{"numero_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "articles": [{"article_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10-001", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "REVUE MENSUELLE", "ancre_fin": "ABONNEMENT", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 164, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 358, "fin_caractere_exclue": 531, "texte": "REVUE M E N S U E L L E\nD'ART          & DE L I T T É R A T U R E\n                   ABONNEMENT :\n\n       Belgique, 3 fr. 50, E tra n g e r, 4     fr.\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10-002", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 164, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 1063, "texte": "SOMMAI RE :\n\nDevant 1'A s ile - Albert Olivier\nN octurne - Arnold Goffin.\nVoluptés en p o in te - Christian Beck.\nRobur - Christian Beck.\nConvalescence - Albert Guéquier.\nLes liv re s - Albert Olivier.\nPs.ul F o rt « B alla d es » - Guillaume Hennen.\nGustave R a h le n b e c k « L ’E m e r v e illé e »\nPaul F o rt « B alla d es » - Georges Vernei.\nM emento.\n\n\n\nEditeur-A dm inistrateur : Maurice XHOFFER              N° 10 - Mai 1896.\n      rue    du    P a la is ,   129,   Verviers.                Ce n u m é ro : 30 cen tim es\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10-003", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 129, "page_fin": 131, "titre_corps": "Devant l’asile", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Olivier.", "ancre_debut": "Devant l'Asile (1)      Voici la solitude augus", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 166, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "Devant l'Asile (1)\n     Voici la solitude auguste et sculpturale\n     Du fier château d’exil et de hautaine paix\n     Où j'emmène à jamais ta langueur automnale\n     Toute troublée encore du parfum des forêts.\n\n     Je l'ai bâti si loin des cris de la démence\n     Que déjà le passé sourit à ma douleur ;\n     Je l’ai bâti si près de la toute clémente\n     Que son silence est bon comme une grave sœur.\n\n     Rien des ans en allés ne pourra s’y redire :\n     Ni les roses du cœur, ni les lys de la chair,\n     Ni le printemps des voix où l’eau vive du rire\n     Rythm ait le pas égal du jour mauvais ou cher,\n\n     Ni la fête des yeux, l’été des douces fièvres\n     Qu’enivrent les parfums des cœurs inapaisés,\n     Où l’âme boit la vie à la coupe des lèvres,\n     Où l’amour cueille enfin la grappe des baisers,\n\n     Ni la noble fierté, la tendresse des mères,\n     Qui sourit à la joie éclose des berceaux\n     Dont la rose lumière aux heures éphémères\n     Dissipe de leurs yeux l’ombre des lourds tombeaux,\n\n    Ni la ville étalant son atrocité gaie\n    Où l’infamie a faim du vice et des sueurs,\n    Où le sourire a l’air horrible d’une plaie\n    D’où jaillirait le sang noirâtre des rancœurs,\n\n\n(1) de « Sourires d ’om bre et de lum ière »\nVolume en préparation\n"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "                       — 130 —\n\nNi les cris, ni les angoisses, ni les tumultes.\nQui tenaillaient en nous l’A m o u r u n iv e rse l\nE t qui l’ont fait saigner, qui l’ont mordu d’insultes\nCette simple beauté, ce simple don du ciel!...\n\nIl faut tout oublier de ces lointaines heures,\nIl faut tout oublier, il faut tout pardonner !\nLes heures du pardon sont encor les meilleures\nE t le cœur est si pur quand il sait pardonner.\n\n                           II\n\nLa solitude et l’ombre et les fleurs du mensonge\nPour fleurir le silence et la paix du château\nAttendent la clarté divine de son songe.\n\nL’Ennui qui te suivait comme un âpre corbeau\nEffrayé de la bonne et soudaine lumière\nF uira le clair soleil de ton espoir nouveau.\n\nE t si tu veux descendre en la forêt sévère\nSois grave, ô mon enfant, devant le rêve éclos,\nLe doux rêve incompris de l’arbre et de la pierre.\n\nEntends les voix d’enfant qui chantent aux échos,\nÉcoute ton cœ ur battre avec les jeunes feuilles\nE t laisse aux creux des fleurs le secret des yeux clos.\n\nSurtout rappelle-toi que toute fleur s’effeuille\nDoucement, larme à larme, ainsi que les grands yeux,\nQue toute fleur s’effeuille en main, feuille à feuille,\n\nEt ne va pas m irer un cœ ur triste ou joyeux\nAux m iroirs azurés des pudiques fontaines ;\nSois grave, ô mon enfant, et sans larme et sans jeu...\n"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "                      — 131 —\n\n                             *\n                         *       *\n\nMais si tu te lassais du silence des chênes,\nSi tu ne comprends pas les bouhdiques splendeurs,\nSi tu ne comprends pas les beautés surhumaines.\n\nReviens vers la Maison et l’ombre de mon cœur,\nCar tu n’auras pas vu la vie aux heures fées\nDebout devant le bouge où l'homme boit ses pleurs\n\nE t tu ne saurais pas les choses enlacées\nDont les lèvres en fleurs toute roses d’avril\nOnt tan t émerveillé les âmes fiancées\nQu’elles ne savent pas ce que c’est qu’un exil !\n\n                             III\n\nReviens vers la Maison et l’ombre de mon cœur,\nReviens vers la maison où la gloire du Livre\nAllonge vaguement vers ta jeune douleur\nSes mains lourdes du miel des irréelles fleurs.\n\nLoin de l’action qui hurle avec des heurts de cuivre\nE t des hasards hagards, rués, vers le m alheur\nE t des doutes cabrés vers celui qui veut vivre\nE t du sang dont les voix, les longues voix sont ivres,\n\nCueille, ô timide enfant, le lys de tes pensées.\nLe beau lys étonné de l’éclat fou des ors,\nLes ors faux qui parvient les heures insultées,\n\nCueille le lys. Il est le dernier des trésors\nDe ta triste mémoire où dorment les chers morts\nSous le sceau blanc du m arbre et des palmes sculptées.\n                                            A lb e r t O livier.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10-004", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 132, "page_fin": 133, "titre_corps": "Nocturne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin.", "ancre_debut": "Nocturne       Le rapide crépuscule pr", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 169, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 65, "fin_caractere_exclue": 2156, "texte": "Nocturne\n      Le rapide crépuscule précipite scs ombres. Projetant de\nsuprêmes gerbes rougeoyantes de rayons, le soleil disparaît\nderrière les collines de San Miniato, dont les ifs, la cime\néclaboussée de lumière, élancent de place en place comme des\ncierges de verdure, gracieux et sombres, dans le soir exalté.\n       L’adorable feu d’artifice éteint ses dernières fusées qui\nenluminaient de pures lueurs violettes, de transparentes flam­\nmes incarnadines, d’un prodigieux vert humide et mordoré, la\nvallée illustre, les sommets sanctifiés et les villas des Apennins,\net le haut firmament inaccessible.\n     Les marbres colorés du Campanile do Giotto et de la façade\n de Santa-Croce luisent encore cependant, retiennent, ainsi\n qu’un regret de clarté, le reflet presque posthume du jour ré­\n volu. Silhouette ardente, vigie profilée au-dessus de l’agglomé­\n ration nocturne, — étonnant cyclope, fruste et splendide, — le\n Palais Vieux dessine ses âpres machicoulis, ses durs créneaux\n que surplombe la roideur héraldique du beffroi, la fière tour lan­\n céolée dans son inflexible posture, violente plus que jamais et\n altière...\n        — Attardé sur la terrasse supérieure du jardin grand-du­\n cal, un passant contemple s’obscurcir la trop courte vision\n évanouie, le panorama de cette contrée heureuse, avec les\n  avides yeux jaloux, le regard tristem ent émerveillé, chagrin de la\n  proximité appréhendée du départ. Guidé par le cours du fleuve,\n la ligne scintillante des quais, mentalement il chemine le long\n  des rives que, de distance en distance, des ponts rejoignent,\n  voûtes noires sous un tablier de clarté vive, — et, une fois de\n  plus, refait avec une piété déjà nostalgique, les éblouissantes\n  stations de ce pélérinage de beauté, — monuments où la Foi et\n  l’A rt rivalisèrent de miracles et dont l ’inaltérable prestige con­\n  certé continue de conquérir les âmes. Et le seul plaisir d’énu­\n  m érer ces étapes embrase sa pensée et l’enivre, car, à se\n  remémorer leurs noms, il se sent extasié, d’avance, de la\n  chère superstition et de l’enthousiasme du souvenir :\n"}, {"page_pdf": 170, "page_imprimee": 133, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1004, "texte": "                             — 133 —\n\n      Cité qu’une fleur armorie, fabuleuse et pourprée, — non le\nlys de fer strict et ardu, le lys forgé des Valois, mais le lys\ndéchiqueté et vermeil dont l’élégante et svelte énergie, la fan­\ntaisie hautaine, la nerveuse grâce ornée substituent et sym­\nbolisent tes caractères essentiels, ô capitale de la Beauté\njeune !\n      —Esprit orgueilleux, tu te dilates ici, jouis et t ’affliges de\nmême que si, depuis toujours exilé parmi des peuples hostiles,\nhôte méprisé et taciturne d’un foyer étranger, la joie venait\n de t’être donnée, soudaine et enfiévrée d'amertume, de revoir\nl’inespérée patrie, la fugitive terre inconnue de ton rêve ori­\n ginel ; — et ta faiblesse souffre en même temps et se console,\n à s’imaginer que ce sol béni aurait pu féconder l’activité vaine,\n l’œuvre stérile do ta vie, épanouir en toi les fleurs outrées,\n sanglantes et candides, du véritable amour et de l’A rt..\n                                               A r n o ld Goff i n\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10-005", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 134, "page_fin": 134, "titre_corps": "Voluptés en pointe", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Christian Beck.", "ancre_debut": "Voluptés en Pointe                                 A Guillaume H en n e n .  Ah ! le", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 171, "page_imprimee": 134, "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "Voluptés en Pointe\n                                A Guillaume H en n e n .\n\nAh ! les nénuphars\nAh ! les grands nénuphars\nQui tristem ent s’effarent\nSous l’effroi des vents,\nDes tristes vents qui passent....\nE t les cygnes aux prunelles lasses\nOnt vu les yeux des nénuphars\nSauter très haut, très haut\nHors de la gueule profonde des eaux.\nIls ont sauté si haut, si haut,\nQu'ils n’étaient plus dans l’eau.\nE t les cygnes en qui se mire\nLa face très résignée\n                            Des lunes crépusculaires,\nDe blancs sont devenus noirs\nTristem ent se sont laissés choir\nAu fond des eaux glissantes\nOù gisent les épouvantes\nLes épouvantes glauques...\nCar les cygnes très las\nDedans l’œil des nénuphars\nAvaient-vu — pleurez ! violons ! —\nDes nénuphars revenus,\nO l’effroi des eaux glissantes,\nLe nouveau de leurs épouvantes.\n\nE t leur être très froid, impassible et las,\nCurieusement s’en alla\nVers la triste épouvante !\n\nSilence, ô longs violons :\nSonnez ! airains et bronzes, sonnez tous vos éclats.\n                                          C hristian B eck.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10-006", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 135, "page_fin": 135, "titre_corps": "Robur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Christian Beck.", "ancre_debut": "E t je suis le géant énorme et souverain Qui baigne", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 172, "page_imprimee": 135, "debut_caractere": 110, "fin_caractere_exclue": 800, "texte": "E t je suis le géant énorme et souverain\nQui baigne sa peau blanche et son torse d’airain\nDans les fauves clartés des soleils en parade.\nJ ’étouffe les lions d’une seule embrassade.\n\n\nDes trirèm es d’argent me faisant le parrain,\nJe les lance tout seul sur le gouffre marin\nOù chaque naumachie en verra pour l’Hellade\nVaincre. Et je puis, aux monts, donner une accolade.\n\n\nMais je voudrais plutôt, devant toi, à tes pieds,\nComme un fakir très humble, être des jours entiers :\nDe fils arachnéens tisser, ô ma chérie,\n\n\nLe subtil paradoxe en rares broderies\nDe ton épaule ornant l’extatique beauté ;\nFaire de ton profil camées biseautés.\n\n                                   C hristian B eck.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10-007", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 136, "page_fin": 137, "titre_corps": "Convalescence", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Guéquier.", "ancre_debut": "Convalescence J ’ai souffert un long mal", "ancre_fin": "lb e r t G uéquier.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Les Livres          M a i par A rthur TOISOUL. 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A rthur Toisoul fera la joie de tels poètes en proses qui\ncollectionnent les documents sur lA rthurism e ; ce qui n ’est\npas pour effaroucher le petit oison qui chanta ces harmonieux\nvers :\n        E t u n , donc, et d e u x et tro is, et te voilà debout\n        d a n s de la belle vie lu m in eu se et q u i bout.\n      Avec le vert tendre de la couverture ce sont certainement\nles trois meilleurs du recueil, et somme toute (pardon, le temps\nme manque), je pourrais résum er le talent de M. A rthur\nToisoul en ces mots qu’il écrivait jadis :\n               Va ! Je m e sens poète\n               et j'e n p le u re de z'oie.\n                                           A lb e r t O livier.\n"}, {"page_pdf": 175, "page_imprimee": 138, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "                            — 138\n\n                   Paul FORT. — B allades\n            L a Me r , L es C loches , L es Champs\n\n     \" La mer brille au-dessus de la haie, la mer brille comme\nune coquille. On a envie de la pêcher. Le ciel est gai, c’est\njoli Mai.\n\n     E t c’est aux mains vives de la brise que vivent et brillent\ndes aiguilles qui cousent la mer avec la haie. Le ciel est gai,\nc’est joli Mai. \"\n\n     Ce fragm ent d’une des ballades de \" la Mer \" préciserait\nassez nettem ent, je pense, le livre tout entier. E t si je dois\nm ’exprimer catégoriquement, je dirai que M. Paul F ort a\nvoulu, à force d’ingéniosité, par une recherche de métaphores\nmignardes et de combinaisons longuement cherchées, que\nl'impression qui restât de la lecture de son livre fût une im­\npression de gentillesse et de simplicité. Mais, s’il a réussi sou­\nvent à faire passer dans notre âme un sentiment émotionnel\nquelconque, il est presque certain que de ce sentiment froide­\nment examiné, il resterait peu de traces par la seule raison que\nla cause qui l'a produit n’est qu’artifice de forme, très subtil et\ntrès délicat, il est vrai. On veut redevenir simple, avoir des\nbalbutiements devant la vie énorme ou impressionnante. Mais\nla difficulté presque insurmontable est de penser ingénument\navec notre âme complexe et torturée. E t s’il nous paraît que\nle but a été atteint, c’est parce que très souvent, nous tâchons\ndo nous illusionner et que nous avons besoin de replonger\nnotre pensée dans une source jeune, fraîche et prim esautière\nde parler et d’allure.\n     Cependant, et cette critique écartée du moment qu’elle\ns’adresse à toute une catégorie et pas spécialement à M. Paul\nFort, les ballades de ce volume ont beaucoup de charme et\nsont, du moins comme réalisation de tendances, infiniment\nmieux que le premier volume publié jadis. Que Paul F ort ait\nencore des affinités avec tel ou tel, qu’à côté de pièces ry th ­\n"}, {"page_pdf": 176, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1212, "texte": "                           — 139 —\n\nmées et ciselées comme certaines des ballades de la M er, il\nen écrivit d’autres de très peu d’intérêt et aussi mal à leur\nplace que des cailloux informes dans un écrin de cornalines,\nde chrysophases et de zircons facetés et taillés à l’infini, il\nconvient de n ’y pas attacher trop d’importance.\n      Le début ne fut pas net ; les influences, la voie cherchée,\nl’hésitation devant l’entreprise hardie, empêchèrent Paul Fort\nd’être bien lui, Mais aujourd’hui, on le voit s’affirmer déjà et\nbien dans ce livre de ballades.\n       Ceux qui suivront seront meilleurs certainem ent, car les\ndifficultés des premiers essais se seront évanouies, et M. Paul\nF ort nous donnera des œuvres tout-à-fait personnelles qui nous\ncharm eront comme le fit cette ballade :\n       “ Si toutes les filles du monde voulaient s’donner la main\ntout autour de la mer elles pourraient faire une ronde.\n       “ Si tous les gars du monde voulaient bien êtr’ marins,\nils f’raieut avec leurs barques un joli pont sur l’onde.\n       “ Alors on pourrait faire une ronde autour du monde, si\ntous les gens du monde voulaient s’donner la main.\n                                       G uillaum e H en n en .\n"}, {"page_pdf": 177, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2052, "texte": "                            — 140 —\n\n    Gustave Rahlenbeck. — L'E m erveillée.\n                               (D i e t r i c h et cie, Bruxelles).\n\n     Paul FORT — B allades, 1er recueil.\n                     (Edition du M ercu re de France).\n      Combien douces sont ces œuvres wallonnes, qui paraissent\nde temps à autre et nous divulguent chacune, un peu de l’âme\nharmonieuse de notre Wallonie. Lentement et comme reli­\ngieusement élaborées, elles semblent comme plus ou moins de\nl’âme natale, concrétisée peu à peu en une forme fatale.\n       Sans heurts, elles paraissent se former naturellement et\nse m ontrent, enfin terminées, toutes de délicieuse eurythmie.\n       Elles semblent, ces œuvres, des confidences longtemps\ngardées, des confidences très intimes et que subitement, comme\npar nécessité, l’on exprime doucement, avec sincérité, avec\n émotion.\n       E t néanmoins la longue et lente durée de leurs formations,\n cette remarque s’impose: que les œuvres réellem en t wallonnes\n loin d’être chantournées, tortueuses, affaiblies par la recherche,\n sont au contraire très sobres, d’expressions directes et graves.\n Toutes qualités qui contribuent, sans aucun doute, à leur\n donner dans la joie comme dans la douleur cette gravité qui\n évoque les humains de Puvis de Chavannes.\n       Il semble qu’un peu de l’ombre, que projettent nos mon­\n  tagnes se soit épandue en notre âme et tempère ses mouve­\n  ments. Rien de violent, de détonnant n’est dans lam e w al­\n  lonne ; dans ses manifestations, il y a, je ne sais, comme de la\n  réserve — mais si naturelle, si inconsciente, qui aboutit à la\n  distinction, à sa gravité caractéristique.\n       E t ceci appert dans toute forme artistique de l’âme w al­\n  lonne : que l’on considère en effet les œuvres soit d’Octave\n  Pirmez, Séverin, Mockel, Rassenfosse, Krains, Delattre, Del­\n  chevalerie ; soit celles de C. Franck, de G. Lekeu ; soit celles\n  de Donnay.\n        Toutes choses peut être qui sont du refrain, mais qu’il me\n  plut d’exprimer en l’occasion que m’offrait l’œuvre de M.\n"}, {"page_pdf": 178, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "                            — 141 —\n\nRahlenbeck.\n     Encore qu’il ne me parût pas inutile de redire tout cela,\nafin que se perçoive mieux tout ce qu’il y a d’étranger dans cet\nauteur. Il semble en effet, d’après celte production, qu’en\nM. Rahlenbeck, bien wallon au fond, il s’est mêlé un élément\nétranger qui le rend maladroit, évoque l’effort, fausse l’ensem­\nble partout où il apparaît.\n     E t cela se décèle tantôt dans des sujets incolores, comme\nnon ressentis, faits de chic comme l’on dit vulgairement ;\ntantôt par des images trop recherchées, trop mignardes ou des\ntournures de phrases qui rompent l’allure générale.\n     Pourquoi M. Rahlenbeck trouble-t-il soudainement et\nnuisiblement la simplicité de son style par une phrase en\ndétours et maniérée, si ce n ’est à cause d’une intrusion étran­\ngère à son essence. Un style simple, d’aller tout naturel,\nadéquat ainsi au caractère intime du sujet, nous eût conduit\ndoucement à travers l’œuvre, tels ces chemins, avec une fleur\nde ci de là, qui vont par les paysages familiers. Car elle est\ntout intime et patriale cette petite œuvre sans aucune pré­\ntention, qui nous montre — un peu de celles de Louis Delattre\n— la face naïve, tendre et simplist e de Wallonie, cet te\nœuvre prometteuse où il y a tant de délicatesses et tant de\ngaucheries.\n     Ainsi de ce volume, la première pièce, l'E m erveillée, en\nla forme légère du conte, avec ses images fines et originales,\nnous charm a surtout ; puis aussi son imagination avec scs\nairs de légende, achevèrent de l’imposer à notre préférence.\n     D’ailleurs des choses charm antes sont éparses par tout le\nvolume.\n    Ici c’est G ritte aux pages empreintes d’une tristesse qui\nimpressionne.\n     Plus loin c’est le B o u rg v é tu ste , croquis d’où ressort in­\ntensément le caractère du lieu, puis c’est la P ro cessio n , une\nétude agréablement narquoise. Enfin, pour clore l’ouvrage, ce\nconte de Jean Colet à la tram e captivante et originale, au\nsouffle simple et familial comme une histoire de veillée.\n"}, {"page_pdf": 179, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2089, "texte": "                             — 142 —\n\n      E t cette œuvre achevée, où l’Emerveillée nous introduisit\navec tan t de charmes, où nous perçûmes un peu de cette âme\nwallonne si harmonieuse, il nous vint le regret que l’on trouva,\nperdu en ce milieu familier, ce fait divers intrus, hétéroclite,\nqui a pour titre l'A ccusé. Vraiment ce morceau nous parut un\nmonologue en prose de Coppée.\n                                  *\n                                * *\n      Bien certainement les B allades de M. Paul F ort sont à\nl’encontre de l'œuvre que j e me plus à louer ci-avant.\n      Le saut périlleux que l’entité de cette œuvre nécessitait\net voulait, si je le fis, en m’efforçant au mieux, ce ne fut pas\ncertes sans me troubler assez sensiblement.\n      E t ce trouble provint, non de ce que M. Paul F ort me fut\ntotalement incompréhensible,— car en ce cas j ’aurais considéré\n cette œuvre comme celle d’un fumiste — mais bien à cause d'une\n forme barbare, étrangère à notre essence, qui sous prétexte\n d’originalité se meut dans le vide.\n       M. Paul F ort s’est forgé en effet pour ce motif un style\n indicible où se mêlent des sons de langue française, de patois et\n de jargon: amalgame qui est tout ce que l’on veut mais non du\n français.\n       A cela s’ajoute que la ligne naturelle, si fluide et si harm o­\n nieuse de notre langue si enchaînée, est rompue, transformée\n en l’on ne sait quoi de heurté, d’anguleux, de disloqué, de ho­\n quetant qui paraît prétendre ainsi à une rythmique plus que\n  douteuse.\n       D 'autre part, si l’auteur s’efforce d’obtenir de-ci, de-là un\n  certain caractère de naïveté, celui-ci est trop technique et ne\n  semble guère aboutir qu'à une naïveté emphatiqne.\n       Toutes appréciations qui, pour être des \" boules de\n  neige \" , proviennent uniquement de ce que l’on trouve de bon\n  en cette œuvre et non point de considérer comme fou — ainsi\n  qu’il est dit dans l’œuvre suivante — fa u te u r de ces proses\n  libres.\n     Car malgré tan t de discordances, il y a certes dans ces\n  Ballades des choses remarquables, ainsi une vision féminine\n"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1963, "texte": "                            — 143 —\n\nde la nature et des images presque toujours originales, comme\naussi des êtres, telles des marionettes, qui s’agitent caricatu ­\nralem ent dans l’œuvre ou encore des traits d’ironie subtile,\nnerveuse, acerbe.\n     Mais aussi ne siérait-il pas de se désabuser enfin de cette ori­\nginalité à trop bon compte toute de procédés, plus que factice,\n— dirais-je aussi peu altruiste — et qui n ’émane de rien, si ce\nn’est peut-être du vain vouloir de masquer sa filiation.\n        Vraiment il convient de se demander en l’occasion, si à\nvouloir absolument être transcendants, — tellement que la\n langue menace de devenir un kaléidoscope variant chez chaque\n auteur — on n’abaissera pas l’a rt de son rôle de. fonction so­\n ciale à celui de simple jeu.\n        L’Art, si l’on admet qu’il est l’expression d’une race, de\n son inspiration possible vers un type de beauté — comme\n déjà il a été dit — ne doit-il donc pas se présenter en la forme\n adéquate au milieu qu’il exprime.\n        Cette condition est même nécessaire à l’entière harmonie\n  de l’œuvre, semble-t-il, condition sans laquelle celle-ci est\n  inexistante comme effort d’un certain nombre vers l’Idéal.\n        Avant de term iner, il importe pourtant de constater plus\n  de naturel et de cohésion en le second recueil de Ballades, et\n  qu’il s’y trouve même certains morceaux qui enchantent avec\n  leurs allures de chansons populaires.\n         Même, deux ballades parues dans le dernier fascicule du\n   \" Livre d’Art \" , dégagées celles-ci de tous les balbutiements\n   primitifs semblent indiquer l'aboutissement de la rapide évolu­\n   tion de l’auteur.\n         Ainsi M. Paul F ort, le masque du début rejeté et les\n   hésitations, l’incertitude de sa voie surmontées, — peut-être\n   n ’étaient-ce que cela — se révèle devoir être le digne Frère\n   de Jules Laforgue, que d’aucuns se plurent à présenter.\n                                               Georges V ernei.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10-009", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 144, "page_fin": 144, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "M e m e n to     A lire :     Mercure de France", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 181, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 609, "texte": "M e m e n to\n    A lire :\n    Mercure de France. — M. P ierre Quillard : L’E rrante,\nun beau poème symbolique. — Victor Charbonnel : Les\nMystiques. — Francis Vielé-Griffin: critique sur Retté et Paul\nFort.\n\n\n\n     Documents sur le Naturisme. — Saint Georges-de-Bou­\nhélier : L’hiver en méditation.\n\n\n\n     Ermitage. — P ierre Louys : critique des Ballades de Paul\nP ort — Georges Grévin : Nietsche, W agner et la Grèce\nantique.\n\n\n\n    Réveil. — F. Vielé-Griffin : Méditations en l’Aube de\nMai. — Albert Arnay : critique d’\" Aphrodite \" de Pierre\nLouiys.\n"}]}, {"article_id": "ulb-art-wallon-1896-05-n10-010", "volume": "ELB-KBR-a0101-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a0101-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "579e4db5e41308fc9c832010f7bbab2ac2a866ac294018c64abe87756feab5aa", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TYPOGRAPHIE-LITHOGRAPHIE Maurice Xhoffer ÉDITEUR DE L’ART", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 183, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "TYPOGRAPHIE-LITHOGRAPHIE\n\n\n\nMaurice Xhoffer\n         ÉDITEUR DE L’ART WALLON\n\n\n     R u e du P a l a i s , 1 2 9\n\n                 V E R V IE R S\n\n\n\n\n   IM P R E S S IO N S C O M M E R C IA L E S\n\n            EN TOUS G EN R ES\n\n\n\n\nP u b licatio n s littéraires   et artistiqu es\n\n           ÉDITIONS DE L U X E\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 164, "texte": "                                                       L’A\n                                                       O\n                                                       N\n                                                       W\n                                                       A\n                                                       L   r t\n\n       REVUE M E N S U E L L E\nD'ART          & DE L I T T É R A T U R E\n                   ABONNEMENT :\n\n       Belgique, 3 fr. 50, E tra n g e r, 4     fr.\n\n\n\n\n                  SOMMAI RE :\n\nDevant 1'A s ile - Albert Olivier\nN octurne - Arnold Goffin.\nVoluptés en p o in te - Christian Beck.\nRobur - Christian Beck.\nConvalescence - Albert Guéquier.\nLes liv re s - Albert Olivier.\nPs.ul F o rt « B alla d es » - Guillaume Hennen.\nGustave R a h le n b e c k « L ’E m e r v e illé e »\nPaul F o rt « B alla d es » - Georges Vernei.\nM emento.\n\n\n\nEditeur-A dm inistrateur : Maurice XHOFFER              N° 10 - Mai 1896.\n      rue    du    P a la is ,   129,   Verviers.                Ce n u m é ro : 30 cen tim es\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": ""}, {"page_pdf": 166, "texte": "                            — 129 —\n\n\n                  Devant l'Asile (1)\n     Voici la solitude auguste et sculpturale\n     Du fier château d’exil et de hautaine paix\n     Où j'emmène à jamais ta langueur automnale\n     Toute troublée encore du parfum des forêts.\n\n     Je l'ai bâti si loin des cris de la démence\n     Que déjà le passé sourit à ma douleur ;\n     Je l’ai bâti si près de la toute clémente\n     Que son silence est bon comme une grave sœur.\n\n     Rien des ans en allés ne pourra s’y redire :\n     Ni les roses du cœur, ni les lys de la chair,\n     Ni le printemps des voix où l’eau vive du rire\n     Rythm ait le pas égal du jour mauvais ou cher,\n\n     Ni la fête des yeux, l’été des douces fièvres\n     Qu’enivrent les parfums des cœurs inapaisés,\n     Où l’âme boit la vie à la coupe des lèvres,\n     Où l’amour cueille enfin la grappe des baisers,\n\n     Ni la noble fierté, la tendresse des mères,\n     Qui sourit à la joie éclose des berceaux\n     Dont la rose lumière aux heures éphémères\n     Dissipe de leurs yeux l’ombre des lourds tombeaux,\n\n    Ni la ville étalant son atrocité gaie\n    Où l’infamie a faim du vice et des sueurs,\n    Où le sourire a l’air horrible d’une plaie\n    D’où jaillirait le sang noirâtre des rancœurs,\n\n\n(1) de « Sourires d ’om bre et de lum ière »\nVolume en préparation\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "                       — 130 —\n\nNi les cris, ni les angoisses, ni les tumultes.\nQui tenaillaient en nous l’A m o u r u n iv e rse l\nE t qui l’ont fait saigner, qui l’ont mordu d’insultes\nCette simple beauté, ce simple don du ciel!...\n\nIl faut tout oublier de ces lointaines heures,\nIl faut tout oublier, il faut tout pardonner !\nLes heures du pardon sont encor les meilleures\nE t le cœur est si pur quand il sait pardonner.\n\n                           II\n\nLa solitude et l’ombre et les fleurs du mensonge\nPour fleurir le silence et la paix du château\nAttendent la clarté divine de son songe.\n\nL’Ennui qui te suivait comme un âpre corbeau\nEffrayé de la bonne et soudaine lumière\nF uira le clair soleil de ton espoir nouveau.\n\nE t si tu veux descendre en la forêt sévère\nSois grave, ô mon enfant, devant le rêve éclos,\nLe doux rêve incompris de l’arbre et de la pierre.\n\nEntends les voix d’enfant qui chantent aux échos,\nÉcoute ton cœ ur battre avec les jeunes feuilles\nE t laisse aux creux des fleurs le secret des yeux clos.\n\nSurtout rappelle-toi que toute fleur s’effeuille\nDoucement, larme à larme, ainsi que les grands yeux,\nQue toute fleur s’effeuille en main, feuille à feuille,\n\nEt ne va pas m irer un cœ ur triste ou joyeux\nAux m iroirs azurés des pudiques fontaines ;\nSois grave, ô mon enfant, et sans larme et sans jeu...\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "                      — 131 —\n\n                             *\n                         *       *\n\nMais si tu te lassais du silence des chênes,\nSi tu ne comprends pas les bouhdiques splendeurs,\nSi tu ne comprends pas les beautés surhumaines.\n\nReviens vers la Maison et l’ombre de mon cœur,\nCar tu n’auras pas vu la vie aux heures fées\nDebout devant le bouge où l'homme boit ses pleurs\n\nE t tu ne saurais pas les choses enlacées\nDont les lèvres en fleurs toute roses d’avril\nOnt tan t émerveillé les âmes fiancées\nQu’elles ne savent pas ce que c’est qu’un exil !\n\n                             III\n\nReviens vers la Maison et l’ombre de mon cœur,\nReviens vers la maison où la gloire du Livre\nAllonge vaguement vers ta jeune douleur\nSes mains lourdes du miel des irréelles fleurs.\n\nLoin de l’action qui hurle avec des heurts de cuivre\nE t des hasards hagards, rués, vers le m alheur\nE t des doutes cabrés vers celui qui veut vivre\nE t du sang dont les voix, les longues voix sont ivres,\n\nCueille, ô timide enfant, le lys de tes pensées.\nLe beau lys étonné de l’éclat fou des ors,\nLes ors faux qui parvient les heures insultées,\n\nCueille le lys. Il est le dernier des trésors\nDe ta triste mémoire où dorment les chers morts\nSous le sceau blanc du m arbre et des palmes sculptées.\n                                            A lb e r t O livier.\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "                             — 132 —\n\n\n                          Nocturne\n      Le rapide crépuscule précipite scs ombres. Projetant de\nsuprêmes gerbes rougeoyantes de rayons, le soleil disparaît\nderrière les collines de San Miniato, dont les ifs, la cime\néclaboussée de lumière, élancent de place en place comme des\ncierges de verdure, gracieux et sombres, dans le soir exalté.\n       L’adorable feu d’artifice éteint ses dernières fusées qui\nenluminaient de pures lueurs violettes, de transparentes flam­\nmes incarnadines, d’un prodigieux vert humide et mordoré, la\nvallée illustre, les sommets sanctifiés et les villas des Apennins,\net le haut firmament inaccessible.\n     Les marbres colorés du Campanile do Giotto et de la façade\n de Santa-Croce luisent encore cependant, retiennent, ainsi\n qu’un regret de clarté, le reflet presque posthume du jour ré­\n volu. Silhouette ardente, vigie profilée au-dessus de l’agglomé­\n ration nocturne, — étonnant cyclope, fruste et splendide, — le\n Palais Vieux dessine ses âpres machicoulis, ses durs créneaux\n que surplombe la roideur héraldique du beffroi, la fière tour lan­\n céolée dans son inflexible posture, violente plus que jamais et\n altière...\n        — Attardé sur la terrasse supérieure du jardin grand-du­\n cal, un passant contemple s’obscurcir la trop courte vision\n évanouie, le panorama de cette contrée heureuse, avec les\n  avides yeux jaloux, le regard tristem ent émerveillé, chagrin de la\n  proximité appréhendée du départ. Guidé par le cours du fleuve,\n la ligne scintillante des quais, mentalement il chemine le long\n  des rives que, de distance en distance, des ponts rejoignent,\n  voûtes noires sous un tablier de clarté vive, — et, une fois de\n  plus, refait avec une piété déjà nostalgique, les éblouissantes\n  stations de ce pélérinage de beauté, — monuments où la Foi et\n  l’A rt rivalisèrent de miracles et dont l ’inaltérable prestige con­\n  certé continue de conquérir les âmes. Et le seul plaisir d’énu­\n  m érer ces étapes embrase sa pensée et l’enivre, car, à se\n  remémorer leurs noms, il se sent extasié, d’avance, de la\n  chère superstition et de l’enthousiasme du souvenir :\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "                             — 133 —\n\n      Cité qu’une fleur armorie, fabuleuse et pourprée, — non le\nlys de fer strict et ardu, le lys forgé des Valois, mais le lys\ndéchiqueté et vermeil dont l’élégante et svelte énergie, la fan­\ntaisie hautaine, la nerveuse grâce ornée substituent et sym­\nbolisent tes caractères essentiels, ô capitale de la Beauté\njeune !\n      —Esprit orgueilleux, tu te dilates ici, jouis et t ’affliges de\nmême que si, depuis toujours exilé parmi des peuples hostiles,\nhôte méprisé et taciturne d’un foyer étranger, la joie venait\n de t’être donnée, soudaine et enfiévrée d'amertume, de revoir\nl’inespérée patrie, la fugitive terre inconnue de ton rêve ori­\n ginel ; — et ta faiblesse souffre en même temps et se console,\n à s’imaginer que ce sol béni aurait pu féconder l’activité vaine,\n l’œuvre stérile do ta vie, épanouir en toi les fleurs outrées,\n sanglantes et candides, du véritable amour et de l’A rt..\n                                               A r n o ld Goff i n\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "                   — 134 —\n\n\n        Voluptés en Pointe\n                                A Guillaume H en n e n .\n\nAh ! les nénuphars\nAh ! les grands nénuphars\nQui tristem ent s’effarent\nSous l’effroi des vents,\nDes tristes vents qui passent....\nE t les cygnes aux prunelles lasses\nOnt vu les yeux des nénuphars\nSauter très haut, très haut\nHors de la gueule profonde des eaux.\nIls ont sauté si haut, si haut,\nQu'ils n’étaient plus dans l’eau.\nE t les cygnes en qui se mire\nLa face très résignée\n                            Des lunes crépusculaires,\nDe blancs sont devenus noirs\nTristem ent se sont laissés choir\nAu fond des eaux glissantes\nOù gisent les épouvantes\nLes épouvantes glauques...\nCar les cygnes très las\nDedans l’œil des nénuphars\nAvaient-vu — pleurez ! violons ! —\nDes nénuphars revenus,\nO l’effroi des eaux glissantes,\nLe nouveau de leurs épouvantes.\n\nE t leur être très froid, impassible et las,\nCurieusement s’en alla\nVers la triste épouvante !\n\nSilence, ô longs violons :\nSonnez ! airains et bronzes, sonnez tous vos éclats.\n                                          C hristian B eck.\n"}, {"page_pdf": 172, "texte": "                   — 135 —\n\n\n                   Robui\n                              A R ichard L ed en t .\n\n\n\nE t je suis le géant énorme et souverain\nQui baigne sa peau blanche et son torse d’airain\nDans les fauves clartés des soleils en parade.\nJ ’étouffe les lions d’une seule embrassade.\n\n\nDes trirèm es d’argent me faisant le parrain,\nJe les lance tout seul sur le gouffre marin\nOù chaque naumachie en verra pour l’Hellade\nVaincre. Et je puis, aux monts, donner une accolade.\n\n\nMais je voudrais plutôt, devant toi, à tes pieds,\nComme un fakir très humble, être des jours entiers :\nDe fils arachnéens tisser, ô ma chérie,\n\n\nLe subtil paradoxe en rares broderies\nDe ton épaule ornant l’extatique beauté ;\nFaire de ton profil camées biseautés.\n\n                                   C hristian B eck.\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "                       — 136 —\n\n\n               Convalescence\nJ ’ai souffert un long mal de fièvres et d’ennuis,\nOù des songes épais et d’immondes vampires\nOpprimaient de leurs vols implacables mes nuits :\nHaine, féroce orgueil, cruels éclats de rire.\n\nLa Muse s’est alors assise à mon ch evet,\nE t quand je l’insultais de paroles amères\nElle laissait passer mes pleurs et mes colères,\nE t sans se rebuter jamais, elle attendait.\n\nElle a pris dans ses mains douces mes pauvres tempes\nE t m’a bercé de mots consolateurs et purs,\nEt parfois la clarté tranquille de ma lampe\nO Muse, a fait glisser ton ombre sur le mur.\n\nE t puis elle a pris soin de ma convalescence :\nJe suis un faible enfant qu’elle doit secourir ;\nMais je sens battre en moi la vie qui recommence,\nJe veux vivre, et laisser tout mauvais souvenir.\n\nLa chanson des bergers monte dans la prairie\nO terre, et c’est le temps où fleurissent les bois.\nAvril ! je veux qu’aussi la terre me sourie,\nJe vais recommencer les printem ps d’autrefois.\n\nJe sais l’endroit secret d’où jaillissent les sources,\nJ ’y veux boire à longs traits dans le creux de ma main,\nE t lorsque le soleil s’endort parmi la mousse\nJe veux dans la forêt chercher d’autres chemins.\n\nMuse, qui sus calmer mes sanglots et ma haine,\nO mère secourable et divine, dis-moi\nLe chemin qui conduit parmi la joie humaine.\nOui, je veux vivre, et retrouver l’antique émoi !\n"}, {"page_pdf": 174, "texte": "                           — 137 —\n\n    Oui, je bénis la vie et toute sa lumière,\n    Un air plus libre enfin circule sous les cieux.\n    Je veux ressusciter, dans la splendeur première,\n    L ’alliance, autrefois, des hommes et des dieux !\n                                         A lb e r t G uéquier.\n\n\n\n\n                       Les Livres\n         M a i par A rthur TOISOUL. (Edition Lacomblez).\n\n      Voilà certes un des plus beaux livres belges qui aient été\npubliés cette année merveilleusement littéraire.\n      Je n ’en referai pas ici le panégyrique forcé que d’autres\nse plurent à commettre. Mais j ’ose croire que le bouquin de\nM. A rthur Toisoul fera la joie de tels poètes en proses qui\ncollectionnent les documents sur lA rthurism e ; ce qui n ’est\npas pour effaroucher le petit oison qui chanta ces harmonieux\nvers :\n        E t u n , donc, et d e u x et tro is, et te voilà debout\n        d a n s de la belle vie lu m in eu se et q u i bout.\n      Avec le vert tendre de la couverture ce sont certainement\nles trois meilleurs du recueil, et somme toute (pardon, le temps\nme manque), je pourrais résum er le talent de M. A rthur\nToisoul en ces mots qu’il écrivait jadis :\n               Va ! Je m e sens poète\n               et j'e n p le u re de z'oie.\n                                           A lb e r t O livier.\n"}, {"page_pdf": 175, "texte": "                            — 138\n\n                   Paul FORT. — B allades\n            L a Me r , L es C loches , L es Champs\n\n     \" La mer brille au-dessus de la haie, la mer brille comme\nune coquille. On a envie de la pêcher. Le ciel est gai, c’est\njoli Mai.\n\n     E t c’est aux mains vives de la brise que vivent et brillent\ndes aiguilles qui cousent la mer avec la haie. Le ciel est gai,\nc’est joli Mai. \"\n\n     Ce fragm ent d’une des ballades de \" la Mer \" préciserait\nassez nettem ent, je pense, le livre tout entier. E t si je dois\nm ’exprimer catégoriquement, je dirai que M. Paul F ort a\nvoulu, à force d’ingéniosité, par une recherche de métaphores\nmignardes et de combinaisons longuement cherchées, que\nl'impression qui restât de la lecture de son livre fût une im­\npression de gentillesse et de simplicité. Mais, s’il a réussi sou­\nvent à faire passer dans notre âme un sentiment émotionnel\nquelconque, il est presque certain que de ce sentiment froide­\nment examiné, il resterait peu de traces par la seule raison que\nla cause qui l'a produit n’est qu’artifice de forme, très subtil et\ntrès délicat, il est vrai. On veut redevenir simple, avoir des\nbalbutiements devant la vie énorme ou impressionnante. Mais\nla difficulté presque insurmontable est de penser ingénument\navec notre âme complexe et torturée. E t s’il nous paraît que\nle but a été atteint, c’est parce que très souvent, nous tâchons\ndo nous illusionner et que nous avons besoin de replonger\nnotre pensée dans une source jeune, fraîche et prim esautière\nde parler et d’allure.\n     Cependant, et cette critique écartée du moment qu’elle\ns’adresse à toute une catégorie et pas spécialement à M. Paul\nFort, les ballades de ce volume ont beaucoup de charme et\nsont, du moins comme réalisation de tendances, infiniment\nmieux que le premier volume publié jadis. Que Paul F ort ait\nencore des affinités avec tel ou tel, qu’à côté de pièces ry th ­\n"}, {"page_pdf": 176, "texte": "                           — 139 —\n\nmées et ciselées comme certaines des ballades de la M er, il\nen écrivit d’autres de très peu d’intérêt et aussi mal à leur\nplace que des cailloux informes dans un écrin de cornalines,\nde chrysophases et de zircons facetés et taillés à l’infini, il\nconvient de n ’y pas attacher trop d’importance.\n      Le début ne fut pas net ; les influences, la voie cherchée,\nl’hésitation devant l’entreprise hardie, empêchèrent Paul Fort\nd’être bien lui, Mais aujourd’hui, on le voit s’affirmer déjà et\nbien dans ce livre de ballades.\n       Ceux qui suivront seront meilleurs certainem ent, car les\ndifficultés des premiers essais se seront évanouies, et M. Paul\nF ort nous donnera des œuvres tout-à-fait personnelles qui nous\ncharm eront comme le fit cette ballade :\n       “ Si toutes les filles du monde voulaient s’donner la main\ntout autour de la mer elles pourraient faire une ronde.\n       “ Si tous les gars du monde voulaient bien êtr’ marins,\nils f’raieut avec leurs barques un joli pont sur l’onde.\n       “ Alors on pourrait faire une ronde autour du monde, si\ntous les gens du monde voulaient s’donner la main.\n                                       G uillaum e H en n en .\n"}, {"page_pdf": 177, "texte": "                            — 140 —\n\n    Gustave Rahlenbeck. — L'E m erveillée.\n                               (D i e t r i c h et cie, Bruxelles).\n\n     Paul FORT — B allades, 1er recueil.\n                     (Edition du M ercu re de France).\n      Combien douces sont ces œuvres wallonnes, qui paraissent\nde temps à autre et nous divulguent chacune, un peu de l’âme\nharmonieuse de notre Wallonie. Lentement et comme reli­\ngieusement élaborées, elles semblent comme plus ou moins de\nl’âme natale, concrétisée peu à peu en une forme fatale.\n       Sans heurts, elles paraissent se former naturellement et\nse m ontrent, enfin terminées, toutes de délicieuse eurythmie.\n       Elles semblent, ces œuvres, des confidences longtemps\ngardées, des confidences très intimes et que subitement, comme\npar nécessité, l’on exprime doucement, avec sincérité, avec\n émotion.\n       E t néanmoins la longue et lente durée de leurs formations,\n cette remarque s’impose: que les œuvres réellem en t wallonnes\n loin d’être chantournées, tortueuses, affaiblies par la recherche,\n sont au contraire très sobres, d’expressions directes et graves.\n Toutes qualités qui contribuent, sans aucun doute, à leur\n donner dans la joie comme dans la douleur cette gravité qui\n évoque les humains de Puvis de Chavannes.\n       Il semble qu’un peu de l’ombre, que projettent nos mon­\n  tagnes se soit épandue en notre âme et tempère ses mouve­\n  ments. Rien de violent, de détonnant n’est dans lam e w al­\n  lonne ; dans ses manifestations, il y a, je ne sais, comme de la\n  réserve — mais si naturelle, si inconsciente, qui aboutit à la\n  distinction, à sa gravité caractéristique.\n       E t ceci appert dans toute forme artistique de l’âme w al­\n  lonne : que l’on considère en effet les œuvres soit d’Octave\n  Pirmez, Séverin, Mockel, Rassenfosse, Krains, Delattre, Del­\n  chevalerie ; soit celles de C. Franck, de G. Lekeu ; soit celles\n  de Donnay.\n        Toutes choses peut être qui sont du refrain, mais qu’il me\n  plut d’exprimer en l’occasion que m’offrait l’œuvre de M.\n"}, {"page_pdf": 178, "texte": "                            — 141 —\n\nRahlenbeck.\n     Encore qu’il ne me parût pas inutile de redire tout cela,\nafin que se perçoive mieux tout ce qu’il y a d’étranger dans cet\nauteur. Il semble en effet, d’après celte production, qu’en\nM. Rahlenbeck, bien wallon au fond, il s’est mêlé un élément\nétranger qui le rend maladroit, évoque l’effort, fausse l’ensem­\nble partout où il apparaît.\n     E t cela se décèle tantôt dans des sujets incolores, comme\nnon ressentis, faits de chic comme l’on dit vulgairement ;\ntantôt par des images trop recherchées, trop mignardes ou des\ntournures de phrases qui rompent l’allure générale.\n     Pourquoi M. Rahlenbeck trouble-t-il soudainement et\nnuisiblement la simplicité de son style par une phrase en\ndétours et maniérée, si ce n ’est à cause d’une intrusion étran­\ngère à son essence. Un style simple, d’aller tout naturel,\nadéquat ainsi au caractère intime du sujet, nous eût conduit\ndoucement à travers l’œuvre, tels ces chemins, avec une fleur\nde ci de là, qui vont par les paysages familiers. Car elle est\ntout intime et patriale cette petite œuvre sans aucune pré­\ntention, qui nous montre — un peu de celles de Louis Delattre\n— la face naïve, tendre et simplist e de Wallonie, cet te\nœuvre prometteuse où il y a tant de délicatesses et tant de\ngaucheries.\n     Ainsi de ce volume, la première pièce, l'E m erveillée, en\nla forme légère du conte, avec ses images fines et originales,\nnous charm a surtout ; puis aussi son imagination avec scs\nairs de légende, achevèrent de l’imposer à notre préférence.\n     D’ailleurs des choses charm antes sont éparses par tout le\nvolume.\n    Ici c’est G ritte aux pages empreintes d’une tristesse qui\nimpressionne.\n     Plus loin c’est le B o u rg v é tu ste , croquis d’où ressort in­\ntensément le caractère du lieu, puis c’est la P ro cessio n , une\nétude agréablement narquoise. Enfin, pour clore l’ouvrage, ce\nconte de Jean Colet à la tram e captivante et originale, au\nsouffle simple et familial comme une histoire de veillée.\n"}, {"page_pdf": 179, "texte": "                             — 142 —\n\n      E t cette œuvre achevée, où l’Emerveillée nous introduisit\navec tan t de charmes, où nous perçûmes un peu de cette âme\nwallonne si harmonieuse, il nous vint le regret que l’on trouva,\nperdu en ce milieu familier, ce fait divers intrus, hétéroclite,\nqui a pour titre l'A ccusé. Vraiment ce morceau nous parut un\nmonologue en prose de Coppée.\n                                  *\n                                * *\n      Bien certainement les B allades de M. Paul F ort sont à\nl’encontre de l'œuvre que j e me plus à louer ci-avant.\n      Le saut périlleux que l’entité de cette œuvre nécessitait\net voulait, si je le fis, en m’efforçant au mieux, ce ne fut pas\ncertes sans me troubler assez sensiblement.\n      E t ce trouble provint, non de ce que M. Paul F ort me fut\ntotalement incompréhensible,— car en ce cas j ’aurais considéré\n cette œuvre comme celle d’un fumiste — mais bien à cause d'une\n forme barbare, étrangère à notre essence, qui sous prétexte\n d’originalité se meut dans le vide.\n       M. Paul F ort s’est forgé en effet pour ce motif un style\n indicible où se mêlent des sons de langue française, de patois et\n de jargon: amalgame qui est tout ce que l’on veut mais non du\n français.\n       A cela s’ajoute que la ligne naturelle, si fluide et si harm o­\n nieuse de notre langue si enchaînée, est rompue, transformée\n en l’on ne sait quoi de heurté, d’anguleux, de disloqué, de ho­\n quetant qui paraît prétendre ainsi à une rythmique plus que\n  douteuse.\n       D 'autre part, si l’auteur s’efforce d’obtenir de-ci, de-là un\n  certain caractère de naïveté, celui-ci est trop technique et ne\n  semble guère aboutir qu'à une naïveté emphatiqne.\n       Toutes appréciations qui, pour être des \" boules de\n  neige \" , proviennent uniquement de ce que l’on trouve de bon\n  en cette œuvre et non point de considérer comme fou — ainsi\n  qu’il est dit dans l’œuvre suivante — fa u te u r de ces proses\n  libres.\n     Car malgré tan t de discordances, il y a certes dans ces\n  Ballades des choses remarquables, ainsi une vision féminine\n"}, {"page_pdf": 180, "texte": "                            — 143 —\n\nde la nature et des images presque toujours originales, comme\naussi des êtres, telles des marionettes, qui s’agitent caricatu ­\nralem ent dans l’œuvre ou encore des traits d’ironie subtile,\nnerveuse, acerbe.\n     Mais aussi ne siérait-il pas de se désabuser enfin de cette ori­\nginalité à trop bon compte toute de procédés, plus que factice,\n— dirais-je aussi peu altruiste — et qui n ’émane de rien, si ce\nn’est peut-être du vain vouloir de masquer sa filiation.\n        Vraiment il convient de se demander en l’occasion, si à\nvouloir absolument être transcendants, — tellement que la\n langue menace de devenir un kaléidoscope variant chez chaque\n auteur — on n’abaissera pas l’a rt de son rôle de. fonction so­\n ciale à celui de simple jeu.\n        L’Art, si l’on admet qu’il est l’expression d’une race, de\n son inspiration possible vers un type de beauté — comme\n déjà il a été dit — ne doit-il donc pas se présenter en la forme\n adéquate au milieu qu’il exprime.\n        Cette condition est même nécessaire à l’entière harmonie\n  de l’œuvre, semble-t-il, condition sans laquelle celle-ci est\n  inexistante comme effort d’un certain nombre vers l’Idéal.\n        Avant de term iner, il importe pourtant de constater plus\n  de naturel et de cohésion en le second recueil de Ballades, et\n  qu’il s’y trouve même certains morceaux qui enchantent avec\n  leurs allures de chansons populaires.\n         Même, deux ballades parues dans le dernier fascicule du\n   \" Livre d’Art \" , dégagées celles-ci de tous les balbutiements\n   primitifs semblent indiquer l'aboutissement de la rapide évolu­\n   tion de l’auteur.\n         Ainsi M. Paul F ort, le masque du début rejeté et les\n   hésitations, l’incertitude de sa voie surmontées, — peut-être\n   n ’étaient-ce que cela — se révèle devoir être le digne Frère\n   de Jules Laforgue, que d’aucuns se plurent à présenter.\n                                               Georges V ernei.\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "                          — 144 —\n\n\n                   M e m e n to\n    A lire :\n    Mercure de France. — M. P ierre Quillard : L’E rrante,\nun beau poème symbolique. — Victor Charbonnel : Les\nMystiques. — Francis Vielé-Griffin: critique sur Retté et Paul\nFort.\n\n\n\n     Documents sur le Naturisme. — Saint Georges-de-Bou­\nhélier : L’hiver en méditation.\n\n\n\n     Ermitage. — P ierre Louys : critique des Ballades de Paul\nP ort — Georges Grévin : Nietsche, W agner et la Grèce\nantique.\n\n\n\n    Réveil. — F. Vielé-Griffin : Méditations en l’Aube de\nMai. — Albert Arnay : critique d’\" Aphrodite \" de Pierre\nLouiys.\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": ""}, {"page_pdf": 183, "texte": "      TYPOGRAPHIE-LITHOGRAPHIE\n\n\n\nMaurice Xhoffer\n         ÉDITEUR DE L’ART WALLON\n\n\n     R u e du P a l a i s , 1 2 9\n\n                 V E R V IE R S\n\n\n\n\n   IM P R E S S IO N S C O M M E R C IA L E S\n\n            EN TOUS G EN R ES\n\n\n\n\nP u b licatio n s littéraires   et artistiqu es\n\n           ÉDITIONS DE L U X E\n"}, {"page_pdf": 184, "texte": "                  Règles d’utilisation de copies numériques d‘œuvres littéraires\n                  mises à disposition par les Archives & Bibliothèques de l’ULB\n\nL’usage des copies numériques d’œuvres littéraires, ci-après dénommées « copies numériques », mises à\ndisposition par les Archives & Bibliothèques de l’Université libre de Bruxelles, ci-après A&B, implique un\ncertain nombre de règles de bonne conduite, précisées ici. Celles-ci sont reproduites sur la dernière page\nde chaque copie numérique mise en ligne par les A&B. Elles s’articulent selon les trois axes : protection,\nutilisation et reproduction.\n\n\n\nProtection\n\n1. Droits d’auteur\nLa première page de chaque copie numérique indique les droits d’auteur d’application sur l’œuvre\nlittéraire.\n\n\n2. Responsabilité\nMalgré les efforts consentis pour garantir les meilleures qualité et accessibilité des copies numériques,\ncertaines défectuosités peuvent y subsister – telles, mais non limitées à, des incomplétudes, des erreurs\ndans les fichiers, un défaut empêchant l’accès au document, etc. -. Les A&B déclinent toute\nresponsabilité concernant les dommages, coûts et dépenses, y compris des honoraires légaux, entraînés\npar l’accès et/ou l’utilisation des copies numériques. De plus, les A&B ne pourront être mises en cause\ndans l’exploitation subséquente des copies numériques ; et la dénomination des ‘Archives &\nBibliothèques de l’ULB’ et de l’ULB, ne pourra être ni utilisée, ni ternie, au prétexte d’utiliser des copies\nnumériques mises à disposition par eux.\n\n\n3. Localisation\nChaque copie numérique dispose d'un URL (uniform resource locator) stable de la forme\n<http://digistore.bib.ulb.ac.be/annee/nom_du_fichier.pdf> qui permet d'accéder au document ;\nl’adresse physique ou logique des fichiers étant elle sujette à modifications sans préavis. Les A&B\nencouragent les utilisateurs à utiliser cet URL lorsqu’ils souhaitent faire référence à une copie numérique.\n\n\n\n\nUtilisation\n\n4. Gratuité\nLes A&B mettent gratuitement à la disposition du public les copies numériques d’œuvres\nlittéraires numérisées par elles : aucune rémunération ne peut être réclamée par des tiers ni pour leur\nconsultation, ni au prétexte du droit d’auteur.\n\n\n5. Buts poursuivis\nLes copies numériques peuvent être utilisées à des fins de recherche, d’enseignement ou à usage privé.\nQuiconque souhaitant utiliser les copies numériques à d’autres fins et/ou les distribuer contre\nrémunération est tenu d’en demander l’autorisation aux Archives & Bibliothèques de l’ULB, en joignant à\nsa requête, l’auteur, le titre, et l’éditeur du (ou des) document(s) concerné(s).\nDemande à adresser au Directeur de la Bibliothèque électronique et Collections Spéciales, Archives &\nBibliothèques CP 180, Université Libre de Bruxelles, Avenue Franklin Roosevelt 50, B-1050 Bruxelles.\nCourriel : bibdir@ulb.ac.be.\n\n\n\n\n                                                                                                           1\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": "6. Citation\nPour toutes les utilisations autorisées, l’usager s’engage à citer dans son travail, les documents utilisés,\npar la mention « Université Libre de Bruxelles – Archives & Bibliothèques » accompagnée des précisions\nindispensables à l’identification des documents (auteur, titre, date et lieu d’édition).\n\n\n7. Liens profonds\nLes liens profonds, donnant directement accès à une copie numérique particulière, sont autorisés si les\nconditions suivantes sont respectées :\na) les sites pointant vers ces documents doivent clairement informer leurs utilisateurs qu’ils y ont accès\nvia le site web des Archives & Bibliothèques de l’ULB ;\nb) l’utilisateur, cliquant un de ces liens profonds, devra voir le document s’ouvrir dans une nouvelle\nfenêtre ; cette action pourra être accompagnée de l’avertissement ‘Vous accédez à un document du site\nweb des Archives & Bibliothèques de l’ULB’.\n\n\n\nReproduction\n\n8. Sous format électronique\nPour toutes les utilisations autorisées mentionnées dans ce règlement le téléchargement, la copie et le\nstockage des copies numériques sont permis ; à l’exception du dépôt dans une autre base de données,\nqui est interdit.\n\n\n9. Sur support papier\nPour toutes les utilisations autorisées mentionnées dans ce règlement les fac-similés exacts, les\nimpressions et les photocopies, ainsi que le copié/collé (lorsque le document est au format texte) sont\npermis.\n\n\n10. Références\nQuel que soit le support de reproduction, la suppression des références à l’ULB et aux Archives &\nBibliothèques de l’ULB dans les copies numériques est interdite.\n\n\n\n\n                                                                                                          2\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 8, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1896-05", "signet_source": "N°10 - Mai 1896", "preuve": "Couverture (PDF 164) : N° 10 - Mai 1896.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}