{"numero_id": "ulb-durendal-1895-12-n12", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "articles": [{"article_id": "ulb-durendal-1895-12-n12-001", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 245, "page_fin": 246, "titre_corps": "À quelques Catholiques", "titre_sommaire": "A quelques catholiques", "signature_source": "Ernest Hello", "ancre_debut": "A quelques Catholiques", "ancre_fin": "ERNEST HELLO", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 292, "page_imprimee": 245, "debut_caractere": 168, "fin_caractere_exclue": 1663, "texte": "A quelques Catholiques\n   Un livre vient de paraître : Le Siècle (1), qui contient, entre autres pages magni­\nfiques, celle-ci :\n\n\n\n\nV\n           os Ecrivains consacrent leur vie à la plus rude des tâches.\n           Ils naviguent contre le vent et la marée. Ils travaillent\n           épuisés, sans encouragement et sans victoire. Ils n'ont pas\n           toutes leurs forces, puisqu'ils n'ont pas tout leur succès...\n   Vos ennemis font autour de vos Écrivains, autour de vos défenseurs,\nla conspiration du silence, et vous dont le plus sacré devoir est de\nfaire retentir partout la parole du salut, vous l'étouffez par votre\nindifférence, comme vos ennemis par leur silence calculé...\n   Regardez les ennemis de l'Église! Quels triomphes leur sont\nménagés !...\n   Je suis convaincu que la plupart des hommes supérieurs, dans\nl'ordre du mal, ont donné tout ce qu'ils pouvaient donner, soutenus,\nencouragés, vivifiés par leurs amis.\n   Je suis convaincu que la plupart des hommes supérieurs, dans\nl'ordre du bien, sont morts de chagrin, assassinés par l'indifférence de\nleurs amis.\n                                 * *\n  Une revue, sobre et sévère par sa nature, s'interdit les éléments\nhonteux, qui sont tous, de nos jours, des éléments de succès...\n  Il ne lui reste que les esprits élevés qui aiment le vrai, le bien; il\nne lui reste que ceux qui ont conservé le goût des belles choses, et\n\n  (1) Le Siècle, par ERNEST HELLO. Un volume avec une lettre-préface d'Henri Lasserre. Prix : 3.50.\n"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "246                                  DURENDAL\n\n\nsouvent les belles choses sont des choses un peu secrètes, qui ont\nbesoin d'attention pour être savourées.\n   Il faut donc que le public intelligent comprenne et sente qu'il est\nchargé d'aimer, de soutenir, de favoriser, d'encourager la revue saine,\nforte et sévère...\n   L'indifférence n'est pas permise.\n   Le lecteur doit donner signe de vie à l'écrivain. Il doit, en multi­\npliant les auditeurs, multiplier les fruits de la parole...\n                                            *\n                                        *       *\n   L'écrivain militant qui se sent victorieux devient invincible. Le\nsentiment de la victoire donne l'attitude de la victoire, et l'attitude de\nla victoire, c'est la victoire elle-même.\n   Or, cette attitude, c'est le public qui la donne à l'écrivain, et le\npublic, c'est chacun de vous. Il ne faut pas abandonner aux autres ce\ndevoir sacré d'encourager l'écrivain qui dit la vérité.\n                                                            ERNEST H E L L O .\n\n   Grâce à Dieu, nous n'avons pas à adresser aux lecteurs de Durendal ce reproche\nd'indifférence dont parle Ernest Hello. "}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-12-n12-002", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 247, "page_fin": 248, "titre_corps": "Chrysanthèmes", "titre_sommaire": "Chrysanthèmes", "signature_source": "", "ancre_debut": "CHRYSANTHEMES", "ancre_fin": "pétales de cire de pâles fleurs", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 294, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 198, "fin_caractere_exclue": 2168, "texte": "CHRYSANTHÈMES\n                      MONSTRUEUSES, déchiquetées,\n                                               les unes comme armées\n                d'ongles, recroquevillant sur elles-mêmes des pétales\n                aiguisés comme des dards, extravagantes, chimériques,\n                fantasques, fantastiques et folles, les unes en houppes\n                neigeuses, les autres en crêtes érupées et fringantes,\n                couleur d'or vert ou sang de dragon, celles-ci pareilles\nà d'immenses collerettes de pierrots, comme ajourées, tout en dentelles,\ncelles-là épanouies avec des raideurs de grandes dames, de véritables\nfraises godronnées de la cour des Valois, ce sont, somptueuses de\nnuances et de formes, les fleurs chères à M. de Goncourt et aux pâles\nimpératrices au teint de porcelaine : ce sont les chrysanthèmes.\n  Si délicates et si bizarres qu'elles en sont devenues littéraires, Pierre\nLoti les a chantées dans ses Japonaiseries d'automne, symboles adorés\nde l'année finissante, telles elles poussent là-bas, dans les jardins\nsablés de poudre de verre de l'Extrême-Orient; J u d i t h Gautier, autre\njaponisante, en a coiffé ses héroïnes et, si le comte Robert de Montes-\nquiou leur a préféré le paradoxe bleu du fol hortensia, croyez bien\nqu'il s'est fait violence et que la seule crainte de ne pas paraître assez\noriginal en avouant un goût partagé, l'a retenu dans son choix.\n   Neigent-elles assez suggestivement, ces floconneuses fleurs de soufre\net d'ambre rose dans le bleu de nuit ombré des robes japonaises, ce\nbleu de rêve de poète.\n  Ici, comme envolées avec je ne sais quelle grâce maladive de fleurs\nqui s'éteignent, ce sont moins des plantes que des âmes, et toute la\ncorruption des nuances atténuées défaille en leurs jaunes crépusculaires\n  (1) Nos remercîments à l'auteur anonyme de cette page délicieuse trouvée le mois dernier dans la\nboîte de la rédaction.                                                           N. D. L. R.\n"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1763, "texte": "248                            DURENDAL\n\n\net leurs roses morts; plus loin, crispées comme des sourires de poitri­\nnaires, elles ont des gouttes de sang au bout de leurs pétales, on\ndirait des fleurs blessées et tandis que leurs cœurs se dilatent, cœurs\nde rubis chez celles-ci royalement écarlates, cœurs d'aurore chez\ncelles-là, roses comme l'aile d'un flamant, cœurs de soleil enfin chez\nd'autres d'un jaune d'or, on sent qu'elles sont quand même fragiles et\ndolentes, filles de l'automne par l'automne atteintes et déjà condam­\nnées, car, si leur milieu flamboie, la suprême couronne de leurs\nderniers pétales a le ton des feuilles mortes, et la rouille les mord.\n   D'autres enfin, hostiles et griffues, s'érupent, se dressent et dardent\ndes menaces avec des airs de reines méchantes, des reines d'Orient et\nsurtout de songe, demi-mérovingiennes et demi-japonaises, avides à la\nfois d'or et de sang; mais celles que je préfère, ce ne sont ni les mor­\nbides aux tons décomposés comme des âmes d'automne, ni les frin­\ngantes, ni les arrogantes, ni celles en marottes de bouffon, ni les\norangées, ni les écarlates, mais les somptueusement éplorées et can­\ndides, tout en neige et tout en dentelles et en même temps \"tout en\nlarmes, touchantes et belles comme une douleur de jeune fille avec\nquelque chose d'irréparable et d'opulent comme la prise de voile\nd'une infante d'Espagne ou les fiançailles d'une jeune archiduchesse\nd'Autriche, de celles que guettent le temple et l'échafaud; et devant\nces pâleurs de luxe et d'agonie, ces neiges immaculées et pourtant\ndouloureuses, ce sont les sensitives et délicates jeunes filles de Bourget\nqui s'évoquent et s'exhalent, aristocratiques et blancs fantômes de\nfemmes apparus entre les pétales de cire de pâles fleurs\n"}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-12-n12-003", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 249, "page_fin": 250, "titre_corps": "Labeur matinal", "titre_sommaire": "Labeur matinal", "signature_source": "Georges Ramaekers", "ancre_debut": "LABEUR MATINAL", "ancre_fin": "GEORGES RAMAEKERS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L’EDUCATION PHYSIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 296, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 67, "fin_caractere_exclue": 1143, "texte": "LABEUR MATINAL\n                                           A POL DEMADE.\n\n\nLes oiseaux du ciel chantent dans les branches\nL'oiselle amourêe et le grand soleil;\nNazareth s'éveille et ses maisons blanches\nDécloscnt leurs yeux, tout noirs de sommeil.\n\nVers l'océan pur de l'azur sans bornes\nMonte glorieux l'astre fécondant,\nEt dans les loins clairs les grands chameaux mornes\nHument à longs traits ses rayons ardents.\n\nDès que l'aube au ciel allumait sa joie,\nElle s'est mêlée aux jeunes glaneuses,\nPour aussi gerber de ses mains heureuses\nLes épis tombés le long de la voie.\n\nTendre fleur de chair, tout près d'Elle joue,\nInnocemment nu, parmi les blés d'or,\nSon petit Jésus, son Fils, son Trésor,\nDont ses fols baisers ont pourpré la joue.\n\nLes papillons bleus aux ailes de soie,\nVoletant sans peur jusqu'en ses mains roses,\nLui parlent du ciel et desfleursécloses\nEntre les blés mûrs où son corps se ploie.\n\nQu'elle est belle ainsi, la Vierge glaneuse!\nGerbant les épis qu'aux bords de leurs champs\nOnt abandonnés les riches faneuses,\nPour les passereaux et les pauvres gens.\n"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 441, "texte": "250                                                  DURENDAL\n\n\n\n                        Les oiseaux du ciel chantent dans les branches\n                        L'oiselle amourée et le grand soleil;\n                        Nazareth s'éveille et ses maisons blanches\n                        Déclosent leurs yeux tout noirs de sommeil.\n                                                                              GEORGES RAMAEKERS.\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-12-n12-004", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 250, "page_fin": 259, "titre_corps": "L’Éducation physique", "titre_sommaire": "L’Éducation physique", "signature_source": "Pol Demade", "ancre_debut": "L’EDUCATION PHYSIQUE", "ancre_fin": "POL DEMADE", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 297, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 441, "fin_caractere_exclue": 2944, "texte": "L'ÉDUCATION PHYSIQUE (1)\n                                                                          La première condition pour réussir en ce monde\n                                                                        c'est d'être un bon animal : cb la première condition\n                                                                        de la prospérité nationale est que la nation soit com­\n                                                                        posée de bons animaux.      HERDERT        SPENCER.\n\n                                                                          Si le corps mettait l'âme en procès et l'appelait en\n                                                                        justice en matière de réparations de dommages,\n                                                                        jamais elle ne se sauverait qu'elle ne fût condamnée\n                                                                        à l'amende.                            PLUTARQUE.\n\nSOMMAIRE. — 1. Réponse à un reproche. — 2. Théorie et pratique actuelles. Inconséquence. —\n   3. L'idéal : l'Être harmonieux. — 4. L'ascétisme dans les pensionnats et les collèges. — 5. L'athlé­\n   tisme. La gymnastique.\n\n\n   1. — Le lecteur catholique sera peut-être scandalisé de me voir\nconsacrer le premier chapitre de cette étude à l'Éducation physique.\nIl lui semblera que\n                   « Je devais par la royauté\n                   Avoir commencé mon ouvrage »,\net que l'occasion était belle d'affirmer une fois de plus la prééminence\nde l'esprit sur la matière, de l'âme sur le corps. Ces considérations\n\n    (1) La préface à cette étude a paru ici même, au mois d'août, sous ce titre : Vous venez en aide à\nl'anarchie. Nous en rappelons le sommaire :\n\n                                     I. —   D ' U N CATHOLIQUE A DES CATHOLIQUES\n1. — Déclaration de l'auteur. — 2. L'Éducation auxiliaire de l'anarchie. — 3. L'impuissance des meilleurs. — 4. Preuve histo­\n      rique. — 5. Attitude vis-à-vis du progrès. — Conservatisme. — 7. Le recrutement socialiste. — 8. Esclaves et Révoltés.\n      — 9. Ce n'est pas la faute du catholicisme. — 10. Division de cette étude: Education physique ; Éducation morale;\n      Éducation intellectuelle. — 11. Trois laits : Force et inertie des catholiques ; les Défenseurs de l'Église pris hors de\n      l'Église; l'Intoxication éducatrice.\n\n   Cette préface a été publiée isolément en une plaquette. Prix : 1 franc. Bureaux de la Revue.\n"}, {"page_pdf": 298, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2262, "texte": "                                 DURENDAL                                 25l\n\nsentimentales ne m'ont point arrêté. L'être physique s'éveille le pre­\nmier, je n'ai donc fait, en adoptant le présent ordre, que suivre la\nnature et la physiologie. D'ailleurs, je serais désolé d'avoir perdu\nl'occasion d'un scandale utile, en ne prenant pas résolument, par\nmanière de réaction, le parti de l'Éducation physique, vis-à-vis de\npédagogues arriérés qui s'imaginent être en règle avec les principes\nde l'Éducation rationnelle pour avoir inscrit, dans les prospectus de\nleurs établissements, cette phrase digne du vaudeville : « L a nourriture\nest abondante, saine et variée. »\n   C'est, en effet, en cet article un et unique que se condense, dans la\nplupart de nos maisons d'éducation, tant masculines que féminines,\nle programme d'Éducation physique. C'est trop peu, on en conviendra.\n\n\n   2. — Ce grave m a n q u e m e n t aux lois de l'équilibre humain s'aggrave,\nen plus, d'une bien rare inconséquence. Ces pauvres éducateurs, qui\ntiennent en un tel dédain une bonne moitié du soin de l'homme, ont\nleurs heures de philosophie, voire même de théologie, qu'ils utilisent,\nparaît-il, en des contemplations aussi vastes que profondes sur notre\nnature. De ces loisirs sublimes ils nous ont rapporté des pensées,\nlentement cristallisées et désormais conservées en ces phrases lapi­\ndaires : l'homme est une intelligence servie par des organes, — mens\nsana in corpore sano, etc. Malheureusement, en vertu d'un phénomène\nqui nous attriste plutôt qu'il nous étonne, autant la théorie est juste\net irréfutable, autant la pratique est folle et contradictoire. Il semble\nque ces belles définitions sont de simples jeux de mots philosophiques\nbons tout au plus à servir de sujets à amplifications scolaires ou de\nthèmes à des discours de distributions de prix.\n   Vous affirmez que l'homme est une intelligence servie par des\norganes. Je n'y contredis pas. Mais pourquoi vous préoccuper de l'in­\ntelligence à l'exclusion des organes ? Pourquoi vous soucier du maître\net jamais, ou presque jamais, des serviteurs? Vous vous piquez de\nformer une belle intelligence, certes ; mais à supposer que vous réus­\nsissiez, si vous n'avez pas pris soin de constituer le corps bon serviteur\n"}, {"page_pdf": 299, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2198, "texte": "252                                     DURENDAL\n\n\nde cette intelligence, vous n'avez tenté qu'une demi-éducation, ce qui\nrevient à dire que vous n'avez pas été éducateurs du tout.\n   « Une grave erreur de notre action catholique, écrit M. Naudet, a\nété trop souvent de nous préoccuper tellement de sauver des âmes que\nnous nous exposions à oublier tout le reste, et, notamment, à oublier\nles corps, ce qui, remarquons-le en passant, nous a fait parfois atteindre\nun but diamétralement opposé à celui que nous poursuivons. Laissant\ntrop en oubli cette vérité naturelle que l'homme, n'étant pas un pur\nesprit, doit s'inquiéter de la partie matérielle de son être et veiller à\nce que cette partie matérielle ne devienne pas l'ennemie de l'autre,\nnous n'avons pas su prévoir les inconvénients qui, pour la personne,\ndevaient résulter de ce conflit (1). »\n   Quand j'ai inscrit, en tête de la préface mise à cette étude, ces\nmots : Vous venez en aide à l'anarchie, ce n'était point une phrase en\nl'air, mais des paroles de juste reproche. L'anarchie ! Vous vous\nétonnez de la voir partout dans la société ; eh ! il y a longtemps que\nles éducateurs s'évertuent à l'installer au cœur même de l'individualité.\nSoyez bien convaincus de ceci : le désordre dans la société a dû, fata­\nlement, être précédé du désordre dans l'homme, car l'anarchie sociale\nn'est, en somme, que la résultante d'une infinité de petites anarchies\nindividuelles. Nous devons ce beau résultat à l'éducation! Mais trêve\nde plaintes et de sarcasmes. Tournons-nous plutôt du côté de l'idéal\net de l'espérance.\n\n   3. — Ce que l'éducation doit s'efforcer de réaliser, ce que je lui\nimpute à crime social d'avoir contrarié, c'est l'harmonie dans l'homme.\n   Quand la famille, déléguant ses pouvoirs à l'éducateur, lui confie\nson enfant, petit être qui commence, chaos de tant de choses emmêlées\net diverses, elle entend qu'on aide cette créature nouvelle à développer\net à coordonner ses forces, forces morales, intellectuelles, physiques,\nselon la loi d'harmonie, hiérarchiquement, en vue d'un idéal de vertu,\nde bonté, de beauté; — et l'éducateur, qui s'est senti assez fort pour\n\n  (1) Extrait du journal Le Monde, 14 novembre 1895.\n"}, {"page_pdf": 300, "page_imprimee": 253, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "                                            DURENDAL                                               253\n\naccepter cette mission sublime, doit pouvoir se rendre à soi-même et\nrendre à la famille, à la société, ce nécessaire témoignage qu'il a aidé\nun h o m m e à se faire, qu'il a mené un enfant de l'enfance vers la vie\n(e-ducere), que, grâce à lui, le monde compte en plus une créature\nharmonieuse.\n  L'éducation est la suprême fonction sociale, elle entraîne une\nformidable responsabilité. N e nous étonnons donc pas, nous autres\ncatholiques, si nos livres saints contiennent, en face d'une présumable\nmalédiction inexprimée, une magnifique promesse de récompense.\n  Ce ne sera pas descendre autant qu'on pense de ces hauteurs, de\nparler éducation physique. L e s forces physiques sont un des éléments\nde cette harmonie h u m a i n e dont nous parlions tout à l'heure.\n   Les vices de l'esprit retentissent sur le corps; les passions désor­\ndonnées m a r q u e n t la chair de leur sceau fatal. Il n'est donc pas témé­\nraire de s'imaginer, en vertu de l'ordinaire loi de réaction, que le\ncorps à son tour agit de quelque manière sur l'âme. Nous ne pensons\npas être excessif en disant que les organes, réputés serviteurs de l'in­\ntelligence, et contrariés dans l'observance de leurs propres lois phy­\nsiques, rompent violemment l'harmonie désirable entre la matière et\nl'esprit et que leur rébellion retentit sur l'âme, fatalement. E t ne\nsait-on pas d'expérience que le corps, selon sa faiblesse ou son omni­\npotence, se refuse à servir l'âme ou la traite en esclave!\n   Enfin, pourquoi, s'il vous plaît, les éducateurs dédaigneraient-ils,\ncomme indignes d'eux, le soin d'éduquer le corps? L e premier livre\nd'éducation, — je veux dire la Bible, — est tout préoccupé du souci\nphysique; Moïse l'inspiré, le sage parmi les sages, a tracé tant et de\nsi minutieux (1), et de si admirables préceptes d'éducation corporelle\n\n\n   (1) Afin de donner un exemple de cette minutie nous citerons, en latin et en français, ces deux\nversets du Deutéronome :\n    12. Habebis locum extra castra, ad quem egrediaris ad requisita natura?, — Tu auras un lieu hors\ndu camp, où tu iras pour les besoins de la nature.\n    13. Gerens paxillum in balteo. Clinique sederis, fodies per circuitum, et egestâ humo operies. —\nPortant un pieu à la ceinture. Et lorsque tu voudras t'asseoir, tu feras un trou en rond, et tu couvriras\nde terre ce qui est sorti de toi. (DEUTÉ, chap. XXIII. Traduction Glaire.)\n"}, {"page_pdf": 301, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2062, "texte": "254                             DURENDAL\n\n\nqu'on a pu écrire une hygiène selon la Bible. Il serait beau, vraiment,\naprès une telle leçon, de voir les pédagogues hausser les épaules ou\nfaire la moue devant nos légitimes revendications.\n\n   4. — L'éducation physique compte deux systèmes scolaires adverses\net tous deux éloignés, à la façon des antipodes, de cette normale\néducative : l'être harmonieux. Ce sont, pour les désigner d'un terme\npeut-être inattendu, mais qui rend assez exactement ma pensée :\n   L'Ascétisme et l'Athlétisme.\n   De ces deux hérésies éducatives, la première : l'Ascétisme, pêche par\ndéfaut; elle tient un compte insuffisant de la place importante et\nlégitime occupée par le corps dans le composé humain ; la seconde :\nl'Athlétisme, au contraire, donne dans l'excès opposé, elle sacrifie\nl'âme aux intérêts du corps.\n  J'ai à peine besoin d'ajouter, par manière de remarque préliminaire,\nqu'en notre pays, et malgré certaines craintes ridicules, on pêche\nbeaucoup plus par défaut que par excès.\n    Parlons d'abord de lAscétisme. Il est bien entendu, je pense, qu'en\nme servant de ce mot dans la présente étude, j'entends le détourner\nt o u t à fait de l'acception qu'il prend d'ordinaire dans certaine littéra­\nture de piété. C'est plutôt un pseudo-ascétisme et je dirais bien une\nsorte de jansénisme éducatif. On me comprendra mieux par ce qui\nva suivre.\n  L'ascétisme sévit principalement dans les établissements d'éducation\nféminine. Il infeste les pensionnats de demoiselles et opère ses ravages\nsous les regards attendris de nos bonnes sœurs de tout ordre.\n   J e scandaliserais fort ces saintes, mais très ignorantes éducatrices,\nsi je paraphrasais devant elles la phrase de Spencer mise en épigraphe\nde ce chapitre : « L a première condition pour, réussir en ce monde\nc'est d'être un bon animal : et la première condition de la prospérité\nnationale est que la nation soit composée de bons animaux. »\n  On se fait un autre idéal, dans les pensionnats!\n  H e r b e r t Spencer a m a r q u é très nettement ce point, il y a quelque\n"}, {"page_pdf": 302, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "                                              DURENDAL                                              255\n\ntrente-cinq ou trente-six ans (avril 1859) et sa constatation est toujours\nd'actualité :\n    \" Nous soupçonnons vaguement, disait en ce temps Spencer, q u e\nles personnes chargées dfe l'éducation du sexe plus doux sont sous\nl'empire de cette idée, qu'il n'est point désirable de produire chez les\nfilles un robuste développement p h y s i q u e ; qu'une rude santé et u n e\ngrande vigueur sont des qualités plébéiennes ; qu'une certaine délica­\ntesse, une force calculée sur des promenades d'un mille ou deux;\nqu'un petit appétit délicat et facilement satisfait, joints à cette timidité\nqui accompagne la faiblesse, sont jugés choses plus convenables à des\nfemmes du monde (1). »\n    « Nous ne nous attendons pas à ce qu'on en fasse l'aveu, concluait\nmalicieusement l'observateur anglais ; mais nous nous imaginons que\nl'esprit de l'éducatrice est hanté par un idéal de demoiselle fort\nressemblant avec celui-là (2). »\n    E h non, nous n'avons pas besoin de cet aveu. Nous irons plus loin\nque Spencer; nous ajouterons ce détail issu d'une observation puisée\ndans notre milieu catholique. Nos éducatrices religieuses nous ont\ntoujours paru s'efforcer de diminuer autant que possible les droits du\ncorps au profit des droits de l'âme. Elles oublient, h é l a s ! q u e chacun\nd'eux a les siens et que l'ordre ne réside point en dehors d'un juste et\nnécessaire équilibre.\n    Du reste nous demandons, selon le conseil de l'Ecriture, qu'on juge\nl'arbre par ses fruits, qu'on examine le résultat de semblable idéal\nd'éducation physique.\n    Dans notre préface, d'apparence violente, parlant des pensionnats,\nà ce point d e vue matériel nous avons prononcé le mot de bagne\nphysique, voire même d'enfer. Qu'on veuille bien étudier avec nous\nl'éducation physique des pensionnats, en ce qui concerne p a r exemple\nla toilette, les études, les repas, la récréation, et jusqu'au sommeil (3)\n   (1) (2) SPENCER. L'Education,   p . 289.\n   (3) Nous devons à la vérité de déclarer que quelques grands pensionnats de ce pays, que nous ne\nnommerons pas pour ne pas leur faire de la réclame, ne méritent pas ces anathèmes. Mais c'est l'infime\nexception. Les pensionnats de 2e et 3 e rangs, ceux de la moyenne et petite bourgeoisie sont tout simple­\nment déplorables. Nous avons fait une enquête et nous pourrions citer des faits, mais à quoi bon. Ce\nserait d'ailleurs hors de saison dans cette étude générale.\n"}, {"page_pdf": 303, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2474, "texte": "256                                          DURENDAL\n\n\net l'on verra que, sous couleur de modestie, d'obéissance, de bonne\ntenue, de haute convenance, que sais-je encore, l'éducatrice impose à\nla jeune fille un révoltant système de torture corporelle.\n   Que nos lectrices, désireuses de preuves immédiates, interrogent\nles maîtresses de pension de leurs filles, ou qu'elles-mêmes se rap­\npellent leurs souvenirs de pensionnaires, et elles seront édifiées sur\ncertains points d'éducation physique auxquels je ne peux faire, en\nlangue française, que de discrètes et très lointaines allusions. Michelet\na écrit, sur mille ans de moyen âge, ces trois mots auxquels il prêtait\nl'âpreté du fer rouge : Pas un bain! L e mot de Michelet n'était qu'un\nmensonge historique (1). Mais serais-je bien éloigné de la vérité si\nj'appliquais le mot de Michelet à nos pensionnats modernes, où l'on\nme semble vivre dans une crainte de l'eau absolument outrageante\npour la Bible? E t qu'adviendrait-il, s'il vous plaît, si nos Révérendes\nSœurs, accoutumées à lire leur office en une langue dont elles ignorent\njusqu'au premier mot, allaient se mettre tout à coup à entendre le\nlatin et à comprendre par exemple la signification de certains cha­\npitres de nos livres saints (2) ? Ce serait, il faut l'espérer, une sainte\nrévolution (3). Nous n'en sommes pas là.\n   E n ce moment je d e m a n d e , — et ma qualité de médecin me donne\nbien ce droit, je pense — je demande quel sort est fait, dans nos\ninnombrables pensionnats, si justement jaloux de la chasteté des\nâmes, à la propreté, cette intégrité corporelle, j'oserai dire : cette\nchasteté des corps? Que devient-elle? Dites? Nos éducatrices ne se\ndoutent pas des affinités mystérieuses et cependant indéniables qui\ns'établissent entre la vertu de l'âme et la vertu du corps. Peut-être ne\nfaut-il pas leur en vouloir autant qu'il serait juste : elles ne savent\npas. E t où auraient-elles puisé ces notions. J'estime d'ailleurs que\n\n    (1) Le docteur Ed. Dupouy a réfuté cette erreur dans son curieux livre : Le Moyen Age médical.\nParis, Société d'éditions scientifiques, 1895. Jamais le bain n'a été autant en faveur que pendant le\nmoyen âge.\n    (2) Lévitique. Chap. XV. Versets 19 et suivants.\n    (3) Dans certains pensionnats, le dédain de la propreté est poussé jusqu'à une sorte de haine. Il faut\nvoir dans cette haine un reste d'esprit janséniste demeuré indéracinable, encore aujourd'hui, dans\ncertaines communautés religieuses.\n"}, {"page_pdf": 304, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2209, "texte": "                                  DURENDAL                                  257\n\nc'est à nous, médecins, c'est-à-dire confesseurs du corps, de protester\nvigoureusement et faire le possible et l'impossible pour sortir l'éduca­\ntion physique des jeunes filles de cet abominable cercle vicieux où les\nconfine l'ignorance de leurs éducatrices. Il me paraît urgent que le\nmédecin s'introduise dans les pensionnats religieux et que, tout à côté\ndu prêtre, docteur ès sciences des âmes, qui enseigne et prêche la\nmorale, le docteur ès sciences corporelles donne aux maîtresses et\naux élèves de sérieuses et pratiques leçons d'hygiène. L'harmonie\nhumaine réclame les bons offices de l'un et de l'autre.\n   L'Ascétisme, dont nous venons de noter brièvement et d'une façon\ngénérale les ravages chez les jeunes filles, n'épargne guère les jeunes\ngens. P o u r t a n t , je dois le dire en toute vérité, l'ascétisme revêt, dans\nnos collèges, des formes un peu différentes, un peu adoucies même.\nJ'ai dit plus haut que nos éducateurs d'hommes ne répugnaient pas,\nen théorie, à une certaine éducation physique. A cette différence, à\ncet adoucissement près, nous pourrions répéter ici les mêmes critiques\ngénérales. N'insistons pas, nous y reviendrons du reste plus à loisir\nen un autre endroit.\n\n   5. — Il nous reste à signaler le second ennemi de l'éducation\nharmonique : l'Athlétisme. On pense bien, après tout ce que nous\nvenons de dire de l'Ascétisme, que l'éducation physique n'a pas beau­\ncoup à craindre de ce nouvel ennemi. Que par suite d'une réaction\nviolente, comme sont fatalement toutes les réactions, les éducateurs\nactuels tombent de l'Ascétisme dans l'Athlétisme, la chose ne nous\nétonnerait pas. Nous en savons des exemples chez nos voisins de\nFrance. Mais n'ayons crainte. Si donc nous mentionnons ici l'Athlé­\ntisme, c'est plutôt pour répondre à une objection que font, aux parti­\nsans de l'éducation physique rationnelle, quelques pédagogues rétro­\ngrades en brouille éternelle avec le progrès.\n   On nous reproche de vouloir faire de nos jeunes gens, voire même\nde nos jeunes filles, des athlètes ! L a réponse la plus adéquate à pareil\nreproche se rencontrerait dans un haussement d'épaules. Nous ne\n"}, {"page_pdf": 305, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "258                                        DURENDAL\n\n\nvoulons en aucune manière de l'athlétisme. Annihiler l'âme au profit\ndu corps nous paraît tout aussi monstrueux qu'annihiler le corps au\nprofit de l'âme. Les athlètes, tels que la Grèce et Rome les réalisent,\nne répondent pas du tout au t y p e que nous rêvons. P o u r peu qu'on\nait consulté, à ce propos, les monuments artistiques : la statue\nd'athlète en bronze du musée des T h e r m e s , la mosaïque de Caracalla\ndu musée de L u t r a n , ou les documents littéraires de l'époque romaine,\nPerse, Pétrone, on demeure convaincu que les athlètes ne peuvent\nêtre notre idéal, ni au physique, ni au moral. Ce n'étaient certes pas\ndes hommes harmonieux! Bref, nous repoussons toute gymnastique\nathlétique. Galien disait déjà, il y a seize siècles : Gymnastica ad\nsanitatem periculosa est. L a gymnastique est périlleuse pour la santé.\n  C'est assez dire que nous, ne tiendrons pas les éducateurs pour\nquitte envers la physiologie parce qu'ils nous auront concédé une\nheure d'un certain exercice appelé gymnastique.\n   Cette apparente concession est un leurre, ou, comme dit fort spiri­\ntuellement Léopardi : U n e perfidie de la vieillesse à l'encontre de la\njeunesse (1). Ce n'est pas de l'éducation physique cela, c'est une heure\nde surmenage en plus. Nous ne sommes pas seul de notre avis.\n   « L'heure de gymnastique, écrit Léo Burgerstein, dans son livre\nsur l'hygiène scolaire, est la plus fastidieuse des heures de l'école.\nL'exercice pratiqué dans ces conditions n'est ni un délassement ni un\nexercice corporel, c'est une heure d'école perdue en grande partie, et\nla moins intéressante (2). »\n  Spencer la qualifie de système d'exercice factice. L e docteur Jules\nRochard est plus dur encore, il dit : « Ce n'est qu'une leçon ajoutée à\ntant d'autres, qu'une fatigue, qu'un ennui d'une autre espèce, et voilà\ntout (3). »\n   « L a gymnastique, conclut Mosso, a causé un grave préjudice à\nl'éducation physique en faisant disparaître tous les jeux où l'on court\n\n  (1) Mosso. L'Education   physique.\n  (2) L. BURGERSTEIN. Die Geswidheitspflege in der Miltelschule.   Vienne 1887.\n  (3) JULES ROCHARD. L'Education de nos fils. Paris 1890.\n"}, {"page_pdf": 306, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1326, "texte": "                                 DURENDAL                             259\n\net qui requièrent la hardiesse, la dextérité et un mouvement naturel\nrapide.\n   » Les marches au soleil, le patinage, les bains, la natation, la\ncourse et tout ce qui a pour effet de nous fatiguer et de consumer\nlentement notre organisme, de le reconstituer dans des conditions\natmosphériques plus favorables, dans un milieu qui stimule l'activité\nde la vie : telles sont les bases de la vraie et bonne gymnastique (1). »\n   Ceci dit, nous espérons que ces bons pédagogues voudront bien ne\npas nous accuser de travailler pour le compte de l'athlétisme; — en\nrevanche nous leur déclarons sans détour que leur fameuse « heure\nde gymnastique » ne signifie absolument rien en regard de l'éducation\nphysique.\n                                                       A.\n\n   Il nous reste maintenant, sachant notre idéal — l'Etre harmonieux —\net l'opposition que cet idéal rencontre — et de la part de l'Ascétisme\net de la part de l'Athlétisme — il nous reste, dis-je, à exposer, à\ncôté des vices du système actuel, des réformes possibles et immédiatement\nréalisables.\n                                                     POL DEMADE,\n                                                   Docteur en médecine.\n       (A suivre.)\n\n\n\n\n   (1) Mosso. Pages 21 et 121.\n"}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-12-n12-005", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 260, "page_fin": 263, "titre_corps": "La Poésie hongroise", "titre_sommaire": "La Poésie hongroise", "signature_source": "Mgr C. de Harlez", "ancre_debut": "LA POESIE HONGROISE", "ancre_fin": "C. DE HARLEZ", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 307, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "LA POÉSIE HONGROISE\n                (SUITE. — Voir notre précédent numéro, page 229.)\n\n\n\nPOUR    former contraste à ce chant superbe : A la noblesse soulevée,\n   donnons aujourd'hui deux morceaux du genre simple et épigram-\nmatique, que nous emprunterons au poète A. Greguss, célèbre aussi\ncomme esthète ( I 8 I 5 - I 8 8 2 ) .\n\n                           LE PAPILLON\n\n            Devant un château, une touffe épaisse de fleurs\n            Flottait dans les ondes lumineuses, gonflées de miel;\n            Un papillon les suçait avec jouissance\n            Et se balançait sur les pétales empourprées.\n            Tout à coup s'élevant, il dit plein de superbe :\n            « Je suis vraiment un être merveilleux, moi !\n            Que je sais ainsi, sans entrave, élever mon gîte,\n            Vraiment je suis l'ornement du jardin. »\n            Le jour déclinait, les lampes s'allumèrent au castel.\n            Le papillon amoureux de la flamme s'en approcha hardiment;\n            Comme sur les fleurs, il se précipite dans le feu.\n            Brûlé il tombe sous la lampe, le pauvret!\n            « O fin terrible! » soupire le malheureux livré à la mort;\n            « Pourquoi la fortune m'est-elle donc une telle marâtre ? »\n            Si tes projets réussissent, tu vantes ton intelligence\n            S'ils ont une fatale issue, c'est le destin que tu accuses.\n\n                                LE     SAVANT\n\n\n            Je demandais un jour à un savant illustre\n            Comment est la face de la lune opposée à la terre?\n            — Noble dame! je n'en sais rien (fut sa réponse).\n"}, {"page_pdf": 308, "page_imprimee": 261, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1977, "texte": "                             DURENDAL                                    261\n\n          — Dans l'espace céleste qu'elle parcourt, derrière elle\n         Des millions d'étoiles fourmillent,\n         Demeures semblables à nos régions ;\n         Y a-t-il là des êtres humains?\n         — Je ne puis les sonder et répondre.\n         — Soit! mais quand avec le corps qui l'enveloppe,\n          Nous disparaissons dans le sein de la tombe,\n          Notre âme reste libre, n'est-ce pas?\n          Et va d'étoile en étoile\n          Comprenant parfaitement toute chose,\n          Jusqu'au dernier molécule de l'immensité?\n          — Hélas! je ne puis rien répondre à cette question.\n          — Mais, du moins dites-moi, dans l'œuvre du Créateur\n          Quel est le monde supérieur à tous par sa beauté?\n          N'y a-t-il que ce que je vois de mes yeux?\n          — Ma douleur est qu'il n'y a rien de certain à ce sujet.\n         .— Plaisantez-vous, Seigneur? Cependant la renommée\n          Rend hommage à votre génie, et de vos écrits\n          Elle admire l'extérieur comme une œuvre de haute sagesse.\n          A quoi donc sert la science?\n          — A ce que je puisse vous dire ceci :\n                         J E NE SAIS PAS.\n\n\nLe même auteur nous fournira le modèle suivant du genre gracieux :\n\n                     L E S DEUX         MÈRES\n\n          O ma mère ! pour moi tu t'es sacrifiée ;\n          Avec joie, en ton sein, tu as souffert tant de douleurs\n          Et les larmes de la reconnaissance avec lesquelles tu bénissais Dieu\n          Quand tu devenais mère — ô bonheur ! ma mère à moi ! —\n          Eteignaient à l'instant la flamme brûlante de tes chagrins,\n          Tu parsemais de tes baisers les lèvres de ton fils.\n          Aussi longtemps que ton enfant grandissait,\n          Combien ton cœur n'a-t-il pas souffert pour moi!\n          Que de fois tu restas veillant sur le petit berceau,\n          Tandis qu'une maladie frappait le frêle enfant!\n"}, {"page_pdf": 309, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "262                                       DURENDAL\n\n                 Jusqu'à ce que l'espérance commençât à renaître,\n                 Comme tu comptais les minutes de ma vie!\n                 Avec quelle fièvre le sentiment agitait ton cœur!\n                 Hors de toi, tendrement anxieuse,\n                 Avec quel transport d'amour tu te jetais sur ton enfant!\n                 Ma mère, ton fils a crû, il est grand,\n                 Mais il n'a pas oublié ton amour si tendre,\n                 Il n'a pas oublié les nuits privées de sommeil;\n                 Il aspire à combler tes hautes espérances.\n\n                 En moi tu nourris l'amour de la patrie\n                 Pour que je la chérisse comme une seconde mère.\n                 Tu sus amoindrir en moi la possession du cœur maternel,\n                 Pour que je le cédasse tout entier à mon pays.\n                 Fidèlement tu m'appris que jusqu'à ce qu'elles faiblissent\n                 Je devais consacrer mes forces au bien de la patrie.\n                 Tu croyais atteindre ainsi pour toi la félicité suprême,\n                 Si tu pouvais donner à ton fils un nom glorieux.\n                 La gloire ne répandit point sur moi ses rayons,\n                 Mais c'est une gloire pour moi d'être ton fils.\n                 Oh! alors j'aurai conquis le suprême bonheur\n                 Quand, pour toi, je pourrai illustrer le nom de la Hongrie.\n\n   Je finirai, cette fois, par une chanson à boire. Je la choisis à dessein\nparce qu'elle me permettra une comparaison avec un modèle vanté de\nl'antiquité classique.\n   Parmi les petites odes d'Anacréon, il en est une qui est conçue en\nces termes (1) :\n\n                                La terre noire boit.\n                                Mais la mer boit la terre ;\n                                Le soleil boit la mer\n                                Et la lune, le soleil.\n                                Pourquoi me gourmandez-vous, camarades,\n                                Parce que, moi aussi, je veux boire?\n\n\n (1) Je traduis le texte de mémoire, mais je pense que mes souvenirs sont fidèles.\n"}, {"page_pdf": 310, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1550, "texte": "                                           DURENDAL                                              263\n\n  Le chantre populaire hongrois (1) s'exprime de la façon suivante :\n\n                                J'aime le vin nouveau;\n                                Mais j'aime aussi le vieux.\n                                Pourquoi pas? Il les aimait certes\n                                Mon grand père, tout comme moi.\n                                Nombreuses sont ici les preuves\n                                Que la pomme ne tomba\n                                Jamais, en aucun lieu,\n                                Loin de son pommier.\n                                Il chérissait, mon bon père,\n                                Tout ce qu'aimait mon aïeul ;\n                                Le vin surtout; aussi moi de même,\n                                Je sais boire vaillamment.\n\n   Voilà les pièces du procès, et n'en déplaise aux adorateurs de\nl'antiquité, la chanson hongroise me paraît plus naturelle en ses\npensées, de meilleur goût, d'un style plus vif, plus imagé, en un mot,\nsupérieure sous tous les rapports. L'une est le langage apologisant\nd'un vieux buveur attablé; l'autre est la parole vibrante du jeune\nhomme qui, le verre levé, nargue ses critiques.\n                                                              Mgr    C. DE HARLEZ,\n                                                     Professeur à l'Université catholique de   Louvain.\n\n\n\n\n (1) Ou plutôt Szekely.   Les Szekelys sont les montagnards hongrois de l'Est.\n"}]}, {"article_id": "ulb-durendal-1895-12-n12-006", "volume": "ELB-AML-484382-1895-000-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-AML-484382-1895-000-002_f.pdf", "ocr_sha256": "0df52fc58bd9cd5adae9d20bc1512c3631bbc2f3ac2489ddc793b58bceebc44e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 264, "page_fin": 264, "titre_corps": "Miroir d’Art et de Littérature : Quelques propos des Douze Pairs autour de la Table ronde", "titre_sommaire": "Propos des Douze Pairs", "signature_source": "", "ancre_debut": "MIROIR", "ancre_fin": ". » Nos meilleurs, souhaits de succès à M. Jean Delville dont nous estimons beaucoup le fier talent.", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 311, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 67, "fin_caractere_exclue": 2099, "texte": "MIROIR D'ART ET DE LITTÉRATURE\n\n      Quelques propos des Douze Pairs autour de la Table ronde.\n\n\nM      ODERNISME RELIGIEUX. Sous ce titre, M. Edgar Baes a publié, dans la Fédéra-\n       tion artistique, une réponse très courtoise et très intéressante à l'article de\nnotre dévoué collaborateur l'abbé Henry Moeller sur l'Art religieux.\n\n                                        *       *\n\nP     LUS une parole ressemble à une pensée, une pensée à une âme, une âme à\n       Dieu, plus tout cela est beau.                           JOUBERT.\n                                            *\n                                        *       *\n\n\nM      ONSIEUR\n       termes :\n                 Jean Delville nous annonce la création d'un Salon idéaliste, en ces\n\n   « Les Salons d'Art idéaliste ont pour but de provoquer en Belgique une Renais­\nsance esthétique. Ils rassemblent, en un groupement annuel, tous les éléments\népars d'idéalisme artistique, c'est-à-dire les œuvres de même tendance vers la\nBeauté. Voulant par là réagir contre la décadence, contre la confusion des écoles\ndites réalistes, impressionnistes ou libristes, formes dégénérescentes de l'Art, les\nSalons d'Art idéaliste arborent comme principes éternels de la perfection dans\nl'œuvre : la Pensée, le Style, la Technie.\n   » Ils ne reconnaissent de libre, en esthétique, que la personnalité créatrice de\nl'artiste et affirment, au nom de l'harmonie, que nulle œuvre n'est susceptible d'art\nvéritable que si elle se compose des trois termes absolus, à savoir : la Beauté spiri­\ntuelle, la Beauté plastique, la Beauté technique.\n   » Analogues, si pas identiques, aux Salons de la Rose Croix créés à Paris par le\nSar Joséphin Péladan et au Mouvement Préraphaélite de Londres, les Salons d'Art\nidéaliste prétendent vouloir continuer, à travers les évolutions modernes, la grande\ntradition de l'Art idéaliste, depuis les Maîtres anciens jusqu'aux Maîtres contem­\nporains. »\n   Nos meilleurs, souhaits de succès à M. Jean Delville dont nous estimons beaucoup\nle fier talent.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 290, "texte": "DÉCEMBRE 1 8 9 5   (DEUXIÈME ANNÉE.)   Prix du numéro : fr. 0.60.\n\n\n\n\n                                                      DfpaliR\n                                                       ftv^HS\n"}, {"page_pdf": 291, "texte": "                    DURENDAL\n   REVUE CATHOLIQUE D'ART ET DE LITTÉRATURE\n\n\n\n                        ABONNEMENTS\nBelgique : un an.        . . fr. 5 . 0 0 | Étranger : un an.          fr. 6 . 5 0\n                           Prix du numéro : fr. 0 . 6 0\n\n\n\n              Comité de rédaction de « Durendal »\nMM. P O L DEMADE, HENRY CARTON DE WIARTV, l'Abbé HENRY MŒLLER.\n\n                             Collaborateurs :\nMM.    FIRMIN VANDENBOSCH.                MM. J.-K.       HUYSMANS.\n       HENRY BORDEAUX.                            WILLIAM RITTER.\n       THOMAS BRAUN.                              MAURICE RANWEZ.\n       L'abbé H. HOORNAERT.                       GEORGES VIRRÈS.\n       JOSÉ HENNEBICQ.                            MAURICE DULLAERT.\n       EDMOND JOLY.                               MAURICE CLAEYS.\n       L'abbé L. GRUEL.                          JOSEPH SERRE.\n       LÉON. LOUVEAUX.                            PAUL HAREL.\n       E D . CARTON DE WIART.                    ERNEST PÉRIER.\n       EDOUARD BERNAERT.                         CHARLES BUET.\n      ADOLPHE HARDY.                             VICTOR DENYN.\n\n\n                  « DURENDAL » ne publie que de l'inédit\n        Les collaborateurs sont seuls responsables de leurs articles\n\n\n                      LES MANUSCRITS NE SONT PAS RENDUS\n\n\n\n\nToutes correspondances doivent être adressées à la Rédaction et Administration\n                Rue Albert-de-la-Tour, 14, à Bruxelles\n"}, {"page_pdf": 292, "texte": "  Décembre 1895                                                                          N ° 12\n\n                                         DURENDAL\n\n\n\n\n                 A quelques Catholiques\n   Un livre vient de paraître : Le Siècle (1), qui contient, entre autres pages magni­\nfiques, celle-ci :\n\n\n\n\nV\n           os Ecrivains consacrent leur vie à la plus rude des tâches.\n           Ils naviguent contre le vent et la marée. Ils travaillent\n           épuisés, sans encouragement et sans victoire. Ils n'ont pas\n           toutes leurs forces, puisqu'ils n'ont pas tout leur succès...\n   Vos ennemis font autour de vos Écrivains, autour de vos défenseurs,\nla conspiration du silence, et vous dont le plus sacré devoir est de\nfaire retentir partout la parole du salut, vous l'étouffez par votre\nindifférence, comme vos ennemis par leur silence calculé...\n   Regardez les ennemis de l'Église! Quels triomphes leur sont\nménagés !...\n   Je suis convaincu que la plupart des hommes supérieurs, dans\nl'ordre du mal, ont donné tout ce qu'ils pouvaient donner, soutenus,\nencouragés, vivifiés par leurs amis.\n   Je suis convaincu que la plupart des hommes supérieurs, dans\nl'ordre du bien, sont morts de chagrin, assassinés par l'indifférence de\nleurs amis.\n                                 * *\n  Une revue, sobre et sévère par sa nature, s'interdit les éléments\nhonteux, qui sont tous, de nos jours, des éléments de succès...\n  Il ne lui reste que les esprits élevés qui aiment le vrai, le bien; il\nne lui reste que ceux qui ont conservé le goût des belles choses, et\n\n  (1) Le Siècle, par ERNEST HELLO. Un volume avec une lettre-préface d'Henri Lasserre. Prix : 3.50.\n"}, {"page_pdf": 293, "texte": "246                                  DURENDAL\n\n\nsouvent les belles choses sont des choses un peu secrètes, qui ont\nbesoin d'attention pour être savourées.\n   Il faut donc que le public intelligent comprenne et sente qu'il est\nchargé d'aimer, de soutenir, de favoriser, d'encourager la revue saine,\nforte et sévère...\n   L'indifférence n'est pas permise.\n   Le lecteur doit donner signe de vie à l'écrivain. Il doit, en multi­\npliant les auditeurs, multiplier les fruits de la parole...\n                                            *\n                                        *       *\n   L'écrivain militant qui se sent victorieux devient invincible. Le\nsentiment de la victoire donne l'attitude de la victoire, et l'attitude de\nla victoire, c'est la victoire elle-même.\n   Or, cette attitude, c'est le public qui la donne à l'écrivain, et le\npublic, c'est chacun de vous. Il ne faut pas abandonner aux autres ce\ndevoir sacré d'encourager l'écrivain qui dit la vérité.\n                                                            ERNEST H E L L O .\n\n   Grâce à Dieu, nous n'avons pas à adresser aux lecteurs de Durendal ce reproche\nd'indifférence dont parle Ernest Hello. Nos amis nous soutiennent de toute leur\nsympathie. Nous sommes heureux de leur rendre ce témoignage, en leur présentant\nnos souhaits de bonne année pour 1896. Ils nous continueront certainement ces\nencouragements. Que chacun d'eux demeure fidèle à la revue, fasse de la propa­\ngande dans son entourage, nou3 aide de ses conseils, de ses remontrances au besoin,\nde sa collaboration si possible — et nous finirons bien par réaliser tout notre désir,\nqui est de faire un jour, de cette revue, une œuvre digne en tous points de l'art et\nde la littérature catholiques.                                  L A RÉDACTION.\n"}, {"page_pdf": 294, "texte": "                                         DURENDAL                                            247\n\n\n\n\n                                                                                  (1)\n           CHRYSANTHÈMES\n                      MONSTRUEUSES, déchiquetées,\n                                               les unes comme armées\n                d'ongles, recroquevillant sur elles-mêmes des pétales\n                aiguisés comme des dards, extravagantes, chimériques,\n                fantasques, fantastiques et folles, les unes en houppes\n                neigeuses, les autres en crêtes érupées et fringantes,\n                couleur d'or vert ou sang de dragon, celles-ci pareilles\nà d'immenses collerettes de pierrots, comme ajourées, tout en dentelles,\ncelles-là épanouies avec des raideurs de grandes dames, de véritables\nfraises godronnées de la cour des Valois, ce sont, somptueuses de\nnuances et de formes, les fleurs chères à M. de Goncourt et aux pâles\nimpératrices au teint de porcelaine : ce sont les chrysanthèmes.\n  Si délicates et si bizarres qu'elles en sont devenues littéraires, Pierre\nLoti les a chantées dans ses Japonaiseries d'automne, symboles adorés\nde l'année finissante, telles elles poussent là-bas, dans les jardins\nsablés de poudre de verre de l'Extrême-Orient; J u d i t h Gautier, autre\njaponisante, en a coiffé ses héroïnes et, si le comte Robert de Montes-\nquiou leur a préféré le paradoxe bleu du fol hortensia, croyez bien\nqu'il s'est fait violence et que la seule crainte de ne pas paraître assez\noriginal en avouant un goût partagé, l'a retenu dans son choix.\n   Neigent-elles assez suggestivement, ces floconneuses fleurs de soufre\net d'ambre rose dans le bleu de nuit ombré des robes japonaises, ce\nbleu de rêve de poète.\n  Ici, comme envolées avec je ne sais quelle grâce maladive de fleurs\nqui s'éteignent, ce sont moins des plantes que des âmes, et toute la\ncorruption des nuances atténuées défaille en leurs jaunes crépusculaires\n  (1) Nos remercîments à l'auteur anonyme de cette page délicieuse trouvée le mois dernier dans la\nboîte de la rédaction.                                                           N. D. L. R.\n"}, {"page_pdf": 295, "texte": "248                            DURENDAL\n\n\net leurs roses morts; plus loin, crispées comme des sourires de poitri­\nnaires, elles ont des gouttes de sang au bout de leurs pétales, on\ndirait des fleurs blessées et tandis que leurs cœurs se dilatent, cœurs\nde rubis chez celles-ci royalement écarlates, cœurs d'aurore chez\ncelles-là, roses comme l'aile d'un flamant, cœurs de soleil enfin chez\nd'autres d'un jaune d'or, on sent qu'elles sont quand même fragiles et\ndolentes, filles de l'automne par l'automne atteintes et déjà condam­\nnées, car, si leur milieu flamboie, la suprême couronne de leurs\nderniers pétales a le ton des feuilles mortes, et la rouille les mord.\n   D'autres enfin, hostiles et griffues, s'érupent, se dressent et dardent\ndes menaces avec des airs de reines méchantes, des reines d'Orient et\nsurtout de songe, demi-mérovingiennes et demi-japonaises, avides à la\nfois d'or et de sang; mais celles que je préfère, ce ne sont ni les mor­\nbides aux tons décomposés comme des âmes d'automne, ni les frin­\ngantes, ni les arrogantes, ni celles en marottes de bouffon, ni les\norangées, ni les écarlates, mais les somptueusement éplorées et can­\ndides, tout en neige et tout en dentelles et en même temps \"tout en\nlarmes, touchantes et belles comme une douleur de jeune fille avec\nquelque chose d'irréparable et d'opulent comme la prise de voile\nd'une infante d'Espagne ou les fiançailles d'une jeune archiduchesse\nd'Autriche, de celles que guettent le temple et l'échafaud; et devant\nces pâleurs de luxe et d'agonie, ces neiges immaculées et pourtant\ndouloureuses, ce sont les sensitives et délicates jeunes filles de Bourget\nqui s'évoquent et s'exhalent, aristocratiques et blancs fantômes de\nfemmes apparus entre les pétales de cire de pâles fleurs\n"}, {"page_pdf": 296, "texte": "                  DURENDAL                                 249\n\n\n\n\nLABEUR MATINAL\n                                           A POL DEMADE.\n\n\nLes oiseaux du ciel chantent dans les branches\nL'oiselle amourêe et le grand soleil;\nNazareth s'éveille et ses maisons blanches\nDécloscnt leurs yeux, tout noirs de sommeil.\n\nVers l'océan pur de l'azur sans bornes\nMonte glorieux l'astre fécondant,\nEt dans les loins clairs les grands chameaux mornes\nHument à longs traits ses rayons ardents.\n\nDès que l'aube au ciel allumait sa joie,\nElle s'est mêlée aux jeunes glaneuses,\nPour aussi gerber de ses mains heureuses\nLes épis tombés le long de la voie.\n\nTendre fleur de chair, tout près d'Elle joue,\nInnocemment nu, parmi les blés d'or,\nSon petit Jésus, son Fils, son Trésor,\nDont ses fols baisers ont pourpré la joue.\n\nLes papillons bleus aux ailes de soie,\nVoletant sans peur jusqu'en ses mains roses,\nLui parlent du ciel et desfleursécloses\nEntre les blés mûrs où son corps se ploie.\n\nQu'elle est belle ainsi, la Vierge glaneuse!\nGerbant les épis qu'aux bords de leurs champs\nOnt abandonnés les riches faneuses,\nPour les passereaux et les pauvres gens.\n"}, {"page_pdf": 297, "texte": "250                                                  DURENDAL\n\n\n\n                        Les oiseaux du ciel chantent dans les branches\n                        L'oiselle amourée et le grand soleil;\n                        Nazareth s'éveille et ses maisons blanches\n                        Déclosent leurs yeux tout noirs de sommeil.\n                                                                              GEORGES RAMAEKERS.\n\n\n\n\n       L'ÉDUCATION PHYSIQUE (1)\n                                                                          La première condition pour réussir en ce monde\n                                                                        c'est d'être un bon animal : cb la première condition\n                                                                        de la prospérité nationale est que la nation soit com­\n                                                                        posée de bons animaux.      HERDERT        SPENCER.\n\n                                                                          Si le corps mettait l'âme en procès et l'appelait en\n                                                                        justice en matière de réparations de dommages,\n                                                                        jamais elle ne se sauverait qu'elle ne fût condamnée\n                                                                        à l'amende.                            PLUTARQUE.\n\nSOMMAIRE. — 1. Réponse à un reproche. — 2. Théorie et pratique actuelles. Inconséquence. —\n   3. L'idéal : l'Être harmonieux. — 4. L'ascétisme dans les pensionnats et les collèges. — 5. L'athlé­\n   tisme. La gymnastique.\n\n\n   1. — Le lecteur catholique sera peut-être scandalisé de me voir\nconsacrer le premier chapitre de cette étude à l'Éducation physique.\nIl lui semblera que\n                   « Je devais par la royauté\n                   Avoir commencé mon ouvrage »,\net que l'occasion était belle d'affirmer une fois de plus la prééminence\nde l'esprit sur la matière, de l'âme sur le corps. Ces considérations\n\n    (1) La préface à cette étude a paru ici même, au mois d'août, sous ce titre : Vous venez en aide à\nl'anarchie. Nous en rappelons le sommaire :\n\n                                     I. —   D ' U N CATHOLIQUE A DES CATHOLIQUES\n1. — Déclaration de l'auteur. — 2. L'Éducation auxiliaire de l'anarchie. — 3. L'impuissance des meilleurs. — 4. Preuve histo­\n      rique. — 5. Attitude vis-à-vis du progrès. — Conservatisme. — 7. Le recrutement socialiste. — 8. Esclaves et Révoltés.\n      — 9. Ce n'est pas la faute du catholicisme. — 10. Division de cette étude: Education physique ; Éducation morale;\n      Éducation intellectuelle. — 11. Trois laits : Force et inertie des catholiques ; les Défenseurs de l'Église pris hors de\n      l'Église; l'Intoxication éducatrice.\n\n   Cette préface a été publiée isolément en une plaquette. Prix : 1 franc. Bureaux de la Revue.\n"}, {"page_pdf": 298, "texte": "                                 DURENDAL                                 25l\n\nsentimentales ne m'ont point arrêté. L'être physique s'éveille le pre­\nmier, je n'ai donc fait, en adoptant le présent ordre, que suivre la\nnature et la physiologie. D'ailleurs, je serais désolé d'avoir perdu\nl'occasion d'un scandale utile, en ne prenant pas résolument, par\nmanière de réaction, le parti de l'Éducation physique, vis-à-vis de\npédagogues arriérés qui s'imaginent être en règle avec les principes\nde l'Éducation rationnelle pour avoir inscrit, dans les prospectus de\nleurs établissements, cette phrase digne du vaudeville : « L a nourriture\nest abondante, saine et variée. »\n   C'est, en effet, en cet article un et unique que se condense, dans la\nplupart de nos maisons d'éducation, tant masculines que féminines,\nle programme d'Éducation physique. C'est trop peu, on en conviendra.\n\n\n   2. — Ce grave m a n q u e m e n t aux lois de l'équilibre humain s'aggrave,\nen plus, d'une bien rare inconséquence. Ces pauvres éducateurs, qui\ntiennent en un tel dédain une bonne moitié du soin de l'homme, ont\nleurs heures de philosophie, voire même de théologie, qu'ils utilisent,\nparaît-il, en des contemplations aussi vastes que profondes sur notre\nnature. De ces loisirs sublimes ils nous ont rapporté des pensées,\nlentement cristallisées et désormais conservées en ces phrases lapi­\ndaires : l'homme est une intelligence servie par des organes, — mens\nsana in corpore sano, etc. Malheureusement, en vertu d'un phénomène\nqui nous attriste plutôt qu'il nous étonne, autant la théorie est juste\net irréfutable, autant la pratique est folle et contradictoire. Il semble\nque ces belles définitions sont de simples jeux de mots philosophiques\nbons tout au plus à servir de sujets à amplifications scolaires ou de\nthèmes à des discours de distributions de prix.\n   Vous affirmez que l'homme est une intelligence servie par des\norganes. Je n'y contredis pas. Mais pourquoi vous préoccuper de l'in­\ntelligence à l'exclusion des organes ? Pourquoi vous soucier du maître\net jamais, ou presque jamais, des serviteurs? Vous vous piquez de\nformer une belle intelligence, certes ; mais à supposer que vous réus­\nsissiez, si vous n'avez pas pris soin de constituer le corps bon serviteur\n"}, {"page_pdf": 299, "texte": "252                                     DURENDAL\n\n\nde cette intelligence, vous n'avez tenté qu'une demi-éducation, ce qui\nrevient à dire que vous n'avez pas été éducateurs du tout.\n   « Une grave erreur de notre action catholique, écrit M. Naudet, a\nété trop souvent de nous préoccuper tellement de sauver des âmes que\nnous nous exposions à oublier tout le reste, et, notamment, à oublier\nles corps, ce qui, remarquons-le en passant, nous a fait parfois atteindre\nun but diamétralement opposé à celui que nous poursuivons. Laissant\ntrop en oubli cette vérité naturelle que l'homme, n'étant pas un pur\nesprit, doit s'inquiéter de la partie matérielle de son être et veiller à\nce que cette partie matérielle ne devienne pas l'ennemie de l'autre,\nnous n'avons pas su prévoir les inconvénients qui, pour la personne,\ndevaient résulter de ce conflit (1). »\n   Quand j'ai inscrit, en tête de la préface mise à cette étude, ces\nmots : Vous venez en aide à l'anarchie, ce n'était point une phrase en\nl'air, mais des paroles de juste reproche. L'anarchie ! Vous vous\nétonnez de la voir partout dans la société ; eh ! il y a longtemps que\nles éducateurs s'évertuent à l'installer au cœur même de l'individualité.\nSoyez bien convaincus de ceci : le désordre dans la société a dû, fata­\nlement, être précédé du désordre dans l'homme, car l'anarchie sociale\nn'est, en somme, que la résultante d'une infinité de petites anarchies\nindividuelles. Nous devons ce beau résultat à l'éducation! Mais trêve\nde plaintes et de sarcasmes. Tournons-nous plutôt du côté de l'idéal\net de l'espérance.\n\n   3. — Ce que l'éducation doit s'efforcer de réaliser, ce que je lui\nimpute à crime social d'avoir contrarié, c'est l'harmonie dans l'homme.\n   Quand la famille, déléguant ses pouvoirs à l'éducateur, lui confie\nson enfant, petit être qui commence, chaos de tant de choses emmêlées\net diverses, elle entend qu'on aide cette créature nouvelle à développer\net à coordonner ses forces, forces morales, intellectuelles, physiques,\nselon la loi d'harmonie, hiérarchiquement, en vue d'un idéal de vertu,\nde bonté, de beauté; — et l'éducateur, qui s'est senti assez fort pour\n\n  (1) Extrait du journal Le Monde, 14 novembre 1895.\n"}, {"page_pdf": 300, "texte": "                                            DURENDAL                                               253\n\naccepter cette mission sublime, doit pouvoir se rendre à soi-même et\nrendre à la famille, à la société, ce nécessaire témoignage qu'il a aidé\nun h o m m e à se faire, qu'il a mené un enfant de l'enfance vers la vie\n(e-ducere), que, grâce à lui, le monde compte en plus une créature\nharmonieuse.\n  L'éducation est la suprême fonction sociale, elle entraîne une\nformidable responsabilité. N e nous étonnons donc pas, nous autres\ncatholiques, si nos livres saints contiennent, en face d'une présumable\nmalédiction inexprimée, une magnifique promesse de récompense.\n  Ce ne sera pas descendre autant qu'on pense de ces hauteurs, de\nparler éducation physique. L e s forces physiques sont un des éléments\nde cette harmonie h u m a i n e dont nous parlions tout à l'heure.\n   Les vices de l'esprit retentissent sur le corps; les passions désor­\ndonnées m a r q u e n t la chair de leur sceau fatal. Il n'est donc pas témé­\nraire de s'imaginer, en vertu de l'ordinaire loi de réaction, que le\ncorps à son tour agit de quelque manière sur l'âme. Nous ne pensons\npas être excessif en disant que les organes, réputés serviteurs de l'in­\ntelligence, et contrariés dans l'observance de leurs propres lois phy­\nsiques, rompent violemment l'harmonie désirable entre la matière et\nl'esprit et que leur rébellion retentit sur l'âme, fatalement. E t ne\nsait-on pas d'expérience que le corps, selon sa faiblesse ou son omni­\npotence, se refuse à servir l'âme ou la traite en esclave!\n   Enfin, pourquoi, s'il vous plaît, les éducateurs dédaigneraient-ils,\ncomme indignes d'eux, le soin d'éduquer le corps? L e premier livre\nd'éducation, — je veux dire la Bible, — est tout préoccupé du souci\nphysique; Moïse l'inspiré, le sage parmi les sages, a tracé tant et de\nsi minutieux (1), et de si admirables préceptes d'éducation corporelle\n\n\n   (1) Afin de donner un exemple de cette minutie nous citerons, en latin et en français, ces deux\nversets du Deutéronome :\n    12. Habebis locum extra castra, ad quem egrediaris ad requisita natura?, — Tu auras un lieu hors\ndu camp, où tu iras pour les besoins de la nature.\n    13. Gerens paxillum in balteo. Clinique sederis, fodies per circuitum, et egestâ humo operies. —\nPortant un pieu à la ceinture. Et lorsque tu voudras t'asseoir, tu feras un trou en rond, et tu couvriras\nde terre ce qui est sorti de toi. (DEUTÉ, chap. XXIII. Traduction Glaire.)\n"}, {"page_pdf": 301, "texte": "254                             DURENDAL\n\n\nqu'on a pu écrire une hygiène selon la Bible. Il serait beau, vraiment,\naprès une telle leçon, de voir les pédagogues hausser les épaules ou\nfaire la moue devant nos légitimes revendications.\n\n   4. — L'éducation physique compte deux systèmes scolaires adverses\net tous deux éloignés, à la façon des antipodes, de cette normale\néducative : l'être harmonieux. Ce sont, pour les désigner d'un terme\npeut-être inattendu, mais qui rend assez exactement ma pensée :\n   L'Ascétisme et l'Athlétisme.\n   De ces deux hérésies éducatives, la première : l'Ascétisme, pêche par\ndéfaut; elle tient un compte insuffisant de la place importante et\nlégitime occupée par le corps dans le composé humain ; la seconde :\nl'Athlétisme, au contraire, donne dans l'excès opposé, elle sacrifie\nl'âme aux intérêts du corps.\n  J'ai à peine besoin d'ajouter, par manière de remarque préliminaire,\nqu'en notre pays, et malgré certaines craintes ridicules, on pêche\nbeaucoup plus par défaut que par excès.\n    Parlons d'abord de lAscétisme. Il est bien entendu, je pense, qu'en\nme servant de ce mot dans la présente étude, j'entends le détourner\nt o u t à fait de l'acception qu'il prend d'ordinaire dans certaine littéra­\nture de piété. C'est plutôt un pseudo-ascétisme et je dirais bien une\nsorte de jansénisme éducatif. On me comprendra mieux par ce qui\nva suivre.\n  L'ascétisme sévit principalement dans les établissements d'éducation\nféminine. Il infeste les pensionnats de demoiselles et opère ses ravages\nsous les regards attendris de nos bonnes sœurs de tout ordre.\n   J e scandaliserais fort ces saintes, mais très ignorantes éducatrices,\nsi je paraphrasais devant elles la phrase de Spencer mise en épigraphe\nde ce chapitre : « L a première condition pour, réussir en ce monde\nc'est d'être un bon animal : et la première condition de la prospérité\nnationale est que la nation soit composée de bons animaux. »\n  On se fait un autre idéal, dans les pensionnats!\n  H e r b e r t Spencer a m a r q u é très nettement ce point, il y a quelque\n"}, {"page_pdf": 302, "texte": "                                              DURENDAL                                              255\n\ntrente-cinq ou trente-six ans (avril 1859) et sa constatation est toujours\nd'actualité :\n    \" Nous soupçonnons vaguement, disait en ce temps Spencer, q u e\nles personnes chargées dfe l'éducation du sexe plus doux sont sous\nl'empire de cette idée, qu'il n'est point désirable de produire chez les\nfilles un robuste développement p h y s i q u e ; qu'une rude santé et u n e\ngrande vigueur sont des qualités plébéiennes ; qu'une certaine délica­\ntesse, une force calculée sur des promenades d'un mille ou deux;\nqu'un petit appétit délicat et facilement satisfait, joints à cette timidité\nqui accompagne la faiblesse, sont jugés choses plus convenables à des\nfemmes du monde (1). »\n    « Nous ne nous attendons pas à ce qu'on en fasse l'aveu, concluait\nmalicieusement l'observateur anglais ; mais nous nous imaginons que\nl'esprit de l'éducatrice est hanté par un idéal de demoiselle fort\nressemblant avec celui-là (2). »\n    E h non, nous n'avons pas besoin de cet aveu. Nous irons plus loin\nque Spencer; nous ajouterons ce détail issu d'une observation puisée\ndans notre milieu catholique. Nos éducatrices religieuses nous ont\ntoujours paru s'efforcer de diminuer autant que possible les droits du\ncorps au profit des droits de l'âme. Elles oublient, h é l a s ! q u e chacun\nd'eux a les siens et que l'ordre ne réside point en dehors d'un juste et\nnécessaire équilibre.\n    Du reste nous demandons, selon le conseil de l'Ecriture, qu'on juge\nl'arbre par ses fruits, qu'on examine le résultat de semblable idéal\nd'éducation physique.\n    Dans notre préface, d'apparence violente, parlant des pensionnats,\nà ce point d e vue matériel nous avons prononcé le mot de bagne\nphysique, voire même d'enfer. Qu'on veuille bien étudier avec nous\nl'éducation physique des pensionnats, en ce qui concerne p a r exemple\nla toilette, les études, les repas, la récréation, et jusqu'au sommeil (3)\n   (1) (2) SPENCER. L'Education,   p . 289.\n   (3) Nous devons à la vérité de déclarer que quelques grands pensionnats de ce pays, que nous ne\nnommerons pas pour ne pas leur faire de la réclame, ne méritent pas ces anathèmes. Mais c'est l'infime\nexception. Les pensionnats de 2e et 3 e rangs, ceux de la moyenne et petite bourgeoisie sont tout simple­\nment déplorables. Nous avons fait une enquête et nous pourrions citer des faits, mais à quoi bon. Ce\nserait d'ailleurs hors de saison dans cette étude générale.\n"}, {"page_pdf": 303, "texte": "256                                          DURENDAL\n\n\net l'on verra que, sous couleur de modestie, d'obéissance, de bonne\ntenue, de haute convenance, que sais-je encore, l'éducatrice impose à\nla jeune fille un révoltant système de torture corporelle.\n   Que nos lectrices, désireuses de preuves immédiates, interrogent\nles maîtresses de pension de leurs filles, ou qu'elles-mêmes se rap­\npellent leurs souvenirs de pensionnaires, et elles seront édifiées sur\ncertains points d'éducation physique auxquels je ne peux faire, en\nlangue française, que de discrètes et très lointaines allusions. Michelet\na écrit, sur mille ans de moyen âge, ces trois mots auxquels il prêtait\nl'âpreté du fer rouge : Pas un bain! L e mot de Michelet n'était qu'un\nmensonge historique (1). Mais serais-je bien éloigné de la vérité si\nj'appliquais le mot de Michelet à nos pensionnats modernes, où l'on\nme semble vivre dans une crainte de l'eau absolument outrageante\npour la Bible? E t qu'adviendrait-il, s'il vous plaît, si nos Révérendes\nSœurs, accoutumées à lire leur office en une langue dont elles ignorent\njusqu'au premier mot, allaient se mettre tout à coup à entendre le\nlatin et à comprendre par exemple la signification de certains cha­\npitres de nos livres saints (2) ? Ce serait, il faut l'espérer, une sainte\nrévolution (3). Nous n'en sommes pas là.\n   E n ce moment je d e m a n d e , — et ma qualité de médecin me donne\nbien ce droit, je pense — je demande quel sort est fait, dans nos\ninnombrables pensionnats, si justement jaloux de la chasteté des\nâmes, à la propreté, cette intégrité corporelle, j'oserai dire : cette\nchasteté des corps? Que devient-elle? Dites? Nos éducatrices ne se\ndoutent pas des affinités mystérieuses et cependant indéniables qui\ns'établissent entre la vertu de l'âme et la vertu du corps. Peut-être ne\nfaut-il pas leur en vouloir autant qu'il serait juste : elles ne savent\npas. E t où auraient-elles puisé ces notions. J'estime d'ailleurs que\n\n    (1) Le docteur Ed. Dupouy a réfuté cette erreur dans son curieux livre : Le Moyen Age médical.\nParis, Société d'éditions scientifiques, 1895. Jamais le bain n'a été autant en faveur que pendant le\nmoyen âge.\n    (2) Lévitique. Chap. XV. Versets 19 et suivants.\n    (3) Dans certains pensionnats, le dédain de la propreté est poussé jusqu'à une sorte de haine. Il faut\nvoir dans cette haine un reste d'esprit janséniste demeuré indéracinable, encore aujourd'hui, dans\ncertaines communautés religieuses.\n"}, {"page_pdf": 304, "texte": "                                  DURENDAL                                  257\n\nc'est à nous, médecins, c'est-à-dire confesseurs du corps, de protester\nvigoureusement et faire le possible et l'impossible pour sortir l'éduca­\ntion physique des jeunes filles de cet abominable cercle vicieux où les\nconfine l'ignorance de leurs éducatrices. Il me paraît urgent que le\nmédecin s'introduise dans les pensionnats religieux et que, tout à côté\ndu prêtre, docteur ès sciences des âmes, qui enseigne et prêche la\nmorale, le docteur ès sciences corporelles donne aux maîtresses et\naux élèves de sérieuses et pratiques leçons d'hygiène. L'harmonie\nhumaine réclame les bons offices de l'un et de l'autre.\n   L'Ascétisme, dont nous venons de noter brièvement et d'une façon\ngénérale les ravages chez les jeunes filles, n'épargne guère les jeunes\ngens. P o u r t a n t , je dois le dire en toute vérité, l'ascétisme revêt, dans\nnos collèges, des formes un peu différentes, un peu adoucies même.\nJ'ai dit plus haut que nos éducateurs d'hommes ne répugnaient pas,\nen théorie, à une certaine éducation physique. A cette différence, à\ncet adoucissement près, nous pourrions répéter ici les mêmes critiques\ngénérales. N'insistons pas, nous y reviendrons du reste plus à loisir\nen un autre endroit.\n\n   5. — Il nous reste à signaler le second ennemi de l'éducation\nharmonique : l'Athlétisme. On pense bien, après tout ce que nous\nvenons de dire de l'Ascétisme, que l'éducation physique n'a pas beau­\ncoup à craindre de ce nouvel ennemi. Que par suite d'une réaction\nviolente, comme sont fatalement toutes les réactions, les éducateurs\nactuels tombent de l'Ascétisme dans l'Athlétisme, la chose ne nous\nétonnerait pas. Nous en savons des exemples chez nos voisins de\nFrance. Mais n'ayons crainte. Si donc nous mentionnons ici l'Athlé­\ntisme, c'est plutôt pour répondre à une objection que font, aux parti­\nsans de l'éducation physique rationnelle, quelques pédagogues rétro­\ngrades en brouille éternelle avec le progrès.\n   On nous reproche de vouloir faire de nos jeunes gens, voire même\nde nos jeunes filles, des athlètes ! L a réponse la plus adéquate à pareil\nreproche se rencontrerait dans un haussement d'épaules. Nous ne\n"}, {"page_pdf": 305, "texte": "258                                        DURENDAL\n\n\nvoulons en aucune manière de l'athlétisme. Annihiler l'âme au profit\ndu corps nous paraît tout aussi monstrueux qu'annihiler le corps au\nprofit de l'âme. Les athlètes, tels que la Grèce et Rome les réalisent,\nne répondent pas du tout au t y p e que nous rêvons. P o u r peu qu'on\nait consulté, à ce propos, les monuments artistiques : la statue\nd'athlète en bronze du musée des T h e r m e s , la mosaïque de Caracalla\ndu musée de L u t r a n , ou les documents littéraires de l'époque romaine,\nPerse, Pétrone, on demeure convaincu que les athlètes ne peuvent\nêtre notre idéal, ni au physique, ni au moral. Ce n'étaient certes pas\ndes hommes harmonieux! Bref, nous repoussons toute gymnastique\nathlétique. Galien disait déjà, il y a seize siècles : Gymnastica ad\nsanitatem periculosa est. L a gymnastique est périlleuse pour la santé.\n  C'est assez dire que nous, ne tiendrons pas les éducateurs pour\nquitte envers la physiologie parce qu'ils nous auront concédé une\nheure d'un certain exercice appelé gymnastique.\n   Cette apparente concession est un leurre, ou, comme dit fort spiri­\ntuellement Léopardi : U n e perfidie de la vieillesse à l'encontre de la\njeunesse (1). Ce n'est pas de l'éducation physique cela, c'est une heure\nde surmenage en plus. Nous ne sommes pas seul de notre avis.\n   « L'heure de gymnastique, écrit Léo Burgerstein, dans son livre\nsur l'hygiène scolaire, est la plus fastidieuse des heures de l'école.\nL'exercice pratiqué dans ces conditions n'est ni un délassement ni un\nexercice corporel, c'est une heure d'école perdue en grande partie, et\nla moins intéressante (2). »\n  Spencer la qualifie de système d'exercice factice. L e docteur Jules\nRochard est plus dur encore, il dit : « Ce n'est qu'une leçon ajoutée à\ntant d'autres, qu'une fatigue, qu'un ennui d'une autre espèce, et voilà\ntout (3). »\n   « L a gymnastique, conclut Mosso, a causé un grave préjudice à\nl'éducation physique en faisant disparaître tous les jeux où l'on court\n\n  (1) Mosso. L'Education   physique.\n  (2) L. BURGERSTEIN. Die Geswidheitspflege in der Miltelschule.   Vienne 1887.\n  (3) JULES ROCHARD. L'Education de nos fils. Paris 1890.\n"}, {"page_pdf": 306, "texte": "                                 DURENDAL                             259\n\net qui requièrent la hardiesse, la dextérité et un mouvement naturel\nrapide.\n   » Les marches au soleil, le patinage, les bains, la natation, la\ncourse et tout ce qui a pour effet de nous fatiguer et de consumer\nlentement notre organisme, de le reconstituer dans des conditions\natmosphériques plus favorables, dans un milieu qui stimule l'activité\nde la vie : telles sont les bases de la vraie et bonne gymnastique (1). »\n   Ceci dit, nous espérons que ces bons pédagogues voudront bien ne\npas nous accuser de travailler pour le compte de l'athlétisme; — en\nrevanche nous leur déclarons sans détour que leur fameuse « heure\nde gymnastique » ne signifie absolument rien en regard de l'éducation\nphysique.\n                                                       A.\n\n   Il nous reste maintenant, sachant notre idéal — l'Etre harmonieux —\net l'opposition que cet idéal rencontre — et de la part de l'Ascétisme\net de la part de l'Athlétisme — il nous reste, dis-je, à exposer, à\ncôté des vices du système actuel, des réformes possibles et immédiatement\nréalisables.\n                                                     POL DEMADE,\n                                                   Docteur en médecine.\n       (A suivre.)\n\n\n\n\n   (1) Mosso. Pages 21 et 121.\n"}, {"page_pdf": 307, "texte": "260                              DURENDAL\n\n\n\n\n        LA POÉSIE HONGROISE\n                (SUITE. — Voir notre précédent numéro, page 229.)\n\n\n\nPOUR    former contraste à ce chant superbe : A la noblesse soulevée,\n   donnons aujourd'hui deux morceaux du genre simple et épigram-\nmatique, que nous emprunterons au poète A. Greguss, célèbre aussi\ncomme esthète ( I 8 I 5 - I 8 8 2 ) .\n\n                           LE PAPILLON\n\n            Devant un château, une touffe épaisse de fleurs\n            Flottait dans les ondes lumineuses, gonflées de miel;\n            Un papillon les suçait avec jouissance\n            Et se balançait sur les pétales empourprées.\n            Tout à coup s'élevant, il dit plein de superbe :\n            « Je suis vraiment un être merveilleux, moi !\n            Que je sais ainsi, sans entrave, élever mon gîte,\n            Vraiment je suis l'ornement du jardin. »\n            Le jour déclinait, les lampes s'allumèrent au castel.\n            Le papillon amoureux de la flamme s'en approcha hardiment;\n            Comme sur les fleurs, il se précipite dans le feu.\n            Brûlé il tombe sous la lampe, le pauvret!\n            « O fin terrible! » soupire le malheureux livré à la mort;\n            « Pourquoi la fortune m'est-elle donc une telle marâtre ? »\n            Si tes projets réussissent, tu vantes ton intelligence\n            S'ils ont une fatale issue, c'est le destin que tu accuses.\n\n                                LE     SAVANT\n\n\n            Je demandais un jour à un savant illustre\n            Comment est la face de la lune opposée à la terre?\n            — Noble dame! je n'en sais rien (fut sa réponse).\n"}, {"page_pdf": 308, "texte": "                             DURENDAL                                    261\n\n          — Dans l'espace céleste qu'elle parcourt, derrière elle\n         Des millions d'étoiles fourmillent,\n         Demeures semblables à nos régions ;\n         Y a-t-il là des êtres humains?\n         — Je ne puis les sonder et répondre.\n         — Soit! mais quand avec le corps qui l'enveloppe,\n          Nous disparaissons dans le sein de la tombe,\n          Notre âme reste libre, n'est-ce pas?\n          Et va d'étoile en étoile\n          Comprenant parfaitement toute chose,\n          Jusqu'au dernier molécule de l'immensité?\n          — Hélas! je ne puis rien répondre à cette question.\n          — Mais, du moins dites-moi, dans l'œuvre du Créateur\n          Quel est le monde supérieur à tous par sa beauté?\n          N'y a-t-il que ce que je vois de mes yeux?\n          — Ma douleur est qu'il n'y a rien de certain à ce sujet.\n         .— Plaisantez-vous, Seigneur? Cependant la renommée\n          Rend hommage à votre génie, et de vos écrits\n          Elle admire l'extérieur comme une œuvre de haute sagesse.\n          A quoi donc sert la science?\n          — A ce que je puisse vous dire ceci :\n                         J E NE SAIS PAS.\n\n\nLe même auteur nous fournira le modèle suivant du genre gracieux :\n\n                     L E S DEUX         MÈRES\n\n          O ma mère ! pour moi tu t'es sacrifiée ;\n          Avec joie, en ton sein, tu as souffert tant de douleurs\n          Et les larmes de la reconnaissance avec lesquelles tu bénissais Dieu\n          Quand tu devenais mère — ô bonheur ! ma mère à moi ! —\n          Eteignaient à l'instant la flamme brûlante de tes chagrins,\n          Tu parsemais de tes baisers les lèvres de ton fils.\n          Aussi longtemps que ton enfant grandissait,\n          Combien ton cœur n'a-t-il pas souffert pour moi!\n          Que de fois tu restas veillant sur le petit berceau,\n          Tandis qu'une maladie frappait le frêle enfant!\n"}, {"page_pdf": 309, "texte": "262                                       DURENDAL\n\n                 Jusqu'à ce que l'espérance commençât à renaître,\n                 Comme tu comptais les minutes de ma vie!\n                 Avec quelle fièvre le sentiment agitait ton cœur!\n                 Hors de toi, tendrement anxieuse,\n                 Avec quel transport d'amour tu te jetais sur ton enfant!\n                 Ma mère, ton fils a crû, il est grand,\n                 Mais il n'a pas oublié ton amour si tendre,\n                 Il n'a pas oublié les nuits privées de sommeil;\n                 Il aspire à combler tes hautes espérances.\n\n                 En moi tu nourris l'amour de la patrie\n                 Pour que je la chérisse comme une seconde mère.\n                 Tu sus amoindrir en moi la possession du cœur maternel,\n                 Pour que je le cédasse tout entier à mon pays.\n                 Fidèlement tu m'appris que jusqu'à ce qu'elles faiblissent\n                 Je devais consacrer mes forces au bien de la patrie.\n                 Tu croyais atteindre ainsi pour toi la félicité suprême,\n                 Si tu pouvais donner à ton fils un nom glorieux.\n                 La gloire ne répandit point sur moi ses rayons,\n                 Mais c'est une gloire pour moi d'être ton fils.\n                 Oh! alors j'aurai conquis le suprême bonheur\n                 Quand, pour toi, je pourrai illustrer le nom de la Hongrie.\n\n   Je finirai, cette fois, par une chanson à boire. Je la choisis à dessein\nparce qu'elle me permettra une comparaison avec un modèle vanté de\nl'antiquité classique.\n   Parmi les petites odes d'Anacréon, il en est une qui est conçue en\nces termes (1) :\n\n                                La terre noire boit.\n                                Mais la mer boit la terre ;\n                                Le soleil boit la mer\n                                Et la lune, le soleil.\n                                Pourquoi me gourmandez-vous, camarades,\n                                Parce que, moi aussi, je veux boire?\n\n\n (1) Je traduis le texte de mémoire, mais je pense que mes souvenirs sont fidèles.\n"}, {"page_pdf": 310, "texte": "                                           DURENDAL                                              263\n\n  Le chantre populaire hongrois (1) s'exprime de la façon suivante :\n\n                                J'aime le vin nouveau;\n                                Mais j'aime aussi le vieux.\n                                Pourquoi pas? Il les aimait certes\n                                Mon grand père, tout comme moi.\n                                Nombreuses sont ici les preuves\n                                Que la pomme ne tomba\n                                Jamais, en aucun lieu,\n                                Loin de son pommier.\n                                Il chérissait, mon bon père,\n                                Tout ce qu'aimait mon aïeul ;\n                                Le vin surtout; aussi moi de même,\n                                Je sais boire vaillamment.\n\n   Voilà les pièces du procès, et n'en déplaise aux adorateurs de\nl'antiquité, la chanson hongroise me paraît plus naturelle en ses\npensées, de meilleur goût, d'un style plus vif, plus imagé, en un mot,\nsupérieure sous tous les rapports. L'une est le langage apologisant\nd'un vieux buveur attablé; l'autre est la parole vibrante du jeune\nhomme qui, le verre levé, nargue ses critiques.\n                                                              Mgr    C. DE HARLEZ,\n                                                     Professeur à l'Université catholique de   Louvain.\n\n\n\n\n (1) Ou plutôt Szekely.   Les Szekelys sont les montagnards hongrois de l'Est.\n"}, {"page_pdf": 311, "texte": "264                                  DURENDAL\n\n\n\n\n                 MIROIR D'ART ET DE LITTÉRATURE\n\n      Quelques propos des Douze Pairs autour de la Table ronde.\n\n\nM      ODERNISME RELIGIEUX. Sous ce titre, M. Edgar Baes a publié, dans la Fédéra-\n       tion artistique, une réponse très courtoise et très intéressante à l'article de\nnotre dévoué collaborateur l'abbé Henry Moeller sur l'Art religieux.\n\n                                        *       *\n\nP     LUS une parole ressemble à une pensée, une pensée à une âme, une âme à\n       Dieu, plus tout cela est beau.                           JOUBERT.\n                                            *\n                                        *       *\n\n\nM      ONSIEUR\n       termes :\n                 Jean Delville nous annonce la création d'un Salon idéaliste, en ces\n\n   « Les Salons d'Art idéaliste ont pour but de provoquer en Belgique une Renais­\nsance esthétique. Ils rassemblent, en un groupement annuel, tous les éléments\népars d'idéalisme artistique, c'est-à-dire les œuvres de même tendance vers la\nBeauté. Voulant par là réagir contre la décadence, contre la confusion des écoles\ndites réalistes, impressionnistes ou libristes, formes dégénérescentes de l'Art, les\nSalons d'Art idéaliste arborent comme principes éternels de la perfection dans\nl'œuvre : la Pensée, le Style, la Technie.\n   » Ils ne reconnaissent de libre, en esthétique, que la personnalité créatrice de\nl'artiste et affirment, au nom de l'harmonie, que nulle œuvre n'est susceptible d'art\nvéritable que si elle se compose des trois termes absolus, à savoir : la Beauté spiri­\ntuelle, la Beauté plastique, la Beauté technique.\n   » Analogues, si pas identiques, aux Salons de la Rose Croix créés à Paris par le\nSar Joséphin Péladan et au Mouvement Préraphaélite de Londres, les Salons d'Art\nidéaliste prétendent vouloir continuer, à travers les évolutions modernes, la grande\ntradition de l'Art idéaliste, depuis les Maîtres anciens jusqu'aux Maîtres contem­\nporains. »\n   Nos meilleurs, souhaits de succès à M. Jean Delville dont nous estimons beaucoup\nle fier talent.\n"}, {"page_pdf": 312, "texte": "                SUPPLÉMENT AU NUMÉRO DE JANVIER 1896\n\n\n\n\n                                  ANNÉE         1895     .\n\n\n                  TABLE DES MATIÈRES\n                                                                                  PAGES\n\nANONYME.           Chrysanthèmes                                                    247\nÀNSEL, F R A N Z . Rondel                         florianesque                      106\nBERNAERT, EDOUARD. L'Ombre du cercueil                                              125\n                   Adam . . . .                                                     128\n                   Summa Dies                                                       175\n                   Le Cheval . .                                                    209\n                   Mon Aristarque                                                   224\n                   Nocturne                                                         228\nBORDEAUX, HENRY. Le Sonneur de cloches                                              116\nBRAUN, THOMAS. Les Mois                                                  . 53,96,125\nCARTON DE W I A R T , H E N R Y . Les Inondations                                     55\n                   Le Sens du pays (fin de chevalerie)                              185\nD'ANGELIER, GEORGES. En Béotie                                                      152\nDE HARLEZ (Monseigneur). La Poésie hongroise                                   229, 260\nDEMADE, P O L .    Une Femme de t ê t e . . . .                                        2\n                   Léon Bloy, le misérable . .                                        55\n                   En Route. J.-K. Huysmans                                           69\n                   Faut-il louer le mérite littéraire des écrivains mauvais ? . . 106\n                   L'Inversion sentimentale.                                        137\n                   De l'Éducation à l'anarchie. . . .                               161\n                   Coucher de soleil sur la mer                                     205\n                   L'Invité . . . .                                                 225\n                   Eugène Gilbert                                                   240\n                   L'Éducation physique                                             250\nDUPÉQUEUX, ARCHANGE. Petits mémoires politiques                                       61\nDurendal.          A nos lecteurs. . \"                                                 1\n GRUEL (l'abbé L.) La Musique des Hébreux                                            154\nHARDY, ADOLPHE. Retraite.                                                           116\n"}]}