{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "5e ANNÉE. 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P R I X : 60 CENT.        5 OCTOBRE 1885.\n\n\n\n\n                                           LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE: Nocturnes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 522, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 1199, "texte": "SOMMAIRE:\n   Nocturnes                                    .       IWAN GILKIN.\n   Souvenirs de la vie d'étudiant .             .      F. R.\n   Airs de              flûte                   .      SIEBEL.\n   Maldoror                                            Vicomte DE LAUTRÉAMONT.\n   A la nuit                                           EMILE VAN ARENBERGH.\n   Plus de médailles                                   M. W.\n   Demi-deuil                                          EDMOND HARAUCOURT.\n   Nouvelles de la Grand'route . ' .       .    .      MARIUS RÉTY.\n   Le miroir                                           RAOUL RUSSEL.\n   Essai de pathosjoli contemporain        .    .      P I E R R O T LUNAIRE.\n   Sonnet panthéiste                                   ADOLPHE RlBAUX.\n   Mémento . . . .\n\n\n\n\n                                      BRUXELLES\n              ADMINISTRATION :                                  RÉDACTION :\n            26, RUE DE L'INDUSTRIE,        26               80, RUE BOSQUET, 80\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES", "ancre_fin": "L échantillon ne suffit pas", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 523, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1066, "fin_caractere_exclue": 2111, "texte": "BOITE AUX LETTRES.\n  68. OSCAR C , Vottem. Merci pour votre obligeance. Nous possédons également et\nconnaissons l'ouvrage en question. Recevrez De la prose quand paraîtra.\n  6g. SPES. Beaucoup de taches dans votre Agonie blanche : « Deux mains longues et\njaunes plaquaient languissamment leur diaphanéité maladive. » Votre chose est pleine de\nces étirements de vocables peu cohérents. Ecrivez simplement, que diable ! et ne vous\ntorturez pas à torturer la langue française qui a déjà tant souffert.\n  70. JULES C. Ecrivain vous-même 1\n  71. CHARLES B., Paris. Envoyez toujours et merci. Le service vous est continué.\n  72. ANDRÉ C , Herstal. Croyez-vous que M. Delarge intéresse nos lecteurs? J'en\ndoute.\n  73. ALB. D., Liége. Des navets.\n  74. JOSÉPHIN P., Paris. Tout ce que vous voudrez, et merci.\n  75. VITTORIO P . . Naples. M. Théodore H. demeure à Bruxelles, rue de la Vanne.\nBien à vous.\n  76. RENÉ DE J. Votre compte-rendu des Confessions passera dans le prochain n°. Ne\npleurez pas.\n  77. AL. TIL., Liége. L'échantillon ne suffit pas.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 477, "page_fin": 481, "titre_corps": "Nocturnes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "NOCTURNES", "ancre_fin": "IWAN GlLKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 524, "page_imprimee": 477, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 905, "texte": "NOCTURNES\n                                            A GEORGES DESTRÉE.\n\n                             I\n\n                         DÉSIR\n\nMes regards las, sans voir l'or en fleur des jasmins,\nRêvent de cheveux d'or dont la tendresse étonne,\nEt, dédaignant des lys la blancheur monotone,\nPleurent la liliale ardeur des jeunes mains.\n\n0 toi qui dois venir, viens! mon cœur te réclame,\nMes yeux, tristes d'amour, attendent tes chers yeux.\nCar la terre est si vide, et si vides les deux!\nEt rien n'offre un baiser aux lèvres de mon âme.\n\nToi que j'aimerai, toi qui me tortureras\nSans assouvir jamais tes douloureux caprices,\nViens ! je t'offre à genoux les mortels sacrifices\nOù mon sang résigné coulera dans tes bras.\n\n\n                            II\n\n                       LITANIES\nSurnaturelle, calme et puissante Beauté,\nFontaine de santé, Miroir    d'étrangeté,\n            Écoutez-moi !\n"}, {"page_pdf": 525, "page_imprimee": 478, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "                        -   4 7 8 -\n\nPhare spirituel allumé sur les roches,\nBeffroi des jours défunts, où sanglotent les cloches,\n           Appelez-moi.\n\nHâvre où les blancs voiliers et les fumeux steamers\nChargés de cœurs vaillants, viennent du bout des mers,\n          Accueillez-moi.\n\nSoleil vertigineux, vous qui dans les yeux faites\nFleurir des visions de splendeurs et de fêtes,\n            Aveuglez-moi !\n\nJardinier qui semez dans la nuit des cerveaux\nLes songes imprévus et les verbes nouveaux,\n           Fécondez-moi.\n\nFleuve majestueux, où sur Veau lente éclate\nLa gloire des lotus d'azur et d'écarlate,\n          Submergez-moi.\n\nTour d'ivoire, château que les tentations\nEntourent vainement de leurs obsessions,\n           Abritez-moi.\n\nForêt crépusculaire, où les oiseaux nocturnes\nOuvrent leurs clairs yeux d'or et leurs vols taciturnes,\n          Apaisez-moi.\n\nPorte du Paradis, par l'absurde habité,\nHatschisch libérateur de la réalité,\n           Délivrez-moi.\n\nTapis de velours blanc, où marchent cadencées\nD'amples processions d'orgueilleuses pensées,\n           Exaltez-moi.\n\nFlacon, où tournent dans un cerveau de cristal\nLes vertiges du musc, de l'ambre et du santal,\n            Parfumez-moi.\n"}, {"page_pdf": 526, "page_imprimee": 479, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1193, "texte": "                       — 479 —\n\nOrgue religieux dont les vastes musiques\nBâtissent dans les cœurs des églises mystiques,\n           Élevez-moi.\n\nMaison d'or et d'albâtre, où les vins généreux\nVersent aux vagabonds les espoirs vigoureux,\n          Hébergez-moi.\n\nLiqueur soyeuse, crême où les fruits et les baumes\nFondent leur bienfaisance et leurs subtils arômes,\n          Enivrez-moi.\n\nManne d'amour, agneau pascal, pain sans levain,\nFestin miraculeux où l'eau se change en vin,\n           Nourrissez-moi.\n\nHamac, qu'une exotique et moelleuse indolence\nA l'ombre des palmiers rafraîchissants balance,\n          Endormez-moi.\n\nJardin officinal aux douces floraisons,\nOù croît parmi les lys l'herbe des guérisons,\n            Guérissez-moi.\n\nAérostat vainqueur des sublimes nuages,\nNostalgique wagon, berceur des longs voyages,\n           Emportez-moi.\n\nLivre mystérieux des Sibylles, coffret\nOù dort, loin des savants, maint austère secret,\n           Instruisez-moi.\n\nLourde mante opulente où les fauves soieries\nÉtoilent leurs prés d'or de fleurs de pierreries,\n           Revêtez-moi.\n\nTurquoise de douceur, Rubis de cruauté,\nTopaze où la lumière endort la volupté,\n          Adornez-moi.\n"}, {"page_pdf": 527, "page_imprimee": 480, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1587, "texte": "                        — 480 —\n\nLupanar éhonté, plein d'immondes ivresses,\nMêlant tous les baisers et toutes les tristesses,\n          Epuisez-moi !\n\nHypocrite vivier, où des poulpes gluants\nTraînent leurs suçoirs mous sur les cailloux        puants,\n          Dévorez-moi !\n\nLazaret des lépreux, hôpital des poètes,\nTénébreux cabanon, pourrissoir des prophètes,\n          Etouffez-moi !\n\nTorche Néronienne, ô monstrueuse croix,\nOù flambent des martyrs oints de graisse et de poix,\n          Consumez-moi !\n\n                         PRIÈRE\nO Vous, femme adorable entre toutes les femmes,\nEpouse des cœurs morts et sœur des jeunes âmes,\nReine des jours anciens, Reine des jours nouveaux,\nVous qui pencher un front empourpré de pavots,\nMaîtresse du sommeil, Souveraine des veilles,\nO Vous qui dans Saba régniez sur les merveilles,\nVous qui fûtes au temps d'Assuérus Esther,\nBaignant votre enfantine et précieuse chair\nSix mois d'huile de myrrhe et six mois d'aromates ;\nVous qui domptiez le Nil sous vos galères plates,\nMangeuse de héros, buveuse de bijoux,\nCléopâtre ! — ô princesse aux puissants cheveux roux,\nQui traîniez vos amants tout meurtris de luxure\nDes carrefours de Rome aux jardins de Suburre,\nFarouche Messaline, — d large et sombre cœur,\nQui des taureaux crétois eut lassé la vigueur ;\nVous, l'éternel amour, Vous, la femme éternelle,\nDévoratrice absurde, ignoble et solennelle,\nQui sucez notre vie et videz nos cerveaux,\nRallumer, rallumer, sous vos longs cils dévots,\nDans leur cristallin blanc comme un fluide ivoire,\nVos yeux de cendre où couve une âpre flamme noire ;\n"}, {"page_pdf": 528, "page_imprimee": 481, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1429, "texte": "                       — 481 —\n\nEt, pour mieux m'enlacer du désir de vos bras,\nTressez, tressez vos doigts parfumés d'ananas,\nComme l'osier vivant d'une ardente corbeille,\nQue ma chair baignera de sa liqueur vermeille ;\nEt de vos dents de lys, ivres de cruauté,\nOù la lune affligée a figé sa clarté,\nEt de vos ongles fous, fleuris de jeunes roses,\nDéchirez savamment, avec d'exquises pauses\nPleines de doux regrets, pleines de chers baisers,\nMes muscles et mes nerfs toujours inapaisés\nJusqu'au jour, ô Madone, où vos lèvres trop gaies\nPresseront vainement les lèvres de mes plaies.\n\n\n                           III\n\n                       SYMBOLE\nVoici qu'à l'horizon coule un fleuve de sang.\nDe sa pourpre lugubre et splendide il inonde,\nSous les cieux consternés, l'orbe muet du monde\nOù l'horreur d'un grand meurtre invisible descend.\n\nAinsi qu'au lendemain des épiques désastres\nPour les princes vaincus on drape l'échafaud,\nLa Nuit, sur le zénith, debout comme un héraut,\nEtend l'obscurité de son deuil larmé d'astres.\n\nExsangue et phosphoreuse, ô tête dont la chair\nA gardé la pâleur et le froid de l'épée, —\nLumineusement roule une lune coupée\nDans le silence noir et la terreur de l'air.\n\nRien ne s'anéantit. Tout ce qui fut, persiste.\nLes crimes d'ici-bas se refont dans les cieux.\nCe soir, dans le palais aérien des dieux,\nHérodiade a fait décoller Jean-Baptiste.\n                                          IWAN GlLKIN."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 482, "page_fin": 492, "titre_corps": "Souvenirs de la vie d’étudiant", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "F. 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Comme la Bourgogne, aux temps roman­\n               tiques de la Tour de Nesles, l'Université était heureuse, car\n               Ralph I, l'unique Ralph, venait, pour fêter le cinquantenaire\n               de l'établissement de la rue de l'Impératrice, de faire exécuter,\ndevant un millier d'escholiers de tous pays, la Conquête de l'Angleterre\npar les Normands, « mystère dramatique renouvelé du moyen-âge avec\nsoliloque lumineux d'un ramolli ».\n   Au sortir de cette solennité académique, je me remémorais les soirées\nbrillantes de Rome vaincue, « tragédie anacréontique en cinq actes et en\nvers extraordinaires », d'Avant, Pendant, Après, « pantomime macabre avec\ndelirium tremens apothéotique et couronnement du buste de cet infortuné\nLouis XVI », et surtout de Télémaque, fils d'Ulysse, ou le Tramway de\nzinc, « trilogie naturaliste, avec prologue shakespearien », — soirées folles\noù la jeunesse universitaire des deux sexes s'en donnait à cœur joie et\ns'esclaffait bruyamment.\n   Et je me reportais avec un plaisir non pareil à ces années joyeuses, trop\ntôt disparues, lorsqu'au détour du chemin, un homme qui n'avait ni\nsombrero, ni manteau couleur de muraille, mais qu'à son élégance native\nje reconnus pour être l'interminable Albert Colin, m'aborda et, sans autre\npréambule, me porta ce coup droit :\n   — Grande nouvelle! j'ai une idée....\n   — Chouette !\n"}, {"page_pdf": 530, "page_imprimee": 483, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2162, "texte": "                                 — 483 —\n\n  — Je fonde un journal....\n  — ?????\n  — Et j'ai trouvé de l'argent\n\n\n\n\n   Lorsque je revins à moi, cet homme étonnant clama dans la nuit\nsombre :\n   — Le temps des défaillances est passé, il faut agir, et ferme ; nous\nsommes jeunes, l'avenir est à nous; l'art est dans le marasme et toi aussi;\nmoi, ça m'embête de n'être pas directeur de quelque chose ; ergo : je fais\nun journal satirique, politique, littéraire, illustré et spirituel; comme\nappointements, c'est à l'œil : je t'engage; nous terrassons l'hydre de la\nréaction, nous relevons l'art, nous faisons une guerre implacable aux abus,\naux préjugés, aux vices, aux ridicules....\n   — Programme tout neuf; n'oublie pas la devise de rigueur : Castigat\nrigolando....\n   — ....Tout ça avec de la verve, du talent, de l'entrain, de l'humour et du\npoil aux dents, et nous emportons la place d'assaut.\n   — Mais que vais-je faire là-dedans ?\n   — Commence par tes blagues d'étudiant ou par une étude sur la phos­\nphorescence du maquereau, cela m'est égal, et en avant le génie! Notre\npremier numéro sera un succès — ??? — Oh ! tu verras, — on s'arrachera le\ndeuxième ; au troisième, l'affaire sera lancée ; nous faisons des bénéfices et\ndes économies ; avant un an, nous serons confortablement installés,\nnous transformerons le canard en quotidien, et alors, vogue la galère. Tu\nte maries, c'est ta toquade, moi je serai parrain, et nous n'avons plus que\nla peine de nous laisser vivre dans l'opulence et la béatitude.\n   — Mais, l'argent? hasardai-je avec la timidité qui m'est propre.\n   Il sursauta.\n   — L'argent??? le voilà, l'argent!\n   Et triomphant, rayonnant et superbe, il me montra, et je pus les toucher\n— du doigt, — cinq cents francs en coupures de vingt.\n   Ruy-Blas, lorsque la reine d'Espagne lui mit sur le front un long baiser,\nne fut pas plus ébloui que je ne le fus à la vue des billets magiques. '\n   Certes, ce n'était pas le Pérou, mais nous nous rappellions avec complai­\nsance qu'en leur temps Victor Hallaux, puis Renson-Petrus et Georges\nVautier, avaient, avec beaucoup moins, fondé l'un la Chronique, les\nautres la Galette, qui depuis....\n"}, {"page_pdf": 531, "page_imprimee": 484, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "                                  - 4 8 4 -\n\n   Et d'ailleurs, nous avions la foi.\n   Bref, le 22 novembre 1884, un samedi, par un froid, gris et triste\naprès-midi, le Clairon sonna sa première charge.\n   Les étudiants faisaient en ce moment un tel tapage que sa fanfare ne fut\nque peu entendue, bien qu'on y sonnât pas mal en leur honneur.\n   Il sonna deux fois encore, et l'on commençait à l'écouter, lorsqu'à la\ntroisième sonnerie, ayant besoin d'un timbre de cinq sous, je m'adressai au\ndirecteur-fondateur-rédacteur en chef, qui s'était encore attribué, — le\ngoinfre, — les fonctions de caissier.\n   La figure de mon Girardin se rembrunit aussitôt et, d'une voix qui me\nrappelait la grotte de Han, tant elle était caverneuse, il me dit en ouvrant\nsa caisse, représentée par un portefeuille bourré de factures à acquitter :\n   — Mets un crêpe à ton cylindre, inscris le Clairon sur la liste de tes\ndéfunts, déjà nombreux, trouve une phrase lapidaire pour l'épitaphe, car\nnous rentrons dans le Grand-Tout — Pan, en grec.\n   — Et en français aussi, malheureusement. En attendant, donne-moi mon\ntimbre.\n   — Tu peux te fouiller.\n   Sur cette réponse cornélienne, nous nous séparâmes, lui navré, moi fort\nembêté, et pensant au pot au lait de Perrette, tandis que d'affreux gamins\nm'offraient, d'un air qui me parut narquois, la Chronique et la Galette.\n                                       *\n\n    Et la morale de cette nécrologie?\n    Voici :\n    L'autre jour, en province, nous nous sommes retrouvés quelques-uns du\nbon jeune temps autour d'une table amie; il y avait là, outre nos charmants\nhôtes, trois avocats, un médecin, un juge de paix, un futur notaire, un\ncommissaire d'arrondissement, un secrétaire de légation (c'est pas moi) et\nun repris de justice.\n    En rappelant nos joyeuses fredaines d'autrefois, l'un de nous parla du\nClairon et des « Souvenirs de la vie d'étudiant », publiés par le pauvre\ndéfunt.\n   Leur vieille amitié leur fit trouver ces notes intéressantes', ils me pous­\nsèrent à en continuer la publication et le lendemain même, l'ami Max\nWaller, ce scandaleux expulsé de l'Université de Louvain, rencontré\n- ^ voyez le hasard — à la Correctionnelle, me demanda ces « Souvenirs »\npour la Jeune Belgique.\n   — Moi dans ton antre ?! ? ! J'y ferai une drôle de tête et tes lecteurs idem.\n"}, {"page_pdf": 532, "page_imprimee": 485, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "                                  — 485 —\n\n   — Dis donc, pas de débinage, hein. Quant à toi, donne la copie, et puis\nfais la tête que tu veux.\n\n\n  Et voilà comment et pourquoi j'ai remis une nouvelle corde à ma vieille\nguitare.\n  Sommes-nous d'accord?\n  Une.... deusse.... trois....\n  Allons-y !\n\n\n                                      II\n\n                           LES CROCODILES\n   Une des sociétés d'étudiants dont le souvenir est resté le plus vivant à\n Bruxelles, fut la fameuse société des Crocodiles.\n   Pourquoi cette dénomination bizarre?\n   Amour, Sardanapale et mystère !\n   Ces Crocodiles se réunirent pour la première fois, il y a trentre-trois ans,\ndans un petit cabaret de la rue des Sols : A la Vue de l'Université, que les\nhôtes de l'endroit débaptisèrent pour l'appeler le Trou, nom qui lui est\nresté.\n   Cabaret célèbre, aux murailles couvertes de fresques par Félicien Rops,\nNapoléon Hiel et Louis Stache, que fréquentait assidûment, il y a quelques\nannées encore, un groupe de joyeux escholiers, sans pouvoir lui rendre\ncependant sa splendeur ancienne.\n   Tous les samedis soirs on fricotait chez le père Clodomir, l'Orsini de\ncette taverne du diable, et, autour de sa table primitive et peu chère, se\nréunissaient Alphonse Noiset, dit Brididi, aujourd'hui directeur d'un grand\ncharbonnage ; Victor Hallaux, tout frais débarqué de la Hesbaye, dit Coco ;\nVanderstraeten, dit Bibi, passé avocat, comme Charles Duvivier, dit Loupin,\ndevenu conseiller de la ville de Bruxelles et professeur à l'Université; Léon\nMarcq, étudiant remarquable, mort à trente-trois ans, lauréat de l'Académie\nde Médecine de Belgique et de la Faculté de Paris, chevalier de l'ordre de\nLéopold, officier de la Légion d'Honneur; Théodore Prangey,dit Théobule,\nle boute-en-train de la bande, plus tard avocat de grand talent, mort échevin\nde la ville de Namur, Vénérable de la Loge et président de l'Association\nlibérale de cette ville; Gosselin, médecin, dit D r Mensbroeck; Alphonse\nDe Poorter, autre avocat, dit Rigolo, mort aussi; Félicien Rops, dit le\n                                                                      30\n"}, {"page_pdf": 533, "page_imprimee": 486, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2661, "texte": "                                  — 486 —\n\nJeune Membre, devenu depuis l'admirable artiste que l'on sait ; Edouard\nRousseau, dit Saint-Potoff, aujourd'hui juge de paix à Dinant, et quelques\nautres francs lurons dont je n'ai plus retrouvé les noms au Temple de\nMémoire.\n   Dans ce cercle joyeux, où l'esprit était Roi et la dèche Souveraine, chacun\navait son sobriquet, et, tous, membres, invités, habitués, étaient tenus de\ns'appeler « frères » ; c'est ainsi qu'un grave avocat-général, eut alors pour\n« frère », Félix, domestique par état, poète par vocation, schnickeur par\ntempérament et grande vadrouille devant l'Eternel, qui, depuis, a dû\nrefuser à son âme l'accès des régions paradisiaques.\n   Les Crocodiles, dont la réputation ne tarda pas à sortir du Trou, for­\nmaient la plus superbe académie de fumistes dont les siècles passés nous\naient relaté les hauts faits.\n   L'on était au lendemain du coup d'État et de nombreux réfugiés français,\nattirés par la verve de cette jeunesse ardente, tinrent à honneur d'être\nnommés Crocodiles honoraires de la susdite Académie, dont le bureau, aux\ngrands jours, était le comptoir où d'habitude trônait la mère Clodomir dans\ntoute sa grâce mastodontesque.\n   Ces exilés donnèrent au club une sorte de caractère politique qui\nn'existait pas en réalité, mais qui, plus d'une fois, attira l'attention des\n« autorités. »\n   Comme bien l'on pense, Badinguet était la tête de turc sur laquelle chacun\nfrappait à tour de bras et l'on ne se contentait pas de l'appeler infâme au\n Trou seulement, on lui faisait encore la guerre dans des affiches stupéfiantes\nqui conviaient « les Peuples de l'Univers et les Tambours de la Garde\ncivique » à assister aux bals donnés dans la salle du Kiosque, au Sablon,\ndont « la direction de l'orchestre était confiée pour cette fois seulement à\nMusard par indisposition de M. Grétry (André-Ernest-Modeste). »\n   Ces bals, célèbres comme le furent plus tard les réunions chorégraphiques\ndes Camaraux, mettaient sans dessus dessous la jeunesse universitaire et les\nnymphes de la couture.\n   C'étaient des noces où la plus bruyante gaîté, le plus fol entrain, le faro,\nles œufs durs et les mastelles remplaçaient le décorum, le Champagne, les\ntruffes et le foie gras ; on y chahutait ferme et l'on s'y aimait beaucoup.\n   Comme le Trou, les bals du Kiosque eurent leur célébrité; aussi se\nsuccédèrent-ils nombreux, avec une vogue toujours croissante.\n   Un jour, l'imprimeur, le père Parys, porta, suivant la règle, un exem­\nplaire de la nouvelle affiche à l'Hôtel-de-Ville; tout en annonçant le bal\nprochain, elle traitait de verte façon l'empereur de contrebande installé aux\nTuileries.\n"}, {"page_pdf": 534, "page_imprimee": 487, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "                                  487\n\n   Le bourgmestre de Bruxelles, Charles de Brouckère, qui avait déjà reçu\nau sujet de ces affiches des observations du ministre de France, défendit\nl'affichage de ce libelle séditieux.\n   Parys s'en fut au Trou raconter sa mésaventure et, sur-le-champ, on\ndécida de faire distribuer l'affiche en ville, sous forme de journal.\n   Sitôt dit sitôt fait, et le lendemain mardi, 1er février 1853, premier jour\nde la septième olympiade crocodilienne, on s'arrachait dans les rues la\nnouvelle feuille, le Crocodile, qui donnait à sa quatrième page le texte\ncomplet de l'annonce interdite et malmenait rudement Badinguet, la Mon­\ntijo, le bourgmestre et le diplomate français.\n   A l'intention d'Eugénie, on rééditait ce quatrain galant, qui courut dans\nParis le lendemain du mariage impérial :\n                       Montijo plus belle que sage\n                       De l'empereur combla les vœux\n                       Mais s'il lui prit son....\n                       C'est que la belle en avait deux.\n   Et l'on donnait cette anecdote :\n   Pendant l'élection présidentielle de 1848, l'Andalouse aux seins brunis\nse trouvait à Bordeaux. L'élection terminée, elle revint à Paris et se rendit\nà l'Elysée chez son futur époux ; celui-ci lui adressa cette question :\n   — Eh bien, pour qui votait-on?\n   — Pour vous, prince, répondit-elle, en rougissant avec pudeur.\n   Dans la Petite Correspondance on lisait : « M. Barthélémy, marchand\nde vers, à Paris : Nous remercions le chantre de la syphilis de la cantate\nsur le mariage de M. Bonaparte qu'il vient de nous envoyer » et l'on dédiait\nà Napoléon III le quatrain que voici :\n                       Si Badinguet faisait un pet\n                       Véron dirait qu'il sent la rose\n                       Et le Sénat aspirerait\n                       A l'honneur de prouver la chose.\n   Et cent autres du même genre. De Brouckère en fit une maladie.\n   Le succès de ce numéro fut si considérable, que de nombreuses demandes\nd'abonnement parvinrent en quelques jours à l'éditeur.\n   Parys en fut pour le moins aussi stupéfié que les rédacteurs improvisés de\ncette feuille, qui, désormais, parut toutes les semaines pendant plusieurs\nannées, avec un succès non pareil.\n   Rigolo en fut le rédacteur principal, Coco, chroniqueur brillant, le colla­\nborateur le plus assidu avec Brididi, chargé spécialement des fumisteries\nde fortes dimensions.\n"}, {"page_pdf": 535, "page_imprimee": 488, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "                                   — 488 —\n\n   Félicien Rops devint, peu après, l'illustrateur en titre de ce journal fan­\ntaisiste auquel collaborèrent plusieurs proscrits français, parmi lesquels\nPierre La Chambaudie, qui donna plusieurs fables nouvelles.\n   Et Pierre Van Humbeeck préluda à ses travaux d'homme d'Etat en y\npubliant l'Hymne des Étudiants, chanson d'intentions grivoises et de\nrimes bien méchantes où le futur premier ministre de l'Instruction publique\nblaguait les jurys sévères et changeants comme les flots, « célébrait le sexe\nenchanteur dont nous aimons les jeux », et déclarait que « la bamboche\nrévélait assez de travaux amusants à sa philosophie pour ne pas s'attarder\naux discours ennuyeux de professeurs pédants ».\n   Journal de toutes les folies et de toutes les extravagances, comme le cercle\nqui le dirigeait, disant son fait à chacun, appelant un chat un chat, Napo­\nléon III un bandit de grand chemin, de Brouckère un muffle, et Rodin un\nfripon, allant bravement devant lui, renversant tous les obstacles qui se\ntrouvaient sur sa route et s'imposant au public par son entrain de vingt ans,\nson esprit gouailleur et sa verve exubérante, le Crocodile vécut jusqu'en 1858.\nMais, depuis deux ou trois ans, ses rédacteurs, s'étant casés, avaient aban­\ndonné la libre feuille l'un après l'autre. Coco y collabora le dernier, puis le\njournal passa aux mains de Philistins.\n    Le club, dissous naturellement peu après, fit place au Cercle des Keta-\nfloches.\n    Moins tapageurs, moins remuants, moins agressifs, moins fumistes que\n les Crocodiles, les Ketafloches vécurent peu, puis, pendant quelque temps\n on se contenta à l'Université de raconter inter pocula les frasques des\n Anciens, sans songer à rééditer leurs abracadabrantes folies et leurs superbes\n extravagances.\n\n                                      III\n              LÉZARDS — QUÉTARDS — ROSSARDS\n   Enfin Martha vint.\n   Nourri de l'épopée crocodilienne, il entra à l'Université, décidé à lui rendre\nsa splendeur disparue.\n   Homme d'action, ayant horreur du temps perdu en rêvasseries inutiles,\nMartha, avec cette intrépidité, cette spontanéité, cette hauteur de vues qui\nsont le propre des grands caractères, comprit que sonnait l'heure du réveil\net que, sans plus tarder, il fallait frapper un grand coup.\n   Le soir même de la rentrée de 1855, il organisait au Kiosque une fête\norientale dont le retentissement fut énorme et à la fin de laquelle fut décrétée\n"}, {"page_pdf": 536, "page_imprimee": 489, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2478, "texte": "                                 -489       -\n\n solennellement, et d'utilité publique, la fondation d'un club universitaire.\n   Ainsi naquirent les Lézards.\n   Martha fut l'âme de ce groupe turbulent qui, pendant trois mois consé­\n cutifs, révolutionna les masses en continuant les traditions des Crocodiles.\n   Les professeurs s'en émurent, le conseil académique se réunit et, à l'una­\nnimité de ses membres, résolut de prendre des mesures énergiques pour\nfaire rentrer les chefs du mouvement dans l'ombre, le silence et le mystère.\n   Le Cercle fut bruyamment dissous, mais les Lézards défunts se trans­\n formèrent aussitôt en Quétards et allèrent établir leur quartier-général rue\n Bodenbroeck, au Palais-Royal, que dirigeait Tutur Quitelier.\n   Là, se voyaient chaque jour, Urbain, dit le Borain, Bernus, Pousset,\nMaton, dit Patapon, Thiriard, Gaspard, Martha, Burton, Zéphyre Gré­\ngoire, Rorcourt, dit Fonfonse, Bouton, les deux Guillaume, Moreau,\nCharles Duvivier, Jacminot, Ernest Vermeulen, Lefebvre, Emmanuel\nDieu, Philippe Harmignies, Jules Bourgeois, etc., etc.\n   Pour faire partie des Quétards, il fallait, au préalable, subir une foule\nd'épreuves, dont le frère Brosse et le frère Horrible étaient les sacrés ordon­\nnateurs.\n   Après l'initiation et le baptême, le nouveau était introduit dans la Grande\n Crocodilie des Quétards, et avait le devoir d'offrir tournées sur tournées\naux frères aînés.\n   Bon nombre se rappelleront encore la fameuse initiation du frère Tyran,\naujourd'hui grave notaire à Marchienne-au-Pont, qui se termina par une\nguindaille monstre que le Borain commanda, monté sur les épaules de la\nstatue du général Belliard.\n   Les guindailles des Quétards étaient réputées par leur originalité. Martha\nles commandait à pied, Fonfonse les ordonnait à cheval. Alors, au cri de :\n« Les guindailleurs à cheval ! », la bande démoniaque s'emparait des chaises\ndu cabaret et manœuvrait dans l'établissement jusqu'à extinction de forces\nou bris complet du matériel.\n   Au Palais-Royal les Quétards se rencontraient avec l'avocat Molitor,\nl'avocat Picard, père d'Edmond, le docteur Dupont et le gros Borsary de\nla Monnaie, qui, plus d'une fois entraînés par leurs jeunes camarades, cou­\nraient dans le cabaret à cheval ! à cheval ! ! à cheval ! ! !\n   Et gare au baes grincheux ! On allait chercher des pintes de faro dans un\nétablissement voisin, pour aller les vider chez le chicaneur. Le baes faisait\nun nez hyacinthesque, mais profitait de la leçon.\n"}, {"page_pdf": 537, "page_imprimee": 490, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "                                    — 490 —\n\n   A côté de ce cercle il y avait encore l'Union des Etudiants; président,\nJules Bara; vice-président, Adolphe Canler; Vermeulen, Brouwet, Van­\ndamme, devenus tous trois notaires ; Delapierre, devenu dentiste, en étaient\nmembres.\n   Local : le Cornet, Marché-aux-Fromages.\n   C'est là qu'il y eut un jour un banquet fameux, dont le menu était\nexclusivement composé de requin, festin de Lapon, dont plus d'un estomac\nfut longtemps incommodé. La carcasse du squale se trouve aujourd'hui\ndans les collections de l'Université.\n   Deux ans plus tard, la Société dans laquelle nous rencontrons Jules\nFranqui et Fritz Jottrand, transporta ses pénates au Renard, Grand'Place.\n   Ce fut son dernier déménagement, la dêche l'ayant tuée.\n\n\n\n   Au commencement de l'année scolaire 1861-62, les étudiants qui, à la\n dernière grande fête de Liège, y avaient vu fonctionner la Société présidée\npar Victor Arnould, éprouvèrent de nouveau le besoin de reconstituer un\ncercle. Il fut fondé derechef sous le nom de l'Union des Étudiants, par\nAlphonse Rousselle et Alfred Martha, qui en devinrent président et vice-\nprésident.\n   L'Union s'établit impasse du Doyen, à la Cantersteen.\n   Ce fut, avant tout, une remarquable collection de « zwanzeurs », dont\nplus d'un des boutiquiers des environs a dû garder un horrible souvenir.\n   Martha, chef suprême des guindailles, le gros Duvivier, qui buvait cin­\nquante verres de faro et dont le poing pouvait assommer un bœuf; Van\nHavre, dit le Baron, ripailleur rabelaisien, qui arrivait à l'Université en\néquipage à deux chevaux avec laquais galonnés et gentes damoiselles ;\nMagnette, dit le frère Triangle, parce qu'il passa une année de sa belle\njeunesse à faire la navette entre le Trou, l' Aigle impérial et le local de la\nSociété, triangle dont pendant un an il ne sortit pas, se contentant de voir\nl'Université du Trou; le frère Cheval; le frère Chariot ; le frère Automédon;\nMackintosh, mort médecin dans un village namurois ; Lejeune, dit frère\nNasal, pour lequel l'on avait composé des cantates exécutées dans les\ngrandes circonstances et qui toutes étaient de ce goût-ci :\n\n             Vous avec, Riflandouille, une chose nasale\n             D'un dessin fort correct, sonore et musicale.\n             Cet appendice étrange, auprès de la beauté\n             Vous est, n'en doutons pas, de quelque utilité.\n             Pourtant, si l'on vous dtt que c'est beau, l'on vous trompe,\n             C'est trop long pour un nez, trop court pour une trompe.\n"}, {"page_pdf": 538, "page_imprimee": 491, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2573, "texte": "                                  — 491 —\n\n   Léon Dommartin, qui pour annoncer aux populations la buse dont l'avait\ngratiné le jury, digne récompense de ses veilles dans les cabarets et de ses\nétudes comparées sur les liquides, s'accrocha, le diable sait comme, aux\nconduites d'eau, aux fenêtres du local et parvint ainsi jusque sur le toit d'où\nil débita aux camarades rassemblés un discours funambulesque; Georges\nNeyt, aujourd'hui ministre de Belgique au Japon ; Drion ; Megnars, dit le\nCousse ; Dansaert, qui débitait des chansonnettes au poivre de Cayenne ;\nFonfonse Rorcourt, étudiant perpétuel; tous ces types, surnommés les\nRossards, étaient à la tête de la Société et conduisaient la ronde folle à\nlaquelle, bon gré mal gré, participèrent plus d'une fois les bloqueurs tels\nque Buls, Charles Tardieu, Féron, Robert, Van Goidsnoven, Jottrand,\nHauman, Lucien Jamar, Faider, De Gand, De Frise, Lezaack, de Brouc-\nkère, Arthur de Franquen, Madier de Montjau, Hippolyte Delecosse,\nLepoutre, Pierre Splingard, Georges Janson, César De Paepe, Graux,\n Pierard, le notaire disparu à Gênes, Charbonnier, Vanderkindere, Alphonse\n Willems, Hector Denis, Dedeyn, Bidart, De Saint-Moulin, Albert Dubois,\nGuillaume De Greef, Giroul, Dolez, etc., etc.\n\n\n\n   Un des personnages les plus importants des Rossards fut Rachel, un\nsuperbe boule-terrier, appartenant à Martha, qui fut élevé à la dignité de\nchien d'honneur du groupe.\n   Rachel, — terreur des chats du quartier, noceuse intrépide, roulure de\npremier ordre, buvant du faro comme Duvivier, se pochardant comme le\nfrère Triangle et professant pour la police une haine aussi corse que légi­\ntime — avait sa place dans chacune des réunions des Rossards. Elle était\nchargée notamment, au moment où s'ouvrait la séance, d'aller quérir les\nfrères absents dans les bouchons voisins.\n   C'était un type connu de toute l'Université, et qui jamais ne toléra la\ncaresse d'un Philistin.\n   L'attachement des Rossards pour leur membre d'honneur était proverbial\net ils en donnèrent un jour une preuve éclatante.\n   L'horrible dêche s'était implacablement abattue sur le groupe ; gargot­\ntiers et cabaretiers refusaient tout crédit, le clou avait donné l'hospitalité à\nla dernière épingle de cravate et l'on ne savait plus de quoi faire monnaie,\nlorsqu'un Anglais offrit d'acheter Rachel deux cents francs.\n   Fortune inespérée ! Le marché fut conclu immédiatement, car l'on savait\nbien que Rachel reviendrait au gîte, plantant là son Anglais, lorsque celui-ci\n qui avait déjà mis deux beaux billets de banque sur la table, annonça son\n"}, {"page_pdf": 539, "page_imprimee": 492, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 923, "texte": "                                — 492 —\n\ndépart le soir même pour Anvers, d'où il devait s'embarquer pour l'Angle­\nterre.\n   Rachel au pays du gin ! Ne plus jamais guindailler avec elle. Ah ! non,\nmille fois non !\n   Les Rossards, secoués d'un frisson d'horreur, se levèrent comme un seul\nhomme et rendirent les deux cents francs à l'Anglais tout interdit, qui fut,\nincontinent, flanqué à la porte.\n   Peu maintenant importait la dêche, puisque c'était pour Rachel qu'al­\nlaient souffrir les Rossards.\n   Vint un temps où cette camarade des bons et mauvais jours se rangea,\nelle eut une vieillesse heureuse, mourut entourée de soins et d'honneurs,\net, depuis, Martha — pardon, monsieur le Député Permanent, — donna le\nnom de Rachel aux successeurs de la défunte afin de perpétuer le souvenir\naimé de l'ancienne étudiante.\n    (A continuer.)                                                    F. R.\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 492, "page_fin": 495, "titre_corps": "Airs de flûte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Siebel", "ancre_debut": "AIRS DE FLUTE", "ancre_fin": "SIEBEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 539, "page_imprimee": 492, "debut_caractere": 923, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "AIRS DE FLUTE\n                                     I\n                                LAVAGE\n                                              A   C E L L E DU 21   SEPTEMBRE.\n\n                C'est déjà fini, chère belle,\n                Rien qu'une fois.... C'était si bon!\n                Je n'aurai goûté qu'un bonbon\n                De la bonbonnière en dentelle.\n\n                Mais j'ai conservé son parfum\n                Dans un mouchoir donné par elle ;\n                C'est doux comme une tourterelle,\n                Mais c'est triste, l'amour défunt!\n\n                La fine senteur s'évapore\n                Tout doucement, tout tendrement,\n                Ainsi qu'un sourire d'amant\n                Que le mot d'adieu décolore.\n"}, {"page_pdf": 540, "page_imprimee": 493, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1324, "texte": "                                      — 493 —\n\n                Il ne restera rien demain\n                De l'odeur lente et paresseuse\n                Qu'un dernier bouquet dans la main.\n                Profane de la blanchisseuse.\n\n                Ainsi se fondent nos amours\n                A ux flots bleus de l'eau savonnée\n                Pareilles à la loque à jours\n                Que la charmante m'a donnée !\n\n\n                                         II\n                  COMPLAINTE             POUR   MARGOT\n                                                A ANTOINE CLESSE.\n\n                Elle partit par les faubourgs\n                Mélancoliques, l'Adorable !\n                Lors je me mis devant ma table\n                En méditant des calembourgs.\n\n                Je rejetai cet exercice\n                Supérieur à celui d'aimer.\n                Je ne puis pas mieux exprimer\n                L'horreur de mon défunt caprice.\n\n                Aimer! Aimer ! Etre refait!\n                Souffrir de l'épine dorsale...\n                Oh ! la sottise colossale\n                Que nous commettons, en effet.\n\n\n\n\n                                                         (I)\n\n                Je vais mourir, le médecin\n                M'a dit que le ciel me réclame,\n\n(') Strophe révoltante, N, D. L. R.\n"}, {"page_pdf": 541, "page_imprimee": 494, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1014, "texte": "               — 494 —\n\nO ma chérie, à loi celte âme\nDont tu fus le sombre vaccin.\n\nNe pleure pas trop sur ma tombe,\nCela te ferait mal aux yeux ;\nFais-moi simplement tes adieux\nAvant qu'en poussière je tombe.\n\nJe pars triste, vieux, morne, seul,\nRejoindre le grand Malfilâtre ;\nLe feu va s'éteindre dans l'âtre,\nViens me coudre dans mon linceul.\n\nSais-tu coudre? Alors, viens, mignonne;\nEntre en assourdissant tes pas,\nAu Ciel la porte d'or rayonne ;\nPrends garde, ne me pique pas !\n\nFerme-moi les yeux, je regarde\nDans l'éternité désormais.\nMargot ! Margot que tant j'aimais,\nDu paradis bleu je te garde.\n\nVa, retourne par les faubourgs,\nOù des yeux luisent dans les caves;\nLes trottoirs te font des bonjours\nEt les passants des offres graves.\n\n\n                  III\n\n                VERS\n                             POUR CELUI QUI ME RASE.\n\nFidèle en allée infidèle,\nChère au sourire exquis et doux,\nMon âme, comme une hirondelle,\nVoltige, voltige vers vous.\n\nJolie en allée en jolie,\nCydalise que j'adorais,\n"}, {"page_pdf": 542, "page_imprimee": 495, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 769, "texte": "              — 495 —\n\nVers vous, ma folie en folie\nS'en va sans cesse, et je voudrais,\n\nPerfide en allée en perfide,\nMe classer dans les faits-divers\nComme un monsieur qui fait des vers,\nAu fond de Veau calme et limpide.\n\n\n\n\nJe ris, mais quand je ris je pleure,\nJe fais se tordre mes sanglots,\nEt je vais confier aux flots\nMon triste secret tout à l'heure.\n\nTout à l'heure, j'irai voir si\nLes poissons nagent avec grâce,\nEt je nagerai sur leur trace,\nCar je sais bien nager aussi.\n\nJe leur chanterai des ballades\nA la mode des décadents,\nMais les poissons sont si prudents,\nIls auront peur d'être malades !\n\nIls fuiront me laissant seulet,\nDans la vaste demeure humide,\nAvec quelque nymphe timide,\nQui pleurera dans mon gilet.\n                                  SIEBEL."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 496, "page_fin": 500, "titre_corps": "Maldoror", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Vicomte de Lautréamont", "ancre_debut": "MALDOROR", "ancre_fin": "Vicomte DE LAUTRÉAMONT", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SONNET A LA NUIT", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 543, "page_imprimee": 496, "debut_caractere": 70, "fin_caractere_exclue": 1854, "texte": "MALDOROR (1)\n                Une famille entoure une lampe posée sur la table :\n                    — Mon fils, donne-moi les ciseaux qui sont placés sur cette\n                 chaise.\n                    — Ils n'y sont pas, mère.\n   — Va les chercher alors dans l'autre chambre. Te rappelles-tu cette\népoque, mon doux maître, où nous faisions des vœux, pour avoir un enfant,\ndans lequel nous renaîtrions une seconde fois, et qui serait le soutien de\nnotre vieillesse?\n   — Je me la rappelle, et Dieu nous a exaucés. Nous n'avons pas à nous\nplaindre de notre lot sur cette terre. Chaque jour nous bénissons la Pro­\nvidence de ses bienfaits. Notre Edouard possède toutes les grâces de sa\nmère.\n   — Et les mâles qualités de son père.\n   — Voici les ciseaux, mère; je les ai enfin trouvés.\n   Il reprend son travail... Mais, quelqu'un s'est présenté à la porte d'en­\ntrée, et contemple, pendant quelques instants, le tableau qui s'offre à ses\nyeux :\n   — Que signifie ce spectacle ! Il y a beaucoup de gens qui sont moins\nheureux que ceux-là. Quel est le raisonnement qu'ils se font pour aimer\nl'existence? Eloigne-toi, Maldoror, de ce foyer paisible ; ta place n'est\npas ici.\n   Il s'est retiré!\n   — Je ne sais comment cela se fait ; mais, je sens les facultés humaines\nqui se livrent des combats dans mon cœur. Mon âme est inquiète, et sans\nsavoir pourquoi ; l'atmosphère est lourde.\n   — Femme, je ressens les mêmes impressions que toi ; je tremble qu'il ne\nnous arrive quelque malheur. Ayons confiance en Dieu; en lui est le\nsuprême espoir.\n   — Mère, je respire à peine ; j'ai mal à la tête.\n   — Toi aussi, mon fils! Je vais te mouiller le front et les tempes avec du\nvinaigre.\n   — Non, bonne mère...\n\n\n (') Nous donnerons prochainement une étude sur le vicomte de Lautréamont.\n"}, {"page_pdf": 544, "page_imprimee": 497, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "                                   — 497 —\n\n   Voyez, il appuie son corps sur le revers de la chaise, fatigué.\n   — Quelque chose se retourne en moi, que je ne saurais expliquer. Main­\n tenant, le moindre objet me contrarie.\n   — Comme tu es pâle ! La fin de cette veillée ne se passera pas sans que\n quelque événement funeste nous plonge tous les trois dans le lac du déses­\n poir !\n   J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poi­\ngnante.\n   — Mon fils!\n   — Ah! mère!... j'ai peur!\n   — Dis-moi vite si tu souffres.\n   — Mère, je ne souffre pas... Je ne dis pas la vérité.\n   Le père ne revient pas de son étonnement :\n   — Voilà des cris que l'on entend quelquefois, dans le silence des nuits\nsans étoiles. Quoique nous entendions ces cris, néanmoins, celui qui les\npousse n'est pas près d'ici ; car, on peut entendre ces gémissements à trois\nlieues de distance, transportés par le vent d'une cité à une autre. On m'avait\nsouvent parlé de ce phénomène ; mais, je n'avais jamais eu l'occasion de\njuger par moi-même de sa véracité. Femme, tu me parlais de malheur ; si\nmalheur plus réel exista dans la longue spirale du temps, c'est le malheur\nde celui qui trouble maintenant le sommeil de ses semblables...\n   J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poi­\ngnante.\n   — Plût au ciel que sa naissance ne soit pas une calamité pour son pays,\nqui l'a repoussé de son sein. Il va de contrée en contrée, abhorré partout.\nLes uns disent qu'il est accablé d'une espèce de folie originelle, depuis son\nenfance. D'autres croient savoir qu'il est d'une cruauté extrême et instinc­\ntive, dont il a honte lui-même, et que ses parents en sont morts de dou­\nleur. Il y en a qui prétendent qu'on l'a flétri d'un surnom dans sa jeunesse;\nqu'il en est resté inconsolable le reste de son existence, parce que sa dignité\nblessée voyait là une preuve flagrante de la méchanceté des hommes, qui\nse montre aux premières années, pour augmenter ensuite. Ce surnom était\nle vampire!...\n   J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poi­\ngnante.\n   — Ils ajoutent que, les jours, les nuits, sans trève ni repos, des cauche­\nmars horribles lui font le saigner le sang par la bouche et les oreilles ; et que\ndes spectres s'asseoient au chevet de son lit, et lui jettent à la face, poussés\nmalgré eux par une force inconnue, tantôt d'une voix douce, tantôt d'une\n"}, {"page_pdf": 545, "page_imprimee": 498, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2528, "texte": "                                  -   498   -\n\nvoix pareille aux rugissements des combats, avec une persistance impla­\ncable, ce surnom toujours vivace, toujours hideux, et qui ne périra qu'avec\nl'univers. Quelques-uns même ont affirmé que l'amour l'a réduit dans cet\nétat ; ou que ces cris témoignent du repentir de quelque crime enseveli dans\nla nuit de son passé mystérieux. Mais le plus grand nombre pense qu'un\nincommensurable orgueil le torture, comme jadis Satan, et qu'il voudrait\négaler D i e u .\n   J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poi­\ngnante.\n   — Mon fils, ce sont là des confidences exceptionnelles; je plains ton âge\nde les avoir entendues, et j'espère que tu n'imiteras jamais cet homme.\n   Parle, ô mon Edouard ; réponds que tu n'imiteras jamais cet homme.\n   — O mère, bien-aimée, à qui je dois le jour, je te promets, si la sainte\npromesse d'un enfant a quelque valeur, de ne jamais imiter cet homme.\n   — C'est parfait, mon fils ; il faut obéir à sa mère, en quoi que ce soit.\n   On n'entend plus les gémissements.\n   — Femme, as-tu fini ton travail?\n   — Il me manque quelques points à cette chemise, quoique nous ayons\nprolongé la veillée bien tard.\n   — Moi, aussi, je n'ai pas fini un chapitre commencé. Profitons des der­\n nières lueurs de la lampe ; car, il n'y a presque plus d'huile, et achevons\nchacun notre travail...\n    L'enfant s'est écrié :\n   — Si Dieu nous laisse vivre !\n   — Ange radieux, viens à moi; tu te promèneras dans la prairie, du matin\njusqu'au soir; tu ne travailleras point. Mon palais magnifique est construit\navec des murailles d'argent, des colonnes d'or et des portes de diamants.\nTu te coucheras quand tu voudras, au son d'une musique céleste, sans\nfaire ta prière. Quand, au matin, le soleil montrera ses rayons resplendis­\nsants et que l'alouette joyeuse emportera, avec elle, son cri, à perte de vue,\ndans les airs, tu pourras rester encore au lit, jusqu'à ce que cela te fatigue.\nTu marcheras sur les tapis les plus précieux ; tu seras constamment enve­\nloppé dans une atmosphère composée des essences parfumées des fleurs les\nplus odorantes.\n   — Il est temps de reposer le corps et l'esprit. Lève-toi, mère de famille,\nsur tes chevilles musculeuses. Il est juste que tes doigts raidis abandonnent\nl'aiguille du travail exagéré. Les extrêmes n'ont rien de bon.\n   — Oh! que ton existence sera suave! Je te donnerai une bague enchantée;\nquand tu en retourneras le rubis, tu seras invisible, comme les princes,\ndans les contes de fées.\n"}, {"page_pdf": 546, "page_imprimee": 499, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "                                   — 499 —\n\n    — Remets tes armes quotidiennes dans l'armoire protectrice, pendant\nque, de mon côté, j'arrange mes affaires.\n    — Quand tu le replaceras dans sa position ordinaire, tu reparaîtras tel\nque la nature t'a formé, ô jeune magicien. Cela, parce que je t'aime et que\n j'aspire à faire ton bonheur.\n    — Va-t'en, qui que tu sois ; ne me prends pas par les épaules.\n    — Mon fils, ne t'endors point, bercé par les rêves de l'enfance : la prière\nen commun n'est pas commencée et tes habits ne sont pas encore soigneu­\nsement placés sur une chaise... A genoux! Eternel créateur de l'univers,\ntu montres ta bonté inépuisable jusque dans les plus petites choses.\n    — Tu n'aimes donc pas les ruisseaux limpides, où glissent des milliers\nde petits poissons, rouges, bleus et argentés? Tu les prendras avec un filet\nsi beau, qu'il les attirera de lui-même, jusqu'à ce qu'il soit rempli. De la\nsurface, tu verras des cailloux luisants, plus\" polis que le marbre.\n    — Mère, vois ces griffes; je me méfie de lui; mais ma conscience est\ncalme, car je n'ai rien à me reprocher.\n    — Tu nous vois, prosternés à tes pieds, accablés du sentiment de ta\ngrandeur. Si quelque pensée orgueilleuse s'insinue dans notre imagina-\ntion, nous la rejetons aussitôt avec la salive du dédain et nous t'en faisons\nle sacrifice irrémissible.\n    — Tu t'y baigneras avec de petites filles, qui t'enlaceront de leurs bras.\nUne fois sortis du bain, elles te tresseront des couronnes de roses et d'œil­\nlets. Elles auront des ailes transparentes de papillon et des cheveux d'une\nlongueur ondulée, qui flottent autour de la gentillesse de leur front.\n    — Quand même ton palais serait plus beau que le cristal, je ne sortirais\npas de cette maison pour te suivre. Je crois que tu n'es qu'un imposteur,\npuisque tu me parles si doucement, de crainte de te faire entendre. Aban­\ndonner ses parents est une mauvaise action. Ce n'est pas moi qui serais fils\ningrat. Quant à tes petites filles, elles ne sont pas si belles que les yeux de\nma mère.\n    — Toute notre vie s'est épuisée dans les cantiques de ta gloire. Tels\nnous avons été jusqu'ici, tels nous serons, jusqu'au moment où nous rece-\nvrons de toi l'ordre de quitter cette terre.\n    — Elles t'obéiront à ton moindre signe et ne songeront qu'à te plaire. Si\ntu désires l'oiseau qui ne se repose jamais, elles te l'apporteront. Si tu désires\nla voiture de neige, qui transporte au soleil en un clin d'ceil, elles te l'ap­\nporteront. Que ne t'apporteraient-elles pas ! Elles t'apporteraient même le\ncerf-volant, grand comme une tour, qu'on a caché dans la lune, et à la queue\nduquel sont suspendus, par des liens de soie, des oiseaux de toute espèce.\nFais attention à toi... écoute mes conseils.\n"}, {"page_pdf": 547, "page_imprimee": 500, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1672, "texte": "                                  — 500 —\n\n   — Fais ce que tu voudras ; je ne veux pas interrompre la prière, pour\nappeler au secours. Quoique ton corps s'évapore, quand je veux l'écarter,\nsache que je ne te crains pas.\n   — Devant toi, rien n'est grand, si ce n'est la flamme exhalée d'un\ncœur pur.\n   — Réfléchis à ce que je t'ai dit, si tu ne veux pas t'en repentir.\n   — Père céleste, conjure, conjure les malheurs qui peuvent fondre sur\nnotre famille.\n   — Tu ne veux donc pas te retirer, mauvais esprit ?\n   — Conserve cette épouse chérie, qui m'a consolé dans mes décourage-\nments...\n   — Puisque tu me refuses, je te ferai pleurer et grincer des dents comme\nun pendu.\n   — Et ce fils aimant, dont les chastes lèvres s'entr'ouvrent à peine aux\nbaisers de l'aurore de vie.\n   — Mère, il m'étrangle... Père, secourez-moi... Je ne puis plus respirer...\nVotre bénédiction !\n   Un cri d'ironie immense s'est élevé dans les airs. Voyez comme les aigles,\nétourdis, tombent du haut des nuages, en roulant sur eux-mêmes, littéra­\nlement foudroyés par la colonne d'air.\n   — Son cœur ne bat plus... Et celle-ci est morte, en même temps que le\nfruit de ses entrailles, fruit que je ne reconnais plus, tant il est défiguré...\nMon épouse!... Mon fils!... Je me rappelle un temps lointain où je fus\népoux et père.\n   Il s'était dit, devant le tableau qui s'offrit à ses yeux, qu'il ne supporte­\nrait pas cette injustice. S'il est efficace, le pouvoir que lui ont accordé les\nesprits infernaux, ou plutôt qu'il tire de lui-même, cet enfant, avant que la\nnuit s'écoule, ne devait plus être.\n                                             Vicomte DE LAUTRÉAMONT.\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 500, "page_fin": 501, "titre_corps": "Sonnet à la nuit", "titre_sommaire": "À la nuit", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Van Arenbergh", "ancre_debut": "SONNET A LA NUIT", "ancre_fin": "EMILE VAN ARENBERGH", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PLUS DE MÉDAILLES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 547, "page_imprimee": 500, "debut_caractere": 1672, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "SONNET A LA NUIT\n                                               A G.   EEKHOUD ET A.   GIRAUD.\n\n         Rafraîchis de ton ombre, ô Nuit, mon cœur qui brûle;\n         Descends, Nuit pacifique, en vion cœur anxieux :\n         Mets sur mon front, comme un baiser, ton crépuscule\n         Et fais tomber en moi le silence des deux.\n"}, {"page_pdf": 548, "page_imprimee": 501, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 709, "texte": "                                  — 501 —\n\n         O Nuit, vivante Nuit, je te sens pleine dames :\n         Ton soupir n est-il pas une voix d'au delà'!\n         L'astre, nous regardant de ses pensives flammes,\n         N'est-il pas un œil cher que la mort nous voila ?\n\n         Sois-moi, Nuit endormeuse, oubli, repos de vivre !\n         Comme le souvenir, ta tristesse m'enivre\n         D'un bonheur qui me fait suavement souffrir ;\n\n         Et mon cœur te salue, en ton faste    mystique,\n         Quand là-bas je vois choir le soleil despotique\n         Et sur l'argent des eaux l'or du couchant mourir.\n                                             E M I L E VAN A R E N B E R G H .\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 501, "page_fin": 503, "titre_corps": "Plus de médailles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "M. 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Où recrute-t-on les hommes qui sont appelés\nà faire cette distribution de prix? Qui les nomme? Un ministre des Beaux-\nArts aidé du directeur du bureau et de quelques scribes ; on dresse la liste\nen choisissant, pour faire majorité, des peintres estampillés et garantis par­\nle gouvernement, qu'on les nomme, De Vriendt, Ducaju, Verrat ou Slin­\ngeneyer.\n   Pour céder en apparence aux prostestations prévues, MM. les ronds\nde cuir panachent la liste de noms sérieux reconnus par le public, puis\nleur rôle cesse, ils n'ont plus qu'à ôter leurs manches de lustrine et à se\nreposer.\n   Le jour solennel arrive ; le jury se réunit et opère ; on médaille à mort,\n                                                                          31\n"}, {"page_pdf": 549, "page_imprimee": 502, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "                                   — 502 —\n\n mais c'est la majorité qui médaille et les prix vont aux diplomates qui ont\n des protections, aux jeunes recrues de l'art officiel ou aux jurés eux-mêmes !\n Quelqu'un de la minorité élève la voix, proteste, s'indigne. Parfaitement,\n on va le satisfaire. En échange de Bouguereau, de Van der Ouderaa (du\n jury), de Moreau de Tours, de Makoffski, nous vous accordons Jef Lam­\n beaux ; si vous ne hurlez pas contre Nono, Kemer, Verstraete, Cordon­\n nier, Norman, si vous êtes bien sage et que vous vous taisez, on vous\n concèdera Stobbaerts... Echange, en un mot, mais échange de dupe où ce\n qui est juste est honteusement berné.\n    Quelqu'un a lancé cet original paradoxe :\n    « Vous voulez supprimer les médailles. Prenez garde. Vous allez suppri­\n mer l'injustice, c'est-à-dire une des conditions de la gloire. De combien de\n maîtres l'injustice des jurys d'admission comme de récompense, n'a-t-elle\n pas servi la renommée? Rousseau, Millet, Courbet, Manet lui-même. Que\n serait Manet sans la persécution? Plus de médaille, plus d'injustice. Plus\n de persécution, plus de réclame. Les adversaires des médailles en devraient\n souhaiter le maintien, afin de se réserver les joies et les bénéfices de la pro­\n testation. »\n    C'est un peu comme si l'on voulait retablir l'Inquisition sous prétexte\n qu'elle a fait des martyrs. Ce n'est pas l'injustice qui a fait la renommée\n des grands maîtres, c'est leur oeuvre. Il se peut que l'artiste soit méconnu\n du public même et plus tard couronné de gloire ; c'est, alors, qu'il a devancé\n son époque, mis le pied dans les formules chères à la foule et travaillé\n comme sentent les autres. C'est là, aujourd'hui surtout, une exception. La\n critique, qui n'est qu'un écho, a marché comme toutes choses, et la race\ndes incompris se perd ; mais fût-elle innombrable encore, ce n'est pas l'in­\n stitution des jurys qui la ferait disparaître.\n    Les Dubois et les Agneessens n'ont pas eu a porter à l'épaule le stigmate\nofficiel ; ils n'en sont pas moins entrés tout vivants dans la gloire. Les Slin­\ngeneyer et les De Vriendt sont chargés de reliques ; en sont-ils moins des\nânes?\n    Plus de médailles qui ne prouvent rien, plus de jurys qui ne jugent rien,\nplus de récompenses qui se trompent de porte et frappent aux maisons\nvides.\n    Les artistes belges ont droit à la liberté sans laquelle ils étouffent ; pour\nl'obtenir, ils ont à renier l'Etat en constituant une corporation, un syndicat\noù tous aient accès.\n   Ils n'auront pas à se juger, mais à se soutenir. De même que les sociétés\nouvrières défendent l'intérêt de tous et de chacun, comme une grande\n"}, {"page_pdf": 550, "page_imprimee": 503, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1870, "texte": "                                  — 503 —\n\nfamille dont tous les membres sont solidaires, ainsi les artistes se tiendraient\nles coudes, stimulés non par les ronds de vermeil à quelque effigie solen­\nnelle, mais par le besoin de faire mieux toujours. Nous avons vu mourir\nmisérablement des peintres de haut talent comme Fontaine et comme Pan-\ntazis ; s'il y avait eu la caisse de secours alimentée par tout ce qui en Bel­\ngique tient la brosse ou l'ébauchoir, peut-être ces hommes de la grande\nécole ne seraient-ils pas tombés raides au bord de leur route.\n   Plus d'académies où l'on tombe de Verlat en Siret et de Fraikin en de\nKeyser, où l'on mange en dissertations oiseuses, en décisions folâtres, des\nsommes fabuleuses.\n   Plus de prix de Rome qui obligent l'artiste à émigrer sous un ciel, admi­\nrable il est vrai, mais qui fait dévier sa vision de son but et de son origine,\npour la forcer à « s'exotiquer » sans profit.\n   Qu'il s'établisse de vastes expositions permanentes où l'artiste soit maître\nde sa place et puisse y aller enfoncer son clou et pendre sa toile.\n   Si l'Etat, pour décorer ses musées et ses monuments, a besoin des\nartistes, il s'adressera à la corporation qui décidera lesquels sont les plus\naptes au travail que l'on réclame, et à quel prix ils peuvent évaluer leurs\nservices.\n   Et si, comme dans certaines sociétés, il y a des sarrasins, les syndicats\net la presse s'uniront pour les enterrer dans le mépris et dans le silence.\n   Et aussi longtemps que cela ne sera pas fait, qu'une violente réaction\nn'aura pas émietté le régime de protectionnisme et d'iniquité dont on vient\nencore de voir les déplorables et humiliantes conséquences, les artistes con­\ntinueront à souffrir dans leur vie matérielle comme dans leur légitime\norgueil.\n                                                                 M. W .\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 503, "page_fin": 504, "titre_corps": "Demi-deuil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Edmond Haraucourt", "ancre_debut": "DEMI DEUIL", "ancre_fin": "EDMOND HARAUCOURT", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "NOUVELLES DE LA GRAND ROUTE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 550, "page_imprimee": 503, "debut_caractere": 1870, "fin_caractere_exclue": 2292, "texte": "DEMI-DEUIL\n                                                               A GUESVILLER.\n\n         La nuit voluptueuse et triste, par degrés,\n         Descend les escaliers du ciel. Le jour se sauve,\n         Posant son pied furtif sur les toits mordorés.\n\n         Des nuages lilas fleurissent dans l'air mauve\n         Qui palpite au dessus des coteaux violets,\n         Et le vent recueilli prend des senteurs d'alcôve.\n"}, {"page_pdf": 551, "page_imprimee": 504, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "                                       — 504 —\n\n           La glycine en festons grimpe autour des volets ;\n           Les saules, prosternés dans leurs branches pieuses,\n           Sont des bouquets vivants de cris et de sifflets,\n\n           La jacinthe, l'iris, les pâles scabieuses\n           Mêlent leurs tons mêlés de joie et de chagrin ;\n           Les cyprès sont des nids pleins de chansons rieuses.\n\n           Et svelte, toute droite, au bord du boulingrin,\n           Regardant d'un œil doux les lilas et les chênes\n           Bleuir et rougeoyer dans un brouillard serein,\n\n           La veuve en demi-deuil rêve aux amours                   prochaines.\n                                                        EDMOND       HARAUCOURT.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 504, "page_fin": 507, "titre_corps": "La Grand’route", "titre_sommaire": "Nouvelles de la Grand’route", "rubrique": "Nouvelles de la grand’route", "signature_source": "Marius Réty", "ancre_debut": "NOUVELLES DE LA GRAND ROUTE", "ancre_fin": "MARIUS RÉTY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE MIROIR", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 551, "page_imprimee": 504, "debut_caractere": 764, "fin_caractere_exclue": 2142, "texte": "NOUVELLES DE LA GRAND'ROUTE (1)\n\n                                           VI\n                               LA GRAND' R O U T E\n\n             La grand'route appartient aux « trimardeurs ; elle est le trait\n              d'union tracé entre les grands centres de misère.\n                 Avant les mois troubles, à l'époque où commence à chômer\n              le travail ; où s'ouvrent les bals et se ferment les ateliers, la\ngrande ville s'endort et la grand'route se peuple. L'automne est la saison\ndes routiers. Après trois mois de repos aux rayons de soleil, le rôdeur\n                                      Ayant loupé\n                                      Tout l'été\nsonge qu'il va falloir reprendre la besace. Les dernières flambes d'août\nont jauni les blés qui bientôt vont tomber sous la faucille du moissonneur ;\nseptembre approche, et avec lui commencent les vendanges. Alors, le rou­\ntier prend le chemin du Midi, après avoir coupé dans la haie encore verte,\n\n   (1) Nous continuons aujourd'hui, pour ne plus l'interrompre, la publication des Nou-\nvelles de la grand'route, dont nous possédons le manuscrit complet. Nos lecteurs se sou­\nviennent des cinq premières de ces nouvelles, qu'ils retrouveront dans la collection de la\nJeune Belgique : I. La Rousse (tome I). — II. Le Saltimbanque. — III. La Saint Lundi\n(tome II). — IV. L'Automne. — V. Rabelais (tome III).\n"}, {"page_pdf": 552, "page_imprimee": 505, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "                                  — 505 —\n\nle bâton noueux qui doit soutenir sur son épaule le mince bagage du voya­\ngeur piéton. Il part, joyeux, voyant au loin de larges côteaux en pente\ndouce où les ceps, serrés autour des échalas pourris, courbent leurs\nbranches feuillues sous le poids des grappes blondes et noires ; il part, ayant\nla perspective de champs immenses, couverts d'épis brûlés que les âpres\nsouffles du vent ont courbés et ondulés comme les flots d'une mer.\n    Les villages passent; puis les villes. Le routier a fixé son trajet : dix\nlieues par jour. A midi, il dîne de quelques pommes, cueillies en fraude sur\nla lisière d'un verger ; le soir, il couche sous une meule, s'il n'a pas de\npapiers en règle; s'il en a, au violon de la gendarmerie.\n   A l'intersection des grandes voies, les routiers se joignent et vont par\nbandes : le nombre enhardit. On se communique ses intentions et ses espé­\nrances.\n   Celui-ci va en Sologne, chez le fermier pour lequel il a moissonné l'an\npassé ; celui-là gagne le Beaujolais pour faire la vendage ; il tâchera ensuite\nde s'embaucher dans une fabrique, à Lyon, pour y passer l'hiver; un troi­\nsième veut aller dans la Suisse française, où l'on est toujours bien vu,\nassure-t-il ; un autre retourne au pays, dans le Forez ; il a encore de la\nfamille là-bas, « des culs-terreux qui ont du foin dans leurs bottes. »\n    Et la troupe avance. Un matin, aux pâles rayons d'un soleil malade, des\npassants suivis d'une charrette se dirigent, instruments aratoires sous le\nbras, du côté des vignobles. Alors le chef de la bande se détache, et va\ndemander si l'on a besoin du monde pour la vendange. Car la bande a\nordinairement un chef; celui-ci ne s'est point nommé lui-même; mais on\nl'a reconnu d'un accord tacite. C'est un petit vieux, à barbe grise, à peau\ncrasseuse, comme on en rencontre parfois en correctionnelle; ce vieux,\nsouvent aux prises avec la police, est un honnête homme ; jamais il n'a\nvolé autre chose que des fruits pour se nourrir ; jamais il n'a assassiné que\ndes chats, pour la même raison ; pourtant, il a sur son compte une ving­\n taine d'années de prison pour mendicité et vagabondage. Il connaît toutes\nles histoires du dépôt de la préfecture ; il sait des chansons obscènes qu'il\n a apprises ici et là ; il a trimardé sur tous les chemins et par tous les\n temps; il connaît des châteaux dont les propriétaires donnent dix sous aux\nvoyageurs, et les fermiers qui logent les trimardeurs dans leurs granges ; il\n sait combien il faut de jours pour aller d'Orléans à Perpignan; et reconnaît\n à trois cents mètres, en temps de brume, la coiffure bizarre d'un gendarme.\n C'est un véritable routier.\n    Cependant, à certaine époque, les voyageurs se sont séparés; les collines\n et les plaines se sont couvertes de travailleurs et de bruits. Moissons et ven­\n danges ont rendue déserte la grand'route.\n"}, {"page_pdf": 553, "page_imprimee": 506, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "                                   — 506 —\n\n\n\n\n   Au printemps la bohême artiste et banquiste occupe seule les chemins.\nLes foires sur les places publiques, les bals champêtres, les concerts en plein\nvent, se multiplient aux champs et dans les petites villes ; c'est la grande\nsaison des bateleurs et des artistes populaires. Les lourds véhicules badi­\ngeonnés d'ocre roulent sur le gravier des routes, chargés de tréteaux, de\ntoiles peintes et d'objets de formes étranges. Les musiciens ambulants,\ninstruments sous le bras, chaussures vagues aux pieds, et chapeau problé­\nmatique sur la tête, gravissent les côtes ardues et descendent les pentes à\npic, ventres légers de nourriture et cœurs lourds d'espérances, humant à\ndroite et à gauche un bon vent de recette douteuse. Souvent, isolée et\npénible à voir, une famille de saltimbanques chargée à dos de la tente et des\npieux indispensables, marche seule par étapes, chétive et défaite, les yeux\nécarquillés à découvrir au loin le but du voyage. La somnambule, le géant,\nle bâtoniste, et l'enfant à deux têtes se montrent aux regards ébahis du vil­\nlageois, porteurs de leur futur logis de chanvre barbouillé. Souvent aussi,\nquelque pauvre hère de chanteur nomade s'arrête un instant au seuil\nd'une masure, et demande d'un air timide, le chemin pour se rendre à la\nville prochaine.\n  Comme pour les francs-routiers, l'hiver sera pour tous ces gens le signal\ndu retour. Heureux ceux qui s'en reviendront contents de leur voyage : leur\nnombre en sera bien petit, hélas !\n                                        *\n\n   A la mi-novembre, quand le ciel est bien gris et la terre bien blanche,\nreviennent bateleurs et trimardeurs.\n   C'est alors qu'il faut y jeter un coup-d'œil sur cette grand'route désolée;\nc'est alors qu'il faut gratter de l'ongle, sur les carreaux, le givre qui s'y est\nfigé, et regarder, de l'aube à la nuit close, du soir au matin, le spectacle\ndoublement terrible de l'hiver et de la misère.\n   Pieds nus et corps engourdis, faces hâves et costumes équivoques, les\nroutiers marchent, tête basse, unis entre eux par un trémolo d'ensemble\nqui effraie ou apitoie. Moissonneurs et vendangeurs des mois passés, ils\nn'ont plus maintenant l'espoir et le soleil qui les accompagnaient à leur\ndépart; tristes, taciturnes, ils reviennent à présent, n'osant donner un\nregret à leur voyage infructueux et à leurs illusions perdues ; ils sont las de\nleur course, et ne recommenceront plus, — jusqu'à l'an prochain, — s'ils\nne roulent en route, exténués et transis, dans l'une des ornières du chemin.\n"}, {"page_pdf": 554, "page_imprimee": 507, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1166, "texte": "                                 — 507 —\n\n   On se souvient alors des conseils que donnait en allant le vieux trimar­\ndeur; les fermes ruissellent de feux et de lumières : on y va mendier une\nnuit d'hospitalité, sur les bottes de foin dont les granges sont pleines. Les\nhabitations bourgeoises laissent fuir des tressauts de musiques : on y va\ntendre la main.\n   Et dans cette sombre débâcle la gendarmerie fait son œuvre. A l'ombre\nles banquistes et les rôdeurs, les moissonneurs et les artistes populaires ! à\nl'ombre les mendiants et les vagabonds !\n   Et tandis que les prisons se gavent, la grand'route se dépeuple.\n   De même chaque année.\n\n\n\n   Oh ! si la route est la patrie du rôdeur, combien en avons-nous connus\nde ces rôdeurs d'un jour, ouvriers hier, demain vagabonds, qu'une fatalité\nentraînait sur cette grand'route féconde en drames ignorés ! Combien d'ar­\ntistes et de poètes ont arpenté ces côtes et ces versants interminables, allant\nchercher dans un éloignement brumeux la poésie et le pain comme Homère,\nou bien le pays et l'amour, comme Moreau!\n                                                        MARIUS RÉTY.\n\n\n\n\n                          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 507, "page_fin": 508, "titre_corps": "Le Miroir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Raoul Russel", "ancre_debut": "LE MIROIR", "ancre_fin": "RAOUL RUSSEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ESSAIS DE PATHOSJOLI CONTEMPORAIN", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 554, "page_imprimee": 507, "debut_caractere": 1166, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "LE MIROIR\n                                                    A CATULLE MENDÈS.\n\n         Bercée au sanglot vague et rythmique des eaux\n         Pleurant dans les bassins du cou svelte des cygnes,\n         Tandis que s'alanguit le chant d'or des oiseaux,\n\n         L'Adorable sourit en ses blancheurs insignes. —\n         Sont tirés les verrous sous les grands rideaux lourds\n         Et la chambre commise aux sévères consignes.\n\n         Par l'azur du plafond voltigent des amours.\n         Des faunes sont mêlés aux nymphes des tentures ;\n         Le divan, le tapis sont de rouge velours.\n\n         En face, ménagé sous l'or plein des sculptures,\n         Un grand miroir concave imprime dans son tain\n         La multiplicité perverse des postures.\n"}, {"page_pdf": 555, "page_imprimee": 508, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "                                   — 508 —\n\n          L'eau perle et lustre encor ses hanches de satin.\n          L'incarnat de sa chair sous les flammes s'irise.\n          Elle cambre sa croupe, et ses yeux au lointain\n\n          S'enivrent du tableau qui l'obsède et la grise.\n          Les oiseaux ont cessé leur chant d'or. Les bassins\n          Endorment leur sanglot.. — Mais quel rêve l'a prise'!\n\n          Quel désir a scandé le rythme de ses seins ? —\n          Devant le grand miroir hanté de rondeurs roses\n          L'Adorable s'étend au milieu des coussins...\n\n          Et reprend le chœur d'or des oiseaux           amoroses.\n                                                       RAOUL RUSSEL\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 508, "page_fin": 514, "titre_corps": "Essais de pathosjoli contemporain : Les Esthêtards", "titre_sommaire": "Essai de pathosjoli contemporain", "rubrique": "", "signature_source": "Pierrot lunaire", "ancre_debut": "ESSAIS DE PATHOSJOLI CONTEMPORAIN", "ancre_fin": "PIERROT LUNAIRE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SONNET PANTHÉISTE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 555, "page_imprimee": 508, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "ESSAIS DE PATHOSJOLI CONTEMPORAIN (1)\n\n                         LES ESTHÊTARDS .\n                              PREMIER ARTICLE\n             Il y avait une fois un mystificateur de beaucoup d'esprit, qui\n               s'appelait Henry Beauclerc.\n                             DEUXIÈME ARTICLE\n   Et un autre mystificateur, Gabriel Vicaire, qui avait aussi beaucoup\nd'esprit.\n                             TROISIÈME ARTICLE\n   Si bien que l'on pouvait dire de chacun d'eux qu'il avait plus d'esprit que\nl'autre.\n                            QUATRIÈME ARTICLE\n   Ils firent une excursion à Suresnes, où ils procréèrent artificiellement,\nd'après les règles nouvelles, le poète Adoré Floupette,\n                            CINQUIÈME ARTICLE\n Sous le nom duquel ils publièrent une série de parodies de Stéphane\nMallarmé et de Paul Verlaine : les Déliquescences.\n\n  (1) Voir les numéros de l'Art moderne du 19 et du 26 juillet, du 2, du 9, du 16,\ndu 23 et du 30 août, du 6 et du 13 septembre 1885.\n"}, {"page_pdf": 556, "page_imprimee": 509, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "                                 — 500 —\n\n\n                            SIXIÈME ARTICLE\n Paris s'amusa du livricule pendant vingt-quatre heures, Stéphane\nMallarmé pendant quarante-huit.\n                           SEPTIÈME ARTICLE\n  Et Paul Verlaine ne le lut pas, parce qu'il était trop occupé.\n                            HUITIÈME ARTICLE\n  Personne d'ailleurs ne prit les Déliquescences au sérieux, et Paris se les\nrappelle à peu près autant que les Capitulaires de Charlemagne.\n                           NEUVIÈME ARTICLE\n  Personne ne les prit au sérieux, sauf mon oncle le jurisconsulte,\n                             DIXIÈME ARTICLE\n  Qui avait été piqué par la mouche du coche,\n                            ONZIÈME ARTICLE\n  Et qui, furieux de voir qu'on ne dirige pas la Jeune Belgique comme un\ncabinet de chicaneau,\n                           DOUZIÈME ARTICLE\n  Voulut profiter des Déliquescences pour faire d'une très petite pierre une\ndouzaine d'incontestables pavés d'ours.\n                           TREIZIÈME ARTICLE\n  C'est ainsi que mon oncle le jurisconsulte entreprit, dans l ' A r t moderne\nresté sans défense depuis la retraite de MM. Robert et Arnould, des Essais\nde Pathologie contemporaine.\n                         QUATORZIÈME ARTICLE\n   Le premier essai était consacré aux Déliquescents. Il se composait de\ncitations d'Adoré Floupette et de Marius Tapora. Il était assez amusant.\nOn reconnaissait d'ailleurs mon oncle le jurisconsulte à sa manière d'agencer\nles citations.\n                           QUINZIÈME ARTICLE\n   Le deuxième essai émanait presque tout entier de mon oncle le juriscon­\nsulte. Il y était proclamé qu'il existe deux sortes de Décadents, les bons\nDécadents, et les mauvais Décadents. Le troisième essai ne disait rien, et le\nquatrième récapitulait ce qui avait été dit dans le troisième. Le cinquième\nessai s'occupait des Incohérents. Après avoir cité, avec antiphémie, des\nstrophes de Verlaine et un sonnet de Mallarmé, ainsi qu'une pièce de\nGeorges Khnopff, mon oncle le jurisconsulte concluait ainsi : il y a de bons\nIncohérents, mais il y en a aussi de mauvais. Le sixième essai ne disait\nrien, et le septième expliquait laborieusement le sixième.\n"}, {"page_pdf": 557, "page_imprimee": 510, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2679, "texte": "                                  — 510 —\n\n                             SEIZIÈME ARTICLE\n   Entretemps, on riait beaucoup à Bruxelles. Mon oncle le jurisconsulte\nse trompa sur la signification de cette hilarité, et continua.\n                          DIX-SEPTIÈME ARTICLE\n   Le huitième essai complimentait Georges Khnopff, non pas d'avoir écrit\nde beaux vers, mais d'avoir inventé une prosodie nouvelle en rimant des\npièces en vers féminins. Ronsard et les poètes de la Pléiade, étourdis par\ncette science imposante, négligèrent d'envoyer un droit de réponse à l'Art\nmoderne. Le neuvième essai, intitulé les Verbolâtres, citait une belle page\nde Taine. Le dixième remarquait qu'il y a de bons Verbolâtres et de mauvais\nVerbolâtres.\n                         DIX-HUITIÈME ARTICLE\n   Le onzième essai avouait « que les jeunes artistes belges seraient loués\ndavantage pour leur art s'ils pouvaient l'être davantage pour leur carac­\ntère ». Le douzième s'intéressait quelque peu aux Symbolistes. Mon oncle\nle jurisconsulte, — celui-là même qui nous conjurait naguère d'abandonner\ntout symbolisme pour observer la réalité immédiate — y démontrait que le\nsymbolisme est le principe de tout art vraiment supérieur. Et il partait de\nlà pour prétendre qu'il y a de bons Symbolistes, mais qu'il y en a aussi de\nmauvais.\n                          DIX-NEUVIÈME ARTICLE\n  Dire de toutes les théories d'art qu'elles sont à la fois bonnes et mau­\nvaises est une méthode qui, à force d'être appliquée, finit par dégager une\npuissante unité d'ensemble.\n                           VINGTIÈME ARTICLE\n   La roue d'une voiture lancée à fond de train tourne si vite qu'elle semble\nimmobile. Mon oncle le jurisconsulte est une jolie roue de voiture. La\ncinquième.\n                      VINGT-ET-UNIÈME ARTICLE\n   Dans son treizième essai, mon oncle le jurisconsulte expliquait les\n Tœnias de Floupette. On n'a jamais su ce que Henry Beauclerc et Gabriel\nVicaire ont pensé des explications de ce critique. Dans son quatorzième\nessai, et dans les suivants, dont il serait téméraire de vouloir déterminer le\nnombre, mon oncle le jurisconsulte se lamentait solennellement devant\nla plaisante Oraison du soir, d'Arthur Rimbaud, et devant une fantaisie\nironique de Verlaine, tirée des Vers à la manière de plusieurs. Il finissait\npar se consoler en pensant qu'il y a des gens qui se portent mal et d'autres\nqui se portent bien. Dans son quinzième essai, après avoir rangé Mallarmé\net Verlaine dans la catégorie des malades, mon oncle le jurisconsulte finissait\npar s'apercevoir que ces poètes sont aussi des bien portants. Et enfin,\nbouquet de ce feu d'artifice antiphémique, il reconnaissait, dans une note\n"}, {"page_pdf": 558, "page_imprimee": 511, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2720, "texte": "                                  — 511 —\n\ndéposée au pied d'une lettre de Georges Khnopff, que le sonnet de Mal­\nlarmé : A celle qui est tranquille est fort beau, mais qu'on n'en pourrait\ndire autant « des autres pièces du recueil Jadis et Naguère, dont il est\nextrait ». Extraire un sonnet de Mallarmé de Jadis et Naguère, un livre\nde Paul Verlaine, voilà une opération césarienne que seul furoncle le juris­\nconsulte pouvait réussir !\n\n                        VINGT-DEUXIÈME ARTICLE\n  Et cependant, mon oncle le jurisconsulte n'était pas heureux. Un des\nnôtres, — cet âge est sans pitié ! — avait eu l'audace de le traiter successi­\nvement de garde civique et d'amateur.\n\n                        VINGT-TROISIÈME ARTICLE\n   Sa digestion devenait pénible. Les tcenias qu'il avait niés venaient traî­\ntreusement le persécuter. Et, dans la pénombre, sa clameur sombre faisait\nfleurir des chardons pleins de symbolisme ésotérique. Son âme était effroya­\nblement verte, et c'était lui qui était le solitaire. Alors, mon oncle le juris­\nconsulte résolut de frapper un grand coup. Il invita un menuisier, et se\nmit à écrire des vers. Par un caprice, ou par toute autre raison de la même\nespèce, il appela ses sonnets Czardas rimées. Il en fit un gros paquet et le\nporta nuitamment à M. Charles-Henry de Tombeur, rédacteur en chef de\nla Basoche, — en se cachant sous le pseudonyme symbolique de Georges\nBébiesko.\n                       VINGT-QUATRIÈME ARTICLE\n Nous n'avons pas la photographie de la rédaction de la Basoche à ce\nmoment-là.\n                       VINGT-CINQUIÈME ARTICLE\n   A peu près à la même époque, mon oncle le jurisconsulte publia dans\nson Art moderne un article très dangereux pour les rates sensibles. Il y\naffirmait que les vrais artistes sont ceux qui, étant avocats, médecins,\nnotaires, officiers, négociants, pédicures, allumeurs de réverbères ou rois\nconstitutionnels, écrivent des livres pendant leurs vacances, à leurs décades\nperdues, sans s'occuper des détails de forme et d'exécution. Il suffit d'avoir\njeté un coup d'œil sur les nombreuses revues de jeunes pour connaître à\nfond le maniement du vers et de la rime. Les amateurs sont les vrais\nartistes. Mais comme le mot amateur a été exploité par nous, mon oncle le\njurisconsulte proposait de le remplacer par le mot : Esthète. Il y a donc\nles trois échelons de l'échelle mystique : l'échelon de l'amateur, occupé\nnaguère par feu le docteur Emile Valentin, l'échelon de l'artiste sans pro­\nfession, que mon oncle le jurisconsulte consentirait à laisser à Barbey d'Au­\nrevilly, à Cladel ou à Camille Lemonnier, puis, plus haut, beaucoup plus\nhaut l'échelon de l'Esthète, que mon oncle le jurisconsulte se réserve pour\nson usage particulier.\n"}, {"page_pdf": 559, "page_imprimee": 512, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "                                     — 512 —\n\n\n                            VINGT-SIXIÈME ARTICLE\n\n  Va pour le vocable Esthète !\n                          VINGT-SEPTIÈME ARTICLE\n  Ce qui nous amène à essayer une étude de pathosjoli sous ce titre\ngénéral : Les Esthêtards.\n                          VINGT-HUITIÈME ARTICLE\n  Prenons pour type de l'Esthêtard, ou si l'on veut, de l'Esthète, le poète\nmadgyartmoderniste Georges Bébiesko. Cet esthète (de linotte), qui prêche\naux autres l'art national, va généralement chercher ses inspirations hors de\nson terroir. Il fait de la critique... en Espagne, et des sonnets en Hongrie.\nSon style est étonnamment Kossuth. En sa qualité d'Esthète (ni queue), il\naugmente encore, comme en se jouant, les difficultés du sonnet. Il bâtit ses\ndeux tercets, non pas sur trois rimes, comme dans le sonnet régulier, mais\nsur deux rimes bizarrement entrelacées :\n                Alors des sons de joie et des sons d'épouvante,\n                Des airs tantôt criards et tantôt adoucis\n                Entremêlent dans l'air leurs magiques lacis.\n                Puis soudain reprenant son allure rêvante,\n                Se laissant emporter au fil des noirs soucis,\n                S'achève en gémissant la Csarda dissolvante.\n  L'esthète (ânos), ou esthêtard, présente cette ressemblance avec Achille\n— la seule! — c'est qu'il est vulnérable à la cheville. Il rime à la sueur de\nson front des vers comme ceux-ci :\n                Sur le mode mineur un chant, d'abord furtif,\n                Puis farouche et strident, passe ainsi qu'une vague;\n                L'archet monte et descend, frappe, enveloppe, ÉLAGUE!...\n   Il est joli, même pour un esthète (de Flandre), cet archet qui élague!\nEt quand on pense que si le vers précédent n'avait point fini sur une vague,\nnous ne connaîtrions pas cet archet-là ! Celui qui a dit du mal de la rime,\npérira par elle !\n  L'esthète (de pipe), préoccupé de quintessencier son vers le plus possible,\ny ajoute parfois quelques syllabes supplémentaires. Exemples :\n         ....Ce rôle passionné, d'une voix si brûlante.... (13 syllabes)\n         ....M'enveloppe en bruissant de son vol circulaire.... (13 syllabes).\n  Ces alexandrins magnifiques, où feue la reine Berthe a mis son pied,\nvont évidemment donner le signal d'une révolution prosodique. Avec cette\npoésie-là et le Volapük, le vingtième siècle peut dormir tranquille : il\naura un art digne de lui !\n  L'esthète (de Turc) pratique aussi l'inversion :\n               ....De tomber épuisé je ne veux pas l'affront I....\n               ....Quand d'un être que j'aime un mot jette la sonde....\n  Allez au conseil de revision contempler les miliciens dont les doigts de\n"}, {"page_pdf": 560, "page_imprimee": 513, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "                                   — 513 —\n\npied sont atteints de chevauchement, ils vous rappelleront les vers de\nBébiesko !\n   Le rimeur madgyartmoderniste tombe parfois dans une espèce de natu­\nralisme difficile à caractériser au moyen d'un seul adjectif. Il est anacréon-\ntique avec lourdeur : tel un iguanodon évoluant avec simplicité au milieu\nd'un service de Sèvres :\n                                             Et cet âcre levain\n               Que distillent tes yeux, qui parfume ta hanche,\n               M'a brûlé comme un suc corrosif qui s'épanche!\n\n   C'est tout à fait galant, Rambouillet, Gentil-Bernard ! C'est même un\npeu Régence, mais Régence... de Tripoli! On ne dit pas plus adorablement\nà une princesse, Cassandre, Hélène ou Marie, qu'elle a des yeux chassieux\net des dessous.... de hercheuse! Bien rimé, Esthète!\n   Ce n'est pas tout. Georges Bébiesko est un de ces poètes qui ont compris\nque le pléonasme est une force. Voici comment l'Esthète (de clou) exprime\nla crainte de voir s'expatrier sa dame :\n               ....Le sort, te soumettant à ses règles barbares,\n               Sans moi peut t'exiler captive à l'étranger!....\n  T'exiler à l'étranger! Voilà un petit pléonasme de derrière les fagots!\nMalheureusement, il n'est pas de Georges Bébiesko, pas même! Il y a belle\nlurette que M. Scribe a écrit, dans la Reine de Chypre, ce vers presque\nidentique :\n                     Triste exilé sur la terre étrangère !\n\n   Il est vrai que dans la pensée de M. Scribe ce vers était destiné à être\nchanté. N'importe. Georges Bébiesko donne l'hospitalité au monstre du\nlibrettiste. Ainsi le grand Shakespeare empruntait, pour les magnifier, des\nvers de Marlowe et de Ben Johnson.\n   L'esthète (en bois) est aussi l'inventeur d'un système d'évaporisation des\nlimons sur lequel nous appelons la sollicitude des sphères gouvernemen­\ntales :\n                Les limons dans lesquels la volupté s'enlise,\n                Dispersés en vapeurs, se perdent dans les airs,\n                Et tu n'es plus qu'une âme où je m'idéalise.\n\n   L'esthète (de lampe) joue, en maître, de l'image rare. Il métaphorise avec\naudace des quatrains qui pourraient bien inspirer une nouvelle exposition\ndes arts incohérents. Bébiesko est à l'Opéra, seul, dans sa loge. Il regarde\nla cantatrice....\n                Etrange vision! Dans un tourbillon noir\n                Les décors s'affaissaient, la salle était croulante,\n                Et ton cœur, s'élançant de ta gorge tremblante,\n                Vers moi se balançait comme un rouge encensoir.\n\n  C'est du Floupette, moins spirituel.\n  L'esthêtard est aussi critique littéraire. Dogmatique comme s'il avait\navalé un pape, il épluche les strophes des poètes qui ne sont pas des\n"}, {"page_pdf": 561, "page_imprimee": 514, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1872, "texte": "                                  -   514    -\n\n\nEsthètes avec la grâce et le discernement d'un âne qui se mettrait à brouter\ndes roses. Il y a longtemps que le charme est rompu, et que Titania —\nlisez la Jeune Belgique — n'est plus amoureuse de ce Bottom. Ç'a été, non\npas le songe, mais le cauchemar d'une nuit d'été !\n   Quand on a écrit — d'une oreille trempée dans l'encre — que Leconte\nde Lisle n'a point de personnalité, et que Baudelaire est un chanteur de\nbarcarolles, quand on a objurgué tour à tour la poésie d'être sociale,\nnationale, personnelle, symboliste, impersonnelle, quand on a écrit trois\ncents pages sur Adoré Floupette, quand on a commis des sonnets pareils à\nceux que nous venons de citer, on est jugé.\n   L'esthète se fâchera, probablement. Il sera alors un esthète (près du\nbonnet). Tant pis pour lui. Il y avait une fois un amateur de musique dont\nle rêve était de diriger un orchestre. Il convoquait des musiciens habiles,\nrompus à toutes les difficultés du métier. Hissé sur un très haut pupitre,\nen évidence aux yeux de la foule, il traçait avec son bâton directorial des\nsignes quelconques et arbitraires, sur la tête des musiciens qui ne le regar­\ndaient pas, mais qui suivaient du coin de l'œil l'un des premiers violons,\ncaché aux curiosités populaires, et conduisant imperceptiblement la sym­\nphonie du petit bout de son archet. Cela dura jusqu'au jour où, pris de\nvertige, l'amateur ne voulut plus diriger platoniquement. Il se brouilla avec\nles premiers violons, accusa d'ignorance les violoncelles, et eut des mots\naigres avec les ophicléides. Il mena un tel tapage que les musiciens se\nlevèrent, et, lui brûlant la politesse, s'en allèrent jouer ailleurs. Son archet\nfut « élagué », et l'amateur récalcitrant ne dirigea plus jamais d'orchestre.\n                                                 PIERROT     LUNAIRE.\n\n\n\n\n              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 514, "page_fin": 514, "titre_corps": "Sonnet panthéiste", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Adolphe Ribaux", "ancre_debut": "SONNET PANTHÉISTE", "ancre_fin": "ADOLPHE RIBAUX", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 561, "page_imprimee": 514, "debut_caractere": 1872, "fin_caractere_exclue": 2740, "texte": "SONNET PANTHÉISTE\n          Toi qui voudrais unir Idéal et Réel,\n          C'est assez de langueurs, assez de larmes vaines,\n          Poète, suis l'exemple admirable des chênes,\n          Vis tranquille et serein sous l'espace du ciel.\n          Ecoute la nature et son mystique appel,\n          Les heures de repos et d'amour sont prochaines ;\n          La pourpre violette éparse dans tes veines,\n          Ira bientôt grossir le flot universel.\n          Demain l'apaisement peut embaumer ton être,\n          Et, tandis que la chair, d'où le printemps va naître,\n          Se transforme au cercueil, sous l'herbe de velours,\n          L'esprit vers l'Infini prendra sa libre course,\n          Et l'âme s'enfuira, glorieuse à toujours,\n          Fleurir sur les rosiers et chanter dans la source.\n                                                     ADOLPHE RIBAUX."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1885-10-05-n10-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1885-001-004_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1885-001-004_f.pdf", "ocr_sha256": "f6f56bdb4e7ca48e2a6c747a0deac4c7038c6e6eda39a6a5d89d13b994e40edc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 515, "page_fin": 520, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Anonyme", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "chissez moi", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "MEMENTO\n   "}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 133, "texte": "L'Art moderne publie, dans son avant-"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 187, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "dernier numéro la lettre, suivante. 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Mallarmé et Verlaine, ne"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2386, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "parodie rien : leur concentration parfois"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2429, "fin_caractere_exclue": 2474, "texte": "excessive et, ci et là, de rocailleuses dure­"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2521, "fin_caractere_exclue": 2562, "texte": "tés parmi le bleu de ciel fluide de leurs"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2617, "fin_caractere_exclue": 2658, "texte": "harmonies, on ne les vit point chez Flou­"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2704, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "pette. 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la Nuance seule fiance,"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 1577, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Le rêve au rêve et la flûte au cor !"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 1707, "fin_caractere_exclue": 1741, "texte": "De la musique encore et toujours !"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 1797, "fin_caractere_exclue": 1831, "texte": "Que ton vers soit la chose envolée"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 1887, "fin_caractere_exclue": 1925, "texte": "Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 1981, "fin_caractere_exclue": 2020, "texte": "Vers d'autres cieux à d'autres amours ;"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2076, "fin_caractere_exclue": 2111, "texte": "Que ton vers soit la bonne aventure"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2167, "fin_caractere_exclue": 2197, "texte": "Eparse au vent crispé du matin"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2253, "fin_caractere_exclue": 2292, "texte": "Qui va fleurant la menthe et le thym..."}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2348, "fin_caractere_exclue": 2385, "texte": "Et tout le reste est littérature !..."}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2481, "fin_caractere_exclue": 2519, "texte": "— Ecoutez bien, « Et tout le reste est"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2570, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "littérature! » — J e a n Moréas, l'auteur des"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2666, "fin_caractere_exclue": 2702, "texte": "Syrtes, René Ghil, dans les Légendes"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2753, "fin_caractere_exclue": 2788, "texte": "d'âmes et de sang, ébaucheur encore"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2839, "fin_caractere_exclue": 2881, "texte": "apprenti, mais futur maître; et pourquoi y"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "échappai-je moi-même à l'éreintement,"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3020, "fin_caractere_exclue": 3062, "texte": "moi qui, seul parmi les poètes de la Jeune"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3113, "fin_caractere_exclue": 3156, "texte": "Belgique, me laisse aller au Rêve déliques-"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3207, "fin_caractere_exclue": 3248, "texte": "cent, à tel point que je fus en butte aux"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3299, "fin_caractere_exclue": 3338, "texte": "attaques journalistiques dont vous avez"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3389, "fin_caractere_exclue": 3433, "texte": "parlé (*), à d'autres aussi des faux amis, à"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3484, "fin_caractere_exclue": 3524, "texte": "qui je pardonne, comme le Christ « parce"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3575, "fin_caractere_exclue": 3621, "texte": "qu'il ne savent pas ce qu'ils font », et parlé"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3672, "fin_caractere_exclue": 3711, "texte": "élogieusement, car, quoi? aux doux con­"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3762, "fin_caractere_exclue": 3804, "texte": "certs des instruments, j'apparus en galant"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3855, "fin_caractere_exclue": 3893, "texte": "Watteau sur la mélancolique pelouse de"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 3944, "fin_caractere_exclue": 3960, "texte": "l'Ile enchantée?"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 4015, "fin_caractere_exclue": 4054, "texte": "11 est bien visible, hélas! qu'à propos"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 4105, "fin_caractere_exclue": 4144, "texte": "d'une œuvre de mesquine envie, vous ba­"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 4195, "fin_caractere_exclue": 4236, "texte": "fouez sans réflexion des novateurs en mu­"}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 4287, "fin_caractere_exclue": 4311, "texte": "sicale langue française."}, {"page_pdf": 562, "page_imprimee": 515, "debut_caractere": 4412, "fin_caractere_exclue": 4441, "texte": "(*) Ça c'est pour moi. Max W."}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 96, "texte": "Telle évolution des principes littéraires"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "entraîne une correspondante évolution dans"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 209, "fin_caractere_exclue": 219, "texte": "la langue."}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 308, "fin_caractere_exclue": 347, "texte": "Ces novissimes harmonistes, les traiter"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 401, "fin_caractere_exclue": 442, "texte": "de funambules, parce que, après le métal­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 472, "fin_caractere_exclue": 512, "texte": "lisme de Baudelaire et les japonaiseries"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 565, "fin_caractere_exclue": 608, "texte": "des de Goncourt, ils essaient d'une concen­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 661, "fin_caractere_exclue": 705, "texte": "tration en harmonies et d'une musicale i n ­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 754, "fin_caractere_exclue": 795, "texte": "tensité; quelle courte vue dans la clair­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 847, "fin_caractere_exclue": 885, "texte": "voyance et quel irrespect littéraire !"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 943, "fin_caractere_exclue": 983, "texte": "Vous avouez, dans le second article con­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1030, "fin_caractere_exclue": 1071, "texte": "sacré aux Verbolâtres — et le plus sensé,"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1131, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "véritablement — qu'à l'origine tels nova­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1227, "fin_caractere_exclue": 1270, "texte": "teurs, aujourd'hui enrôlés dans les troupes"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1323, "fin_caractere_exclue": 1364, "texte": "fluides de Floupette, n'eurent pour prin­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1416, "fin_caractere_exclue": 1461, "texte": "cipe que l'évolution obligée de la forme lit­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1506, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "téraire, mais que peu à peu, pris d'une"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1564, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "admiration cabalistique, ce fut une dégéné­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1661, "fin_caractere_exclue": 1701, "texte": "rescence excentrique, une macabre fréné­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1754, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "sie, où les mots, affublés d'oripeaux joviale­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1845, "fin_caractere_exclue": 1879, "texte": "ment funèbres, démoniaquement bal­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1939, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "lèrent."}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2036, "fin_caractere_exclue": 2077, "texte": "Eh bien ! de même que sensés, vous fûtes,"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2120, "fin_caractere_exclue": 2136, "texte": "ici, maladroits."}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2219, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "Car la seule question discutée est celle"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2314, "fin_caractere_exclue": 2358, "texte": "d'un renouveau de forme littéraire; le reste"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2406, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "n'est que détail d'échappatoires."}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2505, "fin_caractere_exclue": 2545, "texte": "Maladie, obscurité, bizarrerie, sont les"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2594, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "seules politesses que l'on incline devant les"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2685, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "transformateurs : il en fut, il en sera tou­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2779, "fin_caractere_exclue": 2823, "texte": "jours ainsi ; vous l'avez rappelé en parlant"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2879, "fin_caractere_exclue": 2923, "texte": "de tant d'artistes, peintres, surtout, musi­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2974, "fin_caractere_exclue": 3017, "texte": "ciens, parfois ; pourquoi, dans l'évolution"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3071, "fin_caractere_exclue": 3111, "texte": "littéraire stationner, partant retarder?"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3171, "fin_caractere_exclue": 3215, "texte": "Il est de telle facilité de jouer au Diafoi-"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3267, "fin_caractere_exclue": 3311, "texte": "rus et de brandir vos seringues de critique!"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3359, "fin_caractere_exclue": 3401, "texte": "On ausculte en malades et en fous les gens"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3453, "fin_caractere_exclue": 3488, "texte": "qu'on ne comprend pas. Vous devriez"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3547, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "savoir que le critique, n'étant point créa­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3638, "fin_caractere_exclue": 3680, "texte": "teur, ne peut se hausser jusqu'au front de"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3717, "fin_caractere_exclue": 3762, "texte": "l'artiste. Et si le texte est obscur, il faut"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3815, "fin_caractere_exclue": 3857, "texte": "avec un religieux agenouillement confesser"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3913, "fin_caractere_exclue": 3954, "texte": "son inférieure incompréhension : voilà la"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4011, "fin_caractere_exclue": 4052, "texte": "seule forme du respect qui est dû à toute"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4105, "fin_caractere_exclue": 4117, "texte": "œuvre d'art."}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4170, "fin_caractere_exclue": 4209, "texte": "Je dirais « les poèmes que vous bafouez"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4262, "fin_caractere_exclue": 4304, "texte": "d'incompréhensibles, je les comprends, non"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4361, "fin_caractere_exclue": 4398, "texte": "pas toujours à première lecture comme"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4453, "fin_caractere_exclue": 4492, "texte": "une œuvre banale, mais après une pieuse"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4551, "fin_caractere_exclue": 4594, "texte": "application et le désir sincère de m'élever"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "jusqu'à l'œuvre que je veux comprendre »,"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 197, "fin_caractere_exclue": 208, "texte": "à quoi bon?"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 264, "fin_caractere_exclue": 303, "texte": "Vous m'accuseriez d'exaspérante préten­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 356, "fin_caractere_exclue": 400, "texte": "tion, il y aurait un bafoué de plus... Et le"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 453, "fin_caractere_exclue": 471, "texte": "résultat critique?"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 527, "fin_caractere_exclue": 564, "texte": "Mais vous êtes donc aveugle et sourd?"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 617, "fin_caractere_exclue": 660, "texte": "Vous vous vantez souvent — et c'est justice"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 713, "fin_caractere_exclue": 753, "texte": "— d'être, en Belgique, l'un des plus an­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 806, "fin_caractere_exclue": 846, "texte": "ciens admirateurs de Wagner. Mais souve­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 899, "fin_caractere_exclue": 938, "texte": "nez-vous donc : de quelles outrageantes"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 991, "fin_caractere_exclue": 1029, "texte": "insanités fut souillé le nom de ce pur"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1082, "fin_caractere_exclue": 1130, "texte": "génie ; et les criticulets appliquant leurs lou­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1183, "fin_caractere_exclue": 1226, "texte": "pioles sur les ténèbres de Victor Hugo ; et"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1279, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "les derniers quatuors de Beethoven, ridicu­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 1414, "texte": "lisés et incompris aujourd'hui encore :"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1468, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "pourquoi ne pas vous souvenir de tout"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1558, "fin_caractere_exclue": 1563, "texte": "cela?"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1619, "fin_caractere_exclue": 1659, "texte": "Et en opposition à ces incompréhensibles"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1712, "fin_caractere_exclue": 1752, "texte": "malades, vous citez comme sains esprits,"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1805, "fin_caractere_exclue": 1843, "texte": "qui cela? Victor Hugo, dans le cerveau"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1896, "fin_caractere_exclue": 1937, "texte": "duquel il y eut déséquilibre évident. Son"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 1990, "fin_caractere_exclue": 2030, "texte": "œuvre populaire n'est-elle point le lieu"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2083, "fin_caractere_exclue": 2118, "texte": "commun grandiose et son symbolisme,"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2171, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "réservé à d'autres qu'aux Bouvard et Pécu­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2266, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "chet qui souillèrent ses funérailles, n'est-ce"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2365, "fin_caractere_exclue": 2404, "texte": "point l'Enigmatique Sacré. Déséquilibre"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2457, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "aussi dans les Niebelungen et les Maîtres-"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2552, "fin_caractere_exclue": 2592, "texte": "Chanteurs de R.Wagner. Et quelle crispa­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2645, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "tion maladive dans ce prodigieux chef-"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2736, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "d'œuvre Tristan et Isolde, colombes exal­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2830, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "tées, si douces vers le bleu du ciel triste et,"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 2930, "fin_caractere_exclue": 2972, "texte": "soudain, en des croupissements d'eau morte"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3025, "fin_caractere_exclue": 3069, "texte": "leurs saignantes trépidations ! Et Parsifal,"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3122, "fin_caractere_exclue": 3165, "texte": "tes plaintives blancheurs et ta douloureuse"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3218, "fin_caractere_exclue": 3264, "texte": "bonté ! Vous citez aussi Rubens ; laissons-le,"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3317, "fin_caractere_exclue": 3357, "texte": "ce grand décorateur et déjà le redondant"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3410, "fin_caractere_exclue": 3450, "texte": "superficiel de la Renaissance, une vraie"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3545, "texte": "décadence, celle-ci : le plus petit maître"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3598, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "gothique, oh ! combien plus pieusement"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3690, "fin_caractere_exclue": 3714, "texte": "à genoux devant son art."}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3771, "fin_caractere_exclue": 3813, "texte": "Dans tout grand artiste, il y a déséquili­"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3867, "fin_caractere_exclue": 3911, "texte": "bre, voyez-le bien, et l'homme sain de corps"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 3965, "fin_caractere_exclue": 4009, "texte": "et d'esprit, au sens vrai des mots, n'est le"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4063, "fin_caractere_exclue": 4103, "texte": "créateur que d'œuvres ternes et sans vie"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4157, "fin_caractere_exclue": 4164, "texte": "future."}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4221, "fin_caractere_exclue": 4259, "texte": "Vous eussiez dû cependant, par respect"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4313, "fin_caractere_exclue": 4358, "texte": "pour de vrais artistes, parler, non de poèmes"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4412, "fin_caractere_exclue": 4451, "texte": "plus faibles que d'autres, comme ils se"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4505, "fin_caractere_exclue": 4549, "texte": "traînent chez tous, honorer et faire honorer"}, {"page_pdf": 563, "page_imprimee": 516, "debut_caractere": 4603, "fin_caractere_exclue": 4645, "texte": "des œuvres si purement belles et sereines."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 103, "texte": "De Verlaine, les stances désolées de Therc"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 166, "fin_caractere_exclue": 212, "texte": "eussent été bien vite oubliées à la lecture de"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 359, "fin_caractere_exclue": 399, "texte": "Sagesse, ce doux chef-d'œuvre de candide"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 513, "fin_caractere_exclue": 557, "texte": "contrition, et voici, pour réparer, publié à"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 653, "fin_caractere_exclue": 692, "texte": "côté de ce petit pantoum dont vous vous"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 792, "fin_caractere_exclue": 832, "texte": "moquez, Dodo, l'enfant do, chantez, doux"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 934, "fin_caractere_exclue": 976, "texte": "fuseaux, si délicieux dans sa tendresse de"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1077, "fin_caractere_exclue": 1117, "texte": "ronde vieillotte, un des plus admirables"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1199, "fin_caractere_exclue": 1229, "texte": "sonnets qui aient été écrits :"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1342, "fin_caractere_exclue": 1379, "texte": "Trois petits pâtés, ma chemise brûle."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1447, "fin_caractere_exclue": 1482, "texte": "Monsieur le curé n'aime pas les os."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1591, "texte": "Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1656, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1701, "fin_caractere_exclue": 1742, "texte": "Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1797, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1873, "fin_caractere_exclue": 1906, "texte": "Vivent le muguet et la campanule!"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1972, "fin_caractere_exclue": 2013, "texte": "Dodo, l'enfant do, chantez, doux fuseaux."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2115, "fin_caractere_exclue": 2155, "texte": "Que n'émigrons nous vers les Palaiseaux."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2261, "fin_caractere_exclue": 2302, "texte": "Trois petits pâtés, un point et virgule ;"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2307, "fin_caractere_exclue": 2348, "texte": "On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2402, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "Vivent le muguet et la campanule."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2504, "fin_caractere_exclue": 2544, "texte": "Trois petits pâtés, un point et virgule;"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2598, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "Dodo, l'enfant do, chantez, doux fuseaux."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "La libellule crie emmi les roseaux,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2838, "fin_caractere_exclue": 2873, "texte": "Monsieur le curé, ma chemise brûle."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2979, "fin_caractere_exclue": 2995, "texte": "Il me rappelle :"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3085, "fin_caractere_exclue": 3112, "texte": "Uni, unel, ma tant' Michel,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3185, "fin_caractere_exclue": 3220, "texte": "N'entrerez point dans not' jardin :"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3325, "fin_caractere_exclue": 3354, "texte": "Ne cueill'rez pas du romarin,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3367, "fin_caractere_exclue": 3389, "texte": "Fric, frac, ma savat',"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3453, "fin_caractere_exclue": 3474, "texte": "Fric, frac, mon sabot"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3525, "fin_caractere_exclue": 3571, "texte": "et tout l'enfantillage des jardinets bordés de"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3684, "fin_caractere_exclue": 3726, "texte": "gazon d'Espagne avec, au milieu, Tesseule­"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3827, "fin_caractere_exclue": 3862, "texte": "ment d'effrités cadrans solaires..."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4044, "fin_caractere_exclue": 4052, "texte": "LANGUEUR"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4154, "fin_caractere_exclue": 4196, "texte": "Je suis l'empire à la fin do la Décadence,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4257, "fin_caractere_exclue": 4302, "texte": "Qui regarde passer les grands barbares blancs"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4356, "fin_caractere_exclue": 4396, "texte": "En composant des accrostiches indolents,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4452, "fin_caractere_exclue": 4499, "texte": "D'un style d'or où la langueur du soleil danse."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4552, "fin_caractere_exclue": 4598, "texte": "L'âme seulette a mal au coeur d'un ennui dense"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4685, "fin_caractere_exclue": 4735, "texte": "Là-bas on dit qu'il est de longs combats sanglants"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4736, "fin_caractere_exclue": 4784, "texte": "0 n'y pouvoir, étant si faible aux vœux si lents"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4829, "fin_caractere_exclue": 4874, "texte": "0 n'y vouloir fleurir un peu cette existence!"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4929, "fin_caractere_exclue": 4973, "texte": "0 n'y vouloir, ô n'y pouvoir mourir un peu !"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5142, "fin_caractere_exclue": 5191, "texte": "Ah ! tout est bu ! Bathylle, as-tu fini de rire ?"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5241, "fin_caractere_exclue": 5292, "texte": "Ah ! tout est bu! tout est mangé ! Plus rien à dire"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5344, "fin_caractere_exclue": 5391, "texte": "Seul, un poème un peu niais qu'on jette au feu,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5447, "fin_caractere_exclue": 5496, "texte": "Seul, un esclave un peu coureur qui vous néglige,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5555, "fin_caractere_exclue": 5605, "texte": "Seul, un ennui d'où ne sait quoi qui vous afflige!"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5660, "fin_caractere_exclue": 5701, "texte": "N'est-ce point merveilleux d'alourdie in­"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5756, "fin_caractere_exclue": 5764, "texte": "dolence?"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5955, "fin_caractere_exclue": 5996, "texte": "Et encore le Kaleïdoscope, où cette stro­"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 6056, "fin_caractere_exclue": 6097, "texte": "phe finale avec des obsessions de ronron­"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 6098, "fin_caractere_exclue": 6115, "texte": "nantes abeilles :"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 116, "fin_caractere_exclue": 164, "texte": "Ce sera comme quand on rêve et qu'on s'éveille !"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 221, "fin_caractere_exclue": 266, "texte": "Et que l'on se rendort et que l'on rêve encor"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 323, "fin_caractere_exclue": 357, "texte": "De la même féerie et du même décor"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 456, "fin_caractere_exclue": 511, "texte": "L'été, dans l'herbe, au bruit moiré d'un vol d'abeille."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 616, "fin_caractere_exclue": 651, "texte": "Je vous abandonne l'Oraison du soir"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 749, "fin_caractere_exclue": 790, "texte": "d'Arthur Rimbaud ; ce n'est qu'une gogue­"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 889, "fin_caractere_exclue": 933, "texte": "narde fantaisie de pince-sans rire. Mais, du"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1033, "fin_caractere_exclue": 1075, "texte": "même poète, pourquoi ne citez-vous pas les"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1174, "fin_caractere_exclue": 1197, "texte": "Assis, le Bateau ivre :"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1286, "fin_caractere_exclue": 1337, "texte": "Je sais les cieux cuvant en éclairs, et les trombes"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1394, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "Et les ressacs et les courants, je sais le soir,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1499, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1602, "fin_caractere_exclue": 1651, "texte": "El /'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1756, "fin_caractere_exclue": 1792, "texte": "Les Chercheuses de Poux, cette lumi­"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1849, "fin_caractere_exclue": 1868, "texte": "neuse exaspération?"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 1928, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "Les vers de Stéphane Mallarmé, disciple"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2070, "fin_caractere_exclue": 2110, "texte": "de Baudelaire assurément (mais Wagner ne"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2212, "fin_caractere_exclue": 2256, "texte": "procède-t-il point de Beethoven et de Bach ;"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2359, "fin_caractere_exclue": 2397, "texte": "Victor Hugo, avec les transformatrices"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2454, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "évolutions de langue, ne doit-il point saluer"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2556, "fin_caractere_exclue": 2593, "texte": "Agrippa d'Aubigné?) sont plus connus,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2650, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "peut-être : publiés dans le premier volume"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2789, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "du Parnasse, ils sont faciles à découvrir et"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 2930, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "faciles, certes, à lire, avec un peu de cette"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3032, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "attention de moines et de poètes.... Et quel"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3133, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": "désir d'admirer le Placet, l'Apparition, le"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3277, "fin_caractere_exclue": 3316, "texte": "Don du Poème, Hérodiade avec ses lueurs"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3411, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "fauves d'antiques pierreries."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3515, "fin_caractere_exclue": 3524, "texte": "HÉRODIADE"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3628, "fin_caractere_exclue": 3683, "texte": "Oui, c'est pour moi, pour moi que je fleuris, déserte !"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3783, "fin_caractere_exclue": 3826, "texte": "Vous le savez, jardins d'améthyste, enfouis"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3883, "fin_caractere_exclue": 3923, "texte": "Sans fin dans de savants abîmes éblouis,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 3980, "fin_caractere_exclue": 4022, "texte": "Ors ignorés, gardant votre antique lumière"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4109, "fin_caractere_exclue": 4153, "texte": "Sous le sombre sommeil d'une terre première,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4210, "fin_caractere_exclue": 4256, "texte": "Vous pierres, où mes yeux comme do purs bijoux"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4313, "fin_caractere_exclue": 4355, "texte": "Empruntent leur clarté mélodieuse, et vous"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4412, "fin_caractere_exclue": 4451, "texte": "Métaux, qui donnez à ma jeune chevelure"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4508, "fin_caractere_exclue": 4551, "texte": "Une splendeur fatale en sa massive allure !"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4675, "fin_caractere_exclue": 4684, "texte": "HÉRODIADE"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4792, "fin_caractere_exclue": 4828, "texte": "....Tu m'as vue, ô nourrice d'hiver,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4885, "fin_caractere_exclue": 4928, "texte": "Sous la lourde prison de pierres et de fer,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 4985, "fin_caractere_exclue": 5035, "texte": "Où de mes vieux lions traînent les siècles fauves,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5092, "fin_caractere_exclue": 5141, "texte": "Entrer, et je marchais, fatale, les mains sauves,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5198, "fin_caractere_exclue": 5240, "texte": "Dans le parfum désert de ces anciens rois,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5297, "fin_caractere_exclue": 5343, "texte": "Mais encore as-tu vu quels furent mes effrois?"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5400, "fin_caractere_exclue": 5446, "texte": "Je m'arrête, rêvant aux exils, et j'effeuille,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5503, "fin_caractere_exclue": 5554, "texte": "Comme près d'un bassin où le jet d'eau m'accueille."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5611, "fin_caractere_exclue": 5657, "texte": "Les pâles lys qui sont en moi, tandis qu'épris"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5714, "fin_caractere_exclue": 5755, "texte": "De suivre du regard les languides débris."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5812, "fin_caractere_exclue": 5854, "texte": "Descendre à travers ma rêverie en silence,"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 5911, "fin_caractere_exclue": 5952, "texte": "Les bêtes de ma robe écartent l'indolence"}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 6009, "fin_caractere_exclue": 6055, "texte": "Et regardent mes pieds qui calmeraient la mer."}, {"page_pdf": 564, "page_imprimee": 517, "debut_caractere": 6158, "fin_caractere_exclue": 6209, "texte": "Les Fenêtres, l ' A z u r , le Sonneur,      l'Epi-"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 102, "texte": "logue, la Brise marine, qui débute par ce"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 127, "texte": "prodigieux accablement :"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 201, "fin_caractere_exclue": 256, "texte": "La chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres!"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 304, "fin_caractere_exclue": 343, "texte": "Et ce sonnet que je veux citer entier :"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 516, "fin_caractere_exclue": 542, "texte": "A CELLE QUI EST TRANQUILLE"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 644, "fin_caractere_exclue": 693, "texte": "Je ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 694, "fin_caractere_exclue": 740, "texte": "En qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 838, "fin_caractere_exclue": 880, "texte": "Dans trs cheveux impurs une triste tempête"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 940, "fin_caractere_exclue": 984, "texte": "Sous l'incurable ennui que verse mon baiser."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1041, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "Je demande à ton lit le lourd sommeil sans songes"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1147, "fin_caractere_exclue": 1191, "texte": "Planant sous les rideaux inconnus du remords"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1216, "fin_caractere_exclue": 1264, "texte": "Et que tu peux goûter après tes noirs mensonges,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1266, "fin_caractere_exclue": 1315, "texte": "Toi au: sur le néant en sais plus que les morts !"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1366, "fin_caractere_exclue": 1407, "texte": "Car le vice, rongeant ma native noblesse,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1463, "fin_caractere_exclue": 1500, "texte": "M'a comme toi marqué de sa stérilité,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1564, "fin_caractere_exclue": 1609, "texte": "Mais tandis que ton sein de pierre est habité"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1666, "fin_caractere_exclue": 1714, "texte": "Par un cœur que la dent d'aucun crime ne blesse,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1768, "fin_caractere_exclue": 1813, "texte": "Je fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1814, "fin_caractere_exclue": 1858, "texte": "Ayant peur de mourir lorsque je couche seul."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2161, "fin_caractere_exclue": 2198, "texte": "Au surplus, à quoi bon ces citations?"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2306, "fin_caractere_exclue": 2346, "texte": "Pour le vulgum pecus, et vous vous h o ­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2437, "fin_caractere_exclue": 2453, "texte": "norez d'en être?"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2457, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "Ne nous humilions point."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2541, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "Faire sentir qu'il n'y a chez ces nova­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2681, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "teurs, bafoués comme il sied par la b a -"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2825, "fin_caractere_exclue": 2867, "texte": "dauderie du journal et hélas, par l'égare­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2972, "fin_caractere_exclue": 3015, "texte": "ment de la critique, ni pastiche, ni excen­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3112, "fin_caractere_exclue": 3153, "texte": "tricité, mais simplement évolution néces­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3223, "fin_caractere_exclue": 3269, "texte": "saire, c'était mon but. Et aussi de l'orgueil,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3372, "fin_caractere_exclue": 3416, "texte": "certes, désir de recevoir sur les épaules un"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3514, "fin_caractere_exclue": 3541, "texte": "peu du fouet qui les cingle"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3643, "fin_caractere_exclue": 3683, "texte": "Pour Eux, elle est inexistante la rumeur"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3780, "fin_caractere_exclue": 3818, "texte": "de ces moucheronnes, bêtes d'encre. Se"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3919, "fin_caractere_exclue": 3961, "texte": "souiller de popularité! L'on risque d'être"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4062, "fin_caractere_exclue": 4102, "texte": "conduit au Panthéon par toute la politi-"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4204, "fin_caractere_exclue": 4245, "texte": "caillerie de France — les poètes pleurent"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4345, "fin_caractere_exclue": 4387, "texte": "religieusement loin de tous — et la bedon­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4485, "fin_caractere_exclue": 4529, "texte": "nante bureaucratie et toutes les sociétés de"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4628, "fin_caractere_exclue": 4666, "texte": "fanfares de Paris et des départements."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4772, "fin_caractere_exclue": 4788, "texte": "GEORGES KHNOPFF."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4909, "fin_caractere_exclue": 4912, "texte": "**+"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4990, "fin_caractere_exclue": 5030, "texte": "Dans son avant-dernier numéro, l ' A r t"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5087, "fin_caractere_exclue": 5125, "texte": "moderne publie une lettre de M. Edmond"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5191, "fin_caractere_exclue": 5237, "texte": "Picard dans laquelle celui-ci affirme : « L'on"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5290, "fin_caractere_exclue": 5334, "texte": "avait tout dit de moi excepté que j'étais un"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5389, "fin_caractere_exclue": 5429, "texte": "imbécile ». C'est à la Jeune Belgique de"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5488, "fin_caractere_exclue": 5532, "texte": "combler cette lacune. Après la série d'arti­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5588, "fin_caractere_exclue": 5626, "texte": "cles folâtres de VArt moderne, on peut"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5685, "fin_caractere_exclue": 5721, "texte": "affirmer sans scrupule que M. Edmond"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5785, "fin_caractere_exclue": 5804, "texte": "Picard est complet."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 164, "fin_caractere_exclue": 200, "texte": "M. Ferdinand Loise publie, chez Cas-"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 259, "fin_caractere_exclue": 300, "texte": "taigne, un travail sur Lamartine et Hugo."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 359, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "Ce travail est injuste et inexact. M. Loise a"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 463, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "connu Lamartine et se plaît à rappeler cette"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 601, "fin_caractere_exclue": 643, "texte": "illustre relation. Son homme, c'est Lamar­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 799, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "tine; ils ont dîné ensemble. Cela mène"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 896, "fin_caractere_exclue": 939, "texte": "M. Loise à n'admettre pas qu'il y ait meil­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 998, "fin_caractere_exclue": 1040, "texte": "leur poète que le « Chantre d'Elvire », et"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1099, "fin_caractere_exclue": 1146, "texte": "c'est Victor Hugo qu'il sacrifie sur l'autel de"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1205, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "Lamartine."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1326, "fin_caractere_exclue": 1365, "texte": "Outre que les deux poètes ne sont pas à"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1424, "fin_caractere_exclue": 1462, "texte": "comparer, mettre au dessus du plus im­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1521, "fin_caractere_exclue": 1563, "texte": "mense cerveau que la littérature française"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1622, "fin_caractere_exclue": 1665, "texte": "ait possédé, de l'homme qui a touché toutes"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1724, "fin_caractere_exclue": 1767, "texte": "choses d'une griffe puissante et maîtresse,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 1917, "fin_caractere_exclue": 1956, "texte": "un barde qui ne fut jamais qu'un barde,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2015, "fin_caractere_exclue": 2054, "texte": "virtuose adorable dont l'instrument eut"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2113, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "toutes les douceurs et toutes les harmonies,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2257, "fin_caractere_exclue": 2302, "texte": "c'est dire que le rossignol des bois est plus"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2405, "fin_caractere_exclue": 2436, "texte": "beau que l'aigle des montagnes."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2534, "fin_caractere_exclue": 2537, "texte": "***"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2642, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "A travers les théâtres — A la Monnaie,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2781, "fin_caractere_exclue": 2824, "texte": "mois de débuts tâtonnants avec l'Africaine,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 2926, "fin_caractere_exclue": 2971, "texte": "Roméo et Juliette, Rigoletto, Si j'étais roi,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3074, "fin_caractere_exclue": 3111, "texte": "le Trouvère, Le Pré aux Clercs et les"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3212, "fin_caractere_exclue": 3222, "texte": "Huguenots."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3331, "fin_caractere_exclue": 3371, "texte": "Sont appréciés et calés définitivement :"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3475, "fin_caractere_exclue": 3513, "texte": "MM es Mézeray, Wolff ainsi que MM. Bé-"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3600, "fin_caractere_exclue": 3639, "texte": "rardi, Furst, Boyer, Dubulle et Renaud."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3745, "fin_caractere_exclue": 3779, "texte": "— Au Parc, Céline Chaumont dans la"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 3877, "fin_caractere_exclue": 3918, "texte": "Petite Marquise, les Sonnettes, Une femme"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4020, "fin_caractere_exclue": 4061, "texte": "qui se jette par la fenêtre et la Cigale."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4164, "fin_caractere_exclue": 4203, "texte": "Un bon début femme, celui deMlleSchaef­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4304, "fin_caractere_exclue": 4344, "texte": "fer dans le Train de minuit et la Petite"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4446, "fin_caractere_exclue": 4484, "texte": "Marquise; un bon début homme, celui de"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4588, "fin_caractere_exclue": 4627, "texte": "M. Jourdain dans Une femme qui.... Ren­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4725, "fin_caractere_exclue": 4743, "texte": "trée de M. Monroy."}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4850, "fin_caractere_exclue": 4888, "texte": "— L'Alcazar, nouvelle direction, s'est"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 4947, "fin_caractere_exclue": 4986, "texte": "rouvert et ne désemplit pas. L'Etudiant"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5045, "fin_caractere_exclue": 5086, "texte": "pauvre, de Milloecker, vogue vers la cen­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5145, "fin_caractere_exclue": 5190, "texte": "tième avec une parfaite sérénité. Bien inter­"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5249, "fin_caractere_exclue": 5289, "texte": "prété par MM 0 ' Hervey, Fernet et Duro-"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5348, "fin_caractere_exclue": 5388, "texte": "cher, ainsi que par MM. Lary, Carpentier"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5447, "fin_caractere_exclue": 5487, "texte": "et Falchieri, bien mis en scène dans des"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5546, "fin_caractere_exclue": 5587, "texte": "décors frais et pimpants, bien accompagné"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5646, "fin_caractere_exclue": 5684, "texte": "par l'excellent orchestre de M. Lagye,"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5743, "fin_caractere_exclue": 5784, "texte": "l'opéra comique dans le petit théâtre que"}, {"page_pdf": 565, "page_imprimee": 518, "debut_caractere": 5843, "fin_caractere_exclue": 5884, "texte": "la folichonne directrice Olga Léaut avait"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 103, "texte": "outrageusement galvaudé, mais qui renaît à"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 160, "fin_caractere_exclue": 202, "texte": "la vie, trouvera le succès, nous n'en dou­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 263, "fin_caractere_exclue": 297, "texte": "tons pas, — et nous le souhaitons."}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 369, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "— Réouverture du Vaudeville avec Ma"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 466, "fin_caractere_exclue": 506, "texte": "femme manque de chic et une adorable ar­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 568, "fin_caractere_exclue": 596, "texte": "tiste de Paris, M\" 0 Depoix."}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 674, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "— Aux Galeries, Mam'zelle    Nitouche."}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 794, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "*   ■   *   *   -"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 913, "fin_caractere_exclue": 948, "texte": "Nécrologie du mois : Mort de Joseph"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1106, "fin_caractere_exclue": 1139, "texte": "Servais et de Jules de Zarembski."}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1260, "fin_caractere_exclue": 1263, "texte": "***"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1343, "fin_caractere_exclue": 1383, "texte": "Viennent de paraître chez l'éditeur Mon-"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1442, "fin_caractere_exclue": 1485, "texte": "nyer, en une édition délicieuse, les Petits"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1541, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "Cahiers, de Léon Cladel, qui furent primi­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1640, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "tivement édités par Kistemaeckers."}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1843, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "Le livre, encore de la belle manière du"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1986, "fin_caractere_exclue": 2025, "texte": "maître, est un des plus emportés et des"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2128, "fin_caractere_exclue": 2169, "texte": "plus brûlants que nous connaissions. On y"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2271, "fin_caractere_exclue": 2311, "texte": "lira, violemment ému, les superbes pages"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2411, "fin_caractere_exclue": 2449, "texte": "d'Un Revenant, Au point du jour, Trois"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2553, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "fois maudite, qui nous dédommagent du"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2691, "fin_caractere_exclue": 2734, "texte": "jargon désagréable et mal-français des Ker­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2836, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "kadec trop nombreux que M. Cladel a eu"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2978, "fin_caractere_exclue": 3024, "texte": "la faiblesse de livrer à ses libraires. Autant"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3074, "fin_caractere_exclue": 3117, "texte": "nous avons été hostile à ces choses, autant"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3178, "fin_caractere_exclue": 3218, "texte": "nous applaudissons à l'œuvre empoignante"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3278, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "que nous venons de recevoir, et qui se place"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3324, "fin_caractere_exclue": 3365, "texte": "glorieusement à côté du chef-d'œuvre Omp­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3427, "fin_caractere_exclue": 3472, "texte": "drailles. Il est orné de fines et troublantes"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3523, "fin_caractere_exclue": 3548, "texte": "illustrations de Gambard."}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3628, "fin_caractere_exclue": 3667, "texte": "Une erreur de notre chronique récente :"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3728, "fin_caractere_exclue": 3769, "texte": "M. Léon Cladel est, non de Toulouse, mais"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3823, "fin_caractere_exclue": 3862, "texte": "de la Lande en Quercy (Basse-Provence)."}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3923, "fin_caractere_exclue": 3945, "texte": "Est-ce ça, mon maître?"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4150, "fin_caractere_exclue": 4153, "texte": "***"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4234, "fin_caractere_exclue": 4260, "texte": "DERNIÈRES     PUBLICATIONS"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4335, "fin_caractere_exclue": 4374, "texte": "LEMERRE. — Aux De Vigny déjà parus dans"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4436, "fin_caractere_exclue": 4478, "texte": "sa belle collection blanche, l'éditeur Le­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4538, "fin_caractere_exclue": 4580, "texte": "merre en vient d'ajouter un, tout nouveau,"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4636, "fin_caractere_exclue": 4676, "texte": "inconnu, composé avec les morceaux de ce"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4733, "fin_caractere_exclue": 4769, "texte": "noble esprit et de ce cœur fier, que"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4832, "fin_caractere_exclue": 4872, "texte": "M. L. Ratisbonne, celui des grandes per­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4930, "fin_caractere_exclue": 4972, "texte": "sonnes et non le puéril Ratisbonne des fa-"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 5032, "fin_caractere_exclue": 5078, "texte": "bulettes, et peut-être l'un et l'autre, exhuma"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 5132, "fin_caractere_exclue": 5175, "texte": "des portefeuilles et des cahiers au jour le"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 5233, "fin_caractere_exclue": 5275, "texte": "jour du rimeur d'EIoa. Journal d'un poète,"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 5332, "fin_caractere_exclue": 5377, "texte": "telle est l'enseigne : l'artiste y pense tout"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 5433, "fin_caractere_exclue": 5476, "texte": "haut sa vie et son œuvre dans des notes fu­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 118, "fin_caractere_exclue": 158, "texte": "gitives, hâtivement épinglées et souvent"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 217, "fin_caractere_exclue": 261, "texte": "saisissantes. Il s'y explique, s'y commente,"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 320, "fin_caractere_exclue": 364, "texte": "s'y cherche et quelquefois y trouve son pro­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 423, "fin_caractere_exclue": 465, "texte": "chain, qu'il caresse parfois d'une main de"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 524, "fin_caractere_exclue": 566, "texte": "velours, cette belle main d'abbé grasse et"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 625, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "douillette qu'on admirait quand il l'agitait"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 728, "fin_caractere_exclue": 772, "texte": "pour scander sa parole, — et qu'il égratigne"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 870, "fin_caractere_exclue": 910, "texte": "aussi d'une griffe d'or, lui qui maniait"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 969, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "comme pas un l'ironie du gentilhomme et"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1067, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "qui l'était doublement, gentilhomme et"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1198, "fin_caractere_exclue": 1238, "texte": "par le nom et par la plume. Aux notules,"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1297, "fin_caractere_exclue": 1338, "texte": "aux idées, aux papillons bleus et noirs -"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1397, "fin_caractere_exclue": 1440, "texte": "rappelez-vous les blew devoils — s'ajoutent"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1499, "fin_caractere_exclue": 1539, "texte": "en ce mémento, agenda où sont consignées"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1598, "fin_caractere_exclue": 1638, "texte": "les échéances de la pensée, des bouts de"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1697, "fin_caractere_exclue": 1737, "texte": "proses, point de poèmes, et tout de même"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1796, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "des morceaux achevés, au chiffre du lettré"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 1941, "fin_caractere_exclue": 1984, "texte": "et de belle marque. Il y a encore des vers,"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2084, "fin_caractere_exclue": 2126, "texte": "pièces quelconques, sonnets, stances, cri-"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2228, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "blure tombée du van poétique et dispersée"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2370, "fin_caractere_exclue": 2409, "texte": "par les feuilles du temps, où M. Ratis­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 2508, "fin_caractere_exclue": 2552, "texte": "bonne a bien fait de les recueillir. 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Même la"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3880, "fin_caractere_exclue": 3921, "texte": "forme, cette orfèvrerie sans surcharge et"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 3980, "fin_caractere_exclue": 4025, "texte": "frappée en plein or, qui lui vaudra la gloire"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4084, "fin_caractere_exclue": 4128, "texte": "du plus parfait prosateur de toute la litté­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4187, "fin_caractere_exclue": 4231, "texte": "rature, la forme, sa passion, y est laminée,"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4273, "fin_caractere_exclue": 4334, "texte": "DE   L'ÉDITEUR   froide, banale, d'alliage douteux. Et, quant"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4393, "fin_caractere_exclue": 4435, "texte": "au reste, qui en somme ici est tout, puis­"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4494, "fin_caractere_exclue": 4537, "texte": "que ce reste est le théâtre, Augier,Sardou,"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4596, "fin_caractere_exclue": 4635, "texte": "Dumas, tous les petits grands hommes de"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4694, "fin_caractere_exclue": 4732, "texte": "la scène contemporaine, machinistes et"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4791, "fin_caractere_exclue": 4831, "texte": "charpentiers plus qu'auteurs dramatiques"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4890, "fin_caractere_exclue": 4929, "texte": "au sens Shakespearien et Molièresque du"}, {"page_pdf": 566, "page_imprimee": 519, "debut_caractere": 4988, "fin_caractere_exclue": 5031, "texte": "mot, lui en remontreraient et de haut. 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Et pour le Candidat, il y a"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 192, "texte": "dans la fabrication du père Augier une hor­"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 244, "fin_caractere_exclue": 287, "texte": "logerie qui, dans ses petits ressorts, res­"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 331, "fin_caractere_exclue": 370, "texte": "semble diablement à ce mécanisme-là (le"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 425, "fin_caractere_exclue": 442, "texte": "fils de Giboyer)."}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 517, "fin_caractere_exclue": 558, "texte": "Flaubert dépassait le théâtre : ses épau­"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 609, "fin_caractere_exclue": 653, "texte": "les y craquaient sans le faire craquer. 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Heureusement Lemerre nous rend"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1108, "texte": "du même coup Bouvard et Pécuchet, l'en­"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1159, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "cyclopédie de la folie humaine, le diction­"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1249, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "naire des dictionnaires de la prud'homie"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1337, "fin_caractere_exclue": 1380, "texte": "éternelle, ce bêtisier extraordinaire où le"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1424, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": "grand esprit aristophanesque de Flaubert"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1518, "fin_caractere_exclue": 1564, "texte": "collectionnait, avec des rires qui, à force de"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1610, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "rire allaient jusqu'aux larmes, les fleurs de"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1704, "fin_caractere_exclue": 1750, "texte": "sottises de ce siècle et des autres. 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Rude bonhomme, celui-là, et"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 3264, "fin_caractere_exclue": 3308, "texte": "tout d'une venue, sans rapiéçage, coulé d'un"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 3348, "fin_caractere_exclue": 3384, "texte": "jet dans un moule de bronze et d'or!"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 3432, "fin_caractere_exclue": 3471, "texte": "Alphonse Daudet, le féminin, ou si vous"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 3521, "fin_caractere_exclue": 3560, "texte": "aimez mieux, l'homme et la femme, exem­"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 3582, "fin_caractere_exclue": 3626, "texte": "ple joli d'hermaphroditisme littéraire, tem­"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 3669, "fin_caractere_exclue": 3713, "texte": "père dans la collection le férin hirsute qui"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 3759, "fin_caractere_exclue": 3800, "texte": "clame et meugle et se déchaîne en Cladel."}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 3840, "fin_caractere_exclue": 3880, "texte": "Voici, en un même tome, les Femmes d'ar-"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 3930, "fin_caractere_exclue": 3973, "texte": "tistes, croquillons parisiens sur le vif, —"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 4023, "fin_caractere_exclue": 4064, "texte": "Robert Helmont, une belle page de silence"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 147, "texte": "et de tristesse, toute emplie des poésies des"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 198, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "solitudes — et les Etudes et paysages, çà et"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 329, "texte": "là un morceau exquis le Wood stoon !"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 383, "fin_caractere_exclue": 424, "texte": "Et encore dans la collection blanche, les"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 512, "texte": "premières Poésies de Paul Bourget (de"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 563, "fin_caractere_exclue": 607, "texte": "1872 à 1876), un autre délicat celui-là (non"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 658, "fin_caractere_exclue": 697, "texte": "point déliquescent), inquiet seulement,"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 748, "fin_caractere_exclue": 790, "texte": "nostalgique, replié sur lui-même et qui se"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 841, "fin_caractere_exclue": 884, "texte": "pince les fibres douloureuses pour en tirer"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 935, "fin_caractere_exclue": 974, "texte": "un cri souffrant, mélodiquement modulé,"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1028, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "Alphonse Lemerre, d'ailleurs, ne laisse"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1118, "fin_caractere_exclue": 1157, "texte": "pas chômer la collection de romans. Les"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1208, "fin_caractere_exclue": 1247, "texte": "Tubeuf, mœurs provinciales et roman na­"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1298, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "turalisant , ont mis en lumière, chez"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1386, "fin_caractere_exclue": 1422, "texte": "M. Jacques Le Ronce, des qualités de"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1473, "fin_caractere_exclue": 1516, "texte": "style et d'observation à travers un abus du"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1567, "fin_caractere_exclue": 1608, "texte": "détail inutile et des empâtements dans la"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 1659, "fin_caractere_exclue": 1702, "texte": "touche. 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L."}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 2105, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "Du Chat noir, ce conte oriental : Un"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 2192, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "sage disait un jour à un homme marié :"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 2281, "fin_caractere_exclue": 2322, "texte": "« Celui qui caresse sa femme, le soir, en"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 2373, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "se couchant, a autant de mérite que s'il sa­"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 2468, "fin_caractere_exclue": 2510, "texte": "crifiait un mouton. Celui qui la possède à"}, {"page_pdf": 567, "page_imprimee": 520, "debut_caractere": 2561, "fin_caractere_exclue": 2607, "texte": "minuit, que s'il sacrifiait un bœuf. 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Les abonnés de la\n Jeune Belgique recevront le volume au prix de 3 fr. au lieu de fr. 3 - 5 0 ,\n EN EXEMPLAIRES DE SOUSCRIPTION TIRÉS SUR PAPIER SPÉCIAL. Le\n nombre de ces exemplaires sera limité au chiffre des souscripteurs, et ils\n ne seront pas mis dans le commerce.\n\n\nL'ARTISTE, revue de P a r i s , Histoire de l'Art contempo­\n rain (54e année). Paraissant tous les mois en u n volume in-8°, accom­\n pagné de gravures. Prix de la souscription à Bruxelles, un an : 6 6 francs.\n Prix de la livraison : 5 francs. Bureaux : Avenue de l'Opéra, 15,\n à Paris. Directeur-gérant : Jean ALBOIZE. Correspondant pour la Bel­\n gique : M A X W A L L E R .\n\n\n\nLE PROGRES ARTISTIQUE . musique, littéra-\n rature, Beaux-Arts. Paraît chaque vendredi. Victor SOUCHON, fonda­\n t e u r ; BERTOL-GRAIVIL, rédacteur en chef; Marc SONAL, secrétaire de\n la rédaction. Abonnements pour la Belgique: 1 5 fr. l'an. B u r e a u x :\n Paris, 24, rue des Martyrs.\n\n\nLUTECE, journal hebdomadaire. Rédacteur en chef : Léo TRE­\n ZENIK, secrétaire de la rédaction : Georges RALL. Bureaux : boulevard\n Saint-Germain,   16, à Paris. Abonnements : U n an : 7 francs. P o u r\n la Belgique : le port en sus.\n\n\nLA REVUE CONTEMPORAINE, littéraire,\n politique et philosophique. Directeur : Adrien REMACLE ; rédacteur en\n chef : Edouard ROD. Abonnement pour la Belgique : 2 2 fr. Paraît\n le 25 de chaque mois. Bureaux : Paris, 2, rue de T o u r n o n .\n\n\n                       VIENT       DE P A R A I T R E :\n\n                                 NOTES\n\nLITTÉRATURE MODERNE\n                                       PAR\n\n                   F R A N C I S             N A U T E T\n                               Un vol. fr. 3 - 5 0 .\n"}, {"page_pdf": 569, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1565, "texte": "LA REFORME, organe quotidien de la démocratie libérale.\n  Rédaction et administration : 18, rue des Sables, à Bruxelles. Seul\n  journal quotidien dont le prix d'abonnement soit le même pour la\n  province que pour la capitale, soit 1 2 francs par an. La Reforme\n  publie en ce moment Mademoiselle Bismarck, par Henri ROCHEFORT.\n\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie MI-DIABLE, par Léon CLADEL. Un nu­\n  méro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs, en vente partout.\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n             le plus artistique\n                     de\n                 Bruxelles.\n\n                                                           Photographies\n                                                        d'artistes en vogue.\n\n                                        Les costumes du cortège historique\n                                              des chemins de fer.\n\n\n\nLE VICE SUPREME, par Joséphin PÉLADAN. Pré­\n face de Jules Barbey d'Aurevilly. Eau-forte de Félicien Rops (4e édition).\n Un volume, Paris, Thomas, 52, rue Croix des Petits-Champs, fr. 3 - 5 0 .\n\n\n\n\nLES DELIQUESCENCES, poèmes décadents\n d'Adoré FLOUPETTE. Un volume, Paris, Léon Vanier, fr. 3 - 0 0 .\n\n\n\n\nL E S      D R A M E S             D U       C Œ U R ,          par Jeanne DU­\n CHARME. Préface d'Arsène Houssaye. Un volume, Bruxelles, Maheu,\n fr. 3 - 5 0 .\n\n\n      Bruxelles. — Imprimerie FÉLIX CALLEWAERT père, 26, rue de l'Industrie.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 522, "texte": "5e ANNÉE.                TOME IV, N° 10.            P R I X : 60 CENT.        5 OCTOBRE 1885.\n\n\n\n\n                                           LA\n\nJEUNE BELGIQUE\n                                 SOMMAIRE:\n   Nocturnes                                    .       IWAN GILKIN.\n   Souvenirs de la vie d'étudiant .             .      F. R.\n   Airs de              flûte                   .      SIEBEL.\n   Maldoror                                            Vicomte DE LAUTRÉAMONT.\n   A la nuit                                           EMILE VAN ARENBERGH.\n   Plus de médailles                                   M. W.\n   Demi-deuil                                          EDMOND HARAUCOURT.\n   Nouvelles de la Grand'route . ' .       .    .      MARIUS RÉTY.\n   Le miroir                                           RAOUL RUSSEL.\n   Essai de pathosjoli contemporain        .    .      P I E R R O T LUNAIRE.\n   Sonnet panthéiste                                   ADOLPHE RlBAUX.\n   Mémento . . . .\n\n\n\n\n                                      BRUXELLES\n              ADMINISTRATION :                                  RÉDACTION :\n            26, RUE DE L'INDUSTRIE,        26               80, RUE BOSQUET, 80\n"}, {"page_pdf": 523, "texte": "       LA JEUNE BELGIQUE\n                       REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D'ART\nparaissant   le 1er de chaque mois en livraisons de 40 pages au moins et formant   au bout\n                      de l'année un superbe volume de 600 pages.\n\n\n                   MEMBRES FONDATEURS\n    MM. ANDRÉ COLLARD, à Herstal; OSCAR COLSON, à Vottem\n                 GEORGES DESTRÉE, à Bruxelles\n    EDOUARD D E W I N T E R , à Bruxelles; C H . GUILLE, à Bruxelles\n       PETRUS PIRUS, à Gand; HUBERT VAN DIJK, à Bruxelles\n\n                                ABONNEMENTS :\n              Belgique : Un an, 5 francs. — E t r a n g e r : Un an, 7 francs.\n   Bruxelles: Administration, 26, rue de l'Industrie. — Rédaction : 80, rue Bosquet.\n\n\n\n                                     A V I S\n  Nous avertissons nos amis et collaborateurs que la copie de La Jeune\nBelgique doit nous être adressée au plus tard le 22 du mois. A partir de\ncette date, elle sera remise au numéro suivant. Nous sommes obligés de\nprendre cette mesure afin d'éviter des retards.\n\n\n                            BOITE AUX LETTRES.\n  68. OSCAR C , Vottem. Merci pour votre obligeance. Nous possédons également et\nconnaissons l'ouvrage en question. Recevrez De la prose quand paraîtra.\n  6g. SPES. Beaucoup de taches dans votre Agonie blanche : « Deux mains longues et\njaunes plaquaient languissamment leur diaphanéité maladive. » Votre chose est pleine de\nces étirements de vocables peu cohérents. Ecrivez simplement, que diable ! et ne vous\ntorturez pas à torturer la langue française qui a déjà tant souffert.\n  70. JULES C. Ecrivain vous-même 1\n  71. CHARLES B., Paris. Envoyez toujours et merci. Le service vous est continué.\n  72. ANDRÉ C , Herstal. Croyez-vous que M. Delarge intéresse nos lecteurs? J'en\ndoute.\n  73. ALB. D., Liége. Des navets.\n  74. JOSÉPHIN P., Paris. Tout ce que vous voudrez, et merci.\n  75. VITTORIO P . . Naples. M. Théodore H. demeure à Bruxelles, rue de la Vanne.\nBien à vous.\n  76. RENÉ DE J. Votre compte-rendu des Confessions passera dans le prochain n°. Ne\npleurez pas.\n  77. AL. TIL., Liége. L'échantillon ne suffit pas.\n"}, {"page_pdf": 524, "texte": "               NOCTURNES\n                                            A GEORGES DESTRÉE.\n\n                             I\n\n                         DÉSIR\n\nMes regards las, sans voir l'or en fleur des jasmins,\nRêvent de cheveux d'or dont la tendresse étonne,\nEt, dédaignant des lys la blancheur monotone,\nPleurent la liliale ardeur des jeunes mains.\n\n0 toi qui dois venir, viens! mon cœur te réclame,\nMes yeux, tristes d'amour, attendent tes chers yeux.\nCar la terre est si vide, et si vides les deux!\nEt rien n'offre un baiser aux lèvres de mon âme.\n\nToi que j'aimerai, toi qui me tortureras\nSans assouvir jamais tes douloureux caprices,\nViens ! je t'offre à genoux les mortels sacrifices\nOù mon sang résigné coulera dans tes bras.\n\n\n                            II\n\n                       LITANIES\nSurnaturelle, calme et puissante Beauté,\nFontaine de santé, Miroir    d'étrangeté,\n            Écoutez-moi !\n"}, {"page_pdf": 525, "texte": "                        -   4 7 8 -\n\nPhare spirituel allumé sur les roches,\nBeffroi des jours défunts, où sanglotent les cloches,\n           Appelez-moi.\n\nHâvre où les blancs voiliers et les fumeux steamers\nChargés de cœurs vaillants, viennent du bout des mers,\n          Accueillez-moi.\n\nSoleil vertigineux, vous qui dans les yeux faites\nFleurir des visions de splendeurs et de fêtes,\n            Aveuglez-moi !\n\nJardinier qui semez dans la nuit des cerveaux\nLes songes imprévus et les verbes nouveaux,\n           Fécondez-moi.\n\nFleuve majestueux, où sur Veau lente éclate\nLa gloire des lotus d'azur et d'écarlate,\n          Submergez-moi.\n\nTour d'ivoire, château que les tentations\nEntourent vainement de leurs obsessions,\n           Abritez-moi.\n\nForêt crépusculaire, où les oiseaux nocturnes\nOuvrent leurs clairs yeux d'or et leurs vols taciturnes,\n          Apaisez-moi.\n\nPorte du Paradis, par l'absurde habité,\nHatschisch libérateur de la réalité,\n           Délivrez-moi.\n\nTapis de velours blanc, où marchent cadencées\nD'amples processions d'orgueilleuses pensées,\n           Exaltez-moi.\n\nFlacon, où tournent dans un cerveau de cristal\nLes vertiges du musc, de l'ambre et du santal,\n            Parfumez-moi.\n"}, {"page_pdf": 526, "texte": "                       — 479 —\n\nOrgue religieux dont les vastes musiques\nBâtissent dans les cœurs des églises mystiques,\n           Élevez-moi.\n\nMaison d'or et d'albâtre, où les vins généreux\nVersent aux vagabonds les espoirs vigoureux,\n          Hébergez-moi.\n\nLiqueur soyeuse, crême où les fruits et les baumes\nFondent leur bienfaisance et leurs subtils arômes,\n          Enivrez-moi.\n\nManne d'amour, agneau pascal, pain sans levain,\nFestin miraculeux où l'eau se change en vin,\n           Nourrissez-moi.\n\nHamac, qu'une exotique et moelleuse indolence\nA l'ombre des palmiers rafraîchissants balance,\n          Endormez-moi.\n\nJardin officinal aux douces floraisons,\nOù croît parmi les lys l'herbe des guérisons,\n            Guérissez-moi.\n\nAérostat vainqueur des sublimes nuages,\nNostalgique wagon, berceur des longs voyages,\n           Emportez-moi.\n\nLivre mystérieux des Sibylles, coffret\nOù dort, loin des savants, maint austère secret,\n           Instruisez-moi.\n\nLourde mante opulente où les fauves soieries\nÉtoilent leurs prés d'or de fleurs de pierreries,\n           Revêtez-moi.\n\nTurquoise de douceur, Rubis de cruauté,\nTopaze où la lumière endort la volupté,\n          Adornez-moi.\n"}, {"page_pdf": 527, "texte": "                        — 480 —\n\nLupanar éhonté, plein d'immondes ivresses,\nMêlant tous les baisers et toutes les tristesses,\n          Epuisez-moi !\n\nHypocrite vivier, où des poulpes gluants\nTraînent leurs suçoirs mous sur les cailloux        puants,\n          Dévorez-moi !\n\nLazaret des lépreux, hôpital des poètes,\nTénébreux cabanon, pourrissoir des prophètes,\n          Etouffez-moi !\n\nTorche Néronienne, ô monstrueuse croix,\nOù flambent des martyrs oints de graisse et de poix,\n          Consumez-moi !\n\n                         PRIÈRE\nO Vous, femme adorable entre toutes les femmes,\nEpouse des cœurs morts et sœur des jeunes âmes,\nReine des jours anciens, Reine des jours nouveaux,\nVous qui pencher un front empourpré de pavots,\nMaîtresse du sommeil, Souveraine des veilles,\nO Vous qui dans Saba régniez sur les merveilles,\nVous qui fûtes au temps d'Assuérus Esther,\nBaignant votre enfantine et précieuse chair\nSix mois d'huile de myrrhe et six mois d'aromates ;\nVous qui domptiez le Nil sous vos galères plates,\nMangeuse de héros, buveuse de bijoux,\nCléopâtre ! — ô princesse aux puissants cheveux roux,\nQui traîniez vos amants tout meurtris de luxure\nDes carrefours de Rome aux jardins de Suburre,\nFarouche Messaline, — d large et sombre cœur,\nQui des taureaux crétois eut lassé la vigueur ;\nVous, l'éternel amour, Vous, la femme éternelle,\nDévoratrice absurde, ignoble et solennelle,\nQui sucez notre vie et videz nos cerveaux,\nRallumer, rallumer, sous vos longs cils dévots,\nDans leur cristallin blanc comme un fluide ivoire,\nVos yeux de cendre où couve une âpre flamme noire ;\n"}, {"page_pdf": 528, "texte": "                       — 481 —\n\nEt, pour mieux m'enlacer du désir de vos bras,\nTressez, tressez vos doigts parfumés d'ananas,\nComme l'osier vivant d'une ardente corbeille,\nQue ma chair baignera de sa liqueur vermeille ;\nEt de vos dents de lys, ivres de cruauté,\nOù la lune affligée a figé sa clarté,\nEt de vos ongles fous, fleuris de jeunes roses,\nDéchirez savamment, avec d'exquises pauses\nPleines de doux regrets, pleines de chers baisers,\nMes muscles et mes nerfs toujours inapaisés\nJusqu'au jour, ô Madone, où vos lèvres trop gaies\nPresseront vainement les lèvres de mes plaies.\n\n\n                           III\n\n                       SYMBOLE\nVoici qu'à l'horizon coule un fleuve de sang.\nDe sa pourpre lugubre et splendide il inonde,\nSous les cieux consternés, l'orbe muet du monde\nOù l'horreur d'un grand meurtre invisible descend.\n\nAinsi qu'au lendemain des épiques désastres\nPour les princes vaincus on drape l'échafaud,\nLa Nuit, sur le zénith, debout comme un héraut,\nEtend l'obscurité de son deuil larmé d'astres.\n\nExsangue et phosphoreuse, ô tête dont la chair\nA gardé la pâleur et le froid de l'épée, —\nLumineusement roule une lune coupée\nDans le silence noir et la terreur de l'air.\n\nRien ne s'anéantit. Tout ce qui fut, persiste.\nLes crimes d'ici-bas se refont dans les cieux.\nCe soir, dans le palais aérien des dieux,\nHérodiade a fait décoller Jean-Baptiste.\n                                          IWAN GlLKIN.\n"}, {"page_pdf": 529, "texte": "                                  — 482 —\n\n\n\n\n            SOUVENIRS DE LA VIE D'ÉTUDIANT\n                                                A lotis ceux qui se rappellent avec plaisir les\n                                             années joyeuses passées autour de l'Université\n                                             de      Bruxelles,\n                                                A tous les bons camarades       d'antan,\n                                                A tous nos ancêtres académiques             devenus\n                                             respectables, ventrus, propriétaires      ou pères de\n                                            famille,\n                                                A ux fils de ces derniers Polissonnant aujour-\n                                             d'hui sous la casquette        universitaire,     pour\n                                             qu'ils suivent /'exemple Paternel et connaissent\n                                             les hauts faits de leurs     auteurs.\n                                                      Je dédie ces souvenirs\n                                             rassemblés      avec le concours amical de gens\n                                             graves, dont un pharmacien           décoré du Ni-\n                                             chant, et transcrits à la bonne       franquette,\n\n\n\n                                       I\n\n                               AU     RIDEAU\n\n              C'était en l'an 1884. Comme la Bourgogne, aux temps roman­\n               tiques de la Tour de Nesles, l'Université était heureuse, car\n               Ralph I, l'unique Ralph, venait, pour fêter le cinquantenaire\n               de l'établissement de la rue de l'Impératrice, de faire exécuter,\ndevant un millier d'escholiers de tous pays, la Conquête de l'Angleterre\npar les Normands, « mystère dramatique renouvelé du moyen-âge avec\nsoliloque lumineux d'un ramolli ».\n   Au sortir de cette solennité académique, je me remémorais les soirées\nbrillantes de Rome vaincue, « tragédie anacréontique en cinq actes et en\nvers extraordinaires », d'Avant, Pendant, Après, « pantomime macabre avec\ndelirium tremens apothéotique et couronnement du buste de cet infortuné\nLouis XVI », et surtout de Télémaque, fils d'Ulysse, ou le Tramway de\nzinc, « trilogie naturaliste, avec prologue shakespearien », — soirées folles\noù la jeunesse universitaire des deux sexes s'en donnait à cœur joie et\ns'esclaffait bruyamment.\n   Et je me reportais avec un plaisir non pareil à ces années joyeuses, trop\ntôt disparues, lorsqu'au détour du chemin, un homme qui n'avait ni\nsombrero, ni manteau couleur de muraille, mais qu'à son élégance native\nje reconnus pour être l'interminable Albert Colin, m'aborda et, sans autre\npréambule, me porta ce coup droit :\n   — Grande nouvelle! j'ai une idée....\n   — Chouette !\n"}, {"page_pdf": 530, "texte": "                                 — 483 —\n\n  — Je fonde un journal....\n  — ?????\n  — Et j'ai trouvé de l'argent\n\n\n\n\n   Lorsque je revins à moi, cet homme étonnant clama dans la nuit\nsombre :\n   — Le temps des défaillances est passé, il faut agir, et ferme ; nous\nsommes jeunes, l'avenir est à nous; l'art est dans le marasme et toi aussi;\nmoi, ça m'embête de n'être pas directeur de quelque chose ; ergo : je fais\nun journal satirique, politique, littéraire, illustré et spirituel; comme\nappointements, c'est à l'œil : je t'engage; nous terrassons l'hydre de la\nréaction, nous relevons l'art, nous faisons une guerre implacable aux abus,\naux préjugés, aux vices, aux ridicules....\n   — Programme tout neuf; n'oublie pas la devise de rigueur : Castigat\nrigolando....\n   — ....Tout ça avec de la verve, du talent, de l'entrain, de l'humour et du\npoil aux dents, et nous emportons la place d'assaut.\n   — Mais que vais-je faire là-dedans ?\n   — Commence par tes blagues d'étudiant ou par une étude sur la phos­\nphorescence du maquereau, cela m'est égal, et en avant le génie! Notre\npremier numéro sera un succès — ??? — Oh ! tu verras, — on s'arrachera le\ndeuxième ; au troisième, l'affaire sera lancée ; nous faisons des bénéfices et\ndes économies ; avant un an, nous serons confortablement installés,\nnous transformerons le canard en quotidien, et alors, vogue la galère. Tu\nte maries, c'est ta toquade, moi je serai parrain, et nous n'avons plus que\nla peine de nous laisser vivre dans l'opulence et la béatitude.\n   — Mais, l'argent? hasardai-je avec la timidité qui m'est propre.\n   Il sursauta.\n   — L'argent??? le voilà, l'argent!\n   Et triomphant, rayonnant et superbe, il me montra, et je pus les toucher\n— du doigt, — cinq cents francs en coupures de vingt.\n   Ruy-Blas, lorsque la reine d'Espagne lui mit sur le front un long baiser,\nne fut pas plus ébloui que je ne le fus à la vue des billets magiques. '\n   Certes, ce n'était pas le Pérou, mais nous nous rappellions avec complai­\nsance qu'en leur temps Victor Hallaux, puis Renson-Petrus et Georges\nVautier, avaient, avec beaucoup moins, fondé l'un la Chronique, les\nautres la Galette, qui depuis....\n"}, {"page_pdf": 531, "texte": "                                  - 4 8 4 -\n\n   Et d'ailleurs, nous avions la foi.\n   Bref, le 22 novembre 1884, un samedi, par un froid, gris et triste\naprès-midi, le Clairon sonna sa première charge.\n   Les étudiants faisaient en ce moment un tel tapage que sa fanfare ne fut\nque peu entendue, bien qu'on y sonnât pas mal en leur honneur.\n   Il sonna deux fois encore, et l'on commençait à l'écouter, lorsqu'à la\ntroisième sonnerie, ayant besoin d'un timbre de cinq sous, je m'adressai au\ndirecteur-fondateur-rédacteur en chef, qui s'était encore attribué, — le\ngoinfre, — les fonctions de caissier.\n   La figure de mon Girardin se rembrunit aussitôt et, d'une voix qui me\nrappelait la grotte de Han, tant elle était caverneuse, il me dit en ouvrant\nsa caisse, représentée par un portefeuille bourré de factures à acquitter :\n   — Mets un crêpe à ton cylindre, inscris le Clairon sur la liste de tes\ndéfunts, déjà nombreux, trouve une phrase lapidaire pour l'épitaphe, car\nnous rentrons dans le Grand-Tout — Pan, en grec.\n   — Et en français aussi, malheureusement. En attendant, donne-moi mon\ntimbre.\n   — Tu peux te fouiller.\n   Sur cette réponse cornélienne, nous nous séparâmes, lui navré, moi fort\nembêté, et pensant au pot au lait de Perrette, tandis que d'affreux gamins\nm'offraient, d'un air qui me parut narquois, la Chronique et la Galette.\n                                       *\n\n    Et la morale de cette nécrologie?\n    Voici :\n    L'autre jour, en province, nous nous sommes retrouvés quelques-uns du\nbon jeune temps autour d'une table amie; il y avait là, outre nos charmants\nhôtes, trois avocats, un médecin, un juge de paix, un futur notaire, un\ncommissaire d'arrondissement, un secrétaire de légation (c'est pas moi) et\nun repris de justice.\n    En rappelant nos joyeuses fredaines d'autrefois, l'un de nous parla du\nClairon et des « Souvenirs de la vie d'étudiant », publiés par le pauvre\ndéfunt.\n   Leur vieille amitié leur fit trouver ces notes intéressantes', ils me pous­\nsèrent à en continuer la publication et le lendemain même, l'ami Max\nWaller, ce scandaleux expulsé de l'Université de Louvain, rencontré\n- ^ voyez le hasard — à la Correctionnelle, me demanda ces « Souvenirs »\npour la Jeune Belgique.\n   — Moi dans ton antre ?! ? ! J'y ferai une drôle de tête et tes lecteurs idem.\n"}, {"page_pdf": 532, "texte": "                                  — 485 —\n\n   — Dis donc, pas de débinage, hein. Quant à toi, donne la copie, et puis\nfais la tête que tu veux.\n\n\n  Et voilà comment et pourquoi j'ai remis une nouvelle corde à ma vieille\nguitare.\n  Sommes-nous d'accord?\n  Une.... deusse.... trois....\n  Allons-y !\n\n\n                                      II\n\n                           LES CROCODILES\n   Une des sociétés d'étudiants dont le souvenir est resté le plus vivant à\n Bruxelles, fut la fameuse société des Crocodiles.\n   Pourquoi cette dénomination bizarre?\n   Amour, Sardanapale et mystère !\n   Ces Crocodiles se réunirent pour la première fois, il y a trentre-trois ans,\ndans un petit cabaret de la rue des Sols : A la Vue de l'Université, que les\nhôtes de l'endroit débaptisèrent pour l'appeler le Trou, nom qui lui est\nresté.\n   Cabaret célèbre, aux murailles couvertes de fresques par Félicien Rops,\nNapoléon Hiel et Louis Stache, que fréquentait assidûment, il y a quelques\nannées encore, un groupe de joyeux escholiers, sans pouvoir lui rendre\ncependant sa splendeur ancienne.\n   Tous les samedis soirs on fricotait chez le père Clodomir, l'Orsini de\ncette taverne du diable, et, autour de sa table primitive et peu chère, se\nréunissaient Alphonse Noiset, dit Brididi, aujourd'hui directeur d'un grand\ncharbonnage ; Victor Hallaux, tout frais débarqué de la Hesbaye, dit Coco ;\nVanderstraeten, dit Bibi, passé avocat, comme Charles Duvivier, dit Loupin,\ndevenu conseiller de la ville de Bruxelles et professeur à l'Université; Léon\nMarcq, étudiant remarquable, mort à trente-trois ans, lauréat de l'Académie\nde Médecine de Belgique et de la Faculté de Paris, chevalier de l'ordre de\nLéopold, officier de la Légion d'Honneur; Théodore Prangey,dit Théobule,\nle boute-en-train de la bande, plus tard avocat de grand talent, mort échevin\nde la ville de Namur, Vénérable de la Loge et président de l'Association\nlibérale de cette ville; Gosselin, médecin, dit D r Mensbroeck; Alphonse\nDe Poorter, autre avocat, dit Rigolo, mort aussi; Félicien Rops, dit le\n                                                                      30\n"}, {"page_pdf": 533, "texte": "                                  — 486 —\n\nJeune Membre, devenu depuis l'admirable artiste que l'on sait ; Edouard\nRousseau, dit Saint-Potoff, aujourd'hui juge de paix à Dinant, et quelques\nautres francs lurons dont je n'ai plus retrouvé les noms au Temple de\nMémoire.\n   Dans ce cercle joyeux, où l'esprit était Roi et la dèche Souveraine, chacun\navait son sobriquet, et, tous, membres, invités, habitués, étaient tenus de\ns'appeler « frères » ; c'est ainsi qu'un grave avocat-général, eut alors pour\n« frère », Félix, domestique par état, poète par vocation, schnickeur par\ntempérament et grande vadrouille devant l'Eternel, qui, depuis, a dû\nrefuser à son âme l'accès des régions paradisiaques.\n   Les Crocodiles, dont la réputation ne tarda pas à sortir du Trou, for­\nmaient la plus superbe académie de fumistes dont les siècles passés nous\naient relaté les hauts faits.\n   L'on était au lendemain du coup d'État et de nombreux réfugiés français,\nattirés par la verve de cette jeunesse ardente, tinrent à honneur d'être\nnommés Crocodiles honoraires de la susdite Académie, dont le bureau, aux\ngrands jours, était le comptoir où d'habitude trônait la mère Clodomir dans\ntoute sa grâce mastodontesque.\n   Ces exilés donnèrent au club une sorte de caractère politique qui\nn'existait pas en réalité, mais qui, plus d'une fois, attira l'attention des\n« autorités. »\n   Comme bien l'on pense, Badinguet était la tête de turc sur laquelle chacun\nfrappait à tour de bras et l'on ne se contentait pas de l'appeler infâme au\n Trou seulement, on lui faisait encore la guerre dans des affiches stupéfiantes\nqui conviaient « les Peuples de l'Univers et les Tambours de la Garde\ncivique » à assister aux bals donnés dans la salle du Kiosque, au Sablon,\ndont « la direction de l'orchestre était confiée pour cette fois seulement à\nMusard par indisposition de M. Grétry (André-Ernest-Modeste). »\n   Ces bals, célèbres comme le furent plus tard les réunions chorégraphiques\ndes Camaraux, mettaient sans dessus dessous la jeunesse universitaire et les\nnymphes de la couture.\n   C'étaient des noces où la plus bruyante gaîté, le plus fol entrain, le faro,\nles œufs durs et les mastelles remplaçaient le décorum, le Champagne, les\ntruffes et le foie gras ; on y chahutait ferme et l'on s'y aimait beaucoup.\n   Comme le Trou, les bals du Kiosque eurent leur célébrité; aussi se\nsuccédèrent-ils nombreux, avec une vogue toujours croissante.\n   Un jour, l'imprimeur, le père Parys, porta, suivant la règle, un exem­\nplaire de la nouvelle affiche à l'Hôtel-de-Ville; tout en annonçant le bal\nprochain, elle traitait de verte façon l'empereur de contrebande installé aux\nTuileries.\n"}, {"page_pdf": 534, "texte": "                                  487\n\n   Le bourgmestre de Bruxelles, Charles de Brouckère, qui avait déjà reçu\nau sujet de ces affiches des observations du ministre de France, défendit\nl'affichage de ce libelle séditieux.\n   Parys s'en fut au Trou raconter sa mésaventure et, sur-le-champ, on\ndécida de faire distribuer l'affiche en ville, sous forme de journal.\n   Sitôt dit sitôt fait, et le lendemain mardi, 1er février 1853, premier jour\nde la septième olympiade crocodilienne, on s'arrachait dans les rues la\nnouvelle feuille, le Crocodile, qui donnait à sa quatrième page le texte\ncomplet de l'annonce interdite et malmenait rudement Badinguet, la Mon­\ntijo, le bourgmestre et le diplomate français.\n   A l'intention d'Eugénie, on rééditait ce quatrain galant, qui courut dans\nParis le lendemain du mariage impérial :\n                       Montijo plus belle que sage\n                       De l'empereur combla les vœux\n                       Mais s'il lui prit son....\n                       C'est que la belle en avait deux.\n   Et l'on donnait cette anecdote :\n   Pendant l'élection présidentielle de 1848, l'Andalouse aux seins brunis\nse trouvait à Bordeaux. L'élection terminée, elle revint à Paris et se rendit\nà l'Elysée chez son futur époux ; celui-ci lui adressa cette question :\n   — Eh bien, pour qui votait-on?\n   — Pour vous, prince, répondit-elle, en rougissant avec pudeur.\n   Dans la Petite Correspondance on lisait : « M. Barthélémy, marchand\nde vers, à Paris : Nous remercions le chantre de la syphilis de la cantate\nsur le mariage de M. Bonaparte qu'il vient de nous envoyer » et l'on dédiait\nà Napoléon III le quatrain que voici :\n                       Si Badinguet faisait un pet\n                       Véron dirait qu'il sent la rose\n                       Et le Sénat aspirerait\n                       A l'honneur de prouver la chose.\n   Et cent autres du même genre. De Brouckère en fit une maladie.\n   Le succès de ce numéro fut si considérable, que de nombreuses demandes\nd'abonnement parvinrent en quelques jours à l'éditeur.\n   Parys en fut pour le moins aussi stupéfié que les rédacteurs improvisés de\ncette feuille, qui, désormais, parut toutes les semaines pendant plusieurs\nannées, avec un succès non pareil.\n   Rigolo en fut le rédacteur principal, Coco, chroniqueur brillant, le colla­\nborateur le plus assidu avec Brididi, chargé spécialement des fumisteries\nde fortes dimensions.\n"}, {"page_pdf": 535, "texte": "                                   — 488 —\n\n   Félicien Rops devint, peu après, l'illustrateur en titre de ce journal fan­\ntaisiste auquel collaborèrent plusieurs proscrits français, parmi lesquels\nPierre La Chambaudie, qui donna plusieurs fables nouvelles.\n   Et Pierre Van Humbeeck préluda à ses travaux d'homme d'Etat en y\npubliant l'Hymne des Étudiants, chanson d'intentions grivoises et de\nrimes bien méchantes où le futur premier ministre de l'Instruction publique\nblaguait les jurys sévères et changeants comme les flots, « célébrait le sexe\nenchanteur dont nous aimons les jeux », et déclarait que « la bamboche\nrévélait assez de travaux amusants à sa philosophie pour ne pas s'attarder\naux discours ennuyeux de professeurs pédants ».\n   Journal de toutes les folies et de toutes les extravagances, comme le cercle\nqui le dirigeait, disant son fait à chacun, appelant un chat un chat, Napo­\nléon III un bandit de grand chemin, de Brouckère un muffle, et Rodin un\nfripon, allant bravement devant lui, renversant tous les obstacles qui se\ntrouvaient sur sa route et s'imposant au public par son entrain de vingt ans,\nson esprit gouailleur et sa verve exubérante, le Crocodile vécut jusqu'en 1858.\nMais, depuis deux ou trois ans, ses rédacteurs, s'étant casés, avaient aban­\ndonné la libre feuille l'un après l'autre. Coco y collabora le dernier, puis le\njournal passa aux mains de Philistins.\n    Le club, dissous naturellement peu après, fit place au Cercle des Keta-\nfloches.\n    Moins tapageurs, moins remuants, moins agressifs, moins fumistes que\n les Crocodiles, les Ketafloches vécurent peu, puis, pendant quelque temps\n on se contenta à l'Université de raconter inter pocula les frasques des\n Anciens, sans songer à rééditer leurs abracadabrantes folies et leurs superbes\n extravagances.\n\n                                      III\n              LÉZARDS — QUÉTARDS — ROSSARDS\n   Enfin Martha vint.\n   Nourri de l'épopée crocodilienne, il entra à l'Université, décidé à lui rendre\nsa splendeur disparue.\n   Homme d'action, ayant horreur du temps perdu en rêvasseries inutiles,\nMartha, avec cette intrépidité, cette spontanéité, cette hauteur de vues qui\nsont le propre des grands caractères, comprit que sonnait l'heure du réveil\net que, sans plus tarder, il fallait frapper un grand coup.\n   Le soir même de la rentrée de 1855, il organisait au Kiosque une fête\norientale dont le retentissement fut énorme et à la fin de laquelle fut décrétée\n"}, {"page_pdf": 536, "texte": "                                 -489       -\n\n solennellement, et d'utilité publique, la fondation d'un club universitaire.\n   Ainsi naquirent les Lézards.\n   Martha fut l'âme de ce groupe turbulent qui, pendant trois mois consé­\n cutifs, révolutionna les masses en continuant les traditions des Crocodiles.\n   Les professeurs s'en émurent, le conseil académique se réunit et, à l'una­\nnimité de ses membres, résolut de prendre des mesures énergiques pour\nfaire rentrer les chefs du mouvement dans l'ombre, le silence et le mystère.\n   Le Cercle fut bruyamment dissous, mais les Lézards défunts se trans­\n formèrent aussitôt en Quétards et allèrent établir leur quartier-général rue\n Bodenbroeck, au Palais-Royal, que dirigeait Tutur Quitelier.\n   Là, se voyaient chaque jour, Urbain, dit le Borain, Bernus, Pousset,\nMaton, dit Patapon, Thiriard, Gaspard, Martha, Burton, Zéphyre Gré­\ngoire, Rorcourt, dit Fonfonse, Bouton, les deux Guillaume, Moreau,\nCharles Duvivier, Jacminot, Ernest Vermeulen, Lefebvre, Emmanuel\nDieu, Philippe Harmignies, Jules Bourgeois, etc., etc.\n   Pour faire partie des Quétards, il fallait, au préalable, subir une foule\nd'épreuves, dont le frère Brosse et le frère Horrible étaient les sacrés ordon­\nnateurs.\n   Après l'initiation et le baptême, le nouveau était introduit dans la Grande\n Crocodilie des Quétards, et avait le devoir d'offrir tournées sur tournées\naux frères aînés.\n   Bon nombre se rappelleront encore la fameuse initiation du frère Tyran,\naujourd'hui grave notaire à Marchienne-au-Pont, qui se termina par une\nguindaille monstre que le Borain commanda, monté sur les épaules de la\nstatue du général Belliard.\n   Les guindailles des Quétards étaient réputées par leur originalité. Martha\nles commandait à pied, Fonfonse les ordonnait à cheval. Alors, au cri de :\n« Les guindailleurs à cheval ! », la bande démoniaque s'emparait des chaises\ndu cabaret et manœuvrait dans l'établissement jusqu'à extinction de forces\nou bris complet du matériel.\n   Au Palais-Royal les Quétards se rencontraient avec l'avocat Molitor,\nl'avocat Picard, père d'Edmond, le docteur Dupont et le gros Borsary de\nla Monnaie, qui, plus d'une fois entraînés par leurs jeunes camarades, cou­\nraient dans le cabaret à cheval ! à cheval ! ! à cheval ! ! !\n   Et gare au baes grincheux ! On allait chercher des pintes de faro dans un\nétablissement voisin, pour aller les vider chez le chicaneur. Le baes faisait\nun nez hyacinthesque, mais profitait de la leçon.\n"}, {"page_pdf": 537, "texte": "                                    — 490 —\n\n   A côté de ce cercle il y avait encore l'Union des Etudiants; président,\nJules Bara; vice-président, Adolphe Canler; Vermeulen, Brouwet, Van­\ndamme, devenus tous trois notaires ; Delapierre, devenu dentiste, en étaient\nmembres.\n   Local : le Cornet, Marché-aux-Fromages.\n   C'est là qu'il y eut un jour un banquet fameux, dont le menu était\nexclusivement composé de requin, festin de Lapon, dont plus d'un estomac\nfut longtemps incommodé. La carcasse du squale se trouve aujourd'hui\ndans les collections de l'Université.\n   Deux ans plus tard, la Société dans laquelle nous rencontrons Jules\nFranqui et Fritz Jottrand, transporta ses pénates au Renard, Grand'Place.\n   Ce fut son dernier déménagement, la dêche l'ayant tuée.\n\n\n\n   Au commencement de l'année scolaire 1861-62, les étudiants qui, à la\n dernière grande fête de Liège, y avaient vu fonctionner la Société présidée\npar Victor Arnould, éprouvèrent de nouveau le besoin de reconstituer un\ncercle. Il fut fondé derechef sous le nom de l'Union des Étudiants, par\nAlphonse Rousselle et Alfred Martha, qui en devinrent président et vice-\nprésident.\n   L'Union s'établit impasse du Doyen, à la Cantersteen.\n   Ce fut, avant tout, une remarquable collection de « zwanzeurs », dont\nplus d'un des boutiquiers des environs a dû garder un horrible souvenir.\n   Martha, chef suprême des guindailles, le gros Duvivier, qui buvait cin­\nquante verres de faro et dont le poing pouvait assommer un bœuf; Van\nHavre, dit le Baron, ripailleur rabelaisien, qui arrivait à l'Université en\néquipage à deux chevaux avec laquais galonnés et gentes damoiselles ;\nMagnette, dit le frère Triangle, parce qu'il passa une année de sa belle\njeunesse à faire la navette entre le Trou, l' Aigle impérial et le local de la\nSociété, triangle dont pendant un an il ne sortit pas, se contentant de voir\nl'Université du Trou; le frère Cheval; le frère Chariot ; le frère Automédon;\nMackintosh, mort médecin dans un village namurois ; Lejeune, dit frère\nNasal, pour lequel l'on avait composé des cantates exécutées dans les\ngrandes circonstances et qui toutes étaient de ce goût-ci :\n\n             Vous avec, Riflandouille, une chose nasale\n             D'un dessin fort correct, sonore et musicale.\n             Cet appendice étrange, auprès de la beauté\n             Vous est, n'en doutons pas, de quelque utilité.\n             Pourtant, si l'on vous dtt que c'est beau, l'on vous trompe,\n             C'est trop long pour un nez, trop court pour une trompe.\n"}, {"page_pdf": 538, "texte": "                                  — 491 —\n\n   Léon Dommartin, qui pour annoncer aux populations la buse dont l'avait\ngratiné le jury, digne récompense de ses veilles dans les cabarets et de ses\nétudes comparées sur les liquides, s'accrocha, le diable sait comme, aux\nconduites d'eau, aux fenêtres du local et parvint ainsi jusque sur le toit d'où\nil débita aux camarades rassemblés un discours funambulesque; Georges\nNeyt, aujourd'hui ministre de Belgique au Japon ; Drion ; Megnars, dit le\nCousse ; Dansaert, qui débitait des chansonnettes au poivre de Cayenne ;\nFonfonse Rorcourt, étudiant perpétuel; tous ces types, surnommés les\nRossards, étaient à la tête de la Société et conduisaient la ronde folle à\nlaquelle, bon gré mal gré, participèrent plus d'une fois les bloqueurs tels\nque Buls, Charles Tardieu, Féron, Robert, Van Goidsnoven, Jottrand,\nHauman, Lucien Jamar, Faider, De Gand, De Frise, Lezaack, de Brouc-\nkère, Arthur de Franquen, Madier de Montjau, Hippolyte Delecosse,\nLepoutre, Pierre Splingard, Georges Janson, César De Paepe, Graux,\n Pierard, le notaire disparu à Gênes, Charbonnier, Vanderkindere, Alphonse\n Willems, Hector Denis, Dedeyn, Bidart, De Saint-Moulin, Albert Dubois,\nGuillaume De Greef, Giroul, Dolez, etc., etc.\n\n\n\n   Un des personnages les plus importants des Rossards fut Rachel, un\nsuperbe boule-terrier, appartenant à Martha, qui fut élevé à la dignité de\nchien d'honneur du groupe.\n   Rachel, — terreur des chats du quartier, noceuse intrépide, roulure de\npremier ordre, buvant du faro comme Duvivier, se pochardant comme le\nfrère Triangle et professant pour la police une haine aussi corse que légi­\ntime — avait sa place dans chacune des réunions des Rossards. Elle était\nchargée notamment, au moment où s'ouvrait la séance, d'aller quérir les\nfrères absents dans les bouchons voisins.\n   C'était un type connu de toute l'Université, et qui jamais ne toléra la\ncaresse d'un Philistin.\n   L'attachement des Rossards pour leur membre d'honneur était proverbial\net ils en donnèrent un jour une preuve éclatante.\n   L'horrible dêche s'était implacablement abattue sur le groupe ; gargot­\ntiers et cabaretiers refusaient tout crédit, le clou avait donné l'hospitalité à\nla dernière épingle de cravate et l'on ne savait plus de quoi faire monnaie,\nlorsqu'un Anglais offrit d'acheter Rachel deux cents francs.\n   Fortune inespérée ! Le marché fut conclu immédiatement, car l'on savait\nbien que Rachel reviendrait au gîte, plantant là son Anglais, lorsque celui-ci\n qui avait déjà mis deux beaux billets de banque sur la table, annonça son\n"}, {"page_pdf": 539, "texte": "                                — 492 —\n\ndépart le soir même pour Anvers, d'où il devait s'embarquer pour l'Angle­\nterre.\n   Rachel au pays du gin ! Ne plus jamais guindailler avec elle. Ah ! non,\nmille fois non !\n   Les Rossards, secoués d'un frisson d'horreur, se levèrent comme un seul\nhomme et rendirent les deux cents francs à l'Anglais tout interdit, qui fut,\nincontinent, flanqué à la porte.\n   Peu maintenant importait la dêche, puisque c'était pour Rachel qu'al­\nlaient souffrir les Rossards.\n   Vint un temps où cette camarade des bons et mauvais jours se rangea,\nelle eut une vieillesse heureuse, mourut entourée de soins et d'honneurs,\net, depuis, Martha — pardon, monsieur le Député Permanent, — donna le\nnom de Rachel aux successeurs de la défunte afin de perpétuer le souvenir\naimé de l'ancienne étudiante.\n    (A continuer.)                                                    F. R.\n\n\n\n\n                     AIRS DE FLUTE\n                                     I\n                                LAVAGE\n                                              A   C E L L E DU 21   SEPTEMBRE.\n\n                C'est déjà fini, chère belle,\n                Rien qu'une fois.... C'était si bon!\n                Je n'aurai goûté qu'un bonbon\n                De la bonbonnière en dentelle.\n\n                Mais j'ai conservé son parfum\n                Dans un mouchoir donné par elle ;\n                C'est doux comme une tourterelle,\n                Mais c'est triste, l'amour défunt!\n\n                La fine senteur s'évapore\n                Tout doucement, tout tendrement,\n                Ainsi qu'un sourire d'amant\n                Que le mot d'adieu décolore.\n"}, {"page_pdf": 540, "texte": "                                      — 493 —\n\n                Il ne restera rien demain\n                De l'odeur lente et paresseuse\n                Qu'un dernier bouquet dans la main.\n                Profane de la blanchisseuse.\n\n                Ainsi se fondent nos amours\n                A ux flots bleus de l'eau savonnée\n                Pareilles à la loque à jours\n                Que la charmante m'a donnée !\n\n\n                                         II\n                  COMPLAINTE             POUR   MARGOT\n                                                A ANTOINE CLESSE.\n\n                Elle partit par les faubourgs\n                Mélancoliques, l'Adorable !\n                Lors je me mis devant ma table\n                En méditant des calembourgs.\n\n                Je rejetai cet exercice\n                Supérieur à celui d'aimer.\n                Je ne puis pas mieux exprimer\n                L'horreur de mon défunt caprice.\n\n                Aimer! Aimer ! Etre refait!\n                Souffrir de l'épine dorsale...\n                Oh ! la sottise colossale\n                Que nous commettons, en effet.\n\n\n\n\n                                                         (I)\n\n                Je vais mourir, le médecin\n                M'a dit que le ciel me réclame,\n\n(') Strophe révoltante, N, D. L. R.\n"}, {"page_pdf": 541, "texte": "               — 494 —\n\nO ma chérie, à loi celte âme\nDont tu fus le sombre vaccin.\n\nNe pleure pas trop sur ma tombe,\nCela te ferait mal aux yeux ;\nFais-moi simplement tes adieux\nAvant qu'en poussière je tombe.\n\nJe pars triste, vieux, morne, seul,\nRejoindre le grand Malfilâtre ;\nLe feu va s'éteindre dans l'âtre,\nViens me coudre dans mon linceul.\n\nSais-tu coudre? Alors, viens, mignonne;\nEntre en assourdissant tes pas,\nAu Ciel la porte d'or rayonne ;\nPrends garde, ne me pique pas !\n\nFerme-moi les yeux, je regarde\nDans l'éternité désormais.\nMargot ! Margot que tant j'aimais,\nDu paradis bleu je te garde.\n\nVa, retourne par les faubourgs,\nOù des yeux luisent dans les caves;\nLes trottoirs te font des bonjours\nEt les passants des offres graves.\n\n\n                  III\n\n                VERS\n                             POUR CELUI QUI ME RASE.\n\nFidèle en allée infidèle,\nChère au sourire exquis et doux,\nMon âme, comme une hirondelle,\nVoltige, voltige vers vous.\n\nJolie en allée en jolie,\nCydalise que j'adorais,\n"}, {"page_pdf": 542, "texte": "              — 495 —\n\nVers vous, ma folie en folie\nS'en va sans cesse, et je voudrais,\n\nPerfide en allée en perfide,\nMe classer dans les faits-divers\nComme un monsieur qui fait des vers,\nAu fond de Veau calme et limpide.\n\n\n\n\nJe ris, mais quand je ris je pleure,\nJe fais se tordre mes sanglots,\nEt je vais confier aux flots\nMon triste secret tout à l'heure.\n\nTout à l'heure, j'irai voir si\nLes poissons nagent avec grâce,\nEt je nagerai sur leur trace,\nCar je sais bien nager aussi.\n\nJe leur chanterai des ballades\nA la mode des décadents,\nMais les poissons sont si prudents,\nIls auront peur d'être malades !\n\nIls fuiront me laissant seulet,\nDans la vaste demeure humide,\nAvec quelque nymphe timide,\nQui pleurera dans mon gilet.\n                                  SIEBEL.\n"}, {"page_pdf": 543, "texte": "                                  — 496 —\n\n\n\n\n                        MALDOROR (1)\n                Une famille entoure une lampe posée sur la table :\n                    — Mon fils, donne-moi les ciseaux qui sont placés sur cette\n                 chaise.\n                    — Ils n'y sont pas, mère.\n   — Va les chercher alors dans l'autre chambre. Te rappelles-tu cette\népoque, mon doux maître, où nous faisions des vœux, pour avoir un enfant,\ndans lequel nous renaîtrions une seconde fois, et qui serait le soutien de\nnotre vieillesse?\n   — Je me la rappelle, et Dieu nous a exaucés. Nous n'avons pas à nous\nplaindre de notre lot sur cette terre. Chaque jour nous bénissons la Pro­\nvidence de ses bienfaits. Notre Edouard possède toutes les grâces de sa\nmère.\n   — Et les mâles qualités de son père.\n   — Voici les ciseaux, mère; je les ai enfin trouvés.\n   Il reprend son travail... Mais, quelqu'un s'est présenté à la porte d'en­\ntrée, et contemple, pendant quelques instants, le tableau qui s'offre à ses\nyeux :\n   — Que signifie ce spectacle ! Il y a beaucoup de gens qui sont moins\nheureux que ceux-là. Quel est le raisonnement qu'ils se font pour aimer\nl'existence? Eloigne-toi, Maldoror, de ce foyer paisible ; ta place n'est\npas ici.\n   Il s'est retiré!\n   — Je ne sais comment cela se fait ; mais, je sens les facultés humaines\nqui se livrent des combats dans mon cœur. Mon âme est inquiète, et sans\nsavoir pourquoi ; l'atmosphère est lourde.\n   — Femme, je ressens les mêmes impressions que toi ; je tremble qu'il ne\nnous arrive quelque malheur. Ayons confiance en Dieu; en lui est le\nsuprême espoir.\n   — Mère, je respire à peine ; j'ai mal à la tête.\n   — Toi aussi, mon fils! Je vais te mouiller le front et les tempes avec du\nvinaigre.\n   — Non, bonne mère...\n\n\n (') Nous donnerons prochainement une étude sur le vicomte de Lautréamont.\n"}, {"page_pdf": 544, "texte": "                                   — 497 —\n\n   Voyez, il appuie son corps sur le revers de la chaise, fatigué.\n   — Quelque chose se retourne en moi, que je ne saurais expliquer. Main­\n tenant, le moindre objet me contrarie.\n   — Comme tu es pâle ! La fin de cette veillée ne se passera pas sans que\n quelque événement funeste nous plonge tous les trois dans le lac du déses­\n poir !\n   J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poi­\ngnante.\n   — Mon fils!\n   — Ah! mère!... j'ai peur!\n   — Dis-moi vite si tu souffres.\n   — Mère, je ne souffre pas... Je ne dis pas la vérité.\n   Le père ne revient pas de son étonnement :\n   — Voilà des cris que l'on entend quelquefois, dans le silence des nuits\nsans étoiles. Quoique nous entendions ces cris, néanmoins, celui qui les\npousse n'est pas près d'ici ; car, on peut entendre ces gémissements à trois\nlieues de distance, transportés par le vent d'une cité à une autre. On m'avait\nsouvent parlé de ce phénomène ; mais, je n'avais jamais eu l'occasion de\njuger par moi-même de sa véracité. Femme, tu me parlais de malheur ; si\nmalheur plus réel exista dans la longue spirale du temps, c'est le malheur\nde celui qui trouble maintenant le sommeil de ses semblables...\n   J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poi­\ngnante.\n   — Plût au ciel que sa naissance ne soit pas une calamité pour son pays,\nqui l'a repoussé de son sein. Il va de contrée en contrée, abhorré partout.\nLes uns disent qu'il est accablé d'une espèce de folie originelle, depuis son\nenfance. D'autres croient savoir qu'il est d'une cruauté extrême et instinc­\ntive, dont il a honte lui-même, et que ses parents en sont morts de dou­\nleur. Il y en a qui prétendent qu'on l'a flétri d'un surnom dans sa jeunesse;\nqu'il en est resté inconsolable le reste de son existence, parce que sa dignité\nblessée voyait là une preuve flagrante de la méchanceté des hommes, qui\nse montre aux premières années, pour augmenter ensuite. Ce surnom était\nle vampire!...\n   J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poi­\ngnante.\n   — Ils ajoutent que, les jours, les nuits, sans trève ni repos, des cauche­\nmars horribles lui font le saigner le sang par la bouche et les oreilles ; et que\ndes spectres s'asseoient au chevet de son lit, et lui jettent à la face, poussés\nmalgré eux par une force inconnue, tantôt d'une voix douce, tantôt d'une\n"}, {"page_pdf": 545, "texte": "                                  -   498   -\n\nvoix pareille aux rugissements des combats, avec une persistance impla­\ncable, ce surnom toujours vivace, toujours hideux, et qui ne périra qu'avec\nl'univers. Quelques-uns même ont affirmé que l'amour l'a réduit dans cet\nétat ; ou que ces cris témoignent du repentir de quelque crime enseveli dans\nla nuit de son passé mystérieux. Mais le plus grand nombre pense qu'un\nincommensurable orgueil le torture, comme jadis Satan, et qu'il voudrait\négaler D i e u .\n   J'entends dans le lointain des cris prolongés de la douleur la plus poi­\ngnante.\n   — Mon fils, ce sont là des confidences exceptionnelles; je plains ton âge\nde les avoir entendues, et j'espère que tu n'imiteras jamais cet homme.\n   Parle, ô mon Edouard ; réponds que tu n'imiteras jamais cet homme.\n   — O mère, bien-aimée, à qui je dois le jour, je te promets, si la sainte\npromesse d'un enfant a quelque valeur, de ne jamais imiter cet homme.\n   — C'est parfait, mon fils ; il faut obéir à sa mère, en quoi que ce soit.\n   On n'entend plus les gémissements.\n   — Femme, as-tu fini ton travail?\n   — Il me manque quelques points à cette chemise, quoique nous ayons\nprolongé la veillée bien tard.\n   — Moi, aussi, je n'ai pas fini un chapitre commencé. Profitons des der­\n nières lueurs de la lampe ; car, il n'y a presque plus d'huile, et achevons\nchacun notre travail...\n    L'enfant s'est écrié :\n   — Si Dieu nous laisse vivre !\n   — Ange radieux, viens à moi; tu te promèneras dans la prairie, du matin\njusqu'au soir; tu ne travailleras point. Mon palais magnifique est construit\navec des murailles d'argent, des colonnes d'or et des portes de diamants.\nTu te coucheras quand tu voudras, au son d'une musique céleste, sans\nfaire ta prière. Quand, au matin, le soleil montrera ses rayons resplendis­\nsants et que l'alouette joyeuse emportera, avec elle, son cri, à perte de vue,\ndans les airs, tu pourras rester encore au lit, jusqu'à ce que cela te fatigue.\nTu marcheras sur les tapis les plus précieux ; tu seras constamment enve­\nloppé dans une atmosphère composée des essences parfumées des fleurs les\nplus odorantes.\n   — Il est temps de reposer le corps et l'esprit. Lève-toi, mère de famille,\nsur tes chevilles musculeuses. Il est juste que tes doigts raidis abandonnent\nl'aiguille du travail exagéré. Les extrêmes n'ont rien de bon.\n   — Oh! que ton existence sera suave! Je te donnerai une bague enchantée;\nquand tu en retourneras le rubis, tu seras invisible, comme les princes,\ndans les contes de fées.\n"}, {"page_pdf": 546, "texte": "                                   — 499 —\n\n    — Remets tes armes quotidiennes dans l'armoire protectrice, pendant\nque, de mon côté, j'arrange mes affaires.\n    — Quand tu le replaceras dans sa position ordinaire, tu reparaîtras tel\nque la nature t'a formé, ô jeune magicien. Cela, parce que je t'aime et que\n j'aspire à faire ton bonheur.\n    — Va-t'en, qui que tu sois ; ne me prends pas par les épaules.\n    — Mon fils, ne t'endors point, bercé par les rêves de l'enfance : la prière\nen commun n'est pas commencée et tes habits ne sont pas encore soigneu­\nsement placés sur une chaise... A genoux! Eternel créateur de l'univers,\ntu montres ta bonté inépuisable jusque dans les plus petites choses.\n    — Tu n'aimes donc pas les ruisseaux limpides, où glissent des milliers\nde petits poissons, rouges, bleus et argentés? Tu les prendras avec un filet\nsi beau, qu'il les attirera de lui-même, jusqu'à ce qu'il soit rempli. De la\nsurface, tu verras des cailloux luisants, plus\" polis que le marbre.\n    — Mère, vois ces griffes; je me méfie de lui; mais ma conscience est\ncalme, car je n'ai rien à me reprocher.\n    — Tu nous vois, prosternés à tes pieds, accablés du sentiment de ta\ngrandeur. Si quelque pensée orgueilleuse s'insinue dans notre imagina-\ntion, nous la rejetons aussitôt avec la salive du dédain et nous t'en faisons\nle sacrifice irrémissible.\n    — Tu t'y baigneras avec de petites filles, qui t'enlaceront de leurs bras.\nUne fois sortis du bain, elles te tresseront des couronnes de roses et d'œil­\nlets. Elles auront des ailes transparentes de papillon et des cheveux d'une\nlongueur ondulée, qui flottent autour de la gentillesse de leur front.\n    — Quand même ton palais serait plus beau que le cristal, je ne sortirais\npas de cette maison pour te suivre. Je crois que tu n'es qu'un imposteur,\npuisque tu me parles si doucement, de crainte de te faire entendre. Aban­\ndonner ses parents est une mauvaise action. Ce n'est pas moi qui serais fils\ningrat. Quant à tes petites filles, elles ne sont pas si belles que les yeux de\nma mère.\n    — Toute notre vie s'est épuisée dans les cantiques de ta gloire. Tels\nnous avons été jusqu'ici, tels nous serons, jusqu'au moment où nous rece-\nvrons de toi l'ordre de quitter cette terre.\n    — Elles t'obéiront à ton moindre signe et ne songeront qu'à te plaire. Si\ntu désires l'oiseau qui ne se repose jamais, elles te l'apporteront. Si tu désires\nla voiture de neige, qui transporte au soleil en un clin d'ceil, elles te l'ap­\nporteront. Que ne t'apporteraient-elles pas ! Elles t'apporteraient même le\ncerf-volant, grand comme une tour, qu'on a caché dans la lune, et à la queue\nduquel sont suspendus, par des liens de soie, des oiseaux de toute espèce.\nFais attention à toi... écoute mes conseils.\n"}, {"page_pdf": 547, "texte": "                                  — 500 —\n\n   — Fais ce que tu voudras ; je ne veux pas interrompre la prière, pour\nappeler au secours. Quoique ton corps s'évapore, quand je veux l'écarter,\nsache que je ne te crains pas.\n   — Devant toi, rien n'est grand, si ce n'est la flamme exhalée d'un\ncœur pur.\n   — Réfléchis à ce que je t'ai dit, si tu ne veux pas t'en repentir.\n   — Père céleste, conjure, conjure les malheurs qui peuvent fondre sur\nnotre famille.\n   — Tu ne veux donc pas te retirer, mauvais esprit ?\n   — Conserve cette épouse chérie, qui m'a consolé dans mes décourage-\nments...\n   — Puisque tu me refuses, je te ferai pleurer et grincer des dents comme\nun pendu.\n   — Et ce fils aimant, dont les chastes lèvres s'entr'ouvrent à peine aux\nbaisers de l'aurore de vie.\n   — Mère, il m'étrangle... Père, secourez-moi... Je ne puis plus respirer...\nVotre bénédiction !\n   Un cri d'ironie immense s'est élevé dans les airs. Voyez comme les aigles,\nétourdis, tombent du haut des nuages, en roulant sur eux-mêmes, littéra­\nlement foudroyés par la colonne d'air.\n   — Son cœur ne bat plus... Et celle-ci est morte, en même temps que le\nfruit de ses entrailles, fruit que je ne reconnais plus, tant il est défiguré...\nMon épouse!... Mon fils!... Je me rappelle un temps lointain où je fus\népoux et père.\n   Il s'était dit, devant le tableau qui s'offrit à ses yeux, qu'il ne supporte­\nrait pas cette injustice. S'il est efficace, le pouvoir que lui ont accordé les\nesprits infernaux, ou plutôt qu'il tire de lui-même, cet enfant, avant que la\nnuit s'écoule, ne devait plus être.\n                                             Vicomte DE LAUTRÉAMONT.\n\n\n\n\n                SONNET A LA NUIT\n                                               A G.   EEKHOUD ET A.   GIRAUD.\n\n         Rafraîchis de ton ombre, ô Nuit, mon cœur qui brûle;\n         Descends, Nuit pacifique, en vion cœur anxieux :\n         Mets sur mon front, comme un baiser, ton crépuscule\n         Et fais tomber en moi le silence des deux.\n"}, {"page_pdf": 548, "texte": "                                  — 501 —\n\n         O Nuit, vivante Nuit, je te sens pleine dames :\n         Ton soupir n est-il pas une voix d'au delà'!\n         L'astre, nous regardant de ses pensives flammes,\n         N'est-il pas un œil cher que la mort nous voila ?\n\n         Sois-moi, Nuit endormeuse, oubli, repos de vivre !\n         Comme le souvenir, ta tristesse m'enivre\n         D'un bonheur qui me fait suavement souffrir ;\n\n         Et mon cœur te salue, en ton faste    mystique,\n         Quand là-bas je vois choir le soleil despotique\n         Et sur l'argent des eaux l'or du couchant mourir.\n                                             E M I L E VAN A R E N B E R G H .\n\n\n\n\n               PLUS DE MÉDAILLES\n              Plus de médailles, plus de jurys, plus de récompenses officielles ;\n               l'Art libre, hors de l'Etat, voilà le cri poussé de toutes parts\n               depuis l'apparition de la burlesque liste des récompenses\n               accordées aux exposants du Salon d'Anvers.\n   Assimiler l'artiste à ce bœuf gras que l'on promène par les rues chargé\nde reliques régionales, au gamin qui sera sans encombre arrivé au faîte du\nmât de cocagne savonné, au cheval perfectionné qui dans une course aura\ndépassé les autres d'une encolure, c'est diminuer, amoindrir et méconnaître\nson rôle.\n   La sanction d'un jury n'a pas de valeur; elle est nulle devant l'opinion\npublique, qui seule est juge. Où recrute-t-on les hommes qui sont appelés\nà faire cette distribution de prix? Qui les nomme? Un ministre des Beaux-\nArts aidé du directeur du bureau et de quelques scribes ; on dresse la liste\nen choisissant, pour faire majorité, des peintres estampillés et garantis par­\nle gouvernement, qu'on les nomme, De Vriendt, Ducaju, Verrat ou Slin­\ngeneyer.\n   Pour céder en apparence aux prostestations prévues, MM. les ronds\nde cuir panachent la liste de noms sérieux reconnus par le public, puis\nleur rôle cesse, ils n'ont plus qu'à ôter leurs manches de lustrine et à se\nreposer.\n   Le jour solennel arrive ; le jury se réunit et opère ; on médaille à mort,\n                                                                          31\n"}, {"page_pdf": 549, "texte": "                                   — 502 —\n\n mais c'est la majorité qui médaille et les prix vont aux diplomates qui ont\n des protections, aux jeunes recrues de l'art officiel ou aux jurés eux-mêmes !\n Quelqu'un de la minorité élève la voix, proteste, s'indigne. Parfaitement,\n on va le satisfaire. En échange de Bouguereau, de Van der Ouderaa (du\n jury), de Moreau de Tours, de Makoffski, nous vous accordons Jef Lam­\n beaux ; si vous ne hurlez pas contre Nono, Kemer, Verstraete, Cordon­\n nier, Norman, si vous êtes bien sage et que vous vous taisez, on vous\n concèdera Stobbaerts... Echange, en un mot, mais échange de dupe où ce\n qui est juste est honteusement berné.\n    Quelqu'un a lancé cet original paradoxe :\n    « Vous voulez supprimer les médailles. Prenez garde. Vous allez suppri­\n mer l'injustice, c'est-à-dire une des conditions de la gloire. De combien de\n maîtres l'injustice des jurys d'admission comme de récompense, n'a-t-elle\n pas servi la renommée? Rousseau, Millet, Courbet, Manet lui-même. Que\n serait Manet sans la persécution? Plus de médaille, plus d'injustice. Plus\n de persécution, plus de réclame. Les adversaires des médailles en devraient\n souhaiter le maintien, afin de se réserver les joies et les bénéfices de la pro­\n testation. »\n    C'est un peu comme si l'on voulait retablir l'Inquisition sous prétexte\n qu'elle a fait des martyrs. Ce n'est pas l'injustice qui a fait la renommée\n des grands maîtres, c'est leur oeuvre. Il se peut que l'artiste soit méconnu\n du public même et plus tard couronné de gloire ; c'est, alors, qu'il a devancé\n son époque, mis le pied dans les formules chères à la foule et travaillé\n comme sentent les autres. C'est là, aujourd'hui surtout, une exception. La\n critique, qui n'est qu'un écho, a marché comme toutes choses, et la race\ndes incompris se perd ; mais fût-elle innombrable encore, ce n'est pas l'in­\n stitution des jurys qui la ferait disparaître.\n    Les Dubois et les Agneessens n'ont pas eu a porter à l'épaule le stigmate\nofficiel ; ils n'en sont pas moins entrés tout vivants dans la gloire. Les Slin­\ngeneyer et les De Vriendt sont chargés de reliques ; en sont-ils moins des\nânes?\n    Plus de médailles qui ne prouvent rien, plus de jurys qui ne jugent rien,\nplus de récompenses qui se trompent de porte et frappent aux maisons\nvides.\n    Les artistes belges ont droit à la liberté sans laquelle ils étouffent ; pour\nl'obtenir, ils ont à renier l'Etat en constituant une corporation, un syndicat\noù tous aient accès.\n   Ils n'auront pas à se juger, mais à se soutenir. De même que les sociétés\nouvrières défendent l'intérêt de tous et de chacun, comme une grande\n"}, {"page_pdf": 550, "texte": "                                  — 503 —\n\nfamille dont tous les membres sont solidaires, ainsi les artistes se tiendraient\nles coudes, stimulés non par les ronds de vermeil à quelque effigie solen­\nnelle, mais par le besoin de faire mieux toujours. Nous avons vu mourir\nmisérablement des peintres de haut talent comme Fontaine et comme Pan-\ntazis ; s'il y avait eu la caisse de secours alimentée par tout ce qui en Bel­\ngique tient la brosse ou l'ébauchoir, peut-être ces hommes de la grande\nécole ne seraient-ils pas tombés raides au bord de leur route.\n   Plus d'académies où l'on tombe de Verlat en Siret et de Fraikin en de\nKeyser, où l'on mange en dissertations oiseuses, en décisions folâtres, des\nsommes fabuleuses.\n   Plus de prix de Rome qui obligent l'artiste à émigrer sous un ciel, admi­\nrable il est vrai, mais qui fait dévier sa vision de son but et de son origine,\npour la forcer à « s'exotiquer » sans profit.\n   Qu'il s'établisse de vastes expositions permanentes où l'artiste soit maître\nde sa place et puisse y aller enfoncer son clou et pendre sa toile.\n   Si l'Etat, pour décorer ses musées et ses monuments, a besoin des\nartistes, il s'adressera à la corporation qui décidera lesquels sont les plus\naptes au travail que l'on réclame, et à quel prix ils peuvent évaluer leurs\nservices.\n   Et si, comme dans certaines sociétés, il y a des sarrasins, les syndicats\net la presse s'uniront pour les enterrer dans le mépris et dans le silence.\n   Et aussi longtemps que cela ne sera pas fait, qu'une violente réaction\nn'aura pas émietté le régime de protectionnisme et d'iniquité dont on vient\nencore de voir les déplorables et humiliantes conséquences, les artistes con­\ntinueront à souffrir dans leur vie matérielle comme dans leur légitime\norgueil.\n                                                                 M. W .\n\n\n\n\n                         DEMI-DEUIL\n                                                               A GUESVILLER.\n\n         La nuit voluptueuse et triste, par degrés,\n         Descend les escaliers du ciel. Le jour se sauve,\n         Posant son pied furtif sur les toits mordorés.\n\n         Des nuages lilas fleurissent dans l'air mauve\n         Qui palpite au dessus des coteaux violets,\n         Et le vent recueilli prend des senteurs d'alcôve.\n"}, {"page_pdf": 551, "texte": "                                       — 504 —\n\n           La glycine en festons grimpe autour des volets ;\n           Les saules, prosternés dans leurs branches pieuses,\n           Sont des bouquets vivants de cris et de sifflets,\n\n           La jacinthe, l'iris, les pâles scabieuses\n           Mêlent leurs tons mêlés de joie et de chagrin ;\n           Les cyprès sont des nids pleins de chansons rieuses.\n\n           Et svelte, toute droite, au bord du boulingrin,\n           Regardant d'un œil doux les lilas et les chênes\n           Bleuir et rougeoyer dans un brouillard serein,\n\n           La veuve en demi-deuil rêve aux amours                   prochaines.\n                                                        EDMOND       HARAUCOURT.\n\n\n\n\n            NOUVELLES DE LA GRAND'ROUTE (1)\n\n                                           VI\n                               LA GRAND' R O U T E\n\n             La grand'route appartient aux « trimardeurs ; elle est le trait\n              d'union tracé entre les grands centres de misère.\n                 Avant les mois troubles, à l'époque où commence à chômer\n              le travail ; où s'ouvrent les bals et se ferment les ateliers, la\ngrande ville s'endort et la grand'route se peuple. L'automne est la saison\ndes routiers. Après trois mois de repos aux rayons de soleil, le rôdeur\n                                      Ayant loupé\n                                      Tout l'été\nsonge qu'il va falloir reprendre la besace. Les dernières flambes d'août\nont jauni les blés qui bientôt vont tomber sous la faucille du moissonneur ;\nseptembre approche, et avec lui commencent les vendanges. Alors, le rou­\ntier prend le chemin du Midi, après avoir coupé dans la haie encore verte,\n\n   (1) Nous continuons aujourd'hui, pour ne plus l'interrompre, la publication des Nou-\nvelles de la grand'route, dont nous possédons le manuscrit complet. Nos lecteurs se sou­\nviennent des cinq premières de ces nouvelles, qu'ils retrouveront dans la collection de la\nJeune Belgique : I. La Rousse (tome I). — II. Le Saltimbanque. — III. La Saint Lundi\n(tome II). — IV. L'Automne. — V. Rabelais (tome III).\n"}, {"page_pdf": 552, "texte": "                                  — 505 —\n\nle bâton noueux qui doit soutenir sur son épaule le mince bagage du voya­\ngeur piéton. Il part, joyeux, voyant au loin de larges côteaux en pente\ndouce où les ceps, serrés autour des échalas pourris, courbent leurs\nbranches feuillues sous le poids des grappes blondes et noires ; il part, ayant\nla perspective de champs immenses, couverts d'épis brûlés que les âpres\nsouffles du vent ont courbés et ondulés comme les flots d'une mer.\n    Les villages passent; puis les villes. Le routier a fixé son trajet : dix\nlieues par jour. A midi, il dîne de quelques pommes, cueillies en fraude sur\nla lisière d'un verger ; le soir, il couche sous une meule, s'il n'a pas de\npapiers en règle; s'il en a, au violon de la gendarmerie.\n   A l'intersection des grandes voies, les routiers se joignent et vont par\nbandes : le nombre enhardit. On se communique ses intentions et ses espé­\nrances.\n   Celui-ci va en Sologne, chez le fermier pour lequel il a moissonné l'an\npassé ; celui-là gagne le Beaujolais pour faire la vendage ; il tâchera ensuite\nde s'embaucher dans une fabrique, à Lyon, pour y passer l'hiver; un troi­\nsième veut aller dans la Suisse française, où l'on est toujours bien vu,\nassure-t-il ; un autre retourne au pays, dans le Forez ; il a encore de la\nfamille là-bas, « des culs-terreux qui ont du foin dans leurs bottes. »\n    Et la troupe avance. Un matin, aux pâles rayons d'un soleil malade, des\npassants suivis d'une charrette se dirigent, instruments aratoires sous le\nbras, du côté des vignobles. Alors le chef de la bande se détache, et va\ndemander si l'on a besoin du monde pour la vendange. Car la bande a\nordinairement un chef; celui-ci ne s'est point nommé lui-même; mais on\nl'a reconnu d'un accord tacite. C'est un petit vieux, à barbe grise, à peau\ncrasseuse, comme on en rencontre parfois en correctionnelle; ce vieux,\nsouvent aux prises avec la police, est un honnête homme ; jamais il n'a\nvolé autre chose que des fruits pour se nourrir ; jamais il n'a assassiné que\ndes chats, pour la même raison ; pourtant, il a sur son compte une ving­\n taine d'années de prison pour mendicité et vagabondage. Il connaît toutes\nles histoires du dépôt de la préfecture ; il sait des chansons obscènes qu'il\n a apprises ici et là ; il a trimardé sur tous les chemins et par tous les\n temps; il connaît des châteaux dont les propriétaires donnent dix sous aux\nvoyageurs, et les fermiers qui logent les trimardeurs dans leurs granges ; il\n sait combien il faut de jours pour aller d'Orléans à Perpignan; et reconnaît\n à trois cents mètres, en temps de brume, la coiffure bizarre d'un gendarme.\n C'est un véritable routier.\n    Cependant, à certaine époque, les voyageurs se sont séparés; les collines\n et les plaines se sont couvertes de travailleurs et de bruits. Moissons et ven­\n danges ont rendue déserte la grand'route.\n"}, {"page_pdf": 553, "texte": "                                   — 506 —\n\n\n\n\n   Au printemps la bohême artiste et banquiste occupe seule les chemins.\nLes foires sur les places publiques, les bals champêtres, les concerts en plein\nvent, se multiplient aux champs et dans les petites villes ; c'est la grande\nsaison des bateleurs et des artistes populaires. Les lourds véhicules badi­\ngeonnés d'ocre roulent sur le gravier des routes, chargés de tréteaux, de\ntoiles peintes et d'objets de formes étranges. Les musiciens ambulants,\ninstruments sous le bras, chaussures vagues aux pieds, et chapeau problé­\nmatique sur la tête, gravissent les côtes ardues et descendent les pentes à\npic, ventres légers de nourriture et cœurs lourds d'espérances, humant à\ndroite et à gauche un bon vent de recette douteuse. Souvent, isolée et\npénible à voir, une famille de saltimbanques chargée à dos de la tente et des\npieux indispensables, marche seule par étapes, chétive et défaite, les yeux\nécarquillés à découvrir au loin le but du voyage. La somnambule, le géant,\nle bâtoniste, et l'enfant à deux têtes se montrent aux regards ébahis du vil­\nlageois, porteurs de leur futur logis de chanvre barbouillé. Souvent aussi,\nquelque pauvre hère de chanteur nomade s'arrête un instant au seuil\nd'une masure, et demande d'un air timide, le chemin pour se rendre à la\nville prochaine.\n  Comme pour les francs-routiers, l'hiver sera pour tous ces gens le signal\ndu retour. Heureux ceux qui s'en reviendront contents de leur voyage : leur\nnombre en sera bien petit, hélas !\n                                        *\n\n   A la mi-novembre, quand le ciel est bien gris et la terre bien blanche,\nreviennent bateleurs et trimardeurs.\n   C'est alors qu'il faut y jeter un coup-d'œil sur cette grand'route désolée;\nc'est alors qu'il faut gratter de l'ongle, sur les carreaux, le givre qui s'y est\nfigé, et regarder, de l'aube à la nuit close, du soir au matin, le spectacle\ndoublement terrible de l'hiver et de la misère.\n   Pieds nus et corps engourdis, faces hâves et costumes équivoques, les\nroutiers marchent, tête basse, unis entre eux par un trémolo d'ensemble\nqui effraie ou apitoie. Moissonneurs et vendangeurs des mois passés, ils\nn'ont plus maintenant l'espoir et le soleil qui les accompagnaient à leur\ndépart; tristes, taciturnes, ils reviennent à présent, n'osant donner un\nregret à leur voyage infructueux et à leurs illusions perdues ; ils sont las de\nleur course, et ne recommenceront plus, — jusqu'à l'an prochain, — s'ils\nne roulent en route, exténués et transis, dans l'une des ornières du chemin.\n"}, {"page_pdf": 554, "texte": "                                 — 507 —\n\n   On se souvient alors des conseils que donnait en allant le vieux trimar­\ndeur; les fermes ruissellent de feux et de lumières : on y va mendier une\nnuit d'hospitalité, sur les bottes de foin dont les granges sont pleines. Les\nhabitations bourgeoises laissent fuir des tressauts de musiques : on y va\ntendre la main.\n   Et dans cette sombre débâcle la gendarmerie fait son œuvre. A l'ombre\nles banquistes et les rôdeurs, les moissonneurs et les artistes populaires ! à\nl'ombre les mendiants et les vagabonds !\n   Et tandis que les prisons se gavent, la grand'route se dépeuple.\n   De même chaque année.\n\n\n\n   Oh ! si la route est la patrie du rôdeur, combien en avons-nous connus\nde ces rôdeurs d'un jour, ouvriers hier, demain vagabonds, qu'une fatalité\nentraînait sur cette grand'route féconde en drames ignorés ! Combien d'ar­\ntistes et de poètes ont arpenté ces côtes et ces versants interminables, allant\nchercher dans un éloignement brumeux la poésie et le pain comme Homère,\nou bien le pays et l'amour, comme Moreau!\n                                                        MARIUS RÉTY.\n\n\n\n\n                          LE MIROIR\n                                                    A CATULLE MENDÈS.\n\n         Bercée au sanglot vague et rythmique des eaux\n         Pleurant dans les bassins du cou svelte des cygnes,\n         Tandis que s'alanguit le chant d'or des oiseaux,\n\n         L'Adorable sourit en ses blancheurs insignes. —\n         Sont tirés les verrous sous les grands rideaux lourds\n         Et la chambre commise aux sévères consignes.\n\n         Par l'azur du plafond voltigent des amours.\n         Des faunes sont mêlés aux nymphes des tentures ;\n         Le divan, le tapis sont de rouge velours.\n\n         En face, ménagé sous l'or plein des sculptures,\n         Un grand miroir concave imprime dans son tain\n         La multiplicité perverse des postures.\n"}, {"page_pdf": 555, "texte": "                                   — 508 —\n\n          L'eau perle et lustre encor ses hanches de satin.\n          L'incarnat de sa chair sous les flammes s'irise.\n          Elle cambre sa croupe, et ses yeux au lointain\n\n          S'enivrent du tableau qui l'obsède et la grise.\n          Les oiseaux ont cessé leur chant d'or. Les bassins\n          Endorment leur sanglot.. — Mais quel rêve l'a prise'!\n\n          Quel désir a scandé le rythme de ses seins ? —\n          Devant le grand miroir hanté de rondeurs roses\n          L'Adorable s'étend au milieu des coussins...\n\n          Et reprend le chœur d'or des oiseaux           amoroses.\n                                                       RAOUL RUSSEL\n\n\n\n\n         ESSAIS DE PATHOSJOLI CONTEMPORAIN (1)\n\n                         LES ESTHÊTARDS .\n                              PREMIER ARTICLE\n             Il y avait une fois un mystificateur de beaucoup d'esprit, qui\n               s'appelait Henry Beauclerc.\n                             DEUXIÈME ARTICLE\n   Et un autre mystificateur, Gabriel Vicaire, qui avait aussi beaucoup\nd'esprit.\n                             TROISIÈME ARTICLE\n   Si bien que l'on pouvait dire de chacun d'eux qu'il avait plus d'esprit que\nl'autre.\n                            QUATRIÈME ARTICLE\n   Ils firent une excursion à Suresnes, où ils procréèrent artificiellement,\nd'après les règles nouvelles, le poète Adoré Floupette,\n                            CINQUIÈME ARTICLE\n Sous le nom duquel ils publièrent une série de parodies de Stéphane\nMallarmé et de Paul Verlaine : les Déliquescences.\n\n  (1) Voir les numéros de l'Art moderne du 19 et du 26 juillet, du 2, du 9, du 16,\ndu 23 et du 30 août, du 6 et du 13 septembre 1885.\n"}, {"page_pdf": 556, "texte": "                                 — 500 —\n\n\n                            SIXIÈME ARTICLE\n Paris s'amusa du livricule pendant vingt-quatre heures, Stéphane\nMallarmé pendant quarante-huit.\n                           SEPTIÈME ARTICLE\n  Et Paul Verlaine ne le lut pas, parce qu'il était trop occupé.\n                            HUITIÈME ARTICLE\n  Personne d'ailleurs ne prit les Déliquescences au sérieux, et Paris se les\nrappelle à peu près autant que les Capitulaires de Charlemagne.\n                           NEUVIÈME ARTICLE\n  Personne ne les prit au sérieux, sauf mon oncle le jurisconsulte,\n                             DIXIÈME ARTICLE\n  Qui avait été piqué par la mouche du coche,\n                            ONZIÈME ARTICLE\n  Et qui, furieux de voir qu'on ne dirige pas la Jeune Belgique comme un\ncabinet de chicaneau,\n                           DOUZIÈME ARTICLE\n  Voulut profiter des Déliquescences pour faire d'une très petite pierre une\ndouzaine d'incontestables pavés d'ours.\n                           TREIZIÈME ARTICLE\n  C'est ainsi que mon oncle le jurisconsulte entreprit, dans l ' A r t moderne\nresté sans défense depuis la retraite de MM. Robert et Arnould, des Essais\nde Pathologie contemporaine.\n                         QUATORZIÈME ARTICLE\n   Le premier essai était consacré aux Déliquescents. Il se composait de\ncitations d'Adoré Floupette et de Marius Tapora. Il était assez amusant.\nOn reconnaissait d'ailleurs mon oncle le jurisconsulte à sa manière d'agencer\nles citations.\n                           QUINZIÈME ARTICLE\n   Le deuxième essai émanait presque tout entier de mon oncle le juriscon­\nsulte. Il y était proclamé qu'il existe deux sortes de Décadents, les bons\nDécadents, et les mauvais Décadents. Le troisième essai ne disait rien, et le\nquatrième récapitulait ce qui avait été dit dans le troisième. Le cinquième\nessai s'occupait des Incohérents. Après avoir cité, avec antiphémie, des\nstrophes de Verlaine et un sonnet de Mallarmé, ainsi qu'une pièce de\nGeorges Khnopff, mon oncle le jurisconsulte concluait ainsi : il y a de bons\nIncohérents, mais il y en a aussi de mauvais. Le sixième essai ne disait\nrien, et le septième expliquait laborieusement le sixième.\n"}, {"page_pdf": 557, "texte": "                                  — 510 —\n\n                             SEIZIÈME ARTICLE\n   Entretemps, on riait beaucoup à Bruxelles. Mon oncle le jurisconsulte\nse trompa sur la signification de cette hilarité, et continua.\n                          DIX-SEPTIÈME ARTICLE\n   Le huitième essai complimentait Georges Khnopff, non pas d'avoir écrit\nde beaux vers, mais d'avoir inventé une prosodie nouvelle en rimant des\npièces en vers féminins. Ronsard et les poètes de la Pléiade, étourdis par\ncette science imposante, négligèrent d'envoyer un droit de réponse à l'Art\nmoderne. Le neuvième essai, intitulé les Verbolâtres, citait une belle page\nde Taine. Le dixième remarquait qu'il y a de bons Verbolâtres et de mauvais\nVerbolâtres.\n                         DIX-HUITIÈME ARTICLE\n   Le onzième essai avouait « que les jeunes artistes belges seraient loués\ndavantage pour leur art s'ils pouvaient l'être davantage pour leur carac­\ntère ». Le douzième s'intéressait quelque peu aux Symbolistes. Mon oncle\nle jurisconsulte, — celui-là même qui nous conjurait naguère d'abandonner\ntout symbolisme pour observer la réalité immédiate — y démontrait que le\nsymbolisme est le principe de tout art vraiment supérieur. Et il partait de\nlà pour prétendre qu'il y a de bons Symbolistes, mais qu'il y en a aussi de\nmauvais.\n                          DIX-NEUVIÈME ARTICLE\n  Dire de toutes les théories d'art qu'elles sont à la fois bonnes et mau­\nvaises est une méthode qui, à force d'être appliquée, finit par dégager une\npuissante unité d'ensemble.\n                           VINGTIÈME ARTICLE\n   La roue d'une voiture lancée à fond de train tourne si vite qu'elle semble\nimmobile. Mon oncle le jurisconsulte est une jolie roue de voiture. La\ncinquième.\n                      VINGT-ET-UNIÈME ARTICLE\n   Dans son treizième essai, mon oncle le jurisconsulte expliquait les\n Tœnias de Floupette. On n'a jamais su ce que Henry Beauclerc et Gabriel\nVicaire ont pensé des explications de ce critique. Dans son quatorzième\nessai, et dans les suivants, dont il serait téméraire de vouloir déterminer le\nnombre, mon oncle le jurisconsulte se lamentait solennellement devant\nla plaisante Oraison du soir, d'Arthur Rimbaud, et devant une fantaisie\nironique de Verlaine, tirée des Vers à la manière de plusieurs. Il finissait\npar se consoler en pensant qu'il y a des gens qui se portent mal et d'autres\nqui se portent bien. Dans son quinzième essai, après avoir rangé Mallarmé\net Verlaine dans la catégorie des malades, mon oncle le jurisconsulte finissait\npar s'apercevoir que ces poètes sont aussi des bien portants. Et enfin,\nbouquet de ce feu d'artifice antiphémique, il reconnaissait, dans une note\n"}, {"page_pdf": 558, "texte": "                                  — 511 —\n\ndéposée au pied d'une lettre de Georges Khnopff, que le sonnet de Mal­\nlarmé : A celle qui est tranquille est fort beau, mais qu'on n'en pourrait\ndire autant « des autres pièces du recueil Jadis et Naguère, dont il est\nextrait ». Extraire un sonnet de Mallarmé de Jadis et Naguère, un livre\nde Paul Verlaine, voilà une opération césarienne que seul furoncle le juris­\nconsulte pouvait réussir !\n\n                        VINGT-DEUXIÈME ARTICLE\n  Et cependant, mon oncle le jurisconsulte n'était pas heureux. Un des\nnôtres, — cet âge est sans pitié ! — avait eu l'audace de le traiter successi­\nvement de garde civique et d'amateur.\n\n                        VINGT-TROISIÈME ARTICLE\n   Sa digestion devenait pénible. Les tcenias qu'il avait niés venaient traî­\ntreusement le persécuter. Et, dans la pénombre, sa clameur sombre faisait\nfleurir des chardons pleins de symbolisme ésotérique. Son âme était effroya­\nblement verte, et c'était lui qui était le solitaire. Alors, mon oncle le juris­\nconsulte résolut de frapper un grand coup. Il invita un menuisier, et se\nmit à écrire des vers. Par un caprice, ou par toute autre raison de la même\nespèce, il appela ses sonnets Czardas rimées. Il en fit un gros paquet et le\nporta nuitamment à M. Charles-Henry de Tombeur, rédacteur en chef de\nla Basoche, — en se cachant sous le pseudonyme symbolique de Georges\nBébiesko.\n                       VINGT-QUATRIÈME ARTICLE\n Nous n'avons pas la photographie de la rédaction de la Basoche à ce\nmoment-là.\n                       VINGT-CINQUIÈME ARTICLE\n   A peu près à la même époque, mon oncle le jurisconsulte publia dans\nson Art moderne un article très dangereux pour les rates sensibles. Il y\naffirmait que les vrais artistes sont ceux qui, étant avocats, médecins,\nnotaires, officiers, négociants, pédicures, allumeurs de réverbères ou rois\nconstitutionnels, écrivent des livres pendant leurs vacances, à leurs décades\nperdues, sans s'occuper des détails de forme et d'exécution. Il suffit d'avoir\njeté un coup d'œil sur les nombreuses revues de jeunes pour connaître à\nfond le maniement du vers et de la rime. Les amateurs sont les vrais\nartistes. Mais comme le mot amateur a été exploité par nous, mon oncle le\njurisconsulte proposait de le remplacer par le mot : Esthète. Il y a donc\nles trois échelons de l'échelle mystique : l'échelon de l'amateur, occupé\nnaguère par feu le docteur Emile Valentin, l'échelon de l'artiste sans pro­\nfession, que mon oncle le jurisconsulte consentirait à laisser à Barbey d'Au­\nrevilly, à Cladel ou à Camille Lemonnier, puis, plus haut, beaucoup plus\nhaut l'échelon de l'Esthète, que mon oncle le jurisconsulte se réserve pour\nson usage particulier.\n"}, {"page_pdf": 559, "texte": "                                     — 512 —\n\n\n                            VINGT-SIXIÈME ARTICLE\n\n  Va pour le vocable Esthète !\n                          VINGT-SEPTIÈME ARTICLE\n  Ce qui nous amène à essayer une étude de pathosjoli sous ce titre\ngénéral : Les Esthêtards.\n                          VINGT-HUITIÈME ARTICLE\n  Prenons pour type de l'Esthêtard, ou si l'on veut, de l'Esthète, le poète\nmadgyartmoderniste Georges Bébiesko. Cet esthète (de linotte), qui prêche\naux autres l'art national, va généralement chercher ses inspirations hors de\nson terroir. Il fait de la critique... en Espagne, et des sonnets en Hongrie.\nSon style est étonnamment Kossuth. En sa qualité d'Esthète (ni queue), il\naugmente encore, comme en se jouant, les difficultés du sonnet. Il bâtit ses\ndeux tercets, non pas sur trois rimes, comme dans le sonnet régulier, mais\nsur deux rimes bizarrement entrelacées :\n                Alors des sons de joie et des sons d'épouvante,\n                Des airs tantôt criards et tantôt adoucis\n                Entremêlent dans l'air leurs magiques lacis.\n                Puis soudain reprenant son allure rêvante,\n                Se laissant emporter au fil des noirs soucis,\n                S'achève en gémissant la Csarda dissolvante.\n  L'esthète (ânos), ou esthêtard, présente cette ressemblance avec Achille\n— la seule! — c'est qu'il est vulnérable à la cheville. Il rime à la sueur de\nson front des vers comme ceux-ci :\n                Sur le mode mineur un chant, d'abord furtif,\n                Puis farouche et strident, passe ainsi qu'une vague;\n                L'archet monte et descend, frappe, enveloppe, ÉLAGUE!...\n   Il est joli, même pour un esthète (de Flandre), cet archet qui élague!\nEt quand on pense que si le vers précédent n'avait point fini sur une vague,\nnous ne connaîtrions pas cet archet-là ! Celui qui a dit du mal de la rime,\npérira par elle !\n  L'esthète (de pipe), préoccupé de quintessencier son vers le plus possible,\ny ajoute parfois quelques syllabes supplémentaires. Exemples :\n         ....Ce rôle passionné, d'une voix si brûlante.... (13 syllabes)\n         ....M'enveloppe en bruissant de son vol circulaire.... (13 syllabes).\n  Ces alexandrins magnifiques, où feue la reine Berthe a mis son pied,\nvont évidemment donner le signal d'une révolution prosodique. Avec cette\npoésie-là et le Volapük, le vingtième siècle peut dormir tranquille : il\naura un art digne de lui !\n  L'esthète (de Turc) pratique aussi l'inversion :\n               ....De tomber épuisé je ne veux pas l'affront I....\n               ....Quand d'un être que j'aime un mot jette la sonde....\n  Allez au conseil de revision contempler les miliciens dont les doigts de\n"}, {"page_pdf": 560, "texte": "                                   — 513 —\n\npied sont atteints de chevauchement, ils vous rappelleront les vers de\nBébiesko !\n   Le rimeur madgyartmoderniste tombe parfois dans une espèce de natu­\nralisme difficile à caractériser au moyen d'un seul adjectif. Il est anacréon-\ntique avec lourdeur : tel un iguanodon évoluant avec simplicité au milieu\nd'un service de Sèvres :\n                                             Et cet âcre levain\n               Que distillent tes yeux, qui parfume ta hanche,\n               M'a brûlé comme un suc corrosif qui s'épanche!\n\n   C'est tout à fait galant, Rambouillet, Gentil-Bernard ! C'est même un\npeu Régence, mais Régence... de Tripoli! On ne dit pas plus adorablement\nà une princesse, Cassandre, Hélène ou Marie, qu'elle a des yeux chassieux\net des dessous.... de hercheuse! Bien rimé, Esthète!\n   Ce n'est pas tout. Georges Bébiesko est un de ces poètes qui ont compris\nque le pléonasme est une force. Voici comment l'Esthète (de clou) exprime\nla crainte de voir s'expatrier sa dame :\n               ....Le sort, te soumettant à ses règles barbares,\n               Sans moi peut t'exiler captive à l'étranger!....\n  T'exiler à l'étranger! Voilà un petit pléonasme de derrière les fagots!\nMalheureusement, il n'est pas de Georges Bébiesko, pas même! Il y a belle\nlurette que M. Scribe a écrit, dans la Reine de Chypre, ce vers presque\nidentique :\n                     Triste exilé sur la terre étrangère !\n\n   Il est vrai que dans la pensée de M. Scribe ce vers était destiné à être\nchanté. N'importe. Georges Bébiesko donne l'hospitalité au monstre du\nlibrettiste. Ainsi le grand Shakespeare empruntait, pour les magnifier, des\nvers de Marlowe et de Ben Johnson.\n   L'esthète (en bois) est aussi l'inventeur d'un système d'évaporisation des\nlimons sur lequel nous appelons la sollicitude des sphères gouvernemen­\ntales :\n                Les limons dans lesquels la volupté s'enlise,\n                Dispersés en vapeurs, se perdent dans les airs,\n                Et tu n'es plus qu'une âme où je m'idéalise.\n\n   L'esthète (de lampe) joue, en maître, de l'image rare. Il métaphorise avec\naudace des quatrains qui pourraient bien inspirer une nouvelle exposition\ndes arts incohérents. Bébiesko est à l'Opéra, seul, dans sa loge. Il regarde\nla cantatrice....\n                Etrange vision! Dans un tourbillon noir\n                Les décors s'affaissaient, la salle était croulante,\n                Et ton cœur, s'élançant de ta gorge tremblante,\n                Vers moi se balançait comme un rouge encensoir.\n\n  C'est du Floupette, moins spirituel.\n  L'esthêtard est aussi critique littéraire. Dogmatique comme s'il avait\navalé un pape, il épluche les strophes des poètes qui ne sont pas des\n"}, {"page_pdf": 561, "texte": "                                  -   514    -\n\n\nEsthètes avec la grâce et le discernement d'un âne qui se mettrait à brouter\ndes roses. Il y a longtemps que le charme est rompu, et que Titania —\nlisez la Jeune Belgique — n'est plus amoureuse de ce Bottom. Ç'a été, non\npas le songe, mais le cauchemar d'une nuit d'été !\n   Quand on a écrit — d'une oreille trempée dans l'encre — que Leconte\nde Lisle n'a point de personnalité, et que Baudelaire est un chanteur de\nbarcarolles, quand on a objurgué tour à tour la poésie d'être sociale,\nnationale, personnelle, symboliste, impersonnelle, quand on a écrit trois\ncents pages sur Adoré Floupette, quand on a commis des sonnets pareils à\nceux que nous venons de citer, on est jugé.\n   L'esthète se fâchera, probablement. Il sera alors un esthète (près du\nbonnet). Tant pis pour lui. Il y avait une fois un amateur de musique dont\nle rêve était de diriger un orchestre. Il convoquait des musiciens habiles,\nrompus à toutes les difficultés du métier. Hissé sur un très haut pupitre,\nen évidence aux yeux de la foule, il traçait avec son bâton directorial des\nsignes quelconques et arbitraires, sur la tête des musiciens qui ne le regar­\ndaient pas, mais qui suivaient du coin de l'œil l'un des premiers violons,\ncaché aux curiosités populaires, et conduisant imperceptiblement la sym­\nphonie du petit bout de son archet. Cela dura jusqu'au jour où, pris de\nvertige, l'amateur ne voulut plus diriger platoniquement. Il se brouilla avec\nles premiers violons, accusa d'ignorance les violoncelles, et eut des mots\naigres avec les ophicléides. Il mena un tel tapage que les musiciens se\nlevèrent, et, lui brûlant la politesse, s'en allèrent jouer ailleurs. Son archet\nfut « élagué », et l'amateur récalcitrant ne dirigea plus jamais d'orchestre.\n                                                 PIERROT     LUNAIRE.\n\n\n\n\n              SONNET PANTHÉISTE\n          Toi qui voudrais unir Idéal et Réel,\n          C'est assez de langueurs, assez de larmes vaines,\n          Poète, suis l'exemple admirable des chênes,\n          Vis tranquille et serein sous l'espace du ciel.\n          Ecoute la nature et son mystique appel,\n          Les heures de repos et d'amour sont prochaines ;\n          La pourpre violette éparse dans tes veines,\n          Ira bientôt grossir le flot universel.\n          Demain l'apaisement peut embaumer ton être,\n          Et, tandis que la chair, d'où le printemps va naître,\n          Se transforme au cercueil, sous l'herbe de velours,\n          L'esprit vers l'Infini prendra sa libre course,\n          Et l'âme s'enfuira, glorieuse à toujours,\n          Fleurir sur les rosiers et chanter dans la source.\n                                                     ADOLPHE RIBAUX.\n"}, {"page_pdf": 562, "texte": "                                         — 515 —\n\n\n\n                                 MEMENTO\n   L'Art moderne publie, dans son avant-             Au fait, Incohérents, Verbolâtres, Flou­\ndernier numéro la lettre, suivante. Elle est      pettards, qu'importe! Et pourquoi vous\ntrop dans les idées de la Jeune Belgique et       défendre; vous craignez d'être soupçonné\ntrop peu dans celles de l'Art moderne pour        de badaudante moquerie : « Oh non !\nque nous hésitions à la reproduire :              notre critique n'a qu'un but, le désir de\n   « Les Déliquescences, un misérable essai       mettre en garde contre l'étrangeté maladive\nde parodie publié récemment par Gabriel           et la dévote admiration ».\nVicaire, l'auteur médiocre des          Emaux        Pourquoi?\nBressans, et Henri Beauclair, aligneur, sur          Et pourquoi ces omissions : Tristan Cor­\nles pages d'un terne libercule, de nuls trio­     bière, l'auteur des Amours jaunes, Charles\nlets ; l'Eternelle Chanson, essayistes mas­       Vignier, Morice, le Benjamin de Verlaine,\nqués du bien-trouvé pseudonyme Adoré              celui à qui il dédia son subtil et dédaigneux\nFloupette, vous amusèrent longtemps,              Art poétique :\nMonsieur le Directeur, trop longtemps\n                                                       Car nous voulons la Nuance encor.\npour la clairvoyante dignité de la sérieuse            Pas la couleur, rien que la Nuance !\ncritique.                                              Oh ! la Nuance seule fiance,\n                                                       Le rêve au rêve et la flûte au cor !\n   Le jeu n'est-il point encore fini?\n   Nous disons que les Déliquescences ne               De la musique encore et toujours !\nsont qu'un essai de parodie.                           Que ton vers soit la chose envolée\n                                                       Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée\n    La signature-pseudonyme est, seule,                Vers d'autres cieux à d'autres amours ;\n trouvaille ; le livre lui-même, ostensible­           Que ton vers soit la bonne aventure\n ment dirigé contre l'art de deux grands               Eparse au vent crispé du matin\npoètes, MM. Mallarmé et Verlaine, ne                   Qui va fleurant la menthe et le thym...\n                                                       Et tout le reste est littérature !...\nparodie rien : leur concentration parfois\n excessive et, ci et là, de rocailleuses dure­       — Ecoutez bien, « Et tout le reste est\n tés parmi le bleu de ciel fluide de leurs        littérature! » — J e a n Moréas, l'auteur des\n harmonies, on ne les vit point chez Flou­        Syrtes, René Ghil, dans les Légendes\n pette. Des alignements de mots quelcon­          d'âmes et de sang, ébaucheur encore\n ques, sans souci de nulle synthétique réso­      apprenti, mais futur maître; et pourquoi y\nnance, des enfantillages pour le badaud.          échappai-je moi-même à l'éreintement,\n   Du moins, si le but, facile à toucher          moi qui, seul parmi les poètes de la Jeune\ncertes, n'est pas atteint, il est avéré que,      Belgique, me laisse aller au Rêve déliques-\nune fois de plus (et que cela est de mince        cent, à tel point que je fus en butte aux\ncritique !), des médiocres ont voulu ridicu­      attaques journalistiques dont vous avez\nliser ces très fiers et vierges, superbement,     parlé (*), à d'autres aussi des faux amis, à\nd'humiliante popularité.                          qui je pardonne, comme le Christ « parce\n   Ils eussent dû sentir, vous aussi, que,        qu'il ne savent pas ce qu'ils font », et parlé\nles seuls forts, on les parodie.                  élogieusement, car, quoi? aux doux con­\n   Déliquescents, Incohérents,     Verbolâtres,   certs des instruments, j'apparus en galant\nSymbolistes (bien innocent, celui-ci), Sym-       Watteau sur la mélancolique pelouse de\nbolistes ésotériques (un peu plus aiguillon),     l'Ile enchantée?\ncombien de mots en subtiles nuances !                 11 est bien visible, hélas! qu'à propos\nAttention! voici que vous glissez dans la         d'une œuvre de mesquine envie, vous ba­\n Verbolâtrie.                                     fouez sans réflexion des novateurs en mu­\n   Le qualificatif était simple : Floupet-        sicale langue française.\ntants , Floupettantisme ;          Floupettard,\nFloupettardisme.                                    (*) Ça c'est pour moi. Max W.\n"}, {"page_pdf": 563, "texte": "                                          — 516 —\n\n    Telle évolution des principes littéraires       jusqu'à l'œuvre que je veux comprendre »,\nentraîne une correspondante évolution dans          à quoi bon?\nla langue.                                             Vous m'accuseriez d'exaspérante préten­\n    Ces novissimes harmonistes, les traiter         tion, il y aurait un bafoué de plus... Et le\nde funambules, parce que, après le métal­           résultat critique?\nlisme de Baudelaire et les japonaiseries               Mais vous êtes donc aveugle et sourd?\ndes de Goncourt, ils essaient d'une concen­         Vous vous vantez souvent — et c'est justice\ntration en harmonies et d'une musicale i n ­        — d'être, en Belgique, l'un des plus an­\ntensité; quelle courte vue dans la clair­           ciens admirateurs de Wagner. Mais souve­\nvoyance et quel irrespect littéraire !              nez-vous donc : de quelles outrageantes\n    Vous avouez, dans le second article con­        insanités fut souillé le nom de ce pur\nsacré aux Verbolâtres — et le plus sensé,           génie ; et les criticulets appliquant leurs lou­\nvéritablement — qu'à l'origine tels nova­           pioles sur les ténèbres de Victor Hugo ; et\nteurs, aujourd'hui enrôlés dans les troupes         les derniers quatuors de Beethoven, ridicu­\nfluides de Floupette, n'eurent pour prin­           lisés et incompris aujourd'hui encore :\n cipe que l'évolution obligée de la forme lit­       pourquoi ne pas vous souvenir de tout\ntéraire, mais que peu à peu, pris d'une             cela?\nadmiration cabalistique, ce fut une dégéné­            Et en opposition à ces incompréhensibles\n rescence excentrique, une macabre fréné­           malades, vous citez comme sains esprits,\n sie, où les mots, affublés d'oripeaux joviale­     qui cela? Victor Hugo, dans le cerveau\n ment funèbres, démoniaquement bal­                 duquel il y eut déséquilibre évident. Son\n lèrent.                                            œuvre populaire n'est-elle point le lieu\n     Eh bien ! de même que sensés, vous fûtes,      commun grandiose et son symbolisme,\n ici, maladroits.                                   réservé à d'autres qu'aux Bouvard et Pécu­\n     Car la seule question discutée est celle       chet qui souillèrent ses funérailles, n'est-ce\n d'un renouveau de forme littéraire; le reste       point l'Enigmatique Sacré. Déséquilibre\n n'est que détail d'échappatoires.                  aussi dans les Niebelungen et les Maîtres-\n     Maladie, obscurité, bizarrerie, sont les       Chanteurs de R.Wagner. Et quelle crispa­\n seules politesses que l'on incline devant les      tion maladive dans ce prodigieux chef-\n transformateurs : il en fut, il en sera tou­       d'œuvre Tristan et Isolde, colombes exal­\n jours ainsi ; vous l'avez rappelé en parlant       tées, si douces vers le bleu du ciel triste et,\n de tant d'artistes, peintres, surtout, musi­       soudain, en des croupissements d'eau morte\n ciens, parfois ; pourquoi, dans l'évolution        leurs saignantes trépidations ! Et Parsifal,\n littéraire stationner, partant retarder?           tes plaintives blancheurs et ta douloureuse\n     Il est de telle facilité de jouer au Diafoi-   bonté ! Vous citez aussi Rubens ; laissons-le,\n  rus et de brandir vos seringues de critique!      ce grand décorateur et déjà le redondant\n On ausculte en malades et en fous les gens         superficiel de la Renaissance, une vraie\n  qu'on ne comprend pas. Vous devriez               décadence, celle-ci : le plus petit maître\n savoir que le critique, n'étant point créa­        gothique, oh ! combien plus pieusement\n teur, ne peut se hausser jusqu'au front de          à genoux devant son art.\n  l'artiste. Et si le texte est obscur, il faut         Dans tout grand artiste, il y a déséquili­\n avec un religieux agenouillement confesser          bre, voyez-le bien, et l'homme sain de corps\n son inférieure incompréhension : voilà la           et d'esprit, au sens vrai des mots, n'est le\n seule forme du respect qui est dû à toute           créateur que d'œuvres ternes et sans vie\n œuvre d'art.                                        future.\n     Je dirais « les poèmes que vous bafouez            Vous eussiez dû cependant, par respect\n  d'incompréhensibles, je les comprends, non         pour de vrais artistes, parler, non de poèmes\n  pas toujours à première lecture comme              plus faibles que d'autres, comme ils se\n une œuvre banale, mais après une pieuse             traînent chez tous, honorer et faire honorer\n application et le désir sincère de m'élever         des œuvres si purement belles et sereines.\n"}, {"page_pdf": 564, "texte": "                                                      517\n\n\n De Verlaine, les stances désolées de Therc             Ce sera comme quand on rêve et qu'on s'éveille !\n eussent été bien vite oubliées à la lecture de         Et que l'on se rendort et que l'on rêve encor\n                                                        De la même féerie et du même décor\n Sagesse, ce doux chef-d'œuvre de candide\n                                                        L'été, dans l'herbe, au bruit moiré d'un vol d'abeille.\n contrition, et voici, pour réparer, publié à\n                                                          Je vous abandonne l'Oraison du soir\n côté de ce petit pantoum dont vous vous\n                                                        d'Arthur Rimbaud ; ce n'est qu'une gogue­\n moquez, Dodo, l'enfant do, chantez, doux\n                                                        narde fantaisie de pince-sans rire. Mais, du\nfuseaux, si délicieux dans sa tendresse de\n                                                        même poète, pourquoi ne citez-vous pas les\n ronde vieillotte, un des plus admirables\n                                                        Assis, le Bateau ivre :\n sonnets qui aient été écrits :\n                                                        Je sais les cieux cuvant en éclairs, et les trombes\n    Trois petits pâtés, ma chemise brûle.               Et les ressacs et les courants, je sais le soir,\n    Monsieur le curé n'aime pas les os.                 L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,\n    Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule,           El /'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir.\n    Que n'émigrons-nous vers les Palaiseaux.\n    Ma cousine est blonde, elle a nom Ursule.              Les Chercheuses de Poux, cette lumi­\n    On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux.           neuse exaspération?\n    Vivent le muguet et la campanule!                      Les vers de Stéphane Mallarmé, disciple\n    Dodo, l'enfant do, chantez, doux fuseaux.\n                                                        de Baudelaire assurément (mais Wagner ne\n    Que n'émigrons nous vers les Palaiseaux.\n                                                        procède-t-il point de Beethoven et de Bach ;\n    Trois petits pâtés, un point et virgule ;\n    On dirait d'un cher glaïeul sur les eaux,           Victor Hugo, avec les transformatrices\n    Vivent le muguet et la campanule.                   évolutions de langue, ne doit-il point saluer\n    Trois petits pâtés, un point et virgule;            Agrippa d'Aubigné?) sont plus connus,\n    Dodo, l'enfant do, chantez, doux fuseaux.           peut-être : publiés dans le premier volume\n    La libellule crie emmi les roseaux,\n                                                        du Parnasse, ils sont faciles à découvrir et\n    Monsieur le curé, ma chemise brûle.\n                                                        faciles, certes, à lire, avec un peu de cette\n   Il me rappelle :                                     attention de moines et de poètes.... Et quel\n        Uni, unel, ma tant' Michel,                     désir d'admirer le Placet, l'Apparition, le\n        N'entrerez point dans not' jardin :\n                                                        Don du Poème, Hérodiade avec ses lueurs\n        Ne cueill'rez pas du romarin,\n            Fric, frac, ma savat',                      fauves d'antiques pierreries.\n            Fric, frac, mon sabot                                         HÉRODIADE\net tout l'enfantillage des jardinets bordés de\n                                                        Oui, c'est pour moi, pour moi que je fleuris, déserte !\ngazon d'Espagne avec, au milieu, Tesseule­\n                                                        Vous le savez, jardins d'améthyste, enfouis\nment d'effrités cadrans solaires...                     Sans fin dans de savants abîmes éblouis,\n                                                        Ors ignorés, gardant votre antique lumière\n                     LANGUEUR\n                                                        Sous le sombre sommeil d'une terre première,\nJe suis l'empire à la fin do la Décadence,              Vous pierres, où mes yeux comme do purs bijoux\nQui regarde passer les grands barbares blancs           Empruntent leur clarté mélodieuse, et vous\nEn composant des accrostiches indolents,                Métaux, qui donnez à ma jeune chevelure\nD'un style d'or où la langueur du soleil danse.         Une splendeur fatale en sa massive allure !\nL'âme seulette a mal au coeur d'un ennui dense\n                                                                            HÉRODIADE\nLà-bas on dit qu'il est de longs combats sanglants\n0 n'y pouvoir, étant si faible aux vœux si lents        ....Tu m'as vue, ô nourrice d'hiver,\n0 n'y vouloir fleurir un peu cette existence!           Sous la lourde prison de pierres et de fer,\n0 n'y vouloir, ô n'y pouvoir mourir un peu !            Où de mes vieux lions traînent les siècles fauves,\n                                                        Entrer, et je marchais, fatale, les mains sauves,\nAh ! tout est bu ! Bathylle, as-tu fini de rire ?       Dans le parfum désert de ces anciens rois,\nAh ! tout est bu! tout est mangé ! Plus rien à dire     Mais encore as-tu vu quels furent mes effrois?\nSeul, un poème un peu niais qu'on jette au feu,         Je m'arrête, rêvant aux exils, et j'effeuille,\nSeul, un esclave un peu coureur qui vous néglige,       Comme près d'un bassin où le jet d'eau m'accueille.\nSeul, un ennui d'où ne sait quoi qui vous afflige!      Les pâles lys qui sont en moi, tandis qu'épris\n  N'est-ce point merveilleux d'alourdie in­             De suivre du regard les languides débris.\ndolence?                                                Descendre à travers ma rêverie en silence,\n                                                        Les bêtes de ma robe écartent l'indolence\n  Et encore le Kaleïdoscope, où cette stro­             Et regardent mes pieds qui calmeraient la mer.\nphe finale avec des obsessions de ronron­\nnantes abeilles :                                           Les Fenêtres, l ' A z u r , le Sonneur,      l'Epi-\n"}, {"page_pdf": 565, "texte": "                                                    — 518 —\n\nlogue, la Brise marine, qui débute par ce\nprodigieux accablement :                                     M. Ferdinand Loise publie, chez Cas-\nLa chair est triste, hélas! et j'ai lu tous les livres!   taigne, un travail sur Lamartine et Hugo.\n   Et ce sonnet que je veux citer entier :                Ce travail est injuste et inexact. M. Loise a\n                                                          connu Lamartine et se plaît à rappeler cette\n        A CELLE QUI EST TRANQUILLE\n                                                          illustre relation. Son homme, c'est Lamar­\nJe ne viens pas ce soir vaincre ton corps, ô bête\nEn qui vont les péchés d'un peuple, ni creuser\n                                                          tine; ils ont dîné ensemble. Cela mène\nDans trs cheveux impurs une triste tempête                M. Loise à n'admettre pas qu'il y ait meil­\nSous l'incurable ennui que verse mon baiser.              leur poète que le « Chantre d'Elvire », et\nJe demande à ton lit le lourd sommeil sans songes         c'est Victor Hugo qu'il sacrifie sur l'autel de\nPlanant sous les rideaux inconnus du remords              Lamartine.\nEt que tu peux goûter après tes noirs mensonges,\n Toi au: sur le néant en sais plus que les morts !           Outre que les deux poètes ne sont pas à\nCar le vice, rongeant ma native noblesse,                 comparer, mettre au dessus du plus im­\nM'a comme toi marqué de sa stérilité,                     mense cerveau que la littérature française\nMais tandis que ton sein de pierre est habité             ait possédé, de l'homme qui a touché toutes\nPar un cœur que la dent d'aucun crime ne blesse,          choses d'une griffe puissante et maîtresse,\nJe fuis, pâle, défait, hanté par mon linceul,\nAyant peur de mourir lorsque je couche seul.\n                                                          un barde qui ne fut jamais qu'un barde,\n                                                          virtuose adorable dont l'instrument eut\n                                                          toutes les douceurs et toutes les harmonies,\n   Au surplus, à quoi bon ces citations?\n                                                          c'est dire que le rossignol des bois est plus\n   Pour le vulgum pecus, et vous vous h o ­\n                                                          beau que l'aigle des montagnes.\nnorez d'en être?\n   Ne nous humilions point.                                                     ***\n   Faire sentir qu'il n'y a chez ces nova­\n                                                             A travers les théâtres — A la Monnaie,\nteurs, bafoués comme il sied par la b a -\n                                                          mois de débuts tâtonnants avec l'Africaine,\ndauderie du journal et hélas, par l'égare­\n                                                          Roméo et Juliette, Rigoletto, Si j'étais roi,\nment de la critique, ni pastiche, ni excen­\n                                                          le Trouvère, Le Pré aux Clercs et les\ntricité, mais simplement évolution néces­\n                                                          Huguenots.\nsaire, c'était mon but. Et aussi de l'orgueil,\n                                                             Sont appréciés et calés définitivement :\ncertes, désir de recevoir sur les épaules un\n                                                          MM es Mézeray, Wolff ainsi que MM. Bé-\npeu du fouet qui les cingle\n                                                          rardi, Furst, Boyer, Dubulle et Renaud.\n   Pour Eux, elle est inexistante la rumeur\n                                                             — Au Parc, Céline Chaumont dans la\nde ces moucheronnes, bêtes d'encre. Se\n                                                          Petite Marquise, les Sonnettes, Une femme\nsouiller de popularité! L'on risque d'être\n                                                          qui se jette par la fenêtre et la Cigale.\nconduit au Panthéon par toute la politi-\n                                                             Un bon début femme, celui deMlleSchaef­\ncaillerie de France — les poètes pleurent\n                                                          fer dans le Train de minuit et la Petite\nreligieusement loin de tous — et la bedon­\n                                                          Marquise; un bon début homme, celui de\nnante bureaucratie et toutes les sociétés de\n                                                          M. Jourdain dans Une femme qui.... Ren­\nfanfares de Paris et des départements.\n                                                          trée de M. Monroy.\n                            GEORGES KHNOPFF.\n                                                             — L'Alcazar, nouvelle direction, s'est\n                    **+                                   rouvert et ne désemplit pas. L'Etudiant\n   Dans son avant-dernier numéro, l ' A r t               pauvre, de Milloecker, vogue vers la cen­\nmoderne publie une lettre de M. Edmond                    tième avec une parfaite sérénité. Bien inter­\nPicard dans laquelle celui-ci affirme : « L'on            prété par MM 0 ' Hervey, Fernet et Duro-\navait tout dit de moi excepté que j'étais un              cher, ainsi que par MM. Lary, Carpentier\nimbécile ». C'est à la Jeune Belgique de                  et Falchieri, bien mis en scène dans des\ncombler cette lacune. Après la série d'arti­              décors frais et pimpants, bien accompagné\ncles folâtres de VArt moderne, on peut                    par l'excellent orchestre de M. Lagye,\naffirmer sans scrupule que M. Edmond                      l'opéra comique dans le petit théâtre que\nPicard est complet.                                       la folichonne directrice Olga Léaut avait\n"}, {"page_pdf": 566, "texte": "                                                  — 5 19 —\n\n outrageusement galvaudé, mais qui renaît à               gitives, hâtivement épinglées et souvent\n la vie, trouvera le succès, nous n'en dou­               saisissantes. Il s'y explique, s'y commente,\n tons pas, — et nous le souhaitons.                       s'y cherche et quelquefois y trouve son pro­\n    — Réouverture du Vaudeville avec Ma                   chain, qu'il caresse parfois d'une main de\nfemme manque de chic et une adorable ar­                  velours, cette belle main d'abbé grasse et\n tiste de Paris, M\" 0 Depoix.                             douillette qu'on admirait quand il l'agitait\n    — Aux Galeries, Mam'zelle    Nitouche.                pour scander sa parole, — et qu'il égratigne\n                     *   ■   *   *   -\n                                                          aussi d'une griffe d'or, lui qui maniait\n  Nécrologie du mois : Mort de Joseph                     comme pas un l'ironie du gentilhomme et\n                                                          qui l'était doublement, gentilhomme et\nServais et de Jules de Zarembski.\n                                                          par le nom et par la plume. Aux notules,\n                     ***                                  aux idées, aux papillons bleus et noirs -\n    Viennent de paraître chez l'éditeur Mon-              rappelez-vous les blew devoils — s'ajoutent\n nyer, en une édition délicieuse, les Petits              en ce mémento, agenda où sont consignées\n Cahiers, de Léon Cladel, qui furent primi­               les échéances de la pensée, des bouts de\n tivement édités par Kistemaeckers.                       proses, point de poèmes, et tout de même\n                                                          des morceaux achevés, au chiffre du lettré\n    Le livre, encore de la belle manière du\n                                                          et de belle marque. Il y a encore des vers,\n maître, est un des plus emportés et des\n                                                          pièces quelconques, sonnets, stances, cri-\n plus brûlants que nous connaissions. On y\n                                                          blure tombée du van poétique et dispersée\n lira, violemment ému, les superbes pages\n                                                          par les feuilles du temps, où M. Ratis­\n d'Un Revenant, Au point du jour, Trois\n                                                          bonne a bien fait de les recueillir. Tout le\nfois maudite, qui nous dédommagent du\n                                                          recueil est un peu comme le miroir où se\n jargon désagréable et mal-français des Ker­\n                                                          regardait Vigny, moins pour s'admirer que\n kadec trop nombreux que M. Cladel a eu\n                                                          pour s'y étudier, et cependant un miroir où\n la faiblesse de livrer à ses libraires. Autant           nous, nous le voyons en beau, lui qui\n nous avons été hostile à ces choses, autant               d'ailleurs fut réellement beau, et d'un beau\n nous applaudissons à l'œuvre empoignante                 qui ne s'arrêtait pas au galbe du visage.\n que nous venons de recevoir, et qui se place\n glorieusement à côté du chef-d'œuvre Omp­                   Vient de paraître aussi dans la même col­\n drailles. Il est orné de fines et troublantes            lection : le Candidat, le Château des\n illustrations de Gambard.                                cœurs, tout le théâtre de Gustave Flaubert,\n    Une erreur de notre chronique récente :               un grand écrivain du livre qui ne fut qu'un\n  M. Léon Cladel est, non de Toulouse, mais               médiocre écrivain du théâtre. Même la\n de la Lande en Quercy (Basse-Provence).                  forme, cette orfèvrerie sans surcharge et\n Est-ce ça, mon maître?                                   frappée en plein or, qui lui vaudra la gloire\n                                                          du plus parfait prosateur de toute la litté­\n                     ***                                  rature, la forme, sa passion, y est laminée,\n  DERNIÈRES     PUBLICATIONS             DE   L'ÉDITEUR   froide, banale, d'alliage douteux. Et, quant\nLEMERRE. — Aux De Vigny déjà parus dans                   au reste, qui en somme ici est tout, puis­\nsa belle collection blanche, l'éditeur Le­                que ce reste est le théâtre, Augier,Sardou,\nmerre en vient d'ajouter un, tout nouveau,                Dumas, tous les petits grands hommes de\ninconnu, composé avec les morceaux de ce                  la scène contemporaine, machinistes et\nnoble esprit et de ce cœur fier, que                      charpentiers plus qu'auteurs dramatiques\nM. L. Ratisbonne, celui des grandes per­                  au sens Shakespearien et Molièresque du\nsonnes et non le puéril Ratisbonne des fa-                mot, lui en remontreraient et de haut. Avec\nbulettes, et peut-être l'un et l'autre, exhuma            les dessins de Vierge, jadis à la Vie mo-\ndes portefeuilles et des cahiers au jour le               derne où parut le Château des cœurs, cette\njour du rimeur d'EIoa. Journal d'un poète,                fantasmagorie, lue par petites tranches,\ntelle est l'enseigne : l'artiste y pense tout             aidait aux douces somnolences ; mais a b ­\nhaut sa vie et son œuvre dans des notes fu­               sorbée d'une goulée, c'est effrayant de som-\n"}, {"page_pdf": 567, "texte": "                                          — 520 —\n\n\n meil lourd. Et pour le Candidat, il y a          et de tristesse, toute emplie des poésies des\n dans la fabrication du père Augier une hor­      solitudes — et les Etudes et paysages, çà et\n logerie qui, dans ses petits ressorts, res­      là un morceau exquis le Wood stoon !\n semble diablement à ce mécanisme-là (le             Et encore dans la collection blanche, les\nfils de Giboyer).                                 premières Poésies de Paul Bourget (de\n    Flaubert dépassait le théâtre : ses épau­     1872 à 1876), un autre délicat celui-là (non\n les y craquaient sans le faire craquer. A ce     point déliquescent), inquiet seulement,\n suprême artiste, le livre seul convenait, le     nostalgique, replié sur lui-même et qui se\n livre qu'on moule sur soi alors qu'au théâ­      pince les fibres douloureuses pour en tirer\n tre c'est son âme qu'il faut mouler sur les      un cri souffrant, mélodiquement modulé,\n autres. Heureusement Lemerre nous rend              Alphonse Lemerre, d'ailleurs, ne laisse\n du même coup Bouvard et Pécuchet, l'en­          pas chômer la collection de romans. Les\n cyclopédie de la folie humaine, le diction­      Tubeuf, mœurs provinciales et roman na­\n naire des dictionnaires de la prud'homie         turalisant , ont mis en lumière, chez\n éternelle, ce bêtisier extraordinaire où le      M. Jacques Le Ronce, des qualités de\n grand esprit aristophanesque de Flaubert         style et d'observation à travers un abus du\n collectionnait, avec des rires qui, à force de   détail inutile et des empâtements dans la\n rire allaient jusqu'aux larmes, les fleurs de    touche. Il y a là un coin curieux de petite\n sottises de ce siècle et des autres. Il rêvait   ville moisie avec une hystérique démonia­\n d'en faire un Himalaya : l'autre à côté eut      que, qu'un empirique exorcise.\n paru moins haut, celui-là étant bâti de ma­                                        C. L.\n tériaux indestructibles, puisqu'ils sont faits\n avec l'homme même ! Mais la dernière\n pierre manqua et manquera toujours, la              Du Chat noir, ce conte oriental : Un\n mort l'ayant prise aux mains du bâtisseur        sage disait un jour à un homme marié :\npour le coucher dessous.                          « Celui qui caresse sa femme, le soir, en\n   Toujours dans la même collection ;             se couchant, a autant de mérite que s'il sa­\nl'Homme de la Croix-aux-Bœufs,         débap­     crifiait un mouton. Celui qui la possède à\ntisé en cette variante, Celui de la Croix-        minuit, que s'il sacrifiait un bœuf. Celui qui\naux-Bœufs, d'aucuns disent le chef-d'œuvre        la possède le matin, que s'il affranchissait\ndu puissant et sanguin et très personnel          un esclave ».\nartiste Léon Gladel, qui a rêvé, s'il n'y par­       L'homme, rentré en sa demeure, rap­\nvint pas constamment, de faire de chacune         porta le précepte à sa femme et ils se mirent\nde ses œuvres, sinon un chef-d'œuvre, du          au lit.\nmoins un morceau parfait, classique par              — Mon ami, demanda aussitôt l'épouse,\nl'achèvement et digne de demeurer acquis          ne trouvez-vous pas qu'il serait bon de sa­\nà la langue. Rude bonhomme, celui-là, et          crifier le mouton?\ntout d'une venue, sans rapiéçage, coulé d'un         Et ils sacrifièrent le mouton.\njet dans un moule de bronze et d'or!                 Vers minuit. Elle murmura :\n   Alphonse Daudet, le féminin, ou si vous          — Ne sacrifierons-nous pas le bœuf, mon\naimez mieux, l'homme et la femme, exem­           seigneur ?\nple joli d'hermaphroditisme littéraire, tem­        Et ils sacrifièrent aussi le bœuf.\npère dans la collection le férin hirsute qui         Quand monta le matin, Elle implora :\nclame et meugle et se déchaîne en Cladel.           — Et l'esclave... mon amour?\nVoici, en un même tome, les Femmes d'ar-            — Ah! répondit l'époux un peu las. Je\ntistes, croquillons parisiens sur le vif, —       suis votre esclave, mon cher cœur. Affran­\nRobert Helmont, une belle page de silence         chissez-moi !\n"}, {"page_pdf": 568, "texte": "DE LA PROSE, par Max WALLER ; un fort volume elzévi-\n rien, paraîtra le 1er novembre chez Félix Callewaert, éditeur.\n    Dès aujourd'hui l'on peut s'inscrire chez l'éditeur. Les abonnés de la\n Jeune Belgique recevront le volume au prix de 3 fr. au lieu de fr. 3 - 5 0 ,\n EN EXEMPLAIRES DE SOUSCRIPTION TIRÉS SUR PAPIER SPÉCIAL. Le\n nombre de ces exemplaires sera limité au chiffre des souscripteurs, et ils\n ne seront pas mis dans le commerce.\n\n\nL'ARTISTE, revue de P a r i s , Histoire de l'Art contempo­\n rain (54e année). Paraissant tous les mois en u n volume in-8°, accom­\n pagné de gravures. Prix de la souscription à Bruxelles, un an : 6 6 francs.\n Prix de la livraison : 5 francs. Bureaux : Avenue de l'Opéra, 15,\n à Paris. Directeur-gérant : Jean ALBOIZE. Correspondant pour la Bel­\n gique : M A X W A L L E R .\n\n\n\nLE PROGRES ARTISTIQUE . musique, littéra-\n rature, Beaux-Arts. Paraît chaque vendredi. Victor SOUCHON, fonda­\n t e u r ; BERTOL-GRAIVIL, rédacteur en chef; Marc SONAL, secrétaire de\n la rédaction. Abonnements pour la Belgique: 1 5 fr. l'an. B u r e a u x :\n Paris, 24, rue des Martyrs.\n\n\nLUTECE, journal hebdomadaire. Rédacteur en chef : Léo TRE­\n ZENIK, secrétaire de la rédaction : Georges RALL. Bureaux : boulevard\n Saint-Germain,   16, à Paris. Abonnements : U n an : 7 francs. P o u r\n la Belgique : le port en sus.\n\n\nLA REVUE CONTEMPORAINE, littéraire,\n politique et philosophique. Directeur : Adrien REMACLE ; rédacteur en\n chef : Edouard ROD. Abonnement pour la Belgique : 2 2 fr. Paraît\n le 25 de chaque mois. Bureaux : Paris, 2, rue de T o u r n o n .\n\n\n                       VIENT       DE P A R A I T R E :\n\n                                 NOTES\n\nLITTÉRATURE MODERNE\n                                       PAR\n\n                   F R A N C I S             N A U T E T\n                               Un vol. fr. 3 - 5 0 .\n"}, {"page_pdf": 569, "texte": "LA REFORME, organe quotidien de la démocratie libérale.\n  Rédaction et administration : 18, rue des Sables, à Bruxelles. Seul\n  journal quotidien dont le prix d'abonnement soit le même pour la\n  province que pour la capitale, soit 1 2 francs par an. La Reforme\n  publie en ce moment Mademoiselle Bismarck, par Henri ROCHEFORT.\n\n\n\nGIL BLAS, journal quotidien français, boulevard des Capu-\n  cines, 16, à Paris; publie MI-DIABLE, par Léon CLADEL. Un nu­\n  méro 2 0 centimes, abonnement (3 mois) 1 7 francs, en vente partout.\n\n\n    La Jeune Belgique recommande à ses lecteurs\nle nouvel atelier de photographie EMERA\n         Montagne de la Cour,\n             le plus artistique\n                     de\n                 Bruxelles.\n\n                                                           Photographies\n                                                        d'artistes en vogue.\n\n                                        Les costumes du cortège historique\n                                              des chemins de fer.\n\n\n\nLE VICE SUPREME, par Joséphin PÉLADAN. Pré­\n face de Jules Barbey d'Aurevilly. Eau-forte de Félicien Rops (4e édition).\n Un volume, Paris, Thomas, 52, rue Croix des Petits-Champs, fr. 3 - 5 0 .\n\n\n\n\nLES DELIQUESCENCES, poèmes décadents\n d'Adoré FLOUPETTE. Un volume, Paris, Léon Vanier, fr. 3 - 0 0 .\n\n\n\n\nL E S      D R A M E S             D U       C Œ U R ,          par Jeanne DU­\n CHARME. Préface d'Arsène Houssaye. Un volume, Bruxelles, Maheu,\n fr. 3 - 5 0 .\n\n\n      Bruxelles. — Imprimerie FÉLIX CALLEWAERT père, 26, rue de l'Industrie.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1885-10-05", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, page PDF 522."}}