{"numero_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "articles": [{"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-002", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S O M M A I R E Notre programme L’Art Jeune", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 81, "fin_caractere_exclue": 879, "texte": "S   O   M     M      A     I R    E\n\n\n\n\nNotre programme                            L ’A rt J e u n e .\n\nUne âme, là-bas                            E m ile V e r h a e r e n .\n\nLoin                                       H e n ri V a n d e p u tte .\n\nA u travers du bonheur                     A n d r é R UIJTER S .\n\nA l'apparue                                 A lb e rt S ta s s a rt.\n\nHymne à l’Ilissus de Phidias                A u g . L evêque .\n\n\n\n\n                                 IM PRIM ER IE\n\n                  S. E GGERICX, 46,      rue      P R IN C E -A L B E R T\n\n                                     IX E L L E S\n\n\n\n\nCe numéro fr. 0.60                                           15 janvier 1895\n                                                                  1 re A n n é e , N °   1\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-003", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "A d r e s s e r", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 9, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 699, "texte": "A d r e s s e r m a n u s c r i t s e t r e v u e s à L 'A rt Jeune, r u e d e B r a b a n t , 1 3 1 .\n\n\n\n\n   La revue est en vente à Bruxelles, chez tous les libraires et marchands\n\nde journaux et à Anvers, Gand, Liége, Malines, Mons, Nam ur, V erviers,\n\nParis.\n\n\n\n\n   Il   sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou artistique que nous\n\nrecevrons. Les manuscrits non insérés ne seront pas rendus.\n\n\n\n\n   L 'A r t Jeune ne publie que de l’ inédit.\n\n\n\n\n   La revue aura un minimum de 16 pages et paraîtra mensuellement.\n\n\n\n\n                                       ABO NNEM EN T :\n\nB elgique, f r .      5.0             L e n u m é r o , f r . 0 .60             E t r a n g e r , f r . 6 .0 0\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-004", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 1, "page_fin": 1, "titre_corps": "Notre programme", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L’Art jeune", "ancre_debut": "Notre Programme     Bien simple et jeune : tra", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": 1, "debut_caractere": 76, "fin_caractere_exclue": 1667, "texte": "Notre Programme\n    Bien simple et jeune : travailler, soutenir les jeunes et les\n produire. E t les jeunes, c’est-à-dire non seulement les jeunes\n gens, mais aussi les neufs et les inédits.\n    Notre programme ?    —    Faire appel vibrant, et accueil large\n à tous les artistes, inconnus principalement, au nom d’une revue\n dont ils sont la seule raison d’être.\n    Notre programme encore ?   —     Etre l’organe des jeunes pein­\n    ,\n tres musiciens, graveurs, sculpteurs et aquafortistes, de tous les\n artistes enfin. Les laisser parler librement de leurs formes\n d’art, de leurs idées, de leurs salons, et tenir chacun en liberté\npleine mais responsable des verbes les plus hardis et les plus\njuvéniles !\n   Donc, notre programme, non pas rénover ou rajeunir l’A r t,\nce dont nous n’osons et ne voulons pas présomptueusement nous\n              ,\ndire capables mais seulement fournir à l’A rt quelques artistes\npeut-être, quelques travailleurs enthousiastes, certainement.\n   En outre, chaque numéro portera en tête, à titre admiratif\nde notre part, bienveillant de la part de nos écrivains les plus\n             \"                       \"\nconnus, une page de maître belge ou nous pouvons déjà assu­\nrer nos lecteurs de voir figurer les noms de M M . Delattre,\n                    ,\nDestrée, Eekhoud Gilkin, Giraud, Lemonnier, Demolder,\nPierron, Séverin, Viélé Griffin, etc.\n   Des peintres et des musiciens s'occuperont de la partie concer­\nnant leur Art, et à laquelle plus large place sera faite des le\nprochain numéro.\n                                           L ’A r t J e u n e .\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-005", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 2, "page_fin": 4, "titre_corps": "Une âme, là-bas", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Emile Verhaeren", "ancre_debut": "Une âme, là-bas  I         Il est des dînes si crai", "ancre_fin": "(1 8 9 1 ) (", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L’Idéal)                                    L O I N            LE FOU — (NOUS) — LA SAGE — L", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": 2, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 1079, "texte": "Une âme, là-bas\n\nI\n\n\n\n\n    Il est des dînes si craintives d’elles\n    Qu’elles n’osent aimer l ’âme même fidèle,\n    Venant avec la jo ie entre ses mains\n    E t la clarté par leurs chemins.\n\n    Vagues et comme errantes\n    Elles n ’ont f o i qu’en la tristesse\n    Des implorantes.\n\n    En des golfes, elles rêvent et filent\n    Au rouet des jours, toujours.\n\n    Les yeu x calmés, les désirs grêles,\n    E t peureuses de la victoire\n    Qui bondirait vers elles\n    D ’un horizon trop rouge et trop notoire,\n    Rêveusement, en des golfes tranquilles,\n    A u crépuscule, avec des rais de soir,\n    Elles filent.\n\n                                 II\n\nElles sont là, de silence vêtues,\nComme les corps humbles de fragiles statues,\nAvec de bleus bijoux sans faste\nCroisés sur leur poitrine chaste.\nLe drap flottant de leurs cheveux\n— N ’était qu'elles ne l’arrêtent au col,\nDiscrètement, comme un aveu\nLes couvriraient jusques au sol.\n\nA u crépuscule, avec des rais de soir,\nE n des golfes tranquilles,\nSans trop savoir\n"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": 3, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1151, "texte": "                       — 3 —\n\n\nE t d’or bougeant\nUn invisible diadème :\nCelui de leurs candeurs graciles\nEt de leurs timides ardeurs\nQu'on aimerait poser moins sur leur front docile\nQue sur leur cœur.\n\nTrès doucement, avec la douce patience\nE t leurs rêves d’obédience,\nDès l’aube, elles tressent pieusement\nLes tapis blancs que le silence\nMet sous les pieds du dévouement.\nElles raccommodent en leur ouvroir\nAvec de prestes tours d’aiguille\nLe linge usé du vieil espoir.\n\nElles brodent l’opale et le saphir\nSur la trame la plus légère\nQue tend vers Dieu le repentir.\n\nElles tissent enfin avec la laine\nL ’imperméable vêtement\nQui fa it le tour de la misère humaine.\n                  •\n\nLe soir, au crépuscule,\nQuand se recule\nVers l'horizon le vieux soleil,\nAvec, sur leurs mains claires,.\nL ’ombre errante de fleurs auréolaires,\nDans le site vermeil\nD e leurs golfes tranquilles,\nElles s’asseyent tristes et immobiles.\n\n                           III\nJ 'a i navigué autour de l’île\nEn ma barque, depuis des jours,\nVers l’une d’elles qui toujours\nSans regarder s’attarde et file.\n\nBien que mes yeu x soient confiants\nE t que mon âme n’ait que haine\n"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": 4, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1095, "texte": "                                    _     4 -\n\n\n          P ou r la brutale ardeur humaine,\n          J e suis encor trop triomphant.\n\n          J ’ai trop de jo ie en mes paroles\n          E t trop de fleurs en mes pensées;\n          J ’ai trop erré par les routes tracées\n          Des pays clairs et des régions folles.\n\n          Il fau t à mon orgueil volant, plus d’ombre\n          Sur l’or dardé de ses deux ailes;\n          Moins de paillons et d’étincelles\n          A mes futilités dont j ’ignore le nombre.\n\n          Il fa u t que j e m’en aille en des lointains austères\n          Où le vent gerce et choit des Nords,\n          Où le culte de l’âme est volontaire\n          E t simple et humble cl souriant — alors !\n\n          Lente Ariane abandonnée au songe\n          Dans les Naxos du saint mensonge,\n          O dis, quel vaisseau noir de mes douleurs un jo u r\n          Sauveras-tu dans ton amour ?\n\n                                            E m ile V e r h a e r e n .\n\n            (1 8 9 1 )\n\n\n\n\n                                                                          ("}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-006", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": 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Vandeputte", "ancre_debut": "L’Idéal)                                    L O I N            LE FOU — (NOUS) — LA SAGE — L", "ancre_fin": "r e , 9 4 .)", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "AU TRAVERS DU BONHEUR    C’ était une grande chamb", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 13, "page_imprimee": 4, "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 1765, "texte": "L’Idéal)\n\n                                  L O I N\n           LE FOU — (NOUS) — LA SAGE — L ’ E N F A N T\n\n  (Une maison de paysan à chambre unique. Plafonds inclinés suivant le\ntoit. Au fond, une       porte,   large   ouverte,    encadrant la nuit noire.\nFenêtre à gauche, feuillie de géraniums. Devant la grande cheminé bée\net sans fou, la femme. Une bougie pleure sur la tablette à volants de\ntoile de la chem inée. Le berceau contenant l’enfant endorm i, à côté de\nla femme qui le balance. Calme. Le fou est au milieu de la cham bre, les\nmains jointes autour de son genou. Silence. L 'horloge tictaque.)\n  L e F ou . (Toute la scène, il parle lentement, en rêve.)\n"}, {"page_pdf": 14, "page_imprimee": 5, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2753, "texte": "                                                    - :5\n\n\n   C'est ainsi que se liasse la vie, dans une demi nuit, sans bouger. Ah !\nLa femme berce l ’ enfant en chantonnant confusément.)\nL e F ou , (se parlant à lui-m êm e). O h ! la n u it! toute n o ire ! B e lle !\n(plus haut) tu ne vois pas, dis ? comme il y a des lumières dehors ?\n   L a F e m m e . N o n , où ç a ?\n   L e F o u . T u ne        v o is   pas ? . . .    C ’ est    to u t   p le in   t i e n s ...   là - b a s ...\npartout !\n   L a F e m m e . O u i, sans d o u t e ... (c â lin e ) re g a rd e c o m m e B é b é d o r t .\n   L e F o u . Oh ! je voudrais bien aller là-bas... (Silence.) Mais ! combien\nde lumières ! vois donc ! (Il est toujours im m obile.) La nuit ! Dans la nuit\nnoire, très noire, je voudrais bien aller. Il y a de grandes routes toutes\nplates... qui von t... infiniment... comme si elles n’avaient pas de fin ...\no u i... ou i... je voudrais bien a ller...                    là-bas... très lo in ... sur la route\np âle... in fin ie... Comme il fait beau ! (Il a murmuré indistinctement.)\n   L a F em m e (qui n’a pas com pris). Tu es triste, dis ? pourquoi ? Regarde\ndonc Bébé ! Ses petits poings sont crispés, et il les serre contre son cou.\nIl est si beau ! Et la lumière éclaire seulement la moitié de sa figure,\nune de ses paupières.\n  Il est gentil ! hein ? Bébé ?\n  L e F ou. Hein ? ... Il fait m ort... tout d ort... Est-ce qu’ il n’y aura\ndonc plus jam ais de soleil ? J ’ai bien envie de pleurer...\n   L a F e m m e . Oh !\n  L e F ou . Je ne t'en veux pas... je t’aim e... tu es très bonne... tu fais\ntout ce que tu p eu x... mais ce n’est pas cela ... il n’y a plus de lum ières...\nplus ja m ais... ic i ... tu ne t’en aperçois pas, to i... je voudrais bien voir des\nlum ières...\n  L a F e m m e . Pourquoi es-tu triste, d is ? ... Il y aura d e la lumière demain.\n  Le    F ou. Demain ! Demain ! C’ est si ioin, demain ! Et puis, qui sait !\nSi jam ais viendra dem ain...\n  Oh ! je voudrais bien v o ir ... la lumière !... Oh ! dis ? ne vois-tu pas...\nbonne !... là-bas... très là-bas... dans les ténèbres... une lu m ière... très\npetite... comm e une é toile... qui n’ ose se montrer !... Et il y en a encore\nd’ autres... beaucoup !... Quand on regarde on en voit beaucoup... tout\nplein !... encore !... encore ! vois-tu comme il y a des lumières ? ... dans\nla n u it? ... partout... partout... il n’y a que des lumières !... mais elles\nse cachent... elles n’ osent p as... il n’y a encore personne qui les a décou­\nvertes... il y a trop de noir dessus... les ténèbres les couvrent peu à p eu ...\ncomme une poussière... parce que nous ne tâchons pas assez de les v o ir ...\net c ’ est tout plein !... Ce doit être comme une atmosphère de lumière,\n"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2449, "texte": "                                       -    6 -\n\n\n\nlà ... d errière...\n   Oh ! aller vers les lu m ières... oh !\n   ... J ’ai peur !\n   L a F emme . Cher ? reste près de moi ! n’ai pas peur ! .... Je t’aime fort !\nC’est si loin les lum ières... il fait si noir deh ors... je t’ aime tant ! . ..\nEcoute ! . .. Nous serions si heureux, à rester ainsi toujours, à nous taire.\nEt puis, l’ horloge tictaque... c ’est com m e un cœur. Il fait très bon ici.\n   L e F ou . Oh ! dehors ! . . . là -b a s...\n   Oh ! . ..\n   L a F em m e . Pourquoi ? Tu n’es pas heureux ? Cher ! Pourquoi veux-\ntu t’ en aller ? Tu te perdrais ! Il y a tant de nuit ! Et d’ ailleurs, à quoi\nbon ? Je sais bien qu’ il fait beau, là -b a s... mais qui sait si tu y arriveras\nja m a is... Et de ceci tu es certain. Il fait tranquille et sur au m oin s... il\nn’ y a pas de noir. Et je t’aim e, je t’aime tant !\n   L e F ou (com m e s’ il n’ avait pas entendu). Je m’ en ira is... là -b a s...\nlon gtem ps... dans le n o ir ... tou jou rs... je finirais bien par arriver ! . ..\nEt je tâterais les arbres pour avan cer... pour ne pas me heurter. Oh !\ncom m e ce serait b o n ... de ferm er les y e u x ... et d ’a lle r... ferm e... vers\nles lum ières.\n   L a F emme . Pauvre ! . . . (Silence.)\n   Hélas ! où iras-tu ?\n   (V iolem m en t.) Ah ! il n’y que du noir ! il n’y a pas de lumières ! tu\nte trompes ! je t’aime ! j e t’aime ! j e t’ aime !\n   L e F ou (se cramponnant au dossier de sa chaise, extasié, vers la nuit)\n    Oh ! . ..\n    (L on g silen ce.)\n    (D oucem ent.) Comment peux-tu dire qu’il n ’y a pas de lumières ! mais\n il n’y a qu’elles ! . .. Je ne vois plus de n o ir... plus du tout ! Il y a de\n l ’ or ! de l’ or !... de l ’ or blanc !... combien d’or !... et de la lumière de\n couleur aussi !... des rubis !... des verts !... des violets ! et des jaunes ! et\n des jaune d’o r ! d’ o r ! . . . mais comm ent ne vois-tu pas ces lu m iè re s?...\n Je sais b ien ... il y a du n o ir... un p eu ... mais on s’ habitue... je ne le vois\n p lu s... je ne le vois plus du tout, du t o u t !... je voudrais bien aller là-\n bas !... (Silence.)\n    Et il y a des yeux ! oh ! des yeux ! des yeu x partout ! verts ! violets !\n rubis !... oh ! des yeux sèvres et pervenches ! des yeu x qui saignent de la\n lumière, et qui me regardent !... Oui, je m ’ en ira i... sans doute vers les\n lum ières...\n    (Silence. — La bougie arde une flamme folle, et pleure, et pleure, tout\n"}, {"page_pdf": 16, "page_imprimee": 7, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1498, "texte": "                                                —      7   -\n\n\n\n\nun côté fondant ruissellamment. — L ’horloge tictacque.)\n  (Le fou se lève et appuie son front à la fenêtre.)\n    L e F o u . O u i ... c e tte r o u t e ... l à . . . qui s ’ e n la c e a u x a r b r e s ... très lu m i­\nn e u s e ... ou i ! . . .\n   Et beaucoup de lumière au lo in ... tiens !... o h ? oh !... ce sont (voix\néclatante) toutes des soleils !... oh ! des soleils ! oh ! toutes les lumières\nsont des astres ! des astres ! je m ’en irai vers les astres !... il y a bien\npeu de n o ir... d ’ailleurs j ’ arriverai... le reste n’est rien. (Doucement.)\n••• Je palperai les arbres par avan ce... comme un aveu gle... oh ! qu’ il\nfait beau ! oh ! dans la nuit !\n  (La femme berce son enfant monotonement. Silence — un sanglot\nsonore de la fem m e.)\n  Voilà ! je m’ en irai vers les lum ières... la lum ière...\n  A llon s...\n   (Il va vers le seuil. Là, bâille la nuit noire.)\n   (L a femme sanglote.)\n   L e F ou (debout, sur le fond de nuit noire, les mains appuyées des\ndeux côtés, aux chambranles). Oh !... par la nuit noire, les lum ières...\nla lumière ! (Sanglot. Silence.)\n   L e F ou (étrange). Comme il fait noir !\n   (Simplement, sans un mot, il disparait dans la nuit. — La porte bâille,\nlarge ouverte, encadrant la nuit noire, infiniment noire. — Silence.)\n\n                             Rideau.\n\n                                                H . VANDEPUTTE. (6 n o v e m b r e , 9 4 .)\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-007", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 7, "page_fin": 14, "titre_corps": "Au travers du bonheur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André Ruijters", "ancre_debut": "AU TRAVERS DU BONHEUR    C’ était une grande chamb", "ancre_fin": ". 23 -2 4 , 11,94.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Hymne à l’Ilissus de Phidias                                         I     Ilissus ! Tu es la compat", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": 7, "debut_caractere": 1498, "fin_caractere_exclue": 2117, "texte": "AU TRAVERS DU BONHEUR\n   C’ était une grande chambre, large, longue et haute, meublée en le\nluxe bibelotier alors de mode. Les murs, lambrissés de chêne, tapissés\nd ’ un papier onctueux, d’ un papier grenat-framboise s’ ocellaient d’as­\nsiettes accrochées : assiettes de Chine, rouges à filets d’or, assiettes du\nJapon, exhibant en la luxuriance des couleurs, une faune bizarre et une\nflore déconcertante,             assiettes      allemandes, d’un bleu-indigo et enfin,\nassiettes des Flandres naïves et tapageuses. Par terre, c ’était la moelleuse\ndébandade des tapis, de Smyrne et de Tournai et de Khaboul, étageant\n"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": 8, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2731, "texte": "                                         8 —\n\n\n\nleur mollesse et raffinant leur douceur aux pieds qui les foulaient. Et\npuis, c ’était de poufs de soie brochée, aux ressorts souples, des sofas\npropices aux siestes et aux bouderies langoureuses, des chaises niais rares\net exotiques. De lourds bahuts de chêne, receleurs d ’argenterie et de\ncristaux, détenteurs des vaisselles luxueuses et des figurines délicates,\nTanagra, Sèvres ou biscuit, s’érigeaient aux deux côtés de la cheminée,\ntrès haute, portant une glace qu’are-en-cielait l ’élancement courbe d’ une\ngerbe de plumes de paon. Une table trappue et massive occupait le milieu\nde la pièce et dans un angle, en un recul d’ombre, asile de rêverie, un\nlong piano à queue, un Steenway à son de satin, étalait le glacis ivoirin\net strié de son clavier. Près de fenêtres, de hautes fenêtres que voilait un\njeu compliqué de rideaux,de stores et de portières, assises en des fauteuils\nhospitaliers, la mère et la fille attendaient. Attente patiente pour l’ une\npour la mère : une vieille dame au visage sérieux sous les boucles grises\net la dentelle noire d’ un bonnet de maison, aux yeu x fins, souriants;\nattente auxieuse pour l ’autre, pour la jeune fille si fraîche, si blonde, si\njo lie qui tourmentait d ’ un travail fiévreux une tapisserie. Ce qu’elles\nattendaient? C’était la visite quotidienne du jeune homme, agréé préten­\ndant officiel et officieux. Tous les jo u rs, vers le soir, à l ’ heure où\nl ’ombre tombe et où les réverbères s’ allum ent, son v if coup de sonnette\nfaisait courir en la m aison, un peu somnolente, une agitation nouvelle,\nfrisson de vie pour les uns, frisson de bonheur pour l ’autre : celle qui\naimait.\n  Donc elles attendaient.\n  P ar delà les fenêtres, c ’ était le jardin — un vaste et triste jardin qui\ns’ approfondissait en l ’humidité de cette soirée d’octobre, qui étalait autour\ndu vert terne et rongé des pelouses, la dureté et la misère des allées\nnoires grêlées de feuilles m ortes, grêlées de feuilles rousses, qui étalait\nau long des murs de clôture, la maigreur et l ’ ébouriffement des arbres\ndénudés. Un merle sifflait et sautait dans les branches.\n  Tout à coup, la jeune fille rejeta son ouvrage, com m ença à promener\npar la cham bre, enfin s’assit devant le piano qu’ elle martela d’accords\nbarbares.\n  — « C ’ est ça , R égin e, jou e quelque c h o s e , cela te fera passer le temps.\nD ’ autant plus que je te ferai remarquer qu’ il n’est pas quatre heures.\nAinsi tu n’ a pas le droit d'être im patientée.\n  Régine ne répondit pas. Elle plaquait sur le clavier la colère mutine\nde ses doigts et le Steenw ay, l ’ harmonieux Steenway au son de satin,\nvibrait plaintivement en le silence et le calme de la grande chambre. La\n"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": 9, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2749, "texte": "                                     -   9   -\n\n\n\n\nmère se retourna doucement, l ’air un peu moqueur et regarda sa fille,\nregarda ce fin visage ovalé, à menton et riez botticelliens, aux je u x\nlongs et m incement fendus, regarda ce visage délicat, excité par l ’ém o­\ntion, ce visage délicat et troublant, enmousseliné par les cheveux\ndéfaits et frisants exquisement.\n  — « R égine, fit-elle malicieusement en jou an t, tu dois faire attention,\nl ’es narines remuent tout le temps. Ce n’ est pas élégant. Et je te deman­\nderai encore de jou er quelque chose de plus amusant. Ton piano à l'air\nde ru er!\n  -   « Oh ! du plus amusant! Quoi don c? du Gounod sans doute? »\n  — « Et bien ! du Gounod, pourquoi pas, ce sera aussi intéressant que\nd ’entendre tes fagots de notes...\n  Une porte s’ ouvrit au fond de la pièce et un monsieur parut.\n  — Bonjour Fifille. Je viens t’enlever ta mère. J ’ ai besoin d’ elle pour\nachever des comptes très embrouillés. — L a n ière se leva. « Je viens.\nJérôm e. » Le père continua. « Tu sais. R égine. Léon va venir. Nous\nte laisserons seul avec lui pour quelque temps. Ça te v a ? Ainsi ta\nmère et m oi, nous en aurons fini d’ un coup et nous ne devrons plus\nreprendre la besogne plus tard. Hein ? Sois sage au moins ! » — Et\nmadame passant près de sa fille, la gifla caressamment d’ une petite\ntape sur la jou e et s’en alla. — Régine se trouva seule. Quelque temps\nencore ses mains s’ en allèrent, aventureuses, sur le clavier, puis le mou­\nvement s’ alentit. Au lieu des accords saccadés et durs qu’auparavant elle\njetait en l ’air, dos consonnances mineures et bémolées se succédèrent,\ngémissantes comme des appels d’âme égarée en la terreur d’ un m ystère...\nPuis la jeune fille s’ arrêta, les yeu x fixés en un coin vague du salon —\nrêveu se... Quatre heures sonna. Ce fut au loin le chant grave d’ une\ncloche quatre fois fêlante le silence de l ’après-midi ; puis dans la chambre\nla pluie argentinement claire d’ nn timbre léger. Régine se leva, indécise,\nles yeux enlaborés et ne sachant ni travailler, ni jou er, elle s’ accouda à\nla fenêtre. — O h ! Ce Léon qui ne venait p a s! Le jardin était triste\ncomme un jardin de couvent. Elle contempla les allées mornes où dans\nla boue, bâillaient des empreintes de pas, les gazons anémiés, sans couleur\ne t sans vie, où s’ éparpillaient des feuilles,elle contem pla dans les branches\nmaigres le sautil et l’ entrain du merle. Mais la vitre que ternissait son ha­\nleine se hâla d’ une buée et R égine demeura sans plus voir mais regar­\ndante toujours. — « Tiens, exclam a-t-elle brusquement, si je relisais ces\nlettres. — Leste, elle tira de sa poche un mignon portefeuille et s’ instal­\nlant près de la fenêtre, étala sur ses genoux les billets soigneusement\n"}, {"page_pdf": 19, "page_imprimee": 10, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "                                   —    10   —\n\n\n\n\npliés. C’était de courtes lettres, une correspondance im provisée, rédigée à\nla hâte, derrière le dos du père et de la mère, et qu’ il lui passait clandes­\ntinement par amoureuses espièglerie. Elle lut.\n    « Chère, chère. J e n'ai rien, mais rien du tout à te dire, sinon que\nj e t'aime, que j e t’aime toujours de p lu s en p lu s et que j e ne sais pas\n ce que ça deviendra si j e contin ue..., chère R égine, tu avais l'air\nfâché, hier. Qu'est-ce qu’ il y a v a it? dis. Pourquoi boudes-tu? T 'ai-je\nvexée ? Si tu veux, pour demander pard on, j e me jetterai à tes genoux,\net, humblement, j e baiserai le bout de ta bottine.\n    P .-S . Tu auras soin, c e jo u r-là , de mettre de petits sou liers... N 'est-\nce p a s ... pour mon grand pardon. »\n    « Chère. — J e vous aime comme un fou. Puisque j e ne p eu x cares­\nser et adorer vos cheveux et vous toute comme j e le voudrais, donnez-\nmoi donc une m èche... une grosse mèche... que j e puisse emporter avec\n m oi... »\n    « Régine, vous avez été si aimable avec mon ami, hier, que j e pen se\nque vous ne m'aimez plu s. Vous me trompez déjà. E t nous ne\nsommes p a s mariés. M ais, vilaine, que sera-ce p lu s tard... »\n    — « Mon aimée. V oici mon p ortra it avec la suscription demandée...\nM ets-le dans ton alcôve et tu feras de moi presque un heureux... p res­\nque un heureux, car j e ne le serai tout à fa it que le jo u r ...\n  Elle ne put continuer. L ’ombre était venue perfide pendant sa lecture\net sur la blancheur trouble du papier elle ne pouvait plus distinguer\nnettement les lettres mi-effacées. Le crépuscule pénétrait dans la chambre.\n  C’était l’ heure exquise, l ’ heure divine du soir, quand les ténèbres,\ndenses déjà, s’ infiltrent en les maisons et emplissent, com m e des eaux\nnoires et impalpablement fluides les appartements obscurcis, l ’ heure\ndivine où reviennent à la mémoire les capiteux et orchidéens vers de\nBaudelaire. Les ors et les cuivres brillants, s’éteignaient. Les laques, les\npolis, les glaces et les luisances s’ assourdissaient aux murs et aux meu­\nbles. Déjà, en les coins de muraille c ’ était la nuit. Et du noir coulait des\nrideaux, coulait des draperies, rampait sur le tapis où s’embrumaient les\nbariolées et polychrom es arabesques des laines. La grande glace au-dessus\nde la cheminée s’ était oblitérée et rarement de ci de là, se piquait de\nl ’étoile d’ un reflet. Au creux des assiettes subsistait une fine poussière\nde lueurs. Et toujours défaillante de plus en plus, tombait de la fenê­\ntre, au travers des rideaux roux une pâle lumière, une étrange et maladive\nlum ière. Un     calm e   immense et sacré       remplissait l ’ atmosphère.   Du\nsilence frém issait.\n"}, {"page_pdf": 20, "page_imprimee": 11, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2701, "texte": "                                      11   —\n\n\n\n\n  Et Régine laissa venir, laissa faire, sans tenter de refouler l ’invasion,\npar la brutale éclosion d’ une lampe. Le soir l ’avait charmée. Elle écoutait,\nsereine la respiration psalmodique de l’om bre, recueillant les sensations\néparses autour d’elle et dans l ’harmonie de son âme érigeant l ’image de\nLéon en une chapelle de mystère où musait délicieusement, ineffablement\nl ’orgue du silence,\n  Tout à coup l ’ on frappa à la porte.\n  Elle n’entendit rien, toute entière à l’ensorcellement des ténèbres et\ndu calme, dans l ’affaissement, léthargique de son. être, prolongeant son\nréve par les infinis de la chim ère. L ’on frappa une seconde fois et\nlors, la porte s’étant ouverte, un homme entra. — « Oh ! qu’il fait noir !\nqu’ il fait noir ma parole ! Régine où es-tu ? Qu’ est-ce qui te prend\nd o n c? Comment peux-tu ainsi rester... rester... rester dans l’ obscurité.\nH ein ? Mais où es-tu ? » —     Tiens, Paul fit-elle tout à coup réveillée.\nJe ne t ’ai pas entendu entrer. Comment as-tu donc fait ? » —\n  — Mademoiselle, fit une voix qui partait du seuil. Mademoiselle\ndésire-t-elle que je fasse de la lumière ?\n  — Oui sur. Parbleu sûr exclam a Léon.\n  Le larbin d’ un air placide et hargneux, enflamma la mèche d’ un allu­\nmeur et méthodiquement ayant tourné la clef, fit flamber la brusque\ndétonation d’ un bec de gaz. Il y eut un sursaut d’ explosion parmi l’ombre\nqui s’évanouit : Léon et Régine se trouvèrent seuls en face l’ un de l’ autre.\n   — B onjour, Chère. Bonjour fit-il.\n  — B onjour, Léon. Mais tiens, qu’est-ce tu as ? Tu as l ’air malade !\nQuelle drôle mine as-tu ?\n   En effet, des rides gerçaient son teint. Les yeux caves phosphores\nçaient étrangement et les lèvres se distinguaient flasques, déformées.\n   — Moi, Régine ! moi. Mais je n ’ai rien ! Je n’ ai rien. Quelle idée !\n Ah ! Régine. Je t’assure. Je n’ ai rien. Qu’ est-ce que je pourrais bien avoir?\n   — Tu es drôle, fit-elle encore lentement, tu es d rô le ... Et le couvrant\n de son regard étonné, elle répéta encore : tu es drôle ! Et voici, comme\n il s’ approchait d’ un fauteuil, qu’elle remarqua sa démarche mal assurée et\n son port vacillant. Mais Léon, on dirait que tu 11 e sais plus marcher\n droit ! Allons ! qu’est-ce qu tu as ! Ce n’est pas naturel ! Oh tu aurais\n mieux fait de rester chez toi, à te dorloter, à te bien soigner. Car tu m’ in­\n quiètes. V oyons ! Ne désires-tu rien? « Il se mit à rire, d’ un rire bruyant\n et faux. » Moi ! Mais, petite folle. Je n’ ai rien ! Rien du tout ! J ’ai été\n promener toute l ’après-midi, toute l ’après-midi. Tu vois bien que je\n n’ai rien. Quant on se ballade, on n’est pas malade. C’est une chanson\n"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": 12, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2805, "texte": "                                      —   12   —\n\n\n\n\nça. Une chanson que           disait Ropa, la petite rousse qui avait un si jo li\nsigne sur l'ép au le... Et tu sais, je viens du c e rcle ... de la ru e ... chose.\nEnfin, tu connais hein ? Et j ’ ai rencontré P a u l... Et il était avec\nCora. Elle a lâché son rasta. Oh ! mais lâché pour de bon. Je ne te\nl ’avais pas encore dit, hein ! mais c ’est com m e ça.         Donc Paul était\navec C ora... Il y avait encore le petit Paysin, tu sais, hein ! avec la\nRousse, une marchande de chiens... ma parole, une marchande de\nchiens, qu’il a décrottée et qui est superbe. Parait qu'elle est d’ un crâne\nébouriffant! Il y avait Goule aussi, oh !\" d ’ un galbe épatan t; mince la\ngigolette !\n   Mais qu’ est-ce qu’il a, se demandait éplorée R égine. Pourquoi se\nmettait-il à lui déverser ce Ilot d’ équivoques plaisanteries. Ces potins\nde garçonnière débités en l ’ argotique français d ’ un gom m eux belge qui\nveut être distingué. Et tout à coup,           désolante, la vérité lui apparut.\nMais il est ivre, abominablement ivre ! — « Et bien R égine, ma chère,\nvoici ce qui aboule. Je dis à Paul : hé ! R igolboche, c ’est son petit nom.\nPas de balançoire, hein ? Si nous jouions au pooker ? Connais le pooker,\nhein ! rude pièce, faut pas de tuyau pour forcer la chance. Pas\nd’impair, n ... d ...       D ... ! Bien, nous avons jo u é et Cora aussi et la\nRousse ! et encore F lore, c ’ est la serveuse du cercle, une rude femme.\nEt puis un gin , ma chère. Ah ! Je leur connaissais déjà le scotch, mais\nle gin est admirable. La première fois il est si fort, que ma parole, on\ncroit avaler un ju ron . Mais après, du m iel, un vrai m iel. Il frappe. Ah !\nOui. Il n’y a pas à dire, il frappe. Oh ! on est dedans. D onc, voilà que\nj ’attrappe un carré. Un rupin de carré, carré de rois. Je tiens deux louis.\nFlore lâche, je tiens, les autres lâchent. Je tape dix louis secs, cartes\nsur table. Flambé, il a v a it... devine ce qu’ il avait. Hein ! tu n’y es pa s...\nIl a v a it... allons ?..\n  Mais j e ne sais pas, fit-elle, prête à pleurer, humiliée au plus intime\nde son amour.\n   Il avait royal floche, royal floche. Ignoble, hein ! Crapuleux ! Ramassé\nde dix louis. Pigé, tu connais, h ein ? Pigé m ’ a dit qu’ il aurait risqué\ncent louis sur ma main. Il m’a dit que j ’ étais pot. C’est son m ot ma\nchère ! Oui, pot. Ah ! on s’est tordu ! M oi zu t! Jétais toujours rasé, moi !\nEt puis crac, j ’ ai reçu une lettre de cette bringue de Julie qui ne veut\nplus venir ! Et puis hier, M erveilleuse, qui se laisse flanquer à terre !\nJ ’avais ponté. Ah vu ! Je suis vu de tous les côtés. Une déveine, et une\ndèche, oh ! une dèche impayable ! Tiens, c ’est jo li ça, une dèche im ­\npayable. Je dois le répéter, celui-là,une dèche à mettre sa femme au clo u ...\n"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": 13, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2477, "texte": "                                 —     13 —\n\n\n  — Mais Léon. Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi donc ! Mais malheureux.\nTu me fais pleurer. Mais tu es ivre. Comment as-tu osé venir ic i...\nV a -t’en ! V a-t’ en ! Si père ou mére te voyaient ! Mon Dieu ! Mon Dieu !\nQue diraient-ils ? Mon Dieu ! S’ ils arrivaient. Et Antoine, il n’ a rien vu,\nV a -t’ en !\n   — Oh Régine. Régine. Idiotement il secoua la tète et eut un sourire\nfat. Ivre. Oh ! la bonne ! Ivre m oi. Jamais. Je suis culotté. Ça ne prend\nplus, Régine. Comment peux-tu dire, Vilaine ! Méchante !\n   Il se leva et marcha vers elle, les yeu x allumés. « Régine. Ma chère\npetite Régine. Et il lui prit les mains. Ma chère embrasse-moi pour ça.\nEmbrasse-moi bien ? Et il avança les lèvres et il enveloppa La jeune\nfille de son haleine alcolique et ardente. « Laisse-moi. Laisse. Tu es fou !\nElle voulut se dégager, retirer ses mains, s’ écarter, presque dégoûtée,\nmais il la retint.\n   —    « Embrasse-moi. Je veux que tu m’embrasses. Et je veux encore te\nbaiser sur le cou et te baiser l ’épaule... Et je veux te baiser tout entière!...\n   Ah ! Cria-t-elle. Il l ’avait prise en «es bras et lui caressait le visage\nde frôlants et lents baisers, tandis que, mal-habiles ses doigts erraient sur\nson corsage. L aisse-m oi... — Non, Je veux !... Il la terrassa d’ un effort,\net exaspéré, il allait...\n   — M ère, mère, mère ! clama Régine !\n   La porte s ’ouvrit, heurta le mur avec fracas et la vieille dame parut.\nElle vit, et indignée, s’élança sur l ’ ivrogne, l ’ arracha de ce sopha fatal\net le repoussa au loin en la force de sa colère. Canaille ! siffla-t-elle\nentre ses dents stridentes ! Canaille ! Canaille ! Infâme canaille ! Mais\nLéon se rebiffa et rouge de colère. « Eh de quoi ! canaille ! Pourquoi ca ­\nnaille ! Qu’est-ce que je mitronne donc. Je suis une canaille ! Espèce...\n   Léon ! Léon ! Tais-toi ! malheureux ! s’ écria Régine, au désespoir,\net sentant que l’existence même de son amour, de son persistant et vivace\namour était menacée et que celte scène odieuse, cette scène ignoble allait\nperdre à jam ais son bonheur.\n   Il n’écouta pas et persévéra.\n   — Laissez-m oi la paix !\n   — Quoi, qu’est-ce que j ’ entends? Le père venait d’arriver et ahuri,\nil voyait, Régine prostrée, la mère et Léon en face l ’ un de l'autre mena­\nçants et haineux. La stupeur le cloua sur le seuil. Il ne put que redire,\nQu’est-ce que j ’entends ?\n   — Et bien oui, c’ est comme ça ! Ah ! Podagre, l’ interpella Léon.\n"}, {"page_pdf": 23, "page_imprimee": 14, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 760, "texte": "                                      14 —\n\n\nPodagre ! C’est vrai que t’es podagre ! C’ est madame q u i...\n  Léon ! Léon ! interrom pit encore une fois la jeu n e fille ....\n  Mais la mère alors, im placable et froide, pressa un bouton électrique.\nIl y eut un silence, silence agonisé par ces quatre âmes. Et Antoine\nparut.\n  Madame désigna du doigt L éon, et ordonna d’ un ton bref : Jetez-le\nà la porte !\n  A lors, voyant que tout était fini et       que   l’ irréparable     était   co n ­\nsom m é, R égine s’ affala au dos du sopha et se mit à sangloter, éperdument\nsangloter...\n\n                                                  A ndré   R UIJT E R S .\n\n\n\n                                                              23 -2 4 , 11,94.\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-008", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 14, "page_fin": 15, "titre_corps": "Hymne à l’Ilissus de Phidias", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Levêque", "ancre_debut": "Hymne à l’Ilissus de Phidias                                         I     Ilissus ! 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A insi, les flots azurés d’ un fleuve sacré, pour le\ncorps aduste du rapsode, le soir !\n\n                                       III\n   Quel Divin Iconographe au front irradiant les Sublimités, quel Im m or­\ntel à la dextre de lumière, descendra sur cet Ici damné, pour nous rendre\ncette œuvre entière !\n\n                                       IV\n   Humains stercoraires, ô acéphales vous avez, en votre inconscience de\ndéicides, indigné les Dieux : Ils ont détourné de vous les vivifiants rayons\nde leurs regards créateurs !\n"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": 15, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1007, "texte": "                                  — 15\n\n\nV\n\n\n\n\n  Hissas ! œuvre d’ un Dieu ! qui dira tes beautés archétypes d’Eternel\nCe n ’est moi et j ’en pleure.\n\n                                      VI\n\n    Je pleure de ne pouvoir dire l ’ Auguste et craintive Vénération qu’in­\nspire ta sublimité d’ olympien ! Je pleure de ne pouvoir dire l’ Atmosphère\ncéleste, parfumée d’ambroisie dont se nimbe ton Etre bienheureux !\n\n                                      VII\n    Je pleure ! O qui dira la Vie im mortelle qui ondule et gonfle ton géant\nthorax ! O qui dira l ’idéal arc de cette voûte clôturant le temple de ton\narchée immarcescible !\n    O Ephèbe prototype! Il y a encore tes flancs divins et ton ventre\nsacré !\n\n                                      VIII\n    Formes pétries d’idéalités indicibles pour m o i... pauvre !...\n    Notre langue est une onomatopée des P leu rs... elle a une plétore\nd’images des Douleurs e t... hélas ! presque aucune pour la signifiance des\nBonheurs !\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-009", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 15, "page_fin": 16, "titre_corps": "A l’apparue", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Stassart", "ancre_debut": "A l'Apparue                                                                       L evêque.        British Cadence — Muséum,ton amour 1890.", "ancre_fin": "6 -1 2 -9 4 .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Sans doute de M . de Heredia la nouvelle s ’est transmis", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": 15, "debut_caractere": 1007, "fin_caractere_exclue": 1619, "texte": "A l'Apparue\n                                                                      L evêque.\n\n\n     British Cadence\n              — Muséum,ton amour\n                           1890. aux souffles de l’aurore !\n            J e suis ce doux enfant qui tremble de la vie,\n             o Belle, ô caressante et Douce, en qui s’essore\n             et s'incarne mon âme et son étrange envie\n\n            de mourir à l’éclat morbide des soleils,\n            pour mes pauvres yeux las tant et toujours les mêmes,\n            et départir, enfin résurgi des sommeils,\n            vers la nouvelle vie et les nouveaux poèmes\n"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": 16, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 360, "texte": "                                  —    16 —\n\n\n          où l’amour chanterait de sa bonne chanson\n          la douceur des bras blancs et des poses languides\n          et les étreintes où l’on meurt, et la façon\n          dont s’anime le marine des cariatides.\n\n                                        A lbert S tassart.\n\n\n             L e 6 -1 2 -9 4 .\n\n\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-010", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 16, "page_fin": 16, "titre_corps": "Note sur Henri de Régnier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Sans doute de M . de Heredia la nouvelle s ’est transmis", "ancre_fin": "d’ idées, d’œuvre et de cœur.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Il entrait dans les intentions de notre revue, de se dévouer à", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": 16, "debut_caractere": 360, "fin_caractere_exclue": 1154, "texte": "Sans doute de M . de Heredia la nouvelle s ’est transmise que Henri de\nR egnier, le triomphal et superbe poète, renonce aux errements du vers\nlibre pour en revenir aux coupes et théories régulières. Le cas serait\nétrange et la conversion éclatante. Cependant, quel que soit le désappoin­\ntement que nous allons causer à certains parnassiens de nos amis, nous\npouvons affirmer que l ’annonce est prématurée. Le livre de H. de\nR egn ier qui doit paraître sous peu, comprendra trois parties. La première\net la dernière seron t traitées en l ’alexandrin d’ Hugo. Descriptives, d’ im ­\nportance secondaire et d'intérêt relatif, elles ne font qu’ encadrer le corps\nde l ’ œuvre : poème en vers libre, dédié à M . Francis Viélé Griffin en\nsouvenir d’ une communauté d’ idées, d’œuvre et de cœur.\n\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-01-15-n1-011", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 16, "page_fin": 16, "titre_corps": "Avis de la rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Rédaction", "ancre_debut": "Il entrait dans les intentions de notre revue, de se dévouer à", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": 16, "debut_caractere": 1154, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "Il entrait dans les intentions de notre revue, de se dévouer à la musique\net à la peinture autant qu’à la littérature. Cependant, com m e nous ne\nsommes ni musiciens ni peintres, comm e nous ne pouvons cum uler tous\nles emplois, et com m e aucun homme de métier n ’a été fidèle aux pro­\nmesses faites, ce m ois-ci, à notre grand regret, nous nous voyons obligés\nde livrer à nos lecteurs une revue exclusivem ent littéraire.\n\n\n                                                        L a R édaction.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 8, "texte": "       L’art\n                                     Jeune\n                         S   O   M     M      A     I R    E\n\n\n\n\nNotre programme                            L ’A rt J e u n e .\n\nUne âme, là-bas                            E m ile V e r h a e r e n .\n\nLoin                                       H e n ri V a n d e p u tte .\n\nA u travers du bonheur                     A n d r é R UIJTER S .\n\nA l'apparue                                 A lb e rt S ta s s a rt.\n\nHymne à l’Ilissus de Phidias                A u g . L evêque .\n\n\n\n\n                                 IM PRIM ER IE\n\n                  S. E GGERICX, 46,      rue      P R IN C E -A L B E R T\n\n                                     IX E L L E S\n\n\n\n\nCe numéro fr. 0.60                                           15 janvier 1895\n                                                                  1 re A n n é e , N °   1\n"}, {"page_pdf": 9, "texte": "   A d r e s s e r m a n u s c r i t s e t r e v u e s à L 'A rt Jeune, r u e d e B r a b a n t , 1 3 1 .\n\n\n\n\n   La revue est en vente à Bruxelles, chez tous les libraires et marchands\n\nde journaux et à Anvers, Gand, Liége, Malines, Mons, Nam ur, V erviers,\n\nParis.\n\n\n\n\n   Il   sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou artistique que nous\n\nrecevrons. Les manuscrits non insérés ne seront pas rendus.\n\n\n\n\n   L 'A r t Jeune ne publie que de l’ inédit.\n\n\n\n\n   La revue aura un minimum de 16 pages et paraîtra mensuellement.\n\n\n\n\n                                       ABO NNEM EN T :\n\nB elgique, f r .      5.0             L e n u m é r o , f r . 0 .60             E t r a n g e r , f r . 6 .0 0\n"}, {"page_pdf": 10, "texte": "                    L 'A R T\n                       JEUNE\n                  Notre Programme\n    Bien simple et jeune : travailler, soutenir les jeunes et les\n produire. E t les jeunes, c’est-à-dire non seulement les jeunes\n gens, mais aussi les neufs et les inédits.\n    Notre programme ?    —    Faire appel vibrant, et accueil large\n à tous les artistes, inconnus principalement, au nom d’une revue\n dont ils sont la seule raison d’être.\n    Notre programme encore ?   —     Etre l’organe des jeunes pein­\n    ,\n tres musiciens, graveurs, sculpteurs et aquafortistes, de tous les\n artistes enfin. Les laisser parler librement de leurs formes\n d’art, de leurs idées, de leurs salons, et tenir chacun en liberté\npleine mais responsable des verbes les plus hardis et les plus\njuvéniles !\n   Donc, notre programme, non pas rénover ou rajeunir l’A r t,\nce dont nous n’osons et ne voulons pas présomptueusement nous\n              ,\ndire capables mais seulement fournir à l’A rt quelques artistes\npeut-être, quelques travailleurs enthousiastes, certainement.\n   En outre, chaque numéro portera en tête, à titre admiratif\nde notre part, bienveillant de la part de nos écrivains les plus\n             \"                       \"\nconnus, une page de maître belge ou nous pouvons déjà assu­\nrer nos lecteurs de voir figurer les noms de M M . Delattre,\n                    ,\nDestrée, Eekhoud Gilkin, Giraud, Lemonnier, Demolder,\nPierron, Séverin, Viélé Griffin, etc.\n   Des peintres et des musiciens s'occuperont de la partie concer­\nnant leur Art, et à laquelle plus large place sera faite des le\nprochain numéro.\n                                           L ’A r t J e u n e .\n"}, {"page_pdf": 11, "texte": "                               - 2 -\n\n\n\n                  Une âme, là-bas\n\nI\n\n\n\n\n    Il est des dînes si craintives d’elles\n    Qu’elles n’osent aimer l ’âme même fidèle,\n    Venant avec la jo ie entre ses mains\n    E t la clarté par leurs chemins.\n\n    Vagues et comme errantes\n    Elles n ’ont f o i qu’en la tristesse\n    Des implorantes.\n\n    En des golfes, elles rêvent et filent\n    Au rouet des jours, toujours.\n\n    Les yeu x calmés, les désirs grêles,\n    E t peureuses de la victoire\n    Qui bondirait vers elles\n    D ’un horizon trop rouge et trop notoire,\n    Rêveusement, en des golfes tranquilles,\n    A u crépuscule, avec des rais de soir,\n    Elles filent.\n\n                                 II\n\nElles sont là, de silence vêtues,\nComme les corps humbles de fragiles statues,\nAvec de bleus bijoux sans faste\nCroisés sur leur poitrine chaste.\nLe drap flottant de leurs cheveux\n— N ’était qu'elles ne l’arrêtent au col,\nDiscrètement, comme un aveu\nLes couvriraient jusques au sol.\n\nA u crépuscule, avec des rais de soir,\nE n des golfes tranquilles,\nSans trop savoir\n"}, {"page_pdf": 12, "texte": "                       — 3 —\n\n\nE t d’or bougeant\nUn invisible diadème :\nCelui de leurs candeurs graciles\nEt de leurs timides ardeurs\nQu'on aimerait poser moins sur leur front docile\nQue sur leur cœur.\n\nTrès doucement, avec la douce patience\nE t leurs rêves d’obédience,\nDès l’aube, elles tressent pieusement\nLes tapis blancs que le silence\nMet sous les pieds du dévouement.\nElles raccommodent en leur ouvroir\nAvec de prestes tours d’aiguille\nLe linge usé du vieil espoir.\n\nElles brodent l’opale et le saphir\nSur la trame la plus légère\nQue tend vers Dieu le repentir.\n\nElles tissent enfin avec la laine\nL ’imperméable vêtement\nQui fa it le tour de la misère humaine.\n                  •\n\nLe soir, au crépuscule,\nQuand se recule\nVers l'horizon le vieux soleil,\nAvec, sur leurs mains claires,.\nL ’ombre errante de fleurs auréolaires,\nDans le site vermeil\nD e leurs golfes tranquilles,\nElles s’asseyent tristes et immobiles.\n\n                           III\nJ 'a i navigué autour de l’île\nEn ma barque, depuis des jours,\nVers l’une d’elles qui toujours\nSans regarder s’attarde et file.\n\nBien que mes yeu x soient confiants\nE t que mon âme n’ait que haine\n"}, {"page_pdf": 13, "texte": "                                    _     4 -\n\n\n          P ou r la brutale ardeur humaine,\n          J e suis encor trop triomphant.\n\n          J ’ai trop de jo ie en mes paroles\n          E t trop de fleurs en mes pensées;\n          J ’ai trop erré par les routes tracées\n          Des pays clairs et des régions folles.\n\n          Il fau t à mon orgueil volant, plus d’ombre\n          Sur l’or dardé de ses deux ailes;\n          Moins de paillons et d’étincelles\n          A mes futilités dont j ’ignore le nombre.\n\n          Il fa u t que j e m’en aille en des lointains austères\n          Où le vent gerce et choit des Nords,\n          Où le culte de l’âme est volontaire\n          E t simple et humble cl souriant — alors !\n\n          Lente Ariane abandonnée au songe\n          Dans les Naxos du saint mensonge,\n          O dis, quel vaisseau noir de mes douleurs un jo u r\n          Sauveras-tu dans ton amour ?\n\n                                            E m ile V e r h a e r e n .\n\n            (1 8 9 1 )\n\n\n\n\n                                                                          (L’Idéal)\n\n                                  L O I N\n           LE FOU — (NOUS) — LA SAGE — L ’ E N F A N T\n\n  (Une maison de paysan à chambre unique. Plafonds inclinés suivant le\ntoit. Au fond, une       porte,   large   ouverte,    encadrant la nuit noire.\nFenêtre à gauche, feuillie de géraniums. Devant la grande cheminé bée\net sans fou, la femme. Une bougie pleure sur la tablette à volants de\ntoile de la chem inée. Le berceau contenant l’enfant endorm i, à côté de\nla femme qui le balance. Calme. Le fou est au milieu de la cham bre, les\nmains jointes autour de son genou. Silence. L 'horloge tictaque.)\n  L e F ou . (Toute la scène, il parle lentement, en rêve.)\n"}, {"page_pdf": 14, "texte": "                                                    - :5\n\n\n   C'est ainsi que se liasse la vie, dans une demi nuit, sans bouger. Ah !\nLa femme berce l ’ enfant en chantonnant confusément.)\nL e F ou , (se parlant à lui-m êm e). O h ! la n u it! toute n o ire ! B e lle !\n(plus haut) tu ne vois pas, dis ? comme il y a des lumières dehors ?\n   L a F e m m e . N o n , où ç a ?\n   L e F o u . T u ne        v o is   pas ? . . .    C ’ est    to u t   p le in   t i e n s ...   là - b a s ...\npartout !\n   L a F e m m e . O u i, sans d o u t e ... (c â lin e ) re g a rd e c o m m e B é b é d o r t .\n   L e F o u . Oh ! je voudrais bien aller là-bas... (Silence.) Mais ! combien\nde lumières ! vois donc ! (Il est toujours im m obile.) La nuit ! Dans la nuit\nnoire, très noire, je voudrais bien aller. Il y a de grandes routes toutes\nplates... qui von t... infiniment... comme si elles n’avaient pas de fin ...\no u i... ou i... je voudrais bien a ller...                    là-bas... très lo in ... sur la route\np âle... in fin ie... Comme il fait beau ! (Il a murmuré indistinctement.)\n   L a F em m e (qui n’a pas com pris). Tu es triste, dis ? pourquoi ? Regarde\ndonc Bébé ! Ses petits poings sont crispés, et il les serre contre son cou.\nIl est si beau ! Et la lumière éclaire seulement la moitié de sa figure,\nune de ses paupières.\n  Il est gentil ! hein ? Bébé ?\n  L e F ou. Hein ? ... Il fait m ort... tout d ort... Est-ce qu’ il n’y aura\ndonc plus jam ais de soleil ? J ’ai bien envie de pleurer...\n   L a F e m m e . Oh !\n  L e F ou . Je ne t'en veux pas... je t’aim e... tu es très bonne... tu fais\ntout ce que tu p eu x... mais ce n’est pas cela ... il n’y a plus de lum ières...\nplus ja m ais... ic i ... tu ne t’en aperçois pas, to i... je voudrais bien voir des\nlum ières...\n  L a F e m m e . Pourquoi es-tu triste, d is ? ... Il y aura d e la lumière demain.\n  Le    F ou. Demain ! Demain ! C’ est si ioin, demain ! Et puis, qui sait !\nSi jam ais viendra dem ain...\n  Oh ! je voudrais bien v o ir ... la lumière !... Oh ! dis ? ne vois-tu pas...\nbonne !... là-bas... très là-bas... dans les ténèbres... une lu m ière... très\npetite... comm e une é toile... qui n’ ose se montrer !... Et il y en a encore\nd’ autres... beaucoup !... Quand on regarde on en voit beaucoup... tout\nplein !... encore !... encore ! vois-tu comme il y a des lumières ? ... dans\nla n u it? ... partout... partout... il n’y a que des lumières !... mais elles\nse cachent... elles n’ osent p as... il n’y a encore personne qui les a décou­\nvertes... il y a trop de noir dessus... les ténèbres les couvrent peu à p eu ...\ncomme une poussière... parce que nous ne tâchons pas assez de les v o ir ...\net c ’ est tout plein !... Ce doit être comme une atmosphère de lumière,\n"}, {"page_pdf": 15, "texte": "                                       -    6 -\n\n\n\nlà ... d errière...\n   Oh ! aller vers les lu m ières... oh !\n   ... J ’ai peur !\n   L a F emme . Cher ? reste près de moi ! n’ai pas peur ! .... Je t’aime fort !\nC’est si loin les lum ières... il fait si noir deh ors... je t’ aime tant ! . ..\nEcoute ! . .. Nous serions si heureux, à rester ainsi toujours, à nous taire.\nEt puis, l’ horloge tictaque... c ’est com m e un cœur. Il fait très bon ici.\n   L e F ou . Oh ! dehors ! . . . là -b a s...\n   Oh ! . ..\n   L a F em m e . Pourquoi ? Tu n’es pas heureux ? Cher ! Pourquoi veux-\ntu t’ en aller ? Tu te perdrais ! Il y a tant de nuit ! Et d’ ailleurs, à quoi\nbon ? Je sais bien qu’ il fait beau, là -b a s... mais qui sait si tu y arriveras\nja m a is... Et de ceci tu es certain. Il fait tranquille et sur au m oin s... il\nn’ y a pas de noir. Et je t’aim e, je t’aime tant !\n   L e F ou (com m e s’ il n’ avait pas entendu). Je m’ en ira is... là -b a s...\nlon gtem ps... dans le n o ir ... tou jou rs... je finirais bien par arriver ! . ..\nEt je tâterais les arbres pour avan cer... pour ne pas me heurter. Oh !\ncom m e ce serait b o n ... de ferm er les y e u x ... et d ’a lle r... ferm e... vers\nles lum ières.\n   L a F emme . Pauvre ! . . . (Silence.)\n   Hélas ! où iras-tu ?\n   (V iolem m en t.) Ah ! il n’y que du noir ! il n’y a pas de lumières ! tu\nte trompes ! je t’aime ! j e t’aime ! j e t’ aime !\n   L e F ou (se cramponnant au dossier de sa chaise, extasié, vers la nuit)\n    Oh ! . ..\n    (L on g silen ce.)\n    (D oucem ent.) Comment peux-tu dire qu’il n ’y a pas de lumières ! mais\n il n’y a qu’elles ! . .. Je ne vois plus de n o ir... plus du tout ! Il y a de\n l ’ or ! de l’ or !... de l ’ or blanc !... combien d’or !... et de la lumière de\n couleur aussi !... des rubis !... des verts !... des violets ! et des jaunes ! et\n des jaune d’o r ! d’ o r ! . . . mais comm ent ne vois-tu pas ces lu m iè re s?...\n Je sais b ien ... il y a du n o ir... un p eu ... mais on s’ habitue... je ne le vois\n p lu s... je ne le vois plus du tout, du t o u t !... je voudrais bien aller là-\n bas !... (Silence.)\n    Et il y a des yeux ! oh ! des yeux ! des yeu x partout ! verts ! violets !\n rubis !... oh ! des yeux sèvres et pervenches ! des yeu x qui saignent de la\n lumière, et qui me regardent !... Oui, je m ’ en ira i... sans doute vers les\n lum ières...\n    (Silence. — La bougie arde une flamme folle, et pleure, et pleure, tout\n"}, {"page_pdf": 16, "texte": "                                                —      7   -\n\n\n\n\nun côté fondant ruissellamment. — L ’horloge tictacque.)\n  (Le fou se lève et appuie son front à la fenêtre.)\n    L e F o u . O u i ... c e tte r o u t e ... l à . . . qui s ’ e n la c e a u x a r b r e s ... très lu m i­\nn e u s e ... ou i ! . . .\n   Et beaucoup de lumière au lo in ... tiens !... o h ? oh !... ce sont (voix\néclatante) toutes des soleils !... oh ! des soleils ! oh ! toutes les lumières\nsont des astres ! des astres ! je m ’en irai vers les astres !... il y a bien\npeu de n o ir... d ’ailleurs j ’ arriverai... le reste n’est rien. (Doucement.)\n••• Je palperai les arbres par avan ce... comme un aveu gle... oh ! qu’ il\nfait beau ! oh ! dans la nuit !\n  (La femme berce son enfant monotonement. Silence — un sanglot\nsonore de la fem m e.)\n  Voilà ! je m’ en irai vers les lum ières... la lum ière...\n  A llon s...\n   (Il va vers le seuil. Là, bâille la nuit noire.)\n   (L a femme sanglote.)\n   L e F ou (debout, sur le fond de nuit noire, les mains appuyées des\ndeux côtés, aux chambranles). Oh !... par la nuit noire, les lum ières...\nla lumière ! (Sanglot. Silence.)\n   L e F ou (étrange). Comme il fait noir !\n   (Simplement, sans un mot, il disparait dans la nuit. — La porte bâille,\nlarge ouverte, encadrant la nuit noire, infiniment noire. — Silence.)\n\n                             Rideau.\n\n                                                H . VANDEPUTTE. (6 n o v e m b r e , 9 4 .)\n\n\n\n\n                     AU TRAVERS DU BONHEUR\n   C’ était une grande chambre, large, longue et haute, meublée en le\nluxe bibelotier alors de mode. Les murs, lambrissés de chêne, tapissés\nd ’ un papier onctueux, d’ un papier grenat-framboise s’ ocellaient d’as­\nsiettes accrochées : assiettes de Chine, rouges à filets d’or, assiettes du\nJapon, exhibant en la luxuriance des couleurs, une faune bizarre et une\nflore déconcertante,             assiettes      allemandes, d’un bleu-indigo et enfin,\nassiettes des Flandres naïves et tapageuses. Par terre, c ’était la moelleuse\ndébandade des tapis, de Smyrne et de Tournai et de Khaboul, étageant\n"}, {"page_pdf": 17, "texte": "                                         8 —\n\n\n\nleur mollesse et raffinant leur douceur aux pieds qui les foulaient. Et\npuis, c ’était de poufs de soie brochée, aux ressorts souples, des sofas\npropices aux siestes et aux bouderies langoureuses, des chaises niais rares\net exotiques. De lourds bahuts de chêne, receleurs d ’argenterie et de\ncristaux, détenteurs des vaisselles luxueuses et des figurines délicates,\nTanagra, Sèvres ou biscuit, s’érigeaient aux deux côtés de la cheminée,\ntrès haute, portant une glace qu’are-en-cielait l ’élancement courbe d’ une\ngerbe de plumes de paon. Une table trappue et massive occupait le milieu\nde la pièce et dans un angle, en un recul d’ombre, asile de rêverie, un\nlong piano à queue, un Steenway à son de satin, étalait le glacis ivoirin\net strié de son clavier. Près de fenêtres, de hautes fenêtres que voilait un\njeu compliqué de rideaux,de stores et de portières, assises en des fauteuils\nhospitaliers, la mère et la fille attendaient. Attente patiente pour l’ une\npour la mère : une vieille dame au visage sérieux sous les boucles grises\net la dentelle noire d’ un bonnet de maison, aux yeu x fins, souriants;\nattente auxieuse pour l ’autre, pour la jeune fille si fraîche, si blonde, si\njo lie qui tourmentait d ’ un travail fiévreux une tapisserie. Ce qu’elles\nattendaient? C’était la visite quotidienne du jeune homme, agréé préten­\ndant officiel et officieux. Tous les jo u rs, vers le soir, à l ’ heure où\nl ’ombre tombe et où les réverbères s’ allum ent, son v if coup de sonnette\nfaisait courir en la m aison, un peu somnolente, une agitation nouvelle,\nfrisson de vie pour les uns, frisson de bonheur pour l ’autre : celle qui\naimait.\n  Donc elles attendaient.\n  P ar delà les fenêtres, c ’ était le jardin — un vaste et triste jardin qui\ns’ approfondissait en l ’humidité de cette soirée d’octobre, qui étalait autour\ndu vert terne et rongé des pelouses, la dureté et la misère des allées\nnoires grêlées de feuilles m ortes, grêlées de feuilles rousses, qui étalait\nau long des murs de clôture, la maigreur et l ’ ébouriffement des arbres\ndénudés. Un merle sifflait et sautait dans les branches.\n  Tout à coup, la jeune fille rejeta son ouvrage, com m ença à promener\npar la cham bre, enfin s’assit devant le piano qu’ elle martela d’accords\nbarbares.\n  — « C ’ est ça , R égin e, jou e quelque c h o s e , cela te fera passer le temps.\nD ’ autant plus que je te ferai remarquer qu’ il n’est pas quatre heures.\nAinsi tu n’ a pas le droit d'être im patientée.\n  Régine ne répondit pas. Elle plaquait sur le clavier la colère mutine\nde ses doigts et le Steenw ay, l ’ harmonieux Steenway au son de satin,\nvibrait plaintivement en le silence et le calme de la grande chambre. La\n"}, {"page_pdf": 18, "texte": "                                     -   9   -\n\n\n\n\nmère se retourna doucement, l ’air un peu moqueur et regarda sa fille,\nregarda ce fin visage ovalé, à menton et riez botticelliens, aux je u x\nlongs et m incement fendus, regarda ce visage délicat, excité par l ’ém o­\ntion, ce visage délicat et troublant, enmousseliné par les cheveux\ndéfaits et frisants exquisement.\n  — « R égine, fit-elle malicieusement en jou an t, tu dois faire attention,\nl ’es narines remuent tout le temps. Ce n’ est pas élégant. Et je te deman­\nderai encore de jou er quelque chose de plus amusant. Ton piano à l'air\nde ru er!\n  -   « Oh ! du plus amusant! Quoi don c? du Gounod sans doute? »\n  — « Et bien ! du Gounod, pourquoi pas, ce sera aussi intéressant que\nd ’entendre tes fagots de notes...\n  Une porte s’ ouvrit au fond de la pièce et un monsieur parut.\n  — Bonjour Fifille. Je viens t’enlever ta mère. J ’ ai besoin d’ elle pour\nachever des comptes très embrouillés. — L a n ière se leva. « Je viens.\nJérôm e. » Le père continua. « Tu sais. R égine. Léon va venir. Nous\nte laisserons seul avec lui pour quelque temps. Ça te v a ? Ainsi ta\nmère et m oi, nous en aurons fini d’ un coup et nous ne devrons plus\nreprendre la besogne plus tard. Hein ? Sois sage au moins ! » — Et\nmadame passant près de sa fille, la gifla caressamment d’ une petite\ntape sur la jou e et s’en alla. — Régine se trouva seule. Quelque temps\nencore ses mains s’ en allèrent, aventureuses, sur le clavier, puis le mou­\nvement s’ alentit. Au lieu des accords saccadés et durs qu’auparavant elle\njetait en l ’air, dos consonnances mineures et bémolées se succédèrent,\ngémissantes comme des appels d’âme égarée en la terreur d’ un m ystère...\nPuis la jeune fille s’ arrêta, les yeu x fixés en un coin vague du salon —\nrêveu se... Quatre heures sonna. Ce fut au loin le chant grave d’ une\ncloche quatre fois fêlante le silence de l ’après-midi ; puis dans la chambre\nla pluie argentinement claire d’ nn timbre léger. Régine se leva, indécise,\nles yeux enlaborés et ne sachant ni travailler, ni jou er, elle s’ accouda à\nla fenêtre. — O h ! Ce Léon qui ne venait p a s! Le jardin était triste\ncomme un jardin de couvent. Elle contempla les allées mornes où dans\nla boue, bâillaient des empreintes de pas, les gazons anémiés, sans couleur\ne t sans vie, où s’ éparpillaient des feuilles,elle contem pla dans les branches\nmaigres le sautil et l’ entrain du merle. Mais la vitre que ternissait son ha­\nleine se hâla d’ une buée et R égine demeura sans plus voir mais regar­\ndante toujours. — « Tiens, exclam a-t-elle brusquement, si je relisais ces\nlettres. — Leste, elle tira de sa poche un mignon portefeuille et s’ instal­\nlant près de la fenêtre, étala sur ses genoux les billets soigneusement\n"}, {"page_pdf": 19, "texte": "                                   —    10   —\n\n\n\n\npliés. C’était de courtes lettres, une correspondance im provisée, rédigée à\nla hâte, derrière le dos du père et de la mère, et qu’ il lui passait clandes­\ntinement par amoureuses espièglerie. Elle lut.\n    « Chère, chère. J e n'ai rien, mais rien du tout à te dire, sinon que\nj e t'aime, que j e t’aime toujours de p lu s en p lu s et que j e ne sais pas\n ce que ça deviendra si j e contin ue..., chère R égine, tu avais l'air\nfâché, hier. Qu'est-ce qu’ il y a v a it? dis. Pourquoi boudes-tu? T 'ai-je\nvexée ? Si tu veux, pour demander pard on, j e me jetterai à tes genoux,\net, humblement, j e baiserai le bout de ta bottine.\n    P .-S . Tu auras soin, c e jo u r-là , de mettre de petits sou liers... N 'est-\nce p a s ... pour mon grand pardon. »\n    « Chère. — J e vous aime comme un fou. Puisque j e ne p eu x cares­\nser et adorer vos cheveux et vous toute comme j e le voudrais, donnez-\nmoi donc une m èche... une grosse mèche... que j e puisse emporter avec\n m oi... »\n    « Régine, vous avez été si aimable avec mon ami, hier, que j e pen se\nque vous ne m'aimez plu s. Vous me trompez déjà. E t nous ne\nsommes p a s mariés. M ais, vilaine, que sera-ce p lu s tard... »\n    — « Mon aimée. V oici mon p ortra it avec la suscription demandée...\nM ets-le dans ton alcôve et tu feras de moi presque un heureux... p res­\nque un heureux, car j e ne le serai tout à fa it que le jo u r ...\n  Elle ne put continuer. L ’ombre était venue perfide pendant sa lecture\net sur la blancheur trouble du papier elle ne pouvait plus distinguer\nnettement les lettres mi-effacées. Le crépuscule pénétrait dans la chambre.\n  C’était l’ heure exquise, l ’ heure divine du soir, quand les ténèbres,\ndenses déjà, s’ infiltrent en les maisons et emplissent, com m e des eaux\nnoires et impalpablement fluides les appartements obscurcis, l ’ heure\ndivine où reviennent à la mémoire les capiteux et orchidéens vers de\nBaudelaire. Les ors et les cuivres brillants, s’éteignaient. Les laques, les\npolis, les glaces et les luisances s’ assourdissaient aux murs et aux meu­\nbles. Déjà, en les coins de muraille c ’ était la nuit. Et du noir coulait des\nrideaux, coulait des draperies, rampait sur le tapis où s’embrumaient les\nbariolées et polychrom es arabesques des laines. La grande glace au-dessus\nde la cheminée s’ était oblitérée et rarement de ci de là, se piquait de\nl ’étoile d’ un reflet. Au creux des assiettes subsistait une fine poussière\nde lueurs. Et toujours défaillante de plus en plus, tombait de la fenê­\ntre, au travers des rideaux roux une pâle lumière, une étrange et maladive\nlum ière. Un     calm e   immense et sacré       remplissait l ’ atmosphère.   Du\nsilence frém issait.\n"}, {"page_pdf": 20, "texte": "                                      11   —\n\n\n\n\n  Et Régine laissa venir, laissa faire, sans tenter de refouler l ’invasion,\npar la brutale éclosion d’ une lampe. Le soir l ’avait charmée. Elle écoutait,\nsereine la respiration psalmodique de l’om bre, recueillant les sensations\néparses autour d’elle et dans l ’harmonie de son âme érigeant l ’image de\nLéon en une chapelle de mystère où musait délicieusement, ineffablement\nl ’orgue du silence,\n  Tout à coup l ’ on frappa à la porte.\n  Elle n’entendit rien, toute entière à l’ensorcellement des ténèbres et\ndu calme, dans l ’affaissement, léthargique de son. être, prolongeant son\nréve par les infinis de la chim ère. L ’on frappa une seconde fois et\nlors, la porte s’étant ouverte, un homme entra. — « Oh ! qu’il fait noir !\nqu’ il fait noir ma parole ! Régine où es-tu ? Qu’ est-ce qui te prend\nd o n c? Comment peux-tu ainsi rester... rester... rester dans l’ obscurité.\nH ein ? Mais où es-tu ? » —     Tiens, Paul fit-elle tout à coup réveillée.\nJe ne t ’ai pas entendu entrer. Comment as-tu donc fait ? » —\n  — Mademoiselle, fit une voix qui partait du seuil. Mademoiselle\ndésire-t-elle que je fasse de la lumière ?\n  — Oui sur. Parbleu sûr exclam a Léon.\n  Le larbin d’ un air placide et hargneux, enflamma la mèche d’ un allu­\nmeur et méthodiquement ayant tourné la clef, fit flamber la brusque\ndétonation d’ un bec de gaz. Il y eut un sursaut d’ explosion parmi l’ombre\nqui s’évanouit : Léon et Régine se trouvèrent seuls en face l’ un de l’ autre.\n   — B onjour, Chère. Bonjour fit-il.\n  — B onjour, Léon. Mais tiens, qu’est-ce tu as ? Tu as l ’air malade !\nQuelle drôle mine as-tu ?\n   En effet, des rides gerçaient son teint. Les yeux caves phosphores\nçaient étrangement et les lèvres se distinguaient flasques, déformées.\n   — Moi, Régine ! moi. Mais je n ’ai rien ! Je n’ ai rien. Quelle idée !\n Ah ! Régine. Je t’assure. Je n’ ai rien. Qu’ est-ce que je pourrais bien avoir?\n   — Tu es drôle, fit-elle encore lentement, tu es d rô le ... Et le couvrant\n de son regard étonné, elle répéta encore : tu es drôle ! Et voici, comme\n il s’ approchait d’ un fauteuil, qu’elle remarqua sa démarche mal assurée et\n son port vacillant. Mais Léon, on dirait que tu 11 e sais plus marcher\n droit ! Allons ! qu’est-ce qu tu as ! Ce n’est pas naturel ! Oh tu aurais\n mieux fait de rester chez toi, à te dorloter, à te bien soigner. Car tu m’ in­\n quiètes. V oyons ! Ne désires-tu rien? « Il se mit à rire, d’ un rire bruyant\n et faux. » Moi ! Mais, petite folle. Je n’ ai rien ! Rien du tout ! J ’ai été\n promener toute l ’après-midi, toute l ’après-midi. Tu vois bien que je\n n’ai rien. Quant on se ballade, on n’est pas malade. C’est une chanson\n"}, {"page_pdf": 21, "texte": "                                      —   12   —\n\n\n\n\nça. Une chanson que           disait Ropa, la petite rousse qui avait un si jo li\nsigne sur l'ép au le... Et tu sais, je viens du c e rcle ... de la ru e ... chose.\nEnfin, tu connais hein ? Et j ’ ai rencontré P a u l... Et il était avec\nCora. Elle a lâché son rasta. Oh ! mais lâché pour de bon. Je ne te\nl ’avais pas encore dit, hein ! mais c ’est com m e ça.         Donc Paul était\navec C ora... Il y avait encore le petit Paysin, tu sais, hein ! avec la\nRousse, une marchande de chiens... ma parole, une marchande de\nchiens, qu’il a décrottée et qui est superbe. Parait qu'elle est d’ un crâne\nébouriffant! Il y avait Goule aussi, oh !\" d ’ un galbe épatan t; mince la\ngigolette !\n   Mais qu’ est-ce qu’il a, se demandait éplorée R égine. Pourquoi se\nmettait-il à lui déverser ce Ilot d’ équivoques plaisanteries. Ces potins\nde garçonnière débités en l ’ argotique français d ’ un gom m eux belge qui\nveut être distingué. Et tout à coup,           désolante, la vérité lui apparut.\nMais il est ivre, abominablement ivre ! — « Et bien R égine, ma chère,\nvoici ce qui aboule. Je dis à Paul : hé ! R igolboche, c ’est son petit nom.\nPas de balançoire, hein ? Si nous jouions au pooker ? Connais le pooker,\nhein ! rude pièce, faut pas de tuyau pour forcer la chance. Pas\nd’impair, n ... d ...       D ... ! Bien, nous avons jo u é et Cora aussi et la\nRousse ! et encore F lore, c ’ est la serveuse du cercle, une rude femme.\nEt puis un gin , ma chère. Ah ! Je leur connaissais déjà le scotch, mais\nle gin est admirable. La première fois il est si fort, que ma parole, on\ncroit avaler un ju ron . Mais après, du m iel, un vrai m iel. Il frappe. Ah !\nOui. Il n’y a pas à dire, il frappe. Oh ! on est dedans. D onc, voilà que\nj ’attrappe un carré. Un rupin de carré, carré de rois. Je tiens deux louis.\nFlore lâche, je tiens, les autres lâchent. Je tape dix louis secs, cartes\nsur table. Flambé, il a v a it... devine ce qu’ il avait. Hein ! tu n’y es pa s...\nIl a v a it... allons ?..\n  Mais j e ne sais pas, fit-elle, prête à pleurer, humiliée au plus intime\nde son amour.\n   Il avait royal floche, royal floche. Ignoble, hein ! Crapuleux ! Ramassé\nde dix louis. Pigé, tu connais, h ein ? Pigé m ’ a dit qu’ il aurait risqué\ncent louis sur ma main. Il m’a dit que j ’ étais pot. C’est son m ot ma\nchère ! Oui, pot. Ah ! on s’est tordu ! M oi zu t! Jétais toujours rasé, moi !\nEt puis crac, j ’ ai reçu une lettre de cette bringue de Julie qui ne veut\nplus venir ! Et puis hier, M erveilleuse, qui se laisse flanquer à terre !\nJ ’avais ponté. Ah vu ! Je suis vu de tous les côtés. Une déveine, et une\ndèche, oh ! une dèche impayable ! Tiens, c ’est jo li ça, une dèche im ­\npayable. Je dois le répéter, celui-là,une dèche à mettre sa femme au clo u ...\n"}, {"page_pdf": 22, "texte": "                                 —     13 —\n\n\n  — Mais Léon. Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi donc ! Mais malheureux.\nTu me fais pleurer. Mais tu es ivre. Comment as-tu osé venir ic i...\nV a -t’en ! V a-t’ en ! Si père ou mére te voyaient ! Mon Dieu ! Mon Dieu !\nQue diraient-ils ? Mon Dieu ! S’ ils arrivaient. Et Antoine, il n’ a rien vu,\nV a -t’ en !\n   — Oh Régine. Régine. Idiotement il secoua la tète et eut un sourire\nfat. Ivre. Oh ! la bonne ! Ivre m oi. Jamais. Je suis culotté. Ça ne prend\nplus, Régine. Comment peux-tu dire, Vilaine ! Méchante !\n   Il se leva et marcha vers elle, les yeu x allumés. « Régine. Ma chère\npetite Régine. Et il lui prit les mains. Ma chère embrasse-moi pour ça.\nEmbrasse-moi bien ? Et il avança les lèvres et il enveloppa La jeune\nfille de son haleine alcolique et ardente. « Laisse-moi. Laisse. Tu es fou !\nElle voulut se dégager, retirer ses mains, s’ écarter, presque dégoûtée,\nmais il la retint.\n   —    « Embrasse-moi. Je veux que tu m’embrasses. Et je veux encore te\nbaiser sur le cou et te baiser l ’épaule... Et je veux te baiser tout entière!...\n   Ah ! Cria-t-elle. Il l ’avait prise en «es bras et lui caressait le visage\nde frôlants et lents baisers, tandis que, mal-habiles ses doigts erraient sur\nson corsage. L aisse-m oi... — Non, Je veux !... Il la terrassa d’ un effort,\net exaspéré, il allait...\n   — M ère, mère, mère ! clama Régine !\n   La porte s ’ouvrit, heurta le mur avec fracas et la vieille dame parut.\nElle vit, et indignée, s’élança sur l ’ ivrogne, l ’ arracha de ce sopha fatal\net le repoussa au loin en la force de sa colère. Canaille ! siffla-t-elle\nentre ses dents stridentes ! Canaille ! Canaille ! Infâme canaille ! Mais\nLéon se rebiffa et rouge de colère. « Eh de quoi ! canaille ! Pourquoi ca ­\nnaille ! Qu’est-ce que je mitronne donc. Je suis une canaille ! Espèce...\n   Léon ! Léon ! Tais-toi ! malheureux ! s’ écria Régine, au désespoir,\net sentant que l’existence même de son amour, de son persistant et vivace\namour était menacée et que celte scène odieuse, cette scène ignoble allait\nperdre à jam ais son bonheur.\n   Il n’écouta pas et persévéra.\n   — Laissez-m oi la paix !\n   — Quoi, qu’est-ce que j ’ entends? Le père venait d’arriver et ahuri,\nil voyait, Régine prostrée, la mère et Léon en face l ’ un de l'autre mena­\nçants et haineux. La stupeur le cloua sur le seuil. Il ne put que redire,\nQu’est-ce que j ’entends ?\n   — Et bien oui, c’ est comme ça ! Ah ! Podagre, l’ interpella Léon.\n"}, {"page_pdf": 23, "texte": "                                      14 —\n\n\nPodagre ! C’est vrai que t’es podagre ! C’ est madame q u i...\n  Léon ! Léon ! interrom pit encore une fois la jeu n e fille ....\n  Mais la mère alors, im placable et froide, pressa un bouton électrique.\nIl y eut un silence, silence agonisé par ces quatre âmes. Et Antoine\nparut.\n  Madame désigna du doigt L éon, et ordonna d’ un ton bref : Jetez-le\nà la porte !\n  A lors, voyant que tout était fini et       que   l’ irréparable     était   co n ­\nsom m é, R égine s’ affala au dos du sopha et se mit à sangloter, éperdument\nsangloter...\n\n                                                  A ndré   R UIJT E R S .\n\n\n\n                                                              23 -2 4 , 11,94.\n\n\n\n\n               Hymne à l’Ilissus de Phidias\n                                        I\n\n   Ilissus ! Tu es la compatissante Divinité qui transporte la Pensée : dans\nle R êve consolateur, dans l ’ ère bénie des âges d ’or, ou vers les Empyrées\ninaccessibles aux aptères !\n\n                                        II\n\n   De l ’ eurythmie resplendissante de tes membres d’algide marbre, arri­\nvent en mon âme les nectariques ondes d ’ harmonies fluant d’ Eux !\n   Bienfaisants effluves ! A insi, les flots azurés d’ un fleuve sacré, pour le\ncorps aduste du rapsode, le soir !\n\n                                       III\n   Quel Divin Iconographe au front irradiant les Sublimités, quel Im m or­\ntel à la dextre de lumière, descendra sur cet Ici damné, pour nous rendre\ncette œuvre entière !\n\n                                       IV\n   Humains stercoraires, ô acéphales vous avez, en votre inconscience de\ndéicides, indigné les Dieux : Ils ont détourné de vous les vivifiants rayons\nde leurs regards créateurs !\n"}, {"page_pdf": 24, "texte": "                                  — 15\n\n\nV\n\n\n\n\n  Hissas ! œuvre d’ un Dieu ! qui dira tes beautés archétypes d’Eternel\nCe n ’est moi et j ’en pleure.\n\n                                      VI\n\n    Je pleure de ne pouvoir dire l ’ Auguste et craintive Vénération qu’in­\nspire ta sublimité d’ olympien ! Je pleure de ne pouvoir dire l’ Atmosphère\ncéleste, parfumée d’ambroisie dont se nimbe ton Etre bienheureux !\n\n                                      VII\n    Je pleure ! O qui dira la Vie im mortelle qui ondule et gonfle ton géant\nthorax ! O qui dira l ’idéal arc de cette voûte clôturant le temple de ton\narchée immarcescible !\n    O Ephèbe prototype! Il y a encore tes flancs divins et ton ventre\nsacré !\n\n                                      VIII\n    Formes pétries d’idéalités indicibles pour m o i... pauvre !...\n    Notre langue est une onomatopée des P leu rs... elle a une plétore\nd’images des Douleurs e t... hélas ! presque aucune pour la signifiance des\nBonheurs !\n                             A l'Apparue\n                                                                      L evêque.\n\n\n     British Cadence\n              — Muséum,ton amour\n                           1890. aux souffles de l’aurore !\n            J e suis ce doux enfant qui tremble de la vie,\n             o Belle, ô caressante et Douce, en qui s’essore\n             et s'incarne mon âme et son étrange envie\n\n            de mourir à l’éclat morbide des soleils,\n            pour mes pauvres yeux las tant et toujours les mêmes,\n            et départir, enfin résurgi des sommeils,\n            vers la nouvelle vie et les nouveaux poèmes\n"}, {"page_pdf": 25, "texte": "                                  —    16 —\n\n\n          où l’amour chanterait de sa bonne chanson\n          la douceur des bras blancs et des poses languides\n          et les étreintes où l’on meurt, et la façon\n          dont s’anime le marine des cariatides.\n\n                                        A lbert S tassart.\n\n\n             L e 6 -1 2 -9 4 .\n\n\n\n\n  Sans doute de M . de Heredia la nouvelle s ’est transmise que Henri de\nR egnier, le triomphal et superbe poète, renonce aux errements du vers\nlibre pour en revenir aux coupes et théories régulières. Le cas serait\nétrange et la conversion éclatante. Cependant, quel que soit le désappoin­\ntement que nous allons causer à certains parnassiens de nos amis, nous\npouvons affirmer que l ’annonce est prématurée. Le livre de H. de\nR egn ier qui doit paraître sous peu, comprendra trois parties. La première\net la dernière seron t traitées en l ’alexandrin d’ Hugo. Descriptives, d’ im ­\nportance secondaire et d'intérêt relatif, elles ne font qu’ encadrer le corps\nde l ’ œuvre : poème en vers libre, dédié à M . Francis Viélé Griffin en\nsouvenir d’ une communauté d’ idées, d’œuvre et de cœur.\n\n\n\n  Il entrait dans les intentions de notre revue, de se dévouer à la musique\net à la peinture autant qu’à la littérature. Cependant, com m e nous ne\nsommes ni musiciens ni peintres, comm e nous ne pouvons cum uler tous\nles emplois, et com m e aucun homme de métier n ’a été fidèle aux pro­\nmesses faites, ce m ois-ci, à notre grand regret, nous nous voyons obligés\nde livrer à nos lecteurs une revue exclusivem ent littéraire.\n\n\n                                                        L a R édaction.\n"}, {"page_pdf": 26, "texte": ""}, {"page_pdf": 27, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "jour", "ordre_dans_volume": 1, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1895-01-15", "signet_source": "1ère année - N°1 - 15 janvier 1895", "preuve": "Couverture conservée (PDF 8) : « 15 janvier 1895, 1re Année, N° 1 ». Indices internes : textes datés de novembre et décembre 94 (6 novembre 94 ; 23-24, 11, 94 ; 6-12-94).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}