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     "texte": "LE BOIS D’AMOUR\n— Et là-haut, dans les arbres, les volets fermés?\n— C’est à louer aussi, le Bois d'Amour. qu’on ap-\npelle...\nLe Bois d’Amour 1\nComment! C’était à louer, ce délicieux (du moins\nil apparaissait ici), ce délicieux chalet là-haut, parmi\nles pins, tout au bord de la falaise, qui regardait de\ntoutes ses fenêtres sur la mer, et qu’on appelait le\nBois d’Amour, encore!\nLe Bois d’Amour!\nEt la vieille ne le disait pas, s’obstiner à nous faire\nvisiter les ruelles du bourg, où quelques retraités de\nla marine ou quelques veuves sous-louaient pour la\nsaison une moitié de leur maisonnette aux étran\ngers, tout cela renfrogné, étroit et bas, de tristes\nlogis empuantis par la vase du port ou la rogue des\nfritureries !...\n— C’est à louer? Alors, conduisez-nous...\nVrai, nous désespérions de trouver un coin à notre\nconvenance.\n. Nous étions séduits tout de suite : le Bois\nd’Amour... un bouquet de feuillage, après cette\ncourse au plein soleil!\nOh! ceux qui ne connaissent la Bretagne que\ncomme une grise et mélancolique pleureuse sous un\nvoile de pluie et de brume ne l’ont jamais traversée\npar de certains mois...\nCe jour-là, l’air brûlait, entre l’Océan sans vagues\net le ciel sans nuages, du même bleu métallique,\nimmobile... La campagne nue et fauve se pâmait à\nla canicule comme un virago du Midi... C’était une\njournée d’août en Provence, absolument, un paysage\nde l’autre bout de la France, où les petits chênes\nrabougris d’ici figuraient les oliviers rongés et pou\ndreux de là-bas... Même, comme un vent de joie\nouvrait les visages fermés des hommes, ébouriffait\nles cheveux des femmes sous les coiffes dérangées...\nIl ne manquait plus que la farandole à travers la\nlande roussie, pour métamorphoser tout à fait le\npays d’Armor... C’était presque la même chose, d'ail-\nleurs, la dérobée, que tout d’un coup nous vîmes\ndanser sur le rivage, par une cotriade.\n(Les cotriades sont des sociétés qui se réunissent,\nles beaux dimanches, pour aller en bande ripailler à\nla mer; on emporte des provisions, on pêche tout le\nlong du jour de fête, et le soir on cuit à des feux\nallumés sur la grève la viande apportée, le poisson\npris.)\nLa cotriade dépassée, voici d autres gars, chantant\nà tue-tête avec des fleurs et des rubans à leurs vestes\nbrodées, des rubans aux chapeaux, des rubans à la\ncruche de grès que chacun portait, l’anse au bras...\n— C’est des gars d’une noce, demain; ils vont dans\nle pays « queri » du lait doux et des œufs frais pour\nfaire « le fars », nous explique notre guide.\nIl n’y a qu’elle, la pauvre vieille, qui garde son air\nde tous les jours, au milieu de ce pays en liesse,\ntransfiguré, ivre de soleil, de lumière, de danse, de\nrire et de chanson ; une pauvre vieille, toute loque-\n, teuse, malingre, déjetée et torte comme les arbres\ndépenaillés et tout déviés de la côte... Elle nous a\naccostés sur la place du village, nous a proposé de\nnous conduire aux maisons à louer...\nMais pourquoi ne nous avait-elle pas menés plutôt\nau Bois d’Amour? Ce chalet, isolé, dans la verdure,\ncela nous irait à merveille, sans doute. Le Bois\nd’Amour ! Ma compagne s'appuyait davantage sur\nmon bras, et nos yeux se disaient longuement tout\nnotre espoir de bonheur dans ce nid juché là comme\nà notre intention...\nLa bonne femme devança nos interrogations :\n— Je vous avais point proposé, c’est à cause...\nDéjà elle s’interrompait :\n— A cause que vous n’en voudriez point, pardine,\nmême que l'on vous donnerait-y de l’argent pour...\nA cause qu’il y a des morts, donc, dans le jardin,\nJésus, mon Dieu, Marie!... Ah! sans ça, c’est pour\nrien... N'empêche que depuis l’époque, c’est à\nlouer... Et que personne n’est si hardi que de se\nrisquer... Et que le père Le Goty, que c’est pourtant\nun rouge, tout ce qu’il y a de rouge, pire qu’un franc-\nmaçon, quoi! il n’y coucherait point pour un empire...\nAh! le jour il fait l’homme, oui, mais à la brune, il\nse dépêche de déraper, pour sûr... Ah! mon Dieu,\nJésus, Marie!...\n— Il y a des morts? Quels morts ?\n— Nous voilà rendus, j’aime point parler de ça ; le\npère Le Goty vous contera, lui...\nEt la vieille fermait les yeux, comme si elle ne vou\nlait pas voir\nNous entrions dans le Bois d’Amour, planté dans\nune brèche de la falaise, au milieu duquel se carrait\nle chalet clair et'pimpant..,\n— Hé! père Le Goty...\nIl était descendu au port, nous renseigna une ga\nmine qui gardait une maigre vache, au bout d’une\nlongue corde qu’elle avait toutes les peines de l’em\npêcher de manger ; la campagne s’étendait rase à\nperte de vue, cuite et recuite de sécheresse...\n— Tiens, voilà deux sous... Va chercher le père\nLe Goty... Nous tâcherons d’empêcher ta vache de se\nmanger pour ne pas crever.de faim...\nLa gamine partit en courant, ses sabots à la main...\n' Mais la vieille avait pu soulever le loquet de la\nbarrière et nous entrâmes...\nCe furent des cris d'admiration!...\nQuelle retraite d’amoureux, dans ce vallonnet foi\nsonnant d’arbustes, ce Bois d’Amour, dont jusque-là\nnous n’avions vu que les parasols des pins qui cou\nvraient et entouraient le reste !\nEt quel balcon sur l’horizon, jusque là-bas, à l’in\nfini, toute la mer, tout le ciel, dans le cadre de cette\nporte que nous venions de franchir!\nLe Bois d’Amour !\nAh ! nous ne pensions plus aux « morts »...\nNous suivîmes la vieille à travers les pièces,\nconfortablement agencées, d’une propreté remar\nquable...\n— C’est quasiment neuf... les meubles, la batterie\nde cuisine... Et du linge plein les armoires, du linge\ncomme y en a pas sur le maître autel de l’église, et de\nla vaisselle et de l’argenterie comme chez des princes,\ndes lits où qu’on tiendrait six, et moelleux, à\ncroire que c’est rembourré avec des fils de la\nVierge...\nMaintenant, par l’autre façade, les fenêtres s’ou\nvraient sur la compagne, sur la lande immense, où\nde loin en loin, comme autour du berger, des\nhameaux étaient pressés au pied des clochers de gra\nnit...\nNous attendions toujours le père Le Goty, qui ne\nse montrait pas souvent...\nAvant de faire le tour du jardin, nous nous assîmes\nsur deux sièges taillés à même le roc, deux fauteuils\nmerveilleux installés devant la féerie sublime du flot\nrongeant la falaise, et se déroulant jusqu’à perte de\nvue, dans le ciel !\n— Eh bien ! qu’en penses-tu ?\n— C’est le rêve, chuchota mon amie, mais...\n— Mais quoi?\n— Les morts...\nAh! oui, les morts!\nLes morts !\nL’inquiétude commença de tomber sur mon cœur.\nOui, il devait y avoir quelque chose.\nSans ça, ce serait habité, envahi comme est la\ncôte aujourd’hui, où le plus misérable trou a sa plage\net ses baigneurs.\nNous avions repris notre promenade, lorsque la\nvieille nous arrêta, d’une voix effrayée soudain :\n— Pas par là, pas par là, monsieur, madame, c’est\nle chemin des morts!...\nJe la brusquai :\n— Enfin, quoi, les morts ? Raconlez-nous au\nmoins... Il n’y a pas besoin du père Le Goty pour\nça, puisque vous savez...\n— Je vais vous dire... (Et elle débita d’un trait,\ncomme épouvantée de ce qu’elle racontait et pressée\nd’en finir.)... C’est les propriétaires... un monsieur,\nune dame, si gentils, du bien beau monde, que ça se\nvoyait à leurs manières, que je peux pas mieux com\nparer qu’à monsieur, madame... Ah! Jésus, Marie,\nmon Dieu! qui qu’aurait pensé, la première fois\nqu’ils débarquèrent au bourg, comme vous, aujour\nd’hui, que c’est moi-même qui vous parle à c’t’heure\nqui les ai amenés chez Grandut, qu’avait deux cham\nbres?... Les voilà donc qui se logent chez Grandut,\nle syndic... Ils se plaisaient, faut croire, puisque les\nvoilà qu’achètent ce terrain ici et qu’ils font cons\ntruire pour l’autre saison, que c’était prêt, bâtie la\n' villa et planté tout le bois, pour l’année d’après,\nj donc... El que ça leur en a coûté, de l’argent, pensez-\nvous... Et donc, tout l’été, ils ont habité, et jusqu’à\nl’hiver... Que c est alors qu’on a appelé ça le Bois\nd’Amour, qu’on les voyait toujours seuls, et bras\ndessus et bras dessous, de la jeunesse, quoi. Que ça\ns’aimait. fallait voir!... Et les voilà revenus tout « à\nla prime », que les hirondelles n’étaient point ici\nencore... On ne savait guère qui c’était... Mais on\nles aimait, qu’ils donnaient tant et tant, et de l’ar\ngent, et du vin, et des habits, des chaussures... Et\nl’été passe encore... Puis, l’été d’après, les v’ià qui\nj rappliquent!... Ah! Jésus, Marie, mon Dieu!... que\nça n’élait plus que des ombres... Ils vous faisaient\npeur, à la façon qu’ils vous regardaient... Paraîtrait\nque la Madame avait été malade tout l’hiver, et que\nles médecins l’avaient envoyée aux pays chauds...\nMais ils avaient voulu revenir ici... Ah! si Le Goty\nétait là, il vous raconterait, lui... Paraît que toutes\nles nuits ils restaient à pleurer... qu’elle se savait\ncondamnée, quoi... Et ce pauvre Monsieur en dépé\nrissait tous les jours de la voir s’en aller... Enfin,\nvoilà les mauvais jours, et Monsieur, Madame, qui\nannoncent leur départ, et qu’ils retiennent des voi\ntures pour le lendemain... Au matin, en remontant,\nLe Goty qui descendait tous les soirs coucher chez\nlui, qui leur servait de domestique avec sa femme,\nLe Goty trouve la lampe qui brûlait encore dans le\n। salon... Et personne dans les chambres, les lits pas\ndéfaits... Sur une table, il y avait une lettre pour\nM. le maire... Le Goty va pour courir au bourg,\nmais dans le jardin, qu’est-ce qu’il voit? Monsieur et\nMadame dans les chaises du rocher, où que vous\nétiez tout à l’heure, Monsieur et Madame assis, que\nde loin ils avaient l’air de faire un somme... Ah!\nbien, oui, ils étaient morts, tués avec un pistolet...\nOui, monsieur, madame, ils expliquaient dans la\nlettre qu’ils avaient décidé de mourir ensemble, et\nqu’ils voulaient pas s’en aller l’un avant l’autre... Et\nils demandaient à être enterrés ici... D’ailleurs,\nJésus, mon Dieu, Marie! vous pensez bien qu’on les\naurait pas mis en terre bénite, après ça... Il y avait\ndans la lettre un billet de mille francs pour les\npauvres de la commune... et une autre lettre en\nfaveur de Le Goty, qu’ils y laissaient la maison, à\ncharge d’entretenir la tombe pendant vingt ans...\nj Mais Le Goty vous raconterait mieux... Alors, vous\ncomprenez que c’est point engageant à habiter,\ncomme qui dirait, dans un cimetière...\nJe ne sais si le récit de la bonne femme figé sur le\npapier peut émouvoir à lire.\nMais que l’on s’imagine les deux chaises de granit,\noù je n’eusse plus osé m’asseoir, la maison toute\npleine encore du souvenir de ces deux anonymes et\nmystérieux amants', devant cet Océan où leurs\nlarmes douloureuses étaient tombées plus d’une fois,\nsans doute! et dont l’immensité, comme immobile\naujourd’hui, par ce grand jour d’été, ne bruissait\nguère plus qu’un baiser au bas de la falaise, guère\nplus que le froufrou des jupes de ma maîtresse sur\nle gravier des allées!\nEnfin, que l’on s’imagine cette tombe, sous une\nvoûte de feuillages, au fond le plus reculé du jardin,\nune tombe avec une bordure de galets ; deux initia\nles étaient formées sur le sable avec des coquillages...\n— Leurs noms... Je ne sais pas... C’est Le Goty\nqui a arrangé ça... Tout ce qu’il a à faire, d’après le\ntestament... Eh bien! il n’a pas eu de chance, Le\nGoty... L’année d’après, sa femme est morte en cou\nches, et rien ne m’ôtera de l’idée que le malheur y\nest venu d’ici, qu’elle avait des frayeurs, quand elle\nétait seule...\n— Eh bien ?\nJ’interrogeais mon amie, tandis que la femme al\nternait ses Jésus, mon Dieu, Marie ! Mon Dieu, Marie,\nJésus! Je tâchais d’être brave. J’avoue que le Bois\nd’Amour s’était dépouillé de tout son charme à mes 6\nregards. J’avais beau raisonner; est-ce que des drames '\nde toutes sortes, aussi terribles, des suicides, des\ncrimes, la maladie, la mort, n’ont point hanté toutes\nles habitations humaines par toute la terre? N'im-\nporte je n’arrivais pas à me convaincre qu’il me serait\nindifférent de loger à côté de ces morts d’aimer, que\nje croyais rencontrer dans chaque sentier, que je\nverrais toujours côte à côte, sanglants sur la chaise\nde granit, le revolver à leurs pieds...\n— Oh! moi, c’est tout entendu... Ça ne me dit\nplus rien, le Bois d’Amour, je comprends qu’il reste\nà louer. Allons-nous-en, m’entraînait mon amie,\ndont le bras tremblait sous le mien.\n— Maintenant, reprenait la vieille, c’est peut-être\ndes imaginations. Le Goty, ça fait bien quatre ans\nqu’il est propriétaire d’ici, qu’il n’y est rien arrivé,\nqu’il est bien gros et gras...\nNous descendions, silencieux, l’âme toute remuée\nde ces histoires, par le sentier que nous avoins gravi\nsi joyeusement tout à l’heure.\nLa vache maigre était restée à la même place, les\nyeux perdus sur le bout de la corde, où elle était\nstupéfaite sans doute de n’apercevoir plus sa gar-\nj dienne.\nNous n’avions pas fait cent mètres, que la gamine,\nà un détour, nous heurta, tout essoufflée :\n— Le père Le Goty, qu’est mort... en se baignant...\nEt, derrière la gamine, voici tout un cortège lugu\nbre, tout le village en rumeur, qui suit le cadavre\n! roulé dans un drap, porté sur des avirons entre\ncroisés comme une civière, par des gars au milieu\ndesquels nous retrouvons les jeunes gens de la noce,\navec leurs vestes enguirlandées et leurs cruches\nfleuries pour « querî » le lait doux...\n— Mon Dieu, Marie, Jésus !\nJe donne la pièce à la vieille, qui veut nous mon\ntrer d’autres « locations » dans le bourg...\nAh! non, par exemple, je ne suis pas superti-\ntieux... mais je préfère voir ailleurs tout de même...\nLes amants qui se suicident, la femme Le Goty qui\nmeurt en couches, le père Le Goty qui se noie.. ,c’est\nune malédiction dans ce Bois d’Amour... mon Dieu,\nMarie, Jésus!... suis-je tenté de croire aussi...\nJEAN AJ ALBERT.",
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     "texte": "MAD’\nI\nLes deux amis s’assirent à la terrasse du café\npleine de buveurs et commandèrent deux madères;\npuis ils se mirent à effleurer les potins du jour en\nvrais boulevardiers que le monde amuse.\nLe soleil de mi-juin déclinait vers la Madeleine,\nembrasant tout le ciel, découpant de ses rayons obli\nques des festons d’or dans les arbres et promenant\nsur les toitures des maisons d’en face un glacis ver-\ni meil piqué de lueurs incandescentes.\nI En causant, les deux amis regardaient devant eux\n| la foule, cette foule de flâneurs et de gens affairés\nj qui encombrent les trottoirs entre cinq et sept heures,\net la crue des voitures qui roulent en deux courants\ncontraires sur la chaussée en bois, avec ce bruit\nassourdi que le boulevardier aime comme la mu\nsique.\nTout à coup,Leflo envoya vers la chaussée un salut\ndiscret et son ami de Barjac lui demanda :\n— Tu salues au moins une femme?\nLeflot répondit :\n— Une fort jolie femme.\nDe Barjac reprit, intrigué :\n— Bigre ! elle a de bien bons yeux pour te distin\nguer ainsi au passage.\n— Ça te chatouille, hein? continua Leflo.\n— Dame!\n— C’est la femme d'un de nos amis. Devine?\n— Tu y mets un peu trop de mystère. Ça m’est\négal.\n— Et à moi, donc!\nIls restèrent un instant silencieux. Puis, de Barjac\ndéclara :\nj — Tu deviens joliment cachotier, toi.\n[ Leflot se mit à rire.",
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     "texte": "G IL BLAS ILLUSTRÉ\n— Tu no vols as que c'est pour t’intriguer. C’est |\nla femme légitime de René d’Ormel. C’est Madeleine\nd’Ormel? c’est Mad’, sa petite Mad’, comme il l’ap\npelle.\n— Il est donc marié? s’écria de Barjac avec sur\nprise. Je l’ai complètement perdu de vue depuis mon\ndernier voyage.\n— Eh bien ! il est marié, mon cher.\n— Un ami de moins. Est-elle vraiment si jolie?\n— Plus que cela encore. Ce n’est ni une héritière\nni une princesse, c’est Mad’, sa petite Mad’. Tu con\nnais la fierté de René et sa noblesse de cœur. Il n’eût\njamais voulu négocier une affaire en matière matri\nmoniale. Aussi, a-t-il pris une femme jeune, à son\ngoût. C’est une blonde, une merveille d’élégance qui\nferait tourner la tête au plus blasé des hommes, mon\ncher. Où l’a-t-il dénichée? Mystère!\nUne très singulière histoire lui est arrivée au sujet\nde sa femme à l’ouverture du Salon. Si tu veux, je\nvais te la conter. Je serai bref.\n— Je t’écoute.\nn\nLe jour du vernissage, René d’Ormel et sa Mad’\nétaient avec le Tout-Paris au Palais de l’Industrie.\nEn pénétrant dans une salle, bras dessus, bras des\nsous, ils furent attirés vers un petit tableau mis en\nvedette dans les journaux du matin par les salon-\nniers. Cette toile intitulée : Après le bain, faisait l’ad\nmiration des amateurs, et cette admiration n’était\npas usurpée, certes, car il est impossible de mieux\nanimer un morceau de toile, de rendre avec plus de\nsouplesse et de fraîcheur l’épiderme de cet être mi\ngnard, délicieusement bosselé, qu’on appelle une jolie\nfemme.\nEn voyant la foule massée devant le tableau sen\nsationnel, ils s’assirent sur un divan où Mad’ devint\nbientôt un autre point de mire. Les yeux des hommes\ns’arrêtaient sur elle avec complaisance et convoitise,\net ceux des femmes avec envie.\nUn certain temps se passa. Mais la cohue ne s’é\nclaircissant pas, il prirent le parti de s’y mêler.\nA mesure qu’ils gagnaient du terrain, des amateurs\nqui s’en retournaient après avoir vu... s’arrêtaient\nbrusquement autour d’eux en lançant sur Mad’ des\nregards hardis. Et ils avaient l’air de se chuchoter des\nchoses très drôles.\nRené en éprouva un grand malaise. Des pensées\nconfuses qu’il n’osait approfondir roulaient dans sa\ntête, et il avait ces petits frissons à fleur de peau qui\nsont souvent les avant-coureurs des brusques mal\nheurs. Il finit par lui dire : «Comme ils te dévisagent.\nOn dirait qu’ils te connaissent tous. »\nMais elle eut un sourire si clair qu’il se sentit ras\nsuré.\nA force de jouer des coudes, ils arrivèrent au pied\nde la fameuse peinture.\nElle représentait une femme nue qu’on voyait de\ntrois quarts. Une éblouissante chevelure blonde tom\nbait sur sa belle croupe, et au bout du sein tendu,\ngonflé de toute la sève de sa jeunesse, une petite\ntache rose pointait comme une fraise dans un lait\nd’amandes. Sa femme de chambre finissait de lui es\nsuyer ses pieds délicats tandis qu’elle se mirait dans\nune glace à main, ce qui permettait de voir son mi\nnois joli, joli... comme le reste. Tout cela n’était ni\nla vé, ni léché, ni pointillé. C’était brossé par la patte\nd’un maître. C’était de l’Art.\nJe disais donc qu’ils arrivèrent au pied du tableau.\nAh! mon cher, quelle secousse! La beauté qui y trô\nnait dans cet appareil, le moins pompeux, le plus na\nturel et le plus beau, c’était le portrait frappant de\nla femme légitime de d’Ormel.\nLa commotion fut violente, terrible pour lui. Mad’\nretint un cri.\nIl lui dit machinalement, en portant la main à sa\npauvre tête, qui se congestionnait sous l’affront :\n« Viens! » Et il l’entraîna dans la cohue en chance\nlant comme un homme ivre.\nLorsqu’ils furent seuls dans leur voiture, René parla\nle premier. Il lui dit :\n— Tu t’es reconnue, n’est-ce pas? Cette femme\nhue, c’est bien toi?\nElle répondit toute bouleversée :\n— Je t’assure que j’en suis aussi saisie que toi.\nElle essaya de se défendre, mais quels arguments\neût-elle bien pu invoquer devant une preuve aussi\nflagrante. D’Ormel fut plusieurs fois tenté de sauter\nà bas de la voiture tant il la trouvait cynique.\nA leur domicile, la scène devint tempétueuse. Elle\neut une épouvantable crise de nerfs, et à la fin il fut\nPris d’une telle pitié qu’il l’abandonna dans la crainte\nde se laisser attendrir.\nni\nCe pauvre René erra longtemps par les rues le\ncœur broyé.\nIl finit par s’échouer dans un café où il se fit donner\nun livre d’adresses sur lequel il releva celle de l’au-\nteur d’Après le bain, avec l’intention bien arrêtée d’al-\nier lui régler son compte le soir même.\nA la tombée de la nuit, vers huit heures, il se ren\ndit chez un armurier où il fit l’acquisition d’un revol-\nver de gros calibre, puis il prit une voiture qui le\nconduisit avenue de Villiers, devant l’hôtel de l’ar-\nliste.\nr On l’introduisit dans le grand salon de réception,\nh resta seul quelques minutes en l’état fiévreux que\n\" devines, une main dans la poche, sur la crosse de\nson revolver, qu’il avait sorti de sa gaine.\nBaroche donnait un grand dîner ce soir-là en l’hon-\nheur de son succès.\n1d arriva donc en habit, le sourire vainqueur aux\nVres. C’était un homme de quarante ans, tout en\nnerfs, aussi prompt à l’enthousiasme qu’a l’emporte- 1\nment.\nIl s’inclina devant le visiteur, qu’il prit tout d’abord\npour un amateur de tableaux, et lui demanda en li\nsant sur la carte qu’il tenait à la main :\n— M. René d’Ormel?\n— Parfaitement! répondit René d’un ton sec. Et il\ndemanda à son tour, brutalement :\n— M. Camille Baroche, auteur d’une petite ordure\nexposée au Salon sous le titre : Après le bain?\nLe peintre eut un sursaut de stupeur et devint pâle\ncomme un pâté de céruse. Il s’écria hors de lui-même\nen chiffonnant la carte de d’Ormel :\n— Comment! comment!... comment, monsieur\nqu’est-ce que cela signifie? Vous venez m’insulter...\nD’Ormel interrompit :\n— Vous faites l’ignorant, monsieur.\nBaroche .en fut tout effaré.\nRené reprit :\n— Je viens comme vous auriez dû vous y attendre,\nvous demander raison de l’outrage que vous m’avez\nfait en affichant ma femme dans un lieu public. Ne\nfaites pas l’étonné, monsieur. Vous l’avez attiréedans\nvotre atelier. Je vous en prie, ne riez pas. — Baroche\nriait jaune. — Le délit est flagrant et notoire. J’ai le\ndroit de vous tuer.\nJe ne te rapporterai pas par le menu leur entretien,\nque je craindrais de déflorer. Je pense que cette en\ntrée en matière doit t’en donner suffisamment le dia\npason.\nD’Ormel s’animait de plus en plus, avec tout l’em\nportement du mâle blessé, laissant à peine à Baroche\nle temps de placer un mot.\nLe Maître le prit pour un fou furieux. Il voulut\ndonner l’alarme, mais René eut un geste si menaçant\nqu’il le fit reculer près de la cheminée.\nHeureusement, un timbre électrique était à-sa\nportée. Il pressa subtilement le bouton et au valet\nqui apparut il donna un ordre à voix basse, tandis que\nd’Ormel caressait la crosse de son revolver.\nUne minute après, deux domestiques en livrée en\ntraient par une portière, et, sur un signe du peintre\nse jetaient sur René. Ce fut une lutte corps à corps,\nune lutte épique. D’Ormel fut terrassé et désarmé.\nPendant qu’un des deux valets le tenait sur le tapis\ndu parquet, un autre sortait et rentrait presque tout\nde suite, muni d’une longue corde.-En un instant, les\ndeux hommes l’eurent ligotté, roulé comme un sau\ncisson.\nAlors Baroche alla chercher tous ses convives, qui\nétaient déjà en gaieté par le bon vin.\nD’Ormel eut un succès, un vrai succès. On le re\ngardait comme une bête dangereuse capturée, dans\nun coup de filet.\nLes femmes, effarées, aventuraient leur bout de\nnez jusque sur la porte et se sauvaient en poussant\nde petits cris de souris, tandis que lui, mortifié, hur\nlait, grognait, vociférait en se roulant à terre.\nUn monsieur qui n’était pas peintre, un vieux beau,\nun magistrat, je crois, se mit à pérorer sur le cas de\nd’Ormel. Il disait que les chefs-d’œuvre et les grands\névénements frappaient certains esprits faibles comme\nd’un coup de marteau, et il ajoutait sentencieusement\nen s’adressant à Baroche : « C’est la preuve irréfu\ntable que votre peinture frappe le public, c’est le\nsigne caractéristique de votre grand talent ».\nLe Maître n’en était pas fier, mais les autres pein\ntres opinaient de la tête avec des sourires malicieux.\nCet événement amenait un intermède amusant et\ndrôle au possible — pour les invités, mais pour d’Or\nmel? Hé! hé !\nLes femmes devenaient un peu plus hardies et se\nrisquaient maintenant jusque sur la porte du salon.\nOn entendait des « Hi! hi! hi! ho!-ho! ho! ha! ha!\nha! Oh! ma chère! » qui entraient comme des coups\nd’épingle dans le corps de René.\nComme on parlait d’envoyer quérir le commissaire\nde police, il se mit tout à coup à crier : « Mademoi\nselle! mademoiselle! » en écarquillant les yeux sur\nles dames. Mais il ne pouvait en désigner aucune\npar leur nom ni par le geste, et on crut à une lubie\ncomme il en germe dans le cerveau des fous.\n■ Il répéta, avec un sérieux comique : « Mademoi\nselle! mademoiselle! hé, la blonde au chapeau à\nplume noire. »\nUn peintre lui cria :\n— Tais-toi, polisson !\nUn autre prononça :\n— Mademoiselle Berthe, il va vous déclarer sa\nflamme.\nL’interpellée demanda, en se tenant à deux mes\nsieurs :\n— C’est à moi que vous en voulez?\nUn accès de gaieté accueillit cette hardiesse.\nD’Ormel répondit :\n— Oui, mademoiselle.\nLes rires redoublèrent en longues, fusées.. Elle\npoussa un petit cri et sortit tout effarouchée, pour\nrentrer aussitôt.\nQuand le calme fut un peu revenu, René reprit :\n— Est-ce que vous n’avez pas une sœur, mademoi\nselle?\nCette question insolite eut un nouveau succès d’hi\nlarité. Il sortait des tons d’orgue et de contrebasse de\ntous les ventres. Mais ce fut un trait de lumière pour\nBaroche, qui demanda à son tour :\n— Répondez, Berthe. Est-ce que vous n’avez pas\nune sœur, une sœur à Paris ?\n— Vous avez donc aussi un hanneton, vous, arti\ncula-t-elle ?\n— Voyons, Berthe, je vous le demande en grâce.\n— Mais oui, nous sommes deux jumelles, mais je\nne vois plus ma sœur depuis que je suis modèle.\nAlors d’Ormel s’écria en se secouant dans ses\ncordes :\n— Il y a erreur de ma part. Parbleu! les deux\nsœurs se ressemblent comme deux gonites d’eau.\nIl ajouta, d’une voix pleine comme son soulage\nment :\n— Si vous déficeliez votr e paquet ?\nIl n’y avait plus de doute. Baroche expliqua l’af\nfaire en quelques mots à ses convives.\nAussitôt qu’il fut libre de ses entraves, il dit :\n« Merci! » puis il se mit à faire marcher ses bras el\nses jambes pour les dégourdir, puis il secoua ses vê\ntements fripés comme un chien qui sort de l’eau,\npuis il s’écria :\n— On dit que le ridicule tue en France, mais, sa\npristi, pour une fois le ridicule me ressuscite.\nJe ne te parlerai pas des excuses qui furent échan ■\ngées entre Baroche, d’Ormel et les invités, n‘est-ce\npas?\nIV\nRené rentra tout d’une traite chez lui, le cœur di\nlaté, mais sa joie n’était pas sans mélange. Qu’était\ndevenue Mad’?\nIl arriva chez lui en coup de vent et cria dès l’anti.\nchambre : « Mad’, ma petite Mad’ », sans recevoir de\nréponse. . s\nIl traversa plusieurs pièces sans la trouver, et à la\ndernière — leur chambre à coucher — il s’arrêta un\ninstant, les tempes mouillées, le cœur battant à\ngrands coups précipités. Puis, il saisit d’une main\ntremblante le boulon de la porte et il entra l’haleine\nsuspendue.\nMad’ était étendue sur une chaise longue, la figure\npâle, les yeux rouges.\nElle resla immobile. La respiration était lente, en\ntrecoupée de légers soupirs. Elle souffrait ainsi qu’un\noiseau blessé.\nIl l’appela : « Mad’, ma petite Mad’! »\nJ’ignore à quelle phase ils en étaient de leur récon\nciliation (je crois que c’est au moment où Mad’ ex\npliquait qu’elle n’avait pas osé parler de sa sœur\nparce qu elle posait chez les artistes) que la bonne\nentra tout doucement. Elle tenait à la main un petit\nflacon qu’elle venait de chercher chez le pharmacien,\nmunie d’une vieille ordonnance. .\nRené s’empara de la minuscule bouteille et lut, avec\nstupeur, sur l'étiquette : « Laudanum ».\nAlors, il répéta : « Mad’! ma petite Mad’! » avec\nune inflexion si particulière qu’elle en fut toute re\nmuée et lui tendit ses bras. Il s’y précipita en criant,\navec une autre intonation : « Mad’ ! Ma petite Mad’. »\nADRIEN HOUILLON.",
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     "texte": "CONCERNANT\nles Femm es de chambre\nContre toutes les femmes de chambre quels que\nsoient leur âge, leur couleur et leur nationalité, je\ndéchaîne ma malédiction de célibataire. •\nParce que :\nElles mettent toujours les oreillers juste du côté\ndu lit où n’est pas la table de nuit ; de telle sorte que\nquand vous lisez et fumez avant de vous endormir\n(c’est l'ancienne et honorée coutume des célibataires),\nil vous faut tenir votre livre ou votre journal en l’air,\ndans une position fatigante.\nOn se décide à changer les oreillers de place, à la\nfin, naturellement.\nMais quand, le lendemain matin, elles trouvent les\noreillers de l’autre côté du lit, la leçon ne leur profite\npas. Elles vous en veulent. Glorieuses de leur pouvoir\nabsolu, sans pitié pour notre faiblesse et notre aban\ndon, elles refont le lit strictement comme la veille, et\nse réjouissent en secret des angoisses que nous cause\nleur tyrannie.\nEt toujours, et toujours, et dans les siècles des\nsiècles, elles remettent les oreillers où il ne faut pas,\nElles ont, avec cela, un air de défi. Elles saturent\nd’amertume la vie que Dieu nous a donnée.\nAu besoin, pour vous faire enrager et nous mettre\nmal à l’aise, elles installent, votre lit dans un courant\nd'air, et cachent votre table de nuit.\nSi vous posez ingénieusement votre malle à cin\nquante centimètres du mur, pour ne pas heurter le\ncouvercle en l’ouvrant, et le faire tenir droit une fois\nouvert, elles poussent toujours votre malle tout contre\nla muraille, elles guettent votre malle pour exécuter\ncela : elles le font exprès.\nSi vous avez besoin du crachoir ici ou là, elles\nl’emportent toujours ailleurs, à l’autre extrémité de\nla chambre.\n• Elles vous logent toujours vos chaussures en des\nlieux. inaccessibles. Elles- se plaisent surtout à les\nglisser aussi loin que possible sous votre lit.\nPourquoi ça ? pour que ça vous force à vous mettre\nà quatre pattes, à tâtonner dans le noir et dans la\npoussière, et à jurer épouvantablement.\nIl n’y a pas de danger que vous trouviez jamais les\nallumettes à leur place. Elles leur inventent tous les\njours une nouvelle cachette; et elles leur substituent\nune bouteille ou un verre, ou quelque chose de plus\nfragile encore, s’il est possible, afin que la nuit, en\nvous éveillant, vous cassiez cela au lieu de trouver\nde la lumière.\nElles changent continuellement tous les meubles\nde position. Quand vous rentrez dans l’obscurité, vous\navez beau faire, vous vous cognez toujours à quelque\nchose. C’est dégoûtant. Elles aiment ça.\nQu'est-ce que ça leur fait, que vous teniez à ce que\ntelle chose soit à tel endroit? Elles ne laissent rien à\nsa place, allez. Non, vous pouvez en être sûr. Elles",
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     "texte": "LES POÈTES DE L’AMOUR\nwtt.\nW\nNg\n—MSA\nw\nr\nr ---===$=\n2 ts‘**TreEetr2\nweeyesedeseee)\ntlre\ne\nrr-rsi\nTr\n/AU\ntt0\n‘r\nely't\n41,\n2 . ety\n‘Ewd .\nfimu\n‘gu\n---=2\n\" ■■ ocnetpu\neetem\nht utmieeeeufR Perl\n-ae-e -Ss\nzetrosar\ne\"Tn\nd\nwgol g.\nEt la lune descend vers l'aube, et l'heure est prompte.\nQuand un brouillard d’automne écrase l'eau dormante\nEt traîne dans la nuit sur les ravins mouillés.\n•le crois revivre aux soirs des baisers oubliés\nEt nous avons risqué, moi la mort, toi la honte,\nPour l’amour de l’amour, sans pouvoir nous aimer.\nEDMOND HA HA UC OU RT.\nL’Impossible\n(Dessin de Balluriau. )",
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     "texte": "LE RIDEAU CRANOTSI\n(Fin)\n« Alberte, cette nuit-là, était plus silencieusement\namoureuse que jamais.\n« Ses étreintes avaient cette langueur et cette\nforce qui pour moi étaient un langage, et un lan\ngage si expressif que, si je lui parlais toujours moi,\nsi je lui disais toutes mes démences et toutes mes\nivresses, je ne lui demandais plus de me répondre et\nde me parler. A ces étreintes, je l’entendais.\n« Tout à coup, je ne l’entendis plus. Ses bras ces\nsèrent de me presser sur son cœur, et je crus à une\nde ces pâmoisons comme elle en avait souvent, quoi-\nque ordinairement elle gardât, en ses pâmoisons, la\norce crispée de l’étreinte...\n« Nous ne sommes pas des bégueules entre nous.\nNous sommes deux hommes, et nous pouvons parler\ncomme deux hommes...\n« J'avais l'expérience des spasmes voluptueux d'Al-\nberte, et quand ils la prenaient, ils n’interrompaient\npas mes caresses. Je restais comme j’étais, sur son\ncœur, attendant qu’elle revînt à la vie consciente,\ndans l’orgueilleuse certitude qu’elle reprendrait ses\nsens sous les miens, et que la foudre qui l’avait frap\npée la ressusciterait en la refrappant... mais mon ex\npérience fut trompée.\n« Je la regardai comme elle était, liée à moi, sur\nle canapé bleu, épiant le moment où ses yeux, dis\nparus sous ses larges paupières, me remontreraient\nleurs beaux orbes de velours noir et de feu ; où ses\ndents qui se serraient et grinçaient à briser leur\némail au moindre baiser appliqué brusquement sur\nson cou et traîné longuement sur ses épaules, laisse\nraient, en s’entr’ouvrant, passer son souffle.\n« Mais ni les yeux ne revinrent, ni les dents ne se\ndesserrèrent...\n« Le froid des pieds d’Alberte était monté jusque\ndans ses lèvres et sous les miennes...\n« Quand je sentis cet horrible froid, je me dressai\nà mi-corps pour mieux la regarder; je m’arrachai en\nsursaut de ses bras, dont l’un tomba sur elle et\nl’autre pendit à terre, du canapé sur lequel elle était\ncouchée.\n« Effaré, mais lucide encore, je lui mis la main\nsur le cœur...\n« Il n’y avait rien ! rien au pouls, rien aux tempes,\nrien aux artères carotides, rien nulle part... que la\nmort qui était partout, et déjà avec son épouvantable\nrigidité !\n« J’étais sûr de la mort... et je ne voulais pas y\ncroire !\n। « La tête humaine a de ces volontés stupides con\ntre la clarté même et l’évidence du destin.\n« Alberte était morte. De quoi?... Je ne savais. Je\nn’étais pas médecin. Mais elle était morte ; et quoi\nque je visse avec la clarté du jour de midi que ce\nque je pourrais faire serait inutile, je fis pourtant tout\nce qui me semblait si désespérément inutile.\n« Dans mon néant absolu de tout, de connais\nsances, d’instruments, de ressources, je lui vidai sur\nle front tous les flacons de ma toilette. Je lui frappai\nrésolument dans les mains, au risque d’éveiller le |\nbruit, dans cette maison où le moindre bruit nous '\nfaisait trembler.\n« J’avais ouï dire à un de mes oncles, chef d’es\ncadron au 4 e dragons, qu’il avait un jour sauvé un\nde ses amis d’une apoplexie en le saignant vite avec\nune de ces flammes dont on se sert pour saigner les |\nchevaux. • . _\n« J’avais des armes plein ma chambre. Je pris un\npoignard, et j’en labourai le bras d’Alberte à la sai\ngnée. Je massacrai ce bras splendide d’où le sang ne\ncoula même pas. Quelques gouttes se coagulèrent. Il\nétait figé.\n« Ni baisers, ni .succions, ni morsures ne purent\ngalvaniser ce cadavre raidi, devenu cadavre sous mes\nlèvres.\n« Ne sachant plus ce que je faisais, je finis par\nm’étendre dessus, le moyen qu’emploient (disent les\nvieilles histoires) les thaumaturges ressusciteurs,n’es- i\npérant pas y réchauffer la vie, mais agissant comme\nsi je l’espérais !\n« Et ce fut sur ce corps glacé qu’une idée qui ne\ns’était pas dégagée du chaos dans lequel la boulever\nsante mort subite d’Alberte m’apparut nettement, et\nque j’eus peur !\n« Oh!... mais une peur... une peur immense!...\n« Alberte était morte chez moi, et sa mort disait\ntout.\n« Qu’allais-je devenir ? Que fallait-il faire ?\n« A cette pensée, je sentis la main, la main phy\nsique de cette peur hideuse, dans mes cheveux qui\ndevinrent des aiguilles ! Ma colonne vertébrale se\nfondit en une fange glacée, et je voulus lutter —\nmais en vain — contre cette déshonorante sensa\ntion...\n« Je me dis qu’il fallait avoir du sang-froid... que\nj’étais un homme après tout... que j’étais militaire...\n« Je me mis la tête dans mes mains, et quand le\ncerveau me tournait dans le crâne, je m’efforçai de\nraisonner la situation horrible dans laquelle j’étais\npris... et d’arrêter, pour les fixer et les examiner,\ntoutes les idées qui me fouettaient le cerveau comme\nune toupie cruelle, et qui toutes allaient à chaque\ntour se heurter à ce cadavre qui était chez moi, à ce\ncorps inanimé d’Alberte qui ne pouvait plus regagner\nsa chambre, et que sa mère devait retrouver le len\ndemain dans la chambre de l'officier, morte et désho\nnorée ?\n« L’idée de cette mère à qui j’avais peut-être tué\nsa fille en la déshonorant, me pesait plus sur le cœur\nque le cadavre même d’Alberte...\n« On ne pouvait pas cacher la mort; mais le dés\nhonneur, prouvé par le cadavre chez moi, n’y avait-il\npas moyen de le cacher ?...\n« C’était la question que je me faisais, le point fixe\nque je regardais dans ma tête. Difficulté grandissant\nà mesure que je la regardais, et qui prenait les pro\nportions d’une impossibilité absolue.\n« Hallucination effroyable ! par moments le cadavre\nd’Alberte me semblait emplir toute ma chambre et\nne pouvoir plus en sortir.\n« Ah! si la sienne n’avait pas été placée derrière\nl’appartement de ses parents, je l’aurais, à tout ris\nque. reportée dans son lit !\n« Mais pouvais-je faire, moi, avec ce corps mort\ndans mes bras, ce qu’elle faisait, elle, déjà si impru\ndemment, vivante, et m’aventurer ainsi à travers une\nchambre que je ne connaissais pas, où je n’étais\njamais entré, et où reposaient endormis du sommeil\nléger des vieillards le père et la mère de la malheu\nreuse ?...\n« Et cependant l’état de ma tête était tel, la peur\ndu \"lendemain et de ce cadavre chez moi me galo\npaient avec tant de furie, que ce fut cette idée, cette\ntémérité, cette folie de reporter Alberte chez elle\nqui s’empara de moi comme de l’unique moyen de\nsauver l’honneur de la pauvre fille et de m’épargner\nla honte des reproches du père et de la mère, de me\ntirer enfin de cette ignominie.\n« Le croirez-vous? J’ai peine à le croire moi-même,\nquand j’y pense ! J’eus la force de prendre le cadavre\nd’Alberte et, le soulevant par les bras, de le charger\nsur mes épaules.\n« Horrible chape, plus lourde, allez, que celle des\ndamnés dans l’enfer du Dante !\n« Il faut l’avoir portée, comme moi, cette chape\nd'une chair qui me faisait bouillonner le sang de dé\nsir il n’y avait qu’une heure, et qui maintenant me\ntransissait!... Il faut l’avoir portée pour bien savoir\nce que c’était !\n« J’ouvris ma porte ainsi chargé et, pieds nus\ncomme elle, pour faire moins de bruit, je m’enfonçai\ndans le corridor qui conduisait à la chambre de ses\nparents, et dont la porte était au fond, m’arrêtant\nà chaque pas sur mes jambes défaillantes pour\nécouter le silence de la maison dans la nuit, que\nje n’entendais plus, à cause des battements de mon\ncœur !\n« Ce fut long. Rien ne bougeait... Un pas suivait\nun pas...\n« Seulement quand j’arrivai tout contre la terrible\nporte de la chambre de ses parents, — qu’il me fal\nlait franchir et qu’elle n’avait pas, en venant, en\ntièrement fermée pour la retrouver entrouverte au\nretour, et que j’entendis les deux respirations lon\ngues et tranquilles de ces deux pauvres vieux qui\ndormaient dans toute la confiance de la vie, je n’osai\nplus!... Je n’osai plus passer ce seuil noir et béant\ndans les ténèbres...\n« Je reculai; je m’enfuis presque avec mon far\ndeau ! Je rentrai chez moi de plus en plus épou\nvanté.\n« Je replaçai le corps d’Alberte sur le canapé, et je\nl recommençai. accroupi sur les genoux, auprès d’elle,\nles suppliantes questions : « Que faire? que deve-a\nnir?... »\n« Dans l’écroulement qui se faisait en moi, l’idée\ninsensée et atroce de jeter le corps de cette belle\nfille, ma maîtresse de six mois ! par la fenêtre, me\nsillonna l’esprit.\n« Méprisez-moi ! J’ouvris la fenêtre... J’écartai le\nrideau que vous voyez là... et je regardai dans le\ntrou d’ombre au fond duquel était la rue, car il fai\nsait très sombre cette nuit-là. On ne voyait point le\npavé.\n« — On croira à un suicide », pensai-je, — et je\nrepris Alberte, et je la soulevai...\n« Mais voilà qu’un éclair de bon sens éclaira ma\nfolie !\n« — D’où se sera-t-elle tuée? D’où sera-t-elle tom\nbée, si on la trouve sous ma fenêtre demain?... » me\nme demandai-je.\n« L’impossibilité de ce que je voulais faire me sou-\nfleta !\n« J’allai refermer la fenêtre, qui grinça dans son\nespagnolette. Je retirai le rideau plus mort que vit\nde tous les bruits que je faisais.\n« D’ailleurs, par la fenêtre, — sur l’escalier, —\ndans le corridor, — partout où je pouvais laisser le\ncadavre, éternellement accusateur, la profanation\nétait inutile. L’examen du cadavre révélerait tout,\net l’œil d’une mère, si cruellement avertie, verrait\ntout ce que le juge ou le médecin voudrait lui\ncacher...\n« Ce que j’éprouvais était insupportable, et l’idée\nd’en finir d’un coup de pistolet, en l’état lâche de 1\nmon âme démoralisée (un mot de l’Empereur que plus\ntard j’ai compris !), me traversa en regardant luire\nmes armes contre le mur de ma chambre.\n« Mais que voulez-vous?... Je serai franc : j’avais\ndix-sept ans, et j’aimais... mon épée. C’est par goût\net sentiment de race que j’étais soldat.\n« Je n’avais jamais vu le feu, et je voulais le voir.\nJ’avais l’ambition militaire.\n« Au régiment nous plaisantions de Werther, un\nhéros du temps, qui nous faisait pitié, à nous autres\nofficiers.\n« La pensée qui m’empêcha de me soustraire, en\nme tuant, à l’ignoble peur qui me tenait toujours,\nme Conduisit à une autre qui me parut le salut même\ndans l’impasse où je me tordais !\n« — Si j’allais trouver le colonel? me dis-je — Le\ncolonel, c’est la paternité militaire,— et je m’habillai\ncomme on s’habille quand bat la générale, dans une\nsurprise... Je pris mes pistolets par une précaution\nde soldat. Qui savait ce qui pourrait arriver?...\n« J’embrassai une dernière fois, avec le sentiment\nqu’on a à dix-sept ans, — et on est toujours senti\nmental à dix-sept ans, — la bouche muette, et qui\nl’avait été toujours, de cette belle Alberte trépassée,\net qui me comblait depuis six mois de ses plus eni\nvrantes faveurs...\n« Je descendis sur la pointe des pieds l’escalier de\ncette maison où je laissais la mort...\n« Haletant comme un homme qui se sauve, je mis\nune heure (il me sembla que j’y mettais une heure!)\nà déverrouiller la porte de la rue et à tourner la grosse\nclé dans son énorme serrure, et après l’avoir refer\nmée avec les précautions d’un voleur, je m’encourus,\ncomme un fuyard, chez mon colonel.\n« J’y sonnai comme au feu. J’y retentis comme\nune trompette, comme si l’ennemi avait été en train\nd’enlever le drapeau du régiment !\n« Je renversai tout, jusqu’à l’ordonnance qui vou\nlut s’opposer à ce que j’entrasse à pareille heure dans\nla chambre de son maître, et une fois le colonel ré\nveillé par la tempête du bruit que je faisais, je lui dis\ntout.\n« Je me confessai d’un trait et à fond, rapidement\net crânement, car les moments pressaient, le sup\npliant de me sauver...\n« C’était un homme que le colonel ! Il vit d’un\ncoup d’œil l’horrible gouffre dans lequel je me dé\nbattais...\n« Il eut pitié du plus jeune de ses enfants, comme\nil m’appela, et je crois que j’étais alors assez dans un\nétat à faire pitié !\n« Il me dit, avec le juron le plus français, qu’il fal\nlait commencer par décamper immédiatement de la\nville, et qu’il se chargerait de tout... qu’il verrait les\nparents dès que je serais parti, mais qu’il fallait par\ntir, prendre la diligence qui allait relayer dans dix\nminutes à l’hôtel de la Poste, gagner une ville qu’il\nme désigna et où il m’écrirait...\n« Il me donna de l’argent, car j’avais oublié d’en\nprendre, m’appliqua cordialement sur les joues ses\nvieilles moustaches grises, et dix minutes après cette\nentrevue, je grimpais (il n’y avait plus que cette\nplace) sur l’impériale de la diligence, qui faisait le\nmême service que celle où nous sommes actuelle\nment, et je passais au galop sous la fenêtre (je vous\ndemande quels regards j’y jetai) de la funèbre cham\nbre où j’avais laissé Alberte morte, et qui était éclai\nrée comme elle l’est ce soir. »\nLe vicomte de Brassard s’arrêta, sa forte voix un\npeu brisée. Je ne songeais plus à plaisanter. Le si\nlence ne fut pas long entre nous.\n— Et après ? — lui dis-je.\n« — Eh bien ! voilà ! — répondit-il. il n’y a pas\nd’après ! C’est cela qui-a bien longtemps tourmenté\nma curiosité exaspérée.\n« Je suivis aveuglément les ordres du colonel. J’at;\ntendis avec impatience une lettre qui m’apprendrait\nce qu’il avait fait et ce qui était arrivé depuis mon\ndépart.\n« J’attendis environ un mois ; mais au bout de ce\nmois, ce ne fut pas une lettre que je reçus du colo\nnel, qui n’écrivait guère qu’avec son sabre sur 14",
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     "texte": "GIL BLAS ILLUSTRÉ\n7\nfigure de l'ennemi; ce fut l’ordre d’un changement\nde corps.\n« Il m’était ordonné de rejoindre le 35 e , qui allait\nentrer en campagne, ei il fallait que sous vingt-\nquatre heures, je fusse arrivé au nouveau corps au\nquel j’appartenais.\n« Les immenses distractions d’une campagne, et\nde la première ! les batailles auxquelles j’assistai, les\nfatigues et aussi les aventures de femmes que je mis\npar-dessus celle-ci, me firent négliger d’écrire au\ncolonel, et me détournèrent du souvenir cruel de\nl’histoire d’Alberte, sans pourtant pouvoir l’effacer.\nJe l’ai gardé comme une balle qu’on ne peut ex\ntraire...\n« Je me disais qu’un jour ou l’autre je rencontre\nrais le colonel, qui me mettrait enfin au courant de\nce que je désirerais savoir, mais le colonel se fit tuer\nà la tête de son régiment à Leipsig...\n« Louis de Meung s’était aussi fait tuer un mois\nauparavant...\n« C’est assez méprisable cela, — ajouta le capi\ntaine, — mais tout s’assoupit dans l’âme la plus ro\nbuste...\n« La curiosité dévorante de savoir ce qui s’était\npassé après mon départ finit par me laisser tran\nquille.\n« J’aurais pu, depuis bien des années, et changé\ncomme j’étais, revenir sans être reconnu dans cette\npetite ville-ci et m’informer du moins de ce qu’on\nsavait, de ce qui avait filtré de ma tragique aventure.\nMais quelque chose qui n’est pas, certes, le respect\nde l’opinion, dont je me suis moqué toute ma vie,\nquelque chose qui ressemblait à cette peur que je ne\nvoulais pas ressentir une seconde fois, m’en a tou\njours empêché. »\nIl se tut encore, ce dandy qui m’avait raconté, sans\nle moindre dandysme, une histoire d’une si triste\nréalité.\nJe rêvais sous l’impression de cette histoire, et je\ncomprenais que ce brillant vicomte de Brassard, la\nfleur non des pois, mais des plus fiers pavots rouges\ndu dandysme, le buveur grandiose de claret, à la\nmanière anglaise, fût comme un autre, un homme\nplus profond qu’il ne paraissait. Le mot me revenait\nqu’il m’avait dit, en commençant, sur la tache noire\nqui, pendant toute sa vie, avait meurtri ses plaisirs\nde mauvais sujet... quand, tout à coup, pour m’é\ntonner davantage encore, il me saisit le bras brus\nquement : . 1\n— Tenez ! — me dit-il, — voyez au rideau !\nL’ombre svelte d’une taille de femme venait d’y\npasser en s’y dessinant !\n— L’ombre d’Alberte ! — fit le capitaine. — Le\nhasard est par trop moqueur ce soir, — ajouta-t-il\navec amertume.\nLe rideau avait déjà repris son carré vide, rouge\net lumineux.\nMais le charron qui, pendant que le vicomte par\nlait, avait travaillé à son écrou, venait de terminer\nsa besogne. Les chevaux de relais étaient prêts et\npiaffaient, se sabotant de feu. Le conducteur de la\nvoiture, bonnet d’astrakan aux oreilles, registre aux\ndents, prit les longes et s’enleva, et une fois hissé\nsur sa banquette d’impériale, cria, de sa voix claire,\nle mot du commandement dans la nuit':\n« Roulez ! »\nEt nous roulâmes, et nous eûmes bientôt dépassé\nla mystérieuse fenêtre, que je vois toujours dans mes\nrêves, avec son rideau cramoisi.\nJ. BARBEY d'AUREVILLY.",
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     "texte": "\nLe Gérant : Dominique CHOPIN.\nParis. — Imp. du Gil Blas illustré, 8, rue Gluck. A. Thulard, imp.\nMaisons recommandées par le “ GIL BLAS ILLUSTRE\nAmeublement\nAU\nVIEUX CHÊNE\n69-71, Rue Beaubourg, Paris\nAMEUBLEMENTS\nTAPISSERIE - SIÈGES - LITERIE\nInstallations complètes en tous genres\nRmonaaaaes\nBottiers\nLUCIEN PRÉVOST,rue Taitbout, 3, près le boulevard.\nChemises, Cravates, Gants\nFCRGA, 32, boulevard Haussmann.\nCorsets i\nMm* BOMPARD. 58 et 60, rue Richer.\nModistes\ntme DESAINT-AUBIN, il, rue de la Ghaussée-d’Antin.\nPianos\nB naI F 14 tiis, boulevard Poissonnière.\nO I&t Location depuis 10 f. par mois.\ns • • B a • y Loc.-Vente. Depuis 20 f. p\" mois.\nPianos mécaniques et électriques\nN.UCNIER, breveté, 16, boulevard Magenta.\nPorte-Potiche bois sculpté\nMAINGUET, 10, rue Meslay.\nBébés articulés\nBÉBÉ JUMEAU, 8, rue Pastourelle.\nJouets\nCHAUVIN, rue Chariot, 24, Equipp. militaires Guides.\nVélocipèdes\nLA FLORE, 104, boulevard Sébastopol: :\nVitraux. . . .\nVITRAUX « GLACIER »,23, r. d’Hauteville. Fen.dcp. 15f.\nPhotographes\nPIERRE PETIT, place Cadet.\nVente à crédit\nA n DAN (EIRTTI 9, r. de la Douane, seule\nUll D U—-H) maison vendant à crédit\nau même prix qu’au comptant tous objets à l'usage de\nla toilette, bijoux.\nHygiène, Médecine, Pharmacie\nPharmacie Centrale des Spécialités, MRz„RA!“ s.\nrecom mande pour la qualité de ses produits.\nLE MEILLEUR MARCHÉ DE TOUT PARIS :\nPHARMACIE CENTRALE DU NORD\n132, rue Lafayette (Catalogue franco, 200 pages).\nAméricaine a Fatesson »\nfait cesser les Ecoulements les plus\nrebelles, récents ou anciens. 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'Disparition des rides, guérison certaine de l'o-\nbésité. —Mardi, jeudi, samedi, de 2 à 5 heures.\ng A 73 i T c PAIN DE SOYA\nIACE H £ Notice Franco.\nDESVILLES, 24, rue Etienne-Marcel, Paria.\nAEIN A IAAHRm Antiseptique inoffensif et d’odeur\nUANNAMDAD agréable. Guérit pertes blanches,\nmétrites, etc. Toilette intime des Dames. Franco contre\nmandat-poste 3 fr. 50. Pharmacie 160, rue St-Denis,\nParis.. .\nECZEMAS Pommade balsamique, 13, r. du Gd-Prieuré.\nODEUR DES PIEDS, Poudre Failly, 38, rue de Bondy.\nINJECTION GAULOISE, s uccès. 100, r. Vieille-du-Temp le\ny A VAM n94p La meilleure et la plus pure des li-\nRAIV D vil queues de table.— Echon s. demande.\nMédaille d'or, Paris 1889. — Flac. d’un litre, 4.50 —\n1/2 fl., 2.50. Dépôt : Dervillez, 15, r. Réaumur, Paris.\nVERDIER, 31, rue St-Denis, Hygiène de la bouche.\nAntisepsie des muqueuses par le Mondain. Espèces\ndentifrices pour préparer soi-même. Prix 2 fr. 25. 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Four\nnisseur des Manufactures de l’Etat Envoi sur toutes demandes,\nMEYRIGNAC, bandagiste, 229, rue St-Honoré, Paris\nPHOTOS, une GALANTS\net Agpgario intimes, etc. Ca-\nautres UUll IUvl s LO talog, clos, 75 c.\nc. timbres p r affr 1 et avec Spécimens. 5 fr. franco.\nDUCHÈNE, éditeur, AMSTERDAM.\n)HOTOGRAPHIES GALANTES\ni Scènes de boudoir. — 12 cartes 5 francs.\n— 12 ALBUMS 10 francs, contre mandat-poste,\nHenry, 134, cours Victor-Hugo, à Bordeaux.\nPRIX DE FABRIQUE-CHOIX CONSIDÉRABLE\nSuspensions 2 J ® g p p t Bijouterie\n“Comptolr Générale\n61 d Ameublement A. 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