{"numero_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "articles": [{"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-001", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "REVUE MENSUELLE D'ART & DE LITTÉRATURE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "REVUE M E N S U E L L E\nD ’ A R T & DE L I T T É R A T U R E\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-002", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 564, "texte": "SOMMAIRE :\n\n\nK erm esse liégeoise - Ch. Delchevalerie.\n\nSoirs - Léon Paschal.\n\nP a r les bois - A rthur Daxhelet.\n\nV ers - Edmond Rassenfosse.\n\nS o ir de k e rm e sse - Marcel Vireux.\n\nC hansons - Richard Ledent.\n\nL es liv re s - Stéphane Elseneur.\n\nM em ento.\n\n\n\nEditeur-Adm inistrateur : Maurice XHOFFER      N° 2   —   Septembre 1 8 9 5\n      rue du P alais, 129, Verviers.            Ce n u m é ro : 30 centim es.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-003", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 17, "page_fin": 18, "titre_corps": "Kermesse liégeoise.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Delchevalerie.", "ancre_debut": "Kermesse liégeoise Un gai tumulte", "ancre_fin": "flots de foule. Charles Delchevalerie.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Soirs. Soirs mourants, heures d'or", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": 17, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 2012, "texte": "Kermesse liégeoise.\n    Un gai tum ulte emplit la rue faubourienne. Il fait nuit, et\n la joie tout d’abord émane des mille lanternes de papier\n suspendues au-dessus des têtes, en files parallèles à travers\n la chaussée. Vertes, rouges, bigarrées, elles sont comme les\n fruits imprévus d’un lumineux verger. Il flotte dans l'air des\n musiques proches ou distantes; dans les temps de repos que\n s’accorde un trombone pathétique, on perçoit les sensuelles\n cadences d’une valse atténuée. E t voici, chanson frêle qui se\n déroule, l’onduleux cramignon qui se déploie.\n    Filles enrubannées aux cheveux voletants, calicots dont les\n yeux brillent, l’enthousiaste et lascive théorie dévide son\n refrain nostalgique ou grivois dont un chœur de voix canailles\n ponctue la musicale guirlande.\n    Sur le pas des portes, des familles sont rangées, les tro t­\ntoirs s’encombrent d’un parterre de parentés. Ainsi les vieux\nendimanchés jouissent de la liesse qui les bouscule.\n    L’illumination fait saillir telle moulure jolie d’une façade\nancienne; au dessus d’un carrefour, la lueur des bougies solen ­\nnise la cage de verre pleine de fleurs déteintes où quelque\nvétuste vierge s’isole.\n    P ar les croisées entr'ouvertes, au travers des carreaux\nverdâtres qu’un rideau jauni décore, on distingue un vieux\nqui sommeille ou des gens attablés. Aux fenêtres des étages,\nombres noires dans la clarté crue, des couples d’amoureux\ns’immobilisent dans un tête à tête fervent et silencieux. Eux\nseuls sont attentifs à la lointaine floraison des étoiles.\n   La cohue s’agite parmi la chaussée, c’est un va et vient de\nfoules moutonnières dont une ruée de pochards ou le lacet\nfantaisiste d’un cramignon fait stagner çà et là le flot mono­\ntone. Les pavés sont gras de fleurs écrasées. Les musiques\ndéferlent, des camelots glapissent ou hurlent; il y a comme\nune ivresse tranquille dans tous les cœurs du quartier.\n   Mais ici le jardin des lanternes tourne avec la rue : devant\n"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": 18, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 904, "texte": "                             — 18 —\n\nnous, à trente mètres une trouée s’ouvre, où s’érige par dessus\nle millier des tètes un aveuglant et tournoyant carrousel,\ncomme un moulin magique où le plaisir s’élabore. Herses de\nfeux en arabesques, draperies étincelantes, peintures ver­\nmeilles, gondoles et coursiers do paradoxe, cela tourne,\nmugit, cahote et s’accélère au rythm e d’un orgue despotique,\ntandis qu’au centre de l’arm ature les rouages s’affolent et\nque des vapeurs s 'échevèlent dans la buée lumineuse.\n   Emportées dans la ronde, les femmes dressent sur les che­\nvaux de bois de mutines plastiques d’amazones, amusées du\nrègne éphémère de cette chevauchée. E t vers ce phare de joie,\nsurgi comme un prodige, où la fête entière s’hallucine et se\nrésorbe, la rue sans trêve charrie ses flots de foule.\n                                     C harles D elchevalerie.\n\n\n\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-004", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 18, "page_fin": 19, "titre_corps": "Soirs.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Paschal.", "ancre_debut": "Soirs Soirs mourants, heures d'or", "ancre_fin": "ondulent sur les soirs. Léon Paschal.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Par les bois pour Georges Garnir", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": 18, "debut_caractere": 904, "fin_caractere_exclue": 1898, "texte": "Soirs.\nS oirs m o u ra n ts , heures d 'o r , de songe et d'agonie\nOù des destins de gloire et de je u n esse un ies\nD ans les ciels éblouis de jo ies et de p restig es\nP a reils à des fro n to n s de triom phe s'érigent,\nOù les soleils a u r a s des m e rs lointaines tra c e n t\nA m es p a s des ch em in s dallés d'or v e rs u n trône,\n— M on torse ne re sse n t l'étreinte des cu ira sses\nE t g e r m e n t à m o n fr o n t des fleu ro n s de co u ro n n e\nS a n s qu'au poids des j o y a u x m o n fr o n t ne s'abandonne —,\nE t v e rs le fa ste d ’o r do n t l’h o rizo n s'em brase\nJe m a rch e , h a u s sa n t l'épée en u n geste d'em phase.\nM a is la vie à so n to u r décevante et cruelle\nA m es rêv es ja m a is n'offre u n e heure éternelle;\nL es décors de sp len d eu rs s'en sevelissen t d'om bre,\nL es n u its o n t d ém en ti les signes d u destin\nE t m es m a in s a p p a u vries ra p p o rte n t des décom bres\nSeuls des g la ives ro m p u s et des fla m b e a u x éteints.\n"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": 19, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "                                 — 19 —\n\n                                     *\n M a m a in repose, la sse, a u m a rb re d u b a lu stre\n E t loin d'elle a glissé le vélin où s'illu stre\n Un com bat trio m p h a l de ch im ère et de g u iv r e .\n L es b ru m es o n t te rn i s u r le ciel de v ie u x c u iv r e\n L a p o u r p r e q u i s a ig n a it a u x croupes des d ra g o n s\n E t des b la n ch eu rs en voile o n d u len t s u r les jo n c s.\n L es m o n stres éventrés, leu r a n tr e e t ses j o y a u x\n N o ien t leu r braise et leu rs o rs et m e u re n t so u s des e a u x ;\n L 'h eu re est de rêve et d ’om bre où le j o u r v a déchoir . . .\n E t des bla n ch eurs en voile o n d u len t s u r les so irs.\n                                                    L éon Paschal.\n\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-005", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 19, "page_fin": 23, "titre_corps": "Par les bois.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur Daxhelet.", "ancre_debut": "Par les bois pour Georges Garnir A Spa", "ancre_fin": "près de la nature. Arthur Daxhelet.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "D'Hier Je fus au parc solitaire", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 32, "page_imprimee": 19, "debut_caractere": 817, "fin_caractere_exclue": 2404, "texte": "Par les bois\n                                             pour Georges Garnir.\n\n       A Spa, la coquette reine d ’Ardenne, il e st une colline\n boisée, un peu médiocre avec une allure penchée, offrant sur\n ses flancs de petits sentiers et de petits repos. C’est le\n Spaloumont; et la légende y plaça le lieu d’un roman naïf et fort\n artificiel, que la poésie et le th éâtre u surpèrent à l’envi.\n       Or, je songeais, l’autrejour, en regardant cette hauteur\n tan t fréquentée et tan t célébrée, que Marmontel, Madame Favart\n et l’abbé de Voisenon, sans com pter qu’ils eurent to rt de\n m éconnaître la vraie situation géographique de l’idylle par\n eux ôrnée d’oripeaux scéniques ou poétiques de leur goût,\n n ’ont point su quels furent ce Lubin et cette Annette, dont ils\n contèrent l’aventure, et de ceux-ci n ’ont point compris les très\n sim ples âmes.\n      J ’imagine que tous deux furent (cousins ou non, p âtres ou\nnon, orphelins ou encore pourvus des auteurs de leurs jours)\ndes enfants nés au bord de cette route caillouteuse et abrupte\nqui s’infléchit au bout de la voie Bertine, au bas des m onts, à\nl’endroit où ceux-ci form ent un hémicycle, comme quelque\nantique am phithéâtre. Ils étaient d ’Ardenne vraiment, très\nbruns avec des yeux vifs, brillants et p énétrants sans être très\nprofonds, souvent tristes comme de l’ignorance des choses\nd’au delà le coteau ou comme du désir d’infini suscité par la\nlimitation des horizons patriaux.\n      Tôt, ils avaient couru, pieds nus, par les tailliset les futaies,\nm oissonnant du bois m ort, s ’ébattant su r la mousse, rêvant\n"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": 20, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2924, "texte": "                            — 20 —\n\n sous les chênes séculaires, puis repartant en quête, l’œil au\n guet, l’oreille aux écoutes. Ils avaient poussé drus comme de\n vigoureuses frondaisons, m ais non sans un peu de cagnosité\n aux genoux, ainsi que cela advient fatalem ent aux regnicoles\n des régions accidentées, tandis que leur teint se basanait sous\nles caresses rudes du soleil et sous le fouet du grand air.\n     Ils furent certes illettrés, encore qu’intelligents, presque\nfinauds e t nullem ent ingénus. Ils crurent aux espiègles sotais\ne t souvent pensèrent entendre, par les som bres nuits, le sabbat\ndes m acralles ou voir, en les crépuscules, galoper, à l’orée du\n bois, la bête de Staneux, dont ils avaient vu l’image dans\nl’église de Polleur; mais en craignant les diables et l’infernal\nfeu, ils ne furent guère gens dévots, et des choses d e là religion\nils n’eurent point cure , n ’en connaissant rien au delà de\n quelques perdurantes superstitions. Sans doute aussi, en leur\nvinâve, s’appelèrent-ils Jean-Louis et Marie-Josèphe, plutôt que\nLubin et A nnette, qui ne sont point du parler patoisant de la\nvallée du Waay.\n     Du haut des roches surplom bantes, ils durent maintes fois\n entendre les échos des fêtes que déjà alors organisaient les\njoyeux bobelins, et ils virent de ceux-ci les troupes élégantes\névoluer parmi les quinconces du Parc. Mais l’envie jam ais ne\nleur fit désirer d’êtres riches, encore moins valétudinaires\nbuveurs d’eau. Ils étaient heureux de leur quasi-sauvagerie,\nlaquelle n ’im pliquait d’ailleurs ni bestialité, ni insensibilité.\nSouvent môme durent-ils s’émouvoir des fêtes et des deuils de\nla nature, comme aussi de quelques chagrins passagers, inévi­\ntables, qu’ils ressentirent, et pleurèrent-ils de mélancolie\nd ’entendre, à la vesperée tom bante, au fond des bois sonner\nle cor, gémir la biche en gésine ou m ourir doucement la voix\ndes cloches de la vieille église de Spa. Car leurs âmes furent\nce que sont celles de leur race, pleines de m ystérieuses et\nétranges nostalgies sous une apparence de folâtre gouaillerie\net de très franche sensualité.\n     Ils s’aim èrent apparem m ent, vers leur seizième printem ps,\nl’am our venant après l’amitié qu’avaient scellée leurs communes\nm araudes et leur fréquent compagnonnage durant les longues\nflâneries à travers les cépées adorantes. Et rien n’est moins\ncompliqué, à mon sens, que la psychologie de leur réci­\nproque passion.\n     Une période transitoire, qu’on désigne sous le nom de\n« tem ps de l’adoration » est, je pense, négligeable en l’occur­\nrence; et leurs cœ urs durent se donner sans formalité et sans\nnul frisson adventice, comme sans escarmouches galantes\npréalables; car ils n’étaient point informés de la rouerie des\nsalons, ni d’aucunes m ondaines puérilités, et la gamme de leur\nsentim entalité était très simple, nullement chromatique. Ils ne\nfirent, sans doute, pas de distinction non plus, entre ce don\n"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": 21, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2881, "texte": "                             — 21 —\n\n tout spéculatif tel que nous l’entendons, et celui de l’intégralité\n de leurs êtres.\n      Je me suis représenté que ce fut un soir du mois d’août.\n Depuis le reverdissem ent du joli mai déjà, ils avaient senti un\n feu nouveau circuler en leur sang, et de se frôler sim plem ent\n leur m ettait comme des m orsures à la peau. Leurs regards\n aussi comme pudiquem ent s’évitaient, ou bien encore lui,\n parfois, m ettait-il ses yeux dans ses yeux, à elle, et leurs\n tem pes à tous deux, alors, battaient, battaient. Lui, du reste,\n s’était abouché avec d’autres gars qu’il avait souvent rencontrés,\n le dimanche, su r la route de Sart, avec leurs bonnes amies, des\n brunes ou des blondes délurées, voulant savoir, bien sur, et ce\n qu’il voulait savoir, ce n’était pas bien difficile de le deviner.\n Et elle avait certes, elle, questionné la rousse Catherine ou la\n grande Agnès, deux gourgandines vulgaires, à qui elle vendait,\n au printem ps, des fraises des bois.\n      Mais de telles investigations n ’étaient que pour déjouer\n les hésitations de leur tim idité juvénile et trom per l’impatience,\n qui les poignait, de connaître enfin ce qu’ils pressentaient.\n Car quels m aitres m eilleurs que la nature et notre propre désir,\n quand il s’agit des voluptés ? Et leurs rêves aussi les avaient\n instruits.\n      Aussi ne puis-je concevoir leur am our, tout prim itif et de\n tête aucunem ent, le plus pur puisqu’il est incoercible et com­\nmandé par nos sens eux-mêmes, comme ayant eu ce caractère\nde fade idylle qu’on a sem blé vouloir lui donner. La civilisation,\nla société, la morale, trois agents toujours un peu hypocrites,\nont pu, seules, systém atiser l’amour, et, pour ce sentim ent fort\nsimple et dépourvu d’artifice, in stituer une culture compliquée\net délicate à l’excès.\n      En ce soir d’août, donc, ils furent surpris par un subit\norage, alors qu’au haut du Spaloumont ils se reposaient de leurs\nallées durant toute une brûlante journée. Comment se fit-il\nqu’elle, la rude fille des bois, eut peur cette fois-là ?\n      Les éclairs déchiraient les nues fuligineuses, em brasant de\nleurs fugaces flammes la forêt, que les sinistres craquem ents\ndu tonnerre ébranlaient de fond en comble. Dans l’atm osphère\nde phosphorescente tiédeur qui les cernait, leurs bouches, aux\ndeux pauvres adolescents, cherchaient, desséchées, un intan­\ngible petit souffle de fraîcheur. Les grands ormes et les chênes\nrobustes sem blaient à chaque instant, s ’enlever en un majes­\ntueux tourbillon, hurlant de l’entre-heurt violent de leurs ra­\nm ures, (gémissant du bris de leurs puissantes racines pareilles à\ndes muscles titanesques qui céderaient sous le choc d’un mont\ncroulant. Il sem blait que la Mort allait passer...\n     Or, en cet horrible désarroi des choses et à la faveur de\nces convulsions de la nature, voilà que venait l’Amour. Car cet\n"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": 22, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2909, "texte": "                                 22\n\n enfant mutin lance parfois avec son arc d’argent ses plus sûres\n flèches, quand défaillent nos forces ou que nous étreint quelque\n cruel émoi.\n      Elle était tombée, la trem blante jouvencelle, dans les bras\n de celui qui était, à cette heure là, pour elle le mâle impavide;\n et lui, il l’avait emportée, toute pâm ée, sous une cahute bran­\n lante, refuge délaissé de quelque bûcheron. Mais, quand elle se\n sentit moins près du danger et que la pluie s’abattit, faisant\n rage sur leur m aigre et branlant abri rendu perm éable par\n endroits, elle se blottit davantage en la retraite alliciante que\nlui faisaient le sein e t les bras auxquels elle s’était confiée...\n      Et quand le ciel cessa de gronder, et l’ondée de tomber,\n et les torrents de rouler tum ultueusem ent des flots jaunâtres,\nqu’un alanguissem ent, plein de bien-être, se répandit en l’air\nplus respirable et odorant de toutes les senteurs purifiées, les\nam ants — car c’étaient m aintenant des am ants — quittèrent\nleur cachette et leur couche de feuilles sèches, étonnés, trou­\nblés aussi, sentant palpiter en eux comme une vie plus intense;\ncar ils connaissaient désorm ais le m ystère...\n      Mais ce n’est là que le prologue un peu banal du roman\nnaïf qu’ils vécurent en haut du Spaloumont. Les printem ps\nravivaient leurs ardeurs, et les autom nes ale ntissaient le feu\nde leurs désirs, leur physiologie s’étant en quelque sorte réglée\nsur la succession des phénom ènes vitaux de la forêt même,\ndont ils faisaient comme partie intégrante.\n      Rien ne dépassait l’ivresse des baisers qu’ils se donnaient,\nles lèvres rougissantes du sang des m yrtilles qu’ils m angaient à\nbelles dents pour étrancher leur soif. Aux heures lourdes des\nmidis brûleurs, souvent ils s’endormaient, enlacés parmi les\nbruyères aux capiteuses fragrances. Quand ils s’éveillaient, le\nsoleil à l’Occident joaillait le bois de verrières versicolores de\nlumière, et les laies sinueuses qu’ils suivaient alors, les jam bes\nencore engourdies, s’ocellaient d’or et de pourpre. Ils allaient\ncomme en une féérie, dont ils sentaient le prestige, sans qu’ils\neussent pu l’exprim er ni surtout le définir; car ils n’avaient,\nainsi que je le disais, subi aucune pédagogie.\n      Combien de tem ps durèrent leurs folles am o u rs? Qui le\nsait ? Et quand fut féconde leur lib re union ? Cela importe-t-il?\nlisse suffisaient à eux-mêmes, ou, s’ils vinrent à avoir postérité,\nce furent gages bénis et choyés de l e u r commune volupté.\n      S’ils furent plus tard époux modèles ou s’ils restèrent\nfidèles am ants : que voilà une futile recherche, à propos de\nleur aventure, pourvu q u ’ils aient été bons e t heureux l’un\npar l’autre !\n     Et si leur association am oureuse fut sacram entelle, ainsi\nqu’on la dit, je croirais qu’elle le devint, non par l’intermédiaire\nde quelque noble bobelin que leur tendresse intéressait, mais\n"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": 23, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "                                    — 23 —\n\np a rle s soins spontanés e t discrets de quelque bon vieux curé\nde Polleur, d’Arbespine ou d e Spa, peut-être, lequel, un m atin,\ntout paternellem ent, au pied du vétuste autel que ses pieds\nusaient depuis un demi siècle, fit sur leur tète les gestes et dit\nles m ots qui lient solennellem ent pour la vie.\n      Ils passèrent les années que le destin leur avait dévolues\n— savoir combien n’est pas non plus l’affaire — dans le bonheur\ncertes, en dépit de m inimes adversités probables, parce qu’il\nleur fut accordé de connaître le don réciproque et sans réserve\nde leur être, avec une existence affranchie de tout compromis,\nloin des m ondains artifices et près de la nature.\n                                                      A r th u r D axhelet.\n\n\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-006", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 23, "page_fin": 24, "titre_corps": "D’Hier.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "D'Hier Je fus au parc solitaire", "ancre_fin": "aimâmes", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Clair d'âme Regarde moi", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 36, "page_imprimee": 23, "debut_caractere": 833, "fin_caractere_exclue": 1616, "texte": "D’H ier      . (*)\n\n\nJe fu s a u p a r c so lita ire\n— Tous les o ise a u x se s o n t tu s —\nChercher ép a rs s u r la terre\nN os p a u v r e s j o y a u x p erd u s.\nJ 'a i tro u vé m es p le u r s d ’h ier\n— Chaque s o ir j e su is v e n u —\nR estés a u x fleu rs des bru yères,\nL es fleu rs ne les o n t p a s bus.\nN o tre p a r c est bien changé\nD epuis les a n s rév o lu s\nB ien que telle q u 'a u x jo u r s p a ssés\nVeille la fle u r de lotus.\nL e jo u r m o u r a it s u r les branches\nQui g a r d e n t m o rts nos baisers.\nUne lu n e m o r n e et blanche\nV oilait nos ch em in s délaissés.\nCar c ’est u n va ste su a ire\nQue nos m a in s o n t étendu\nF olles, s u r n os jo u r s d’hier,\nN os jo u r s à ja m a is p e rd u s !\n(*) (l’un recueil à paraître prochainement.\n"}, {"page_pdf": 37, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 386, "texte": "                                —   24 —\n\nP a r to u t le p a r c so lita ire\nJ 'a i v u de g r a n d s y e u x glacés\nDes y e u x m o rts, encore o u ve rts\nOù s ’est enclos n o tre passé.\nToi n 'y re to u rn e ja m a is\n— L a m o r t v ie n d r a it d a n s ton âm e —\nOh toi ne re to u rn e ja m a is\nA u p a r c où je u n e s n o u s noies a im â m es.\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-007", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 24, "page_fin": 24, "titre_corps": "Clair d’âme.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Clair d'âme Regarde moi, sans un mot", "ancre_fin": "pour être plus heureuse", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Renaissance Tu vins très simplement", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 386, "fin_caractere_exclue": 1128, "texte": "Clair d’âme.\nR egarde m oi, s a n s u n m ot, m êm e de rêve, E n fa n t\nQui m e reg a rd e s i loin a u déto u r de la ro u te !\nVois, et n'écoute rie n , n i d'espoir n i de doute,\nE t p r e n o n s en nos y e u x de la jo ie p o u r longtem ps.\nN ous voici l'un ve rs l'a u tr e conduits p a r des v o ix d'anges,\nT u m e sem bles m 'a im e r et ton re g a rd est c la ir\nA in s i que la cla rté de l'aube ve rs la m e r.\nTon â m e est douce com m e u n souffle de légende.\nR eg arde. L is m o n â m e a in s i que tu la vois.\n... “ Je t'a im e ju s q u 'à la folie douloureuse ! » —\n— S a n s u n m ot, sa n s u n geste, avec ton Rêve de M oi\nP a r s , oh p a r s ! chère âm e, p o u r être p lu s heu reu se !\n\n\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-008", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 24, "page_fin": 25, "titre_corps": "Renaissance.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Edmond Rassenfosse.", "ancre_debut": "Renaissance Tu vins très simplement", "ancre_fin": "Rassenfosse.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Soir de Kermesse Là bas, dans le rougeoiment", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 1128, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "Renaissance.\nT u v in s très sim p le m e n t a u so ir d'élection\nA p r è s les m o rn e s n u its de m es p r im e s années\nL a ssées et s i m a la d es a u long de m a pensée\nOù se s o n t effeuillées toutes les illusions.\n"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": 25, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1251, "texte": "                                — 25 —\n\nT u v in s la douce m ère et n o n Vivre a m o u r e u se ,\nO trè s douce advenue de m es songes p ie u x !\nP r e n d r e m a tète penchée et m es lèvres p leu reu se s\nE t len tem en t p o ser tes lèvres s u r m es y e u x .\nS a n s caresses in u tiles et sa n s folles p a ro les\nTu t'es agenouillée a u seu il de m a m a iso n\nM 'o ffr a n t très sim p le m e n t la d ivin e auréole\nDe ta bien chaste en fa n ce en très douce m oisson.\nL a s ! L a s ! m a in te n a n t a r r iè r e ces crêpes som bres\nDe m a pensée m a la d e d ’a v o ir ta n t a tte n d u !\nC’en est fa it de l'angoisse et de m es gestes d'om bres\nS e m a n t les n o ir s p o iso n s de m es rêv es p e rd u s !\nE t vo ici la lu m ière et la jo ie révélée\nC o u ra n t en r y th m e s p u r s s u r m o n fr o n t apaisé,\nVoici m o n â m e en fin à la tienne liée\nE n ces noces candides de nos virg in ité s.\nH o sa n n a ! H o sa n n a ! N oël, m a s œ u r , N oël !\nQue la lu m ière est belle et ton â m e ra d ieu se !\n. . E coute, m a s œ u r , écoute en ces v o ix h a rm o n ieu se s\nA im ée , entends les cloches de ce j o u r de N oël !\n                                          E d m o n d R a ssen fo sse.\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-009", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 25, "page_fin": 27, "titre_corps": "Soir de Kermesse.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Marcel Vireux.", "ancre_debut": "Soir de Kermesse Là bas, dans le rougeoiment", "ancre_fin": "dans leur douleur. Marcel Vireux.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Chansons Le Chevalier", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": 25, "debut_caractere": 1251, "fin_caractere_exclue": 1886, "texte": "Soir de Kermesse.\n   Là bas, dans le rougeoiment des lampes, pleure la kermesse.\n   A ses premiers sanglots, ils sont venus tous, les blonds gars\ndes villages d’alentour, dans le godronnement de leurs sarraux,\ntout luisants, tout amidonnés, tout beaux, dans le lustre des\nvêtements de dimanche. Et avec eux, sont accourues de\npartout, telles des alouettes au miroir, les blondes filles des\nenvirons, grasses et dodues, hommasses dans le dégingan ­\ndement de la marche, dans le déhanchement de l’attitude.\n   Tout en m archant, ils pensent, ces farauds, aux joies qui les\nattendent. Dans des salles basses et puantes, aux murs blanchis\n"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": 26, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2024, "texte": "                            — 20 —\n\nà la chaux, où l’humidité plaque d’énornies taches lépreuses, à\nla lueur jaune, éclaboussée des quinquets, dans laquelle bril­\nleront les bijoux de chrysocale et les rubans déteints, ils\nserreront dans leurs bras, dans leurs grands bras noueux,\ntoutes ces chairs opulentes de femelles campagnardes.\n   E t dans leurs yeux, dans leurs grands yeux de bonnes bêtes\ntranquilles et douces, le désir met des étincelles.\n                                  *\n                                * *\n   Là bas, au loin de la route poudreuse et blanche, un cabaret.\nUn cabaret dans le silence froid, comme endormi dans la\nsolitude, dont les lanternes semblent de gros yeux rouges\npleurant dans le soir.\n   Quelques consommateurs, des vieux, des impensifs, des\ntristes, assis dans la tranquillité moite des las-d’aller, dont la\ndésespérance m uette, poigne et navre.\n   Pas un bruit, sinon, dans ce silence, le claquement d’un\ncrachat, tombant sur le plancher, le choc des verres tintinna­\nbulant sur les tables, le pas de la cabaretière glissant sur le\nparquet, le gloussement des gosiers, avalant d’énormes\nlampées de bière, d’un jaune pisseux. E t l’idée vague, flottante\net bleue, ainsi qu’un clair de lune, nage au dessus de ces têtes\ninsongeuses dans la fumée des pipes et les émanations\nd’alcools.\n   Soudain, s’ouvre la porte, et voici qu’apparaît, dans la\npauvreté rouge du décor, une femme.\n   Elle s’avance pensive, traînant une robe élimée par les\nroutes, jaunie par les pluies et les soleils, les yeux écillés par\nles veilles à la lueur des lampes, une pauvre poitrine ame­\nnuisée, serrée, comme étranglée dans un spencer.\n   E t ses joues sont rubescentes, écaillées de couperose\nhorriblement amaigries et translucides.\n   Elle chante ! E t au son de sa voix, tous se sont retournés,\nbéjaunes dans la contemplation hiératique et muette, de\ncette femme qui n ’est pas de l’endroit, lui mangeant la peau\nde leurs longs regards de rum inants qui s’éveillent, inquiets\nd’abord, prêts à bramer.\n"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": 27, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "                                     — 27 —\n\n    Puis la chanson se fait plus douce, plus sereine. E lle flo tte en\n des élans mélancoliques, elle grelotte, elle pleure, elle dit toutes\n les souffrances d’aimer, toutes les peines des adieux,\n toutes les joies des réconciliations, toutes les amertumes des\n âmes qui pleurent seules. Et sur ces faces tristes, mornes,\n tan t ridées qu’elles paraissent des goitres dévidés, la voix\n tombe pénétrant en eux, et c’est une évocation triste des\n jours d’antan, des jours heureux, de ces jours de primo\njeunesse et de primes joies, où leurs âmes de primitifs se\n donnèrent.\n    La voix s’est tue, mais ses derniers accents chantent encore,\n courant à ras du sol, s’élevant le long des murs, s’accrochant\naux solives du plafond, enveloppant l’atmosphère de sa poésie\nintense, réconfortante et bonne.\n    E t quand, l’escarcelle en main, la femme fait, douce, le\n \" to u r de la société \" , c’est avec, sur les lèvres, un sourire\nrouge et béat, que les malheureux y laissent tomber leur sou,\ndonné, comme cela, en paiement, à celle qui les a charmés,\ntirés un instant de leur somnolente douleur de résignés.\nQuand enfin, partie, elle s’en va, à d’autres, jeter un peu de sa\npoésie et de ses chansons, longtemps encore, il règne dans le\nsilence du cabaret, qu’azure la fumée des pipes, quelque chose\ncomme d’un espoir en allé, qui enlinceule ces pauvres, dans\nleur douleur.\n                                              M arcel V ireu x.\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-010", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 27, "page_fin": 28, "titre_corps": "Chansons : Le Chevalier.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Richard Ledent.", "ancre_debut": "Chansons Le Chevalier O la belle pourquoi pleurer", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Le vieux Moulin", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": 27, "debut_caractere": 1511, "fin_caractere_exclue": 1766, "texte": "CHANSONS.\n                          Le Chevalier.\n O la belle p o u r q u o i p le u r e r ,\np o u r q u o i p le u re z-v o u s ?\nJe p leu re s u r m o n ch e va lier,\nle co n n a issez-vo u s ?\n Q uand il p a r tit à la g u e rre ,\nj e l'entends encor,\n"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": 28, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 496, "texte": "                                  — 28 —\n\nI l m e d it : « Crois et espère,\nvo ici l'a n n ea u d’or.\nE t j 'a u r a i à la 'bataille\nton c œ u r p rè s d u m ien ,\nP o u r fê te r nos fia n ça illes\na u r e to u r p ro ch a in ...»\nSo n ch eval d a n s la p o u ssière\nl'em p o rta u n soir.\nE t j e p a sse m a vie entière\ns u r le ch em in n o ir\nM on ch eva lier est-il m o r t ?\nJ'a tten d s et j e p leu re.\nH élas, hélas, es-tu m o r t ?\nR evien s ou je m e u r s !\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-011", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 28, "page_fin": 28, "titre_corps": "Chansons : Le vieux Moulin.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Richard Ledent.", "ancre_debut": "Le vieux Moulin", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": 28, "debut_caractere": 496, "fin_caractere_exclue": 1014, "texte": "Le vieux Moulin.\nL e v ie u x m o u lin d a n s la p la in e\na vécu p lu s de cen t a n s,\nle v ie u x m o u lin bat de l'aile\nVeau q u i sa u te en g ém issa n t.\n\nI l caresse l’herbe en ém oi\nq u i s'incline a u fil de Veau\net v o it p a r dessus les toits\nla m e r et 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42, "page_imprimee": 29, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 2007, "texte": "Les Livres\n                                               L éo n P asc h a l ,\n  Hélie, drame à la manière ancienne. — Auguste Bénard,\n       Liège.\n  P a ro les in tim e s, collection du Réveil, — Deman, Bruxelles.\n\n    Hélie a f ui la ville, les basiliques, les prières agonisantes,\n les vaines songeries immobiles. Il est parti vers la vie, qu’il\nrêve radieuse, vibrante et vers les joies.\n    Lors, voilà que, sur la route, par la vallée d’ombre, il\nrencontre Ayglande, la jeune vierge et l’aime, éperdum ent...\nHélas ! Bientôt il connait la vanité, l’amertume des baisers.\n    Passe le vieux citharède aveugle, “ le passant aux paroles\néternelle », le poète aux visions idéales et dont les chants\nl’incitent à m archer vers l’aube rêvée, vers les cimes, aux\naltitudes.\n    E nthousiaste, Hélie se met à gravir la montagne : au\nsommet il entreverra la lumière! En vain Ayglande le supplie,\nl’implore. Il va, inexorable. Elle veut le suivre, tente l’esca­\nlade et vient s’abîmer aux pieds des rochers. Lui, au milieu\ndes souffrances, extasié, ravi, monte toujours. Il croit voir,\ndans sa fougue, des visions insoupçonnées, des lumières surna­\nturelles et divines, des béatitudes ineffables, mais il défaille,\nébloui; retombe déchiré, m eurtri, de rocher en rocher.\n    Morne, avec le souvenir triste des mirages de son désir, il\nretourne à la ville. Là, les jeunes hommes torturés par les\nangoisses, les vieillards sortis de leurs retraites studieuses au\nmilieu des doutes et des ignorances, tous accourent vers la\nrévélation des prophéties, exigent la vérité, veulent que soient\nrésolus les mystérieux problèmes. Hélie, abattu, écrasé sous le\npoids de ses efforts impuissants dit ne rien savoir, clame des\nparoles de blasphème, des verbes sanglotants de désespérance...\n   Mais arrive, parmi les pleurs et les lamentations des fem­\nmes, le cortège funéraire d’Ayglande. Songeant a cette\nfemme morte pour lui, songeant à son œuvre de deuil et\n"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": 30, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "                            — 30 —\n\n do désolation Hélie conseille aux malheureux qui s’épou­\n vantent, la résignation, l’humiliation, l’amour.\n    Tout à coup, une rum eur terrible s’approche et grandit.\n Les esclaves exaspérés viennent de briser leurs chaînes : dans\n un élan admirable, Hélie prêche aux hommes la Concorde, la\n Justice, la Charité suprême.\n    Ainsi, “ sous une draperie a n tiq u e \", M. Léon Paschal a\n voulu symboliser l’humanité actuelle m archant vers son destin.\n Il est (c’est une illusion sans doute, mais l’en blâmerai-je?) de\n ceux qui croient que l’a rt de demain sera social et dressent\n dans leurs œuvres l’énigme de l’heure présente. Inquiet de\nl’avenir et confiant en lui, il nous dit l’idéal futur: “La morale\nindividuelle doit s’effacer devant la morale sociale. Une ère de\ncharité doit surgir, réparatrice de toutes les souffrances ».\nCe sont là de nobles paroles et dans H élie s’exprimèrent\nles aspirations généreuses d’une âme de jeune.              Certes,\nle drame manque un peu de force virile. Pour que s’y\ndéployât victorieusement l’idée, il eut fallu au style plus\nd’ampleur grandiose et majestueuse. Mais, cette œuvre de\ndébut s’affirme conception lyrique et puissante. Il s’y épand\nune grâce adorable, une fraîcheur toute juvénile, un charme\nattirant; de belles images y brillent, do hautes pensées s’y\nenchâssent et tout cela est prom etteur !\n    P a ro les in tim e s , n ’a pas tenu cette promesse. Le rêve de\nvie et d’a rt qui s’enclôt en Hélie se continue et se développe\nmais M. Léon Paschal s’est trop hâté, je pense, do publier ce\nlivre: malgré son allure philosophique, il apporte peu d’idées\nnouvelles; souvent des influences s’y perçoivent; parfois trans­\nparaît, déplaisant, une légère fatuité, sententieuse e t naïve. Et,\nsi ce m’est une joie de pouvoir louer certaines pages (telles la\nN a issa n ce des héros) d’écriture facile, solidement pensées et\nmaint épisode séduisant, animé, coloré, j ’aurais voulu pour­\ntant qu’un style plus neuf vêtit une pensée plus originale et\nj ’aurais aimé dans la confidence, plus de candeur timide, de\nbalbutiements ingénus, d’aveux intimes et doux. M. Paschal\npouvait mieux que cela car avec des lectures multiples et choisies,\n"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": 31, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 339, "texte": "                             — 31 —\n\nil a des dons précieux et rares, l’amour et le culte des idées,\ndes ambitions légitimes, des soucis louables et il nous donnera\npeut-être do belles œuvres mûres, savantes et méditatives,\nplus tard.\n                                          S tép h a n e E lseneur.\nSeptembre 1895.\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-013", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 31, "page_fin": 32, "titre_corps": "Memento.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Memento Il nous faut dire d'abord", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": 31, "debut_caractere": 339, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "M em en to .\n   Il nous faut dire d’abord toute notre gratitude à la Presse\nlocale et aux Revues, qui voulurent bien nous annoncer, aux\nmultiples sympathies, qui, telles les bonnes fées des légendes,\nprotégèrent notre naissance.\n   Mais, d’aucuns nous querellèrent. « Pourquoi disaient-ils,\nintituler L 'A r t W allon un recueil, où ne se publie pas une\nligne de cette belle langue wallonne, pittoresque et savou­\nreuse, que, comme nous, vous aimez et vous vénérez ?» — La\nquestion est plaisante et la querelle n’est pas neuve. C’est la\nmême que cherchèrent les félibres aux écrivains provençaux.\nC’est la même que cherchèrent nos flamingants aux écrivains\nflamands, qui écrivent en français. Et Paul Arène et Daudet\net d’autres n’expriment-ils aussi bien l’âme provençale que cer­\ntains vagues, puérils et intransigeants p r o u v e n ç a u x . ? Et\nde Coster, Eekhoud, Maeterlinck n ’ont-ils pas mieux rendules\naspirations de l’âme flamande que tels pâles et amusants\nVerbeek, Legedanck ou Van Beers ?\n   Nous, nous voulons exalter, sans félibrige, l’âme wallonne,\ngrouper l’élite intellectuelle de Wallonie, dire de notre Terre\nl’âme chatoyante et profonde.\n   Ici, quelques wallons se raconteront. Ils laisseront s’expri­\nmer l’âme de la race, qui chante en eux et leur joie, leur\nambition serait de voir, sur leur coin de terre, s’épanouir,\nradieuses, quelques floraisons jeunes et nouvelles.\n                                *\n  Trois de nos collaborateurs, Messieurs Fernand Séverin,\nA lbert Mockel, Albert Guéquier furent ce mois douloureu­\nsement éprouvés par des deuils cruels. Qu’ils reçoivent ici\n"}, {"page_pdf": 45, "page_imprimee": 32, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "                           — 32 —\n\nl’expression de toutes nos      sympathies    et nos    sincères\ncondoléances.\n                               *\n                                 * *\n    A la suite d’un articulet paru dans la Jeune Belgique de ce\n mois, M. Georges Eekhoud a, dans la rue, assailli M. Albert\n Giraud... Il ne nous plaît point de prendre parti dans le débat\n mais il nous semble qu’on ferait bien de renoncer à certaines\n façons rogues, insinuantes et acerbes de polémique et nous\n épargner ainsi des injures et des luttes — bien peu dignes.\n                                   *\n                                 * *\n    Les Livres.\n    Aux prochains :\n    Charles Delchevalerie : Décors.\n    Paul Arden : P a r les chem ins.\n    Paul Gérardy : A la gloire de B öchlin.\n    Les Revues. A lire :\n    Société nouvelle :\n   Numéro d’août : un bel article d’Edward Carpenter, le sexe\net l'a m o u r d a n s u n e société libre — un conte de Louis\nDelattre, des vers de Yielé-Griffi n et deux admirables poèmes\nde Verhaeren, l'E ta l, les Idées.\n   Numéro de septembre : L a poésie p o p u la ire et les poètes\nn o va teu rs par Robert de Souza.\n   Mercure de France:\n   Charles Morice : Une re stitu tio n d u T héâtre a ntique. —\n   Jonathan Sturges : L es trois fo rm es. — Pierre Quillard :\nF l a m m e s .— Alfred Jarry : un curieux acte d’Ubu roi. —\nRemy de Gourmont : T héâtre à idées. — Albert Mockel :\nD écors. —\n   Revue Blanche : Une proscritique de Gustave Kahn — des\nve rs de Claude Céhel — Stéphane Mallarmé : va ria tio n s s u r\nu n sujet.\n   Coq rouge :\n   Les bêtes du four national — des ve rs de A. Ferdinand Herold\n— une p ro se de des Ombiaux — des ballades de Paul F ort\nune étude critiq u e de Remy de Gourmont — des ve rs do\nMax Elskamp.\n   Jeune Belgique : Vers de’Gilkin.\n   Réveil: p ro ses de Joost Terburg, H. Mazel et Cyriel Buysse.\n   Art Jeune : une superbe p ro se d’Eekhoud — Vers de Ver­\nhaeren — deux fra g m e n ts d’André Gide.\n   Epreuve littéraire: un beau so n n e t de Henri de Régnier.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-014", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Collaborateurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L ’A R T W A", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 46, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1323, "texte": "L ’A          R      T             W        A     L      L     O       N\n\n R ev u e M en su elle                       d’A rt et de Litté ra ture\n            OUVERTE                  A    TOUS           LES      JEUNES\n\n\n\n\n                    COLLABORA LEURS\n                                     W ALLONIE.\n\n\n       P aul Arden,              R ic h a r d B l o n d e l ,    A r t h u r D a x iib l e t ,\n\nCh a r l e s    D e l c h a v a l e r ie ,     A ug u ste       D onnât,       S téphane\n\nE l s e n e u r , J u l e s F e l l e r , P a u l Gé r a r d y , A r n o l d G o f f in ,\n\nA l b . G u é q u ie r , J o sé H e n n e b ic q , H u b e r t K r a in s , R ic h a r d\n\nL e d e n t , A l be r t M ockel, L éon P a sc h a l,                E dm ond R a sse n ­\n\nfo sse,     P a u l R e im o n , T r is t a n       le    R o u x , Ge o r g e s S a in t -\n\nP o l , F e r n a n d S é v e r in , H u b e r t S t ie r n e t , M a r c e l V ir e u x ,\n\nI.   W il l .\n\n                              HORS           W ALLONIE.\n\n\n       Geo r g e s         R odenbach,         E m il e     V erhaeren,            F r a n c is\n\nV ié l é -G r if f i n .\n\n\n\n\n       Adresser livres,               m anuscrits         et communications                  à\nM. Maurice XHOFFER, adm inistrateur, rue du Palais, 129, -\nVerviers.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-09-n2-015", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TYPOGRAPHIE-LITHOGRAPHIE Maurice Xhoffer ÉDITEUR DE L’ART", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 308, "texte": "TYPOGRAPHIE-LITHOGRAPHIE\n\n\n\nMaurice Xhoffer\n       ÉDITEUR DE L’ART W ALLO N\n\n   R ue du            P a la is, 129\n\n               VE R V I E R S\n\n\n\n  IM P R ESSI O N S    C O M M E R C IA L E S\n\n\n          EN TOUS G EN R ES\n\n\n\n\nP u blications littéraires et artistiq ues\n\n\n          ÉDITIONS DE LU X E\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 28, "texte": "                                            L' A r t\nWallon\n      REVUE M E N S U E L L E\nD ’ A R T & DE L I T T É R A T U R E\n\n\n\n                SOMMAIRE :\n\n\nK erm esse liégeoise - Ch. Delchevalerie.\n\nSoirs - Léon Paschal.\n\nP a r les bois - A rthur Daxhelet.\n\nV ers - Edmond Rassenfosse.\n\nS o ir de k e rm e sse - Marcel Vireux.\n\nC hansons - Richard Ledent.\n\nL es liv re s - Stéphane Elseneur.\n\nM em ento.\n\n\n\nEditeur-Adm inistrateur : Maurice XHOFFER      N° 2   —   Septembre 1 8 9 5\n      rue du P alais, 129, Verviers.            Ce n u m é ro : 30 centim es.\n"}, {"page_pdf": 29, "texte": ""}, {"page_pdf": 30, "texte": "                           — 17 —\n\n               Kermesse liégeoise.\n    Un gai tum ulte emplit la rue faubourienne. Il fait nuit, et\n la joie tout d’abord émane des mille lanternes de papier\n suspendues au-dessus des têtes, en files parallèles à travers\n la chaussée. Vertes, rouges, bigarrées, elles sont comme les\n fruits imprévus d’un lumineux verger. Il flotte dans l'air des\n musiques proches ou distantes; dans les temps de repos que\n s’accorde un trombone pathétique, on perçoit les sensuelles\n cadences d’une valse atténuée. E t voici, chanson frêle qui se\n déroule, l’onduleux cramignon qui se déploie.\n    Filles enrubannées aux cheveux voletants, calicots dont les\n yeux brillent, l’enthousiaste et lascive théorie dévide son\n refrain nostalgique ou grivois dont un chœur de voix canailles\n ponctue la musicale guirlande.\n    Sur le pas des portes, des familles sont rangées, les tro t­\ntoirs s’encombrent d’un parterre de parentés. Ainsi les vieux\nendimanchés jouissent de la liesse qui les bouscule.\n    L’illumination fait saillir telle moulure jolie d’une façade\nancienne; au dessus d’un carrefour, la lueur des bougies solen ­\nnise la cage de verre pleine de fleurs déteintes où quelque\nvétuste vierge s’isole.\n    P ar les croisées entr'ouvertes, au travers des carreaux\nverdâtres qu’un rideau jauni décore, on distingue un vieux\nqui sommeille ou des gens attablés. Aux fenêtres des étages,\nombres noires dans la clarté crue, des couples d’amoureux\ns’immobilisent dans un tête à tête fervent et silencieux. Eux\nseuls sont attentifs à la lointaine floraison des étoiles.\n   La cohue s’agite parmi la chaussée, c’est un va et vient de\nfoules moutonnières dont une ruée de pochards ou le lacet\nfantaisiste d’un cramignon fait stagner çà et là le flot mono­\ntone. Les pavés sont gras de fleurs écrasées. Les musiques\ndéferlent, des camelots glapissent ou hurlent; il y a comme\nune ivresse tranquille dans tous les cœurs du quartier.\n   Mais ici le jardin des lanternes tourne avec la rue : devant\n"}, {"page_pdf": 31, "texte": "                             — 18 —\n\nnous, à trente mètres une trouée s’ouvre, où s’érige par dessus\nle millier des tètes un aveuglant et tournoyant carrousel,\ncomme un moulin magique où le plaisir s’élabore. Herses de\nfeux en arabesques, draperies étincelantes, peintures ver­\nmeilles, gondoles et coursiers do paradoxe, cela tourne,\nmugit, cahote et s’accélère au rythm e d’un orgue despotique,\ntandis qu’au centre de l’arm ature les rouages s’affolent et\nque des vapeurs s 'échevèlent dans la buée lumineuse.\n   Emportées dans la ronde, les femmes dressent sur les che­\nvaux de bois de mutines plastiques d’amazones, amusées du\nrègne éphémère de cette chevauchée. E t vers ce phare de joie,\nsurgi comme un prodige, où la fête entière s’hallucine et se\nrésorbe, la rue sans trêve charrie ses flots de foule.\n                                     C harles D elchevalerie.\n\n\n\n                             Soirs.\nS oirs m o u ra n ts , heures d 'o r , de songe et d'agonie\nOù des destins de gloire et de je u n esse un ies\nD ans les ciels éblouis de jo ies et de p restig es\nP a reils à des fro n to n s de triom phe s'érigent,\nOù les soleils a u r a s des m e rs lointaines tra c e n t\nA m es p a s des ch em in s dallés d'or v e rs u n trône,\n— M on torse ne re sse n t l'étreinte des cu ira sses\nE t g e r m e n t à m o n fr o n t des fleu ro n s de co u ro n n e\nS a n s qu'au poids des j o y a u x m o n fr o n t ne s'abandonne —,\nE t v e rs le fa ste d ’o r do n t l’h o rizo n s'em brase\nJe m a rch e , h a u s sa n t l'épée en u n geste d'em phase.\nM a is la vie à so n to u r décevante et cruelle\nA m es rêv es ja m a is n'offre u n e heure éternelle;\nL es décors de sp len d eu rs s'en sevelissen t d'om bre,\nL es n u its o n t d ém en ti les signes d u destin\nE t m es m a in s a p p a u vries ra p p o rte n t des décom bres\nSeuls des g la ives ro m p u s et des fla m b e a u x éteints.\n"}, {"page_pdf": 32, "texte": "                                 — 19 —\n\n                                     *\n M a m a in repose, la sse, a u m a rb re d u b a lu stre\n E t loin d'elle a glissé le vélin où s'illu stre\n Un com bat trio m p h a l de ch im ère et de g u iv r e .\n L es b ru m es o n t te rn i s u r le ciel de v ie u x c u iv r e\n L a p o u r p r e q u i s a ig n a it a u x croupes des d ra g o n s\n E t des b la n ch eu rs en voile o n d u len t s u r les jo n c s.\n L es m o n stres éventrés, leu r a n tr e e t ses j o y a u x\n N o ien t leu r braise et leu rs o rs et m e u re n t so u s des e a u x ;\n L 'h eu re est de rêve et d ’om bre où le j o u r v a déchoir . . .\n E t des bla n ch eurs en voile o n d u len t s u r les so irs.\n                                                    L éon Paschal.\n\n\n                        Par les bois\n                                             pour Georges Garnir.\n\n       A Spa, la coquette reine d ’Ardenne, il e st une colline\n boisée, un peu médiocre avec une allure penchée, offrant sur\n ses flancs de petits sentiers et de petits repos. C’est le\n Spaloumont; et la légende y plaça le lieu d’un roman naïf et fort\n artificiel, que la poésie et le th éâtre u surpèrent à l’envi.\n       Or, je songeais, l’autrejour, en regardant cette hauteur\n tan t fréquentée et tan t célébrée, que Marmontel, Madame Favart\n et l’abbé de Voisenon, sans com pter qu’ils eurent to rt de\n m éconnaître la vraie situation géographique de l’idylle par\n eux ôrnée d’oripeaux scéniques ou poétiques de leur goût,\n n ’ont point su quels furent ce Lubin et cette Annette, dont ils\n contèrent l’aventure, et de ceux-ci n ’ont point compris les très\n sim ples âmes.\n      J ’imagine que tous deux furent (cousins ou non, p âtres ou\nnon, orphelins ou encore pourvus des auteurs de leurs jours)\ndes enfants nés au bord de cette route caillouteuse et abrupte\nqui s’infléchit au bout de la voie Bertine, au bas des m onts, à\nl’endroit où ceux-ci form ent un hémicycle, comme quelque\nantique am phithéâtre. Ils étaient d ’Ardenne vraiment, très\nbruns avec des yeux vifs, brillants et p énétrants sans être très\nprofonds, souvent tristes comme de l’ignorance des choses\nd’au delà le coteau ou comme du désir d’infini suscité par la\nlimitation des horizons patriaux.\n      Tôt, ils avaient couru, pieds nus, par les tailliset les futaies,\nm oissonnant du bois m ort, s ’ébattant su r la mousse, rêvant\n"}, {"page_pdf": 33, "texte": "                            — 20 —\n\n sous les chênes séculaires, puis repartant en quête, l’œil au\n guet, l’oreille aux écoutes. Ils avaient poussé drus comme de\n vigoureuses frondaisons, m ais non sans un peu de cagnosité\n aux genoux, ainsi que cela advient fatalem ent aux regnicoles\n des régions accidentées, tandis que leur teint se basanait sous\nles caresses rudes du soleil et sous le fouet du grand air.\n     Ils furent certes illettrés, encore qu’intelligents, presque\nfinauds e t nullem ent ingénus. Ils crurent aux espiègles sotais\ne t souvent pensèrent entendre, par les som bres nuits, le sabbat\ndes m acralles ou voir, en les crépuscules, galoper, à l’orée du\n bois, la bête de Staneux, dont ils avaient vu l’image dans\nl’église de Polleur; mais en craignant les diables et l’infernal\nfeu, ils ne furent guère gens dévots, et des choses d e là religion\nils n’eurent point cure , n ’en connaissant rien au delà de\n quelques perdurantes superstitions. Sans doute aussi, en leur\nvinâve, s’appelèrent-ils Jean-Louis et Marie-Josèphe, plutôt que\nLubin et A nnette, qui ne sont point du parler patoisant de la\nvallée du Waay.\n     Du haut des roches surplom bantes, ils durent maintes fois\n entendre les échos des fêtes que déjà alors organisaient les\njoyeux bobelins, et ils virent de ceux-ci les troupes élégantes\névoluer parmi les quinconces du Parc. Mais l’envie jam ais ne\nleur fit désirer d’êtres riches, encore moins valétudinaires\nbuveurs d’eau. Ils étaient heureux de leur quasi-sauvagerie,\nlaquelle n ’im pliquait d’ailleurs ni bestialité, ni insensibilité.\nSouvent môme durent-ils s’émouvoir des fêtes et des deuils de\nla nature, comme aussi de quelques chagrins passagers, inévi­\ntables, qu’ils ressentirent, et pleurèrent-ils de mélancolie\nd ’entendre, à la vesperée tom bante, au fond des bois sonner\nle cor, gémir la biche en gésine ou m ourir doucement la voix\ndes cloches de la vieille église de Spa. Car leurs âmes furent\nce que sont celles de leur race, pleines de m ystérieuses et\nétranges nostalgies sous une apparence de folâtre gouaillerie\net de très franche sensualité.\n     Ils s’aim èrent apparem m ent, vers leur seizième printem ps,\nl’am our venant après l’amitié qu’avaient scellée leurs communes\nm araudes et leur fréquent compagnonnage durant les longues\nflâneries à travers les cépées adorantes. Et rien n’est moins\ncompliqué, à mon sens, que la psychologie de leur réci­\nproque passion.\n     Une période transitoire, qu’on désigne sous le nom de\n« tem ps de l’adoration » est, je pense, négligeable en l’occur­\nrence; et leurs cœ urs durent se donner sans formalité et sans\nnul frisson adventice, comme sans escarmouches galantes\npréalables; car ils n’étaient point informés de la rouerie des\nsalons, ni d’aucunes m ondaines puérilités, et la gamme de leur\nsentim entalité était très simple, nullement chromatique. Ils ne\nfirent, sans doute, pas de distinction non plus, entre ce don\n"}, {"page_pdf": 34, "texte": "                             — 21 —\n\n tout spéculatif tel que nous l’entendons, et celui de l’intégralité\n de leurs êtres.\n      Je me suis représenté que ce fut un soir du mois d’août.\n Depuis le reverdissem ent du joli mai déjà, ils avaient senti un\n feu nouveau circuler en leur sang, et de se frôler sim plem ent\n leur m ettait comme des m orsures à la peau. Leurs regards\n aussi comme pudiquem ent s’évitaient, ou bien encore lui,\n parfois, m ettait-il ses yeux dans ses yeux, à elle, et leurs\n tem pes à tous deux, alors, battaient, battaient. Lui, du reste,\n s’était abouché avec d’autres gars qu’il avait souvent rencontrés,\n le dimanche, su r la route de Sart, avec leurs bonnes amies, des\n brunes ou des blondes délurées, voulant savoir, bien sur, et ce\n qu’il voulait savoir, ce n’était pas bien difficile de le deviner.\n Et elle avait certes, elle, questionné la rousse Catherine ou la\n grande Agnès, deux gourgandines vulgaires, à qui elle vendait,\n au printem ps, des fraises des bois.\n      Mais de telles investigations n ’étaient que pour déjouer\n les hésitations de leur tim idité juvénile et trom per l’impatience,\n qui les poignait, de connaître enfin ce qu’ils pressentaient.\n Car quels m aitres m eilleurs que la nature et notre propre désir,\n quand il s’agit des voluptés ? Et leurs rêves aussi les avaient\n instruits.\n      Aussi ne puis-je concevoir leur am our, tout prim itif et de\n tête aucunem ent, le plus pur puisqu’il est incoercible et com­\nmandé par nos sens eux-mêmes, comme ayant eu ce caractère\nde fade idylle qu’on a sem blé vouloir lui donner. La civilisation,\nla société, la morale, trois agents toujours un peu hypocrites,\nont pu, seules, systém atiser l’amour, et, pour ce sentim ent fort\nsimple et dépourvu d’artifice, in stituer une culture compliquée\net délicate à l’excès.\n      En ce soir d’août, donc, ils furent surpris par un subit\norage, alors qu’au haut du Spaloumont ils se reposaient de leurs\nallées durant toute une brûlante journée. Comment se fit-il\nqu’elle, la rude fille des bois, eut peur cette fois-là ?\n      Les éclairs déchiraient les nues fuligineuses, em brasant de\nleurs fugaces flammes la forêt, que les sinistres craquem ents\ndu tonnerre ébranlaient de fond en comble. Dans l’atm osphère\nde phosphorescente tiédeur qui les cernait, leurs bouches, aux\ndeux pauvres adolescents, cherchaient, desséchées, un intan­\ngible petit souffle de fraîcheur. Les grands ormes et les chênes\nrobustes sem blaient à chaque instant, s ’enlever en un majes­\ntueux tourbillon, hurlant de l’entre-heurt violent de leurs ra­\nm ures, (gémissant du bris de leurs puissantes racines pareilles à\ndes muscles titanesques qui céderaient sous le choc d’un mont\ncroulant. Il sem blait que la Mort allait passer...\n     Or, en cet horrible désarroi des choses et à la faveur de\nces convulsions de la nature, voilà que venait l’Amour. Car cet\n"}, {"page_pdf": 35, "texte": "                                 22\n\n enfant mutin lance parfois avec son arc d’argent ses plus sûres\n flèches, quand défaillent nos forces ou que nous étreint quelque\n cruel émoi.\n      Elle était tombée, la trem blante jouvencelle, dans les bras\n de celui qui était, à cette heure là, pour elle le mâle impavide;\n et lui, il l’avait emportée, toute pâm ée, sous une cahute bran­\n lante, refuge délaissé de quelque bûcheron. Mais, quand elle se\n sentit moins près du danger et que la pluie s’abattit, faisant\n rage sur leur m aigre et branlant abri rendu perm éable par\n endroits, elle se blottit davantage en la retraite alliciante que\nlui faisaient le sein e t les bras auxquels elle s’était confiée...\n      Et quand le ciel cessa de gronder, et l’ondée de tomber,\n et les torrents de rouler tum ultueusem ent des flots jaunâtres,\nqu’un alanguissem ent, plein de bien-être, se répandit en l’air\nplus respirable et odorant de toutes les senteurs purifiées, les\nam ants — car c’étaient m aintenant des am ants — quittèrent\nleur cachette et leur couche de feuilles sèches, étonnés, trou­\nblés aussi, sentant palpiter en eux comme une vie plus intense;\ncar ils connaissaient désorm ais le m ystère...\n      Mais ce n’est là que le prologue un peu banal du roman\nnaïf qu’ils vécurent en haut du Spaloumont. Les printem ps\nravivaient leurs ardeurs, et les autom nes ale ntissaient le feu\nde leurs désirs, leur physiologie s’étant en quelque sorte réglée\nsur la succession des phénom ènes vitaux de la forêt même,\ndont ils faisaient comme partie intégrante.\n      Rien ne dépassait l’ivresse des baisers qu’ils se donnaient,\nles lèvres rougissantes du sang des m yrtilles qu’ils m angaient à\nbelles dents pour étrancher leur soif. Aux heures lourdes des\nmidis brûleurs, souvent ils s’endormaient, enlacés parmi les\nbruyères aux capiteuses fragrances. Quand ils s’éveillaient, le\nsoleil à l’Occident joaillait le bois de verrières versicolores de\nlumière, et les laies sinueuses qu’ils suivaient alors, les jam bes\nencore engourdies, s’ocellaient d’or et de pourpre. Ils allaient\ncomme en une féérie, dont ils sentaient le prestige, sans qu’ils\neussent pu l’exprim er ni surtout le définir; car ils n’avaient,\nainsi que je le disais, subi aucune pédagogie.\n      Combien de tem ps durèrent leurs folles am o u rs? Qui le\nsait ? Et quand fut féconde leur lib re union ? Cela importe-t-il?\nlisse suffisaient à eux-mêmes, ou, s’ils vinrent à avoir postérité,\nce furent gages bénis et choyés de l e u r commune volupté.\n      S’ils furent plus tard époux modèles ou s’ils restèrent\nfidèles am ants : que voilà une futile recherche, à propos de\nleur aventure, pourvu q u ’ils aient été bons e t heureux l’un\npar l’autre !\n     Et si leur association am oureuse fut sacram entelle, ainsi\nqu’on la dit, je croirais qu’elle le devint, non par l’intermédiaire\nde quelque noble bobelin que leur tendresse intéressait, mais\n"}, {"page_pdf": 36, "texte": "                                    — 23 —\n\np a rle s soins spontanés e t discrets de quelque bon vieux curé\nde Polleur, d’Arbespine ou d e Spa, peut-être, lequel, un m atin,\ntout paternellem ent, au pied du vétuste autel que ses pieds\nusaient depuis un demi siècle, fit sur leur tète les gestes et dit\nles m ots qui lient solennellem ent pour la vie.\n      Ils passèrent les années que le destin leur avait dévolues\n— savoir combien n’est pas non plus l’affaire — dans le bonheur\ncertes, en dépit de m inimes adversités probables, parce qu’il\nleur fut accordé de connaître le don réciproque et sans réserve\nde leur être, avec une existence affranchie de tout compromis,\nloin des m ondains artifices et près de la nature.\n                                                      A r th u r D axhelet.\n\n\n                                 D’H ier      . (*)\n\n\nJe fu s a u p a r c so lita ire\n— Tous les o ise a u x se s o n t tu s —\nChercher ép a rs s u r la terre\nN os p a u v r e s j o y a u x p erd u s.\nJ 'a i tro u vé m es p le u r s d ’h ier\n— Chaque s o ir j e su is v e n u —\nR estés a u x fleu rs des bru yères,\nL es fleu rs ne les o n t p a s bus.\nN o tre p a r c est bien changé\nD epuis les a n s rév o lu s\nB ien que telle q u 'a u x jo u r s p a ssés\nVeille la fle u r de lotus.\nL e jo u r m o u r a it s u r les branches\nQui g a r d e n t m o rts nos baisers.\nUne lu n e m o r n e et blanche\nV oilait nos ch em in s délaissés.\nCar c ’est u n va ste su a ire\nQue nos m a in s o n t étendu\nF olles, s u r n os jo u r s d’hier,\nN os jo u r s à ja m a is p e rd u s !\n(*) (l’un recueil à paraître prochainement.\n"}, {"page_pdf": 37, "texte": "                                —   24 —\n\nP a r to u t le p a r c so lita ire\nJ 'a i v u de g r a n d s y e u x glacés\nDes y e u x m o rts, encore o u ve rts\nOù s ’est enclos n o tre passé.\nToi n 'y re to u rn e ja m a is\n— L a m o r t v ie n d r a it d a n s ton âm e —\nOh toi ne re to u rn e ja m a is\nA u p a r c où je u n e s n o u s noies a im â m es.\n\n\n\n\n                         Clair d’âme.\nR egarde m oi, s a n s u n m ot, m êm e de rêve, E n fa n t\nQui m e reg a rd e s i loin a u déto u r de la ro u te !\nVois, et n'écoute rie n , n i d'espoir n i de doute,\nE t p r e n o n s en nos y e u x de la jo ie p o u r longtem ps.\nN ous voici l'un ve rs l'a u tr e conduits p a r des v o ix d'anges,\nT u m e sem bles m 'a im e r et ton re g a rd est c la ir\nA in s i que la cla rté de l'aube ve rs la m e r.\nTon â m e est douce com m e u n souffle de légende.\nR eg arde. L is m o n â m e a in s i que tu la vois.\n... “ Je t'a im e ju s q u 'à la folie douloureuse ! » —\n— S a n s u n m ot, sa n s u n geste, avec ton Rêve de M oi\nP a r s , oh p a r s ! chère âm e, p o u r être p lu s heu reu se !\n\n\n\n                        Renaissance.\nT u v in s très sim p le m e n t a u so ir d'élection\nA p r è s les m o rn e s n u its de m es p r im e s années\nL a ssées et s i m a la d es a u long de m a pensée\nOù se s o n t effeuillées toutes les illusions.\n"}, {"page_pdf": 38, "texte": "                                — 25 —\n\nT u v in s la douce m ère et n o n Vivre a m o u r e u se ,\nO trè s douce advenue de m es songes p ie u x !\nP r e n d r e m a tète penchée et m es lèvres p leu reu se s\nE t len tem en t p o ser tes lèvres s u r m es y e u x .\nS a n s caresses in u tiles et sa n s folles p a ro les\nTu t'es agenouillée a u seu il de m a m a iso n\nM 'o ffr a n t très sim p le m e n t la d ivin e auréole\nDe ta bien chaste en fa n ce en très douce m oisson.\nL a s ! L a s ! m a in te n a n t a r r iè r e ces crêpes som bres\nDe m a pensée m a la d e d ’a v o ir ta n t a tte n d u !\nC’en est fa it de l'angoisse et de m es gestes d'om bres\nS e m a n t les n o ir s p o iso n s de m es rêv es p e rd u s !\nE t vo ici la lu m ière et la jo ie révélée\nC o u ra n t en r y th m e s p u r s s u r m o n fr o n t apaisé,\nVoici m o n â m e en fin à la tienne liée\nE n ces noces candides de nos virg in ité s.\nH o sa n n a ! H o sa n n a ! N oël, m a s œ u r , N oël !\nQue la lu m ière est belle et ton â m e ra d ieu se !\n. . E coute, m a s œ u r , écoute en ces v o ix h a rm o n ieu se s\nA im ée , entends les cloches de ce j o u r de N oël !\n                                          E d m o n d R a ssen fo sse.\n\n\n                  Soir de Kermesse.\n   Là bas, dans le rougeoiment des lampes, pleure la kermesse.\n   A ses premiers sanglots, ils sont venus tous, les blonds gars\ndes villages d’alentour, dans le godronnement de leurs sarraux,\ntout luisants, tout amidonnés, tout beaux, dans le lustre des\nvêtements de dimanche. Et avec eux, sont accourues de\npartout, telles des alouettes au miroir, les blondes filles des\nenvirons, grasses et dodues, hommasses dans le dégingan ­\ndement de la marche, dans le déhanchement de l’attitude.\n   Tout en m archant, ils pensent, ces farauds, aux joies qui les\nattendent. Dans des salles basses et puantes, aux murs blanchis\n"}, {"page_pdf": 39, "texte": "                            — 20 —\n\nà la chaux, où l’humidité plaque d’énornies taches lépreuses, à\nla lueur jaune, éclaboussée des quinquets, dans laquelle bril­\nleront les bijoux de chrysocale et les rubans déteints, ils\nserreront dans leurs bras, dans leurs grands bras noueux,\ntoutes ces chairs opulentes de femelles campagnardes.\n   E t dans leurs yeux, dans leurs grands yeux de bonnes bêtes\ntranquilles et douces, le désir met des étincelles.\n                                  *\n                                * *\n   Là bas, au loin de la route poudreuse et blanche, un cabaret.\nUn cabaret dans le silence froid, comme endormi dans la\nsolitude, dont les lanternes semblent de gros yeux rouges\npleurant dans le soir.\n   Quelques consommateurs, des vieux, des impensifs, des\ntristes, assis dans la tranquillité moite des las-d’aller, dont la\ndésespérance m uette, poigne et navre.\n   Pas un bruit, sinon, dans ce silence, le claquement d’un\ncrachat, tombant sur le plancher, le choc des verres tintinna­\nbulant sur les tables, le pas de la cabaretière glissant sur le\nparquet, le gloussement des gosiers, avalant d’énormes\nlampées de bière, d’un jaune pisseux. E t l’idée vague, flottante\net bleue, ainsi qu’un clair de lune, nage au dessus de ces têtes\ninsongeuses dans la fumée des pipes et les émanations\nd’alcools.\n   Soudain, s’ouvre la porte, et voici qu’apparaît, dans la\npauvreté rouge du décor, une femme.\n   Elle s’avance pensive, traînant une robe élimée par les\nroutes, jaunie par les pluies et les soleils, les yeux écillés par\nles veilles à la lueur des lampes, une pauvre poitrine ame­\nnuisée, serrée, comme étranglée dans un spencer.\n   E t ses joues sont rubescentes, écaillées de couperose\nhorriblement amaigries et translucides.\n   Elle chante ! E t au son de sa voix, tous se sont retournés,\nbéjaunes dans la contemplation hiératique et muette, de\ncette femme qui n ’est pas de l’endroit, lui mangeant la peau\nde leurs longs regards de rum inants qui s’éveillent, inquiets\nd’abord, prêts à bramer.\n"}, {"page_pdf": 40, "texte": "                                     — 27 —\n\n    Puis la chanson se fait plus douce, plus sereine. E lle flo tte en\n des élans mélancoliques, elle grelotte, elle pleure, elle dit toutes\n les souffrances d’aimer, toutes les peines des adieux,\n toutes les joies des réconciliations, toutes les amertumes des\n âmes qui pleurent seules. Et sur ces faces tristes, mornes,\n tan t ridées qu’elles paraissent des goitres dévidés, la voix\n tombe pénétrant en eux, et c’est une évocation triste des\n jours d’antan, des jours heureux, de ces jours de primo\njeunesse et de primes joies, où leurs âmes de primitifs se\n donnèrent.\n    La voix s’est tue, mais ses derniers accents chantent encore,\n courant à ras du sol, s’élevant le long des murs, s’accrochant\naux solives du plafond, enveloppant l’atmosphère de sa poésie\nintense, réconfortante et bonne.\n    E t quand, l’escarcelle en main, la femme fait, douce, le\n \" to u r de la société \" , c’est avec, sur les lèvres, un sourire\nrouge et béat, que les malheureux y laissent tomber leur sou,\ndonné, comme cela, en paiement, à celle qui les a charmés,\ntirés un instant de leur somnolente douleur de résignés.\nQuand enfin, partie, elle s’en va, à d’autres, jeter un peu de sa\npoésie et de ses chansons, longtemps encore, il règne dans le\nsilence du cabaret, qu’azure la fumée des pipes, quelque chose\ncomme d’un espoir en allé, qui enlinceule ces pauvres, dans\nleur douleur.\n                                              M arcel V ireu x.\n\n\n                               CHANSONS.\n                          Le Chevalier.\n O la belle p o u r q u o i p le u r e r ,\np o u r q u o i p le u re z-v o u s ?\nJe p leu re s u r m o n ch e va lier,\nle co n n a issez-vo u s ?\n Q uand il p a r tit à la g u e rre ,\nj e l'entends encor,\n"}, {"page_pdf": 41, "texte": "                                  — 28 —\n\nI l m e d it : « Crois et espère,\nvo ici l'a n n ea u d’or.\nE t j 'a u r a i à la 'bataille\nton c œ u r p rè s d u m ien ,\nP o u r fê te r nos fia n ça illes\na u r e to u r p ro ch a in ...»\nSo n ch eval d a n s la p o u ssière\nl'em p o rta u n soir.\nE t j e p a sse m a vie entière\ns u r le ch em in n o ir\nM on ch eva lier est-il m o r t ?\nJ'a tten d s et j e p leu re.\nH élas, hélas, es-tu m o r t ?\nR evien s ou je m e u r s !\n\n\n                     Le vieux Moulin.\nL e v ie u x m o u lin d a n s la p la in e\na vécu p lu s de cen t a n s,\nle v ie u x m o u lin bat de l'aile\nVeau q u i sa u te en g ém issa n t.\n\nI l caresse l’herbe en ém oi\nq u i s'incline a u fil de Veau\net v o it p a r dessus les toits\nla m e r et les m atelots.\n\nI l vo it les p o r ts , les n a v ir e s ,\nles p h a re s a llu m és le so ir\net sem ble avec des so u p irs\nfa u c h e r le tem ps et l'espoir.\n                                              R ich a rd L edent.\n      Liège, 1895.\n"}, {"page_pdf": 42, "texte": "                            — 29 —\n\n\n                        Les Livres\n                                               L éo n P asc h a l ,\n  Hélie, drame à la manière ancienne. — Auguste Bénard,\n       Liège.\n  P a ro les in tim e s, collection du Réveil, — Deman, Bruxelles.\n\n    Hélie a f ui la ville, les basiliques, les prières agonisantes,\n les vaines songeries immobiles. Il est parti vers la vie, qu’il\nrêve radieuse, vibrante et vers les joies.\n    Lors, voilà que, sur la route, par la vallée d’ombre, il\nrencontre Ayglande, la jeune vierge et l’aime, éperdum ent...\nHélas ! Bientôt il connait la vanité, l’amertume des baisers.\n    Passe le vieux citharède aveugle, “ le passant aux paroles\néternelle », le poète aux visions idéales et dont les chants\nl’incitent à m archer vers l’aube rêvée, vers les cimes, aux\naltitudes.\n    E nthousiaste, Hélie se met à gravir la montagne : au\nsommet il entreverra la lumière! En vain Ayglande le supplie,\nl’implore. Il va, inexorable. Elle veut le suivre, tente l’esca­\nlade et vient s’abîmer aux pieds des rochers. Lui, au milieu\ndes souffrances, extasié, ravi, monte toujours. Il croit voir,\ndans sa fougue, des visions insoupçonnées, des lumières surna­\nturelles et divines, des béatitudes ineffables, mais il défaille,\nébloui; retombe déchiré, m eurtri, de rocher en rocher.\n    Morne, avec le souvenir triste des mirages de son désir, il\nretourne à la ville. Là, les jeunes hommes torturés par les\nangoisses, les vieillards sortis de leurs retraites studieuses au\nmilieu des doutes et des ignorances, tous accourent vers la\nrévélation des prophéties, exigent la vérité, veulent que soient\nrésolus les mystérieux problèmes. Hélie, abattu, écrasé sous le\npoids de ses efforts impuissants dit ne rien savoir, clame des\nparoles de blasphème, des verbes sanglotants de désespérance...\n   Mais arrive, parmi les pleurs et les lamentations des fem­\nmes, le cortège funéraire d’Ayglande. Songeant a cette\nfemme morte pour lui, songeant à son œuvre de deuil et\n"}, {"page_pdf": 43, "texte": "                            — 30 —\n\n do désolation Hélie conseille aux malheureux qui s’épou­\n vantent, la résignation, l’humiliation, l’amour.\n    Tout à coup, une rum eur terrible s’approche et grandit.\n Les esclaves exaspérés viennent de briser leurs chaînes : dans\n un élan admirable, Hélie prêche aux hommes la Concorde, la\n Justice, la Charité suprême.\n    Ainsi, “ sous une draperie a n tiq u e \", M. Léon Paschal a\n voulu symboliser l’humanité actuelle m archant vers son destin.\n Il est (c’est une illusion sans doute, mais l’en blâmerai-je?) de\n ceux qui croient que l’a rt de demain sera social et dressent\n dans leurs œuvres l’énigme de l’heure présente. Inquiet de\nl’avenir et confiant en lui, il nous dit l’idéal futur: “La morale\nindividuelle doit s’effacer devant la morale sociale. Une ère de\ncharité doit surgir, réparatrice de toutes les souffrances ».\nCe sont là de nobles paroles et dans H élie s’exprimèrent\nles aspirations généreuses d’une âme de jeune.              Certes,\nle drame manque un peu de force virile. Pour que s’y\ndéployât victorieusement l’idée, il eut fallu au style plus\nd’ampleur grandiose et majestueuse. Mais, cette œuvre de\ndébut s’affirme conception lyrique et puissante. Il s’y épand\nune grâce adorable, une fraîcheur toute juvénile, un charme\nattirant; de belles images y brillent, do hautes pensées s’y\nenchâssent et tout cela est prom etteur !\n    P a ro les in tim e s , n ’a pas tenu cette promesse. Le rêve de\nvie et d’a rt qui s’enclôt en Hélie se continue et se développe\nmais M. Léon Paschal s’est trop hâté, je pense, do publier ce\nlivre: malgré son allure philosophique, il apporte peu d’idées\nnouvelles; souvent des influences s’y perçoivent; parfois trans­\nparaît, déplaisant, une légère fatuité, sententieuse e t naïve. Et,\nsi ce m’est une joie de pouvoir louer certaines pages (telles la\nN a issa n ce des héros) d’écriture facile, solidement pensées et\nmaint épisode séduisant, animé, coloré, j ’aurais voulu pour­\ntant qu’un style plus neuf vêtit une pensée plus originale et\nj ’aurais aimé dans la confidence, plus de candeur timide, de\nbalbutiements ingénus, d’aveux intimes et doux. M. Paschal\npouvait mieux que cela car avec des lectures multiples et choisies,\n"}, {"page_pdf": 44, "texte": "                             — 31 —\n\nil a des dons précieux et rares, l’amour et le culte des idées,\ndes ambitions légitimes, des soucis louables et il nous donnera\npeut-être do belles œuvres mûres, savantes et méditatives,\nplus tard.\n                                          S tép h a n e E lseneur.\nSeptembre 1895.\n\n                    M em en to .\n   Il nous faut dire d’abord toute notre gratitude à la Presse\nlocale et aux Revues, qui voulurent bien nous annoncer, aux\nmultiples sympathies, qui, telles les bonnes fées des légendes,\nprotégèrent notre naissance.\n   Mais, d’aucuns nous querellèrent. « Pourquoi disaient-ils,\nintituler L 'A r t W allon un recueil, où ne se publie pas une\nligne de cette belle langue wallonne, pittoresque et savou­\nreuse, que, comme nous, vous aimez et vous vénérez ?» — La\nquestion est plaisante et la querelle n’est pas neuve. C’est la\nmême que cherchèrent les félibres aux écrivains provençaux.\nC’est la même que cherchèrent nos flamingants aux écrivains\nflamands, qui écrivent en français. Et Paul Arène et Daudet\net d’autres n’expriment-ils aussi bien l’âme provençale que cer­\ntains vagues, puérils et intransigeants p r o u v e n ç a u x . ? Et\nde Coster, Eekhoud, Maeterlinck n ’ont-ils pas mieux rendules\naspirations de l’âme flamande que tels pâles et amusants\nVerbeek, Legedanck ou Van Beers ?\n   Nous, nous voulons exalter, sans félibrige, l’âme wallonne,\ngrouper l’élite intellectuelle de Wallonie, dire de notre Terre\nl’âme chatoyante et profonde.\n   Ici, quelques wallons se raconteront. Ils laisseront s’expri­\nmer l’âme de la race, qui chante en eux et leur joie, leur\nambition serait de voir, sur leur coin de terre, s’épanouir,\nradieuses, quelques floraisons jeunes et nouvelles.\n                                *\n  Trois de nos collaborateurs, Messieurs Fernand Séverin,\nA lbert Mockel, Albert Guéquier furent ce mois douloureu­\nsement éprouvés par des deuils cruels. Qu’ils reçoivent ici\n"}, {"page_pdf": 45, "texte": "                           — 32 —\n\nl’expression de toutes nos      sympathies    et nos    sincères\ncondoléances.\n                               *\n                                 * *\n    A la suite d’un articulet paru dans la Jeune Belgique de ce\n mois, M. Georges Eekhoud a, dans la rue, assailli M. Albert\n Giraud... Il ne nous plaît point de prendre parti dans le débat\n mais il nous semble qu’on ferait bien de renoncer à certaines\n façons rogues, insinuantes et acerbes de polémique et nous\n épargner ainsi des injures et des luttes — bien peu dignes.\n                                   *\n                                 * *\n    Les Livres.\n    Aux prochains :\n    Charles Delchevalerie : Décors.\n    Paul Arden : P a r les chem ins.\n    Paul Gérardy : A la gloire de B öchlin.\n    Les Revues. A lire :\n    Société nouvelle :\n   Numéro d’août : un bel article d’Edward Carpenter, le sexe\net l'a m o u r d a n s u n e société libre — un conte de Louis\nDelattre, des vers de Yielé-Griffi n et deux admirables poèmes\nde Verhaeren, l'E ta l, les Idées.\n   Numéro de septembre : L a poésie p o p u la ire et les poètes\nn o va teu rs par Robert de Souza.\n   Mercure de France:\n   Charles Morice : Une re stitu tio n d u T héâtre a ntique. —\n   Jonathan Sturges : L es trois fo rm es. — Pierre Quillard :\nF l a m m e s .— Alfred Jarry : un curieux acte d’Ubu roi. —\nRemy de Gourmont : T héâtre à idées. — Albert Mockel :\nD écors. —\n   Revue Blanche : Une proscritique de Gustave Kahn — des\nve rs de Claude Céhel — Stéphane Mallarmé : va ria tio n s s u r\nu n sujet.\n   Coq rouge :\n   Les bêtes du four national — des ve rs de A. Ferdinand Herold\n— une p ro se de des Ombiaux — des ballades de Paul F ort\nune étude critiq u e de Remy de Gourmont — des ve rs do\nMax Elskamp.\n   Jeune Belgique : Vers de’Gilkin.\n   Réveil: p ro ses de Joost Terburg, H. Mazel et Cyriel Buysse.\n   Art Jeune : une superbe p ro se d’Eekhoud — Vers de Ver­\nhaeren — deux fra g m e n ts d’André Gide.\n   Epreuve littéraire: un beau so n n e t de Henri de Régnier.\n"}, {"page_pdf": 46, "texte": "        L ’A          R      T             W        A     L      L     O       N\n\n R ev u e M en su elle                       d’A rt et de Litté ra ture\n            OUVERTE                  A    TOUS           LES      JEUNES\n\n\n\n\n                    COLLABORA LEURS\n                                     W ALLONIE.\n\n\n       P aul Arden,              R ic h a r d B l o n d e l ,    A r t h u r D a x iib l e t ,\n\nCh a r l e s    D e l c h a v a l e r ie ,     A ug u ste       D onnât,       S téphane\n\nE l s e n e u r , J u l e s F e l l e r , P a u l Gé r a r d y , A r n o l d G o f f in ,\n\nA l b . G u é q u ie r , J o sé H e n n e b ic q , H u b e r t K r a in s , R ic h a r d\n\nL e d e n t , A l be r t M ockel, L éon P a sc h a l,                E dm ond R a sse n ­\n\nfo sse,     P a u l R e im o n , T r is t a n       le    R o u x , Ge o r g e s S a in t -\n\nP o l , F e r n a n d S é v e r in , H u b e r t S t ie r n e t , M a r c e l V ir e u x ,\n\nI.   W il l .\n\n                              HORS           W ALLONIE.\n\n\n       Geo r g e s         R odenbach,         E m il e     V erhaeren,            F r a n c is\n\nV ié l é -G r if f i n .\n\n\n\n\n       Adresser livres,               m anuscrits         et communications                  à\nM. Maurice XHOFFER, adm inistrateur, rue du Palais, 129, -\nVerviers.\n"}, {"page_pdf": 47, "texte": "     TYPOGRAPHIE-LITHOGRAPHIE\n\n\n\nMaurice Xhoffer\n       ÉDITEUR DE L’ART W ALLO N\n\n   R ue du            P a la is, 129\n\n               VE R V I E R S\n\n\n\n  IM P R ESSI O N S    C O M M E R C IA L E S\n\n\n          EN TOUS G EN R ES\n\n\n\n\nP u blications littéraires et artistiq ues\n\n\n          ÉDITIONS DE LU X E\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 2, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1895-09", "signet_source": "N°2 - Septembre 1895", "preuve": "Couverture (PDF 28) : « N° 2 — Septembre 1895 ». Compte rendu d’Elseneur daté Septembre 1895 ; Ledent daté Liège, 1895 ; le Memento renvoie à la presse du mois et au numéro d’août de la Société nouvelle.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}