{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "(4e ANNÉE) 1884. P R I X : 60 CENTIMES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE : MÉDAILLONS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 534, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "4e ANNÉE) 1884. P R I X : 60 CENTIMES TOME III, N° I I D U 15 OCTOBRE AU 15 NOVEMBRE,\n\n\n\n\n                                         LA\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE : MÉDAILLONS", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 534, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 184, "fin_caractere_exclue": 1143, "texte": "SOMMAIRE :\n         MÉDAILLONS : M. ARNTZ            .   .   .   . MM. MAURICE SULZBERGER.\n         LA PEUR                                              ALBERT GIRAUD.\n\n         GRETA FRIEDMANN (Suite).             .   . .     .   MAX WALLER.\n         TRISTESSE DE REINE                                   HENRY MÉRIOT.\n         LES TUNNELS DE LA VIE .              .   .   .   .   'FLORENT VURGEY.\n\n          APPARITION                                          GEORGES KHNOPFF.\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE                                MAX WALLER.\n          CHRONIQUE D'ART : Le Salon de Bruxelles             EMILE VERHAEREN.\n          MEMENTO                                             NEMO.\n\n\n\n\n                                BRUXELLES\n               Bureaux       : 80, RUE BOSQUET,                        80\n\n                                  J. FINE\n                        1, PASSAGE DE LA MONNAIE. I\n                                       1884\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Voici notre avant-dernier numéro d'année", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 535, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 1079, "texte": "Voici notre avant-dernier numéro d'année. Dans un\nmois nous entrerons dans la cinquième période de notre\nexistence, toujours plus intransigeants, toujours plus durs à\nune lutte qui ne doit pas finir.\n      Nos amis nous ont bien aidés dans notre tâche et nous\nles en remercions. C'est grâce à leur propagande et à leurs\nefforts que nous pourrons, en commençant notre nouvelle\nannée, leur offrir un NUMÉRO TRIPLE orné comme l'an\npassé, d'un FRONTISPICE dont l'exécution est confiée cette\nfois à l'un des plus artistes illustrateurs parisiens, M. JEAN\nBEAUDÏJIN.\n      Nous prions les personnes qui nous ont fait au moins\nquinze abonnements de vouloir bien nous le faire savoir par\ncarte-correspondance afin que nous établissions exactement\nla liste de nos membres fondateurs. Ceux-ci sont nombreux,\nils se sont donné de la peine pour nous soutenir dans notre\nbataille contre les officiels et contre les vieux gâteux de la\nlittérature. Qu'ils reçoivent notre poignée de main. Bataillons\nencore et toujours, enhardis par la fière devise à laquelle\nnous n'avons point failli ;\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 489, "page_fin": 491, "titre_corps": "M. Arntz", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Médaillons", "signature_source": "Maurice Sulzberger", "ancre_debut": "MÉDAILLONS", "ancre_fin": "MAURICE SULZBERGF R", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 536, "page_imprimee": 489, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1723, "texte": "MÉDAILLONS\n\n                               M. ARNTZ\n\n\n\n\n           HOURRAH, le maître est mort! « chante toute la classe dans\n              un roman d'Alphonse Karr. Oraison funèbre des profes-\n              seurs. C'est peut-être celle qu'ont dite sur lui les infortunés\nqui bloquent leur candidature et leur doctorat. Mais nous, les anciens\n(déjà!) le savions à peine parti, ce terrible rabroueur de récipiendaires,\nque, bon gré mal gré, un attendrissement nous pénétra, au souvenir\nsoudain évoqué des matinées passées sous sa schlague.\n    Mâchonnant un cigare, fredonnant entre les dents une controverse\njuridique ou un air d'opéra, ce qui faisait retourner les gens sur lui, il\ndescendait tous les matins vers l'Université. Aux coins des rues, se\nrappelant qu'il voulait rester vert en dépit de ses soixante-dix ans, il\n redressait brusquement sa taille colossale, et pendant cinq minutes, les\n bras roidis derrière le dos, marchait plus droit qu'un I.\n    Comme les étudiants prenaient place le long des bancs, M. Arntz\n entrait de son pas pesant, sa professorale redingote noire lui battant les\n jambes. Ayant accroché à la patère son chapeau haut-de-forme, il\n s'installait au pupitre. Dans le brouhaha des conversations qui s'ache­\n vaient, il déposait à portée de sa main sa tabatière d'argent dont\n  le couvercle brillait au milieu de ses paperasses, jaunies et déchiquetées\n  par un usage de quelque vingt ans; il fouillait, choisissant les feuilles\n  dont il allait se servir; un silence se faisait, le «père Arntz» Commençait\n  sa leçon.\n     Se détachant sur le tableau noir, son crâne congestionné, cerclé\n                                                                          35\n"}, {"page_pdf": 537, "page_imprimee": 490, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2829, "texte": "                                 — 490 —\n\n vers le bas d'une soyeuse rangée de boucles blanches, luisait. De tout\n petits yeux roulaient sous la broussaille grisonnante des sourcils.\n L e s joues, hautes en couleur, avec des verrues dans leurs rides, étaient\n rasées de frais; largement fendues par les lèvres, que tirait par moments\n un tic nerveux, elles retombaient un peu sur le cou, un cou d'athlète,\n se mouvant à l'aise dans une cravate blanche.\n    Courbés sur nos cahiers, nous écoutions. Au hasard de son savoir\nencyclopédique surgissaient les exégèses, les paradoxes, les anecdotes,\nles dissertations. C'étaient le Droit public, le Droit des gens, le\nCode civil. Il les découpait en exemples familiers, tableaux qui se\nclouaient dans les mémoires; il portait sur la Loi, comme le coup de\nlumière d'un flambeau, son enthousiaste imagination, sa logique sans\nmitaines, lançant, quand il pouvait, un jet d'ironie sur le jurisconsulte\nNapoléon, fouaillant, manches retroussées, les erreurs de Troplong ou\nd e Bigot-Préameneu. Terne et prolixe à la barre, il avait l'âme du\nprofesseur. Sa face rouge, où il y avait du patriarche et du pandour,\ns'animait; et au milieu de ses discours retentissants s'étalaient, ainsi\nq u ' u n drapeau, les magnifiques affirmations de la dignité humaine et de\nla liberté. Liberté pour tous, respect de la Constitution : tels étaient les\nprincipes de ce vétéran révolutionnaire qui avait fait le coup de feu en\n1830. Il fallait l'entendre flétrir le droit de la force, et, roulant sa voix\nsonore par dessus les têtes, nous crier en sou langage natal, tandis qu'il\nbrandissait son poing énorme : » Vas Faustrecht ! «\n   Mais sa note préférée était la plaisanterie. D e ce cerveau où s'empi­\nlaient toutes les dates et tous les faits, jaillissait, comme chez les doc­\nteurs de la Renaissance, une verve paysanne et lourde. Écarquillant\nune grimace à la Daumier, ses petits yeux disparaissant dans les plis de\nses joues, il racontait une histoire graveleuse, avec des mots empruntés\nau flamand, et à cet a m u s a n t patois populacier, le marollien. Ou bien,\ndans sa superbe, rogue comme un traîneur de sabre, donnant au rictus\nde sa bouche toute la dédaigneuse pitié qu'il avait pour l'ignorance, où\nqu'elle se trouvât, il lâchait, tapant sur son pupitre, des phrases comme\ncelle-ci : «J'ai vu de ces gaillards dans les assemblées législatives     »\n   Chaque année, les cours terminés, commençaient les e x a m e n s . Doyen\n des professeurs, il présidait alors les jurys, gouvernait ce monde d'étu­\n diants, le gouvernait à la prussienne, mettant, comme nous disions, les\npoings sur les i. Dans toutes les chambrettes se dressait, semblable à\nla S t a t u e de pierre, le fantôme de ce grand vieillard promulguant, ses\nmains dominatrices plantées sur le tapis vert, des instructions draco-\n"}, {"page_pdf": 538, "page_imprimee": 491, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2603, "texte": "                                 — 491 —\n\nniennes. On entendait à l'avance ces b r u s q u e s coups de paumes qui\nrépandaient le classique verre d'eau sur la table, ces réparties qui\nfaisaient, au milieu d'une réponse, s u r s a u t e r les candidats, comme le\njour où demandant le traité de la Barrière à un récipiendaire qui,\néperdu, s'obstinait, malgré les insistances du professeur, à réciter le\ntraité de Westpbalie, il s'était enfin levé, et lui enfonçant son regard\nentre les deux sourcils, avait dit, très froidement, détachant ses\nsyllabes : » Môssieu, je — me — f... du traité de Westphalie ! »\n   E r r a n t s par groupes dans le couloir, pâlots, et d'un geste à la\nMacbeth tortillant fiévreusement leurs doigts, les étudiants ne parlaient\nque de M. Arntz. On cherchait le joint de ce caractère encuirassé.\nDe temps à autre une phrase rassurait : » Un peu brusque, mais la\nmeilleure pâte d'homme » disait un fort-en-thème au courant de ses\nhabitudes : M. Arntz, et sa femme, une vieille allemande aux allures\nbourgeoises d'une mère de famille, vivaient une vie patriarcale ; leur jeune\nnièce mettait une gaîté douce dans le calme germanique de leur maison\nde la Place de l'Industrie ; le soir, sous la lampe, auprès d'un broc de\nvin blanc de la Moselle, des savants, des professeurs, venaient causer\nautour de la table toujours ouverte...\n  L a sonnette de la délibération tintait. E t de rechef l'on tremblait la\npeur quand, après avoir proclamé un candidat en droit « avec la\nplus grande distinction, « M. Arntz, le diplôme remis au lauréat triom­\nphant, — tout-à-coup, en manière de félicitation, éclatait : » Vous\nne vous imaginez p a s , je pense, que cela va continuer de la sorte!»\n   Depuis quelques mois, le front creusé, les yeux bouffis, quelque chose\nde lui s'en allait. On jetait bas une aile de l'Université ; les Etats-géné­\nraux y avaient siègé jadis, ainsi qu'il aimait à le rappeler ; il y donnait\nses leçons depuis quarante a n s . En même temps sa verve devenait plus\nacre, sa parole moins vivante. Finies, les digressions : le texte, sans\nplus. Sous son crâne trop lourd battait l'inquiétude de ne pas atteindre\nle bout de Tannée académique. L e s vacances, sonnèrent enfin leur coup\nde cloche. L e professeur tomba, d'un bloc.\n  Il avait, ce magistral juriste, débarqué à Bruxelles sans autre bagage\nqu'un Digeste sous le bras, façonné la Faculté. L'empreinte de ses\nmains était s u r elle.\n  L e Conseil universitaire s'occupe de lui chercher un successeur, et\ndélibère.\n   L e maître est mort...\n                                                MAURICE    SULZBERGF.R"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 492, "page_fin": 498, "titre_corps": "La Peur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "LA PEUR", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 539, "page_imprimee": 492, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1175, "texte": "LA PEUR\n                               I\n                     GARE NOCTURNE\n\n                                          à Georges Khnopff\n\n          A gare est nostalgique avec ses beaux pavois,\n           Ses fanaux de couleur aux clartés solennelles,\n           Pareils, dans la nuit vaste, à de fixes prunelles\nEpiant le profil sinistre des convois.\n\n\nDans la banalité de la foule je vois\nPasser rapidement des âmes fraternelles ;\nMais le brusque rideau des ombres éternelles\nMe ravit à jamais leur visage et leur voix.\n\n\nUn spleen surgit alors des choses suggestives,\nEt du tragique appel que les locomotives\nJettent comme un adieu vers les pays quittés.\n\n\nEt je traduis en moi les signaux que l'on sonne\nPar ces mots sans espoir lentement répétés :\nPersonne ne m'attend et je n'attends personne!\n\n\n\n\n                               II\n                 LA PEUR DU VOYAGE\n\n                                                 à Eddy Levis\n\n          OUS le pont suspendu qui coupe en deux le soir,\n           A travers le fracas, les feux et les fumées,\n           Je regarde passer, les vitres allumées,\nUn train vertigineux, comme un vaste éclair noir.\n"}, {"page_pdf": 540, "page_imprimee": 493, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1316, "texte": "                             — 493 —\n\nDe tunnel en tunnel de grands fanaux simulent,\nD a n s la rapidité de leurs scintillements,\nU n jet éparpillé de roses diamants\nD'émeraudes en flamme et de rubis qui brûlent.\n\n\n\nS o u s leur clarté bougeante obscurément reluit\nL e sinistre réseau des rails dans les ténèbres,\nPareils à des chemins rigides et funèbres\nVers les gueules de l'ombre et l'horreur de la nuit.\n\n\n\nL e ciel est orageux et l'atmosphère lourde ;\nL e télégraphe pleure et tourmente ses fils ;\nE t les convois ont pris d'inquiétants profils\nŒillés lugubrement d'une lanterne sourde.\n\n\n\nIl monte jusqu'à moi d'âcres exhalaisons\nD e houille, de goudron, de bitume et de soufre\nQui suggèrent en foule à mon esprit qui souffre\nDe lucides climats et de fiers horizons.\n\n\n\nL a distance et l'espace ont d'étranges m u s i q u e s ,\nGrêles comme un soupir du vent dans les roseaux,\nVibrantes comme un vol de nocturnes oiseaux,\nDouces comme la voix lointaine des phthisiques.\n\n\n\nCes fanaux, ces relents, ce décor solennel,\nL e sifflement aigu de ces locomotives,\nCet immense horizon, ces musiques ; laintives\nChantent la volupté du voyage éternel.\n\n\n\nC'est là-bas que j'irai, ô mon âme blessée!\nDécouvrir un pays d'où je suis exilé ;\nE t ce vague désir, comme un cristal fêlé,\nEnigmatiquement tinte dans ma pensée.\n"}, {"page_pdf": 541, "page_imprimee": 494, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1308, "texte": "                           — 494 —\n\nComme le souvenu d'un monde antérieur,\nJe subis le pouvoir de ces noms nostalgiques\nDont l'euphonie emplit de visions magiques\nLe songe lumineux de l'œil intérieur.\n\n\nO mes fleurs d'Allemagne, Heidelberg et Coblence !\nO mon rêve d'étude et de sérénité !\nNe m'attendez-vous pas, dans l'or des soirs d'été,\nQuand l'odeur des tilleuls parfume le silence ?\n\n\nIl existe en Norwège un beau golfe gelé\nOù le soleil d'hiver rit sur la neige rose,\nPareil au pur reflet d'une invisible rose\nSur la froide clarté d'un lys inviolé.\n\n\nJe devine en Ecosse un lac plein de mystère,\nQui renverse la nuit dans des flots étoilés,\nOù semblent s'échanger de longs regards voilés\nEntre les yeux du ciel et les yeux de la terre.\n\n\nEt je sais à Stratford des bois shakespeariens,\nOù les cygnes pensifs, sur les eaux taciturnes,\nS'imaginent revoir dans les blancheurs nocturnes\nLe fantôme appâli des cygnes anciens.\n\n\nM'évader! M'enivrer du vent, de la distance !\n— Vertige de la mer, du gaz, de la vapeur ! —\nOh ! ce désir m'obsède, et cependant j'ai peur\nD'abandonner enfin cette morne existence.\n\n\nJe suis sourd aux appels qui m'assiègent en chœur ;\nJe ne secoûrai pas la triste accoutumance :\nJ'ai peur de l'horizon, de l'étendue immense,\nCar le monde est trop grand pour contenir mon cœur !\n"}, {"page_pdf": 542, "page_imprimee": 495, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "                            — 495 —\n\nJe sais que par delà les heures révolues,\nNotre image s'éteint dans les yeux résignés;\nQ u e le nom fugitif des pâles éloignés\nNe vibre pas longtemps sur les lèvres élues ;\n\n\n\nQue les d o u x souvenirs du fantôme aboli,\nA travers le parfum des alcoves h e u r e u s e s ,\nComme un effeuillement de roses douloureuses,\nS'éparsèment au vent dans la paix de l'oubli.\n\n\n\nMourir d a n s les esprits, et se survivre encore!\nAutour des êtres chers pareils à des tombeaux\nVeiller funèbrement ainsi que des flambeaux,\nE t pleurer dans le deuil de la nuit sans aurore !\n\n\n\nExpirer s u r l'amour comme sur une croix\nQui ne se souvient plus qu'elle porte u n m a r t y r e ,\nExpirer dans un mot glacial, dans un rire,\nD a n s ce qui meurt de nous le plus tôt, dans la voix !\n\n\n\nO voix ! Bouvreuil blessé qui chante au fond des âmes !\nO voix! T i m b r e magique où rêve un infini!\nO voix! Suprême appel laissé par le banni!\nVous vous taisez trop tôt dans l'oreille des femmes !\n\n\n\nO voix! Murmure étrange et doux du gouffre humain!\nGrève obscure de l'être, où des syllabes vagues\nMontent lugubrement avec le bruit des vagues,\nSi je quitte ces lieux, vous vous taisez demain!\n\n\n\nAbsence, nuit soudaine! Absence, mort vivante !\nMéduse de l'espace aux cheveux effrayants !\nJe ne puis soutenir tes longs regards béants\nSans que ma faible chair ne hurle d'épouvante!\n"}, {"page_pdf": 543, "page_imprimee": 496, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "                       — 496 —\n\n                          III\n                       L'ORGUE\n\n         UAND le soleil déchu, comme un aigle blessé,\n          Eclabousse de sang la nuit qui vient de naître,\n          Le corps endolori, j'entr'ouvre ma fenêtre,\nEt mon rêve s'éperd dans le ciel effacé.\n\n\nLe crépuscule parle à mon rêve insensé\nDes amours éternels qu'il ne doit pas connaître;\nLa fébrile douceur de l'ombre me pénètre,\nEt j'écoute gémir un vieil orgue lassé.\n\n\nO musique navrée, obsédante, équivoque!\nTon obstination douloureuse m'évoque\nLe lointain désespoir d'un cœur contemplatif.\n\n\nJe ne t'entends jamais, par un soir d'apathie,\nSans revoir longuement dans mon esprit plaintif,\nLes grands yeux suppliants des chiens que l'on châtie.\n\n\n\n\n                           IV\n       A UNE FEMME DE QUARANTE ANS\n\n         ANS tes grands yeux, emplis de chaude obscurité,\n          Où luisent vaguement les secrets de la vie,\n          J'ai puisé pour toujours la chimérique envie\nD'un suprême plaisir que je n'ai point goûté.\n\n\nL'arôme capiteux de ta maturité\nEnivre puissamment ma chair inassouvie,\nEt du fond du passé mon âme est poursuivie\nPar l'éternel regret de ta virginité.\n"}, {"page_pdf": 544, "page_imprimee": 497, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "                        — 497 —\nJ'ai souvent jalousé, par les soirs pacifiques,\nLes vaisseaux attirants, lassés et magnifiques\nDont l'orgueil du retour solennisait les mâts,\n\nEt qui semblaient traîner derrière leurs antennes\nUne émanation des ciels et des climats\nQu'ils avaient respirés dans leurs courses lointaines..\n\n\n\n\n                            V\n                   DIMANCHE SOIR\n         LA campagne est muette, et l'horizon s'endort.\n          Les rêves du passé tournent dans la lumière.\n          Le soleil agonise, et comme une poussière,\nDisperse au fond du ciel sa pensive âme d'or.\nLes rêves du passé tournent dans la lumière.\nLa campagne est muette et l'horizon s'endort.\n\nLoin, très loin, tout là-bas, dans la paix du dimanche,\nComme un cœur solitaire effrayé par la nuit\nEt prêt à se briser d'amertume et d'ennui,\nLentement, lentement un vieil orgue s'épanche,\nComme un cœur solitaire effrayé par la nuit,\nLoin, très loin, tout là-bas, dans la paix du dimanche.\n\nO cruelle douceur des baisers défendus !\nO douce cruauté des lèvres qui dédaignent !\nJe vous entends vibrer dans ces rhythmes qui saignent !\nVous êtes un rappel des paradis perdus,\nO douce cruauté des lèvres qui dédaignent !\nO cruelle douceur des baisers défendus !\n\nOn dirait une voix pleurant la mort de l'heure\nUn soir pareil luira pour vous, ô mon amour !\nOù la morne distance et la chute du jour\nVous parleront de moi dans un orgue qui pleure !\nUn soir pareil luira pour vous, ô mon amour !\nOn dirait une voix pleurant la mort de l'heure !\n"}, {"page_pdf": 545, "page_imprimee": 498, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "                         -498      -\n\n\n                             VI\n\n                       A UNE AME\n\n          AR ces rhythmes plaintifs tu n'es point blasphémée ;\n           Ne lève pas vers moi ces regards douloureux :\n           Rien de toi n'a saigné dans ces vers amoureux,\n Ame pleine de lys ! O seule Ame ! Ame aimée !\n\n\nLis-les sans te faner, Ame pleine de roses !\nJe n'ai jamais douté de ton cœur solennel :\nTu planes au-dessus de l'univers charnel,\nEt de l'aurore en fleur des belles gorges roses.\n\n\nPareil à ces bateaux qui portent sur leurs voiles\nL'emblème vespéral de la Reine des mers,\nJ'ai hissé ton image au sommet de mes vers,\nPour braver la tempête, Ame pleine d'étoiles !\n\n\nMes désirs allumés et mes extases vierges,\nA travers la vapeur violette des soirs,\nBrûlent vers tes autels comme des encensoirs,\nAme pleine de chants, de vitraux et de cierges !\n\n\nEt par delà le temps, Esprit doux et farouche!\nPar delà l'heure vaine et le monde oublieux,\nDût l'éternelle nuit s'enfoncer dans mes yeux,\nLe silence éternel s'enfoncer dans ma bouche,\n\n\nJ'en jure par ta gloire et tes eucharisties :\nRien ne pourrait en moi tuer ton souvenir,\nEt j'irais de nouveau t'aimer dans l'avenir,\nAme pleine de ciel, de palmes et d'hosties !\n\n                                          ALBERT GIRAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 499, "page_fin": 507, "titre_corps": "Greta Friedmann (fragments, suite)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "GRETA FRIEDMANN", "ancre_fin": "MAX WALLER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "TRISTESSE DE REINE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 546, "page_imprimee": 499, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2224, "texte": "GRETA               FRIEDMANN\n                             (FRAGMENTS)\n\n                         CHAPITRE              III\n                                      I\n\n           LE mariage s'était fait sans bruit. Seuls dans le secret de\n            l'incident de Bonn, les quatre fidèles Kéradec, Carol, Beckx,\n            et Chastel rappelé de voyage par Ferrias, servirent de\n témoins.\n   Le lendemain seulement de la cérémonie, on apprit la mort du profes­\n seur Hans Friedmann, mort attribuée par ses confrères de la Faculté de\n Médecine à la rupture d'un anévrisme.\n   La douleur de Greta, qui apprit la nouvelle trop tard pour aller ense­\nvelir son père, fut très calme. Par un égoïsme qui eût pu paraître\nmonstrueux à qui n'eût connu la froideur qui avait existé entre le\nprofesseur et sa fille, jointe au délaissement dans lequel Hans Fried­\nmann avait élevé Greta, elle n'eut pas le remords de cette perte. Le\nprofesseur lui avait appris à lire dans Curtius et Mommsen, à penser\ndans Kant et Hegel. Il était tombé victime d'une faute commise par elle,\nmais ne l'avait-il pas préparée, cette faute, par sa constante indiffé­\nrence ? N'avait-il pas oublié que la femme a besoin, pour se soutenir,\nde la femme, et que les mains d'un vieillard sont inaptes à pétrir l'ima­\ngination délicate et le cœur d'une jeune fille ? Elle était responsable de\nla mort du vieillard, celui-ci était responsable de la chute de Greta, et\ndoucement tranquillisée par l'amour de Jacques, sûre désormais de-\nl'avenir, l'enfant pleura des larmes qui ne la brûlèrent point et furent\ncomme des fleurs pieuses déposées par devoir sur une tombe respectée.\n   La nouveauté de sa vie, d'ailleurs, devait la distraire. Entrée dans\nune maison de garçon avec ses instincts de femme rangée, elle fut\naussitôt prise aux multiples occupations de l'intérieur. Elle vit ce que\nmanquait à la petite demeure coquette : la légéreté papillonnante d'une\nmain de femme, et se livra tout de suite au travail de métamorphose.\nElle classa, arrangea, harmonisa les objets, supprimant les loques, les\nchoses inutiles et laides, laissant intactes, en son intuition qui jamais ne\nla trompa, les choses auxquelles devaient s'attacher une pensée d'art ou\n"}, {"page_pdf": 547, "page_imprimee": 500, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "                                   —500—\nun souvenir. En peu de temps, le » home » conjugal fut organisé ; ce\nn'était plus la garçonnière quasi-abandonnée, mais l'intérieur confor­\ntable et élégant que Ferrias avait rêvé, et si parfois celui-ci d u t replacer\nun cadre, jeter plus négligemment un bibelot sur une étagère, détruire\nla symétrie monotone d'une théorie d'assiettes rares sur un bahut,\nmettre enfin le désordre dans l'ordre rigide, il comprit que sans Greta\nil n'eût su en arriver comme aujourd'hui à aimer son « chez-soi où\ntout était chaleur et tendresse.\n   Décidément accroché p a r ses goûts aux lettres, J a c q u e s écrivit, non\nplus des poèmes ainsi qu'autrefois, lorsque, comme tous, il avait été\npris de la maladie du vers, mais de courtes nouvelles d'abord, un\nroman ensuite. N a t u r e affinée, il tenta de rendre d a n s notre langue un\nidéal harmonique qui l'avait toujours obsédé. Ne se servant que de\nvocables longs, aux consonnances musicales demi-voilées, il voulait\nque sa phrase tînt autant d e la mélodie que du langage, et c'était\nencore, avec ses ambitions descriptives, son vieux regret de ne pouvoir\nmanier tous les arts et son rêve de les condenser tous par l'effort\nde la plume. Peindre par la description et rythmer par l'accord asson-\nnant des syllabes, rendre en même temps les subtilités de la pensée\nhumaine par des récits calmes sans complications, intéressants seule­\nment par la piste suivie pas à pas des nuances psychologiques, tel était\nle but de F e r r i a s . Cette tâche minutieuse et patiente lui convenait d'ail­\nleurs. Aux écrivains d'action il préférait les » étudieurs d ' â m e » , et,\nd'abord passionné pour les » naturalistes » dont il adopta un instant\ncomme évangile les étroites théories, il ne tarda pas à s'apercevoir\ncombien leur méthode est faite de procédés, combien l'assimilation en\nest facile, combien s u r t o u t ils s'attachent au décor dont ils font la\nforce motrice de leurs types humains, par une inconsciente déviation du\nsens de la vie.\n   Il était retourné aux oeuvres de fiction où l'artiste constamment se\nmontre avec ses passions, ses partis-pris, ses sublimes erreurs et sur­\ntout sa vision agrandissante des réalités. Il lut et relut surtout Barbey\nd'Aurevilly, aimant la folie, l'invraisemblance de ses romans, sous les­\nquels il déméla une vérité intérieure bien plus grandiose que chez les\nautres, parce qu'elle se fait jour à travers la partie la plus immatérielle\net la plus fugace de l'homme. Pendant longtemps il eut aussi l'obses­\nsion de Baudelaire, ce maladif semblant marcher dans un perpétuel\ncauchemar qui lui donne une seconde vue, et qui, noyé dans des paradis\nartificiels, voyait dans les obscurités et les mystères.\n"}, {"page_pdf": 548, "page_imprimee": 501, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2782, "texte": "                                - 501 —\n\n  Ferrias aussi voulait faire une œuvre, un livre, il ne savait quand,\nun jour, dans longtemps, n'importe ! mais un livre où il se fût mis tout\nentier, âme et sang, où il eût discerné les bizarreries fantasques de son\nêtre, où il eût créé une figure immortelle qui n'eût été que lui-même\nmais pour lui-même seul — à l'insu du monde.\n   Ne croyant pas à son génie, tout au plus à un talent ordinaire doublé\nd'énergique volonté, il se fortifiait pourtant dans cette espérance fragile\nqu'après lui — qui sait ? — il laisserait une page, une seule, survivante\ndans le t e m p s .\n   Qui dira la souffrance de ces hommes qui, inconnus ou méprisés de\nceux qui les entourent, se crucifient à leur plume, montés au calvaire\nde l'art, et voient saigner leur plaie à chaque instant rouverte par une\nlame glacée d'indifférence et de gouaillerie. L e tourment du chef-'\nd'oeuvre est le pire des tourments ; il est fait d'une incertitude meur­\ntrissante que rien ne pourra calmer, et l'artiste descend dans la terre,\nparfois acclamé, rarement compris comme il eût voulu l'être, comme\nil avait le droit moral de l'être, avec cette angoisse qu'il emporte avec\nlui peut-être, au gouffre sans fond de la mort, l'œuvre qu'en la discré­\ntion de lui-même il avait espérée immortelle. L e moindre et le plus\nmodeste a plus d'orgueil qu'un empereur des mondes et Ferrias dans\n un moment d'enthousiaste l'avait un jour dit, le front h a u t : » Non, je\n ne suis pas modeste, je ne veux pas ; il n'y a que les sots conscients\n de leur sottise qui le soient ; j ' a i l'orgueil immense de mon esprit, je\n m'admire, oui, » et il rappelait le mot superbe de Préault : « L'artiste,\n c'est celui qui voit plus loin et plus haut que les autres. Voyez-vous\n cette étoile ? » dit-il au vulgaire, » non ? E h bien MOI, je la vois ! »\n   Greta comprit cette ambition immodérée de son mari, et certes elle\neût craint d'être abandonnée un jour au profit de l'art, si elle n'eût aussi\ncompris que ce tourment du chef-d'œuvre est précisément ce qui fait\nl'homme plus sensible. Aux heures de spleen, lorsqu'il doute et se\ndécourage, c'est dans la tendresse qu'il se réfugie ; son amour alors est\nsi intense, il se réveille si vivacement d'une somnolence qui n'est jamais\nl'oubli, — l'artiste n'oublie p a s , — ses caresses ont un élan tel, que c'est\npour la femme aimée une volupté infinie de délicatesses et de douceurs.\nCar il aime mieux que les autres, il comprend mieux la femme parce\nqu'il tient d'elle ; sa n a t u r e rendue subtile par l'art, s'harmonise à la\nnature féminine subtile originellement. L e besoin d'aimer s'unit au\nbesoin de créer, et c'est du repos intérieur de la vie que sortent les\n œuvres durables, sinon par leur grandeur, au moins par leur sérénité.\n"}, {"page_pdf": 549, "page_imprimee": 502, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "                                  — 502 —\n\nIl y a deux sortes de productions : celles écloses dans le calme et qui\ndélassent, et celles qui ont germé, fleurs maladives, dans les soubre­\nsauts de vies désordonnées; ces dernières ont un charme malsain, elles\nsont le produit d'une époque de décadence apparente mais demeurant\nsuperbes, car elles incarnent les névroses les plus aiguës et, par suite,\nles plus réceptives; mais elles ne conviennent qu'aux esprits atteints du\nmême mal, et le moment arrive où l'on demande à se reposer dans une\npaix artistique que fatalement amènera l'époque suivante. Ainsi, après\navoir vu Rops, on goûte mieux les Primitifs, de même après Baudelaire\non apaise son cœur sur les moins savantes harmonies de L a m a r t i n e .\n   Telles étaient les idées littéraires de Jacques Ferrias, et il était tout\nnaturel qu'il cherchât une formule simple, de cette simplicité voulue\nqui est le comble de la complication en ce qu'elle est occulte et ne tra­\nhit pas le labeur qu'elle a exigé.\n\n\n                                       II\n\n  Ferrias se mit à l'ouvrage avec d'autant plus d'acharnement que son\nancien entourage s'était séparé de lui, A son retour, il avait reçu de\nPierre Marius une lettre, datée de La Trappe, dans laquelle celui-ci lui\nannonçait son entrée au couvent. Jacques ne fut point étonné de la\nnouvelle. Il connaissait assez son ancien compagnon pour comprendre\nsa brusque décision, précipitée encore par l'absence de F e r r i a s .\n   — Cela devait être, dit celui-ci à Greta. Marius n'était pas fait pour\nnotre vie, et si le cloître ne lui interdit pas la peinture, je parie qu'il est\nheureux. Dieu et l'art, non, l'art et Dieu, c'était sa double tendresse.\n    Jacques vit en pensée son ami vêtu de la robe de bure, le capuchon\nrelevé, peignant des fresques a u x murs blancs d'une chapelle; il se le\nreprésentait debout sur un échafaudage, dans l'ombre des colonnes,\ndessinant des vierges et des séraphins suspendus en théories ployées sur\ndes .nuages, dans la contemplation du ciel ; il l'invoquait perdu par les\nh a u t e u r s , tournant parfois la tête vers le tabernacle entouré de cierges,\nou fixant les yeux sur la lampe toujours allumée qui, dans les églises,\nest comme un balancier mystérieux arrêté à l'heure de la mort divine.\n  — Oui, il doit être heureux, bien heureux !\n  E t le cœur de l'ami allait vers l'ami qu'il savait plongé dans la jouis­\nsance profonde d'une double et perpétuelle adoration.\n  Chastel, lui, toujours fantaisiste et toujours jeune, était, le lendemain\ndu mariage, reparti pour le Rhin en destination de sa dernière étape,\n"}, {"page_pdf": 550, "page_imprimee": 503, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2387, "texte": "                                — 503 —\n\npris à cette idée fixe de remonter le fleuve jusqu'au Mont-Blanc. L u i\nqui s'était moqué tant des Guillaume-Tell en bois, des chromolithogra­\nphies naturelles et des glaciers en sucre, allait là bas sans s'en douter\nsaisi par la fatalité suisse à laquelle on n'échappe p a s .\n   L'intimité ne fut donc pas troublée et Ferrias ne le regrettait point.\n11 était bien agrippé par son livre à venir et dans l'enfantement de son\nœuvre, s'aperçut à peine de la désertion de ses anciens camarades.\n   L a tendresse, toujours égale et forte de Greta complétait sa vie et il\neut pour la première lois la conscience d'avoir réalisé ses rêves et d'être\nheureux.\n   L e bonheur est fugitif— c'est un lieu commun de le dire — et pour­\ntant on n'est pas j u s t e envers lui. Une heure, une minute de joie\ndédommage d'un mois de douleur, et la douleur elle-même est rarement\naussi cuisante qu'on se la figure. L'homme est tenté de grandir sa\npeine à un idéal de peine qu'il s'est organisé ; d'une tristesse il fait un\ndésespoir et d'une larme un sanglot. L e stoïcisme et la résignation sont\ndevenus si rares que souvent on se croirait au milieu d'une foule de\ndésolés passant dans la vie comme des martyrs.\n   Ferrias avait trop vu et trop vécu, trop scruté sa conscience pour ne\npas s'apercevoir que chacun de ses v œ u x de jeunesse s'était réalisé, et\nla conviction de son bonheur aidait à rendre celui-ci plus inaltérable\nencore.\n   Jamais il ne parlait de Bonn à Greta ; lorsque la préoccupation de\nson livre ne tenait pas trop Jacques, il avait avec elle de longues\ndiscussions enjouées dans lesquelles il se livrait à elle comme elle à\nlui, achevant tous deux de connaître le fond d'eux-mêmes, se découvrant\nd'heure en heure, unis chaque minute davantage.\n   Lorsqu'elle était seule, la jeune femme restait certains jours pensive ;\nelle songeait à l'orage qui l'avait soudainement jetée dans sa nouvelle\nvie; ce n'était qu'un rappel sans regret et comme une évocation tran­\nquillisante qui lui faisait mieux goûter la douceur du présent.\n\n\n                                    III\n  — Entrez.\n  — Ce n'est personne! C'est moi, bonjour.\n  — Marins! toi, mon brave, mon vieux! Du diable si je m'attendais à\ncette surprise, assieds-toi là bien vite, campe-là ton manteau, comment\nvas-tu? asssieds-toi donc, il y a une éternité... j'ai appris que tu étais\n"}, {"page_pdf": 551, "page_imprimee": 504, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2328, "texte": "                                  — 504 —\n\nentré d a n s les ordres, comme un sacré caloltin que tu as toujours été;\noh ! je m'y attendais, va !\n  L e s traits du moine s'étaient amaigris ; avec sa longue barbe noire et\nsa face anguleuse il ressemblait à quelque farouche inquisiteur, n'étaient\nses yeux calmes qui semblent s'être reposés toute une vie sur coin\ndu ciel.\n  — Alors tu es heureux ?\n  — Oui, Jacques, tu sais, nous sommes un peu des soldats, nous\nautres, et pour moi, j ' a i m e ma garnison.\n  — T a n t mieux, tant mieux... Tiens, ça me fait un drôle d'effet de te\nvoir dans ce costume, il y a longtemps, au fait...\n  — Oui, sept mois que je le porte, mon cher, et il n'est pas trop lourd.\n  — Je me souviens, tu étais déjà pieux au collège, même je t'embêtais\nrudement en te parlant de femmes, te rappelles-tu ?\n  — Si je me rappelle ! F a r c e u r ! Ce n'est pas toi, en effet, qui aurais\nabusé de la m e s s e ; tu avais des romans reliés comme des paroissiens\nromains; le brave surveillant te croyait en prière !.. Enfin !.. T u esmarié !\n   — Oui j ' a i épousé une Allemande,\n   — E t cela va bien?\n   — Très bien, oui, Greta est très aimante et très aimée, mais depuis\nquelques jours elle m'inquiète un p e u ; à certains moments elle est\ntoute pensive, à croire qu'elle regrette quelque chose... ou quelqu'un.\n   — Ah ! est-elle un peu moins mécréante que toi, scélérat?\n   — O h ! non! tu sais, je n'aime pas l'église; elle n'y tient pas non plus;\ncela s'arrange à merveille.\n   L e prêtre poussa un soupir.\n   — Cela te fait de la peine, mon bon Pierre ; ce n'est pas ma faute, si\nsi je ne crois p l u s .\n   — T u as donc cru?\n   — Comme tout le monde, puis c'est filé tout à coup, à partir du\njour où, m'étant occupé d'art, j ' a i vu. Un matin, je me souvins, j'étais\nà Sainte-Gudule; un prêtre disait la m e s s e ; ie croirais-tu, en une\nminute, j ' a i tout renié parce que sa chasuble était de travers ! Il m'a\nsemblé que les vitraux avec leurs grands guerriers gothiques s'en­\nflammaient de colère ; puis le prêtre s'est tourné avec impatience vers\nl'enfant d e chœur qui ne lui apportait pas assez vite les b u r e t t e s ; j'ai\ncru voir un comédien manquant sa réplique par la faute du souffleur, et\npour ce rien, je suis parti furieux contre cet homme qui me volait mes\nderniers respects.\n"}, {"page_pdf": 552, "page_imprimee": 505, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "                                — 505      -\n\n   — C'est puéril.\n   — Eh non ! le décor, mon cher, le décor! Une belle messe, bien dite,\nhiératiquement, au milieu de belles verrières, au son d'une belle musique,\nfera plus de croyants que tous vos catéchismes ! Te souviens-tu du père\nGolen, au collège de Namur? Ce bonhomme-là avait une façon de\nchanter le Pater Noster, qui vous donnait le frisson; je ne l'ai jamais\noublié!\n   — Allons, allons ! je vois bien que tu es demeuré le même. Du paradoxe\nencore et toujours! Et les amis d'autrefois, les vois-tu encore? Beckx ?\n   — A la Royale, tous les soirs. Je ne le vois plus.\n   — Carol?\n    Idem.\n   — Chastel ?\n   — Itou. Va devenir consul.\n   — Kéradec? — A lâché la peinture pour la politique socialiste!\n   — Total zéro, mon pauvre Jacques, nous voilà bien éparpillés dans\nla vie et nous étions fous avec nos beaux projets de dîners et de ban­\nquets d'anniversaire!\n   — Oh! oui les anniversaires, flûte! Des crêpes périodiques! Nous\nnous retrouverons aux enterrements... et encore! on s'y enrhume.\n   — Mauvais cœur !\n   — Pourquoi ? Que me sont-ils, en somme, à présent? Je suis heureux\nlorsque je les revois, car ce n'est pas eux qui me visitent, c'est mon\npassé, et celui-là, je les défie bien de le prendre et de le mettre en terre.\nTiens, voici ma femme. Greta, je te présente un de mes bons amis\nd'autrefois, Marius.\n   — Je suis heureuse de vous serrer les mains, Monsieur, dit Greta\navec un sourire très doux, Jacques m'a souvent parlé de vous comme\nd'un des plus fidèles compagnons qu'il ait eus.\n   — Ce sont nos épouses qui nous ont séparés, madame, j'ai l'Eglise,\nJacques vous a, et si je suis heureux de mon lot, je suis sûr en vous\nvoyant qu'il est bienheureux du sien.\n   — Oh ! oh ! cria Jacques en riant, voilà Marius qui devient » dix-\nhuitième; « je vous salue, Monsieur de Bernis, ajouta-t-il en se pros­\nternant.\n   — Vous dînez avec nous, en famille, n'est-ce pas Monsieur, dit\nGreta.\n   — Je ne résiste pas une minute, madame, cela me réchauffera le cœur.\n   — Tu en as donc besoin, l'abbé ?\n                                                                         36\n"}, {"page_pdf": 553, "page_imprimee": 506, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "                                — 506 —\n\n   — N'en a-t-on pas toujours besoin, fit Mari us d'une voix grave, pour\nnous autres prêtres la vie est plutôt faite de paix et de tranquillité que\nde joie, et l'on se reporte volontiers et sans le vouloir, au temps où elle\nétait plus bruyante, mais aussi moins solitaire.\n  — Oui, ajouta Greta, je crois qu'on regrette toujours quelque chose...\n  — On a tort, madame, le simple souvenir réconforte et le regret\ndécourage.\n   — Est-on maître de son âme ?\n  — Ceci est presque l'aveu d'une peine et je vous dirai alors — comme\navis de prêtre ce ne sera peut-être pas trop prudhomme — que les\ndevoirs doivent être au dessus de ces regrets...\n  — Ta, ta, ta, interrompit Ferrias, nous ne sommes pas ici pour phi­\nlosopher. A table! Gretchen ! Donne-moi la clef de ia cave.\n\n\n\n                                    IV\n\n   Si tu savais, mon brave, comme c'est drôle de te voir ainsi accoutré !\nTiens! je regrette tes longues redingotes d'huissier du bon temps! Te\nrappelles-tu ?\n   Et gaîment revinrent les souvenirs de la vie de jeune homme.\n   — Bah! fit Jacques, on chante toujours qu'on est dégoûté de la vie\nseule, et lorsqu'on est marié, je t'assure qu'on la regrette rudement,\nparfois.\n   — Dis donc, Jacques, tu es aimable, dit Greta en riant.\n   — Enfin ! c'est ainsi ! Ah ! je me souviens ! Quand je faisais le\ndégoûté, que j'avais un air éteint, vidé... Mais, mon cher, une prome­\nnade aux champs m'aurait retapé pour six mois! Vois-tu, nous sommes\ntous trompés par la minute; qu'il nous arrive une fatigue physique,\nvite ! nous nous » montons le coup » et nous figurons que nous serons\ntoujours éreintés ainsi, que nous sommes usés, qu'il n'y a plus rien à\ntirer de l'existence. Excuse-moi, Madame Ferrias, mais les artistes\nsont fous de se marier. Moi, j'ai eu de la chance — et encore, ajouta-\nt-il en embrassant Greta !... L'artiste est un oiseau qui doit être libre,\nqui doit pouvoir vivre d'un croûte, sans se préoccuper d'un nid à\nnourrir, ni d'une oiselle... fixe à caresser!\n   — C'est peut-être vrai pour quelques-uns, dit Marius, mais à d'autres\nil faut la tranquillité, le recueillement....\n"}, {"page_pdf": 554, "page_imprimee": 507, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 682, "texte": "                              — 507 —\n\n  — Mais, sacré animal ! Comment veux-tu qu'on se recueille et qu'on\npense, lorsqu'il faut payer sa servante, vérifier des comptes et se\ndemander constamment si oui ou non on pourra lier les deux bouts !\nCela, parce qu'un beau jour on s'est fichu dans la boule qu'il était\ntemps d'avoir une descendance de petits bonshommes qui vous piaille­\nront aux oreilles pendant que vous cherchez dans les nuages une rime\nd'or ou une étoile !\n  — Eh bien ! et toi ?\n   — Oh moi! dit Jacques d'une voix lente...\n   Et comme le dîner venait finir de, il se leva de table.\n\n    (A continuer.)                                   MAX WALLER.\n\n\n\n\n              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 507, "page_fin": 508, "titre_corps": "Tristesse de reine", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri Mériot", "ancre_debut": "TRISTESSE DE REINE", "ancre_fin": "HENRI MÉRIOT", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 554, "page_imprimee": 507, "debut_caractere": 682, "fin_caractere_exclue": 1398, "texte": "TRISTESSE DE REINE\n\n                                                 A Pierre Loti.\n\n         SOUS les plis somptueux des velours noirs et jaunes,\n          Près des coupes de bronze où meurent de grands lys,\n          La Reine aux beaux yeux pers, aux doigts longs et polis,\nContemple au loin le parc où ricanent les Faunes.\n\n\nEt sur son front royal, dans son cœur sans amour,\nL'Ennui descend, brutal, ouvrant ses ailes noires.\nCependant qu'elle voit, vêtus de blanches moires,\nLes Pages blonds sourire aux dames de sa cour.\n\n\nAlors, pour échapper aux tentations fortes,\nElle ouvre un grand missel, jadis enluminé\nPar quelque moine, obscur et mystique obstiné,\nQui vit sous ses pinceaux, du Ciel ouvrir les portes.\n"}, {"page_pdf": 555, "page_imprimee": 508, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "                                — 508 —\n\nAu milieu des fonds d'or, divin Crucifié,\nJésus étend ses bras maigres, ses mains sanglantes,\nE t les soldats qui jouent les pourpres éclatantes,\nTroupeau barbare et vil, ignorent la pitié !\n\n\nMais les femmes tout bas pleurent; leurs chevelures\nComme des toisons d'or ont inondé leurs seins,\nTandis qu'en plein éther, poursuivant ses desseins,\nDieu prépare au Martyr les revanches futures.\n\n\nL o r s , la Reine a senti pénétrer lentement\nL e parfum consolant des lectures pieuses\nD a n s son â m e ; l'essaim des marquises rieuses\nA fui; le parc est plein d'un doux recueillement.\n\n\nC'est l'heure bienheureuse où, dans la paix profonde\nDes épaisses forêts, les nids vont s'endormir ;\nC'est l'heure des aveux, l'heure où le Souvenir\nMène sous tous les fronts sa gracieuse ronde.\n\n\nL ' h e u r e où les animaux s'en vont sérénadant\nL e u r belle, où l'on entend chanter les mandolines,\nQ u ' à travers ses rideaux de claires mousselines\nE c o u t e une Eve blanche et mièvre à l'œil ardent.\n\n\nMais triomphante enfin des charnelles pensées,\nL a Reine a refermé le livre précieux.\nRésignée, elle sent des pleurs silencieux\nCouler et rafraîchir ses paupières baissées\n\n                                                        HENRI   MÉRIOT."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 509, "page_fin": 512, "titre_corps": "Les Tunnels de la vie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Florent Vureyg", "ancre_debut": "LES TUNNELS DE LA VIE", "ancre_fin": "FLORENT VUREYG", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 556, "page_imprimee": 509, "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2231, "texte": "LES TUNNELS DE LA VIE\n\n                                           I.'individualisme : la liberté substituée à\n                                       l'autorité, la rupture de tous les rangs et de\n                                       toutes les disciplines, l'indépendance de la\n                                       pensée, la foi à la conscience, la souve­\n                                       raineté de l'individu.\n                                                                 A.   VACQUERIE.\n\n         IL   s'est produit depuis plusieurs années en Belgique un\n            mouvement redoutable contre tout ce qui est classique,\n           routine, méthode, préjugé. Ce mouvement s'est manifesté,\ndans le domaine des arts et surtout en littérature.\n   C'est sur un autre terrain que nous voulons aujourd'hui combattre\nce même ennemi orgueilleux et glacial, ce rigide huissier qui, encadré\ndans la chaîne des préjugés à laquelle se cramponne la médaille des\nhommes de lettres brevetés, nous cric à chaque pas, de sa voix de\nclarinette phtisique : » Passez par où vos pères ont passé. »\n   C'est au point de vue de l'éducation que nous voulons signaler la\ntorpeur et la fausse sécurité qu'engendre cet esprit de système et de\ngénéralisation.\n   On a combattu cet ennuque à l'habit brodé parce qu'il voulait étouffer\nles œuvres jeunes et viriles. Il faut qu'on se mette à le combattre\nparce qu'il s'attaque directement à leurs auteurs. C'est l'homme, c'est\nl'individu lui-même qu'il séquestre, qu'il baillonne encore. Si vous\nvoulez des fruits ne négligez pas de protéger l'arbre.\n   Disons tout d'abord par quoi nous remplaçons ce que nous voulons\nrenverser afin que pas une austère perruque ne nous accuse d'ctre de\nla classe des » mécontents »\n   Nous voulons le MOI souverain.-\n   Nous voulons une vie propre à l'individu, en rapport avec ses aspi­\nrations, et non une vie factice, imposée, qui l'atrophie et fait vivre un\nautre en lui.\n   Nous voulons enfin ce que Vacquerie appelle l'avenir : l'individu en\npleine possession de lui même, l'initiative universelle, la faculté de tout\nproposer et de tout choisir, le droit pour tous de circuler dans toutes\nles nouveautés ».\n  Ceci est, assez catégorique.\n"}, {"page_pdf": 557, "page_imprimee": 510, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2669, "texte": "                                   — 510 —\n\n   Notre idéal exposé, voyons comment sont traités aujourd'hui la\ngrande majorité des jeunes gens au moment où ils se font h o m m e s .\n   L e père laisse à son fils le choix de sa » carrière » et a soin de lui\nfaire prendre cette décision à l'âge où il supporte encore le joug de son\nautorité. D e sorte qu'il lui impose sa volonté en paraissant lui laisser\ntoute sa liberté.\n   L'adolescent se développe dans l'admiration des idées et des prin­\ncipes d e son père qu'il regarde comme infaillible. Il lui arrivera môme\nde le remercier de l'avoir si bien guidé d a n s le choix de la carrière pour\nlaquelle il se sent tant de dispositions.\n   Mais voici la période des cataclysmes. L a lumière se fait dans l'es­\nprit d u jeune homme.\n   Il a lu tout ce qu'on lui cachait j u s q u ' a l o r s . Il s'est demandé pour­\nquoi on ne lui avait pas découvert ces grandes idées de liberté et\nd'indépendance qu'il sentait en lui depuis longtemps, mais qu'il refou­\nlait par respect pour cette discipline qui réduit l'éducation à l'imitation.\nIl a compris que son cerveau était dans un étau, il s'est. débattu, il\ns'est révolté, il a jeté loin de lui toutes les idées fausses et rouillées\nqu'on lui avait fourrées dans la tête, il s'est refait une appréciation\nnouvelle, propre et originale de sa vie antérieure, il est devenu son propre\njuge, il a eu conscience d e son individualité, de sa responsabilité, il est\ndevenu L U I .\n   Il a dit à son père » Vous prétendez que je prends une mauvaise\n» voie ? Je ne veux pas rechercher si elle bonne ou mauvaise, mais ce\n» que je sais, c'est ce que c'est la mienne et non la vôtre, dans laquelle\n« vous vouliez me pousser. Je me sens aujourd'hui dans toute ma force\n« morale, irrésistiblement je suis poussé dans cette nouvelle voie. Ce\n« n'est pas à dire que je sois exclusiviste comme vous et que je dise :\n» Ceux qui ne passeront pas par où je passe n'auront pas le salut ! »\n» Vous avez votre tempérament, comme chacun à le sien et comme j ' a i le\n« mien. E t par conséquent, v o u s suivrez votre route et moi la mienne. »\n   L a vie serait un Eden, si chaque fils en venant au monde n'avait\nqu'à recevoir de son père une formule comme on reçoit un coupon à la\ngare, à prendre le train qu'il lui désigne et à se laisser aller sans aucune\ninitiative et selon, les recommandations de la formule. L a vie serait une\nsingerie et l'humanité une armée d'esclaves.\n  Malheureusement pour les natures apathiques, nous n'en sommes\npas à cette douce et suave végétation.\n  Chaque homme pilote lui-même sa propre embarcation. Il se dirige\ncomme il se sent, en rapport avec ses dispositions.\n"}, {"page_pdf": 558, "page_imprimee": 511, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2452, "texte": "                                 —511—\n   Je trouve qu'il est de la dernière prétention de vouloir mieux con­\nnaître son prochain qu'il ne se connaît lui-même et de vouloir se subs­\ntituer entièrement à lui.\n   C'est un meurtre moral.\n   Laissez à chacun le soin de se diriger dans la vie. L'homme se fait\nne prétendez donc pas le façonner comme une statue de plâtre.\n   A bas cet esprit de méthode et de classement, à bas ces formules\net ces principes qui veulent régenter tous les esprits.\n   A tel homme, telle méthode, telle formule, tels principes. A tel autre,\ntels autres.\n   Chacun développe les germes particuliers et originaux que la nature\na mis en lui. Il devient ce qu'il est destiné à devenir. Il vit conformé­\nment à sa nature : ce n'est pas une monstruosité hybride. Ne vous\néchinez donc pas en vain, vous qui croyez de votre devoir de mettre des\nbâtons d a n s toutes les roues et qui considérez comme mal tout ce qui\ndérange un peu votre vie paisible.\n   Comprenez 'donc que, nous aussi, nous serons vieillards à cinquante\nans, mais ne nous forcez pas à l'être à vingt-cinq.\n   Comprenez aussi que le cerveau que renferme votre respectable crâne\nn'est pas semblable à celui de votre voisin, lequel à son tour ne res­\nsemble p a s davantage à celui d e son fils, que cette différence constitue\nvotre individualité, et que c'est anéantir l'esprit humain que de vous\nastreindre, dans votre exclusivisme superbe, à calquer nos idées, nos\nsentiments, nos volontés sur les vôtres que vous avez la prétention de\nnous offrir comme seul et universel modèle.\n   Soyez vous et laissez-nous être nous. P a s d'exclusivisme. Chacun\ndoit pouvoir suivre l'impulsion naturelle de son tempérament. P a s de\nrèglementation, ni d'enregistrement des esprits. L'individualisme subs­\ntitué à cette » recette universelle pour couler ses jours dans la plus\nvertueuse sagesse. »\n   P a s » d'idéal universel de la vie déposé conformément à la loi. » Autant\nd'individus, autant de destinées. Autant d'hommes, autant de vies.\n   P a s de » seul tunnel pour arriver sans danger et rapidement à\nFelicity-Town. »\n   Autant de tempéraments, autant de routes. Que chacun ait la res­\nponsabilité de soi-même, qu'il soit maître de sa conscience et qu'il\ncherche uniquement en lui comment il doit vivre, c'est-à-dire confor­\nmément à quelles dispositions, en rapport avec quel tempérament. Nous\navons conquis la liberté dans nos écrits, il nous la faut dans nos actes,\n"}, {"page_pdf": 559, "page_imprimee": 512, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "                                — 512 —\n\ndans notre vie. A l'œuvre! et sapons ferme cettte vieille barricade\nvermoulue derrière laquelle on nous crie :\n   » Passez par la filière, écoutez nos conseils, suivez notre exemple —\n» tous les pères sont des papes, aujourd'hui — ne vous précipitez pas\n» témérairement, cela ne vous convient pas, profitez de notre expérience\n» — nous aimons mieux profiter de la nôtre — savez-vous où vous allez?\n» — quelle peur de l'avenir, à quelle position cela vous mène-t-il, etc... »\n   Est-ce que vos pères vous auraient édifié votre vie jusqu'à leur mort ;\nque vous voulez nous édifier la nôtre ?\n   Vous avez vécu pour vous; avares! pourquoi voulez-vous revivre\ndans vos fils !\n   Mais nous conquerrons notre indépendance morale, nous prendrons\ncette dernière place, nous briserons tout, nous vivrons de notre vie, et\nquand cette dernière pierre du temple académique aura cédé, nous ne\nverrons plus de talents avorter ou croupir dans des arrières boutiques ;\nils suivront leurs inspirations et se feront jour à travers toutes vos\nattaques.\n   L'homme sera ce qu'il doit être et non ce qu'on l'aura fait.\n                                                   FLORENT VUREYG."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 513, "page_fin": 519, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "MAX WALLER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 560, "page_imprimee": 513, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 2408, "texte": "CHRONIQUE                         LITTÉRAIRE\n\nLa Belle madame le Vassart, par ALAIN BAUQUENNE. Un vol. Paris. OLLENDURFF.\n 3-30.— Lady Fauvette, par MARGUERITE VAN DE WIELE. Un vol. Taris. Charpentier.\n 3-30. — L'Ame Pensive, par M. CHARLES FUSTER. Un vol Paris. Ghio. 3-30. — Le\n Congrès Littéraire. — Le Caveau Verviétois. — A l'Art Moderne.\n\n\n                                      I\n\n         ON a toujours un faible pour l'artiste dont les aspirations se rappro­\n          chent de l'idéal qu'on s'est fait soi-même. Il semble qu'on soit de\n           sa famille et l'on va vers lui comme vers un frère dont on aurait\nété, de toujours, éloigné. Lorsqu'il y a bientôt deux ans, je promenais sur\nles boulevards parisiens ma lourdeur de « belge comme une oie, « je fis,\nen sortant d'une visite à Emile Zola, la connaissance d'André Bertera, en\nlittérature Alain Bauquenne. C'est un beau grand garçon qui n'a rien de\nbohème ni de chatnoiresque, sanglé dans des vêtements anglais d'une\nirréprochable coupe, aux favoris courts, à l'allure britannique et froide\nd'un Phileas Fogg.\n   Je lui fus présenté par Henri Amie, un autre jeune écrivain de talent,\nqui a eu la mauvaise idée de parler des Allemands et de l'Allemagne en\nboulevardier blagueur. La connaissance fut bientôt faite et nous allâmes,\nbras-dessus bras-dessous, causer littérature dans le cordial salon de\nMme Henry Gréville.\n   A mon retour, je relus l'œuvre déjà considérable de Bauquenne et je me\npris à aimer, de tout mon cœur, ce brave écrivain, qui faisait précisément\nce que j'avais rêvé de faire moi-même : du Daudet, mais plus délicat, plus\ntendre, dans une langue plus scintillante et plus moderne. A chaque\nvolume je me mettais à jurer, comme s'il m'avait volé mon livre, ce\ndamné ! et je m'attendrissais en retrouvant dans ce plagiaire d'un nouveau\ngenre, les douceurs et les subtilités que je me sentais impuissant à rendre\ncomme lui.\n   C'était tour à tour l'Amoureuse de maître Wilhelm, un vergiss-mein-nicht\nlittéraire, l'Écayere, Ménages parisiens, la Maréchale, Noces parisiennes et\nenfin cette Belle madame le. Vassart qui nous arrive aujourd'hui comme\nœuvre faite, complète, parfaite, sans hésitation, par un romancier de pre­\nmier ordre destiné à devenir une des tètes de ce mouvement littéraire\nfrançais, si raréfié, si pauvre et si dégénéré.\n   M. Alain Bauquenne est un sensitif. D'une nature exquisement féminine,\n"}, {"page_pdf": 561, "page_imprimee": 514, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "                                  — 514 —\n\nil se laisse aller à l'émotion des sincères. Pas de truc; rien que le dévelop­\npement de la passion, mais une passion lente observée dans ses plus\nsubtiles nuances.\n   Son Daniel combattu entre un devoir de supra-honnête homme et sa folie\npour M mc le Vassart, est une création vibrante et belle. Il souffre, il pleure,\nil sanglotte; la lutte est âpre et désolée, cela est senti, vécu, — tous les\nponcifs que vous voudrez pour ajouter à ce que nous avons éprouvé, en\nlisant ce livre, dont nous disons hautement qu'il est durable et merveil­\nleux.\n                                     *   ■*\n\n\n\n   Le mémento dans lequel nous mettons pèle-mèle les articles tout faits\nque nous envoient les soigneux libraires, les annonces littéraires, les\népluchures enfin de nos copies, aurait suffi pour annoncer la nouvelle\nédition de Lady Fauvette, que nous envoie l'éditeur Charpentier, si nous ne\ntenions à préciser la position que nous avons vis-à-vis de Mlle Van de\nWiele. Cette position n'est pas brillante. Il y a deux ans, l'auteur de Lady\nFauvette qui ne se doutait sans doute pas des proportions que prendrait\nnotre mouvement, écrivait dans la Vie moderne de Paris un article où les\nécrivains belges étaient arrangés on sait comment. On se souvient peut-\nêtre aussi de la réponse un peu roide que nous lui fîmes. C'était la brouille\navant d'avoir eu l'amitié.\n   Nous avons souvent regretté la provocation. Protégée par le visqueux\nPotvin et quelques autres de ces bonshommes qu'on prend à la cuiller ou\naux pincettes, Mlle Van de Wiele a cru pouvoir voler de ses propres ailes\nau lieu de se joindre aux jeunes qui ne demandaient qu'à l'accueillir.\nA-t-elle été effrayée de l'allure batailleuse de notre groupe, ou, prudente\nainsi qu'un académicien, a-t-elle pensé que, comme son maître, la cloche à\nfromage du Musée Wiertz, elle pourrait un jour aussi « conserver «\nquelque chose aux frais du gouvernement, je l'ignore.\n   Par deux fois nous tentâmes d'emmener à nous la jeune fille, dont les\npremiers essais paraissaient dignes d'attention. Un dédaigneux silence\nnous fut opposé et nous nous retirâmes, n'ayant pas avec nous le soldat\nféminin — la cantinière! — que nous avions espéré.\n   Depuis, le temps a marché. Nous qui avons commencé après Mllc Van de\nWiele, marchons au but ; elle est toujours la forte en thème du Roman\nd'un chat. Sa Lady Fauvette, imprimée d'abord chez un éditeur de rencontre,\nM. Levasseur, au milieu du plus parfait des silences, sa Maison flamande,\ndont la première et unique édition, bien que lancée par Charpentier, s'est\ncontentée de jaunir pendant quelques jours la vitrine des libraires, ont\nfait le plus beau four que les lettres aient connu, et cette gentille petite\nLady Fauvette, grossie d'une nouvelle : Histoire d'un ménage, ira, n'en dou­\ntons point, se joindre aux précédents rossignols.\n"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2434, "texte": "                                   -   515   -\n Pourquoi ?\n  Aucun de ces livres n'est quelconque. Mlle Van de Wiele a du talent, elle\nsait construire un livre et sait l'écrire. Certes, elle pille Dickens, vole\nDaudet et chipe Gustave Droz, mais elle a une jolie féminité, une sym­\npathie de conception, quelque chose qui d'un élan sortirait avec victoire.\n  Mlle Van de Wiele est le produit de vieillards littéraires qui ont eu trop\ntard leur enfant unique. Ses parrains lui ont mis des lunettes ; elle n'a pas\nconnu les chapeaux ronds fleuris de pâquerettes, elle n'a pas jeté par\ndessus les moulins de l'art le bonnet de bruyère que ses parents lui confis­\nquaient. Elle est née vieille et n'a pas voulu rajeunir. Elle déclinera.\nPuissions-nous mentir et calomnier!\n  Une œuvre nouvelle, est annoncée. Nous verrons Tribun. Mais quand\non n'a ni enthousiasmes ni colères, quand on naît flegmatique et calme,\nqu'on fait de l'art comme du tricot avec la préoccupation d'achever autant\nde paires de bas ou de chapitres par an, on fait du métier, de la boutique,\nde l'épicerie, on n'est pas artiste et l'on ne mérite ni l'estime ni même\nla pitié.\n\n\n                                        II\n\n                             A Monsieur Charles Fuster, poète, à Bordeaux.\n\n              Monsieur le Poète,\n\n  Dans une lettre très aimable et flatteuse, à laquelle vous avez joint un\nexemplaire de votre premier livre : L'Ame pensive, vous me demandez de\nconsacrer à votre œuvre un article sérieux, détaillé — ce que j'ai fait pour\nPierrot Lunaire — et cela sans vous demander le moins du monde si votre\nouvrage vaut toute cette peine et si nous ne l'avons pas délicatement jeté\nau panier ?\n  Cela manque de modestie et de prudence.\n  Notre générosité vous eût accordé le silence ; vous voulez qu'on vous\nparle. A vos ordres. L'Ame pensive n'est pas un mauvais livre. C'est pire.\n  C'est un livre banal.\n  Là-bas, en province, vous vous figurez qu'avec du métier on est poète,\nqu'il suffit de connaître sa prosodie pour pondre des chefs-d'œuvre et qu'on\ncrée un fruit en réunissant, de ci de là, les épluchures dédaignées.\nAllumez votre lanterne, frottez vos cailloux et qu'il sorte de vos pierres\ndu feu, leur âme !\n  J'ai l'horreur de cette facilité qu'on obtient en quelques semaines et qui\npermet de mettre en belles strophes cadencées l'indicateur des chemins de\nfer ou l'almanach Gotha. Mettez un pied de trop, quatre hiatus, douze che-\n"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "                                   -   516     -\n\nvilles, qu'importe ! Mais que cela vibre ainsi que ces dissonnants accords\nqui déchirent l'oreille et font tressaillir pourtant parce que le génie y san-\nglotte. L'Ame pensive, bah ! La Versification pensive, deviez-vous dire ;\nd âme point, cher monsieur.\n   Je vous suivais de l'œil depuis bien longtemps, Monsieur, et vous me\nfaisiez rire. On n'avait jamais vu pareille activité. Paraissait-il une revue\nnouvelle, quelque minuscule qu'elle fût, vite vous y expédiez des fardes de\nvers. Les revues belges même n'ont pas été épargnées, et pour que l'on\nvous y reçût mieux, vous y faisiez le pompeux éloges de nos écrivains,\ncomme si vous y connaissiez quelque chose.\n   C'est burlesque.\n   Gc que j'en ai lu, de vos vers, c'est monumental. Impossible d'ouvrir\nune feuille imprimée sans en découvrir, et vous avez déterminé la généra­\ntion spontanée d'un nouveau mot : fustcriser la presse ! Vous n'êtes plus\nun poète, vous êtes un Remords, un Banquo de fantaisie dressé en ombre\nimplacable devant nos yeux.\n   Je vous déclare que cela tourne à la fumisterie quintessenciée et qu'après\ncette déclaration, jamais la Jeune Belgique ne prononcera plus votre nom\n— à moins que sur le tard le talent vous vienne, et nous avons le temps !\n   Vos vers sont quelconques ; on les a lus avant que vous les écrivissiez,\non les a lus partout. Votre\n\n                    \" Si j'en dois mourir, ne me plaignez pas\nc'est le\n\n                       « Ne me plaignez pas si j'en meurs »\nde Coppée.\n   Votre Zens, c'est de la sous-légende des siècles ; votre Lâcheté, c'est du\nsous-Sully-Prudhomme, et à chaque page, en lisant vos diables de vers, on\nse dit qu'on les a connus, mais qu'alors ils étaient meilleurs! C'est la chose\nla plus dure en même temps que la plus vraie que j'aie à vous dire.\n   Oh ! je sais que vous ne me le pardonnerez pas, que je compte désormais\nun ennemi de plus ; je m'attends à une réponse écrasante dans laquelle\nvous me prouverez que vous êtes original. Dans ce cas, je vous promets un\ndernier article, dans lequel je vous mettrai sur deux colonnes, d'une part\ncent de vos vers, d'autre part cent vers des grands poètes que vous n'avez\nfait que démarquer involontairement.\n   Dans votre lettre vous demandez un éreintement sérieux; vous l'avez\nvoulu. Le Voilà.\n                                       III\n\n  Oh! la réjouissance et délicieuse réunion, que le congrès littéraire! Le\n"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2771, "texte": "                                 — 517 —\n\ncœur des écrivains officiels a bondi pendant une semaine entière. Songez\ndonc ! Discuter pendant huit jours sur les grandes questions du droit artis­\ntique. Passer huit jours à exécuter des variations sur le mot de Karr : « La\npropriété littéraire est une propriété, « le répéter, le retourner, l'éplucher,\nl'épiler, le surgratter, se livrer, sans crainte de la police, au plus ennuyeux\ndes ergotages, sous le nez du plus gâteux des présidents.\n   Les résultats n'ont pas failli à ce que nous attendions, ils sont nets, se\nbornant à quelques indigestions prises dans les raouts et quelques rhumes\npris dans les couloirs de théâtre. M. Ulbach a manqué se donner une con­\ngestion dans l'usine de Seraing et M. Lermina n'a pas raté un calembourg.\nLa littérature se porte bien ; ce n'est pas leur faute, à ces bonshommes!\n   Il n'y a pas d'autre éloge à faire de ce congrès, auquel, naturellement,\nnous n'assistions qu'en simple spectateur, heureux de vivre.\n\n                                     * * *\n  Il y a un an que nous n'avons plus parlé de ce brave Caveau verviétois,\narrêté dans notre critique par la susceptibilité trop pointilleuse de M. Karl\nGrun, qui nous reprochait de lui parler franchement. Espérons qu'une\nannée de plus lui aura durci l'épidémie et qu'il nous pardonnera un langage\nque nous n'avons pas l'intention d'ouater.\n   Car vous serez toujours les mêmes, messieurs de Verviers, des écrivains\nà la grosse bedaine, des littérateurs en robe de chambre et des poètes de\npot-au-feu. Peu vous importe le mouvement de l'extérieur, vous vous\nmoquez fort des vers qu'on aligne à Paris ou à Bruxelles, et vous seriez\ntrès étonnés s'il prenait à un audacieux critique l'envie de vous traiter\nde vieillots.\n   Et pourtant, vous me faites songer à la Belle au bois dormant. Souvenez-\nvous, messieurs, lorsque le prince Charmant la vint réveiller, elle était\nmise comme une grand-mère, dans le costume du siècle d'avant. Vous êtes\ntels. Lorsqu'on vous réveille dans une pointe de critique, on vous retrouve\ntoujours vêtus à la vieille mode. Vous portez la cravate et la redingote de\nce bon vieillard Béranger — que son âme repose ! — et vous vous servez\nde sa garde-robe au lieu de la mettre au musée des antiques.\n   Non pas qu'il n'ait eu du mérite, le cher homme. Je le vénère, ne fût-ce\nque pour avoir entendu bonne-maman fredonner de sa voix chevrotante\nque j'aimais tant :\n                            Combien je regrette\n                            Mon bras si dodu\n                            Ma jambe bien faite\n                            Et le temps perdu !\n\n   Mais que diriez-vous d'un écrivain qui vous parlerait encore son langage\net vous entretiendrait des fils d'Épicurc, des muses volages, de l'écho des\n"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "                                                  -     518       -\n\n\nr i v e s , du t e n d r e é m o i , en t e r m i n a n t s a p h r a s e p a r un t r a d e r i d e r a ou u n e\nfaridondaine ?\n   C'est ce q u e v o u s faites, m e s s e i g n e u r s .\n   Écoutez :\n                                   L'été, quand la clarté s'éteint\n                                   Derrière la côte boisée,\n                                   Il s'abreuve jusqu'au matin\n                                   Aux mamelles de la rosée\n\n                                   Arrêtés au bord du ravin\n                                   Dans la fraîcheur de l'ombre dense\n                                   Viennent faire à ce pélerin\n                                   Leur plus secrète confidence.\n\n  L ' o m b r e d e n s e , l ' o m b r e d e n s e , ça et l e s m a m e l l e s d e l a r o s é e , auctore\nP. Ernest Gauthier (rien de c o m m u n avec T h é o p h i l e , un m o n s i e u r q u i fai­\nsait aussi des vers).\n   C o n t i n u o n s : M. E . H A R R O Y , s ' a d r e s s e a u x o r p h e l i n s et l e u r dit :\n\n                            Allez les voir souvent, allez au cimetière ;\n                            Pour leur parler tout bas, mettez-vous à genoux\n                            Posez vos fronts pâlis sur la fatale pierre,\n                                 ...Et vous croirez être dessous!\n\n   L e t r a i t d e la fin p o u r ê t r e d r ô l e n ' e s t p a s e n g a g e a n t , à v r a i d i r e .\n   A j o u t o n s q u e la fatale pierre n ' a v a i t p a s e n c o r e a s s e z s e r v i et q u e l e s\nfronts   pâlis     s o n t d ' u n e n o u v e a u t é r a r e , du m ê m e g e n r e d ' a i l l e u r s q u e :\n\n                                       Chantez, ô poètes sacrés\n                                       Versez à flots votre génie\n                                       En strophes pleines d'harmonie\n                                       Dans vos chants inspirés !\n\n  Q u a t r e poncifs e n q u a t r e v e r s , c'est p r e s q u e du g é n i e ; à M. J U L E S L E K E U\nceux-là, s o y o n s j u s t e .\n  N o u s a r r i v o n s au Lion d e M. K A R L G R U N ; il p a r l e du c h a s s e u r :\n\n                        S'il le manque, il est mort. Un bond, un coup de palte\n                        Et nul ne reverra le pâle chasseur blanc. —\n                        Le chat énorme boit ; sa gorge se dilate,\n                        Un doux frisson émeut le velours de son flanc.\n\n   N o u s l i v r o n s a u x j o y e u x a m i s le pâle c h a s s e u r blanc, le c h a t é n o r m e ,\net r e m e t t o n s à l'an p r o c h a i n d e d i r e au c a v e a u v e r v i é t o i s de n o u v e l l e s\namabilités.\n                                                         *    *\n\n    A p r o p o s d e n o t r e a r t i c l e Pro domo mea, d a n s l e q u e l n o u s r e p r o d u i s i o n s\n l a p o l é m i q u e b r è v e q u e n o u s a v o n s eue a v e c le Patriote, l ' A r t moderne n o u s\n p r e n d à p a r t i e et, s u r le ton d'un pion q u i g o u r m a n d e r a i t un p o t a c h e , n o u s\n a n n o n c e q u e nous       politiquons.\n    C'est faux.\n"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1750, "texte": "                                 -   519   -\n\n   Un article de journal demandant l'amoindrissement de notre liberté\nlittéraire devait être relevé par quelqu'un. Je m'en suis chargé et si j ' y ai\nexprimé des opinions politiques, c'est qu'en réalité la réponse était des­\ntinée à des journaux politiques et non à notre revue.\n   Je ne l'ai reproduite ici que pour donner plus de publicité à une protes­\ntation que je crois légitime et juste. J'en eusse fait autant si la proposition\nde mesure réactionnaire de M. Ric-Rac avait paru dans tout autre journal\nde toute autre couleur.\n   Au demeurant, nous en laissons juges nos lecteurs ; mais ce dont nous\nsommes personnellement juges, c'est de l'attitude insupportable de l'Art\nmoderne à notre égard. Pas plus M. Picard, M. Arnould, M. Robert ou\nM. Maus qu'un autre de nos amis n'a mission de nous surveiller et de nous\ntancer, L'Art moderne est né à la même époque que la Jeune Belgique, avec\nles mêmes idées, la même intransigeance, le même but; il n'est pas notre\ncenseur, ni, d'un cheveu, notre grand frère : il est notre simple compagnon\nd'armes. Il l'oublie trop souvent. Nous avons autre chose à faire qu'à\nmettre le nez dans nos affaires respectives et à regarder si nous faisons\nbien ou mal. Le ton de mère grand qu'affecte trop souvent l'Art moderne\n est souverainement déplaisant, et si mes compagnons de lutte jugent à\n propos de l'accepter — je ne les ai pas consultés là-dessus — je déclare net\n que le procédé ne me va pas, qu'il me fait sortir de ma peau et que je me\n moque de tout mon cœur des avis de ceux qui n'ont peut-être pas à en rece­\n voir, mais qui n'ont certes pas davantage à en donner.\n                                                            MAX WALLER.\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 519, "page_fin": 523, "titre_corps": "La Sculpture au Salon de Bruxelles", "titre_sommaire": "Le Salon de Bruxelles", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Émile Verhaeren", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "EMILE VERHAEREN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1750, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n\n  LA SCULPTURE                AU SALON DE                  BRUXELLES\n\n\n        J'AI parlé de Lambeaux dans mon précédent article sur le Salon et\n         j'ai signalé la mise à la porte pour vice de jeunesse et de talent\n          du sculpteur Chainaye.\n   Après ?\n   Peu à noter.\n"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "                                 — 520 —\n\n   La sculpture belge, autant que la peinture, a ses maréchaux d'académie.\nIls passent en vieux uniformes galonnés, plastronnés, firmamentés, avec\nleurs bâtons de commandement qui, au besoin, pourraient servir de\nbéquilles. Leurs plumets délustrés, déteints, défunts, pendent sur leur\nvisage comme de minuscules saules pleureurs. Ils sont les usés, les ralants,\nles finis, alors qu'ils pourraient être les respectés s'ils employaient le\ntemps de répit que leur laisse la mort à ne se point liguer contre l'art qui\nmonte et à ne se point coucher en obstacle devant sa marée fougueuse.\n   Il me prend souvent des scrupules à les tant attaquer et haïr. Somme\ntoute, quelques-uns ont eu leur heure de gloire. Jadis, ils étaient les héros\net les novateurs, les assaillants et les hardis ; ils cavalcadaient dans\nl'audace de leurs enthousiasmes jeunes ; ils triomphaient, eux aussi, à\nl'encontre et au nez des séniles manieurs de pâte et de pinceau, encrassés\net gluants comme leurs fauteuils de podagres, qui fignolaient dans des\ntaudis où la lumière n'arrivait pas, où la nature était inconnue, où traî­\nnaient des souvenirs d'alchimie et des senteurs de momies déterrées.\n   Ah le beau rôle qu'ils auraient pu remplir ! Ils seraient les aimés et ils\ndeviendraient les ancêtres, que l'on défend, que l'on honore, s'il leur fût\nentré dans l'esprit que l'évolution en art est d'ordre fatal ; que les pères\nne fondent que pour permettre aux postérités d'édifier; que rien n'est\nimmobile, immuable, achevé, arrêté ; qu'ils ne sont que les échelons d'une\néchelle et non l'échelle entière, un méandre du fleuve et non le fleuve, un\nétage de la tour et non la tour. Leur malheur c'est de vouloir étouffer, tuer,\npulvériser ceux qui sont créés pour leur succéder; c'est de s'aveugler sur\nla marche de l'art; c'est de se croire définitifs et de se rêver éternels.\n   D'où fureur, rancune, bataille et finalement culbute de toute la béquil-\nlante et cul-de-jatteuse armée des octogénaires jaunis de fiel, sèchés de\nroutine, empaillés de conventions.\n\n\n\n  Parmi les Belges, les deux bustes de Vincotte sont de très belle marque,\nsurtout celui de M. Chandelon. La manière de l'artiste s'est élargie, fortifiée,\nsolidifiée. On connaissait de lui des œuvres distinguées, d'un beau cachet\naristocratique. Aujourd'hui il étale un morceau d'art tout en carrure et en\nforce, taillé magistralement, avec aplomb, sûreté, maîtrise. Le portrait en\nmarbre de M mc X. attire par sa délicatesse et son élégance ; il est néan­\nmoins d'un mérite secondaire comme faire et originalité.\n  A vrai dire, M. Lefever n'est pas de taille à interpréter Shakespeare.\nSa lady Macbeth n'est rien moins que tragique. On songe à quelque jolie\nsentimentale, toute furieuse de s'être tâché les mains d'encre au moment\noù elle allait s'habiller pour le bal. C'est de l'agacement que la figure\nexprime.\n"}, {"page_pdf": 568, "page_imprimee": 521, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2974, "texte": "                                 — 521 —\n\n   M. Lagae est un artiste. Abel est de ligne originale et belle : la pose en\nest dolente, douloureuse, funèbre; le corps est d'une candide adolescence;\nc'est l'éphèbe tué, la fleur de jeunesse fauchée, l'enfant préféré des mères\nabattu dans la lutte des doux contre les brutes.\n    Quelle jalousie que celle de M. Comein ! Elle n'en inspire aucune. Cela\nde l'élégance, de l'art? Allons donc ! M. Comein ne connaît-il donc pas la\nfable de l'âne et du petit chien ? Ne forçons point notre talent, nous ne\nferions rien avec grâce. » M. Comein doit se borner à fignoler des sta­\ntuettes, et encore !...\n    J'aime à louer M. Dillens. Il est travailleur, opiniâtre, audacieux. Son\nbas-relief, dont je ne me suis pas encore occupé — bien qu'il ait été exposé\nà l'Essor — est de belle conception hardie. Même, à dire toute ma pensée,\nje ne sache point de sculpture belge où, tout en conservant la belle ligne\ndes reliefs et les équations du groupement, la modernité ait été plus heu­\nreusement atteinte. L'artiste a fait preuve de goût et de science; cela est\nmûrement pondéré, traité, achevé.\n    Son Terme a même sérieux mérite. Toutefois dans cette œuvre-ci,\nM. Dillens a été plus hanté par le « déjà vu » des anciens.\n    M. de Vigne ne sort qu'à moitié de la gaine classique. Il y tient si tena­\n cement jusqu'à mi-corps, que son art sans franchise, sans détermination,\n paraît ennuyeux, figé, avec une vie hésitante. Certes est-il gracieux,\n mais d'une grâce maigre, conventionnelle, bourgeoise. Son talent n'a pas\n du sang, il a du lait dans les veines. M. de Vigne ne commettra jamais de\n maladresse, ni de bévue; jamais, non plus, il n'empoignera. Il me fait\n l'effet d'un monsieur poli et réservé en art, comme certains gandins dans\n les salons.\n    Parmi les œuvres de plâtre et de marbre les plus monumentalement\n médiocres, figurent les œuvres de Sain et de Ducaju.\n     Ils sont extraordinaires de lourdeur, de pesanteur, de gaucherie, de con­\n vention. Certes apparaissent-ils comme sujets sérieux. L'un est intitulé :\n Grandeur et décadence des Romains, gros comme le bras, l'autre : La chute\n de Babylone, gros comme la jambe ! Les gens graves doivent trouver cela\n superbe. Diable ! traiter en sculpture de tels mondes de pensée n'est pas\n du premier venu. Il faut coiffer sa calvitie de la coupole académique pour\n que de tels projets ne vous écrasent point.\n     Mais MM. Sain et Ducaju ont la tête dure ; ils l'ont même carrée. Leur\n art est fait de ciment, il est solide. Tout autant voudraient-ils, je suppose,\n être maçons que sculpteurs. Je le leur conseille. Chacun y trouverait\n  profit, — surtout le public.\n     M. Ducaju a dû s'inspirer de la fameuse Ariadne, visible tous les jours à\n Francfort, dans un pavillon à vitraux criards et germaniques, et que le\n guide vous fait admirer comme la plus belle œuvre de marbre du conti-\n                                                                            37\n"}, {"page_pdf": 569, "page_imprimee": 522, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2790, "texte": "                                — 522 —\n\nnent. L'Ariadne est couchée sur le dos d'un tigre, la femme de M. Ducaju\nsur plusieurs, s'il faut se fier au nombre de têtes entrevues. D'autres pré­\ntendent que ces tigres ne font qu'une bête d'apocalypse...\n   M. Sain a pris modèle et inspiration en guignant, je crois, un cordonnier\nde son voisinage, en train, pendant les canicules — il s'est mis nu — à\nressemeller des bottes. Rien de plus grotesque et de plus laid à voir. Pour\nde telles pièces il faudrait inventer une nouvelle pudeur publique et s'en\nservir chaque fois que la malchance vous fait rencontrer de tels avorte­\nments d'art.\n   Un buste de Peter Benoit, d'un vert sombre, horrible, se plante à droite\nde l'entrée. La figure a je ne sais quel aplatissement burlesque, quel air\ncommun. De Kerckove, dit Nelson, en est l'auteur.\n   Un mot de M. Georges Van den Straeten. Cet artiste envoie de Paris un\ngroupe avec prière d'admettre le plâtre, se réservant d'y ajouter un acces­\nsoire. Le sujet était : Une petite dame tenant au bout d'un fil un pantin.\nLa commission admet la dame, mais dès que l'artiste veut y ajouter le\npantin, sans rime ni raison, elle fait retirer l'envoi.\n   Le pantin, soutient-on, était ridicule. Diable! la commission y verrait-\nelle une allusion ? On a parlé de procès, de citation, d'huissier. Je crains\nfort qu'on ne fasse rien de tout. Aussi bien, qui donc oserait s'attaquer\ndevant Messieurs les Juges du Palais de Justice, aux Juges du Palais des\nBeaux-Arts ?\n   Passons aux Français.\n   Et tout d'abord à Rodin, le grand sculpteur Rodin, dont le buste d'Hugo\nest un chef-d'œuvre et celui d'Antonin Proust une merveille.\n   Quelle vie dans le masque de l'ex-ministre ! Quelle allure fine, aiguë,\nspirituelle, moderne ! Quelle interprétation serrée, fouillée, étudiée,\npatiente, parfaite ! Quel que soit le point de vue auquel on se place,\nl'œuvre dénote une telle sûreté de travail et une telle profondeur d'impres­\nsion, un tel creusement de pensée et de réflexion que ce petit plâtre\n domine tout de sa puissance.\n   Me Marie Cazin? Une excellente artiste. Son envoi, la Tristesse, est beau.\n C'est de la vraie, de la pénétrante, de la mâle grandeur; on songe aux\n maîtres en l'examinant.\n   Le bas-relief de M. Duvilliers, nous était familier depuis l'an dernier.\n Cette Hérodiade est très originale d'allure, mais cela tourne trop vers le\n pastiche des choses étrusques et autres arts barbares. L'inspiration est\n bonne ; l'imitation ne vaut rien.\n   Il me tarde de dire encore quelques mots de Roty et de Ringel. Tous\n deux ont belle valeur, mais le premier a plus que le second la grâce et la\n distinction souveraines ; son exposition rappelle l'art des vieux frappeurs\n de cuivre et de bronze, des superbes artistes de la Renaissance, qui ont\n"}, {"page_pdf": 570, "page_imprimee": 523, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2775, "texte": "                                 — 523 —\n\npoussé jusqu'au sommet leur art si pur. On ne se lasse d'analyser ses\ngénies tenant des palmes entre leurs doigts et volant dans le ciel des\nmédailles et ses portraits si scrupuleusement et si consciencieusement\nétudiés et faits.\n   Les fabricants de médailles belges sont très inférieurs et si insignifiants\nqu'il vaut mieux n'en point dire mot.\n   Au reste, ils sont rares les artistes qui suivent les voies qu'illumine la\njeune gloire de Roty.\n  La sculpture française a le sang moderne en elle. Après les fougues\nromantiques de Prcault, de Barrye, de Carpeaux et de Cain, elle est\nrentrée dans le calme et la belle ordonnance. Le génie si originalement\nprimitif du peintre Millet lui a montré comment, tout en s'appuyant sur\nla réalité la plus entière, on arrive à faire grand, profond et solennel. Tel\ntableau de ce peintre, si âprement artiste, fait mieux comprendre ce\nqu'étaient les anciens; il nous les fait entrevoir naïfs, scrupuleux et exacts\ntraducteurs de la nature ; il fallait sa venue parmi nous pour montrer\ncombien la simplicité est de tous les temps, et l'on pourrait dire de lui\nqu'il a fait de la modernité antique.\n   Or, faire de la mordernité antique — je prends aux cheveux cette\nexpression, espérant être compris, malgré la contradiction apparente des\ntermes — telle doit être, me semble-t-il, l'idéal des manieurs de ciseau\net d'ébauchoir. Ils ne sauraient trop étudier et approfondir Millet, ce doit\nêtre pour eux un ancêtre, un révélateur, nn illuminateur. Il apparaît dans\nsa douce et retirée existence, comme un voyant solitaire, penché sur les\npages de sa bible, recueilli dans ses rêves évocatoires et voyant 1' « aujour­\nd'hui » avec les mêmes yeux frissonnants encore des visions de 1' « autre-\nfois. n\n   La rusticité et l'étude des champs fournirait un vaste champ d'obser­\nvation à la sculpture. Ceux qui vivent dans les campagnes et suivent,\navec un pensée artiste, les travaux parmi les glèbes et les herbées,\nsaisissent aussitôt l'avantage qu'un jeune talent original pourrait en\nextraire. Il est des gestes et des attitudes de semeurs, de faucheurs,\nd'engrangeurs, admirables; des poses de faneurs et de vachères, toutes\nen belles et fortes lignes. L'imagination n'aurait qu'à choisir.\n   Un mois vécu en plein terreau flamand apprend plus qu'un an de\nfréquentation de musée. Au moins y sent-on, y palpite-t-on, y hume-t-on la\nvie, la sève, le mouvement, la force, le beau. L'impression est reçue vive,\nnette, à bout portant. On l'attrappe toute chaude — excusez l'expression,\nmais elle est juste — on l'attrappe sonore et crue comme un soufflet. Et\nc'est ainsi qu'il est, sinon agréable, au moins utile de la recevoir.\n\n                                                     EMILE VERHAEREN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 524, "page_fin": 528, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "NEMO", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 937, "texte": "MEMENTO\n\nOctave Pirmez.—L'Union Littéraire.—Fleurs           d'Enfer, par Auguste Barrau. 1 vol.\n    Paris Ghio. 5 fr. 30. — Une circulaire. — Monsieur le Baron, par A. de Sauvenière\n    et A. Hamm. 1 vol. Paris, IMarpon et Flammarion 5 fr. 30. —Cruelle énigme.—\n    Germinal. — Le Salon de Bruxelles, par Max Waller. 1 vol. Fink. 2.00 fr. — Mou\n    Oncle le Jurisconsulte.—Lady        Fauvette, par Mlle Van de Wiele. 1 vol. Paris,\n    Charpentier, 5 fr. 30. — Monsieur Vénus, par Rachilde et F. Talman. 1 vol.\n    Bruxelles, Brancart 5 fr. 30. — La Légende du J'amasse Contemporain, par Catulle\n    Mendès. 1 vol. Bruxelles, Brancart 3 fr. 30.—L'Ane à Tomy, par Paul Combes.\n    1 vol., bibliothèque Gilon. —Mes Croyances, par Célestin Demblon. 1 vol. Bruxelles,\n    Larcier 5 fr. 30. —Les Mystères de Marseille, par Emile Zola. 1 vol. Paris, Charpentier\n    5 fr. 30. — Publications nouvelles.\n\n\n\n\n  "}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 937, "fin_caractere_exclue": 977, "texte": "» CONFORMÉMENT AUX          DISPOSITIONS"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1025, "fin_caractere_exclue": 1060, "texte": "TESTAMENTAIRES DE L'AUTEUR, CET OU­"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1116, "fin_caractere_exclue": 1137, "texte": "VRAGE EST ADRESSÉ A :"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1306, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "C'est sous une bande portant ces mots"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1393, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "que nous recevons une édition posthume"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1479, "fin_caractere_exclue": 1517, "texte": "des Jours de solitude d'Octave Pirmez."}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1573, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "Nous ne saurions dire combien nous"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1660, "fin_caractere_exclue": 1694, "texte": "avons été touché de cet hommage in"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1748, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "extremis du grand et pensif maître que"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1840, "fin_caractere_exclue": 1879, "texte": "nous avons perdu. Il a voulu forcer les"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1927, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "esprits timorés et hostiles qui sont les"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2017, "fin_caractere_exclue": 2061, "texte": "derniers dépositaires de sa belle succession"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2107, "fin_caractere_exclue": 2150, "texte": "littéraire à le rappeler d'époque en époque"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2197, "fin_caractere_exclue": 2242, "texte": "à ceux qui furent ses vrais amis et les seuls"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2286, "fin_caractere_exclue": 2326, "texte": "à lui rendre un hommage efficace pour sa"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2417, "fin_caractere_exclue": 2424, "texte": "gloire."}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2521, "fin_caractere_exclue": 2561, "texte": "Il y a plus d'un an qu'il est mort, dans"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2580, "fin_caractere_exclue": 2617, "texte": "la douceur de mai, et, nous qui avons"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2709, "fin_caractere_exclue": 2749, "texte": "assisté à la scène auguste des obsèques,"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2839, "fin_caractere_exclue": 2879, "texte": "nous avons relu ce que nous écrivions au"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2968, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "retour, le cœur encore plein de leur majesté"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3099, "fin_caractere_exclue": 3108, "texte": "funèbre :"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3203, "fin_caractere_exclue": 3238, "texte": "« Octave Pirmez semble avoir choisi"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3328, "fin_caractere_exclue": 3365, "texte": "l'heure de sa mort. Toujours il avait"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3442, "fin_caractere_exclue": 3484, "texte": "souhaité de s'anéantir dans le calme de la"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3485, "fin_caractere_exclue": 3522, "texte": "nature; celle-ci a exaucé son vœu. Au"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3573, "fin_caractere_exclue": 3610, "texte": "moment où tout recommence l'évolution"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 983, "fin_caractere_exclue": 1024, "texte": "vitale, où les choses se dégourdissent du"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1073, "fin_caractere_exclue": 1115, "texte": "long sommeil d'hiver, où l'herbe pousse et"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1164, "fin_caractere_exclue": 1208, "texte": "l'arbre bourgeonne tourmentés par la caresse"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1257, "fin_caractere_exclue": 1301, "texte": "des brises, où reprennent les chants d'amour"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1350, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "dans les branches, où la nue s'irradie des"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1441, "fin_caractere_exclue": 1478, "texte": "tièdes clartés du printemps, comme le"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1527, "fin_caractere_exclue": 1569, "texte": "sourire plus clair d'une convalescente, où"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1618, "fin_caractere_exclue": 1659, "texte": "tout monte et grandit, où tout s'anime et"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1708, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "murmure, où les cœurs s'ouvrent avec le"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1796, "fin_caractere_exclue": 1839, "texte": "besoin d'aimer, où s'épanchent les voluptés"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1888, "fin_caractere_exclue": 1926, "texte": "terriennes et humaines, le poète s'est"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 1975, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": "endormi au milieu du réveil universel, il"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2065, "fin_caractere_exclue": 2106, "texte": "est mort devant la vie de tout, emportant"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2155, "fin_caractere_exclue": 2196, "texte": "dans la tombe, avec la dernière pensée de"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2245, "fin_caractere_exclue": 2285, "texte": "son hautain génie, l'ultime baiser de la"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2375, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "nature, son immortelle amante; » il avait"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2473, "fin_caractere_exclue": 2517, "texte": "assez de rayons en lui pour faire resplendir"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2566, "fin_caractere_exclue": 2579, "texte": "les tombes. «"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2669, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "Ces paroles nous reviennent avec l'évo­"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2798, "fin_caractere_exclue": 2838, "texte": "cation des funérailles promenées dans la"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 2928, "fin_caractere_exclue": 2967, "texte": "campagne lumineuse et sereine, et main­"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3061, "fin_caractere_exclue": 3098, "texte": "tenant que ce temps a passé, que nous"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3157, "fin_caractere_exclue": 3198, "texte": "relisons l'œuvre du grand mort, nous nous"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3287, "fin_caractere_exclue": 3327, "texte": "disons que ni famille ni mauvais amis ne"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3414, "fin_caractere_exclue": 3441, "texte": "pourront nuire à sa gloire."}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3535, "fin_caractere_exclue": 3572, "texte": "N. B. — Au dos de la nouvelle édition"}, {"page_pdf": 571, "page_imprimee": 524, "debut_caractere": 3621, "fin_caractere_exclue": 3663, "texte": "des Jours de Solitude, nous lisons : «Pour"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "paraître prochainement : Octave Firmes,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 179, "texte": "sa vie, ses œuvres, sa correspondance, par"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 227, "fin_caractere_exclue": 245, "texte": "....Adolphe Siret!"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 336, "texte": "C'est à pleurer !"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 673, "fin_caractere_exclue": 707, "texte": "Voici le programme des concours de"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 802, "fin_caractere_exclue": 828, "texte": "l'Union Littéraire Belge :"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 923, "fin_caractere_exclue": 961, "texte": "I. Deux concours sont ouverts, par les"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1011, "fin_caractere_exclue": 1055, "texte": "soins de l'Union littéraire,       entre les"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1097, "fin_caractere_exclue": 1134, "texte": "écrivains belges, l'un pour une œuvre"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1176, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "d'imagination inédite en prose d'au moins"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1262, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "200 pages d'impression, l'autre pour une"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1348, "fin_caractere_exclue": 1383, "texte": "œuvre poétique d'au moins 400 vers;"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1439, "fin_caractere_exclue": 1477, "texte": "II. L'auteur de l'œuvre couronnée dans"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1527, "fin_caractere_exclue": 1565, "texte": "chacun de ces deux concours recevra un"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1613, "fin_caractere_exclue": 1639, "texte": "prix de cinq cents francs."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1708, "fin_caractere_exclue": 1743, "texte": "III. Les œuvres couronnées pourront"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1790, "fin_caractere_exclue": 1828, "texte": "être publiées par les soins de l'Union"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1860, "texte": "littéraire."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1865, "fin_caractere_exclue": 1900, "texte": "IV. Les pièces envoyées au concours"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1901, "fin_caractere_exclue": 1941, "texte": "seront appréciées par un jury composé de"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2030, "fin_caractere_exclue": 2070, "texte": "trois membres de l'Union que l'assemblée"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2071, "fin_caractere_exclue": 2110, "texte": "générale choisira parmi ceux qui auront"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2139, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "été présentés par les concurrents."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2178, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "V. Les pièces destinées au concours"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "doivent être envoyées franco à M. P.Weis­"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2355, "fin_caractere_exclue": 2396, "texte": "senbruch, trésorier de l'Union littéraire"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2447, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "belge, 4°, rue du Poinçon, à Bruxelles,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2534, "fin_caractere_exclue": 2562, "texte": "avant le 1 er novembre 1884."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2608, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "VI. Le jury sera élu dans la séance de"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2690, "fin_caractere_exclue": 2731, "texte": "l'Union qui suivra la clôture du concours"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2768, "fin_caractere_exclue": 2794, "texte": "(séance de novembre 1884)."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2862, "fin_caractere_exclue": 2902, "texte": "VIL Les auteurs ne signeront point leurs"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "ouvrages. Ils inscriront sur leur manuscrit"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3024, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "une devise qu'ils reproduiront sur un billet"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3097, "fin_caractere_exclue": 3140, "texte": "cacheté contenant leur nom et leur adresse."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3185, "fin_caractere_exclue": 3224, "texte": "Ils y joindront les noms des trois mem­"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3258, "fin_caractere_exclue": 3302, "texte": "bres de l'Union qu'ils désirent voir figurer"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3342, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "au jury."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3415, "fin_caractere_exclue": 3453, "texte": "VIII. Les œuvres non couronnées seront"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3498, "fin_caractere_exclue": 3536, "texte": "rendues aux auteurs s'ils le désirent."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3652, "fin_caractere_exclue": 3692, "texte": "La décision dit jury sera proclamée dans"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3786, "fin_caractere_exclue": 3821, "texte": "l'une de premières séances de 1883."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3893, "fin_caractere_exclue": 3928, "texte": "L'influence de Rollinat semble être"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3978, "fin_caractere_exclue": 4014, "texte": "grande en province. Presque tous les"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 136, "texte": "poètes qui, du fond de leur département,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 184, "fin_caractere_exclue": 226, "texte": "suivent le mouvement littéraire et de loin"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 274, "fin_caractere_exclue": 315, "texte": "en loin éditent un volume, sont persuadés"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 363, "fin_caractere_exclue": 397, "texte": "que le macabre est le summum de la"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 445, "fin_caractere_exclue": 486, "texte": "modernité. M. Aug. Barrau, dont le talent"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 534, "fin_caractere_exclue": 574, "texte": "n'est pas contestable, est tombé dans ce"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 622, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "travers. Ses Fleurs d'enfer, quoiqu'il en dise,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 755, "fin_caractere_exclue": 801, "texte": "n'ont rien d'infernal ; c'est là de l'enfer de"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 876, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "foire, cher poète, avec des diables rouges"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 966, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": "dont on voit fort bien la ficelle, des chau­"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1058, "fin_caractere_exclue": 1096, "texte": "dières en bois doré et des fourches de"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1144, "fin_caractere_exclue": 1175, "texte": "bazar; c'est de l'enfantillage."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1226, "fin_caractere_exclue": 1261, "texte": "Mettre au service de ce bric-à-brac"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1309, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "démodé une plume facile, une technique"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1395, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "solide et une pensée de bon poète, c'est"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1483, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "l'éternelle perle aux pourceaux. M. Barrau"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1573, "fin_caractere_exclue": 1612, "texte": "est un rêveur, un sentimental qui s'est"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1660, "fin_caractere_exclue": 1703, "texte": "trompé de route ; il n'est jamais trop tard"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1751, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "pour rebrousser chemin et retrouver la"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1837, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "bonne voie."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 1991, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "Nous recevons la circulaire suivante :"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2128, "fin_caractere_exclue": 2138, "texte": "MESSIEURS,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2224, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "Depuis notre dernière séance nous avons"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2311, "fin_caractere_exclue": 2354, "texte": "reçu avec douleur plusieurs démissions, les"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2402, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "motifs sont plus ou moins sérieux et la plu­"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2494, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "part personnels, il ne m'incombe pas de"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2581, "fin_caractere_exclue": 2604, "texte": "les critiquer. Je lis :"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2654, "fin_caractere_exclue": 2689, "texte": "MM. JOHN DE KROM veut exclure L E -"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2748, "fin_caractere_exclue": 2767, "texte": "GRIS et vice-versa,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2823, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "KROUTEPIN        méprise    LAVANTE"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2917, "fin_caractere_exclue": 2931, "texte": "et vice-versa,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 2988, "fin_caractere_exclue": 3023, "texte": "LISTOIRE     dénigre      LETORTRAI"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3082, "fin_caractere_exclue": 3096, "texte": "et vice-versa,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3152, "fin_caractere_exclue": 3184, "texte": "LEBRUN est brouillé avec LECLÈRE"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3243, "fin_caractere_exclue": 3257, "texte": "et vice-versa,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3313, "fin_caractere_exclue": 3341, "texte": "LEGENRE déteste le PESAGE et"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3400, "fin_caractere_exclue": 3411, "texte": "vice-versa,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3467, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "LENOIR veut écarter LEBLANC et"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3556, "fin_caractere_exclue": 3567, "texte": "vice-versa,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3623, "fin_caractere_exclue": 3651, "texte": "BLEROT ne veut pas de PIERRE"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3751, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "PONSE et vice-versa, etc., etc."}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3879, "fin_caractere_exclue": 3889, "texte": "MESSIEURS,"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 3940, "fin_caractere_exclue": 3977, "texte": "Comme le capitaine du navire qui som­"}, {"page_pdf": 572, "page_imprimee": 525, "debut_caractere": 4025, "fin_caractere_exclue": 4064, "texte": "bre sous la puissance de la tempête, je"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "n'abandonne pas mon poste et reste seul"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 186, "texte": "président d'une Société, il est vrai, mutilée"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 230, "fin_caractere_exclue": 247, "texte": "et sans membres ;"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 326, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "Mais à une Société qui disparaît une"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 413, "fin_caractere_exclue": 453, "texte": "autre succède. Je fonde l'Excelsior, So­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 504, "fin_caractere_exclue": 548, "texte": "ciété qui par son titre indique suffisamment"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 592, "fin_caractere_exclue": 631, "texte": "les grandes aspirations de ses membres."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 687, "fin_caractere_exclue": 724, "texte": "Montez, montez toujours : Voici quel­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 773, "fin_caractere_exclue": 812, "texte": "ques-uns de ses statuts et règlements :"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 903, "texte": "ARTICLE PREMIER. — Il ne sera procé­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 919, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "der à aucune élection. Seul je serai prési­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1010, "fin_caractere_exclue": 1015, "texte": "dent."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1106, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "A R T . 2. — Tout le monde sera chargé"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1190, "fin_caractere_exclue": 1230, "texte": "à tour de rôle des éeritures en général,"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1264, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "(Le costume complet ne sera pas de ri­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1355, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "gueur.)"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1450, "fin_caractere_exclue": 1489, "texte": "A R T . 5. — Les membres entre eux for­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1536, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "meront une commission à l'occasion des"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1628, "fin_caractere_exclue": 1640, "texte": "expositions."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1728, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "A R T . 4. — Les étrangers pourront être"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1780, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "admis à exposer une œuvre sur la présen­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1871, "fin_caractere_exclue": 1908, "texte": "tation d'un membre actif et vigilant."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1968, "fin_caractere_exclue": 2007, "texte": "A R T . 5. — Les présentants constitue­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2055, "fin_caractere_exclue": 2096, "texte": "ront une commission, tandis que la grande"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2146, "fin_caractere_exclue": 2177, "texte": "siègera sur les lieux du local."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2243, "fin_caractere_exclue": 2284, "texte": "A R T . 6. — La salle du local devra être"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2330, "fin_caractere_exclue": 2373, "texte": "choisie de façon à ce que tout exposant ait"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2422, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "ses œuvres à la cimaise."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2517, "fin_caractere_exclue": 2552, "texte": "A R T . 7. — Le placement se fera à"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2601, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "l'amiable; on se formera en rangs de deux"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2663, "fin_caractere_exclue": 2705, "texte": "et chacun placera l'œuvre ou les œuvres de"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2796, "fin_caractere_exclue": 2832, "texte": "son voisin au mieux de ses intérêts."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2929, "fin_caractere_exclue": 2970, "texte": "A R T . 8. — Pour faciliter le placement,"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3056, "fin_caractere_exclue": 3099, "texte": "les diverses écoles devront se tenir ensem­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3100, "fin_caractere_exclue": 3143, "texte": "ble; ainsi, les blancs avec les blancs, les"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3144, "fin_caractere_exclue": 3188, "texte": "noirs avec les noirs, les gris avec les gris"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3190, "fin_caractere_exclue": 3208, "texte": "et ainsi de suite."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3281, "fin_caractere_exclue": 3321, "texte": "A R T . 9. — Pour éviter toute contesta­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3369, "fin_caractere_exclue": 3412, "texte": "tion, le jury, qui sera composé de tous les"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3459, "fin_caractere_exclue": 3500, "texte": "membres de la Société, sera tenu à décer­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3530, "fin_caractere_exclue": 3572, "texte": "ner autant de médailles qu'il y aura d'ex­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3621, "fin_caractere_exclue": 3661, "texte": "posants. Des démarches seront faites au­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3713, "fin_caractere_exclue": 3754, "texte": "près du gouvernement afin d'obtenir l'au­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3802, "fin_caractere_exclue": 3841, "texte": "torisation de porter une décoration qui"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3892, "fin_caractere_exclue": 3932, "texte": "sera également remise à tous les membres"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3980, "fin_caractere_exclue": 3995, "texte": "sans exception."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 4075, "fin_caractere_exclue": 4109, "texte": "A R T . 10. — Une seule récompense"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 4162, "fin_caractere_exclue": 4206, "texte": "honorifique sera tirée au sort (une couromie"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 4254, "fin_caractere_exclue": 4296, "texte": "de laurier») et sera remise solennellement"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 4338, "fin_caractere_exclue": 4358, "texte": "à l'heureux gagnant."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "A R T . 11. — Les œuvres destinées à la"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 229, "texte": "Loterie seront également tirées au soit."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 322, "texte": "A R T . 12. — Il ne sera pas admis d'oeu­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 371, "fin_caractere_exclue": 412, "texte": "vres d'exposants décédés; les morts n'ont"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 461, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "pas besoin d'exposition. En art il ne faut"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 552, "fin_caractere_exclue": 591, "texte": "pas de morgue, fût-elle même espagnole."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 643, "fin_caractere_exclue": 683, "texte": "A R T . 13. —• Les photographies peintes"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 732, "fin_caractere_exclue": 772, "texte": "seront refusées sans merci ainsi que les"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 821, "fin_caractere_exclue": 864, "texte": "peintures sur plats, pots ou vases quelcon­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "ques."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 970, "fin_caractere_exclue": 1009, "texte": "A R T . 11. — Sera exclu de la Société,"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1058, "fin_caractere_exclue": 1102, "texte": "tout artiste convaincu de jalousie à l'égard"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1151, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "d'un camarade qui aura eu la chance de"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1238, "fin_caractere_exclue": 1263, "texte": "vendre une de ses œuvres."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1315, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "De même que celui qui aura été entendu,"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1403, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "dans la salle d'exposition, dénigrer l'œu­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1494, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "vre d'un confrère en présence d'amateurs."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1587, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "A R T . 13. — Toute critique sera rigou­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1689, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "reusement défendue dans les murs du"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1773, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "local."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1870, "texte": "A R T . 16. — Aucun artiste ne sera ad­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 1919, "fin_caractere_exclue": 1963, "texte": "mis à faire partie de la Société l'Excelsior"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2012, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "qui sera convaincu d'avoir d'autres moyens"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2103, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "d'existence que le produit de ses brosses."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2197, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "A R T . 17. — Il sera strictement défendu"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2287, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "à l'auteur d'une œuvre peinte de la vendre"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2378, "fin_caractere_exclue": 2421, "texte": "à un particulier et de permettre à celui-ci"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2470, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "de la signer et de l'exposer comme cela se"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2561, "fin_caractere_exclue": 2600, "texte": "pratique malheureusement sur une grande"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2649, "fin_caractere_exclue": 2662, "texte": "échelle, etc."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2780, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "Le   Président,"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 2906, "fin_caractere_exclue": 2924, "texte": "P I E R R E PONSE."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3021, "fin_caractere_exclue": 3055, "texte": "Comprends pas! Drôle tout de même!"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3240, "fin_caractere_exclue": 3276, "texte": "La maison Marpon et Flammarion vient"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3325, "fin_caractere_exclue": 3367, "texte": "d'éditer un nouveau volume destiné à faire"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3416, "fin_caractere_exclue": 3458, "texte": "un certain tapage dans le monde financier."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3510, "fin_caractere_exclue": 3528, "texte": "Monsieur le Baron."}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3580, "fin_caractere_exclue": 3620, "texte": "Tel est le titre de ce roman sous lequel"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3669, "fin_caractere_exclue": 3712, "texte": "s'agitent des personnalités financières que"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3761, "fin_caractere_exclue": 3801, "texte": "le dernier krach a mises en vue. Les au­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3850, "fin_caractere_exclue": 3891, "texte": "teurs, MM. Alfred de Sauvenière et Alfred"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 3940, "fin_caractere_exclue": 3978, "texte": "Hamm, se sont attachés à photographier"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 4027, "fin_caractere_exclue": 4070, "texte": "les principales phases de la vie financière"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 4119, "fin_caractere_exclue": 4160, "texte": "dans laquelle tant de personnages ont ac­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 4209, "fin_caractere_exclue": 4252, "texte": "quis une triste célébrité ces dernières an­"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 4301, "fin_caractere_exclue": 4336, "texte": "nées. Le haut et le bas monde de la"}, {"page_pdf": 573, "page_imprimee": 526, "debut_caractere": 4385, "fin_caractere_exclue": 4426, "texte": "Bourse y sont décrits avec une exactitude"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 90, "texte": "qui frappera les hommes s'intéressant de"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "près ou de loin au monde des affaires et de"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 229, "fin_caractere_exclue": 240, "texte": "la finance."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 358, "texte": "Monsieur le Baron est le deuxième vo­"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 409, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "lume d'une série intitulée : Scènes de la"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 506, "fin_caractere_exclue": 521, "texte": "Vie financière."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 618, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "*"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 804, "fin_caractere_exclue": 806, "texte": "**"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 875, "fin_caractere_exclue": 912, "texte": "La nouvelle Revue publie en ce moment"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1001, "fin_caractere_exclue": 1040, "texte": "un nouveau roman de notre collaborateur"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1095, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "Paul Bourget. Titre : Cruelle énigme."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1246, "fin_caractere_exclue": 1247, "texte": "*"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1319, "fin_caractere_exclue": 1321, "texte": "**"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1324, "fin_caractere_exclue": 1361, "texte": "Le Gil Blas a commencé la publication"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1362, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "de Germinal, le nouveau roman d'Emile"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1452, "fin_caractere_exclue": 1457, "texte": "Zola."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1617, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "Pour paraître prochainement : Le Salon"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1707, "fin_caractere_exclue": 1745, "texte": "de Bruxelles, 1884, par M. Max Waller,"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1800, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "avec une préface de Camille Lemonnier."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1891, "fin_caractere_exclue": 1925, "texte": "Les membres fondateurs de la Jeune"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1978, "fin_caractere_exclue": 2019, "texte": "Belgique qui désirent ce volume, le rece­"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2070, "fin_caractere_exclue": 2089, "texte": "vront gratuitement."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2159, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "Edmond Picard vient de terminer une"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2248, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "œuvre littéraire qui continue la série de"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2337, "fin_caractere_exclue": 2376, "texte": "ses Scènes de la Vie judiciaire. Elle a"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2429, "fin_caractere_exclue": 2469, "texte": "pour titre Mou oncle le furiscousulte et"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2520, "fin_caractere_exclue": 2561, "texte": "fait suite au Paradoxe sur l'Avocat, à la"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2606, "fin_caractere_exclue": 2648, "texte": "Forge Roussel et à l'Amiral. Elle paraîtra"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2696, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "chez Larcier, immédiatement après le"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2787, "fin_caractere_exclue": 2798, "texte": "13 octobre."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3058, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "L'auteur de la Maison flamande, made­"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3142, "fin_caractere_exclue": 3182, "texte": "moiselle Marguerite Van de Wiele, publie"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3317, "fin_caractere_exclue": 3354, "texte": "chez Charpentier Lady Fauvette, roman"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3445, "fin_caractere_exclue": 3485, "texte": "de mœurs anglaises. Lady Fauvette est un"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3578, "fin_caractere_exclue": 3624, "texte": "type de jeune fille ravissant de grâce légère,"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3717, "fin_caractere_exclue": 3757, "texte": "d'élégance native, qui se trouve bientôt"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3834, "fin_caractere_exclue": 3877, "texte": "aux prises avec les cruelles réalités de la"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3879, "fin_caractere_exclue": 3919, "texte": "vie. L'Histoire d'un ménage, récit plein"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3921, "fin_caractere_exclue": 3960, "texte": "de poésie et d'observation, complète ce"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3962, "fin_caractere_exclue": 4002, "texte": "volume qui peut être mis dans toutes les"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4052, "fin_caractere_exclue": 4087, "texte": "mains et dont le succès est assuré."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4171, "fin_caractere_exclue": 4184, "texte": "(Communiqué)."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4423, "fin_caractere_exclue": 4460, "texte": "Monsieur Vénus, par Rachilde et Fran­"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4511, "fin_caractere_exclue": 4522, "texte": "cis Talman."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "Il viendra un jour où Chariot s'amuse"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 228, "texte": "semblera un roman à l'eau de rose, et"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 279, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "M. Bonnctain un descendant de Gessner."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 368, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "Monsieur Vénus l'éclipsé déjà en partie."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 459, "fin_caractere_exclue": 505, "texte": "Et l'auteur, s'il faut ajouter foi à certaines"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 556, "fin_caractere_exclue": 596, "texte": "indiscrétions, serait une jeune fille de"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 647, "fin_caractere_exclue": 691, "texte": "vingt-Li\\jis ans. Si les femmes s'en mêlent,"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 742, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "le moment physiologique est proche, et le"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 834, "fin_caractere_exclue": 872, "texte": "malheureux Pégase, bouchonné par elles"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 963, "fin_caractere_exclue": 1000, "texte": "avec du gingembre, va prendre le mors"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1051, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "aux dents et piétiner tout sous ses sabots."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1186, "fin_caractere_exclue": 1223, "texte": "La littérature est comme Vénus : elle"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1297, "texte": "est devenue caliypige !"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1415, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "La légende du Parnasse contemporain,"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1502, "fin_caractere_exclue": 1521, "texte": "par Catulle Mendès."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1575, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Ceci est un livre durable. Le premier,"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1664, "fin_caractere_exclue": 1706, "texte": "Catulle Mendès y complète l'histoire de la"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1757, "fin_caractere_exclue": 1799, "texte": "littérature romantique par celle du groupe"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1850, "fin_caractere_exclue": 1887, "texte": "que l'on a nommé le Parnasse. Ce sont"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 1938, "fin_caractere_exclue": 1977, "texte": "quatre conférences données par le poète"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2028, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "en la salle des Capucines ; donc un livre"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2120, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "parlé auquel ne manque que le geste"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2206, "fin_caractere_exclue": 2247, "texte": "exquis de Mendès et sa voix aux sonorités"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2298, "fin_caractere_exclue": 2336, "texte": "d'or. Nos lecteurs nous sauront gré de"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2387, "fin_caractere_exclue": 2428, "texte": "leur donner le sommaire de ces causeries:"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2482, "fin_caractere_exclue": 2519, "texte": "1re CONFÉRENCE : Les Parnassiens. Al­"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2570, "fin_caractere_exclue": 2605, "texte": "bert Glatigny. — 2° CONFÉRENCE : La"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2656, "fin_caractere_exclue": 2695, "texte": "Revue fantaisiste, Richard Wagner, Léon"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2746, "fin_caractere_exclue": 2785, "texte": "Cladel, Charles Baudelaire, Villiers de"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2836, "fin_caractere_exclue": 2873, "texte": "l'Isle-Adam, Sully-Prudhomme, Nana et"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 2924, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "les naturalistes, le Roman d'une Nuit. —"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3015, "fin_caractere_exclue": 3053, "texte": "5e CONFÉRENCE : Catulle Mendès, Albert"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3104, "fin_caractere_exclue": 3140, "texte": "Mérat, Léon Valade, François Coppée,"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3191, "fin_caractere_exclue": 3226, "texte": "Leconte de Lisle. — 4e CONFÉRENCE :"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3277, "fin_caractere_exclue": 3315, "texte": "Le Parnasse contemporain, Alphonse Le-"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3405, "fin_caractere_exclue": 3443, "texte": "merre, Gabriel Marc, Léon Dierx, José-"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3536, "fin_caractere_exclue": 3576, "texte": "Maria de Hérédia, Catulle Mendès, Ernest"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3675, "fin_caractere_exclue": 3715, "texte": "d'Hervilly, Paul Verlaine, Stéphane Mal­"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 3808, "fin_caractere_exclue": 3832, "texte": "larmé, Armand Silvestre."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4015, "fin_caractere_exclue": 4049, "texte": "L'Ane à Tomy, par Paul Combes (Bi­"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4101, "fin_caractere_exclue": 4141, "texte": "bliothèque Gilon). L'ineffable calembour"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4193, "fin_caractere_exclue": 4236, "texte": "que porte là, à son frontispice, le nouveau"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4288, "fin_caractere_exclue": 4330, "texte": "livre de la féconde, de l'intarissable bi­"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4382, "fin_caractere_exclue": 4418, "texte": "bliothèque Gilon ! Un brave papa, M."}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4470, "fin_caractere_exclue": 4509, "texte": "Monteil, a donné à son fils Tomy, gamin"}, {"page_pdf": 574, "page_imprimee": 527, "debut_caractere": 4561, "fin_caractere_exclue": 4600, "texte": "de douze ans, un baudet superbe ; corn-"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "ment ce paisible animal donna l'occasion à"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "l'excellent père d'enseigner l'anatomie à"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 233, "fin_caractere_exclue": 278, "texte": "son fils, nos lecteurs s'en battent l'œil, je"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 320, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "suppose. M. Combes a su trouver là, pour­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 410, "fin_caractere_exclue": 451, "texte": "tant, un thème suffisant pour assouvir sa"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 499, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "rage de vulgarisation, une maladie qui"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 590, "fin_caractere_exclue": 621, "texte": "sévit ferme, comme chacun sait."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 685, "fin_caractere_exclue": 722, "texte": "Ne soyons pas méchant ; malgré le ton"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 778, "fin_caractere_exclue": 819, "texte": "enfantin quelque peu agaçant du dialogue,"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 866, "fin_caractere_exclue": 908, "texte": "il y a là un composé des grandes lignes de"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 952, "fin_caractere_exclue": 992, "texte": "l'anatomie qui ne manque ni de pittores­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1044, "fin_caractere_exclue": 1084, "texte": "que, ni d'intérêt, ni même d'exactitude."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1136, "fin_caractere_exclue": 1174, "texte": "Un peu de brouillard seulement dans la"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1228, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "description et la physiologie du système"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1320, "fin_caractere_exclue": 1361, "texte": "nerveux ; mais, dame, quand on veut faire"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1406, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "ingérer ces choses à un enfant de douze"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1491, "fin_caractere_exclue": 1496, "texte": "ans !"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1556, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "Par exemple, il n'y a pas à dire, les"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1625, "fin_caractere_exclue": 1664, "texte": "dernières pages sont absolument burles­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1665, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "ques ; cette apothéose du soleil devant"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1754, "fin_caractere_exclue": 1791, "texte": "lequel M. Combes se prosterne dévote­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1844, "fin_caractere_exclue": 1886, "texte": "ment, est unique en son genre ! Ce soleil,"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1905, "fin_caractere_exclue": 1948, "texte": "père de la vie, créateur de toutes choses :"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1949, "fin_caractere_exclue": 1982, "texte": "matière, esprit et intelligence !"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2041, "fin_caractere_exclue": 2083, "texte": "» Nous sommes les fils du soleil! » (sic)."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2132, "fin_caractere_exclue": 2165, "texte": "Voyons, voyons, M. Combes, est-ce"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2219, "fin_caractere_exclue": 2261, "texte": "bien sérieux ? Qui nous disait donc que je"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2308, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "ne sais quelles peuplades antiques ado­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2401, "fin_caractere_exclue": 2440, "texte": "raient le soleil? M. Combes voudrait-il"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2538, "texte": "rétablir ce cuite? Si c'est là ce qu'il veut,"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2584, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "il faut avouer que certaines gens se font"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2673, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "une singulière idée du « progrès. »"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2947, "fin_caractere_exclue": 2985, "texte": "Sous ce litre Mes Croyances, M. Céles­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3039, "fin_caractere_exclue": 3080, "texte": "tin Demblon, l'auteur des Contes mélanco-"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3132, "fin_caractere_exclue": 3172, "texte": "liques, publie chez Larcier un volume de"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3223, "fin_caractere_exclue": 3265, "texte": "politique, de littérature et de pédagogie."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3314, "fin_caractere_exclue": 3352, "texte": "La politique ne nous regarde pas et la"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3407, "fin_caractere_exclue": 3436, "texte": "pédagogie nous intéresse peu."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3504, "fin_caractere_exclue": 3545, "texte": "Dans la partie littéraire nous notons une"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3590, "fin_caractere_exclue": 3628, "texte": "étude sur Joseph Demoulin, un écrivain"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3647, "fin_caractere_exclue": 3687, "texte": "liégeois que nous ne connaissions que de"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3688, "fin_caractere_exclue": 3726, "texte": "nom, une autre sur un Mâle et le Mort,"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3727, "fin_caractere_exclue": 3763, "texte": "sur Thérèse Monique, la Belgique, de"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3817, "fin_caractere_exclue": 3854, "texte": "Camille Lcmonnier, un compte-rendu de"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3908, "fin_caractere_exclue": 3950, "texte": "la belle manifestation faite à notre grand"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3982, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "frère, et dans lequel M. Demblon néglige"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 4074, "fin_caractere_exclue": 4120, "texte": "de dire par qui furent prises les initiatives,"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 4164, "fin_caractere_exclue": 4205, "texte": "puis divers articles parus dans des jour­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 4222, "fin_caractere_exclue": 4262, "texte": "naux, sur la gaffe de M. Ménard à propos"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "des nouvelles fables de La Fontaine, sur"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "Emile Zola, Léon Cladel et Gustave Flau­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 281, "fin_caractere_exclue": 318, "texte": "bert ; ce sont là plutôt des pages de"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 368, "fin_caractere_exclue": 408, "texte": "colonnes que des pages de livre, M. Dem­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 458, "fin_caractere_exclue": 498, "texte": "blon attache, semble-t-il, trop d'impor­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 548, "fin_caractere_exclue": 588, "texte": "tance à tout ce qu'il écrit ; le moindre"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 638, "fin_caractere_exclue": 680, "texte": "articulet lui parait digne d'être conservé"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 730, "fin_caractere_exclue": 776, "texte": "dans la châsse du volume ; il a tort ; il faut"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 826, "fin_caractere_exclue": 864, "texte": "brûler beaucoup avant de se livrer aux"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 914, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "mains des typographes. Cela n'empêche"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1001, "fin_caractere_exclue": 1043, "texte": "pas Mes Croyances d'être un livre intéres­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1093, "fin_caractere_exclue": 1134, "texte": "sant et bien fait qui aura son importance"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1184, "fin_caractere_exclue": 1227, "texte": "pour l'histoire de notre temps. Que l'écri­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1277, "fin_caractere_exclue": 1319, "texte": "vain continue, qu'il modernise sa forme et"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1369, "fin_caractere_exclue": 1405, "texte": "nous aurons dans le roman qu'il nous"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1455, "fin_caractere_exclue": 1490, "texte": "annonce, Au Hameau, une œuvre bonne"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1540, "fin_caractere_exclue": 1551, "texte": "et robuste."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1623, "fin_caractere_exclue": 1624, "texte": "*"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1717, "fin_caractere_exclue": 1753, "texte": "Vient de paraître : Annuaire du Con-"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1803, "fin_caractere_exclue": 1843, "texte": "servatoire royal de Musique de Bruxelles"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 1893, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "(8° année)."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2001, "fin_caractere_exclue": 2036, "texte": "Emile Zola réédite chez Charpentier"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2086, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "soit premier livre : Les Mystères de Mar-"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2177, "fin_caractere_exclue": 2218, "texte": "seille qui parut en 1867 comme feuilleton"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2268, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "du Messager de Provence. Il n'y a pas à"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "parler de la valeur de l'œuvre, elle n'en a"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2450, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "pas ; c'est un roman mélodramatique fait à"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2542, "fin_caractere_exclue": 2583, "texte": "la diable et que le maître ne réédite que"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2633, "fin_caractere_exclue": 2672, "texte": "pour prouver qu'il ne rougit pas de son"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2722, "fin_caractere_exclue": 2762, "texte": "passé. Les Mystères de Marseille ont été"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2812, "fin_caractere_exclue": 2856, "texte": "écrits au début de la carrière rebutante des"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2906, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "Lettres alors que l'estomac donne des"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 2993, "fin_caractere_exclue": 3038, "texte": "giffles au grand Art; ils ne sont ni meilleur"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3088, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "ni plus mauvais que tout autre roman feuil­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3181, "fin_caractere_exclue": 3222, "texte": "leton de la même espèce, et le livre a au"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3272, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "moins ce côté intéressant de montrer com­"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3363, "fin_caractere_exclue": 3406, "texte": "ment a débuté celui qui est entré déjà dans"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3456, "fin_caractere_exclue": 3500, "texte": "la gloire. Lui qui aime les documents, il en"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3550, "fin_caractere_exclue": 3589, "texte": "donne un qui servira à l'histoire. Il a"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3639, "fin_caractere_exclue": 3646, "texte": "raison."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3779, "fin_caractere_exclue": 3816, "texte": "Vient de paraître chez Ghio à Paris :"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3866, "fin_caractere_exclue": 3907, "texte": "Ruades et Caresses poésies par M. Georges"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 3957, "fin_caractere_exclue": 3981, "texte": "Bertal, de mauvais vers."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 4034, "fin_caractere_exclue": 4073, "texte": "Dans la bibliothèque Gilon : L'Instruc-"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 4123, "fin_caractere_exclue": 4163, "texte": "tion supérieure de la femme, par L. Tra-"}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 4213, "fin_caractere_exclue": 4221, "texte": "senster."}, {"page_pdf": 575, "page_imprimee": 528, "debut_caractere": 4305, "fin_caractere_exclue": 4310, "texte": "NEMO."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-10-15-n11-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "VIENT DE PARAITRE : MES CROYANCES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 576, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "VIENT      DE    PARAITRE         :\n\n   MES CROYANCES\n                              PAR\n\n                 CÉLESTIN     DEMBLON\n        Un volume. F. LARCIER : 3 fr. 50\n\n            POUR PARAITRE LE 1er OCTOBRE\n\n\n\n  PIERROT LUNAIRE             PAR\n\n                   ALBERT           GIRAUD\n            Un volume. Alphonse Lemerre : fr. 2-00\n\n\n\n       L'ART MODERNE\n               PARAISSANT      LE    DIMANCHE\n\nRevue critique des Arts et de la Littérature\n                   ABONNEMENTS :\n              10 f r a n c s  par            an.\n                        BUREAUX :\n 26,   R U E       DE       L'INDUSTRIE,                   26\n                    BRUXELLES\n\n\n                       Journal Quotidien\n        PARIS, 16, BOULEVARD DES CAPUCINES, 16, PARIS\n   Publie    G E R M I N A L , par         EMILE    ZOLA.\n  Un numéro : 20 centimes. Abonnements : (3 mois) : 17 francs\n                  EN VENTE PARTOUT\n"}, {"page_pdf": 577, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1528, "texte": "     EDOUARD MAHEU, IMPRIMEUR-EDITEUR\nBRUXELLES, — 18, Rue des Sables. 18, — BRUXELLES\n\n               VIENT DE PARAITRE\n                                       DU\n\n\n     MOLOCHISME JUIF\n                     ÉTUDES CRITIQUES & PHILOSOPHIQUES\n                                       PAR\n\n              GUSTAVE                         TRIDON\n                                    AVOCAT\n Ancien membre de l'Assemblée Nationale, de la Commune de Paris,\n                du Comité de Salut Public, etc.\n\n           UN VOLUME, GRAND I N - 8 ° , D E 2 7 2 PAGES\n\n                      Prix : Cinq francs\nCette œuvre posthume est une des plus curieuses sur la matière\n\n    ENVOI       EN PROVINCE             CONTRE           MANDAT-POSTE\n\n\n  HUMANITES                                  COMPLÈTES\n                  à domicile (en trois                années)\n          PRÉPARATION A U X EXAMENS\n                                        de\n\nPHILOSOPHIE & LETTRES\n     Cours et Répétitions particulières de latin, philosophie, littérature, etc.\n\n   NOMBREUX             SUCCÈS        OBTENUS          AUX          EXAMENS\nl'18 passés avec grand succts sur 2 0 élèves présentés aux examens de 1883-84)\n\n            EXAMEN de SECRÉTAIRE                   DE LÉGATION\n             Cours et leçons particulières d'anglais et d'italien.\n         Conversation, rammaire, Traduction, Rédaction, Littérature.\n\n    S'adresser à R. BENHAM, professeur, 170, rue Jourdan (Porte Louise).\n\n              Bruxelles. — Imprimerie ED. MAHEU, 18, me des Sables.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 534, "texte": "(4e ANNÉE) 1884. P R I X : 60 CENTIMES TOME III, N° I I D U 15 OCTOBRE AU 15 NOVEMBRE,\n\n\n\n\n                                         LA\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                SOMMAIRE :\n         MÉDAILLONS : M. ARNTZ            .   .   .   . MM. MAURICE SULZBERGER.\n         LA PEUR                                              ALBERT GIRAUD.\n\n         GRETA FRIEDMANN (Suite).             .   . .     .   MAX WALLER.\n         TRISTESSE DE REINE                                   HENRY MÉRIOT.\n         LES TUNNELS DE LA VIE .              .   .   .   .   'FLORENT VURGEY.\n\n          APPARITION                                          GEORGES KHNOPFF.\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE                                MAX WALLER.\n          CHRONIQUE D'ART : Le Salon de Bruxelles             EMILE VERHAEREN.\n          MEMENTO                                             NEMO.\n\n\n\n\n                                BRUXELLES\n               Bureaux       : 80, RUE BOSQUET,                        80\n\n                                  J. FINE\n                        1, PASSAGE DE LA MONNAIE. I\n                                       1884\n"}, {"page_pdf": 535, "texte": "      Voici notre avant-dernier numéro d'année. Dans un\nmois nous entrerons dans la cinquième période de notre\nexistence, toujours plus intransigeants, toujours plus durs à\nune lutte qui ne doit pas finir.\n      Nos amis nous ont bien aidés dans notre tâche et nous\nles en remercions. C'est grâce à leur propagande et à leurs\nefforts que nous pourrons, en commençant notre nouvelle\nannée, leur offrir un NUMÉRO TRIPLE orné comme l'an\npassé, d'un FRONTISPICE dont l'exécution est confiée cette\nfois à l'un des plus artistes illustrateurs parisiens, M. JEAN\nBEAUDÏJIN.\n      Nous prions les personnes qui nous ont fait au moins\nquinze abonnements de vouloir bien nous le faire savoir par\ncarte-correspondance afin que nous établissions exactement\nla liste de nos membres fondateurs. Ceux-ci sont nombreux,\nils se sont donné de la peine pour nous soutenir dans notre\nbataille contre les officiels et contre les vieux gâteux de la\nlittérature. Qu'ils reçoivent notre poignée de main. Bataillons\nencore et toujours, enhardis par la fière devise à laquelle\nnous n'avons point failli ;\n"}, {"page_pdf": 536, "texte": "                        MÉDAILLONS\n\n                               M. ARNTZ\n\n\n\n\n           HOURRAH, le maître est mort! « chante toute la classe dans\n              un roman d'Alphonse Karr. Oraison funèbre des profes-\n              seurs. C'est peut-être celle qu'ont dite sur lui les infortunés\nqui bloquent leur candidature et leur doctorat. Mais nous, les anciens\n(déjà!) le savions à peine parti, ce terrible rabroueur de récipiendaires,\nque, bon gré mal gré, un attendrissement nous pénétra, au souvenir\nsoudain évoqué des matinées passées sous sa schlague.\n    Mâchonnant un cigare, fredonnant entre les dents une controverse\njuridique ou un air d'opéra, ce qui faisait retourner les gens sur lui, il\ndescendait tous les matins vers l'Université. Aux coins des rues, se\nrappelant qu'il voulait rester vert en dépit de ses soixante-dix ans, il\n redressait brusquement sa taille colossale, et pendant cinq minutes, les\n bras roidis derrière le dos, marchait plus droit qu'un I.\n    Comme les étudiants prenaient place le long des bancs, M. Arntz\n entrait de son pas pesant, sa professorale redingote noire lui battant les\n jambes. Ayant accroché à la patère son chapeau haut-de-forme, il\n s'installait au pupitre. Dans le brouhaha des conversations qui s'ache­\n vaient, il déposait à portée de sa main sa tabatière d'argent dont\n  le couvercle brillait au milieu de ses paperasses, jaunies et déchiquetées\n  par un usage de quelque vingt ans; il fouillait, choisissant les feuilles\n  dont il allait se servir; un silence se faisait, le «père Arntz» Commençait\n  sa leçon.\n     Se détachant sur le tableau noir, son crâne congestionné, cerclé\n                                                                          35\n"}, {"page_pdf": 537, "texte": "                                 — 490 —\n\n vers le bas d'une soyeuse rangée de boucles blanches, luisait. De tout\n petits yeux roulaient sous la broussaille grisonnante des sourcils.\n L e s joues, hautes en couleur, avec des verrues dans leurs rides, étaient\n rasées de frais; largement fendues par les lèvres, que tirait par moments\n un tic nerveux, elles retombaient un peu sur le cou, un cou d'athlète,\n se mouvant à l'aise dans une cravate blanche.\n    Courbés sur nos cahiers, nous écoutions. Au hasard de son savoir\nencyclopédique surgissaient les exégèses, les paradoxes, les anecdotes,\nles dissertations. C'étaient le Droit public, le Droit des gens, le\nCode civil. Il les découpait en exemples familiers, tableaux qui se\nclouaient dans les mémoires; il portait sur la Loi, comme le coup de\nlumière d'un flambeau, son enthousiaste imagination, sa logique sans\nmitaines, lançant, quand il pouvait, un jet d'ironie sur le jurisconsulte\nNapoléon, fouaillant, manches retroussées, les erreurs de Troplong ou\nd e Bigot-Préameneu. Terne et prolixe à la barre, il avait l'âme du\nprofesseur. Sa face rouge, où il y avait du patriarche et du pandour,\ns'animait; et au milieu de ses discours retentissants s'étalaient, ainsi\nq u ' u n drapeau, les magnifiques affirmations de la dignité humaine et de\nla liberté. Liberté pour tous, respect de la Constitution : tels étaient les\nprincipes de ce vétéran révolutionnaire qui avait fait le coup de feu en\n1830. Il fallait l'entendre flétrir le droit de la force, et, roulant sa voix\nsonore par dessus les têtes, nous crier en sou langage natal, tandis qu'il\nbrandissait son poing énorme : » Vas Faustrecht ! «\n   Mais sa note préférée était la plaisanterie. D e ce cerveau où s'empi­\nlaient toutes les dates et tous les faits, jaillissait, comme chez les doc­\nteurs de la Renaissance, une verve paysanne et lourde. Écarquillant\nune grimace à la Daumier, ses petits yeux disparaissant dans les plis de\nses joues, il racontait une histoire graveleuse, avec des mots empruntés\nau flamand, et à cet a m u s a n t patois populacier, le marollien. Ou bien,\ndans sa superbe, rogue comme un traîneur de sabre, donnant au rictus\nde sa bouche toute la dédaigneuse pitié qu'il avait pour l'ignorance, où\nqu'elle se trouvât, il lâchait, tapant sur son pupitre, des phrases comme\ncelle-ci : «J'ai vu de ces gaillards dans les assemblées législatives     »\n   Chaque année, les cours terminés, commençaient les e x a m e n s . Doyen\n des professeurs, il présidait alors les jurys, gouvernait ce monde d'étu­\n diants, le gouvernait à la prussienne, mettant, comme nous disions, les\npoings sur les i. Dans toutes les chambrettes se dressait, semblable à\nla S t a t u e de pierre, le fantôme de ce grand vieillard promulguant, ses\nmains dominatrices plantées sur le tapis vert, des instructions draco-\n"}, {"page_pdf": 538, "texte": "                                 — 491 —\n\nniennes. On entendait à l'avance ces b r u s q u e s coups de paumes qui\nrépandaient le classique verre d'eau sur la table, ces réparties qui\nfaisaient, au milieu d'une réponse, s u r s a u t e r les candidats, comme le\njour où demandant le traité de la Barrière à un récipiendaire qui,\néperdu, s'obstinait, malgré les insistances du professeur, à réciter le\ntraité de Westpbalie, il s'était enfin levé, et lui enfonçant son regard\nentre les deux sourcils, avait dit, très froidement, détachant ses\nsyllabes : » Môssieu, je — me — f... du traité de Westphalie ! »\n   E r r a n t s par groupes dans le couloir, pâlots, et d'un geste à la\nMacbeth tortillant fiévreusement leurs doigts, les étudiants ne parlaient\nque de M. Arntz. On cherchait le joint de ce caractère encuirassé.\nDe temps à autre une phrase rassurait : » Un peu brusque, mais la\nmeilleure pâte d'homme » disait un fort-en-thème au courant de ses\nhabitudes : M. Arntz, et sa femme, une vieille allemande aux allures\nbourgeoises d'une mère de famille, vivaient une vie patriarcale ; leur jeune\nnièce mettait une gaîté douce dans le calme germanique de leur maison\nde la Place de l'Industrie ; le soir, sous la lampe, auprès d'un broc de\nvin blanc de la Moselle, des savants, des professeurs, venaient causer\nautour de la table toujours ouverte...\n  L a sonnette de la délibération tintait. E t de rechef l'on tremblait la\npeur quand, après avoir proclamé un candidat en droit « avec la\nplus grande distinction, « M. Arntz, le diplôme remis au lauréat triom­\nphant, — tout-à-coup, en manière de félicitation, éclatait : » Vous\nne vous imaginez p a s , je pense, que cela va continuer de la sorte!»\n   Depuis quelques mois, le front creusé, les yeux bouffis, quelque chose\nde lui s'en allait. On jetait bas une aile de l'Université ; les Etats-géné­\nraux y avaient siègé jadis, ainsi qu'il aimait à le rappeler ; il y donnait\nses leçons depuis quarante a n s . En même temps sa verve devenait plus\nacre, sa parole moins vivante. Finies, les digressions : le texte, sans\nplus. Sous son crâne trop lourd battait l'inquiétude de ne pas atteindre\nle bout de Tannée académique. L e s vacances, sonnèrent enfin leur coup\nde cloche. L e professeur tomba, d'un bloc.\n  Il avait, ce magistral juriste, débarqué à Bruxelles sans autre bagage\nqu'un Digeste sous le bras, façonné la Faculté. L'empreinte de ses\nmains était s u r elle.\n  L e Conseil universitaire s'occupe de lui chercher un successeur, et\ndélibère.\n   L e maître est mort...\n                                                MAURICE    SULZBERGF.R\n"}, {"page_pdf": 539, "texte": "                       LA PEUR\n                               I\n                     GARE NOCTURNE\n\n                                          à Georges Khnopff\n\n          A gare est nostalgique avec ses beaux pavois,\n           Ses fanaux de couleur aux clartés solennelles,\n           Pareils, dans la nuit vaste, à de fixes prunelles\nEpiant le profil sinistre des convois.\n\n\nDans la banalité de la foule je vois\nPasser rapidement des âmes fraternelles ;\nMais le brusque rideau des ombres éternelles\nMe ravit à jamais leur visage et leur voix.\n\n\nUn spleen surgit alors des choses suggestives,\nEt du tragique appel que les locomotives\nJettent comme un adieu vers les pays quittés.\n\n\nEt je traduis en moi les signaux que l'on sonne\nPar ces mots sans espoir lentement répétés :\nPersonne ne m'attend et je n'attends personne!\n\n\n\n\n                               II\n                 LA PEUR DU VOYAGE\n\n                                                 à Eddy Levis\n\n          OUS le pont suspendu qui coupe en deux le soir,\n           A travers le fracas, les feux et les fumées,\n           Je regarde passer, les vitres allumées,\nUn train vertigineux, comme un vaste éclair noir.\n"}, {"page_pdf": 540, "texte": "                             — 493 —\n\nDe tunnel en tunnel de grands fanaux simulent,\nD a n s la rapidité de leurs scintillements,\nU n jet éparpillé de roses diamants\nD'émeraudes en flamme et de rubis qui brûlent.\n\n\n\nS o u s leur clarté bougeante obscurément reluit\nL e sinistre réseau des rails dans les ténèbres,\nPareils à des chemins rigides et funèbres\nVers les gueules de l'ombre et l'horreur de la nuit.\n\n\n\nL e ciel est orageux et l'atmosphère lourde ;\nL e télégraphe pleure et tourmente ses fils ;\nE t les convois ont pris d'inquiétants profils\nŒillés lugubrement d'une lanterne sourde.\n\n\n\nIl monte jusqu'à moi d'âcres exhalaisons\nD e houille, de goudron, de bitume et de soufre\nQui suggèrent en foule à mon esprit qui souffre\nDe lucides climats et de fiers horizons.\n\n\n\nL a distance et l'espace ont d'étranges m u s i q u e s ,\nGrêles comme un soupir du vent dans les roseaux,\nVibrantes comme un vol de nocturnes oiseaux,\nDouces comme la voix lointaine des phthisiques.\n\n\n\nCes fanaux, ces relents, ce décor solennel,\nL e sifflement aigu de ces locomotives,\nCet immense horizon, ces musiques ; laintives\nChantent la volupté du voyage éternel.\n\n\n\nC'est là-bas que j'irai, ô mon âme blessée!\nDécouvrir un pays d'où je suis exilé ;\nE t ce vague désir, comme un cristal fêlé,\nEnigmatiquement tinte dans ma pensée.\n"}, {"page_pdf": 541, "texte": "                           — 494 —\n\nComme le souvenu d'un monde antérieur,\nJe subis le pouvoir de ces noms nostalgiques\nDont l'euphonie emplit de visions magiques\nLe songe lumineux de l'œil intérieur.\n\n\nO mes fleurs d'Allemagne, Heidelberg et Coblence !\nO mon rêve d'étude et de sérénité !\nNe m'attendez-vous pas, dans l'or des soirs d'été,\nQuand l'odeur des tilleuls parfume le silence ?\n\n\nIl existe en Norwège un beau golfe gelé\nOù le soleil d'hiver rit sur la neige rose,\nPareil au pur reflet d'une invisible rose\nSur la froide clarté d'un lys inviolé.\n\n\nJe devine en Ecosse un lac plein de mystère,\nQui renverse la nuit dans des flots étoilés,\nOù semblent s'échanger de longs regards voilés\nEntre les yeux du ciel et les yeux de la terre.\n\n\nEt je sais à Stratford des bois shakespeariens,\nOù les cygnes pensifs, sur les eaux taciturnes,\nS'imaginent revoir dans les blancheurs nocturnes\nLe fantôme appâli des cygnes anciens.\n\n\nM'évader! M'enivrer du vent, de la distance !\n— Vertige de la mer, du gaz, de la vapeur ! —\nOh ! ce désir m'obsède, et cependant j'ai peur\nD'abandonner enfin cette morne existence.\n\n\nJe suis sourd aux appels qui m'assiègent en chœur ;\nJe ne secoûrai pas la triste accoutumance :\nJ'ai peur de l'horizon, de l'étendue immense,\nCar le monde est trop grand pour contenir mon cœur !\n"}, {"page_pdf": 542, "texte": "                            — 495 —\n\nJe sais que par delà les heures révolues,\nNotre image s'éteint dans les yeux résignés;\nQ u e le nom fugitif des pâles éloignés\nNe vibre pas longtemps sur les lèvres élues ;\n\n\n\nQue les d o u x souvenirs du fantôme aboli,\nA travers le parfum des alcoves h e u r e u s e s ,\nComme un effeuillement de roses douloureuses,\nS'éparsèment au vent dans la paix de l'oubli.\n\n\n\nMourir d a n s les esprits, et se survivre encore!\nAutour des êtres chers pareils à des tombeaux\nVeiller funèbrement ainsi que des flambeaux,\nE t pleurer dans le deuil de la nuit sans aurore !\n\n\n\nExpirer s u r l'amour comme sur une croix\nQui ne se souvient plus qu'elle porte u n m a r t y r e ,\nExpirer dans un mot glacial, dans un rire,\nD a n s ce qui meurt de nous le plus tôt, dans la voix !\n\n\n\nO voix ! Bouvreuil blessé qui chante au fond des âmes !\nO voix! T i m b r e magique où rêve un infini!\nO voix! Suprême appel laissé par le banni!\nVous vous taisez trop tôt dans l'oreille des femmes !\n\n\n\nO voix! Murmure étrange et doux du gouffre humain!\nGrève obscure de l'être, où des syllabes vagues\nMontent lugubrement avec le bruit des vagues,\nSi je quitte ces lieux, vous vous taisez demain!\n\n\n\nAbsence, nuit soudaine! Absence, mort vivante !\nMéduse de l'espace aux cheveux effrayants !\nJe ne puis soutenir tes longs regards béants\nSans que ma faible chair ne hurle d'épouvante!\n"}, {"page_pdf": 543, "texte": "                       — 496 —\n\n                          III\n                       L'ORGUE\n\n         UAND le soleil déchu, comme un aigle blessé,\n          Eclabousse de sang la nuit qui vient de naître,\n          Le corps endolori, j'entr'ouvre ma fenêtre,\nEt mon rêve s'éperd dans le ciel effacé.\n\n\nLe crépuscule parle à mon rêve insensé\nDes amours éternels qu'il ne doit pas connaître;\nLa fébrile douceur de l'ombre me pénètre,\nEt j'écoute gémir un vieil orgue lassé.\n\n\nO musique navrée, obsédante, équivoque!\nTon obstination douloureuse m'évoque\nLe lointain désespoir d'un cœur contemplatif.\n\n\nJe ne t'entends jamais, par un soir d'apathie,\nSans revoir longuement dans mon esprit plaintif,\nLes grands yeux suppliants des chiens que l'on châtie.\n\n\n\n\n                           IV\n       A UNE FEMME DE QUARANTE ANS\n\n         ANS tes grands yeux, emplis de chaude obscurité,\n          Où luisent vaguement les secrets de la vie,\n          J'ai puisé pour toujours la chimérique envie\nD'un suprême plaisir que je n'ai point goûté.\n\n\nL'arôme capiteux de ta maturité\nEnivre puissamment ma chair inassouvie,\nEt du fond du passé mon âme est poursuivie\nPar l'éternel regret de ta virginité.\n"}, {"page_pdf": 544, "texte": "                        — 497 —\nJ'ai souvent jalousé, par les soirs pacifiques,\nLes vaisseaux attirants, lassés et magnifiques\nDont l'orgueil du retour solennisait les mâts,\n\nEt qui semblaient traîner derrière leurs antennes\nUne émanation des ciels et des climats\nQu'ils avaient respirés dans leurs courses lointaines..\n\n\n\n\n                            V\n                   DIMANCHE SOIR\n         LA campagne est muette, et l'horizon s'endort.\n          Les rêves du passé tournent dans la lumière.\n          Le soleil agonise, et comme une poussière,\nDisperse au fond du ciel sa pensive âme d'or.\nLes rêves du passé tournent dans la lumière.\nLa campagne est muette et l'horizon s'endort.\n\nLoin, très loin, tout là-bas, dans la paix du dimanche,\nComme un cœur solitaire effrayé par la nuit\nEt prêt à se briser d'amertume et d'ennui,\nLentement, lentement un vieil orgue s'épanche,\nComme un cœur solitaire effrayé par la nuit,\nLoin, très loin, tout là-bas, dans la paix du dimanche.\n\nO cruelle douceur des baisers défendus !\nO douce cruauté des lèvres qui dédaignent !\nJe vous entends vibrer dans ces rhythmes qui saignent !\nVous êtes un rappel des paradis perdus,\nO douce cruauté des lèvres qui dédaignent !\nO cruelle douceur des baisers défendus !\n\nOn dirait une voix pleurant la mort de l'heure\nUn soir pareil luira pour vous, ô mon amour !\nOù la morne distance et la chute du jour\nVous parleront de moi dans un orgue qui pleure !\nUn soir pareil luira pour vous, ô mon amour !\nOn dirait une voix pleurant la mort de l'heure !\n"}, {"page_pdf": 545, "texte": "                         -498      -\n\n\n                             VI\n\n                       A UNE AME\n\n          AR ces rhythmes plaintifs tu n'es point blasphémée ;\n           Ne lève pas vers moi ces regards douloureux :\n           Rien de toi n'a saigné dans ces vers amoureux,\n Ame pleine de lys ! O seule Ame ! Ame aimée !\n\n\nLis-les sans te faner, Ame pleine de roses !\nJe n'ai jamais douté de ton cœur solennel :\nTu planes au-dessus de l'univers charnel,\nEt de l'aurore en fleur des belles gorges roses.\n\n\nPareil à ces bateaux qui portent sur leurs voiles\nL'emblème vespéral de la Reine des mers,\nJ'ai hissé ton image au sommet de mes vers,\nPour braver la tempête, Ame pleine d'étoiles !\n\n\nMes désirs allumés et mes extases vierges,\nA travers la vapeur violette des soirs,\nBrûlent vers tes autels comme des encensoirs,\nAme pleine de chants, de vitraux et de cierges !\n\n\nEt par delà le temps, Esprit doux et farouche!\nPar delà l'heure vaine et le monde oublieux,\nDût l'éternelle nuit s'enfoncer dans mes yeux,\nLe silence éternel s'enfoncer dans ma bouche,\n\n\nJ'en jure par ta gloire et tes eucharisties :\nRien ne pourrait en moi tuer ton souvenir,\nEt j'irais de nouveau t'aimer dans l'avenir,\nAme pleine de ciel, de palmes et d'hosties !\n\n                                          ALBERT GIRAUD.\n"}, {"page_pdf": 546, "texte": "               GRETA               FRIEDMANN\n                             (FRAGMENTS)\n\n                         CHAPITRE              III\n                                      I\n\n           LE mariage s'était fait sans bruit. Seuls dans le secret de\n            l'incident de Bonn, les quatre fidèles Kéradec, Carol, Beckx,\n            et Chastel rappelé de voyage par Ferrias, servirent de\n témoins.\n   Le lendemain seulement de la cérémonie, on apprit la mort du profes­\n seur Hans Friedmann, mort attribuée par ses confrères de la Faculté de\n Médecine à la rupture d'un anévrisme.\n   La douleur de Greta, qui apprit la nouvelle trop tard pour aller ense­\nvelir son père, fut très calme. Par un égoïsme qui eût pu paraître\nmonstrueux à qui n'eût connu la froideur qui avait existé entre le\nprofesseur et sa fille, jointe au délaissement dans lequel Hans Fried­\nmann avait élevé Greta, elle n'eut pas le remords de cette perte. Le\nprofesseur lui avait appris à lire dans Curtius et Mommsen, à penser\ndans Kant et Hegel. Il était tombé victime d'une faute commise par elle,\nmais ne l'avait-il pas préparée, cette faute, par sa constante indiffé­\nrence ? N'avait-il pas oublié que la femme a besoin, pour se soutenir,\nde la femme, et que les mains d'un vieillard sont inaptes à pétrir l'ima­\ngination délicate et le cœur d'une jeune fille ? Elle était responsable de\nla mort du vieillard, celui-ci était responsable de la chute de Greta, et\ndoucement tranquillisée par l'amour de Jacques, sûre désormais de-\nl'avenir, l'enfant pleura des larmes qui ne la brûlèrent point et furent\ncomme des fleurs pieuses déposées par devoir sur une tombe respectée.\n   La nouveauté de sa vie, d'ailleurs, devait la distraire. Entrée dans\nune maison de garçon avec ses instincts de femme rangée, elle fut\naussitôt prise aux multiples occupations de l'intérieur. Elle vit ce que\nmanquait à la petite demeure coquette : la légéreté papillonnante d'une\nmain de femme, et se livra tout de suite au travail de métamorphose.\nElle classa, arrangea, harmonisa les objets, supprimant les loques, les\nchoses inutiles et laides, laissant intactes, en son intuition qui jamais ne\nla trompa, les choses auxquelles devaient s'attacher une pensée d'art ou\n"}, {"page_pdf": 547, "texte": "                                   —500—\nun souvenir. En peu de temps, le » home » conjugal fut organisé ; ce\nn'était plus la garçonnière quasi-abandonnée, mais l'intérieur confor­\ntable et élégant que Ferrias avait rêvé, et si parfois celui-ci d u t replacer\nun cadre, jeter plus négligemment un bibelot sur une étagère, détruire\nla symétrie monotone d'une théorie d'assiettes rares sur un bahut,\nmettre enfin le désordre dans l'ordre rigide, il comprit que sans Greta\nil n'eût su en arriver comme aujourd'hui à aimer son « chez-soi où\ntout était chaleur et tendresse.\n   Décidément accroché p a r ses goûts aux lettres, J a c q u e s écrivit, non\nplus des poèmes ainsi qu'autrefois, lorsque, comme tous, il avait été\npris de la maladie du vers, mais de courtes nouvelles d'abord, un\nroman ensuite. N a t u r e affinée, il tenta de rendre d a n s notre langue un\nidéal harmonique qui l'avait toujours obsédé. Ne se servant que de\nvocables longs, aux consonnances musicales demi-voilées, il voulait\nque sa phrase tînt autant d e la mélodie que du langage, et c'était\nencore, avec ses ambitions descriptives, son vieux regret de ne pouvoir\nmanier tous les arts et son rêve de les condenser tous par l'effort\nde la plume. Peindre par la description et rythmer par l'accord asson-\nnant des syllabes, rendre en même temps les subtilités de la pensée\nhumaine par des récits calmes sans complications, intéressants seule­\nment par la piste suivie pas à pas des nuances psychologiques, tel était\nle but de F e r r i a s . Cette tâche minutieuse et patiente lui convenait d'ail­\nleurs. Aux écrivains d'action il préférait les » étudieurs d ' â m e » , et,\nd'abord passionné pour les » naturalistes » dont il adopta un instant\ncomme évangile les étroites théories, il ne tarda pas à s'apercevoir\ncombien leur méthode est faite de procédés, combien l'assimilation en\nest facile, combien s u r t o u t ils s'attachent au décor dont ils font la\nforce motrice de leurs types humains, par une inconsciente déviation du\nsens de la vie.\n   Il était retourné aux oeuvres de fiction où l'artiste constamment se\nmontre avec ses passions, ses partis-pris, ses sublimes erreurs et sur­\ntout sa vision agrandissante des réalités. Il lut et relut surtout Barbey\nd'Aurevilly, aimant la folie, l'invraisemblance de ses romans, sous les­\nquels il déméla une vérité intérieure bien plus grandiose que chez les\nautres, parce qu'elle se fait jour à travers la partie la plus immatérielle\net la plus fugace de l'homme. Pendant longtemps il eut aussi l'obses­\nsion de Baudelaire, ce maladif semblant marcher dans un perpétuel\ncauchemar qui lui donne une seconde vue, et qui, noyé dans des paradis\nartificiels, voyait dans les obscurités et les mystères.\n"}, {"page_pdf": 548, "texte": "                                - 501 —\n\n  Ferrias aussi voulait faire une œuvre, un livre, il ne savait quand,\nun jour, dans longtemps, n'importe ! mais un livre où il se fût mis tout\nentier, âme et sang, où il eût discerné les bizarreries fantasques de son\nêtre, où il eût créé une figure immortelle qui n'eût été que lui-même\nmais pour lui-même seul — à l'insu du monde.\n   Ne croyant pas à son génie, tout au plus à un talent ordinaire doublé\nd'énergique volonté, il se fortifiait pourtant dans cette espérance fragile\nqu'après lui — qui sait ? — il laisserait une page, une seule, survivante\ndans le t e m p s .\n   Qui dira la souffrance de ces hommes qui, inconnus ou méprisés de\nceux qui les entourent, se crucifient à leur plume, montés au calvaire\nde l'art, et voient saigner leur plaie à chaque instant rouverte par une\nlame glacée d'indifférence et de gouaillerie. L e tourment du chef-'\nd'oeuvre est le pire des tourments ; il est fait d'une incertitude meur­\ntrissante que rien ne pourra calmer, et l'artiste descend dans la terre,\nparfois acclamé, rarement compris comme il eût voulu l'être, comme\nil avait le droit moral de l'être, avec cette angoisse qu'il emporte avec\nlui peut-être, au gouffre sans fond de la mort, l'œuvre qu'en la discré­\ntion de lui-même il avait espérée immortelle. L e moindre et le plus\nmodeste a plus d'orgueil qu'un empereur des mondes et Ferrias dans\n un moment d'enthousiaste l'avait un jour dit, le front h a u t : » Non, je\n ne suis pas modeste, je ne veux pas ; il n'y a que les sots conscients\n de leur sottise qui le soient ; j ' a i l'orgueil immense de mon esprit, je\n m'admire, oui, » et il rappelait le mot superbe de Préault : « L'artiste,\n c'est celui qui voit plus loin et plus haut que les autres. Voyez-vous\n cette étoile ? » dit-il au vulgaire, » non ? E h bien MOI, je la vois ! »\n   Greta comprit cette ambition immodérée de son mari, et certes elle\neût craint d'être abandonnée un jour au profit de l'art, si elle n'eût aussi\ncompris que ce tourment du chef-d'œuvre est précisément ce qui fait\nl'homme plus sensible. Aux heures de spleen, lorsqu'il doute et se\ndécourage, c'est dans la tendresse qu'il se réfugie ; son amour alors est\nsi intense, il se réveille si vivacement d'une somnolence qui n'est jamais\nl'oubli, — l'artiste n'oublie p a s , — ses caresses ont un élan tel, que c'est\npour la femme aimée une volupté infinie de délicatesses et de douceurs.\nCar il aime mieux que les autres, il comprend mieux la femme parce\nqu'il tient d'elle ; sa n a t u r e rendue subtile par l'art, s'harmonise à la\nnature féminine subtile originellement. L e besoin d'aimer s'unit au\nbesoin de créer, et c'est du repos intérieur de la vie que sortent les\n œuvres durables, sinon par leur grandeur, au moins par leur sérénité.\n"}, {"page_pdf": 549, "texte": "                                  — 502 —\n\nIl y a deux sortes de productions : celles écloses dans le calme et qui\ndélassent, et celles qui ont germé, fleurs maladives, dans les soubre­\nsauts de vies désordonnées; ces dernières ont un charme malsain, elles\nsont le produit d'une époque de décadence apparente mais demeurant\nsuperbes, car elles incarnent les névroses les plus aiguës et, par suite,\nles plus réceptives; mais elles ne conviennent qu'aux esprits atteints du\nmême mal, et le moment arrive où l'on demande à se reposer dans une\npaix artistique que fatalement amènera l'époque suivante. Ainsi, après\navoir vu Rops, on goûte mieux les Primitifs, de même après Baudelaire\non apaise son cœur sur les moins savantes harmonies de L a m a r t i n e .\n   Telles étaient les idées littéraires de Jacques Ferrias, et il était tout\nnaturel qu'il cherchât une formule simple, de cette simplicité voulue\nqui est le comble de la complication en ce qu'elle est occulte et ne tra­\nhit pas le labeur qu'elle a exigé.\n\n\n                                       II\n\n  Ferrias se mit à l'ouvrage avec d'autant plus d'acharnement que son\nancien entourage s'était séparé de lui, A son retour, il avait reçu de\nPierre Marius une lettre, datée de La Trappe, dans laquelle celui-ci lui\nannonçait son entrée au couvent. Jacques ne fut point étonné de la\nnouvelle. Il connaissait assez son ancien compagnon pour comprendre\nsa brusque décision, précipitée encore par l'absence de F e r r i a s .\n   — Cela devait être, dit celui-ci à Greta. Marius n'était pas fait pour\nnotre vie, et si le cloître ne lui interdit pas la peinture, je parie qu'il est\nheureux. Dieu et l'art, non, l'art et Dieu, c'était sa double tendresse.\n    Jacques vit en pensée son ami vêtu de la robe de bure, le capuchon\nrelevé, peignant des fresques a u x murs blancs d'une chapelle; il se le\nreprésentait debout sur un échafaudage, dans l'ombre des colonnes,\ndessinant des vierges et des séraphins suspendus en théories ployées sur\ndes .nuages, dans la contemplation du ciel ; il l'invoquait perdu par les\nh a u t e u r s , tournant parfois la tête vers le tabernacle entouré de cierges,\nou fixant les yeux sur la lampe toujours allumée qui, dans les églises,\nest comme un balancier mystérieux arrêté à l'heure de la mort divine.\n  — Oui, il doit être heureux, bien heureux !\n  E t le cœur de l'ami allait vers l'ami qu'il savait plongé dans la jouis­\nsance profonde d'une double et perpétuelle adoration.\n  Chastel, lui, toujours fantaisiste et toujours jeune, était, le lendemain\ndu mariage, reparti pour le Rhin en destination de sa dernière étape,\n"}, {"page_pdf": 550, "texte": "                                — 503 —\n\npris à cette idée fixe de remonter le fleuve jusqu'au Mont-Blanc. L u i\nqui s'était moqué tant des Guillaume-Tell en bois, des chromolithogra­\nphies naturelles et des glaciers en sucre, allait là bas sans s'en douter\nsaisi par la fatalité suisse à laquelle on n'échappe p a s .\n   L'intimité ne fut donc pas troublée et Ferrias ne le regrettait point.\n11 était bien agrippé par son livre à venir et dans l'enfantement de son\nœuvre, s'aperçut à peine de la désertion de ses anciens camarades.\n   L a tendresse, toujours égale et forte de Greta complétait sa vie et il\neut pour la première lois la conscience d'avoir réalisé ses rêves et d'être\nheureux.\n   L e bonheur est fugitif— c'est un lieu commun de le dire — et pour­\ntant on n'est pas j u s t e envers lui. Une heure, une minute de joie\ndédommage d'un mois de douleur, et la douleur elle-même est rarement\naussi cuisante qu'on se la figure. L'homme est tenté de grandir sa\npeine à un idéal de peine qu'il s'est organisé ; d'une tristesse il fait un\ndésespoir et d'une larme un sanglot. L e stoïcisme et la résignation sont\ndevenus si rares que souvent on se croirait au milieu d'une foule de\ndésolés passant dans la vie comme des martyrs.\n   Ferrias avait trop vu et trop vécu, trop scruté sa conscience pour ne\npas s'apercevoir que chacun de ses v œ u x de jeunesse s'était réalisé, et\nla conviction de son bonheur aidait à rendre celui-ci plus inaltérable\nencore.\n   Jamais il ne parlait de Bonn à Greta ; lorsque la préoccupation de\nson livre ne tenait pas trop Jacques, il avait avec elle de longues\ndiscussions enjouées dans lesquelles il se livrait à elle comme elle à\nlui, achevant tous deux de connaître le fond d'eux-mêmes, se découvrant\nd'heure en heure, unis chaque minute davantage.\n   Lorsqu'elle était seule, la jeune femme restait certains jours pensive ;\nelle songeait à l'orage qui l'avait soudainement jetée dans sa nouvelle\nvie; ce n'était qu'un rappel sans regret et comme une évocation tran­\nquillisante qui lui faisait mieux goûter la douceur du présent.\n\n\n                                    III\n  — Entrez.\n  — Ce n'est personne! C'est moi, bonjour.\n  — Marins! toi, mon brave, mon vieux! Du diable si je m'attendais à\ncette surprise, assieds-toi là bien vite, campe-là ton manteau, comment\nvas-tu? asssieds-toi donc, il y a une éternité... j'ai appris que tu étais\n"}, {"page_pdf": 551, "texte": "                                  — 504 —\n\nentré d a n s les ordres, comme un sacré caloltin que tu as toujours été;\noh ! je m'y attendais, va !\n  L e s traits du moine s'étaient amaigris ; avec sa longue barbe noire et\nsa face anguleuse il ressemblait à quelque farouche inquisiteur, n'étaient\nses yeux calmes qui semblent s'être reposés toute une vie sur coin\ndu ciel.\n  — Alors tu es heureux ?\n  — Oui, Jacques, tu sais, nous sommes un peu des soldats, nous\nautres, et pour moi, j ' a i m e ma garnison.\n  — T a n t mieux, tant mieux... Tiens, ça me fait un drôle d'effet de te\nvoir dans ce costume, il y a longtemps, au fait...\n  — Oui, sept mois que je le porte, mon cher, et il n'est pas trop lourd.\n  — Je me souviens, tu étais déjà pieux au collège, même je t'embêtais\nrudement en te parlant de femmes, te rappelles-tu ?\n  — Si je me rappelle ! F a r c e u r ! Ce n'est pas toi, en effet, qui aurais\nabusé de la m e s s e ; tu avais des romans reliés comme des paroissiens\nromains; le brave surveillant te croyait en prière !.. Enfin !.. T u esmarié !\n   — Oui j ' a i épousé une Allemande,\n   — E t cela va bien?\n   — Très bien, oui, Greta est très aimante et très aimée, mais depuis\nquelques jours elle m'inquiète un p e u ; à certains moments elle est\ntoute pensive, à croire qu'elle regrette quelque chose... ou quelqu'un.\n   — Ah ! est-elle un peu moins mécréante que toi, scélérat?\n   — O h ! non! tu sais, je n'aime pas l'église; elle n'y tient pas non plus;\ncela s'arrange à merveille.\n   L e prêtre poussa un soupir.\n   — Cela te fait de la peine, mon bon Pierre ; ce n'est pas ma faute, si\nsi je ne crois p l u s .\n   — T u as donc cru?\n   — Comme tout le monde, puis c'est filé tout à coup, à partir du\njour où, m'étant occupé d'art, j ' a i vu. Un matin, je me souvins, j'étais\nà Sainte-Gudule; un prêtre disait la m e s s e ; ie croirais-tu, en une\nminute, j ' a i tout renié parce que sa chasuble était de travers ! Il m'a\nsemblé que les vitraux avec leurs grands guerriers gothiques s'en­\nflammaient de colère ; puis le prêtre s'est tourné avec impatience vers\nl'enfant d e chœur qui ne lui apportait pas assez vite les b u r e t t e s ; j'ai\ncru voir un comédien manquant sa réplique par la faute du souffleur, et\npour ce rien, je suis parti furieux contre cet homme qui me volait mes\nderniers respects.\n"}, {"page_pdf": 552, "texte": "                                — 505      -\n\n   — C'est puéril.\n   — Eh non ! le décor, mon cher, le décor! Une belle messe, bien dite,\nhiératiquement, au milieu de belles verrières, au son d'une belle musique,\nfera plus de croyants que tous vos catéchismes ! Te souviens-tu du père\nGolen, au collège de Namur? Ce bonhomme-là avait une façon de\nchanter le Pater Noster, qui vous donnait le frisson; je ne l'ai jamais\noublié!\n   — Allons, allons ! je vois bien que tu es demeuré le même. Du paradoxe\nencore et toujours! Et les amis d'autrefois, les vois-tu encore? Beckx ?\n   — A la Royale, tous les soirs. Je ne le vois plus.\n   — Carol?\n    Idem.\n   — Chastel ?\n   — Itou. Va devenir consul.\n   — Kéradec? — A lâché la peinture pour la politique socialiste!\n   — Total zéro, mon pauvre Jacques, nous voilà bien éparpillés dans\nla vie et nous étions fous avec nos beaux projets de dîners et de ban­\nquets d'anniversaire!\n   — Oh! oui les anniversaires, flûte! Des crêpes périodiques! Nous\nnous retrouverons aux enterrements... et encore! on s'y enrhume.\n   — Mauvais cœur !\n   — Pourquoi ? Que me sont-ils, en somme, à présent? Je suis heureux\nlorsque je les revois, car ce n'est pas eux qui me visitent, c'est mon\npassé, et celui-là, je les défie bien de le prendre et de le mettre en terre.\nTiens, voici ma femme. Greta, je te présente un de mes bons amis\nd'autrefois, Marius.\n   — Je suis heureuse de vous serrer les mains, Monsieur, dit Greta\navec un sourire très doux, Jacques m'a souvent parlé de vous comme\nd'un des plus fidèles compagnons qu'il ait eus.\n   — Ce sont nos épouses qui nous ont séparés, madame, j'ai l'Eglise,\nJacques vous a, et si je suis heureux de mon lot, je suis sûr en vous\nvoyant qu'il est bienheureux du sien.\n   — Oh ! oh ! cria Jacques en riant, voilà Marius qui devient » dix-\nhuitième; « je vous salue, Monsieur de Bernis, ajouta-t-il en se pros­\nternant.\n   — Vous dînez avec nous, en famille, n'est-ce pas Monsieur, dit\nGreta.\n   — Je ne résiste pas une minute, madame, cela me réchauffera le cœur.\n   — Tu en as donc besoin, l'abbé ?\n                                                                         36\n"}, {"page_pdf": 553, "texte": "                                — 506 —\n\n   — N'en a-t-on pas toujours besoin, fit Mari us d'une voix grave, pour\nnous autres prêtres la vie est plutôt faite de paix et de tranquillité que\nde joie, et l'on se reporte volontiers et sans le vouloir, au temps où elle\nétait plus bruyante, mais aussi moins solitaire.\n  — Oui, ajouta Greta, je crois qu'on regrette toujours quelque chose...\n  — On a tort, madame, le simple souvenir réconforte et le regret\ndécourage.\n   — Est-on maître de son âme ?\n  — Ceci est presque l'aveu d'une peine et je vous dirai alors — comme\navis de prêtre ce ne sera peut-être pas trop prudhomme — que les\ndevoirs doivent être au dessus de ces regrets...\n  — Ta, ta, ta, interrompit Ferrias, nous ne sommes pas ici pour phi­\nlosopher. A table! Gretchen ! Donne-moi la clef de ia cave.\n\n\n\n                                    IV\n\n   Si tu savais, mon brave, comme c'est drôle de te voir ainsi accoutré !\nTiens! je regrette tes longues redingotes d'huissier du bon temps! Te\nrappelles-tu ?\n   Et gaîment revinrent les souvenirs de la vie de jeune homme.\n   — Bah! fit Jacques, on chante toujours qu'on est dégoûté de la vie\nseule, et lorsqu'on est marié, je t'assure qu'on la regrette rudement,\nparfois.\n   — Dis donc, Jacques, tu es aimable, dit Greta en riant.\n   — Enfin ! c'est ainsi ! Ah ! je me souviens ! Quand je faisais le\ndégoûté, que j'avais un air éteint, vidé... Mais, mon cher, une prome­\nnade aux champs m'aurait retapé pour six mois! Vois-tu, nous sommes\ntous trompés par la minute; qu'il nous arrive une fatigue physique,\nvite ! nous nous » montons le coup » et nous figurons que nous serons\ntoujours éreintés ainsi, que nous sommes usés, qu'il n'y a plus rien à\ntirer de l'existence. Excuse-moi, Madame Ferrias, mais les artistes\nsont fous de se marier. Moi, j'ai eu de la chance — et encore, ajouta-\nt-il en embrassant Greta !... L'artiste est un oiseau qui doit être libre,\nqui doit pouvoir vivre d'un croûte, sans se préoccuper d'un nid à\nnourrir, ni d'une oiselle... fixe à caresser!\n   — C'est peut-être vrai pour quelques-uns, dit Marius, mais à d'autres\nil faut la tranquillité, le recueillement....\n"}, {"page_pdf": 554, "texte": "                              — 507 —\n\n  — Mais, sacré animal ! Comment veux-tu qu'on se recueille et qu'on\npense, lorsqu'il faut payer sa servante, vérifier des comptes et se\ndemander constamment si oui ou non on pourra lier les deux bouts !\nCela, parce qu'un beau jour on s'est fichu dans la boule qu'il était\ntemps d'avoir une descendance de petits bonshommes qui vous piaille­\nront aux oreilles pendant que vous cherchez dans les nuages une rime\nd'or ou une étoile !\n  — Eh bien ! et toi ?\n   — Oh moi! dit Jacques d'une voix lente...\n   Et comme le dîner venait finir de, il se leva de table.\n\n    (A continuer.)                                   MAX WALLER.\n\n\n\n\n              TRISTESSE DE REINE\n\n                                                 A Pierre Loti.\n\n         SOUS les plis somptueux des velours noirs et jaunes,\n          Près des coupes de bronze où meurent de grands lys,\n          La Reine aux beaux yeux pers, aux doigts longs et polis,\nContemple au loin le parc où ricanent les Faunes.\n\n\nEt sur son front royal, dans son cœur sans amour,\nL'Ennui descend, brutal, ouvrant ses ailes noires.\nCependant qu'elle voit, vêtus de blanches moires,\nLes Pages blonds sourire aux dames de sa cour.\n\n\nAlors, pour échapper aux tentations fortes,\nElle ouvre un grand missel, jadis enluminé\nPar quelque moine, obscur et mystique obstiné,\nQui vit sous ses pinceaux, du Ciel ouvrir les portes.\n"}, {"page_pdf": 555, "texte": "                                — 508 —\n\nAu milieu des fonds d'or, divin Crucifié,\nJésus étend ses bras maigres, ses mains sanglantes,\nE t les soldats qui jouent les pourpres éclatantes,\nTroupeau barbare et vil, ignorent la pitié !\n\n\nMais les femmes tout bas pleurent; leurs chevelures\nComme des toisons d'or ont inondé leurs seins,\nTandis qu'en plein éther, poursuivant ses desseins,\nDieu prépare au Martyr les revanches futures.\n\n\nL o r s , la Reine a senti pénétrer lentement\nL e parfum consolant des lectures pieuses\nD a n s son â m e ; l'essaim des marquises rieuses\nA fui; le parc est plein d'un doux recueillement.\n\n\nC'est l'heure bienheureuse où, dans la paix profonde\nDes épaisses forêts, les nids vont s'endormir ;\nC'est l'heure des aveux, l'heure où le Souvenir\nMène sous tous les fronts sa gracieuse ronde.\n\n\nL ' h e u r e où les animaux s'en vont sérénadant\nL e u r belle, où l'on entend chanter les mandolines,\nQ u ' à travers ses rideaux de claires mousselines\nE c o u t e une Eve blanche et mièvre à l'œil ardent.\n\n\nMais triomphante enfin des charnelles pensées,\nL a Reine a refermé le livre précieux.\nRésignée, elle sent des pleurs silencieux\nCouler et rafraîchir ses paupières baissées\n\n                                                        HENRI   MÉRIOT.\n"}, {"page_pdf": 556, "texte": "              LES TUNNELS DE LA VIE\n\n                                           I.'individualisme : la liberté substituée à\n                                       l'autorité, la rupture de tous les rangs et de\n                                       toutes les disciplines, l'indépendance de la\n                                       pensée, la foi à la conscience, la souve­\n                                       raineté de l'individu.\n                                                                 A.   VACQUERIE.\n\n         IL   s'est produit depuis plusieurs années en Belgique un\n            mouvement redoutable contre tout ce qui est classique,\n           routine, méthode, préjugé. Ce mouvement s'est manifesté,\ndans le domaine des arts et surtout en littérature.\n   C'est sur un autre terrain que nous voulons aujourd'hui combattre\nce même ennemi orgueilleux et glacial, ce rigide huissier qui, encadré\ndans la chaîne des préjugés à laquelle se cramponne la médaille des\nhommes de lettres brevetés, nous cric à chaque pas, de sa voix de\nclarinette phtisique : » Passez par où vos pères ont passé. »\n   C'est au point de vue de l'éducation que nous voulons signaler la\ntorpeur et la fausse sécurité qu'engendre cet esprit de système et de\ngénéralisation.\n   On a combattu cet ennuque à l'habit brodé parce qu'il voulait étouffer\nles œuvres jeunes et viriles. Il faut qu'on se mette à le combattre\nparce qu'il s'attaque directement à leurs auteurs. C'est l'homme, c'est\nl'individu lui-même qu'il séquestre, qu'il baillonne encore. Si vous\nvoulez des fruits ne négligez pas de protéger l'arbre.\n   Disons tout d'abord par quoi nous remplaçons ce que nous voulons\nrenverser afin que pas une austère perruque ne nous accuse d'ctre de\nla classe des » mécontents »\n   Nous voulons le MOI souverain.-\n   Nous voulons une vie propre à l'individu, en rapport avec ses aspi­\nrations, et non une vie factice, imposée, qui l'atrophie et fait vivre un\nautre en lui.\n   Nous voulons enfin ce que Vacquerie appelle l'avenir : l'individu en\npleine possession de lui même, l'initiative universelle, la faculté de tout\nproposer et de tout choisir, le droit pour tous de circuler dans toutes\nles nouveautés ».\n  Ceci est, assez catégorique.\n"}, {"page_pdf": 557, "texte": "                                   — 510 —\n\n   Notre idéal exposé, voyons comment sont traités aujourd'hui la\ngrande majorité des jeunes gens au moment où ils se font h o m m e s .\n   L e père laisse à son fils le choix de sa » carrière » et a soin de lui\nfaire prendre cette décision à l'âge où il supporte encore le joug de son\nautorité. D e sorte qu'il lui impose sa volonté en paraissant lui laisser\ntoute sa liberté.\n   L'adolescent se développe dans l'admiration des idées et des prin­\ncipes d e son père qu'il regarde comme infaillible. Il lui arrivera môme\nde le remercier de l'avoir si bien guidé d a n s le choix de la carrière pour\nlaquelle il se sent tant de dispositions.\n   Mais voici la période des cataclysmes. L a lumière se fait dans l'es­\nprit d u jeune homme.\n   Il a lu tout ce qu'on lui cachait j u s q u ' a l o r s . Il s'est demandé pour­\nquoi on ne lui avait pas découvert ces grandes idées de liberté et\nd'indépendance qu'il sentait en lui depuis longtemps, mais qu'il refou­\nlait par respect pour cette discipline qui réduit l'éducation à l'imitation.\nIl a compris que son cerveau était dans un étau, il s'est. débattu, il\ns'est révolté, il a jeté loin de lui toutes les idées fausses et rouillées\nqu'on lui avait fourrées dans la tête, il s'est refait une appréciation\nnouvelle, propre et originale de sa vie antérieure, il est devenu son propre\njuge, il a eu conscience d e son individualité, de sa responsabilité, il est\ndevenu L U I .\n   Il a dit à son père » Vous prétendez que je prends une mauvaise\n» voie ? Je ne veux pas rechercher si elle bonne ou mauvaise, mais ce\n» que je sais, c'est ce que c'est la mienne et non la vôtre, dans laquelle\n« vous vouliez me pousser. Je me sens aujourd'hui dans toute ma force\n« morale, irrésistiblement je suis poussé dans cette nouvelle voie. Ce\n« n'est pas à dire que je sois exclusiviste comme vous et que je dise :\n» Ceux qui ne passeront pas par où je passe n'auront pas le salut ! »\n» Vous avez votre tempérament, comme chacun à le sien et comme j ' a i le\n« mien. E t par conséquent, v o u s suivrez votre route et moi la mienne. »\n   L a vie serait un Eden, si chaque fils en venant au monde n'avait\nqu'à recevoir de son père une formule comme on reçoit un coupon à la\ngare, à prendre le train qu'il lui désigne et à se laisser aller sans aucune\ninitiative et selon, les recommandations de la formule. L a vie serait une\nsingerie et l'humanité une armée d'esclaves.\n  Malheureusement pour les natures apathiques, nous n'en sommes\npas à cette douce et suave végétation.\n  Chaque homme pilote lui-même sa propre embarcation. Il se dirige\ncomme il se sent, en rapport avec ses dispositions.\n"}, {"page_pdf": 558, "texte": "                                 —511—\n   Je trouve qu'il est de la dernière prétention de vouloir mieux con­\nnaître son prochain qu'il ne se connaît lui-même et de vouloir se subs­\ntituer entièrement à lui.\n   C'est un meurtre moral.\n   Laissez à chacun le soin de se diriger dans la vie. L'homme se fait\nne prétendez donc pas le façonner comme une statue de plâtre.\n   A bas cet esprit de méthode et de classement, à bas ces formules\net ces principes qui veulent régenter tous les esprits.\n   A tel homme, telle méthode, telle formule, tels principes. A tel autre,\ntels autres.\n   Chacun développe les germes particuliers et originaux que la nature\na mis en lui. Il devient ce qu'il est destiné à devenir. Il vit conformé­\nment à sa nature : ce n'est pas une monstruosité hybride. Ne vous\néchinez donc pas en vain, vous qui croyez de votre devoir de mettre des\nbâtons d a n s toutes les roues et qui considérez comme mal tout ce qui\ndérange un peu votre vie paisible.\n   Comprenez 'donc que, nous aussi, nous serons vieillards à cinquante\nans, mais ne nous forcez pas à l'être à vingt-cinq.\n   Comprenez aussi que le cerveau que renferme votre respectable crâne\nn'est pas semblable à celui de votre voisin, lequel à son tour ne res­\nsemble p a s davantage à celui d e son fils, que cette différence constitue\nvotre individualité, et que c'est anéantir l'esprit humain que de vous\nastreindre, dans votre exclusivisme superbe, à calquer nos idées, nos\nsentiments, nos volontés sur les vôtres que vous avez la prétention de\nnous offrir comme seul et universel modèle.\n   Soyez vous et laissez-nous être nous. P a s d'exclusivisme. Chacun\ndoit pouvoir suivre l'impulsion naturelle de son tempérament. P a s de\nrèglementation, ni d'enregistrement des esprits. L'individualisme subs­\ntitué à cette » recette universelle pour couler ses jours dans la plus\nvertueuse sagesse. »\n   P a s » d'idéal universel de la vie déposé conformément à la loi. » Autant\nd'individus, autant de destinées. Autant d'hommes, autant de vies.\n   P a s de » seul tunnel pour arriver sans danger et rapidement à\nFelicity-Town. »\n   Autant de tempéraments, autant de routes. Que chacun ait la res­\nponsabilité de soi-même, qu'il soit maître de sa conscience et qu'il\ncherche uniquement en lui comment il doit vivre, c'est-à-dire confor­\nmément à quelles dispositions, en rapport avec quel tempérament. Nous\navons conquis la liberté dans nos écrits, il nous la faut dans nos actes,\n"}, {"page_pdf": 559, "texte": "                                — 512 —\n\ndans notre vie. A l'œuvre! et sapons ferme cettte vieille barricade\nvermoulue derrière laquelle on nous crie :\n   » Passez par la filière, écoutez nos conseils, suivez notre exemple —\n» tous les pères sont des papes, aujourd'hui — ne vous précipitez pas\n» témérairement, cela ne vous convient pas, profitez de notre expérience\n» — nous aimons mieux profiter de la nôtre — savez-vous où vous allez?\n» — quelle peur de l'avenir, à quelle position cela vous mène-t-il, etc... »\n   Est-ce que vos pères vous auraient édifié votre vie jusqu'à leur mort ;\nque vous voulez nous édifier la nôtre ?\n   Vous avez vécu pour vous; avares! pourquoi voulez-vous revivre\ndans vos fils !\n   Mais nous conquerrons notre indépendance morale, nous prendrons\ncette dernière place, nous briserons tout, nous vivrons de notre vie, et\nquand cette dernière pierre du temple académique aura cédé, nous ne\nverrons plus de talents avorter ou croupir dans des arrières boutiques ;\nils suivront leurs inspirations et se feront jour à travers toutes vos\nattaques.\n   L'homme sera ce qu'il doit être et non ce qu'on l'aura fait.\n                                                   FLORENT VUREYG.\n"}, {"page_pdf": 560, "texte": "        CHRONIQUE                         LITTÉRAIRE\n\nLa Belle madame le Vassart, par ALAIN BAUQUENNE. Un vol. Paris. OLLENDURFF.\n 3-30.— Lady Fauvette, par MARGUERITE VAN DE WIELE. Un vol. Taris. Charpentier.\n 3-30. — L'Ame Pensive, par M. CHARLES FUSTER. Un vol Paris. Ghio. 3-30. — Le\n Congrès Littéraire. — Le Caveau Verviétois. — A l'Art Moderne.\n\n\n                                      I\n\n         ON a toujours un faible pour l'artiste dont les aspirations se rappro­\n          chent de l'idéal qu'on s'est fait soi-même. Il semble qu'on soit de\n           sa famille et l'on va vers lui comme vers un frère dont on aurait\nété, de toujours, éloigné. Lorsqu'il y a bientôt deux ans, je promenais sur\nles boulevards parisiens ma lourdeur de « belge comme une oie, « je fis,\nen sortant d'une visite à Emile Zola, la connaissance d'André Bertera, en\nlittérature Alain Bauquenne. C'est un beau grand garçon qui n'a rien de\nbohème ni de chatnoiresque, sanglé dans des vêtements anglais d'une\nirréprochable coupe, aux favoris courts, à l'allure britannique et froide\nd'un Phileas Fogg.\n   Je lui fus présenté par Henri Amie, un autre jeune écrivain de talent,\nqui a eu la mauvaise idée de parler des Allemands et de l'Allemagne en\nboulevardier blagueur. La connaissance fut bientôt faite et nous allâmes,\nbras-dessus bras-dessous, causer littérature dans le cordial salon de\nMme Henry Gréville.\n   A mon retour, je relus l'œuvre déjà considérable de Bauquenne et je me\npris à aimer, de tout mon cœur, ce brave écrivain, qui faisait précisément\nce que j'avais rêvé de faire moi-même : du Daudet, mais plus délicat, plus\ntendre, dans une langue plus scintillante et plus moderne. A chaque\nvolume je me mettais à jurer, comme s'il m'avait volé mon livre, ce\ndamné ! et je m'attendrissais en retrouvant dans ce plagiaire d'un nouveau\ngenre, les douceurs et les subtilités que je me sentais impuissant à rendre\ncomme lui.\n   C'était tour à tour l'Amoureuse de maître Wilhelm, un vergiss-mein-nicht\nlittéraire, l'Écayere, Ménages parisiens, la Maréchale, Noces parisiennes et\nenfin cette Belle madame le. Vassart qui nous arrive aujourd'hui comme\nœuvre faite, complète, parfaite, sans hésitation, par un romancier de pre­\nmier ordre destiné à devenir une des tètes de ce mouvement littéraire\nfrançais, si raréfié, si pauvre et si dégénéré.\n   M. Alain Bauquenne est un sensitif. D'une nature exquisement féminine,\n"}, {"page_pdf": 561, "texte": "                                  — 514 —\n\nil se laisse aller à l'émotion des sincères. Pas de truc; rien que le dévelop­\npement de la passion, mais une passion lente observée dans ses plus\nsubtiles nuances.\n   Son Daniel combattu entre un devoir de supra-honnête homme et sa folie\npour M mc le Vassart, est une création vibrante et belle. Il souffre, il pleure,\nil sanglotte; la lutte est âpre et désolée, cela est senti, vécu, — tous les\nponcifs que vous voudrez pour ajouter à ce que nous avons éprouvé, en\nlisant ce livre, dont nous disons hautement qu'il est durable et merveil­\nleux.\n                                     *   ■*\n\n\n\n   Le mémento dans lequel nous mettons pèle-mèle les articles tout faits\nque nous envoient les soigneux libraires, les annonces littéraires, les\népluchures enfin de nos copies, aurait suffi pour annoncer la nouvelle\nédition de Lady Fauvette, que nous envoie l'éditeur Charpentier, si nous ne\ntenions à préciser la position que nous avons vis-à-vis de Mlle Van de\nWiele. Cette position n'est pas brillante. Il y a deux ans, l'auteur de Lady\nFauvette qui ne se doutait sans doute pas des proportions que prendrait\nnotre mouvement, écrivait dans la Vie moderne de Paris un article où les\nécrivains belges étaient arrangés on sait comment. On se souvient peut-\nêtre aussi de la réponse un peu roide que nous lui fîmes. C'était la brouille\navant d'avoir eu l'amitié.\n   Nous avons souvent regretté la provocation. Protégée par le visqueux\nPotvin et quelques autres de ces bonshommes qu'on prend à la cuiller ou\naux pincettes, Mlle Van de Wiele a cru pouvoir voler de ses propres ailes\nau lieu de se joindre aux jeunes qui ne demandaient qu'à l'accueillir.\nA-t-elle été effrayée de l'allure batailleuse de notre groupe, ou, prudente\nainsi qu'un académicien, a-t-elle pensé que, comme son maître, la cloche à\nfromage du Musée Wiertz, elle pourrait un jour aussi « conserver «\nquelque chose aux frais du gouvernement, je l'ignore.\n   Par deux fois nous tentâmes d'emmener à nous la jeune fille, dont les\npremiers essais paraissaient dignes d'attention. Un dédaigneux silence\nnous fut opposé et nous nous retirâmes, n'ayant pas avec nous le soldat\nféminin — la cantinière! — que nous avions espéré.\n   Depuis, le temps a marché. Nous qui avons commencé après Mllc Van de\nWiele, marchons au but ; elle est toujours la forte en thème du Roman\nd'un chat. Sa Lady Fauvette, imprimée d'abord chez un éditeur de rencontre,\nM. Levasseur, au milieu du plus parfait des silences, sa Maison flamande,\ndont la première et unique édition, bien que lancée par Charpentier, s'est\ncontentée de jaunir pendant quelques jours la vitrine des libraires, ont\nfait le plus beau four que les lettres aient connu, et cette gentille petite\nLady Fauvette, grossie d'une nouvelle : Histoire d'un ménage, ira, n'en dou­\ntons point, se joindre aux précédents rossignols.\n"}, {"page_pdf": 562, "texte": "                                   -   515   -\n Pourquoi ?\n  Aucun de ces livres n'est quelconque. Mlle Van de Wiele a du talent, elle\nsait construire un livre et sait l'écrire. Certes, elle pille Dickens, vole\nDaudet et chipe Gustave Droz, mais elle a une jolie féminité, une sym­\npathie de conception, quelque chose qui d'un élan sortirait avec victoire.\n  Mlle Van de Wiele est le produit de vieillards littéraires qui ont eu trop\ntard leur enfant unique. Ses parrains lui ont mis des lunettes ; elle n'a pas\nconnu les chapeaux ronds fleuris de pâquerettes, elle n'a pas jeté par\ndessus les moulins de l'art le bonnet de bruyère que ses parents lui confis­\nquaient. Elle est née vieille et n'a pas voulu rajeunir. Elle déclinera.\nPuissions-nous mentir et calomnier!\n  Une œuvre nouvelle, est annoncée. Nous verrons Tribun. Mais quand\non n'a ni enthousiasmes ni colères, quand on naît flegmatique et calme,\nqu'on fait de l'art comme du tricot avec la préoccupation d'achever autant\nde paires de bas ou de chapitres par an, on fait du métier, de la boutique,\nde l'épicerie, on n'est pas artiste et l'on ne mérite ni l'estime ni même\nla pitié.\n\n\n                                        II\n\n                             A Monsieur Charles Fuster, poète, à Bordeaux.\n\n              Monsieur le Poète,\n\n  Dans une lettre très aimable et flatteuse, à laquelle vous avez joint un\nexemplaire de votre premier livre : L'Ame pensive, vous me demandez de\nconsacrer à votre œuvre un article sérieux, détaillé — ce que j'ai fait pour\nPierrot Lunaire — et cela sans vous demander le moins du monde si votre\nouvrage vaut toute cette peine et si nous ne l'avons pas délicatement jeté\nau panier ?\n  Cela manque de modestie et de prudence.\n  Notre générosité vous eût accordé le silence ; vous voulez qu'on vous\nparle. A vos ordres. L'Ame pensive n'est pas un mauvais livre. C'est pire.\n  C'est un livre banal.\n  Là-bas, en province, vous vous figurez qu'avec du métier on est poète,\nqu'il suffit de connaître sa prosodie pour pondre des chefs-d'œuvre et qu'on\ncrée un fruit en réunissant, de ci de là, les épluchures dédaignées.\nAllumez votre lanterne, frottez vos cailloux et qu'il sorte de vos pierres\ndu feu, leur âme !\n  J'ai l'horreur de cette facilité qu'on obtient en quelques semaines et qui\npermet de mettre en belles strophes cadencées l'indicateur des chemins de\nfer ou l'almanach Gotha. Mettez un pied de trop, quatre hiatus, douze che-\n"}, {"page_pdf": 563, "texte": "                                   -   516     -\n\nvilles, qu'importe ! Mais que cela vibre ainsi que ces dissonnants accords\nqui déchirent l'oreille et font tressaillir pourtant parce que le génie y san-\nglotte. L'Ame pensive, bah ! La Versification pensive, deviez-vous dire ;\nd âme point, cher monsieur.\n   Je vous suivais de l'œil depuis bien longtemps, Monsieur, et vous me\nfaisiez rire. On n'avait jamais vu pareille activité. Paraissait-il une revue\nnouvelle, quelque minuscule qu'elle fût, vite vous y expédiez des fardes de\nvers. Les revues belges même n'ont pas été épargnées, et pour que l'on\nvous y reçût mieux, vous y faisiez le pompeux éloges de nos écrivains,\ncomme si vous y connaissiez quelque chose.\n   C'est burlesque.\n   Gc que j'en ai lu, de vos vers, c'est monumental. Impossible d'ouvrir\nune feuille imprimée sans en découvrir, et vous avez déterminé la généra­\ntion spontanée d'un nouveau mot : fustcriser la presse ! Vous n'êtes plus\nun poète, vous êtes un Remords, un Banquo de fantaisie dressé en ombre\nimplacable devant nos yeux.\n   Je vous déclare que cela tourne à la fumisterie quintessenciée et qu'après\ncette déclaration, jamais la Jeune Belgique ne prononcera plus votre nom\n— à moins que sur le tard le talent vous vienne, et nous avons le temps !\n   Vos vers sont quelconques ; on les a lus avant que vous les écrivissiez,\non les a lus partout. Votre\n\n                    \" Si j'en dois mourir, ne me plaignez pas\nc'est le\n\n                       « Ne me plaignez pas si j'en meurs »\nde Coppée.\n   Votre Zens, c'est de la sous-légende des siècles ; votre Lâcheté, c'est du\nsous-Sully-Prudhomme, et à chaque page, en lisant vos diables de vers, on\nse dit qu'on les a connus, mais qu'alors ils étaient meilleurs! C'est la chose\nla plus dure en même temps que la plus vraie que j'aie à vous dire.\n   Oh ! je sais que vous ne me le pardonnerez pas, que je compte désormais\nun ennemi de plus ; je m'attends à une réponse écrasante dans laquelle\nvous me prouverez que vous êtes original. Dans ce cas, je vous promets un\ndernier article, dans lequel je vous mettrai sur deux colonnes, d'une part\ncent de vos vers, d'autre part cent vers des grands poètes que vous n'avez\nfait que démarquer involontairement.\n   Dans votre lettre vous demandez un éreintement sérieux; vous l'avez\nvoulu. Le Voilà.\n                                       III\n\n  Oh! la réjouissance et délicieuse réunion, que le congrès littéraire! Le\n"}, {"page_pdf": 564, "texte": "                                 — 517 —\n\ncœur des écrivains officiels a bondi pendant une semaine entière. Songez\ndonc ! Discuter pendant huit jours sur les grandes questions du droit artis­\ntique. Passer huit jours à exécuter des variations sur le mot de Karr : « La\npropriété littéraire est une propriété, « le répéter, le retourner, l'éplucher,\nl'épiler, le surgratter, se livrer, sans crainte de la police, au plus ennuyeux\ndes ergotages, sous le nez du plus gâteux des présidents.\n   Les résultats n'ont pas failli à ce que nous attendions, ils sont nets, se\nbornant à quelques indigestions prises dans les raouts et quelques rhumes\npris dans les couloirs de théâtre. M. Ulbach a manqué se donner une con­\ngestion dans l'usine de Seraing et M. Lermina n'a pas raté un calembourg.\nLa littérature se porte bien ; ce n'est pas leur faute, à ces bonshommes!\n   Il n'y a pas d'autre éloge à faire de ce congrès, auquel, naturellement,\nnous n'assistions qu'en simple spectateur, heureux de vivre.\n\n                                     * * *\n  Il y a un an que nous n'avons plus parlé de ce brave Caveau verviétois,\narrêté dans notre critique par la susceptibilité trop pointilleuse de M. Karl\nGrun, qui nous reprochait de lui parler franchement. Espérons qu'une\nannée de plus lui aura durci l'épidémie et qu'il nous pardonnera un langage\nque nous n'avons pas l'intention d'ouater.\n   Car vous serez toujours les mêmes, messieurs de Verviers, des écrivains\nà la grosse bedaine, des littérateurs en robe de chambre et des poètes de\npot-au-feu. Peu vous importe le mouvement de l'extérieur, vous vous\nmoquez fort des vers qu'on aligne à Paris ou à Bruxelles, et vous seriez\ntrès étonnés s'il prenait à un audacieux critique l'envie de vous traiter\nde vieillots.\n   Et pourtant, vous me faites songer à la Belle au bois dormant. Souvenez-\nvous, messieurs, lorsque le prince Charmant la vint réveiller, elle était\nmise comme une grand-mère, dans le costume du siècle d'avant. Vous êtes\ntels. Lorsqu'on vous réveille dans une pointe de critique, on vous retrouve\ntoujours vêtus à la vieille mode. Vous portez la cravate et la redingote de\nce bon vieillard Béranger — que son âme repose ! — et vous vous servez\nde sa garde-robe au lieu de la mettre au musée des antiques.\n   Non pas qu'il n'ait eu du mérite, le cher homme. Je le vénère, ne fût-ce\nque pour avoir entendu bonne-maman fredonner de sa voix chevrotante\nque j'aimais tant :\n                            Combien je regrette\n                            Mon bras si dodu\n                            Ma jambe bien faite\n                            Et le temps perdu !\n\n   Mais que diriez-vous d'un écrivain qui vous parlerait encore son langage\net vous entretiendrait des fils d'Épicurc, des muses volages, de l'écho des\n"}, {"page_pdf": 565, "texte": "                                                  -     518       -\n\n\nr i v e s , du t e n d r e é m o i , en t e r m i n a n t s a p h r a s e p a r un t r a d e r i d e r a ou u n e\nfaridondaine ?\n   C'est ce q u e v o u s faites, m e s s e i g n e u r s .\n   Écoutez :\n                                   L'été, quand la clarté s'éteint\n                                   Derrière la côte boisée,\n                                   Il s'abreuve jusqu'au matin\n                                   Aux mamelles de la rosée\n\n                                   Arrêtés au bord du ravin\n                                   Dans la fraîcheur de l'ombre dense\n                                   Viennent faire à ce pélerin\n                                   Leur plus secrète confidence.\n\n  L ' o m b r e d e n s e , l ' o m b r e d e n s e , ça et l e s m a m e l l e s d e l a r o s é e , auctore\nP. Ernest Gauthier (rien de c o m m u n avec T h é o p h i l e , un m o n s i e u r q u i fai­\nsait aussi des vers).\n   C o n t i n u o n s : M. E . H A R R O Y , s ' a d r e s s e a u x o r p h e l i n s et l e u r dit :\n\n                            Allez les voir souvent, allez au cimetière ;\n                            Pour leur parler tout bas, mettez-vous à genoux\n                            Posez vos fronts pâlis sur la fatale pierre,\n                                 ...Et vous croirez être dessous!\n\n   L e t r a i t d e la fin p o u r ê t r e d r ô l e n ' e s t p a s e n g a g e a n t , à v r a i d i r e .\n   A j o u t o n s q u e la fatale pierre n ' a v a i t p a s e n c o r e a s s e z s e r v i et q u e l e s\nfronts   pâlis     s o n t d ' u n e n o u v e a u t é r a r e , du m ê m e g e n r e d ' a i l l e u r s q u e :\n\n                                       Chantez, ô poètes sacrés\n                                       Versez à flots votre génie\n                                       En strophes pleines d'harmonie\n                                       Dans vos chants inspirés !\n\n  Q u a t r e poncifs e n q u a t r e v e r s , c'est p r e s q u e du g é n i e ; à M. J U L E S L E K E U\nceux-là, s o y o n s j u s t e .\n  N o u s a r r i v o n s au Lion d e M. K A R L G R U N ; il p a r l e du c h a s s e u r :\n\n                        S'il le manque, il est mort. Un bond, un coup de palte\n                        Et nul ne reverra le pâle chasseur blanc. —\n                        Le chat énorme boit ; sa gorge se dilate,\n                        Un doux frisson émeut le velours de son flanc.\n\n   N o u s l i v r o n s a u x j o y e u x a m i s le pâle c h a s s e u r blanc, le c h a t é n o r m e ,\net r e m e t t o n s à l'an p r o c h a i n d e d i r e au c a v e a u v e r v i é t o i s de n o u v e l l e s\namabilités.\n                                                         *    *\n\n    A p r o p o s d e n o t r e a r t i c l e Pro domo mea, d a n s l e q u e l n o u s r e p r o d u i s i o n s\n l a p o l é m i q u e b r è v e q u e n o u s a v o n s eue a v e c le Patriote, l ' A r t moderne n o u s\n p r e n d à p a r t i e et, s u r le ton d'un pion q u i g o u r m a n d e r a i t un p o t a c h e , n o u s\n a n n o n c e q u e nous       politiquons.\n    C'est faux.\n"}, {"page_pdf": 566, "texte": "                                 -   519   -\n\n   Un article de journal demandant l'amoindrissement de notre liberté\nlittéraire devait être relevé par quelqu'un. Je m'en suis chargé et si j ' y ai\nexprimé des opinions politiques, c'est qu'en réalité la réponse était des­\ntinée à des journaux politiques et non à notre revue.\n   Je ne l'ai reproduite ici que pour donner plus de publicité à une protes­\ntation que je crois légitime et juste. J'en eusse fait autant si la proposition\nde mesure réactionnaire de M. Ric-Rac avait paru dans tout autre journal\nde toute autre couleur.\n   Au demeurant, nous en laissons juges nos lecteurs ; mais ce dont nous\nsommes personnellement juges, c'est de l'attitude insupportable de l'Art\nmoderne à notre égard. Pas plus M. Picard, M. Arnould, M. Robert ou\nM. Maus qu'un autre de nos amis n'a mission de nous surveiller et de nous\ntancer, L'Art moderne est né à la même époque que la Jeune Belgique, avec\nles mêmes idées, la même intransigeance, le même but; il n'est pas notre\ncenseur, ni, d'un cheveu, notre grand frère : il est notre simple compagnon\nd'armes. Il l'oublie trop souvent. Nous avons autre chose à faire qu'à\nmettre le nez dans nos affaires respectives et à regarder si nous faisons\nbien ou mal. Le ton de mère grand qu'affecte trop souvent l'Art moderne\n est souverainement déplaisant, et si mes compagnons de lutte jugent à\n propos de l'accepter — je ne les ai pas consultés là-dessus — je déclare net\n que le procédé ne me va pas, qu'il me fait sortir de ma peau et que je me\n moque de tout mon cœur des avis de ceux qui n'ont peut-être pas à en rece­\n voir, mais qui n'ont certes pas davantage à en donner.\n                                                            MAX WALLER.\n\n\n\n\n           CHRONIQUE ARTISTIQUE\n\n  LA SCULPTURE                AU SALON DE                  BRUXELLES\n\n\n        J'AI parlé de Lambeaux dans mon précédent article sur le Salon et\n         j'ai signalé la mise à la porte pour vice de jeunesse et de talent\n          du sculpteur Chainaye.\n   Après ?\n   Peu à noter.\n"}, {"page_pdf": 567, "texte": "                                 — 520 —\n\n   La sculpture belge, autant que la peinture, a ses maréchaux d'académie.\nIls passent en vieux uniformes galonnés, plastronnés, firmamentés, avec\nleurs bâtons de commandement qui, au besoin, pourraient servir de\nbéquilles. Leurs plumets délustrés, déteints, défunts, pendent sur leur\nvisage comme de minuscules saules pleureurs. Ils sont les usés, les ralants,\nles finis, alors qu'ils pourraient être les respectés s'ils employaient le\ntemps de répit que leur laisse la mort à ne se point liguer contre l'art qui\nmonte et à ne se point coucher en obstacle devant sa marée fougueuse.\n   Il me prend souvent des scrupules à les tant attaquer et haïr. Somme\ntoute, quelques-uns ont eu leur heure de gloire. Jadis, ils étaient les héros\net les novateurs, les assaillants et les hardis ; ils cavalcadaient dans\nl'audace de leurs enthousiasmes jeunes ; ils triomphaient, eux aussi, à\nl'encontre et au nez des séniles manieurs de pâte et de pinceau, encrassés\net gluants comme leurs fauteuils de podagres, qui fignolaient dans des\ntaudis où la lumière n'arrivait pas, où la nature était inconnue, où traî­\nnaient des souvenirs d'alchimie et des senteurs de momies déterrées.\n   Ah le beau rôle qu'ils auraient pu remplir ! Ils seraient les aimés et ils\ndeviendraient les ancêtres, que l'on défend, que l'on honore, s'il leur fût\nentré dans l'esprit que l'évolution en art est d'ordre fatal ; que les pères\nne fondent que pour permettre aux postérités d'édifier; que rien n'est\nimmobile, immuable, achevé, arrêté ; qu'ils ne sont que les échelons d'une\néchelle et non l'échelle entière, un méandre du fleuve et non le fleuve, un\nétage de la tour et non la tour. Leur malheur c'est de vouloir étouffer, tuer,\npulvériser ceux qui sont créés pour leur succéder; c'est de s'aveugler sur\nla marche de l'art; c'est de se croire définitifs et de se rêver éternels.\n   D'où fureur, rancune, bataille et finalement culbute de toute la béquil-\nlante et cul-de-jatteuse armée des octogénaires jaunis de fiel, sèchés de\nroutine, empaillés de conventions.\n\n\n\n  Parmi les Belges, les deux bustes de Vincotte sont de très belle marque,\nsurtout celui de M. Chandelon. La manière de l'artiste s'est élargie, fortifiée,\nsolidifiée. On connaissait de lui des œuvres distinguées, d'un beau cachet\naristocratique. Aujourd'hui il étale un morceau d'art tout en carrure et en\nforce, taillé magistralement, avec aplomb, sûreté, maîtrise. Le portrait en\nmarbre de M mc X. attire par sa délicatesse et son élégance ; il est néan­\nmoins d'un mérite secondaire comme faire et originalité.\n  A vrai dire, M. Lefever n'est pas de taille à interpréter Shakespeare.\nSa lady Macbeth n'est rien moins que tragique. On songe à quelque jolie\nsentimentale, toute furieuse de s'être tâché les mains d'encre au moment\noù elle allait s'habiller pour le bal. C'est de l'agacement que la figure\nexprime.\n"}, {"page_pdf": 568, "texte": "                                 — 521 —\n\n   M. Lagae est un artiste. Abel est de ligne originale et belle : la pose en\nest dolente, douloureuse, funèbre; le corps est d'une candide adolescence;\nc'est l'éphèbe tué, la fleur de jeunesse fauchée, l'enfant préféré des mères\nabattu dans la lutte des doux contre les brutes.\n    Quelle jalousie que celle de M. Comein ! Elle n'en inspire aucune. Cela\nde l'élégance, de l'art? Allons donc ! M. Comein ne connaît-il donc pas la\nfable de l'âne et du petit chien ? Ne forçons point notre talent, nous ne\nferions rien avec grâce. » M. Comein doit se borner à fignoler des sta­\ntuettes, et encore !...\n    J'aime à louer M. Dillens. Il est travailleur, opiniâtre, audacieux. Son\nbas-relief, dont je ne me suis pas encore occupé — bien qu'il ait été exposé\nà l'Essor — est de belle conception hardie. Même, à dire toute ma pensée,\nje ne sache point de sculpture belge où, tout en conservant la belle ligne\ndes reliefs et les équations du groupement, la modernité ait été plus heu­\nreusement atteinte. L'artiste a fait preuve de goût et de science; cela est\nmûrement pondéré, traité, achevé.\n    Son Terme a même sérieux mérite. Toutefois dans cette œuvre-ci,\nM. Dillens a été plus hanté par le « déjà vu » des anciens.\n    M. de Vigne ne sort qu'à moitié de la gaine classique. Il y tient si tena­\n cement jusqu'à mi-corps, que son art sans franchise, sans détermination,\n paraît ennuyeux, figé, avec une vie hésitante. Certes est-il gracieux,\n mais d'une grâce maigre, conventionnelle, bourgeoise. Son talent n'a pas\n du sang, il a du lait dans les veines. M. de Vigne ne commettra jamais de\n maladresse, ni de bévue; jamais, non plus, il n'empoignera. Il me fait\n l'effet d'un monsieur poli et réservé en art, comme certains gandins dans\n les salons.\n    Parmi les œuvres de plâtre et de marbre les plus monumentalement\n médiocres, figurent les œuvres de Sain et de Ducaju.\n     Ils sont extraordinaires de lourdeur, de pesanteur, de gaucherie, de con­\n vention. Certes apparaissent-ils comme sujets sérieux. L'un est intitulé :\n Grandeur et décadence des Romains, gros comme le bras, l'autre : La chute\n de Babylone, gros comme la jambe ! Les gens graves doivent trouver cela\n superbe. Diable ! traiter en sculpture de tels mondes de pensée n'est pas\n du premier venu. Il faut coiffer sa calvitie de la coupole académique pour\n que de tels projets ne vous écrasent point.\n     Mais MM. Sain et Ducaju ont la tête dure ; ils l'ont même carrée. Leur\n art est fait de ciment, il est solide. Tout autant voudraient-ils, je suppose,\n être maçons que sculpteurs. Je le leur conseille. Chacun y trouverait\n  profit, — surtout le public.\n     M. Ducaju a dû s'inspirer de la fameuse Ariadne, visible tous les jours à\n Francfort, dans un pavillon à vitraux criards et germaniques, et que le\n guide vous fait admirer comme la plus belle œuvre de marbre du conti-\n                                                                            37\n"}, {"page_pdf": 569, "texte": "                                — 522 —\n\nnent. L'Ariadne est couchée sur le dos d'un tigre, la femme de M. Ducaju\nsur plusieurs, s'il faut se fier au nombre de têtes entrevues. D'autres pré­\ntendent que ces tigres ne font qu'une bête d'apocalypse...\n   M. Sain a pris modèle et inspiration en guignant, je crois, un cordonnier\nde son voisinage, en train, pendant les canicules — il s'est mis nu — à\nressemeller des bottes. Rien de plus grotesque et de plus laid à voir. Pour\nde telles pièces il faudrait inventer une nouvelle pudeur publique et s'en\nservir chaque fois que la malchance vous fait rencontrer de tels avorte­\nments d'art.\n   Un buste de Peter Benoit, d'un vert sombre, horrible, se plante à droite\nde l'entrée. La figure a je ne sais quel aplatissement burlesque, quel air\ncommun. De Kerckove, dit Nelson, en est l'auteur.\n   Un mot de M. Georges Van den Straeten. Cet artiste envoie de Paris un\ngroupe avec prière d'admettre le plâtre, se réservant d'y ajouter un acces­\nsoire. Le sujet était : Une petite dame tenant au bout d'un fil un pantin.\nLa commission admet la dame, mais dès que l'artiste veut y ajouter le\npantin, sans rime ni raison, elle fait retirer l'envoi.\n   Le pantin, soutient-on, était ridicule. Diable! la commission y verrait-\nelle une allusion ? On a parlé de procès, de citation, d'huissier. Je crains\nfort qu'on ne fasse rien de tout. Aussi bien, qui donc oserait s'attaquer\ndevant Messieurs les Juges du Palais de Justice, aux Juges du Palais des\nBeaux-Arts ?\n   Passons aux Français.\n   Et tout d'abord à Rodin, le grand sculpteur Rodin, dont le buste d'Hugo\nest un chef-d'œuvre et celui d'Antonin Proust une merveille.\n   Quelle vie dans le masque de l'ex-ministre ! Quelle allure fine, aiguë,\nspirituelle, moderne ! Quelle interprétation serrée, fouillée, étudiée,\npatiente, parfaite ! Quel que soit le point de vue auquel on se place,\nl'œuvre dénote une telle sûreté de travail et une telle profondeur d'impres­\nsion, un tel creusement de pensée et de réflexion que ce petit plâtre\n domine tout de sa puissance.\n   Me Marie Cazin? Une excellente artiste. Son envoi, la Tristesse, est beau.\n C'est de la vraie, de la pénétrante, de la mâle grandeur; on songe aux\n maîtres en l'examinant.\n   Le bas-relief de M. Duvilliers, nous était familier depuis l'an dernier.\n Cette Hérodiade est très originale d'allure, mais cela tourne trop vers le\n pastiche des choses étrusques et autres arts barbares. L'inspiration est\n bonne ; l'imitation ne vaut rien.\n   Il me tarde de dire encore quelques mots de Roty et de Ringel. Tous\n deux ont belle valeur, mais le premier a plus que le second la grâce et la\n distinction souveraines ; son exposition rappelle l'art des vieux frappeurs\n de cuivre et de bronze, des superbes artistes de la Renaissance, qui ont\n"}, {"page_pdf": 570, "texte": "                                 — 523 —\n\npoussé jusqu'au sommet leur art si pur. On ne se lasse d'analyser ses\ngénies tenant des palmes entre leurs doigts et volant dans le ciel des\nmédailles et ses portraits si scrupuleusement et si consciencieusement\nétudiés et faits.\n   Les fabricants de médailles belges sont très inférieurs et si insignifiants\nqu'il vaut mieux n'en point dire mot.\n   Au reste, ils sont rares les artistes qui suivent les voies qu'illumine la\njeune gloire de Roty.\n  La sculpture française a le sang moderne en elle. Après les fougues\nromantiques de Prcault, de Barrye, de Carpeaux et de Cain, elle est\nrentrée dans le calme et la belle ordonnance. Le génie si originalement\nprimitif du peintre Millet lui a montré comment, tout en s'appuyant sur\nla réalité la plus entière, on arrive à faire grand, profond et solennel. Tel\ntableau de ce peintre, si âprement artiste, fait mieux comprendre ce\nqu'étaient les anciens; il nous les fait entrevoir naïfs, scrupuleux et exacts\ntraducteurs de la nature ; il fallait sa venue parmi nous pour montrer\ncombien la simplicité est de tous les temps, et l'on pourrait dire de lui\nqu'il a fait de la modernité antique.\n   Or, faire de la mordernité antique — je prends aux cheveux cette\nexpression, espérant être compris, malgré la contradiction apparente des\ntermes — telle doit être, me semble-t-il, l'idéal des manieurs de ciseau\net d'ébauchoir. Ils ne sauraient trop étudier et approfondir Millet, ce doit\nêtre pour eux un ancêtre, un révélateur, nn illuminateur. Il apparaît dans\nsa douce et retirée existence, comme un voyant solitaire, penché sur les\npages de sa bible, recueilli dans ses rêves évocatoires et voyant 1' « aujour­\nd'hui » avec les mêmes yeux frissonnants encore des visions de 1' « autre-\nfois. n\n   La rusticité et l'étude des champs fournirait un vaste champ d'obser­\nvation à la sculpture. Ceux qui vivent dans les campagnes et suivent,\navec un pensée artiste, les travaux parmi les glèbes et les herbées,\nsaisissent aussitôt l'avantage qu'un jeune talent original pourrait en\nextraire. Il est des gestes et des attitudes de semeurs, de faucheurs,\nd'engrangeurs, admirables; des poses de faneurs et de vachères, toutes\nen belles et fortes lignes. L'imagination n'aurait qu'à choisir.\n   Un mois vécu en plein terreau flamand apprend plus qu'un an de\nfréquentation de musée. Au moins y sent-on, y palpite-t-on, y hume-t-on la\nvie, la sève, le mouvement, la force, le beau. L'impression est reçue vive,\nnette, à bout portant. On l'attrappe toute chaude — excusez l'expression,\nmais elle est juste — on l'attrappe sonore et crue comme un soufflet. Et\nc'est ainsi qu'il est, sinon agréable, au moins utile de la recevoir.\n\n                                                     EMILE VERHAEREN.\n"}, {"page_pdf": 571, "texte": "                                  MEMENTO\n\nOctave Pirmez.—L'Union Littéraire.—Fleurs           d'Enfer, par Auguste Barrau. 1 vol.\n    Paris Ghio. 5 fr. 30. — Une circulaire. — Monsieur le Baron, par A. de Sauvenière\n    et A. Hamm. 1 vol. Paris, IMarpon et Flammarion 5 fr. 30. —Cruelle énigme.—\n    Germinal. — Le Salon de Bruxelles, par Max Waller. 1 vol. Fink. 2.00 fr. — Mou\n    Oncle le Jurisconsulte.—Lady        Fauvette, par Mlle Van de Wiele. 1 vol. Paris,\n    Charpentier, 5 fr. 30. — Monsieur Vénus, par Rachilde et F. Talman. 1 vol.\n    Bruxelles, Brancart 5 fr. 30. — La Légende du J'amasse Contemporain, par Catulle\n    Mendès. 1 vol. Bruxelles, Brancart 3 fr. 30.—L'Ane à Tomy, par Paul Combes.\n    1 vol., bibliothèque Gilon. —Mes Croyances, par Célestin Demblon. 1 vol. Bruxelles,\n    Larcier 5 fr. 30. —Les Mystères de Marseille, par Emile Zola. 1 vol. Paris, Charpentier\n    5 fr. 30. — Publications nouvelles.\n\n\n\n\n  » CONFORMÉMENT AUX          DISPOSITIONS      vitale, où les choses se dégourdissent du\nTESTAMENTAIRES DE L'AUTEUR, CET OU­             long sommeil d'hiver, où l'herbe pousse et\nVRAGE EST ADRESSÉ A :                           l'arbre bourgeonne tourmentés par la caresse\n                                                des brises, où reprennent les chants d'amour\n    C'est sous une bande portant ces mots       dans les branches, où la nue s'irradie des\nque nous recevons une édition posthume          tièdes clartés du printemps, comme le\ndes Jours de solitude d'Octave Pirmez.          sourire plus clair d'une convalescente, où\n   Nous ne saurions dire combien nous           tout monte et grandit, où tout s'anime et\navons été touché de cet hommage in              murmure, où les cœurs s'ouvrent avec le\nextremis du grand et pensif maître que          besoin d'aimer, où s'épanchent les voluptés\nnous avons perdu. Il a voulu forcer les         terriennes et humaines, le poète s'est\nesprits timorés et hostiles qui sont les        endormi au milieu du réveil universel, il\nderniers dépositaires de sa belle succession    est mort devant la vie de tout, emportant\nlittéraire à le rappeler d'époque en époque     dans la tombe, avec la dernière pensée de\nà ceux qui furent ses vrais amis et les seuls   son hautain génie, l'ultime baiser de la\nà lui rendre un hommage efficace pour sa\n                                                nature, son immortelle amante; » il avait\ngloire.\n                                                assez de rayons en lui pour faire resplendir\n   Il y a plus d'un an qu'il est mort, dans     les tombes. «\nla douceur de mai, et, nous qui avons\n                                                   Ces paroles nous reviennent avec l'évo­\nassisté à la scène auguste des obsèques,\n                                                cation des funérailles promenées dans la\nnous avons relu ce que nous écrivions au\n                                                campagne lumineuse et sereine, et main­\nretour, le cœur encore plein de leur majesté\n                                                tenant que ce temps a passé, que nous\nfunèbre :\n                                                relisons l'œuvre du grand mort, nous nous\n    « Octave Pirmez semble avoir choisi\n                                                disons que ni famille ni mauvais amis ne\nl'heure de sa mort. Toujours il avait\n                                                pourront nuire à sa gloire.\nsouhaité de s'anéantir dans le calme de la\nnature; celle-ci a exaucé son vœu. Au             N. B. — Au dos de la nouvelle édition\nmoment où tout recommence l'évolution           des Jours de Solitude, nous lisons : «Pour\n"}, {"page_pdf": 572, "texte": "                                        — 525 -\n\nparaître prochainement : Octave Firmes,        poètes qui, du fond de leur département,\nsa vie, ses œuvres, sa correspondance, par     suivent le mouvement littéraire et de loin\n....Adolphe Siret!                             en loin éditent un volume, sont persuadés\n   C'est à pleurer !                           que le macabre est le summum de la\n                                               modernité. M. Aug. Barrau, dont le talent\n                                               n'est pas contestable, est tombé dans ce\n                                               travers. Ses Fleurs d'enfer, quoiqu'il en dise,\n   Voici le programme des concours de\n                                               n'ont rien d'infernal ; c'est là de l'enfer de\nl'Union Littéraire Belge :\n                                               foire, cher poète, avec des diables rouges\n    I. Deux concours sont ouverts, par les     dont on voit fort bien la ficelle, des chau­\nsoins de l'Union littéraire,       entre les   dières en bois doré et des fourches de\nécrivains belges, l'un pour une œuvre          bazar; c'est de l'enfantillage.\nd'imagination inédite en prose d'au moins         Mettre au service de ce bric-à-brac\n200 pages d'impression, l'autre pour une       démodé une plume facile, une technique\nœuvre poétique d'au moins 400 vers;            solide et une pensée de bon poète, c'est\n   II. L'auteur de l'œuvre couronnée dans      l'éternelle perle aux pourceaux. M. Barrau\n chacun de ces deux concours recevra un        est un rêveur, un sentimental qui s'est\nprix de cinq cents francs.                     trompé de route ; il n'est jamais trop tard\n    III. Les œuvres couronnées pourront        pour rebrousser chemin et retrouver la\nêtre publiées par les soins de l'Union         bonne voie.\nlittéraire.\n    IV. Les pièces envoyées au concours\nseront appréciées par un jury composé de\n                                                 Nous recevons la circulaire suivante :\ntrois membres de l'Union que l'assemblée\ngénérale choisira parmi ceux qui auront                  MESSIEURS,\nété présentés par les concurrents.\n    V. Les pièces destinées au concours           Depuis notre dernière séance nous avons\ndoivent être envoyées franco à M. P.Weis­      reçu avec douleur plusieurs démissions, les\nsenbruch, trésorier de l'Union littéraire      motifs sont plus ou moins sérieux et la plu­\nbelge, 4°, rue du Poinçon, à Bruxelles,        part personnels, il ne m'incombe pas de\navant le 1 er novembre 1884.                   les critiquer. Je lis :\n   VI. Le jury sera élu dans la séance de        MM. JOHN DE KROM veut exclure L E -\nl'Union qui suivra la clôture du concours                 GRIS et vice-versa,\n(séance de novembre 1884).                             KROUTEPIN        méprise    LAVANTE\n   VIL Les auteurs ne signeront point leurs               et vice-versa,\nouvrages. Ils inscriront sur leur manuscrit             LISTOIRE     dénigre      LETORTRAI\nune devise qu'ils reproduiront sur un billet              et vice-versa,\ncacheté contenant leur nom et leur adresse.            LEBRUN est brouillé avec LECLÈRE\nIls y joindront les noms des trois mem­                   et vice-versa,\nbres de l'Union qu'ils désirent voir figurer           LEGENRE déteste le PESAGE et\nau jury.                                                  vice-versa,\n   VIII. Les œuvres non couronnées seront              LENOIR veut écarter LEBLANC et\nrendues aux auteurs s'ils le désirent.                    vice-versa,\n                                                       BLEROT ne veut pas de PIERRE\nLa décision dit jury sera proclamée dans\n                                                          PONSE et vice-versa, etc., etc.\n   l'une de premières séances de 1883.\n\n                                                        MESSIEURS,\n\n  L'influence de Rollinat semble être            Comme le capitaine du navire qui som­\ngrande en province. Presque tous les           bre sous la puissance de la tempête, je\n"}, {"page_pdf": 573, "texte": "                                         — 526 —\n\nn'abandonne pas mon poste et reste seul            A R T . 11. — Les œuvres destinées à la\nprésident d'une Société, il est vrai, mutilée   Loterie seront également tirées au soit.\net sans membres ;                                  A R T . 12. — Il ne sera pas admis d'oeu­\n   Mais à une Société qui disparaît une         vres d'exposants décédés; les morts n'ont\nautre succède. Je fonde l'Excelsior, So­        pas besoin d'exposition. En art il ne faut\nciété qui par son titre indique suffisamment    pas de morgue, fût-elle même espagnole.\nles grandes aspirations de ses membres.            A R T . 13. —• Les photographies peintes\n   Montez, montez toujours : Voici quel­        seront refusées sans merci ainsi que les\nques-uns de ses statuts et règlements :         peintures sur plats, pots ou vases quelcon­\n  ARTICLE PREMIER. — Il ne sera procé­          ques.\nder à aucune élection. Seul je serai prési­        A R T . 11. — Sera exclu de la Société,\ndent.                                           tout artiste convaincu de jalousie à l'égard\n   A R T . 2. — Tout le monde sera chargé       d'un camarade qui aura eu la chance de\nà tour de rôle des éeritures en général,        vendre une de ses œuvres.\n(Le costume complet ne sera pas de ri­             De même que celui qui aura été entendu,\ngueur.)                                         dans la salle d'exposition, dénigrer l'œu­\n    A R T . 5. — Les membres entre eux for­     vre d'un confrère en présence d'amateurs.\nmeront une commission à l'occasion des             A R T . 13. — Toute critique sera rigou­\nexpositions.\n                                                reusement défendue dans les murs du\n   A R T . 4. — Les étrangers pourront être     local.\nadmis à exposer une œuvre sur la présen­           A R T . 16. — Aucun artiste ne sera ad­\ntation d'un membre actif et vigilant.           mis à faire partie de la Société l'Excelsior\n    A R T . 5. — Les présentants constitue­     qui sera convaincu d'avoir d'autres moyens\nront une commission, tandis que la grande       d'existence que le produit de ses brosses.\nsiègera sur les lieux du local.                    A R T . 17. — Il sera strictement défendu\n    A R T . 6. — La salle du local devra être   à l'auteur d'une œuvre peinte de la vendre\nchoisie de façon à ce que tout exposant ait     à un particulier et de permettre à celui-ci\nses œuvres à la cimaise.                        de la signer et de l'exposer comme cela se\n    A R T . 7. — Le placement se fera à         pratique malheureusement sur une grande\nl'amiable; on se formera en rangs de deux       échelle, etc.\net chacun placera l'œuvre ou les œuvres de\n                                                                          Le   Président,\nson voisin au mieux de ses intérêts.\n                                                                         P I E R R E PONSE.\n    A R T . 8. — Pour faciliter le placement,\n                                                  Comprends pas! Drôle tout de même!\nles diverses écoles devront se tenir ensem­\nble; ainsi, les blancs avec les blancs, les\nnoirs avec les noirs, les gris avec les gris\n et ainsi de suite.                                La maison Marpon et Flammarion vient\n    A R T . 9. — Pour éviter toute contesta­    d'éditer un nouveau volume destiné à faire\n tion, le jury, qui sera composé de tous les    un certain tapage dans le monde financier.\nmembres de la Société, sera tenu à décer­          Monsieur le Baron.\n ner autant de médailles qu'il y aura d'ex­        Tel est le titre de ce roman sous lequel\nposants. Des démarches seront faites au­        s'agitent des personnalités financières que\nprès du gouvernement afin d'obtenir l'au­       le dernier krach a mises en vue. Les au­\ntorisation de porter une décoration qui         teurs, MM. Alfred de Sauvenière et Alfred\nsera également remise à tous les membres        Hamm, se sont attachés à photographier\n sans exception.                                les principales phases de la vie financière\n    A R T . 10. — Une seule récompense          dans laquelle tant de personnages ont ac­\n honorifique sera tirée au sort (une couromie   quis une triste célébrité ces dernières an­\n de laurier») et sera remise solennellement     nées. Le haut et le bas monde de la\n à l'heureux gagnant.                           Bourse y sont décrits avec une exactitude\n"}, {"page_pdf": 574, "texte": "                                         — 527 —\n\nqui frappera les hommes s'intéressant de             Il viendra un jour où Chariot s'amuse\nprès ou de loin au monde des affaires et de       semblera un roman à l'eau de rose, et\nla finance.                                       M. Bonnctain un descendant de Gessner.\n   Monsieur le Baron est le deuxième vo­          Monsieur Vénus l'éclipsé déjà en partie.\nlume d'une série intitulée : Scènes de la         Et l'auteur, s'il faut ajouter foi à certaines\nVie financière.                                   indiscrétions, serait une jeune fille de\n                     *                            vingt-Li\\jis ans. Si les femmes s'en mêlent,\n                                                  le moment physiologique est proche, et le\n                    **                            malheureux Pégase, bouchonné par elles\n  La nouvelle Revue publie en ce moment\n                                                  avec du gingembre, va prendre le mors\nun nouveau roman de notre collaborateur           aux dents et piétiner tout sous ses sabots.\nPaul Bourget. Titre : Cruelle énigme.\n                                                     La littérature est comme Vénus : elle\n                      *                           est devenue caliypige !\n                     **\n  Le Gil Blas a commencé la publication\nde Germinal, le nouveau roman d'Emile                La légende du Parnasse contemporain,\nZola.                                             par Catulle Mendès.\n                                                     Ceci est un livre durable. Le premier,\n   Pour paraître prochainement : Le Salon         Catulle Mendès y complète l'histoire de la\nde Bruxelles, 1884, par M. Max Waller,            littérature romantique par celle du groupe\navec une préface de Camille Lemonnier.            que l'on a nommé le Parnasse. Ce sont\n   Les membres fondateurs de la Jeune             quatre conférences données par le poète\nBelgique qui désirent ce volume, le rece­         en la salle des Capucines ; donc un livre\nvront gratuitement.                               parlé auquel ne manque que le geste\n   Edmond Picard vient de terminer une            exquis de Mendès et sa voix aux sonorités\nœuvre littéraire qui continue la série de         d'or. Nos lecteurs nous sauront gré de\nses Scènes de la Vie judiciaire. Elle a           leur donner le sommaire de ces causeries:\npour titre Mou oncle le furiscousulte et             1re CONFÉRENCE : Les Parnassiens. Al­\nfait suite au Paradoxe sur l'Avocat, à la         bert Glatigny. — 2° CONFÉRENCE : La\nForge Roussel et à l'Amiral. Elle paraîtra        Revue fantaisiste, Richard Wagner, Léon\nchez Larcier, immédiatement après le              Cladel, Charles Baudelaire, Villiers de\n 13 octobre.                                      l'Isle-Adam, Sully-Prudhomme, Nana et\n                                                  les naturalistes, le Roman d'une Nuit. —\n                                                  5e CONFÉRENCE : Catulle Mendès, Albert\n    L'auteur de la Maison flamande, made­         Mérat, Léon Valade, François Coppée,\n moiselle Marguerite Van de Wiele, publie         Leconte de Lisle. — 4e CONFÉRENCE :\n                                                  Le Parnasse contemporain, Alphonse Le-\n chez Charpentier Lady Fauvette, roman\n                                                  merre, Gabriel Marc, Léon Dierx, José-\n de mœurs anglaises. Lady Fauvette est un\n                                                  Maria de Hérédia, Catulle Mendès, Ernest\n type de jeune fille ravissant de grâce légère,\n                                                  d'Hervilly, Paul Verlaine, Stéphane Mal­\n d'élégance native, qui se trouve bientôt\n                                                  larmé, Armand Silvestre.\n aux prises avec les cruelles réalités de la\n vie. L'Histoire d'un ménage, récit plein\n de poésie et d'observation, complète ce\n volume qui peut être mis dans toutes les             L'Ane à Tomy, par Paul Combes (Bi­\n  mains et dont le succès est assuré.              bliothèque Gilon). L'ineffable calembour\n                             (Communiqué).         que porte là, à son frontispice, le nouveau\n                                                   livre de la féconde, de l'intarissable bi­\n                                                   bliothèque Gilon ! Un brave papa, M.\n    Monsieur Vénus, par Rachilde et Fran­          Monteil, a donné à son fils Tomy, gamin\n cis Talman.                                       de douze ans, un baudet superbe ; corn-\n"}, {"page_pdf": 575, "texte": "                                           — 528 —\n\n ment ce paisible animal donna l'occasion à      des nouvelles fables de La Fontaine, sur\n l'excellent père d'enseigner l'anatomie à       Emile Zola, Léon Cladel et Gustave Flau­\n son fils, nos lecteurs s'en battent l'œil, je   bert ; ce sont là plutôt des pages de\n suppose. M. Combes a su trouver là, pour­       colonnes que des pages de livre, M. Dem­\n tant, un thème suffisant pour assouvir sa       blon attache, semble-t-il, trop d'impor­\nrage de vulgarisation, une maladie qui           tance à tout ce qu'il écrit ; le moindre\n sévit ferme, comme chacun sait.                 articulet lui parait digne d'être conservé\n    Ne soyons pas méchant ; malgré le ton        dans la châsse du volume ; il a tort ; il faut\n enfantin quelque peu agaçant du dialogue,       brûler beaucoup avant de se livrer aux\n il y a là un composé des grandes lignes de      mains des typographes. Cela n'empêche\nl'anatomie qui ne manque ni de pittores­         pas Mes Croyances d'être un livre intéres­\nque, ni d'intérêt, ni même d'exactitude.         sant et bien fait qui aura son importance\n Un peu de brouillard seulement dans la          pour l'histoire de notre temps. Que l'écri­\ndescription et la physiologie du système         vain continue, qu'il modernise sa forme et\nnerveux ; mais, dame, quand on veut faire        nous aurons dans le roman qu'il nous\ningérer ces choses à un enfant de douze          annonce, Au Hameau, une œuvre bonne\nans !                                            et robuste.\n    Par exemple, il n'y a pas à dire, les                              *\ndernières pages sont absolument burles­\nques ; cette apothéose du soleil devant             Vient de paraître : Annuaire du Con-\nlequel M. Combes se prosterne dévote­            servatoire royal de Musique de Bruxelles\nment, est unique en son genre ! Ce soleil,       (8° année).\npère de la vie, créateur de toutes choses :\nmatière, esprit et intelligence !                   Emile Zola réédite chez Charpentier\n    » Nous sommes les fils du soleil! » (sic).   soit premier livre : Les Mystères de Mar-\n    Voyons, voyons, M. Combes, est-ce            seille qui parut en 1867 comme feuilleton\nbien sérieux ? Qui nous disait donc que je       du Messager de Provence. Il n'y a pas à\nne sais quelles peuplades antiques ado­          parler de la valeur de l'œuvre, elle n'en a\nraient le soleil? M. Combes voudrait-il          pas ; c'est un roman mélodramatique fait à\nrétablir ce cuite? Si c'est là ce qu'il veut,    la diable et que le maître ne réédite que\nil faut avouer que certaines gens se font        pour prouver qu'il ne rougit pas de son\nune singulière idée du « progrès. »              passé. Les Mystères de Marseille ont été\n                                                 écrits au début de la carrière rebutante des\n                                                 Lettres alors que l'estomac donne des\n   Sous ce litre Mes Croyances, M. Céles­        giffles au grand Art; ils ne sont ni meilleur\ntin Demblon, l'auteur des Contes mélanco-        ni plus mauvais que tout autre roman feuil­\nliques, publie chez Larcier un volume de         leton de la même espèce, et le livre a au\npolitique, de littérature et de pédagogie.       moins ce côté intéressant de montrer com­\nLa politique ne nous regarde pas et la           ment a débuté celui qui est entré déjà dans\npédagogie nous intéresse peu.                    la gloire. Lui qui aime les documents, il en\n   Dans la partie littéraire nous notons une     donne un qui servira à l'histoire. Il a\nétude sur Joseph Demoulin, un écrivain           raison.\nliégeois que nous ne connaissions que de\nnom, une autre sur un Mâle et le Mort,\nsur Thérèse Monique, la Belgique, de                Vient de paraître chez Ghio à Paris :\nCamille Lcmonnier, un compte-rendu de            Ruades et Caresses poésies par M. Georges\nla belle manifestation faite à notre grand       Bertal, de mauvais vers.\nfrère, et dans lequel M. Demblon néglige            Dans la bibliothèque Gilon : L'Instruc-\nde dire par qui furent prises les initiatives,   tion supérieure de la femme, par L. Tra-\npuis divers articles parus dans des jour­        senster.\nnaux, sur la gaffe de M. Ménard à propos                                           NEMO.\n"}, {"page_pdf": 576, "texte": "              VIENT      DE    PARAITRE         :\n\n   MES CROYANCES\n                              PAR\n\n                 CÉLESTIN     DEMBLON\n        Un volume. F. LARCIER : 3 fr. 50\n\n            POUR PARAITRE LE 1er OCTOBRE\n\n\n\n  PIERROT LUNAIRE             PAR\n\n                   ALBERT           GIRAUD\n            Un volume. Alphonse Lemerre : fr. 2-00\n\n\n\n       L'ART MODERNE\n               PARAISSANT      LE    DIMANCHE\n\nRevue critique des Arts et de la Littérature\n                   ABONNEMENTS :\n              10 f r a n c s  par            an.\n                        BUREAUX :\n 26,   R U E       DE       L'INDUSTRIE,                   26\n                    BRUXELLES\n\n\n                       Journal Quotidien\n        PARIS, 16, BOULEVARD DES CAPUCINES, 16, PARIS\n   Publie    G E R M I N A L , par         EMILE    ZOLA.\n  Un numéro : 20 centimes. Abonnements : (3 mois) : 17 francs\n                  EN VENTE PARTOUT\n"}, {"page_pdf": 577, "texte": "     EDOUARD MAHEU, IMPRIMEUR-EDITEUR\nBRUXELLES, — 18, Rue des Sables. 18, — BRUXELLES\n\n               VIENT DE PARAITRE\n                                       DU\n\n\n     MOLOCHISME JUIF\n                     ÉTUDES CRITIQUES & PHILOSOPHIQUES\n                                       PAR\n\n              GUSTAVE                         TRIDON\n                                    AVOCAT\n Ancien membre de l'Assemblée Nationale, de la Commune de Paris,\n                du Comité de Salut Public, etc.\n\n           UN VOLUME, GRAND I N - 8 ° , D E 2 7 2 PAGES\n\n                      Prix : Cinq francs\nCette œuvre posthume est une des plus curieuses sur la matière\n\n    ENVOI       EN PROVINCE             CONTRE           MANDAT-POSTE\n\n\n  HUMANITES                                  COMPLÈTES\n                  à domicile (en trois                années)\n          PRÉPARATION A U X EXAMENS\n                                        de\n\nPHILOSOPHIE & LETTRES\n     Cours et Répétitions particulières de latin, philosophie, littérature, etc.\n\n   NOMBREUX             SUCCÈS        OBTENUS          AUX          EXAMENS\nl'18 passés avec grand succts sur 2 0 élèves présentés aux examens de 1883-84)\n\n            EXAMEN de SECRÉTAIRE                   DE LÉGATION\n             Cours et leçons particulières d'anglais et d'italien.\n         Conversation, rammaire, Traduction, Rédaction, Littérature.\n\n    S'adresser à R. BENHAM, professeur, 170, rue Jourdan (Porte Louise).\n\n              Bruxelles. — Imprimerie ED. MAHEU, 18, me des Sables.\n"}], "calendrier": {"precision": "intervalle", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1884-10-15", "preuve": "Couverture PDF 534 : du 15 octobre au 15 novembre 1884.", "date_fin": "1884-11-15"}}