{"numero_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "articles": [{"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-001", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "REVUE MENSUELLE D'ART & DE LITTÉRATURE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 232, "fin_caractere_exclue": 394, "texte": "REVUE MENSUELLE\n\nD ' A R T & DE L I T T É R A T U R E\n                   ABONNEMENT :\n\n        Belgique, 3 f r . 50, E tra n g e r, 4   fr.\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-002", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 394, "fin_caractere_exclue": 949, "texte": "SOMMAI RE :\n\n\nC hanson à l ’orée - Francis Vielé-Griffin.\nA n g o isse a u to m n a le - Tristan le Roux.\nSoir de m a i - Paul Arden.\nIn q u ié tu d e - Fernand Roussel.\nF risson de c h a ir - Georges Saint-Pol.\nS ym b o le m ig n a r d - Georges Saint-Pol.\nP arabole - José Hennebicq.\nA l ’h o rizo n d'adolescence - Paul Reimon.\nL es liv r e s - Stéphane Elseneur.\nM em ento.\n\n\nE diteur-A dm inistrateur : Maurice XHOFFER               N° 3   —   Octobre 1 8 9 5 .\n      rue    du   P a la is , 1 2 9 ,   V erviers.        Ce n u m é ro : 30 centim es.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-003", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 33, "page_fin": 33, "titre_corps": "Chanson à l’orée.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Francis Vielé-Griffin.", "ancre_debut": "Chanson à l'orée Ici la sente hésite", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 50, "page_imprimee": 33, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 925, "texte": "Chanson à l’orée.\nIc i la sente hésite\nT a n t de feuilles so n t tombées;\nN o u s a vo n s co u ru s i vite\nP a r l'herbe détrem pée,\nQue te vo ici toute essoufflée\nE t s i rose, q u ’on en oublie,\nTon beau bouquet effeuillé\nE t ta chevelure en folie !\n\n\n\n\nIro n s-n o u s p lu s a v a n t, rieuse\nP a n te la n te légère à m o n bras ?\nI l n ’est p lu s de feuilles a u x yeuses;\nOn se p erd , m êm e à d e u x , so u s bois,\nM a lg ré tes lèvres jo yeu se s\nE t la ch a n so n de ta voix;\n\n\n\n\nVoici l'om bre, a u ssi, q u i s'allonge\nE t des b ru m es en tre les saules,\nE t la n u it q u i v ie n t et ses songes;\nA p p u ie tes d e u x m a in s s u r m o n bras\nE t ta tète à m o n épaule,\nR e to u rn o n s à p e tit p a s\nA v e c ces longues p aroles\nQu’on se d it tout bas, com m e à s o i . . .\n\n                                      F ra n cis V ielé-G riffin.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-004", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 34, "page_fin": 34, "titre_corps": "Angoisse automnale.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Tristan le Roux.", "ancre_debut": "Angoisse automnale Quand reviendra l'automne", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 51, "page_imprimee": 34, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 1858, "texte": "Angoisse automnale.\n                                         Quand reviendra l’automne\n                                         cette saison si triste...\n                                                         J. L a fo r g u e .\n\n\nUn lamento d ’Automne a bramé cette nuit\nAdieu-vat attristé de l’E té qui s’enfuit\nE t le réveil fu t dur aux yeux qui se fermèrent ;\nSur l'herbe, en caillots d’or, les feuilles s’agglomèrent,\nLes arbres, esseulés, mornes, les bras tendus,\nSous le ciel de grisaille ont des airs de pendus;\nLe réverbère au loin vit sa mélancolie\nE t sa flèche ballotte au dur vent qui la plie;\nIl pleut, mais cette pluie sanglotte dans le noir.\nVoici venir là-bas, mon ancien Désespoir\nA coups d’ailes, rageur, et hum ant la curée;\nLors, un grand bruit se fait dans mon âme murée.\n\nAutomne, à morne ami, o compagnon fatal\nQuand ton vol s’est fixé, renaît aussi mon mal;\nCe m al fait de rancœur et de peine lassée\nE n paix s’épanouit sous ton aile glacée.\nComme un mousse perçoit la terre des agrès\nJe sens à ton approche hélas ! tous mes regrets\nMes remords, mes vœux révoltés et mon Ame\nE n détresse, souffrant et mourant, sans dictante,\nE t sans rien qui suscite un peu d’oubli joyeux.\nLors je vais comme un fou, mon songe dans les yeux.\n\nVoici le vieux berger et sa pâle figure\nLe front cerclé d’oiseaux d’u n si mauvais augure\nQue la peur a hélé l’angoisse dans mon cœur.\nIl descend, l’œil pensif, et d’un vas de langueur\nLa route qui conduit aux sentiers de Moi-môme\nSifflant pour rassembler le troupeau qui s’essaime;\nLe soir venant, le temps fraîchit, le berger met\nSa houppelande grise et de la m ain soumet\nLe noir troupeau bêlant sa vaine pâtenotre\n E t tous mes vieux Soucis rentrent l’un après l’autre . . .\n                                                 T rista n le R oux.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-005", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 35, "page_fin": 39, "titre_corps": "Un soir de Mai . . .", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Arden.", "ancre_debut": "Un soir de Mai (1) Un soir de Mai, il lui dit", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 52, "page_imprimee": 35, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 2083, "texte": "Un soir de M a i. . . (1)\n  Un soir de Mai, il lui dit tout, son amour, son espérance,\nses beaux rêves.\n\n   On quitta le village sitôt après le dîner, en bande joyeuse,\npour explorer encore un des coins pleins d ’attirance de cette\nArdenne toujours belle et charm euse. Sans but au début, les\ndeux familles, arrivant au pied de la montagne de Saint-\nWalfroy, voulurent revoir cette colline, l’orgueil de Margut,\nvénérée par un peuple qui aux pieuses journées de sanctification\nprocessionne en lentes files recueillies de pèlerins; un long\nrosaire à la main, ils serpentent avec un balancem ent las des\nhanches, traînant sur la pierraille les semelles encloutées.\n   Les Chambois, lès Fousseret, p ar petits groupes, gravirent\nla sente rocailleuse qui m ène au couvent, coupant l’immense\ndam ier des cham ps emblavés, des prés verts, des prem ières\npousses faisant éclater la terre, puissantes dans l’orgueil de la\nsève qui monte, qui gonfle les tiges et les dresse, fières, sous\nl’haleine des prem iers vents et les caresses du soleil\nencore tiède.\n   Sur les bords de ce chemin, aride au milieu de la splendeur\nnaissante du printem ps, s’alignent quatorze mignonnes grottes,\ndressées là pour m arquer aux fidèles ascensionnant la colline,\nles quatorze étapes de la divine Passion, les haltes du Fils de\nDieu durant son long chemin de douleurs, — tel, bien atténué,\nl’exténuem ent des dévots en prière aux jours des pieux\npélerinages.\n   Dans ces grottes rem ém orant les quatorze stations, quelques\nstatues de plâtre évoquent les tristes scènes, les chutes, les\nconsolations de Véronique, les ignominies glorieusem ent subies\net enfin le crucifiement, la m ort . . .\n   Mais l’impiété des passants a par ci par là estropié les gros­\nsières statuettes. Le bon larron, Ponce-Pilate, le Cyrénéen\nsecourable, Jésus et sa m ère ont subi l’outrage des pierres.\nEt les groupes m utilés, les statues décapitées, comme si une\nrage jalouse s’était acharnée sur eux, ont roulé dans les orties\n\n\n(1) D'un roman en préparation : Vieilles amours.\n"}, {"page_pdf": 53, "page_imprimee": 36, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "                            — 36 —\n\nde la grotte, piteux, lamentables . . .\n   Les dévôts quand même respectent ce Golgotha délabré,\nviennent y soulager leurs souffrances, y chercher l’espoir\nsecourable.\n   Au haut de la côte, une fois parcouru ce chemin de croix\nélevé par des mains pieuses, puis lapidé en de païens outrages,\nles prom eneurs arrivèrent devant le calvaire: trois hautes croix,\nmornes, lugubres, ém ergeant d’un bouquet de sapins, lançant\nau ciel l’éplorem ent de leurs longs bras décharnés.\n   A côté, se dresse la colonne de Saint-Walfroy, im posante en\nsa rude stature de grès, surmontée de l’image du bienheureux\nm artyr.\n   C’est su r cette haute colline que, d'après la légende, vivait\nvers 1400 1e Saint-Patron des Ardennes. Du haut d’une colonne,\nà l’instar de Saint-Siméon Stylite, il prêchait les dogmes sacrés\naux m anants d’alentour.\n   Il vécut, il m ourut sur sa pierre et quatre siècles après on\naccourt encore honorer sa mémoire et implorer sa très\nhaute intercession.\n   Pas de bruit sur ce plateau battu des bises, dans ce grand\nparc baigné d’ombres et de fraîcheur, fermé d’un rideau de\nmélèzes; parfois le tintis argentin d’une clochette qui s’ébranle\nau couvent, annonçant la prière et la dévotion aux frères\nLazzarites, un bruissem ent de gros chapelets et de croix de\nde métal qui s’entrechoquent, un frottem ent de sandales sur\nle pavé troublent le silence hiératique épandu en ces lieux.\n   Par instants une sœ ur passe et sa large coiffe aux ailes\n blanches, raides d’empois volête en de molles cadences.\n   Le calme qui règne aux abords de la communauté incite au\nrecueillement. Nos prom eneurs avaient cessé leurs rires et leur\njoie bruyante.\n   Les demoiselles Fousseret, Madame Chambois, Madame Léo ­\nnie, entrèrent dans la chapelle sombre, comme voilée d ’un\ncrêpe de ténèbres; un grand pan de lumière blanche et rose,\n teintée de vert tendre, tachée d’azur, se drapait, seul dans\n toute cette ombre assoupie, accroché aux vitraux d’une ogive.\n Le soleil du dehors coulait dans le sanctuaire morne cette pluie\n de rayons pâles qui escaladait les bancs de vieux chêne, m et­\n tait une phosphorescente lueur sur les enluminures de la nef,\n écornait les coins des sculptures, s ’accrochait aux frises, aux\n arêtes, coupait d’un rai sanglant les dalles de marbre rouge, sem ­\n"}, {"page_pdf": 54, "page_imprimee": 37, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "                           — 37 —\n\nblait un lumineux arc-en-ciel, joyeux dans le recueillem ent de la\nchapelle où flottaient de grandes ombres mornes.\n   Les jeunes gens restèrent su r le plateau, contem plant l’a­\ngreste beauté du paysage, profond décor, aux avant-plans\nclairs et ensoleillés encore, malgré le déclin du jour, aux fonds\nde brume noyés dans le bain rosé des rayons encore timides de\nl’astre jeune.\n   Au pied de la montagne, Margut groupe ses maisons blan­\nches tachées des plaques sombres que m ettent les grands\narbres des jardins sur le crépis des murs.\n   A leur droite, ondulant entre les prés et les cham ps verdis\ndes prem ières pousses, s’allonge en une teinte gris pâle la route\nqui, venant de Lorraine, gagne Sedan et la Meuse.\n   Elle disparaît un instant dans la confusion des toits violacés\nou rouge d’ocre, puis surgit de nouveau et va se perdre derrière\nles collines de faite qui séparent la Semois et la Chiers. Entre\ndeux éminences de cette chaîne, dans un fond boisé, s’aperçoi­\nvent, confus dans l’indécis des forêts brum euses, les prem iers\ntoits de Carignan.\n   Puis, étirée dans toute la longueur du tableau, allant de\ndroite à gauche, la route qui vient de Belgique et s’échappe,\npassant au travers de Signy-Montlibert, dans les bois, fuyant\nvers Montmédy.\n   Que de fois le docteur Donjeux passa sur cette route, l’espoir\nau cœ ur, la joie dans l’âm e, allant vers Villers ou revenant de\nchez J e a n n e . . .\n   Et enfin, loin, bien loin, tout au h aut des dernières collines\nqui ferm ent l’horizon, derrière Sapogne, le plus profondément\nque l’œil perçoit en cet immense am phithéâtre, se détache,\nincrusté dans la ligne terne des futaies, un point blanc : le\nchâteau des Ameroyes.\n   Les prom eneurs visitèrent le parc, l’hôtellerie, conquis par\nl’heureuse quiétude qui se dégageait de cette retraite perdue\nsi haut, si seule, au milieu des arides splendeurs des Ardennes.\n   Tous ressentaient l’impression de ce calme. Et leurs pensées\ns’identifiaient avec la paix planant sur ce monastère, poussant\nles hautes floraisons de son calme pieux.\n   Louis e t Henriette s’étaient écartés du groupe. Assis sur un\nbanc, sous un dais de feuillage, ils voyaient la campagne\n infinie, le m outonnement ondulé de la plaine tourm entée en un\n remous de vagues, trem pée d’une lumière blonde, douce et\n"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 38, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2429, "texte": "                            — 38 —\n\ncaressante à l’Orient, presque incendiée dans des tonalités\nvives brusquem ent apparues à l’opposite.\n    — Qu’il fait bon vivre ici, Mademoiselle Henriette, enivré de\ntoute cette saine odeur de vie qui plane dans l’air, ému, ravi\ndes splendeurs de la campagne, des magnificences de la saison\njeune.\n    — Vous êtes poétique aujourd’hui, fit Henriette en souriant.\n    — Qui ne pourrait l’être en contem plant ces beautés? Et moi,\nj ’aime nos champs, nos vallons; j ’aime la nature, le soleil\ntiède et l’or de ses rayons, la pâleur nacrée d’un ciel de Mai,\nune aurore éblouissante illuminant des nues de cuivre, ou bien\ncomme en cet in stant la m ort sereine d’un beau jour; j ’aime\nl’ombre fraîche des frondaisons, le chant de l’oiseau, le frisselis\nd’une eau claire, tout ce qui nous entoure, ce qui nous grise\nenfin; j ’aime, oh ! oui, j ’aim e la nature . . .\n    Il s ’était levé, et le bras étendu en un geste d’em phase, il\n sem blait vouloir étreindre la plaine entière, la posséder et re­\nplier sur son cœ ur en un enlacem ent am oureux l’éventail\n imm ensém ent éployé au pied de la montagne.\n    — Mais, Mademoiselle H enriette, vous souriez, je vois. Cela\n vous paraît donc grotesque, enfantin, cette extase, cet enthou­\n siasm e bien sincères pourtant ?\n    — Oh! non, ne m ’en voulez pas, ne croyez pas que je reste\n insensible devant ces trésors, ces luxuriances. Je vous sais\n grand rêveur, épris d’idéal, et moi je suis si espiègle, si gamine.\n    — Mademoiselle Henriette !\n    — Mais oui, je suis enfant, bien enfant pour mon fige et votre\n lyrisme me faisait rire. N’importe, je trouve cela beau, d’aim er\n les horizons qui s’étendent loin, bien loin, les moissons, les\n bois, les ravins, le soleil et les cieux . . . Allons, je serai vite\n convertie à votre cause.\n     — Elle est si belle !\n     — Pourtant, vous m ’avez l’air bien exclusif ! Vous admirez,\n vous aimez la nature; mais n ’aimez-vous donc qu’elle ? C’est\n très beau, mais cela n ’a qu’un tem ps et 0n n’en vit pas de\n passions pareilles. Allons, je vous emmène ou bien nous allons\n dire des bêtises. Venez jusqu’à la chapelle du Père Peyreboire.\n     Louis voulut parler, répondre à cette question qui l’avait\n  bouleversé : «N’aimez-vous donc qu’elle?» S’il n’aim ait qu’elle!..\n    Tout son aveu, tout ce qui brûlait son âme, tout ce qu’il\n  taisait depuis des jours bien longs lui vint aux lèvres . . .\n"}, {"page_pdf": 56, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1796, "texte": "                             — 39 —\n\n   Mais Henriette s’était levée, sautillante, rieuse et l’emmenait,\nchangeant de thème, oubliant de suite ce qu’elle avait dit l’ins­\ntant d’avant.\n   Il se tut.\n   Le révérend Peyreboire é tait un des frères de la commu­\nnauté. Missionnaire en Chine il fut m assacré et en sa mémoire\nen a élevé un mausolée sur la montagne.\n    Les pèlerins charitables accordent un Pater au m artyr . . .\n   Les pierres blanches de la petite chapelle sont tailladées\nd ’inscriptions, de noms, de dates.\n    H enriette et Louis s’am usèrent à déchiffrer ces phrases tristes\nles unes, d ’autres pieuses, galantes ou philosophiquement senten ­\ntie u se s. . . et prétentieuses.\n    — Venez donc voir, Mademoiselle H enriette. Notre poète a\npassé p ar ici.\n    Elle s ’approcha et lut quelques vers finement gravés dans\nla pierre :\n\n         A u x pieds de vos autels, hilarant Saint-W alfroy,\n         Je fais dévotement profession de foi :\n         « Qu’on épouse une femme, oui! Mais, divin apôtre,\n         « Je veux permettre aussi qu’on vive avec une autre,\n         « E t puis qu'en fin de compte, on n ’aime encor que soi. »\n                                                     II. Chambois.\n\n   — Henry Chambois ! dit-elle. Et son cœ ur n’eut pas un tres­\nsaillement, elle se sentit indifférente; et cette joyeuse profession\nde foi du fat en belle hum eur ne lui causa qu’un grand dédain,\nsans la tristesse d’un regret.\n   Dès lors elle fut sûre d’elle-même, sûre de ne pas aimer\nHenry. Elle se prit à douter qu’elle l’eut jam ais aimé. La cer­\ntitude est si p r è s d u doute . . .\n   — Ah! mais il est m alhonnête, le Parisien, fit-elle avec un\naccent de m épris.\n\n\n\n                                                      P aul A rd e n .\n(La fin au prochain numéro.)\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-006", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 40, "page_fin": 40, "titre_corps": "Inquiétude.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Roussel.", "ancre_debut": "Inquiétude Je souffre la douleur", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 133, "fin_caractere_exclue": 1031, "texte": "I n q u i é t u d e .\n\n\n\n\nJe so u ffre la d ouleur de ne p lu s m e com prendre,\nD 'avoir u n e âm e n eu ve en u n corps m a la d if\nE t d'aller d a n s la n u it, d'un p a s souple et f u r t i f\nC hercher en c rim in e l ce q u i doit m e su rp re n d re .\n\n\n\nL a c h a ir m e semble triste et bien lourde à p o r te r\nCar j e la sens vieillir en ses desseins étranges\nE t j e m e sa is m a u d it alors q u 'u n rêve d'anges\nS'efforce encore en m o i — v a in e m e n t — de chanter.\n\n\n\nM on coeur m a r ty r is é cultive son m a r ty r e ,\nP le u r a n t sa solitude en son triste délire,\nS a n s qu'à sa v o ix ne vienne u n d o u x et bon docteur.\n\n\n\nE t le vo ici m a r c h a n t a u tra v e rs de la vie\n— Belle om bre que la m o r t n'a p a s encore r a v ie —\nHabile seu lem en t à r y th m e r sa do u leu r !\n\n\n                                                     F ern a n d Roussel.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-007", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 41, "page_fin": 41, "titre_corps": "Frisson de chair.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Saint-Pol.", "ancre_debut": "Frisson de chair Les beaux corps", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 58, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 1291, "texte": "Frisson de chair.\n\nL es b ea u x corps lu x u r ie u x des su lta n es d'alcôves,\nB locs de c h a ir m ensongère et de vices subtils\nE ta le n t leu r splendeur, sp len d eu r de bêtes fa u v e s\nS u r des co u ssins de soie a u x n œ uds d'or en to rtils.\n\n\nL 'é cro u lem e n t épais de leu rs ch e v e u x g r is a n ts\nCasque leu r fr o n t u n i d'u n r o y a l diadèm e\nE t leu rs lèvres de p o u rp re a u x baisers ca ressa n ts\nM a sq u en t leurs blanches dents d'une sa n g la n te gem m e.\n\n\nL e p a vo is de leurs seins o rg u eilleu x et superbes\nSe dresse so m p tu e u x d a n s son albe lo u rd eu r\nComme u n e floraison m erveilleuse de gerbes\nP leines de volupté, de tro m p eu se ca n d eu r.\n\n\nE t to u t leu r corps ch a rn e l fa it de m a rb re v iv a n t\nS ’épand co m m e u n e lave ard en te d a n s l'ouate.\nL e u r souffle p a r fu m é halète, tel le v e n t\nA u x époques d 'a m o u r où tout bout se dilate.\n\n\nC ependant que leurs y e u x , n u a n ces de topaze,\nR a y o n de ja is , de n a cre ou d 'a z u r indécis\nR eg a rd en t si tro u b la n ts, s i sublim es d’exta se\nQu’ils so n t d ivin s m a lg ré les désirs y incis.\n\n\n                                               Georges S a int-P ol.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-008", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 42, "page_fin": 42, "titre_corps": "Symbole mignard.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Saint-Pol.", "ancre_debut": "Symbole mignard A Mlle E. 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Mais tout n ’est point consommé: en ce monde, il est\nencore de belles missions, de purs apostolats; il est, pour vous,\ndes pauvres à consoler, des souffrants à relever.\n  Madeleine devenez repentante et sainte.\n  Désormais, que vos yeux, miroirs de volupté, pleurent\navec ceux qui pleurent; que vos lèvres, roses patènes d’amour,\nprient avec ceux qui prient; que vos mains, verseuses de\ncaresses, dispensent les dictâmes; que vos paroles soient douces\ncomme le miel, réconfortantes comme un vin.\n   Souffrez : vous avez bu jusqu’à l’ivresse aux coupes des\ndélices, videz jusqu’à la lie les calices amers. Le cilice sera\nvotre rédemption et vous connaîtrez le bonheur dans la souf­\nfrance. Que vos larmes et vos prières — implorantes du\npardon — montent là-Haut, ainsi que de frêles encens.\n   E t pardonnez vous même à celui qui vous souilla. Ne le\nhaïssez pas : priez pour lui et priez pour tous ceux, dont les\nyeux se sont clos sur l’ultime mirage. Pour ceux qui n ’on t\npoint de place au banquet.\n   Et pour le mauvais riche. Pour les révoltés qui méditent de\nrouges vengeances, pour les résignés et les las de m archer et\npour tous ceux enfin qu’une chimère mord . . .\n   Hors Dieu la vie est une géhenne !\n   Croyez : là-haut sont les suprêmes félicités;\n   Priez : là-haut sont les derniers dictâmes — »\n   Ainsi avait parlé à la déchue le moine — thérapeute des\ncœurs morbides et des âmes lépreuses.\n   Elle était allée vers Lui, elle — hier encore - l’affolée de sa\nchair. Elle avait maudit celui qui — robeur do pureté —\nd’ignorante et chaste, l’avait faite luxurieuse et perverse.\n"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1159, "texte": "                               — 44 —\n\n   Un futur d’obscènes sacrificatures devant elle, avait surgi.\nLa pourpre de la honte au front, elle avait songé aux outra­\ngeants contacts qu’allait subir son jeune corps d’adolescente.\n   E t plutôt que d’être — un jour peut-être — celle que le\npassant possède, en insultant elle pensa à la mort libératrice\nde son dam.\n   Fut-ce un éclair do Foi, une lueur d’En Haut qui la fit s'abî­\nmer en pleurs — une nuitée — sous les voûtes mystiques\nd’une cathédrale ? Quel mobile inattendu et insoupçonné\nl’éloigna du suicide prémédité et l’amena vers Dieu ?\n   Mystérieuse et indéfinissable attirance des églises le soir !\n   Charme consolant de choir sur un prie-Dieu où tant de\ngenoux lassés se sont ployés et humblement de prier !\n   Elle voulut expier et stigmatisa sa chair des cordes du\nsupplice; elle l’avilit et la mortifia. D’impudique elle se fit\nm artyre et le cloître s’ouvrit. devant elle.\n   Ainsi m o u r u t — pour le monde — celle qui s’était repentie,\nen projetant son être purifié et son âme rédimée, dans la\nLumière Divine !\n                                                José H e n n eb ic q .\n\n\n      "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-010", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 44, "page_fin": 45, "titre_corps": "A l’horizon d’adolescence . . .", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Reimon.", "ancre_debut": "A l'horizon d'adolescence A l'horizon d'adolescence Apparait", "ancre_fin": "fange. Paul Reimon.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Livres Charles Delchevalerie", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 61, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 1159, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "A l’horizon d’adolescence . . .\nA l'horizon d'adolescence,\nA p p a r a ît u n e sensitive\nE n la fa ta le alliciance\nDe sa fra g ile efflorescence.\nDe celui q u i l'a cueillie\nE lle v e u t le c œ u r p o u r ciboire-,\nDe celu i q u i l'a cueillie\nA son c œ u r elle est l'hostie.\nT rô n a n t d a n s les c œ u rs vierges\nA ve c leurs â m es p o u r chapelles\nE l leu rs ca n d e u rs p o u r cierges :\nElle est la tu téta ire vierge.\n"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 409, "texte": "                            — 45 —\n\nE t p o u r culte l'éclosion fée\nE n seule oblation votive\nVeut des baisers p o u r rosée\nDe douces p h ra se s m u rm u ré e s.\n\n. . . E t vo ici le bon a rch a n g e\nD o m p ta n t la ta ra sq u e m a lig n e\nQui tend des p rése n ts étranges,\nTelle u n e flo raison de fange.\n\n                                                   P aul R eim on.\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-011", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 45, "page_fin": 47, "titre_corps": "Les Livres.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stéphane Elseneur.", "ancre_debut": "Les Livres Charles Delchevalerie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 62, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 409, "fin_caractere_exclue": 1596, "texte": "Les Livres\nCharles Delchevalerie : Décors (*)\n\n                                          A. Miot et Jarnar, Liège.\n\nPaul Gérardy : A la g loire de Bocklin.\n\n                                                  E. Gnusé, Liège.\n\n\n   Paysages rencontrés au hasard des promenades, coins aimés,\nsites de la terre natale défilent sous nos yeux en Décors. Et\nce ne sont pas de ternes et pâles descriptions, monotones et\ninégales, des décorations mortes. Une tristesse ou une joie y\nfrissonne; ils vivent de toute la vie frémissante qu'y mit l’au­\nteur. Tout ce qu’on voulut y exprimer, ils le suggèrent et\nen nous ils suscitent de pénétrantes visions, qui font songer.\n   La forme est adorable et exquise. M. Delchevalerie cisèle scs\nphrases, amoureusement, en patient et jaloux orfèvre. Il mo­\ndule des rythm es variés aux souplesses ondulantes. Et c’est un\nravissement, que je veux vous faire goûter ; l'auteur peut\nn ’être pas puissant, mais c’est toujours un délicieux poète,\nsubtil et divers :\n  Au bord d’une allée de châtaigniers, s'allonge la berge au ­\ntomnale, tapis roux d’herbe rase où des rondes d’enfants sont\néparses.\n(*) ornés à la couverture d’un splendide dessin d’Aug. Donnay.\n"}, {"page_pdf": 63, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2608, "texte": "                            — 46 —\n\n   Le site est d istant et se baigne d’un plus cher songe parmi\nles mélancolies du m ourant septem bre. Par dessus les m onts\nle vaste couchant versicolore se mire aux lentes moires du\nfleuve. Un changeant tableau s’y dessine : tons dilués d’or, de\nmauve, d’am aranthe, d’am éthyste, écharpes fauves, traines d’o­\npale, un cortège d ’ancienne royauté déroulant ses magies sous\nla trem blante colonnade des peupliers de l’autre rive.\n   Solitude et lointain, silence des voix folles, sérénité : le soir\nharm onieux s’étend sur l’âm e qui chante des enfants clairs là-\nbas. Ils sont comme des couronnes en fleurs en ce déclin du\npaysage où s’indécise et m eurt leur chanson blonde. Et les\nvoici vers le fleuve, immobiles, et leur cœ ur incertain s’ouvrir\nà l’émoi qui neige en eux des cieux profonds du crépuscule.\n    Ces lignes, prises à l’aventure, ne vous charment-elles point?\nE t comme il est dommage, vraiment, que la pensée de M. Del­\nchevalerie n ’ait pas toujours, avec d’aussi précieuses qualités\nd’évocation, de style et d’élégante distinction, de la profondeur,\nde la force !\n    Nous savions vaguement que par les sombres Germanies, un\npeintre, du nom de Bocklin, vivait. Des privilégiés entre nous\navaient vu de ses œuvres et nous gardions de ce nom l’exotique\nconsonnance, comme les barbares blonds conservaient le sou­\nvenir des étranges cités, dont on leur parlait et dont ils rêvaient.\nM. Paul Gérardy, silhouette l’œuvre et, en quelques traits, fait\nsurgir devant nous la significative personnalité du m aître.\n    Après avoir lu ces notes sur un grand artiste, il sied d’être\nreconnaissant de plus que d’une œuvre do banale vulgarisation ;\ncar ce petit livre est gros de belles choses bellement affirmées;\nau milieu de certaines subtilités mièvres et perverses d’esthé­\n tiques récentes il vient à son heure. C’est un hymme radieux et\nfervent à la vie en santé, en joie, en force, en beauté ; c’est un\n “ hymme d’admiration et d’enthousiasme » c’est la glorification\n exaltée, frénétique et sincère de la joie, de la vie, de la chair ;\n c’est le cri do foi d’un panthéisme grandiose, instaurant le culte\n de la vie multiforme et profonde. Je ne partage point toutes\n les idées de l’auteur ( aussi bien il serait trop long et fasti­\n dieux de discuter) mais telles proses, entre autres, m’enchantè­\n rent où il montre la Pensée germanique, ayant besoin pour con­\n quérir la sérénité des formes pures de se retrem per dans la\n  lumière du midi... Un style original, nerveux et souple dérou­\n  le ses splendeurs. Dans la féerie du décor, l’idée s’essore à\n"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1369, "texte": "                           — 47 —\n\nlongs coups d’aile.\n  E t par la magie du verbe, et par l’ampleur de la pensée les\npages qui nous disent la descente des barbares vers les lumi­\nneuses Italies sont un superbe poème en prose, ces pages qui\ncommencent par ces appels nostalgiques :\n     Sous les tentes nomades au nord et à l’est des chantres\nétaient venus :\n  Nous venons de l’azur des pays inconnus.\n  Levez vos tentes, levez vos tentes !\n  Dans les jardins mois et calmes luisent des fruits d ’or.\n  Levez vos tentes, levez vos tentes !\n  Les femmes, elles sont belles, elles sont folles e t vos baisers\n  Feront courir de longs frissons dans la soie noire de leurs\ncheveux\n  Levez vos tentes, levez vos tentes !\n  Il e st des vins rouges, rouges comme du sang dans des\ncoupes d’or.\n  Le soleil chante sur les cham ps im m enses et calmes.\n  Levez vos tentes.\n\n\n\n  Deux aînés sont venus, qui me prirent la main et ils m’ont\nconduit, l’un vers des sites prestigieux, l’autre vers des œuvres\nde beauté. Nous nous attardions au bord de la route, l’un\nétait taciturne, de geste rare et discret, l’autre était plein de\njoyeuse fougue exubérante et lançait vers le ciel sa vibrante\nchanson.. . . Et notre âme longtemps s’émerveilla.\n   Quand recommencera le lent, pieux et pensif pélerinage ?\n                                            S téphane E lseneur.\nOctobre 1895.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-012", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 48, "page_fin": 48, "titre_corps": "Memento.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Memento Nous ne nous abaisserons", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 65, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 1118, "texte": "M em en to\n\n  Nous ne nous abaisserons à répondre à tel infime folliculaire\nque quand le monsieur prendra la peine de rédiger ses a tta ­\nques en français. Mais nous nous permettrons de faire rem ar­\nquer à F a ta M o fg a n a que s’il a voulu passer pour un\nimbécile, il était inutile — (bien qu’il ait parfaitem ent réussi)\n— de nous fournir cette dernière preuve.\n\n  Les Livres — Reçu :\n  André Ruyters : D ouze p etits n o ctu rn es. — Henri Ba­\ntaille : L a ch a m b re blanche.\n\n\n  Nous prions vivement les journaux quotidiens, qui nous\nem pruntent des articles de bien vouloir dorénavant nous citer.\n\n\n   Les Revues. A lire :\n   Mercure de France — Francis Vielé-Griffi n : L a poétique\nn o u velle — Adolphe Relié : L e C hâteau de deuil.\n   Revue blanche — Jules Laforgue : L 'a r t m o d ern e en\nA lle m a g n e .\n   Société nouvelle — Georges Eekhoud : L a pléiade sh a ke s­\np ea rien n e .\n   Coq rouge — Georges Eekhoud : L ’a v e n tu re d’u n bu veu r\nde bière.\n  A rt jeune — Charles Van Lerberghe : E n trev isio n — Paul\n Fort: B allade.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-013", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Collaborateurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L 'AR T W AL L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1326, "texte": "L 'AR T                                W AL L ON\n  R e v ue M ensuelle                          d ’A r t et de Litté ra ture\n             OUVERTE                  A     TOUS           LES    JEUNES\n\n\n\n\n                     CO LLABO RATEU RS :\n                                      W ALLONIE.\n\n\n        P aul Ard en ,           R ic h a r d B l o n d e l ;    A r t h u r D a x h e iæ t ,\n\nCh a r l e s      D e l c h a v a l e r ie ,    A ug u ste      D onnay,       S téphane\n\nE l s e n e u r , J u l e s F e l l e r , P a u l G é r a r d y , A r n o l d G of f i n ,\n\nA l b . G u é q u ie r , J o sé H e n n e b ïc q , H u b e r t K r a i n s , R ic h a r d\n\nL e d e n t , A l b e r t M ock el, L éon P a sc h a l , E dm ond R a sse n -\n\nfo sse,     P a u l R e im o n , T r is t a n l e      R o u x , F er n a n d R o u ssel,\n\nG e o r g e s S a in t - P o l ,     F e r n a n d S é v e r in , H u b e r t S t ie r n e t ,\n\nM a r c e l V i r e u x , I.     W il l .\n\n                               HORS            W ALLONIE.\n\n\n       Georges              R odenbach,         E m il e     V erhaeren,          F r a n c is\n\nV ie l é -G r i f f i n .\n\n\n\n\n       Adresser livres,               m anuscrits           et communications               à\nM. Maurice XHOFFER, adm inistrateur, rue du Palais, 129,\nVerviers.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1895-10-n3-014", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PHOTOGRAPHIÉ ARTISTIQUE AUGUSTE VANDEVELDE Collections de", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 588, "texte": "PHOTOGRAPHIÉ ARTISTIQUE\nAUGUSTE VANDEVELDE\n\n  Collections de portraits artistiques\n                  en tous genres\n Catalogue avec échantillons fr. 2.00\n          ADRESSER LES COMMANDES\nA u g . V a n d e v e ld e , b o ite p o s ta le , 186\n                 AMSTERDAM\n\n\n\n      TYPOGRAPHIE - LITHOGRAPHIE\n\nMaurice Xhoffer\n          ÉDITEUR DE L’ART W ALLON\n     .R u e     du P a l a i s , 12Q\n                 V ERVIERS\n\n   IM P R E S S IO N S C O M M E R C IA L E S\n            EN TOUS G EN R ES\n\n\nP ublications littéraires          et artistiques\n            ÉDITIONS DE LU X E\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 48, "texte": "                                                     T\n                                                     R\n                                                     'A\n                                                      L\n\n\n\n\n      REVUE MENSUELLE\n\nD ' A R T & DE L I T T É R A T U R E\n                   ABONNEMENT :\n\n        Belgique, 3 f r . 50, E tra n g e r, 4   fr.\n\n\n\n\n                  SOMMAI RE :\n\n\nC hanson à l ’orée - Francis Vielé-Griffin.\nA n g o isse a u to m n a le - Tristan le Roux.\nSoir de m a i - Paul Arden.\nIn q u ié tu d e - Fernand Roussel.\nF risson de c h a ir - Georges Saint-Pol.\nS ym b o le m ig n a r d - Georges Saint-Pol.\nP arabole - José Hennebicq.\nA l ’h o rizo n d'adolescence - Paul Reimon.\nL es liv r e s - Stéphane Elseneur.\nM em ento.\n\n\nE diteur-A dm inistrateur : Maurice XHOFFER               N° 3   —   Octobre 1 8 9 5 .\n      rue    du   P a la is , 1 2 9 ,   V erviers.        Ce n u m é ro : 30 centim es.\n"}, {"page_pdf": 49, "texte": ""}, {"page_pdf": 50, "texte": "                            — 33 —\n\n\n                 Chanson à l’orée.\nIc i la sente hésite\nT a n t de feuilles so n t tombées;\nN o u s a vo n s co u ru s i vite\nP a r l'herbe détrem pée,\nQue te vo ici toute essoufflée\nE t s i rose, q u ’on en oublie,\nTon beau bouquet effeuillé\nE t ta chevelure en folie !\n\n\n\n\nIro n s-n o u s p lu s a v a n t, rieuse\nP a n te la n te légère à m o n bras ?\nI l n ’est p lu s de feuilles a u x yeuses;\nOn se p erd , m êm e à d e u x , so u s bois,\nM a lg ré tes lèvres jo yeu se s\nE t la ch a n so n de ta voix;\n\n\n\n\nVoici l'om bre, a u ssi, q u i s'allonge\nE t des b ru m es en tre les saules,\nE t la n u it q u i v ie n t et ses songes;\nA p p u ie tes d e u x m a in s s u r m o n bras\nE t ta tète à m o n épaule,\nR e to u rn o n s à p e tit p a s\nA v e c ces longues p aroles\nQu’on se d it tout bas, com m e à s o i . . .\n\n                                      F ra n cis V ielé-G riffin.\n"}, {"page_pdf": 51, "texte": "                             — 34 —\n\n\n               Angoisse automnale.\n                                         Quand reviendra l’automne\n                                         cette saison si triste...\n                                                         J. L a fo r g u e .\n\n\nUn lamento d ’Automne a bramé cette nuit\nAdieu-vat attristé de l’E té qui s’enfuit\nE t le réveil fu t dur aux yeux qui se fermèrent ;\nSur l'herbe, en caillots d’or, les feuilles s’agglomèrent,\nLes arbres, esseulés, mornes, les bras tendus,\nSous le ciel de grisaille ont des airs de pendus;\nLe réverbère au loin vit sa mélancolie\nE t sa flèche ballotte au dur vent qui la plie;\nIl pleut, mais cette pluie sanglotte dans le noir.\nVoici venir là-bas, mon ancien Désespoir\nA coups d’ailes, rageur, et hum ant la curée;\nLors, un grand bruit se fait dans mon âme murée.\n\nAutomne, à morne ami, o compagnon fatal\nQuand ton vol s’est fixé, renaît aussi mon mal;\nCe m al fait de rancœur et de peine lassée\nE n paix s’épanouit sous ton aile glacée.\nComme un mousse perçoit la terre des agrès\nJe sens à ton approche hélas ! tous mes regrets\nMes remords, mes vœux révoltés et mon Ame\nE n détresse, souffrant et mourant, sans dictante,\nE t sans rien qui suscite un peu d’oubli joyeux.\nLors je vais comme un fou, mon songe dans les yeux.\n\nVoici le vieux berger et sa pâle figure\nLe front cerclé d’oiseaux d’u n si mauvais augure\nQue la peur a hélé l’angoisse dans mon cœur.\nIl descend, l’œil pensif, et d’un vas de langueur\nLa route qui conduit aux sentiers de Moi-môme\nSifflant pour rassembler le troupeau qui s’essaime;\nLe soir venant, le temps fraîchit, le berger met\nSa houppelande grise et de la m ain soumet\nLe noir troupeau bêlant sa vaine pâtenotre\n E t tous mes vieux Soucis rentrent l’un après l’autre . . .\n                                                 T rista n le R oux.\n"}, {"page_pdf": 52, "texte": "                           — 35 —\n\n\n             Un soir de M a i. . . (1)\n  Un soir de Mai, il lui dit tout, son amour, son espérance,\nses beaux rêves.\n\n   On quitta le village sitôt après le dîner, en bande joyeuse,\npour explorer encore un des coins pleins d ’attirance de cette\nArdenne toujours belle et charm euse. Sans but au début, les\ndeux familles, arrivant au pied de la montagne de Saint-\nWalfroy, voulurent revoir cette colline, l’orgueil de Margut,\nvénérée par un peuple qui aux pieuses journées de sanctification\nprocessionne en lentes files recueillies de pèlerins; un long\nrosaire à la main, ils serpentent avec un balancem ent las des\nhanches, traînant sur la pierraille les semelles encloutées.\n   Les Chambois, lès Fousseret, p ar petits groupes, gravirent\nla sente rocailleuse qui m ène au couvent, coupant l’immense\ndam ier des cham ps emblavés, des prés verts, des prem ières\npousses faisant éclater la terre, puissantes dans l’orgueil de la\nsève qui monte, qui gonfle les tiges et les dresse, fières, sous\nl’haleine des prem iers vents et les caresses du soleil\nencore tiède.\n   Sur les bords de ce chemin, aride au milieu de la splendeur\nnaissante du printem ps, s’alignent quatorze mignonnes grottes,\ndressées là pour m arquer aux fidèles ascensionnant la colline,\nles quatorze étapes de la divine Passion, les haltes du Fils de\nDieu durant son long chemin de douleurs, — tel, bien atténué,\nl’exténuem ent des dévots en prière aux jours des pieux\npélerinages.\n   Dans ces grottes rem ém orant les quatorze stations, quelques\nstatues de plâtre évoquent les tristes scènes, les chutes, les\nconsolations de Véronique, les ignominies glorieusem ent subies\net enfin le crucifiement, la m ort . . .\n   Mais l’impiété des passants a par ci par là estropié les gros­\nsières statuettes. Le bon larron, Ponce-Pilate, le Cyrénéen\nsecourable, Jésus et sa m ère ont subi l’outrage des pierres.\nEt les groupes m utilés, les statues décapitées, comme si une\nrage jalouse s’était acharnée sur eux, ont roulé dans les orties\n\n\n(1) D'un roman en préparation : Vieilles amours.\n"}, {"page_pdf": 53, "texte": "                            — 36 —\n\nde la grotte, piteux, lamentables . . .\n   Les dévôts quand même respectent ce Golgotha délabré,\nviennent y soulager leurs souffrances, y chercher l’espoir\nsecourable.\n   Au haut de la côte, une fois parcouru ce chemin de croix\nélevé par des mains pieuses, puis lapidé en de païens outrages,\nles prom eneurs arrivèrent devant le calvaire: trois hautes croix,\nmornes, lugubres, ém ergeant d’un bouquet de sapins, lançant\nau ciel l’éplorem ent de leurs longs bras décharnés.\n   A côté, se dresse la colonne de Saint-Walfroy, im posante en\nsa rude stature de grès, surmontée de l’image du bienheureux\nm artyr.\n   C’est su r cette haute colline que, d'après la légende, vivait\nvers 1400 1e Saint-Patron des Ardennes. Du haut d’une colonne,\nà l’instar de Saint-Siméon Stylite, il prêchait les dogmes sacrés\naux m anants d’alentour.\n   Il vécut, il m ourut sur sa pierre et quatre siècles après on\naccourt encore honorer sa mémoire et implorer sa très\nhaute intercession.\n   Pas de bruit sur ce plateau battu des bises, dans ce grand\nparc baigné d’ombres et de fraîcheur, fermé d’un rideau de\nmélèzes; parfois le tintis argentin d’une clochette qui s’ébranle\nau couvent, annonçant la prière et la dévotion aux frères\nLazzarites, un bruissem ent de gros chapelets et de croix de\nde métal qui s’entrechoquent, un frottem ent de sandales sur\nle pavé troublent le silence hiératique épandu en ces lieux.\n   Par instants une sœ ur passe et sa large coiffe aux ailes\n blanches, raides d’empois volête en de molles cadences.\n   Le calme qui règne aux abords de la communauté incite au\nrecueillement. Nos prom eneurs avaient cessé leurs rires et leur\njoie bruyante.\n   Les demoiselles Fousseret, Madame Chambois, Madame Léo ­\nnie, entrèrent dans la chapelle sombre, comme voilée d ’un\ncrêpe de ténèbres; un grand pan de lumière blanche et rose,\n teintée de vert tendre, tachée d’azur, se drapait, seul dans\n toute cette ombre assoupie, accroché aux vitraux d’une ogive.\n Le soleil du dehors coulait dans le sanctuaire morne cette pluie\n de rayons pâles qui escaladait les bancs de vieux chêne, m et­\n tait une phosphorescente lueur sur les enluminures de la nef,\n écornait les coins des sculptures, s ’accrochait aux frises, aux\n arêtes, coupait d’un rai sanglant les dalles de marbre rouge, sem ­\n"}, {"page_pdf": 54, "texte": "                           — 37 —\n\nblait un lumineux arc-en-ciel, joyeux dans le recueillem ent de la\nchapelle où flottaient de grandes ombres mornes.\n   Les jeunes gens restèrent su r le plateau, contem plant l’a­\ngreste beauté du paysage, profond décor, aux avant-plans\nclairs et ensoleillés encore, malgré le déclin du jour, aux fonds\nde brume noyés dans le bain rosé des rayons encore timides de\nl’astre jeune.\n   Au pied de la montagne, Margut groupe ses maisons blan­\nches tachées des plaques sombres que m ettent les grands\narbres des jardins sur le crépis des murs.\n   A leur droite, ondulant entre les prés et les cham ps verdis\ndes prem ières pousses, s’allonge en une teinte gris pâle la route\nqui, venant de Lorraine, gagne Sedan et la Meuse.\n   Elle disparaît un instant dans la confusion des toits violacés\nou rouge d’ocre, puis surgit de nouveau et va se perdre derrière\nles collines de faite qui séparent la Semois et la Chiers. Entre\ndeux éminences de cette chaîne, dans un fond boisé, s’aperçoi­\nvent, confus dans l’indécis des forêts brum euses, les prem iers\ntoits de Carignan.\n   Puis, étirée dans toute la longueur du tableau, allant de\ndroite à gauche, la route qui vient de Belgique et s’échappe,\npassant au travers de Signy-Montlibert, dans les bois, fuyant\nvers Montmédy.\n   Que de fois le docteur Donjeux passa sur cette route, l’espoir\nau cœ ur, la joie dans l’âm e, allant vers Villers ou revenant de\nchez J e a n n e . . .\n   Et enfin, loin, bien loin, tout au h aut des dernières collines\nqui ferm ent l’horizon, derrière Sapogne, le plus profondément\nque l’œil perçoit en cet immense am phithéâtre, se détache,\nincrusté dans la ligne terne des futaies, un point blanc : le\nchâteau des Ameroyes.\n   Les prom eneurs visitèrent le parc, l’hôtellerie, conquis par\nl’heureuse quiétude qui se dégageait de cette retraite perdue\nsi haut, si seule, au milieu des arides splendeurs des Ardennes.\n   Tous ressentaient l’impression de ce calme. Et leurs pensées\ns’identifiaient avec la paix planant sur ce monastère, poussant\nles hautes floraisons de son calme pieux.\n   Louis e t Henriette s’étaient écartés du groupe. Assis sur un\nbanc, sous un dais de feuillage, ils voyaient la campagne\n infinie, le m outonnement ondulé de la plaine tourm entée en un\n remous de vagues, trem pée d’une lumière blonde, douce et\n"}, {"page_pdf": 55, "texte": "                            — 38 —\n\ncaressante à l’Orient, presque incendiée dans des tonalités\nvives brusquem ent apparues à l’opposite.\n    — Qu’il fait bon vivre ici, Mademoiselle Henriette, enivré de\ntoute cette saine odeur de vie qui plane dans l’air, ému, ravi\ndes splendeurs de la campagne, des magnificences de la saison\njeune.\n    — Vous êtes poétique aujourd’hui, fit Henriette en souriant.\n    — Qui ne pourrait l’être en contem plant ces beautés? Et moi,\nj ’aime nos champs, nos vallons; j ’aime la nature, le soleil\ntiède et l’or de ses rayons, la pâleur nacrée d’un ciel de Mai,\nune aurore éblouissante illuminant des nues de cuivre, ou bien\ncomme en cet in stant la m ort sereine d’un beau jour; j ’aime\nl’ombre fraîche des frondaisons, le chant de l’oiseau, le frisselis\nd’une eau claire, tout ce qui nous entoure, ce qui nous grise\nenfin; j ’aime, oh ! oui, j ’aim e la nature . . .\n    Il s ’était levé, et le bras étendu en un geste d’em phase, il\n sem blait vouloir étreindre la plaine entière, la posséder et re­\nplier sur son cœ ur en un enlacem ent am oureux l’éventail\n imm ensém ent éployé au pied de la montagne.\n    — Mais, Mademoiselle H enriette, vous souriez, je vois. Cela\n vous paraît donc grotesque, enfantin, cette extase, cet enthou­\n siasm e bien sincères pourtant ?\n    — Oh! non, ne m ’en voulez pas, ne croyez pas que je reste\n insensible devant ces trésors, ces luxuriances. Je vous sais\n grand rêveur, épris d’idéal, et moi je suis si espiègle, si gamine.\n    — Mademoiselle Henriette !\n    — Mais oui, je suis enfant, bien enfant pour mon fige et votre\n lyrisme me faisait rire. N’importe, je trouve cela beau, d’aim er\n les horizons qui s’étendent loin, bien loin, les moissons, les\n bois, les ravins, le soleil et les cieux . . . Allons, je serai vite\n convertie à votre cause.\n     — Elle est si belle !\n     — Pourtant, vous m ’avez l’air bien exclusif ! Vous admirez,\n vous aimez la nature; mais n ’aimez-vous donc qu’elle ? C’est\n très beau, mais cela n ’a qu’un tem ps et 0n n’en vit pas de\n passions pareilles. Allons, je vous emmène ou bien nous allons\n dire des bêtises. Venez jusqu’à la chapelle du Père Peyreboire.\n     Louis voulut parler, répondre à cette question qui l’avait\n  bouleversé : «N’aimez-vous donc qu’elle?» S’il n’aim ait qu’elle!..\n    Tout son aveu, tout ce qui brûlait son âme, tout ce qu’il\n  taisait depuis des jours bien longs lui vint aux lèvres . . .\n"}, {"page_pdf": 56, "texte": "                             — 39 —\n\n   Mais Henriette s’était levée, sautillante, rieuse et l’emmenait,\nchangeant de thème, oubliant de suite ce qu’elle avait dit l’ins­\ntant d’avant.\n   Il se tut.\n   Le révérend Peyreboire é tait un des frères de la commu­\nnauté. Missionnaire en Chine il fut m assacré et en sa mémoire\nen a élevé un mausolée sur la montagne.\n    Les pèlerins charitables accordent un Pater au m artyr . . .\n   Les pierres blanches de la petite chapelle sont tailladées\nd ’inscriptions, de noms, de dates.\n    H enriette et Louis s’am usèrent à déchiffrer ces phrases tristes\nles unes, d ’autres pieuses, galantes ou philosophiquement senten ­\ntie u se s. . . et prétentieuses.\n    — Venez donc voir, Mademoiselle H enriette. Notre poète a\npassé p ar ici.\n    Elle s ’approcha et lut quelques vers finement gravés dans\nla pierre :\n\n         A u x pieds de vos autels, hilarant Saint-W alfroy,\n         Je fais dévotement profession de foi :\n         « Qu’on épouse une femme, oui! Mais, divin apôtre,\n         « Je veux permettre aussi qu’on vive avec une autre,\n         « E t puis qu'en fin de compte, on n ’aime encor que soi. »\n                                                     II. Chambois.\n\n   — Henry Chambois ! dit-elle. Et son cœ ur n’eut pas un tres­\nsaillement, elle se sentit indifférente; et cette joyeuse profession\nde foi du fat en belle hum eur ne lui causa qu’un grand dédain,\nsans la tristesse d’un regret.\n   Dès lors elle fut sûre d’elle-même, sûre de ne pas aimer\nHenry. Elle se prit à douter qu’elle l’eut jam ais aimé. La cer­\ntitude est si p r è s d u doute . . .\n   — Ah! mais il est m alhonnête, le Parisien, fit-elle avec un\naccent de m épris.\n\n\n\n                                                      P aul A rd e n .\n(La fin au prochain numéro.)\n"}, {"page_pdf": 57, "texte": "                               — 40 —\n\n                                             A    R ichard Blonde!.\n\n\n\n\n                      I n q u i é t u d e .\n\n\n\n\nJe so u ffre la d ouleur de ne p lu s m e com prendre,\nD 'avoir u n e âm e n eu ve en u n corps m a la d if\nE t d'aller d a n s la n u it, d'un p a s souple et f u r t i f\nC hercher en c rim in e l ce q u i doit m e su rp re n d re .\n\n\n\nL a c h a ir m e semble triste et bien lourde à p o r te r\nCar j e la sens vieillir en ses desseins étranges\nE t j e m e sa is m a u d it alors q u 'u n rêve d'anges\nS'efforce encore en m o i — v a in e m e n t — de chanter.\n\n\n\nM on coeur m a r ty r is é cultive son m a r ty r e ,\nP le u r a n t sa solitude en son triste délire,\nS a n s qu'à sa v o ix ne vienne u n d o u x et bon docteur.\n\n\n\nE t le vo ici m a r c h a n t a u tra v e rs de la vie\n— Belle om bre que la m o r t n'a p a s encore r a v ie —\nHabile seu lem en t à r y th m e r sa do u leu r !\n\n\n                                                     F ern a n d Roussel.\n"}, {"page_pdf": 58, "texte": "                              — 41 —\n\n\n                   Frisson de chair.\n\nL es b ea u x corps lu x u r ie u x des su lta n es d'alcôves,\nB locs de c h a ir m ensongère et de vices subtils\nE ta le n t leu r splendeur, sp len d eu r de bêtes fa u v e s\nS u r des co u ssins de soie a u x n œ uds d'or en to rtils.\n\n\nL 'é cro u lem e n t épais de leu rs ch e v e u x g r is a n ts\nCasque leu r fr o n t u n i d'u n r o y a l diadèm e\nE t leu rs lèvres de p o u rp re a u x baisers ca ressa n ts\nM a sq u en t leurs blanches dents d'une sa n g la n te gem m e.\n\n\nL e p a vo is de leurs seins o rg u eilleu x et superbes\nSe dresse so m p tu e u x d a n s son albe lo u rd eu r\nComme u n e floraison m erveilleuse de gerbes\nP leines de volupté, de tro m p eu se ca n d eu r.\n\n\nE t to u t leu r corps ch a rn e l fa it de m a rb re v iv a n t\nS ’épand co m m e u n e lave ard en te d a n s l'ouate.\nL e u r souffle p a r fu m é halète, tel le v e n t\nA u x époques d 'a m o u r où tout bout se dilate.\n\n\nC ependant que leurs y e u x , n u a n ces de topaze,\nR a y o n de ja is , de n a cre ou d 'a z u r indécis\nR eg a rd en t si tro u b la n ts, s i sublim es d’exta se\nQu’ils so n t d ivin s m a lg ré les désirs y incis.\n\n\n                                               Georges S a int-P ol.\n"}, {"page_pdf": 59, "texte": "                                — 42 —\n\n\n                   Symbole mignard\n                                                    A M lle E . D.\n\n\n\n\nA v e c des p étales de ly s bleus\nTissés de troublante rêverie,\nJ 'a i chanté en ry th m e s n é b u leu x\nL 'irrée l de n o ire féerie.\n\n\nS u r des corolles de roses pâles\nF leu ries en p riè re d 'en fa n t\nJ 'a i jo u é des h ym n es en opales\nD ont l'essaim r é s o n n a it trio m p h a n t.\n\n\nJ 'a i brodé en c h a to y a n t velours\nDes r a y o n s d'or flu a n t et lim pide\nA u x étrein ts ca re ssa n ts, m a is s i lourds\nQu'il d û t y re ste r ton c œ u r languide.\n\n\nE t châsse précieuse, étincelan te,\nN otre a m o u r a sp len d i r a d ie u x\nCiselé d a n s la houle affolante\nDe m es h ym n es p u r s com m e tes y e u x .\n\n\n                                               Georges Sa in t-P o l.\n"}, {"page_pdf": 60, "texte": "                            — 43 —\n\n\n                         Parabole.\n\n  « Enfant j'ai lu dans votre vie ainsi que dans un triste livre\naux feuillets teints de larmes.\n  Vous fûtes un beau lys que sans pitié brisèrent des mains\nrustres. Mais tout n ’est point consommé: en ce monde, il est\nencore de belles missions, de purs apostolats; il est, pour vous,\ndes pauvres à consoler, des souffrants à relever.\n  Madeleine devenez repentante et sainte.\n  Désormais, que vos yeux, miroirs de volupté, pleurent\navec ceux qui pleurent; que vos lèvres, roses patènes d’amour,\nprient avec ceux qui prient; que vos mains, verseuses de\ncaresses, dispensent les dictâmes; que vos paroles soient douces\ncomme le miel, réconfortantes comme un vin.\n   Souffrez : vous avez bu jusqu’à l’ivresse aux coupes des\ndélices, videz jusqu’à la lie les calices amers. Le cilice sera\nvotre rédemption et vous connaîtrez le bonheur dans la souf­\nfrance. Que vos larmes et vos prières — implorantes du\npardon — montent là-Haut, ainsi que de frêles encens.\n   E t pardonnez vous même à celui qui vous souilla. Ne le\nhaïssez pas : priez pour lui et priez pour tous ceux, dont les\nyeux se sont clos sur l’ultime mirage. Pour ceux qui n ’on t\npoint de place au banquet.\n   Et pour le mauvais riche. Pour les révoltés qui méditent de\nrouges vengeances, pour les résignés et les las de m archer et\npour tous ceux enfin qu’une chimère mord . . .\n   Hors Dieu la vie est une géhenne !\n   Croyez : là-haut sont les suprêmes félicités;\n   Priez : là-haut sont les derniers dictâmes — »\n   Ainsi avait parlé à la déchue le moine — thérapeute des\ncœurs morbides et des âmes lépreuses.\n   Elle était allée vers Lui, elle — hier encore - l’affolée de sa\nchair. Elle avait maudit celui qui — robeur do pureté —\nd’ignorante et chaste, l’avait faite luxurieuse et perverse.\n"}, {"page_pdf": 61, "texte": "                               — 44 —\n\n   Un futur d’obscènes sacrificatures devant elle, avait surgi.\nLa pourpre de la honte au front, elle avait songé aux outra­\ngeants contacts qu’allait subir son jeune corps d’adolescente.\n   E t plutôt que d’être — un jour peut-être — celle que le\npassant possède, en insultant elle pensa à la mort libératrice\nde son dam.\n   Fut-ce un éclair do Foi, une lueur d’En Haut qui la fit s'abî­\nmer en pleurs — une nuitée — sous les voûtes mystiques\nd’une cathédrale ? Quel mobile inattendu et insoupçonné\nl’éloigna du suicide prémédité et l’amena vers Dieu ?\n   Mystérieuse et indéfinissable attirance des églises le soir !\n   Charme consolant de choir sur un prie-Dieu où tant de\ngenoux lassés se sont ployés et humblement de prier !\n   Elle voulut expier et stigmatisa sa chair des cordes du\nsupplice; elle l’avilit et la mortifia. D’impudique elle se fit\nm artyre et le cloître s’ouvrit. devant elle.\n   Ainsi m o u r u t — pour le monde — celle qui s’était repentie,\nen projetant son être purifié et son âme rédimée, dans la\nLumière Divine !\n                                                José H e n n eb ic q .\n\n\n      A l’horizon d’adolescence . . .\nA l'horizon d'adolescence,\nA p p a r a ît u n e sensitive\nE n la fa ta le alliciance\nDe sa fra g ile efflorescence.\nDe celui q u i l'a cueillie\nE lle v e u t le c œ u r p o u r ciboire-,\nDe celu i q u i l'a cueillie\nA son c œ u r elle est l'hostie.\nT rô n a n t d a n s les c œ u rs vierges\nA ve c leurs â m es p o u r chapelles\nE l leu rs ca n d e u rs p o u r cierges :\nElle est la tu téta ire vierge.\n"}, {"page_pdf": 62, "texte": "                            — 45 —\n\nE t p o u r culte l'éclosion fée\nE n seule oblation votive\nVeut des baisers p o u r rosée\nDe douces p h ra se s m u rm u ré e s.\n\n. . . E t vo ici le bon a rch a n g e\nD o m p ta n t la ta ra sq u e m a lig n e\nQui tend des p rése n ts étranges,\nTelle u n e flo raison de fange.\n\n                                                   P aul R eim on.\n\n                         Les Livres\nCharles Delchevalerie : Décors (*)\n\n                                          A. Miot et Jarnar, Liège.\n\nPaul Gérardy : A la g loire de Bocklin.\n\n                                                  E. Gnusé, Liège.\n\n\n   Paysages rencontrés au hasard des promenades, coins aimés,\nsites de la terre natale défilent sous nos yeux en Décors. Et\nce ne sont pas de ternes et pâles descriptions, monotones et\ninégales, des décorations mortes. Une tristesse ou une joie y\nfrissonne; ils vivent de toute la vie frémissante qu'y mit l’au­\nteur. Tout ce qu’on voulut y exprimer, ils le suggèrent et\nen nous ils suscitent de pénétrantes visions, qui font songer.\n   La forme est adorable et exquise. M. Delchevalerie cisèle scs\nphrases, amoureusement, en patient et jaloux orfèvre. Il mo­\ndule des rythm es variés aux souplesses ondulantes. Et c’est un\nravissement, que je veux vous faire goûter ; l'auteur peut\nn ’être pas puissant, mais c’est toujours un délicieux poète,\nsubtil et divers :\n  Au bord d’une allée de châtaigniers, s'allonge la berge au ­\ntomnale, tapis roux d’herbe rase où des rondes d’enfants sont\néparses.\n(*) ornés à la couverture d’un splendide dessin d’Aug. Donnay.\n"}, {"page_pdf": 63, "texte": "                            — 46 —\n\n   Le site est d istant et se baigne d’un plus cher songe parmi\nles mélancolies du m ourant septem bre. Par dessus les m onts\nle vaste couchant versicolore se mire aux lentes moires du\nfleuve. Un changeant tableau s’y dessine : tons dilués d’or, de\nmauve, d’am aranthe, d’am éthyste, écharpes fauves, traines d’o­\npale, un cortège d ’ancienne royauté déroulant ses magies sous\nla trem blante colonnade des peupliers de l’autre rive.\n   Solitude et lointain, silence des voix folles, sérénité : le soir\nharm onieux s’étend sur l’âm e qui chante des enfants clairs là-\nbas. Ils sont comme des couronnes en fleurs en ce déclin du\npaysage où s’indécise et m eurt leur chanson blonde. Et les\nvoici vers le fleuve, immobiles, et leur cœ ur incertain s’ouvrir\nà l’émoi qui neige en eux des cieux profonds du crépuscule.\n    Ces lignes, prises à l’aventure, ne vous charment-elles point?\nE t comme il est dommage, vraiment, que la pensée de M. Del­\nchevalerie n ’ait pas toujours, avec d’aussi précieuses qualités\nd’évocation, de style et d’élégante distinction, de la profondeur,\nde la force !\n    Nous savions vaguement que par les sombres Germanies, un\npeintre, du nom de Bocklin, vivait. Des privilégiés entre nous\navaient vu de ses œuvres et nous gardions de ce nom l’exotique\nconsonnance, comme les barbares blonds conservaient le sou­\nvenir des étranges cités, dont on leur parlait et dont ils rêvaient.\nM. Paul Gérardy, silhouette l’œuvre et, en quelques traits, fait\nsurgir devant nous la significative personnalité du m aître.\n    Après avoir lu ces notes sur un grand artiste, il sied d’être\nreconnaissant de plus que d’une œuvre do banale vulgarisation ;\ncar ce petit livre est gros de belles choses bellement affirmées;\nau milieu de certaines subtilités mièvres et perverses d’esthé­\n tiques récentes il vient à son heure. C’est un hymme radieux et\nfervent à la vie en santé, en joie, en force, en beauté ; c’est un\n “ hymme d’admiration et d’enthousiasme » c’est la glorification\n exaltée, frénétique et sincère de la joie, de la vie, de la chair ;\n c’est le cri do foi d’un panthéisme grandiose, instaurant le culte\n de la vie multiforme et profonde. Je ne partage point toutes\n les idées de l’auteur ( aussi bien il serait trop long et fasti­\n dieux de discuter) mais telles proses, entre autres, m’enchantè­\n rent où il montre la Pensée germanique, ayant besoin pour con­\n quérir la sérénité des formes pures de se retrem per dans la\n  lumière du midi... Un style original, nerveux et souple dérou­\n  le ses splendeurs. Dans la féerie du décor, l’idée s’essore à\n"}, {"page_pdf": 64, "texte": "                           — 47 —\n\nlongs coups d’aile.\n  E t par la magie du verbe, et par l’ampleur de la pensée les\npages qui nous disent la descente des barbares vers les lumi­\nneuses Italies sont un superbe poème en prose, ces pages qui\ncommencent par ces appels nostalgiques :\n     Sous les tentes nomades au nord et à l’est des chantres\nétaient venus :\n  Nous venons de l’azur des pays inconnus.\n  Levez vos tentes, levez vos tentes !\n  Dans les jardins mois et calmes luisent des fruits d ’or.\n  Levez vos tentes, levez vos tentes !\n  Les femmes, elles sont belles, elles sont folles e t vos baisers\n  Feront courir de longs frissons dans la soie noire de leurs\ncheveux\n  Levez vos tentes, levez vos tentes !\n  Il e st des vins rouges, rouges comme du sang dans des\ncoupes d’or.\n  Le soleil chante sur les cham ps im m enses et calmes.\n  Levez vos tentes.\n\n\n\n  Deux aînés sont venus, qui me prirent la main et ils m’ont\nconduit, l’un vers des sites prestigieux, l’autre vers des œuvres\nde beauté. Nous nous attardions au bord de la route, l’un\nétait taciturne, de geste rare et discret, l’autre était plein de\njoyeuse fougue exubérante et lançait vers le ciel sa vibrante\nchanson.. . . Et notre âme longtemps s’émerveilla.\n   Quand recommencera le lent, pieux et pensif pélerinage ?\n                                            S téphane E lseneur.\nOctobre 1895.\n"}, {"page_pdf": 65, "texte": "                             -   48 —\n\n\n                    M em en to\n\n  Nous ne nous abaisserons à répondre à tel infime folliculaire\nque quand le monsieur prendra la peine de rédiger ses a tta ­\nques en français. Mais nous nous permettrons de faire rem ar­\nquer à F a ta M o fg a n a que s’il a voulu passer pour un\nimbécile, il était inutile — (bien qu’il ait parfaitem ent réussi)\n— de nous fournir cette dernière preuve.\n\n  Les Livres — Reçu :\n  André Ruyters : D ouze p etits n o ctu rn es. — Henri Ba­\ntaille : L a ch a m b re blanche.\n\n\n  Nous prions vivement les journaux quotidiens, qui nous\nem pruntent des articles de bien vouloir dorénavant nous citer.\n\n\n   Les Revues. A lire :\n   Mercure de France — Francis Vielé-Griffi n : L a poétique\nn o u velle — Adolphe Relié : L e C hâteau de deuil.\n   Revue blanche — Jules Laforgue : L 'a r t m o d ern e en\nA lle m a g n e .\n   Société nouvelle — Georges Eekhoud : L a pléiade sh a ke s­\np ea rien n e .\n   Coq rouge — Georges Eekhoud : L ’a v e n tu re d’u n bu veu r\nde bière.\n  A rt jeune — Charles Van Lerberghe : E n trev isio n — Paul\n Fort: B allade.\n"}, {"page_pdf": 66, "texte": "        L 'AR T                                W AL L ON\n  R e v ue M ensuelle                          d ’A r t et de Litté ra ture\n             OUVERTE                  A     TOUS           LES    JEUNES\n\n\n\n\n                     CO LLABO RATEU RS :\n                                      W ALLONIE.\n\n\n        P aul Ard en ,           R ic h a r d B l o n d e l ;    A r t h u r D a x h e iæ t ,\n\nCh a r l e s      D e l c h a v a l e r ie ,    A ug u ste      D onnay,       S téphane\n\nE l s e n e u r , J u l e s F e l l e r , P a u l G é r a r d y , A r n o l d G of f i n ,\n\nA l b . G u é q u ie r , J o sé H e n n e b ïc q , H u b e r t K r a i n s , R ic h a r d\n\nL e d e n t , A l b e r t M ock el, L éon P a sc h a l , E dm ond R a sse n -\n\nfo sse,     P a u l R e im o n , T r is t a n l e      R o u x , F er n a n d R o u ssel,\n\nG e o r g e s S a in t - P o l ,     F e r n a n d S é v e r in , H u b e r t S t ie r n e t ,\n\nM a r c e l V i r e u x , I.     W il l .\n\n                               HORS            W ALLONIE.\n\n\n       Georges              R odenbach,         E m il e     V erhaeren,          F r a n c is\n\nV ie l é -G r i f f i n .\n\n\n\n\n       Adresser livres,               m anuscrits           et communications               à\nM. Maurice XHOFFER, adm inistrateur, rue du Palais, 129,\nVerviers.\n"}, {"page_pdf": 67, "texte": "       PHOTOGRAPHIÉ ARTISTIQUE\nAUGUSTE VANDEVELDE\n\n  Collections de portraits artistiques\n                  en tous genres\n Catalogue avec échantillons fr. 2.00\n          ADRESSER LES COMMANDES\nA u g . V a n d e v e ld e , b o ite p o s ta le , 186\n                 AMSTERDAM\n\n\n\n      TYPOGRAPHIE - LITHOGRAPHIE\n\nMaurice Xhoffer\n          ÉDITEUR DE L’ART W ALLON\n     .R u e     du P a l a i s , 12Q\n                 V ERVIERS\n\n   IM P R E S S IO N S C O M M E R C IA L E S\n            EN TOUS G EN R ES\n\n\nP ublications littéraires          et artistiques\n            ÉDITIONS DE LU X E\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 3, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1895-10", "signet_source": "N°3 - Octobre 1895", "preuve": "Couverture (PDF 48) : « N° 3 — Octobre 1895 ». 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