{"numero_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "articles": [{"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-001", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "REVUE MENSUELLE D'ART & DE LITTÉRATURE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 86, "fin_caractere_exclue": 176, "texte": "REVUE M EN S U ELLE\n\nD'ART             & DE L I T T É R A T U R E\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-002", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 176, "fin_caractere_exclue": 809, "texte": "SOMMAI RE :\n\nA u L e c te u r - L ’A rt W allon.\nT ro is fragm ents bre fs (l’un long rom an - P aul G érardy.\nMon âm e sanglotte (le jadis - R ich a rd Blondel.\nChansons - R ich a rd L edent.\nOctave Mogin - L éon P asch al.\nLa Chanson vaine - T ris ta n le R oux.\nHors Wallonie : L a B a rq u e - E m ile V erhaeren.\nP rim e Science - J . F e lle r.\nL e s N onnes - G eorges Saint-P ol.\nUn Chant dans l'om bre - St éphane E Iseneur.\nM ém ento.\n\n\n\n\nE diteur-A dm inistrateur : Maurice XHOFFER                                   Août 1895\n\n        ru e     du    P a la is , 1 2 9 ,   Verviers.            Ce n u m é ro : 30 centim es\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-003", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 1, "page_fin": 1, "titre_corps": "Lecteur,", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L’Art wallon.", "ancre_debut": "LECTEUR, Notre but : Continuer la tâche", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 10, "page_imprimee": 1, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 519, "texte": "LECTEUR,\n\n\n    N otre but : C ontinuer la tâche commencée\n\npar la W a l l o n i e et F l o r é a l — grouper les forces\n\nintellectuelles et artistiques de notre chère Terre\n\nW allonne — affirmer, défendre les tendances et\n\nles aspirations des Jeunes.          N ous son no ns le\n\nralliement des bonnes volontés éparses.           A nous,\n\npour réussir dans notre oeuvre, le bon vouloir de\n\ntous ceux qui o n t au cœ ur l’am our et le culte\n\ndu Beau.\n\n                                    L’ART WALLON.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-004", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 2, "page_fin": 3, "titre_corps": "Trois fragments brefs d’un long roman.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Gérardy.", "ancre_debut": "Trois fragments brefs d'un long roman Réveil Dans la lumière", "ancre_fin": "Paul Gérardy.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Mon âme sanglotte de jadis", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 11, "page_imprimee": 2, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 1776, "texte": "Trois fragments brefs d 'un long roman.\n                                                          Réveil.\n\n      Dans la lumière gris-perle du petit jour, toute une joie de\n vert timide et comme jaune un peu frissonnait et de petits cris\nbrefs disaient en des cervelettes d’oiseaux la lutte du jour\n éveilleur et des rêves.\n      Lentement et la tête lourde encore du sommeil trop tôt\ninterrom pu, Josquin gravit la roche vers le donjon branlant.\nContre le fer prudent qui barre le trou ouvert sur le fleuve et\nle ciel par une barbacane effondrée il s’accouda.\n      Josquin songeait.\n      Ce fut d’abord une débandade de rêves se cognant, se\nculbutant au hasard du demi-sommeil en sa cervelle.\n      Au delà des sommets de l’autre rive le fleuve se magni­\nfiait do pourpre appâlie. Gommepar saccades la clarté précisait\nles lointains et déjà tout au pied du rocher, là-bas, entre les\nvignes, le Rhin, couleur d’edelweiss se nacrait de brèves\nvaguelettes argentées.\n      Josquin songeait.\n      E t tandis que lentement le jour augm entait, il sentait que\nde la clarté envahissait la forêt folle de ses pensées.\n\n                                            E n ch em in de fer.\n\n      En files interminables des zéros se suivaient en sa tête.\nDevant leurs files se dandinait jadis le 1 prétentieux. Et\nJosquin se rappelait s’être attardé de longues heures à caresser\nle précieux chiffre.\n      Mais n’est-ce une infortune vraim ent excessive, l’absence,\nà ce moment faditique, du symbole des chères et reposantes\nillusions ? Le un, le précieux chiffre s’était reployé gracieu­\nsement et, ayant imité l’imprudent serpent qui dans l’antiquité\nse fourra la queue dans le gosier, il avait fini par former un\nparfait zéro de plus.\n"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": 3, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1486, "texte": "                                — 3 —\n\n     Josquin s’était étendu dans le compartiment solitaire.\nAgacé par la chaleur poussiéreuse des coussins il ballait.\n     “ Je crois réellement qu’un chevalier, au Drachenfels, a\ntué plusieurs dragons ! » pensait-il.\n\n                                              B a n s la Cathédrale.\n\n     Pourquoi, en cette merveilleuse forêt d’architectures, la\nvoix sainte et grave des orgues et ces prêtres là-bas, aux\ngestes mêmes et conventionnels ne s'employent-ils à de moins\nbanales et de moins génufléchissantes besognes ?\n     Ne pourraient-ils nous dire les mystiques émois do\nParsifal ou la folie d’amour de Tristan et Ysolde ? Et la joie\ntriomphale de la neuvième symphonie mondaniserait-elle\ndavantage nos cœurs que les lacrymatoires sermons de ce\nmoine gesliculateur ?\n     Eh ! qu’on nous montre ici de fragmentaires paradis !\nNous nous efforcerons d’y pénétrer; vers eux nous cleverons\nnos âmes et mieux que les paroles du moine la vision de\nbeauté nous suggérera l’horreur et l’effroi d’éventuels enfers.\nEt nous n ’aurons pas l’appréhension ni la méfiance d’un\nparadis où nous pourrions dîner à la même table que ce vilain\nmoine gesliculateur.\n     E t cependant que la fête se poursuivait en tralalas\nd’orgues et trémolos de soprani, Josquin s’enfuit en ricanant :\n“ Cousin bon dieu tu devrais, toi aussi, rétablir l’esclavage\npour te faire mieux servir ».\n\n                                                        P aul G érardy.\n\n\n     "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-005", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 3, "page_fin": 4, "titre_corps": "Mon âme sanglote de jadis...", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Richard Blondel.", "ancre_debut": "âme sanglotte de jadis", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 12, "page_imprimee": 3, "debut_caractere": 1490, "fin_caractere_exclue": 1787, "texte": "âme sanglotte de jadis . . .\n                                    I\nUn m o rn e cor, ce so ir , p le in e son ch a n t funèbre\net ses sa n g lo ts d 'a ira in fo n t tre ssa illir la lune . . .\nQuel a n cêtre lo in ta in , s u r g i des tombes brunes\nim plore encor a in si la Belle des Ténèbres ?\n"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": 4, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "                                    — 4 —\n\nContre les m u r s lo in ta in s des villes éphém ères\ncla q u en t, r a g e u se m e n t, les g r a n d s ve n ts ta c itu r n e s\nco m m e les p lis ca ssa n ts d 'u n éten d a rd n o ctu rn e\nq u 'a g itera it, s a n s cesse, u n e m a in décoléré.\nE n u n fo u g u e u x galop v e rs la p â le m y stiq u e,\nco m m e des étalons, les n u a g es a m e rs\nbondissent fo lle m en t sous le fo u e t des écla irs\net le ciel s ’est stellé d'étincelles m agiques.\nE t triste m e n t il p le u t s u r les m o n ts, s u r les p la in es\net c'est u n e ch a n so n de la rm e s ru issela n tes,\nu n e ch a n so n candide a u fo n d des n u its p â m a n tes.\n. . . L e m o rn e cor, a u loin, p le u re toute m a peine.\n                                        Il\nL 'â m e a n tiq u e des p r e u x râ le a u fro id de la m o rt,\nl'âm e des p r e u x casqués de ve rtig e en g r a n d deuil\nd o n t le geste indigné, d o n t le geste d 'o rg u eil\na tra n sp ercé m o n c œ u r d'u n g la d ia l rem o rd s.\nP a r chocs de fu r e u r contre les v ie u x m u r s n o irs\nl'om bre des co n q u é ra n ts fa b u le u x et tra g iq u es\nm a rtèle la so m b re u r des n u its m éla ncoliques\net p a r blocs de te r r e u r écrase d u vouloir.\nE t le s o u v e n ir blond des p a g e s et des reines\ns'affole en le n é a n t des ténèbres dolentes . . .\nOh ! p o u rq u o i la cla rté de lune trio m p h a n te\na-t-elle a in s i p a r fo is le c h a rm e long des tra în e s ? . . .\n                                      III\nCe so ir, râ le m a vie a u x a ffres des to u rm en tes.\nCe so ir, le p a ssé lo u rd s'a p p u yé à m o n c œ u r las\net des gestes d éfu n ts o n t cabré m es v ie u x bras\n. . . M on â m e est a n ce stra le et d e m o i s'épouvante !\nM on â m e e s t a u to u r m e n t de m a vie inquiète.\nM on â m e est lasse et m o r n e en des cahots de h eu rts\net ce so ir, m o n espoir en m o n c œ u r fro id se m e u r t\ncom m e u n beau ch eva lier a u fo n d d ’u n e oubliette.\n                                              R ic h a rd B londel.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-006", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 5, "page_fin": 6, "titre_corps": "Chansons : Le Diadème.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Richard Ledent.", "ancre_debut": "CHANSONS Le Diadème Trois jeunes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Le Lilas blanc", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": 5, "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 738, "texte": "CHANSONS.\n\n    Le Diadème.\nTrois jeunes filles allèrent au bois\navec des allures de reine\nen portant des diadèmes.\n\nLe premier était d’azur,\nle second de pourpre et or,\nle troisième couleur d’aurore.\n\nDans la forêt caressante,\nprès d’une eau folle et chantante,\nétait un prince endormi.\n\nLes trois filles silencieuses\nregardèrent le doux dormeur\net des rêves emplirent leur cœur.\n\nMais la première à la source,\nvoulant m irer sa beauté,\nsa couronne vint à tomber.\n\nLa seconde était altière\net son diadème vermeil\nne bougea dans le soleil.\n\nOr la troisième ingénue\np rit d’un geste frissonnant\nson diadème rose et blanc.\n\nPuis elle couronna le prince\nqui laissa voir en ses yeux\nun long sourire lumineux.\n"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 21, "texte": "           — 6 —\n\n\n\n\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-007", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 6, "page_fin": 6, "titre_corps": "Chansons : Le Lilas blanc.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Richard Ledent.", "ancre_debut": "Le Lilas blanc", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 15, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 546, "texte": "Le Lilas blanc.\n\n\nAu dessus du ja rd in blanc\nplane un petit lilas frêle,\nau-dessus du ja rd in blanc\nplane un petit lilas blanc.\n\n\n\n\nSes parfum s sont pénétrants\net sur le ja rd in en neige,\nplane un petit lilas blanc\nsur la neige du printemps.\n\n\n\n\nIl s’agite sous le vent\ncomme une petite âme en peine\net rit à de jeunes enfants\nassis dans le jardin blanc.\n\n\n\n\nOn coupa le lilas blanc\navec des cris d'allégresse,\non coupa le lilas blanc\net pleura le beau printem ps.\n\n\n\n\n                                R ich a rd L edent.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-008", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 7, "page_fin": 9, "titre_corps": "Octave Mogin.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Paschal.", "ancre_debut": "Octave Mogin Octave Mogin avait une âme", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": 7, "debut_caractere": 77, "fin_caractere_exclue": 2160, "texte": "Octave Mogin               . *\n\n   Octave Mogin avait une âme d'enfant, très pure et, en face\nde la vie l’instinct douloureux des femmes, qui avant d’aimer,\nen présagent toutes les souffrances. P ar une nonchalance où\nse mêlait de la fierté, et par timidité il se réfugiait dans le\nsonge. En ses heures sincères celte enfance émue, meurtrie\ndéjà, tressaillait dans ses vers et les déboires de l’adolescence\ny jetaient çà et là une note plus virile qui s’alliait divinement\nà leur pudeur frileuse. Ses rimes avaient la pénétrance de\nparoles balbutiées. Il était l’enfant aux rires trempés do\nlarmes qui ramène sur ses yeux ses cheveux blonds et voit le\nmonde à travers un éblouissement d’or.\n   Outre une religiosité innée qui la rendait profonde, son\nâme avait ce velouté un peu mièvre acquis dans l’ambiance\nd’une femme. Sa mère était belle encore. Sa beauté, à mieux\ndire, était demeurée, mais la chair pâlie par l’âge et la mai­\ngreur spiritualisait son regard. Une chevelure abondante et\nprécocement blanchie complétait de son bandeau d'argent la\ngrâce pensive du front et des yeux. Mais une grâce plus\nexquise résidait en ses mains longues et fines, ses mains tom­\nbantes, des mains de César Scaglia ainsi qu’aim ait à les peindre\nVan Dyck. Jadis sous leurs caresses, en leurs gestes silencieux\nelles avaient revêtu Octave de leur âme occulte. Ainsi les\nmains de mère, lasses ou laborieuses, mains d’ivoire vieilli ou\nmains flétries ne façonnent-elles en leurs attouchements\nd’amour un esprit à leur image dans la chair frêle des enfants.\nAux matinées inoccupées Madame Mogin s’édifiait à des\nlectures, dans une em brasure de vitraux e t ses mains, si pures\nqu’une lumière semblait y transparaître, s’imprégnaient de la\npiété de ses pensées et l’âme d’Octave était toute en elle.\n   A dix ans son père le m it en internat. Il n’avait pas les\nloisirs de le surveiller selon ses volontés et Octave était trop\ngrand déjà pour être confié encore aux gens. La rigueur\necclésiastique le froissa d’abord. Mais des charmes peu à peu\n\n(*) Pages détachées de « J e u n e s s e s » Roman.\n"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": 8, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "                             -   8   -\n\n\n\n\n le séduisirent. Dans la chapelle, aux lueurs obliques du soir,\n une crypte de vieil or luisarnait. La veilleuse perpétuelle\n brûlait seule. La splendeur des transepts, la mysticité amou­\n reuse de la Vierge, meublèrent de leurs emblèmes ses solitudes\n songeuses. Aux fins d’année se célébrait une retraite. Dans\n une étroite salle aux murailles crépies, aux bancs sales, un\n dominicain, du haut d’une chaire , parlait des mystères, des\n terreurs et des béatitudes. Ses bras, sur les fronts baissés\nsecouaient l’épouvante, ses gestes agitaient des lanières, ses\nlèvres gardaient le sang des plaies divines qu’elles avaient\nbaisées et crachaient l’ichor au front des pervertis. Puis le\nmoine se retirait dans la majesté de sa longue robe blanche\ndont les plis amples le drapaient. La nuit, les angoisses du\nscrupule agitaient la pensée d’Octave. La m ort obsédait ses\ninsomnies et l’aube s’étouffait dans la tombe. Il dormait enfin,\navec de brusques réveils. Lentement il s’accoutuma à ce ban­\nnissement, y trouvant une quiétude. Une sœur professe toute\n souriante sous sa coiffe empesée, les mains moites de suavité,\n habillait les plus jeunes pensionnaires. Cette vie amolie\nl’asservit par la force obscure des habitudes. Il traînait ses\njours en paresses, les regards au delà des murailles. Mogin\nétait demeuré le même; dans la vie ses regards cherchaient\nencore l’au delà d’une muraille et, dans ses luttes, il m ettait\nl’indolence d’un devoir fait à regret.\n  Au seuil de la vie il eut la soudaine connaissance de sa fai­\nblesse et de son dépourvu. A certains jours il se sentait four­\nvoyé dans une destinée étrangère et trop dure. Un soir, au\nretour d’une réunion, il dit, après un de ces silences où l’on\nrepasse ses pensées :\n  — C’est chez moi un malheur, Fastrier, je suis accablé\npar des vétilles, mes heures s’éparpillent sans trouver la soli­\ntude de moi-même. Il me prend des colères souvent; mais elles\nsont vaines et je crie après Dieu parce qu’il m’a si mal partagé\nen force morale.\n   Riche, il s’achetait les volumes luxueux et étranges, aux\ntitres aimés d’une élite. Ils s’étalaient épars sur son bureau et\nles soirs entre Séveranz, de Lincourt, Dombroy et F astrier\n"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": 9, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 893, "texte": "                            — 9 —\n\ndans la clarté douce des lampes et la fumée des cigarettes, ces\nlivres étaient l’objet de longues causeries. Sur son divan,\nMogin se complaisait en eux; son rêve faisait jaillir au heurt\ndes mots des mirages de subites splendeurs. Aux approches du\ncrépuscule sa pensée se recueillait. Mogin avait le pouvoir de\nse réfugier avec délice dans son for intime. Il oubliait le monde\ns’absentait de lui,.et une pureté primitive, des sentiments sans\nalliages, ôtaient le charme délicat dont s’imprégnaient ses\npoèmes. Après le souper il tenait compagnie à sa mère. Emi ­\nlienne chantait au piano. L’ombre était moelleuse et douce\ndans le vieux salon. En l’intervalle des paroles il laissait errer\nson regard parmi les lumières fanées de l’abat-jour qui se\nm ariaient aux teintes mourantes des tapisseries.\n\n\n                                           Léon P aschal.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-009", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 10, "page_fin": 10, "titre_corps": "La Chanson vaine.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Tristan le Roux.", "ancre_debut": "La Chanson vaine Dans la forêt", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": 10, "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "La Chanson vaine.\n\n\n\nD a n s la fo rêt, ferm é e a u p ro fa n e in so n g e u r\nI l v ie n t de s'élever u n e lente r u m e u r .\nE coute, a s-tu sa isi cette v o ix q u i s'irrite ?\n C'est com m e u n g r a n d re m o rd s d a n s la so m b re u r d u site.\nL es œ g ip a n s s o u d a in , ont, rê v e u rs , m is le doigt\nA u x lèvres, to u t s u r p r is p a r cette m o rn e v o ix\n Qui p a r le de ja d is et fa it n a îtr e le songe.\nE lle va , p a r échos, de m o n ts en m o n ts, se plo n g e\nE n la vallée a u loin ré p e rc u ta n t les sons.\nDes la m b e a u x de d o u leu r s'accrochent a u x buissons\nE t les n id s e ffra yé s se ta ise n t a u x feuillées.\nE lle v a ! elle v a ! a u x landes endeuillées\nlie s a p in s to u t là bas, q u i fe r m e n t l'horizon.\nOn d ir a it que se fa it p lu s so u rd e la chanson.\nVoilà que to u t a u loin v o n t les ondes sonores\nDu c u iv re r u tila n t de l'éclat des a u ro re s\nSous l'effo rt c a re s sa n t d'une invisible brise,\n. . . E t la cha n so n se m e u r t de n 'être p a s com prise !\n\n\n\n\n                                                 T rista n le R oux.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-010", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 11, "page_fin": 11, "titre_corps": "Hors Wallonie : La Barque.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Emile Verhaeren.", "ancre_debut": "Hors Wallonie La Barque Il gèle", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": 11, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 1124, "texte": "H o r s W a l l o n ie :\n\n\n                          La Barque.\n\nI l gèle — et des a rb res o rn és de g iv r e c la ir\nM o n ten t a u lo in , a in s i q u e des fa is c e a u x de lune;\nA u ciel p u rifié , a u c u n n u a g e ; a u cu n e\nT ache s u r l'in fin i s ile n c ie u x de l'a ir.\n\n\nL e fleuve où la lu e u r des a stre s se ré fra c te\nSem ble dallé d'acier et m a ç o n n é d'argent.\nSeule, u n e barque est là, q u i veille et q u i attend\nL es d e u x a v iro n s p r is d a n s la g lace com pacte.\n\n\nQuel an g e ou quel héros les em p o ig n a n t, so u d a in\nD ispersera ce v a ste h iv e r à coups de r a m e s\nE t co n d u ira la barque en u n p a y s de fla m m es\nVers les océans d'or d u p a r a d is lo in ta in ?\n\n\n\nOu bien do it elle a tten d re à to u t ja m a is son m a ître ,\nP riso n n iè re du fro id et d u g r a n d m in u it blanc,\nT a n d is que des o ise a u x libres et fla g ella n t\nL es ven ts, volent, là h a u t, v e r s les p rin te m p s à n a îtr e ?\n\n\n\n\n                                                    E m ile V erhaeren.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-011", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 12, "page_fin": 12, "titre_corps": "Prime science.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "J. Feller.", "ancre_debut": "Prime science A Victor Remouchamps", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 21, "page_imprimee": 12, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 1697, "texte": "Prime science.\n                                          A V ictor R em o u ch a m p s.\n\nN o n , n o n , j e n 'a im e p lu s ces poèm es g u in d és\nQui p o sen t n u ch e f-d 'œ u vre et q u i ca m b re n t le torse,\nA v e c leu r g o n flem en t d’abcès p o u r seule force\nE t leu rs fé m u r s b ra n la n ts de ficelles bandés.\n\nN o n ! p lu s de lie u x c o m m u n s, de rh éto riq u e v a in e !\nJ'a im e u n c h a n t in g én u , sim ple, tim ide et d o u x.\nQu'il soit com m e u n Ave q u ’on récite à g e n o u x ,\nComme u n p re m ie r a veu q u ’E lle e n te n d ra it à peine,\n\nComme u n s u s u r r e m e n t d 'a m o u r d a n s le buisson,\nComme en m a r s , a u x b ea u x jo u r s , p a sse, d a n s l'étendue,\nUn n a ï f g a zo u illis d'alouette perd u e,\nComme u n b a ttem en t d’a ile, ou m o in s, com m e u n frisso n .\n\nCar n o u s a vo n s laissé l'audace ju v é n ile\nF a ite de cro ire, ig n o r a n t tout, qu'on p o rte en soi\nToute solution; et la divine foi,\nL a F oi ! ne n o u s tie n t p lu s , co n fia n ts, d a n s son île.\n\nDe systèm es étroits où s’encage l’esprit,\nP lu s a u c u n ! N ous v o u lo n s , a u x so u rces de tendresse,\nR a fr a îc h ir nos c e rv e a u x lourds de fa u sse sagesse :\nL 'â m e est p lu s p r è s d u v r a i q u i p lu s tôt s'a tten d rit;\n\nE t l'énigm e de to u t resp len d it p lu s verm eille,\nD ans le ciel in fin i com m e d a n s l’o r des blés.\nQ uand le poète en n o u s o u v re des y e u x troublés\nE t que le sa v a n ta sse en son o rg u eil som m eille.\n\n                                                               J. F eller.\nJ u in 1895.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-012", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 13, "page_fin": 13, "titre_corps": "Les Nonnes.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Saint-Pol.", "ancre_debut": "Les Nonnes Simples et lentes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 22, "page_imprimee": 13, "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 1015, "texte": "Les Nonnes.\n\n\nSim ples et len tes, en robes blanches,\nL en tes et blanches com m e des anges,\nL e u r s y e u x su pplient, le u r lèvre p r ie\nE n in fin ie m élancolie.\n\nToute la fla m m e de le u r je u n e âm e\nCandide et a im e com m e u n dictam e\nS ’ex h a le en p la in te d o n t l ’encens tinte\nTendre co m p lainte, d a n s la n e f sainte.\n\n\nL a longue ivresse q u i les caresse\nD 'une m ollesse douce et tra ître sse\nL es p r o s tr é belles, toutes très frêles,\nF risso n s d'ombelles, p â les ly s grêles.\n\n\nL e u r s m a in s m y stiq u es, h iéra tiq u es\nCom m e d 'a n tiques et dou x ca n tiq u es\nSe jo ig n e n t nices et s a n s m alices\nVers les délices des p u r s calices.\n\n\nE t leu rs c œ u rs a im en t, p ie u x blasphèm e,\nL e G ra n d C hrist blême d'effort su p rêm e\nQui les console de ses p a ro les,\nB a isers de violes à des corolles.\n                                                     G eorges S a in t-P o l.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-013", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 14, "page_fin": 15, "titre_corps": "Les Livres.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stéphane Elseneur.", "ancre_debut": "Les Livres Fernand Séverin", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": 14, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "Les        Livres.\n             Fernand Séverin : « Un c h a n t d a n s l'om bre »\n                                    L a c o m b l e z , Bruxelles.\n\n\n\n\n      Le sort est parfois un bon et malicieux chorège. Voilà-\nt-il pas qu’à l’apparition de cet « A r t w a llo n » créé pour\nmagnifier la Terre patriale, il nous envoie une œuvre, disant\nlo charme délicieux de nos forêts et qui a la transparence de\nlignes, la pureté songeuse et la douce mélancolie de nos\nhorizons...\n      L’amour de nos bois, de leurs enchantements et de leur\nsolitude rêveuse y resplendit, vivace et pur : Fernand Séverin\nen subit l’émoi profond et divers. Déjà dans le « Le Lys » déjà\ndans le \" Don d’Enfance \" il avait noté des sensations de\npaysages,délicates et fortes. Ici, vibre et frissonne la poésie\ndes sites suggestifs et remplis pour le poète d’intimes satis­\nfactions spirituelles.\n       Dans ce calme propice et simple, se complaisait l’antique\nsérénité d’un Virgile mais l’homme moderne s’y affole de tan t\nde choses ! Le poète chante, mais il se révolte aussi contre la\nvie. Il a connu les joies paisibles et tendres de l’amour; il a\n trouvé pour les dire des mots ailés et prestigieux. Il a mené\n une existence tranquille et reposante mais cette vie inerte,\n trop quiète, où le rivaient l’habitude et le désir, lui a paru, un\njour, puérile et odieuse. Il entendait une voix qui lui conseil­\n lait la vie active et agissante, qui lui m ontrait l’âcre volupté\n des mêlées, qui clamait la nécessité des réveils; et son âme\n appareillait vers des Eldorados lointains et féériques. Hélas,\n bientôt il a su combien l’Ile idéale et rêvée était illusoire,\n fallacieuse. E t une grande mélancolie l’a pris devant le bonheur\n impossible et vain, devant le bonheur insaisissable.\n       Vers une seule chose errent ses nostalgies; une seule\n chose désormais lui fait oublier, l’Enfance, l ’heureuse enfance,\n qu’il regrette et qu’il aime . . .\n"}, {"page_pdf": 24, "page_imprimee": 15, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "                             — 15 —\n\n\n      Il a souffert. Les épreuves l’ont m eurtri. Le songe qui\nconsole un peu do vivre, est lui-même douloureux. Mais tout\ncela ne l’exaspère, ni no l’aigrit. Sa mélancolie n ’a rien d’amer,\nd’âp re : elle est si noble et si belle ! Il conseille la pitié\nfraternelle, l’amour et le livre se clôtpar d’admirables paroles:\n\n         Recherche le méchant ! Aime le pour lui-même.\n         Livre toi ! ne sois point avare de ton cœur;\n         E t si l’in fo rtu n é se dérobe à qui l’aime,\n         Fais-toi jusqu’à son âme un chemin de douceur.\n         Aime ! car ta richesse est dans ton indigence !\n         Aime et si ton cœur saigne, ô mon fils, aime encor\n         E t sache que leur haine ou leur indifférence\n         Sont des présents royaux dont s'accroît ton trésor.\n\n      Ainsi, l’auteur raconte son cœur, sans se préoccuper des\nmodes passagères, loin des tréteaux, “ dans l’ombre ». Il faut\nlouer ce fier et beau livre, ce « chant simple et nouveau\ncomme le bruit des feuilles». Il faut l’aimer pour ce que le\npoète y a mis d’humain et do vrai, de mélancolie- atténuée et\npalpitante, de fraicheur, de grâce printanière, de jeunesse frôle..\nSa forme, racinienne, sans vocables rares ou tapageurs,\névoque un chant de flûtes et do hautbois dans un jardin\nidyllique, merveilleux et enchanté. E t ses pensées, dignes\net pures, y seraient une procession lente, rythm ique\net blanche, de jeunes filles, droites et graciles et long drapées...\n     A de certaines heures, l’on est si las de l'actuelle litté­\nrature, souvent artificielle e t un peu factice, de notre littérature\nsavante de mandarins ! Le livre do Fernand Séverin laisse une\nimpression saine, moelleuse, émue et bonne, telle l’impression\nexprimée au seuil du recueil :\n\n         Tandis que nous songions, un enfant est venu.\n         Qui n ’a pas entendu son parler ingénu\n         Ne sait ce que la voix peut avoir d’angélique.\n\n                                             S tép h a n e E lseneur.\nAoût 1895.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-014", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 16, "page_fin": 16, "titre_corps": "Memento.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Chanchet.", "ancre_debut": "Memento La Rédaction, qui de primo-abord", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 25, "page_imprimee": 16, "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 1538, "texte": "M e m en to .\n    La Rédaction, qui de primo-abord avait décidé do faire\nparaître une revue bi-mensuelle, a résolu de ne donner qu’un\nnuméro mensuel — mais double.\n\n     Les Livres.\n                         aux       P r o c h a in s :\nDécors de Charles D e l c h e v a l e b i e .\nHélie - Paroles intimes d e Léon P a s c h a l .\nPar les chemins d e Paul A r d e n .\n\n     Les Revues:\n     Revue blanche : Posthumes de Jules Laforgue - Stéphane\nMallarmé : Variations sur un sujet - Lucien Muhlfeld :\nChronique de la littérature - Romain Coolus : Exodes et\nBallades.\n        Société nouvelle : Georges Eekhoud : la Pléiade shakespea ­\nrienne-Louis.Delattre: «Ou allez-vous petite boiteuse» -Francis\nVielé-Griffin : Vision de juin - Emile Verhaeren : Vers -\n H ubert Stiernet : Etude critique - Hubert K rains: Chronique\nli tté ra ire .\n     Jeune Belgique : Albert Giraud : La Littérature chez\nles Spillebout - Arnold Goffin : Chronique littéraire.\n     Coq rouge : Maurice dos Ombiaux : l’Anti-snob - Hubert\nStiernet : le Larcin - Gustave Kahn : Vers - Saint-Paul-\nRoux : la Torche de ténèbre - Auguste Vierset : au Désert -\nEugène Demolder : huit Eaux-fortes - Emile Verhaeren : Au\nVillage-Camille Mauclair : Lettre parisienne-H ubert Stiernet:\nEtude critique.\n\n    A tous ceux qui ont bien voulu lui apporter leur aide\ndans le bon combat littéraire, « L’A r t W allon » adresse un\ncordial remerciement.\n                                                        Chanchet.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-015", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Collaborateurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L ’A R T W A", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 1379, "texte": "L        ’A        R      T                W         A      L       L     O       N\n\n\nR e vue             M en su elle                 d ’A rt        et        de     Litté ra tu re\n          O U VERTE                  A     TOUS                LES         JEU N ES\n\n\n\n\n               C O LLABO RATEU RS :\n                                       W ALLON IE.\n\n\n       P aul Arden,               R ic h a r d B l o n d e l ,            Arthur Daxhelet,\n\nCh a r l e s        D e l c h e v a l e r ie ,       A u g u ste       D onnay,        Stéphane\n\nE l s e n e u r , J u l e s F e l l e r , P a u l G é r a r d y , A r n o l d G o f f in ,\n\nA l b . G u é q u ie r , J o sé H e n n e b ic q , H u b e r t K r a in s , R ic h a r d\n\nLed en t, A lbert              M ockel, Léon                   P asc h a l, P aul         R e im o n ,\n\nT r is t a n   le    R o u x , Georges               S a in t - p o l ,    F e r n a n d S é v e r in ,\n\nH ubert        S t ie r n e t , M a r c el V ir e u x , I. W il l .\n\n\n                                 HORS            W ALLONIE.\n\n\n       Geo r g es          R odenbach,                E m il e        V e r h a e r e n , F r a n c is\n\nV ie l é -G r if f in .\n\n\n\n\n       Adresser            livres,       m anuscrits              et communications                  à\nM. Maurice XHOFFER, adm inistrateur, rue du Palais, 129,\nVerviers.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-08-n1-016", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "T Y P O G R", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 332, "texte": "T Y P O G R A P H IE - L I T H O G R A P H I E\n\n\n\nMaurice Xhoffer\n        ÉDITEUR DE L’ART W ALLO N\n\n\n    F ine d u P a l a i s , 1 2 9\n\n                  V E R Y IÈ R S\n\n\n\n\n   I MPRESSlONS COMMERCIALES\n\n            E N   T O U S   G E N R E S\n\n\n\n\nP ublications littéraires         et artistiques\n\n          ÉDITIONS DE L U X E\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 8, "texte": "                                                                L’Art\n Wallon\n        REVUE M EN S U ELLE\n\nD'ART             & DE L I T T É R A T U R E\n\n\n                      SOMMAI RE :\n\nA u L e c te u r - L ’A rt W allon.\nT ro is fragm ents bre fs (l’un long rom an - P aul G érardy.\nMon âm e sanglotte (le jadis - R ich a rd Blondel.\nChansons - R ich a rd L edent.\nOctave Mogin - L éon P asch al.\nLa Chanson vaine - T ris ta n le R oux.\nHors Wallonie : L a B a rq u e - E m ile V erhaeren.\nP rim e Science - J . F e lle r.\nL e s N onnes - G eorges Saint-P ol.\nUn Chant dans l'om bre - St éphane E Iseneur.\nM ém ento.\n\n\n\n\nE diteur-A dm inistrateur : Maurice XHOFFER                                   Août 1895\n\n        ru e     du    P a la is , 1 2 9 ,   Verviers.            Ce n u m é ro : 30 centim es\n"}, {"page_pdf": 9, "texte": ""}, {"page_pdf": 10, "texte": "                  LECTEUR,\n\n\n    N otre but : C ontinuer la tâche commencée\n\npar la W a l l o n i e et F l o r é a l — grouper les forces\n\nintellectuelles et artistiques de notre chère Terre\n\nW allonne — affirmer, défendre les tendances et\n\nles aspirations des Jeunes.          N ous son no ns le\n\nralliement des bonnes volontés éparses.           A nous,\n\npour réussir dans notre oeuvre, le bon vouloir de\n\ntous ceux qui o n t au cœ ur l’am our et le culte\n\ndu Beau.\n\n                                    L’ART WALLON.\n"}, {"page_pdf": 11, "texte": "                              -   2   -\n\n\n\n\n    Trois fragments brefs d 'un long roman.\n                                                          Réveil.\n\n      Dans la lumière gris-perle du petit jour, toute une joie de\n vert timide et comme jaune un peu frissonnait et de petits cris\nbrefs disaient en des cervelettes d’oiseaux la lutte du jour\n éveilleur et des rêves.\n      Lentement et la tête lourde encore du sommeil trop tôt\ninterrom pu, Josquin gravit la roche vers le donjon branlant.\nContre le fer prudent qui barre le trou ouvert sur le fleuve et\nle ciel par une barbacane effondrée il s’accouda.\n      Josquin songeait.\n      Ce fut d’abord une débandade de rêves se cognant, se\nculbutant au hasard du demi-sommeil en sa cervelle.\n      Au delà des sommets de l’autre rive le fleuve se magni­\nfiait do pourpre appâlie. Gommepar saccades la clarté précisait\nles lointains et déjà tout au pied du rocher, là-bas, entre les\nvignes, le Rhin, couleur d’edelweiss se nacrait de brèves\nvaguelettes argentées.\n      Josquin songeait.\n      E t tandis que lentement le jour augm entait, il sentait que\nde la clarté envahissait la forêt folle de ses pensées.\n\n                                            E n ch em in de fer.\n\n      En files interminables des zéros se suivaient en sa tête.\nDevant leurs files se dandinait jadis le 1 prétentieux. Et\nJosquin se rappelait s’être attardé de longues heures à caresser\nle précieux chiffre.\n      Mais n’est-ce une infortune vraim ent excessive, l’absence,\nà ce moment faditique, du symbole des chères et reposantes\nillusions ? Le un, le précieux chiffre s’était reployé gracieu­\nsement et, ayant imité l’imprudent serpent qui dans l’antiquité\nse fourra la queue dans le gosier, il avait fini par former un\nparfait zéro de plus.\n"}, {"page_pdf": 12, "texte": "                                — 3 —\n\n     Josquin s’était étendu dans le compartiment solitaire.\nAgacé par la chaleur poussiéreuse des coussins il ballait.\n     “ Je crois réellement qu’un chevalier, au Drachenfels, a\ntué plusieurs dragons ! » pensait-il.\n\n                                              B a n s la Cathédrale.\n\n     Pourquoi, en cette merveilleuse forêt d’architectures, la\nvoix sainte et grave des orgues et ces prêtres là-bas, aux\ngestes mêmes et conventionnels ne s'employent-ils à de moins\nbanales et de moins génufléchissantes besognes ?\n     Ne pourraient-ils nous dire les mystiques émois do\nParsifal ou la folie d’amour de Tristan et Ysolde ? Et la joie\ntriomphale de la neuvième symphonie mondaniserait-elle\ndavantage nos cœurs que les lacrymatoires sermons de ce\nmoine gesliculateur ?\n     Eh ! qu’on nous montre ici de fragmentaires paradis !\nNous nous efforcerons d’y pénétrer; vers eux nous cleverons\nnos âmes et mieux que les paroles du moine la vision de\nbeauté nous suggérera l’horreur et l’effroi d’éventuels enfers.\nEt nous n ’aurons pas l’appréhension ni la méfiance d’un\nparadis où nous pourrions dîner à la même table que ce vilain\nmoine gesliculateur.\n     E t cependant que la fête se poursuivait en tralalas\nd’orgues et trémolos de soprani, Josquin s’enfuit en ricanant :\n“ Cousin bon dieu tu devrais, toi aussi, rétablir l’esclavage\npour te faire mieux servir ».\n\n                                                        P aul G érardy.\n\n\n     Mon âme sanglotte de jadis . . .\n                                    I\nUn m o rn e cor, ce so ir , p le in e son ch a n t funèbre\net ses sa n g lo ts d 'a ira in fo n t tre ssa illir la lune . . .\nQuel a n cêtre lo in ta in , s u r g i des tombes brunes\nim plore encor a in si la Belle des Ténèbres ?\n"}, {"page_pdf": 13, "texte": "                                    — 4 —\n\nContre les m u r s lo in ta in s des villes éphém ères\ncla q u en t, r a g e u se m e n t, les g r a n d s ve n ts ta c itu r n e s\nco m m e les p lis ca ssa n ts d 'u n éten d a rd n o ctu rn e\nq u 'a g itera it, s a n s cesse, u n e m a in décoléré.\nE n u n fo u g u e u x galop v e rs la p â le m y stiq u e,\nco m m e des étalons, les n u a g es a m e rs\nbondissent fo lle m en t sous le fo u e t des écla irs\net le ciel s ’est stellé d'étincelles m agiques.\nE t triste m e n t il p le u t s u r les m o n ts, s u r les p la in es\net c'est u n e ch a n so n de la rm e s ru issela n tes,\nu n e ch a n so n candide a u fo n d des n u its p â m a n tes.\n. . . L e m o rn e cor, a u loin, p le u re toute m a peine.\n                                        Il\nL 'â m e a n tiq u e des p r e u x râ le a u fro id de la m o rt,\nl'âm e des p r e u x casqués de ve rtig e en g r a n d deuil\nd o n t le geste indigné, d o n t le geste d 'o rg u eil\na tra n sp ercé m o n c œ u r d'u n g la d ia l rem o rd s.\nP a r chocs de fu r e u r contre les v ie u x m u r s n o irs\nl'om bre des co n q u é ra n ts fa b u le u x et tra g iq u es\nm a rtèle la so m b re u r des n u its m éla ncoliques\net p a r blocs de te r r e u r écrase d u vouloir.\nE t le s o u v e n ir blond des p a g e s et des reines\ns'affole en le n é a n t des ténèbres dolentes . . .\nOh ! p o u rq u o i la cla rté de lune trio m p h a n te\na-t-elle a in s i p a r fo is le c h a rm e long des tra în e s ? . . .\n                                      III\nCe so ir, râ le m a vie a u x a ffres des to u rm en tes.\nCe so ir, le p a ssé lo u rd s'a p p u yé à m o n c œ u r las\net des gestes d éfu n ts o n t cabré m es v ie u x bras\n. . . M on â m e est a n ce stra le et d e m o i s'épouvante !\nM on â m e e s t a u to u r m e n t de m a vie inquiète.\nM on â m e est lasse et m o r n e en des cahots de h eu rts\net ce so ir, m o n espoir en m o n c œ u r fro id se m e u r t\ncom m e u n beau ch eva lier a u fo n d d ’u n e oubliette.\n                                              R ic h a rd B londel.\n"}, {"page_pdf": 14, "texte": "             — 5   -\n\n\n\n\n         CHANSONS.\n\n    Le Diadème.\nTrois jeunes filles allèrent au bois\navec des allures de reine\nen portant des diadèmes.\n\nLe premier était d’azur,\nle second de pourpre et or,\nle troisième couleur d’aurore.\n\nDans la forêt caressante,\nprès d’une eau folle et chantante,\nétait un prince endormi.\n\nLes trois filles silencieuses\nregardèrent le doux dormeur\net des rêves emplirent leur cœur.\n\nMais la première à la source,\nvoulant m irer sa beauté,\nsa couronne vint à tomber.\n\nLa seconde était altière\net son diadème vermeil\nne bougea dans le soleil.\n\nOr la troisième ingénue\np rit d’un geste frissonnant\nson diadème rose et blanc.\n\nPuis elle couronna le prince\nqui laissa voir en ses yeux\nun long sourire lumineux.\n"}, {"page_pdf": 15, "texte": "           — 6 —\n\n\n\n\nLe Lilas blanc.\n\n\nAu dessus du ja rd in blanc\nplane un petit lilas frêle,\nau-dessus du ja rd in blanc\nplane un petit lilas blanc.\n\n\n\n\nSes parfum s sont pénétrants\net sur le ja rd in en neige,\nplane un petit lilas blanc\nsur la neige du printemps.\n\n\n\n\nIl s’agite sous le vent\ncomme une petite âme en peine\net rit à de jeunes enfants\nassis dans le jardin blanc.\n\n\n\n\nOn coupa le lilas blanc\navec des cris d'allégresse,\non coupa le lilas blanc\net pleura le beau printem ps.\n\n\n\n\n                                R ich a rd L edent.\n"}, {"page_pdf": 16, "texte": "                                         — 7 —\n\n\n\n                           Octave Mogin               . *\n\n   Octave Mogin avait une âme d'enfant, très pure et, en face\nde la vie l’instinct douloureux des femmes, qui avant d’aimer,\nen présagent toutes les souffrances. P ar une nonchalance où\nse mêlait de la fierté, et par timidité il se réfugiait dans le\nsonge. En ses heures sincères celte enfance émue, meurtrie\ndéjà, tressaillait dans ses vers et les déboires de l’adolescence\ny jetaient çà et là une note plus virile qui s’alliait divinement\nà leur pudeur frileuse. Ses rimes avaient la pénétrance de\nparoles balbutiées. Il était l’enfant aux rires trempés do\nlarmes qui ramène sur ses yeux ses cheveux blonds et voit le\nmonde à travers un éblouissement d’or.\n   Outre une religiosité innée qui la rendait profonde, son\nâme avait ce velouté un peu mièvre acquis dans l’ambiance\nd’une femme. Sa mère était belle encore. Sa beauté, à mieux\ndire, était demeurée, mais la chair pâlie par l’âge et la mai­\ngreur spiritualisait son regard. Une chevelure abondante et\nprécocement blanchie complétait de son bandeau d'argent la\ngrâce pensive du front et des yeux. Mais une grâce plus\nexquise résidait en ses mains longues et fines, ses mains tom­\nbantes, des mains de César Scaglia ainsi qu’aim ait à les peindre\nVan Dyck. Jadis sous leurs caresses, en leurs gestes silencieux\nelles avaient revêtu Octave de leur âme occulte. Ainsi les\nmains de mère, lasses ou laborieuses, mains d’ivoire vieilli ou\nmains flétries ne façonnent-elles en leurs attouchements\nd’amour un esprit à leur image dans la chair frêle des enfants.\nAux matinées inoccupées Madame Mogin s’édifiait à des\nlectures, dans une em brasure de vitraux e t ses mains, si pures\nqu’une lumière semblait y transparaître, s’imprégnaient de la\npiété de ses pensées et l’âme d’Octave était toute en elle.\n   A dix ans son père le m it en internat. Il n’avait pas les\nloisirs de le surveiller selon ses volontés et Octave était trop\ngrand déjà pour être confié encore aux gens. La rigueur\necclésiastique le froissa d’abord. Mais des charmes peu à peu\n\n(*) Pages détachées de « J e u n e s s e s » Roman.\n"}, {"page_pdf": 17, "texte": "                             -   8   -\n\n\n\n\n le séduisirent. Dans la chapelle, aux lueurs obliques du soir,\n une crypte de vieil or luisarnait. La veilleuse perpétuelle\n brûlait seule. La splendeur des transepts, la mysticité amou­\n reuse de la Vierge, meublèrent de leurs emblèmes ses solitudes\n songeuses. Aux fins d’année se célébrait une retraite. Dans\n une étroite salle aux murailles crépies, aux bancs sales, un\n dominicain, du haut d’une chaire , parlait des mystères, des\n terreurs et des béatitudes. Ses bras, sur les fronts baissés\nsecouaient l’épouvante, ses gestes agitaient des lanières, ses\nlèvres gardaient le sang des plaies divines qu’elles avaient\nbaisées et crachaient l’ichor au front des pervertis. Puis le\nmoine se retirait dans la majesté de sa longue robe blanche\ndont les plis amples le drapaient. La nuit, les angoisses du\nscrupule agitaient la pensée d’Octave. La m ort obsédait ses\ninsomnies et l’aube s’étouffait dans la tombe. Il dormait enfin,\navec de brusques réveils. Lentement il s’accoutuma à ce ban­\nnissement, y trouvant une quiétude. Une sœur professe toute\n souriante sous sa coiffe empesée, les mains moites de suavité,\n habillait les plus jeunes pensionnaires. Cette vie amolie\nl’asservit par la force obscure des habitudes. Il traînait ses\njours en paresses, les regards au delà des murailles. Mogin\nétait demeuré le même; dans la vie ses regards cherchaient\nencore l’au delà d’une muraille et, dans ses luttes, il m ettait\nl’indolence d’un devoir fait à regret.\n  Au seuil de la vie il eut la soudaine connaissance de sa fai­\nblesse et de son dépourvu. A certains jours il se sentait four­\nvoyé dans une destinée étrangère et trop dure. Un soir, au\nretour d’une réunion, il dit, après un de ces silences où l’on\nrepasse ses pensées :\n  — C’est chez moi un malheur, Fastrier, je suis accablé\npar des vétilles, mes heures s’éparpillent sans trouver la soli­\ntude de moi-même. Il me prend des colères souvent; mais elles\nsont vaines et je crie après Dieu parce qu’il m’a si mal partagé\nen force morale.\n   Riche, il s’achetait les volumes luxueux et étranges, aux\ntitres aimés d’une élite. Ils s’étalaient épars sur son bureau et\nles soirs entre Séveranz, de Lincourt, Dombroy et F astrier\n"}, {"page_pdf": 18, "texte": "                            — 9 —\n\ndans la clarté douce des lampes et la fumée des cigarettes, ces\nlivres étaient l’objet de longues causeries. Sur son divan,\nMogin se complaisait en eux; son rêve faisait jaillir au heurt\ndes mots des mirages de subites splendeurs. Aux approches du\ncrépuscule sa pensée se recueillait. Mogin avait le pouvoir de\nse réfugier avec délice dans son for intime. Il oubliait le monde\ns’absentait de lui,.et une pureté primitive, des sentiments sans\nalliages, ôtaient le charme délicat dont s’imprégnaient ses\npoèmes. Après le souper il tenait compagnie à sa mère. Emi ­\nlienne chantait au piano. L’ombre était moelleuse et douce\ndans le vieux salon. En l’intervalle des paroles il laissait errer\nson regard parmi les lumières fanées de l’abat-jour qui se\nm ariaient aux teintes mourantes des tapisseries.\n\n\n                                           Léon P aschal.\n"}, {"page_pdf": 19, "texte": "                                 — 10 —\n\n\n\n\n                    La Chanson vaine.\n\n\n\nD a n s la fo rêt, ferm é e a u p ro fa n e in so n g e u r\nI l v ie n t de s'élever u n e lente r u m e u r .\nE coute, a s-tu sa isi cette v o ix q u i s'irrite ?\n C'est com m e u n g r a n d re m o rd s d a n s la so m b re u r d u site.\nL es œ g ip a n s s o u d a in , ont, rê v e u rs , m is le doigt\nA u x lèvres, to u t s u r p r is p a r cette m o rn e v o ix\n Qui p a r le de ja d is et fa it n a îtr e le songe.\nE lle va , p a r échos, de m o n ts en m o n ts, se plo n g e\nE n la vallée a u loin ré p e rc u ta n t les sons.\nDes la m b e a u x de d o u leu r s'accrochent a u x buissons\nE t les n id s e ffra yé s se ta ise n t a u x feuillées.\nE lle v a ! elle v a ! a u x landes endeuillées\nlie s a p in s to u t là bas, q u i fe r m e n t l'horizon.\nOn d ir a it que se fa it p lu s so u rd e la chanson.\nVoilà que to u t a u loin v o n t les ondes sonores\nDu c u iv re r u tila n t de l'éclat des a u ro re s\nSous l'effo rt c a re s sa n t d'une invisible brise,\n. . . E t la cha n so n se m e u r t de n 'être p a s com prise !\n\n\n\n\n                                                 T rista n le R oux.\n"}, {"page_pdf": 20, "texte": "                                 —   11   —\n\n\n\n\nH o r s W a l l o n ie :\n\n\n                          La Barque.\n\nI l gèle — et des a rb res o rn és de g iv r e c la ir\nM o n ten t a u lo in , a in s i q u e des fa is c e a u x de lune;\nA u ciel p u rifié , a u c u n n u a g e ; a u cu n e\nT ache s u r l'in fin i s ile n c ie u x de l'a ir.\n\n\nL e fleuve où la lu e u r des a stre s se ré fra c te\nSem ble dallé d'acier et m a ç o n n é d'argent.\nSeule, u n e barque est là, q u i veille et q u i attend\nL es d e u x a v iro n s p r is d a n s la g lace com pacte.\n\n\nQuel an g e ou quel héros les em p o ig n a n t, so u d a in\nD ispersera ce v a ste h iv e r à coups de r a m e s\nE t co n d u ira la barque en u n p a y s de fla m m es\nVers les océans d'or d u p a r a d is lo in ta in ?\n\n\n\nOu bien do it elle a tten d re à to u t ja m a is son m a ître ,\nP riso n n iè re du fro id et d u g r a n d m in u it blanc,\nT a n d is que des o ise a u x libres et fla g ella n t\nL es ven ts, volent, là h a u t, v e r s les p rin te m p s à n a îtr e ?\n\n\n\n\n                                                    E m ile V erhaeren.\n"}, {"page_pdf": 21, "texte": "                                — 12 —\n\n\n\n                     Prime science.\n                                          A V ictor R em o u ch a m p s.\n\nN o n , n o n , j e n 'a im e p lu s ces poèm es g u in d és\nQui p o sen t n u ch e f-d 'œ u vre et q u i ca m b re n t le torse,\nA v e c leu r g o n flem en t d’abcès p o u r seule force\nE t leu rs fé m u r s b ra n la n ts de ficelles bandés.\n\nN o n ! p lu s de lie u x c o m m u n s, de rh éto riq u e v a in e !\nJ'a im e u n c h a n t in g én u , sim ple, tim ide et d o u x.\nQu'il soit com m e u n Ave q u ’on récite à g e n o u x ,\nComme u n p re m ie r a veu q u ’E lle e n te n d ra it à peine,\n\nComme u n s u s u r r e m e n t d 'a m o u r d a n s le buisson,\nComme en m a r s , a u x b ea u x jo u r s , p a sse, d a n s l'étendue,\nUn n a ï f g a zo u illis d'alouette perd u e,\nComme u n b a ttem en t d’a ile, ou m o in s, com m e u n frisso n .\n\nCar n o u s a vo n s laissé l'audace ju v é n ile\nF a ite de cro ire, ig n o r a n t tout, qu'on p o rte en soi\nToute solution; et la divine foi,\nL a F oi ! ne n o u s tie n t p lu s , co n fia n ts, d a n s son île.\n\nDe systèm es étroits où s’encage l’esprit,\nP lu s a u c u n ! N ous v o u lo n s , a u x so u rces de tendresse,\nR a fr a îc h ir nos c e rv e a u x lourds de fa u sse sagesse :\nL 'â m e est p lu s p r è s d u v r a i q u i p lu s tôt s'a tten d rit;\n\nE t l'énigm e de to u t resp len d it p lu s verm eille,\nD ans le ciel in fin i com m e d a n s l’o r des blés.\nQ uand le poète en n o u s o u v re des y e u x troublés\nE t que le sa v a n ta sse en son o rg u eil som m eille.\n\n                                                               J. F eller.\nJ u in 1895.\n"}, {"page_pdf": 22, "texte": "                               — 13 —\n\n\n\n                         Les Nonnes.\n\n\nSim ples et len tes, en robes blanches,\nL en tes et blanches com m e des anges,\nL e u r s y e u x su pplient, le u r lèvre p r ie\nE n in fin ie m élancolie.\n\nToute la fla m m e de le u r je u n e âm e\nCandide et a im e com m e u n dictam e\nS ’ex h a le en p la in te d o n t l ’encens tinte\nTendre co m p lainte, d a n s la n e f sainte.\n\n\nL a longue ivresse q u i les caresse\nD 'une m ollesse douce et tra ître sse\nL es p r o s tr é belles, toutes très frêles,\nF risso n s d'ombelles, p â les ly s grêles.\n\n\nL e u r s m a in s m y stiq u es, h iéra tiq u es\nCom m e d 'a n tiques et dou x ca n tiq u es\nSe jo ig n e n t nices et s a n s m alices\nVers les délices des p u r s calices.\n\n\nE t leu rs c œ u rs a im en t, p ie u x blasphèm e,\nL e G ra n d C hrist blême d'effort su p rêm e\nQui les console de ses p a ro les,\nB a isers de violes à des corolles.\n                                                     G eorges S a in t-P o l.\n"}, {"page_pdf": 23, "texte": "                            — 14 —\n\n\n\n                      Les        Livres.\n             Fernand Séverin : « Un c h a n t d a n s l'om bre »\n                                    L a c o m b l e z , Bruxelles.\n\n\n\n\n      Le sort est parfois un bon et malicieux chorège. Voilà-\nt-il pas qu’à l’apparition de cet « A r t w a llo n » créé pour\nmagnifier la Terre patriale, il nous envoie une œuvre, disant\nlo charme délicieux de nos forêts et qui a la transparence de\nlignes, la pureté songeuse et la douce mélancolie de nos\nhorizons...\n      L’amour de nos bois, de leurs enchantements et de leur\nsolitude rêveuse y resplendit, vivace et pur : Fernand Séverin\nen subit l’émoi profond et divers. Déjà dans le « Le Lys » déjà\ndans le \" Don d’Enfance \" il avait noté des sensations de\npaysages,délicates et fortes. Ici, vibre et frissonne la poésie\ndes sites suggestifs et remplis pour le poète d’intimes satis­\nfactions spirituelles.\n       Dans ce calme propice et simple, se complaisait l’antique\nsérénité d’un Virgile mais l’homme moderne s’y affole de tan t\nde choses ! Le poète chante, mais il se révolte aussi contre la\nvie. Il a connu les joies paisibles et tendres de l’amour; il a\n trouvé pour les dire des mots ailés et prestigieux. Il a mené\n une existence tranquille et reposante mais cette vie inerte,\n trop quiète, où le rivaient l’habitude et le désir, lui a paru, un\njour, puérile et odieuse. Il entendait une voix qui lui conseil­\n lait la vie active et agissante, qui lui m ontrait l’âcre volupté\n des mêlées, qui clamait la nécessité des réveils; et son âme\n appareillait vers des Eldorados lointains et féériques. Hélas,\n bientôt il a su combien l’Ile idéale et rêvée était illusoire,\n fallacieuse. E t une grande mélancolie l’a pris devant le bonheur\n impossible et vain, devant le bonheur insaisissable.\n       Vers une seule chose errent ses nostalgies; une seule\n chose désormais lui fait oublier, l’Enfance, l ’heureuse enfance,\n qu’il regrette et qu’il aime . . .\n"}, {"page_pdf": 24, "texte": "                             — 15 —\n\n\n      Il a souffert. Les épreuves l’ont m eurtri. Le songe qui\nconsole un peu do vivre, est lui-même douloureux. Mais tout\ncela ne l’exaspère, ni no l’aigrit. Sa mélancolie n ’a rien d’amer,\nd’âp re : elle est si noble et si belle ! Il conseille la pitié\nfraternelle, l’amour et le livre se clôtpar d’admirables paroles:\n\n         Recherche le méchant ! Aime le pour lui-même.\n         Livre toi ! ne sois point avare de ton cœur;\n         E t si l’in fo rtu n é se dérobe à qui l’aime,\n         Fais-toi jusqu’à son âme un chemin de douceur.\n         Aime ! car ta richesse est dans ton indigence !\n         Aime et si ton cœur saigne, ô mon fils, aime encor\n         E t sache que leur haine ou leur indifférence\n         Sont des présents royaux dont s'accroît ton trésor.\n\n      Ainsi, l’auteur raconte son cœur, sans se préoccuper des\nmodes passagères, loin des tréteaux, “ dans l’ombre ». Il faut\nlouer ce fier et beau livre, ce « chant simple et nouveau\ncomme le bruit des feuilles». Il faut l’aimer pour ce que le\npoète y a mis d’humain et do vrai, de mélancolie- atténuée et\npalpitante, de fraicheur, de grâce printanière, de jeunesse frôle..\nSa forme, racinienne, sans vocables rares ou tapageurs,\névoque un chant de flûtes et do hautbois dans un jardin\nidyllique, merveilleux et enchanté. E t ses pensées, dignes\net pures, y seraient une procession lente, rythm ique\net blanche, de jeunes filles, droites et graciles et long drapées...\n     A de certaines heures, l’on est si las de l'actuelle litté­\nrature, souvent artificielle e t un peu factice, de notre littérature\nsavante de mandarins ! Le livre do Fernand Séverin laisse une\nimpression saine, moelleuse, émue et bonne, telle l’impression\nexprimée au seuil du recueil :\n\n         Tandis que nous songions, un enfant est venu.\n         Qui n ’a pas entendu son parler ingénu\n         Ne sait ce que la voix peut avoir d’angélique.\n\n                                             S tép h a n e E lseneur.\nAoût 1895.\n"}, {"page_pdf": 25, "texte": "                               —      16 —\n\n\n                     M e m en to .\n    La Rédaction, qui de primo-abord avait décidé do faire\nparaître une revue bi-mensuelle, a résolu de ne donner qu’un\nnuméro mensuel — mais double.\n\n     Les Livres.\n                         aux       P r o c h a in s :\nDécors de Charles D e l c h e v a l e b i e .\nHélie - Paroles intimes d e Léon P a s c h a l .\nPar les chemins d e Paul A r d e n .\n\n     Les Revues:\n     Revue blanche : Posthumes de Jules Laforgue - Stéphane\nMallarmé : Variations sur un sujet - Lucien Muhlfeld :\nChronique de la littérature - Romain Coolus : Exodes et\nBallades.\n        Société nouvelle : Georges Eekhoud : la Pléiade shakespea ­\nrienne-Louis.Delattre: «Ou allez-vous petite boiteuse» -Francis\nVielé-Griffin : Vision de juin - Emile Verhaeren : Vers -\n H ubert Stiernet : Etude critique - Hubert K rains: Chronique\nli tté ra ire .\n     Jeune Belgique : Albert Giraud : La Littérature chez\nles Spillebout - Arnold Goffin : Chronique littéraire.\n     Coq rouge : Maurice dos Ombiaux : l’Anti-snob - Hubert\nStiernet : le Larcin - Gustave Kahn : Vers - Saint-Paul-\nRoux : la Torche de ténèbre - Auguste Vierset : au Désert -\nEugène Demolder : huit Eaux-fortes - Emile Verhaeren : Au\nVillage-Camille Mauclair : Lettre parisienne-H ubert Stiernet:\nEtude critique.\n\n    A tous ceux qui ont bien voulu lui apporter leur aide\ndans le bon combat littéraire, « L’A r t W allon » adresse un\ncordial remerciement.\n                                                        Chanchet.\n"}, {"page_pdf": 26, "texte": "      L        ’A        R      T                W         A      L       L     O       N\n\n\nR e vue             M en su elle                 d ’A rt        et        de     Litté ra tu re\n          O U VERTE                  A     TOUS                LES         JEU N ES\n\n\n\n\n               C O LLABO RATEU RS :\n                                       W ALLON IE.\n\n\n       P aul Arden,               R ic h a r d B l o n d e l ,            Arthur Daxhelet,\n\nCh a r l e s        D e l c h e v a l e r ie ,       A u g u ste       D onnay,        Stéphane\n\nE l s e n e u r , J u l e s F e l l e r , P a u l G é r a r d y , A r n o l d G o f f in ,\n\nA l b . G u é q u ie r , J o sé H e n n e b ic q , H u b e r t K r a in s , R ic h a r d\n\nLed en t, A lbert              M ockel, Léon                   P asc h a l, P aul         R e im o n ,\n\nT r is t a n   le    R o u x , Georges               S a in t - p o l ,    F e r n a n d S é v e r in ,\n\nH ubert        S t ie r n e t , M a r c el V ir e u x , I. W il l .\n\n\n                                 HORS            W ALLONIE.\n\n\n       Geo r g es          R odenbach,                E m il e        V e r h a e r e n , F r a n c is\n\nV ie l é -G r if f in .\n\n\n\n\n       Adresser            livres,       m anuscrits              et communications                  à\nM. Maurice XHOFFER, adm inistrateur, rue du Palais, 129,\nVerviers.\n"}, {"page_pdf": 27, "texte": "    T Y P O G R A P H IE - L I T H O G R A P H I E\n\n\n\nMaurice Xhoffer\n        ÉDITEUR DE L’ART W ALLO N\n\n\n    F ine d u P a l a i s , 1 2 9\n\n                  V E R Y IÈ R S\n\n\n\n\n   I MPRESSlONS COMMERCIALES\n\n            E N   T O U S   G E N R E S\n\n\n\n\nP ublications littéraires         et artistiques\n\n          ÉDITIONS DE L U X E\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 1, "mois_verifie": true, "numero_verifie": false, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": true, "date_tri": "1895-08", "signet_source": "N°1 - Août 1895", "preuve": "Couverture (PDF 8) : « Août 1895 », revue mensuelle ; le numéro n’est pas imprimé dans l’OCR de la couverture. Prime science (J. Feller) datée Juin 1895 ; compte rendu d’Elseneur daté Août 1895 ; le Memento annonce la parution mensuelle.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}