{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1883-05-nsupplement", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-05-nsupplement-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA J E U N E BELGIQUE MANIFESTATION", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 284, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 43, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "LA J E U N E BELGIQUE\n\n\n\n\nMANIFESTATION LEMONNIER\n\n\n\n\n            10 CENTIMES\n\n\n\n\n            Mai 1883\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-05-nsupplement-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Bulletin d’adhésion à la manifestation Lemonnier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "Je soussigné déclare adhérer", "ancre_fin": "BRUXELLES", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 286, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "Je soussigné déclare adhérer à la\n\n\n             MANIFESTATION                              LEMONNIER\net souscrire au Banquet, pour la somme de cinq francs.\n\n                                                                          Signé (lisiblement).\n\n\n\n\n                                        Rue.\n J'ASSISTERAI AU BANQUET *\n\n* Prière aux personnes qui ne pourraient assister à la fête de bitfer cette note.\nLes cotisations de ces personnes seront consacrées à rehausser l'éclat de la manifestation.\n\n\n\n                                                     MAX WALLER\n                                             Directeur de la Jeune                  Belgique\n                                                   74, Avenue de la Toison d'Or\n                                                                         B R U X E L L E S\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-05-nsupplement-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 1, "page_fin": 9, "titre_corps": "Le Prix quinquennal : Manifestation Lemonnier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "LE PRIX QUINQUENNAL", "ancre_fin": "à moins de désir contraire", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 288, "page_imprimee": 1, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 1292, "texte": "LE PRIX QUINQUENNAL\n\n\n\n          MANIFESTATION L E M O N N I E R\n\n\n\n   Il vient de se produire en Belgique un nouveau et abomi­\nnable scandale qui susciterait des clameurs et des huées, si\nla presse et le public n'étaient pas d'une légendaire indiffé­\nrence vis-à-vis des hommes et des choses de la littérature.\n   Le jury officiel, chargé d'attribuer le prix quinquennal,\nn'a réuni de majorité sur aucun nom, et vient,— après avoir\ntenu un grand nombre de séances, sans doute pour aug­\nmenter le bénéfice de ses jetons de présence, de décider que\nce prix ne sera pas donné.\n   Une pareille décision, au milieu de notre renouveau litté­\nraire, dans les circonstances singulières où elle s'est pro­\nduite et que nous révélerons tantôt, appelle une prompte et\nvéhémente protestation.\n   Tudieu ! Si une chose pareille devait se produire à Paris !\n Là, dans les journaux quotidiens, les poètes et les romanciers\nconnus font chaque jour de la chronique littéraire, et vrai­\nsemblablement, dans une pareille occurrence, tous à la fois,\ncomme des dogues furieux, aboieraient si fort et si long,\ndéchireraient si impitoyablement avec leurs ongles et leurs\ncrocs — jusqu'au sang, ceux qui ont consommé ce scandale,\nqu'on finirait bien par prendre peur et par leur donner satis­\n faction !\n"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 2, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1880, "texte": "    Mais dans notre pays il y a beau temps que les gens de\n lettres sont des dupes et des parias.\n    Au moins Platon, les mettant à la porte de la République,\n voulait qu'on les couronnât de roses. Ici on les couronnait\n d'épines.\n    Maintenant on ne les couronne plus du tout, et les lauriers\n qui leur étaient dûs, on les met plutôt dans le pot-au-feu offi­\n ciel que quelques académiciens, toujours les mêmes, font\n bourgeoisement mijoter, en parlant latin — du latin de\n cuisine !\n    Cela est d'autant plus odieux qu'on affecte vis-à-vis des\nautres artistes toutes sortes de complaisances et d'égards,\nqu'on décerne des Prix de Rome et qu'on organise des Fes­\ntivals nationaux pour les musiciens, qu'on ouvre en grande\npompe les Salons de peinture avec visites royales et ministé­\nrielles, avec médailles, subsides, décorations, voyages à\nl'étranger, achats pour les Musées.\n   Quant aux écrivains, on ne fait rien pour eux, absolument\nrien, rien, rien !\n   Pour ne citer qu'un exemple : aux fêtes du Cinquantenaire,\non a décoré tous les ordres de citoyens, voire même d'artis­\ntes ; il n'y a que le groupe littéraire auquel on n'a pas même\nsongé, de sorte que les plus anciens, les plus forts de nous,\nles plus illustres, — car il y en a, sans qu'on s'en doute —\nont encore la boutonnière vierge du ruban rouge.\n   Cependant, malgré ces défaveurs, il restait le Prix quin­\nquennal. De quoi se plaignait-on ? Tous les cinq ans on\npouvait gagner 5,000 francs et devenir ce que les Anglais\nprisent si haut : le lauréat national.\n   Aux forçats de la poésie, traînant le boulet de la rime, cette\nperspective devait s'ouvrir riante et verte, comme celle d'un\npréau au sortir de la cellule.\n   Ah! bien oui! c'est une bonne plaisanterie, le prix quin­\nquennal! Voilà dix ans qu'on ne l'a plus donné. Ça va\nfaire concurrence à la peine de mort! C'est remisé avec la\nguillotine !\n"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 3, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1922, "texte": "    Plus de têtes à couper — ni à couronner !\n    Et cependant, y eût-il jamais un moment mieux choisi\npour une récompense littéraire, que celui de l'éveil triomphal\nauquel nous assistons.\n    C'est superbe ! Toute une jeunesse travaille, veille, lutte\n et s'affirme. Ecœurée des platitudes de la politique, elle a\n trouvé ce dérivatif à son activité et cette ambition à sa vie !\n Des revues naissent tous les jours, qui prouvent l'intensité\nde ce mouvement littéraire — comme l'accroissement des\ntrains de chemin de fer qui aboutissent à une ville, attestent\n la prospérité grandissante de celle-ci.\n    Et des livres paraissent depuis ces dernières années, des\nromans, des poèmes auxquels on fait même des succès à\nParis. — Les maîtres de là-bas écrivent des préfaces pour\nles nôtres, heureux de servir de parrains à des oeuvres qu'ils\njugent très viables.\n    C'est si vrai qu'il y a quelques jours un des nôtres se\ntrouvait chez Emile Zola. Celui-ci avait sur sa table toutes\nnos revues et, dans un coin de sa bibliothèque, quelques-uns\ndes volumes publiés par nos amis dans ces dernières années.\nIl en trouvait de très remarquables, dignes de soutenir le\nparallèle avec les meilleures productions parisiennes ; bref\nil était on ne peut plus étonné du vigoureux réveil qui\ns'affirme chez nous.\n   Le jury n'avait donc qu'à choisir et bien des noms s'im­\nposaient à son attention.\n   Surtout, CAMILLE LEMONNIER qui, pendant la pé­\nriode, a publié cinq romans : Un Coin de Village, les Char­\nniers, Un Mâle; le Mort, Thérèse Monique, plus une\nsuperbe Histoire des Beaux-Arts de 1830 à 1880 et enfin\nson étude sur la Belgique dans le Tour du monde.\n    Il y avait aussi Edmond Picard avec son Paradoxe sur\nl'avocat, sa Forge Roussel, ce beau livre d'une pensée si\nprofonde et d'un style si magistral.\n    Puis Octave Pirmez, qui a publié cette œuvre touchante :\nRémo, et réédité ses Feuillées, des maximes frappées comme\n"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 4, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1987, "texte": "                           — 4 —\n\ndes médailles, et ses Heures de philosophie, des pensées cou­\nlées dans de courts paragraphes, comme de fines essences\nqui dormiraient dans de petits flacons.\n    D'autres encore se sont fait connaître : Eekhoud,\n Hannon, Rodenbach, Marie Nizet, Marguerite Van de\nWiele, Solvay, Hélène Swarth, toute une vaillante troupe de\nromanciers et de poètes qui se rangent autour des trois chefs\nque nous venons de saluer.\n    En tous cas, le choix de CAMILLE L E M O N N I E R s'im­\nposait: où trouver, dans la littérature belge depuis 1830, des\n livres comparables au Mort et au Mâle. Ce dernier surtout\nfit tapage ; en deux mois, sept éditions, et le nom de l'auteur\nen vedette dans les grands journaux parisiens — comme sur\ndes affiches. Taine, Barbey d'Aurevilly, Sarcey ont clai­\nronné en son honneur. Interrogez sur lui tous les maîtres\nparisiens: pas un qui ne le connaisse et ne le place au\npremier rang.\n    Et puis n'est-ce pas lui qui a organisé ce mouvement des\nJeunes en Belgique qui promet au pays pour l'avenir une\nlittérature saine, vivante et originale.\n    C'est autour de lui qu'on s'est rassemblé ; c'est lui qui a\ndonné l'espoir, qui a raffermi les défaillances, qui a mené\nau combat, si bien que tous les conscrits le reconnaissent ici,\nà l'heure actuelle, comme leur maréchal de Lettres. .\n    D'ailleurs, en supposant même que ses livres ne soient pas\nce que nous les disons, la seule chose demandée au jury,\nc'était de se prononcer sur « la meilleure œuvre publiée\n pendant la période quinquennale.\n    C'est relatif, et l'œuvre, même médiocre au point de vue\nabsolu, dans la pensée du jury, pouvait encore et devait être\n couronnée par lui.\n     Comment donc s'y est-on pris pour aboutir à des conclu­\n sions négatives? Voici, paraît-il, ce qui s'est passé :\n     Trois membres ont voté pour CAMILLE LEMONNIER et, ce\n qui est glorieux pour celui-ci, ce sont précisément les trois\n moins incompétents: MM. Potvin, Frédérix et Pergameni.\n"}, {"page_pdf": 292, "page_imprimee": 5, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2048, "texte": "                            _   5 —\n\n\n   Ce n'est pas que nous ayons grande sympathie pour eux :\nl'un est le rimeur qu'on sait, chevauchant un Pégase poussif\net plusieurs fois couronné — comme il arrive à tous les\nmauvais chevaux.\n   L'autre, un homme d'esprit qui n'a jamais publié une\nœuvre, installé dans son feuilleton d'un grand journal,\ncomme dans un comptoir, alfecte de n'y débiter que de la\nmarchandise française, sans daigner offrir à sa clientèle\nquelques échantillons des productions nationales.\n   Le troisième a écrit quelques vers, puis s'est adonné à des\nétudes d'histoire et de politique, où ses idées poétiques auront\npéri sans doute, comme des ailes sur du papier tue-mouches.\n   N'importe ! ils ont voté tous les trois pour CAMILLE LE­\nMONNIER : ils ont donné cette preuve d'intelligence et de\ngoût — cela doit leur servir de paratonnerre contre nous.\n   Mais voyons les autres et jusqu'où peut nous mener la\nbêtise et la routine administratives.\n   M. De Monge faisait partie aussi du jury : un esprit fin,\nmais gâté par des préjugés catholiques: il ne sait pas appré­\ncier une œuvre littéraire, indépendamment du point de vue\nreligieux. Il s'abstient toujours — une abstention chronique.\nMais alors, que diable ! il devrait avoir la loyauté de se ré­\ncuser quand on l'appelle dans un jury.\n   M. Rivier aussi s'est abstenu : en voilà un du moins qui\nse condamne lui-même et proclame sa parfaite incompétence.\nCar voyez un peu quel mauvais tour on joue à ce pauvre\nmonsieur Rivier. Il est professeur de Droit Romain, d'Insti­\ntutes et de Pandectes, et on lui demande de juger des livres\nmodernes. Mais il ne lit que du latin, ce pauvre monsieur\nRivier : tout au plus s'il comprend un peu le français, car il\nest Suisse, — et comment voulez-vous alors qu'il ne prêche\npas un peu... pour sa chapelle ?\n   La littérature moderne, qu'est-ce que c'est que ça? indi­\ngeste.... Digestes... ce pauvre monsieur Rivier!\n   Donc, ces deux membres s'abstiennent: pourquoi? de quel\ndroit? on ne leur demande pas s'il y a un bon livre, mais\n"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2038, "texte": "                            — 6 —\n\nquel est le meilleur livre publié. Ils s'abstiennent; c'est qu'ils\nne savent pas en décider. Alors qu'est-ce qu'ils font dans le\njury et comment ne se sont-ils pas récusés d'abord, au lieu de\ns'exécuter eux-mêmes après ?\n   Voici qui est plus drôle : connaissez-vous M. Stappaerts?\n   Nous avons eu beau feuilleter les almanachs royaux et\nautres, interroger les cochers de fiacre, faire crier son nom\ndans les rues comme pour un chien perdu, remuer les cata­\nlogues de toutes les bibliothèques, nous n'avons pas encore\npu savoir ce qu'il vaut, ce qu'il a fait, ce qu'il a publié, ni\nmême s'il existe.\n   D'aucuns nous ont affirmé qu'il n'est autre que l'auteur du\nCadavre récalcitrant, et que c'est lui le barde dont la\nmodestie se cache sous le pseudonyme de Joseph Casteleyn.\n   Quoi qu'il en soit, M. Stappaerts ne s'est pas abstenu;\nil a voté avec M. Fétis, cette vieille perruque — au\npropre et au figuré — dont la spécialité est de n'en pas avoir,\nqui fait partie de toutes les commissions, comme le sel fait\npartie de toutes les sauces. Un homme à tout faire, quoi! —\ncomme une servante ! Dont on peut dire enfin ce qu'on dit\nd'un des personnages dans le Monde où ton s'ennuie :\n« C'est ce savant dont le père avait tant de talent ! »\n   Or, savez-vous pour qui ces deux compères ont voté —\ncomme un seul homme? — pour M. Vautier, l'auteur par­\nfaitement obscur de quelques espèces de romans-feuilletons,\nsans aucun mérite littéraire, à l'usage des conducteurs d'om­\nnibus vides — comme eux!\n   C'est étrange, c'est fou, c'est inexplicable, car l'auteur est\ninconnu, ses romans n'existent pas et sa situation littéraire\nest toujours à l'état de fœtus. Et cependant c'est très simple,\ncomme un tour de prestidigitateur.\n   L'urne de vote est à double fond : dans un compartiment\nM. Vautier, le directeur de la Galette, romancier énigma-\ntique qu'on propose pour le prix quinquennal; dans l'autre,\nM. Fétis, fils, attaché au même journal.\n   Et voilà ! et le bruit court partout de cette véritable\n"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 7, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "                           — 7 —\n\n« escroquerie morale », comme au temps de la révolution\nle bruit de la grande trahison du comte de Mirabeau.\n   Il faut donc qu'on s'explique, et vite ! Vos conclusions\nnégatives pures et simples, nous n'en voulons pas.\n   Le Rapport ! le Rapport ! Une pleine lumière doit se\nfaire, la discussion doit s'ouvrir.\n   Le Rapport ! La camaraderie éhontée doit être flétrie\npubliquement.\n   Le Rapport ! Le Rapport ! il nous le faut et vous n'oserez\npas ne pas le faire !\n   Ah ! le temps est passé où les gens de lettres se laissaient\nécraser, repousser, annihiler, dominer par un tas de médio­\ncrités intrigantes. Il faut que tout cela cesse. !\n   A vrai dire, nous avons perdu nos dernières illusions quant\nà l'intelligence et à la sympathie du gouvernement pour nos\nefforts ; et c'est pourquoi nous négligerons de demander\nqu'on nomme un nouveau jury,— ce qui serait logique, puis­\nque celui-ci n'a pas su se mettre d'accord — ou de réclamer\nqu'on donne un prix à chacun des deux candidats sur les­\nquels on a voté, surtout qu'il reste une somme vacante de la\npériode précédente et qu'on n'affecte aucune autre destina­\ntion littéraire à ces fonds non employés.\n   Assez ! il vaut mieux en finir ! Les prix quinquennaux\ndans le passé n'ont jamais été accordés qu'aux médiocres,\npar intrigue, et nos vrais écrivains, les forts, les grands\ncomme Charles De Coster ou Van Hasselt ont toujours été\nécartés. Il n'y a qu'à lire ce qu'en révèle M. Alvin à propos\ndu poète des Quatre incarnations du Christ.\n   Donc le divorce est irrémédiable : ne demandons plus\nrien, n'attendons plus rien, et puisque subsides et récompen­\nses tombent toujours à faux, désirons-en la suppression défi­\nnitive et proposons-nous comme idéal la séparation radicale\nde l'Art et de l'État.\n   Qu'est-ce que c'est d'ailleurs que ce singulier concours de\nconcurrents malgré eux. — De quel droit nous juge-t-on et\nvient-on, à nous qui ne demandons rien, déclarer que nos\n"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 8, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1972, "texte": "                            — 8 —\n\nœuvres ne valent pas et nous donner à tous un souffle\nofficiel ?\n   Assez ! Assez ! devant une telle injustice et un tel scan­\ndale, protestons unanimement et révolutionnairement.\" Des­\ncendons dans la rue », comme disait un des nôtres sous une\nforme piquante, c'est-à-dire, dans la circonstance présente,\npuisqu'une riposte est nécessaire à une aussi inqualifiable\ndécision, réunissons en un Banquet solennel de protestation\ntous ceux qui combattent en ce moment en Belqique le bon\ncombat artistique!\n   A nous ceux de Mons, ceux de Verviers toujours si dévoués\net si vaillants ! A nous le Caveau et les sociétés littéraires !\nA nous toutes les revues nouvelles, toutes ces armes aiguisées\nsur nos jeunes cœurs: l'Art Moderne, la Revue Moderne,\nle Journal des Gens de lettres, le Correspondant Belge, la\nRevue artistique, la Feuille du Dimanche, et aussi les\nanciennes, les sympathiques: le Journal des Beaux-Arts et\nla Fédération artistique !\n   Il faut que tous, pour leurs abonnés, pour leurs lecteurs,\npar poignées, envoyent des bulletins d'adhésion à cet acte de\njustice nationale: La MANIFESTATION LEMONNIER.\n   A nous aussi les Flamands, auxquels on n'ose pas imposer\ndes jurys comme le nôtre, eux qui sont jugés par des produc­\nteurs, de vrais écrivains qui, au dernier concours, n'ont pas\ncraint de couronner un poète de vingt cinq ans!\n   A nous encore les frères et amis de la presse quotidienne\ndont beaucoup nous ont déjà tant aidé dans nos débuts de\ncampagne littéraire!\n   A nous enfin les musiciens, les peintres, les originaux de\nl'Essor qui ont triomphé déjà dans la voie de l'Art libre et\nde l'Art moderne où LEMONNIER les a poussés et soutenus,\nlui le premier de nos critiques d'art!\n   Il faut que tous ceux-là nous viennent, et quand les\nadhésions seront arrivées, nombreuses, tous ensemble,\nnous les gens de lettres, les artistes, nous tous le vrai jury,\nnous acclamerons en un banquet fraternel le romancier des\n"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 9, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "                                — 9 —\n\nFlamands et des Wallons, le puissant écrivain national, le\ncher, le grand CAMILLE LEMONNIER.\n  Ainsi, grâce aux apothéoses que nous décernerons désor­\nmais nous-mêmes, il ne pourra plus se faire qu'on nous\nécrase sous des dédains officiels et que — selon la lugubre\nparole de notre plus grand poète mort,\n\n                                          la patrie\n     Ait à rougir de honte un jour, ni qu'on lui crie:\n     « Ingrate, qui dressant des piédestaux jaloux,\n     Plaças les nains dessus et les géants dessous! »\n\n                                   LA J E U N E BELGIQUE, (1)\n\n\n   (1) La manifestation, consistant en un grand banquet auquel sont con­\nviés tous ceux qui s'intéressent à la littérature, aura vraisemblablement\nlieu le DIMANCHE 27 MAI. Le prix de cotisation est de cinq francs. Les\nadhérents sont priés d'envover dés aujourd'hui leurs noms et adresses\nexactes à M. MAX WALLER, 74, AVENUE DE LA TOISON D'OR à\nBruxelles. Un avis fixant la date définitive qui sera certainement un di­\nmanche, leur sera envoyé en temps et lieu. Les souscriptions des dames\net autres personnes qui ne pourront assister à la fête, seront affectées à\nen rehausser l'éclat. Les noms de tous les souscripteurs seront publiés\ndans le prochain numérode la Jeune Belgique à moins de désir contraire.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-05-nsupplement-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE paraissant le 1er", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PRINCIPAUX", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 299, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\nparaissant le 1er de chaque mois en livraisons de 48 pages\nformant par an un volume d'environ 600 pages, imprimé\nsur papier teinté, en caractères elzéviriens, avec titre, cou­\nverture et table de matières.\n\n\n\n\n                       ABONNEMENT\n        BELGIQUE                              ÉTRANGER\n    Un an. .      .   5.00               Le port on sus.\n    Six mois .    .   3.00\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-05-nsupplement-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PRINCIPAUX RÉDACTEURS", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 299, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 418, "fin_caractere_exclue": 1057, "texte": "PRINCIPAUX  RÉDACTEURS     :\nGEORGES BAUWENS, PAUL BERLIER, JULES DESTRÉE,\n  GEORGES\n  KARL    EEKHOUD,\n       GRÜN,LEVIS,\n              THÉODOREIW AN GILKIN,  ALBERT\n                         HANNON,GEORGES      GIRAUD,\n                                  CAMILE RODENBACH,\n                                          LEMONNIER,\n  EDOUARD          H. MAUBEL,\n  MAURICE SÜLZBËRGER, EMILE VERHAEREN;\n              Directeur-rédacteur\n                     MAX WALLER\n                                  en chef :\n\n                   BUREAUX:\n            90, rue Bosquet, à Bruxelles, 90\n              Bruxelles. — Imp. Au. 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Si une chose pareille devait se produire à Paris !\n Là, dans les journaux quotidiens, les poètes et les romanciers\nconnus font chaque jour de la chronique littéraire, et vrai­\nsemblablement, dans une pareille occurrence, tous à la fois,\ncomme des dogues furieux, aboieraient si fort et si long,\ndéchireraient si impitoyablement avec leurs ongles et leurs\ncrocs — jusqu'au sang, ceux qui ont consommé ce scandale,\nqu'on finirait bien par prendre peur et par leur donner satis­\n faction !\n"}, {"page_pdf": 289, "texte": "    Mais dans notre pays il y a beau temps que les gens de\n lettres sont des dupes et des parias.\n    Au moins Platon, les mettant à la porte de la République,\n voulait qu'on les couronnât de roses. Ici on les couronnait\n d'épines.\n    Maintenant on ne les couronne plus du tout, et les lauriers\n qui leur étaient dûs, on les met plutôt dans le pot-au-feu offi­\n ciel que quelques académiciens, toujours les mêmes, font\n bourgeoisement mijoter, en parlant latin — du latin de\n cuisine !\n    Cela est d'autant plus odieux qu'on affecte vis-à-vis des\nautres artistes toutes sortes de complaisances et d'égards,\nqu'on décerne des Prix de Rome et qu'on organise des Fes­\ntivals nationaux pour les musiciens, qu'on ouvre en grande\npompe les Salons de peinture avec visites royales et ministé­\nrielles, avec médailles, subsides, décorations, voyages à\nl'étranger, achats pour les Musées.\n   Quant aux écrivains, on ne fait rien pour eux, absolument\nrien, rien, rien !\n   Pour ne citer qu'un exemple : aux fêtes du Cinquantenaire,\non a décoré tous les ordres de citoyens, voire même d'artis­\ntes ; il n'y a que le groupe littéraire auquel on n'a pas même\nsongé, de sorte que les plus anciens, les plus forts de nous,\nles plus illustres, — car il y en a, sans qu'on s'en doute —\nont encore la boutonnière vierge du ruban rouge.\n   Cependant, malgré ces défaveurs, il restait le Prix quin­\nquennal. De quoi se plaignait-on ? Tous les cinq ans on\npouvait gagner 5,000 francs et devenir ce que les Anglais\nprisent si haut : le lauréat national.\n   Aux forçats de la poésie, traînant le boulet de la rime, cette\nperspective devait s'ouvrir riante et verte, comme celle d'un\npréau au sortir de la cellule.\n   Ah! bien oui! c'est une bonne plaisanterie, le prix quin­\nquennal! Voilà dix ans qu'on ne l'a plus donné. Ça va\nfaire concurrence à la peine de mort! C'est remisé avec la\nguillotine !\n"}, {"page_pdf": 290, "texte": "    Plus de têtes à couper — ni à couronner !\n    Et cependant, y eût-il jamais un moment mieux choisi\npour une récompense littéraire, que celui de l'éveil triomphal\nauquel nous assistons.\n    C'est superbe ! Toute une jeunesse travaille, veille, lutte\n et s'affirme. Ecœurée des platitudes de la politique, elle a\n trouvé ce dérivatif à son activité et cette ambition à sa vie !\n Des revues naissent tous les jours, qui prouvent l'intensité\nde ce mouvement littéraire — comme l'accroissement des\ntrains de chemin de fer qui aboutissent à une ville, attestent\n la prospérité grandissante de celle-ci.\n    Et des livres paraissent depuis ces dernières années, des\nromans, des poèmes auxquels on fait même des succès à\nParis. — Les maîtres de là-bas écrivent des préfaces pour\nles nôtres, heureux de servir de parrains à des oeuvres qu'ils\njugent très viables.\n    C'est si vrai qu'il y a quelques jours un des nôtres se\ntrouvait chez Emile Zola. Celui-ci avait sur sa table toutes\nnos revues et, dans un coin de sa bibliothèque, quelques-uns\ndes volumes publiés par nos amis dans ces dernières années.\nIl en trouvait de très remarquables, dignes de soutenir le\nparallèle avec les meilleures productions parisiennes ; bref\nil était on ne peut plus étonné du vigoureux réveil qui\ns'affirme chez nous.\n   Le jury n'avait donc qu'à choisir et bien des noms s'im­\nposaient à son attention.\n   Surtout, CAMILLE LEMONNIER qui, pendant la pé­\nriode, a publié cinq romans : Un Coin de Village, les Char­\nniers, Un Mâle; le Mort, Thérèse Monique, plus une\nsuperbe Histoire des Beaux-Arts de 1830 à 1880 et enfin\nson étude sur la Belgique dans le Tour du monde.\n    Il y avait aussi Edmond Picard avec son Paradoxe sur\nl'avocat, sa Forge Roussel, ce beau livre d'une pensée si\nprofonde et d'un style si magistral.\n    Puis Octave Pirmez, qui a publié cette œuvre touchante :\nRémo, et réédité ses Feuillées, des maximes frappées comme\n"}, {"page_pdf": 291, "texte": "                           — 4 —\n\ndes médailles, et ses Heures de philosophie, des pensées cou­\nlées dans de courts paragraphes, comme de fines essences\nqui dormiraient dans de petits flacons.\n    D'autres encore se sont fait connaître : Eekhoud,\n Hannon, Rodenbach, Marie Nizet, Marguerite Van de\nWiele, Solvay, Hélène Swarth, toute une vaillante troupe de\nromanciers et de poètes qui se rangent autour des trois chefs\nque nous venons de saluer.\n    En tous cas, le choix de CAMILLE L E M O N N I E R s'im­\nposait: où trouver, dans la littérature belge depuis 1830, des\n livres comparables au Mort et au Mâle. Ce dernier surtout\nfit tapage ; en deux mois, sept éditions, et le nom de l'auteur\nen vedette dans les grands journaux parisiens — comme sur\ndes affiches. Taine, Barbey d'Aurevilly, Sarcey ont clai­\nronné en son honneur. Interrogez sur lui tous les maîtres\nparisiens: pas un qui ne le connaisse et ne le place au\npremier rang.\n    Et puis n'est-ce pas lui qui a organisé ce mouvement des\nJeunes en Belgique qui promet au pays pour l'avenir une\nlittérature saine, vivante et originale.\n    C'est autour de lui qu'on s'est rassemblé ; c'est lui qui a\ndonné l'espoir, qui a raffermi les défaillances, qui a mené\nau combat, si bien que tous les conscrits le reconnaissent ici,\nà l'heure actuelle, comme leur maréchal de Lettres. .\n    D'ailleurs, en supposant même que ses livres ne soient pas\nce que nous les disons, la seule chose demandée au jury,\nc'était de se prononcer sur « la meilleure œuvre publiée\n pendant la période quinquennale.\n    C'est relatif, et l'œuvre, même médiocre au point de vue\nabsolu, dans la pensée du jury, pouvait encore et devait être\n couronnée par lui.\n     Comment donc s'y est-on pris pour aboutir à des conclu­\n sions négatives? Voici, paraît-il, ce qui s'est passé :\n     Trois membres ont voté pour CAMILLE LEMONNIER et, ce\n qui est glorieux pour celui-ci, ce sont précisément les trois\n moins incompétents: MM. Potvin, Frédérix et Pergameni.\n"}, {"page_pdf": 292, "texte": "                            _   5 —\n\n\n   Ce n'est pas que nous ayons grande sympathie pour eux :\nl'un est le rimeur qu'on sait, chevauchant un Pégase poussif\net plusieurs fois couronné — comme il arrive à tous les\nmauvais chevaux.\n   L'autre, un homme d'esprit qui n'a jamais publié une\nœuvre, installé dans son feuilleton d'un grand journal,\ncomme dans un comptoir, alfecte de n'y débiter que de la\nmarchandise française, sans daigner offrir à sa clientèle\nquelques échantillons des productions nationales.\n   Le troisième a écrit quelques vers, puis s'est adonné à des\nétudes d'histoire et de politique, où ses idées poétiques auront\npéri sans doute, comme des ailes sur du papier tue-mouches.\n   N'importe ! ils ont voté tous les trois pour CAMILLE LE­\nMONNIER : ils ont donné cette preuve d'intelligence et de\ngoût — cela doit leur servir de paratonnerre contre nous.\n   Mais voyons les autres et jusqu'où peut nous mener la\nbêtise et la routine administratives.\n   M. De Monge faisait partie aussi du jury : un esprit fin,\nmais gâté par des préjugés catholiques: il ne sait pas appré­\ncier une œuvre littéraire, indépendamment du point de vue\nreligieux. Il s'abstient toujours — une abstention chronique.\nMais alors, que diable ! il devrait avoir la loyauté de se ré­\ncuser quand on l'appelle dans un jury.\n   M. Rivier aussi s'est abstenu : en voilà un du moins qui\nse condamne lui-même et proclame sa parfaite incompétence.\nCar voyez un peu quel mauvais tour on joue à ce pauvre\nmonsieur Rivier. Il est professeur de Droit Romain, d'Insti­\ntutes et de Pandectes, et on lui demande de juger des livres\nmodernes. Mais il ne lit que du latin, ce pauvre monsieur\nRivier : tout au plus s'il comprend un peu le français, car il\nest Suisse, — et comment voulez-vous alors qu'il ne prêche\npas un peu... pour sa chapelle ?\n   La littérature moderne, qu'est-ce que c'est que ça? indi­\ngeste.... Digestes... ce pauvre monsieur Rivier!\n   Donc, ces deux membres s'abstiennent: pourquoi? de quel\ndroit? on ne leur demande pas s'il y a un bon livre, mais\n"}, {"page_pdf": 293, "texte": "                            — 6 —\n\nquel est le meilleur livre publié. Ils s'abstiennent; c'est qu'ils\nne savent pas en décider. Alors qu'est-ce qu'ils font dans le\njury et comment ne se sont-ils pas récusés d'abord, au lieu de\ns'exécuter eux-mêmes après ?\n   Voici qui est plus drôle : connaissez-vous M. Stappaerts?\n   Nous avons eu beau feuilleter les almanachs royaux et\nautres, interroger les cochers de fiacre, faire crier son nom\ndans les rues comme pour un chien perdu, remuer les cata­\nlogues de toutes les bibliothèques, nous n'avons pas encore\npu savoir ce qu'il vaut, ce qu'il a fait, ce qu'il a publié, ni\nmême s'il existe.\n   D'aucuns nous ont affirmé qu'il n'est autre que l'auteur du\nCadavre récalcitrant, et que c'est lui le barde dont la\nmodestie se cache sous le pseudonyme de Joseph Casteleyn.\n   Quoi qu'il en soit, M. Stappaerts ne s'est pas abstenu;\nil a voté avec M. Fétis, cette vieille perruque — au\npropre et au figuré — dont la spécialité est de n'en pas avoir,\nqui fait partie de toutes les commissions, comme le sel fait\npartie de toutes les sauces. Un homme à tout faire, quoi! —\ncomme une servante ! Dont on peut dire enfin ce qu'on dit\nd'un des personnages dans le Monde où ton s'ennuie :\n« C'est ce savant dont le père avait tant de talent ! »\n   Or, savez-vous pour qui ces deux compères ont voté —\ncomme un seul homme? — pour M. Vautier, l'auteur par­\nfaitement obscur de quelques espèces de romans-feuilletons,\nsans aucun mérite littéraire, à l'usage des conducteurs d'om­\nnibus vides — comme eux!\n   C'est étrange, c'est fou, c'est inexplicable, car l'auteur est\ninconnu, ses romans n'existent pas et sa situation littéraire\nest toujours à l'état de fœtus. Et cependant c'est très simple,\ncomme un tour de prestidigitateur.\n   L'urne de vote est à double fond : dans un compartiment\nM. Vautier, le directeur de la Galette, romancier énigma-\ntique qu'on propose pour le prix quinquennal; dans l'autre,\nM. Fétis, fils, attaché au même journal.\n   Et voilà ! et le bruit court partout de cette véritable\n"}, {"page_pdf": 294, "texte": "                           — 7 —\n\n« escroquerie morale », comme au temps de la révolution\nle bruit de la grande trahison du comte de Mirabeau.\n   Il faut donc qu'on s'explique, et vite ! Vos conclusions\nnégatives pures et simples, nous n'en voulons pas.\n   Le Rapport ! le Rapport ! Une pleine lumière doit se\nfaire, la discussion doit s'ouvrir.\n   Le Rapport ! La camaraderie éhontée doit être flétrie\npubliquement.\n   Le Rapport ! Le Rapport ! il nous le faut et vous n'oserez\npas ne pas le faire !\n   Ah ! le temps est passé où les gens de lettres se laissaient\nécraser, repousser, annihiler, dominer par un tas de médio­\ncrités intrigantes. Il faut que tout cela cesse. !\n   A vrai dire, nous avons perdu nos dernières illusions quant\nà l'intelligence et à la sympathie du gouvernement pour nos\nefforts ; et c'est pourquoi nous négligerons de demander\nqu'on nomme un nouveau jury,— ce qui serait logique, puis­\nque celui-ci n'a pas su se mettre d'accord — ou de réclamer\nqu'on donne un prix à chacun des deux candidats sur les­\nquels on a voté, surtout qu'il reste une somme vacante de la\npériode précédente et qu'on n'affecte aucune autre destina­\ntion littéraire à ces fonds non employés.\n   Assez ! il vaut mieux en finir ! Les prix quinquennaux\ndans le passé n'ont jamais été accordés qu'aux médiocres,\npar intrigue, et nos vrais écrivains, les forts, les grands\ncomme Charles De Coster ou Van Hasselt ont toujours été\nécartés. Il n'y a qu'à lire ce qu'en révèle M. Alvin à propos\ndu poète des Quatre incarnations du Christ.\n   Donc le divorce est irrémédiable : ne demandons plus\nrien, n'attendons plus rien, et puisque subsides et récompen­\nses tombent toujours à faux, désirons-en la suppression défi­\nnitive et proposons-nous comme idéal la séparation radicale\nde l'Art et de l'État.\n   Qu'est-ce que c'est d'ailleurs que ce singulier concours de\nconcurrents malgré eux. — De quel droit nous juge-t-on et\nvient-on, à nous qui ne demandons rien, déclarer que nos\n"}, {"page_pdf": 295, "texte": "                            — 8 —\n\nœuvres ne valent pas et nous donner à tous un souffle\nofficiel ?\n   Assez ! Assez ! devant une telle injustice et un tel scan­\ndale, protestons unanimement et révolutionnairement.\" Des­\ncendons dans la rue », comme disait un des nôtres sous une\nforme piquante, c'est-à-dire, dans la circonstance présente,\npuisqu'une riposte est nécessaire à une aussi inqualifiable\ndécision, réunissons en un Banquet solennel de protestation\ntous ceux qui combattent en ce moment en Belqique le bon\ncombat artistique!\n   A nous ceux de Mons, ceux de Verviers toujours si dévoués\net si vaillants ! A nous le Caveau et les sociétés littéraires !\nA nous toutes les revues nouvelles, toutes ces armes aiguisées\nsur nos jeunes cœurs: l'Art Moderne, la Revue Moderne,\nle Journal des Gens de lettres, le Correspondant Belge, la\nRevue artistique, la Feuille du Dimanche, et aussi les\nanciennes, les sympathiques: le Journal des Beaux-Arts et\nla Fédération artistique !\n   Il faut que tous, pour leurs abonnés, pour leurs lecteurs,\npar poignées, envoyent des bulletins d'adhésion à cet acte de\njustice nationale: La MANIFESTATION LEMONNIER.\n   A nous aussi les Flamands, auxquels on n'ose pas imposer\ndes jurys comme le nôtre, eux qui sont jugés par des produc­\nteurs, de vrais écrivains qui, au dernier concours, n'ont pas\ncraint de couronner un poète de vingt cinq ans!\n   A nous encore les frères et amis de la presse quotidienne\ndont beaucoup nous ont déjà tant aidé dans nos débuts de\ncampagne littéraire!\n   A nous enfin les musiciens, les peintres, les originaux de\nl'Essor qui ont triomphé déjà dans la voie de l'Art libre et\nde l'Art moderne où LEMONNIER les a poussés et soutenus,\nlui le premier de nos critiques d'art!\n   Il faut que tous ceux-là nous viennent, et quand les\nadhésions seront arrivées, nombreuses, tous ensemble,\nnous les gens de lettres, les artistes, nous tous le vrai jury,\nnous acclamerons en un banquet fraternel le romancier des\n"}, {"page_pdf": 296, "texte": "                                — 9 —\n\nFlamands et des Wallons, le puissant écrivain national, le\ncher, le grand CAMILLE LEMONNIER.\n  Ainsi, grâce aux apothéoses que nous décernerons désor­\nmais nous-mêmes, il ne pourra plus se faire qu'on nous\nécrase sous des dédains officiels et que — selon la lugubre\nparole de notre plus grand poète mort,\n\n                                          la patrie\n     Ait à rougir de honte un jour, ni qu'on lui crie:\n     « Ingrate, qui dressant des piédestaux jaloux,\n     Plaças les nains dessus et les géants dessous! »\n\n                                   LA J E U N E BELGIQUE, (1)\n\n\n   (1) La manifestation, consistant en un grand banquet auquel sont con­\nviés tous ceux qui s'intéressent à la littérature, aura vraisemblablement\nlieu le DIMANCHE 27 MAI. Le prix de cotisation est de cinq francs. Les\nadhérents sont priés d'envover dés aujourd'hui leurs noms et adresses\nexactes à M. MAX WALLER, 74, AVENUE DE LA TOISON D'OR à\nBruxelles. Un avis fixant la date définitive qui sera certainement un di­\nmanche, leur sera envoyé en temps et lieu. Les souscriptions des dames\net autres personnes qui ne pourront assister à la fête, seront affectées à\nen rehausser l'éclat. Les noms de tous les souscripteurs seront publiés\ndans le prochain numérode la Jeune Belgique à moins de désir contraire.\n"}, {"page_pdf": 297, "texte": ""}, {"page_pdf": 298, "texte": ""}, {"page_pdf": 299, "texte": "    LA JEUNE BELGIQUE\nparaissant le 1er de chaque mois en livraisons de 48 pages\nformant par an un volume d'environ 600 pages, imprimé\nsur papier teinté, en caractères elzéviriens, avec titre, cou­\nverture et table de matières.\n\n\n\n\n                       ABONNEMENT\n        BELGIQUE                              ÉTRANGER\n    Un an. .      .   5.00               Le port on sus.\n    Six mois .    .   3.00\n\n\n\n\n         PRINCIPAUX  RÉDACTEURS     :\nGEORGES BAUWENS, PAUL BERLIER, JULES DESTRÉE,\n  GEORGES\n  KARL    EEKHOUD,\n       GRÜN,LEVIS,\n              THÉODOREIW AN GILKIN,  ALBERT\n                         HANNON,GEORGES      GIRAUD,\n                                  CAMILE RODENBACH,\n                                          LEMONNIER,\n  EDOUARD          H. MAUBEL,\n  MAURICE SÜLZBËRGER, EMILE VERHAEREN;\n              Directeur-rédacteur\n                     MAX WALLER\n                                  en chef :\n\n                   BUREAUX:\n            90, rue Bosquet, à Bruxelles, 90\n              Bruxelles. — Imp. Au. MERTENS, 12, rue   d'Or.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1883-05", "preuve": "Couverture, PDF 284 : Mai 1883. Aucun jour indiqué."}}