{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "(4° ANNÉE) 1884. 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P R I X : 60 CENT, TOME III, N° 12 Du 15 NOVEMBRE AU1ERJANVIER 1885\n\n\n\n\n                                         LA\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE : L A JEUNE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 578, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 181, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "SOMMAIRE :\n         L A JEUNE BELGIQUE .        .                      L A JEUNE BELGIQUE.\n\n         LES MOINES                                         EMILE VERHAEREN,\n\n         GRETA FRIEDMANN (Fin) .           .    .   .   .   MAX WALLER.\n\n         VERS                                               GEORGES KHNOPFF.\n\n         CHRONIQUE ARTISTIQUE .            .    .   .   .   G. DE GRAEF.\n\n         CHRONIQUE L I T T É R A I R E .   .    .   .   .   ALBERT GIRAUD.\n\n         MEMENTO                                            NEMO.\n\n                             TABLE DES MATIÈRES.\n\n\n\n\n                               BRUXELLES\n              Bureaux : 80, RUE BOSQUET,                             80\n\n                                         1884\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE BELGIQUE : UN AN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Notre prochain numéro, orné", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 579, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\n BELGIQUE : UN AN : 5 FRANCS. — ÉTRANGER : UN AN : 7 FRANCS\n             LES abonnements partent du I er janvier\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Notre prochain numéro, orné", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 579, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 1987, "texte": "Notre prochain numéro, orné d'un superbe frontispice à\nl'eau-forte de M. JEAN BAUDUIN, paraîtra le1erjanvier 1885.\nNous le retardons ainsi de quinze jours afin de régulariser\nnotre périodicité et de donner plus de soin à ce numéro\nqui sera plein de bonnes surprises littéraires et artistiques.\n  NOUS LANÇONS DÈS AUJOURD'HUI NOS QUITTANCES DE\nRENOUVELLEMENT. Nous espérons que nos abonnés leur\nferont bon accueil et qu'aucun ne désertera la maison qu'il\na aidé à construire. Nous les en remercierons en faisant pour\nnotre chère Revue de nouveaux sacrifices afin de la rendre\nplus brillante et plus digne de nos amis.\n   Nous donnerons dans notre numéro de luxe la première\npartie d'une œuvre inédite et anonyme dont la presse litté­\nraire s'est déjà vivement occupée. Elle est intitulée :\n                  FLEMM-OSO\net sera un des grands attraits de notre année prochaine.\n   L'Art Moderne vient de publier sous ce titre : Jeunes-\nFrance d'autrefois, Jeunes-Belgique d'aujourd'hui, deux\narticles critiques 'auxquels nous répondrons dans notre\nprochain numéro.\n   Ceux de nos abonnés à la collection desquels manquent\ncertains numéros de la Jeune Belgique, sont priés de\nnous le faire savoir. Ces numéros leur seront envoyés gra­\ntuitement. — A l'avenir, le service des envois n'aura plus à\nsubir d'irrégularité.\n      Nous prions les personnes qui nous ont fait au moins\nquinze abonnements de vouloir bien nous le faire savoir par\ncarte-correspondance afin que nous établissions exactement\nla liste de nos membres fondateurs. Ceux-ci sont nombreux,\nils se sont donné de la peine pour nous soutenir dans notre\nbataille contre les officiels et contre les vieux gâteux de la\nlittérature. Qu'ils reçoivent notre poignée de main. Bataillons\nencore et toujours, enhardis par la fière devise à laquelle\nnous n'avons point failli : » N E CRAINS. »\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 529, "page_fin": 530, "titre_corps": "La Jeune Belgique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "LA JEUNE BELGIQUE", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 580, "page_imprimee": 529, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1120, "texte": "LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n         N a dit que trois années de vie pour une revue, c'est\n          la vie éternelle. Nous répondions naguère à cela :\n« Ainsi soit-il. » Nous pouvons dire aujourd'hui : Ainsi est.\nLa Jeune Belgique est désormais reconnue comme l'organe\nde tous ceux qui font, dans notre pays, de l'Art libre. Elle\nexiste, puisqu'on la combat, puisqu'on la discute, puisqu'on\nla craint, puisqu'on l'insulte. Autour d'elle — on l'a vu par\nl'admirable liste d'adhérents au banquet Lemonnier —\nautour d'elle se sont groupées les sympathies des artistes\nvrais et sincères, prêts comme elle à lutter pour la défense\ndu Beau.\n  Le groupe, qui est fier de s'appeler le groupe des Jeunes\nBelgique, n'a point chômé pendant cette année et la récolte\ndes livres est abondante. C'est La Belgique de Camille\nLemonnier, cette large et grandiose description de notre sol,\nNi Chair ni Poisson, cette gracieuse œuvre de jeunesse; c'est\nl'Hiver Mondain de Georges Rodenbach, l'œuvre originale\net fine du plus précieux de nos poètes; ce sont les Kermesses\n                                                            38\n"}, {"page_pdf": 581, "page_imprimee": 530, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 972, "texte": "                             — 530   -\n\nbellement dites par notre vigoureux poldérien Eekhoud;\nPierrot Lunaire    enfin, la subtile et pénétrante série berga-\nmasque d'Albert Giraud. Et à ces livres qui sont tous d'une\noriginalité différente, tous empreints d'un idéal personnel,\ns'en ajoutent     d'autres   dont les titres sont déjà lancés :\nl'Hystérique et l'Usine, de Camille Lemonnier, la Jeunesse\nBlanche, de Rodenbach; les Rêves, de Georges Khnopff, la\nGreta Friedmann, de Max Waller, les Moines, de Verhaeren,\nMon Oncle le Jurisconsulte, d'Edmond Picard, d'autres et\nd'autres encore témoignant d'un labeur interrompu.\n  L'année nouvelle s'ouvre ; elle sera belle et plantureuse.\nNe crains ! Ne craignons point. Si nos ennemis sont\nnombreux, nous avons beaucoup d'amis, et toujours et encore\nnous les appelons à nous pour qu'ils nous soutiennent et\nnous tendent leur main comme nous leur tendons la nôtre.\n\n                                  LA J E U N E   BELGIQUE."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 531, "page_fin": 537, "titre_corps": "Les Moines", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Verhaeren", "ancre_debut": "LES MOINES", "ancre_fin": "EMILE VERHAEREN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 582, "page_imprimee": 531, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1338, "texte": "LES MOINES\n RENTRÉE       DES F R È R E S    HOSPITALIERS\n\n                          I\n                                        A Edmond Picard.\n\n          ON dirait que le sîte entier sous un lissoir\n           Se lustre, et dans les lacs voisins se réverbère;\n           C'est l'heure où la clarté du jour d'ombres s'obère,\nOù le soleil descend les escaliers du soir.\n\nUne étoile d'argent lointainement tremblante,\nFeu de cierge dont on n'aperçoit le flambeau,\nSe reflète mobile et fixe au fond de l'eau\nOù le courant la lave avec une onde lente.\n\nA travers les champs d'or s'en va se déroulant\nLa route dont l'averse a lamé les ornières,\nElle longe les noirs massifs des sapinières\nEt sur son parcours gris micasse un éclat blanc.\n\nAu loin scintille encor une lucarne ronde\nQui s'ouvre ainsi qu'un œil dans le pignon rongé :\nLà, le dernier reflet du couchant s'est plongé,\nComme, en un trou profond et ténébreux, la sonde.\n\nEt rien ne s'entend plus dans ce mystique adieu,\nRien — le site vêtu d'une paix métallique\nSemble enfermer en lui, comme une basilique,\nLa présence muette et nocturne de Dieu.\n\n\n                          II\n\nAlors les moines blancs rentrent aux monastères,\nAprès secours portés aux malades des bourgs,\nAux remueurs cassés de sols et de labours,\nAux gueux chrétiens qui vont mourir, aux grabattaires,\n"}, {"page_pdf": 583, "page_imprimee": 532, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1417, "texte": "                      — 532 —\n\nA ceux qui crèvent seuls, mornes, sales, pouilleux\nEt que nul de regrets ni de pleurs n'accompagne,\nEt qui pourriront nus dans un coin de campagne\nSans qu'on lave leur corps et qu'on ferme leurs yeux.\n\nAux mendiants mordus de misères avides,\nQui, le ventre troué de faim, ne peuvent plus\nSe béquiller là-bas vers les enclos feuillus,\nEt qui se noient, la nuit, dans les étangs livides.\n\nEt tels les moines blancs traversent les champs noirs,\nFaisant songer au temps des jeunesses bibliques\nOù l'on voyait errer des géants angéliques\nEn longs manteaux de lin dans l'or pâli des soirs.\n\n\n\n                          III\n\n\nMais sonnent brusquement de secs tintins de cloche\nQui cassent du silence à coups de battant clair\nPar-dessus les hameaux, jetant à travers l'air\nUn long appel qui loin parmi l'écho ricoche.\n\nIls redisent que c'est le moment justicier\nOù les moines s'en vont au chœur chanter ténèbres\nEt promener sur leurs consciences funèbres\nDe froids regards et des remords en points d'acier.\n\nEt les voici priant tous ceux dont la journée\nS'est consumée au long hersage en pleins terreaux,\nCeux dont l'esprit sur les textes préceptoraux\nS'épand comme un reflet de lumière inclinée.\n\nCeux dont la solitude âpre et pâle a rendu\nL'âme voyante et dont la peau blême et collante\nJette vers Dieu la voix de sa maigreur sanglante,\nCeux dont les tourments noirs ont fait le corps tordu.\n"}, {"page_pdf": 584, "page_imprimee": 533, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1405, "texte": "                      — 533 —\n\nE t les moines qui sont rentrés aux monastères,\nAprès visite faite aux malheureux des bourgs,\nAux remueurs cassés de sols et de labours,\nAux gueux chrétiens qui vont mourrir, aux grabattaires,\n\nA leurs frères priant, disent, à lente voix,\nQ u ' a u dehors, quelque part, dans un coin de campagne,\nIl est un moribond que nul pleur n'accompagne,\nE t qu'il faut supplier au chœur le Christ en croix,\n\nP o u r qu'il soit pitoyable aux mendiants avides\nQui, le ventre troué de faim, ne peuvent plus\nSe béquiller au loin vers les enclos feuillus,\nE t qui se noient, la nuit, dans les étangs livides.\n\nE t tous alors, l'âme en regrets, l'esprit rêveur,\nEnvoient vers Dieu les chants du soir en ambassades\nP o u r qu'il soit tout pardon aux gueux chrétiens malades\nE t qu'ils meurent les yeux tournés vers le Seigneur.\n\n\n\n\n            MOINE           SAUVAGE\n\n\n         ON trouve encor de grands moines que l'on croirait\n          Sortis de la nocturne horreur d'une forêt.\n          Ils vivent ignorés dans de vieux monastères,\nAu fond du cloître, ainsi que des marbres austères.\n\nE t l'épouvantement des grands bois résineux\nRoule avec sa tempête et sa terreur en eux.\n\nL e u r barbe flotte au vent comme un taillis de verne,\nE t leur œil est luisant comme une eau de caverne.\n\nE t leur grand corps drapé des longs plis de leur froc\nSemble surgir debout dans les parois d'un roc.\n"}, {"page_pdf": 585, "page_imprimee": 534, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "                     -   534   -\n\nEux seuls parmi ces temps de grandeur outragée\nOnt maintenu debout leur âme ensauvagée.\n\nLeur esprit hérissé comme un buisson de fer,\nN'a jamais remué qu'à la peur de l'enfer.\n\nIls n'ont jamais compris qu'un Dieu porteur de foudre\nEt cassant l'univers que rien ne peut absoudre ;\n\nEt des vieux christs hagards, horribles, écumants\nTels que les ont grandis les maîtres allemands,\n\nAvec la tête en loque et les mains large-ouvertes ;\nEt les deux pieds crispés autour de leurs croix vertes\n\nEt les saints à genoux sous un feu de tourment\nQui leur brûlait les os et les chairs lentement;\n\nEt les vierges, dans les cirques et les batailles,\nDonnant aux lions roux à lécher leurs entrailles;\n\nEt les pénitents noirs qui les yeux sur le pain\nSe laissent, dans leur nuit rouge, mourir de faim.\n\nEt tels s'useront-ils dans de vieux monastères\nAu fond du cloître ainsi que des marbres austères.\n\n\n\n\n             MOINE          FEODAL\n\n\n           D'AUTRES,filsde barons et de princes royaux,\n           Conservent tout altiers les orgueils féodaux.\n\n           On les établit chefs de larges monastères\nEt leurs noms resplendit dans les gloires austères.\n\nIls ont, comme jadis l'aïeul avait sa tour,\nLeur cloître pour manoir et leurs moines pour cour.\n"}, {"page_pdf": 586, "page_imprimee": 535, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1277, "texte": "                      — 535 —\n\nIls s'assoient dans les plis cassés droit de leurs bures,\nTels que des chevaliers dans l'acier des armures.\n\nIls portent devant eux leur grande crosse en buis,\nMajestueusement comme un glaive conquis.\n\nIls parlent au chapitre en justiciers gothiques,\nEt leur arrêt confond les pénitents mystiques,\n\nIls rêvent de combats dont Dieu serait le prix\nEt de guerre menée à coup de crucifix.\n\nIls sont les gardiens blancs des chrétiennes idées\nQui restent au couchant sur le monde accoudées.\n\nIls vivent sans sortir de leur rêve infécond,\nMais ce rêve est si haut qu'on ne voit pss leur front.\n\nLeur chimère grandit et monte avec leur âge\nEt monte d'autant plus qu'on la cingle et l'outrage.\n\nEt jusqu'au bout leur foi luira d'un feu vermeil\nComme un monument d'or ouvert dans le soleil.\n\n\n\n\n           SOIRS         RELIGIEUX\n\n\n\n          LE déclin du soleil étend jusqu'aux lointains\n            Son silence et sa paix que nul bruit net ne plisse,\n            Les choses sont d'aspect photographique et lisse\nEt se détaillent clair sur des fonds byzantins.\n\nL'averse a sabré l'air de sa pluie et sa grèle,\nEt voici que le ciel luit comme un parvis bleu,\nEt que c'est l'heure où meurt à l'occident le feu\nOù l'argent de la nuit à l'or du jour se mêle.\n"}, {"page_pdf": 587, "page_imprimee": 536, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1365, "texte": "                         — 536    -\n\n    Sur l'horizon plus rien ne marque, si ce n'est\n    Une allée immobile et géante de chênes\n    Se prolongeant d'un trait jusqu'aux fermes prochaines\n    Le long des champs en friche et des coins de genêt.\n\n    Ces arbres vont — ainsi des moines mortuaires\n    Qui passeraient, le cœur assombri par les soirs,\n    Comme jadis partaient les longs pénitents noirs\n    Péleriner, là-bas, vers d'anciens sanctuaires.\n\n    Et la route d'amont toute large s'ouvrant\n    Sur le couchant rougi comme un plant de pivoines.\n    A voir ces arbres nus, à voir passer ces moines,\n    On dirait qu'ils s'en vont ce soir, en double rang,\n\n    Vers leur Dieu dont l'azur d'étoiles s'ensemence;\n    Et les astres, brillant là-haut sur leur chemin\n    Semblent les feux de grandes cierges, tenus en main,\n    Dont on ne verrait par monter la tige immense.\n\n\n\n\n           CROQUIS          DE        CLOITRE\n\n\n                              I\n\n       LE chœur, alors qu'il est vide et silencieux,\n         Et qu'un recueillement sur les choses s'embrume,\n         Conserve encor dans l'air que l'encens bleu parfume\nComme un frisson épars des hymnes spacieux.\n\nLa gravité des grands versets sentencieux\nReste debout comme un marteau sur une enclume,\nEt les antiennes d'or, plus blanches que l'écume,\nOuvrent encore leur aile aux chants audacieux.\n"}, {"page_pdf": 588, "page_imprimee": 537, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1088, "texte": "                          -   537   -\n\nOn les entend frémir et passer sur son âme\nEt c'est leur vol qui fait que vacille la flamme\nDevant le tabernacle, — et que les saints sculptés\n\nGardent au creux des murs leurs poses extatiques,\nComme s'ils entendaient toujours les grands cantiques\nAutour do leur prière en sourdine chantés.\n\n\n\n                              II\n\nA pleine voix — midi soleillant au dehors\nEt les champs reposant — les nones sont chantées\nDans un balancement de phrases répétées\nEt hantantes comme un rappel de grands remords.\n\nEt peu à peu les chants prennent de tels essors,\nLes antiennes sont sur de tels vols portées\nA travers l'ouragan des notes exaltées\nQue tremblent les vitraux au fond des corridors.\n\nLe jour tombe en draps clairs et blancs par les fenêtres :\nOn dirait voir pendus de grands manteaux de prêtres\nA des clous de soleil. Mais soudain, lentement\n\nLes moines dans le chœur taisent leurs mélodies\nEt, pendant le repos entre deux psalmodies,\nIl vient de la campagne un lointain meuglement.\n\n                                            EMILE VERHAEREN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 538, "page_fin": 551, "titre_corps": "Greta Friedmann (fragments, fin)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Max Waller", "ancre_debut": "GRETA FRIEDMANN", "ancre_fin": "Tout le passé remontait à son esprit les", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 589, "page_imprimee": 538, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "               GRETA FRIEDMANN\n                             (FRAGMENTS)\n\n\n\n                         CHAPITRE               IV\n\n\n                                      I\n\n   Lorsque le moine fut parti, Greta songea longuement à ce qu'il avait\ndit. Elle ne comprit pas qu'elle se fût laissée aller à ternir d'une ombre\nsa joie, et s'accusa d'ingratitude envers Ferrias. Ne l'entourait-il pas\ntoujours des mêmes tendresses, avait-il jamais failli? Parfois il semblait\noublier qu'elle existait, perdu dans son livre qui de jour en jour prenait\nune forme décisive, une unité qu'il polissait sans cesse d'avantage. Mais\nlorsque, fatigué de la tâche prolongée tard dans le silence des nuits,\nles yeux cernés et la gorge sèche, il relevait la tête et dégageait son\nesprit de l'œuvre inachevée, il avait pour Greta une sollicitude pater­\nnelle qui ne se démentait pas. Il lui parlait avec une gravité douce,\ncontinuant son sacerdoce artistique, lui lisant les pages les plus envo­\nlées des poètes et souriant de la voir de plus en plus éclairée à la\nrayonnante lumière du Beau.\n  Pendant la période qui suivit la visite de Marius, elle fut heureuse et\ninsouciante, mais une gêne semblait de loin en loin la tourmenter\ncomme si un poids occulte eût pesé sur son cœur. Des ressouvenances\nvagues de choses qui ne sont plus lui donnèrent des songeries dont elle\nne saisissait point la cause, et parfois elle se rappelait ce mot qu'elle\navait dit un jour, sans en bien comprendre tout le sens :\n  — Ne regrette-t-on pas toujours quelque chose ?\n  Ce quelque chose que sans le connaître elle regrettait, c'était le ciel\nde sa jeunesse; et, comme la fleur transplantée se fane, elle languissait\nde l'air aspiré.\n  Lorsque accroché à la Fée verte, l'homme a, pendant de longs mois\ndégusté ses poisons, quand l'absinthe bicn-aimée a fait trembler ses\nphalanges, allumé dans ses yeux les flammes folles de l'hallucination et\nsubtilisé ses sens, il peut, par une volonté violente, rejeter loin de lui la\n"}, {"page_pdf": 590, "page_imprimee": 539, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2380, "texte": "                                     — 539 —\n\npassion qui le t u e . Mais que, presque guéri, il boive par faiblesse une\nseule goutte de la liqueur amère, l'ivresse remontera à son cerveau,\nl'ivresse des anciennes absinthes, et les visions de la névrose reviendront,\net ses mains trembleront encore et son esprit de nouveau sera saisi par\nle poison vert — irrémédiablement.\n    Ainsi, lorsque Greta se l'appelait une minute de son passé, tout le\npassé revenait, tournoyait autour d'elle, l'accablant de ses douloureuses\névocations, et l'enfant souffrait d'être ingrate à l'aimé dont une force\nirrésistible l'éloignait d'heure en heure.\n    A présent elle évitait Jacques pour qu'il ne vît point qu'elle avait\npleuré ; ses meilleurs instants furent ceux où elle restait seule, quand\nt o u t bruit s'éteignait et que J a c q u e s d a n s son cabinet d e travail souffrait\n son livre ; elle pensait alors aux époques abolies, ne résistant une\n minute parfois, que pour se replonger bientôt dans son ivresse du\n lointain et son bonheur d'autrefois.\n   Jacques ne s'aperçut pas tout de suite de cette transformation qui\ns'opérait avec une vertigineuse rapidité ; il attribuait le mutisme de\nGreta au travail lent qu'il croyait avoir provoqué par son initiation, et\nsans se préoccuper de voir sa femme pensive, il laissait au temps le\nsoin de dissiper son trouble.\n  L o r s q u e son livre fut achevé, Ferrias éprouva un irrésistible besoin\nde se détendre, de se reposer de son œuvre, et proposa à Greta, un\nsoir, d'aller passer la saison à Ostende.\n   — A Ostende, fit-elle avec une moue, il y a tant de monde là ; il y a\nmieux à t r o u v e r ; tiens, ajouta-t-elle en éclatant d'un rire faux, si nous\nallions plutôt à Bonn !\n   Jacques pâlit ; ce seul nom de Bonn lui rappelait la scène la plus\npoignante d e sa vie, la scène qu'avec acharnement il avait voulu\narracher de sa mémoire. L a nuit sombre du départ descendait à ce\nmot d a n s tout lui-même, et il eut horreur du souvenir, du remords\néveillés soudain p a r celle qui eût, comme lui, dû l'effacer d'un coup\nd'oubli.\n   Il regarda Greta, et, se levant, dit non, d'une voix dure. P u i s il quitta\nla chambre sans rien ajouter.\n\n\n                                           II\n\n  Dès ce soir, Ferrias se renferma, le cœur meurtri, la joie éteinte. Ni\naversion, ni révolte : le découragement seul de s'être trompé et de n'y\n"}, {"page_pdf": 591, "page_imprimee": 540, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2641, "texte": "                                  — 540 —\n\nrien pouvoir. Il reprit le manuscrit qu'il avait abandonné, et se mit à le\nremanier, à le bouleverser. Il y jeta les bouffées d e désespoir qui\nsouvent l'enveloppaient aux heures vespérales ; il se sonda plus encore,\nécrivit avec le sang de son cœur et le fiel de ses dégoûts. Son livre\npeu à peu devint le poème de la solitude, le chant douloureux de\nl'illusion brisée.\n  Comme certains nocturnes de Chopin, ce fut une œuvre d e douceur\nau milieu de laquelle, ainsi qu'en des spasmes, râlaient des a m e r t u m e s\nfunèbres. Désormais il ne songea plus à publier ce roman devenu\ninégal, fou, détraqué. Il en avait l'égoïsme et relisait avec une intense\nvolupté les pages où il se retrouvait, comparant son existence à une\nplante rare dont les fleurs, superbes d'abord et royalement ouvertes\nsous le ciel, se seraient effeuillées en une nuit de froidure.\n   C'étaient encore des pages gaies qu'il avait laissées intactes et dans\nlesquelles toute une joie débordait, un hosanna à la vie, à la gloire.\n    Un passage inachevé disait :\n    » Bonheur ! je t'ai trouvée, ma Blonde, toi que j ' a i tant cherchée et\nq u e j'appelais, et qui ne venais p a s ; je t'ai trouvée, toi l'Enfant que j e\nvoyais au fond de moi-même et dont la main dans l'ombre venait me\ncaresser dans mes nuits de dégoût et de mélancolie. Je t'ai trouvée, ma\nVierge, ma Chaste, ma Bien aimée, et nous serons l'un à l'autre dans\nle temps de l'avenir. Bonheur! Sois bénie et sois adorée; je trouverai\npour te parler des mots qui seront doux comme des musiques et subtils\ncomme des parfums; je t'aimerai comme un oiseau dont les ailes sont\nfragiles, et mon cœur, ce papillon fixé par une épingle à ton c œ u r ,\ninventera pour toi des joies inconnues de tendresse caressante et\ndélectable.\n    « Je t'ai trouvée, ma P u r e ! toi qui laveras mon âme du passé et\nreposeras mon être des fatigues de la vie évolue. Va, je serai bon, parce\nque ma bonté me vaudra tes sourires ; je serai p u r , parce que je voudrai\nressembler à ta blancheur; je tuerai ma jeunesse pour faire vivre à tes\nyeux pers l'homme que peut-être tu as baisé dans tes rêves de jeune\nfille, — et je viendrai à toi, ma Bien aimée, et je te dirai :\n   K Je suis là! Dis-moi quelle langue je dois te parler, et pour toi je\ndécouvrirai des idiomes plus assoupis que le bruit du vent dans les\nfeuilles et des cigales dans les blés. Je fouillerai tous les dialectes et\nj'improviserai des phrases si berçantes que tu me diras de clore mes\nlèvres pour ne point mourir de leur mystique volupté.\n  » Dis-moi de me metttre à tes pieds, et je te regarderai d a n s les yeux\n"}, {"page_pdf": 592, "page_imprimee": 541, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2199, "texte": "                                 -   541 —\n\net nous nous parlerons sans rien dire, ô Greta! Gretchen ! et les mots\nque nous ne prononcerons pas auront des rayonnements d'étoiles, et\nnous croirons entendre de lointaines mélodies voilées et rêveuses\n   » Viens ! je t'ai attendue si longtemps et si longtemps appelée. Je\ncriais ton nom dans le silence de mes spleens, et ta voix ne répondait\npas à ma voix.\n   » E t maintenant, ma Perle, te voilà. Tes yeux se sont abaissés sur\nmoi, tu m'as dit : je suis Tienne.\n   « Sois ma Fiancée, ma blanche Fiancée à toujours, et que ces mots,\nque je prononce ainsi qu'une prière aux Madones, aille à tes lèvres\ncomme l'éternel baiser de mes joies ! »\n  E t lorsque Jacques Ferrias relisait        ces   p a g e s , la nuit solitaire\nentendait ses sanglots.\n\n\n\n                                      III\n\n\n\n   » Croyez-moi, mon pauvre ami, le temps et la débauche sont deux\ngrands remèdes ; le cœur s'engourdit à la longue, et c'est alors qu'on\nne souffre p l u s . Cette vérité n'est pas neuve, et je reconnais qu'Alfred\nde Musset vous l'eût beaucoup mieux accommodée ; mais de tous les\nvieux adages que, de génération en génération, les hommes se repas­\nsent, celui-là est un des plus immortellement vrais. Cet amour pur que\nvous rêvez est une fiction comme l'amitié ; oubliez celle que vous aimez\npour une coureuse. Cette femme idéale vous échappe ; éprenez-vous\nd'une fille de cirque qui aura de belles formes.\n   « Il n'y a pas de Dieu, il n'y a pas de morale, rien n'existe de tout ce\nqu'on nous a enseigné de respecter ; il y a une vie qui passe, à laquelle\nil est logique de demander le plus de jouissances possibles, en attendant\nl'épouvante finale qui est la mort.\n    » L e s vraies misères, ce sont les maladies, les laideurs et la vieillesse;\nni vous ni moi, nous n'avons ces misères-là; nous pouvons avoir encore\nune foule de maîtresses, et jouir de la vie.\n    « Je vais vous ouvrir mon cœur, vous faire ma profession de foi :\n    » J'ai pour règle de conduite de faire toujours ce qui me plaît,\n en dépit de toute moralité, de toute convention sociale. Je ne\n crois à rien ni à personne, je n'aime personne ni rien ; je n'ai ni foi ni\n espérance.\n"}, {"page_pdf": 593, "page_imprimee": 542, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2167, "texte": "                                — 542 —\n\n   « J'ai mis vingt-sept ans à en venir-là ; si je suis tombé plus bas que\nla moyenne des hommes, j'étais aussi parti de plus haut....\n\n                                       (AZIYADÉ. Extrait des notes et lettres\n                                            d'un lieutenant de la marine anglaise).\n  Ferrias lut très lentement ce passage et demeura pensif....\n\n\n                                       IV\n\n      Le temps et la débauche sont deux grands remèdes. »\n   Est-ce vrai ? N'est-ce pas vrai ?\n   J'ignore...\n   Nos rêves, partis du cœur, se sont envolés dans la nuit et nous ne\nsouffrons plus vraiment que lorsque ce cœur arraché de nos poitrines\nles a suivis, ces rêves, par delà les espaces sans bornes où rien n'existe,\noù rien ne vit, où rien ne sent...\n   Ne plus sentir. Être comme les statues de marbre qui, dressées pour\ntoujours en haut des colonnes, regardent sans cesse d'un œil qui ne\nvoit point, quelque chose là-bas, dans l'infini.\n   Ou bien sentir, mais sentir par le corps, ainsi que les bêtes, s'assou­\nvir dans les caresses matérielles qui font la tête lourde et suscitent aux\nlongs sommeils qu'aucun rêve ne trouble. Laisser filtrer goutte à\ngoutte de soi-même l'intelligence et ne plus dire qu'un mot : C'est bon !\n\n                                       #\n                                     * *\n   Dans une immense forêt, où la lumière diaphane les feuilles, où\ntoutes les vies cachées ont l'air de sommeiller sans voix et sans bruit,\noù l'automne tiède et mélancolique frissonne dans le rêve isolé des\nbranches, — m'anéantir, me mêler aux feuilles mortes au milieu d'une\nclairière, être enseveli sous les larmes jaunes des arbres, et ne plus être,\nparticiper à l'évolution des choses, m'éparpiller un soir d'hiver lorsque\nla rafale fera tourbillonner la neige parmi les débris où j'aurai reposé\nmon corps, être parcelle et faire le voyage infini pour renaître où les\nbrises me porteront, dans la sêve d'un radieux printemps nouveau....\n\n                                       *\n                                   *       *\n  Pourquoi Werther s'est-il brûlé la cervelle, puisque cela fait mal ?\n"}, {"page_pdf": 594, "page_imprimee": 543, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1859, "texte": "                               -   543         -\n                                       *\n\n Est-ce que je souffre? C'est doux de souffrir pour causer avec soi-\nmême et se dire : » Je te plains. «\n                                       *\n                                   *       *\n  C'est ce soir la reprise de Sigurd... pourvu qu'il y ait encore de la\nplace !\n                   « La Walkyrie est ta conquête\n                     Et ne crains pas qu'elle regrette\n                     Près—è—de toi les palais des cieux. »\n\n\n\n                                 *\n                               * *\n  La vie, qu'est-ce? Sursum corda pour les uns, S u r s u m cauda pour\nles autres.\n                                   * *\n  Il n'y a rien de plus simple que de faire des mots.\n                                      *\n                                    * *\n  Je suis fatigué, je n'irai pas à Sigurd. » La Walkyrie...\n\n                                       V\n   Délaissée par sa faute, Greta ne se plaignit pas. Au contraire elle\naimait sa solitude. A présent, elle restait de longues heures, silen­\ncieuse, regardant un point à l'horizon, fixement, avec le chimérique\nespoir de faire venir vers elle par un intense effort, un peu du paysage,\nun peu du home qu'elle ne pouvait revoir. Elle se disait aussi des mots\nallemands, d'une voix très assourdie pour leur donner plus de douceur,\ns'écoutant dans l'ombre comme si d'invisibles amis fussent-là, près de\nson oreille, à lui chuchoter des choses tendres et mélancoliques. Puis\nelle allait au piano et jouait des phrases de Beethoven alternées à des\nphrases de Strauss, voulant, par la magie des gammes, par la plainte des\naccords, par la cadence du rythme, fondre l'âme du maître sombre des\nsymphonies à l'âme du maestro joyeux des valses.\n  Un soir — à la clarté jaune du soleil qui venait de disparaître der-\n"}, {"page_pdf": 595, "page_imprimee": 544, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2713, "texte": "                                    — 544 —\n\nrière les toits — Greta songeait, perdue dans son obsédant rêve, le\nregard immobilisé, le corps anéanti dans une prostration désolée,\nlorsque tout à coup, éveillée en sursaut, elle tendit l'oreille. De la rue\nun son criard montait, une complainte d'orgue de barbarie vinaigrant\ndes notes tantôt claires et dures, tantôt ronflantes, plaintives p r e s q u e . . .\n   E t c'était l'air du Rhin, le » Loreley-Lied » dont les phrases, à travers\nle burlesque instrument qui les psalmodiait, lui pénétraient pourtant\nl'âme de leur sanglot. T o u t revenait encore, Gott! Gott! E l e n d ! comme un\nappel de la terre aimée, une plainte d'absente, un soupir de mère qui\nagonise et supplie. Loreley ! oh! Loreley! roche grise qui baigne les\npieds de pierre dans l'eau verte d u Rhin, Loreley ! nymphe mystique,\nblonde nymphe d'Allemagne, Lorelej' ! toi qui déroules ta chevelure\nd'or clair et que le pêcheur contemple, en extase ! Loreley! Loreley !\n   L a m u s i q u e allait, gémissante, avec des notes fausses qui giglaient,\nqui se cassaient comme des cordes, des sifflements d e cœur qui se\nbrise, des râles de mélodies qui meurent, Loreley ! des crépitements,\ndes saccades, qui s'entrecoupaient de longues notes plaintives, Loreley,\nL à - b a s , loin dans le passé, dans l'inoubliable! mon D i e u ! mon Dieu!\npitié ! pitié !\n  E t le bonhomme tournait, tournait toujours sa mécanique, r e m u a n t\net perçant comme une vrille l'âme de Greta, de Greta F r i e d m a n n , de\nGreta l'Allemande !\n  Cet air semblait un cri lointain venu des rochers pensifs de la patrie ;\nun large éclair traversa la pensée de Greta, lui montrant d a n s une\nnappe de lumière blanche, le pays, les heures évolues, les promenades\nlentes sous les tilleuls et sous les grands marronniers des jardins, les\nmusiques enveloppantes ainsi que des fumées de mélodie, et voguant en\nlongues bandes parmi les feuilles remuées aux brises...\n   Alors, tout n'était que douceur, que simplicité, que calme vie à\ntravers une nature apaisée et reposante. L e s montagnes baisées par\nles nues roses, le fleuve aux eaux roulées mollement, les pierres écrou­\nlées et verdies de mousse, les radeaux descendant le Rhin d'une allée\ninsensible et paresseuse, toutes ces choses abandonnées et non revues\ns'évoquaient à la jeune femme dans un demi-jour d'automne, poétisées\npar la distance et purifiées par le temps. Ses souvenirs s'étaient fondus\nen elle, et, pour son esprit mélancolisé par une inexprimable nostalgie,\nil semblait que les ballades, les poésies mystérieuses, les peintures\npâlies, les musiques traînantes fussent la réalité, cette réalité disparue\net transformée par un long et douloureux regret.\n"}, {"page_pdf": 596, "page_imprimee": 545, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2576, "texte": "                                — 545     -\n\n     Ce Loreley-Lied, elle souvenait si bien de l'avoir entendu par l'or­\nchestre des concerts de chaque semaine, sous les arbres du Kley-Garten-\nElle entendait encore les violons chevrotant comme un être humain qui\npleure et donnant à la simple musique de Silcher l'intense émotion des\nballades; avec eux elle avait dit en sourdine, les dolentes paroles de\nHeine : — « Je ne sais pourquoi je suis si triste          L'air est glacé, le\njour s'efface, le Rhin coule doucement et les pointes des montagnes\ndisparaissent dans la nuit qui tombe          »\n     » Je ne sais pourquoi je suis si triste!     »\n     — Parce que les douceurs mortes ne revivront point et que la solitude\n désole mon âme....\n     » La nymphe adorable est assise au faîte de la roche, sa tunique\n lumineuse rayonne, elle déroule ses cheveux d'or            »\n     — Qu'avait-elle encore à faire au monde, seule, avec l'étreinte de ses\n peines ? pourquoi n'irait-elle pas au delà de la vie, dans le rêve phos­\n phorescent des étoiles et la neige diaphane des voies lactées, pleurer\n ses amours anéanties et ses joies finies ?\n      » Elle déroule ses cheveux d'or et chante un Lied dont la mélo.lie\n tremble et sanglote        «\n     —Pourquoi resterait-elle dans l'abandon morne de sa pensée? pourquoi\n ne prendrait-elle pas son vol d'hirondelle blanche vers les hauteurs\n sereines d'où peut-être elle reverrait le Rhin glissant entre les mon­\n  tagnes.\n      » Le batelier de son bateau la regarde avec extase         »\n     — Elle descendrait, la nuit, reposer l'ombre d'elle-même au bord de\n l'eau verte où brillent, comme des joyaux oubliés, les cailloux aux reflets\n  d'astres.\n      « ... Il ne voit point les écueils et son regard est fixé sur la nymphe\n  blonde... »\n      — Et quand les brouillard sur les eaux d'émeraude se seraient allongés\n  comme des rêveries expirantes, elle poserait ses pieds sur la terre grise\n  des bords, et reverrait la place où l'amant est venu. Il est venu, la voix\n   triste, la voix douce, la voix étrange, et il a dit : Viens toi, la bien-\n   aimée de ma vie, nous nous aimerons sous les étoiles. Et il a dit\n   encore : » Viens Greta, Gretchen, ma Mienne, ma blonde Liebchen...\n       » Les vagues ont englouti le batelier, car la Loreley n'a pas abaissé\n   vers lui ses yeux       »\n       —Elle baisera la trace reparue de leurs pas dans le sable, et remontera\n    se mêler aux nuages, et son ombre plus pâle qu'un souvenir et plus pâle\n                                                                        39\n"}, {"page_pdf": 597, "page_imprimee": 546, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2201, "texte": "                                 -   546 —\n\n qu'une espérance roulera dans l'ombre des nuits à venir sur la voile\n gonflée des brises...\n   Le chant de l'orgue cessa, Greta continuait à l'entendre dans le\n passé\n\n\n                            CHAPITRE V\n\n                                      I\n\n\n    — Es-tu là, Greta ? cria Ferrias.\n    — Madame est sortie ce matin à neuf heures, Monsieur, répondit\n d'en bas la servante, elle a dit qu'elle ne rentrerait pas pour déjeûner.\n    — Ah ! bien, je ne déjeûnerai pas ici non plus alors.\n    — Bien, Monsieur.\n    Jacques, ce jour-là, fut heureux d'être libre jusqu'au soir. Depuis\n longtemps enfermé, il éprouvait l'intense désir de humer un air plus\n frais et de reposer ses yeux cernés sur les velours des verdures.\n    Il prit le train en destination de Groenendael, et, un livre de vers\nsous le bras, s'alla perdre dans la grande forêt de Soignes. Avec le\nprintemps revenu, les branches et les bruyères s'étaient animées et\ncomme dégourdies; dans les branches circulaient des brises lentes et le\nsol cédait, amolli, sous le pied, avec un craquement sec de brindilles.\n Çà et là s'ouvraient des clairières, et, dans l'intervalle des troncs, des\nperspectives immenses où le soleil passait obliquement comme à travers\n un vitrail d'église. Jacques se sentit revivre au milieu du silence syl­\nvestre. Son âme, où tous les soucis s'étaient fondus en une sorte d'ato­\nnie, d'écroulement général, de renoncement et d'indifférence à toutes\nchoses, s'ouvrit et se déploya, respirante, détendue, perlée, comme par\nune vague mystérieuse, aux douceurs anciennes. 11 oublia le présent,\net, en face de ces arbres, dont les ramures se balançaient avec une\noscillation berçante, dans ces allées, où rien d'humain ne troublait la\nsérénité de la Terre, il lui semblait qu'une magie le ramenait en arrière,\ndans le passé de la lointaine enfance. Il était venu dans ce bois, étant\npetit. Il avait regardé ces avenues et gravé son nom dans ces écorces\nrouillées, il s'était couché, jambes au soleil, dans les feuilles sèches des\nétés morts. Rien n'avait changé ; le ciel avait gardé sa splendeur de\nnaguère, les arbres, à travers les ans, continuaient la pensive médita-\n"}, {"page_pdf": 598, "page_imprimee": 547, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2033, "texte": "                                — 547     -\n\ntion de leur orgueil, et lui, lui non plus n'avait point changé ; il n'avait\npas quitté ce bois, il y avait vécu, sans savoir, sans penser. Au-delà\nseulement, bien loin, existait un homme appelé Ferrias qui souffrait au\ncœur et qu'il ne voulait point reconnaître !\n   Le concert assoupi des souvenirs monta de son âme au ciel comme\n un encens mélancolique, et des mots de joie apaisée et des phrases\nlentes de contentement intérieur lui vinrent aux lèvres sans qu'il eût la\nforce de les parler\n   Lorsqu'il sortit du bois, Ferrias retrouva Ferrias.\n   Jacques rentra en ville à 6 heures. A la gare du Luxembourg, il prit\n une voiture et se fit reconduire chez lui.\n   — Madame, est-elle là ?\n   — Non, Monsieur.\n   Une inquiétude vague le saisit.\n   — N'a-t-elle rien dit en partant, ce matin ?\n   — Non, Monsieur.\n   Jacques pénétra dans le cabinet de travail et courut à son secré­\ntaire ; la clef que Greta portait toujours sur elle, était dans la serrure.\nFerrias ouvrit le meuble. Il y manquait un billet de mille francs\n   Il se laissa tomber alors dans un fauteuil, écrasé, anéanti, en sanglo­\ntant : » Greta ! Greta ! Elle est partie ! Elle est partie ! «\n\n\n                                     II\n\n  Kéradec, le nez plongé dans un numéro du Peuple, acheva sa lecture:\n  » L'avenir est à la démocratie ! Au flot réactionnaire qui menace de\nnous submerger, opposons le progrès toujours plus audacieux et plus\nvaillant ; aux régimes rétrogrades, substituons celui de la souveraineté\npar le peuple, le suffrage universel, afin que la Belgique ne soit plus\ndésormais qu'une grande famille où tous les frères seront égaux en\ndroits comme ils le seront en devoirs ! Hein, c'est tapé, ça ?\n  — C'est de toi, fit Beckx.\n  — Oui, mille dieux ! J'ai pondu ça en dix minutes sur un coin de\nmarbre, à l'imprimerie du journal.\n  — Le temps ne fait rien à l'affaire.\n  Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort! Briser universel des\npeuples! C'est d'un neuf !\n  — Pardon, d'un quatre-vingt-neuf!\n"}, {"page_pdf": 599, "page_imprimee": 548, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1830, "texte": "                                -   548   -\n\n   — Pas de mots !\n   — Voyons, pauv' Peup' ! tu n'es pas sérieux n'est-ce pas ? entre\nnous, là !\n   — Pas sérieux, hurla Kéradec, mais vous êtes étonnants vous autres !\nPas sérieux ! mais je me f... de votre art, moi !\n   — Farceur !\n   — ..... oui, je m'en f... ; j'accomplis une mission, moi. Tout citoyen a\nle devoir de s'occuper des grandes questions sociales...\n   — Crac !\n   — .... de l'avenir du prolétariat !...\n   — Boum !\n   — .... de l'égalité...\n   — Et de trois ! Ils y passeront tous ! Prends garde qu'on te soup­\nçonne, artiste que tu es! Ceux qui demandent du pain pour le peuple,\non ne les gobe pas         Ils veulent faire leur beurre!\n   —        Voyons, fit Kéradec sans relever l'interruption, vos beaux\nVers sur les petites femmes, à quoi que ça sert?\nje vous le déclare, si, par le fait d'un article, je parviens à faire donner\nà l'ouvrier une augmentation de salaire, je croirai avoir fait plus que\nvous ! Na !\n   — Eh bien, moi, puisque moi il y a, dit Chastel en levant sa belle\nmain fine, j'estime qu'un beau vers vaut tous vos sacrés poncifs\nsociaux, et quant à vos ouvriers, j'espère qu'en nous balaiera toute cette\ncanaille !\n   — Toi, Chastel, on promènera ta tète au bout d'une pique !\n   — Qu'on me laisse mon monocle et je m'en fiche !\n   — Très chic, Chastel, mais pas pratique, fit Carol.\n   — Rrçon, un bock !\n   — Deux !\n   — Trois !\n   — Quatre !\n   — Bien, Messieurs ! Quatre bocks ! Quatre!\n   Il était onze heures du soir. Un flot de monde, sorti du Théâtre des\nGaleries, s'était éparpillé dans le Passage, et quelques femmes attardées\ngagnaient au plus vite Tortoni.\n   La Royale allait bientôt se fermer et les quatre se levaient pour partir\nlorsqu'ils virent entrer Ferrias très pâle.\n   — Halh ho ! fit Carol, qui voilà !\n   — Bonsoir!\n"}, {"page_pdf": 600, "page_imprimee": 549, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1861, "texte": "                                 — 549 —\n\n   — Qu'as-tu ?\n   — Ne riez pas, ne vous moquez pas! je suis fou, je suis désespéré.\nGreta, ma femme, partie !\n   — Ah ! dit Chastel en dissimulant un sourire gouailleur.\n   — Depuis dix heures je la cherche partout. Personne ne l'a vue vue.\nEt vous ?\n   Ils se regardèrent.\n   — Aidez-moi je vous en supplie! où dois-je chercher! que dois-je\nfaire? dites!\n   — Mon cher Jacques, répondit lentement Chastel, assieds-toi d'abord\net puis écoute : Quand une femme s'en va, c'est qu'elle a ses raisons\nou... qu'elle est toile. Dans les deux cas il faut attendre, dans l'un\nqu'elle revienne.... pour la mettre à la porte, dans l'autre qu'on la\nramène        pour l'interner. Ton allemande n'est pas perdue, que\ndiable!\n   Ces mots ton allemande furent pour Ferrias comme un éclair, ton\nallemande! ils se gravèrent dans sa pensée, tout à coup.\n   — Tu as peut-être raison, Chastel !\n   Il y eut un silence; Ferrias saisi d'une idée fixe, s'absorba, l'œil\nvague, immobile. Les derniers mois lui revinrent à l'esprit; les tristesses\nde Greta, sa folle idée de revoir Bonn, ses émotions brusques lorsque le\npays quitté s'évoquait par une parole, par une musique..., ton alle-\nmande\n   Il se leva, demanda un Guide et pointa les heures des trains; à minuit\nil y avait un départ pour Cologne... mais non! il était fou de partir...\nil avait tort... on ne s'enfuit pas ainsti par nostalgie, sans souci des êtres\naimés...\n   Pourtant la conviction se faisait, inconsciente, mais nette, décisive,\nirrésistible.\n   — Je pars, dit Ferrias.\n   — Ah ! et pour où ?\n   Jacques ne répondit pas et vivement serra la main des amis en mur­\nmurant : — Au revoir.\n\n                                     III\n\n\n  Ce fut un voyage infini. Dans le roulement du train express, les heures\npassèrent comme des longs jours qui ne veulent pas s'achever.\n"}, {"page_pdf": 602, "page_imprimee": 550, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2093, "texte": "                                -   550   -\n\n   Eveillé et fiévreux, Ferrias collait son front à la vitre humide du\nwagon et regardait les campagnes sombres qui défilaient toujours, tou­\njours...\n   La nuit était noire et des ombres d'arbres agrandis s'allongeant au bas\ndes talus, défilaient toujours, toujours...\n   L'aube se leva, incertaine,... le train courait... des bandes de lumière\ntraversèrent l'horizon voilé et des clartés blanches se répandirent sur les\npâtures, sur les bois, sur les vergers qui défilaient toujours, toujours...\n   Puis au loin une lueur monta plus intense, plus éclatante et se\nrépandit en nappes au long des grand'routes, au milieu des labourés, au\nplat des toits rouges qui défilaient toujours, toujours...\n   Les stations passaient, le jour illumina les plaines ; un large soleil\ninonda le ciel d'une pluie de rayons, puis l'horizon changea; des collines\napparurent, des montagnes boisées entre lesquelles s'enfonçaient des\nvallées mystérieuses où se dressaient des ruines, des débris de tours\nalternant avec des châteaux modernes, de vastes maisons de plaisance,\ndes châlets, des villas, qui défilaient toujours, toujours...\n   Enfin le Rhin, comme un grand serpent d'or vert scintilla dans la\nvallée des sept montagnes.\n   Bonn.\n\n                                    IV.\n\n  On n'avait pas reçu d'étrangers la veille.\n\n\n\n\n                                    V\n\n   Par un caprice, Jacques voulut refaire le chemin exact qu'il avait\nparcouru avec Greta deux ans auparavant. Il entra dans le jardin de\nl'Hôtel Kley, désert à cette heure, alla s'accouder à la balustrade de\npierre, au fond, et après avoir un instant contemplé le Rhin dont les\neaux semblaient endormies, il retourna sur ses pas, traversa de nouveau\nle square, prit la rue de Coblence, descendit la Fahrgasse et se trouva\ndevant le fleuve. La paix du matin se fondait avec le murmure des\neaux et le murmure des lointains. Une douceur infinie planait et Jac­\nques, le cœur écroulé, sans espérance, allait, contemplant d'un regard\nperdu le paysage apaisé. Tout le passé remontait à son esprit, les\n"}, {"page_pdf": 601, "page_imprimee": 551, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1894, "texte": "                               — 551 —\n\nheures d'amour en ce pays rêveur, les mains entrelacées et les têtes\njointes dans l'ivresse des longs embrassements. Il se souvint dés paroles\n qu'il avait dites à Greta, ces mots que par un raffinement d'artiste, il\navait cherchés harmonieux et lents ; leur anéantissement enfin dans cette\nnature aimante qui semblait leur avoir soufflé ses troublantes sollicita­\ntions. Reverrait-il Greta, sa blonde? Ne reviendrait-elle pas à lui qui\nsouffrait ?\n   Et au moment où repris au dernier espoir d'une rencontre au péléri­\nnage d'amour, il sondait la route du bord comme pour y évoquer la\nforme exquise de la disparue, il vit, là-bas, une jeune femme qui\nl'appelait de loin d'un geste déployé. Alors une joie intense le prit; il\ncourut, il bondit vers elle qui ne bougeait plus, se jeta à ses pieds,\nl'entoura de ses deux bras, lui baisa le front follement en sanglotant :\nGreta ! Greta ! Gretchen !\n   Et Greta l'œil fixement tourné vers le soleil, lui parla comme en un\nun rêve, d'une voix mouillée et douce :\n   « — C'est toi, Jacques, je savais que tu viendrais à moi ; je t'ai\nattendu, mon Jacques ; c'est ici, souviens-toi, que nous nous sommes\naimés. Regarde comme le fleuve est beau, mon doux fleuve allemand ;\nnous nous aimerons sous les étoiles, Jacques, et les montagnes mettront\nleur ombre sur notre amour... Jacques, continua-t-elle en le regardant\nd'un air las, je t'aimais tant, mais je voulais, je devais revenir un\ninstant ici; nous repartirons ensemble, dans ton pays, veux-tu? mais\nchaque été nous reviendrons... avec l'enfant...\n   Elle rougit en disant ces derniers mots, à voix basse...\n   Et tandis que, silencieux, ils se regardaient, noyant mutuellement\nleurs âmes dans l'oubli des tristesses passées, le Rhin continuait sa\nmarche vers la roche de la nymphe Loreley.\n\n                                                    MAX WALLER.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 552, "page_fin": 555, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Khnopff", "ancre_debut": "VERS", "ancre_fin": "L âme des extases anciennes", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 603, "page_imprimee": 552, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 754, "texte": "                 VERS\n\n       L'EAU QUI SOUFFRE\n\n\n          VERS les lointains extasiés,\n           Lente et douce, sans un murmure,\n           Elle pousse son onde impure\nEntre les murs pacifiés,\n\nO la rivière jaune et morte\nSous les ponts tristes, sans espoir\nDe rien refléter de ce soir\nQue l'heure impitoyable emporte !\n\n\n\n\n              DOUX PAYS\n\n\n         DANSle charme troublant de l'heure\n           Exquise, ainsi qu'une buée\n           Tombe la neige exténuée\nDe la lune rose qui pleure.\n\nE t belles de leurs'seuls beaux yeux,\nEprises de rien, vaguement\nHeureuses sous le frolement\nDe ce baiser silencieux,\n\nGlissent, blanches, des jeunes filles\nIdéalement corporelles,\nPlus transparentes et plus frèles,\nBlanches, que les chastes charmilles.\n"}, {"page_pdf": 604, "page_imprimee": 553, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1009, "texte": "                 -   553   -\n\nLe bleu pâle de leur regard,\nD'un bleu pâle de souvenir,\nDoux comme ce qui va finir,\nSoupire bien loin, quelque part\n\nAu loin, où le ciel est encore\nCéleste pour les yeux qui pleurent,\nOù les anges d'azur effleurent\nDe leurs ailes pures l'aurore,\n\nAu loin avec les angélus\nRoses dans le rose du soir,\nExaltant au mystique espoir\nLes souffrances qui ne sont plus :\n\nDoux pays ! Candeurs puériles\nEt s'éternissant dans les songes,\nOh ! loin des raffinés mensonges\nEt du faux sourire des villes.\n\n\n\n\n             APPARITION\n\n                                     à William Picard.\n           T E L L E glisse silencieuse\n             Sur un ciel de miniature\n             Une sainte gracile et pure\n  Dans le bleu de l'heure pieuse,\n\n  Elle m'est soudain apparue,\n  Rêve, forme à peine, nuance,\n  Effleurant de subtile essence\n  La vulgarité de la rue\n\n  Et de ses lèvres bien-aimées\n  La Vierge, de ses lèvres roses,\n  Effeuilla sur mon cœur des roses\n  Et des étoiles parfumées, —\n"}, {"page_pdf": 606, "page_imprimee": 554, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 786, "texte": "                — 554     -\n\n\n\n SENTEURS MUSICIENNES\n\n\n\n                              à Paul   Goffart.\n         AVEC un tremblotement d'ailes\n           Un air bien vieux, grêle et charmant\n           Mêle son attendrissement\nA l'évaporé des dentelles.\n\n\nAu fond du boudoir parfumé\nD'accords vagues et de mains blanches,\nC'est, dans le clair brouillard des branches,\nLa douceur du printemps aimé :\n\n\nDu printemps où la lune exquise\nSe vaporisait dans tes yeux\nPlus tristes que l'azur des cieux,\nDu printemps si calme, ô marquise,\n\n\nOù, dans le frêle bleu du soir,\nVers le ciel de joie infinie\nPalpitaient d'une aile bénie\nLes voix roses de notre espoir.\n\n\nEt les senteurs musiciennes,\nCette âme qui se plaint tout bas,\nCes frissons d'accords, n'est-ce-pas\nL'âme des extases anciennes?\n"}, {"page_pdf": 605, "page_imprimee": 555, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 763, "texte": "                 — 555 —\n\n\n\n\n          INSPIRATION\n\n\n\n                                      à J.   Massenct.\n\n          ECOUTE sur l'écran vermeil\n           Glisser les jonques dans les brises\n           Et parmi les ramures grises\nSaigner le glaive du soleil;\nEcoute! Comme des nuées,\nFlottent dans le calme du soir\nLes cigognes exténuées.\nEt, vois, la lune vient s'asseoir\nSur l'escalier de marbre rose\nOù la chinoise tristement\nHume les parfums d'une rose\nPour évoquer son doux amant.\nEt de ces frissons de silence,\nDe ces lueurs harmonieuses\nL'oiseau du Rhythme d'or s'élance\nBaisant de ses ailes soyeuses\nTon front délicieusement,\nPoète, dans le demi-jour\nD'un subtil attendrissement\nA peine nuancé d'amour.\n\n                               GEORGES KHNOPFF.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 556, "page_fin": 557, "titre_corps": "Exposition du Cercle artistique d’Anvers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Gustave de Graef", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "GUSTAVE DE GRAEF", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 607, "page_imprimee": 556, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE\n\n   EXPOSITION         DU CERCLE         ARTISTIQUE            D'ANVERS\n\n\n\n             L'EXPOSITION de tableaux au Cercle artistique d'Anvers\n             a été très intéressante, à plus d'un titre.\n               Nous y avons rencontré, en tout premier lieu, deux\n             magnifiques intérieurs d'Adrien De Braeckeleer, où se révèle\ntoute la force de tonalité de cet artiste.\n   L'intérieur de la maison hydraulique de Henri De Braeckeleer, peint\ndans la môme gamme est d'un coloris excessivemant riche et possède\nd'étonnantes qualités de perspective. Son Intérieur bourgeois est beau­\ncoup plus vulgaire.\n   M. Vestraete est très poétique dans son Coin de lac, dont nous\n aimons fort le calme et la verdure. Son Impression au bord de la mer\nest plutôt une esquisse qu'un tableau. Ce n'est qu'une impression\nfugitive et fougueuse que le peintre a jetée sur sa toile, d'un seul trait et\nsans vouloir produire autre chose qu'un reflet de ce qu'il a vu.\n   Le Herseur est une peinture robuste et bien conçue. Quoiqu'un peu\nbrumeuse, elle ne laisse pas que de produire une impression douce et\nsentie, et d'attirer les regards du visiteur qui voit sur une toile plus\nqu'un assemblage de couleurs. Nous engageons l'artiste à retoucher le\npaysan de son tableau et à le mettre un peu d'aplomb.\n   Voici Joors avec une pièce superbe intitulée Convoitise. Pas une\n incorrection dans le dessin, pas une ligne déviée dans la perspective,\ntout est à sa place chez lui et son coloris est d'un richesse magistrale.\nLe chat qui guette l'oiseau a des ondulations de corps à rendre la\nnature jalouse. De plus, cet artiste peint dans la gamme vraie et\n sincère, dénuée d'artifices et de trucs; il est simple mais, d'une justesse\ninouïe, ce qui donne à ses œuvres un cachet spécial qui fera leur\nrenommée.\n   M. Verhaert a taté la nature morte. Son Herfste, malgré ses qualités\nincontstables de tonalité ferme, nous semble bien inférieur à la répu­\ntation de l'artiste. Ses fruits sont carrément brossés, mais ils n'ont\naucune saveur; cela est morne, flasque, triste. Il y a loin de cette con­\nception aux charmants tableautins pleins de couleur, de vie et d'action\nqui ont, depuis longtemps, classé cet artiste parmi les plus en vue de\nla jeune école. Vraiment, c'est dommage.\n   A noter deux belles marines de Wolters et deux splendides effets de\nlune de Maerenhout, comme seul, cet artiste hors ligne en sait faire.\n   D'Ed. Pontielje, nous avons le Vieux Pêcheur et un Vieillard fumant,\ntous les deux d'une grande finesse d'exécution, d'une harmonie\nsupérieure de couleurs et d'une finesse de lignes qui frise la malice. Ce\n"}, {"page_pdf": 608, "page_imprimee": 557, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3138, "texte": "                                  -   557 —\n\nsont des œ u v r e s de mérite qui prouvent qu'un artiste ne doit pas\ntoujours s'emballer dans les grandes machines pour ajouter un fleuron\nde plus à sa couronne.\n    Eh, eh, Monsieur Nélis, que faites-vous donc ? vous voulez exhiber\nune Etablc, et vous nous servez un pâté, qui lait songer à la composition\nde la terre avant sa création. T o u s lus efforts sont louables, mais là,\nvraiment, ce n'est p l u s de la peinture, c'est de la fusion.\n    L a Récolte, de M. Derickx appartient un peu à la même famille : c'est\nplat, vide, lâché et sans aucun relief. Avec du travail, cet artiste\npourait faire mieux.\n    Autre chose est d u Dimanche après midi de Jules Lambeaux. Ce\npetit tableau est une perle, d'un feu séduisant, qui confirme la\nréputation déjà brillante de ce jeune artiste. L e dessin est irréprochable\net les effets de lumière d'une intensité frappante, d'une douceur réelle\nment sentie. P o u r t a n t , nous voudrions voir L a m b e a u x prendre ses\n sujets d a n s la vie actuelle, au lieu de les affubler du costume des\n siècles passés. Son art ne pourrait qu'y gagner, car il y a dans les\n décors qui nous entourent assez de matière pour qu'il ne soit pas\n besoin de fouiller dans les garde-robes de nos ancêtres.\n    D a n s Distraction de Vand'er Borght, il y a réellement quelque dis­\n traction de la part du peintre. Au demeurant, assez de couleur et de\n carrure.\n     L e s Fleurs de L a m m e r s sont passables mais non pas exemptes de\n grands défauts, dont l'artiste se corrigera, nous en sommes persuadés.\n     Van Soom fait miroiter une Cascade pleine de lumière. Peinture\n simple, ondulante et solide-\n     L a Couturière de Simons confirme le talent de son jeune auteur. Son\n Portrait déborde de vie, mais les chairs manquent un peu de modelé et\n le tout a besoin de recevoir encore quelques coups de pinceau.\n     L'Aquarelliste de F a n Engelen a des qualités incontestables de\n névrosité. L e fond en est traité de main de maître et avec une vigueur\n peu commune.\n     Nous aimons moins son Menuisier.\n     Quel est donc le farceur qui a écrit le mot aquarelle au bas des deux\n  portraits de Van Engelen ? Décidément il faudrait venir de loin pour ne\n  pas voir que ce sont bel et bien des peintures à l'huile, et encore de\n  mauvaises peintures.\n     M. Janssens, dans sa Vanne, nous montre une fois de plus qu'il sait\n  arracher à la nature sa couleur, son charme et sa poésie.\n     M. Claus est très énergique dans sa Place de la commune. L e grou­\n  pement est fort bobile et le coloris d'une grande profondeur. Le fond est\n  cependant un peu crayeux; un coup de brosse pourrait rétiblir\n  l'équilibre.\n     L e Violoniste de M. Godding u'est pas un chef-d'œuvre, mais nous\n  y remarquons une assez grande puissance de coloris. L'artiste devra\n  particulièrement soigner le dessin et la perspective.\n     De Jaus a d e u x portraits splendides de force et d'expression.\n      MM. Joris, D u p u i s , V a n Beurden et W e y s , sculpteurs, exposent des\n  œuvres remarquables.\n                                                     GUSTAVE D E     GRAEF."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 558, "page_fin": 559, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "ALBERT GIPAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 609, "page_imprimee": 558, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n            S'IL est impossible, aujourd'hui, d'apprécier d'une façon défi­\n             nitive les descriptions de la Belgique que Camille Lemonnier\n             publie depuis trois ans dans le Tour du Monde de M. Edouard\n             Charton, ce n'en est pasmoins un devoir pour la critique de\nsignaler l'achèvement successif de cette œuvre colossale érigée à la\ngloire de la terre natale par un artisteen qui semblent se continuer les\ngrands Flamands de la Renaissance. Le monument est encore en partie\ncaché par les échafaudages, les échelles et les poulies ; une poussière de\nchaux et de marbre ennuageencore ses contours; mais déjà l'œil exercé\ndevine la gloire future de l'édifice, et quelques pavillons se dégagent\ndéjà, dans une splendeur d'accomplissement.\n    Quant parurent les premières livraisons, elles furent accueillies par\nun concert de critiques fougueuses, de protestations chauvines et\nd'hydrophobies contagieuses, dont le tapage est encore inapaisé main­\ntenant.\n    11 y eut de la musique. Ce fut une suite d'orchestre en bourgeois\nmajeur. L'impression dominante fut un douloureux étonnement. La\nMuse des Bœdeker et des Joanne, se voila la face; la statistique, con­\nsternée, pleura comme un fleuve, et quelques David du journalisme\nrassis dansèrent rageusement devant l'arche de la médiocrité officielle.\n    Et il y avait de quoi se fâcher, reconnaissons-le. Quoi ! il n'y avait\ndonc plus de logique? Au lieu de suivre la tradition que résume si admi­\nrablement Beaumarchais : » Il fallait un calculateur : ce fut un danseur\nqui l'obtint! » On allait charger un calculateur de faire des calculs, et\nun littérateur d'élaborer un travail littéraire? Cette excentricité de mau­\nvais ton, et d'un si déplorable exemple, fut blâmée, comme elle le\nméritait, par des gens trop sérieux pour avoir jamais écrit de bons\nlivres.\n    Le sens dessus-dessous était complet. A la place de l'œuvre rêvée, à\nla place d'un répertoire d'adresses, de chiffres, d'une espèce de Bottin\ndes neuf provinces, l'auteur du Mâle se permettait de nous donner une\nsérie de descriptions larges, brossées en plein air par un peintre qui n'a\npas la crainte de la couleur. Les plantureuses campagnes des Flandres,\nle sommeil claustral des villes de province, la béatitude des béguinages,\nil s'émancipait jusqu'à les traduire en des pages amoureuses de vie et\nde pittoresque. Les vieilles églises endormies dans leur rêve de pierre,\nles chasses précieuses qui songent dans le trésor des abbayes, les\ntableaux de maître qui s'enflamment comme des braises dans l'obscu­\nrité des antiques chapelles, tout était non pas mentionné, mais décrit,\nnon pas catalogué, mais traduit, dans une langue trop forte pour cer­\ntaines oreilles et pour certains yeux. Lemonnier omettait, sciemment,\navec révolte, les lieux-communs, » quinquennaux » sur le grand art, sur\nl'idée — l'Hidée avec un H, de Schopenhauer! — bref, toute la Bel­\ngique des cantates. Il s'avisait de transposer d'un art dans un autre les\nprairies angéliques où les vierges de Memling paissent leurs ouailles\nimmaculées, les rouges tueries de Rubens, et l'allure aristocratique de\n"}, {"page_pdf": 610, "page_imprimee": 559, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3288, "texte": "                               -   559   -\n\nVan Dyck. La couleur, les pâtes grasses de la peinture flamande,\nLemonnier les laissait se réverbérer et couler dans son œuvre. Les\nJanins — ou les Jeannins — mirent des lunettes bleues, et l'auteur du\nMort fut convaincu de matérialisme par des cardinaux laïcs et par des\npapes en bourgeois.\n   Lemonnier haussa les épaules, et après l'exécution — nécessaire —\nd'un chroniqueur marollien qu'il ne sied plus de nommer ici, rentra\ndans son oeuvre.\n   Elle s'est augmentée depuis, continuellement. Les descriptions de\nBruges, qui ont paru il y a quelques mois, méritent d'être étudiées de\nprès, et d'être dès aujourd'hui, distraites de l'ensemble de La Belgique.\n   Elles sont une preuve nouvelle de la prodigieuse variété de l'écrivain,\nqui, comme tous les maîtres, possède l'aptitude universelle. Au rebours\ndes talents exclusifs, que l'on pourrait comparer à des musiciens qui ne\nconnaissent qu'un instrument, et qui sont des virtuoses, l'un du violon,\nl'autre de la flûte, l'autre du hautbois, la manière de Lemonnier fait\npenser à une symphonie immense, où les bois et les cuivres s'entre­\nlacent et se fondent dans une magnifique explosion sonore. Il ne joue\npas de tel ou tel instrument : il joue de l'orchestre.\n   Ainsi, après les opulences saines, grasses et lourdes, après les vastes\ntaches de couleur du Mâle et de certaines pages du Tour du Monde, le\nvoici, qui, dans son étude de Bruges, se complaît aux magies douces\ndes demi-teintes, des nuances foncées, à la diffusion d'une lumière\nprismatique, à des nuances exquises et mourantes, semblables à des\nombres de roses, de jasmins et de lilas. La phrase, au paravant majes­\ntueuse et traînante comme un plaint-chant, s'accalme en des harmonies\nétouffées, pareilles aux rumeurs vagues qui nagent, autour des jubés,\nsur le clavier des orgues qui se sont tus.\n   Et, à l'odeur de la campagne et du grand ciel, succèdent des parfums\nd'encens et de sacristie.\n   Puis, par un retour à la pompe qui achève le tableau prestigieux de\nla ville morte, il l'évoque du fond du passé, et la Bruges d'autrefois\ns'enflamme dans une soudaine apothéose, sur un ciel empourpré de\nmissel et de vitrail.\n   Lemonnier a publié dans le genre descriptif, peu de pages aussi\nbelles que sa résurrection de Bruges, et s'y est abandonné admirable­\nment. Nulle part il n'a manié plus savamment la langue. Il lance l'image\ncomme Jupiter lançait la foudre.\n   Lemonnier est un des rares écrivains belges qui aient eu conscience\nde l'âme des mots.\n   Là est le secret de son influence toujours grandissante. Et le jour, où\ncomme Catulle Mendès a écrit la Légende du Parnasse Contemporain,\nl'un des nôtres écrira l'histoire de la Jeune Belgique, il devra cet hom­\nmage au maître du Mort. S'il pourra prétendre, sans crainte d'erreur,\nque nul des jeunes écrivains de la Jeune Belgique n'a servilement pas­\ntiché Camille Lemonnier. il devra pourtant reconnaître qu'à l'exception\ndes deux ou trois prosateurs et poètes qui ont surgi presqu'en même\ntemps que lui, il a révélé à eux-mêmes la masse des jeunes, en leur\napprenant les inépuisables ressources du verbe, et qu'il a allumé, dans\nles lettres belges, un incendie qui ne s'éteindra pas de sitôt.\n                                                    ALBERT GIPAUD."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 560, "page_fin": 563, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "NEMO", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 192, "texte": "MEMENTO\n\n\n\nLa Suisse Romande. — Le Salon de Bruxelles, par Max Waller. 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A côté des jeunes, qui montre­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1234, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "ront ici ce qu'ils peuvent faire, un grand"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1325, "fin_caractere_exclue": 1364, "texte": "nombre de nos meilleurs écrivains, com­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1413, "fin_caractere_exclue": 1453, "texte": "prenant l'incontestable utilité de cette"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1502, "fin_caractere_exclue": 1543, "texte": "entreprise, ont bien voulu nous promettre"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1592, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "leur collaboration active; l'accueil qui"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1681, "fin_caractere_exclue": 1726, "texte": "nous a été fait par les littérateurs français"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1775, "fin_caractere_exclue": 1815, "texte": "n'est pas moins excellent — partout nous"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1865, "fin_caractere_exclue": 1902, "texte": "avons rencontré encouragement et sym­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 1951, "fin_caractere_exclue": 1958, "texte": "pathie."}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2011, "fin_caractere_exclue": 2050, "texte": "La Suisse romande paraîtra le 1er et le"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2100, "fin_caractere_exclue": 2137, "texte": "15 de chaque mois, en livraisons d'au"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2187, "fin_caractere_exclue": 2224, "texte": "moins 48 pages, grand in-8, imprimées"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2274, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "avec luxe, sur beau papier teinté. La col­"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2366, "fin_caractere_exclue": 2406, "texte": "lection des numéros formera chaque année"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2456, "fin_caractere_exclue": 2493, "texte": "un magnifique volume de près de 1,200"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2543, "fin_caractere_exclue": 2584, "texte": "pages, ou tous les six mais, un volume de"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2634, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "600 pages. Le premier numéro, daté du"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2721, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "1 er janvier 1885, sera publié le 15 novembre"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2816, "fin_caractere_exclue": 2850, "texte": "par Ad. Wagnon. Aux artisans de la"}, {"page_pdf": 611, "page_imprimee": 560, "debut_caractere": 2899, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "pensée, par Tules Carrara. La Société lau-"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "sannoise au X V I I I e siècle, par Eug."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 158, "fin_caractere_exclue": 204, "texte": "Mottaz. Autour du Monde,             Souvenirs"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 255, "fin_caractere_exclue": 293, "texte": "d'un Marin, par L. Tognetti, etc. etc."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 360, "fin_caractere_exclue": 399, "texte": "Poésies de Emmanuel des Essarts, Alfred"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 451, "fin_caractere_exclue": 493, "texte": "desEssarts, Emile Michelct, St. de Guaita,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 546, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "Samuel Cornut, Ernest Bussy, Mlle E. Roy,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 640, "fin_caractere_exclue": 676, "texte": "Ed. Tavan, Auguste Dorchnin, Catulle"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 734, "fin_caractere_exclue": 772, "texte": "Mendès (Nouveau contesépiques),Charles"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 831, "fin_caractere_exclue": 866, "texte": "Dorice, Adolphe Dulex, Paul Demeny,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 931, "fin_caractere_exclue": 971, "texte": "Louis Tognetti, Jean de Pury, Henry Ber­"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 1060, "texte": "guer, Henri Warnery, Sully Prudhomme"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1120, "fin_caractere_exclue": 1159, "texte": "(fragments d'un pointe en préparation),"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1218, "fin_caractere_exclue": 1257, "texte": "Paul Bourget (Antigoue, poème), Anatole"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1311, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "France, Jules Troubat, José-Maria de"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1407, "fin_caractere_exclue": 1443, "texte": "Heredia, Jules Carrara, Ch. Bonifas,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1504, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "Ad. Ribaux."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1600, "fin_caractere_exclue": 1639, "texte": "Le prix de l'abonnement, franc de port,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1688, "fin_caractere_exclue": 1734, "texte": "a été fixé, par année, à 10 fr. pour la Suisse"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1787, "fin_caractere_exclue": 1813, "texte": "et 12 fr. pour l'étranger."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1886, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "Au public maintenant à nous juger."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1975, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "Espérons qu'il saura apprécier les efforts"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2072, "fin_caractere_exclue": 2108, "texte": "tentés pour lui procurer une lecture"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2171, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "attrayante et variée, une revue littraire,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2273, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "vraiment digne de ce nom. Il y a bien des"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2370, "fin_caractere_exclue": 2413, "texte": "sortes de patriotisme. Celui qui veut déve­"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2467, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "lopper le mouvement intellectuel du pays,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2565, "fin_caractere_exclue": 2609, "texte": "fournira ses écrivains, célèbres ou ignorés,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2659, "fin_caractere_exclue": 2705, "texte": "le moyen d'utiliser leurs talents et au public"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2755, "fin_caractere_exclue": 2799, "texte": "l'occasion de les apprécier, faire connaître"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2853, "fin_caractere_exclue": 2896, "texte": "et aimer le pays au dehors dans ses enfants"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2947, "fin_caractere_exclue": 2988, "texte": "les plus dignes, dans ses mœurs, dans ses"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3044, "fin_caractere_exclue": 3087, "texte": "légendes, dans son paysage et son histoire,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3140, "fin_caractere_exclue": 3184, "texte": "toutes choses qui se résument dans la litté­"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3241, "fin_caractere_exclue": 3285, "texte": "rature, ce patriotisme vaut bien les autres."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3337, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "N'oublions pas que la littérature et les arts"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3432, "fin_caractere_exclue": 3472, "texte": "sont la plus grande richesse d'un peuple"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3527, "fin_caractere_exclue": 3566, "texte": "libre. Le courage et la persévérance ne"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3626, "fin_caractere_exclue": 3668, "texte": "manqueront pas à ceux qui ont entrepris la"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3723, "fin_caractere_exclue": 3766, "texte": "fondation de cette revue ; que la sympathie"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3788, "fin_caractere_exclue": 3832, "texte": "du public ne leur fasse pas non plus défaut,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3887, "fin_caractere_exclue": 3928, "texte": "et que tous, écrivains et abonnés, soient"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3987, "fin_caractere_exclue": 4026, "texte": "unis dans un même élan pour le culte de"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4084, "fin_caractere_exclue": 4121, "texte": "l'art vrai et la gloire de la patrie."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4181, "fin_caractere_exclue": 4225, "texte": "D'ailleurs, un comité de lecture a été cons­"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4281, "fin_caractere_exclue": 4324, "texte": "titué, qui examinera les manuscrits avec le"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4379, "fin_caractere_exclue": 4421, "texte": "plus grand soin. Toutes les collaborations"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4478, "fin_caractere_exclue": 4518, "texte": "ci-dessus désignées sont effectives. Les"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4564, "fin_caractere_exclue": 4606, "texte": "premiers numéros contiendront les articles"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4660, "fin_caractere_exclue": 4670, "texte": "suivants :"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4768, "fin_caractere_exclue": 4812, "texte": "Marines, par André Theuriet,         Sainte-"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 117, "fin_caractere_exclue": 157, "texte": "Thérèse, nouvelle, A l'aventure, croquis"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 214, "fin_caractere_exclue": 254, "texte": "par Emile Michelet. La Mort de Victoire,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 311, "fin_caractere_exclue": 355, "texte": "par Auguste Blondel ; esquisses à la plume :"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "La Comtesse pâle, Sur un Balcon, Dumas"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 507, "fin_caractere_exclue": 545, "texte": "à Chiatamone, Une visite à Chopin, par"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 602, "fin_caractere_exclue": 639, "texte": "MmeC. Berton-Samson. Boléro, nouvelle"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 696, "fin_caractere_exclue": 733, "texte": "par Mme Eug. Versel. Eut-elle raison,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 790, "fin_caractere_exclue": 830, "texte": "nouvelle par Mlle F. Guillermet. Le Bout"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 887, "fin_caractere_exclue": 930, "texte": "du Monde, nouvelle par .M\"1' M. Cr s abois."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 987, "fin_caractere_exclue": 1023, "texte": "Le docteur Ramel, nouvelle par Henri"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1080, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "Beauclair. La Romance de Préciosa, nou­"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1176, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "velle par Ad. Ribaux. Nouvelles et contes"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1310, "texte": "par MM. Anatole France, Eug. Mottaz,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1367, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "L.-A. Duchosal, Emm. Buenzod, etc. etc."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1466, "fin_caractere_exclue": 1503, "texte": "Les correspondants de J.-J. Rousseau,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1560, "fin_caractere_exclue": 1595, "texte": "par Eug. Ritter. Sully Prudhomme et"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1652, "fin_caractere_exclue": 1687, "texte": "Coppée, conférence par Emmanuel des"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1744, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "Essarts. Dora D'Istria à Florence, Mazzini"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1843, "fin_caractere_exclue": 1881, "texte": "et la poésie européenne, la Mission du"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 1938, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "Poète, Dante peint par lui-même, par"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2031, "fin_caractere_exclue": 2071, "texte": "M1le Berton-Samson, les Maîtres italiens"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2128, "fin_caractere_exclue": 2170, "texte": "eu Italie : I. Florence devant l'Histoire,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2227, "fin_caractere_exclue": 2271, "texte": "par Jules Levallois. Études littéraires sui-"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2328, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "tes orateurs de la Convention, par F.-A."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2425, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "Aulard. La jeunesse de Goethe : Aeser et"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2522, "fin_caractere_exclue": 2562, "texte": "sa fille, par Eug. Hallberg. Le Salon de"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2619, "fin_caractere_exclue": 2657, "texte": "Paris (annuel), par Emile Michelet. La"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2714, "fin_caractere_exclue": 2753, "texte": "Musique et les Musiciens : I. Mozart et"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2810, "fin_caractere_exclue": 2851, "texte": "ses Sonates pour le piano ; II. Beethovne"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 2908, "fin_caractere_exclue": 2945, "texte": "et ses Sonates, par Gustave Mayor. Le"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3003, "fin_caractere_exclue": 3042, "texte": "mouvement littéraire de la Suisse fran-"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3100, "fin_caractere_exclue": 3138, "texte": "çaise, le Pessimisme, par Eug. Vineux."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3196, "fin_caractere_exclue": 3239, "texte": "Études littéraires, Lettres à l'exilée, par"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3297, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "Ernest Bussy. Études sur Edgard Poe et"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3393, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "Gérard de Nerval, par L.-A. Duchosal."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3488, "fin_caractere_exclue": 3525, "texte": "Critique d'art, par G. Dargenty, Paul"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3583, "fin_caractere_exclue": 3624, "texte": "Morel, etc. 1684-I884, par Jules Carrara."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3682, "fin_caractere_exclue": 3721, "texte": "Études de littérature et d'art, par Ad."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3779, "fin_caractere_exclue": 3786, "texte": "Ribaux."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3885, "texte": "Scènes de la vie antique, Lettres d'un"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 3943, "fin_caractere_exclue": 3985, "texte": "curieux (inédites). Études archéologiques,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4043, "fin_caractere_exclue": 4082, "texte": "et envoyé en communication à toute per­"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4140, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "sonne qui en fera la demande. Le second"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4237, "fin_caractere_exclue": 4279, "texte": "numéro paraîtra le 1er décembre ; la revue"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4337, "fin_caractere_exclue": 4376, "texte": "pourra de cette manière être offerte au"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4434, "fin_caractere_exclue": 4475, "texte": "premier jour de l'année et constituera un"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4533, "fin_caractere_exclue": 4561, "texte": "fort beau cadeau d'étrennes."}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4622, "fin_caractere_exclue": 4657, "texte": "Nous donnerons : Romans, nouvelles,"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4715, "fin_caractere_exclue": 4764, "texte": "contes et fantaisies, critique littéraire, artis­"}, {"page_pdf": 612, "page_imprimee": 561, "debut_caractere": 4822, "fin_caractere_exclue": 4863, "texte": "tique et philosophique, voyages, comédies"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "en vers et en prose, variétés, histoire,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 183, "texte": "poésies, chroniques mensuelles de Suisse"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 184, "fin_caractere_exclue": 227, "texte": "et de Paris, bulletin bibliographique, etc."}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 228, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "Tous les travaux publiés seront absolu-"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 281, "texte": "ment inédits."}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 391, "texte": "La Suisse romande compte parmi ses"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 445, "fin_caractere_exclue": 461, "texte": "collaborateurs :"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 536, "fin_caractere_exclue": 573, "texte": "MM. F.-A. Aulard, professeur à la fa­"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 624, "fin_caractere_exclue": 665, "texte": "culté des lettres de Poitiers, H. Aubert,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 714, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "M me C. Berton, née Samson, MM. Fritz"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 804, "fin_caractere_exclue": 845, "texte": "Berthoud, Auguste Blondel, Henry Berguer,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 896, "fin_caractere_exclue": 933, "texte": "Paul Bourget, Henri Beauclair, Victor"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 985, "fin_caractere_exclue": 1024, "texte": "Billaud, Ernest Bussy, Charles Bonifas,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1073, "fin_caractere_exclue": 1108, "texte": "Emm. Buenzod, M\" 0 Marie Cassabois,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1159, "fin_caractere_exclue": 1197, "texte": "MM. Jules Carrara, Adolphe Chenevière,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1231, "fin_caractere_exclue": 1270, "texte": "Albert Collignon ancien rédacteur de la"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1320, "fin_caractere_exclue": 1362, "texte": "Vielittéraire, Ghampfleury, Samuel Cornut,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1407, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "Adolphe Dulex, Ch.Dubois-Melly, G. Dar-"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1496, "fin_caractere_exclue": 1533, "texte": "genty, directeur de l'Art ornemental,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1583, "fin_caractere_exclue": 1621, "texte": "Auguste Dorchain, A. Duméril, doyen de"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1673, "fin_caractere_exclue": 1714, "texte": "la faculté des lettres de Toulouse, Henry"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1765, "fin_caractere_exclue": 1807, "texte": "Duméril, maître de conférences a Toulouse,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1856, "fin_caractere_exclue": 1890, "texte": "Paul Demeny, directeur de la Jeune"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1941, "fin_caractere_exclue": 1976, "texte": "France, Louis-A. Duclosal, Rodolphe"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2035, "fin_caractere_exclue": 2072, "texte": "Darzens, Alfred des Essarts, Emmanuel"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2122, "fin_caractere_exclue": 2162, "texte": "des Essarts, Anatole France, Mlles M.-S."}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2211, "fin_caractere_exclue": 2250, "texte": "Franel, F. Guillermet, MM. Stanislas de"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2298, "fin_caractere_exclue": 2334, "texte": "Guaita, L. Gauthey, Edouard Grenier,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2388, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "Emile Hennequin, José-Maria de Heredia,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2519, "texte": "E. Hallberg, professeur à la faculté des"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2568, "fin_caractere_exclue": 2611, "texte": "lettres de Toulouse, Jules Levallois, Henry"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2660, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "Loujol, Catulle Mendès, Emile Michelet,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2762, "texte": "Mlle Mosimann, MM. Mathias Morhardt,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2819, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "Charles Morice, Paul Morel, Gustave"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2905, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "Mayor, Alfred Millioud, Eug. Mottaz,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2997, "fin_caractere_exclue": 3036, "texte": "Jean de Pury, Henri Piazza, F. Plessis,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3087, "fin_caractere_exclue": 3131, "texte": "professeur à la faculté des lettres de Caen,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3175, "fin_caractere_exclue": 3210, "texte": "M\"0 Emilie Roy, MM. Georges Renard,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3261, "fin_caractere_exclue": 3296, "texte": "Edouard Rod, Eugène Ritter, Virgile"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3349, "fin_caractere_exclue": 3389, "texte": "Rossel, D r R. Rubattel, Adolphe Ribaux,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3442, "fin_caractere_exclue": 3478, "texte": "Sully Prudhomme, de l'Académie fran­"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3536, "fin_caractere_exclue": 3573, "texte": "çaise, André Theuriet, Jules Troubat,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3626, "fin_caractere_exclue": 3668, "texte": "ancien secrétaire de Ste-Beuve, bibliothé­"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3717, "fin_caractere_exclue": 3752, "texte": "caire au Palais de Compiègne, Louis"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3807, "fin_caractere_exclue": 3843, "texte": "Tognetli, Edouard Tavan, Mmes Berthe"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3899, "fin_caractere_exclue": 3933, "texte": "Vadier, Eugénie Versel, MM. Eugène"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3988, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "Virieux, Adrien Wagnon, Henri War­"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 4078, "fin_caractere_exclue": 4093, "texte": "nery, etc. etc."}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 4174, "fin_caractere_exclue": 4210, "texte": "Ces noms et d'autres encore que nous"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 4256, "fin_caractere_exclue": 4291, "texte": "ne pouvons annoncer pour le moment,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "assurent à la revue un vrai mérite littéraire."}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "M. Max Waller vient de publier les"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 402, "fin_caractere_exclue": 444, "texte": "articles critiques qu'il a donnés à la Ré-"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 492, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "forme sur le Salon de Bruxelles. A notre"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 581, "fin_caractere_exclue": 623, "texte": "avis, il a eu tort. M. Waller a, nous sem­"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 672, "fin_caractere_exclue": 713, "texte": "ble-t-il un culte exagéré du livre. Quel­"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 762, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "qu'un nous disait de lui qu'il ne pouvait"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 852, "fin_caractere_exclue": 895, "texte": "pas envoyer six lettres à son tailleur sans"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 944, "fin_caractere_exclue": 984, "texte": "les réunir en volume. Le mot n'est peut-"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1033, "fin_caractere_exclue": 1072, "texte": "être pas charitable, mais il porte coup"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1121, "fin_caractere_exclue": 1158, "texte": "droit. Au demeurant, les Salons de M."}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1207, "fin_caractere_exclue": 1230, "texte": "Waller ne valent guère."}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1282, "fin_caractere_exclue": 1318, "texte": "Il y a témérité pour un jeune à vou­"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1367, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "loir se faire le juge des œuvres et des"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1455, "fin_caractere_exclue": 1495, "texte": "hommes. Ce n'est qu'après de longues an­"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1544, "fin_caractere_exclue": 1582, "texte": "nées d'expérience et de métier, que le"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1630, "fin_caractere_exclue": 1672, "texte": "jugement équitable s'acquiert. La jeunesse"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 1721, "fin_caractere_exclue": 1764, "texte": "l'oublie trop. M. 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Tout beau! vous allez bien,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 2954, "fin_caractere_exclue": 2996, "texte": "et enfourchant son dada, le critique d'art"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3046, "fin_caractere_exclue": 3086, "texte": "aussi imberbe que chevelu se met à faire"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3136, "fin_caractere_exclue": 3174, "texte": "des panégyriques étonnants. M. Gallait"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3224, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "n'est rien, M. Venvée est tout; M de"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3310, "fin_caractere_exclue": 3348, "texte": "Vriendt une des gloires de notre école"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3398, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "belge est un costumier ; M, de Braekeleer,"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3490, "fin_caractere_exclue": 3534, "texte": "un grand maître! Silence sur ta merveilleuse"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3584, "fin_caractere_exclue": 3624, "texte": "Mort du Titien, de M. Wulfaert; rien sur"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3674, "fin_caractere_exclue": 3715, "texte": "les délicieuses fantaisies de M. Cap : Un"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3765, "fin_caractere_exclue": 3805, "texte": "vis-à-vis troublant, surveillance conju-"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3855, "fin_caractere_exclue": 3897, "texte": "gale, des bijoux; motus sur les cavaliers:"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 3947, "fin_caractere_exclue": 3986, "texte": "En avant, de M. Van Severdonck, qui ont"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 4036, "fin_caractere_exclue": 4076, "texte": "la solidité d'un de Neuville ou d'un Dé­"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 4126, "fin_caractere_exclue": 4170, "texte": "taille ; éreintement systématique et presque"}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 4220, "fin_caractere_exclue": 4254, "texte": "grossier de MM. Thomas, Stallaert."}, {"page_pdf": 613, "page_imprimee": 562, "debut_caractere": 4307, "fin_caractere_exclue": 4345, "texte": "C'est là de la critique d'enfant gâté!"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 86, "texte": "Nous renvoyons M. Max Waller à ses"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 87, "fin_caractere_exclue": 131, "texte": "petites bluettes roses qu'il dentelle genti­"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 132, "fin_caractere_exclue": 174, "texte": "ment et le remercions de nous avoir permis"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 224, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "de lui dire dans sa propre maison ces véri­"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 323, "fin_caractere_exclue": 361, "texte": "tés dont il nous remerciera plus tard."}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 707, "fin_caractere_exclue": 743, "texte": "L'auteur du Vice suprême, un maître,"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 803, "fin_caractere_exclue": 843, "texte": "livre dont nous parlerons prochainement,"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 900, "fin_caractere_exclue": 940, "texte": "M. Joséphin Péladan, vient de prendre !a"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 994, "fin_caractere_exclue": 1033, "texte": "direction d'une nouvelle publication La"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1092, "fin_caractere_exclue": 1131, "texte": "Revue des livres et des estampes. (Men­"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1189, "fin_caractere_exclue": 1234, "texte": "suelle, 8 fr. par an, 16, rue d'Argenteuil, à"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1283, "fin_caractere_exclue": 1320, "texte": "Paris). Nous recommandons beaucoup ce"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1372, "fin_caractere_exclue": 1409, "texte": "journal qui complète si bien le Livre"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1411, "fin_caractere_exclue": 1420, "texte": "d'Uzanne."}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": "Le Journal du Dimanche de Verviers"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 278, "fin_caractere_exclue": 322, "texte": "et d'autres lieux, se donne la peine de nous"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 416, "texte": "éreinter un article signé 1'Hermite, un"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 471, "fin_caractere_exclue": 512, "texte": "hermite de pharmacie, proteste contre nos"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 567, "fin_caractere_exclue": 610, "texte": "opinions sur le Caveau verviétois. M. Grün,"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 665, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "du fond de son ermitage, nous lance un"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 758, "fin_caractere_exclue": 802, "texte": "anathème, et voilà tout un stock de nouveaux"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "ennemis frais éclos d'un clocher où toutes"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 993, "texte": "les cloches sont d'accord — abstraction"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1048, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "faite de toute musique. Cela ne vient pas à"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "une queue de cheval, comme on dit, et cela"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1243, "fin_caractere_exclue": 1282, "texte": "ne fait ni chaud ni froid. — Si! froid,"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1337, "fin_caractere_exclue": 1371, "texte": "mais un froid qui fait se tordre !"}, {"page_pdf": 614, "page_imprimee": 563, "debut_caractere": 1497, "fin_caractere_exclue": 1502, "texte": "NEMO,"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 565, "page_fin": 567, "titre_corps": "Table alphabétique des matières", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "TABLE ALPHABÉTIQUE", "ancre_fin": "Ballade d ouverture", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 616, "page_imprimee": 565, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2263, "texte": "TABLE ALPHABÉTIQUE\n                                  DES MATIÈRES\n         CONTENUES DANS LE TOME TROISIÈME DE\n                           LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n\n       Arnoux (Jacques).                      L'Exposition des arts in-\nChronique littéraire . . 103-143              cohérents                           115\nVieux papiers                321                   Eekhoud (Georges).\n             Bér (J).                       La Belette                    28\nLes Crève-de-faim      .      .   .   463   Le Cœur de Tony Wandel. 261-\n            Berlier (Paul).                                      304-349-440\nMesse jaune                           102             Gilkin (Iwan).\n          Blonds-Belgique.                  Sonnets                           71-338\nLa petite veuve, saynète .            217   Le Lévrier                           275\n            Bourget (Paul).                 Le mauvais Jardinier          .    .313\n                                            Chronique littéraire .        .   , 403\nÉtudes et Portraits .        . 397-460\n                                            La Bouche                            418\n            Cladel (Léon).\n                                                        Gilson (Jules).\nLettre                                  8\n          Coppée (François).                Sonnet d'automne        .     .   .   137\n\nLettre                                 11            Giraud (Albert).\n\n           Corydon (Paul).                  Petite chapelle . . . .     21\n                                            Absorption                 190\nAu bal masqué       . . . .           392\n                                            Sonnets énigmatiques . . 266\n            De Graef (G).                   Possession. . . . . .      302\nChronique artistique .            .   556   Georges Eekhoud . . . 365\n        Destrée (Jules).                    La Peur                    492\nAu pays wallon : Tirage au                  Chronique littéraire . . . 558\n  sort                                132          Guillemot (Maurice).\n         Devillers (Hippolyte).             Tristia                               191\nChronique artistique :                      Intimités                             276\n"}, {"page_pdf": 617, "page_imprimee": 566, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3547, "texte": "                                             — 566 —\n\n              Hugo (Victor).                                  Maubray (Carl).\nLettre                                        7    L e » Z u t « d e Blanchette .             138\n           Huysmans (J.-K.).\n                                                               Maus (Octave).\nLettre                                       12\n            J a m e s (Arthur).                    D a n s la coupole . . . .                  73\nL e roman d'un stagiaire :                         Les Marolles . , . . .                     413\n   Homo Homini           lupus !         .   86               Mériot (Henry).\n             Jean-Bernard.\n                                                   Tristesse de reine           .     .   .   507\nChronique littéraire . . . 284\n                                                             N a u t e t (Francis).\n       Jeune Belgique (La)\nL a Jeune Belgique . . . 529                       L e Nihilisme littéraire . .               175\n        Khnopff (Georges).                         Catulle Mendès . . . .                     231\nSonnets                     98-230                 L'Evolution naturaliste                293-340\nChinoiseries . . . .       278-348                                   Nemo.\nSubtilité                      316                 Mémento       .    .    .    119-168-206-\nXVIIIe siècle                   435                     250-290-328-409-488-524-560\nVers                           552                            P i c a r d (Edmond).\n             L a m b e r (Paul).\n                                                   F a u s t (fragment).        . . .          66\nSoirs de cirque .           .    .       100-227\n                                                              Pirmez (Octave).\nBénédiction des blés.                .   .   462\n                                                   Lettres inédites         . . . .            15\n         Lemonnier (Camille).\n                                                               R é t y (Marius).\nL ' H y s t é r i q u e (fragments)      .    50\nL e Carnaval                                 215   Nouvelles         de    la       grande\n            Levis (Edouard).                         route                              228-279\nSonnets héroïques . . .             94                        Richepin (Jean).\nInvocation au Soleil. . . 194                      Lettre                                      10\nAppels d'hiver                     283\n                                                            Rodenbach (Georges).\nInvocation à la lumière . . 345\nSonnets                            456             Idylle de sopha . . . .                     35\n                M. (A).                            Strophes b l o n d e s . . . .             183\nChronique artistique :                             Jardin d'hiver                             217\n  Exposition de M. Cluysenaer. 15 5                Sonnets                                    259\n  L'atelier Van Alplien         . 155              Vers d'amour                               371\n          Maubel (Henry).                                             Saïd.\nCroquis f u n è b r e s . . . 39-269\n                                                   Idéal                                      317\nChronique musicale. 108-155-286\nMémento musical . . 160-204-                                   Savine (Albert).\n                           248-287-326             Chronique littéraire .             , 361-406\n"}, {"page_pdf": 618, "page_imprimee": 567, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2241, "texte": "                                    -    567 —\n\n      Sulzberger (Maurice).                            Waller (Max).\nPluie d'été                         69      L'Oubli                              45\nSensations: I. Une Maîtresse       129\n                                            Nouvelles pour les jeunes\nMédaillons : M. Arntz . .          489        filles                     188\n        Swarth (Hélène).                    L'Hiver mondain.     . . . 253\nOiseau de paradis     . . .         49      Pierrot lunaire . . . . 333\n     \"Van Arenbergh (Emile).                Au nommé Wagener. . . 347\n                                            GretaFriedmann 381-419-499-537\nIn excelbis                         82\n                                            Chronique littéraire . . 466-513\nHiver                              132\nA l'Océan                          391                 Wodon (Paul).\n       Verhaeren (Emile).                   Train de plaisir       . . . .       314\nCantiques                      42\n                                                          X. Y. Z.\nChronique artistique :\n     Exposition Meunier     . 111           Cantique                             466\n     Envois de Rome.      . . 113\n      Karl von Piloty.    . . 114\n      Exposition de l'Essor . 151\n      Exposition Cassiers   . 153\n      Exposition des XX. 195-242\n      Exposition Stacquet   . 202\n      Exposition Roelofs.   . 203           Villanelle pour torcher\n      Le Salon de Paris . . 324               Charles Potvin. . . .               96\n      La Sculpture au Salon                 La seconde à 1'» Office de\n        de Bruxelles   . . . 519              Publicité «                        139\nChronique littéraire . . 148-238            Dialogues des morts         .    .   353\nLe Salon d e 1884. . . . 472                                   *\nL e s Moines                  530\n                                            Chronique théâtrale.        .    .   162\n        Vierset (Auguste).\n                                            A l'office de publicité     .    .   348\nÉlévation                          237\n         Vurgey (Florent).\nL e s tunnels d e la vie   .   .   590      Ballade d'ouverture . . .              5\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1884-11-15-n12-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1883-1884-001-003_f.pdf", "ocr_sha256": "9ac78a3f56e50f47aeb6c16d3b2603ea535ff01c5ea8ffc9e6dca8b22b6a32b5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "VIENT DE PARAITRE LE SALON DE BRUXELLES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 620, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "VIENT DE PARAITRE\n\n LE SALON DE BRUXELLES\n                               PAR\n\n                 MAX W ALLER\n           Préface de CAMILLE LEMONNIER\n                        Un volume : 2 fr.\n\n\n              VIENT       DE PARAITRE            :\n\n   PIERROT LUNAIRE             PAR\n\n                    ALBERT GIRAUD\n            Un volume. Alphonse Lemerre : fr. 2-00\n\n\n\n       L'ART                 MODERNE\n                PARAISSANT      LE DIMANCHE\n\nRevue critique des Arts et de la Littérature\n                 ABONNEMENTS :\n              10 f r a n c s p a r a n .\n                        BUREAUX :\n 26,    RUE IDE L'INDUSTRIE, 26\n                     BRUXELLES\n\n               GIL BLAS\n                        Journal Quotidien\n         PARIS, 16, BOULEVARD DES CAPUCINES, 16, PARIS\nPubliera - prochainement        GERMINAL, par E. ZOLA.\n   Un numéro : 20 centimes. Abonnements : (3 mois) : 17 francs\n                  EN VENTE PARTOUT\n"}, {"page_pdf": 621, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "    EDOUARD M A H E U ,  IMPRIMEUR-EDITEUR\nBRUXELLES, — 18, Rue des Sables, 18, — BRUXELLES\n\n               VIENT              DE                PARAITRE\n                                    DU\n\n     MOLOCHISME                                                  JUIF\n                     ÉTUDES CRITIQUES & PHILOSOPHIQUES\n                                       PAR\n\n              GUSTAVE                          TRIDON\n                                    AVOCAT\n Ancien membre de l'Assemblée Nationale, de la Commune de Paris,\n                du Comité de Salut Public, etc.\n\n           UN VOLUME, GRAND I N - 8 ° , DE 2 7 2 PAGES\n\n                      Prix : C i n q f r a n c s\nCette œuvre posthume est une des plus curieuses sur la matière\n\n    ENVOI EN PROVINCE CONTRE MANDAT-POSTE\n\n\n  H U M A N I T É S                          C O M P L È T E S\n                  à domicile (en trois                 années)\n          PRÉPARATION A U X EXAMENS\n                                        de\n\nPHILOSOPHIE & LETTRES\n     Cours et Répétitions particulières de latin, philosophie, littérature, etc.\n\n   NOMBREUX            SUCCÈS OBTENUS AUX                          EXAMENS\n( 1 8 passés avec grand succts sur 2 0 élèves présentés aux examens de 1883-84)\n\n            EXAMEN de SECRÉTAIRE DE LÉGATION\n               Cours et leçons particulières d'anglais et d'italien.\n         Conversation, Grammaire,     Traduction,   Rédaction,   Littérature.\n\n    S'adresser à R. BENHAM, professeur, 170, rue Jourdan (Forte Louise).\n\n              Bruxelles. — Imprimerie ED. MAHEU, I8, rue des Sables.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 578, "texte": "(4° ANNÉE) 1884. P R I X : 60 CENT, TOME III, N° 12 Du 15 NOVEMBRE AU1ERJANVIER 1885\n\n\n\n\n                                         LA\n\n\nJEUNE BELGIQUE\n                               SOMMAIRE :\n         L A JEUNE BELGIQUE .        .                      L A JEUNE BELGIQUE.\n\n         LES MOINES                                         EMILE VERHAEREN,\n\n         GRETA FRIEDMANN (Fin) .           .    .   .   .   MAX WALLER.\n\n         VERS                                               GEORGES KHNOPFF.\n\n         CHRONIQUE ARTISTIQUE .            .    .   .   .   G. DE GRAEF.\n\n         CHRONIQUE L I T T É R A I R E .   .    .   .   .   ALBERT GIRAUD.\n\n         MEMENTO                                            NEMO.\n\n                             TABLE DES MATIÈRES.\n\n\n\n\n                               BRUXELLES\n              Bureaux : 80, RUE BOSQUET,                             80\n\n                                         1884\n"}, {"page_pdf": 579, "texte": "           LA JEUNE BELGIQUE\n BELGIQUE : UN AN : 5 FRANCS. — ÉTRANGER : UN AN : 7 FRANCS\n             LES abonnements partent du I er janvier\n\n   Notre prochain numéro, orné d'un superbe frontispice à\nl'eau-forte de M. JEAN BAUDUIN, paraîtra le1erjanvier 1885.\nNous le retardons ainsi de quinze jours afin de régulariser\nnotre périodicité et de donner plus de soin à ce numéro\nqui sera plein de bonnes surprises littéraires et artistiques.\n  NOUS LANÇONS DÈS AUJOURD'HUI NOS QUITTANCES DE\nRENOUVELLEMENT. Nous espérons que nos abonnés leur\nferont bon accueil et qu'aucun ne désertera la maison qu'il\na aidé à construire. Nous les en remercierons en faisant pour\nnotre chère Revue de nouveaux sacrifices afin de la rendre\nplus brillante et plus digne de nos amis.\n   Nous donnerons dans notre numéro de luxe la première\npartie d'une œuvre inédite et anonyme dont la presse litté­\nraire s'est déjà vivement occupée. Elle est intitulée :\n                  FLEMM-OSO\net sera un des grands attraits de notre année prochaine.\n   L'Art Moderne vient de publier sous ce titre : Jeunes-\nFrance d'autrefois, Jeunes-Belgique d'aujourd'hui, deux\narticles critiques 'auxquels nous répondrons dans notre\nprochain numéro.\n   Ceux de nos abonnés à la collection desquels manquent\ncertains numéros de la Jeune Belgique, sont priés de\nnous le faire savoir. Ces numéros leur seront envoyés gra­\ntuitement. — A l'avenir, le service des envois n'aura plus à\nsubir d'irrégularité.\n      Nous prions les personnes qui nous ont fait au moins\nquinze abonnements de vouloir bien nous le faire savoir par\ncarte-correspondance afin que nous établissions exactement\nla liste de nos membres fondateurs. Ceux-ci sont nombreux,\nils se sont donné de la peine pour nous soutenir dans notre\nbataille contre les officiels et contre les vieux gâteux de la\nlittérature. Qu'ils reçoivent notre poignée de main. Bataillons\nencore et toujours, enhardis par la fière devise à laquelle\nnous n'avons point failli : » N E CRAINS. »\n"}, {"page_pdf": 580, "texte": "            LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n         N a dit que trois années de vie pour une revue, c'est\n          la vie éternelle. Nous répondions naguère à cela :\n« Ainsi soit-il. » Nous pouvons dire aujourd'hui : Ainsi est.\nLa Jeune Belgique est désormais reconnue comme l'organe\nde tous ceux qui font, dans notre pays, de l'Art libre. Elle\nexiste, puisqu'on la combat, puisqu'on la discute, puisqu'on\nla craint, puisqu'on l'insulte. Autour d'elle — on l'a vu par\nl'admirable liste d'adhérents au banquet Lemonnier —\nautour d'elle se sont groupées les sympathies des artistes\nvrais et sincères, prêts comme elle à lutter pour la défense\ndu Beau.\n  Le groupe, qui est fier de s'appeler le groupe des Jeunes\nBelgique, n'a point chômé pendant cette année et la récolte\ndes livres est abondante. C'est La Belgique de Camille\nLemonnier, cette large et grandiose description de notre sol,\nNi Chair ni Poisson, cette gracieuse œuvre de jeunesse; c'est\nl'Hiver Mondain de Georges Rodenbach, l'œuvre originale\net fine du plus précieux de nos poètes; ce sont les Kermesses\n                                                            38\n"}, {"page_pdf": 581, "texte": "                             — 530   -\n\nbellement dites par notre vigoureux poldérien Eekhoud;\nPierrot Lunaire    enfin, la subtile et pénétrante série berga-\nmasque d'Albert Giraud. Et à ces livres qui sont tous d'une\noriginalité différente, tous empreints d'un idéal personnel,\ns'en ajoutent     d'autres   dont les titres sont déjà lancés :\nl'Hystérique et l'Usine, de Camille Lemonnier, la Jeunesse\nBlanche, de Rodenbach; les Rêves, de Georges Khnopff, la\nGreta Friedmann, de Max Waller, les Moines, de Verhaeren,\nMon Oncle le Jurisconsulte, d'Edmond Picard, d'autres et\nd'autres encore témoignant d'un labeur interrompu.\n  L'année nouvelle s'ouvre ; elle sera belle et plantureuse.\nNe crains ! Ne craignons point. Si nos ennemis sont\nnombreux, nous avons beaucoup d'amis, et toujours et encore\nnous les appelons à nous pour qu'ils nous soutiennent et\nnous tendent leur main comme nous leur tendons la nôtre.\n\n                                  LA J E U N E   BELGIQUE.\n"}, {"page_pdf": 582, "texte": "            LES MOINES\n RENTRÉE       DES F R È R E S    HOSPITALIERS\n\n                          I\n                                        A Edmond Picard.\n\n          ON dirait que le sîte entier sous un lissoir\n           Se lustre, et dans les lacs voisins se réverbère;\n           C'est l'heure où la clarté du jour d'ombres s'obère,\nOù le soleil descend les escaliers du soir.\n\nUne étoile d'argent lointainement tremblante,\nFeu de cierge dont on n'aperçoit le flambeau,\nSe reflète mobile et fixe au fond de l'eau\nOù le courant la lave avec une onde lente.\n\nA travers les champs d'or s'en va se déroulant\nLa route dont l'averse a lamé les ornières,\nElle longe les noirs massifs des sapinières\nEt sur son parcours gris micasse un éclat blanc.\n\nAu loin scintille encor une lucarne ronde\nQui s'ouvre ainsi qu'un œil dans le pignon rongé :\nLà, le dernier reflet du couchant s'est plongé,\nComme, en un trou profond et ténébreux, la sonde.\n\nEt rien ne s'entend plus dans ce mystique adieu,\nRien — le site vêtu d'une paix métallique\nSemble enfermer en lui, comme une basilique,\nLa présence muette et nocturne de Dieu.\n\n\n                          II\n\nAlors les moines blancs rentrent aux monastères,\nAprès secours portés aux malades des bourgs,\nAux remueurs cassés de sols et de labours,\nAux gueux chrétiens qui vont mourir, aux grabattaires,\n"}, {"page_pdf": 583, "texte": "                      — 532 —\n\nA ceux qui crèvent seuls, mornes, sales, pouilleux\nEt que nul de regrets ni de pleurs n'accompagne,\nEt qui pourriront nus dans un coin de campagne\nSans qu'on lave leur corps et qu'on ferme leurs yeux.\n\nAux mendiants mordus de misères avides,\nQui, le ventre troué de faim, ne peuvent plus\nSe béquiller là-bas vers les enclos feuillus,\nEt qui se noient, la nuit, dans les étangs livides.\n\nEt tels les moines blancs traversent les champs noirs,\nFaisant songer au temps des jeunesses bibliques\nOù l'on voyait errer des géants angéliques\nEn longs manteaux de lin dans l'or pâli des soirs.\n\n\n\n                          III\n\n\nMais sonnent brusquement de secs tintins de cloche\nQui cassent du silence à coups de battant clair\nPar-dessus les hameaux, jetant à travers l'air\nUn long appel qui loin parmi l'écho ricoche.\n\nIls redisent que c'est le moment justicier\nOù les moines s'en vont au chœur chanter ténèbres\nEt promener sur leurs consciences funèbres\nDe froids regards et des remords en points d'acier.\n\nEt les voici priant tous ceux dont la journée\nS'est consumée au long hersage en pleins terreaux,\nCeux dont l'esprit sur les textes préceptoraux\nS'épand comme un reflet de lumière inclinée.\n\nCeux dont la solitude âpre et pâle a rendu\nL'âme voyante et dont la peau blême et collante\nJette vers Dieu la voix de sa maigreur sanglante,\nCeux dont les tourments noirs ont fait le corps tordu.\n"}, {"page_pdf": 584, "texte": "                      — 533 —\n\nE t les moines qui sont rentrés aux monastères,\nAprès visite faite aux malheureux des bourgs,\nAux remueurs cassés de sols et de labours,\nAux gueux chrétiens qui vont mourrir, aux grabattaires,\n\nA leurs frères priant, disent, à lente voix,\nQ u ' a u dehors, quelque part, dans un coin de campagne,\nIl est un moribond que nul pleur n'accompagne,\nE t qu'il faut supplier au chœur le Christ en croix,\n\nP o u r qu'il soit pitoyable aux mendiants avides\nQui, le ventre troué de faim, ne peuvent plus\nSe béquiller au loin vers les enclos feuillus,\nE t qui se noient, la nuit, dans les étangs livides.\n\nE t tous alors, l'âme en regrets, l'esprit rêveur,\nEnvoient vers Dieu les chants du soir en ambassades\nP o u r qu'il soit tout pardon aux gueux chrétiens malades\nE t qu'ils meurent les yeux tournés vers le Seigneur.\n\n\n\n\n            MOINE           SAUVAGE\n\n\n         ON trouve encor de grands moines que l'on croirait\n          Sortis de la nocturne horreur d'une forêt.\n          Ils vivent ignorés dans de vieux monastères,\nAu fond du cloître, ainsi que des marbres austères.\n\nE t l'épouvantement des grands bois résineux\nRoule avec sa tempête et sa terreur en eux.\n\nL e u r barbe flotte au vent comme un taillis de verne,\nE t leur œil est luisant comme une eau de caverne.\n\nE t leur grand corps drapé des longs plis de leur froc\nSemble surgir debout dans les parois d'un roc.\n"}, {"page_pdf": 585, "texte": "                     -   534   -\n\nEux seuls parmi ces temps de grandeur outragée\nOnt maintenu debout leur âme ensauvagée.\n\nLeur esprit hérissé comme un buisson de fer,\nN'a jamais remué qu'à la peur de l'enfer.\n\nIls n'ont jamais compris qu'un Dieu porteur de foudre\nEt cassant l'univers que rien ne peut absoudre ;\n\nEt des vieux christs hagards, horribles, écumants\nTels que les ont grandis les maîtres allemands,\n\nAvec la tête en loque et les mains large-ouvertes ;\nEt les deux pieds crispés autour de leurs croix vertes\n\nEt les saints à genoux sous un feu de tourment\nQui leur brûlait les os et les chairs lentement;\n\nEt les vierges, dans les cirques et les batailles,\nDonnant aux lions roux à lécher leurs entrailles;\n\nEt les pénitents noirs qui les yeux sur le pain\nSe laissent, dans leur nuit rouge, mourir de faim.\n\nEt tels s'useront-ils dans de vieux monastères\nAu fond du cloître ainsi que des marbres austères.\n\n\n\n\n             MOINE          FEODAL\n\n\n           D'AUTRES,filsde barons et de princes royaux,\n           Conservent tout altiers les orgueils féodaux.\n\n           On les établit chefs de larges monastères\nEt leurs noms resplendit dans les gloires austères.\n\nIls ont, comme jadis l'aïeul avait sa tour,\nLeur cloître pour manoir et leurs moines pour cour.\n"}, {"page_pdf": 586, "texte": "                      — 535 —\n\nIls s'assoient dans les plis cassés droit de leurs bures,\nTels que des chevaliers dans l'acier des armures.\n\nIls portent devant eux leur grande crosse en buis,\nMajestueusement comme un glaive conquis.\n\nIls parlent au chapitre en justiciers gothiques,\nEt leur arrêt confond les pénitents mystiques,\n\nIls rêvent de combats dont Dieu serait le prix\nEt de guerre menée à coup de crucifix.\n\nIls sont les gardiens blancs des chrétiennes idées\nQui restent au couchant sur le monde accoudées.\n\nIls vivent sans sortir de leur rêve infécond,\nMais ce rêve est si haut qu'on ne voit pss leur front.\n\nLeur chimère grandit et monte avec leur âge\nEt monte d'autant plus qu'on la cingle et l'outrage.\n\nEt jusqu'au bout leur foi luira d'un feu vermeil\nComme un monument d'or ouvert dans le soleil.\n\n\n\n\n           SOIRS         RELIGIEUX\n\n\n\n          LE déclin du soleil étend jusqu'aux lointains\n            Son silence et sa paix que nul bruit net ne plisse,\n            Les choses sont d'aspect photographique et lisse\nEt se détaillent clair sur des fonds byzantins.\n\nL'averse a sabré l'air de sa pluie et sa grèle,\nEt voici que le ciel luit comme un parvis bleu,\nEt que c'est l'heure où meurt à l'occident le feu\nOù l'argent de la nuit à l'or du jour se mêle.\n"}, {"page_pdf": 587, "texte": "                         — 536    -\n\n    Sur l'horizon plus rien ne marque, si ce n'est\n    Une allée immobile et géante de chênes\n    Se prolongeant d'un trait jusqu'aux fermes prochaines\n    Le long des champs en friche et des coins de genêt.\n\n    Ces arbres vont — ainsi des moines mortuaires\n    Qui passeraient, le cœur assombri par les soirs,\n    Comme jadis partaient les longs pénitents noirs\n    Péleriner, là-bas, vers d'anciens sanctuaires.\n\n    Et la route d'amont toute large s'ouvrant\n    Sur le couchant rougi comme un plant de pivoines.\n    A voir ces arbres nus, à voir passer ces moines,\n    On dirait qu'ils s'en vont ce soir, en double rang,\n\n    Vers leur Dieu dont l'azur d'étoiles s'ensemence;\n    Et les astres, brillant là-haut sur leur chemin\n    Semblent les feux de grandes cierges, tenus en main,\n    Dont on ne verrait par monter la tige immense.\n\n\n\n\n           CROQUIS          DE        CLOITRE\n\n\n                              I\n\n       LE chœur, alors qu'il est vide et silencieux,\n         Et qu'un recueillement sur les choses s'embrume,\n         Conserve encor dans l'air que l'encens bleu parfume\nComme un frisson épars des hymnes spacieux.\n\nLa gravité des grands versets sentencieux\nReste debout comme un marteau sur une enclume,\nEt les antiennes d'or, plus blanches que l'écume,\nOuvrent encore leur aile aux chants audacieux.\n"}, {"page_pdf": 588, "texte": "                          -   537   -\n\nOn les entend frémir et passer sur son âme\nEt c'est leur vol qui fait que vacille la flamme\nDevant le tabernacle, — et que les saints sculptés\n\nGardent au creux des murs leurs poses extatiques,\nComme s'ils entendaient toujours les grands cantiques\nAutour do leur prière en sourdine chantés.\n\n\n\n                              II\n\nA pleine voix — midi soleillant au dehors\nEt les champs reposant — les nones sont chantées\nDans un balancement de phrases répétées\nEt hantantes comme un rappel de grands remords.\n\nEt peu à peu les chants prennent de tels essors,\nLes antiennes sont sur de tels vols portées\nA travers l'ouragan des notes exaltées\nQue tremblent les vitraux au fond des corridors.\n\nLe jour tombe en draps clairs et blancs par les fenêtres :\nOn dirait voir pendus de grands manteaux de prêtres\nA des clous de soleil. Mais soudain, lentement\n\nLes moines dans le chœur taisent leurs mélodies\nEt, pendant le repos entre deux psalmodies,\nIl vient de la campagne un lointain meuglement.\n\n                                            EMILE VERHAEREN\n"}, {"page_pdf": 589, "texte": "               GRETA FRIEDMANN\n                             (FRAGMENTS)\n\n\n\n                         CHAPITRE               IV\n\n\n                                      I\n\n   Lorsque le moine fut parti, Greta songea longuement à ce qu'il avait\ndit. Elle ne comprit pas qu'elle se fût laissée aller à ternir d'une ombre\nsa joie, et s'accusa d'ingratitude envers Ferrias. Ne l'entourait-il pas\ntoujours des mêmes tendresses, avait-il jamais failli? Parfois il semblait\noublier qu'elle existait, perdu dans son livre qui de jour en jour prenait\nune forme décisive, une unité qu'il polissait sans cesse d'avantage. Mais\nlorsque, fatigué de la tâche prolongée tard dans le silence des nuits,\nles yeux cernés et la gorge sèche, il relevait la tête et dégageait son\nesprit de l'œuvre inachevée, il avait pour Greta une sollicitude pater­\nnelle qui ne se démentait pas. Il lui parlait avec une gravité douce,\ncontinuant son sacerdoce artistique, lui lisant les pages les plus envo­\nlées des poètes et souriant de la voir de plus en plus éclairée à la\nrayonnante lumière du Beau.\n  Pendant la période qui suivit la visite de Marius, elle fut heureuse et\ninsouciante, mais une gêne semblait de loin en loin la tourmenter\ncomme si un poids occulte eût pesé sur son cœur. Des ressouvenances\nvagues de choses qui ne sont plus lui donnèrent des songeries dont elle\nne saisissait point la cause, et parfois elle se rappelait ce mot qu'elle\navait dit un jour, sans en bien comprendre tout le sens :\n  — Ne regrette-t-on pas toujours quelque chose ?\n  Ce quelque chose que sans le connaître elle regrettait, c'était le ciel\nde sa jeunesse; et, comme la fleur transplantée se fane, elle languissait\nde l'air aspiré.\n  Lorsque accroché à la Fée verte, l'homme a, pendant de longs mois\ndégusté ses poisons, quand l'absinthe bicn-aimée a fait trembler ses\nphalanges, allumé dans ses yeux les flammes folles de l'hallucination et\nsubtilisé ses sens, il peut, par une volonté violente, rejeter loin de lui la\n"}, {"page_pdf": 590, "texte": "                                     — 539 —\n\npassion qui le t u e . Mais que, presque guéri, il boive par faiblesse une\nseule goutte de la liqueur amère, l'ivresse remontera à son cerveau,\nl'ivresse des anciennes absinthes, et les visions de la névrose reviendront,\net ses mains trembleront encore et son esprit de nouveau sera saisi par\nle poison vert — irrémédiablement.\n    Ainsi, lorsque Greta se l'appelait une minute de son passé, tout le\npassé revenait, tournoyait autour d'elle, l'accablant de ses douloureuses\névocations, et l'enfant souffrait d'être ingrate à l'aimé dont une force\nirrésistible l'éloignait d'heure en heure.\n    A présent elle évitait Jacques pour qu'il ne vît point qu'elle avait\npleuré ; ses meilleurs instants furent ceux où elle restait seule, quand\nt o u t bruit s'éteignait et que J a c q u e s d a n s son cabinet d e travail souffrait\n son livre ; elle pensait alors aux époques abolies, ne résistant une\n minute parfois, que pour se replonger bientôt dans son ivresse du\n lointain et son bonheur d'autrefois.\n   Jacques ne s'aperçut pas tout de suite de cette transformation qui\ns'opérait avec une vertigineuse rapidité ; il attribuait le mutisme de\nGreta au travail lent qu'il croyait avoir provoqué par son initiation, et\nsans se préoccuper de voir sa femme pensive, il laissait au temps le\nsoin de dissiper son trouble.\n  L o r s q u e son livre fut achevé, Ferrias éprouva un irrésistible besoin\nde se détendre, de se reposer de son œuvre, et proposa à Greta, un\nsoir, d'aller passer la saison à Ostende.\n   — A Ostende, fit-elle avec une moue, il y a tant de monde là ; il y a\nmieux à t r o u v e r ; tiens, ajouta-t-elle en éclatant d'un rire faux, si nous\nallions plutôt à Bonn !\n   Jacques pâlit ; ce seul nom de Bonn lui rappelait la scène la plus\npoignante d e sa vie, la scène qu'avec acharnement il avait voulu\narracher de sa mémoire. L a nuit sombre du départ descendait à ce\nmot d a n s tout lui-même, et il eut horreur du souvenir, du remords\néveillés soudain p a r celle qui eût, comme lui, dû l'effacer d'un coup\nd'oubli.\n   Il regarda Greta, et, se levant, dit non, d'une voix dure. P u i s il quitta\nla chambre sans rien ajouter.\n\n\n                                           II\n\n  Dès ce soir, Ferrias se renferma, le cœur meurtri, la joie éteinte. Ni\naversion, ni révolte : le découragement seul de s'être trompé et de n'y\n"}, {"page_pdf": 591, "texte": "                                  — 540 —\n\nrien pouvoir. Il reprit le manuscrit qu'il avait abandonné, et se mit à le\nremanier, à le bouleverser. Il y jeta les bouffées d e désespoir qui\nsouvent l'enveloppaient aux heures vespérales ; il se sonda plus encore,\nécrivit avec le sang de son cœur et le fiel de ses dégoûts. Son livre\npeu à peu devint le poème de la solitude, le chant douloureux de\nl'illusion brisée.\n  Comme certains nocturnes de Chopin, ce fut une œuvre d e douceur\nau milieu de laquelle, ainsi qu'en des spasmes, râlaient des a m e r t u m e s\nfunèbres. Désormais il ne songea plus à publier ce roman devenu\ninégal, fou, détraqué. Il en avait l'égoïsme et relisait avec une intense\nvolupté les pages où il se retrouvait, comparant son existence à une\nplante rare dont les fleurs, superbes d'abord et royalement ouvertes\nsous le ciel, se seraient effeuillées en une nuit de froidure.\n   C'étaient encore des pages gaies qu'il avait laissées intactes et dans\nlesquelles toute une joie débordait, un hosanna à la vie, à la gloire.\n    Un passage inachevé disait :\n    » Bonheur ! je t'ai trouvée, ma Blonde, toi que j ' a i tant cherchée et\nq u e j'appelais, et qui ne venais p a s ; je t'ai trouvée, toi l'Enfant que j e\nvoyais au fond de moi-même et dont la main dans l'ombre venait me\ncaresser dans mes nuits de dégoût et de mélancolie. Je t'ai trouvée, ma\nVierge, ma Chaste, ma Bien aimée, et nous serons l'un à l'autre dans\nle temps de l'avenir. Bonheur! Sois bénie et sois adorée; je trouverai\npour te parler des mots qui seront doux comme des musiques et subtils\ncomme des parfums; je t'aimerai comme un oiseau dont les ailes sont\nfragiles, et mon cœur, ce papillon fixé par une épingle à ton c œ u r ,\ninventera pour toi des joies inconnues de tendresse caressante et\ndélectable.\n    « Je t'ai trouvée, ma P u r e ! toi qui laveras mon âme du passé et\nreposeras mon être des fatigues de la vie évolue. Va, je serai bon, parce\nque ma bonté me vaudra tes sourires ; je serai p u r , parce que je voudrai\nressembler à ta blancheur; je tuerai ma jeunesse pour faire vivre à tes\nyeux pers l'homme que peut-être tu as baisé dans tes rêves de jeune\nfille, — et je viendrai à toi, ma Bien aimée, et je te dirai :\n   K Je suis là! Dis-moi quelle langue je dois te parler, et pour toi je\ndécouvrirai des idiomes plus assoupis que le bruit du vent dans les\nfeuilles et des cigales dans les blés. Je fouillerai tous les dialectes et\nj'improviserai des phrases si berçantes que tu me diras de clore mes\nlèvres pour ne point mourir de leur mystique volupté.\n  » Dis-moi de me metttre à tes pieds, et je te regarderai d a n s les yeux\n"}, {"page_pdf": 592, "texte": "                                 -   541 —\n\net nous nous parlerons sans rien dire, ô Greta! Gretchen ! et les mots\nque nous ne prononcerons pas auront des rayonnements d'étoiles, et\nnous croirons entendre de lointaines mélodies voilées et rêveuses\n   » Viens ! je t'ai attendue si longtemps et si longtemps appelée. Je\ncriais ton nom dans le silence de mes spleens, et ta voix ne répondait\npas à ma voix.\n   » E t maintenant, ma Perle, te voilà. Tes yeux se sont abaissés sur\nmoi, tu m'as dit : je suis Tienne.\n   « Sois ma Fiancée, ma blanche Fiancée à toujours, et que ces mots,\nque je prononce ainsi qu'une prière aux Madones, aille à tes lèvres\ncomme l'éternel baiser de mes joies ! »\n  E t lorsque Jacques Ferrias relisait        ces   p a g e s , la nuit solitaire\nentendait ses sanglots.\n\n\n\n                                      III\n\n\n\n   » Croyez-moi, mon pauvre ami, le temps et la débauche sont deux\ngrands remèdes ; le cœur s'engourdit à la longue, et c'est alors qu'on\nne souffre p l u s . Cette vérité n'est pas neuve, et je reconnais qu'Alfred\nde Musset vous l'eût beaucoup mieux accommodée ; mais de tous les\nvieux adages que, de génération en génération, les hommes se repas­\nsent, celui-là est un des plus immortellement vrais. Cet amour pur que\nvous rêvez est une fiction comme l'amitié ; oubliez celle que vous aimez\npour une coureuse. Cette femme idéale vous échappe ; éprenez-vous\nd'une fille de cirque qui aura de belles formes.\n   « Il n'y a pas de Dieu, il n'y a pas de morale, rien n'existe de tout ce\nqu'on nous a enseigné de respecter ; il y a une vie qui passe, à laquelle\nil est logique de demander le plus de jouissances possibles, en attendant\nl'épouvante finale qui est la mort.\n    » L e s vraies misères, ce sont les maladies, les laideurs et la vieillesse;\nni vous ni moi, nous n'avons ces misères-là; nous pouvons avoir encore\nune foule de maîtresses, et jouir de la vie.\n    « Je vais vous ouvrir mon cœur, vous faire ma profession de foi :\n    » J'ai pour règle de conduite de faire toujours ce qui me plaît,\n en dépit de toute moralité, de toute convention sociale. Je ne\n crois à rien ni à personne, je n'aime personne ni rien ; je n'ai ni foi ni\n espérance.\n"}, {"page_pdf": 593, "texte": "                                — 542 —\n\n   « J'ai mis vingt-sept ans à en venir-là ; si je suis tombé plus bas que\nla moyenne des hommes, j'étais aussi parti de plus haut....\n\n                                       (AZIYADÉ. Extrait des notes et lettres\n                                            d'un lieutenant de la marine anglaise).\n  Ferrias lut très lentement ce passage et demeura pensif....\n\n\n                                       IV\n\n      Le temps et la débauche sont deux grands remèdes. »\n   Est-ce vrai ? N'est-ce pas vrai ?\n   J'ignore...\n   Nos rêves, partis du cœur, se sont envolés dans la nuit et nous ne\nsouffrons plus vraiment que lorsque ce cœur arraché de nos poitrines\nles a suivis, ces rêves, par delà les espaces sans bornes où rien n'existe,\noù rien ne vit, où rien ne sent...\n   Ne plus sentir. Être comme les statues de marbre qui, dressées pour\ntoujours en haut des colonnes, regardent sans cesse d'un œil qui ne\nvoit point, quelque chose là-bas, dans l'infini.\n   Ou bien sentir, mais sentir par le corps, ainsi que les bêtes, s'assou­\nvir dans les caresses matérielles qui font la tête lourde et suscitent aux\nlongs sommeils qu'aucun rêve ne trouble. Laisser filtrer goutte à\ngoutte de soi-même l'intelligence et ne plus dire qu'un mot : C'est bon !\n\n                                       #\n                                     * *\n   Dans une immense forêt, où la lumière diaphane les feuilles, où\ntoutes les vies cachées ont l'air de sommeiller sans voix et sans bruit,\noù l'automne tiède et mélancolique frissonne dans le rêve isolé des\nbranches, — m'anéantir, me mêler aux feuilles mortes au milieu d'une\nclairière, être enseveli sous les larmes jaunes des arbres, et ne plus être,\nparticiper à l'évolution des choses, m'éparpiller un soir d'hiver lorsque\nla rafale fera tourbillonner la neige parmi les débris où j'aurai reposé\nmon corps, être parcelle et faire le voyage infini pour renaître où les\nbrises me porteront, dans la sêve d'un radieux printemps nouveau....\n\n                                       *\n                                   *       *\n  Pourquoi Werther s'est-il brûlé la cervelle, puisque cela fait mal ?\n"}, {"page_pdf": 594, "texte": "                               -   543         -\n                                       *\n\n Est-ce que je souffre? C'est doux de souffrir pour causer avec soi-\nmême et se dire : » Je te plains. «\n                                       *\n                                   *       *\n  C'est ce soir la reprise de Sigurd... pourvu qu'il y ait encore de la\nplace !\n                   « La Walkyrie est ta conquête\n                     Et ne crains pas qu'elle regrette\n                     Près—è—de toi les palais des cieux. »\n\n\n\n                                 *\n                               * *\n  La vie, qu'est-ce? Sursum corda pour les uns, S u r s u m cauda pour\nles autres.\n                                   * *\n  Il n'y a rien de plus simple que de faire des mots.\n                                      *\n                                    * *\n  Je suis fatigué, je n'irai pas à Sigurd. » La Walkyrie...\n\n                                       V\n   Délaissée par sa faute, Greta ne se plaignit pas. Au contraire elle\naimait sa solitude. A présent, elle restait de longues heures, silen­\ncieuse, regardant un point à l'horizon, fixement, avec le chimérique\nespoir de faire venir vers elle par un intense effort, un peu du paysage,\nun peu du home qu'elle ne pouvait revoir. Elle se disait aussi des mots\nallemands, d'une voix très assourdie pour leur donner plus de douceur,\ns'écoutant dans l'ombre comme si d'invisibles amis fussent-là, près de\nson oreille, à lui chuchoter des choses tendres et mélancoliques. Puis\nelle allait au piano et jouait des phrases de Beethoven alternées à des\nphrases de Strauss, voulant, par la magie des gammes, par la plainte des\naccords, par la cadence du rythme, fondre l'âme du maître sombre des\nsymphonies à l'âme du maestro joyeux des valses.\n  Un soir — à la clarté jaune du soleil qui venait de disparaître der-\n"}, {"page_pdf": 595, "texte": "                                    — 544 —\n\nrière les toits — Greta songeait, perdue dans son obsédant rêve, le\nregard immobilisé, le corps anéanti dans une prostration désolée,\nlorsque tout à coup, éveillée en sursaut, elle tendit l'oreille. De la rue\nun son criard montait, une complainte d'orgue de barbarie vinaigrant\ndes notes tantôt claires et dures, tantôt ronflantes, plaintives p r e s q u e . . .\n   E t c'était l'air du Rhin, le » Loreley-Lied » dont les phrases, à travers\nle burlesque instrument qui les psalmodiait, lui pénétraient pourtant\nl'âme de leur sanglot. T o u t revenait encore, Gott! Gott! E l e n d ! comme un\nappel de la terre aimée, une plainte d'absente, un soupir de mère qui\nagonise et supplie. Loreley ! oh! Loreley! roche grise qui baigne les\npieds de pierre dans l'eau verte d u Rhin, Loreley ! nymphe mystique,\nblonde nymphe d'Allemagne, Lorelej' ! toi qui déroules ta chevelure\nd'or clair et que le pêcheur contemple, en extase ! Loreley! Loreley !\n   L a m u s i q u e allait, gémissante, avec des notes fausses qui giglaient,\nqui se cassaient comme des cordes, des sifflements d e cœur qui se\nbrise, des râles de mélodies qui meurent, Loreley ! des crépitements,\ndes saccades, qui s'entrecoupaient de longues notes plaintives, Loreley,\nL à - b a s , loin dans le passé, dans l'inoubliable! mon D i e u ! mon Dieu!\npitié ! pitié !\n  E t le bonhomme tournait, tournait toujours sa mécanique, r e m u a n t\net perçant comme une vrille l'âme de Greta, de Greta F r i e d m a n n , de\nGreta l'Allemande !\n  Cet air semblait un cri lointain venu des rochers pensifs de la patrie ;\nun large éclair traversa la pensée de Greta, lui montrant d a n s une\nnappe de lumière blanche, le pays, les heures évolues, les promenades\nlentes sous les tilleuls et sous les grands marronniers des jardins, les\nmusiques enveloppantes ainsi que des fumées de mélodie, et voguant en\nlongues bandes parmi les feuilles remuées aux brises...\n   Alors, tout n'était que douceur, que simplicité, que calme vie à\ntravers une nature apaisée et reposante. L e s montagnes baisées par\nles nues roses, le fleuve aux eaux roulées mollement, les pierres écrou­\nlées et verdies de mousse, les radeaux descendant le Rhin d'une allée\ninsensible et paresseuse, toutes ces choses abandonnées et non revues\ns'évoquaient à la jeune femme dans un demi-jour d'automne, poétisées\npar la distance et purifiées par le temps. Ses souvenirs s'étaient fondus\nen elle, et, pour son esprit mélancolisé par une inexprimable nostalgie,\nil semblait que les ballades, les poésies mystérieuses, les peintures\npâlies, les musiques traînantes fussent la réalité, cette réalité disparue\net transformée par un long et douloureux regret.\n"}, {"page_pdf": 596, "texte": "                                — 545     -\n\n     Ce Loreley-Lied, elle souvenait si bien de l'avoir entendu par l'or­\nchestre des concerts de chaque semaine, sous les arbres du Kley-Garten-\nElle entendait encore les violons chevrotant comme un être humain qui\npleure et donnant à la simple musique de Silcher l'intense émotion des\nballades; avec eux elle avait dit en sourdine, les dolentes paroles de\nHeine : — « Je ne sais pourquoi je suis si triste          L'air est glacé, le\njour s'efface, le Rhin coule doucement et les pointes des montagnes\ndisparaissent dans la nuit qui tombe          »\n     » Je ne sais pourquoi je suis si triste!     »\n     — Parce que les douceurs mortes ne revivront point et que la solitude\n désole mon âme....\n     » La nymphe adorable est assise au faîte de la roche, sa tunique\n lumineuse rayonne, elle déroule ses cheveux d'or            »\n     — Qu'avait-elle encore à faire au monde, seule, avec l'étreinte de ses\n peines ? pourquoi n'irait-elle pas au delà de la vie, dans le rêve phos­\n phorescent des étoiles et la neige diaphane des voies lactées, pleurer\n ses amours anéanties et ses joies finies ?\n      » Elle déroule ses cheveux d'or et chante un Lied dont la mélo.lie\n tremble et sanglote        «\n     —Pourquoi resterait-elle dans l'abandon morne de sa pensée? pourquoi\n ne prendrait-elle pas son vol d'hirondelle blanche vers les hauteurs\n sereines d'où peut-être elle reverrait le Rhin glissant entre les mon­\n  tagnes.\n      » Le batelier de son bateau la regarde avec extase         »\n     — Elle descendrait, la nuit, reposer l'ombre d'elle-même au bord de\n l'eau verte où brillent, comme des joyaux oubliés, les cailloux aux reflets\n  d'astres.\n      « ... Il ne voit point les écueils et son regard est fixé sur la nymphe\n  blonde... »\n      — Et quand les brouillard sur les eaux d'émeraude se seraient allongés\n  comme des rêveries expirantes, elle poserait ses pieds sur la terre grise\n  des bords, et reverrait la place où l'amant est venu. Il est venu, la voix\n   triste, la voix douce, la voix étrange, et il a dit : Viens toi, la bien-\n   aimée de ma vie, nous nous aimerons sous les étoiles. Et il a dit\n   encore : » Viens Greta, Gretchen, ma Mienne, ma blonde Liebchen...\n       » Les vagues ont englouti le batelier, car la Loreley n'a pas abaissé\n   vers lui ses yeux       »\n       —Elle baisera la trace reparue de leurs pas dans le sable, et remontera\n    se mêler aux nuages, et son ombre plus pâle qu'un souvenir et plus pâle\n                                                                        39\n"}, {"page_pdf": 597, "texte": "                                 -   546 —\n\n qu'une espérance roulera dans l'ombre des nuits à venir sur la voile\n gonflée des brises...\n   Le chant de l'orgue cessa, Greta continuait à l'entendre dans le\n passé\n\n\n                            CHAPITRE V\n\n                                      I\n\n\n    — Es-tu là, Greta ? cria Ferrias.\n    — Madame est sortie ce matin à neuf heures, Monsieur, répondit\n d'en bas la servante, elle a dit qu'elle ne rentrerait pas pour déjeûner.\n    — Ah ! bien, je ne déjeûnerai pas ici non plus alors.\n    — Bien, Monsieur.\n    Jacques, ce jour-là, fut heureux d'être libre jusqu'au soir. Depuis\n longtemps enfermé, il éprouvait l'intense désir de humer un air plus\n frais et de reposer ses yeux cernés sur les velours des verdures.\n    Il prit le train en destination de Groenendael, et, un livre de vers\nsous le bras, s'alla perdre dans la grande forêt de Soignes. Avec le\nprintemps revenu, les branches et les bruyères s'étaient animées et\ncomme dégourdies; dans les branches circulaient des brises lentes et le\nsol cédait, amolli, sous le pied, avec un craquement sec de brindilles.\n Çà et là s'ouvraient des clairières, et, dans l'intervalle des troncs, des\nperspectives immenses où le soleil passait obliquement comme à travers\n un vitrail d'église. Jacques se sentit revivre au milieu du silence syl­\nvestre. Son âme, où tous les soucis s'étaient fondus en une sorte d'ato­\nnie, d'écroulement général, de renoncement et d'indifférence à toutes\nchoses, s'ouvrit et se déploya, respirante, détendue, perlée, comme par\nune vague mystérieuse, aux douceurs anciennes. 11 oublia le présent,\net, en face de ces arbres, dont les ramures se balançaient avec une\noscillation berçante, dans ces allées, où rien d'humain ne troublait la\nsérénité de la Terre, il lui semblait qu'une magie le ramenait en arrière,\ndans le passé de la lointaine enfance. Il était venu dans ce bois, étant\npetit. Il avait regardé ces avenues et gravé son nom dans ces écorces\nrouillées, il s'était couché, jambes au soleil, dans les feuilles sèches des\nétés morts. Rien n'avait changé ; le ciel avait gardé sa splendeur de\nnaguère, les arbres, à travers les ans, continuaient la pensive médita-\n"}, {"page_pdf": 598, "texte": "                                — 547     -\n\ntion de leur orgueil, et lui, lui non plus n'avait point changé ; il n'avait\npas quitté ce bois, il y avait vécu, sans savoir, sans penser. Au-delà\nseulement, bien loin, existait un homme appelé Ferrias qui souffrait au\ncœur et qu'il ne voulait point reconnaître !\n   Le concert assoupi des souvenirs monta de son âme au ciel comme\n un encens mélancolique, et des mots de joie apaisée et des phrases\nlentes de contentement intérieur lui vinrent aux lèvres sans qu'il eût la\nforce de les parler\n   Lorsqu'il sortit du bois, Ferrias retrouva Ferrias.\n   Jacques rentra en ville à 6 heures. A la gare du Luxembourg, il prit\n une voiture et se fit reconduire chez lui.\n   — Madame, est-elle là ?\n   — Non, Monsieur.\n   Une inquiétude vague le saisit.\n   — N'a-t-elle rien dit en partant, ce matin ?\n   — Non, Monsieur.\n   Jacques pénétra dans le cabinet de travail et courut à son secré­\ntaire ; la clef que Greta portait toujours sur elle, était dans la serrure.\nFerrias ouvrit le meuble. Il y manquait un billet de mille francs\n   Il se laissa tomber alors dans un fauteuil, écrasé, anéanti, en sanglo­\ntant : » Greta ! Greta ! Elle est partie ! Elle est partie ! «\n\n\n                                     II\n\n  Kéradec, le nez plongé dans un numéro du Peuple, acheva sa lecture:\n  » L'avenir est à la démocratie ! Au flot réactionnaire qui menace de\nnous submerger, opposons le progrès toujours plus audacieux et plus\nvaillant ; aux régimes rétrogrades, substituons celui de la souveraineté\npar le peuple, le suffrage universel, afin que la Belgique ne soit plus\ndésormais qu'une grande famille où tous les frères seront égaux en\ndroits comme ils le seront en devoirs ! Hein, c'est tapé, ça ?\n  — C'est de toi, fit Beckx.\n  — Oui, mille dieux ! J'ai pondu ça en dix minutes sur un coin de\nmarbre, à l'imprimerie du journal.\n  — Le temps ne fait rien à l'affaire.\n  Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort! Briser universel des\npeuples! C'est d'un neuf !\n  — Pardon, d'un quatre-vingt-neuf!\n"}, {"page_pdf": 599, "texte": "                                -   548   -\n\n   — Pas de mots !\n   — Voyons, pauv' Peup' ! tu n'es pas sérieux n'est-ce pas ? entre\nnous, là !\n   — Pas sérieux, hurla Kéradec, mais vous êtes étonnants vous autres !\nPas sérieux ! mais je me f... de votre art, moi !\n   — Farceur !\n   — ..... oui, je m'en f... ; j'accomplis une mission, moi. Tout citoyen a\nle devoir de s'occuper des grandes questions sociales...\n   — Crac !\n   — .... de l'avenir du prolétariat !...\n   — Boum !\n   — .... de l'égalité...\n   — Et de trois ! Ils y passeront tous ! Prends garde qu'on te soup­\nçonne, artiste que tu es! Ceux qui demandent du pain pour le peuple,\non ne les gobe pas         Ils veulent faire leur beurre!\n   —        Voyons, fit Kéradec sans relever l'interruption, vos beaux\nVers sur les petites femmes, à quoi que ça sert?\nje vous le déclare, si, par le fait d'un article, je parviens à faire donner\nà l'ouvrier une augmentation de salaire, je croirai avoir fait plus que\nvous ! Na !\n   — Eh bien, moi, puisque moi il y a, dit Chastel en levant sa belle\nmain fine, j'estime qu'un beau vers vaut tous vos sacrés poncifs\nsociaux, et quant à vos ouvriers, j'espère qu'en nous balaiera toute cette\ncanaille !\n   — Toi, Chastel, on promènera ta tète au bout d'une pique !\n   — Qu'on me laisse mon monocle et je m'en fiche !\n   — Très chic, Chastel, mais pas pratique, fit Carol.\n   — Rrçon, un bock !\n   — Deux !\n   — Trois !\n   — Quatre !\n   — Bien, Messieurs ! Quatre bocks ! Quatre!\n   Il était onze heures du soir. Un flot de monde, sorti du Théâtre des\nGaleries, s'était éparpillé dans le Passage, et quelques femmes attardées\ngagnaient au plus vite Tortoni.\n   La Royale allait bientôt se fermer et les quatre se levaient pour partir\nlorsqu'ils virent entrer Ferrias très pâle.\n   — Halh ho ! fit Carol, qui voilà !\n   — Bonsoir!\n"}, {"page_pdf": 600, "texte": "                                 — 549 —\n\n   — Qu'as-tu ?\n   — Ne riez pas, ne vous moquez pas! je suis fou, je suis désespéré.\nGreta, ma femme, partie !\n   — Ah ! dit Chastel en dissimulant un sourire gouailleur.\n   — Depuis dix heures je la cherche partout. Personne ne l'a vue vue.\nEt vous ?\n   Ils se regardèrent.\n   — Aidez-moi je vous en supplie! où dois-je chercher! que dois-je\nfaire? dites!\n   — Mon cher Jacques, répondit lentement Chastel, assieds-toi d'abord\net puis écoute : Quand une femme s'en va, c'est qu'elle a ses raisons\nou... qu'elle est toile. Dans les deux cas il faut attendre, dans l'un\nqu'elle revienne.... pour la mettre à la porte, dans l'autre qu'on la\nramène        pour l'interner. Ton allemande n'est pas perdue, que\ndiable!\n   Ces mots ton allemande furent pour Ferrias comme un éclair, ton\nallemande! ils se gravèrent dans sa pensée, tout à coup.\n   — Tu as peut-être raison, Chastel !\n   Il y eut un silence; Ferrias saisi d'une idée fixe, s'absorba, l'œil\nvague, immobile. Les derniers mois lui revinrent à l'esprit; les tristesses\nde Greta, sa folle idée de revoir Bonn, ses émotions brusques lorsque le\npays quitté s'évoquait par une parole, par une musique..., ton alle-\nmande\n   Il se leva, demanda un Guide et pointa les heures des trains; à minuit\nil y avait un départ pour Cologne... mais non! il était fou de partir...\nil avait tort... on ne s'enfuit pas ainsti par nostalgie, sans souci des êtres\naimés...\n   Pourtant la conviction se faisait, inconsciente, mais nette, décisive,\nirrésistible.\n   — Je pars, dit Ferrias.\n   — Ah ! et pour où ?\n   Jacques ne répondit pas et vivement serra la main des amis en mur­\nmurant : — Au revoir.\n\n                                     III\n\n\n  Ce fut un voyage infini. Dans le roulement du train express, les heures\npassèrent comme des longs jours qui ne veulent pas s'achever.\n"}, {"page_pdf": 601, "texte": "                               — 551 —\n\nheures d'amour en ce pays rêveur, les mains entrelacées et les têtes\njointes dans l'ivresse des longs embrassements. Il se souvint dés paroles\n qu'il avait dites à Greta, ces mots que par un raffinement d'artiste, il\navait cherchés harmonieux et lents ; leur anéantissement enfin dans cette\nnature aimante qui semblait leur avoir soufflé ses troublantes sollicita­\ntions. Reverrait-il Greta, sa blonde? Ne reviendrait-elle pas à lui qui\nsouffrait ?\n   Et au moment où repris au dernier espoir d'une rencontre au péléri­\nnage d'amour, il sondait la route du bord comme pour y évoquer la\nforme exquise de la disparue, il vit, là-bas, une jeune femme qui\nl'appelait de loin d'un geste déployé. Alors une joie intense le prit; il\ncourut, il bondit vers elle qui ne bougeait plus, se jeta à ses pieds,\nl'entoura de ses deux bras, lui baisa le front follement en sanglotant :\nGreta ! Greta ! Gretchen !\n   Et Greta l'œil fixement tourné vers le soleil, lui parla comme en un\nun rêve, d'une voix mouillée et douce :\n   « — C'est toi, Jacques, je savais que tu viendrais à moi ; je t'ai\nattendu, mon Jacques ; c'est ici, souviens-toi, que nous nous sommes\naimés. Regarde comme le fleuve est beau, mon doux fleuve allemand ;\nnous nous aimerons sous les étoiles, Jacques, et les montagnes mettront\nleur ombre sur notre amour... Jacques, continua-t-elle en le regardant\nd'un air las, je t'aimais tant, mais je voulais, je devais revenir un\ninstant ici; nous repartirons ensemble, dans ton pays, veux-tu? mais\nchaque été nous reviendrons... avec l'enfant...\n   Elle rougit en disant ces derniers mots, à voix basse...\n   Et tandis que, silencieux, ils se regardaient, noyant mutuellement\nleurs âmes dans l'oubli des tristesses passées, le Rhin continuait sa\nmarche vers la roche de la nymphe Loreley.\n\n                                                    MAX WALLER.\n"}, {"page_pdf": 602, "texte": "                                -   550   -\n\n   Eveillé et fiévreux, Ferrias collait son front à la vitre humide du\nwagon et regardait les campagnes sombres qui défilaient toujours, tou­\njours...\n   La nuit était noire et des ombres d'arbres agrandis s'allongeant au bas\ndes talus, défilaient toujours, toujours...\n   L'aube se leva, incertaine,... le train courait... des bandes de lumière\ntraversèrent l'horizon voilé et des clartés blanches se répandirent sur les\npâtures, sur les bois, sur les vergers qui défilaient toujours, toujours...\n   Puis au loin une lueur monta plus intense, plus éclatante et se\nrépandit en nappes au long des grand'routes, au milieu des labourés, au\nplat des toits rouges qui défilaient toujours, toujours...\n   Les stations passaient, le jour illumina les plaines ; un large soleil\ninonda le ciel d'une pluie de rayons, puis l'horizon changea; des collines\napparurent, des montagnes boisées entre lesquelles s'enfonçaient des\nvallées mystérieuses où se dressaient des ruines, des débris de tours\nalternant avec des châteaux modernes, de vastes maisons de plaisance,\ndes châlets, des villas, qui défilaient toujours, toujours...\n   Enfin le Rhin, comme un grand serpent d'or vert scintilla dans la\nvallée des sept montagnes.\n   Bonn.\n\n                                    IV.\n\n  On n'avait pas reçu d'étrangers la veille.\n\n\n\n\n                                    V\n\n   Par un caprice, Jacques voulut refaire le chemin exact qu'il avait\nparcouru avec Greta deux ans auparavant. Il entra dans le jardin de\nl'Hôtel Kley, désert à cette heure, alla s'accouder à la balustrade de\npierre, au fond, et après avoir un instant contemplé le Rhin dont les\neaux semblaient endormies, il retourna sur ses pas, traversa de nouveau\nle square, prit la rue de Coblence, descendit la Fahrgasse et se trouva\ndevant le fleuve. La paix du matin se fondait avec le murmure des\neaux et le murmure des lointains. Une douceur infinie planait et Jac­\nques, le cœur écroulé, sans espérance, allait, contemplant d'un regard\nperdu le paysage apaisé. Tout le passé remontait à son esprit, les\n"}, {"page_pdf": 603, "texte": "                 VERS\n\n       L'EAU QUI SOUFFRE\n\n\n          VERS les lointains extasiés,\n           Lente et douce, sans un murmure,\n           Elle pousse son onde impure\nEntre les murs pacifiés,\n\nO la rivière jaune et morte\nSous les ponts tristes, sans espoir\nDe rien refléter de ce soir\nQue l'heure impitoyable emporte !\n\n\n\n\n              DOUX PAYS\n\n\n         DANSle charme troublant de l'heure\n           Exquise, ainsi qu'une buée\n           Tombe la neige exténuée\nDe la lune rose qui pleure.\n\nE t belles de leurs'seuls beaux yeux,\nEprises de rien, vaguement\nHeureuses sous le frolement\nDe ce baiser silencieux,\n\nGlissent, blanches, des jeunes filles\nIdéalement corporelles,\nPlus transparentes et plus frèles,\nBlanches, que les chastes charmilles.\n"}, {"page_pdf": 604, "texte": "                 -   553   -\n\nLe bleu pâle de leur regard,\nD'un bleu pâle de souvenir,\nDoux comme ce qui va finir,\nSoupire bien loin, quelque part\n\nAu loin, où le ciel est encore\nCéleste pour les yeux qui pleurent,\nOù les anges d'azur effleurent\nDe leurs ailes pures l'aurore,\n\nAu loin avec les angélus\nRoses dans le rose du soir,\nExaltant au mystique espoir\nLes souffrances qui ne sont plus :\n\nDoux pays ! Candeurs puériles\nEt s'éternissant dans les songes,\nOh ! loin des raffinés mensonges\nEt du faux sourire des villes.\n\n\n\n\n             APPARITION\n\n                                     à William Picard.\n           T E L L E glisse silencieuse\n             Sur un ciel de miniature\n             Une sainte gracile et pure\n  Dans le bleu de l'heure pieuse,\n\n  Elle m'est soudain apparue,\n  Rêve, forme à peine, nuance,\n  Effleurant de subtile essence\n  La vulgarité de la rue\n\n  Et de ses lèvres bien-aimées\n  La Vierge, de ses lèvres roses,\n  Effeuilla sur mon cœur des roses\n  Et des étoiles parfumées, —\n"}, {"page_pdf": 605, "texte": "                 — 555 —\n\n\n\n\n          INSPIRATION\n\n\n\n                                      à J.   Massenct.\n\n          ECOUTE sur l'écran vermeil\n           Glisser les jonques dans les brises\n           Et parmi les ramures grises\nSaigner le glaive du soleil;\nEcoute! Comme des nuées,\nFlottent dans le calme du soir\nLes cigognes exténuées.\nEt, vois, la lune vient s'asseoir\nSur l'escalier de marbre rose\nOù la chinoise tristement\nHume les parfums d'une rose\nPour évoquer son doux amant.\nEt de ces frissons de silence,\nDe ces lueurs harmonieuses\nL'oiseau du Rhythme d'or s'élance\nBaisant de ses ailes soyeuses\nTon front délicieusement,\nPoète, dans le demi-jour\nD'un subtil attendrissement\nA peine nuancé d'amour.\n\n                               GEORGES KHNOPFF.\n"}, {"page_pdf": 606, "texte": "                — 554     -\n\n\n\n SENTEURS MUSICIENNES\n\n\n\n                              à Paul   Goffart.\n         AVEC un tremblotement d'ailes\n           Un air bien vieux, grêle et charmant\n           Mêle son attendrissement\nA l'évaporé des dentelles.\n\n\nAu fond du boudoir parfumé\nD'accords vagues et de mains blanches,\nC'est, dans le clair brouillard des branches,\nLa douceur du printemps aimé :\n\n\nDu printemps où la lune exquise\nSe vaporisait dans tes yeux\nPlus tristes que l'azur des cieux,\nDu printemps si calme, ô marquise,\n\n\nOù, dans le frêle bleu du soir,\nVers le ciel de joie infinie\nPalpitaient d'une aile bénie\nLes voix roses de notre espoir.\n\n\nEt les senteurs musiciennes,\nCette âme qui se plaint tout bas,\nCes frissons d'accords, n'est-ce-pas\nL'âme des extases anciennes?\n"}, {"page_pdf": 607, "texte": "          CHRONIQUE ARTISTIQUE\n\n   EXPOSITION         DU CERCLE         ARTISTIQUE            D'ANVERS\n\n\n\n             L'EXPOSITION de tableaux au Cercle artistique d'Anvers\n             a été très intéressante, à plus d'un titre.\n               Nous y avons rencontré, en tout premier lieu, deux\n             magnifiques intérieurs d'Adrien De Braeckeleer, où se révèle\ntoute la force de tonalité de cet artiste.\n   L'intérieur de la maison hydraulique de Henri De Braeckeleer, peint\ndans la môme gamme est d'un coloris excessivemant riche et possède\nd'étonnantes qualités de perspective. Son Intérieur bourgeois est beau­\ncoup plus vulgaire.\n   M. Vestraete est très poétique dans son Coin de lac, dont nous\n aimons fort le calme et la verdure. Son Impression au bord de la mer\nest plutôt une esquisse qu'un tableau. Ce n'est qu'une impression\nfugitive et fougueuse que le peintre a jetée sur sa toile, d'un seul trait et\nsans vouloir produire autre chose qu'un reflet de ce qu'il a vu.\n   Le Herseur est une peinture robuste et bien conçue. Quoiqu'un peu\nbrumeuse, elle ne laisse pas que de produire une impression douce et\nsentie, et d'attirer les regards du visiteur qui voit sur une toile plus\nqu'un assemblage de couleurs. Nous engageons l'artiste à retoucher le\npaysan de son tableau et à le mettre un peu d'aplomb.\n   Voici Joors avec une pièce superbe intitulée Convoitise. Pas une\n incorrection dans le dessin, pas une ligne déviée dans la perspective,\ntout est à sa place chez lui et son coloris est d'un richesse magistrale.\nLe chat qui guette l'oiseau a des ondulations de corps à rendre la\nnature jalouse. De plus, cet artiste peint dans la gamme vraie et\n sincère, dénuée d'artifices et de trucs; il est simple mais, d'une justesse\ninouïe, ce qui donne à ses œuvres un cachet spécial qui fera leur\nrenommée.\n   M. Verhaert a taté la nature morte. Son Herfste, malgré ses qualités\nincontstables de tonalité ferme, nous semble bien inférieur à la répu­\ntation de l'artiste. Ses fruits sont carrément brossés, mais ils n'ont\naucune saveur; cela est morne, flasque, triste. Il y a loin de cette con­\nception aux charmants tableautins pleins de couleur, de vie et d'action\nqui ont, depuis longtemps, classé cet artiste parmi les plus en vue de\nla jeune école. Vraiment, c'est dommage.\n   A noter deux belles marines de Wolters et deux splendides effets de\nlune de Maerenhout, comme seul, cet artiste hors ligne en sait faire.\n   D'Ed. Pontielje, nous avons le Vieux Pêcheur et un Vieillard fumant,\ntous les deux d'une grande finesse d'exécution, d'une harmonie\nsupérieure de couleurs et d'une finesse de lignes qui frise la malice. Ce\n"}, {"page_pdf": 608, "texte": "                                  -   557 —\n\nsont des œ u v r e s de mérite qui prouvent qu'un artiste ne doit pas\ntoujours s'emballer dans les grandes machines pour ajouter un fleuron\nde plus à sa couronne.\n    Eh, eh, Monsieur Nélis, que faites-vous donc ? vous voulez exhiber\nune Etablc, et vous nous servez un pâté, qui lait songer à la composition\nde la terre avant sa création. T o u s lus efforts sont louables, mais là,\nvraiment, ce n'est p l u s de la peinture, c'est de la fusion.\n    L a Récolte, de M. Derickx appartient un peu à la même famille : c'est\nplat, vide, lâché et sans aucun relief. Avec du travail, cet artiste\npourait faire mieux.\n    Autre chose est d u Dimanche après midi de Jules Lambeaux. Ce\npetit tableau est une perle, d'un feu séduisant, qui confirme la\nréputation déjà brillante de ce jeune artiste. L e dessin est irréprochable\net les effets de lumière d'une intensité frappante, d'une douceur réelle\nment sentie. P o u r t a n t , nous voudrions voir L a m b e a u x prendre ses\n sujets d a n s la vie actuelle, au lieu de les affubler du costume des\n siècles passés. Son art ne pourrait qu'y gagner, car il y a dans les\n décors qui nous entourent assez de matière pour qu'il ne soit pas\n besoin de fouiller dans les garde-robes de nos ancêtres.\n    D a n s Distraction de Vand'er Borght, il y a réellement quelque dis­\n traction de la part du peintre. Au demeurant, assez de couleur et de\n carrure.\n     L e s Fleurs de L a m m e r s sont passables mais non pas exemptes de\n grands défauts, dont l'artiste se corrigera, nous en sommes persuadés.\n     Van Soom fait miroiter une Cascade pleine de lumière. Peinture\n simple, ondulante et solide-\n     L a Couturière de Simons confirme le talent de son jeune auteur. Son\n Portrait déborde de vie, mais les chairs manquent un peu de modelé et\n le tout a besoin de recevoir encore quelques coups de pinceau.\n     L'Aquarelliste de F a n Engelen a des qualités incontestables de\n névrosité. L e fond en est traité de main de maître et avec une vigueur\n peu commune.\n     Nous aimons moins son Menuisier.\n     Quel est donc le farceur qui a écrit le mot aquarelle au bas des deux\n  portraits de Van Engelen ? Décidément il faudrait venir de loin pour ne\n  pas voir que ce sont bel et bien des peintures à l'huile, et encore de\n  mauvaises peintures.\n     M. Janssens, dans sa Vanne, nous montre une fois de plus qu'il sait\n  arracher à la nature sa couleur, son charme et sa poésie.\n     M. Claus est très énergique dans sa Place de la commune. L e grou­\n  pement est fort bobile et le coloris d'une grande profondeur. Le fond est\n  cependant un peu crayeux; un coup de brosse pourrait rétiblir\n  l'équilibre.\n     L e Violoniste de M. Godding u'est pas un chef-d'œuvre, mais nous\n  y remarquons une assez grande puissance de coloris. L'artiste devra\n  particulièrement soigner le dessin et la perspective.\n     De Jaus a d e u x portraits splendides de force et d'expression.\n      MM. Joris, D u p u i s , V a n Beurden et W e y s , sculpteurs, exposent des\n  œuvres remarquables.\n                                                     GUSTAVE D E     GRAEF.\n"}, {"page_pdf": 609, "texte": "          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n            S'IL est impossible, aujourd'hui, d'apprécier d'une façon défi­\n             nitive les descriptions de la Belgique que Camille Lemonnier\n             publie depuis trois ans dans le Tour du Monde de M. Edouard\n             Charton, ce n'en est pasmoins un devoir pour la critique de\nsignaler l'achèvement successif de cette œuvre colossale érigée à la\ngloire de la terre natale par un artisteen qui semblent se continuer les\ngrands Flamands de la Renaissance. Le monument est encore en partie\ncaché par les échafaudages, les échelles et les poulies ; une poussière de\nchaux et de marbre ennuageencore ses contours; mais déjà l'œil exercé\ndevine la gloire future de l'édifice, et quelques pavillons se dégagent\ndéjà, dans une splendeur d'accomplissement.\n    Quant parurent les premières livraisons, elles furent accueillies par\nun concert de critiques fougueuses, de protestations chauvines et\nd'hydrophobies contagieuses, dont le tapage est encore inapaisé main­\ntenant.\n    11 y eut de la musique. Ce fut une suite d'orchestre en bourgeois\nmajeur. L'impression dominante fut un douloureux étonnement. La\nMuse des Bœdeker et des Joanne, se voila la face; la statistique, con­\nsternée, pleura comme un fleuve, et quelques David du journalisme\nrassis dansèrent rageusement devant l'arche de la médiocrité officielle.\n    Et il y avait de quoi se fâcher, reconnaissons-le. Quoi ! il n'y avait\ndonc plus de logique? Au lieu de suivre la tradition que résume si admi­\nrablement Beaumarchais : » Il fallait un calculateur : ce fut un danseur\nqui l'obtint! » On allait charger un calculateur de faire des calculs, et\nun littérateur d'élaborer un travail littéraire? Cette excentricité de mau­\nvais ton, et d'un si déplorable exemple, fut blâmée, comme elle le\nméritait, par des gens trop sérieux pour avoir jamais écrit de bons\nlivres.\n    Le sens dessus-dessous était complet. A la place de l'œuvre rêvée, à\nla place d'un répertoire d'adresses, de chiffres, d'une espèce de Bottin\ndes neuf provinces, l'auteur du Mâle se permettait de nous donner une\nsérie de descriptions larges, brossées en plein air par un peintre qui n'a\npas la crainte de la couleur. Les plantureuses campagnes des Flandres,\nle sommeil claustral des villes de province, la béatitude des béguinages,\nil s'émancipait jusqu'à les traduire en des pages amoureuses de vie et\nde pittoresque. Les vieilles églises endormies dans leur rêve de pierre,\nles chasses précieuses qui songent dans le trésor des abbayes, les\ntableaux de maître qui s'enflamment comme des braises dans l'obscu­\nrité des antiques chapelles, tout était non pas mentionné, mais décrit,\nnon pas catalogué, mais traduit, dans une langue trop forte pour cer­\ntaines oreilles et pour certains yeux. Lemonnier omettait, sciemment,\navec révolte, les lieux-communs, » quinquennaux » sur le grand art, sur\nl'idée — l'Hidée avec un H, de Schopenhauer! — bref, toute la Bel­\ngique des cantates. Il s'avisait de transposer d'un art dans un autre les\nprairies angéliques où les vierges de Memling paissent leurs ouailles\nimmaculées, les rouges tueries de Rubens, et l'allure aristocratique de\n"}, {"page_pdf": 610, "texte": "                               -   559   -\n\nVan Dyck. La couleur, les pâtes grasses de la peinture flamande,\nLemonnier les laissait se réverbérer et couler dans son œuvre. Les\nJanins — ou les Jeannins — mirent des lunettes bleues, et l'auteur du\nMort fut convaincu de matérialisme par des cardinaux laïcs et par des\npapes en bourgeois.\n   Lemonnier haussa les épaules, et après l'exécution — nécessaire —\nd'un chroniqueur marollien qu'il ne sied plus de nommer ici, rentra\ndans son oeuvre.\n   Elle s'est augmentée depuis, continuellement. Les descriptions de\nBruges, qui ont paru il y a quelques mois, méritent d'être étudiées de\nprès, et d'être dès aujourd'hui, distraites de l'ensemble de La Belgique.\n   Elles sont une preuve nouvelle de la prodigieuse variété de l'écrivain,\nqui, comme tous les maîtres, possède l'aptitude universelle. Au rebours\ndes talents exclusifs, que l'on pourrait comparer à des musiciens qui ne\nconnaissent qu'un instrument, et qui sont des virtuoses, l'un du violon,\nl'autre de la flûte, l'autre du hautbois, la manière de Lemonnier fait\npenser à une symphonie immense, où les bois et les cuivres s'entre­\nlacent et se fondent dans une magnifique explosion sonore. Il ne joue\npas de tel ou tel instrument : il joue de l'orchestre.\n   Ainsi, après les opulences saines, grasses et lourdes, après les vastes\ntaches de couleur du Mâle et de certaines pages du Tour du Monde, le\nvoici, qui, dans son étude de Bruges, se complaît aux magies douces\ndes demi-teintes, des nuances foncées, à la diffusion d'une lumière\nprismatique, à des nuances exquises et mourantes, semblables à des\nombres de roses, de jasmins et de lilas. La phrase, au paravant majes­\ntueuse et traînante comme un plaint-chant, s'accalme en des harmonies\nétouffées, pareilles aux rumeurs vagues qui nagent, autour des jubés,\nsur le clavier des orgues qui se sont tus.\n   Et, à l'odeur de la campagne et du grand ciel, succèdent des parfums\nd'encens et de sacristie.\n   Puis, par un retour à la pompe qui achève le tableau prestigieux de\nla ville morte, il l'évoque du fond du passé, et la Bruges d'autrefois\ns'enflamme dans une soudaine apothéose, sur un ciel empourpré de\nmissel et de vitrail.\n   Lemonnier a publié dans le genre descriptif, peu de pages aussi\nbelles que sa résurrection de Bruges, et s'y est abandonné admirable­\nment. Nulle part il n'a manié plus savamment la langue. Il lance l'image\ncomme Jupiter lançait la foudre.\n   Lemonnier est un des rares écrivains belges qui aient eu conscience\nde l'âme des mots.\n   Là est le secret de son influence toujours grandissante. Et le jour, où\ncomme Catulle Mendès a écrit la Légende du Parnasse Contemporain,\nl'un des nôtres écrira l'histoire de la Jeune Belgique, il devra cet hom­\nmage au maître du Mort. S'il pourra prétendre, sans crainte d'erreur,\nque nul des jeunes écrivains de la Jeune Belgique n'a servilement pas­\ntiché Camille Lemonnier. il devra pourtant reconnaître qu'à l'exception\ndes deux ou trois prosateurs et poètes qui ont surgi presqu'en même\ntemps que lui, il a révélé à eux-mêmes la masse des jeunes, en leur\napprenant les inépuisables ressources du verbe, et qu'il a allumé, dans\nles lettres belges, un incendie qui ne s'éteindra pas de sitôt.\n                                                    ALBERT GIPAUD.\n"}, {"page_pdf": 611, "texte": "                                  MEMENTO\n\n\n\nLa Suisse Romande. — Le Salon de Bruxelles, par Max Waller. Un volume\n  2.00. — La Revue des Livres et des Estampes. — Journal du Dimanche.\n\n\n\n\n   On nous écrit de Neuchâtel (Suisse) :            » Notre point de vue est large, notre\n   » Il existe dans notre pays, déjà depuis     ambition l'est aussi. Nous voudrions, en\nplusieurs années, un mouvement littéraire       chantant la gloire du pays dans une langue\ncausé par les jeunes, mais à qui manquaient     pure et bien française, le faire apprécier et\nles occasions de se manifester. A ce mou­       aimer ; nous voudrions encore donner aux\nvement devait correspondre un organe, une       talents en formation l'occasion de se déve­\nrevue ; ceux qui pensent et qui écrivent ont    lopper et de se manifester. Nous fuirons\nbesoin de recevoir encouragements et cri­       tout ce qui est trivial, vulgaire, maussade,\ntiques de la part du grand publie ; ils ont     et tiendrons dans tous nos articles à une\nbesoin de se sentir avec lui en communion       forme littéraire aussi pure et châtiée que\nd'idées et de sentiments. De toutes ma­         possible. A côté des jeunes, qui montre­\nnières, il devenait donc nécessaire de pro­     ront ici ce qu'ils peuvent faire, un grand\nvoquer la fondation d'une revue; ceprojet,      nombre de nos meilleurs écrivains, com­\nlongtemps caressé, formé et abandonné à         prenant l'incontestable utilité de cette\ndiverses reprises, se réalise aujourd'hui.      entreprise, ont bien voulu nous promettre\nLa Suisse romande, revue littéraire et          leur collaboration active; l'accueil qui\nartistique, va paraître. Cette publication      nous a été fait par les littérateurs français\nne prétend rivaliser avec aucune de celles      n'est pas moins excellent — partout nous\nqui existent et aura son genre spécial,          avons rencontré encouragement et sym­\nexclusivement littéraire et artistique. Elle    pathie.\n era voir, dans notre pays d'abord et dans          La Suisse romande paraîtra le 1er et le\n es pays voisins, qu'il se trouve, cachées       15 de chaque mois, en livraisons d'au\ndans la Suisse française, bien des aspira­       moins 48 pages, grand in-8, imprimées\ntions ardentes, bien des nobles pensées,         avec luxe, sur beau papier teinté. La col­\nbien des forces vives en un mot, qui ne          lection des numéros formera chaque année\ndemandent qu'à être utilisées et à porter        un magnifique volume de près de 1,200\ndes fruits ; elle prouvera que le matéria­       pages, ou tous les six mais, un volume de\nlisme ou les petits intérêts n'ont pas           600 pages. Le premier numéro, daté du\nencore étouffé chez nous les désirs supé­        1 er janvier 1885, sera publié le 15 novembre\nrieurs et que la littérature romande est plus    par Ad. Wagnon. Aux artisans de la\nvivace que jamais.                              pensée, par Tules Carrara. La Société lau-\n"}, {"page_pdf": 612, "texte": "                                          -       561     -\n\nsannoise au X V I I I e siècle, par Eug.                Thérèse, nouvelle, A l'aventure, croquis\nMottaz. Autour du Monde,             Souvenirs          par Emile Michelet. La Mort de Victoire,\nd'un Marin, par L. Tognetti, etc. etc.                  par Auguste Blondel ; esquisses à la plume :\n    Poésies de Emmanuel des Essarts, Alfred             La Comtesse pâle, Sur un Balcon, Dumas\ndesEssarts, Emile Michelct, St. de Guaita,              à Chiatamone, Une visite à Chopin, par\nSamuel Cornut, Ernest Bussy, Mlle E. Roy,               MmeC. Berton-Samson. Boléro, nouvelle\nEd. Tavan, Auguste Dorchnin, Catulle                    par Mme Eug. Versel. Eut-elle raison,\nMendès (Nouveau contesépiques),Charles                  nouvelle par Mlle F. Guillermet. Le Bout\nDorice, Adolphe Dulex, Paul Demeny,                     du Monde, nouvelle par .M\"1' M. Cr s abois.\nLouis Tognetti, Jean de Pury, Henry Ber­                Le docteur Ramel, nouvelle par Henri\nguer, Henri Warnery, Sully Prudhomme                    Beauclair. La Romance de Préciosa, nou­\n(fragments d'un pointe en préparation),                 velle par Ad. Ribaux. Nouvelles et contes\nPaul Bourget (Antigoue, poème), Anatole                 par MM. Anatole France, Eug. Mottaz,\nFrance, Jules Troubat, José-Maria de                    L.-A. Duchosal, Emm. Buenzod, etc. etc.\nHeredia, Jules Carrara, Ch. Bonifas,                       Les correspondants de J.-J. Rousseau,\nAd. Ribaux.                                             par Eug. Ritter. Sully Prudhomme et\n    Le prix de l'abonnement, franc de port,             Coppée, conférence par Emmanuel des\na été fixé, par année, à 10 fr. pour la Suisse          Essarts. Dora D'Istria à Florence, Mazzini\net 12 fr. pour l'étranger.                              et la poésie européenne, la Mission du\n    Au public maintenant à nous juger.                  Poète, Dante peint par lui-même, par\nEspérons qu'il saura apprécier les efforts              M1le Berton-Samson, les Maîtres italiens\ntentés pour lui procurer une lecture                    eu Italie : I. Florence devant l'Histoire,\nattrayante et variée, une revue littraire,              par Jules Levallois. Études littéraires sui-\n vraiment digne de ce nom. Il y a bien des              tes orateurs de la Convention, par F.-A.\n sortes de patriotisme. Celui qui veut déve­            Aulard. La jeunesse de Goethe : Aeser et\n lopper le mouvement intellectuel du pays,              sa fille, par Eug. Hallberg. Le Salon de\n  fournira ses écrivains, célèbres ou ignorés,          Paris (annuel), par Emile Michelet. La\n le moyen d'utiliser leurs talents et au public         Musique et les Musiciens : I. Mozart et\n l'occasion de les apprécier, faire connaître           ses Sonates pour le piano ; II. Beethovne\n et aimer le pays au dehors dans ses enfants            et ses Sonates, par Gustave Mayor. Le\n les plus dignes, dans ses mœurs, dans ses               mouvement littéraire de la Suisse fran-\n légendes, dans son paysage et son histoire,             çaise, le Pessimisme, par Eug. Vineux.\n toutes choses qui se résument dans la litté­            Études littéraires, Lettres à l'exilée, par\n rature, ce patriotisme vaut bien les autres.            Ernest Bussy. Études sur Edgard Poe et\n N'oublions pas que la littérature et les arts           Gérard de Nerval, par L.-A. Duchosal.\n sont la plus grande richesse d'un peuple                Critique d'art, par G. Dargenty, Paul\n libre. Le courage et la persévérance ne                 Morel, etc. 1684-I884, par Jules Carrara.\n manqueront pas à ceux qui ont entrepris la              Études de littérature et d'art, par Ad.\n fondation de cette revue ; que la sympathie             Ribaux.\n du public ne leur fasse pas non plus défaut,               Scènes de la vie antique, Lettres d'un\n et que tous, écrivains et abonnés, soient               curieux (inédites). Études archéologiques,\n unis dans un même élan pour le culte de                 et envoyé en communication à toute per­\n l'art vrai et la gloire de la patrie.                   sonne qui en fera la demande. Le second\n D'ailleurs, un comité de lecture a été cons­            numéro paraîtra le 1er décembre ; la revue\n titué, qui examinera les manuscrits avec le             pourra de cette manière être offerte au\n  plus grand soin. Toutes les collaborations             premier jour de l'année et constituera un\n  ci-dessus désignées sont effectives. Les               fort beau cadeau d'étrennes.\n  premiers numéros contiendront les articles                Nous donnerons : Romans, nouvelles,\n  suivants :                                             contes et fantaisies, critique littéraire, artis­\n   Marines, par André Theuriet,         Sainte-          tique et philosophique, voyages, comédies\n"}, {"page_pdf": 613, "texte": "                                        — 562 —\n\nen vers et en prose, variétés, histoire,       assurent à la revue un vrai mérite littéraire.\npoésies, chroniques mensuelles de Suisse\net de Paris, bulletin bibliographique, etc.\nTous les travaux publiés seront absolu-\nment inédits.                                      M. Max Waller vient de publier les\n   La Suisse romande compte parmi ses           articles critiques qu'il a donnés à la Ré-\ncollaborateurs :                               forme sur le Salon de Bruxelles. A notre\n   MM. F.-A. Aulard, professeur à la fa­        avis, il a eu tort. M. Waller a, nous sem­\nculté des lettres de Poitiers, H. Aubert,       ble-t-il un culte exagéré du livre. Quel­\nM me C. Berton, née Samson, MM. Fritz           qu'un nous disait de lui qu'il ne pouvait\nBerthoud, Auguste Blondel, Henry Berguer,       pas envoyer six lettres à son tailleur sans\nPaul Bourget, Henri Beauclair, Victor           les réunir en volume. Le mot n'est peut-\nBillaud, Ernest Bussy, Charles Bonifas,         être pas charitable, mais il porte coup\nEmm. Buenzod, M\" 0 Marie Cassabois,             droit. Au demeurant, les Salons de M.\nMM. Jules Carrara, Adolphe Chenevière,          Waller ne valent guère.\nAlbert Collignon ancien rédacteur de la            Il y a témérité pour un jeune à vou­\n Vielittéraire, Ghampfleury, Samuel Cornut,     loir se faire le juge des œuvres et des\nAdolphe Dulex, Ch.Dubois-Melly, G. Dar-         hommes. Ce n'est qu'après de longues an­\ngenty, directeur de l'Art ornemental,           nées d'expérience et de métier, que le\nAuguste Dorchain, A. Duméril, doyen de         jugement équitable s'acquiert. La jeunesse\nla faculté des lettres de Toulouse, Henry       l'oublie trop. M. Waller au reste, ne s'est\nDuméril, maître de conférences a Toulouse,      pas aventuré ; il a pris les opinions d'un\nPaul Demeny, directeur de la Jeune              maître, Camille Lemonnier, en disant\nFrance, Louis-A. Duclosal, Rodolphe             qu'elles étaient de lui et, il a bien réalisé\nDarzens, Alfred des Essarts, Emmanuel           l'épigraphe qu'il met naïvement, comme\ndes Essarts, Anatole France, Mlles M.-S.        un aveu, en tête de sa machinette : \" La\nFranel, F. Guillermet, MM. Stanislas de         Critique d'art? quelque chose comme la\nGuaita, L. Gauthey, Edouard Grenier,            fugue. On prend un motif, c'est-à-dire un\nEmile Hennequin, José-Maria de Heredia,         tableau, et l'on exécute les variations du\nE. Hallberg, professeur à la faculté des        Carnaval de Venise. » Si M. Waller n'est\nlettres de Toulouse, Jules Levallois, Henry     pas de première force, au moins a-t-il pour\nLoujol, Catulle Mendès, Emile Michelet,         lui la franchise.\nMlle Mosimann, MM. Mathias Morhardt,                \" Le Salon est mauvais, « dit-il en com­\nCharles Morice, Paul Morel, Gustave              mençant. Tout beau! vous allez bien,\nMayor, Alfred Millioud, Eug. Mottaz,             et enfourchant son dada, le critique d'art\nJean de Pury, Henri Piazza, F. Plessis,          aussi imberbe que chevelu se met à faire\nprofesseur à la faculté des lettres de Caen,     des panégyriques étonnants. M. Gallait\nM\"0 Emilie Roy, MM. Georges Renard,              n'est rien, M. Venvée est tout; M de\nEdouard Rod, Eugène Ritter, Virgile              Vriendt une des gloires de notre école\nRossel, D r R. Rubattel, Adolphe Ribaux,         belge est un costumier ; M, de Braekeleer,\n Sully Prudhomme, de l'Académie fran­            un grand maître! Silence sur ta merveilleuse\n çaise, André Theuriet, Jules Troubat,           Mort du Titien, de M. Wulfaert; rien sur\n ancien secrétaire de Ste-Beuve, bibliothé­      les délicieuses fantaisies de M. Cap : Un\n caire au Palais de Compiègne, Louis             vis-à-vis troublant, surveillance conju-\n Tognetli, Edouard Tavan, Mmes Berthe            gale, des bijoux; motus sur les cavaliers:\n Vadier, Eugénie Versel, MM. Eugène              En avant, de M. Van Severdonck, qui ont\n Virieux, Adrien Wagnon, Henri War­              la solidité d'un de Neuville ou d'un Dé­\n nery, etc. etc.                                 taille ; éreintement systématique et presque\n   Ces noms et d'autres encore que nous          grossier de MM. Thomas, Stallaert.\n ne pouvons annoncer pour le moment,                C'est là de la critique d'enfant gâté!\n"}, {"page_pdf": 614, "texte": "                                                563\nNous renvoyons M. Max Waller à ses\npetites bluettes roses qu'il dentelle genti­\nment et le remercions de nous avoir permis               Le Journal du Dimanche de Verviers\nde lui dire dans sa propre maison ces véri­           et d'autres lieux, se donne la peine de nous\ntés dont il nous remerciera plus tard.                éreinter un article signé 1'Hermite, un\n                                                      hermite de pharmacie, proteste contre nos\n                                                      opinions sur le Caveau verviétois. M. Grün,\n                                                      du fond de son ermitage, nous lance un\n   L'auteur du Vice suprême, un maître,               anathème, et voilà tout un stock de nouveaux\nlivre dont nous parlerons prochainement,              ennemis frais éclos d'un clocher où toutes\nM. Joséphin Péladan, vient de prendre !a              les cloches sont d'accord — abstraction\ndirection d'une nouvelle publication La               faite de toute musique. Cela ne vient pas à\nRevue des livres et des estampes. (Men­               une queue de cheval, comme on dit, et cela\nsuelle, 8 fr. par an, 16, rue d'Argenteuil, à         ne fait ni chaud ni froid. — Si! froid,\nParis). Nous recommandons beaucoup ce                 mais un froid qui fait se tordre !\njournal qui complète si bien le Livre\n d'Uzanne.                                                                             NEMO,\n"}, {"page_pdf": 615, "texte": ""}, {"page_pdf": 616, "texte": "               TABLE ALPHABÉTIQUE\n                                  DES MATIÈRES\n         CONTENUES DANS LE TOME TROISIÈME DE\n                           LA JEUNE BELGIQUE\n\n\n\n       Arnoux (Jacques).                      L'Exposition des arts in-\nChronique littéraire . . 103-143              cohérents                           115\nVieux papiers                321                   Eekhoud (Georges).\n             Bér (J).                       La Belette                    28\nLes Crève-de-faim      .      .   .   463   Le Cœur de Tony Wandel. 261-\n            Berlier (Paul).                                      304-349-440\nMesse jaune                           102             Gilkin (Iwan).\n          Blonds-Belgique.                  Sonnets                           71-338\nLa petite veuve, saynète .            217   Le Lévrier                           275\n            Bourget (Paul).                 Le mauvais Jardinier          .    .313\n                                            Chronique littéraire .        .   , 403\nÉtudes et Portraits .        . 397-460\n                                            La Bouche                            418\n            Cladel (Léon).\n                                                        Gilson (Jules).\nLettre                                  8\n          Coppée (François).                Sonnet d'automne        .     .   .   137\n\nLettre                                 11            Giraud (Albert).\n\n           Corydon (Paul).                  Petite chapelle . . . .     21\n                                            Absorption                 190\nAu bal masqué       . . . .           392\n                                            Sonnets énigmatiques . . 266\n            De Graef (G).                   Possession. . . . . .      302\nChronique artistique .            .   556   Georges Eekhoud . . . 365\n        Destrée (Jules).                    La Peur                    492\nAu pays wallon : Tirage au                  Chronique littéraire . . . 558\n  sort                                132          Guillemot (Maurice).\n         Devillers (Hippolyte).             Tristia                               191\nChronique artistique :                      Intimités                             276\n"}, {"page_pdf": 617, "texte": "                                             — 566 —\n\n              Hugo (Victor).                                  Maubray (Carl).\nLettre                                        7    L e » Z u t « d e Blanchette .             138\n           Huysmans (J.-K.).\n                                                               Maus (Octave).\nLettre                                       12\n            J a m e s (Arthur).                    D a n s la coupole . . . .                  73\nL e roman d'un stagiaire :                         Les Marolles . , . . .                     413\n   Homo Homini           lupus !         .   86               Mériot (Henry).\n             Jean-Bernard.\n                                                   Tristesse de reine           .     .   .   507\nChronique littéraire . . . 284\n                                                             N a u t e t (Francis).\n       Jeune Belgique (La)\nL a Jeune Belgique . . . 529                       L e Nihilisme littéraire . .               175\n        Khnopff (Georges).                         Catulle Mendès . . . .                     231\nSonnets                     98-230                 L'Evolution naturaliste                293-340\nChinoiseries . . . .       278-348                                   Nemo.\nSubtilité                      316                 Mémento       .    .    .    119-168-206-\nXVIIIe siècle                   435                     250-290-328-409-488-524-560\nVers                           552                            P i c a r d (Edmond).\n             L a m b e r (Paul).\n                                                   F a u s t (fragment).        . . .          66\nSoirs de cirque .           .    .       100-227\n                                                              Pirmez (Octave).\nBénédiction des blés.                .   .   462\n                                                   Lettres inédites         . . . .            15\n         Lemonnier (Camille).\n                                                               R é t y (Marius).\nL ' H y s t é r i q u e (fragments)      .    50\nL e Carnaval                                 215   Nouvelles         de    la       grande\n            Levis (Edouard).                         route                              228-279\nSonnets héroïques . . .             94                        Richepin (Jean).\nInvocation au Soleil. . . 194                      Lettre                                      10\nAppels d'hiver                     283\n                                                            Rodenbach (Georges).\nInvocation à la lumière . . 345\nSonnets                            456             Idylle de sopha . . . .                     35\n                M. (A).                            Strophes b l o n d e s . . . .             183\nChronique artistique :                             Jardin d'hiver                             217\n  Exposition de M. Cluysenaer. 15 5                Sonnets                                    259\n  L'atelier Van Alplien         . 155              Vers d'amour                               371\n          Maubel (Henry).                                             Saïd.\nCroquis f u n è b r e s . . . 39-269\n                                                   Idéal                                      317\nChronique musicale. 108-155-286\nMémento musical . . 160-204-                                   Savine (Albert).\n                           248-287-326             Chronique littéraire .             , 361-406\n"}, {"page_pdf": 618, "texte": "                                    -    567 —\n\n      Sulzberger (Maurice).                            Waller (Max).\nPluie d'été                         69      L'Oubli                              45\nSensations: I. Une Maîtresse       129\n                                            Nouvelles pour les jeunes\nMédaillons : M. Arntz . .          489        filles                     188\n        Swarth (Hélène).                    L'Hiver mondain.     . . . 253\nOiseau de paradis     . . .         49      Pierrot lunaire . . . . 333\n     \"Van Arenbergh (Emile).                Au nommé Wagener. . . 347\n                                            GretaFriedmann 381-419-499-537\nIn excelbis                         82\n                                            Chronique littéraire . . 466-513\nHiver                              132\nA l'Océan                          391                 Wodon (Paul).\n       Verhaeren (Emile).                   Train de plaisir       . . . .       314\nCantiques                      42\n                                                          X. Y. Z.\nChronique artistique :\n     Exposition Meunier     . 111           Cantique                             466\n     Envois de Rome.      . . 113\n      Karl von Piloty.    . . 114\n      Exposition de l'Essor . 151\n      Exposition Cassiers   . 153\n      Exposition des XX. 195-242\n      Exposition Stacquet   . 202\n      Exposition Roelofs.   . 203           Villanelle pour torcher\n      Le Salon de Paris . . 324               Charles Potvin. . . .               96\n      La Sculpture au Salon                 La seconde à 1'» Office de\n        de Bruxelles   . . . 519              Publicité «                        139\nChronique littéraire . . 148-238            Dialogues des morts         .    .   353\nLe Salon d e 1884. . . . 472                                   *\nL e s Moines                  530\n                                            Chronique théâtrale.        .    .   162\n        Vierset (Auguste).\n                                            A l'office de publicité     .    .   348\nÉlévation                          237\n         Vurgey (Florent).\nL e s tunnels d e la vie   .   .   590      Ballade d'ouverture . . .              5\n"}, {"page_pdf": 619, "texte": ""}, {"page_pdf": 620, "texte": "               VIENT DE PARAITRE\n\n LE SALON DE BRUXELLES\n                               PAR\n\n                 MAX W ALLER\n           Préface de CAMILLE LEMONNIER\n                        Un volume : 2 fr.\n\n\n              VIENT       DE PARAITRE            :\n\n   PIERROT LUNAIRE             PAR\n\n                    ALBERT GIRAUD\n            Un volume. Alphonse Lemerre : fr. 2-00\n\n\n\n       L'ART                 MODERNE\n                PARAISSANT      LE DIMANCHE\n\nRevue critique des Arts et de la Littérature\n                 ABONNEMENTS :\n              10 f r a n c s p a r a n .\n                        BUREAUX :\n 26,    RUE IDE L'INDUSTRIE, 26\n                     BRUXELLES\n\n               GIL BLAS\n                        Journal Quotidien\n         PARIS, 16, BOULEVARD DES CAPUCINES, 16, PARIS\nPubliera - prochainement        GERMINAL, par E. ZOLA.\n   Un numéro : 20 centimes. Abonnements : (3 mois) : 17 francs\n                  EN VENTE PARTOUT\n"}, {"page_pdf": 621, "texte": "    EDOUARD M A H E U ,  IMPRIMEUR-EDITEUR\nBRUXELLES, — 18, Rue des Sables, 18, — BRUXELLES\n\n               VIENT              DE                PARAITRE\n                                    DU\n\n     MOLOCHISME                                                  JUIF\n                     ÉTUDES CRITIQUES & PHILOSOPHIQUES\n                                       PAR\n\n              GUSTAVE                          TRIDON\n                                    AVOCAT\n Ancien membre de l'Assemblée Nationale, de la Commune de Paris,\n                du Comité de Salut Public, etc.\n\n           UN VOLUME, GRAND I N - 8 ° , DE 2 7 2 PAGES\n\n                      Prix : C i n q f r a n c s\nCette œuvre posthume est une des plus curieuses sur la matière\n\n    ENVOI EN PROVINCE CONTRE MANDAT-POSTE\n\n\n  H U M A N I T É S                          C O M P L È T E S\n                  à domicile (en trois                 années)\n          PRÉPARATION A U X EXAMENS\n                                        de\n\nPHILOSOPHIE & LETTRES\n     Cours et Répétitions particulières de latin, philosophie, littérature, etc.\n\n   NOMBREUX            SUCCÈS OBTENUS AUX                          EXAMENS\n( 1 8 passés avec grand succts sur 2 0 élèves présentés aux examens de 1883-84)\n\n            EXAMEN de SECRÉTAIRE DE LÉGATION\n               Cours et leçons particulières d'anglais et d'italien.\n         Conversation, Grammaire,     Traduction,   Rédaction,   Littérature.\n\n    S'adresser à R. BENHAM, professeur, 170, rue Jourdan (Forte Louise).\n\n              Bruxelles. — Imprimerie ED. MAHEU, I8, rue des Sables.\n"}, {"page_pdf": 622, "texte": ""}, {"page_pdf": 623, "texte": ""}, {"page_pdf": 624, "texte": ""}, {"page_pdf": 625, "texte": ""}, {"page_pdf": 626, "texte": ""}, {"page_pdf": 627, "texte": ""}, {"page_pdf": 628, "texte": "                  Règles d’utilisation de copies numériques d‘œuvres littéraires\n                  mises à disposition par les Archives & Bibliothèques de l’ULB\n\nL’usage des copies numériques d’œuvres littéraires, ci-après dénommées « copies numériques », mises à\ndisposition par les Archives & Bibliothèques de l’Université libre de Bruxelles, ci-après A&B, implique un\ncertain nombre de règles de bonne conduite, précisées ici. Celles-ci sont reproduites sur la dernière page\nde chaque copie numérique mise en ligne par les A&B. Elles s’articulent selon les trois axes : protection,\nutilisation et reproduction.\n\n\n\nProtection\n\n1. Droits d’auteur\nLa première page de chaque copie numérique indique les droits d’auteur d’application sur l’œuvre\nlittéraire.\n\n\n2. Responsabilité\nMalgré les efforts consentis pour garantir les meilleures qualité et accessibilité des copies numériques,\ncertaines défectuosités peuvent y subsister – telles, mais non limitées à, des incomplétudes, des erreurs\ndans les fichiers, un défaut empêchant l’accès au document, etc. -. Les A&B déclinent toute\nresponsabilité concernant les dommages, coûts et dépenses, y compris des honoraires légaux, entraînés\npar l’accès et/ou l’utilisation des copies numériques. De plus, les A&B ne pourront être mises en cause\ndans l’exploitation subséquente des copies numériques ; et la dénomination des ‘Archives &\nBibliothèques de l’ULB’ et de l’ULB, ne pourra être ni utilisée, ni ternie, au prétexte d’utiliser des copies\nnumériques mises à disposition par eux.\n\n\n3. Localisation\nChaque copie numérique dispose d'un URL (uniform resource locator) stable de la forme\n<http://digistore.bib.ulb.ac.be/annee/nom_du_fichier.pdf> qui permet d'accéder au document ;\nl’adresse physique ou logique des fichiers étant elle sujette à modifications sans préavis. Les A&B\nencouragent les utilisateurs à utiliser cet URL lorsqu’ils souhaitent faire référence à une copie numérique.\n\n\n\n\nUtilisation\n\n4. Gratuité\nLes A&B mettent gratuitement à la disposition du public les copies numériques d’œuvres\nlittéraires numérisées par elles : aucune rémunération ne peut être réclamée par des tiers ni pour leur\nconsultation, ni au prétexte du droit d’auteur.\n\n\n5. Buts poursuivis\nLes copies numériques peuvent être utilisées à des fins de recherche, d’enseignement ou à usage privé.\nQuiconque souhaitant utiliser les copies numériques à d’autres fins et/ou les distribuer contre\nrémunération est tenu d’en demander l’autorisation aux Archives & Bibliothèques de l’ULB, en joignant à\nsa requête, l’auteur, le titre, et l’éditeur du (ou des) document(s) concerné(s).\nDemande à adresser au Directeur de la Bibliothèque électronique et Collections Spéciales, Archives &\nBibliothèques CP 180, Université Libre de Bruxelles, Avenue Franklin Roosevelt 50, B-1050 Bruxelles.\nCourriel : bibdir@ulb.ac.be.\n\n\n\n\n                                                                                                           1\n"}, {"page_pdf": 629, "texte": "6. Citation\nPour toutes les utilisations autorisées, l’usager s’engage à citer dans son travail, les documents utilisés,\npar la mention « Université Libre de Bruxelles – Archives & Bibliothèques » accompagnée des précisions\nindispensables à l’identification des documents (auteur, titre, date et lieu d’édition).\n\n\n7. Liens profonds\nLes liens profonds, donnant directement accès à une copie numérique particulière, sont autorisés si les\nconditions suivantes sont respectées :\na) les sites pointant vers ces documents doivent clairement informer leurs utilisateurs qu’ils y ont accès\nvia le site web des Archives & Bibliothèques de l’ULB ;\nb) l’utilisateur, cliquant un de ces liens profonds, devra voir le document s’ouvrir dans une nouvelle\nfenêtre ; cette action pourra être accompagnée de l’avertissement ‘Vous accédez à un document du site\nweb des Archives & Bibliothèques de l’ULB’.\n\n\n\nReproduction\n\n8. Sous format électronique\nPour toutes les utilisations autorisées mentionnées dans ce règlement le téléchargement, la copie et le\nstockage des copies numériques sont permis ; à l’exception du dépôt dans une autre base de données,\nqui est interdit.\n\n\n9. Sur support papier\nPour toutes les utilisations autorisées mentionnées dans ce règlement les fac-similés exacts, les\nimpressions et les photocopies, ainsi que le copié/collé (lorsque le document est au format texte) sont\npermis.\n\n\n10. Références\nQuel que soit le support de reproduction, la suppression des références à l’ULB et aux Archives &\nBibliothèques de l’ULB dans les copies numériques est interdite.\n\n\n\n\n                                                                                                          2\n"}, {"page_pdf": 630, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "intervalle", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1884-11-15", "preuve": "Couverture PDF 578 : du 15 novembre au 1er janvier 1885.", "date_fin": "1885-01-01"}}