{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "(3e année) 1883 Tome I I . 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Ier novembre\n\n\n                                                         LA\n\n\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n\n\n                                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE LA JEUNE BELGIQUE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 520, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 1965, "texte": "SOMMAIRE\n  LA     JEUNE     BELGIQUE                                                   .    L A JEUNE BELGIQUE.\n  VALSE ALLEMANDE                                                                  MAX W A L L E R .\n  P O É S I E S : Sonnets                                                         ALBERT GIRAUD.\n                Clair de Lune                                                      IWAN GILKIN.\n                Réclamation                                                        EDOUARD     LEVIS.\n                 Sonnet parisien                                          .        JULES DEMENTHE.\n                Aubade      des morts                                             AUGUSTE VIERSET.\n                 Soir d'été                                                       A - M . CHAMPS D'AULNES.\n                Dans les Jones                                                    M . MATER.\n                Sonnets                                                           FERNAND KHNOFF.\n          La chanson des belles personnes. . .                            .       CATULLE MENDÈS.\n  CROQUIS FUNÈBRES.      . . . . . . . . .                                        HENRY MAUBEL.\n  SOUVENIR DE CIRQUE                                                              HATTO\n  MOI.                                                                            T Ê T E DE MORT.\n  MEMENTO           .   .   .   .   .   .    .   .   .    .   .   .   .           NEMO.\n\n\n                            TABLE DES MATIÈRES.\n\n\n                                  BRUXELLES\n   BUREAUX              : 7 4 , AVENUE   DE LA TOISON                                             D'OR\n                                            MDCCCLXXXIII\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Notre numéro de Noël", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "NOTRE NUMÉRO DE NOËL", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 521, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 1208, "texte": "NOTRE NUMÉRO DE NOËL.\n\n\n\n  Comme les « english magazines », la Jeune        Belgique\naura son « Christmas Number ».\n\n   Notre prochain numéro, d'au moins quatre-vingts pages,\nsera orné d'un calendrier-frontispice d'AMÉDÉE LYNEN\nreproduit en photogravure par le procédé Evely. Il ren­\nfermera en outre des articles (nouvelles, études, poésies)\nde GEORGES E E K H O U D , ALBERT GIRAUD, IWAN\nGILKIN, FERNAND K H N O P F F , CAMILLE L E M O N ­\nN I E R , EDOUARD LEVIS, H E N R I MAUBEL, GEORGES\nRODENBACH, MAURICE SULZBERGER, E M I L E VAN\nA R E N B E R G H , E M I L E V E R H A E R E N , MAX WAL­\nL E R , etc.\n   Enfin il contiendra une série d'autographes INÉDITS —\nreproduits exactement —> de VICTOR HUGO, EMILE ZOLA,\nFRANÇOIS C O P P É E ,        THÉODORE DE        BANVILLE.\nEDMOND DE GONCOURT, OCTAVE P I R M E Z , CHARLES\nDE COSTER, LÉON CLADEL, etc.\n   Ce numéro, qui sera un véritable keepsake d'art litté­\nraire sera mis en vente au prix d'un franc cinquante.\n   Nos abonnés — anciens et nouveaux — le recevront\ngratuitement.\n\n\n  Au présent numéro sont joints un titre et une couverture\ndestinés au brochage du tome II de la Jeune Belgique.\n\n\n    La boîte au lettres est remise au prochain numéro.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 449, "page_fin": 451, "titre_corps": "La Jeune Belgique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 522, "page_imprimee": 449, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2091, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n\n   Nous voici arrivés au terme de notre troisième année, et désormais\nnous n'avons plus à craindre la mort. Chaque mois nous apporte de\nnouvelles recrues, chaque numéro est meilleur que le précédent, chaque\njour marque un pas plus haut dans l'ascension de la popularité et du\nsuccès.\n   La lutte a été rude pourtant ; ce n'est pas impunément que l'on s'atta­\nque — et nous n'y avons pas mis trop de douceur — aux personnalités\nencombrantes qui accaparaient l'attention, les faveurs, voire l'estime.\n   Certains noms, jadis respectés, sans qu'ils fussent respectables, sont\ndevenus les pseudonymes de la sottise et de l'impuissance littéraires.\nSans relâche, nous avons suivi le conseil brutal et furieux d'un des\nnôtres qui s'écriait : « De ceux-là nous avons ri, car ils sont grotesques.\n   Mais ils sont dangereux aussi. Leur parole humide et froide tombe\n« sur le public comme une pluie qui peu à peu s'infiltre et glace. Ils\n« ont la force de la phrase longtemps serinée, de l'éloge dont ils cosmé­\n  tiquent leurs têtes, la force que leur donne notre dédain et notre\n« silence. Assez ! S'ils ne craignent que pour leurs fauteuils, leurs siné­\n  cures, pour la ouate officielle dont ils se réchauffent, qu'ils se tran­\n  quillisent. Qu'ils enfoncent le mutisme dans leur bouche, comme\n« dans le goulot d'une aigre et mauvaise bouteille, le bouchon ! Qu'ils\n« gardent les places, qu'ils gardent les primes ! Mais si, encore, leurs\n« lèvres rient, leurs yeux se moquent, leurs épaules se haussent, s'ils\n  veulent se jeter en travers de l'effort actuel, de la science moderne,\n« qui évolue, et de l'art moderne qui soleille tout rouge, — oh ! alors,\n» nous répondrons avec des mots qui se courroucent et s'insurgent,\n« nos phrases seront un orchestre de lanières et de cravaches, et nous\n« cinglerons, cinglerons, cinglerons, si vite, si fort et si large, que dans\n« une suprême gavotte on les verra danser, danser très haut, et cogner\n« enfin de leurs vaines têtes — les étoiles !\n                                                                  35\n"}, {"page_pdf": 523, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2413, "texte": "                                 — 450 —\n\n\n\n                                      II\n\n    La Jeune Belgique devait réussir. Commencée modestement, en\n dehors d'une lutte dont l'heure n'était pas venue, accueillant largement,\n avec une indulgence parfois trop grande, les essais des jeunes amateurs,\n dirigée d'ailleurs par des amateurs se niquant «peu ou prou de littérature\n et dont l'idéal était d'écrire, de voir leurs vers, leur prose imprimés »,\n notre revue est devenue un organe, l'organe d'un groupe déterminé, pro­\n gressiste en art, excessif dans ses opinions, éclectique pourtant, composé\n qu'il est des tempéraments les plus divers et les plus opposés. C'est\n notre vie que nous défendons, notre réputation, notre carrière, et nos\n lecteurs savent si nous l'avons fait avec indépendance, en dépit des har­\n gneux et des faiblots, sans nous soucier des colères, des moqueries, des\n dédains !\n    Lesjeunes Belgique, ce nom de phalange tapageuse est entré dans le\nlangage; un an a suffi pour nous caler au soleil, et lorsqu'une injustice\nse commet, qu'un passe-droit s'accomplit, qu'une sottise se consomme\ndans le cycle de l'art national, c'est de nous qu'on attend le cri d'alarme\net le coup qui frappe, et la raillerie qui cingle.\n    Il ne nous a fallu qu'un mois pour rendre à l'un des nôtres la place\nque la cuistrerie officielle avait voulu lui enlever; deux cents per­\nsonnes, deux cents artistes sont accourus à notre appel pour ratifier\nnotre colère. C'est dire que notre place est solidement assise dans le\nmonde belge, et — qu'importe si l'on prend ceci pour un panégirique !\n— que désormais l'influence de la Jeune Belgique est considérable.\n\n                                     III\n\n   Que l'on examine à présent les livres qui, en un an, ont rayonné\nautour de notre revue. A ceux qui nient le mouvement littéraire, aux\naveugles volontaires et aux sourds de parti-pris, un regard en arrière,\nune récapitulation suffit ; les livres s'amoncèlent. C'est d'abord la Thérèse\nMonique de Camille Lemonnier, ce récit de vie intime tout de demi-teinte,\nde sentiment subtil, Kees Doorik de Georges Eekhoud, une des plus\npuissantes évocations de l'âme flamande, Le Scribe d'Albert Giraud,\nœuvre détraquée et saignante d'un artiste excessif et furieux, mais solide\net nerveux, affollé de couleur, de musique, de parfums. Les Flamandes\nd'Emile Verhaeren, cette mise en vers des tableaux de nos grands\n"}, {"page_pdf": 524, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "                                 — 451 —\n\n maîtres Rubens, Jordaens, Teniers ; Au pays de Manneken-Pis de\n Théodore Hannon, ces croquis enlevés à la pointe de la plume, La Vie\n bête, Le Baiser, L'Amour fantasque de Max Waller, pastels de senti­\n ment, exquises empreintes de féminisme et de douceur, Les Printanières\n d'Hélène Swarth, poésies de femme — non de bas-bleu — parfumées de\n senteurs, caressées d'harmonies, Aux Ambassadeurs d'Octave Maus\n enfin, cette nouvelle si nature et, si bien croquée, et, affermissant l'évolu­\ntion, l'accord tacite des revues littéraires et l'union en Art de La Jeune\nBelgique avec l'Art Moderne, le Journal des Gens de Lettres et les\nrevues naissantes.\n    Et les revues; mortes aujourd'hui elle renaissent demain, prenant\ntoutes les formes et tout les programmes.\n    Le mouvement ne s'arrête pas ; l'avenir, dans une chaîne ininter­\n rompue continue le présent, et l'année qui va s'ouvrir attend l'apparition\nd'une nouvelle série d'oeuvres. C'est l'Amiral d'Edmond Picard, l'Hys­\ntérique et la Belgique de Camille Lemonnier, les Kermesses de Georges\n Eekhoud, les Salons de Georges Rodenbach, le Pierrot lunaire d'Albert\n Giraud, les Sonnets d'Emile Van Arenbergh, les Nouvelles pour les\njeunes filles de Max Waller, les Feuilles mortes d'Hélène Swarth,\nd'autres encore, car bien des projets sont sur le métier qui, se réali­\nseront, éclatant comme des pétards, au moment voulu.\n   Et maintenant, que la propagande continue. La lutte commence\nseulement, la vraie lutte à coups de plume, par les articles, par les con­\nférences, par la scène ! Nos batteries sont prêtes et nous suivrons fière­\nment et sans hésitations le mot de défi que nous avons pris pour devise\nNE CRAINS!\n                                              LA J E U N E   BELGIQUE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 452, "page_fin": 455, "titre_corps": "Valse allemande", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "VALSE ALLEMANDE", "ancre_fin": "L Amour fantasque", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 525, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1737, "texte": "VALSE ALLEMANDE\n\n                                            I\n\n                 STRAUSS! STRAUSS! STRAUSS!\n          GROSSES C O N C E R T\n               UNTER L E I T U N G DES KAISERI.ICHEN MUSIKDIRECTORS\n\n                              JOHANN        STRAUSS!\n                                        in dem\n\n                        HOTEL-KLEY-GARTEN\n                                      um 6 Uhr\n\n\n                                  PROGRAM M\n                                      I. T H E I L .\n           An der blauen Donau, Walzer von                        STRAUSS\n           Fatinitza-Quadrille, von                               STRAUSS\n           Du und du, Walzer von                                  STRAUSS\n\n\n                           DIE WACHT\n                               I . TIIEILAM. RHEIN\n           Wiener Blut, Walzer von                                 STRAUSS\n\n\n\n\n           Cagliostro-Walzer, von                                 STRAUSS\n           Neu Wien, Walzer von                                   STRAUSS\n           Pizzicato-Polka, von                                    STRAUSS\n           Kùnstler-Leben, Walzer von                              STRAUSS\n\n                                  KAISER FRANTZ\n\n                                  Preis : 1 Mark.\n\n                                                  Druck von J.-F. Carthaus,\n                                                        in Bonn.\n\n\n\n   Ce programme imprimé en lettres rouges, jaunes, vertes, bleues,\néclatait à tous les coins de la ville depuis le bout de l'allée de Poppels­\ndorf jusqu'au fond de Godesberg. Le jardin de l'hôtel Kley peigné,\nratissé, sablé, plein de fleurs, avec son fouillis de chaises et de petites\n"}, {"page_pdf": 526, "page_imprimee": 453, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2726, "texte": "                                -    453    -\n\n tables rondes, resplendissait sous la tombée crue du soleil ; les Kellner\n en tabliers blancs allaient et venaient, servant aux premiers arrivés les\n sherry-cobler et les maitrank commandés avec de grands cris : ein,\n zwei, drei, schnell ! Donner ! Boum !\n    Arrivèrent bientôt les étudiants, par groupes de corporations, les\n Borussen à la casquette blanche relevée de ganses d'argent, puis les Asiat\n coiffés de la petite rondelle rouge posée de travers sur les cheveux repei­\n gnés, luisants, bouclés, relevés d'un côté; les Felsen, les Saxons,\n les Souabes, tous avec leur allure de margraves, les uns chics, le monocle\n à l'œil, d'autres, vieux déjà, aux lunettes d'or à fines branches ; et aussitôt\n assis, on demandait à boire, vite, le bol légendaire, la grande soupière\n où l'on verse douze flaschen de Niersteiner, quatre de Mosel, trois de\n Champagner, un plat de fraises, un flacon d'ananas, du maikraut,.,\n et Prosit! Dank! Bitte sehrl Bitte! Hurrah! Crambambuli! Hopsasah!\n Juchheia ! Eh ! Kellner ! Boum !\n    Au milieu, devant le Rhin filant droit ses eaux couleur d'absinthe où\nle soleil allume des éclairs de topaze et d'aigue marine, avec les mon­\ntagnes bleutées par le loin, pignonnées de ruines aux lignes bizarres ;\ndevant les bateaux qui sillonnaient, lançant de leurs ponts légers comme\ndes dentelles les cris de joie, les appels, les exclamations des passagers\npiquant vers Drachenfels, Nonnenwerth, Godesberg, plus loin\n Ehrenbreitstein, Oberlahnstein, Stolzenfels, Loreley... — Là sous les\narbres, des familles entières arrivaient, se pressaient, s'installaient;\ndes éclats de rire perlés montaient dans les branches ; les fillettes\ncouraient chercher des chaises qu'elles traînaient, faisant, avec un bruit\nclair, sauter les petits cailloux ronds du gravier; les jeunes fraülein aux\ncheveux blonds, aux yeux bleus, puis les mères, les vieux, les hussards\nen culottes collantes cloués aux chaises avec leur lourd sabre blanc entre\nles jambes, tout cela bougeait, parlait, jabotait, et Boum ! Kellner ! Ja\nHerr Professor I Boum ! eh ! da ist er ! Strauss ! da Strauss ! prafo !\nprafo ! Hurrah !\n   Le maestro gravit les marches du kiosque, puis, se retournant, salua\nd'un air gauche, la main plate sur le cœur.\n   On applaudit : Prafa ! Praa-aa-a-fa !\n   Un silence soudain se fit; Strauss leva sa baguette, puis d'un coup,\navec un effort, la laissa retomber.\n   Et la valse commença, lente, amollie, glissant les notes comme des\ngazes, frissonnant dans les feuilles, puis réveillée tout-à-coup reprenant\nle thème gai, entraînant, qui met des envies de valse aux jambes, et les\njeunes filles l'œil noyé, caressantes comme des chattes, pâmées, regar-\n"}, {"page_pdf": 527, "page_imprimee": 454, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "                                -   454    -\n\ndaientles hommes. Allait la valse, la valse ! et ses ondulations houlaient\nles tètes, et les buveurs, le regard vague, se balançaient sur leurs chaises\ncomme des bêtes repues, chantonnant avec l'orchestre, accompagnant le\n rythme de longs gestes tendres.\n    Et la mélodie était douce comme le chant des filles du Rhin qui\n glissent le soir au milieu des algues glauques, au frisson de la nuit qui\n pleure.\n                                     II\n\n   De la fenêtre de son boudoir donnant sur les jardins de l'hôtel, la com­\ntesse Dora Doraskine écoutait.\n   Depuis deux jours, après son long voyage de Moscou à Bonn, la\ntête encore pleine des bruyantes fêtes du couronnement, elle se reposait\ndans le calme aristocratique de sa villa, aux souffles de la moelleuse et\npoétique nature rhénane.\n    Le comte Doraskine ne devait la rejoindre qu'une semaine plus tard.\nElle avait passé les premières heures à faire son nid, mettant une vie à\ntoutes les choses enfermées là depuis trois ans,'et son parfum de femme à\nl'atmosphère froide de la mignonne demeure. Les grandes vasques et les\npotiches rares, elle les avait de sa gracile main remplis de hautes bottes\nde fleurs orchidées, de fougères, de camélias rouges. Les bibelots touchés\nd'un doigt artiste parsemèrent de nouveau les étagères en bois de santal\net de racine; la haute pendule enfin avec ses rondes de bergers et de pas­\ntourelles en Saxe tout bleus pâles et tout roses résonna son tic-tac métal­\nlique et rieur, tandis que par les fenêtres ouvertes le jour filtrait à\ntravers les nattes.\n    L'annonce du concert Strauss fut une joie ; Dora se rappelait avoir\nentendu le maestro à Vienne, dans le temps, et des mélodies berçantes\nlui restaient de cette musique romanesque pétillante et mélancolique;\n    — Mariette, je ne recevrai pas aujourd'hui, avait-elle dit à sa femme\nde chambre.\n    Dora demeura dans le boudoir, et ne voulant pas voir la foule qu\nhurlait ses bravo, s'absorba dans les notes qui lui venaient ainsi que des\n baisers.\n    Les yeux mi-clos, la lèvre entr'ouverte montrant les dents rosées, sa\n lourde chevelure déroulée, elle se renversa sur les coussins en satin car­\ndinal d'une dormeuse, et lentement, oppressée, se dégrafa.\n    La poitrine nue sur l'éboulement neigeux de la batiste, la comtesse\n Doraskine, exquise d'impudeur, semblait attendre un invisible amant\nqui lui viendrait porté sur les notes balancées des violons.\n"}, {"page_pdf": 528, "page_imprimee": 455, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2096, "texte": "                                   — 455 —\n\n    Parfois elle se regardait, se trouvant belle, et sa respiration haletait,\nmontait doucement, comme une vague, dans une voluptueuse agonie.\n    Avec la deuxième partie du concert, le soir était descendu ; clans les\narbres remués comme des palmes, les globes blancs des gaz faisaient\nautant de lunes pâles au milieu des verdures, et le ciel intense se fonçait\nde minute en minute. Les ruines, au loin, comme celles des vieilles légen­\ndes et des ballades, semblaient revivre le passé, et, sous les étoiles, s'ani­\nmaient d'ombres.\n    Dora voyait tout cela dans un demi-rève; c'était si calmement beau\net si tendre qu'elle se sentait les yeux et les lèvres humides d'une im­\nmense, d'une universelle tendresse.\n    Des douceurs l'envahisssaient de tous ces arpèges remués— semblables\nà des voiles qui s'entr'ouvrent et montrent la courbe fuyante de nudités\nmystiques.\n     « Viens ! oh viens ! disait-elle à l'ombre à la nue, aux étoiles   viens !\n    La tiédeur de la nuit descendue entrait en elle comme le frémissement\nd'un long baiser ; autour d'elle glissaient amoureusement les mesures\npareilles à un vol discret de mystérieuses hirondelles, un attouchement\nléger qui frôlait, qui caressait, plein de paresse, une brise incertaine\n qu'elle croyait venir d'un invisible et céleste éventail en plumes de grèbe,\n et frissonnante, secoué par les secrets appels de la troublante nature,\n Dora s'abandonnait éperdue à l'occulte amant des mélodies.\n     Allait la valse, la valse toujours, tantôt claire avec ses éclats de joie,\ntantôt allongée dans une hystérie de notes voluptueuses et molles,\ntrempée de larmes, bondissante puis épuisée, et se baignant dans le\n frisson des feuilles au milieu des clartés lunaires qui faisaient dans\n l'ombre de fuyantes et virginales voies lactées—,.,\n     Eh ! Strauss ! prafo ! prafo ! hurrah ! Jiurrah ! Keliner ! y a ! Boum !\n\n                                                         MAX W A L L E R ( I ) .\n\n\n\n\n   (I) Extrait d'un volume de nouvelles qui paraît aujourd'hui chez Boitte :   L'Amour\nfantasque.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 456, "page_fin": 457, "titre_corps": "Sonnets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Poésies", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "POESIES", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CLAIR DE LUNE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 529, "page_imprimee": 456, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1159, "texte": "POESIES\n\n                         I\n                 PROCESSION\n\nLorsque, dans la clarté flambante des métaux,\nS'avance le cortège, où les saintes Maries,\nPortant leur diadème œillé de pierreries,\nOscillent doucement sur de blancs piédestaux ;\n\nPour célébrer leurs cœurs transpercés de\" couteaux,\nOn jonche le pavé de guirlandes fleuries\nExhalant le parfum de leurs tiges flétries\nVers les Vierges debout dans l'orgueil des manteaux.\n\n— Ainsi j'avais semé sous les pas de la Femme\nLes roses de ma vie et les lys de mon âme :\nLa flore adolescente et neuve des vingt ans.\n\nMais la Reine, d'aurore et de gloire embrasée,\nPassa dans la musique exquise du printemps,\nSans respirer l'odeur de mon âme écrasée !\n\n                         II\n\n          A UNE VIERGE G O T H I Q U E\nJe voudrais inventer des mots religieux,\nSemblables aux couleurs dont les maîtres gothiques\nSpiritualisaient le lointain des tryptiques,\nPour peindre l'infini qui pleure dans tes yeux.\n\nAu fond de leur azur chaste et mystérieux\nLes désirs obsédants des trépas extatiques\nSurgissent à l'esprit comme ces croix mystiques\nQui s'enlèvent en noir sur la clarté des cieux.\n"}, {"page_pdf": 530, "page_imprimee": 457, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "                     -   457    -\n\nC'est pourquoi je t'érige, ô Vierge entre les vierges.\nUn symbolique autel criblé d'or par les cierges,\nOù blanchira le jour de tes pieds surhumains :\nEt mes strophes, de nard et de myrrhe allumées,\nEncenseront ta gloire en pensives fumées,\nEt pour toi je joindrai mes vers, — comme des mains !\n                                       ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", 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    Aux mortelles eucharisties.\n     Et les enfants du clair de lune\n     Assoupis dans leur lente yole\n     Sousle brouillard blanc, dans l'eau brune,\n     Meurent, Comme un chant de viole.\n                                             IWAN GILKIN.\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 457, "page_fin": 458, "titre_corps": "Réclamation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Poésies", "signature_source": "Édouard Levis", "ancre_debut": "RECLAMATION", "ancre_fin": "EDOUARD LEVIS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SONNET PARISIEN", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 530, "page_imprimee": 457, "debut_caractere": 1123, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "RECLAMATION\n\nPour posséder tout seul les rayons de ton âme\nJe me suis envolé, dans mes bras te portant,\nEt sous l'œil injecté d'un soleil irritant\nDans les nuages blancs j'ai fait mon nid de flamme.\n"}, {"page_pdf": 531, "page_imprimee": 458, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 676, "texte": "                            — 458 —\n\n      Et dans ce beau palais bâti de songes bleus,\n      Assis sur les sophas célestes, ô sultane\n      J'ai vu, striant du ciel la gloire diaphane,\n      Un astre fait pour toi, nous envoyer ses feux.\n       O vierge ! ton corps pur, sous ses lames dorées,\n       Comme en un bel écrin s'enchâssait, ravissant.\n       Dans la blanche splendeur des vapeurs éthérées.\n       Aujourd'hui, rêve fou, tu me transperces l'âme,\n       Et mon être courbé, les mains en croix, réclame\n       O chère ! tes baisers et ton corps et ton sang.\nSeptembre 1885.\n                                              EDOUARD L E V I S .\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 458, "page_fin": 458, "titre_corps": "Sonnet parisien", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Poésies", "signature_source": "Jules Dementhe", "ancre_debut": "SONNET PARISIEN", "ancre_fin": "JULES DEMENTHE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 531, "page_imprimee": 458, "debut_caractere": 676, "fin_caractere_exclue": 1500, "texte": "SONNET PARISIEN\n\n\n   C'est — au coin du faubourg Montmartre — un cabaret :\n   Là, parmi des voyous s'y tenant à demeure,\n   Elle surgit, le soir, deux ou trois fois par heure,\n   S'assied à peine, boit, se lève et disparaît :\n\n   Quatorze ans ; buste étroit que rien' ne désaffleure ;\n   Nippes sans élégance et non pas sans apprêt,\n   Air cavalier, mais triste : — amalgame concret\n   De vice qui ricane et d'enfance qui pleure.\n\n    Elle court — tête nue et trois fleurs dans la main : —\n    Le long des boulevards, esquivant en chemin\n    Les tricornes guetteurs que son âge appréhende ;\n\n    Puis, l'enfant cherche, accoste et poursuit un badaud :\n    « Achetez un œillet! » lui dit-elle tout haut ;\n    Mais, tout bas, elle ajoute : — « Achetez la marchande! »\n                                         JULES   DEMENTHE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", 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aïeux\nQui viennent cette nuit, voltiger sur la terre.\n\nEnsuite, à l'heure sainte, ils s'en vont par les champs\nTout le long des chemins blancs de givre et de neige,\nL'air vibre au doux accord des cantiques touchants.\n\nEt, dirigeant l'archet rebelle aux doigts glace's,\nUn vieux ménétrier, en tète du cortège\nRythme d'un son criard l'aubade aux trépassés.\n\n                                     AUGUSTE         VIERSET.\n\n\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 459, "page_fin": 460, "titre_corps": "Soir d’été", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Poésies", "signature_source": "A. 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B.\n\n— Il faisait nuit — Avril chantait, aux horizons\nBleuâtres, ses amours en brises parfumées.\nLes grands chênes des bois, les pieds dans les gazons.\nBerçaient le rêve vert des ramures pamées.\n\nComme la corde d'or d'un sublime instrument,\nPar la main de l'artiste, éperdùment heurtée,\nDans la poussière des mondes en mouvement,\nVibrait, au firmament brun, la voie lactée.\n"}, {"page_pdf": 533, "page_imprimee": 460, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 497, "texte": "                       — 460 —\n\nSur le calme, pareil au noir sommeil de mort.\nAgonisait le chant des lunaires grenouilles;\nLa Brume s'élevait de la mare, qui dort\nRêveuse, dans les jonc où le soir met ses rouilles.\n\nDans l'âme grand'ouverte aux souvenirs béants.\nLe souffle d'inconnu, plein de songes moroses,\nPassait, comme le vent dans les arbres géants :\nOn entendait, au cœur, battre le cœur des choses.\n\n                               A. M. C H A M P S D ' A U L N E S .\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 460, "page_fin": 461, "titre_corps": "Dans les joncs (triolets)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Poésies", "signature_source": "M. 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MATER.\n\n\n\n\n                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 461, "page_fin": 463, "titre_corps": "Sonnets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Poésies", "signature_source": "Georges Khnopff", "ancre_debut": "SONNETS", "ancre_fin": "GEORGES KHNOPFF", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA CHANSON DES BELLES PERSONNES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 534, "page_imprimee": 461, "debut_caractere": 1345, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": "SONNETS\n                                           à Paul Goffard.\n                       I. LA REINE\nTriste et lente, elle marche en relevant sa traîne :\n— Les satins enflammés de rouges pierreries,\nLes brocarts fascinants déroulent leur féeries, —\nUn lotus d'or en main, lente, marche la reine.\n"}, {"page_pdf": 535, "page_imprimee": 462, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "                        — 462 —\n\nL'éclat tourbillonnant d'une vague se traîne\nA ses pieds alourdis parles orfèvreries,\nDans le soir caressé de mièvres sonneries,\nLa danse des Willis en longs accords s'égrène.\n\nLoin des villes, qui pour sourire et pour clartés,\nOnt vos molles amours, ô pâles voluptés.\nRègne le ciel fleuri de roses étincelles.\n\nMéprisant son palais au fronton fulgurant,\nDe son pas triomphal sur les plages errant,\nElle rit à l'azur baisé des hirondelles.\n\n                        II. RÉVOLTE\n\n\nPourquoi souiller ton âme aux viles calomnies,\nTon âme que j'implore, infime, à tes genoux?\nLeur immonde bavure a suinté jusqu'à nous,\nSecouant tout mon sang de strideurs infinies.\n\nEt pourquoi violer l'orgueil royal des lys?\nPourquoi tacher de deuil le sommeil blanc des plaines ?\nDans mon ciel où passaient les divines haleines\nS'éteint la lèvre en feu des soleils appâlis.\n\nNon, jamais un baiser n'effleura mes prunelles!\nMon cœur incendié de clartés éternelles\nGarde le fier secret de la virginité.\n\nJe rêve, tel qu'un saint au fond des basiliques,\nAuréolé d'argent comme un beau soir d'été\nEt le flanc étoile de glaives symboliques. —\n\n                      III.   VISION\n\n\nJ'ai secoué la boue au seuil du ciel sacré :\n— Les mornes souvenirs, les navrantes pensées,\nLe deuil qui ruisselait sur mes ailes blessées\nComme un fleuve brûlant dans le vent éploré.\n"}, {"page_pdf": 536, "page_imprimee": 463, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 556, "texte": "                     — 463 —\n\nEt j'ai levé mon front vers Toi, Dieu vénéré,\nQui verses des deux mains à nos âmes lassées\nLe rêve éblouissant des extases glacées,\nImpassible gardien de l'abîme empourpré !\nJ'ai pétri les soleils sur mes seins pantelants,\nJ'ai rafraîchi ma lèvre aux baisers rutilants\nDes soirs, aux grands sommeils morts des têtes coupées ;\nEt, debout dans le sang des monstres fabuleux,\nJe souris aux éclairs fascinants des épées :\n— O Dieu, voici la fin de tes paradis bleus. —\n                                 GEORGES        KHNOPFF.\n\n\n\n\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 463, "page_fin": 463, "titre_corps": "La Chanson des belles personnes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Poésies", "signature_source": "Catulle Mendès", "ancre_debut": "LA CHANSON DES BELLES PERSONNES", "ancre_fin": "CATULLE MENDËS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 536, "page_imprimee": 463, "debut_caractere": 556, "fin_caractere_exclue": 1496, "texte": "LA CHANSON DES BELLES PERSONNES\n          Les abeilles disent aux fleurs :\n          « Accueillez-nous dans les chaleurs\n          » De vos calices peu farouches ! »\n          Les baisers disent à nos bouches\n          Ce que l'abeille dit aux fleurs.\n         L'astre tremblant dit à l'étoile :\n         « Je crois, quand ton rayon se voile,\n         » Que tout est sombre sous les cieux ! »\n         Les regards disent à nos yeux\n         Ce que l'astre dit à l'étoile.\n         Le noir cyprès dit à l'oiseau :\n         « Pour l'arbre triste et le tombeau\n         « Chantez encore, nids de mousses ! »\n         La douleur dit à nos voix douces\n         Ce que l'arbre dit à l'oiseau.\n         Le tiède Avril dit à la neige :\n         « Pâle neige, quand te verrai-je\n         « Fondre sous mes rayons vainqueurs ? »\n         Les amours disent à nos cœurs\n         Ce que l'avril dit à la neige.\n                           CATULLE MENDËS."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 464, "page_fin": 466, "titre_corps": "Le Jour des morts", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Croquis funèbres", "signature_source": "Henry Maubel", "ancre_debut": "CROQUIS FUNÈBRES", "ancre_fin": "HENRY MAUBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOUVENIR DE CIRQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 537, "page_imprimee": 464, "debut_caractere": 69, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "CROQUIS FUNÈBRES\n                                      VI\n                            LE JOUR DES MORTS\n                                       I\n   Auprès d'un tombeau, un homme se tient debout. Il est grand ; la\ncharpente a dû être robuste; elle est use'e. Cassé, vieilli, il a les cheveux\npresque blancs, l'aspect d'avoir vécu beaucoup et souffert. A ses côtés,\nune jeune fille penchée sur le marbre, y dépose sa couronne d'immor­\ntelles. C'est son amie la meilleure dont la mère dort ici et la jeune fille\naimante a pris sa part du culte de l'orpheline.\n   Elle a perdu sa mère, elle aussi ; elle ne pleure pas, n'a plus de lar­\nmes ; une trace en reste au long de ses joues hâves. Ses yeux agrandis\nsont ternes, fixes comme des yeux de morte. Elle était jolie naguère, et\nmaintenant, à la voir ainsi parmi ces tombes, on dirait qu'elle vient y\nchoisir la sienne. Et, c'est cette mère qui a fait cela ; car, si elle est morte\npour les siens pour le monde, elle n'a pas de sépulture où ses enfants\nviennent mettre des fleurs et pour la pleurer, ils se cachent.\n                                      II\n\n                                     MAGGY\n\n                                  1860-1882\n\n\n                               Son baby Paul\n                                  Avril-Mai\n                                     1882\n\n\n   A cette double inscription, d'or sur marbre blanc, — une petite femme\ntoute jeune, gracieuse et coquette parfumée au parisianisme frivole, au\nbras de son mari nonchalamment appendue, et frôlant, clapotant, du\nfroufrou de ses jupes, le granit tombal — s'arrête.\n    — C'est ici !\n   Un instant, elle rajuste sous son toquet de loutre, le bout de tulle\nfin que le vent plaque à mi-côte de son nez frileux.\n"}, {"page_pdf": 538, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "                               — 465 —\n\n   Six mois que sa grande sœur Maggy est morte ont emporte' le peu de\nlarmes et le vilain crêpe dont il ne reste qu'un souvenir pâle. — Six\nmois ! — à peine en voilà deux que la pierre est posée.\n   Madame enlève du bras d'un laquais, un énorme bourrelet de vio­\nlettes. Elle s'approche, se penche, retenant d'une main sa robe et de\nl'autre, incline, pieusement sur le marbre, les fleurs.\n   Il a coûté très cher, le marbre.\n   Elle se recule; d'un coup d'œil d'artiste, l'examine à distance, un\nregard rapide aux tombes d'alentour, mesure, évalue, compare, et, de sa\npetite moue de vanité satisfaite :\n   — C'est bien.\n   Alors, comme la nuit vient, qu'il fait maussade et grelottant, elle se\npelotonne plus câlinement sous sa pèlerine de fourrure, au bras qui la\nguide à travers la foule, vers son coupé tiède.\n   Elle sourit.\n   Songe-t-elle, la mignonne, au froid des tombes vides et qu'elle, après\nde longs jours coulés doucement lorsqu'on viendra la coucher là très\nvieille, y trouvera la couchette prête, le nid bien chaud, et Maggy sur\nle seuil, pour l'accueillir, son petit dans les bras?..\n\n                                   III\n                                    Il faut laisser les enfants rire sur les tombes,\n                                       c'est plus gai pour les morts...\n                                                        HIPPOLYTE D E V I L L E R S .\n\n   Au matin — bien avant l'heure de cette foire aux fleurs où la pleine\nfoule vient jeter, par année, un rêve de vanité mondaine au sommeil des\nmorts. — Une femme en noir est assise là, trois mioches avec elle.\nL'aine, haut de sept ans, crâne, le torse qui se cambre et coiffé dans la\nnuque d'un feutre à rubans, s'ouvrant, au large retroussis du bord, sur\nun visage batailleur :\n   — « Mère, nous pouvons jouer ?\n   Elle ne dit pas non.\n   — « Une, deux, Rita, tu es le cheval : allons, hue !\n   Et, partis, battant le gravier, lançant à coups de jarrets leurs petites\nbottes dans le dos, ils plongent à la descente, au détour rapide du chemin\n   Le calme est partout aux alentours de ce plateau désert.\n   Une coulée d'air frais balaie doucement le cimetière immense planté\nd'arbres nains. Pas de feuilles mortes au sol; du gravier, de la pierre;\nde l'herbe entre les tombes jonchées pour la plupart, de ces petits tas\naunes qui sont du fumier de fleurs.\n                                                                      56\n"}, {"page_pdf": 539, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "                                — 466 —\n\n    A la grille, un gardien somnole. Là-bas, devant la clôture, deux jar­\ndiniers ratissent ; leurs bustes silencieux, par delà cette pyramide de\nmarbre, lentement, se balancent, d'un automatique balancement ; et se\ndressent, d'un tronçon de bâtisse rose, des maçons enlevant leurs sil­\nhouettes frottées de mortier sur le fond blême du ciel.\n   Loin de la ville, à ces hauteurs, à travers le bourdonnement décru de\nl'étendue, on n'entend ici que le bruit pâle de leurs voix et les coups de\ntruelles aux briques qui sonnent dans l'atmosphère limpide du matin.\n   Alors, surgit à la jeune femme immobile et comme de dessous le banc\noù elle est assise, une miniature d'enfant, frôlante et douce, un petit\nhomme en jupes, ayant les cheveux blonds en boucles et le bleu de ses\ngrands yeux estompé d'un peu de blanc qui met du vague au regard.\n   — « Hé bien, Baby, dit-elle, pourquoi ne vas-tu pas jouer aussi ?\n    Baby hausse les épaules en faisant une moue d'indifférence qui veut\ndire : je ne sais pas. — Baby sait bien.\n    Il regarde sa mère. Elle rabat son voile, mais pas si vite que Baby ne\nl'ait vu pleurer. Il vient tranquillement, de l'air d'un homuscule détaché\nde toutes choses, se hisse de côté sur le banc trop haut pour lui, à force\nde petits coupsde reins, s'y glisse jusqu'au fond, croise dans le dos les me­\nnottes et ne bouge plus. Son regard à sa petite mère suit une autre grosse\nlarme qui roule de l'œil aux lèvres et ce regard vague du voile humide,\nau sol, au ciel, aux maçons, au gardien, à ses petits frère et sœur qui\nreviennent en courant par l'autre bout de l'allée.\n    Octobre 1885.\n                                                   HENRY MAUBEL.\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 466, "page_fin": 468, "titre_corps": "Souvenir de cirque", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Hatto", "ancre_debut": "SOUVENIR DE CIRQUE", "ancre_fin": "HATTO", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "MOI fumisterie psychologique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 539, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1738, "fin_caractere_exclue": 2220, "texte": "SOUVENIR DE CIRQUE\n   All right... miousic... hop., hop.. » C'est la fin de la soirée, les\ndouze étalons de Carré galopent dans l'arène, faisant retentir la piste\ndes coups sourds de leurs sabots et jetant des volées de sable sur les\nspectateurs qui contemplent avec admiration ce chapelet noir et inin­\nterrompu défilant devant eux.\n   Il y a bien des applaudissements, bien des cris et pourtant cette re­\nprésentation, la dernière de la saison, est empreinte de je ne sais quelle\n"}, {"page_pdf": 540, "page_imprimee": 467, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2787, "texte": "                                — 467 —\n\ntristesse. C'est un adieu bruyant, amusant même, mais c'est un adieu.\nPour la dernière fois sans doute, nous voyons ces joyeux clowns, ces\ngentilles petites écuyères — ils s'en vont bien loin ; tout le cirque,\npeut-être baraque et artistes, sera dispersé, avant les neiges prochaines.\n    On hume une dernière bouffée de cette singulière odeur d'essence de\nsciure de bois, de poudre, de gaz. ce parfum de cirquequi bienlongtemps\nrestera accroché à nos vêtements, comme un souvenir du frileux mois de\nmars. On jacasse, encore appuyé aux piliers raboteux avec ce damné\nWolff, ce grand garçon toujours naïf, toujours gai, et sous le chapeau\nde feutre comme sous la perruque rousse, toujours clown.\n    Dehors, le temps est froid, il gèle et sur la neige durcie on entend\npiaffer les chevaux des voitures, tandis que la bise sifflant dans les bran­\nches dénudées fait craquer lugubrement les ais de la porte de bois —\nDans les écuries les préparatifs de départ commencent déjà — On tasse\nles banderolies, on réunit les fauteuils de Cendrillon, les énormes cham­\npignons des Niebelungen, et les grandes caisses sabrées de larges raies\nnoires portant sur leurs flancs en caractères gigantesques : « Nederlansche\nCircus Oscar Carré », commencent à s'échafauder sous les robustes mains\ndes palefreniers.\n    Nous nous étions groupés, quelques vieux habitués, autour d'un grand\nréchaud qui projetait ses reflets pourpres sur les selles à clous dorés des\nchevaux. Cinq ou six danseuses étaient venues nous rejoindre et parmi\nelles, ma ravissante Bertha, ma maîtresse de huit jours. Une jeune et\njolie fille fraîche et vive, toujours gaie — le boute-entrain du ballet.\n    Nous étions un peu moroses ce soir-là — La mélancolie qui pesait\nsur la salle nous avait gagnés — Les plaisanteries, les bons mots nous\nrestaient dans la gorge — Dans quelques minutes il faudrait se séparer\net espérer de se revoir eut été téméraire. Malgré moi je regardais avec\n regrets mon petit diable rose fermer de sa main mignonne tous les\ncadenas de ses coffrets. Elle me sembla pourtant pensive. Elle vint\nétendre ses pieds cambrés devant les braises ardentes et un moment je\n crus deviner en voyant ce corps souple penché, immobile, ces clefs\n traînant à l'aventure sur sa jupe de gaze, ces bras nus abandonnés, ce\n gentil nez retroussé baissé vers le sol,— qu'une larme brillait dans ses\n yeux gamins. Etait-ce vrai? M'aimait-elle comme je sentais alors que je\n l'aimais? Je ne l'ai jamais su. Un grand brouhaha se fit soudain derrière\n nous ; les chevaux, l'écume aux dents, rentraient en caracolant et par la\n draperie soulevée je vis la représentation finie, le public en masse sombre\n descendant les gradins envahir l'arène et s'engouffrer dans les couloirs\n de sortie.\n"}, {"page_pdf": 541, "page_imprimee": 468, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1319, "texte": "                                         468 —\n\n    Carré pouvait survenir d'un moment à l'autre et n'aurait pas hésité à\ninfliger une forte amende à nos danseuses attardées. Le moment des\nadieux était venu. Nous nous dîmes quelques paroles banales— Pour\nmoi j'étais ému comme un écolier; je pus à peine murmurer à Bertha,\n « Allons, ma chatte, au revoir » . « Oh? au revoir», fit-elle avec une\npetite moue — d'un geste brusque elle se jeta à mon cou et me planta\ndeux gros baisers sur la joue, sur la bouche, au hasard. Puis ce fut tout,\nun nuage passa devant mes yeux et je ne vis plus que le maillot rose\nde la belle enfant escalader les derniers gradins de bois qui mènent aux\nchambres d'artistes. Je m'enfuis, sentant brûler sur mon visage ses\nlèvres ardentes. Et tandis, que sous les lumières mourantes, je trébuchais\nsur les barres, les cerceaux et les haies, je vis scintiller à mon habit une\n des paillettes dorées de son corsage. Je l'ai recueillie, je la possède encore,\n et souvent depuis, lorsque je la contemple en songeant à mon amour\n de quelques soirs, il me semble que c'est une étoile, tombée de mes ciels\n d'autrefois, qui vient brîller doucement sur mes présentes mélancolies !\n                                                                    HATTO.\n\n\n\n\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 468, "page_fin": 469, "titre_corps": "Moi (fumisterie psychologique)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Tête de mort", "ancre_debut": "MOI fumisterie psychologique", "ancre_fin": "Je n avais fait que Me tuer", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 541, "page_imprimee": 468, "debut_caractere": 1319, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "MOI\n                           (fumisterie   psychologique).\n\n\n   La première fois que je Me vis, une sympathie instinctive me poussa\nvers Moi-même. Il me sembla que je trouvais enfin quelqu'un qui pût\nme comprendre, participer à mes ambitions, à mes joies, que sais-je?\nbref, je M'aimai. L'amour ne s'explique point, les affections ont de\ntroublants mystères, et nul ne saura jamais pourquoi, au lieu de placer\nles miennes dans une créature humaine du monde extérieur, je la mis\ndans un être, quelconque en somme, qui est Moi.\n   Dès lors, quelle sollicitude n'eus-je point pour mon Idole! Je m'attachai\nà Lui donner toutes les jouissances, tous les plaisirs ; il m'arriva même de\nrendre heureux les autres pour Me donner la joie de la reconnaissance\nreçue, « Comme Tu es bon, Moi, Me disais-je alors en souriant et\ncomme Tu mérites bien toute cette gratitude qui se manifeste autour de\nToi par des petits soins, des airs doux, — sans compter la réputation\nde sagesse qu'on Te fait ! »\n"}, {"page_pdf": 542, "page_imprimee": 469, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "                                — 469 —\n\n     Je M'aime!\n      a Et puis Tu ne me tromperas pas, ô Moi! Tu n'auras pas les per­\n  fidies de la femme — qui ment, qui mord, qui griffe. ; je Me connaîtrai\n  bien et je M'e'tudierai... jamais un nuage n'obscurcira la paix de notre\n  affection. Comme Narcissus admirant ses formes d'éphèbe dans l'eau\n claire des fontaines, mon âme se mirera dans le flot pur de Moi-même,\n  et mon amour sera si uni, si limpide et si inaltérable que parfois il me\n  semblera que je n'aimerai rien, tant je M 'aimerai ! »\n     Voilà ce que je Me dis lorsque je Me rencontrai pour la première\n fois; je Me trouvai très bien d'ailleurs, très beau de forme et d'esprit et\n je Me considérai comme bien sot d'avoir pu songer un seul instant à\n donner à des inconnus l'inaltérable amitié que je sentais en moi et que\n je pouvais si bien Me donner.\n     Un jour, étant tombé à l'eau, j'eus une forte envie de m'enfuir et de\n crier : « Tire-toi de là, je m'en bats l'œil ! » mais mon dévouement au\n Bien-aimé revint et nageant vigoureusement, je Me sauvai.\n     Ainsi je connus l'Abnégation.\n     Un autre jour un matamore quelconque eut l'audace de Me provoquer\n en duel. Aussitôt j'appellai Moi-même et lui dis : « Tu ne te battras\n pas, ce misérable T'enlèverait à mon affection, es-Tu fou? j'en mourrais!\n le vrai courage consiste à mépriser les injures ! »\n     Ainsi je connus l'héroïsme. Quelqu'un d'extérieur me dit : C'est\n lâche! — Deux jours avant, il avait empêché un ami de se battre et il\n trouvait lâche que je fisse la même chose! .T'avait fait la même chose,\n n'est-ce pas, puisque Je suis mon meilleur ami.\n     Pourtant la douleur vint, je souffris — je ne sais pourquoi — fêtais\nfurieux contre moi-même et je voulus Me punir ; je M'écoutai une nuit,\n je Me regardai lentement descendre dans un cauchemar de désespoir —\n car quelque chose m'avait manqué dans ma vie délicieuse — et froide­\n ment, sans crainte, inflexible, je Me tuai.\n     Des journaux prétendirent que c'était un suicide.\n     Les insensés !\n     Je n'avais fait que Me tuer "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 470, "page_fin": 480, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "NEMO", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 543, "page_imprimee": 470, "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 2522, "texte": "MEMENTO\nTableaux flamands, par le Docteur Carat. Un vol. Paris. Marpon et Flamma­\n  rion. — Conte rouge, par Emile Verhaeren. — La. joie de vivre, par Emile\n  Zola. — Sensations d'Oxford, par Paul Bourget. — Pot-Bouille. —\n  Chronique théâtrale. —Noces parisi nnes, par Alain Bauquenne. Un vol.,\n  Paris, Ollendorff, 3.50. — Litdine, par Francis Poictevin Un vol.\n  Bruxelles, Kistemaeckers. 3.50. — La Teigne, Rimes de joie, Entre Amou­\n  reux. — Les Vingt. — Chroniques des petits théâtres de Paris par Nicolas\n  Brazier, deux vol., Paris, Rouveyre et Blond. 15.00. —Les Mémoires d'un\n  Sceptique, par Carie des Perrières. Un vol. Paris, Rouveyre et Blond.\n  3.50.— L'Art duns ta maison, par Henry Havard. Un vol., Paris, Rouveyre\n  et Blond. — Marche célèbre de Lachner, Bruxelles, Schott. — Charles\n  Potvin au Moniteur. — Les deux Sonnets. — Bibliothèque Gilon. —\n  Le Petit Brantôme de poche, par Emile Villemot. Un vol. Paris. Ollendorff.\n  3.5o. — Les Arts incohérents.\n\n\n    Clovis Hugues, le poète député, auteur des Soirs de Bataille et des Jours de\ncombat, viendra, dans le courant du mois de novembre, donner une conférence\nlittéraire au Cercle des conférences que vient d'organiser Lu Jeune Belgique Le\njour n'étant pas encore fixé, c'est par la presse quotidiene que nos lecteurs en\napprendront la date.\n                                      ***\n   « Tableaux flamands » — tel est le titre d'une centaine de pittoresques et\ncharmants sonnets du docteur Carat qui viennent de paraître chez Marpon et\nFlammarion en un très coquet volume que le paysagiste, en quête du site\ndécrit, peut facilement glisser dans sa poche.\n   Le docteur Carat et moi, nous sentons souvent de même, pas toujours, ce\nserait monotone; c'est donc dire qu'il est mon ami dans la bonne et seule\nacception d'un mot dont on abuse. Je tâcherai de l'oublier en souhaitant la bien­\nvenue à son volume. Dans une revue biographique, que je dirigeais il va bien-\nques années, j'ai déjà dit tout ce que j'espérais de cette nature cmincmcnt\nartiste, de ce peintre, de ce musicien, de ce poète.\n   Le docteur Carat exerce à deux pas de Paris, à Montrouge ; mais il aime\nson pays, la Flandre française; sa pensée y vagabonde souvent, et il le chante :\n\n            Hourra ! je te salue, — ô ma terre flamande\n            Où s'ouvre le sillon plus gras et plus fécond,\n            Où le soleil gris-perle éclaire la légende\n            Des antiques Morins et du Nervien blond.\n"}, {"page_pdf": 544, "page_imprimee": 471, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2479, "texte": "                                  — 471 —\n\n\n            Le flot qui t'enveloppe est fait de mélodie,\n            Et de ton rude accent, de ta voix alourdie,\n            Tu chantes sa louange au divin Gambrinus.\n\n   Les vers, très colorés, courent gaillardement bien pleins, bien construits,\npleins d'humour souvent, de sentiment toujours. Le poète a la nostalgie de la\nmer du Nord, il aime la tristesse de son pays au ciel pâle, aux horizons sablon­\nneux. Ses paysages ont les gris savants de nos peintres modernes, une somno­\nlence qui berce, une poésie qui a son attirance et repose; il faut lire dans cette\nnote: les Moulins à vent, les Dunes, la Nuit. 0 pays, Ciel du Nord ; autant de\npièces qu'il faudrait citer en entier :\n\n             La dune a revêtu son manteau de ténèbres :\n             Les vents hurleurs ont pris la voix d'un décédé;\n             Dans le soir, on entend cliqueter les vertèbres\n             De ceux qui sont tombés sous Turenne et Condé.\n\n   Puis voici venir les joyeuses Kermesses, les bruyantes beuveries à la Téniers ,\nle tout tracé d'une plume alerte par quelqu'un qui a vu, senti, vécu ces\nchoses. Les femmes sont plantureuses et les couples s'étreignent à pleins bras,\nc'est la vie comme la peignait Jordaens. Voici la fin d'un « 'etour d'Islande ;\nles pécheurs rentrent :\n\n                      comme une proie elle a saisi son homme,\n             Un long frisson aux reins, pâle, affolé et comme\n             Une femme qui pleure au moins depuis huit mois.\n\n             Il embrasse le mousse, et tous trois dans la foule\n             Elle et lui consumés d'un désir qui les soûle,\n             Disparaissent, lançant un bon rire grivois.\n\n  Dans les Kermesses, les femmes promènent » la rondeur de leurs charmes ; »\nau cabaret :\n              Une fraîche figure au comptoir est assise\n              Surveillant les pots clairs où la cendre s'attise,\n              Où la pipe se pose\n\n    Parfois le poète a des échappées dans le pays des rêves; il se fait mâcheur de\n haschich et lui demande à revoir « les forêts s'entr'ouvrant sous le vent bien­\n faisant, » — ailleurs, dans « le Glas, » il devient triste et dit : « Grande mys­\n térieuse, ô Mort, je te salue ! » — Le docteur Carat est un penseur en même\n temps qu'un sensationniste; les impressions chez lui sont multiples, diverses;\n     il vient d'écrire « la Noce aux champs » où, dans le chariot des nouveaux\n épousés, « On se baise à grands cris plus forts que dans les autres »,\n"}, {"page_pdf": 545, "page_imprimee": 472, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "                                  — 472 —\nlorsqu'une carcasse de navire échoué le rend songeur, et ces beaux vers nous\ntrahissent une pensée profonde :\n\n                   Sur les membrures grouille une sordide mousse,\n            Des végétations d'un aspect fainéant —\n            Et l'animal celât — et le bois se trémousse ;\n            La pourriture fauve est à son flanc béant.\n\n   Lisez « le Carnaval », « le Carillon », puis aussi « le Reuze », l'énorme\nmannequin que l'on sait, — (Bon pays, peuple enfant! c'est chez toi qu'est le\nReuze,) — le Reuze poussé par cent marins, le Reuze à côté de la Reuzine,\nle Reuze enfin dont on va marier la fille à Gavant de Douai, — bonnes et\nnaives légendes que tout cela, légendes que tue la désolante unification des\nraces et que le poète a su rendre et fixer.\n   Encore une courte citation, elle est charmante ; trois vers du sonnet « la\nPlage :»\n                  Ayant les gestes doux, effarés d'une vierge,\n             La mer recule, vient près la dune et submerge\n             Le sable, en y creusant de tout petits étangs.\n\n   Je sais un mien ami qui a peint cela : Jean Desbrosses; l'art a ses affinités.\n   Je m'arrête. Il faut lire ces pages intimes, familières, senties; et, si j'ai\ntenu à en parler dans la Jeune Belgique, c'est que l'auteur a bien nommé\nson livre : \" Tableaux flamands \"; et, avec la plume, fait œuvre de peintre.\n                                                    Hippolyte DEVILLERS.\n\n                                      ** *\n\n   La troisième plaquette de notre collection sera mise en vente le 1er' décem­\nbre. Elle est intitulée Conte Rouge, a pour auteur Emile Verhaeren et sera\nornée d'un superbe dessin de Théo Van Rysselberghe. On souscrit dès\naujourd'hui dans nos bureaux. Ajoutons que prochainement nos plaquettes ne\nparaîtront même plus en librairie, les cadres de souscription étant presque\nremplis. C'est conseiller, à ceux qui tiennent à avoir complète cette élégante\ncollection, de se faire inscrire au plus vite. La nouvelle Aux Ambassadeurs est\npresque épuisée.\n                                       ***\n\n  Gil Blas annonce la publication d'un nouveau roman d'Emile Zola : La joie\nde vitre.\n                                    ***\n  Paul Bourget vient de publier dans la Nouvelle Revue ( 1er octobre) une étude\nexquise : Sensations d'Oxford.\n                                    ***\n  Vient de paraître chez Marpon et Flammarion la dernière livraison du Put-\n"}, {"page_pdf": 546, "page_imprimee": 473, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2598, "texte": "                                 -   473     -\nBoville d'Emile Zola, en belle édition grand in-8„ Jésus, illustré par Georges\nBcllenger et Kauffmann. Le volume sera mis en vente au prix de 5 francs.\n\n\n   A partir de 'notre année prochaine, nous donnerons régulièrement dans\nnotre revue une chronique théâtrale notant les pièces jouées pendant le mois,\nainsi que l'historique et la critique des nouvelles pièces. Ce memento aura plus\ntard un très grand intérêt pour l'histoire de nos théâtres.\n\n\n\n   Alain Bauquenne, le jeune auteur déjà bien connu de l'Ecuyère, de la Maré­\nchale, des Ménages parisiens, vient de faire paraître chez Ollendorff un nouveau\nlivre : Noces parisiennes, où les délicats trouveront une panerée de nouvelles\nadorables, dans le genre Droz ou Gyp, mais plus sautillantes encore; M. Bau­\nquenne, qui comprend si bien l'élégance, lui même un dandy aux ongles longs,\nà l'aspect britannique, d'un esprit très fin et très discret, a trouvé une note\nnouvelle qui n'imite ni la sentimentalité 'mondaine de Gustave Droz, ni la froi­\ndeur un peu cruelle de l'écrivain d'Autour du, mariage.\n   Il connaît son boulevard, mais préfère les salons parisiens où l'on cause, et\nson livre n'est qu'une longue causerie piquée de mots en l'air et d'observations\n intimes et justes, de drôleries bien dites — sans rire, — de petites saillies qui\neffleurent comme des ailes; tout cela est de bonne littérature bien moderne, à\ndéguster en fumant des cigarettes, les soirs d'hiver — à deux\n\n\n   Que dire de Ludine, le roman de M. Poictevin qui vient de paraître chez\nKistemaeckers? L'éditeur a toujours aimé de casser des vitres dans les jambes\nde ce bon public. Ce révolutionnaire, qui est arrivé à coups de poing et à coups\nde bec au premier rang dans la librairie française, devait éditer Ludine. Le\nlivre en effet n'est pas bon mais très curieux, pas même français mais bizarre,\navec un gros nuage sur chaque page, et, se dégageant — une impression de\nlassitude et d'énervement. Il faut que nos jeunes auteurs lisent Ludine; ce\nroman étrange leur montrera très clairement ce qu'ils doivent ne pas faire en\nlittérature.\n                                       ***\n  M. Henry Kistemaeckers annonce un nouveau roman de Lucien Descaves :\nLa Teigne, une nouvelle édition des Rimes de joie de Théodore Hannon et un\nvolume de Théo-Critt. : Entre amoureux. Nous espérons en rendre prochai­\nnement compte.\n\n   Nous lisons dans l'Art Moderne :\n   « Voici une bonne nouvelle artistique qui nous promet des expositions d'un\nintérêt tout spécial. Un groupe d'artistes belges vient de se former en vue d'or-\n"}, {"page_pdf": 547, "page_imprimee": 474, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3041, "texte": "                                  — 474 —\nganiser chaque année, du 1er février au 1er mars, une exposition de leurs\nœuvres et de celles de quelques artistes belges et étrangers, choisis avec soin\nparmi, les plus méritants, qui seront invités à participer aux expositions. Le\nchoix de ces derniers variera chaque année. On se rappelle le succès qu'obtient\nà Paris l'Exposition internationale de la rue de Sèze, organisée d'une façon ana­\nlogue.\n   Le placement des œuvres sera fait individuellement par les exposants eux-\nmêmes qui disposeront chacun d'un panneau, ainsi que cela s'est fait à l'Essor.\n   Le groupe, qui portera la dénomination des Vingt, se compose de MM. Jef\nLambeaux, Dubois, A. Chainaye, sculpteurs, Frantz Charlet, James Ensor,\nJ. Delvin. Fernand Khnopff, Courtens, Willy Finch, Dario de Regoyos,\nRod, Wytsman, Gustave Vanaise, Théo Van Rysselberghe, Charles Goethals,\nVerhaert, Verstraete, Willy, Schlobach, Guillaume Van Strydonck, peintres.\n   Un comité spécial de trois membres, tirés au sort et variant chaque année,\nest chargé des invitations, de l'organisation, etc.\n   La prochaine exposition, qu'on prépare dès à présent, présentera un grand\nintérêt artistique. On est assuré déjà du concours de MM. Vander Stappen,\nVinçotte et Paul Devigne. Trois peintres belges, dont les noms ne sont pas\nencore définitivement arrêtés, seront invités. Quant aux peintres et sculpteurs\nétrangers, ce seront, cette année, MM. John Sargent, William Chase, Maris,\nIsraëls fils et Leibl, peintres; MM. Injalbert Rodin et Gemito statuaires. »\n   Ils sont vingt, qui tondent, non pas une nouvelle société, maçonnée avec des\nstatuts et des règlements, arcboutée sur un président, bastionnée d'un secrétaire\net flanquée d'un trésorier, mais tout simplement un groupe, une bande, un\nbataillon. Point d'organisation académique — car tous sont jeunes, audacieux,\nrévolutionnaires.\n   Tous aussi ou presque tous sortent de l'Essor. On se demande même ce que\ndeviendra cette société, si les vingt s'en détachent pour soigner avant tout leur\nexposition annuelle; une scission devenait inévitable. L'art de certains de ces\nmessieurs n'a rien de commun avec celui des Regovos, des Ensor, des Khnopff\net des Van Rysselberghe. Il y a antipathie fatale entre ces deux catégoires de\npeintres ; on ne peut marcher en sens inverse en se tenant toujours la main.\n   Pour nous, pesant la valeur des noms qui forment la nouvelle bande, nous\nn'hésitons pas à la trouver superbe, forte en talent, ruisselante de hardiesse et\nchoisie avec passion parmi les meilleurs et les plus crânes.\n    Le succès de son œuvre est certain.\n\n                                       ***\n\n   Dans leur charmante collection, publiée sous le titre de Curiosités Pori­\nsiennes, les éditeurs Ed. ROUVEYRE, et G. BLOND viennent de faire paraître\nles chroniques îles Petits Théâtres île Paris, par Nicolas Brazier, nouvelle édi­\ntion, publiée par Ed. Rouveyre, son petit neveu, avec notices variantes et\n notes par Georges d'Heylli. Cet ouvrage forme deux beaux volumes in-1 a,\n"}, {"page_pdf": 548, "page_imprimee": 475, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3006, "texte": "                                  -   475         -\nimprimés avec luxe sur papier vergé de Hollande, titre rouge et noir, couver­\nture parchemin. Le recueil de Nicolas Brazier est, à proprement parler, de\nl'histoire et de la meilleure, bien qu'elle soit, \" au pied levé \", en déshabillé,\nappropriée, en somme, au sujet souvent badin et frivole qu'elle traite. C'est\nencore une mine inépuisable d'anecdotes et de récits intimes, dont quelques-\nuns sont tout à fait extraordinaires et réjouissants, et ont été souvent cités,\nsans que leur source précise ait jamais été indiquée. Que de faits bizarres,\nque d'existences tenant véritablement à la bohème par tous les cotés, que de\nvies étranges de variables cabotins et cabotines nous expose ce livre si minu­\ntieusement écrit et si curieusement informé !\n    Dans cette même collection de Curiosités Parisiennes, les éditeurs de la rue\nde Richelieu ont publié précédemment le Théâtre des Boulevards, réimprimé\npour la première fois et précédé d une notice par Georges d'Heylli. Ce 'Théâtre.\ndes Boulevards contient la plupart des parades, si salées et si plaisantes, qui\namusaient tant nos pères, que n'effarouchaient pas les libertés un peu épicées\nde certains spectacles.\n                                       # rr   *\n\n\n\n  Les Mémoires d'un Sceptique, par Carie des Perrières, viennent de paraître\nchez Ed. ROUVEYRE et G. BLOND, en un volume in-18. Inutile de faire l'éloge\nde Carie des Perrières, un des écrivains parisiens les plus connus et les plus\naimés du public. Il faut lire ce volume plein d'anecdotes de mots, facilement\nécrit, et retraçant de la manière la plus brillante la vie parisienne.\n                                       ***\n    L'Art dans la maison (grammaire de l'Ameublement), par Henry Havard,\ndont la mise en vente prochaine vient d'être annoncée par les éditeurs\nEd. ROUVEYRE et G. BLOND, forme un magnifique volume in-8\" jésus de 470\npages, et illustré de 5-2 planches hors texte et de 260 vignettes. A l'aide de\ncet ouvrage, spécialement écrit pour eux, les gens du monde pourront se cons­\ntituer un intérieur qui sorte du commun, il leur facilitera leurs rapports avec les\nindustriels et les artistes spéciaux qu'ils sont à même d'employer, leur fournira\nl'occasion de raisonner avec fruit de ces matières si intéressantes et leur don­\nnera encore le moyen d'introduire la logique dans le choix de la disposition\nde leur mobilier, et la possibilité de prévenir ces fautes de goût qui sont parfois\nsi choquantes. La compétence de l'auteur en matière artistique est indiscutable,\net le succès de ce magnifique volume est assuré par avance. Aussi bien croyons-\nnous utile, dans l'intérêt de nos lecteurs et surtout de nos lectrices, de les\nengager à s'adresser de suite aux éditeurs ! L'épuisement d'un tel livre, d'une\nsi incontestable utilité, étant facile à prévoir.\n\n\n\n   Vient de paraître chez les éditeurs Schott, la Mardi-; Célébre de la 1er suite,\n de Fr. Lachner, exécutée au banquet d'inauguration du nouveau palais de\n"}, {"page_pdf": 549, "page_imprimee": 476, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "                                 —    476     -\n\njustice. Ce morceau     très   remarquable et très moderne aura un grand\nsuccès.\n                                        ***\n   Monsieur Potvin (Charles — pour les intimes Chariot, au dire de l'Epingle)\ns'est confessé.\n   Confessé, lui ?\n   Confessé, oui !     à l'Académie !\n   Une petite confession auriculaire et publique, en vers.\n   Le confesseur demande successivement à Monsieur Potvin (Charles), s'il n'a\n\n                  «        Jamais suivi les médiocrités\n          A l'assaut des emplois, leurs mesquines bastilles,\n          Jamais capitulé pour le plat de lentilles\n                     Des vaines popularités ! »\n\n  Monsieur Potvin (Charles) répond négativement. Parbleu ! Des lentilles !\nC'était bon du temps d'Esaü !\n   Le confesseur reprend :\n\n               « Au triomphe légal du trafic malhonnête\n               Otes-tu le chapeau d'un faux respect humain? »\n\n  Un chapeau que nous ne connaissions pas encore. Un petit Trois François\nqui fera fureur cet hiver.\n  Monsieur Potvin (Charles) répond par un vers cornélien :\n               « De rien qui ne fût net je n'ai tiré ressource ! »\n   Le confesseur tombe dans une rêverie profonde, et Monsieur Potvin (Charles\nen profite pour lui décocher les strophes suivantes :\n\n                  « Oui, je tiendrai jusqu'au tombeau!\n                  Don Quichotte obstiné du beau !\n                  Traqueur des gloires mensongères !\n                  Je marcherai, lance en avant,\n                  Contre tous nos moulins à vent,\n                  Tournant aux brises étrangères !\n                  Qu'un autre... Ah ! L'on sait les movens\n                  De s'acquérir honneurs et biens,\n                  Sans que du reste il vous soucie !\n                  J'aime mieux, Belge impénitent,\n                  Sur mon fumier vivre en chantant,\n                  Mourir moi dans ma Béotie ! »\n   Fumier nous semble venir d'une contrition sincère, et Béotie d'un repentir\nattendrissant\n"}, {"page_pdf": 550, "page_imprimee": 477, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2293, "texte": "                                 — 477 —\n  Le confesseur ne bougeant plus, le pénitent finit par la cnvatine ci-dessous:\n\n                    « Terre et cieux ! La nature est belle !\n                    Si pour les morts tout est perdu,\n                    En amants séparons-nous d'elle.\n                    Buvons la vie universelle\n                    DANS L'URNE DE L'INDIVIDU!!!!!\n\n   L'urne de l'individu ! Ça fait rêver ! On a vendu beaucoup de ces urnes là,\njadis, mais il y avait un œil au fond !\n   Et ces vers babyloniens ont paru dans le Moniteur.'\n   Nous recommandons à M'' Potvin (Charles) pour sa prochaine confession,\nle Moniteur des Valeurs à leau.\n                                       ***\n   Le dix-septième siècle a vu la querelle du sonnet de Job et du sonnet\nd'Uranie .\n   Le dix-neuvième assiste à celle du sonnet d'Emile Van Arenbergh et du\nsonnet de Paul Siret.\n   Il y a longtemps, longtemps, ces deux poètes écrivirent, en vue d'un con­\ncours des Jeux Floraux, sur un sujet imposé, chacun un sonnet.\n   Trop amis pour lutter l'un contre l'autre, ils résolurent d'envoyer le\nmeilleur, ce qui fut fait.\n   Les deux sonnets, dont la pensée finale était la même, — les auteurs se\nl'étant communiquée, — et dont le sujet était le Stabat, se ressemblaient.\n— naturellement.\n    L'un d'eux fut publié en 1878 dans le Journal des Beaux Arts : il était signé\nPaul Siret.\n    L'autre a paru récemment dans la Jeune Belgique : il était signé Emile\nVan Arenbergh.\n    Un      monsieur signale cette coïncidence dans une lettre anonyme publiée\npar le Journal des Gens de Lettres, et en tire la conclusion qu'Emile Van\nArenbergh est un plagiaire.\n    Le docteur Emile Valentin ajoute un commentaire indigné.\n    Emile Van Arenbergh riposte par une lettre où il raconte les faits dans leur\nsimplicité.\n    Le docteur Valentin insère, mais feint de ne pas comprendre, et maintient\n son accusation.\n    L'affaire en est là.\n    L'avis de la Jeune Belgique, c'est que l'attitude du docteur Valentin a man­\n qué de correction d'abord, de franchise après.\n    De correction. Si la Jeune Belgique recevait une lettre signée seulement\n d'initiales quelconques, — anonyme par conséquent —, où l'on signalât une\n rencontre de ce genre entre M. X, et M. Z, tous les deux poètes, et poètes\n"}, {"page_pdf": 551, "page_imprimee": 478, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3273, "texte": "                                       -      478 —\nde talent, elle c o m m u n i q u e r a i t la lettre à celui des deux que le correspondant\naccuse de plagiat, et attendrait, avant de lancer dans le public un cancan dont\nil restera toujours quelque chose, ses explications.\n   De franchise. L'explication étant donnée, entière et loyale, le docteur\nValentin n'avait plus qu'à retirer son article, et faire u n m e a culpa.\n   Car la situation est claire :\n   R e p r o c h e r à Emile Van A r e n b e r g h d'avoir signé seul son Stabat, c'est\naccuser, par dessus sa tête Paul Siret d'avoir signé seul aussi et auparavant\nle sien.\n   Et la querelle est d'autant plus odieuse que Paul Siret n'est plus là pour\ncouvrir de son témoignage Emile Van A r e n b e r g h — son ami le plus c h e r , et\nle confident de ses dernières pensées. —\n   Nous taxons le docteur Valentin d'étourderie, et le c o r r e s p o n d a n t d e . . . .\nmalpropreté.\n\n   BIBLIOTHÈQUE GILON. —          N°   112.   C H . GIBBON, Cordes écossais, traduits       de\nl'anglais par Louise J u s t e . T r o i s contes de l'écrivain q u ' o n a s u r n o m m é le\nW a l t e r Scott m o d e r n e , traduits avec g o û t . — N° 113. TEIRLIXCK-STIJNS, Baas\nColder, traduit du néerlandais par J. Elseni et F . Gueury-Dambois Les tra­\nducteurs de contes de Geiregat, des s œ u r s Loveling et de M\" ,e C o u r t m a n s , font\nconnaître aux lecteurs français une intéressante nouvelle de M M . Isidore T e i r -\nlinck et R a y m o n d Stijns, ces E r c k m a n - C h a t r i a n de Bruxelles. —.No 114. ].,,\nJustice des princes-éveques de Liége : le procès du chanoine Sartorius par Th. Juste.\nUn terrible épisode de notre histoire, où le mot de justice signifie q u ' o n sait\ndans cette démocratie liégeoise vaincue, devenue « le paradis des prêtres ». —\nN° 115. Souvenirs de voyage. En Afrique centrale, par E . Boulland. U n jour­\n naliste cherche dans ses impressions de voyage ce qui peut intéresser les lecteurs\nà ces expéditions lointaines, à leurs préparatifs, aux m œ u r s des habitants, aux\nexigences du climat, et il raconte ce qu'il a vu. — N° 116. Le Ciel et lu Terre,\npar A. Lejeune, avec 36 figures. L ' a u t e u r est lieutenant d'infanterie. Il a con­\nsacré ses loisirs à d o n n e r des notions élémentaires sur notre système planétaire\nen partant de la ligne, des angles, des c o r p s , p o u r arriver au calendrier. —\n N° 117. Notes et souvenirs d'un voyage à la Plata, par Albert Verhaeren.\n M. Albert Verhaeren est u n ingénieur, qui a déjà publié des Souvenirs de\nvoyage, des Etudes techniques sur le Brésil. A u j o u r d ' h u i , c'est dans la Répu­\n blique Argentine qu'il conduit ses lecteurs, esquissant l'aspect des rues et des\n clubs, les m œ u r s religieuses et politiques, les guerres civiles et les vengeances\n féminines ; puis nous l'accompagnons, au r e t o u r , à travers la ligne de Rio-\nJ a n e i r o à Bordeaux. — N° 118. Mon fils, par Salvatore F a r i n a , traduit de\n  'italien par F e r d i n a n d Gravrand.                                  (Communiqué.)\n\n                                              ***\n  Le petit Brantôme de poche de MESSIRE BOURDEAU DE BOURDEILLE (Emile\nVillemot), illustré de nombreuses vignettes de LOIR LUIGI, vient de paraître\n"}, {"page_pdf": 552, "page_imprimee": 479, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2962, "texte": "                                   — 479 —\n\nà la librairie OLLENDOEFF. Cet ouvrage, qui t'ait honneur aux presses de\nMM. Moureau et fils, de Saint-Quentin, forme un charmant volume, œuvre\nposthume du spirituel auteur des Bêtises du coeur, des Femmes comme il en\nfaut, de Ne vous mariez pus.\n                                       ***\n\n    On nous écrit de Paris : L'exposition des Arts incohérents vient de s'ou­\nvrir :\n    La foule y était très cohérente dimanche dernier, jour du « vernissage ». Le\n« Tout Paris » de l'esprit s'y était donné rendez-vous. Grâce aux mesures\nhabiles prises par l'organisateur M. Jules Lévy, il n'v a eu cependant aucun\naccident de personne h déplorer. Plus de trois mille visiteurs utriusque sexus\nont rempli de une heure de l'après-midi à cinq heures les Salons trop étroits de\nla Galerie-Vivienne.\n    Comme l'a fait observer très judicieusement M. Paul Vivien, l'avocat bien\nconnu, qui est portant créole de la Réunion: c'était beau, mais c'était chaud.\n    Mes lecteurs ne s'attendent pas de ma part à une revue détaillée des œuvres\nétourdissantes de cette exposition d'un nouveau genre. Nous avions l'art sin­\ncère, l'art officiel, l'art idéal, l'art réaliste; grâce à M. Jules Lévy et à ses\nadeptes, nous avons l'art fumiste. Qu'on le regrette ou non, le l'umisme envahit\nla Société contemporaine. Il y a quelqu'un de plus grand que Victor Hugo: c'est\n M. Sapeck. Il y a quelque chose de mieux que le Salon annuel, que le Salon\ntriennal ; c'est l'Exposition des Arts Incohérents.\n    Aussi bien des incohérents n'ont pas cherché à dissimuler leurs principes\néminemment subversifs. C'est à une place d'honneur qu'ils ontexposé le tableau\n d'Antonio Gandara qui représente, avec toute l'outrance de l'impressionisme le\n plus convaincu, les grands hommes du Chat-Noir : Emile Goudeau, l'auteur\n exquis de la Revanche des bétes; et de la Revanche des fleurs, qui va nous donner\n cet hiver les Poèmes ironiques, Rodolphe Salis, l'artiste cabaretier, Jules Jouv,\n le très spirituel auteur de la Marseillaise des Infirmes, Rivière, Moréas.\n    L'incohérence, cette aimable contagion a gagné aussi le délicat dessinateur\n Georges Lorin, qui expose cette année, un curieux Menu d'artistes et un Effet\n de lune (lisez : nez fait de lunes).\n    L'espace et le temps ne me permettent pas décrir les désopilantes fantaisies\n de M. Eugène Mesplès. La plupart des œuvres des incohérents échappent\n d'ailleurs à l'analyse. Il faut les voir pour en apprécier toute la saveur capi­\n teuse.\n    M. Emile Cohl, un des rares élèves du pauvre grand André Gill, expose cinq\n ou six tableaux des plus amusants. Je recommande surtout aux visiteurs sa\n parodie du Bara de Henner et son saint Antoile.               ..\n    « Il suffit, dit le livret, de regarder fixement saint Antoile pendant 24 heures\n pour voir les yeux se fermer. — N. B. Les vôtres bien entendu. »\n    MM. Vast-Ricouard, qu'on ne s'attendait pas à trouver en cette affaire, ont\n"}, {"page_pdf": 553, "page_imprimee": 480, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "                                   — 480—\n\nété portraicturés par le même Emile Bohl. Il a fait d'eux une nature morte qu'il\nappelle: Vaste-Ecritoire. Ouf!\n   M. Gustave Fraipont nous présente une vue des environs d'Amsterdam\navec des reliefs absolument extravagants. Metsu et Rude n'ont qu'à bien se\ntenir.\n   MM. Max Dhor (moins connu sous le nom de Jules Perroux) et Raymond\nMavgrier, les magnétiseurs bien connus, hypnotisent le public, le premier par\nun tableau sur ardoise intitulé : Excelsior, et éclairé à la fois par le soleil, par\nla lune et par une comète ; le second par un buste sans tête avec ruban rouge\nà boutonnière dont le socle est orné de ce quatrain :\n\n                              Cette ébauche imparfaite\n                               N'a pas encor de nom ;\n                               On demande une tête,\n                              Intelligente ou non.\n\n   Le sculpteur Taluet a envoyé un tableau intitulé : « Colère rouge et peur\nbleue » auquel j'aurais voulu voir accorder les honneurs de la cimaise.\n   M. Coquelin Cadet qui n'engendre jamais le spleen, malgré son air anglais,\nexpose un souvenir d'Etre'at qui est le comble de la plage. « Son élève »\nM. Bertol-Graivil a peint le Pied des Alpes (rien de Galopeau quoiqu'il s'agisse\nde Corso). Notre collaborateur Frédéric Dillaye a envoyé une tempête à la\nVernet, dans un crâne authentique. Très curieux aussi l'envoi de notre confrère\nde Marthold.\n   Je regrette de ne pouvoir, comme je le voudrais, m'étendre sur les œuvres\nde MM. Jean Alesson, Allais Angrand, Arthus, Auriol, Jean Benner, Bian­\nchini, Paul Bilhaun, Blaisât, Blanchon, Caran d'Ache, Chaly, Choubrac,\nDelpy, Ferdinandus, Félix Galipaux, Henri Gray, Charles Hutin, Paul Lheu­\nreux, Maréchal, Paul Meyan, Marius Michel, Vanaume, etc., de M mes Julie\nFerhuyt, Eugène Godin, Camille Langlois, Berthe Lheureux, Suarez, etc.\n   Il faudrait presque un volume pour décrire un peu complètement les trois\ncents œuvres exposées aux « Incohérents « et pour donner une simple idée des\nincroyables conceptions qu'on peut admirer Galerie-Vivienne. Je ne puis\nqu'engager nos lecteurs à voir par eux-mêmes ce dont je ne pourrais leur\ndonner une idée incomplète.\n   Je demanderai, en terminant, une feuille de vigne d'honneur pour Mlle Val­\ntesse, l'auteur des Lézards cohérents, qui nous paraît délaisser en ce moment\nla politique pour les arts (sans calembour) libéraux jusqu'à la licence. A B.\n   Notre collaborateur français Hippolyte Devillers nous enverra prochaine­\nment un article plus complet sur cette exposition.\n                                                                     NEMO."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-016", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 481, "page_fin": 485, "titre_corps": "Table alphabétique des matières contenues dans le tome deuxième", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "TABLE ALPHABÉTIQUE", "ancre_fin": "Moi", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "TABLE DES AUTEURS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 554, "page_imprimee": 481, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 2369, "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\n                            DES       MATIÈRES\n\n            CONTENUES DANS LE TOME DEUXIÈME DE\n\n                        LA J E U N E    BELGIQUE\n\n\n            A. M. A.                          Champs d'Aulnes (A.M.)\nVégétation occulte .    .   .   385      Soir d'été [poésie]   .   .   .       459\n       Arnoux (Jacques).                              Chardel.\nLe Caveau Verviétois . 229-311           Chronique artistique : II\nLes Échos militaires du                    Exposition     d'architec­\n  major la F l a m m e . . 349             ture                                439\nLes Arts décoratifs.   . . 390                      Chomé (Léon).\n       Bataille (Frédéric).              La nonne (sonnet)     .   .   .       386\nLe Satyre (sonnet) . . .        228\n                                               Cressonio (Juan).\n      Ban-wens (Georges).                Novembre                              175\nObsession                       118\n                                                 Demblon (Célestin).\n         Berlier (Paul).\n                                         Contes mélancoliques : Le\nSeptembre (sonnet) . . .          20\n                                           vieux château . . . .               307\n      Buffenoir (Hippolyte).\n                                                  Dementhe (Jules).\nPrière (poésie) .      . .      178\n                                         Sonnet parisien.      .   .       .458\n               Bock.\nExposition de l'ancien ate­                      Destrée (Jules).\n  lier Portaels . . . .      313         Au pays wallon : Une soi­\n        Burny (Maurice).                   rée                                 146\nSensations . . . .        97-216                Devillers (Hippolyte).\nGustave Doré .         . .   121\n                                          Le café Lafleur . . . 125-165\n             C. (M.).                     Le Salon de Paris . . 278-316\nAmour, bonheur (poésie)     .   387       Square et mairie    . , . 416\n                                          Les Tableaux       flamands,\n     Casembroot (Louis de).\n                                            par le D r Carat .\nA Camille Lemonnier (son­\n  net)                          139                    Domkiki.\nMessidor (sonnet) . . .         386       Le Rat (monocoqiieloqué)         .   420\n"}, {"page_pdf": 555, "page_imprimee": 482, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3051, "texte": "                                      482\n\n\n          Fontainas (A).                         XII.    Départ de Pier­\n                                                        rot      . . . .       3o6\nRêve indien                    184\n                                                 XIII. Lune au lavoir.         386\n       Fuster (Charles).                    Études d'esthétique I L'Art\nDemandes vaines (poésie) .     140            social                           369\n             G. D. G.                       Au W a u x - H a l l . . . .       399\nChronique d'art. I I I Expo­                Sonnets                            466\n  sition de M. Louis Van                            Goudean (Emile).\n  Engelen                      356          La Bible de Méphisto {poè­\n                                              me ironique)  . . . .\n          Gilkin (Iwan).\n          Gilbert (Ives).                              Griin (Karl).\nBallade pour le premier                     A une fille d'auberge (son­\n  jour de l'an . . . .          41            net                              227\nStercoraires (poésie)   .       63                Hannon (Théodore).\nRevue des livres. . . .        115          Le Noël du pauvre (sonnet)          64\nVillanelle de dèche . . .      351          Noël du cœur (poésie) . .           91\nMer rouge (villanelle) . .     413                       Hatto.\nClair de lune {poésie).   .    457          Souvenir de cirque.       .    .   466\n         Giraud (Albert).                          Huart (Ferdinand).\nLe vieux tambour (sonnet)     15\n                                            Au Café-Concert (sonnet)       .   228\nRevue des livres (Chronique\n                                                        Icres (Fernand).\n  littéraire)    71-105-150-193-\n                                            Malédiction (sonnet)      .    .   346\nAçar (poésie)                  141                Jeune Belgique (La).\nLa nymphe (sonnet)             177          Le prix quinquennal       .    .   201\nRondels à la lune :                         Le Banquet Lemonnier :\n     I. Spleen    . . . .      304              I. Liste des adhérents 249\n     II. Décollation .         3 04             I I . Discours de Geor­\n     III. Brosseur de lune     304                   ges Rodenbach.    . 25 3\n     IV. Rouge et Blanc.       304              I I I . Discours d'Ed­\n      V. L'Église .            305                   mond Picard . . 256\n      VI. Messe rouge.         305              IV. Discours de Ca­\n      VII. Supplique .         305                   mille Lemonnier . 261\n      VIII. Violon de lune.    305              V. Poésie d'Emile Ver-\n     IX. Nostalgie.            305                   haeren . . . . 263\n     X. Parfums de Eer-                         VI. U n futur prix quin­\n           g a m e . . . .     306                   quennal . . . . 2 6 4\n    XI. Blancheurs      sa­                     V I L Lettre de Léon\n           crées . . . .       306                   Cladel . . . .      268\n"}, {"page_pdf": 556, "page_imprimee": 483, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3833, "texte": "                                             —     483     —\n\n     VIII. Lettre d'Emile                                Menuetto des Baisers . .                 i32\n        Zola                                268          Revue musicale :\nCorrespondance.   . . .                     271                I Marie-Magdeleine                 19 7\nLe jeune mouvement litté­                                    II La Rédemption       .             234\n  raire                                     32g          Croquis funèbres :\nLa Jeune Belgique . . .                     449              I. Nature morte . .                  346\n        Khnopff (Georges).                                   II. Les bûcherons      .             347\nSoirs aux étangs de Nabeu-                                   III. Les vieux.    . .               348\n  mont (poésies)     . . .                  226              IV. En faction     . .               387\nSonnets: I La Reine.       .                461               V. Immortelles.   . .               388\n          II Révolte   . .                  462               VI. Le jour des morts               464\n         III Vision    . .                  462                       Menant.\n         Lemonnier (C.)\n                                                         Les Rant\\au.   . . . .                   142\nExposition des Aquarel­\n  listes . . ■ . . . .                       271                Mendès (Catulle).\n                                                         Le roman d'une nuit . .                  42 1\n         Lamber (Paul).\n                                                         La chanson des belles per­\nRemembrances . . . .                        i3o\n                                                           sonnes                                 470\nPastorale (sonnet) . . .                    225\n                                                                     Nemo.\n        Lavallé (Auguste;.\n                                                         Memento bibliographique, i 1 8-\nLe prix de la vie     .     .       .       189\n                                                                   198-286-326-365-403\n        Levis (Edouard).                                 Chronique de partout . . 1 5 5\nPremier janvier (sonnet  .                   62          Memento. . .      .243-445-470\nSonnet intime . . . .                       179\nLa valse des muguets (son­                                       Picard (Edmond).\n  net)                                      3o3          Triolets épithalamesques .               396\nLe vieux prêtre (sonnet)            .       382                      Pierrot.\nRe'clamation (Sonnet) .             .       457          La grande cavalcade des\n       Loise (Ferdinand;.                                  lieux-communs . . .                     87\nCorrespondance (Droit de                                         Pouthier (Alfred).\n  réponse) .                                 3g          Vers bergamasques.     . .                93\n                                                         Celle qui peint en haut\n       Mahutte Frantz;.\nGloire en toc . . .                     .    5g            d'une rue                              187\n                                                         Vers pervers.         .    ,    .    .   414\n        Marcy (Emile.\nAndante des soupirs .               .       352                       Réty (Marius).\n           Mater (M).                                    Nouvelles de l a g r a n d ï o u t e :\nDans les joncs itriolets)       .           468              I. La Saint-Lundi.               .   392\n         Maubel (Henry).                                           Richard (Octavej.\nLe tribut de Zamora  . .                     26          Sonnet                                   '38.\n"}, {"page_pdf": 557, "page_imprimee": 484, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3553, "texte": "                                 -     484     -\n\n                                             La villa close  . . .     .            379\n     Rodenbach (Georges;.\n                                             Chronique artistique :\nU n cabaret flamand (trio­                        I. Le Salon de Gand.              431\n   lets).                        16\n                                                       Vicaire (Georges).\nA un petit mouchoir (son­\n   net)                         139          Avril (sonnet)       .                  65\nOctave Pirmez . . . .           292                Vierset (Auguste).\nL'idéal (poésie) . . , .        412          Aubade des morts (sonnet)              459\n\n     Sulzberger (Maurice).                               Waller (Max).\n                                             Hiver                                   25\nT r o p sage                     21\n                                             Revue des livres. . . .                 30\nCamille Lemonnier     .     .   289\n                                             Vieilles nouvelles :\n    Van Arenbergh (Emile).                         I. Dans le monde.           .    100\nSonnets :                                          IL Chers souvenirs          .    102\n                                                   III. Réponse à une\n    I. Sonnet    mignard.       335\n                                                       papetière.      . . .        171\n    II. Sonnet d'antan .        3 36\n                                                   IV.     Derniers       bour­\n    III. Le Ponton    . .       336\n                                                       geois                        172\n    IV. Camaïeu . . .           337\n     V. La Nymphe     .         337                 V. Le conte de Toone.           2 19\n     VI. Souvenir.    . .       338                 VI La dernière          fre­\n     VIL Devant la mer .        338                    daine                        221\n     VIII. Moyen âge .          339          Au pays de             Manneken-\n    IX. Sonnet oriental.        339            pis                                  217\n    X. Le Vésuve.     . .       340          Le prix quinquennal à la\n    XI. De Prqfundis      .     340             Chambre .                           275\n    XILStabat      . . .        341          La vie bête                            301\n    XIII. Toujours     .        341          Nouvelles pour les jeunes\n    XIV. Sonnet      mysti­                    filles :\n        que                     342                I. Variations sur a Les\n    XV. Sonnet de Bru­                                 Prunes » . .                 343\n        maire   . . . .         342          Chronique d A r t :\n                                                   I. L'Essor.        . . .         35 3\n       Verhaeren (Emile).                          II      Exposition         de\n                                                       MM.        Vanaise et\nPochade (poésie)   . . .         95\n                                                        Wytsman         . . .       355\nLa ronde des souvenirs\n                                             Henri Conscience .                 .   409\n   (sonnet)  . . .        .     177\n                                             Valse allemande. . . .                 452\nChronique artistiquel. L'U­\n   nion des arts.  .      .     111                    Weber (Armand).\nL'Essor                         234          Chanson de'lectable (poésie)           383\n"}, {"page_pdf": 558, "page_imprimee": 485, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "                                              — 485 —\n\n               X.                                     Chicane littéraire              .      .    .       401\nConférence-de Max Waller.                    242\n               Zola (Emile).\nNais Micoulin . . . .                       1-43\nUne cage de bêtes féroces.                  161       Dialogues des morts.     66-81-209\n                                                      A l'Office de Publicité . . 193\nSimple constatation. . .                     216      Les joyeusetés de la Biblio­\nBibliographie de Camille                                graphie nationale . . 394\n  Lemonnier . . . .                          291      Moi                            468\n\n\n\n\n                                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-017", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 485, "page_fin": 488, "titre_corps": "Table des auteurs et des ouvrages analysés dans le tome deuxième", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "TABLE DES AUTEURS", "ancre_fin": "Les tablettes de Pierrot", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 558, "page_imprimee": 485, "debut_caractere": 771, "fin_caractere_exclue": 3091, "texte": "TABLE\n  DES      AUTEURS          ET     DES     OUVRAGES       ANALYSES             DANS       LE      TOME\n\n\n                                            DEUXIÈME      DE\n\n                                  LA J E U N E        BELGIQUE\n\n\nAMIC          (Henri) Plaisir        d'amour.!        B E R L I E R (Emile) Matérialisme             et\n   (Paris, Calmann-Lévy)              . . . 283           Spiritualisme           (Bruxelles).     . .     158\nArt Moderne (L') (Bruxelles) . .                368   B I . O N D E L ( A n t o n y ; La vie privée de\nArt (l') de la femme (Paris, Rouveyre                      Camus (d'Arras).             (Paris, Drey­\n   et Blond)                                    120        fous)                                            75\nB A I I . L Y (Jules) La proie pour l ' o m ­         B Ü C C A C E Contes joyeux (Bruxelles,\n   bre (Bruxelles, R o z e z ) .       . . 259-565         Boitte)                                          56\nBallade {La) (Bordeaux).               . . . 157      B O N I F A C E (Maurice) Les  chansons\nB A N V I L L E (Théodore de) Mes Sou­                  piarisiennes     ( Paris, Marpon et\n   venirs. (Paris, Charpentier) . .              77      Flammarion)                                        34\nB A R O T (Odysse) L'Inceste, (Paris, '               B O S T (Th.) La Liberté par l'instruc­\n    Rouveyre et Blond) . . . .                   58      tion. (Bill. Gilon)                               157\n B A T A I L L E ( F r é d é r i c ) Une   lyre\n                                                      B O U R G E O I S (J. N . F . ) La  défense\n    (Paris, Lemerre)                            443\n                                                         immortelle       (Verviers. Crouquet) .           241\nB A U Q U E N N E (Alain) Ménages          pa-\n    risiens (Paris, Ollendorff).          . .    75   B O U R G E T ( P A U L ) Sansations       d'Ox­\nNoces parisiennes ( Paris. Ollendorff) -475             ford                                               470\nB É N I G N E (Ange) Monsieur           Baphnis       BKAZTER (Nicolas) Chronique     des\n   et Mademoiselle Cliloi ( P a r i s , O l -           petits théâtres de Paris. (Paris,\n    lendorff.)                                  246     Rouveyre et Blond)                476\n"}, {"page_pdf": 559, "page_imprimee": 486, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6021, "texte": "                                                        — 4^6 —\n\nB i u o (Carolus) Chattes          et     Renards             G I R A U D (Albert) Le Scribe. (Bru­\n   (Rouvcyrc et Blond)             .                     79       xelles, Hochsteyn)                               IIÜ\nB U F F E N O I R ( H i p p o l y t e ) La vie    ar-         GoEY (Roger de) Camille ( H u y ) . .                 57\n    dtntc(Paris,       Lemerre).     . • • obi                G O N C O U R T ( E d m . et J. de) L : A r t au\n\n Bulletin semi-mensuel         de VOffice Je                      X V I I I 0 siècle(Paris, Charpentier)           77\n    Publicité                                  218            G R E Y S O X (Emile) Aventures                eu\nCAR Ai (Dr) Tableaux flamands (Paris.                            Flandre.        (Bibl. Gilon) . . . .             51\n    M a r p o n ci Flammarion)                 170                  —        Entre Bourgeois.             (Bibl.\nCasserole (La) (Bruxelles) . .               . 3IJÎJ             Gilon)                                          53G\nC A S T E L E Y N (Joseph) B/isoef ou Les                     G u É R l X - G l x l s T Y Les        Rastaquouè-\n   />ieds de Philomène          . . . .        133               res. (Paris, Rouveyre et Blond; . 240\nCiUDKRLiEK (Emile) Du                  Sai/it-                G U Y O Ï ( D r . Jules) Bréviaire              de\n    Gathardà Syracuse. (Paris, Dcntu)           72               l''amour         expérimental.          (Paris,\nCaveau verviétois [Le) . . . 229-310                             M a r p o n et F l a m m a r i o n ) .     . . 404\nC H A N T K A I N ' E (Guillaume) Le Tour­                    HAGHE       (F.   G.)    Les   Papes     et    La\n\n   nesol 'Bruxelles. P a r e n t ) .    . . 5J8                  Belgique.    (Bibl. Gilon). . . .                 248\nC I I E X E V I È R E S (II. de) L e s qui et les             H A X X O N (Théodore) Au pays de\n   que {Le Voltaire), Paris . . .                       246      Mannehen-Pis      (Bruxelles, Kiste-\nCl.AES (Louis) Jacques           Cernais.                        maeckers)                                         287\n   (Bruxelles, Callcwaert). . . .                        74         —        Le Candélabre      (Bru­\nC O U R T M A X S (M\"10) : Tante   Sydo­                         xelles, Hochsteyn)                                287\n   uta (Bibl. Gilon)                                    280   H A V A R D (Henry) l'Art dans la mai­\nC R E B I L L O N F I L S La    nuit    et le    mo­             son (Paris, Rouveyre et Blond) .                 477\n   ment (Bruxelles. Brancart)     . . 4-41                    H E U S Y (Paul) U n coin d e la vie d e\nD A R C (Daniel) Voila F plaisir, Mes­                           misère (Paris, O r i j l ) .  . . .               238\n   dames l (Paris, Ollc'idovÙ')  . ■ 563.                     H U G O (Victor) La Légende         des\nDARUEXXE          (A.)   Les    Monuments          à             Siècles. (Paris, Calmann-Lévyj .                 557\n   travers les âges ^Bruxelles, Pa­                           H U Y S M A N S ( J . K . ) E Art      Moderne.\n   rent)                                        80               (Paris, Charpentier)                             562\nD E M B I . O X (Célestin) Joseph Demou-                      HY.MAXS (Louis) Con/uciut.        (Bibl.\n   lin. (Liège)                               119                Gilon)                                             71\nDo-Mi-Sol        (le) (Vervicrs) . . .          80            yeuue (La) Eevue.ÇBraxelles,     Boitte)             526\nD U X A L D (Charles) La situation po-                        L A C I I X E R ( F r . ) Marche célèbre\n   li'ique (Bruxelles, M u q u a r d t ) .  .   79               (Bruxelles. Schott)                               477\nF.I'.KHOUD (Georges) A'ees Doorik,                            L A F L A M M E ( L e Major) Les Echos\n    scènes du Polder. (Bruxelles.                                militaires (Bruxelles, Sermon)        .           549\n   Hochsteyn)                              103-194            LAFOUGE-AGIMOXÏ                (Mme) Ce que\nE E C K M A X X - C H A T R I A N . Les         Rani­            disent les poupées (Bibl. Gilon) . 157\n   mait                                   liî                 L A N O (Pierrede)               Courtisane!(Paris,\n— Essai littéraire.   (L') (Bruxelles) . 52(3                    Rouveyre et Blond)                                  442\n— Essai sur la condition des femmes                           — Laurent (Collection). (Bruxelles,\n   en Amérique.     (Paris, Ghio) . . 1G0                        Boitte)                                           • 506\nF j ANUCITE Une séparation.        (Bru­                      L E A R (Kanny) Le Roman                     d'une\n   xelles)                               {():;                   Américaine          eu Russie. (Bruxelles,\nF O U R È S (Auguste) A las très noui-                           Boitte                                              24ii\n   ricos. (Montpellier)                    57                 L B U M T E (L. ii.) Verset              Chanson;.\nF R A X C E (Hector) Marie-Queue      de                         (Paris, Patay)                                       57\n    Vache. (Paris, Oriol) . . . . 445                         L E F È V R E ( V i c t o r ) Trains      déplaisir,\nG.'.USSERON        (H.    I I . ) Le     Corbeau.                 (Bruxelles, Parent)                                248\n  (Paris, Ghio) .                           l,:lj.            Li'.MONN 1ER (Camille) EL/ys/érique.                   1 ;i8\nGiiiiiuN\" 'Charles) (trad. L O U I S E                        L E R O Y (Charles) Le Colonel J\\'a-\n   J U S T E ) Les Contes Ecossais. (Bibl.                         mollot. (Paris, M a r p o n et F l a m ­\n   Gilon;                                  5JÜ                    marion)                                            118\n"}, {"page_pdf": 560, "page_imprimee": 487, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4838, "texte": "                                       -    4§:\n\nLOUVRT DE COUVRAY Les amours                      PRADF.I. (Georges) L'œillet bleu.\n   du chevalier de Faub/at. (Bruxel­                (Paris, Rouveyre et Blond) . . . 197\n   les, Brancart)                      441        PRORREY (Emile) Breton et Patrie.\nLOVELING (Virginie et Rosalie)                      (Paris, Librairie des Jeunes-) . . l ' 8\n   Seines familières. (Bibl, Gilon). 157          RlliÈRE (Othon) Le livre de l'auge.\nM \\RACDE ( Auguste ) Talleyrancl,                   (Bruxelles, Rozez)                  51\n  prêtre et êvlque. (Paris, Rouvcyre              RoisiE(Jean) Fragment d'un voyage\n   et B'ond)                           2-48         dans l'Inde. (Bruxelles, Parent). 528\nMAURIAC (Jean de) Les jeudis de                   ROD (Edouard) La chute de Miss\n   M. Toby. (Bibliothèque Gilon) . 57                Topsy (Bruxelles. Kistemaeckers). 73\nMAUS (Octave)          Royal-Gommeux.             RODENBACH (Georges) Conférence\n    (Bruxelles, J.-B.)                 404          littéraire à Gand                  156\nMENDÈS (Catulle) Monstres pari­                   Conférence littéraire à Verviers. . 280\n    siens. (Paris, Marpon et Flamma­              ROI.LINAT (Maurice) Les Névroses\n    rion)                              405           (Paris, Charpentier)              130\nMÉRIOT (Henry) Les Scabieuses.                    SACHER-MASOCH      (trad. AUG. L A -\n    (Royan, Billaud)                   233          VALLÉ) Juijs     et /Casses (Bibl.\nMEUNIER (Lucien-Victor) Baisers                     GILON)                               239\n    tristes. (Paris,Rouveyre et Blond) 79         SILVESTRE (Armand) Pour /aire\nMIGNOT (Clovis) Poésies. (Nantes,                   rire. (Marpon et Flammarion . .      77\n    Bellinger)                           79       THÉO-CRITT,      La vie en culotte.\nMON (Blanche D.) Un Réveillon.                      (Paris, Ollendorfl)               50G\n     (Paris, Jouve)                     280       TRANSER. (Dr. Emile). Le livre de\n MOUTON (Eugène) Fantaisies.(Paris,                 la toilette, (Bruxelles, Delacre). 80\n    Charpentier)                        562       UN    RUSSE   DU GRAND MONDE.\n N I Z E Ï (Henri) L'aiguilleur. (Bru­               Quelques mots sur la brochure de\n    xelles, Maquardt)                    74         'M. Laferté (Paris, Ghio). . . . 1G0\nNOUN (Paul) Nita. (Paris, Ghio) . 80 '\n                                                  VALVOR (Guy) La Chanson du pau­\n— Nord contemporain (Le). (Bru­\n                                                    vre homme (Paris, Oiiol) . . . -400\n    xelles)                             563\n                                                  VAN CLEEF (Isidore) Juifs et Chré­\nORLLANGES (Ernest d') Les nuits\n                                                    tiens, (Paris, Ghioy              158\n   parisiennes. (Paris)        . . . . 58\n                                                  VAN DE W I E L E (Marguerite)    Le\nPAËR (Auguste) Contes à Zola.\n                                                      roman d'un chat (Bibl. Gilon). 80\n    (Paris, Rouiï)                      243\nPARNY Les galanteries de la Bible.                VERIIAEREN (Emile) Les Flaman­\n    (Bruxelles, Boitte)                 119          des (Bruxelles, Hochsteyn) . . 109\nPERRIÈRES (Carie des) Les mémoi­                  Conte rouge                            472\n    res d'un sceptique. (Paris, Rou­              V I B E R Ï (Théodore) La race sémiti­\n    veyre et Blond.) . . . . . .        477          que (Paris,Ghio)                    246\n— Petit Touriste (Le). (Bruxelles) . 527          VILLEMOT (Emile). Le Petit Bran­\nPICARD (Edmond) Grelots progres­                     tôme de poche (Paris, Ollendorff . 478\n    sistes. (Bruxelles, Larcier) . . . 193        VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Contes\n PIMODAN (de) L.e coffret de perles                 cruels (Paris, Calmann-Lévy) . . 153\n    noires. (raris.Rouveyre et Blond). 287        VOISENON. Le sultan Misapouf et\n PIRON Œuvres. (Bruxelles, Boitte). 503             la.princesse Grisemine (Bruxelles,\n— Plage (La). (Blankenberghe). . 505                Brancart)                           79\n POICTEVIN (Francis) Ludine. (Bru­                WAGENER (Félix) Les deux Sen­\n    xelles. Kistemaeckers) . . . . 475              tiers. (Verviersl                   55\nPOTVIN (Charles) et FRENAY (Félix)                WALLER (Max)Zfl Vie Bête (Bru­\n Essai de poésie populaire. (Biblio­                xelles, Brancart)                  501\n thèque Gilon)                             51     Conférence littéraire de Max Wal-\n— Hitoire des lettres en Belgique.                  ler à Bruxelles                    242\n (Bruxelles, Weissenbruch) . . .           72     Le Baiser (Bruxelles J. B). . . . 401\n"}, {"page_pdf": 561, "page_imprimee": 488, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 863, "texte": "                                                  — 488 —\nW O D O N (Paul) Contes de AWI :t                         (Paris, Charpentier)                        195\n  d'Avril. (Bruxelles, Lel>èguc). .               80    La joie de vivre                              472\nZABOROWSKI I'S.) Nouvelles et cu-                       Pot-Bouille                                   472\n  riosités scientifiques. (Paris M:ir-\n                                                                             » t. *\n  pon et Flammarion).           . . . .           IGO\n— Le Capitaine           But le ( l ' a r i s ,         Per VAlsacio-Lourrcuo           (Montpel-\n  Cliarpenticr)                                           lier)                                       407\nZuL v (Emile) Au bonheur des Dames                      Les tablettes de Pierrot      (Bruxelles) .   408\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "GIL BLAS JOURNAL QUOTIDIEN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 562, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1184, "texte": "GIL BLAS\n                   JOURNAL QUOTIDIEN\n\n 16, BOULEVARD          DES CAPUCINES                16, PARIS.\n                           PUBLIE\n\n  CE Q U I NE MEURT PAS\n                                par\n\nJULES       BARBEY                    d'AUREVILLY.\n    Un numero: 20 centimes. Abonnements: (3 mois): 17 fr.\n                      En vente partout.\n\n\n            En vente chez tous les libraires :\n\n    AUX A M B A S S A D E U R S\n                   par OCTAVE MAUS\n            avec un dessin de CHARLES         HERMANS.\n\n\n\n\n  L E BAISER,      PRIX: l f r . 5 0 c .\n\n\n\n                           NOUVELLES\n                  par MAX WALLER\n             avec un dessin de FERNAND         KHNOPFF\n                  PRIX : l f r . 5 0 c .\n\n    LA J E U N E                       BELGIQUE\n                   tome premier (1re & 2 e année)\n         un beau volume in 8° de 400 pages\n                  PRIX : 4 francs.\n\n     Pour paraître le 1er décembre, la 3 plaquette :\n\nCONTE                                      ROUGE\n              par EMILE V E R H A E R E N ,\n          avec un dessin de THÉO VAN RYSSELBERGHE\nPRIX : 1 fr. 5 0 c — Pour nos abonnés : 1 f r . 2 0 c\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1883-11-01-n12-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1882-1883-001-002_f.pdf", "ocr_sha256": "c24057a02d22dfbb28d63da6a5a25cc69298209cd0c916f76a5b8ebba37810c7", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "À tous nos abonnés", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "A TOUS NOS ABONNÉS, A l'appel", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 563, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1863, "texte": "A TOUS NOS ABONNÉS,\n   A l'appel de propagande que nous avons fait pendant les\nsix derniers mois, beaucoup de voix ont répondu. Une\ncentaine d'abonnés nous ont été faits ainsi par quelques\namis zélés, et nous tenons à les remercier publiquement de\nleur dévouement à la cause des Lettres belges.\n    M.      GEORGES                DESTRÉE\n                       DE CHARLEROI\nqui seul a atteint le chiffre prescrit d'abonnés est désormais\n                  membre fondateur de la\n         LA JEUNE BELGIQUE\n   Notre revue, dont le succès croît chaque jour, est\ndevenue l'organe du bon combat littéraire en Belgique.\nParfois violente & brutale, elle ne cesse de brandir le\ndrapeau moderne dont elle s'est fait une arme contre les\nroyautés caduques II faut que nos principes se répandent\ndavantage encore, qu'une propagande active s'établisse,\nqu'une ligue se forme. Cette ligue nous en avons arrêté\ndéfinitivement les conditions ; ceux de nos abonnés qui\ndésirent en faire partie sont priés de demander à nos bureaux\nDIX, QUINZE ou VINGT cartes d'abonnement, qui\nleur seront envoyées portant un numéro d'ordre qui nous\nen indiquera le dépositaire. .\n   1° Lorsque DIX cartes seront revenues aux bureaux\nrevêtus de noms d'abonnés nouveaux, le dépositaire recevra\nson abonnement gratis pendant un an.\n   2° Lorsque QUINZE cartes seront revenues, le déposi­\ntaire recevra son abonnement gratis à perpétuité et son nom\nsera inscrit à la liste des membres fondateurs de la Jeune\nBelgique, qui paraîtra à la fin de\" chaque année.\n   3° Lorsque VINGT cartes seront revenues, le dépositaire\nrecevra 1° son abonnement gratis à perpétuité, 2° une carte\nlui donnant accès libre aux fêtes, (conférences, etc.) que nous\ndonnerons dans l'avenir, 3° toutes les publications (plaquet­\ntes, etc.) que publiera la Jeune_ Belgique. Il sera nommé\n de même MEMBRE FONDATEUR.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 520, "texte": "(3e année) 1883                         Tome         I I . N° 12.                               Ier novembre\n\n\n                                                         LA\n\n\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n\n\n                                            SOMMAIRE\n  LA     JEUNE     BELGIQUE                                                   .    L A JEUNE BELGIQUE.\n  VALSE ALLEMANDE                                                                  MAX W A L L E R .\n  P O É S I E S : Sonnets                                                         ALBERT GIRAUD.\n                Clair de Lune                                                      IWAN GILKIN.\n                Réclamation                                                        EDOUARD     LEVIS.\n                 Sonnet parisien                                          .        JULES DEMENTHE.\n                Aubade      des morts                                             AUGUSTE VIERSET.\n                 Soir d'été                                                       A - M . CHAMPS D'AULNES.\n                Dans les Jones                                                    M . MATER.\n                Sonnets                                                           FERNAND KHNOFF.\n          La chanson des belles personnes. . .                            .       CATULLE MENDÈS.\n  CROQUIS FUNÈBRES.      . . . . . . . . .                                        HENRY MAUBEL.\n  SOUVENIR DE CIRQUE                                                              HATTO\n  MOI.                                                                            T Ê T E DE MORT.\n  MEMENTO           .   .   .   .   .   .    .   .   .    .   .   .   .           NEMO.\n\n\n                            TABLE DES MATIÈRES.\n\n\n                                  BRUXELLES\n   BUREAUX              : 7 4 , AVENUE   DE LA TOISON                                             D'OR\n                                            MDCCCLXXXIII\n"}, {"page_pdf": 521, "texte": " NOTRE NUMÉRO DE NOËL.\n\n\n\n  Comme les « english magazines », la Jeune        Belgique\naura son « Christmas Number ».\n\n   Notre prochain numéro, d'au moins quatre-vingts pages,\nsera orné d'un calendrier-frontispice d'AMÉDÉE LYNEN\nreproduit en photogravure par le procédé Evely. Il ren­\nfermera en outre des articles (nouvelles, études, poésies)\nde GEORGES E E K H O U D , ALBERT GIRAUD, IWAN\nGILKIN, FERNAND K H N O P F F , CAMILLE L E M O N ­\nN I E R , EDOUARD LEVIS, H E N R I MAUBEL, GEORGES\nRODENBACH, MAURICE SULZBERGER, E M I L E VAN\nA R E N B E R G H , E M I L E V E R H A E R E N , MAX WAL­\nL E R , etc.\n   Enfin il contiendra une série d'autographes INÉDITS —\nreproduits exactement —> de VICTOR HUGO, EMILE ZOLA,\nFRANÇOIS C O P P É E ,        THÉODORE DE        BANVILLE.\nEDMOND DE GONCOURT, OCTAVE P I R M E Z , CHARLES\nDE COSTER, LÉON CLADEL, etc.\n   Ce numéro, qui sera un véritable keepsake d'art litté­\nraire sera mis en vente au prix d'un franc cinquante.\n   Nos abonnés — anciens et nouveaux — le recevront\ngratuitement.\n\n\n  Au présent numéro sont joints un titre et une couverture\ndestinés au brochage du tome II de la Jeune Belgique.\n\n\n    La boîte au lettres est remise au prochain numéro.\n"}, {"page_pdf": 522, "texte": "                 LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n\n   Nous voici arrivés au terme de notre troisième année, et désormais\nnous n'avons plus à craindre la mort. Chaque mois nous apporte de\nnouvelles recrues, chaque numéro est meilleur que le précédent, chaque\njour marque un pas plus haut dans l'ascension de la popularité et du\nsuccès.\n   La lutte a été rude pourtant ; ce n'est pas impunément que l'on s'atta­\nque — et nous n'y avons pas mis trop de douceur — aux personnalités\nencombrantes qui accaparaient l'attention, les faveurs, voire l'estime.\n   Certains noms, jadis respectés, sans qu'ils fussent respectables, sont\ndevenus les pseudonymes de la sottise et de l'impuissance littéraires.\nSans relâche, nous avons suivi le conseil brutal et furieux d'un des\nnôtres qui s'écriait : « De ceux-là nous avons ri, car ils sont grotesques.\n   Mais ils sont dangereux aussi. Leur parole humide et froide tombe\n« sur le public comme une pluie qui peu à peu s'infiltre et glace. Ils\n« ont la force de la phrase longtemps serinée, de l'éloge dont ils cosmé­\n  tiquent leurs têtes, la force que leur donne notre dédain et notre\n« silence. Assez ! S'ils ne craignent que pour leurs fauteuils, leurs siné­\n  cures, pour la ouate officielle dont ils se réchauffent, qu'ils se tran­\n  quillisent. Qu'ils enfoncent le mutisme dans leur bouche, comme\n« dans le goulot d'une aigre et mauvaise bouteille, le bouchon ! Qu'ils\n« gardent les places, qu'ils gardent les primes ! Mais si, encore, leurs\n« lèvres rient, leurs yeux se moquent, leurs épaules se haussent, s'ils\n  veulent se jeter en travers de l'effort actuel, de la science moderne,\n« qui évolue, et de l'art moderne qui soleille tout rouge, — oh ! alors,\n» nous répondrons avec des mots qui se courroucent et s'insurgent,\n« nos phrases seront un orchestre de lanières et de cravaches, et nous\n« cinglerons, cinglerons, cinglerons, si vite, si fort et si large, que dans\n« une suprême gavotte on les verra danser, danser très haut, et cogner\n« enfin de leurs vaines têtes — les étoiles !\n                                                                  35\n"}, {"page_pdf": 523, "texte": "                                 — 450 —\n\n\n\n                                      II\n\n    La Jeune Belgique devait réussir. Commencée modestement, en\n dehors d'une lutte dont l'heure n'était pas venue, accueillant largement,\n avec une indulgence parfois trop grande, les essais des jeunes amateurs,\n dirigée d'ailleurs par des amateurs se niquant «peu ou prou de littérature\n et dont l'idéal était d'écrire, de voir leurs vers, leur prose imprimés »,\n notre revue est devenue un organe, l'organe d'un groupe déterminé, pro­\n gressiste en art, excessif dans ses opinions, éclectique pourtant, composé\n qu'il est des tempéraments les plus divers et les plus opposés. C'est\n notre vie que nous défendons, notre réputation, notre carrière, et nos\n lecteurs savent si nous l'avons fait avec indépendance, en dépit des har­\n gneux et des faiblots, sans nous soucier des colères, des moqueries, des\n dédains !\n    Lesjeunes Belgique, ce nom de phalange tapageuse est entré dans le\nlangage; un an a suffi pour nous caler au soleil, et lorsqu'une injustice\nse commet, qu'un passe-droit s'accomplit, qu'une sottise se consomme\ndans le cycle de l'art national, c'est de nous qu'on attend le cri d'alarme\net le coup qui frappe, et la raillerie qui cingle.\n    Il ne nous a fallu qu'un mois pour rendre à l'un des nôtres la place\nque la cuistrerie officielle avait voulu lui enlever; deux cents per­\nsonnes, deux cents artistes sont accourus à notre appel pour ratifier\nnotre colère. C'est dire que notre place est solidement assise dans le\nmonde belge, et — qu'importe si l'on prend ceci pour un panégirique !\n— que désormais l'influence de la Jeune Belgique est considérable.\n\n                                     III\n\n   Que l'on examine à présent les livres qui, en un an, ont rayonné\nautour de notre revue. A ceux qui nient le mouvement littéraire, aux\naveugles volontaires et aux sourds de parti-pris, un regard en arrière,\nune récapitulation suffit ; les livres s'amoncèlent. C'est d'abord la Thérèse\nMonique de Camille Lemonnier, ce récit de vie intime tout de demi-teinte,\nde sentiment subtil, Kees Doorik de Georges Eekhoud, une des plus\npuissantes évocations de l'âme flamande, Le Scribe d'Albert Giraud,\nœuvre détraquée et saignante d'un artiste excessif et furieux, mais solide\net nerveux, affollé de couleur, de musique, de parfums. Les Flamandes\nd'Emile Verhaeren, cette mise en vers des tableaux de nos grands\n"}, {"page_pdf": 524, "texte": "                                 — 451 —\n\n maîtres Rubens, Jordaens, Teniers ; Au pays de Manneken-Pis de\n Théodore Hannon, ces croquis enlevés à la pointe de la plume, La Vie\n bête, Le Baiser, L'Amour fantasque de Max Waller, pastels de senti­\n ment, exquises empreintes de féminisme et de douceur, Les Printanières\n d'Hélène Swarth, poésies de femme — non de bas-bleu — parfumées de\n senteurs, caressées d'harmonies, Aux Ambassadeurs d'Octave Maus\n enfin, cette nouvelle si nature et, si bien croquée, et, affermissant l'évolu­\ntion, l'accord tacite des revues littéraires et l'union en Art de La Jeune\nBelgique avec l'Art Moderne, le Journal des Gens de Lettres et les\nrevues naissantes.\n    Et les revues; mortes aujourd'hui elle renaissent demain, prenant\ntoutes les formes et tout les programmes.\n    Le mouvement ne s'arrête pas ; l'avenir, dans une chaîne ininter­\n rompue continue le présent, et l'année qui va s'ouvrir attend l'apparition\nd'une nouvelle série d'oeuvres. C'est l'Amiral d'Edmond Picard, l'Hys­\ntérique et la Belgique de Camille Lemonnier, les Kermesses de Georges\n Eekhoud, les Salons de Georges Rodenbach, le Pierrot lunaire d'Albert\n Giraud, les Sonnets d'Emile Van Arenbergh, les Nouvelles pour les\njeunes filles de Max Waller, les Feuilles mortes d'Hélène Swarth,\nd'autres encore, car bien des projets sont sur le métier qui, se réali­\nseront, éclatant comme des pétards, au moment voulu.\n   Et maintenant, que la propagande continue. La lutte commence\nseulement, la vraie lutte à coups de plume, par les articles, par les con­\nférences, par la scène ! Nos batteries sont prêtes et nous suivrons fière­\nment et sans hésitations le mot de défi que nous avons pris pour devise\nNE CRAINS!\n                                              LA J E U N E   BELGIQUE.\n"}, {"page_pdf": 525, "texte": "                   VALSE ALLEMANDE\n\n                                            I\n\n                 STRAUSS! STRAUSS! STRAUSS!\n          GROSSES C O N C E R T\n               UNTER L E I T U N G DES KAISERI.ICHEN MUSIKDIRECTORS\n\n                              JOHANN        STRAUSS!\n                                        in dem\n\n                        HOTEL-KLEY-GARTEN\n                                      um 6 Uhr\n\n\n                                  PROGRAM M\n                                      I. T H E I L .\n           An der blauen Donau, Walzer von                        STRAUSS\n           Fatinitza-Quadrille, von                               STRAUSS\n           Du und du, Walzer von                                  STRAUSS\n\n\n                           DIE WACHT\n                               I . TIIEILAM. RHEIN\n           Wiener Blut, Walzer von                                 STRAUSS\n\n\n\n\n           Cagliostro-Walzer, von                                 STRAUSS\n           Neu Wien, Walzer von                                   STRAUSS\n           Pizzicato-Polka, von                                    STRAUSS\n           Kùnstler-Leben, Walzer von                              STRAUSS\n\n                                  KAISER FRANTZ\n\n                                  Preis : 1 Mark.\n\n                                                  Druck von J.-F. Carthaus,\n                                                        in Bonn.\n\n\n\n   Ce programme imprimé en lettres rouges, jaunes, vertes, bleues,\néclatait à tous les coins de la ville depuis le bout de l'allée de Poppels­\ndorf jusqu'au fond de Godesberg. Le jardin de l'hôtel Kley peigné,\nratissé, sablé, plein de fleurs, avec son fouillis de chaises et de petites\n"}, {"page_pdf": 526, "texte": "                                -    453    -\n\n tables rondes, resplendissait sous la tombée crue du soleil ; les Kellner\n en tabliers blancs allaient et venaient, servant aux premiers arrivés les\n sherry-cobler et les maitrank commandés avec de grands cris : ein,\n zwei, drei, schnell ! Donner ! Boum !\n    Arrivèrent bientôt les étudiants, par groupes de corporations, les\n Borussen à la casquette blanche relevée de ganses d'argent, puis les Asiat\n coiffés de la petite rondelle rouge posée de travers sur les cheveux repei­\n gnés, luisants, bouclés, relevés d'un côté; les Felsen, les Saxons,\n les Souabes, tous avec leur allure de margraves, les uns chics, le monocle\n à l'œil, d'autres, vieux déjà, aux lunettes d'or à fines branches ; et aussitôt\n assis, on demandait à boire, vite, le bol légendaire, la grande soupière\n où l'on verse douze flaschen de Niersteiner, quatre de Mosel, trois de\n Champagner, un plat de fraises, un flacon d'ananas, du maikraut,.,\n et Prosit! Dank! Bitte sehrl Bitte! Hurrah! Crambambuli! Hopsasah!\n Juchheia ! Eh ! Kellner ! Boum !\n    Au milieu, devant le Rhin filant droit ses eaux couleur d'absinthe où\nle soleil allume des éclairs de topaze et d'aigue marine, avec les mon­\ntagnes bleutées par le loin, pignonnées de ruines aux lignes bizarres ;\ndevant les bateaux qui sillonnaient, lançant de leurs ponts légers comme\ndes dentelles les cris de joie, les appels, les exclamations des passagers\npiquant vers Drachenfels, Nonnenwerth, Godesberg, plus loin\n Ehrenbreitstein, Oberlahnstein, Stolzenfels, Loreley... — Là sous les\narbres, des familles entières arrivaient, se pressaient, s'installaient;\ndes éclats de rire perlés montaient dans les branches ; les fillettes\ncouraient chercher des chaises qu'elles traînaient, faisant, avec un bruit\nclair, sauter les petits cailloux ronds du gravier; les jeunes fraülein aux\ncheveux blonds, aux yeux bleus, puis les mères, les vieux, les hussards\nen culottes collantes cloués aux chaises avec leur lourd sabre blanc entre\nles jambes, tout cela bougeait, parlait, jabotait, et Boum ! Kellner ! Ja\nHerr Professor I Boum ! eh ! da ist er ! Strauss ! da Strauss ! prafo !\nprafo ! Hurrah !\n   Le maestro gravit les marches du kiosque, puis, se retournant, salua\nd'un air gauche, la main plate sur le cœur.\n   On applaudit : Prafa ! Praa-aa-a-fa !\n   Un silence soudain se fit; Strauss leva sa baguette, puis d'un coup,\navec un effort, la laissa retomber.\n   Et la valse commença, lente, amollie, glissant les notes comme des\ngazes, frissonnant dans les feuilles, puis réveillée tout-à-coup reprenant\nle thème gai, entraînant, qui met des envies de valse aux jambes, et les\njeunes filles l'œil noyé, caressantes comme des chattes, pâmées, regar-\n"}, {"page_pdf": 527, "texte": "                                -   454    -\n\ndaientles hommes. Allait la valse, la valse ! et ses ondulations houlaient\nles tètes, et les buveurs, le regard vague, se balançaient sur leurs chaises\ncomme des bêtes repues, chantonnant avec l'orchestre, accompagnant le\n rythme de longs gestes tendres.\n    Et la mélodie était douce comme le chant des filles du Rhin qui\n glissent le soir au milieu des algues glauques, au frisson de la nuit qui\n pleure.\n                                     II\n\n   De la fenêtre de son boudoir donnant sur les jardins de l'hôtel, la com­\ntesse Dora Doraskine écoutait.\n   Depuis deux jours, après son long voyage de Moscou à Bonn, la\ntête encore pleine des bruyantes fêtes du couronnement, elle se reposait\ndans le calme aristocratique de sa villa, aux souffles de la moelleuse et\npoétique nature rhénane.\n    Le comte Doraskine ne devait la rejoindre qu'une semaine plus tard.\nElle avait passé les premières heures à faire son nid, mettant une vie à\ntoutes les choses enfermées là depuis trois ans,'et son parfum de femme à\nl'atmosphère froide de la mignonne demeure. Les grandes vasques et les\npotiches rares, elle les avait de sa gracile main remplis de hautes bottes\nde fleurs orchidées, de fougères, de camélias rouges. Les bibelots touchés\nd'un doigt artiste parsemèrent de nouveau les étagères en bois de santal\net de racine; la haute pendule enfin avec ses rondes de bergers et de pas­\ntourelles en Saxe tout bleus pâles et tout roses résonna son tic-tac métal­\nlique et rieur, tandis que par les fenêtres ouvertes le jour filtrait à\ntravers les nattes.\n    L'annonce du concert Strauss fut une joie ; Dora se rappelait avoir\nentendu le maestro à Vienne, dans le temps, et des mélodies berçantes\nlui restaient de cette musique romanesque pétillante et mélancolique;\n    — Mariette, je ne recevrai pas aujourd'hui, avait-elle dit à sa femme\nde chambre.\n    Dora demeura dans le boudoir, et ne voulant pas voir la foule qu\nhurlait ses bravo, s'absorba dans les notes qui lui venaient ainsi que des\n baisers.\n    Les yeux mi-clos, la lèvre entr'ouverte montrant les dents rosées, sa\n lourde chevelure déroulée, elle se renversa sur les coussins en satin car­\ndinal d'une dormeuse, et lentement, oppressée, se dégrafa.\n    La poitrine nue sur l'éboulement neigeux de la batiste, la comtesse\n Doraskine, exquise d'impudeur, semblait attendre un invisible amant\nqui lui viendrait porté sur les notes balancées des violons.\n"}, {"page_pdf": 528, "texte": "                                   — 455 —\n\n    Parfois elle se regardait, se trouvant belle, et sa respiration haletait,\nmontait doucement, comme une vague, dans une voluptueuse agonie.\n    Avec la deuxième partie du concert, le soir était descendu ; clans les\narbres remués comme des palmes, les globes blancs des gaz faisaient\nautant de lunes pâles au milieu des verdures, et le ciel intense se fonçait\nde minute en minute. Les ruines, au loin, comme celles des vieilles légen­\ndes et des ballades, semblaient revivre le passé, et, sous les étoiles, s'ani­\nmaient d'ombres.\n    Dora voyait tout cela dans un demi-rève; c'était si calmement beau\net si tendre qu'elle se sentait les yeux et les lèvres humides d'une im­\nmense, d'une universelle tendresse.\n    Des douceurs l'envahisssaient de tous ces arpèges remués— semblables\nà des voiles qui s'entr'ouvrent et montrent la courbe fuyante de nudités\nmystiques.\n     « Viens ! oh viens ! disait-elle à l'ombre à la nue, aux étoiles   viens !\n    La tiédeur de la nuit descendue entrait en elle comme le frémissement\nd'un long baiser ; autour d'elle glissaient amoureusement les mesures\npareilles à un vol discret de mystérieuses hirondelles, un attouchement\nléger qui frôlait, qui caressait, plein de paresse, une brise incertaine\n qu'elle croyait venir d'un invisible et céleste éventail en plumes de grèbe,\n et frissonnante, secoué par les secrets appels de la troublante nature,\n Dora s'abandonnait éperdue à l'occulte amant des mélodies.\n     Allait la valse, la valse toujours, tantôt claire avec ses éclats de joie,\ntantôt allongée dans une hystérie de notes voluptueuses et molles,\ntrempée de larmes, bondissante puis épuisée, et se baignant dans le\n frisson des feuilles au milieu des clartés lunaires qui faisaient dans\n l'ombre de fuyantes et virginales voies lactées—,.,\n     Eh ! Strauss ! prafo ! prafo ! hurrah ! Jiurrah ! Keliner ! y a ! Boum !\n\n                                                         MAX W A L L E R ( I ) .\n\n\n\n\n   (I) Extrait d'un volume de nouvelles qui paraît aujourd'hui chez Boitte :   L'Amour\nfantasque.\n"}, {"page_pdf": 529, "texte": "                  POESIES\n\n                         I\n                 PROCESSION\n\nLorsque, dans la clarté flambante des métaux,\nS'avance le cortège, où les saintes Maries,\nPortant leur diadème œillé de pierreries,\nOscillent doucement sur de blancs piédestaux ;\n\nPour célébrer leurs cœurs transpercés de\" couteaux,\nOn jonche le pavé de guirlandes fleuries\nExhalant le parfum de leurs tiges flétries\nVers les Vierges debout dans l'orgueil des manteaux.\n\n— Ainsi j'avais semé sous les pas de la Femme\nLes roses de ma vie et les lys de mon âme :\nLa flore adolescente et neuve des vingt ans.\n\nMais la Reine, d'aurore et de gloire embrasée,\nPassa dans la musique exquise du printemps,\nSans respirer l'odeur de mon âme écrasée !\n\n                         II\n\n          A UNE VIERGE G O T H I Q U E\nJe voudrais inventer des mots religieux,\nSemblables aux couleurs dont les maîtres gothiques\nSpiritualisaient le lointain des tryptiques,\nPour peindre l'infini qui pleure dans tes yeux.\n\nAu fond de leur azur chaste et mystérieux\nLes désirs obsédants des trépas extatiques\nSurgissent à l'esprit comme ces croix mystiques\nQui s'enlèvent en noir sur la clarté des cieux.\n"}, {"page_pdf": 530, "texte": "                     -   457    -\n\nC'est pourquoi je t'érige, ô Vierge entre les vierges.\nUn symbolique autel criblé d'or par les cierges,\nOù blanchira le jour de tes pieds surhumains :\nEt mes strophes, de nard et de myrrhe allumées,\nEncenseront ta gloire en pensives fumées,\nEt pour toi je joindrai mes vers, — comme des mains !\n                                       ALBERT GIRAUD.\n\n\n\n\n                CLAIR DE LUNE.\n\n     Les cygnes blancs du clair de lune,\n     Avec leurs plumages fluides,\n     Dans le brouillard blanc, sur l'eau brune,\n     Glissent comme des nefs liquides.\n     Les opales du clair de lune\n     Irisent leurs neigeuses flammes\n     Au fond de l'étang, sous l'eau brune,\n     Dans les remous que font les rames.\n     Les nénufars du clair de lune\n     En leurs fières blancheurs d'hosties,\n     Invitent l'âme, dans l'eau brune,\n     Aux mortelles eucharisties.\n     Et les enfants du clair de lune\n     Assoupis dans leur lente yole\n     Sousle brouillard blanc, dans l'eau brune,\n     Meurent, Comme un chant de viole.\n                                             IWAN GILKIN.\n\n\n\n                 RECLAMATION\n\nPour posséder tout seul les rayons de ton âme\nJe me suis envolé, dans mes bras te portant,\nEt sous l'œil injecté d'un soleil irritant\nDans les nuages blancs j'ai fait mon nid de flamme.\n"}, {"page_pdf": 531, "texte": "                            — 458 —\n\n      Et dans ce beau palais bâti de songes bleus,\n      Assis sur les sophas célestes, ô sultane\n      J'ai vu, striant du ciel la gloire diaphane,\n      Un astre fait pour toi, nous envoyer ses feux.\n       O vierge ! ton corps pur, sous ses lames dorées,\n       Comme en un bel écrin s'enchâssait, ravissant.\n       Dans la blanche splendeur des vapeurs éthérées.\n       Aujourd'hui, rêve fou, tu me transperces l'âme,\n       Et mon être courbé, les mains en croix, réclame\n       O chère ! tes baisers et ton corps et ton sang.\nSeptembre 1885.\n                                              EDOUARD L E V I S .\n\n\n\n\n                     SONNET PARISIEN\n\n\n   C'est — au coin du faubourg Montmartre — un cabaret :\n   Là, parmi des voyous s'y tenant à demeure,\n   Elle surgit, le soir, deux ou trois fois par heure,\n   S'assied à peine, boit, se lève et disparaît :\n\n   Quatorze ans ; buste étroit que rien' ne désaffleure ;\n   Nippes sans élégance et non pas sans apprêt,\n   Air cavalier, mais triste : — amalgame concret\n   De vice qui ricane et d'enfance qui pleure.\n\n    Elle court — tête nue et trois fleurs dans la main : —\n    Le long des boulevards, esquivant en chemin\n    Les tricornes guetteurs que son âge appréhende ;\n\n    Puis, l'enfant cherche, accoste et poursuit un badaud :\n    « Achetez un œillet! » lui dit-elle tout haut ;\n    Mais, tout bas, elle ajoute : — « Achetez la marchande! »\n                                         JULES   DEMENTHE.\n"}, {"page_pdf": 532, "texte": "                        — 459 —\n\n\n\n               AUBADE DES MORTS\n\n\n\n\nDans un hameau perdu d'Alsace, au grave bruit\nDescl oches, quand aux cieux sereins la lune brille,\nOn s'assemble le soir de Toussaint, en famille,\nEt l'on dit le rosaire en attendant minuit.\n\nSur les fronts recueillis plane un pieux mystère\nEt lorsqu'un frisson court dans les arbres rameux,\nTous se taisent, songeant aux âmes des aïeux\nQui viennent cette nuit, voltiger sur la terre.\n\nEnsuite, à l'heure sainte, ils s'en vont par les champs\nTout le long des chemins blancs de givre et de neige,\nL'air vibre au doux accord des cantiques touchants.\n\nEt, dirigeant l'archet rebelle aux doigts glace's,\nUn vieux ménétrier, en tète du cortège\nRythme d'un son criard l'aubade aux trépassés.\n\n                                     AUGUSTE         VIERSET.\n\n\n\n\n                      SOIR     D'ÉTÉ\n\n                                                 à Madame /.. B.\n\n— Il faisait nuit — Avril chantait, aux horizons\nBleuâtres, ses amours en brises parfumées.\nLes grands chênes des bois, les pieds dans les gazons.\nBerçaient le rêve vert des ramures pamées.\n\nComme la corde d'or d'un sublime instrument,\nPar la main de l'artiste, éperdùment heurtée,\nDans la poussière des mondes en mouvement,\nVibrait, au firmament brun, la voie lactée.\n"}, {"page_pdf": 533, "texte": "                       — 460 —\n\nSur le calme, pareil au noir sommeil de mort.\nAgonisait le chant des lunaires grenouilles;\nLa Brume s'élevait de la mare, qui dort\nRêveuse, dans les jonc où le soir met ses rouilles.\n\nDans l'âme grand'ouverte aux souvenirs béants.\nLe souffle d'inconnu, plein de songes moroses,\nPassait, comme le vent dans les arbres géants :\nOn entendait, au cœur, battre le cœur des choses.\n\n                               A. M. C H A M P S D ' A U L N E S .\n\n\n\n\n                 DANS LES JONCS\n\n                       TRIOLETS\n                                         A Monsieur    Veinard.\n\n          La barque glissait doucement\n          En frôlant les ramures vertes.\n          Sur le ruisseau clair et dormant\n          La barque glissait doucement,\n          Une brise amoureusement\n          Enflait les voiles entrouvertes\n          La barque glissait doucement\n          En frôlant les ramures vertes\n\n          Le clair soleil faisait couler\n          Sur les branches ses broderies\n          Et, rieur, pour la cajoler\n          Le clair soleil faisait couler\n          Dans l'herbe en train de se soûler\n          Ses ors et ses argenteries;\n          Le clair soleil faisait couler\n          Par les branches ses broderies\n\n          Au fond de ton parasol blanc\n          Souriait ta figure rose\n          — Ce trait est du dernier galant\n          Au fond de ton parasol blanc\n"}, {"page_pdf": 534, "texte": "                        — 461 —\n\n           On eut dit qu'en un lys tremblant\n           Sommeillait un bouton de rose;\n           Au fond de ton parasol blanc\n           Souriait ta figure rose.\n          Nous nous perdîmes dans les joncs\n          Qui dressent leurs thyrses par gerbe\n          Avec des sauts et des plongeons\n          Nous nous perdîmes dans les joncs,\n          Comme de longs poils sauvageons\n          Ils hérissaient çà et là l'herbe ;\n          Nous voilà perdus dans les joncs\n          Qui dressent leurs thyrses par gerbe\n\n          Nous étions seuls en ces fouillis\n          Aux minces hachures d'eau-forte,\n          Brodés de larges pissenlits;\n          Nous étions seuls en ces fouillis\n          Le plafond bleu pour ciels de lits\n          Et le soleil blanc pour escorte,\n          Nous étions seuls en ces fouillis\n          Aux minces hachures d'eau-forte\n\n          Qu'il faisait bon dans ce nid là !\n          Mais pourquoi tremblions nous, roses?\n          Parce qu'au loin un chien hurla ?\n          Pouvait-il mordre en ce nid là?\n          — Tendant la muffle un bœuf meugla\n          C'était-il si terribles choses ?\n          Qu'il faisait bon dans ce nid là !\n          Mais pourquoi tremblions — nous, roses ?\n                                                 M.    MATER.\n\n\n\n\n                   SONNETS\n                                           à Paul Goffard.\n                       I. LA REINE\nTriste et lente, elle marche en relevant sa traîne :\n— Les satins enflammés de rouges pierreries,\nLes brocarts fascinants déroulent leur féeries, —\nUn lotus d'or en main, lente, marche la reine.\n"}, {"page_pdf": 535, "texte": "                        — 462 —\n\nL'éclat tourbillonnant d'une vague se traîne\nA ses pieds alourdis parles orfèvreries,\nDans le soir caressé de mièvres sonneries,\nLa danse des Willis en longs accords s'égrène.\n\nLoin des villes, qui pour sourire et pour clartés,\nOnt vos molles amours, ô pâles voluptés.\nRègne le ciel fleuri de roses étincelles.\n\nMéprisant son palais au fronton fulgurant,\nDe son pas triomphal sur les plages errant,\nElle rit à l'azur baisé des hirondelles.\n\n                        II. RÉVOLTE\n\n\nPourquoi souiller ton âme aux viles calomnies,\nTon âme que j'implore, infime, à tes genoux?\nLeur immonde bavure a suinté jusqu'à nous,\nSecouant tout mon sang de strideurs infinies.\n\nEt pourquoi violer l'orgueil royal des lys?\nPourquoi tacher de deuil le sommeil blanc des plaines ?\nDans mon ciel où passaient les divines haleines\nS'éteint la lèvre en feu des soleils appâlis.\n\nNon, jamais un baiser n'effleura mes prunelles!\nMon cœur incendié de clartés éternelles\nGarde le fier secret de la virginité.\n\nJe rêve, tel qu'un saint au fond des basiliques,\nAuréolé d'argent comme un beau soir d'été\nEt le flanc étoile de glaives symboliques. —\n\n                      III.   VISION\n\n\nJ'ai secoué la boue au seuil du ciel sacré :\n— Les mornes souvenirs, les navrantes pensées,\nLe deuil qui ruisselait sur mes ailes blessées\nComme un fleuve brûlant dans le vent éploré.\n"}, {"page_pdf": 536, "texte": "                     — 463 —\n\nEt j'ai levé mon front vers Toi, Dieu vénéré,\nQui verses des deux mains à nos âmes lassées\nLe rêve éblouissant des extases glacées,\nImpassible gardien de l'abîme empourpré !\nJ'ai pétri les soleils sur mes seins pantelants,\nJ'ai rafraîchi ma lèvre aux baisers rutilants\nDes soirs, aux grands sommeils morts des têtes coupées ;\nEt, debout dans le sang des monstres fabuleux,\nJe souris aux éclairs fascinants des épées :\n— O Dieu, voici la fin de tes paradis bleus. —\n                                 GEORGES        KHNOPFF.\n\n\n\n\nLA CHANSON DES BELLES PERSONNES\n          Les abeilles disent aux fleurs :\n          « Accueillez-nous dans les chaleurs\n          » De vos calices peu farouches ! »\n          Les baisers disent à nos bouches\n          Ce que l'abeille dit aux fleurs.\n         L'astre tremblant dit à l'étoile :\n         « Je crois, quand ton rayon se voile,\n         » Que tout est sombre sous les cieux ! »\n         Les regards disent à nos yeux\n         Ce que l'astre dit à l'étoile.\n         Le noir cyprès dit à l'oiseau :\n         « Pour l'arbre triste et le tombeau\n         « Chantez encore, nids de mousses ! »\n         La douleur dit à nos voix douces\n         Ce que l'arbre dit à l'oiseau.\n         Le tiède Avril dit à la neige :\n         « Pâle neige, quand te verrai-je\n         « Fondre sous mes rayons vainqueurs ? »\n         Les amours disent à nos cœurs\n         Ce que l'avril dit à la neige.\n                           CATULLE MENDËS.\n"}, {"page_pdf": 537, "texte": "                                 -    464     -\n\n\n\n\n                 CROQUIS FUNÈBRES\n                                      VI\n                            LE JOUR DES MORTS\n                                       I\n   Auprès d'un tombeau, un homme se tient debout. Il est grand ; la\ncharpente a dû être robuste; elle est use'e. Cassé, vieilli, il a les cheveux\npresque blancs, l'aspect d'avoir vécu beaucoup et souffert. A ses côtés,\nune jeune fille penchée sur le marbre, y dépose sa couronne d'immor­\ntelles. C'est son amie la meilleure dont la mère dort ici et la jeune fille\naimante a pris sa part du culte de l'orpheline.\n   Elle a perdu sa mère, elle aussi ; elle ne pleure pas, n'a plus de lar­\nmes ; une trace en reste au long de ses joues hâves. Ses yeux agrandis\nsont ternes, fixes comme des yeux de morte. Elle était jolie naguère, et\nmaintenant, à la voir ainsi parmi ces tombes, on dirait qu'elle vient y\nchoisir la sienne. Et, c'est cette mère qui a fait cela ; car, si elle est morte\npour les siens pour le monde, elle n'a pas de sépulture où ses enfants\nviennent mettre des fleurs et pour la pleurer, ils se cachent.\n                                      II\n\n                                     MAGGY\n\n                                  1860-1882\n\n\n                               Son baby Paul\n                                  Avril-Mai\n                                     1882\n\n\n   A cette double inscription, d'or sur marbre blanc, — une petite femme\ntoute jeune, gracieuse et coquette parfumée au parisianisme frivole, au\nbras de son mari nonchalamment appendue, et frôlant, clapotant, du\nfroufrou de ses jupes, le granit tombal — s'arrête.\n    — C'est ici !\n   Un instant, elle rajuste sous son toquet de loutre, le bout de tulle\nfin que le vent plaque à mi-côte de son nez frileux.\n"}, {"page_pdf": 538, "texte": "                               — 465 —\n\n   Six mois que sa grande sœur Maggy est morte ont emporte' le peu de\nlarmes et le vilain crêpe dont il ne reste qu'un souvenir pâle. — Six\nmois ! — à peine en voilà deux que la pierre est posée.\n   Madame enlève du bras d'un laquais, un énorme bourrelet de vio­\nlettes. Elle s'approche, se penche, retenant d'une main sa robe et de\nl'autre, incline, pieusement sur le marbre, les fleurs.\n   Il a coûté très cher, le marbre.\n   Elle se recule; d'un coup d'œil d'artiste, l'examine à distance, un\nregard rapide aux tombes d'alentour, mesure, évalue, compare, et, de sa\npetite moue de vanité satisfaite :\n   — C'est bien.\n   Alors, comme la nuit vient, qu'il fait maussade et grelottant, elle se\npelotonne plus câlinement sous sa pèlerine de fourrure, au bras qui la\nguide à travers la foule, vers son coupé tiède.\n   Elle sourit.\n   Songe-t-elle, la mignonne, au froid des tombes vides et qu'elle, après\nde longs jours coulés doucement lorsqu'on viendra la coucher là très\nvieille, y trouvera la couchette prête, le nid bien chaud, et Maggy sur\nle seuil, pour l'accueillir, son petit dans les bras?..\n\n                                   III\n                                    Il faut laisser les enfants rire sur les tombes,\n                                       c'est plus gai pour les morts...\n                                                        HIPPOLYTE D E V I L L E R S .\n\n   Au matin — bien avant l'heure de cette foire aux fleurs où la pleine\nfoule vient jeter, par année, un rêve de vanité mondaine au sommeil des\nmorts. — Une femme en noir est assise là, trois mioches avec elle.\nL'aine, haut de sept ans, crâne, le torse qui se cambre et coiffé dans la\nnuque d'un feutre à rubans, s'ouvrant, au large retroussis du bord, sur\nun visage batailleur :\n   — « Mère, nous pouvons jouer ?\n   Elle ne dit pas non.\n   — « Une, deux, Rita, tu es le cheval : allons, hue !\n   Et, partis, battant le gravier, lançant à coups de jarrets leurs petites\nbottes dans le dos, ils plongent à la descente, au détour rapide du chemin\n   Le calme est partout aux alentours de ce plateau désert.\n   Une coulée d'air frais balaie doucement le cimetière immense planté\nd'arbres nains. Pas de feuilles mortes au sol; du gravier, de la pierre;\nde l'herbe entre les tombes jonchées pour la plupart, de ces petits tas\naunes qui sont du fumier de fleurs.\n                                                                      56\n"}, {"page_pdf": 539, "texte": "                                — 466 —\n\n    A la grille, un gardien somnole. Là-bas, devant la clôture, deux jar­\ndiniers ratissent ; leurs bustes silencieux, par delà cette pyramide de\nmarbre, lentement, se balancent, d'un automatique balancement ; et se\ndressent, d'un tronçon de bâtisse rose, des maçons enlevant leurs sil­\nhouettes frottées de mortier sur le fond blême du ciel.\n   Loin de la ville, à ces hauteurs, à travers le bourdonnement décru de\nl'étendue, on n'entend ici que le bruit pâle de leurs voix et les coups de\ntruelles aux briques qui sonnent dans l'atmosphère limpide du matin.\n   Alors, surgit à la jeune femme immobile et comme de dessous le banc\noù elle est assise, une miniature d'enfant, frôlante et douce, un petit\nhomme en jupes, ayant les cheveux blonds en boucles et le bleu de ses\ngrands yeux estompé d'un peu de blanc qui met du vague au regard.\n   — « Hé bien, Baby, dit-elle, pourquoi ne vas-tu pas jouer aussi ?\n    Baby hausse les épaules en faisant une moue d'indifférence qui veut\ndire : je ne sais pas. — Baby sait bien.\n    Il regarde sa mère. Elle rabat son voile, mais pas si vite que Baby ne\nl'ait vu pleurer. Il vient tranquillement, de l'air d'un homuscule détaché\nde toutes choses, se hisse de côté sur le banc trop haut pour lui, à force\nde petits coupsde reins, s'y glisse jusqu'au fond, croise dans le dos les me­\nnottes et ne bouge plus. Son regard à sa petite mère suit une autre grosse\nlarme qui roule de l'œil aux lèvres et ce regard vague du voile humide,\nau sol, au ciel, aux maçons, au gardien, à ses petits frère et sœur qui\nreviennent en courant par l'autre bout de l'allée.\n    Octobre 1885.\n                                                   HENRY MAUBEL.\n\n\n\n\n                SOUVENIR DE CIRQUE\n   All right... miousic... hop., hop.. » C'est la fin de la soirée, les\ndouze étalons de Carré galopent dans l'arène, faisant retentir la piste\ndes coups sourds de leurs sabots et jetant des volées de sable sur les\nspectateurs qui contemplent avec admiration ce chapelet noir et inin­\nterrompu défilant devant eux.\n   Il y a bien des applaudissements, bien des cris et pourtant cette re­\nprésentation, la dernière de la saison, est empreinte de je ne sais quelle\n"}, {"page_pdf": 540, "texte": "                                — 467 —\n\ntristesse. C'est un adieu bruyant, amusant même, mais c'est un adieu.\nPour la dernière fois sans doute, nous voyons ces joyeux clowns, ces\ngentilles petites écuyères — ils s'en vont bien loin ; tout le cirque,\npeut-être baraque et artistes, sera dispersé, avant les neiges prochaines.\n    On hume une dernière bouffée de cette singulière odeur d'essence de\nsciure de bois, de poudre, de gaz. ce parfum de cirquequi bienlongtemps\nrestera accroché à nos vêtements, comme un souvenir du frileux mois de\nmars. On jacasse, encore appuyé aux piliers raboteux avec ce damné\nWolff, ce grand garçon toujours naïf, toujours gai, et sous le chapeau\nde feutre comme sous la perruque rousse, toujours clown.\n    Dehors, le temps est froid, il gèle et sur la neige durcie on entend\npiaffer les chevaux des voitures, tandis que la bise sifflant dans les bran­\nches dénudées fait craquer lugubrement les ais de la porte de bois —\nDans les écuries les préparatifs de départ commencent déjà — On tasse\nles banderolies, on réunit les fauteuils de Cendrillon, les énormes cham­\npignons des Niebelungen, et les grandes caisses sabrées de larges raies\nnoires portant sur leurs flancs en caractères gigantesques : « Nederlansche\nCircus Oscar Carré », commencent à s'échafauder sous les robustes mains\ndes palefreniers.\n    Nous nous étions groupés, quelques vieux habitués, autour d'un grand\nréchaud qui projetait ses reflets pourpres sur les selles à clous dorés des\nchevaux. Cinq ou six danseuses étaient venues nous rejoindre et parmi\nelles, ma ravissante Bertha, ma maîtresse de huit jours. Une jeune et\njolie fille fraîche et vive, toujours gaie — le boute-entrain du ballet.\n    Nous étions un peu moroses ce soir-là — La mélancolie qui pesait\nsur la salle nous avait gagnés — Les plaisanteries, les bons mots nous\nrestaient dans la gorge — Dans quelques minutes il faudrait se séparer\net espérer de se revoir eut été téméraire. Malgré moi je regardais avec\n regrets mon petit diable rose fermer de sa main mignonne tous les\ncadenas de ses coffrets. Elle me sembla pourtant pensive. Elle vint\nétendre ses pieds cambrés devant les braises ardentes et un moment je\n crus deviner en voyant ce corps souple penché, immobile, ces clefs\n traînant à l'aventure sur sa jupe de gaze, ces bras nus abandonnés, ce\n gentil nez retroussé baissé vers le sol,— qu'une larme brillait dans ses\n yeux gamins. Etait-ce vrai? M'aimait-elle comme je sentais alors que je\n l'aimais? Je ne l'ai jamais su. Un grand brouhaha se fit soudain derrière\n nous ; les chevaux, l'écume aux dents, rentraient en caracolant et par la\n draperie soulevée je vis la représentation finie, le public en masse sombre\n descendant les gradins envahir l'arène et s'engouffrer dans les couloirs\n de sortie.\n"}, {"page_pdf": 541, "texte": "                                         468 —\n\n    Carré pouvait survenir d'un moment à l'autre et n'aurait pas hésité à\ninfliger une forte amende à nos danseuses attardées. Le moment des\nadieux était venu. Nous nous dîmes quelques paroles banales— Pour\nmoi j'étais ému comme un écolier; je pus à peine murmurer à Bertha,\n « Allons, ma chatte, au revoir » . « Oh? au revoir», fit-elle avec une\npetite moue — d'un geste brusque elle se jeta à mon cou et me planta\ndeux gros baisers sur la joue, sur la bouche, au hasard. Puis ce fut tout,\nun nuage passa devant mes yeux et je ne vis plus que le maillot rose\nde la belle enfant escalader les derniers gradins de bois qui mènent aux\nchambres d'artistes. Je m'enfuis, sentant brûler sur mon visage ses\nlèvres ardentes. Et tandis, que sous les lumières mourantes, je trébuchais\nsur les barres, les cerceaux et les haies, je vis scintiller à mon habit une\n des paillettes dorées de son corsage. Je l'ai recueillie, je la possède encore,\n et souvent depuis, lorsque je la contemple en songeant à mon amour\n de quelques soirs, il me semble que c'est une étoile, tombée de mes ciels\n d'autrefois, qui vient brîller doucement sur mes présentes mélancolies !\n                                                                    HATTO.\n\n\n\n\n                                         MOI\n                           (fumisterie   psychologique).\n\n\n   La première fois que je Me vis, une sympathie instinctive me poussa\nvers Moi-même. Il me sembla que je trouvais enfin quelqu'un qui pût\nme comprendre, participer à mes ambitions, à mes joies, que sais-je?\nbref, je M'aimai. L'amour ne s'explique point, les affections ont de\ntroublants mystères, et nul ne saura jamais pourquoi, au lieu de placer\nles miennes dans une créature humaine du monde extérieur, je la mis\ndans un être, quelconque en somme, qui est Moi.\n   Dès lors, quelle sollicitude n'eus-je point pour mon Idole! Je m'attachai\nà Lui donner toutes les jouissances, tous les plaisirs ; il m'arriva même de\nrendre heureux les autres pour Me donner la joie de la reconnaissance\nreçue, « Comme Tu es bon, Moi, Me disais-je alors en souriant et\ncomme Tu mérites bien toute cette gratitude qui se manifeste autour de\nToi par des petits soins, des airs doux, — sans compter la réputation\nde sagesse qu'on Te fait ! »\n"}, {"page_pdf": 542, "texte": "                                — 469 —\n\n     Je M'aime!\n      a Et puis Tu ne me tromperas pas, ô Moi! Tu n'auras pas les per­\n  fidies de la femme — qui ment, qui mord, qui griffe. ; je Me connaîtrai\n  bien et je M'e'tudierai... jamais un nuage n'obscurcira la paix de notre\n  affection. Comme Narcissus admirant ses formes d'éphèbe dans l'eau\n claire des fontaines, mon âme se mirera dans le flot pur de Moi-même,\n  et mon amour sera si uni, si limpide et si inaltérable que parfois il me\n  semblera que je n'aimerai rien, tant je M 'aimerai ! »\n     Voilà ce que je Me dis lorsque je Me rencontrai pour la première\n fois; je Me trouvai très bien d'ailleurs, très beau de forme et d'esprit et\n je Me considérai comme bien sot d'avoir pu songer un seul instant à\n donner à des inconnus l'inaltérable amitié que je sentais en moi et que\n je pouvais si bien Me donner.\n     Un jour, étant tombé à l'eau, j'eus une forte envie de m'enfuir et de\n crier : « Tire-toi de là, je m'en bats l'œil ! » mais mon dévouement au\n Bien-aimé revint et nageant vigoureusement, je Me sauvai.\n     Ainsi je connus l'Abnégation.\n     Un autre jour un matamore quelconque eut l'audace de Me provoquer\n en duel. Aussitôt j'appellai Moi-même et lui dis : « Tu ne te battras\n pas, ce misérable T'enlèverait à mon affection, es-Tu fou? j'en mourrais!\n le vrai courage consiste à mépriser les injures ! »\n     Ainsi je connus l'héroïsme. Quelqu'un d'extérieur me dit : C'est\n lâche! — Deux jours avant, il avait empêché un ami de se battre et il\n trouvait lâche que je fisse la même chose! .T'avait fait la même chose,\n n'est-ce pas, puisque Je suis mon meilleur ami.\n     Pourtant la douleur vint, je souffris — je ne sais pourquoi — fêtais\nfurieux contre moi-même et je voulus Me punir ; je M'écoutai une nuit,\n je Me regardai lentement descendre dans un cauchemar de désespoir —\n car quelque chose m'avait manqué dans ma vie délicieuse — et froide­\n ment, sans crainte, inflexible, je Me tuai.\n     Des journaux prétendirent que c'était un suicide.\n     Les insensés !\n     Je n'avais fait que Me tuer !\n"}, {"page_pdf": 543, "texte": "                                 - 470\n\n\n\n                             MEMENTO\nTableaux flamands, par le Docteur Carat. Un vol. Paris. Marpon et Flamma­\n  rion. — Conte rouge, par Emile Verhaeren. — La. joie de vivre, par Emile\n  Zola. — Sensations d'Oxford, par Paul Bourget. — Pot-Bouille. —\n  Chronique théâtrale. —Noces parisi nnes, par Alain Bauquenne. Un vol.,\n  Paris, Ollendorff, 3.50. — Litdine, par Francis Poictevin Un vol.\n  Bruxelles, Kistemaeckers. 3.50. — La Teigne, Rimes de joie, Entre Amou­\n  reux. — Les Vingt. — Chroniques des petits théâtres de Paris par Nicolas\n  Brazier, deux vol., Paris, Rouveyre et Blond. 15.00. —Les Mémoires d'un\n  Sceptique, par Carie des Perrières. Un vol. Paris, Rouveyre et Blond.\n  3.50.— L'Art duns ta maison, par Henry Havard. Un vol., Paris, Rouveyre\n  et Blond. — Marche célèbre de Lachner, Bruxelles, Schott. — Charles\n  Potvin au Moniteur. — Les deux Sonnets. — Bibliothèque Gilon. —\n  Le Petit Brantôme de poche, par Emile Villemot. Un vol. Paris. Ollendorff.\n  3.5o. — Les Arts incohérents.\n\n\n    Clovis Hugues, le poète député, auteur des Soirs de Bataille et des Jours de\ncombat, viendra, dans le courant du mois de novembre, donner une conférence\nlittéraire au Cercle des conférences que vient d'organiser Lu Jeune Belgique Le\njour n'étant pas encore fixé, c'est par la presse quotidiene que nos lecteurs en\napprendront la date.\n                                      ***\n   « Tableaux flamands » — tel est le titre d'une centaine de pittoresques et\ncharmants sonnets du docteur Carat qui viennent de paraître chez Marpon et\nFlammarion en un très coquet volume que le paysagiste, en quête du site\ndécrit, peut facilement glisser dans sa poche.\n   Le docteur Carat et moi, nous sentons souvent de même, pas toujours, ce\nserait monotone; c'est donc dire qu'il est mon ami dans la bonne et seule\nacception d'un mot dont on abuse. Je tâcherai de l'oublier en souhaitant la bien­\nvenue à son volume. Dans une revue biographique, que je dirigeais il va bien-\nques années, j'ai déjà dit tout ce que j'espérais de cette nature cmincmcnt\nartiste, de ce peintre, de ce musicien, de ce poète.\n   Le docteur Carat exerce à deux pas de Paris, à Montrouge ; mais il aime\nson pays, la Flandre française; sa pensée y vagabonde souvent, et il le chante :\n\n            Hourra ! je te salue, — ô ma terre flamande\n            Où s'ouvre le sillon plus gras et plus fécond,\n            Où le soleil gris-perle éclaire la légende\n            Des antiques Morins et du Nervien blond.\n"}, {"page_pdf": 544, "texte": "                                  — 471 —\n\n\n            Le flot qui t'enveloppe est fait de mélodie,\n            Et de ton rude accent, de ta voix alourdie,\n            Tu chantes sa louange au divin Gambrinus.\n\n   Les vers, très colorés, courent gaillardement bien pleins, bien construits,\npleins d'humour souvent, de sentiment toujours. Le poète a la nostalgie de la\nmer du Nord, il aime la tristesse de son pays au ciel pâle, aux horizons sablon­\nneux. Ses paysages ont les gris savants de nos peintres modernes, une somno­\nlence qui berce, une poésie qui a son attirance et repose; il faut lire dans cette\nnote: les Moulins à vent, les Dunes, la Nuit. 0 pays, Ciel du Nord ; autant de\npièces qu'il faudrait citer en entier :\n\n             La dune a revêtu son manteau de ténèbres :\n             Les vents hurleurs ont pris la voix d'un décédé;\n             Dans le soir, on entend cliqueter les vertèbres\n             De ceux qui sont tombés sous Turenne et Condé.\n\n   Puis voici venir les joyeuses Kermesses, les bruyantes beuveries à la Téniers ,\nle tout tracé d'une plume alerte par quelqu'un qui a vu, senti, vécu ces\nchoses. Les femmes sont plantureuses et les couples s'étreignent à pleins bras,\nc'est la vie comme la peignait Jordaens. Voici la fin d'un « 'etour d'Islande ;\nles pécheurs rentrent :\n\n                      comme une proie elle a saisi son homme,\n             Un long frisson aux reins, pâle, affolé et comme\n             Une femme qui pleure au moins depuis huit mois.\n\n             Il embrasse le mousse, et tous trois dans la foule\n             Elle et lui consumés d'un désir qui les soûle,\n             Disparaissent, lançant un bon rire grivois.\n\n  Dans les Kermesses, les femmes promènent » la rondeur de leurs charmes ; »\nau cabaret :\n              Une fraîche figure au comptoir est assise\n              Surveillant les pots clairs où la cendre s'attise,\n              Où la pipe se pose\n\n    Parfois le poète a des échappées dans le pays des rêves; il se fait mâcheur de\n haschich et lui demande à revoir « les forêts s'entr'ouvrant sous le vent bien­\n faisant, » — ailleurs, dans « le Glas, » il devient triste et dit : « Grande mys­\n térieuse, ô Mort, je te salue ! » — Le docteur Carat est un penseur en même\n temps qu'un sensationniste; les impressions chez lui sont multiples, diverses;\n     il vient d'écrire « la Noce aux champs » où, dans le chariot des nouveaux\n épousés, « On se baise à grands cris plus forts que dans les autres »,\n"}, {"page_pdf": 545, "texte": "                                  — 472 —\nlorsqu'une carcasse de navire échoué le rend songeur, et ces beaux vers nous\ntrahissent une pensée profonde :\n\n                   Sur les membrures grouille une sordide mousse,\n            Des végétations d'un aspect fainéant —\n            Et l'animal celât — et le bois se trémousse ;\n            La pourriture fauve est à son flanc béant.\n\n   Lisez « le Carnaval », « le Carillon », puis aussi « le Reuze », l'énorme\nmannequin que l'on sait, — (Bon pays, peuple enfant! c'est chez toi qu'est le\nReuze,) — le Reuze poussé par cent marins, le Reuze à côté de la Reuzine,\nle Reuze enfin dont on va marier la fille à Gavant de Douai, — bonnes et\nnaives légendes que tout cela, légendes que tue la désolante unification des\nraces et que le poète a su rendre et fixer.\n   Encore une courte citation, elle est charmante ; trois vers du sonnet « la\nPlage :»\n                  Ayant les gestes doux, effarés d'une vierge,\n             La mer recule, vient près la dune et submerge\n             Le sable, en y creusant de tout petits étangs.\n\n   Je sais un mien ami qui a peint cela : Jean Desbrosses; l'art a ses affinités.\n   Je m'arrête. Il faut lire ces pages intimes, familières, senties; et, si j'ai\ntenu à en parler dans la Jeune Belgique, c'est que l'auteur a bien nommé\nson livre : \" Tableaux flamands \"; et, avec la plume, fait œuvre de peintre.\n                                                    Hippolyte DEVILLERS.\n\n                                      ** *\n\n   La troisième plaquette de notre collection sera mise en vente le 1er' décem­\nbre. Elle est intitulée Conte Rouge, a pour auteur Emile Verhaeren et sera\nornée d'un superbe dessin de Théo Van Rysselberghe. On souscrit dès\naujourd'hui dans nos bureaux. Ajoutons que prochainement nos plaquettes ne\nparaîtront même plus en librairie, les cadres de souscription étant presque\nremplis. C'est conseiller, à ceux qui tiennent à avoir complète cette élégante\ncollection, de se faire inscrire au plus vite. La nouvelle Aux Ambassadeurs est\npresque épuisée.\n                                       ***\n\n  Gil Blas annonce la publication d'un nouveau roman d'Emile Zola : La joie\nde vitre.\n                                    ***\n  Paul Bourget vient de publier dans la Nouvelle Revue ( 1er octobre) une étude\nexquise : Sensations d'Oxford.\n                                    ***\n  Vient de paraître chez Marpon et Flammarion la dernière livraison du Put-\n"}, {"page_pdf": 546, "texte": "                                 -   473     -\nBoville d'Emile Zola, en belle édition grand in-8„ Jésus, illustré par Georges\nBcllenger et Kauffmann. Le volume sera mis en vente au prix de 5 francs.\n\n\n   A partir de 'notre année prochaine, nous donnerons régulièrement dans\nnotre revue une chronique théâtrale notant les pièces jouées pendant le mois,\nainsi que l'historique et la critique des nouvelles pièces. Ce memento aura plus\ntard un très grand intérêt pour l'histoire de nos théâtres.\n\n\n\n   Alain Bauquenne, le jeune auteur déjà bien connu de l'Ecuyère, de la Maré­\nchale, des Ménages parisiens, vient de faire paraître chez Ollendorff un nouveau\nlivre : Noces parisiennes, où les délicats trouveront une panerée de nouvelles\nadorables, dans le genre Droz ou Gyp, mais plus sautillantes encore; M. Bau­\nquenne, qui comprend si bien l'élégance, lui même un dandy aux ongles longs,\nà l'aspect britannique, d'un esprit très fin et très discret, a trouvé une note\nnouvelle qui n'imite ni la sentimentalité 'mondaine de Gustave Droz, ni la froi­\ndeur un peu cruelle de l'écrivain d'Autour du, mariage.\n   Il connaît son boulevard, mais préfère les salons parisiens où l'on cause, et\nson livre n'est qu'une longue causerie piquée de mots en l'air et d'observations\n intimes et justes, de drôleries bien dites — sans rire, — de petites saillies qui\neffleurent comme des ailes; tout cela est de bonne littérature bien moderne, à\ndéguster en fumant des cigarettes, les soirs d'hiver — à deux\n\n\n   Que dire de Ludine, le roman de M. Poictevin qui vient de paraître chez\nKistemaeckers? L'éditeur a toujours aimé de casser des vitres dans les jambes\nde ce bon public. Ce révolutionnaire, qui est arrivé à coups de poing et à coups\nde bec au premier rang dans la librairie française, devait éditer Ludine. Le\nlivre en effet n'est pas bon mais très curieux, pas même français mais bizarre,\navec un gros nuage sur chaque page, et, se dégageant — une impression de\nlassitude et d'énervement. Il faut que nos jeunes auteurs lisent Ludine; ce\nroman étrange leur montrera très clairement ce qu'ils doivent ne pas faire en\nlittérature.\n                                       ***\n  M. Henry Kistemaeckers annonce un nouveau roman de Lucien Descaves :\nLa Teigne, une nouvelle édition des Rimes de joie de Théodore Hannon et un\nvolume de Théo-Critt. : Entre amoureux. Nous espérons en rendre prochai­\nnement compte.\n\n   Nous lisons dans l'Art Moderne :\n   « Voici une bonne nouvelle artistique qui nous promet des expositions d'un\nintérêt tout spécial. Un groupe d'artistes belges vient de se former en vue d'or-\n"}, {"page_pdf": 547, "texte": "                                  — 474 —\nganiser chaque année, du 1er février au 1er mars, une exposition de leurs\nœuvres et de celles de quelques artistes belges et étrangers, choisis avec soin\nparmi, les plus méritants, qui seront invités à participer aux expositions. Le\nchoix de ces derniers variera chaque année. On se rappelle le succès qu'obtient\nà Paris l'Exposition internationale de la rue de Sèze, organisée d'une façon ana­\nlogue.\n   Le placement des œuvres sera fait individuellement par les exposants eux-\nmêmes qui disposeront chacun d'un panneau, ainsi que cela s'est fait à l'Essor.\n   Le groupe, qui portera la dénomination des Vingt, se compose de MM. Jef\nLambeaux, Dubois, A. Chainaye, sculpteurs, Frantz Charlet, James Ensor,\nJ. Delvin. Fernand Khnopff, Courtens, Willy Finch, Dario de Regoyos,\nRod, Wytsman, Gustave Vanaise, Théo Van Rysselberghe, Charles Goethals,\nVerhaert, Verstraete, Willy, Schlobach, Guillaume Van Strydonck, peintres.\n   Un comité spécial de trois membres, tirés au sort et variant chaque année,\nest chargé des invitations, de l'organisation, etc.\n   La prochaine exposition, qu'on prépare dès à présent, présentera un grand\nintérêt artistique. On est assuré déjà du concours de MM. Vander Stappen,\nVinçotte et Paul Devigne. Trois peintres belges, dont les noms ne sont pas\nencore définitivement arrêtés, seront invités. Quant aux peintres et sculpteurs\nétrangers, ce seront, cette année, MM. John Sargent, William Chase, Maris,\nIsraëls fils et Leibl, peintres; MM. Injalbert Rodin et Gemito statuaires. »\n   Ils sont vingt, qui tondent, non pas une nouvelle société, maçonnée avec des\nstatuts et des règlements, arcboutée sur un président, bastionnée d'un secrétaire\net flanquée d'un trésorier, mais tout simplement un groupe, une bande, un\nbataillon. Point d'organisation académique — car tous sont jeunes, audacieux,\nrévolutionnaires.\n   Tous aussi ou presque tous sortent de l'Essor. On se demande même ce que\ndeviendra cette société, si les vingt s'en détachent pour soigner avant tout leur\nexposition annuelle; une scission devenait inévitable. L'art de certains de ces\nmessieurs n'a rien de commun avec celui des Regovos, des Ensor, des Khnopff\net des Van Rysselberghe. Il y a antipathie fatale entre ces deux catégoires de\npeintres ; on ne peut marcher en sens inverse en se tenant toujours la main.\n   Pour nous, pesant la valeur des noms qui forment la nouvelle bande, nous\nn'hésitons pas à la trouver superbe, forte en talent, ruisselante de hardiesse et\nchoisie avec passion parmi les meilleurs et les plus crânes.\n    Le succès de son œuvre est certain.\n\n                                       ***\n\n   Dans leur charmante collection, publiée sous le titre de Curiosités Pori­\nsiennes, les éditeurs Ed. ROUVEYRE, et G. BLOND viennent de faire paraître\nles chroniques îles Petits Théâtres île Paris, par Nicolas Brazier, nouvelle édi­\ntion, publiée par Ed. Rouveyre, son petit neveu, avec notices variantes et\n notes par Georges d'Heylli. Cet ouvrage forme deux beaux volumes in-1 a,\n"}, {"page_pdf": 548, "texte": "                                  -   475         -\nimprimés avec luxe sur papier vergé de Hollande, titre rouge et noir, couver­\nture parchemin. Le recueil de Nicolas Brazier est, à proprement parler, de\nl'histoire et de la meilleure, bien qu'elle soit, \" au pied levé \", en déshabillé,\nappropriée, en somme, au sujet souvent badin et frivole qu'elle traite. C'est\nencore une mine inépuisable d'anecdotes et de récits intimes, dont quelques-\nuns sont tout à fait extraordinaires et réjouissants, et ont été souvent cités,\nsans que leur source précise ait jamais été indiquée. Que de faits bizarres,\nque d'existences tenant véritablement à la bohème par tous les cotés, que de\nvies étranges de variables cabotins et cabotines nous expose ce livre si minu­\ntieusement écrit et si curieusement informé !\n    Dans cette même collection de Curiosités Parisiennes, les éditeurs de la rue\nde Richelieu ont publié précédemment le Théâtre des Boulevards, réimprimé\npour la première fois et précédé d une notice par Georges d'Heylli. Ce 'Théâtre.\ndes Boulevards contient la plupart des parades, si salées et si plaisantes, qui\namusaient tant nos pères, que n'effarouchaient pas les libertés un peu épicées\nde certains spectacles.\n                                       # rr   *\n\n\n\n  Les Mémoires d'un Sceptique, par Carie des Perrières, viennent de paraître\nchez Ed. ROUVEYRE et G. BLOND, en un volume in-18. Inutile de faire l'éloge\nde Carie des Perrières, un des écrivains parisiens les plus connus et les plus\naimés du public. Il faut lire ce volume plein d'anecdotes de mots, facilement\nécrit, et retraçant de la manière la plus brillante la vie parisienne.\n                                       ***\n    L'Art dans la maison (grammaire de l'Ameublement), par Henry Havard,\ndont la mise en vente prochaine vient d'être annoncée par les éditeurs\nEd. ROUVEYRE et G. BLOND, forme un magnifique volume in-8\" jésus de 470\npages, et illustré de 5-2 planches hors texte et de 260 vignettes. A l'aide de\ncet ouvrage, spécialement écrit pour eux, les gens du monde pourront se cons­\ntituer un intérieur qui sorte du commun, il leur facilitera leurs rapports avec les\nindustriels et les artistes spéciaux qu'ils sont à même d'employer, leur fournira\nl'occasion de raisonner avec fruit de ces matières si intéressantes et leur don­\nnera encore le moyen d'introduire la logique dans le choix de la disposition\nde leur mobilier, et la possibilité de prévenir ces fautes de goût qui sont parfois\nsi choquantes. La compétence de l'auteur en matière artistique est indiscutable,\net le succès de ce magnifique volume est assuré par avance. Aussi bien croyons-\nnous utile, dans l'intérêt de nos lecteurs et surtout de nos lectrices, de les\nengager à s'adresser de suite aux éditeurs ! L'épuisement d'un tel livre, d'une\nsi incontestable utilité, étant facile à prévoir.\n\n\n\n   Vient de paraître chez les éditeurs Schott, la Mardi-; Célébre de la 1er suite,\n de Fr. Lachner, exécutée au banquet d'inauguration du nouveau palais de\n"}, {"page_pdf": 549, "texte": "                                 —    476     -\n\njustice. Ce morceau     très   remarquable et très moderne aura un grand\nsuccès.\n                                        ***\n   Monsieur Potvin (Charles — pour les intimes Chariot, au dire de l'Epingle)\ns'est confessé.\n   Confessé, lui ?\n   Confessé, oui !     à l'Académie !\n   Une petite confession auriculaire et publique, en vers.\n   Le confesseur demande successivement à Monsieur Potvin (Charles), s'il n'a\n\n                  «        Jamais suivi les médiocrités\n          A l'assaut des emplois, leurs mesquines bastilles,\n          Jamais capitulé pour le plat de lentilles\n                     Des vaines popularités ! »\n\n  Monsieur Potvin (Charles) répond négativement. Parbleu ! Des lentilles !\nC'était bon du temps d'Esaü !\n   Le confesseur reprend :\n\n               « Au triomphe légal du trafic malhonnête\n               Otes-tu le chapeau d'un faux respect humain? »\n\n  Un chapeau que nous ne connaissions pas encore. Un petit Trois François\nqui fera fureur cet hiver.\n  Monsieur Potvin (Charles) répond par un vers cornélien :\n               « De rien qui ne fût net je n'ai tiré ressource ! »\n   Le confesseur tombe dans une rêverie profonde, et Monsieur Potvin (Charles\nen profite pour lui décocher les strophes suivantes :\n\n                  « Oui, je tiendrai jusqu'au tombeau!\n                  Don Quichotte obstiné du beau !\n                  Traqueur des gloires mensongères !\n                  Je marcherai, lance en avant,\n                  Contre tous nos moulins à vent,\n                  Tournant aux brises étrangères !\n                  Qu'un autre... Ah ! L'on sait les movens\n                  De s'acquérir honneurs et biens,\n                  Sans que du reste il vous soucie !\n                  J'aime mieux, Belge impénitent,\n                  Sur mon fumier vivre en chantant,\n                  Mourir moi dans ma Béotie ! »\n   Fumier nous semble venir d'une contrition sincère, et Béotie d'un repentir\nattendrissant\n"}, {"page_pdf": 550, "texte": "                                 — 477 —\n  Le confesseur ne bougeant plus, le pénitent finit par la cnvatine ci-dessous:\n\n                    « Terre et cieux ! La nature est belle !\n                    Si pour les morts tout est perdu,\n                    En amants séparons-nous d'elle.\n                    Buvons la vie universelle\n                    DANS L'URNE DE L'INDIVIDU!!!!!\n\n   L'urne de l'individu ! Ça fait rêver ! On a vendu beaucoup de ces urnes là,\njadis, mais il y avait un œil au fond !\n   Et ces vers babyloniens ont paru dans le Moniteur.'\n   Nous recommandons à M'' Potvin (Charles) pour sa prochaine confession,\nle Moniteur des Valeurs à leau.\n                                       ***\n   Le dix-septième siècle a vu la querelle du sonnet de Job et du sonnet\nd'Uranie .\n   Le dix-neuvième assiste à celle du sonnet d'Emile Van Arenbergh et du\nsonnet de Paul Siret.\n   Il y a longtemps, longtemps, ces deux poètes écrivirent, en vue d'un con­\ncours des Jeux Floraux, sur un sujet imposé, chacun un sonnet.\n   Trop amis pour lutter l'un contre l'autre, ils résolurent d'envoyer le\nmeilleur, ce qui fut fait.\n   Les deux sonnets, dont la pensée finale était la même, — les auteurs se\nl'étant communiquée, — et dont le sujet était le Stabat, se ressemblaient.\n— naturellement.\n    L'un d'eux fut publié en 1878 dans le Journal des Beaux Arts : il était signé\nPaul Siret.\n    L'autre a paru récemment dans la Jeune Belgique : il était signé Emile\nVan Arenbergh.\n    Un      monsieur signale cette coïncidence dans une lettre anonyme publiée\npar le Journal des Gens de Lettres, et en tire la conclusion qu'Emile Van\nArenbergh est un plagiaire.\n    Le docteur Emile Valentin ajoute un commentaire indigné.\n    Emile Van Arenbergh riposte par une lettre où il raconte les faits dans leur\nsimplicité.\n    Le docteur Valentin insère, mais feint de ne pas comprendre, et maintient\n son accusation.\n    L'affaire en est là.\n    L'avis de la Jeune Belgique, c'est que l'attitude du docteur Valentin a man­\n qué de correction d'abord, de franchise après.\n    De correction. Si la Jeune Belgique recevait une lettre signée seulement\n d'initiales quelconques, — anonyme par conséquent —, où l'on signalât une\n rencontre de ce genre entre M. X, et M. Z, tous les deux poètes, et poètes\n"}, {"page_pdf": 551, "texte": "                                       -      478 —\nde talent, elle c o m m u n i q u e r a i t la lettre à celui des deux que le correspondant\naccuse de plagiat, et attendrait, avant de lancer dans le public un cancan dont\nil restera toujours quelque chose, ses explications.\n   De franchise. L'explication étant donnée, entière et loyale, le docteur\nValentin n'avait plus qu'à retirer son article, et faire u n m e a culpa.\n   Car la situation est claire :\n   R e p r o c h e r à Emile Van A r e n b e r g h d'avoir signé seul son Stabat, c'est\naccuser, par dessus sa tête Paul Siret d'avoir signé seul aussi et auparavant\nle sien.\n   Et la querelle est d'autant plus odieuse que Paul Siret n'est plus là pour\ncouvrir de son témoignage Emile Van A r e n b e r g h — son ami le plus c h e r , et\nle confident de ses dernières pensées. —\n   Nous taxons le docteur Valentin d'étourderie, et le c o r r e s p o n d a n t d e . . . .\nmalpropreté.\n\n   BIBLIOTHÈQUE GILON. —          N°   112.   C H . GIBBON, Cordes écossais, traduits       de\nl'anglais par Louise J u s t e . T r o i s contes de l'écrivain q u ' o n a s u r n o m m é le\nW a l t e r Scott m o d e r n e , traduits avec g o û t . — N° 113. TEIRLIXCK-STIJNS, Baas\nColder, traduit du néerlandais par J. Elseni et F . Gueury-Dambois Les tra­\nducteurs de contes de Geiregat, des s œ u r s Loveling et de M\" ,e C o u r t m a n s , font\nconnaître aux lecteurs français une intéressante nouvelle de M M . Isidore T e i r -\nlinck et R a y m o n d Stijns, ces E r c k m a n - C h a t r i a n de Bruxelles. —.No 114. ].,,\nJustice des princes-éveques de Liége : le procès du chanoine Sartorius par Th. Juste.\nUn terrible épisode de notre histoire, où le mot de justice signifie q u ' o n sait\ndans cette démocratie liégeoise vaincue, devenue « le paradis des prêtres ». —\nN° 115. Souvenirs de voyage. En Afrique centrale, par E . Boulland. U n jour­\n naliste cherche dans ses impressions de voyage ce qui peut intéresser les lecteurs\nà ces expéditions lointaines, à leurs préparatifs, aux m œ u r s des habitants, aux\nexigences du climat, et il raconte ce qu'il a vu. — N° 116. Le Ciel et lu Terre,\npar A. Lejeune, avec 36 figures. L ' a u t e u r est lieutenant d'infanterie. Il a con­\nsacré ses loisirs à d o n n e r des notions élémentaires sur notre système planétaire\nen partant de la ligne, des angles, des c o r p s , p o u r arriver au calendrier. —\n N° 117. Notes et souvenirs d'un voyage à la Plata, par Albert Verhaeren.\n M. Albert Verhaeren est u n ingénieur, qui a déjà publié des Souvenirs de\nvoyage, des Etudes techniques sur le Brésil. A u j o u r d ' h u i , c'est dans la Répu­\n blique Argentine qu'il conduit ses lecteurs, esquissant l'aspect des rues et des\n clubs, les m œ u r s religieuses et politiques, les guerres civiles et les vengeances\n féminines ; puis nous l'accompagnons, au r e t o u r , à travers la ligne de Rio-\nJ a n e i r o à Bordeaux. — N° 118. Mon fils, par Salvatore F a r i n a , traduit de\n  'italien par F e r d i n a n d Gravrand.                                  (Communiqué.)\n\n                                              ***\n  Le petit Brantôme de poche de MESSIRE BOURDEAU DE BOURDEILLE (Emile\nVillemot), illustré de nombreuses vignettes de LOIR LUIGI, vient de paraître\n"}, {"page_pdf": 552, "texte": "                                   — 479 —\n\nà la librairie OLLENDOEFF. Cet ouvrage, qui t'ait honneur aux presses de\nMM. Moureau et fils, de Saint-Quentin, forme un charmant volume, œuvre\nposthume du spirituel auteur des Bêtises du coeur, des Femmes comme il en\nfaut, de Ne vous mariez pus.\n                                       ***\n\n    On nous écrit de Paris : L'exposition des Arts incohérents vient de s'ou­\nvrir :\n    La foule y était très cohérente dimanche dernier, jour du « vernissage ». Le\n« Tout Paris » de l'esprit s'y était donné rendez-vous. Grâce aux mesures\nhabiles prises par l'organisateur M. Jules Lévy, il n'v a eu cependant aucun\naccident de personne h déplorer. Plus de trois mille visiteurs utriusque sexus\nont rempli de une heure de l'après-midi à cinq heures les Salons trop étroits de\nla Galerie-Vivienne.\n    Comme l'a fait observer très judicieusement M. Paul Vivien, l'avocat bien\nconnu, qui est portant créole de la Réunion: c'était beau, mais c'était chaud.\n    Mes lecteurs ne s'attendent pas de ma part à une revue détaillée des œuvres\nétourdissantes de cette exposition d'un nouveau genre. Nous avions l'art sin­\ncère, l'art officiel, l'art idéal, l'art réaliste; grâce à M. Jules Lévy et à ses\nadeptes, nous avons l'art fumiste. Qu'on le regrette ou non, le l'umisme envahit\nla Société contemporaine. Il y a quelqu'un de plus grand que Victor Hugo: c'est\n M. Sapeck. Il y a quelque chose de mieux que le Salon annuel, que le Salon\ntriennal ; c'est l'Exposition des Arts Incohérents.\n    Aussi bien des incohérents n'ont pas cherché à dissimuler leurs principes\néminemment subversifs. C'est à une place d'honneur qu'ils ontexposé le tableau\n d'Antonio Gandara qui représente, avec toute l'outrance de l'impressionisme le\n plus convaincu, les grands hommes du Chat-Noir : Emile Goudeau, l'auteur\n exquis de la Revanche des bétes; et de la Revanche des fleurs, qui va nous donner\n cet hiver les Poèmes ironiques, Rodolphe Salis, l'artiste cabaretier, Jules Jouv,\n le très spirituel auteur de la Marseillaise des Infirmes, Rivière, Moréas.\n    L'incohérence, cette aimable contagion a gagné aussi le délicat dessinateur\n Georges Lorin, qui expose cette année, un curieux Menu d'artistes et un Effet\n de lune (lisez : nez fait de lunes).\n    L'espace et le temps ne me permettent pas décrir les désopilantes fantaisies\n de M. Eugène Mesplès. La plupart des œuvres des incohérents échappent\n d'ailleurs à l'analyse. Il faut les voir pour en apprécier toute la saveur capi­\n teuse.\n    M. Emile Cohl, un des rares élèves du pauvre grand André Gill, expose cinq\n ou six tableaux des plus amusants. Je recommande surtout aux visiteurs sa\n parodie du Bara de Henner et son saint Antoile.               ..\n    « Il suffit, dit le livret, de regarder fixement saint Antoile pendant 24 heures\n pour voir les yeux se fermer. — N. B. Les vôtres bien entendu. »\n    MM. Vast-Ricouard, qu'on ne s'attendait pas à trouver en cette affaire, ont\n"}, {"page_pdf": 553, "texte": "                                   — 480—\n\nété portraicturés par le même Emile Bohl. Il a fait d'eux une nature morte qu'il\nappelle: Vaste-Ecritoire. Ouf!\n   M. Gustave Fraipont nous présente une vue des environs d'Amsterdam\navec des reliefs absolument extravagants. Metsu et Rude n'ont qu'à bien se\ntenir.\n   MM. Max Dhor (moins connu sous le nom de Jules Perroux) et Raymond\nMavgrier, les magnétiseurs bien connus, hypnotisent le public, le premier par\nun tableau sur ardoise intitulé : Excelsior, et éclairé à la fois par le soleil, par\nla lune et par une comète ; le second par un buste sans tête avec ruban rouge\nà boutonnière dont le socle est orné de ce quatrain :\n\n                              Cette ébauche imparfaite\n                               N'a pas encor de nom ;\n                               On demande une tête,\n                              Intelligente ou non.\n\n   Le sculpteur Taluet a envoyé un tableau intitulé : « Colère rouge et peur\nbleue » auquel j'aurais voulu voir accorder les honneurs de la cimaise.\n   M. Coquelin Cadet qui n'engendre jamais le spleen, malgré son air anglais,\nexpose un souvenir d'Etre'at qui est le comble de la plage. « Son élève »\nM. Bertol-Graivil a peint le Pied des Alpes (rien de Galopeau quoiqu'il s'agisse\nde Corso). Notre collaborateur Frédéric Dillaye a envoyé une tempête à la\nVernet, dans un crâne authentique. Très curieux aussi l'envoi de notre confrère\nde Marthold.\n   Je regrette de ne pouvoir, comme je le voudrais, m'étendre sur les œuvres\nde MM. Jean Alesson, Allais Angrand, Arthus, Auriol, Jean Benner, Bian­\nchini, Paul Bilhaun, Blaisât, Blanchon, Caran d'Ache, Chaly, Choubrac,\nDelpy, Ferdinandus, Félix Galipaux, Henri Gray, Charles Hutin, Paul Lheu­\nreux, Maréchal, Paul Meyan, Marius Michel, Vanaume, etc., de M mes Julie\nFerhuyt, Eugène Godin, Camille Langlois, Berthe Lheureux, Suarez, etc.\n   Il faudrait presque un volume pour décrire un peu complètement les trois\ncents œuvres exposées aux « Incohérents « et pour donner une simple idée des\nincroyables conceptions qu'on peut admirer Galerie-Vivienne. Je ne puis\nqu'engager nos lecteurs à voir par eux-mêmes ce dont je ne pourrais leur\ndonner une idée incomplète.\n   Je demanderai, en terminant, une feuille de vigne d'honneur pour Mlle Val­\ntesse, l'auteur des Lézards cohérents, qui nous paraît délaisser en ce moment\nla politique pour les arts (sans calembour) libéraux jusqu'à la licence. A B.\n   Notre collaborateur français Hippolyte Devillers nous enverra prochaine­\nment un article plus complet sur cette exposition.\n                                                                     NEMO.\n"}, {"page_pdf": 554, "texte": "             TABLE ALPHABÉTIQUE\n                            DES       MATIÈRES\n\n            CONTENUES DANS LE TOME DEUXIÈME DE\n\n                        LA J E U N E    BELGIQUE\n\n\n            A. M. A.                          Champs d'Aulnes (A.M.)\nVégétation occulte .    .   .   385      Soir d'été [poésie]   .   .   .       459\n       Arnoux (Jacques).                              Chardel.\nLe Caveau Verviétois . 229-311           Chronique artistique : II\nLes Échos militaires du                    Exposition     d'architec­\n  major la F l a m m e . . 349             ture                                439\nLes Arts décoratifs.   . . 390                      Chomé (Léon).\n       Bataille (Frédéric).              La nonne (sonnet)     .   .   .       386\nLe Satyre (sonnet) . . .        228\n                                               Cressonio (Juan).\n      Ban-wens (Georges).                Novembre                              175\nObsession                       118\n                                                 Demblon (Célestin).\n         Berlier (Paul).\n                                         Contes mélancoliques : Le\nSeptembre (sonnet) . . .          20\n                                           vieux château . . . .               307\n      Buffenoir (Hippolyte).\n                                                  Dementhe (Jules).\nPrière (poésie) .      . .      178\n                                         Sonnet parisien.      .   .       .458\n               Bock.\nExposition de l'ancien ate­                      Destrée (Jules).\n  lier Portaels . . . .      313         Au pays wallon : Une soi­\n        Burny (Maurice).                   rée                                 146\nSensations . . . .        97-216                Devillers (Hippolyte).\nGustave Doré .         . .   121\n                                          Le café Lafleur . . . 125-165\n             C. (M.).                     Le Salon de Paris . . 278-316\nAmour, bonheur (poésie)     .   387       Square et mairie    . , . 416\n                                          Les Tableaux       flamands,\n     Casembroot (Louis de).\n                                            par le D r Carat .\nA Camille Lemonnier (son­\n  net)                          139                    Domkiki.\nMessidor (sonnet) . . .         386       Le Rat (monocoqiieloqué)         .   420\n"}, {"page_pdf": 555, "texte": "                                      482\n\n\n          Fontainas (A).                         XII.    Départ de Pier­\n                                                        rot      . . . .       3o6\nRêve indien                    184\n                                                 XIII. Lune au lavoir.         386\n       Fuster (Charles).                    Études d'esthétique I L'Art\nDemandes vaines (poésie) .     140            social                           369\n             G. D. G.                       Au W a u x - H a l l . . . .       399\nChronique d'art. I I I Expo­                Sonnets                            466\n  sition de M. Louis Van                            Goudean (Emile).\n  Engelen                      356          La Bible de Méphisto {poè­\n                                              me ironique)  . . . .\n          Gilkin (Iwan).\n          Gilbert (Ives).                              Griin (Karl).\nBallade pour le premier                     A une fille d'auberge (son­\n  jour de l'an . . . .          41            net                              227\nStercoraires (poésie)   .       63                Hannon (Théodore).\nRevue des livres. . . .        115          Le Noël du pauvre (sonnet)          64\nVillanelle de dèche . . .      351          Noël du cœur (poésie) . .           91\nMer rouge (villanelle) . .     413                       Hatto.\nClair de lune {poésie).   .    457          Souvenir de cirque.       .    .   466\n         Giraud (Albert).                          Huart (Ferdinand).\nLe vieux tambour (sonnet)     15\n                                            Au Café-Concert (sonnet)       .   228\nRevue des livres (Chronique\n                                                        Icres (Fernand).\n  littéraire)    71-105-150-193-\n                                            Malédiction (sonnet)      .    .   346\nAçar (poésie)                  141                Jeune Belgique (La).\nLa nymphe (sonnet)             177          Le prix quinquennal       .    .   201\nRondels à la lune :                         Le Banquet Lemonnier :\n     I. Spleen    . . . .      304              I. Liste des adhérents 249\n     II. Décollation .         3 04             I I . Discours de Geor­\n     III. Brosseur de lune     304                   ges Rodenbach.    . 25 3\n     IV. Rouge et Blanc.       304              I I I . Discours d'Ed­\n      V. L'Église .            305                   mond Picard . . 256\n      VI. Messe rouge.         305              IV. Discours de Ca­\n      VII. Supplique .         305                   mille Lemonnier . 261\n      VIII. Violon de lune.    305              V. Poésie d'Emile Ver-\n     IX. Nostalgie.            305                   haeren . . . . 263\n     X. Parfums de Eer-                         VI. U n futur prix quin­\n           g a m e . . . .     306                   quennal . . . . 2 6 4\n    XI. Blancheurs      sa­                     V I L Lettre de Léon\n           crées . . . .       306                   Cladel . . . .      268\n"}, {"page_pdf": 556, "texte": "                                             —     483     —\n\n     VIII. Lettre d'Emile                                Menuetto des Baisers . .                 i32\n        Zola                                268          Revue musicale :\nCorrespondance.   . . .                     271                I Marie-Magdeleine                 19 7\nLe jeune mouvement litté­                                    II La Rédemption       .             234\n  raire                                     32g          Croquis funèbres :\nLa Jeune Belgique . . .                     449              I. Nature morte . .                  346\n        Khnopff (Georges).                                   II. Les bûcherons      .             347\nSoirs aux étangs de Nabeu-                                   III. Les vieux.    . .               348\n  mont (poésies)     . . .                  226              IV. En faction     . .               387\nSonnets: I La Reine.       .                461               V. Immortelles.   . .               388\n          II Révolte   . .                  462               VI. Le jour des morts               464\n         III Vision    . .                  462                       Menant.\n         Lemonnier (C.)\n                                                         Les Rant\\au.   . . . .                   142\nExposition des Aquarel­\n  listes . . ■ . . . .                       271                Mendès (Catulle).\n                                                         Le roman d'une nuit . .                  42 1\n         Lamber (Paul).\n                                                         La chanson des belles per­\nRemembrances . . . .                        i3o\n                                                           sonnes                                 470\nPastorale (sonnet) . . .                    225\n                                                                     Nemo.\n        Lavallé (Auguste;.\n                                                         Memento bibliographique, i 1 8-\nLe prix de la vie     .     .       .       189\n                                                                   198-286-326-365-403\n        Levis (Edouard).                                 Chronique de partout . . 1 5 5\nPremier janvier (sonnet  .                   62          Memento. . .      .243-445-470\nSonnet intime . . . .                       179\nLa valse des muguets (son­                                       Picard (Edmond).\n  net)                                      3o3          Triolets épithalamesques .               396\nLe vieux prêtre (sonnet)            .       382                      Pierrot.\nRe'clamation (Sonnet) .             .       457          La grande cavalcade des\n       Loise (Ferdinand;.                                  lieux-communs . . .                     87\nCorrespondance (Droit de                                         Pouthier (Alfred).\n  réponse) .                                 3g          Vers bergamasques.     . .                93\n                                                         Celle qui peint en haut\n       Mahutte Frantz;.\nGloire en toc . . .                     .    5g            d'une rue                              187\n                                                         Vers pervers.         .    ,    .    .   414\n        Marcy (Emile.\nAndante des soupirs .               .       352                       Réty (Marius).\n           Mater (M).                                    Nouvelles de l a g r a n d ï o u t e :\nDans les joncs itriolets)       .           468              I. La Saint-Lundi.               .   392\n         Maubel (Henry).                                           Richard (Octavej.\nLe tribut de Zamora  . .                     26          Sonnet                                   '38.\n"}, {"page_pdf": 557, "texte": "                                 -     484     -\n\n                                             La villa close  . . .     .            379\n     Rodenbach (Georges;.\n                                             Chronique artistique :\nU n cabaret flamand (trio­                        I. Le Salon de Gand.              431\n   lets).                        16\n                                                       Vicaire (Georges).\nA un petit mouchoir (son­\n   net)                         139          Avril (sonnet)       .                  65\nOctave Pirmez . . . .           292                Vierset (Auguste).\nL'idéal (poésie) . . , .        412          Aubade des morts (sonnet)              459\n\n     Sulzberger (Maurice).                               Waller (Max).\n                                             Hiver                                   25\nT r o p sage                     21\n                                             Revue des livres. . . .                 30\nCamille Lemonnier     .     .   289\n                                             Vieilles nouvelles :\n    Van Arenbergh (Emile).                         I. Dans le monde.           .    100\nSonnets :                                          IL Chers souvenirs          .    102\n                                                   III. Réponse à une\n    I. Sonnet    mignard.       335\n                                                       papetière.      . . .        171\n    II. Sonnet d'antan .        3 36\n                                                   IV.     Derniers       bour­\n    III. Le Ponton    . .       336\n                                                       geois                        172\n    IV. Camaïeu . . .           337\n     V. La Nymphe     .         337                 V. Le conte de Toone.           2 19\n     VI. Souvenir.    . .       338                 VI La dernière          fre­\n     VIL Devant la mer .        338                    daine                        221\n     VIII. Moyen âge .          339          Au pays de             Manneken-\n    IX. Sonnet oriental.        339            pis                                  217\n    X. Le Vésuve.     . .       340          Le prix quinquennal à la\n    XI. De Prqfundis      .     340             Chambre .                           275\n    XILStabat      . . .        341          La vie bête                            301\n    XIII. Toujours     .        341          Nouvelles pour les jeunes\n    XIV. Sonnet      mysti­                    filles :\n        que                     342                I. Variations sur a Les\n    XV. Sonnet de Bru­                                 Prunes » . .                 343\n        maire   . . . .         342          Chronique d A r t :\n                                                   I. L'Essor.        . . .         35 3\n       Verhaeren (Emile).                          II      Exposition         de\n                                                       MM.        Vanaise et\nPochade (poésie)   . . .         95\n                                                        Wytsman         . . .       355\nLa ronde des souvenirs\n                                             Henri Conscience .                 .   409\n   (sonnet)  . . .        .     177\n                                             Valse allemande. . . .                 452\nChronique artistiquel. L'U­\n   nion des arts.  .      .     111                    Weber (Armand).\nL'Essor                         234          Chanson de'lectable (poésie)           383\n"}, {"page_pdf": 558, "texte": "                                              — 485 —\n\n               X.                                     Chicane littéraire              .      .    .       401\nConférence-de Max Waller.                    242\n               Zola (Emile).\nNais Micoulin . . . .                       1-43\nUne cage de bêtes féroces.                  161       Dialogues des morts.     66-81-209\n                                                      A l'Office de Publicité . . 193\nSimple constatation. . .                     216      Les joyeusetés de la Biblio­\nBibliographie de Camille                                graphie nationale . . 394\n  Lemonnier . . . .                          291      Moi                            468\n\n\n\n\n                                              TABLE\n  DES      AUTEURS          ET     DES     OUVRAGES       ANALYSES             DANS       LE      TOME\n\n\n                                            DEUXIÈME      DE\n\n                                  LA J E U N E        BELGIQUE\n\n\nAMIC          (Henri) Plaisir        d'amour.!        B E R L I E R (Emile) Matérialisme             et\n   (Paris, Calmann-Lévy)              . . . 283           Spiritualisme           (Bruxelles).     . .     158\nArt Moderne (L') (Bruxelles) . .                368   B I . O N D E L ( A n t o n y ; La vie privée de\nArt (l') de la femme (Paris, Rouveyre                      Camus (d'Arras).             (Paris, Drey­\n   et Blond)                                    120        fous)                                            75\nB A I I . L Y (Jules) La proie pour l ' o m ­         B Ü C C A C E Contes joyeux (Bruxelles,\n   bre (Bruxelles, R o z e z ) .       . . 259-565         Boitte)                                          56\nBallade {La) (Bordeaux).               . . . 157      B O N I F A C E (Maurice) Les  chansons\nB A N V I L L E (Théodore de) Mes Sou­                  piarisiennes     ( Paris, Marpon et\n   venirs. (Paris, Charpentier) . .              77      Flammarion)                                        34\nB A R O T (Odysse) L'Inceste, (Paris, '               B O S T (Th.) La Liberté par l'instruc­\n    Rouveyre et Blond) . . . .                   58      tion. (Bill. Gilon)                               157\n B A T A I L L E ( F r é d é r i c ) Une   lyre\n                                                      B O U R G E O I S (J. N . F . ) La  défense\n    (Paris, Lemerre)                            443\n                                                         immortelle       (Verviers. Crouquet) .           241\nB A U Q U E N N E (Alain) Ménages          pa-\n    risiens (Paris, Ollendorff).          . .    75   B O U R G E T ( P A U L ) Sansations       d'Ox­\nNoces parisiennes ( Paris. Ollendorff) -475             ford                                               470\nB É N I G N E (Ange) Monsieur           Baphnis       BKAZTER (Nicolas) Chronique     des\n   et Mademoiselle Cliloi ( P a r i s , O l -           petits théâtres de Paris. (Paris,\n    lendorff.)                                  246     Rouveyre et Blond)                476\n"}, {"page_pdf": 559, "texte": "                                                        — 4^6 —\n\nB i u o (Carolus) Chattes          et     Renards             G I R A U D (Albert) Le Scribe. (Bru­\n   (Rouvcyrc et Blond)             .                     79       xelles, Hochsteyn)                               IIÜ\nB U F F E N O I R ( H i p p o l y t e ) La vie    ar-         GoEY (Roger de) Camille ( H u y ) . .                 57\n    dtntc(Paris,       Lemerre).     . • • obi                G O N C O U R T ( E d m . et J. de) L : A r t au\n\n Bulletin semi-mensuel         de VOffice Je                      X V I I I 0 siècle(Paris, Charpentier)           77\n    Publicité                                  218            G R E Y S O X (Emile) Aventures                eu\nCAR Ai (Dr) Tableaux flamands (Paris.                            Flandre.        (Bibl. Gilon) . . . .             51\n    M a r p o n ci Flammarion)                 170                  —        Entre Bourgeois.             (Bibl.\nCasserole (La) (Bruxelles) . .               . 3IJÎJ             Gilon)                                          53G\nC A S T E L E Y N (Joseph) B/isoef ou Les                     G u É R l X - G l x l s T Y Les        Rastaquouè-\n   />ieds de Philomène          . . . .        133               res. (Paris, Rouveyre et Blond; . 240\nCiUDKRLiEK (Emile) Du                  Sai/it-                G U Y O Ï ( D r . Jules) Bréviaire              de\n    Gathardà Syracuse. (Paris, Dcntu)           72               l''amour         expérimental.          (Paris,\nCaveau verviétois [Le) . . . 229-310                             M a r p o n et F l a m m a r i o n ) .     . . 404\nC H A N T K A I N ' E (Guillaume) Le Tour­                    HAGHE       (F.   G.)    Les   Papes     et    La\n\n   nesol 'Bruxelles. P a r e n t ) .    . . 5J8                  Belgique.    (Bibl. Gilon). . . .                 248\nC I I E X E V I È R E S (II. de) L e s qui et les             H A X X O N (Théodore) Au pays de\n   que {Le Voltaire), Paris . . .                       246      Mannehen-Pis      (Bruxelles, Kiste-\nCl.AES (Louis) Jacques           Cernais.                        maeckers)                                         287\n   (Bruxelles, Callcwaert). . . .                        74         —        Le Candélabre      (Bru­\nC O U R T M A X S (M\"10) : Tante   Sydo­                         xelles, Hochsteyn)                                287\n   uta (Bibl. Gilon)                                    280   H A V A R D (Henry) l'Art dans la mai­\nC R E B I L L O N F I L S La    nuit    et le    mo­             son (Paris, Rouveyre et Blond) .                 477\n   ment (Bruxelles. Brancart)     . . 4-41                    H E U S Y (Paul) U n coin d e la vie d e\nD A R C (Daniel) Voila F plaisir, Mes­                           misère (Paris, O r i j l ) .  . . .               238\n   dames l (Paris, Ollc'idovÙ')  . ■ 563.                     H U G O (Victor) La Légende         des\nDARUEXXE          (A.)   Les    Monuments          à             Siècles. (Paris, Calmann-Lévyj .                 557\n   travers les âges ^Bruxelles, Pa­                           H U Y S M A N S ( J . K . ) E Art      Moderne.\n   rent)                                        80               (Paris, Charpentier)                             562\nD E M B I . O X (Célestin) Joseph Demou-                      HY.MAXS (Louis) Con/uciut.        (Bibl.\n   lin. (Liège)                               119                Gilon)                                             71\nDo-Mi-Sol        (le) (Vervicrs) . . .          80            yeuue (La) Eevue.ÇBraxelles,     Boitte)             526\nD U X A L D (Charles) La situation po-                        L A C I I X E R ( F r . ) Marche célèbre\n   li'ique (Bruxelles, M u q u a r d t ) .  .   79               (Bruxelles. Schott)                               477\nF.I'.KHOUD (Georges) A'ees Doorik,                            L A F L A M M E ( L e Major) Les Echos\n    scènes du Polder. (Bruxelles.                                militaires (Bruxelles, Sermon)        .           549\n   Hochsteyn)                              103-194            LAFOUGE-AGIMOXÏ                (Mme) Ce que\nE E C K M A X X - C H A T R I A N . Les         Rani­            disent les poupées (Bibl. Gilon) . 157\n   mait                                   liî                 L A N O (Pierrede)               Courtisane!(Paris,\n— Essai littéraire.   (L') (Bruxelles) . 52(3                    Rouveyre et Blond)                                  442\n— Essai sur la condition des femmes                           — Laurent (Collection). (Bruxelles,\n   en Amérique.     (Paris, Ghio) . . 1G0                        Boitte)                                           • 506\nF j ANUCITE Une séparation.        (Bru­                      L E A R (Kanny) Le Roman                     d'une\n   xelles)                               {():;                   Américaine          eu Russie. (Bruxelles,\nF O U R È S (Auguste) A las très noui-                           Boitte                                              24ii\n   ricos. (Montpellier)                    57                 L B U M T E (L. ii.) Verset              Chanson;.\nF R A X C E (Hector) Marie-Queue      de                         (Paris, Patay)                                       57\n    Vache. (Paris, Oriol) . . . . 445                         L E F È V R E ( V i c t o r ) Trains      déplaisir,\nG.'.USSERON        (H.    I I . ) Le     Corbeau.                 (Bruxelles, Parent)                                248\n  (Paris, Ghio) .                           l,:lj.            Li'.MONN 1ER (Camille) EL/ys/érique.                   1 ;i8\nGiiiiiuN\" 'Charles) (trad. L O U I S E                        L E R O Y (Charles) Le Colonel J\\'a-\n   J U S T E ) Les Contes Ecossais. (Bibl.                         mollot. (Paris, M a r p o n et F l a m ­\n   Gilon;                                  5JÜ                    marion)                                            118\n"}, {"page_pdf": 560, "texte": "                                       -    4§:\n\nLOUVRT DE COUVRAY Les amours                      PRADF.I. (Georges) L'œillet bleu.\n   du chevalier de Faub/at. (Bruxel­                (Paris, Rouveyre et Blond) . . . 197\n   les, Brancart)                      441        PRORREY (Emile) Breton et Patrie.\nLOVELING (Virginie et Rosalie)                      (Paris, Librairie des Jeunes-) . . l ' 8\n   Seines familières. (Bibl, Gilon). 157          RlliÈRE (Othon) Le livre de l'auge.\nM \\RACDE ( Auguste ) Talleyrancl,                   (Bruxelles, Rozez)                  51\n  prêtre et êvlque. (Paris, Rouvcyre              RoisiE(Jean) Fragment d'un voyage\n   et B'ond)                           2-48         dans l'Inde. (Bruxelles, Parent). 528\nMAURIAC (Jean de) Les jeudis de                   ROD (Edouard) La chute de Miss\n   M. Toby. (Bibliothèque Gilon) . 57                Topsy (Bruxelles. Kistemaeckers). 73\nMAUS (Octave)          Royal-Gommeux.             RODENBACH (Georges) Conférence\n    (Bruxelles, J.-B.)                 404          littéraire à Gand                  156\nMENDÈS (Catulle) Monstres pari­                   Conférence littéraire à Verviers. . 280\n    siens. (Paris, Marpon et Flamma­              ROI.LINAT (Maurice) Les Névroses\n    rion)                              405           (Paris, Charpentier)              130\nMÉRIOT (Henry) Les Scabieuses.                    SACHER-MASOCH      (trad. AUG. L A -\n    (Royan, Billaud)                   233          VALLÉ) Juijs     et /Casses (Bibl.\nMEUNIER (Lucien-Victor) Baisers                     GILON)                               239\n    tristes. (Paris,Rouveyre et Blond) 79         SILVESTRE (Armand) Pour /aire\nMIGNOT (Clovis) Poésies. (Nantes,                   rire. (Marpon et Flammarion . .      77\n    Bellinger)                           79       THÉO-CRITT,      La vie en culotte.\nMON (Blanche D.) Un Réveillon.                      (Paris, Ollendorfl)               50G\n     (Paris, Jouve)                     280       TRANSER. (Dr. Emile). Le livre de\n MOUTON (Eugène) Fantaisies.(Paris,                 la toilette, (Bruxelles, Delacre). 80\n    Charpentier)                        562       UN    RUSSE   DU GRAND MONDE.\n N I Z E Ï (Henri) L'aiguilleur. (Bru­               Quelques mots sur la brochure de\n    xelles, Maquardt)                    74         'M. Laferté (Paris, Ghio). . . . 1G0\nNOUN (Paul) Nita. (Paris, Ghio) . 80 '\n                                                  VALVOR (Guy) La Chanson du pau­\n— Nord contemporain (Le). (Bru­\n                                                    vre homme (Paris, Oiiol) . . . -400\n    xelles)                             563\n                                                  VAN CLEEF (Isidore) Juifs et Chré­\nORLLANGES (Ernest d') Les nuits\n                                                    tiens, (Paris, Ghioy              158\n   parisiennes. (Paris)        . . . . 58\n                                                  VAN DE W I E L E (Marguerite)    Le\nPAËR (Auguste) Contes à Zola.\n                                                      roman d'un chat (Bibl. Gilon). 80\n    (Paris, Rouiï)                      243\nPARNY Les galanteries de la Bible.                VERIIAEREN (Emile) Les Flaman­\n    (Bruxelles, Boitte)                 119          des (Bruxelles, Hochsteyn) . . 109\nPERRIÈRES (Carie des) Les mémoi­                  Conte rouge                            472\n    res d'un sceptique. (Paris, Rou­              V I B E R Ï (Théodore) La race sémiti­\n    veyre et Blond.) . . . . . .        477          que (Paris,Ghio)                    246\n— Petit Touriste (Le). (Bruxelles) . 527          VILLEMOT (Emile). Le Petit Bran­\nPICARD (Edmond) Grelots progres­                     tôme de poche (Paris, Ollendorff . 478\n    sistes. (Bruxelles, Larcier) . . . 193        VILLIERS DE L'ISLE-ADAM Contes\n PIMODAN (de) L.e coffret de perles                 cruels (Paris, Calmann-Lévy) . . 153\n    noires. (raris.Rouveyre et Blond). 287        VOISENON. Le sultan Misapouf et\n PIRON Œuvres. (Bruxelles, Boitte). 503             la.princesse Grisemine (Bruxelles,\n— Plage (La). (Blankenberghe). . 505                Brancart)                           79\n POICTEVIN (Francis) Ludine. (Bru­                WAGENER (Félix) Les deux Sen­\n    xelles. Kistemaeckers) . . . . 475              tiers. (Verviersl                   55\nPOTVIN (Charles) et FRENAY (Félix)                WALLER (Max)Zfl Vie Bête (Bru­\n Essai de poésie populaire. (Biblio­                xelles, Brancart)                  501\n thèque Gilon)                             51     Conférence littéraire de Max Wal-\n— Hitoire des lettres en Belgique.                  ler à Bruxelles                    242\n (Bruxelles, Weissenbruch) . . .           72     Le Baiser (Bruxelles J. B). . . . 401\n"}, {"page_pdf": 561, "texte": "                                                  — 488 —\nW O D O N (Paul) Contes de AWI :t                         (Paris, Charpentier)                        195\n  d'Avril. (Bruxelles, Lel>èguc). .               80    La joie de vivre                              472\nZABOROWSKI I'S.) Nouvelles et cu-                       Pot-Bouille                                   472\n  riosités scientifiques. (Paris M:ir-\n                                                                             » t. *\n  pon et Flammarion).           . . . .           IGO\n— Le Capitaine           But le ( l ' a r i s ,         Per VAlsacio-Lourrcuo           (Montpel-\n  Cliarpenticr)                                           lier)                                       407\nZuL v (Emile) Au bonheur des Dames                      Les tablettes de Pierrot      (Bruxelles) .   408\n"}, {"page_pdf": 562, "texte": "             GIL BLAS\n                   JOURNAL QUOTIDIEN\n\n 16, BOULEVARD          DES CAPUCINES                16, PARIS.\n                           PUBLIE\n\n  CE Q U I NE MEURT PAS\n                                par\n\nJULES       BARBEY                    d'AUREVILLY.\n    Un numero: 20 centimes. Abonnements: (3 mois): 17 fr.\n                      En vente partout.\n\n\n            En vente chez tous les libraires :\n\n    AUX A M B A S S A D E U R S\n                   par OCTAVE MAUS\n            avec un dessin de CHARLES         HERMANS.\n\n\n\n\n  L E BAISER,      PRIX: l f r . 5 0 c .\n\n\n\n                           NOUVELLES\n                  par MAX WALLER\n             avec un dessin de FERNAND         KHNOPFF\n                  PRIX : l f r . 5 0 c .\n\n    LA J E U N E                       BELGIQUE\n                   tome premier (1re & 2 e année)\n         un beau volume in 8° de 400 pages\n                  PRIX : 4 francs.\n\n     Pour paraître le 1er décembre, la 3 plaquette :\n\nCONTE                                      ROUGE\n              par EMILE V E R H A E R E N ,\n          avec un dessin de THÉO VAN RYSSELBERGHE\nPRIX : 1 fr. 5 0 c — Pour nos abonnés : 1 f r . 2 0 c\n"}, {"page_pdf": 563, "texte": "            A TOUS NOS ABONNÉS,\n   A l'appel de propagande que nous avons fait pendant les\nsix derniers mois, beaucoup de voix ont répondu. Une\ncentaine d'abonnés nous ont été faits ainsi par quelques\namis zélés, et nous tenons à les remercier publiquement de\nleur dévouement à la cause des Lettres belges.\n    M.      GEORGES                DESTRÉE\n                       DE CHARLEROI\nqui seul a atteint le chiffre prescrit d'abonnés est désormais\n                  membre fondateur de la\n         LA JEUNE BELGIQUE\n   Notre revue, dont le succès croît chaque jour, est\ndevenue l'organe du bon combat littéraire en Belgique.\nParfois violente & brutale, elle ne cesse de brandir le\ndrapeau moderne dont elle s'est fait une arme contre les\nroyautés caduques II faut que nos principes se répandent\ndavantage encore, qu'une propagande active s'établisse,\nqu'une ligue se forme. Cette ligue nous en avons arrêté\ndéfinitivement les conditions ; ceux de nos abonnés qui\ndésirent en faire partie sont priés de demander à nos bureaux\nDIX, QUINZE ou VINGT cartes d'abonnement, qui\nleur seront envoyées portant un numéro d'ordre qui nous\nen indiquera le dépositaire. .\n   1° Lorsque DIX cartes seront revenues aux bureaux\nrevêtus de noms d'abonnés nouveaux, le dépositaire recevra\nson abonnement gratis pendant un an.\n   2° Lorsque QUINZE cartes seront revenues, le déposi­\ntaire recevra son abonnement gratis à perpétuité et son nom\nsera inscrit à la liste des membres fondateurs de la Jeune\nBelgique, qui paraîtra à la fin de\" chaque année.\n   3° Lorsque VINGT cartes seront revenues, le dépositaire\nrecevra 1° son abonnement gratis à perpétuité, 2° une carte\nlui donnant accès libre aux fêtes, (conférences, etc.) que nous\ndonnerons dans l'avenir, 3° toutes les publications (plaquet­\ntes, etc.) que publiera la Jeune_ Belgique. Il sera nommé\n de même MEMBRE FONDATEUR.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1883-11-01", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 520."}}