{"numero_id": "ulb-durendal-1895-10-n10", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "articles": [{"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-001", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 205, "page_fin": 207, "titre_corps": "Coucher de Soleil sur la Mer", "titre_sommaire": "Coucher de soleil sur la mer", "signature_source": "Pol Demade", "ancre_debut": "Coucher de Soleil sur la Mer", "ancre_fin": "POL DEMADE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE P. 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DIERICK.\n\n\n\n\nS\n        IX heures du soir.\n           On l'a vue cent fois, la mer; on la revoit, une cent-et-unième\n        fois, sans lassitude. « Ce spectacle est la seule chose physique\n        qui n'ennuie pas et dont l'homme ne puisse se blaser (1). »\n  Nous nous abritons du vent froid, qui se lève à la tombée du jour,\ncontre une de ces hautes barques de pêche, dont la carène rousse sent\nbon le goudron frais, et qui sommeillent sur la grève, en attendant la\nmarée prochaine.\n  Sur le vaste tapis de sable mouillé courent, poussées par la bise\nmordante, de légères traînées fumeuses de sable sec et très blanc.\n  Non loin s'allonge vers le flot écumeux le brise-lames d'un vert\nprofond tapissé des algues émeraudes.\n  Et tout là-bas, en pleine vague déjà, les valves noires des mollusques\naccumulées constituent comme des amoncellements de d i a m a n t s\nsombres qui émergent ou disparaissent parmi l'eau mousseuse.\n                                               *\n                                           *       *\n\n  Au-dessus, dans une atmosphère de lumière dorée, triomphe, avant\nde disparaître, le soleil, l'astre royal et somptueux.\n  Lorsqu'on promène les yeux du sable mouillé jusqu'au bout de\n\n   N. D. L. R. — Ce morceau a paru dans le Patriote. Nous le reproduisons ici parce qu'il nous\nsemble mériter de durer un peu plus qu'un éphémère article quotidien,\n   (1) Jules Barbey d'Aurevilly. Memoranda, p. 248.\n"}, {"page_pdf": 245, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2153, "texte": "206                            DURENDAL\n\n\nl'horizon, on aperçoit, tracée largement sur les grisailles de la mer,\nune route immense, fastueuse et solennelle, dallée de pavés d'or et\nrevêtue de lumière.\n   L a voie s'étend et se prolonge à mesure que le soleil descend vers\nla mer. Il se produit un moment où la voie triomphale est parfaite,\nentière, sans discontinuité. L'effet est incomparable.\n   Il semble alors qu'on ait jeté sur les flots un gigantesque tapis d'or\nd'une seule venue, frangée d'or aussi, un tapis de rêve et de féerie, et\nque le soleil s'en va par là, comme, dans une entrée de ville idéale,\nun roi fantastique et triomphateur.\n   L a scène, malheureusement, ne dure que quelques minutes. Le\nsoleil est à peine au fond de l'allée merveilleuse, qu'il se dépouille peu\nà peu de son éblouissante auréole de rayons. Déjà on peut le regarder\nsans se sentir aveuglé de clarté et presque aussitôt d'indivisibles\nmains enlèvent, de dessus la mer, le lumineux tapis doré du couchant\ntriomphal.\n   L e soleil apparaît maintenant tout seul, à l'Occident, sans rayons\nd'apparat, vif encore mais découronné de sa fauve auréole de tout à\nl'heure. C'est un beau globe d'or à contours précis. E t voici que cette\npureté s'assombrit, le jaune passe à l'orange profond. Des nuages\nintérieurs semblent voiler le front de l'astre et l'attrister.\n   L a mer, tantôt fondue avec le ciel, se délimite très nettement par\nune ligne précise. A nos pieds, vers la carène goudronnée, des coquilles\nbrisées reflètent une dernière fois, à la façon de petits miroirs, les\ndernières parcelles de la lumière qui s'en va. L e s vagues qui tantôt\ngrommelaient tout au bout du brise-lames viennent s'ébattre plus près\nen cohortes pressantes et audacieuses.\n   Les mouettes, si blanches qu'on les croirait nées de l'écume des\nvagues, et dont les ailes semblent lamées d'argent, volètent par\nbandes sur la mer olivâtre, tantôt planant, tantôt se laissant tomber\nà fleur d'eau, puis repartant à grands coups de leurs ailes lourdes.\n   A présent, d'assombrissement en assombrissement, le soleil orange,\nen touchant là-bas, tout au fond, la mer, s'est mis à saigner ou à se\n"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 980, "texte": "                                    DURENDAL                                     207\n\nvêtir de pourpre sombre. Sang ou pourpre! Cette teinte rouge, sinistre,\nva bien à cette gloire finissante, en cette tombée de jour.\n                                            *\n                                        *       *\n  Et puis plus rien. L'astre rouge a disparu dans les flots, à l'Occi­\ndent, et les seules traces de son passage, ce sont ces lambeaux roses\nqui traînent çà et là à l'horizon marin. Rien, au ciel, qui nous indique\nla place du soleil fini !\n  Au-dessus de la mer, tout redevient morne et comme triste de cette\nfuite de la lumière.\n   En arrière, vis-à-vis de la grève que le froid et l'ombre nous font\ndéserter, comme nous nous retournons, la lune ironiquement montre\nson pâle visage de noctambule fatiguée.\n   Sept heures du soir.\n\n     Heyst-sur-Mer, 4 septembre 1895.\n                                                              POL DEMADE.\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-002", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 207, "page_fin": 209, "titre_corps": "Le P. Imbert : Pensées d’un Iconoclaste", "titre_sommaire": "Pensées d’un Iconoclaste", "signature_source": "Le P. 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Imbert,\net partout où il avait passé, en particulier à Riom où il fut supérieur du collège que\ndirige sa Compagnie, il avait laissé des amitiés chaudes, le souvenir d'une âme\ndélicate, qu'aucune des questions de littérature ne laissaient inattentif.\n   Des mains pieuses ont rassemblé ses pensées, ses fragments, ses lettres, en un\nvolume intitulé : Un artiste, publié par la librairie Plon.\n   On y sent bien la personnalité aimable et franche, qui n'a rien tant en horreur\nque le banal, l'insipide, l'insignifiant et le convenu.\n"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1834, "texte": "208                                  DURENDAL\n\n  C'est de ce livre que nous extrayons les pensées qu'on lira ci-dessous.\n  Enfin notons encore ce trait, qui vaudra à son auteur la sympathie des amis de\nDurendal autant que le dédain de certains esprits étroits : Le P . Imbert, au début\nde chaque année scolaire, faisait jeter par la fenêtre les manuels et autres livres\nscolaires qui prétendent donner aux écoliers la littérature toute faite, les dispensent\nde prendre le contact direct des œuvres et sollicitent la paresse à dormir, confiante\nen la mémoire, sans aucun effort pour penser.\n\n  On ne fait fi de l'idéal qu'après l'avoir profané.\n\n   A Paris on décore une église comme un appartement. On facilite la\ntransition du salon et du boudoir.\n\n  L'éducation chrétienne d e m a n d e que l'on aime naturellement ce\nque l'on enseigne et divinement ceux qui sont enseignés.\n\n Dames et jeunes filles ne d e m a n d e n t jamais d'un orateur : « Com­\nment parle-t-il? » mais : « Comment est-il? »\n\n  Les petits livres dévotieux sont fabriqués avec les raclures avariées\nde la doctrine solide des bons auteurs. Il faut, dans un encadrement\nrouge ou bleu, des exclamations quintessenciées des pamoisons de\nmots et de sentiments, et surtout pas une raison au bout, parce qu'au\nbout ce serait une chute sans merci.\n\n   L e travail de la pensée ne demande-t-il pas une concentration toute\nà l'intérieur? Les grands penseurs ne pensent pas dans la rue ou les\nles salons.\n\n  U n e femme        du   monde      peut être admirablement            une    femme\nchrétienne.\n\n  J'ai lu je ne sais combien de discours de M. de Mun. Quelle désillu­\nsion! L a rhétorique là est bonne, mais c'est de la rhétorique.\n\n  Les Académies sont des réunions où l'étiquette, les manières de\nsalons, jouent les jeunes premiers, et la littérature les duègnes.\n"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 550, "texte": "                                DURENDAL                                              209\n\n\n  On comprend le beau non tel qu'il est, mais tel qu'on est.\n\n   Il y a, dans toute intelligence cultivée, en dehors des études\ntechniques que réclament les arts, un goût naturel que la contempla­\ntion des belles œuvres épure sans cesse et qui parfois dépasse le goût\ndes artistes de profession.\n\n  Style normalien. C o m m e le t a m b o u r et le clairon de la caserne, il\nredit à des recrues les mêmes airs et aux mêmes heures.\n\n\n\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-003", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 209, "page_fin": 209, "titre_corps": "Le Cheval", "titre_sommaire": "Le Cheval", "signature_source": "Édouard Bernaert", "ancre_debut": "Le Cheval", "ancre_fin": "EDOUARD BERNAERT", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 248, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 550, "fin_caractere_exclue": 1614, "texte": "Le Cheval\n                                                   Scandit l'atalis, machina muros,\n                                               feta armis...            (Enaïde.)\n\n              Te croyant enfin sauve après dix ans de siège,\n              Sur de perfides plenrs, ton génie, Ilion,\n              A laissé s'attendrir son âme de lion;\n              Et misérablement tu croules dans le piège.\n\n              Et ton peuple, que guette un trépas sans renom,\n              Malgré l'oracle sombre, est pris au sortilège,\n              Et marche, inconscient, au dessein sacrilège\n              Où sourdement l'induit la ruse de Sinon.\n\n              Car parmi les débris d'une porte abattue,\n              Traîné de mille bras qu'une ardeur évertue,\n              Dans Pergame, qu'aveugle une fatalité,\n\n              Entre le monstre informe aux côtes large arquées\n              Dont, à chaque cahot, l'immane cavité\n              Rend des sons menaçants d'armes entrechoquées.\n                                                EDOUARD             BERNAERT.\n"}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-004", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 210, "page_fin": 210, "titre_corps": "Mélancolie d’automne", "titre_sommaire": "Mélancolie d’automne", "signature_source": "Edm. 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HENVAUX.\n"}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-005", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 211, "page_fin": 217, "titre_corps": "Pour le symbole : La Procession de Furnes", "titre_sommaire": "La Procession de Furnes", "signature_source": "Edmond Joly", "ancre_debut": "POUR LE SYMBOLE", "ancre_fin": "EDMOND JOLY", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 250, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "POUR LE SYMBOLE\n\n\n\n      LA PROCESSION DE FURNES\n\n\nT\n            ous les véhicules d'alentour, d'anciennes diligences qui\n            rappellent un précieux cortège des moyens, de transport,\n            joignent leurs voyageurs à la cohue que déversent les\n            chemins de fer. C'est, chaque fois, une curieuse appropria­\ntion dans un remous.\n   Un coup d'œil à l'étalage du vieil homme qui vend des programmes\ncontre l'ancienne boucherie gothique. Voletant sur les moulures de la\nfaçade, d'antiques chansons flamandes sont mêlées, horrifiquement, à\nla complainte d'une récente cause célèbre. L'impression fruste, que\nrelèvent des bois usés, en fait acheter deux ou trois, bien vite. Il faut,\nnon sans peine, gagner l'hôtel où une fenêtre a été retenue. Sitôt qu'on\na pris place à celle-ci, commence le spectacle de la foule dominée.\nOn la voit couler en vagues lentes, clapotant, pourrait-on dire, aux\nportes des cabarets. Les voyageurs mondains s'aperçoivent seule­\nment aux fenêtres. L a rue appartient, presque uniquement, au peuple,\nun peuple calme et joyeux. Au milieu du Groot Markt, une kermesse\navec « moulinet à vapeur », toutes les aggravations modernes\ns'essaient à la conquête du vulgaire. U n beffroi, de graves et légers\npignons, une abside démesurément haute dans un rayonnement de\ncontreforts et de pinacles forment, à la ville, comme un étendard\nimpérieux. Il semble bien que l'âme de F u r n e s lui est encore soumise.\nQuelle belle étude à faire, l'influence d'un édifice sur l'âme d'une ville!\n   Pendant l'attente, tous les lieux communs vous bourdonnent aux\noreilles, à cause de trop obligeants ciceroni. L e u r s curieuses contra-\n"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "212                             DURENDAL\n\n\ndictions préparent à un spectacle un peu « fermé », dont l'attrait,\npossible, est, en tous cas, changeant selon les yeux : exquis, alors?\n   Voici la grande cloche qui gronde. L a procession s'avance dans un\nparticulier mouvement de foule. Rien qui tire l'œil ; à peine quelques\nfigurants au costume pauvre et neuf, qui sonnent dans des buccins\noù se remarque l'amour populaire des notes longues et riches. L a\nbannière de la Confrérie porte un crucifiement dans son harmonie\ntendre, vert et lilas. Puis, aussitôt, c'est le défilé, un par un, des plus\ngrands souvenirs, des plus hautes magnificences psychiques, dans\nune évocation enfantine, grave et pauvre. L'horripilation vulgaire\nqu'on attendait, à laquelle on s'était résigné déjà, n'apparaîtra nulle\npart. Devant chaque personnage, chaque « numéro » du cortège,\nmarche une petite fille, un « ange » qui explique. Malgré le costume\ntrop frais, trop « néo-gothique », ces enfants représentent bien 1' « en­\nfantillage » particulier, excuse et attrait du cortège figuratif.\n   Faire « j o u e r » le rôle de Moïse, celui de David, quelle misère!\nMême si Dieu rallumait des yeux semblables à ceux qui pleurèrent\nles p s a u m e s ; même si l'on pouvait retrouver la parure symbolique\nqu'a su peindre Gustave Moreau, la reproduction serait toujours cari­\ncaturale ou « monstrueuse ». Dans la nature il n'y a point de copies.\nIl est manifeste, maintenant, trop pour ceux qui rêvaient de « caval­\ncades » luxueuses, que la « reproduction » n'est pas même tentée.\nC'est, peut-être, la principale supériorité de F u r n e s sur Oberammer-\ngau, où l'on s'y efforce trop. Ici, par la pauvreté matérielle, le charme\nde vétusté, une évocation, seulement, passe. Nous n'avons, devant\nnous, qu'un reflet biblique dans l'âme des trois derniers siècles\nflamands. Cette âme resplendit seule dans les personnages à peine\nfigurants et acteurs, bien plutôt participants « communiants » à la\nsolennisation d'une spéciale vie psychique.\n  Il n'est pas étonnant que le symbole, naguère, se soit spécialement'\ndéveloppé chez nous. L e cortège, le grand plaisir flamand, est, avant\ntout, un symbole. Il colore d'allégories, d'images, de somptuosité ou\nde pittoresque, le symbole primitif de la « procession » : la route de\n"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 213, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2401, "texte": "                                  DURENDAL                                   2l3\n\ntoute vie offerte en la réduction d'une marche solennelle. Ici, ces\nimages, ces allégories, toute la matérialité représentative, est atténuée\npar la grâce puissante de la vieillesse. U n e vieille femme ne peut plus\nêtre laide. U n objet ridicule devient exquis en sa vieillesse de bibelot.\nT o u t e puissante est la grâce de l'usure, cette ride des choses. C'est\nainsi que l'idée de « reproduction » est écartée; que s'affirme, très\nnettement, la reproduction seulement « virtuelle » asservie à un rite\nancien, et qui évoque une perpétuelle réalité. Celle-ci fait curieuse­\nment entendre sa voix dans les récitations qui accompagnent le défilé.\nEn ceci, surtout, a défailli le précieux anachronisme de la procession.\nLes anges-enfants qui interpellent les pêcheurs pour leur montrer\nCelui qui souffre par leurs crimes plus que par les bourreaux,\nrappellent les petits acteurs des distributions de prix. Mais David a\nune belle conviction en brandissant un sceptre de bois doré. Les\nprophètes, en tenant de vieux bouquins et de longues plumes d'oiseaux,\néchangent encore leurs vers prophétiques. H é r o d e expose bien à sa\ncour l'injustice de ses soupçons. P u i s , ce qui demeure d' « appris »,\nrend bien ce mouvement particulier des mots qui doivent porter plus\nloin et que le théâtre symboliste a trop recherché, peut-être. Du reste,\nles têtes sont admirables; ce sont, semble-t-il, celles-là mêmes qui\nnous regardent encore dans les portraits de Van Eyck et de Memling.\n   Une ravissante « F u i t e en E g y p t e » est presque toute la grâce du\ncortège. L'âne porte une enfant dont la figure a une gravité de jeune\nreine et, aussi, de fillette jouant à la poupée. Ici, pour poupée, elle a\nun Santo bambino, et semble vraiment adorante du nouveau-né divin\nqu'enveloppe un long manteau rouge, merveilleusement drapé sur\nl'âne gris.\n   Un chœur d'enfants, insuffisamment archaïque, précède 1' « Entrée\nà Jérusalem » et porte les rameaux. L ' h o m m e qui représente le Christ\nmériterait la célébrité du figurant d'Oberammergau\n                                                                . Rien n'est plus\nextraordinaire que la simplicité avec laquelle il demeure figé en sa\npose pendant les trois ou quatre heures de la procession. Cette sorte\nd'héroïsme de fakir évoque, encore, le symbole du geste; met en\n"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 214, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2095, "texte": "214                             DURENDAL\n\n\nvedette cette idée de pénitence qui fait que l'acteur communie à la\nsouffrance qu'il représente. Elle est la plus grande émotion du spec­\ntacle de F u r n e s . L a théorie symboliste y trouve, également, l'appli­\ncation de ses plus hautes analogies philosophiques. N'est-ce pas la\ncommunion de deux idées en une évocation qui fait la puissance du\nsymbole?\n   C'est aussi le symbole qui fait le dramatique sublime de ce cortège\nde paysans.\n   L e s chars, évidemment provenus des groupes sculptés qu'on porte\nen Espagne dans les processions de la Semaine sainte, n'offrent qu'un\nintérêt de curiosité. Ce sont des sculptures peintes, pleines de l'em­\nphase du temps, affreuses d'ignorance et délicieusement naïves.\n   Les essais de rajeunissement : quelques draperies, quelques nou­\nveaux personnages, montrent, aussitôt, par la vulgarité du neuf, du\n« correct », le charme inimitable de la désuétude, de la patine du\ntemps, de l'âme populaire reflétée. Celle-ci, seule, peut encore\ns'accorder à l'âme ancienne qui doit régner seule.\n   L e s chars représentent, ainsi, la Noël, la Cène, la Passion. Mais\nils sont traînés par des pénitents en cagoule brune, les pieds nus, et\nqui peinent manifestement. L e s symboles d'attitudes, rehaussés par\nla note d'exception, émeuvent délicieusement.\n  U n mot, ici, des instruments de pénitences.\n  Avant le cortège, chacun les peut manier dans l'église Saint-Wal­\nburge. Ils sont différents de poids, mais selon leurs dimensions;\naucun n'est creux. Il est inexplicable qu'un de nos plus artistes écri­\nvains leur ait dénié un « sérieux » nécessaire à l'intérêt esthétique.\n   Des accessoires étranges, cocasses, relèvent, de vulgarité matérielle,\nla souveraineté de l'évocation ; le gantelet d'armes : des soufflets à la\nface divine; le glaive de Pierre : un sabre très banal, peut-être de\npompier.\n  C'est, ensuite, le grand intérêt du cortège : Des femmes nu-pieds,\nentièrement voilées de noir, soutiennent, de leurs bras étendus, de\nlourdes planches à inscriptions pieuses. L e u r s voiles souples, sur les\n"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "                                DURENDAL                                 2l5\n\nbras en croix, produisent d'inimaginables beautés sculpturales. L'ad­\nmirable Credo, le croisé qui restera, sans doute, le chef-d'œuvre de\nFrémiet, est dépassé de beaucoup à cause de la richesse des plis.\nD'autre part, le geste crucifère efface de sa sublimité les fameux\n« pleureurs » du Louvre, dont les moulages ont banalisé l'admiration.\nL'enthousiasme d'un de nos plus « expressifs » sculpteurs contempo­\nrains fut, parait-il, extraordinaire devant ce spectacle. On le conçoit\nfacilement. C'est ici que l'on peut constater la supériorité de la dra­\nperie, qui est une évocation, sur le nu qui est une reproduction; de\nla draperie, par laquelle l'âme peut envelopper ce corps qu'elle anime,\nalors que le nu n'exprime, d'abord, que le mécanisme de celui-ci.\n   Parfois, la double haie de foule, la route de vie, n'enferme que le\ndéfilé, l'un après l'autre, de ces noirs fantômes crucifères. Cette année;\nles pieds nus trébuchaient dans des flaques d'eau suggestives de\nlarmes; et un ciel gris, profond et doux, de F l a n d r e , y reflétait ses\ntransparences d'au delà. C'étaient, vraiment, des âmes, semblait-il,\nqui glissaient. Après tout, l'âme n'est qu'une existence qui passe ici-bas\navec la souffrance et sa promesse, le mystère de son crucifiement. L e\nspectacle seul vaudrait l'ennui du voyage. Un désir unique en émane :\nne plus voir le reste du cortège; suivre ce symbole de soi.\n   Il allège d'un souverain allègement, comme toute expression de\nnotre m a l ; comme les cris, les pleurs, comme tout ce qui nous livre\nnotre douleur, nous donne prise sur elle, en nous la faisant com­\nprendre, en nous permettant de la crier. C'est le cri de notre douleur,\nun cri silencieux et plastique, qu'expriment ces formes de deuil aux\nplis merveilleux.\n   Magnifiquement, surgit alors le remède quand apparaît le Christ\nportant la croix. Cette personnalisation divine de notre douleur est\nbien le secret, le seul possible, de notre rachat. L e groupe est admi­\nrable. L e costume du Christ, d'étoffe pauvre, a reçu tous les plis qu'il\nfallait ; tous les plis de la croix et tous ceux de la torture qu'elle cause.\nUne perruque fait un voile presque complet de boucles longues à la\nface d'une physionomie simple, où s'exprime la piété. U n chapelet,\n"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 216, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2291, "texte": "216                            DURENDAL\n\n\nobstinément tenu, montre, non le rôle, le « jeu », mais 1' « associa­\ntion », l'évocation symbolique. Ce n'est pas Jésus « imité »; c'est Jésus\ninvoqué et rappelé par l'immolation qui nous sauvera avec L u i . L e\ncorps ploie entièrement; le dos misérable, le dos merveilleusement\nexpressif, émeut sous la croix, comme une chair sacrifiée. L a\nsilhouette, réduite par le long raidissement du bois, aperçue dans\nl'enveloppement des soldats aux robustesses de F l a m a n d s , émeut de\nl'éternelle pitié, sur l'éternelle misère. Elle manifeste la souveraineté\nde celle-ci qui, un jour, devait être divine. L e Cyrénéen, extraordi-\nnairement « vécu », ne joue plus, lui aussi, un r ô l e ; il « mérite »,\ncomme tout chrétien admis à la participation de la croix rédemptrice.\n   Les deux rangs de soldats romains, aux costumes dix-huitième\nsiècle, ingénuement pompeux et barbares, tiennent les cordes du divin\ncaptif pendant qu'ils r y t h m e n t leur marche d'un bruit de lances sur\nles pavés durs. Les grandes crécelles du Vendredi-Saint mêlent leurs\nfrémissements à des plaintes de cornes. C'est le seul endroit où le\ncortège a une véritable expression musicale, et elle est exquise.\n   Les bourreaux, ensuite, portent la bêche, la pioche pour planter la\ncroix, l'arbre terrible et adorable. E t les instruments de travail sont\nvéritables, avec la m a r q u e d'usure, afin que participant du mal qui\nest en toute notre nature, ils participent également à la rédemption\nqui doit tout transformer. Parfois, il semble qu'il y ait entre les\nspectateurs, les porteurs de ces instruments et le fer même, brillant\ndu travail, brillant comme un regard, une sorte de complicité sainte,\nune sorte d'immense espoir de renouvellement qui sommeille tout au\nfond des physionomies placides.\n  De nouveau, ce sont des pénitents, mais portant, à la suite du\nMaître, des croix semblables à la sienne. Cela émeut délicieusement\ncomme une « transposition » de ce motif : la Croix souveraine. Celle-ci\nsemble s'être multipliée pour les victimes multiples. T o u t e la largeur\ndu chemin est couverte de pénitents qui, chacun, plient sous une croix\npareille, énorme, dont les bras projetés et dressés de façons diverses,\nrègnent en torture sur les divers accablements.\n"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2382, "texte": "                               DURENDAL                               217\n\n   L a beauté des lignes est égale à la sublimité du symbole. L a foule\nest là; cette foule où, invisiblement, sévissent ces croix dont le cortège\nfigure, explique, conjure, aussi, l'éternel mystère.\n   P l u s loin, les croix se transforment, s'enjolivent d'allégories, se\nsurchargent de sentences, aussi des initiales de ceux qui les portèrent,\nparfois bien longtemps, et qui sont passés, tandis que la croix reste.\n   U n mot, poignant, sur un cartel : De Nood Goods; la détresse divine.\nE n flamand, l'expression a une généralité, une « popularité » qui la\nrend merveilleusement expressive par la communion au « malheur »\ndivin évoqué, réalisé.\n   T o u t à coup, c'est un fourmillement de croix, une forêt de croix\nnoires qui s'avancent sur un glissement d'ombre. Il semble d'un cime­\ntière qui marche par la procession de tous les morts vêtus de nuit et\nportant les croix des tombes. L e « symbole de multiplication », le\nnombre indéfini exprimant l'infinité, surgit avec une irrésistible force.\nL'émotion du coup-d'œil est poignante. C'est tout le fourmillement\nhumain de la vie revenu là avec les croix de sa douleur pour marcher\nà la suite de l'unique croix victorieuse, de l'unique espérance!\n   De vulgaires chars de cavalcade représentent, ensuite, la Résurrec­\ntion et l'Ascension. Autrefois, un véritable corbillard avec des pleu­\nreuses sacrées, la Mère divine, les saintes femmes, achevait l'identifi­\ncation rédemptrice de notre douleur et de la « Passion ». Une banale\nprocession moderne achève, en de nécessaires mesquineries luxueuses,\nla plus haute manifestation dramatique chrétienne qui existe encore\nparmi nous. Nous en soutiendrions volontiers la supériorité relative\nsur les représentations d'Oberammergau. L a préférence s'expliquerait\npar une plus grande somme d'évocation en moins de facticités, toujours\nbanales. L e haut argument qu'y trouve la théorie du symbole; des\nrapprochements naturels avec le drame liturgique, ce premier drame\n « symboliste » suffisent, en tous cas, pour faire de la procession de\n Furnes un des plus précieux documents d'art chrétien. Durendal\nvoudrait contribuer à le sauver de l'indifférence moderne et de la\n « reconstitution » archéologique, plus redoutable, peut-être, encore.\n                                                      EDMOND JOLY.\n"}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-006", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 218, "page_fin": 218, "titre_corps": "Li Leup et l’ Tchée", "titre_sommaire": "Li Leup et l’ Tchée", "signature_source": "Georges Horgnies", "ancre_debut": "LI LEUP ET L’ TCHEE", "ancre_fin": "GEORGES HORGNIES", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 257, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 59, "fin_caractere_exclue": 1944, "texte": "LI LEUP ET L' TCHÉE\n                         Patois de Ham-sur-Sambre   (Namur)\n\n\n      Gn'avéve on coup on leup sètch comme one alumette.\n      hes ouchas et puis l' pia, c'est tot ci qu'avait l' biesse.\n      I rotait dpus troes tjoûs sins plu rimpli s' malette,\n      Quand il aviss' on tchée, crau dpus l' queuwe djusqu'a l' tiesse\n      Et qui s'avait pierdu dins l'boès où qu'il estait.\n      Noss leup po l'attaquer dlé l' tchêe s'avançichait,\n      Mins l'aut' mostrait des dints a fer sauver bée lon\n      Tos les vix gernadiers do timps d' Napoleon.\n      Li leup rinonce à ça et va po lî causer :\n      « Quées novelles on cotisée, disti en v'nant dlé l' tchée,\n      » On voet bée qu' vos mougni todis vost' appetit. »\n      « I n' tée qu'a vos, dit l' tchée, di yesse ossi crau qu' mi;\n      » Quittez voss' boès, mi fi, et v'noz è noss' maugeonne,\n      » Ci n'est née avaurci qu'on a c' qu'on vout, y m' chonne,\n      » Suivoz-m' et vos aroz des tjous n' miette pus tranquilles,\n       » Vos aroz tous les tjous voss' dèner asseuré,\n         Sins compter les caresses di nos djins, des bons drilles. »\n      Li leup, tot rimué, breyant d' bounheur sut l' tchée,\n      Quand tot rotant y voet su l' cou del biesse one tatche.\n         Qu' wèss' qui c'est d' ça, disti, su voss cou tot pelé? »\n       « Oh! ré, ci n'est qui l'place do collé qu'on m'attatche. »\n       « Qu'on vos attatche, dit l' leup, est-c' qui vos n' couroz née\n       » Quand vos avoz l'idée ? » Li tchée dit : « Née todis,\n         Mais ça c' n'est rée endon. » « C'est télmint rée, disti\n       » Noss leup, spitant evouye, qui d' vos r'pas, dj'n'ès voux pus,\n       » Ni d' vos Djean, ni d' vos Djènne, ni d' voss' crausse vie non plus.\n                                                       GEORGES   HORGNIES.\n\n\n\n\n                                                                             1«*\"\n"}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-007", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 219, "page_fin": 220, "titre_corps": "Ballade du vent d’automne", "titre_sommaire": "Ballade du vent d’automne", "signature_source": "Fernand Passelecq", "ancre_debut": "BALLADE DU VENT D’AUTOMNE", "ancre_fin": "FERNAND PASSELECQ", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Roche Tarpéienne", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 258, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 963, "texte": "BALLADE DU VENT D'AUTOMNE\n                                    POUR TOI.\n\n      Le petit vent d'automne\n      Court dans le chemin creux :\n      Comme il a l'air heureux\n      Le petit vent d'automne!...\n\n      Il dit aux genêts d'or,\n      Aux bruyères rosées :\n      «Le papillon s'endort\n      » Glacé, dans les rosées...\n      » Que m'importent vos pleurs!\n      » Egrenez donc vos fleurs\n      » Au petit vent d'automne! »\n\n      Le petit vent d'automne\n      Souffle dans les ormeaux :\n      Comme il tord les rameaux,\n      Le petit vent d'automne!...\n\n       Une rumeur d'adieux\n      Sort des cimes rouillées,\n      Et par vols silencieux\n      Essaiment les feuillées.\n      Il leur dit : « Chapeaux bas! »\n      Et rit de leurs ébats,\n      Le petit vent d'automne...\n\n      Le petit vent d'automne\n      M'entre soudain au cœur :\n      Comme il a l'air moqueur,\n      Le petit vent d'automne!...\n"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 724, "texte": "220                                  DURENDAL\n\n\n                        Mes souvenirs d'été\n                        Voici qu'il les effeuille,\n                        Et mon cœur dévasté\n                        Comme l'ormeau s'endeuille...\n                        ... Hélas!   où va l'espoir\n                        Qu'emporte dans le soir\n                        Le petit vent d'automne ?\n\n                        Le petit vent fredonne\n                        Partout    un chant vainqueur :\n                        N'a-t-il   donc pas de cœur,\n                        Le petit vent     d'automne?...\n                                                 FERNAND      PASSELECQ.\n        30 septembre 1894.\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-010", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 220, "page_fin": 221, "titre_corps": "Roche Tarpéienne et Capitole", "titre_sommaire": "Roche Tarpéienne et Capitole", "signature_source": "Maurice Ranwez", "ancre_debut": "Roche Tarpéienne et Capitole", "ancre_fin": "ées comme cela, froidement, d'une main calme, sous des yeux ahuris. 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Lisez donc cela!\n                                                                Maurice RANWEZ.\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-009", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 221, "page_fin": 223, "titre_corps": "Miroir d’Art et de Littérature : Quelques propos des Douze Pairs autour de la Table ronde", "titre_sommaire": "Propos des Douze Pairs", "signature_source": "", "ancre_debut": "MIROIR", "ancre_fin": "etc. Ajoutons que le livre fut jeté au feu par le R. P . 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Durendal y aidera de tout son pouvoir.\n\n                                         *       *\n\n\nN      OTRE numéro du mois d'août contenait un violent réquisitoire contre\n       l'Éducation actuelle. Nous signalons, à ceux qui seraient tentés de nous taxer\nd'excessifs, les lignes suivantes de M. Godefroid Kurth (Patriote du 22 septembre)\nqui confirme les paroles de M. Pol Demade :\n    « L'âpreté et la persistance des reproches adressés à nos méthodes et à nos\nprogrammes attestent l'existence d'un sérieux désaccord entre l'enseignement traditionnel\ndes humanités et les aspirations d'une notable partie de la société actuelle... Jamais\nl'écart entre l'école et la vie n'a pas été plus formidable que de nos jours .. Nous\ndevons tous savoir constater et reconnaître que la vie n'est plus le prolongement du\ncollège, ou, si vous l'aimez mieux, que le collège n'est plus la préparation à la vie. »\n                                             *\n                                         *       *\n"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 222, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2781, "texte": "222                                   DURENDAL\n\n      E geai paré des plumes du paon. M. Jean de Bonnefon, du Journal, plagie\nL      J Barbey d'Aurevilly avec un sans-gêne tout à fait étonnant. Qu'on en juge!\n\n           Barbey d'Aurevilly.                                Jean de Bonnefon.\n   Quand on s'avise de les écrire (les                Quand on raconte une histoire vraie,\nhistoires réelles de ce temps de progrès),         le lecteur pourrait croire que le diable\nil semble toujours que ce soit le diable           l'a dictée.\nqui ait dicté! (Page 3.)\n\n   Cette femme faisait penser à la grande             Loetitia Bonaparte fait penser à la\nIsis noire du Musée égyptien, par l'am­            grande Isis du Musée égyptien, par l'am­\npleur de ses formes, la fierté mystérieuse         pleur des formes, la fierté mystérieuse\net la force. (Page 145.)                           et la force.\n\n  Le-profil est l'écueil de la beauté ou             Elle a un profil splendide, ce profil de\nson attestation la plus éclatante.                 médaille qui est l'écueil de la beauté ou\n                             (Page 145.)           son arc triomphal.\n\n   La panthère était de cette espèce par­             Étalée là-dedans (dans son carrosse),\nticulière à l'Ile de Java, le pays du monde        elle ressemble par la souplesse de son\noù la Nature est le plus intense et semble         corps à un de ces fauves des tropiques,\nelle-même quelque grande tigresse.                 du pays où la Nature est ardente et res­\n                               (Page 142.)         semble, elle aussi, à quelque grande\n                                                   tigresse.\n\n  La panthère rentra lentement, sous les              Ainsi faite, la veuve du duc d'Aoste\ncoulisses tirées de ses paupières, les deux        s'enferma dans son deuil ; elle rentra len­\nétoiles vertes de ses regards. (Page 146.)         tement sous les coulisses tirées de ses\n             Les Diaboliques, Paris, Le-           paupières les deux étoiles de son regard.\n               merre, 1882.                                           Journal, 8 juin 1895.\n\n   Dieu, pour montrer mieux nos néants,     La Providence a parfois de ces ironies\nsans doute, a parfois de ces ironies qui qui attachent le bruit aux choses petites\nattachent le bruit aux choses petites et et le silence aux choses grandes.\nl'obscurité aux choses grandes. (P. 5.)                 Journal, 26 juillet 1895.\n     L'Ensorcelée, Paris, Lemerre, 1889.\n   « Mon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon verre », disait Alfred de\nMusset. Le verre de Jean de Bonnefon est plus petit que celui de Musset; est-ce\npour ce motif que de Bonnefon boit dans la coupe de Barbey d'Aurevilly?\n                                              *■\n"}, {"page_pdf": 262, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2846, "texte": "                                      DURENDAL                                       223\n\n\n\nM    ONSIEUR    Sarcey, qu'un journal belge traitait naguère d'éminent écrivain,\n       publie : Grandeur et décadence de Minon-Minette!... Ouvrons le petit livre à la\npremière page : « Peu s'en fallut même que le jour qui lui avait donné l'être ne fût\négalement témoin de sa mort : et c'eût été dommage, car les grands événements\ndont je vais être l'historien fidèle eussent été anéantis avec elle, qui devait en être\nl'héroïne, etc. »\n                                              *\n                                          *       *\n\nN     ous sommes assassinés par les auteurs d'ouvrages dits de « spiritualité », qui\n       nous adressent leurs productions, qui nous écrivent, qui viennent nous voir,\nqui nous recommandent leur « petit dernier » avec tout ce que l'amour paternel\npossède de plus persuasif. On leur promet et on se met en devoir de parcourir l'objet.\n   Mais, hélas! la première impression est le plus souvent désastreuse. D'abord les\ntitres de ces ouvrages sont maintes fois ridicules et on se demande où les auteurs\nles ont pêchés. Nos pères, les vieux maîtres du XVIe et du XVIIe siècle, seraient\njoliment étonnés si, revenant, ils se trouvaient en présence de la bibliothèque\npieuse — je ne parle pas de l'autre, hélas ! — de certaines bibliothèques chrétiennes\nde nos jours et de ces gentils petits volumes avec ou sans fermoir, avec ou sans\nétui, reliés en maroquin ou en cuir plus ou moins de Russie. Là ils verraient : les\nElans mystiques du cœur, par l'abbé X . . . ; plus loin, les Célestes envolées, par le\nR P. Y... A côté ils trouveraient : Fleurs d'âmes et Ames-Fleurs, par la vicomtesse\nde Z      Puis les dévotions spéciales : Petit mois du Sacré-Cœur, à l'usage des âmes\ndésolées, par l'auteur des Splendeurs virginales. Rubis et topazes, ou Trente lectures pour\nle mois de Marie, par la sœur Saint-Placide du monastère de B... Que penseraient-ils,\nque diraient-ils? Eux qui appelaient tout bêtement leurs livres : le Pré spirituel, la\nPerfection chrétienne, le Guide des pêcheurs, l'Introduction à la vie dévote, etc.\n   Et encore s'ils lisaient! (M. l'abbé NAUDET, Monde, 13 juillet.)\n\n                                          *       *\n\n\nU     N de nos amis nous assure avoir rencontré, dans le catalogue d'une librairie\n       pieuse, un petit volume, intitulé comme suit : Petits clystères spirituels à l'usage\ndes âmes constipées en dévotion. Nous n'avons pu contrôler, malheureusement.\n   Nous avons rencontré, dans la bibliothèque des retraitants de Tronchiennes, un\nlivre, celui-ci : Les fonctions de l'amour divin, dans lequel on traitait de : l'Amour\ndivin, cocher; — l'Amour divin, cuisinier, etc., etc.\n   Ajoutons que le livre fut jeté au feu par le R. P . Petit, auquel nous avions\nsignalé le fait.\n"}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-10-n10-008", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 224, "page_fin": 224, "titre_corps": "Mon Aristarque", "titre_sommaire": "Mon Aristarque", "signature_source": "Édouard Bernaert", "ancre_debut": "MON AR1STARQUE", "ancre_fin": "EDOUARD BERNAERT", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 263, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 218, "fin_caractere_exclue": 1185, "texte": "MON AR1STARQUE\n                                                   A ma tête de mort.\n\n\n          Elle est là devant moi, blanche, presque polie\n          Tant ma caresse errante a passé sur son front;\n          Et ses clairs reflets m'ont causé, me causeront\n          Encor, s'il plaît à Dieu, mainte mélancolie.\n\n           Dans l'immobilité de son repos profond,\n           Je pressens, sous ce crâne obstinément tapie,\n           Une âme dont l'œil mort me surveille, m'épie,\n           Et, pénétrant mon cœur inquiet, le confond.\n\n           C'est sous ce froid regard que, la nuit, je travaille.\n           Quand je crois avoir f ait quelque riche trouvaille,\n           Je lis tout haut mes vers, puis, je lève les yeux. .\n\n           Or, je revois toujours — ceci me déconcerte —\n           Un rire improbateur, sceptique, dédaigneux,\n           Poindre à l'angle évidé de sa mâchoire inerte.\n                                                EDOUARD BERNAERT.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 242, "texte": "OCTOBRE 1 8 9 5 (DEUXIÈME ANNÉE.)                            Prix du numéro : fr. 0.60.\n\n\n\n\n                                                           € luKmrorc\n\n                                                SOMMAIRE DU N° 10\n\n\n\n\n                                   i . POL DEMADE. — Coucher de soleil sur la nier.\n                                   2. LE PÈRE IMBERT. — Pensées d'un    Iconoclaste.\n\n                                   3. EDOUARD BERNAERT. — Le      Cheval.\n\n                                   4. ED.tyENVAUX.— Mélancolie      d'automne.\n                                   5. ED. JOLY. — La Procession de Fumes.\n      \\f\n           >J                      6. GEORGES HORGNIES.—Li Leupet\n                                       de Ham-sur Sambre).\n                                                                        l'Tchée(patois\n\n\n                                   7. FERNAND PASSELECQ — Ballade du vent d'au-\n                                       tomne.\n                                   8. Roche Tarpéienne : Maurice Ranwez.\n                                   g. Propos des Douze Pairs sur divers sujets.\n                                   10. Sonnet macabre.\n\n\n\n\n                    rliBERT   -^\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "                    DURENDAL\n   REVUE      CATHOLIQUE          D'ART     ET    DE           LITTÉRATURE\n\n\n\n\n                        ABONNEMENTS\nBelgique : un an.        . . fr. 5 . 0 0 | Étranger : un an.         fr. 6 . 5 0\n                          Prix du numéro : fr. 0 . 6 0\n\n\n\n             Comité de rédaction de « Durendal »\nMM. P O L DEMADE, HENRY CARTON DE WIART, l'Abbé HENRY MŒLLER.\n\n                            Collaborateurs :\nMM. FLRMIN VANDENBOSCH.                  MM. J.-K.     HUYSMANS.\n       HENRY BORDEAUX.                           WILLIAM RITTER.\n       THOMAS BRAUN.                             MAURICE RANWEZ.\n       L'abbé H . HOORNAERT.                     GEORGES VIRRÈS.\n       JOSÉ HENNEBICQ.                           MAURICE DULLAERT.\n       EDMOND JOLY.                              MAURICE CLAEYS.\n       L'abbé L. GRUEL.                          JOSEPH SERRE.\n       LÉON LOUVEAUX.                            PAUL HAREL.\n       E D . CARTON DE WIART.                    ERNEST PÉRIER.\n       EDOUARD BEERNAERT.                        CHARLES BUET,\n      ADOLPHE HARDY.                             VICTOR DENYN.\n\n\n                  « DURENDAL » ne publie que de l'inédit\n        Les collaborateurs sont seuls responsables de leurs articles\n\n\n                      LES MANUSCRITS N E SONT PAS RENDUS\n\n\n\n\nToutes correspondances doivent être adressées à la Rédaction et Administration\n                             X\n                Rue Albert-de-la-Tbur, 14, à Bruxelles\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": " Octobre 1895                                                                            N ° 10\n\n                                        DURENDAL\n\n\n\n\n           Coucher de Soleil sur la Mer\n                                                                  Vitlit Deus quia bonum mare.\n                                                                                        (GENÈSE.)\n\n                             A MONSIEUR L'ADDÉ AL.-AD. DIERICK.\n\n\n\n\nS\n        IX heures du soir.\n           On l'a vue cent fois, la mer; on la revoit, une cent-et-unième\n        fois, sans lassitude. « Ce spectacle est la seule chose physique\n        qui n'ennuie pas et dont l'homme ne puisse se blaser (1). »\n  Nous nous abritons du vent froid, qui se lève à la tombée du jour,\ncontre une de ces hautes barques de pêche, dont la carène rousse sent\nbon le goudron frais, et qui sommeillent sur la grève, en attendant la\nmarée prochaine.\n  Sur le vaste tapis de sable mouillé courent, poussées par la bise\nmordante, de légères traînées fumeuses de sable sec et très blanc.\n  Non loin s'allonge vers le flot écumeux le brise-lames d'un vert\nprofond tapissé des algues émeraudes.\n  Et tout là-bas, en pleine vague déjà, les valves noires des mollusques\naccumulées constituent comme des amoncellements de d i a m a n t s\nsombres qui émergent ou disparaissent parmi l'eau mousseuse.\n                                               *\n                                           *       *\n\n  Au-dessus, dans une atmosphère de lumière dorée, triomphe, avant\nde disparaître, le soleil, l'astre royal et somptueux.\n  Lorsqu'on promène les yeux du sable mouillé jusqu'au bout de\n\n   N. D. L. R. — Ce morceau a paru dans le Patriote. Nous le reproduisons ici parce qu'il nous\nsemble mériter de durer un peu plus qu'un éphémère article quotidien,\n   (1) Jules Barbey d'Aurevilly. Memoranda, p. 248.\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "206                            DURENDAL\n\n\nl'horizon, on aperçoit, tracée largement sur les grisailles de la mer,\nune route immense, fastueuse et solennelle, dallée de pavés d'or et\nrevêtue de lumière.\n   L a voie s'étend et se prolonge à mesure que le soleil descend vers\nla mer. Il se produit un moment où la voie triomphale est parfaite,\nentière, sans discontinuité. L'effet est incomparable.\n   Il semble alors qu'on ait jeté sur les flots un gigantesque tapis d'or\nd'une seule venue, frangée d'or aussi, un tapis de rêve et de féerie, et\nque le soleil s'en va par là, comme, dans une entrée de ville idéale,\nun roi fantastique et triomphateur.\n   L a scène, malheureusement, ne dure que quelques minutes. Le\nsoleil est à peine au fond de l'allée merveilleuse, qu'il se dépouille peu\nà peu de son éblouissante auréole de rayons. Déjà on peut le regarder\nsans se sentir aveuglé de clarté et presque aussitôt d'indivisibles\nmains enlèvent, de dessus la mer, le lumineux tapis doré du couchant\ntriomphal.\n   L e soleil apparaît maintenant tout seul, à l'Occident, sans rayons\nd'apparat, vif encore mais découronné de sa fauve auréole de tout à\nl'heure. C'est un beau globe d'or à contours précis. E t voici que cette\npureté s'assombrit, le jaune passe à l'orange profond. Des nuages\nintérieurs semblent voiler le front de l'astre et l'attrister.\n   L a mer, tantôt fondue avec le ciel, se délimite très nettement par\nune ligne précise. A nos pieds, vers la carène goudronnée, des coquilles\nbrisées reflètent une dernière fois, à la façon de petits miroirs, les\ndernières parcelles de la lumière qui s'en va. L e s vagues qui tantôt\ngrommelaient tout au bout du brise-lames viennent s'ébattre plus près\nen cohortes pressantes et audacieuses.\n   Les mouettes, si blanches qu'on les croirait nées de l'écume des\nvagues, et dont les ailes semblent lamées d'argent, volètent par\nbandes sur la mer olivâtre, tantôt planant, tantôt se laissant tomber\nà fleur d'eau, puis repartant à grands coups de leurs ailes lourdes.\n   A présent, d'assombrissement en assombrissement, le soleil orange,\nen touchant là-bas, tout au fond, la mer, s'est mis à saigner ou à se\n"}, {"page_pdf": 246, "texte": "                                    DURENDAL                                     207\n\nvêtir de pourpre sombre. Sang ou pourpre! Cette teinte rouge, sinistre,\nva bien à cette gloire finissante, en cette tombée de jour.\n                                            *\n                                        *       *\n  Et puis plus rien. L'astre rouge a disparu dans les flots, à l'Occi­\ndent, et les seules traces de son passage, ce sont ces lambeaux roses\nqui traînent çà et là à l'horizon marin. Rien, au ciel, qui nous indique\nla place du soleil fini !\n  Au-dessus de la mer, tout redevient morne et comme triste de cette\nfuite de la lumière.\n   En arrière, vis-à-vis de la grève que le froid et l'ombre nous font\ndéserter, comme nous nous retournons, la lune ironiquement montre\nson pâle visage de noctambule fatiguée.\n   Sept heures du soir.\n\n     Heyst-sur-Mer, 4 septembre 1895.\n                                                              POL DEMADE.\n\n\n\n\n                  L E P. IMBERT\n                         PENSÉES     D'UN       ICONOCLASTE\n\n   En avril 1894, mourait, des suites d'une douloureuse opération, un religieux de\nla Société de Marie, à peine âgé de quarante-six ans. Il se nommait le P . Imbert,\net partout où il avait passé, en particulier à Riom où il fut supérieur du collège que\ndirige sa Compagnie, il avait laissé des amitiés chaudes, le souvenir d'une âme\ndélicate, qu'aucune des questions de littérature ne laissaient inattentif.\n   Des mains pieuses ont rassemblé ses pensées, ses fragments, ses lettres, en un\nvolume intitulé : Un artiste, publié par la librairie Plon.\n   On y sent bien la personnalité aimable et franche, qui n'a rien tant en horreur\nque le banal, l'insipide, l'insignifiant et le convenu.\n"}, {"page_pdf": 247, "texte": "208                                  DURENDAL\n\n  C'est de ce livre que nous extrayons les pensées qu'on lira ci-dessous.\n  Enfin notons encore ce trait, qui vaudra à son auteur la sympathie des amis de\nDurendal autant que le dédain de certains esprits étroits : Le P . Imbert, au début\nde chaque année scolaire, faisait jeter par la fenêtre les manuels et autres livres\nscolaires qui prétendent donner aux écoliers la littérature toute faite, les dispensent\nde prendre le contact direct des œuvres et sollicitent la paresse à dormir, confiante\nen la mémoire, sans aucun effort pour penser.\n\n  On ne fait fi de l'idéal qu'après l'avoir profané.\n\n   A Paris on décore une église comme un appartement. On facilite la\ntransition du salon et du boudoir.\n\n  L'éducation chrétienne d e m a n d e que l'on aime naturellement ce\nque l'on enseigne et divinement ceux qui sont enseignés.\n\n Dames et jeunes filles ne d e m a n d e n t jamais d'un orateur : « Com­\nment parle-t-il? » mais : « Comment est-il? »\n\n  Les petits livres dévotieux sont fabriqués avec les raclures avariées\nde la doctrine solide des bons auteurs. Il faut, dans un encadrement\nrouge ou bleu, des exclamations quintessenciées des pamoisons de\nmots et de sentiments, et surtout pas une raison au bout, parce qu'au\nbout ce serait une chute sans merci.\n\n   L e travail de la pensée ne demande-t-il pas une concentration toute\nà l'intérieur? Les grands penseurs ne pensent pas dans la rue ou les\nles salons.\n\n  U n e femme        du   monde      peut être admirablement            une    femme\nchrétienne.\n\n  J'ai lu je ne sais combien de discours de M. de Mun. Quelle désillu­\nsion! L a rhétorique là est bonne, mais c'est de la rhétorique.\n\n  Les Académies sont des réunions où l'étiquette, les manières de\nsalons, jouent les jeunes premiers, et la littérature les duègnes.\n"}, {"page_pdf": 248, "texte": "                                DURENDAL                                              209\n\n\n  On comprend le beau non tel qu'il est, mais tel qu'on est.\n\n   Il y a, dans toute intelligence cultivée, en dehors des études\ntechniques que réclament les arts, un goût naturel que la contempla­\ntion des belles œuvres épure sans cesse et qui parfois dépasse le goût\ndes artistes de profession.\n\n  Style normalien. C o m m e le t a m b o u r et le clairon de la caserne, il\nredit à des recrues les mêmes airs et aux mêmes heures.\n\n\n\n\n                       Le Cheval\n                                                   Scandit l'atalis, machina muros,\n                                               feta armis...            (Enaïde.)\n\n              Te croyant enfin sauve après dix ans de siège,\n              Sur de perfides plenrs, ton génie, Ilion,\n              A laissé s'attendrir son âme de lion;\n              Et misérablement tu croules dans le piège.\n\n              Et ton peuple, que guette un trépas sans renom,\n              Malgré l'oracle sombre, est pris au sortilège,\n              Et marche, inconscient, au dessein sacrilège\n              Où sourdement l'induit la ruse de Sinon.\n\n              Car parmi les débris d'une porte abattue,\n              Traîné de mille bras qu'une ardeur évertue,\n              Dans Pergame, qu'aveugle une fatalité,\n\n              Entre le monstre informe aux côtes large arquées\n              Dont, à chaque cahot, l'immane cavité\n              Rend des sons menaçants d'armes entrechoquées.\n                                                EDOUARD             BERNAERT.\n"}, {"page_pdf": 249, "texte": "210                 DURENDAL\n\n\n\n\n      MÉLANCOLIE D'AUTOMNE\n\n      Le jroid grandit : l'Automne pleure,\n      L'Automne pleure tous ses pleurs,\n      Et dans les bocages sans fleurs,\n      Il jaut que tout s'exile ou meure!\n\n      La nuit descend déjà, c'est l'heure\n      Où la lande perd ses couleurs,\n      Où l'arbre gémit ses douleurs\n      Au vent d'octobre qui l'effleure.\n\n      Hélas! on n'entend plus la voix,\n      La voix joyeuse d'autrefois,\n      La voix des oiseaux tant jolie!\n\n      Et dans ce désenchantement,\n      Le cœur des amants lentement\n      S'envahit de mélancolie.\n                                    EDM.     HENVAUX.\n"}, {"page_pdf": 250, "texte": "                                DURENDAL                               211\n\n\n\n\n                          POUR LE SYMBOLE\n\n\n\n      LA PROCESSION DE FURNES\n\n\nT\n            ous les véhicules d'alentour, d'anciennes diligences qui\n            rappellent un précieux cortège des moyens, de transport,\n            joignent leurs voyageurs à la cohue que déversent les\n            chemins de fer. C'est, chaque fois, une curieuse appropria­\ntion dans un remous.\n   Un coup d'œil à l'étalage du vieil homme qui vend des programmes\ncontre l'ancienne boucherie gothique. Voletant sur les moulures de la\nfaçade, d'antiques chansons flamandes sont mêlées, horrifiquement, à\nla complainte d'une récente cause célèbre. L'impression fruste, que\nrelèvent des bois usés, en fait acheter deux ou trois, bien vite. Il faut,\nnon sans peine, gagner l'hôtel où une fenêtre a été retenue. Sitôt qu'on\na pris place à celle-ci, commence le spectacle de la foule dominée.\nOn la voit couler en vagues lentes, clapotant, pourrait-on dire, aux\nportes des cabarets. Les voyageurs mondains s'aperçoivent seule­\nment aux fenêtres. L a rue appartient, presque uniquement, au peuple,\nun peuple calme et joyeux. Au milieu du Groot Markt, une kermesse\navec « moulinet à vapeur », toutes les aggravations modernes\ns'essaient à la conquête du vulgaire. U n beffroi, de graves et légers\npignons, une abside démesurément haute dans un rayonnement de\ncontreforts et de pinacles forment, à la ville, comme un étendard\nimpérieux. Il semble bien que l'âme de F u r n e s lui est encore soumise.\nQuelle belle étude à faire, l'influence d'un édifice sur l'âme d'une ville!\n   Pendant l'attente, tous les lieux communs vous bourdonnent aux\noreilles, à cause de trop obligeants ciceroni. L e u r s curieuses contra-\n"}, {"page_pdf": 251, "texte": "212                             DURENDAL\n\n\ndictions préparent à un spectacle un peu « fermé », dont l'attrait,\npossible, est, en tous cas, changeant selon les yeux : exquis, alors?\n   Voici la grande cloche qui gronde. L a procession s'avance dans un\nparticulier mouvement de foule. Rien qui tire l'œil ; à peine quelques\nfigurants au costume pauvre et neuf, qui sonnent dans des buccins\noù se remarque l'amour populaire des notes longues et riches. L a\nbannière de la Confrérie porte un crucifiement dans son harmonie\ntendre, vert et lilas. Puis, aussitôt, c'est le défilé, un par un, des plus\ngrands souvenirs, des plus hautes magnificences psychiques, dans\nune évocation enfantine, grave et pauvre. L'horripilation vulgaire\nqu'on attendait, à laquelle on s'était résigné déjà, n'apparaîtra nulle\npart. Devant chaque personnage, chaque « numéro » du cortège,\nmarche une petite fille, un « ange » qui explique. Malgré le costume\ntrop frais, trop « néo-gothique », ces enfants représentent bien 1' « en­\nfantillage » particulier, excuse et attrait du cortège figuratif.\n   Faire « j o u e r » le rôle de Moïse, celui de David, quelle misère!\nMême si Dieu rallumait des yeux semblables à ceux qui pleurèrent\nles p s a u m e s ; même si l'on pouvait retrouver la parure symbolique\nqu'a su peindre Gustave Moreau, la reproduction serait toujours cari­\ncaturale ou « monstrueuse ». Dans la nature il n'y a point de copies.\nIl est manifeste, maintenant, trop pour ceux qui rêvaient de « caval­\ncades » luxueuses, que la « reproduction » n'est pas même tentée.\nC'est, peut-être, la principale supériorité de F u r n e s sur Oberammer-\ngau, où l'on s'y efforce trop. Ici, par la pauvreté matérielle, le charme\nde vétusté, une évocation, seulement, passe. Nous n'avons, devant\nnous, qu'un reflet biblique dans l'âme des trois derniers siècles\nflamands. Cette âme resplendit seule dans les personnages à peine\nfigurants et acteurs, bien plutôt participants « communiants » à la\nsolennisation d'une spéciale vie psychique.\n  Il n'est pas étonnant que le symbole, naguère, se soit spécialement'\ndéveloppé chez nous. L e cortège, le grand plaisir flamand, est, avant\ntout, un symbole. Il colore d'allégories, d'images, de somptuosité ou\nde pittoresque, le symbole primitif de la « procession » : la route de\n"}, {"page_pdf": 252, "texte": "                                  DURENDAL                                   2l3\n\ntoute vie offerte en la réduction d'une marche solennelle. Ici, ces\nimages, ces allégories, toute la matérialité représentative, est atténuée\npar la grâce puissante de la vieillesse. U n e vieille femme ne peut plus\nêtre laide. U n objet ridicule devient exquis en sa vieillesse de bibelot.\nT o u t e puissante est la grâce de l'usure, cette ride des choses. C'est\nainsi que l'idée de « reproduction » est écartée; que s'affirme, très\nnettement, la reproduction seulement « virtuelle » asservie à un rite\nancien, et qui évoque une perpétuelle réalité. Celle-ci fait curieuse­\nment entendre sa voix dans les récitations qui accompagnent le défilé.\nEn ceci, surtout, a défailli le précieux anachronisme de la procession.\nLes anges-enfants qui interpellent les pêcheurs pour leur montrer\nCelui qui souffre par leurs crimes plus que par les bourreaux,\nrappellent les petits acteurs des distributions de prix. Mais David a\nune belle conviction en brandissant un sceptre de bois doré. Les\nprophètes, en tenant de vieux bouquins et de longues plumes d'oiseaux,\néchangent encore leurs vers prophétiques. H é r o d e expose bien à sa\ncour l'injustice de ses soupçons. P u i s , ce qui demeure d' « appris »,\nrend bien ce mouvement particulier des mots qui doivent porter plus\nloin et que le théâtre symboliste a trop recherché, peut-être. Du reste,\nles têtes sont admirables; ce sont, semble-t-il, celles-là mêmes qui\nnous regardent encore dans les portraits de Van Eyck et de Memling.\n   Une ravissante « F u i t e en E g y p t e » est presque toute la grâce du\ncortège. L'âne porte une enfant dont la figure a une gravité de jeune\nreine et, aussi, de fillette jouant à la poupée. Ici, pour poupée, elle a\nun Santo bambino, et semble vraiment adorante du nouveau-né divin\nqu'enveloppe un long manteau rouge, merveilleusement drapé sur\nl'âne gris.\n   Un chœur d'enfants, insuffisamment archaïque, précède 1' « Entrée\nà Jérusalem » et porte les rameaux. L ' h o m m e qui représente le Christ\nmériterait la célébrité du figurant d'Oberammergau\n                                                                . Rien n'est plus\nextraordinaire que la simplicité avec laquelle il demeure figé en sa\npose pendant les trois ou quatre heures de la procession. Cette sorte\nd'héroïsme de fakir évoque, encore, le symbole du geste; met en\n"}, {"page_pdf": 253, "texte": "214                             DURENDAL\n\n\nvedette cette idée de pénitence qui fait que l'acteur communie à la\nsouffrance qu'il représente. Elle est la plus grande émotion du spec­\ntacle de F u r n e s . L a théorie symboliste y trouve, également, l'appli­\ncation de ses plus hautes analogies philosophiques. N'est-ce pas la\ncommunion de deux idées en une évocation qui fait la puissance du\nsymbole?\n   C'est aussi le symbole qui fait le dramatique sublime de ce cortège\nde paysans.\n   L e s chars, évidemment provenus des groupes sculptés qu'on porte\nen Espagne dans les processions de la Semaine sainte, n'offrent qu'un\nintérêt de curiosité. Ce sont des sculptures peintes, pleines de l'em­\nphase du temps, affreuses d'ignorance et délicieusement naïves.\n   Les essais de rajeunissement : quelques draperies, quelques nou­\nveaux personnages, montrent, aussitôt, par la vulgarité du neuf, du\n« correct », le charme inimitable de la désuétude, de la patine du\ntemps, de l'âme populaire reflétée. Celle-ci, seule, peut encore\ns'accorder à l'âme ancienne qui doit régner seule.\n   L e s chars représentent, ainsi, la Noël, la Cène, la Passion. Mais\nils sont traînés par des pénitents en cagoule brune, les pieds nus, et\nqui peinent manifestement. L e s symboles d'attitudes, rehaussés par\nla note d'exception, émeuvent délicieusement.\n  U n mot, ici, des instruments de pénitences.\n  Avant le cortège, chacun les peut manier dans l'église Saint-Wal­\nburge. Ils sont différents de poids, mais selon leurs dimensions;\naucun n'est creux. Il est inexplicable qu'un de nos plus artistes écri­\nvains leur ait dénié un « sérieux » nécessaire à l'intérêt esthétique.\n   Des accessoires étranges, cocasses, relèvent, de vulgarité matérielle,\nla souveraineté de l'évocation ; le gantelet d'armes : des soufflets à la\nface divine; le glaive de Pierre : un sabre très banal, peut-être de\npompier.\n  C'est, ensuite, le grand intérêt du cortège : Des femmes nu-pieds,\nentièrement voilées de noir, soutiennent, de leurs bras étendus, de\nlourdes planches à inscriptions pieuses. L e u r s voiles souples, sur les\n"}, {"page_pdf": 254, "texte": "                                DURENDAL                                 2l5\n\nbras en croix, produisent d'inimaginables beautés sculpturales. L'ad­\nmirable Credo, le croisé qui restera, sans doute, le chef-d'œuvre de\nFrémiet, est dépassé de beaucoup à cause de la richesse des plis.\nD'autre part, le geste crucifère efface de sa sublimité les fameux\n« pleureurs » du Louvre, dont les moulages ont banalisé l'admiration.\nL'enthousiasme d'un de nos plus « expressifs » sculpteurs contempo­\nrains fut, parait-il, extraordinaire devant ce spectacle. On le conçoit\nfacilement. C'est ici que l'on peut constater la supériorité de la dra­\nperie, qui est une évocation, sur le nu qui est une reproduction; de\nla draperie, par laquelle l'âme peut envelopper ce corps qu'elle anime,\nalors que le nu n'exprime, d'abord, que le mécanisme de celui-ci.\n   Parfois, la double haie de foule, la route de vie, n'enferme que le\ndéfilé, l'un après l'autre, de ces noirs fantômes crucifères. Cette année;\nles pieds nus trébuchaient dans des flaques d'eau suggestives de\nlarmes; et un ciel gris, profond et doux, de F l a n d r e , y reflétait ses\ntransparences d'au delà. C'étaient, vraiment, des âmes, semblait-il,\nqui glissaient. Après tout, l'âme n'est qu'une existence qui passe ici-bas\navec la souffrance et sa promesse, le mystère de son crucifiement. L e\nspectacle seul vaudrait l'ennui du voyage. Un désir unique en émane :\nne plus voir le reste du cortège; suivre ce symbole de soi.\n   Il allège d'un souverain allègement, comme toute expression de\nnotre m a l ; comme les cris, les pleurs, comme tout ce qui nous livre\nnotre douleur, nous donne prise sur elle, en nous la faisant com­\nprendre, en nous permettant de la crier. C'est le cri de notre douleur,\nun cri silencieux et plastique, qu'expriment ces formes de deuil aux\nplis merveilleux.\n   Magnifiquement, surgit alors le remède quand apparaît le Christ\nportant la croix. Cette personnalisation divine de notre douleur est\nbien le secret, le seul possible, de notre rachat. L e groupe est admi­\nrable. L e costume du Christ, d'étoffe pauvre, a reçu tous les plis qu'il\nfallait ; tous les plis de la croix et tous ceux de la torture qu'elle cause.\nUne perruque fait un voile presque complet de boucles longues à la\nface d'une physionomie simple, où s'exprime la piété. U n chapelet,\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "216                            DURENDAL\n\n\nobstinément tenu, montre, non le rôle, le « jeu », mais 1' « associa­\ntion », l'évocation symbolique. Ce n'est pas Jésus « imité »; c'est Jésus\ninvoqué et rappelé par l'immolation qui nous sauvera avec L u i . L e\ncorps ploie entièrement; le dos misérable, le dos merveilleusement\nexpressif, émeut sous la croix, comme une chair sacrifiée. L a\nsilhouette, réduite par le long raidissement du bois, aperçue dans\nl'enveloppement des soldats aux robustesses de F l a m a n d s , émeut de\nl'éternelle pitié, sur l'éternelle misère. Elle manifeste la souveraineté\nde celle-ci qui, un jour, devait être divine. L e Cyrénéen, extraordi-\nnairement « vécu », ne joue plus, lui aussi, un r ô l e ; il « mérite »,\ncomme tout chrétien admis à la participation de la croix rédemptrice.\n   Les deux rangs de soldats romains, aux costumes dix-huitième\nsiècle, ingénuement pompeux et barbares, tiennent les cordes du divin\ncaptif pendant qu'ils r y t h m e n t leur marche d'un bruit de lances sur\nles pavés durs. Les grandes crécelles du Vendredi-Saint mêlent leurs\nfrémissements à des plaintes de cornes. C'est le seul endroit où le\ncortège a une véritable expression musicale, et elle est exquise.\n   Les bourreaux, ensuite, portent la bêche, la pioche pour planter la\ncroix, l'arbre terrible et adorable. E t les instruments de travail sont\nvéritables, avec la m a r q u e d'usure, afin que participant du mal qui\nest en toute notre nature, ils participent également à la rédemption\nqui doit tout transformer. Parfois, il semble qu'il y ait entre les\nspectateurs, les porteurs de ces instruments et le fer même, brillant\ndu travail, brillant comme un regard, une sorte de complicité sainte,\nune sorte d'immense espoir de renouvellement qui sommeille tout au\nfond des physionomies placides.\n  De nouveau, ce sont des pénitents, mais portant, à la suite du\nMaître, des croix semblables à la sienne. Cela émeut délicieusement\ncomme une « transposition » de ce motif : la Croix souveraine. Celle-ci\nsemble s'être multipliée pour les victimes multiples. T o u t e la largeur\ndu chemin est couverte de pénitents qui, chacun, plient sous une croix\npareille, énorme, dont les bras projetés et dressés de façons diverses,\nrègnent en torture sur les divers accablements.\n"}, {"page_pdf": 256, "texte": "                               DURENDAL                               217\n\n   L a beauté des lignes est égale à la sublimité du symbole. L a foule\nest là; cette foule où, invisiblement, sévissent ces croix dont le cortège\nfigure, explique, conjure, aussi, l'éternel mystère.\n   P l u s loin, les croix se transforment, s'enjolivent d'allégories, se\nsurchargent de sentences, aussi des initiales de ceux qui les portèrent,\nparfois bien longtemps, et qui sont passés, tandis que la croix reste.\n   U n mot, poignant, sur un cartel : De Nood Goods; la détresse divine.\nE n flamand, l'expression a une généralité, une « popularité » qui la\nrend merveilleusement expressive par la communion au « malheur »\ndivin évoqué, réalisé.\n   T o u t à coup, c'est un fourmillement de croix, une forêt de croix\nnoires qui s'avancent sur un glissement d'ombre. Il semble d'un cime­\ntière qui marche par la procession de tous les morts vêtus de nuit et\nportant les croix des tombes. L e « symbole de multiplication », le\nnombre indéfini exprimant l'infinité, surgit avec une irrésistible force.\nL'émotion du coup-d'œil est poignante. C'est tout le fourmillement\nhumain de la vie revenu là avec les croix de sa douleur pour marcher\nà la suite de l'unique croix victorieuse, de l'unique espérance!\n   De vulgaires chars de cavalcade représentent, ensuite, la Résurrec­\ntion et l'Ascension. Autrefois, un véritable corbillard avec des pleu­\nreuses sacrées, la Mère divine, les saintes femmes, achevait l'identifi­\ncation rédemptrice de notre douleur et de la « Passion ». Une banale\nprocession moderne achève, en de nécessaires mesquineries luxueuses,\nla plus haute manifestation dramatique chrétienne qui existe encore\nparmi nous. Nous en soutiendrions volontiers la supériorité relative\nsur les représentations d'Oberammergau. L a préférence s'expliquerait\npar une plus grande somme d'évocation en moins de facticités, toujours\nbanales. L e haut argument qu'y trouve la théorie du symbole; des\nrapprochements naturels avec le drame liturgique, ce premier drame\n « symboliste » suffisent, en tous cas, pour faire de la procession de\n Furnes un des plus précieux documents d'art chrétien. Durendal\nvoudrait contribuer à le sauver de l'indifférence moderne et de la\n « reconstitution » archéologique, plus redoutable, peut-être, encore.\n                                                      EDMOND JOLY.\n"}, {"page_pdf": 257, "texte": "218                                DURENDAL\n\n\n\n\n           LI LEUP ET L' TCHÉE\n                         Patois de Ham-sur-Sambre   (Namur)\n\n\n      Gn'avéve on coup on leup sètch comme one alumette.\n      hes ouchas et puis l' pia, c'est tot ci qu'avait l' biesse.\n      I rotait dpus troes tjoûs sins plu rimpli s' malette,\n      Quand il aviss' on tchée, crau dpus l' queuwe djusqu'a l' tiesse\n      Et qui s'avait pierdu dins l'boès où qu'il estait.\n      Noss leup po l'attaquer dlé l' tchêe s'avançichait,\n      Mins l'aut' mostrait des dints a fer sauver bée lon\n      Tos les vix gernadiers do timps d' Napoleon.\n      Li leup rinonce à ça et va po lî causer :\n      « Quées novelles on cotisée, disti en v'nant dlé l' tchée,\n      » On voet bée qu' vos mougni todis vost' appetit. »\n      « I n' tée qu'a vos, dit l' tchée, di yesse ossi crau qu' mi;\n      » Quittez voss' boès, mi fi, et v'noz è noss' maugeonne,\n      » Ci n'est née avaurci qu'on a c' qu'on vout, y m' chonne,\n      » Suivoz-m' et vos aroz des tjous n' miette pus tranquilles,\n       » Vos aroz tous les tjous voss' dèner asseuré,\n         Sins compter les caresses di nos djins, des bons drilles. »\n      Li leup, tot rimué, breyant d' bounheur sut l' tchée,\n      Quand tot rotant y voet su l' cou del biesse one tatche.\n         Qu' wèss' qui c'est d' ça, disti, su voss cou tot pelé? »\n       « Oh! ré, ci n'est qui l'place do collé qu'on m'attatche. »\n       « Qu'on vos attatche, dit l' leup, est-c' qui vos n' couroz née\n       » Quand vos avoz l'idée ? » Li tchée dit : « Née todis,\n         Mais ça c' n'est rée endon. » « C'est télmint rée, disti\n       » Noss leup, spitant evouye, qui d' vos r'pas, dj'n'ès voux pus,\n       » Ni d' vos Djean, ni d' vos Djènne, ni d' voss' crausse vie non plus.\n                                                       GEORGES   HORGNIES.\n\n\n\n\n                                                                             1«*\"\n"}, {"page_pdf": 258, "texte": "               DURENDAL                         219\n\n\n\n\nBALLADE DU VENT D'AUTOMNE\n                                    POUR TOI.\n\n      Le petit vent d'automne\n      Court dans le chemin creux :\n      Comme il a l'air heureux\n      Le petit vent d'automne!...\n\n      Il dit aux genêts d'or,\n      Aux bruyères rosées :\n      «Le papillon s'endort\n      » Glacé, dans les rosées...\n      » Que m'importent vos pleurs!\n      » Egrenez donc vos fleurs\n      » Au petit vent d'automne! »\n\n      Le petit vent d'automne\n      Souffle dans les ormeaux :\n      Comme il tord les rameaux,\n      Le petit vent d'automne!...\n\n       Une rumeur d'adieux\n      Sort des cimes rouillées,\n      Et par vols silencieux\n      Essaiment les feuillées.\n      Il leur dit : « Chapeaux bas! »\n      Et rit de leurs ébats,\n      Le petit vent d'automne...\n\n      Le petit vent d'automne\n      M'entre soudain au cœur :\n      Comme il a l'air moqueur,\n      Le petit vent d'automne!...\n"}, {"page_pdf": 259, "texte": "220                                  DURENDAL\n\n\n                        Mes souvenirs d'été\n                        Voici qu'il les effeuille,\n                        Et mon cœur dévasté\n                        Comme l'ormeau s'endeuille...\n                        ... Hélas!   où va l'espoir\n                        Qu'emporte dans le soir\n                        Le petit vent d'automne ?\n\n                        Le petit vent fredonne\n                        Partout    un chant vainqueur :\n                        N'a-t-il   donc pas de cœur,\n                        Le petit vent     d'automne?...\n                                                 FERNAND      PASSELECQ.\n        30 septembre 1894.\n\n\n\n\n                Roche Tarpéienne et Capitole\n\n   D e m a i n , par Arthur VERHAEGEN (Gand, Eylenbosch), 1 franc.\n   Diagonalement, sur l'azur d'une couverture joliette, jaillit ce mot évocateur\nd'énigmatiques questions : Demain.\n   Tel est le titre d'une substantielle brochure due à la plume alerte et féconde du\nnotoire démocrate gantois : Arthur Verhaegen.\n   Tous ceux qui s'intéressent au mouvement démocratique voudront lire ces pages\nsincères au cours desquelles l'auteur s'efforce de répondre à cette grave question :\nA qui sera demain? M. Verhaegen le déclare dès le début; demain sera ce que nous\nl'aurons fait nous-mêmes; demain sera la suite logique d'aujourd'hui! Cette décla­\nration synthétique étant faite, l'auteur se demande ce qu'ont fait les catholiques\npour la préparation d'un lendemain qui apporte au monde la paix sociale. Et il\n"}, {"page_pdf": 260, "texte": "                                     DÙRENDAL                                       221\n\nrépond avec la plus entière franchise, sans nul souci de gazer la vérité, se souvenant\ndu proverbe latin : Amiens Plato sed magis arnica veritas.\n  Cela nous plaît, cette poignée de vérités étalées comme cela, froidement, d'une\nmain calme, sous des yeux ahuris. Lisez donc cela!\n                                                                Maurice RANWEZ.\n\n\n\n\n               MIROIR D'ART ET DE LITTÉRATURE\n\n    Quelques propos des Douze Pairs autour de la Table ronde.\n\n\nL   'ARTICLE de notre collaborateur,    M. l'abbé Henry Mœller, sur l'Art religieux\n      (Durendal, n° d'août, page 176), a été fort remarqué. La Justice sociale, la\nRevue coopérative, le journal Le Soir ont cité fort élogieusement notre ami. M. José\nHennebicq, dans la Justice sociale, se pose, à ce propos, cette question : « Tandis\nque des esthètes s'intéressent à l'esthétique des rues, les catholiques ne songeront-ils\npas à l'esthétique des églises? » Il faut espérer que la réponse à cette question ne\nse fera pas trop attendre. Durendal y aidera de tout son pouvoir.\n\n                                         *       *\n\n\nN      OTRE numéro du mois d'août contenait un violent réquisitoire contre\n       l'Éducation actuelle. Nous signalons, à ceux qui seraient tentés de nous taxer\nd'excessifs, les lignes suivantes de M. Godefroid Kurth (Patriote du 22 septembre)\nqui confirme les paroles de M. Pol Demade :\n    « L'âpreté et la persistance des reproches adressés à nos méthodes et à nos\nprogrammes attestent l'existence d'un sérieux désaccord entre l'enseignement traditionnel\ndes humanités et les aspirations d'une notable partie de la société actuelle... Jamais\nl'écart entre l'école et la vie n'a pas été plus formidable que de nos jours .. Nous\ndevons tous savoir constater et reconnaître que la vie n'est plus le prolongement du\ncollège, ou, si vous l'aimez mieux, que le collège n'est plus la préparation à la vie. »\n                                             *\n                                         *       *\n"}, {"page_pdf": 261, "texte": "222                                   DURENDAL\n\n      E geai paré des plumes du paon. M. Jean de Bonnefon, du Journal, plagie\nL      J Barbey d'Aurevilly avec un sans-gêne tout à fait étonnant. Qu'on en juge!\n\n           Barbey d'Aurevilly.                                Jean de Bonnefon.\n   Quand on s'avise de les écrire (les                Quand on raconte une histoire vraie,\nhistoires réelles de ce temps de progrès),         le lecteur pourrait croire que le diable\nil semble toujours que ce soit le diable           l'a dictée.\nqui ait dicté! (Page 3.)\n\n   Cette femme faisait penser à la grande             Loetitia Bonaparte fait penser à la\nIsis noire du Musée égyptien, par l'am­            grande Isis du Musée égyptien, par l'am­\npleur de ses formes, la fierté mystérieuse         pleur des formes, la fierté mystérieuse\net la force. (Page 145.)                           et la force.\n\n  Le-profil est l'écueil de la beauté ou             Elle a un profil splendide, ce profil de\nson attestation la plus éclatante.                 médaille qui est l'écueil de la beauté ou\n                             (Page 145.)           son arc triomphal.\n\n   La panthère était de cette espèce par­             Étalée là-dedans (dans son carrosse),\nticulière à l'Ile de Java, le pays du monde        elle ressemble par la souplesse de son\noù la Nature est le plus intense et semble         corps à un de ces fauves des tropiques,\nelle-même quelque grande tigresse.                 du pays où la Nature est ardente et res­\n                               (Page 142.)         semble, elle aussi, à quelque grande\n                                                   tigresse.\n\n  La panthère rentra lentement, sous les              Ainsi faite, la veuve du duc d'Aoste\ncoulisses tirées de ses paupières, les deux        s'enferma dans son deuil ; elle rentra len­\nétoiles vertes de ses regards. (Page 146.)         tement sous les coulisses tirées de ses\n             Les Diaboliques, Paris, Le-           paupières les deux étoiles de son regard.\n               merre, 1882.                                           Journal, 8 juin 1895.\n\n   Dieu, pour montrer mieux nos néants,     La Providence a parfois de ces ironies\nsans doute, a parfois de ces ironies qui qui attachent le bruit aux choses petites\nattachent le bruit aux choses petites et et le silence aux choses grandes.\nl'obscurité aux choses grandes. (P. 5.)                 Journal, 26 juillet 1895.\n     L'Ensorcelée, Paris, Lemerre, 1889.\n   « Mon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon verre », disait Alfred de\nMusset. Le verre de Jean de Bonnefon est plus petit que celui de Musset; est-ce\npour ce motif que de Bonnefon boit dans la coupe de Barbey d'Aurevilly?\n                                              *■\n"}, {"page_pdf": 262, "texte": "                                      DURENDAL                                       223\n\n\n\nM    ONSIEUR    Sarcey, qu'un journal belge traitait naguère d'éminent écrivain,\n       publie : Grandeur et décadence de Minon-Minette!... Ouvrons le petit livre à la\npremière page : « Peu s'en fallut même que le jour qui lui avait donné l'être ne fût\négalement témoin de sa mort : et c'eût été dommage, car les grands événements\ndont je vais être l'historien fidèle eussent été anéantis avec elle, qui devait en être\nl'héroïne, etc. »\n                                              *\n                                          *       *\n\nN     ous sommes assassinés par les auteurs d'ouvrages dits de « spiritualité », qui\n       nous adressent leurs productions, qui nous écrivent, qui viennent nous voir,\nqui nous recommandent leur « petit dernier » avec tout ce que l'amour paternel\npossède de plus persuasif. On leur promet et on se met en devoir de parcourir l'objet.\n   Mais, hélas! la première impression est le plus souvent désastreuse. D'abord les\ntitres de ces ouvrages sont maintes fois ridicules et on se demande où les auteurs\nles ont pêchés. Nos pères, les vieux maîtres du XVIe et du XVIIe siècle, seraient\njoliment étonnés si, revenant, ils se trouvaient en présence de la bibliothèque\npieuse — je ne parle pas de l'autre, hélas ! — de certaines bibliothèques chrétiennes\nde nos jours et de ces gentils petits volumes avec ou sans fermoir, avec ou sans\nétui, reliés en maroquin ou en cuir plus ou moins de Russie. Là ils verraient : les\nElans mystiques du cœur, par l'abbé X . . . ; plus loin, les Célestes envolées, par le\nR P. Y... A côté ils trouveraient : Fleurs d'âmes et Ames-Fleurs, par la vicomtesse\nde Z      Puis les dévotions spéciales : Petit mois du Sacré-Cœur, à l'usage des âmes\ndésolées, par l'auteur des Splendeurs virginales. Rubis et topazes, ou Trente lectures pour\nle mois de Marie, par la sœur Saint-Placide du monastère de B... Que penseraient-ils,\nque diraient-ils? Eux qui appelaient tout bêtement leurs livres : le Pré spirituel, la\nPerfection chrétienne, le Guide des pêcheurs, l'Introduction à la vie dévote, etc.\n   Et encore s'ils lisaient! (M. l'abbé NAUDET, Monde, 13 juillet.)\n\n                                          *       *\n\n\nU     N de nos amis nous assure avoir rencontré, dans le catalogue d'une librairie\n       pieuse, un petit volume, intitulé comme suit : Petits clystères spirituels à l'usage\ndes âmes constipées en dévotion. Nous n'avons pu contrôler, malheureusement.\n   Nous avons rencontré, dans la bibliothèque des retraitants de Tronchiennes, un\nlivre, celui-ci : Les fonctions de l'amour divin, dans lequel on traitait de : l'Amour\ndivin, cocher; — l'Amour divin, cuisinier, etc., etc.\n   Ajoutons que le livre fut jeté au feu par le R. P . Petit, auquel nous avions\nsignalé le fait.\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": "224                             DURENDAL,\n\n\n\n\n   Nous recevons, trop tard malheureusement pour l'insérer à son\nrang, ce sonnet macabre qui pourrait s'intituler aussi : « Pour lire\nle 2 Novembre. »\n\n\n                   MON AR1STARQUE\n                                                   A ma tête de mort.\n\n\n          Elle est là devant moi, blanche, presque polie\n          Tant ma caresse errante a passé sur son front;\n          Et ses clairs reflets m'ont causé, me causeront\n          Encor, s'il plaît à Dieu, mainte mélancolie.\n\n           Dans l'immobilité de son repos profond,\n           Je pressens, sous ce crâne obstinément tapie,\n           Une âme dont l'œil mort me surveille, m'épie,\n           Et, pénétrant mon cœur inquiet, le confond.\n\n           C'est sous ce froid regard que, la nuit, je travaille.\n           Quand je crois avoir f ait quelque riche trouvaille,\n           Je lis tout haut mes vers, puis, je lève les yeux. .\n\n           Or, je revois toujours — ceci me déconcerte —\n           Un rire improbateur, sceptique, dédaigneux,\n           Poindre à l'angle évidé de sa mâchoire inerte.\n                                                EDOUARD BERNAERT.\n"}, {"page_pdf": 264, "texte": "                        CHOSES ET AUTRES\n\n  N. B. — Nous ne tenons aucun compte des manuscrits ou des lettres dont les\nauteurs ne se font pas connaître.\n\n\n\n\n  Nous recommandons à nos lecteurs la Démocratie sociale, revue sociale catholique\nparaissant le 8 de chaque mois. Abonnement : 7 francs par an. Administration :\nrue Nicolas Leblanc, 25, à Lille.\n\n\n\n\n  Nous prions nos amis de nous excuser, en raison des vacances, des retards\napportés à nos comptes rendus bibliographiques.\n\n\n\n\n  Prochainement :\n\nG. D'ANGELIER. — Le Journalisme et la Littérature, à propos d'un livre récent de\n    J. Barbey d'Aurevilly. (Journalistes et polémistes, chroniqueurs et pamphlé-\n    taires.)\nPoL DEMADE. — Un Prêtre de ce temps. L'abbé Félix Klein.\nRoche Tarpêienne et Capitole. — Quelques-uns : Paul Arden : Par les Chemins. —\n    Jean Deville : Dialogue entre nous. — Léon Paschal : Paroles intimes. — Comte\n    de Bousies : Deuic Comédies. — F. Vandenbosch : J.-K. Huysmans. — William\n    Ritter : Ad. de Pury; Arnold Bôcklin. — Emile Greyson : Sous les Brumes et\n     les Clartés des Flandres. — Eugène de Solenière : La Femme compositeur. —\n     Jean Van Malderghem : Le Goedendag. — Joséphin Péladan : La Prométhéïde.\n\n\n\n\n   Les annonces littéraires de notre couverture n'engagent en rien la Rédaction.\n"}]}