : Sur les instruments de musique anciens et modernes. Dissert. 5\n[vol. I] : Sur le contrepoint des anciens et des modernes. Dissert. 6 [vol.l] : Sur\nla déclamation. Livre IV [vol. ll] : Histoire de la musique depuis la naissance du\nchristianisme jusqu à Gui d'Arezzo, 1050. Dissert. 7 [vol. I] : Sur le chant et sur\nla musique d'église. Livre V [vol. ll] 1 Histoire delà musique depuis Gui d Arezzo\njusqu'à Lulli. Dissert. 8 [vol. I] : Sur l'opéra. Dissert. 9 [vol. I] : Sur la\nsensibilité des animaux pour la musique. Livre VI [vol. ll] : Histoire de la musique\ndepuis Lulli jusqu à Rameau. Dissert. io[vol.l] ' Parallèle delà musique ancienne\net moderne. —Dissert.ll [vol. I] : Parallèle de la musique française et italienne.\nDissert. 12 [vol. I] : Parallèle des lullisteset des antilullistes. Liv. VII [vol. ll] :\nHistoire de la musique depuis Rameau jusqu à aujourd'hui [1754].\nCatalogue des musiciens dont il n'est point parlé dans le corps de l'ouvrage\n[volume II; incomplet, s'arrête à Bâton].\nEn résumé, tout ce qui est Dissertation se trouve dans le volume I ; tout ce\nqui est Livre, dans le volume 11.\nNous continuerons prochainement cette revue sommaire de la Bibliographie\nmusicale.\n\nD.\n\nJeunes filles de Londres. Jeunes filles de Paris.\n\nOn lit dans le Figaro du 13 avril :\nDans cinq lycées de jeunes filles de Paris, —lycées Fénelon, Molière, Lamar-\ntine, Racine, Victor-Hugo on étudie les lettres et les sciences, soit pour la cul-\nture désintéressée de l'esprit, soit pour l'acquisition de ces diplômes où tant de\nfamilles voient une garantie contre les risques de la vie. Mais le travail s'inspire\nd'une idée plus haute, dégagée des programmes spéciaux dont la tyrannie pèse\nsur l'enseignement des garçons. On part de ce principe que tout ce qui s'est fait\nde grand et de beau en France, dans le domaine de l'action comme dans la plu-\npart des autres, a été plus ou moins directement inspiré par les femmes, par la\ndistinction de leur goût, par leur pouvoir de séduction et leur bonté souriante.\nOn s'efforce donc d'entretenir les qualités traditionnelles de la femme française;\non les met simplement en harmonie avec le progrès des connaissances modernes.\nOn les enrichit sans les alourdir ; on les développe sans les laisser dévier. De là\nplusieurs formes d'activité qui, loin d'être en marge des études, font corps avec\nelles et ont une importance capitale. Au premier rang, comme complément\nnécessaire de l'instruction proprement dite, et peut-être avant tout le reste, avant\nla grammaire, avant les mathématiques, et l'odieuse « critique littéraire »\nil convient de placer tout ce qui se rapporte à la bienfaisance et aux beaux-arts.\nNés jeunes filles ont organisé une « Œuvre de protection de l'enfance contre\nla tuberculose ». Elles la dirigent elles-mêmes avec une touchante ingéniosité.\nElles ont des pupilles, placées à la campagne : elles leur confectionnent des vête-\nments : elles leur envoient des livres et des jouets ; régulièrement, elles les visi-\ntent et reçoivent des nouvelles de leur santé. Bref, elles ne se bornent pas à la"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": "235", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.31", "texte": "JEUNES FILLES DE LONDRES ET JEUNES FILLES DE PARIS\n\ncotisation banale, moyen rapide et quasi impersonnel de s'acquitter du devoir\nsocial : elles pratiquent la seule charité sérieuse, celle qui est active et où l'on\nmet vraiment quelque chose de soi.\nElles ont aussi une chorale. On leur fait connaître Schumann et Schubert,\ndeux musiciens-poètes dont il est impossible de sentir quelques pages, sans faire\naussitôt alliance avec un idéal très pur de délicatesse morale. Elles chantent de\nbelles pièces de Gluck, des hymnes patriotiques de Bourgault-Ducoudray, des\nchœurs élégants de Massenet, de Saint-Saëns, de Pierné. Tous les ans, aux\npremiers jours de mai, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, elles donnent\nà leurs familles un concert à la fois grandiose et charmant, où la fraîcheur des\nvoix, la justesse, l'élan et la grâce disciplinée de l'ensemble ont souvent ému le\ncœur de juges difficiles... Comment ne pas encourager ces nouveaux usages r\nUne maison d'éducation féminine où on ne chanterait pas n'abriterait qu'une\npédagogie morne et sans âme; ce serait,comme dit Hugo, la ruche sans abeilles,\nla cage sans oiseaux !\nCette double culture de l'instinct charitable et du sens esthétique prendra le\nmois prochain une forme brillante et hardie. Le programme que je vais résumer\npassera peut-être sous les yeuxde quelques lecteurs n'ayant qu'une sympathie mo-\ndérée pour les établissements de l'Etat; s'il était besoin de forcer leur adhésion,\nje citerais quelques noms dans une liste de patronnesses et de patrons déjà cons-\ntituée :\nMme Louis Liard, Mme Jules Gautier, Mme Grancher, comtesse Jean de Castel-\nlane, princesse de Cystria-Faucigny, princesse Ed. de Polignac, Mme Edward\nRaphaël, Mme Madeleine Lemaire, Mme Flameng, Mme Armand Linol, M. Walter\nBehrens, M. Gustave Dreyfus...\nLe 10 mai, un essaim de jeunes Anglaises, venant des écoles de Londres et\ndes environs, sera conduit à Paris par une vingtaine de chaperonnes. La raison\nde ce voyage ? une invitation collective partie des lycées de Paris ; son objet ?\noh ! rien qui se rattache à un complot contre la tranquillité de l'Europe : la par-\nticipation en commun, par la fusion de deux chorales amies, à un festival de\ncharité qui aura lieu le 14, en matinée, au Trocadéro.\nSans doute, le voyage sera marqué par des fêtes diverses : réception à la Sor-\nbonne, luncheons dans les lycées, visite bien réglée de la « Reine des cités »,\nexcursion au château et au parc de Versailles ; mais l'article le plus important\ndu programme est le concert du Trocadéro, auquel on se prépare depuis long-\ntemps, de l'un et l'autre côté du détroit, et pour l'organisation duquel il n'y a\nplus qu'un pas à franchir. D'abord, sa caractéristique d'art sera originale : non\npas seulement parce qu'un millier de jeunes filles ayant l'âge délicieux de\nJuliette, célébré par Musset seront accompagnées par l'orgue et l'orchestre\nColonne au complet, ou parce que le maître Saint-Saëns sera au pupitre pour\ndiriger un de ses poèmes symphoniques, ou à cause des solistes d'exceptionnelle\nvaleur qui ont promis leur concours, mais parce que ces jeunes filles chanteront\nbeaucoup d'airs populaires. D'un côté, airs populaires anglais, écossais, irlan-\ndais, gallois ; de l'autre, airs populaires de Bretagne et de Lorraine»"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": "236", "url_page": "https://bluemountain.princeton.edu/bluemtn/?a=d&d=bmtnabj19090415-01.1.32", "texte": "JEUNES FILLES DE LONDRES ET JEUNES FILLES DE PARIS\nLe Gérant : A. REBECQ.\nPortiers. - Société française d'lmprimerie\n\nLa partie réservée aux exécutions en commun, et où Elgar est représenté à\ncôté de Gluck et de Saint-Saëns, contient elle aussi une perle tirée du folklore :\nc est le canon Frères Jacques, dormez-vous ? Sonnez les matines !.. que l'auteur de\nPatrie, E. Paladilhe, a enrichi de développements admirables. Sur quelques-\nuns de ces thèmes, qu il ne connaîtra qu'au moment où ils seront chantés, le\ngrand organiste Alex. Guilmant fera une de ces « improvisations » où il\nexcelle.\nJean-Jacques aurait eu des larmes d'attendrissement pour un tel projet. En\nvoici le complément.\nLa jeunesse est prompte à 1 échange des cœurs, et le chant choral l'exalte en\nla disciplinant. La musique est, dans toute la force du terme, un art de relations;\nelle aie privilège magique de mettre les âmes en dehors, et de faire l'accord des\nvolontés avec celui des voix. Au cours de la visite qui aura lieu dans les lycées\net où nos Parisiennes s'essayeront au rôle de maîtresses de maison, s'ébauche-\nront, si je puis dire, des fiançailles d amitié fondées sur le libre mouvement des\nsympathies. Cette tencontrene sera pas le banal divertissement d'un jour. Après\ns être vues et appréciées, Anglaises et Françaises, une fois séparées, s'écriront\nrégulièrement, pas pour la seule satisfaction des professeurs de langues vi-\nvantes. D un pays à 1 autre, comme le flux et reflux des vagues soumises à un\nrythme incessant, une pensée cordiale sera toujours en chemin.\nLe festival dont je viens de donner une idée a une autre caractéristique. Pour\natteindre pleinement un de ses buts la protection de l enfance pauvre contre\nla tuberculose il a besoin de souscripteurs très généreux. Je sais combien un\nappel de ce genre est délicat, et toute 1 autorité qu'il faudrait pour qu'il soit\nentendu. En matière de charité, ce sont presque toujours les mêmes qui se font\ntuer ! Mais la cause est excellente ; elle est gagnée d'avance, puisque les dames\nde Paris veulent bien s'y intéresser publiquement. Les noms que j'ai cités,\ns ajoutant à une souscription initiale du ministère de l'instruction publique\n(i.500 francs), sont une garantie de succès, parce qu'ils sont un exemple. Ce sont\neux, et non l'auteur de ces lignes, qui plaident ici pour des clients d'élite. Où\ntrouver une meilleure occasion de faire le bien en réalisant un peu de beauté ?\nCharité, grâce virginale, musique populaire, culture d'une amitié précieuse, par-\nthénies chantantes de mai, ce sont vraiment les facettes d'un pur diamant. Les\nmisères du dehors, certes, ne nous doivent pas laisser indifférents ; mais les\nenfants pauvres de France ne méritent-ils pas un intérêt au moins égal ? Aussi\nbien, il faut un peu d'horizon aux pensées de l'esprit comme à celles du cœur.\nExercer une action, par des moyens délicats, sur les jeunes filles de Londres et\nde Paris, c est toucher à ce qu il y a de plus précieux au monde et voir au delà\nde 1 heure présente. Dans les yeux bleus, dans les yeux noirs des unes et des\nautres, comme les algues au fond d une eau claire, est peut-être le secret de\nl'avenir...\n\nJULES COMBARIEU."}]}