{"numero_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "articles": [{"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-002", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L 'A rt Jeune e s t o", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "L 'A rt Jeune e s t o u v e r t à t o u s . E c r i v a i n s , P e i n t r e s , M u s i c i e n s . S c u l p ­\n\nte u r s p e u v e n t, e n p le in e lib e r té , s ’y p ro d u ire , e x p o s e r ou d é fe n d re d es\ni d é e s . L ’A rt Jeune est a u x a r t i s t e s .\n\n\n\n   Adresser manuscrits et revues à L 'A r t Jeune, rue de Brabant, 181,\nBruxelles.\n\n\n\n   La revue est en vente à Bruxelles, chez tous les libraires et marchands\n\nde journaux et à Anvers, Gand, Liége, Malines, Mous, Namur, V erviers,\n\nParis, etc.\n\n\n\n   Il sera rendu compte défont, ouvrage littéraire ou artistique que nous\nrecevrons.\n\n\n\n  Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. — La R evue ne publie\n\nque de l'inédit. — Elle aura un minimum de 16 pages et paraîtra m en­\n\nsuellement.\n\n\n\n\n                                         A BO N N EM EN T :\n\nBelgique, fr. 5.0 0 .                   Lenuméro, f r . 0 .6 0                       Etranger, fr. 6 .00\n\n\n\n\n  Au prochain numéro : Vers de F r a n c i s V i e l é G r i f f i n .\n\n\n\n\n  Les personnes qui désirent ne pas s'abonner sont priées de nous .\nrenvoyer ce numéro.                                                                                                    •\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-003", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 17, "page_fin": 20, "titre_corps": "Jean l’apôtre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Camille Lemonnier", "ancre_debut": "J E A N                   L ’A P O T R E    A vingt-cinq ans, Jean, fil", "ancre_fin": "o n n ie r .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LES PLEURS            A pieds doux glissent fu", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": 17, "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "J E A N                   L ’A P O T R E\n\n  A vingt-cinq ans, Jean, fils du hasard, apprit à lire. L ’école, corvée\npour les petits des riches, fut à lui, l ’ humble apprenti piquant l ’alène et\nmartelant le cuir chez le savetier du village, le premier temps heureux\nde la vie. Quelque chose remua en son être à la musique des lettres\naccordées en syllabes, le sens d’ un sym bole où l ’ univers prenait une\nv oix. Il se sentit en communication avec les esprits de la terre, du ciel et\ndes eaux. La grande ténèbre intérieure se rompit : il crut entrer dans la\nclarté. Ce fut comme une initiation religieuse en laquelle il se rapprochait\nde Dieu.\n   A peu près vers la même époque, ayant vécu jusqu’ alors comme un\npetit saint des Thébaïdes, il put s’ établir avec l ’argent de ses épargnes et\nreprit la clientèle du vieux maître son patron, emporté par une fièvre\nmaligne. Il eut son demi-arpent, qu’ il bêchait lui-même ; levé avant l ’aube,\nil ne se reposait que le dimanche, pour obéir au saint commandement.\nUn jo u r, étant parti acheter du cuir à la ville, il acquit un almanach, un\npauvre vieux recueil de prophéties et d’images, avec l ’astrolabe et la robe\nmagicienne de Mathieu Laensberg sur la couverture. Jean ainsi connut\nles Mystères et n’ eut jam ais d’autre bibliothèque.\n  Un doigt aux lettres, car il lisait comm e un enfant, il se mit à épeler,\nle soir, sous la lampe, les textes révélateurs des vérités essentielles. Il\ndéchiffrait péniblement une ligne et la méditait, y trouvant d’infinies\nconjectures. Pendant des mois, il ne dépassa pas cette mesure, raccordant\nà la ligne qu’il avait lue la veille le dessin spirituel de celle qui suivait.\n"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": 18, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2774, "texte": "                                  —    18 —\n\n\nLes mots, clans son esprit, régi par la loi des divisibilités, d’ abord s’inscri­\nvaient comme une figuration matérielle représentative des choses et des\nêtres. Ensemble, au bout de la ligne, ils lui mémoraient quasi des\nportraits, la similitude extériorisée avec de lointaines et mystiques\nentéléchies, et la ligne elle-mêm e d’ une arabesque vive incisait sa\nsubstance sensible.\n  Des ondes intellectuelles se formèrent, s’élargirent comme les cercles\nconcentriques d’ une eau où tombe une pierre. Même enfant, il avait vécu,\nrecolligé, aux limites de l’animalité, inquiet des secrets, remué dans son\ninconscience. C’ était ce profond et latent travail par lequel les instinctifs,\nles petits du peuple s’égalent aux germinements des friches, aux fermen­\ntations de la vie sur la nappe croupissante des mares. L ’aride sol, travailé\npar les pluies et le soleil, se fleurit d’ essences, pousse sa silve libre, ses\nju n gles minutives, microcosmes du vaste univers. Un fin capillaire\nd’ algues ondule aux eaux, électrisées d’ une faune élémentaire. Ainsi, le\nmiracle, aux sources vertigineuses de la pensée, aux obscures alchimies\ndes règnes, recomm ence, égal chez l’ homme et dans la nature. La\nchaleur, le magnétisme des forces pénétra le rudimentaire cerveau du\nsavetier de campagne. Un vibrionnement en activa le mécanisme, une\nvolontaire et fine vibralité d’idées, pareille au tourbillon rythmique des\nmolécules dans la lande et les mares.\n  Et les élaborations naquirent.\n  Jean mit trois ans à lire son Mathieu Laensberg. Il connut alors les\nConstellations, les Solstices, les Saisons; il sut les saints de l ’ hagiologie\nles divisions du comput, les sym boles; il apprit les pronostics. Du seuil\nde son échoppe, en regardant les couchants, il prédisait le temps ; il révéla\nles avertissements inclus dans le vol des oiseaux, la forme des nuages,\nle moût du sang, les variables températures. Le soir, après l ’ouvrée, on\narrivait le consulter. Et il n’ignorait pas non plus les dictames, la vertu\ndes simples, les secrets prophylactiques, comment on réduit la tympanite\ndes vaches, par quels remèdes on supplée au mire.\n   L ’ almanaeli devint son grim oire : il y débrouillait les arcanes; il en\nélucidait les analogies, ayant remarqué que les nombres régissent le\ntemps et la destinée, que l’ Avent, la Purification, l ’ère pascale et N oël\nsont concomittants à des états de l’âme humaine, que la lune, faste ou\nnocive, régularisatrice des marées et des fructifications terrestres, règle\nles maladies et les passions des hommes. Ainsi il s’initia à l ’ordre éternel\nà la fois et temporel. Le livre pour lui s ’assimila aux Saintes-Ecritures\net à une Kabale. Et il ne cessait pas d’être un simple, sous la main de\nDieu.\n"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": 19, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2863, "texte": "                                — 19 —\n\n\n   Au bout de trois ans, il relut l'Almanach, et il lui parut qu’il le lisait\npour la première fois, tant il y perçut de choses nouvelles. Des doutes se\ndissipèrent, les obscurités se fondirent; il coordonna des faits autrefois\ndistants, séparés de longs intervalles. Il ne savait pas en quels supplices\ntrépassèrent les saints martyrs ni le sens des attributs dont s’ accompa­\ngnent les bienheureux. Mais, parmi les premiers, les uns se signalaient\npar les roues, les grils, les gibets, le bestiaire; les autres avaient une\nclef, une tour, des lys. Et, surtout, il lui fut avéré que les martyrs avaient\nsouffert pour la bonne conscience, s’ étaient offerts en holocauste à la\nrédemption des hommes. Ainsi il se persuada le renoncement, le sacrifice,\nle devoir d’ê tre fraternel envers des frères. Le vieux texte lui devint\ncomme un rituel des actes de sa constante élévation vers Dieu et un\nmiroir où, aux clartés du ciel illim ité, il se vit se refléter lui-même.\n    Les maximes abondaient : des préceptes de vie droite, des conseils pour\nmériter le bienfait d’ une vieillesse sans regrets; il y apprit à restreindre\nses besoins, à endurcir son corps, à transférer aux indigents une part de\nson indigence personnelle. Il en fit comme la règle et la moelle de sa\nconduite. Des paraboles décelaient une moralité cachée : il en démêla la\nsagesse, s’en appropria la substance. Il aimait parler par aphorismes,\ns’ étant habitué à l ’ esprit concret, à la forme brève et condensée des\nproverbes et des dictons où se transmettent, comme un legs, l ’expérience\net le savoir des vieillards.\n   A vec le temps, il put lire avant la couchée des pages entières. C’ était\nsa méditation nocturne, la bonne prière de sa pensée et de sa vie solitaire\nsous les étoiles. Derrière chaque ligne se levaient des idées nouvelles,\ndes aspects du monde et de soi-même imprévus. Et il n’avait jamais fini\nde les découvrir : des continents et des mers s’en suscitaient, d’inédits\nsegments de l’âme et de l’esprit. Il n’éprouvait pas le besoin de lire un\nautre livre.\n   Une grande sérénité lui était venue ; il crut discerner que la somme du\nbien excède la somme du mal sur cette terre et que celle-ci, peut-être\nn’ est qu’ un des paliers par lesquels, dans l ’espace infini, on accède vers\nla connaissance. Les mondes se peuplèrent; il soupçonna la transmigra­\ntion de planète en planète ; l ’éternité de la vie se découvrit au pauvre\nhomme obscur devant la courbe illuminée des galaxies. Ses journées se\npassaient à battre le cuir, à coudre les semelles : il était réputé pour la\nsolidité de son travail, et le champ, non plus que l ’échoppe, ne chômait.\nIl en partageait les fruits avec les nécessiteux.\n    L ’hiver, pour conjurer la monotonie des frimas, il s’égayait des\nanecdotes et des fables du bon almanach. Presque toujours, un madré\n"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": 20, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1321, "texte": "                                —    20 —\n\n\n\npaysan en était le héros ou, à l ’opposé, quelque rustaud jocrisse, et, sous\nses lunettes, il riait jusqu’aux larmes, amusé comme un dieu. Ainsi\nl’ humble livre populaire suffisait à sa vie. Il était pour lui la Révélation,\nles Quatres Saisons, l'Ordre et la Joie. Le rayon de soleil qui fait germer\nla friche et fleurir la mare en était sorti. Ses sues, à la longue, avaient\ndistillé la sagesse et la philosophie, comme les rosées du ciel, en pleuvant\nsur la terre, y distillent l ’arôme et la sève verte. Ce simple cœur nourri\ndes textes méprisés s’ égala, par la réflexion, aux problèmes, réalisa le\nmiracle de recomm encer en soi l ’humanité. Il connut l ’harmonie des\nactes et des pensées.\n  Quelquefois, passant par le village, j ’entrais dans la m aison; la porte\njam ais n’en était fermée. J ’aimais sa bonne humeur, ses yeux clairs sous\n les rides, son doux savoir. Il me donnait la force de croire en moi :\nj ’aurais voulu n’ avoir rien appris que de m oi-m êm e, comme lui. Je\n pensai : « Là est la force, là est le vrai homme. Il fait que la genèse\nrecommence en chaque homme. » Et, l ’âge étant venu, on l’ appela Jean\nl ’Apôtre dans les campagnes.\n\n                                                 Ca m il l e   L e m o n n ie r .\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-004", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 20, "page_fin": 21, "titre_corps": "Les pleurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Marie Closset", "ancre_debut": "LES PLEURS            A pieds doux glissent fu", "ancre_fin": "o s s e t .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Galerie d’artistes               GEORGETTE LEBLANC     Aprè", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": 20, "debut_caractere": 1321, "fin_caractere_exclue": 1791, "texte": "LES PLEURS\n           A pieds doux glissent furtives\n           Larmes claires,\n           Valse fuyante, mystère\n           De la farandole folle\n           Dans les airs!\n\n           P a r les brises amoureuses\n           Et les sentes douloureuses\n           D ’âme adorable et plaintive,\n           Menez, promenez, légères,\n           Votre farandole folle,\n           Larmes claires.\n\n           Ou bien comme vieilles ridées,\n           Trébuchantes et désolées,\n"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": 21, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 400, "texte": "                                  —   21   —\n\n\n\n\n           A ux sillons convulsés des vieux visages doux,\n           Petites larmes tremblotantes,\n           Coulez, — douleur ou joie — tristes et lentes,\n           En chapelet rompu qu’égrène le passé jaloux.\n\n                                               M a r ie C l o s s e t .\n\n\n\n\n                                                             "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-005", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 21, "page_fin": 23, "titre_corps": "Galerie d’artistes : Georgette Leblanc", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri Vandeputte", "ancre_debut": "Galerie d’artistes               GEORGETTE LEBLANC     Aprè", "ancre_fin": "choses muettes H enri V andeputte.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "A ma Chimère           Tu m'as jeté le fier lasso", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": 21, "debut_caractere": 400, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "Galerie d’artistes\n\n             GEORGETTE LEBLANC\n\n   Après l ’extase calme, et verte, et pâle d'Orphée, soudainement, en\ndes vacarmes, la Navarraise !... Et la cannonade brutalement orchestrée\nsaccage d’ un coup l ’impression berceuse et belle.\n   Alors au fond d’une scène vibrante d’angoisse, surgit Georgette\nLeblanc, mince et fébrile, très virginalement jeune en sa robe noire.\nEt aussitôt, malgré tous les vains tapages d'orchestre, l’attention étreint\nuniquement Celle qui fait de la Navarraise à vieille rengaines de\nMassenet, une création inoubliable. Tous les regards se rivent à elle\néperdument, suivant son visage et ses gestes et tout son être palpitant de\nde passion. Et assurément tous les artistes doivent vivre et sangloter ce\npeu d’humanité avec elle, car elle impressionne et intensément ! Elle\nn’est pas de manière quelconque, une actrice à airs sensationnels. Non,\nelle vit son rôle, elle l ’incarne, et le crée, dans la Note unique et\nharmonique qu’ elle y a ouïe. Elle voit plus en ce rôle qu’ un succès de\nplanches, plus que quelques applaudissements grisants, grossis par la claque.\nElle voit plus ! Oh ! sûr ! Son rôle est de la Vie, et ce qu’elle veut c’est\nl ’intensiver par son Art, c ’est faire vivre cette vie aux spectateurs, c ’est\ncréer l ’œuvre d’ art, dont, prés tout,l’auteur a , à peine,décrit le décor, et\n tracé les grandes lignes.\n    La Monnaie, intelligente — exceptionnellement — , lui a donné,\naprès Massenet d ’ailleurs, la plus grande liberté. Et elle en a usé! et,\nhélas ! que n ’en a-t-elle abusé avec autant de talent et de juvénile\nfolie !\n  A h ! oui! A h ! ou i! elle a fait œuvre d’ A rt, car notre coeur\na vibré, car une sensation grandiosement sanglotante nons a enlevés\ndans un envol fol, car nous nous en sommes allés, l’avant vue, le\n"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": 22, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "                                     22 —\n\n\ncerveau plein d’idées germantes, l'âm e donnant essor aux plus ardents\nenthousiasmes. Et nous sentions, bien vrai, que le plus beau de cette\nArtiste, s’était diffusé en nous tous.\n   Ah ! oui ! passionnée et ardente et jeune ! avec des cris, des désespoirs,\net des aveux ineffables découlés de ses lèvres comme de la lumière ! avec\ndes prières oppressées, et des folies ! des gestes âpres, des torsions de\ncorp s! des courbes de c o l! et des courreries parlant humainement! Ah !\noui ! toute pantelante d’humanité lamentable en son incarnation,\nGeorgette Leblanc, s’est révélée à tous splendide Artiste là.\n\n                                     * *\n   Et voici qu’en l ’ intimité paisible et lumineuse de son salonnet oriental,\nelle cause, tout autre, plus familière, quoiqu’encore théâtrale en sa\nrobe bleu-sèvres de Carmen, qu’elle n’ a pas eu le temps de quitter.\n  Elle cause; et c ’est tout un charme, dans ce milieu. Une petite\nlanterne à verres coloriés, s’ accroche dans un coin ; des tons de vieil or,\nau seuil voilé d’ une chambre contiguë, ardent ; et la troisième place de\ncet appartement un peu im provisé, est toute illuminée. On se sent ainsi\ncomme cerné de clartés.\n  Et il y a aussi, sur le front de l ’Artiste, le regard pénétrant et clair\ndu diamant qu’ elle ne quitte jam ais, et qui évoque la Belle Ferronnière\nde V in ci.\n  Elle cause... Elle dit ses débuts et sa vocation           irrésistible,   les\npremières notes tapotées en cachette, quelques leçons à peine reçues à\nR ouen, sa ville natale, et puis Paris, là-bas, comme le but à atteindre...\n   Mais, voyez-vou s! elle était sûre d’elle-m êm e, elle n’avait pas peur,\nelle sentait quelque chose de Beau qui frémissait en elle, et elle avait\nconscience qu’ il fallait le dispenser à tous. — Ah ! sur, bien des larmes,\ndes coups de tête, et des obstacles, avant d’arriver au théâtre ! — Et\nalors? finies, les peines? Assurées, la réussite et la gloire? — Mais non,\nmais non — . Elle entrait à l’Opéra-Comique, et on lui offrait un rôle\ndans l ’Attaque du M oulin, à elle qui rêvait de W agn er, et qui rêvait\nd’Yseult.\n   Elle cause... Elle cause. Et un charme exquis émane d’elle et l’on se\nsait heureux, tout de suite mis à l ’ aise, de se dire soi-même.\n  Elle cause... Elle dit ses goûts et ses tendances, combien elle voudrait\ndire aussi du mot Nature, la syllabe qu’ elle a sur les lèvres, et donner\nle tréfond d’elle-m êm e, en un rôle profond, et non tout d’ extériorité-,\ncomme Françoise, la Navarraise ou bien Carm en... Elle dit combien\nla Ligne, l ’Harmonie, la profondeur la captent non seulement dans les\n"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": 23, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2087, "texte": "                                — 23 —\n\n\nrôles, mais dans les œuvres, mais surtout dans les choses... Elle dit\ncombien elle aime la Nature, et les artistes et les penseurs qui l ’ont\nfixée; tous, éclectiquement : les Primitifs Italiens et la Bible, Schopen­\nhauer et Balzac, les Peintres Gothiques et Emerson, et le beau Silence,\net les belles ténèbres, et les beaux ciels, et les beaux a rbres..., et\ncomment elle-m êm e, de toute façon, cherche à se dire par le chant,\nl’ écrit, la peinture et la sculpture... Elle dit quelle fut son éducation\nd’ Artiste, et que tout le secret en réside dans ce qu’ elle a appris d’abord\nà pleurer et vivre, et ensuite à jou er. Elle dit combien le caractère\nbaroque et mauvais goût des théâtres la gène, en les décors comme en\nles cabotins, et son rêve de voir les œuvres de W agner exécutées parmi\ntoutes choses Belles, et même — ô chimère — en plein nature, le\ndeuxième acte de Tristan, dans la frissonnance d’ une belle nuit\nsylvestre, les deux autres accompagnés du chant de la M e r !... Elle dit\nenfin tous ses goûts, se prétendant très virile, et l’ étant peut-être par\nla compréhension plus profonde des choses, mais mentant certes en ce\nqui concerne sa grâce, son être et son A rt... Et, en finale. — Je ne crois\npas que ce soit pour me faire plaisir car je la juge toute sincérité — en\nfinale, elle me dit avoir trouvé à Bruxelles, auprès du public comme\nauprès des artistes, accueil charmant et surtout intelligent. Et cela\nn’aurait rien d’ étonnant, après tout, puisqu’elle nous a tous charmés et\nremués jusqu’ au fond de l’ âme.\n   Et voilà! en la quittant je songe qu’elle est certes une vraie artiste\n — et c ’ est tout dire ! — non seulement par le rôle créé, mais parce\nqu’elle a compris ce lambeau de phrase d’Hugo :\n                        Lu silence qui est la plénitude... »\net ces vers de Baudelaire ;\n              Les parfums, les couleurs et les sons se répondent\n              Le langage des fleurs et des choses muettes\n                                                    H enri   V andeputte.\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-006", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 23, "page_fin": 24, "titre_corps": "A ma chimère", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "A ma Chimère           Tu m'as jeté le fier lasso", "ancre_fin": "mon Soleil aurait lui! — 0—", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Médaillon           Son regard bleu poursui", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": 23, "debut_caractere": 2087, "fin_caractere_exclue": 2330, "texte": "A ma Chimère\n          Tu m'as jeté le fier lasso de Ton prestige,\n          et mes Mains sont venues offrir à Tes aurores\n          les fruits ruisselants d’or et les lyres sonores\n          démon bon Cœur enfant où mes bonheurs s’érigent...\n"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 558, "texte": "                                — 24 —\n\n\n          Tu m’as jeté le fier lasso de Ton prestige,\n          et j ’ai paît mes Regards de Ton âme très p u re...\n\n         E t j e voudrais aller vers des orbes d’azur,\n          avec Toi sur mon Aile, ô Folle qui afflige\n         mon smaragdin Espoir de sourires fleuri,\n         jusqu’à ce que mon Front, couronné de Vertige,\n          brisât ses rayons fous au marbre de l’Oubli!\n\n          Car, au moins une fois, mon Soleil aurait lui!\n\n                                   — 0—\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-007", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 24, "page_fin": 24, "titre_corps": "Médaillon", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur Toisoul", "ancre_debut": "Médaillon           Son regard bleu poursui", "ancre_fin": "M es Sourires, volume en préparation.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ANTOINE LACROIX   Le dernier numéro de la « L", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 558, "fin_caractere_exclue": 1191, "texte": "Médaillon\n          Son regard bleu poursuit les floconnets de neige\n          qui jettent leur tombée en l’eau calme de l'air,\n\n         les floconnets coquets, fantômes en cortège,\n         anges déchus, lambeaux de ciel, lambeaux d’hiver...\n\n\n\n          La nymphe songe-t-elle ? A quoi donc songe-t-elle ?\n          Songe-t-elle qu’elle est, comme la neige, belle ?\n\n          Vint son aimé qui la surprit avec douceur :\n          — Chère, il ne neige pas sous le ciel de mon cœur!\n\n                                            A r t h u r T o is o u l\n\n\n\n          de M es Sourires, volume en préparation.\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-008", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 24, "page_fin": 25, "titre_corps": "Antoine Lacroix", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Delville", "ancre_debut": "ANTOINE LACROIX   Le dernier numéro de la « L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "ANTOINE LACROIX\n  Le dernier numéro de la « Ligue Artistique » un journal parfois\nintéressant et rédigé par des artistes, publie une note nécrologique sur\nAntoine Lacroix, un des peintres de la dernière génération, mort récem ­\n"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": 25, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "                                   -   25\n\n\n\nment. « C ’était, dit « L a Ligue Artistique », un grand artiste. Non\np as qu’il ait produit beaucoup d’œuvres, non p a s qu’ il ait m un ta­\nbleau bizarre ayant attiré sur lui l'attention du public, non pas que\nson talent fut médiocre au point de ne mécontenter personne ; c'était,\nau contraire, un artiste dans toute la force du terme, travaillant dur,\nposant peu, toujours mécontent du résultat, p a n e que l'idéal était si\nhaut. » Antoine Lacroix était,, on effet,, une de ces belles physionomies\ndouloureuses frappées du signe de la fatalité d’ une lutte intérieure entre\nl ’ idéal et la vie. C’était un obscur, un prédestiné de la souffrance. C’était,\nsurtout, pour quelques-uns de ses confrères-amis qui le connaissaient\nplus intimement, 1111 génie avorté, c ’ est-à-dire un cerveau admirable de\nconceptualité, mais impuissant à la réaliser telle qu’elle lui apparaissait\nau miroir spirituel de son intelligence d ’artiste. Condition terrible d’exis­\ntence pour l’ homme atteint d’une aussi inexorable tare ! Elle débilite\ndoublement, car elle frappe l’artiste droit au coeur, dans tout son\nimmense désir de créateur, dans son plus légitime et plus divin orgueil.\nAntoine Lacroix avait une vision d’art géniale, telle que l ’ont eu les plus\ngrands artistes, mais, tenaillé par des souffrances physiques et morales,\nil fut paralysé dans sa puissance intellectuelle. Les quelques œuvres\nqu’il exposa soit à l ’ Essor, soit à « P our l ’ A rt » , soit dans u n ou deux\nsalons triennaux où l ’on avait l’ habitude de placer ses toiles — quand on\nles acceptait ! — dans des coins obscurs, passèrent naturellement inaper­\nçues par les critiques trop pressés pour s’ arrêter devant une œuvre et\n trop imbéciles souvent p ou rvoir la parcelle d’infini qui s’y cache. On a\n pu le constater encore, à propos d’ une des dernières œuvres d’Antoine\n Lacroix, le R ê ve, exposée l’ an passé à P ou r l'A rt. Cette toile empreinte\n d’ un très grand style et d’ une poésie grandiose, fut taxée d’ incompréhen­\n sible et par le public, et par la presse. Qui sait, si cette attitude impi­\n toyable ne fut pas pour Lacroix le coup décisif qui a précipité l ’heure\n de sa mort ? Que sa douce et grande âme d’artiste, délivrée maintenant\n des matérialités physiques de ce monde, entende encore, du moins, les\n paroles admiratives et compréhensives des quelques rares artistes, ses\n amis, qui savent, eux, voir dans ses œuvres toute la grandeur de ses\n aspirations.\n\n\n                                                           J ean   D elv i lle .\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-009", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 26, "page_fin": 26, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Rency", "ancre_debut": "VERS            Ce que j ’aime en toi, Belle", "ancre_fin": "eorges R ency", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "V E R S L ’AU BE     L a v ille   d o r t.    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Il répète la phrase en un modulement\ntimide de ré p o n s e . — Silence. — Et loin, un coq chante; et près un\nautre répond ! C’ est le salut au matin, l’invocation je té e au renouveau\ndu ciel, à la splendeur de l ’aube, prochainement surgissante. — Silence.\n— Oh ! les clairons des coqs qu’ils sont faibles et doux. Mais tout à coup\nc ’est l’essor de tous les points à la fois ! Du nord, du sud, de l ’ est, plus\nhardis, écoutez les coqs ! Les notes de cuivre rauque volent en trémous­\nsement d’éveil.\n    H osanna vers le jo u r ! Ecoutez donc les coqs !\n    Ils chantent plus haut, plus clair, plus fort. Les réverbères se meurent.\nLe crépuscule s’active en crescendo savant. Ici, c ’est le pavé, les trottoirs\net la boue. — Les coqs chantent. — Là-bas, au loin, des fleurs éclosent !\nLes coqs chantent, fortement, hautement, clairement, les uns après les\nautres. Oh ! la diane claironnée de ces voix métalliques qui du vol de\nleurs flèches criblent la demeurante nuit ! Hosanna vers le jou r ! Les\ncoqs chantent !\n  Mais la ville dort.\n                                                        A ndré   R UIJT E R S .\n\n\n\n\n                   "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-011", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 27, "page_fin": 30, "titre_corps": "Crépusculaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri Vandeputte", "ancre_debut": "CRÉPUSCULAIRE                  A z u r ! ô nuit tombante ! ô nu", "ancre_fin": "H enri V a n deputte", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Causerie à propos de “ Pour l’A rt „                                         I    Jeunes ! ô violateurs de", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": 27, "debut_caractere": 1925, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "CRÉPUSCULAIRE\n                 A z u r ! ô nuit tombante ! ô nuit\n                 tombée! Aller p ar ce beau soir\n"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": 28, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "où chuchotte, frissonne ci bruit\nton rêve merveilleux d'espoir,\nazur.. Veloureux comme chairs,\npoudrés de blanc, tes gazons verts\nau clair de lune !... E t aller vers\nToi, azur, dômé p a r la lune\nqui baigne l’aime crépuscule\nde sa bruine de lumières...\n Oh! oh! l ’âme crépusculaire\ndescend en le vert soir lunaire,\ndans moi — A zu r ! a zu r! dans m oi!\n E t trille mon rire de jo ie !\n\n\nA z u r ! aller sous toi, longtemps\ninfiniment, infiniment,\net m'en aller sous les aulnaies\nombreuses, où s ’est diffusée\nla clarté lunaire en regards...\nE t puis vaguer — ô nénuphars ! —\na u x bords moussus et doux des eaux\noù vous nuancez vos vitra u x...\nE t m’en aller, et m'en aller\np a r d’ interminables allées\naux arbres grands — allées fleuries\nd’ iris et d’orchidées, où rit\n la gamme de flûte des brises...\n\n Teintes pâlies, mauves ou grises,\n Chants adoucis , et calme, et lune...\n Oh ! comme choit le crépuscule...\n\n A z u r ! azur, enfin voici\n qu’ en le p r é vert j e suis assis,\n dans le p ré vert, très crûment vert\n constellé de coquelicots,\n partout, ainsi que de caillots\n de sang ; et mes regards qui errent\n partout autour, cherchent, là-bas,\n  lassés, les écroulements d’ors\n grappelés aux acacias\n"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": 29, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "                    29 —\n\n\n— acacias clartés sonores\nsous la lune —\n\n                 E t pleurer, azur!\nA z u r ! voluptueusement\ndans le calme de la nuit p u re...\nE t suivre les globes des pleurs,\nfleuris de lunes et de fleurs,\nqui oscillent étrangement\nsur mon corps n u ...\n                       a zu r! ouïr\nazur ! des musicalités\ntrès frêlement clavecinales\ncarillonnantes, loin. V ernal!\nO ce bémol chanterelle\néperdument au loin des sentes...\nE t ces sonnailles sanglotantes...\n\nA zu r! parm i les arbres, voir\nprocessionner en le soir\ndes femmes voilant de clarté\nle printemps de leur nudité!\n— Procession qui erre et fu it . — .\n\n\nCalme, voici, calme, la nuit.\n\nOr donc j e sens sous la pelouse\nla poussée secrète des pousses.\nOh ! n ’est-ce p a s, a zu r? des roses\nont ja illi très soudainement\ndu sol, avec l'enivrement\nde leurs parfum s ? R oses! chairs roses!\net seins ensanglantant le pré !\nBalsam iques féminités !\nE t soleils blancs des pâquerettes,\net découlement d’ or et lourd,\net d’or rougement de velours .\ndes capucines, sur ma tête,\ndes capucines qui ruissellent...\nEnormes, oh! les solanées\n"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": 30, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 732, "texte": "                                 —    30 —\n\n\n                 au clair de lune balancées ...\n\n                 A ccords de harpes arpégées...\n                 Rythm e sourd des violoncelles...\n                 H arm onie — et n u it... et silen ce...\n\n                 A z u r ! voici — le pré immense\n                 dort dans la nuit autour de moi —\n                 J 'a i clos mes paupières, où choit\n                 la ténèbre aussi, et j e vois\n                 soudainement, grandir! grandir !\n                 en des cris d' éveil et des râles,\n                 et des azurs! oh! m’éblouir !\n\n                 l'héliaque splendeur de la venue A u bale!\n\n                                     H enri   V a n deputte\n\n\n\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-012", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 30, "page_fin": 34, "titre_corps": "Causerie à propos de « Pour l’Art »", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Auguste Levêque", "ancre_debut": "Causerie à propos de “ Pour l’A rt „                                         I    Jeunes ! ô violateurs de", "ancre_fin": "v é q u e .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Chronique musicale     Bruxelles est décidéme", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 43, "page_imprimee": 30, "debut_caractere": 732, "fin_caractere_exclue": 1519, "texte": "Causerie à propos de “ Pour l’A rt „\n\n                                       I\n\n  Jeunes ! ô violateurs de Passages interdits ! Escaladeurs d’ Enceintes\nhérissées de tessons ! Vous n ’avez pas un ju ge qui ne soit décoré et qui\nn’ait du ventre !\n   Vous serez condamnés : Le moyen, ô Saccageurs des planimétriques\njardins, des re ctilig n e jardins, des inexorablem ent symétriques jardins,\n de trouver grâce devant les Le Nôtre de l ’intellect !\n  Vous serez condamnés : Le m oyen, ô Tapageurs éphèbes, de plaire aux\nsoporatifs !\n  Vous serez condamnés : Le moyen de ne pas donner d’ amertume aux\nCuls-de-jatte, ô Véhéments qui passez emportés par les hennissantes\ncavales de vos Espérances.\n  Vous serez condamnés : Le m oyen, ô Producteurs ! de n ’ agiter point la\nbile des Stériles.\n"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": 31, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2079, "texte": "                                — 31 —\n\n\n  Vous serez condamnés, parce que vous êtes purs et que vous resplen­\ndissez !\n   O Alpinistes de l’ Idée ! seuls vous sourient ceux dont la Chimère sacro-\nsainte — cette mère des progrès et des découvertes - - - ceux dont la\nChimère aila le front : les hauteurs où vous habitez ne sont pas acces­\nsibles aux aptères.\n   A nous donc, jeunes, de parler des jeunes !\n   Place les Invalides de l ’Esprit ! allez composer vos épitaphes.\n\n                                     II\n\n   Le vouloir d’ une Figuration, magnifiée jusqu’aux bornes de ses infinis\ndans la durée et dans l’ espace — c’ est-à-dire propre à tous les temps et à\ntous les pays en disant ce que l ’ homme et la femme ont d’ éternel — se\nrévèle, enfin, cette année, chez plusieurs sociétaires de P ou r l'A rt.\nL ’Idée y règne presque absolument, d’ailleurs. Le trivial et sot réalisme\ny est conspué quasi généralement.\n   En sa place : des recherches de figuration rares et précieuses, visant\ndirectement la pensée ; des visions et des rêves consolants.\n   Il y a là une complexité de formules iconographiques témoignant\nd’intellectualité grande.\n   Un art, mixte jusqu’ à l’ universalité, de ci, de là, se montre aussi.\n\n\n                                     III\n\n   Ce sont là toutes choses antipodiques à l ’art des virtuoses de la brosse\net de l ’ébauchoir tant admirés naguère, et constituant un fait de très\nhaute importance. Il en rayonne la certitude que le tout neuf désir d'un\nart, qui fait de rêve et de calcul, de sensation et de pensée, ait un but\ndigne de lui — celui d’élever, d’arracher à la triviale laideur, par\nexemple — se réalise et triomphalement.\n   Ce que recherche P ou r l'A r t, est ce que désirent les jeunes iconogra­\nphes les plus marquants de tous les pays.\n\n                                     IV\n\n  Partant, c ’est le glas du plat et bête réalisme. Il aura eu la vie courte.\nLa photographie coloriée va lui donner le coup de grâce demain.\n  Le règne des belles marques de fabrique est passé. On ne ravalera plus\nl’art sacré à la confection.\n"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": 32, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1999, "texte": "                                — 32 —\n\n\n   O peintres de vaches et de moules en quoi différiez-vous des imbéciles ?\n    Allez vous en, pauvres vieux ! et consolez-vous en recomptant vos louis\nd’ or et en fourbissant vos croix.\n\n                                      V\n  L ’ Idée nous revient. C’est elle qui, en un jo u r mélancolieux, fit tracer\npar une douce vierge blonde, la silhouette d’ un svelte fiancé partant pour\nla guerre.\n  Elle a resplendi sur les fronts ailés des aèdes : Orphée, par Elle,\ndompta les fauves et l’ Enfer lui-m êm e.\n  Phidias, son fils bien-aimé, la mit sur un socle terrible et darda au\nloin sur le monde, les rayons d’or de son regard tout-puissant.\n   Praxitèle, la chanta en des icônes d’ indicible beauté; et, le puissant\nmâle M ichel-Auge respira douze années auprès d’Elle, dans la Sixtine.\n  O Pensée ! vous avez aimé l ’ universel V inci, et la Divine Joconde est\nnée de vous.\n  Vous avez empli de vos mystères sacros-saints, les yeux du noctiluque\nRembrandt, — et en nos jours fienteux, vous vous êtes réfugiée comme\nen un temple, sous le front du génial Burne-Jones.\n\n                                     VI\n\n   Je m ’ étais arrêté ici. Je lus ce qui précède à l ’un de nos plus grands\nécrivains. Il me dit : « Vous dites du bien de vos confrères, vous ? c ’est\n» neuf! Vous avez bien raison en tout cela, et si vous pouviez prouver\n» que vos jeunes sont vraiment forts et tuer ainsi l’espèce de méfiance\n» que les innovateurs inspirent toujours, vous auriez fait bonne œuvre\n» et, encore une fois, pas habituelle ».\n\n                                     VII\n\n   Je rêvai à cela. Et soudain je trouvai la preuve à je te r à la face du\nmonde.\n  Cette preuve, elle se trouve dans la monstrueuse opposition qui est\nfaite aux jeunes talents les plus      redoutables\n\n                                     VI I I\n\n   Il est un sujet de tragi-comédie non utilisé encore et que je voudrais\n voir fortement exprimé sur nos stupides scènes : celui disant de combien\n"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": 33, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2345, "texte": "                                 —    33   —\n\n\n\nde haine et de mauvais vouloir sont poursuivis ceux à qui le Destin\ninfligea le génie. Ils sont ici pareils aux martyrs dans la rugissante,\narène. Ils sont ici les ennemis de tous, et tous se croyent tenus de les\ngriffer au cœur et au cerveau. La multitude les hait à cause de leur supé­\nriorité. L ’armée incalculable de la médiocrité se venge sur eux de son\ncrétinisme, de sa platitude et de sa stérilité. Des coalitions, inexpri­\nmables tant elles sont tacitement et mystérieusemt formées, déversent\nsur eux, sans trêve, comme le venin des têtes d’ une hydre palustre,\ntoutes les méchancetés piteuses dont seuls sont capables les hommes\nnuls, ces rois des bêtes malfaisantes.\n\n                                     IX\n   La meilleure preuve à donner de la grandeur d’ un intellectuel, c ’est\nson adversité : Les innumérables coups d’épingle — cette lance des\npygmées — qui lacèrent incessamment les âmes supérieures, furent-ils\njamais dirigés sur des médiocrités ? La médiocrité est amie de la foule;\nelle en est le miasme; elle en est l ’allégorie. Les gros succès qu’elle fait\nne vont qu’aux nullités éphémères. Toute œuvre grande fut huée à son\napparition.\n   Le plus calomnié, le plus torturé, de toujours ce fut le plus grand\nici-bas. Le plus grand celui devant qui s’entassèrent le plus d’obstacles.\n   Les Christ seront toujours crucifiés ici, et toujours les Barabbas y\nseront préférés aux Christ. Hélas !\n\n                                      X\n   Ce n’ est pas que l'orgueil dont on les accuse toujours, ne fasse aucune\nconcession jam ais. Je me souviens d’ un mot de Pirmez prouvant combien\nces concessions, lorsqu’elles sont faites, sont vaines : « Croiriez-vous,\n» écrivait-il, que sur cinquante littérateurs auxquels j ’ adresse mes livres,\n» accompagnés parfois d’ une lettre de présentation, la moitié ne remercie\n» pas ; un quart environ envoyent leur carte ; quelques-uns me répondent\n» par des injures pour n’ avoir pas affranchi « ju squ ’à domicile » —\n\n                                     XI\n\n   Mais ô Purs ! vous seuls savez la volupté de ces souffrances. Elles sont\nenviées affreusement par qui les devine. Dans les vagues de clameurs\nhurlantes qui viennent bouler à vos pieds, écoutez, vous percevrez, plus\nsifflantes, les rages de n’être pas vous-mêmes ô outragés !\n"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": 34, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1007, "texte": "                                  -   34 -\n\n\n  Je vous le dis, en vérité ; ne craignez rien tant que le jour où elles\nfiniraient, ces souffrances et ces clameurs d’enfer! car ce serait la preuve\nsoit d'une chute, soit d’ un arrêt de vos génies.\n\n                                      XII\n\n  Tout ce qui vous vient vous est utile et sujets à poèmes, car vous êtes\nles prédestinés en qui sont déposées les Grandeurs et les Forces fécondes.\nLes souffrances mêmes que vous causent toutes ces pointes ignées des\nMontagnes d’ épines, vous grandissent : Dante eut-il été Dante sans ses\ndouleurs ?\n\n                                      XIII\n\n   Si vous êtes de ceux qui doivent payer le don terrifiant de la Supério­\nrité et du Bonheur d’ aller par l ’ici-bas semer de la clarté, vous êtes aussi\nde ceux à qui finissent par obéir, domptés ainsi que des fauves, les cer­\nveaux bondés de ténèbres remugles.\n\n                                                      A u g u st e L e v é q u e .\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-013", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 34, "page_fin": 36, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Chronique musicale     Bruxelles est décidéme", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": 34, "debut_caractere": 1007, "fin_caractere_exclue": 1911, "texte": "Chronique musicale\n\n   Bruxelles est décidément une ville bien franchement musicale. Il n ’est\npas de jou r que nous n’ ayons à enregistrer une audition, une séance\nintéressantes. Aussi la mission du critique serait-elle bien longne, parfois\nmême bien fatigante, s’il ne faisait un choix, s’il ne savait se borner à\nn’ analyser que les œuvres de grande envergure. Le mois de janvier a été\ntout particulièrement brillant cette année ; chaque fois le public par son\nempressement et ses encouragements a tenu à montrer que Bruxelles\npouvait avoir son concert chaque dimanche, surtout lorsque ces concerts\nsont dirigés et conduits par des hommes comme Joseph Dupont, Gevaert\net Servais.\n   Il importe de sigaler tout d’abord à l ’attention de nos lecteurs, le con ­\ncert populaire du 20 jan vier dernier. M. Joseph Dupont qui nous a initié\naux œuvres wagnériennes, aux œuvres de musiciens russes et français\n"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": 35, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2408, "texte": "                                    -   35 -\n\n\n\nn’a pas oublié son pays. C'est à lui que Gilson a dû de voir exécuter il y\na quelques années déjà une de ses premières œuvres L a M er, par\nlaquelle déjà il s’était signalé à notre attention. Tout récemment Joseph\nDupont vient de nous mettre à même de ju g er des progrès du jeune com ­\npositeur, en s’assumant la lourde tâche de diriger Francesca da Rum ini.\nLa musique de Gilson possède en premier lieu une grande vigueur, une\ntechnique savante et bien comprise. C’est un maître dans l ’art d’ utiliser\nles ressources orchestrales, et il le fait de telle façon qu’il nous donne des\nimpressions nouvelles et inconnues jusqu’ à ce jo u r. Le poème était de\nM. Guillaume. Il est évident qu’il n’ a eu en vue que de composer un\népisode que la musique surtout devait rendre vivant.\n   La mise au point de cette œuvre si difficile et si chargée a demandé\n•beaucoup de patience et de nombreux efforts à notre vaillant ch ef d’or­\nchestre. L ’ exécution a été aussi bonne que possible, les solistes ont été à\npeu près à la hauteur, si ce n’est cependant M lle Sidner dont la voix\nsemblait par moment refuser son service à la chanteuse.\n  En un mot, grand succès pour Gilson, désigné aujourd’ hui à tous,\ncomme un maître dont ont doit attendre encore de grandes choses.\n\n                                                             M a u r ic e S t e r c k x .\n\n\n\n\n             L\n             e\n             s         Villages Illusoires\n                  par Emile V e r h a e r e n . Collection du Réveil\n\n\n\n   Lire des vers de Verhaeren est pour m oi une jouissance rare. J'aime\ncet écrivain comme nul autre poète contemporain, pour sa si grande\noriginalité et pour la beauté et la passion au sceau desquelles il marque\ntoutes ses œuvres. Son dernier livre vient encore confirmer mon impres­\nsion et mon admiration. Ces poèmes possèdent un charme brutal, intense\nqui s'empare de l ’ âme et se l’attache avec véhémence. Le style du poète\ndes Campagnes H allucinées est essentiellement flamand, le langage\nd’ un homme du nord aux profondes pensées et aux conceptions gran­\ndioses ; sans se préoccuper des conventions et des règles, V erhaeren s’est\nforgé une langue à lui, hautaine, formidable, sonnante comme des cloches\net, tempétueuse comme un orage. Lorsqu’ il décrit, il martèle, lorsqu’ il\nchante il clame. Personne ne sait comme lui donner aux campagnes, aux\n"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": 36, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2462, "texte": "                                        —    36    —\n\n\n\n\nlandes leur caractère sauvage, fruste ; personne non plus n’interprète\navec tant de fougue et de r é v o lt e les sentiments de l'hom m e de la terre,\ndu l’ homme prim itif au cœur libre et impulsif, pur, ainsi qu'un*ciel clair,\nde tout alliage et de toute influence étrangère.\n  Le vers de Verhaeren est fort, brusque et précis. Eu lisant certaines\npièces on subit la même impression que lorsqu’on contemple une de ces\nmédailles antiques à frappe merveilleuse et incisive qui, plus on l'e x a ­\nmine et l ’ admire, révèle des beautés et des lignes étranges et subtiles.\n  Cet art s’ auréole de sang et de feu. Ces campagnes, ces villages ont\ndes couleurs effrayantes; les crépuscules se plaquent de lueurs superbes\ndont les traînées s’ étendent au loin et donnent à la pensée et au regard\nl ’illusion de choses fantastiques, aux formes réelles cependant, mais\nformidablement rendues et magnifiées.\n                                                                   Sander     P ie r r o n\n\n\n\n                                      É v e ils\n                         par André et Maurice M a g r e (Toulouse)\n\n  Pour avoir rêvé longtemps les rêves d’autrui, ils se sont éveillés ayant\nencore sur la langue des mots et des verbes étrangers ; pour avoir rêvé\nlongtemps ils se sont éveillés ayant, aux lèvres de douces et frêles et\ngrises chansons, ayant, dans l ’ âme, des visions placides et atténuées\nayant, dans les yeu x , des larmes pour toutes les choses songées et non\nréalisées. Eveils harmonieux et graves, éveils de rêve qui promettent,\npour l ’ heure de la maturité l ’ action et la belle Œ uvre.\n\n\n                       Ames de Couleur\n             par Henry M a u b e l , Collection du Réveil, chez Edm ond D e m a n\n\n  Petits éclats de vie, où, comme dans les morceaux d’ un miroir brisé,\nviennent se refléter, s’ esquisser en la frileuse sensibilité de leurs gestes\net de leurs mots, les âmes de couleur : âmes délicates et raffinées, âmes\nsubtiles et sensitives, frémissantes à l ’ existence perçue de l ’âme Maté­\nrielle, tremblantes et s’inquiétantes des ambiances m ystérieuses; âmes\ntristes un peu, mais si bonnes, si compatissantes ! Un livre ineffable et\ndolent, un livre doucement exquis, qui, avec la magie de son style p o ly ­\nchrome et chatoyant, vient chuchoter au creux du cœur la sympathique\nchanson de ses histoires, de ses simples et si profondes et si émouvantes\nhistoires.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-014", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 37, "page_fin": 37, "titre_corps": "Choses", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André Ruijters", "ancre_debut": "CHOSES Merci tout d’abord. Merci cordial et", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": 37, "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1711, "texte": "CHOSES\n   Merci tout d’abord. Merci cordial et chaleureux à tous\nceux qui nous ont accueillis, annoncés et protégés !\n\n\n   L 'Escholier organise en ce moment un concours de chant\nd'étudiants avec prime de cinquante francs au vainqueur,\nTous peuvent y prendre part. Il suffit d’envoyer, avant le\n15 avril, les compositions au bureau fin journal. 39, rue des\nUrsulines. L ’initiative est bonne. Puisse-t-elle être heureuse\net délivrer nos tympans des alcazariennes ignominies que\nbeuglent avec ferveur nos jeunes abrutis !\n\n   Est mort, samedi 9 février, M . J e a n P o r t a e l s , directeur\nde l'académie. Dans son atelier se sont formés de superbes\net virils talents. Affable et dévoué il sera regretté des\nartistes pauvres que son inépuisable générosité soutenait.\n\n\n   Intéressantes conférences données par nos collaborateurs\nJ u l e s D e s t r é e et J e a n D e l v i l l e , l'une, littéraire, à la Mai­\nson du Peuple, l'autre, ésotérique, a la salle Ravenstein.\n\n\n  L'autre soir à. la Monnaie première de L ' Enfance de\nRoland. Il n'y a rien eu de cassé. Musique honnête et succès\naussi. Allons ! Grand bien lui fesse a M. Mathieu.\n\n   A lire — du V i e l é G r i f f i n , exquis comme toujours, d a n s\nStella — du V e r l a i n e dans le Rêve et l’Idée                  un article\nsincère de L é o n R ycx dans Pages d'art et de science — à la\nJeune Belgique, après d’autres, après un splendide conte\nd'EEKHOUD, deux vers de notre ami M a u r i c e C a r t u y v e l s :\n          Et la reine aux y eu x clos sent, battre clans sa gorge\n          Le pas des assassins qui montent l ’escalier.\n\n                                                       André     R u ijt e r s\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-jeune-1895-02-15-n2-015", "volume": "ELB-ULB-lsf87092895-1895-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-lsf87092895-1895-001.pdf", "ocr_sha256": "58a0a9cf21d1a01b0eb51c696539e6e10a35bcbdc8bf72a8dea99da46ec698b0", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 38, "page_fin": 38, "titre_corps": "Correspondances", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CORRESPONDANCES Copieters. 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B e r t o u x , rue des Douze Apôtres.\n\n\n  Nous prions nos abonnés et amis de faire bon accueil aux\nquittances qui viennent d’être mises à la poste.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 28, "texte": "          L’art\n                                      Jeune\nJean l'Apôtre                                C a m i l l e L e m o n n ie r .\nLes Pleurs                                   M a r ie C l o s s e t .\nGeorgette Leblanc                            He n r i V a n d e p u t t e .\nA ma Chimère. — Médaillon                     A r t h u r T o is o u l.\nAntoine Lacroix                              Je a n D e lv ille .\nVers                                         G eo rg es R en cy .\nVers l'A u b e                               A n d r é R U IJT E R S.\nC r ép uscu la ire                            Henri V andeputte .\nCauserie à propos de - Pour l'Art            A u g . L EVÊQUE.\nFrancesca da Rimini                           M a u r ic e S t e r c k x .\nLes Villages illusoires                       S a n d er P ie r r o n .\nInstantanés                                   A n d r é R U IJTER s.\n\n\n                                     IM PRIM ER IE\n\n                     S. EG G E R ICX , 46,   rue   P R IN C E -A L B E R T\n\n                                       IX E L L E S\n\n\n\nCe numéro fr. 0.60                                            15 février 1895\n                                                                   1re Année . N° 2\n"}, {"page_pdf": 29, "texte": "   L 'A rt Jeune e s t o u v e r t à t o u s . E c r i v a i n s , P e i n t r e s , M u s i c i e n s . S c u l p ­\n\nte u r s p e u v e n t, e n p le in e lib e r té , s ’y p ro d u ire , e x p o s e r ou d é fe n d re d es\ni d é e s . L ’A rt Jeune est a u x a r t i s t e s .\n\n\n\n   Adresser manuscrits et revues à L 'A r t Jeune, rue de Brabant, 181,\nBruxelles.\n\n\n\n   La revue est en vente à Bruxelles, chez tous les libraires et marchands\n\nde journaux et à Anvers, Gand, Liége, Malines, Mous, Namur, V erviers,\n\nParis, etc.\n\n\n\n   Il sera rendu compte défont, ouvrage littéraire ou artistique que nous\nrecevrons.\n\n\n\n  Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus. — La R evue ne publie\n\nque de l'inédit. — Elle aura un minimum de 16 pages et paraîtra m en­\n\nsuellement.\n\n\n\n\n                                         A BO N N EM EN T :\n\nBelgique, fr. 5.0 0 .                   Lenuméro, f r . 0 .6 0                       Etranger, fr. 6 .00\n\n\n\n\n  Au prochain numéro : Vers de F r a n c i s V i e l é G r i f f i n .\n\n\n\n\n  Les personnes qui désirent ne pas s'abonner sont priées de nous .\nrenvoyer ce numéro.                                                                                                    •\n"}, {"page_pdf": 30, "texte": "      L ’A R T\n            JEUNE\n\n     J E A N                   L ’A P O T R E\n\n  A vingt-cinq ans, Jean, fils du hasard, apprit à lire. L ’école, corvée\npour les petits des riches, fut à lui, l ’ humble apprenti piquant l ’alène et\nmartelant le cuir chez le savetier du village, le premier temps heureux\nde la vie. Quelque chose remua en son être à la musique des lettres\naccordées en syllabes, le sens d’ un sym bole où l ’ univers prenait une\nv oix. Il se sentit en communication avec les esprits de la terre, du ciel et\ndes eaux. La grande ténèbre intérieure se rompit : il crut entrer dans la\nclarté. Ce fut comme une initiation religieuse en laquelle il se rapprochait\nde Dieu.\n   A peu près vers la même époque, ayant vécu jusqu’ alors comme un\npetit saint des Thébaïdes, il put s’ établir avec l ’argent de ses épargnes et\nreprit la clientèle du vieux maître son patron, emporté par une fièvre\nmaligne. Il eut son demi-arpent, qu’ il bêchait lui-même ; levé avant l ’aube,\nil ne se reposait que le dimanche, pour obéir au saint commandement.\nUn jo u r, étant parti acheter du cuir à la ville, il acquit un almanach, un\npauvre vieux recueil de prophéties et d’images, avec l ’astrolabe et la robe\nmagicienne de Mathieu Laensberg sur la couverture. Jean ainsi connut\nles Mystères et n’ eut jam ais d’autre bibliothèque.\n  Un doigt aux lettres, car il lisait comm e un enfant, il se mit à épeler,\nle soir, sous la lampe, les textes révélateurs des vérités essentielles. Il\ndéchiffrait péniblement une ligne et la méditait, y trouvant d’infinies\nconjectures. Pendant des mois, il ne dépassa pas cette mesure, raccordant\nà la ligne qu’il avait lue la veille le dessin spirituel de celle qui suivait.\n"}, {"page_pdf": 31, "texte": "                                  —    18 —\n\n\nLes mots, clans son esprit, régi par la loi des divisibilités, d’ abord s’inscri­\nvaient comme une figuration matérielle représentative des choses et des\nêtres. Ensemble, au bout de la ligne, ils lui mémoraient quasi des\nportraits, la similitude extériorisée avec de lointaines et mystiques\nentéléchies, et la ligne elle-mêm e d’ une arabesque vive incisait sa\nsubstance sensible.\n  Des ondes intellectuelles se formèrent, s’élargirent comme les cercles\nconcentriques d’ une eau où tombe une pierre. Même enfant, il avait vécu,\nrecolligé, aux limites de l’animalité, inquiet des secrets, remué dans son\ninconscience. C’ était ce profond et latent travail par lequel les instinctifs,\nles petits du peuple s’égalent aux germinements des friches, aux fermen­\ntations de la vie sur la nappe croupissante des mares. L ’aride sol, travailé\npar les pluies et le soleil, se fleurit d’ essences, pousse sa silve libre, ses\nju n gles minutives, microcosmes du vaste univers. Un fin capillaire\nd’ algues ondule aux eaux, électrisées d’ une faune élémentaire. Ainsi, le\nmiracle, aux sources vertigineuses de la pensée, aux obscures alchimies\ndes règnes, recomm ence, égal chez l’ homme et dans la nature. La\nchaleur, le magnétisme des forces pénétra le rudimentaire cerveau du\nsavetier de campagne. Un vibrionnement en activa le mécanisme, une\nvolontaire et fine vibralité d’idées, pareille au tourbillon rythmique des\nmolécules dans la lande et les mares.\n  Et les élaborations naquirent.\n  Jean mit trois ans à lire son Mathieu Laensberg. Il connut alors les\nConstellations, les Solstices, les Saisons; il sut les saints de l ’ hagiologie\nles divisions du comput, les sym boles; il apprit les pronostics. Du seuil\nde son échoppe, en regardant les couchants, il prédisait le temps ; il révéla\nles avertissements inclus dans le vol des oiseaux, la forme des nuages,\nle moût du sang, les variables températures. Le soir, après l ’ouvrée, on\narrivait le consulter. Et il n’ignorait pas non plus les dictames, la vertu\ndes simples, les secrets prophylactiques, comment on réduit la tympanite\ndes vaches, par quels remèdes on supplée au mire.\n   L ’ almanaeli devint son grim oire : il y débrouillait les arcanes; il en\nélucidait les analogies, ayant remarqué que les nombres régissent le\ntemps et la destinée, que l’ Avent, la Purification, l ’ère pascale et N oël\nsont concomittants à des états de l’âme humaine, que la lune, faste ou\nnocive, régularisatrice des marées et des fructifications terrestres, règle\nles maladies et les passions des hommes. Ainsi il s’initia à l ’ordre éternel\nà la fois et temporel. Le livre pour lui s ’assimila aux Saintes-Ecritures\net à une Kabale. Et il ne cessait pas d’être un simple, sous la main de\nDieu.\n"}, {"page_pdf": 32, "texte": "                                — 19 —\n\n\n   Au bout de trois ans, il relut l'Almanach, et il lui parut qu’il le lisait\npour la première fois, tant il y perçut de choses nouvelles. Des doutes se\ndissipèrent, les obscurités se fondirent; il coordonna des faits autrefois\ndistants, séparés de longs intervalles. Il ne savait pas en quels supplices\ntrépassèrent les saints martyrs ni le sens des attributs dont s’ accompa­\ngnent les bienheureux. Mais, parmi les premiers, les uns se signalaient\npar les roues, les grils, les gibets, le bestiaire; les autres avaient une\nclef, une tour, des lys. Et, surtout, il lui fut avéré que les martyrs avaient\nsouffert pour la bonne conscience, s’ étaient offerts en holocauste à la\nrédemption des hommes. Ainsi il se persuada le renoncement, le sacrifice,\nle devoir d’ê tre fraternel envers des frères. Le vieux texte lui devint\ncomme un rituel des actes de sa constante élévation vers Dieu et un\nmiroir où, aux clartés du ciel illim ité, il se vit se refléter lui-même.\n    Les maximes abondaient : des préceptes de vie droite, des conseils pour\nmériter le bienfait d’ une vieillesse sans regrets; il y apprit à restreindre\nses besoins, à endurcir son corps, à transférer aux indigents une part de\nson indigence personnelle. Il en fit comme la règle et la moelle de sa\nconduite. Des paraboles décelaient une moralité cachée : il en démêla la\nsagesse, s’en appropria la substance. Il aimait parler par aphorismes,\ns’ étant habitué à l ’ esprit concret, à la forme brève et condensée des\nproverbes et des dictons où se transmettent, comme un legs, l ’expérience\net le savoir des vieillards.\n   A vec le temps, il put lire avant la couchée des pages entières. C’ était\nsa méditation nocturne, la bonne prière de sa pensée et de sa vie solitaire\nsous les étoiles. Derrière chaque ligne se levaient des idées nouvelles,\ndes aspects du monde et de soi-même imprévus. Et il n’avait jamais fini\nde les découvrir : des continents et des mers s’en suscitaient, d’inédits\nsegments de l’âme et de l’esprit. Il n’éprouvait pas le besoin de lire un\nautre livre.\n   Une grande sérénité lui était venue ; il crut discerner que la somme du\nbien excède la somme du mal sur cette terre et que celle-ci, peut-être\nn’ est qu’ un des paliers par lesquels, dans l ’espace infini, on accède vers\nla connaissance. Les mondes se peuplèrent; il soupçonna la transmigra­\ntion de planète en planète ; l ’éternité de la vie se découvrit au pauvre\nhomme obscur devant la courbe illuminée des galaxies. Ses journées se\npassaient à battre le cuir, à coudre les semelles : il était réputé pour la\nsolidité de son travail, et le champ, non plus que l ’échoppe, ne chômait.\nIl en partageait les fruits avec les nécessiteux.\n    L ’hiver, pour conjurer la monotonie des frimas, il s’égayait des\nanecdotes et des fables du bon almanach. Presque toujours, un madré\n"}, {"page_pdf": 33, "texte": "                                —    20 —\n\n\n\npaysan en était le héros ou, à l ’opposé, quelque rustaud jocrisse, et, sous\nses lunettes, il riait jusqu’aux larmes, amusé comme un dieu. Ainsi\nl’ humble livre populaire suffisait à sa vie. Il était pour lui la Révélation,\nles Quatres Saisons, l'Ordre et la Joie. Le rayon de soleil qui fait germer\nla friche et fleurir la mare en était sorti. Ses sues, à la longue, avaient\ndistillé la sagesse et la philosophie, comme les rosées du ciel, en pleuvant\nsur la terre, y distillent l ’arôme et la sève verte. Ce simple cœur nourri\ndes textes méprisés s’ égala, par la réflexion, aux problèmes, réalisa le\nmiracle de recomm encer en soi l ’humanité. Il connut l ’harmonie des\nactes et des pensées.\n  Quelquefois, passant par le village, j ’entrais dans la m aison; la porte\njam ais n’en était fermée. J ’aimais sa bonne humeur, ses yeux clairs sous\n les rides, son doux savoir. Il me donnait la force de croire en moi :\nj ’aurais voulu n’ avoir rien appris que de m oi-m êm e, comme lui. Je\n pensai : « Là est la force, là est le vrai homme. Il fait que la genèse\nrecommence en chaque homme. » Et, l ’âge étant venu, on l’ appela Jean\nl ’Apôtre dans les campagnes.\n\n                                                 Ca m il l e   L e m o n n ie r .\n\n\n\n\n                           LES PLEURS\n           A pieds doux glissent furtives\n           Larmes claires,\n           Valse fuyante, mystère\n           De la farandole folle\n           Dans les airs!\n\n           P a r les brises amoureuses\n           Et les sentes douloureuses\n           D ’âme adorable et plaintive,\n           Menez, promenez, légères,\n           Votre farandole folle,\n           Larmes claires.\n\n           Ou bien comme vieilles ridées,\n           Trébuchantes et désolées,\n"}, {"page_pdf": 34, "texte": "                                  —   21   —\n\n\n\n\n           A ux sillons convulsés des vieux visages doux,\n           Petites larmes tremblotantes,\n           Coulez, — douleur ou joie — tristes et lentes,\n           En chapelet rompu qu’égrène le passé jaloux.\n\n                                               M a r ie C l o s s e t .\n\n\n\n\n                                                             Galerie d’artistes\n\n             GEORGETTE LEBLANC\n\n   Après l ’extase calme, et verte, et pâle d'Orphée, soudainement, en\ndes vacarmes, la Navarraise !... Et la cannonade brutalement orchestrée\nsaccage d’ un coup l ’impression berceuse et belle.\n   Alors au fond d’une scène vibrante d’angoisse, surgit Georgette\nLeblanc, mince et fébrile, très virginalement jeune en sa robe noire.\nEt aussitôt, malgré tous les vains tapages d'orchestre, l’attention étreint\nuniquement Celle qui fait de la Navarraise à vieille rengaines de\nMassenet, une création inoubliable. Tous les regards se rivent à elle\néperdument, suivant son visage et ses gestes et tout son être palpitant de\nde passion. Et assurément tous les artistes doivent vivre et sangloter ce\npeu d’humanité avec elle, car elle impressionne et intensément ! Elle\nn’est pas de manière quelconque, une actrice à airs sensationnels. Non,\nelle vit son rôle, elle l ’incarne, et le crée, dans la Note unique et\nharmonique qu’ elle y a ouïe. Elle voit plus en ce rôle qu’ un succès de\nplanches, plus que quelques applaudissements grisants, grossis par la claque.\nElle voit plus ! Oh ! sûr ! Son rôle est de la Vie, et ce qu’elle veut c’est\nl ’intensiver par son Art, c ’est faire vivre cette vie aux spectateurs, c ’est\ncréer l ’œuvre d’ art, dont, prés tout,l’auteur a , à peine,décrit le décor, et\n tracé les grandes lignes.\n    La Monnaie, intelligente — exceptionnellement — , lui a donné,\naprès Massenet d ’ailleurs, la plus grande liberté. Et elle en a usé! et,\nhélas ! que n ’en a-t-elle abusé avec autant de talent et de juvénile\nfolie !\n  A h ! oui! A h ! ou i! elle a fait œuvre d’ A rt, car notre coeur\na vibré, car une sensation grandiosement sanglotante nons a enlevés\ndans un envol fol, car nous nous en sommes allés, l’avant vue, le\n"}, {"page_pdf": 35, "texte": "                                     22 —\n\n\ncerveau plein d’idées germantes, l'âm e donnant essor aux plus ardents\nenthousiasmes. Et nous sentions, bien vrai, que le plus beau de cette\nArtiste, s’était diffusé en nous tous.\n   Ah ! oui ! passionnée et ardente et jeune ! avec des cris, des désespoirs,\net des aveux ineffables découlés de ses lèvres comme de la lumière ! avec\ndes prières oppressées, et des folies ! des gestes âpres, des torsions de\ncorp s! des courbes de c o l! et des courreries parlant humainement! Ah !\noui ! toute pantelante d’humanité lamentable en son incarnation,\nGeorgette Leblanc, s’est révélée à tous splendide Artiste là.\n\n                                     * *\n   Et voici qu’en l ’ intimité paisible et lumineuse de son salonnet oriental,\nelle cause, tout autre, plus familière, quoiqu’encore théâtrale en sa\nrobe bleu-sèvres de Carmen, qu’elle n’ a pas eu le temps de quitter.\n  Elle cause; et c ’est tout un charme, dans ce milieu. Une petite\nlanterne à verres coloriés, s’ accroche dans un coin ; des tons de vieil or,\nau seuil voilé d’ une chambre contiguë, ardent ; et la troisième place de\ncet appartement un peu im provisé, est toute illuminée. On se sent ainsi\ncomme cerné de clartés.\n  Et il y a aussi, sur le front de l ’Artiste, le regard pénétrant et clair\ndu diamant qu’ elle ne quitte jam ais, et qui évoque la Belle Ferronnière\nde V in ci.\n  Elle cause... Elle dit ses débuts et sa vocation           irrésistible,   les\npremières notes tapotées en cachette, quelques leçons à peine reçues à\nR ouen, sa ville natale, et puis Paris, là-bas, comme le but à atteindre...\n   Mais, voyez-vou s! elle était sûre d’elle-m êm e, elle n’avait pas peur,\nelle sentait quelque chose de Beau qui frémissait en elle, et elle avait\nconscience qu’ il fallait le dispenser à tous. — Ah ! sur, bien des larmes,\ndes coups de tête, et des obstacles, avant d’arriver au théâtre ! — Et\nalors? finies, les peines? Assurées, la réussite et la gloire? — Mais non,\nmais non — . Elle entrait à l’Opéra-Comique, et on lui offrait un rôle\ndans l ’Attaque du M oulin, à elle qui rêvait de W agn er, et qui rêvait\nd’Yseult.\n   Elle cause... Elle cause. Et un charme exquis émane d’elle et l’on se\nsait heureux, tout de suite mis à l ’ aise, de se dire soi-même.\n  Elle cause... Elle dit ses goûts et ses tendances, combien elle voudrait\ndire aussi du mot Nature, la syllabe qu’ elle a sur les lèvres, et donner\nle tréfond d’elle-m êm e, en un rôle profond, et non tout d’ extériorité-,\ncomme Françoise, la Navarraise ou bien Carm en... Elle dit combien\nla Ligne, l ’Harmonie, la profondeur la captent non seulement dans les\n"}, {"page_pdf": 36, "texte": "                                — 23 —\n\n\nrôles, mais dans les œuvres, mais surtout dans les choses... Elle dit\ncombien elle aime la Nature, et les artistes et les penseurs qui l ’ont\nfixée; tous, éclectiquement : les Primitifs Italiens et la Bible, Schopen­\nhauer et Balzac, les Peintres Gothiques et Emerson, et le beau Silence,\net les belles ténèbres, et les beaux ciels, et les beaux a rbres..., et\ncomment elle-m êm e, de toute façon, cherche à se dire par le chant,\nl’ écrit, la peinture et la sculpture... Elle dit quelle fut son éducation\nd’ Artiste, et que tout le secret en réside dans ce qu’ elle a appris d’abord\nà pleurer et vivre, et ensuite à jou er. Elle dit combien le caractère\nbaroque et mauvais goût des théâtres la gène, en les décors comme en\nles cabotins, et son rêve de voir les œuvres de W agner exécutées parmi\ntoutes choses Belles, et même — ô chimère — en plein nature, le\ndeuxième acte de Tristan, dans la frissonnance d’ une belle nuit\nsylvestre, les deux autres accompagnés du chant de la M e r !... Elle dit\nenfin tous ses goûts, se prétendant très virile, et l’ étant peut-être par\nla compréhension plus profonde des choses, mais mentant certes en ce\nqui concerne sa grâce, son être et son A rt... Et, en finale. — Je ne crois\npas que ce soit pour me faire plaisir car je la juge toute sincérité — en\nfinale, elle me dit avoir trouvé à Bruxelles, auprès du public comme\nauprès des artistes, accueil charmant et surtout intelligent. Et cela\nn’aurait rien d’ étonnant, après tout, puisqu’elle nous a tous charmés et\nremués jusqu’ au fond de l’ âme.\n   Et voilà! en la quittant je songe qu’elle est certes une vraie artiste\n — et c ’ est tout dire ! — non seulement par le rôle créé, mais parce\nqu’elle a compris ce lambeau de phrase d’Hugo :\n                        Lu silence qui est la plénitude... »\net ces vers de Baudelaire ;\n              Les parfums, les couleurs et les sons se répondent\n              Le langage des fleurs et des choses muettes\n                                                    H enri   V andeputte.\n\n\n\n\n                         A ma Chimère\n          Tu m'as jeté le fier lasso de Ton prestige,\n          et mes Mains sont venues offrir à Tes aurores\n          les fruits ruisselants d’or et les lyres sonores\n          démon bon Cœur enfant où mes bonheurs s’érigent...\n"}, {"page_pdf": 37, "texte": "                                — 24 —\n\n\n          Tu m’as jeté le fier lasso de Ton prestige,\n          et j ’ai paît mes Regards de Ton âme très p u re...\n\n         E t j e voudrais aller vers des orbes d’azur,\n          avec Toi sur mon Aile, ô Folle qui afflige\n         mon smaragdin Espoir de sourires fleuri,\n         jusqu’à ce que mon Front, couronné de Vertige,\n          brisât ses rayons fous au marbre de l’Oubli!\n\n          Car, au moins une fois, mon Soleil aurait lui!\n\n                                   — 0—\n\n                               Médaillon\n          Son regard bleu poursuit les floconnets de neige\n          qui jettent leur tombée en l’eau calme de l'air,\n\n         les floconnets coquets, fantômes en cortège,\n         anges déchus, lambeaux de ciel, lambeaux d’hiver...\n\n\n\n          La nymphe songe-t-elle ? A quoi donc songe-t-elle ?\n          Songe-t-elle qu’elle est, comme la neige, belle ?\n\n          Vint son aimé qui la surprit avec douceur :\n          — Chère, il ne neige pas sous le ciel de mon cœur!\n\n                                            A r t h u r T o is o u l\n\n\n\n          de M es Sourires, volume en préparation.\n\n\n\n\n                    ANTOINE LACROIX\n  Le dernier numéro de la « Ligue Artistique » un journal parfois\nintéressant et rédigé par des artistes, publie une note nécrologique sur\nAntoine Lacroix, un des peintres de la dernière génération, mort récem ­\n"}, {"page_pdf": 38, "texte": "                                   -   25\n\n\n\nment. « C ’était, dit « L a Ligue Artistique », un grand artiste. Non\np as qu’il ait produit beaucoup d’œuvres, non p a s qu’ il ait m un ta­\nbleau bizarre ayant attiré sur lui l'attention du public, non pas que\nson talent fut médiocre au point de ne mécontenter personne ; c'était,\nau contraire, un artiste dans toute la force du terme, travaillant dur,\nposant peu, toujours mécontent du résultat, p a n e que l'idéal était si\nhaut. » Antoine Lacroix était,, on effet,, une de ces belles physionomies\ndouloureuses frappées du signe de la fatalité d’ une lutte intérieure entre\nl ’ idéal et la vie. C’était un obscur, un prédestiné de la souffrance. C’était,\nsurtout, pour quelques-uns de ses confrères-amis qui le connaissaient\nplus intimement, 1111 génie avorté, c ’ est-à-dire un cerveau admirable de\nconceptualité, mais impuissant à la réaliser telle qu’elle lui apparaissait\nau miroir spirituel de son intelligence d ’artiste. Condition terrible d’exis­\ntence pour l’ homme atteint d’une aussi inexorable tare ! Elle débilite\ndoublement, car elle frappe l’artiste droit au coeur, dans tout son\nimmense désir de créateur, dans son plus légitime et plus divin orgueil.\nAntoine Lacroix avait une vision d’art géniale, telle que l ’ont eu les plus\ngrands artistes, mais, tenaillé par des souffrances physiques et morales,\nil fut paralysé dans sa puissance intellectuelle. Les quelques œuvres\nqu’il exposa soit à l ’ Essor, soit à « P our l ’ A rt » , soit dans u n ou deux\nsalons triennaux où l ’on avait l’ habitude de placer ses toiles — quand on\nles acceptait ! — dans des coins obscurs, passèrent naturellement inaper­\nçues par les critiques trop pressés pour s’ arrêter devant une œuvre et\n trop imbéciles souvent p ou rvoir la parcelle d’infini qui s’y cache. On a\n pu le constater encore, à propos d’ une des dernières œuvres d’Antoine\n Lacroix, le R ê ve, exposée l’ an passé à P ou r l'A rt. Cette toile empreinte\n d’ un très grand style et d’ une poésie grandiose, fut taxée d’ incompréhen­\n sible et par le public, et par la presse. Qui sait, si cette attitude impi­\n toyable ne fut pas pour Lacroix le coup décisif qui a précipité l ’heure\n de sa mort ? Que sa douce et grande âme d’artiste, délivrée maintenant\n des matérialités physiques de ce monde, entende encore, du moins, les\n paroles admiratives et compréhensives des quelques rares artistes, ses\n amis, qui savent, eux, voir dans ses œuvres toute la grandeur de ses\n aspirations.\n\n\n                                                           J ean   D elv i lle .\n"}, {"page_pdf": 39, "texte": "                                 —    26\n\n\n\n\n                             VERS\n           Ce que j ’aime en toi, Belle, oh! ce n'est pas ton corps ,\n           ce n’est p as ton regard, ce n'est pas ton sourire,\n           c'est plus et mieux que la douceur de ces accords\n           que ta voix me susurre, et que ton cœur soupire ;\n\n           C'est plus et m ieux, et ce que c'est j e ne puis dire,\n           c ’est mieux et p lu s, c'est peut-être la m ort ,\n           et peut-être la rie, et peut-être l'aurore,\n           et peut-être la nuit, le crépuscule, un chant de lyre,\n\n           un reste d'autrefois rené de ta présence,\n           au soir m ystérieux de mon adolescence,\n           un reste d'autrefois, d'une autre vie encore,\n\n           où peut-être j'éta is toi-même et ta souffrance,\n           et j e t'aime peut -être un peu p our effacer\n           ce que moi je souffris, quand j'éta is toi,dans le P assé.\n\n                                                G eorges R ency\n\n\n\n\n                                                           Poème en prose\n\n                          V E R S L ’AU BE\n\n\n  L a v ille   d o r t.\n   Par les rues grises d ’obscurité, p arles rues dont les pavés martellent\nla vue de leur pointillé infini — rien. Plus de pas attardé résonnant à\ncoups secs sur les dalles nocturnes, plus de fiacre tardif, cahotant lourde­\nment en quête d’ écurie — rien, rien qu’ un silence épais.\n  Les réverbères aux flammes grelottantes élargissent par terre leurs\nhalos frissonnants. Mais maladivement, leur lumière ja u n it; car un\ncrépuscule, léger et progressif, se distille dans l ’ air.\n   Et les maisons s’érigent, uniformes et closes. Et leur grand égoïsme de\n"}, {"page_pdf": 40, "texte": "                                  -   27   —\n\n\n\nbriques et de pierre a des ruissellements du reflets laiteux qui déchirent\nles pans d’ombre que la Nuit drape.\n   Rien — rien qu’ un silence épais — et la fuite subtile d’ un chat par un\nsoupirail. Pas de lueur de lam pe; nul scintil de chandelle aux fenêtres\nmoroses, aux fenêtres hautaines.\n  L a ville dort.\n  Et sur les réverbères, dans les cages de verre, les flammes agonisent,\nbalbutiantes. Au-dessus, c ’est le ciel, vertigineux, immense, — à l’en­\nvergure d’éternité, - toisant de «on dédain, de son azur et de ses étoiles\nl ’infimité terrestre.\n    Or ! Ecoutez là-bas ! Dans le lointain ombreux d’ un faubourg ! Oyez !\nOyez ! l ’appel faible d’ un coq ! — Silence. — Puis encore et plus près,\nun autre coq chante. — Oyez ! Il répète la phrase en un modulement\ntimide de ré p o n s e . — Silence. — Et loin, un coq chante; et près un\nautre répond ! C’ est le salut au matin, l’invocation je té e au renouveau\ndu ciel, à la splendeur de l ’aube, prochainement surgissante. — Silence.\n— Oh ! les clairons des coqs qu’ils sont faibles et doux. Mais tout à coup\nc ’est l’essor de tous les points à la fois ! Du nord, du sud, de l ’ est, plus\nhardis, écoutez les coqs ! Les notes de cuivre rauque volent en trémous­\nsement d’éveil.\n    H osanna vers le jo u r ! Ecoutez donc les coqs !\n    Ils chantent plus haut, plus clair, plus fort. Les réverbères se meurent.\nLe crépuscule s’active en crescendo savant. Ici, c ’est le pavé, les trottoirs\net la boue. — Les coqs chantent. — Là-bas, au loin, des fleurs éclosent !\nLes coqs chantent, fortement, hautement, clairement, les uns après les\nautres. Oh ! la diane claironnée de ces voix métalliques qui du vol de\nleurs flèches criblent la demeurante nuit ! Hosanna vers le jou r ! Les\ncoqs chantent !\n  Mais la ville dort.\n                                                        A ndré   R UIJT E R S .\n\n\n\n\n                   CRÉPUSCULAIRE\n                 A z u r ! ô nuit tombante ! ô nuit\n                 tombée! Aller p ar ce beau soir\n"}, {"page_pdf": 41, "texte": "où chuchotte, frissonne ci bruit\nton rêve merveilleux d'espoir,\nazur.. Veloureux comme chairs,\npoudrés de blanc, tes gazons verts\nau clair de lune !... E t aller vers\nToi, azur, dômé p a r la lune\nqui baigne l’aime crépuscule\nde sa bruine de lumières...\n Oh! oh! l ’âme crépusculaire\ndescend en le vert soir lunaire,\ndans moi — A zu r ! a zu r! dans m oi!\n E t trille mon rire de jo ie !\n\n\nA z u r ! aller sous toi, longtemps\ninfiniment, infiniment,\net m'en aller sous les aulnaies\nombreuses, où s ’est diffusée\nla clarté lunaire en regards...\nE t puis vaguer — ô nénuphars ! —\na u x bords moussus et doux des eaux\noù vous nuancez vos vitra u x...\nE t m’en aller, et m'en aller\np a r d’ interminables allées\naux arbres grands — allées fleuries\nd’ iris et d’orchidées, où rit\n la gamme de flûte des brises...\n\n Teintes pâlies, mauves ou grises,\n Chants adoucis , et calme, et lune...\n Oh ! comme choit le crépuscule...\n\n A z u r ! azur, enfin voici\n qu’ en le p r é vert j e suis assis,\n dans le p ré vert, très crûment vert\n constellé de coquelicots,\n partout, ainsi que de caillots\n de sang ; et mes regards qui errent\n partout autour, cherchent, là-bas,\n  lassés, les écroulements d’ors\n grappelés aux acacias\n"}, {"page_pdf": 42, "texte": "                    29 —\n\n\n— acacias clartés sonores\nsous la lune —\n\n                 E t pleurer, azur!\nA z u r ! voluptueusement\ndans le calme de la nuit p u re...\nE t suivre les globes des pleurs,\nfleuris de lunes et de fleurs,\nqui oscillent étrangement\nsur mon corps n u ...\n                       a zu r! ouïr\nazur ! des musicalités\ntrès frêlement clavecinales\ncarillonnantes, loin. V ernal!\nO ce bémol chanterelle\néperdument au loin des sentes...\nE t ces sonnailles sanglotantes...\n\nA zu r! parm i les arbres, voir\nprocessionner en le soir\ndes femmes voilant de clarté\nle printemps de leur nudité!\n— Procession qui erre et fu it . — .\n\n\nCalme, voici, calme, la nuit.\n\nOr donc j e sens sous la pelouse\nla poussée secrète des pousses.\nOh ! n ’est-ce p a s, a zu r? des roses\nont ja illi très soudainement\ndu sol, avec l'enivrement\nde leurs parfum s ? R oses! chairs roses!\net seins ensanglantant le pré !\nBalsam iques féminités !\nE t soleils blancs des pâquerettes,\net découlement d’ or et lourd,\net d’or rougement de velours .\ndes capucines, sur ma tête,\ndes capucines qui ruissellent...\nEnormes, oh! les solanées\n"}, {"page_pdf": 43, "texte": "                                 —    30 —\n\n\n                 au clair de lune balancées ...\n\n                 A ccords de harpes arpégées...\n                 Rythm e sourd des violoncelles...\n                 H arm onie — et n u it... et silen ce...\n\n                 A z u r ! voici — le pré immense\n                 dort dans la nuit autour de moi —\n                 J 'a i clos mes paupières, où choit\n                 la ténèbre aussi, et j e vois\n                 soudainement, grandir! grandir !\n                 en des cris d' éveil et des râles,\n                 et des azurs! oh! m’éblouir !\n\n                 l'héliaque splendeur de la venue A u bale!\n\n                                     H enri   V a n deputte\n\n\n\n\n    Causerie à propos de “ Pour l’A rt „\n\n                                       I\n\n  Jeunes ! ô violateurs de Passages interdits ! Escaladeurs d’ Enceintes\nhérissées de tessons ! Vous n ’avez pas un ju ge qui ne soit décoré et qui\nn’ait du ventre !\n   Vous serez condamnés : Le moyen, ô Saccageurs des planimétriques\njardins, des re ctilig n e jardins, des inexorablem ent symétriques jardins,\n de trouver grâce devant les Le Nôtre de l ’intellect !\n  Vous serez condamnés : Le m oyen, ô Tapageurs éphèbes, de plaire aux\nsoporatifs !\n  Vous serez condamnés : Le moyen de ne pas donner d’ amertume aux\nCuls-de-jatte, ô Véhéments qui passez emportés par les hennissantes\ncavales de vos Espérances.\n  Vous serez condamnés : Le m oyen, ô Producteurs ! de n ’ agiter point la\nbile des Stériles.\n"}, {"page_pdf": 44, "texte": "                                — 31 —\n\n\n  Vous serez condamnés, parce que vous êtes purs et que vous resplen­\ndissez !\n   O Alpinistes de l’ Idée ! seuls vous sourient ceux dont la Chimère sacro-\nsainte — cette mère des progrès et des découvertes - - - ceux dont la\nChimère aila le front : les hauteurs où vous habitez ne sont pas acces­\nsibles aux aptères.\n   A nous donc, jeunes, de parler des jeunes !\n   Place les Invalides de l ’Esprit ! allez composer vos épitaphes.\n\n                                     II\n\n   Le vouloir d’ une Figuration, magnifiée jusqu’aux bornes de ses infinis\ndans la durée et dans l’ espace — c’ est-à-dire propre à tous les temps et à\ntous les pays en disant ce que l ’ homme et la femme ont d’ éternel — se\nrévèle, enfin, cette année, chez plusieurs sociétaires de P ou r l'A rt.\nL ’Idée y règne presque absolument, d’ailleurs. Le trivial et sot réalisme\ny est conspué quasi généralement.\n   En sa place : des recherches de figuration rares et précieuses, visant\ndirectement la pensée ; des visions et des rêves consolants.\n   Il y a là une complexité de formules iconographiques témoignant\nd’intellectualité grande.\n   Un art, mixte jusqu’ à l’ universalité, de ci, de là, se montre aussi.\n\n\n                                     III\n\n   Ce sont là toutes choses antipodiques à l ’art des virtuoses de la brosse\net de l ’ébauchoir tant admirés naguère, et constituant un fait de très\nhaute importance. Il en rayonne la certitude que le tout neuf désir d'un\nart, qui fait de rêve et de calcul, de sensation et de pensée, ait un but\ndigne de lui — celui d’élever, d’arracher à la triviale laideur, par\nexemple — se réalise et triomphalement.\n   Ce que recherche P ou r l'A r t, est ce que désirent les jeunes iconogra­\nphes les plus marquants de tous les pays.\n\n                                     IV\n\n  Partant, c ’est le glas du plat et bête réalisme. Il aura eu la vie courte.\nLa photographie coloriée va lui donner le coup de grâce demain.\n  Le règne des belles marques de fabrique est passé. On ne ravalera plus\nl’art sacré à la confection.\n"}, {"page_pdf": 45, "texte": "                                — 32 —\n\n\n   O peintres de vaches et de moules en quoi différiez-vous des imbéciles ?\n    Allez vous en, pauvres vieux ! et consolez-vous en recomptant vos louis\nd’ or et en fourbissant vos croix.\n\n                                      V\n  L ’ Idée nous revient. C’est elle qui, en un jo u r mélancolieux, fit tracer\npar une douce vierge blonde, la silhouette d’ un svelte fiancé partant pour\nla guerre.\n  Elle a resplendi sur les fronts ailés des aèdes : Orphée, par Elle,\ndompta les fauves et l’ Enfer lui-m êm e.\n  Phidias, son fils bien-aimé, la mit sur un socle terrible et darda au\nloin sur le monde, les rayons d’or de son regard tout-puissant.\n   Praxitèle, la chanta en des icônes d’ indicible beauté; et, le puissant\nmâle M ichel-Auge respira douze années auprès d’Elle, dans la Sixtine.\n  O Pensée ! vous avez aimé l ’ universel V inci, et la Divine Joconde est\nnée de vous.\n  Vous avez empli de vos mystères sacros-saints, les yeux du noctiluque\nRembrandt, — et en nos jours fienteux, vous vous êtes réfugiée comme\nen un temple, sous le front du génial Burne-Jones.\n\n                                     VI\n\n   Je m ’ étais arrêté ici. Je lus ce qui précède à l ’un de nos plus grands\nécrivains. Il me dit : « Vous dites du bien de vos confrères, vous ? c ’est\n» neuf! Vous avez bien raison en tout cela, et si vous pouviez prouver\n» que vos jeunes sont vraiment forts et tuer ainsi l’espèce de méfiance\n» que les innovateurs inspirent toujours, vous auriez fait bonne œuvre\n» et, encore une fois, pas habituelle ».\n\n                                     VII\n\n   Je rêvai à cela. Et soudain je trouvai la preuve à je te r à la face du\nmonde.\n  Cette preuve, elle se trouve dans la monstrueuse opposition qui est\nfaite aux jeunes talents les plus      redoutables\n\n                                     VI I I\n\n   Il est un sujet de tragi-comédie non utilisé encore et que je voudrais\n voir fortement exprimé sur nos stupides scènes : celui disant de combien\n"}, {"page_pdf": 46, "texte": "                                 —    33   —\n\n\n\nde haine et de mauvais vouloir sont poursuivis ceux à qui le Destin\ninfligea le génie. Ils sont ici pareils aux martyrs dans la rugissante,\narène. Ils sont ici les ennemis de tous, et tous se croyent tenus de les\ngriffer au cœur et au cerveau. La multitude les hait à cause de leur supé­\nriorité. L ’armée incalculable de la médiocrité se venge sur eux de son\ncrétinisme, de sa platitude et de sa stérilité. Des coalitions, inexpri­\nmables tant elles sont tacitement et mystérieusemt formées, déversent\nsur eux, sans trêve, comme le venin des têtes d’ une hydre palustre,\ntoutes les méchancetés piteuses dont seuls sont capables les hommes\nnuls, ces rois des bêtes malfaisantes.\n\n                                     IX\n   La meilleure preuve à donner de la grandeur d’ un intellectuel, c ’est\nson adversité : Les innumérables coups d’épingle — cette lance des\npygmées — qui lacèrent incessamment les âmes supérieures, furent-ils\njamais dirigés sur des médiocrités ? La médiocrité est amie de la foule;\nelle en est le miasme; elle en est l ’allégorie. Les gros succès qu’elle fait\nne vont qu’aux nullités éphémères. Toute œuvre grande fut huée à son\napparition.\n   Le plus calomnié, le plus torturé, de toujours ce fut le plus grand\nici-bas. Le plus grand celui devant qui s’entassèrent le plus d’obstacles.\n   Les Christ seront toujours crucifiés ici, et toujours les Barabbas y\nseront préférés aux Christ. Hélas !\n\n                                      X\n   Ce n’ est pas que l'orgueil dont on les accuse toujours, ne fasse aucune\nconcession jam ais. Je me souviens d’ un mot de Pirmez prouvant combien\nces concessions, lorsqu’elles sont faites, sont vaines : « Croiriez-vous,\n» écrivait-il, que sur cinquante littérateurs auxquels j ’ adresse mes livres,\n» accompagnés parfois d’ une lettre de présentation, la moitié ne remercie\n» pas ; un quart environ envoyent leur carte ; quelques-uns me répondent\n» par des injures pour n’ avoir pas affranchi « ju squ ’à domicile » —\n\n                                     XI\n\n   Mais ô Purs ! vous seuls savez la volupté de ces souffrances. Elles sont\nenviées affreusement par qui les devine. Dans les vagues de clameurs\nhurlantes qui viennent bouler à vos pieds, écoutez, vous percevrez, plus\nsifflantes, les rages de n’être pas vous-mêmes ô outragés !\n"}, {"page_pdf": 47, "texte": "                                  -   34 -\n\n\n  Je vous le dis, en vérité ; ne craignez rien tant que le jour où elles\nfiniraient, ces souffrances et ces clameurs d’enfer! car ce serait la preuve\nsoit d'une chute, soit d’ un arrêt de vos génies.\n\n                                      XII\n\n  Tout ce qui vous vient vous est utile et sujets à poèmes, car vous êtes\nles prédestinés en qui sont déposées les Grandeurs et les Forces fécondes.\nLes souffrances mêmes que vous causent toutes ces pointes ignées des\nMontagnes d’ épines, vous grandissent : Dante eut-il été Dante sans ses\ndouleurs ?\n\n                                      XIII\n\n   Si vous êtes de ceux qui doivent payer le don terrifiant de la Supério­\nrité et du Bonheur d’ aller par l ’ici-bas semer de la clarté, vous êtes aussi\nde ceux à qui finissent par obéir, domptés ainsi que des fauves, les cer­\nveaux bondés de ténèbres remugles.\n\n                                                      A u g u st e L e v é q u e .\n\n\n\n\n                     Chronique musicale\n\n   Bruxelles est décidément une ville bien franchement musicale. Il n ’est\npas de jou r que nous n’ ayons à enregistrer une audition, une séance\nintéressantes. Aussi la mission du critique serait-elle bien longne, parfois\nmême bien fatigante, s’il ne faisait un choix, s’il ne savait se borner à\nn’ analyser que les œuvres de grande envergure. Le mois de janvier a été\ntout particulièrement brillant cette année ; chaque fois le public par son\nempressement et ses encouragements a tenu à montrer que Bruxelles\npouvait avoir son concert chaque dimanche, surtout lorsque ces concerts\nsont dirigés et conduits par des hommes comme Joseph Dupont, Gevaert\net Servais.\n   Il importe de sigaler tout d’abord à l ’attention de nos lecteurs, le con ­\ncert populaire du 20 jan vier dernier. M. Joseph Dupont qui nous a initié\naux œuvres wagnériennes, aux œuvres de musiciens russes et français\n"}, {"page_pdf": 48, "texte": "                                    -   35 -\n\n\n\nn’a pas oublié son pays. C'est à lui que Gilson a dû de voir exécuter il y\na quelques années déjà une de ses premières œuvres L a M er, par\nlaquelle déjà il s’était signalé à notre attention. Tout récemment Joseph\nDupont vient de nous mettre à même de ju g er des progrès du jeune com ­\npositeur, en s’assumant la lourde tâche de diriger Francesca da Rum ini.\nLa musique de Gilson possède en premier lieu une grande vigueur, une\ntechnique savante et bien comprise. C’est un maître dans l ’art d’ utiliser\nles ressources orchestrales, et il le fait de telle façon qu’il nous donne des\nimpressions nouvelles et inconnues jusqu’ à ce jo u r. Le poème était de\nM. Guillaume. Il est évident qu’il n’ a eu en vue que de composer un\népisode que la musique surtout devait rendre vivant.\n   La mise au point de cette œuvre si difficile et si chargée a demandé\n•beaucoup de patience et de nombreux efforts à notre vaillant ch ef d’or­\nchestre. L ’ exécution a été aussi bonne que possible, les solistes ont été à\npeu près à la hauteur, si ce n’est cependant M lle Sidner dont la voix\nsemblait par moment refuser son service à la chanteuse.\n  En un mot, grand succès pour Gilson, désigné aujourd’ hui à tous,\ncomme un maître dont ont doit attendre encore de grandes choses.\n\n                                                             M a u r ic e S t e r c k x .\n\n\n\n\n             L\n             e\n             s         Villages Illusoires\n                  par Emile V e r h a e r e n . Collection du Réveil\n\n\n\n   Lire des vers de Verhaeren est pour m oi une jouissance rare. J'aime\ncet écrivain comme nul autre poète contemporain, pour sa si grande\noriginalité et pour la beauté et la passion au sceau desquelles il marque\ntoutes ses œuvres. Son dernier livre vient encore confirmer mon impres­\nsion et mon admiration. Ces poèmes possèdent un charme brutal, intense\nqui s'empare de l ’ âme et se l’attache avec véhémence. Le style du poète\ndes Campagnes H allucinées est essentiellement flamand, le langage\nd’ un homme du nord aux profondes pensées et aux conceptions gran­\ndioses ; sans se préoccuper des conventions et des règles, V erhaeren s’est\nforgé une langue à lui, hautaine, formidable, sonnante comme des cloches\net, tempétueuse comme un orage. Lorsqu’ il décrit, il martèle, lorsqu’ il\nchante il clame. Personne ne sait comme lui donner aux campagnes, aux\n"}, {"page_pdf": 49, "texte": "                                        —    36    —\n\n\n\n\nlandes leur caractère sauvage, fruste ; personne non plus n’interprète\navec tant de fougue et de r é v o lt e les sentiments de l'hom m e de la terre,\ndu l’ homme prim itif au cœur libre et impulsif, pur, ainsi qu'un*ciel clair,\nde tout alliage et de toute influence étrangère.\n  Le vers de Verhaeren est fort, brusque et précis. Eu lisant certaines\npièces on subit la même impression que lorsqu’on contemple une de ces\nmédailles antiques à frappe merveilleuse et incisive qui, plus on l'e x a ­\nmine et l ’ admire, révèle des beautés et des lignes étranges et subtiles.\n  Cet art s’ auréole de sang et de feu. Ces campagnes, ces villages ont\ndes couleurs effrayantes; les crépuscules se plaquent de lueurs superbes\ndont les traînées s’ étendent au loin et donnent à la pensée et au regard\nl ’illusion de choses fantastiques, aux formes réelles cependant, mais\nformidablement rendues et magnifiées.\n                                                                   Sander     P ie r r o n\n\n\n\n                                      É v e ils\n                         par André et Maurice M a g r e (Toulouse)\n\n  Pour avoir rêvé longtemps les rêves d’autrui, ils se sont éveillés ayant\nencore sur la langue des mots et des verbes étrangers ; pour avoir rêvé\nlongtemps ils se sont éveillés ayant, aux lèvres de douces et frêles et\ngrises chansons, ayant, dans l ’ âme, des visions placides et atténuées\nayant, dans les yeu x , des larmes pour toutes les choses songées et non\nréalisées. Eveils harmonieux et graves, éveils de rêve qui promettent,\npour l ’ heure de la maturité l ’ action et la belle Œ uvre.\n\n\n                       Ames de Couleur\n             par Henry M a u b e l , Collection du Réveil, chez Edm ond D e m a n\n\n  Petits éclats de vie, où, comme dans les morceaux d’ un miroir brisé,\nviennent se refléter, s’ esquisser en la frileuse sensibilité de leurs gestes\net de leurs mots, les âmes de couleur : âmes délicates et raffinées, âmes\nsubtiles et sensitives, frémissantes à l ’ existence perçue de l ’âme Maté­\nrielle, tremblantes et s’inquiétantes des ambiances m ystérieuses; âmes\ntristes un peu, mais si bonnes, si compatissantes ! Un livre ineffable et\ndolent, un livre doucement exquis, qui, avec la magie de son style p o ly ­\nchrome et chatoyant, vient chuchoter au creux du cœur la sympathique\nchanson de ses histoires, de ses simples et si profondes et si émouvantes\nhistoires.\n"}, {"page_pdf": 50, "texte": "                         CHOSES\n   Merci tout d’abord. Merci cordial et chaleureux à tous\nceux qui nous ont accueillis, annoncés et protégés !\n\n\n   L 'Escholier organise en ce moment un concours de chant\nd'étudiants avec prime de cinquante francs au vainqueur,\nTous peuvent y prendre part. Il suffit d’envoyer, avant le\n15 avril, les compositions au bureau fin journal. 39, rue des\nUrsulines. L ’initiative est bonne. Puisse-t-elle être heureuse\net délivrer nos tympans des alcazariennes ignominies que\nbeuglent avec ferveur nos jeunes abrutis !\n\n   Est mort, samedi 9 février, M . J e a n P o r t a e l s , directeur\nde l'académie. Dans son atelier se sont formés de superbes\net virils talents. Affable et dévoué il sera regretté des\nartistes pauvres que son inépuisable générosité soutenait.\n\n\n   Intéressantes conférences données par nos collaborateurs\nJ u l e s D e s t r é e et J e a n D e l v i l l e , l'une, littéraire, à la Mai­\nson du Peuple, l'autre, ésotérique, a la salle Ravenstein.\n\n\n  L'autre soir à. la Monnaie première de L ' Enfance de\nRoland. Il n'y a rien eu de cassé. Musique honnête et succès\naussi. Allons ! Grand bien lui fesse a M. Mathieu.\n\n   A lire — du V i e l é G r i f f i n , exquis comme toujours, d a n s\nStella — du V e r l a i n e dans le Rêve et l’Idée                  un article\nsincère de L é o n R ycx dans Pages d'art et de science — à la\nJeune Belgique, après d’autres, après un splendide conte\nd'EEKHOUD, deux vers de notre ami M a u r i c e C a r t u y v e l s :\n          Et la reine aux y eu x clos sent, battre clans sa gorge\n          Le pas des assassins qui montent l ’escalier.\n\n                                                       André     R u ijt e r s\n"}, {"page_pdf": 51, "texte": "                  CORRESPONDANCES\n\n   Copieters. Merci et tous nos encouragements. Votre dessin\nest fin mais maigre. Il manque de fini et de forme. La\nrevue qui d’ailleurs tient à la simplicité de son aspect ne\npeut changer d’en-tête à chaque numéro.\n\n   G .-R . Charleroy. Vers sincères et émus. Manque de sou­\nplesse et de métier. Comptons sur vous. Mais pour plus tard.\n\n  M . C. Vous êtes dorénavant          des nôtres et Vive V er­\nhaeren !\n\n  L orand. La poétique laisse à désirer et l’idée aussi. Tra­\nvaillez! Vous êtes un garçon gai. Mais ne riez jamais en\nvous occupant de vers.\n\n  Pour la publicité (couverture de L 'A r t Jeune) s’adresser\nà M. B e r t o u x , rue des Douze Apôtres.\n\n\n  Nous prions nos abonnés et amis de faire bon accueil aux\nquittances qui viennent d’être mises à la poste.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "ordre_dans_volume": 2, "mois_verifie": false, "numero_verifie": false, "mois_reconstitue": true, "numero_reconstitue": true, "date_tri": "1895-02-15", "signet_source": "1ère année - N°2 - 15 février 1895", "preuve": "Pas de couverture exploitable (aucun OCR du sommaire). Date déduite de la série : n° 1 du 15 janvier 1895 et n° 3 du 15 mars 1895 (parution mensuelle le 15). Indices internes : Georgette Leblanc dans Orphée et La Navarraise ; chronique musicale bruxelloise ; quittances d’abonnement annoncées.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}