{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE PARAISSANT LE 1er", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE Invitation à la", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 476, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 246, "texte": "LA\n\n\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n             PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS\n\n\n\n\n2me Année                     N° 2 4 — Ier Volume                   15 Novembre 1882\n\n\n\n                                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE Invitation à la Gavotte .", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Le Numéro : 25", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 476, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 246, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "SOMMAIRE\n    Invitation à la Gavotte   .   .                         ALBERT GIRAUD.\n    Deuil                                                   CHARLES FUSTER.\n\n    La Paresse                                              IWAN G I L K I N .\n\n    NOUVELLES DE L A G R A N D ' R O U T E ; Le Saltimbanque MARIUS R É T Y .\n\n    CHRONIQUE LITTÉRAIRE : Barbey         d'Aurevilly   .   GUSTAVE A N D E L .\n\n\n                                  TABLE DES MATIÈRES.\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Le Numéro : 25 cent. —", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 476, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "Le Numéro : 25 cent. — Étranger : 30 cent.\n     Se trouve chez les principaux libraires et marchands de journaux de la Belgique\n                                      et de l'Etranger\n Les annonces sont reçues exclusivement à la Compagnie de Publicité et d'Émission,\n                        Rue du Fossé-aux-Loups, 32, Bruxelles\n\n\n\n\n                                      BUREAUX\n\n                  LIEGE                                              G AND\n 46, Rue de l'Université, 46                         65, Rue des Champs, 65\n                             BRUXELLES\n                       81, Rue de la Madeleine, 81\n                                            1882\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Changement de direction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "2ME ANNEE DE LA JEUNE BELGIQUE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 477, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 622, "texte": "2ME ANNEE DE LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n\n                Changement de Direction\n  M. Albert Grésil informe les\nlecteurs de la « Jeune Belgique »\nqu'il abandonne complétement\nla direction de cette publication,\ndont il a cédé la propriété à M***.\n MM. Charles Mettante, secré-\ntaire de la rédaction, et Francis\nMarcel, rédacteur-gérant, nous\nprient également d'annoncer leur\nretraite.\n L'ancienne Drection souhaite\nplein succès à la nouvelle.\n  Par suite de ces changements,\n« l'Almanach de la Jeune Belgi-\nque » ne paraîtra pas cette année.\n\n  Ce numéro contient en supplément le titre du I er volume qui finit\naujourd'hui.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 369, "page_fin": 372, "titre_corps": "Invitation à la Gavotte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "INVITATION A LA GAVOTTE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "DEUIL", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 478, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 106, "fin_caractere_exclue": 2721, "texte": "INVITATION A LA GAVOTTE\n                                  Nous leur ferions danser une telle gavotte,\n                                  Avec des violons si bien faits tout exprès,\n                                  Qu'ils en seraient encore pâles dix ans après.\n                                                              VICTOR HUGO.\n\n\n\n   Le nombre de caniches à queue coupée devient effrayant. On en\nvoit partout de ces chiens piteux, dont le petit pompon de derrière,\nacadémiquement amputé, ne sait plus jouer télégraphe. Le dernier\nbichon diminué que je vis, maigre, les poils rêches, boueux, traînaillait\ncomme un triste-à-pattes, et de sa blessure mal guérie, des goutte-\nlettes de sang une à une tombaient, dessinant sur la blancheur du\npavé un chapelet rouge... Il me navra. Je lui demandai quel était\nson bourreau, son Alcibiade. E t la bestiole répondit : C'est Mos-\nsieu Ferdinand Loise.\n   — ????\n   Vpus ne connaissez pas Mossieu Loise ? Ce n'est pas sa faute,\noh ! non ! Il a fait tout ce qu'il faut pour être connu, et peut-être\ntrop. Il arrive un moment où cette vieille quinteuse de Renommée,\nfurieuse d'avoir toujours à la bouche le même nom, le ravale. C'est\nce qui arrive à Mossieu Loise.\n    De son état, il est professeur à Mons, au collège, à l'athénée, je\n ne sais lequel. E t il continue son cours dans les journaux où il s'intro-\n duit. Il envoie de longs articles aux revues, des articles dont on\n coupe les neuf dixièmes, et qui paraissent longs encore. On met, en\n moyenne, deux jours à lire sa carte de visite. Si on l'avait consulté\n sur la meilleure unité métrique, il eût proposé le tœnia. Il a une\n manière de style, incongrue, avec des renvois lamartiniens, qui est\n le type de cette langue officielle, professorale, employant les mots\n les uns pour les autres, insipide, incolore, énervée, inchantante, une\nlangue de distribution des prix. Il a planté sa cuiller dans le potage\n bleu des Méditations et des Harmonies, et agonit ceux qui n'en\n veulent point goûter. Il a écrit une histoire de la littérature alle-\n mande, qui pourtant ne lui avait rien fait. Il s'est disloqué clownes-\n quement en jouant à la savate avec la Chronique. Autour de tous\nles coches il bourdonne, et ce n'est pas une mouche... à miel. C'est\n lui qui va, tout seul, hisser le monument Wiertz sur les rochers de\n Dinant. C'est lui qui, naguère, appelait à grande bouche, l'attention\n du parquet sur les romans naturalistes ; ils relèvent, disait-il, non\npas de la littérature, mais de la police des mœurs. On énumérerait\n   15 Novembre 1882                                                          24\n"}, {"page_pdf": 479, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "370                      LA JEUNE BELGIQUE\n\n\nplus vite ce qu'il n'a pas fait, que ce qu'il a fait. Enfin — de plus en\nplus depuis la mort du poète — il prétend avoir été l'ami de Lamar-\ntine, ami posthume, disent les méchantes langues.\n   Tel est le dossier de Mossieu Loise.\n   Eh ! bien, Mossieu Loise, dont l'écusson littéraire porte, sur fond\nd'azur, des queues de chiens, vient de commettre, dans les colonnes du\n Journal des Beaux-Arts, une nouvelle Alcibiaderie.\n   Il y a un an et demi, notre collaborateur Emile Verhaeren publiait\ndans ce même Journal des Beaux-Arts,         une étude sur les Poésies\ninédites de Lamartine. Sans autorisation de Mossieu Loise,\nVerhaeren ose blâmer un volume de bric-à-brac, nasarder M. de\nLaprade, et constater le délaissement des œuvres lamartiniennes.\n   Aussitôt Mossieu Loise fait un bond vers les régions bleues, reste\nen l'air un an et demi, puis, le 4 novembre 1882, retombe avec un\narticle sur la tête d'Emile Verhaeren, qui doit avoir ri. Oui, après un\nan et demi, Mossieu Loise s'est fâché. Il a proféré des menaces ter-\nribles, et des prudhommismes d'une saveur biblique. Comment,\nEmile Verhaeren n'aime pas Lamartine, — dont Mossieu Loise con-\nserve des... soupirs en bouteilles, — Emile Verhaeren discute Lamar-\ntine ? Vlan ! une lettre à M. Siret. »         Je lis, sous la signature\nd'un de vos jeunes collaborateurs, un article que je ne puis laisser\npasser sans protestation, car c'est une impiété qu'il a commise, et,\nsans qu'il le sache, les moyens employés pour la soutenir ne sont qu'un\néchafaudage de contre-vérités. »\n   Dégustons.\n   Non, Mossieu Loise, vous ne pouviez laisser passer cet article sans\nprotestation. Vous abstenir, impossible. La postérité eût flétri votre\ninaction, la postérité qui s'hypnotise à vous regarder l'ombilic. Non !\ncet article ne pouvait passer!.. E t pourtant, encore un peu, il\npassait!... Car il était loin, — entre nous — quand vous l'avez\nrattrapé, Mossieu Loise ! Avec le mot impiété, commence le biblique.\n Nous avons enfin un petit prophète, qui a dîné avec Ezéchiel, à la\nfortune du pot, c'est le cas de le dire. Et le Seigneur envoya son\nfidèle serviteur Loise à Emile Verhaeren, qui blasphémait le divin\nAlphonse... (Ecclésiaste.)\n   «... Ces jeunes gens, continue Mossieu Loise, sont-ils incroyables !\n Tantôt, c'est à Gœthe, tantôt à Lamartine qu'ils s'en prennent....\n Quand le cœur n'hésite pas devant une impiété envers les grands\nhommes, il est juste que l'esprit soit frappé d'illogisme ! Détrompons\ncette téméraire jeunesse »\n   C'est un extrait du Télémaque, ça ? Erreur. C'est du Mossieu\n"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 371, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2949, "texte": "                         LA J E U N E BELGIQUE                       371\n\n Loise. Ces jeunes gens ! comme il abuse de ses avantages ! Il a\nsoixante ans — depuis soixante autres, — Mossieu Loise ! Il n'a\njamais écrit que des phrases en baudruche, et il est incapable de\nrimer un seul de vos rouges vers — mon cher Verhaeren, — mais il\na soixante ans, lui ! Téméraire jeunesse ! Le talent, c'est une question\nd'état civil ! Ça se conquiert à l'ancienneté, avec les gouttes et les\n rhumatismes. Si Mathusalem avait versifié des cantates, Mossieu\n Loise se serait apoplexiéd'admiration. Soixante ans, lui ! Du moment\n qu'on a, soixante fois, vu pointer la tête verte des asperges, on a du\n talent, voire même du génie ; et on obtient le privilège des brutalités\n de pion et des rogueries degrimaud. Vrai, c'est curieux à observer\n comment ces retraités de la littérature, qui, entre eux, nagent dans\n le sirop de leurs mutuelles complimentades, se font pour les jeunes,\n hérissonnants, méprisants, éteigneurs de flamme et souffleurs de feu !\n L'un d'eux a-t-il le malheur de contrecarrer un Mossieu Loise, vlan !\n Jeunes gens,... incroyables... illogiques.. . impies           menteurs...\n téméraires !... Autrefois, il y avait deux ou trois catharreux et pi-\n tuiteux de cette espèce ; maintenant, ils ont fait souche — ce leur est\n facile, — et les voici nombreux comme les sauterelles d'Egypte.\n Littérairement— si à leur propos on peut employer cet adverbe, —\n ils sont quelque chose. L'un s'endort à l'Académie, sur son fauteuil\n qui fait des discours ; celui-ci cache son indignité derrière la feuille\n de vigne d'un journal ; celui-là se fait arracher des rimes comme on se\n fait arracher des dents : tous sont congestionnés d'orgueil, ballonné\n de vanité. Tous, autour des jeunes qui s'affirment, font la conspiration\n de la grimace. Ils appellent les médiocres et repoussent les forts.\n Ils ont nié Charles De Coster, le cher et naïf grand homme, ils l'ont\n tué en lui inspirant cette idée que son Uylenspiegel ne valait pas.\n Ils ont contesté Lemonnier, le contestent encore ; ils ne se doutent\n ni de Georges Eekhoud, ni de Rodenbach, ni de Hannon. Et lorsque\n un mouvement artistique se prépare, quand une vigoureuse poussée\n se produit, ils s'affolent, donquichottent, matamorent, et toute la\n rancœur des avortements leur remonte aux lèvres, et tout le dic-\n  tionnaire académico-poissard y passe ; les insolences, les âneries de\n  vieux grison, les prudhommismes, les rengaines, les balançoires, tout\n  est bon, tout va, et même les appels à la police et les sournois regards\n  coulés vers le poste. Nous en avons, jusqu'ici, ri : car ils sont gro-\n  tesques. Mais ils sont dangereux aussi. Leur parole humide et froide\n  tombe sur le public comme une pluie qui peu à peu s'infiltre et glace.\n  Ils ont la force de la phrase longtemps serinée, de l'éloge dont ils\n  cosmétiquent leurs têtes, la force que leur donne notre dédain et notre\n"}, {"page_pdf": 481, "page_imprimee": 372, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1056, "texte": " 372                         LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n silence. Assez ! S'ils ne craignent que pour leurs fauteuils, leurs siné-\n cures, pour la ouate officielle dont ils se réchauffent, qu'ils se tran-\n quillisent. Qu'ils enfoncent le mutisme dans leur bouche, comme dans\nle goulot d'une aigre et mauvaise bouteille, le bouchon ! Qu'ils\ngardent les places, qu'ils gardent les primes ! Mais si, encore, leurs\nlèvres rient, leurs yeux se moquent, leurs épaules se haussent, s'ils\nveulent se jeter en travers de l'effort actuel, de la science moderne\nqui évolue, et de l'art moderne qui soleille tout rouge, — oh ! alors\nnous répondrons avec des mots qui se courroucent et s'insurgent, nos\nphrases seront un orchestre de lanières et de cravaches, et nous\ncinglerons, cinglerons, cinglerons, si vite, si fort, et si large, que dans\nune suprême gavotte on les verra danser, danser très haut, et cogner\nenfin de leurs vaines têtes, — les étoiles !\n                                                         ALBERT        GIRAUD.\n\n\n\n                                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 372, "page_fin": 373, "titre_corps": "Deuil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Fuster", "ancre_debut": "DEUIL", "ancre_fin": "CHARLES FUSTER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA PARESSE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 481, "page_imprimee": 372, "debut_caractere": 1056, "fin_caractere_exclue": 2633, "texte": "DEUIL\n            L'enfant est mort. La mère, auprès du berceau vide,\n            Sanglotte sourdement, et le père, livide,\n            Reste là, les yeux secs, car il n'a plus de pleurs.\n            Avril vient de renaître, et sur les prés en fleurs,\n            Sur les taillis profonds où s'ouvrent les pervenches,\n            Un soleil printanier jette ses nappes blanches.\n            L'enfant est mort. Des nids chantent sous les buissons ;\n            Les bois mystérieux sont remplis de frissons,\n            Les coteaux de baisers, les taillis de murmures !\n            Tout vit. L'enfant est mort. A l'ombre des ramures,\n             Les oiseaux éveillés ont repris leurs amours...\n            Dans son petit berceau, l'enfant dort pour toujours.\n            Demain, quand le soleil aura frappé les branches,\n            Pour lui faire son lit on cloûra quatre planches ;\n            Ses yeux seront fermés, ses beaux yeux ingénus;\n            Le froid du lourd cercueil glacera ses pieds nus,\n            La lèvre qu'il aimait baisera ses paupières,\n            Puis tout sera fini. Quand les premières pierres\n           Auront fait un bruit sourd en frappant le bois blanc,\n           Il sera mort, bien mort; et son père, tremblant,\n           Humble, regagnera la maison froide et grise;\n           Et sa mère sans voix, que la tristesse brise,\n           Pleurera pour toujours le cher petit enfant !\n           Les autres l'oublieront.\n\n                               Mon Dieu ! le cœur se fend,\n           Quand ceux qui nous charmaient, notre douce lumière,\n"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 373, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1556, "texte": "                              LA JEUNE BELGIQUE                               373\n\n               Ceux dont nous adorions la gaîté coutumière,\n              Ces petits séraphins, ces anges ingénus\n              Partent pour le pays dont ils étaient venus.\n              Nous les caressions tant ! ils aimaient tant leur père !\n              Pourquoi donc les reprendre ? Ah! cela désespère,\n              Seigneur, lorsque ta voix nous dit : « Rends-moi ton fils. »\n              Ah! nous nous traînerions au pied des crucifix,\n              Nous te donnerions tout, notre coeur et notre âme,\n              Pour échapper du moins à cet acte du drame !\n              Mais non, tu ne veux pas. Tu les prends. Ils s'en vont.\n              Et puis nous sommes seul, et le vide est profond\n              Que laissent après eux tous ces chers petits anges:\n              Et si nous blasphémons, pris de doutes étranges,\n              0 Maître, tu nous dis : « Il vous reste la foi.\n              Vous aimiez ces enfants. Ils sont morts.     Aimez-moi.\n              Ne levez plus vos mains vers le ciel, ma demeure !\n              Pour que je sauve l'homme, il faut que l'ange meure! »\n              0 Dieu, nous ne pouvons, car nous sommes de chair ;\n              Nous aimons à jamais ce qui nous était cher !\n              Puisque, malgré nos pleurs, tu ne peux nous les rendre,\n              Pourquoi les as-tu pris, ô Maître, sans nous prendre ?\n                                                             CHARLES FUSTER\n\n\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 373, "page_fin": 375, "titre_corps": "La Paresse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LA PARESSE", "ancre_fin": "IWAN GlLKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "NOUVELLES DE LA GRAND ROUTE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 482, "page_imprimee": 373, "debut_caractere": 1556, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "LA PARESSE\n   Il n'est pas de préjugé plus bête, plus philistin, plus préhistorique que celui\nqui intitule la paresse un défaut. C'est un prétexte inventé par les\ncerveaux creux ou pleins de bile pour agoniser les doux, les rêveurs, les pen-\nseurs. Paresseux ! la belle injure, en vérité ! Seule arme du marchand de suif\ncontre l'artiste, du photographe contre le peintre, du gratte-papier contre le\npoète, du cocher de fiacre contre le vélocipédiste, du pêcheur de crevettes\ncontre le pêcheur à la ligne, de la fourmi contre ce rossignol de la terre : la\ncigale, de la grossièreté contre l'esprit, des pieds contre la tête. Devant le pa-\nresseux le bourgeois sent son infériorité et se recroqueville. L'escargot rentre\ndans sa caracole. Mais, barricadé, il bave. Grâce à lui, le Paresseux est un\nparia. On le rebute, on le raille, on le déchire à coups de dents ironiques,\nparce qu'il préfère le commerce de l'esprit à celui du vermicelle, le parfum des\nforêts emprintannées aux senteurs du savon de Marseille, une rame de bar-\nquette à une rame de papier, un conte d'Hoffman à des comptes d'apothi-\ncaire, une pièce de vers à une de drap, le gloria de la Messe de Gounod à celui\nque M. Prudhomme sirote tous les jours après dîner, et la vie de Bohème aux\ncristaux de ce pays. Pauvre Paresseux ! Le bourgeois le hait, l'assassine de\nmaximes, l'écrase de dédains ; il voudrait l'extirper de la société, il lui coupe\n"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 374, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3557, "texte": " 374                            LA J E U N E B E L G I Q U E\n\n\nles vivres, gardant tout pour sa bedaine. S'il le pouvait, il requerrait les gen-\nd a r m e s . Il cherche dans le code un article coffrant la paresse ; il l'enverrait\nà Cayenne, en abolissant le droit d'amnistie.\n    M a r t y r de cette immense injustice, le Paresseux est traqué comme un cri-\nminel. Demande-t-il, pour faire une fin, la main de Mlle P e p e r m a n s en avouant\nqu'il n'a pas de profession, M. P e p e r m a n s l'envoie en c h e r c h e r une dans les\nhuiles, et lui confie que sa progéniture épousera un coffre-fort, non un panier-\npercé. Poussé par la faim, il se présente dans un ministère : on lui préfère\nM. Anatole B , un imbécile diplômé. S'il est forcé de se r a b a t t r e sur le com-\nmerce et s'offre à tenir les livres, le m a r c h a n d de glaces craint qu'il ne casse les\nvitres, le vendeur de faïences qu'il ne mette les pieds dans les plats, et le ban-\nquier qu'il ne fasse moins d'additions que de soustractions. Tout le monde le\nrenvoie à Pilate ou aux calendes grecques. Alors la fringale le prend.\n Il faut pourtant trouver de quoi casser une c r o û t e . Il descend la spirale des\n petits métiers de la littérature journalière, où il ramasse un peu de pain, rare\n et coriace.\n     E h bien, cela est injuste. A mon avis, le paresseux a bien plus de droit aux\n bienveillances publiques que les condamnés, chefs de bureaux et autres\n crustacés nourris dans l'aquarium du gouvernement.\n     En doutez-vous ? Anatomisez donc la nature du paresseux !\n     Le paresseux est avant tout homme d'esprit. Il raisonne, et connaît les c h o s e s .\n Riche, il se dit que ses ancêtres ayant par leur travail acquis un patrimoine,\n c'est précisément ce qui lui permet de prendre du repos. Si sa ligne a s c e n d a n t e\n ne lui a laissé que de bons conseils, il compte sur l'avènement des théories qui\n donnent à chacun un revenu suivant son mérite. Mais, lui objectera-t-on, mil-\n lionnaire ou m a n s a r d i e r , vous devez travailler pour mériter votre place dans\n la société, vous êtes une bouche inutile. E r r e u r déplorable! répond-il ; personne\n n'est plus utile que moi. Au lieu de produire, et d'encombrer moi aussi les\n m a r c h é s déjà s u r c h a r g é s , selon les gazettes, je consomme, je sers de débouché\n aux produits des a u t r e s , je favorise le commerce, c'est grâce à moi que la\n société ne m e u r t pas de pléthore. Le consommateur est une soupape de s û r e t é .\n Si M M . les publicistes avaient la plus microscopique idée des lois de l'offre et\n de la demande !\n     Et sur ce chapitre il est aussi intarissable que M a n n e k e n - P i s .\n     Il cite aussi les E c r i t u r e s , rappelle qu'au septième jour de la création le\n  Seigneur se croisa les bras, et qu'il ordonna à l'homme d'en faire a u t a n t .\n     Spirituel, le paresseux est encore observateur. Il flâne, les mains dans les\n poches, le nez en l'air et d a r d a n t ur les nuages, ou les yeux rivés au sol, sur\n les évolutions des fourmis, s c a r a b é e s , bêtes de four, et autres volatiles de bas\n é t a g e . Vous croyez qu'il baye aux corneilles, pas du tout. Il emmagasine des\n faits innombrables, des détails insaisis : et comme, ayant promené son intelli-\n gence dans tous les livres, il sait un peu de tout, maintenant il ajuste peut-être\n ses observations aux théories apprises, et qui sait s'il ne va pas nous émerveil-\n ler par une éclatante découverte ?\n      Le plus souvent il est artiste, homme de lettres, surtout poète en congé. En\n"}, {"page_pdf": 484, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "                                 LA J E U N E B E L G I Q U E                            375\n\nlui la sensibilité est exquise. U n e fleur, un brin d'herbe, un sentier à l'ombre,\nplein de branches folles, de gazouillis d'oiseaux, et d'échappées de soleil ; une\ns t a t u e , une mélodie v a g u e m e n t b a l a n c é e , un visage d'enfant, rose et blond,\navec de grands yeux rêveurs, tout cela vibre en lui et le jette dans les ravisse-\nments. Comme la sensibilité dans le monde est une faiblesse, il s'est forgé pour\nse défendre une fine et mordante épée d'ironie, qui jette a u t o u r de lui do t r a n -\nchants éclairs.\n     D'où il suit que le paresseux littéraire est pius respecté que les a u t r e s , hor-\nmis chez ses collatéraux : phénix parmi des t a u p e s .\n    Il est le t y p e d ' u n e classe nombreuse, où brille une espèce particulièrement in-\ntéressante, l'Etudiant littérateur. Celui-ci est abreuvé de déboires insoupçonnés.\nPour peu qu'il soit affligé d'un oncle chrysostome et d'une buse chronique, son\nsort est horrible. L'oncle fait des apparitions terrifiantes, comme les fantômes\nde Charles V I , à la Monnaie, et des discours e n d o r m e u r s , comme nos députés.\n« F a i s ton chemin ! crie-t-il sans cesse ; je te pousserai ! — Bien h o n n ê t e ,\nrépond l'autre, vous pourriez me contusionner. Pour mon chemin, donnez-\nmoi un attelage russe, et vous me verrez trotter ! »\n     L'oncle est un encroûté ; évidemment il ignore que la paresse mène d'elle-\nmême aux plus splendides sommets. Klopstock était à l'Université un fainéant\nendurci : c'est pourquoi il écrivit la Messiade, L a jeunesse de lord Byron fut\nune paresse dorée et le titre de son premier livre : Heures de Paresse. Villon, le\ndéplorable escholier donné à maie vie, grand casse-cou, pendard et poète,\nM a t h u r i n , Régnier, Alfred de Musset, nos gloires enfin, tous paresseux !\n    J a m e s W a t t , qui inventa la machine à vapeur en r ê v a s s a n t devant\nun coquemar, et le gamin imaginant le mécanisme des tiroirs pour jouer\nhors de l'atelier, — paresseux ! Enfin M. de Bismarck, étudiant buveur, fu-\nmeur, querelleur, qui n'a pas encore passé ses e x a m e n s , et qui a fait de la\npetite Prusse le plus puissant É t a t de l'Europe, — paresseux !\n                                                                         IWAN GlLKIN.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 375, "page_fin": 379, "titre_corps": "Le Saltimbanque", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Nouvelles de la Grand’Route", "signature_source": "Marius Réty", "ancre_debut": "NOUVELLES DE LA GRAND ROUTE", "ancre_fin": "MARIUS RÉTY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 484, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 2368, "fin_caractere_exclue": 3077, "texte": "NOUVELLES DE LA GRAND'ROUTE\n                                LE     SALTIMBANQUE\n\n    L e pauvre cheval galeux et maigre galopait presque en descendant la côte,\npoussé par la lourde voiture qui lui pesait aux flancs.\n     Il faisait un temps splendide; dans la pleine chaleur du jour, le soleil piquait\nobliquement le feuillage des bouleaux et des chênes qui se rejoignaient en\na r c h e s au-dessus de la g r a n d ' r o u t e . A droite, une chaîne de collines aux crêtes\nébréchées se dressait brusquement en murailles à l'autre rive du fossé ;\nà g a u c h e , une haie brune et crépue clôturait le p a r c dépendant du manoir\nseigneurial dont la vieille tour lépreuse s'accrochait à l'angle d'une ccnstruc-\n"}, {"page_pdf": 485, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3089, "texte": " 376                        LA JEUNE BELGIQUE\n\ntion homogène. Et la chaussée, voûtée de vert, se déroulait, rapide, presque\ndroite, perdue dans l'ombre.\n    La voiture roulait. C'était une immense caisse oblongue, couchée sur les\n deux essieux de quatre roues boueuses, avec une large ouverture à la face an-\n térieure et deux petites fenêtres semblables à des sabords. Le tout était peint de\n jaune à la détrempe, et marbré de gris par les rigoles capricieuses des pluies\n récentes.\n    Sur le devant du véhicule, entre le cheval et la caisse, un homme debout, les\n  guides à la main, conduisait, montrant son visage noir et brûlé, couronné d'une\n  frondaison douteuse, rousse et grise, éparpillée sans ordre sur un crâne coni-\n  que ; son pardessus pelé et roux comme ses cheveux ; et ses bas jaunâtres,\n  mal tendus sur une paire de jambes grêles et cagneuses.\n                                        * *\n    L'homme se nommait Flageolet. Or, Flageolet était un prestidigitateur émé-\n rite. Jamais une fête en plein vent n'avait lieu sans que Flageolet y figurât en\n costume de souverain ou en toge et bonnet pointu de magicien.. Flageolet avait\n fait plusieurs fois son tour d'Europe ; il avait eu de grands succès ; mais mainte-\n nant qu'il se faisait vieux il ne voyageait plus qu'en France ; il était devenu\n casanier.\n    Bien certainement Flageolet eût fait de brillantes et sonnantes recettes dans\n les salons où l'on eût été certainement flatté de l'admettre ; mais une chose\n s'opposait à cela : Flageolet n'avait pas de pantalon.\n    Aussi, tout entier à l'espoir d'une séance fructueuse, le saltimbanque lâchait-\n il de plus en plus la bride à sa bête, qui cabriolait au milieu d'un tourbillon de\n poussière, dans la direction de Bouzancourt en Haute-Marne.\n    Bouzancourt n'est pas précisément un village ; c'est, entre des côtes et des\n vallons couverts de vignes, trois douzaines de maisonnettes, blanches le matin,\n jaunes à midi, roses avant le soir, espacées dans quelques hectares de terrain\n sec et vivace, sous un ciel brûlant, grisé par les émanations des vignobles.\n Trente-cinq feux, comme on dit dans le pays.\n    Flageolet, se rendant à Vassy, avait jugé à propos d'ahurir la population de\n Bouzancourt avant d'étonner celle du chef-lieu d'arrondissement. Il y avait,\n au centre même du hameau, entre un tas de fumier et un atelier de tonnellerie,\n une petite place que le saltimbanque connaissait, et où il se proposait de remiser\n son véhicule durant la nuit prochaine.\n                                          *\n                                         * *\n   Il pouvait être quatre heures de relevée lorsque Flageolet aperçut le groupe\n d'habitations, au bout de la voûte de feuillage. En même temps, quelques\n paysans, vignerons et vigneronnes, commençaient à gravir la montée condui-\n sant à l'église. Les cloches tintonnaient à toute volée ; le ciel s'empourprait\n au couchant ; la terre fumait ; et les ceps des coteaux, cramponnés aux échalas\n gris, se tordaient et se frisaient dans les convulsions d'enfantement des pre-\n mières grappes veloutées.\n"}, {"page_pdf": 486, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3219, "texte": "                            LA JEUNE BELGIQUE                                   377\n\n   Alors Flageolet fit arrêter le cheval, qui se prit à suer et à souffler, à travers\nson cuir malade, de larges larmes d'eau fumante. L'escamoteur voulait faire\nune entrée marquante dans la localité. Il ouvrit la porte pratiquée dans la\ncaisse de la voiture et appela :\n   — Mitaine !\n   Mitaine apparut sur le seuil. C'était une petite femme brune, au teint de poi-\ntrinaire, à laquelle on n'eût pu donner un âge quelconque sans se tromper de\ncinq ou six ans, en plus ou en moins. La propreté de ses haillons contrastait\nétrangement avec la nuance vague de ceux de Flageolet. D'ailleurs, elle avait\nl'air doux et résigné, la bouche close, et l'œil humide.\n    Mitaine était la femme de Flageolet. Quelquefois, lorsque l'escamotage ne suf-\nfisait point à l'amusement de la société, Mitaine remplissait les fonctions de\nsomnambule. Le prestidigitateur lui bandait les yeux et la faisait asseoir sur une\nchaise, au milieu du cercle ; puis, après avoir étendu les mains sur son front,\n et lui avoir dit la phrase conventionnelle : « Dormez, je le veux ! » il l'interro-\n geait sommairement au sujet de tel ou tel individu de l'entourage.\n    Quand la petite femme se fut approchée, Flageolet lui dit, d'un air solennelle-\n ment comique :\n    — Femme, il y aura tantôt deux jours que la bête n'a plus d'avoine ; que\n toi et tes mioches n'avez plus de pain ; et que moi, Flageolet, le premier\n prestidigitateur de l'Europe, après Robert-Houdin, n'ai plus de tabac. Il est\n temps que nous dînions ; je sens à mon estomac que l'heure a sonné depuis long-\n temps. Me trouvant ici en pays civilisé et ami des arts, j'ai résolu de donner un\n échantillon de mon talent à ces bons villageois, que tu vois là-bas, sur la route,\n regardant notre carriole avec des yeux grands comme des portes 'cochères.\n Donc, je te prie de faire toilette pour inspirer confiance.\n                                         * *\n   Un quart d'heure plus tard, Mitaine, en robe de gaze, et Flageolet, en cos-\ntume de velours pailleté d'argent, faisaient leur entrée triomphale dans Bou-\nzancourt, dont la population, étonnée et ravie, admirait sans comprendre.\n   Arrivé à la petite place, l'escamoteur arrêta une seconde fois son cheval, et\nharangua la foule ;\n   « Mesdames et messieurs, nous venons de faire douze lieues exprès pour\navoir le plaisir d'exécuter devant vous les travaux qui ont excité les applaudis-\nsements de la France et de l'Europe entière... Car, ne croyez pas, mesdames\net messieurs, que je vienne sur cette place pour vous vendre des onguents et\nvous arracher les mâchoires... Non, mesdames et messieurs; je viens vous\nfaire voir ce que vous n'avez jamais vu, ni vous ni vos descendants ; je viens vous\n montrer des prodiges : je viens... Mais, du reste, vous allez juger par vous-mê-\nmes. Le temps de montrer mon permis aux autorités, et je commence. »\n   Les paysans, la face rouge et les yeux écarquillés, se questionnaient dans\n leur patois indigène. Aux environs, les cruchons de grès se vidaient sous les ton-\n nelles vertes; les femmes quittaient leurs seuils, pour voir ; les hommes arri-\n vaient et les enfants accouraient en riant.\n"}, {"page_pdf": 487, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2803, "texte": " 378                        LA JEUNE BELGIQUE\n\n   Flageolet, aidé de Mitaine, avait dressé au milieu de la petite place une lon-\ngue table, sur laquelle s'étalaient différents objets de formes bizarres : des\njeux de cartes, un pistolet à entonnoir, un chapeau de soie bossue, des gobelets\nde fer-blanc, des sphères de cuivre, etc.\n   Quand tout fut prêt, quand un cercle de blouses et de sabots se fut formé\n autour de l'artiste, les exercices commencèrent.\n   La sphère de cuivre, le pistolet, les cartes, les gobelets passèrent tour à tour\n entre les mains de Flageolet. L'artiste avait bien dit : des prodiges de passe-\n passe s'accomplissaient devant les béats campagnards, qui regardaient avec de\n larges rires muets.\n                                        ** *\n   Au bout d'une heure, quatre sous étaient tombés à regret dans la coquille de\nl'escamoteur. Au loin, les vignerons revenaient de leur promenade ; la terre,\nles ceps, les échalas avaient pris une teinte uniforme ; et des groupes de jeu-\nnes gens descendaient les coteaux en chantant un refrain de laboureurs :\n   « Dans mon jardin j'ai rentré,— La rosée du mois de mai, — Trois fleurs\nd'amour j'ai cueilli,— La rosé-é-e. — La rosée du mois de mai — Est ben\nmouillé — é -- e... »\n   Alors Flageolet regarda Mitaine. La pauvre femme était bien pâle ! elle\ns'appuyait à l'un des coins de la table improvisée, résignée, muette. Sur un\nsigne de son homme elle alla jusqu'à la voiture et revint avec une chaise qu'elle\nplaça au milieu du cercle.\n   L'artiste harangua de nouveau son auditoire. Il allait faire dire à toute per-\nsonne de la société qui le désirerait, son âge, son nom, celui de son épouse ou\nde sa future, et encore beaucoup d'autres choses étonnantes.\n   Après avoir placé un bandeau sur les yeux de Mitaine, Flageolet com-\nmença.\n   Vraiment, c'était jouer de malheur ! à présent voilà que personne ne voulait\nse frotter aux paroles de la somnambule ! quelques-uns disaient qu'il y avait de\nla magie, de la sorcellerie là dedans ? Et l'on s'en allait; et le cercle deve-\nnait clair.\n   Mitaine, assise, attendait toujours qu'on l'interrogeât.\n   Enfin, cédant aux paroles de Flageolet, un grand gars de vingt ans demanda\nqu'on lui dît l'âge de sa promise.\n   L'escamoteur transmit la question à sa femme.\n   Celle-ci, les bras pendants, la tête inclinée, ne répondit pas.\n   L'artiste parla plus haut.\n    Même silence.\n    Il s'approcha de Mitaine, et lui prit la main. Soudain, il devint blême, chan-\n cela, et fut obligé de se retenir. Enfin, il se tourna vers les derniers assistants,\n et leur dit d'une voix qui tremblait, la phrase finale :\n    — Mesdames et... messieurs.., c'est pour avoir l'honneur de... vous\n remercier...\n    Puis, vigoureux, il prit Mitaine entre ses bras, et courut du côté de la voi-\n ture.\n"}, {"page_pdf": 488, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1350, "texte": "                                LA J E U N E BELGIQUE                                   379\n\n\n   Les villageois, étonnés, r e g a g n a i e n t lentement leur» demeures ; tandis que\nl'un d'entre eux répétait :\n   — Hein, je l'avions ben dit qu'il y avait de la diablerie dans tout ça ! C'est\nben fait ! c'est l'bon Gieu qui l'a punie !\n                                             **\n   Le soir, à dix heures, le médecin du canton sortait de la carriole de Flageolet.\n\"Inanition ! \" avait-il dit au saltimbanque, après avoir longuement contemplé\nMitaine.\n   — Inanition ! répétait l'escamoteur en r e g a r d a n t les deux chandelles de suif\nqui brûlaient sur la petite table, à côté du grabat où reposait la pauvre femme,\nInanition !...\n   Puis, brusquement, il se prit à sangloter, tenant entre ses doigts j a u n e s sa\ntête conique, encore coiffée de la toque de velours pailleté.\n   Alors, Claude, le plus jeune des deux enfants accroupis dans un coin, s'éveilla\net se frotta les yeux.\n   Flageolet sanglotait toujours; et les chandelles fumaient, en j e t a n t une lueur\nblafarde sur le visage moite de Mitaine morte.\n   — P è r e , dit Claude en se levant à demi, pourquoi donc que m a m a n ne nous\na pas couchés, ce soir ?...\n                                                                      MARIUS     RÉTY. '\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 379, "page_fin": 380, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gustave Andel", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "GUSTAVE ANDEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 488, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 1350, "fin_caractere_exclue": 3251, "texte": "CHRONIQUE                   LITTÉRAIRE\n   Une Histoire   Sans Nom,     par JULES   BARBEY D'AUREVILLY. — Un vol. in- 12.\n          Paris, Alphonse Lemerre, éditeur. 3-50. —Panurge, journal parisien.\n   Je ne sache pas de personnalité littéraire qui ait plus grandi en ces dernières années\nque celle de M. Barbey d'Aurevilly. Il a fallu notre génération éprise d'art pur, dégagée\ndes rancunes politiques et religieuses, pour donner à ce maître écrivain la très haute place\nqui lui revenait. Nos devanciers, quand ils ne se laissaient pas distraire par le dandysme\nde sa collerette ou de sa limousine, oubliaient volontiers le styliste impeccable qui est en\nlui pour combattre le chevalier de toutes les choses mortes, toujours en guerre contre\nl'idée moderne. Naguère encore, je lisais un journal de province qui, à propos du Faust,\nparlait du « fanatique Barbey d'Aurevilly. C'est bien la note des jugements d'il y a vingt\nans sur l'auteur d'Une Vieille Maîtresse. — Fanatique! On croyait avoir tout jugé de sa per-\nsonnalité quand on avait lâché ce mot, lancé avec une ironie et une superbe homaisiennes.\nAujourd'hui, il n'est pas de lettré, il n'est surtout pas d'écrivain de valeur qui ne salue en\nBarbey d'Aurevilly un des maîtres de la langue. O h ! ce n'est pas qu'il ne soit à\nl'autre pôle de nos idées et de nos aspirations. Ce n'est pas sur un chemin de Damas\nque la génération actuelle a laissé ses croyances et trouvé le dégoût des tracasseries\nphilosophiques. Son scepticisme ne pratique d'autre religion que celle de l'art et ne\nreconnaît d'autre légitimité que celle du talent. Mais elle pratique l'une ardemment et\nsalue l'autre pleinement, en dehors des partialités d'école et des divisions artificielles de\nsystèmes.\n   C'est ce que prouve actuellement le succès très grand d'Une Histoire Sans Nom,\noù l'on retrouve toutes les qualités de langue et de conception qui caractérisent le\n"}, {"page_pdf": 489, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4156, "texte": " 380                             LA J E U N E       BELGIQUE\n\ntalent de M. Barbey d'Aurevilly. Certes, si l'on analyse l'œuvre et que l'on cherche à en\ndiscuter le fond, on trouvera autre chose que ce que nous sommes en ce moment portés\nà chercher dans nos romans. Mais ces livres : Une Vieille Maîtresse, Une Histoire sans\nNom et les autres, ne doivent être résumés ni analysés,ils doivent être lus. Et l'on est alors\nfatalement » empoigné « par la nervosité virile de la langue et la marche altière du récit.\nLa belle langue, en effet, d'une netteté fouettée et souple et en même temps d'une soli-\ndité qui semble ne pas connaître l'effort ! Pour Barbey d'Aurevilly le métier n'existe pas.\nOn ne retrouve jamais sous sa phrase, trace, de l'anhèlement de l'artiste, qui parfois, même\nchez les plus forts, perce la trame du style. Pas de procédé non plus : quelquefois seule-\nment la phrase trop imposante, ne s'adapte pas exactement à l'idée de tous les jours\nqu'elle doit exprimer et lui donne un ton un peu surélevé. Et cette plume devient un pin-\nceau qui pose un décor en quelques traits. Lisez la description qui ouvre le présent\nvolume, une merveille de netteté picturale et évocatrice !\n   Mais lisez plutôt l'œuvre entière. Vous la trouverez étrange, en dehors de nos habi-\ntudes et de nos procédés littéraires, mais vous serez séduit par l'allure superbe et —\nque le mot y soit ! — puissante de toute l'œuvre.\n\n  Je profite des quelques lignes qui me restent pour souhaiter — un peu tard — la\nbienvenue à un nouveau journal littéraire et mondain : Panurge, qui paraît chaque\nsemaine à Paris. Il est dirigé par M. Harry Alis et a pour rédacteur en chef Félicien\nChampsaur. Parmi ses collaborateurs on trouve les noms de Guy de Maupassant, Emile\nGoudeau, Maurice Rollinat, Antony Blondel, Léon Hennique, J.-K. Huysmans, Pierre\nde Lanno, Maurice Guillemot, Edouard Rod, etc.; en un mot, toute la vaillante pha-\nlange des jeunes, des forts, des modernistes. Panurge continue la Vie Parisienne, il\ncontinue surtout le Figaro hebdomadaire, avec lequel toute une génération parvint au\nsuccès et à la gloire.\n  De charmants dessins de Pille, Luigi Loir, Robida, Detouche, Somme, Willette égayent\nchaque numéro. Sous la rubrique : Livres futurs, il a déjà donné de longs extraits des\nœuvres que préparent Guy de Maupassant, Hennique, Blondel ; ainsi que du Bonheur\ndes Dames, le prochain roman de Zola, etc. Nous souhaitons la meilleure chance à notre\nvaillant confrère, qui avec de tels collaborateurs ne peut manquer d'aller droit au succès.\nAjoutons qu'il a pour correspondant belge M. Albert Grésil, sous la direction duquel la\nJeune Belgique a paru jusqu'à ce jour.\n                                                *\n   Très intéressante, l'étude que prépare en ce moment notre ami Max Marc sur le cou-\nvent. L'auteur y expose en quelques pages d'un style sobre et concis, l'histoire de cette\nétrange institution qui, fondée par quelques cénobites retirés au fin fond de la Thébaïde,\nne tarda pas à se répandre dans le monde entier. Il nous donne de curieux détails sur\nl'organisation des premiers couvents, nous montre les moines d'abord instruits, travail-\nleurs, puis, peu à peu s'enrichissant, se débauchant et devenant de véritables tyrans pour\nles serfs qu'ils exploitent. Enfin, après nous avoir servi une bonne tranche de frissons,\nen nous racontant quelques-unes des tortures de l'Inquisition ; — ces choses sont connues,\n mais elles sont souvent bonnes à rappeler — M. Max Marc sonne l'appel des générations\nde l'avenir et, dans une fougueuse péroraison, les convie à la lutte contre l'hydre enva-\nhissante des corporations religieuses. Tout cela est écrit d'une plume jeune et convaincue,\navec je ne sais quelle ardeur communicative, et, si la langue n'est pas toujours exempte\nde poncifs, chose presque fatale en politique, du moins est-elle facile et agréable, disant\nbeaucoup en peu de mots et ne cherchant pas l'effet. Cette plaquette, élégamment éditée,\nest de celles qu'il est bon de répandre et nous souhaitons plein succès à son belliqueux\nauteur.\n                                                                      GUSTAVE ANDEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 381, "page_fin": 384, "titre_corps": "Table des matières", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Sans signature", "ancre_debut": "TABLE DES MATIÈRES", "ancre_fin": "Chronique littéraire 379", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 490, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "TABLE DES MATIÈRES\n\n\n             Gustave ANDEL                                   COQUEI.IN, cadet.\nLes Livres                              207    Ernest d'Hervilly                      ^l7i\nChronique littéraire               3G5, 379\n                                                                   CORSINO\n             Jacques ARNOUX\n                                               Revue de la Quinzaine . . . . 63, 80, 96\nrot-Bouille et l'Abbé Constantin. . . 134\n                                                                     A,\n                  G. B.                        Les Livres. . . . 95, 112, 128, 141, 158\n                                                                      I7S, 188, 207, 224\nMon Carton (poésie)                     270\n                                                                J. DESTRÉE\n                   L. B.                       Lettre perdue                         186\nLes Livres                              208              Hippolyte DEVILLERS\n\n             Frédéric BATAILLE                 Nuit tombante (poésie)                 91\n                                               Epiphancia (poésie)                   137\nSentiers dé Mai (poésie)                 24\nRêve (poésie)                            69    La Tante Poulaine (nouvelle) . . 214, 231\nAvril (poésie)                          148\n                                                               L A DIRECTION\nSpleen (poésie)                         281\nLes Inconstances (poésie)               291    Ballade de Boutique                   193\nDemande (poésie)                        300\n                                                               Gustave DROZ\n             Jules DE BAUGNIES\n                                               Conte du paradis                      194\nRondels d'Avril                         164\n                                                             Georges EEKHOUD\nHoux et Anémone (sonnet)                205\nLes vieilles Lunes (rondel)             317    Le Semeur (poésie)                      II\n                                               l'Homme de l'Eglogue (poésie). . . . 162\n               Paul BERLIER                    Les Protégés de ma Grand'mère (nott-\n                                                  velle)                   321, 338, 353\nPremières Rigueurs (poésie)              38\n                                                               François FABIÉ\nFleurs fanées (sonnet)                   70\nUn peu d'Amour (poésie)                 106    La Couveuse (poésie)                  253\n\n          Louis DE CASEMBROOT                                  Charles FUSTER\n\nA Eugénie Darrien (sonnet)              110    Mon Ruisseau (sonnet)                 147\nAu Balcon (sonnet)                    . 147    Hoc erat in Votis (sonnet)            177\nSonnet                                  205    Comme la Mer (poésie)                 283\n                                               Deuil (poésie)                        372\n                 CHAKDEL\n                                                               Iwan GILKIN\nRevue de la Quinzaine                   144    Anatomie (sonnet)                     270\n"}, {"page_pdf": 491, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3609, "texte": "  382                           LA J E U N E B E L G I Q U E\n\n\n Chronique musicale                     317                      Paul LAMBER\n Sonnet                                 343\n La Paresse                             373    Jane {nouvelle)                         131\n\n               Octave GILLION                                  Auguste LAVALLÉ\n\n Les Illusions (poésie)                 239    Contes sylvestres : Le Loup             165\n\n               Albert GlRAUD                                Camille LEMONNIER\n\n Idylles modernes : Histoire simple . . 17     Thérèse Monique (un Chapitre      iné-\n                                                 dit)                            241, 257\n            —       Résurrection . . , 286\n Zola romantique                         49                     Edouard LEVIS\n Contes fantastiques : le Contre-fa . . 70\n-Jean Richepin                      92, 124    Elégie (poésie)                         245\n Madrigal rouge (poésie)                100    Stances à la Mer (poésie)               334\n Nos Écrivains : Octave Pirmez . . . 2 1 7\n Le Scribe (fragment)                   305                 Jacques MADELEINE\n Rondeaux                               348\n Sonnet d'Aurore                        360    Prêter des Livres                      261\n                                               Rêve d'Idylle. La Fée. (sonnets) . . . 364\nInvitation à la Gavotte . '            369\n                                                                 Max MARC\n               Albert GRÉSIL\n                                               Une Lettre curieuse                     24\nRevue de la Quinzaine                    62    En Province                        40, 181\nTriolets de Mai                         161    Conjungo                               296\n                Charles GROS\n                                                               Francis MARCEL\nCompassion (poésie)                     57\nLa Fin du Luth (poésie)                130     Les Livres                               15\nEn Barque (poésie)                     204\nLes Jouets (poésie)                    308                     Henri MAUBEL\n\n               Théo HANNON                     Noël triste {conte)                      33\n\n Manneken-Pis {sonnet)                  163                    Francis MELVIL\n              Louis HAVERSIN                   La Rose d'Ophélie {nouvelle) . . . .   2\nLes Revendications de la Femme . 28, 44        La dernière Aventure {nouvelle). . . 278\n\n              Ferdinand HUART                                  Louis MERCIER\n\nTorpeur (sonnet)                       148     Bouquet surpris (poésie)                 75\nSoleil couchant (sonnet)               296     A Victor Hugo (sonnet)                  114\n                                               Vierge et fleur (poésie)                146\n               Arthur JAMES                    Le chasseur de loups (poésie) . . . .   163\nAb Ovo                              52         Coin de forêt (poésie)                  271\nBête de Somme {nouvelle) . . . 138, 155\n                                                               Henry MÉRIOT\n               John KEAT\n                                              Un Bal chez les Pâquerettes              113\nCorrecteur!                            282\n                                                            Charles METTANGE\n                Fernand L.\nChronique de Paris : Françoise de Ri-         Les Livres                 14,32,64,95,112\n  mitii                               168     Pâques-fleuries {nouvelle)           73, 90\n"}, {"page_pdf": 492, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3660, "texte": "                                 LA J E U N E BELGIQUE                                    383\n\n\nOdette                                97                    Edouard RONVAL\nAu nommé Printemps (poésie) . . . . 178\n                                                Une Amourette (poésie)                    300\nAndré Theuriet                  225, 264\nRevue de la Quinzaine . . . 95, 111, 176\n                                                                    SIEBEL\n                F . NAUTET\n                                                Triolets à Jeanne                         123\nUn Romancier moderniste . . . 308, 323\n                                                Orgie (poésie)                            145\nAlphonse Daudet               343, 361\n                                                                 Lucien SOLVAY\n                  NEMO\n\nChronique littéraire                    2S8     Mors-Amor (poésie)                        161\n                                                                  SPECTATOR\n                Henri NIZET\n                                                Revue de la Quinzaine                     188\nHypothèse psychique                     246\n                                                                   STÉPHANE\n              Albert OLANDRE                    Primavera (triolets)                      177\nRevue de la Quinzaine               63, 128                  Hélène SWARTH\nLes Livres                   32.64, 112, 160\n                                                Étoile du Soir (poésie)                   277\n               Albert ORTH\n                                                                  Mathilde T .\nLes livres              16, 95, 127, 192, 208\n                               224, 256, 304    De quoi parlent les Jeunes filles . . .    47\n              Alfred POUTHIER                               Eugène TAVERNIER\nScapin (sonnet)                       54        Rondeaux                                  284\nChâteau (sonnet)                     147\nChronique de Paris: La Foire au Pain                         Jean TISSERANT\n  d'épice                            196\n                                                Le dernier Jour d'un Condamné . . . 327\n               La RÉDACTION                                Rodrigue TOULANGE\nLa Jeune Belgique                          I    Silhouette bohème                         107\n\n                Marius RÉTY                                          M. V.\nNouvelles de la Grand'route :                   Un Cours d'Histoire à l'Université de\n       —       La Rousse . . . . 350              Bruxelles                            30\n       —       Le Saltimbanque . 373            L'Exposition de l'Essor                55\n                                                L'exposition de /'Union des Arts . . 108\n              Octave RICHARD                    Du Rôle de la Critique dans l'Art . . 121\n                                                Revue de la Quinzaine                 143\nPassage de Zingaris (poésie)    . . . .215\n                                                Exposition des Aquarellistes . . . . 152\n                                                Exposition du Cercle Artistique. 171, 183\n               Jean RICHEPIN\n\nSonnets                                 337                       Ernest V. D.\n\n             Georges RODENBACH                  Lamento (sonnet)                           61\n\nSonnet                                    14                 Emile VERHAEREN\nLa Veilleuse (sonnet)                     23\nRenouveau {poésie)                       145    Aux Flamandes de Rubens (poésie). . 205\n"}, {"page_pdf": 493, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2292, "texte": "384                             LA J E U N E BELGIQUE\n\n\nLe Jour des Morts (sonnets): I. Caveau           IV. La Chaire de Littérature . . . .   117\n   seigneurial ; II. Tombe riche ;               Les Livres             32,              64\n   III. Tombe de bourgeois; IV. Trou             La F'austin                             65\n   de gueux ; V. Clair de lune . . . 358         Causerie littéraire                    206\n\n             Auguste VIERSET                                     Max   WALLER\n\nOisillons (poésie)                        235    Clair de Lune                          12\n                                                 Haschisch                              26\n                Maurice W.                       Nos Romanciers : Camille Lemouvier 66,101\n                                                 Le Naturalisme (lettre et L. Hymatis) 81\nL'Enseignement de la Littérature fran-           liaiser                               129\n  çaise dans les Universités :                   Le Faust de Gœthe 149, 179, 198, 209, 235\n                                                                                  248. 273\n        I — Les Époques littéraires              Tenez-vous droite, Mademoiselle ! . . 202\n                                                 Nos Poètes : I. Georges Eekhoud. . . 292\nI. Premiers Siècles ; II. La Renais-                    —    II. Georges Rodenbach . 314\n  sance                                     7           —   III. Théo Hannon . . . . 332\nIII Le grand Siècle.                             Revue de la Quinzaine                 175\nIV. Le XVIIe Siècle                       34     Chronique littéraire 221, 2^6, 271, 284\n                                                                                  301» 338\n       II — L'Évolution     moderne                                    »»\n                                                 Triolets de Réveillon                  33\nI. Les Romantiques                     58        Les Livres                        80, 160\nII. La Prose                           76        Chronique de partout                  240\nIII. Balzac et le Naturalisme . . . . 115        Chronique littéraire                  379\n\n\n\n\n                 Imp. Centrale, VAN ASSCHE, Dir.-Gér., 1, rue d'Arenberg, Brux.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1882-11-15-n24-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1881-1882-001-001_f.pdf", "ocr_sha256": "bdc45251f9dc44da08e30994e7e1d6d31e13c7d795c01130f4a0d350194a3840", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Vente en gros aux mêmes CIRAGE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 494, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 5051, "texte": "Vente en gros aux mêmes\nCIRAGE JACQUOT ET JACQUAND. prix et conditions qu'à Paris,\nH . et F . VAN G H E L U W E , 4, rue Agneessens, Bruxelles,\n\nPLUS DE -COPEAUX. Propreté, économie, allume-feu sans pareil. On allume\n                  40 fois son feu pour 15 centimes; le paquet de 40 feux,\n15 cent. Le demander chez tous les épiciers, droguistes, etc. Seuls dépositaires pour la\nBelgique et la Hollande. H. et F . VAN G H E L U W E , 4, rue Agneessens, Bruxelles.\n                     Guérison radicale en trois mois de temps, 12000 certificats. Les cas les\nHERNIES,             plus difficiles sont traités avec succès. Maladies des femmes, de matrice,\netc, sont guéries sans pessaire Soulagement immédiat. Une dame diplômée est attachée à\nrétablissement.\n   J. WAERSEGERS, bandagiste des hôpitaux et de l'armée, commandeur et chevaiier de\nplusieurs ordres pour service rendus à l'humanité, 35, place Verte, ANVERS.\n                                                  er\n\nCAPITAUX A PLACER ÏNNUES-PROPRIÉTÉS\n                       I   E T 2e RANG, A 4 l / 2 E T 5 ° / . — A C H A T\n                                    E T R E N T E S VIAGÈRES.\n                                                                                                 0\n\n\n  S'adresser J. H U E T , boulevard du Nord, 17, Bruxelles.\n                                          68, BOULEVARD DU NORD, B R U X E L L E S .\nRestaurant du S P O R T ,                    Ouverture le 21 mai par Ad. COUCOGNE,\nex-maitre d'hôtel des premières maisons de Bruxelles et d'Ostende.\n  Dîners à prix fixe et à la carte. Vins des meilleurs crûs. Service soigné.\n\n\n      LIBRAIRIE                                                      Fonds de Magasins\n\nA, C H R I S T I A E N S F I L S\n        38, Rue d'Arenberg, Bruxelles                            Toutes m a r c h a n d i s e s avariées et\n                                                            magasins entiers a c h e t é s au comptant\n   V E N T E E T ACHAT D E LIVRES NEUFS           ET\n                                                            dans le plus haut prix, par J . V O M B E R G ,\nD'OCCASION. —         ACHAT D E BIBLIOTHÈQUES               r u e des Foulons, 11, Bruxelles.\nAU C O M P T A N T . — GRAND CHOIX D E LIVRES\nILLUSTRÉS E T A U T R E S . — D E P O T DES P R I N -\nCIPAUX É D I T E U R S D E P A R I S .\n                                                            GUÉRiSON\n                                                                        C E R T A I N E ET RADICALE\n      La Maison se charge de la Reliure.                    de toutes les affections de la peau, des plaie\n                                                            et des ulcères variqueux qui sont souvent con\n                                                            sidérés comme incurables par les plus cé-\n                                                            lèbres médecins. — Ce traitement ne dérange\n           Couveuses artificielles brevetées                nullement du travail, il est à la portée des\n                   seul propriétaire                        plus petites bourses, et dès le 2° jour produit\n                F. B A U D O Ü X                            une amélioration très sensible. S'adresser à\n        168, Boulevard du Hainant, Bruxelles.               M. LENORMAND, médecin-pharmacien\n                                                            à TOURNAN (Seine-et-Marne, France). Con-\n                                                            sultation par correspondance.\n\n                                                                       GRAND         ARRIVAGE\n                                                        ,                            DE\n\n\n                                                             CHAUSSURES ANGLAISES\n                                                        en tous genres, pour hommes, aux prix\n                                                        incroyables de\n                                                            Fr. 1 2 - 5 0 , bottines ordinaires\n                                                             » 15        »,     »       de l u x e\n                                                        vernis, cuir ou étoffe, avec boutons; lacets\n                                                                          ou élastiques\n                                                                 ALLEZ POUR VOUS CONVAINCRE A\n\n                                                        THE ENGLISH BOOT DEPOT\n                                                                         21, Boulevard du Nord, 21\n                                                               p r è s la. G a r e d u N o r d (1er é t a g e\n\n        Couveuses depuis 110 francs.\n                                                                     CONCURRENCE IMPOSSIBLE\n        Eleveuses depuis 35 francs.                     Rien de commun avec la Chaussure Améri-\n                                                        caine.\n"}, {"page_pdf": 495, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3923, "texte": "    D A T E COFFEE                                  Ce café, tant recommandé par\n                                                 les médecins les plus célèbres de\n                                                 tous les pays,\n\n\n                                               NE COÛTE PLUS RIEN\n      Son prix est remboursé par des billets que vous pouvez\n      immédiatement utiliser comme argent comptant.\n       En vente chez les principaux négociants de la Belgique, en\n     boîtes de fer-blanc, au prix .de fr. 1-50 et 1-88 le 1/2 kilog, boîte\n     comprise. Les boîtes vides seront reprises à raison de 10 centimes\n     pièce. — Pour le gros, s'adresser à T H E B E L G I A N D A T E\n     C O F F E E C° (Limited), 35, rue de Malines, Bruxelles.\n\n      A LA BASCULE                                             FABRIQUE D'APPAREILS D'ÉCLAIRAGE\n Ancienne Maison HEYMANS, hameau de Vleurgat (Uccle)\n 2        et       4j coin de la chaussée                                  4 5 , RUE DES CHANTEURS\n     de Waterloo, près du bois de la Cambre\n                  REOUVERTURE                                         PRÈS LA GARE DU NORD,       BRUXELLES\n DE L'ESTAMINET-RESTAURANT\n      par Ferdinand V A N D E R R I V I È R E                              G.       SCHOONJANS\nGrande salle de 200 couverts pour banquets, dîners\n   de noces et fêtes de sociétés. — On prend des               Lustres, Suspensions, Candélabres\n   pensionnaires.                                               Girandoles, Lanternes, Pendules,\nC h a m b r e s et quartiers garnis et n o n g a r n i s\n                                                                Objets d'art, etc. — F o y e r s à gaz. —\n                                                                Fourniture de compteurs. — Place-\n          à louer. — Ecurie e.t remise pour                     m e n t de tuyaux.\nc h e v a u x et voitures. — Prix très modérés.\n\n                                        P L U S DE DOS R O N D S\n                        Agent général pour la Belgique de la BRETELLE AMERICAINE\n                                                 {Brevetée}\n                                               TILQUIN\n                                     Galerie    de la Reine,     5,     Bruxelles\n                          ,La Bretelle américaine élargit la poitrine, tient les épaules\n                        droite*, soulage le dos et les hanches en soutenait les jupes et\n                        le pantalon, écarte toute tendance »u dos rond, produit une\n                        libre respiration, renforce la voix et les poumons, et donne un\n                        bien-être à c e u i q u i e u font usage. Pnx. : fr. 3-50, 5, 7-50, 10,\n                        12 et 15. — Plus de Jarretière qui engendre les varices. Nouveau\n                        P O R T E - B A . S américain laissant la circulation du sang libre.\n                        Remise au comnwce. — Prix : 2, 2-50, 3 4 et 5 francs.\n\n                         . Seule Maison en Belgique où l'on fabrique spécialement le\n\n                                  POSTICHE D'HOMME\n                          Dernière perfection et du plus grand naturel\n                           TOUPETS ET PERRUQUES DE 10 A 100 FRANCS\n                         Ouvrages artistiques en. cheveux, Bijoux, Cadres, Souvenirs etc.\n\n                               Galerie de la Reine, 5, BRUXELLES\n  NOUVELLE DÉCOUVERTE (le Pogonotome) R A S O I R M É C A N I Q U E .\niToute personne peut se servir de ce rasoir sans aucune crainte de se couper.\n—Agent général : TILQUIN, Galerie de la Reine, 5. Bruxelles. — Prix : fr. 5 et\n7-50 avec lames de rechange (Remise au commerce).\n  R A S O I R S A : \\ « I . A I S do Slieffieid, garantie à l'épreuve. - Tout rasoir peut être changé jusqu'à entière\nsatisfaction de l'acheteur, san' rétribution.\n\n                 Imp. Centrai»-, VAN ASSCHE, Dir.-Gér., 1, rue d'Arenberg, Bruxelles.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 476, "texte": "                                           LA\n\n\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n             PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS\n\n\n\n\n2me Année                     N° 2 4 — Ier Volume                   15 Novembre 1882\n\n\n\n                                  SOMMAIRE\n    Invitation à la Gavotte   .   .                         ALBERT GIRAUD.\n    Deuil                                                   CHARLES FUSTER.\n\n    La Paresse                                              IWAN G I L K I N .\n\n    NOUVELLES DE L A G R A N D ' R O U T E ; Le Saltimbanque MARIUS R É T Y .\n\n    CHRONIQUE LITTÉRAIRE : Barbey         d'Aurevilly   .   GUSTAVE A N D E L .\n\n\n                                  TABLE DES MATIÈRES.\n\n\n\n\n                 Le Numéro : 25 cent. — Étranger : 30 cent.\n     Se trouve chez les principaux libraires et marchands de journaux de la Belgique\n                                      et de l'Etranger\n Les annonces sont reçues exclusivement à la Compagnie de Publicité et d'Émission,\n                        Rue du Fossé-aux-Loups, 32, Bruxelles\n\n\n\n\n                                      BUREAUX\n\n                  LIEGE                                              G AND\n 46, Rue de l'Université, 46                         65, Rue des Champs, 65\n                             BRUXELLES\n                       81, Rue de la Madeleine, 81\n                                            1882\n"}, {"page_pdf": 477, "texte": "     2ME ANNEE DE LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n\n                Changement de Direction\n  M. Albert Grésil informe les\nlecteurs de la « Jeune Belgique »\nqu'il abandonne complétement\nla direction de cette publication,\ndont il a cédé la propriété à M***.\n MM. Charles Mettante, secré-\ntaire de la rédaction, et Francis\nMarcel, rédacteur-gérant, nous\nprient également d'annoncer leur\nretraite.\n L'ancienne Drection souhaite\nplein succès à la nouvelle.\n  Par suite de ces changements,\n« l'Almanach de la Jeune Belgi-\nque » ne paraîtra pas cette année.\n\n  Ce numéro contient en supplément le titre du I er volume qui finit\naujourd'hui.\n"}, {"page_pdf": 478, "texte": "                         LA J E U N E BELGIQUE                                     369\n\n\n\n\n               INVITATION A LA GAVOTTE\n                                  Nous leur ferions danser une telle gavotte,\n                                  Avec des violons si bien faits tout exprès,\n                                  Qu'ils en seraient encore pâles dix ans après.\n                                                              VICTOR HUGO.\n\n\n\n   Le nombre de caniches à queue coupée devient effrayant. On en\nvoit partout de ces chiens piteux, dont le petit pompon de derrière,\nacadémiquement amputé, ne sait plus jouer télégraphe. Le dernier\nbichon diminué que je vis, maigre, les poils rêches, boueux, traînaillait\ncomme un triste-à-pattes, et de sa blessure mal guérie, des goutte-\nlettes de sang une à une tombaient, dessinant sur la blancheur du\npavé un chapelet rouge... Il me navra. Je lui demandai quel était\nson bourreau, son Alcibiade. E t la bestiole répondit : C'est Mos-\nsieu Ferdinand Loise.\n   — ????\n   Vpus ne connaissez pas Mossieu Loise ? Ce n'est pas sa faute,\noh ! non ! Il a fait tout ce qu'il faut pour être connu, et peut-être\ntrop. Il arrive un moment où cette vieille quinteuse de Renommée,\nfurieuse d'avoir toujours à la bouche le même nom, le ravale. C'est\nce qui arrive à Mossieu Loise.\n    De son état, il est professeur à Mons, au collège, à l'athénée, je\n ne sais lequel. E t il continue son cours dans les journaux où il s'intro-\n duit. Il envoie de longs articles aux revues, des articles dont on\n coupe les neuf dixièmes, et qui paraissent longs encore. On met, en\n moyenne, deux jours à lire sa carte de visite. Si on l'avait consulté\n sur la meilleure unité métrique, il eût proposé le tœnia. Il a une\n manière de style, incongrue, avec des renvois lamartiniens, qui est\n le type de cette langue officielle, professorale, employant les mots\n les uns pour les autres, insipide, incolore, énervée, inchantante, une\nlangue de distribution des prix. Il a planté sa cuiller dans le potage\n bleu des Méditations et des Harmonies, et agonit ceux qui n'en\n veulent point goûter. Il a écrit une histoire de la littérature alle-\n mande, qui pourtant ne lui avait rien fait. Il s'est disloqué clownes-\n quement en jouant à la savate avec la Chronique. Autour de tous\nles coches il bourdonne, et ce n'est pas une mouche... à miel. C'est\n lui qui va, tout seul, hisser le monument Wiertz sur les rochers de\n Dinant. C'est lui qui, naguère, appelait à grande bouche, l'attention\n du parquet sur les romans naturalistes ; ils relèvent, disait-il, non\npas de la littérature, mais de la police des mœurs. On énumérerait\n   15 Novembre 1882                                                          24\n"}, {"page_pdf": 479, "texte": "370                      LA JEUNE BELGIQUE\n\n\nplus vite ce qu'il n'a pas fait, que ce qu'il a fait. Enfin — de plus en\nplus depuis la mort du poète — il prétend avoir été l'ami de Lamar-\ntine, ami posthume, disent les méchantes langues.\n   Tel est le dossier de Mossieu Loise.\n   Eh ! bien, Mossieu Loise, dont l'écusson littéraire porte, sur fond\nd'azur, des queues de chiens, vient de commettre, dans les colonnes du\n Journal des Beaux-Arts, une nouvelle Alcibiaderie.\n   Il y a un an et demi, notre collaborateur Emile Verhaeren publiait\ndans ce même Journal des Beaux-Arts,         une étude sur les Poésies\ninédites de Lamartine. Sans autorisation de Mossieu Loise,\nVerhaeren ose blâmer un volume de bric-à-brac, nasarder M. de\nLaprade, et constater le délaissement des œuvres lamartiniennes.\n   Aussitôt Mossieu Loise fait un bond vers les régions bleues, reste\nen l'air un an et demi, puis, le 4 novembre 1882, retombe avec un\narticle sur la tête d'Emile Verhaeren, qui doit avoir ri. Oui, après un\nan et demi, Mossieu Loise s'est fâché. Il a proféré des menaces ter-\nribles, et des prudhommismes d'une saveur biblique. Comment,\nEmile Verhaeren n'aime pas Lamartine, — dont Mossieu Loise con-\nserve des... soupirs en bouteilles, — Emile Verhaeren discute Lamar-\ntine ? Vlan ! une lettre à M. Siret. »         Je lis, sous la signature\nd'un de vos jeunes collaborateurs, un article que je ne puis laisser\npasser sans protestation, car c'est une impiété qu'il a commise, et,\nsans qu'il le sache, les moyens employés pour la soutenir ne sont qu'un\néchafaudage de contre-vérités. »\n   Dégustons.\n   Non, Mossieu Loise, vous ne pouviez laisser passer cet article sans\nprotestation. Vous abstenir, impossible. La postérité eût flétri votre\ninaction, la postérité qui s'hypnotise à vous regarder l'ombilic. Non !\ncet article ne pouvait passer!.. E t pourtant, encore un peu, il\npassait!... Car il était loin, — entre nous — quand vous l'avez\nrattrapé, Mossieu Loise ! Avec le mot impiété, commence le biblique.\n Nous avons enfin un petit prophète, qui a dîné avec Ezéchiel, à la\nfortune du pot, c'est le cas de le dire. Et le Seigneur envoya son\nfidèle serviteur Loise à Emile Verhaeren, qui blasphémait le divin\nAlphonse... (Ecclésiaste.)\n   «... Ces jeunes gens, continue Mossieu Loise, sont-ils incroyables !\n Tantôt, c'est à Gœthe, tantôt à Lamartine qu'ils s'en prennent....\n Quand le cœur n'hésite pas devant une impiété envers les grands\nhommes, il est juste que l'esprit soit frappé d'illogisme ! Détrompons\ncette téméraire jeunesse »\n   C'est un extrait du Télémaque, ça ? Erreur. C'est du Mossieu\n"}, {"page_pdf": 480, "texte": "                         LA J E U N E BELGIQUE                       371\n\n Loise. Ces jeunes gens ! comme il abuse de ses avantages ! Il a\nsoixante ans — depuis soixante autres, — Mossieu Loise ! Il n'a\njamais écrit que des phrases en baudruche, et il est incapable de\nrimer un seul de vos rouges vers — mon cher Verhaeren, — mais il\na soixante ans, lui ! Téméraire jeunesse ! Le talent, c'est une question\nd'état civil ! Ça se conquiert à l'ancienneté, avec les gouttes et les\n rhumatismes. Si Mathusalem avait versifié des cantates, Mossieu\n Loise se serait apoplexiéd'admiration. Soixante ans, lui ! Du moment\n qu'on a, soixante fois, vu pointer la tête verte des asperges, on a du\n talent, voire même du génie ; et on obtient le privilège des brutalités\n de pion et des rogueries degrimaud. Vrai, c'est curieux à observer\n comment ces retraités de la littérature, qui, entre eux, nagent dans\n le sirop de leurs mutuelles complimentades, se font pour les jeunes,\n hérissonnants, méprisants, éteigneurs de flamme et souffleurs de feu !\n L'un d'eux a-t-il le malheur de contrecarrer un Mossieu Loise, vlan !\n Jeunes gens,... incroyables... illogiques.. . impies           menteurs...\n téméraires !... Autrefois, il y avait deux ou trois catharreux et pi-\n tuiteux de cette espèce ; maintenant, ils ont fait souche — ce leur est\n facile, — et les voici nombreux comme les sauterelles d'Egypte.\n Littérairement— si à leur propos on peut employer cet adverbe, —\n ils sont quelque chose. L'un s'endort à l'Académie, sur son fauteuil\n qui fait des discours ; celui-ci cache son indignité derrière la feuille\n de vigne d'un journal ; celui-là se fait arracher des rimes comme on se\n fait arracher des dents : tous sont congestionnés d'orgueil, ballonné\n de vanité. Tous, autour des jeunes qui s'affirment, font la conspiration\n de la grimace. Ils appellent les médiocres et repoussent les forts.\n Ils ont nié Charles De Coster, le cher et naïf grand homme, ils l'ont\n tué en lui inspirant cette idée que son Uylenspiegel ne valait pas.\n Ils ont contesté Lemonnier, le contestent encore ; ils ne se doutent\n ni de Georges Eekhoud, ni de Rodenbach, ni de Hannon. Et lorsque\n un mouvement artistique se prépare, quand une vigoureuse poussée\n se produit, ils s'affolent, donquichottent, matamorent, et toute la\n rancœur des avortements leur remonte aux lèvres, et tout le dic-\n  tionnaire académico-poissard y passe ; les insolences, les âneries de\n  vieux grison, les prudhommismes, les rengaines, les balançoires, tout\n  est bon, tout va, et même les appels à la police et les sournois regards\n  coulés vers le poste. Nous en avons, jusqu'ici, ri : car ils sont gro-\n  tesques. Mais ils sont dangereux aussi. Leur parole humide et froide\n  tombe sur le public comme une pluie qui peu à peu s'infiltre et glace.\n  Ils ont la force de la phrase longtemps serinée, de l'éloge dont ils\n  cosmétiquent leurs têtes, la force que leur donne notre dédain et notre\n"}, {"page_pdf": 481, "texte": " 372                         LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n silence. Assez ! S'ils ne craignent que pour leurs fauteuils, leurs siné-\n cures, pour la ouate officielle dont ils se réchauffent, qu'ils se tran-\n quillisent. Qu'ils enfoncent le mutisme dans leur bouche, comme dans\nle goulot d'une aigre et mauvaise bouteille, le bouchon ! Qu'ils\ngardent les places, qu'ils gardent les primes ! Mais si, encore, leurs\nlèvres rient, leurs yeux se moquent, leurs épaules se haussent, s'ils\nveulent se jeter en travers de l'effort actuel, de la science moderne\nqui évolue, et de l'art moderne qui soleille tout rouge, — oh ! alors\nnous répondrons avec des mots qui se courroucent et s'insurgent, nos\nphrases seront un orchestre de lanières et de cravaches, et nous\ncinglerons, cinglerons, cinglerons, si vite, si fort, et si large, que dans\nune suprême gavotte on les verra danser, danser très haut, et cogner\nenfin de leurs vaines têtes, — les étoiles !\n                                                         ALBERT        GIRAUD.\n\n\n\n                                    DEUIL\n            L'enfant est mort. La mère, auprès du berceau vide,\n            Sanglotte sourdement, et le père, livide,\n            Reste là, les yeux secs, car il n'a plus de pleurs.\n            Avril vient de renaître, et sur les prés en fleurs,\n            Sur les taillis profonds où s'ouvrent les pervenches,\n            Un soleil printanier jette ses nappes blanches.\n            L'enfant est mort. Des nids chantent sous les buissons ;\n            Les bois mystérieux sont remplis de frissons,\n            Les coteaux de baisers, les taillis de murmures !\n            Tout vit. L'enfant est mort. A l'ombre des ramures,\n             Les oiseaux éveillés ont repris leurs amours...\n            Dans son petit berceau, l'enfant dort pour toujours.\n            Demain, quand le soleil aura frappé les branches,\n            Pour lui faire son lit on cloûra quatre planches ;\n            Ses yeux seront fermés, ses beaux yeux ingénus;\n            Le froid du lourd cercueil glacera ses pieds nus,\n            La lèvre qu'il aimait baisera ses paupières,\n            Puis tout sera fini. Quand les premières pierres\n           Auront fait un bruit sourd en frappant le bois blanc,\n           Il sera mort, bien mort; et son père, tremblant,\n           Humble, regagnera la maison froide et grise;\n           Et sa mère sans voix, que la tristesse brise,\n           Pleurera pour toujours le cher petit enfant !\n           Les autres l'oublieront.\n\n                               Mon Dieu ! le cœur se fend,\n           Quand ceux qui nous charmaient, notre douce lumière,\n"}, {"page_pdf": 482, "texte": "                              LA JEUNE BELGIQUE                               373\n\n               Ceux dont nous adorions la gaîté coutumière,\n              Ces petits séraphins, ces anges ingénus\n              Partent pour le pays dont ils étaient venus.\n              Nous les caressions tant ! ils aimaient tant leur père !\n              Pourquoi donc les reprendre ? Ah! cela désespère,\n              Seigneur, lorsque ta voix nous dit : « Rends-moi ton fils. »\n              Ah! nous nous traînerions au pied des crucifix,\n              Nous te donnerions tout, notre coeur et notre âme,\n              Pour échapper du moins à cet acte du drame !\n              Mais non, tu ne veux pas. Tu les prends. Ils s'en vont.\n              Et puis nous sommes seul, et le vide est profond\n              Que laissent après eux tous ces chers petits anges:\n              Et si nous blasphémons, pris de doutes étranges,\n              0 Maître, tu nous dis : « Il vous reste la foi.\n              Vous aimiez ces enfants. Ils sont morts.     Aimez-moi.\n              Ne levez plus vos mains vers le ciel, ma demeure !\n              Pour que je sauve l'homme, il faut que l'ange meure! »\n              0 Dieu, nous ne pouvons, car nous sommes de chair ;\n              Nous aimons à jamais ce qui nous était cher !\n              Puisque, malgré nos pleurs, tu ne peux nous les rendre,\n              Pourquoi les as-tu pris, ô Maître, sans nous prendre ?\n                                                             CHARLES FUSTER\n\n\n\n\n                               LA PARESSE\n   Il n'est pas de préjugé plus bête, plus philistin, plus préhistorique que celui\nqui intitule la paresse un défaut. C'est un prétexte inventé par les\ncerveaux creux ou pleins de bile pour agoniser les doux, les rêveurs, les pen-\nseurs. Paresseux ! la belle injure, en vérité ! Seule arme du marchand de suif\ncontre l'artiste, du photographe contre le peintre, du gratte-papier contre le\npoète, du cocher de fiacre contre le vélocipédiste, du pêcheur de crevettes\ncontre le pêcheur à la ligne, de la fourmi contre ce rossignol de la terre : la\ncigale, de la grossièreté contre l'esprit, des pieds contre la tête. Devant le pa-\nresseux le bourgeois sent son infériorité et se recroqueville. L'escargot rentre\ndans sa caracole. Mais, barricadé, il bave. Grâce à lui, le Paresseux est un\nparia. On le rebute, on le raille, on le déchire à coups de dents ironiques,\nparce qu'il préfère le commerce de l'esprit à celui du vermicelle, le parfum des\nforêts emprintannées aux senteurs du savon de Marseille, une rame de bar-\nquette à une rame de papier, un conte d'Hoffman à des comptes d'apothi-\ncaire, une pièce de vers à une de drap, le gloria de la Messe de Gounod à celui\nque M. Prudhomme sirote tous les jours après dîner, et la vie de Bohème aux\ncristaux de ce pays. Pauvre Paresseux ! Le bourgeois le hait, l'assassine de\nmaximes, l'écrase de dédains ; il voudrait l'extirper de la société, il lui coupe\n"}, {"page_pdf": 483, "texte": " 374                            LA J E U N E B E L G I Q U E\n\n\nles vivres, gardant tout pour sa bedaine. S'il le pouvait, il requerrait les gen-\nd a r m e s . Il cherche dans le code un article coffrant la paresse ; il l'enverrait\nà Cayenne, en abolissant le droit d'amnistie.\n    M a r t y r de cette immense injustice, le Paresseux est traqué comme un cri-\nminel. Demande-t-il, pour faire une fin, la main de Mlle P e p e r m a n s en avouant\nqu'il n'a pas de profession, M. P e p e r m a n s l'envoie en c h e r c h e r une dans les\nhuiles, et lui confie que sa progéniture épousera un coffre-fort, non un panier-\npercé. Poussé par la faim, il se présente dans un ministère : on lui préfère\nM. Anatole B , un imbécile diplômé. S'il est forcé de se r a b a t t r e sur le com-\nmerce et s'offre à tenir les livres, le m a r c h a n d de glaces craint qu'il ne casse les\nvitres, le vendeur de faïences qu'il ne mette les pieds dans les plats, et le ban-\nquier qu'il ne fasse moins d'additions que de soustractions. Tout le monde le\nrenvoie à Pilate ou aux calendes grecques. Alors la fringale le prend.\n Il faut pourtant trouver de quoi casser une c r o û t e . Il descend la spirale des\n petits métiers de la littérature journalière, où il ramasse un peu de pain, rare\n et coriace.\n     E h bien, cela est injuste. A mon avis, le paresseux a bien plus de droit aux\n bienveillances publiques que les condamnés, chefs de bureaux et autres\n crustacés nourris dans l'aquarium du gouvernement.\n     En doutez-vous ? Anatomisez donc la nature du paresseux !\n     Le paresseux est avant tout homme d'esprit. Il raisonne, et connaît les c h o s e s .\n Riche, il se dit que ses ancêtres ayant par leur travail acquis un patrimoine,\n c'est précisément ce qui lui permet de prendre du repos. Si sa ligne a s c e n d a n t e\n ne lui a laissé que de bons conseils, il compte sur l'avènement des théories qui\n donnent à chacun un revenu suivant son mérite. Mais, lui objectera-t-on, mil-\n lionnaire ou m a n s a r d i e r , vous devez travailler pour mériter votre place dans\n la société, vous êtes une bouche inutile. E r r e u r déplorable! répond-il ; personne\n n'est plus utile que moi. Au lieu de produire, et d'encombrer moi aussi les\n m a r c h é s déjà s u r c h a r g é s , selon les gazettes, je consomme, je sers de débouché\n aux produits des a u t r e s , je favorise le commerce, c'est grâce à moi que la\n société ne m e u r t pas de pléthore. Le consommateur est une soupape de s û r e t é .\n Si M M . les publicistes avaient la plus microscopique idée des lois de l'offre et\n de la demande !\n     Et sur ce chapitre il est aussi intarissable que M a n n e k e n - P i s .\n     Il cite aussi les E c r i t u r e s , rappelle qu'au septième jour de la création le\n  Seigneur se croisa les bras, et qu'il ordonna à l'homme d'en faire a u t a n t .\n     Spirituel, le paresseux est encore observateur. Il flâne, les mains dans les\n poches, le nez en l'air et d a r d a n t ur les nuages, ou les yeux rivés au sol, sur\n les évolutions des fourmis, s c a r a b é e s , bêtes de four, et autres volatiles de bas\n é t a g e . Vous croyez qu'il baye aux corneilles, pas du tout. Il emmagasine des\n faits innombrables, des détails insaisis : et comme, ayant promené son intelli-\n gence dans tous les livres, il sait un peu de tout, maintenant il ajuste peut-être\n ses observations aux théories apprises, et qui sait s'il ne va pas nous émerveil-\n ler par une éclatante découverte ?\n      Le plus souvent il est artiste, homme de lettres, surtout poète en congé. En\n"}, {"page_pdf": 484, "texte": "                                 LA J E U N E B E L G I Q U E                            375\n\nlui la sensibilité est exquise. U n e fleur, un brin d'herbe, un sentier à l'ombre,\nplein de branches folles, de gazouillis d'oiseaux, et d'échappées de soleil ; une\ns t a t u e , une mélodie v a g u e m e n t b a l a n c é e , un visage d'enfant, rose et blond,\navec de grands yeux rêveurs, tout cela vibre en lui et le jette dans les ravisse-\nments. Comme la sensibilité dans le monde est une faiblesse, il s'est forgé pour\nse défendre une fine et mordante épée d'ironie, qui jette a u t o u r de lui do t r a n -\nchants éclairs.\n     D'où il suit que le paresseux littéraire est pius respecté que les a u t r e s , hor-\nmis chez ses collatéraux : phénix parmi des t a u p e s .\n    Il est le t y p e d ' u n e classe nombreuse, où brille une espèce particulièrement in-\ntéressante, l'Etudiant littérateur. Celui-ci est abreuvé de déboires insoupçonnés.\nPour peu qu'il soit affligé d'un oncle chrysostome et d'une buse chronique, son\nsort est horrible. L'oncle fait des apparitions terrifiantes, comme les fantômes\nde Charles V I , à la Monnaie, et des discours e n d o r m e u r s , comme nos députés.\n« F a i s ton chemin ! crie-t-il sans cesse ; je te pousserai ! — Bien h o n n ê t e ,\nrépond l'autre, vous pourriez me contusionner. Pour mon chemin, donnez-\nmoi un attelage russe, et vous me verrez trotter ! »\n     L'oncle est un encroûté ; évidemment il ignore que la paresse mène d'elle-\nmême aux plus splendides sommets. Klopstock était à l'Université un fainéant\nendurci : c'est pourquoi il écrivit la Messiade, L a jeunesse de lord Byron fut\nune paresse dorée et le titre de son premier livre : Heures de Paresse. Villon, le\ndéplorable escholier donné à maie vie, grand casse-cou, pendard et poète,\nM a t h u r i n , Régnier, Alfred de Musset, nos gloires enfin, tous paresseux !\n    J a m e s W a t t , qui inventa la machine à vapeur en r ê v a s s a n t devant\nun coquemar, et le gamin imaginant le mécanisme des tiroirs pour jouer\nhors de l'atelier, — paresseux ! Enfin M. de Bismarck, étudiant buveur, fu-\nmeur, querelleur, qui n'a pas encore passé ses e x a m e n s , et qui a fait de la\npetite Prusse le plus puissant É t a t de l'Europe, — paresseux !\n                                                                         IWAN GlLKIN.\n\n\n\n\n            NOUVELLES DE LA GRAND'ROUTE\n                                LE     SALTIMBANQUE\n\n    L e pauvre cheval galeux et maigre galopait presque en descendant la côte,\npoussé par la lourde voiture qui lui pesait aux flancs.\n     Il faisait un temps splendide; dans la pleine chaleur du jour, le soleil piquait\nobliquement le feuillage des bouleaux et des chênes qui se rejoignaient en\na r c h e s au-dessus de la g r a n d ' r o u t e . A droite, une chaîne de collines aux crêtes\nébréchées se dressait brusquement en murailles à l'autre rive du fossé ;\nà g a u c h e , une haie brune et crépue clôturait le p a r c dépendant du manoir\nseigneurial dont la vieille tour lépreuse s'accrochait à l'angle d'une ccnstruc-\n"}, {"page_pdf": 485, "texte": " 376                        LA JEUNE BELGIQUE\n\ntion homogène. Et la chaussée, voûtée de vert, se déroulait, rapide, presque\ndroite, perdue dans l'ombre.\n    La voiture roulait. C'était une immense caisse oblongue, couchée sur les\n deux essieux de quatre roues boueuses, avec une large ouverture à la face an-\n térieure et deux petites fenêtres semblables à des sabords. Le tout était peint de\n jaune à la détrempe, et marbré de gris par les rigoles capricieuses des pluies\n récentes.\n    Sur le devant du véhicule, entre le cheval et la caisse, un homme debout, les\n  guides à la main, conduisait, montrant son visage noir et brûlé, couronné d'une\n  frondaison douteuse, rousse et grise, éparpillée sans ordre sur un crâne coni-\n  que ; son pardessus pelé et roux comme ses cheveux ; et ses bas jaunâtres,\n  mal tendus sur une paire de jambes grêles et cagneuses.\n                                        * *\n    L'homme se nommait Flageolet. Or, Flageolet était un prestidigitateur émé-\n rite. Jamais une fête en plein vent n'avait lieu sans que Flageolet y figurât en\n costume de souverain ou en toge et bonnet pointu de magicien.. Flageolet avait\n fait plusieurs fois son tour d'Europe ; il avait eu de grands succès ; mais mainte-\n nant qu'il se faisait vieux il ne voyageait plus qu'en France ; il était devenu\n casanier.\n    Bien certainement Flageolet eût fait de brillantes et sonnantes recettes dans\n les salons où l'on eût été certainement flatté de l'admettre ; mais une chose\n s'opposait à cela : Flageolet n'avait pas de pantalon.\n    Aussi, tout entier à l'espoir d'une séance fructueuse, le saltimbanque lâchait-\n il de plus en plus la bride à sa bête, qui cabriolait au milieu d'un tourbillon de\n poussière, dans la direction de Bouzancourt en Haute-Marne.\n    Bouzancourt n'est pas précisément un village ; c'est, entre des côtes et des\n vallons couverts de vignes, trois douzaines de maisonnettes, blanches le matin,\n jaunes à midi, roses avant le soir, espacées dans quelques hectares de terrain\n sec et vivace, sous un ciel brûlant, grisé par les émanations des vignobles.\n Trente-cinq feux, comme on dit dans le pays.\n    Flageolet, se rendant à Vassy, avait jugé à propos d'ahurir la population de\n Bouzancourt avant d'étonner celle du chef-lieu d'arrondissement. Il y avait,\n au centre même du hameau, entre un tas de fumier et un atelier de tonnellerie,\n une petite place que le saltimbanque connaissait, et où il se proposait de remiser\n son véhicule durant la nuit prochaine.\n                                          *\n                                         * *\n   Il pouvait être quatre heures de relevée lorsque Flageolet aperçut le groupe\n d'habitations, au bout de la voûte de feuillage. En même temps, quelques\n paysans, vignerons et vigneronnes, commençaient à gravir la montée condui-\n sant à l'église. Les cloches tintonnaient à toute volée ; le ciel s'empourprait\n au couchant ; la terre fumait ; et les ceps des coteaux, cramponnés aux échalas\n gris, se tordaient et se frisaient dans les convulsions d'enfantement des pre-\n mières grappes veloutées.\n"}, {"page_pdf": 486, "texte": "                            LA JEUNE BELGIQUE                                   377\n\n   Alors Flageolet fit arrêter le cheval, qui se prit à suer et à souffler, à travers\nson cuir malade, de larges larmes d'eau fumante. L'escamoteur voulait faire\nune entrée marquante dans la localité. Il ouvrit la porte pratiquée dans la\ncaisse de la voiture et appela :\n   — Mitaine !\n   Mitaine apparut sur le seuil. C'était une petite femme brune, au teint de poi-\ntrinaire, à laquelle on n'eût pu donner un âge quelconque sans se tromper de\ncinq ou six ans, en plus ou en moins. La propreté de ses haillons contrastait\nétrangement avec la nuance vague de ceux de Flageolet. D'ailleurs, elle avait\nl'air doux et résigné, la bouche close, et l'œil humide.\n    Mitaine était la femme de Flageolet. Quelquefois, lorsque l'escamotage ne suf-\nfisait point à l'amusement de la société, Mitaine remplissait les fonctions de\nsomnambule. Le prestidigitateur lui bandait les yeux et la faisait asseoir sur une\nchaise, au milieu du cercle ; puis, après avoir étendu les mains sur son front,\n et lui avoir dit la phrase conventionnelle : « Dormez, je le veux ! » il l'interro-\n geait sommairement au sujet de tel ou tel individu de l'entourage.\n    Quand la petite femme se fut approchée, Flageolet lui dit, d'un air solennelle-\n ment comique :\n    — Femme, il y aura tantôt deux jours que la bête n'a plus d'avoine ; que\n toi et tes mioches n'avez plus de pain ; et que moi, Flageolet, le premier\n prestidigitateur de l'Europe, après Robert-Houdin, n'ai plus de tabac. Il est\n temps que nous dînions ; je sens à mon estomac que l'heure a sonné depuis long-\n temps. Me trouvant ici en pays civilisé et ami des arts, j'ai résolu de donner un\n échantillon de mon talent à ces bons villageois, que tu vois là-bas, sur la route,\n regardant notre carriole avec des yeux grands comme des portes 'cochères.\n Donc, je te prie de faire toilette pour inspirer confiance.\n                                         * *\n   Un quart d'heure plus tard, Mitaine, en robe de gaze, et Flageolet, en cos-\ntume de velours pailleté d'argent, faisaient leur entrée triomphale dans Bou-\nzancourt, dont la population, étonnée et ravie, admirait sans comprendre.\n   Arrivé à la petite place, l'escamoteur arrêta une seconde fois son cheval, et\nharangua la foule ;\n   « Mesdames et messieurs, nous venons de faire douze lieues exprès pour\navoir le plaisir d'exécuter devant vous les travaux qui ont excité les applaudis-\nsements de la France et de l'Europe entière... Car, ne croyez pas, mesdames\net messieurs, que je vienne sur cette place pour vous vendre des onguents et\nvous arracher les mâchoires... Non, mesdames et messieurs; je viens vous\nfaire voir ce que vous n'avez jamais vu, ni vous ni vos descendants ; je viens vous\n montrer des prodiges : je viens... Mais, du reste, vous allez juger par vous-mê-\nmes. Le temps de montrer mon permis aux autorités, et je commence. »\n   Les paysans, la face rouge et les yeux écarquillés, se questionnaient dans\n leur patois indigène. Aux environs, les cruchons de grès se vidaient sous les ton-\n nelles vertes; les femmes quittaient leurs seuils, pour voir ; les hommes arri-\n vaient et les enfants accouraient en riant.\n"}, {"page_pdf": 487, "texte": " 378                        LA JEUNE BELGIQUE\n\n   Flageolet, aidé de Mitaine, avait dressé au milieu de la petite place une lon-\ngue table, sur laquelle s'étalaient différents objets de formes bizarres : des\njeux de cartes, un pistolet à entonnoir, un chapeau de soie bossue, des gobelets\nde fer-blanc, des sphères de cuivre, etc.\n   Quand tout fut prêt, quand un cercle de blouses et de sabots se fut formé\n autour de l'artiste, les exercices commencèrent.\n   La sphère de cuivre, le pistolet, les cartes, les gobelets passèrent tour à tour\n entre les mains de Flageolet. L'artiste avait bien dit : des prodiges de passe-\n passe s'accomplissaient devant les béats campagnards, qui regardaient avec de\n larges rires muets.\n                                        ** *\n   Au bout d'une heure, quatre sous étaient tombés à regret dans la coquille de\nl'escamoteur. Au loin, les vignerons revenaient de leur promenade ; la terre,\nles ceps, les échalas avaient pris une teinte uniforme ; et des groupes de jeu-\nnes gens descendaient les coteaux en chantant un refrain de laboureurs :\n   « Dans mon jardin j'ai rentré,— La rosée du mois de mai, — Trois fleurs\nd'amour j'ai cueilli,— La rosé-é-e. — La rosée du mois de mai — Est ben\nmouillé — é -- e... »\n   Alors Flageolet regarda Mitaine. La pauvre femme était bien pâle ! elle\ns'appuyait à l'un des coins de la table improvisée, résignée, muette. Sur un\nsigne de son homme elle alla jusqu'à la voiture et revint avec une chaise qu'elle\nplaça au milieu du cercle.\n   L'artiste harangua de nouveau son auditoire. Il allait faire dire à toute per-\nsonne de la société qui le désirerait, son âge, son nom, celui de son épouse ou\nde sa future, et encore beaucoup d'autres choses étonnantes.\n   Après avoir placé un bandeau sur les yeux de Mitaine, Flageolet com-\nmença.\n   Vraiment, c'était jouer de malheur ! à présent voilà que personne ne voulait\nse frotter aux paroles de la somnambule ! quelques-uns disaient qu'il y avait de\nla magie, de la sorcellerie là dedans ? Et l'on s'en allait; et le cercle deve-\nnait clair.\n   Mitaine, assise, attendait toujours qu'on l'interrogeât.\n   Enfin, cédant aux paroles de Flageolet, un grand gars de vingt ans demanda\nqu'on lui dît l'âge de sa promise.\n   L'escamoteur transmit la question à sa femme.\n   Celle-ci, les bras pendants, la tête inclinée, ne répondit pas.\n   L'artiste parla plus haut.\n    Même silence.\n    Il s'approcha de Mitaine, et lui prit la main. Soudain, il devint blême, chan-\n cela, et fut obligé de se retenir. Enfin, il se tourna vers les derniers assistants,\n et leur dit d'une voix qui tremblait, la phrase finale :\n    — Mesdames et... messieurs.., c'est pour avoir l'honneur de... vous\n remercier...\n    Puis, vigoureux, il prit Mitaine entre ses bras, et courut du côté de la voi-\n ture.\n"}, {"page_pdf": 488, "texte": "                                LA J E U N E BELGIQUE                                   379\n\n\n   Les villageois, étonnés, r e g a g n a i e n t lentement leur» demeures ; tandis que\nl'un d'entre eux répétait :\n   — Hein, je l'avions ben dit qu'il y avait de la diablerie dans tout ça ! C'est\nben fait ! c'est l'bon Gieu qui l'a punie !\n                                             **\n   Le soir, à dix heures, le médecin du canton sortait de la carriole de Flageolet.\n\"Inanition ! \" avait-il dit au saltimbanque, après avoir longuement contemplé\nMitaine.\n   — Inanition ! répétait l'escamoteur en r e g a r d a n t les deux chandelles de suif\nqui brûlaient sur la petite table, à côté du grabat où reposait la pauvre femme,\nInanition !...\n   Puis, brusquement, il se prit à sangloter, tenant entre ses doigts j a u n e s sa\ntête conique, encore coiffée de la toque de velours pailleté.\n   Alors, Claude, le plus jeune des deux enfants accroupis dans un coin, s'éveilla\net se frotta les yeux.\n   Flageolet sanglotait toujours; et les chandelles fumaient, en j e t a n t une lueur\nblafarde sur le visage moite de Mitaine morte.\n   — P è r e , dit Claude en se levant à demi, pourquoi donc que m a m a n ne nous\na pas couchés, ce soir ?...\n                                                                      MARIUS     RÉTY. '\n\n\n\n\n                    CHRONIQUE                   LITTÉRAIRE\n   Une Histoire   Sans Nom,     par JULES   BARBEY D'AUREVILLY. — Un vol. in- 12.\n          Paris, Alphonse Lemerre, éditeur. 3-50. —Panurge, journal parisien.\n   Je ne sache pas de personnalité littéraire qui ait plus grandi en ces dernières années\nque celle de M. Barbey d'Aurevilly. Il a fallu notre génération éprise d'art pur, dégagée\ndes rancunes politiques et religieuses, pour donner à ce maître écrivain la très haute place\nqui lui revenait. Nos devanciers, quand ils ne se laissaient pas distraire par le dandysme\nde sa collerette ou de sa limousine, oubliaient volontiers le styliste impeccable qui est en\nlui pour combattre le chevalier de toutes les choses mortes, toujours en guerre contre\nl'idée moderne. Naguère encore, je lisais un journal de province qui, à propos du Faust,\nparlait du « fanatique Barbey d'Aurevilly. C'est bien la note des jugements d'il y a vingt\nans sur l'auteur d'Une Vieille Maîtresse. — Fanatique! On croyait avoir tout jugé de sa per-\nsonnalité quand on avait lâché ce mot, lancé avec une ironie et une superbe homaisiennes.\nAujourd'hui, il n'est pas de lettré, il n'est surtout pas d'écrivain de valeur qui ne salue en\nBarbey d'Aurevilly un des maîtres de la langue. O h ! ce n'est pas qu'il ne soit à\nl'autre pôle de nos idées et de nos aspirations. Ce n'est pas sur un chemin de Damas\nque la génération actuelle a laissé ses croyances et trouvé le dégoût des tracasseries\nphilosophiques. Son scepticisme ne pratique d'autre religion que celle de l'art et ne\nreconnaît d'autre légitimité que celle du talent. Mais elle pratique l'une ardemment et\nsalue l'autre pleinement, en dehors des partialités d'école et des divisions artificielles de\nsystèmes.\n   C'est ce que prouve actuellement le succès très grand d'Une Histoire Sans Nom,\noù l'on retrouve toutes les qualités de langue et de conception qui caractérisent le\n"}, {"page_pdf": 489, "texte": " 380                             LA J E U N E       BELGIQUE\n\ntalent de M. Barbey d'Aurevilly. Certes, si l'on analyse l'œuvre et que l'on cherche à en\ndiscuter le fond, on trouvera autre chose que ce que nous sommes en ce moment portés\nà chercher dans nos romans. Mais ces livres : Une Vieille Maîtresse, Une Histoire sans\nNom et les autres, ne doivent être résumés ni analysés,ils doivent être lus. Et l'on est alors\nfatalement » empoigné « par la nervosité virile de la langue et la marche altière du récit.\nLa belle langue, en effet, d'une netteté fouettée et souple et en même temps d'une soli-\ndité qui semble ne pas connaître l'effort ! Pour Barbey d'Aurevilly le métier n'existe pas.\nOn ne retrouve jamais sous sa phrase, trace, de l'anhèlement de l'artiste, qui parfois, même\nchez les plus forts, perce la trame du style. Pas de procédé non plus : quelquefois seule-\nment la phrase trop imposante, ne s'adapte pas exactement à l'idée de tous les jours\nqu'elle doit exprimer et lui donne un ton un peu surélevé. Et cette plume devient un pin-\nceau qui pose un décor en quelques traits. Lisez la description qui ouvre le présent\nvolume, une merveille de netteté picturale et évocatrice !\n   Mais lisez plutôt l'œuvre entière. Vous la trouverez étrange, en dehors de nos habi-\ntudes et de nos procédés littéraires, mais vous serez séduit par l'allure superbe et —\nque le mot y soit ! — puissante de toute l'œuvre.\n\n  Je profite des quelques lignes qui me restent pour souhaiter — un peu tard — la\nbienvenue à un nouveau journal littéraire et mondain : Panurge, qui paraît chaque\nsemaine à Paris. Il est dirigé par M. Harry Alis et a pour rédacteur en chef Félicien\nChampsaur. Parmi ses collaborateurs on trouve les noms de Guy de Maupassant, Emile\nGoudeau, Maurice Rollinat, Antony Blondel, Léon Hennique, J.-K. Huysmans, Pierre\nde Lanno, Maurice Guillemot, Edouard Rod, etc.; en un mot, toute la vaillante pha-\nlange des jeunes, des forts, des modernistes. Panurge continue la Vie Parisienne, il\ncontinue surtout le Figaro hebdomadaire, avec lequel toute une génération parvint au\nsuccès et à la gloire.\n  De charmants dessins de Pille, Luigi Loir, Robida, Detouche, Somme, Willette égayent\nchaque numéro. Sous la rubrique : Livres futurs, il a déjà donné de longs extraits des\nœuvres que préparent Guy de Maupassant, Hennique, Blondel ; ainsi que du Bonheur\ndes Dames, le prochain roman de Zola, etc. Nous souhaitons la meilleure chance à notre\nvaillant confrère, qui avec de tels collaborateurs ne peut manquer d'aller droit au succès.\nAjoutons qu'il a pour correspondant belge M. Albert Grésil, sous la direction duquel la\nJeune Belgique a paru jusqu'à ce jour.\n                                                *\n   Très intéressante, l'étude que prépare en ce moment notre ami Max Marc sur le cou-\nvent. L'auteur y expose en quelques pages d'un style sobre et concis, l'histoire de cette\nétrange institution qui, fondée par quelques cénobites retirés au fin fond de la Thébaïde,\nne tarda pas à se répandre dans le monde entier. Il nous donne de curieux détails sur\nl'organisation des premiers couvents, nous montre les moines d'abord instruits, travail-\nleurs, puis, peu à peu s'enrichissant, se débauchant et devenant de véritables tyrans pour\nles serfs qu'ils exploitent. Enfin, après nous avoir servi une bonne tranche de frissons,\nen nous racontant quelques-unes des tortures de l'Inquisition ; — ces choses sont connues,\n mais elles sont souvent bonnes à rappeler — M. Max Marc sonne l'appel des générations\nde l'avenir et, dans une fougueuse péroraison, les convie à la lutte contre l'hydre enva-\nhissante des corporations religieuses. Tout cela est écrit d'une plume jeune et convaincue,\navec je ne sais quelle ardeur communicative, et, si la langue n'est pas toujours exempte\nde poncifs, chose presque fatale en politique, du moins est-elle facile et agréable, disant\nbeaucoup en peu de mots et ne cherchant pas l'effet. Cette plaquette, élégamment éditée,\nest de celles qu'il est bon de répandre et nous souhaitons plein succès à son belliqueux\nauteur.\n                                                                      GUSTAVE ANDEL.\n"}, {"page_pdf": 490, "texte": "                              LA J E U N E B E L G I Q U E                          38l\n\n\n\n\n                 TABLE DES MATIÈRES\n\n\n             Gustave ANDEL                                   COQUEI.IN, cadet.\nLes Livres                              207    Ernest d'Hervilly                      ^l7i\nChronique littéraire               3G5, 379\n                                                                   CORSINO\n             Jacques ARNOUX\n                                               Revue de la Quinzaine . . . . 63, 80, 96\nrot-Bouille et l'Abbé Constantin. . . 134\n                                                                     A,\n                  G. B.                        Les Livres. . . . 95, 112, 128, 141, 158\n                                                                      I7S, 188, 207, 224\nMon Carton (poésie)                     270\n                                                                J. DESTRÉE\n                   L. B.                       Lettre perdue                         186\nLes Livres                              208              Hippolyte DEVILLERS\n\n             Frédéric BATAILLE                 Nuit tombante (poésie)                 91\n                                               Epiphancia (poésie)                   137\nSentiers dé Mai (poésie)                 24\nRêve (poésie)                            69    La Tante Poulaine (nouvelle) . . 214, 231\nAvril (poésie)                          148\n                                                               L A DIRECTION\nSpleen (poésie)                         281\nLes Inconstances (poésie)               291    Ballade de Boutique                   193\nDemande (poésie)                        300\n                                                               Gustave DROZ\n             Jules DE BAUGNIES\n                                               Conte du paradis                      194\nRondels d'Avril                         164\n                                                             Georges EEKHOUD\nHoux et Anémone (sonnet)                205\nLes vieilles Lunes (rondel)             317    Le Semeur (poésie)                      II\n                                               l'Homme de l'Eglogue (poésie). . . . 162\n               Paul BERLIER                    Les Protégés de ma Grand'mère (nott-\n                                                  velle)                   321, 338, 353\nPremières Rigueurs (poésie)              38\n                                                               François FABIÉ\nFleurs fanées (sonnet)                   70\nUn peu d'Amour (poésie)                 106    La Couveuse (poésie)                  253\n\n          Louis DE CASEMBROOT                                  Charles FUSTER\n\nA Eugénie Darrien (sonnet)              110    Mon Ruisseau (sonnet)                 147\nAu Balcon (sonnet)                    . 147    Hoc erat in Votis (sonnet)            177\nSonnet                                  205    Comme la Mer (poésie)                 283\n                                               Deuil (poésie)                        372\n                 CHAKDEL\n                                                               Iwan GILKIN\nRevue de la Quinzaine                   144    Anatomie (sonnet)                     270\n"}, {"page_pdf": 491, "texte": "  382                           LA J E U N E B E L G I Q U E\n\n\n Chronique musicale                     317                      Paul LAMBER\n Sonnet                                 343\n La Paresse                             373    Jane {nouvelle)                         131\n\n               Octave GILLION                                  Auguste LAVALLÉ\n\n Les Illusions (poésie)                 239    Contes sylvestres : Le Loup             165\n\n               Albert GlRAUD                                Camille LEMONNIER\n\n Idylles modernes : Histoire simple . . 17     Thérèse Monique (un Chapitre      iné-\n                                                 dit)                            241, 257\n            —       Résurrection . . , 286\n Zola romantique                         49                     Edouard LEVIS\n Contes fantastiques : le Contre-fa . . 70\n-Jean Richepin                      92, 124    Elégie (poésie)                         245\n Madrigal rouge (poésie)                100    Stances à la Mer (poésie)               334\n Nos Écrivains : Octave Pirmez . . . 2 1 7\n Le Scribe (fragment)                   305                 Jacques MADELEINE\n Rondeaux                               348\n Sonnet d'Aurore                        360    Prêter des Livres                      261\n                                               Rêve d'Idylle. La Fée. (sonnets) . . . 364\nInvitation à la Gavotte . '            369\n                                                                 Max MARC\n               Albert GRÉSIL\n                                               Une Lettre curieuse                     24\nRevue de la Quinzaine                    62    En Province                        40, 181\nTriolets de Mai                         161    Conjungo                               296\n                Charles GROS\n                                                               Francis MARCEL\nCompassion (poésie)                     57\nLa Fin du Luth (poésie)                130     Les Livres                               15\nEn Barque (poésie)                     204\nLes Jouets (poésie)                    308                     Henri MAUBEL\n\n               Théo HANNON                     Noël triste {conte)                      33\n\n Manneken-Pis {sonnet)                  163                    Francis MELVIL\n              Louis HAVERSIN                   La Rose d'Ophélie {nouvelle) . . . .   2\nLes Revendications de la Femme . 28, 44        La dernière Aventure {nouvelle). . . 278\n\n              Ferdinand HUART                                  Louis MERCIER\n\nTorpeur (sonnet)                       148     Bouquet surpris (poésie)                 75\nSoleil couchant (sonnet)               296     A Victor Hugo (sonnet)                  114\n                                               Vierge et fleur (poésie)                146\n               Arthur JAMES                    Le chasseur de loups (poésie) . . . .   163\nAb Ovo                              52         Coin de forêt (poésie)                  271\nBête de Somme {nouvelle) . . . 138, 155\n                                                               Henry MÉRIOT\n               John KEAT\n                                              Un Bal chez les Pâquerettes              113\nCorrecteur!                            282\n                                                            Charles METTANGE\n                Fernand L.\nChronique de Paris : Françoise de Ri-         Les Livres                 14,32,64,95,112\n  mitii                               168     Pâques-fleuries {nouvelle)           73, 90\n"}, {"page_pdf": 492, "texte": "                                 LA J E U N E BELGIQUE                                    383\n\n\nOdette                                97                    Edouard RONVAL\nAu nommé Printemps (poésie) . . . . 178\n                                                Une Amourette (poésie)                    300\nAndré Theuriet                  225, 264\nRevue de la Quinzaine . . . 95, 111, 176\n                                                                    SIEBEL\n                F . NAUTET\n                                                Triolets à Jeanne                         123\nUn Romancier moderniste . . . 308, 323\n                                                Orgie (poésie)                            145\nAlphonse Daudet               343, 361\n                                                                 Lucien SOLVAY\n                  NEMO\n\nChronique littéraire                    2S8     Mors-Amor (poésie)                        161\n                                                                  SPECTATOR\n                Henri NIZET\n                                                Revue de la Quinzaine                     188\nHypothèse psychique                     246\n                                                                   STÉPHANE\n              Albert OLANDRE                    Primavera (triolets)                      177\nRevue de la Quinzaine               63, 128                  Hélène SWARTH\nLes Livres                   32.64, 112, 160\n                                                Étoile du Soir (poésie)                   277\n               Albert ORTH\n                                                                  Mathilde T .\nLes livres              16, 95, 127, 192, 208\n                               224, 256, 304    De quoi parlent les Jeunes filles . . .    47\n              Alfred POUTHIER                               Eugène TAVERNIER\nScapin (sonnet)                       54        Rondeaux                                  284\nChâteau (sonnet)                     147\nChronique de Paris: La Foire au Pain                         Jean TISSERANT\n  d'épice                            196\n                                                Le dernier Jour d'un Condamné . . . 327\n               La RÉDACTION                                Rodrigue TOULANGE\nLa Jeune Belgique                          I    Silhouette bohème                         107\n\n                Marius RÉTY                                          M. V.\nNouvelles de la Grand'route :                   Un Cours d'Histoire à l'Université de\n       —       La Rousse . . . . 350              Bruxelles                            30\n       —       Le Saltimbanque . 373            L'Exposition de l'Essor                55\n                                                L'exposition de /'Union des Arts . . 108\n              Octave RICHARD                    Du Rôle de la Critique dans l'Art . . 121\n                                                Revue de la Quinzaine                 143\nPassage de Zingaris (poésie)    . . . .215\n                                                Exposition des Aquarellistes . . . . 152\n                                                Exposition du Cercle Artistique. 171, 183\n               Jean RICHEPIN\n\nSonnets                                 337                       Ernest V. D.\n\n             Georges RODENBACH                  Lamento (sonnet)                           61\n\nSonnet                                    14                 Emile VERHAEREN\nLa Veilleuse (sonnet)                     23\nRenouveau {poésie)                       145    Aux Flamandes de Rubens (poésie). . 205\n"}, {"page_pdf": 493, "texte": "384                             LA J E U N E BELGIQUE\n\n\nLe Jour des Morts (sonnets): I. Caveau           IV. La Chaire de Littérature . . . .   117\n   seigneurial ; II. Tombe riche ;               Les Livres             32,              64\n   III. Tombe de bourgeois; IV. Trou             La F'austin                             65\n   de gueux ; V. Clair de lune . . . 358         Causerie littéraire                    206\n\n             Auguste VIERSET                                     Max   WALLER\n\nOisillons (poésie)                        235    Clair de Lune                          12\n                                                 Haschisch                              26\n                Maurice W.                       Nos Romanciers : Camille Lemouvier 66,101\n                                                 Le Naturalisme (lettre et L. Hymatis) 81\nL'Enseignement de la Littérature fran-           liaiser                               129\n  çaise dans les Universités :                   Le Faust de Gœthe 149, 179, 198, 209, 235\n                                                                                  248. 273\n        I — Les Époques littéraires              Tenez-vous droite, Mademoiselle ! . . 202\n                                                 Nos Poètes : I. Georges Eekhoud. . . 292\nI. Premiers Siècles ; II. La Renais-                    —    II. Georges Rodenbach . 314\n  sance                                     7           —   III. Théo Hannon . . . . 332\nIII Le grand Siècle.                             Revue de la Quinzaine                 175\nIV. Le XVIIe Siècle                       34     Chronique littéraire 221, 2^6, 271, 284\n                                                                                  301» 338\n       II — L'Évolution     moderne                                    »»\n                                                 Triolets de Réveillon                  33\nI. Les Romantiques                     58        Les Livres                        80, 160\nII. La Prose                           76        Chronique de partout                  240\nIII. Balzac et le Naturalisme . . . . 115        Chronique littéraire                  379\n\n\n\n\n                 Imp. Centrale, VAN ASSCHE, Dir.-Gér., 1, rue d'Arenberg, Brux.\n"}, {"page_pdf": 494, "texte": "                            Vente en gros aux mêmes\nCIRAGE JACQUOT ET JACQUAND. prix et conditions qu'à Paris,\nH . et F . VAN G H E L U W E , 4, rue Agneessens, Bruxelles,\n\nPLUS DE -COPEAUX. Propreté, économie, allume-feu sans pareil. On allume\n                  40 fois son feu pour 15 centimes; le paquet de 40 feux,\n15 cent. Le demander chez tous les épiciers, droguistes, etc. Seuls dépositaires pour la\nBelgique et la Hollande. H. et F . VAN G H E L U W E , 4, rue Agneessens, Bruxelles.\n                     Guérison radicale en trois mois de temps, 12000 certificats. Les cas les\nHERNIES,             plus difficiles sont traités avec succès. Maladies des femmes, de matrice,\netc, sont guéries sans pessaire Soulagement immédiat. Une dame diplômée est attachée à\nrétablissement.\n   J. WAERSEGERS, bandagiste des hôpitaux et de l'armée, commandeur et chevaiier de\nplusieurs ordres pour service rendus à l'humanité, 35, place Verte, ANVERS.\n                                                  er\n\nCAPITAUX A PLACER ÏNNUES-PROPRIÉTÉS\n                       I   E T 2e RANG, A 4 l / 2 E T 5 ° / . — A C H A T\n                                    E T R E N T E S VIAGÈRES.\n                                                                                                 0\n\n\n  S'adresser J. H U E T , boulevard du Nord, 17, Bruxelles.\n                                          68, BOULEVARD DU NORD, B R U X E L L E S .\nRestaurant du S P O R T ,                    Ouverture le 21 mai par Ad. COUCOGNE,\nex-maitre d'hôtel des premières maisons de Bruxelles et d'Ostende.\n  Dîners à prix fixe et à la carte. Vins des meilleurs crûs. Service soigné.\n\n\n      LIBRAIRIE                                                      Fonds de Magasins\n\nA, C H R I S T I A E N S F I L S\n        38, Rue d'Arenberg, Bruxelles                            Toutes m a r c h a n d i s e s avariées et\n                                                            magasins entiers a c h e t é s au comptant\n   V E N T E E T ACHAT D E LIVRES NEUFS           ET\n                                                            dans le plus haut prix, par J . V O M B E R G ,\nD'OCCASION. —         ACHAT D E BIBLIOTHÈQUES               r u e des Foulons, 11, Bruxelles.\nAU C O M P T A N T . — GRAND CHOIX D E LIVRES\nILLUSTRÉS E T A U T R E S . — D E P O T DES P R I N -\nCIPAUX É D I T E U R S D E P A R I S .\n                                                            GUÉRiSON\n                                                                        C E R T A I N E ET RADICALE\n      La Maison se charge de la Reliure.                    de toutes les affections de la peau, des plaie\n                                                            et des ulcères variqueux qui sont souvent con\n                                                            sidérés comme incurables par les plus cé-\n                                                            lèbres médecins. — Ce traitement ne dérange\n           Couveuses artificielles brevetées                nullement du travail, il est à la portée des\n                   seul propriétaire                        plus petites bourses, et dès le 2° jour produit\n                F. B A U D O Ü X                            une amélioration très sensible. S'adresser à\n        168, Boulevard du Hainant, Bruxelles.               M. LENORMAND, médecin-pharmacien\n                                                            à TOURNAN (Seine-et-Marne, France). Con-\n                                                            sultation par correspondance.\n\n                                                                       GRAND         ARRIVAGE\n                                                        ,                            DE\n\n\n                                                             CHAUSSURES ANGLAISES\n                                                        en tous genres, pour hommes, aux prix\n                                                        incroyables de\n                                                            Fr. 1 2 - 5 0 , bottines ordinaires\n                                                             » 15        »,     »       de l u x e\n                                                        vernis, cuir ou étoffe, avec boutons; lacets\n                                                                          ou élastiques\n                                                                 ALLEZ POUR VOUS CONVAINCRE A\n\n                                                        THE ENGLISH BOOT DEPOT\n                                                                         21, Boulevard du Nord, 21\n                                                               p r è s la. G a r e d u N o r d (1er é t a g e\n\n        Couveuses depuis 110 francs.\n                                                                     CONCURRENCE IMPOSSIBLE\n        Eleveuses depuis 35 francs.                     Rien de commun avec la Chaussure Améri-\n                                                        caine.\n"}, {"page_pdf": 495, "texte": "    D A T E COFFEE                                  Ce café, tant recommandé par\n                                                 les médecins les plus célèbres de\n                                                 tous les pays,\n\n\n                                               NE COÛTE PLUS RIEN\n      Son prix est remboursé par des billets que vous pouvez\n      immédiatement utiliser comme argent comptant.\n       En vente chez les principaux négociants de la Belgique, en\n     boîtes de fer-blanc, au prix .de fr. 1-50 et 1-88 le 1/2 kilog, boîte\n     comprise. Les boîtes vides seront reprises à raison de 10 centimes\n     pièce. — Pour le gros, s'adresser à T H E B E L G I A N D A T E\n     C O F F E E C° (Limited), 35, rue de Malines, Bruxelles.\n\n      A LA BASCULE                                             FABRIQUE D'APPAREILS D'ÉCLAIRAGE\n Ancienne Maison HEYMANS, hameau de Vleurgat (Uccle)\n 2        et       4j coin de la chaussée                                  4 5 , RUE DES CHANTEURS\n     de Waterloo, près du bois de la Cambre\n                  REOUVERTURE                                         PRÈS LA GARE DU NORD,       BRUXELLES\n DE L'ESTAMINET-RESTAURANT\n      par Ferdinand V A N D E R R I V I È R E                              G.       SCHOONJANS\nGrande salle de 200 couverts pour banquets, dîners\n   de noces et fêtes de sociétés. — On prend des               Lustres, Suspensions, Candélabres\n   pensionnaires.                                               Girandoles, Lanternes, Pendules,\nC h a m b r e s et quartiers garnis et n o n g a r n i s\n                                                                Objets d'art, etc. — F o y e r s à gaz. —\n                                                                Fourniture de compteurs. — Place-\n          à louer. — Ecurie e.t remise pour                     m e n t de tuyaux.\nc h e v a u x et voitures. — Prix très modérés.\n\n                                        P L U S DE DOS R O N D S\n                        Agent général pour la Belgique de la BRETELLE AMERICAINE\n                                                 {Brevetée}\n                                               TILQUIN\n                                     Galerie    de la Reine,     5,     Bruxelles\n                          ,La Bretelle américaine élargit la poitrine, tient les épaules\n                        droite*, soulage le dos et les hanches en soutenait les jupes et\n                        le pantalon, écarte toute tendance »u dos rond, produit une\n                        libre respiration, renforce la voix et les poumons, et donne un\n                        bien-être à c e u i q u i e u font usage. Pnx. : fr. 3-50, 5, 7-50, 10,\n                        12 et 15. — Plus de Jarretière qui engendre les varices. Nouveau\n                        P O R T E - B A . S américain laissant la circulation du sang libre.\n                        Remise au comnwce. — Prix : 2, 2-50, 3 4 et 5 francs.\n\n                         . Seule Maison en Belgique où l'on fabrique spécialement le\n\n                                  POSTICHE D'HOMME\n                          Dernière perfection et du plus grand naturel\n                           TOUPETS ET PERRUQUES DE 10 A 100 FRANCS\n                         Ouvrages artistiques en. cheveux, Bijoux, Cadres, Souvenirs etc.\n\n                               Galerie de la Reine, 5, BRUXELLES\n  NOUVELLE DÉCOUVERTE (le Pogonotome) R A S O I R M É C A N I Q U E .\niToute personne peut se servir de ce rasoir sans aucune crainte de se couper.\n—Agent général : TILQUIN, Galerie de la Reine, 5. Bruxelles. — Prix : fr. 5 et\n7-50 avec lames de rechange (Remise au commerce).\n  R A S O I R S A : \\ « I . A I S do Slieffieid, garantie à l'épreuve. - Tout rasoir peut être changé jusqu'à entière\nsatisfaction de l'acheteur, san' rétribution.\n\n                 Imp. Centrai»-, VAN ASSCHE, Dir.-Gér., 1, rue d'Arenberg, Bruxelles.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1882-11-15", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 476."}}