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     "texte": "LE PÉRIL SOCIAL\nOn n'aura jamais plus belle occasion de\nconstater l'inutilité des gouvernements et le\nnéant de la politique .\nTout le monde , à cette heure , se passionne\npour ou contre le cabinet Duclerc ; la décla-\nration ministérielle est l'objet de toutes les\ndiscussions : c'est à peine si quelques jour-\nnaux font encore une petite place à Montceau-\nles - Mines , lecrime de M. Camille de Polignac\npasse presque iuaperçu , on néglige les gran-\ndes questions sur lesquelles M. Jules Roche\ns'efforce d'attirer l'attention de nos représen-\ntants , - on oublie Coquelin .\nQu'est - ce donc que cette fameuse déclara-\ntion ? Qu'y a - t - il ? - Rien .\nAbsolument rien .\nLa chose , par elle - même , n'est pas sur-\nprenante . Qu'un ministre parle pour ne rien\ndire , c'est son métier : il ne vit qu'à cette\ncondition .\nMais le comique , c'est de voir tout Paris ,\ntoute la France commenter très sérieusemeut\nce document qui n'existe pas , ce néant offi-\nciel , c'est de voir sacrifier à cette plaisanterie\ntant de préoccupations plus graves .\nVoilà la politique\naux grandes questions les solutions que de-\npuis si longtemps elles demandent , réaliser\nce superbe programme : Liberté , Egalité .\nComment faire pour reculer encore l'éché-\nance ?\nEh bien ! M. Duclerc a trouvé le moyen ;\nil a tendu la perche au Parlement :\n« Péril Social !!\nEt le Parlement a battu des mains .\nPeut - être les électeurs , s'ils étaient con-\nsultés , prendraient - ils la chose d'autre sorte .\nQu'est - ce qu'on nous veut avec cette\nrengaine ? s'il y a un péril social , qu'on nous\nle montre , et puis qu'on le combatte ! Ces\nanonymes qui colportent la sédition , qu'on\nles trouve !\nMais que signifient ces expressions mys-\ntérieuses ? Eh ! le seul péril , gouvernement ,\nc'est vous , car vous ne servez qu'à effrayer la\nnation !\nEt si elle ne s'effraie pas , elle rira .\nCette hydre de l'anarchie qui sort au bon\nmoment , comme un partin de si boîte , est\nbonne tout au plus à amuser des sénateurs .\nLe Prudhomme qui dirige actuellement les\naffaires ne peut lui - même s'y tromper . Evi-\ndemment son but est égoïste : il veut vivre ,\nvivre quand même , aux dépens du pays , à tout\nprix .\nMais que répondra - t - il , le jour où on exi-\ngera une enquête parlementaire sur ces fa-\nmeux désordres de Montceau et de Lyon ?\nCar c'est la sans doute le péril social .\n-\nCe ne sera plus de mots qu'il faudra nous\npayer , et ce ne sera pas un procès qu'on\npuisse renvoyer à une autre session .\nGambetta ne sauvera pas Duclerc , et peut-\nêtre Duclerc perdra - t - il Gambetta .\nKARL MOHR .\n",
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     "texte": "UN COMMUNARD\nA Bruxelles , en buvant du lambic , voici\nce que me raconta en 1873 le graveur Mar-\nIl est vrai que M. Duclerc a été bien habile . ❘tial contumax .\nNon pas qu'elle soit neuve , la ficelle dont il\ns'est servi ; il s'en faut . LE PÉRIL SOCIAL !\nnous la connaissions , n'est - ce pas ? Mais par\nces temps de dynamite et de pétrole , ce vieux\ncliché s'est rajeuni : M. Duclerc a au moins\nla sensation de l'actualité .\nLa Chambre d'ailleurs et le Sénat ne lui\ncèdent en rien sur ce point , et si les applau-\ndissements ont été rares , le consentement\ntacite semble unanime : la preuve , c'est que\nle Cabinet du pis - aller dure encore .\nQue voulez - vous ? représentants et gou-\nvernants étaient également embarrasss :\nl'heure sonnait entin où la République devait\nremplir le mandat qui lui incombe , donner\n&lt; .... Ça tapait dur dehors ! on se co-\ngnait ferme ! Moi , je recopiais tranquille-\nment un acte de naissance de la veille\n( j'étais employé à la mairie du ... arrondis-\nsement ) ; je faisais ce qu'on appelle cle\ndouble ; tout - à - coup , entrent deux hommes\nen paletot ; ils portaient un mioche enca-\npuchonné dans une pelisse bleu ciel déteinte\n&lt; Depuis le matin on s'était battu dans les\nquartiers environnants , et les obus rasaient\nle toit en déchirant l'air , la fusillade nourrie\nbourdonnait comme un essaim d'abeilles ,\non entendait des éboulements de cheminées\net des sonneries de clairon . La mairie était\nencore aux fédérés , mais elle allait être cernée .\nDe tous les employés j'étais le seul à mon\nposte ma foi ! Je n'avais que ma peau a dé-\nfendre ; sans famille ; je voulais voir jusqu'au\nbout et peut - etre mourir le grattoir à la\nmain . Ça ne se voit pas souvent dans l'ad-\nministration !\n&lt; Je n'étais pas un vieux gratte papier ,\npourtant mon entrée à la mairie datait du\nsiége , incapable de porter le flingot , puisque\nje suis bolteux , on m'avait utilisé en m'ad-\njoignant aux autres employés pour leration-\nnement au 18 Mars , j'étais resté pour voir\nd'abord , et puis je pensais qu'il faudrait bien\ninscrire , naissances , mariages , décès , sur-\ntout , voilà comment j'étais à mon poste\nquand les deux hommes entrèrent .\n- Drôle d'idée . leur dis - je en les toisant ,\nde venir déclarer un enfant maintenant .\n- Vite , inscrivez dit l'un d'eux , sexe mas-\nculin .\nPaf ! une bordée d'obus et de boîtes à\nmitraille , la fenêtre est défoncée par un éclat\net deux balles s'applatissent sur le mur a\ncôté de nous .\n&lt; Mes hommes lâchent l'enfant , le dépo-\nsent sur le banc du public et de gringolent\ndans l'escalier en se bousculant ; ils arrivent\ndans la cour , un obus décroche un balcon\nqui leur tombe sur la nuque et les colle a\nterre .\nC ... ! láches ! criai - je , tout haut , c'est\nbien fait !\n&lt; Je n'avais pas peur , j'étais abruti . Je\nprends l'enfant et je vais ponr décamper ;\ntout - à - coup je réfléchis : Si nous ne sommes\npas nettoyés en route , voilà un gars qui\nn'aura pas d'état - civil , alors tranquillement ,\nbêtement , je me mets à faire son acte de\nnaissance : je lui donne mon nom : Martial ,\nfils de père et mère inconnus , et j'ajoute :\n&lt;&lt;&lt; Les déclarants , obligés de s'enfuir au mo-\nment où les obus tombaient dans la mairie » .\nJe signe et en route !\nOn était au plus fort de la bagarre , l'armée\nattaquait les barricades , à gauche de la\nmairie , il pleuvait du fer , du plomb et des\nmoellons ; si j'avais encore été seul je me\nserais fait casser la gueule sans souci , mais\nme voilà père maintenant , il fallait l'en tirer ,\nce moutard ; je file comme une balle le\nlong des maisons , en me garant a chaque\nposte entre deux coups de fusil . On ne voit\nplus que de la fumée ; j'arrive au carrefour ,\nles fédérés m'interrogent , je m'explique ,\nl'un d'eux , fort en colère , me reconnait , c'é-\ntait un chef , il m'avait vu souvent à la\nmairie , &lt; Laissez passer le boiteux au gosse &gt;\ncrie - t - il ; je continue . J'arrive enfin chez moi ,\nde poste en poste , de barricade en barri-\nricade .\n&lt; Chez moi , je n'entendais , plus qu'un\ncliquetis d'acier , on se battait à la baion-\nnette : on ne s'en tuait que mieux .\n« Rentré dans ma chambre , l'enfant se\nmet à geindre , il avait soif , parbleul je sa-\nvais bien qu'il y a des biberons , mais les\nherboristes étaient fermés ; lans la maison ,\npersonnel je ne savais pas le métier de\nnourrice ; père et nourrice en une heure ! De\nl'eau tiède sucrée , d'abord me dis - je , puis\nnous verrons .\n&lt; Toute la nuit on s'égorge , le feu prend\nen fare ; enfin , je place mon oreiller dans\nun tiroir de commode , j'y depose le marmot\nendormi , je colle mon matelas à la fenêtre ,\npuis j'attends . Toujours l'eau , mais tiède ;\nil braille , l'animal ! Enfin je m'endors ex-\nténué à côté du tiroir .\n« Au petit jour , des coups de crosse dans\nla porte , j'ouvre . &lt; - Y a - t - il des armes ?\ndemande un sergent , noir de sang et de\npoudre .\n&lt;&lt; - Non ! dis - je .\n- Et ça , reprend le soldat , en montrant\nle tiroir a l'enfant . Ça ? c'est à vous .\n- Non c'est un orphelin .\n&lt; - Alors par le flanc gauche , dit le ser-\ngent aus autres , inutile de fouiller .\n&lt; Jusque là , ça va bien , mais c'est la suite\nqui manquede charmes j'avais bien des sous ,\nmais pas pour plus de quinze jours ; j'avais\nbien mon état de graveur , mais les cachets\net les cartes de visite , ça n'allait guère ; et\npuis , est - ce qu'on n'allait pas me pousuivre ,\nest - ce qu'on ne me chercherait pas ? Mettre\nce petit en nourrice , impossible , aller cher-\ncher du travail , imprudent ; rester chez moi ,\non m'y pincerait ; pas aisé d'être « nourrice\nsèche » comme on dit en pareille circons-\ntance .\n&lt; Enfin , pendant huit longs mois je m'en\nsuis tiré tout de même . J'avais changé de\nquartier , par exemple : j'avais filé à Pautre\nbout de Paris , traînant dans une voiture à\nbras mes frusques et le gosse . Toute la\njournée je l'emmaillotais ; lui il biberonnait\nà son aise ; ça faisait l'admiration des com-\nmères .\n« Comme j'avais une « belle - main » j'ai\nvécu tout ce temps - là en faisant des rêles a\ncinq sous pour un notaire , et en copiant des\npièces de théâtre pour des agents drama-\ntiques . Je ne sortais que le soir pour re-\nporter mon ouvrage ; la concierge gardait\nle gosse pendant ce temps - là . Je n'étais pas\ntranquille : c'est souvent si peu soigneux\navec un enfant , les femmes !\nUn beau jour il me passa une idée : si\nj'allais régulariser l'état civil du petit ; on ne\npense plus à moi . Après bien des hésitations ,\nj'habille Martial , je lemets sur mon bras el ,\npour la première fois , je sors en plein jour .\nJe pars dans la direction de la mairie , a la\nporte , je n'ose pas entrer tout de go , et puis\npar prudence , je consulte les jugements par\ncontumace placardés , le petit chantonnait et\ntendait ses bras vers les affiches bleues et\nrouges ; j'en ai eu une chance ! j'y étais ! et\ncomdamné à la déportation simple , s'il\nvous plaît , pour usurpation de fonctions ,\nenrólements , etc .. j'en eus froid jusque dans\nles orteils .\n« Oh ! ça n'a pas trainé ; je t'en ficherai\ndes enfants à reconnaitre ! - Un mois après\nj'étais parti , il m'a encore fallu un mois !\npour avoir l'argent afin de partir ! j'étais\ndans les transes , un boiteux pensez donc ,\nc'est facile à reconnaitre :",
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     "texte": "travers la Rive Gauche\nNous avons reçu plusieurs lettres d'Etu-\ndiants qui nous demandent si la Nouvelle\n« Rive Gauche est un troisième organe des\nEcoles , ou si elle se désintéresse complète-\nment des choses quartier - latinesques .\nLa question est nettement posée , nous\nallons y répondre d'une façon non moins\nnette .\nLa Nouvelle « Rive Gauche » n'est pas\nl'organe spécial des Etudiants qui ont\nd'ailleurs deux feuilles à leur dévotion :\nl'ETUDIANT qui représente l'élément sérieux ,\net le QUARTIER LATIN qui représente l'élé-\nment blague .\nNous , nous visons plus loin . Et tout en\nrestant dévoué aux Etudiants\npuisque\ntoute l'ancienne rédaction du Quartier latin ,\nje parle de la rédaction attitrée , etnon pas\nde la flottante , a passé chez nous , - nous\nvoulons être également l'organe de la rive\ngauche entière , artistique , littéraire et poli-\ntique . Les productions Etudiantesques\ntrouveront toujours un sympathiqueaccueil\nchez nous , mais nous recevrons aussi les\nautres , les rives - gauchers quelconques qui\nse trouvent avoir encore un peu souci\nde littérature , et quelques bonssonnets dans\nleur portefeuille .\nNous savons qu'au quartier , la blague n'est\npas tout , et que pour beaucoup les questions\nsociales et politiques , dédaignées par cer-\ntains , ont une prépondérante importance .\nC'est aussi à ceux - là que nous nous adres-\nsons . Le groupe socialiste de la jeunesse\ndes Ecoles , en particulier , nous trouvera\ntoujours disposés à faire partà nos lecteurs\ndes communications qu'il voudra bien nous\nfaire .\nC'est assez dire que nous ouvrons écossai-\nsement nos colonnes à tous les oseurs :\nlittéraires , sociaux , et politiques . »\nNous fermerons peut être ainsi la bouche\nà ceux qui s'en vont partout répétant que\nle quartier latin est pourri , et que les fils\nde bourgeois ont du « jus depruneau » dans\nles veines .\nLe Figaro , par l'intermédiaire de M. Albert\nWolf vient de faire une découverte qui\nhonore sa perspicacité . Et certainement\nle poète qu'il vient d'annoncer au monde ,\ncar c'est un poète , devra lui avoir une\nénorme reconnaissance d'être par lui et\navec l'éclat que l'on sait , tiré de l'obscurité\noù il croupissait depuis des dizaines d'années\npeut - être , dans le désespoir le plus affreux .\nCe poète puisqu'il faut l'appelerpar son nom ,\ns'appelle Maurice Rollinet , Rollinit , Rollin .\n- Rollinat parbleu !\n- Comment vous le connaissez ?\n- Mon Dieu oui , depuis quelque chose\ncomme dix ans .\n- Allons donc , puisque c'est M. Wolf ...\n- Monsieur Wolf ne sait peut - être pas ,\nmais nous , nous savons , au quartier latin ,\nque Rofliuat a déjà publié un volume trés re-\nmarqué , intitulé , « Dans les Brandes , » dont\nles principales pièces ont été fort goutées\nau cercle ces Hydropathes .\n- Ahl oui ! le cercle des jeunes gens qui\n« se montent le coup . ( Dixit Wolf . )\nParfaitement et ses a Névroses même ,\nsont connues presque en entier sur la rive\ngauche , parole et musique .\nMais cependant , Monsieur Wolf ....\n- Il s'est fait entendre dans plusieurs\ncercles d'intimes , et il a même reçu chez\nlui Barbey d'Aurevilly qui lui a consacré\ndans le Constitutionnel un très remarquable\net très consciencieux article .\n-Comment ! mais M. Albert Wolf .\n- D'autre part Léon Bloy , dans le Fuyer ,\nl'a découvert , lui aussi , au point de vue\nchrétien , par exemple , voilà quelques mois\ndéjà , et l'article qu'il a écrit sur lui , tout\ndithyrambique qu'il soit , n'en est pas\nmoins antérieur à celui de M. Albert Wolf .\n- Mais enfin ... ?\nencore\n",
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     "texte": "LA YOIX DU TEMPS\nEn s'appuyant du front au mur des maisons vieille\nAnx dangereur ébranlements ,\nOn croit saisir un bruit confus de voix pareilles\nA de lointains chuchotements ,\nUn bruit tout à la fois étrange et monotone ,\nUn concert très - vieux , tout nouveau ,\nUne voix qui tantôt gémit , tantôt chantenne ,\nPrenant le cœur et le cerveau :\nOr , c'est la voix du temps , qui dans les choses mortes\nReste éternellemeut debout ,\nQui seul voit se fermer et se rouvrir les portes ,\nEt qu'en oublie , et qui sait tout .\nII a choisi ce mur , qui conserve les trades\nDe ceux qui maintenant sont loin ,\nPour y chanter le grand enseignement des races ;\nLui , leur immuable témoin .\nIl dit la lutte des radieuses chîmères\nEt des mornes réalités ,\nCe mur où tant de fronts dans les heures amères\nAvant le mien se sont heartés .\nIl dit la vie , hélas ! et ses voluptés brèves ,\nCar il vit\nPlus d'un\nDont\nDans sa voix pleurent les longs deuils ,\ndes berceaux s'envoler les beaux réves ,\nEt s'enfermer dans les cercueils .\npendu l'a fait , trouvant lentes les Parques ,\nTémoin d'un suicide obscur\npeuvent les vivants voir encore les marques :\nCe sont ces trous au haut du mur .\nJa fatidique voix prend un deceitt qui raille\nPour peindre tant de passions\nDont réveillafent l'écho de la vieille muraille\nLes mortes générations .\n- Et enfin , comme vous le dites , si vous\nallez le vendredi aux Hirsutes\nune société où l'on se monte le coup , n'est-\ncepas , Monsieur Wolf ? - vous l'ytrouveriez\nquelquefois , vous l'auriez même trouvé ,\navaut que l'eût découvert le chroniqueur\nElle imite le bruit des baisers où s'attarde\ndu Figaro , faisant frissonner l'auditoire\nL'amante , où s'enivre l'amant ,\navec sa musique étrange , qu'il chante de Ignorant qu'un témoin est là , qui les regarde ,\nEt les juge impassible ment .\ncette voix stridente et sensationnante qui\nlui est particulière .\n- Alors , vous croyez que M. Albert\nWolf n'est pas arrivé bon premier dans la\ndécouverte ? ...\n- Je le crains .\nSAINT - MICHEL .\nPetit avis peintsur un mur d'Allevare .\n« Défense de déposer des ordures le\nlong de ce mur , sous peine d'amende ,\nou de recevoir un seau d'eau ! &gt;\nLe delinquant a - t - il le choix du cha-\ntiment ou l'application de la peine est\nelle laissée au bon plaisir d'un préposé ?\nDans ce dernier casnous n'hésitons pas\nà protester .\nN * 2 . Feuilleton de La Nouvelle Hive Gauche . füt ineffaçablement gravé dans sa mé-\n",
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     "texte": "LES PERVERS\nL'ADIEU DE GEORGES\n( Suite )\nIls disparurent dans le bosquet , puis\nelle revint seule , se campant instinc-\ntivement sur la limité de la petite cour ét\ndu jardin , juste en face de ma fenêtre . Je\nlui fis un signe de la main , auquel elle\nrépondit discrétement , un peu génée par\nla crainte d'être aperçue de son paraly-\ntique .\nSoudain , une idée folle me traversa le\ncerveau . J'avais la l'occasion , peut-\nêtre unique , de la revoir une dernière\nfois , et je resolus de le faire dans des\ncirconstances telles que le souvenir en\nmoire .\nEnjambant résolument la fenetre , je\nme dirigeai , un pied dans la gouttière\net l'autre sur le toit , jusqu'à un petit gre-\nnier distant de quelques mètres , contre\nla porte duquel s'appuyait une échelle .\nA priori , le projet semblait insensé , mais ,\nentre nous , l'exécution en était facile et\nsans le moindre danger . Pourtant , vue\nd'en bas , par cette femme haletante de\npeur , et dont l'amour exagérait tout , j'é-\ntais bien sûr que ma silhouette découpée\nsur le toit , dans un rayon de lune , était\nd'un effet fantastique .\nEn quelques secondes , j'étais dans la\ncour , et je la reçus dans mes bras , pâle\net deini - morte de terreur , tellement\némue , qu'elle ne put articuler que ces\nquatre mots ; Ah ! que je t'aime ! »\nEt , m'étreignant éperdûment de ses\ndeux bras , elle me couvrit de baisers\nfous sans même penser qu'on pouvait\nIl redit , le vieux mur , sans pitié pour nos âmes\nQu'assourdissent les vanités ,\nTout ce qu'il entendit de paroles infâmes ,\nTout ce qu'ibrit d'iniquités .\nIl raconte , d'un ton sonore et métallique ,\nLe coup rapide du couteau ,\nLe froid assassinat qui du vol se complique ,\nLe cadavre sous le manteau .\nMais il prend une voix consolante pour dire\nLes cœurs noblement ingénus ,\nLes mères se mourant dans un obscur martyre\nTous les dévouments inconnus .\nEt cette voix du temps , qui caresse et qui froisse ,\nEmplit l'orelle d'un fris son\nOù chantent tort les morts leur joie et leur angoisse\nCHARLES MORICE\nDans un formidable unisson .\n' entendre et qu'elle se perdait . Elle m'ap-\npartenait si bien et tout entière , à cette\nheure , que je n'aurais eu qu'un mot à\ndire pour qu'elle se dounât à moi , là ,\ninstantanément à deux pas du mari , par-\nfaitement oublié pour le moment .\nMais tout à coup le bruit sec d'un pa-\npier qu'on déchire retentit dans le bas-\nquet , et la voix traſnarde et pleureuse de\nM. de Hixe gémit : Louise , où es - tu\ndonc ?, Cette pauvre et navrante moitié\nde mari appelait sa femme pour qu'elle le\nreboutonnât .\nLouise brusquement et lourdement re\ntomba des hauteurs étoilées de son rêve\ndans l'épouvantable réalité . Le boulet\nqu'elle traînait au pied la rappelait à sa\nchaîne .\nElle ne jeta qu'un rugissement Ah !\nmais ses traits subitement contractés ,\nexprintaient un dégoût si profond et une\nsi intense horreur que si je lui avais mis\nun couteau à la main , à cet instant , elle\n",
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     "texte": "LA ROUTINE\nHABITUDES . PRÉJUGÉS , CONVENTIONS\nI\nRien n'existe : il n'y a que des relations .\nLe bien et le mal , le vrai et le fans , le beau\net le laid ne sont point tels par eux - mêmes ;\nune convention tacite et arbitraire donne à\nces mots leur sens ; mais l'idée qu ' is repré-\nsentent n'a pas de réalité en dehors de nos\ncerveaux .\nC'est vraiment une navrante farce que\nl'argumentation par laquelle bea acoup de\nphilosophes s'efforcent d'établir la certitude .\nVoyez par exemple , ce qu'ils appellent le\nconsentement universel .\nQue veulent - ils dire ? Est - cedes peuples civi-\nlisés qu'ils parlent ? la concluante preuvel\nque des nations aveuglées depuis tant de\nsiècles par la routine sociale se rencontrent\ndans quelques affirmations capitales ser\nlesquelles la société entière fonde ses insti-\ntutions , n'est - ce pas en effet bien su prenant ?\nLa société , pour exister , et pour donner à\nses lois répréhensives une apparence d'infail-\nlibilité , a besoin de la morale : elle l'affirme ,\net pour l'établir elle entasse hypocritement\ndes arguments en apparence désintéréssés .\nUu seul est sincère : la morale e :: iste parce\nqu'elle nous est nécessaire , &gt; disent les peu-\nples civilisés .\nUn exemple : l'inceste . - Je suis sûr que\nles bourgeois , s'il y en a qui ne lisent ,\ns'arrêteront à ce mot : je continue donc sans\nscrupule . - L'immoralité de l'inceste n'est\nqu'une convention sociale , qui meme n'est\npas reconnue par toutes les civilisations . La\nreligion chrétienne en proscrivant les allian-\nces entre parents semble commettre une\nsingulière inconséquence : en admettant , en\neffet , la doctrine de la Bible et la naissance\nde toute l'humanité dans un seu homme ,\nn'est - on pas obligé de conclure que le dève-\nloppement de notre race n'a pu se produire\nqu'au moyen de plusieurs incestes ? Les juifs\nne se mariaient - ils pas dans le se n de leurs\nfamilles ? Mais la societé juive est morte , et\nvoilà bien l'unique motif dela prohibition\nqui nous occupe : l'inceste est antisocial .\nEt quoique il existe partout autour de\nnous dans la nature , quoique tous les ani-\nmaux nous en donnent l'exemple l'homme\nse le défend : il est vrai que les animaux\nne vivent pas en société .\nCe que j'ai dit de l'inceste , j'aurais pu le\ndire tout aussi bien et de la polygamie et de\nla polyandrie , et même du mariage ....... ca\nn'est qu'un exemple .\neût été intmanquablement , poussée\npar une irrésistible force magnétique ,\nplanter dans le cour de son inart .\nBrusquement , je m'arrachal à son\nétreinte , et repris le chemin aérien de\nma chambre , satisfait d'avoir rayé indé-\nlébilement le marbre de son indiference\net soulevé une inapaisable terapête sur\nelac si longtemps endormi do sa pré-\nsomptueuse tranquillité d'auparavant . Et\nje resolus de ne la jamais revoir , certain\nque mon souvenir était désormais cloue\nà sa vie , inévitablement evoque , Yes soirs\nde lune , par l'éternelle loi des contrastés ,\ncôte à côte avec ce cauchemar : le papier\nconjugal .\nVoilà pourquoi j'ai cessé d'aller i x\nréceptions d'hiver de la baronne de\nHixe .\nFIN .\nL60 TRÉZENIK .",
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     "texte": "LA NOUVELLE NVE GAUCHE\n8\nVoilà donc la valeur de ce consentement\nuniversel des peuples civilisés . - Peut - être\nles philosophes prétendent - ils leur adjoindre\nles peuples sauvages ? Alors ce n'est plus\nqu'une mauvaise plaisanterie . « Même les\npeuplades sans lois , même les tribus no-\nmades ont l'idée de Dieu , et si elles se trom-\npent sur l'objet de leur adoration , du moins\nelles sentent et prouvent la nécessité d'ado-\nrer . C'est à peu près ainsi que déraison\nnent ces raisonneurs . On leur a fait une\nréponse très simple , mais ils ont feint de ne\npas l'entendre : c'est pourquoi je ne crois\npas inutile de la répéter .\nIl serait bien étonnant que les sauvages ,\ndépourvus de toote idée abstraite , aient\nexceptionnellement conçu celle de Dieu .\nEt en effet , à voir les choses sans parti pris ,\nelles perdent le sens qu'on veut leur donner .\nLes sauvages ne font pas , à proprement\nparler , des antes d'adoration : ce sont bien\nplutôt des actes de conjuration , ces sacrifices\nd'animaux et quelquefois d'êtres humains ,\ncęs danses bizarres et hystériques , ces gri-\nmaces , ces contorsions , ces crises des bonzes\ndevant l'idole . Et qu'est - ce - que l'idole ? C'est\nle feu , la foudre , le vent , toujours quelque\nchose de redoutable . L'homme s'incline de-\nvant ce qui le surpasse : est - ce là de l'ado-\nration ? ces épouvantails sont - ils des dieux ?\noui , dans le sens où Lucrèce l'a dit :\nPrimus in orbe deos fecit timor .\nA mesure que les peuples se civilisent et\ns'instruisent , cette prétendue notion de Dieu\ns'etface de leor cerveau : les nations raffines\nsont athées .\nCar il y a des erreurs qui nous deviennent\ntrès chères . Elles nous ont été présentées sous\nun si beau jour par des étres qu'il nous était\nsi doux de croire ! Qui conteste la force des\ntraditions ? N'y a - t - il pas des gens qui vous\ndisent sans rire : Je crois ceci parce que c'est la\nfoi de mes ancêtres ? Beaucoup ne sont que les\nfils de leur père ; toute leur doctrine , toute\nleur originalité , toute leur force , c'est le om\nqu'ils portent ; ils s'épargnent ainsi la peine\nde raisonner pour leur propre compte , et puis ,\nil y a tout bénéfice à continuer l'œuvre\npaternelle .\nMais , si fatalement nous devons suivre les\nerrements de nos devanciers , signer leur\ncredo , jurer sur leur parole , qu'avons - nous\nà faire de notre intelligence ? Pourquoi écrit-\non ? qui veut - on persuader , puisque chacun\na sa doctrine toute faite ?\nes raisonnements ne peuvent être com-\npris de gens qui mettent leur honneur à\ndéraisonner ; ne pourraient - il pas , d ailleurs ,\nm'opposer les croyances de tant de siècles ,\nl'aveu de tant de génies qui me contredi-\nsent ? Quelque chose comme le consente-\nment universel des peuples .\nComment détourner le courant de l'er-\nreur ? L'œuvre est impossible . Les préjugés\nse fortifient en vieillissant ; ils ont pour bou-\nclier l'habitude , des conventions pour sou-\ntiens . Tout autour s'accumulent les égoïs-\nmes intéressés à les défendre .\nHABITUDES , FRÉJUGÉS , CONVENTIONS ,\nvoil , toute la societe . Contra fictions de mille\nsortes , routines que rien n'excuse , hypocri-\nsies abominables , voilà ce qu'on découvre a\nCe serait bien autre chose si nous deman - premier regard , quand on a su se con quérir\ndions à ces même tribus sauvages leurs l'independance sans laquelle on ne peut\nidées sur le morale . Le mariage existe - t - il\nchez toutes et la polygamie ?.\nIl y a des antropophages qui mangent les\nvieillards régulièrement après mu certain\nAge . Croyez - vous que cela ait dérouté nos\navocats du consentement universel ? Pas un\ninstant . Dette pratique n'est pas , comme\nvous auriez la naïveté de le croire , un acte\nd'inpicte filiale : au contraire Siles sauvages\nmangent leurs pères , c'est - Nota bene\npour leur épargner les ennuis de la vieil-\nlesse .\n-\nAvais - je tort de dire que l'argumentation\nde ces philosophes est de la grosse comédie ,\nde la bouffonnerie , de la fatce ?\nFarce navrante néanmoins : que devient la\ncertitude ?\nJe ne sais pas . Tout ce que je sais , c'est\nque je ne peux rien savoir\nL'affirmation a toujours tort : la vérité ,\npeut - être , c'est le doute .\n-\nLe doute au point de vue philosophique ,\nmais au point de vue social , la négation .\nEt n'est - ce pas le seul parti à prendre en\nface de cette monstrueuse machine , la\nSociété ?\nConcevez - vous un édifice social sans phi-\nlosophie , c'est - à - dire se passant d'idées sur\nDieu , l'Ame et le Monde ? Non n'est - ce pas ,\ncar il faut aux peuples au moins une philo-\nsophie légale , qui doit fatalement se fonder\nsur une métaphysique et une psychologie ,\nqu'elles soient affirmatives ou négatives .\nMais où la société prendra - t - elle le temps de\nfaire de telles études ? si el'e est nécessaire ,\nelle doit exister de suite et sans interruption ,\nans boulversements même , et sans táton-\nsements , et de toutes pièces . Elle existe donc ,\net elle garde , en dépit des revolutions , sa\nphilosophie officielle qui toujours et quand\nmême affirme aveuglément . C'est l'à priori\ninfaillibles\nEt elle pare de noms retentissants les\nerreurs qui lui sont essentielles .\nMais ceux qui me selaissent pas séduire au\nson des mots , en savent bien reconnaitre le\nnde . Pedosent le dire .\nII\nC'est que pour se faire à soi - même cette\nconviction , it faut d'abord effort pénible\nqui demande une indépendance et un contage\ntrès rares échapper à l'apparente réalité\ndes choses , à la routine enveloppante qui\ndès l'enfance sous enferme dans son cercle ,\naux influences des amitiés et des souve-\ntirs , de la famille et des premiers maîtres .\natteindre à la vérité .\nOr , s'il est difficile de se faire à soi - même\nces convictions , il faut une étrange audace\npour les dire .\nJ'avoue même que mon grand étonnement\nest que la société permette la propagation de\ntelles doctrines . De sa part , la tolérance est un\nmanque de logique .\nLa Liberté est un contre - sens .\nQui sait pourtant ! je me trompe sans\ntoute . La société estinébranlablement assise ,\nelle peut se permettre ces imprudences .\nTant de siècles aveuglés ! Tant de recom-\nmencements inféconds ! Tant de révolutions\navortées ! qu'a - t - elle à oraindre ? Le passé\nne lui est - il pas un sûr garant de l'avenir ?\nQue peut l'Individu éphémère et isolé\ncontre le monstre Multitude qui dure éter-\nnellement ?\nII\nIl ne manquera sans doute pas de logi-\nciens pour nous demander : Mais alors , quel\nest le but de ces Etudes ? Puisque vous ne\npensez pas mieux réussir que vos devanciers ,\nchanger un iota au grand tout social , que\nvoulez - vous ? Au fond , vous mentez : vous\navez , quoi que vous en disiez , l'outrecuidante\nspérance d'être écoutés .\nNon , nous savons bien que notre effort sera\nstérile , et peu nous en chaut !\nNous ne croyons pas à l'utilité Nous l'a-\nvouons ingénument : détruire nous embar-\nrasserait , car nous n'avons rien à mettre\nà la place de ce qui est . Et peut - être est - il\nbon que les choses aillent mal .\nVous n'êtes donc pas socialistes ?\nNous sommes anti - sociaux .\nNotre désir , notre rêve à nous , serait\nd'échapper a cette société détestable où nous\nsommes . C'est impossible , il n'y a plus de\nsolitudes , et il est defendu de se désinteres-\nser de la chose universelte . La loi est une\nrobe de Nessus dont rien ne peut nous déli-\nvrer .\nMais du moins , ayant vu ou cru voir le\nnéant des affirmations reçues , les dessous\ndes réspectabilités et des honorabilités am-\nbiantes , l'inanité , l'infamie des prétendues\nnécessités sociales , nous disons ce que nous\navons vu , sans nous demander à quoi bon ;\nnous disons les monstruosités que peu re .\nmorquent , peut - tre précisément parce qu'el-\nles leur crèvent les yeux , - que presque per-\nsonne n'ose dénoncer .\nA suivre\nMANARCH .\n",
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     "texte": "LES\nRealités Invraisemblables\nHier , sur les trois heures de l'apres-\nmidi , la ci.culation s'est trouvée soudai-\nnement interrompue au boulevard des\nItaliens . Des femmes s'enfuyaient gla-\npissantes et affolées , des vieillards et des\nenfants piétinés par une foule apeurée\nrâlaient sur le macadam .\nUne phthysie galopante venait de se\nruer dans une pâtisserie bien connue du\nboulevard ...\nUn brave gardien de la paix , au péril\nde sa vie , se précipita aux naseaux de\nl'animal furieux , et réussit à le måter ,\naprès s'être fait traîner une dizaine de\nmètres .\nOn ne saurait trop récompenser de tels\nactes de courage .\nLa nuit dernière , la concierge , du\nnuméro 4 de la rue Saint - André - des - Arts\na mis au monde un enfant mort . Le mal\nheureux s'était pendu , dans le sein de\nsa mère , avec son cordon ombilical .\nBien que rien ne fit prévoir ce funeste\ndénouement , les hommes de l'art , ap-\npelés pour constater le décès , ont conclu\ndans le sens du suicide . Ils attribuent\ncette misanthropie précoce à l'abus quo-\ntidien , que faisait sa mère , de la litté-\ntératured Emile Richebourg et de Ponson\ndu Terrail !\nToujours les drames de l'amour !\nUn jeune poitrinaire , abandonné par\nsa maîtresse , doscendit , désespéré , au\nfond d'une de ses cavernes pulmonaires ,\navec l'intention d'y élire définitivement\ndomicile . Quelle ne fut pas sa profonde\nstupéfaction en y trouvant installés deux\nénormes ours blancs amenés la proba-\nblement par la rigueur de l'hiver de\n1870 .\nComme l'infortuné n'a pas reparu , on\nsuppose qu'il a été dévoré par les deux\nfauves .\nUne enquête fut ouverte , mais on\nse vit bientot obligé de la refermer , des\nanarchistes bourrés de dynamite , ayant\ntrouvé moyen de s'y glisser , à la faveur\nde l'obscurité qui règne sur toute cette\naffaire .\nMIC - MAC .\nPoèmes on Prose\n",
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     "texte": "LE LENDEMAIN\nIvre de la joyeuse ivresse de Kirsch , cette\ncompatissanteliqueurà travers la quelle tout\nse transfigure et s'embellit , et qui ne nous\ndemande pas notre dignité en échange de la\ngafté qu'elle nous donne , il se dit que , се\nsoir - là , la chance ne pouvait manquer de\nlui sourire , et , prenant sur lui toute sa for-\ntune , il entra au cercle .\nLa salle lui parut admirable , les cartes\naussi , et les pontes ; l'or avait certainement\nun éclat inaccoutumé , et certainementencore\nles joueurs ne l'avaient jamais salué avec\nautant de politesse .\nLe cœur plein d'espérance , il s'assied , jette\nun louis sur le tapis , ramasse ses cartes .\nIl perd .\nUn sourire de complète félicité épanouit\nses lèvres , et dès cetinstant , ne le quitte plus .\nChaque fois cependant qu'il sort un louis de\nsa poche , c'est pour le voir disparaitre sous\nle fatal rateau . Aussi les sommes vont s'en-\ntassant , et tout a l'heure il n'aura plus rien .\nMais on dirait qu'il attend , qu'il désire се\ndénouement . Les joueurs le contemplent , et\nleurs regards disent un étonnement mêlé\nd'effroi , car nul d'entre eux ne peut s'expli-\nquer le sourire de cet homme qui perd sa\nfortune avec une gaîté silencieuse , profonde ,\nsûre d'elle - même .\nQuant à lui , si du haut de sa pleine séne-\nrit il accorde de fois à autre un coup d'œil\nà ses compagnons de jeu , ce n'est qu'avec\nune cominisération qui semble quêter des\nexcuses pour son insolent bonheur , et il\ntire les louis de son gousset , les billets de\nson porte - feuille , avec la mème modestie que\nd'autres affectent quand ils empochent .\nPersonnage vraiment énigmatique pour\nle vulgaire : mais ceux qui , dans l'ennui de\nl'éxistence , sont à la recherche des jouis-\nsances bizarres , eussent peut - être pénétré le\nmystère de ses singulières allures . - Il avait\ncette sensation plus difficile à exprimer qu'à\ndeviner , cette sensation contradictoire : il\ncroyait mettre quand il prenait . Il s'imagi-\nnait - radieuse ivressel - gagner , s'enrichir ,\naccumuler , et il n'avait que cette inquiétude :\npourrait - ilemporter tout seul le poids énorme\nde ses nouvelles richesses ?\nLorsqu'il fut absolument à sec , car pas une\nfois le hasard ne l'avait épargné , il se leva\nenfin : la séance avait duré trois heures . Et\nrougissant , timide , mais les lèvres toujours\nentr'ouvertes par son éternel sourire de béa-\ntitude , il s'esquiva , sans éclat , laissant le\ncercle stupéfait . On crut à une gageure .\nEt sa nuit fut pleine de délicieux rèves , de\nces rêves de splendeur qui viennent parfois\nrailler les faméliques sur leurs grabats . -\nQue d'heureux il faisait à son tour ! comme\ngenéreusement il partageait avec les misé-\nrables le gain de cette étonnante soirée .\nLe réveil ... Eh ! pourquoi s'éveiller ! Si le\nsommeil est effroyable avec l'inconnu où il\nnous plonge et l'impuissance à laquelle il\nnous condamne , n'est - il pas cependant la\nconsolation unique , le seul asile qui nous\nsoit ouvert ? ses illusions nous reposent au\nmoins\nD'un monde où l'action n'est pas la sœur du rêve .\nLe réveil fut abominable . Alors la réalité\ns'imposa , la ruine . It se souvint , vit le pré-\nsent , comprit l'avenir , ce fut un éclair , et ,\ndans cet instant d'ineffable angoisse , il souf-\nfrit autant qu il avait jout dans toute la soirée\nprécédente .\nEt l'oublieux eut cette ingratitude : il mau-\ndit la prestigieuse liqueur qui par compas-\nsion l'avait déçu , comme si ce n'était pas\nune rare et enviable existence , celle qui ,\ndans des années d'enfer , compte un quart\nd'heure de paradis !\nRÈGLE - TOI SUR TON VOISIN .\nSa chevelure l'occupait uniquement .\nLongtemps il en díscuta la disposition\navec les meilleurs coiffeurs et ce ne fut\nqu'après bien des débats et plusieurs , essais\nqu'il fit un choix definitif .\nIl se peigna à la Jésus , la raie au milieu ,\nles cheveux longs , ondés , retombant à droite\net à gauche .\nCelà lui réussit fort bien ; il était blond et\nce modo un peu féminin cadrait admirable-\nment avec la grande douceur de sa physio-\nnomie . Il lui dut bien des conquètes , et\nvraisemblablement il pensait avoir trouvé\nsa finale combinaison pilaire , quand , un\njour , le hasard de la pro nenade le mit en\nprésence d'un individu dont le système tout\ndifférent du cion lui parut préférable .\nC'était un de ces personnages qui dans les\ngrands bazars de confection font l'article sur\nle pas de la porte , et en même temps , peut-\nètre , d'autres métiers .\nIl portait les cheveux longs aussi , mais\nsans raie , presque en désordre , apparente\ninsouciance qui sans doute était un raffine-\nment . Les paysans bretons sont coiffés à\npeu près ainsi par la nature .\nCes deux artistes se considérèrent longue-\nment , avec une admiration réciproque , et ,\nsans s'adresser la parole , se saluèrent , pais ,\nrentré chez lui , notre monomane réforma\nsa coiffure , à la pretonne . Ce ne fut pas sans",
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     "texte": "4\nLA NOUVELLE RIVE GAUCHE\npeine , mais il y parvint , et le soir même ,\npour se faire voir , il se rendit au théâtre .\nUn ami , qui savait sa tocade , l'accosta :\n« Pourquoi , diable ! t'es - tu défiguré ?\n- Mais ne suis - je pas beaucoup mieux\nainsi ?\n- Peut - être ; je ne le pense pas . Oú as - tu\ntrouvé cette idée ?\nEn nous promenant demain sur le\nboulevard Sébastopol je te montrerai mon\nmodèle . &gt;&gt;&gt;\nEt le lendemain , triomphant d'avance , il\nindiquait à son ami le magnitique calicot .\nmais la phrase qu'il commençait resta inter-\nrompue , il n'acheva pas son geste , et , de\nsurprise , ses yeux et sa bouche s'ouvrirent\ndémesurément :\nLe calicot s'était peigné à la Jésus .\nVICTOR MACLICHE .",
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     "texte": "LA SEMAINE LITTÉRAIRE &amp; ARTISTIQUE au sujet .\nLIVRES NOUVEAUX\nMes souvenirs , par Th . de Banville , Char-\npentier Editeur .\nMême écrits par Pontmartin les souvenirs\nlittéraires ont un charme qui leur assure le\nsuccès .\nMais si , à cet intérêt , dù surtout aux\ngloires dont ils émanent , ils ajoutent le\nmérite de ce style sonore et lumineux\nspécial à Banville , un tel livre reste comme\nune date dans l'histoire de l'art .\nCe sont ici les mémoires littéraires de\nplus de la moitié du siècle , contés par un\ndes témoins , par un des plus célèbres\nacteurs . Les anecdotes fourmillent ; il y en\na sur presque tous et sur presque toutes\net elles se diversifient comme à l'infini ,\ndepuis le très bleu jusqu'au très noir , de la\nsplendeur à la misère\n.... dans ce livre ému , farce et poëme ,\nOù le divin Parnasse à la Bohème ,\nPartout se mêle en un conte imprévu . »\nCar il y a mème des vers , un dizain , où\nle poëte se délasse de 500 pages de prose .\nLe spirituel chroniqueur Léon Chapron\nvien de réunir en volume sous le titre : Le\nLong des Rues , quelques - unes de ses fines\nétudes parisiennes .\nNous n'avons pas à faire l'éloge de notre\nLibrairie Loon Vanior\n19 , QUAI SAINT - MICHEL , PARIS\nPLAQUETTES HUMORISTIQUES\nCOLLECTION VANIER\nLa musique de M. Audran estagréable et\ncontient plusieurs passages de sérieuse\nvaleur .\nIl y a beaucoup à dire sur les costumes\net la mise en scène , tant au point de vue du\ngoût , que de l'exactitude historique .\nNous retrouvons là les trois principaux\ninterprètes de la « Mascotte » Morlet , Lamy\net Madame Grisier Montbazon , qui se tirent\nà leur honneur de leurs nouveaux rôles .\nQuelques maillots convenablement rem-\nplis complètent l'ensemble d'une manière\nsatisfaisante .\nEn somme , cela vaut bien la « Mascotte\nmais le bon public ne partagera peut - être\npas cette opinion .\n",
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     "texte": "PETIT COURRIER THEATRAL\n-\nQn répète activement à la Comédie - Fran-\nçaise les cinq actes du Roi s'Amuse .\nPOUR PARAITRE PROCHAINEMENT\nchez CHARPENTIER\nLES NÉVROSES\nPOÉSIES\nPar Maurice ROLLINAT\nPOUR PARAITRE PROCHAINEMENT\nJOLIS ALBUMS in - 8 , impression de luxe , sur beau\npapier teinté , couverture illustrée , sur papier à poils . LES BUVEUSES DE CHAMPAGNE\nPrix : I franc\nIl a été fait un tirage de 50 exemplaires sur\nchine de chacun de ces albums aux prix de .....\nPour la Chanson du Colonel seulement , il a été\nfait un tirage à part de 100 exeraplaires sur papier\nde couleur , non rogués , dix couleurs différentes ) ,\nau prix de ..\nb fr .\n3 fr .\nLA CHANSON DU COLONEL\nTirée de l'opérette la Femme à Papa , illustrée de 14 dessins ,\npar H. de Sta .\nLE PETIT FAUST\nChœur des soldats , tiré de l'opérette d'Hervé , illustré de\n14 dessins en blanc et noir , par H. de Sta .\nNOS MILITAIRES\nTypes militaires . Légendes de L. Vanier . 15 dess . , pár H. de Sta\nL'AUTRUCHE\nNouvelle d'Iveling Rambaud , illustré de 27 dessins , par H. de Sta\nLE GÉNÉRAL FRICASSIER\nPropos militaire raconté par NADAR , illustré de 14 dessins ,\npar H. de Sta .\nLA PÊCHE A LA LIGNE\nFantaisie par Léo de Marck , illustrée de 15 dessins par BARIC .\nA L'EXPOSITION\nScènes ét types à la plume , par DRANER . 39 compositions\nimprimées en deux teintes .\nPREMIÈRE ANNÉE\nCOMIC - SALON DE 1882\nNotes critiques du célèbre TIMOLÉON , avec 54 croquis - charge ,\npar II . de Sta .\nPrix :\ni franc .\nNOTA . - Le Gomic - Salon paraltra tous les ans .\nEnvoi franco contre valeur en timbres - poste ou mandals .\nPAUL LÉONNEC\nPoésies par LUIAGE\nIllustrées par TAPISSIER\nVIENT DE PARAITRE\nCHEZ CHARPENTIER\nLA VIE SIMPLE\nPar FRANCIS ENNE\nPrix : 3 fr . 50\nPOUR PARAITRE PROCHAINEMENT\nCHEZ LEON VANIER\nVERS POUR LES FEMMES\nPar CHARLES MORICE\nVIENT DE PARAITRE\nLA SECONDE ÉDITION DES\nGOUAILLEUSES\nPoésies Fantaisistes\nPAR LÉO TRÉZENIK\nPrix : 1 fr . 50 chez LÉON VANIER\nÉditeur , 19 , Quai St - Michel .\nDEMANDER PARTOUT\nL'AUVERGNAT DE PARIS\nDirecteur : LOUIS BONNET\nL'œuvre de Victor Hugo doit être prête\npour le 22 Novembre , date fixée pour la\npremière représentation .\nIl y aura l'avant , veille une grande répé-\ntition générale , pour laquelle seront faites\ndes invitations avec places numérotées .\nOn annonce que Daubray quittera le Pa-\nlais - Royal à la fin de son engagement , qui\nexpire dans un an . Le spirituel comique\nvient d'ètre engagé pour cinq ans au théâtre\ndes Nations , futur Theatre - Moderne , à raison\nde quarante - cinq mille francs par an .\nVoici les conditions de l'engagement de\nMine Sarah Bernhardt au théâtre du Vau-\ndeville :\n500 francs par répétion .\n1,0 0 francs par représentation .\n( La direction a assuré à la rande artiste\n100 représentations , soit ... cent millefrancs . )\nLa première repré - entation de Fedora aura\nlieu dans les cinq prenuers jours de decem-\nbre .\nOn va s'ocuperes Pommes d'Or , d'Au-\ndran , aux Menus - Plaisirs , Germain des V'a-\nrités , crcera un rôle important dans cette\npièce .\n-\nFOLIES - BERGÈRE .\n8 heures , spectacle varié .\nCIRQUE D'H VER .\nTous les soirs à\nTous les soirs à\n8 heures , exercices équestres .\nPALA E - THEATRE . - Tous les soirs à\n-\nTous les soirs\nFaubourg Pois-\n8 h . 1/2 , spectacle varié\nCIRQUE FERNANDO .\nexercices équestres .\nALCAZAR DRIVER .\nsonniere , Spectacie - Concert .\nLA SCALA . Boulevard Sébastopol ,\nspectacle - Concert .\n",
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